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Full text of "Société archéologique de Bordeaux: revue, Volumes 17-18"

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Société archéologique 
de Bordeaux 






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SOCIÉTÉ 

ARCHÉOLOGL 

DE BOR DE AU 



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SOCIÉTÉ 



AECIÉOLOGI 



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BORDEAUX 



F-BRET 3BT FILS | V* P^.-M!. C 

LIBRAIRES-ÉDITEURS | IMPRI] 

15 — U0UB8 DB L'iNTKMiÂNC'B — 15 I 17 - < EUR MOi> 

1892 



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Fr 28.6.16 



m 10 1922 



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LISTE DES MEMI 



DE LA 



SOCIETES -A.».ai3:É3( 



DE BORDEAUX 



^ Décoration de la Légion d'honneur. — 

I. O Officier de l'Instruction publique. — . 

>J« M. A. Mérite agric 



Bienfaiteurs et Donâte 

Lb Ministre db I'Instruction publique et des 

Le Conseil général de la Gironde. 

La Municipalité de Bordeaux. 

La Ville de Paris et M. le Préfet de la S: 



Membres du Bureau depuis la fondati 
jetée en 1861 ^ créée le 2 mai 1813 i 
de la même année. 

Président honoraire et fo] 

M. Sansas, Avocat, Député de la Girond 
le 3 janvier 1877. . 

Bureau provisoire, 2 mai 

Président : M. Léo Droui 
Secrétaire général : M. Gaullj 



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Bureaux définitifs, 14 novembre 1873. 



Présidents , 
1874 MM. Delpit. 



MM 



1875 Farine, A. Q. 

Dezeimeris, ^, A. 0. 

Marquis de Puifferrat. 

Delfortrie. 

Sourget, ^, A. Q, 

Ch. Braquehaye, A. 0i. 

L. Lussaud. 

D^ Azam, ^, A. 0. 

Dezeimeris, ^, A. 0. 

Sourget, *, A. 0. 

D' Berchon, ^, ^, A. O- 

Ë. Piganeau, A. 0. 

Dezeimeris, ^, A. 0. 

Sourget, *, A. ^. 

Jullian, I. 01. 

Bonie, O. ^, iji, A. Q. 

de Chasteigner. 

Dezeimeris, ^, A..0. 



Secrétaires généraux : 

D^ Baudrimont, A. 0i. 

puis Delfortrie, 6 février 1874. 
Delfortrie. 

id. 
Ch. Braquebaye, A. 0. 
Gaullieur, A. 0. 
de Mensignac. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
D»- Berchon, #. ^, A. O- 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 



Vice-présidents : 

Farine, Dezeimeris. MM 

Dezeimeris, Léo Drouyn. 
Léo Drouyn, de Puifferrat. 
Delfortrie, Sourget. 
Sourget, Braquehaye, 

Braquehaye, Lussaud. 

Lussaud, Azam. 

Azam, Collignon. 

Collignon, Dezeimeris. 
Sourget, Lussaud. 
Lussaud, Berchon, 

Piganeau, Dezeimeris. 



Assesseurs . 

Lussaud, G. Labat. 

Delpit, Lussaud, G. Labat. 
id. 

Lussaud, Dezeimeris. 

Lussaud, Dezeimeris, de Puif- 
ferrat. 

Dezeimeris, Collignon, Delfor- 
trie. 

Dezeimeris, Collignon, Sour- 
get. 

Dezeimeris, Sourget, Braque- 
haye. 

Braquehaye, Sourget, Lussaud. 

Braquehaye, Azam, Berchon. 

Dezeimeris, Piganeau, Braque- 
haye. 

Sourget, Braquehaye, Combes. 



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1886 


MM. Dezeimeris, Sourget. MM 


. Braquehaye, Coml 


1887 


Sourget, Bonie. 


Combes, Braqueha 


1888 


Booie, Jullian. 


Dezeimeris, Comb 
baye. 


1889 


Bonie, de Chasteigner. 


Sourget, Combes, 


1890 


de Chasteigner, Dezeimeris. 


Jullian, abbé Légli 
signac. 


1891 


Dezeimeris, Hnbasque. 


Bonie, abbé Léglii 
signac. 


1892 


Habasque, de Mensignac. 


de Chasteigner, al 
de Faucon. 




Trésoriers : 


Trésorier adjc 


1874 i 


î 1876 MM. Lalanne. 


1880 à 1891 M. Da 


1877 i 


k 1888 Domengine 11). 




1889 


Dagrant. 




1890 


id. 




1891 


id. 




1892 


id. 






Secrétaires-adjoints : 


Archivistes 


1874 MM. E. Piganeau, Maufras. MM, 


. Marquis de Puiffer 


1875 


id. Braquehaye. 


id. 


1876 


id. id. 


Farine (Charles). 


1877 


id. Marmet. 


id. 


1878 


id. de Mensignac. 


id. 


1879 


id. Feret. 


id. 


1880 


id. id. 


Amtmann (Théodo 


1881 


id. id. 


id. 


1882 


id. id. 


id. 


1883 


id. id. 


id. 


1884 


de Faucon, Feret. 


id. 


1885 


Feret, abbé Corbin. 


id. 


1886 


id. id. 


id. 


1887 


E. Piganeau, Feret. 


id. 


1888 


id. id. 


id. 


1889 


id. id. 


id. 


1890 


id. id. 


id. 


1891 


id. id. 


id. 


1892 


id. id. 


id. 



(1) Par un vote spécial, M. Domengine, récemment décéd 
nommé trésorier honoraire en raison des services rendus à la 



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Membres honoraires. 

LAVIGERIE (S. E. Le Cardinal), O. ^, I. (Q, archevêque de Carthage 
et d'Alger. 

LECOT (S. G. Monseigneur), archevêque de Bordeaux. 

DELISLE (Léopold), C. i^, 1. i^, membre de l'Institut, président du 
Comité des travaux historiques et scientifiques des Sociétés savantes, 
administrateur général, directeur de la Bibliothèque nationale, 8, rue 
Neuve-des-Petits-Champs, Paris. 

DURUY (Victor), G. O. ^, I. 1^, de l'Académie française, membre du 
Comité des travaux historiques et scientifiques des Sociétés savantes, 
5, rue de Médicis. 

Le BLANT (Edmond), O. ^, l. <^, membre de l'Institut, président de 
la section d'Archéologie du comité, 7, rue Leroux. 

BERTRAND (Alexandre), ^, I. 0, membre de l'Institut, conservateur 
du Musée des antiquités nationales de Saint-Germain en Laye. 

HÉRON DE VILLE FOSSE (Antoine), *, I. ^, membre de l'Institut, 
conservateur de la Sculpture grecque et romaine au Musée du Louvre, 
directeur-adjoint à l'Ecole pratique des Hautes-Etudes, 80, rue de 
Grenelle. 

GUILLAUME (Eugène), membre de l'Institut, 238, boulevard St-Germain. 

LONGNON (Aug.), ^, A. 0, membre de l'Institut, archiviste aux Archi- 
ves nationales, membre titulaire du Comité, boulevard des Invalides, 
34. 

PERROT (Georges), #, membre de l'Institut, membre du Comité des 
travaux historiques et scientifiques, prof. d'Archéologie à la Faculté 
des Lettres, 45, rue d'Ulm, Paris. 

BONAPARTE (Prince Roland), 22, cours de la Reine, Paris. 

CHABOUILLET (Anatole), O. *, I. 0i» vice-président du Comité des 
travaux historiques et scientifiques, conservateur du département des 
médailles et antiques de la Bibliothèque nationale, rue Colbert, 12, 

BARTHELEMY- (Anatole de), ^, I. ijk, membre de l'Institut, membre 
du Comité, rue d'Anjou-Saint-Honoré, 9. 

LASTEYRIE (Comte Robert de), ^,1.0, professeur à l'Ecole des Char- 
tes, secrétaire du Comité, rue des Saints-Pères, 13. 

DARCEL (Alfred), i^, I. i}t, directeur du Musée èes Thermes et de 
l'hôtel de Cluny. 

COURAJOD, A. H]^, conservateur adjoint au Musée du Louvre, membre 
du Comité de la Commission des Monuments historiques, à Passy. 

MUNTZ (Eugène), #, conservateur de la Bibliothèque et du Musée 

de l'Ecole des Beaux-Arts, rue de Condé, 1 . 
CHARMES (Xavier), ^, I. ^, directeur du Secrétariat du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques, rue Bonaparte, 12. 



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BABELON (Erwbst), Bibliothécaire au cabinet des antiques à 

thèque nationale, rue du Regard, 9. 
PALUSTRE (Léon). A. ^, ancien directeur de la Société 

d'Archéologie à Tours. 
MARS Y (Comte de), i^, A,0, directeur de la Société française 

logie, à Compiègne (Oise). 
GONSE (Louis), directeur de la Gazette des Beaux-Arts, rue 

à Paris. 
NORMAND (Ch.), directeur de VAmi des monuments y 1 

Martyrs. 
MORE AU (Frédéric), ^, membre de la Société nationale 

quaires de France, à Fèrè en Tardenois et rue de la Vict 

Paris. 
ALLMER, ^y correspondant de l'Institut, à Lyon, quai Cl 

nard, 7. 

Membres honoraires étrangers. 

SILVA (Le Chevalier J. P. N. da), O. i^, L Q, architecte d 

Roi de Portugal, membre de l'Institut de France, à Lisbonne 
HENRARD (Paul), général d'artillerie, secrétaire général de 1 

d'Archéologie de Belgique, à Anvers, membre de la section d 

de l'Académie royale de Belgique, etc. 
LYIIBIC (professeur), président de la Société d'Archéologie d 

directeur du Musée, à Agram (Zagreb). 
TERRIEN DE LA COUPERIE, professeur de Philologie indo 

University Collège, à Londres. 
SCHMIDT (Waldemar), professeur à l'Université de Copenhag 

teur du Musée royal. 
UILDEBRAND, premier conservateur du Musée royal d'Arch< 

Stockholm. 
MONTELIUS (Oscar), deuxième conservateur du Musée royal 

logie de Stockholm. 
D' GROSS, membre de plusieurs Sociétés savantes à Neuvevilli 

Membres correspondants. 

POTTIER (Le Chakomie F.), A. 0i, fondateur et président de 
archéologique de Tarn-et-Garonne, à Montauban. 

FORESTIE (Edouard), A. ^, secrétaire de la même société, à M 

De CARSALADE du PONT (Le chanoine J.), A. Q, secrétaire 
TArchevéque d'Auch. 

CAKTAILHAC (Emile), i*, >^, I. Or à Toulouse. 

Db FONTENILLES (Paul), »{(, A. 0> Inspecteur général de 1 
française d'archéologie, à Montauban. 
Tome XVII. — Fasc. I. 



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CALHIAT (Lb CBAifOiME), aumônier au Lycée de Montauban. 
DUMAS DE RAULY, A. ^J>, archiviste du déparlemenl de Tarn -et - 
Garonne, à Montauban. 

Membres titulaires (1). 

1873 DANEY (Alfred), O. *, I. %f, Maire de Bordeaux, rue de la Rous- 
selle, 36. 

— LARRONDE (E.), négociant, rue Vauban, 9. 

~ BARCKHAUSEN (H.), ^, A. (^, professeur à la Faculté de Droit, 
ancien adjoint au maire, correspondant à l'Institut de France, 
cours d'Aquitaine, 80. 

— SECRESTAT, rue Notre-Dame, 28. 

— PUIFFERRAT (Marquis de), au château du Breuil, à Talence 

(Gironde). 

— TRABUC-CUSSAC, architecte, rue Combes, 6. 

— GOUNOUILHOU, *, imprimeur, rue de Cheverus, 8. 

— DEZEIMERIS (Reimuold), ^, A. Q, correspondant.de l'Institut de 

France, conseiller général de la Gironde, rue Vital-Caries, 11. 

— BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE, hôtel Jean-Jacques-Bel. 

— THIBAUDEAU, cours de Tourny. 

— LANEFRANQUE (de), imprimeur, rue Permentade, 23-25. 

— PIGANEAU (Emilien), A. 0, professeur à l'Ecole municipale des 

Beaux-Arts, cours d'Albret, 17. 

— GEORGEON, rue Sabathé, 29. 

— BAUDRIMONT (E.), A. i|f, docteur en médecine, rue Saint-Rémy, 43. 

— SOURIAUX, ^, conducteur principal des Ponts et Chaussées, 

rue de la Croix-Blanche, 2. 

— COURAU (Alrert), architecte, cours Victor-Hugo, 18, à Agen (Lot- 

et-Garonne). 

— TERPEREAU (A.), I. Q, photographe, cours de l'Intendance, 29. 

— GIRAULD (A.), A. ^J>, artiste-peintre, rue Mazarin, 101. 

— FERET (Edouard), libraire-éditeur, cours de l'Intendance, 15. 

— CHASTEIGNER (Comte Alexis de), archéologue et numismate, 

rue de Grassi, 5. 

— BAUDIN, architecte, rue Plantey, 18. 

— CHAPON (Jules), publiciste, rue de Cheverus, 8. 

— DELPUGET (Consul de Monaco), rue des Treuils, 73. 

1874 COUNORD (E.), ingénieur civil, conseiller général de la Gironde, 
cours du Médoc, 148. 

— NÉGRIÉ, #, agrégé de la Faculté de médecine, rue Ferrère, 54. 



(1) Tous ceux de Tannée de 1873 sont Fondateurs de la Société. 



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1874 SOURGET (Adrien), *, A.Q, ancien adjoint au maire de Bo 

cours de Gourgues, 8. 

— VERDALLE (H.), docteur en médecine, rue Guillaume-Broc 

— DALEAU (François), archéologue, à Bourg (Gironde). 

— CLOUZET, conseiller général de la Gironde, cours Victor-Hi 

90, 95. 

— BONIE (F.), #, ^, A. <ÎJ, ancien conseiller à la Cour, 

dAlbret, 30. 

— MONTESQUIEU (Baron Ch. de), au château de la Brède (Gi 

— BERCHON, ^, iji, A. 0, ancien médecin principal de 1" 

de la marine, cours du Jardin-Public, 96. 

— AZAM (Eue), #, A. 0, professeur de la Faculté de méde 

de pharmacie, correspondant de l'Institut de France, rue 
Caries, 14. 

— SCHRODER (M.), cours du XXX-JuiUet, 20. 

— BROWN (F.), allées de Chartres, 9. 

— RICARD, architecte, rue Peyronnet, 20. 

— MINVIELLE (Paul), architecte, rue Tanesse, 33. 

— AUGIER, peintre-décorateur, rue du Mirail, 58. 

— GERVAIS, architecte, place Gambetta, 29. 

— MOULINIER, avocat, rue des Remparts, 21. 

— HALPHEN (CoNST.), propriétaire, au château de Batailley, à I 

(Gironde), et Paris, rue de Tilsitt, 11. 

1875 MILLET, peintre-décorateur, rue du Mirail, 8. 

— BROCHON (H.), avocat, rue Vital-Caries, 22. 

— PANAJOU (H.), photographe, allées de Tourny, 8. 

— DURAT (Ratmomd), à la Roque de Cadillac (Gironde). 

— TAMIZEY DE LAROQUE, ^, A. 0, historien, correspond 

l'Institut de France, à Gontaud (Lot-et-Garonne). 

— MIOCQUE, imprimeur, rue d'Albret, 26. 

— LAFUGE (J.-C), rue Notre-Dame, 134. 

— DAGRANT (G. -P.), iji, peintre-verrier, cours Saint-Jean, 7. 

— RIBADIEU (F.), archéologue, rue Huguerie, 48. 

— POUVERREAU, agent-voyer d'arrondissement, à Lespar 

ronde). 

— TIIOLIN, 1. 0, archiviste du département du Lot-et-Garonne, i 

— MENSIGNAC (Camille de), conservateur des Musées préhist 

des Armes et des Antiques, cours d*Alsace-et-Lorraine, 12. 

1876 FORRESTER (Ofplet), 66, Mark-Lane, à Londres (Angletei 

1877 AMTMANN (Th.), négociant, rue Doidy, 26. 

— DU VIGNE AU, conseiller général de la Gironde, à Audenge. 

— DUMEYNIOU (Louis), architecte, quai Bourgeois, 4. 

— GADEN (Charles), conseiller municipal^ rue de la Course, 1 

1878 DURAND (Pierre), architecte, rue François de Sourdis, 155. 



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1878 PEPiN (G.), rue Notre-Dame, 110. 

— GRENIER (Ponsian), rue Sainte-Catherine, 156. 

1879 GARRES, route de Rayonne, 120. 

1880 POCHET (Abel), notaire, rue Saint-Rémy, 64. 

— MANDEVILLE, yji, A. 0, rue Rodrigues-Péreire, 2. 

— TRAMASSET (Gustave), rue du Couvent, 14. 

— PARRAIN (P.), commis-architecte, rue Plantey, 9. 

— SAUNIER |Ferna.nd), professeur à l'Ecole municipale des Beaux- 

Arts, rue de Pessac, 8. 
^ GRELLET-BALGUERIE (Ch.), A. Q, ancien magistrat, 11, Har- 
grave-Road, Upper-Halloway, N. Londres. 

1881 FAUCON (de), >î<, archéologue, place Rohan. 4. 

— WETTERWALD, quai Louis XVIII, 15. 

— CANTELLAUVE, percepteur à La Réole (Gironde). 

1882 LABBÉ (Louis), architecte, rue du Temple, 17. 

— MARCHAND (Emmanuel), cours Gambetta, 31, à Talence (Gironde). 

1883 COSTES (A.), à Issigeac (Dordogne). 

— MUSÉE PRÉHISTORIQUE, hôtel Bardineau, au Jardin-Public. 

1884 JULLIAN (Camille), I. 0, maître de conférences à la Faculté des 

Lettres, correspondant du ministère de l'Instruction publique, 
et des Beaux-Arts, cours Tournon, 1. 

— MIMOSO, cours de l'Intendance, 57. 

— GAULNE (Alfred de), allées de Tourny, 15. 

1885 GAUTIER (Emile), rue Poirier, 1. 

— LORY (Henri de), cours d'Albret, 17. 

— ARNÉ (Georges), rue Judaïque, 121. 

— MUSÉE DES ARMES, à la Bibliothèque de la Ville. 

1886 DAUBY (L'abbé), curé de Saint-Michel de Bordeaux, au Presbytèro- 

— TOURNIÉ (Camille), négociant, a La Réole (Gironde). 

— POMMADE, à la Réole (Gironde). 

— MERMAN (JuLEs)j négociant, pavé des Chartrons, 33. 

1887 DOLL (Charles), ^, »{(, i^, inspecteur du travail des enfants 

employés dans l'Industrie, rue du Colisée, 19. 

— LÉGLISE (L'abbé) , vicaire à Sainte-Marie-La-Bastide , avenue 

Thiers, 72. 

— MAILLE, facteur d'orgues, rue Brian, 16-18, et rue Leberthon, 91. 

— HANAPPIER (Charles), négociant, rue du Jardin-Public, 55. 

— RAFAILLAC (S.), docteur en médecine, président du Syndicat 

médical du Médoc, à Margaux (Gironde). 

— LAWTON (Edouard), propriétaire, quai des Chartrons, 94. 

— LANOIRE (Camille), A. 0, »{( M. A., conseiller général de la 

Gironde, rue Lafayette, 8. 

— VALETTE (L'abbé), curé de Saint-Mariens (Gironde). 

— BARDIÉ (A.), cours de Tourny. 



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1888 DAMPIERRE (Marquis de), président de la Socié 

teurs de France, au Château de Plassac, près Sa 
rente-Inférieure). 

— SANTA-COLOMA (Joseph de), cours de Gourgues, 

1889 BONIFAS (Paul), négociant, rue Tourat, 38. 

— DULAU, éditeur, à Londres. 

— HABASQUE (F.), conseiller à la Cour, rue Saint-Foi 

— CAZEMAJOU (L'abbé), vicaire à Saint-Louis, à Boi 

— LELIÈVRE (L'abbé), vicaire de Sainte-Croix, à Bon 

— ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DE LA GIRC 

— MALLET (Albert), chemin des Cossus, Bouscat-Bo 

1890 BERCHON (Charles), rue Foy, 10. 

— DÉODAT DE VERTHAMON (Comte), chalet Ht 

Germain d'Esteuil (Médoc). 
— - GROSS-DROZ, négociant, rue du Réservoir, 10. 
-— HAMM (Georges), sculpteur sur bois et professeui 

d'Albret, 17. 

1891 CHARBONNEL (A.), négociant, rue des Remparts, 

— FLOS (Léopold), rue Arnaud-Miqueu, 30, 

— LAGLER-PARQUET, épigraphiste, membre de plu 

savantes, rue Boudet, 4. 

— MIEUDAN (Gustave), architecte, rue des Rosiers, 9 

— BONETTI, peintre, rue Sainte-Catherine, 229. 

— MANTHÉ (Paul De), place du Pont, La Bastide. 

1892 BAILLON, notaire à Langoiran (Gironde). 

— FLORENT, rue du Palais-Galien. 

— LEVVDEN (F. -H. -Louis), capitaine instructeur a 

Libourne. 

— BRUTAILS, archiviste du département dp la Gironde 

rue d'Aviau. 



Sociétés correspondantes en France. 

Alais Société Scientifique et Littéraire. 

Amiens — des Antiquaires de Picard 

Angouléme — Archéol. et Historique d 

Auiun — Eduenne des Lettres, Se 

Avesnes — Archéologique. 

Bayonne — des Sciences et Art», 

Beeuivais — Académique d'Archéolog 

Arts de l'Oise. 

Belfort — d'Emulation. 

Besancon — d'Emulation du Doubs. 



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XIV 

Béziers Société Archéologique, Scientifique et Littéraire. 

^0/10 (Algérie) Académie d'Hippone. 

Bourges Société des Antiquaires du Centre. 

Brives — Scientifique, Historique et Littéraire de 

la Corrèze. 

Caen,,, — des Antiquaires de Normandie. 

Cahors — des Etudes Littéraires, Scientifiques et 

Artistiques du Lot. 

Carcdssonne — des Arts et Sciences. 

Castres Commission des Antiquités de Castres et du 

département du Tarn. 

Châlons-s ur- Marne ,,, Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts 

de la Marne. 

Châlons-sur- Saône,,,, — d'Histoire et d'Archéologie. 

Chamhéry — Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie. 

Châteaudun — Dunoise. 

Château- Thierry — Historique et Archéologique. 

Compiègne — Française d'Archéologie pour la conser- 
vation des Monuments. 

Constantine(k\^ér\e),, — Archéologique. 

/)ax — de Borda. 

Digne • — Littér. et Scientifique des Basses-Alpes. 

Dijon Commission des Antiquités de la Côte-d'Or. 

Draguignan Société d'études Scientifiques et Archéologiques. 

Guéret v Société des Sciences naturelles et Archéologiques 

de la Creuse. 

Langres — Historique et Archéologique. 

La Rochelle Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts. 

Le HasTe Société Nationale Havraise d'Etudes diverses. 

Le Mans — Historique et Archéologique du Maine. 

Le Puy — d'Agric, Sciences, Arts et Commerce. 

Lille Commission Historique du département du Nord. 

Limoges Société Archéologique et Historique du Limousin. 

Lyon — Littéraire, Historique et Archéologique. 

Melun — Archéologique, Sciences et Arts de Seine- 
et-Marne. 

Montauban — Archéologique du Tarn-et-Garonne (I). 

Montpellier — Archéologique. 

Nancy — d'Archéologie Lorraine. 

Nantes — Archéologique. 



(1) Nommée Associée à la suite de la réception d'un grand nombre de 
ses membres, à Bordeaux, les 21, 22 et 23 octobre 1890. 



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Narbonne Commission Archéologique et Littéraii 

rondissement de Narbonne. 

Nice Société des Lettres, Sciences et Arts c 

Maritimes. 

Orléans — Archéologique et Historique. 

Paria Commission de la Topographie des Gai 

» Publications Scientifiques et Archéolo 

Comité des Travaux Historiques au 

> Société d'Anthropologie. 

» Musée Guimet, Annales. 

» , — — Revue de l'histoire des 

> ,. Revue des Etudes grecques. 

> Société de l'Histoire de Paris etde l'Ile < 

> Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. 

> Journal des Savants. 

» Revue de la Société des Etudes historié 

> L'Ami des monuments. 

> Bulletin de la Société Académique Inde 

de France, 

Pau Bibliothèque des Sciences, Lettres et à 

Périgueux Société Historique et Archéologique. 

Poitiers — des Antiquaires de l'Ouest. 

Quimper — Archéologique du Finistère. 

Rambouillet — Archéologique. 

Rennes — Archéologique d'Ille-et- Vilaine 

Rodez — des Lettres, Sciences et Arts de 

Rouen Commission des Antiquaires de la Seii 

» .. Société libre d'Emulation du Comme 

l'Industrie. 
Saint-Brieuc — Archéologique, Historique des 

Nord. 

Saint-Dié Société Philomathique Vosgienne. 

Saint-Germain Musée National. 

Saint-Omer Société des Antiquaires de la Morinie. 

Saintes — des Archives Historiques de la 

et de l'Aunis. 

Sens — Archéologique. 

Soissons — Archéologique, Historique, Se 

Toulouse — Archéologique du Midi. 

Tours — Archéologique de Touraine. 

Troyes — Académique d'Agriculture, Scie 

et Belles-Lettres de l'Aube. 
Vannes — Polymathique du Morbihan. 



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Sociétés étrangères. 

Bruxelles Commission royale d'Arts et d'Archéologie. 

» Analecta Bollandiana. 

Liège Institut Archéologique Liégeois. 

Namur Société Archéologique . 

Anvers Académie d'Archéologie de Belgique. 

Huy Cercle hutois, Sciences et Arts. 

La Haye Institut Royal, pour les Lettres, la Géographie 

et l'Ethnographie des Indes néerlandaises. 
Londres ,,,,, — Royal Archéologique de la Grande-Breta- 
gne et d'Irlande. 
Taunton (Angleterre).. Archeological and natural history society. 

Copenhague Société royale des Antiquaires du Nord. 

Stockholm Académie royale des Belles-Lettres, Histoire et 

Antiquités de la Suède. 

Agram (Croatie) Société Archéologique Croate, 

Madrid Académie Royale d'Histoire. 

Lisbonne Société Royale des Architectes et Archéologues 

Portugais. 
Washington (Etats- 
Unis) Institut Smithsonien. 

» Bureau of Ethnology. 

NeW'York Anthropological society. 

Boston et New- York.., American folk lore society. 
San-José (Costa-Rica). Anales del Museo nacional. 

Mexico Museo nacional. 

Rio Janeiro (Brésil) . . . Archives du Musée national. 



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SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE BOR] 



Président : 



Vice-Présidents : 

Secrétaire- général : 

Secrétaires : 

Trésorier : 
Archiviste : 

Assesseurs : 



Membres du Bureau pour l'année 1892. 



M. Dezeimeris (R.), i^, A. 0, M 

pondant de l'Institut. 
M. Habasque (F.), conseiller à la C 

Bordeaux. 
M. DE Mensignag (C), Conservate 

d'Antiques, d'Armes et Préhistoi 
M. le Dr Berchon, e^, i^, A. ||, a 

principal de 1''^ classe de la Mari 
M. PicANEAu (E«n), A. Q, Professeï 

Beaux-Arts de Bordeaux. 
M. Feret (Edouard), Editeur-librai 
M. Dagrant (G.-P.), >^, Peintre-v< 
M. Amtmamn (Th.). 
M. le Comte A. de Chasteigner, i 

Numismate, Président sortant, 
M. l'abbé LioLisE, Vicaire de la 

deaux. 
M. DE Faucon i^. 



JOURS DE SÉANCES en 1892 

Les deuxièmes vendredis des mois suivants, à 8 heur 
A l'Athénée, salle 4, rue des Troîs-Conils, 5î 

8 JANVIER 11 MARS 13 MAI 8 JUILLET 

12 FÉVRIER 8 AVRIL 10 JXnif 12 AOUT 

Le Bureau se réunit tous les premiers vendredis des m 
la même heure. 

Les élections ont lieu dans une séance spéciale en Décei 

Bibliothèque : 17, rue Montméjah. — Demande de livrei 
iUustré (3 fr.) : à M. l'Archiviste, rue Doidy, 26. 
Secrétariat général : 96, cours du Jardin-Public. 



Tome XVIL — Fasc. h 



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Gomptes-rendns des Séances de la Société Archéologique 



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Séance du 8 Janyier 1892. 

Présidence de M. Habasqub, premier Vice-Président. 

ès la lecture et radoption du procès-verbal de la der- 
séance, M. le Président, vu l'insuccès des scrutins de la 
m spéciale réglementaire du 7 décembre 1891, invite 
mblée à procéder aux élections d'un deuxième vice- 
lent et des Assesseurs; le Secrétaire général, les deux 
taires, le Trésorier et l'Archiviste ayant été maintenus 
leurs fonctions par acclamation. 

' 17 votants, M. de Mensignac obtient 12 voix; il est 
ice-président. Pour les assesseurs, M. l'abbé Léglise 
t 15 voix, M. de Faucon 10, M. Augier 4, MM. l'abbé 
najou, Bardié, de Lory, Piganeau, chacun 1. MM. Lé- 
et de Faucon sont nommés et le Bureau se trouve ainsi 
Dsé pour l'année 1892 : 



Vice-Président : 
Vice^P résident: 

Tétaires : 

:hiçiste : 

isorier honoraire , 

isorier : 



sesseurs , 



MM. R. Dezeimbris. 
Habasque. 
de Mensignac. 

E. PlGANBAU. 

Ed. Fbret. 
Th. Amtmann. 
V. Domengine. 
Dagrant. 

le C** A. de Chasteigner, prési- 
dent sortant, 
l'abbé Léglise. 
de Faucon. 



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L'ordre du jour appelle le rapport sur les comptes du Tré- 
sorier. Selon Fusage, une Commission est nommée pour la 
vérification de ces comptes. MM. Bardié, Gautier et Berchon 
fils sont élus. 

M. Dagrant demande où en est la question de la bibliothè 
que de la Société. II est répondu que la Municipalité, devai 
disposer en faveur de notre Société de quelques rayons d 
Tancienne bibliothèque de Thôtel J.-J. Bell, on attend de le 
avoir obtenus. 

M. de Mensignac ajoute qu'une autorisation officielle doi 
être, au préalable, accordée. Le loyer de M"* Cadorel étan 
trimestriel, on a encore trois mois pour s'occuper du transpor 
de nos livres. 

M. Bâillon, notaire à Langoiran, présenté par MM. Habasqu 
et Amtmann, est élu membre titulaire de la Société. 

M. Daleau adresse une lettre à M. le Président dans laquell 
il expose qu'il lui sera impossible d'assister à la séance, et i 
exprime son regret de ne pouvoir ainsi donner lecture de I 
communication qu'il avait annoncée et qu*il demande de ren 
voyer à la prochaine réunion. 

M. de Mensignac dit que la bague présentée par M. Daleai 
le 11 décembre 1891, est du règne de Valentinien I*', puis i 
montre un galet sculpté, découvert à Toulouse dans un tom 
beau. Cette sculpture du xv* siècle représente un crapaud don 
la face affecte une figure humaine. M. de Mensignac demand* 
si l'on connaît quelque superstition attribuée à la présence d< 
cet animal, comme, par exemple, la danse de Saint-Guy, ei 
Alsace. 

M. l'abbé Léglise répond que, dans les campagnes, on croi 
encore faire disparaître la fièvre en introduisant un crapau( 
dans le lit du malade. 

M. Ed. Feret, comme suite à son travail de statistique, donui 
lecture de notices sur quelques communes voisines de Bor 
deaux : Bègles, vestiges gallo-romains, église ancienne, inscri< 
ptions, château de Francs-de-Ségur, pavillon dit des Douze< 
Portes ; du xviu* siècle , château de Coulon , château d( 
Birambis, où Ton voit un puits de 1664; château Dorât 



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Tartifume et Mussonville. — Le Bouscat, castel d'Endorte, 
village de la Beiche (aujourd'hui la Vache). — Bruges, ftcrlise 
ancienne, clocher bâti, dit-on, par les Flamands. La c 
l'église passe pour guérir de la rage, château Treulon, j 
la famille Dudon; château de la Tour de Gassies, xviii* i 
— Puits ancien au quartier de Crabeyre, Caudéran, etc. 

M. Amtmann montre un billet de la banque de La 
!•' juillet 1720. Billet de 10 livres payable k vue et port 
timbre royal. Sa longueur est de 15 centimètres, sa h 
de 85 millimètres. Sa reproduction est votée. Le filet do 
grandeur exacte du billet. 

La séance est levée à 10 heures. 

Le Président, Le Secrétaire^ 

HaDASQUE. E. PlGANEAU. 



Séance du 12 férrier 1892. 
Présidence de M. Habasqub, premier vice-président. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et a 

Correspondance : 

M. le Secrétaire général annonce la mort de M. de Q 
fages de Bréau, savant très distingué, membre de Tin 
professeur d'anthropologie au Muséum de Paris, m 
honoraire de notre Société, né le 10 février 1810, déc 
Paris le 12 janvier dernier. 

M. Berchon a adressé une lettre de regrets au fils du d 

La Société Belfortaise d'Emulation sollicite l'échange 
publications avec les nôtres et, sur la demande de M. 
chon, a envoyé un exemplaire de ses mémoires, lequ 
déposé sur le bureau. 

M. Berchon propose d'adopter l'échange, sauf a> 
M. l'Archiviste. (Adopté). 

M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beau: 
annonce que la seizième session des Sociétés des Beau 



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des départements coïncidera, en 1892, avec la réunion des 
Sociétés savantes. Les séances se tiendront dans la salle de 
rhémicycle à TEcole nationale des Beaux-Arts, rue Bonaparte. 
Les mémoires devront être adressés avant le 15 mars. Les 
Sociétés choisiront au plus trois délégués auxquels seront en- 
voyés des lettres d*invitation donnant droit aux réductions de 
places dans les chemins de fer. L'ouverture de la session aura 
lieu le mardi 7 juin. Elle prendra fin le mardi 10 juin inclusi- 
vement. Les demandes de cartes et lettres de parcours devront 
parvenir a la Direction des Beaux-Arts avant le 1*^ mai. 

M. le Secrétaire général fait un appel au zèle des sociétaires 
pour les travaux et pour le recrutement de nouveaux mem- 
bres. Il cite, à cette occasion, M. Bardié qui a amené derniè- 
rement de nombreux prosélytes à Tœuvre commune. 

Une lettre de M. Ch. Braquehaye annonce sa démission de 
membre de la Société. Elle est acceptée purement et sim- 
plement. 

M. Bardié lit le rapport de la Commission de vérification 
des comptes de M. le Trésorier. La Commission ayant scrupu- 
leusement examiné les comptes et constaté, une fois de plus, 
l'exactitude et la bonne tenue des livres, propose en consé- 
quence de voter les plus vives félicitations à M. Dagrant, ce 
qui est approuvé par l'Assemblée. 

La réunion de la Commission dans le local de la Bibliothè- 
que et la présence de M. l'Archiviste ont fourni l'occasion de 
visiter le local où, grâce au dévouement de M. Amtmann, 
règne un ordre parfait dans le classement des livres et publica- 
tions envoyés par les Sociétés correspondantes. Leur nombre 
est croissant chaque jour et la place manque. 

M. Bardié, au nom de plusieurs de ses collègues, exprime 
le désir que la bibliothèque qu'il est question de transférer 
dans une salle de l'Athénée soit, comme autrefois, ouverte aux 
Sociétaires, à certains jours et à certaines heures. 

•M. Amtmann dit que, vu l'abstention complète des lecteurs, 
il a dû renoncer, d'accord avec le Bureau, à se tenir en per- 
manence dans le local, aux heures indiquées, comme il s'y 
était engagé. 



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A propos de la bibliothèque, M. le Président fait savoir 
les bois des rayons de Tancienne bibliothèque municipale 
rhôtel J.-J. Bell ont excité bien des convoitises de la part ( 
grand nombre de Sociétés. Un malentendu s'étant produit 
le numéro des salles^ M. l'Adjoint au Maire désire qu'il lui 
adressé une demande officielle et un engagement pris pa 
Société de faire placer les rayons qui lui sont destinés s( 
certaines convenances et d'après Tavis de l'Architecte d( 
ville. 

M. Amtmann fournit en outre des données et des ren 
gnements desquels il résulte qu'il faudra beaucoup de bois, 
a lieu de savoir d'abord dans quelle salle nous pourrons I( 
DOS richesses. 

M. le Président pense qu'il serait peut-être préférable, a] 
entente avec d'autres Sociétés qui tiennent leurs séances c 
la salle 4, c'est-à-dire dans celle de nos réunions ordinai 
d'y faire mettre nos livres sur une des longues parois latéra 

M. Daleau présente à l'Assemblée divers objets en t 
cuite très grossière recouverts de dessins primitifs exécuté 
creux : 1® cinq mortiers dits griisoirSy à poivre ou à sel, \ 
leurs pilons; 2® un chandelier; 3*^ une tuile à cruchade; 4 
cube qu'il croit être une poivrière ou une salière. Ces usi 
siles, ainsi que les chandeliers décrits dans nos bulletins 
nos collègues, MM. Jullian et de Chasteigner sont, d'après 
l'ouvrage des ouvriers tuiliers qui les font pour leurs bes( 
personnels lorsqu'ils s'absentent de chez eux, pendant 
mois entiers, pour aller faire la tuile, 

M. Daleau ajoute que des chandeliers semblables con 
forme et dessins Bgurés dans notre tome XIV, fig. 15, p! 
che X, et décrits par M. de Chasteigner (voir séance di 
juillet 1889), ont été découverts en grand nombre dan 
district de Halmstad en Gothie (Suède). M. Daleau donne 
ture de la lettre d'un savant suédois qui confirme son assert 
Cette lettre est accompagnée de plusieurs dessins. 

L'Assemblée vote l'impression du travail de M. Daleau e 
plusieurs de ses planches et dessins. 

Sous la rubrique, Encore Saint-Jean de Sagondignac (Méd 



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M. Berchon envoie une notice, lue par M. Feret, sur cette 
chapelle, à l'occasion de laquelle la Société a déjà publié un 
mémoire de lui, au tome XY. Ses conclusions étaient alors : 
que cette chapelle ne datait point des temps mérovingiens, 
mais du xii® siècle, et n'avait pu, par conséquent, subir les 
ravages des Normands ; qu'elle avait servi au culte de 1636 à 
'"'^32, et même jusqu'en 1785; qu'elle avait été détruite par un 
;endie puis recouverte de terre. 

Restaient à connaître la cause et l'époque de la formation de 
;te espèce de tumulus. 

Laissant de côté plusieurs légendes, M. Berchon, aidé de 
tf. le comte Déodat de Verthamon et de M. Pouverreau de 
sparre, membres de la Société, a reconnu que la chapelle 
fut détruite qu'après la Révolution et qu'un télégraphe 
rien à signaux, faisant communiquer plusieurs points du 
5doc, y fut placé, d'après un État du 18 nivôse An III ou 7 
ivier 1795. 

L'impression de la note et du dessin de M. Pouverreau est 
tée. 

A propos de la proposition émise par M. Feret, en séance 
10 juillet 1891, pour demander h la Municipalité de faire 
tablir les arcatures et les colonnettes de la façade sud de 
glise Saint-Seurin de Bordeaux, M. Piganeau, qui en a 
rlé à M. le Maire, dit que la Municipalité n'a encore reçu 
cun avis officiel de la Société. 

M. Bardié ayant témoigné le désir de voir publier dans les 
irnaux, comme autrefois, une note sur les séances de la 
^ciété, M. de Mensignac répond que le bureau s'est déjà 
éoccupé de la question et a décidé que cette publication 
rait reprise. 
La séance est levée à 10 heures un quart. 

Le Président y Le Secrétaire , 

M. Habasque. E. Piganeau. 



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Séance du 11 mars 1892. 
Présidence de M. Hubasque, Vice- Président. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

La correspondance comprend : 1® une circulaire ministé- 
rielle relative au Congrès de la Sorbonne en 1892 ; 2* une 
demande du Directeur de la Reçue d'Alsace y publication sus- 
pendue pendant quelque temps et qui sollicite, de nouveau, 
Tabonnement jadis consenti par la Société ; 3® une lettre de 
M. Nerc, demeurant à la Bastide, rue Durand, 28, donnant 
avis aux amateurs qu'il a à vendre nombre d'objets, de poteries 
anciennes, etc. 

M. le Président fait connaître la perte que vient d'éprouver 
la Société dans la personne de M. Victor Domengine, trésorier 
honoraire, décédé le 29 février dernier. 

M. Piganeau donne lecture d'un article nécrologique sur cet 
excellent collègue, article dont la prompte publication est 
votée par l'Assemblée. 

M. le Secrétaire général annonce la mort de M. Maury 
(Alfred), membre de l'Institut, auteur de nombreux travaux 
historiques et archéologiques, né à Meaux, le 23 mars 1817, et 
mort à Paris le 12 février 1892. Il était membre honoraire de 
la Société. Une lettre de condoléance a été envoyée à la fa- 
mille. 

Une brochure de M. de Cardaillac, avocat à Tarbes, sur le 
cloître de Saint-Sever de Rustan, est déposée sur le bureau. 
Des remercîments seront adressés à l'auteur et donateur de cet 
ouvrage. 

M. Florent, rue du Palais-Gallien, présenté par MM. Bardié 
et Flos, est élu Sociétaire. 

Lectures et communications : 

Il est donné lecture d'une notice de M. Berchon, secrétaire 
général (encore retenu chez lui), sur une plaque de cuivre 
commémorative de la consécration de l'église des Capucins, de 
Beau vais (Oise), par le cardinal François de Sourdis, arche- 



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véque de Bordeaux. La reproduction de l'inscription de cette 
plaque a été très gracieusement accordée a M. Berchon par 
M. de Carrère, membre distingué de la Société académique 
d'archéologie, sciences et arts de Beaus^ais, 

L'Assemblée vote l'impression de la notice et de la planche 
très curieuse qui Taccompagne. 

M. Bardié présente divers objets de verrerie et de poterie 
qui lui ont été confiés pour être soumis à la Société et qui ont 
été trouvés avec quelques autres dans un tombeau près de 
Téglise Saint-Seurin, il y a plusieurs années, dans les dépen- 
dances de rhôtel occupé aujourd'hui par l'institution Lafon- 
taine. Il y avait aussi des monnaies que les ouvriers ont 
dispersées et qui auraient pu donner un indice sur l'époque de 
la sépulture. Le plus grand de ces vases en verre est très 
élégant de forme, un autre est une espèce de verre à boire et 
sans pied. 

M. de Chasteigner rappelle une chanson autrefois très en 
vogue, dont un refrain est celui-ci : Ne laisse ton if erre ni çide 
ni plein. Ce qui expliquerait comment le susdit vase arrondi 
par le bas ne pourrait se tenii^ en équilibre, s'il contenait du 
liquide. Il fallait donc boire d'un trait tout le contenu. Cette 
mode était en usage chez les anciens Francs, comme aujour- 
d'hui chez les Russes. Ce verre et, par suite, les autres objets 
remonteraient-ils a l'époque franque ? 

M. Bardié propose de donner une note écrite après qu'il 
aura pu se procurer des renseignements plus précis. 

M. de Chasteigner annonce, de la part de M. de Mensignac, 
la découverte près de l'église Saint-Pierre, de Bordeaux, d'une 
bague romaine en or, à pans coupés et chaton, sur lequel on 
distingue deux bustes d'homme et de femme gravés en creux 
et les mots nyrnphale vissas. Serait-ce une bague de fian- 
çailles? M. Jullian ou M. de Mensignac donneront une notice 
à ce sujet. 

M. de Chasteigner soumet ensuite à l'Assemblée un vieux ' 
reliquaire du xii« ou xiii* siècle, dont l'inscription, avec per- 
sonnages, donne les noms de 5''*' Melanus et S^^* Benedictusy 
puis un encensoir de l'époque byzantine, de la collection de 



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XXTII 

M. Ch. Durand. Il se propose de faire de ces deux objets une 
étude particulière. 

M. Daleau présente, en&n, un parchemin du xvii« si 
intéressant en cela que c'est un permis de chasse signé d 
Henri IV, daté du 25 novembre 1600, et accordé au sieu 
badié, habitant de Bourg. 

Ce document, ayant plus de rapport avec ceux des Arc 
historiques, sera soumis à cette Société. 

M. Daleau montre aussi le dessin d'un sceau de la mu 
palité de Bourg où sont représentées les trois fleurs de 1] 
Técusson de France. On sait qu'après la première réducti< 
la Guyenne, la ville de Bourg, ayant refusé de prendre par 
révolte provoquée par l'arrivée de Talbot, le roi Charles 
vainqueur une deuxième fois, lui concéda les armes de Fi 
plein, c'est-à-dire d'azur h trois fleurs de lys d'or. Les ai 
ries primitives, inconnues aujourd'hui, furent perdues ou i 
données. 

La séance est levée à 10 heures. 

Le Président, Le Secrétaire, 

Hâbasque. E. Piganeau. 



Séance du 8 avril 1892. 
Présidence de M. F. Hâbasque, vice-président. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Excusés : MM. Dezeimeris et C. de Mensignac. 

M. le Président donne lecture de la réponse de M. le I 
au vœu exprimé par la Société en séance du 10 juillet 18î 
sujet du rétablissement et de la restauration des colonn 
qui ornaient jadis la façade sud de l'église Saint-Seurin. 

M. le Maire fait savoir que la Municipalité, prenant ce 



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en considération, a chargé M. Flandrai, architecte, d'étudier 
un projet. 

Bordeaux, le 26 mars 1892. 

A Monsieur le Président de la Société archéologique de Bor- 
deaux {Hôtel de V Athénée), 

loDsieur le PrésideDl. 

honneur de vous nccuser réception de la lettre que vous avez bien 
'adresser à la date du 22 du courant, par laquelle vous me laites 
*e le VŒU émis, dans sa dernière séance, par la Société archéolo- 
i Bordeaux, qui désirerait voir restaurer la double rangée d'ar- 
Lii s'appuient contre la façade sud de l'église Saint-Seurin, faisant 
; allées Damour, et rétablir les colonnettes qui soutenaient ces 

honneur de vous informer, Monsieur le Président, que l'Adminis- 

municipale a confié à son architecte, M. Flandrai, le soin de 

un projet de restauration de cette façade, sauf à se prononcer 

rement sur la suite à donner audit projet. 

lez agréer. Monsieur le Président, l'assurance de ma considération 

lée, 

L* Adjoint délégué, 

E. Laroque. 

ire du jour est abordé par la question de la biblio- 

\mtmann, archiviste, lit un rapport dans lequel est 
la proposition du Bureau de la Société de faire a la Bi- 
que de la ville de Bordeaux le dépôt des volumes qui 
aulent dans le local de la rue Montméjan et ne pourront 
entôt y trouver place, 
i le texte de ce rapport : 

t sur le transfert de notre bibliothèque à celle de la Ville. 

[lis près de deux ans, le local actuel de notre bibliothèque 
levenu absolument insuffisant, nous recherchions les 
s de l'agrandir et de rendre nos collections plus utiles, 
utefois trop grever notre budget, 
que la salle de nos séances fut transférée à TAthénée, 



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nous pensions avoir trouvé la solution de cette question en 
demandant k la Ville une salle pour loger notre bibliothèque. 
La Municipalité nous offrit une salle en commun avec plusieurs 
autres Sociétés; malheureusement, après un mûr examen, nous 
avons pu nous rendre compte que la salle offerte ne répondai 
nullement a nos besoins et qu'avant peu nous retomberion 
dans le même embarras. En effet, la surface murale sur laquell 
nous pouvions faire installer des rayons, et cela seulemen 
d'après les plans de Tarchitecte de la ville, ce qui nous entra! 
nait à des frais énormes, est à peine suffisante pour recevoi 
nos collections jusqu'à ce jour. Il nous resterait encore à loge 
notre réserve qui est assez considérable et les publications qv 
nous arrivent sans cesse. Ne pouvant trouver satisfaction de c 
côté, je viens, au nom du Bureau, vous proposer de déposeï 
sous certaines conditions, nos livres dans la bibliothèque de 1 
Ville ; mais avant d'adopter ou de repousser cette propositioi 
dont je me suis fait l'interprète, je crois utile de vous soumet 
tre les raisons qui militent en sa faveur. 

Lorsque nos collections seront déposées à la bibliothèque d 
la Ville, nos Membres pourront les consulter tous les jours c 
presque à toute heure ; tandis qu'à présent, avec la meilleur 
volonté, je ne puis consacrer plus d'une heure par semaine a 
service de la bibliothèque. D'un autre côté, nos finances n 
nous permettent pas d'avoir un employé en permanence charg 
d'enregistrer les prêts et de veiller à leur rentrée. Je dois mêm 
vous avouer que plusieurs fois déjà, malgré mes instances, j 
n'ai pu faire rentrer certains volumes qui ont été perdus pou 
notre bibliothèque. 

Le bibliothécaire de la Ville aura certainement beaucou] 
plus d'autorité que moi ou tout autre pour faire rentrer le 
ouvrages prêtés. 

Une des objections que vous pourrez faire à notre proposi 
tion, c'est que les Membres de notre Société n'auront peut 
être plus le droit d'emporter les livres chez eux, mais c'est 1 
la condition sine quâ non de notre dépôt, ainsi que vous 1 
verrez par la lettre que notre Président adresse au Maire e 
qu'il soumettra à votre approbation. 



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Parlerai-J6 de Tétat matériel dans lequel se trouvent nos 
volumes et nos brochures? Nos finances ne nous permettent 
pas de les faire relier et vous n'ignorez pas combien les ouvra- 
ges brochés se détériorent facilement. 

^nfin, en cédant à la Ville les nombreux envois que lui font 
lociétés correspondantes, notre Société pourra lui démon- 
qu'elle lui rend une valeur qui surpasse largement celle 
représente la subvention municipale et lui demander au 
in un surcroit d'allocation, lui permettant d'augmenter ses 
ications. 

crois, Messieurs, qu'après cet exposé, vous n'hésiterez 
{ adopter la proposition du Bureau, à la condition, bien 
idu, que, sur présentation de leur carte, tous les Membres 
otre Société soient autorisés à emporter chez eux les 
îges provenant ou à provenir de notre bibliothèque, et 
ifin la Municipalité nous fera construire, dans la salle de 
éunions, un meuble pour loger notre réserve. 

Habasque explique la pensée du bureau, appuyée d'ail- 
par le précédent offert par la Société des Archwes histo^ 
s qui a passé, sous certaines réserves, toutefois, un 
at avec la Municipalité dans une circonstance semblable. 
Bardié combat la proposition émise. Il craint que la 
re proposée soit de nature à porter préjudice à la Société 
î démunirait ainsi de sa propriété. Il préférerait revoir 
e en vigueur ce qui était primitivement établi concernant 
diothèque. 

ist répondu qu'il ne suffit pas, pour constituer une biblio- 
e, d'avoir étalé sur des rayons et catalogué une plus ou 
i grande quantité de volumes, mais qu'il faut, surtout, 
la facilité à les consulter. Or, l'expérience a déjà prouvé 
otre bibliothèque, placée dans un local dispendieux, n'a 
) été que peu ou point consultée, malgré le zèle de 
archiviste, qui a dû renoncer à venir inutilement sacri- 
;s heures à attendre des lecteurs. Nos volumes, placés 
in dépôt public, tout en restant notre propriété particu- 
seraient, d'après la proposition du Bureau, plus à la por- 



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tée des Sociétaires, qui pourraient même les emporter chez 
eux, sous le couvert de leur déclaration signée sur un registre 
ad hoc. De plus^ la Société y aurait un autre avantage : la 
reliure aux frais de la Ville, avec économie du total du loyer. 

Afin de clore, pour le moment, la discussion, et sur la 
demande de M. Bardié, M. le Président met aux voix le ren- 
voi de la question à la prochaine séance, ce qui est adopté. 

M. Âmtmann lit une note de M. Berchon sur VAge de bronze 
dans le département de la Gironde, D'après les recherches de 
notre savant secrétaire général, il résulte que ce département 
est très riche en gisements d'objets en bronze, surtout le 
Médoc. On y a en effet recueilli, dans 90 localités, 127 trou- 
vailles, soit plus de 1,000 objets bien déterminés, sans compter 
les découvertes qui n'ont pas été décrites avec assez de détails. 

L'Assemblée vote la publication de la notice de M. Berchon. 

M. de Chasteigner lit ensuite une lettre adressée à M. de 
Mensignac par M. Pommade, de la Réole, accompagnant : 

1® Un éperon en fer du xiii° siècle, de 0"* 20 de longueur, 
trouvé à Roquebouse, près de La Réole, sur le versant du 
coteau du Mirail ; 

2® La communication d'une lettre du commissaire des pou- 
dres et salpêtres, datée du 13 nivôse an X de la République ; 

3^ Le testament, en date de 1626, de Raymond Aussudre, 
jurât de La Réole, qui, entre autres legs, donne diverses som- 
mes au monastère de La Réole et 300 livres à la chapelle de la 
Recluse de cette ville. 

Ces deux documents, pour la communication desquels des 
remerciements seront adressés à M. Pommade, étant plus du 
ressort des Archwes historiques^ M. le Président propose de 
les présenter à cette Société. 

M. de Chasteigner soumet à l'attention de ses collègues un 
curieux crucifix du xiii® siècle qu'il a trouvé dans l'Agenais et 
offrant beaucoup d'analogie avec celui de Vautebin (Poitou), 
étudié par Mgr Barbier de Montault (Antiquaires de l'Ouest^ 
3* bulletin, 1891). M. de Chasteigner prie ses confrères de lui 
signaler d'autres crucifix analogues qui seraient à leur connais- 
sance et montre encore deux autres crucifix de plus petites 



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dimensions; l'un offrant pour type le demi-jupon avec la cou- 
ronne fleuronnée et les pieds croisés, l'autre sur lequel le 
Christ n'est plus en relief, mais gravé. 

M. Bardié, qui n'a pas pu s'occuper encore de son travail sur 
les verroteries présentées à la dernière séance, remet sa notice 
à une séance ultérieure et se propose de porter à la prochaine 
on ses photographies des monuments du centre de la 
ce sur lesquels il fera une causerie. En attendant, il pré- 
une lampe romaine et une flèche provenant d'Afrique et 
ûsonnée (dit-on). 

Piganeau, qui est allé récemment en excursion avec le 
alpin, et M. Bayssellance, maire et président de cette 
^té, dans le Saint-Emilionnais, aux grottes dites de Fer- 
, lit une notice sur ces grottes et présente le plan et les 
ns de ces curieux souterrains qui, au premier abord, 
ssent avoir été des refuges de religionuaires, mais 
e testament du 24 novembre 1705 du sieur Elie de Bétou- 
, seigneur de Saint-Poly (Saint- Hippolyte, commune 
ne de Saint- Emilion, dit avoir été creusées par ses 
ss comme des monuments éternels de la gloire du grand 
ouis Xiy. Ce Bétoulaud, considérant, comme il le dit dans 
ispositions testamentaires, que les belles-lettres n'avaient 
e été cultivées dans notre région que par quatre person- 
s : Saint-Paulin, Ausone, Michel Montaigne et lui-même, 
fondé un prix annuel de poésie que devait décerner 
demie française et dont il avait fixé, du reste, les condi- 
, mais qui ne fut jamais disputé. Etant célibataire et 
mt pas d'héritiers directs, il légua à la municipalité bor- 
se une magnifique médaille à Tefligie de Louis XIV et des 
^es, ses fils et petits-fils, à la condition que, dans les céré- 
ies publiques, elle serait portée par le maire ou, a son 
it, par le sous-maire ou le premier jurât. On ne sait ce 
st devenue cette médaille sur laquelle un M. Bétoulaud, 
at à Paris, demandait, il y a plusieurs années, des rensei- 
nents. 

itte notice sera imprimée dans nos bulletins. 
. Gautier présente deux morceaux de bois pétrifiés trouvés 



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dans le défrichement d'un bois de Citran, commune d'Aven 
san-Médoc. 

M. de Chasteigner propose d'émettre, auprès de la munici 
palité, un vœu tendant à faire disparaître du Jardin-Publi( 
où leur dépôt a causé la destruction d'un arbre remarquable 
les quelques pierres qualifiées de Cromlech. (Voir la discuG 
sion à ce sujet. Procès-verbaux, t. II, 1875, p. vi et suivantes 

M. Azam pense qu'il suffit que l'on ait fait disparaîtr 
l'écriteau sans qu'une mesure survienne de nature à provoque 
de nouvelles discussions. 

M. le Président émet l'avis qu'en tout état de cause il serai 
bon de conférer officieusement avec la municipalité. 

M. Amtmann termine la séance par la présentation d'un 
hache polie en silex trouvée à Langoiran. 

La séance est levée à 10 heures 1/2. 

Le Président, Le Secrétaire, 

F. Habasque. E. Piganbau. 



Séance du 13 mai 1892. 

Présidence de M. Habasqub, vice-président. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté 
après une observation de M. de Chasteigner sur l'inconvénien 
que peut produire parfois la publication prématurée, dans le: 
journaux, de l'extrait du procès-verbal des séances, c'est-à 
dire trois ou quatre jours après la séance elle-même. 

Le Secrétaire fait, de son côté, ressortir la difficulté de don 
ner de suite, au public, dans une note de quelques lignes 
l'esprit de la séance avant qu'on ait eu le temps nécessain 
pour étudier et rédiger le procès-verbal lui-même. 

Revenant à ce qui se faisait dans le principe, l'Assemblée 
décide que l'extrait du procès-verbal ne sera publié dans lei 
journaux qu'après lecture, modification (s'il y a lieu) et adop- 
ToMB xvn. — Fasc. I. 3 



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tlon du texte entier à la séance suivante. A la réserve, toute- 
fois, des nouvelles archéologiques, ou autres choses, qui 
demanderaient d'être mises sans retard à la connaissance du 
public et qui seraient alors Fobjet d'un entrefilet particulier (1). 

La correspondance comprend : 

l®Une lettre adressée par Madame veuve Domengine au 
Président exprimant ses sentiments de gratitude à la Société 
pour rhommage rendu à la mémoire de son regretté mari, 
notre ancien trésorier; 

2*^ La notification, par la Société de numismatique y qu'elle 
n'enverra plus, désormais, ses publications qu'aux Sociétés 
s'occupant, exclusivement, de travaux analogues aux siens. 
L'échange cessera donc de notre côté ; 

3® L'avis du prochain Congrès de la Société française cTar" 
chéologie qui doit se tenir, cette année, à Orléans, en juin. 

4® Un prospectus de la Société en formation, à Bordeaux, 
sous le titre : Les amis de VUnii^ersité girondine ; 

5® Une proposition de la Société havraise d'études diverses 
de s*associer à l'érection d'un buste à Casimir Delavigne ; 

6" Plusieurs catalogues de libraires, spécialement celiji de 
Clouz(|t, de Niort, toujours fort intéressant pour la région; 

7** Lia Société des sciences et arts de Bayonne demande à 
échanger ses publications avec celles de la Société. (Adopté.) 

Question archéologique» 

M. le D** Berchon, ayant lu, récemment, dans le journal du 
voyage de Philippe V en Espagne, en 1700, rédigé par Duché de 
Vanci, que cet historiographe avait noté dans la cathédrale 
« de Saintes un usage assez singulier qu'il n'avait trouvé men- 
>> tionné nulle part, à savoir, que, la nuit de Noël, on avait 
» coutume de mettre dans cette église une couche de paille de 
» deux pieds d'épaisseur, en mémoire de la naissance de Jésus- 
)> Christ », demande si l'on connaît quelque localité dans la 



(1) Une déciBion semblable avait d'ailleurs été votée dans la séance du 
12 avril 1877. T. III, p. vu, puis rapportée. 



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Gironde ou dans les départements voisins, où cette coutume 
aurait été en usage. 

Question de la Bibliothèque. 

M. de Mensignac, trouvant la question assez importante, 
désirerait qu'il fût nommé une Commission à cet effet. 

Il est répondu que la question a déjà été étudiée par le 
Bureau et déjà soumise une première fois à l'Assemblée, et 
M. de Chasteigner démontre l'avantage réel qui résultera pour 
la Société d'avoir sa bibliothèque dans un service public plus 
accessible aux Sociétaires. 

M. Bardié voudrait connaître les conditions que l'on propO' 
serait à la Ville. 

M. de Mensignac demande dans quelles conditions on pourra 
s'engager avec la nouvelle municipalité. 

Après échange de certaines considérations, M. le Président 
met aux voix la nomination d'une Commission. Elle est rejetée. 

Secondement, est-on, en principe, disposé à offrir à la Ville 
notre bibliothèque, sous certaines conditions, bien entendu ? 
(Accepté à la majorité.) 

Il est décidé, en conséquence, que M. le Secrétaire général 
rédigera une note dans ce sens pour l'adresser, ensuite, à la 
Ville après qu'elle aura été discutée en séance, et la Société ne 
prendra d'engagement que selon la réponse de la municipalité. 

M. Tournié, de La Réole, membre de la Société, montre un 
grand dessin, fort bien exécuté, d'après une curieuse cheminée 
en faïence qui fait partie de ses collections. Hauteur, 1™ 18, 
largeur, 1" 84. Elle a été décrite par M. Léon Palustre. Elle 
provient de la vieille abbaye de Saint-Julien-de-Tours, pour 
laquelle elle fut exécutée. L'abbaye de Saint-Julien, ayant été 
enlevée au culte, pendant la Révolution, servit longtemps de 
remise pour les diligences de l'époque. En 1842, un M. Coi- 
cault se rendit acquéreur de la cheminée qui échut, ensuite, à 
MM. Ragueneau ou Legallois de Tours qui, pendant la guerre 
néfaste de 1870, eut, pour la préserver de l'invasion prus- 
sienne, la bonne inspiration de la badigeonner avec une 
matière noirâtre, voilant ainsi son mérite artistique. Sauvée de 



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la convoitise allemande, elle fut, ensuite, nettoyée, mise en 
vente et acquise par M. Tournié. Les dessins des ornements 
indiquent une fabrication rouennaise et lui assignent l'époque 
de Louis XV, la Régence peut-être. 

M. de Chasteigner se rappelle avoir vu à Tours un fragment 
de cheminée tellement ressemblant à celle de M. Tournié, 
qu'on l'en pourrait croire détachée, si celle-ci n'était absolu- 
ment complète. 

Sur la proposition de M. Âmtmann, l'Assemblée vote la 
publication de la note de M. Tournié, accompagnée, si faire se 
peut, d'une notice historique et d'un dessin réduit, en poly- 
chromie. 

M. Piganeau donne communication d'une pièce tirée des 
archives de Saint-Emilion : Etat des biens religieux de la corn- 
mune en 1791, où sont mentionnés : 1® le couvent des Corde- 
liers; 2® celui des Jacobins; 3® celui des Ursulines; 4® quel- 
ques maisons en ville ; 5® le doyenné ; 6® la chapelle de la 
Trinité avec la crypte appelée l'Ermitage ou chapelle de 
Saint-Emilion. 

M. Amtmann communique plusieurs documents de 1758. Ce 
des rôles de tailles de la commune de Castelvieil (arron- 
ment de La Réole) signés de M. de Tourny. 
de Mensignac montre à l'Assemblée la bague romaine en 
mt on a parlé dans la séance du 11 mars. Elle a été décou- 
près de l'église Saint-Pierre, de Bordeaux, et acquise 
le Musée, par les soins de M. Cabannes. M. de Mensignac 
[)nnera, ultérieurement, une description complète, 
le excursion archéologique ayant été décidée, M. le Prési- 
demande qu'il soit fixé un jour. La date et le lieu restent 
dier. 
séance est levée à dix heures. 

Le Président t Le Secrétaire, 

F. Habasqub. E. Piganeau. 



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Séance du 11 Juin 1892. 

Présidence de M. de MxifsiGiiAO. 

M. le Pirésident Habasque s'est fait excuser étant au Congrès 
de la Sor bonne à Paris. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. de Chasteigner exprime le regret de la cessation de 
réchange des publications avec la Société française de Numis- 
matique, mesure que cette dernière a provoquée elle-même et 
qui nous prive de ses travaux qui ont parfois quelques rapports 
avec l'archéologie. 

La correspondance comprenait en effet, une lettre relative à 
cette cessation. Le Secrétaire général a accusé réception avec 
expression de regrets. 

La Société a reçu aussi quelques catalogues de librairie. 

Question de la bibliothèque. 

Lecture est faite du projet de lettre à adresser au Maire de 
Bordeaux; après certaines observations de MM. Bardié, 
Amtmann, de Chasteigner, de Mensignac, le principe de cette 
lettre est adopté. Lecture ayant été faite de la proposition 
adressée dans le même but par la Société des archives histori- 
ques et de la réponse de la Mairie, il est décidé que notre 
offre sera rédigée à peu près dans les mêmes termes. 

M. de Chasteigner fait savoir que M. Berchon, secrétaire 
général et M. Dagrant, trésorier, ont répondu à la demande 
de la Préfecture pour les renseignements sur Tétat annuel à 
soumettre au Conseil général session d'août. 

M. Pommade, de La Réole, envoie à la Société, pour lui être 
soumis, un écusson en cuivre trouvé au château d'Aillas, 
armoiries inconnues. 

Ecartelé, le premier et le quatrième, d'or, à un vase de même 
orné sur sa panse d'une bande de sable. Le deuxième et 
quatrième, d'or à une croix pattée de gueules, hauteur 



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9 centimètres 5 millimètres, la plus grande largeur 7 centimè- 
tres 3 millimètres. 

M. DaleaUy qui s'occupe d'une étude sur les jouets enfantins 
de tous les pays : rossignols, sifQets en terre cuite, demande 
des renseignements. 

M. de Chasteigner répond qu'il existe à sa connaissance 
divers ouvrages sur la question, notamment pour l'époque 
romaine. 

M. Piganeau cite certaines particularités historiques trouvées 
dans les archives de Saint-Emilion, notamment : 1^ un procès à 
un boucher, qui avait acheté un bœuf atteint de certaine infir- 
mité physique qui faisait descendre, paraît-il, l'animal dans une 
catégorie inférieure, c'est-à-dire dans la craberie; 2** Une 
opposition formelle faite par les habitants, le 20 août 1575, de 
recevoir en ville une garnison envoyée par le Parlement pour 
défendre la ville d'une surprise des huguenots. Les habitants 
allèguent ce qui s'est passé à Monségur et à Sauveterre, où 
une garnison a dévasté le pays; sur Tordre réitéré du Parlement, 
ils consentent à recevoir les gens d'armes, mais à certaines con- 
ditions, entre autres qu'ils se fournissent les vivres nécessaires, 
qu'ils donneront à la mairie leurs noms, prénoms (coutumes) 
que leurs chefs répondront d'eux, qu'ils ne déroberont pas le 
bétail des habitants, etc., etc. 

M. Bardié insiste sur une idée déjà ancienne, c'est-à-dire 
que les convocations portent l'ordre du jour. 

Il est répondu que la chose se fera dans la mesure- du 
possible, car il arrive souvent qu'au jour même de la séance 
on ait à attendre les communications qui n'ont pu être annon- 
cées d'avance. 

Le principe par lui-même mis aux voix est adopté. 

L'excursion archéologique proposée dans la dernière séance 
est fixée au dimanche 3 juillet pour aller visiter Yillandraut et 
Uzeste. Des circulaires seront adressées aux Sociétaires. 

La séance est levée à 10 heures 1/2. 

Le Président, Le Secrétaire, 

C. DE Mensignac, if.-p, E. Piganeau. 



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Séance du 8 juillet 1892. 
Présidence de M. Habasqub, vice-président. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 
M. A. Brutails, archiviste en chef du département de la Gironde, ' 
présenté par MM. Dezeimeris et Dagrant est reçu, à l'unani- 
mité, membre titulaire de la Société (1). 

La correspondance mensuelle comprend : 

1* Divers catalogues des librairies Clouzot, Dorbon, etc. ; 

2® Une lettre du marquis de Croizier, président du Comité 
français du 4°** Centenaire de la découverte de l'Amérique, 
invitant la Société à désigner des délégués qui, en se rendant 
à Gênes à un Congrès de géographie tenu en septembre, seront 
transportés, par les soins du gouvernement espagnol, de Gènes 
à Huelva, où doit avoir lieu le Congrès des Américanistes du 
6 au 12 octobre. 



(1) Ancien élève de l'Ecole des Chartes et de TÊcole pratique des Hautes 
Etudes, archiviste paléographe, lauréat de l'Institut (1'* médaille au 
concours des Antiquités nationales de 1891), correspondant du Ministère 
pour les travaux historiques et membre de l'Académie, de la Société des 
Archives historiques de Bordeaux, etc., etc., M. Brutails, juge au tribu- 
nal supérieur d'Andorre, a déjà publié : 

lo Etude archéologique sur le Castillet Notre-Dame de Perpignan ; 

2* Etude sur l'esclavage en Roussillon ; 

3^ Etude historique sur la loi Stratae ; 

4« Monographie de la cathédrale et du cloître d'Elne ; 

5* Documents des Archives de la Chambre des Comptes de Navarre ; 

6* Notes sur l'économie rurale du Roussillon à la fin de l'ancien 
régime; 

7^ Etude sur la condition des populations rurales du Roussillon au 
moyen âge ; 

S^ Examen de quelques théories de M. Lamprecht et différents articles 
de revues, notamment : 

9» Etude critique sur les origines de la question d'Andorre ; 

10» Etude sur les églises d'Espira-de-l'Agly et de Taxo d'Avail ; 

11« La chape et la chasuble de Calllar; 

12o Note sur quelques crucifix des Pyrénées-Orientales. 



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Une exposition aura lieu à Madrid du 15 septembre au 
15 novembre. 

Les chemins de fer français, italiens et espagnols feront une 
réduction de 50 0/0 pour ceux qui recevront des délégations et 
dont les noms doivent être signalés dans le plus bref délai. 

3** La Société des Amis des Sciences et Arts de Roche* 
chouart (Haute- Vienne), demande l'échange de ses publications 
avec celles de la Société. 

La question est renvoyée au bureau. 

M. Berchon, secrétaire général, adresse un rapport sur les 
études que M. Grellet-Balguerie, membre de la Société Archéo- 
logique, avait envoyées à la Société. 

« Notre zélé collègue, M. Grellet-Balguerie, nous a fait passer, 
par l'intermédiaire de M. le Maire de Bordeaux, une série de 
mémoires et de notes concernant l'archéologie historique de la 
Gironde, mémoires dont il devait être rendu compte d'après 
l'accusé de réception de la séance du 13 novembre 1891, t. XVI, 
p. XLViii. Je remplis ce devoir aujourd'hui. 

» Ces travaux portent les titres suivants : 

» 1* Histoire du vrai Clons III^ fils de Dagobert II d'Austra- 
sie, nouveau roi de France, de 672 ou 673 à 677-678, analysée 
dans un mémoire sur l'authenticité et la date précise de la 
translation du corps de saint Benoit en France, à Fleury, avec 
une reproduction de l'inscription du tombeau de saint Mummole 
ou Mummolenus, abbé de Fleury-sur-Loire, à la fin du vu* 
siècle, inhumé à Sainte-Croix de Bordeaux en 677, et la 
photographie d'une bulle inédite de Lucius III (1184), confir- 
mant la Translation. In-8%0rléans, 1882. 

» 2^ Origine historique des villes de Ribérac, Auberocbe, 
Aubeterre, Montagrier, Montant, Montignac, Castillon-sur-Dor- 
dogne, Guîtres, Francs (Gironde), patrie de l'historien Aimoin, 
avec une analyse de M. Angel-FayoUe. In-8®, Ribérac, 1883. 
Étude dans laquelle M. Grellet-Balguerie établit, contrairement 
aux prétentions allemandes, l'origine exclusivement française 
et aquitanique de la célèbre légende ^es quatre fils Aymon, ou 
de celle de Renaud de Montauban, publiée pour la première 
fois, d'après les meilleurs manuscrits, par M. Henri Michelant. 



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» 3* La çérilé sur la date de la construction de la basilique 
de Saint'Front de Périgueux. Rîbérac, 1883. 

» 4* Origine fabuleuse des Francs et décousferte de Vempla" 
cernent et des ruines de la nlla de Cassinogilum y palais de 
Charlemagne et de Louis le Débonnaire, à Caudrot (Gironde), 
avec de nombreuses notes et trois dessins exacts, curieux et 
inédits. 

» 5® Histoire et légendes d'Aquitaine. Les quatre fils Aymon, 
Renaud de Montauban, Eudon, duc-roi d'Aquitaine, 688-735. 

» 6** Description d'un sarcophage du vu* siècle, en marbre 
blanc, découvert à Lavaur (Tarn) et d'un souterrain-refuge, à 
Mazères, commune de Fiac (Tarn), avec lithographies et des- 
cription sommaire d'autres refuges plus importants. 

» 7® Le programme d'un travail complet sur Cassinogilum ^ 
destiné à la Société Archéologique de Bordeaux et qui résumera 
plusieurs travaux que Fauteur a entrepris sur cette localité en 
1862 et qu'il a continués depuis 1879 spécialement. 

» Ces mémoires sont marqués au coin d'une érudition persé- 
vérante, et M. Grellet-Balguerie annonce l'envoi prochain d'un 
des exemplaires, devenus fort rares, de l'album de 16 planches 
in-folio qu'il avait fait paraître, dès le commencement de ses 
découvertes, sur Cassinogilum, avec M. Fauché, architecte de 
La Réole. Lithographies de Légé, de Bordeaux. 

» Cet atlas, in-folio, publié en 1862 et imprimé à Bordeaux, 
comprend : 

» 1* Les deux églises de Caudrot, Saint-Christophe et Saint' 
Cybardy un plan général et 6 planches ; 

» 2** La {filla de Cassinogilo, emplacement et vestiges à Cau- 
drot (Gironde) ; 

» 3^ Antiquités réolaises, 7 planches avec de nombreuses 
figures. 

» La Société ne doit pas oublier que son savant associé a été 
l'un des premiers, en Gironde, à s'occuper des recherches 
préhistoriques, sur Tâge de la pierre particulièrement. 

» Il signalait, dès 1847,. plusieurs trouvailles de ce genre sur 
divers points du département. Il fit, peu après, à la Guade- 
loupe, une collection très importante de haches dites caraïbes. 



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et d'autres instruments en pierre, jadeite, etc. ; les uns véri- 
tablement préhistoriques et de très grandes dimensions, trou- 
vés dans les champs ou dans les sépultures, d'autres,'remohtant 
seulement au commencement du xvi® siècle et même fabriqués 
encore dans le pays par les descendants de la race autochtone. 

» Avec ces haches il avait rassemblé différents outils en 
pierre, des crocs, des harpons en pierre blanche très dure et 
il envoya plusieurs spécimens de sa collection aux expositions 
de 1855 et 1857, à Paris. Ils furent malheureusement dispersés, 
pour la plus grande partie en dons à des amis, au ministre 
Théodore Ducos, spécialement, à divers musées, mais il en reste 
encore quelques-uns à l'Exposition permanente des Colonies, 
et tout particulièrement, un vase de sacriGces ou coupe en 
pierre, portant une tête grossièrement sculptée que M. Grellet- 
Balguerie avait reçu du dernier descendant d'un chef caraïbe. 

» Il avait dans le temps communiqué quelques-unes de ces 
recherches à l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts 
de Bordeaux dont il était correspondant depuis le 20 juin 1852 
et en avait reçu en 1862 une médaille d'argent pour son album 
de Cassinogilum (Caudrot). Une autre médaille de bronze fut 
la récompense de sa participation à l'Exposition de 1878 pour 
sa collection d'instruments inédits de Tâge du bronze et l'en- 
semble de tous ses travaux l'ont fait enfin nommer, en 1889, 
officier de l'Instruction publique. 

» Les archives de l'Académie bordelaise conservent du reste 
encore une série de dessins au trait des armes et ustensiles 
caraïbes allant du n® 61 au n® 92, planches X à XYI et portant 
la date d'envoi du 3 juin 1853. M. Durand en avait rendu compte 
le 3 août 1854, en regrettant que la 1" série de dessins ne fût 
pas parvenue à l'Académie depuis le 1*' avril 1849. 

)) 20 à 25 de ces haches et objets avaient été donnés au 
Musée de la ville de Bordeaux, d'après les mêmes documents. 
Ils y sont encore sous les n^' 625 à 638, sous le titre : Haches 
et marteaux en basalte, armes des anciens caraïbes trouvés ù 
la Guadeloupe et donnés en 1854 par M. Grellet-Balguerie, 
alors juge de paix du canton du Moule, mais nommé déjà juge 
au nouveau tribunal de la Bassc-Tcrre. 



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» La Société acceptera donc aisément ma proposition de 
remerciements à M. Grellet-Balguerie pour son envoi et pour 
l'annonce des nouveaux documents qu'il a rassemblés sur Cas- 
sinogilum ». 

Cette motion est adoptée. 

M. Amtmann montre la photographie d'une figurine en terre 
cuite (collection Bordes) trouvée en 1878 dans les fouilles d'une 
maison, rue Saige, 11. Ce groupe représente un homme et une 
femme, deux époux à demi nus dans le lit conjugal. Un chien 
est accroupi sur leurs pieds. On y lit le nom Sixtilius, Ce petit 
objet, type très rare et qui. parait être de l'époque romaine, 
pourrait être un ex-ifoto aux dieux lares. 

M. de Chasteigner rappelle l'ouvrage de M. Ludo, profes- 
seur de dessin à Moulins, sur des objets analogues trouvés à 
Moulins. 

M. de Mensignac dit que l'emplacement de la maison rue 
Saige, a été occupé à l'époque romaine par un potier et hésite 
à voir un ex-voto dans ce petit monument. 

Toutefois l'impression de la notice de M. Amtmann est votée 
avec le dessin. 

M. Amtmann montre ensuite quelques photographies exécu- 
tées par lui pendant la dernière excursion à Yillandraut et 
Uzeste, excursion dont il sera fait un compte-rendu. 

M. Bardié présente, à son tour, une nombreuse série de 
photographies de différents monuments du centre de la France, 
notamment du château Barrière et de la cathédrale Saint-Front 
de Périgueux; de la cathédrale Saint-Etienne de Limoges; des 
églises Notre-Dame et temple Saint-Jean à Poitiers; de la 
cathédrale de Tours ; de la cathédrale de Bourges ; de la collé- 
giale et du château de Loches ; des châteaux de Chenonceaux, 
Amboise, Langeais, Beaugency, Azay le Rideau, Chaumont. 
Blois, Chambord, Fontainebleau, hôtel de ville d'Orléans, 
cathédrale de Chartres, ville de Châteaudun, etc., etc. 

M. de Chasteigner, rappelant que Bordeaux est la ville de 
France qui offre le plus grand nombre de maisons à façades 
décorées de sculptures, regrette que l'administration munici- 
pale ait prescrit le nettoyage qui, par le grattage, opéré sur les 



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murs, peut faire perdre, par la suite du temps, la délicatesse et 
Tharmonie des lignes sculpturales. M. de Chasteigner désire- 
rait que Tattention de la municipalité fût éveillée sur ce point 
dans la mesure du possible. 

La séance est levée à dix heures et demie. 

Le Président^ Le Secrétaire, 

[aBASQUE, {f.'p, E. PiGANEAU. 



Séance du 12 août 1892. 
Présidence de M. Habasque, vice-président. 

)cès-verbal de la dernière séance est lu et adopté, 
rrespondance comprend : 
rapport de l'Institut Liégeois. 

î lettre d'excuses de ne pouvoir assister à la séance par 
Chasteigner et Girault. 

s notice bibliographique et biographique sur M. Jules 
ar M. Tamizey de la Roque. 

ciété, tout entière, s'associe aux regrets de la famille 
qui fut son premier président et qui fut, jusqu'à la fin, 
illeur et un savant émérites. 

spécimen d'un journal utile aux archéologues et col- 
îurs, La curiosité. 

ers catalogues de libraires, Clouzot, Lechevallier, etc. 
3 demande d'adhésion à l'érection d'un monument à la 
de M. de Quatrefages. 

5 lettre circulaire de M. le chanoine F. Pottier, prési- 
la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, invitant 
,é à une campagne d'excursion à Saint-Bertrand de 
ges, etc., etc., conjointement avec d'autres sociétés 
y excursion qui se fera dans la première quinzaine de 
pe. 

ttre de la Société d'Emulation des Cofes-du-Nord 
nt l'échange des publications. (Adopté). 



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Sur la proposition de MM. Berchon et Âmtmann sont nom- 
més membres correspondants de la Société : M. Jouan, Henri, 
capitaine de vaisseau en retraite (1) et M. Louis Audiat, de 
Saintes, directeur de la Société des Archives de Saintonge et 
d'Aunis, dont les publications archéologiques et historiques 
sont bien connues. 

M. le Président donne lecture de la réponse de la Municipa- 
lité de Bordeaux relative a l'affaire de la cession de notre 
bibliothèque. M. le Maire accepte aux conditions stipulées. 

M. Bardié désirerait qu'il fût fait un catalogue de cette 
bibliothèque. 

M. Amtmann répond que la chose est impossible comme le 
désire M. Bardié. Néanmoins, ajoute M. le Président, ce cata- 
logue, qui existe aux archives, se trouvera nécessairement offi- 
ciel par Tacte même de livraison des volumes, bordereau de 
versement, selon Texpression de M. Brutails. 

La Société ayant ratifié les actes contractés entre le Prési- 
dent et la Municipalité, M. Dagrant est autorisé à résilier le 
bail de l'appartement loué par M™' Cadoret pour le dépôt de 
nos livres. 

La lettre de la municipalité relative à l'acceptation de la 
bibliothèque sera, sur la proposition de M. Habasque, publiée 
dans les bulletins de la Société. 

M. l'abbé Léglise demande qu'elle soit accompagnée de 
celle adressée par le Président. (Adopté.) 

Ces deux lettres sont ainsi conçues : 

Bordeaux, le 20 juillet 1892. 
Monsieur le Maire, 

J'ai rhonneur de poçter a votre connaissance une délibération que 
Tient de prendre la Société Archéologique de Bordeaux au sujet de sa 
bibliothèque. 

Cette bibliothèquei née il y a vingt ans avec la Société et soigneusement 



(1) Auteur de nombreuses publications sur l'ethnologie, spécialement 
sur rOcéanie et sur les monuments mégalithiques de la Manche, 
M. Jouan est président perpétuel de la Société académique de Cherbourg 
et membre d'un grand nombre d'autres compagnies scientifiques. 



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développée par elle, a aujourd'hui au point de vue des études archéologi- 
ques une importance considérable. Sans préjudice d'autres sources, elle 
provient surtout des échanges des publications similaires faites soit en 
France, soit à l'étranger. Elle forme une collection technique qu'il serait 
certainement impossible, mcme à grands frais, de réunir actuellement. 

Jusqu'à ce jour nos livres sont restés déposés dans un local spécial 
loué dans ce but, à chers deniers, par la Société, mais que le nombre 
croissant de nos volumes rend actuellement insuffisant. 

Dans ces circonstances, connaissant la bienveillance de la Ville, nous 
avions songé d'abord à lui demander, dans l'Athénée, la jouissance d'un 
local qui nous permît d'installer nos collections près du lieu même de 
nos séances. 

Mais nous avons pensé qu'en faisant peut-être un peu moins bien pour 
nous-mêmes^ nous pouvions faire beaucoup mieux pour nos concitoyens 
et cela en faisant don de notre propre bibliothèque à la bibliothèque 
municipale qui verra de la sorte s'augmenter notablement son fonds 
archéologique. 

Nous venons donc. Monsieur le Maire, offrir à la Ville de Bordeaux les 
volumes que nous possédons actuellement, nous espérons qu'elle voudra 
bien les accepter. Il est d'ailleurs dans nos projets de lui offrir chaque 
année le complément des séries commencées à mesure que de nouveaux 
envois nous seront faits. Nous serons heureux de reconnaître ainsi une 
aide qui, nous n'en doutons pas, nous sera continuée dans l'avenir aussi 
efficace que par le passé. 

Mais, en mettant ainsi notre bibliothèque actuelle à la disposition du 
public laborieux, nous devons cependant, Monsieur le Maire, dans l'inté- 
rêt de nos travaux et de l'existence même d'une Société que nous nous 
efforçons de rendre utile, vous demander deux choses : la première c'est 
que notre collection, sans être mêlée à d'autres fonds, soit placée à la 
Bibliothèque Municipale dans des travées spéciales portant mention de 
son origine; la seconde, que les ouvrages provenant de notre don soien't, 
sur leur demande et la justification de leur qualité, prêtés à domicile aux 
membres de la Société. 

Nous vous prierons enfin, Monsieur le Maire, pour compléter un arran- 
gement que nous pensons de nature à agréer à la Municipalité, de nous 
accorder, comme il a été fait pour d'autres Sociétés, la jouissance dans 
notre salle de l'Athénée, d'un meuble clos dans lequel nous pourrons 
avec nos archives conserver nos propres publications. 

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, avec les hommages de la 
Société, l'expression de ma haute et respectueuse considération. 

Pour le Président de la Société ; 
Signé : Fr. Habasque, 
Vice'Président, 



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Bordeaux, 25 juillet 1892. 
Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous accuser réception de la lettre en date du 20 cou- 
rant mentionnant la décision récente, prise par la Société archéologique 
de Bordeaux. 

L'administration^ en acceptant avec reconnaissance le don de la biblio- 
thèque importante constituée par la Société» prend l'engagement d'assu- 
rer l'exécution des conditions visées dans votre lettre, c'est-à-dire l'ins- 
tallation des volumes dans des travées spéciales avec mention de leur 
origine, et le prêt à domicile à tout membre de la Société qui en fera la 
demande à M. le bibliothécaire.. 

Nous sommes heureux de pouvoir, en même temps, donner satisfaction 
à la demande d'un meuble spécial que vous nous avez adressée en mettant 
à votre disposition l'armoire à trois compartiments qui se trouve placée 
dans la salle n» 4 à côté de la vitrine appartenant au Syndicat de l'ameu- 
blement. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma considéra- 
tion très distinguée. 

Signé : J. Pibbbms. 



M. Brutails, archiviste du département de la Gironde, 
récemment admis sociétaire, signale son entrée par une intéres- . 
santé étude dans laquelle, à propos de l'église de Francs en 
Puynormand (arrondissement de Libourne], il réfute certaines 
opinions absolues qui assignent certains monuments à telle ou 
telle époque. Bon nombre d'édifices paraissent plus anciens 
qu'ils ne le sont réellement. Les exemples en sont nombreux 
dans le département de la Gironde, surtout pour les monu- 
ments religieux attribués à Tépoque romane. Il est certain 
qu'alors que dans le nord florissait déjà le style ogival on s'en 
tenait encore, dans les provinces méridionales, au style précédent 
et les constructeurs prenaient pour types des églises à édifier 
celles qu'ils avaient sous les yeux. M. Brutails cite plusieurs 
exemples, notamment l'église d'Escaude en Bazadais dont la 
voûte, en style dit gothique, a été seulement élevée en l'an 1617. 
Puis l'église de Francs, bâtie complètement en 1605, selon 
l'inscription lapidaire au-dessus du portail central. Cette nou- 
velle église en style roman, que Guinodie dit avoir été copiée 



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sur celle de Cardigan près Castillon, en remplace une détruite 
en 1573 qui se trouvait sur un autre emplacement. 

M. Brutails montre à Tappui de sa notice plusieurs photo- 
graphies dues à M. Amtmann et dont les principales seront 
jointes à la publication du Mémoire très judicieux de Tauteur. 
(Adopté). 

M. René de Manthé vient, à son tour, payer son tribut de 
réception par une étude, monographie de l'ancienne baronnie 
de Capian. (Entre deux Mers). 

Après avoir donné la topographie de la paroisse, l'auteur 
passe à la description de Téglise Saint-Saturnin (aujourd'hui 
Saint-Martial) dans laquelle on remarque une belle chaire en 
bois sculpté et de beaux ré tables du xvii" siècle. L'église était 
entourée d'un cimiteriuni probablement fortifié autrefois. Dans 
l'étendue de la baronnie se trouvent plusieurs maisons nobles, 
de Suau, de La Chaize (xvi^ siècle); de Ma^irin, etc., etc. 

Au sud de la paroisse existait un prieuré d'Artolée dont la 
chapelle dédiée à sainte Anne, aujourd'hui détruite, s'élevait 
dans un endroit couvert, actuellement en prairie, mais bien 
reconnaissable. Le prieuré avait été uni en 1186 à l'abbaye de 
la Sauve. 

L'impression du travail de M. de Manthé est votée avec quel- 
ques dessins qui lui seront fournis par M. Piganeau. 

M. l'abbé Léglise soumet le dessin d'une tapisserie qu'une 
date semble rapporter à l'an 1544 et qui existe chez M. Théo- 
dore de Labadie, rue Bonnefin à la Bastide, possesseur aussi 
d'un parchemin de xv* siècle relatif à la terre noble de la 
Porcherie près Saint- Yrieix en Limousin, propriété de l'an- 
cienne famille de Labadie divisée en deux branches, de Châ- 
teauvieux et de Châteauneuf. Il y avait jadis dans cette maison 
deux tapisseries de dates différentes. L'une fut vendue à un 
brocanteur, l'autre est restée chez M. de Labadie qui l'a trans- 
portée dans son domicile actuel. Celle-ci, en laine, mesure 
2"10 de large sur 2°*64 de hauteur. Fond couleur noisette, 
dessins formés de morceaux découpés. Deux écussons accolés, 
casque et lambrequin, devise : mens in arduis sequa. 

MM. Brutails^ de Mensignac et Bardié contestent^ malgré la 



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XLIX 

date 1544, rattribution au xvi* siècle. L'ornementation de ^" 
tapisserie indiquerait plutôt, selon eux, Tépoque de Louis XI 
ou même de Louis XIV. 

La Société entre en vacances jusqu'au mois de novembre. 

La séance est levée à dix heures et demie. 

Le Président, Le Secrétaire, 

Habasque. E. Piganeau. 



ENCORE SAINT-JEAN DE SAGONDIGNAC 

(Médoc) 

Par M. le Dr BERCHON 

Secrétaire général de la Société archéologique. 



Annexe à la séance du 12 février 1892. 

Dans le mémoire que j'ai publié sur l'ancienne chapelle i 
Saint-Jean de Sagondignac en Médoc (Société archéologiqu 
t. XV, 1890, p. 95), j'avais réuni les preuves certaines : 

1® Que cette chapelle ne datait point des temps mérovii 
giens, ainsi qu'on l'avait supposé trop légèrement ; 

2* Que ses murailles, ses colonnes, son abside, lui doi 
naient pour date certaine le xii* siècle, ce que confirmai 
d'ailleurs, une bulle d'Alexandre III, de 1179; 

3® Qu'elle n'avait pu, par conséquent, être détruite par l 
Normands, ainsi que quelques archéologues l'avaient avanc< 

4® Qu'elle avait même peut-être échappé aux dévastatioi 
des guerres de religion et, qu'en tout état de cause elle ava 
été restaurée, entretenue et utilisée pour le culte depu 
l'année 1636 jusqu'en 1732 d'après des documents nombrei 
et officiels; 

ToMB XVn. — Fasc. I. 4 



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5* Qu'elle avait été ruinée par un incendie dont les traces 
étendues étaient irrécusables ; 

'elle avait été remplacée par un modeste édifice dans 
i avait célébré la messe jusqu'en 1785 (tout au moins); 
qu'enfin cette dernière chapelle avait disparu com- 
it et avait été recouverte par un amas de terre, 
h au sol ambiant, de façon à constituer un véritable 
dont la destruction toute moderne, commencée vers 
ait appelé l'attention sur l'édifice si singulièrement 

avoir établi ces faits, grâce à la collaboration de 
collègues et spécialement de M. le comte Déodat de 
on qui m'avait procuré les documents des xvii* et xviii* 
e laissais à déterminer : 
late exacte de la formation du tumulus. 
îause même de ce fait presque sûrement unique dans 

de l'archéologie. 

ouverte d'une pièce officielle concernant Sagondignac 
me permettre de revenir sur la même question, d'en 
davantage Tun des termes, et je m'empresse de dire 
)is la communication de ce nouveau document et du 
l'accompagne à notre collègue M. Pouverreau, agent- 
arrondissement à Lesparre, que j'avais prié de faire 
arches sur le sujet prolongé de mon étude. 
Livaille est véritablement une preuve de plus de cette 
on bien connue que : 

Le vrai peut, quelquefois, n'être pas vraisemblable. 

recueilli bien des affirmations dans mes investiga- 
p Sagondignac et, entr'autres bizarreries, que cette 
ait été détruite par Talbot (1453), légende inévitable 
t fait de guerre en Gironde, surtout en Médoc; qu'il 
ans les environs et à distance du vol d'un chapon un 
ifoui et naturellement en or de la grosseur d'un veau; 
même localité avait été visitée par Henri IV, une maison 
lortant le nom de Voustaou d'aou rey gran naz lequel 
é dans les bois, reçu par un Landais et réconforté d'un 



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bon plat de sanglier tué malgré les défenses royales, avait 
reçu son hôte plus tard, à Paris, etc., etc. Mais laissant de côté 
ces récits qui se retrouvent dans les traditions de plusieurs 
provinces de France, j'avais aussi noté, d'après les déclarations 
faites à M. de Verthamon par des vieillards de Liard et de 
Saint-Germain : 

1^ Que Sagondignac n'avait été entièrement détruit qu'après 
la Révolution ; 

2** Qu'il avait servi de télégraphe aérien ou plutôt de vigie, 
aux lieu et place d'une tour voisine qui servait au même usage 
pour mettre en communication Lesparre, le moulin de la 
Balanque et Saint-Laurent (et sans doute, Bordeaux) ; 

Que cela avait eu lieu en 1814 l'église étant alors couverte de 
terre. 

Le narrateur avait même connu des hommes qui avaient été 
employés au service de ce télégraphe aérien. 

J'avais noté tout cela, comme il convient de le faire, en toute 
question douteuse, pour ne négliger aucun filon de fouille. 
Mais je n'avais pas accordé, je l'avoue, grande confiance à 
ces assertions qui sont, du reste, partiellement inexactes, 
comme on va le voir. 

âagondignac me paraissait si bien caché dans des bois, en 
un territoire couvert d'arbres séculaires réunis en forêts, que 
l'idée d'y placer une vigie me paraissait peu vraisemblable. 

Des recherches persévérantes auprès de l'administration des 
télégraphes n'avaient pas eu plus de succès. J'avais même 
appris que le système Chappe, dont l'emploi datait de 1791 et 
que Napoléon avait utilisé en 1805, ne s'était que très lente- 
ment généralisé en province. Même absence de renseignements 
réclamés aux autorités de la Marine qui trouvaient une surveil- 
lance bien plus facile le long des rives de la Gironde et de la 
Garonne. 

Et pourtant le fait était exact. Le génie s'était occupé d'or- 
ganiser un système d'informations en Médoc, dès 1795, tout au 
moins. La pièce suivante l'établit de la manière la plus expli- 
cite. En voici le texte : 



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LU 

Liberté, Egalité. 

Au nom de la République française une et indivisible, aujourd'hui 
dix-huit niyôse, Tan troisième de la république (1), je soussigné Thomas 
Olivier adioint à l'arme du génie chargé de la surveillance et direction 
s et à faire, dans la division de Lesparre, relativement aux 
t augmentations indispensables pour assurer le service 
isant en conformité de mes instructions, tant écrites que 
lis transporté à la maison commune de Lesparre, présence 
lin, maire, Adde et Janiot officiers municipaux; où s'est 
citoyen Jean Brochard, charpentier habitant de la com* 
Frélody. Il a été convenu entre nous ce qui suit : savoir, 
Brochard, charpentier promets et m'oblige de construire 
quarante jours à compter du dix-huit nivôse de la pré- 
tablissement mentionné aux devis et plans ci-annexés et 
délivré copies. Lequel établissement doit avoir lieu dans 
emple à Segondignac et ce moyennant la somme de huit 
livres, laquelle me sera comptée moitié dans quinze jours 
8 courant et l'autre moitié lorsque le dit ouvrage aura été 
parfait. 

Thomas Olivier, promets et m'engage, comme adjoint à 
ie agissant d'après les ordres du citoyen Baziguan chef de 
tieur en chef à Bordeaux, de faire compter au dit Jean 
pentier, entrepreneur des dits ouvrages, la somme de huit 
livres après que j'aurai reconnu si ledit ouvrage est fait et 
on faite des à-comptes qu'il aura reçus pendant la durée 

>reneur demeurant responsable pendant l'an et jour des 

i seraient nécessitées dans la suite par cause ou effet de 

ruction. 

entre nous, en maison commune à Lesparre. Les jour^ 

[ue dessus et avons signé : 

charpentier. Th. Outibb, 

lier municipal. adjoint à Varme du génie, 

* municipal, 

Addb, officier municipal. 

Pour copie conforme : 
Lesparre, le 14 janvier 1892. 
Signé : Pouverbsàu. 



1795. 



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Quel était le but de cette organisation? 

Quelle fat sa durée? 

Pour quelle cause cessa-t-elle? 

C'est ce qu'il m'est encore impossible de dire malgré d'acti- 
vés recherches, mais peut-être découvrira-t-on, un jour ou 
l'autre, d'autres renseignements sur ce point, et je ne dois, 
nécessairement, m'occuper ici que. de ce qui résulte du docu- 
ment cité pour rhistoire de Sagondignac-chapelle. 

Or, c'est d'abord la confirmation de tout ce que j'avais 
décrit des deux édifices successifs ayant porté ce nom et quand 
on voit le dessin du devis de construction de la vigie à élever 
sur la dernière chapelle, on y reconnaît de suite, ce modeste 
a sanctuaire de 18 pieds de haut et de large^ de la structure la 
yi plus simple et la plus commune y sans {vestiges de bâtiments 
» adjacants et à demi enfoui dans une espèce de terrasse » 
(Critique de Baurein en 1785). 

On y retrouve même la preuve de l'existence du petit clo- 
cher dont j'avais cru reconnaître la base et dans les ruines 
duquel j'avais trouvé un fragment de bronze ayant pu servir à 
la suspension d'une cloche. L'arcade modeste de cette cloche 
est au-dessus de ce point. 

On est sûr, d'autre part, par le dessin et par l'acte cité, que 
la chapelle était encore intacte en 1795. 

Faut-il aller plus loin, prolonger cet état jusqu'en 1804 ou 
1810 d'après quelques témoignages, jusques en 1814 selon 
d'autres avis. C'est ce que nous allons essayer de faire, à l'aide 
de nouveaux renseignements recueillis encore par M. de Yer- 
thamon. 

Ce qui est incontestable, d'abord, c'est que le tumulus com- 
plet n'existait pas en 1795. Le dessin le prouve de la manière 
la plus irrécusable. 

Ce qui est tout aussi certain c'est que la chapelle et la vigie 
qui s'appuyait sur ses murailles ont disparu à une époque pos- 
térieure qui ne peut être celle affirmée par les vieillards qui 
soutenaient, bien à tort, on l'a vu, que le télégraphe n'avait 
été érigé qu'en 1814, Y église étant alors couverte de terre. 

Il me semblait plus rationnel d'admettre que cette destruc- 



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tion avait dû suivre la fin des guerres de la République et du 
premier Empire, la vigie ayant cessé d'être utile après cette 
dernière époque, et M. Déodat de Verthamon a reçu récem- 
ment, des aflirmations qui confirment cette^ hypothèse. Son 
li avait travaillé à déblayer les terres de V intérieur 
le, lui a fait connaître : 

fut un M. Marginier, alors propriétaire du domaine 
qui, vers 1814 ou 1815, fit démolir les murs de la 
ite pour construire des étables et que ces murs 
yés directement sur ceux de Tancien édifice, rasé 
ois mètres du sol. 

trouva, comme me l'avait déjà dît Dupuy (1), à deux 
'on au-dessus de la base des piliers de la chapelle du 
n carrelage particulier au-dessous duquel on ren- 
>is brûlé et du charbon formant une couche régu- 
e peu d'épaisseur, le tout recouvert d'un remblai 
bris de démolition, de mortier et de terres emprun- 
rgileux qui entourait le monument, 
reste, la confirmation de ce que révélaient les 
nées du vieil édifice. 

n découvrit aussi, en enlevant toutes les terres de 
e l'église, le pied d'un grand mât profondément 
I le sol, c'est-à-dire, précisément, celui qui servait 
la pièce maîtresse de l'arbre de la vigie et l'on 
\ plus qu'on avait ménagé une sorte de chaussée 
qui, partant du coin du jardin de la maison de la 
it à la porte de la nouvelle chapelle, au niveau du 
rélevé de deux mètres environ, comme nous l'avons 

donc y avoir de doutes désormais sur les deux des- 
Saint-Jean de Sagondignac et sur l'existence suc- 
conséquent, de deux édifices religieux au même 
il est loin d'en être ainsi quant à la formation du 



e 127 de ma première étude sur Saint-Jean de Sagondignac. 
90. 



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tumulus, ou plutôt à son achèvement et au but poursuivi p 
ceux qui entreprirent cet ouvrage important. 

La première accumulation de terres peut bien être très sii 
plement expliquée par l'existence du cimetière qui entourait 
première église et qui avait fini par compter plusieurs séri 
superposées de sépultures, comme on l'observe autour d'i 
grand nombre de chapelles rurales. 

Mais cette raison ne peut être invoquée pour le tumul 
complet en état de vaine pâture, sur lequel des broussaill 
ligneuses, souvent coupées, existaient quand Dupuy voul 
utiliser les terres de la colline artificielle et qui avait 10 mètr 
de hauteur lors de la visite de juin 1859, 5 mètres lors de m 
premières investigations en 1876, soit 8 ou 3 mètres de pi 
que les murs de la chapelle arrasés à 2 mètres du sol. 

Il faut se souvenir, d'autre part, que les registres de 
paroisse de Saint-Germain d'Esteuil fournissent la preu 
qu'on n'a fait aucun enterrement, après 1668, dans la terras 
qui entourait la vieille église et dont la présence, affirmée p 
le contradicteur de Baurein, est précisément démontrée par 
plan découvert par M. Pouverreau. 

La question de la création dii tumulus proprement dit ret 
donc entière. 

On a bien dit que ce travail fut exécuté en 1815 en craie 
des Anglais et pour recouvrir l'église et les tombes. 

D'autres ont voulu voir dans Taccumulation des terres l'idée 
la construction d'un fort pour résister aux mêmes envahisseui 

Mais j'avoue que les objections que j'ai présentées cont 
cette dernière hypothèse conservent pour moi toute leur for< 
J'ai la conviction qu'une redoute, ayant pour défense 1 
murailles de Sagondignac épaulées de terres à l'extérieur av 
réduit central libre, aurait fait meilleure figure contre d 
assaillants qu'un monticule arrondi exposé à tous les feux 
l'ennemi. 

Je n'ai pas dissimulé, d'un autre côté, les objections qu' 
pourrait opposer à l'idée d'une intention pieuse portant à cm 
velir l'église et les tombes qu'elle renfermait comme celles 
vieux cimetière ambiant. 



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Et cependant il est constant qu'on a enterré dans la seconde 
église depuis 1668 et probablement jusqu'à la Révolution. 

Mais il me semble plus prudent d'attendre, persuadé que de 
nouveaux documents activement cherchés donneront peut-être 
un jour le mot de l'énigme. 

Et adhuc sub judice lis est. 

5 février 1892. E. Bbrchon. 



LA CONSÉCRATION DE 

L'ÉGLISE DES CAPUCINS DE BEAUVAIS (Oise) 

Par le Cardinal de SOURDIS 
Note de MM. de CARRÈRE et BERCHON. 



Annexe à la séance du îî mars Î892. 

La planche que je présente à la Société porte commémo- 
raison de la dédicace de l'église des capucins de Beauvais par 
un des plus illustres archevêques de Bordeaux, François de 
Sourdis. 

Elle est intéressante, par conséquent, pour nous et je ne 
saurais trop remercier M. de Carrère, membre distingué de la 
Société académique d'archéologie, sciences et arts de Beauçais 
(notre correspondante), d'avoir bien voulu m'autoriser à la 
reproduire, pour nos actes, d'après la publication qui en a été 
faite dans le tome XIV des Mémoires de sa compagnie (année 
1891, p. 835). 

L'inscription est sur une plaque de cuivre ovale qui mesure 
23 centimètres dans sa plus grande longueur sur 18 centimè- 
tres dans sa plus grande largeur. Elle devait être fixée par des 
clous dont les trous sont apparents sur la planche et a, sans 
aucun doute, subi des vicissitudes depuis la dévastation de 
l'église des capucins en 1793. Elle était probablement fixée sur 



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une boiserie, ou un autel, et a été manifestement recouverte 
d'une peinture jaune, ou d'une dorure légère, encore recon- 
naissable sur le métal. 

Elle a été achetée, assez récemment, chez un marchand de 
curiosités de Beauvais qui l'avait lui-même acquise à la vente 
de la collection d'un petit propriétaire des environs. 

M. de Carrère a joint à ces renseignements l'indication que 
l'église des capucins, dont quelques épaves ont été recueillies au 
Musée de Beauvais, avait été fondée à la suite des émouvantes 
prédications faites en 1603 par M. de Joyeuse, capucin sous le 
nom de père Ange. 

Les trois corps de la ville avaient de suite décidé qu'on bâti- 
rait un couvent pour recevoir des religieux de cet ordre et ce 
projet avait été réalisé (après quelques changements de local) 
dans le faubourg Gaillon, le septième jour de mai 1606 (1). 

C'est le 27 août 1608 qu'eut lieu la consécration et dédicace 
de l'église en l'honneur de Dieu et de la cour céleste de Para- 
dis, au nom de sainte Angadresme, vierge et patronne de 
Beauvais et le choix du conservateur s'explique parce que le 
primat d'Aquitaine était frère de Madeleine d'Escoubleau, 
abbesse de Saint-Paul-lès-Beauvais (1596-1665), réformatrice 
de ce grand monastère de bénédictines. 

La Société sera certainement heureuse de posséder un sou- 
venir de plus du grand cardinal qui, au milieu de difficultés 
sans nombre, sut créer, avec une persévérance inébranlable, la 
Chartreuse Saint-Bruno et assainir Bordeaux. 

Elle voudra bien adopter aussi la proposition que je fais 
d'un vote de remerciements pour l'obligeance avec laquelle 
M. de Carrère a répondu à ma demande. 

E. Bbrchon. 
11 mars 1892. 



(1) L'emplacement de ce couvent est nettement indiqué sur le magnifi- 
que plan dressé en 1889, par M. Victor Chuillier, et représentant la ville 
de Beauvais telle qu'elle était en 1789. Ce plan porte les devises suivantes : 
c Palus ut hic fixus constans et firma manebo. Gens burgunda ferox 
» anglaque testis erit ». Il m'a été donné par M. de Carrère, que je ne sau- 
rais trop remercier. 



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INVENTAIRE DE L'AGE DU BRONZE 

EN GIRONDE 

Par M. le Dr BERCHON 

secrétaire général de la Société archéologique. 



nuniqué, plusieurs fois, à la Société, le résultat de 
prolongées sur Tâge du bronze en Gironde, et la 
s partie de mon travail a été déjà publiée dans ses 

lonc point l'intention de revenir sur ce sujet au- 

;eulenient faire connaître le résumé de toutes mes 
personnelles et bibliographiques afin d'établir une 
^ntaire actuel, raisonné et détaillé, des découvertes 
le département. 

;sais ont été tentés dans cette voie : par le Diction- 
'faules d'abord, par le grand ouvrage de M. Chantre, 
Q 1875-1876, et par notre collègue, M. Daleau, qui, 
communications complètement indépendantes de la 
uoique presque contemporaine], s'est occupé de la 
tion : en 1876, au congrès de V Association française 
cernent des sciences, tenu à Clermont-Ferrand ; puis 
Qote à notre Société en 1878, et, enfin, par une 
munication dans les Matériaux pour sentir à l'his- 
}mme, en 1881. 

i archéologues et collectionneurs de la région, et, 
lent, MM. Léo Drouyn, Léal, Labet, Gaullieur, 
intellauve, Pouverreau, Meynieu, de Mensignac, 



, 1889, p. 17-154 et t. XVI, 1891, p. 7. Etudes paléo-archéo- 
rage du bronze^ spécialement en Gironde^ avec planches. 



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Lalanne, etc., etc., nous avaient aussi signalé quelques trou- 
vailles particulières. 

J'ai réuni toutes ces observations à celles qui m'étaient per- 
sonnelles. J'ai examiné, moi-même, la plupart des collections 
girondines, recueilli des renseignements sur celles que je 
n'avais pu contrôler ou qui ont été transportées loin de nous. 
J'ai décrit, enfin, un grand nombre d'objets dont Vexistence 
n'aidait pas encore été signalée, et une autre partie de ma tâche, 
assez laborieuse, a été la revue de tous les textes publiés avec 
discussion d'assertions, quelquefois contradictoires; vérifica- 
tion, surtout, de toutes les citations dans l'ouvrage original. 
Et il est résulté de toute cette enquête un ensemble très con- 
sidérable de faits dont l'importance ne peut être niée. 

Je crois, en effet, être parvenu à prouver, pièces en main : 

1® Que le département de la Gironde, dans lequel le savant 
ouvrage de M. John Evans ne signalait (même en 1883) qu'un 
seul gisement de l'âge du bronze, est, au contraire, tout par- 
ticulièrement riche en objets de cet âge, si on le compare 
surtout aux contrées voisines des Landes, du Périgord, de 
l'Angoûmois et de la Saintonge ; 

2** Que cette richesse absolue et relative est tout à fait mani- 
feste pour la région désignée sous le nom de Médoc ; 

3® Que la variété des objets recueillis est assez grande et assez 
caractéristique pour qu'on puisse établir des différences sensi- 
bles entre ces objets et ceux du nord de l'Europe, de la Suisse, 
de l'Angleterre, de l'Irlande, et même de notre Bretagne ; 

4® Que tous ces faits peuvent, ainsi, fournir des données 
très intéressantes pour l'étude générale de l'âge du bronze 
dans le sud-ouest de la France ; 

5^ J'ai prouvé, d'autre part, par des documents irrécusables, 
que cette étude avait été magistralement abordée de 1803 à 
1828, par V Académie des sciences, belles^lettres et arts de 
Bordeaux, alors que l'examen de ces questions n'aidait attiré 
^attention de personne en Europe, et cela n'a pas été la moins 
heureuse de mes déjcouvertes. Elle m'a même fait obtenir une 
médaille à l'effigie de Paul Broca, par la Société d'Anthropo^ 
logie de Paris. (Prix Ernest Godard, 1890). 



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'ai établi, de plus, que les documents recueillis depuis 
ation de notre Société archéologique sont assez impor- 
our faire attribuer à notre Compagnie une très bonne 
ns la continuation de cet ordre d'investigations ; et 
Lie les archéologues et préhistoriciens girondins peu- 
linsi, revendiquer, sans aucun chauvinisme local, le 
d'avoir largement contribué à élucider Tune des ques- 
ncore controversées de l'histoire des populations qui 
lé notre sol depuis les temps les plus reculés, 
besoin de dire avec quelle réserve il faut conclure en 
^ matière? Je ne le crois pas, car tous les bons observa- 
ont aujourd'hui d'accord sur ce point. 
Ihantre l'a dit, d'ailleurs, avec toute raison : 
ur l'étude de Tâge du bronze plus que pour toutes les 
s, les monographies locales sont encore indispensables 
ndent plus de services que toutes les dissertations, 
(S principalement sur des citations dans lesquelles l'in- 
étation des textes domine trop souvent au détriment de 
le des données positives ». 

es mes recherches ont été inspirées par cette conviction 
i les résumons ici par cette simple déclaration qu'à la 
I 1892 j'ai pu noter d'une manière certaine l'existence 
s de cent localités girondines dans lesquelles on a 
ii 150 fois des objets divers de l'âge du bronze, objets 
ire très variée : épées, poignards, pointes de lances, 
e flèches, faucilles, bracelets, fibules, agrafes, harpons, 
s, pendeloques, anneaux, vases, et, enfin, en bien plus 
nombre, des instruments dénommés coins ou haches 
artiennent à presque toutes les catégories de l'espèce : 
dites des premiers essais ; ébauches ; haches de cuivre ; 
à double coulisse entière, dites aussi à rebords; à talon, 
ou deux anneaux sur le côté; à ailerons; à douilles ; haches 
les spéciales distinguées par leur élégance ou par cer- 
irticularité rarissime (hache à coulant), sans parler de 
3ses d'instruments brisés ou de ces culots de bronze 
encontrés dans presque tous les pays où l'existence d'un 
bronze a été constatée. 



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Le tout donnant un total précis de plus de mille objets, c 
fre qui pourrait être porté bien au delà, si je n'avais vo 
écarter de mon inventaire tout ce dont je n'avais pu contre 
l'authenticité ou relever les nombres précis. 

J'ai d'ailleurs eu le soin de mettre en regard de chaque ti 
vaille (autant du moins que cela m'a été possible) la date d 
découverte, le nom de celui qui le premier l'a fait connai 
avec l'indication des ouvrages ou des auteurs qui avaient r 
pelé tous les faits à eux connus, ou publiés déjà. 

Cette méthode est, à mon sens, la seule rationnelle, la se 
utile pour toute recherche et surtout pour toute étude c( 
plète et sérieuse d'un sujet quel qu'il soit. 

E. Bbrchon. 
30 mars 1892. 



CONGRES ANNUEL DES SOCIETES SAVANTE 
A LA SORBONNE EN 1893 



Le programme officiel du congrès annuel des Sociétés sa^ 
tes de France à la Sorbonne a été porté deux fois à la conn 
sance des membres de la Société : dans le volume XII, Ifi 
p. xcvii et le volume XIII, 1888, p. xciii. 

M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-i 
vient d'adresser celui de l'année 1893 modifiant la date 
congrès et la reportant aux vacances de Pâques au lieu 
vacances de la Pentecôte dont l'expérience n'a pas réussi. 

Voici le texte de la lettre officielle qui a d'autant plus d'imj 
tance que le Ministre fixe la^date extrême du 1"*^ février i 
pour l'envoi des travaux à Paris. 

Paris, le 12 août 1892 
Monsieur le Président, 

J*ai l'honneur de vous annoncer que, sur la proposition de la C< 
mission centrale du Comité des travaux historiques et scientifiques, 



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décidé que le 31* Congrès des Sociétés savantes de Paris et des dépar- 
tements s'ouvrirait à la Sorbonne le mardi 4 ayril 1893. 

L'expérience faite depuis 1887 n'a pas répondu à mon attente et les 
renseignements que j'ai recueillis m'ont amené à rétablir, pour la réu- 
nion annuelle des Sociétés savantes^ la date abandonnée des vacances de 
Pâques. Je souhaite très vivement que cette mesure corresponde aux désirs 
du plus grand nombre et qu'elle provoque de la part des membres de votre 
Société un mouvement toujours plus accentué de recherches et de travaux^ 

Vous trouverez ci-joint, Monsieur le Président, le programme des 
questions soumises à MM. les Délégués des Sociétés savantes en vue du 
Congrès de 1893. Comme le précédent, ce programme a été dressé sur- 
tout par le Comité des Travaux historiques et scientifiques. Un grand 
nombre de questions d'un intérêt constant y ont été maintenues cette 
année encore. Je regrette que les sociétés savantes n'aient pas répondu à 
l'appel qui leur avait été fait et ne soient pas devenues davantage les col- 
laboratrices du Comité pour la rédaction du programme. Permettez-moi, 
Monsieur le Président, de signaler ce point à toute votre attention |et de 
vous prier d'insister auprès des Membres de votre Société afin que 
l'année prochaine ils prennent, en séance du Congrès, l'initiative des 
questions qu'il leur paraîtrait utile d'insérer au programme. 

Je tiens également à ce que la prescription renouvelée des anciennes 
traditions et relative à l'envoi préalable des manuscrits soit rigoureuse- 
ment appliquée. L'ouverture du Congrès ayant lieu le 4 avril, il est indis- 
pensable que le manuscrit complet des communications proposées par 
vos délégués soit adressé au Ministère de l'Instruction publique. Direc- 
tion du Secrétariat, loi* Bureau, avant le l^r février 1893, date extrême. 

Je ne saurais trop appuyer sur la nécessité de cette communication préa- 
lable. Elle permet aux Membres du Comité d'établir un ordre du jour où 
les questions de même nature sont groupées autant que possible dans une 
même séance, et de se préparer à prendre part à la discussion, s'il y a lieu. 

Les résultats obtenus au dernier Congrès me paraissent justifier cette 
décision qui nous conduira, j'en ai le ferme espoir, à faire de la réunion 
annuelle des Sociétés savantes un Congrès de plus en plus fécond et de 
plus en plus profitable à la science. 

Vous ne vous refuserez certainement pas. Monsieur le Président^ à me 
prêter pour l'exécution de ces instructions votre habituel et bienveillant 
concours. 

Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de ma considération très 

distinguée. 

Le Ministre de V Instruction publique 
et des BeauX'Arts, 

Pour le Ministre et par autorisation : 

Le Directeur du Secrétariat et de la Comptabilité, 

Chasmss. 



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Lxni 



Quant au programme lui-même, il a subi de nombreuses 
modifications qui peuvent intéresser nos associés, soit en leur 
fournissant des sujets d'étude, soit en les engageant à diriger 
leurs recherches vers tel ou tel point de véritable actualité. 

Ce programme contient, comme toujours, 5 sections et 
nous notons comme questions archéologiques les numéros sui- 
vants : 

I. Section d'histoire et de philologie 

1^ Transformations successives et disparition du servage. 

2° Origine et organisation des anciennes corporations d'arts 
et métiers. 

3° Histoire des anciennes foires et marchés. 
•4' Anciens livres de raison et de compte. — Journaux de 
famille. 

5® Vieilles liturgies des églises de France. 

6** Textes inédits ou nouvellement signalés de chartes de 
communes ou de coutumes. 

7* Rechercher à quelle époque, selon les lieux, les idiomes 
vulgaires se sont substitués au latin dans la rédaction des 
documents administratifs. Distinguer entre l'emploi de 
l'idiome local et celui du français. 

8® Jeux et divertissements publics ayant un caractère de 
périodicité régulière et se rattachant à des coutumes ancien- 
nes, religieuses ou profanes. 

9* Origine, commerce et préparation des aliments avant le 
xvii* siècle. 

10* Etudier quels ont été les noms de baptême usités sui- 
vant les époques dans une localité ou dans une région; en 
donner, autant que possible, la forme exacte; rechercher 
quelles peuvent avoir été l'origine et la cause de la vogue 
plus ou moins longue de ces différents noms. 

ll^' Origines et histoire des anciens ateliers typographiques 
en France. 

12® Recherches relatives au théâtre et aux comédiens de 
province depuis la Renaissance. 



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LXIV 



13<^ Transport des correspondances et transmissions des 
nouvelles avant le règne de Louis XIV. 

14^ Recueillir les indications sur les mesures prises au 
moyen âge pour l'entretien et la réfection des anciennes 
routes. 

15® Rechercher dans les anciens documents les indications 
relatives aux maladies des animaux et des végétaux dans les 
diverses régions de la France. 

16^ Recherches relatives à l'histoire de la marine française 
d'après les documents contenus dans les archives notariales 
des villes maritimes, dans les archives des Chambres de com- 
merce ou dans d'autres dépôts. 

17® Indications tirées des anciens documents pouvant faire 
connaître les phénomènes naturels, météorologiques ou autres 
(inondations, pluies, sécheresses persistantes, tremblements 
de terre, température exceptionnelle, etc.) jusqu'au règne de 
Louis XIII. 

18^ Dresser des listes aussi complètes et aussi exactes que 
possible des principaux ofGciers de l'ordre administratif, 
judiciaire et militaire : baillis, vicomtes, sénéchaux, viguiers, 
capitaines, châtelains, etc. 

19^ Etudier les systèmes des poids et mesures dans un 
territoire déterminé sous l'ancien régime. En établir la cor- 
respondance avec le système métrique. 

IL Section d'archéologie 

1° Rechercher les épitaphes, inscriptions de synagogues, 
grafBtes en langue et en écriture hébraïques qui n'ont pas 
encore été signalés ou ont été imparfaitement publiés jusqu'à 
présent. 

2® Rechercher les inscriptions arabes, épitaphes, dédicaces 
de mosquées, légendes de portes, de minbar, etc., antérieures 
à la conquête turque qui se trouvent dans l'un des trois dépar- 
tements algériens ou dans la Régence de Tunis. 

3° Faire une étude sur l'art de la mosaïque dans notre pays 
depuis les temps antiques jusqu'au moyen âge. 



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Signaler les monuments existants et consulter, pour Tanti- 
quité, les travaux d'Artaud et de Loriquet sur les célèbres mo- 
saïques de Lyon et de Reims. Pour le moyen âge, se reporter 
a ceux d'Emeric David, de Viollet-le-Duc, de Mûntz, les mé- 
moires de la Société archéologique du midi de la France, etc. 

Etudier la technique particulière de la dalle funéraire con- 
servée à l'abbaye de Saint-Denis et connue sous le nom de 
tombeau de Frédégonde. 

Mentionner, comme dérivant de la mosaïque proprement 
dite, les pierres sépulcrales, les inscriptions et bas-reliefs dont 
le champ est ou a été semé de verroteries; de celle sorte sont 
le couvercle du sarcophage de Boethius, évéque de Vénasqueà la 
fin du VI® siècle, les inscriptions et grafite un peu postérieurs 
trouvés par le R. P. de la Croix dans Thypogie de Poitiers, la 
sculpture du jubé de Bourges. 

Compléter le travail par une étude sur les mosaïques de 
TAfrique romaine : les pavés d'édifices profanes ou religieux et 
les tombes du type de Tabarca. 

4® Signaler les objets antiques conservés dans les musées de 
province et qui sont d'origine étrangère à la région où ces 
musées se trouvent. 

Par suite de dons ou de legs, bon nombre de musées de pro- 
vince se sont enrichis d'objets que l'on est souvent fort étonné 
d'y rencontrer. Dans nos villes maritimes en particulier, il n'est 
pas rare que des officiers de marine ou des voyageurs aient 
donné au musée de la localité des antiquités parfois fort curieu- 
ses qu'ils avaient recueillies en Italie, en Grèce, en Orient. 
Quelques villes ont acquis de la sorte de fort belles collections 
dont elles sont justement fières. Un beaucoup plus grand nom- 
bre ne possèdent que quelques-unes de ces antiquités étran- 
gères à la région, et ces objets, isolés au milieu des collections 
d'origine locale, échappent bien souvent à l'attention des éru- 
dits qui auraient intérêt à les connaître. Ce sont surtout ces 
objets isolés qu'il est utile de signaler avec dessins à l'appui et 
en fournissant tous les renseignements possibles sur leur pro- 
venance et sur les circonstances qui les ont fait entrer dans les 
collections où on les conserve actuellement. 

Tome XVn. — FAsa I. 5 



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5* Signaler les actes notariés du xiv« au xv« siècle contenant 
des renseignements sur la biographie des artistes, et particu- 
lièrement les marchés relatifs aux peintures, sculptures et 
" irt commandées soit par des particuliers, soit 
lités ou des communautés. 
\ superflu de remarquer que la meilleure façon 
locuments de ce genre au Congrès serait d*en 
où Ton s'attacherait à mettre en relief les don- 
rils fournissent à l'histoire de Tart, et à faire 
its sur lesquels ils confirment, complètent ou 
•enseignements que Ton possède d'autre part, 
ste avec plans et dessins à l'appui des édifices 
province ou d'un département réputés anté- 

3de qui s'étend de la chute de l'empire romain 
r l'histoire de l'art en France la plus obscure, 
pporter quelque lumière qu'en dressant une 
>numents présumés appartenir à cette époque 
t ensuite l'âge avec soin. C'est aux habitants 
réunir les éléments de cette enquête, 
îaractères qui distinguent les diverses écoles 
ligieuse à l'époque romane en s'attachant à 
s éléments constitutifs des monuments (plans, 

pour la traiter dans son ensemble, suppose 

générale des monuments de la France qui ne 
le par de longues études et de nombreux voya- 
ge point ainsi que le Comité la comprend. Ce 

provoquer des monographies embrassant une 
[)nnée, par exemple un département, un dio- 
ssement, et dans lesquelles on passerait en 
aux monuments compris dans cette circons- 

en donnant une description détaillée de cha- 
tn cherchant k dégager les éléments caracté- 

distinguent et qui leur donnent un air de 
: s'attacherait à reconnaître quel est le plan 
ent adopté dans la région ; de quelle façon la 



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nef est habituellement couverte (charpente apparente, voûte en 
berceau plein cintre ou brisé, croisées d'ogives, coupoles); 
comment les bas-côtés sont construits, s'ils sont ou non sur- 
montés de tribunes, s'il y a des fenêtres éclairant directement 
la nef, ou si le jour n'entre dans l'église que par les fenêtres 
des bas-côtés ; quelles sont la forme et la position des clochers; 
quelle est la nature des matériaux employés; enfin, s'il y a un 
style d'ornementation particulier, si certains détails d'ornement 
sont employés d'une façon caractéristique et constante, etc. 

8* Rechercher dans chaque département ou arrondissement 
les monuments de l'architecture militaire en France aux diver- 
ses époques du moyen âge. Signaler les documents historiques 
qui peuvent servir à en déterminer la date. 

La France est encore couverte de ruines féodales dont l'im- 
portance étonne les voyageurs. Or, bien souvent de ces ruines 
on ne sait presque rien. C'est aux savants qui habitent nos 
provinces à décrire ces vieux monuments, à restituer le plan 
de ces anciens châteaux, à découvrir les documents historiques 
qui permettent d'en connaître la date et d'en reconstituer 
l'histoire. Les monographies de ce genre, surtout si elles sont 
accompagnées des dessins si nécessaires pour leur intelligence, 
seront toujours accueillies avec faveur à la Sorbonne. 

9^ Signaler les constructions rurales élevées par les abbayes 
ou les particuliers, telles que granges, moulins, étables, 
colombiers. En donner autant que possible les coupes et les 
plans. 

Cet article du programme ne réclame aucune explication. Le 
Comité croit devoir seulement insister sur la nécessité de joindre 
aux communications de cet ordre des dessins en plan et en 
élévation. 

lO® Signaler, comme l'a fait dans son Traité des superstitions 
l'abbé Jean-Baptiste Thiers, mort en 1703, les restes de 
vieilles croyances et pratiques superstitieuses qui peuvent 
subsister dans certaines parties de la France. 

Croyances aux phylactères; à la valeur surnaturelle de 
certains mots dépourvus de sens ; à la vertu curative spéciale 
de certains saints et de leurs tombes. 



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Pèlerinages à des rochers ou à des fontaines. 

Degré de diffusion locale de livres de superstitions populai- 
res : clé des songes, traité du Grand Albert et autres recueils 
toujours réimprimés, reproduisant des signes, figures et formules 
en usage depuis plusieurs siècles. 

Feux de la Saint-Jean. 

Paroles de l'Evangile détournées de leur sens. 

Invocation des anges Uriel, Assiriel, Iniel,, Azaraél et autres 
de même sorte. 

11** Signaler dans chaque région de la France les centres de 
fabrication de l'orfèvrerie pendant le moyen âge. Indiquer les 
caractères et tout spécialement les marques et poinçons qui 
permettent d'en distinguer les produits. 

Il existe encore dans un grand nombre d'églises, principale- 
ment dans le Centre et le Midi, des reliquaires, des croix et 
autres objets d'orfèvrerie qui n'ont pas encore été étudiés 
convenablement, qui bien souvent ont été signalés à l'attention 
des archéologues. C'est aux savants de province qu'il appartient 
de rechercher ces objets, d'en dresser des listes raisonnées, 
d'en retracer l'histoire, de découvrir où ils ont été fabriqués et, 
en les rapprochant les uns des autres, de reconnaître les 
caractères propres aux différents centres de production 
artistique au moyen âge. 

12^ Rechercher dans les monuments figurés de l'antiquité ou 
du moyen âge les représentations d'instruments de métier. 

On sait combien il est souvent difficile de déterminer Tâge 
des outils anciens que le hasard fait parfois découvrir. Ce n'est 
qu'en s'aidant des peintures et sculptures où les artistes de 
l'antiquité et du moyen âge en ont figuré, qu'on peut établir 
avec quelque certitude les caractères propres à ces objets aux 
diverses époques de notre histoire. 

13* Rechercher les centres de fabrication de la céramique 
dans la Gaule antique. Signaler les endroits où cette industrie 
s'est perpétuée depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. 

Les vases, les statuettes de terre cuite que l'on ramasse sur 
tous les points de l'ancienne Gaule sont le plus souvent des 
produits de l'industrie indigène. Les noms gaulois que l'on 



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relève sur beaucoup de marques de potiers suffiraient à le 
prouver. Mais on est très mal fixé encore sur les centres de 
fabrication où les habitants de la Gaule allaient s'approvisionner. 
C'est un point de Thistoire industrielle de notre pays qu'il 
serait intéressant d'étudier. Il y aurait lieu de rechercher en 
même temps si ces anciens établissements de potiers n'ont pas 
survécu à l'époque antique et si, comme on Ta constaté pour 
d'autres industries, une partie des centres de production céra- 
mique que nous trouvons au moyen âge ne sont pas établis sur 
les mêmes lieux où nos ancêtres gallo-romains avaient installé 
leurs fours bien des siècles auparavant. 

14^ Recueillir des documents écrits ou figurés intéressant 
l'histoire du costume dans une région déterminée. 

On connaît aujourd'hui dans leurs traits essentiels les prin- 
cipaux éléments du costume de nos pères. Mais à côté des 
grandes lois de la mode, que l'on observait partout plus ou 
moins, il y avait dans beaucoup de provinces des usages spé- 
ciaux qui influaient sur les modes. Ce sont ces particularités 
locales qu'on n'a guère étudiées jusqu'ici, sauf pour des 
époques très voisines de nous. Il serait intéressant d'en 
rechercher la trace dans les monuments du moyen âge. 

15* Etudier dans les Acta sanctorum^ parmi les biographies 
des saints d'une région de la France, ce qui peut servir à 
l'histoire de l'art dans cette région. 

Quoique souvent bien postérieures aux faits qu'elles rappor- 
tent, les vies des saints sont une précieuse source de rensei- 
gnements, encore trop peu explorée. Elles peuvent être d'une 
grande utilité pour l'histoire des arts, à la condition de bien 
déterminer, avant d'en invoquer le témoignage, l'époque où 
elles furent écrites. 

16^ Signaler les découvertes numismatiques faites soit isolé- 
ment, soit par groupes, dans une circonscription déterminée. 
Les classer par époques depuis les temps les plus reculés (épo- 
que gauloise] jusqu'au xviii® siècle. — Etudier les causes histo- 
riques et économiques qui justifient la présence de ces 
monnaies. 



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ITION DBS SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES 

>ns proposées sont étrangères à l'archéologie. 

IV. Section des sciences 
lieu à la même remarque. 

ON DE GÉOGRAPHIE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE 

me, au contraire, les numéros suivants relatifs à 

itat en France dans les temps préhistoriques, car- 
la distribution géographique des dépôts allu- 
les, abris sous roches, etc., ayant renfermé des 
poque quaternaire. Cartes des stations, ateliers, 
funéraires, etc., de Tâge de la pierre polie, de 
ize ou de Tâge du fer. 

des suffixes ethniques les plus caractéristiques. 
)ms de lieux en ac, en az, en ozy en oriy etc. 
des différents pays (Brie, Beauce, Morvan, Solo- 
après les coutumes locales, le langage et Topinion 
3 des habitants. — Indiquer les causes de ces divi- 
du sol, ligne de partage des eaux, etc.). ^ 

ter la nomenclature des noms de lieux en relevant 
nnés par les habitants d'une contrée aux divers 
sol (montagnes, cols, vallées, etc.) et qui ne figu- 
les cartes. 

r les modifications anciennes et actuelles du litto 
Qce (érosions, ensablements, dunes, etc.). 



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KXPOSJTION UNIVERSELLE et INTERNATIO^ 
DE CHICAGO (États-Unis d'Amérique). 



M. Berchon, secrétaire général de la Société, a reçu la 
suivante qui peut intéresser ses collègues et qu'il ins^ 
dans le but de porter à temps à leur connaissance les r 
gnements qu'elle contient. 

Paris, ayenue de la Bourdonnais, n9 22, le 30 juille 

Monsieur, 

Connaissant, par le concours que tous avez apporté à Texpi 
uniTerselle de 1889, tout l'intérêt que vous devez prendre aux suc 
l'industrie française, je crois utile de vous faire connaître le déve 
ment donné à la section française dans l'exposition universelle qi 
lieu à Chicago, en 1893. 

Le Gouvernement et les Chambres, après avoir ouvert un cr 
3,250,000 fr. au commissariat général français, viennent, à Ja d 
15 juillet 1892, d'ouvrir un crédit supplémentaire de 800,000 fr. < 
but d'augmenter notre représentation nationale et de faciliter l'œi 
nos exposants en les exonérant d'une partie importante de leurs f 
décoration et de transport. 

Je ne crois pouvoir mieux appeler votre attention sur l'importa 
notre exposition qu'en vous communiquant le texte de la loi de û 
qui vient d'être votée et l'exposé des motifs soumis par M. le Minii 
commerce et de l'industrie à la signature du Président de la Répi 
et au vote des Chambres. 

Je joins à cette lettre divers documents qui me semblent de n 
vous intéresser : 1® la lettre du 28 juillet aux Présidents des C 
d'admission et d'installation relative à l'expédition des produits e 
et à la détaxe des frais de transport ; 2<* le règlement de la sectio 
çaise; 3<* un plan de l'exposition de Chicago à Jackson's Park. 

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma parfaite considération. 

Le Commissaire général du Gouvernement fri 
Camille Keartz. 



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L'exposition sera ouverte du 1®' mai au 30 octobre 1893. 

Elle comprend 12 sections, mais 2 seulement peuvent inté- 
resser la Société : 

La section K. — BeauX'Arts : peinture, sculpture, architec- 

" — 3 et dessin, arts décoratifs. 

i M. — Ethnologie^ Archéologie : histoire du tra- 
ie politique. 

L9 du Règlement général de la Section française 
re, que toutes les communications relatives à TEx- 
verselle et internationale de Chicago et toutes les 
e renseignements doivent être adressées à M. le 
) général du gouvernement français, 22, Avenue la 
, Porte Rapp, à Paris (1). 



Qmunication officielle de M. le Ministre du commerce et de 
date du 24 septembre 1892, et parvenue après l'impression 
li précède, invite la Société Archéologique de Bordeaux h 
\ l'exposition de Chicago. 



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Société Archéologique de Boi " 



Tome XVII PI. I. 



1^ 



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..T LA VIGIE DE SAINT-JEAN DE SAGONDIGNAC (Mi^doc) ^ 



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Zoz^iié Archéologique de Bordeaux. 



Tome XVÎI. PI. II. 



INSCRIPTION GOMMÉMORATIVE 

DE LA 

CONSÉCRATION DE L'ÉGLISE DES CAPUCINS DE BEADVAIS 

par le Cardinal François DE SOURDIS, 

ARCHBVâqUB DB BORDEAUX 

1608. 







RANÇOysPARlAM, 

'V Prêtre CARDiNALî 
|rRE De Sainct Marce 
DE BoRDEAVs Et Prima 

*'ONs Consacré LEûLis 
pvqnsDeBeawaisM 

DERNARD^60a S0V# 
CTE AgADRAMeVieR< 
LASaiEMNÎTE DeU 

le Av Dernier Iovr 

|t Dvrant Locta^ 

DONS Cent Iovrs 

CE Atovs Cevx 

SEZ Et CôMYivi 

TERONT.F. 



PLAQOE DE GOIVRE DE U COLLECTION DE H. DE GARRËRE 

■cake it h UùéU Aeitaif m fArdmbgit, Stietcci cl Arti tt lennii (Oiu). 



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Séance du 11 noTembre 1892. 
Présidence de M. Habasqub. 

Le procès-verbal de 1.1 dernière séance est lu et adopté 
rectification du nom de Tudo au lieu de Ludo. Voir page 

Excusés : MM. deMensignac et Parquet qui, dans une 
adressée au président, regrette de ne pouvoir assister 
séance. Il se proposait de soumettre à la Société un 
d'étude sur Tinfluence des idiomes locaux celtiques, gerr 
ques, etc., sur les formules de Fépigraphie romaine. Etude 
remet à une réunion ultérieure. 

Présentations, — De M. Charriant, homme de letti 
Bordeaux, présenté par MM. de Manthé et Piganeau 
M. Armand Thibaudeau, avoué, 17, cours Tourny, présent 
MM. Habasque et Amtmarin; de M. Michaut, présente 
MM. Dagrant et Piganeau. Ces trois Messieurs sont él 
l'unanimité. 

Correspondance, — La correspondance des vacances 
prend d'assez nombreux documents : 

1* Des lettres de remerciements de MM. Henri Jouan, 
taine de vaisseau en retraite, à Cherbourg, et Louis Au 
érudit archéologue à Saintes, pour leur nomination de co 
pondants de la Société ; 

2^ Des circulaires des Ministres de l'Instruction publiq 
des Beaux-arts relatives au congrès des Sociétés savantes 
Sorbonne qui est ramené aux vacances de Pâques, le 4 avril \ 

Les questions archéologiques du programme de ce cor 
ont été insérées dans le premier fascicule de nos publica 
de 1892 et peuvent être étudiées avec fruit; 

3"* L'invitation du Commissaire général français pour l'E 
silion universelle et internationale de Chicago en 1893. 

La Société y prendra part par ses publications ; 

4® Une invitation des archéologues du Tarn-et-Garonne 
leur campagne d'automne ; 

ToMB XVII. - Fasc. II. 5 



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LXXIT 

5® Une réponse favorable d'échange de nos Actes avec les 
publications très appréciées de la Société impériale archéofo^ 
gique de Moscou^ sous la direction de la comtesse Ouvaroff, 
qui a continué l'œuvre créée par son mari; 

6** Une lettre de M. le Préfet de la Gironde faisant connaître 
que Tallocation de 400 (r. du Conseil général de la Gironde a 
été votée. Des remerciements ont été adressés; 

7* Un prospectus de souscription à la France artistique et 
monumentale et les catalogues ordinaires de MM. Clouzot, 
Picard, Weeler, Lechevallier, Dorbou, etc. 

8® L'envoi par M. le comte Gabriel de Maures de Malarticde 
la biographie de son arrière-grand-oncle, maréchal de camp, 
maire de la Rochelle, député aux Etats-Généraux. 

Remerciements. 

9® Un numéro du journal El Partido constitucional de San 
'e Costarica, contenant un article sur les ornements d'or 
cuivre des indigènes de cette République par le D"" Max 

sujet d*un avis de réclame d'une publication parisienne, 
aixy demandant des travaux des savants de province, 
mblée est d'avis qu'il n'y a pas lieu de se préoccuper 
demande de cette nature qui tendrait à priver les Sociétés 
lépartements de la primeur des communications et 
ires de leurs membres. 

F. Daleau présente un sceau en cuivre jaune de forme 
B^ravé des deux côtés ; sur une des faces on voit, au centre, 
mes de la ville de Bourg-sur-Gironde, soit : un chérubin 
es déployées supportant l'écu de France, d'azur à trois 

de lys d'çr, entourées de l'inscription suivante : Sigilhun 
iœ Burgi. Le tout bordé d'un cordon pointillé. L'autre 
résente à peu près la même gravure, cependant M. Daleau 
lire: Sigillum maiorie Burgi; on voit, au centre de celte 
re, un cercle en relief avec traces de bordure sur lequel 

s'adapter la douille d'emmanchement. Ce côté du cachet 
tre plus ancien. On a dû y renoncer quand il a été usé et 
;raver le revers. Ce spécimen, moins ancien que les sceaux 
ville de Bourg, datés 1598, 1603, 1610, que M. Daleau a 



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déjîi moutrësh la Société (t. XVII, p. 27) doit remonter à la 
première moitié du xvii* siècle. Il a été trouvé aux environs de 
Saint-Savin (Gironde) dans des cendres achetées à Blnye et 
répandues comme engrais dans une prairie. M. Daleau, qui a 
Tintention de publier une note sur les sceaux de la ville de 
Bourg, prie ses collègues de vouloir bien lui fournir les rensei- 
gnements qui seraient à leur connaissance. 

M. de Chasteigner pense, d'après la forme de ce cachet, 
qu'il doit se rapporter h Tépoque du séjour h Bourg de la cour 
de Louis XIV. De plus, M. de Chasteigner fait savoir qu'il a 
égaré un objet précieux pour lui, une hachette bronze noir 
de 0,05 de long et 25 millimètres de diamètre sur laquelle une 
étiquette portait le mot Libourne. II invite les personnes qui 
pourraient la rencontrer chez quelque marchand d'antiquités 
de vouloir bien lui en donner avis. 

A propos de Tînléressante note de M. Brutails sur l'âge relatif 
de quelques églises plus modernes que paraîtrait le comporter 
liMir style, M. de Chasteigner fait observer que déjà lui-même 
avait signalé ce fait en 1842 et que cette question, connue 
des archéologues, a été traitée au Congrès scientifique de Bor- 
deaux en 1861. Il remercie néanmoins M. Brutails d'avoir 
rappelé une chose confirmée de nouveau par ses savantes obser- 
vations. 

M. Piganeau soumet à l'examen de ses collègues un ancien 
registre de jurade de Saint-Emilion, daté de 1597, curieux sur- 
tout par les couvertures enluminées, lettres repoussées, or 
et argent, inscriptions philosophiques et poétiques, arabes- 
ques etc., dont le secrétaire d'alors, Jehan Legrand, notaire 
Royal, a eu la patience d'enrichir son manuscrit. 

Il fera une communication sur ce curieux registre. 

L'ordre du jour appelant un travail de M. le D' Berchon sur 
les roues à clochettes dans les églises, M. Amtmann en fait la 
lecture pour notre secrétaire général encore retenu chez lui. 
Ce travail se termine par le désir d'un vœu de conservation 
des roues semblables qui n'ont pas été détruites. 

 propos de la lecture qu'on vient d'entendre, M. de Chas- 
teigner raconte l'impression qu'il éprouva en entendant le 



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carillon de Bossos dont le bruit étrange lui fit Teffet d'un dévi- 
doir et M. Brutails ajoute qu'on se sert encore en Houssillon 
de la roue h clochettes pour les cérémonies du mariage. 

M. Habasque rapporte qu'il a vu en Bretagne des sonnettes 
adaptées aux croix paroissiales jusqu'au nombre de 12. 

Lorsqu'on rétablit le tombeau de saint Yves, en l'église épis- 
copale de Tréguier, les députations des paroisses portaient, 
en grande partie, des croix garnies de sonnettes. 

L'impression du mémoire de M. Berchon est votée et son 
vœu de conservation adopté. 

M. de Chasteigner fait savoir qu'il y a deux ans, dans une 
tranchée ouverte aux allées de Tourny pour rétablissement 
d'un fil électrique, on rencontra une couche de débris, osse- 
ments d'animaux, huîtres, moules, pétoncles et, surtout, des 
débris végétaux, bourrées et fagots provenant de Tormeau. 
Etaient-ce des restes de cabanes ou habitations lacustres? Le 
même fait s'est reproduit en septembre 1892, dans une autre 
tranchée, place de Tourny, en face du télégraphe; on sait qu'il 
existait une fontaine entre la rue Lhote et la rue Fondaudège 
et qu'on a transformée en bouche d'égoût allant rejoindre le 
grand collecteur de la rue Huguerie. On est arrivé à 5 mètres 
de profondeur; à environ 3 mètres on a rencontré une couche 
noirâtre^ gluante, dans laquelle gisaient des débris d'huîtres, 
avec des tessons de poteries, coquilles, moules, pétoncles, 
mêlés à des ossements d'animaux, comme porcs, moutons, 
et beaucoup d'ossements de volatiles, enfin, des débris de bois. 
La couche s'étendait sur une longueur d'environ 25 à 30 mè- 
tres, puis venait un bout de rocher décomposé qui formait 
promontoire vers la rue Fondaudège. Cette découverte eut 
lieu vers les mois de septembre et d'octobre 1892. Il est bon 
de la signaler. 

M. de Chasteignier présente, en outre, un fragment de 
marbre blanc trouvé à Bordeaux, dont il est difficile de préciser 
le pays ; c'est une main tenant quelque chose ressemblant a 
l'extrémité inférieure d'un volatile, — coq, oie ou canard, — 
on connaît un bas-relief représentant, en effet, un enfant 
tenant, pressé contre son corps, un de ces animaux. 



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M. Brutails souhaiterait que la Société possédât dans sa 
salle de réunion un tableau noir pour servir à des démonstra- 
tions. Vœu adopté. 

M. de Chasteignier, à son tour, émet le vœu qu'il soit établi 
pour Tadministration de TAthénée, près de la loge du Con- 
cierge, une boîte aux lettres pour le service des Sociétés 
savantes. Le Bureau est chargé de faire des démarches pour 
cet obiet. 

La séance est levée à 10 heures et demie. 

Le Président, Le Secrétaire y 

F. Hadasque. E. Pig.\neau. 



LES ROUES A CLOCHETTES DANS LES EGLISES 

Par M. le D^ BERCHON 

Secrétaire général de la Société archéologique. 



Annexe à la séance du il novembre 1892, 

On sait qu'on a désigné sous ce nom les roues en bois ou en 
métal suspendues en divers points des églises et formées de 
clochettes de différentes dimensions ou timbres, que Ton faisait 
sonner par un mouvement de rotation imprimé par une corde, 
ou par une manivelle. 

Ces roues étaient assez communes autrefois. On en a signalé 
l'existence dans certaines localités des Pyrénées, aux îles Baléa- 
res, sur les bords du Rhin et Gailhaband a décrit celle de 
Tabbaye de Fulda formant une étoile de 14 rayons, toute en 
bronze et découpée à jour comme une rosace. Elle datait de 
1415, avait 24 pieds de diamètre, était garnie de plusieurs 
centaines de clochettes et de grelots. Elle était suspendue au 



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Lxrvui 



milieu du chœur de Téglisc et se mettait en mouvement au 
moyen d'un treuil (l). 

Ces roues se rencontraient en plusieurs endroits de France, 
et rùn de nos zélés collègues, M. Augier, nous a même signalé 
qu'on en avait constaté l'existence en Gironde (2) : à Tuzan, 
d'après le curé de Saint-Michel de Rieufret, a Commensacq (3) 
et il Mios. II a même donné au Musée de Bordeaux deux clo- 
chettes provenant de la roue de cette dernière commune, clo- 
chettes qui portent le nom de Dubois, fondeur à Bordeaux, 
avec numéro d'ordre 12 pour la plus forte et 11 pour l'autre (4). 

M. Augier avait aussi cité un passage des notea de Tabbé 
Bellet, savant académicien de Bordeaux au commencement du 
xviii*^ siècle. Je donne ici ce passage parce que notre collègue 
ne l'a pas reproduit in extenso. 

Voici ce texte : 

« J'ay veu, en certaines églises de campagne, une roue gar- 
» nie de petites clochettes attachée au-dessus de l'autel et à 
» costé, laquelle on faisait tourner par une corde pour faire 
» sonner toutes ces clochettes pendant que le peuple chante a 
)) la messe ou a vêpres et quelquefois cette roue chantait un 
» verset du pseaume alternativement avec le chœur, ainsi que 
» fait l'orgue dans quelques églises. Le Monasticum anglais 
» t. I, dit que le roi Athelswald fit faire une de ces sortes de 
» roues, appelée la dorée^ des lames d'or qui la couvraient, 
» pour les faire sonner les jours de fête afin d'exciter la dévo- 
» tion. Ce qui est bien différent de ces clochettes dont nos 
» clercs se servent pour avertir le peuple de l'élévation du 
» Saint-Sacrement à la messe, clochette qui a esté ordonnée 
» par quelques Conciles » (5). 

(1) V architecture du v« au xviie siècle et les arts qui en dépendent^ 
62* livraîsoo. 

(2) Société arch., t. X, p. 101 et t. XII, p. lxxxv. 

(3) Il y a 20 ans, cette roue existait encore dans l'église de Commensacq, 

p. LXXXV, 

(4) Même page. 

(5) Manuscrits de l'abbé Bellet, Y. p. 101, Bibliothèque de Bordeaux. 
(On remarquera qu'il n'y était pas question de Mios). 



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LXIJX 



Je reviendrai sur quelques détails de cette note, mais la 
question a été reprise récemment par un très savant archéolo- 
gue, Tabbé Morillot qui, dans un beau livre (l) plein d'érudition 
et de renseignements aussi curieux qu'originaux, a cité un assez 
grand nombre de roues à clochettes et figuré celle appeudue 
à un pilier de l'église de Semur en Auxois supportant 8 clo- 
chettes et dont le diamètre mesure près de 50 centimètres. 

Le même auteur a parlé de rouets de sonnerie semblables à 
Vie de Chassenay, à Saint-Euphrône, également employés pour 
des usages liturgiques et un appareil de même genre aurait été 
en usage, jusqu'en 1830, a Mirebeau sur Bèze^ pour marquer 
les différentes parties de la messe. 

Il rappelle aussi le rouet, à 12 clochettes de Poligny, dans 
l'église de Saint Hippolyte, ûxé au mur, du côté de l'Epître, 
et qui fonctionnait naguère encore pendant les oflices. 

Mais il est incontestable que l'usage de ces roues, signalé 
dans d'autres provinces que la Bourgogne, a presque disparu 
de nos jours un peu partout. C'est ainsi que je n'ai pu retrou- 
ver trace de celles signalées par M. Augier, auxquelles il faut 
joindre celle de Villenave-d'Ornon citée par M. l'abbé Corbin 
et celle de Gradignan que M. l'abbé Bahougne m'avait affirmé 
avoir vue, vers 1859, dans la vieille église démolie depuis (2). 

J'ai donc pu aviser M. l'abbé Morillot que notre diocèse ne 
paraissait plus avoir de roues ii clochettes. Les cercles en bois 
ont été probablement usés; ceux en fer vendus aux ferrailleurs; 
les clochettes auront été brisées ou sont devenues hors d'usage, 
à moins que l'appareil n'ait été relégué dans quelque grenier 
ou débarras de sacristie. Ce qu'il faut toujours essayer de véri- 
fier. 

C'est aussi le sort de quelques-unes des roues à clochettes 
dont on avait signalé l'existence en Bretagne, particulière- 



(1) Etude sur l'emploi des clochettes chez les anciens et depuis le 
triomphe du Christianisme; Dijon, 1888. 

(2) J'ai recueilli à ce sujet les témoignages des curés actuels de ces 
paroisses. Il n'existe rien de semblable à Gradignan» m'écrit, encore en 
décembre 1892, le curé de celte paroisse, M. Termos. 



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ment à N.-D. de Quilinen en Landrévarzec, et a Pouldavid, 
car l'abbé Abgrall, membre distingué de la Société archéolo- 
gique du Finistère, vient de faire connaître que la première 
est actuellement complètement désemparée, qu'elle gît sans 
honneur dans un coin de l'église au fond du transept nord, 
toute dégarnie de ses cloches. On n'y voit plus qu'un ouvrage 
en bois fixé h la muraille et qui soutenait, autrefois, la roue 
à carillon. 

La vieille roue de l'église Saint-Jacques de Pouldavid garde 
de son côté le silence, ajoute le même savant, d'abord parce 
qu'elle n'a plus de corde pour la tourner, et ensuite parce que 
la plupart des sonnelte3 sont, dit-on, fêlées (l). 

Dans ces églises, l'emploi des roues à clochettes était pure- 
ment liturgique, ainsi que le disait une sœur interrogée à 
Pouldavid et déclarant qu'on faisait tourner la roue aux jours 
de fêle y pendant la procession^ pour donner plus de solennité à 
la cérémonie (2). 

Telle n'a pas été la conclusion, cependant, d'un auteur qui 
s'est occupé des roues a clochettes et n'a voulu y voir qu'un 
souvenir superstitieux adopté et sanctifié par l'Eglise catho- 
lique. 

Pour M. Gaidoz,.les roues à clochettes avaient été des roues 
de fortune qu'on faisait tourner pour pronostiquer l'avenir. 
Les Bretons auguraient, en faisant tourner la roue, et d'après 
son point d'arrêt, de l'issue de telle ou telle affaire et, en parti- 
culier, de tel ou tel projet de mariage (3). 

Mais, d'abord, je ne vois pas dans la description des roues 
à clochettes ou dans la présence même des cloches, ce point 
d'arrêt devant établir le sort d'une affaire, et les témoignages, 
anciens ou actuels, sont absolument contraires à cette affirma- 



(1) Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. XIX, 1892, 6« 
livraison. 

(2) Ouvrage cité de l'abbé Morillot, p. 138. 

(3) Le Dieu gaulois du soleil et le symbolisme de la roue, sept. 1884. 
Rev. arcb.f 3« série, p. 145. 



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tion inspirée par celte recherche du symbolisme h outrance 
qui peut conduire si loin. 

Ce qui m'amène à citer le passage entier du Monasticon 
anglicunty assez mal traduit par Tabbé Bellet lui-même, 
comme on va le voir, et que M. Tabbé Morillot a consulté, lui 
aussi, mais dans le texte original où se lit : 

Prœterea fecit çir çenerabi/is j^theholdus quamdam rotam 
tintinnabulis plenam^ quam auream nttncupavit, propter lami- 
nas ipsius deaurataSy quam in festins diehus ad majoris 
excitationem devotionis reducendo s^ohi constiluit (1). 

Il ne s'agit pas ainsi d'un roi Athelwald mais de saint 
iEthelvold, abbé, prélat instruit, ami de saint Dunstan, sous 
le règne d'Edwi, c'est-à-dire vers 960, et c'est bien dans une 
intention pieuse que la roue avait été faite. 

M. l'abbé Morillot a cité, d'autre part, un article de l'in- 
ventaire de la crypte de Saint-Paul, de Londres, en 1298, qui 
porte : 

Una campana manualis et unum tintinnabulum ad elepa- 
tionem corporis Christi personandum (2). 

Il existe même un texte plus ancien et tout aussi concluant. 
C'est un article de l'inventaire du trésor de l'abbaye de Prum, 
diocèse de Trêves, en 852 : 

Coram altare pendet rota cum tintinnabuHs (3). 

La tradition s'est conservée quant à la destination des roues 
à clochettes, car M Tabbé Morillot a pu réunir l'exemple des 
roues dites signoles des églises de Branges et de Monthelon. 
près d'Autun, et qu'on tournait pendant certaines parties de 
l'office divin. 

M. Rambaud, curé de Saint-Michel de Rieufret, l'avait éga- 
lement écrit à M. Augier (t. IX, p. 101) : « Il y a cette roue 
» au Tuzan, on la nommait : Le Gloria ou Réveillon ^ ou je 
» ne sais plus quoi plus, car on en faisait usage à la Noël, à la 



(1) MDCLV, 1, p. 104. 

(2) Monasticon, cité MDCLXXIII. II, p. 331. 

(3) Morillot, ouv. cit., p. 140. 



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IXXXU 



» messe du Jeudî-Saint, du Samedi-Saint et de la veille de là 
» Pentecôte ». 

M. Morillot a rappelé à ce sujet Topinion du P. Cahier, de 
M. Yiollet Le Duc, qui dit qu'elles servaient à annoncer les 
oflices (1) et celle de l'abbé Corblet indiquant plusieurs de ces 
roues, spécialement celle de Saint-Maximin (Var), où Ton 
voyait, il y a peu d'années et peut-êlre encore, un disque 
plein, en bois assez grossier, garni de 7 clochettes formant 
une série de grandeur décroissante (2). 

Il iijoute que dans la vallée d'Araz, en Espagne, près de la 
frontière française, presque chaque paroisse possédait une roue 
à clochettes, usitée pour la messe. Spécialement celle de Bos- 
sost (3) ou Bossos, indiquée déjà par M. Daleau (4) et dont 
notre ancien président, M. de Chasteigner, nous a dit avoir 
entendu le carillon étourdissant. 

M. Brutails, notre distingué collègue, a vu, lui aussi, plu- 
sieurs de ces roues dans les Pyrénées-Orientales, spécia-» 
lement à Argelès-sur-Mer, où le carillon de 12 clochettes est 
dans le chœur de Téglise, du côté de TEvangile, enfoncé dans 
une niche circulaire destinée h le recevoir. 

Il m'a même donné le dessin de ce rouet et de celui de 
l'église Saint-Nicolas, de Pampelune, qui est beaucoup plus 
beau, composé de 16 clochettes, 4 dans des trèfles intérieurs, 
12 sur la roue extérieure et qui se meut à l'aide d'une corde 
attachée a une manivelle supportée par une sorte de support 
fourchu, dont le pied est fixé au mur d'un pilier, tandis que 
l'autre extrémité se trouve au centre même de l'appareil. 

On le met surtout en branle le samedi saint. 

On trouve même des roues en Amérique; à la Nouvelle- 
Orléans, par exemple, où elle est fixée à un pied mobile d'une 
certaine hauteur, près de l'autel et que le servant de messe fait 



(1) Mobilier fronçais, II, p. 717. 

(2) L'nbbé Morillot, p. 141. 

(3) Lettre de M, Hoquebert, curé de Saint-Béat, 4 décembre 1885. 

(4) Soc. arch., séance du 10 mai 1882. 



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f. TXXn* 



tourner avec une manivelle au moment où In rubrique prescrit 
d*agiter la clochette (1). 

Une citation de la note toute récente de M. Tabbé Âbgrall 
lèvera, du reste, tous les doutes : 

« Il n'y a, dit-il, qu'à la dévote chapelle de Notre-Dame de 
» Confors que la vénérable machine fonctionne toujours. Nous 
» nous souvenons de Tavoir entendue dans les grandes circon- 
» stances faire résonner son chnnt dans une sorte de gamme 
» bizarre. Au pèlerinage annuel du petit séminaire de Pont- 
» Croix, à la (in du mois de mai, lorsque la procession entrait 
» dans Téglise, la fanfare jouait, les tambours battaient, la roue 
» carillonnait et ce curieux orchestre était fait pour frapper 
» vivement l'imagination ». 

La destination des roues à clochettes était donc primitive- 
ment liturgique et une lettre de M. Tabbé Morillot m'a fait 
connaître que M. Glaidoz, lui-même s'était rendu aux argu- 
ments produits contre sa doctrine (10 août 1889). Mais elle a 
pu être quelquefois détournée et l'abbé Abgrall en rapporte un 
exemple très curieux. 

Chacun sait qu'une superstition bien commune et bien géné- 
rale est celle de faire sonner la cloche de l'église où se fait un 
baptême pour que le nouveau-né ne soit pas sourd et tous les 
sacristains du monde ne se font faute de perpétuer le dit usage 
qui se traduit, naturellement, pour eux, par une rémunération. 

« ANotre-Dame de Confors, c'était dans un autre but que les 
» gens du peuple tournaient la roue à clochettes; c'est pour 
» obtenir de la bonne vierge qu'elle délie Ui langue des enfants 
» qui sont lents à parler. Nous connaissons, ajoute l'excellent 
» abbé, une bonne mère de famille qui, k plusieurs reprises, 
» avait recouru à ce moyen en faveur de son (ils aine. Elle 
» réussit si bien, à la fin, et son enfant devint si bavard qu'elle 
» fut obligée de tourner la roue au rebours pour modérer un 
» peu sa loquacité » (2). 



{i)Ann,arch., XVIII, p, 292. 
(2) Loe. cU. 



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Revenant sur le terrain purement archéologique, M. Ab- 
grall émet le souhait de la conservation de la roue de Confors 
et de la restauration de ses deux sœurs, devenues muettes, de 
Notre-Dame de Quilinen et de Pouldavid, et notre Société 
peut s'associer k ce vœu. Si la mode a chassé les roues à clo- 

s (où j'ai vu tout récemment des 
mdhiques les remplacer), au moins 
!S spécimens pour servir, dans nos 
e de chaque province et de cha- 

E. Berchon. 



11 9 Décembre. 
M. F. Hàbasque. 

niére séance est lu et adopté. 

la Société de la perte qu'elle vient 

de Son Eminence le Cardinal 
îr et de Carthage, primat d'Afri- 
la Société. 

Lavigerie est une grande perte 
ent sentie dans le sud-ouest de la 
le prélat. 

bettes que M. Hàbasque a vues en 
oir qu'il existe à l'église d/Ahetze 
lu xvi' siècle probablement, munie 
^e. 

bbé Martine, au mot procession, 
une croix de procession ayant des 

jnd : 

lographie du canton de Branne, 



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par Mongelous ; Alphand au siège de Paris; Antiquités de l'âge 
du bronze en Sibérie. 

La Société a reçu les ouvrages suivants : 

1* Du Prince Roland Bonaparte : Voyage en Corse; Etudes 
sur les glaciers, 

2*» DuD' Berchon, une brochure intitulée Le Baron de Caila, 
archéologue girondin, 1744-1831. L'auteur émet le vœu 
que, par les soins de la municipalité de Bordeaux, le nom de 
Caila soit donné à quelqu'une des voies nouvelles de la ville. 
L'Académie a déjà émis ce vœu pour perpétuer le souvenir de 
ce savant trop oublié et le buste de M. de Caila devrait être 
placé au Musée des Antiques. 

M. de Mensignac trouverait plus à propos de le placer dans 
la salle de l'Académie. 

Présentation d'un nouveau membre, M. Miller, peintre 
miniaturiste, parrains MM. Bardié et Flos. Admission. 

M. Berchon fait une communication sur les reliques du 
général anglais Talbot, signalées par un archéologue distingué 
du Périgord, M. de Montégut, dans une note insérée par la 
Société historique et archéologique du Périgord. 

Ces reliques comprennent : l'épée de Talbot vue chez un 
armurier de Cordeaux par André Thevet; le livre d'heures du 
général dont la Société a déjsi parlé lors de Tachât fait, au prix 
de 40,000 francs, par un bibliophile bordelais, M. Bordes, 
et un reliquaire, trouvé sur le corps de Talbot, renfermant un 
fragment de la sainte Épine du Christ, relique conservée au 
château de Montréal. 

L'impression de la note est votée. 

A propos de ce travail, M. Piganeau rappelle qu'il existe 
encore à peu de distance de Castillon, sur le lieu même de la 
bataille, au-delà du ruisseau de la Lidoire, et par conséquent, 
dans le département de la Dordogne, un petit tertre au milieu 
d'un champ, et conservé religieusement jusqu'à nos jours, 
tertre sur lequel s'élevait jadis un monument funéraire, croix 
ou chapelle, érigé à l'endroit même où était tombé Talbot. La 
chapelle exista jusqu*à la Révolution, mais le monticule n'a pas 
été aplani. 11 y a quelques années, il fut question d'ériger sur 



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LXXXTI 



ce tertre un monument commémoratif, mais comme remplace- 
ment ne dépend pas de la Gironde, la Préfecture de Bordeaux 
ne donna pas suite a ce projet. 

M. de Mensignac émet le vœu que ce projet soit repris et 
soumis tout au moins à la Commission des Monuments histo- 
riques de la Dordogne ou à la Société archéologique de ce 
département, afin de classer ce tertre et de le préserver de 
l'anéantissement. 

M. Brutails demande ce qu'il y aurait à classer puisqu'il n'y 
a plus de monument. 

M. le Président propose de soumettre la question à M. Michel 
Hardy, savant antiquaire périgourdin ; néanmoins, le vœu de 
M. de Mensignac est adopté. 

M. Brutails donne lecture d'une notice de l'église de Saint- 
Ciers-d'Abzac, près Coutras. Cette église possède une crypte 
rectangulaire de 5".43 sur 2" 98, voûtée en berceau plein 
cintre, encore ornée de quelques peintures. Au dehors, la 
crypte affecte une forme différente. En 1704, elle fut interdite 
par ordonnance ancliiépiscopale. Plus turd, elle servit de 
sépulture aux curés de la paroisse. Le curé actuel a rendu au 
culte le sanctuaire dont il se proposait d'ouvrir la fenêtre ce 
dont il a été dissuadé par M. Brutails. 

Le même auteur présente des photographies de l'église de 
Montagne, près Saiut-Ëmilion, autrefois fortifiée. 

M. de Chasteiguer soumet, ensuite, 26 planches reprodui- 
sant un grand nombre d'objets recueillis au cimetière d'Her- 
pès, près de Jarnac, dans environ 900 sépultures, tels que 
haches eu fer, ciseaux, armes, bijoux, agrafes, fibules, divers 
ornements masculins et féminins, poteries noires, peu de rou- 
ges, etc. Ces sépultures doivent remonter au vi* siècle. Les 
objets ont été recueillis par M. Delamain, propriétaire à 
Jarnac, dans les fouilles exécutées de 1859 à 1892. Une publi- 
cation de leur tiouvaille a été faite l'an dernier. 

M. Augier rappelle que des fouilles avec résultats analogues 
ont été faites à Pons tout récemment. M. Berchon les avait 
signalées déjà, du reste, à la Société dans la séance du 



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UTKXfll 



13 novembre 1891. Elles avaient eu lieu à Biron, près Pons. 
M. Delamaîn s'était également rendu acquéreur du terrain. 

M. de Mensignac remet à une séance prochaine une note sur 
une découverte à Bordeaux qui prouve qu'à l'époque méro- 
vingienne la basilique Saint-Martin était pourvue d'un cime- 
tière, quoi qu'on ait avancé le contraire. Pour prendre date, 
M. de Mensignac soumet d*ores et déjà le dessin d'une mou- 
lure d'un sarcophage de 2 mètres de longueur et reproduisant 
la croix ou le tau des Antonins, emblème de la Trinité. 

M. le Président propose de fixer une date pour la séance du 
renouvellement du bureau. On fixe le 23 décembre. 

Sur la présentation de MM. Dagrant et de Mensignac est 
reçu sociétaire M. l'abbé Lamartinie, curé de Blésignac. 

M. Augier émet la proposition, afin de donner plus d'inté- 
rêt aux séances, que la société prenne l'initiative de séances 
ou de conférences publiques. Lui-même se chargerait de la 
première. Après diverses objections sur la possibilité de réali- 
ser cette idée, la question est renvoyée au Bureau. 

La séance est levée à 10 h. 1/2. 

Le Président, Le Secrétaire ^ 

Habasqub. E. Piganbau. 



Séance complémentaire du 23 décembre. 

Présidence de M. de Mensig.^âc. 

D'après le recensement des votes M. Dezeimeris, président sor- 
tant, devient premier assesseur; M. Habasque devient président 
pour 1893 et M. de Mensignac !•' vice-président ; M. de Faucon 
est élu 2* vice-président. M. Berchon, secrétaire général, est 
maintenu par acclamation. MM. Piganeau et Feret conservent 
leurs titres de secrétaires-adjoints, M. Dagrant celui de tréso- 
rier. M. l'abbé Léglise et M. A. de Chasteigner restent asses- 
seurs. 



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M. Bardié propose qu'il ne soit plus fait de séances spécia- 
les pour le renouvellement du Bureau. 

M. de Chasteigner demande qu'à Tinstar d'autres Sociétés il 
soit procédé, après la séance générale^ à une séance du Bureau 
pour préparer la prochaine séance générale. 

M. Bardié voudrait qu'on pût trouver moyen d'attirer un 
plus grand nombre de sociétaires aux séances. 

La séance est levée à 10 h. 

Le Président^ Le Secrétaire ^ 

DE Mensignac. E. Piganeau. 



LES RELIQUES DE TALBOT 

Par M. le D' BERCHON 

Si cré taire général de la Société archéologique. 



Annexe à la séance du 9 décembre 1892, 

M. H. de Montégut vient de publier, dans le Bulletin de la 
Société historique et archéologique du Périgord, une très 
curieuse étude sur V Inventaire du château de Montréal 
(Dordogne), el j'ai recueilli dans la lecture de ce travail quel- 
ques notes qui peuvent intéresser la Société. 

1* C'est, d'abord, une citation relative a l'épée du fameux 
général anglais Talbot, dont le nom se retrouve dans toutes les 
légendes girondines ou landaises qui rapportent tout fait de 
guerre ancien au temps d'aou Rey Talabot. 

M. de Montégut a lu dans les Vrais portraits et vies des 
hommes illustres grecSy latins et payens recueillis par André 
Thevety angoumoisin^ premier cosniographe du Roy, Paris, 
1584, fo : 

J'ai vu, h Bordeaux, dans la boutique d'un armurier, « une 
» épée bien chargée de rouille; l'armurier la fourbit si bien 



î^*S^|vV 



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» que c*est aujourd'hui un fort be«nu canivet et bien luisant, 
» de près de 3 pieds de long et de 4 doigts de large, et, au 
» milieu de Touvrage, en deux ranches, sont écrits ces mots : 

» SVM TALBOTI MIIIP XLIII 
» PRO VINCERE INIMICO MEO ». 

Cette épée avait été trouvée dans la Dordogne par un paysan 
des environs de Castillon et vendue audit armurier. Qu*e8t-elle 
devenue? Elle est probablement enfouie dans le cabinet d'un 
amateur de province ou de l'étranger. 

En tout état de cause, c'est un sujet de recherches qui 
devrait tenter les collectionneurs émérites que renferme notre 
Société et pour tous ceux qui liront ce qui précède je serais 
tenté de désigner M. de Chasteigner. 

2° Continuant ses remarques sur Talbot, M. de Montégut 
ajoute d'autres détails qui complètent ceux dont la Société 
avait été saisie dans la séance du 9 mai 1890, t. XV, p. xxxiv, 
à l'occasion de l'achat, à prix fabuleux, du livre d'heures de 
ce guerrier. 

i( A la vente Didot, dit-il, nous avons vu son livre d'heures 
» portant son nom, ses armes, celles de sa femme, se vendre 
» 20,000 francs à un Anglais, il vient de revenir en France 
» racheté par un bibliophile bordelais ». 

Nous pouvons nommer ce dernier, M. Bordes, qui a payé 
cette relique, d'ailleurs rarissime, 40,000 fr. M. de Montégut 
en donne la description suivante : 

« Dans ce manuscrit, de forme oblougue et facilement por- 
» talif (27 centimètres de hauteur sur H de largeur), on lit 
» une prière envoyée par le pape Léon à l'empereur Charle- 
» magne, en lui faisant savoir que quiconque la porterait sur 
» lui, la lirait ou l'entendrait lire, pourrait braver, ce jour-là, 
» tous les périls delà guerre et de la vie, car il ne saurait suc- 
» comber sous le fer, ou périr dans le feu, ni être englouti par 
» l'eau ni subir les maléfices des hommes ou du démon ». 

On doit supposer, par conséquent, que Talbot n'avait pas 
respecté toutes les prescriptions de la lettre le 14 juillet 1453. 
Tout XVir. - Fasg. II. 6* 



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« Dans le même livre d'heures sont peintes 3 miniatures 
» représentant les insignes de la Passion. On sait que parmi 
)) ces insignes figure la couronne d'épines ». 

Or, on conserve encore dans le château de Montréal, un 
reliquaire trouvé, dit-on, au cou de Talbot, sur le champ de 
bataille de Castillon, ainsi que semblent l'établir deux docu- 
ments publiés par M. de Montégut et dont la reproduction 
littérale nous parait rentrer dans le cadre de nos études. 

Première pièce, 

12 août 1526. 

Transaction entre Pierre de Pontbriand et vénérable homme 
maistre Guillaume Sudiraut, prestre, curé et recteur de Téglise 
d'Yssac, au sujet de la Saincte-Epine. 

Il y est dict : 

Que ledict seigneur, emeu de dévotion, a baillé entre les 
mains dudict curé un beau et sainct reliquaire doré, en forme 
de potence, avecque Tune des Sainctes Epines de N.-S. Jésus- 
Christ, lequel reliquaire de longlems demeuré au trésor dudict 
Chasteau, et par le seigneur dernier décédé dudict Montréal, 
le jour de la journée de la mort de Thalabot, et victoire heue 
contre lui et autres Anglois, fust y celui reliquaire entr'autres 
choses par ledict feu seigneur prins (1) et apporté audict 
chasteau de Montréal et depuis y a demeuré clos et fermé, sans 
scavoir ce qui estait dedans jusques près naguère que du vou- 
loir dudict seigneur de Montréal à ce faire esmeu de dévotion, 
et par autorité de R. P. en Dieu monseigneur l'Evêque de 
Périgueux, ledict reliquaire a esté ouvert et ladicte Sainte- 
Espine a esté trouvée dedans, et par luy a esté ordonné qu'elle 
sera honorée et adorée h tous les temps doresnavant et mons- 
trée publiquement en ladicte Eglise d'Yssac par quatre fois 
Tan. 



(1) Très probablement Michel de Peyronencq, seigneur de Montréal, 
marié à Agnès de Las Tours, dont la fille unique Anne épousa Pierre de 
Pontbriant avant 1500. 



V 



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La première monstre se fera en tel jour qu'aujourd'huy 
(12 août). 

La deuxième, le jour de l'Invention de la vraye Croix. 

Le tiers, le jour du grand Vendredy. 

Et la quatrième et dernière, le jour de Tlnvention de la 
vraye Croix (1) comme il appert et a y ce apparut par les let- 
tres patentes dudict seigneur eveque et sera ladicte Saînete- 
Espine, avec son reliquaire, mise et portée en ladicte église 
d*Yssac en la chapelle dudict seigneur. 

Signé : Lbvêqub, notaire. 

En bas sont les lettres de TEvèque, scellées, et, à ce titre 
est attaché un feuillet de papier fort déchiré, contenant ce qui 
suit : 

Deuxième pièce. 

Au temps qui pleust à Dieu donner aux François... 
ennemis et que le grand capitaine d'iceulx nommé Talebot fust... 
Périgort, près de Castiiloo, en désarmant ledict cnpilainc pa..i 
Montréal, en Périgort, vainqueur d'icelui, fust trouvé dessus luy... 
veloux cramoisy richement ornée... entre les bagues et joyaux 

trouvés en ladicte bourse fust trouvé... de fin or ayant la forme d'une 
potence de sainct Anthoine... richement ornée de pierreries... 

Ledict joyau n'a point été visité jusqu'à la mort de .. 
dont Dieu aie Tamc, en le visitant a esté trouvé le... 
des Espines de la couronne de laquelle le très précieux Chef d... 
passion fut couronnée. 

La question maintenant en est si ladicte Espine doit être 
receue et honorée pour une vraye Espine de la couronne de 
Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc., etc. 



(i) Il y a ici une erreur évidente. La monstre devait être faite quatre 
fois : le Vendredi-Saint; le 3 mai. jour de l'Invention de la Sainte-Croix; 
le 12 août, jour de sainte Claire, nom de la fille de Pierre de Pontbriand 
et sainte très vénérée en Périgord ; le 14 septembre, jour de l'Exaltation 
de la Croix, non de l'Invention, comme l'a écrit par erreur un copiste 
négligent. 



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D'après M. de Montégut, cette question a été tranchée, au 
point de vue religieux, par une ordonnance de Monseigneur 
Georges Massonnais, évêque de Périgueux et de Sarlat, après 
une longue et minutieuse enquête, commencée le 10 juillet 
1857. Et la sainte Épine de Montréal est encore exposée à la 
vénération des fidèles le Vendredi saint dans la chapelle du 
château de Montréal où elle est placée à gauche, faisant face k 
l'autel, sous la tribune de pierre sculptée qui servait d'oratoire 
aux châtelains. 

On y voit, sur une pierre encastrée dans le mur, l'inscrip- 
tion suivante en guirlande avec les armes de Talbot au centre : 

ANNO DOMINI MCDLIII. TALABOTI ANGLO-SAXO 

NVM DVCIS, PROPE CASTILLIONEM OCCISI, COLLO 

APPENSA, HAEC SALVATORIS CORONS 

SPINA FVIT INVENTA, IN CRVCE AVREA, GEMMIS 

EXORNATA (1). 



(1) Le bulletin de -novembre-décembre 1892 de la Sociélé historique et 
archéologique du Périgord, t. XIX, p. 510, contient une note de M. l'abbé 
Goyhencchc sur la sainte épine de la chapelle de Montréal, avec le dessin 
du reliquaire moderne. On lit, dans celte note, que Talbot fut tué de la 
main du seigneur de Pombrian qui lui arracha la sainte épine du cou. 
Mais, ce qui est singulier, c'est que le texte de l'inscription est modifié 
dans ce deuxième travail. 

Voici la deuxième version qui est la seule exacte d'après les renseigne- 
ments qu'a bien voulu me donner M. le marquis de Faubournet de Mont- 
ferrand, l'heureux propriétaire actuel de la relique (lettre du 7 mars 1893. 

IN CRVCE AVRE4 GEMMIS EXORNATA TALABOTI ANGLOSAXONVM 

DVCIS PROPE CASTILLIONEM OCCISI COLLO APPENSA HAEC SALVATORIS 

S. CORONiE SPINA KVIT INVENTA. MCDLIII 

M. l'abbé Goyhenèche nous Ta confirmée et nous a autorisé, de plus, à repro- 
duire la planche qui accompagne son mémoire. Nous lui en exprimons ici toute 
notre gratitude. E. B. 



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SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE BORDEAUX 



BUREAU POUR L'ANNÉE 1893 



Président: M. Habasoue (Francisque), *, I. O, Correspondant du 

Ministère de rinstruetion publique, Conseiller à la 
Cour de Bordeaux. 
/ M. DE Mensignac (C), Conservateur des Musées d'An- 
Vîce-Présidents : | tiques, d'Armes et Préhistorique. 

( M. DE Faucon >î<, Archéologue. 
Secrétaire-général : M. le D' Berchon, *, >î<, A. tl, Ancien Médecin prin- 
cipal de 1*^ classe de la Marine. 
IM. PiGANEAU (E*"*), A. il. Professeur à l'École des 
Beaux-Arts de Bordeaux. 
M. Feret (Edouard), Éditeur-libraire. 
Trésorier: M. Dagrant (G.-P.), >î<. Peintre-verrier. 

Archiviste: M. Amtmann (Th.), Négociant. 

M. Dezeimeris (II.)»*» A. O, Membre correspondant 
de l'Institut, Président sortant. 
Assesseurs: { ^^- l'Abbé Léglise, Vicaire de la Bastide, Bordeaux. 

M. le Comte A. de Ciiastëigner, Archéologue et numis- 
mate. 

Bibliothèque : 
Demande de livres et du diplôme illustré : (3 francs) à M. rArchlviste, rue Doidy, 26. 
Secrétariat général : 96, Cours du Jardin-Public. 



-«— 4-T:syT3'**- 



TABLEAU INDICATIF DES JOURS Dlî SEANCE 

EN- 1893 

Les 2''' Vendredis des mois suivants, à huit heures du soir 

A l'Athénée, salle 4, rue des Trois-ConilSy n» 53. 

13 JANVIER 10 MARS 12 MAI 14 JUILLET iO NOVEMBRE 

10 FÉVRIER 14 AVRIL 9 JUIN 11 AOUT 8 DÉCEMBRE 

Le Bureau se réunit tous les l^^ vendredis des mômes mois et à la môme heure. 

Les élections ont lieu dans une séance spéciale en Décembre. 



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INDUSTRIE PRIVÉE DES TUILIERS DE LA GIRONDE 
Par M. François DALEÀU 

A Bourg-sur-Gironde. 



Bien que cette note ait plutôt rapport à Tethnogra- 
phie qu'à Tarchéologie, j'ai cru devoir en donner lec- 
ture à la Société parce qu'elle se rattache à deux com- 
munications faites par nos collègues, M. C. JuUian (1) 
et M. de Chasteigner (2). 

Les tuileries du canton de Bourg-sur-Gironde sont 
situées dans les communes de Lansac et de Teuillac. 
Elles existent depuis longtemps sur ces territoires, où se 
trouvent les plus riches gisements d'argiles tertiaires 
servant à la fabrication des tuiles. 

Tous les ouvriers employés dans ces usines sont ori- 
ginaires de la commune de Laruscade, canton de Saint- 
Savin (Gironde), et, depuis un temps probablement 
ancien, quittent leur pays, par groupes de trois ou qua- 
tre, chaque année, au. mois de mars,/?ow/' aller faire la 
tuile, suivant leur expression, dans le Bourgeais et 
dans le Méàoc et ne rentrer chez eux qu'en novembre. 



(1) Société archéologique de Bordeaux, t. XIV, p. 1. 

(2) Société archéologique de Bordeaux, t. XIV, p. 7. 
ToM XVn. — Fasc. n. 



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— 2 — 

En arrivant à la tuilerie, ils s'installent, avec leurs 
provisions, dans une maisonnette, voisine du four, 
construite par eux ou leurs devanciers et, durant toute 
la campagne, vivent dans ce réduit, vaquant eux- 
mêmes aux soins de leur ménage. 

Presque tous les mois un homme se détache de la 
bande, parcourant à pied vingt ou vingt-cinq kilomè- 
tres, pour passer la journée du dimanche dans ses 
foyers; il en revient portant pour lui et ses collègues 
des vivres et du linge blanc. 

Pendant leurs moments de loisir à l'usine, ces tra- 
vailleurs confectionnent pour leurs usages et pour leurs 
amis, les poteries grossières dont je vais vous entre- 
tenir, sortes de chefs-d'œuvre, qu'ils portent chez eux 
quand la campagne est finie. Aussi, ces petits meubles 
se rencontrent-ils dans beaucoup de maisons de Larus- 
cade, tandis qu'ils sont rares à Lansac et à Teuillac. 

Poteries des tuiUers faisant partie de ma ooUection (1). 

1® (PI. III, figure 7). Mortier à sel, sans anse, dit gru- 
soir ou gruse-sel, en terre-cuite, forme cylindro-coni- 
que; hauteur, 0,084(2); diamètres supérieur et infé- 
rieur, 89-105. Dessins en creux sur la partie extérieure, 
faits avant la dessiccation de la pâte, avec la pointe 
d'un couteau et les dents d'un petit peigne; le dessous 
de ce vase a été quadrillé avec un peigne. Localité, 
Bourg-sur-Gironde. 

2** Pilon grossier, en terre cuite; hauteur, 113; dia- 



(1) Déjà, à la séance du 9 mai 1879, j'ai eu Tayantage de faire une com- 
munication à notre Société sur les mortiers en terre cuite. Soc, archéolo" 
gique de Bordeaux, t. VI, p. 7. 

(2) Tous les chiffres indiquent des millimètres. 



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— 3 — 

mètres, 68-54; la partie supérieure se termine par un 
double champignon. 

3** (PI. III, figure 4). Mortier à sel avec son pilon; hau- 
teur, 80; diamètres, 82-110; muni d'une anse maté- 
rielle taillée dans le même morceau d'argile que le 
mortier; cinq dents ornementales sont découpées sur le 
bord antérieur; un trou rond, percé au centre, facilite 
la préhension. Ce vase est couvert d'ornements en 
creux, au pointillé, formant des losanges semés de 
doubles-cercles, dont le plus grand est crénelé. Cet 
instrument, très usé, a servi pendant plus de cinquante 
ans chez son précédent propriétaire. Localité, Lalus- 
tre, commune de Tàuriac (Gironde). 

4** Petit mortier en terre cuite, avec une grande anse 
très lourde; hauteur, 85; diamètres, 72-81. Dessins 
très simples, faits avec la pointe d'un couteau, sembla- 
bles à ceux que les laitières du Bourgeais gravent sur 
les billes de beurre. Localité, Bourg-sur-Gironde. 

5*» (PI. III, figure 8). Mortier à poivre avec son pilon; 
hauteur, 111; diamètres, 72-94; anse et cylindre très 
lourds; poignée avec angles à pans coupés. Dessins 
en creux faits au couteau et à l'aide de cachets en bois, 
ronds et carrés; présente aussi six empreintes d'une 
pièce de vingt francs à l'effigie de Napoléon III, Empe- 
reur, témoin de sa récente fabrication. Pilon en bois 
de chêne, hauteur, 162; diamètres, 45-43. Pour facili- 
1er l'écrasement du poivre, on a quadrillé la base par 
des incisions au couteau; les cachets dont nous voyons 
les reproductions sur ce mortier ont été gravés par le 
même procédé. Localité, Laruscade (Gironde). 

6** Petit mortier à sel, avec son pilon. Le tout en 
terre cuite rouge, de même type que les mortiers 
actuels, en bois, du commerce. Sur la partie extérieure, 
rayures ornementales en creux formant des triangles 



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— 4 — 

et des losanges; le pilon se termine en massue à cha- 
que extrémité; le bout servant à broyer est sillonné de 
lignes profondes. 

1^ (PI. III, figure 6). Chandelier en terre cuite; hau- 
teur, 170; diamètres, 38-125. Pied rond, légèrement 
conique, d'où part un long cylindre creux destiné à 
recevoir la chandelle de suif. Celui-ci est percé sur un 
côté d'une ouverture longue et étroite portant trois 
crans servant à remonter la chandelle à mesure qu'elle 
brûle. Sur la base on voit six empreintes de feuilles 
d'arbres : chêne, frêne, orme, pommier, et huit petites 
pastilles pointillées. 

J'ajoute à cette nomenclature trois échantillons de 
ma collection, fabriqués par des tuiliers ou des brique- 
tiers des cantons de Belin et de Pujols (Gironde). 

S*" (PI. III, figure 3). Fac simile d'un cube en terre 
cuite; hauteur, 55; recueilli à Gueynich, commune de 
Pujols (Gironde); cet échantillon, que j'ai vu en 1888, 
faisait partie du Musée scolaire de l'école communale 
de Pujols; il présente sur chaque face une pyramide 
quadrangulaire renversée, encadrée d'un double rang 
de piqûres faites en sens inverse avec la pointe d'un 
couteau. J'ai cru voir là une poivrière ou une salière. 

9* (PI. III, figure 2). Tuile à curchade ou cruchade; 
hauteur, 380; largeurs, 180-210. Tuile creuse portant 
vers la base, au centre de la partie bombée, une anse 
très matérielle; côté convexe recouvert de dessins en 
creux faits avec deux poinçons; l'un est un cachet 
rond quadrillé reproduit vingt fois; l'autre, une petite 
pointe de flèche à pédoncule, entourée d'un cercle 
reproduit dix-sept fois. Ce dernier dessin est à peu 
près semblable à celui gravé douze fois sur le chande- 
lier de notre collègue, M. Tournié, de la Réole, figuré 
dans \e^ Actes delà Société archéologique de Bordeaux, 



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— 5 — 



t. XIV, pi. IX. Ce monument, qui sert aux femmes 
fabricant la curchade (bouillie composée de farines de 
maïs, mil, millade et sarrazin, délayée avec de l'eau), 
est encore en usage au Barp (Gironde), où il a été fait 
en 1872. 

10** (PI. III, figure 5). Chandelier à quatre trous, fabri- 
qué au Barp, en 1789. Pyramide triangulaire; hauteur, 
113. Chaque pointe, fortement tronquée, présente une 
cavité à fond conique, forée avant la cuisson, brûlée à 
Torifice, servant de douille pour recevoir la chandelle 
de résine. Les quatre grandes faces sont couvertes d'es- 
tampilles imprimées en creux avec deux cachets qua- 
drillés et un tuyau de plume; ce dernier ayant repro- 
duit de petits cercles. Le milieu de chacune de ces 
fdces est percé d'un trou conique; tous les quatre con- 
vergent vers le centre de la pyramide sans s'y rencon- 
trer; ils ont été creusés pour faciliter la préhension. 
Les angles, très abattus, forment six méplats larges d'un 
centimètre et demi, décrivant un léger arc de cercle. Ce 
vase, jeté sur une table, présente toujours un trou prêt 
à recevoir la bougie. 

C'est grâce à l'intervention de M. Delis, instituteur 
au Barp, que ces deux derniers échantillons m'ont été 
donnés par M. Baillet, tuilier, et M. Ballion, proprié- 
taire au Barp (Gironde). 

Tous ces ustensiles présentent un très grand air de 
famille, par leurs formes rustiques et par leur décora- 
tions naïves, avec les trois chandeliers en terre cuite, 
décrits dans nos bulletins par M. C. Jullian et M. de 
Chasteigner, il peut se faire que ces flambeaux ne 
soient pas de la même époque que mes poteries. Mais, 
comme celles-ci, ils sont très probablement l'œuvre de 
fabricants de briques, de tuiles ou de pots à gemme, 
peu expérimentés dans l'art de la céramique. 



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— 6 — 

Le travail de M. de Ghasteigner m'a remémoré la 
note suivante que j'ai prise en 1878, à l'Exposition uni- 
verselle de Paris. « Trocadéro, aile droite, chandeliers 
» en terre rougeâtrej pyramide triangulaire, percée de 
» quatre trous, sur la cheminée d'une chaumière (fac~ 
y> simile) de Halland, district de Halmstad, Gothie, 
D Suèdes. 

Ces chandeliers étaient, en efFet, pareils à ceux des- 
sinés dans notre tome XIV, figure 5 et planche X et à 
mon échantillon reproduit ici, pi. III, figure 5 et pi. IV, 
figure 2. 

Désirant avoir la confirmation de ma note, j'écrivis à 
M. le D^ A. Hazélius, directeur de Nordiska Museet, 
à Stockholm. Je suis heureux de lui adresser ici l'expres- 
sion de toute ma reconnaissance. Voici l'extrait de l'une 
de ses lettres. « J'ai le plaisir de vous remettre quelques 
» croquis de chandeliers, en terre cuite, à quatre trous. 
y> Permettez-moi de vous donner quelques renseigne- 
T> ments sur leur aspect et sur les localités où on les a 
i> trouvés dans notre pays. 

» La forme est toujours la même et ceux que nous 
» avons sont tous en terre cuite, sauf deux en bois 
» sculpté ; on trouve toutefois fort rarement des spéci- 
)) mens comme celui (en bois) de Smaland. 

» Le fait que les paysans se sont servis de cet usten- 

» sile jusqu'à nos jours est prouvé par le suif que 

» l'on retrouve dans les trous ; à en juger par la coUec- 
» tion du musée (musée boréal), ce type doit être très 
x) commun dans le midi de la Suède. Citons par exem- 
» pie 12 numéros provenant du Halland, 10 du Sma- 
» land, 8 de la Vestrogothie , etc. Dans la Suède 
» moyenne le type est assez rare et du Norrland je n'en 
» connais pas un seul spécimen. Enfin, le musée ne 
» possède pas un seul chandelier d'origine norvégienne, 



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— 7 — 

» pareil à ces chandeliers suédois, il est de toute évi- 
» dence que cela ne dépend pas d'un cas accidentel, 
» car nous avons abondamment d'objets caractéristi- 
» ques pour la culture de ce pays ». 

M. Cari. U. Palm (amanneus) conservateur, attaché 
au musée du Nord, à Stockholm, a eu Tobligeance, et 
je l'en remercie sincèrement, de m'envoyer un de ces 
curieux chandeliers, photographiés ici, figure 1, plan- 
ches III et IV. Voici sa description : 

11** (PL III, figure 1). Chandelier à quatre trous, en 
terre cuite rougeâtre, hauteur 70 centimètres, pyra- 
mide triangulaire à angles équarris et cintrés, ajourée 
au centre par quatre ouvertures triangulaires. Sur les 
six pans coupés, on voit gravées grossièrement en creux, 
les lettres suivantes :A. D. G. F.K.L.I, peut-être les 
initiales des noms des propriétaires primitifs, mari et 
femme. Les pointes tronquées, brûlées sur les bords, 
formant les douilles à chandelle, contiennent encore du 
suif, nom local (traduit) : chandelier en terre cuite, ou 
trépied; localité, Vestrogothie (Vastergoland), Suède. 

La forme de nos chandeliers girondins et leurs gra- 
vures rustiques nous ont-elles été empruntées par les 
Suédois? Faut-il voir là une industrie fantaisiste per- 
pétuée par la tradition dans ces deux pays éloignés ? Je 
constate que ces chandeliers ont été fabriqués sur deux 
points très distants à des époques plus ou moins diffé- 
rentes. C'est ce qui a eu lieu, pour ne citer qu'un exem- 
ple, pour les haches et les herminettes en pierres polies, 
que Ton retrouve de nos jours, non seulement en 
Europe, mais presque dans le monde entier. 

Le même besoin a créé, dit-on, des instruments sem- 
blables. Cet axiome me paraît vrai pour les haches, 
outils de première nécessité, mais peu probable pour 
de simples flambeaux. 



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— 8 — 

Le grand chandelier pyramidal de M. de Chastei- 
gner, a été recueilli à Salles, localité distante d'environ 
dix kilomètres du Barp, où a été fabriqué celui que je 
possède. Est-ce sur les rives de la Leyre qui arrose ce 
pays et se jette ensuite dans le bassin d'Arcachon qu'il 
faut chercher le berceau de l'industrie de ces flam- 
beaux? 

Dans ce cas, il peut se faire que les Scandinaves, 
durant leurs nombreuses excursions sur nos côtes, 
débarqués sur les bords du bassin d'Arcachon, aient 
trouvé et porté dans leur patrie des chandeliers à 
quatre trous provenant de nos antiques tuileries du 
Sud-Ouest. Cette hypothèse viendrait confirmer, en 
quelque sorte, ce qu'a écrit M. J. de Baye, dans sa 
Note sur des épées trouvées en Suède et en Norwège 
(Caen, 1890), où il est dit, page 1 : 

« L'industrie franke, mérovingienne, carolingienne 
» a laissé non seulement des traces dans nos pays, où 
T> ses intéressants vestiges ont été recueillis et étudiés 
» attentivement, mais ses produits, jadis importés, se 
» retrouvant parfois dans les pays étrangers. Les docu- 
» ments qui peuvent jeter quelque lumière sur cette 
y> phase de notre archéologie nationale , fussent-ils 
» découverts dans l'extrême Nord, sont toujours pré- 

» cieux à constater Page 7 : La matière première 

» (le fer des épées) proviendrait des forges pyrénéennes 
D ou catalanes et aurait été mise en œuvre par des 
j> officines poitevines et bordelaises... Page 8 : La res- 
j> semblance des épées portant des marques frankes, 
» découvertes en Norwège, avec les épées carolin-^ 
» giennes prouve leur origine ». 

Je tiens, en terminant, à remercier mon très obli- 
geant collègue, M. Th. Amtmann, qui a bien voulu 
photographier mes poteries. 



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— 9 — 
Explication des planches. 

Planche III. 

1. Chandelier pyramidal. Yestrogothie (Suède). 

2. Tuile à cruchade. Le Barp (Gironde). 

3. Cube (salière ou poivrière). Gueynich, commune de Pujols (Gironde). 

4. Mortier avec son pilon. La Lustre, commune de Tauriac (Gironde). 

5. Chandelier pyramidal. Le Barp (Gironde). 

6. Chandelier. La Tuilerie^ commune de Lansac (Gironde). 

7. Mortier à sel. Bourg-sur-Gironde (Gironde). 

8. Mortier avec son pilon. Laruscade (Gironde). 

PuOfCHB IV (1/2 o. N.). 

1. Chandelier pyramidal ou trépied. Yestrogothie (ouède). 

2. Chandelier pyramidal. Le Barp (Gironde). 

3. Chandelier pyramidal. Scanie (Suède); ce dernier d'après un croquis 
communiqué par M« le D^ Hazelius de Stockholm. 



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NOUVELLES ARCHÉOLOGIQUES 



Notre publication sur VAge du bronze spécialement en 
Gironde a excité le zèle des chercheurs et nous vaut 
déjà de précieux renseignements. 

1*" C'est ainsi que M. Daleau vient de nous aviser 
qu'on a découvert récemment dans le Blayais un lot 
important de haches de bronze appartenant, ce qui est 
rare dans cette partie du département, au type médo- 
cain dominant c'est-à-dire à double coulisse entière, 
ou à rebords droits. Leur nombre s'élève à 22 et 
M. Daleau, qui espère acheter toutes ces haches, se 
propose d'en faire l'objet d'une note pour la Société. 

2** Une nouvelle plus intéressante encore m'est trans- 
mise par M. Tournié (de La Réole), qui a vu, en 1885, à 
Sainte-Foy-la-Grande, un moule en bronze de haches 
formé de deux valves portant chacune une anse laté- 
rale. Ce moule pesait 3 kilogrammes. Laissé long- 
temps en vente, il a été acheté par un inconnu. Le 
paysan qui l'avait découvert, en défrichant un champ, 
avait coulé plusieurs fois du plomb dans la cavité du 
moule et obtenu des moulages qui vont être activement 
recherchés, pour établir le caractère des haches fabri- 
quées dans le moule. 

3* M. Tournié possède deux haches de bronze dans sa 
collection; une médoquine ordinaire, provenant du 
Temple (Saint-Vivien Médoc), l'autre d'origine giron- 
dine non exactement déterminée et qui est d'un type 
particulier sur lequel il doit donner quelques détails. 

15 février 1893. 

D' Bbhghoiv. 



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LIT NUPTIAL 



TERRE CUITE GALLO-ROMAINE 

Collection V. Bordbs 

Par M. Th. AMTMANN 

Archiviste de la Société Archéologique de Bordeaux. 



Sur le conseil de notre collègue, M. C. Jullian, je 
présente à la Société la photographie d'une figurine 
en terre cuite qu'il a signalée dans son ouvrage sur 
les inscriptions romaines de Bordeaux. 

Cette figurine provient de la collection de M. V. 
Bordes qui a bien voulu me la confier et à qui j'adresse 
ici tous mes remerciements. 

Elle a été trouvée, en 1851, dans les fouilles de la 
maison Vène, rue Saige, n® 11 (1). Elle mesure 6 centi- 
mètres de haut sur 12 de long, est faite d'une pâte 
blanche, dure et très fine. 

Sur un lit nuptial et la tète sur un coussin, reposent 
un couple d'époux, nus jusqu'à la taille, le bas du corps 
recouvert par deux peaux dont les extrémités formées 
par les pattes de Tanimal retombent sur les bords du 

(t) Cf. G. JulUan, inscriptions romaines de Bordeaux, t. I^ p. 427, C. 



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— 12 — 

lit. A leurs pieds est couché un chien, la tête appuyée 
sur ses pattes. 

L'homme, qui se trouve sur le devant du lit, a le 
bras gauche passé autour du cou de la femme, la main 
tendrement posée sur sa tête. Son bras droit est replié 
et de Tindex il touche délicatement le menton de sa 
femme. Celle-ci a le bras droit également passé autour 
du cou de son mari, la main appuyée sur son épaule; 
son bras gauche passe sous le bras droit du mari et de 
sa main elle le prend par la taille et semble l'attirer 
avec amour. L'homme a la chevelure bouclée et très 
épaisse. La femme a de longues nattes qui retombent 
sur son épaule. La forme du lit est la forme classique du 
lectus des anciens; sa hauteur est moyenne; il a un 
dossier sur trois côtés; seul, celui par où l'on pénètre 
est ouvert. Ce dossier est cintré vers l'intérieur du lit, 
ce qui donne à l'ensemble une forme gracieuse. Sur la 
partie supérieure court une grecque. Au dos on lit, en 
relief peu indiqué et en grandes capitales de 5 à 7 mil- 
limètres, la signature Pistillus fecit, renversée et 
inscrite dans un rectangle. Pistillus paraît avoir été le 
principal potier de la Gaule aux i®"^ et ii* siècles; sa 
signature s'est en effet rencontrée à la fois à Sens, en 
Lozère, en Poitou, à Autun et à Bordeaux (1). 

Le style de cette figurine est bon comme ensemble. 
Les contours sont bien indiqués; les bras et les mains 
bien traités. Le bras dont la main touche le menton est 
d'un mouvement très vrai. La position du chien est 
très naturelle. 

Cette figurine nous paraît d'autant plus intéressante 
que ce type est fort rare, nous oserions même dire 
presque unique parmi les terres cuites gallo-romaines. 

(1) C. Jullian, InseriptioM romaines^ 1. 1, p. 472. 



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— 13 — 

En eflfet, M. Adrien Blanchet, dans son ouvrage sur 
Les figurines en terre cuite de la Gaule romaine, dans 
lequel il énumère toutes les trouvailles faites en France 
et en partie à l'étranger, ne cite pas un seul exemple 
se rapprochant de notre figurine. 

Ce sont les difFérents types de Vénus qui dominent, 
puis viennent les Déesses-mères, les Minerve, les 
Epone, les Cérès, les Mercure, les Hercule, les Tireurs 
d'épine, et des figures d'attribution incertaine. 

Dans toutes ces figurines, on est frappé par le peu 
d'initiative et de goût des artistes gaulois, chaque fois 
qu'ils ont voulu s'écarter des modèles de la plastique 
grecque. Nous ne pouvons mieux donner une idée de 
cette dégénérescence du style qu'en citant un passage 
de l'ouvrage de M. E. Pottier (1). 

« Ce sont les mêmes motifs, mais appauvris de for- 
» mes et raidis par une exécution barbare, dont le 
» caractère anguleux semblerait m^^rquer un retour aux 
» procédés archaïques, si la négligence du modelé et 
» les traits émoussés des visages ne révélaient la fin 
» d'un art vieilli. L'admirable Vénus du maître attique 
» devient entre les mains de ces gâcheurs d'argile une 
» idole figée dans son immobilité hiératique, au corps 
» efflanqué, à la poitrine plate, aux gestes gauches. On 
» cherche vainement à lui donner un cadre architectu- 
» rai en la plaçant dans une niche ornée d'un fronton 
» et de pilastres; on ne réussit qu'à écraser la figurine 
» par un décor somptueux. Parfois, pour économiser 
» la matière et le travail, on se contente de plaquer la 
» déesse contre une espèce de pilier tout couvert de 
» rosaces sommairement indiquées par des cercles 



(1) E. Pottier, Le$ atatuettea de terre cuite dans rantiquité, 1890, 
p. 239. 



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- 14 — 

» concentriques. Si le* pilier est trop étroit, on n'hésite 
» pas à semer les mêmes ornements sur le corps même 
» de la divinité, sous prétexté de Tembellir ». 

Notre monument, au contraire, n'a aucun de ces 
caractères de dégénérescence, ses contours sont nets, 
le modèle est soigné, les proportions sont exactes, en 
un mot son exécution indique un travail fait avec soin 
et avec un certain sentiment artistique. Son étude 
approfondie nous apporte, semble-t-il, une nouvelle 
preuve aux théories de MM. Blanchet et Pottier, dont 
les recherches sont d'ailleurs confirmées par celles de 
M. Allmer, que la plupart et peut-être la totalité des 
types des figurines gallo-romaines sont copiés sur des 
modèles étrangers, grecs ou italiotes. Ici le modèle 
doit être étrusque, car nous ne pouvons trouver de 
monuments semblables qu'en Etrurie, où ils sont du 
reste assez nombreux. 

Parmi ceux conçus dans le même esprit, nous pou- 
vons citer : 

Le sarcophage de Cervetri au Musée du Louvre (1); 

Le groupe cinéraire de Citta de la Pève au Musée de 
Florence (2); 

Le groupe funéraire de Chiusi au Musée de Flo- 
rence (3); 

Le groupe de deux époux sur le couvercle d'une urne 
en terre cuite au Musée de Volterra (4); 

Mais c'est surtout le couvercle du sarcophage de 
Vulci (5) qui « montre un couple d'époux étendus 
» ensemble, face à face et amoureusement embrassés. 



(1) Jules Marlha, L'art étrusque, 1889, p. 299. 

(2) Ibid., 1889, p. 339. 

(3) Ibid., p. 341. 

(4) Ibid., p. 348. 

(5) Ibid.^ p. 347, 



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— 15 — 

» dans leur lit nuptial »,qui offre le plus d'analogie avec 
le nôtre. La position des époux, celle de leurs bras 
sont à peu près les mêmes. Ils sont aussi nus jusqu'à 
la taille, le bas de leur corps également recouvert par 
une draperie, seul le chien manque. Mais nous croyons 
que sa présence dans notre monument ne fait qu'accen- 
tuer le symbole de la piété et de la fidélité familiale^ 
le chien étant en effet consacré aux dieux lares et le 
lare n'étant jamais représenté sans le chien. 

Il nous paraît intéressant, à ce propos, de rapprocher 
de notre figurine le berceau en pierre trouvé aux sour- 
ces de la Seine et dont nous donnons un dessin ci-joint, 



car dans ce monument nous retrouvons le chien couché 
dans la même position (1). Ce berceau semble être le 
complément de notre lit. 

Les deux monuments sont comme l'image parlante 
de la vie familiale chez nos ancêtres : ici le lit nuptial, 
là le berceau; ici les époux, là l'enfant et partout le 
chien qui représente le dieu lare, génie de la famille. 

Nous voyons donc que le chien jouait un grand rôle 
dans le culte familial de nos ancêtres, ce qui nous est 
du reste confirmé par Ovide (2) : 

a Le chien est uni au lare. — L'un et l'autre gardent 



(1) D'après le Dictionnaire des Antiquités, publié par la maison Hachette, 
fig. 2130. 

(2) Oyide, Fastes, livre V, vers 137. 



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— 16 — 

» la maison. — L'un et l'autre sont fidèles au maître. — 
» Les lares veillent et les chiens veillent ». 

Pervigilanique lares, pervigilantque canes. 

Nous croyons donc pouvoir conclure, comme Ta déjà 
fait M. C. JuUian (1), que notre monument est une 
imitation gallo-romaine de Tart étrusque et que nous 
pouvons le considérer, ainsi que le berceau en pierre, 
comme un ex-voto consacré aux lares de la maison 
ou à d'autres dieux en Thonneur d'un mariage ou d'une 
naissance. 



Pour bien montrer tous les détails de notre terre cuite, la 
photographie a dû être prise de haut en bas. 



(1) C. Jullian, Inscriptions romaines de Bordeaux, t. II, in fine. 



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rî 



NOTES 



ÉPOQUE LOUIS XV 

Des collections de M. Tournib de La Réole 

Par M. Léon PALUSTRE. 



La belle cheminée en faïence polychrome tout à 
fait inédite, entrée récemment dans la collection de 
M. Tournié, provient d'une maison située rue Rague- 
neau, à Tours. 

Chose assez extraordinaire et qui montre l'incurie 
de certains propriétaires, elle était placée dans un 
appartement en location où mille causes de destruc- 
tion pouvaient se produire. 

Mais le hasard voulut heureusement que l'on eût 
affaire à un amateur éclairé, M. Gallais, dessinateur 
en soieries, dont la petite collection se trouvait rehaus- 
sée par cette pièce hors ligne. 

Aussi avec quel soin ne fut-elle pas protégée durant 
une quarantaine d'années ! 

Au moment de l'invasion prussienne, dans la crainte 
qu'elle n'excitât la convoitise de nos ennemis, M. Gal- 
lais avait eu la précaution d'étendre sur toute sa 
surface un vernis noir qui donnait l'illusion d'une 
vulgaire cheminée en bois peint. 

Tome XVII. - Fasg. H. 6" 



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— 18 - 

Lorsque tout danger eut disparu, la substance pro- 
tectrice fut rapidement enlevée et chacun put admirer 
de nouveau le chef-d'œuvre si ingénieusement sauvé. 

La maison occupée par M. Gallais ne compte guère 
plus d'un demi-siècle d'existence. 

Ce n'est donc pas pour elle qu'a été faite la chemi- 
née qui nous intéresse à si juste titre. 

Suivant des renseignements que nous avons tout lieu 
de croire exacts, sa destination primitive était d'orner 
l'une des pièces de l'abbaye voisine de Saint-Julien. 

Du reste, dans le monde religieux, à Tours, on sem- 
ble avoir eu, au cours du xviii* siècle, un goût très 
vif pour la décoration en faïence. 

Le musée de la Société archéologique possède un 
important débris, échappé aux ruines de Beaumont-lès- 
Tours, qui faisait partie d'une cheminée commandée, 
dit-on, par l'abbesse Louise-Henriette de Bourbon- 
Condé (1733-1772). 

Tout ce qui concerne l'industrie de la céramique a 
été singulièrement élucidé de nos jours et l'on peut 
maintenant presque à coup sûr se prononcer sur l'âge 
et la provenance des pièces soumises à l'examen. 

Non seulement les caractères généraux des grands 
centres de fabrication sont connus, mais on sait à quoi 
s'en tenir sur la manière propre à chaque atelier. 

Nous ne sommes donc pas embarrassé pour indiquer 
immédiatement l'origine rouennaise de la cheminée de 
M. Tournié. 

L'hésitation qu'aurait pu faire naître certains tons 
ocreux est sans fondement et l'on n'a point devant soi 
l'une de ces habiles imitations qui constituent l'un des 
titres les plus sérieux de Synceny. 

Il faut remarquer que les quadrillés chinois intro- 
duits dès le début par un nommé Guillibaud, dans le 



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~ 19 — 

décor, se montrent encore à la bordure, tandis que 
déjà commencent à apparaître, tout à côté, les fameu- 
ses cornes d'abondance qui sont la dernière création 
du maître. 

Le style rocaille domine évidemment, mais on sent 
que le moment approche où un changement va se 
produire dans un sens bien déterminé et cela seul est 
une signature. 

Ajoutons que les couleurs les plus employées : le 
jaune orange, le bleu lapis, le vert glauque, loin de 
démentir notre attribution, lui donnent un poids de 
plus, car elles se retiouvent sur toutes les faïences qui, 
par leur authenticité, peuvent servir de points de 
comparaison. 

Le décor que Guillibaud a traité avec tant de bon- 
heur ne rentre pas, comme on pourrait le croire, dans 
le courant des compositions banales, il a la prétention, 
sous une forme élégante, de figurer les quatre éléments. 

Et de fait, comment expliquer autrement le phénix 
sur son bûcher et les deux vases de flammes qui occu- 
pent le centre de la tablette ? 

Après avoir rappelé Veau par un pittoresque enche- 
vêtrement de coquillages, la terre par des fleurs, des 
fruits et des écureuils, Vair par des paons au repos et 
des coqs prêts à se battre, il fallait ne pas laisser le 
feu en oubli. 

Depuis que la cheminée de Beaumont-lès-Tours 
n'existe plus ou du moins se trouve réduite à un sim- 
ple fragment, le beau spécimen de la collection Tour- 
nié, que nous décrivons à la fin de la notice, tient 
assurément le premier rang. 

On ne saurait lui comparer ni celui du musée de 
Bernay, malheureusement incomplet, — le montant 
droit du chambranle fait défaut, — ni celui du musée 



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— 20 — 

de Rouen qui est de date postérieure et reproduit tous 
les motifs un peu secs et monotones du décor dit à la 
corne tronquée, ni enfin celui de Cluny, en faïence de 
Lille, d'une très remarquable ornementation. 

Description de la clieminée. 
Longeur : lin84* Hauteur : ln»18« 

La tablette est en deux morceaux mesurant chacun 
0"92 qui, joints aux deux jambages et à la coquille 
mobile, formant clef, constituent les cinq pièces dont 
elle est composée. 

Les montants affectent la forme gracieuse de deux 
consoles dont les enroulements reposent sur des bases 
arrondies. 

Quant aux coquilles qui apparaissent dans le haut, 
sous les volutes des consoles, elles sont traitées en 
haut-relief et font corps avec la tablette. 

Six beaux motifs différents polychromes, très artis- 
tement agencés, contribuent à sa décoration. 

Le manteau de la cheminée aux sveltes ondulations, 
aux moulures si variées, du plus pur Louis XV, pré- 
sente, dans ses multiples rinceaux, un amoncellement 
de splendides rocailles enlacées d'oiseaux chimériques, 
d'écureuils, de levrettes, de fruits, de fleurs, de papil- 
lons, de cornes d'abondance, d'hélices, de coqs com- 
battants et de vases enflammés, le tout mis en valeur 
par un émail vitreux, d'une intensité de ton puissant. 

La couverte est à teinte verdâtre. Les émaux qui 
dominent sont le jaune d'or et le jaune cuir, le bleu, le 
rouge, le vert et finalement un rare violet transparent 
et lumineux. 

Tours, 29 avril 1892. 



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A PROPOS 

DR 

L'ÉGLISE DE FRANCS 

Par M. Jean-Auguste BRUTAILS 



Messieurs, 

Je tiens à ce que mon premier mot soit un remercie- 
ment pour votre Société, qui m'a fait Thonneur de 
m'admettre au nombre de ses membres, et en particu- 
lier pour les parrains qui m'ont donné en cette cir- 
constance une nouvelle preuve de leur bienveillante 
amitié. 

C'est mal vous exprimer ma gratitude que de vous 
infliger, dès ce soir, l'audition d'un travail ; mais, je 
préfère vous en prévenir immédiatement, je suis un 
archéologue convaincu. N'entendez point par là que 
j'accepte aveuglément et que je tienne pour vraies tou- 
tes les propositions ayant cours en archéologie. De ces 
propositions, il en est une notamment qui me trouve 
sceptique. 

Tous ceux d'entre vous qui ont étudié l'architecture 
du moyen âge ont sûrement observé ce qu'il y a de 
fictif dans les règles données pour classer les monu- 
ments dans telle ou telle période, suivant les caractè- 
res qu'ils présentent. Quand un maître nous expose, 
par exemple, quelles modifications le profil des bases a 



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— 22 — 

subies entre 1220 et 1240, il signale un phénomène 
propre à l'école, à la province qui étaient à cette épo- 
que le foyer de l'art occidental, et encore doit-il sous- 
entendre que, dans cette province, bien des localités 
écartées, bien des constructeurs arriérés ont gardé les 
tracés anciens ; son assertion, prise dans un sens absolu, 
devient formellement inexacte, si on l'applique aux 
régions éloignées, comme la nôtre, de l'Ile-de-France 
et aux monuments ruraux de ces régions. 

Une autre cause, sur laquelle M. Léo Drouyn a bien 
voulu appeler mon attention, produit des résultats 
analogues et peut amener des différences notables 
entre deux édifices élevés simultanément sur le même 
point : je veux parler de l'âge des artistes. Voici deux 
architectes appelés à diriger deux chantiers voisins, à 
l'époque où l'art gothique pénètre dans la province : 
l'un est âgé, il a vieilli dans le pays, il est routinier, 
attaché aux pratiques romanes; le second est jeune, il 
a voyagé, il est enthousiaste des théories nouvelles. 
Ainsi que me le faisait observer le maître que je viens 
de nommer, il peut y avoir, entre les caractères des 
productions de l'un et de l'autre, un écart d'une soixan- 
taine d'années (1). 



(1) Cf. L. Drouyn, Variétés girondines, t. I, p. 50-51. — On sait que 
Viollet-le-Duc, après avoir assigné à l'église Saint-Urbain de Troyes 
une date en rapport avec le système de construction, attribua ensuite cet 
édifice à une époque plus reculée et à un architecte en avance sur son temps 
{Dictionnaire d'architecture ^ t. IV, p. 183). En réalité, après avoir étudié 
le monument, j'estime que la première opinion de Viollet-le-Duc était la 
bonne : un maître d'œuvre a pu découvrir des formes nouvelles que ses 
successeurs ont adoptées; il est impossible qu'il ait deviné toutes les 
innovations qui devaient être admises après lui. Mais si Viollet-Ie-Duc 
s'est trompé, il n'en est pas moins intéressant de constater quelle influence 
a exercée sur cet esprit puissant l'idée que la valeur personnelle de l'ar- 
chitecte suffit k mettre une œuvre à part des œuvres contemporaines. 



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— 23 — 

De plus, on oublie trop que certaines formes sont 
restées traditionnellement affectées à certaines desti- 
nations : par exemple, le gothique a longtemps été de 
rigueur pour les cathédrales, et on trouve des cathé- 
drales gothiques du xvn® siècle jusque dans ce pays 
classique de la Renaissance française, sur les bords de 
la Loire, à Orléans et à Blois. De même encore, dans 
les édifices religieux à deux étages, Tétage inférieur 
est presque toujours d*une physionomie beaucoup plus 
vieille : à N.-D. de Chartres, qui est Tune des cathé- 
drales les plus rapidement élevées (1), les fenêtres exté- 
rieures de la crypte percées dans le soubassement des 
bas-côtés sont en plein cintre; dans les chapelles de 
Perpignan, de Reims, etc., j'ai noté des faits du même 
genre; à la chapelle du palais épiscopal de Laon, le 
tracé sans brisure des doubleaux et des formerets et 
l'emploi des voûtes d'arêtes impriment à la nef centrale 
du rez-de-chaussée un aspect roman. 

Enfin, quand nous étudions les œuvres des hommes, 
œuvres politiques, œuvres artistiques, nous devons faire 
une large part à cet élément éminemment variable et 
capricieux, qui est l'initiative individuelle. Sans doute, 
la personnalité de l'artiste est disciplinée par les 
influences ambiantes, théories en vogue, aspirations 
de l'époque; mais elle subsiste cependant, plus ou 
moins vigoureuse. Les architectes d'autrefois n'étaient 
pas tellement soumis aux préceptes acceptés de leur 
temps qu'ils ne s'en écartassent parfois : il leur arri- 
vait d'imiter les monuments existants; quelques-uns 
ont même laissé de véritables restaurations archéolo- 
giques (2), dont je citerai une seule : je veux parler 



(1) Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'architecture, t. I, p. 313. 

(2) Voir Anthyme Saint-Paul, Viollet-le-Due, 2* édition, p. 24-25. 



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— 24 — 

des travaux de réfection accomplis pendant le xiv* siè- 
cle dans trois galeries du cloître roman d'Elne. 

En résumé, de ces deux causes, archaïsme incons- 
cient d'une part, archaïsme intentionnel de l'autre, il 
résulte qu'un grand nombre d'édifices paraissent anté- 
rieurs à la date réelle de leur construction. 

il est donc téméraire de définir trop rigoureusement 
l'âge d'une construction d'après les caractères qu'elle 
présente et de prêter aux lois de l'archéologie une pré- 
cision qu'elles ne comportent pas. Je rappellerai à ce 
sujet l'écart énorme qui a séparé maintes fois les opi- 
nions des archéologues en renom, lorsqu'il s'est agi de 
dater les églises même les plus célèbres : Saint-Frontde 
Périgueux et Saint-Marc de Venise, Saint-Ambroise 
de Milan, Saint- Sernin de Toulouse, la cathédrale de 
Laon, etc. 

Or, j'ai cru constater que les études archéologiques 
conduisent à des conclusions particulièrement vagues, 
quand il s'agit des monuments de la Gironde. 

Dès l'époque romane, des ornemanistes du pays 
étaient singulièrement en retard ; ils couvraient la cor- 
beille et le tailloir des chapiteaux de gravures d'un relief 
bas et d'un aspect presque mérovingien. Parmi les cha- 
piteaux de Sainte-Colombe et de Puynormand, certains 
sont striés de rayures rappelant les bâtons brisés, d'au- 
tres sont ornés de deux rangs de palmettes grossières, 
en forme de triangle, plates et raides : on pourrait croire 
tout d'abord que l'on est en présence de chapiteaux très 
anciens et réemployés; mais, après réflexion et com- 
paraison, on s'aperçoit que ce sont là des copies mala- 
droites dues à un tailleur d'images du xi® siècle, sinon 
du xii*. A Coubeyrac, j'avais remarqué sur le flanc sud 
de l'église une porte, actuellement murée, dont le lin- 



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— 25 — 

teau porte une rangée de cercles entrelacés de peu de 
saillie; n'était-ce pas une pierre carolingienne? J'ai eu 
des doutes jusqu'au jour où, à Villegouge, j'ai retrouvé 
ce même motif dans une fenêtre du xi* siècle au plus 
tôt(l). 

Ce n'est pas seulement pour la décoration, c'est 
encore pour la construction des églises que les archi- 
tectes romans de la région restaient fidèles aux tradi- 
tions de la période latine ; je n'en veux pour preuve 
que le très grand nombre de nefs subsistantes, qui 
ont été couvertes par une toiture apparente ou par 
un lambris. 

Plus tard, quand l'art gothique florissait déjà, la 
Guienne continuait à élever des églises romanes. L'un 
des hommes qui ont le plus et le mieux connu Tarchi- 
tecture régionale, Félix de Verneilh, mentionne quel- 
que part « les édifices du Midi bâtis positivement au 
xiii® siècle, bien qu'en style roman» (2). L'abbatiale de 
Saint-Ferme comprend deux parties, l'une du xii' siè- 



(1) Le Musée de Bordeaux possède une collection de chapiteaux, de 
corbeaux, enûn de panneaux à peu près carrés, qui ont dû être placés 
entre les corbeaux comme les métopes entre les triglyphes. Ces pierres 
ouvragées proviennent de Saint-André et ont, suivant toute apparence, 
été travaillées à la même époque et en vue du même monument; or, les 
unes sont bien romanes; les autres, qui préseihent des entrelacs, ont un 
aspect beaucoup plus ancien. — De Caumont, ayant observé dans le clocher 
de Brantôme des joints épais et des chapiteaux « dont la corbeille rappelle 
l'ornementation carlovingienoe d, s'était enquis de l'âge probable de cette 
construction : « MM. de Verneilh et Drouyn ont répondu qu'en Périgord 
ils ont observé les mêmes caractères non seulement dans des monuments 
du XL^ siècle, comme la tour de Brantôme, mais aussi dans des monu- 
ments du xiie » {Bulletin monumental^ t. XXV, p. 394). 

(2) Congrès scientifique de France, 28» session, t. IV, p. 661. — Dans 
le même volume, page 665, le même archéologue admet que la nef de 
Saint-Sernia de Toulouse' a été finie en style roman ou peu s'en faut, 
mais à une époque gothique. 



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— 26 — 

cle, Tautre du xiii** siècle sans doute (1) : or, la portion 
ancienne présente, à la croisée du transept, un exemple 
de voûte gothique établie sur croisée d'ogives, tandis 
que, dans la portion plus récente, la voûte est un ber- 
ceau en plein-cintre. A Blasimon, le fond occidental 
est antérieur au reste de la nef et au chevet, qui 
sont gothiques par leur date et par leur système de 
construction; à Touest, les fenêtres et le portail offrent 
un mélange singulier d'arcs brisés et de motifs romans, 
tandis qu'à l'est les fenêtres sont étroites et en plein- 
cintre. La belle église de Pujols permet de constater 
également la persistance de l'ornementation romane 
dans une construction du xiii* ou peut-être du xiv' 
siècle. Il en est de même à Monségur, où la porte sud 
de l'église, qui est gothique, est ornée d'un rang de 
rosaces à pétales, d'un air de famille bien roman ; à 
Guîtres, où des archivoltes d'étoiles encadrent des 
fenêtres franchement gothiques du xiv° siècle, etc. 

Il existe dans l'arrondissement de Liboupne un cer- 
tain nombre d'églises d'aspect roman, dont la date 
pourrait bien être relativement peu reculée ; à Mont- 
badon, la disposition des piliers latéraux et la hauteur 
des fenêtres m'induisent à penser que l'église, en 



(1) M. O. Gauban pense que les voûtes de Saint-Ferme sont, en partie, 
du xviie siècle {Hist. de la Réole, p. 503) ; il parait avoir reproduit, en 
l'atténuant, l'opinion de Michel Dupin, qui croyait que les voûtes avaient 
été refaites par l'abbé de Gascq en 1607 (Notice sur La Réole, p. 264). 
Dupin a vraisemblablement emprunté le renseignement au Gallia Chris- 
tiana: 9 Basilicam sartam teclam fecil ». Mais Texpression a aedem sar- 
tam tectam facere » a un sens spécial, qui est : effectuer les réparations 
d'entretien. Le Gallia raconte que Léon le** de La Lanne (1622-1667) 
a Navim ecclesiœ... a fundamentis erexit ». Si le fait était vrai, ce que je 
ne crois pas, ce serait un curieux exemple de réfection d*un monument 
roman en plein xvii^ siècle. 



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— 27 — 

dépit de rornementation de sa façade (1), a été élevée 
pour être couverte d'une voûte gothique. A Vérac, le 
clocher, bien roman à l'extérieur, est évidé à Tinté- 
rieur par des arcs aveugles brisés. A Mouillac, à Tar- 
nès et même à Saint-Denis-de-Piles, on peut se 
demander, à voir le profil du soubassement, si l'on 
n'est pas en face d'églises du xiii* siècle ou même 
postérieures. 

Il est telles formes romanes que je ne rencontre 
plus sans avoir de violents soupçons sur leur ancien- 
neté : les rangs d'étoiles, par exemple, et certain cha- 
piteau, très répandu, fort bien compris d'ailleurs et 
auquel on ne peut guère reprocher que de cacher son 
âge : c'est un chapiteau lisse; la corbeille gracieuse 
s'évase jusqu'à ce qu'elle rencontre une sorte de dé, 
carré en plan, dont les faces verticales sont découpées 
en festons parfois soulignés d'un grain d'orge (2). C'est 
le tailloir, surtout le chanfrein, qui porte les orne- 
ments : dents de scie, festons, etc. ; mais assez fré- 
quemment ni la corbeille ni le tailloir ne sont déco- 
rés; ainsi en est-il à Saint-Cibard, où les chapiteaux 
paraissent être du xv* siècle. Dans certains exemplai- 
res, à l'arc triomphal de Tayac, à l'abside de Saint- 
Michel-la-Rivière, etc., la corbeille se soulève vers le 
milieu de la hauteur et projette une arête horizontale. 
Ailleurs, à l'absidiole nord de Montagne et au portail 
de Puisseguin, cette arête est remplacée par une cein- 
ture de petits trous : on sait que M. Drouyn n'est pas 



(1) Dans la façade même, le clocher a dû être refait au cours du 
XTii* siècle ; il n'existait pas au moment de la visite pastorale de 1606 
(G. 635). 

(2) Ce chapiteau n'est pas elcclusivement bordelais ; j'ai dessiné ce même 
type àN.-D. de Beaune et à Saint- V^cent de Chalon. Cette forme paraît 
dériver du chapiteau cubique rhénan. 



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- 28- 

éloigné d'attribuer ce portail de Puisseguin au même 
architecte que la maison Seguin de La Réole, laquelle 
doit dater du xiii** siècle (1). 

Le phénomène que nous venons de constater pour 
le roman à Tépoque gothique se produisit pour le 
gothique après la Renaissance, notamment en ce qui 
concerne les voûtes à nervures pénétrantes et le des- 
sin des meneaux des fenêtres; dans ses Variétés giron- 
dineé (2), le maître de Tarchéologie bordelaise a 
signalé à Cabarra a des meneaux rayonnants, imita- 
tion bâtarde des légères découpures des siècles anté- 
rieurs ». 

A Langoiran, un architecte a fait, en 1641, des voû- 
tes sur nervures prismatiques et des fenêtres gothi- 
ques à remplage flamboyant (3). L'église d'Escaude a 
des voûtes gothiques de 1677 (4). La voûte à nervures 
prismatiques placée sous le clocher de Puynormand 
paraît être de 1703 (5). Le clocher de Baurech, dont 
le faîte datait de 1612-1613, était gothique, autant 
qu'on en puisse juger par la reproduction qui en 
reste (6). L'église de Margueron, si intéressante par 
ailleurs et dont j'espère entretenir un jour la Société 
archéologique, a été réédifiée à la fin du xvii* siècle (7), 
par un architecte de 200 ans en retard. Je citerai rapi- 
dement les voûtes gothiques exécutées au xvii* siècle à 



(1) Guienne militaire, t. I^ p. 162. 

(2) T. I, p. 24. 

(3) Marquis de Casteinau, Revue catholique de Bordeaux, 1881, p. 664. 

(4) Revue catholique de Bordeaux, 1884, p. 281. 

(5) Cette date est inscrite sur la clef de voûte; mais il est rigoureuse- 
ment possible que la clef seule ait été refaite. 

(6) Bulletin de la Commission des monuments historiques de la Gironde, 
1845, p. 30. 

(7) Guinodie, Hist, de Libourne, t. III, p 90. 



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- 29 — 

la cathédrale de Bazas (1) et à l'abbatiale de La 
Réole (2) ; ce sont des exemples classiques pour des 
archéologues girondins. M. Des Moulins a noté ce à 
Saujon, une église à fenêtres toutes ogivales, construite 
sous Louis XIV et même dans les dernières années de 
son règne; à Esnandes, une tour à ouvertures en 
ogives du xv* siècle, construite cinq ans seulement 
avant la naissance de ce prince (1633) jo (3). 

Jusque pendant la période moderne, Tarchitecture 
romane fit concurrence à l'architecture gothique. C'est 
que l'art roman avait eu sur le sol de la province une 
magnifique efflorescence, tandis que les générations 
des xiii*-xv° siècles n'eurent ni besoin de beaucoup 
d'églises nouvelles ni le temps et les ressources pour 
les bâtir ; or, on sait quelle influence les monuments 
existants ont sur les projets des constructeurs, sur- 
tout dans les campagnes. Un sculpteur novice repro- 
duira une effigie antérieure plutôt qu'il ne créera une 
œuvre originale ; un maître d'oeuvre rural prendra 
volontiers pour type de sa future église l'église qu'il 
a vue, étudiée dans le village voisin. D'autre part, les 
procédés romans étaient bien plus que les procédés 
gothiques à la portée de ces bâtisseurs ; il est autre- 
ment aisé de poser une voûte sur des murs épais que 
de recevoir le poids et la poussée de cette voûte sur 
de minces nervures, de reporter ces forces sur des 



(1) Léo Drouyn et L. de Lamothe, L'Architecture du moyen âge dans 
le département de la Gironde^ p, 16. 

(2) Eulre 1G85 et 1687, d'après Michel Diipîu (Notice sur La Réole^ 
p. 82-8o|; entre 1687 et 1030, d'après M. de Lanlenî^y, en qui j'ai beau- 
coup plus de coaCance (Les prieurs claustraux de Sainte-Croix de Bor^ 
deaux et Saint-Pierre de La Bto.'e, p. 168). 

(3) Bulletin monumental, t. XXVI, p. 309. 



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— 30 — 

supports étroits et d*équilibrer le tout au moyen d'arcs- 
boutants. 

Ces considérations servent à expliquer pourquoi les 
formules romanes ont persisté jusqu'à nos jours. 
L'abside de Tourtirac, dont la conception générale est 
romane, porte deux inscriptions commémoratives de 
sa dédicace, laquelle a eu lieu en 1607. Non loin de là, 
l'abside de Montbadon est encore romane, bien qu'elle 
soit du xviii* siècle (1). Certaines moulures donnent 
lieu de penser que les absides de Tayac et de Parsac, 
qui sont romanes par leur plan et par la proportion 
des pleins sur les vides, appartiennent réellement à 
une période moderne. 

A Francs ce n'est plus seulement une partie de 
l'église, c'est l'église tout entière qui a été élevée en 
style roman au xvii® siècle. Ce très singulier monu- 
ment n'a pas été décrit à ma connaissance ; M. Léo 
Drouyn, à qui rien n'a échappé des curiosités archéolo- 
giques du pays, a dû se contenter, dans sa Guienne 
militaire (2), de signaler en quelques lignes l'intérêt 
de l'édifice. 

La date de l'église de Francs est connue par deux 
inscriptions gravées, l'une sur un voussoir de la porte 
ouest, l'autre sur une plaque de cuivre qui fut trouvée 
dans l'épaisseur du mur, quand on perça la baie s'ou- 
vrant de l'abside sur la sacristie. 



(1) L'inspection de la maçonnerie prouve que l'abside de Montbadon 
a été élevée en même temps que la sacristie contiguëi laquelle accuse 
nettement le xviii^ siècle, 

(2) T. II, p. 227. 



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— 31 — 

Voici le texte tracé sur la pierre : 

LE 22 JUN 1605 LA 
PREMIÈRE PIERRE 
DE L'ÉGLIZE S..M[ARTIN] DE 
FRANS A ÉTÉ 
POSÉE PAR J. & P. 
GOUFRETEAULX 
FRÈRES (1). 

La plaque de cuivre a été perdue; mais la légende 
qu'elle portait a été « fidèlement » reproduite par feu 
Godin, dans une Notice historique sur Francs, Sainte 
Cibard et Tayac^ dont le manuscrit m'a été très obli- 
geamment communiqué par M. le docteur Berchon (2). 

« Quelque temps après le massacre, les Huguenots 
» coururent et pillarent toute ceste contrée, conduits 
» par Guy de Montferran, B. de Langoyran, prindrent 
» le château de Frans et ruinèrent Téglise parro- 
» chialle S. Martin, bastie joignant icelluy. Despuis, 
» régnent Henri III I, roy de France et de Navarre, lad. 
» église fut resbastie en ce lieu par J. Prieur (3) de 
» Gaufreteau, escuier, baron dud. Frans, à ces des- 
Ti pens et en son fons, en Tannée 1605 d. 



(1) On pourrait lire aussi à la rigueur J. J. P. — Sur les Gaufreteau, 
voir l'étude de l'abbé Rambaud, daos l'Aquitaine de 1868, Jules Delpit, 
à la suite de la Chronique bordelaise de J. de Gaufreteau, et surtout 
M. Léo Drouyn, dans la Bévue catholique de Bordeaux, de 1887, p. 218- 
221. 

(2) M. l'abbé Rambaud (loc. cit.) donne le sens de celte inscription. 

(3) Ce mot est écrit « pr " ». Giraud !•' de Gaufreteau, père de Jean V 
et de Pierre Y, avait épousé, en 1558, Antoinette Prieur. — Il semble que 
l'église de Francs fut bâtie par Jean V et Pierre V de Gaufreteau ; il y 
aurait donc lieu de rectifier l'opinion émise par Jules Delpit, sous une 
forme d'ailleurs dubitative, et qui fixe à 1601 la mort de Pierre (Op. cit., 
t. II, p. 



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— 32 — 

En 1606, François de Sourdis visita l'église de Francs, 
qu'il trouva « petite et sans sacristie, avec autres dé- 
faultz marque^auprocès-verbal de la visite d'icelle (1) ». 
En 1617, une nouvelle visite eut lieu ; le procès-verbal 
qui fut rédigé à cette occasion parle de Téglise de 
Francs comme d'un monument terminé. 

11 ne s'agit donc pas d'une restauration, mais d'une 
reconstruction totale effectuée au début du xvii® siècle : 
l'église, qui aurait été démolie en 1578 par les protes- 
tants, a été rebâtie, à l'époque qui vient d'être indiquée, 
sur un autre emplacement (2). 

Pris dans l'ensemble, l'édifice est bien roman, par 
les lignes du plan, par le parti décoratif. 




t^ 



(1) Archives de rArchevéché, G. 532, p. 447. 

(2) Archives de l'Archevêché, G. 532, p. 447. — Voici un extrait du 
procès-verbal d'une visite de 1737, gardé dans les mêmes Archives, 
G. 648. 

« L'église est bâtie de pierre ; elle peut avoir 66 pieds de long, 20 deux 
de large ot 25 de hauteur; le sanctuaire est voûté, la nef plafonnée, le tout 
en bon état; elle est mal carrelée; les murailles sont bonnes; les fenêtres 
sont vitrées, garnies de barreaux de fer; elles donnent assès de jour; les 
portes sont en bon état, avec serrures et verrouils ; l'église est assès 



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— 33 — 



En plan, deux détails seulement rappellent que la 

construction n'est pas du xii* siècle : d'une part, le 

profil des piédroits de la porte ouest ; d'autre part, le. 
relief puissant des contreforts de la nef (1). 




grande. Celte église fut bâtie en 1605 par Messieurs Goufreteaux frères, 
acquéreurs de la baronie de Frans. Ces messieurs ayant besoin de 
l'ancienne église et cimetière pour aggrandir l'ancien châteaux quasi con- 
tigu, demandèrent la permission de transférer l'église, sans doute sur des 
offres onéreux, puisque celle-ci fut bâtie dans un endroit qu'on appelle au 
Careiron ou Petit Communal, qui ne contient d'autre espace que celui de 
l'église et un petit cimetière séparé par un chemin public, au lieu que 
l'ancienne église étoit grande et vaste, aussi bien que son cimetière ». 

(1) Ravenez prétend que François de Sourdis dota l'église de Francs 
d'une sacristie, en 1606 (Ifist. du cardinal François de Soardis, p. 117). 
Cet auteur a voulu dire sans doute que François de Sourdis ordonna de 
construire une sacristie; cette prescription ne fut pas suivie d'effet : en 
1737, le fond de l'abside servait de sacristie (Procès-verbal de visite. G. 
648). La sacristie actuelle est de construction récente, ce qui est cause 
que je ne l'ai pas indiquée dans mon plan. Les fonts baptismaux n'exis- 
taient pas en 1617 (G. 635, f« 25 v«) ; ils étaient en place en 1687 (G. 637, 
f» 22 v"). Ces fonts, posés contre la paroi ouest, à gauche en entrant, sont 

ToMB XVII. - Fasc. II. 6*** 



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34 ^ 



Dans la coupe, ce qui fraj^pe tout d'abord c'est Tinu- 
tilité des dosserets et des colonnes qui sont là pour la 
forme et sans fonction quelconque. De plus, sous cet 
autre aspect, les contreforts sont encore gothiques, à 
cause de leur silhouette et du profil de leurs larmiers. 
^ Dans Tornementation, il faut distinguer de Tidée 
générale la façon dont elle est réalisée. L'idée générale, 
l'intention est romane, la disposition de la façade le 
prouve particulièrement ; par contre, l'exécution de 
certains morceaux décèle leur date. A Test, si on fait 
abstraction de l'appareil, qui est plus beau que l'ap- 
pareil des églises romanes de la région, la partie infé- 
rieure est si bien imitée du roman qu'on pourrait s'y 
tromper : dans la partie supérieure, le ressaut par lequel 
le mur s'amincit est déjà une infraction aux us des 
constructeurs romans; de plus, sur cette face comme 
sur tout le pourtour de l'église, le faire des modillons 
et la moulure en talon de la corniche sont modernes : 
ces têtes classiques de lions, ces anges joufflus, ces 
ossements en sautoir n'ont rien du moyen âge. A l'art 
ornemental moderne je rattache les cannelures des deux 
premières demi-colonnes à l'ouest, dans l'intérieur de 
la nef. 

La façade ouest est un compromis assez intéressant 
entre le classicisme et les traditions du moyen âge (1). 
Sont romans : le clocher en pignon, l'arcature qui 
forme le premier étage, l'idée de flanquer la porte de 



formés d'un prisme à base octogonale, dans lequel est creusée une 
cuvette ronde. 

(1) Guinodie prétend, dans son HisU de Libourne (t. III, p. 256), que 
l'architecte de Francs « prit pour modèle les formes de l'église de Garde- 
gan ». Je ne crois pas qu'il y ait de rapprochement possible entre les 
deux édifices. 



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35 - 



deux fausses baies, enfin Temploi des archivoltes de 
pointes en étoiles. A Tart gothique le constructeur a 
emprunté les profils des piédroits et des voussures de 



la porte, ainsi que le socle i 
pire de Tart classique pour 
pour dessiner ses modillor 
niches, peut-être enfin poui 
aux ouvertures simulées q 
sont réduites aux formes de 



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SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE BORDEAUX. T. XVII, Pl. II>«'' 



reliquaire: moderne de la s«-épine. 

(Chapillb db Montréal). 

fiéproàaciîôh êutorisée de U Société historique et ërchéologiqm du, Pé^ 
Hfforà et de A/. F abbé QoyhbnèchI) auteur du mémoire de là SainU^Épine 
de Montréal. 



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.Société Archéologique de Bordeaux. Tome XVIt PI. IV. 



Fig. 1. 



Fig. 9. 



LITN. WITTCNMALO. BONOIAUX 



François DALEAU. — Poteries de Tuiliers. 

1/2 grandeur naturelle. 

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Soei'ité Archéologique de Bordeaux. 



Tome XVII, PI. VI. 




LiTH. Wettcrwalo, B^. 



D'APRÈS PHOT. Th. Amtmann. 



Cheminée en Faïence Vieux Rouen. — ÉpoauE Louis XV 

Collection TOURNIË, à La Réole. 



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SOCILTll /RCHEOLOGIQUE UI- DOKDliAUX TOMli XVII, PL. VII 



I 



PHOTOTTPIF. DERTHAUD, 9, R U li CADKT, PARIS. 

CHEVET DE L'ÉGLISE DE FRANCS 

(GIRONDE) 



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SOCILIÉ .•.KC.Ill'o:.C)Gl(iUL D'J LUIUJl AU.\ TO.Ml. Wll, l'L. VIM 



PHOTOTYPIE BKRTHaUD 9. RUE CADI.T, PARIS. 

PORTAIL OUEST DE L'ÉGLISE DE FRANCS 

(GIRONDE) 



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LA 

BARONNIE DE CAPIAN 

ET LE PRIEURÉ D'ARTOLÉE 



NOTES HISTORIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES 

Par René de MANTHÉ 
Membre de plusieurs Sociétés savantes. 



INTRODUCTION 

Capian, qui formait autrefois une juridiction distincte 
avec justice haute, moyenne et basse et le titre de 
baronnie, était une des nombreuses paroisses de l'ar- 
chiprêtré de Benauges. 

Par sa position sur les confins de celui d'Entre-deux- 
Mers, elle fut assez souvent comprise dans ce dernier, 
mais, ce n'est, je crois, que par accident (1). Aujour- 
d'hui, elle forme une commune du canton de Cadillac 
et de l'arrondissement de Bordeaux. 

L'appel des jugements rendus par la Cour de Capian 

(1) n est à remarquer, toutefois, que le pouillé des béoéfices du diocèse, 
publié par Lopès, donne Capian comme étant une paroisse de l'archipré- 
tré d'Entre-deux-Mers. (L'Eglise Sainct-Andre de Bovrdeavx^ édit. Callen, 
t. II, p. 503). 

ToMB XYU. -* FA8G. m. 3* 



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— 38 — 

se portait devant le tribunal de la sénéchaussée de 
Castelmoron, siège éloigné de six lieues (1). 

Bornée au xviii* siècle par les paroisses de La Sauve, 
Targon, Toutigeac, Soulignac, Cardan, Villenave, 
Paillet, Langoiran et Haux, elle avait pour juridictions 
limitrophes celles de La Sauve, des second et troi- 
sième comtés de Benauges, de Rions, de Langoiran et 
de la Grande Prévôté Royale d'Entre-deux-Mers. 

Les communications y étaient rendues faciles par 
plusieurs grands chemins qui la traversaient ou la par- 
couraient et dont plusieurs existent encore, mais à 
l'état de sentier; certains d'entre eux ont été de nos 
jours complètement remaniés. Les principaux étaient 
ceux de Créon à Cadillac, passant dans la paroisse par 
La Grange, Baraillet, Bertaigne, Coultault, Capian, Le 
Rey, Castaing, La Ville, Temiers et Suau; celui de 
Castelmoron à Langoiran et au Tourne, passant par 
Guionneau, Cherpein, Capian, Bouteret et Maret; puis 
venaient ceux de Capian à Langoiran, de Bertaigne à 
German, d'Artolée à Jourdic, de Capian à Paillet et 
d'Artolée à Villenave et à Rions, etc. Il convient aussi 



(1) Almanach historique de la Province de Guyenne ^ p. 170. 

Capian était sur le chemin de Castelmoron à Bordeaux (v. infrà). 

a C'était le grand chemin de Castelmoron «iu Tourne que l'on prenait 
ordinairement, dit M. Léo Drouyn, lorsque de cette partie du Bazadais 
(Saint-Romain-de-Vignague), on allait à Bordeaux. En 1627, un des con- 
suls de Pellegrue fut chargé par la ville d'affaires importantes pour Bor- 
deaux. Il partit le matin, passa à Sauveterre, alla dîner au Casse, dans 
la paroisse de Montignac (c'était sans doute une hôtellerie), fit collation à 
Capian, s'embarqua au Tourne et arriva le soir à Bordeaux. W y a envi- 
ron 27 kilomètres de Pellegrue au Casse, 10 environ du Casse à Capian, 
6 de Capian au Tourne et 22 du Tourne à Bordeaux, ce qui fait environ 
65 kilomètres. Au retour, il partit de Bordeaux à neuf heures du matin 
avec la marée. H fut obligé de coucher au Tourne, Il y déjeuna, fit une 
petite collation à Capian, dîna au Casse, banqueta à Sauveterre et coucha 
à Pellegrue ». (Actes de l* Académie de Bordeaux, 46e année, 3û série, 
p. 296). 



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- 39 - 

de mentionner la grande voie de Targon à Béguey 
et Cadillac qui limite encore la paroisse de Capian de 
celle de Soulignac. Il est annoter que tous ces chemins, 
sans exception, existaient au xvi* siècle. 

Une foule de petits ruisseaux, qui ne portent aucun 
nom spécial, prennent leur source dans la commune, 
dont l'altitude moyenne est de 97 mètres, et vont se 
déverser dans la Tourne, au nord, dans le ruisseau de 
Paillet au sud. 

Eglise. 

Placée au moyen-âge, à compter au moins de son 
origine, sous le vocable de saint Saturnin, évêque 
et martyr, Téglise de Capian balance, on ne sait trop 
pourquoi depuis bientôt trois siècles, entre saint 
Martial Tévangéliste de l'Aquitaine et l'ancien patron 
que je viens de nommer. Tel titre de 1604 ofFre, accolé 
à celui de Capian, le nom de Saint-Martial, tel autre 
de 1679, celui de Saint-Saturnin. Je trouve encore ce 
dernier vocable dans un registre baptistaire de 1775 
qui est déposé aux archives communales. 

La question est donc encore aujourd'hui quelque 
peu indécise. S'il nous était permis de formuler un vœu 
à ce sujet, ce serait pour demander la réintégration 
dans son église de la vieille et vénérable statue de saint 
Saturnin qu'on voit dans le jardin du presbytère et le 
rétablissement de son ancien culte. 

Edifiée à la fin du xii' siècle ou peut-être au com- 
mencement du xiii^, sur le plan de l'église de Lestiac 
et de beaucoup d'autres monuments de cette espèce 
répandus dans l'Entre-deux-Mers, il est probable, sinon 
certain, qu'elle est due au même architecte, ou tout au 
moins à la même confrérie ou école de maîtres-maçons. 

Elle est orientée et se compose aujourd'hui d'une 



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— 40 — 

seule nef divisée en trois travées par des arcs dou- 
bleaux semi-cintrés , semi en ogive, que supportent 
des pieds droits et des faisceaux de trois colonnes qui 
ne manquent pas de légèreté. Beaucoup plus large que 
le chœur et le sanctuaire qui raccompagnent à Test, 
elle est séparée de ceux-ci par un arc triomphal en 
ogive de la plus grande simplicité — je veux dire qu'il 
est dépourvu de toute ornementation. Il repose sur des 
avant-corps très saillants contre lesquels s'appuyaient 
naguère deux autels dédiés, l'un à la sainte Vierge et 
l'autre à saint Saturnin. Avant les réparations qui ont 
été faites il y a quelques années, cette nef était sim- 
plement lambrissée. Les murs, que soutiennent de 
légers contreforts, étaient percés de loin en loin de 
petites ouvertures cintrées qui suffisaient à peine 
à éclairer l'intérieur. 

Cette disposition avait été dictée par la prudence. 
Cela est si vrai, qu'à la fin du xv' siècle, alors que des 
temps meilleurs semblaient s'annoncer pour longtemps, 
les paroissiens se décidèrent à faire ouvrir une grande 
fenêtre à triple baie chargée de moulures prismatiques 
qu'on a malheureusement fait disparaître pour faire 
place à la nouvelle sacristie. Il n'est pas difficile, en 
outre, de s'apercevoir à leur appareil et à leur manque 
de proportions avec ceux de Tabside, que les murs de 
cette nef ont été reconstruits hâtivement, un grand 
siècle au moins après la fondation primitive. Il faut y 
voir un effet des guerres sans trêves qui désolèrent si 
longtemps la contrée. 

Le sanctuaire et le chœur qui sont séparés l'un de 
l'autre par un arc doubleau étaient seuls voûtés : le 
premier en ogive, le second en cul de four à cinq pans. 
Cette abside, qui rappelle beaucoup celle de Lestiac, 
est la partie la plus intéressante du monument. Elle est 



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— 41 — 

composée d*un chœur allongé et d'un sanctuaire à che- 
vet semi-circulaire soutenus extérieurement par huit 
colonnes qui s'appuient chacune contre leur pied-droit 
respectif. Dans Tentre-colonnement, et au-dessus d'une 
corniche ornée d'un entrelac continu, s'ouvrent des 
fenêtres en plein cintre, au nombre de neuf, qui sont 
accompagnées d'archivoltes et de colonnettes à chapi- 
teaux feuilles. 

Elle est en outre couronnée d'un entablement à mo- 
dillons qui n'a que peu d'intérêt; ce sont des obscœna, 
des quadrillés, des figures géométriques sans qualifica- 
tion particulière. Les chapiteaux des huit colonnes pré- 
sentent alternativement soit des palmettes, soit des 
choux frisés. 

A l'intérieur de Tabside, se voit une colonnette en 
marbre d'un gris rougeâtrc, ayant l'apparence du grès 
fibreux, qui doit avoir été enlevée à la façade d'un 
monument gallo-romain. 

Le mur occidental est surmonté d'un clocher-pignon 
roman, ajouré de deux baies cintrées, dont l'une abrite 
Tunique cloche possédée par la paroisse. 

Le porche, qui a été complètement refait de nos 
jours, porte la date de 1816. 

L'église est ornée intérieurement de magnifiques 
rétables, provenant de Vabbaye de La Sauve et d'une 
chaire non moins remarquable qui a été classée parmi 
les monuments historiques, le 14 août 1845. (Voyez les 
Comptes-rendus des travaux de la Commission des 
monuments et documents historiques de la Gironde^ 
année 1845, vi, 53). 

Le contre-rétable, qui se trouve placé à l'entrée, 
dans le sens du mur occidental, simule la façade d'un 
édifice d'ordre corinthien. Quatre colonnes cannelées 
qui soutiennent un entablement terminé par des flam- 



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— 42 — 

mes encadrent un mauvais tableau du Christ en croix 
et deux niches qui contiennent les statues de saint 
Pierre et de saint Paul (1). 

Ces personnages sont suffisamment reconnaissables, 
le premier aux clefs du paradis, le second à Tépée qui, 
chacun le sait, fut l'instrument de son supplice. L'épée 
a disparu depuis plusieurs années. 

Ces statues, exécutées en ronde bosse, ne sont pas 
sans mérite; on ne peut leur reprocher, après tout, que 
cette sécheresse de plis dans le faire des vêtements, 
qui est le défaut ordinaire de toutes les sculptures sur 
bois. Cette superbe boiserie peut se rapporter au siècle 
de Louis XIV. Les autels de saint Saturnin et de la 
Vierge sont ornés de rétables aussi en bois. Ils sont 
tous les deux surmontés d'un fronton cintré, et dans 
leur tympan on voit, d'une part, l'Etre par excel- 
lence tenant dans sa main puissante la boule du monde 
et de l'autre, le monogramme du Christ (IHS) tracé sur 
un globe en demi-relief. Les dessins que notre hono- 
rable secrétaire, M. Emilien Piganeau, a bien voulu 
ajouter à ces pages, montrent mieux que toutes les 
descriptions, l'aspect général de l'église et de ses boi- 
series il y a 14 ans. 

En 1652, le pape Innocent X accorda indulgence 
plénière à tous les fidèles qui visiteraient dévotement 
l'église de Capian le jour de la saint Martial (2). 

L'élévation du terrain qui entoure l'église indique 



(1) L'entrée de l'église Notre-Dame, à Bordeaux, présente les mêmes 
caractères. 

(2) Voici le texte de ce bref, qui fut af&ché sur le porche de toutes les 
églises du diocèse : 



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— 43 — 



assez que le cimetière, bordé de hautes murailles, dut 
servir de refuge aux habitants de cette paroisse dans 
les moments de troubles. 



Eca aux 
Armes pontificales : 

« D'argent, à une colombe 
au naturel tenant en son 
bec un rameau d'olivier; 
au chef d'argent chargé de 
trois fleurs de lis de sable » . 



Eou aux 
Armes arohièplsoopales 



« D'argent à une 
de sinople » (a). 



fasce 



INNOCENT PAPE X 

« A TOVS Fidèles Chrestiens qui ces présentes Lettres verront, Salut 
et bénédiction Apostolique. Nostre plus grand Soin estant de conserver 
et d'accroistre la piété des Fidèles, pour le désir qui Nous presse d'avan- 
cer leur Salut, par la charitable dispensation des Thresors dont lesus- 
Christ Nostre Seigneur a enrichi Son Eglise, Nous concédons misericor- 
dieusement INDVLGENCE PLENIERE, et rémission de tous leurs 
péchez, à tous les Fidèles Chrestiens de l'un et de l'autre sexe, qui estans 
deûement Confessez et Communiez, visiteront dévotement tous les ans 
'l'Eglise de la Parroisse de Capian du Dioceze de Bourdeaux,le iour de la 
Feste du glorieux Sainct Martial, depuis les premières Vespres jusqu'au 
Soleil couché de la même Feste. Et là prieront Dieu pour la Paix entre 
les Princes Chrestiens, pour l'extirpation des Hérésies et pour l'exaltation 
de Nostre Mère Saiucte Eglise. 

» Voulons que les présentes n'ayent valeur que pour sept ans. 

» DONNE' à Rome, à Saincte-Marie-Majour, soubs l'Anneau du Pes- 
cheur, le cinquiesme de Février mil six cens-cinquante-deux. Et de Nostre 
Pontificat le huictieme. 

» FRAN" CAETANVS ». 

Ce bref fut ratifié ainsi qu'il suit par Henry de Béthune : 

ff Henry, par la miséricorde de Dieu et grâce du Sainct-Siège Apos- 
tolique, Archevesque de Bourdeaux et Primat d'Aquitaine ; Veu le Bref 
de Nostre Sainct Père le Pape Innocent dixième, donné à Rome à Saincte- 

(a) D'après Lopès (op, cit,y t. II, p. 388), les armes de l'archevêque 
Henry de Béthune seraient d'argent à une fasce de gueules, 

La Chenaye des Bois, dans sa généalogie de la maison de Béthune^ lui 
donne aussi pour armes : d'argent à une fasce de gueules. 

(V. tome I de son édition in-12, Paris, Duchesne, 1757, p. 247, col. 2 ; 
249, col. 2; 251, col. 1). 



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— 44 — 

C'est tout simplement ainsi qu'était disposé le cimi^ 
terium de Gapian, dont mention est faite, en 1343, dans 

^Jié de Bordeaux. 

ibus ecclesiarum et cimiteriorum 

•oUutorum. 

ndas maii anno quo supra. 

llo, de S^**-Machario, et Johannes 

de Logoyrano, recognouerunt se 

copali, pro reconciliatione cimite- 



(yées pour les réconciliations des 

fanés cette année. 

I calendes de mai (27 mai) année 



Pescheur, le cinquiesme ioiir de Février 
, et le huictieme de son Pontificat, Par 
PLENIERE pour sept ans à tous Fidèles 
xe, qui vrayement repentans, confessez 
nenl l'Eglise de la Parroisse de Capian 
'este du glorieux Sainct Martial, depuis 
Soleil couché du iour de ladite Feste de 
p la concorde des Princes Chrestiens, 
ition de Nostre Mcre Saincte Eglise. A 
que ladite Indulgence sera publiée en 
Curez d'animer le peuple à la gaigner 
tmunion au précieux Corps et Sang de 

ostre Palais Archiépiscopal, le dixième 

» HENRY, ARCH. DE BOVRD. 

Par Commandement de Monseigneur : 
Negariens, Secrétaire- Commis » (A). 

.-. G. 2. 

G. 238, fo 97. — Arch, historiques de la 



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— 45 — 

Au même jour, Gassies de Vallon, de Saint-Macaire, et Jean 
de la Garde, paroissien de Langoiran, ont reconnu devoir au 
procureur de Tarchevêché, pour la réconciliation du cimetière 
de l'église de Capian : dix livres bordelaises [Arch. départ, : 
G. 238, f» 97). 

Les réconciliations d'églises et de cimetières avaient 
lieu chaque fois qu'ils étaient souillés. Ils pouvaient 
l'être de bien des façons : l'attaque de vive force suivie 
de la prise de possession et du pillage, les effusions de 
sang, l'enterrement ou la présence d'un excommunié 
comptaient parmi les plus graves. Ainsi, on réconcilia 
l'église de Guîtres, en 1355, parce que les Français y 
avaient mis leurs munitions {Arch. historiques, t. XXII, 
p. 205). 

De tous temps, la Guyenne et particulièrement l'En- 
tre-deux-Mers, eut à souffrir des ravages de l'étranger. 

Région d'une richesse et d'une fertilité exceptionnel- 
les, elle était enviée par tous; aussi fut-elle, durant 
tout le moyen-âge, le champ de bataille permanent, le 
point de mire perpétuel de toutes les bandes armées et 
de tous les partis, qui la pillèrent sans merci, sans 
pitié et surtout sans vergogne. 

Le Petit Cartulaire de La Sauve, ms. de la bibliothè- 
que municipale de Bordeaux, nous a laissé un tableau 
effrayant de ce qu'était devenu ce malheureux pays 
dès le commencement du xiii® siècle. On croit rêver en 
lisant les comptes-rendus des crimes innombrables 
commis par les gens d'armes et, qui plus est, par les 
baillis et autres agents de l'autorité royale. Les exac- 
tions, les abus de toutes sortes, les déprédations com- 
mises à chaque instant par eux, sur les nobles et les 
ecclésiastiques, les bourgeois et les laboureurs, qu'ils 
volaient, rançonnaient, tuaient ou emprisonnaient à la 



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— 46 — 

, moindre résistance, dépassent tout ce que l'imagina- 
tion peut suggérer. 

Ce furent précisément ces dévastations continuelles 
qui donnèrent lieu à ces refuges que nous avons vus 
mentionnés sous le nom de cimiterii. 

rw» x^ A.^ Gange {Gloss. med, et infim. latinit.)^ le 

im désigne un asile, un lieu ou un village 
li autour d'une église : « Asylus circum 
3CUS quidam seu vicus forte prope eccle- 
itus ». Suivent deux lambeaux de textes, 
l'appui, d'une interprétation assez équi- 

ication n'est pas acceptable pour le Péri- 
lais et le Bordelais. En règle générale 
croyons que par cimiterium, il s'agit tout 
du terrain clos servant de cimetière qui 

églises et qui pouvait à certains moments 
Dtéger la personne des paroissiens et le 
travail. C'est sous cette forme qu'il fut le 
3ment employé comme moyen de défense. 

dans certaines parties de la France qu'on 
5 d'y établir à demeure fixe, dans quelques 
ses — je dis rares avec intention — les 
it parle du Cange, c'est-à-dire des maisons 
>les de résister aux tentatives d'une troupe 

'ésumer, il y a lieu de croire, devant l'ab- 
cative de ces édifices (2), qu'ils ont été 
au moins dans nos contrées du Sud-Ouest; 
rient à dire qu'il vaut toujours mieux, jus- 



ir suite de leur situation dans l'enceinte des cimetières 

[ui nous occupent ont été appelés cimiterii, 

ches particulières sont toujours restées infructueuses. 



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— 47 — 

qu'à preuve du contraire, prendre le mot cimiterium à 
la lettre, dans son sens le moins large et le plus 
absolu. 

Avant de passer aux barons de Capian et aux mai- 
sons nobles de la baronnie, il convient de dire un mot 
sur la collation de la Cure, ses revenus et ses charges. 

La cure de Capian fut donnée en 1295, au prieuré de 
Saint-James, par Henry d'Amanieu, archevêque de Bor- 
deaux (1). Les moines de ce couvent perçurent ainsi 
pendant de longues années les dîmes de cette paroisse. 
On les trouve pendant les xiv% xv° et xvi* siècles, pai- 
sibles possesseurs de ce bénéfice puisqu'on lit toujours 
dans les papiers de ces diverses époques, l'éternelle 
formule : « Ecclesia de Capiano est priori Sancti lacobi 
Burdegalensi et percipit [décimas] quas petantur ei » (2). 
C'est seulement en 1572 que changea le nom de ses 
bénéficiers; les RR. PP. Jésuites qui fondèrent cette 
même année le Collège de la Madeleine, avaient absorbé 
non sans de très grandes difficultés (3), l'ancien cou- 
vent de Saint-James. Après avoir profité pendant près 
de deux siècles des 500 livres de revenus annuels (4) 
que valait cette cure, ils furent expulsés en 1762 et le 
collège de Guyenne, qui prit plus tard le nom de Col- 
lège Royal, hérita de tous leurs revenus (5). 

(1) V. Histoire de Bordeaux, par O'Reilly, t, II, p.*673 et suîv. — Hié- 
rosme Lopès, op. cit., édit. Callen, t. I, p. 325. 

(2) Sous la domination anglaise, l'équivalent du latin Jacobus se trouve 
être James, par la bonne raison que ce dernier mot est l'équivalent 
anglais de Jacques. 

(3) V. Arch. municipales de Bordeaux : GG. carton 298. 

(4) Arch. départ. : G. 55. 

(5) Hiérosme Lopès, op. cit., passim. — Compte-rendu des travaux 
de la Commission des Monuments et documents historiques de la Gironde, 
ann. 1853-54, p. 68 et suiv. 



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— 48 — 

Ceux de la fabrique ne s'élevaient guère, pendant les 
*', au-dessus de 24 livres (1). 

[u'anciennement les vicaires perpétuels, 
irés, décimateurs des paroisses, étaient 
jpèce d'impôt qui s'appelait les quartiè- 
qui étaient levées dans le diocèse de 
'ofît de l'archevêque, consistaient ordi- 
rains — froment et avoine — et deve- 
u'élat un revenu très productif. 
de rarchevêché, déjà cités, nous donnent 
;es quartières durant la plus grande par- 
î; Capian devait quatre grandes conques 
nq d'avoine : ce Capellanus Sancti-Satur- 
i débet IIIP' magnas conquas frumenti 
le cum eadem mensura ». 
te des malheurs du temps y les greniers 
î se désemplissaient de temps à autre, 
e souvent. Ainsi, en 1357, la misère fut 
irés ne payèrent qu'en partie ou pas du 
nous occupe est de ceux qui ne payèrent 
« ....et inclusis IIIP' conchis frumenti 
ellanus de Capiano solvit in partem ». 
ipte des « quartières liurees en l'année 
neur le Cardinal par les Pères Jésuites, 
e. 

lin de Cappian : x b [oisseaux] froment et xii b. 
A six Hures le boisseau froment, à cinquante 
duoyne » (2). 

, prêtre et vicaire perpétuel de Capian, déclare que 
s de Capian possède une maison, jardin et terre labou- 
ontenancc de deux journaux ou environ, qui s'afferme 
ime de vingt-quatre livres » (Arch. départ. : G. 54 et 

G. 217. 



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~ 49 — 

Une « lieue des quartières dues à Monseigneur TArcheu. 
de Bourd., pour Tannée 1649 » porte aussi : « Sainct-Saturnin 
de Capian, en Benauge : 10 b. froment et 12 bois, et demy 
aduoyne » (1). 

En 161 3 y ce fut : « x b. froment et xiii b. et demy aduoyne » 
(2). 

Les quartières n'étaient pas les seules charges qui 
pesaient sur les bénéfices ecclésiastiques; il y avait en 
outre la dîme papale et l'impôt dit du trentième. 

Le document suivant, daté de Tan 1362, justifie ce 
que j'avance. 

« Sequuntur taxationes beneficiorum ecclesiasticorum civita- 
» tis et dyocesis Burdegalensis que debent et consueverunt 
» solvere decimam domino nostro Pape, nec non et tricesimatn 
» per felicis rccordationis dominum Clementem Papam vi in- 
1) dictam ; que tricesima annuatim débet exsolvi in festo omnium 
» sanctorum, de moneta currente Burdegalensi et in Burdega- 
» lesio, illa die sive in dicto festo omnium sanctorum, et ideo 
» sequuntur summe débite pro dicta tricesima de anno domini 
» mill°. CGC** sexag*. sec** et recepte per me Johannem de Crota, 
» presbiterum, exinde facte cui comissa fuit dicta tricesima 
» ejusdem anni levanda. 

» In archipresbiteratu Benaugensi : 

» Capellanus de Cappiano débet pro xiv lib. videlicet pro 
» décima IIIP' lib. X. s. et pro tricesima xxx. s. » (3). 

Parmi les anciens curés, vicaires perpétuels, j'ai 
trouvé : 

/. Calliéy vie. perp., le 8 juin 1627. 
Laporte^ vie. perp., le 1«' mai 1639. 
G. Vidal, vie. perp., 25 juillet 1693 — 16 avril 1705. 

(1) ÂTch. historiques de la Gironde, t. X, p. 440. 

(2) Ibid., ibid., ibid. 

(3) Ibid., t. XXU, p. 10. 



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— 50 — 

Paché, curé, 18 avril 1706 — 25 décembre 1710. 
F, Caillaçet, curé, 23 octobre 1748 — 16 décembre 1767. 
De/puechy curé, 30 août 1780 — 18 mars 1784. 
CausserougCy vie. loco rectoris, le 25 mai 1780. 
Pellegririy curé, 14 octobre 1785 — 28 décembre 1790. 
Mac-Mahoriy vie. loco rectorisy le 14 octobre 1785. 
CasauXy curé, le 2 mars 1792. 

Ils desservaient avec Téglise paroissiale les chapelles 
à pèlerinage de La Vergne (Nostre-Dame de Richi) et 
de Saint-Loup. La première est en ruines et la seconde 
a disparu depuis de longues années, sans qu'il en 
subsiste autre chose que le nom. La terre de Saint- 
Loup est bordée par le chemin vicinal de Gapian à 
Targon et située au nord du lieu dit de Gaudin. 

Baronnie. 

C'est seulement vers le dernier tiers du xvi* siècle 
que la paroisse eut, par suite d'un démembrement de 
fief, une justice particulière; jusque-là, Gapian n'avait 
été qu'une dépendance de la châtellenie de Rions. 

Le premier seigneur de Gapian paraît avoir été mes- 
sire Jehan de Ghauvin, chevalier, conseiller du Roi en 
son conseil privé et président en sa Gour de Parlement 
de Bordeaux. Il laissa une veuve, dame Jehanne de 
Regnon (elle sortait de la maison noble de Regnon, 
paroisse de Tabanac) et un fils, messire Jacques de 
Ghauvin, seigneur de la juridiction de Gapian (décem- 
bre 1588) et de Saguis {aliàs Saguys) qui fit partie, en 
qualité de gentilhomme et de seigneur de Gapian, du 
ban et arrière-ban convoqué à Saint-Seurin de Bor- 
deaux, le 15 juin 1594, sur la demande du Parlement (1). 

(1) Arch. départ. : E. 741 et suivants. — Archives historiques de la 
Gironde, t. I, p. 406. — Voir aussi la Chronique de Damai, p. 59, 



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— 51 — 

Messire Charles de Moncuq, écuyer, seigneur de 
Capian, des maisons nobles de La Mothe et de Bedat, 
passa le 27 août 1606, avec les habitants de Capian, une 
transaction par laquelle il fut établi que le fouage se 
paierait à la Noël et qu'il consisterait désormais en 
une somme de huit sous et neuf deniers tournois avec 
un quart de boisseau d'avoine — mesure de Capian — 
et une seule géUne (1). 

Charles de Moncuq était encore seigneur de Capian 
en juillet 1611 (2) et avait une fille nommée Jeanne (3). 

Un sieur de Chambault, conseiller au Parlement et 
seigneur de la maison noble de Fabernet, acquit vers 
1614 la terre de Capian (4) et ne tarda pas à faire 
échange de fief avec un sujet de la maison de Luxe 
appelé Guy, lequel semble avoir été le premier à se 
qualifier de seigneur-baron de Capian (5). 

Il descendait de Jehan de Luxe et de Gabrielle Ysan- 
guier, alliés le 30 mars 1493 (6). 

Guy de Luxe, écuyer, avait épousé, par contrat passé 



(1) Il sortait apparemment du village de Moncuc ou Moncuq, paroisse 
de Tresses, canton de Carbon-Blanc. — Ces maisons nobles de La Mothe 
et de Bedat étaient situées dans la paroisse de Langoiran. — Poule; du 
latin gallina, dont la basse latinité avait fait gelina, — Ârch. départ. : 
objets divers, B. 45. 

(2) Arch. communales de Capian. 

(3) Loc, ut suprà. 

(4) Il est possible que ce sieur de Chambault ait épousé l'héritière de 
Charles de Moncuq. Fabernet était un fief de la paroisse de Langoiran, 
qui relevait au xive siècle de la vicomte de Benaiiges. Guilhem et Augier 
de Faubernet en rendirent hommage à Pey de Gresly (Grailly) vicomte de 
Benauges, le 11 juillet 1308 et le 13 août 1320. (Minutes de Chadirac, 
notaire). 

(5) Protocole de Lafargue^ not., fo 409. 

(*>) Note communiquée par M. Dast de Boisville et extraite par lui des 
Archives départ. : Arrêts du Parlement, B. 35. 



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— 52 — 

au mois de mai 1582, damoiselle Marguerite de Ver- 

tueil, fille du seigneur de Feuillas (1). 

île AiirAnt lin fîlc^ Josué de Luxe, qui épousa, le 10 
loiselle Marie de Saint-Léger, fille 
seigneur, messire Jacob de Saint- 
Marthe de Burlé (2) ; et une fille, 
s'était alliée, quelques mois aupa- 
619, à Eléazar de Jousset, écuyer, 
s nobles de Courran (Gourran) et 
h (3). 

isset, qui dut mourir sans enfants, 
dus tard la maison noble de Gour- 
ssions de la famille de Luxe, était 
Jousset et petit-fils de Louis, sei- 
quel descendait en ligne directe de 
Couran (sic)^ qui vivait en 1497, 
!e Lory (4). 

549, le marquis de Lusignan rem- 
itages sur le duc d'Epernon qui 
Bordeaux. C'est ainsi que la flotte 
Lissit à s'emparer du Tourne, près 

nnemi de son poste, dit l'auteur 
ieaux, dom Devienne, le marquis 
L le chevalier Thibaut avec trente 
[• se saisir de la maison du baron 
^ouva sept fauconneaux et trente- 



. — 11 ne sera qualifié de baron de Capianque 

de sa vie. 

not. 



not. 



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— 53 — 



cinq fusils qu'il fît transporter à son bord et revint 
ainsi tout triomphant à Bordeaux » (1). 

Inutile d'ajouter qu'il s'agit de Gourran. Josué de 
Luxe, baron de Capian, marié en secondes noces avec 
dame Catherine de Lauvergnac qui en devint veuve, en 
était alors le seigneur (2). Le voisinage du duc, sei- 
gneur de Cadillac, explique assez la conduite de Josué. 
Il paraît avoir eu un (ils nommé Jean (3). 

Aux de Luxe, se substituèrent : messire Bernard Fran- 
çois de Castelnau, comte de Peymielau, seigneur- 
baron de Broca, Capian et autres lieux (4), puis Joseph 
de Vincens, vicomte de Cézac, baron de Capian et con- 
seiller du Roi en son Parlement de Bordeaux, marié 
avec Françoise de Mathieu. Il mourut avant 1768 ayant 
entr'autres enfants : Elizabeth, Charles-Mathurin, 
Louis-Joseph et Rose de Vincens (5). 

Le 28 juillet de cette même année, ses héritiers firent 
donner des commandements par leur Cour de Capian 
à plusieurs habitants de la paroisse, qui, depuis 29 ans, 
n'avaient pas payé le fouage. 

Messire Louis-Marc-Antoine de Lamouroux, écuyer, 



(1) Tome I,^. 330. 

(2) Arch. départ. : B. 829. (Communication de M. Dast de Boisville.) 

(3) Arch. communales de Capian. 

(4) Arch. départ. : Objets divers^ B. 44. — En 1710, un François de 
Fresquet s'intitulait co-seigneur de Capian. (V. infrà, art. La Chèze). 

(5) Ut suprà. — Arch. communales de Capian. — Almanach historique 
de la province de Guyenne, p. 170. 

Voici l'extrait baptistaire de Louis-Joseph : 

Louis-Joseph de Vincens, fils de messire Joseph de Vincens, vicomle 
de Cézac, baron de Capian et conseiller du Roy au Parlement de Bor- 
deaux, et de dame Françoise de Matthieu, son épouse, naquit le vingt-cin- 
quième de juillet mil sept cens un, dans la maison de Gourran. A été 
baptizé le vingt-septième dud. mois dans l'église de Capian. Parrin : mes- 
sire Charles-Mathurin de Vincens, son frère et Marie-Elizabeth de Vin- 
cens, sa soeur, demoiselle^ sa marrine. 

ToM* XVII. — Fasc, m. V 



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— 54 — 

comme mari de dame Elizabeth de Vincens et Jean- 
Jacques de Raymond de Noret, aussi écuyer, chevalier 
de Tordre militaire de Saint-Louis, comme mari de 
dame Rose de Vincens, tous habitants de la ville de 
Bordeaux, étaient héritiers de cette seigneurie (1). 

ils la vendirent à messire Jean de Sentuary, écuyer, 
qui en 1772 est qualifié : ancien procureur général et 
commandant de Tlsle Bourbon, baron de Capian et 
seigneur de la maison noble de Gourran (2). 

Il mourut douze ans après, le 19 février 1784 (3). 

De son mariage avec demoiselle Marie-Catherine 
Caillou, il eut au moins deux fils et trois filles. 

1** N... de Sentuary de Cresson aliàs Gressou, officier 
au 6® régiment de chasseurs à cheval. 

2** N... de Sentuary, lieutenant de vaisseau au service 
des Provinces-Unies (4). 

3® Marie-Catherine de Sentuary, mariée à Bordeaux, 
paroisse Puy-Paulin, le 7 janvier 1767, à messire Louis 
de Testart, écuyer, fils de messire Abraham de Testart, 
écuyer, et de feue dame Marguerite-Eliette-Catherine 



(1) Arch. départ. : Objets divers, B. 44. 

(2) Loc, ut suprà, 

(3) Le 19 février mil sept cents quatre-vingt-quatre, est décédé dans 
sa maison noble de Gourran, âgé d'environ soixante-quinze ans^ monsieur 
Jean de Sentuary, procureur général honnorraire de L'isle-Bourbon, com- 
mandant de ladite isie et seigneur de la baronnie de Capian. Son corps a 
été inhumé le lendemain. 

Témoins : messieurs Peirau, curé et Dufour, vicaire de la paroisse de 
Langoyran, qui ont signé avec moy : 

Signé : Pkyra.u, curé. 

DuFOUR, vicaire. 
Dblpusch, curé de Capian. 
(Arch. communales de Capian). 

(4) Arch. départ. : Objets divers, B. 45. — V. le Militaire de France, 
an. 1782. 



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— 55 — 

de Leyritz. Marie-Catherine mourut à Bordeaux, le 24 
avril 1783. 

4"* Michelle de Sentuary, mariée dans la même pa- 
roisse, le 28 janvier 1767, à S' Nicolas Guesnon de 
Boneuil, écuyer, intéressé dans les affaires du P — ^'^^ 
de feu S' Jean-François Guesnon, contrôleur dei 
à THôtel-de-Ville de Paris et de dame Marie-Mag 
Desbettes. 

5» Françoise de Sentuary, mariée dans la 
paroisse, le 25 avril 1768, à messire Jacques de 
rier, conseiller du Roy au Parlement de Bordea 
maître des Requêtes, fils de messire Pierre de Tl 
écuyer, conseiller-secrétaire du Roy et de dame 
Hamelin (1). 

De 1786 à la Révolution de 1789, messire 
Joseph-Paulin de Sentuary, écuyer, seigneur d 
ran, officier au régiment des Ardennes, puis att 
service du Roy pour les troupes de TIle-Bourl 
baron de Capian (2). 

La Cour seigneuriale tint sa dernière audi 
29 avril 1790, M* François Coycault étant juge 

SuATJ. — Cette maison noble, située sur la lin 
paroisses de Villenave et de Capian ayant été re 
depuis peu, n'offre presque aucun caractère ar 
gique; il n'a subsisté de l'ancien manoir qi 
tours circulaires, qui accusent la fin du xvi* siè 

Le nom de Suau vient, s'il ne Ta pas donné, ( 
de ses premiers seigneurs. En juin 1687, une t 



(1) Note due à l'obligeance de M. Dast de Boitiville. 

(2) Arch. départ. : Objets divers, B. 45. 

(3) Loc. ut suprà. 



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- 56 — 

Jean La Ville confrontait au levant au fief de M. de 
Suau (1). 

Ce bien passa dans le premier tiers du siècle suivant 

au sieur Popp, bourgeois et négociant de Bordeaux (2). 

n^m^nt-Jriseph Popp, aussi bourgeois et négociant de 

e qualifiait sieur de Suau en août 1760 (3). 

ce bien à un sieur Sarrau, dont la fille 

jSl Glaverie; une terre de B. La Ville con- 

mai 1771, au fief du sieur Sarrau (4). 

de son père, Jeanne Sarrau hérita de ce 

dès lors, prit le nom de ses nouveaux maî- 

en effet sous celui de La Glaverie, que la 

5 Suau est indiquée dans les nouvelles car- 

iculièrement dans celle de TEtat-Major. 

rau y mourut le 19 octobre 1792, âgée de 

fut ensevelie le lendemain dans Téglise de 

M. Alexis-Guilhaume Ménoire, ancien capi- 
>rps royal du génie, en était acquéreur; 
îtherine, sa sœur, ayant épousé M. Joseph 
^rita de Suau et Tabandonna à son fils uni- 
inco-Golombus Fenwick, consul des Etats- 
îrique à Nantes, qui la vendit à M. Jean 
îceveur principal des domaines à Tîle de 
Son fils, M. Joseph Guénant, ancien vice- 



e M. La Ville à Fauchey, commune de Soulignac. — Le 
pparlenait en outre à une famille établie en Périgord, qui, 
[i« et xvin« siècles, conserva sans interruption la charge de 
e Sarlat. (Armoriai du Périgord, par A. de Froidefond, 
aussi Ârch. départ. : série C. 3334). 
art. : série H. 859. 
>art. : Objets divers, B. 44. 
e M. La Ville, à Fauchey, 
imunales de Capian. 



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— 57 — 

président de la Société d'Agriculture, époux de M^^^ de 
Filhol, détient actuellement ce gros domaine (1). 

Maurin (P^) — La maison noble du P^ Maurin est 
bâtie sur un mamelon boisé, formé par la section de 
deux ruisseaux. Elle est située à près d'un kilomètre 
de Téglise paroissiale et n'a rien qui la distingue des 
maisons bourgeoises ordinaires. 

Parmi les nobles de Guyenne rassemblés à Morlaas 
par Phébus, comte de Foix, se trouvait le seigneur de 
Maurin, lo senher de Maurin (2). 

M. M*' Paul de Caillavet, avocat en la Cour, en était 
seigneur en 1742 et avait un frère, W François Cailla- 
vet, docteur en théologie et curé de Capian. 

Le fils de M« Paul de Caillavet épousa dame de Ro- 
zier de Terrefort (3); la sœur de ce dernier, Jeanne- 
Joséphine Caillavet, était née à Maurin le 25 août 1789. 
Son parrain fut M** Mathieu Gueynet, procureur du Roy 
en la Prévôté d'Entref deux-Mers ; sa marraine, Jeanne 
Caillavet. Suivent, dans Tacte baptistaire, les signatures 
des témoins : Caillavet, père; de Fresquet de Ribou- 
teau; Gueynet, fils (?); Pellegrin, curé (4). 

La propriété de Maurin, appelée Caillavet sur les 
cartes modernes, appartient aujourd'hui à M. Armand 
Caillavet. 

La Chèze. — L'ancienne maison noble de La Ghèze, 
située à 1,200 mètres, au moins, au nord-ouest du 
bourg de Capian, a été construite au xvi® siècle par un 



(1) Papiers de M. J. Guénant. 

(2) Arch. kistoritfues de la Gironde^ t. XII, p. 156. 

(3) Arch. départ. : H. 847. — Ibid.j Objets divers, B. 44 et 45. 

(4) Arch. commuDales de Capian. 



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— 58 — 

gentilhomme du même nom. Elle se compose aujour- 
d'hui de plusieurs corps de bâtiments groupés en forme 
d'S, qui se rattachent à trois époques distinctes : xvi*, 
xvii® et xviii® siècles ; c'est surtout sur la face occiden- 
tale qu'on peut apercevoir des restes de la première : 
une tour circulaire, qui porte à hauteur d'homme un 
marmouset d'un faire on ne peut plus naïf, des avant- 
corps inclinés, ainsi qu'un reste d'échauguettes qui 

ont bien perdu de leur caractère agressifs ont seuls 
persisté. Sur la face opposée, on distingue aussi dans 
le mur une arcature de porche qui se rapporte parfai- 
tement au XVI® siècle. Tout à côté se trouve une assez 
belle entrée du xvii*, auprès de laquelle gît un gros 
bloc de pierre, taillé en cartouche genre Louis XV, sur 
lequel est sculpté un écu armorié en bannière, sur- 
monté d'un casque taré de deux tiers, de l'extrémité 
duquel partent de grands panaches et des lambre- 
quins contournés. Quoique l'écu soit passablement 
fruste j'ai pu lire: burelé d'argent et de. ...y de neuf 
pièces. Le dernier émail est indéchiffrable. 

Le contre-sceau de Bernard de Rions, qui vivait au 
commencement du xiii** siècle et qui eut avec Gapian 
des rapports trop directs — nous aurons l'occasion 
d'en parler — porte aussi un écu burelé de neuf pièces. 
Naturellement, les émaux n'y sont pas indiqués, puis- 
que les guillochis qui servent à les faire reconnaître 
n'ont été mis en usage que bien plus tard, dans la 
seconde moitié du xvi* siècle. 

L'accès d'un autre corps de bâtiment qui s'avance 
vers l'est et qui se rattaché par une extrémité aux pré- 
cédents, est facilité par une autre porte des plus ouvra- 
gées qui date de 1760 : ce millésime est inscrit sur le 
fronton. Une très grande fenêtre, à croisée de pierre, 
éclaire l'intérieur de ce dernier logis. Dans la cour qui 



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TTC— r- 



— 59 — 



fait face aux divers objets que je viens de décrire, se 
trouve un beau puits du siècle dernier, à margelle ren- 
flée sur plan circulaire, qui porte un écu non gravé. 

A la fin du x\f siècle, ce fief appartenait à noble 
Joseph de La Chèze, vivant encore en 1628, ayant un 
fils nommé Jehan, greffier au bureau des finances de 
Guyenne. Celui-ci s'était allié à damoiselle Suzanne de 
Lauvergnac (1). M* Jehan mourut vers 1649, laissant 
au moins deux enfants : Bernard et Jeanne (2). 

Le fief de La Chèze passa à M. M* Biaise de Fresquet, 
avocat au Parlement, par son mariage avec demoiselle 
Ëlizabeth de La Chèze, fille de M. M« Bernard de La 
Chèze, huissier. La bénédiction nuptiale se fit dans 
l'église paroissiale de Capian, le 19 novembre 1675 (3). 
Ils ne vivaient plus en 1725, puisque les seuls person- 



(1) Arch. communales de Capian. 

(2) Ibid. — 11 se pourrait bien qu'il soit question de lui dans les Mou- 
vemens de Bourdeaux, p. 122 et 365 de la première et unique édition. 
Après la scène de cruauté que les Epernonistcs donnèrent à Camblanes, 
en brûlant l'église et la population qui s'y était réfugiée « le Parlement 
» s'estans assemblé extraordinairement le premier iour de may, il ordonna 
p que ce mesme iour les bourgeois et habitans de la ville chefs de maison, 
» jureroienl, devant les Commissaires qui seroient députez, après la messe 
» en Téglise métropolitaine, de bien et fidellement servir le Roi en Tocca- 
9 sion lors présente, et d'employer leurs vies et leurs biens pour la def- 
» fense de la ville, et que ceux qui ne pourroient faire le serment ce 
» jour-là, le feroient chascun en sa paroisse dans trois iours, par-devant 
» un commissaire qui seroit nommé à cet effet... pour l'exécution duquel 

p arrest, furent nommés pour l'église Saint-Michel : le sieur de 

9 Lâche se ». 

Quelques mois après, les troupes royales commandées par le marquis 
de Saulvebeuf, allèrent assaillir Podensac, défendu par les fidèles du duc 
d'Epernon; la ville fut prise et les Epernonistes mis en fuite. Ce ne fut 
pas sans dommage du côté du marquis de Saulvebeuf « les sieurs de La 
B Chèze, gentilhomme, fut tué et Gaston Thibaut blessé dans cette attaque, 
» ayans rendu tous deux des preuves de leur générosité ». 

(3) Arch. communales de Capian, 



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60 



nages nobles habitant cette même année la paroisse de 
Capian, se trouvent être les sieurs François, Ber- 
nard et Toussaint Fresquet (1). Je ne sais rien sur ce 
dernier, je suppose toutefois qu'il était frère de Ber- 
nard et de François. Bernard de Fresquet fonda la 
branche dite de Ribouteau et François (?) celle de 
Mouels ou Moueys. Ce dernier eut de Jeanne Platon de 
Martel une fille nommée Pétronille qui naquit le 18 dé- 
cembre 1710(2). 

Bernard de Fresquet, écuyer, sieur de Ribouteau et 
avocat en la Cour, eut deux enfants : Raymond Nonat 
de Fresquet, écuyer, sieur de Ribouteau, sur lequel 
nous reviendons et Thoinette-Sophie (3). 

Messire François-Joseph de Fresquet, écuyer, sei- 
gneur de La Ghèze, devint tuteur, en 1759, des enfants 
mineurs de Raymond Nonat de Fresquet, écuyer, sieur 
de Ribouteau (4). Allié à dame Thoinette Demptos, 
marraine de Thoinette-Sophie, messire François-Joseph 



(1) Arch. départ. : Capitations de la noblesse, C. 2712. 

(2) L'an 1710 et le 25o décembre a esté baplissée Pétrounille de F'resquet, 
fille légitime de FraDçois de Fresquet, ccuier et con-seigneur de Cnpiaa 
et de Jeane Platon de Martel. Parin, Charles Platon de Martel, jeuge de 
Rausan, habitant de ladite paroisse de Eloye de Bourdeaux. Ladite ûUe 
est née le 18o dudit mois, présents Jaques de Bousquet, secraitairedu roy 
et Léonard du Bernet habitans et bourgoies de Bourdeaux, lesquels ount 
signé avec moy. 

Bousquet. De Frksqkt, marene. 

Martel, parin. De Fresquet, père. 

Du Bermet, présent. De Bousquet, présent. 

Pache, curé. 
(Arch. communales de Capian). 

(3) Arch. départ. : Objets divers j B. 44. L'habitation de Moueys se trouve 
à l'extrémité nord-ouest de la commune. On y remarque, encastré dans 
un mur, des chapiteaux ayant appartenu à l'église abbatiale de La 
Sauve-Majeure. 

(4) Ibid., ibid., ibid. 



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— 61 — 



en devint veuf sans qu'elle lui laissât d'héritiers; il 
mourut le 23 août 1783 (1). Il adopta ses pupilles et 
leur fit don par testament de sa maison noble de La 
Chèze, après avoir été parrain, avec Jean-Baptiste de 
Fresquet, écuyer, docteur en théologie et curé de 
Vendays en Médoc, de presque tous les enfants de 
Raymond. Celui-ci s'était marié avec Marie-Périne- 
Angélique de Fresquet, très probablement petite-fille de 
François de Fresquet, écuyer, co-seigneur de Gapian, 
qui vivait en 1725. 

Il eut entr'autres enfants : 

1" Messire Jean-Baptiste de Fresquet, né le 23 août 
1778 (2). Il est parrain de son frère Jean-Baptiste-Jo- 
seph, en 1784 et de Maurice-Jean-Baptiste-Félix, en 1788. 

2" Anne de Fresquet, née le 25 mai 1780, morte le 
14 avril 1781 (3). 



(1) Arch. communales de Capian. 

(2) Le 23 aoust 1778, naquit et fut bnpllzé le lendemain, messire Jean- 
Baptiste de Fresquet, fils légitime de messire Raymond Nonat de Fres- 
quet, écuyer et de madame Marie-Périne-Angélique de Fresquet son 
épouse et a été son parrin messire Jean-Baptiste de Fresquet, représenté 
par messire François-Joseph de Fresquet et sa marraine : Mlle Louise de 
Fresquet. 

Signé : Fresquet de Ribouteau. 
De Fresquet. Fresquet. 

(Arch. communales de Capian). 

(3) Le 25 mai 1780 naquit et fut baptizée le 29 du même mois, Anne 
Fresquet, fille légitime de Raimond Nonat de Fresquet et de Marie-Périne- 
Angélique de Fresquet. Son parrin a été François-Joseph de Fresquet et 
sa marone Anne-Seconde du Mat, qui ont signé avec moy. 

Fresquet, parin. Anne-Seconde du Mat, mareue. 

Fresquet de Ribouteau père. 

Fresquet de Mouels. David. 

Du Mat. Causserouge, vicaire. 

Est morte à La Chaize, le 14 avril 1781, âgée d'environ dix mois, Anne 
Fresquet, etc., etc. 
(Archives communales de Capian). 



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— 62 — 

3e Appollonie de Fresquet, née le 26 mars 1782. Mar- 
raine de son frère Maurice, en 1788 (1). 

4^ Messire Jean-Baptiste-Joseph de Fresquet de La 
Chèze, né le 18 mars 1784 (2). 

S** Messire Maurice-Jean-Baptiste-Félix de Fresquet 
de Ribouteau, né le 8 juillet 1788 (3). 

6** Messire Léonard Léon de Fresquet de Ribouteau, 
né le 6 juillet 1790, mort le 1»' janvier 1792 (4). 



■^haize le 27 du mois de mars 1782 et née de la veille, 
iet, fille légitime de messire Raymond Nonat de Fres- 
ime Marie-Peyrine-Angélique de Fresquet. A été son 
emptos, représenté par messire François-Joseph de 
ne demoiselle Appollonie de Grenier, marene. 

Signé : P^resquet, représentant le pareîn. 
Appollonie de Grenier, marene. 
} de Capian). 

i est né et a été baptisé le lendemain Jean-Baptiste- 
îe La Cbaize, fils légitime de Sr Raymond Nonat de 
;ur de La Chaize et de dame Marie-Périne-Angéiique 
ion parrain le S»" Jean-Baptiste de Fresquet, écuyer, 
et curé de la parroisse de Yandais en Bas-Médoc et 
-Baptiste de Fresquet et sa marrene, demoiselle 
cprésentée par demoiselle Louise de Fresquet, habi- 
du Tournes, etc. 

Signé : De Fresquet, père. 
lESQUET. Seconde Dumat. 

ré. Anne-Pauline Dumat. 

i de Capian). 

De-Jean-Baptiste-Félix de Fresquet de Ribouteau, 
ire Raymond Nonat de Fresquet de Ribouteau, écuyer 
e-Périne de Fresquet, né le 8<* juillet 1788. A été bap- 
as seste église. Son parrain a été messire Maurice 
id-oncle, représenté par messire Jean-Baptiste de 
aîné et sa marraine a été demoiselle Appollonie de 
ui ont déclaré ne sçavoir signer. Eu foi de quoy : 

De Fresquet de Ribouteau. 
s de Capian). Pellegrin, curé. 

rd-Léoa de Fresquet de Ribouteau, fils légitime de 



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— 63 — 

7* Pétronille-Marie-Félicie de Fresquet, baptisée le 
27 septembre 1792 (1). 

Il y avait en Bordelais une autre branche ou 
d'autres branches de La Ghèze, dont les membres 
ont occupé de grandes terres et de hauts emplois. 

Léonard de La Chèze, conseiller au Parlement, qui 
fut député par cette assemblée, en décembre 1615, 
pour présenter au roi ses a remontrances » (2). 

Messire Anthoine de La Ghèze, chevalier de Tordre 
du Roi, conseiller à la Grand'Chambre de la Cour du 
Parlement de Bordeaux, conseiller, du Roi en ses Con- 
seils, baron d'Ambès et vicomte de la Menaude, rendit 
en 1669, devant les Présidents-Trésoriers de France, 
rhommage dû pour ces mêmes terres. Louis XIV, 
par lettres patentes données à Saint-Germain-en-Laye, 
venait d'ériger en vicomte la baronnie de La Menaude 
(3). D'autre part, O'Gilvy donne les noms de plusieurs 
sujets de cette même famille, et entr'autres, ceux de 
Jean de La Ghèze, jurât de Bordeaux en 1681 (4) et 
de François de La Ghèze, chevalier, conseiller du Roi 



messire Raymond Nonat de Fresquet de Ribouteau et de dame Marie- 
Angélique de Fresquet, né le 60 juillet 1790, 

Sieur Léon Fresquet, fils légitime de S' Raymond Nonnat Fresquet et 
de dame Perrine-Angélique Fresquet, mort le 1**" janvier 1792 et inhumé 
dans le cimetière le lendemain, âgé d'environ 2 ans. 

(Arch. communales de Capian). 

(1) Baptême de Pétronille-Marie-Félicie Fresquet, fille de Raymond 
Nonnat Fresquet et de dame Angélique Fresquel, le 27 septembre 1792, 

(Arch. communales de Capian). 

(2) Histoire du Parlement de Bordeaux par Boscheron des Portes. 
Lefebvre, 1878, t. I, p. 387 et passim. 

(3) Arch. départ. : Hommages, C. 2329. 

(4) NobiL de Guyenne et de Gascogne ^ t. I, p. 145. 



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— 64 — 

en ses Conseils, juge et grand-voyer de ses domaines 
en la généralité de Guyenne, Président-Trésorier de 
France, général des finances et commissaire député 
pour la réception des foi et hommages. Il vivait en 
1680 (1). 

de La Chèze, nommé lieutenant-général des 
747 (2). 

un sieur Descourgeats de La Chèze, ancien 
ifanterie, était membre de l'Académie de 
îulpture et architecture de Bordeaux (3). 

u. — Cette maison noble, située à près d'un 
Test de celle de La Chèze, appartint pen- 
î xvii* siècle à la famille Galatheau ou de 
[ui a donné plusieurs avocats au Parlement, 
i Galatheau, avocat en la Cour de Parlement 
s, en était seigneur en 1614 (4). 
7) Messire Jacques de Galatheau, écuyer, 
îc, résidant ordinairement à Bordeaux, eut 
arie de Grenier, son épouse, une fille qui 
illeteau, le 14 avril 1690. Son parrain fut 
lo§c ; sa marraine, Suzanne de Galatheau, 
olée (sic) (5). 

du siècle suivant, en 1777, ce fief avait 
maître, car je lis dans un registre de la 
îire de Capian, une requête ainsi conçue : 



f., p. 466. 

aire de France, pour rannée 1782. 

Bourdeloises ou callendrier raisonné du Palais^ pour l'an- 
777. 

art. : H. 853, fo 57. 

imunnles de Capiau. — En 1725, les Galatheau habitaient 
e des Aires et phice Saint-André; ils étaient taxés comme 
rôles de capitations (Arch. départ. : C. 2712). 



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— 65 — 

ce A M. le juge de Gapian, 

» Supplie humblement, Jean-Anthoine Blanc, con- 
» seiller du Roi, son lieutenant en la maîtrise particu- 
» Hère des eaux et forests de Guienne, et propriétaire 
» de la maison noble de Galleteau... disant que malgrès 
» qu'il n'ait rien négligé pour se faire aimer des parrois- 
» siens de Gapian, il a dans cette paroisse des ennemis 
» qui cherchent à lui faire toute sorte de maux.... Le 
» suppliant est à Bordeaux où le retiennent les devoirs 
JD de sa charge et il apprend que des quidam, que la 
» douceur aigrit et que la bonté enhardit à faire le 
D mal, sont venus pendant la nuit du huit au neuf 
» décembre courant (1777) chez le suppliant, dans une 
» allée de peupliers attenant la maison noble de Gala- 
» teau, et en ont coupé presque tous les arbres qui 
» étoient de la plus belle venue et faisoient Tun des 
» plus beaux ornements de ladite maison... il Retrouve 
» obligé de recourir à la justice, etc., etc. ». 

Les coupables ne furent pas retrouvés (1). 

Cette vieille habitation a disparu pour faire place à 
celle qui existe actuellement. 11 semble qu'on y a voulu 
singer, systématiquement, les beautés du style ogival. 

Ramondon. — Le château de Ramondon, appelé 
aussi de Monlun, a été bâti sur les ruines d'un vieux 
logis entouré de douves et flanqué de tours. Dans les 
démolitions, on trouva sur un dessus de porte, un petit 
écu en cuivre, perdu depuis, et qu'on m'a dit être aux 
armes du comte de Guislain, propriétaire de ce fief, 
dans le cours du siècle dernier. On mit aussi à jour, à 
peu de distance, des squelettes enfouis sans ordre, des 



(1) Ajrch. départ. : Objets divers, B. 44. 



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— 66 — 

casques, des armes et quelques boulets de couleuvrines, 
un sanglant combat. 

Ae certain que Ramondon fut possédé par les 
n, bien avant le xiv® siècle, mais comme les 
s positifs manquent, il m'est impossible d'é- 
le manière certaine ce qui n'est qu'une simple 
é. 

relevait du roi d'Angleterre. En 1363, le 
Galles reçut Thommage à'Isambert de Molon, 

et celui d'un voisin de ce dernier, Bernard 

également chevalier (1). 

es, au mois de janvier 1387/88, Pey deMathan, 
an de Mathan, de la paroisse de Villenave, 
^eyronne du Puch, femme de Ramon de Mon- 

qu'à Blanche d'Arbenat, femme de Pey de 
e la paroisse de Capian, quelques pièces de 
3rés et de vignes, au lieu dit de La Barade (2). 
imencement du xvi® siècle, un de leurs des- 
s'appelait Arnault de Monlung. Pierre-Clé- 
lonlun, capitaine de marine et marié à Marie 
eut un fils, Jean de Monlun, qui fut baptisé le 
11 dans l'église paroissiale (3). 



;t, Collection générale des documents français qui sont en 

»ari8, 1847, t. I, p. 89, n»» 28 et 32. 

^uda causa sia que cum Pey de Malhan, qui demora en la 

î Vilanoua, filh de Johan de Mallian, per sa bona voluntat... 

jrs e per son ordenh... a bendut a Perrona deu Puch, molher 

le Monleun, demoranta en la parropia de Capian e aBlanqua 

molher de Pey de Monleun... deu treus de terra, de prat e 

) totz lurs appertonemeniz qua es tôt en la parropia de Capian 

Tat a la Barada...* 

lit, millesimo tressentesimo (sic) octuagesimo septimo et,.. 

isis januarii ». 

irt. : H., cartons O. S. B). 

:ième du moys de may 1611, a esté baptizé en l'église de 



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— 67 — 

Pierre de Monlun mourut peu de temps avant 1636 (1) , 
son fils exerçant la profession de praticien près la Cour 
Ordinaire de Capian (2). Dès le premier tiers du xviii° 
siècle, le château de Ramondon passa au comte de 
Guislain. En 1793, disent les habitants du pays, un 
nommé Caillavet se chargea de le rendre inhabitable, 
comme si les monuments avaient quelque chose de 
commun avec les constitutions d'Etat! 

M. de Filhol en acheta les ruines en 1849 pour édifier 
celui que Ton peut voir aujourd'hui. 

CuRTON. — Il y avait dans la paroisse quelques terres 
mouvant en fief du château de Curton qui, en grande 
partie, furent inféodées en faveur de quelques habitants 
de la paroisse. En 1515, une terre du fief d'Artolée, 
appelée Lypence, confrontait aux fiefs du Sieur de 
Rions, alors seigneur de Capian, et de Monsieur de 
Curton (3). 

Les vassaux des seigneurs de Curton étaient, à la fin 
du xvii*^ siècle, le sieur du Fau (4); vers 1735, un sieur 
du Mas, puis sa veuve Hélène d'Abadie, le sieur Blanc 
et la demoiselle Pelle (5). 



Cappian, Jehan de Monlun, fils de Clément de Monlun, cappitaine de 

maryne et de Marye Boisseau, ses père et mère. Son parein a esté Jehan 

de La Chèze, fils de M. de La Chèze, greffier es finances de Guienne et 

merine, demoiselle Jehanne de Moncuq, fille de noble Charles de Moncuq, 

escuyer, sieur des maisons nobles de La Mothe, Bedat, Cappian et autres 

places. 

Signé : De La. Chèze. 

J. du Tausin, Jeanne de Moncuq. 

Jehan de La Chèze, greffier au bureau des finances de Guienne. 

(Arch. communales de Capian). 

(1) Arch. départ. : H. 853, f^ 376. 

(2) Ihid., ibid., ibid,, f. 409. 

(3) Arch. départ. : H. 849. 

(4) Ihid., ibid., 859. 

(5) Ibid., ibid., ibid. 



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— 68 — 

Othon de la Roque, écuyer, de Rions, bailla à fief le 
30 juillet 1353, en faveur de Jean du Mas, de la paroisse 
de Capian, une terre sise à Boaut, susdite paroisse (1). 
Aucun lieu-dit ne rappelle ce nom, sauf Arbalot. La 
particule ar ajoutée au corps du mot (2) et les deux 
dernières syllabes transposées de façon à donner 
Arhauot, il restera, une lois Vu transformé en liquide, 
le nom actuel Arbalot. 

Dîmes inféodées. — Au xiv° siècle, plusieurs per- 
sonnages de Bordeaux et des environs levaient des 
dîmes inféodées dans Tétcndue de la paroisse. Comme 
on a trop souvent discouru sur l'origine et la nature de 
ces dîmes pour que j'aie besoin d'y revenir, je me con- 
tenterai d'indiquer le nom de leurs possesseurs et le 
chiffre des cens ou quartièrcs que ceux-ci payaient à 
rarchevèché. 

En 1339, Boson de la Trêne, damoiseau, paya vingt- 
cinq sous bordelais pour les petites dîmes qu'il avait 
dans les paroisses de Gamarsac et de Capian et pour 
d'autres plus importantes dans les paroisses de Baurech 
et de Fargues, « Boso de Trena, domicellus, soluit, pro 
» censu tertie partis majoris décime de Bauregio et pro 
» medietate majoris décime de Fargis, et pro minutis 



(1) Arch. historiques de la Gironde ^ t. Vil, p. 241. 

(2) En Bordelais comme en Périgord et eu Limousin la particule ar se 
place très souvent, dans le langage populaire, devant certains mots et 
particulièrement devant les noms de lieux qui commencent par un r. 
Ainsi, on écrivait et on dit encore dans ces provinces Arribeyrac pour 
Kibérac, chef-lieu d'arrondissement du département de la Dordogne, 
Dans certains titres du xiii« siècle, je lis : el poder d'ArrionSj pour la 
juridiction de Rions. (Arch. départ. : H., cartons O. S. B). 



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— 69 — 

» decimis quas habet in parrochiis de Camarssaco et 
D de Capiano, XXV. s. Burd. » (1). 

On retrouve le même nom entre les années 1360 et 
1371 : a Boso de Trena, predictus, débet pro minutis 
» decimis quas habet in parrochiis de Camarssac et de 
» Capian, VIII. s. Burd.» (2). 

Raymond de Pogeton et deux membres de la famille 
d'Alhan, le premier, paroissien de Carignan, et les 
autres, riches bourgeois de Bordeaux, levaient aussi 
des dîmes dans la même paroisse. 

a Raymundus de Pogeton débet pro tertia parte 
t> décime de Capian : III, solidos Burdeg. y> (3). 

« Bernardus d'Alhan, senior, ciuis Burdeg., et Amal- 
» uinus d'Alhan debent pro decimis quas habent in 
j> parr. d'Artigues et de Capian : XIII, solidos Bur- 
» deg. » (4). 

En 1378, les Pogeton et les d'Alhan curent à payer 
les arrérages de cens des dix-sept années précédentes. 
« Raymondus de Pogeton débet pro tertia parte décime 
n de Capiano, de XVII annis : III, solidos Burdega- 
» lenses pro anno, qui valent LI. solid. » (5). 

« Bernardus d'Alhan, senior, ciuis Burd., et Amal- 
» uinus d'Alhan debent pro decimis quas habent in 
» parrochiis d'Artigiis et de Capiano, de XVII annis, 
» XIII, solid., pro anno, qui valentXI, lib. XII, d. » (6). 

Il paraîtrait, d'après quelques notes informes, que 



(1) Arch. historiques de la Gironde, t. XXI, p. 42. 

(2) Ibid,, ibid., p. 565. 

(3) Ibid., ibid., p. 566. — V. aussi t. XXII, p. 119. 

(4) Ibid., t. XXI, p. 567 et XXII, p. 175. — V. pour Içs d'Alhan, Bor- 
deaux vers i^50, par Léo Drouyn. Une rue de cette ville portait leur nom. 

(5) Arch. historiques de la Gironde, t. XXII, p. 273. 

(6) Ibid., ibid., p. 274. 

ToM* XVII. — Fasc m, o* 



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— 70 — 

ces dîmes avaient été concédées par les collateurs de 
la cure; quant à celles dont nous allons nous occuper, 
elles auraient été abandonnées par les religieux de 
Sainte-Anne d'ArtoIée en reconnaissance de services 
rendus. 

En 1357, Guilhaume de Fabernet, damoiseau et 
«pîornftiir de la maison noble de ce nom, en Langoiran, 
imposition) 10 sous de la monnaie de Bor- 
>ur les dîmes inféodées qu'il avait dans la 
le Saint-Hilaire (de Paillet), ainsi qu'au lieu 
, paroisse de Gapian. « Guillelmus de Fauer- 
licellus, débet pro décima quam habet in parr. 
lilarii et de Pomas qui locus est in parr. de 
X, solid. Burd. » (1). 

de Pomas, dont le nom s'est entièrement 
)n ne le retrouve plus dès le xvi® siècle — est 
xtrémité sud-ouest de la paroisse, 
blement à la terre de la Barade qu'il touche 
1 est assis à la fois sur les paroisses de Paillet 
icti Hilarii) et de Gapian. 
J, ce même seigneur de Fabernet, qui avait 

dans Lestiac, Langoiran et Saint-Hilaire de 
ue condam (sic) f'uerunt Pétri de Castelda, 
bis appartenaient à Pierre de Gastelda, paya 

XII sous pour les dîmes de ces alleus et 
îs de Pomas, paroisse de Saint-Hilaire et de 

7, deux autres seigneurs y levaient aussi des 
étaient Raymond de Blasin et Gaillard de 
Is ne payaient, le premier, que six sous ; le 



. xxi, p. 563. 
. XXII, p. 238. 



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■ j^ qr- c- 



— 71 — 

second, deux. Gaillard de Tastes mourut quelques 
années après, puisqu'on lit à la date du 5 mai 1378 
(page 270 du tome XXII des Archives historiques) : 
« Heredes Gailhardi de Tasta, domicelli, debent pro 
» décima quam tenent apud Pomas, et in parr. de 
» Logoyrano, loco vocato a Forenxs, de duobus annis, 
» II, s., pro anno qui valent IIII, solidos » (1). 

Les héritiers de Gailhard de Tastes, damoiseau, 
doivent pour les dîmes qu'ils possèdent à Pomas et 
dans la paroisse de Langoiran, au lieu appelé à Forenxs, 
deux années de cens, à raison de deux sous par an, ce 
qui fait quatre sous. 

Prieuré d'Artolée. 

Le hameau de Sainte-Anne d'Artolée est assis sur la 
pente latérale d'un promontoire assez abrupt , qui 
s'allonge entre deux ruisseaux, à l'extrémité sud-ouest 
de la commune de Capian. Les deux ou trois maisons 
qu'on y voit ont été bâties au commencement de ce 
siècle avec les ruines de l'ancien prieuré qui, sous la 
révolution, avait été vendu comme bien national. La 
chapelle et le cloître furent exploités à la façon de 
l'église abbatiale de La Sauve, c'est-à-dire comme une 
véritable carrière à matériaux. Aussi, ne trouve- t-on 
plus sur leur emplacement, situé à cent mètres à l'ouest 
des bâtiments actuels et le long du vieux chemin qui 
conduit de La Molle à Suau, qu'un sol tourmenté, avec 
des trous et des amas de terres qui n'ont conservé 
aucune forme des édifices d'autrefois. 

D'après un mémoire adressé en 1730 au Parlement 

(1) Ibid., i6iJ.,p. 270. 



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— 72 — 

de Bordeaux par les jésuites de la Madeleine, nous 
savons qu'à cette date la chapelle de Sainte-Anne 
bien délabrée (1). 

part, le géographe Belleyme donne à cet 
e petite croix renversée qui signifie qu'il 
ruiné à l'époque où fut dressée sous ses 
belle carte qui porte son nom. Aussi, ne 
tous que répéter avec l'abbé Cirot de La Ville, 
ta cet endroit un cloître et une chapelle munie 
, entourés d'un grand nombre de tombeaux, 
le c'était un lieu de dévotion avec droit de 

(2). 

les précieuses archives de l'abbaye de La 
jeure, nous savons qu'à la fin du xii® siècle 
tait depuis de longues années une maison 

placée sous le vocable de sainte Anne — 
Sanctae-Anna) de Artoleya — et possédée 
anoines réguliers de l'ordre de Saint-Augus- 
s à Bellefonds, diocèse de Bazas. Assurés 
aire pour le temporel, dit l'abbé Cirot de La 

parlant de ces chanoines, ils firent des 
ans la sainteté et présentèrent le spectacle 
'une communauté fervente, tant que la tran- 
ublique et la piété des populations qui les 
lient ne furent pas altérées. Mais dans la 

troubles politiques, les guerres dont cette 
at le théâtre, les firent tellement déchoir de 
ne et de leur vertu, que, pour se relever, ils 
t de se donner, eux et leurs biens, à l'abbaye 
[îde-Sauve » (3). 



iépart. : H. Cartons G. S. B. 

e de la Grande- Sauve, t. II, p. 372, 

ibid,y p. 116. 



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— 73 



Ils se joignirent donc aux religieux de celle maison 
vers Tan 1186 (1). On leur donna un prieur à la place 
de celui qu'ils avaienl, Elie, lequel, disenl les lexles, 
avail de lui-même donné sa démission. En 1190, le 
pape Clément III et Richard d'Angleterre ratifièrent 
le traité fait avec La Sauve par les chanoines réguliers 
et Tévêque de Bazas, Gaillard de Mota, le confirma 
sans réserve (2). 



(1) Eodem anno (1186) subjecit [GaiUardus de Mota, epîscopus Vasa- 
tensis], canoDicos regulares Belli-Fontis, Silvae-Majoris monasterio. 
(Gallia Christianay ecclesia Vasatens.; v® GaiUardus de Mola,episcopus). 

(2) Anno vero 1190, Clemens papa III, et Richardus Ângliae rex Aqui- 
taniaedux, decretum quo Elias prior, et alii Belli-Fontis canonici se suaque 
Silvœ-Majori,laudaoleGaillardo Vasatensi episcopo dederant^ auctoritate 
sua roborarunl. Habemus litteras hujus episcopi quibus domum illam 
canonicorum Silvae-Majori subjicit ; qux notis temporis carent, (Loc, ut 
supra). 

Voici le texte de cette charte, qu'on trouve dans le Grand Cartulaire de 
la Sauve, au verso du folio CXII. 

« AiLARDUs dci gratia Vasatensis episcopus universis fidelibus bas 
» litteras inspecturis, salutem. Quoniam ea quie ad dirigendum statum 
» ecclesiarum et amore religionis cultum propagandum, a quibuslibet, et 
» maxime nb ccclesiasticis personis ecclesiarumque praelalis in perpetuum 
D statuuntur, ut majori debeant iraposlerum ûrmitatis robore convales- 
» cere, scriptis commendanda autcnticis, poslerorum mémorise, praesentis 
» scripti significatione transmittere decrcvimus, quod cum domus de 
» Bello-Fonte, quae olim tempore tranquillitatis, et hominum pietate in 
» gente a canonicis regularibus constructa in temporalibus et spiritua- 
» libus satis profecerat, tandem perturbato tempore statu, et ipsa in 
» ulrisque a suo statu pariter vacillare videbatur, Helyas prior ipsius 
» domus, et ceteri omnes concanonici ejus et convcrsi, ne de toto statu 
» suo crebrescentibus malis per incrementa temporum ad détériora peni- 
» tus declinarent, sibi consultius in posterum providentes ob cultum reli- 
» gionis arctiorem profitendum, semetipsos, et domum eandem de Bello- 
» Fonte cum omnibus pertinentiis suis, domosquoque de Artholea, de 
^ Monte-Lauri in Burdegalensi dyocesi sitas monasterio Silvae-Majoris 
» solemniter et plenarie contulcrunt, subdentes se regimini, et prœceptis 
» abbatis, et fratrum monasterii ejusdem, ipsamque domum eis continuo 
» tradiderunt per monachos ordiuandam; priore ejusdem domus de 
» assensu omnium prioratui suo renonciante, et monacho quodam Silvœ- 



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- 74 — 

Depuis lors, ses prieurs eurent à payer chaque année 
à l'abbé de La Sauve des impositions assez onéreuses 
dont certaines ont beaucoup de rapports avec les rentes 
dues par les tenanciers de terres. Ils étaient astreints, 
par exemple, au xuf siècle, à la pension annuelle de 
100 sous bordelais qui, plus tard, augmenta ou diminua, 
non de valeur, mais de chiffre, avec l'abondance ou la 
rareté du numéraire (l). J'ai déjà donné un aperçu 
court, mais suffisant, des désordres incroyables, des 
crimes et des malversations monstrueuses qui se com- 
mettaient journellement dans TEntre-deux-Mers, au 
commencement du xiii® siècle. 

Comme bien on pense, notre prieuré ne put échapper 
au sort commun. En 1224 ou 1225, un seigneur du 
voisinage appelé Bernard de Rions, s'empara de plu- 



» Majoris post modum in loco illius^qui viccmpriorîs gereret substituto, 
» quibusdam aliis monachis ad commorandum ibidem et serviendum 
» Domino pariter coustitutis. Quia ergo religiosorum virorum profeclibus 
» intendere ad dirigendum statum eorum communibus vofis et întensis 
» studiis eniti debemus, donationem praedictac dorous factam ratam ha- 
» bentes, et totum factum approbantes intuitu religionis et ordinis qui 
» in supradicto monasteriu inconcussc Domino propitiantc observatur, 
eidem monasterîo domum prœdictam ciim omnibus pertinentiis suis, et 
» ecclesiis eidem domui a predecessoribus nostris Yasatensis, episcopis 
» olim concessis pontifîcali auctoritatc in perpetuum conccdimus, et prae- 
Tù sentis scripli munitione donationem ipsam et concessionem roboranles, 
» sigilli nostri impressione confirmamus ». 

MM. de Sainte-Marthe, qui me paraissent sérieusement fondés en 
donnant ces dates de 1186 et 1190, ont cependant écrit (instrum. ecclesiae 
Vasat.) en regard de la Charte qu'on vient de lire : (circiter 1200), C'est 
simplement un manque de précision. Artolée était déjà sous l'obéissance 
de La Sauve, puisqu'on lit dans la bulle de confirmation accordée en 1197 
(10 mai, sexto idus maii, indictione XVo, incarnationis dominicœ, anno 
Mo Co XCVII®) par le pape Céle&lin III, à cette abbaye : prioratus 
Sanct0c-Annae de Artoleia. V. pour le texte entier, Gallia Christiana, t. I, 
Instrum., col. 316, et l'ouvrage déjà cité de l'abbé Cirot de la Ville. 

(1) Arch. dép. : H. 865. 



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— 75 — 

sieurs domaines dépendant d'Artolée, les mit à sac et 
contraignit les hommes qui y étaient attachés à exécuter 
pour son compte les corvées les plus dures. 

L'abbé de La Sauve, après Favoir inutilement sommé 
de rendre ce qu'il avait usurpé si odieusement, parv 
à lui faire accepter l'arbitrage de Tarchevèque d'Auc 
Amanieu de Grésignac. La sentence, datée du mois 
juin 1226, porte que le seigneur de Rions restituer 
Tabbaye les terres dont il jouit irrégulièrement 
Faleyras, Taujan, Artdlée, etc., et d'autre part q 
Tabbé de La Sauve devra l'admettre parmi ses re 
gieux et lui compter 76 livres bordelaises pour l'aie 
à payer ses dettes (1). 

Quelque temps auparavant, ce même Bernard de Rio 
s'était saisi des biens appartenant au Roi, dans 1 
paroisses de La Roque, de Cardan (?), de Villenave( 
Rions), de Capian et de Saint-Hilaire (de Paillet) a\ 
les hommes francs qui s'y trouvaient. Un détail curiei 
c'est que ce fut sous l'œil bienveillant du sénécl 
d'Henri III que ces méfaits furent commis. Vo 
plutôt le texte du Cartulaire de La Sauve, où j'ai pui 
ce fait : 

a Item, dominus B[ernardus] de Rions, occupauit 
» voluntate domini Henrici senescalei homines dom 
» régis francos et quod erat perpetuum domini rej 
» in parrochia de Roca et apud Carazan et Villai 
» nouam et Capian et Sanctum-IIylarium » (2). 

On voit qu'il avait réellement besoin de faire péi 
tence. 



(1) Arch, historiques de la Gironde, t. X, p. 233, 

(2) Chartularius minor Syhx-Majorist f» LXVI, r», nis. — C'est pc 
cire de cette prise de pussessiuu que date la suzeraineté de Rions 
Capian. 



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— 76 — 

Les de Grésignac possédaient sur les confins des 
paroisses de Paillet et de Capian un fief d'une certaine 
étendue appelé le tènement de La Barade, en gascon 
Yestatge de la Barada. Le frère aîné de Tarchevêque 
d'Auch, qui s'appelait Raymond, en était encore déten- 
teur vers 1222. Après la mort de ce dernier, Amanieu 
n'étant encore qu'évèque de Tarbes, assigna en 1224 
avec son frère Gaillard, 110 sous de rente annuelle sur 
cette même terre pour fonder des anniversaires pour 
lui, son frère Gaillard, son cousin également nommé 
Gaillard, et pour son autre frère Raymond récemment 
décédé (1). 

J'allais oublier de rappeler que La Barade a vu naître 
ce même archevêque d'Auch, dont je viens de parler, 
dans les dernières années du xii® siècle (2). 

Au XIV®, elle avait passé au pitancier de La Sauve, 
ainsi que le prouvent une foule de titres des années 
1327, 1342, 1348, 1353, 1358, 1364, 1388, dont il serait 
trop long de donner seulement la substance (3). Je me 
contenterai de dire qu'en 1364, Johan de Gastillon, fils 
d'Arnaud, de la paroisse de Capian, reconnut tenir en 
fief du pitancier de La Sauve une pièce de t^rre située 
près de Pomas, au lieu appelé à la Barade : a Conoguda 
» causa sia que Johan de Casteylhon, filh de Arnaut, 
» de la parropia de Capiant, reconogo e confesset per 
» sa bona voluntat... que... ten en feus... deu pitancer 
» deu mostey de la Seuba-Mayor... tôt aquet treus de 
» terra... que es au quartey de Pomars [sic)^ au loc 
» apperat à la Barada, en la parropia de Capian... )) (4). 

(1) Essai historique sur r Entre-deux-Mers, par Léo Drouyn, p. 336, 
337. 

(2) fbid,, ibid., ibid. 

(3) Arch. départ. : H., cartons O. S. B. 

(4) Loc. ut suprà. 



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^'T^ 



— 77 



1387 (ancien style). Titre concernant La Barade, cité 
page 32. 

Dans une baillette de 1455 le pitancier de La Sauve 
inféode plusieurs pièces de terre sises à la Barade et 
à Maret (à Yestatge de Maret) (1). 

Après cette courte parenthèse consacrée à la Barade, 
je reprends la suite chronologique des faits. 

En 1283, Tarchidiacre de Cernés, s'étant ingéré de 
visiter les religieux d'ArtoIée, le prieur le récusa et, 
faisant plus, en appela directement à Rome. Le pape 
Martin IV lui donna gain de cause pour la raison sui- 
vante, que les chanoines réguliers ayant toujours été 
exempts de ce droit de visite, il était tout naturel 
que ceux qui avaient succédé à tous leurs privilèges 
eussent hérité de cette exemption (2). 

Le 4 avril 1329, Arnaud-Jehan de Langoiran reconnut 
tenir en fîef du prieur d'Artolée plusieurs pièces de 
terre situées dans les paroisses de Lestiac, Saint- 
Hilaire, Gapian et Loupiac, sujettes à muance de seigneur 
et de tenancier à six deniers bordelais d^exporle et à 
douze sous de la même monnaie de rente; le tout 
devait être porté au prieuré le jour de la Toussaint, 
a Conoguda causa sia que Arnaud-Johan de Logoyran, 
» per sa bona voluntat, reconogo e confesset que ed 
y> ten e deu tenir en feus seramentz seguen los fors e 
» las costumas de Bordales... ab los droictz e deueys 
y> plus bas en cesta présente carta contengutz... deu 
» prior deu priorat de Artoleya..., tôt aquetz treus de 
» terra, ab (avec) totz uns appartcnamentz, qui es en 
» la parropia de Lestiac au loc apperat au Boscau.... c 
» plus xviij arroguas de terra que son en la parropia 



(1) Loc. ut suprà. 

(2) Loc, ut suprà. 



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— 78 — 

» de Sent-Hylary.... e plus, tôt aquetz treus de vinha 
D qui es en la parropia de Gapiant, au loc apperat au 
» Grauar, endessus la vinha Arnaud Ferran, d'una 
» part, e la terra d'Aruchat e la terra d'Ortolea {sic).... 

» jusqua Arnaud Ferran e Guilhem Ferran e de 

y> Robbert Ferran de Sent-Hylary.... e en las parropias 
» de Capian, de Sent-Hylary e de Lopiac... receptat 
» aquetz treus de terra.... de niossen Guilhem, per la 
» gratia de Diu, abbas de la Saube, ab vj deners bor- 
» dales d'esporle a senhor e assevat mudant, e per xij 
» sols bordales de cens, rendutz an per an lo jorn de 
» la festa de Totz-Sentz.... a Ortolea.... e per lo quart 

» deu froment.... de lasd. xviij arroguas de terra 

)) portât e rendut a Sent-Hylary aque ou la dey ma sera 
» amassada^ e esporlarent a Artolea... etc., etc. Actum 
T> fuit iiij die introïtus aprili, anno domini millesimo 
» trecentesimo vicesimo nono. Testes sunt... et Guilhem 
» de Brocat not. public. » (1). 

Entre les années 1361 et 1380 — la charte n'est pas 
datée, — Elie de Salignac, archevêque de Bordeaux, 
joignit au prieuré Téglise et la paroisse de Villenave 
de Rions, où ils avaient déjà quelques dîmes, avec tous 
les droits et privilèges inhérents; par le même acte, il 
confirmait ses religieux dans toutes leurs posses- 
sions (2). 

Depuis lors, Artolée fut considéré, non en fait, mais 
en pratique, comme une paroisse distincte de Capian 
et comme une annexe à celle de Villenave ou récipro- 



(1) Arch. départ. : H. 346. 

(2) Ihid,, ibid., 865. — Ibid.^ ibid., cartons O. S. B. — a Elyas dei 
» gratiu Burdegal. archiepiscopus, iiniversis fidclibus.... Nouerint pre- 
» sentes et fuluri nos ccclesiam Sancli-Marlini de Villa-Noua doinni de 
» Artholea in perpetum concessisse... « (Ckart. maj. Sylvx-MajoriSy 
fo 320). 



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— 79 — 

quement. De là, Tusage assez répandu chez les notaires 
des derniers siècles d'écrire pour le prieuré d*Artolée, 
la cure ou vicairie d'Artolée avec son annexe, ou la 
cure ou vicairie de Villenave avec son annexe. 

En 1362, le prieur d'Artolée devait sept livres pour 
la dîme papale, et quarante-six sous huit deniers po"" 
l'impôt du trentième : a Prior d'Ortholeya débet p 
» LXX, lib. videlicet pro décima VII libr., et pro trie 
» sima, XLVI, s. VIII, d. » (1). 

Le 23 mai 1364 (die IX exit. mensis maii an. Doi 
M^ CCC^ LX^ IIIP), Pey de Calaynhan, fils de Guilhc 
de Galanhan {sic) de la paroisse de Capian, reconn 
tenir en fief du prieur d'Artolée tout le tènement av 
la terre et vigne qui existe au lieu appelé Calaynha 
« tota aquera estatge ab la terra e vinha qui es en 
» parropia de Capian au loc apperat à Calaynhan» (2^ 

En 1387 (ancien style), vente de La Barrade par P 
de Mathan. Acte déjà cité (3). 

Au commencement du xv" siècle, les religieux HCA 
tolée recevaient des exporles pour les terres de Ferra 
Artolée, La Barade, Le Puch, Castaing, Faubern( 
Piras, La Tauzinasse (4), Monlun, Pontet (G^ et P 
AUegret (5), Maret et d'autres dont l'emplacement 
le nom sont totalement oubliés (6). 

En 1440 et le quinzième jour du mois d'avril, Jordi 
de Barsac, habitant de la paroisse de Capian, reconn 



(1) Arch, historiques de la Gironde, t. XXII, p. 11. 

(2) Arch. départ. : H., cartons O. S, B. 

(3) V. sup. p. 32. 

(4) En idiome local : lieu planté de chênes. 

(5) C'est de là qu'est sorti le notaire Allegret dont les registres 
protocoles concernant La Sauve, Langoiran, Capian, Saint-Hilaire, Ha 
etc., sont conservés aux archives départementales. 

(6) Arch. départ. : H. 998. 



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— 80 — 

tenir en fief des religieux seigneurs de La Sauve- 
Majeure et spécialement du prieuré d'Artolée annexé à 
la table (lire : mense) desdits seigneurs, a speciamen 
» deu priorat d'Ortoleya anexat a la taula deus deyts 
» senhors... » tout le tènement qui est situé dans ladite 
paroisse au lieu appelé à Ferran mouvant dudit 
prieuré a tota aquera estatge qui es en lad. parropia 
» de Capian au loc apperat a Ferran.... qui mau deu 
» deit priorat d*Ortoleya » (1). 

1455. Baillette à fief déjà citée (2). 

En 1488, une partie des terres de Pomas appartenait 
encore à un monastère de TEntre-deux-Mers, appelé le 
prieuré du Casteret. Le 7 mars 1487/88 vénérable et 
religieux homme , monsieur Arnaud de La Gaussade, 
prieur du Casteret — ledit monastère étant en séquestre 
sous la main du Roi, par Tarrèt donné par la noble 
Cour de Parlement de Toulouse — inféode en faveur 
des nommés Thomas Goutaud et Frances Maurin, noms 
qui rappellent ceux des villages de Coultauld et de 
G" Maurin, au nord de la paroisse, tous les biens qu'il 
possède dans la paroisse de Capian, avec ce qui est au 
lieu dit de Mathan, près de Pomas (au quartey de 
Pomas), entre les terres de noble homme Bernet du 
Bedat d'un côté et le fief du S' de Fabernet de Tautre, 
etc. (3). 

(1) Ibid.j ibid,, carions O. S. B. — On lit dans les registres baptis- 
taires de Capian : mourut le 19 du mois de janvier 1630 Eslienne de 
Barssac. 

(2) V. sup. p. 32. 

(3) a ...lo venerablo e religios borne mossen Arnaud de La Caussada, 
prior deu Casteret en nom, loc et en personna, comme scindic deud. 
monastey deu Casteret-Mayor, en nom, loc et personna que dessus, lod, 
moustey estant en seclestre dejus la man du Rey nostre sire, per arrest 
donat per la noble Court de Parlement de Toloze... e en nom que dessus 
videns, esgardeus... en las causas qui plusbas sen seguen*.. far e tractar 



r. 



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'^?^.f 



— 81 -- 

Le XVI® siècle est pauvre de documents; je n'ai 
trouvé que des accensements, des reconnaissances et 
quelques baillettes à fief sans grand intérêt. Pour la 
première fois, je lis dans une reconnaissance de Jehan 
Chastenet, du 28 octobre 1510 : paroisse de Capian en 
Entre-deux- Mers, C'est le plus ancien exemple que j'aie 
pu trouver de la substitution de Tarchiprêtré d'Entre- 
deux-Mers à celui de Benauges. 

Dans les reconnaissances de ce siècle je lis que tous 
les assevats de La Sauve étaient tenus de délivrer en 
guise d'exporle, soit une somme d'argent, soit une 
<( plume d'escripuain ». 

Les guerres de la fin de ce siècle, qui furent si 
funestes à bon nombre d'établissements monastiques, 
se passèrent sans qu'Artolée — du moins que je sache 
— ait été bien éprouvé. Les grands bois qui couvrent 
encore ses ruines avaient jeté sur son existence comme 
un voile d'oubli; ils furent pour lui, contre les reli- 
gionnaires, l'égide la plus puissante et la plus efficace. 

Un ce regestre des exporles de Monsieur l'abbe de la 
» Seaube, faict de Fan mil six cens douze à Tan mil six 
r> cens vingt et cinq », déposé aux archives départe- 
mentales et coté H. 853, nous donne, avec les noms de 
tous les tenanciers, l'étendue exacte des possessions 
du prieuré dans le premier tiers du xvii" siècle. — Bien 



lo ben, posseyt, utillitat, esmendament e amelhorament deud. moustey 
e abbadie; per sa bonoa, pura, agradabla e deliura voluntat en nom que 
dessus a dat, donnât, balhat, liurat e infeudat... comme da, dona bailha, 
liura e infeuda en feus seguen los fors e las costumas de Bourdales ab los 
dreilz... a Thomas Coutaiid e a Frances Maurin parropiantz de Icglise 
(sic) de Capian e sous hers... tôt aquetz bens... ab lo loc qui es en la 
parropia de Capian, au loc apperat a Mathan, au quartey de Pomas aussi 
cum es entre las causas deu noble home Bernet du Bedat, de l'un cousta 
e lo feu du S^* de Fabrenet.... m (Arch. départ. : Communautés religieuses^ 
H., 847). 



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— 82 — 

entendu, je ne vais mentionner que les biens renfermés 
dans les limites de notre paroisse. — Dans ce registre, 
qui est un véritable terrier, il n'est plus question de 
certaines terres dont les noms revenaient à chaque 
instant, comme celles de Piras, de Faubernet, etc. ; il 
faut qu'elles aient été aliénées. Par contre, on y trouve 

^ loms nouveaux qui supposent des biens récemment 

is. 

ur en revenir au sujet, les biens mouvant en fief 
religieux de Sainte-Anne s'étendaient sur les vil- 
; ou lieux dits de Fresseron (i), Coultauld, La 
inasse, Gastaing, Le Puch, La Fenestre, Petit- 
un, Guillaume, La Roquey, Pontet (Grand et Petit), 
m, et d'autres de moindre importance. Les tenan- 
avaient nom : Jehanot du Bernet, François du 
et, Jehan d'Arlan, du Mas, du Brocas ou du 
qua, de Pujoulx (famille qui donna un notaire), 
ling, de La Ville, Galatheau, de La Roque, de 
t, Guichebault, etc., etc. 

partir de 1635 environ, de vives contestations 
vrèrent entre l'abbé de La Sauve et les jésuites de 
eaux, au sujet des novales d'Artolée (2). 
ur l'intelligence du fait, reportons-nous à la fin 
I® siècle. 

»us y trouvons les chanoines de ce prieuré, simples 
nateurs particuliers sur l'étendue de leur domaine, 
-à-dire qu'ils percevaient la dîme sur tous leurs 
iciers, absolument comme les seigneurs laïques le 



!n face du prieuré de Sainte-Catherine, paroisse de Langoiran. 

jes novales sont des terres nouvellement mises en culture et dont 

les appartenaient toujours nu curé de la paroisse, quelques droits 
un seigneur laïque ou ecclésiastique de percevoir les anciennes 
En Guyenne et particulièrement en Bordelais^ on les appela très 

it nouvelins. 



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— 83 — 

faisaient pour leurs dîmes inféodées. Or, j'ai déjà dit 
que lorsque les chanoines se réunirent à La Sauve, ils 
portèrent à cette abbaye, avec leurs maisons de Belle- 
fonds, de Montlaur et d'Artolée, tous les droits c 
rattachaient. Mais, s'ils avaient l.a dîme des anci 
terres, ils n'avaient pas celle des novales, puiî 
n'étaient pas en possession du droit curial, d 
paroisse de Capian. 

Pendant plus de cinq siècles, les prieurs de S 
Anne, respectueux des droits d'autrui, n'avaient 
pas essayé de s'approprier leurs novales. 

Vers 1648 ou 1649 — je n'ai pu découvrir 1 
précise — les fermiers de leurs dîmes, profitai 
troubles profonds amenés par la Fronde, crun 
leur pouvoir d'en recueillir impunément la dîme. 

Inutile d'ajouter qu'ils étaient secondés par le 
et par l'abbé de La Sauve, qui, nous allons U 
soutiendront de toutes leurs forces et leurs agei 
leurs méfaits. 

Sur ce, vives protestations du vicaire perpétu 
avertit aussitôt les jésuites de la Madeleine, cui 
titre et gros décimateurs. Ces derniers intentère 
procès en restitution qui dura plusieurs années, 
un premier jugement rendu par la Cour Ordina 
Rions (1), après une pluie de requêtes, lancées 
part par les jésuites, de l'autre par l'abbé ou le î 
de La Sauve, l'affaire fut portée en 1651 devant 1î 
du Parlement de Bordeaux. La sentence m'est i 
nue; mais, ce qu'il y a de certain, c'est que peu de 

(1) Le système de défense employé par les fermiers consistait 
ment à dire qu'ils ne faisaient que rendre la pareille au vicaire p 
qui administrait les sacrements à des tenanciers d'Artolée pour e 
Toir les dîmes Ce détail finit par devenir la seule cause de ce s 
procès. 



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— 84 -• 



après, ce long difFérent se termina par voie de conci- 
liation : Tabbaye vendit toutes les dîmes qu'elle avait 
dans Capian au collège de la Madeleine, moyennant 
une pension annuelle de 110 livres « payée et délivrée 
chascun an et jour de feste Noël » (1). 

Depuis, cette maison d'Artolée ne fut plus une com- 
munauté religieuse, mais une simple chapelle rurale 
mal entretenue, où le vicaire perpétuel venait chaque 
année (le jour de Sainte-Anne), célébrer Toffice divin 
devant un cercle de fidèles qui s'éclaircissait de plus en 
plus. Aussi, ne la trouve-t-on pas mentionnée dans le 
pouillé des bénéfices que Lopès publia en 1668 (2). 

Une requête du mois de janvier 1733 contient les 
protestations du syndic de La Sauve, contre un arrêt 
du Grand Conseil daté du 28 mai 1732 qui l'obligeait, 
sur les plaintes du curé de Capian, à faire toutes les 
réparations nécessaires pour que la chapelle Sainte- 
Anne ce soit digne de la célébration des saints mystè- 
res » (3). 

Au mois de mars 1742, plusieurs tenanciers d'Artolée 
qui, à vrai dire, n'était plus qu'une censive, un simple 
fiet, déclarèrent « tenir féodalement suivant les fors, 
usages et coutumes de Bordeaux, de haut et puissant 
seigneur, messire Dominique de la Rochefoucauld, 
seigneur et abbé commendataire de l'abbaye de La 
Sauve-Majeure, à cause et pour raison du prieuré d'Ar- 
tolée, paroisse de Capian, membre dépendant de ladite 



(1) Arch. départ. : H., cartons O, S. B. — Je lis cependant dans VffiS' 
toire de la Grande-Sauve, que l'abbé Cirot a écrite en grande partie 
d'après le ms. de Du Laura et sans consulter beaucoup d'originaux : ce 
prieuré (Artolée) avait la dime de Capian^ mais les religieux l'abandon^ 
nèreni (!) aux Jésuites qui étaient prieurs de Capian (t. I, p. 372). 

(2) Hierosme Lopès, op, cit., t. II, p. 499 et suiv. 

(3) Arch. départ. : H., cartons O. S. B. 



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iMàkti 



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— 85 — 

abbaye de La Sauve », les terres de La Croix, de 
Lypence, d'Ardenne, de Monlun et de Ferran. Ces 
tenanciers étaient Jean Deylet, marchand du bourg de 
Paillet; M*" M® Paul de Caillavet, avocat en la Cour, 
dont nous avons déjà parlé; Jean de La Ville, labou- 
reur; Jean du Brocqua; Pierre Monnerie, marchand; 
Guillaume La Hore, laboureur; Simon Chastenet; le 
comte de Guislain; Hélène d'Abadie, veuve du S' du 
Mas, etc., etc. 

Les cens et rentes devaient être portés au prieuré, 
le jour de la fête de saint Martin (1). 

Je ne puis terminer sans remercier les personnes qui 
m'ont aidé à rassembler ces quelques notes. 

C'est ainsi que je dois un hommage de vive gratitude 
à MM. Brutails et Roborel de Climens, archiviste et 
sous-archiviste du département, qui m'ont obligeam- 
ment communiqué nombre de pièces intéressantes; à 
M. Dast de Boisville, membre du Conseil héraldique 
de France, à qui je dois. des éclaircissements généa- 
logiques et enfin à notre sympathique secrétaire, 
M. Emilien Piganeau, qui a mis à ma disposition plu- 
sieurs de ses croquis exécutés à Capian en mai 1879. 

Juin-juillet 1892. 

R. DE Manthé. 



(1) Arch. départ, : Communautés religieuses, U, 859. 



ToMB XVll. - Fasc. m. 



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EXCURSION DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 



DB 



BOiEM A mUiMllî Eî A B^ÎE 



luS 3 JUILIuST 1892 



La Société archéologique de Bordeaux, représentée 
par MM. F. Habasque, président, Âmtmann, Dagrant, 
Bardié, Flos, de Manthé et Girault, effectuait le 3 juillet 
1892, son excursion annuelle à Villandraut et à Uzeste, 
deux de nos localités des plus pittoresques et d'un 
grand intérêt archéologique. 

Conduits rapidement par les lignes de Bordeaux- 
Langon et Nizan-Villandraut, notre arrivée dans cette 
ville est accueillie avec curiosité; faut-il en accuser 
l'appareil du botaniste, ou celui plus mystérieux du 
photographe amateur, ou bien notre attention déjà 
mise en éveil par les ruines du château, par quelques 
balcons de remarquable ferronnerie du xviii* siècle, ou 
même par l'architecture doublement intéressante de la 
porte de l'hôtel où nous nous arrêtons quelques ins- 
tants ? 

D'autre part, constatons combien l'élégance et la gra- 
cieuseté si renommées des populations aquitaniques, 
n'ont rien perdu à Villandraut de leur réputation anti- 
que, tout en étant enveloppées du goût moderne • 



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— 88 — 

Le château de Viilandraut, objet actuel de notre 
visite, saisit par l'aspect imposant de sa masse, la dis- 
tribution de ses tours cylindriques colossales, à peine 
percées de quelques meurtrières, leur ample surface, 
chaudement colorée par le temps, est d'un beau brun 
doré émaillé en partie par le feuillage d'immenses 
lierres. Les tours surgissent de la verdure des grands 
arbres, elles s'élèvent des fossés larges et profonds qui 
entourent totalement le château; construites en appa- 
reil assez petit, aux assises multipliées, leur élévation 
ne serait pas moindre de 34 mètres dans l'état actuel ; 
leur solidité paraît encore vouloir défier les siècles. 

Le château présente six tours dont une est ruinée; 
disposées diagonalement sur les angles d'un carré, elles 
ne semblent tenir aux courtines de l'enceinte que par 
un cinquième seulement de leur circonférence; cette 
saillie vigoureuse leur donne un grand caractère et 
accuse leur utilité défensive. La face du côté de la 
ville présente au centre deux tours jumelles fort rap- 
prochées, avec redents défensils sur les courtines laté- 
rales, et quelques autres défenses avancées pour le 
pont-levis. La porte ogivale et le long et étroit passage 
auquel elle donne accès permettent de voir l'arrange- 
ment des portes, des herses avec leur haute coulisse, 
choses très bien combinées pour une solide résistance. 

La cour intérieure dans laquelle nous entrons est 
d'un aspect imposant par le pittoresque des anciens 
corps de logis ruinés, occupant le pourtour des trois 
faces opposées à l'entrée; des remaniements nombreux 
ont dû être effectués à diverses époques, comme plu- 
sieurs fois notre Président nous le fait remarquer. Il 
reste encore quelques parties ogivales : arcs, portes, 
fenêtres, colonnettes avec chapiteaux feuilles, bases 
moulurées, etc. Un perron à triple rampe conduisait à 



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^ 80 - 

ces parties ogivales témoignant encore de la somptuo- 
sité de cette cour d'honneur du château. 

Nous ne saurions entrer ici dans une description 
étendue (1); le sentiment artistique de notre collègue 
M. Amtmann y suppléera avec avantage par ses photo- 
graphies; M. Dagrant de son côté a pris quelques 
croquis. 

Nous avons ensuite parcouru l'intérieur des tours, 
où se trouvent des salles voûtées à huit nervures ogiva- 
les réunies au centre par une clef décorée de vigoureux 
et artistiques feuillages; on y voit aussi les ouvertures 
hautes et étroites des meurtrières, d'où Ton peut son- 
der les profondeurs desquelles s'élèvent les tours avec 
les talus de leurs bases; un petit réduit, chambre ou 
loge servant aux défenseurs du château, précède les 
meurtrières. Ces embrasures sont au nombre de trois 
par salle, une grande cheminée sur un des côtés, une 
porte basse, telle est la disposition générale. Le fond 
des cheminées est composé d'assises de tuiles plates 
posées en arête de poisson, alternant avec des rangées 
de tuiles creuses dressées sur leur côté, les unes et les 
autres vues par bout, de façon à présenter une résis- 
tance au feu çn même temps qu'une sorte de déco- 
ration. 

Quelques traces de peintures, simples filets de petit 
appareil décoratif, existent sur un enduit très dur, soit 
dans les salles, soit dans les escaliers des tours. 

Les escaliers, très bien conservés, ont, près des 
entrées, de petits réduits, dont les portes sont décorées 



(1) Le château de Villandraut a été amplemeDt décrit dans la « Guienne 
militaire', » de M. Léo Drouyn, t. I. le maître et doyen vénéré qu'il faut 
toujours citer au premier rang, quand il s'agit d'archéologie, d'histoire 
et d'art dam notre pays. 



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— 90 — 

de consoles ornées soutenant le linteau. Ces escaliers 
sont remarquablement distribués dans les mouvements 
divers de leurs emmarchements et donnent accès à 
des salles sans voûtes, aujourd'hui à ciel ouvert, puis 
aux chemins de ronde des courtines, et enfin au som- 
met des tours. 

A ces hauteurs, on a une vue splendide sur la ville 
et les forêts des landes que parcourt, caché sous le 
feuillage, le pittoresque Ciron. 

La plateforme des tours est entourée d'un petit mur; 
au pied de celui-ci, se voit une rangée de petits trous 
carrés, ayant dû servir à l'ajustement des charpentes 
des Hourds, formant tout à la fois le couronnement et 
la défense supérieure des tours; on n'y voit point tra- 
ces de mâchicoulis en maçonnerie. Des combles en 
poivrière devaient terminer ce couronnement, peut- 
être même les murs du pourtour des salles continués 
au-dessus des Hourds devaient-ils s'élever en un étage 
supérieur couvert d'une seconde toiture, ainsi devait 
exister un beau couronnement aujourd'hui disparu. Des 
Hourds ont dû également continuer le long des courti- 
nes, leurs toitures devaient se lier avec celles des corps 
de logis intérieurs, complétant ainsi un ensemble de 
couronnement défensif et pittoresque. 

Tout dans cet édifice contribuait donc à lui donner 
un caractère imposant bien digne de celui qui fut le 
pape Clément V. Disons encore que ce monument 
est considéré par M. Viollet-le-Duc « comme un type 
remarquable des châteaux de plaine au xiv* siècle ». 

Notre collègue M. Bardié, herborisant, nous signalait 
les plantes curieuses de la petite florule du château de 
Villandraut, elles contribuent pour une grande part à 
sa poésie pittoresque; c'étaient par exemple ces lierres 
gigantesques semblant ici faire corps avec les murail- 



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— 91 — 

les, ailleurs s'en détachant en tiges élancées, aux mul- 
tiples bras chargés de feuillages brillants; quelques 
uns, véritables phénomènes de végétation, dont les 
souches ont de 1 mètre à 1"25 de largeur, des tiges 
de 12 ou 20 à 30 centimètres d'épaisseur ou de diamè- 
tre, tout cela jouant de couleurs sur les surfaces, avec 
les pierres, les fleurs et le ciel. 

C'est en regrettant nos moments trop comptés que 
nous rentrons à Villandraut, après avoir signé le livre 
mémorial du château, mis en main des visiteurs parle 
propriétaire actuel, M. le Marquis de Pontevès-Sabran. 

A rhôtel un excellent déjeuner fut l'objet de notre 
satisfaction, et tout en discourant, nous communiquant 
nos observations, il fut émis le désir de trouver un 
moyen de se rencontrer en plus grand nombre. Natu- 
rellement, étant à table, l'idée d'un banquet annuel des 
membres de la Société archéologique de Bordeaux 
parut être, comme dans toute Société bien organisée, 
le moyen le plus facile et le plus efficace; proposé et 
adopté à l'unanimité, sauf future acceptation générale. 

Mais quel que soit le bien-être d'une bonne table bien 
servie, des Archéologues ne sauraient s'y attarder. 
Uzeste, second but de notre excursion nous sollicitait, 
car déjà du haut des tours du château de Villandraut, 
nous en avions vu le clocher s'élevant dans l'immense 
panorama où les forêts de pins étagent leurs lignes 
sinueusement découpées, jusqu'aux lointains de l'ho- 
rizon. Une voiture nous y conduisit à travers un 
paysage varié et verdoyant malgré la sécheresse de 
cette année 1892. 

Le bourg d'Uzeste se trouve dans un site plein de 
pittoresque et de fraîcheur qu'il doit à ses eaux vives. 
Sa célébrité lui vient d'avoir donné le jour à Bertrand 
de Got, qui devint le pape Clément V. La critique 



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— 92 — 

moderne rétablit aujourd'hui sur la mémoire de ce 
pontife une juste réhabilitation. Là il naquit (1), là il 
fut enseveli : dans cette église Notre-Dame d'Uzeste, 
où nous allions voir son tombeau. En faisant cette 
visite nous nous trouvions donc en pleine actualité 
historique et en même temps en présence de deux 
monuments de haute valeur archéologique et artis- 
tique, Téglise et la statue du pape Clément V. 

L'église Notre-Dame ou Sainte-Marie d'Uzeste appar- 
tient pour une grande partie au xiii* siècle, Tabside 
seule fut réédifiée par Clément V, lorsqu'il érigea 
Téglise en collégiale au xiv* siècle; le clocher, dans sa 
décoration extérieure, serait du xv® siècle, telles sont 
les dates apparentes. 

Mais les titres anciens mentionnent cette église dès 
le XII® siècle; certaines parties des murailles vers le 
transept peu accentué, des contreforts plats, un ap- 
pareil presque carré, la façade elle-même disposée 
comme celle d'une basilique latine avec pignon en 
surélévation sur les bas côtés; tout semble affirmer 
cette époque reculée. 

Dans la façade du bas côté sud, s'ouvre une très 
remarquable porte du xiii* siècle, sur le tympan de 
laquelle est représenté le couronnement de la Vierge, 
sujet fréquent en ce temps; il est ici d'une belle 
composition sculpturale, ainsi que le petit bas -relief 
de la frise du linteau, les feuillages des arcs, les mou- 
lures, la statuaire, présentant de nombreuses teintes 
de polychromie ancienne; tout dans cette porte est 
traité de main de maître, encore d'un bel aspect quoi- 



(1) Le lieu de naissaDce de Clément V étant fort controversé, et n'ayant 
connaissance d'aucun titre original le précisant, nous avons pensé devoir 
adopter Uzeste, comme étant, moralement^ le plus certain. 



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— sa- 
que fort mutilé par le temps et les hommes 
sommes heureux d'avoir, par notre collègue M 
mann , une photographie de ce précieux n 
archéologique. 

Sur cette même façade existe aussi une petite 
avec arc trilobé surbaissé, coupé dans une seule 
de fines colonnettes le supportent, leurs cha 
d'un seul rang de crochets feuilles, ainsi que lei 
aplaties à scoties refouillées, attestent les car 
et l'exécution soigneusement épurée et finie di 
mencement du beau xiii* siècle. Les fenêtres d 
côtés de la nef sont étroites, élevées ou dites 
cettes, caractère d'ancienneté. La surélévati 
murs de la nef centrale est percée de petites 
tures à vitraux, presque des oculus; on peut 
citer la rose de la façade principale, à huit m 
lobés, accompagnés par deux anneaux moulurés 
quadrilobe pour centre. La porte actuelle par; 
du xvii® siècle et doit masquer une ancienne en 

L'intérieur de l'église en fait un des édifie 
intéressants de la Gironde, par la dispositio 
grande nef et des voûtes; les travées principal 
sur plan carré, elles ont d'assez forts piliers e 
de fines colonnettes; elles se subdivisent chac 
deux travées secondaires, par un mince pili 
élancé cantonné de quatre colonnettes des plu 
cates, surmontées d'arcs moins élevés que celu 
travée principale; cet ensemble présente l'asj 
légèreté et de distinction du grand art au xiii' s 

Les arcs couvrant la nef partent de diverse 
teurs, donnant des croisements multipliés, 
prendre à la voûte un aspect de coupole à m 
exemple remarquable du caractère de transitioi 
tructive entre l'époque romane de nos c 



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— 94 — 

aquitaniques et l'époque ogivale dans notre pays. A 
ces caractères architectoniques, il faut joindre la re- 
cherche artistique sculpturale des chapiteaux variés 
placés à diverses hauteurs, quelques-uns même pa- 
raissant se rapporter au xii* siècle. Les bases des piliers 
et des colonnes largement étalées sur leur socle sont 
finement travaillées, présentant encore la scotie pro- 
fondément refouillée du commencement du xiii** siècle. 

Le dallage très irrégulier de Téglise présente une 
pierre avec inscription ; Tempatement de fondation des 
socles des piliers s'élève actuellement au-dessus du 
dallage; ceci semblerait indiquer qu'il existait autrefois 
un carrelage décoratif plus riche, probabilité possible, 
tant par le style du monument que par les libéralités 
de Clément V et de sa famille. 

Les voûtes du chœur sont surélevées par rapport à 
celles de la grande nef, dispositions que l'on peut rap- 
procher de celles de Saint- André de Bordeaux. 

Le chœur est lui-même entouré d'un déambulatoire; 
le peu de profondeur de l'abside fait supposer une 
reconstruction sur d'anciennes fondations ayant un 
plan roman; ces diverses parties supérieures appartien- 
nent dans leur ensemble et leurs détails, à là réédifica- 
tion par Clément V. 

Sur le côté nord, proche de l'entrée du clocher, on a 
transporté le tombeau d'un chevalier dont la statue 
mutilée existe encore; elle est revêtue d'une armure et 
du grand haubert formant coiffe maillée; par dessus, 
la cotte d'armes complète le costume; l'épée est rame- 
née en avant; l'écu, blasonné à gauche, un ceinturon 
avec rosaces achèvent l'ensemble du vêtement de che- 
valier; des traces de polychromie restent encore, mal- 
gré de regrettables lavages. 

Notre collègue M. de Manthé a pris un croquis du 



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— 95 — 

blason; on pourrait peut-être le lire : Une croix à cinq 
coquilles de pèlerin, cantonnée au deuxième et qua- 
trième d'un comble ou chef-retrait paie de deux égale- 
ment retrait; au premier et au troisième champ uni. 
Nous ne pensons pas qu'il y ait rien d'un cardinal neveu 
de Clément V, sous un costume aussi guerrier d'un 
chevalier du xiii® siècle. Actuellement la tête de la 
statue est cassée et mutilée, les mains sont jointes, les 
pieds et le bas des jambes manquent, l'écu est cassé. 
Cette statue en pierre est curieuse comme costume 
historique; elle est d'une bonne exécution sculpturale. 

Le tombeau du pape Clément V était autrefois, 
disent les historiens, placé dans le chœur en avant de 
l'autel. Il est aujourd'hui dans un recoin du transept, 
près de la porte du xiu'* siècle, place indigne pour un 
monument aussi important. Mal reconstruit, son ins- 
cription courante sur le talus de la corniche supé- 
rieure, se lirait bien difficilement. M. le Curé a bien 
voulu nous en rappeler la transcription et la traduction 
exactes. 

Ce tombeau dont les historiens décrivent la magni- 
ficence paraît aujourd'hui bien modeste : une base 
moulurée, le corps du sarcophage recouvert de plaques 
de marbre noir, une corniche en talus sur le pourtour 
de laquelle se développe Tépitaphe commémorative de 
la sépulture du Pape, en caractères remarquables du 
XIV* siècle; enfin la magistrale statue en marbre blanc 
du pape Clément V posée gisante sur la table formée 
par les plaques transversales portant l'inscription ; est- 
ce bien là ce que fut l'ensemble de ce monument? Nous 
ne pouvons le croire! Où sont les plaques d'albâtre et 
les colonnes de jaspe dont nous parlent les auteurs? 
celles-ci concouraient-elles à former un dais au-dessus 
de la statue ou bien isolées, portaient-elles un lumi- 



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— 96 — 

naire? ces lampes ou vases d'argent dont il est ques- 
tion dans plusieurs descriptions de ce tombeau. Les 
dimensions du sarcophage pourraient le faire supposer, 
en ce cas. Où en sont les restes? Des fouilles ne pour- 
raient-elles permettre d'en retrouver les débris? 

La statue elle-même n'était-elle posée sur une base 
ou socle intermédiaire avec la corniche du sarcophage? 
toutes questions dont Tétude archéologique paraît 
s'imposer et pour lesquelles de difficiles recherches 
devraient être faites. 

Mais l'œuvre principale, la statue du Pape Clé- 
ment V, est là; des iconoclastes de divers genres Tout 
mutilée sans l'anéantir, il en reste assez, beaucoup 
même pour la juger une belle œuvre d'art. La tête 
séparée du tronc est posée sur un coussin brodé, un 
riche vêtement sacerdotal enveloppe le corps, des bro- 
deries y sont ciselées, les pieds s'appuient sur une 
surface dressée verticalement, représentant à sa partie 
postérieure, en bas-relief, un dragon, un seul et non 
deux, morceau d'une vigoureuse exécution et d'un beau 
style. 

Pourquoi donc ne donner une plus grande attention 
à cette statue du pape Clément V, d'illustre mémoire, 
alors que l'on voit souvent de nos jours publier à grands 
frais les reproductions des moindres tronçons plus ou 
moins frustes des arts soi disant grecs, asiatiques, per- 
ses ou égyptiens? Certes on peut faire plus d'éloges 
de l'érudition qui les accompagne que de Tétat artis- 
tique des formes antiques dont on développe l'expli- 
cation. 

Notre art du moyen-âge n'est-il donc rien, et pour 
n'être point grecque, la statue du pape Clément V, 
encore bien conservée en grande partie, n'appartient- 
elle pas à un art d'un style élevé? Toute mutilée qu'elle 



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— 97 - 

est, on peut affirmer la haute valeur artistiqi 
œuvre du xiv* siècle. 

Ce n'est point en effet chose si fréquente c 
statue de cette époque, en marbre blanc, p 
que nature; la blancheur de la matière, sor 
et poli lui donnent déjà un certain caractère 
rite de la pose gisante, les mains sur la po 
draperies dont les plis sont largement et 
ornements accompagnant les diverses parti< 
tume attestent un art habile. Le dragon 
accroupi sous les pieds du Pape, sculpté en 
est un beau morceau de sculpture, dont la ce 
du corps, des ailes, des griffes, nous font r( 
tête; c'est encore ici une belle œuvre bien 
digne d'attention et d'être reproduite; elle 
une étude de plus près. 

Comment supposer qu'une famille opulen 
était celle de Bertrand de Got, aurait confié 
aussi importante à un sculpteur médiocre? 
œuvre est en province, si loin de Paris, dan 
desl!! C'est pour cela qu'elle est presque 
nous devons la tirer de l'oubli, la faire coi 
même pourquoi ne pas émettre le vœu de 
ration, de la mise à l'ancienne place de ce 
d'art, de ce monument historique de notre ] 
la France? Ne serait-ce point là une vraie réh 
d'une mémoire méconnue et calomniée, un 
à notre art national ? 

Notre art national, car nous croyons c< 
comme la disposition du tombeau lui-mêr 
française et non italienne. Les sculpteurs fi 
ont exécuté les statues et statuettes des po 
cathédrale Saint- André de Bordeaux, ces aut 
ments de Clément V, étaient, sans conteste, 



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— 98 — 

bles de faire œuvre d'un style élevé. Les matériaux 

eux-mêmes ont dû venir des Pyrénées, que Tévêque de 

Comminges, ainsi que sa famille, avaient bien connues. 

Le marbre blanc de Saint-Béat serait celui de la statue 

autant qu'il nous a été possible d'en juger; 

noir du socle et des tables, l'alabastrite, le 

plus ne sont point introuvables en ces con- 

înéennes. Sachons donc réhabiliter la gran- 

assé dans ce qui reste de Clément V d'Uzeste, 

e qui restera toujours grand dans Thistoire, 

)n tombeau et sa statue resteront dans l'art 

ne œuvre remarquable de notre génie artisti- 

r' siècle. 

5 d'Uzeste conserve encore en deux frag- 
5 ancienne statue de la Vierge dont une partie 
'église, le reste dehors, statue de grandeur 
de bon style encore polychromée, draperies 
ées; c'est là sans doute l'ancienne statue 
-Dame d'Uzeste ou tout au moins une très 
copie; sa conservation en permettrait le ré- 
snt. 

ors de l'église, du côté nord, nous pouvons, 
l'un ruisseau d'eau vive, examiner la masse 
u clocher. Des clochetons à contre-courbes 
ées le décorent, la flèche paraît petite, mais 
rades de style flamboyant sont très belles ; 
e soit l'apparence xv® siècle de ce clocher, 
)Ons que ces formes ne sont ici que l'enve- 
e couronnement de constructions beaucoup 
mnes; la base en effet est massive, une salle 
m beau caractère et du xiv* siècle mériterait 
iration complète, elle forme un premier étage 
îse même. Vu le moment des offices nous ne 
èctuer l'ascension du clocher. 



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- 99 — 

Pour compléter ceci, disons que dans 
postérieure avec les anciens Lauréats de 
philomathique, nous avons effectué Tascensi 
cher, grâce à l'extrême bienveillance du noi 
d'Uzeste, M. Tabbé Brun. Nous sommes Y 
constater ici son zèle archéologique , car 
recueilli quantité de fragments intéressants 
nant à Téglise et bien abandonnés, chapit 
beaux, coquille sculptée, etc. Nous avons pi 
le singulier appareil en petits matériaux 
base compacte du clocher. Ne pourrait-on 
restes de contruction antérieure au xiii* si 
être même de cet ancien château mention 
historiens ? 

Uzeste nous présente encore quelques suj 
logiques, tels : le blason de Bertrand de Go 
de six animaux, d'une cordelière entrelacée 
de coiffure au sommet de l'Ecu; ce préciei 
sculpture est au fond d'un jardin, encastn 
dans le massif de construction du bassin d 
source. Ailleurs, quelques maisons à crois 
siècle; un double portail géminé plein c 
auvent à toiture à deux versants du xviii* î 
grande porte revêtue d'une multitude de têt 
disposés en réseau. Les restes du bâtijnent d 
D'autre part, encore à Téglise, au sud-es 
d'une curieuse tourelle d'escalier, nous v 
sorte d'autel extérieur. 

Quelques rafraîchissements terminèrent 
courte visite à Uzeste, nous avions eu à suf 
lourde température orageuse, mais, soUiciti 
de sujets remarquables, faisant du bourg d 
centre archéologique de premier ordre , le t 
passé rapide, en présence de sujets d'étude 



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— 100 — 

es et archéologiques si variés; notre 
Lmtmann, avait photographié Téglise; 
t son cartable abondamment fourni de 
s nous revenions satisfaits de la bien- 
ion de notre président, M. Ilabasque, 
re bonne confraternité, mais regrettant 
1 de siècle si occupée, il ne nous soit 
LIS souvent de ces instants heureux dans 

A. GiRAULT. 



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LES 

GROTTES DE FERR/ 

COHHIUHE DE SAlHT'HIPPOLYTEkm&^m^iitiMn 

Par M. Em. PI6ANEAU 



Me promenant un jour, il y a déjà nombre cl 
dans les environs de Saint-Emilion, je suivais 
min de Saint-Laurent à Saint-Etienne-de-ljiss< 
je fis rencontre d'un bon paysan d'un certain i 
lequel j'engageai conversation. Il dut me 
d'abord pour quelque géomètre arpenteur, et 
lui montrant les croquis de mon album, je pus 
sa défiance, naturelle aux gens de campagne qu 
tent parfois l'expropriation forcée pour cause 
publique, quand dis-je, il fut convaincu que je 
rien de commun avec les agents du fisc ou du ( 
et que je ne m'occupais que de maisons antiqui 
demanda si je connaissais la grotte des Druù 
ma réponse négative (c'était la première fois c 
tendais cette dénomination dans le pays), il 
de m'y conduire, ce qui était facile, car no 
trouvions à une faible distance de là. Nature 
ma curiosité fut mise en éveil, et bientôt nous 
mes au souterrain puis il reprit son chemin, 
dans la grotte ; j'en explorai sommairement les 
principaux, et désirant pousser plus loin ma proi 

ToMi XVII. - Fasc. IV. 



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— 102 — 

je remontai le talus sans toutefois m'apercevoir que 
cette étrange grotte à corridors symétriquement dis- 
posés, était aussi accompagnée à droite et à gauche 
d'autres excavations tout aussi importantes. 

Ce mot de grotte des Druides travailla mon imagina- 
tion et je me rappelai que j'avais assez récemment 
transcrit, pour être publié dans le tome XV® de la 
Société des Archives historiques, un vieux manuscrit 
intitulé « Clironicon Vasatense, » Chronique bazadaise, 
écrit par Tarchidiacre Gérard Dupuy au commence- 
ment du xviii® siècle, 1706. 

Dans la préface en latin ampoulé de l'époque (toute 
la chronique est d'ailleurs en latin), l'auteur faisant 
mention des principales antiquités du pays réolais, 
parle du bourg appelé Hure « Urbs, » lisez a Urbis, 
RegulaB vicirius est vicus cui nomen Ure... cujus tamen 
nobilitatem innumera monumenta testantur ; » dont, 
de nombreux monuments attestent la noblesse. Après 
avoir décrit les mosaïques, pavimenta tesseîlata^ les 
fondations d'édifices, les colonnes de marbre, les hypo- 
caustes, fornices latsritii^ il ajoute : a Alius est in 
declivi collis ad septentrionem perforatus » in modum 
cratis a ex quibus convicio locum aliquando fuisse 
aliquando ibidem erectum templum cujus essent pavi- 
menta illa tessellata dicatum forsan Sanitati quam 
Grœci eupKovav (euriounan) appellant » et in quo nii- 
nistrarent \feteres illœ Druidas, C'est-à-dire, sur la 
déclivité de la colline vers le Nord, un souterrain en 
forme de claie où fut autrefois élevé un temple dédié 
peut être {forsan) à la Santé, divinité que les Grecs 
appellent « Euriounan » et dans lequel (temple ou 
souterrain), les Druides devaient exercer (il ne dit pas 
ministrabant, mais ministrarent), les cérémonies de 
leur culte. 



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' — 103 — 

Or, voyons d'ici le rapprochement : déclivité d 
colline; à Hure c'est au nord, à Ferrand c'est au 
aux deux endroits, couloirs coupés à angles droi 
modum cratis en forme de claie, et enfin a in 
ministrarent Druida); » à Ferrand comme à Hure ti 
tion du séjour des Druides. 

Je crus un peu téméraire, à l'inspection de ce 
terrain quadrillé, de penser que ce monument put 
attribué aux mystères druidiques quoique dans ce ] 
rocheux fort accidenté, encore couvert de taillis é 
et à plus forte raison entièrement boisé dans les te 
les plus éloignés de nous, ce souterrain dont j'a 
plus tard dans plusieurs visites postérieures exam 
l'étendue, convînt parfaitement aux mots a convie 
celeberrimuhi » du souterrain bazadais^ un grand non 
d'individus pouvaient s'y rendre, s'y renfermer en a 
cium^ en assemblée, conciliabule, pour discuter 
des intérêts de la tribu, soit de ceux de leur culte. 

Je signalai ma découverte à mes confrères d< 
Commission des monuments historiques (1) don 
venais d'être nommé membre. M. l'avocat feu L< 
Lussaud, un des fondateurs de notre Société naissa 
parut surpris, lui, nourri et élevé dans ces paraj 
d'apprendre l'existence dans un pays qu'il avait s 
vent parcouru, d'un monument ancien encore inco 
de lui. Mais notre éminent archéologue borde 
M. Léo Drouyn me dit en souriant que je parais 
attacher peut-être un peu trop d'importance à des a 
que lui-même d'ailleurs n'avait pas explorées. J'a 
hasardé le mot de souterrain refuge, caches, sinon d 
bigeois, du moins de protestants, analogues peut < 
aux grottes de Bourgognade près de Sainte-Foy, sig 
lées par M. Guinodie, aux souterrains de Puisseg 
cités par le même auteur et donnés par lui coir 



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— 104 — 

lieu d'abri au temps des persécutions contre les héré- 
tiques ; mais le mot de cai^es me fit tressaillir, car si 
end par le mot cave un cellier, c'est-à-dire un 
1 obscur destiné à renfermer des barriques, je 
vais admettre qu'un propriétaire fût assez 
3nt pour faire porter ses récoltes assez loin de 
citation entourée de vastes dépendances pour 
2;uer dans des cavités pratiquées sur le flanc, la 
é d'une colline, et où ne peuvent, qu'avec diffi- 
irculer des futailles au travers d'étroits corri- 
sposés, comme je l'ai dit, in modum cratis, 
it bien des cavités, mais non des caves dans 
ion ordinaire du mot. 

!Ste, ajoutait notre honorable ami, lisez le testa- 
i Béthoulaud. 

connaissais pas ce fameux testament qui ne fut 
que plus tard dans le tome XIX imprimé en 
)it environ dix ans après l'anecdote que je relate, 
je connaissais un certain M. Trimoullet, aujour- 
îcédé, le propriétaire de l'entrepôt établi dans 
; même de l'ancienne église paroissiale Saint- 
e Bordeaux, et M. Trimoullet me communiqua, 
îopie du testament devenue sa propriété, par 
\ rapports de famille, quelques passages sur 
; je reviendrai tout à l'heure, 
ici, je crois, le lieu de faire une description 
re du monument qui nous occupe, et que j'ai 
uis ma première visite, l'occasion de revoir 
; fois encore, notamment le 24 mars 1892 avec 
rs confrères du Club Alpin, en tète l'honorable 
»sellance, président de ce club, et alors maire 
ieaux. 

décembre 1868. 



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— 105 — 

C'est, ai-je dit, sur la déclivité méridionale d'un 
promontoire escarpé qui domine le chemin de Saint- 
Laurent à Saint-Etienne-de-Lisse, puis la 
et la grande route de Castillon à Berger 
encore la vallée de la Dordogne et enfin 
magnifique panorama, c'est là que se i 
souterrains dont deux hauts cyprès, émei 
frondaison épaisse, indiquent de loin la si 
cise. La commune est celle de Saint-Hipp< 
Ypoly ou Sent Poly dans les titres anci 
autrefois, était une des paroisses de la ji 
Saint-Emilion. 

A quelques centaines de pas, vers le 
trouve l'église du bourg et un peu plus le 
du chemin de Parsac est la maison noble 
qui a donné son nom à ces grottes, et au de 
ancienne famille dont plusieurs membre 
XVI* et xvii® siècles maires de la ville de L 

Les planches qui accompagnent ma no 
penseront d'une longue et minutieuse des( 

Le plan montre trois parties distinctes, 
milieu, le souterrain en forme de claie, à j 
chambres de formes et de dimensions d 
droite deux autres chambres oblongues 
demi-cercle, suivies d'une autre pièce qua< 
suit un long couloir auquel donnent accè 
corridors de largeur variable. 

Voyons le premier souterrain; au miliei 
un couloir d'environ 10 mètres, se rétr 
degrés, le point le plus étroit est d'un mi 
générale 2 mètres ou 2 mètres et demi 
central courant du sud au nord aboutit \ 
à un couloir dont les extrémités ne co 
avec les couloirs extrêmes que par de p 



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— 106 — 

tures larges d'un doigt disposées en pyramides, prati- 
quées dans l'épaisseur du rocher ; ces ouvertures qu'on 
pourrait appeler confessions vu Tanalogie avec les 
grilles d'un confessionnal, étaient-elles destinées à 
l'aération, ou à permettre aux personnes placées à ces 
différents points de communiquer par la parole, et de 
s'apercevoir un peu au besoin ? A droite et à gauche 
de ce couloir central d'autres couloirs parallèles com- 
muniquant entre eux par des couloirs verticaux sauf 
les deux du milieu ne débouchant pas dans le grand 
corridor du fond. En face de chaque débouché est une 
retraite tantôt demi-circulaire tantôt quadrilatère. 

Tous ces corridors, sauf celui de l'entrée, ne com- 
muniquent avec la prairie qui précède tout le monu- 
ment que par des évents, ou trous circulaires où l'on 
ne pourrait qu'avec peine, au travers des broussailles, 
pénétrer en rampant. Sans toutefois trop songer au 
fameux défilé des Thermopyles, ma première idée fut 
néanmoins que, renfermé, barricadé dans ces couloirs 
un petit nombre d'hommes déterminés aurait pu braver 
même avec avantage l'assaut d'un corps ennemi beau- 
coup plus nombreux. Cependant une idée m'arrêtait. 
Si Tennemi, au lieu d'exposer la vie de chaque assail- 
lant à l'entrée étroite du premier couloir, se fût avisé 
d'enfumer les rebelles, quelle issue auraient eu ceux- 
ci pour trouver leur salut dans la fuite ? Or j'avoue ne 
pas en avoir remarqué trace. 

Evidemment cet ensemble est d'un plan voulu, la 
voûte de ces corridors est tantôt convexe, tantôt 
carrée, tantôt encore rectangulaire avec retrait ; des 
niches de dispositions symétriques, mais de formes 
diverses, accompagnent ces couloirs et enfin des deux 
côtés du corridor central, des escaliers conduisent sur 
le plateau qu'entoure une muraille au milieu de 



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— 107 — 

laquelle est un portique. Voilà le groupe principal. 

A gauche, en retrait de la prairie, mon plan indique 
trois chambres : l'une affectant la forme d'un fer 
de cheval avec deux rangées de banquettes 
vante de forme crucifère, la dernière, à Toues 
*gue, pratiquée obliquement et dans un angle de 
j'ai cru apercevoir une fissure du rocher, sam 
dant m'arrêter à l'idée d'un couloir de fuite qi 
plutpt sa raison d'être à l'ensemble prem 
décrit. A dfoite du premier souterrain et ei 
retrait de la prairie, d'abord, deux chambres, 
peu près demi-circulaire, ovoïde si l'on veut, ^ 
niches symétriques, la suivante affecte une for 
cile à préciser comme géométrie; en vient ens 
carrée dont les angles sont garnis de banquett 
dies, et du centre de laquelle s'offre à l'œil ui 
resque perspective. Je m'en tiens là pour la 
tion de ces grottes, caves, ou excavations don 
n'a évidemment aucun rapport avec les vastes ( 
de Bourg, de Rauzan, de Daignac, de Saint-En 
d'ailleurs, pratiquées pour l'exploitation de h 

En avant, comme je l'ai dit, s'étend, ombrage 
grands arbres une prairie oblongue, étroite, où s 
le bassin carré d'une fontaine à laquelle on 
par deux escaliers ; le tout est muni d'une ba 
en pierre du xvii*' siècle. De la prairie, la côte 
en talus jusque sur la route ; elle est compl 
vignes. 

Puisqu'on a parlé du testament de Bétoulaud 
le t. XIX des Archives historiques, p. 386 et si 
D'abord, un mot sur le testateur Elie de Bé 
L'auteur de ces documents singuliers et curiei 
note qui précède la transcription du testament 
à Bordeaux, le 16 février 1650 ; il mourut vers 



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— 108 — 

janvier 1709 ; il était fils de Gabriel de Bétoulaud et de 
Jeanne de Forquier ; il avait un frère mort en 1708 (1) 
capitaine au régiment d'Artois et deux sœurs égale- 
ment nommées Marguerite ; Tune vivait religieuse au 
couvent des Annonciades', Tautre était morte veuve de 
Joseph de Marans, lieutenant -colonel au régiment de - 
Cotentin. La Bibliothèque historique de Duverdier, 
t. III, p. 438, cite deux cents vers d'un poète du xvi®, 
nommé Roland Betholaud. Le nom de famille des 
Lavauguyon était Bethoulat et Bethoulot, dont le chef 
André de Bethoulat, chevalier du Saint-Esprit, avait été 
fou et célèbre par son enthousiasme pour le grand roi. 
Quoi qu'il en soit, Elie de Béthoulaud avait fait inscrire 
ses armoiries dans TArmorial général de 1697 où 
elles sont blasonnées dans le registre de la noblesse : 
D'argent au peuplier arrache' de sinople à la bordure 
d'azur semée d'étoiles d'or. Ces armoiries n'ont rien de 
. commun avec celles des Lavauguyon. 

Le testament et le codicille d'Elie de Bétoulaud ont 
été analysés en 1806, dans le Bulletin polymathique, 
t. IV, p. 148 et t. V, p. 297, et plus tard, dans la 
première édition de l'Histoire de Bordeaux, par 
M. Bernadau. Plusieurs recueils de ses poésies ont été 
imprimées ; ce cependant aucune biographie moderne 
ne mentionne Elie de Bétoulaud que ses talents et ses 
relations intimes avec plusieurs des illustres du grand 
siècle, le P. Lacheze, Mlle Scudéry, Pelisson, Segrais, 
etc., etc., recommandaient à leur attention ». 

Le testateur Helie de Bétoulaud, écuyer, seigneur de 
Sainct-Poly (Saint Hippolyte), Ferrand et Jaugueblanc, 
commence par la formule ordinaire des testaments. 
Recommandant son âme à Dieu, il veut être enseveli 

(1) Ce frèrei cadet d'Elie, se nommait Gabriel comme son père. 



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— 109 — 

dans le tombeau de son cher et digne père, feu messire 
Gabriel de Bétoulaud, écuyer, seigneur de Sai 
conseiller au Parlement de Bordeaux. Ce tombe 
dans l'église Saint-Projet de Bordeaux; la fami 
tait cette paroisse. Dans le cas où le testatei 
derait à la campagne, il désire être ensev< 
l'église de SaintHippolyte, où repose déjà î 
Marguerite, veuve de messire Joseph de Marans. 
il mourut à Paris, en janvier 1709, je ne saiî 
restes furent transportés dans Tune ou l'autre ( 
églises. J'ai trouvé plusieurs fois dans les vieu 
très de Saint-Emilion, le nom de Gabriel de 
laud. En 1600, un Gabriel de Bétoulaud était 
jurât de Saint-Emilion, où il résidait, puisqu'il 
çait cette fonction municipale. Il devait être h 
père d'Elie. On le trouve figurant dans une se 
jurade du 1"' août 1586. 

Le testateur, possesseur, paraît-il, d'une 
fortune, fait de nombreux legs, d'abord à des 
sements religieux : Minimes, Capucins, Prêtn 
dais, de Bordeaux; une rente au curé de Saint-H 
pour une messe dont il indique la formule avec 
qu'il lui sera retranché 10 sous chaque fois 
manquera. 11 laisse ensuite 100 livres pour la 
tion du maître-autel de l'église Saint-Hippol) 
100 livres pour refondre la grosse cloche d 
église, laquelle cloche est cassée ; puis enc 
livres pour acheter une seconde cloche. L 
l'autre de ces cloches doit, à perpétuité, sonne 
jour de l'anniversaire de son décès. 

Vient ensuite la série des legs à ses parents 
teurs (il mourut célibataire); à sa sœur Mai 
religieuse aux Annonciades de Bordeaux, à soi 
de Rozzet de la Noguarède, aux dames de C 



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— 110 — 

religieuses, ses petites cousines, à son neveu à la mode 
de Bretagne, Jean-Antoine de Mons de Latour, à 
Raymond de Brach son cousin, à M"® de Mallet de la 
Jolie de Puyvalier, sa cousine, etc., etc., à M"** la 
présidente d'Aulède,il lègue le portrait de son ancienne 
et illustre amie M"*' de Scudéry; à la présidente 
Voluzan, il donne les tomes des conversations de 
M""* de Scudéry. Le testateur passe ensuite à la distri- 
bution de ses tableaux, pierres gravées, diamants, 
médailles, objets d'art, dont il s'était fait une riche 
collection. Ainsi, il donne à Tabbé de Bosquillon, de 
TAcadémie de Soissons, une Pallas, gravée sur un 
grand jaspe vert et un Apollon^ gravé avec un Marsyas 
sur un grand jaspe rouge ; au P. Lachaise, confesseur 
du roi, il laisse un Christ, gravé en relief sur un beau 
grenat de Syrie, une Piété et un Théophraste^ gravés 
sur cornaline. 

Le grand roi Louis XIV lui-même n'est pas oublié 
dans ces faveurs. Lisons ce passage : ce Et comme ce 
grand Roy , ma luy même honoré de ses grâces et de 
presens magnifiques, j'espère qu*il me pardonnera 
bien si tousjours plain de zelle pour luy jusques après 
ma mort, jose le supplier d'agréer que je luy donne un 
Didius Julianus et une Manlia Scantilla, gravés en 
relief sur deux grandes opales, un Bonnus éventas, gvdcwé 
sur un saphir blanc, une Victoire gravée surune agathe, 
qui escrit sur un bouclier, et un beau Dioscoride gravé 
sur une cornaline cerclée d'or ; au cas que je n'aye pas 
l'honneur de lui faire moy mesme avant ma mort ces 
petits presans qui seront d'abord remis à M. l'Inten- 
dant de la province pour les envoyer à Sa Majesté ». 

Le passage qui suit est aussi assez curieux pour être 
cité textuellement : « Mais comme ces marques de ma 
reconnoissance et de mon zelle pour ce grand Roy ne 



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— 111 — 

me semblent pas suffire encore et que d'ailleurs je 
souhaiterois de ranimer dans ma patrie Tamour presque 
éteint des belles lettres et quy ny ont este guère 
cultivées que par Villustre Paulin^ par le fameux 
Ausone^ par Michel de Montagne et par Moy (1), je 
donne et lègue pour tous les ans, à perpétuité, une 
bague de diamants de la valeur de 30 pistoles a celuy 
ou celle qui né ou née à Bourdeaux ou dans toute 
l'ancienne seneschaussée de Guyenne, aura au jugement 
de Messieurs de l'Académie françoise de Paris, composé 
à la louange d'une des plus belles actions de ce grand 
Roy, la plus belle pièce de poésie françoise, laquelle 
n'excédera pas quarante vers (2) et dans laquelle on 
sera obligé de dire un mot ou sous le nom de Bétoulaud 
ou sous celuy de Damon, de mon zelle éternel pour la 
gloire de ce grand roy sy digne d'admiration de tous les 
siècles... etc. » La pièce de vers devra être adressée à 
Paris, au secrétaire de l'Académie française, huit jours 
avant ou après la fête de Saint-Louis, et l'illustre 
Société décidera « en faveur de celuy ou de celle qui 
aura le mieux mérité le prix de ladite bague autour de 
laquelle je veux et entens que ces mots suivans : Prix 
DE l'Esprit soient gravés au dehors en lettres majus- 
cules avec la millezime de l'année au dedans pour la 
distinction de chacun des victorieux, etc. Un peu plus 
bas, on lit ceci : « Que s'il se passoit quelque année 
stérile pour l'esprit, où il ne se trouvast personne ou 
de Bordeaux ou de ladite seneschaussée de Guyenne 
qu'y eut travaillé pour ce prix, je veux et entens que 
les 30 pistoles destinées par an soient tousjours ajoutées 
au prix des années suivantes pour estre employées 



(1) Parmi toutes ces pierres gravées ne figure pas la modestie. 

(2) C'est bien court pour tant d'enthousiastae. 



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.— 112 — 

tout à la fois à une bague de diamant du montant de 
toute ladite somme sur laquelle je veux que les mesmes 
mots de Prix de Vesprit et de la millésime soient 
tousjours gravés en la manière que j'ay expliquée cy 
dessus et pour cet effect j'affecte et hypothèque par 
exprès à perpétuité Tachât de ladite bague de 30 pis- 
tolles par an sur les revenus de ma seigneurie de 
Jaugueblanc, près la ville de Libourne, neantmoins, 
avec la liberté à mes héritiers et successeurs de pouvoir 
a perpétuité libérer de c^tte charge ladite seigneurie 
et biens de Jaugueblanc en établissant du consente- 
mant de M. le Procureur général du roy la même 
charge sur tel autre fonds bien solvable qu'il leur plaira 
dans la seneschaussée de Guyenne ». 

Ici, arrive l'article concernant spécialement nos 
grottes : ce Je veux et entends aussy que mes héritiers 
et successeurs quy posséderont ma maison et seigneurie 
de Sainct-Poly, près de Saint-Emilion, soient tenus 
d'employer tous les ans la somme de 30 livres pour la 
propreté et l'entretien des grottes magnifiques que jay 
faites cruser comme des monumans éternels de la gloire 
du roy Louis-le-Grand^ dans les rochers qui sont près 
de ladite maison ». 

Voilà, je l'avoue, un passage bien fait pour arrêter 
l'exubérante imagination des éminents écrivains tels 
que l'auteur des Mystères du peuple^ Eugène Sue, des 
Alexandre Dumas, des Ponson du Terrail et autres, 
voilà qui fait évanouir ces sombres idées de sacrifices 
humains des Druides, ces retraites profondes de gens 
et de familles persécutés pour leur foi ; chrétiens des 
Catacombes, Eutychéens, Manichéens, Vaudois, Albi- 
geois, Huguenots, Camisards que sais-je : tout au plus 
si ces grottes auraient pu quelques jours servir de 
souterrain-refuge, de caches aux Girondins proscrits 



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— 113 — 

par la Montagne en 1793, et compagnons d'infortune ; 
Guadet, Salles, Louvet, Barbaroux, Buzot et Pétion 
qui, on le sait, errèrent plusieurs mois dans les grottes 
et carrières nombreuses dont est transpercé ce pays du 
Saint-Emilionnais. Cependant un point me frappe. Ces 
souterrains sont, paraît- il, des monuments éternels de 
la gloire du roi Louis le Grand. J'aurais cru, jusqu'ici, 
qu'à la gloire d'un grand homme, voire d'un grand roi, 
empereur souverain ou même président d'une Répu- 
blique, d'un personnage enfin éminent par sa vertu et 
sa science ou célèbre dans les arts et la littérature, 
j'aurais cru jusqu'ici, dis-je, qu'on élevait une statue, 
une colonne, un arc triomphal, un monument quel- 
conque, mais l'idée me paraît étrange de creuser un 
rocher comme hommage à sa gloire. Cette idée, aussi 
bizarre qu'elle puisse paraître, ne peut être permise 
qu'à un des quatre seuls poètes qui aient de tout temps 
illustré notre vieille Aquitaine. On a dit souvent des 
poètes qu'ils sont un peu toqués, moi, qui rîmeparfois,je 
n'oserais dire le contraire, mais je soupçonne fort Elie 
de Bétouland d'avoir directement hérité de son parent 
ou presque homonyme André, le chevalier du Saint- 
Esprit (ne pas lire sain esprit), dont je parlais tout à 
l'heure. 

Mais continuons le curieux testament dont les clauses 
et les articles sont à la charge de ses parents et héri- 
tiers, les de Mons de Latour, les dames Vimeney, les 
demoiselles Biès, le sieur Trimolet, parents paternels, 
(c'est ainsi que le Trimoulet que j'ai connu était 
possesseur d'une copie du testament) et autres parents 
maternels, etc. a Si mes héritiers passoient deux ans 
après mon décès sans donner au public ladite édition 
(de ses œuvres) dont ils doivent se faire honneur eux 
mesmes, je donne et lègue la somme de 3,000 livres à 



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— 114 — 

l'hospîtal Saint-André de Bordeaux. Je veux aussi qu'il 
soit mis sur ma sépulture une grande tombe de marbre 
noir sur laquelle je veux que cette épitaphe soit gravée : 
oc Mémorise aeternae hic jacentis clarissimi viri Haeliae 
Betolaudi equitis burdigalensis morum comitateingenii 
dotibus nec non musarum amore percelebris obiit — 
die — mensis — anno ». Traduction de Bernadau : 
A Téternel souvenir de l'illustre Elie de Bétoulaud, 
gentilhomme bordelais, recommandable par la douceur 
de ses mœurs, par les qualités de son esprit et par son 
amour pour les Muses. Il mourut le — mois — an. 

a Si mes héritiers negligeoint de le faire trois mois 
après mon (ieces je donne et lègue 50 écus au curé de 
la paroisse où je serai enterré pour le faire faire ». 

11 nomme pour exécuteur testamentaire messire 
Sarran de Canoles, seigneur de Lescours,et lui fait don 
d'un cheval de 50 pistoles. 

Ce testament passé dans la maison noble de Saint- 
Poly, le 24 novembre 1705, revêtu des armes du testa- 
teur et à chaque page de sa signature, fut déposé à 
Bordeaux, en présence de sept témoins, le 18 jan- 
vier 1706, entre les mains de M® François Vivans, 
notaire, rue Saint-James. Ce testament est suivi d'un 
codicille où se trouvent aussi de curieux articles. Pour 
témoigner sa reconnaissance au grand Roi, il veut 
que le « magnifique livre de médailles de son glorieux 
règne que le Roi lui a donné, soit, six jours après son 
décès, remis par ses héritiers à Messieurs du Parlement 
de Bordeaux, « persuadé qu'ils voudront bien me faire 
» la grâce de l'accepter et qu'un corps si illustre se fera 
» honneur de conserver et de relire à jamais cette 
» précieuse histoire du plus grand Roy du monde, aussi 
» fameux par ses vertus que par ses victoires, etc., 
Et, comme depuis ce temps-là, ce grand Roy... m'a 



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— 115 — 

fait encore Thoonçur de me donner et de m'envoyer sa 
grande, belle et riche médaille d'or, du poids de plus 
de soixante louis d'or, où il est gravé en relief d'un costé 
et où M^*" le Dauphin son fils et M^^ le duc de Bour- 
gogne et le roi d'Espagne Philippe V, et M^*" le duc de 
Berry, ces trois petits enfants sont gravés de l'autre, 
voyant que cette précieuse et admirable médaille ne 
scauroit, quelque désir que j'en eusse, estre conservée 
dans ma famille de mon nom et armes puisqu'elle 
manque et par moy qui n'ai point esté marié et par 
messiie Gabriel de Betoulaud, mon frère unique qui 
vient de mourir sans avoir esté marié aussi, et crai- 
gnant d'ailleurs qu'elle ne fut gardée par mes héritiers 
et successeurs ny aussy longtemps ny avec autant de 
soin que je le dois souhaiter, je veux et entens quelle 
soit remise par mes héritiers dix jours après mon 
décès à Messieurs les maire, sous-maire et jurats de 
la ville de Bourdeaux a qui je la donne et lègue pour 
estre inâliénablement et a jamais gardée et conservée 
par eux dans leur Trésor avec tout le soin, toute la 
propreté et toute la vigilance possible, non seulement 
comme un presant illustre et précieux d'un compa- 
triote qui ne leur a pas fait de déshonneur, mais encore 
comme une source de gloire et de bonheur pour leur 
ville, et de plus, comme un monumant rare pour la 
conservation duquel il n'est ny biens ny vies qu'ils ne 
doivent sacrifier » (1). Plus bas, Betoulaud ajoute : a Et 
afin qu'on puisse a jamais rendre en quelque sorte a 
cest auguste et fidelle portrait du plus grand Uoy du 
monde, Ihonneur qui luy est deu, je prie M. le Maire 

(1) Peut-on pousser plus loin l'admiration, on peut dire le fanatisme 
pour un grand Roi dont le long règne, malgré ses victoires, ses 
conquêtes et Télan donné aux arts, sciences et belles-lettres est néan- 
moins entaché par la révocation de Tédit de Nantes et les dragonnades ? 



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— 116 — 

et en son absence M. le sous-maire et en l'absence de 
l'un et de l'autre, M. le plus ancien des jurats, 
gentilshommes de la ville de porter, comme je lai 
porté moy même, a perpétuité sur leur habit et 
au-dessus du cœur cette précieuse médaille, le 
cinquième de septembre, jour de la naissance du Roy, 
le quatorzième de may, jour de son avènement à la 
couronne, et le 25 aoust, jour et feste de Saint-Louis, 
roy de France... de la porter aussi, s'ils le trouvent a 
propos, les jours des plus grandes cérémonies pour les 
rendre encore plus éclatantes par la beauté et la 
richesse de cette incomparable médaille ». 

Après avoir de nouveau recommandé au maire et 
Jurats d'entretenir la fondation de son prix de poésie, 
il dépose entre les mains de son ami et voisin M. 
Bentzman, chanoine de Saint- André, ce codicille daté 
du 20 janvier 1706, écrit dans son domicile de Bor- 
deaux paroisse de Saint-Projet. 

L'acte de clôture dudit codicille est daté dil 21 jan- 
vier 1706, reçu par Vivants notaire. L'acte d'ouverture 
devant monsieur le lieutenant particulier au sénéchal 
de Bordeaux en l'absence du lieutenant général est 
daté du 28 février 1709. 

a Quoiqu'il laissât une grande fortyne, dit la notice 
du bulletin polymathique année 1807, p. 156, la multi- 
plicité des legs dont elle était grevée, l'embarras 
d'opérer la délivrance de ceux qui étaient assujettis à 
des conditions insolites et plusieurs autres circons- 
tances firent sans doute craindre que sa succession ne 
devînt onéreuse. En conséquence, son héritier déclara 
l'accepter sous bénéfice d'inventaire ainsi qu'il résulte 
d'un acte notarié, en date du 9 mars 1709. » 

Voilà l'homme fortuné, l'ardent admirateur de 
Louis XIV, le riche testateur; un mot maintenant du 



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— 117 ~ 

poète, le seul émule d'Ausone, de Paulin et de Michel 
Montagne. Les poésies d'Elie de Bétoulaud s< 
presque toutes inédites excepté six pièces in 
Lefort de la Morinière dans le tome III de 
thèque poétique et parmi lesquelles on trou\ 
long poème sur les Caméléons de M"** de Se 
connaît aussi un recueil format petit in-4'' 
47 pages intitulé Discours en vers de M. 
publié sans date et sans nom d'imprimeur. 

C'est, dit Bernadau, un recueil de sal 
morales et littéraires aussi médiocres que 
ont été publiées à Rouen, en 1687 par L. Pc 
tin polym.) déjà cité, p. 149. 

Dans la 3® partie de son histoire de Bo 
consacrée à la biographie et bibliographie, 
parle ainsi de notre auteur : a Si Bétoulauc 
un écrivain distingué, il n'en mérite pas m( 
recommandé au souvenir de ses concitoy 
qu'il fonda en leur faveur un prix perpétuel 
dont ils n'ont pas joui par le seul fait des \\i 
fondateur ». 

La bibliothèque du château de la Brède p 
in-folio manuscrit contenant les œuvres d 
Bétoulaud. Feu M. le vicomte Jules de Gère 
chargé par M. le baron de Montesquieu, aus 
de préparer pour la publication dans les Arc 
toriques, l'impression de ces poésies. 

Le 19 décembre 1722, l'Académie françaisi 
à juger trois pièces de vers envoyées de Bore 
le prix Bétoulaud, adjugea le prix à une pièce 
sur l'Extinction du duel. 

Le 19 mars 1723 M. Bernard Roborel de 
avocat au Parlement, fils de M. Roborel d< 

ToMi XVII. - Fasc. IV. 



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— 118 — 

aussi avocat et d'Anne Tanesse (1) demeurant rue et 
paroisse Sainte-Eulalie, fit signifier par huissier à 
messieurs de Mons de Latour neveux et héritiers d'Elie 
de Bétoulaud une sommation contenant l'extrait du 
testament, et un extrait des registres de TAcadémie, 
d'où il résultait que le requérant, auteur de la pièce 
couronnée, demandait aux héritiers de faire verser la 
somme nécçssaire pour faire une bague de la valeur 
d'autant de fois 300 livres qu'il s'était écoulé d'années 
depuis la mort du testateur (1709 à 1722, treize ans), 
soit 3,900 livres. Les héritiers de Mons n'acquiescè- 
rent point à la demande, offrant toutefois de payer les 
deux dernières années en argent monnayé, mais allé- 
guant que ce n'était point leur faute si les billets de la 
banque de Law qu'ils avaient tenus à la disposition des 
lauréats, avaient perdu de leur valeur, et s'il n'y avait 
pas eu de concours jusqu'alors. 

Le 3 juillet 1723 M. Roborel s'adressa au cardinal 
Dubois pour faire évoquer à Paris le procès que Ber- 
nadau, dans sa notice, paraît n'avoir pas connu, quand 
il dit : ce Cependant, rien n'atteste que ce prix ait 
été décerné à aucun poète bordelais, et qu'un poète 
bordelais se propose de se présenter cette année (1806 
ou 1807) au concours à l'Institut avec une copie du 
testament de M. de Bétoulaud », et réclamer par consé- 
quent le paiement de ce prix capitalisé de 1709 à 1806 
soit 28,500 fr. 

Dans sa seconde édition de Thistoire de Bordeaux, 
Bernadau se montre envers Bétoulaud plus sévère que 
dans sa première édition. Il le représente maintenant 
comme un obscur avocat, cité par Fléchier comme 



(1) Voici l'origine de la dénomination de lu rue Tanesse, où un terrain 
appartenait à cette famille. 



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— 119 — 

médaïlliste^ auteur d'un discours en vers qu'on aurait 
pu intituler discours en prose sans faire de contre-sens, 
et dit enfin qu'on a imprimé son éloge plus rare que 
curieux selon \e sottisier de M. de Raoul. 

Quant à M. Roborel de Climens, avocat, né à I 
en 1692, orateur et poète, membre de l'Acadér 
Bordeaux en juin 1716, il publia un panégyriq 
Louis XIV, plusieurs pièces de vers imprimées d 
Mercure^ jurât de Bordeaux en 1748 il vivait enc( 
1775 (note Archives hist., t. XIX, p. 401). 

Nous connaissons tous un de ses descenc 
homme aussi distingué par sa science que pa 
aménité, et notre ami commun . 

J'ignore ce qui s'en suivit du procès de 1723, 
ami précité pourrait peut-être nous renseigner 
sujet. 

Je reviens aux grottes, éternels monuments 
gloire de Louis XIV. Au dessus de Tévent du pr 
corridor à droite de l'entrée principale de la par 
modum cratiSy on lit gravé profondément dai 
rocher et en grandes majuscules les mots ET M 
ET OTIO. 

Une seconde inscription sur la paroi occidenta 
rocher dans le même couloir est ainsi conçue: OLI 
MVSIS ET OTIO NVNG AMORI ET VENERI. 

Sur une troisième presque incompréhensible, 
ITASIES 1778. 

Et enfin une dernière porte HODIE NON OTIO 
MVSIS. 

D'où l'on pourrait conclure qu'après que les J 
se furent quelque temps reposées à l'ombre de ce 
terrain séjour, les appréhensions d'Elie de Bétoi 
ne s'étaient que trop réalisées. Il s'était passé 
années stériles pour l'esprit et c'étaient Cupidon c 



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— J20 — 

auguste mère qui avaient pris possession du sombre 
logis et surtout de la verdoyante prairie, où le peintre 
Boucher eût pu trouver un joli pendant à son déjeuner 
sur r herbe. 

Mais sans doute aussi. les héritiers avaient négligé 
d'employer les trente livres annuelles destinées à la 
propreté' et à l'entretien de ces monuments éternels de la 
gloire du grand roi, et Vénus dut à son tour dans ces 
couloirs, devenus par les suintements de la roche, 
humides et fangeux, craindre de salir son écharpe 
divine, comme les belles mondaines qui la représen- 
taient au xviu* siècle, avaient peur de détériorer le 
satin de leurs belles robes; celles-ci préférèrent leurs 
boudoirs plus luxueux et les Muses moins coquettes 
revinrent à leur premier domicile jusqu'au jour sans 
doute où elles s'éclipsèrent sans retour à la vue d'un 
cerf, quelque descendant d'Actéon, qui, selon la tradi- 
tion que j'ai apprise tout récemment, venait dans ce 
souterrain refuge échapper aux meutes et aux armes 
des chasseurs. L'animal pris enfin, dut servir à quelque 
joyeux banquet et son bois orne encore aujourd'hui le 
portail d'entrée de la gentilhommière de Ferrand. 

Une descendante des de Mons de la Tour mariée 
toute jeune, à 15 ans, je crois, à un vieux baron de 
Pichon, vécut, à ce que j'ai ouï dire dans le pays, quel- 
que temps en Amérique ou à Paris. Devenue veuve, elle 
épousa M. Fornerod qui fut par ce mariage propriétaire 
du château de Lescours à Saint- Sulpice-de-Faleyrens; 
lequel château ayant depuis passé en plusieurs mains, 
a maintenant à peu près perdu tout son cachet primitif. 

De tout ce qui précède, et après le texte pourtant 
bien explicite du testament : ce Les magnifiques grottes 
que j'ai faites cruzcr... dans les rochers qui sont près 
de ladite maison de Ferrand ; » malgré que ce soient 



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— 121 — 

là des monuments éternels de la gloire du grand roi je 
me demande encore s'il n'y avait pas déjà primitive- 
ment en ce lieu quelque antre, quelque sou 
excavation quelconque que, dans son entho 
poétique tout autant que bizarre, Elle de Bé 
aura accommodé, revu corrigé et augmenté 
gloire de son roi. Fantaisie bizarre, je le repèt 
sable pour un génie incompris dont l'ingrate \ 
a oublié de mettre les œuvres à côté de c( 
Paulin, de Montaigne, et d'Ausone. 

Je voudrais avoir l'occasion de visiter les ca< 
environs de Sainte-Foy, celles de Bourgogi 
souterrain de Puisseguin, les autres souterrai 
positivement comme refuges dans le Poitou, X^ 
l'Albigeois et autres parties de la France,- po 
une comparaison, mais en attendant, acceptor 
qu'elles nous sont présentées, les grottes de f 
non pas érigées mais creusées comme des mor 
éternels à la gloire du grand Roi Louis XIV; i 
ce premier des quarante vers couronnés en 17î 

Ombre de Bétoulaud, dans l'ardeur qui me presse.... 

Je m'empresse de terminer pour envoyer c( 
ques lignes à notre excellent secrétaire généi 
l'imprimeur, et enfin de remercier d'avance les 
qui m'auront fait l'honneur de les lire. 



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ÉTUDES PALÉO-ARCHÉOLOGIQUES 

SUR 

L'AGE DU BRONZ] 

SPÉCIALEMENT EN GIRONDE 

Par le D>- Ernest BERCHON 

Ancien Médecin principal de /»• classe de la Marine, 
Secrétaire général de la Société Archéologique, 



CONCLUSIONS 



Quelques amis m'ont fait remarquer que mon étu( 
sur l'âge du bronze ne précisait pas assez les co 
clusions qui peuvent être la conséquence des fai 
observés et m'ont engagé à combler ce qu'ils cons 
déraient comme une lacune de mon travail. 

Je me rends à leur désir tout en faisant observer qi 
plusieurs de leurs demandes ont été abordées dans 
cours de mon œuvre, et que si toutes n'ont pas é 
satisfaites, on doit surtout s'en prendre à la nature ( 
sujet. 

S'il est difficile, en effet, de rassembler tout ce q 
constitue Tage du bronze dans une région, il est enco 
plus ardu d'établir quels sont les résultats généraux i 
ces découvertes quand on doit renoncer à trouver 
solution des problèmes que soulèvent ces questioi 
dans les ouvrages et les monuments du passé. 



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— 124 — 

Ce fut là, pourtant, Tunique source des renseigne- 
ments recueillis par un grand nombre des auteurs que 
les premières trouvailles d'objets des âges de ,1a pierre 
et du bronze surprirent, au plus haut point, au com- 
mencement de ce siècle et même peu avant notre 
temps. 

Je Tai déjà fait remarquer dans la partie rétrospec- 
tive de mon étude et après avoir, moi aussi, fouillé ce 
passé et même réuni de bien nombreux documents sur 
ce qui pouvait servir de terme de comparaison entre 
les objets préhistoriques et les ustensiles ou armes des 
anciens, j'ai dû renoncer à poursuivre cesfîlons d'inves- 
tigation qui conduisaient la plupart des archéologues, 
surtout de 1825 à 1850, à rattacher tous ces objets aux 
engins d'haste et de jet des guerres gallo-romaines. 

On doit faire ensuite cette observation importante 
qu'il est nécessaire d'établir une distinction entre les 
objets en bronze avant d'en rechercher l'origine et 
l'histoire. Il en est qui sont relativement modernes ou 
difficiles à distinguer des spécimens plus anciens et qui, 
d'ailleurs, ont été décrits et figurés, tels que les fibules, 
agrafes, torques et en général les objets d'ornement 
de ce métal. 

C'est au contraire de ce qu'on désigne surtout sous 
le nom particulier d'instruments de bronze qu'il faut 
s'occuper, parce qu'en réalité l'utilisation de ces objets 
échappe aux recherches de l'érudition ordinaire. 

Je ne chercherai point, néanmoins, à revenir sur le 
début même du bronze, c'est-à-dire de la connaissance 
de l'alliage de l'étain et du cuivre qui porte ce nom. 
Toutes les découvertes humaines ont une première 
apparition très obscure. Ce qu'on peut supposer c'est 
que l'homme attentif n'a pu se rendre maître de ce 
secret que dans les pays où les matières premières 



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— 125 — 

étaient assez abondantes. Et, dès lors, un premier 
problème se pose : quel est ce point d'origine ? Est- 
unique, ou faut-il admettre plusieurs lieux de fabrici 
tion? on doit ensuite, dans Thypothèse d'un cent 
isolé, chercher à expliquer comment l'invention à é 
connue et comment elle s'est propagée dans les contrée 
éloignées de ce centre. 

La première doctrine, grâce aux travaux de M. ( 
Mortillet, celle d'un centre principal de création, 
triomphé de nos jours et il faut remarquer qu'el 
paraît la plus rationnelle. L'étain est rare dans l'oue 
du vieux continent, c'est-à-dire en Europe. 11 est, i 
contraire, abondant dans l'extrême Orient et l'Asie q 
semble avoir été le berceau du genre humain, mais ce 
n'exclut pas, loin de là, d'après nous, les fabricatioi 
multiples ou locales. Le point important était Vim^ei 
tion du bronze, la science de la proportion des dei 
métaux qui le composent. Une fois cette connaissant 
acquise, l'homme devait en rechercher Tapplicatic 
partout, ce qui fait que plusieurs pays ont été propos^ 
comme points d'origine : Le Caucase, l'Espagne, l 
îles Britanniqueset spécialement les îles Scilly nommé< 
précisément par les anciens les îles de l'étain ou Cass 
térides. 

C'est donc d'Asie que nous sont venus les premie 
bronzes ou les éléments de cette matière, et nouspe 
sons qu'une fois parvenus dans la Méditerranée ils i 
répandirent surtout par les voies de mer, qui ont e 
dès les premiers âges, un développement beaucoup pb 
grand qu*on ne le croit généralement. 

Nous avons en effet été toujours frappé du rôle joi 
par le cabotage dans les relations ethniques. Les voi< 
de terre furent jusqu'à notre époque toujours pli 
lentes, semées de dangers de tout genre. Il était difl 



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— i26 — 

cile d'y recourir pour toute marchandise d'un volume 
ou d'un poids notables, et si c'était ici le lieu de géné- 
raliser cette idée, les preuves afflueraient car on y 
pourrait comprendre jusqu'au voyage de Colon en Amé- 
rique sur des caravelles qui n'avaient guère plus de 
solidité et d'ampleur que les navires anciens, jusqu'aux 
embarcations légères qui servirent au peuplement des 
îles océaniennes, sans énumérer longuement les périples 
anciens et ceux des premiers navigateurs de tous les 
âges. 

Je ne veux pas dire, bien certainement, que la voie 
maritime ait été la seule qu'ait suivie le bronze venu du 
fond de l'Asie. Il s'est aussi propagé par terre plus len- 
tement, principalement par la Perse, la Chaldée. Mais 
l'Egypte a servi plutôt d'intermédiaire au début, car 
c'est de ses ports que l'invention nouvelle s'est surtout 
répandue par les commerçants de Tyr et de Sidon. A 
partir de ce point, le cabotage de la Méditerranée et 
des mers qui l'avoisinent a été la voie la plus ordinai- 
rement suivie, soit dans la mer Noire, au Caucase, soit 
vers l'Espagne et la France pour s'étendre, ensuite 
dans tous les points que visita le commerce phénicien. 

Plus lentement se faisaient les transports de l'inven- 
tion et des matières premières par d'autres voies, 
celles de toutes les migrations humaines vers l'ouest, 
par les vallées du Volga, du Danube, du Rhône, mais 
l'existence de l'étain en Espagne a dû favoriser extrê- 
mement ce genre de commerce vers ce pays et au delà, 
car on ne doit pas oublier qu'on retrouve de nos jours 
en Andalousie, spécialement à Cadix, les preuves de 
l'importance extrême des relations phéniciennes en ce 
pays. 

C'est par cette voie que la Gironde a dû recevoir 
les premiers bronzes, et voici quelles sont les bases de 
notre conviction. 



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— 127 - 

C'est d'abord la concentration des trouvailles dans la 
partie toute maritime du Médoc, à Test des terres qui 
iforment, en réalité, un brise-lames si favorable à la pro- 
tection des navires contre la mer et le vent dans cette 
portion inhospitalière de nos côtes. Le sol de cette 
péninsule est presque pavé de cachettes tandis que le 
reste du département n'a fourni que des découvertes 
peu nombreuses et isolées. 

Un second argument naît de la rareté du bronze dans 
tous les départements voisins du sud-ouest de la France : 
Charente-Inférieure, Charente, Dordogne, Landes. Les 
recherches de MM. Fleuriau de Bellevue, Lesson, Mau- 
fras, Chauvet, de Laporterie et bien d'autres le démon- 
trent. Les gisements y sont également isolés et en petit 
nombre. 

Les cartes dressées par plusieurs anthropologistes et 
spécialement par M. Chantre ne signalent, de plus, 
qu'une infime indication de l'existence du bronze dans 
le massif central de la France et M. Cartailhac, un bon 
juge, faisait dernièrement la même remarque pour le 
Cantal. Là, encore, le mouvement du commerce, comme 
celui des émigrations humaines, a suivi surtout les 
fleuves et, en face de cette rareté d'objets doit être 
opposée son abondance sur les côtes françaises de Bre- 
tagne, sur rOcéan, la Manche, comme dans les îles 
Britanniques et les pays de l'extrême nord européen. 

Chose assez singulière et sur laquelle on ne me paraît 
pas avoir beaucoup insisté, chacun des trois parcours 
principaux que j'ai indiqués : Le Méditerranéen, le Danu- 
bien et rOuralien semble être caractérisé par des 
espèces particulières d'objets de l'âge du bronze et 
particulièrement des haches. 

Comme le montre notre inventaire, les haches giron- 
dines, ainsi que celles du Portugal et de l'Espagne sont 



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— 128 — 

massives. C'est principalement la hachle dite à bords 
droits et que j'ai cru devoir nommer, pour plus de pré- 
cision, hache à double coulisse entière. Elle est, en 
effet, dans une proportion tout à fait prépondérante 
relativement aux autres formes de haches dans les 
nombreuses cachettes du Médoc. Après elle viennent 
les haches à talon, puis celles de ces dernières qui sont 
pourvues d'un anneau latéral; quant aux haches à 
douille, elles ne figurent qu'à l'état d'exception raris- 
sime et sont même très inférieures, en nonibre, aux 
haches de cuivre ou des premiers essais, ainsi que le 
prouvent nos tableaux. Il en est ainsi des haches à 
ailerons, et l'on n'y a pas encore trouvé des haches 
ornées de dessins. 

Dans le bassin du Rhône, branche de la voie médi- 
terranéenne, le type à talon est aussi plus rare que 
celui à double coulisse ; mais on y rencontre davantage 
la hache à aileron et la hache à douille est fort rare (1). 

Il en est tout autrement en Suisse dont les relations 
avec le bassin du Rhône devaient pourtant, a priori^ 
avoir été fréquentes. Le type médocain, à double coulisse 
entière, n'y a jamais été rencontré que très excep- 
tionnellement, ainsi que les haches à douille. Le type 
le plus commun, dans la proportion de 70 0/0, d'après 
M. le D''Gross,est celui à double ailerons recourbés sur 
le manche avec boucle latérale. Point de haches riche- 
ment ornées de dessins, comme du reste dans les spéci- 
mens méditerranéens déjà indiqués. 

Si l'on étudie, d'autre part, les dépôts si nombreux 
des bronzesen Bretagne, en Normandie ou sur les côtes 
de la Manche qui ont eu des rapports commerciaux si 
anciens avec l'Angleterre, c'est la hache à douille qui 

(1) Chantre. 



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— 129 — 

domine absolument, atteignant les chiffres de plusieurs 
centaines pardépôt et les dimensions les plus variables, 
depuis moins de 3 centimètres jusqu'à 18. On y a 
recueilli également des haches à talon plus nombreuses 
en Bretagne, surtout dans les régions Océaniques. 

En Angleterre, d'après M. Evans, les haches riche- 
ment ornées ne sont pas rares, au contraire, et affectent 
tous les types, à l'exception pourtant des haches à 
corps rétréci et à tranchant élargi et arrondi; plusieurs 
caractères peuvent servir à y distinguer les haches 
d'Irlande et d'Ecosse plus différentes des haches de 
France que celles des côtes sud de FAngleterre. Mais on 
ne peut encore que signaler ces différences, retrouvées 
en Suède et Norwège où les haches ornées sont plus 
nombreuses, et il paraît, en résumé, qu'une fois connue 
dans des pays différents l'industrie du bronze a pu 
subir les modifications de fabrication locale, comme 
l'industrie des poteries, et celles d'un grand nombre 
d'autres variétés tout aussi caractérisées et singulières 
dans les objets à usage, ou de toilette, dans les armes 
et même les vêtements du mobilier humain. 

Or, ces différences ne peuvent pas s'expliquer par 
l'arrivée d'un peuple connaissant le bronze et en appor- 
tant partout des spécimens à lui connus. 

Il faut tenir également compte de ce fait que les 
habitants de l'ouest de l'Europe, ceux de l'âge de la 
pierre, même polie, étaient à un degré fort inférieur 
de civilisation quand arrivèrent les marchands connais- 
sant le bronze. 

Or, les Phéniciens n'ont jamais joué, d'autre part, le 
rôle d'introducteurs ou d'initiateurs des arts près des 
peuples qu'ils visitèrent. Gomme l'ont dit dernièrement, 
avec raison, MM. Perrot et Chipiez, ils furent surtout, 
d'abord, les entrepositaires de l'art égyptien ; des fabri- 



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— 130 — 

cants d'Égyptien au rabais et pour l'exportation (1). 
Qu'auraient pu faire des statuettes si nombreuses en 
Egypte ou en Syrie les habitants des cavernes qui 
ont laissé si peu de traces de leur amour des arts ? 

En réalité les Phéniciens ne cessaient d'étendre leurs 
relations maritimes que pour rechercher de nouveaux 
produits à transformer pour la vente facile en Orient 
alors en avance de plusieurs siècles sur les peuples de 
l'ouest d'Europe, et Tétain était principalement l'objet 
de leur ardente convoitise, soit parce qu'ils ne l'obte- 
naient plus aussi facilement de l'Orient, soit parce que 
l'usage s'en répandait sans cesse dans les contrées civi- 
lisées. 

Cet état d'infériorité persista de longs siècles et le 
rôle essentiel du commerce phénicien peut aider ainsi 
à expliquer les différences qui résultent des constata- 
tions de la nature des haches de bronze de chaque 
région. 

11 nous paraît probable que ces commerçants émé- 
rites ont pu fabriquer sur place les haches des divers 
pays en tenant compte des formes des haches de pierre 
qu'ils voulaient remplacer pour se créer une nouvelle 
branche de commerce, d'où les formes massives dans 
les pays où les haches même polies avaient un volume 
considérable : Espagne, sud-ouest de la France, Angle- 
terre ; d'où les haches bien moins fortes dans les con- 
trées où les haches de pierre avaient un bien moindre 
volume déjà, en Bretagne et en Normandie, sans qu'il 
soit possible de bien interpréter les causes de l'appa- 
rition de la douille, si ce n'est en adoptant l'idée des 



(1) Hiitoire de l'art dans l'antiquité, 1882, t. I, Egypte, p. V. Intro- 
duction. 



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— 131 — 

progrès de la fabrication, réalisés avec plus ou moins 
de lenteur dans certains pays. 

Le» haches de la Gironde seraient par suite des plus 
anciennes, et cette hypothèse de fabrication locale a 
pour elle la rareté des mêmes types soit en Egypte, 
soit en Syrie, soit à Chypre où ne se sont pas retrou- 
vées les haches dont la forme et Tétat d'achèvement 
ont servi de base à rétablissement des deux âges, 
Morgien et Larnaudien. 

Or, il y a lieu d'observer que les différences cons- 
tatées correspondent exactement à deux époques de 
Tâge du bronze : celle des débuts, celle des perfec- 
tionnements, et il n'est plus extraordinaire alors de 
retrouver, même en Gironde, civilisée plus tard, certai- 
nement, que les vallées du Danube et du Rhône, de rares 
spécimens de l'époque dite Larnaudienne, chacune des 
régions que nous avons indiquées présentant également 
d'autres particularités sur lesquelles il y a lieu de 
revenir, d'abord celle du dépôt des haches. 

Nos trouvailles girondines offrent, en effet, cette par- 
ticularité d'être généralement déposées dans des vases 
soit à plat, soit disposées debout ou exceptionnelle- 
ment attachées en gerbe par un fil, de bronze aussi, 
comme à Corconac. C'est la règle en Médoc et il y a 
lieu de rapprocher cette constatation du fait souvent 
reconnu dans les découvertes indiquées, à savoir que 
ces dépôts étaient très rapprochés les uns des autres, 
enterrés à peu de profondeur, ordinairement à 50 ou 
60 centimètres, dans le sol et composées de haches dont 
l'achèvement était quelquefois différent, les unes por- 
tant très marquées les bavures du moule, les autres mar- 
telées avec soin ; les unes d'une seule espèce, d'autres 
comprenant à la fois des types à double coulisse entière, 
et des haches à talon, avec ou sans anneau latéral. 



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— 132 — 

Ces caractères, très accusés et vérifiés bien des fois, 
ainsi que nous l'avons exposé, semblent absolument 
opposés d'abord à la théorie trop généralisée, à mon 
sens, qui croit voir dans ces cachettes des dépôts de 
fondeurs de bronze. Nous n'avons pas observé en Médoc 
une seule accumulation de haches ou débris méritant 
d'être ainsi classée. Tous les instruments étaient presque 
neufs, paraissaient récemment fabriqués ou martelés 
depuis peu, et la multiplicité des cachettes, à quelques 
centaines de mètres (quelquefois moins) les unes des 
autres, m'a toujours fait rejeter la pensée de réserves 
que les fondeurs n'auraient pu retrouver, ou s'étaient 
trouvés dans l'impossibilité absolue de rechercher. 

L'hypothèsede cachettes de marchands serait peut-être 
plus défendable, d'après la nature des dépôts eux-mêmes, 
mais elle a contre elle l'invraisemblance évidente des 
décès simultanés, ou des erreurs de mémoire invoquées 
par les défenseurs de l'idée des cachettes de fondeurs. 
Car il faut tenir compte, en Médoc, de deux autres 
faits : c'est d'abord la proximité des amas de haches. 
Elle était extrême entre Saint-Estèphe et Saint-Julien, 
c'est-à-dire sur un parcours de quelques kilomètres, 
d'après nos recherches, et d'ailleurs on en a rencontré 
dans presque toutes les communes de la même région, 
ce qui fait écarter la raison des difficultés de transport. 
Qu'il y ait eu des dépôts de ce genre, comme l'a observé 
M. Daleau à Cézac, ou, en d'autres régions, au col 
de certaines montagnes c'est incontestable, bien cer- 
tainement, mais l'argument est sans force en Gironde, 
surtout en Médoc, pays à relief insignifiant, et où l'éten- 
due des terres était d'un faible nombre de kilomètres. 

Pourquoi ces marchands de bronze auraient-ils cessé, 
comme d'un commun accord, de visiter leurs magasins? 
Pourquoi ces magasins étaient-ils entourés de si peu 



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— 133 — 

de soin et si largement exposés dans le sol à la pluie et 
autres intempéries des saisons? 

Mieux vaut certainement avouer ici notre ignorance 
et cet aveu est-il bien surprenant pour des faits remon- 
tant à 2,000 ans, au moins, avant notre ère quand les 
archéologues en sont encore à ne pouvoir préciser ce 
que veut dire la sculpture de Vascia et Tinscription sub 
ascia dedicavit de certains tombeaux du début de notre 
siècle? 

Aussi, hypothèse pour hypothèse, et en présence de 
l'accumulation des haches, à une faible profondeur du 
sol, sans aucun moyen de protection contre la pluie qui 
pouvait pénétrer facilement dans le terrain et inonder 
même pendant un temps plus ou moins long les vases 
qui les contenaient, nous semble-t-il possible de songer 
à l'usage de placer près des morts les armes ou objets 
dont ils s'étaient servis durant leur vie. L'état varié des 
haches, les unes toutes neuves, d'autres en usage, 
d'autres portant les traces évidentes d'usure et de 
réparations viendrait à l'appui delà même supposition, 
et il y a lieu de rapprocher des haches les bracelets 
de bronze trouvés, en nombre, dans les mêmes localités. 
Quant à l'absence d'ossements, il faut tenir compte 
que le sol du Médoc comprend une couche puissante 
et imperméable d'alios qui, retenant les eaux, a singu- 
lièrement favorisé, comme le granit en Bretagne, la 
destruction prompte des squelettes. 

Le fait d'une intention votive ou commémorative 
est d'ailleurs évident pour la remarquable découverte 
des 30 haches du domaine de Livran disposées debout, 
en cercle, autour de deux hachettes. 

Peut-être devrait-on ranger dans la même caté- 
gorie la trouvaille de ces haches, ou plutôt, modèles 
de haches recueillis à Blaye et signalés d'abord par 

ToMB XVU. — Fasc. IV. 9 



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— 134 — 

de Gourgues en 1858, mais dont personne n'avait 
•lé depuis, haches réduites à une faible épaisseur, 
tes d'un côté, portant de Tautre l'indication sente- 
nt des deux reliefs latéraux des haches à double 
ilisse. Jamais forme semblable n'a été signalée, à 

connaissance, et il ne nous paraît pas facile de 
:erminer quelle était la destination de ces singu- 
es plaques de bronze. Etait-ce un objet votif, pou- 
it faire économiser une hache véritable ou d'un réel 
ige, ce qui s'est vu pour d'autres offrandes même 
nos jours? Etait-ce un modèle que le fondeur pou- 
t proposer à sa clientèle, comme cela existe pour 
utres industries? J'avoue n'être convaincu ni par 
fie ni par l'autre de ces hypothèses que d'autres 
servations pourront peut-être éclaircir. 
Jne autre singularité tient à la persistance des 
mes types en Gironde, alors que le progrès se réali- 
t dans l'industrie du bronze dans presque toutes les 
res régions. On dirait qu'il s'est fait, en ce point, un 
et qui peut s'expliquer par une interruption des 
ites maritimes analogues à celles qui ont été cons- 
ées pour d'autres contrées. Le courant phénicien a 
diminuer ou prendre fin en une province qui resta 
lorée, même de César, alors que les autres districts de 
Gaule avaient leur organisation connue et avaient 
u de fréquentes invasions par les voies de terre. 
Et l'usage du bronze a dû cesser brusquement quand 
iva la connaissance du fer, d'abord par l'abondance 
cette matière première dans le pays même et par 
3sence de cette civilisation plus avancée qui multi- 
ait à un degré si extrême les objets d'art de bronze 
Orient et sur les routes devenues plus fréquentées 
'S l'ouest de l'Europe. 
]ette brusque substitution expliquerait enfin, en 



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— 135 — 

Gironde, les dépôts votifs d'un métal dont l'action 
utile était dépassée pour les travaux de l'homme et 
dont la fusion ne pouvait être utilisée pour des objets 
d'art restés véritablement inconnus des populations 
de la région. 

Dois-je ajouter que j'avais cherché, comme bien 
d'autres anthropologistes, si je pouvais découvrir quel- 
ques indices d'origine dans la composition chimique 
des haches girondines ? mais nos recherches n'ont 
abouti à rien de sérieux. C'est toujours une proportion 
d'étain de 9 à 15 0/0 que nous avons constatée, mais 
est-ce bien étonnant quand on sait que la composition 
des bronzes égyptiens a fournit des écarts de 5 à 7 et 
15 0/0 au témoignage de MM. Perrot et Chipiez ? 
(p. 830, loc. cit.) 

Pour nous, du reste, l'important était de prouver que 
la Gironde avait eu son âge du bronze; qu'on y avait 
rencontré des spécimens fort anciens, sinon les plus 
anciens de cet âge (haches des premiers essais, haches 
massives) ce qui tend à démontrer la date reculée de 
ces spécimens. La présence rarissime de certains types: 
haches à douille, haches à ailerons, haches à talon 
à double anneau latéral s'expliquerait en outre par 
des relations commerciales tardives et exceptionnelles 
avec la Bretagne, les îles Britanniques et l'Espagne ou 
le Portugal. La hache à coulant serait une importation 
accidentelle encore plus rare et il faut noter aussi l'ab- 
sence totale de haches à ornements comme celle de 
moules, ceux en bronze de Meschers et de Sainte-Foy (1) 
n'appartenant pa« en réalité à la région mais à ses 



(1) n s'agit ici d'un moule en bronze trouvé depuis Timpression de 
notre Inventaire, mais qui n'a pas été décrit et dont la destination est 
ignorée quoique sa trouvaille soit certaine. 



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— 136 — 

confins et ne correspondant nnême pas aux types carac- 
téristiques de la Gironde. 

Nous ne devons pas omettre enfin Texistence des 
haches ébauchées de Saint-Jean dlllac, vrais essais ou 
rebuts de fabrication locale, mais en cuivre pur, anté- 
rieures par conséquent aux haches massives décrites. 

Ce sont là les conclusions sommaires de nos recherches 
entreprises dans le but d'écrire Tune de ces monogra- 
phies réclamées souvent par les meilleurs observateurs, 
MM. de Mortillet, Chantre, Cartailhac, de Nadaillac et 
quelques autres. 

Resteraient, certainement, bien d'autres questions à 
traiter, mais leur examen sortirait du cadre de notre 
travail, que nous terminons par quelques considéra- 
tions sur le mode d'action des haches, point qui ne 
nous paraît pas avoir été complètement étudié jusqu'à 
présent. 

II 

Cette étude du fonctionnement de tout instrument 
sous-entend, nécessairement, l'examen attentif de sa 
forme générale et les descriptions dans lesquelles 
nous sommes entré nous paraissent avoir prouvé d'une 
manière certaine que les coins ou haches de bronze 
sont loin de pouvoir être assimilés les uns aux autres ; 
qu'il en est, ainsi que je l'ai fait remarquer, qui n'ont 
pour caractère principal qu'une action massive et toute 
de résistance tandis que d'autres sont d'une nature 
très différente. 

On ne peut rapprocher, en effet, les grosses haches 
du grand type médocain, celles à double coulisse 
entière, pesant environ 800 grammes et longues de 19 à 
22 centimètres, des haches à douille et ne dépassant 



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— 137 — 

qu'exceptionnellement 10 centimètres de longueur 
avec un poids variant de 100 à 150 grammes. 

Et il nous paraît même nécessaire d'établir une 
distinction entre les haches de diverses dimensions ou 
formes, depuis les plus rudimentaires, celles qui sont 
simplement aplaties, jusqu'à celles dont les faces sont 
chargées d'ornements ou affectent une disposition 
toute spéciale. 

C'est faute d'avoir apporté l'attention indispensable 
à l'appréciation de ces diverses conditions que les hy- 
pothèses les plus contradictoires, en apparence, ont 
été émises. Les observateurs renommés qui en étaient 
les défenseurs se hâtaient trop d'appliquer le résultat 
de leur réflexion sur une trouvaille déterminée aux 
découvertes faites en d'autres lieux ou présentant des 
particularités insuffisamment appréciées ou vérifiées et 
nous sommes absolument convaincu, par exemple, que 
l'opinion qui a longtemps prévalu de considérer ces 
objets comme des coins a eu sa principale raison d'être 
dans ce fait, que les premières découvertes et descrip- 
tions ont porté sur des haches dites à douille qui res- 
semblent assez bien à des coins ordinaires. 

Il suffit pour le reconnaître de lire le texte de Hearne 
et des premiers auteurs cités dans notre exposé chro- 
nologique. 

Et, cependant, cette théorie n'a rien de fondé, même 
pour toutes les espèces de haches de bronze; nous 
allons essayer de le prouver. 

Tous ces objets ne sont point constitués, d'abord, de 
manière à être employés seuls ou à la main, comme 
l'ont été incontestablement certains instruments de 
l'âge de la pierre. 

Ils ne présentent point, en effet, ces surfaces si 
souvent remarquées et vraiment caractéristiques de 



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— 138 — 

quelques silex, soit que leur fabricant ait tiré parti des 
dispositions naturelles des surfaces de ces pierres, soit 
qu'il les ait façonnées de manière à rendre commode 
leur préhension entre la paume de la main, le pouce 
et les doigts. 

Les angles des saillies latérales ou des coulisses des 
haches de bronze s'opposent à cette préhension facile 
et je n'ai pas besoin d'insister sur la raison déjà donnée 
des obstacles que ces coulisses elles-mêmes apporte- 
raient à la pénétration du tranchant de ces instruments 
sous le seul effort de la main. 

De Caila et bien d'autres l'ont fait remarquer avant 
moi, en combattant l'hypothèse de quelques observa- 
teurs qui, séduits par une certaine analogie d'aspect, 
avaient énoncé et soutenu comme je viens de le redire 
que c'étaient certainement des coins, expression qui 
serait beaucoup plus applicable aux haches de pierre, 
à surfaces parfaitement lisses, à section nettement coni- 
que et sans aucune saillie d'arrêt, si l'on ne tenait compte, 
même pour celles-ci, de faits absolument contraires à 
cette théorie. 

Toute action de coin suppose, en effet, deux actes : 
l'un, d'essai d'implantation dans un corps dont on veut 
vaincre la résistance; l'autre, d'efforts d'introduction 
successive dans le corps pour arriver à sa division en 
fragments. 

Le premier pourrait bien être exécuté par toutes les 
haches de pierre et de métal, mais il suffit d'avoir cons- 
taté une seule fois les tâtonnements, souvent infruc- 
tueux, de la simple mise en place de toutes les espèces 
de coins pour être convaincu de l'impossibilité d'une 
action sérieuse sous Tunique pression du bras. 

Ce n'est là que le premier terme de l'opération. Il 
faut ensuite imprimer un choc, plus ou moins violent. 



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— 139 — 

sur l'extrémité opposée au tranchant de Toutil et toutes 
les haches de pierre de ma collection ou des collections 
que j'ai visitées ont, au contraire, leur talon indemne 
des cassures inévitables ou des aplatissements carac- 
téristiques qui s'observent sur les coins de bois, de 
pierre, de métal et même de fer ou d'acier qui sont 
encore simultanément en usage de nos jours. 

Il en est tout autrement, on le sait, pour les percu- 
teurs de tout genre et même pour les haches de pierre 
qui, devenues impropres à leur usage spécial, ont été 
souvent utilisées comme instruments de percussion 
dans la préparation des petits instruments à l'âge de la 
pierre. 

Pour les haches de bronze, l'argument a plus de 
force, s'il est possible. Toutes les saillies de leurs faces 
écartent par leur seule présence l'idée d'un instrument 
du genre des coins, et l'examen de leur talon prouve, 
d'autre part, qu'il n'a jamais supporté le moindre choc. 
Cette partie de la hache conserve, dans le plus grand 
nombre des cas, les rugosités résultant de sa sépara- 
tion du moule. On y voit même parfois une bavure 
triangulaire, régulière ou irrégulière (masselotte), toute 
particulière et celles qui ont été martelées partielle- 
ment, ou sur toutes leurs faces, ne paraissent que rare- 
ment avoir été l'objet d'un pareil travail en ce point : 
elles n'ont jamais l'aplatissement caractéristique dont 
je viens de parler. Bien plus, si ce talon a subi une 
préparation quelconque, c'est dans le but d'y créer 
une courbure simple ou pourvue de deux crochets laté- 
raux destinés au passage et au maintien de liens parti- 
culiers. 

Le simple examen du pourtour des haches à douille 
démontre, d'autre part, le même fait de la manière la 
plus certaine sans invoquer une autre preuve qui serait 



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— 140 — 

empruntée au peu d'épaisseur de cette douille elle- 
même qui ne pourrait supporter une violence considé- 
rable sans se rompre immédiatement. C'est souvent le 
point le plus faible de la douille. 

Nous croyons donc, contrairement à Topinion de 
quelques auteurs, que les haches de bronze n'ont servi 
qu'avec un manche. 

Toutes les particularités de forme que nous avons 
décrites plaident, en effet, en faveur de cette opinion- 

Les douilles de certaines haches, celles de Bretagne, 
par exemple, indiquent déjà très clairement de quelle 
façon on les employait et il en est ainsi des coulisses 
extérieures plus ou moins accentuées, plus ou moins 
prolongées sur les deux faces principales. Elles font 
comprendre immédiatement qu'elles n'avaient d'autre 
but que de recevoir et maintenir certaines parties d'un 
soutien. 

Qu'accidentellement et momentanément on ait pu 
s'en servir à la main, comme il arrive tous les jours' 
aux ouvriers menuisiers par exemple, quand un acci- 
dent vient briser le support en bois de leurs ciseaux, 
ce serait puéril de le nier, bien que nos arguments pré- 
cédents conservent toute leur force, mais l'emmanche- 
ment obligatoire ne nous paraît pas moins démontré et 
cet emmanchement nous semble même d'autant plus 
logique à priori q\xe presque tous les préhistoriciens se 
trouvent d'accord sur le point que les haches de bronze 
sont postérieures à celles de pierre, c'est-à-dire, pour 
plus de précision, n'ont été introduites dans l'outillage 
humain qu'après ces dernières. 

Le métal, succédant localement aux instruments d'un 
âge moins avancé en civilisation, devait être utilisé de 
la manière reconnue avec le temps et l'expérience, plus 
utile et plus avantageuse pour le but qu'on se propo- 
sait par son emploi. 



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— 141 — 

Et cette considération serait encore plus décisive 
dans l'hypothèse de l'apport du bronze par des peuples 
dont les connaissances industrielles étaient plus gran- 
des que chez les habitants de l'Europe, car ces peuples 
avaient évidemment passé déjà les époques de tâton- 
nements dans tous les arts. 

Cette question a, du reste, attiré l'attention d'un 
grand nombre d'antiquaires et si Jean de Bast en avait 
déjà parlé à la fin du xviii® siècle, Jouannet et Athénas 
sont, certainement, parmi les auteurs que j'ai cités, 
ceux qui ont le mieux exposé comment on avait été 
amené à emmancher les haches. 

Voici le texte, plus explicite, du dernier archéologue : 

(( D'après la forme de ces bronzes, ce devaient être 
» des armes offensives dont on se servait au bout d'une 
» hampe ou d'un long manche. Pour l'y ajuster, on 
» fendait le bois par un des bouts en deux parties éga- 
» les. On y insinuait Tespèce de coin formé par la par- 
» tie postérieure de l'arme jusqu'à ce que les deux 
» parties de la hampe touchassent au fond des deux 
» gouttières. Ensuite, on faisait sur les deux pièces 
^ une rousture, soit avec une lanière de cuir, soit avec 
» du nerf de bœuf, en commençant en avant de la 
» proéminence des deux gouttières et finissant par la 
» hampe dans une coche circulaire ou en arrière d'une 
» cheville qui la traversait. Dans cet état, l'armure ne 
» pouvait échapper de la hampe ni en avant ni sur les 
)) côtés, à cause de l'obstacle formé par les trois parties 
» de chacune des gouttières ; ni en arrière, parce que 
» les deux extrémités de la rousture portant sur des 
» parties saillantes y mettaient empêchement » (p. 51). 

C'est de cette préoccupation de faire un tout solide 
du manche et de la partje plus résistante, métallique, 



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— 142 — 



de l'arme que sont nées toutes les modifications appor- 
tées dans la disposition de ce que Ton a nommé, plus 
tard, les ailes ou ailerons des haches, depuis la légère 
mais double saillie latérale des coins les plus ordinaires 
jusqu'il ces rebords martelés et repliés des deux côtés 
sur le manche; jusqu'à la coulisse extérieure ou talon 
n'occupant qu'une moitié ou un tiers des deux surfaces 
aplaties du bronze, avec arrêt transversal ou renforce- 
ment du corps dé la hache; jusqu'à la douille complète 
munie ou non de l'anneau simple ou double qui se 
retrouve aussi sur un grand nombre de haches pleines. 

Et je ne dois pas omettre que les douilles étaient 
encore assujetties sur leurs supports à l'aide de matiè- 
res fusibles : poix, cire, plomb, qui, bouchant tous les 
vides, faisaient de l'arme et du manche un tout résis- 
tant. On en a trouvé dans lesquelles ces matières 
avaient-laissé des traces irrécusables. 

Nous croyons donc notre opinion très, fondée et nous 
pourrions l'étayer de preuves empruntées à l'examen 
de ce qui s'est fait presque chez tous les peuples, de 
ce qui se pratique, encore, même dans nos pays et, 
d'ailleurs, les essais de reconstitution des haches de 
bronze emportent toute conviction à ce sujet. 

M. Durand père nous paraît être le premier en date 
dans cet ordre de recherches, et le lecteur peut se 
rappeler que c'est en 1828 qu'il présenta à l'Académie 
de Bordeaux des haches de bronze pourvue d'un man- 
che de sa façon. 

C'est avec une grande lucidité que cet honorable 
académicien girondin avait exposé les règles de cet 
emmanchement, absolument identique à celui des 
haches de pierre pour les haches de bronze dites du 
premier essai où le métal présente une grande analogie 
avec le silex, puis perfectionné par un martelage léger 



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— 143 — 

des bords latéraux, par l'artifice des coulisses entières 
ou partielles, par la disposition des ailerons et même 
des anneaux que nous avons indiqués. 

Et cet emmanchement est tellement naturel que cer- 
tains peuples sauvages, les Pahouins spécialement, ont 
tout simplement substitué un fragment de fer sem- 
blable de forme aux haches en pierre, depuis que ce 
métal leur est connu. Une de mes planches le prouve 
et j'aurai l'occasion de rappeler plus tard que les indi- 
gènes de Tanna avaient usé du même artifice pour une 
hache dont Cook a donné la figure. 

Quant à l'emmanchement lui-même, il n'a été bien 
étudié que 42 ans après Durand, par le vicomte Lepic 
qui a publié ses essais dans le premier volume des 
Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 
2® série, t. I, p. 55. Ils sont intitulés : Recherches sur 
la Restitution des instruments en silex et en bronze des 
temps préhistoriques. Nous allons les résumer aussi 
sommairement que possible. 

M. Lepic, qui ne reconnaît, à toutes les haches, que 
la destination d'outils propres à plusieurs usages, 
montre qu'on peut exécuter avec elles des travaux 
remarquables. 

Des figures nombreuses accompagnent son texte et 
reproduisent divers modes d'emmanchement dont les 
pièces originales ont été déposées au musée national 
de Saint-Germain-en-Laye et les planches ont surtout 
pour but l'explication du rôle relatif des coulisses, des 
douilles, des ailerons et des anneaux fixes, dont ces 
instruments sont pourvus. 

Une discussion fort intéressante avait eu lieu sur ce 
sujet dans la séance du 17 mars 1870, devant la Société 
d'Anthropologie de Paris (1), après la présentation des 

(1) T, V, 2« série, 1870, p. 145. 



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— 144 — 

pièces préparées par M. Lepic, et les expériences faites, 
le 19 du môme mois, dans les ateliers du Louvre, 
démontrèrent à merveille non seulement la possibilité 
de l'emploi de ces instruments comme outils de char- 
pentage, mais encore les propriétés relatives des haches 
de bronze ou de pierre dans Taccomplissement de cet 
ordre de travaux (1). 

11 est résulté de ces expériences opérées en présence 
d'un assez grand nombre d'anthropologistes parmi les- 
quels se trouvait Paul Broca : 

1* Que la hache polie pouvait faire-, entre les mains 
d'un bon ouvrier, un travail utile et relativement 
rapide; 

S** Que cette hache pouvait résister pendant trois 
mois sans beaucoup souffrir; 

3** Que les haches taillées ou éclatées étaient très 
inférieures, à tous égards, aux haches polies, par leur 
moindre efficacité, le temps employé, la grossièreté du 
travail et, même la fatigue de ce travail ; 

4* Que les haches en silex offrent une résistance 
supérieure à celles de bronze, la seule supériorité de 
ces dernières consistant en ce qu'elles permettent 
d'exécuter avec une perfection relative des travaux 
plus délicats (2). 

De Caylus, et plus tard, le baron de Caila et Lesson 
n'étaient donc pas fondés à déclarer que les instru- 
ments nommés haches de bronze ne pouvaient être 
emmanchés d'une manière solide et n'avaient pas une 
résistance suffisante pour servir d^armes ou d'outils. 

Et il ne faut pas oublier, d'ailleurs, qu'il est incon- 
testable que les anciens avaient trouvé le moyen de 



(1) T. V, 2e série, p. 163, 1870. 

(2) Loc cit., p. 164, 



k. 



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— 145 — 

donner au bronze une solidité. toute particulière par 
divers modes de trempe. 

M. Lepic s'est beaucoup étendu, de plus, sur la nature 
des bois à rechercher comme manches des haches^; sur 
la qualité de sécheresse ou d'humidité de ces bois et il 
est arrivé à préférer Tormeau et le frêne au chêne trop 
facile à se fendre. Il croit que le bois sec est meilleur 
pour les haches de bronze et pense que toute arme 
préhistorique, sauf de rares exceptions, était conso- 
lidée par des liens en corde pour le bronze et en nerfs 
ou en boyaux pour la pierre. 

Il pense qu'on devait les employer à petits coups, 
souvent répétés, et qu'avec de l'adresse (ce qui est, il 
est vrai, la règle primordiale de tout travail) on peut 
arriver à des résultats qui dépassent tout ce qu'on peut 
désirer. 

C'est ainsi que les haches présentées par lui avaient 
abattu des arbres sur pied, fendu de vieilles poutres 
parfaitement sèches, sans un seul accident, sans une 
seule rupture et, parlant spécialement des haches de 
bronze, il ajoute : 

(n Je crois inutile de dire qu'elles sont bonnes à tous 
» les ouvrages; qu'elles coupent bien et offrent une 
» grande résistance » (1). 

M. Lepic a même déposé au musée de Saint-Germain 
différents modèles de pirogues qu'il avait creusées en 
brûlant d'abord le bois et en achevant ce travail, vrai- 
ment difficile, soit avec la hache en silex, soit avec la 
hache de bronze. 

L'action utile des haches de bronze sur le bois est 
donc incontestable, mais je dois ajouter que M. Ber- 
trand avait été moins heureux en voulant agir, il est 



(1) Mein , cité p. 58. 



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— 146 — 

vrai, sur un échantillon de granit analogue à celui du 
monument de Gavr'innis. Le bronze s'était émoussé, 
e le silex poli avait bravement attaqué et 
i pierre. 

ernière constatation montre qu*une des der- 
finions de Hearne doit être écartée, et Ton 
à fait observer que Tidée de l'emploi des 
ce métal pour façonner les pierres des monu- 
ulois n'avait guère d'application, les pierres 
)numents ayant presque toujours leurs faces 
Ht brutes et frustes (1). 

hes de bronze ont donc pu servir d'outils dans 
i des charpentiers primitifs, mais n'avaient- 
ce mode d'emploi dans l'antiquité, comme le 
epic, qui apporte à Tappui de sa thèse l'affir- 
e toutes les armes de l'Océanie étaient en bois, 
i les outils étaient, seuls, faits avec la pierre? 
e le pensons pas et nous pourrions d'abord 
la justesse de cette opposition quant aux 
uisque les premiers navigateurs océaniens ont 
'ils n'avaient pas rencontré ce métal dans les 
es îles de l'Océan Pacifique; mais il suffit, de 
arcourir les relations de voyage des illustres 
i autour du monde pour y trouver des preu- 
ves que les instruments de bois et de pierre 
à tous les travaux de Thomme comme dans 
s qu'il soutenait pour sa défense ou dans ses 
s contre les tribus voisines de son campe- 

attesté en plusieurs passages de ses trois voya • 
les relations sont empreintes d'un caractère 
jui n'a jamais été dépassé. 

règle, mais elle comporte quelques exceptions. 



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— 147 — 

Les pierres de fronde, les pierres, les javelots de 
divers ordres et les massues de bois sont bien signalés 
par lui, ainsi que par tous ceux qui le suivirent, 
comme les armes principales des peuplades océanien- 
nes, avec les arcs et les flèches pour certaines îles de 
la Polynésie; mais il parle aussi, dans plusieurs cha- 
pitres de ses Relations, d'armes de guerre en os de 
baleine ou en pierre, principalement dans ses descrip- 
tions des PatoU'Patous des Nouveaux-Zélandais. 

<c Us avaient, dit-il, chacun pour arme ou une lon- 
» gue pique ou un instrument de talc vert, très bien 
» poli, d'environ un pied de long et assez épais pour 
» peser 4 ou 5 livres (1). 

» Il portait (en parlant d'un vieillard de la même île) 
» un patou^patou en os de baleine (2) ou un patou- 
» patou de talc, à tranchant aigu, dont il se servait 
» comme d'une hache de bataille ». 

On lit, à l'occasion de la rencontre de deux groupes 
de Nouveaux-Zélandais, que certains guerriers enne- 
mis portaient à la main : l'un une pique, l'autre une 
hache de pierre avec lesquels ils défiaient leurs enne- 
mis. 

En un autre passage c'est une distinction de cinq for- 
mes de massues dont Tune est un simple morceau de 
rocher de corail grossièrement travaillé en cylindre de 
dix-huit pouces de long et de deux de diamètre qui 
leur sert quelquefois d'arme missive (3). 

Cook indique encore que les haches sont ordinaire- 
ment armées de basaltes ou de morceaux de coquillage 



(1) Voy. t. III, p 48 (l^r voyage). 

(2) Loc. cit., t. III, p. 90. 

(3) Cook, 2« voyage, t. 111, p. 213. 



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— 148 — 

(volula mitra) et il a même donné le dessin de plusieurs 
de ces armes, avec la représentation d'une d'entre elles 
^ue chez les indigènes de Tîle Tanna et rappelant, à s'y 
néprendre, la forme des mêmes armes représentées sur 
es monuments des anciens Bretons d'après Strutt (1). 
e l'ai signalé déjà (2). 

Le même navigateur a rappelé d'autre part que les 

laches de pierre et les instruments en bois, classés trop 

miformément dans nos musées sous le nom exclusif de 

asse-têtes, servaient également aux travaux de défri- 

hement en Nouvelle-Calédonie. 

« Nous rencontrons ensuite, dit-il, des naturels et 

surtout des femmes qui défrichaient et qui bêchaient 

une pièce de terre marécageuse probablement afin 

d'y planter des ignames et des eddys (Taro). Elles se 

servaient d'un instrument dont le bec était recourbé 

et pointu. Ce même instrument semble leur servir 

aussi d'arme offensive » (3). 

Je pourrais du reste accumuler les citations de même 
;enre et je lisais même, ces jours derniers, dans un 
oyage au N.-E. de l'Australie par Cari Lumholtz (1880- 
884) publié par Latour du Moulin, le 22 septembre 
888, que les instruments en bois servent aussi au tra- 
ail des champs (4). 

Je ne veux pas multiplier les citations sur ce point 
'ayant pour but que de montrer que la pierre à laquelle 



(1) Cook, 2« voyage, t. III, p. 161. 

(2) Le dessin est donné, loc. cit., p. 211. 

(3) Cook, 2» voyage, t. III, p. 291. 

(4) La noUa nolla (sorte de massue) a encore une autre utîlitë, le petit 
3ut sert à piocher et à ameublir la terre, on l'emploie également pour 
Herrer les œufs cachés dans les huttes si curieuses élevées par les 
allegallo. Enfin ce bâton à tout faire chasse certaines larves des troncs 
arbres pourris frappés par l'Indigène (p. 187). 



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— 149 — 

le bronze a succédé en Europe fut employée en même 
temps que le bois comme arme de guerre chez les peu- 
ples que Cook découvrit au moment où leur civilisa- 
tion n'était encore arrivée, ou ne s'était maintenue, qu'à 
l'état des premières civilisations européennes. 

Et d'ailleurs, n'est-ce pas un fait d'observation géné- 
rale que Toutillage humain des premiers âges fut, par- 
tout, assez rare et par conséquent utilisé à divers 
usages par les premiers hommes? L'inventaire des ins- 
truments de travail d'un village moderne, éloigné de 
tout chemin de fer, prouverait aisément ce que j'avance 
pour notre temps, car la variété, la spécialisation des 
outils est pour ainsi dire de date récente et n'a pris un 
développement considérable que depuis le commence- 
ment de notre siècle qui fait un contraste beaucoup 
plus saisissant sous ce rapport que sous celui des 
mœurs, mes longues observations de voyageur me 
Font prouvé bien des fois. 

En résumé l'apparition du bronze, et, en général, des 
métaux fut un des grands progrès de l'industrie 
humaine. La pierre, le bois, présentaient moins de 
résistance, et surtout moins de durée dans leur action. 
Il fallait réparer les armes ou instruments que l'homme 
avait su façonner avec des matériaux faciles à rencon- 
trer mais très longs à rendre profitables et qu'on ne 
pouvait conserver très longtemps. Tandis que les pro- 
cédés de fusion, une fois connus, permettaient de 
reconstruire des armes ou ustensiles devenus impro- 
pres à l'usage qui leur était affecté. 

On remarquera-peut-être que je suis entré dans peu 
de développements sur le rôle de Fanneau latéral des 
haches. Quelques auteurs ont cru y voir un moyen de 
rendre plus utile l'assujettissement du métal à son 
manche, mais on a retrouvé ensuite des haches emman- 

ToMB XVII. - Fasc. IV. 10 



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— 150 — 

les anneaux étaient placés au-dessus pour 

de Tinstrument emmanché, ce qui a fait 

5 que cette disposition, servait plutôt à la 

de Toutil qu'à autre chose (1). Les faits 
vés finissent, en effet, par triompher des 
s plus séduisantes. 

m'attarderai pas à rechercher à quelle époque 
ronze a commencé en Europe et quand il a 

dit qu'il remonte, au moins, à 2,000 ans 
e ère et il est incontestable qu'il a été em- 
ant le moyen-âge. Car plusieurs textes prou- 
îtte persistance d'emploi accidentel qui n'est 
ctraordinaire que celle de l'utilisation de la 
se retrouve encore dans l'outillage de cer- 
istries de nos jours. 
\ sait aussi, d'après les plus récentes recher- 

que le fer était connu en Egypte dès la 
lébaine, quoique peu utilisé d'abord (2) et 
rivé dans les Gaules et la Grande-Bretagne 
liècle avant J.-C. Le bronze ne céda cepen- 
ce, d'une manière générale, que vers le ii* ou 
3, mais les avantages qu'il présente lui assu- 
itôt une suprématie qui n'a fait que s'accen- 
*à notre temps dans une proportion inouïe 
les progrès de sa fabrication et de l'extrême 
\ formes qu'il peut subir, des services qu'il 
e. 



, de Neuveville, Suisse (fouilles de Mœringen). 
Chipiez cités p. 831, 1500 ans ayant TEtrurie et la Grèce. 



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TiLBX4£3S 



ET PLANCHES 

duXYII* volume des Actes de la Société Archéologique de Bordeaux, 



Pages 

Liste des Bienfaiteurs et donateurs de la Société v 

» des membres des bureaux anciens • vi 

» des membres honoraires viii 

» des membres correspondants J%. 

» des membres titulaires x 

» ( des Sociétés correspondantes nationales et étrangères xiii 

» des membres du Bureau pour 1892 xvii 

I. Table analytique des comptes-rendus. 

Séance du 8 janvier.. xviit 

Elections. — Question de la Bibliothèque. — Bague romaine de 
M. Daleau. — MM. de Mbnsignag et l'abbé Léglise, Supersti- 
tions relatives au crapaud. — Ferkt, Statistique archéologique 
des communes voisines de Bordeaux. — M. Amtmamn, Billet 
de la banque de Law. 

Séance du 12 février xxi 

Mort de M. de Quatrbfagss, membre honoraire. — Rapport de 
la Commission des comptes. — Question de la bibliothèque. 
M. Daleau : Objets de l'industrie actuelle des tuiliers de la 
Gironde, comparée avec ceux de la Suède. M, Berchon : Nou- 
velles notes sur Saint-Jean de Sagondignac. M. Feret : Propo- 
sition de Restauration de la façade Sud de Saint- Seurin à 
Bordeaux. 



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— 152 - 

Pages 

Séance du 11 mars xxv 

DoMENGiNE. par M. Piga:<ea.u. — Mort de M. Maury, 
noraire. M, Bercho.n : Plaque de cuivre commé- 
e la consécralion de l'église des Capucins de 
>ise), par le cardinal Fraisçois de Sourdis. — Ver- 
ies trouves dans des tombeaux, près Saint-Seurin, 
DiÉ. — Bague en or trouvée près de Saint-Pierre 
c ; M. de Mensignac et de Chasteigner. — Reliquaire 
ir M, de Chasteigner. — Permis de chasse de 1600, 
enri IV, par M. Daleau. — Sceau de la ville de 
M. Daleau. 

) du 8 avril xxvii 

Municipalité pour leç Restaurations de la façade 
t-Seuriu. — Rapport sur le transfert de la Biblio- 
i Société à la ville de Bordeaux, par M. Amtmann. 
:rchon. L'âge du Bronze dans le département de 
Résumé. — M. Pommade, de la Réole. Eperon en 
nents historiques. — M. de Chasteigner. Crucifix 
le trouvé dans l'Agenais. — M. Bardié. Lampe ro- 
she empoisonnée. — M. Piganeau. Les grottes de 
testament d'ELiE de Bétoulaud, seigneur de Saint- 
Saint-Ëmiiion. — Hache polie près Langoiran, 

MANN. 

9 du 13 mai xxiii 

étendire une couche de paille dans les églises la 
1, par M, le D' Berchom. — Cheminée de la Réole • 
deux Rouen, par M. Tournié. — Documents des 
Sainl-Emilion, par M. Piganeau. — Documents 
Castelviel, près La Réole, par M. Amtmann. 

5 du 11 juin xxxvn 

livre trouvé au château d'Aillas, par M. Pommade. 
rites historiques des Archives de Saint-Emilion, 
neau. 

5 du 8 juillet xxxix 

le M. Brutails, récemment nommé membre titu- 
îs travaux de M, Grellet-Balguerie. — Note de 
[ sur les recherches préhistoriques de cet auteur 
j. — Figurine en terre cuite de la collection Borde 
phies recueillies pendant une excursion à Villan- 
Uzeste, par M. Amtmann. — Nombreuses photo- 
îs différents monuments du centre de la France, 
DiÉ. — Inconvénienls des grattages et peintures 
» par ordre municipal, par M. de Chasteigner. 

9 du 12 août »"▼ 

finitif de la cession de la bibliothèque de la Société 



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— 153 — 

à la ville de Bordeaux. — Conditions. — Actes administratifs, 

— Lettres échangées. — M. Brutails fait une communicatioE 
sur les monuments de l'époque romane qui sont postérieurs i 
l'âge de ce style. — L'église d'Escaude en Bnzadais, 1617. — 
L'Eglise de Francs, 1605. — M. de Manthé lit une étude sui 
l'ancienne Baronnie de Capian (Entre-deux-Mers). — M, l'abbt 
Léglise décrit une tapisserie ancienne du xvi^ ou du xviio siècle 

— Congrès annuel des Sociétés savantes à la Sorbonne ei 
1893, — Programme archéologique 

Exposition universelle et internationale de Chicago, Etats-Unii 

d'Amérique (Invitation) 

Séance du 11 novembre 

Sceau en cuivre du xviio siècle, portant les armes de Bourg, pai 
M. Daleau. — M. PiGANEAU présente un ancien registre de h 
jurade de Saint-Emilion^ dont les couvertures sont très 
curieuses. — Note sur les roues à clochettes dans les églises 
par M. Bercuo?!. — Renseignements sur deux excavations 
allées de Tourny, octobre 1892, par M. de Chasteigner. 

Séance du 9 décembre , 

Mort de Son Eminence le cardinal Lavigerie, membre honorain 

— Roues à clochettes des églises d'Ahetze (Basses-Pyrénées 
et de Pampelune, par M. Brutails. — Dépôt de sa brochun 
sur le baron de Caila, archéologue girondin (1744-1831), pa 
M. le D*" Berchon. — Note sur l'épée, le livre d'heures e 
une relique de Talbot, par M. Berchon. — Proposition d'ui 
monument commémoratif de la bataille de Castillon (1453), pai 
M. PiGANEAU. — Notice sur l'Eglise Saint-Ciers d'Abzac, prèi 
Coutras, par M. Brutails. — Albums des sépultures d'Herpès 
près Jarnac (Charente), par M. de Chasteigner. — Le cim< 
tière mérovingien de Saint-Martin de Bordeaux, par M. ( 
Mensignag. 

Séance du 23 décembre , 

Election du Bureau pour 1893. — - Tableau des membres di 
Bureau pour 1893 

II. Table des Mémoires. 

L Encore Saint-Jean de Sagondignac^ par M. le Dr Ber 
CHON 

n. La consécration de l'église des Capucins de BeauvaÎ! 
(Oise), par le cardinal François de Sourdis. — Pai 
MM. de Carrère et Dr Berchon 

lU. Dr Berchon : lo Inventaire de l'âge du bronze ei 
Gironde • 



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1 



— 154 — 

Pages 

roues à clochettes dans les églises lxxtii 

reliques de Talbot. — Epée, livre d'heures, 

[uaire conservé au château de Montréal (Dor- 

ne) Lxxxviii 

elicrs et mortiers en terre cuite. — Industrie 

éc des Tuiliers de la Gironde par M. F. 

Uleau 1 

lies archéologiques, par M, Bekciion. — Lot 

:)rtant de haches en bronze dans le Blayais, 

M. Daleau. — Moule en bronze de Bergerac, 

M. TOURNIÉ 10 

iptial. — Terre cuite gallo-romaine. — Collec- 

Borde, par M. Amtmann 11 

sur uue cheminée en vieux Rouen polychrome. 

que Louis XV. — Collection Tournié de la 

le, par M. Léon Palustre 17 

[)os de l'église de Francs, par M. Brutails 21 

ponnie de Capinn et le prieuré d'Artolée, par 

?lené de Manthé 37 

sion de la Société archéologique de Bordeaux à 

andraut et à Uzeste, par M. Girault , 87 

rôties de Ferrand, par M. E. Piganeau 101 

s paléo-archéologiques sur l'âge du bronze spé- 

;ment en Gironde^ par le D^ E. Berchon 123 

III. Table des Planches. 

lie et vigie de Saint-Jean de Sagondignac, par le 

ÎERCHON, dessin de M. Pouverreau. 

plion commémorative de la consécration de l'église des 

ucins de Bcauvais (Oisc^, par le cardinal François de 

RDI8 (1608), par MM. de Carrère et Berchon. 

>ues à clochctJes d*Argelès-sur-Mer (Pyrénées Orien- 

s) et de Saint-Nicolas de Pampelune, dessins de M. Bru- 

s. 

laire moderne de la Sainte-Epine, chapelle de Montréal, 

iche par M. l'ubbé Goyneuèciie. 

es de tuiliers, par M. F. Daleau, photographies Amtmaxn. 

elicrs^ par M. Daleau, photographies de M. Amtmat«ic. 

lupliul, photographie de M. Amtmann, hélio-gravure 

irdin. 

inée en faïence vieux Rouen polychrome. — Epoque 

is XV. — Photographie de M. Amtmann, lithographie 

lerwald. 



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- 155 — 

>/ VII. Chevet de l'église de Francs. Photographie Brutai 

glypie Berthaud de Paris. 
^ VIII. Portail ouest de l'église de Francs. Photographie 

phototypie Berthaud. 
N IX. Eglise de Capian : extérieur. 

"^ X. » Intérieur. 

XI. » Contre-rétable et rétable. 

**^ XII. Ancienne chapelle à pèlerinage de la Vergne. Ces quai 
sont de M. E. Piganbau. 



ERRATA 



Pages XVII et xciii : Comte de Chasteigner. Numismatiste et i 
mate. 

Page xLiii, 13e ligne : Tudot au lieu de Ludo. 

Baronmie de Capian 
Page 77 : Page 66 au lieu de page 32, (2e ligne). 
Page 78 : Au lieu de Domni, lire Domui, (note 2). 

» » Perpetum, lire perpeluum, (même note) 

Page 79 i Au lieu de page 32, lire page 66. 



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INDEX ALPHABÉTIQUE 



Pages 

A 

Abadie (Hélène d'j 67 

Age de bronze Lvm, 123 

Aillas (château d') xxxvii 

Alhan (Annalinnus d'} 69 

— (Bernardus d') 69 

Amanieu de Grésignac (Arch. 

d'Auch) , 75 

Angleterre 129 

— (Richard d') 73 

Ambès (baron d') 63 

Antiquités réolaises xli 

Aquitaine (légendes d*) xli 

Arbalot 68 

Arbenat (Blanche d') 66 

Argelès-sur-Mer lxxxu 

Arlan (d') 82 

Armes lxxiv 

Artolée (dame d) 64 

— (fîefd') 67 

— (prieuré d')xLViii, 37, 38, 71 

Athelwald lxxxi 

Alhenaïs Ul 

Auberoche \l 

Aubeterre xl 

Aulède (d') 110 

Australie 148 

B 

Bague XIX 

Baléares (îles) lxxvii 

Barade (delà)... 70, 76 

Baraillet 38 

Barp 5 

Barsac (Jordan de) 79 

Bast (Jean de) 141 

Baurech 28 

Baurein lv 

Baxas (cathédrale de) 29 



Pag9B 

Bazas (évéque de) 73 

Beauvais (musée de) lvii 

Bedat (Bernard de) 66 

— (maison noble de) 51,^ 82 

Bequey 39 

Belleyme (géographe) 72 

Bentzman (chanoine) 116 

Berchon '.docteur) xux, lvi 

Bernet du Bédat 80 

— (François du) 82 

— (Jehanot du) 82 

Bertaigne 33 

Bertrand 145 

Béthune (Henri de) 43 

Beloulaud (André) 108 

— (Elle de) xxxu, 104, 

107, 114 118 

— (Gabriel) 108, 109 

— (Marguerite) 108, 109 

— (Roland) 108 

Blanc 67 

— (Jean Anlhoine) 65 

Blanchel (Adrien) 13 

BlaMmon 26 

Blasin (Raymond de) 70 

Boaut 68 

Bosc (Pierre du) 64 

Bosneuil (Nicolas Guesuon de)... 55 

Bosquillon (abbé de) 110 

Bossos Lxxxn 

Bourbon-Gondé(Loui8e-Henr.de) 18 

Bourg-sur-Gironde 2, 3 

— (Armes de) 

xxvii, lxxiv 

Bouteret 38 

Brach (Raymond de) 110 

Branges lxxxi 

Bretagne 128 

Britanniques (lies).. 125 



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157 — 



Pages 

Broca (Paul) 144 

Brocas (du) 82 

G 

Cadillac 38 

Caila (de) 138, 144 

Caillavet 67 

— (F.)..: 50 

— (Jeanne) 57 

— (Paul de) 57 

Caillon (Marie-Catherine de) 54 

Caillé (.1.) 49 

Calanhan (Guilheni de) 79 

Calaynhan (Pey de) 79 

Calédonie (Nouvelle-) 148 

Canolles (de) 109, 114 

Capian (baron nie de) xLin, 37, 

39, 50 80 

Capucins de Beauvais xxv, lvi 

Carrère (de) lvi 

Cartaillac 127 

Casaux 50 

Cassinogilum (villa de) xli 

Caataing 38, 82 

Caslelda (Pierre de) 70 

Caslelmoron 38 

Caslelnau (Bernard Franc de)... 53 

Castillon (Dordogne) xl, lxxxv 

— (Johan de) 76 

Caucase (le) 125 

Caussade (Arnaud de la) 80 

Causserouge 50 

Caylus (de) 144 

Cernes (archidiacre de) 77 

Cervetri U 

Cezac 132 

Chaire 41 

Chaize(de la) xlvui 

Chaldée 126 

Chambault (sieur de) 51 

Chandeliers en terre cuite.l, 4, xxiii 

— à quatre trous 5, 7 

Chantre 127 

Charente 127 

Charente-Inférieure 127 

Chastenet (Jehan) 81 

Chauvet , 127 

Chauvin (Jehan de) 50 



Pages 

Chauvin (Jacques de) 50 

Cheminée en faïence xxxv 

— en vieux Rouen 17 

Chemins de l'Entredeu 

Cherpein 

Chinsi 

Chipiee 

Cimetière 

Citta 

Clément III 

— V (armes de).. 

— (statue de).. 

— (tombeau de 
CI! mens (Bern»» Roborel 

ClovisllI 

Commensacq 

Confors (N -D. de) 

Cook 

Coubeyrac 

Coultaur 

Coutaud (Thomas) 

Coycault (François) 

Crapaud (Superstition). 

Créon 

Cruciflx du xni" 

Crypte 

D 

Daleau 

Dambe 

Delpuech 

Demptos (Toinette) 

Descourgeats de la Ch 

Dordogne 

Druides (grotte des).... 
Dubois (cardinal)........ 

Durand 

Dupuy (Gérard), archic 

E 

Ecosse 

Ecusson en cuivre 

Egypte 

Elie 

Epernon (duc d') 

Eperon en fer 

Escande (église d') 

Escombleau (Madelelm 



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158 — 



Pages 

^18 29 

125 

tv 102 

129 

XLUI 

F 

t (maison noble de) 51 

(Guillaume de) 70, 80 

s (la) 82 

: (Joseph) 56 

(Franco-Colombus) 56 

82 

(grottes de) 101 

(maison noble de). 105, 108 

(seigneur de) 52 

I en terre cuite xi.iii 

in* de) 57, 67 

I deBellevue 127 

mie de) 57 

d 120 

r (Jeanne de) 108 

LXXVl 

Gironde) xl, 30 

église de) xlvii, 21 

tdeRibouteau 59 

(Biaise de) 59 

(François de) 60 

(Bernard de) 60 

(Toussaint de) 60 

(Jean-Baptiste de) 61 

(Marie- Pernie- Angéli- 
que de) 61 

(Anne de) 61 

(Raymond Nouât de).. 60 

(Toinetle-Sophiede).... 60 

(Appolonie de) 62 

(J.-B.-Joseph de) 62 

(Maurice-J.-B. de) 62 

(Léonard-Léon de) 62 

(Pétronille-Marie de)... 63 

m 82 

bbaye de) lxxvii 

G 

ind Lxxvn 

lu (Jacques de) 64, 82 

(Uélies de) 64 



Pages 

Galatheau (Suzanne de) 64 

Galet (sculpteur) xix 

Galleteau (maison noble de) 64 

Gaufreteau 31 

Gères (Jules de) 117 

German 38 

Goth (Bertrand de) 90 

Grange (la) 38 

Grenier (Marie de) 64 

Gresignac (Amanieu de) 75 

— (famille de) 76 

— (Raymond de) 76 

— (Gaillard de) 76 

Grottes de Ferrand xxxn 

Grusoirs en terre cuite xxni, 2 

Guénant (Jeanne) 56 

— (Joseph) 56 

Gueynet (Mathieu) 57 

Gueynich 5 

Guichebault 82 

Guillibaud 18 

Guionneau 38 

Guislain (comte de) 65 

Gultres xl 



Haches à double coulisse... 128, 136 

— à talon 128, 135 

— à douille 128,135, 136 

— à ornements 128, 133 

— à ailerons 128, 135 

— des premiers essais 135 

— massives 135 

— à coulant....- 135 

— à anneau latéral.... 128, 149 

— grand type médocain 136 

Halland 6 

Hamelin (Jeanne) 53 

Hazeltus 6 

Hcarne (d') 146 

Herpès lxxxvi 



Innocent X.. 42 

Inscription lvi, xcii, 30, 119 

Irlande 129 



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— 159 — 



Pages 
J 

Jaugeblanc 108, 112 

Jouaanet.. 141 

Jourdie 38 

Joussel (Eléazarde) 52 

— (Benjamin de) 52 

Jullian 1 

Labadie (Théodore de) ziin 

La Chèze 57, 59 

— (Elisabeth de] 59 

— (Léonard de) 63 

— (Anthoine de) 63 

— (Jean de) 63 

— (François de) 63 

La Claverie 56 

Lalustre 3 

Lamantien (âge) 131 

Lamourouz (L.-M. Antoine de).. 53 

Landes J27 

Langoiran 28, 38 

Langoyran (B. de) 31, 77 

Lansac 1 

Lapone 49 

Laporlerie (de) 127 

La Réole 29 

Larnaudienne (époque) 131 

Laruscade 1, 3 

Las Tours (Agnès de) xc 

Latour du Moulin 148 

Lauvergnac (Catherine de) 53 

— (Suzanne) 59 

Lavauguyon 108 

Law (banque de) xxi 

La Ville (Jean) 56 

Lectus 12 

Lepic (vicomte de) 143, 145 

Lescours (Château de) 120 

Lesson.. 127, 144 

Leyritz (Marg.-Eliette-Calh. de) . 55 

Lit nuptial U 

Lory (Pérette de) 52 

Lumhollz (Cari) 148 

Lusignan (Marquis de) 52 

Luxe (Jehan de) 51 

— (Guy de) 51 

— (Josne) M 52 



Pages 
M 

Mac-Mahon (curé) 50 

Mallet de la Jorie de la Puyvalier 110 

Manche 128 

Marans (Joseph de) 109 

Maret - 38 

Margueron 28 

Marmouset 58 

Martel (Jeanne Platon de) 60 

Mas 67, 68, 82 

Mathan (Pey de) 66 

— (Jean de) 66 

Mathieu (Françoise de) 53 

Maufras 127 

Maurin (F.) 57 

Menaude (Vicomte de) 63 

Menoire (Eléonore-Catherine).... 56 

— (Alexis-Guillaume) 56 

Mios Lxxviii 

Mirebeau-sur-Bëze lxxiz 

Molon (Isambert de) 66 

Moncuq (Charles de) 51 

Mons (Jean-Antoine de la Tour), 

110, 113, 118, 120 

Montagrier xl 

Montant xl 

Montbadon 26, 30 

Montagne 27 

Montferrand (Guy de) 31 

Monthelon lxxxi 

Montignac xl 

Monségur 26 

Morgien ^âge) 131 

Morlaas •.. 57 

Mortillet (de) 125 

Mortier â sel 2, 3 

— en terre cuite , l 

Mota (Gaillard de) 73 

Mothe (maison noble de la) 51 

Mouels 60 

Moueys 60 

Mouillac 27 

Moulun (Pey de) 66 

— (Arnaultde) 66 

— (Pierre-Clément de) 66 

— (Jean de) 66 

— (Petit) 82 



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— 160 — 



Pages 

N 

;l (Jean-Jacques de Raymond 

) 54 

Tiandie 128 

vège 129 

lies d'Artolée 82 

O 

Ivy 63 

P 

lé (curé; 50 

et 38 

u-Patou8 147 

î 126 

1 67 

grin (curé) 50 

onencq (Michel de) xc 

ol 129, 135 

lUS 57 

liciens 129 

on (baron de) 120 

res gravées 110 

1 en terre cuite 2 

llus 12 

ue conrïmémorative xxv 

îton (Raymond de) 69 

as 76, 80 

briand (Pierre de) xc 

et (grand et petit} 82 

) 56 

herie (La) xlviii 

rie XXVI 

er 13 

david Lxxx 

ir (J.). 31 

n (abbaye de) lxxxi 

(Le) 82 

(Peyronnc du) 66 

Is 26 

ulx(de) 82 

leguin 27 

lormand 24, 28 

g 

'tiëresau xive siècle 48 

nen (N.-D. de) ...• lxxx 



Ramondon (château de) 

Registre de Jurade 

Regnon (Jehanne de) 

Réole (église abbatiale de la).... 

Retables 

Rey (le) 

Rhône 

Rhône (Bassin du) 

Ribouteau 

Rions (le) 

— (Bernard de) 

Rochefoucauld (Dominique de la^ 

Roues à clochettes lxxv, 

Roque (Orlhon de la) 

Roquebouse 

Roquey (la) 

Rozier de Terrefort 

Rozzet de la Noguarède 

S 

Salière en terre cuite 

Salignac (Elle de) 

Salles ;. 

Sarrau (Jeanne) 

Saujon (église de)..... 

Saulvebeuf (marquis de) 

Sauve (abbaye de la Grande).... 

Sceau en cuivre 

Semur en Auxois 

Sentuary (Jean de) 

— (Marie-Catherine de).. 

— (Michelle de) 

— (Françoise de) 

— (L. Jos. Paulin de) 

Sépultures 

Sidon 

Siècle vi« 

Sixtillius 

Smaland 

Soulignac 

Sourdis (François de), xxv, lvi, 

Strutt 

Suau XLvra, 38, 

Sudiraul (Guillaume) 

Suède 

Synceny .-» 



P&ges 
65 

LXXV 

50 
9 

41 
38 
126 
128 
60 
38 
58 
84 

t XXVII 

68, 82 

XXXI 

82 

57 

109 



xxiu 
78 
8 
56 
29 
59 
72 

LXXIV 
LXXIV 

54 
54 
55 
55 
55 

LXXVI 

126 

LXXXVI 

XLHI 

6 

39 
32 

148 
55 
xc 

129 
18 



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-- 161 — 



Saints 

Saint-Âethelvold < 

» Angadresme 

n Benecdilus 

» Christophe . 



Pages 

LXXXI 

Lvn 

XXVI 
XLl 

Ciers d'Abzac lxxxvi 

Colombe 24 

Cybard xu, 27 

Denis-de-Piles 27 

Epine xc 

Front de Périgueux xli 

Germain d'Esteuil lv 

Hilaire 70 

Hippolyte 101, 105 

Jean de Sagondignac. xxiu, xlix 

Julien de Tours 33 

Léger (Marie de) 52 

— (Jacob de) 52 

Loup 50 

Martial 39 

Martin (basilique) lxxxvu 

— 31 

Melanus 26 

Michel-ia-Rivière 27 

Nicolas de Pampelune... lxxxii 

Paul de Londres lxxxi 

Saturnin xlyiii, 39 

Seurin 50 

Sulpice de Faleyrens 120 



Talbot Lxxxv 

— épée Lxxxix 

— livre d'heures lxxxix 

— (reliques de; Lxxxvra 

Tanesse (Anne) 118 

Tanna (lie) 143, 148 

Tapisserie ancienne xlviii 

Tarnès 27 

Tastes (Gaillard de) 70 

Tauzinasse (la) 82 

Tayac 27 

Tenniers 38 

Terre cuite 1, 11 

Testart (Louis de) lxxvi 

— (Abraham de) lxxvi 

Teuillac 1 

Thibaut (Gaston) 59 

— (chevalier) 52 



Pages 

Thilorier (Jacques dej.. 55 

— (Pierre de) 55 

Tourne... 38 

Tourny (Allées de) lxxvi 

— (Place de) lxxvi 

Tourtirac (église de) 30 

Trène (Boson de la) 68 

Trentième (impôt du) 49 

Trimoullet 104, 113 

Tuile à cruchade xxxin, 4 

Tuzan lxxviii, lxxxi 

Tyr 126 



Uzeste (Notre-Dame) 87, 



Valentinien I«r 

Vasatence (chronicon) 

Vérac 

Vergne (chapelle de la) 

Verre à boire sans pied 

Verrerie 

Verteuil (Marguerite de) 

Veslrogothie 6, 

Vie de Chassenay 

Vidal (G.), curé 

Villandraut (château) 

Villegouge 

Villenave • 

Villenave-d'Ornon 

Ville (de la) 38, 

Vimeney 

Vincens (Joseph de) 

— (Elisabeth de) 

— (Charles-Math, de) 

— (Louis-Joseph de) 

— (Rose de) 

Vivans (François) « 

Volga 

Volterra 

Voluzan 

Vulci 



92 



XIX 

102 
27 
50 

XXVI 
XXVI 

52 

7 

LXXIX 

49 

88 

25 

38 

Lxxa 

82 

113 

53 

53 

53 

53 

53 

114 

126 

14 

110 

14 



Ysanguier (Gabrielle). 

Z 

Zélandais (nouveaux) . 



51 



147 



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7,698. — Bordeaux, V« Cadoret, impr*, rue Montméjan, 17 



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SOCIÉTÉ 

AECHÉOLOGIQU: 

DE BOR D EAUX 



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SOCIÉTÉ 



AECHÈOLOGIQUE 



IDE BO]R3DE-A.XJX: 



TOME XVIII 



BORDEAUX 



FT3R.ET ET FILS 

libraires-Éditeurs 



IMPRIMEUR 



15 — C-OI-RS DB L'|NTK1«I>AKCB — 15 I 17 — RUKMONTM&IAN — 17 

1893 



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LISTE DES MEMBRES 



SOCIÉTÉ -A.r\.OHÉ01L.0Q-] 



DE BORDEAUX 



^ Décoration de la Légion d'honneur. — \i^ Ordre étra 
L ^ Officier de l'Inslruction publique. — A. {Q^ Officier 
\iji M. A. Mérite agricole. 



Bienfaiteurs et Donateurs. 

Le Ministre de TInstruction publique et des Beaux-Art». 

Le Co?(8Eil GÉnéRAL de la Gironde. 

La Municipalité de Bordeaux. 

La Ville de Paris et M. le Préfet de la Seine. 



Membres du Bureau depuis la fondation de la Si 
jetée en 1867, créée le 2 mai 1873 et autorisée 
de la même année. 

Président honoraire et fondateur. 

M. Sansas, Avocat, Député de la Gironde, mort à Vers 
le 3 janvier 1877. 

Bureau provisoire, 2 mai 1873. 

Président : M. Léo Droutn, i^. 
Secrétaire général : M. Gaullieur, A. O* 



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Bureaux définitifs, 14 novembre 1873. 



idents 



it. 



MM. 



le. A. Q, 

imeris, ^, A. 0. 

[uis de Puifferrat. 

>rtrie. 

get, *, A. a. 

Braquehaye, A. 0, 

ussaud. 

tam, j^, A. 0. 

imeris, j^, A. 0. 

get, *, A. il. 

erchoD, j^, ^, A. 0. 

îgaoeau, A. O- 

imeris, j^, A. Q. 

get, *, A. ||. 

m, I. O. 

e, O. *, Ȕ<, A. O- 

L. de Chasteigoer. 

imeris, ^, A. O- 

«que (F.). ^, A. O- 

irésidents : 

ne, Dezeimeris. MM. 

limeris, Léo Drouyn. 
Drouyn, de Puifferrat. 
Drtrie, Sourget. 
'get, Braquehaye. 

[ueliaye, Lussaud. 

(aud, Azam. 

n, Collignon. 

gnon, Dezeimeris. 
get, Lussaud. 
(aud, Berchon, 



Secrétaires généraux : 

Di" Baudrimont, A. Q. 
puis Delfortrie, 6 février 1874 . 
Del for trie. 

id. 
Ch. Braquehaye, A. 0. 
Gaullieur, A. 4(j|. 
de Mensignac. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
Dr Berchon, 'Sf^, ^, A. '^. 

id, 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

Assesseurs . 

Lussaud, G. La bat. 

Delpit, Lussaud, G. Labal. 
id. 

Lussaud, Dezeimeris. 

Lussaud, Dezeimeris, de Puil- 
ferrat. 

Dezeimeris, Collignon, Delfor- 
trie. 

Dezeimeris, Collignon, Sour- 
get. 

Dezeimeris, Sourget, Braque- 
haye. 

Braquehaye, Sourget, Lussaud . 

Braquehaye, Azam, Berchon. 

Dezeimeris, Piganeau, Braque- 
haye. 



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1885 MM. Piganeau, Dezeimeris. MM. 

1886 Dezeimeris, Sourget. 



Sourget, Braquehaye, Combes. 
Braquehaye, Combes. 



1887 


Sourget, Bonie. 


Combes, Braqi 


1888 


Booie, JuUiaa. 


Dezeimeris, C 
Haye. 


1889 


Bonie, de Chasteigner. 


Sourget, Com 


1890 


de Chasteigner, Dezeimeris. 


Jullian, abbé ] 
signac. 


1891 


Dezeimeris, Habnsque. 


Bonie, abbé I 
signac. 


1892 


Habasque, de Mensignac. 


de Chasteigne 
de Faucon. 


1893 


de Mensignac, de Faucon. 


Dezeimeris, a 
A. de Chast 




Trésoriers : 


Trésorier 


1874 i 


* 1876 MM. Lalanne. 


1880 à 1891 M 


1877 i 


Il 1888 Domengine. 




1889 


Dagrant. 




1890 


id. 




1891 


id. 




1892 


id. 




1893 


id. 






Secrétaires-adjoints : 


Archiv 


1874 


MM. E. Piganeau, Maufras. MM 


. Marquis de Pi 


1875 


id. Braquehaye. 


id. 


1876 


id. id. 


Farine (Charl< 


1877 


id. Marmet. 


id. 


1878 


id. de Mensignac. 


id. 


1879 


id. Feret. 


id. 


1880 


id. id. 


Amtmann (Th 


1881 


id. id. 


id. 


1882 


id. id. 


id. 


1883 


id. id. 


id. 


1884 


de Faucon, Feret. 


id. 


1885 


Feret, abbé Corbin. 


id. 


1886 


id. id. 


id. 


1887 


E. Piganeau, Feret. 


id. 


1888 


id. id. 


id. 


1889 


id. id. 


id. 


1890 


id. id. 


id. 


1891 


id. id. 


id. 


1892 


id. id. 


id. 


1893 


id. id. 


id 



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Membres honoraires. 

LECOÏ (S. E, Monseigneur), cardinal-archevêque de Bordeaux. 

DELISLE (Léopold), C. *, I. Q, membre de l'Institut, président du 
Comité des travaux historiques et scientifiques des Sociétés savantes, 
administrateur général, directeur de la Bibliothèque nationale, 8, rue 
Petits-Champs, Paris. 

fY (Victor), G. O. lf|i, I. ^, de l'Académie française, membre du 
lité des travaux historiques et scientifiques des Sociétés savantes, 
ne de Médicis. 

.ANT (Edmond), O. ^, I. ^, membre de l'Institut, président de 
ection d'Archéologie du comité, 7, rue Leroux. 
RAND (Alexandre), O. ^, I. Q, membre de l'Institut, conservateur 
ilusée des antiquités nationales de Saint-Germain en Laye. 
)N DE VILLEFOSSE (Antoine), *, I. 0, membre de l'Institut, 
servateur de la Sculpture grecque et romaine au Musée du Louvre, 
cteur-adjoint k l'Ecole pratique des Hautes-Etudes, 80, rue de 
nelle. 

LAUME (Eugène), membre de l'Institut, 238, boulevard St-Germain. 
rNON (AuG.), ^, A. 0, membre de l'Institut, archiviste aux Archi- 
nationales, membre titulaire du Comité, boulevard des Invalides, 

OT (GsoRoss), O. i^, membre de l'Institut, membre du Comité des 
aux historiques et scientifiques, prof. d'Archéologie à la Faculté 
Lettres, 45, rue d'Ulm, Paris. 

.PARTE (Prince Roland), 22, cours de la Reine, Paris. 
iOUILLET (Anatole), O. *, I. Q, vice-président du Comité des 
aux historiques et scientifiques, conservateur du département des 
ailles et antiques de la Bibliothèque nationale, rue Colbert, 12. 
HÉLEMY (Anatole de), ^, I. i(|, membre de l'Institut, membre 
l^omité, rue d'Anjou-Saint-Honoré, 9. 

EYRIE (Comte Robert de), ^, I. 0, professeur à l'Ecole des Char- 
secrétaire du Comité, rue Pré aux Clercs, 10 his. 
lEL (Alfred), ^, I. 0, directeur du Musée des Thermes et de 
tel de Cluny. 

lAJOD, ^f A. m, conservateur adjoint au Musée du Louvre, membre 
A Commission des Monuments historiques, à Passy, rue Vital, 43. 
rZ (Eugène), i^, conservateur de la Bibliothèque et du Musée 
'Ecole des Beaux-Arts, rue de Condé, 1. 

MES (Xavier), i^, I. Q, directeur du Secrétariat du Comité des tra- 
i historiques et scientifiques, rue Bonaparte, 12. 
LON (Ernest), Bibliothécaire au cabinet des antiques à la Biblio- 
[ue nationale, rue de Verneuil, 23. 



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PALUSTRE (Léon), ^, A. Q, ancien directeur de la Société française 

d'Archéologie à Tours. 
MARS Y (Comte de), *|f*, A. ^>, directeur de la Société française d'Arcli 

logie, à Compiègne (Oise). 
GONSE (Louis), directeur de hi Gazette des Bjaux-Arls, rue Favart 

à Paris. 
NORMAND (Ch.), directeur de l'Ami des monuments y 1, rue 

Martyrs. 
MOREAU (Frédéric), ^, membre de la Société nationale des A 

quaires de France, à Fère en Tardenois et rue de la Victoire, 9 

Paris. 
ALLMER, ^, correspondant de Tlnstitut, à Lyon, quai Claude-E 

nard, 7. 

Membres honoraires étrangers. 

SILVA (Le Chevalier J. P. N. da), O. *, L O, architecte de S. M 

Roi de Portugal, membre de l'Institut de France, à Lisbonne. 
HENRARD (Paul), général d'artillerie, secrétaire général de l'Acadé 

d'Archéologie de Belgique, à Anvers, membre de la section des Let 

de l'Académie royale de Belgique, etc. 
LYUBIC (professeur), président de la Société d'Archéologie de Croj 

directeur du Musée; ù'Agram (Zagreb). 
TERRIEN DE LA COUPERIE, professeur de Philologie indo-chino 

University Collège, à Londres. 
SCHMIDT (Waldemar), professeur à l'Université de Copenhague, dii 

teurdu Musée royal. 
UILDEBRAND, premier conservateur du Musée royal d'Archéologie 

Stockholm. 
MONTELIUS (Oscar), deuxième conservateur du Musée royal d'Arcl 

logie de Stockholm. 
D' GROSS, membre de plusieurs Sociétés savantes à Neuveville (Suis 



Membres correspondants. 

POTTIER (Le Chanoi?(e F.), A. 0, fondateur et président de la Soci 

archéologique de Tarn-et-Garonne, à Monta uban. 
FORESTIÉ (Edouard), A. <(|, secrétaire de la même Société, à Monta ul 
De CARSALADE du PONT (Le chanoine J.), A. Q, secrétaire de S. 

l'Archevêque d'Auch. 
CARTAILHAC (Emile), *, »î<, I. O, à Toulouse. 
De FONTENILLES (Paul), ^, A. Q, Inspecteur général de la Soci 

française d'archéologie, à Montauban> 
CALUIAT (Le Chanoine), aumônier au Lycée de Montauban. 

ToMS XVIU. — FAsa I. i" 



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DUMAS DE RAULY, A. Oj nrchiviste du département de Tarn-et- 

Garonne, à Montauban. 
JOUAN (Henri ), capitaine de vaisseau en retraile, à Cherbourg, O. ^ , A. ^Jjl. 
3), historien et archéologue, à Saintes, I. 4(j|. 

Membres titulaires (i). 

\.lfred), O. ^, I. 0, Maire de Bordeaux, rue de la Rous- 

S. 

DE (E.), négociant, rue Vauban, 9. 

AUSEN (H.), *, A. Q, professeur à la Faculté de Droit, 

adjoint au maire, correspondant à l'Institut de France, 

'Aquitaine, 80. 

PAT, rue Notre-Dame, 28. 

iRAT (Marquis de), au château du Breuil, à Talence 

«)• 

-CUSSAC, architecte, rue Combes, 6. 
iILHOU, ^, imprimeur, rue de Cheverus, 8. 
ERIS (Reinhold), ^, A. 0, correspondant de l'Institut de 
conseiller général de la Gironde, rue Vital-Caries, 11. 
HÈQUE MUNICIPALE. 

ANQUE (de), imprimeur, rue Permentade, 23-25. 
LU (Emilien), a. (p^, professeur à l'Ecole municipale des 
\.rts, cours d'Albret, 17. 
;0N, rue Sabathé, 29. 

\IONT (E.), A. O. docteur en médecine, rue Saint-Rémy, 43. 
JX, ^, conducteur principal des Ponts et Chaussées, 
la Croix-Blanche, 2. 

I (Albert), architecte, cours Victor-Hugo, 18, à Agen (Lot- 
tnne). 

EAU (A.), I. Hff photographe^ cours de l'Intendance, 29. 
D (A.), A. HJf, artiste-peintre, rue Mazarin, 101. 
Edouard), libraire-éditeur, cours de l'Intendance, 15. 
IGNER (Comte Alexis de), archéologue et numismate, 
Grassi, 5. 

, architecte, rue Plantey, 18. 
I (Jules), publiciste, rue de Cheverus, 8. 
rET (Consul de Monaco), rue des Treuils, 73. 
ID (E.), ingénieur civil, conseiller général de la Gironde, 
lu Médoc, 148. 
, ^f agrégé de la Faculté de médecine, rue Ferrère, 54. 



c de l'année de 1873 sont Fondateurs de la Société. 



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1874 SOURGET (Adrien), ^. A, <J), ancien adjoint au maire de Bordeaux, 

cours de Gourgues, 8. 

— VERDALLE (H.), docteur en médecine, rue Guillaume-Brochon, 5. 

— DALEAU (François), archéologue, à Bourg (Gironde). 

— CLOUZET, conseiller général de la Gironde, cours Victor-Hugo, 88, 

90, 95. 

— BONIE (F.), #, i^, A. Q, ancien conseiller à la Four, cours 

d'Albret, 30. 

— MONTESQUIEU (Baron Ch. dk), au château de la Brède (Giron 

— BERCHON, j^, i^, >^, A. 0, ancien médecin principal de l^e cl 

de la marine, cours du Jardin-Public, 96. 

— AZAM (Eue), #, A. 0, professeur de la Faculté de médecin 

de pharmacie, correspondant de l'Institut de France, rue Vi 
Caries, 14. 

— SCHRODER (M.), cours du XXX-Juillet, 20. 

— BROWN (F.), allées de Chartres, 9. 

— RICARD, architecte, rue Peyronnet, 20. 

— GERVAIS, architecte, place Gambetta, 29. 

— MOULINIER, avocat, rue des Remparts, 21. 

— HALPHEN (CoNST.), propriétaire, au château de Batailley, à Paui 

(Gironde), et Paris, rue de Tilsitt. 11. 

1875 MILLET, peintre-décorateur, rue du Mirail, 8. 

— BROCHON (H.), avocat, rue Vital-Caries, 22. 

— PANAJOU ^H.), photographe, allées de tourny, 8. 

— DURAT (Raymomd), à la Roque de Padillac (Gironde). 

— TAMIZEY DE LARROQUE, ^, A. Q, historien, correspondau 

l'Institut de France, à Gontaud (Lot-et-Garonne). 

— MIOCQUE, imprimeur, rue d'Albret, 26. 

— LAFUGE (J.-C), rue-Notre-Dame, 134. 

— DAGRANT (G.-P.), »J<, peintre-verrier, cours Saint-Jean, 7. 

— RIBADIEU (F.), archéologue, rue Huguerie, 48. 

— POUVERREAU, agent-voyer d'arrondissement, à Lesparre 

ronde). 

— TH0LIN,I.O. archiviste du département du Lot-et-Garonne, à Aj 

— MENSIGNAC (Camille de), conservateur des Musées préhistoric 

des Armes et des Antiques, cours d'Alsacc-et-Lorraine, 12. 

1876 FORRESTER (Offley), 66, Mark-Lane, à Londres (Angleterre) 

1877 AMTMANN (Th.), négociant, rue Doidy, 26. 

— DUVÎGNEAU, député, conseiller général de la Gironde, à Audei 

— DUMEYNIOU (Louis), architecte, quai Bourgeois, 4. 

— GADEN (Charles), conseiller municipal, rue de la Course, 109. 

1878 DURAND (ENerre), architecte, rue François de Sourdis, 155. 
PEPIN (G.), rue Notre-Dame, 110. 

GRENIER, (PoîisiA.t), rue Sainte-Catherine, 156. 



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1879 GARRES, route de Rayonne, 120. 

IftSft POrîIRT (Abei.), notaire, rue Saint-Rémy, 64. 

ILLE, i^, A. 0, rue Rodrigues-Péreire, 2, 

)ET (Gustave), rue du Couvent, 14. 
(P.), commis-architecte, rue Plantey, 9. 
(Ferna^d), professeur à l'Ecole municipale des Beaux- 

c de Pessac, 8. 

r-BALGLERIE (Ph.), I. 0, ancien magistrat, 11, Har- 

[>ad, Upper-Halloway, N. Londres. 

(de), }^, archéologue, place Rohan. 4. 

WALD, quai Louis XVIII, 15. 

iAUV^E, percepteur à La Réolc (Gironde). 

.ouïs), architecte, rue du Temple, 17. 

SY> (Emmanuel), cours Gambetta, 31, à Talence (Gironde). 

RÉHISTORIQUE, hôtel Bardineau, au Jardin-Public. 

(Camille), I. ^, maître de conférences à la Faculté des 

correspondant du Ministère de l'Instruction publique, 

eaux-Arts, cours Tournon, 1. 

cours de l'Intendance, 57. 

(Alfred de), allées de Tourny, 15. 

(Emile), rue Poirier, 1, 

NRi de), cours d'Albret, 17. 

orges), rue Judaïque, 121. 

ES ARMES, à la Bibliothèque de la Ville. 

.'abbé), curé de Saint-Michel de Bordeaux, au Presbytère. 

(Camille), négociant, à La Réole (Gironde). 

3, à la Réole (Gironde). 

(Jules), négociant, pavé des Chartrons, 33. 

Arles), ^, i^, i^, inspecteur du travail des enfants 

3 dans l'Industrie, rue du Colisée, 19. 

(L'abbé), vicaire à Sainte -Marie -La -Bastide, avenue 

'2. 

facteur d'orgues, rue Brian, 16-18, et rue Leberthon, 91. 

t,R (Charles), négociant, rue du Jardin-Public, 55. 

LC (S.), docteur en médecine, président du Syndicat 

lu Médoc, à Margaux (Gironde). 

(Edouard), propriétaire, quai des Chartrons, 94. 
(Camille), A. Q, ifi M. A., conseiller général de la 
rue Lafayette, 8. 
(L'abbé), curé de Saint-Mariens (Gironde). 

L,), cours de Tourny. 

RE (Marquis de), président de la Société des Agricul- 

France, au Château de Plassac, près Saint-Genis (Cha- 



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1888 SANTA-COLOMA (Joseph de), cours de Gourgues, 8. 

1889 BONIFAS (Paul), négociant, rue Tourat, 38. 

— DULAU, éditeur, à Londres. 

— HABASQUE (F.), i^, A. O» correspondant du Ministèi 

truction publique, conseiller à la Cour, rue Emile-Fo 
Bordeaux. 

— CAZEMAJOU (L'abbé), vicaire à Saint-Louis, à Bordeau 

— LELIEVRE (L*ABBÉ), vicaire de Sainte-Croix, à Bordeaux* 

— ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DE LA GIRONDE 

— MALLET (Albert), chemin des Cossus, Bouscat-Bordeai 

1890 BERCHON (Charles), 96, cours du Jardin-Public. 

— DÉODAT DE VERTHAMON (Marquis), château du CasI 

Germain d'Esteuil (Médoc). 

— GROSS-DROZ, négociant, rue du Réservoir, 10. 

— HAMM (Georges), sculpteur sur bois et professeur de 

d'Albret, 17. 

1891 CHARBONNEL (A.), négociant, rue des Remparts, 30. 

— FLOS (Léopold), rue Arnaud-Miqueu, 30. 

— LAGLER-PARQUET, épigraphiste, membre de plusieui 

savantes, rue Boudet, 4. 

— BONETTI, peintre, rue Sainte-Catherine, 229. 

— MANTHÉ (René de), place du Pont, La Bastide. 

1892 BAILLON, notaire à Langoiran (Gironde). 

— FLORENT, rue du Palais-Galien. 

— LEWDEN (F. -H. -Louis), capitaine instructeur au 15' 

Libourne. 

— BRUTAILS, I. 0j archiviste du département de la Gii 

Archives, rue d'Aviau. 

1893 CHARIAULT (Henri), homme de lettres, à Beautiran. 

— THIBAUDEAU (Armand), avoué, 17, cours de Tourny. 

— MICHAUT, peintre miniaturiste, 63, rue des Ayres. 

— MILLER (Omer), peintre, 66, rue des Remparts. 

— LAMARTINIE (Abbé), curé de Blézignac. 

— ANSBER (Herman), à Saint-Seurin de Cadourne. 

— GARREAU, ancien notaire à Lnngon. 

— BRUN (Abbé), cOré d'Uzeste (Gironde). 



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'^8 correspondantes en France. 

Société Scientifique et Littéraire. 

— des Antiquaires de Picardie. 

— Archéol. et Historique de la Charente. 

— Educnne des Lettres, Sciences et Arts. 

— Archéologique. 

— des Sciences et Arts. 

Société Académique d'Archéologie, Sciences et 
Arts de l'Oise. 

— d'Emulation. 

— d'Emulation du Doubs. 

— Archéologique, Scientifique et Littéraire. 
Académie d'Hippone. 

Société des Antiquaires du Centre. 

— Scientifique, Historique et Littéraire de 

la Corrèze. 

— des Antiquaires de Normandie. 

— des Etudes Littéraires, Scientifiques et 

Artistiques du Lot. 

— des Arts et Sciences. 

Commission des Antiquités de Castres et du 

département du Tarn. 
Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts 

de la Marne. 

— d'Histoire et d'Archéologie. 

— Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie, 

— Dunoise. 

— Historique et Archéologique. 

— Française d'Archéologie pour la conser- 

vation des Monuments. 

— Archéologique. 

— de Borda. 

— Littér. et Scientifique des Basses-Alpes. 
Commission des Antiquités de la Côte-d'Or. 
Société d'études Scientifiques et Archéologiques. 
Société des Sciences naturelles et Archéologiques 

de la Creuse. 

— Historique et Archéologique. 
^Lcadémie des Belles-Lettres, Sciences et Arts. 
>ociétc Nationale Havraise d'Etudes diverses. 

— Historique et Archéologique du Maine. 

— d'Agric. , Sciences, Arts et Commerce. 
Commission Historique du département du Nord. 



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ny 



Limoges Société Archéologique et Historique du Limousin. 

Lyon — Littéraire, Historique et Archéologique. 

Melun — Archéologique, Sciences et Arts de Seine- 
et-Marne. 

Montauhan — Archéologique du Tarn-et-Garonne (1). 

Montpellier — Archéologique. 

Nancy — d'Archéologie Lorraine. 

Nantes Société Archéologique. 

Narbonne Commission Archéologique et Littéraire 

rondissement de Narbonne. 

Nice Société des Lettres, Sciences et Arts de 

Maritimes. 

Orléans — Archéologique et Historique. 

Paris Commission de la Topographie des Gaul 

» Publications Scientifiques et Archéolog 

Comité des Travaux Historiques au M 

> Société d'Anthropologie. 

» Musée Guimet, Annales. 

» — — Revue de l'histoire des i 

> Revue des Etudes grecques. 

» Société de l'Histoire de Paris etde l'Hed* 

» Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. 

» Journal des Savants. 

» Revue de la Société des Études historiqi 

> L'Ami des monuments. 

» Bulletin de la Société Académique Indo- 

de France. 

Pau Bibliothèque des Sciences, Lettres et A] 

Périgueux Société Historique et Archéologique. 

Poitiers — des Antiquaires de l'Ouest. 

Quimper — Archéologique du Finistère. 

Rambouillet — Archéologique, 

Rennes — Archéologique dllle-et- Vilaine. 

Rodez — des Lettres, Sciences et Arts de r 

Rouen Commission des Antiquaires de la Sein 

» Société libre d'Emulation du Gommer 

l'Industrie. 
Saint-Brieuc — Archéologique, Historique des C 

Nord. 

Saint-Dié Société Philomathique Vosgienne, 

Saint-Germain Musée National. 



(1) Nommée Associée à la suite de la réception d'un grand n< 
ses membres, à Bordeaux, les 21, 22 et 23 octobre 1890. 



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"^ 



Société des Antiquaires de la Morinie. 

— des Archives Historiques de la Saintonge 

et de TAunis. 

— Archéologique. 

— Archéologique, Historique, Scientifique. 

— Archéologique du Midi. 

— Archéologique de Touraine. 

— Académique d'Agriculture, Sciences, Arts 

et Belles-Lettres de l'Aube. 
Société Polymathique du Morbihan. 

Sociétés étrangères. 

Commission royale d'Arts et d'Archéologie. 

Analecta Bollandiana. 

Institut Archéologique Liégeois. 

Société Archéologique. 

Académie d'Archéol^^gie de Belgique. 

Cercle hutois, Sclcuces et Arts. 

Institut Royal, pour les Lettres, la Géographie 

et l'Ethnographie des Indes néerlandaises. 
— Royal Archéologique de la Grande-Breta- 
gne et d'Irlande. 
re).. Archeological and natural history society. 

Société royale des Antiquaires du Nord. 

Académie royale des Belles>Lettres, Histoire et 

Antiquités de la Suède. 

Société Archéologique Croate. 

..... Académie Royale d'Histoire. 

Société Royale des Architectes et Archéologues 

Portugais, 
ats- 

..... Institut Smithsonien. 
..... Bureau of Ethnology. 

Anthropological society. 

k.,, American folk lore society. 
sa). Annales del Museo nacional. 
.... Museo nacional. 
U.. Archives du Musée national. 
.... Société impériale archéologique. 



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SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE BORDEAUX 



Membres du Bureau pour Tannée 1893. 



Président : 



Vice-Présidents : 
Secrétaire-général . 

Secrétaires : 

Trésorier : 
Archivais te : 

Assesseurs : 



M. Habasque (Francisque), ^, A. iji, Correi 
dant du Miiiislère de l'Instruction pub 
Conseiller à la Cour. 

M. DE Me.nsig>'ac (C), Conservateur des M 

d'Antiques, d'Armes et Préhistorique. 
M. DE Faucon ifi, Archéologue. 

M. le DrBERCHox, i^, >^, >^, A ^, ancien Me 
principal de 1" classe de la Marine. 

M. PiGANEAu (E°"), A. ^, Professeur à l'Eco 

Beaux-Arts de Bordeaux. 
M. Feret (Edouard), Editeur-libraire. 

M. Dagrant (G.-P.), >^, Peintre-verrier. 
M. Amtmakx (Th.). 

M. Dezeimeris (R.), ^, A. (Jl, Membre ce 
pondant de l'Institut, Président sortant, 

M. l'abbé LÉGLisE, Vicaire de la Bastide, 
deaux. 

M. le Comte A. de Ciiasteigxer, Archéolog 
Numismate. 



JOURS DE SÉANCES en 1893 

Les deuxièmes vendredis des mois suivants, à 8 heures du soii 
A l'Athénée, salle 4, rue des Trois-Conils, 53. 



13 JANVIER 


10 MARS 


12 MAI 


14 JUILLET 


10 NOV] 


10 FÉVRIER 


14 AVRIL 


9 JUIN 


11 AOUT 


8 DEC] 



Le Bureau se réunit tous les premiers vendredis des mêmes moii 
la même heure. 
Les élections ont lieu dans une séance spéciale en Décembre. 

Bibliothèque : 17, rue Moutméjan. — Demande de livres et du dip 
illustré (3 fr.) : à M. l'Archiviste, rue Doidy, 26. 
Secrétariat général : 96, cours du Jardin-Public. 

ToMB XVlll. — Kasc. I. 2 



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indus des Séances de la Société Archéologique 



BOI^13EJLX7Z 



Séance du 13 janvier 1893. 

Présidence de F. Habasque, président. 

t adoption des deux procès-verbaux des 9 et 19 

;92. 

ident annonce qu'il a fait les visites officielles du 
an aux autorités. 

iance. — Rappel de la circulaire ministérielle fixant 
uverture du Congrès annuel de la Sorbonne, et 

la dernière limite pour l'envoi des Mémoires des- 
mgrès. 

Mensignac fait hommage à la Société de son 
s superstitions attribuées à la salive et au crachat, 
euve Domengine remercie la Société des témoi- 
érét qu'elle a donnés à la mémoire de son mari. 
»spectus de libraires sont déposés sur le Bureau, 
ret donne lecture de plusieurs passages de sa 
rchéologiqiie et historique de la Gironde. Canton 
Blanc : ancienne abbaye d'Arizanet ou de Bon- 
arès : plusieurs châteaux modernes. — Artigues : 
ne, château des Bétailh, château de Lestrille. — 
lise, Motte de la Mastugue : château de Montfer- 
airs historiques, château de Pichon. — Bouillac : 
?ey-Berland fut curé, châteaux de Benonville, de 

Péan de Bouglon, etc., etc. 

la suite dans une prochaine séance, 
est levée à 10 heures. 

'ident, Le Secrétaire, 

ASQL'E. E. PiGANKAU. 



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Séance du 10 février 1893. 
Présidence de M. F. Habasque, président. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président fait part à la Société de la perte qu'elle 
vient de faire en la personne de M. J.-L. Augier, aux obsèques 
duquel ont assisté plusieurs sociétaires. L'Assemblée s'associe 
aux regrets que lui cause cette perte inattendue. Un article 
nécrologique a paru dans les journaux. Il sera complété dès la 
levée des scellés mis sur les aippartements de M. Augier, mais, 
en attendant, M. Bardié, ancien ami du défunt, lit une courte 
notice dont l'impression est votée. 



NOTE SUR LOUIS AUGIER 

Lue à l'Assemblée générale de la Société Archéologique en date du 
10 février 1893. 

A la petite notice sur Louis Augier que doit faire M. Berchon, 
vous me permettrez, Messieurs, de joindre quelques notes per- 
sonnelles. 

Bien avant son arrivée a Bordeaux, vers 1864, Augier, s'oc- 
cupait d'archéologie; il avait beaucoup voyagé, et bien que ses 
occupations le portassent à s'occuper plus particulièrement de 
l'art religieux, c'était un chercheur a qui rien des choses 
archéologiques n'était indifférent. 

Quand je 6s sa connaissance, il y a 25 ans, il s'occupait 
beaucoup de recueillir les inscriptions anciennes et il s'em- 
pressait de faire part de ses trouvailles à M. Sansas. 

C'était un fervent d'archéologie et son enthousiasme pour 
celte science, il essayait de le faire partager à ses amis. Je ne 
suis pas le seul qui doive à Louis Augier d'en avoir reçu les 
premières notions. 

Il ne devait pas tarder à trouver sa place dans la réunion des 
amis de l'archéologie; aussi fit-il partie de notre Société dès 
les premières années de sa fondation et il y amena de nom- 



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breux adhérents. Les travaux de. M. Augier, M. Berchon doit 

les retracer. Sans famille, notre regretté collègue s'en était 

^^ : ; ^jj.^ f.^j^ ^jj^g jg Y^ Société Archéologique qui lui 

ns cesse les objets pour lesquels il avait un culte si 

pas digne de mériter notre admiration, ce modeste 
n'ayant pas reçu d'éducation spéciale, était cepen- 
à réunir des collections dont certaines choses 
n dignes de figurer dans nos musées ? 
3ns revu à nos dernières séances, et dans celle de 
ernier il fit la proposition d'une séance publique 
posait de nous faire connaître « Les usages et les 
s Landes )>, un ouvrage auquel il travaillait depuis 
années. Dans une visite que je lui fis quelques 
sa mort, il me montra les nombreuses notes qu'il 
blées après de minutieuses recherches, 
it un herbier des plantes superstitieuses et chaque 
était accompagné de la légende qui s'y rattachait, 
mentionné l'importante collection d'images des 
a formée et dont quelques-unes ne sont pas sans 

collections, il me montra le commencement d'une 
composée de médailles religieuses et à laquelle il 
i grand intérêt, parce que, disait-il, il n'en existait 
genre. Puis ce fut le tour des nombreux objets 
ecueillis dans ses voyages ; il vivait au milieu de 
eliques et il les regardait comme formant l'histoire 

t de ces objets intéressaient notre région ;cepen- 
ivait rapporté de fort loin, de Rome même, car le 
a Ville Eternelle n'avait pas manqué de tenter 
e chrétien. 

eut-être superflu que je vienne, Messieurs, vous 
le ces détails sur Louis Augier, mais vous me par- 
j'ai cédé à la pensée d'exprimer ici les sentiments 
i et le regret que me cause la disparition de notre 
fut mon parrain à la Société Archéologique. 



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M. Ilabasque donae lecture d'un travail qui a pour titre : 
Description de la maison na^^ale qui amena Louis XIV à Bor- 
deauXy notes recueillies dans les mémoires du temps. On sait 
qu'a l'occasion de son mariage avec l'infante Marie Thérèse 
d'Espagne, en juin 1660, mariage négocié par Mazarin et Don 
Luis de Haro, et célébré à Saint-Jean-de-Luz, le Roi passa avec 
son épouse à Bordeaux. Par une lettre du 15 mai, la jurade 
bordelaise fut avisée de ce passage et, en conséquence, fit 
préparer le bateau royal qui devait porter leurs Majestés. Sur 
le pont de ce bateau était ménagée une vaste salle garnie de 
tentures de velours cramoisi. A la suite venait la chambre du 
Roi. Une chaise de velours noir était destinée à la Reine-Mère. 
Tout le bateau était orné d'emblèmes galants, d'allégories et 
de devises latines. 

Sur les panneaux richement ornés se lisaient des devises et 
des légendes tirées des poètes. Un auteur lettré de l'époque, 
peut-être un père jésuite, avait été chargé de composer ces 
inscriptions et de leur arrangement. Le 23 juin 1660, une dépu- 
tation de la Jurade bordelaise se rendit a Cadillac pour présenter 
les hommages des habitants au Roi et lui offrir la maison navale 
menée par quatre galères et escortée par plusieurs autres bâti- 
ments. 

M. de Chasteigncr rappelle qu'il existe encore de nombreux 
jetons du xvii° siècle, où se lisent des inscriptions embléma- 
tiques; ces jetons, souvenir de l'époque, paraissent avoir quel- 
que rapport avec les inscriptions qui viennent d'être citées. Il 
y aurait quelques recherches ou rapprochements a faire à ce 
sujet. 

L'Assemblée vote, h l'unanimité, l'impression de l'intéres- 
sante notice de M. Ilabasque. 

M. Daleau présente une hache polie en silex rubané des 
environs de Bergerac, mesurant en longueur 95 millimètres, 
et en largeur 53 millimètres. Cet échantillon présente des 
éclats délèclueux qui n'ont été que nivelés en partie par le 
polissage. Il a été recueilli au lieu dit le Cabarrit-Condet, 
commune de Peujard (Gironde). 

M. de Chasteigner soumet plusieurs pièces gauloises attri- 



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buées aux Tarbe/li. On en a trouvé environ 400 renfermées 

dans un vase, à Poniarez près Dax (Landes). 

étaire rappelle que la ville d'Angouléme pré- 
ion régionale agricole indusirielle d'art rétros- 
ent de celte Exposition appelle le concours des 
ronde. 

présente une dague trouvée dans la Garonne à 
est d'une date indéterminée du xiv*, xv* ou 

glise, d'accord avec M. Berchon, propose 
iblications de la Société a M. le Supérieur du 

e, afin de propager le goût de l'archéologie 

ecclésiastiques. Initiative déjà prise par la 

lives, la Linnéenne et autres Sociétés de Bor- 

gner désirerait que ce fût le point de départ 
léologie utile à Messieurs les curés chargés de 
ises souvent intéressantes et qu'ils laissent 
ar ignorance. 

est adoptée a l'unanimité à la condition que 
le la Société seront destinées à la bibliothèque 
iressera au séminaire les exemplaires dont on 
;t le service se fera maintenant régulièrement, 
evéc à 10 heures et demie. 

Le Secrétaire, 
E. PiGANEAU. 



Séance du 16 mars 1893. 
:e de M. A. de Chasteigner, assesseur. 



lu président et du vice-président, excusés, 
lasteigner, assesseur, prend place au fauteuil 

il de la dernière séance est lu et adopté. 



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Rappelant celui du 9 décembre 1892, M. Brutails présente 
des observations qui se résument de la façon suivante : 

En premier lieu, M. Brutails a dissuadé M. le Curé de Saint- 
Ciers non pas d'ouvrir la fenêtre de la crypte de son église, 
mais bien de convertir cette fenêtre en une porte. 

En second lieu, M. Brutails n'a pas dit que Téglise de Mon- 
tagne fût fortifiée jadis. Dans cette église, il a signalé la voûte 
du carré du transept, laquelle est une coupole renforcée 
d'ogives, genre de voûte excessivement rare. 

M. le Président lit une lettre de notre sympathique secré- 
taire, M. Piganeau, qui s'excuse de ne pouvoir assister à la 
séance. M. de Manthé est prié de vouloir bien le remplacer. 

Poursuivant le dépouillement de la correspondance, M. le 
Président soumet une lettre de faire part adressée par le 
bureau de la Société historique et archéologique de Château- 
ThiefTy annonçant la mort de M. Alphonse-Pierre Barbey, 
membre de cette Société. 

M. Henry Charriant, élu récemment membre titulaire, 
adresse ses remerciements. 

M. le Supérieur du Grand Séminaire remercie la Société de 
la décision du don gratuit des publications de la Société à la 
bibliothèque de cet établissement. 

Bordeaux, le 21 février 1893. 

Monsieur le Président, 

L'offre si gracieuse que vous nous faites des publications de la Société 
Archéologique m'a vivement touché. Je vous prie d'agréer mes remer- 
ciements pour vous et pour tous vos collègues. Je ressens tout le prix 
de cette faveur qui nous assure la bienveillance de votre si honorable 
Société et qui inspirera un redoublement de zèle à nos séminaristes pour 
l'étude de l'archéologie. Vous vous préoccupez à juste titre de répandre 
le goût et les saines traditions de cette science. Le clergé peut et doit 
élre votre plus utile auxiliaire, parce qu'il a partout, aux divers points du 
diocèse, la garde des monuments religieux que l'art chrétien y avait mul- 
tipliés. Nous nous appliquons à leur en recommander ici, non seulement 
le soin mais le culte, dans un cours spécial dont l'institution remonte à 
plus de 40 ans. Les jeunes gens les plus intelligents s'y montrent très 
assidus, et nul doute qu'ils ne s'y montrent plus appliqués encore quand 



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ils sauront que vous voulez bion être leur patron et leur instituteur, en 
attendant qu'il vous plaise de les admettre à vos doctes réunions. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma considéra- 
tion la plus distinguée. 

H. GUARRIGUET. 

Supérieur du Grand Séminaire de Bordeaux» 

Comme on le voit le désir de la Société de voir le Gr.ind 
Séminaire doté d'un cours d'archéologie est réalisé depuis 
longtemps. 

M. le Trésorier exprime ses regrets de ne pouvoir assister 
à la réunion. Il donnera la lecture de sa gestion pour 1892 à 
la prochaine séance. 

M. le Président rend compte d'une lettre que M. Grellet- 
Balguerie, notre savant et laborieux collègue, écrit h M. Habas- 
que au sujet d'une découverte l\ laquelle il tient beaucoup. Il 
s'agit de l'origine exclusivement française et aquitanique de 
l'Epopée de Waltcr dont on fait au delà du Rhin, une œuvre 
allemande. 

M. Berchon écrit qu'il avait donné, d'après M. de Montégut, 
le texte d'une inscription moderne placée au chsiteau de Mon- 
tréal près Mussidan, au-dessous du reliquaire qui contient le 
fragment d'épine du Christ recueillie sur le corps de Talbot 
a la bataille de Castillon. Il vient d'apprendre par M. le mar- 
quis de Faubournet de Montferrand, possesseur de la relique, 
et par M. le curé Goyhenèche, auteur d'un mémoire spécial 
sur ce sujet, qu'il y a lieu de rectifier le premier texte, et il 
donne cette rectification qui sera insérée dans sa note sur les 
Reliques de Talbot, 

M. Berchon fait ensuite la communication suivante sous le 
titre de : Nouvelles Archéologiques, 

Ma publication sur Vàge du bronze y spécialement en Gironde ^ 
a excité le zèle des chercheurs et nous vaut déjà, de précieux 
renseignements. 

1** C'est ainsi que M. Daleau vient de m'aviser qu'on a décou- 
vert récemment dans le Blayais un lot important de haches de 
bronze appartenant, ce qui est rare dans cette partie du 
département, au type médocain dominant, c'est a dire a double 



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coulisse entière ou h rebord droits. Leur nombre s'élève à 
22 et M. Daleau, qui espère acheter toutes ces haches, se 
propose d'en faire l^objet d'une note pour la Société. 

2** Une nouvelle, plus intéressante encore, m'est transmise 
par M. Tournié (de la Réole) qui a vu, en 1885, a Sainte-Foy- 
la-Grande, un moule en bronze de haches formé de deux 
valves portant, chacune, une bellière latérale. Ce moule pesait 
3 kilogrammes. Laissé longtemps en vente, il a été acheté par 
un inconnu. Le paysan qui l'avait découvert en défrichant un 
champ avait coulé plusieurs fois du plomb dans la cavité du 
moule et obtenu des moulages qui vont être activement 
recherchés pour établir le caractère des haches fabriquées dans 
le moule. 

3** M. Tournié possède, d'autre part, deux haches de bronze 
dans ses collections, une médoquine ordinaire, provenant du 
Temple (Saint-Vivien, Médoc), l'autre d'origine Girondine, 
non exactement déterminée, et qui est d'un type particulier, 
sur lequel il doit donner quelques détails. 

M. le Secrétaire général fait connaître en outre : 

1** Que M. le Ministre de l'instruction publique et des 
beaux-arts a demandé pour l'Exposition de Chicago nos fasci- 
cules de 1891. Ils ont été envoyés h Paris ; 

2° Que la Société physico-géographique de Costa-Rica a 
fait remettre a la Société un important travail de statistique 
pratique pour lequel des remerciements ont été adressés ; 

3** Les éditeurs du Répertoire détaillé des tapisseries des 
Gobelins de 1862 à 1893, par E. Gœrspach, et le gérant de 
V Intermédiaire des chercheurs et des curieux ont envoyé, éga- 
lement, leurs prospectus. 

Il est ensuite procédé au scrutin sur Tadmission, comme 
membre titulaire, de M. Carreau, ancien notaire à Langon, 
présenté par MM. Fcret et comte A. de Chasteigner. Il est élu 
à l'unanimité. 

M. Feret émet, aussitôt après, le vœu de fonder un concours 
annuel d'archéologie locale. Après discussion, l'Assemblée 
décide que la proposition sera renvoyée au bureau et mise, s'il 
y a lieu, à l'ordre du jour de la prochaine séance. 



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M. le Président exprime, à ce sujet, son regret de voir que 
Tarchéologie monumentale et toutes les branches d'archéo- 
logie en général ne voient pas augmenter, de nos jours, le 
nombre de leurs travailleurs. 

M. Feret a de nouveau la parole pour continuer la lecture 
de sa Statistique historique et archéologique de la Gironde, Il 
décrit f.ormont, appelé dans les anciens titres : Mons Laureus 
Laureus Mons, Lormont en gascon. Ce territoire était soumis 
à la juridiction des Jurats de Bordeaux ainsi qu'à celle des 
Archevêques. Ces derniers n'y avaient cependant que le droit 
de moyenne et de basse justice. Tout en dépeignant à grands 
traits l'histoire de cette localité, l'auteur passe à la description 
de l'église, de l'ancien château archiépiscopal, puis à celle du 
château du Diable ou de Carriète. Au sujet de ce dernier, 
M. Feret rappelle, après MM. Ribadieu et Piganeau, dont le 
mémoire a été publié dans les Actes de la Société archéologique 
de Bordeaux, t. IV, p. 35, une intéressante légende qui est 
attachée au pavillon ruiné qui se trouve au nord. 

Avant la clôture de la séance, M. Brutails prie les membres 
de la Société qui pourraient avoir des jetons ou médailles de 
la Chambre de commerce de Guyenne, ou des documents sur 
ces objets, de vouloir bien les lui communiquer. 

La séance est levée a 10 heures un quart. 

Le Président, Pour le Secrétaire, 

F. Habasque. R. de Manthé. 



Séance du 14 avril. 
Présidence de M. F, Habasque, président. 

Le procès-verbal de la dernière séance, rédigé par M. de 
Manthé, qui a bien voulu remplacer M. E. Piganeau excusé, 
est lu par son rédacteur auquel des remercîments et des félici- 
tations sont adressés par l'Assemblée et par M. Piganeau lui- 
même qui voit en son jeune collègue, le cas échéant, un futur 
et digne successeur. 



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M. le Président fait connaître la distinction honorifique qui 
vient d^être accordée à notre savant confrère, M. Brutails, 
archiviste du département, récemment nommé officier de l'ins- 
truction publique. L'Assemblée adresse ses félicitations à 
M. Brutails. 

Présentation par MM. Habasque et Tabbé Léglise de M. Her- 
man Hasber, de Saint-Seurin de Cadourne. 11 est élu membre 
titulaire de la Société. 

M. Dagranl, trésorier, rend le compte annuel de la situation 
financière de la Société; selon la coutume, une commission est 
nommée pour la vérification des comptes : MM. Bardié, Flos, 
et de Manthé sont nommés membres de cette commission. 

Selon le désir émis dans une séîince précédente d'une excur- 
sion archéologique, M. le Président met aux voix le choix du 
lieu et du jour. On fixe le dimanche 14 mai pour aller visiter 
les ruines de l'abbaye de La Sauve et la commune de Daignac, 
riche de son vieux moulin et de ses deux châteaux de Pressac 
et de Curton. 

M. Feret donne lecture d'un fragment de sa Statistique qui 
se trouve bien h propos, puisqu'il y est justement question des 
communes de Créon, La Sauve et Daignac. 

M. Amtmann lit une note de M. Berchon résumant les der- 
nières nouvelles archéologiques pouvant intéresser la région. 

1® Il a fait de nombreuses recherches sur le moule en bronze 
de haches préhistoriques trouvé à Bergerac, et à appris qu'il 
avait été vendu à un horloger de Bordeaux qui l'avait revendu 
à un magasin renommé d'antiquités h Paris; mais, n'ayant 
reçu aucune confirmation de ce dernier achat par la maison 
Rollin et Feuardant, il a des doutes sur les renseignements 
reçus et surtout sur le chiffre d'acquisition dernière — 300 fr. 
— acheté 25 fr. à Bergerac, il avait été revendu 100 à Bor- 
deaux et 300 à Paris. 

2° Il signale avec tristesse que l'un des plus remarquables 
pionniers des recherches préhistoriques, le D' Prunières de 
Marvejols, vient de mourir le 19 mais dernier. Il avait publié 
de très nombreux mémoires et sa mort est déplorée par tous les 
savants avec lesquels il avait des relations. Elle sera douloU"* 



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reusenienl appréciée en Gironde où M. Priinières comptait 
plusieurs amis, spécialement MM. Daleau, Maufras, Berchon, 
Azam et tous les membres de la Société d'Anthropologie du 
Sud-Ouest. 

3* M. Grellet-Balgucrie a envoyé ce matin même, 14 avril, 
une note sur les changements survenus à l'embouchure de la 
Gironde, Cordouan, Soulac, etc., avec une carte explicative. 
Il en sera rendu compte. 

4o M. le Préfet de la Gironde envoie la liste des Congrès de 
l'exposition de Chicago. L'archéologie n'y figure pas. 

M. Amtmann demandeà M. Bardié où en est son travail pro- 
mis sur les poteries et verroteries. M. Bardié dit qu'il ne Ta pas 
encore terminé, mais, à ce propos, il propose d'émettre le vœu 
que le musée d'armes et autres obj'^.ts antiques, meuble?, pote- 
ries, soit installé le plus tôt possible dans un local convenable. 

Ce vœu à transmettre à la Ville est mis aux voix et adopté à 
l'unanimité moins la voix de M. de Mensignac qui, intéressé 
dans la question, croit devoir s'abstenir. 

M. Brutails signale un procès-verbal de 1698 des maîtres 
maçons, relatif à un projet de réparation de la voûte de Saint- 
Seurin de Bordeaux. 

M. de Manthé rappelle qu'il a été question de fonder un 
prix annuel pour un concours sur un sujet d'archéologie, 
lliverses objections sont présentées : d'abord la question 
finances, puis l'existence de concours de même ordre a l'Aca- 
démie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux qui, 
étant reconnue d'utilité publique, peut recevoir des dons par- 
ticuliers. Si notre Société paraissait assez riche pour donner 
des prix, le Conseil général ne manquerait pas de lui retirer 
la subvention annuelle qu'il lui accorde. 

La séance est levée a 10 h. 1/2. 

Le Président, Le Secrétaire y 

F. Habasque. E. Pigaxeau. 



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Séance du 12 mai 1893. 

Présidence de M. de Mensic.nac, vice-président. 

Le procès-verbal de La dernière séance est lu et adopté. 
MM. Habasque et de Chasteigner se sont excusés. 

M. le Président invite ceux de nos collègues qui désireraient 
faire partie de l'excursion projetée pour le dimanche 14 mai 
a La Sauve et Daignac et qui ne sont pas encore inscrits, à 
donner dès ce soir leur adhésion. 

M. Amtmann donne lecture d'un travail de M. Berchon sur 
le tombeau du pape Clément V et l'église d'Uzeste. Ce travail 
est une espèce de réponse à un article d'un savant archéologue 
de Paris qui paraît avoir été peu renseigné sur l'attention 
apportée h la question par les archéologues et historiens 
girondins. 

M. Berchon prouve, pièces h l'appui, que maintes fois on 
s'est largement occupé de ce tombeau et de cette église, notam- 
ment à la Commission des monuments historiques de la Gironde 
et il demande a la Société d'émettre un vœu formel de restau- 
ration du mausolée du premier pape d'Avignon, vœu à trans- 
mettre aux autorités compétentes. 

L'assemblée émet ce vœu avec la réserve posée par M. Bru- 
tails qu'on se contentera de restaurer le monument purement et 
simplement, sans y introduire de fantaisie comme il arrive trop 
souvent dans les prétendues restaurations. 

M. Bardié rappelle que dans une excursion archéologique 
faite a Uzeste, en 1892, M. l'abbé Brun, curé de cette pa- 
roisse depuis 15 jours h peine, se montra tout disposé à 
recevoir les membres de l'excursion et à leur être utile pour 
ce qui pourrait se rattacher à son église si intéressante pour 
l'archéologie. 

L'impression du travail de M. Berchon est votée. 

La correspondance comprend : 

1** Le programme du congrès que la Société française d'ar- 
chéologie doit tenir cette année k Abbeville du 27 juin au 4 
juillet. Une excursion aura lieu en Angleterre, à Douvres, 
Cantorberry, Rochcster, Hastings, etc. ; 



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2* M. Rabeau, ancien notaire à Avensan, a fait savoir à 
M. Feret qu'en défrichant un bois dans cette commune on a 
découvert plusieurs objets antiques dans une sépulture de 
1"* 50 de profondeur. Ces objets consistent en débris de po- 
teries, gargoulettes, débris divers, clous, etc. Le tombeau, en 
planches, mesurait 1 mètre. 

M. François Daleau présente à la Société trois vues photo- 
graphiques d'un édi6cc romain dans lequel est installé le musée 
lapidaire de Lambessa, département de Constantine (Algérie). 
Ces photographies ont été prises par M. H. Fillatreau, de 
Bourg-sur-Gironde, en 1891. 

M. Piganeau fait passer sous les yeux de ses collègues son 
album de dessins relevés dans les localités où doit se faire la 
très prochaine excursion à Daignac et La Sauve. Abbaye : 
ensemble, détails, église Saint-Pierre. Vues extérieures et 
intérieures. Tombeau de Saint-Gérard. Peintures murales de 
1566. Eglise et château de Blésignac, Dardenac, Saint-Léon, 
église de Daignac, châteaux de Pressac et de Curton. A Dai- 
gnac, diverses vues, vieux moulin et grotte de Laurian , 
moulin d'Espiet, église de Camiac, etc. M. Piganeau, qui a 
des relations dans le pays, se propose d'écrire une monogra- 
phie de l'ancienne juridiction de Curton, laquelle contenait les 
quatre paroisses de Tizac, Daignac, Espiet et Grésillac. 

M. Feret continue la série de sa Statistique archéologique 
et historique de la Gironde par la commune d'Arligues, inté- 
ressante par son ancienne église Saint-Seurin, le château de 
Betailh, cehii de Lestrille, xvii° siècle, les maisons nobles de 
Laborde, xvi* siècle, et de Feydeau. 

M. le Président fait savoir que le Musée lapidaire de Bor- 
deaux a été enrichi de 34 sculptures dont 20 chapiteaux romans 
provenant de l'ancienne église de la Brède. C'est un don de 
M. le baron de Montesquieu qui avait depuis longtemps re- 
cueilli ces objets pour les soustraire à l'anéantissement. 

M. le Président invite, en outre, la commission de vérification 
des comptes à déposer son rapport a la prochaine séance. 

La séance est levée à 10 heures et demie. 

Le Président, Le Secrétaire, 

C. DE Mensignac. E. Piganeau. 



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Séance du 9 Juin 1893. 
Présidence de M. F. Habasque, président. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président donne lecture d'une lettre de M. de Chas- 
teigner qui se fait excuser, pour cause de maladie, de ne 
pouvoir assister à la séance et envoie une série d'anciennes 
gravures représentant divers ports de TEurope. 

Une discussion s'engage sur les fouilles faites a Uzeste sans 
que Tantorité ni les Sociétés savantes aient été avisées pour y 
envoyer au besoin des délégués, et M. le Président rappelle 
un fait analogue survenu en Bretagne dans le tombeau de 
Gilles de Bretagne. On y avait également trouvé des ossements 
et une statue. 

Il est décidé qu'on n'écrira pas a M. le curé Brun. M. l'abbé 
Léglise fait savoir qu'une note publiée dans la Reçue catho- 
liqiie de Bordeaux par M. l'abbé Lacoste, curé de Saint- 
Pardon, indique certains détails omis dans le travail de 
M. Berchon lu dans la dernière séance. Ce sont des registres 
de Clément V ou actes concernant son pontificat. M. Lacoste 
a commencé une étude sur ces registres. 

La communication de M. de Chasteigner sur les jetons 
frappés à l'occasion du mariage de Louis XIY est remise à une 
séance ultérieure. 

M. Daleau se plaint de ne pas toujours recevoir régulière- 
ment à Bourg les convocations d'usage. 

M. Dagrant s'excuse par lettre de ne pouvoir assister à la 
séance. Il attend la commission chargée de la vérification de 
ses comptes. Avis est donné à ladite commission. 

Dans la séance du 9 décembre 1892 la Société avait émis le 
vote du classement du tertre où était autrefois une chapelle 
funéraire élevée à l'endroit même où avait péri le général 
Talbot à la bataille de Castillon, en 1453. M. le Président fait 
savoir que la Société archéologique du Périgord se propose 
d'aller très prochainement a Castillon et de visiter le lieu du 



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champ de bataille. M. le Président a envoyé a M. de Rouméjoux 
l'extrait du procès-verbal de notre séance du 9 décembre 
relatif a la question, et M. de Rouméjoux a promis d*en tenir 
compte. 

M. Girault, ne pouvant assister «H la séance, adresse à la 
Société une remarquable notice en forme de souvenir de 
voyage sur Texcursion faite, il y a déjà quelque temps, à Vil- 
landraut et Uzeste. 

On vote l'impression de ce travail avec une légère rectifica- 
tion proposée par M. Piganeau. Le pape Clément élait natif 
du lieu même de Villandraut et non d'Uzeste, comme le ferait 
croire notre savant collègue. Il existait, il y a quelques années, 
avant la réfection de l'église de Villandraut et adossé contre le 
chevet de l'ancienne église, un reste de tourelle ayant fait partie 
du manoir primitif où naquit le célèbre Prélat. 

M. Berchon ayant fait demander une décision pour la 
démarche a faire, au nom de la Société, auprès de Mgr Lécot, 
promu cardinal, il est décidé que le Bureau adressera le plus 
tôt possible des félicitations à notre éminent collègue. 

M. Daleau fait la communication suivante : 

Au mois d'avril dernier, un pêcheur qui creusait un ré- 
servoir à poissons, sur les bords du Moron, près de la cha- 
pelle de Magrigne, commune de Saint-Laurent-d'Arce (Gironde) 
rencontra, à environ un mètre de profondeur, deux poutrelles 
placées horizontalement et un morceau de bois de cerf incisé. 

Cet andouiller m'ayant été gracieusement ofiFert, je me suis 
rendu à Magrigne, et j'ai retiré des boues extraites de la fosse 
les objets suivants : 

La partie supérieure d'un occipital humain. 

Un morceau de maxillaire supérieur gauche (partie anté- 
rieure) d'un grand canidé, peut-être un loup, — la partie 
inférieure d'un humérus d'un petit chien. 

Une avant-dernière molaire supérieure gauche d'un très petit 
cheval. 

Une première prémolaire supérieure droite d'un petit bœuf, 
— un canon d'un jeune bœuf, — un os d'oiseau, — et 32 
éclats d'os indéterminables. 



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Tous ces débris osseux sont de même coloration (couleur 
chocolat) que ceux des palaiiltes de la région des Alpes. 

Des morceaux de bois de chêne très noirs. 

Une trentaine de fragments de poterie néolithique ou de 
l'âge du bronze, — des poteries d'époques récentes. 

Des éclats de roches étrangères, — quartz, granits, etc. 

Des petits cailloux roulés dont quelques-uns rongés par le 
feu, — deux pierres à fusil, cinq éclats de silex, — du verre 
irisé, — quelques morceaux de fer très oxydés, et enfin un 
denier tournoi de Louis XIII. 

Je crois être en présence dt}s restes d'une habitation sur 
pilotis de lâge de la pierre ou du bronze. — Aussi, dès que 
les eaux du Moron seront plus basses, ce qui ne tardera pas si 
le temps continue de rester au beau fixe, je pratiquerai des 
fouilles pour mettre a découvert h s poutres rencontrées par le 
pêcheur. 

Celte découverte est d'un haut intérêt, car je ne crois pas 
qu'on ait encore signalé de palafitte dans le sud-ouest de la 
France. 

Une habitation postérieure a pu être l'ancien presbytère de 
Magrigne. 

Le Président, Le Secrétaire, 

F. Habasque. E. Piganbau. 



L^EXCURSION DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 
A LA SAUVE, DAIGNAC, CURTON, etc. 

Par H. Edouard FERET. 



Annexe à la séance du 9 juin i893. 

La Société archéologique de Bordeaux poursuit l'étude des 
monuments de la Gironde et organise dans ce but des prome- 
nades où l'amour de la science est accompagné d'une par/qite 
ToMB XVHL — Fasc. h 3 



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confralcniilé, où les discussions archéologiques remplacent 
toutes colles qui, souvent, divisent les meilleurs esprits. 

C'est vers La Sauve et vers Daignac et Curton que la Société 
archéologique de Bordeaux dirigeait ses pas, dimanche 14 mai 
1893. En Tabsence bien regrettée du président, M. le conseil- 
ler Francisque Habasque, Texcursion était dirigée par MM. Ca- 
mille de Mensignac et de Faucon, vice-présidents de la Société. 
Y assistaient : MM. Brutails, archiviste du département, Can- 
tellauve, Eug. Larronde, Tabbé Léglise, Amtmann, Bardié, 
Millet, Flos, Berchon fils et Edouard Féret. 

A La Sauve, M. le curé Fauchey fait les honneurs de Téglise 
Saint-Pierre où Ton remarque son chevet roman orné de qua- 
tre belles statues du xiii* siècle. Saint Pierre, la sainte Vierge, 
saint Jacques et TAnge gardien ; sur un contrefort du xv® ou du 
XVI* siècle, une statue de sainte Catherine; au-dessus d'un por- 
tail du XIII* siècle, statue de saint Pierre et les armoiries de 
Tabbaye. On étudie ensuite les différentes modifications appor- 
tées à ce bel édifice. 

A TEcole normale, Taccueil le plus gracieux nous est réservé 
par M. le Directeur qui nous conduit au milieu des imposantes 
ruines de Téglise abbatiale vendue après la Révolution avec 
le monastère comme propriété nationale et depuis long- 
temps exploitée comme carrière, lorsque Monseigneur Donnet 
racheta cette abbaye pour y mettre un collège de jésuites qui 
agrandit le monastère et conserva pieusement les ruines de 
l'église où nous admirons longuement les belles proportions 
de Tensemble, les curieux chapiteaux romans, les bases des 
nervures de la voûte disparue, les médaillons et les sculptures 
de tous genres qui abondent dans les ruines de cette belle 
église comme dans celles des cloîtres de l'abbaye. Nous mon- 
tons sur le clocher qui mesure environ 42 mètres et d'où l'on 
domine une des régions les plus pittoresques de notre Gironde. 
Pendant ce temps, M. Amtmann et M. Berchon photographient 
ruines et clocher. 

Arrive Theure du déjeuner, très bien servi et que terminent 
des toasts pleins de cordialité. 

Deux véhicules nous transportent au château de Pressac où 



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xxxr 

nous nous trouvons en face de fortifications du xiiie et du xive 
siècles du plus grand intérêt tant par leur importance que par 
leur parfaite conservation. Le château proprement dit a été 
remanié k diverses reprises et a perdu son cachet; mais la 
tour octogone, les deux tours rondes et ses murs de défense ont 
conservé leurs créneaux et leurs mâchicoulis et sont intactes 
ainsi que la tour haute et les deux fossés qui défendaient l'en* 
trée du château. Sur cette tour haute on remarque la siille des 
gardes voûtée. 

M. Berchon et M. Amtmann fout encore, chacun de leur côté, 
de nouvelles photographies. . 

Nos remercîments à M. de Trincaud La Tour qui nous a faci- 
lité l'entrée de son féodal château. 

Nous revenons au village de Daignac et sur les bords du 
ruisseau qui porte ce nom, nous trouvons un moulin fortifié 
qui date du commencement du xii* siècle. C'est, d'après Léo 
Drouyn et Viollet-le-Duc, le moulin fortifié le plus ancien de 
France. Il appartient aujourd'hui à M. Piganeau. Après l'avoir 
étudié dans tous les sens, nous reprenons nos coursiers, 
volons vers le château de Curton situé à 2 kilom. au nord du 
moulin de Daignac. Nous ne cessons d'admirer la beauté des 
sites qui se présentent à nos yeux. Nous ne lardons pas à 
apercevoir le majestueux donjon de Curton, nous franchissons 
les deux profonds fossés qui défendeut l'entrée du château 
après avoir examiné sa façade dont pd*esque toutes les ouver- 
tures ont été remaniées à différentes époques. 

Nous passons sous la herse et pénétrons dans une cour 
rectangulaire ou de jolies ouvertures du xv' et du xvi« siècles 
remplacent celles du xiii*. Dans les salles du V étage, nous 
trouvons de très vieilles boiseries, et d'anciennes peintures sur 
les poutrelles d'un plafond, mais presque toutes les vastes pièces 
de cet immense château sont en ruines. Impossible de descen- 
dre dans ses souterrains tant l'air y est impur. En dédomma- 
gement, nous montons au sommet du donjon d'où se déroule 
un panorama au moins aussi beau que celui que nous avions 
quelques heures auparavant sur la plate-forme du clocher de 
La Sauve. 



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Après avoir longtemps appartenu h l'illustre famille de 
Chabanne (1), ce château est aujourd'hui dans les mains de 
M. Videau, de Créon, dont le régisseur nous a accueillis de 
la façon la plus affable. 

Avant de rentrer à La Sauve, nous nous sommes arrêtés au 
petit château de Curton situé près de la gare sur un point très 
élevé. C'est une construction de 1765 qui remplace un châ- 
teau plus ancien ayant appartenu à la famille de Seguin et à la 
famille de Gères. 

Après un petit souper rustique, nous rentrions h Bordeaux 
accompagnés par une pluie bienfaisante, et désirée de tous, 
qui nous avait menacés toute l'après-midi mais qui, gracieuse- 
ment, attendait la fin de notre excursion archéologique pour 
tomber en rosée bienfaisante, sur nos champs altérés, comme 
la manne sur le peuple hébreu. 

Cette excellente journée est bien faite pour engager les 
membres de la Société Archéologique à organiser de nouvelles 
excursions et à choisir ce beau pays d'Entre deux-Mers, si 
riche en sites pittoresques et variés, eu monuments anciens 
et curieux. 



Séance du 7 juillet. 

Présidence de M/de Mensig.nac, vice-président. 

Excusés, MM. Habasque et de Chasteigner. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté ; 
mais M. Brutails présente une observation au sujet du pas- 
sage relatif à M. l'abbé Brun, curé d'Uzeste. 

Il fait observer que M. le curé Brun, s'élant entouré des 
autorités et des notabies de la paroisse pour ouvrir le tombeau 
de Clément V, a procédé avec une grande prudence ; que son 



(1) L'un des hériliers de ce nom illustre va publier à Lyon un travail 
important sur sa famille. Il y est question du château de Curton. 



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zcle archéologique a d'ailleurs produit, dès a présent, d'excel- 
lents résultats; enfin, que M Brun a depuis longtemps exprimé 
à notre secrétaire général le désir de recevoir des membres de 
la Société archéologique et de les mettre au courant de ses 
travaux. Dans ces conditions, cet ecclésiastique mérite, au 
contraire, des encouragements et des félicitations pour son 
zèle. 

Conformément à la décision de la séance du 7 juin dernier, 
la lettre suivante a été adressée à S. E. M*'' Lécot, archevêque 
de Bordeaux, u l'occasion de sa récente élévation a la dignité 
cardinalice. 

21 juin 1893. 
Monseigneur 

La Suciélé Archéologique de Bordeaux, qui ne saurait oublier avec 
quelle bienveillance vous avez accepté de compter parmi ses membres 
honoraires, a été particulièrement heureuse de votre récente élévation au 
Cardinalat, <ii elle vient dans sa dernière séance, par un vote unanime, de 
décider que ses plus respectueuses et ses plus sincères félicitations 
seraient, par l'intermédiaire de sou Président et de son Secrétaire-général, 
adressées à votre Eminence. 

En nous acquittant de la mission qui nous a été confiée, nous avons 
rhonneur, Monseigneur, de vous prier de vouloir bien agréer, avec les 
hommages de la Société, l'expression personnelle du profond respect avec 
lequel nous sommes 

de Votre Eminence, 
les très humbles et très obéissants serviteurs. 

D*" E. Bercuon Habasque 

Secrétaire-général Président 

La correspondance comprend le programme du Congrès de 
la Sorbonne en 1894, avec invitation d'adresser, dès le mois de 
janvier, les mémoires qu'on se proposerait d'y lire. 

M. Carré, professeur à la Faculté des Lettres de Poitiers, 
envoie à la Société un livre ayant pour titre La Chalotais et le 
duc d'Aiguillon et renfermant des détails intéressants sur 
Bordeaux et le Parlement de Guyenne. 

Des remerciements sont votés et seront transmis au géné- 
reux donateur. 



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XXXVIII 



M. TArchivisle demande à l'Assemblée de Tautoriser a dépo- 
ser les ouvrages reçus en 1892-1893 à la Bibliothèque de la 
Ville. 

M. Bardié demande un sursis. 

M. rArchiviste répond que le dépôt n'est pas en état d'être 
consulté. A la majorité des voix, le dépôt est voté. 

Projet d'excursion. — La date est fixée au 16 juillet. Deux 
itinéraires sont proposés : 1^ Langon, Fargues, Sauternes, 
Budos et Roquetaillade, dont le château pourrait être ouvert 
gracieusement, par le propriétaire M. de Baritault, aux excur- 
sionnistes; 2^ visite de la ville de Bazas. 

Ce second projet est adopté à la majorité. 

M. Berchon envoie une note sur une fusaïole moderne. 

M. Harlé, ingénieur du Chemin de fer du Midi, h Toulouse, 
a rencontré il y a peu de temps, à Martres-Tolosanes, des 
fusaïoles fabriquées autrefois en très grand nombre dans le 
pays, mais dont l'usage se perd à tel point que la faïencerie 
qui les vendait a cessé absolument d'en produire. 

Les dernières ont été achetées par M. Harlé et ont excité l'at- 
tention de plusieurs anthropologistes, spécialement de M. G. 
de Mortillet. Elles prouvent, en effet, la persistance de certains 
ustensiles de métier remplacés maintenant par des moyens 
plus luxueux ou perfectionnés quand on ne renonce pas à 
leur emploi. 

Ces fusaïoles sont du même type. Elles servaient à complé- 
ter les tiges de fuseaux en bois et leur ouverture centrale était 
conique dans ce but. 

Leur fabricant a dit qu'il en avait vendu plus de 20,000 
de Quilian jusque dans le Béarn, mais qu'il n'en trouvait 
plus le débit. 

C'est donc à titre de curiosité qu'on peut les recueillir 
aujourd'hui et M. Harlé se propose d'en retrouver des échan- 
tillons encore joints aux fuseaux, ce qui offrirait un double 
intérêt. 

Je crois qu'on finirait par rencontrer quelques spécimens 
semblables ou analogues dans les vieilles faïenceries, et je 
signale le fait à la Société au nom de M. Harlé. 



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Je me rappelle toujours, a ce propos, avoir joué dans mon 
enfance, vers 1835 et même après, avec des canettes qui 
tenaient lieu alors des boules de marbre, d'agate, et plus tard 
de verre dont s'amusent les enfants. 

Elles avaient exactement le volume et l'aspect de l'objet qui 
est classé dans plusieurs collections comme ustensile préhisto- 
rique et qui accompagne celte note. Elles commençaient à 
tomber en discrédit et je n'ai pu en recueillir depuis long- 
temps. 

M. Berchon a également adressé le dernier chapitre de son 
Etude sur VAge du bronze. Les principales conclusions en 
sont lues et TAssemblée vote l'impression du travail tout 
entier dans les Actes de la Société, comme suite de ce qui a 
déjà été publié sur le même sujet. 

M. de Manthé, rapporteur de la Commission de vérification 
des comptes de M. le Trésorier, constate la parfaite gestion 
des comptes et conclut à des félicitations h M. Dagrant, ce qui 
est voté. 

M. Bardié demande une explication sur le chiffre se rappor- 
tant a l'acquisition d'un mortier en bronze dont il ne se rap- 
pelle pas la provenance. Il est répondu que ce mortier a été 
acquis en novembre 1891, au prix de 138 fr. et acheté a Mon- 
tauban au nom de la Société. 

Sur l'avis de M. Bardié, adopté par l'Assemblée, cet objet 
sera offert au Musée oii il sera exposé aux yeux des visiteurs 
lorsque les salles auront été ouvertes au public. 

Une question s'engage sur le cas possible où un démission- 
naire de la Société, nanti de la carte de membre délivrée anté' 
rieurement, demanderait au bibliothécaire de la Ville, selon 
l'acte intervenu avec elle, livraison d'un ouvrage appartenant 
à la Société. Quelles seraient alors les garanties de M. le 
Bibliothécaire? Il est répondu à cela que ce dernier recevra 
un exemplaire du carton sur lequel figurent tous les noms 
des sociétaires. 

M. de Mensignac fait savoir que, récemment, dans des tra- 
vaux exécutés à une maison angle des rues Leupold et des 
Aides, Boulangerie Arnaud, assez près de l'endroit où passait 



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autrefois le mur d'enceinte de la Ville, on a rencontré trois 
rangées de cercueils, superposés, renfermant divers débris et 
munis de leurs couvercles, lesquels cercueils paraissant du 
XVI» siècle, ont dû être placés la comme espèce de lit pour fon- 
dements de la maison. Ils étaient vides d*ossements humains, 
mais comblés de terre, pierrailles et autres débris solides. 
C'est la troisième fois qu'une disposition analogue se présente 
auprès de l'enceinte murale, notamment rue de la Roncère et 
rue du Soleil. L'opération appelée le bouchardagCj signalée 
sur ces cercueils, encore en usage au xyi® siècle, époque où 
elle a disparu, leur assignerait au plus tard cette époque. 

M. Brutails fait observer que la forme même de ces sarco- 
phages s'accorde mal avec une date relativement moderne 
comme le xvi* siècle. 

MM. de Mcnsignac et Brutails échangent quelques observa- 
tions ù ce sujet. 

A la séance prochaine est remise la lecture d'un extrait de la 
Statistique archéologique de la Gironde de M. Feret, lequel 
fait hommage a la Société d'une carte de la Société vinicole. 

M. de Manthc demande à ses collègues de vouloir bien lui 
procurer, si possible, des notes sur les incursions des Nor- 
mands en Gironde pu en Dordogne. 

La séance est levée à 10 heures et demie. 

Le Président, Le Secrétaire, 

C. de Mensignac. E. Piganeau. 



8é£|nc6 du 11 août* 
Présidence de M. de Meksignac, Tice-président. 

Excusés, MM. Habasque et de Chasteigner. 
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 
M. l'abbé Brun, curé d'Uzeste, présenté par MM. Brutails 
et Berchon, est élu membre de la Société. 

M. Brutails donne lecture de quelques passages d^une inlé- 



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ressante notice sur l'église d'Uzeste. Il décrit les particularités 
architecturales qui Tout frappé : voûles, travées, chevet, piliers, 
clefs à feuillages, portes, clocher postérieur au reste de l'édi- 
fice, tombeaux de Clément V et d'un chevalier de la famille de 
Grailly, statue de Notre-Dame, Christ, cadran solaire proba- 
blement ancien, etc. 

Le phin présente une bizarrerie : elle consiste en un élargis- 
sement des bas-côtés qui vient de ce que les murs latéraux 
ressautent à angle droit vers Texlérieur. M. Brutails voit sur 
ce point le reste du transept d'une église romane dont le chevet 
a disparu. De cet édifice, il subsiste la partie inférieure des 
parois latérales jusque vers une hauteur de 6 mètres. Les 
piliers et les voûtes de la nef et de ses bas-cùlés sont appa- 
remment de la seconde moitié du xiii'' siècle; le chevet, de la 
' première moitié du xiv®; le clocher, du xv" et du xvi*. 

Dans la nef et ses bas-côtés, les voûtes sont gothiques; ce 
sont des voûtes sur croisées d'ogives, sexpartites, d'où l'alter- 
nance des piliers, forts et faibles. Les divers problèmes ayant 
pour objet la place des colonnettes autour des gros supports, 
la détermination du niveau des chapiteaux, la disposition des 
toits et le percement des fenêtres, sont, dans cette partie de 
Téglise, résolus avec une timidité qui touche a la gaucherie et 
qui parait indiquer chez les architectes une médiocre habitude 
du style gothique. 

Ces imperfections disparaissent dans l'abside dont les piliers 
du Nord-Ouest offrent cependant, dans leurs assises basses, le 
même faire que les constructions de la nef. Tout le chevet est 
réellement une belle construction gothique, largement conçue 
par un homme qui connaissait cet art. 

Le clocher, très important dans son soubassement, est d'un 
dessin moins heureux peut-être dans les étages supérieurs : il 
pyramide trop, ce qui résulte sans doute en partie de ce que 
l'amincissement des murs a été pris uniquement sur leur face 
extérieure, l'écartement des faces intérieures restant k peu 
près le même sur toute la hauteur. 

La porte Nord de la nef a été ménagée dans le mur roman, 
pendant que l'on élevait celui-ci. La porte Sud a été faite après 
Tome XVH. - Fasc. II. 3* 



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coup : elle est remarquable. La rose, qui paraît être de la 
ériodc que cette dernière porte et que le chevet, est 

dessin, h la fois gracieux et vigoureux, 
îmcnlalion de l'édifice, les sculptures des clefs, des 
lîx et des culs-de-lampe, les profils des nervures et des 
c, sont passes en revue dans la monographie archéo- 
prcsentée par M. Brutails. 

monographie forme un tout avec un travail plus géné- 
Izeslc, présenté par M. Tabbé Brun, et avec une étude 
sur Clément V et sa sépulture, précédemment commu- 
r M. le D"" Berchon dans la séance du 12 mai. 
mbléc remercie M. Brutails de ses observations appro- 
;ur une des plus curieuses églises de notre région et 
pression de ce travail. 

K)nse à une observation faite dans la séance du 9 juin, 
ion fait remarquer que son travail sur Bertrand de 
surtout archéologique et iconographique, et que ce 
été lu dans la séance du 12 mai avant les premiers 
le M. le curé Lacoste. 

et continue la lecture de son travail sur la Statistique 
>i(jiie (le la Gironde, W aborde le canton de Créon. La 
\ dllaux présente à Tarchéologue son église ornée 
eux portail roman, et M. Piganeau fournit d^autres 
imcnts sur cette commune qu'il connaît à fond. Com- 
Lignan où fut, autrefois, une abbaye, église, châteaux 
le et de Pellcport. Fargues, débris d'église romane à 
e, château de la tour de Fargues, château de Beau- 

xviii® siècle (1734). A Camblanes, mosaïque. Meynac, 
laroissc. Châteaux de la Gazelle, xv« siècle, de la Tour, 
e et le Flech. 
ce est levée à 10 heures. 

résident, Le Secrétaire, 

Iensignac. e. Piganeau. 



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Gomples-rendns des Séances du dernier Irimeslre 1893 



Séance du 10 novembre 1893. 
Présidence de M. F, IIabasque, président. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.* 

L'ordre du jour appelle la correspondance des vacances. 

1** Remerciement de M. Brun, curé d'Uzeste, pour sa nomi- 
nation et envoi d'un travail sur Uzeste et le tombeau a la res- 
tauration duquel la Société prend un si vif intérêt. Il ne saurait 
être trop reconnaissant de l'appui qu'il reçoit d'elle dans sa 
demande de restauration archéologique d'un monument impor- 
tant, à la fois, pour la région girondine et le pays tout entier. 

2** La Société avait reçu le 22 septembre une lettre de l'ho- 
norable M. Coiffard, maire de Lesparre, annonçant que des 
fouilles opérées près de l'hospice Saint-Léonard avaient fait 
découvrir des tombes, des tuyaux de canalisation, des coquilles 
et des ossements très nombreux. M. le Maire appelait l'atten- 
tion sur ces découvertes et invitait à les vérifier et constater. 

Votre secrétaire général a remercié M. Coiffard et lui a fait 
connaître que de semblables fouilles avaient mis à jour, au 
même lieu, des tombeaux, des coquilles de pèlerins et même 
une portion des bâtons de ces derniers. La communication 
avait été écrite par M. l'architecte Ponassé, avec dessins des 
tombes; elle figure dans nos actes, 1876, p. 48 et la planche, 
p. 80. 

M. Berchon a proposé M. Pouverreau, agent- voyer en chef 
à Lesparre, notre collègue, comme délégué, et M. le maire 
de Lesparre a remercié la Société, le 28 septembre, en faisant 
connaître que tout ce qu'on avait trouvé serait remis à M. Pou- 
verreau. 

On n'a rencontré qu'une pièce de monnaie de François P^. 
Dans les premières fouilles, on avait recueilli un ardit du 
Prince Noir. Les valves du Pecten Jacobus étaient percées 
parce qu'elles avaient dû être fixées sur des vêlements. 

Tome XVIlf. - Fasc. H et III. 3- 



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Saint-Léonard était une étape de pèlerins débarqués a Sou- 
lac et se rendant à Saint-Jacques de Conipostelle. 

3^ Le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts a 
envoyé, le 15 septembre, la circulaire ordinaire pour le Con- 
grès des Sociétés savantes qui aura lieu, en 1894, le 17 mars. 

4° La Société des anciens combattants de 1870-71 et le Cer- 
cle des anciens sous-officiers et caporaux des armées de terre 
et de mer avaient envoyé une demande de souscription pour 
une fête à donner aux Russes, à Toulon. 

Des vœux de succès ont été transmis. 

5® La Société historique et archéologique du Périgord a 
répondu h noire demande au sujet du monument de Talbot, h 
Castillon. (Séances du 9 décembre 1892 et du 9 juin 1893, 
p. xxxi.) Elle a trouvé le petit monument existant dans un 
état satisfaisant de conservation. 

Cette Société a fait son excursion les 12 et 13 juin 1893, dans 
la paroisse de Lamothe-Montravel sur le territoire de laquelle 
a été livré, le 14 juillet 1453, le combat dit de Castillon. 

Le compte-rendu de cette excursion porte qu'une colonne 
commémorative a été élevée sur la route, près du champ de 
bataille, par une Société patriotique de Bordeaux, avec des 
inscriptions de circonstance (non indiquées). La chapelle où 
fut transporté le corps de Talbot portait le titre de Sancta 
Maria de Colère et remontait à 1081. Charles VII avait insti- 
tué une procession en commémoration de la victoire remportée 
sur les Anglais. 

Le tertre dit « de Talbot » est respecté de tous d'après M. de 
Lapouyade, maire de Lamothe. 

6° M. Grellet-Balguerie, notre collègue zélé, nous a annoncé 
l'envoi prochain de plusieurs travaux confirmant ses précé- 
dentes. recherches sur Cassinogilum ; des villes mérovingien- 
nes et carolingiennes ; un beau sarcophage du v® siècle; une 
table d'autel à treize personnages, d'origine byzantine, du ix" 
ou X® siècle. Il signale aussi plusieurs dons faits aux musées 
mais dont on ne lui avait pas encore accusé réception. 

7® M. Charles Normand, membre honoraire, nous a adressé 
plusieurs lettres d'avis de ses publications archéologiques nou- 



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velles : Le noui^el itinéraire guide de Paris, fort remarquable 
à tous égards ; une Etude sur la Troie d' 
tîfique et artistique des travaux si d 
Schliemann, avec belles photographie 
et enfin Le Premier liseré d'or du salon 

Ces ouvrages font le plus grand h< 
Y Ami des monuments, 

8° Prospectus Clouzot de Niort. 

Correspondances et envois, — Lettre 
de Stockholm contenant des remercien 
de nos publications. 

Communication du juge de paix de E 
ques monuments intéressant rarchéoloj 
terrain de Naujan (grotte de Souillac).- 
Balguerie annonçant l'envoi d'un albun 
Le journal Le Patriote, contenant une 
rues de Bordeaux. — Divers catalogues 

M. le Président rappelle que dans h 
il est question d'un cours d'archéolo{ 
trouve un de nos zélés et savants c 
archiviste de la Gironde, qui offre de i 
Ayant la parole, à ce propos, M. Brut 
son plan. L'Assemblée consultée accepi 
position faite et la place sous son patro 
les moyens pratiques. Il sera nécess 
l'adhésion de la Municipalité et de 
temps une salle avec éclairage et chauD 
rait que ce cours fût a la portée des 
entrepreneurs et généralement de toutei 
goût ou par utilité professionnelle, po 
avantages. 

L'ordre du jour amène une commu 
d'Uzeste, M. l'abbé Brun, sur l'église 
travail étant assez étendu, M. l'Archiv 
donne lecture que de la première partie 
du bourg d'Uzeste ainsi qu'à certaines 
ques de la famille de Lalanne qui, au 



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unlifîiiit seigneur d'Uzeste et de Villan- 
. l'abbé Brun, dont la suite sera donnée 
ra être imprimé avec quelques modifica- 

îotice sur Tancienne église Sainte-Gene- 
^fois paroissiale et dont la possession fut 
t d'un procès. Autrefois plus allongée, 
]u'un rectangle de 12 mètres, forme de 
. Elle possédait une coupole percée d'un 
de la cloche, ce qui a dû tomber vers 
ion. 

unicationdeM. le Juge depaixdeBranne 
un curieux souterrain à Naujan, et pro- 
oriques et archéologiques sur ledit can- 
mande si quelques-uns de nos confrères 
r visiter les grottes signalées. M. Tabbé 
îourager M. le Juge de paix de Branne 
lie à sa communication. Dès que la sai- 
|uesuns de nos confrères pourront aller 
uterrain impraticable pendant les jours 

le d'imprimer au plus tôt le mémoire de 

iglise d'Uzeste dont la restauration com- 

remicr jour l'objet de la sollicitude de 

ler rappelle que cette église a été décrite 

miarquable et savante notice de M. de 

)n du travail de M. l'abbé Brun, mise 

i la réserve que MM. Berchon et Brutails 

ir en atténuer les longueurs et les points 

fie et à l'histoire. 

it plusieurs petites notes à insérer dans 

no uff elles, 

treuse de Bordeaux. 

lis sarcophages mérovingiens, au chevet 

X de Bordeaux; dans l'un se trouvait, 

s, un peigne liturgique. 

tés à la même église Sainte-Croix pour 



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XLvir 

rédificntion d'un nouveau clocher ont amené la découverte de 
cercueils en pierre sans ornementation et analogues i\ ceux 
découverts en 1847, lors du nivellement de Taocien cimetière. 

L'impression in extenso de ces notes est votée. 

Question des élections annuelles. — L'expérience démontrant 
que les sociétaires se dérangent peu pour celte réun' — -^' — ^■ 
naire très courte, M. de Chasteigner propose que le 
du bureau soient portées ii la première séance c 
M. de Mensignac iijoute que ce mode de procéder 
tant pour la publication de l'annuaire où ne se trot 
la composition du bureau de l'année précédente. Ce 
tions mises aux voix sont adoptées \\ l'unanimité, 
quence, les élections dorénavant auront lieu a la 
séance de rentrée, c'est-a-dire le deuxième vendredi 
bre, et, pour cette année, la Société sera invitée à V( 
der vendredi prochain 17 novembre aux nouvelles él 
bureau. 

La séance est levée h 10 heures. 

Le Président f Le Secrt 

F. Hab.\sque. E. P 



I 

NOUVELLES ET DÉCOUVE RI 

Par M. C. de MENSIGNAC. 



Annexe à la séance du 10 novembre 1S93. 



lo SCEAU DE LA CHARTREUSE DE BORDEAUX 

La démolition d'une partie des bâtiments (logemer 
ces, aujourd'hui école communale des garçons Saint 
Tancien couvent des Chartreux de Bordeaux nous a 
recueillir, pour le médaillier municipal, le sceau d 
vait, vers 1620, ce monastère. Celte matrice, en acie 



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ovale et dont le diamètre du sceau est de 0"07 sur 0"06,a une 
longueur de 12 centimètres et pèse 2 kil. 275 grammes. Elle a 
été découverte, dans les premiers jours du mois d'octobre 1893, 
encastrée dans la muraille extérieure, côté nord, du second étage 
de ce bâtiment, la partie gravée ressortant extérieurement. 
Elle nous offre gravée en creux la représentation suivante : 
Dans le haut, portée sur des nuages, on voit la Vierge assise 
reposant les pieds sur le croissant. Elle tient sur ses genoux 
l'Enfant Jésus qui a la main gauche appuyée sur la boule du 
monde. Un peu plus bas, h dextrede la Vierge, s'élevant d'un 
groupe de nuages, on remarque, vu de profil, un saint moine 
nimbé, debout, h mi-corps, les mains jointes dans l'altitude de 
l'adoration ; sans doute saint Bruno (?), fondateur de l'ordre 
des Chartreux. A senestre de la Vierge, toujours sur le même 
plan, on voit de face un saint moine nimbé, debout, à mi-corps, 
les bras étendus et les mains ouvertes ; probablement saint 
François d'Assise (?), patron du cardinal François de Sourdis, 
montrant les stigmates que l'ange lui avait imprimés sur les 
mains. 

Dans le bas les armoiries du cardinal François d'Escoubleau 
de Sourdis, fondateur de la Chartreuse de Bordeaux. Tout 
autour la légende suivante : 

[CARTHVS] lA. B. VIRGINIS. MARLE. 
MATRIS. MISERICORDI [M]. 

On retrouve cette même légende dans le poème de Fran- 
ciscus Garassus, poème imprimé h Bordeaux tn 1620 et inti- 
tulé : « Carlhusia B. Marine M. MisericordicX*, ab illustrissimo 
et révérend, in Christo P. D. D Franc. S. R. E. Cardinale de 
Sourdis, tit. S. Marcelli, archiep. Burdigalensi et Aquitaniae 
Primate regio sumptu edificata dotataque ». 

On sait que l'illustre cardinal avait placé le monastère et la 
chapelle sous le vocable de Notre-Dame-de Miséricorde. 

Cette matrice, dont nous ne retrouvons aucune empreinte 
dans les pièces du fonds des Chartreux de Bordeaux, pièces 
déposées aux Archives départementales, devait servir proba- 
blement à fabriquer les sceaux en papier ou en plomb. 



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Nous rechercherons ultérieurement l'usage de ce sceau, et 
pourquoi il porte comme sujet principal les armes du cardinal 
François d'Escoubleau de Sourdis. 

On a recueilli aussi dans la démolition un blason sculpté en 
relief représentant les armoiries de Tilluslre cardinal. Ces 
armes servaient de motif de décoration à une grande cheminée 
placée dans la pièce nord-est du premier étage de ce bâtiment. 

2" DÉCOUVERTE DE SARCOPHAGES MEROVINGIENS A BORDEAUX 

Dans les premiers jours du mois d'octobre 1893, en prati- 
quant des fouilles pour 1 édification de la nouvelle sacristie de 
l'église Sainte-Croix de Bordeaux, on a mis h découvert, à 
1"40 de profondeur, plusieurs sarcophages en pierre de l'épo- 
que mérovingienne. Ces cercueils, qui étaient orientés ouest- 
est, n'avaient jamais été déplacés. 

Le premier, qui mesure 1"90 de long sur C">67 de large h la 
têle et 0"35 aux pieds, et dont la cuve est ornée de rayures 
conduites en demi-cercle, a son couvercle en forme de cintre 
très surbaissé. Le second, sarcophage double, qui malheureu- 
sement a été brisé en deux lors de la fondation de la tour ouest 
de cette église, et dont la cuve est décorée de sculptures en 
brins de fougère, a le fronton de son couvercle décoré, du côté 
de la tète, de cinq croix pattées en relief et de brins de fougère 
d'une régularité parfaite. Ce sarcophage est des plus intéres- 
sants pour l'histoire de l'iconographie chrétienne de celte 
période, car les cinq croix qu'on remarque sur son couvercle, 
représentent le symbole des cinq plaies de Notre-Seigneur. 

Dans un autre cercueil -de pierre, qui malheureusement n'a 
pu être conservé, parce qu'il était trop brisé, on a recueilli, 
placé aux pieds du squelette, un peigne liturgique de l'époque 
mérovingienne. On sait, d'après les nombreux témoignages 
d'écrivains ecclésiastiques, que les peignes faisaient partie du 
mobilier de la primitive église, d'après l'usage où étaient les 
prêtres de peigner leurs cheveux, avant de s'approcher de 
l'autel, afin d'y paraître avec plus de décence. C'est ce qu'atteste, 
entre autres, du Cange, dans son Glossaire au mot Peclcn. 

Tous ces objets ont été transportés au Musée. 



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, dans une séance ultérieure, sur cette 
î certaine importance au point de vue de 
le Bordeaux. 

:I»IETIÈRE DE SAINTErCROIX 

1 abaissa le niveau du cimetière de Sainte- 
une quantité considérable de tombeaux ou 
nunis chacun de son couvercle et renfer- 
lains. Ces tombeaux ne portaient aucune 
symbole ; un seul était orné d'une croix à 
ulptée sur le fronton qui formait le cou- 
, dont les parois étaient extrêmement min- 
s à la pointe du pic et n'offraient que des 
rès régulières. 

e en creusant des fondations pour doter 
me clocher, on trouve des monuments 
i scienti&que de France, 28® session tenue a 
bre 1861, t. IV, p. 467, note de M. Sansas). 



II 
TRAITS DE CLÉMENT V 

>ar M. le Dr BERCHON 



ément V m'ont entraîné nécessairement à 
tait quelque portrait de ce pape et mes 
igées m'ont permis de recueillir sur cette 
é de documents assez considérable mais 

Bertrand de Goth figurait dans la galerie 
Bordeaux, mais mes précédentes visites à 
etrouver un Pey Berland authentique ou 
; pas inspiré une grande confiance dans 
de cette collection, 
'il existait un autre portrait dans une 



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famille de Bordeaux qui avait pensé qu'elle pouvait mêrn 
cendre de la maison de Goth, et j'avais aussi signalé, 
trois ans, la présence d'une troisième toile dans un châte 
environs de Bordeaux, où se trouvent près de 100 por 
datant au moins du xvii® et commencement du xviii* s 
quand je rencontrai deux gravures représentant le pap( 
ment V, gravures presque identiques dont mon fds ] 
dessin et dont je soumets la plus nette à la Société. Eli 
date de 1685. 

Mais cela ne pouvait me suiïire, et du reste quand on 
chercheur on est persévérant en diable et c'est à cette ( 
que je dois d'avoir maintenant des renseignements su 
dizaine de toiles ou gravures où notre pape girond 
représenté. 

C'est d'abord un tableau triangulaire où se trouvent 
tenant un sceptre fleurdelysé et un archevêque ou cai 
tableau que Ton dit représenter Philippe le Bel et Be 
de Goth. 

Puis, dans la sacristie de Saint-Seurin, une copie du ti 
de l'archevêché, tableau moins ancien que le dernier et 
dit être la copie d'un troisième conservé près d'Uzeste 
Yillandraut. 

Je n'entre dans aucun détail, mais je dois cependant a 
que M. le curé Brun, qui m'a signalé le tableau triangi 
m'a aussi communiqué une photographie d'une peinli 
Florence où notre pape symbolise le droit ecclésiastiqu< 
de Justinien représentant le droit civil. 

J'en passe et peut-être des meilleurs parce que je n 
que prendre date par cette note. J'ai besoin de soumetti 
matériaux h une sévère analyse avant de conclure, et cep< 
je ne puis résister dès ce moment au plaisir de dire < 
crois être autorisé h croire qu'il existe une représeï 
authentique de Clément V, me réservant de prouver cet! 
position dans une très prochaine communication h la S( 

J'ajoute que je dois la vérification de l'état des tables 
Tarchevêché et de Saint-Scurin a notre archiviste zélé M 
mann, el j'apprends aussi de M. le curé Gaussens que M 



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or trait de la sacristie d'un parent 
ance une note plus détaillée sur 



intaire du 17 novembre. 
F. Habasque, président. 

îs votes, le bureau se trouve ainsi 
1894 : 
signac. 

arles de Faucon et Piganeau. 
D"^ Berchon. 
[. de Manthé et Feret. 



Léglise, comte de Chasteigner et 
ant). 

Le Secrétaire, 
E. Piganeau. 



l décembre 1893. 

DE Mensignac, président. 

h. 1/2 du soir h l'hôtel de TAthé- 
ions de la Société archéologique, 
venibre dernier, îi la suite duquel 
, M. Camille de Mensignac adresse 
nblée. Il Tassure de son entier 
aintenir la Société au rang où ses 

la parole pour donner lecture du 

assemblée générale et cehii de la 

ns ; ils sont adoptés tous les deux. 



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un fascicule des travaux de la Société Anthropologique de 
Rome. Cette Société demande un échange de publications. 

Cette proposition est renvoyée au bureau qui statuera. 

L'ordre du jour appelle un rapport sur Texcursion faite h 
Bazas, le dimanche 16 juillet 1893, par la Société archéologi- 
que. 

M. Brutails, auteur de ce rapport, détaille les curiosités de 
cette ville ; il rappelle aussi les incidents les plus marquants de 
la journée, et cela, il faut l'avouer, avec une verve humoristique 
qui ne manque pas de piquant. 

L'impression en est votée. 

M. de Manthé a la parole pour présenter un dessin du 
costume que portait, à l'époque du Directoire, un bourgeois 
campagnard de Gensac. 

Après avoir rappelé que le costume rural a été très peu étu- 
dié, il termine en souhaitant que sa communication en entraine 
d'autres qui pourraient être la base — au moins dans notre 
province — du livre qui manque à toutes les bibliothèques : 
l'Histoire du costume populaire dans l'ancienne France, 

I/impression de la note et du dessin est votée. 

M. le Président présente une hache en pierre trouvée au lieu 
dit Font Castel, commune de Mérignac. 

Suivant notre honorable confrère M. Daleau, les haches 
ayant une disposition semblable seraient extrêmement rares. 
Il déclare ne connaître que ^trois types ofTrant les mêmes 
caractères. Il fait observer que le tranchant de cette hache a 
été soigneusement poli alors que la partie supérieure ou corps 
de hache est simplement bouchardée. Cet instrument, de l'épo- 
que préhistorique, paraît être en roche éruptive et pourrait 
provenir du Puy de Dôme. 

M. le Président annonce ensuite qu^une mosaïque d'environ 
soixante mètres carrés a été détruite dans le sous-sol des 
anciennes Folies-Bordelaises, rue Sainte-Catherine. Il déplore 
les actes de vandalisme trop fréquemment renouvelés de ceux 
qui, dans les chantiers de terrassement ou de construction, ont 
la conduite des travaux. 

L'assemblée partage ses regrets. 



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M. Piganeau a de nouveau la parole pour lire un rôle de la 
population armée de Saint-Emilion en 1620. Il fait précéder 
celte lecture d'un exposé des motifs qui avaient entraîné cet 
inventaire d'armes. 

M. le Président propose l'impression, ce qui est adopté. 

M. Edouard Feret, donnant suite à sa Statistique archéolo" 
giquey nous parle de Camblanes. L'église de ce lieu est de fon- 
dation romane. Il en est de même de celle de Saint-Pantaléon 
de Meynac, annexe de la première. Puis il est question des 
troubles de la Fronde, du terrible incendie de l'église paroissiale 
où périrent, au rapport des chroniqueurs contemporains, la 
majeure partie des habitants de Camblanes. Puis M. Feret 
passe à l'histoire des anciennes maisons nobles de cette 
commune : La Chausse (xvi' siècle); La Garetle (xvi* siècle); 
Le Flech, (xv* siècle); Port-Neuf; La Rigaudière, etc., etc. 

M. le Président lève la séance en communiquant à l'assem- 
blée une note de M. le Secrétaire général qui annonce l'appa- 
rition, dans le Bulletin du Comité des Travaux historiques et 
scientifiques^ d'une très intéressante et substantielle étude de 
notre confrère M. Brutails; elle est intitulée VArt religieux 
dans le Roussillon. 

La séance est levée h 10 heures et demie. 

Le Président, Le Secrétaire, 

C. de Mensignac. R. de Manthé. 



EXCURSION A BAZAS 

Compte-rendu par M. BRUTAILS 



Annexe à la séance du 8 décembre 1893. 

La Société archéologique ayant, sur la proposition de 
M. Bardié, décidé de faire cette année-ci une seconde excur- 
sion, en fixa la date au 16 juillet et le but à Bazas. Ren« 
dez-vous fut pris à la gare Saint-Jean, où l'on devait prendre 



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'heure dite étaient présents : MM. Habas- 
Société; Dagranl, trésorier ; Amtmann, 
étaire-adjoint; Bardié, Flos, de Manthé, 
la caravane se renforça de M. Carreau, 
mt Bazas et qui venait nous en faire les 
}ituelle urbanité, 
visitâmes les restes d'anciens remparts 

du Gisquet. Cette porte, depuis le jour 
avée dans la Guienne militaire, a été 
le restauration qui Ta défigurée. Je ne 
faire la description que M. Drouyn a 
sses de cette construction. Aussi bien 
i rapidement, et allons voir plus loin un 
, aujourd'hui transformé en habitation 
le ce principe que dans tout édifice anté- 
des droits de l'homme les archéologues 
itrons et adressons à brule-pourpoint à 

les questions ordinaires : « Y a-t-il des 
ste, en effet ; mais les pièces voûtées sont 
iétaire, malade et couché. Il faut nous 
ence pour respecter son repos, 
ine attire nos regards, elle n'est pas fort 
son ornementation est peu esthétique. 

erreur, parmi tant d'autres erreurs de • 
siècles suivants, que d'avoir adopté des 
le répondant en rien ni a la nature ni à 
lux. Des arabesques ou des cadres ont 
plâtre, sur les trumeaux de nos appar- 
pierre sur un parement dont ils coupent 
tionnels au possible. Ces réserves faites, 
'est pas sans présenter quelque intérêt. 

ville offre des attractions de plus d'un 
îtude pour tous les goûts : l'un d'entre 
Société Linnéenne, enrichit son herbier 
son, pendant que nous admirons devant 
, oii les remparts grisâtres qui semblent 
ittent leur note mélancolique dans une 
e verdure. 



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Peu après, nous étions sur la place; c'était 
ces, et,. en attendant que la messe fût terminé 
en revue les maisons du xvi* siècle, les galei 
rHôtel-de-Ville, d'une solennité un peu froic 
couvent des Ursulines, actuellement occupé j 
Ecoles chrétiennes. Ce qui reste de ce couve 
intéressant; dans cette construction moderr 
apparemment, les motifs sont en grande p 
profil des bases, pénétration des arcs moului 
cylindriques, etc. Une assez jolie porte or 
sur la cour. M. Amtmann a pris de ce poii 
photographie du chevet de la cathédrale. Il \ 
vues de la façade du même monument. 

Cette façade admirable nous a longuement 
plus riche assurément et Tune des plus curie 
La base du clocher, dégagée depuis peu, an 
chemeut son origine romane; les portails soi 
cle ; mais la partie antérieure, gauchemen 
constructions de cette époque, est du xv' siè 
le trumeau central, du xvi® ou du xvii®. On a ji 
parait-il, que ce chef-d'œuvre gothique n'é 
ment dénaturé par l'ignoble pignon néo-grec 
et on-a placé sur le trumeau de la baie du 
Jean mal peigné, dont la blancheur éclatante 
gris de la façade. A l'étonnement que nous i 
l'indignation a succédé en nos âmes d'arch 
M. Feret nous a appris que des statues, arrac 
vides, servaient de bornes dans les environs 
sitôt résolu de demander qu'on les remît c 
absolument des bornes, on pourra débiter à 
Jean ébourriffé, à moins que cet intrus ne so 

L'intérieur de Saint-Jean de Bazas est 
encore que l'extérieur; c'est l'une des églis< 
certantes que j'aie jamais rencontrées. La p< 
la période moderne y. ont laissé des travaux 
intimement mêlés, qu'il est très difficile aujo 
à chaque siècle son œuvre respective. 



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d'Angleterre donnait 30 marcs pour l'œuvre 
3ste tout au plus de cette date que partie de 
mières travées de la nef en entrant sont du 
ècle; dans le fond de la nef et dans Tabside, 
du xiv* siècle; le déambulatoire et les cha- 
)rdent si mal à Tabside paraissent remonter 
s à quelle époque attribuer le faux triforium 

et la maîtresse voûte? C'est ce qu'un rapide 

pas permis de déterminer. 
Mercadil a été divisée au moyen de cloisons 
n enlèvent k l'intérieur tout caractère. C'est 
î église à une nef, dont la face nord a été 
es guerres de religion et restaurée. Dans les 
Me réfection, on a noyé des blocs dont les 
)rofil gothique. Une vue de la face sud a été 
M. Drouyn; comme au chevet de La Réole, 
rtée par des modillons d'aspect roman. Ces 
ues fenêtres percées à travers la paroi mé- 
1 plafond cintré qui couvre le vaisseau sont 
larités dont j'aie gardé le souvenir. L'édifice 
3sé l'impression que, si l'art gothique fut long 
al bazadais, il avait été aussi bien long à s'y 

5 a fourni l'objet d'une dernière visite. Cer- 
lents remontent à l'ancien régime; la cha- 
illes stalles dont deux jouées sont ornées de 
alis. M. le Supérieur du Collège nous a mon- 
1 gravures des derniers siècles et nous a fait 
'établissement avec une exquise courtoisie, 
ron, nous reprenions la route de Bordeaux» 
m détail, mais qui a son importance : le 

l'hôtel du Cheval-Blanc. Dire que la plus 
a régné parmi les convives, c'est se servir 

grâce à Dieu, ce cliché est, pour les excur- 
té archéologiqi\e, l'expression constante de 



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UZESTE 

NOTES HISTORIQUES 

Par M. TAbbè BRUN 

Curé (TUieste, 
Membre de la Société Archéologique de la Gironde, 



I 

IjO bourg d'Uzeste. 

Les origines du bourg d'Uzeste sont assez confuses. 

On a souvent parlé d'un vieux document des Béné- 
dictins de la Réole, attribuant à la famille de Goth la 
fondation d'Uzeste. Hâtons-nous de dire que ce vieux 
document n'a jamais été produit. Nier son existence 
serait accuser de mauvaise foi, et sans preuves, les pre- 
miers auteurs qui l'ont cité. Néanmoins nous sommes 
obligé d'avouer que la tradition qui en découle n'a 
point de certitude historique. Ces réserves faites, voici 
cette tradition : 

Quelque temps après le mariage d'Eléonore d'Aqui- 
taine avec Henry Plantagenet, la famille de Goth, déjà 
alliée aux premières familles de la région, voulant se 
soustraire aux troubles qui désolaient alors la Provence, 
vint s'établir dans le Bazadais et y fonda un bourg 
qu'elle appela a Uzesta » en souvenir de sa ville d'ori- 
gine ce Uzès » près de Nîmes. 

Cette tradition ne manque pas d'ailleurs de vraisem- 

ToME XVIII. - Fasc. II et Hl. 1 



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- 2 — 

blance; car c'est au moment même du démembrement 
de l'ancien comté de Provence, après que Raymond 
RpppTiD'pr put pfpt forcé de céder au Comte de Toulouse 
nale du comté de Provence, deve- 
lisat de Provence^ qu'apparaît dans 
) famille de Goth, vers il42. 
iprès, en 1166, le siège épiscopal 
)é par Garcias Benquet, frère d'Ar-> 

th (1). 

nd de Castillon, autre évêque de 
lise d'Uzeste à la mense épîsco- 

jur l'emplacement occupé aujour- 
néridionale de la commune de Vil- 
3ords du Giron et en face même 
isse appelée Saint-Martin de Goth. 
it le lieu de résidence du chef de la 
oth, tant illustrée depuis par Clé- 
Jes hommages rendus en 1273 au 
)orte mention d'un Sennebrun de 
lage à Edouard P' pour sa seigneu- 

re que Béraud de Goth, fils aîné du 
3 son père la seigneurie d'Uzeste. 
)th était un homme de guerre, un 
3). Il avait reçu de son frère Ber- 
[ue d'Agen et parrain du futur pape, 
3n Médoc, qui était aussi un fief du 
ne bulle de Clément V à son frère 



} militari, équité opulento, Ciaconius, t. III, 



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— 3 — 

Arnaud Garcîas de Goth, vicomte de Lomagne, nous 
apprend que celte riche famille possédait encore un 
domaine considérable à Pessac, et percevait annuelle- 
ment partie des dîmes et novales dans les paroisses de 
Saint -Symphorien et de Saint-Germain d'Esteuil (1). 
On trouve aussi des traces de redevances féodales 
appartenant à cette famille dans la ville de Bordeaux 
et particulièrement à Saint- Seurin (2). 

Des onze enfants de Béraud de Goth, quelques-uns 
méritent une mention spéciale : Arnaud Garcias, que 
Philippe le Bel créa vicomte de Lomaigne et Autvii- 
lars; Bertrand, qui fut pape sous le nom de Clément V; 
Gailhard, qui fut écrasé à Lyon lors du couronnement 
de son frère; Elpidc,qui épousa Anxanieu I" de la Motte, 
seigneur de Roquetaillade, dont les descendants portè- 
rent fièrement jusqu'à la Révolution le titre de premier 
baron du Bazadais ; Gailharde, qui épousa le Soudan de la 
Trave, à qui elle dut apporter en dot la terre d'Uzeste, 
dont il se qualifie seigneur depuis cette époque. 

Voici d'ailleurs un tableau généalogique de cette 
famille, auquel le lecteur trouvera sans doute quelque 
intérêt. Ce tableau, dressé dans le but d'indiquer les 
descendances actuelles de la famille de Goth, est forcé- 
ment incomplet. D'ailleurs, à cause des obscurités et 
des hésitations des meilleurs auteurs, nous donnons 
cette généalogie sous toutes réserves. 



(1) Registres de Clément V, n. 5374. Disons une fois pour toutes que les 
documents tirés des Registres de Clément V, et dont nous ferons usage 
dans le cours de cette étude, nous ont été obligeamment communiqués 
par M. l'abbé Lacoste, curé de Saint-Pardon (Gironde). 

(2) Arch. dép. de la Gironde. Série G. fonds de Saint-Seurin. Aff, 
Duchalard. 



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— 4 — 



ROSTAING DE GOTH 



Garcîas Benquet, 
ëvéque de Bnzas, 1166. 



lo à Mascarose de Maulëon, 
d*où 



I 

Béraud, 

qui eut onze enfants, 

. parmi lesquels : 



Arnaud. 



Snnseron. 



I 

Arnaud Garcias, vi- 
comte de Lomaigne et 
d'AulTÎllars. De ses 
deux femmes : Blanche 
et Miramonde de Mau- 
léun (1309). il eut dix 
enfants légitimes et trois 
naturels, dont : 



I 

Béraud 
o u Bérard , 
archev. de 
Lyon, puis 
cardinal, év. 
d'Albano. 



Bernard, 
qui eut trois (ils. 



Gaillard, écrasé à 
Lyon, d'où les Rouil- 
lac, les de Luppé, les 
d'Eperoon, les du 
Bouzet, les de Poo- 
tac. 



Bertrand, 
qui épousa la 
YeuvedeLau- 
trec. 



T 



Bralde, 
mariée à un 
Bruniquel. 



Judie, 
qui épousa un 
de Nfontfer- 
rand, d'où les 
Lur- Saluées. 



Raymond, 
cardinal d u 
titre de S»« 
Mariœ Novse. 



Régine, qui épousa 
Jean I d'Armagnac. Sa 
succession donna lieu à 
une foule de procès et 
revint en partie aux 
Durfort-Duras, en partie 
à Bertrand et Gailhard 
de La Motte, 



Gailhard, 
cardinal d u 
litre de Sanc- 
tœ Luciœ in 
silice. 



^^SS^^Si^êrJ 



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— 5 — 



1142 



Arnaud Gardas de Go th» 1149. 

I 
Raymond de Goth; 1254. 

Sennebrnn de Goth, 1273, 
marié deux fois. 

I 



2o à la marquise d'Ilhac» 
d'où 

I 

fierlrand, évéaue d'Agen, 
parrain de Clément V. 



Bertrand 
(Clément V). 



Gailhnrde, 
qui épousa le 
seigneur d e 

Préchac, 
Soudan de la 

Trave et 
d'Uzestc avec 
postérité. 



Agnès, qui 
épousa un de 
Savignac. 



Mathilde, 
épouse d'un 
Cflermont- 
Lodève, cinq 
enfants, d'où 
les Budos, 



Régine, qui épousa 
Anissant de Piis, d'où 
les de Piis, de Guyenne, 
éteints dernièrement 
dans les familles de 
Montesquieu, de Cami- 
ran, de Yerthamon. 



Marquèse, 
oui épousa 
Arnaud de 
Durfort, d'où 
les Durfort' 
Duras. 



1 

Elpide,qui épousa 
Amanieu I de La 
Motte, seigneur de 
Roquetaillade et de 
Langon d'où : 

I 



Amanieu II. 



Raymond 
Arnaud, évé* 
que de Bazas. 



Bertrand, héritier, 
avec le cardinal 
Gailhardde la Motte, 
de Régine de Goth. 



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— 6 — 

Béraud de Goth, épousa Ide de Blanquefort. Selon 
quelques-uns, ses onze enfants, six garçons et cinq 
filles, seraient nés de cet unique mariage. Selon les 
autres, Ide de Blanquefort ne lui aurait donné que des 
filles, et c'est d'un second mariage avec une fille de 
Villandrando, dont les terres touchaient les siennes 
propres, que seraient nés les autres enfants. Ce second 
mariage expliquerait Tentrée à cette époque de la terre 
des Villandrando dans le patrimoine de la famille de 
Goth (i). 

La descendance de ces familles est, du reste, très 
nombreuse, par suite de ces alliances et comprend 
encore de nos jours, en Guyenne, avec les maisons que 
nous avons citées, les Durfort- Duras, marquis de 
Galard-Magnas, comtes de Galard-Saldebru, d'Espar- 
bès de Lussan, de Lur-Saluces, Lafontan de Goth, etc. 

Cette dernière famille est ici particulièrement inté- 
ressante à cause de son nom. M. de Lafontan de Goth 



(1) € Vers 1200, vivait un cadet de Biscaye, appelé don Alonzo Lopès 
et apanage de Villandrando, lequel eut deux fils. Don André, le plus jeune 
de ses fils, ayant petite part au patrimoine, passa en France, à la suite 
de Madame Blanche deCaslille, s'arrêta en Guyenne et, là, fit si bien qu'il 
acquit une seigneurie près de Bazas, en un lieu qui, de son nom, s'est 
appelé et s'appelle encore Yillandraut. Un demi-siècle ne se passa pas 
que le manoir de Yillandraut, porté dans la maison de Goth par la fille 
ou la petite-fille du même André, vit naître le fameux Bertrand de Goth 
qui fut pape sous le nom de Clément V », Jules Quicherat. Bibl. de 
l'école des Chartes, t. I, 2e série; 1844, p. 119. 

Plus tard dans sa Vie de liodrigue de ViUandrando ^ M. Quicherat a 
exprime des doutes sur ces origines de Villandraut, qu'il avait recueilies 
dans une chronique espagnole. Ces doutes lui viennent de ce qu'à la fin 
du xin® siècle on n'écrivait pas Villandrando, mais Vignandraut, qui 
aurait une tout autre étymologie. Je serais porté à croire que le savant 
professeur se trompe sur ce point, car au moins dès le commencement 
du xiv« siècle on écrivait Villandrando. Témoin l'épitaphe de Clément V 
dont nous donnons plus loin un fac-similé. 



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nous écrivait dernièrement : a La qualité d'héritier de 
» la branche aînée de Goth a été reconnue par attesta- 
j> tion de noblesse et divers documents royaux à Antoine 
» de Lafontan de Goth, mon bisaïeul, et à Antoine de 
» Lafontan de Goth, mon grand-père, le dernier qui ait 
» rendu hommage pour la chàtellenie de Goth, ainsi 
» qu'il résulte de divers hommages au roi Louis XVI, 
» en 1778 » (1). 

Bertrand de Goth, celui qui devait être d'abord évê- 
que de Comminges, puis archevêque de Bordeaux, et 
enfin pape sous le nom de Clément V est-il né à Uzeste 
ou à Villandraut. C'est là une question qui a déjà fait 
couler des flots d'encre (2), et qui n'est pas encore 
résolue. Peut-être le sera-t-elle bientôt quand on aura 
retrouvé le testament de Clément V, dont Texistence 
semble ne faire aucun doute aujourd'hui, et qui nous 

(1) Voici, d'après M. de Lafontan de Golh, comment le nom illustré 
par Clément Va été recueilli successivement par ses ancêtres : « Seguyne 
9 de Goth, à la mort du frère aîné de son père qui n'avait eu que des filles, 
a fut déclarée héritière du nom, des armes et des prérogatives de la bran* 
9 che aiaée de Goth pour les transmettre à sa descendance noble. Elle 
a épousa noble de Palenchérie, qualifié de haut et puissant seigneur. Son 
» fils, son petit-fils et son arrière-petit-fils se transmirent successivement 
» la chàtellenie de Goth (en Lomaigne) jusqu'à Jehanne de Palenchérie de 
» Goth qui épousa Xans de Fabre de Latade, chevalier, etc., lequel, par 
» lettres patentes du roi Charles VIII, fut reconnu héritier pour lui et ses 
« enfants du nom, des armes, etc., de la branche ainée de Golh. La der- 
D nière des Fabre, qui s'appelait constamment Rose de Goth, épousa, en 
» 1727, Antoine de Lafontan, comte de Lamarque, avocat au Parlement de 
ù Bordeaux. La qualité d'héritier de la branche ainée de Goth a été recon- 
u nue, par attestation de la noblesse et divers documents royaux, à Antoine 
» de Lafontan de Goth, mon bisaïeul, et à Antoine de Lafontan de Goth, 
» mon grand-père, le dernier qui ait rendu hommage pour la chàtellenie 
a de Goth, ainsi qu'il résulte d'un hommage au roi Louis XVI, en 1778 ». 

(2) Voir les diverses polémiques engagées dans le Glaneur de Bazas^ 
en 1866; dans Y Ami de l'Ouvrier et du soldat, en 1879; dans la Huche 
catholique, etc. Voir surtout une Etude rapide mais très documentée de 
M. l'abbé Fauché dans la Revue catholique de Bordeaux, 1894. 



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— 8 — 

dira au moins pourquoi ce pape voulut être enterré à 
Uzeste. Je veux bien me garder de prendre parti dans 
Tun ou Tautre des deux camps rivaux, mais je crois 
utile de donner Tétat actuel de la question. 

D'abord la question me semble mal posée. Il n'y 
aurait rien d'étonnant en effet à ce que, le jour où la 
difficulté sera tranchée, Uzeste et Villandraut fussent 
renvoyés dos à dos, car la paroisse de Saint-Martin de 
Goth, aujourd'hui disparue, n'était ni l'une ni l'autre 
des deux paroisses aujourd'hui rivales dans cette affaire. 
C'est Clément V qui, devenu pape, réunit à Villandraut 
le territoire de Saint-Martin de Goth par une disposi- 
tion spéciale. Mais, à l'époque de la naissance du futur 
pape, Saint-Martin de Goth et Villandraut étaient pro- 
bablement distincts. Et quoi d'étonnant à ce que Ber- 
trand de Goth fût né à Saint-Martin de Goth, le siège 
sans doute du chef de cette illustre famille?... 

Les partisans de Villandraut s'appuient sur le témoi- 
gnage du plus grand nombre des historiens, et en par- 
ticulier de Bernard Guidonis, évèque de Lodève, et 
contemporain de Clément V. — Les partisans d'Uzeste 
s'appuient principalement sur le texte du chronicon 
vasatense (1), dont l'auteur, Raymond Arnaud de la 
Motte, évèque de Bazas, était lui aussi contemporain, 
et, de plus, propre neveu du pape. Mais, répétons-le, 
sans insister davantage sur ce point minutieux d'his- 
toire, la question est loin d'être résolue, et il est peut- 
être bon de faire remarquer ici que Villandraut et 
Uzeste sont distants Tun de l'autre d'une lieue à peine, 
et que cette question tant débattue est, pour cela même, 
quelque peu oiseuse (2). 

(2) Oriundus ex pago de Uzesta, 

(3) Renan, dans La Papauté hors de l'Italie, Clément F, nous déclare 
très catégoriquement, dès les premières pages de son travail, que Bertrand 



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— 9 — 

La date de la naissance du Pontife n'a pu encore être 
fixée. On peut affirmer néanmoins qu'il naquit vers 
Tan 1264 (1). 

Ce qu'il y a de bien certain, c'est que si Clément V, 
en 1307, construisit sur le territoire de Villandraut le 
magnifique château dont on admire encore les ruines 
imposantes, son cœur resta attaché à Uzeste. Le fait 
même de sa sépulture à Uzeste, qu'il avait voulu par 
disposition testamentaire, est assez explicite sur ce 
point. Dans toutes ses bulles aux deux chapitres 
jumeaux, le Pape nomme toujours celui d'Uzeste avant 
celui de Villandraut. ce A nos chers fils, les doyens et 
chanoines d'Uzeste et de Villandraut » est pour lui une 
formule invariable (2). Dans son Testament Clément V 
laisse aux pauvres d'Uzeste des sommes importantes, 
alors que Villandraut n'est même pas nommé. 

Une fontaine dans le bourg même d'Uzeste est ornée 
des armes de la famille de Goth, qui portait d'or à trois 
fasces de gueules. L'écu est sommé du chapeau à trois 
houppes et entouré d'un collier d'animaux qui sont 
peut-être des léopards anglais. Cette ornementation 
bizarre est assez intéressante pour que nous la notions 
ici et que nous en donnions le dessin (3). 

de Goth est né à Villandraut. Aux dernières pages de ce môme travail, il 
affirme non moins catégoriquement que Bertrand de Goth était natif 
d'Uzeste. C'est là assurément un système de critique fort ingénieux, et 
dont on est en droit d'attendre des résultats étonnants. Voir la Revue des 
deux Mondes f l^r mars 1880. 

Nous tenons a constater ici à cette occasion que Renan, sauf quelques 
réserves qu'a déjà faites avec beaucoup d'érudition M. le marquis de 
Castelnau d'Essenault, doit compter au nombre des apologistes de Clé- 
ment V. {Clément V et ses récents historiens, par M. le marquis de Cas- 
telnau d'Essenault.) 

(1) M. le marquis de Castelnau d'Essenault, op, cit, 

(2) Registres de Clément V, passim. 

(3) Les armes de la famille de Goth sont blasonnées dans la Notice 
historique sur la ville et les évéques de Comminges, d'argent, alias d'or, à 



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— 10 — 

La ligne masculine directe des de Goth ne tarda pas 
à s'éteindre comme on le voit par le tableau généalogique 
résumé plus haut et la seigneurie d'Uzeste, passée dans 
la maison du Soudan de la Trave, arriva bientôt aux 
Montferrand puis aux de la Lane, comme nous le verrons 
bientôt. Les ruines du château de la Trave dont quel- 
quesblocs massifs sont suspendus sur le Giron, se voient 
encore dans un site ravissant, près du pont qui sépare 
Uzeste de Préchac. Le château de Roquetailladc, plein 
des souvenirs des de Goth et des de La Mothe, et 
habité aujourd'hui par M. de Baritault, se dresse à trois 
lieues d'Uzeste, entièrement restauré il y a quelques 
temps déjà par M. Viollet-le-Duc (1). 

Le bourg d'Uzeste était, au xii° et au xiii® siècle, très 
célèbre dans les régions landaises, non point par la 
fécondité de son sol ou les produits de son industrie, 
mais par les faveurs extraordinaires que la T. S'® Vierge 
répandait en abondance sur la foule des pèlerins qui 
venaient l'honorer dans la petite église romane dont il 
reste encore une grande partie des murs (2). Les chro- 



trois fasces de gueules, M. Léo Drouyn, trompé sans doute par les ver- 
rières de l'église d'Uzeste, blasonne : fascé d'or et de gueules. 

Comme nous l'avons dit, les de Golli ont toujours porté : d'or à trois 
fasces de gueules. Comme supports : deux lions rampants à la tête con- 
tournée, portant quelquefois l'écu en bannière, les Golh étant chevaliers 
bnnnerets. L'écu est timbré d'une couronne de marquis dans la branche 
des Golh de Rouillac. Ces armes se retrouvent ainsi, très mutilées 
d'ailleurs, sur un pilier de l'église Saint-Romain, placé à l'entrée d'une 
chapelle où jusqu'à la Révolution ont été enterrés les seigneurs de Goth 
en liomaigne. 

(1) La restauration de Roquetaillade a été très vivement critiquée par 
M. Anlhyme Saint-Paul, dont l'opinion d'ailleurs est partagée par d'émi- 
ments archéologues girondins. 

(2) Uzesta^ ignobilis locus et sterilis, sed nohilis miraculis Beatx 
Mari» Virginis, — Sponde. Annalium ecclesiasticorum E, C. Cxsaris 
Baronii continuation éd. 1639, p. 383. 



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— 11 — 

niques ne nous ont rien conservé des grâces et des 
merveilles de N.-D. d'Uzeste; mais les huguenots ont 
passé, accumulant les ruines, ravageant le sanctuaire 
vénéré, mutilant affreusement la madone légendaire ; 
d'autres sanctuaires en l'honneur de Marie se sont éle- 
vés dans les régions voisines; sept siècles se sont 
écoulés lentement, et, malgré tout, le souvenir des grâ- 
ces miraculeuses de N.-D. d'Uzeste n'est point éteint. 
Les grandes fêtes de la sainte Vierge sont ici célébrées 
avec éclat et les plus petites fêtes de Marie sont chô- 
mées par le peuple d'Uzeste, héritier de la reconnais- 
sance de ses ancêtres. 11 y a encore bien des pèlerins 
isolés qui viennent de toutes les régions landaises 
implorer la Toute-Puissante intercession de Marie dans 
le sanctuaire d'Uzeste. Il m'a été donné de recueillir 
les débris épars d'une magnifique statue de Vierge- 
Mère, que les huguenots d'abord, les révolutionnaires 
ensuite, et bien d'autres causes plus ou moins avoua- 
bles (1), avaient réduite à l'état le plus misérable, et 
de donner à cette relique de la foi de nos aïeux une 
place honorable dans notre sanctuaire. C'a été au point 
de vue archéologique une bonne fortune. Mais cette 
restauration a été surtout une satisfaction pour la piété 
des pèlerins. 

Disons aussi que cette madone vénérable a droit à 
la première place dans ce sanctuaire qui est bien le 
sien, et qu'elle a bâti par les mains de Clément V(2). 

(1) Dans une visite à la collégiale d'Uzeste, dont le procès-verbal est 
aux archives de l'archevêché de Bordeaux, le cardinal de Sourdis ordonne 
qu'on fasse disparaître la vieille madone, si mutilée qu'il la trouvait indi- 
gne d'être conservée. 

(2) « Beatx M. Virginis in cujus honorem Clemens ecclesiam ihi xdifi- 
caverat ». Sponde, loco cit, — Oh devotionem quamadeum locum habue- 
rat, Ciaconius. Vita et res gesUe pontificum Romanorum, édit. Oldoin, 
1677, t. II, p. 359. 



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— 12 — 



Car en dehors des liens de famille qui rattachaient à 
Uzeste, où peut-être il eut son berceau, Clément V 
fut de son temps le plus pieux, le plus confiant des 
pèlerins à N.-D. d'Uzeste. Quand il eut été élevé sur le 
siège de Saint-Pierre, il n'oublia point la madone tant 
aimée, et par deux fois (l) dans le cours de son ponti- 
ficat, il vint se prosterner à ses pieds avec toute la 
cour papale. 

C'est par dévotion pour N.-D. d'Uzeste qu'il cons- 
truisit les voûtes de cette église, éleva le chœur et 
Tabside qui font de ce monument un des plus curieux 
et des plus remarquables de la Gironde, et qui le dis- 
tinguent tant à Texlérieur qu'à l'intérieur surtout par 
son charme et son élégance. C'est par dévotion pour 
N.-D. d'Uzeste qu'il érigea cette église en collégiale et 
y fonda un chapitre séculier qui fut dispersé par la 
Révolution. 

Donc, la renommée d'Uzeste au xiu* siècle s'éten- 
dait au loin et ce sanctuaire était très célèbre. La 
famille de Grailly, d'ailleurs alliée à la famille de Goth, 
était unie à ce sanctuaire par des liens très étroits. En 
1278, par lettres patentes du 12 juin, Edouard, Roi 
d'Angleterre, « permet pour lui et ses héritiers à Jean de 
» Grailly, seigneur de Benauge, d'assigner partout où bon 
)) lui semblera, sur le fief que ledit Jean tient de Sa 
» Majesté, une somme de vingt livres tournois pour le 
» revenu d'une chapelle que ledit seigneur veut fonder 
» dans l'église N.-D. d'Uzeste, diocèse de Bazas, des- 
» quelles vingt livres les titulaires de ladite chapelle 



(1) « Le 4 février 1307, quelques jours avant le fameux voyage de Poi- 
tiers, et le 17 novembre 1308, à son départ du côté d'Avigoon », L'abbé 
Lncosie, Nouvelles études sur Clément V. 



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— 13 — 

» jouiront sans que le prince ou ses successeurs puis- 
» sent les réclamer » (1). 

Un tombeau, placé aujourd'hui dans une des cha- 
pelles absidiales, attire Tattention du visiteur. Sur la 
pierre tombale est étendue la statue d'un chevalier du 
XIII* siècle qui a intrigué bien des archéologues. Hâtons- 
nous de dire que c'est là seulement une pierre tombale 
dont le tombeau a disparu. Elle a été placée sur une 
ancienne piscine que les vieillards ont bien connue et 
qui était encadrée d'un gable fort intéressant dont les 
fragments très bien conservés ont été rassemblés contre 
le mur nord de l'Eglise, à l'extérieur. A l'époque où la 
piscine était à découvert, la statue tombale, dont nous 
nous occupons, était abandonnée et gisait misérable- 
ment sur le dallage de l'église. Il ne peut donc être 
question ici, malgré les traditions locales, d'une sépul- 
ture et encore moins de la sépulture d'un cardinal de 
Goth. 

Quoi qu'il en soit, il y a eu, à un moment, dans l'église 
d'Uzeste, la sépulture d'un de Grailly. L'écu que le che- 
valier porte au flanc ne laisse aucun doute à cet égard. 
Le lambel dont les armes des de Grailly sont brisées, 
indique une branche cadette, bâtarde ou alliée; mais le 
fait des attaches de l'illustre famille de Grailly avec 
l'église d'Uzeste est ici manifestement confirmé (2). 

Après ces parents des Goth qui avaient leur tombe 
dans l'Eglise d'Uzeste, la plus considérable de ces 
familles est celle des La Lanne, dont nous donnons 
aussi la généalogie comme barons puis marquis d'Uzeste. 



(i) Comptes rendus de la Commission des monuments historiques de la 
Gironde, année 1848, p. 20. 

(2) Les coquilles qui sont un des meubles de l'écu des Grailly se retrou- 
vent souvent dans les sculptures du clocher. 



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— 14 — 
SARRAN DE LA LANE, Écuj/er 



Bernard de La Lane, écuyer, seigneur de Lauvî- 
dat, à Marsan, épouse Magdeleine Dorty, demoi- 
selle. 



M. Me Isaac de La Lane, écuyer, conseiller, 
secrétaire du roi, audiencier en la chancellerie du 
Parlement de Bordeaux, épouse Marie de Garron. 



Lancelot de La Lane, chevalier, conseiller du 
roi en tous ses conseils, vicomte de Pommiers, 
baron de Yillandraut, Uzeste et autres places, 
second président au parlement de Bordeaux ^1594), 
épouse Finette de Pontac, dame des Jaubertnes. 

Olive de Lalanne, d'^e Sarran de Lalanne, 

vicomtesse des Jauber- chev., président au par- 
thes, épouse Léon de lement de Bordeaux , 
Pontac, baron de Bau- condamné à mort dans 
tiran. l'affaire des rognures 

de monnaies, réintégré 

en 1644. 



Sarran de Lalanne, chevalier, président à mor- 
tier (1672), seigneur, baron de Rouaillan, seigneur 
de Calamiac, Tustal, Jos et autres places, épouse 
Marie-Thérèse Yandemberg Démons, de Bordeaux. 



Sarran Alphonse de Lalanne, chevalier, marquis 
d'Uzeste, conseiller au Parlement de Bordeaux 
(8 juin 1693), puis conseiller honoraire (21 février 
1722^, épouse en 1698 Marie-Anne Le Comte de 
La ïresne. Meurt le 29 juin 1706. Sa veuve épouse 
en 1738 le conseiller Jean-François de Marans. 



Jean-Baptiste de Lalanne, chevalier, marquis 
d'Uzeste, seigneur de Tustal, Jos, Calamiac, baron 
de Rouaillan, président à mortier le 11 août 1732, 
mourut à Bordeaux, sans alliance, le 14 juillet 
1774, âgé de 72 ans. 



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15 — 



DU PATS DE MARSAN (lANNBs). 



Sarran de La Lane, chevalier, vicomle de 
Pommiers, baron de ViJlandraut el d'Uzeste, 
GODs. du roi en tous ses conseils, conseiller 
lay (1559) puis second président au parlement 
de Bordeaux (oct. 156^) mort en 1594. 
Il épouse : 



10 Perrine de Parrai- 
ges, demoiselle, alliée 
aux de Gourgues et aux 
de Itlesmer. 

I 



Marg. de La Lane, 
épouse Léonard de Cal- 
Yimont, écuyer, sei- 
gneur du Gros, cons. au 
parlement de Bordeaux. 



2o Jehanne Le Comte, 
demoiselle , veuve de 
Jean de Belloc ; le ma- 
riage eut lieu en 1587. 
Pas d'enfants. 



Isaac de La Lane, 
écuyer, conseiller au 
parlement de Bordeaux 
(janvier 1596). 



Louis de Lalanne, 
vicomte des Jauberthes, 
Laron d'Uzeste , con- 
seiller au parlement de 
Bordeaux. 



Messire Léon de La- 
lanne, mort abbé de 
St- Ferme le 22 février 
1677, inhumé aux Jaco- 
bins de Bordeaux, dans 
la chapelle de sa famille. 



Alphonse de La^ 
lanne, chevalier, sei- 
gneur de Rouaillan, 
Tustal et autres pla- 
ces, épouse en 1632 
Jeanne de Tustal. 



Messire Léon de 
Lalanne , évêque d e 
Bayonne (1696). 



Jeanne de La- 
lanne, demoiselle, 
épouse Me Alexandre 
de Gascq, écuyer. 



Léon Lancelotde La- 
lanne fut reçu conseiller 
au Parlement de Bor- 
deaux le 7 mai 1706« 



Marie Anne de Lalanne, 
épouse Messire François 
Etienne de Brassier, con- 
seiller au Parlement, mort 
sans enfants vers 1740* 



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— 16 — 

Comme on le voit, Thistoire des La Lanne est This- 
toire même d'Uzeste à partir du xvi® siècle. 

Anciennement appelés de La Lane, ils portaient : 
écartelé aux 1 et 4 de gueules au lion d*or; aux 2 et 
3 d'azur a deux lévriers d'argent, courant l'un au-dessus 
de l'autre. 

La famille de La Lanne habitait le château d'IUon, 
bâti très probablement au commencement du xvi* siècle 
par Sarran de La Lanne, à l'époque où celui-ci acquit 
la seigneurie d'Uzeste et Villandraut. Thomas de Mont- 
ferrand était, en efFet, seigneur d'Uzeste, Landiras, 
Portets et Arbanats, le 28 avril 1518. 

A l'extinction des de La Lanne, le château d'Illon et 
la seigneurie d'Uzeste furent acquis par les de Groc, 
dont Tun, Antoine de Groc, fut garde des sceaux près 
la cour des Aydes de Guienne. Il se qualifiait de che- 
valier, seigneur haut justicier du marquisat d'Uzeste. 
Les descendants de cette noble famille habitent encore 
Uzeste et la région bazadaise. 

Vers le milieu de ce siècle, Illon, après avoir appartenu 
quelque tempsauxMarsans, passaauxDupuy, dePréchac. 

Les familles les plus anciennes dans Uzeste sont 
aujourd'hui les Dufourc, les Mansencal, les Dailh, les 
Douence et les Bouin. 

Quant à l'église d'Uzeste, son sol est pavé de tombeaux 
dont une pierre a montré les armes des de Goth lors des 
fouilles entreprises par M. Mondet, en 1870, ce qui est 
d'accord avec des renseignements plus anciens (1). 

M. le D"* Berchon m'a même signalé dernièrement 
qu'un Bertrand de Bordes avait été inhumé, en 1311, près 
de son ami d'enfance Clément V qui l'avait fait cardinal. 
Outre les chanoines et les curés, vicaires perpétuels, 

(1) Bulle de Jean XXII, XII kal. febr. 1317. ^ L'abbé Fauché, Berne 
catholique de Bordeaux, janvier 1894, page 12. 



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- 17 — 

dont il serait facile, grâce aux indications fournies par 
les registres obituaires de la paroisse, de retrouver la 
sépulture, quelques familles nobles du pays avaient 
droit de sépulture dans la collégiale. 

Les deux écus encastrés à une époque récente dans 
les gros piliers du sanctuaire étaient sans doute aussi 
des ornements de monuments funéraires. On reconnaît 
dans celui de droite Técu des de la Motte, portant en 
cœur Técu des de Grailly. Il m'a été impossible de 
déterminer Técu du pilier de gauche (1). 



II 
La Collégiale et le Chapitre. 

Quelle est la date exacte de la construction du chœur 
et des voûtes, de Tachèvement enfin de l'église d'Uzeste? 
Elle est aujourd'hui assez facile à préciser. Le gros 
œuvre était bien avancé, sinon terminé, avant la mort 
de Clément V, puisque par une bulle datée du prieuré 
de Grauseau le 30 avril 1313, le Pape en ordonne la 
consécration. Il fixe au 15 août suivant, jour de la fête 
de la T. S. Vierge, la date de cette cérémonie qui sera 
faite par Tévèque de Saintes, nouvellement transféré 
de Bazas. L'évèque nommé de Bazas, Théobald, grand 
chantre de la cathédrale, ne peut officier en cette cir- 
constance, puisqu'il n'est encore que diacre; mais il 
est requis d'assister à la cérémonie (2). La même bulle 
fixe au dimanche d'après, la consécration de l'église de 
Villandraut, par l'archevêque de Bordeaux. 

(1) On y voit un demy-vol à la bordure engresiée. Les d'Aleyrac por- 
taient au xiv« siècle le demy-vol ; et l'histoire fait mention d'un chanoine 
de Âlayraco qui fut mêlé aux affaires de Clément V 

(2) Registres de Clément V, n. 10,009. Lettres du Pape à l'évèque de 
Saintes et à l'archevêque de Bordeaux. 

Tome XVïII. — Fasc. 11 et III. 2 



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~ 18 — 

Les deux églises N.-^D. tVlIzeste et Saint Martin de 
Villandraut avaient été érigées en collégiales, Tannée 
précédente, le 28 juin 1312, par une bulle datée encore 
du prieuré de Grauseau. Cette bulle crée Guillaume 
Raymond « de Urso » doyen de N.-D. d'Uzeste, et 
Raymond de Labaste, doyen de Villandraut (1). 

Il y a à signaler ici une disposition originale prise 
par Clément V en érigeant en collégiales ces deux égli- 
ses. Le Ciron, qui coule entre ces deux paroisses, était 
la limite frontière entre le diocèse de Bazas dont rele- 
vait Uzeste et Tarchidiocèse de Bordeaux auquel appar- 
tenait Villandraut. Le pape ordonne que désormais c'est 
Tarcheveque de Bordeaux qui aura juiidiction sur la 
collégiale d'Uzeste, et Tévêque de Bazas, juridiction 
sur celle de Villandraut. Dans la pensée de Clément V, 
cette disposition tendait à conserver la discipline dans 
les deux chapitres en créant entr'eux une louable ému- 
lation (2). 

Puis Clément V s'appliqua à doter les deux collé- 
giales nouvelles qui sont nées le même jour et qui 
vivront longtemps, comme deux sœurs, des biens indi- 
vis que leur aura procuré à ses frais (3) et au prix de 
grands sacrifices, le Père dont elles ont reçu Texistence. 

Par une bulle datée d'Avignon (4), Clément V cons- 
titue en faveur des deux chapitres une rente de 600 
livres sur divers péages ou leudes, dans le diocèse de 
Toulouse. Puis il unit aux deux chapitres le prieuré de 
Saint -Laurent (5), près de Saint-Emilion, estimé alors 

. (1) Il est nommé ailleurs GuîUelmus Raymundus Dulcis. 

(2) Sic ratuê disciplinam religiosius in utraque ecclesia conservatum 
iriy cum ab alienis antistibus quasi per emulationem regerentur, 

(3) Non iamr/uam summus pontife x, sed sicut pris'ata persona. Regis- 
tres de Clément V. n. 8874. 

(4) Registres de Clément V, n. 8874. 

(5) Registres de Clément V, n. 9995. 



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— 19 — 

1,136 livres tournois, le prieuré de Saint-Etienne de 
Lisse (l) estimé 3,200 livres de monnaie bordelaise, et 
le prieuré de Vernose et Lacose (2) estimé 7,000 florins. 

Une autre bulle, datée encore d'Avignon, 4 avril 
1313, confirme Tannexion faite aux mêmes chapitres par 
TArchevêque de Bordeaux des églises Saint-Martin-de- 
Goth, Saint-Symphorien, Saint-Martin-de-Balizac. Les 
doyens pourront, le cas échéant, nommer et révoquer 
les vicaires perpétuels à ces églises. Cette bulle con- 
tient la lettre d'Arnaud, archevêque de Bordeaux, unis- 
sant les dites paroisses aux doyennés d'Uzeste et de 
Villandraut, sous réserve des droits de procuration de 
TArchevêque de Bordeaux et de Tarchiprêtre de Cer- 
nes (3). 

Enfin le 13 avril 1313, par une autre bulle datée aussi 
d'Avignon, Clément V choisit Pierre Labatut, chanoine 
d'Arras, et un de ses familiers, pour procureur des deux 
chapitres et administrateur des biens qu'il vient de 
constituer (4). 

Ces biens s'augmentèrent plus tard (5). Au xvii'' siè- 
cle, les deux chapitres possédaient encore la cure de 
Préchac et celle de Lignan; des terres de culture à Saint- 
Martin-de-Mazerac, juridiction de Saint-Emilion; le 
prieuré de Saint-Brice et son annexe Vignonnet, estimés 
à cette époque 4,485 livres, le prieuré de Saint-Pierre 
de la Chapelle, diocèse de Toulouse, estimé 575 livres. 
Enfin^ chacun des deux chapitres avait encore des biens 

(1) Registres de Clément Y, n. 9987. 

(2) Registres de Clément Y, n. 9999. 

(3) Registres de Clément Y, n. 1000. 

(4) Registres de Clément Y, n. 1001. Arcb, dép. de la Haute-Garonne, 
section G, à rArchevéché de Toulouse. 

(5) Les documents dont je me suis servi pour reconstituer les biens du 
chapitre ne sont autres que les minutes d'anciens baux de ferme commu- 
niqués par MM. les notaires de la région. . 



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— 20 — 

propres. A Uzeste, par exemple, le doyen du chapitre 
était seigneur foncier et direct du fief d'Aignet, sur 
lequel il résidait (1) et dont une partie est devenue le 
clos presbytéral d'aujourd'hui. Le chapitré possédait 
encore des maisons et des vignes, des prairies et des 
bois à Lahonta et à Sescas (deux quartiers d'Uzeste), et 
de grandes prairies sur le bord du Ciron, dans la com- 
mune de Noaillan, aujourd'hui la plaine de I^uc. Si Ton 
ajoute à tout cela les fondations et les rentes obituai- 
res qui devinrent très nombreuses dans la suite des 
-temps, on s'explique aisément que ces chanoinies fus- 
sent très recherchées. 

11 est à remarquer que les deux premiers doyens ont 
été créés par Clément V et la mense des deux chapi- 
tres établie par ce pape. Mais les deux chapitres ne 
furent définitivement constitués qu'en 1317 par le pape 
Jean XXII, qui tint à confirmer les fondations de son 
prédécesseur, et à achever son œuvre. Il leur donna 
même un prieuré relevant de l'abbaye de Moissac (2). 

Le chapitre d'Uzeste était un chapitre séculier et les 
chanoines étaient au nombre de douze. Ils étaient 
classés par ordre de stalles, comme les académiciens 
sont classés par ordre de fauteuils. Outre le doyen, qui 
était curé primitif de la paroisse d'Uzeste, il y avait un 
syndic, chargé de l'administration des biens canoniaux 
et de la répartition des revenus entre les chanoines. 

Il y a à signaler ici l'école collégiale entretenue aux 
frais du chapitre, et qui était dirigée par des clercs 



(1) Les curés d'Uzeste après la Révolution habitaient le Doyenné, qui fut 
démoli en 1854. C'était une construction assez intéressante avec de vas- 
tes salles et des cheminées monumentales, des fenêtres à guillotine, et un 
large perron desservi par deux grands escaliers de pierre. Il était pres- 
que adossé à l'église et communiquait avec elle par la porte Nord. 

(2) Bahize, notes, t. II, col. 684. 



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— 21 — 

portant le titre de régent. Les registres obituaires de 
la paroisse font mention de ce titre de régent^ et de 
celui d'écolier, en plusieurs endroits. On sait d'ailleurs 
qu'à l'ombre de toutes les cathédrales et de toutes les 
collégiales, il y avait avant la Révolution une école 
entretenue par le chapitre. 

Clément V avait donné à sa famille le droit de patro- 
nage sur ces deux collégiales et elle devait le garder 
indéfiniment; mais après l'extinction de la famille de 
Goth, le droit de patronage passa dans plusieurs fa- 
milles, entre autres les de La Lanne, et enfin dans celle 
des barons de Villandraut. Monsieur le comte de Pons 
de Cazeneuve, détenait ce droit avec tous ses privilèges 
au moment de la dispersion des deux chapitres par la 
Révolution (1). 

Il m'a été impossible de reconstituer la succession 
des doyens du chapitre d'Uzeste. Voici néanmoins les 
noms et les dates connus : 

Guillaume Raymond, de Urso (ou Dulcis?) 1313. 



(1) Voici la liste des patrons établie par M. de Saint-Clair, un des der- 
n'ers vicaires perpétuels d'Uzeste : 

Madame de Petit-Puy. 

Madame de Lafaurie, sa Glle. 

Monsieur de Lafaurie père. 

Monsieur de Lafaurie fils» conseiller au parlement de Bordeaux, ci 
ensuite président à la cour des Aides de Paris. 

Madame sa mère, veuve Elisabeth Thévenin. 

Monsieur le comte de Pons de Cazeneuve. 

Les familles de Malescot de Bazas, dont les immenses biens furent 
« nationalisés » par la Révolution, et Ardusset, dont les petits-fils sont 
encore aujourd'hui honorablement connus dans la région, donnèrent des 
chanoines et des curés à Uzeste. Nous devons en dire autant de la famille 
Mongie, dont les représentants sont encore nombreux à Bazas. sans 
compter les Mongie-Carsuzan, représentés aujourd'hui par un éminent 
conseiller ii la cour d*appel de Bordeaux. 



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— 22 — 
W. Araimonos, 1er mai 1313. 

Pierre du Loup, étranglé le 13 juillet 1544. 

• • é • 

André de Ribardibr 1586-1625. 

Léonard de la Moktague, f 1722. 

DuBEDAT, de Sauternes, -|- 1740. 

Arnet de Malescot, -|- de Bazas, 1748. 

De Piis-PuTBARBAïf, de Bordeaux. 

Jacques-Charles Capdevillb. 

François-Stanislas Sallanave de Haupt, précédemment 
doyen du chapitre de Yillandraut, chassé par la Révo- 
lution, 1791. 

Les doyens du chapitre d'Uzeste étaient curés pri- 
mitifs de la paroisse, mais aucun d'eux n'en exerça 
jamais les fonctions. Elles étaient déléguées à un 
vicaire perpétuel choisi à peu près généralement 
parmi les chanoines. Cette nomination du vicaire 
perpétuel d'Uzeste par le doyen du chapitre devait être 
approuvée par Tévêque de Bazas, car, en vertu de la 
disposition prise par Clément V, au sujet de la juri- 
diction épiscopale dont devaient relever les deux collé- 
giales, le chapitre d'Uzeste relevait de Tarchevêque de 
Bordeaux, mais non point la cure et la paroisse. 11 est 
fait mention, dans les registres paroissiaux, de visites 
pastorales et de confirmations à Uzeste par Tévêque 
de Bazas. 

Voici maintenant la liste des curés, vicaires perpé- 
tuels d'Uzeste depuis i530 jusqu'à la Révolution : 

Tartas. 

Lataste. 

De Gans, d*Uzeste. 

Michel Bertrand, de Bazas, chanoine. 

Jean Chaillac, 1626-1641. 

Nicolas Crochet, d'Agen, 1643. 

André Cantillac, Limousin, chanoine, 1646-1651. 



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— 23 — 

Pierre Brousse» d*Uzeste, chanoine, 1656-1680. 

Daniel Culân, Irlandais, chanoine, 1680-1681. 

Joseph MoNGiE, de Préchac, chanoine, 1682-1708. 

Mathieu Jugeon, prieur de St-Vivien en Bazadais, 1708-1722. 

Guillaume de Sai.nt-Clajr (1)^ chanoine d'Uzeste et de 

Sarlat, 1728-1753. 
YiGNAL, chanoine, 1753-1791. 

Pendant les vacances de la vicairerie perpétuelle que 
signalent plusieurs fois les dates de ce tableau, les 
fonctions curiales étaient remplies par un chanoine qui 
prenait le titre de a vicaïre-commis ». 

M. Vignal, le dernier chanoine-curé, conserva ses 
fonctions curiales quelques jours encore après la dis- 
persion du chapitre. Vers les derniers jours de Tan- 
née 1791, il fut remplacé comme curé d'Uzeste par 
M. Ramuzat, dont nous ne savons rien. Pendant les 
malheureuses années qui suivirent sa nomination, 
rhistoire d'Uzeste s'obscurcit, d'ailleurs, à un tel 



(1) Guillaume de Saint-Clair administra la paroisse d'Uzeste avec un 
zèle et un soin remarquables. En 1731, il eut quatre cent cinquante com- 
muniants à Pâques. Accablé par rage, il se Gt aider, dans les dernières 
années de sa vie, par un de ses collègues du chapitre, qui visitait les 
quartiers éloignés. Il mourut enfin entouré de la vénération universelle et 
fut enseveli dans l'église d'Uzeste. Les deux chapitres d'Uzeste et de Vil- 
landraut assistèrent en corps a ses funérailles qui furent très solennelles. 

Il avait été précédemment curé : 

De Molières, par nomination du prévost du chapitre de Sarlat (1711) ; 

D'Aymet, aussi en Périgord, par nomination de M^' de Chaulnes, évéque 
de Sarlat (août 1711); 

Du même Molières, par nomination de noble Géraud de Pétar, son 
frère, chanoine de Sarlat (1713); 

De Tussac, au même diocèse, par nomination du sieur de Brousse, 
chanoine de la même ville ; 

De Saint-Maixent, près de Verdelais, diocèse de Bordeaux, par nomi- 
nation du recteur du Collège des Jésuites de Bordeaux (1723) ; 

D'Uzeste, diocèse de Bazas, par nomination de Messire Dubédat, doyen 
du chapitre (12 septembre (1728); 

Il fut enfin fait chanoine de Sarlat en 1743. 



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— 24 — 

point, que nous n'avons pu recueillir ni un document, 

ni un souvenir. 

En 1796, un prêtre assermenté, M. Mauléon, curé 

d'Auros, administra les sacrements dans les paroisses 

de Lados, Brouqueyran, Lignan, Uzeste, etc. Son zèle 
le et fit face à bien des difficultés; mais le 
gieux du dimanche fit à peu près défaut à 
[u'en 1806. A cette époque, la commune 
assa un compromis avec M . le curé de 
M. le curé-doyen de Préchac (1) ensuite, 
èrent, moyennant un supplément de 300 fr. 
nt établi par le Concordat, à faire le service 
u dimanche, à Uzeste, au moins tous les 
s. 

mois de juillet 1811, un curé fut nommé à 
depuis lors, le culte fut rétabli réguliè- 
is la belle collégiale qui avait vu, pendant 
jcles, la splendeur des offices canoniaux, 
iste de mes prédécesseurs à la cure d'Uzeste 
évolution : 

on 1196-1811. 

MANDT, curé d'Uzeste et Lignan. . . 1811-1818. 

NEZ, — — ... 1818-1822. 

jR, — — ... 1822-1825. 

EL. — — ... 1826-1838. 

R, — — ... 1838-1840. 

», — — ... 1840-1841. 

RE, — — ... 1841-1855. 

oux, curé d'Uzeste 1856-1863. 

É, — 1863-1873. 

T, — 1873-1891. 

USE, — 1891-1892. 



iée Laurent Pouget avait été chanoine d'Uzeste et fut 
>e de Préchnc après la Révolution. Un de ses grands oncles 
avait été aussi chanoine et curé de Préchac au milieu du 



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— 25 — 

Les chanoines et les vicaires perpétuels d'Uzeste ont 
toujours employé toutes leurs ressources matérielles à 
la splendeur du culte et des cérémonies religieuses; 
les efforts de leur zèle ont porté exclusivement sur 
Tédification du temple spirituel (1). Au xviii'* siècle, 
Uzeste était une paroisse modèle, et des plus édifiantes. 
Mais, pas plus que pour le tombeau pontifical, ils n'ont 
rien fait pour Tentretien ou Tembellissement du magni- 
fique monument dont ils avaient la garde (2), pour cette 
église si intéressante à tous égards que de nombreux 
visiteurs viennent tous les jours admirer, et que TEtat 
a classée parmi les monuments historiques. Le nouveau 
régime n'a recueilli de leurs mains qu'un monument 
en ruines et un clocher absolument dégradé par le 
temps. 

Comme souvenir du chapitre, faisons mention d'une 
petite cloche, qui a échappé au pillage de la Révolution, 
établie autrefois au-dessus du dôme de Téglise, et qui 
servait exclusivement aux offices canoniaux. Le peuple 
d'Uzeste l'appelle 1' « Esquiroun ». Elle porte, avec les 
armes du chapitre, l'inscription suivante : ce A. Ribar- 
dier, doyen^ qui m* a faite (sic) faire en 1620 ». J'ai 
retrouvé les armes du chapitre d'Uzeste sur un sceau 



(1) Il y a des traces, au seizième siècle, de la confrérie de Saint-Antoine, 
encore aujourd'hui très florissante à Uzeste. — Nous avons déjà signalé 
les résultats obtenus par le zèle pieux de M. de Saint-Clair. 

(2) Au xve siècle, craignant sans doute pour la solidité des petits piliers, 
les chanoines en noyèrent quatre dans d'énormes maçonneries qu'ils 
unirent entre elles par des arcs au-dessus de la grande nef. Les deux 
petits piliers les plus voisins du sanctuaire ont été dégagés en 1870. On 
voit encore près de la grande porte deux de ces encombrantes colonnes 
avec l'arc qui les unit ensemble. — Le clocher, quoique bâti après la 
mort de Clément V, est, non pas l'œuvre des chanoines, mais bien plutôt 
l'œuvre de ce pape, qui avait laissé les sommes nécessaires à sa cons- 
truction. 



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— 26 — 

en cire rouge fermant le testament du dernier doyen 
d'Uzeste, François Stanislas Sallanave de Haupt. Ce 
sceau est assez intéressant et la reproduction que nous 
en donnons ici nous dispense d'une plus longue des- 
cription (1). 

En 1735, la foudre tomba par deux fois, le 9 juin et 
le 6 décembre, sur le clocher et Téglise, déjà bien 
délabrés par le temps. L'un et Tautre furent lézardés 
en plusieurs endroits et compromis dans leur solidité. 
Les chanoines s'émurent enfin, convoquèrent le peuple 
d'Uzeste sous V a appan » de Téglise, et après vérifi- 
cation officielle des dégâts, ils firent mettre quelques 
crampons de fer aux lézardes du clocher. Rien de 
plus. 

En 1788, une autre délibération solennelle des cha- 
noines et du peuple d'Uzeste, décida enfin la restaura- 
tion complète de Téglise et du clocher. Pleins pouvoirs 
furent donnés au syndic paroissial pour traiter avec des 
ouvriers de renom qui étaient venus offrir leurs services. 
Mais la Révolution ruina ces beaux projets... Faut-il 
s'en plaindre ? Etant donné qu'à cette époque on raffo- 
lait encore de Tart grec, que, depuis le xvii' siècle les 
traditions du moyen-âge avaient été abandonnées, que 
de lamentables restaurations ont dégradé certains monu- 
ments gothiques, la cathédrale de Bazas entr'autres, il 
est peut-être bon que cette œuvre de restauration ait été 
réservée aux architectes de nos jours qui ont repris les 
saines traditions et sont ordinairement bien mieux ins- 
pirés. De fait, les premières restaurations dirigées par 



(1) Quand M'* Guillaume de Saint-Clair signe pour la première fois les 
registres paroissiaux, il ajoute à son nom : « Guillelmus Saint-Clair, 
scribendus Sinclair, ou signo claro. Aussi nos armes sont une cloche, 
d'où vient le mot toc, et toc-sin, etc. d. C'était, on le voit, un étymolo- 
giste subtil ! 



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— 27 — 

M. Mondet en 1870 et en 1885, sont irréprochables à 
ce point de vue. 

Quelle que soit la valeur de ces réserves, la Révolu- 
tion a ruiné le bourg d'Uzeste dont le chapitre avait 
fait la prospérité pendant de longs siècles. La plupart 
des chanoines furent alors déportés, leurs biens-meu- 
bles pillés, et leurs biens-fonds vendus comme biens 
nationaux (1). Leurs^ papiers, conservés avec tant d'or- 
dre, et qui devaient être très précieux, au point de vue 
historique (les chanoines ayant été les héritiers de cœur 
de Clément V), furent brûlés près de la porte sud de la 
collégiale avec la fameuse chape de Clément V. 

Cette chape était en grande vénération dans le pays. 
Tous les ans, au 8 septembre, jour de la fête patronale 
d'Uzeste, on la montrait aux foules venues en pèleri- 
nage aux pieds de la Madone miraculeuse. Aucune des- 
cription ne nous a été laissée de ce magnifique objet 
d'art et d'orfèvrerie. Mais Clément V avait aussi donné 
à la Cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges deux 
chapes que Ton conserve encore aujourd'hui. « L'une 
de ces chapes est en soie rouge, ornée de figures de 
la vierge Marie, d'Anges, d'apôtres et autres en bro- 
derie d'or. Sur cette chape est brodée en soie de diver- 
ses couleurs, une série de sujets et d'actions infiniment 
intéressantes à étudier » (2). La chape de Clément V, à 
Uzeste, devait sans doute ressembler beaucoup à celle 
qui a été ainsi décrite. 

La Révolution fut fatale à Uzeste à tous les points de 



(1) Ud riche mobilier d'argent apparlenant à Téglise fut porté à Bazas, 
par ordre du district. Voir le récépissé aux Archives départementales, 
daté du 20 ocl. 1792. D'après les traditions orales, les deux belles clo- 
ches dont on voit encore les supports dans le beffroi de la tour, furent 
portées au chef-lieu de district de Cadillac. 

(2) De Linas» Rapport sur les anciens vêtements sacerdotaux en 1857. 



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— 28 — 

vue. C'était autrefois un centre de juridiction civile, 
ussi un centre religieux important. C'est au- 
un bourg pauvre et déshérité sous bien des 
impuissant par lui-même à sauver de la ruine 
nonument dont les Uzestois sont si fiers, mais 
ne trop lourde charge pour leurs épaules. Le 
un des monuments les plus intéressants de 
xiv'' et XV* siècles, tombe en ruines. Les me- 
ses fenêtres ont disparu, et ses galeries mena- 
'écrouler. 

ipression de tristesse profonde envahit Tàme 
îurs en présence de tant de misères. Au moment 
ces lignes, le dallage de Téglise n'est qu'une 
fondrières; il n'y a pas de chaire, pas même 
n de Croix, pas un meuble dans le sanctuaire, 
•nement convenable dans la sacristie. 



111 
La sépulture pontificale. 

Clément V eut élevé à Marie la magnifique 
Jzeste qui fait encore aujourd'hui l'admiration 
ins et des touristes; quand il eut ravivé Télan 
ûnages à la Madone en mettant par deux fois 
Is l'éclat de la tiare pontificale; quand il eut 
lemcnt le chapitre qui, dans sa pensée, devait 
)nner jusqu'à la fin des temps les louanges de 
ément V voulut rendre aux pieds de la Madone 
50 son dernier soupir et y dormir ensuite son 
ommeil. 

longtemps malade et accablé d'ailleurs par 
s et les labeurs d'un pontificat qui n'a duré 



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— 29 — 

que neuf ans (1), mais qui a été une des périodes les 
plus terribles et les plus difficiles de la papauté, Clé- 
ment V sentit enfin que sa constitution athlétique 
n'avait plus de résistance et qu'il était frappé à mort. 
a Soulevant alors sa main appesantie, il la dirigea avec 
» un geste affectueux vers le coin obscur où s'étaient 
j> écoulés ses premiers jours et dont il apercevait à 
» travers l'espace les charmes sans égaux. C'est là qu'il 
» avait lui-même marqué sa tombe. Il crut qu'il lui 
» restait assez de force pour regagner ce gîte de son 
» suprême sommeil. C'est pourquoi les serviteurs de 
» l'auguste malade le prirent sur leurs épaules et, gui- 
D dés par ses tendres désirs, ils s'en venaient le porter 
» au lieu de son amour et de sa modestie. Le ciel et la 
» terre suivaient avec émotion la marche de ce convoi, 
n lorsque Dieu fit signe à la mort de lui barrer le che- 
» min » (2). Il mourut, en effet, en route, à Roque- 
maure, au diocèse de Nîmes, le vendredi 20 avril 1314, 
âgé d'environ 50 ans. Le peintre verrier a tenu à 
traduire ce magnifique tableau d'éloquence dans les 
intéressants vitraux qui éclairent une des chapelles 
absidiales. 

Le corps du Pontife fut alors transporté à Carpentras 
où se trouvaient en ce moment les cardinaux et la cour 
pontificale, et où il fut enseveli avec honneur. Ce corps, 
qui devait dans la suite souffrir tant de vicissitudes, 
faillit être consumé dans la nuit qui précéda les funé- 
railles. Le feu prit aux draperies de la chapelle ardente 
où était exposé le corps du Pontife qui fut sauvé de 



(i) Ciaconius, p. 365. Les registres de Clément Y font souvent men- 
tion de l'état précaire de la santé du pape pendant tout le cours de son 
pontificat» 

(2) Panégyrique de Clément V, au Petit Séminaire par M. le chanoine 
Laprie. 



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— 30 — 

rincendie, non sans en avoir souffert quelques atteintes. 
Mais l'accident n'eut pas cependant de conséquences 
graves (1). 

Après un débat de plusieurs mois entre les chanoines 
de Carpentras, qui voulaient garder le corps et les cha- 
noines d'Uzeste, qui le réclamaient, en s'appuyant sur 
les dispositions testamentaires et la volonté formelle 
de Clément V, le corps fut enfin transporté à Uzeste (2), 
où il arriva le 27 août suivant de la même année 1314 (3) 
et où on lui éleva un magnifique tombeau dont les rui- 
nes misérables font aujourd'hui pitié. Et pendant deux 
cents ans Clément V reposa en paix sous la garde des 
chanoines. 

L'an 1577, les Huguenots, qui de Marmande étaient 
venus piller la cathédrale de Bazas, arrivèrent à Uzeste 
sous la conduite de deux sectaires bazadais, nommés 
Serra et Forcade. Le vandalisme de ces fanatiques 
s'exerça avec rage contre la madone miraculeuse 
d'abord qu'ils renversèrent et dont ils coupèrent la 
tète. Le coup de hache, qui la détacha, n'a pas, fort 
heureusement, détérioré les traits si aimables et si 
attirants de la Madone, qui exercent encore tant de 
charme sur les pèlerins d'Uzeste. Les Huguenots muti- 
lèrent ensuite toutes les têtes des statuas qui déco- 
rent la porte sud de la collégiale, et n'épargnèrent 
pas même la statue du chevalier de Grailly dont nous 
avons déjà parlé. Mais leur rage s'acharna surtout con- 
tre le tombeau papal qu'ils martelèrent ignominieuse- 
ment après avoir pillé les richesses qu'il contenait et 
jeté au feu les ossements du Pontife. Ce sont les Hugue- 



(1) Ciaconius, et Propylseum ad acta sanctorum maii, édit. de 1868. 

(2) PropyUgum ad acta sanctorum maii» 

(3) Epitaphe du tombeau pontifical. 



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— 31 — 

nots qui ont réduit le tombeau pontifical à l'état misé- 
rable dans lequel on le voit encore aujourd'hui; car, 
malgré l'affirmation de M. l'abbé O'Reilly (1) qui ne 
s'appuie sur aucun document, je persiste à croire, et 
je prouverai bientôt que ce tombeau n'a jamais été res- 
tauré que grossièrement et sans grands frais. 

Dans son état actuel, le Mausolée consiste en un 
massif rectangulaire à faces unies, plaquées de dalles de 
pierre noire et qui repose sur une base à moulures. 
Cette base mesure 2"*73 de long sur l'^SO de large. La 
longueur du massif proprement dit est de 2"63; sa lar- 
geur de 1"10; sa hauteur de 0"75. 

Ce massif porte une table de marbre noir dont le 
bord est taillé en biseau, et évidé en dessous par une 
gorge assez profonde. La hauteur totale du monument, 
base et table « est de 1"07. Sur la table s'étend la sta- 
» tue en marbre blanc du pape représenté couché sur 
» le dos, enveloppé d'une chape à collet brodé (2). Ses 
» mains sont croisées sur la poitrine, la droite sur la 
» gauche, et les pieds appuyés sur un griffon à léger 
» relief. La tête repose sur un coussin, mais elle est 
2) entièrement séparée des épaules, et de plus, la face, 
» mutilée suivant une coupure à peu près horizontale, 
» n'a conservé aucun trait du visage. L'extrémité de la 
» tète a été aussi tranchée verticalement, et il ne reste 
» de la coiffure que de rares cheveux sur le bord d'une 
2) joue près de laquelle on aperçoit aussi un petit arra- 



(1) O'Reilly, Essai sur Thistoire de Bayas. On sait d'ailleurs que ce 
travail manque absolument de critique, et que l'imagination de l'auteur 
y a une trop grande part. Pour tout ce qui regarde Uzeste, on peut dire 
qu'il y a presque autant d'erreurs que de mots. 

- (2) MM. de Laurière et Muntz ne se sont-ils pas trompés? Je croirais 
plutôt que le Pape est revêtu d'une chasuble^ et que le collet brodé est 
celui de Tamict. 



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— 32 — 



» chement du bas de la tiare (1). La statue mesure 1"60 
j> pour le corps, et 0"30 pour la tête mutilée. 

» Il est facile de voir, par suite de cette regrettable 
» mutilation, que cette statue, dans laquelle on ne sau- 
» rait méconnaître la représentation de Clément V, 
» n'est d'aucun secours pour nous renseigner sur sa 
» physionomie caractéristique. Elle se distingue toute- 
» fois par une certaine ampleur des épaules, et ne 
» manque ni d'élégance ni de finesse dans certains 
» détails du costume. 

» L'épitaphe du pontife y est gravée en caractères 
» du XIV® siècle, sur le bord de la table qui porte la 
» statue » (2). 

On y lit, en tenant compte des abréviations nom- 
breuses : « Hic jacet felicis recordationis Dominus 
» Clemens papa V, fundator ecclesiarum de Asesta (sic) 
» et de Vilhendrando qui ohiit apud Rupem Mauram, 
» dyocesis Nemaucensis, die XX*^ aprilis, ponti/icalus 
» sui anno nono, portatus vero ad islam ecclesiam 
» Béate Marie XXVI I"" die Augusti, tune proxima 

» sequenti, anno Domini MCCCXIV et sepultus die 

MCCCLIX. 

Ici repose, d'heureuse mémoire, le seigneur pape 
Clément V, fondateur des églises d'Uzeste et de Villan- 
draut, qui mourut à Roquemaure au diocèse de Nîmes, 
la neuvième année de son pontificat, et qui fut porté à 



(1) Ici encore, il y a lieu de penser que les deux érudits ont mal tu. 
Nous n'avons rien aperçu de pareil. D'ailleurs l'état de cette partie de la 
statue est tellement détérioré, qu'il est bien difficile d'y voir nettement 
de si menus détails. Il s'agit peut-être ici d'un fleuron de la première 
couronne de la tiare qui apparaît nettement et tout entier sur le côté 
droit. 

(2) Le tombeau du pape Clément V à Uzeste, par MM. J. de Laurière 
et Muntz, Paris, 1888. 



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— 33 — 

celte église de Notre-Dame, le 27 août suivant, Tan du 
Seigneur 1314, et enseveli le 1359. 

Ajoutons, pour donner une idée exacte de l'état ac- 
tuel du tombeau, que la table de marbre qui supporte 
la statue du pontife est aujourd'hui en huit fragments(l). 
Deux autres petits fragments ont disparu, dès la profana- 
tion du XVI* siècle. La perte de celui qui portait la date 
de la sépulture définitive est des plus regrettables. 

M. Tabbé O'Reilly affirme, comme nous l'avons déjà 
dit : que les ossements épargnés par les flammes furent 
replacés dans le tombeau, qu'on restaura à grands frais . 
11 est important, je crois, d'examiner de près cette 
affirmation qui ne s'appuie sur aucun document connu. 

Et d'abord il ne reste aucune trace de cette restau- 
ration. On sait pourtant que les traces de restauration 
disparaissent rarement. Il en est même beaucoup qui, 
malheureusement, sont indélébiles. On ne voit, au 
tombeau pontifical d'Uzeste, aucun raccord, aucune 
tnatière étrangère à celle employée par les exécuteurs 
testamentaires de Clément V. Rien n'était pourtant 
plus facile aux chanoines, s'il l'avaient voulu, que de 
refaire à neuf les huit colonnes de jaspe et les divers 
ornements d'albâtre dont parlent les anciens auteurs. 
Rien ne leur était plus facile que de rétablir la date de 
la sépulture définitive du Pape. Or, tous les auteurs 
qui ont parlé du tombeau de Clément V au xvii* et au 
XVIII* siècles citent le texte épigraphique avec les lacunes 
d'aujourd'hui (2). Enfin le Propylseum ad acta sancto^ 

(1) Un examen attentif de ces fragments nous démontre, contre l'avis 
de MM. de Laurîère et Muntz^ que la table était primitiyement d'un seul 
morceau. Toutes les sections sont l'œuvre des profanateurs. 

(2) Entre autres Ciaconius, le Propylœum, Hiérosme Lopès. La sec 
tîon verticale qui a fait disparaître la partie supérieure de la tiare est 
assez nette et parait à M. Brutails être l'œuvre des restaurateurs plutôt 
que des profanateurs. Ce n'est qu'un soupçon de restauration, et le seul. 

ToMB XVIII. — Fasc. II et III. 3 



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— 34 — 

runi maii^ qui donne un dessin incomplet du monu- 
ment, ne reproduit ni les colonnes, ni les divers orne- 
ments, ni la date perdus dans la profanation des 
Huguenots en 1577. 11 est donc bien certain que le 
tombeau ne fut rétabli que sommairement^ que les res- 
tes des ossements de Clément V y furent replacés, 
mais aussi que le mausolée ne fut pas restauré à grands 
frais. Ceci a bien son importance comme nous ne tar- 
derons pas à le voir. 

Pendant les mauvais jours de la Révolution, après que 
les chanoines eurent été dispersés et les biens du cha- 
pitre vendus par la ce Nation », Téglise d'Uzeste fut de 
nouveau le théâtre de bien des désordres. Mais je ne 
puis admettre, malgré l'affirmation de M. Tabbé Fau- 
ché (1), à qui Téglise et la paroisse d'Uzeste sont tant 
redevables pour ses soins et son zèle intelligent, que 
le tombeau de Clément V fut violé de nouveau. Pour 
qui connaît le soin jaloux avec lequel les Uzestois veil- 
lent sur le tombeau de leur illustre compatriote, il est 
impossible d'admettre qu'il ne soit resté dans leur 
cœur aucun souvenir d'une profanation si récente. A 
rheure où j'écris ces lignes, il y a dans la paroisse 
d'Uzeste une dizaine d'octogénaires qui ont entendu 
raconter par leurs père et mère les horreurs de cette 
triste époque. Ils narrent, avec force détails, les pro- 
fanations dont la madone fut encore victime, et com- 
ment fut brûlée la fameuse chape de Clément V, avec 
les papiers des chanoines. Ils donnent même hélas ! 
des noms propres. De la violation du tombeau, rien, 
pas un détail, pas un souvenir. 

D'autre part, il n'y a aucune trace de profanations 



(1) Notices sur le bourg, l'église d'Uzetle et le tombeau de Clément Y, 
qu'elle renferme, p. 13. 



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^ 35 — 

nouvelles. Le tombeau est aujourd'hui dans l'état où il 
était avant la Révolution, dans Tétat où le représente 
le dessin du Propylaeum, dans le même état misérable 
et vraiment digne de pitié. 

En 1805 le tombeau pontifical était encore dans la 
grande nef, au pied du grand autel, à la place choisie 
par Clément V lui-même pour être le lieu de sépulture. 
Lors du rétablissement du culte, le grand autel devant 
servir désormais aux offices paroissiaux, puisque le cha- 
pitre n'existait plus, on résolut d'en dégager les abords 
en transférant ailleurs le mausolée du Pape. D'ailleurs 
ce monument, qui avait supporté, outre l'effort de cinq 
siècles, de si tristes profanations, qui n'avait jamais été 
restauré que superficiellement, et avait été abandonné 
pendant quinze ans âans une église fermée et tombant 
elle-même en ruines, était déjà dans un état si miséra- 
ble qu'on voulut le placer dans un endroit moins appa- 
rent, et on le relégua dans le redent où on le voit 
encore aujourd'hui. Ce transfert du tombeau fit décou- 
vrir les restes du Pontife qui furent cachés et murés 
dans un coin du mausolée au niveau du dallage. Un 
certificat du maire d'Uzesteen 1845, quarante ans après, 
nous apprend qu'à l'époque du transfert les ossements 
du Pontife étaient intacts (i). 

Le 14 avril 1893, de concert avec M. Martin-Naudon, 
maire d'Uzeste, avec l'aide de quelques ouvriers, et en 
présence de nombreux témoins, je fis faire dans le tom- 
beau des fouilles qui amenèrent, après un long travail, 
la découverte de quelques ossements. Je les recueillis 
avec émotion et respect, et les plaçai dans un coffret 
de châtaigner, richement orné, qui fut scellé des sceaux 
de la Fabrique et de la Mairie, et que je remis ensuite 

(1) Compte-rendu de la commission des monuments historiques de la 
Gironde, année IftiS, 



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— 36 — 

dans le tombeau, après avoir fait dresser trois procès- 
verbaux, des fouilles, de la découverte, et de la réinté- 
gration des précieux restes. Ces procès -verbaux, signés 
de M. le Maire d'Uzeste et des témoins, sont conser- 
vés dans nos archives paroissiales. 

Avant d'étudier Tauthenticité de ces ossements, il est 
bon de se placer nettement en face de la difficulté, et 
de rappeler les faits qui avaient semé le doute sur 
l'existence des restes de Clément V dans son tombeau. 

La difficulté, au premier abord, semble insurmon- 
table : Le corps de Clément V, enseveli en i359 
dans ce tombeau, est brûlé en 1577; il est intact en 
1805 et retrouvé en débris en 1893! 

C'est Ciaconius qui raconte en détail la profanation 
de 1577. Non seulement la sépulture pontificale fut alors 
violée, mais le corps du pontife, dont l'identité avait été 
préalablement bien établie, fut livré aux flammes (1). 

Pour qui examine de près le récit de Ciaconius, il 
y a deux remarques à faire : 

1* Les huguenots, en ouvrant le tombeau de Clé- 
ment V, sont frappés de la haute stature du pontife, 
auquel ils attribuent une taille de près de huit pieds. 
Clément V était, en effet, très grand, puisque, lors de 
son couronnement à Lyon, la foule avait remarqué la 
haute stature du jeune pontife. Le a pied » n'était pas 
alors une mesure bien précise (2), et, d'ailleurs, les 
huguenots n'avaient en ce moment ni l'intention ni le 

(1) A violantibus sepulchrum inventum est pontificum corpus admo^ 
dum procerunij fere pedes octo^ cum eminenti in vultu olim vulneris accepti 
cicatrice, idque statim in cinerea resolutum est, Violatores insignis tumuli 
ex eo retulere in prœdam aliquot gemmas, argenteaque vaseula qu9 una 
cum cor pore, et aromatibus et crepidis inclusa fuerant, Ossa denique, 
ne quid prxtermittam, igni comburenda tradidere.,.» Ciaconius, loc. cit. 

(2) En Europe. le « pied» variait de 0«n20 à O^SO. En Italie, où Cia- 
conius écrivait, le pied attique était de 294 millimètres. 



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— 37 - 

loisir de mesurer exactement le corps qui se désa- 
grégea et tomba en poussière au premier contact. Si 
Ion considère pourtant que Tidentité fut alors parfai- 
tement établie, qu'on remarqua la cicatrice d'une bles- 
sure que Clément V avait reçue au visage dans son 
enfance, cette remarque de Thistorien, confirmant 
toutes les traditions orales et écrites, nous amène à 
conclure que Clément V était de très haute stature; 

2^ Quand le feu est allumé, les huguenots jettent 
dans les flammes non pas le corps tout entier de Clé- 
ment V, puisqu'il s'était désagrégé, mais les os, ossa, 
séparément. Ossa deruque, ne quid prœtermittam, igni 
comburenda tradidere. Il n'est donc pas impossible que 
quelques os aient échappé à la fureur des huguenots, 
plus occupés à piller le tombeau dans lequel ils trou- 
vèrent un riche butin. D'ailleurs, les chanoines et le 
peuple d'Uzeste, tant attachés même aujourd'hui, après 
six siècles bientôt, à cette sépulture pontificale, durent 
faire l'impossible pour sauver quelques restes du corps 
de Clément V, soit avant, soit après cet incendie, que 
je ne veux pas appeler une incinération. 

Chacun sait, en effet, que les os sont très difficiles à 
brûler, surtout quand la mort remonte à une époque 
reculée, quand la gélatine a à peu près disparu et qu'il 
ne reste plus que des sels calcaires et, en particulier, du 
sulfate de chaux. Les fours crématoires, à Paris, sont 
construits ad hoc et chauffés à une température très 
élevée, et, dans ces conditions pourtant très spéciales, la 
crémation n'est complète qu'au bout de deux heures (1). 

(1) Le baron des Adrets, après avoir pillé l'église Saiol-Just, à Lyon» 
voulut détruire les corps saints qui y étaient vénérés. Il ne put y arriver 
par le feu, qui fut impuissant contre les os. Dans sa fureur, il fît jeter 
ces os dans le Rhône, et les reliques qu'on vénère encore aujourd'hui 
dans cette église ont été retirées du fleuve. 



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— 38 — 

Or, dans le cas qui nous occupe, il n'est pas question 
d'un four crématoire; il n*est pas même question des 
soins et des attentions que Ton aurait apportés, par 
exemple, à l'exécution d'une sentence judiciaire. L'his- 
torien nous l'aurait dit, car il ne veut rien oublier, 
a ne quid prxtermittam ». Les os du pontife furent 
donc jetés sans soin dans un feu allumé à la hâte, et 
sinon avant, du moins après cette profanation, il ne fut 
pas impossible d'en sauver quelques restes. 

Jusqu'au moment où le chapitre fut dispersé à tout 
jamais par la tourmente révolutionnaire du siècle der- 
nier, les restes du pontife reposèrent en paix, et nous 
avons déjà vu que le tombeau ne fut ouvert qu'en 1805, 
lors de son transfert dans le redent où on le voit 
encore. Le procès-verbal de M. Calemart, maire 
d'Uzeste, rédigé en 1845 par les soins de M. Jaucourt, 
curé de Noaillan, à la demande de la Commission des 
monuments historiques de la Gironde, porte, sur la foi 
des témoins oculaires qu'on fit appeler, que les osse- 
ments de Clément V sont « intacts » dans le tombeau. 

L'expression dont s'est servi M. le Maire d'Uzeste 
veut dire qu'on a transporté aussi les ossements « sans 
y toucher ». 

Ils ont été retrouvés cette année dans les circons- 
tances que j'ai déjà rappelées. Ces ossements se rédui- 
sent à deux fémurs, un tibia, la mâchoire inférieure, et 
quelques débris assez difficiles à classer. Sont-ce là les 
restes de Clément V? Il ne peut y avoir de doute à ce 
sujet : 

1* Ce sont des ossements d'homme et non de femme; 
2o ils sont réduits à un petit nombre; 3" ils portent des 
traces manifestes d'incendie; 4" ils ont appartenu à un 
homme d'un mètre 77 cent. ; (mes calculs, d'ailleurs 
faciles à établir avec la table des coefficients du docteur 



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— 39 — 

Bertillon, ont été contrôlés par M. Manouvrier, et le 
docteur Lande, chef du service anthropométrique de 
Bordeaux) ; 5* ils ont été trouvés dans le tombeau pon- 
tifical où ils avaient été cachés avec un soin tout parti- 
culier. — Ce dernier caractère est très intéressant à 
noter, car si les restes de Clément V ont disparu entiè- 
rement en 1577, il y a donc eu, immédiatement après, 
une substitution d'ossements. Mais où, quand, comment 
cette substitution aurait-elle été faite? En tout cas, 
l'auteur de cette substitution eût été un maître. Il 
aurait d'abord persuadé aux chanoines et au peuple 
d'Uzeste que le corps n'avait pas été consumé, et il 
aurait opéré la substitution sans éveiller le moindre 
soupçon. Il aurait même pensé à tout, Thabile homme : 
à choisir d'abord les ossements d'un homme de taille 
extraordinaire, à n'en mettre que quelques-uns, à les 
faire préalablement passer par le feu, etc., etc. 

Mais il est inutile sans doute d'insister davantage. 
Les ossements que renferme le tombeau pontifical à 
Uzeste sont bien les restes du corps de Clément V. 



Or, les ossements d'un pape et d'un pape français en 
pleiqe terre de France, présentent évidemment un 
intérêt de premier ordre à divers points de vue. 

D'ailleurs le mausolée papal avec l'inscription qui le 
couronne, et la statue en marbre blanc du Pontife, le 
chevet de l'église à la fois si élégant et si curieux, la 
vieille Madone du Moyen-Age tant vénérée encore 
aujourd'hui, etc., tout cela est regardé par les Uzestois 
comme un trésor auquel il est^ est resté et restera 
toujours attaché. 



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BERTRAND DU GOT 

(CaL.É1VrTTN-T V) 

ET SON MAUSOLÉE A UZESTE 

Par le D' Ernest BERCHON 
Secrétaire général de la Société Archéologique de Bordeaux, 



I 

Avant-Propos. 

Aucun pape n'a été plus discuté que Bertrand du Got 
ou du Guot (1), souverain pontife sous le nom de Clé- 
ment V (2) et dont le tombeau, mutilé, existe encore 
dans la gracieuse église d'Uzeste (Gironde), bien que 
Maltebrun ait commis Terreur, grave surtout pour lui, 
de le placer à Uzerche (Creuse) (3). 

Plusieurs historiens, laïques ou ecclésiastiques, des 
derniers siècles, s'en occupèrent avec une passion indé- 
niable (il suffit de lire leurs textes pour en être con- 

(1) Le Got, la Got était le nom d'une petite paroisse du diocèse de Bor* 
deaux, placée sous le vocable de Saint-Martin. Ecclesia sancti Martini de 
ipso loco deu got, infra Castrum de Villandraut, Gallia Christiana, t. II, 
inst. col. 302. Quelques actes portent aussi deu Guot. C'est le yrai nom 
de la famille défiguré, selon les auteurs, en du Goût, de Gouth, de Goth 
et même Angous, Agout et Agouth. 

(2) 5 juin 1305, 20 avril 1314. 

(3) France illustrée, Corrèze, p. 9. — « Uzerche, Uzerca. Le pape Clé- 
ment Y, au commencement du xiv® siècle, rebâtît l'église et voulut y être 
enterré, 1313. On lui éleva un mausolée que les protestants détruisirent 
en 1568 ». Et ces deux dates elles-mêmes sont fausses! 

Tome XVIII. - Fasc. U et III. 3* 



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vaincu), et si la question a été reprise de notre temps, 
avec un égal esprit de polémique, sans élément nou- 
veau Kich ii^el d'informations, on ne peut tl'dp s'en 
étonner, peut-être, parce qu'il s'agit de faits qui se 
sont passés à une époque où le trouble était partout en 
Europe (1) et parce qu'à cette cause d'erreurs se 
joignaient, autrefois, l'ardente haine des Italiens contre 
les papes d'au-delà des monts, c'est-à-dire français (2), 
ainsi que la grosse affaire de la sup|)ression brutale de 
l'ordre des Templiers qui touchait à tant de familles, 
de puissances et d'intérêts. Aujourd'hui, tout disparaît 
devant les discussions dites cléricales. On est pour ou 
contre. C'est un dilemme dont il paraît difficile de 
sortir pour bien des gens. 

Je n'ai point cependant l'intention d'intervenir dans 
ce débat, mais seulement d'exposer quelques considé- 
rations historiques, archéologiques et iconographiques 
relatives à Bertrand du Got et à sa tombe. L'espace et 
le temps me manqueraient, en effet, ici, pouf écrire une 
histoire générale qui, pourtant, malgré la quantité 
vraiment surprenante des ouvrages, dissertations ou 
mémoires publiés, reste encore à faire et surtout à 
refaire sous bien des rapports. 

Nous aurons l'occasion de le démontrer, dans les 
lignes qui suivent et qui, tout en mettant en lumière 
des faits nouveaux, pourront servir à rectifier une foule 
de détails écourtés, erronés oii trop facilement accep- 
tés par un bon nombre de ceux qui ont été tentés 
d'écrire quelque chose sur Clément V. 



(1) Clercs et nobles, bourgeois et vilains, tout le monde souffrait, Henri 
Martin, Hisl. de France, t. IV, p. 512. 

(2j C'est une maladie chronique et pnrait-il incurable chez Its Italiens 
quand il s'agit de la France, 



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— 43 — 



Il est vrai que ceux qui s'occupent de cette période 
de notre histoire, doivent se pénétrer, plus complète- 
ment que tous les autres écrivains, de cette observa- 
tion bien savante et pleine de bon sens de Quicherat : 
a qu'à la façon dont on comprend actuellement les 
» recherches historiques, il faut renoncer à la prétention 
» de les faire complètes, surtout si le sujet que Ton 
i> traite appartient aux siècles avancés du moyen-âge. 
» La difficulté tient à la dispersion des documents non 
» moins qu'à leur abondance. Aussi serait-on mal 
» fondé à donner comme définitive une composition, 
» si laborieusement préparée qu'elle ait été, dont les 
» matériaux appartiennent à I immense répertoire de 
» cette époque. L'ambition, en pareille matière, doit 
» être de se borner à proposer des essais que les cher- 
» cheurs futurs auront à corriger ou augmenter au 
» hasard des pièces qui leur tomberont sous la 
» main d (1). 

C'est le caractère de notre présent travail dans 
lequel nous avons adopté l'exposé chronologique des 
faits; méthode que nous avons toujours préconisée et 
pratiquée, en histoire comme en archéologie (2) et qui 
offrira, nous l'espérons du moins, quelque intérêt à 
nos lecteurs. 

11 
Bertrand du Got, 

Des documents très nombreux existent, en effet, sur 
Clément V et sur sa sépulture à Uzeste et on en trouve 



(1) Rodrigue de Villandrando, Paris, 8», 1879, préface IH. 

(2) Voir nos études sur l'archevêque de Bordeaux^ Pey-Berlandj Société 
archéologique de Bordeaux, 1889, 1891 et 1893, t. XIV-XVI et XVII. 



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— 44 — 

même beaucoup déjà dans Touvrage remarquable du 
dominicain Ciaconio ou Ciaconius(en espagnol Chacon) 
paru pour la première fois en 1601, à Rome (1). 

D'après cet auteur, Bertrand du Got était ample de 
corps, de constitution robuste et d'une taille supérieure 
à l'ordinaire (2), et Ciaconius donne même son portrait 
en costume pontifical, moins la tiare, à la page 355 du 
tome II de ses œuvres (édition de 1677), portrait qui 
diffère très peu de celui que François Duchesne a 
déclaré, dans son ouvrage sur VHistoire de tous les 
cardinaux français (3), comme V ayant fait venir de 
Rome. 

Né à Villandraut (4) vers 1264, il était, à 30 ans, 



(1) Vit« et Res gestae Pontificum Romanorum et S, R. E. cardinalium 
ex recognitione Oldoini, L'édition la plus connue est celle de 1677. Rome, 
4 vol. fo. Cet historien, né en 1540 dans le royaume de Grenade, mourut 
a Rome en 1590. 

(2) Vir corpore amplo atque robustOj staturaque iustam ex'Jedente, Crac, 
t. 2, 357 A. ' 

(3) Paris, 1670, fo, t. I, p. 337. 

(4) On a beaucoup discuté sur ce point et plusieurs auteurs placent le 
lieu de naissance à Uzeste. Je n'adopte pas cette opinion après une étude 
nouvelle et très approfondie du sujet que j'espérais voir éclairci par le 
texte du testament de Clément Y dont j'ai pu me procurer une copie. 
Malheureusement, ce document est muet à cet endroit, quoique très inté- 
ressant à d'autres titres. 

Mais les preuves abondent en faveur de Villandraut. 

Cette localité est, en effet, la seule désignée dans deux des six biogra- 
phies contemporaines du pape. On n'y lit pas le nom d'Uzeste. 

C'était le lieu de résidence de la famille de Guol, et Béraud, Aruaud 
Garcîe et Bertrand, père, frère et neveu de Clément V, n'ont jamais été 
dits seigneurs de Villandraut et d'Uzeste. Celte dernière terre avait passé, 
avant eux, dans la famille des Prcyssac, Soudan de la Trave et d'Uzeste. 
Elle ne figure pas non plus dans la longue liste des châteaux, villes ou 
terres appartenant à Régine, fille unique de Bertrand et héritière univer- 
selle de la famille. 

Clément V ne choisit pas Uzeste pour y faire construire son magnifique 
diâteau, mais Villandraut, in naiali solo prope fluvium Cironem, comme 



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— 45 — 

évêque de Comminges par la grâce de Boniface VIII, 
puis nommé, moins de cinq ans après (9 novembre 1300), 
archevêque de Bordeaux par le même pape et, enfin, 
élevé au pontificat suprême le 5 juin 1305. 

Il appartenait à une famille riche et honorée, puisque 
son père, Béraud ou Bertrand deu Guot (l), était sei- 
gneur de Villandraut et avait d'autres seigneuries, 
spécialement celle de Grayan, en Médoc, par don de 
son oncle, Tévêque d'Agen, sous l'hommage du roi 
d'Angleterre, d'après un acte de 1270 (2). 

Son frère aîné, Bérar, avait été fait cardinal par 
Célestin V et légat du même pape en France et en 



le dit expressément la chronique de Bazas, ce qui pourrait dispenser 
d'autres preuves. Sa fondation d'une collégiale à tJzeste s'explique par sa 
dévotion particulière à un sanctuaire de Notre-Dame qui existait bien 
avant le xiv* siècle. 

J'aurai d'ailleurs l'occasion de présenter bientôt tous les arguments 
désirables à l'appui de ma thèse et ne fais remarquer aujourd'hui que les 
inexactitudes singulières de quelques écrivains, tels que Renan et Fisquet, 
auteur d'une histoire de la France pontificale. 

Le premier dit textuellement : La Papauté hors de l'Italie, 1880, p. 109, 

« Bertrand de Got était né au château de Villandraut près d*Uzeste ». 

Et plus loin : (p. 136) : 

« Son corps fut transporté, comme il l'avait ordonné, à sa ville natale 
d'Uzeste, oà son tombeau se voit encore », 

Pour Fisquet : 

« C'est dans le manoir féodal de Villandraut, flanqué de quatre tours 
encore majestueuses, que naquit, en 126^, Bertrand de Got »• 

Or, c'tst ce dernier qui a Tait bâtir le château en 1307; il avait alors 
A2 ans. 

(1) Bertrando vel Berardo, viro militari, équité opulento, familia Gotha 
ortus, (Ciaconius, p. 356, C.) 

(2) Item III die exitus Mardi anno supradicto (Î270) Bertrandus deu 
Guot, miles juratus, recognovit se tenere à domino Rege Angliœ totam 
terram de Grayan, quam Dominus Episcopus Agennensis dédit sibi. Item 
dixit quod Dominus Rex Angliœ cum littera sua ipsum de tota dicta terra 
investivtt. {Rego camerx computorum Parisiis.signato F, F,, fol. 9.) Baluze, 
615. 



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— 46 — 

Angleterre, en 1295; son parrain était évêque d'Agen; 
Tun de ses grands-oncles, évèque de Bazas en 1166, 
mort en H86. 

11 n'y avait donc aucun motif d'évoquer à son sujet 
la légende connue qui veut ramener toute illustration 
au point de départ le plus modeste, et Ton doit renon- 
cer ainsi à voir Bertrand du Got, enfant, parcourant 
les landes pieds nus pour aller acquérir quelque science 
à Bazas et n'acceptant qu'à grand'peine l'offre de crédit 
d'un cordonnier qui renvoyait le paiement de sa créance 
au temps où le pauvre écolier, qui l'apitoyait, serait 
devenu pape (1). 

L'auteur de cette légende ou, du moins, celui qui Ta 
détaillée le premier, est d'ailleurs bien moins explicite 
sur ce point qu'on ne pourrait le croire d'après ses 
copistes. Voici son texte assez curieux et qui n'a été 
reproduit nulle part : 

« Bertrand de Goût, chanoine puis archevêque de 
» Bourdeaux, fut eslevé à la souveraine dignité de 
» l'Eglise sous le nom de Clément V, Tan 1305. Il 
» estoit natif d'Uzeste en Bazadois, à deux lieues de 
» Bazas, et la tradition porte qu'il alloit tous les iours 
» de sa maison à Bazas à pieds nus (tant il estoit pau- 
» vre) pour estudier (semblable à cet Hermias qui tra- 
» versoit tous les iours la mer de Baïes à Pouzzol sur 
n le dos d'un dauphin), portant avec soy un morceau 
» de pain qu'il alloit manger, dans l'interstice des 
» leçons, sous le banc d'un cordonnier qui avançoit 
)) dans la rue et qui luy servoit de cabinet pour estu- 
» dier et tous les soirs s'en retournoit chez luy : de 



(1) Imo calceis a suiore donatum esse pro misericordia et cum puer eos 
accipere nollet, quod non esset sohendo, sutorem respondisse illum solu- 
turum cum Papa esset, Baluze, l. 1, p. 616, note 3. 



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— 47 



» quoy le cordonnier esineu et de sa patience et de ce 
» qu'il estoit à pieds nuds dans Thyver, fit semblant 
» de luy vouloir vendre une paire de souliers, ce que 
JD Bertrand refusa pour n'avoir pas de quoy payer et 
» lors, le cordonnier, admirant son ingénuité et fran- 
» chise, le força de les prendre, luy disant qu'il les luy 
» payeroit quand il serait pape. 

» On m'a assuré que cette relation est dans les archifs 
» du chapitre de Villandraut; néanmoins d'autres disent 
» qu'il estoit gentilhomme, ce que je n'ay pas voulu 
» esplucher davantage d'autant qu'il y a un illustre 
» sçavant dans le Parlement qui veut donner l'histoire 
» de sa vie au premier iour » (1). 

Je ne crois pas que ce travail ait jamais paru et je ne 
m'attarderai point à rechercher l'origine d'une autre 
légende locale d'après laquelle Clément V, alors jeune 
pâtre, aurait eu révélation d'en-haut de sa grandeur 
future, révélation qui lui aurait immédiatement fait 
écrire, avec son bâton, sur le sable: Ziste, zeste, serey 
un jourt Pape d'Uzeste; et l'aurait conduit à aban- 
donner son troupeau pour aller étudier sur le banc du 
cordonnier de Bazas (2). 

On se perdrait aisément en admettant les affirma- 
tions de ce .genre et l'on doit être tout aussi réservé 
pour d'autres assertions toutes contraires, émises sou- 
vent aussi pour tout personnage devenu rapidement 



(1) Pierre Louvet de BeauvaiSy docteur en médecine. Traité en forme 
d*ahrégé de Vhisloire d'Aquitaine, Guyenne et Gascogne, Bourdeaux, par 
G. de la Court, imprimeur ordinaire du Roy et de l'Université, MDCLIX, 
40, ch. XVI, pp. 112 et 113. 

(2) C'est à dire sous le banc^ ou auvent qui faisait saillie dans la rue, ce 
que ne paraissent pas avoir compris presque tous ceux qui ont fait allu- 
sion à ce fait. Spécialement Dom Devienne, 2« partie, p. 57. On y lit 
même : Sur le bout du banc d'un cordonnier. 



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— 48 — 

célèbre. C'est ainsi que O'Reilly a dit à propos du père 
de Clément V: qu'il paraît certain que les Garcias 
étaient proches parents ou descendants des Ducs d'Aqui- 
taine; que leur fortune était colossale et leur influence 
considérable dans le pays (1). 11 cite même Delurbe à 
l'appui, ou comme point de départ, de son dire, mais 
la page 14 citée de cet auteur ne contient absolument 
rien de semblable, pas plus, du reste, que l'ouvrage 
entier. 

Par contre, car le merveilleux à toujours de l'attrait, 
pour certains esprits, Delurbe relate que l'élection du 
Pape Clément avait été dès longtemps prévue par deux 
vers trouvez escrits en lettres dorées et latines, {S'il faut 
en croire à Westmonasteriensis) (2) sur une des princi- 
pales portes de Bourdeaus lesquels par V espace de mil 
ans navoient été veus : 

Die tu qui transis y et portée limina tangis, 
Altéra Roma vale, nomen capis impériale. 

Il est vrai que Delurbe ajoute : de tant que ces vers 
sont si ineptes et esloignez de la délicatesse ancienne et 
pureté du latin, il est à présumer qu'ils ont esté supposez 
par quelque flatteur ignorant (3). On ne peut mieux 
juger l'afFaire. 

Ce qui a paru plus sérieux et ce qu'on trouve cité 
dans tous les travaux modernes sur Clément V, c'est 
ce que Quicherat, un mattre, avait signalé, dans une 
Etude sur Rodrigue de Villandrando, qu'un cadet de ces 
seigneurs de Biscaye, qui n'auraient pas donné leur 
ancienneté pour celle du Roi Pelage, était venu en 



(1) Histoire de Bazas, p. 181, 1840 8» 

(2) Mathœus ou Mathieu de Westminster, chroniqueur anglais, Flores 
historiarum ah exordio mundi ad annum 1307, Londres 1570, f». 

(3) Chronique bordelaise, Bordeaux^ Millanges, 1619, 4^ p. 23. 



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— 49 — 

1200 en France avec Blanche de Castille et avait acquis 
aux environs de Bazas une seigneurie à laquelle il aurait 
donné son nom, seigneurie qui aurait passé dans la 
famille de Got par la fille ou petite fille d'André de 
Villandrando (1) qui serait ainsi mère de Clément V, 
dont les Villandrando d'Espagne étaient fiers de se dire 
cousins. 

Les ascendants du Pape, établis déjà dans la vieille 
paroisse de Saint-Martin deu Guot, auraient acquis, de 
cette façon, la terre et le titre de Villandraut, en adop- 
tant le nom de Garcias, patronymique des Villandrando 
d'Espagne (2). 

Mais les dcu Got se nommaient Garcias et Arnaud 
Garcias dès le xii" siècle. En 1170, Tun d'eux avait reçu 
sous ce dernier nom, «/oy et homage, du chapitre et des 
chanoines de Saint-Seurin (de Bordeaux), la ville de 
Langon, à charge de payer annuellement, le jour des 
Rameaux, 12 bonnes lamproies (3). 

Le père de Clément V, fils d'un autre Arnaud Garcias, 
n'avait rien, par conséquent, à tenir des Garcias d'Es- 
pagne. 

D'ailleurs il suffit de parcourir l'ouvrage d'Oihenart 
sur la Gascogne (4) pour voir que les mème^noms de 
Garcias et d'Arnaud Garcias étaient assez communs, 
dans les généalogies des ducs, des comtes de Gasco- 
gne et des grandes familles du pays. 



(1) Bibliothèque de VEcole des Chartes, t. I, 2e série, 1844, Paris 1880. 

(2) Petit village de Castille entre Burgos et Valladolid. Villa Andrando 
d'nprès la signa tare de Rodrigue, un des combattants de l'indépendance 
française au xv« siècle (Quicherat cité). 

(3) De Lurbe, p. 14, verso, 

(4) Noticia utriusque Vasconiœ tum Iberica tum Aquitanix d'Arnaud 
Oihenart de Mauléon, Paris, Cramoîsy, 1638, 4o, 1'® édition, finie le 
15 nov. 1637. 

Tome XVIIF. - Fasc. II et III. 4 



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— 50 - 

Et du reste, Quicherat a beaucoup insisté, lui-même, 
dans un ouvrage plus récent, entièrement consacré à 
Rodrigue de Villandrando et publié en 1879, sur l'exa- 
gération et Tinexactitude des premiers renseignements 
utilisés par lui (l), véritable tissu d'hypothèses^ dit-il, 
et de rapprochements forcés n ayant pour unique fon- 
dement que V identité apparente des deux noms Villan- 
drando et Villandraut (p. 4). 

11 n'y a donc aucune preuve du mariage d'une Vil- 
landrando avec les du Got, quoique j'avoue que cette 
origine devait paraître plus séduisante que celle qu'a 
longuement développée O'Reilly en faisant venir Villan- 
draut de vignandrondum, {fign-androndum, i^inea An- 
droni, vigne dWndron. Il est vrai que Quicherat émet 
une opinion aussi peu justifiée en proposant vinea An- 
draldi et en insistant sur les altérations successives de 
Villandras en Villandrà, Villandran et Villandraut (p. 2). 
Malheureusement l'erreur s'est vite répandue. Elle 
s'étale dans les Guides Joanne, celui de Bordeaux à 
Cette tout spécialement, p. 24. Et je dois ajouter qu'il 
existe une autre localité nommée Villandraut, près 
Nérac, comme on trouve des Got et Goth, près de Bor- 
deaux e^en Agenais. 

Quoi qu'il en soit, un document incontestable établit 
la noble extraction de la famille deu Got. C'est l'acte de 
donation du vicomte de Lomagnc et d'Autvillar au frère 
de Clément V, à son fils et à ses héritiers. Ce document, 
signé de Philippe le Bel, est du 14 décembre 1305 et 
ainsi rédigé : 



(1) Quicherat (Rodrigue de Villandrando, Paris, 80, Hacbelte, 1879), 
dit qu'il s'était servi de l'ouvrage de D. Josef Pellizer ; Informe del ori- 
gen, antiguedad, calidad y succession de la excelentissima casa de Sar^ 
miento de villa Mayor, Madrid, 1663, 



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— 51 — 

« Considérant le bon portement, la grande loyauté et 
» la ferme constance qu'il avoit tousjours trouvé en 
» Arnault Garcias de Got, chevalier et frère de N. S. P. 
» le Pape et en Bertrand, fils du susdit chevalier et en 
» ceulx de leur lignage et les bons et agréables services 
» qu'ils lui avoient faicts, en rémunération d'iceux ser- 
» vices et en récompensation de certaines terres et 
» rentes qu'ils avoient délaissées au Duché d'Aquitaine, 
» iisdem Arnaldo et Bertrando et heredibus successori-' 
» busqué eorumdem in perpetuum cedit eumdem vice 
» comitatum » (1). 

Clément V appartenait donc à une famille noble dont 
les armoiries, souvent rappelées, étaient : rf or à 3 fasces 
de gueules (2). François Duchesne (3) a bien dit que 
Ciaconius avait, au contraire, donné à Bérar du Got, 
archevêque de Lyon, 3 poissons au lieu de 3 fasces, mais 
je n'ai rien trouvé de pareil dans l'édition de 1677 (4) 
où Oldoin, dans ses additions, affirme que Bérar du Got 
et de Pierre-Creuse en Armagnac (qui se glorifiait d'être 
parent de Clément V et de son frère le cardinal) avait 
pour armes celles que j'ai signalées en premier lieu : 
areamgerebat auream tribus fasciis miniatis ex pressant 
et ce sont celles, en effet, qui figurent pour tous les 
parents de Bertrand du Got, dans le reste de l'ouvrage 
du dominicain espagnol. On n'y voit qu'une fois les 3 
poissons dans les armes de Bernard de Garuo ou Garvo, 



(l)Baluze, Commentaires surl'hisloire des papes d*Ayignon, 1. 1, col. 617. 

(2) Je ne sais où d'autres auteurs ont puisé les armoiries qu'ils donnent 
aux Got : fascé d*or et de gueules (Drouyn) ; de gueules à 3 fasces d'or et 
d'argent. Allas d'or à 3 fasces de gueules. (Notice historique sur la ville 
et les évêques de Comminges), 

(3) T. I, lib. II, p. 321. 

(4) P. 285. 



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- 52 - 

de Sainte-Livrade, signalé comme neveu du Pape et créé 
cardinal en 1310(1). 

On est beaucoup moins renseigné sur les premières 
études de Bertrand de Got et sur son entrée dans les 
ordres, soit à Bazas sous son oncle et parrain, soit 
à Bordeaux, ce que semblerait indiquer une de ses 
bulles, mais il n'est pas difficile de prouver qu'il avait 
reçu une instruction très complète et que son élection 
à la Papauté ne reconnut pour cause que sa notoriété, 
ses mérites personnels et la distinction avec laquelle il 
avait occupé les plus éminentes fonctions ecclésiasti- 
ques du temps. 

Clément V a eu soin, en effet, de rappeler, dans ses 
lettres ou actes, presque toutes les étapes de sa bril- 
lante et rapide carrière sacerdotale. 

C'est ainsi qu'il déclare qu'il était en possession, dès 
son admission dans les ordres mineurs, d'un cano- 
nicat, d'une prébende et d'une expectative de bénéfice 
dans l'église Saint-Martin de Tours, détail qui n'a 
jamais été donné par ses biographes modernes, mais 
qui est déjà noté dans les commentaires de Baluze (2). 

Renan, qui s'est beaucoup occupé de Clément V (3), 



(1) Baluze, th. 19. col. 664. 

(2) « In huila data anno quarto : de confirmatione privilegiorum 
» ecclesiœ sancti Martini Turorensis, ejus fragmentum extat apud Radul- 
» phum Monsnyer in libro quem scripsit ad propaganda jura ejusdam 
» ecclesix, in huila inquam illa item Clemens testatur se, dum minori 
» fungeretur olficio^ canonicatum et prxhendam ac unam de prxposituris 
» ejtisdem ecclesix tenuisse » (Commentaires cités, t. I, col. 623). 

- (3) Renan a d'abord publié dans la Revue des Deux-Mondes, l^' mars 
1880, un article intitulé : La Papauté hors de Vltalie, Clément F, puis un 
mémoire beaucoup plus étendu, mais qui n'est jamais cité (Bertrand de 
Got, sa vie, ses écrits), dans les volumes de l'Histoire littéraire de la 
France, 1884, t. XXVIII. Tous deux méritent cependant d'être consultés 
et renferment une appréciation bien juste à l'endroit de notre bruyante 
voisine, l'Italie, qui ne peut avoir le privilège de la papauté sans en 



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— 53 — 

a dit qu'il avait été ordonné prêtre à Bordeaux, mais 
sans preuve à l'appui de son assertion que semble 
adopter M. Féret dans sa Biographie girondine, avec 
la date 1289 d'après Isambert (Notice biographique sur 
Clément Vj et Fisquet émet la même opinion dans sa 
France Pontificale^ p. 170. 11 a ajouté, comme ce dernier 
(/oc. cit,)^ qu'il avait étudié, disait-on, les lettres à 
Toulouse. Mais on peut croire qu'il y a eu, sur ce 
point, mauvaise interprétation d'un témoignage d'Ar- 
naud Garcias de Albia dans TafFaire du frère Bernard 
Délitiosi. Le compagnon d'études de ce frère, à Tou- 
louse, n'était pas le futur pape, mais Bertrand du Got 
son neveu (1). 

Ses cours de droit à Bologne, mis en doute par 
Renan, sont au contraire certifiés par la déclaration de 
son parent et familier, le cardinal de Rufïat (2) et il 
est tout aussi prouvé qu'il avait suivi les mêmes cours, 
inutroque jure, à l'école d'Orléans qu'il devait trans- 
former, plus tard, en université, car il l'affirme, lui- 
même dans une bulle datée de Lyon le VI des kalendes 
de février l'an I" de son pontificat (3). 

Il fut ensuite chanoine et sacriste de Saint-André de 



accepter les charges : «r Suprême inconséquence (dit Renan) l'Italie <ivait 
» le droit de dire à la catholicité, nous ne voulons plus les charges que 
» vous nous imposez, mais elle n'avait pas le droit de vouloir le privilège 
» (de la Primatie ecclésiastique) sans les charges » {La Papauté^ p- 112;. 

(1) Quia prias fuerat socius in studio Tolosano Bertrandide Gotofratris 
ejusdem Domini Raymundi, Bafuze, tif. 1, col. 618. 

(2) Ut veto adhuc addemus de initiis vitx démentis, necessarium arbi- 
tror, adnotare eum studio juris operam dédisse in Academia Bononiensi 
ut docet Guillelmus Buffati in epistola scri/.ta ad Bononienses quant 
récitât Cheruhinus Ghirardarcius (Historié di Bologna dalla sua fonda- 
tione air anno 1320. 1596, f» 2 vol.). 

(3) Ac eiiam in Aurelianensi qux oliin legendi et docendi in legibus 
scientia decoravit ut ipse loquitur in bu'la data Lugduni VI Kal februarii 
anno primo (27 janvier 1306). 



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— 54 — 

Bordeaux (1), et son amour filial, pour ce diocèse, dont 
il devint le chef, après son passage à rEvêché de 
Comminges, éclate en plusieurs de ses actes et de ses 
lettres. 

a Cette église nous a choyé comme un fils avant le 
» commencement de notre avancement et nous a été 
» confiée plus tard comme épouse », dit-il, dès la pre- 
mière année de son élection (2). 

D C'est elle qui, dès le début de notre jeunesse, nous 
» combla d'attentions délicates, comme une mère fait 
» pour son enfant. Nous avons connu la douceur de 
» son sein. Elle nous a choyé devenu homme et nous 
» prenant comme son pasteur nous a aidé à franchir 
» tous les degrés qui nous ont conduit au faîte de la 
» dignité apostolique » (3). 

Bertrand du Got, successivement promu évèque de 
Comminges et archevêque de Bordeaux, était donc pré- 
paré par de fortes études et par l'exercice des plus 
hautes fonctions ecclésiastiques, au Pontificat suprême 

(1) Lopès. Histoire de Saint-André de Bordeaux, Réédition Catien, 1884, 
t. II« p. 246. ff Boaifncc VIII Tesleva aux charges ecclésiastiques et de cha- 
noine et secrétain de l'Eglise de Bourdeaux lui procure l'Evesché de 
Comminges et quelque temps après Tarcheveschc de Bordeaux, l'an 1300 
un peu ayant Noël ». 

(2j Ipsa namque nos olim ante nostrœ promotionis initia fovit ut filium 
ac deinde nos sponsum hahuit nostr» gubernationi commissa (Codice 765 
Bibliothecœ Colbertinœ). 

(3)//afc est enim ecclesia qux a juventutis nostrx primordiis suis deliciis 
nos educavit ut filium more matris, hujusmodi quidem dulcedinis ubera 
suximus. Ipsa nos fovit in virum et tandem nos in suum pastorem assu- 
menst gradum de nostris subjecit ascensibus, per quem ascendimus 
solium apostolicse dignitatis. Bulle datée de Poitiers, XIII des calendes 
de février, troisième année de son Pontificat. In archivo archiepiicopi 
narbonensj Baluze, 1. 1, p. 622. Fisquet reproduit presque les mêmes ter- 
mes dans sa traduction de In lettre de Clément Y à Arnaud de Canteloup, 
son successeur à rarchevéché de Bordeaux, pour l'affranchir de la supré- 
matie de Bourges, 26 novembre 1305. Lyon (Zoc. c<^,p. 211). 



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— 55 — 

qui lui fut conféré par des pairs qui le connaissaient 
très personnellement, comme nous le dirons, et le choi- 
sirent, pour cette raison, même en dehors du sacré 
Collège. 

11 n'avait besoin ni d'intrigue, ni de recherche de la 
tiare et vaquait tranquillement, depuis plus d'un an, à 
la visite de son immense diocèse, qui comprenait alors 
ceux d'Agen, de Saintes, de Périgueux, d'Angoulême 
et de Poitiers, quand il reçut à Lusignan, en Poitou, la 
nouvelle de sa nomination (i). 

Or, Rabanis a fait remarquer avec raison qu'il ne 
pouvait guère prévoir, en commençant sa tournée, que 
Benoît XI, successeur de Boniface VIII, mourrait deux 
mois après ce Pape et que le Saint-Siège deviendrait 
ainsi vacant, le i6 juillet 1304(2). 



111 
Clément V 

Telle n'est pas cependant l'opinion d'un grand nom- 
bre d'auteurs qui, se copiant les uns les autres, ont 
attribué la nomination de Clément V à un compromis 
préalable avec Philippe le Bel en s'appuyant surtout 
sur Villani, historien florentin (3) qui raconte avec un 
luxe de détails, qui pourraient vraiment faire croire 
qu'il était dans le secret, ou qu'il avait écouté aux 



(1) La visite archiépiscopale commença le 13 mai 130^i et la nouvelle de 
sa nomination lui parvint le 20 juin 1305. 

(2) Loc. cit., 1858, n. 53. 

(3) W porte pour titre : Historié florentine et a eu plusieurs éditions. 
La première à Venise en 1537. La seconde, à Venise aussi, en 1559. La 
troisième à Florence en 1587. Il est compris dans la collection de Mura- 
tori. Rerum Italicarum scriptores, XXIH. 



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— 56 — 

portes (1), que le Roi de France et rarchevèque de 
Bordeaux se donnèrent rendez vous près de Saint-Jean- 
d'Angély, en Saintonge, pour arrêter ensemble les 
conditions, après Tacceptation desquelles les cardi- 
naux réunis à Pérouse devaient élire le successeur de 
Benoît XI. 

Je ne discuterai point, pourtant, cette hypothèse qui 
a déjà fait verser des flots d'encre et donné lieu à une 
innombrable suite de mémoires qui n'ont même pas le 
mérite de la nouveauté, car la plupart des arguments, 
présentés pour et contre, se retrouvent très convena- 
blement exposés dès les xvii® et xviii® siècles (2). Le 
sujet me paraît depuis longtemps absolument épuisé. 

On croit rêver, en effet, quand on lit la précision 
presque chronométrique avec laquelle les envoyés de 
quelques cardinaux vinrent de Pérouse à Paris; puis 
ceux de Philippe le Bel à Bordeaux ; avec rencontre sur 
les confins du Poitou ; serments échangés ; conditions 
établies et signées; grâces acceptées au nombre de 6, 
Tune secrète; otages donnés et dont on ne parle plus; 
avec retour à Paris et en Italie, le tout en 35 jours. 

On se figure mal la rapidité et l'exactitude d'un pareil 
itinéraire, avec ses imprévus, en un temps où le désordre 
régnait dans presque toutes les provinces françaises et 
italiennes et à une époque où les chemins même royaux 
laissaient plus qu'à désirer. 

On ne s*est pas arrêté davantage aux contradictions 
des auteurs au sujet des six conditions et surtout de la 
6*, réservée par le Roi de France et qui, pour les uns, 

(1) A Détails si particuliers, si abondanls, si iutimcs qu'à moios d'avoir 
élé du secret ou d'avoir écoulé aux portes, nul n'aurait dû les connaître ». 
Rabanis 1858, p. 7. 

(2) Dans une foule d'ouvrages. Sponde, Génébrard, PapireMasson, Ray- 
naldi, Dupuy, Blowius, Gallia Cbristiana, Art de vériûer les dates, etc. 



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57 — 



Visait la suppression des Templiers tandis qu'il s'agis- 
sait, pour d'autres, de la couronne impériale à transfé- 
rer des Allemands aux Français (1). 

On n'a pas tenu plus de compte de ce que Clément V 
ne céda jamais aux obsessions et aux menaces de Phi- 
lippe le Bel exigeant la condamnation solennelle de 
Boniface VIII et l'on n'a pas fait, de plus, à ma connais- 
sance, certaines remarques qui m'ont frappé en lisant 
dans le texte original^ le récit de Villani si souvent 
cité, commenté et que n'ont certainement pas consulté 
la plupart de ceux qui lui ont emprunté ses diatribes 
pour justifier les leurs. 

Chose singulière d'abord, c'est que Villani ne paraît 
pas avoir connu Bertrand du Got, pourtant son contem- 
porain immédiat (2). Il ne le nomme jamais que Ray- 
mond (3) ce qui peut surprendre à l'endroit d'un prélat 
qui avait étudié, comme nous l'avons dit, à Bologne(4); 
avait résidé plus tard en Italie et spécialement à Rome 
où il s'était attiré l'amitié de Boniface VIII qui le fit 
Tun de ses chapelains (5); qui avait assez de renommée 



(1) Hoc vero translationem imperii a Germanis in Gallos fuisse muUi 
opinati sunt. Ciac. 356, B. 

(2) Bertrand du Gol. 1264-1314 ; Villani, 1275-1348. 

(3) Messer Ramondo del Gotto, Cap. LXXX. Lib. VIII. Quelques auteurs 
ont dit, sans plus de raison, Raymundus Bertrandus, 

(4) D'après son parent déjà cité. Guillaume d'Arrufat ou de RufTat que 
Clément V créa cardinal diacre de Saint-Côme et Saint-Damien, puis 
cardinal prêtre de Sainte-Potenlienne. Ut docet Guillelmus Rufati in 
epistola scripta ad Bononienses quant récitât Cheruhinus Ghirardaccius, 
Baluze, loc, cit., col. 623. Ce Guillaume de Ruffat avait été chanoine de 
Saint-Seurin de Bordeaux, d'après un acte du chapitre des 3 mai et 12 juin 
1301 où il est cite comme témoin. 

(5) Tum vero quum factus est episcopus Convenarum (Comminges) erat 
capellanus Papx ut liquet ex actis relatis in tomo tertio libertatum eccle- 
six anglicanx, pp. 627, 632, 633. Baluze. Col. 622. 



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— 58 — 

pour être désigné en première ligne, comtr\e papable (l) 
et qui, enfin, avait joué, ainsi que son frère, le cardinal 
du Got (2) et son oncle et parrain, Bertrand du Got, 
évêque d'Agen (3), un rôle personnel important comme 
évèque de Comminges et archevêque de Bordeaux. 

Bertrand du Got était donc très connu en Italie, mais 
c'est par erreur, cependant, qu'un de ses récents histo- 
riens, a dit qu'il avait été nommé par Boniface VIII, 
patriarche d'Antioche et administrateur de l'évêché de 
Pavie. La chronique citée de Pépin (4) dit au contraire 
que ce fut lui qui, devenu Pape, récompensa par ces 
deux nominations Isnard, prieur des Dominicains d'Asti, 
qui l'avait accueilli et protégé quand il se rendait à 
Rome en fuyant, presque seul, les Etats tenus à Paris 
par Philippe le Bel en 1303 (5). 



(1) Texte de Yillaoi et prucès-verbal d'élection donné dans la réédition 
de Lopès, par M. Callen, Bordeaux, 1884, t. II, p. 254. 

(2) Berardus de Goto, archevêque de Lyon, créé cardinal par Clé- 
ment Y en 1294 et attaché à Févéché d'Albano, légat du Pape en France 
et en Angleterre et spécialement désigné pour aller annoncer à Céleslin Y 
qu'on venait de le nommer Pape, 5 juillet 129'i, mort probablement à 
Lyon, le 27 juillet 1297. 

(3) Evcque d'Agen, mort en 1312 ou 1313. 

(4) Revue Catholique de Bordeaux, 10 juillet 1893, p. 395. Note ajoutée 
depuis la rédaction du mémoire. 

Et demum quia, se régis indignationem timere dicebat et ne ipsum 
in itinere intercipi faceret^ idem Prior ( fsnardus Papiensis) in habitu 
fratrum usque ad loca tuta archiepiscopum ipsum comiter et bénigne co/i- 
duxit, Quem postmodum archiepiscopus ipse papa creatus collatx hospi- 
talitatis non immemor nec ingratus, Antiochenum Pairiarcham instituit 
et postmodum Episcopatus Papise administrationem sibi concessit ad 
vitam (Muralori, t. IX, p. 739, E). Cet Isnard, tombé en défaveur sous 
Jean XXII en 1319, fut pardonné et envoyé en Achaïe en 1328. 

(5) La même chronique dit que Bertrand du Got avait eu, seul, le cou- 
rage de résister au Roi de France : Archiepiscopo Burdegatense duntaxat 
excepto (739, D). Mais le cardinal Le Moine, légat de Boniface YUI, avait 
également fui les Etats le 23 juin 1303. Ce qu'André Duchesne écrit ainsi, 
à propos des signatures exigées par Philippe le Bel de tous les assistants : 



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— 59 — 



Villani ne parle même pas de Taçcident survenu le 
jour du couronnement du Pape Clément V à Lyon (1) 
et ne paraît plus guère s'occuper ensuite que de This- 
toire de Florence, titre du reste de son ouvrage (2) 
jusqu'au chapitre VIII du livre IX consacré à la mort de 
Bertrand de Got dont il flétrit sommairement la mémoire 
comme avide, simoniaque et même débauché, d'après 
un récit qu'il semble accepter de confiance des amours 
du premier Pape d'Avignon avec la comtesse de Pala^ 
gorgo (sic) renseignement qu'il ne donne, il est vrai, 
que sous forme dubitative, si dicea (3). 

Et il termine son chapitre par l'histoire, ou plutôt le 
conte très circonstancié, du voyage aux enfers d'un 
chapelain de Clément V chargé, grâce à l'intervention 
d'un grand maître en nécromancie, d'aller s'informer, 
pour le pape, de l'état dans lequel se trouvait l'un de 
ses neveux mort depuis peu et qu'il aimait (4). Le cha- 
pelain, revenu sain et sauf du sombre empire, déclara 
que Vâme dudit neveu était dans les tourments du feu 



« Ce que Le Moiue« cardinal, sçachaol u'atteodit pas qu'on lui baillast 
» congé peur s'cnretourner, ains délogea sans trompette », t. II, p. 379. 

(1) La chute d'un mur causa la mort de plusieurs spectateurs; spéciale- 
ment du Duc de Bretagne et d'un autre frère de Clément V, Gailhard du 
Got. 

(2) Lasceremo de fatti del Papa, torneremo a nostra materia de fatti di 
Firenze. Chapitre LXXXI du livre VIII. 

(3) Fu uomo molto cupido di moneia e simoniaco, che ogni beneficio 
per moneta in suacorte se Vendea et fu lusurioso, che palese, si dicea, che 
ienea per arnica la contessa di Palagorgo bellissima donna figlinola 
del Conte di Fos, t. XIII Liv. 9. (Qui dirait qu'il s'agissait de Brunis- 
sonde de Périgord ?) 

(4) C'était Raymond du Got, cardinal de Sanctx Marix Novœ, que Cia- 
conîus dit être mort à Avignon le 26 juin 1310 (t. II, 379, D), mais que 
d'autres affirment n'êlre décédé qu'en 1320, ou même plus tard, sous le 
pontiGcat de Jean XXII. Ln première date paraîtrait plus certaine, d'après 
Ghirardaccius. 



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— 60 — 

pour simonie et qu'il avait vu qu'on construisait un 
grand palais pour y recevoir le pape lui-même qui, 
(toujours d'après Villani), oncques ne fut plus gai 
depuis cette nouvelle authentique (il n'y avait vraiment 
pas de quoi se réjouir) et mourut peu après (1). 

Que Dante ait pris pareille licence, en mettant dans 
son Enfer et pour simonie, dix ans avant Villani, 
non seulement Clément V, mais encore Nicolas III et 
même le saint pape Célestin V (2), c'est sans grande 
portée chez un poète que sa haine politique contre les 
Français et ses désastres de famille pouvaient avoir 
aigri contre eux, mais il ne devait pas en être ainsi 
pour un historien qui paraît avoir pris assez au sérieux 
sa mission pour commencer son histoire de Florence 
au temps de la tour de Babel (^) et la continuer jusqu'à 
la peste de Florence dont il fut victime, en 1348. 



(1) Le texte mérite une citation complète : 

Dissessi que vhendo il detio Papa, essendo morto uno suo nepote car- 
dinale cui elli mollo amava, costrinse uno grande maestro di nigromanziay 
che sapesse che fosse delV anima del nipoie. Il detto maestro fatta sua 
artCf uno capellano del Papa molto sicuro fece poriare alla Demonia allô 
infernOf et mostratogli visibilmente uno palazzo, dentrovi uno letto difuoco 
ardente j nel quale era l'anima del detto suo nipote morto ^ dicendoli che 
per la sua simonia era cosi giudicato. Et vide nella visione fatto un altro 
pallazzo allô incontro, il quale li fu detto si facea per Papa Clémente, et 
cosi rapporto il detto capellano al Papa^ il quale mai poi non fu allegro 
et poco vivetle appresso, CLVIIl, t. IX, p. 471 de Tédition de Muratori, 
t. Xm, 1728, p. 471, f«. 

(2) Divina Comedia^ chant XIX, terzeUi 28 et 29. Dante fait ainsi parler 
Nicolas III : « Après lui viendra du couchant un pasteur sans loi et plus 
» coupable qui nous recouvrira tous deux. Ce sera un nouveau Jason, 
» semblable à celui dont parle le livre des Machabées. Le souverain qui 
ï> gouverne la France lui sera favorable, comme le roi auquel obéissait 
y> Jason se plut à le protéger ». Jason était frère d'Onias, grand pontife 
par faveur d'Antiochus. 

(3) Ch. II, liv. P' : Conte per la confusione délia torra di Babel si corn- 
miciô a habitare la terra, Muralori, t. XIII, p. 11, 



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— 61 — 

Il est vrai que cet auteur était peu scrupuleux dans 
Texposition des faits qu'il racontait, car Muratori n'a 
pas oublié, dans la préface des œuvres qu'il éditait, de 
faire remarquer qu'il s'attribuait aisément et de con- 
fiance tous les renseignements de ses correspondants 
ou même des Gazettes du temps (1), ce qui ne peut 
donner plus d'autorité à son ouvrage, comme à l'usage 
qu'en ont fait, et font encore, de temps en temps, ceux 
qui l'ont copié, avec plus ou moins de fidélité et sans 
critique. 

Renan, peu suspect en pareille affaire, a, du reste, 
jugé Villani plus sévèrement encore en disant : « Qu'il 
» wulait amuser ses compatriotes florentins en leur 
» contant des histoires dont il savait, mieux que per- 
ih sonne^ le peu de realité historique » (2). 

Il est à noter que pas une des six premières biogra- 
phies de Clément V réunies par Baluze (3) ne relate de 
pareils faits ; que presque tous les auteurs contempo- 
rains n'en disent mot en dehors d'une série de copistes. 
Ce qui a fait dire, avec raison, que ces copies n'étaient 



(1) Qa« tamen in re illud animadvertendum Villanum ad contexendam 
sui tcmporis historiam aliquando fuisse usum amicorum literis qui in 
AngliOf Gallia et Belgia versabantur, Publicis etiam epkemeribus quas 
Gazzette appellamus in suum opus fortasse transfuderit, quamobrem 
quum is, lit. VIII, cap. LXXVIII, leierrimum prœlium narrât actum in 
Belgia inier Galliœ Regem et Belgas narrationem hisce ver bis concludit. 
Et io scriltore posso cio per veduta testimoniarc, cbe poccbi di appresso 
fui in sul campo, ove fu la battaglia et vidi tutti i corpi morti. Or, Mura- 
tori a le soin de faire observer que Villani n'avait fait, en ce cas, que 
s'attribuer probablement un récit belge : an poiuit narrationem e Belgio 
scriptam suant faciens, incautè pos tréma verba retinerit quœ ad alterum 
scriptorem sint referenda (Préface, p. 4). Et c'est ainsi que Villani écrivait 
l'histoire! 

(2) La Papauté hors de l'rtalie. 1880, p. 107. 

(3) Fïte Paparum Avenoniensium (Stephanus Baluzius. Paris, 4» 1683, 
t. I, p. 1 et suivantes. 



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— 62 — 

que les ruisseaux d*une même source^ les branches 
d'une même tige{i). D'autres historiens ont déclaré, de 
leur côté, que l'élection avait eu lieu selon les règles 
ordinaires (2) et qu'elle avait reconnu pour causes prin- 
cipales les relations d'intimité et de bienveillance que 
Bertrand du Got avait su se créer et entretenir avec 
Boniface VIII et les membres du Sacré-Collège, pendant 
son séjour à Rome (3). 

L'élection enfin ne fut pas la suite d'un compromis, 
comme l'a dit Villani, mais d'un vote par un premier 
scrutin de 10 cardinaux auxquels se joignirent, par 
accession, 5 autres conclavistes (4) et, d'ailleurs Jean 
XXII n'eut certainement pas dit de son prédécesseur 
qu'il était de sainte mémoire (5). Au lieu d'employer la 



(1) Histoire de l'Eglise gallicane, t. XIII, p. 117, Discours du P. Berthier 
sur le Pontifical de Clément V. 

(2) Factus est Papa prout consuetum est (Jeau de Saint-Victor, Baluze, 
t. I, p. 1). Ad ipsium Clementem Papam tum archiepiscopum Burdiga- 
lensein ipsi unanimiter et concorditer vota sua direxerunt et eum in 
Papam eligerunt, Baluze, 6« vie, t. I, p. 15. 

(3) Chronicon Pipini, quum autem pervenisset ad Papam aliquando 
ibidem moram contractam, nïultam gratiam in conspectus Papx et cardi- 
nalium ac etiam affinum Papx^ noticiam et familiaritatem ac benevolen- 
tiam acquisivit, (Muratori, t, IX, 740, A). 

(4) Voir les procès-verbaux d'élection donnés par divers auteurs, spé- 
cialement dans l'édition Callen de Lopès, t. II, p. 254. 

(5) Sancte recordationis Clémente quinto prœdecessore nostro de pre- 
sentis vita maroribus ad celestiam patriam evocato. Ce qui eût été im- 
possible, ajoute Ciaconius, 371, E, si ità avaritia, libidine^ simonia, 
aliisque vitiis contaminatus esset. 

J'ai retrouvé la même qualification de sainte mémoire, dans l'acte de 
donation de divers ornements d'église ayant appartenu à Clément V et 
remis à la cathédrale de Bayonne par Pierre de Godin, maître du Sacré- 
palais de ce pape. Baluze^ 673. Item legavit dominus cardinalis prxfatus 
(Guilhelmus Petrus de Godino) pro altare nrginis cathedralis Baionen- 
sis capellam suam albam quam sibi dédit sancla memoria dominus Cle- 
mens papa quinlus, totam integram, habentem septem paramenta et vide 
licet processionales cappas duas, casulam unam, dalmaticas duas et tuni" 



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— 63 — 

formule ordinaire d'heureuse mémoire si Clément V 
avait été de notoriété, cupide, simonîaque et sans 
mœurs (1). 

Je dois ajouter que de très nombreux travaux, anciens, 
modernes et récents tendent à réhabiliter complète- 
ment le premier pape d'Avignon d'après les actes mê- 
mes de son pontificat (2) sans que je puisse exposer, ici, 
comme il conviendrait de le faire, quel fut le rôle im- 
portant joué par Clément V en face des difficultés con- 
sidérables qu'il eut à vaincre pendant un règne d'un 
peu moins de neuf ans (3). 

D'autres l'ont fait avec talent, sinon toujours avec la 
justice qu'exige l'impartialité, mais ce n'est pas notre 
tâche et nous nous bornerons seuFement à dire que pro- 
clamé Pape dans la cathédrale de Bordeaux le 24 juillet 
1305 (4), couronné souverain Pontife à Lyon le 14 novem- 
bre de la même année, il montra, pendant toute sa vie, 
un attachement profond à son pays natal. Il y construisit 



cas duas, Godin, maître en théologie, lecteur et chapelain de Clément V, 
était de l'ordre des frères prêcheurs. 11 fut fait cardinal de sanctac Ceciliae 
en 1312. Monseigneur l'évêque de Bayonne m'a fait connaître récemment 
que cet ornement n'existait plus dans sa belle cathédrale (1893). 

(1) Ciac, 371, E. 

(2) Renan a cité, avec éloges, un important travail du P. Theiner ayant 
pour titre : Codex diplomaticus dominii temporalis sanctx sedis, Rome, 
1861, t. I, et contenant tous les documents politiques du règne de Clé- 
ment V. 

(3) 8 ans, 10 mois, 15 jours. Sedii anniê VIIIj mensibus X, diebus XV 
a die electionis sua usque in diem sui obiius computando, 3« vie de 
Clément V. Baluze, t. I, p. 55. 

(4) L'entrée à Bordeaux eut lieu le 15 juillet. Les députés du Conclave 
arrivèrent le 21 ; la remise du vote se fit le 22 et la prise de possession le 
24 juillet. 

Duodecimo igitur Kalend-Augusti decretum electionis suscipiens in te m- 
plo augustissimo illius urbis quod Andrex sacrum est, mutato nomine pos^ 
tridiè ut Pontifex gessit et sedem cathedrali Burdegalense démentis 
quinti nomen assumpsit (Ciac, 357, A. 



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— 64 — 

plusieurs châteaux, celui de Villandraut tout particuliè- 
rement (1); acheva ou embellit plusieurs églises (2); y 
fonda des collégiales, celles de Villandraut et d'Uzeste (3) ; 
fît de riches cadeaux et donations à plusieurs sanc- 
tuaires (4) et revint souvent dans une contrée qu'il 
aimait, où il était né et à laquelle le rattachaient, 
d'ailleurs, les liens d'une très nombreuse famille de 
collatéraux alliés, dès lors et depuis, à presque toutes 
les grandes maisons de la Guyenne et de la Gascogne. 
On en a la preuve dans un assez grand nombre 
d'ouvrages consacrés à des généalogies, spécialement 



(1) En 1306. Clemens Pontifex max dum secundo sui Pontificaius anno, 
in Aquitaniam rediisset, Castrum de Vinhendrando, in natali solo, ad 
cironem fluvium edificavit, (Chronique de Bazas, Archives historiques de 
la Gironde, t. XV, p. 36. 

(2) Celle de Saint-Bertrand de Comminges; celle de Saint-André de 
Bordeaux; celle d'Uzeste, qui existait bien ayant lui d'après des titres de 
1278 ; celle de Villandraut non encore terminée en 1313 et transportée de 
Saint-Martin du Got sous le château, sans parler de la Basilique de Latran 
incendiée en 1308. 

(3) Ces collégiales ne furent, en réalité, organisées qu*en 1317 par 
Jean XXII, Prxdictus Papa Clémens V non potuit hene fundare dictum 
collegium Uzestse seu de Villandrau sed oneravit successorem suum quod 
impleret quod ipse inceperet; Baluze, t. I, 684. Mais c'est le 13 avril 1313 
que Bertrand du Got, alors à Avignon, avait chargé Pierre de Labatut, 
l'un de ses familiers, d'ériger en collégiale l'Eglise S. M. d'Uzeste et 
celle de Villandraut dont l'abside est appuyée contre de vieilles construc- 
tions qui pouvaient être celles du vieux manoir des Got. (Archives histo- 
riques de la Gironde, t. XIX p. 499. 

(4) A Comminges une châsse magnifique pour l'Evêque Saint-Bertrand 
qui avait occupé le même siège en 1120. (In capsam transtulit pretiosam 
quam ad hoc idem Papa Clémens prias fecerat suis sumpiibus fabricari). 
Ciac.,-370, D. et deux chapes qui y sont encore; à Saint-André de Bor- 
deaux — mille florins d'or pour obit ; (Lopès, réédit. Callen, t. II, p. 252 et 
Archives historiques de la Gironde, t. XVIII, p. 93, etc. ; à Bayonne, une 
chapelle blanche entière, comme nous l'avons dit; don de Pierre de Godin 
etc. ; Baluze 673 ; à Uzeste, une chape détruite en 1793, d'après M, le curé 
Brun. 



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— 65 ^ 

dans celui du P. Anselme (1) et, surtout, dans V Histoire 
des pairs de France de de Courcelle (2), qui donne une 
longue énuniération des deu Got depuis Rostaing, en 
1142, jusqu'à Jean-Baptiste-Gaston de Gouth (3), dit le 
duc d'Epernon (1644), qui n'eut que des filles et dont 
le père, Louis de Gouth, avait pris le dernier titre après 
la mort de son cousin germain Bernard de Nogaret, 
deuxième duc d'Epernon, mort sans enfants (4). 

Des descendants, portant le titre d'Autvillar, y sont 
même indiqués jusqu'en 1814, dans la branche de Las- 
saigne provenant de celle de Rouillac (5). Une famille 
de Lafontan de Goth, habitant une terre du même nom 
située dans la commune de Saint-Romain-d'Agenais, a 
fait également connaître à M. le Curé d'Uzeste qu'elle 
se rattachait à la maison du pape Clément et avait été 
autorisée dans ses prétentions par actes authentiques 
de 1778. 

Ces alliances, très nombreuses, se comprennent 
aisément, du reste, chacun des Got ayant une progéni- 

(1) Histoire générale et chronologique des pairs de France^ 3« édition, 
Paris, 1726, t. Il, p. 27. 

(2; T. VI, p. 13. Ce travail, qui a exigé de très longues recherches, est 
cependant encore incomplet. Sa révision devrait tenter quelque chercheur. 

(3) De la branche des marquis de Rouillas. 

(4) Jacques de Gouth, baron de Rouillac, Blanquefort, etc., mort en 
1611, père de Louis, avait épousé Hélène de Nogaret. Le titre de duc 
d'Epernon lui fut disputé par Roger-Hector de Pardaillan-Gondrin, mar- 
quis d'Antin, qui avait épousé, le 11 juin 1635, Marie-Christine Zamet, 
fille de Jeanne de Goth, mariée à Jean Zamet, comte de Murât. 

(5) Bernardin Bcraud, vicomte du Goût d'Âuvillars, volontaire royal, 
épousa, en 1814, Rosalie Bourbiel de Fargues et eut trois fils : Jean- 
François-Henri, Joseph-François, Louis-Victor et une fille Marie-Hélène- 
Hortensc. 

Il était fils de François-Joseph, chevalier de Saint-Louis, capitaine, 
marié, en 1770, à Thérèse de Sambat, dont six enfants : les deux aînés 
émigrés, Bernardin Béraud et trois filles : Anne, épouse Simon de Lafore, 
Marie-Gabrielle et Anne-Elizabeth-Joséphine. 

Tome XVIII. — Fasc. II et HF. 5 



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— 66 — 

ure qui compte un grand nombre d'enfants : Senebrun, 
1273, 5; Béraud, 11; Arnaud Garde, 10 (pour ne citer 
que ceux du temps de Clément V), descendants presque 
tous mariés et pourvus de famille, ce qui multiplie à 
Tinfini les branches et rameaux de Tarbre généalogique 
des du Got (1). 

Détail à noter, le nom d'Uzès est absolument passé 
sous silence dans ces ouvrages où se lisent les noms 
de terres et de villes d'origine des divers membres de 
la famille et de ses divisions dans les diocèses de Bor- 
deaux, Bazas, Périgueux, Agen, Lectoure, Aix, Mar- 
seille, Sistcron et Carpentras. Clément V n'a jamais fait 
mention de cette localité. 11 y fut cependant reçu, dans 
un de ses voyages de Bordeaux à Lyon, en 1305, et 
visita le pont du Gard, mais sans faire allusion à sa 
qualité de compatriote d'origine, et il n'est point 
improbable que cette opinion a pu naître dans l'esprit 
de quelque chanoine d'Uzeste (d'autres disent gascon) 
très désireux de faire comme Mathieu de Westminster 
et de donner une noble aïeule à la localité qualifiée, 
dans tous les ouvrages de l'époque, de villa modici 
çaloris (2) villula minus insigni, satis sterili et exili (3). 

O'Reilly est, du reste, impardonnable dans ses hypo- 
thèses à ce sujet, car s'il dit qu'Uzeste reçut ce nom de 
Bôraud du Got, père de Clément V, fuyant les dissen- 
sions civiles de la Provence (4) il avance, dans un autre 

(1) Les de Béarn, de Blanquefort, de Fargues, de Budos, de Durfort, 
de Duras, de Preychac, de Piis, de Lautrec, de Grailly, de Mauléon, de 
Roalhac, de Clermont, de Montferrand, de Bruniquel, deLévis,de Galard, 
clr., etc. pour ne parler que des alliances du temps de Béraud, Arnaud 
Garcie et Bertrand du Got. 

(2) 6" Vie de Clément V, par Amalric Auger de Bézicrs, prieur de Sainte- 
Marie-d'Espira, diocèse d'Elne (Roussillon), Baluze cite. 

(3) 4« Vie de Bernard GuidoniSf Baluze cité. 

(4) Loc. cit., pp. 443et 44'i. 



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— 67 - 

passage, que la famille de Gouth transporta sa rési- 
dence d'Uzeste à Villandraut, après la promotion de 
Bertrand de Gouth à la tiare, 1305 (1). Or, Senebriin (2) 
possédait, en 1273, la terre d'Uzeste et Béraud, son 
fils, était déjà seigneur de Villandraut. Senebrun avait 
aussi des biens à Saint-Martin deu Guot, véritable lieu 
d'origine de la famille. 

Quant au manuscrit de la Réole, source dit- on de la 
même légende, on le cite souvent, mais personne ne Ta 
vu et il faudrait remonter à Aliérior d'Aquitaine (1122- 
1203), époque où les Got marquaient déjà en Gascogne. 

Le nom même d'Uzeste ne figure que rarement dans 
rénumération des titres des Got. Il disparut complète- 
ment de la branche principale en passant dans celle des 
Preyssac dont Gaillard et Arnaud Bernard sont dits 
Soudans de la Trave et d'Uzeste en 1313. J'ai lu, aussi, 
qu'une Cœcilia de Ucetia, mariée à un Bertrand de 
Budos, avait obtenu de Benoît XII, en 1337, troisième 
année de son Pontificat (16 décembrel334, 25 avril 1342) 
la permission de se marier même en temps prohibé (3) 
et la terre d'Uzeste passa plus tard aux Lalande ou 
Lalanne. 

Tel est le résumé sommaire de la vie de Clément V 
qui, suivant l'usage des Papes, adopta un sceau parti- 
culier donné par Ciaconius (4) et qui comprenait une 
roue, c'est-à-dire deux cercles concentriques avec deux 
diamètres se coupant à angle droit dans l'intérieur 
de la moindre circonférence de manière à former une 
croix. 



(1) Loc. cit.y p. 434. 

(2) Registre d'hommages à la BiblioUièque de Bordeaux, d'après l'abbë 
Brun. 

(3) Loc. cit,j p. 631. 

(4) Loc. cit., p. 362. 



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- 68 — 
Cette sorte d'écusson quadripartite porte : 

1" canton : le SCS le 2« SCS le 3« CLE le 4* MENS 

PETRVS PAVLVS PP V 

On lit, entre les deux circonférences, la légende que 
Bertrand du Got avait réservée et qui se retrouve sur 
les monnaies de ce Pape, d'après le musée de Jean 
Roy-Vaillant, antiquaire du Roy (1) BENEDICAT.NOS. 
DEVS.DEVS.N0STER.BENEDICAT.N0S.DEVS(2). 

On voit, en outre, sur ces monnaies : de face, le buste 
du Pape, couronné de la tiare, bénissant de la main 
droite, tenant de la main gauche une croix à long man- 
che et revêtu d'une chape, ou manteau, avec la légende 
CLEMENS : PAPA : QVINTVS ; au revers et dans le 
champ, au centre, uue croix simple entourée de trois 
cercles concentriques entre les deux grénetis desquels 
se lisent, dans le plus petit cercle, COMIT: VENASINI : 
plus, les clefs de saint Pierre entrecroisées et, dans le 
grand cercle, la légende AGI M ; TIBI ; GRA. OMNI- 
POTENS DE. 

Et nous n'avons plus qu'à nous occuper du tombeau 
du Pape, dont les derniers moments ont été décrits par 



(Ij Baluze, t. I. Planche contenant les gravures des monnaies des Papes 
d'Avignon. Elles sont également rappelées dans le Manuel de numisma- 
tique du moyen-âge et moderne, de l'Encyclopédie Roret, 2» édition, de 
Barthélémy Blanchet, t. 1, p. 351. Des variétés de monnaies existent dans 
les collections du musée d'Avignon sous les n°* 137, 138 et 139, d'après 
une note qu'a bien voulu me remettre mon érudit collègue en numisma- 
tique, M. le Comte A. de Chasteigner. Voir t. II, p. 348 des monnaies 
féodales de Poey d'Avant au nom d'Avignon, 

(2) Voir l'une de nos planches. 

Le savant conservateur du musée d'Aviguon, M. Labande, m'a fait 
connaître tout récemment que les pièces indiquées plus haut sont dans le 
médaillier de cette ville. 



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— 69 — 

A.ndré Victorelii, dans ses additions à Ciaconius (l) en 
des termes dignes d'être rappelés, mais qui ne lont 
jamais été, bien sûrement par Toubli si ordinaire de 
recourir aux textes primitifs. 

« Voyant sa mort prochaine, Clément V appela les 
» membres de sa famille près de lui, précisant la part 
» qui revenait à chacun, leur prescrivant de penser à 
» lui devant Dieu, les exhortant à le craindre et leur 
j> demandant d'obéir à son désir d'être transporté et 
» enterré dans l'église de cette Sainte Marie d'Uzeste, à 
» laquelle il s'était voué, dans sa patrie bordelaise. Et 
iD après avoir reçu leur serment, il les bénit et mou- 
» rut y> (2). C'était le couronnement d'une belle vie, la 
digne fin de celui que Villani, lui-même, appelait uomo 
di grande onore et de Signoria (3). 



IV 
Le mausolée de dément V. 

L'histoire de ce monument est assez semée d'inci- 
dents et nous paraît devoir être divisée en deux chapi- 
tres. Le premier, comprenant tous les faits antérieurs 
au xix« siècle, le second, ceux constatés depuis et jus- 
qu'à nos jours. 



(1) Loc cit.f t. 11^ col. 366. Morti proximus Clemens familiam ad se 
accersit percunctatus, quid cuique opus esset ad victum, pros'idet ; ut 
sui apud Deum sint memores illumque timeant hortatur; seque deferri ab 
illis petit et sepeliri in ecclesia B.-Marie de Uzesta, in Burdigalen 
patria, cui se voverat : accepta fide, illis henedixit et obiit anno 131^, 
Kal. maii, (Ex Scheda veteri citato), 

(2) Citation d'un vieux docuineut. 

(3) Loc. cit. 



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— 70 — 

1** DOCUMENTS ANTÉRIEURS AU XIX® SIECLE 1314-1800 
A. Erection du Mausolée. 

On sait qu'après un règne pénible et mouvementé, 
Clément V, malade dès longtemps de dysenterie, mou- 
rut à Roquemaure sur le Rhône, pendant le voyage qu'il 
avait entrepris pour venir reprendre des forces à Bor- 
deaux, sous Tinfluence de Tair de son pays (1) et que 
ses dernières volontés d'être inhumé à Uzeste (2) furent 
respectées après divers incidents très diversement ap- 
préciés et surtout après une assez vive contestation entre 
les chanoines de Carpentras et ceux d'Uzeste qui fini- 
rent par obtenir gain de cause (3). 



(1) j4t cum morhus ingravesceratf eumque se adyersâ valetudine 
confliciatum seniirei ad captandum nati\'um aerem repetendum burdega- 
lem itineri se accinxit sed patriam visere non licuit nam apud Rupem 
mauram extremum diem clausii (p. 377), , 

(2) Jusserat enim Clemens et supremis tabulls mandant corpus suum 
Uzestae sepeliri (Cinc, 360 F.) Il est fâcheux, à plus d'un titre, que le 
testament de Clément V n'ait pas encore été publié. \\ existe dans les 
archives du Vatican et fut rédigé le 29 juin 1312 au Grauscauou Groseau, 
près Malaucena, prieuré et maison de campagne que le pape aimait 
beaucoup. (Depuis la rédaction de ces lignes j'ai pu me procurer une 
bonne copie de ce testament. Il ne dit absolument rien de la sépulture du 
Pape à Uzeste). 

(3) Et cum mortuus esset, inter canonicos Uzestenses et carpenctorat» 
antiqui oppidi incolas lis magna et gravis orta est uiri sepultura conce- 
deretur, judicium tamen penès Uzestam fuit. (Ciac, 360 F.) 

Le corps de Clément Y avait été transporté aussitôt après la mort à 
Carpentras, sur la demande de Bérangcr de Muzan, évéque de cette ville, 
et du consentement des cardinaux, pour y être enseveli dans la cathédrale, 
mais les Chanoines d'Uzcste réclamèrent et obtinrent gain de cause, non 
après deux ans de procès comme Ta dit Fisquet, Loc, cit.^ p. 20, mais en 
août de l'année de la mort, c'est-à-dire 1314. 

Sequenti vero mense Augusti de Carpentorate fuit transvectum cor- 
pus ejus in Vasconiam patriam suam, fuitque sepultum, sicut elegerat^ 
in eclesia Béate Marie de Usesta diocesis Vasatensis, — 3« vie de Clé- 
ment, V, Baluze v. I, p. 60. 

Roquemaure était en terre française et sur la rive droite du Rhône. Le 



li.. 



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— 71 - 



Le litige fut, d'ailleurs, assez vite réglé car la date 
de la mort est du 20 avril 1314 et le transport en Gas- 
cogne, du 27 août suivant (1). 

C*est là que Tun de ses neveux et son principal héri- 
tier (2) Bertrand du Got, vicomte de Lomagne et d'Aut- 



corps fut porté à Carpenlras où siégeait la Cour papale, sur la rive gau- 
che, et de là ramené à Uzeste. 

Fuit que Bevectum Corpus ejus ultra Rhodanun' apud Carpentoratem 
civitatem ubi cardinales cum alia curia residebant. 3» vie, Baluze. p. 60. 

(l)C'e«t ainsi qu'on a raconté que le corps du Pape fut abandonné, aus- 
sitôt après la mort, à la domesticité du défunt quile dépouilla de tous ses 
vêtements et l'abandonna au point que le feu de la Chapelle ardente qui 
l'entourait se communiqua au cercueil. Mais c'est encore, très probable- 
ment, une légende imaginée pour appuyer l'idée du sort qui attendait 
Clément V en enfer. Elle est en conlradition avec le zèle que les Chanoi- 
nes de Carpentras mirent à conserver les restes de Clément V. — Voici, 
du reste, le texte de Ciaconius, 751 A. 

Et quamquam vivens torrentem possideret divitiarum^ sic tamen a do* 
mesticis suis moriens etiam vestimentis nudatus est, ut unicum tantum 
palliolum reperttim sitf quo posset coniegi corpus ejus, ut religiosi, qui 
tune aderantf postmodum retulerunt, Fertur eniin, quod ea nocte, quà 
mortuus essety sic fuit desertus ab omnibus j ut ex cereorum igné supra 
eum delapso pars corporis sit adusta, 

(2) La fortune de Clément V était vraiment considérable et fut évaluée, 
par Jean XXII à un million, soixante-quatorze mille huit cents florins d'or 
(1,074,800) soit environ 12 millions de notre monnaie. Son neveu avait 
reçu 614.000 florins dont 300,000 en vue d'une croisade et 314 pour les 
œuvres pieuses, et il ne fut déclaré exempt de toute recherche, après une 
assez longue procédure, que le 21 juillet 1321, sept ans après la mort de 
son oncle, moyennant 150,000 florins payés à la Chambre apostolique, 
en tenant compte des obligations de la croisade (qui n'eut pas lieu) et des 
legs. Une autre procédure, commencée pour les richesses de tout genre 
accumulées dans le château de Monlils, propriété de Clément V et de son 
neveu, ainsi qu'à Roquemaure et Carpentras, n'eut pas de suite d'après 
Baluze, t. I et Histoire de l'église gallicane, in-12, 1783, t. XIII, p. 58. 

J'ai découvert aussi, que Clément V avait mis en dépôt, chez une de 
ses sœurs, Gailharde de Preychac, 80,000 florins dont il disposa le 
ic mai 1313 en faveur du roi d'Angleterre, Edouard H, en vue d'une 
croisade imminente, qui n'eut pas lieu mais dont le roi grrda les subsi- 
des. Sur cette somme 6,000 florins étaient réservés pour les travaux de 



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— 72 — 

viliar (1), avait pourvu à tous les détails de la sépulture 
avec une magnificence extrême signalée par Ciaconius, 
mais au sujet de laquelle un chercheur très souvent 
heureux, c'est-à dire très habile, M. le chanoine Jules 
de Carsalade du Pont, d'Auch, a trouvé l'indication 
très précise d'un contrat fait à ce sujet. A savoir : 

« Ung vidimus des papiers des comtes d'Armagnac 
» contenant les termes du marché de la tombe, sépul- 
» chre, chasse et tumbeau du Jeu pape Clément cin- 
» quiesme faict entre le procureur de Bertrand de 
» Guot, vicomte de Lomaigne et d'Autvillar, d'une 
» part, et Jehan de Bonneval, marchant et bourgeois 
» orfèvre demeurant à Orléans, faict l'an mil CGC 
» quinze, le mardy après la quinzaine de Panthecouste, 
» signé du notaire et scellé en cire vert du scel de la 
» prévôsté d'Orléans » coté au dos H^ XX (2). 

Je n'ai pu consulter encore ce titre et savoir s'il ren- 
ferme plus de détails (3), mais Ciaconius a décrit ainsi le 
tombeau (4): 

Sepulchrum marmoreum admirandique operis octo 
columnis ex jaspide pulchrè exornatum. 



l'église de Villandraut non terminée à cette date. Bibliothèque de l'Ecole 
des Charles, t. IV, 4« série, 1858, p. 81. 

(1) Il était fils d'Arnaud Garsie du Got, père de Clément V, que ce 
dernier avait fçit duc de Spolète en 1307 pour montrer qu'il n'oubliait 
pas les Italiens. Ne Italls omnino ohlitus videretur prsefecit ducatui SpO' 
letano prienobilem virum fratrem suum Arnaldum Garsiam Vice-comitem 
Lcomanix, Ciaconius d'après les annotations d'Oldoîn, 369, E. 

(2) Malgré d'activés recherches, faites par de véritables érudits d'Or- 
léans, le nom de Bertrand de Bonneval est tout à fait inconnu dans l'his- 
toire de celte ville. 

(3) Je n'ni pas encore reçu de réponse favorable au sujet de mes deman- 
des aux Archives nationales de Paris où le document existe, sûrement, 
dans le fonds d'Alonçon, à l'occasion du mariage de Marguerile, fille de 
François I*'', avec le duc d'Alençon, apanage des biens des comtes d'Ar- 
magnac. 

(4) Lo€, cit., 360, F. 



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- 73 — 

Et ce tombeau devait recevoir, au témoignage de 
Bzovius, d'après un registre de Jean XXII, sous la date 
de 1330, une châsse superbe du prix de plus de cin- 
quante mille florins d'or que Bertrand avait aussi com- 
mandée (1) et qui donna lieu à une sentence arbitrale 
du 16 juin 1319 entre ce neveu du Pape, d'une part, et 
Jehan de Bonneval et autres orfèvres chargés du tra- 
vail, de Tautre. 

Au-dessus, enfin, devait être placée une statue en 
marbre blanc représentant Clément V et qui n'a été 
signalée, pour la première fois, que dans l'ouvrage inti- 
tulé : Propylœum ad acta sanctorum maii^ édition de 
1687, ainsi que nous le verrons plus loin. 

Point d'autres renseignements sur la disposition des 
huit colonnes de jaspe qui devaient entourer, probable- 
ment, le mausolée et supporter, peut-être, un balda- 
quin ou autre ornement de tombe, et il paraît que tout 
ne fut même achevé que quarante-cinq ans après la 
mort de Bertrand du Got, car Baluze cite une version de 
Papirius Massonus, auteur d'une vie de Clément V et 
d'après laquelle l'honneur de la construction même du 
tombeau reviendrait à Gaillard de la Mothe, cardinal de 
Santœ LucUe in silice qui dit expressément, dans son 
testament : 

ce Volo et ordino et executores meos attenté rogo ut 
» tumulus quem ad sepeliendum corpus felicis recor- 
» dationis démentis V Papas , açunculi mei, fabricare 
» feci in ecclesia B, Marie Uzesta, diocesis Vasatensis^ 



(1) Scribit (de Episcopis vrbia) Bertrandum vice comitem Leomani» 
démentis nepoteniy reponendis ejus ossibus arcam argenteam auro et 
lapidibus pretiosis ornatam preiio supra quinquaginta mille nummum 
aureorum comparasse reponendam super tumulum ejus in ecclesia Usestse, 
5aluze, t. I, col,, 683. 



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— 74 — 

» compleatur et ahsohatur stipendiis meis^prout eisdem 
K) executoribus aut uni ex ipsiss^idehitur faciendum{K)ri. 

Mais la contradiction apparente de ces deux textes 
peut, il est vrai, s'expliquer facilement par le fait même 
des 45 ans qui s'écoulèrent entre la mort de Clément V 
et rachèvement du tombeau d'Uzeste, 1314-1359. 

Il y eut d'abord plusieurs contestations entre Ber- 
trand du Got et Jehan de Bonneval, réglées par une 
sentence arbitrale du 16 juin 1319 (2), puis entre les 
chanoines de la collégiale et les héritiers du pape pour 
les dépenses du mausolée qui ne fut en réalité terminé 
que deux ans après le décès du cardinal Gaillard de la 
Motte, lui-même, 1357-1359. 

Entre temps, le sarcophage avait été porté au châ- 
teau de Lavardens par Jean d'Armagnac (époux de 
Régine) qui ne s'était pas dispensé de le piller au dire 
de Rainaldi, et qui ne le rendit qu'en 1330 sur l'ordre 
formel de Jean XXII (3). 

L'honneur de la restauration appartient donc à 
Gaillard de la Motte. 

C'est, du moins ce qui résulte du texte donné dans 
le Propylœum (4) et il est probable que quelque mé- 

(1) Baluze, t. I, col., 834. De Laurière et Munlz, p. 290. 

(2) Archives des comptes d'Armagnac, fonds d'Alencon aux archives 
nationales de Paris, a sur le débat de la Capse du feu pape Clément 
» cinquiesme qui esloit eutre messire Bertrand deGuot et son procureur 
» d'une part, et Jelian de Bonneval, bourgeois d'Orléans et autres orfè- 
1) vres qui avoient faict la dicte capse^ d'autre part. Et fut la dicte sen- 
u lence prononcée à Yillandraud, au diocèse de Bourdeaux scellée du 
» scel de l'ofticialité contenant comment maistre Jelian de Lissac, qui a 
)> signé la ditte sentence, est notaire ». Coté au doz. n« LXIX, p. 21. 
Tiré à part de Laurière et Muntz, d'après J. de Carsalade du Pont. 

(3) Loc, cit. 

(4) Sed quod testamento mandaverat sibi fieri monumentum non nisi 
poêt annos XLV absolutum a canonicis quibis fortassis cum defuncti 
consanguineis et heredibus opulentam ejus gazant partitis, longé diffi- 



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sintelligence s'était établie entre ce dernier et les cha- 
noines, car ceux-ci n'eurent aucune part, ainsi que 
ceux de Villandraut, dans les largesses testamentaires 
que le neveu du pape prodigua aux chapitres de Rouen, 
Bazas, Saint-Emilion, Chartres et Narbonne (1). Il les 
supposait sans doute desintéressés ou assez riches. 
Néanmoins, personne ne paraît avoir recherché com- 
ment le cardinal de Sainte Lucie in Silice succéda, 
comme exécuteur testamentaire, à son oncle Bertrand, 
vicomte de Lomagne, dont il ne pouvait hériter direc- 
tement puisque ce dernier avait eu des enfants. 

J'avais d'abord fait quelques recherches, spéciale- 
ment en relisant avec soin le testament de Régine, 
fdle de Bertrand, mais elle n'y parle point de Gaillard 
de la Motte, pas plus du reste que de son père ni du 
Pape, mais seulement de sa mère Béatrix de Lautrec, 
de quelques parents et de son grand-père paternel 
près duquel elle voulait être enterrée à Autvillar (2). Je 
devais donc désespérer de pouvoir me rendre compte 
de cette substitution quand j'ai rencontré, en cherchant 
tout autre chose, le mot de l'énigme non résolue. 

Quoique aucun auteur n'ait précisé la date de la 
mort de Bertrand du Got, vicomte de Lomagne, ni le 
lieu de sa sépulture, il est probable que le décès eut 
lieu en 1324, ou peu après, selon le Père Anselme (3), 
et l'on sait qu'il avait institué pour héritière universelle 
sa fille Régine qui, par son testament du 26 août 1315, 



cilius certamen fuerii pro sumplibus extorquendis quant pro corpore fue- 
rit cum canonicis carpentoratensibiis (Conatus, p. 74, B). 

(1) Chronique de Bazas, 1356. 

(2) Et où elle repose en eflel. 

(3) Loc. cit. Le testament de Bertrand est du 19 mai 1324 avec deux 
codiciles des 20 et 22 mai suÎYanls. (J'ai pu me le procurer depuis la ré- 
duction de ces lignes). Bertrand veut être inhumé à Villandraut. 



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transmît tous ses biens à son mari, Jean d'Armagnac, 
avec quelques legs particuliers en faveur de plusieurs 
personnes de sa famille. 

Mais ce testament fut vivement attaqué après la mort 
de Régine qui n'eut pas d'enfants, d'abord par sa tante, 
Elipide ou Alix, sœur de Bertrand, mariée à Amanieu 
de la Motte, seigneur de Roquetailladc, et ses fils Ber- 
trand et Amanieu, ainsi que par Béatrice de Lautrec, sa 
mère, comme étant les plus prochains héritiers ab in- 
testat^ contre Jean d'Armagnac, héritier seulement tes- 
tamentaire ou ex asse. Chaque partie réclamant la suc- 
cession vacante et demandant, chacun en son nom par- 
ticulier, à en être saisi, le Procureur général du Roy 
mit la main sur plusieurs de ces biens et le procès 
aurait été dévolu au Parlement quand l'affaire prit une 
autre allure par la mort d'Alix, dont les fils Bertrand 
de la Motte et tous ses frères, se déclarèrent héritiers 
universels; mais des transactions intervinrent et le 
comte d'Armagnac, ayant cédé ses prétentions à ce 
Bertrand et à son frère, le cardinal Gaillard, ils furent 
reçus à la foy et hommage des terres dont il s'agissait 
|)ar arrêt conservé dans les registres du Parlement de 
Paris du 20 juin 1336 (1). 

Le cardinal Gaillard devint ainsi successeur, pour 
une forte part, des biens de Bertrand du Got, en con- 
cédant plusieurs terres à son frère Bertrand, et se 

(t) DuchesDe Fo>«, cité, t. 1, p. 410 et t. H, Preuves, p. 288, à savoir : 

lo Instrumentum entre Jean comte d'Armaignac et messire Gaillard de 
la Motte, cardinal de Sainte-Lucie, pour luy et son frère, touchant Villan- 
draut, Blanquefort, Allemans, le Sauvetat et Caumout de Miradel, 1332 ; 

2* Extrait des registres du Parlement, 1336. 

Une remarque assez intéressante est qu'Uzeste n*est jamais cité dans 
tout ce procès ou autres titres de possession des Got, sauf pour Arnaud 
Bernard de Preychnc, Soudan de La Trave et d'Uzeste ainsi que nous 
l'avons déjà dit. 



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— 77 — 

trouva, sans doute, naturellement chargé de remplir 
définitivement les intentions de Clément V pour le 
mausolée dont l'exécution, après presque un demi-siè- 
cle depuis la mort du pape, est un témoignage irrécu- 
sable, et dont on trouverait peu d'exemples, des sen- 
timents d'affection, d'honneur et de respect qu'avait 
inspirés Clément V. 

Uzeste fut, d'ailleurs, exempté de tout impôt par les 
Rois de France jusqu'à la Révolution, et la mémoire du 
pape Clément est encore très populaire dans la Gironde 
et les Landes. Elle est consacrée, du reste, par le crû 
de vin qui porte son nom à Pessac, domaine qu'il avait 
donné aux archevêques de Bordeaux, à perpétuité (1) ; 
ce qui fut respecté jusqu'en 1793. 

B. Mutilation du tombeau. 

Comme le dit un vieil annaliste dont on vient de 
publier tout récemment (1887) et pour la première 
fois, le manuscrit (2), le mausolée de Clément V 
demeura en repos à Uzeste pendant plus de 200 ans, 
mais il fut pillé et dévalisé en 1568, d'après la Chro* 
nique Bordelaise de Delurbe (3) ou plutôt en 1577, si 



(i) Hodie plures vivunt apud Uzestam démentis cognomine agricole ad 
tenuem, ut verisimile est, fortunam temporis lapsu redacti. In gratiam 
démentis nunc quoque Uzesta tributis et vectigalibus exempta est bene- 
ficiis Régis Francorum, démens V Burdegalensi archiepiscopo vineam 
reliquit, optimi vini feracissimam in vice Pessaco quœ démentis papx 
vinea quoque appellata (Ciac, 361, A). CeUe terre lui venait de son frère 
Gaillard de Got, pour lui et ses successeurs au siège de Bordeaux. 

(2) Les Chroniques de Jean Tarde, chanoine et vicaire général de 
VEglise de Sarlat, annotées par le vicomte Gaston de Gérard. Paris, Oudin 
et Picard, 1887, in-4« de XLIV, 432 pages. 

(3) Chronique de Bordeaux, Edition Millanges, Bordeaux, 1619, p.. 23. 
« OU son sépuchre fust dressé de jaspe, d'albâtre et de marbre blanc, 
richement élabouré jusques en Van 1568 qu'il fust ruyné par les 
Huguenots ». 



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— 78 — 

Ton en croit le chanoine Tarde, ou Ciaconius, dont les 
versions sont tellement semblables qu'elles doivent 
avoir été copiées Tune sur Tautre, celle de Tarde sur 
celle de Ciaconius, très probablement (1) et il y eut, 
comme toujours, en pareille affaire, vol et violation' de 
sépulture sous prétexte religieux. 

Voici le texte de Tarde que nous donnons comme 
curiosité girondine, car il n'a jamais été cité par les 
historiens de Bertrand du Got : 

« Clément V, natif de Villandraut, de parents nobles, 
» portait ses armes d'or à trois faces de gule. 11 décéda 
» à Roquemaure-sur-le-Rhône, le 20 d'apvril 1314, 
» ayant tenu le siège huit ans, dix mois, 15 jours et fut 
» apporté et enseveli à Uzeste, petite ville du diocèse 
» de Bazas, où il demeura en repos jusques au 6 jan- 
» vier 1577, que deux habitants de Bazas, calvinistes, 
» nommés La Forcade et La Serre, allèrent violer et 
» voler son sépulchre. 

» Etant entrés dedans, ils trouvèrent le corps de la 
» longueur de huit pieds (sic) si entier que une cicatrice 
» qu'il avait au visage paraissait encore, mais inconti- 
» nent le tout fondit en cendres. Ils y trouvèrent quel- 
» ques bagues et quelques vases d'or et d'argent qui y 
D avoient esté mis lors de la sépulture avec parfums et 
7> drogues aromatiques, pour conserver le corps de 
» corruption. Ils emportèrent ces meubles et non con- 
y> tents de cela, brisèrent le sépulchre qui estoit tout 
» de marbre, enrichi de six colonnes de jaspe (2), le tout 
» élaboré d'une excellente main » (3). 

(1) Le manuscrit de Tarde, resté inédit^ n'avait pu servir pour l'ouvrage 
de Ciaconius publié en 1601. Tarde né en 1561, mourut en 1636, et ses 
chroniques s'arrêtèrent à 1624. Ses connaissances en astronomie l'avaient 
mis en rapport avec Galilée. 

(2) Ciaconius parle de huit colonnes. 

(3) Loc. cit., p. 87-88. 



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— 79 — 

On trouve du reste ces détails confirmés par Ciaco- 
nius (1) qui ajoute : « Ossa denique, ne quid prœter- 
mittani, igni comburenda tradidere ». (Giac, t. II, p. 
360, F.). 

La destruction paraîtrait donc avoir été complète. 

Néanmoins O'Reilly a dit dans son histoire de 
Bazas (2) que : « Le tombeau, restauré à grands frais, 
fut démoli par les Vandales de 1193 ». Mais je n'ai pu 
recueillir aucune preuve de ces deux faits si ce n'est 
un document très curieux que j'ai découvert, non sans 
quelque bonne fortune de chercheur, dans le Propy- 
Iseum ad acta sanctorum maii^ œuvre des jésuites 
belges, Papebroch, Baertet Henschens (3) qui, frappés 
de l'affirmation formelle de Ciaconius que le sépulchre 
de Clément V était encore à Uzeste (4), eurent la 
pensée très naturelle, mais si rarement réalisée en 
archéologie, de faire vérifier l'exactitude de la cita- 
tion. 

Ils s'adressèrent, pour cela, au Père Antoine Blan- 
chard, directeur du collège des Jésuites de Bordeaux, 
qui s'empressa de leur transmettre des détails assez 
circonstanciés sur la tombe, en signalant pour la pre- 
mière fois (comme nous l'avons dit), la statue placée 
au-dessus du tombeau et qui représente le Pape cou- 



(1) « Post quidem a yiolantibus sepulchrum ÎDventum est, ponlificuin 
» corpus admodum procerum, fere pcdes octo, cum eminenti in vultu 

V olim vulneris accepti cicatrice, idque in cineres resolutum est. 

» Violatores insignis tumuli ex eo retulere in praedam aliquot gemmas 

V argenteaque vascula quae una cum corpore et aromatibus et crepidis 
» inclusa fuerant. Haec violatio sepulchri facta est VII Idus Januarias 
» anno 1577, Ducibus tam nefarii sceleris Serre et Forcade Vasatensibus. 

(2) Essai sur Vhistoire de la ville et de V arrondissement de Bazas, 
Bazas, 80 1840, p. 236. 

(3) Edition d'Anvers, 1685. 

(4) Uhi ait Ciaconius adhuc videri sepulchrum démentis. 



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— 80 — 

ché, sa tiare brisée, ses pieds reposant sur un griffon 
dont la tête manque (1). 

Une gravure était jointe à la note et n'a jamais été 
signalée, ce qui m'a engagé à la reproduire, et je ne 
crains pas d'ajouter qu'elle est plus exacte et plus nette 
que les photographies ou les dessins qui ont paru 
depuis (2). 

Elle offre, de plus, l'avantage de représenter le 
monument à la (in du xvii* siècle (1685) auant son 
transfert du chœur de l'église, où il avait été primiti- 
vement placé, dans un coin du transept, mais elle 
prouve aussi qu'on n'avait, sans doute, réparé que le 
tombeau car on n'y voit aucun souvenir ou vestige des 
ornements extérieurs en jaspe, albâtre, etc. , du pre- 
mier mausolée, dont quelques débris informes ont été 
recueillis par M. le curé d'Uzeste. 

La note du P. Blanchard fournit, en outre, quelques 
détails nouveaux : la construction de la tombe en 
pierres revêtues de marbre noir, la description et 



(1) Hoc indicio admonitus, rogavi colle gii nostri Burdegalensis Recto- 
rem P. Antonium Blanchard, ut sepulchrum illud nobis delineatum 
curaret, Tentavit is commendatum sibi negotium exsequi sed in loco 
pictoribus destiiuto aliud non potuit obtinere, quant solius tumbx lapide» 
nigro marmore incrustât», accuratam dimensionem, hic subtus exprès- 
sam, supersposita ex albo marmore statua descriptione verbalii absque 
ulla mentione columnarum alteriusve ornatus circum vel supra ducticujus 
tumbse altitudo (prxter statuant) quinque et semis pedes longam, altam 
unum pedum, omnino trium cum dimidio est, longitudo pedum octo et 
semis, — (PopyUeum, Conatus, 74 B). 

(2) Le dessin de la Commission des travaux historiques de la Gironde 
est inexact, car il comprend une quatrième pièce de champ ajoutée à celles 
qui appartenaient réellement au premier tombeau et portant les traces 
des boulons qui les rattachaient aux plaques en marbre noir du revêle- 
ment. La photographie du mémoire de MM.de Laurière et Munt^est trop 
noire et confuse. Ces deux vues du tombeau sont, du reste, postérieures 
au déplacement de ce tombeau. 



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— 81 — 

même la mensuration de la statue et de l'ensemble du 
monument (1). 

L'assertion d'O'Reilly ne peut donc pas être écartée 
sans preuves contraires d'autant plus que j'ai décou- 
vert aussi, en lisant, page par page, le Propylœuniy 
qu'une pareille restauration avait été faite au mausolée 
du pape Clément VI, d'abord élevé à Avignon, puis 
dans la célèbre abbaye des Bénédictins de la Chaise- 
Dieu, dans la Haute-Loire, près Brioude(2). 

Ce tombeau, qui a la plus grande analogie d'aspect 
général et de détails avec celui de Clément V, avait 
subi de pareilles mutilations et avait été incontesta- 
blement réparé après les guerres religieuses. On y 
voyait un massif de dalles de marbre noir au-dessus 
desquelles avait été placée la statue en marbre blanc 
du pape, horizontalement couché, ses pieds reposant 
aussi sur un griffon qui paraît intact ou restauré (3), 
et le texte, relevé par nous, dit expressément que les 
Calvinistes ayant détruit la tombe en 1562, brûlé les 
ossements (4) et brisé la statue du pontife, on répara 



(1) Les chiffres donnés concordent avec ceux que MM. de Laurière et 
Muntz ont relevé, en 1882. Ce qui est une preuve de plus de l'exactitude 
des renseignements du P. Blanchard. 

(2) Conatus ehronico-historicus ad Catalogum pontifie um, p. 89, 

(3) Et hsec statua quidem pedes quinque cum dimidio longa est ex 
marmore albo ex quo etiam plinthus inferlor longus pedes novem; ipse 
vero tumuîus cum inferiori ac superiori tabula, totus ex nigro. C'est 
exactement la tombe d'Uzeste, 

(4) Ce fait n'est pas absolument exact. On se borna, d'après certains 
auteurs (Histoire des Archevêques de Rouen^ p. 505). à boire dans le crâne 
de Clément VI, i^oxxr pouvoir se vanter d'avoir bu dans la tête d'un pape. 
D'autres ont dit que les Calvinistes s'amusèrent seulement à se renvoyer, 
les uns aux autres, le crâne comme un ballon, puis le jetèrent au feu avec 
le reste des ossements dont la -plus grande partie, retirée des flammes, 
fut mise dans un cuir de cerf et reportée dans le tombeau qu'on répara 
depuis. Conatus, 2« partie, p. 82. 

To^iK XVIir. — Fasc. II et IIÏ. 6 



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— 82 — 

plus tard celle-ci dans ses ornements et ses extrémités. 
Ce que les jésuites belges avaient appris du P. de 
Fuxo, rccleur de leur collège du Puy (ï). 

Ce ne peut être, évidemment une preuve, mais un 
exemple, et j'ai peine à admettre que les chanoines 
d'Uzeste aient laissé dans un état presque complet de 
démolition, de 1577 à 1793, le tombeau qui leur était 
confié. Ils étaient largement rétribués. Les membres de 
la famille de Got, qui conservaient leur droit de nomi- 
nation aux divers postes de la collégiale, ne l'auraient 
pas supporté et, d'ailleurs des restaurations analogues 
avaient été faites aux églises de Bazas dévastées aux 
mêmes époques. 

Quoi qu'il en soit, c'est aussi dans le Propj/lœum que 
se trouve la meilleure indication de l'inscription qui 
atteste l'authenticité du mausolée de Clément V et si 
la gravure dont je viens de parler ne reproduit pas 
bien, sans doute, cette épitaphe par l'impossibilité maté- 
rielle de condenser une masse de lettres dans un étroit 
espace, au moins doit-on la citer pour cette raison, déjà 
rappelée, qu'elle avait été relevée sur place alors que le 
tombeau était encore dans le chœur de l'église. 

Cette inscription, altérée déjà par l'ancienneté et 
l'abandon, brisée en partie, était établie en belles let- 
tres du temps, de quatre centimètres, autrefois dorées 
et disposées sur une seule ligne, en commençant et 
finissant au-dessous de la tête du Pape (2). 



( I ) Undè per R. P. de Fuxo Podiensis nostri collegii Rectorem Obtini' 
mus stattue êx qu» fuerai parte truncaia redintegratœ. 

lia delineationi a se curata prior loci subscripseratt addensy non 
obsiente calvitiistarum furore^ in chori medio tumulus stare, réduite^ 
grand» auiem statu» addi duntaxat debuisse tiaram manusque et pedutn 
extrema quie decussa fuerant omnia, p. 89, A. 

(2) Lapidis arcam operientis supremus et nonnihil aeelinis limbus. 



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— 83 — 

Elle est plus exacte que celle donnée par Ciaco- 
nius et par beaucoup d'autres auteurs et je ne saurais 
trop faire remarquer, à ce sujet, la légèreté avec laquelle 
sont présentées, copiées, modifiées et altérées comme à 
plaisir, les inscriptions de tout genre, en archéologie. Il 
faudrait plus d'une page au moins pour prouver les 
erreurs de lecture, les interpolations, les suppressions 
et les additions ou interprétations qui se lisent dans des 
ouvrages, d'ailleurs recommandables, qui ont dit citer 
exactement l'inscription funéraire d'Uzeste, dont le 
texte est ainsi conçu : (1) 

Hic jacet felicis (2) recordationis Dominas Clemens 
Papa V, fundator ecclesiarum (3) de Uzesta (4) et de 
Vilhandrando (5), qui obiit apud Rupem Mauram Ne- 
mauscensis dyocesis (6) die XX Aprilis, Pontificatus 
sui anno IX; portatus vero ad istam ecclesiam Béate 



inscrihitur epitaphio, per circuitum tumbx ducto antiqui illius 
xtatis litterisy olim auro illatis, nunc ex exoleto obscuratis et parte unà 
quâ fractum limhum ostendunt non amplius legibilihus, unlea in lineâ 
puncta post caput desuper statux jacentis initium sumente verbis hujui- 
modi ((Conatus cité, p. 74, 78). 

(1) M. E. PigaDeau a, le premier, essayé de reproduire les letlres 
mêmes de TiDscriplion en 1878 (Soc. archéologique de Bordeaux, t. V, 
p. 158). Mais, MM. Dronyu et de Casteinau ont le mérite de l'avoir pré- 
sentée d'une manière beaucoup plus exacte en 1880 (Loc. cit,). Leur 
reproduction est, seulement, d'une lecture difficile par erreur typographi- 
que, ce qui a conduit M. l'abbé Brun, actuellement curé d'Uzeste, à la 
donner de nouveau avec une extrême exactitude dont seront juges nos 
lecteurs. 

(2) D'autres ont écrit fœlicis (Callen, éd. Lopès). Don Devienne, De 
Lurbe. 

(3) D'autres auteurs ajoutent : Collegiatarum (Ciaconius, Chro, de 
Bazas, O'Reilly, Chro-Bord, de Lurbe, etc.), Fisquet, p. 203. 

(4) Quelques-uns ont lu aussi Azesta. 

(5) Yilheudrado, Vilendrando, Vihendraldo, Villendrando (Fisquet). 

(6) Autres versions : diocesis, diœcesis, dioceseos; on n'employait ni 
les ae ni les œ au xiv* siècle. 



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— 84 — 

Marie XXVII, die Augusti (1 ), lune proxima sequentii^)^ 

anno Domini MCCCXIV (3) et sepultus die (4), 

anno MCCCLIX (5) 

Rien n'est plus précis que cette inscription sans 
laquelle nous devons ajouter qu'on serait réduit à de 
simples conjectures sur les dates du transport à Uzeste, 
de raclièvemcnt du mausolée, ou de la sépulture défi- 
nitive, mais sa lecture fut longtemps presque impos- 
sible ou très difficile, la restauration de 1805 ayant 
donné lieu à une transposition des fragments et même 
à l'abandon complet de l'un d'eux portant le mot felicis^ 
d'après le témoignage de M. de Castelnau {loc. cit.). 

Tels sont les documents antérieurs à notre siècle sur 
un tombeau et sur un Pape qui, bien loin de céder aux 
prétentions et pressions de tout genre de PhiKppe-le- 
Bel, concernant la flétrissure canonique de Boniface VIII, 
déclarait, d'accord avec le Concile de Vienne, que ce 
Souverain Pontife avait été irréprochable, en face des 
violences et des opprobres qu'il avait impunément 
subis, et vouait aux flammes les libelles, calomnies et 
impostures dont on avait fait un abus sacrilège, en 
ajoutant ces belles paroles, qui ne me paraissent jamais 
avoir été signalées dans les polémiques, qu'il agissait 
ainsi : comme Français et par cela même moins sus^ 
pect : Hac tenus homo Gallus eoque minus suscep^ 
tibilis (6). 

(1) Autre version : proxima, supprimé souvent, ainsi que tune proxima 
sequenii. 

(2) Ce fait est signalé dans la 6^ vie donnée par Bnluze. 

(>{) Ln chronique de Bazas, dont les dates sont si souvent fausses, dit 
1339. Fisquet donne la dî le MCCCXVI, 1316, précisée à tort, p. 208. 

(4) Rien ne répare la perte ici constatée de la date de l'achèvement du 
tombeau. 

(5) Propylœum, Conatus, p. 74, 78, O'Reilly dit 1315. 

(6) Posiquam omnes famosos libellos, calomniarum , imposturarum 



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— 85 -- 

2* LE JOMBBAU D^UZESTB DEPUIS LE XIX® SIÈCLE 

J'ai dit qu'il m'avait été impossible de trouver la 
preuve de la seconde dévastation du tombeau de Clé- 
ment V en 1793, signalée par O'Reilly, probable 
même d'après la description et la gravure du Propy^ 
lœum. Et je n'ai pas été plus heureux au sujet des 
causes qui firent transporter le mausolée du chœur de 
l'église d'Uzeste dans un recoin du transept. 

Il paraît que ce transfert, au sujet duquel devraient 
exister quelques documents, eut lieu en 1805 et ce 
qu'il y a de plus regrettable dans cette absence de 
renseignements, c'est que M. le curé Jaucourt, curé de 
Noaillan, adressa, beaucoup plus tard, à la Commis- 
sion des monuments historiques de la Gironde, un pro- 
cès-verbal officiel établissant que le tombeau avait été 
ouvert à cette date par ordre de l'autorité qui s'assura 
qu'il contenait intacts les restes du Pontife et le fit 
refermer avec soin (1) ; déclaration évidemment en 
contradiction avec une partie des récits de Ciaconius 
et de Tarde. 

Après ce renseignement, la première mention ar- 
chéologique d'Uzeste me paraît être celle de Jouannct, 
dans le Musée d'Aquitaine, en juin 1814, t. 111, p. 276. 



que codices contra Bonifacii memoriam, ausu sacrilego conscriptis, 
ustulandos ardentibus mandari flammis imperavisset. Ilactenus homo 
Gallus eo que minus susceptih i lis. Conatus. p. 69, E. 

(1) Sixième rapport de la Cummission des monuments historiques 
de la Gironde, p. 27, 22 août : « M. l'abbé Jaucourt adresse un procès- 
» verbal d'enquête dressé le 12 juillet 1845 par M. le Maire d'Uzeste, 
» afin de rectifier l'erreur répandue depuis longtemps sur la profanatiDn 
V dont les restes du Pape Clément V auraient été l'objet soit au 
» XVI« siècle, soit en 1793. — Ce n'est qu'en 1805 que ce déplacement eut 
» lieu et le tombeau ouvt^rt montra intacts les restes du Pontife » (Je 
n'ai pu parvenir encore à retrouver ce document). 



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— 86 — 

On y trouve un article intitulé : Un mot sur Uzest et 
son égliseySivec une planche représentant ce monument 
et son abside (1). 

Je le reproduis ici, in extenso^ parce qu'il contient 
Taffirmation de trois faits que je n*ai trouvé indiqués 
que là : 

« Nous avons cherché, dans le sanctuaire de TEglise 
» d'Uzest, le tombeau du fondateur. Il y fut autrefois, 
» mais le monument d'un homme qui profana ceux des 
» Templiers, a eu son tour. On le voit, maintenant, 
» relégué sans honneur sous un des bas-côtés: La sta- 
» tue a été mutilée, la tête dégradée, séparée du corps 
D et rajustée sans soin. Les ornements du tombeau ont 
» été enlevés, l'inscription elle-même est méconnaissa- 
» ble. Cette profanation est antérieure à la Révolution. 
» Elle eut probablement lieu à Tépoque de nos guerres 
» civiles et religieuses. 

» Sous le rond point, à gauche, on reconnaît l'enca- 
» drement gothique d'une autre sépulture; mais le tom- 
» beau n'existe plus. Peut-être que cette statue de 
» chevalier, toute mutilée, laissée à l'abandon et que 
D l'on voit au pied du mur intérieur dans un coin de 
3) l'Eglise, appartint autrefois au monument que je viens 
» d'indiquer. 

y> Il existait un petit modèle en cuivre de l'Eglise 
» d'Uzest très bien exécuté, dit-on, pour l'ensemble et 
» les détails. La famille du fondateur le conservait reli- 
» gieusement, mais on ignore aujourd'hui ce qu'il est 
» devenu » (p. 278). E. J. 

Jouannet a reproduit, textuellement, en 1837, le pre- 
mier paragraphe de cet article dans sa Statistique de la 



(1) Dessin de Duraud, lilh. Logé, Bordeaux. 



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— 87 — 

Gironde^ en accentuant sa diatribe contre le prescrip- 
teur des templiers ; en ajoutant qu'il mourut à Roque- 
laure(l) et il a fait allusion aussi à la statue qui décore 
la porte de Saint-André de Bordeaux et qui passe pour 
être le portrait de Clément V, mais il dit qu'il est beau- 
coup plus probable que le sculpteur a voulu représenter 
Urbain II, ce qui est une grave erreur ainsi que nous le 
montrerons plus loin. 

Peu après Jouannet, O'Reilly s'occupa nécessaire- 
ment de Clément V dans son livre sur Bazas — mais 
non sans éviter plusieurs inexactitudes — telles que la 
date de 1315 au lieu de 1359 comme date de la sépul- 
ture ; Taffirmation (sans preuves du moins) de la 
destruction de 1793; et l'assertion que le deuxième tom- 
beau, en marbre blanCy est celui du cardinal de Gouth 
nei^eu du Pape — alors que cette tombe est en pierre et 
n'est pas celle d'un cardinal de Gouth. Le texte de 
rinscription, donné et traduit, est d'ailleurs loin d'être 
irréprochable. 

O'Reilly raconte aussi que Mgr Donnet, archevêque 
de Bordeaux, avait fait faire, en 1847, dans le tombeau, 
des /bailles qui ne répondirent pas à Vattente des 
antiquaires (2) et dont on n'a aucun souvenir dans la 
localité 

La question reparaît en 1841 devant la Commission 
des Monuments historiques de la Gironde^ Uzeste figure 
au classement général du 19 août de cette année et on 
met à l'étude son église, son abside et le tombeau du 
Pape Clément V (3). 

Le 22 août 1845, on signale, dans le sixième rapport 



<1) Erreur, Roque Maure. 
(2) Hist. de Bazas. p. 237. 
(3; Deuxième rapport, in-So p. 113. 



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— 88 — 

de la même Commission, le procès-verbal du 12 juillet 
précédent, transmis par M. Jaucourt, curé de Noaillan, 
au sujetd*une vérification du mausolée en 1805 (1). 

Le neuvième rapport, du 26 août 1848, renferme, de 
plus, une note, sans nom d'auteur, avec une planche 
où se trouvent reproduits le tombeau du grand Pape 
gascon, sa statue à Saint-André et ses armoiries (2). 

On y visait un mémoire de M. Uabanis, paru Tannée 
précédente et tendant à prouver que Philippe le Bel et 
Bertrand de Goth, n'avaient pu se rencontrer à Saint- 
Jean-d'Angély, selon le récit de Villani. On y disait 
également que M. Lamothe avait décrit le tombeau 
dans sa belle publication qui a pour titre : Choix des 
types les plus remarquables de V architecture du moyens 
âge dans le département de la Gironde (3). 

Cet ouvrage parle, en effet, des deux tombeaux 
signalés par Jouannet : « Celui en marbre du Pape 
» Clément V et un autre tombeau à gauche du chœur 
» où Ton croit que reposent les cendres du Cardinal 
» Bertrand de Goth, nei^eu du Pape. Une statue mutilée 
» de chevalier recouvre cette dernière tombe. En 1823, 
» M. Jouannet trouva cette statue laissée à l'abandon 
j) dans un coin de l'église. A-t-on bien observé la 
» fidélité historique en la plaçant sur ce tombeau ? » 

Notons, en outre, une allusion au procès-verbal du 
12 juillet 1845 et M. Lamothe rappelait, enfin, que 
Lopès, Bernadau et O'Reilly avaient donné l'inscription 
du mausolée, mais tous avec des variantes qu'il croyait 
avoir évitées par une quatrième version d'après l'abbé 



(1) Sixième rapport, p. 27, in-8o. 

(2) Neuvième rapport, p. 20. 

(3) 1846, fol,, avec 49 planches presque toutes gravées par M, Léo 
Drouyn. 



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— 89 — 

Jaucourt, aidé de Tabbé Laville,etje dois ajouter qu'ils 
n'ont pas été plus heureux que leurs prédécesseurs. 

Ce qui paraît certain, c'est que le tombeau de Ber- 
trand de Goth avait été jusque-là laissé dans l'abandon 
le plus absolu, ainsi que la statue brisée qui le surmon- 
tait, car il existe à la Commission des monuments his- 
toriques de la Gironde^ un rapport de M. Francisque 
Michel où se lit: (1) 

« A Uzeste, où je suis allé avec M. Jaquemet, j'ai été 
» frappé autant de la beauté de l'église que de l'incurie 
» dont elle est l'objet de la part des autorités et des 
» habitants de l'endroit. Le tombeau de Clément V sert 
» à la fois d'entrepôt à la loueuse de chaises et dé chan- 
» deliers pour les fidèles qui font brûler les cierges en 
» rhonneur de leur patron ou de quelque autre saint. 
» La cire qui en dégoutte, combinée avec la poussière 
» dont on ne débarrasse jamais ce monument, ont formé 
» sur lui un mastic qui empêcherait de reconnaître la 
» matière dont il est fait, si les écorchures et les éclats 
» nombreux dus au choc des chaises que l'on place ou, 
» plutôt, que l'on jette sans précaution ne révélaient le 
» marbre. 

» Ce n'est pas tout, le pavé de l'église s'est déformé 
» en plusieurs endroits, etc. ». 

Malheureusement, ce rapport eut le même sort que 
bien d'autres. 11 resta lettre morte comme celui de la 
Commission de 1842, portant qu'elle s'était occupée des 
réparations importantes devenues nécessaires pour 
l'église d'Uzeste, ainsi que pour le déplacement et la 
restauration du tombeau du pape Clément V. 

On y ajoute même que le Ministre de l'Instruction 



(1) Registre de la CommissioD des MuDuments historiques. Communi- 
cation de M. E. Piganeau. 



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— 90 — 

publique venait récemment d'appeler sur ce point la 
sollicitude de Tautorité, dans le n** 4 du Bulletin du 
Comité historique des arts et monuments (troisième rap- 
port 1842, p. 10). 

Et on en est resté là depuis cinquante ans ! quoique 
l'attention des archéologues girondins n'ait pas cessé, 
malgré cela, de se reporter sur les monuments et la 
tombe du premier Pape d'Avignon. 

En 1851-1852, 13* rapport. La Commission, si sou- 
vent citée, donne même deux dessins de Téglise et 
cnumère toutes les réparations qui doivent compléter, 
d'après M. l'architecte Courau, celles faites dix ans 
auparavant, sous la direction de M. Duphot(p. 63). 

Un travail plus considérable se trouve encore dans 
le XVIP volume de la même Commission (p. 42). 11 est 
dû à M. le marquis de Castelnau d'Essenault et traite 
surtout de la restauration de l'église. Nous n'en rap- 
pellerons que les conclusions qui sont exactement 
celles que M. Schlumberger vient de poser dans un 
récent article des Débats (1). 

et Un jour viendra, nous devons l'espérer, Messieurs, 
» où grâce au zèle généreux des habitants et au con- 
» cours de TEtat, la collégiale d'Uzeste pourra être 
» soumise à un travail complet de restauration. Trop 
» de souvenirs se rattachent en effet, à ce monument 
» pour laisser s'écrouler, sous l'action du temps et par 
» suite d'une coupable indiff'érence, des murs élevés 
» sous l'impulsion puissante d'un de nos compatriotes 
» à qui l'éclat des grandeurs suprêmes et du pouvoir 
» dont il fut revêtu, ne firent méconnaître ni ses devoirs 
» envers l'église, ni perdre le souvenir des lieux où il 
» était né. 

(I) 27 Avril, 1893. 



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— 91 — 

i> Et nous, Messieurs, qui, les premiers, avons su 
» venger la mémoire et rétablir Thonneur du grand 
» pontife si injustement calomnié, ne regardons point 
» notre tâche comme terminée et faisons encore tous 
» nos efforts pour conserver, avec une pieuse vénéra- 
» tion, l'intéressante église où celui qui fut un des 
» plus grands bienfaiteurs de notre pays voulut être 
» enseveli au milieu de ceux qu'il avait aimés ». 

11 est certain, en effet, qu'O'Reilly en 1840 (1), à 
un point de vue général, et Rabanis en 1846 (2) défen- 
dirent les premiers, Clément V, en Gironde, surtout le 
dernier auteur, assez heureux pour avoir découvert, 
dans les Archives bordelaises, un vieux registre déjà 
signalé par André Duchcsne (3) mais complètement 
oublié et qui a pour titre : Visite archiépiscopale et 
tournée pastorale avec séjour et gite aux frais des égli- 
ses, commencé le 17 mai 130k dans les diocèses suffra- 
gants de V archevêché de Bordeaux, 

L'analyse qu'en ont faite d'abord M. Rabanis puis, 
en 1849, M. l'abbé Lacurie, chanoine et archéologue 
distingué de Saintes (4) a prouvé que l'entrevue de 
Saint-Jean -d'Angély n'avait pu avoir lieu en ce qui 
concerne Bertrand du Got et qu'il en était ainsi pour 
Philippe le Bel lui-même. 

M. Laprie le rappelle dans le calendrier ecclésiasti- 
que de la Gironde pour 1856 et M. Souyri, curé de 
Sainte-Eulalieà Bordeaux, avait déjà présenté les mêmes 
arguments en 1850 (5). 



(1) Histoire citée de Bazas, ch. XV, p. 228. 

(2) Commission des monuments historiques de la Gironde ^ 1846, p. 47. 

(3) Registrum vêtus quod adhuc Burdigalx servatus, t. II, p. 231 et 
Gallia Christiana, t. II, col. 830. 

(4) Dissertation sur l'entrevue de Philippe le Bel et de Bertrand de Got, 
Snintes, 1849, 8o. 

(5) Dissertation historique sur le pape Clément V. Ce sont exactement 



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— 92 — 

M. Rabanis a repris du reste sa thèse en 1858 avec 
de tels développements qu'il est bien difficile de glaner 
après lui (1). 

D*autres écrivains réveillèrent cependant la même 
discussion, depuis, mais en attachant peu d'importance 
à Tentrevue si discutée que M. Renan lui-même, a 
déclaré nettement devoir être reléguée au rang des 
fables (2), M. le marquis de Castelnau d'Essenault a 
résumé de plus, avec une grande autorité, tous les tra- 
vaux jusqu'alors parus et défendu avec talent et éner- 
gie la mémoire du pape girondin (3). 

Je dois citer avec lui M. Léo Drouyn qui, dans sa 
description du château de Langoiran (4) avait déjà fait 
complète justice d'une autre fable, inventée je ne sais 
])ar qui et reproduite par divers auteurs (5), d'après 
laquelle Bertrand du Got et Brunissende de Pcrigord, 
auraient été inhumés, Tun près de l'autre, dans une 
commune sépulture. Le château signalé n'a jamais 
appartenu aux familles de Talleyrand ou du Got. Les 
armoiries de ces deux maisons n'y ont été retrouvées 



les mêmes raisonnements puisés aux mêmes sources. Une citation a seu- 
lement attiré mon attention. M. Souyri dit, après Villani, a que Clément 
V adressa à Isnard, archevêque titulaire de Thèbes et vicaire de Rome» 
des sommes importantes pour la restauration de l'église de Lattran, brû- 
lée en 1308 ». La citation de Villani, liv. VIII, ch. XCVII, est fausse, du 
moins pour l'édition de 1677. Mais cet Isnard me paraît bien être le 
prieur d'Asti, nommé d'abord patriarche d'Antioche et administrateur de 
l'évêché de Pavie, ce serait à vériGer. 

(1) Clément V et Philippe le Bel, Paris, 80 1858, 199 pages. 

(2) La Papauté hors de V Italie, Revue des Deux-Mondes, l«'mars 1880, 
p. 111. 

(3) Revue catholique de Bordeaux, 1880, pp. 247, 269, 293, 317. 
[k) Guienne Militaire, t. II, p. 24. 1865. 

(5) Jouannet 1824, Musée d* Aquitaine, p. 116-120. Ducourneau, 1842, 
Guienne Monumentale t t. II, 3« partie, p. 115. Dorgau, Panorama^ 
p. 62, etc. 



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— 93 — 

à aucune époque et il n'y a point d'incertitude, ou de 
doute, sur le lieu du tombeau de Clément V à Uzeste. 

Je ne puis omettre parmi les défenseurs modernes 
de ce Pape, M. Boutaric qui a su présenter sous son 
vrai jour le caractère du pontificat de Bertrand du Got, 
en analysant avec un soin spécial les documents publiés 
jusqu'en 1874 (1), étude bien souvent tentée et reprise 
et qui trouvera sans doute, actuellement, un regain de 
vogue par la publication annoncée et déjà commencée 
des Registres de Clément Vy conservés au Vatican (2). 

D'autres auteurs se sont bornés à apprécier ce Pape 
comme protecteur des arts (3) et des lettres (4) ; 
comme grand constructeur de châteaux ou d'églises ; 
comme directeur suprême des affaires ecclésiastiques 
de son temps ; comme administrateur et diplomate ; 
ne lui rendant pas encore, en tout cela, selon nous, 
toute la justice qui lui est due (5). Et je dois noter 
aussi les mémoires et notes intéressantes de MM. de 



(1) Clément V, Philippe le Bel et les Templiers, Paris 1874, Revue des 
questions historiques, t. XI, p. 5. 

(2) Je n'ai pu consulter ces volumineux registres dont M. Tabbé Allain 
a signalé la toute récente publication, Rei^ue Catholique de Bordeaux, 
1893. 

(3) M. Faucon, Les arts à la Cour d'Avignon sous Clément V et 
Jean XXII, 1307-1334. Paris 1882. {Mélanges d'archéologie et d'histoire 
de l'école française de Rome), est en centradiction avec Renan qui a dit 
que Clément Y fut un des fauteurs les plus actifs du progrès de l'art. 
Loc, cit., p. 135. 

(4) Renan loue sans réserve son intervention directe pour la restau- 
ration des études des langues orientales, pour lesquelles Clément Y 
créa des chaires en plusieurs écoles, à ses frais et à ceux du clergé, sauf 
à Paris où Philippe le Bel avait fondé pareil enseignement en faveur de 
Raymond LuUe. 

(5) Renan avait pourtant déclaré que Clément avait tiré la papauté des 
plus grands dangers qu'elle eut courus depuis des siècles, (La Papauté, 
p. 134). 



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— 94 — 

Laurière et Muntz(l)et de M. Schlumberger, sur le 
monument même d'Uzeste (2). Ils ont trait directement 
au sujet de notre Etude, et sont les seuls documents 
publiés en dehors des travaux des archéologues gi- 
rondins (3). 

Je devrais également, pour ne rien omettre, parler 
des attaques dirigées contre Clément V, pour son népo- 
tisme et ce qu'on a nommé son amour de Targent. Mais 
Texamen de ces deux questions m'entraînerait trop loin 
et sortirait des limites que je me suis imposées. Ce 
Pape favorisa certainement, et d'une manière irrécusa- 
ble, tous ses parents et alliés (4) sublimavit suos^ 



(1) Le tombeau du Pape Clément V à Uzeste, 1887. (Société des 
Antiquaires de France, t. XLVIII, 3* série, t. VIII, p. 275j. 

(2) Journal des Débats, avril 1893. 

(3) Depuis la rédaction de ces lignes, Bertrand du Got a encore été 
le sujet de quelques notices en Gironde. C'était une des questions pro- 
posées par les conférences ecclésiastiques du diocèse pour 1892, et les 
réponses ont été résumées en 1893, mais elles ont porté presque exclu- 
sivement sur Clément V envisagé au point de vue religieux, et de son 
rôle vis-à-vis de la France et des Templiers. Procédure incroyable plu- 
tôt que procès réel, dont la lecture attentive peut donner l'idée d'un 
affreux cauchemar, tant les saintes lois de la justice semblent complète- 
ment écartées de parti-pris. Voir Tétude de M. Lavocat. 

M. Girault a rendu compte dans la séance du 9 juin 1893, d'une 
excursion archéologique à Villandraut et Uzeste, M. Lacoste, curé de 
Saint-Pardon, a commencé dans la Revue Catholique de Bordeaux, une 
série de chapitres sur le grand Pape girondin, en analysant surtout les 
registres récemment parus mais qui, jusqu'à présent (septembre 1893), 
ne paraissent avoir fourni aucune nouvelle donnée sur le sujet restreint 
de notre travail. 

(4) C'est surtout à l'endroit de son frère Arnaud Garsieet du fils de celui- 
ci^ Bertrand du Got, tous deux vicomtes de Lomagne et d'Auvillar, qu'il ne 
cessa de coopérer à la grandeur de sa famille. U donne au premier la 
terre de Saint-Symphprien en Cernés et de Livran, en Saint-Germain 
d'Esteuil, et le nomme duc de Spolète. Bertrand reçoit le titre de marquis 
d'Ancône et ne cesse d'acheter des terres et châteaux en puisant sûre- 
ment dans les caisses de son oncle. En février 1312, c'est le château et 



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— 95 — 

comme Ta dit un de ses historiens, avec cette remarque 
toutefois : que c'étaient des personnages de sainte 
vie (1) et Thistoire a confirmé leur habileté dans les 
affaires. Quant au reproche d'avarice, il tombe devant 
remploi que Clément V faisait et voulait faire de 
Targent rassemblé, en vue de la croisade à laquelle il 
poussait de toute son énergie. Les secours importants 
qu'il ne cessait d'envoyer en terre sainte (2) et la remise 
totale de créances sur les rois d'Angleterre ou de Sicile 
démontrent son peu d'avidité personnelle dans les 
questions d'argent. De nombreux documents pourraient 
être invoqués à l'appui de cette thèse que nous avons 
l'espoir d'étudier à fond à bref délai (3). 

Quant aux reproches dirigés contre son train de 
maison et dont Philippe le Bel s'était fait l'écho près de 
lui, ils sont contredits par les recherches tirées de ses 



la TÎlle de Blanquefort qu'arait déjà possédés, du reste, Béraud du Got, du 
fait de sa mère Marquise d'Uhac (Arch. Roy. de Paris, registre 46, p. 223). 
Le 8 mai, même année, a lieu l'achat du château de Montils, dans le comtat 
Venais8in,prè8 de Carpentras (Baluze, 618). LelO février 1312, Edouard II 
d'Angleterre lui avait concédé le château de Puy Guilhem et la Bastide de 
Monségur en Périgord et en Bazadais. En 1313, d'autres actes portant 
l'achat du castrum de Saint-CIar, des Bastides de Dunas et de Donzac 
aux diocèses d'Agen et de Lectoure. Il recevait hommage,Ie8 février 1311 
de l'abbaye de Belle-Perche. Charles, fils de Robert, roi de Sicile, lui 
avait aussi donné d'autres terres en considération de son oncle, etc. 

Et la générosité de Clément V s'exerça largement aussi en faveur d'un 
autre de ses neveux, Raymond-Guillaume de Budos, fils d'une de ses 
sœurs, Mathilde, qu'il nomma gouverneur de Bénevent, recteur du comtat 
Venaissin et qu'il combla de biens dans le Comtat et en Gascogne. 

(1) Pompeio Bellini, Ann. Perus, 1. 1, p. 405 et Garimberli, Fatti memori 
d'alcuni papif p. 52 et suivantes. 

(2) Spécialement 90,000 florins à Foulques de Villaret, qui prit Rhodes 
le 15 août 1310. 

(3) Il remit 5,000 marcs d'argent à Robert, roi de Sicile et donna quit- 
tance de 300,000 onces d'or prêtées à son père et à son aieuI par les papes 
précédents. Raynaldi, 309, no> 21 et 29. 



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— 96 — 

livres de dépenses et Glétnent V les avait contestés et 
réfutés avec une verve toute gasconne, en répondant au 
Roi de France, le 27 juillet 1306 : Nous ne voulons pas 
prétendre « que notre maison vaille mieux que TArche 
» de Noé où, sur huit hommes choisis, il se trouva un 
» réprouvé, ni qu'elle soit plus sainte que la maison 
» d'Abraham, où Ton trouve aussi des réprouvés, ni 
» plus parfaite que celle d'Isaac, dont la postérité fut 
» en partie réprouvée et pourtant ni Noé, ni Abraham, 
» ni Isaac n'ont été incriminés » (1). 

Bonne réponse certainement quand on songe que 
Clément V s'adressait à un monarque aussi peu scru- 
puleux que Philippe le Bel, en matière d'impôts et 
d'altération des monnaies. 

V 
Conclusions 

Pour bien poser la question, nous rappellerons 
d'abord l'excellente description de visu de MM. de 
Laurière et Muntz, voici leur texte : 

ce Dans son état actuel (disent-ils), le mausolée con- 
» sisteen un massif rectangulaire à faces unies, plaquées 
j> de dalles de pierre noire (2) et qui repose sur une 
» base à moulures. Cette base mesure 2"73 de long sur 
» 1"*30 de large; la longueur du massif proprement dit 
» est de 2'"63; la largeur de 1"10, sa hauteur de 0"*75. 

» Ce massif porte une table de marbre noir dont le 



(1) La Papauté hors V Italie, p. 118. 

(2) Les pierres sont blanches et peintes en noir, ce qu'on constate aisé- 
ment aux cassures. On voit sur ces pierres les traces de trois boulons 
qui les reliaient au revêtement de marbre noir dont il existe quelques 
fragments dans un coin de l'église. 



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- 97 — 



» bord est taillé en biseau et évidéen dessous par une 
» gorge assez profonde. La hauteur totale du monu- 
» ment, base et table comprises, est de l^O?. 

» Sur la table s'étend la statue de marbre blanc du 
» Pape représenté couché sur le dos, enveloppé d'une 
» chape à collet brodé, ses mains sont croisées sur la 
» poitrine, la droite sur la gauche (1) et ses pieds 
» appuyés sur un grifibn à léger relief (2). La tète 
j> repose sur un coussin mais elle est entièrement 
}) séparée des épaules et, de plus, la face, mutilée sui- 
» vant une coupure à peu près horizontale, n'a con- 
» serve aucun trait du visage. L'extrémité de la tête a 
» été aussi tranchée verticalement et il ne reste de la 
» coiffure que de rares cheveux sur le bord d'une joue 
» près de laquelle on aperçoit un petit arrachement du 
» bas de la tiare. La statue mesure l^O pour le corps 
» et 0"30 pour la tête mutilée. 

» La statue se distingue par une certaine ampleur 
» des épaules et ne manque ni d'élégance ni de finesse 
» dans certains détails du costume ». 

D'après cette constatation est-il possible de restaurer 
le monument d'une manière satisfaisante au point de 
vue de l'art et de la vérité? Nous le croyons et voici les 
raisons qui justifient notre proposition basée sur l'exa- 
men de tout ce qui peut^ rappeler la personne même de 
Clément V, à savoir : 



(l)En comparant la grayureda P. Blancharâ (Propylaum) avec la pliolo- 
grapliie du Mémoire cité, on remarque que Clément Y avait la main 
gauche sur la droite dans la première reproduction iconographique du 
tombeau. C'était une erreur. 

(2) Quelques auteurs ont parlé de deux animaux fanlastiqucs ou de 
deux griffons. l\ n'y en a qu'un, dont la tête est brisée^ détail qui se voit 
dans la gravure du Propylœum. 

Tome XVIII. - Fasc. \l et U\. 1 



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— 98 — 

1** La statue mutilée du mausolée crUzeste; 

2* Une sculpture du château de Villandraut; 

3" Un bas relief, dit : la messe du pape, à Saint- 
Seurin de Bordeaux; 

4"* La statue qu'on croit représenter Bertrand du Got 
à la porte nord de la cathédrale Saint-André de la 
même ville; 

5^ Les portraits de Clément V. 

1** LA STATUE DU MAUSOLEE 

Il est évident que la statue mutilée d'Uzeste four- 
nit déjà d'excellents éléments de restitution. Elle est 
authentique, présente de bonnes conditions artistiques 
et doit servir, nécessairement, de base pour tout projet 
de restauration. Il y a possession d'état. 

Malheureusement, la tète manque absolument et il 
faut chercher ailleurs les éléments indispensables de la 
sculpture de cette portion capitale du monument. 

2® LE BAS-RELIEF DE VILLANDRAUT 

Peut-on les trouver dans le bas-relief de la tour 
sud-ouest du château de Villandraut, très intéressant 
par son bel état de conservation sur une clef de voûte 
de premier étage? 

M. Drouyn, qui Ta admirablement dessiné et gravé, 
dit qu'il « représente un évêque assis, non nimbé et 
» bénissant, coiffé d'une mitre, tenant une crosse et 
» accosté de deux anges qui portent des Phylactères. 
» Il ajoute que le dessin de ce bas-relief est fort beau 
» et rappelle celui des sculptures de la cathédrale 
» Saint-André. Ce qui le porterait à croire que cette sta- 
» tuette est celle de l'archevêque Bertrand de Goth» (1). 

(1) Guienne militaire, t. I, p. 35, et planche 18 de l'Atlas, 



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— 99 — 

Mais on sait que Bertrand du Got a fait bâtir le 
château de Villandraut après son élemtion au Pontificat 
suprême (1). Resterait donc à rechercher pourquoi c'est 
en évêque qu'il est représenté et à vérifier s'il n'existe 
aucune inscription sur les Phylactères. 

3o LB BAS-RELIEF DE SAINT-SEURIN 

Le bas-relief de Saint-Seurin est plus sûrement 
applicable au Pape girondin. Près de l'officiant se trouve 
un cardinal tenant une tiare à triple couronne, et il y a 
d'autant plus de raison, à priori^ d'y reconnaître Clé- 
ment V que sa famille avait eu de nombreux rapports 
avec l'église Saint-Seurin, dès 1170. Un des Got avait 
été chanoine de cette collégiale. Bertrand du Got avait 
pu, lui-même, être chanoine, ou bénéficier de ladite 
église, avant de l'être de Saint-André, ou après, selon 
Monseigneur Cirot de la Ville dans son bel ouvrage sur 
les origines chrétiennes de Bordeaux (2). Cependant tel 
n'est pas l'avis de MM. Auber et Ch. Marionneau qui, 
d'accord avec M. de Longuemar (3), voient, dans ce bas 
relief, un souvenir de la messe de Saint-Grégoire le 
Grand ou du passage d'Urbain II à Bordeaux (4), mais 
nous fournirons bientôt une preuve irrécusable et nou- 
velle démontrant que cette dernière attribution ne peut 
être reçue et je ne fais observer, ici, que ce fait que 
l'officiant est sans barbe et présente assez bien l'aspect 
d'un homme d'assez forte corpulence, comme plusieurs 
auteurs ont décrit Clément V. 



(1) En 1306 et 1307. 

(2) 1867, p. 386. 

(3) Loc, cit. y p. 387 et Description des œuvres d'art de la ville Bordeaux^ 
Ch. Mnrionneau, p. 526. 

(4) Loc. cit., p. 526. 



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— 100 — 

4** LA gTATUE DU PORTAIL NORD DB SAINT-ANDRK 

Celte statue a une bien, plus grande valeur archéo- 
logique et iconographique. Elle date d'abord de 1380, 
d'après M. Drouyn, ce qui la rapproche du pontificat 
de Clément V. Elle représente bien un personnage de 
haute taille et M. le Marquis de Castelnau d'Essenault 
a défendu son authenticité avec de sérieux arguments 
topiques, après une enquête prolongée, en disant : 

a Non content d'avoir fait connaître de près et par 
» plusieurs personnes expérimentées l'inexactitude de 
» ceux qui voudraient y voir un Urbain II, nous nous 
» sommes assuré, nous- même à l'aide d'une échelle 
» qui nous a permis de faire un examen minutieux, en 
» présence de MM. Drouyn et l'abbé Pailhès, que la 
» tête du pape appartient au même bloc que la statue 
» et que par son caractère de vérité absolument différent 
» de celui tout conventionnel des têtes des autres sta- 
» tues qui l'entourent, par sa physionomie expressive, 
» son type méridional et aquitain; elle off*re toutes les 
» garanties d'une reproduction d'après des données 
» certaines, toutes les probabilités de ressemblance 
» d'un buste ou, si l'on aime mieux, d'un portrait » {loc. 
cit., p. 32i). 

Je crois avoir d'ailleurs découvert une preuve irréfu- 
table contre l'attribution de cette statue à Urbain II, 
par quelques auteurs. Il suffit en eff'et, de constater que 
le pape est coiffe de la tiare à triple couronne, qui ne 
fut adoptée d'une manière définitive que par Urbain V, 
c'est-à-dire en 1368, bien qu'elle eût été cependant por- 
tée par quelques pontifes antérieurs tels que Jean XXII, 
Benoît XII et Innocent VI. 

Boniface VIII passe en effet pour avoir adopté, le pre- 



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— 101 — 

«lier, la double couronne (1) indiquant les prérogatives 
corporelle ou temporelle et spirituelle, comme Urbain 
V, la troisième par idée de nombre mystique (2). Et 
Ton dit spécialement dans la vie de Jean XXII que cet 
exemple n'avait pas été donné jusqu'alors (3). Il faut 
remarquer aussi que la statue indique un homme de 
haute stature, peut-être de grandeur naturelle, puis- 
qu'elle a 1™80, que le pape est rasé ou sans barbe (4). 

Mais tous ces actes sont bien postérieurs à Urbain II 
dont le pontificat s'étend de 1188 à 1199 et qui consacra 
Saint-André de Bordeaux en 1096. 

5** LES POnTRAITS DE CLÉMENT V 

Mon attention avait été souvent attirée de ce côté et 
j'avais fait de très nombreuses recherches soit en Gas- 
cogne, soit dans le Comtat venaissin, soit en Italie, 
mais sans oser donner le résultat de mes investigations 
comme très probant ou même sérieux. 

L'archevêché de Bordeaux comptait bien dans sa 
galerie un Bertrand de Goth, mais j'avais déjà constaté, 

(1) Cum enim has constet simplici coronamento omîtes ftiaras) inslructas 
fuisse usque ad Bonifacium VIll qui ipsum duplicavit. primum veto 
Urhanum V addidisse tertium circuluin sicuti noiavit Nicolaus Alemani in 
d isser ta tione historiée de parietinis lateranensibus a Francisco, Car, Bar* 
herino restitutis, p. 129. Cumque Cavallerius id satis accuratè observa- 
verit, 

(2) Cui Predir.tus Bonifacius VKl, altérant coronam imposuit exprimi 
eo volens utriusque rrgni corporalis et spiritualis prxrogativam Pontifici 
comi etentam, TripUus denique coronamenti tiaram antè annos circiter 
300 assumpsisse legitur Ur bonus V, numeri mystico forsitant causa. 
(Cooatus, p. 48). 

(3) Triplex tiarx coronamentum setate ista necdum inventum, 

(4) M. l'arcbitecte Louis Labbé a bieo voulu faire mesurer celle statue. 
Elle doune 1™80 avec la tiare ce qui se rapproche des dimensions 
approuvées par M. le D** Manouvrier de Paris, d'après les dimensions des 
os trouves par M. le curé d'Uzestc, soit 1" 77. 



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— 102 — 

à propos de Pey Berland (1), qu'il ne fallait pas attri- 
buer à ces toiles commémoratives bien plus qu'authen- 
tiques une grande autorité historique et je n'avais pas 
reconnu un meilleur caractère pour un portrait du 
même pape, semblable à celui de Tarchevêché et qui 
existe dans la sacristie de Saint-Seurin, provenant, dit- 
on, de la copie d'un tableau conservé dans un château 
de la Gironde. Dans ces deux galeries le pape est très 
barbu, avec de longues moustaches qui viennent rejoin- 
dre la barbe du menton. 11 a la tiare à triple couronne 
en tète. Sa figure est très expressive et énergique. 11 
paraît avoir 55 ans (2). ^ 

Une troisième toile est aussi conservée dans une 
famille de Bordeaux qui croit avoir des relations an- 
ciennes avec la famille du Got, et j'avais même cons- 
taté de visu l'existence d'un quatrième portrait dans la 
belle collection réunie chez M. le comte Hector de 
Galard au château de Caila. 

Mais toutes ces toiles étaient trop modernes, même 
relativement, pour être signalées avec certitude ou 
apparence d'authenticité; et l'on peut faire la même 
remarque pour deux autres portraits, donnés comme 
représentant Clément V à l'archevêché d'Avignon et 
dans l'église métropole de cette ville, mais pouvant 
être attribués à un pape quelconque de l'avis de 
M. Labande, conservateur du musée de la capitale de 
l'ancien Comtat. Je désespérais donc un peu quand trois 
documents arrivèrent à ma connaissance. 

Le premier fut une gravure donnée dans l'ouvrage 
cité de Ciaconius; le second, un dessin du livre généa- 



(1) Soc. Aich. de Bordeaux, 1893, p. 174. 

(2) Nous devons celle description à l'obligeance de noire collègue 
M. Amlmann. 



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— 103 — 

logique de Duchesne, puis une photographie venue 
irjtalie et transmise par M. Muntz à M. Tabbé Brun. 

Sans attacher trop d'importance aux deux portraits 
que je viens d'indiquer, on doit cependant recon- 
naître qu'ils se rapprochent assez du signalement de 
Clément V (wr, corpore amplo et robusto) avec la cal- 
vitie due, sans doute, à l'état valétudinaire de ce Pape 
vieilli avant Fâge. 

Je n'ai pu vérifier, en rapprochant les dates dés 
diverses éditions de l'ouvrage du Dominicain espagnol 
avec celles de Duchesne, quelle avait été la plus 
ancienne gravure, mais le dernier auteur a dit expressé- 
ment : « cependant le lecteur se tiendra, s'il lui plaist 
» pour adverty que la plus grande passion que j'aye 
> eue dans cette entreprise a esté de pouvoir recouvrer 
» de suite et sans interruption, les crayons de tous les 
% cardinaux dont les actions sont décrites dans cette 

7> histoire et de n'espargner pour cet effet ny 

» la correspondance que j'ay pu avoir avec un nombre 
» considérable des plus doctes de l'Europe, ny l'argent 
» qu'il a fallu pour en faire la dépense depuis vingt ans 
» entiers que je les ramasse ». 

Il y a donc lieu de le croire puisque d'ailleurs 
Ciaconius n'a fourni aucune indication précise sur 
l'origine de sa gravure. 

Mais la photographie venue tout récemment d'Italie 
offre encore plus d'intérêt. 

Elle donne en elïet un portrait de Clément V, comme 
représentant le droit ecclésiastique, près de l'FiImpereur 
Justinien, représentant le droit civil, dans la magni- 
fique apothéose de Saint-Thomas d'Aquin, peinte dans 
la chapelle des Espagnols de Téglise Sainte-Marie la 
nouvelle de Florence. 

Si l'on examine avec soin la planche où nous repro- 



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— 104 — 



cluisons cette photographie, on remarque certainement 
une ressemblance assez sensible avec les gravures dont 
je viens de parler : même absence de barbe, ou même 
de cheveux, même ampleur du corps, et une cir- 
constance particulière doit entraîner la conviction que 
c'est bien là le portrait réel de Clément V. C'est que 
cette peinture est due à Taddeo Gaddi, élève de 
Giotto, qui, appelé par Clément V à Avignon, quand 
il s'y établit, avait fait le portrait du pape et Tavait 
ensuite donné à son élève. 

Vasari est en effet, très explicite sur ce point : 

» Quand le Giotto eut terminé, le pape le congédia 
» affectueusement et avec de riches présents, en sorte 
» qu'il retourna à la maison non moins riche qu'honoré 
» et fameux et, entre autres choses, il emporta avec 
» lui le portrait du pape qu'il donna ensuite à Taddeo 
» Gaddi son disciple. Le retour de Giotto à Florence 
» eut lieu en 1316 ». 

Taddeo Gaddi connaissait d'ailleurs, lui même. Clé- 
ment V qui l'avait chargé de travaux dans la restaura- 
tion de Saint-Jean de Latran incendié en 1308, et, 
comme il est mort en 1333 (1), il est évident qu'il était 
admirablement en mesure de peindre avec exactitude 
son bienfaiteur et de le comprendre dans la réunion 
d'hommes illustres à divers titres qui figurent dans 
son apothéose de Saint-Thomas d'Aquin (2)- 

Raymond du Got, le neveu chéri de Clément V, était 
de plus, cardinal du titre de Sainte-Marie-Nouvelle, et 
et je dois faire remarquer, enfin, une particularité assez 



(1) Muntz, Tour du Monde, 1893. 

(2) Elle est très bien représentée dans une photographie générale que 
je possède et bien décrite dans un mémoire spécial, publié à Florence en 
1887 et que M. Tabbé Allain a bien voulu me communiquer. 



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— 105 — 

singulière de la photographie venue de Florence, cest 
que la tiare a exactement la même disposition que celle 
de la statue Saint-André de Bordeaux. Elle est sous 
forme de bonnet long, arrondi, chargé de trois ban- 
deaux ornés de fleurons, et la main du pontife est dis- 
posée de même façon dans les deux cas, c'est-à-dire 
levée, le symbolisme de l'époque romane étant déjà 
oublié. 

Je pense donc qu'on peut parvenir sans peine, à 
l'aide des données qui précèdent, à rétablir les traits 
du pape Clément dans un état de ressemblance aussi 
satisfaisant que possible en utilisant tout ce qui reste 
de son premier monument d'Uzeste, ce que nous avons 
dit du dessin de la tombe donné dans le Propylmuniy 
et en complétant ce qui manque à l'aide des portraits, 
de la photographie et surtout de la statue qui fut si heu- 
reusement conservée à Saint-André pendant la période 
révolutionnaire. On sait qu'on allait la détruire, le 12 
ventôse an II (2 mars 1794) quand un jacobin du con- 
seil municipal trouva très drôle l'idée de faire d'un 
Pape le portier du temple de l'Etre suprême ou de la 
Raison et fit adopter sa motion par ses collègues (1). 

Une seconde question à résoudre serait celle de l'at- 
tribution du deuxième tombeau d'Uzeste et, si l'on 
en croyait Jouannet, ainsi que quelques autres, il s'agi- 
rait d'un cardinal de Gouth, ou d'un Bertrand de Goth, 
cardinal, tous deux neveux du pape. 

Je ne le crois pas, car il n'y eut jamais de cardinal 
nommé Bertrand parmi les neveux ou parents de Clé- 
ment V pourvus par lui de la pourpre romaine. Ce qui 
pourrait faire arrêter toute recherche sur ce point. 

Si l'on tient compte, d'autre part, de la statue de che- 

(1) Lopès, édition Callen, l, I, p. 142. 



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— 106 — 

valier placée sur le deuxième tombeau, on pourrait 
supposer que la tombe, qui n'existe plus aujourd'hui, 
était celle d'nn membre de la famille de Grailly dont 
les armes sont au bas de la statue. Cette famille avait 
en effet reçu « des lettres du roi d'Angleterre, dès le 
» 12 juin 1278, permettant à Jean de Grelli seigneur de 
» Benauge, pour lui et ses héritiers, d'assigner partout 
» où bon lui semblerait sur le fief que le dit Jean tient 
» de Sa Majesté une somme de XX livres tournois pour 
» le revenu d'une chapelle que le dit seigneur veut fon- 
» der dans Téglise de Notre-Dame d'Uzeste, diocèse de 
» Bazas, desquelles 20 livres les titulaires de la dite 
» chapelle jouiront sans que le Prince, ou ses succès- 
» seurs puissent les réclamer » (p. 9). 

Les de Grailly pouvaient donc avoir un droit de 
sépulture à Uzeste et il y a lieu de noter que Tun d'eux 
était en 1418 beau-frère d'un de la Motte parent des 
Got et coseigneur, avec lui, de Langon. 

Mais j'avoue que l'attribution de la statue au tom- 
beau, réalisée sur le conseil de Jouannet et blâmée par 
Lamothe,me paraît hypothétique, et qu'il me semblerait 
plus naturel, pour d'autres considérations, de recher- 
cher si le deuxième tombeau, certainement remarqua- 
ble par le gable qui l'entoure, ne serait pas celui de 
l'un des neveux de Clément qui mirent tous leurs soins 
dans l'érection du mausolée, supposition très naturelle 
et qui présente plusieurs arguments en sa faveur. 

Il faut, cependant, écarter le cardinal de Sanctœ 
Lucias m Silice parcequ'on a affirmé qu'il avait été 
enterré S)it à Bazas, soit àNarbonne(l)mais on pouvait 



(1) A B*izas : In divi Johannis templo non procul à démentis quinti 
aepulchro, 
A Narbouûe : Anno 13LVII die XV Januarii fuit sepultus in prxsenti 



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— 107 — 

croire qu'il n'en était pas ainsi de Bertrand du Got 
doiit le lieu de sépulture n'est indiqué nulle part, ce 
qui m'avait beaucoup surpris pendant mes longues 
et actives recherches sur les Got. 

11 y avait, certainement, lieu de penser qu'il avait été 
inhumé dans l'église des frères prêcheurs d'Autvillar 
dont il avait posé la première pierre (1); oùreposaitson 
père Arnaud Garsie et que sa propre fille Régine voulut 
avoir aussi pour tombe (2); mais il faut encore renoncer 
à cette hypothèse, car j'ai pu retrouver, non sans 
peine, le testament de Bertrand du Got et ce document 
établit qu'il avait prescrit d'être enterré dans l'église 
Saint-Martin de Villandraut, lieu de sa résidence (3). 

Pour ne rien omettre, j'avais un moment espéré 
trouver une donnée précieuse dans un renseignement 
recueilli par M. Brun en relevant avec soin des armes 
sculptées sur une pierre au-dessus d'une fontaine de la 
maison Ducasse à Uzeste, pierre scellée dans le mur, les 
armes renversées, dans le but probable de les voir 
redressées par leur réflexion dans l'eau. 



ecclesia sancti Justi Narhonensi Gailhardus dei gratiâ Sanctœ Lucix in 
Silice diaconus cardinalis (Papirius Massonnus, cité par Baluze t. I, 
col 734). 

(1) Item anno 1312, IH Kal septembris (30 août) in crastino décolla- 
tionii Sancti Joannis Baptistx, fuit fundata ecclesia fratrwn et prima- 
riam lapidem posait ibi Dominas Bertrandus del Got filins et hœres prx- 
facti Domini Arnaldi^ vice cornes et Marchio, neposque Domini démentis 
Papx (lialuze, t. I, 619). 

(2) Rlegit sepulturam suam in ecclesia fratrum predicatorum Alti- 
villaris in quâ, cum carissimo Domino avo suo paterno (Arnaud Garcie) et 
circum tumulum jussit corpus suum transferri et honoricè sepeliri (Bau- 
rein, cité, t. III, p. 255, édition 1876). 

(3) Jn primis eligo sepulturam meam in ecclesia sancti Martini de 
Vinhendraldo (Testament encore inédit, que j'ai pu me procurer grâce à 

l'obligeance de mon savant collègue M. Brutails et que nous publierons 
très prochainement (Décembre 1893). 



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— 108 — 

Cet écu est assez singulier, on le rattache, dans le 
pays, au pape Clément, dont il rappelle les armoiries, 
mais il est entouré de six animaux dont les têtes ont 
été systématiquement détruites et qui pouvaient être 
des léopards ; en chef se trouve une sorte de chapeau 
plat à deux houppes latérales d'où pendent les cordons 
ordinaires des hauts dignitaires ecclésiastiques (l). 

Mais ces singulières armoiries ne sont pas exacte- 
ment celles de la famille du Pape. Leurs supports ne 
sont pas ceux de Técu de Bertrand du Got : d'or à trois 
fasces de gueules; couronne de vicomte; supports, deux 
lions et un loup issant pour chef ou cimier (2). 

Et un spécialiste érudit, M. Daste deBoisville, nous a 
même fait connaître qu'il n'avait jamais rencontré six 
supports sur 2,000 écus soumis à son analyse. On n'en 
trouve, au plus, que quatre ou cinq. Le problème était 
donc encore à résoudre quand j'ai été renseigné par 
l'un de mes amis, M. A. Tondut, magistrat girondin, 
que Noullens, auteur généalogique du pays d'Aquitaine, 
avait signalé le fait de l'inhumation dans la collégiale 
d'Uzcste d'un cardinal nommé Bertrand (3). 

Ce n'était pas, il est vrai, un neveu du Pape, ce qui 
aurait absolument donné raison à la légende locale, 
mais il s'agissait d'un de ses familiers, d'un de ses 
amis et compagnons d'études, qu'il fit plus tard car- 
dinal et camerlingue de la cour papale. 

Il se nommait Bertrand de Bordes et on lit, dans la 
collection Etiennot(4) qu'étant mort le VII des calendes 
de septembre 1311 (26 août) (5), il lut enterré dans 



(1) Ces armes sout reproduites daus nos planches. 

(2) De Courcelle. 

(3) Ouvrage cité, t. II, p. 354. 

(4) Fragmenta historica, t. XI, Mss. u. 570, BibI, nationale. 

(5) Je dois faire remarquer que d'autres auteurs ont fixé cette date du 



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— 109 -- 

TégUse de la bienheureuse Marie d'Uzeste ainsi que sa 
Sainteté le pape Clément V (1). 

Ce document donnerait, alors, le mot de l'énigme, 
mais ces considérations ont d'ailleurs peu d'importance 
quand on les met en regard de l'urgence et de la légiti- 
mité de la restauration du mausolée lui-même. 

Tout plaide, en effet, pour la juste et prompte répara- 
tion des outrages subis par le gfand Pape girondin : 
l'authenticité de son tombeau, les descriptions précises 
qui en ont été conservées ou qui ont été récemment 
découvertes, les dessins anciens ou modernes dont 
nous avons parlé, l'inscription si remarquable dont il 
ne manque que quelques mots, les données épigraphi- 
ques dont nous avons fait ressortir l'importance. 

Ai-je besoin d'ajouter que cette réparation a été 
demandée,, plusieurs fois déjà, par les autorités les plus 
diverses; que les archevêques de Bordeaux l'ont appelée 
de tous leurs vœux, spécialement nos seigneurs Don- 
net, de la Bouillerie et Guilbert; qu'elle vient de trou- 
ver de nouveaux défenseurs dans MM. Schlumberger 
et Robert de Lasteyrie, si compétents en pareille 
matière? 

La Société archéologique de Bordeaux tiendra donc 
à honneur d'émettre le vœu de restaurer, dans les 
meilleures conditions artistiques et archéologiques 
possibles, le mausolée de Clément V à Uzeste et de 
poursuivre la réalisation de ce vœu, près des autorités 



décès nu 21 septembre de la même année et que Bertrand de Bordes 
aurait précédé Clément V à Uzeste, puisque ce dernier n'est mort que le 
20 avril 1314 et n'y fut porté que le 20 août suivant. 

(1) VII Kalend, septemb. Obitus reverendis, in chro. Domini Ber- 
trandi de Bordes, cardinalisy qui est sepultus in ecclesia Béate Marie 
de Uzestia una cum SS, PP, Clémente V, (Extrait du nécrologe de Lec- 
toure). 



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— 110 — 

administratives ou religieuses pour qu'il y suit donné 
la suite la plus pronnpte et la plus complète (1). 

VI 
Epilogue. 

Et, maintenant, devons-nous espérer que les nou- 
veaux efforts tentés à Paris et en province auront plus 
de succès que les revendications du passé ? On ne sau- 
rait peut-être y compter en un temps où les forces 
s'éparpillent en maigres résultats, quand on ne leur 
oppose pas la force d'inertie qui triomphe de tout. 

Néanmoins il semble que plusieurs bons esprits sont 
frappés, en ce moment même, de l'intérêt qu'offre la 
vie d'un pape élu dans les circonstances les plus diffi- 
ciles, après des outrages sans nom subis avec gran- 
deur par son prédécesseur presque immédiat, Boni- 
face VIII et qui, après moins de 9 années de règne, sut 
rendre, à Jean XXII, son successeur, la France réconci- 
liée avec l'Eglise; la papauté respectée et puissante; 
les lettres et les sciences protégées partout ; les uni- 
versités provinciales créées et largement subvention- 
nées. Ce qu'on n'avait pas vu depuis longtemps, et ce 
qu'on n'a pas encore réalisé dans notre pays, après 
plus de 500 ans écoulés. 

L'histoire de Clément V attend encore un bon auteur, 
disait avec raison en 1865, M. Léo Drouyn (2). Elle 
devrait tenter sérieusement un girondin, ne cessait de 
répéter, plus tard, le cardinal Guilbert, mais il faudrait 
écrire cette histoire avec tous les développements qu'elle 
comporte et la carrière est toujours ouverte. 

(1) Ce vœu a été adopté, à Tunanimité, dans la séance du 12 mai 1893. 

(2) Guienne militaire, t. I, p. 37. 



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— 111 — 

C'est dans ce but, il est vrai, que j'avais rassemblé 
la plupart des notes qui ont servi à la rédaction de 
notre présent travail, mais le temps et la santé m'ont 
manqué et j'ai dû me borner à quelques considérations 
que d'autres pourront utiliser dans une œuvre d'en- 
semble. 

Tout au plus, ajouterions-nous, en terminant, qu'aux 
vœux émis pour Uzeste devraient se joindre des souhaits 
pour la conservation du château du Pape à Villan- 
draut. 

On ne peut songer, certainement, à restaurer ce mo- 
nument dans son intégrité ancienne et redoutable. On 
ne rencontre pas souvent des personnalités aussi riches 
et aussi intelligentes que M. de Mauvezin rendant au châ- 
teau de Roquetaillade (encore un château des du Got) son 
ancienne splendeur (1). Le gouvernement, seul, pour- 
rait faire la même œuvre, légitime au point de vue de 
l'histoire militaire du moyen âge, pour un modèle 
encore assez complet des forteresses du temps. Mais 
on devrait, du moins, mettre un terme à l'abandon et 
à la destruction lente dont chaque année augmente 
l'étendue et nous ne résistons pas, pour cette double 
raison, à citer ce que disait aussi M. Drouyn après 
avoir décrit, avec son talent ordinaire, cette énorme 
masse féodale : 

« Si nous avions le bonheur de posséder le château 
» deVillandraut, nous le conserverions avec le soin que 
» l'on met à préserver des outrages du temps un objet 
î> précieux, et nous voudrions en faire jouir pleinement 
» les amateurs qui viendraient le visiter. D'abord nous 
» donnerions congé à tous les locataires qui occupent 
» le rez-de-chaussée des tours et nous ne souffririons 

(1) La dépense a dépassé un million de francs. 



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— 112 — 

y> pas que les fossés fussent métamorphosés en basse- 
» cour. Puis, les locataires partis, nous ferions faire 
» une bonne porte dont notre homme d'affaireo aurait 
» seul la clef. Nous ferions griller le soupirail de la cave 
» par où les enfants peuvent s'introduire. Cela fait, 
D nous tiendrions à ce que notre homme d'affaires des- 
» sinât ou fît dessiner, un parterre dans la cour et y 
» cultivât des fleurs. Nous ferions enlever les trois 
» quarts au moins du lierre qui cache les tours et les 
» courtines tant en dehors qu'en dedans; il en resterait 
» bien assez et peut-être encore trop. 

» Nous ferions restaurer les fossés pour leur resti- 
» tuer leur profondeur primitive et pour cela nous arra- 
» cherions presque tous les arbres qui y poussent 
» cependant si bien. Mais le château et le paysage lui- 
» même y gagneraient. L'agriculture peut-être n'en 
» souffrirait pas, car le terreau transporté dans les 
» champs ferait un excellent engrais. Nous ferions 
» enlever la terre des appartements jusqu'au sol primi- 
» tif, déblayer les décombres des caveaux et des tours. 
» De cette manière, on en connaîtrait toute la profon- 
» deur et nous aurions une échelle au moyen de 
» laquelle on pourrait les visiter tous. Nous irions peut- 
» être jusqu'à couvrir les tours dont, alors, la conser- 
» vation serait indéfiniment assurée. (Il est bien 
» entendu que nous serions assez riches pour faire 
y> toutes ces dépenses sans nous gêner). Enfin, pour 
» encourager notre homme d'affaires, ou son chargé de 
» pouvoirs, et entretenir les ruines dans un bon état, 
» nous le laisserions libre d'établir un tarif /brc^ pour 
» visiter le château, tarif qui, bien entendu, ne serait 
» pas présenté à ceux qui ont l'habitude de ne pas dé- 
» ranger les gens sans les récompenser de leur peine, 
» nous sommes sûrs que, les jours de foires et de mar- 



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— 113 — 

» ché, on ferait queue pour visiter les cachots de la 
» forteresse. 

» En agissant ainsi, nous croirions rendre un véri- 
» table service à Tarchéologie, car Villandraut, qui est 
» presque complet, est une des forteresses les plus 
7/ intéressantes de ja Gironde » (t. I, p. 47). 

Il est certain que les touristes de toute nation et de 
toute classe seraient plus satisfaits dans leur voyage 
à Villandraut et leur pèlerinage à Uzeste, qu'en visi- 
tant de la façon la plus routinière les médiocres sou- 
venirs laissés, ou supposés conservés, en Suisse en 
rhonneur d'un Guillaume Tell qui n'a pas plus existé 
que le farouche Gésier. 

12 mai 1893. 



Tome XVIII. - Fasc. II et III. 



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NOTES ARCHÉOLOGIQUES 



LA COLLÉGIALE D'UZESTE 

Par M. J.-A. BRUTAILS 

Archiviste de la Gironde, 



L'église dUzeste doit surtout sa notoriété au tom- 
beau de Clément V, qu'elle abrite ; mais elle se recom- 
mande aussi par sa propre valeur architecturale. Peu 
d'études ont été imprimées cependant sur l'édifice lui- 
même : le Bulletin de la Commission des Monuments 
historiques de la Gironde en a donné : en 1851, une 
description, un plan et une vue perspective prise de 
l'est (1), — et, l'année suivante, une élévation sur la 
même face et une coupe longitudinale (2). Ces dessins 
sont à petite échelle et insuffisants. La même publica- 
tion renferme, dans un fascicule plus récent, un rap- 
port de M. le marquis de Castelnau (3) ; ce rapport n'a 
pas pour objet un examen complet de la collégiale, 
mais il fournit quelques aperçus remarquablement ingé- 
nieux sur sa construction, sur sa date, sur ses défec- 
tuosités et leurs causes. 



(1) T. XI, p. ». 

(2) T. Xill, p. 62. — L'élévalion a été reproduite dans la réédition de 
l'ouvrage de Lopès, V église Sainct^ André de Bourdeaux, t. 11^ p. 251. 

(3) T. .XVII, p. 42. 



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— 116 — 

Le Choix des types de Vnrc/iitecture au moyen âge 
dans ta Gironde consacre à Téglise d'Uzeste une eau- 
forte et une dissertation (I) : la dissertation, due à 
L. de Limothe, diffère sur certains points de mon 
opinion ; j'estime néanmoins qu'elle constitue, sous 
une forme concise, un excellent travail d'archéologie. 
L'eau- forte représente rédifice dessiné du sud-est et, 
dans un coin, le tympan de la porte du sud ; un mot 
suffira pour en faire connaître la valeur documentaire et 
le mérite artistique : la planche est signée LéoDrouyn. 

Enfin MM.Muntzet de Laurièreontdit du monument 
qui nous occupe quelques mots dans leur étude sur 
Le tombeau du pape Clément V à Uzeste (2). 

Nous ne possédons pour ainsi dire point de docu- 
ments anciens sur la construction de la collégiale. 
Nous savons qu'une église existait à Uzeste en 1278 (3). 
D'autre part, le second successeur de Bertrand de Goth 
sur le siège de Bordeaux, Arnaud IV, écrivait au pape 
Jean XXII , que Clément V avait fait bâtir une 
église somptueuse à Uzeste (4). Clément V lui- 



(1) Deuxième série, pp. 2-4, 

(2) Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XLVIII, 
p. 280. — Il existe ù la Direction des Beaux-Arts, dans les superbes col- 
lections des Monuments historiques, un plan, une coupe longitudinale 
et une coupe transversale de l'église d'Uzeste : le plan m'a servi, 
après rectifications nombreuses, à établir celui qui est joint a la pré- 
sente notice. J'aurais vivement désiré l'accompagner de coupes : celles 
que j'ai vues étaient trop inexactes, et, ne pouvant pas échafauder l'édi- 
fice, j'ai dû renoncer à relever les hauteurs, à déterminer le tracé des 
arcs, en un mot à dessiner des coupes exactes. 

(3) Archives historiques de la Gironde, t. VI, p. 354. 

(4) € Duas ecclcsias, unam videlicet in Castro de Yinhandrau, alteram 
vcro in villa de Uzesla, noslri Burdegalcnsis et Vasatensis diocesium, 
construi ficit opère plurimum sumpluoso ». Je reproduis ce texte d'après 
M. l'ubbé Lacosle, qui Ta trouvé lui-même dans les Regestes de Clément V, 
no 10,000, et l'a réimprimé dans ta Res'ue catholique de Bordeaux^ 1893, 
p. 388, note 2. 



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— 117 — 

même avait mandé, en avril 1313, de consacrer le 
nouveau temple (1). Enfin dans la vie de ce pontife par 
Aymeric de Peyrac, nous voyons que le fondateur ne 
put pas achever son œuvre et qu'il laissa à son succes- 
seur le soin de terminer ce qu'il avait commencé (2). 

En ce qui concerne le premier de ces textes, il est cer- 
tain que Tédifice de 1278 n'existe plus dans son inté- 
grité : nous verrons qu'il en reste du moins des 
parties considérables. 

Quant à l'assertion de Tarchevêque Arnaud, il ne 
faut pas la prendre au pied de la lettre, dans un sens 
absolu : Clément V n'a pas fait bâtir toute l'église 
d'Uzeste, d'abord, parce qu'il a certainement utilisé 
une notable portion du monument antérieur, ensuite 
parce qu'il n'a probablement pas mené lui même son 
entreprise à complet achèvement : j'ai lieu de croire, 
en effet, que les travaux, sans parler du clocher, con- 
tinuèrent après la mort de Clément V. J'entends bien 
qu'on m'opposera la bulle par laquelle il est prescrit, 
en avril 1313, de procédera la dédicace ; mais pour 
que cette objection eût la force qu'on veut lui donner, 
il faudrait que la consécration supposât nécessaire- 
ment que la construction est terminée ; or, il n'en est 
pas ainsi, et l'histoire nous en fournit une preuve qui 
touche de près à notre sujet. Clément V avait ordonné, 
par un même acte, de consacrer le même jour les deux 
églises d'Uzeste et de Villandraut : quelques jours 
après, le 1*'' mai 1313, ce même pontife disposait de 
6,000 florins qui devaient être dépensés à mesure des 

(1) Regestes de Clément V. 

(2) ffPapa Clemens V non potuit bene rutidarc dictura collegîum Uzcstae 
seu de Villandrnu, sed uneravit successorem suum quod impleret qiiod 
ipse iuceperat. » (Publié par Baluze, VUje Paparum avenioJiensiuniy 
t. I, col. 684). 



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^ 118 — 

besoins de l'œuvre de Villandraut. Ce n'est pas risquer 
une erreur que d'affirmer, surtout étant donné les 
rmes du document (1), qu'un don de cette impor- 
nce s'appliquait au gros œuvre de l'édifice. 
Au surplus, à l'appui de ma thèse, j'invoquerai le 
moignage déjà cité d'Aymeric de Peyrac. Son récit 
t malheureusement vague : ce chroniqueur ne nous 
t pas de quelle nature étaient les charges léguées 
ir le Pape gascon à son successeur; il est permis de 
înser toutefois que les travaux du chevet d'Uzeste 
^mptaient parmi les projets dont Clément V ne vit 
is l'entière réalisation. 

Le plan. 

L'église collégiale d'Uzeste est normalement orientée. 
Ile comprend : en largeur, trois nefs; en longueur, 
ois travées doubles ou six demi-travées, et le chevet. 

Ce chevet se compose d'une abside à cinq pans 
Duvrant par autant d'arcades sur un déambulatoire. 

l'entrée de l'abside, le vaisseau principal se rétrécit, 
>ur reprendre ensuite sa largeur ; cet étranglement est 
3tenu au moyen d'une déviation des parois de la der- 

ère travée de la nef, qui convergent vers Test, et 
une déviation inverse des parois de la première tra- 
ie de l'abside. 

Les deux bas-côtés s'élargissent, non pas à la hau- 
lur de l'arc triomphal, mais à peu près à égale dis- 

nce entre la quatrième et la cinquième paires de 



(1) l*"" mai 1313. Ordre de Clément V à son neveu Arnaud-Bernard de 
•cychac de livrer 74,000 florins aux envoyés du roi d'Angleterre et de 
mettre 6,000 florins € dilecto filio Guillielmo Raimundi Dulcis, decano 
clesie Béate Marie de Uzesla, prout fabrica operis de Vinbendraido 
diguerit >. {Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, XIXe année, p. 82). 



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— 119 



piliers, en comptant à partir de l'orient; à cet endroit, 
les murs latéraux ressautent à angle droit vers Texté- 
rieur et continuent vers Test jusqu'un peu après les 



^. 



deux premiers pans de Tabside ; là, ils se retournent 
de nouveau d'équerre, mais cette fois vers Tintérieur. 



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— 120 — 

Cette paroi qui se dresse au fond des bas-côtés était 
tout indiquée pour recevoir un autel; trois autres cha- 
pelles sont disposées autour du chevet; elles sont qua- 
drangulaires et dessinent des trapèzes à peu près régu- 
liers dont la base s'appuie sur le déambulatoire. 

Le clocher s'élève sur le flanc nord de Téglise, au 
droit de la dernière demi-travée du bas-côté et de la 
première travée du déambulatoire. La sacristie est 
bâtie vers Fangle nord-est, près du clocher. 

Trois portes s'ouvrent de l'église sur l'extérieur : 
Tune est à l'ouest, dans Taxe de la grande nef; les deux 
autres sont percées à travers les murs des façades 
latérales, environ à mi-chemin entre les troisième et 
quatrième piliers. U existait anciennement une autre 
porte dans la paroi latérale de la première chapelle du 
chevet, au sud, et une cinquième dans la façade nord, 
contre le mur ouest; cette dernière porte devait don- 
ner accès dans le logis canonial construit sur ce point. 
Trois portes sont encore à signaler dans l'église et 
deux dans le clocher : les trois premières conduisent 
l'une dans la sacristie (elle est dans la chapelle trapé- 
zoïdale nord); — la seconde dans un escalier en coli- 
maçon, qui monte au-dessus des toits (elle est dans le 
mur plat qui termine à l'est le bas-côté du sud); — la 
troisième enfin, (qui est dans le mur de la dernière 
demi-travée du bas-côté nord), dans un autre escalier 
tournant qui mène aux étages supérieurs et galeries du 
clocher. Les deux portes du clocher, pratiquées sur les 
faces est et ouest, sont mises en communication par 
un simple couloir; la porte de l'est est aujourd'hui 
murée. 



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— 121 — 



La nef et ses bas-côtés. 



Commençons par Texamen des voûtes dont l'éco- 
nomie a déterminé les dispositions des supports. Les 
voûtes de la nef et des bas-côtés correspondant à la 
nef sont des voûtes gothiques sexpartites. 

On sait en quoi consiste essentiellement la voûte 
gothique : elle ne repose plus directement sur les 
culées ou murs latéraux; le vaisseau à couvrir est sec- 
tionné en compartiments carrés ou rectangulaires sur 
chacun desquels on bande des arcs, les uns longitu- 
dinaux, engagés dans les parois latéi^ales (formerets), 
d'autres jetés en travers de la nef (doubleaux), d'autres 
enfin diagonaux (ogives) (l). On tourne alors des pan- 
neaux courbes en pierre sur cette ossature d'arcs, qui 
en reçoit le poids et la poussée et transmet ces forces 
aux angles du compartiment; à ces angles, la résultante 
des deux forces est amortie, contenue par des piles de 
bonne maçonnerie et par des contreforts, ou bien 
combattue, neutralisée par la poussée contraire d'arcs 
boutants. 

Dans la voûte sexpartite, il y a non pas deux, mais 
trois ogives; la troisième est bandée dans un plan ver- 
tical perpendiculaire à l'axe du vaisseau, par conséquent 
parallèle aux doubleaux. La projection des nervures 
d'une voûte sexpartite dessine donc, au lieu de quatre 
triangles, six triangles, savoir : deux qui ont pour base 
la projection des doubleaux, et quatre triangles rectan- 
gles adjacents deux à deux, dont la base correspond à 



(1) Le mot ogive est abusivement employé pour désigner l'arc brisé. 
Sur celte erreur, aussi grave qu'elle est fréquente, voyez l'élude clas- 
sique De l'ogive et de Varchitecture ogivale^ dans les Mélanges d'archéo- 
iogie et d'histoire de Quicherat, t. II, pp. 74 et suivantes. 



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— 122 — 

la projection des formerets. 11 résulte de cette combi- 
naison que les piliers élevés aux extrémités des travées 
reçoivent les formerets, les ogives diagonales et les 
doubleaux, tandis que les piliers intermédiaires ont à 
porter seulement les ogives transversales et les for- 
merets; de là vient ralternance des supports qui 
sont, suivant leurs fonctions, plus forts ou plus fai- 
bles. 

A Uzeste, les supports les plus forts sont constitués 
par des piles rondes de 1"30 de diamètre, cantonnées 
de huit colonnettes. Quatre de ces colonnettes ont en- 
viron 0"15 de diamètre : ce sont celles qui portent les 
ogives de la nef et du bas-côté; dans les quatre autres, 
qui soutiennent les doubleaux et les grandes arcades, 
le diamètre est de 0™24. 

Les travées de la nef étant allongées dans le sens de 

Taxe et celles des bas-côtés Tétant bien davantage, les 

angles compris entre les projections de deux nervures 

voisines ne sont pas égaux; il y a donc deux façons de 

ilphprminor la place des colonnettes autour des piles 

es : ou bien laisser entre ces colonnettes une 

mce et faire aboutir les naissances des ogives 

eaux qui doivent les recevoir, ou bien diriger 

dans un plan vertical dont le prolongement 

le centre du pilier et élever la colonnette au- 

1 point où la nervure rencontre le parement 

dans le premier cas, on arrête d'abord le 

pport et on lui subordonne le tracé de la 

is le second cas, au contraire, c'^st la dispo- 

la voûte qui est fixée en premier lieu et qui 

! le plan du support. Dans les bas-côtés 

)ii les travées sont longues et étroites, ce 

>cédé aurait produit un effet particulièrement 

x; aussi a-t-on adopté, sur cette face des 



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— 123 — 

piliers, l'autre parti. Mais sur la face opposée, du côte 
de la nef, les appareilleurs ont tâtonné : dans la paire 
de piliers ouest, ils se sont rangés à la première com- 
binaison, et dans les autres piliers, à la seconde, 
mais avec un peu d'irrégularité dans Tespacement des 
colonnettes (1). 

Les huit colonnettes sont légèrement engagées; leurs 
assises sont de même hauteur que les assises de la 
pile, et je pense que les unes et les autres sont taillées 
dans les mêmes blocs. 

11 en est ainsi dans les piliers plus faibles, qui com- 
prennent quatre colonnettes de 0"*20, flanquant une 
pile cylindrique de 0"50. C'était une forme très en 
vogue au xiii* siècle et que Villard de Honnecourt a 
relevée deux fois dans son album (2); seulement, les 
croquis de Villard indiquent un appareil différent : à 
Uzeste, en effet, chaque assise est formée de deux blocs 
dans chacun desquels on a pris la moitié de la pile 
centrale et deux colonnettes; les joints forment un an- 
gle de 45^ avec Taxe de l'édifice et coupent à angle 
droit les joints des deux assises voisines. Il me paraît 
que ce système est très rationnel. 

L'aspect de ces piliers serait fort beau s'ils n'étaient 
pas grêles; ils manquent de vigueur, mais ils sont élé- 
gants. On n'en peut pas dire autant des gros piliers : 
leur noyau est trop lourd pour des colonnettes trop 
ténues, et leur masse est trop puissante relativement 
aux voisins. De ces disproportions, la première s'expli- 
que peut-être par une imitation irraisonnée de cer- 



(1) On n*a p.is tenu comple de ces difTérences dans la reconftniction du 
pilier nord à l'enlrée du cbœiir. 

(2) Album de Villard de Honnecourt, publié par Lassus, pi. XXIX et 
LXII. 



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— 124 — 

laines églises de TEst, où les colonnelles, au lieu 
trêlre bâties par assises, sont de longues chandelles 
de pierre, posées en délit et destinées à donner du 
raide à la construction. Quoi qu'il en soit, à Uzeste, 
le diamètre démesuré des grosses piles cylindriques a 
donné lieu à une difficulté où le constructeur a échoué : 
leur parement convexe se lie mal avec les naissances des 
panneaux plats ou concaves des voûtes (1). Ces gros 
piliers se sont d'ailleurs bien comportés, tandis que les 
piliers légers furent jugés trop minces vers le xvi* siècle: 
on enveloppa dans d'énormes massifs ronds ceux de ces 
derniers supports qui étaient dans la première et dans 
la dernière travée (2); en même temps, les doubleaux 
correspondants furent renforcés dans la grande nef et 
dans le bas-côté nord (3). La dernière paire de piles, à 
Test, a été dégagée, il y a quelques années, et refaite : les 
assises y sont plus hautes que dans le reste de l'église. 

On a remarqué que ces divers supports ne compor- 
tent pas de colonnettes pour les formerets; ces der- 
niers arcs s'appuient sur des culs-de-lampe placés 
beaucoup plus haut que les chapiteaux des colon- 
nettes. 

L'une des difficultés que les maîtres d'oeuvres gothi- 
ques ont eu à surmonter pour le tracé de leurs voûtes 
vient de ce que les divers arcs ont des portées très 
différentes : dans la voûte sexpartite sur plan carré, 

(1) Ce défaut fut systémntique nu xv« siècle, quand on employa de 
gr isses piles rondes et de petites nervures. Les exemples abondent : on 
peut en voir un dessiné par Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire d'archi- 
tecture, t. IX, p. 540. 

(2) On a opéré une consolidation analogue^ à certains piliers de 
Sainte-Croix et de Saînt-Seurin de Bordeaux. 

(3) J'ignore sur quels points au juste on renforça les doubleaux corres- 
pondant à la dernière paire de piliers à l'est, ces arcs ayant été ramenés 
à leur forme primitive. 



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125 — 



notamment, la corde des formerets est plus courte que 
la corde des doubleaux et surtout que celle des ogives. 
Le problème comportait trois solutions possibles : 
ou bien donner aux arcs une forme plus ou moins 
aiguë, ou bien tracer des arcs semblables, — je ne dis 
pas égaux, — en laissant les impostes à la même hau- 
teur, ou bien enfin tracer des arcs semblables en suré- 
levant plus ou moins les naissances (1). Le premier 
procédé a été repoussé pour des considérations cons- 
tructives en même temps que pour des raisons 
d'esthétique : il produit des arcs de courbures diffé- 
rentes, difficiles à tailler et d'aspect disparate (2) ; le 
second entraîne ce résultat plus grave encore, que la 
voûte est bombée (3) ; le troisième présente un autre 
inconvénient : Togive s'infléchit dès les sommiers, 
tandis que la partie de voûte adhérant au mur monte 
verticalement jusqu'à la naissance du formeret, en 
sorte que la rencontre du mur avec ce panneau de 
voûte forme un angle très aigu et un enfoncement 
désagréable à Tœil. C'est néanmoins à ce dernier parti 
que Ton s'est arrêté d'ordinaire, en ayant soin de pro- 
longer verticalement les nervures dès formerets et des 
doubleaux au-dessous de leur naissance, afin de placer 
tous les chapiteaux au même niveau. Cette disposi- 



(1) Le déambulatoire de la cathédrale de Coutances présente un exemple 
intéressant de cette combinaison : les nervures des doubleaux passent 
devant le chapiteau, qu'elles coupent, et reposent sur un cul-de-lampe en 
saillie sur le fût de la colonnette. 

(2) Cette observation ne s'applique pas aux ogives, qui, étant posées en 
travers des nefs, sont vues sous un autre angle ; les ogives ont un tracé 
différent, généralement en demi-cercle. 

(3) La voûte est en général légèrement bombée ; à Uzeste, il en est 
ainsi; mais l'inclinaison des arêtes faîtières est si petite qu'elle n'est pas 
sensible, si on ne les étudie pas de très près. Je l'ai constatée en montant 
sur les voûtes. 



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— 126 - 

tion est particulièrement sensible dans les absides 
gothiques, oiï les compartiments de voûtes donnent 
des sortes de niches, dont le fond est occupé par les 
verrières. 

La troisième combinaison a été adoptée à Uzeste, 
mais sans la précaution dont je viens de parler. Pres- 
que partout, en effet, culs-de-lampe et chapiteaux sont 
à la naissance vraie des arcs ; dans les gros piliers on 
rencontre successivement, en descendant : les culs-de- 
lampe des formerets de la nef, les chapiteaux des 
doubleaux, les chapiteaux des ogives; plus bas, sur les 
flancs, les chapiteaux des grandes arcades ; plus bas 
encore, sur la face postérieure, les culs-de-lampe des 
formerets des bas-côtés, puis les chapiteaux des dou- 
bleaux, enfin les chapiteaux des ogives. 

Tous ces chapiteaux égrenés sur une grande hauteur 
produisent un effet fâcheux ; on ne se rend pas compte 
du dessein de Tarchitecte. Au contraire, les groupes de 
chapiteaux des piliers légers laissent une impression de 
force et d'unité : le chapiteau placé du côté de la nef 
porte l'ogive transversale et le prolongement vertical 
des formerets ; les trois autres chapiteaux sont à la 
même hauteur. 

Doubleaux et ogives des collatéraux s'appuient, du 
côté de la nef, sur les colonnettes des piliers. Du côté 
opposé, les ogives diagonales et transversales reposent 
sur des culs-de-lampe; les doubleaux, sur des culs-de- 
lampe ou sur des colonnettes portées à leur tour par les 
culs-de -lampe des ogives diagonales; enfin les forme- 
rets, d'une part, sur des corbeaux minuscules cachés 
derrière les ogives diagonales et, d'autre part, sur les 
culs- de-lampe des ogives transversales. 

Nous savons que les bas-côtés ont aussi des voûtes 
sexpartites. Ces voûtes présentent avec celles de la 



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— 127 — 



grande nef une différence essentielle : les travées étant 
tout aussi longues mais beaucoup moins larges, le plan 
en est très allongé, et la projection des ogives décrit 
avec la projection des formerets des angles extrême- 
ment aigus; aussi les ogives se dégagent-elles plus 
péniblement encore que dans la nef centrale des murs 
latéraux. Dans les voûtes des bas-côtés, la clef du for- 
meret extérieur est relevée de façon à laisser plus de 
place aux fenêtres. 

Immédiatement au-dessous des formerets de la nef, 
les parois verticales sont percées de fenêtres minus- 
cules qui éclairent faiblement les voûtes; j'en ai mesuré 
une qui est, à l'étranglement, haute de 0"49 sur une 
largeur de 0'"34.La petite dimension de ces ouvertures 
tient à deux causes : en premier lieu, les architectes 
gothiques de la contrée ont fait peu d'arcs-boutants; 
ils ont donc employé les voûtes latérales à épauler 
la maîtresse voûte, et c'est pourquoi ils ont craint 
généralement d'accentuer la différence entre les hau- 
teurs respectives des trois nefs; en second lieu, les bas- 
côtés d'Uzeste ont un toit en appentis, dont l'inclinai- 
son masque le parement extérieur du mur sur une partie 
de son élévation. Il semble cependant que l'architecte 
aurait pu mieux utiliser l'espace susceptible d'être 
ajouré, s'il avait donné aux ouvertures la forme d'un 
œil- de-bœuf, comme on en voit notamment à Lamballe 
et dans plusieurs églises du Roussillon, en des cas à 
peu près semblables. 

Dans le collatéral sud, au droit du premier pilier à 
l'ouest, les maçons du xvi* siècle qui ont renforcé les 
doubleaux et les supports ont jugé utile d'élever contre 
le mur, à l'intérieur, une colonne très engagée et un 
contrefort à l'extérieur. 

Ce contrefort paraît être le seul ancien qui ait été 



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^ 128 — 

bâti, en dehors du chevet, pour contenir la poussée 
des voûtes gothiques; les massifs contreforts qui enser- 
rent les flancs de Téglise sont de date récente. Avant 
cette restauration, il n'existait sur les murs latéraux 
que des contreforts peu profonds, dont partie d'ailleurs 
n'étaient pas au droit des doubleaux; de chaque côté on 
voit un contrefort et les traces d'un second, s'arrêtant 
l'un et l'autre à l'appui des fenêtres. Les deux contre- 
forts existaient sur la face sud quand M. Drouyn a 
gravé son eau-forte. 

Quant aux murs de la nef, au-dessus des toitures 
latérales, ils sont lisses et n'ont pas de contreforts. 

Les collatéraux sont éclairés par des fenêtres placées 
à des hauteurs sensiblement différentes, à raison d'une 
par demi-travée; en outre, une fenêtre ouverte plus bas 
que les autres donne sur la demi-travée méridionale 
contiguë au déambulatoire. 

Le chevet. 

TOÛte de l'abside, plus haute que celle de la nef, 
e voûte gothique à six compartiments qui répon- 
'un à Tare triomphal, les autres aux cinq pans de 
ie. 

voûtes du déambulatoire et des trois chapelles 
me de trapèze sont ingénieusement combinées, 
à remarquer d'abord que les doubleaux du déam- 
nre sont à peu près dsitis le même plan vertical 
5S ogives de l'abside. On saisit sans peine l'avan- 
ie cette disposition : le doubleau épaule plus effi- 
lent le pilier; de plus et surtout, l'arc-boutant, 
)rte sur la même pile extérieure que ce doubleau 
est destiné à combattre la poussée de l'ogive, se 
5 placé dans la même direction que celle-ci. Le 



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— 129 — 

déambulatoire, d'une part, les chap 
étaient trop étroits pour qu'on donns 
une voûte distincte; Tarchitecte a do 
pelles aussi hautes que le déambulatoi 
Tun et Tautre de la même voûte gothiq 
ogives et les doubleaux de ces voûte 
les colonnettcs des piliers élevés autc 
par d'autres piliers engagés dans les 
du chevet et qui affectent deux profil 
sont dans les angles rentrants ou aux 
parce que les piliers des angles sail 
tore pour les doubleaux, deux pour 1( 
dernières moulures pour les formere 
autres piliers ne rcroivent qu'une ogi 
et pas de doubleaux. Ces divers pilier 
très matériaux que les murs auxquels 
lits sont de hauteurs différentes. 

Du côté du sanctuaire, les formeret 
les chapiteaux des arcades et des ogi> 

Les premiers piliers placés à l'entré» 
semblables aux gros piliers de la nel 
très piliers bâtis entre l'abside et le d^ 
d'un tracé fort compliqué; ils sont à 
trois, plus fortes, de 0™23 de diamètre, 
arcades et le doubleau du bas-côté U 
autres, de 0"18, pour l'ogive de l'ab 
ogives du déambulatoire. Ces six colo 
quées de moulures, savoir moulures 
colonnettes des ogives, carrées pour U 
arcades et du doubleau; seulement, 
longé dans la direction des arcades, 1 
plus développées dans ce sens, et le: 
arcades n'ont qu'une seule moulure c 
la nef, l'autre moulure carrée ayant et 

Tome XVIll. - Fasc. n et Hf. 



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— 130 — 

réduire IVpaisseur. Le profil est riche d'aspect, mais un 
peu mou. Il offre un autre inconvénient pins sérieux : 
c'est que l'allongement des piliers dans le sens des 
arcades diminue la largeur de celles-ci, qui sont déjà 
trop étroites. Quand les architectes normands ont ac- 
couplé deux colonnes pour former les supports autour 
des absides, ils ont placé ces colonnes l'une derrière 
l'autre. Il est vrai que le pilier ainsi renforcé rétrécit 
le déambulatoire. 

Dans les deux piliers élevés à l'entrée de l'abside, au 
nord, les chapiteaux sont disposés à des hauteurs dif- 
férentes; dans les autres piliers du chevet, les chapi- 
teaux, à l'exception de celui qui porte la retombée de 
l'ogive de la maîtresse voûte, sont au même niveau; ils 
ressortent sur une zone sculptée, de même largeur que 
les chapiteaux eux-mêmes, qui ceint le pilier. 

Suivant le tracé habituel, les grandes arcades du 
sanctuaire sont aiguës. Presque immédiatement au-des- 
sus des arcades, sont percées cinq larges fenêtres, qui 
versent dans l'église une abondante lumière. 

Les chapelles ont ceci de particulier qu'elles s'ou- 
vrent directement et sans arcade sur le bas-côté tour- 
nant, puisqu'une même voûte abrite chacune d'elles et 
la travée contiguë du déambulatoire. 

Une fenêtre est percée dans chacune des trois parois 
des chapelles trapézoïdales, plus large dans la paroi 
centrale. La chapelle trapézoïdale du sud n'a que deux 
fenêtres, parce qu'un escalier, signalé plus haut, est 
accolé à l'un de ses côtés. Dans la chapelle carrée voi- 
sine, une grande verrière est ouverte à travers la mu- 
raille méridionale. 

De même que les voûtes, les toits sont bien mieux 
compris dans le chevet. La grande nef a un toit à deux 
versants ; chaque bas-côté est couvert d'un toit en 



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— 131 — 

appentis, dont j'ai exposé les inconvénients. Au chevet, 
les toits suivent, dans leur ensemble, Tinclinaison des 
voûtes, dont ils reproduisent la forme générale. Par 
exemple, les voûtes à six compartiments des chapelles 
sont coiffées d'un toit à six pans, ce qui a permis de 
donner aux fenêtres de Tabside presque toute la hauteur 
comprise entre la clef des grandes arcades et les for- 
merets. 

Quelques particularités de construction. 

Avant d'examiner les détails de Tornementation de 
Téglise d'Uzeste, je vais signaler dans la construction 
quelques particularités. 

Un premier fait à noter, c'est que, sur toute la lon- 
gueur correspondant à la nef, les murs extérieurs des 
bas-côtés ont été repris à partir d'une hauteur de 
six mètres environ au-dessus du soubassement; c'est 
précisément le niveau de l'appui des fenêtres. Les 
matériaux sont d'une couleur différente ; de plus, cer- 
tains contreforts qui contiennent les façades latérales 
s'arrêtent à ce niveau, et les fenêtres sont exacte-r 
ment au*dessus ; enfin, si l'on examine le contrefort 
méridional placé le plus à l'est, on constatera qu'il a 
été remanié à partir de cette hauteur et que l'on a fait 
disparaître, dans la reconstruction de sa portion supé- 
rieure, l'un des deux ressauts qu'il présente du côté du 
chevet. Au nord, le remaniement est particulièrement 
visible : il est marqué par un retrait du parement exté- 
rieur du mur ; ce retrait monte vers l'ouest, par deux 
ressauts successifs, et le niveau de l'appui des fenêtres 
suit ce mouvement. En outre, sur cette même face, la 
reprise est soulignée, vers l'est, par un larmier. Enfin, 
au-dessus de ce larmier, le contrefort correspondant à 



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^ i32 — 

l'élargissement de la nef rejoint le n.ur, non plus à 
angle droit, mais en biais. 

Les murs latéraux n'ont pas seuls été repris ; la 
partie haute de la façade ouest a été refaite, mais 
au-dessus d'une ligne plus élevée. 

Si maintenant nous examinons avec soin les pare- 
ments extérieurs dans le sens de la longueur, nous 
constaterons d'autres sutures sur les points suivants : 
dans l'angle du dernier contrefort est du bas-côté 
méridional, — à l'encadrement de la porte sud, — aux 
naissances du contrefort ouest de la même façade, con- 
trefort qui a été ajouté, ainsi que nous l'avons vu, — 
à l'encadrement de la rose, laquelle a remplacé une baie 
carrée, — à Tcncadrement de la porte ouest, sur la face 
nord, — à la naissance du ressaut correspondant à l'élar- 
gissement du bas-côté : ce ressaut ne devait d'abord 
avoir que 14 centimètres environ de profondeur, — 
enfin, dans le mur nord de la'nef, entre les deuxième 
et troisième travées. 

A l'intérieur, l'étude des joints est plus délicate : le 
mur a été badigeonné, et les pierres sont encadrées de 
traits filés à l'ocre rouge ; mais cet appareil décoratif 
ne répond pas toujours au véritable appareil de la 
construction : sur telle maçonnerie de brique, qui 
ferme une ouverture condamnée, on a sans scrupule 
figuré des pierres ; les joints verticaux des piliers de la 
nef sont supprimés, etc. Il parait que cette fantaisie 
s'est surtout exercée sur le mur de fond, à l'ouest, et 
il convient d'être, sur ce point, particulièrement pru- 
dent. Je me bornerai donc à signaler deux reprises : 
Tune à l'encadrement de la porte sud, l'autre à l'angle 
rentrant résultant de l'élargissement du bas-côté sep- 
tentrional. 

J'ai omis de signaler une niche, pratiquée dans le 



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— 133 — 

mur de fond de la chapelle absidale qui est placée dans 
Taxe de Téglise ; c'est là que la Vierge d'Uzeste est 
déposée actuellement. La niche est amortie par un arc 
brisé à redents, avec colonnettes, bases, chapiteaux à 
feuillages et tailloirs octogones. Ce devait être une 
crédence. 

Dans la chapelle voisine, au nord, et contre la paroi 
septentrionale était une piscine abritée par un gable 
léger, à remplage rayonnant et à crochets sur les ram- 
pants. Ce gable est figuré dans le Bulletin de la Corn-- 
mission des Monuments historiques de la Gironde (1). 

L'escalier qui mène aux toitures émerge au-dessus 
de Téglise en une tourelle octogonale terminée par une 
pyramide. Cet escalier aboutit à des degrés taillés sur 
la butée de Tarc-boutant voisin, lesquels conduisent à 
la toiture de Tabside. Dans les autres arcs-bou- 
tants, le chaperon est creusé d'une rigole ; les eaux 
pluviales tombent d'abord du chéneau dans une con- 
duite ménagée dans l'épaisseur du contrefort sur 
lequel porte la tête de l'arc-boutant, elles suivent la 
rigole placée sur le chaperon de Tare, passent à tra- 
vers les pinacles et arrivent aux gargouilles. 

Les arcs-boutants (2) de l'abside d'Uzeste sont formes 
d'un seul arc de 45 centimètres de largeur environ, sur 
lequel est posée une butée tangente à l'extrados et in- 
clinée sur l'horizon de près de40", un peu plus ou un peu 
moins; aux extrémités, l'arc est relié à la butée par 
des assises maçonnées. 

A l'extérieur, l'arc-boutant porte sur une culée assez 



(1) Op, cit., 1852, p. 63. 

(2) Deux arcs-boutants au moins ont été reconstruits ; ils figurent 
pour une somme do 1,180 francs, sur le marché iutcrveiiu, le 13 mai 1839, 
entre MM. Dupliol, architecte, et J.-B. Dulau fils, entrepreneur. 



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^ 13'i — 

puissante, qui est sommée d'un pinacle et qui sert en 
même temps de contrefort aux voûtes du déambula- 
toire. Du côté de Tabside, Tare plonge dans un contre- 
fort de même largeur que lui et d'un relief de 12 centi- 
mètres, qui est construit par assises, en même temps 
que les jambages des fenêtres; le claveau de tête est seul 
engagé, et un joint vertical, qui est dans le plan de la 
face antérieure du contrefort, laisse au reste de Tare 
un peu de jeu. Le tout est simple et largement conçu ; 
Texécution, autant qu'on puisse en juger dans un édi- 
fice en grande partie refait, m'a paru plus soignée qu'à 
l'intérieur, où certaines grandes arcades sont très mal 
tracées. 

Des lézardes courent cependant sur les parements 
extérieurs du chevet, provenant peut-être de l'insuf- 
fisance des fondations, ou d'un mouvement amené par 
le tassement du clocher. 

Les profils des nervures. 

L'étude des profils des moulures est d'un grand 
secours pour dater les monuments du moyen âge. 
Malheureusement, à Uzeste ces profils ont dû être déna- 
turés : un entrepreneur, le même sans doute qui avait 
commencé à blanchir les meneaux des fenêtres, a 
présenté récemment un compte pour avoir repiqué à la 
laye ou à la boucharde et ripé au chemin de fer les 
nervures de partie des voûtes et les bases de certains 
piliers ! Ces travaux, dont je ne saisis pas la néces- 
sité, ont eu pour résultat inévitable d'enlever aux 
moulures leur caractère. Sous le bénéfice de ces 
réserves, \oici, dans cet ordre d'idées, un certain 
nombre d'observations. 

En premier lieu, examinons les grandes arcades. 



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— 135 — 

Dans la nef, le profil des grandes arcades comprend 
deux gorges sur lesquelles ressorlent des boudins et 
qui sont séparées par un bandeau assez étroit dans les 
deux arcades du nord-est, plus large dans les autres. 
C'est le thème adopté pendant la période du gothique 
primitif pour les arcs de quelque épaisseur. Dans le 
chevet, on distingue deux parties : les deux arcades 
nord conservent le profil des arcades contiguës de la 
nef. Dans les trois autres arcades, Tidée change; le 
profil est moins ferme, mais beaucoup plus riche; il 
présente de chaque côté, en descendant des angles 
vers le milieu : un petit cavet, un boudin, qui redonne 
à Tarcade toute sa largeur, un second cavet, qui 
Tamincit brusquement, un filet oblique, enfin, au 
milieu, un gros boudin à méplat. 

Dans les voûtes,toutes les ogives ont un même thème: 
de chaque côté une gorge, au milieu un boudin ; mais 
il y a des variantes : boudin rond, boudin avec arête, 
boudin avec méplat. Bien que ces deux derniers types 
aient été créés dès le xii*" siècle (1), ils sont dans nos 
pays d'une importation ultérieure; le troisième notam- 
ment passe parmi les archéologues de la contrée pour 
être caractéristique du xiv* siècle (2). Une autre modi- 
fication des profils consiste. dans l'addition d'un mince 
filet oblique ou d'une légère baguette entre la gorge et 
la naissance du tore. Les ogives sont à boudin rond et 
sans filet dans la première et la dernière travée du bas- 



(1) ViolIet-le-Diic signale des ogives à ardte h. Sninl-Denis, vers 1145, 
el des doublenux à méplat dans le chevel de Vezelay, vers 1190 (Diction- 
naire d'architecture, t. VII, p. 505 el 508). — Le buudin a méplat est 
dessiné dans ÏJll/um de Viliard d'ffonnecourt, planche LXII, d'après les 
doiibleaux des bas-côtés de la cathédrale de Reims, et planche XL. Le 
boudin à arête est dessiné dans le même album, pi. LXII, 

(2) On le trouve notamment sur la tranche du tombeau da Clément V. 



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— 136 — 

côté sud, dans les deux premières travées de la nef à 

Touest, et dans la première travée du bas-côté nord, 

excepté aux sommiers vers Test. Elles présentent une 

arête dans le reste de la nef et des bas-côtés, et un filet 

obliaue dans les sommiers des ogives de la première 

nord, vers Test, et dans le reste du 

jf à Togive transversale de la seconde 

►gives sont à méplat dans toutes les 

Le méplat descend même, dans 

les colonnettes jusqu'au cordon de 

rt horizontalement sous Tappui des 

ntourne les colonnettes à la façon 

it, dans la nef, le même profil que les 
iCs formerets offrent deux types : un 
lans les deux premières travées de la 
sième, un profil qui est la moitié de 
ircades. 

îs,les doubleaux sont profilés comme 
nerets reproduisent les mêmes types 
andeau biseauté dans la première et 
:lu collatéral sud et dans la première 
latéral nord; gorge à boudin dans les 

[eaux du chevet, ils donnent, à Tana- 
éléments que les ogives, mais d'un 
eux. Les formerets du chevet sont 
les travées adjacentes de la nef. 
ans toute l'église, décorées de feuil- 
nentation est moins importante dans 
3tés ; elle ne recouvre pas l'intersec- 
que l'œil suit jusqu'à leur point de 
chevet, au contraire, surtout dans 
es trois chapelles trapézoïdales, les 



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feuilles, plus refouillée 
sont serties dans un< 
occupe la face infériei 
semblent s'enfoncer I( 
vures voisines se préi 
ouvert, la face verticah 
que Ton a garnie d'une 

Les chapiteau 

Les chapiteaux pe 
groupes : là où les arcî 
du gothique primitif, 
carrés et généralement 
nées par un boudin à 
teaux à deux rangs de 1 
L'église d'Uzeste fourn 
sistance des chapiteau 
méridionales : même a 
des personnages ou de 
que certaines d'entre el 
crochets, qui donnent 
caractéristique. Entre 
arcade du nord, en coi 
voir se dérouler sur un 
sodés de la chute origi 

Dans les bas-côtés, 1 
des doubleaux sont pi 
ou moins grimaçantes, 
formerets, tant dans la 



(1) Exceplion duit être faite 
et à tailloir polygonal, qui 
anglais ou de l'art normand. 



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— 138 — 

ils sont relégués derrière les ogives diagonales et sont 
sans importance. 

Il reste à signaler un support qui est, sinon très 
beau, du moins très curieux. Un certain nombre de 
constructeurs, désireux d'enrichir Taspect de leurs 
édifices, ont interposé entre les nervures, d'une part, 
et le chapiteau ou le corbeau, de l'autre, une statue. 
Quoi qu'ait écrit à ce propos un maître illustre (1), il est 
permis de croire que cet expédient est chose regretta- 
ble : il en résulte, entre la nervure et son appui, une 
solution de continuité qui empêche de saisir les rap- 
ports de ces deux membres de construction. C'est donc 
à tort que l'architecture contemporaine revient à ce 
procédé. A Uzeste, du moins, le maître d'œuvre doit 
bénéficier d'une circonstance atténuante : il parait 
avoir admis cette combinaison comme un expédient, 
en vue d'utiliser une statue plus ancienne, qu'il a 
dressée sur un cul-de- lampe et abritée d'un petit dais 
dans le bas-côté nord, en face du second gros pilier. C'est 
une statue d'évêque bénissant, grossièrement taillée; 
la mitre est basse; les vêtements sont à plis multiples; 
la chasuble, longue, retombe lourdement sur la sai- 
gnée du bras; la crosse est courte et se termine par 
une simple volute sans ornement. Cet essai de sculp- 
ture paraît remonter au début du xiii» siècle. 

Bases et socles; cordons de moulures. 

Tous les piliers ont des bases et chaque colonnette 
possède un socle. Dans les forts piliers de la nef, le 
profil de la base comprend un petit tore aplati et un 
tore plus large et moins déprimé, séparé du premier 

(l) Viollet-le-Duc, Dictionnaire d* architecture y t. IV, p. 490. 



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— 139 — 

par une gorge profonde; au dessous des colonnettes, 
ce second tore dépasse de trois à quatre centimètres la 
face antérieure du socle sur lequel la base est posée. 
Dans les piliers plus faibles de la nef, la base présente 
un cavet et un tore très aplati, qui affleure le milieu 
du socle carré des colonnettes et en rejoint les angles 
à Taide de griffes. Les bases çontournjsnt les supports 
à la même hauteur^ sans ressauter. Les socles s'élar- 
gissent A'ers le bas, dans les piliers à quatre colonnes 
au moyen de riches moulures; dans les autres piliers, 
par un simple chanfrein. Les socles plongent dans un 
soubassement octogonal, destiné à écarter les passants 
des angles où ils pourraient se meurtrir. 11 est très 
intéressant de comparer ces bases et ces socles avec les 
bases et les socles de la nef de Reims (1). 

Au chevet, les bases ont le même profil que dans les 
gros piliers de la nef. Le socle est polygonal, ainsi que 
les tailloirs, et, comme il ne présente plus d'angles 
rentrants où le passant puisse s'embarrasser, l'assise 
octogonale a disparu. Le socle est débordé par le tore 
inférieur de la base, sauf sur certains points où il pro- 
jette un angle en avant; dans les piliers extérieurs, cet 
angle s'amortit en haut en un congé qui disparaît sous 
la base; dans les piliers contigus à l'abside, ce même 
angle est couvert par une griffe. Dans tout le chevet, 
les socles s'empattent par en bas, une première fois 
au moyen xi'un ressaut mouluré, puis par un chan- 
frein. 

En dehors du chevet, il n'y a pas à l'intérieur de 
l'église de cordons horizontaux de moulures, sauf dans 



(1) Id,, ibid., t. II, p. 146. — Les soubassements de ces socles ont élé 
enlevés sur quelques points pnr un entrepreneur trop zélé, qui u cru que 
c'clnient des restes d'un dallage ancien. 



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5 du point où ils 
isous de l'appui des 
ené, sur la tranche 
dré cliamplevées et 
ces croix et champ- 
le la longueur, les 
et le chanfrein est 



s. 

viron de diamètre 
jue le mur à travers 
. Elle est garnie de 
i dessin : huit rais 




uadrilobé; ils sont 
ncentrique au pre- 



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— 141 — 



mier et rejoignent la circonférence extérieure en dessi- 
nant des arcs en plein-cintre garnis de redents. 

Les fenêtres de la nef et des bas côtés ne compor- 
tent pas de décoration; ce sont de simples baies dont 
Tare brisé est ouvert dans un seul bloc pour les fenê- 
tres hautes et partie des fenêtres basses ; le tableau 
s'ébrase à l'intérieur et à Textérieur, et dans le sens de 
la hauteur aussi bien que dans le sens de la largeur. Il 
est à remarquer que les fenêtres des bas-côtés, à l'ex- 
ception des deux dernières au nord, pourraient être 
beaucoup plus larges sans affaiblir la construction : 
peut-être faut-il voir dans leur étroitesse le résultat 
d'une préoccupation contre les attaques des bandes 
armées. 

La petite fenêtre signalée dans la dernière demi- 
travée du collatéral du midi est, sur la face extérieure, 
pratiquée à deux reprises; dans les angles rentrants des 
ressauts sont engagées des colonnettes; l'arc dessine 
vaguement un trilobé très surbaissé. A l'intérieur, la 
.baie est surmontée d'un arc à peine infléchi, et elle 
est encadrée d'un gros tore. 

Les fenêtres du chevet sont conçues tout autrement 
que celles du reste de l'édifice. Je ne puis pas songer à 
les décrire dans tous leurs détails; voici, du moins, 
quelques observations d'ensemble. Sur les flancs des 
chapelles trapézoïdales, l'arc brisé est à redents et les 
tableaux sont simplement ébrasés; la première assise 
comprend, il est vrai, des bases de colonnettes; mais 
ces colonnettes n'ont pas été continuées, sauf dans 
celle de ces fenêtres qui est le plus au nord. Toutes ces 
fenêtres ont d'ailleurs une seule ouverture et n'ont pas 
de remplage. 

Dans toutes les autres fenêtres du chevet, les baies 
sont partagées par des meneaux : en trois, pour les 



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— 142 — 

deux premières fenêtres hautes de Tabside; en deux, 
partout ailleurs. Ces meneaux, avec bases et petits 
chapiteaux à feuilles, supportent un remplage flam- 
boyant. L'encadrement est riche, tant à Tintérieur qu'à 
Textérieur ; il est formé de colonnettes analogues à 
celles dont il vient d'être fait mention ; les unes con- 
courent à porter le remplage, les autres reçoivent la 
retombée d'archivoltes concentriques aux voussures. Il 
est entendu que, dans ces fenêtres, les colonnettes 
sont de simples moulures taillées dans les assises des 
jambages ou des meneaux qu'elles décorent. La pre- 
mière fenêtre méridionale du chevet est plus haute que 
les autres; aussi les colonnettes ont-elles deux cha- 
piteaux superposés, à une certaine distance l'un de 
l'autre. 

11 ne reste plus rien de ces débris d'anciennes ver- 
rières qu'un rapport de 1852-1860 mentionne dans les 
fenêtres du chevet. 

La porte nord est en plein* cintre ; les moulures un 
peu lourdes de l'arc retombent de chaque côté sur le 
chapiteau d'une colonnette engagée, profilée sur une 
large gorge sans profondeur; la base de cette colon- 
nette est à la hauteur du biseau qui marque le soubas- 
sement des bas-côtés. Les deux chapiteaux sont romans, 
à feuilles creusées de cannelures et terminées par des 
crochets peu développés. Toute cette décoration est 
bâtie par assises, en même temps que les murs voisins, 
avec lesquels elle se lie sans reprise. 

La porte ouest, au contraire, a été placée après coup, 
ainsi au'en témoigne la façon dont ses jambages se 

r; d'ailleurs, la taille de ses claveaux 

astres plats de ses piédroits décèlent 

me. 

orte sud, dont une phototypie a été 



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— 143 — 



jointe au présent mémoire, est intéressante. Elle est à 
linteau et arc brisé. Le linteau est soulagé à chacune 
de ses extrémités par un corbeau ; il est creusé, et le 
fond en est décoré par un bas-relief dont le sujet m'est 
inconnu, surmonté d'une légère frise de feuillage. Le 
tympan présente le couronnement de la Vierge, un des 
sujets affectionnés par les artistes des xiu* et xiv* siè- 
cles (1) : de chaque côté, un ange agenouillé assiste à 
la scène; les quatre personnages sont taillés dans un 
seul bloc. Au dessus, deux anges plus petits garnissent 
l'angle supérieur. Le tympan est encadré d'une vous- 
sure formée de six anges à genoux, laquelle est soutenue 
par une colonnelte engagée, avec abaque polygonal et 
chapiteau à crochets. Une dernière archivolte de feuil- 
lages très refouillés était portée par deux culs-de- 
lampe, dont il subsiste un seul. Toutes les sculptures 
sont bonnes : elles ne sont pas indignes de cet art 
bordelais des xiii* et xiv* siècles, qui a laissé tant et de 
si bonnes œuvres. 

La seconde porte méridionale est murée, et il est 
impossible de l'étudier; l'arc, sans doute tréflé, est 
posé sur deux colonnettes engagées. A l'intérieur, 
autant qu'on puisse en juger, l'arc est très aplati. La 
baie de cette porte n'atteint pas le sol de l'église ; c'est 
que le cimetière était naguère autour de l'édifice et la 
poussière des morts avait exhaussé le terrain : il fallait 
descendre plusieurs marches pour entrer et on avait dû 
relever le seuil jusqu'au niveau du dehors. 

Les portes s'ouvrant de l'intérieur sur les tourelles 
et sur la sacristie sont dépourvues d'intérêt. Il convient 
néanmoins de signaler la date de 1762 gravée sur la 
porte de la tourelle du clocher, et de constater que la 

(1) Viollet-le-Duc, op. cit., t. IX, p. 371. 



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— 144 — 

porte de Tautre tourelle était, il y a peu de temps 
encore, ouverte dans une autre paroi et à une certaine 
hauteur au-dessus du pavé. 

Soubassement, contreforts, pinacles, etc. 

Le soubassement des bas-côtés et de la façade occi- 
dentale est surmonté d'un biseau ; au chevet, au- 
dessus du biseau est profilée une belle moulure. 

Le larmier des contreforts de la façade ouest est 
simple et peu saillant. Dans le chevet, les contreforts 
ont deux larmiers sur leur face antérieure ; Tun de ces 
larmiers suit tout le pourtour du chevet, et sa pente se 
confond avec le glacis de Tappui des fenêtres. 

Les contreforts placés sur les angles saillants se 
terminent, avant d'atteindre la corniche, par un petit 
fronton avec fleuron, à la façon d'édicules couverts d'un 
toit à deux versants. Les autres contreforts, qui reçoi- 
vent les arcs-boutants, sont chargés de pinacles destinés 
à empêcher le glissement des assises sous Teffort de la 
poussée. Les trois faces libres des pinacles sont déco- 
rées de moulures dessinant un arc brisé à redents et 
un gable. Les pinacles sont terminés en une pyramide 
sur laquelle est posé un fleuron (1). 

Les gargouilles ont dû être refaites. Deux seulement 
sont sculptées : Tune est très mutilée ; Tautre, qui 
est au sud, représente, allongé horizontalement, un 
animal fantastique d'un beau caractère. 

La balustrade qui court sur la corniche de l'abside 
dessine des arcs brisés à redents. 

Les faces nord et ouest de l'église laissent voir 



' (1) Partie de ces pinacles ont été restaurés et même refaits, notamment 
en 1839. 



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— 145 — 

vaguement une litre d'où toute ornementation a dis- 
paru. 

Le cloclier et la sacristie. 

Le clocher d'Uzeste (i) est postérieur à la nef et au 
chevet. En effet, on peut voir, tant à Tintérieur de 
Téglise que dans Tescalier du clocher, une fenêtre 
murée qui est devenue sans emploi du jour où on a 
élevé le clocher. De plus, il est facile de constater, aux 
deux angles où les murs du clocher rencontrent ceux 
de l'église, que ceux-ci ont été construits avant ceux- 
là; du côté de l'ouest notamment, un contrefort du 
chevet plonge dans la maçonnerie du clocher. Enfin, le 
pinacle qui charge la tête du premier arc-boutant sur la 
face nord du chevet touche presque le clocher ; or, ses 
parements, qui ne sont plus vus que par les hirondelles, 
ont été traités avec le même soin que ceux des autres 
pinacles, ce qui prouve qu'il était destiné à être 
dégagé. Il est possible que la construction du clocher 
fût prévue dès l'édification du chevet ; on s'explique- 
rait ainsi que le flanc auquel il devait être accolé ne 
soit pas percé d'une grande fenêtre pareille à celle qui 
fait face ; mais, en fait, l'exécution est postérieure. 

Ce clocher a un rez-de-chaussée et un étage voûtés ; 
les autres étages sont séparés par des planchers et ils 
sont desservis par un escalier logé dans une tourelle à 
pans coupés extérieurement, qui occupe l'angle sud- 
ouest de la tour. 

La voûte du rez-de-chaussée est un berceau brisé, 
qui a été éventré, ainsi que la voûte supérieure, pour 
donner passage à des cloches. L'ouverture circulaire 
pratiquée à cet effet dans le berceau du rez-de- 

(1) Voir la phototypie jointe au présent fascicule. 

ToMB XVIII. - Fasc. II et III. 10 



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— 146 — 

chaussée est défendue contre les dégradations par une 
armature en pierre qui dessine une circonférence et 
qui présente sur la tranche inférieure un profil soigne, 
d'apparence gothique. Cette ouverture, qui se raccorde 
assez mal avec la voûte, doit être postérieure à cette 
voûte elle-même. Quant à la voûte du premier étage, 
elle est dans le plus triste état; toute la partie centrale 
en est elïondrée. 

Le rez-de-chaussée est formé d'un simple couloir 
qui a la même largeur que la porte ouest. Vers Test, 
les parois se rapprochent de quelques centimètres, et 
la voûte est plein cintre ; ces parois et cette voûte 
ne se lient pas avec celles qui précèdent ; elles 
sont d'un autre appareil eC ne portent pas les mar- 
ques de tâcherons qui sont tracées dans toute la partie 
basse de la tour. L'ouverture occidentale du rez-de- 
chaussée étant murée, il est impossible de se rendre 
exactement compte des motifs de ce remaniement ; 
toutefois, il est possible que cette partie du couloir ne 
fût pas voûtée à l'origine, afin que les vantaux de la 
porte pussent être rabattus contre les parois ; le cou- 
loir s'élargissait pour loger ces vantaux sans gêner la 
circulation. La porte est des plus simples ; Tare en 
est encadré par une archivolte. La porte ouest est 
cachée par des fagots ; je crois néanmoins que les pié- 
droits sont simples et unis, avec une simple gorge sur 
l'angle; les voussures sont moulurées et une archivolte 
vigoureuse est conduite parallèlement à ces moulures. 
Celles-ci s'arrêtent à l'alignement du pied droit, qui 
les coupe en continuant à monter. 

La salle du premier étage était voûtée sur croisée 
d'ogives d'un profil compliqué ; les colonnettes des 
angles sont à chapiteaux feuillages; le tracé du fût pré- 
sente des courbes et des contre-courbes. On accédait 



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— 147 — 

de Tintérieur de Téglise dans cette Salle du Trésor au 
moyen d'un escalier, comme à Sens et à Troyes ; le 
couloir qui, de la salle, débouchait sur cet escalier 
existe encore sur presque toute sa longueur ; il est 
terminé, à ses deux extrémités, par une baie en arc 
brisé et renferme une armoire sur chacune de ses 
parois. Quatre autres armoires sont pratiquées dans les 
quatre faces de la salle. C'est pour cette raison que les 
fenêtres ne correspondent pas aux axes. Ces fenêtres 
sont des ouvertures étroites, presque des archères, 
qui s'ébrasent fortement vers l'intérieur. 

Rien dans les lignes extérieures du monument ne 
décèle ces deux étages. Les rhurs et les puissants 
contreforts obliques sont d'un très bel appareil, cou- 
verts de marques de tâcherons ; ils montent d'une 
seule venue ; les uns et les autres sont coupés par 
deux larmiers, après chacun desquels les contreforts et 
les murs perdent un peu de leur épaisseur ; ce retrait 
est surtout très accentué après le second larmier. Là 
commence un autre étage, dont les faces est, nord et 
ouest sont percées d'une fenêtre. Au-dessus vient une 
galerie, dont le sol correspond à un rétrécissement 
marqué de la tour ; ce nouvel étage, qui est celui du 
beffroi, a deux fenêtres de chaque côté. Les contre- 
forts obliques, à travers lesquels sont ouverts de petits 
passages permettant de circuler sur la galerie, s'amor- 
tissent en talus au-dessous d'une seconde galerie. De 
celle-ci s'élève une tour octogone, dont les pans mesu- 
rent seulement 35 centimètres d'épaisseur, et qui porte 
la pyramide; sur chacun des côtés parallèles à ceux de 
la tour carrée, une étroite fenêtre est percée ; chacun 
des autres côtés est contrebuté par deux légers arcs- 
boutants maintenus par des pinacles. 

Les fenêtres inférieures, au-dessus de la Salle du 



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— 148 — 

Taésor, ont des meneaux lourds, d*une ornementation 
sobre et d*un aspect sévère, qui ont, je crois, induit en 
erreur sur Vàge de cette partie du clocher. Les jam- 
bages sont couverts de moulures prismatiques sans 
chapiteaux ; le dessin du remplage est flamboyant. En 
somme, ces fenêtres paraissent moins archaïques que 
celles du flanc sud de Téglise de Règles, dans la ban- 
lieue de Bordeaux, qui sont de 1537. A l'extrados des 
voussures est conduite une archivolte formant larmier 
et retombant sur un larmier horizontal qui fait le tour 
de Tédifice. 

La balustrade de la première galerie est flam- 
boyante ; elle repose sur deux assises en encorbelle- 
ment, dont chaque bloc présente un motif sculpté : 
masques, animaux, coquilles, etc. ; nous retrouverons 
ces coquilles sur les armoiries d'un chevalier inhumé 
dans l'église. Dans les fenêtres qui viennent au-dessus, 
le tableau est en biais et sans ornement; le remplage 
est analogue à celui des fenêtres précédentes. De 
même, le dessin de la seconde balustrade est semblable 
à celui de la première; elle s'appuie sur un encorbelle- 
ment de simples moulures. Ces deux balcons sur plan 
carré rappellent vaguement les galeries analogues des 
clochers bretons. La flèche est ajourée de petites 
ouvertures quadrilobées, trilobées, etc. ; les arêtes 
portent des nervures rondes relevées de crochets. Le 
faîte a été découronné et assez mal restauré. 

L'agencement et la décoration des contreforts sont 
d'une étude particulièrement intéressante. Nous avons 
vu que les parements de la tour ressautent par deux 
retraits successifs; ces retraits ne sont pas à angle 
droit, mais en biais, en glacis; or, ce glacis, qui se 
confond avec l'appui des fenêtres, forme également 
la dernière assise d*un petit toit de pierre qui recouvre 



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— 149 — 

Tavancée des contreforts; un gable à crochets et un 
fleuron décorent le fronton formé par ce toit. Le con- 
trefort monte ensuite, carré et nu, jusqu'au larmier qui 
se soude à Tarchivolte des fenêtres . A partir de ce 
niveau, il est plus mince et plus délicat; des moulures 
verticales sont légèrement profilées aux angles et sur 
les faces. Puis le massif perd de nouveau une notable 
portion de sa profondeur; ce ressaut est dissimulé par 
une combinaison de pinacles qui ménagent la transi- 
tion : d'abord, deux pinacles sont accolés, leurs arêtes 
continuent presque celles du contrefort; au-dessus, un 
troisième pinacle s'élève, l'arête en avant. Le talus 
final formé par les contreforts quand ils semblent s'en- 
foncer dans la tour porte, vers la face antérieure, un 
petit toit avec gable et fleuron. Le sommet de la tour 
carrée se dégage au-dessus de ce talus, avec l'encor- 
bellement, la galerie et le système de pinacles et de 
petits arcs-boutants, dont la principale fonction paraît 
être d'atténuer l'amaigrissement de cette partie de 
l'édifice. 

En dépit de ces précautions, le clocher d'Uzeste 
pyramide trop; le soin avec lequel on a ménagé les 
retraites successives des contreforts ne corrige guère 
la défectuosité de la silhouette générale ; la flèche 
parait d'autant plus grêle que la base est plus vigou- 
reuse et plus imposante. On aurait sans doute évité en 
partie ces inconvénients si l'on avait aminci les murs 
à l'intérieur en même temps qu'à l'extérieur; mais les 
parements intérieurs des divers étages montent pres- 
que dans le même plan; la Snllc du Trésor a 3 m. 40 
environ de large, et le befl*roi, 3 m. 60. 

Ces imperfections, qui prouvent une fois de plus 
combien il est difficile d'établir une flèche pyramidale 
sur une tour, n'empêchent pas que le clocher d'Uzeste 



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- 150 — 

soit très beau : Tappareil des murs pleins est admirable 
de couleur et de conservation, et sur bien des points 
Tarchitecte a fait preuve de beaucoup d'ingéniosité. 
Malheureusement, les fenêtres, les balustrades et les 
pinacles sont dans Tétat le plus lamentable; les plantes 
poussent dans les interstices des pierres et désagrègent 
la maçonnerie : la Société Linnéenne de Bordeaux a fait 
naguère sur le clocher d'Uzeste une cueillette abon- 
dante. 11 est grand temps d'arrêter les progrès de cette 
décoration florale, fort pittoresque sans doute, mais 
plus dangereuse encore, et de sauver Tun des plus 
beaux spécimens que Part gothique ait laissés sur la 
terre gasconne. 

La sacristie est formée d'une salle voûtée d'ogives à 
méplat s'enfonçant dans les colonnettes sans chapiteau 
qui empattent les angles. 

Conclusions. 

Le moment est venu de tirer les conclusions des 
observations consignées dans les pages qui précèdent 
et de retracer la genèse de l'église d'Uzeste et des 
constructions annexes. 

Les façades latérales et la façade ouest en forment la 
portion la plus ancienne; elles faisaient partie d'une 
église primitive. Il semble que cette église avait un 
transept, ce qui explique l'élargissement des bas-côtés 
actuels. A cet édifice appartiennent : le cordon hori- 
zontal de moulures qui garnit l'intérieur des murs de 
cet ancien transept et de partie des murs adjacents, 
la porte nord, les contreforts latéraux autres que celui 
du XVI® siècle, enfin la petite fenêtre pratiquée dans 
la dernière demi-travée du bas-côté sud. La date en 
est difficile à préciser, les procédés constructifs et 



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— 151 — 

les motifs de décoration des maîtres d'œuvre romans 
ayant persisté dans la province jusqu'à Tépoquc con- 
temporaine; la beauté de Tappareil est un critérium 
bien vague. C'est donc aA^ec toutes sortes de réserves 
que j'attribue ces parties de l'église à l'an 1200 environ. 

Sont de la seconde période : les murs latéraux, 
depuis les fenêtres inclusivement, la façade occidentale 
à sa partie supérieure, les piliers et les voûtes de la 
nef et des bas-côtés, sauf quelques réfections. Ces tra- 
vaux paraissent avoir été conduits avec lenteur et avoir 
traîné surtout au nord; le profil des ogives et des arca- 
des et la largeur des fenêtres indiquent des époques 
sensiblement moins anciennes dans la dernière travée 
orientale du collatéral de ce côté. Cette reconstruction 
peut être raisonnablement attribuée à la seconde moitié 
du xiii* siècle. 

Il ne doit pas y avoir eu d'interruption entre ces tra- 
vaux et ceux du chevet; ce qui induit à le croire, c'est 
la similitude entre les profils des arcades et la forme 
des chapiteaux, d'une part, dans les parties basses des 
deux pans nord de l'abside et, de l'autre, dans les 
grandes arcades septentrionales de la dernière travée. 

Si l'on excepte ces assises inférieures des deux côtés 
nord de l'abside, le chevet est conçu avec une ampleur, 
une science, une richesse qui le distinguent nettement 
du reste de l'église : c'est l'œuvre d'un architecte sans 
doute étranger au pays et disposant de ressources con- 
sidérables, et, comme le style répond à la première 
moitié du xiv* siècle, je n'hésite pas à voir dans ce 
chevet le « somptueux monument » que Clément V 
entreprit (l). 



(1) Je suis heureux de pouvoir appuyer cette opiuion de l'autorité de 
M. le marquis de CustelDau : « Au temps .de Clément V, appartient 



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— 152 — 

A la même époque j*attribue la porte sud et la rosace. 

La sacristie et le clocher sont apparemment du 
xv' siècle : Tentrecroisement des nervures de la porte 
orientale du clocher et les profils des nervures et des 
colonnettes de la Salle du Trésor répugnent à une date 
antérieure. Il est d'ailleurs probable que l'écart est con- 
sidérable entre le couronnement, où je n'ai pas vu de 
marques de tâcherons, et les assises basses, qui en ont 
un très grand nombre. 

Les revêtements cylindriques des deux paires de 
piliers faibles et les doubleaux prismatiques qui renfor- 
çaient les voûtes au droit de ces piliers peuvent dater, 
ainsi que le contrefort correspondant, du xvi* siècle. 

Enfin, la porte ouest est suffisamment pauvre et laide 
pour être du siècle dernier. 

Le tombeau de Clément V. 

L'église d'Uzeste renferme diverses reliques archéo- 
logiques d'un intérêt inégal : le tombeau du pape Clé- 
ment V, une statue de Notre-Dame, la statue funéraire 
d'un chevalier, deux écussons armoriés, les fonts, un 
crucifix. 

Le tombeau de Clément V, dont on donne ici une 
phototypie, était jadis dans l'avant-chœur, devant le 
maître-autel. En 1824, le Musée d'Aquitaine le signale 
a relégué, sans honneur, sous un des bas-côtés » (1). 
Peut-être ce tombeau a-t -il voyagé encore, car une 
dépense de 25 francs est prévue dans un devis du 



essentiellement la partie orientale de iVglise, c'est-à-dire le chœur et se» 
chapelles rayonnantes ». (Bulletin de la Commission des Monuments his- 
toriques de la Gironde, t. XVII, p. 45). 
(1) Op. cit., t. III, p. 278. 



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— 153 — 

13 mai 1839 pour déplacer le tombeau du Pape et le 
replacer avec le plus grand soin à l'endroit de Téglise 
désigné par l'architecte. 

Il appartient à cette classe de monuments funéraires 
qui se composent essentiellement d'un cofFre de pierre 
orné d'arcatures et portant un gisant ou statue couchée; 
c'est l'idée qui reçut, au xv® siècle, une si magnifique 
expression dans les sépultures des ducs de Bourgogne. 

Le tombeau de Clément V comprend aujourd'hui : 
un soubassement en marbre noir (O^IS de hauteur), un 
cofFre formé de dalles peintes en noir et posées de 
champ (0°*77), une table de marbre noir (0°*13) sur la 
tranche de laquelle est gravée l'inscription, enfin la 
statue de marbre blanc étendue sur cette table. Les pro- 
fils du soubassement et de la table supérieure sont riches 
et vigoureux. Les dalles placées de champ portent des 
trous de scellement qui retenaient des plaques de mar- 
bre noir, dont trois sont dans le jardin du presbytère. 
Sur ces plaques était sans doute appliquée l'arcature 
d'albâtre que les historiens ont signalée et dont il ne 
reste plus que quelques débris informes. Le Pape gascon 
est étendu, la tête posée sur un coussin, les mains croi- 
sées sur la poitrine; les plis de la chasuble sont large- 
ment traités. De même que sur le trumeau de la porte 
nord à Saint-André de Bordeaux, Clément V porte le 
pallium et la chasuble ample laissant passer le col brodé 
de l'amict, que l'on a prise pour une chape à collet; ses 
pieds s'appuient sur un grifïon. La statue était d'un seul 
morceau avant que les Huguenots eussent enlevé et défi- 
guré la tête. On dirait que l'artiste a craint de gaspiller 
la matière; il a gardé la forme générale du bloc, ce qui 
contribue à donner à son œuvre une vigueur singulière; 
les draperies savamment agencées en atténuent la rai- 
deur; l'ornementation très riche de certains détails du 



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— 15'» — 

costume concourt à ce résultat : le coussin, Tétole sont 
couverts d'une décoration sans profondeur, où le ciseau 
du tailleur d'images semble avoir voulu rivaliser avec 
le burin des orfèvres. Et, de fait, je me suis demandé 
si la tiare n'était pas en métal. Elle était, en effet, rap- 
portée en partie : le crâne est coupé très nettement; la 
dépression du coussin destinée à recevoir la coiffure 
est fort régulière et la portion centrale de cette dépres- 
sion offre une cavité dans laquelle est percé un trou 
de scellement. J'ai examiné Teffigie à plusieurs reprises 
et avec la plus minutieuse attention; on s'est évidem- 
ment mépris en prenant pour l'effet d'une mutilation 
la section du crâne et la dépression du coussin, qui 
ont été taillées avec soin. D'autre part, des fragments 
de la tiare adhèrent à la tête, et ils sont, non pas en 
métal, mais ciselés dans le bloc; nous sommes donc 
vraisemblablement en présence des traces d'une re- 
prise, d'une restauration. 

Tombeau d'un Grailly. 

La dalle funéraire du chevalier était autrefois sous 
la dernière arcade ouverte entre la nef et le bas-côté 
septentrional ; elle recouvre présentement le soubasse- 
ment de l'ancienne piscine; elle est en grès très fin. 
Le chevalier est représenté un peu plus grand que 
nature, couché, la tète sur un coussin, les mains sur 
la poitrine. Une mutilation stupide a détaché la tête 
du tronc, enlevé le visage, brisé les mains, entamé les 
bras et cassé les pieds avec la partie inférieure des 
jambes. Le chevalier est recouvert d'une armure de 
mailles ; le cou et la tête sont garantis par un capuchon 
de mailles, dont l'ouverture ou ventaille encadrait la 
figure; le heaume, si tant est qu'il ait existé, a disparu ; 



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— 155 — 

les gantelets de mailles en forme de moufles, sont la 
prolongation des brassards de mailles ; une fente pra- 
tiquée sur le poignet a permis au chevalier de dégager 
ses mains des gants, qui pendent vides. 11 reste des 
fragments d'un pied et d'une jambe, qui sont également 
protégés par des solerets et des chausses de mailles. 
Une longue cotte à armer sans manche, fixée à la taille 
par une fine lanière, est jetée sur le haubert. L'épée 
est attachée à un large baudrier, qui est posé en biais 
au-dessous de la ceinture et relevé de fleurons; une 
boucle laisse tomber Tune des extrémités du baudrier. 
On ne voit de Tépée que le pommeau tréflé, la poignée 
et le haut de la garde; le reste est caché par Técu. Ce 
bouclier, suspendu à l'épaule droite par une courroie 
ouguiche, repose sur la cuisse gauche; il mesure environ 
0'"70,en réduisant les dimensions de la statue à la gran- 
deur naturelle; il est cintré (1) et porte une croix char- 
gée de cinq coquilles, plus un lambel assez semblable 
à un chef d'où tomberaient quatre demi-pals. Ce sont, 
avec une brisure, les armes de la célèbre famille des 
Grailly (2). Or, nous savons que Jean de Grailly, séné- 
chal d'Aquitaine pour l'Angleterre, qui avait épousé une 
parente de Bertrand de Goth, Clairmonde de La Mo- 
the (3), créa vers 1278 une chapellenie à Uzeste (4), et, 
comme il est assez naturel de fonder un service reli- 



(1) On peut voir dans la galerie méridionale du cloître de Saint -Emi- 
lion le tronc de la statue d'un chevalier revêtu d'une armure à peu près 
pareille ; mais à Saint-Emilion l'écu, qui est couvert d'un lion rampant, 
est plus haut et surtout plus allongé ; en outre, la cotte d'armes est plus 
courte ; elle ne porte pas de plis sur la poitrine et a peut-être des bour- 
relets à l'encolure et aux entournures. 

(2) D'argent à la croix de sable chargée de cinq coquilles d'argent 
(P. Anselme, t IIÏ, p. 368). 

(3) P. Anselme, ibid, 

(4) Archives historiques de la Gironde, t. VI, p. 354. 



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— 156 — 

gieux dans l'église où on désire être inhumé, comme, 
d'autre part, les détails du costume se rapportent à la 
fin du xiii® siècle, on pourrait croire que le chevalier 
couché sur le tombeau d'Uzeste est Jean de Grailly lui- 
même, si nous ne savions que ce seigneur, chef de la 
famille, portait ses armoiries sans brisure. Il est proba- 
ble que le tailleur d'images a représenté un fils puîné 
du sénéchal. La statue était peinte et elle garde quel- 
ques traces de couleur : le baudrier était bleu pâle, 
bordé de filets bruns et relevé de fleurons de même 
ton; l'oreiller était rouge; la dalle noire. On dirait que 
le peintre a modifié la lanière qui retient la cotte à 
armer, et qu'il en a fait une large ceinture. 

Sur le pilier voisin, à l'entrée du sanctuaire; on a fixé 
un écusson remontant environ au xiv' siècle, qui était 
naguère posé sur le tombeau et qui est : parti aux un 

et deux de à deux bandes^ à Vécu dé chargé 

d'une croix, posé en abîme. Coïncidence remarquable, 
les armoiries principales ressemblent à celles des La 
Mothe, et le petit écusson pourrait être celui des Grailly, 
d'où les coquilles, simplement peintes parce que la 
place manquait pour les sculpter, auraient disparu avec 
le reste des couleurs. 

Un autre écusson de la même époque porte une bor- 
dure engrêlée et, sur le champ, un demi-vol. 

Notre-Dame d'Uzeste. 

La statue de Notre-Dame d'Uzeste est en grès fin ; 
c'est une Vierge debout, mesurant 1™50 avec le socle, 
tenant sur le bras gauche l'Enfant Jésus. La couronne, 
formée par un bandeau sur lequel seraient attachées des 
feuilles adhérant à des fragments de tiges, laisse échap- 
per les plis d'un voile; un manteau jeté sur l'épaule 



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— 157 — 



droite retombe par devant; il est relevé et retenu par 
le bras gauche. La figure est souriante ; la gorge, peu 
développée; les draperies sont simples et les plis, peu 
profonds. La statue paraît être du xiv® siècle, du xiii® 
peut-être. Nous pourrions donc nous trouver en pré- 
sence de cette madone qui fut pour Uzeste Torigine de 
la prospérité et de la gloire; car il est permis d'attri- 
buer à la dévotion du Pape gascon envers Notre-Dame 
d'Uzeste la fondation de la collégiale. 

La Vierge d'Uzeste est restée Tobjet d'une de ces 
dévotions populaires qui ont pour toutes les misères 
un remède, une consolation pour toutes les douleurs. 
Les Landais viennent lui demander du lait pour les 
jeunes mères et ils lui offrentdes chemisesde femme (1). 

En 1623, le 18 juin, l'archevêque de Bordeaux fit à 
Uzeste une visite dont le procès-verbal nous est resté. 
Il y est dit : « Et quant à l'image de Nostre-Dame, nous 
Tavons trouvée fort mal sculpée (sic) et imagée, et par- 
tant désagréable et indécente » (2). Et encore : « Et 
veu que l'image de Nostre-Dame est mal taillée et dif- 
forme, ordonnons qu'on en fera une autre décente» (3). 
Indécent est un qualificatif qui sonne mal dans la bou^ 
che d'un prélat du xvu* siècle jugeant une œuvre du 
moyen âge (4). La Révolution exécuta la sentence du 
cardinal François de Sourdis ; elle mit en pièces la 
statue de Notre-Dame, que M. l'abbé Brun a restaurée 
tout récemment. Nous en donnons une phototypie : la 



(1) Ces dons en nature sont fréquents dans le pays ; les fabriques les 
vendent à Tencan. 

(2) Archives de rArchevéché, G. 637, fol. 245 vo. 

(3) Ibid., fol. 253, vo. 

(4) L'Archevêque enjoignit également d'effacer, à cause de leur diffor* 
mité et indécence^ € les peintures qui sont contre la muraille du contre- 
aultel de Taullel de saiucte Radegonde >. (Ibid,) 



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— 158 — 

tête et le globe de TEnfant et la main droite de la Mère 
ont été refaits. 

Les fonts. 

Les fonts baptismaux sont creusés d'un bassin hémis- 
phérique; la vasque, taillée dans un seul bloc, est à 
huit pans; une bordure ceint la tranche supérieure, 
puis la vasque s'amincit par une courbe convexe; elle 
est posée sur un socle qui passe de l'octogone au 
carré par un congé formé d'un pan coupé en biais. 

C'est une de ces cuves d'aspect sévère, sur lesquelles 
tant de générations sont nées à la vie chrétienne et que 
trop de fabriques jettent scandaleusement aux décom- 
bres, pour les remplacer, suivant le mot de M. Drouyn, 
par des cuvettes de perruquiers. 

Crucifix. 

Le crucifix (la croix a 1™75 de hauteur) est sans 
doute moins ancien qu'il ne le paraît d'abord. Son 
archaïsme vient de Tinexpérience du sculpteur et de 
la laideur du Christ, qui est telle que M. le Curé a 
dû Tenlever de la nef parce qu'il effrayait les enfants. 
Le linge très étroit qui entoure les reins, et l'intention 
naturaliste qui a porté le tailleur d'images à faire 
saillir les côtes et à meurtrir les genoux, décèlent une 
origine peu reculée. Au surplus, il est difficile de pré- 
ciser l'âge de cette œuvre barbare, qui est sûrement, 
quelle qu'en soit la date, fort en retard sur les produc- 
tions de la même époque. 

Table d'ofCrande, cadran solaire. 

Enfin, on voit autour de l'église un certain nombre 
d'objets dignes d'attention. Sur le flanc sud du chevet 



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— 159 — 



se dresse une sorte d*autel où l'on prétend que la 
messe était célébrée pour les lépreux ; la hauteur au- 
dessus de Temmarchement étant de 1°* 18, cette hypo- 
thèse doit être écartée. Je pense bien plutôt que c'est 
là une table d'offrande (I), ou peut-être le socle d'une 
croix qui n'aurait pas été plantée. 

Le premier contrefort méridional du chevet porte un 
cadran solaire qui paraît remonter au moyen âge ; la 
tige a été cassée, mais les raies indicatrices subsistent; 
elles sont champlevées, ainsi que les petits arcs plein- 
cintre, qui les joignent l'une à l'autre. 



ÛS^ 



(1) A Saint-Loubert et à Saint-Hilaire-de-La-Noaille notamment, j'ai 
noté des massifs de maçonnerie extérieurs qui m'ont paru être effective- 
ment des tables d'ofl*randes. 



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T-A.E 



CiPTEHEillS, ITIC 

BIP 

du XVIIP volume des Actes de L 



Liste (les Bienfaiteurs, donateurs e 
Société depuis sa fondation eu li 

Liste des membres honoraires 

ji> des membres correspondants 

i> des membres titulaires 

» des Sociétés correspondantes 

Membres du bureau pour 1893 

I. Table analytiqu 

Séance du 13 janvier 

M. Feret : Statistique arcUéologiqi 

Canton du Carbon-Blanc. 

Séance du 10 février : 

Notice sur Louis Augier, par M. B 

Description de la maison navale c 

deaux, par M. Habasque. — Pn 

95 millimètres trouvée à Peujard, 

tion de monnaies trouvées à ?< 

ClIASFEIGXER 

Séance du 16 mars 
Remerciements du Supérieur du g 
pour l'envoi des publications 

MM. Léglise et Berghon 

Origine exclusivement française 
de Walter, par M. Gr£llet-Bal« 
Tome XVIIL — Fasc. II et Ilï. 



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— 162 — 

PtfM 

Nouvelles trouvailles de l'âge du bronze en Gironde, par 

M. BeRCUOX ZKIV 

Statistique archéologique de la Gironde, par M. Feret. Lormont. xxti 

Séance du 14 avril : 

Mort de M. le D' Prunières, de Marvejuls xxvii 

Carte des changements de l'entrée en Gironde par M. Grellet- 

Bàlguerie xxvui 

Séance du 12 mai : 

Clément Y et son Mausolée à Uzeste, par M. Berchon : x.xix 

Vœu de la restauration du monument xxix 

Présentation par M. Pigàneau d'un album de dessins des localités 

où doit avoir lieu l'excursion de la Société , xxx 

Avis de l'acquisition de 34 sculptures, don de M. le baron de 

Montesquieu et provenant de l'église de La Brède, par M. de 

Mensignàc xxz 

Séance du 9 juin : 
Renseignements sur la chapelle funéraire du tertre où périt le 

général anglais Talbot en 1453 . zxxi 

Notice sur l'excursion de la Société, à Yillandraut et Uzeste, par 

M. GiRAVLT XXXII 

Félicitations à S. E. le Cardinal Lécot, membre honoraire, pour 

son élévation au cardinalat xxxii 

Habitation de l'âge de la pierre et du bronze sur les bords du 

Mora, commune de Saint-Laurent d'Arce, par M. Daleau xxxii 

L'Excursion de la Société à La Sauve, Daignac et Curton, par 

M. Feret xxxiii 

Séance du 7 juillet : 

Lettre à S. Ë. Monseigneur Lécot, archevêque de Bordeaux xxzvii 

Note sur une fusaïole moderne, fabriquée à Martres-Tolosane et 

donnée par M. Harlé à M. Berchon xzxviii 

Conclusions sur l'Etude de l'âge du Bronze en Gironde, par M. 

Berchon xxzix 

Mortier en bronze de Montauban, acheté par la Société xxxix 

Cercueils trouvés rue Leupold et rue des Aides, note par M. de 

Mensignac XL 

Séance du 11 août : 

Notice sur la collégiale d'Uzeste par M. Bhutails xi.i 

Statistique archéologique de la Gironde. Canton de Créon, par 

M. Feret xlii 

Séance du 10 novembre xliii 

Fouilles de Saint-Léonard à Lesparre, par M. Coiffard, maire. 

— Monument de Talbot, à Lamothe-Monlravel. — Publications 

récentes de M. Cii. Normand. — Organisation d'un cours 

d'archéologie conGc à M. Brutails, sous le patronage de la 



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— 163 — 

Pages 

Société. — Notes historiques et archéologiques sur Uzeste, 
par M. le curé Brun. — Notice sur l'ancienne église de Sainte- 
Geneviève de Fronsac, par M. Brutàils. — Le souterrain de 
Naujan signalé par le Juge de Paix de Branne. — Découvertes 
et nouvelles par M. de Mensignac. — Sceau de la Chartreuse 
de Bordeaux. — Sarcophages mérovingiens de Sainte-Croix. — 
Cercueils en pierre au même lieu. — Les élections annuelles 
auront désormais lieu le 2< vendredi dé novembre. 

Séance complétaire du 17 novembre lu 

Election du Bureau pour 1893-1894. 

Séance du 8 décembre lu 

Installation du nouveau Bureau. •— > Note de M. Brutails sur 
l'excursion de la Société à Bazas, — Le costume d'un bour- 
geois campagnard de Gensac à l'époque du Directoire, par M. 
de Mamthé. — Hache trouvée à Mérignac par M. de Mensignac. 
— Mosaïque détruite rue Sainte-Catherine. — RcMe de la popu- 
lation armée de Saint-Emilion en 1620, par M. E. Pigameau.-- > 
Statistique de la Gironde. Camblanes, par M. Feret. 

IL Rapports et mémoires 

Notice sur Louis Augier, par M. Bardié » xix 

Excursion à La Sauve, Daignac et Curton par M. Ed. Feret xxxiii 

Sceau de la Chartreuse de Bordeaux, par M. de Mensignac xlvii 

Les portraits de Clément Y, par M. Berchon l 

Excursion archéologique à Bazas par M. Brutails lv 

Uzeste, notes historiques par M. l'abbé Bru.n 1 

Bertrand du Grot et son Mausolée à Uzeste, par M. IcD** Berchon 41 

Notes archéologiques sur la collégiale d'Uzeste, par M. Brutails 115 

III. Planohes 

.^ L Vue de la collégiale d'Uzeste, photolypie Berthaud de Paris. 

—* II, Porte sud de l'église d'Uzeste, phototypie Berthaud de Paris. 

^^^ IIl. Notre-Dame d'Uzeste, phototypie Berthaud de Paris. 

"^^ IV. • Tombeau de Clément Y, phototypie Berthaud de Paris. 

^ Y. Epitaphe de Clément V, relevée par M. l'abbé Brun, lithographie 

Wetterwald. 

"^ VI. Tombeau d'un seigneur de Grailly. — Armoiries dans la maison 

Ducasse à Uzeste. — Sceau du chapitre d'Uzeste, Dessins de 
M. l'abbé Brun, lithograjhie Wetterwald. 
^ VIL Portrait de Clément Y d'après F. Duchesne. — Armes des Got, 

— Monnaies et sceaux de Clément V. — Tombeau de Clément V 
à Uzeste. Dessins de M. Charles Berchon, lithographie Wetter- 
wald. 



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— 164 — 

^ VIII. Porlraîl de Clément Y d'après Taddeo Gaddi. — Statue de 
Clément V à Saint-André de Bordeaux, lithographie Welter- 
wald. 



lY. Table alphabétique 



ERRATA 



Page 4, généalogie : Judie, lire Indie, qui épousa un Montferrand. 

Page 9, ligne 18 : L'écu porte plutôt fascé d'or et de gueules. 

Page 37, ligne 26 : Lire phosphate pour sulfate. 

Page 51, ligne 22 : Expressam pour ex pressam. 

Page 52, ligne 5 : L'oncle et parrain de Clément V était évèque d'Agea 
et non de Bazas. 

Page 53, ligne 20 : Calendes pour Kalendes. 

Page 55, ligne 7 : Archidiocèse pour diocèse. 

id. note 3 : L'ouvrage de Villani, pour // porte pour titre. 

Page 59, note 3 : Figliuola pour fîglinola. 

Page 62, note 2 : Ad ipsum pour ipsium. 
id. note 5 : Mœroribus pour maroribus et sanclac mémorise pour 
sancta memoria. 

Page 64, notes 3 et 4 : Clemens pour Clémens. 

Page 67, ligne 4 : Des terres à Uzeste au lieu de la terre d'Uzeste. 

Page 67, ligne 17 : Je crois que cette Caecilia de Ucelia était plutôt Cécile 
d'Uzès, Raymond Guillaume de Budos et ses nombreux descendants étant 
restés dans le Comtat, où ils avaient contracté de nombreuses alliances. 

Page 67, ligne 24 : J'ai représenté dans la planche YII les deux 
empreintes que Ciaconius nomme signa démentis F» (t. II. p. 362), mais • 
il y a lieu de distinguer ces signa en deux classes. La première dont la 
description est donnée p. 68 et qui consiste en une marque, ou sceau 
rond, que chaque pape choisissait et entourait d'une devise particulière. 
La seconde qui n'est qu'une des faces du sceau des Bulles au revers de 
laquelle se voient, pour tous les papes, les têtes de saint Pierre et saint 
Paul séparées par une croix et dénommées par une légende placée au- 
dessus. Saint Pierre a la figure rondo, dure, à parties saillantes, sa barbe 
et ses cheveux sont courts et frisés. Saint Paul se distingue par un frfint 
chauve et peu de cheveux, sa flgure est allongée, l'œil est vif et la barbe 
longue et pointue. Ce signuin est celui qui tient encore à la lettre dans 
laquelle Clément V dit au roi d'Angleterre qu'il s'est fait porter à Villan- 
draut, lieu de sa naissance. 

Page 68, ligne 3 : Le mot devise serait préférable à légende. 

Page 70, note 1, ligne 2 : repetendam pour repetendum. 



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— 165 — 

Page 72, uote 1, ligne 1 : Arnaud Garcie était frère et non père de 
Clément Y. 

Page 74, note : Rainaldi. 

Page 79, ligne 13 : Ajouter Janning : Le Conaius cité est de Papebrock. 

Page 80 ; La note 1 a été altérée en plusieurs passages. 11 faut lire : 
ligne 2 : Delineandumpour delineatum. 
ligne 6 : Expressam, cum superspositae.. . statuse. 
ligne 8 : La parenthèse doit commencer ayant praster et 
continuer ainsi (Praeter statuam quinque et semis pedes longam, altam 
uBum) Pedum omnimo trium cum dimidio est longiludo pedum octo et 
semis. 

Page 82, note 1, ligne 1 : Obtinuimus «uhjectam delîneationem extantis 
etiam nunc tumuli, statuaeque ea quae fuerat parte truncata rediutegratae, 

lia delineationi a se curata Prior loci subscripserat, addens non obslante 
calvinîstarum furore, in chori medio tumulus stare, redintegrand» autem 
status addi dumtaxat debuisse tiaram, manusque et pedum extrema, quae 
decussa fuerant omnia, 89, A. 

Page 83, ligne 16 : Nemaucensis pour nemanscensis que doit précéder 
dyocesis. 

Page 83, 2e ligne de notes : auro illitis pour illatis. 74, D et non 78. 

Page 84, note 5 : Propylœum, Conatus, 74, D. 

id. Dernière ligne : Suspectabilis pour susceptibilis. Même 

correction pour la fin de la note 6. 

Page 85, note, ligne 1 : Conscriptos pour conscriptis. 

Page 101, note 2, ligne 4 : Numeri mystici forsitan causa pour numeri 
mystici forsitam causa, Conatus pars, 1*^ 48. D. 

Page 117, ligne 1, au lieu de : avait mandé en avril 1313, de consacrer 
1j nouveau temple. 

Corr. : avait ordonne, en juin 1313, que le nouveau temple fût consacré 
s'il ne l'était pas encore. 

Même page, ligne 20, au lieu de : en avril 1313. 

Corr. : en juin 1313. 

Même page, ligne 25, au lieu de : Clément V avait ordonné, par un 
même acte, de consacrer le même jour les deux églises d'Uzeste et de 
Yillandraut : quelques jours après, le l«r mai 1313, ce même pontife 
disposait de 6,000 florins 

Corr, : Clément V ordonna, par un même acte, de consacrer la même 
semaine les deux églises d'Uzeste et de Yillandraut, si ces églises ne 
Tétaient déjà : quelques jours auparavant, le !<?'' mai 1313, ce pontife avait 
disposé de 6,000 florins... . 

Page 148, ligne 1 : Trésor pour Taésor. 



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INDEX ALPHABÉTIQUE 



A 

Pages 

i des) XXXIX 

ef d') 20 

laud Garcias de)... 53 

quitaioe d') 67 

opes) 6 

!•' de la Motle). 3, 76 

Père) 65 

i 22 

ints 133 

21 

(Jean d) 74, 76 

chapitre d'Uzeste). 25 

108 

^ 116 

99 

ouis) XIX 

(vicomted')....3,50, 72 

B 

79 

52, 61 

138 

(de Vniandraut)... 98 

(de Saint-Seurin). 99 

1 

[varcias) 2 

[Raymond) 2 

Michel) 22 

(Père Anloine) 79 

pi(Idede) 6 

Tfincisé xxxii 

(Jehan de) 72, 74 

ertrand de) 108 

16 



Pages 

Boutaric 93 

Brousse (Pierre) 23 

Brunissende de Périgord 92 

Budos (Bertrand de) 67 

c 

Cabarrit-Cundet .*. xxi 

Cadran solaire 158 

Cantillac (André) 22 

CapdeYille (Jacques-Charles). 22 
Castelnau d'Essenault (Mar- 
quis de) ....90, 116 

Castille (Blanche de) 49 

Castillon (bataille de) ...xxiv, xxxi 

— (Raymond de) 2 

Cercueils (du xvie siècle). xl 

Ciaconius36, 44. 51, 69, 72, 78, 102 

Cbabanne (famille de) xxxvi 

Chaillac (Jean) 22 

Chapiteaux 137 

— romans xxx 

Chastel 24 

Chronicon vasatense 8 

Chapelle de Clément Y 27 

Chapelle des Espagnols 103 

Clément V xxix, 55 

Cloche 25 

Collégiale d'Uzeste 115 

Contrefort 127 

Courcelle (de) 65 

Crochet (Nicolas) 22 

Culan (Daniel) 22 

Culs-de-lampe 137 

Curton (château de) xxxr, xxxvi 



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167 — 



Pages 

Dague x«ii 

Daignac xxxv 

Dailh 16 

Delitiosi (Bernard) 53 

Delurbe .48, 77 

Doubleaux 126, 129, 136 

Douence 16 

Drouyn (Léo) 92. 98, 110 

Duhedat 22 

Duchesne ., 103 

Dufourc 16 

Dupart 24 

Dupuy 16 

Durfort-Duras 6 

B 

Edouard (roi d'Angleterre)... 12 

Eléonore (d'Aquitaine ) 1 

Epitaphe de Clément V 32 

Epopée de Walter xxiv 

Esparbès de Lussan (Comtes 

— d') 6 

Esquiroun (1) 25 

Etiennot 108 

Evéque de Bazas 17 

P 

Fauché 24 

Fisquet 53 

Fontaine d'Uzeste 9, 107 

Fonts baptismaux 158 

Formerets 126, 129, 136 

Fouilles ..XXXII, xxxix 

Francisque Michel 89 

Frères prêcheurs d'Autvillar. 107 

Fusaioles xxxviii 

Fuxo (père de) 82 

Gaddi (ïaddéo) 104 

Gaillard (cardinal) 76 



Galard (Heclor de)..., 

Galard-Magnas (marquis de). 
Gulard-Saldebru (comte de)., 

Gans (de) 

Garcîe (Arnaud) 

Garcias 

Gargoulettes 

Gères 

Giotto 

Gonnin 

Goth (famille de) 1, 12, 

— (Raymond dej 

— (Arnaud Garcias de) 2, 

3. 44, 

— (Sennebrun de) 2, 

— (Béraud de) 2, 6, 44, 45, 

— (Bertrand de) 2, 3, 7.41, 

44, 45, 51, 74, 88, 

— (Bérar de), 45,51, 

— (Gailbard de) 3, 

— (Elpide de) 

— (Gailhnrde de) 

— (Lafontan de) 6, 

— (armes de la famille de) 

— (Généalogie des) 4, 

Gouth (Jean Baptiste Gaston 

de) 

Grailly (famille de).. 12, 106, 

— (sépulture des de) 

— (Jean de) 

Grauseau (prieuré de) 

Grayan 

Groc (de) 

Guidonis (Bernard) 

Guillaume (Raymond) ., 



Pages 

102 

6 

6 

22 

107 

48 

XXX 

XXXVI 

104 
24 
92 

104 

51 
67 
67 

116 

58 

67 

3 

3 

65 

9 

5 

65 

155 

.12 

155 

17 

2 

16 

8 

18 



Haches de bronze à double 

coulisse XXIV 

— polie en silex xxi 

Haro (Luis de) xxi 

Henschens , 79 

Honnecourt (Villard de) 123 



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— 168 — 



Pages 

Illon (château d') 16 

iDscription d'Uzeste 83 

Isambert 53 

Isnard (prieur) ^8 



Jaquemet 89 

Jaucourt (curé) 85, 88 

Jean XXII 116 

Jetons du xvii« siècle xii, xxxi 

Jouannet 85, 105 

Jugeon (Mathieu) 23 



Labande 

Labaste (Raymond de) 

Labatut (Pierre), chanoine 

Lacurie (l'abbé) 

Lafaurie (M°>« de) 

— (de) père 

— (de) fils 

Lahonta f 

Lamothe 

— (L. de) 

Lane(dela) 10, 13, 14, 

— (Sarran de la) 

Laprie 

Larremandy 

La Sauve 

Lassaigne 

Lataste 

Laurière (de) 94, 

Lautrec (Béatrix de) 75, 

Lavardens (château de) 

Leupold (rue) 

Lignan 

Lomaigne (vicomte de).. 3, 50, 

Longuemar (de) 

Louis XIV XXI, 

Loup (Pierre du) 

Lur-Saluces (comte de) 



102 
18 
19 
91 
21 
21 
21 
20 
88 

116 
15 
16 
91 
24 

XXXIV 

65 

22 

116 

76 

74 

XXXIX 

19 
71 

99 

xx'-» 

' ; a1 

6 



Maison navale 

Malescot de Bazas (de) 21, 

Mausencal 

Marie-Thérèse 

Marionneau (Ch.) 

Martinez 

Martîn-Naudon 

Martres-Tolosanes 

Mathieu de Westminster 

Mauléon 

Mausolée de Clément V 

Mazaria 

Moissac (abbaye de) 

Mongie 21, 

Mongie-Carsuzan 

Montagne (Léonard de) 

Monferrand 

— (Thomas de) 

Moron 

Mothe (Clairmonde do la) 

— (Gaillard de la)... 73, 
Motte (Raymond Arnaud de la) 

Moule en bronze xxv, 

Moulin fortifié 

Moulures 134, 

Mullcr 

Mûntz. 94,103. 

N 

Niche 

Notre-Dame d'Uzeste 

Noullens 



Pages 

XXI 

22 
16 

XXI 

99 
24 
35 

XXX VUE 

48 
24 
69 

XXI 

20 
23 
21 
22 
10 
16 

XXXII 

155 

74 

8 

XXVII 
XXXV 

138 

24 

116 



Ogives 126, 129, 

Oihenart (d') 

Oldoin 

O'Reilly (l'abbé) 31,33,50,66, 

— , 81, 

Orléans (Ecole d') 



Palagorgo (comtesse de) . 
Papebroch 



132 
156 

108 



136 
49 
51 

91 
53 



59 
79 



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— . 169 — 



Pages 

Papirius Massonus 73 

Paroisse 2 

Pépin 58 

Pessac 3 

Petit- Puy (Mn'e de) 20 

Peyrac (Aymeric de) 117, 118 

Phiiippc-le-Bel 50, 55, 57.... 95 

Pièces gauloises xxi 

Pierre creuse 51 

Piis-Puybarban (de) 22 

Piliers 129 

Pinacles , 144 

Piscine 133 

Plantagcnet (Henry) 1 

Pomorez xxii 

Pons de Caseneuve (comte de) 21 

Portraits de Clément V 101 

Poteries ! xxx, xxxiii 

Préchac 19 

Pressac (château de) xxxiv 

Preychac (Arnaud Bernard de) 118 

Prunières (docteur) xxvii 



Quîcherat 

R 

Rabanis 55, 

Renan 52, 61, 

Ribardier (André de) 

Romcgoux 

Roquemaure 

Rose 

Rouillac.., 

Ruffat (cardinal de) 

S 

Sallanave de Haupt (Fran- 
çois Stanislas)..... 

Salle du trône 147, 

Sanctoe Luciu^.in Silice 

Saphore 

Sceau de Clément V 

ToMB XVllI. - Fasc. II et III 



50 



91 
92 
22 
24 
70 
140 
65 
53 



22 
152 
106.. 

24 

67 



22 

19 

3 

104 

XXI 

18 



Pages 

Schlumberger 94 

Seguin , xxxiv 

Serra 30 

Sescas , 20 

Soudan de la Trave 3, 10, 67 

Sourdis (François de) 157 

Souyri (curé) , 91 

Statues xxxiv,* 11 

— de Clément V 100 

Saints 

Brice (prieuré) 

Clair (Guillaume de),chanoine 

Etienne (prieuré) 

Germain d'Esteuil ....' 

Jean-de-Lalran 

Jean-de-Luz , 

Laurent (prieuré) 

— d'Arce xxxiv 

Martin de Balizac ... 19 

— deGoth 2,8. 19 

— . de Mazerac 19 

Pierre (église de) xxxiv 

— de la chapelle 

prieuré... 19 

Symphorien 3, 19 

Thomas d'Aquin 103 

Saintes 

Foy-la-Grande '. xxv 

Marie nouvelle de Florence 

(église) 103 



Table d'offrande 158 

Talbot XXIV, XXXI 

Talleyrand (famille de) 92 

Tarbelli xxii 

Tarde (chanoine) 78 

Tartas 22 

Temple xxv 

Théobald 17 

Thévcnin (Elishbeth) 21 

11** 



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— 170 — 



Pages 

Tiare à triple couronne ....... 100 

— à double couronne. 101 
Tombeau xxx 

— deClémentV,31,77, 

96 152 

— (d'un Grailly) 154 

Toulouse 24 

— (comte de) 2 

U 

Ucetia (Caîcilia de) .- 67 

Uzesle (bourg d') 1,8, 67 

— (église d) XXIX, xli, 18 

— (chapitre d') 20 



Pages 

Vasari 104 

Verdier 24 

Victorelli (André) 69 

Vignal 23 

Vignandraut..... 6 

Vignonnet 19 

Villandrando 6 

— (Rodrigue de)... 48, 50 

— (André de) 49 

Villandraut.... 7, 44 

Villani 55, 59, 62 

Viollet-le-Duc 138 

Voûtes 128 



18,085. — Bordeaui, V« Çadoret, impr., rue Montméjan, 17. 



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SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGiaUE DE BORDEAUX. TOME XVIII, PL. I. 



Tbofotypie Beribaud, 'Paris. 

VUE DE LA COLLÉGIALE D'UZESTE 



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SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQ.UE DE BORDEAUX. TOME XVIII, PL. II. 



'Pbototypie Bertbaiid, Taris. 

PORTE SUD DE L'ÉGLISE D'UZESTE 



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SOCIETE ARCIIEOLOGIQ.UE DE BORDEAUX. TOME XVIII, PL. III. 



NOTRE-DAME D'UZESTE 



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Sooiélë Arahéologiqxl Tome XVII, Planche V. 

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Socioté Arihéologi'ju*» i 



Tome XVIII, Plar.che VI. 



RMOIRIES, MAISON DUCASSE A UZESTE, 

AITIUBUÉES A LA FAMILLE BE GOTH 







TON< 



AS SALLANAVE DE HAUPT, DERNIER DOYEN D'UZESTE 



LITH. WCTTCnWALO 



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Sooiété Apîhéologique di 



Tome XVIII, Planehe VIII. 



P( 



: DE CLÉMENT V, A SAINT-ANDRÉ DE BORDEAUX 



LITH. WtTTinWALO 



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