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Full text of "Société de l'histoire de France"

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LETTRES 



DE LOUIS XI 



ROI DE FRANGE 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



A . NOGENT-LE-ROTROU. 



M <{ LETTRES 

DE LOUIS XI 

ROI DE FRANCE 



# PUBLIÉES D'APRÈS LES ORIGINAUX 

POUR LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE 

PAR 

Joseph VAESEN et Etienne CHARAVAY 

ARGHITISTBS-PALÉ0ORAPHB8 



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TOME IV 

LETTRES DE LOUIS XI 

U69-U72 ~ 



/ 

i— 
/ PUBLIEES 



Par Joseph VAESEN 




À PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H. LATJRENS, SUCCESSEUR 
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE 

RUE DE TOURNON, N° 6 

M DCCC XG 

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-43/4. 



EXTRAIT DU RÈGLEMENT. 

Art. 44. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller l'exécution. 

Le nom de l'éditeur sera placé à la tête de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commissaire responsable soussigné déclare que l'édition 
des Lettres de Louis XI, préparée par MM. J. Vaesen et 
E. Gharavât, lui a paru digne d'être publiée par la Société 
de l'Histoire de France. 

Fait à Paris, le 30 juillet 4890. 

Signé : M u DE BEAUGOURT. 



Certifié : 
Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France, 

A. DE BOISLISLE. 



LETTRES DE LOUIS XI 



LOUIS ROI 

1461-1483 



CCCCXXXVII. 

A PIERRE DORIOLE (D.). 

Plouviers, 13 juin 1469. 

Ordre de placer l'argent comptant existant à Orléans entre les 
mains de quatre ou cinq marchands, contre « certiffîcacions, » 
et de faire < ramasser tout l'autre argent » par Jean Lallemant. 
- (Orig. Bibl. nat., Fr. 2893, fol. 30.) 

Maislre Pierre 4 , j'ay veu ce que vous m'avez escript, 
et au regart de l'argent comptent qui est à Orlçans, je 
vueil et entends que vous le mectez entre les mains de 
quatre ou cinq marchans, c'est assavoir à chascun 
xx ou xxx m , selon ce que vous en avez, lesquelx vous 
bailleront leurs certiffîcacions ; et que vous envoiez 
Jehan Lalemant 2 amasser tout l'autre argent, quelque 

1. Pierre Doriole, à ce moment maître des comptes. Voyez sur 
lui la note qui le concerne, t. II, p. 102. 

2. Cf. t. in, p. 347, n<> GGGGXXXV, la lettre de Louis XI au 
même Pierre Doriole, du 6 juin 1469, concernant ce même Jean 
Lallemant. Louis XI ne paraissait avoir en lui, à ce moment, 

rv 1 



2 LETTRES DE LOUIS XI. 

part qu'il soit, tant des empruns que d'autre. Si le 
faictes ainsi, et qu'il n'y ait point de faulte, et advisez 
les plus gens de bien, et par le conseil des gouverneurs 
et entremecteurs des faiz de la ville, pour bailler ledit 
argent. Donné àPlouviers 4 , le xra 6 jour de juing. 

LOYS. 

A nostre amé et féal conseiller maistre Pierre Doriole. 



CCCCXXXVIII. 

AU DUC DE MILAN (V.). 

Baugé, 20 juin 1469. 

Renouvellement de recommandation en faveur de l'abbé de 
Saint-Étienne de Caen, frère de son secrétaire Louis Toustain, 
qui va étudier à l'Université de Pavie. — (Copie du temps. 
Arch. de Milan. Potenze ester e. Francia.) 

Illustrissime princeps, frater noster carissime, salu- 
tem. Soliamo volontere reiterare le recomandatione 
nostre per quelli che ne sonno cari et accepti. Reco- 
mandassimo a li giorni passati a La Signoria Vostra per 
altre littere nostre el carissimo nostro consegliere et 

qu'une confiance limitée. Il finit pourtant par le nommer, par 
lettres datées de Pont-de-1' Arche , le 22 juin 1481, receveur 
général des finances de Normandie, en remplacement de Guil- 
laume Lapite (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 1624, dossier Lalle- 
mant 37772, n° 11); il exerçait encore ses fonctions le 15 janvier 
1514 d'après une quittance à lui donnée à cette dernière date par 
Louis Malet, seigneur de Graville, amiral de France. (Bibl. nat., 
Pièc. orig., Dossier Malet, n° 80.) 

1. D'après Expilly, t. V, p. 659, c'est la même localité que 
celle aujourd'hui exclusivement connue sous le nom de Pithi- 
viers, chef-lieu d'arrondissement du Loiret. 






LETTRES DE LOUIS XI. 3 

elimosinario , abbate de Can 4 , fratello de magis- 

tro Aloysio Teothino, secretario nostro dilectissimo, 

quale abbate, desyderoso de bone littere, se ha electo 

la stantia per el studio suo nela cita vostra de Pavia, 

dove desyderando noy che'l habia per lo studio suo 

predicto quelle commoditate che più se po, de novo 

el recomandiamo a La Signoria Vostra, pregandola che 

in quello gli po giovare dal canto suo, non gli voglia 

manchare ; nel che ne farà assay piacere. Datum Beugé 2 , 

xx junij M CCCC LXVIIH . 

Loys. 

Albertus. 

Illustrissimo principi fratri nostro carissimo duci 
Mediolani. 

CCCCXXXIX. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES (V.)« 

Montils-lès-Tours, 26 juin 1469. 

Ordre d'expédier et de vérifier les lettres de don et d'amortisse- 
ment par lui accordées à Notre-Dame de Béhuart, en Anjou. 
— (Orig. Bibl. nat., coll. Moreau 1047, n° 61.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, pour la grande et singulière 
devocion que nous avons à la glorieuse vierge Marie, 
et en reverance des grans et vertueux miracles qui 
adviennent chascun jour à l'onneur d'içelle, et par ses 

1. Toustain (Guillaume), abbé de Saint-Étienne de Gaen, frère 
de Louis Toustain, secrétaire du roL Cf. t. El, p. 314, n* CCCCX V, 
la lettre de Louis XI au duc de Milan, du 18 janvier 1469, et en 
faveur du même personnage. 

2. Baugé, chef-lieu d'arrondissement (Maine-et-Loire). 






4 LETTRES DE LOUIS XI. 

intercessions et prières, en une chappelle nommée la 
chappelle de Nostre Dame de Behuart i , assise ou pais 
d'Anjou, nous avons puis nagueres fait acquérir et 
achacter certains heritaiges de noz deniers, et les avons 
donnez, ceddez et transportez à ladicte chappelle, 
pour les causes et ainsi qu'il est plus à plain contenu 
et declairé en noz lettres patentes seellées en laz de 
soye et cire vert, par lesquelles nous avons en oultre 
admorti et dédié iceulx heritaiges à ladicte chappelle, 
et quicté la finance qui nous pourroit appartenir ou 
à noz successeurs pour occasion dudit admortissement. 
Et pour ce que nous avons faictes les choses dessus- 
dictes pour grandes et justes causes qui à ce nous ont 
eu meu, et les avons tant à cueur que plus ne pour- 
rions, nous voulons et vous mandons que incontinent 
que nosdictes lettres desdiz don, cession, transport et 
admortissement vous seront présentées, que vous les 
expédiez et vérifiiez en toute diligence de point en point 
selon leur forme et teneur sans v faire aucun contredit 
ou difficulté. Et gardez sur tant que nous doubtez des- 
plaire que en ce n'ait faulte. Donné aux Moultiz 2 , le 
xxvi e jour de juing 3 . 

Loys. 

Bourré. 

Allate a lecto ad burellum, die martis tf* junii MCCCCLIIX, et 
ipsis visis una cum litteris carte, ordinaverunt domini <JUod fiât 
commissio pro informando ad partes et remictendo in forma. 

1 . Dans le canton de Saint-Georges-sur-Loire, arrondissement 
d'Angers (Maine-et-Loire). 

2. Sic, pour : Montilz. 

3. M. Quicherat, dans l'article qu'il a consacré à Notre-Dame 
de Béhuard, ne mentionne pas cette missive, témoignage de la 
libéralité de Louis XI envers ce lieu de pèlerinage où il se ren- 



LETTRES DE LOUIS XI. 



CCCCXL. 



AUX COMMISSAIRES CHARGÉS DU PROCÈS DE SALUE (d.). 

Amboise, 2 juillet 1469. 

Ordre de faire, dans le procès du cardinal d'Angers, des extraits 
de tous les points touchant le seigneur de Craon. — (Copie. 
Bibl. de Rouen (Ms. 5870, Coll. Leber 3398), t. I, fol. 35.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, nous voulons et vous mandons 
que vous faictes extraire du procès que avez com- 
mencé à rencontre du cardinal d'Angers 1 tous les 
points qui touchent le seigneur de Craon 2 , et aussy 
faictes mettre par escript tout ce que vous verres qui 
pourra servir pour le interrogtfer sur ce, et nous 
envoyés le tout le plus diligemment qpe vous pourrez, 
et gardez que en ce n'ait faulte. Donné à Amboise, le 

II e jour de juillet. 

Loys. 

A noz amez et feaulx conseillers les commissaires 

dait souvent. (Revue de V Anjou et de Maine-et-Loire, t. II (Angers, 
1853, in-8 - ), pp. 129 et suiv.) Malheureusement les lettres de dona- 
tion, dont Louis XI ordonne ici la vérification et l'entérinement 
à la Chambre des comptes, ont échappé aussi à mes recherches. 

1. Jean Balue. Voy. sur lui, t. III, p. 225, la note 2. Le 
cardinal, après avoir joui auprès du roi de la plus grande faveur, 
avait fini par encourir sa disgrâce. Compromis d'abord par le 
résultat de l'entrevue de Péronne, à laquelle il avait vivement 
engagé le roi, il avait été complètement perdu dans l'esprit de 
celui-ci par la découverte des intrigues entretenues par lui avec 
Charles de France pour le détourner d'accepter la Guienne 
comme apanage. (Gommines, liv. II, chap. xv.) 

2. Georges de la Trémoille. Cf. t. III, la note 1 de la page 90, 
qui le concerne. 



\ 



6 LETTRES DE LOUIS XI. 

par nous ordonnez à faire le procès du cardinal d'An- 
gers 1 . 

CCCCXLI. 

A BOURRÉ (D.). 

Montils-lès-Tours, 5 juillet 1469. 

Ordre d'écrire aux « président, trésorier de Dauphiné et autres à 
qui il sera nécessaire » pour qu'ils fassent restituer par le sei- 
gneur de Saint- Vallier certaines terres qu'il doit rendre à raison 
de la mort de sa femme Marie, fille naturelle du roi. — (Orig. 
Bibl. nat., Fr. 20487, fol. 17.) 

Monseigneur du Plessiz, j'ay présentement sceu que 
ma fille de Saint Valier* est allée de vie à trespas, 

1 . Ces commissaires, désignés par lettres patentes en date de 
Montils-lès-Tours, le 8 mai 1469, étaient le chancelier Guillaume 
Jouvenel des Ursins, Jean d r Estouteville , seigneur de Torcy, 
grand-maître des arbalétriers de France, Guillaume Gousinot, 
seigneur de Montreuil, Jean Le Boulanger, président au Parle- 
ment, Jean de la Driesche, président des comptes et trésorier de 
France, Pierre Doriole, général des finances, Tristan Lhermite, 
t prevost de l'hostel du roy et des mareschaulx de France, » et 
Guillaume Allegrin, conseiller au Parlement. (Arch. nat., J 1039, 
n° 12, d'après un vidimus du 26 novembre 1473.) 

2. Marie de France, fille naturelle de Louis XI et de Marie de 
Sassenage, veuve d'Amblard de Beaumont, suivant le P. An- 
selme, I, 123, et II, 205. Elle mourut en 1469, en mettant au 
monde un enfant qui ne vécut pas. Le 28 août 1468, elle donnait 
encore quittance à Glaude Got, trésorier de Dauphiné, de 612 1. 
3 s. 9 d. t., « foible monnoye pour certains draps de soye, de 
layne et fourrures d'armines letices et autres habillemens et 
vestemens. » (Bibl. nat., Fr. 20422, n° 4.) Gf. le mandement de 
Louis XI en date de Paris, le 20 octobre 1467, ordonnant à 
Glaude Got de payer ladite somme. (Bibl. nat., Fr. 22293, fol. 7.) 
Louis XI avait autorisé sa fille, par lettres du 11 juillet 1467, à 
porter les armes de France avec une bande d'or pour brisure. 
(Gommines, édit, Lenglet-Dufresnoy, II, 262.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 7 

dont je suis bien desplaisant. Et pour ce que, comme 

savez, ledit Monseigneur de Saint Yalier ft a certaines 

terres, lesquelles par le contrat de mariage il doit 

rendre, je vous prie que incontinent vous escripvez 

aux président, trésorier du Daulphiné, et autres à qui 

il sera nécessaire, pour recouvrer lesdictes terres, et 

y envoiez homme propre, en manière qu'il n'y ait point 

de faulte. Donné aux Montilz lez Tours, le V e jour de 

juillet. 

Loys. 

Tblhart. 

À nostre amé et féal conseillier et maistre en nostre 
chambre des comptes à Paris, maistre Jehan Bourré. 



4. Aymar de Poitiers, seigneur de Saint- Vallier, marquis de 
Cotron après la mort de son frère Guillaume, vicomte d'Etoile, 
baron de Ghalençon, Sérignan, Glérieu, Florac, Privas et Ghe- 
vrières. Il était fils de Charles de Poitiers, deuxième du nom, et 
d'Anne de Montlaur. Il fut conseiller et chambellan du roi, che- 
valier de son ordre et grand sénéchal de Provence, de 1484 
à 1494. Il avait épousé Marie, fille naturelle de Louis XI, et 
elle lui apporta, en vertu de lettres royales datées de Chartres, 
en juin 1467, une dot de 30,000 écus d'or, jusqu'à complet paye- 
ment de laquelle le roi garantissait à son gendre un revenu de 
2,000 écus, assigné sur les seigneuries de Pisançon, de la Roche 
de Glun, des Balmes de Rochefort, de Châteaudouble, la gabelle 
à sel de Romans et les droits du roi sur la Sauvetat en Auvergne. 
(Arch. de l'Isère, B 3049, fol. 64.) Après la mort de Marie de 
France, Aymar de Poitiers se remaria, en 1472, avec Jeanne de 
la Tour et en eut une fille nommée Jeanne, née en 1473, et un 
fils nommé Jean, né vers la fin de 1474 ou au commencement 
de 1475. (G. Guiffrey, Procès criminel de Jean de Poitiers, seigneur 
de Saint-Vallier (Paris, 1867, in-8°), pp. v, vi.) Aymar testa le 
9 septembre 1510. (Anselme, II, 204, 205.) 



/ 



8 LETTRES DE LOUIS XI. 



CCCCXLII. 



AU CHANCELIER (d.). 

Amboise, 5 juillet 1469. 

Accusé de réception de sa lettre et de certains renseignements 
c touchant la Toyson ; » prière de compléter ses recherches et 
d'envoyer l'ouvrage dont lecture avait été donnée, environ un 
an auparavant, « en la chambre de feu monseigneur de Dunoys. » 
— (Orig. Bibl. nat., Fr. 15537, fol. 102.) 

De par le roy. 

Ghancellier, nous avons receu voz lettres avec ce 
que nous avez envoyé touchant la Toyson, dont, et de 
la bonne diligence que avez faicte, sommes bien con- 
tent ; mais au surplus, faictes dilligence de recouvrer 
le demourant ; car ung an a ou environ, à Tours en la 
chambre de feu monseigneur de Dunoys 1 en vostre 
présence fut leue Y Ordre de la Toison 2 , et devez savoir 
qu'elle est devenue, et ce que en trouverez, envoyez 
le nous, et n'y faictes faulte. Donné à Amboise, le 

v me jour de juillet. 

Loys. 

TOUSTAIN. 

1. Dunois était mort le 24 novembre 1468. 

2. Le 1 er août 1469, à Amboise, le roi institua l'ordre de Saint- 
Michel. (Ord. des rois de France, XVII, 236.) Je serais porté à 
croire que la demande faite dans cette lettre au chancelier a trait 
à un emprunt quelconque que Louis XI entendait faire à l'ordre 
bourguignon de la Toison d'or. 



LETTRES DE LOUIS XI. 9 

CCCCXLIH. 

AU DUC DE MILAN (v.)- 

Tours, 13 juillet 1469. 

Félicitations à l'occasion du projet de mariage entre Elisabeth, 
sœur du duc, et Guillaume, marquis de Montferrat. — (Copie 
du temps. Arch. de Milan. Potenze ester e. Francia.) 

Ludovicus, Dei gratia Francorum rex. Illustrissime 
princeps, frater noster carissime, salutera. Legimus, 
et quidem ilari fronte, litteras quas ad nos dedistis, 
affinitatem inter vos et carissimum affinem nostrum 
marchionem Mont isf erra tis 1 novissime contractam 
significantes , iûtelleximusque satis habunde isdem 2 
litteris que vos ad illam cause adduxerint rationesve 
cohortarint 3 . Diu est, frater carissime, quod vobis ac 
rébus vestris omnibus undique semper bene esse exop- 
tavimus. Nunc cum nos idem animi desiderium teneat 
non solum, verum in dies augeatur magis in nobis 
iisdem de causis, quas in médium nobis affertis, certo 
existimantes vos in ipsius affinitatis contractione 
sapienter rébus vestris prospexisse, atque utriusque 
partium commodo et utilitati bene consultasse, non 
potuit novum hoc nobis nisi gratissimum accedere. 
Laudamus e latere nostro atque approbamus rem bene 
consultam, quam a ceteris amicis atque conjunctis 
vestris, sententia nostra itidera, non nisi laudatam iri 

1. Guillaume VI. Elisabeth, qu'il épousa, était fille de Fran- 
cesco Sforza et de Blanche-Marie Yisconti. (Art de vérifier les 
dates, m, 640.) 

2. Sic, pour : iisdem. 

3. Sic, pour : cohortate sint. 



40 LETTRES DE LOUIS XI. 

decet. Gaudemus communem benivolentiam, que inter 
vos et marchionem ipsum vigebat, hoc afïinitatis vin- 
culo astrictam auctamque esse. Sorori autem vestre 
Elisabet sponse, filie nostre carissime, congratulamur 
admodum, quod tali conjuge donata fuerit, qui pro- 
fecto, prêter generis sui amplam nobilitatem , inter 
ceteros hujus nostre etatis excellentissimos principes 
digne annumerandus censetur. Sint precamur conju- 
gibus felices dies ad longum; vobis autem hujusmodi 
affinitatis non desint felices succès sus. Bene valete. 
Datum Turonis, xm julii 1469. 

LOYS. 

Albertus. 
Illustrissimo principi fratri nostro carissimo Medio- 
lanensium duci, etc. 

CCCCXLIV. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS (D.). 

Montils-lès-Tours, 44 juillet 1469. 

Ordre de vérifier et expédier les lettres d'anoblissement accor- 
dées à Jean et à Pierre de Villeneuve et à André Chevrier, 
habitants de Lyon. — (Orig. Bibl. nat., Fontanieu 879, fol. 43.) 

De par le roy. 

Nos amez et feaulx, pour consideracion des bons et 
louables services que noz chiers et bien amez Jehan de 
Villeneuve 4 , Pierre de Villeneuve et André Chevrier, 

1. Sur Jean de Villeneuve, courrier de Lyon, voy. ci-dessus, 
t. II, p. 357, la note qui le concerne. Pierre de Villeneuve était 
son frère. Une lettre adressée le 3 août 1469 par le roi aux 
Lyonnais est motivée par les difficultés que firent les conseillers 
de la ville à reconnaître un privilège qui permettait à Jean et à 



LETTRES DE LOUIS XI. 1 1 

demorans en nostre ville de Lyon, nous ont faiz par 
cy devant, tant quand nous estions en nostre pays du 
Daulphiné, que depuis, nous les avons puis aucun 
temps en ça anobliz, et avecques ce leur avons quicté 
et donné la finance qu'ilz nous peuvent et pourraient 
devoir à cause dudit anoblissement, et sur ce leur 
avons octroyé noz lectres d'anoblissement pour les- 
quelles faire par vous veriffier et entériner ledit Jehan 
de Villeneuve va présentement par delà. Pour laquelle 
cause, et que sommes bien recors dudit anoblissement 
et des causes qui nous ont meu à ce faire, voulans par 
ce que lesdiz Jehan, Pierre et André en joyssent entiè- 
rement, nous voulons, commandons et expressément 
enjoignons que icelles lettres vous leur vérifiiez, expé- 
diez et entérinez de point en point selon leur forme et 
teneur, sans y faire aucune difficulté, et que ce soit le 
plus tost que faire se pourra, afin que ledit de Ville- 
neuve puisse plus tost aler faire ung veage, dont luy 
avons donné charge pour aucuns noz grans affaires. 
Et gardez, comme que ce soit, qu'il n'y ait faulte, car 
tel est nostre plaisir. Donné aux Montilz les Tours, le 

xmi me jour de juillet. 

Loys. 

Allate ad burellum die 12» augusii. MEURIN. 

CCCCXLV. 

AUX SUISSES (V.). 

Commencement d'août 1469. 
Accusé de réception des remerciements des confédérés sur le 

Pierre de Villeneuve de ne plus participer aux charges de la cité. 
Voy. ci-dessous, p. 43. 



\t LETTRES DE LOUIS XI. 

refus par le roi de l'alliance proposée par le duc d'Autriche, et 
de la nouvelle du traité intervenu entre eux et le duc et la 
duchesse de Milan ; assurance de ses bonnes dispositions à leur 
endroit. — (Orig. Arch. de Lucerne. Commun, par M. de 
Mandrot.) 

Ludovicus, Dei gratia rex Francorum. Carissimi et 
confederatorum nostrorum amici precipui, salutem et 
dilectionem. Litteras vestras de confederatione ducis 
Âustrie vobis contrarii per dos nuper recusata 1 , ac 
etiam quod in treuga seu concordato, quod cum duce 
Burgundie fecimus et inivimus 2 , vos tanquam confe- 
deratos et amicos nostros comprehendimus, ex quibus 
maximum a nobis munus récépissé refertis, ac qui- 
busdam, aliis in partibus Ytalie, vestris eciam confini- 
bus earum, noviter occurentibus mencionem facientes, 
equo et gratenti 3 animo recepimus 4 . Cum enim a con- 
federatis et amicis nostris aliquid de secondis et pros- 
peris eorum factis vel rébus audimus, seu per nuncios 
vel eorum epistolas intelligimus, super illis quam plu- 
rimum delectamur; in primis enim, carissimi et con- 
fédéral nostri perpetui, amicicias vestras certificare 
volumus, in hiis que confederaciones et ligas nostras 
perpétuas et inter nos nexu indissolubili ynitas et con- 
tractas concernunt, in evum nos nil agere vel favere 
velle 5 . 

i. Cf. la lettre du 34 mars précédent, n<> GGGGXXIX, t. HT, 
p. 336. 

2. Le traité de Péronne, en date du 14 octobre 4468. 

3. Sic, pour : gratanti. x 

4. Le 26 janvier 4467, un traité avait été conclu entre les can- 
tons de Zurich, Lucerne, Schwiz, Uri, Unterwalden, Zug et 
Glaris, d'une part, et Antoine de Besana, représentant de 
Blanche-Marie, duchesse de Milan, et de Galéas son fils. (Amt- 
liche sammlung..., n, n* 44.) 

5. C'est en mars 4469 que les confédérés s'occupèrent de la 



LETTRES DE LOUIS XI. 43 



CCCCXLVL 

AUX LYONNAIS (v.)- 

Amboise, 3 août 1469. 

Ordre de rayer Jean et Pierre de Villeneuve des rôles des tailles 
de leur ville. — (Orig. Arch. municipales de Lyon, AA 23, 

n<> 27.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, noz chiers et bien amez Jehan 
de Villeneufve, nostre escuier d'escuierie et courrier 
de nostre ville de Lyon, et Pierre de Villeneuve, son 
frère , nous ont fait remonstrer que jasoit ce qu'ilz 
soient vivans noblement, et qu'ilz nous aient servy et 
servent en armes ou fait de noz guerres et autrement, 
et mesmement nous aient servy oudit fait de la guerre 
es premières et dernières divisions passées 4 en leurs 
propres personnes, par quoy ilz doient joyr des pre- 
villeiges, libertez et franchises, dont joyssent les autres 
nobles de nostre royaume, et estre francs et exemps 

visite de Sigismond à Louis XI. Le 12 avril suivant (Amtliche 
sammlung..., II, 395), à la diète de Lucerne, le banneret Archer, 
député par Berne à la réunion, se chargea de dissiper leurs 
inquiétudes à cet égard, et leur proposa de donner à Nicolas et 
Guillaume de Diesbach la mission d'aller remercier le roi ; ils la 
reçurent en effet des députés réunis à Berne, le 29 mai 1469. 
(Amtliche sammlung..., II, 397.) C'est évidemment à cette ambas- 
sade que se rapporte la présente missive. Et, comme il est ques- 
tion dans le recès de Soleure, du 13 août suivant, du rapport des 
envoyés suisses sur l'accueil que leur avait fait le roi, la lettre 
par laquelle celui-ci accuse réception de celle dont ils étaient 
porteurs doit se placer un peu avant la même date, dans le com- 
mencement d'août. (De Mandrot, op. laud.) Cf. t. III, p. 336, 
n° GCGCXXIX, la lettre de Louis XI aux Suisses, en date du 
31 mars 1469. 
1. Allusion à la ligue du Bien public. 



14 LETTRES DE LOUIS XI. 

de toutes tailles, impostz et aides de ville ; neantmoins 
vous les avez assis et asseez es tailles et impostz qui 
sont ordonnez estre mis sus en nostre dicte ville, dont 
nous meurveillons fort, actandu que povez assez savoir 
les services qu'ilz nous ont faiz, tant bu fait de nos- 
dictes guerres que autrement. Pour laquelle cause, et 
que desirons singulièrement que les faiz et affaires 
desdiz de Villeneufve soient favorablement traictez , et 
mesmement qu'ilz joyssent des droiz, franchises, et 
libertez, dont joyssent les autres nobles de nostre dit 
royaume, en faveur des bons et agréables services 
qu'ilz nous ont faiz, nous vous prions, et neantmoins 
mandons bien expressément sur tant que desirez nous 
obeyr et complaire, que doresenavant vous ne les 
asseez, ne souffrez estre assis ne imposez esdictes 
tailles, aides de ville, en quelque manière que ce soit, 
ainçois les en tenez et faictes tenir quictes et paisibles, 
comme sont les autres nobles de nostre dit royaume, 
et s'aucune chose avez fait prendre ne exhiger d'eulx 
à ceste cause, si le leur rendez et restituez, ou faictes 
rendre et restituer, et ne leur faictes, ordonnez, ne 
souffrez estre fait ou donné d'icy en avant aucun des- 
tourbier ou empeschement, en quelque manière que ce 
soit, pour raison desdictes tailles et aides. Et gardez, 
commant que ce soit, qu'il n'y ait faulte, et en manière 
qu'ilz n'ayent cause d'en retourner par devers nous, 
car autrement nous vous faisons savoir que nous n'en 
serons pas contens. Donné à Amboise, le m me jour 

d ' a0USt - LOYS. 

Meurin i . 

Au dos : Pour monseigneur le courrier et son frère. 

1. Voyez ci-dessus, p. 10, la lettre du 14 juillet 1469, par 



LETTRES DE LOUIS XI. 15 

laquelle Louis XI ordonne à la Chambre des comptes d'expédier 
et d'entériner les lettres de noblesse accordées à Jean et à Pierre 
de Villeneuve, et à André Ghevrier de Lyon. En même temps 
que la lettre qui leur était destinée leur était communiquée par 
les frères de Villeneuve, les conseillers prirent connaissance 
d'autres lettres du roi : Tune envoyée au sénéchal de Lyon, 
l'autre aux élus du Lyonnais touchant la môme affaire. Il fallut, 
pour donner à la question soulevée par la lettre du roi une solu- 
tion sur laquelle nos renseignements sont restés incomplets, de 
longues délibérations qu'il nous a paru intéressant de reproduire : 

c Le vendredi, xxv* d'aoust, Tan mil 1111° LXIX, en Fostel du 
roy appelle Rouanne, heure de vespres, où estaient assemblez et 
mandez par monseigneur le bailli, furent monstréez es diz conseil* 
liers, et par iceulx conseilliers veues et leuez certaines lectres 
closes du roy, nostre seigneur, à luy adresséez en faveur des sires 
Jehan et Pierre de Villeneufve, frères, tendans icelles lettres, 
affin de tenir francs, exemps et quictes iceulx frères de toutes 
tailles et subsides, ainsi que les autres nobles de ce royaume, avec 
certaines autres lettres closes adresséez à messeigneurs les esleuz 
sur le fait des aides touchant ladicte matière, et que pareilliement 
iceulx conseilliers eurent receu avec honneur desdiz frères de 
Villeneufve illec presens certaines autres lettres closes dudit sei- 
gneur, adresséez es diz conseilliers en faveur desdiz frères de Vil- 
leneuve es fins que dessus, et desquelles lectres closes iceulx frères 
demendoient le double à eulx estre baillié, les dessus nommez 
conseilliers ont respondu es diz monseigneur le bailli et frères de 
Villenove, qu'ilz verroent voulentiers le contenu desdictes lectres 
closes du roy, nostredit seigneur, et sur tout auroent advis et 
deliberacion ensemble, et y feroent par manière que le roy seroit 
tousjours bien content d'eulx et de ladicte ville, etc. » (Arch. 
mun. de Lyon, BB 15, fol. 53.) 

Le dimanche, 27 août, les conseillers assemblés à l'hôtel de 
ville présentent leurs objections : « ... Touchant la réception des 
lettres closes du roy, nostre seigneur, à eulx adresséez en faveur 
de sires Jehan et Pierre de Villeneufve, frères, et pour iceulx 
frères tenir francs, quictez et exemps de toutes taillies, aides et 
subsides, etc., tous lesdessusdiz assemblez ont esté d'oppinion, et 
leur a semblé, que présupposé que le roy eust anobliz lesdiz 
frères, et que, pour ce, ilz deussent joyr d'aucune exempcion ou 
previleige de non paier lesdictes taillies, ce seroit et se devoit 
entendre, comme leur sembloit, au regard tant seulement de leurs 
biens nobles, se point en avoent, mais au regard des biens ruraulx 



46 LETTRES DE LOUIS XI. 

et roturiers, et dont iceulx frères et leurs prédécesseurs avoent et 
ont acoustumé de contribuer es dictes tailles, non ; et leur sem- 
bloit et estoent tous d'oppinion que on le devoit deffendre et 
remonstrer au roy, mesmement pour obvier et evicter à consé- 
quence, et neantmoins ont esté d'oppinion de mander et assem- 
bler avec iceulx conseilliez, à mardi matin, ung nombre de 
notables de ladicte ville, pour y délibérer plus à plein, etc. t 
(Arch. mun. de Lyon, BB 15, fol. 53 v°.) 

Au jour indiqué, aucune délibération, ni de l'assemblée des 
notables, ni du consulat, et il faut attendre jusqu'au 13 mars 1470 
pour voir la question revenir sur le tapis. Ce jour-là « honorables 
personnes Jehan de Yillenove, corner, et Pierre de Yillenove, 
son frère, bourgoys de ladicte ville de Lyon, survenuz et entrez 
audit conseil, ont dit et remonstré aux derrier nommez conseil- 
liers, tant vieulx que nouveaulx, comme naguère iceulx frères de 
Yillenove, compaignons conseilliers qui lors estaient, ont receu 
certaines lettres closes du roy, nostre sire, adressans à iceulx 
conseilliers, touchant et faisans mencion de l'anoblissement fait 
par ledit seigneur es diz frères de Yillenove, et aussi exempcion 
et affranchissement de non paier tailles, aides ne autres subsides, 
ainsi que plus à plein estoit contenu et mandé par lesdictes lettres; 
desquelles lettres et du contenu en icelles ilz avoent autresfoys 
demandé response, laquelle response encoures ne leur avoit esté 
faicte ; ains nonobstant icelles lettres et leur dit anoblissement et 
affranchissement desdictes tailles, depuis peu de jours en çà Jehan 
Girerd, commis à lever et recevoir certaines tailles en ladicte ville, 
leur avoit demandé ou fait demander certaines sommes de deniers, 
à quoy il disoit iceulx frères avoir esté impousez, pour raison de 
certaines tailles mises sus en ladicte ville, ne savoit iceulx frères 
de Yillenove se c'estoit du sceu et vouloir desdiz conseilliers ou 
non, et pour ce requeroent iceulx frères response à leurs dictes 
lettres, et les laisser joyr de leur dit anoblissement et exempcion, 
tout ainsi que le bon plesir du roy avoit esté et est, en manière 
qu'ilz n'eussent matière d'en retourner plaintif devers ledit sei- 
gneur, ne d'en avoir plait ne procès à rencontre de ladicte ville, 
ce qui leur depleroit; esqueulx frères de Yillenove lesdiz conseil- 
liers ont respondu par la voix du dessus nommé messire Paterin 
qu'ilz adviseroent et delibereroent voulentiers sur leur dicte 
requeste, et leur feroent response telle que veu et délibéré en 
seroit. Et consequemment après l'issue desdiz frères de Yillenove 
dudit conseil, la matière mise en délibération, et après ce que 
par tous les conseilliers vieulx et nouveaulx fut oppiné sus icelle, 



LETTRES DE LOUIS XI. 47 

fut dit conclu, et délibéré, que veu et considéré que, tant lesdiz 
frères, que aussi leur père, oncle et autres prédécesseurs ont tous- 
jours acoustumé de contribuer en taillie, avec et comme les autres 
bourgoys et citoyens de ladicte ville, des biens ruraulx et non 
nobles ; considéré aussi et actendu que le roy, nostre sire, nagueres 
et despuis lesdictes lettres closes escriptes à ladicte ville sur ceste 
matière, a ordonné et mandé par ces lettres patentes toutes 
manières de gens anobliz et autres estre tenuz et contrains à paier 
lesdictes tailles de leurs biens ruraulx et non nobles, et dont eulx 
et leurs prédécesseurs ont acoustumé de contribuer, nonobstant 
leurs diz anoblissemens, sans en excepter iceulx frères de Viile- 
nove ne autres, aussi pour obvier à consequance de plusieurs 
autres, qui ainsi le vouldroent et pourroent faire, en quoy la 
chose publicque seroit grandement blessée, et les deniers des- 
dictes tailles diminuez, l'en ne de voit aucunement consentir ne 
accorder à iceulx frères de Yillenove ladicte exempcion et affran- 
chissement desdictes tailles, ains à icelle obvier en toute forme et 
manière deue et raisonnable; toutesfoys estoent ilz bien d'oppi- 
nion que pour ce que iceulx frères de Villenove estoent et sont 
gens notables, et qui en plusieurs façons et manières pouvoent 
faire des services et plesirs à ladicte ville, que l'en devoit recevoir 
gracieusement et modereement iceulx frères à leurs diz impostz 
desdictes tailles, et leur y fere par manière qu'ilz deussent estre 
sur ce contens; et pour leur fere sur ce responce et signifûer 
ladicte deliberacion, et aussi leur ouffrir les recevoir à taux et 
impost raisonnable, quant ainsi le vouldroent fere, ont donné 
charge es dessus nommez messires Paterin et Payen, presens et 
prenans ladicte charge... » (Arch. mun. de Lyon, BB 15, fol. 76 v°.) 
Jean et Pierre de Villeneuve n'en prétendent pas moins que le 
Consulat les a reconnus exempts et refusent de payer leur quote- 
part à JeanGirerd, receveur des tailles; le Consulat déclare alors, 
le 1 er mai 1470, que lesdits de Villeneuve devront payer leurs 
impôts, « et se fere ne le veulent, qu'ilz soent à ce contrains, ainsi 
qu'il est acoustumé de faire en tel cas... » (BB 15, fol. 101 v«.) 
Le jeudi, 12 juillet 1470, Jean et Pierre de Villeneuve, dont le 
receveur des tailles a fait « saysir et arrêter certains louages et 
revenus de leurs maisons et adjorner les inquilins et debteurs en 
la court des aides, » offrent de produire leurs titres; le Consulat 
est d'avis de s'en tenir à sa précédente attitude, « neantmoins, 
se iceulx frères de Villeneuve vouloent adviser et paciscer en 
aucun gracieulx traictier et moyen, pareilliement de leur cousté, 
ilz y adviseroent voulentiers pour parvenir à bien de paix... et 

iv a 



48 LETTRES DE LOUIS XI. 

pour ce que lesdiz frères ont offert monstrer et exhiber leurs 
dictes lectres, ont esté d'oppinion que le procureur de la ville leur 
demande le double d'icelles leurs lettres collacionné aux origi- 
naulx, pour y mieulx et plus seurement délibérer, soit en voye 
amiable, soit en voye de justice. » (BB 15, fol. 112.) 

Le 27 septembre 1470, l'élu Ymbert de Varey se présente au 
nom des frères de Villeneuve pour offrir aux conseillers de payer 
f aucune somme de deniers pour une foys ou provision annuelle, 
et les laisser joyr de leur anoblissement et exempcion de tailles. » 
Il lui est répondu que f l'entencion du Consulat estoit de ensuyvir 
l'oppinion et délibération des notables et maistres de mestiers, 
c'est assavoir de poursuyvir iceulx frères de Villeneufve... par 
justice, en manière que s'ilz doyvent contribuer, ilz le feront, 
sinon ilz auront pascience... • (BB 15, foi. 121.) 

Le 13 décembre 1470, les frères de Villeneuve présentent au 
Consulat une autre lettre missive du roi (aujourd'hui perdue) 
adressée « aux conseilliez, bourgoys, manans et habitans de Lion, 
donnée ou Montilz lez Tours, le ix me jour de novembre, tendant, 
affin de non tauxer ne impouser en taillie en ladicte ville lesdiz 
frères de Villeneuve, ains les souffrir et laisser joyr de previleige 
de noblesse ; » puis après de belles promesses faites aux deman- 
deurs, les conseillers, arguant de ce que la lettre est adressée non 
seulement à eux, mais « aux bourgoys, manans et habitans, » 
renvoient la responsabilité de la réponse à faire à une assemblée 
de notables, dont on ne trouve d'ailleurs ni réunion, ni décision. 
(BB 15, fol. 135.) 

Le 19 décembre 1470, ils donnent pouvoir au procureur de la 
ville de représenter la ville dans son procès contre les frères de. 
Villeneuve devant f les esleuz pour le fait des aides ; » celui-ci 
ne comparaît que pour demander un délai. (BB 15, fol. 138 v.) 
Dans la séance du 2 janvier 1471, il est rapporté au Consulat 
« que lundi derrier passé eust huit jours (c'est-à-dire le 24 dé- 
cembre 1470) par les esleuz sur le fait des aidez ou leurs lieuxte- 
nans, appoinctement et sentence avoent esté donnez à rencontre 
de la ville et au prouffit et faveur des frères de Villeneuve ; » les 
uns proposent alors d'en appeler, les autres, comme Pierre de 
Villars, de ne pas appeler ni « reclamer; » qu'il (Pierre de Vil- 
lars) « savoit tropt le vouloir et entencion du roy en ceste matere, » 
ou, comme Pierre Guerin, < qu'il faisoit doubte d'y ôppiner ne 
consentir à appeller, pour craincte de irriter le roy, et finablement 
obstans lesdictes contradiction dudit de Villars et difficulté dudit 
Guerin, n'a esté rien conclu ne délibéré. » (Àrch. de Lyon, 



LETTRES DE LOUIS XI. 19 



CCCCXLVII. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS (D.). 

Amboise, 4 août 1469. 

Ordre d'enregistrer les lettres du don par lui fait à Yvon du Fou, 
seigneur de la Ramenteresse, d'une « place » en Poitou conte- 
nant un étang dit étang de Courset, et une c terragerie » dite 
terragerie de Gharce. — (Orig. Bibl. nat., coll. Fontanieu 876, 
fol. 35.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, nous avons puis nagueres par 
noz lettres patentes scellées en laz de soye et cire vert 4 
et pour les causes dedens contenues baillé, cédé, trans- 
porté et délaissé à nostre amé et féal conseiller et 
chambellan Yves du Fou, chevalier, seigneur de la 
Ramanteresse 2 , certaine place en laquelle avoit ancien- 
nement ung estang appelle l'estang de Courset 3 avec 

BB 15, fol. 140.) U semble que le Consulat ait craint de prolonger 
la lutte contre les de Villeneuve, appuyés par le roi, car on ne 
voit pas après cette dernière délibération qu'il ait rien fait pour 
empêcher l'exécution de la sentence des élus et des lettres de 
Louis XI. 

1. Lesdites lettres sont datées de Tours, juin 1469. (Bibl. nat., 
Pièc. orig., vol. 1208. Dossier du Fou 27199, n<> 5.) 

2. La Ramenteresse , quelquefois aussi la Rementeresse , ne 
figure ni dans le Dictionnaire topographique de la Vienne de Redet, 
ni sur la carte d'état-major, mais, d'après les lettres patentes citées 
ci-dessus, elle était voisine des localités dont le roi rappelle la 
donation dans sa missive. 

3. Aujourd'hui Coursée dans la commune de Montamisé, cant. 
de Saint-Georges, arr. de Poitiers (Vienne). (Redet, Dictionnaire 
topographique du département de la Vienne (Paris, 1881, in-4°), 
p. 140.) La carte de l'état-major français porte Corsée. 



20 LETTRES DE LOUIS XI. 

certaine terragerie, appellée la terragerie deCharce 1 , 
assise en nostre pais de Poictou, pour estre tenue par 
nostre dit conseiller et chambellan et ses hoirs et suc- 
cesseurs de nous à foy et hommaige et au devoir de 
vingt solz tournois, qu'ilz en paieront par chascun an 
à nostre recepte ordinaire de Poictou, ainsi que plus 
à plain est declairé en nosdictes lettres, lesquelles nos- 
tredit conseillier envoyé présentement en nostre 
chambre des comptes pour en avoir l'expedicion et 
entérinement. Et pour ce que nous voulons que icel- 
lui nostre conseillier joysse du contenu en nosdictes 
lettres, nous voulons et vous mandons que icelles noz 
lettres vous vérifiiez et expédiez de point en point selon 
leur forme et teneur. Et gardez que en ce n'ait faulte, 
et qu'il ne soit besoing à nostredit conseillier d'en 
retourner par devers nous, ne à nous de vous en ins- 
crire. Donné à Amboyse, le un e jourd'aoust. 

Loys. 



Allate die sabbati XII* augusti 1469. 



CCCCXLV1II. 



Brinon. 



AU DUC DE MILAN (v.). 

Bourgueil, 13 août 1469. 

Recommandation en faveur de Falco de Sinibaldis, envoyé du 
Saint-Siège, qui s'en retourne à Rome, en passant par les états 
du duc. — (Orig. Arch. de Milan. Poterne estere. Francia.) 

De par le roy. 
Très chier et très amé frère et cousin, nostre cher 

1. Dans le voisinage de l'étang de Gorsec ou de Coursée, la carte 



LETTRES DE LOUIS XI. 21 

et grant amy messire Falco de Sinibaldis 1 , orateur et 
ambaxadeur envoyé devers nous de par Nostre Saint 
Père le Pape, s'en retourne de présent devers iceulx 
Nostre Saint Père 2 . Et pour ce qu'il nous a esté bien 
fort agréable et que desirons singulièrement ses 
besongnes et affaires estre favorablement traictez, 
nous vous prions bien affectueusement que en faveur 

de l'état-major indique un lieu dit Gharasse, qu'il faut identifier avec 
cette terragerie de la Gharce dont parle le roi, d'autant plus que, dans 
les lettres de Louis XI données à Tours en juin 1469 (cf. la note 
ci-dessus), cette môme terragerie est dénommée Gharrace. Ge mot 
c terrageria, » d'après du Gange, idem est quod terragium; or le 
droit féodal dit terragium, et aussi champart, est le droit de partage 
des fruits d'une terre, et sans doute par extension la terre dont 
les fruits sont partagés. 

4 . « Falco, Romanus ex Sinibaldi famiiia, » dit de lui dans ses 
Commentaires le cardinal de Pavie, Jacques Ammanati. Il en fait 
l'éloge en ces termes à l'occasion de sa nomination comme membre 
de la commission, auquel le pape avait confié l'examen de l'affaire 
de Balue : « Difficillimis du abus in Gallia legationibus, (c'est de 
l'une d'elles qu'il est question dans notre missive,) functus, utram- 
que summa virtute impleverat et mirificam apud regem inierat 
gratiam, ea quidem ingenii dexteritate ad négocia obeunda, ut 
quos semei loquendo apprehenderet, amore etiam conciliaret, nec 
ante etiam dimitteret quam persuaderet quae cuperet. Hune, quod 
et mores Gallorum nosset, et linguam teneret, sùmmaque gentis 
ejus benivolentia esset sua facilitate putatum, et moderaturum 
nostris, cum posceret opus, et liniturum impetus régis, si quando 
inclementius aliquidex consuetudineagitaret... > (Jacobi cardina- 
lis Papiensis commentarii (Milan, 1506, in-fol.), p. 411.) 

2. Sforza de Bettinis, envoyé milanais à la cour de Louis XI, 
écrit de Tours à Galéas, son maître, le 6 avril 1469, que ledit 
Falco partira « fra tre o quatro di. » (Bibl. nat., F. ital. 1649, 
fol. 235 v°.) Le 20 avril suivant, dans une autre lettre, op. laud., 
fol. 239, il dit : c ... D. Falcone parti questi di passati. i Falco 
était donc parti depuis longtemps quand Louis XI le recomman- 
dait au duc de Milan, et il avait dû s'arrêter en route. (Voy. 
Pièces justificatives I, II.) 



2S LETTRES DE LOUIS XI. 

de nous le vueillez avoir en tous ses affaires pour espe- 
ciallement recommandé, et en manière qu'il cognoisse 
par effect nostre prière lui avoir esté utille et prouffi- 
table. En quoy faisant, vous nous ferez bien singulier 
et agréable plaisir. Donné à Bourgueil 1 , le xm 6 jour de 
aoust. 

LOYS. 

De Moulins. 

A nostre très cher et très amé frère et cousin le duc 
de Millan. 

CCCCXLIX. 

AU DUC DE MILAN (v.). 

Le Louroux, 17 août 1469. 

Prière de faire bon accueil au seigneur de Montreuii chargé de 
recommander au duc l'affaire du cardinal de Pavie. — (Ctàg. 
Arch. de Milan. Potenze ester e. Francia.) 

De par le roy. 

Très cher et très amé frère et cousin, nous avons 
chargé notre amé et féal conseillier et chambellan le 
seigneur de Monthereul, nostre gouverneur de Mont- 
pellier 2 , vous parler pour le fait du cardinal de Pavye 3 , 

1. Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Ghinon (Indre- 
et-Loire). 

2. Guillaume Gousinot, seigneur de Montreuii. Il se rendait à 
Rome pour justifier auprès du pape l'arrestation du cardinal 
Balue et de Guillaume d'Haraucourt, évoque de Verdun. Voy. 
parmi les Pièces justificatives de Duclos, IV, 303, la relation de 
cette ambassade. 

3. Jacques Ammanati, dit Piccolomini, né le 8 mars 1422, aux 
environs de Lucques, protégé de Pie II, qui lui fit prendre 6on 
nom, qui le nomma, en 1460, secrétaire apostolique, puis évéque 



LBTTRB8 DÉ LOUIS XI. 23 

et que veulliés faire en ses affaires, comme vous voul- 
driés faire pour les nostres propres, car il nous a fait 
et fait chascun jour tant de services que nous nous en 
reputons bien fort tenu à luy. Et pour ce, nous vous 
prions que ayés son fait pour recommandé, et y veul- 
liés faire en faveur de nous comme en vous en avons 
la confience, et qu'il congnoisse noz prières luy avoir 
valu, et aye cause de s'en louer envers nous. Donné à 

Louroux 1 , le xvn e jour d'aoust. 

Loys. . 

Meuhin. 

A notre très cher et très amé frère et cousin le duc 
de Milkn. 

CCCCL. 

AU DUC DE MILAN (v.). 

La Ménitré, 24 août 1469. 

Recommandation en faveur du seigneur de Montreuil et de Guil- 
laume Lefranc, ses ambassadeurs, qui se rendent à Rome en 
traversant les états du duc. — (Orig. Arch. de Milan. Potenze 
ester e. Francia.) 

De par le roy. 

. Très chier et très amé frère et cousin , nous envoyons 
présentement par devers notre Saint Père nos amez 
etfeaulx le sire deMontereul 2 , nostre conseiller, cham- 

de Pavie peu de temps après, enfin cardinal en 1461 ; moins bien 
vu de Paul II, il rentra en faveur sous Sixte IV, qui l'envoya 
légat en Ombrie; il obtint, en 1477, Pévêché de Frascati, puis celui 
de Lucques; il mourut le 10 septembre 1479. (Ifouv. biogr. gén.) 

1. Le Louroux dans le canton de Ligueil, arrondissement de 
Loches (Indre-et-Loire). 

2. Cf. la lettre précédente. 



24 LETTRES DE LOUIS XI. 

belian et gouverneur de Monpelier, et maistre Guil- 
laume Lefranc, docteur en loix, nostre secrétaire, 
ausquelz avons cbargîé passer par devers vous pour 
sçavoir du bon estât, santé et prospérité de vous et 
de nostre très chiere et très amée seur et cousine la 
duchesse, vostre espouse, et en quoy nous prendrions 
grant plaisir d'en oyr en bien. Si vous prions que en 
tout ce que nosdiz ambassadeurs auront à faire en 
court de Romme, et aussy en passant par voz terres et 
seigneuries et par voz amiz et confederez, vous leur 
vueillez donner toute faveur et vous employer es choses 
qui nous toucheront, comme en vous en avons la con- 
fiance. Donné à la Menistré?, le xxi me jour d'aoust. 

Loys. 

TOUSTABH. 

A nostre très chier et très amé frère et cousin le 
duc de Millan. 

Responsum die 24 oetobris in curia Arenghi Mediolani. 

CCCCLI. 

A FALCO DE SIN1BALDIS (P.). 

La Ménitré, 21 août 1469. 

Recommandation de la candidature de Thibaud de Luxembourg, 
évoque du Mans, au cardinalat, en même temps que de la 
nomination d'un protégé du roi à la légation d'Avignon et du 
neveu du président des Comptes au prieuré de Saint-Éloi à 
Paris. — (Bibl. nat. Copie du temps. Nouv. acq. franc. 1001, 
fol. 89.) 

Monseigneur l'ambassadeur, je croy que vous avez 

» 

1. La Ménitré, commune du canton des Ponts-de-Cé, arrondis- 
sèment d'Angers (Maine-et-Loire). 



LETTRES DE LOUIS XI. 25 

bien sceu comment j'ay desja par plusieurs foiz escript 
et envoie devers Nostre Saint Père le Pappe, afin qu'il 
luy pleust promouvoir mon chier et amé cousin 
l'evesque du Mans 1 à la dignité de cardinal. Et encores 
de rechef, pour le grant et singulier désir que j'ay qu'il 
obtiengne la dicte dignité, en escrips à Nostre dit Saint 
Père, ainsi que pouvez veoir par le double des lectres 
que je vous envoyé ci dedens enclos 2 * et ay chergé 
très expressément mes ambaxadeurs que j'envoye 
devers luy 3 qu'ilz facent tant qu'il le vueille à ceste 
foiz prononcer cardinal sans plus y delaier. Je le vous 
obliay à dire, quant je vous recommandé le fait de la 
légation d'Avignon et du prieuré de Saint Eloy à Paris 
pour le neveu du président des Comptes. Et pour tant 
que j'ay singulière confiance en vous et que vous 
emploirez voulentiers à conduire les matières pour les- 
quelles nos diz ambaxadeurs s'en vont par delà, mes- 
mement en celles que congnoistrez que j'ay au cueur, 
je vous prie tant acertez et affectueusement comme je 
puis, et sur tout le service que faire me desirez, que 
vous vueillez tellement emploier à tenir la main de 
vostre part envers Nostre dit Saint Père, que la chose 
sortisse à ceste foiz son effect, et non oblier le faict 
du dit prieuré ; vous savez ce que vous en dis. Et en 
ce faisant vous me ferez très singulier et aggreable 
plaisir, lequel recongnoistray envers vous quant d'au- 
cune chose me requerrez. Donné à La Ministre en 

Enjou, le xxi e jour d'aoust. 

Messire Falco. 

1. Thibaud de Luxembourg, frère du connétable. 

2. Voy. ci-dessous la lettre GGCGLIII. 

3. Cf. la lettre précédente. 



86 UETOES DR UN» XI. 



GGCCLD. 

AD CARDINAL D*ESTOrTEVILLE (p.). 

La Ménitré, 21 août 1469. 

Recommandation de la candidature de Thiband de Luxembourg 
an cardinalat, et notification de la prochaine arrivée de ses 
ambassadeurs. — (Bibl. nat. Non*, acq. franc. 1001, foi. 89.) 

Cardinal d'Estouteville 4 , très chier et très amé féal 
cousin, vous avez assez peu sçavoir par noz lettres et 
messaigers, que nous avons par plusieurs foiz envoie 
en court de Romme, le grant et singulier désir et affec- 
tion que nous avons à ce que nostre cher et amé cou- 
sin l'evesque du Mans soit promeu à la dignité de car- 
dinal et les causes qui à ce nous meuvent. Et encores, 
afin que Nostre Saint Père le Pape, vous et tout le col- 
lège en soiez plus à plain acertenez, nous avons entre 
autres chouses expressément chergez aux ambaxadeurs 
que nous envoions par delà qu'ilz facent tant envers 
icelui Nostre Saint Père, moiennent vostre aide et inter- 
cession, qu'il luy plaise à ceste foiz prononcer cardi- 
nal nostre dit cousin, sans plus y délayer, ainsi que 
pouvez savoir plus à plain par le double des lectres 
que luy en escrivons dont vous envoions le double ci- 
dedens enclos 2 , et aussi par iceulx noz ambaxadeurs 
auxquelz avons enjoinct vous communiquer ceste 
matière. Si vous prions que les vueillés croire de tout 
ce qu'ilz vous en diront de par nous, et vous y 

1 . Cf. t. III, p. 96, la note 1 qui le concerne, 

2. Voy. la lettre suivante. 



LETTRES DE LOUIS XI. 27 

emploiez en manière que la chose sortisse son effect. 
En quoy faisant vous nous ferez si très grant et singu- 
lier plaisir que plus grant ne le nous pouriez faire en 
cas semblable. Donné, etc. 

Au cardinal de Constances 1 pareillement, excepté qu'il luy 
rescript : très chier et féal amy. 

CCCCLÏII. 

AU PAPE (V.). 

La Ménitré, 21 août 1469. 

Recommandation de la candidature de Thibaud de Luxembourg, 
évêque du Mans, au cardinalat. — (Minute. Bibl. nat. Nouv. 
acq. franc. 1001, fol. 89 v°.) 

Beatissime pater, iteratis vicibus Beatitudini Vestre 
scripsisse meminimus ut carissimum consanguineum 
nostrum Theobaldum de Lucemburgo, cenomanensem 
episcopum, ad summum cardinalatus apicem subli- 
mare et provehi* dignaretur, nec adhuc preces nos- 
tras illi profuisse conspeximus , licet accepimus in 
cardinalium creatione quemlibet fere principem ultra- 
montanum pro voto singulari suum reportasse cardi- 
nale m, nec nobis, quibus a Deo datum est maximam 
christianorum ambireet complecti partem, si, pro def- 
fencione Ëcclesie sancte Dei, quam tueri cupimus et 
honorare, coppiam ampliorem cardinum Ëcclesie per 
Beatitudinem Yestram concedi deposcimus, imprope- 
randura quovismodo estimamus , cum pro nuntio et 
nobis sanguine juncto intercedimus, nec desinunt nos 

1. Olivier de Longueil. 

2. Sic pour c provehere. » 



28 LETTRES DE LOUIS XI. 

semper fervencius movere probatissima obsequia per 
dilectissimum fratrem et consanguineum nostrum 
comitem Sancti Pauli comestabularium, ejus fratrem, 
nobis et regno nostro frequencius impensa, et que die- 
tenus impenduntur, Serenitatem Vestram assiduis pul- 
sare precibus, licet aliquando ad nostrum rogatum 
Beatitudo Vestra aliquos erexerit, quibus forte crédit 
nobis satisfactum esse, nisi fecerit quod hortamur, nec 
desistemus, donec ad plénum nostri optati assequa- 
mur complementum. Idcirco si ipsa eadem Beatitudo 
Vestra in aliquo umquam nobis sit complacitura, sine 
pluri dilatione quod petimus expleat, et ex integro pro 
si n gui i s quos in simili commandavimus 1 honore arbi- 
tretur nobis satisfecisse, si prefatum Theobaldum con- 
sanguineum nostrum cardinalem effecerit. Et ut ita 
fiât, eandem Beatitudinem Vestram obnixe et iterato 
ac majore quo possumus affectu oramus, quia res ista 
non nobis parum cordi est, uti oratoribus nostris apud 
Vestram Serenitatem nunc proficiscentibus commissa 
suis instructionibus contenta eidem Vestre Beatitudine 
explanare specialiter commisimus ; quibus in dicendis 
ex parte nostra fidem adhiberi plenariam affectuose 
deprecamur, ac se ipsam in id quod petimus propiciam 
cum effectu ostendere, prout in eam spem gerimus 
indubiam. Quam ad prosperos successus tueri et con- 
servare dignetur altissimus dispensator ad salutifferum 
ministerium Ecclesie sacrosancte votive et per tem- 
pora longiora. Scriptum 

1. Sic pour « commendavimus. » 



LETTRES DE LOUIS XI. 29 



CCCCLIV. 



AU SACRÉ COLLÈGE (v.). 

La Ménitré, 21 août 1469. 

Recommandation de la candidature de Thibaud de Luxembourg, 
évêque du Mans, au cardinalat. — (Minute. Bibl. nat. Nouv. 
acq. franc. 1001, fol. 89 v°.) 

Ludovicus, Dei gracia Francorum rex. Carissimi et 
specialissimi amici nostri, quanquam jampridem et 
vicibus iteratis, et Beatissimo Patri nostro, et vestro 
sacro collegio commendaticias , et quidem affectuose 
litteras dederimus in favorem dillecti et consangui- 
nei nostri cenomanensis episcopi, quatenus meritis 
dilectissimi et fidelis consanguinei et fratris nostri 
Sancti Pauli comitis, regni nostri connestabularii, 
erga nos coronamque nostram exigentibus, ipsum 
cenomanensem episcopum, ejus fratrem suis popos- 
centibus 4 virtutibus, vestro sacro collegio aggre- 
gare vellitis, attamen nundum nostro satisfactum est 
desiderio. Idcirco et apud Beatissimura Patrem, cui 
nunc super hac re scribimus 2 , et apud vestrum col- 
legium nunquam instare desinemus, quoad compotes 
erimus tam ingentis nostri desiderii. Hortamur itaque 
et precamur vestras amicicias, ut predictus noster con- 
sanguineus, vestris suffragiis atque favoribus interve- 
nientibus, ad ha ne, quam meretur, cardinalatus digni- 
tatem assumatur; nichil enim hoc tempore nobis 
gracius efficere possetis, quod facile, cum res exiget, 

* 

1. Sic pour c poscentibus. » 

2. Voy. la lettre précédente. 



30 LETTRES DE LOUIS XI. 
intelligetis, aicuti per oratores nostros quos ad Beatis- 
simum Patrem nostrum destinamus amicicie vestre 
cerciores efficientur, quibus aures bénigne exaudicio- 
ois, in bis que parte ex nostra duxerint explicanda, 
prebere rogamus. Datum 



cccclv. 

A. LA CHAMBRE DES COMPTES (D.). 

Niort, 1" septembre 1469. 
Ordre de vérifier et expédier les lettres d'exemption des droits de 



francs-fiefs et nouveaux acquêts accordées aux habitants de 
Chartres. — (Orig. Bibl. nat., Fontanieu 876, fol. 36.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, nous avons octroyé aux gens 
d'église, bourgoiz et habitans de noz ville et bailliage 
de Chartres au dehors des ressors et exemptions d'icel- 
lui bailliage, que, durant nostre temps, aucune indemp- 
nité ne autre chose ne leur soit ou puisse estre demandée 
pour raison et à cause des francs fiefz et nouveaulx 
acquestz qui ont par eulx et leurs prédécesseurs et 
ceulx dont ilz ont cause esté faiz oudit bailliage, moyen- 
nant la somme de II e escuz d'or que nous avons fait 
prendre d'eulx comptant, et d'icelle disposé à nostre 
plaisir, ainsi qu'il est plus à plain contenu en noz 
lettres patentes signées de nostre main que leur avons 
sur ce octroyées, lesquelles ilz ont entencion de brief 
vous présenter et d'icelles requérir l'interinement. Si 
ulons et vous mandons bien expressément que vous 
i leur vérifiiez et expédiez incontinent sans y faire 
telque renuz ou difficulté; car nous voulons qu'ilz 



IATHUCS DE LOUIS XI. 34 

joissent entièrement dudit octroy ; et en ce ne faictes 
faulte. Donné à Nyort, le premier jour de septembre. 

Loys. 



Aporté le xvir 3 jour de novembre 1469. 



CCCCLVI. 



Flameno. 



AU CHANCELIER (d.). 

Puyravault, 7 septembre 1469. 

Récit de son entrevue avec son frère; prétendu miracle survenu 
en cette circonstance. — (Copies. Bibl. nat., Fr. 7880, fol. 205. 
Coll. Brienne 198, fol. 236. Bibl. de Reims, Mém. de Rogier. 
Supplément, ms. G, fol. 50. Commun, par ^f . Demaison. Publ. 
par Duclos, Hist. de Louis II, t. IV, p. 302.) 

Chancelier, Dieu mercy et Nostre Dame, aujourd'huy 
à six heures après midy, nostre beau frère le duc de 
Guienne s'est venu rendre devers nous au Port de 
Berault 1 , ainsy qu'il avoit esté appoinctée. Et pour ce 
qu'il y avoit aucunes barrières fortes entre nous deux, 
il nous a requis faire tout rompre incontinent et s'en 
est venu devers nous luy dixiesme, et nous a fait la 
plus grande et ample obéissance qu'il estoit possible 
de faire, et nous devons encores demain trouver 
ensemble. En nostre assemblée est advenue une chose 
que les mariniers et aultres à ce congnoissans dient 
estre merveilleux, car la marée qui devoit estre ce 

1. Le nom est ainsi écrit dans le manuscrit de Reims. On le 
trouve écrit Berzault dans les manuscrits de la Bibliothèque natio- 
nale. C'est aujourd'hui le Port-Braud, localité de la Charente- 
Inférieure, sur la rive gauche de la Sèvre mortaise, un peu 
au-dessus de son embouchure. 



32 LETTRES DE LOUIS XI. 

jourd'huy la plus grande de Tannée est trouvée la 

moindre de beaucoup que on ne vist de mémoire 

d'homme, et si c'est retraicte quatre heures plus tost 

qu'on ne cuidoit, dont Dieu et Nostre-Dame en soient 

louez, et vous en avons bien voulu advertir, affin qu'en 

advertissiez aussy ceux de nostre grand conseil et autres 

que verrez estre à faire par delà. Donné au Puy Reveau 1 , 

le septiesme jour de septembre 2 . 

Loys. 

Toustàin. 
CCCCLVII. 

AUX HABITANTS DE REIMS (d.). 

Coulonges-les-Royaux, 14 septembre 1469. 

Récit de son entrevue et de sa réconciliation avec son frère. — 
• (Copies. Bibl. nat., Fr. 7880, fol. 205 V. Brienne 198, fol. 236 v. 
Bibl. de Reims, Mém. de Rogier, ms. G, fol. 49 v. Commun, 
par M. Demaison.) 

De par le roy. 

Ghiers et bien amez, vous avez dès longtemps sceu 
et congneu comme pour le bien, paix et tranquilité de 
nostre royaume et de noz bons et loyaulx subgectz, 
nous sommes par cy devant mis en tout devoir pour 
à nous radrecer et redimer nostre très chier et très amé 
frère le duc de Guyenne. Et pour plus monstrer par 

1. Aujourd'hui Puyravault, commune du canton de Ghaillé- 
lès-Marais, arrondissement de Fontenay (Vendée). 

2. Louis XI eut avec son frère deux entrevues, Tune le 7 sep- 
tembre, date de notre missive, l'autre le lendemain 8. M Ue Dupont 
en a publié, dans son édition de Commines, III, 260, une relation 
tirée du manuscrit français 3887, fol. 182, de la Bibl. nationale. 



LETTRES DE LOUIS XI. 33 

effect le bon vouloir que avons à luy, luy avons puis 
nagueres baillé la dicte duché de Guyenne, et autres 
terres et seigneuries pour son partage et appanage 4 , 
dont il a esté bien contant, et depuis, pour du tout 
asseiirer l'amour et union d'entre nous et luy, ayent 
les choses esté tellement approchées d'un costé et 
d'aultre que au lieu appelle le Port Bereau, scitué et 
assis en noz pays et conté de Poictou, nostre dit frère 
est venu devers nous, par deux foys 2 , et nous a très 
humblement supplié et requis que nostre plaisir fust 
le recepvoir en nostre bonne grâce, et luy pardonner 
et oublier toutes choses passées ; ce que liberallement 
luy avons octroyé, et ne faisons aucun doubte que 
doresnavant nostre dit frère ne se conduise envers nous 
en toutes choses ainsy que bon frère doibt faire envers 
son roy et souverain seigneur. En quoy faisant n'est 
pas nostre intencion, pour quelque chose qui puisse 
advenir, de jamais l'esloigner de nostre grâce, mais en 
icelle l'entretenir fermement et inséparablement; et 
pour ce que doresnavant luy voulons bien communic- 
quer les faiz et affaires de nostre royaume, sommes 
venus au lieu de la Taffardiere, de Maigné et de Cou- 
longes 3 , près de Nyort, où nostre dit frère est venu 



1. Les lettres par lesquelles Louis XI cède la Guienne à son 
frère sont datées d'Amboise, avril 1469. (Lenglet-Dufresnoy, éd. 
de Communes, III, 93-97.) 

2. Le 7 et le 8 septembre 1469. Voy. la lettre précédente. 

3. Je trouve dans un périmètre, qui est assez sensiblement celui 
que détermine notre lettre, un château de la Tiffardière, que je 
crois pouvoir identifier avec la Taffardiere qu'elle mentionne, 
avec d'autant plus de raison que cette dernière lecture ne nous est 
pas fournie par un manuscrit contemporain. Maigné est aujour- 
d'hui Magné, commune au sud de la Tiffardière, dans le canton 

iv 3 



34 LETTRES DE LOUIS XI. 

de rechtef devers nous, et y avoos esté et seroes 

ensemble par aucun temps, pendant lequel est bien 

nostre intention de luy communicquer nos dictes 

affaires. Et ce fait, sommes délibérez nous en aller en 

nostre pays de Tourayne, auquel lieu nostre dit frère 

nous a voulu conduire et accompagner, ce que ne luy 

avons voulu souffrir, obstant ce que encores il n'a esté 

en la pluspart des pays que luy avons baillez pour son 

dit appanage ; mais sytost qu'il y aura esté, qui sera 

de brief, il s'en viendra incontinent devers nous au dit 

pays de Tourayne ou aillieurs, quelque part que soions. 

Sy vous voulons bien advertir de ces choses, affin que 

copgnoissiés au vray que nostre dit frère s'est reuny 

et rejoinct avec nous, ainsy qu'il devoit, et par telle 

et si bonne manière que sans quelque difficulté en 

sommes très contans. Donné à Goulonges la Royal, le 

xmi el jour de septembre. 

Loys. 

De Gerisay. 

À noz chiers et bien amez les gens d'église, nobles, 
bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Reims. 

de Goulonges-sur-Autize (Deux-Sèvres) ; cette dernière localité, 
chef-lieu de canton de l'arrondissement de Niort (Deux-Sèvres), 
est la même que notre Goulonges, dénommé aussi du temps de 
Louis XI Goulonges-les-Royaux ou Coulonges-le-Royal, comme 
dans notre lettre. 

1. Tandis que la copie de la bibliothèque de Reims, qui me 
paraît en général préférable, donne comme date de cette lettre 
le 14 septembre, les manuscrits Fr. 7880 et Brienne 198 donnent 
celle du 10. Du reste, le 10, comme le 14, Louis XI semble avoir 
été à Goulonges-les-Royaux. 



LETTRES DE LOUIS XI. 35 



CCCCLVIII. 

AU DUC DE MILAN (v.). 

Saumur, 22 septembre 1469. 
Nouvelles d'Italie données au roi par l'envoyé du duc ; désaveu 
des propos tenus sur l'affaire de Rimini par Pierre Gruel, qui 
n'avait pas qualité pour rien dire de pareil. — (Copie du temps. 
Arch. de Milan. Potenze ester e. Francia.) 

Illustrissime frater noster carissime, salutem. Ha- 
biamo inteso per Sforza vostro fameglio, quale è 
presso de noy, ad che termini se trovano quelle cose 
de Italia. Tutto ne è piaciuto intendere, eo maxime 
che tutto e in favore vostro. In quanto specta le parole 
usate per misser Petro Gruel, nostro mandato a Roma, 
circa el facto de Arimino, noy habiamo resposto al 
dicto Sforza de taie materia non ne haveva da noy 
alcuna instructione ne comandamento de par lame, et 
che cosi sia el vero dal dicto misser Petro, ve posseti 
far mostrare Pinstructione sua, et viderete che per altre 
nostre particolarita, et non per judicare la differentia 
de Arimino lo habiamo mandato a Roma ; che del patri- 
monio delà Ecclesia noy non ce impacciamo ne habiamo 
alcuno charicho, et cosi anche de quelle differentie ne 
staremo a vedere senza prenderne altro impaccio. Et 
quando pure de le cose délia ne havessimo, o volessimo 
prendere alcuna cura noy non habiamo per chi fare si 
non per noy. Datum Saumuri, xxn septembris M GGGG 
LXVIIII. Loys. 

- Albertus. 

Illustrissimo principi fratri nostro carissimo Medio- 
lanensi duci, etc. 



36 LETTRES DE LOUIS XI. 



CCCCLIX. 

AU DUC DE MILAN (V.). 

Saumur, 26 septembre 4469. 

Félicitations au duc au sujet de la victoire dont son envoyé a 
apporté la nouvelle au roi ; compliments de condoléances sur la 
mort de son oncle Âlessandro Sforza, et espérance que Constanzo, 
fils dudit Alessandro, continuera à vivre avec Galéas dans les 
mêmes termes d'amitié que son père. — (Copie du temps. Arch. 
de Milan. Potenze ester e. Franda.) 

Illustrissime frater noster carissime, salutem. Al 
modo usato ne he sommamente piaciuto intendere 
quel che Sforza vostro famiglio 1 ne ha da parte vos* 
tra significato de la Victoria havuta contra li inimici 
vostri 2 ; de la quale per questa ne congratuliamo con 
voy oltre che piu ad pieno ne habiamo parlato al dicto 
Sforza. Preghiamo Dio che augumenti et prosperi le 
cose vostre como voy medesimo desiderate, et anche 
noy, che al bene et maie lo reputiamo comune con voi. 
Ben ne he doluto et dole grandemente del caso de la 
morte del signore Àlexandro vostro avunculo 3 la cui 

1. Sforza de Bettinis, envoyé de Galéas auprès de Louis XI. 

2. Il s'agit ici de la victoire remportée près de Rimini, le 
29 août 1469, sur les troupes pontificales, par Tristan Sforza, fils 
naturel de Francesco Sforza, et par le duc de Galabre, fils de Fer- 
dinand de Naples, venus au secours de Frédéric de Montefeltro, 
duc d'Urbin. Celui-ci était menacé de perdre ses états pour avoir 
soutenu Roberto Malatesta, auquel il avait donné en mariage une 
de ses filles. (Jac. Ammanati Piccolominaei cardia. Papiensis 
Episiolx, pp. 172, 173. Raynaldi Annales ecclesiastici, XXIX, 475.) 

3. Les condoléances du roi étaient prématurées, car tous les 
historiens italiens que j'ai pu consulter sont d'accord pour placer 
la mort d'Alexandre Sforza, le frère de Francesco, en. 1473 seule-* 



LETTRES DE LOUIS XI. 37 

perdita la existimiamo cossi vostra, como del inimico 
che pur crediamo se siria reducto tandem et reinte- 
grato a la bona devotione verso de voy, etc.; ha cossi 
porta to el caso suo la forttroa, De piu sene puo che 
redurlo a patientia, egli resta to el figliuol suo signore 
Gonstanzo 4 , quale, secondo intendiamo, non manchera 
essere hercditario de la virtute paterna, et crediamo 
che verso La Vostra Signoria observera quelli boni ter- 
mini che se gli convenghono, et cosi noy che desyde- 
ramo ogni bona unione de la casa vostra, el ricoman- 
diano de bon core et strectamente a la protectione de 
quella, in caso maxime che se deporti verso ley corne 
deve, etc. Datum Saumuri, xxvi septembris M GGGG 

LXVIIII. 

Loys. 

Albertus. 

Illustrissimo principi fratri nostro carissimo medio- 
lanensi duci. 

CCCCLX. 

AUX LYONNAIS (v.)- 

Montrichard, 5 octobre 1469. 

Ordre de recevoir avec toute la solennité possible le roi René qui 
doit traverser leur ville en se rendant en Provence. — (Orig. 
Arch. de la ville de Lyon, AA 20, n* 41.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, pour ce que nostre très chier 

ment. Voy. notamment dans Muratori, Rerum italicarum scrip- 
tores, t. XXII, p. 232, les Annales forolivienses. Elles s'expriment à 
cet égard de la manière suivante : c Eodem anno (M GGGG LXXIII), 
in principio mensis aprilis, illustris dominus Alexander Sfortia 



38 LETTRES DE LOUIS XI. 

et très amé oncle, le roy de Secille, s'en va présente- 
ment en son pays de Provence, et que nous desirons 
de tout nostre cuer qu'il soit receu hon nés te ment en 
chascune ville de nostre royaume, et que autant de 
honneur, service et plaisir lui soient faiz comme à nous 
mesmes, nous vous prions et neantmoins mandons 
bien expressément que, sur tout le plaisir que faire 
nous desirez, que à icellui nostre dit oncle vous faciez 
tout en tel et semblable honneur, plaisir et service que 
vous feriez et faire pourriez à nostre propre personne, 
en lui présentant et offrant les clefz de la dicte ville, 
et lui faisant toutes et chascunes les autres offres et 
choses que verrez estre à faire, et qu'il vous semblera 
en honneur, plaisir et service lui estre faiz, car. autre 
plus grant plaisir ne nous pourriez faire, et tout ce 
que en ce vous lui ferez, nous le repputons avoir esté 
fait à nous mesmes, et recongnoistrons en temps et 
lieu quant d'aucune chose nous requerrez. Donné à 
Montrichart, le cinquiesme jour d'octobre. 

Loys. 

Toustain. 

A noz chiers et bien amez les bourgois, manans et 
habitans de nostre ville de Lyon 4 . 

Présentées aujourd'ui xxn e jour d'octobre mil IIII C LXIX. 

de Attendolis, dominus Risauri, obiit in itinere accedendo Vene- 
tias. » Mais on voit dans une lettre de Jean- Pierre Arrivabene au 
cardinal de Pavie, en date du 5 septembre, et dans la réponse dudit 
cardinal, en date du 10 septembre 1469, qu'Alexandre avait été 
blessé dans l'affaire ci-dessus mentionnée ; c'est cette blessure qui 
avait sans doute donné naissance au bruit de sa, mort. (Op. laud., 
pp. 177 v et 178.) 
1. Le 22 oct. 1469, comme on le voit également par le récépissé 



LETTRES DE LOUIS XI. 39 



CCCCLXI. 

AU SEIGNEUR DE BEÂUREPÂIRE ET A BOURRÉ (D.). 

Orléans, 21 octobre 1469. 

Accusé de réception d'une lettre qu'il envoie au seigneur du Pies- 
sis, et ordre donné audit seigneur du Plessis d'envoyer audit 
seigneur de Beaurepaire c descharge, telle que son homme la 
vouldra prendre » sur l'admission du duc de Guienne dans Lusi- 
gnan; ordre de recevoir ledit duc dans ladite place et de lui 
en remettre les clefs. — (Copie du temps. Bibl. nat., Fr. 6602, 
fol. 24. Copie moderne, Fr. 20427, fol. 51.) 

Monseigneur de Beaurepaire 1 , j'ai reçeu voz lettres 

ajouté au bas de la lettre et reproduit ici en italiques, le procès- 
verbal de la séance du Consulat signale la réception de « lettres 
closes du roy faisans mencion de la venue du roy de Cecille en 
ceste ville. » (Arch. de Lyon, BB 15, fol. 65 V.) Un peu plus loin, 
fol. 69, et à la séance du 10 décembre 1469, il est alloué à Regnaud 
du Sollier 32 1. t. « pour quatre dozenes de torches de cire et pour 
environ quatre dozenes de boestes de dragée, espices et autres 
confitures de plusieurs sortes, donnéez au roy et à la royne de 
Cecille, qui nagueres passarent par ceste ville, allans en Prou- 
vence. » 

1. Ce seigneur de Beaurepaire ne peut être qu'Yvon du Fou : 
nous savons, en effet, que celui-ci était capitaine de Lusignan dès 
les premières années du règne de Louis XI. (Anselme, VIII, 703.) 
Cf. des lettres de Louis XI datées d'Abbeville, le 22 septembre 
1464, où ledit Yves du Fou est indiqué en cette qualité comme 
chargé des réparations dudit château. (Bibl. nat., Fr. 6737, fol. 33.) 
De plus nous avons une lettre de lui, antérieure de trois jours à 
celle du roi, c'est-à-dire du 18 octobre 1469 (Bibl. nat., Fr. 20485, 
fol. 130), où il demande, à raison de la promesse par lui faite à 
Louis XI c de n'y mectre homme plus fort que lui (du Fou), 
réservé la personne du roi, » quel accueil il doit faire à la requête 
du duc de Guienne de le recevoir dans cette place. La présente 
missive est la réponse de Louis XI à la question de du Fou. 



40 LETTRES DE LOUIS XI. 

et les ay baillées à vostre homme pour bailler à Mon- 
seigneur du Plesseys, et escript au dit Monseigneur du 
Plesseys qu'il vous envoyé vostre descharge, telle que 
vostre homme la vouldra prendre, touchant mectre 
mon frère dedens Lezignen le plus fort, nonobstant le 
serement que vous avez à moy de n'y mectre homme : 
aussy je lui rescriz qu'il depesche vostre cedule et 
mandement touchant voz mil escuz. 

Monseigneur le cappitaine, je vous prie sur tant 
que vous creignez à me faire le plus grant desplaisir 
que me pourriez faire ou monde, que vous mectez 
mon frère dedens Lezignen, et le plus fort, comme 
feriez à ma personne , et lui baillez les clefs , et lui 
obéissez autant, tant qu'il sera en la place, comme 
vous Jferiez à ma personne , et gardez que vous n'y 
faictes faulte, et n'atendez ne descharge ne autre chose 
se d'aventure il y venoit, pour ce que on se meurt 
en Xaintonge. Donné à Orléans, le xxi e jour d'octobre. 

De la main du roy : Monseigneur du Plessys, faictes 
tout ce que monseigneur de Lezignen demande. 

Loys. 

TOUSTAIN. 

Goppie collationnée à l'original par nous Jehan Dorchere et 

Adam Rolant, secrétaires du roy, le xxiîr 3 jour d'octobre GGGG 

LXIX. 

Holant. Dorchere. 

CCCCLXII. 

AU PARLEMENT DE PARIS (d.). 

Orléans, 22 octobre 1469. 

Ordre de ne recevoir personne au premier office de conseiller au 
parlement qui pourra vaquer, à défaut de lettres royales de don 



LETTRES DE LOUIS XI. 41 

postérieures à ladite vacation. — (Copie du temps. Arch. nat., 
X<* 1485, fol. 1. Pubi. dans les Ordonn. des rois de France, XVII, 
260.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, pour ce que sommes memora- 
tifz que plusieurs personnes nous ont requis d'avoir 
le premier office de conseiller qui sera vacant en nostre 
court de parlement, et que ne savons bonnement se 
par importunité ou aultrement en avons fait aucun 
don, aussi que nous desirons, quant la dicte vacation 
escherra, y estre pourveu de gens souffisans et à nous 
feables, nous vous mandons et neantmoins défendons 
que ou dit office de conseiller qui premier sera vacant 
en nostre dicte court, vous ne recevez aucun, quelque 
don que en pourrions avoir fait paravant la dicte vaca- 
tion, s'il n'a nouvel don ou permission de nous tou- 
chant icellui office, depuis la dicte vacacion advenue. 
Et gardez que en ce n'ait faulte. Et oultre, voulons 
que ces présentes soient enregistrées ou greffe de 
nostre dicte court, afin que en soit mémoire, quant le 
cas y cherra. Donné à Orléans, le xxn* jour d'octobre. 

LOYS. 

TOUSTAIN. 

A noz amez et feaulx conseillers les gens de nostre 
parlement à Paris. 

Recepte xmi* novembris M* CGCC° LXIX<>. 

ccccLxm. 

AU COMTE DE DAMMARTIN (v.). 

Conan, 26 octobre 1469. 

Notification de sa nomination dans l'ordre de Saint-Michel récem- 
ment institué et de renvoi du collier dudit ordre par le seigneur 



/ 



42 LETTRES DE LOUIS XI. 

de la Choietière. — (Orig. Bibl. nat, Fr. 2913, fol. 13. Copie du 
temps. Mélanges de Clairambault, 481, fol. 219 v*. Publ. par 
Lenglet-Dufresnoy dans son édition de Gommines (le Cabinet 
du roy Louis II), H, 235.) 

De par le roy. 

Très chier et amé cousin, pour ce que puis nagueres, 
par l'advis et deliberacion de nostre très chier et très 
amé oncle le roy de Secille, de Hierusalem et d'Arra- 
gon, et de noz très chiers et très amez frères les ducz 
de Guienne et de Bourbon, et autres de nostre sang 
et grant conseil, a esté délibéré que nous ferions et 
porterions l'ordre de Monseigneur Saint Michel et de 
nostre compaignie et fraternité le nombre de xxxvi che- 
valiers 1 , et par l'adviz des dessus diz avez esté esleu 
et choisy du nombre des douze, lesquelz vont estre 
choisiz pour estire le surplus, et jusques ou dit nombre, 
et pour ung des plus notables chevaliers et d'ancienne 
lignée, extractz de grandes et nobles maisons, et qui 
tousjours ont bien et loiaument servy noz prédéces- 
seurs et nous, et qui plus a fait et veu en armes, hon- 
neur et estaz, et aussi pour Testât et office de souve- 
rain maistre d'ostel de France, et pour la grande 
prouchaineté que avez à l'entour de nostre personne, 
avez esté, comme raison est, esleu pour estre l'ung 
des principaulx de la dicte élection. Et pour ce, 
vous envoions présentement le colier de nostre dit 
ordre par nostre amé et féal conseiller et maistre de 
nostre hostel, le sire de la Choietière 2 , afin que le 

1. Par lettres du I e * mai 1469. (Voy. ci-dessus, p. 8, la note 2.) 

2. Jean Gholet, chevalier, seigneur de la Choietière, de Dangeau 
et de Pommeray, conseiller et maître d'hôtel du roi; il était fils 
de Gilles Gholet et de sa seconde femme Jeanne de Varennes. Il 
fut chargé en 1463 de transporter l'artillerie royale de Savone à 



LETTRES DE LOUIS XI. 43 

prenez et retenez, et que doresnavant vous le portez, 

en faisant le serment en sa présence, de bien et loya- 

ment entretenir le contenu et chappitres et articles sur 

ce faiz de point en point, ainsi qu'ilz sont contenuz, 

lequel sire de la Choletiere veuillez croire de ce qu'il 

vous en dira de par nous comme nous mesmes, et par 

luy nous faictes savoir de voz nouvelles. Donné à 

Conan 1 , le xxvi e jour d'octobre. 

Loys. 

Toustain. 

A nostre amé cousin le conte de Dampmartin, grant 

maistre d'hostel de France, et nostre lieutenant es 

pays d'Auvergne, de Rouergue et d'Armignac. 

CCCCLXIV. 

AUX LYONNAIS (v.). 

Amboise, 29 octobre 1469. 

Ordre de faire tout leur possible pour empêcher Philippe de Savoie 
d'aller porter secours au comte d'Armagnac révolté et de s'en 

Beaucaire. Le roi lui confia la garde du duc d'Alencon, enfermé 
à Loches, puis, par lettres du 5 juin 1473, la mission 'de le con- 
duire au château du Louvre et de Py garder. Il avait 1,200 1. t. 
de pension pendant les années 1476 et 1477 sur la recette 
générale d'outre Seine et Yonne; après le décès de Guillaume 
Bournel, il fut, par lettres données au Plessis-du-Parc, le 7 dé- 
cembre 1477, nommé maître général visiteur et gouverneur de 
l'artillerie de France ; dans les lettres royales données au même 
endroit le 21 février suivant, et par lesquelles le roi ordonne la 
levée de 220,000 1. 1., « pour être employées au payement des char- 
rois et autres affaires de l'artillerie, » il est qualifié maître de l'ar- 
tillerie. Il mourut en possession de cette charge, le 4 7 septembre 
1479, à Arcis-snr-Aube. Il avait acquis, le 14 juillet 1470, la sei- 
gneurie de la v Forôt des créanciers de Pierre Mauvoisin, seigneur 
de Serquigny. (Anselme, VIII, 157, 159.) 

1. Commune du canton de Marchenoir, dans l'arrondissement 
de Blois (Loir-et-Cher). 



44 LETTRES DE LOUIS XI. 

rapporter à cet égard à ce que leur diront Ymbert de Varey et 
le courrier de Lyon que le roi a chargés de ses instructions. — 
(Orig. Arch. de Lyon, AA 23, n - 50.) 

De par le r.oy. 
Ghiers et bien amez, nous avons esté advertiz que 
Phelippe de Savoye veult aller secourir le conte d'Ar- 
maignac 1 , soubz umbre du duc de Bourgongne. Nous 
vous prions que se vous en savez aucune chose, que 
vous nous en ad ver tissez, et avec ce que vous y résis- 
tez et y donnez toutes les provisions au contraire qui 
vous seront possibles, et en tout et par tout nous y 
servez en acquictant voz loyaultés, comme avez fait 
par cy devant, ainsi que nous en avons en vous nostre 
parfaicte et entière confiance, et comme l'avons dit 
plus à plain à Hinbert de Varey et au courier, presens 
porteurs, pour le vous dire ; lesquelz veillez croyre de 
ce qu'ilz vous en diront. Et advertissez les gardes des 
places et des ports, et y donnez les provisions, ainsi 
que vous congnoistrez qu'il en sera besoing, et telle- 
ment que aucun inconvénient ne nous en adviengne. 
Donné à Amboyse, le xxix 6 jour d'octobre. 

LOYS. 

Bourré. 

A noz chiers et bien amez les bourgeois, manans 
et habitans de nostre ville de Lyon 2 . 

Receues le vn e jour de novembre du roy. 

1. Voy., sur cette révolte du comte d'Armagnac, le Cabinet du 
roy Louis XI, ch. 3, dans l'éd. de Gommines de Lengiet-Dufresnoy, 
II, pp. 232-235, et de Mandrot, Louis II, Jean V d'Armagnac et le 
drame de Lectoure. Paris, 1888, in-8°, pp. 18 et 19. 

2. En exécution des ordres du roi, le Consulat prit les deux 
délibérations suivantes : « Le dimenche, xix 6 jour de novembre 
mil mi c LXIX, a esté ordonné, instant honnorable homme Pierre 



LETTRES DE LOUIS XI. 43 



CCCCLXV. 

AU CONNÉTABLE (D.). 

Amboise, 1" novembre 1469. 

Ordre de montrer et de faire rompre publiquement dans la ses- 
sion courante de l'Échiquier de Normandie Panneau « dont on 
disoit que Charles de France avoit espousé la duchié » et que 
celui-ci avait renvoyé au roi. — (Copie du temps. Registre de 
TÉchiquier de Normandie à la date du 9 novembre 1469. Publ. 
par M. Ganel, Révolte de la Normandie sous Louis XI, dans le 
Recueil des travaux de la Société libre d'agriculture, sciences, arts 
et belles-lettres du département de l'Eure, 2 e série, I (1841), p. 307.) 

Très chier et très amé frère et cousin, nostre très 
chier et très amé frère le duc de Guienne nous a pré- 
sentement envoie l'anel dont on disoit qu'il avoit espousé 
la duchié de Normandie 1 , et afin que les habitans du 

Thomassin, que pour obvier aux perilz qui pourroient venir au 
moyen de ce que ceulx de Bourgoigne, ainsi que avons esté cer- 
tifiiez, ont fait crier le retraict et mander eulx mectre sus, que sur 
les portes de Saint- Vincent, Saint-Marcel et Bourg-Neuf l'en mec- 
tra sur chascune deux guectz pour guecter de nuyt. » (BB 15, 
fol. 66 v°.) Et, le 30 novembre 1479, « pour obvier es dangiers et 
perilz qui pourroent advenir à l'occasion de ce que ceulx de Bour- 
goigne- et de Savoye font armée et se mectent sus, et aussi que est 
le vouloir du roy, ainsi que nous a rapporté monseigneur le bailly, 
a esté ordonné que l'on fera Pescharguet à la partie devers l'Em- 
pire, chascune nuyt de six personnes. » (BB 15, fol. 66 v*.) Voy. 
aussi la lettre du 21 novembre suivant adressée par le roi aux 
Lyonnais. 

1. Cette cérémonie avait eu lieu effectivement le 1 er décembre 
1465, dans la cathédrale de Rouen, et c'est Thomas Basin, l'évéque 
de Lisieux, l'historien de Charles VII et de Louis XI, l'objet de 
la haine persévérante de ce dernier, qui avait mis au doigt du 
nouveau duc de Normandie l'anneau dont le roi ordonne la des- 
truction par la présente lettre. Voy. dans Y Histoire des^ règnes de 



46 LETTRES DB LOUIS XI. 

dit pays en soient advertis et congnoissent de plus en 
plus que nostre dit frère a renoncé à la dicte duchié, 
nous voulons et vous mandons qu'en l'eschiquier qui 
se tient de présent en nostre ville de Rouen, vous 
monstrez et faictes rompre publiquement le dit anel. 
Donné à Amboise, le i* jour de novembre. 

CCCCLXVI. 

AU DUC DE MILAN (v.). 

Amboise, 3 novembre 1469. 

Notification de l'envoi de ses ambassadeurs Guillaume Fichet et 
Gilles d'Aulnois, chargés d'une mission concernant les intérêts 
généraux de la chrétienté. — (Copie du temps. Ârch. de Milan. 
Potenze estere. Prancia.) 

Ludovicus, Dei gracia Francorum rex, carissime con- 
sanguinee. Postquam placuit gracie Altissimi donare 
pacem et transquillitatem regno nostro, nos recognos- 
centes bénéficia magna nobis a Greatore nostro impensa, 
in animo nostro proposuimus deinceps intendere ad 
ea prosequenda que bonum universalis ecclesie et 
tocius orbis concernunt, atque omnem opem pro viri- 
bus impendere ut gravia mala que temporibus nostris 
christianitatem perturbare et affligere conspiciuntur, 
sedari et repelli valeant, et status orbis catholici in 
omni salute et prosperitate reflorescere possit. Gujus 
operis prosequendi gratia aliorum in hoc principum 
christianorum assensum et auxilium querendum duxi- 

Charles VII et de Louis XI, par Thomas Basin, publ. par M. Qui- 
cherat, t. IV, p. 246, le compte-rendu de cette investiture d'après 
les archives du chapitre de Rouen et d'après de La Roque, (//«- 
toire généalogique de la maison de Harcourt, III, 539.) 



LETTRgg DR LOUIS XI. 47 

mus, ut quod communi pro bono omnium agendum 
est, ab omnibus unanimiter perquiratur, viasque et 
modos qui videntur ad eam rem prosequendam conve- 
nientes et oportuni vestre fraternitati et amicicie, aliis 
eciam principibus christianis, per oratores nostros 
aperire decrevimus. Quam ob causam scientificos viros 
et magistros Guillermum Ficheti 4 et Egidium de Àlne- 
tis, in sacra theologia magistros, ad presenciam vestram 
destinamus, qui plenius nostram intencionem ac devo- 
cionem aperient. Placeat itaque amicicie vestre ipsos 
bénigne audire dicendisque per eos pienam credencie 
fidem adhibere ad servicium Altissimi, et in honorem 
ipsius qui vos et vestra dominia in omni salute et pros- 
peritate conservare dignetur. Datum Ambasie, die 
tercia novembris, anno domini millesimo quadringen- 
tesimo sexagesimo nono et régni nostri nono. 

LOYS. 

TOUSTAIN. 

Ulustri principi du ci Mediolanensi fratri et confede- 
rato nostro carissimo. 

1. Guillaume Fichet, théologien et rhétoricien français du 
xv« siècle, recteur, en 1467, de l'Université de Paris, où il ensei- 
gna la philosophie, la théologie et l'art oratoire. Gomme on le voit, 
la diplomatie ne lui était pas non plus étrangère, et la circonstance 
dont il est question dans la présente missive n'est pas la seule où 
Louis XI mit ce dernier de ses talents à contribution ; il favorisa 
de tout son pouvoir rétablissement de l'imprimerie en France. 
{Nouv. biogr. gén.) Sur la mission qui lui est confiée ici, ainsi qu'à 
Gilles d'Aulnois, autre docteur du temps resté moins célèbre, voy. 
l'article publié par M. Ghinzoni, ainsi que la missive de Louis XI, 
dans ÏArchivio storico lombardo (Milan, 1885, in-8*), pp. 17 et suiv., 
sous ce titre : Galeazzo Maria e Luigi II a proposito dell* opéra : 
Étude sur une négociation diplomatique de Louis XI, roi de France, 
par E. Mou filet. Marseille, 1884, in-8*. 



48 LETTRES DE LOUIS XI. 



CCCCLXVII. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS (D.). 

Amboise, 10 novembre 1469. 

Ordre de procéder à l'entérinement des lettres cédant au duc de 
Guienne les jugeries de Rivière et de Verdun et la seigneurie 
de Mauléon de Soûle.— (Orig. Bibl. nat., Fontanieu 876, foi. 37.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx , nostre très cher et très amé 
frère le duc de Guienne envoyé présentement devers 
vous pour avoir l'expédition et entérinement de cer- 
taines lettres patentes 4 que nagueres luy avons octroyées 
touchant les jugeries de Rivière et de Verdun 2 et les 
chas tel, terre et seigneurie de Mauleon de Soûle. Et 
pour ce que nous avons les affaires de nostre dit frère 
aussi à ceur que les nostres propres, et que nous vou- 
lons qu'il joisse du contenu en nos dictes lettres, nous 
vous mandons que en toute diligence, et toutes diffi- 
cultés cessans, vous procédez à l'entérinement des dictes 
lettres, en faisant joyr nostre dit frère du contenu en 
icelles, selon leur forme et teneur. Et gardez que en 
ce n'ait faulte, car tel est nostre bon plaisir. Donné à 
Amboise, le dixiesme jour de novembre. 

Loys. 
Bourré. 

Allate ad burellum novembris M C CGC LUX. 

1. Données à Coulonges-les-Royaux, le 8 septembre 1469. (Ord. 
des R. de Fr., XVII, 255.) 

2. Ces deux pays formaient dans l'ancienne Gascogne l'élection 
de Rivière- Verdun, entre la Garonne et deux de ses affluents de 
gauche, la Save et la Gimone. 



LETTRES DE LOUIS XI. 49 



CCCCLXVHI. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Tours, 11 novembre 1469. 

Envoi du double des lettres publiées par le duc de Bourgogne dans 
ses pays ; intention du roi de se défendre vigoureusement ; con- 
signe donnée au grand maître de tâcher de s'emparer prompte- 
ment de Lectoure ; signification faite au gouverneur de Rous- 
siilon des lettres de commandement données au grand maître 
avec ordre de réunir leurs forces. — (Copie du temps. Bibl. nat., 
Mélanges de Glairambauit, 481, foi. 211 v°, publ. par Lengiet- 
Dufresnoy, dans son édition de Gommines (Cabinet du roy 
Louis 27), II, 232.) 

Monseigneur le grant maistre, je vous envoyé le 
double des mandemens que Monseigneur de fiour- 
goigne a faiz en ses pays 4 . Et est le tout par Padvertis- 
sement qu'il a eu de Bretaigne par le moyen du seigneur 
de Lescun 2 , et vous asseure, que s'il me veult riens 
demander, je me deffendré bien et ne vous requerray 
de cest an de me venir secourir. Toutesfois, je vous 
prie que vous mettez peine de avoir promptement 
Lestore, car en ce faisant vous chevirés bien toust du 
demourant, et vous prie que souvent vous me rescrip- 
vés de voz nouvelles. Aussi j'ay escript à Monseigneur 
le gouverneur de Rossillon 3 qu'il se viengne joindre 
à vous, et que je vous ay fait mon lieutenant gênerai en 

1. Le roi doit faire allusion à une ordonnance du duc de Bour- 
gogne portant convocation de ses hommes d'armes, dont Jean de 
Wavrin nous donne l'analyse, mais <k>nt il a le tort de ne pas pré- 
ciser la date. (Anchiennes cronicques d'Engleterre, 6 e part., liv. V, 
chap. xliv, éd. Dupont, II, 398, 399.) 

2. Odet d'Aydie. 

3. Tanneguy du Châtel. 

iv 4 



50 LETTRES DE LOUIS XI. 

ceste armée ; et que je veul qu'il vous obeysse comme à 
moy mesmez, et de rechief luy en escriptz bien expres- 
sément, et qu'il se haste de se joindre avec vous et 
toute l'armée de par delà. Et pour ce, je vous prie 
que de vostre part vous luy escripvez qu'il se haste 
de se y rendre affin que abrégez à toute diligence, 
car plus grant plaisir ne service ne me pourries faire. 
Et à Dieu, Monseigneur le grant maistre. Escript à 

Tours, le xi 6 jour de novembre. 

Loys. 

Toustain. 

À nostre très chier et aymé cousin le conte de Damp- 
martin, grant maistre d'ostel de France et mon lieute- 
nant gênerai enRouergue, Gascongne et autres marches 
de par delà. 

CCCCLX1X. 

AU DUC DE GUIENNE (D.). 

Montils-lès-Tours, 12 novembre 1469. 

Accusé de réception de la lettre du duc et de celle écrite par Guil- 
laume Ghommart à celui-ci ; arrivée d'une lettre de « maistre 
Baude » et retour d'Espagne de « maistre Pierre t; peu de 
compte qu'il y a lieu de faire des récits dudit « maistre Pierre ; » 
certitude qu'a le roi de la fidélité du grand maître de Saint- 
Jacques dans la question du mariage du duc de Guienne avec 
la fille du roi de Gastille ; intention du roi d'envoyer en Espagne 
le cardinal d'Alby et le seigneur de Torcy ; excuses apportées au 
nom d'Odet d'Aydie par Perrot d'Aydie, son frère ; arrivée de 
Corberan, envoyé par le «prince de Viane ; des délégués de Jean 
d'Armagnac et des États de ses pays ; d'un gentilhomme dépêché 
par le grand maître et venant devers ledit comte d'Armagnac ; 
renvoi du scellé du duc de Guienne, naguère remis par le roi 
au comte d'Alençon ; accusé de réception d'une nouvelle lettre 



LETTRES DE LOUIS XI. 51 

du duc de Guienne ; promesse de lui faire livrer prochainement 
la place de Montoce ; remerciement à propos de la nouvelle de 
la venue prochaine du seigneur d'Apchon ; lettre du duc de 
Bourgogne apportée par le seigneur d'Arson. — (Orig. Èibl. 
nat., Fr. 20489, fol. 139.) 

Mon frère, mon amy, je me recommande à vous 
tant comme je puis. J'ay veu les lettres que m'avez 
escriptes, et aussi celles que maistre Guillaume Ghom- 
mart 4 vous a envoiées. Pareillement j'ay receu lettres 
de maistre Baude 2 et oy ce que maistre Pierre qui 
estoit allé en Espaigne a raporté 3 . Mon frère, à chose 

1. Guillaume Chommart, « conseillier et maistre des comptes 
du duc de Guienne, » d'après des quittances signées de lui en cette 
qualité (mais avec un seul m) les 12 et 20 février 1472. (Bibl. nat., 
Pièces orig., vol. 759. Dossier Chommart, 17248, n°*2 et 3.) Il passa 
ensuite au service du duc d'Orléans, comme maître des requêtes, 
ainsi qu'il résulte d'autres quittances remises par lui à Jacques 
Hurault, « conseiller, trésorier, argentier et receveur gênerai des 
finances » dudit duc, et dont la dernière est du 26 juillet 1485. 
(Bibl. nat., Pièces orig., loc. laud., n°» 5, 6, 7 et 8.) 

2. Très probablement Baude Meurin, secrétaire, auquel Louis XI 
confiait très souvent des missions diplomatiques. Il se pourrait 
même que l'endroit d'où il écrivait la lettre à laquelle le roi fait 
allusion fût la cour de Bourgogne, où Sforza de Bettinis, ambas- 
sadeur milanais, donne avis à son maître, à la date du 6 avril 
1469, que Baude vient d'être envoyé. Voy. Pièces justificatives, 
n«L 

3. Ce c maistre Pierre » doit être Pierre Doriole, mais je n'ai 
pu trouver, en 1469, dans les documents espagnols ou français, 
aucune trace de son voyage en Espagne, dont le roi a l'air de parler 
comme d'un fait récent. Le 8 mai 1469, il avait été nommé com- 
missaire pour l'instruction du procès de Balue, ce qui donne lieu 
de ne pas le croire absent pendant le mois de mai ; le 6 juin sui- 
vant, il était en France, cela est sûr. (Cf. ci-dessus la lettre du roi 
en date du 13 juin 1469, p. 1, n° CGCCXXXVÏÏ.) Au mois de 
septembre 1469 (d'après un passage des comptes de Louis XI de 
novembre 1469 (Bibl. nat., Fr. 6758, fol. 4), il semble avoir été à 
Saint-Jean-d' Angély, sur la route de l'Espagne, y allant peut-être, ou 



52 LETTRES DE LOUIS XI. 

que ledit maistre Pierre ait dicte, il ne vous fault point 
arrester , car je vous asseure que ce qu'il aroit oy dire 
en une court, il ne le saroit raporter en la chambre, et 
ce qu'il dit ne sont que nouvelles de paiges, et n'en doit 
on tenir compte. Tenez vous sceur que le maistre de 
Saint Jacques 1 , tant qu'il vive, ne prandra parti avec 
le roy d'Arragon ; car il cognoist bien que ce seroit sa 
totalle destruccion. Aussi vous povez estre certain que 
ledit maistre n'anbandonnera (sic) jamès mon parti, car 
il sçait bien que s'est le plus sceur reffuge qu'il puisse 
avoir et qu'il n'a point de si sceur chemin pour sa 
seureté et des siens, que de tenir le parti de vous et 
de moy. Autrefîbis, durant que je tenoie le parti du 
roy d'Arragon, et moy estant à Baionne 2 , Monseigneur 
le gênerai maistre Pierre Doriolle offrit de par moy 
audit maistre le parti [que] le roy d'Arragon lui offre 
à présent, lequel le roy d'Arragon me faisoit offrir ; 
mes oncques il n'y voult entendre. Je vous envoie les 
lettres que ledit maistre m'a envoiées, aussi sa créance, 
par lesquelles verrez comme le roy d'Espaigne envoiera 
brief devers moy pour ceste matière. Aussi j'ay envoyé 
quérir monseigneur d'Albi 3 , et le despescheré avec 

en revenant; mais que l'on place son voyage dans ce pays entre 
le mois de juin et le mois de septembre 1469, ou entre ce dernier 
mois et le 12 novembre, date de notre lettre, il ne peut avoir 
fait au delà des Pyrénées qu'un séjour de courte durée. 

1. Don Juan Pacheco, marquis de Villena, grand maître de 
Tordre de Saint-Jacques en 1469, après la mort d'Alfonse, frère de 
Henri IV, roi de Gastille. (Hélyot, Histoire des ordres monastiques, 
religieux et militaires et des congrégations séculières de Vun et de 
Vautre sexe. Paris, 1714-1719, in-4°, H, 271). 

2. Le roi s'y était trouvé à la fin de mars et au commencement 
d'avril 1463. 

3. Jean Jouffroy, cardinal d'Alby, revenait d'Espagne sans avoir 



LETTRES DE LOUIS XI. 53 

monseigneur de Torcy incontinent, pour aller par 
delà. Et tenez vous sœur que se le mariaige se faisoit 
de la princesse 1 avec le filz du roy d'Ârragon, ce que 
je ne croy pas, que incontinent le maistre mectroit en 
avant la fille du roy d'Espaigne*. 

Mon frère, Perot d'Aidie est ycy venu, disant que 
son frère 3 se vouloit excuser de ce cas que on lui 
mectoit sus touchant ma personne. Je lui ay respondu 
qu'il ne se peut mieulx excuser que par ... ce qui lui 
a donné la charge; et lui ay fait bailler le double de 
ce que l'evesque de Saint Pons 4 me dist, afin qu'il en 

pu accomplir la mission à lui confiée d'empêcher le mariage de 
Ferdinand d'Aragon avec Isabelle de Castille, que Louis XI aurait 
voulu faire épouser à son frère. Le contrat du mariage d'Isabelle 
et de Ferdinand, auquel Louis XI, à la date de la présente lettre, 
ne croyait pas encore, avait été dressé le 18 octobre 1469, et leur 
union bénie par l'église le 25 octobre suivant. (Çurita, Anales de 
la corona de Aragon, liv. XVHI, ch. xxvi, t. IV, p. 170 v\) Le 
récit de cette première ambassade, qui avait duré près d'une 
année, du mois de novembre 1468 au même mois de l'année 1469, 
a été publié par d'Achery. (Spidlegium, III, 835.) A peine Jouf- 
froy était -il rentré en France que, suivant l'intention expri- 
mée par le roi dans la présente lettre, il fut de nouveau renvoyé 
en Espagne, et cette fois encore avec le seigneur de Torcy. A défaut 
de la main d'Isabelle de Gastille, qui n'était plus disponible, il 
devait demander pour le duc de Guienne celle de la fille de 
Henri IV, Jeanne la Bertrandeja, dont on contestait la légitimité. 
Il fut plus heureux cette fois, et, le 28 octobre 1470, il fiança à 
Loçoya la princesse Jeanne avec Charles de France. (Çurita, op. 
laud., liv. XVIII, chap. xxxi, t. IV, p. 176.) 

1. Isabelle de Gastille. 

2. Jeanne la Bertrandeja. 

3. Odet d'Aydie, seigneur de Lescun. 

4. Antoine Balue, frère du cardinal, évoque de Saint-Pons 
depuis le 20 ou le 30 octobre 1467. Il résigna son siège en faveur 
de François-Guillaume de Gastelnau de Glermont-Lodève, en 1501, 
et mourut au plus tôt en 1503. (Gallia christiana, VI, 247.) 



54 LETTRES DE LOUIS XI. 

sache mieulx la verilé , et pareillement de ce que les 
seigneur et dame de Pompadour* en on dit, disans le 

savoir par le prothonotaire de lequel j'ay envoie 

prandre 2 et ce qui s'en pourra savoir par le procès, 
je vous en advertiré. Aussi ledit Perot m'a dit, comme 
de lui, car il dit qu'il n'en avoit point de charge, que 
le duc ne vouloit point de ma niepce ; et je lui ay res- 
pondu que je ne l'avoie présentée ne à lui ne à autre 3 . 
Mon frère, le prince de Vienne a envoie ung cheva- 
lier devers moy nommé [m]essire Corberan. Je vous 

1. Le seigneur de Pompadour, de Gromières et de Chanac était 
Jean II, filsdeGulfier et d'Isabelle de Comborn ; conseiller et cham- 
bellan du roi par lettres de Louis XI des 42 et 18 décembre 1464, 
capitaine de Capdenac en 1485; il testa le 16 janvier 1502 et fut 
enterré à Arnac. 8a femme, la dame de Pompadour, aussi men- 
tionnée dans la lettre de Louis XI, était Marguerite Ghauveron, 
fille de Louis et de Marie Tranchelion, qu'il épousa le 13 juin 1453. 
Elle testa le 4 janvier 1487. (Anselme, VIII, 244, 245.) 

2. Les comptes de Louis XI renferment au sujet de ce protono- 
taire du roi d'Espagne la mention suivante : «... A maistre Gilles 
Flameng, notaire et secrétaire du roy... xi 1. x s. t. que ledit 
seigneur par autre sa cedulle signée de sa main, donnée aux Mon- 
tilz lêz Tours, le vii me jour de décembre mil GCGG LXIX, lui a 
ordonnée... pour la despence que ung prothonotaire du roy d'Es- 
paigne a faicte en la ville d'Amboise ou mois de novembre derre- 
nier passé, où il estoit venu en ambaxade devers ledit seigneur... » 
(Bibl. nat., Fr. 6758, fol. 75.) Fierville (le Cardinal Jean Jouffroy 
et son temps, p. 199) qui donne le nom de ce protonotaire, Louis 
Gonzalès d'Aliença, se trompe sur la date de sa mission qu'il 
place à tort en 1470. Cf. la missive de Louis XI à Henri IV, du 
dernier tiers de novembre 1469, n° GGGGLXIV, p. 63. 

3.11 semble que la duchesse de Savoie, Yolande, sœur de 
Louis XI, n'aurait pas été fâchée du mariage de sa fille, Anne de 
Savoie, avec le duc de Bretagne, à en juger par la « coppie d'une 
ame estant es lettres de monseigneur de Gomminge, • copie ainsi 
conçue : t Sire, madame de Savoye m'a fait prier que je vous 
feisse asavoir qu'elle auroit grant désir que madamoiselle sa fille 



LETTRES DE LOUIS XI. 55 

eqvoie la lettre qu'il m'a escripte 1 , et le double de la 
créance dudit chevalier, aussi le double de la responce 
que je luy ay faicte de bouche, et de [la lettre] que je 
lui ay escripte. 

Pareillement [le conte d'Armigoac] envoie et aussi 
les gens des estaz de ses pays, ausquelx j'ay fait faire la 
responce en l'ostel de mon chancelier par les gens de 
mon conseil où n'ay point esté présent. Je vous envoie 
[le] double de leurs instructions et de la responce que 
leur y ay fait faire. 

Le grant maistre m'a envoie ung gentilhomme qui 
venoit de devers le conte d'Armignac, qui dit beau- 
coup de choses dont je vous envoie le double par 
escript. 

Touchant monseigneur d'Àlenczon, j'ay aujourd'ui 
recouvré vostre seellé et l'ay fait canceller, et le vous 
envoyé. S'autre chose me sourvient, incontinent vous 

fust mariée avec le duc de Bretaigne; se il estoit de vostre bon 
plaisir, vous m'en manderez la responce qu'il vous playra que je lui 
face. Sire, Phelippes Monseigneur fait assembler des gens d'armes 
soubz couleur d'aller au service du pappe : advisez en tout. Sire, 
mon frère et moy avons mandé à noz gens en Gascongne qu'ilz 
facent ouverture de toutes noz places à messire Jousselin, et qu'ilz 
lui obéissent tout ainsi qu'ilz feraient pour noz personnes, car nous 
ne voulons espargner corps ne biens pour vostre service. • (Bibl. 
nat., Fr. 20428, fol. 42.) (Note de M"* D.) La mention des arme* 
ments de Philippe de Savoie, rapprochée de celle que contient la 
lettre de Louis XI aux Lyonnais du 29 oct. 4469, n* GGGGLXIV, 
p. 43, est une preuve de plus que notre missive est bien de cette 
dernière année. 

1. Ce prince de Viane était Gaston Phœbus, fils de Gaston IV, 
comte de Foix et mari de Madeleine de France, sœur de Louis XI, 
blessé mortellement dans un tournoi le 23 novembre 1470. Voy. 
aux Pièces justificatives, n° IV, la lettre dont Louis XI dit que 
son envoyé était porteur. 



56 LETTRES DE LOUIS XI. 

en avertiré; et à Dieu, mon frère, mon amy, auquel je 
prie qu'il vous doint ce que desirez. Donné aux Moul- 
tiz (sic) y le xn e jour de novembre. 

Mon frère, depuis ces lettres escriptes, j'ay reoeu 
les lettres que vous m'avez envoyées, et au regart de 
la place de Montoce, je l'avoie baillée paravant en 
gaige à Gaston du Lyon, pour la somme de mi m escuz ; 
de laquelle je me suis obligé, et en ay fait ma propre 
debte ; et s'en part un homme pour la vous faire déli- 
vrer. Je vous mercie de ce que m'avez adverti de la 
venue du seigneur d'Achon 1 . 

Jehan d'Arson 2 est venu ycy et m'a apporté lettres 

1 . Jean d'Apchon, second fils de Louis d'Apchon et de Marguerite 
d'Estaing, conseiller et chambellan du roi, marié à Antoinette de 
Tourzel d'Alègre, dont il n'eut qu'une fille, nommée Annette. 
(Bouillet, Nobiliaire d'Auvergne (Glermont-Ferrand, 1846-53, in-8°), 
I, 45.) 

2. Dans des lettres données à Hesdin le 13 décembre 1470, le 
duc de Bourgogne s'exprime en ces termes, au sujet de la mis- 
sion de ce d'Arson, dont le roi mentionne l'arrivée dans sa pré- 
sente missive : « ... Gomme nous eussions, environ a ung an, envoie 
devers nostre très cher et très amé frère et cousin le duc de Bour- 
bon, qui lors estoit vers le roy..., ung nommé Jehan d'Arson, 
lequel de long temps avoit esté nourri en l'ostel de nostre dit très 
cher seigneur et père..., et depuis son trespas l'avions pourveu en 
restât de nostre pannetier servant nostre bouche, et aussi estant 
maistre d'hostel de nostre très cher et féal chevalier, conseiller 
et premier chambellan messire Anthoine, bastart de Bourgongne 
et gouverneur de la personne de messire Philippe, seigneur de 
Yeures, son filz, icelluy Jehan d'Arson, en lieu de nous faire ser- 
vice en la charge qu'il avoit de nous, print et accepta charge de 
conspirer et contracter avec messire Bauduin, lors appelle bas- 
tart de Bourgongne, de nous tuer et faire morir par glaive ou par 
venin... » (D. Plancher, Histoire de Bourgogne, IV. Preuves, 

p. CGXCIX.) 

Jean d'Arson, après avoir passé au service de Louis XI, devint 
« escuier et maistre d'ostel du roy, » comme on le voit dans une 



LETTRES DE LOUIS XI. 57 

de monseigneur de Bourgongne, lesquelles je vous 
envoie et la responce que je lui ay faicte. 



CCCCLXX. 

AU DUC DE BOURGOGNE (v.)- 

Montils-lès-Tours, 15 novembre 1469. 

Accusé de réception de la lettre du duc apportée par Jean d' Ar- 
gon; intention du roi d'envoyer des délégués aux conférences à 
tenir à Pâques pour mettre fin au différend existant entre le 
duc de Bourbon et Philippe de Savoie; ignorance du roi au 
sujet du bruit rapporté par Jean d'Arson que le duc de Bourbon 
voulait faire la guerre à Philippe de Savoie. — (Orig. Bibl. nat., 
coll. Moreau, ms. 1426, n° 176.) 

De par le roy. 
Très cher et très amé frère, nous avons receu les 
lettres que nous avez escriptes par Jehan d'Arson 4 
faisans mention que désireriez bien l'appaisement du 
différent qui est entre noz très chers et très amez frères 
le duc de Bourbon, d'une part, et Phelippe de Savoye, 
d'autre 2 , dont sommes bien joyeulx, et aussi de nostre 

quittance donnée par lui en cette qualité, le 13 mars 1482, à 
Michel Tainthurier, « trésorier et receveur gênerai des finances 
de Languedoc, Lyonnoiz, Fourestz et Beaujouloiz, » de la somme 
de 1,200 livres « pour sa pension et entretenement au service 
dudit seigneur » (le roi) pendant l'année commencée au 1 er octobre 
précédent 1481. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 106. Dossier d'Ar- 
son 2214, n° 4.) Le 20 avril 1483, il donnait encore au même per- 
sonnage, en la même qualité, et comme capitaine de Soissons, une 
nouvelle quittance de pareille somme. (Ibid, n° 6.) 

1. Cf. la lettre précédente du roi au duc de Guienne mention- 
nant l'arrivée dudit seigneur d'Arson. 

2. Yoy., sur ce différend, la lettre du duc de Bourbon au duc de 
Bourgogne, en date du 15 novembre 1469. Pièce justificative n* V. 



58 LETTRES DE L0UI8 XI. 

part le désirons tant que povons. Nostre dit frère de 
Bourbon à Geste cause a prins journée à Pasques, et y 
doit envoyer de ses gens, et si vous nous faictes savoir 
le lieu, nous sommes contens d'y envoyer aussi des 
nostres, pour essayer d'y trouver quelque bon appoinc- 
tement. Et au regard de la créance que nous a dicte 
ledit Jehan d'Arson, c'est assavoir que nostre dit frère 
de Bourbon vouloit faire guerre audit Phelippe de 
Savoye, sceurement nous n'en oymes oncques parler, 
ne n'y en a point d'apparance, ainsi que ledit Jehan 
d'Arson l'a peu veoir, et quant l'eussions sceu, nous 
l'eussions empesché. Très cher et très amé frère, s'au- 
cune chose vous est par deçà aggreable, en la nous 
faisant savoir nous la ferons de bon cuer. Donné aux 
Moultiz 1 lez Tours, le quinziesme jour de novembre. 

LOYS. 

Bourré. 

A nostre très chier et très amé frère le duc de 
Bourgoigne. 

Au dos de la lettre et de la même écriture : Pour la journée de 
Bourbon et de Bresse. 

CCCCLXXI. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Montils-lès-Tours, 15 novembre 1469. 

Accusé de réception de la lettre remise par le seigneur de la 
Gholetière et du mémoire apporté par Georges, serviteur dudit 
grand maître; demande faite par le comte d'Armagnac, par 
l'intermédiaire du seigneur de Barbazan, d'être admis à plaider 
au Parlement par procureur et de l'évacuation de ses pays par 

1. Sic, pour « Montilz. » 



LETTRES DE LOUIS XI. 59 

les troupes royales; refus du roi de rien accorder sans la son- 
mission dndit comte et la remise de Lectonre; nécessité de se 
défier des promesses dn comte et de 6'emparer de ses places à 
la première apparence de dissimulation de sa part; bonnes nou- 
velles envoyées par le seigneur de Torcy, qui se rend vers le 
grand maître avec ses troupes. — (Copie du temps. Bibl. nat., 
Mélanges de Clairambault, 481, fol. 213. Lenglet-Dufresnoy, éd. 
de Commines, II, 233.) 

Monseigneur le grant maistre, j'ay veu ce que par 
le seigneur de la Choletiere m'avez escript, aussy oy 
ce que m'a dit George vostre serviteur, et veu bien 
au long le mémoire que luy avés sur ce baillé, dont je 
vous mercie tant que je puis. Et vous prie, que en la 
plus grant diligence que vous pourrés, vous metés 
affin 1 la charge que vous ay baillée. Au surplus, le conte 
d'Ârmignac a envoyé devers moy le seigneur de Barba- 
zan * et autres pour me supplier qu'il fust receu par pro- 
cureur en la court de parlement, et que je feisse cesser 
la voye de faict et main armée, et semblablement les 
estatz du pays le m'ont fait par eulx requérir. Mais 
responce leur a esté faicte en mon conseil bien assem- 
blé que autre provision ilz n'auroient en ceste partie, 
fors que le dit conte d'Armignac se tyrast en la dicte 
court de parlement pour se justifier de charges qui luy 
sont données. Toutesfois, si le dit seigneur de Barba- 
zan ou autres se tirent devers vous 8 , et qu'il facent 

1. Lisez : « à fin. » 

2. Jean, sire de Barbazan et de Faudoas, conseiller et cham- 
bellan du duc de Guienne, d'après un acte daté de Bordeaux, le 
12 janvier 1471, par lequel ce prince lui engagea les seigneuries 
de Gastera et de Pradère. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 187. Dos- 
sier 4056. Barbazan, n° 42.) 

3. Le sire de Barbazan se rendit en effet auprès d'Antoine de 
Ghabanne en revenant devers le roi, et lui fit les demandes contre 
lesquelles celui-ci mettait son lieutenant en garde. Antoine de 



60 LETTRES DE LOUIS XI. 

que la possession de Lestore et toutes les autres places 
de par delà vous soient royallement baillées, et qu'il 
facent au surplus entière obeyssance, en ce cas, et non 
autrement, pour soupporter le povre peuple, et afin 
qu'ilz puissent mieux payer les tailles, je suis content 
que l'armée n'entre point oudit pays et que vous les 
supportés de charge au mieulx que faire se pourra. 
Mais ne vous laissés point endormir de parolles, car 
aussi il me semble pour le mieux, quelque chose qu'on 
vous promette, que vous mesmes devés aller en per- 
sonne pour prandre la possession, et que en nul autre 
ne vous devés fier. Et aussi, si vous voyés qu'ilz veullent 
dissimuler, et que reaulment la possession des dictes 
places ne vous soit baillée, procédés oultre à vostre 
emprinse, sans y faire aucun delay, ainsi qu'il a été 
conclud et délibéré. Et me faictez souvent sçavoir de 
voz nouvelles. Monseigneur le grant maistre, j'ay eu 
des lettres de monseigneur de Foyz qui sont bien 
bonnes, et croy qu'il se tirera devers vous. S'il y 
vient, je croy que le traicterez bien ; mais je vous en 
ay bien voulu advertir, car son astrolomien est venu 
vers moy et croy que ce soit à bon escient. Donné aux 
Montilz lès Tours, le xv e jour de novembre. 

Loys. 

Toustain. 

A nostre très chîer et amé cousin le conte de Damp- 
martin, grant maistre d'astel de France, et nostre lieu- 
tenant gênerai es marches de par delà. 



Ghabanne y fit la réponse prescrite par Louis XI. (Bibi. nat, 
Mél. de Clairambault 481, fol. 215.) 



LETTRES DE LOUIS XL 61 



CCCCLXXII. 

AU PARLEMENT OU A LA CHAMBRE DE8 COMPTES 

DE PARIS (D.). 

Amboise, 19 novembre 1469. 

Ordre d'expédier et de vérifier l'inféodation par lui faite à Jean 
du Pertuis et Glande de Ghantemerle, sa femme, et aux enfants 
à naître de leur mariage, d'un moulin et de deux viviers, sis à 
Lyons, bailliage de Gisors. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 6964, fol. 3.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, nous avons puis aucun temps en 
çà baillé, fieffé, transporté et délaissé à nostre cher et 
bien amé escuier cTescuerie Jehan du Pertuys et àGlaude 
de Chantemelle, damoiselle, sa femme, poureulx et les 
enffans qui sont ou seront procréez d'eulx deux en loyal 
mariage, nostre moulin et deux viviers que nous avons 
à Lyons ' ou bailliage de Gisors, pour le pris et selon 
le contenu es lettres patentes, que sur ce leur avons 
octroyées, lesquelles vous ont esté présentées et avez 
esté requis de les expédier et veriffier ; mais vous avez 
de ce faire esté refusans et n'y avés aucunement voulu 
procéder, dont nous donnons grant merveille, consi- 
déré mesmement que les diz deux viviers ne nous 
estoient paravant de nulle valeur, et y avoit bien long- 
temps qu'ilz estoient en ruyne. Et au regard dudit molin, 
nous l'avons baillé pour aussi grant pris qu'il avoit 
esté autresfois fieffé à feu Estienne Le Marié. Et pour ce 
que nous voulons que ledit Jehan du Pertuys et sa 

1. Aujourd'hui Lyons-la-Forôt, chef-lieu de canton de l'arron- 
dissement des Andelys (Eure). 



64 LKTTR» M LOUIS XI. 

de Dieu, roy de Gastiile et de Léon, Loys, par icelle 
mesme grâce roy de France, salât et entière dilection. 
Très haut et très puissant prince, nostre très cher et 
très amé frère, cousin et alié, nous avons receu les 
lettres que escriptes nous avez par dom Loys Gonza- 
lès, prothonotaire de Nostre Saint Père le Pape 4 , 
grand chancelier de nostre très chère et très amée 
seur et cousine la princesse de Gastiile, vostre fille et 
héritière, et oy bien au long ce qu'il nous a dit de vostre 
part; dont, et de sçavoir de vostre estât et prospérité, 
aussi du bon vouloir et affection qu'avez envers nous 
et à l'accomplissement des matières conclûtes avec 
vous par noz ambassadeurs et ceux de nostre très cher 
et très amé frère le duc de Guyenne, prince de Gas- 
tiile 2 , avons esté et sommes très joyeux, et les en 
remercions de bien bon cueur, et tant sur ce, que sur 
les autres matières, dont le dit prothonotaire nous a 
parlé, luy avons fait responce, ainsi que par luy pour- 
ries sçavoir. Très haut et très puissant prince, nostre 
très cher et très amé frère, cousin et alié, se quelque 
chose vient à plaisir en nostre royaume, en le vous 
signifiant, nous le ferons de très bon cueur. Je prie au 
benoist fils de Dieu qui vous vueille tousjours avoir 

en sa saincte garde 3 . 

* 

1. Voy., sur l'envoi de ce protonotaire, p. 54, la note 2. 

2. Louis XI se tenait déjà tellement assuré du mariage de 
son frère avec la princesse Jeanne qu'il le qualifiait prince de 
Gastiile. 

3. Malgré l'absence de date de cette missive, que Legrand n'a 
connue qu'à l'état de minute, ou qu'il a incomplètement copiée, 
il est possible de la placer à peu près dans les dix derniers jours 
de novembre. L'itinéraire accuse en effet la présence de Louis XI 
à Amboise du 19 au 27 novembre 1469, et le fragment de compte 



LETTRES DE LOUIS XI. 65 



CCCCLXXV. 

AU PARLEMENT (D.). 

Àmboise, 15 décembre 1469. 

Ordre d'entériner les lettres de privilèges accordées à la ville de 
Grèvecœur à la requête du seigneur dudit lieu. — (Copie. Bibl. 
nat., Fr. 6976, fol. 204.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, puis nagueres par noz lettres 
patentes en forme de Chartres 1 avons octroie au sei- 
gneur de Crevecueur 2 aucuns privilèges et libertez pour 
la ville du dit Crevecueur, ainsi que plus à plain est 
contenu en nos dictes lettres de chartre, lesquelles il 
vous a fait présenter et d'icelles requis l'entérinement ; 
mais vous n'y avez voulu donner aucune expedicion, 
combien que vous eussions escript et mandé ainsi le 
faire. Et pour ce que nostre vouloir et plaisir est qu'il 
joisse entièrement du don et octroy que luy avons fait, 
selon la forme et teneur de nos dictes lettres, nous 
voulons et vous mandons bien expressément que les 
dictes lettres ainsi par nous octroiées audit seigneur 
de Crevecueur, vous entérinez et expédiez, et du con- 

cité plus haut, p. 54, note 2, montre que l'envoyé de Henri IV 
y fut reçu à ce moment. 

A la suite de la présente missive, l'abbé Legrand a inséré dans 
son recueil les propositions faites par l'envoyé castillan au nom 
de son maître relativement au mariage de la princesse Jeanne et 
du duc de Guienne, et pour hâter la venue de ce prince en Cas- 
tille. (Bibl. nat, Fr. 6978, fol. 77.) 

1. Datées de Niort, septembre 1469. (Arch. nat., JJ 196, f. 26, 
n' 41.) 

2. Cf. t. H, 275, la note qui le concerne. 

iv 5 



66 LETTRES DE LOUIS XI. 

tenu en icelles le faictes et souffrez joir et user paisi- 
blement sans aucune contradicion ou empeschement, 
et tellement qu'il n'ait plus cause d'en renvoier par 
devers nous, et qu'il ne soit besoing de plus vous en 
escrire; car tel est nostre plaisir. Donné à Àmboise, le 

xv 6 jour de décembre. 

Loys. 

De Cerisay. 
CCCCLXXVI. 

A BOURRÉ (D.). 

» 

Amboise, 19 décembre 1469. 

Ordre d'expédier au comte dauphin la cédule de 200 francs de 
pension mensuelle à lui accordée par le roi sur son argenterie. 
— (Orig. Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 44.) 

Monseigneur du Plessiz, j'ay donné au conte daul- 
phin* ii c frans par mois sur mon argenterie pour ses 
habillemens, et lui en ay signé sa cedule, et expédiez 
lui la dicte cedule sans y faire difficulté, et qu'il n'y 

1. Louis de Bourbon, troisième fils de Jean I er , duc de Bour- 
bon, et de Marie, seconde fille de Jean, duc de Berry et frère de 
Charles Y; il hérita du chef de sa mère, morte à Lyon, en juin 
1434, du comté de Montpensier (Art de vérifier les dates, II, 417) 
et devint dauphin d'Auvergne comme héritier de sa femme Jeanne, 
fille unique de Béraud III, dauphin d'Auvergne, et de Jeanne de 
la Tour, qu'il avait épousée en 1428 et qui mourut sans enfant le 
26 mai 1436. Louis de Bourbon mourut lui-môme en 1486, lais- 
sant de son second mariage avec Gabrielle, fille de Bertrand VI 
de la Tour, qu'il avait épousée le 15 février 1442, un fils, Gilbert 
de Bourbon, comte de Montpensier et dauphin d'Auvergne, et 
deux filles, dont l'aînée, Gabrielle, épousa Louis II de la Tré- 
moille. (Art de vérifier les dates, II, 367.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 67 

ait point de faulte, car mon plaisir est qu'il les ait. 
Donné à Àmboyse, le xix me jour de décembre 1 . 

LOYS. 

J. Leclerc. 
CCCCLXXVH. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Montils-lès-Tours, 27 décembre 1469. 

Nouvelles reçues par le roi de l'amiral, du marquis de Pont et du 
sénéchal de Beaucaire; résistance du seul Briihac, enfermé 
dans Rodelle ; encouragement donné par le roi aux dessusdits 
pour qu'ils s'efforcent de s'en rendre maîtres ; présence du comte 
d'Armagnac signalée aux environs de Lectoure ; ordre au grand 
maître de tâcher de le saisir; visite du duc de Guienne au roi à 
Montils-lès-Tours et leur prochain départ pour Amboise; invi- 
tation au grand maître de venir les rejoindre ; avertissement à 
donner au comte de Foix de ne point donner asile sur ses terres 
au comte d'Armagnac, comme le bruit en court. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 2898, fol. 128. Publ. par Lenglet-Dufresnoy, éd. de 
Gommines (Cabinet du roy Louis J/), II, 234.) 

Monseigneur le grant maistre, présentement j'ay eu 
nouvelles de mon filz l'admirai 2 , du marquis 3 et du 
seneschal de Beaucaire 4 , teles que je croy que les 
savez bien; et en effect il n'y a plus que Rodelle 5 que 

1. Le seul motif que j'aie de placer cette lettre à la date que je 
lui attribue résulte de la présence de Louis XI à Amboise la veille 
et le lendemain du jour où elle a été écrite. 

2. Louis, bâtard de Bourbon, marié à Jeanne, fille naturelle 
du roi. 

3. Nicolas d'Anjou, marquis de Pont-à-Mousson, fils de Jean, 
duc de Calabre, et petit-fils du roi René. 

4. Ruffec de Balsac. 

5. Commune du canton de Bozouls, arrondissement de Rodez 
(Aveyron). 



68 LETTRES DE LOUIS XI. 

tient ce bon corps Brilhac. J'escrips à mon filz l'ad- 
mirai et entre eulx que sur tout le 1 plaisir qu'ilz 
désirent me faire qu'ilz mectent le dit de Brilhac entre 
mes mains. Aucuns m'ont rapporté que le conte d'Âr- 
mignac roe environ Lestore, ce que je ne puis pas 
bien croire. Se ainsi estoit, je vous prie que faictes 
bonne diligence, et mectez toute la peine que pourrez 
de le prandre. Au surplus, mon frère le duc de Guienne 
est ycy, et ferons bonne chère et nous en yrons à 
Amboise en actendant de voz nouvelles 2 . Monseigneur 
le grand maistre, je vouldroye que eussiez tout bien 
fait et vous y fussiez. Je vous prie, abrégez vous et 
vous y en venez, et me faictes savoir souvent de ce 
qui vous surviendra. On m'a dit que le conte d'Armi- 
gnac a aucun retraict es terres de monseigneur de 
Foix 3 . Se ainsi est, faictes le savoir à mon dit seigneur 
de Foix et je croy qu'il ne le soustiendra pas, et là où 
vous y pourrez donner provision, si la y donnez. 
Escript aux Montilz lez Tours, le xxvii e jour de 
décembre. LoYg# 

J. Le Clerc. 

A nostre chier et féal cousin le conte de Dampmar- 
tin, grant maistre d'ostel de France. 

1. Antoine de Brilhac, sénéchal de Rodez, pour le comte d'Ar- 
magnac, et non pour le duc de Nemours, comme je l'ai dit à tort, 
t. III, p. 344, note 1. 

2. « Le roy... se tint à Amboise, et illec environ jusques au 
samedy xxm e décembre M GGGG LXIX, que mon seigneur de 
Guienne, accompagné des nobles de sa duché, arriva par devers le 
roy en son chasteau de Montils-lès-Tours..., et en ces entrefaictes 
fut tout le pays d'Armignac mis et rendu es mains du roy. » (Chro- 
nique scandaleuse.) 

3. Gaston IV. 



LETTRES DE LOUIS XI. 69 



CCCCLXXVIH. 

AU DUC DE MILAN (v.)« 

Tours, 27 décembre 1469. 

Arrivée auprès du roi d'un envoyé des Vénitiens chargé de lui 
demander la liberté pour leurs marchands de commercer en 
sécurité sur mer et dans le royaume ; désir du roi, avant de 
rien leur accorder, et attendu, que son hostilité contre les Véni- 
tiens n'est motivée que par son alliance avec le duc de Milan, 
d'avoir son avis à cet égard ; prière de lui envoyer un ambas- 
sadeur muni d'instructions précises, notamment au sujet de 
l'opposition faite par lesdits Vénitiens à la réserve faite par le 
duc en faveur du roi dans le traité de paix conclu à Rome. — 
(Copie du temps. Arch. de Milan. Potenze esters. Francia.) 

Illustrissime frater noster carissime, salutem. E 
venuto novamente a noy uno mandato de Venetiani 
con loro lettera del tenore et contenu to, de la copia 
inclusa quale ve mandiamo a fin che tucto ve sia noto. 
Et perché il credere nostro è che lo ambasciatore che 
dicti Venetiani ne mandano non sia ad altro effecto 
che per p la car ne, parendoli non havere la securtà gli 
bisognaria nel mare et reame nostro de qua, etc. ; el 
che non gli advene per altra cagione che per esser loro 
contrarij vostri et per conséquente de noy medesimi 
etc.; ve laudaressimo che si il parère vostro fusse che 
noy facessimo intendere al dicto ambasciatore una 
cosa piu che un altra, voy ne mandasti al piu presto 
uno de li vostri bene informato délia mente vostra, o 
vero ne avisasti per vostre lettere de quanto sia el 
bisogno, et noy non mancheremo de satisfare a tutto. 
Et si pure ve placera raandare ad questo effecto qual- 
chuno de li vostri, haverimo caro che inter cetera 



70 LETTRES DE LOUIS XI. 

vengha bene informato de la difficulté che dicti Vene- 

tiani già fecero a la reservatione volevati fare in favore 

nostro in la pace fu tractata a Roma*. Datum Turonis, 

xxvn decembris M CCCC LXVIIII. 

Loys. 

Alberto s. 

Illustrissimo principi fratri nostro carissimo Medio- 
lanensi duci. 

CCCCLXXIX. 

AUX RELIGIEUX DE l' ABBAYE DE TALMONT (v.). 

Vers la fin de 1469? 

Recommandation à leur choix de Jean de Balodes comme abbé. — 
(Minute. Bibl. nat., Fr. 2920, fol. 89. Publ. par M. Marchegay 
dans Y Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée (25 e année, 
1878, 2 e série, VIII, 158), Recherches historiques sur le départe- 
ment de la Vendée (ancien bas Poitou), quatrième série.) 

De par le roy. 

Ghiers et bien amez, nous avons entendu que celui 
qui à présent est abbé de vostre abbaye 2 est tellement 
débilité de sa personne, tant à cause de son ancien 
aage que de certaine griefve maladie, de laquelle il est 
détenu, qu'il est à doubter qu'il doye de brief exter- 
miner et clorre ses jours. Et pour ce que desirons sin- 

1. Cf. t. m, pp. 240-242, n^ CGGLXVI et CCCLXVII, les lettres 
du 26 juillet 1468 au duc de Milan. 

2. L'abbaye de Sainte-Croix de Talmont. Cf. la lettre suivante. 
En l'absence de toute indication chronologique, M. Marchegay 
suppose que l'abbé dont il est ici question est François du Puy 
du Fou, qui Tétait dès 1454 et encore en 1469. (Annuaire de la 
Société d'émulation de la Vendée, 25 a année. Marchegay, op. laud. t 
p. 158, note 1.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 71 

gulierement le bien et promocion en sainte église de 
nostre chier et bien amé frère Jehan de Balodes, 
aiguier de vostre dicte abbaye, tant pour les louables 
vertuz et mérites de sa personne que pour considera- 
cion des bons, louables et agréables services que 
aucuns noz serviteurs, ses parens et amys, nous ont par 
cy devant faiz, font et continuent chascun jour en noz 
grans affaires, et aussi en faveur d'aucuns des sei- 
gneurs de nostre sang, qui pour lui nous ont très ins- 
tamment supplié et requis, nous vous prions bien 
acertes, et surtout le plaisir et service que jamais 
faire, nous desirez, que si tost que vacation escherfa 
en vostre dicte abbaye vous vueillez incontinent en 
faveur de nous eslire en vostre futur abbé et pasteur 
ledit frère Jehan de Balodes, et non autre, pour 
quelques lettres que par inadvertance ou autrement 
vous puissions escripre au contraire. En quoy faisant 
vous nous ferez si grant et singulier plaisir que plus 
grant faire ne pourriez, et en aurons vous et voz 
affaires, tant en gênerai que en particulier r et ceulx 
de vostre dicte abbaye en nostre plus singulier et 
especiale recommandation. Donné 1 ... 

1. Malgré la recommandation du roi, Jean de Balodes ne fut 
pas élu par les religieux de Talmont, qui semblent lui avoir pré- 
féré Guillaume Meschin. (Marchegay, loc. laud., p. 159, note 4. 
Cf. Aillery, Pouillé de Vévêché de Luçon (Fontenay- le -Comte, 
1860, in-4*), p. xxvn.) Quelques années plus tard, Jean de Balodes 
obtint, probablement par nomination directe du roi, qui voulait 
le dédommager, l'abbaye voisine, mais beaucoup moins riche, 
de Saint-Jean-d'Orbestier. (Marchegay, op. laud., p. 159.) 



/ 



72 LETTRES DE LOUIS XI. 



CCCCLXXX. 

A l'ÉYÉQUE DE LUÇON (V.). 

Vers la fin de 1469 ? 

Prière de confirmer, si elle est faite par les religieux de Sainte- 
Croix-de-Talmont, l'élection de Jean de Balodes pour leur abbé. 
— (Minute. Bibl. nat., Fr. 2920, fol. 89. Publ. en partie par 
M. Marchegay, op. cit., p. 159.) 

De par le roy. 
Nostre amé et féal 1 , nous avons entendu que celui 
qui à présent est abbé de l'abbaye de Sainte Croix de 
Tallemond en vostre diocèse est tellement débilité de 
sa personne, tant à cause de son ancien aage que de 
certaine maladie de laquelle, etc., nous escripvons pré- 
sentement aux religieux et couvent de ladicte abbaye 
que sitost que vacacion escherra en leur dicte abbaye, 
ilz vueillent eslire en futur abbé et pasteur ledit frère 
Jehan de Balodes, et non autre 2 . Et pour ce que, comme 
dit est, nous desirons fort que ledit frère Jehan soit 
pourveu de ladicte abbaye, et que la confirmation de 
ladicte eslection vous appartient, nous vous prions 
tant acertes que faire povons, et sur le plaisir que 
faire nous desirez, que si lesdiz religieux eslisent ledit 
frère Jehan en abbé de ladicte abbaye, vous icelle eslec- 
tion vueillez en faveur de nous confermer incontinent 
que serez requis de ce faire, sans y faire aucune diffi- 

1. M. Marchegay, loc. laud., suppose avec raison que la per- 
sonne à laquelle le roi s'adresse est l'évêque de Luçon Nicolas 
Boutault, qui occupa ce siège de 1462 au 27 décembre 1490. (Gai- 
lia christiana, II, col. 1411.) 

2. Cf. la lettre précédente. 



LETTRES DE LOUIS XI. 73 

culte. Et ou cas que lesdiz religieux eslissent autre que 
ledit frère Jehan, si ne recevez ne confermez ladicte 
eslection en quelque manière que ce soit. En quoy 
faisant, vous nous ferez si grant et singulier plaisir 
que plus grant en pareil cas faire ne pourriez. Et en 
aurons tousjours vous et voz affaires de plus en plus 
en nostre singulière et spéciale recommandation. 



CCCCLXXXI. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Amboise, 3 janvier 1470. 

Remerciements du roi pour le zèle qu'il a déployé; ordre de faire 
rentrer les gens d'armes chez eux ; d'envoyer les sénéchaux de 
Toulouse et de Carcassonne et le maréchal de Lohéac en Norman- 
die; de laisser Salezart dans la Marche; de traiter avec le duc 
de Nemours ; de se contenter, au regard de Brilhac, de son ser- 
ment de fidélité et de la promesse de ne point suivre le comte 
d'Armagnac ; ordre de revenir le plus tôt possible auprès du roi ; 
envoi de la réponse faite par le roi à l'amiral. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 2898, fol. 3. Copte. Mélanges de Glairambault, 481, 
fol. 227. Lenglet-Dufresnoy, éd. de Gommines (Cabinet du roy 
Louis 27), II, 236.) 

Monseigneur le grant maistre, j'ay receues voz 
lettres, et ne fault pas que je vous mande, mais que 
je vous remercye de tout mon povoir du grant aide et 
secours que m'avez fait à mon besoing, et prye à Dieu 
et à Nostre Dame qu'il me doint grâce de le vous 
rendre. 

Monseigneur le grand maistre, il y a trois poins 
là où il fault responce, c'est assavoir du logeiz des 
gens d'armes, de monseigneur de Nemoux, et de la 



74 LETTRES DE LOUIS XI. 

composition de Rodelle 1 . Au regard des gens d'armes, 
' il me semble que chascun d'eulx doit retourner en sou 
logeiz, et au regard du seneschal de Thoulouse*, du 
seneschal de Garcassonne 3 et de monseigneur le mares- 
chal de Loheac 4 , il me semble que vous les devez 
envoyer en Normandie. Je les logera y le mieulx que 
je pourray. Au regard de Salezart 5 , il doit demou- 
rer en la Marche. 

1. Cf. la lettre du roi au grand maître, du 27 décembre précé- 
dent, n- GCCCLXXVII, p. 67. 

2. Gaston du Lyon. 

3. Estevenot de Talauresse. Il avait succédé depuis peu dans ces 
fonctions à Arnaud de Milglos, que l'on trouve encore qualifié 
sénéchal de Garcassonne et de Béziers dans une quittance du 31 août 
1468 (Bibl. nat., Pièc. orig., «vol. 1964. Dossier Milglos 45069, 
n° 14), mais qui ne prend plus cette qualité dans une nouvelle 
quittance du 15 mars 1469. (Même dossier, n° 12.) Estevenot de 
Talauresse devait donc, à cette dernière date, être déjà sénéchal 
de Garcassonne. Avant d'être chargé de cette dernière sénéchaus- 
sée, il avait administré auparavant le bailliage d'Usson et de 
Montferrand depuis 1455, suivant M. de Reilhac (Jean de Reilhac, 
secrétaire, maître des comptes, général des finances et ambassadeur 
des rois Charles VII, Louis XI et Charles VIII. Documents pour ser- 
vir à Vhistoire de ces règnes, de 1465 à 1499 (Paris, 1886-1888, 
in-4°, t III, 46, note 4). Au moins donne-t-il quittance en cette 
dernière qualité le 27 juin 1462. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 2787. 
Dossier Talauresse 61997, n* 4.) Il se qualifie dans différents actes 
(même dossier, passim) « escuier, seigneur d'Aussemont, con- 
seiller et chambellan du roi ; capitaine de gens d'armes et de trait 
pour le roy et lieutenant de monseigneur d'Orval , » d'après une 
quittance du 31 juillet 1448. (Même dossier, n° 3.) Il reçut, par 
lettres du 9 septembre 1461, au début du règne de Louis XI, le 
commandement de trente lances (Bibl. nat., Fr. 6971, fol. 240), 
puis la mairie et la capitainerie de Bayonne et le bailliage de 
Labourt, offices qu'il conserva jusqu'à la cession de ces pays au 
duc de Guienne, en 1469, et pour lesquels Louis XI lui accorda 
alors une indemnité de 1,100 1. t. (Bibl. nat., Fr. 23263, fol. 8.) 

4. Voy. sur lui t. III, 266, la note 1. 

5. Voy. sur lui t. II, 63, la note 1. 



j 



LETTRES DE LOUIS XI. 75 

Item , touchant monseigneur de Nemoux , je vous 
prye, mectez y conclusion le plus tost que vous pour- 
rez pour vous en venir et qu'il face la transaction ; car 
c'est le plus seur point que je puisse avoir. 

Item, touchant Rodelle, j'eusse bien voulu avoir 
Brilhac, ainsi que vous pourrez congnoistre par les 
lettres que je leur avoye escriptes, dont je vous 
envoyé le double ; mais veu que Brilhac fait le serment 
et qu'il ne va point après le conte d'Armignac, il me 
souffist, et me semble, monseigneur le grant maistre, 
que si vous n'avez fait autre appoinctement depuis, 
que vous devez accepter cestuy icy, afin de vous en 
venir, car j'ay espérance, à l'aide de Nostre Seigneur, 
que vous ne serez jamais sitost par deçà que vous ne 
me faciez de grans services. 

Monseigneur le grant maistre, je vous envoyé aussi 
la responce que j'ay faicte aux lettres que monseigneur 
l'admirai m'a escriptes touchant ceste composicion. 
Je ne sçay si vous l'avez acceptée depuis que vous 
avez escriptes ces lettres; incontinent que l'aurez 
acceptée, j'en envoyeray mes lettres patentes sans 
difficulté, telles que me manderez ; et veue la paine 
que les gens d'armes ont eue cest yver, je vous prye, 
depeschez vous en le plus tost que vous pourrez, et la 
prenez ainsi que vous la pourrez avoir. 

Si n'eust esté les lettres que m'avez escriptes, je 
leur eusse envoyé leur dicte confirmation , car je 
cuidoye que feussiez encores en Gascongne, et que 
leur eussiez envoyé vostre povoir pour Rouergue. 
Donné à Amboyse, le in e jour de janvier. 

LOYS. 

J. Lec[lerc]. 



76 LETTRES DE LOUIS XI. 

À nostre cher et amé cousin le conte de Dampmar- 
tin, grant maistre d'ostel de France. 

CCCCLXXXH. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Amboise, 11 janvier 1470. 

Nouvelle reçue par le roi d'une lettre du duc de Bourgogne appor- 
tée au duc de Nemours, qui le fait tenir rogue; ordre de s'in- 
former de ce qu'il en est et d'interroger le duc sur le contenu 
de ladite lettre. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2913, foi. 72.) 

Monseigneur le grand maistre, j'ay sceu depuis le 
partement de Josselin 1 que 2 des gens de monseigneur 
de Bourgongne, nommé Perrequin, a aportées des 
lettres à monseigneur de Nemoux de par monseigneur 
de Bourgongne, et croy que c'est ce qu'il le fait tenir 
si rogue. Je vous prye, enquerez vous que c'est et 
dictes ou faictes dire hardyement à monseigneur de 
Nemoux que je le sçay bien, et que je ne seray pas 
content de lui s'il ne me mande que c'est qu'il lui a 
escript. Donné à Amboyse, le xi mo jour de janvier. 

Loys. 

J. Leglerg. 

A nostre amé et féal cousin le conte de Dampmar- 
tin, grant maistre d'ostel de France 3 . 

1 . Josselin du Bois, bailli des Montagnes d'Auvergne. 

2. Le secrétaire aura sauté ici le mot « ung. » 

3. Le mercredi 17 janvier 1470, le comte de Dammartin, muni 
des pouvoirs à lai donnés par le roi à Tours le 8 décembre 1469, 
traita avec le duc de Nemours, qui reconnut avoir faussé le ser- 
ment qu'il avait fait au roi de le servir après la guerre du Bien 
public. (Gommines, éd. Lenglet-Dufresnoy, m, 118.) La présente 



LETTRES DE LOUIS XI. 77 



CCCCLXXXIU. 

A BOURRÉ (D.). 

Amboise, 26 janvier 1470. 

Ordre d'envoyer un homme sûr à Montbazon vers François de 
Doms porter l'argent nécessaire pour mener Balue dudit lieu à 
Onzain. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 52. Copie moderne, 
Fr. 20427, fol. 79. Publ. par M u » Dupont dans son édition de 
Jean de Wavrin, II, 393, note 4.) 

Monseigneur Du Plessiz, envoyez incontinent ces 
lettres veues homme propre avecques argent à Mont- 
bason 1 devers François de Doms, pour faire les des- 
pens du cardinal 2 depuis ledit lieu jusques à Onzain 8 , 
et gardez, comment que ce soit, qu'il n'y ait faulte. 
Donné à Amboyse, le xxvi e jour de janvier. 

Loys. 

J. Leclerc. 

A nostre amé et féal conseillier et maistre de noz 
comptes, maistre Jehan Bourré 4 . 

lettre prouve que le duc mit un certain temps à se décider et 
que l'espérance qu'il fondait sur le duc de Bourgogne faillit empê- 
cher la conclusion de la paix. 

1. Montbazon, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Tours 
(Indre-et-Loire)! 

2. Balue, que Louis XI avait fait arrêter peu auparavant. 

3. Commune du canton d'Herbault, arrondissement de Blois 
(Loir-et-Cher). 

4. Le roi, « par sa cedulle signée de sa main, donnée à Amboise, 
le n m « jour de février mil CCCC LXIX (v. st.), ordonne de payer 
à G-uion de Broc, escuier, seigneur de Vas, son maistre d'ostel, 
la somme de lx 1. t. pour icelle estre emploiée à faire faire une 
caige de fer ou chasteau d'Onzain..., pour la seurté et garde de la 
personne du cardinal d'Angers. » (Bibl. nat., Fr. 6758, fol. 81 v°.) 



78 LETTRES DE LOUIS XI. 



CCCCLXXXIV. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Amboise, 2 février 1470. 

Ordre de ne pas revenir vers le roi, comme celui-ci le lui avait 
mandé, avant d'avoir tout terminé là où il est; d'envoyer à sa 
place Pierre Gleret, qui lui rapportera les instructions néces- 
saires, sinon le roi les lui enverra; remerciements pour son 
dévouement. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2913, fol. 18.) 

Monseigneur le grand maistre, mon amy, je vous 
escripvy l'autre jour que vous avanssissiez de faire voz 
besongnes, et que vous en vensissiez 1 , et pour ce 
que je ne vouldroie pas que vous laississiez riens 
de voz besongnes derrière, et que nostre fait ne sera 
pas si toust prest pour la guerre que je cuidoye, pour 
des causes que je vous feray brief savoir, avez meil- 
leur loisir de parachever voz besongnes que je ne 
pensoye. Se vous avez Pierre Cleret* avecques vous, 

1. Voy. ci-dessus la lettre du 3 janvier 1470, n- GCGGLXXXI, 
p. 75. 

2. Ecuyer de l'hôtel du roi au moins dès 1468, d'après un compte 
de cette année (Bibl. nat., Fr. 20685, fol. 449), puis, en outre, 
son conseiller et maître d'hôtel, d'après un autre compte de Jean 
Briçonnet, receveur général des finances pour Tannée finie le 
30 sept. 1475 (Bibl. nat., Fr. 20685, fol. 623 v°).*Le 22 décembre 
1472, il est qualifié homme d'armes de l'ordonnance du roi dans 
des lettres par lesquelles celui-ci lui donne la terre de Torcy, 
auparavant possédée par feu Thomas de Hauston. (Lebeuf, Hist. 
du diocèse de Paris (Paris, 1754-58, in-12), XV, 228.) Suivant 
Bigame (les Capitaines du château de Beaune. Mém. de la Soc. 
d'archéol. et dé littér. de l'arrondissement de Beaune, année 1884 
(Beaune, 1885, in-8<>), IX, 170, 171), il aurait été, en 1480, l'un 
de ces capitaines. C'est lui, a très sage homme, » au dire de Gom- 
mines (Mém., liv. VI, chap. n), qui, dépéché, en 1477, au seigneur 



LETTRES DE LOUIS XL . 79 

envoiez le moy, et par lui je vous feray savoir toutes 

nouvelles ; aussi s'il ne vient toust , je ne actendray 

pas à vous en faire savoir. Je metz tousjours la plus 

grant peine que je puis de me acquiter envers vous, 

et ne cesseray jusques à ce que je soye quicte à vous. 

Et adieu, monseigneur le grand maistre. Escript à 

A m boise, le second jour de février. 

Loys. 

TlLHART. 

A nostre chier et amé cousin le conte de Damp- 
martin, grant maistre d'ostel de France. 

CCCCLXXXV. 

AU TRÉSORIER DE RODEZ (v.)- 

Amboise, 4 février 1470. 

Ordre de remettre au seigneur du Bouchage les titres des seigneu- 
ries à lui attribuées dans la confiscation de Jean d'Armagnac, 
dont le roi Ta nommé administrateur en attendant que ladite 
confiscation ait été prononcée. — (Copie du temps. Bibl. nat., 
Pièces originales, vol. 94. Dossier 1958. Armagnac, fol. 348 v°.) 

De par le roy. 
Nostre amé et féal, nous avons puis nagueres cédé 

de Hastings, grand chambellan d'Angleterre, pour lui porter de 
la part du roi deux mille écus de pension, au lieu de mille que 
lui servait le duc de Bourgogne, ne put arracher à la circonspec- 
tion du nouveau pensionnaire de Louis XI la quittance que celui- 
ci l'avait chargé de réclamer. Je trouve pour l'année 1491 un Pierre 
Gléret, écuyer, seigneur de Trochenu, sur les états de payement 
des gages des cent gentilshommes de l'hôtel du roi. (Bibl. nat., 
x Fr. 7857, fol. 7.) Il y est remplacé à la date du 1 OT juillet 1502 par 
Maugiron de Monteil. (Ibid., fol. 28 v°.) L'abbé Lebeuf, loc. laud., 
le fait mourir, au contraire, dès Tannée 1482, date à laquelle la 
terre de Torcy fit retour au roi, qui la donna à Etienne Petit, 
l'un de ses secrétaires. 



80 „ LETTRES DE LOUIS XI. 

et transporté 4 à nostre amé et féal conseiller et chara- 
bellain le sire du Bouchaige, les places, terres et sei- 
gneuries de Reinhac, Sales-Gontals, Clarevauls, la Mes- 
terie de la Vessete, Salles de Leveson*, ensemble leur 
commun de paix, à nous advenues par la confiscacion 
de Jehan d'Ârmignac ; et pour ce que déclaration n'a 
encores esté faicte de ladicte confiscacion 3 , et que, par 
vertu des lectres que luy avons octroyées touchant 
ledit don et transport, il ne pourrait avoir la posses- 
sion et transport desdictes terres et seigneuries de 



1. Les lettres auxquelles Louis XI fait allusion ne nous ont pas 
été conservées; elles durent suivre presque immédiatement la 
répression de la révolte du comte d'Armagnac en 1469, mais le 
don qui y était fait au seigneur du Bouchage nous est signalé, 
sans parler de la présente missive, par d'autres lettres du roi, en 
date de Montils-lès-Tours , octobre 1470, visées seulement par 
des lettres, en date du Plessis-du-Parc, août 1474, qui les con- 
firment. (Arch. nat., X*± 8606, fol. 299 v°.) Gomme on le voit, 
elles sont postérieures de sept mois à la présente missive, aux 
termes de laquelle déclaration n'avait pas encore été faite de 
la confiscation des biens du comte d'Armagnac; elles doivent 
l'être également, mais de très peu de temps, à cette déclaration 
qui eut lieu le 7 octobre 1470, par arrêt du parlement. (Bibl. nat., 
Fr. 21410, fol. 127.) Louis ÎI, qui se trouva aux Montils-lès- 
Tours depuis le 4 jusqu'au 9 octobre 1470, dut signer presque 
immédiatement après l'arrêt du parlement les lettres qui mettaient 
le seigneur du Bouchage en possession de sa part des dépouilles 
du comte d'Armagnac. 

2. Aujourd'hui Rignac, dans l'arrondissement de Rodez (Avey- 
ron) ; Salles-Gomtaulx ou Salles-la-Source, dans le même arron- 
dissement, canton de Marcillac ; Glairevaux ou Clairvaux-d'Avey- 
ron, dans le même canton et le même arrondissement. Dans le 
voisinage étaient vraisemblablement c la Mesterie-de-la-Vessette 
et Sailes-de-Leveson, » qu'il m'a été impossible de retrouver. 
(Dardé, Dictionnaire des lieux habités du département de l'Avey^ 
ron. Rodez, 1868, in-8°.) 

3. Yoy. la note 1 ci-dessus. 



LETTRES DE LOUIS XI. 84 

Heinhac', Sales-Gontals, Clarevauls, la Mesterie de la 
Vessete, Salles de Leveson, ensemble leur commun 
de paix, jusques après ladicte déclaration, nous, pour 
ces causes, voulans obvier aux entreprinses que on 
se vouldroit efforcer de faire sur les dictes places, 
avons commis par noz autres lectres 2 ledit seigneur du 
Bouchaige au régime et gouvernement d'icelles soubz 
nostre main, jusques à ce que la dicte déclaration soit 
faicte. Si vous mandons et commandons très expres- 
sément, et sur tant que nous desirez obeyr et com- 
plaire, que à nostre dit conseiller et chambellain, ses 
commis et depputez quant à ce, vous baillez et délivrez 
ou faictes bailler et délivrer tous les papiers, registres 
et autres enseignemens estans par devers vous tou- 
chant les dicte? terres et seigneuries, ou le double et 
extraictz d'iceulx deuement collacionnez aux origi- 
naulx, afin qu'il s'en puisse aider ou fait de ladicte 
commission, ainsi qu'il appartendra par raison. Et au 
surplus luy donnez ou faictes donner tout le conseil 
et aide que possible vous sera, en ensuivant et selon la 
forme et teneur de ladicte commission; et gardé qu'il 
n'y ait faulte, car tel est nostre plaisir. Donné à 

Amboise, le mi e jour de février 3 . 

Loys. 

J. Leclerc. 

i. Lisez : Reinhac. 

2. Les lettres de commission auxquelles le roi fait allusion sont 
datées d'Amboise, le 3 février 1470. (Bibl. nat, Fr. 2895, fol. 31.) 

3. La présentation de la lettre ci-dessus est ainsi relatée dans 
un passage du texte qui la reproduit (c ... Exploit fait par nous, 
Guillaume de Paris, commissaire dessus dit par vertu des dictes 
lettres (de Louis XI, en date de Tours, le 3 octobre 1469) dessus 
transcriptes ») : « L'an de Nostre Seigneur mil HH C LXIX et le 
xxim* jour du moys de février, fut faicte inhibicion et deffense à 

IV 6 



/ 



8$ LETTRES DE LOUIS XI. 

À nostre cher et bien amé le trésorier de Roddès 4 . 

CCCCLXXXVI. 

AU PARLEMENT DE PARIS (y.). 

Amboise, 22 février 1470. 

Ordre d'entériner les lettres de privilèges accordées à l'université de 
Bourges. — (Copie du temps. Arch. nat., X lA 8606, fol. 218.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, vous savez assez comment nous 
avons voulu, octroyé et ordonné que l'université par 

Alexis Gadel, commis par le. roy, nostre sire, et par sa court de 
parlement, à cueillir et lever les fruiz, revenues et esmolumens 
des terres et seigneuries de Reinhac et Sales-Contalz, soubz la 
main du roy, par Jehan de Vais, chastellain royal de Villeneufve, 
à la requeste de noble homme Jehan Petillon, escuier, procureur 
de monseigneur du Bouchaige, commis par le roy, nostre dit sei- # 
gneur, à régir et gouverner soubz ladicte main lesdictes terres et 
seigneuries, que doresenavant il ne se ait à mesler ne entre- 
mectrede la recepte des diz fruiz, revenues et esmolumens desdictes 
terres et seigneuries de Reinhac et Sales-Gontals, sur la peinne de 
xxv marcs d'argent, et ce, par vertu des lettres royaulx, desquelles 
la coppie est cy derrier escripte ; lequel Alexis Gadel a respondu 
que es dictes inhibitions et peinnes, en tant que pourroit toucher 
ne prejudicier au roy, nostredit seigneur, et sa dicte commission, 
il ne consentait point ; toutesfoys il se garderoit de mesprandre. 
En tesmoing desquelles choses, je, notaire cy dessoubz nommé, 
ay signé ce présent procès de ma main, Tan et jour dessusdiz. 
Ainsi signé : P. Gochet, notaire. » (Bibl. nat., vol. .94. Dossier 
Armagnac 1958, fol. 348.) 

1. Alexis Gadel, mentionné dans la note précédente. Il exerçait 
encore les mêmes fonctions en 1481, d'après un c estât au vray de 
la recepte ordinaire de la seneschaucée de Rouergue pour l'année 
commançant à la feste Saint-Jehan-Baptiste mil GGGG HII** et 
finissant à semblable feste mil GGGG quatre vings et ung... » 
(Bibl. nat., Fr. 20498, fol. 22.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 83 

Nostre Saint Père le pape, à nostre prière et requeste, 
et de nostre consentement, érigée, donnée, créée, 
statuée et stablie en nostre ville et cité de Bourges, 
y soit doresenavant maintenue et excercée, et que les 
suppostz (ficelle université joissent entièrement de tous 
et chascuns les previleges, libertez, franchises, préé- 
minences et prérogatives, dont joissent et ont acous- 
tumé jbyr les autres universitez de nostre royaume, 
ainsi qu'il est plus à plain contenu en noz lectres de 
chartre 4 , en laz de soye et cire vert, par nous sur ce 
octroiées à perpétuel mémoire, pour lesquelles noz 
lectres faire expédier et entériner en nostre dicte court, 
eussions expressément chargié nostre chier et féal cou- 
sin le sire de Ghastillon 2 pour en parler et declerer 
nostre intencion sur ce; et aussi vous en eussions 
escript bien à plain, et pareillement à noz advocatz et 
procureurs en icelle nostre court. Mais quelque chose 
que vous en aions escript ou fait dire, ne quelque dili- 
gence que en aient fait les habitans de nostre ville de 
Bourges, ilz n'en ont peu avoir aucune expedicion, 
dont sommes fort esmervillez, veu que par nostre dit 
cousin de Ghastillon avez esté acertennez de nostre dit 
vouloir et entencion. Et pour ce que de tout nostre 
cueur desirons ladicte université estre entretenue en 
nostre ville de Bourges, pour la singulière affection que 

1. Les lettres de création de l'université de Bourges sont datées 
de Mareuil, près Abbeville, décembre 1463 (Ordonn. des rois de 
France, XVI, 150), et, par lettres patentes données aux Montils- 
lès-Tours, le 6 décembre 1469, le roi venait, avant la missive qu'il 
adresse au parlement, d'en réclamer l'enregistrement. (Arcb. nat., 
Xia 8606, fol. 217 v°.) 

2. Louis de Laval. 



84 LETTRES DE LOUIS XI. 

de tout temps avons eue à ladicte ville, en laquelle 
prinmes nostre naissance, mesmement que depuis 
nostre advenement à la couronne n'en a esté aucune 
créé à nostre requeste, nous voulons et vous mandons 
très expressément, et sur tant que nous desirez obéir 
et complaire, que nonobstant quelconques opposi- 
tions, que Ton ait mises ou vueille mectre pour et ou 
nom des autres universitez de nostre royaume ou 
autres quelzconcques , à rencontre de la publication 
et entérinement des lectres et previleges par nous 
octroiez à ladicte université de Bourges, vous icelles 
noz lectres faictes publier et enregistrer en nostre 
dicte court, ainsi qu'il appartient, sans y faire plus 
aucun delay, refuz ou dificulté, car nous avons conclud 
et délibéré d'entretenir icelle université en nostre 
diète ville de Bourges ; et nous semble bien, que sup- 
posé que les autres universitez aient privilèges de noz 
progeniteurs roys de France, que ce n'empesche pas 
que ne puissons à présent donner privilèges à ung 
autre université nouvellement créé, mesmement quant 
c'est à nostre requeste. Si y vueillez faire par manière 
que n'ayons plus cause de vous en escripre. Donné à 

Amboise, le xxn m * jour de février. 

Loys. 

De Gerisay. 
CCCCLXXXVII. 

AU DUC DE MILAN (v.)- 

Tours, 8 mars 1470. 

Recommandation en faveur de Baptiste de Marinis, maître d'hô- 
tel de la reine, qui s'en retourne à Gênes, à raison des procès 



LETTRES DE LOUIS XI. 85 

qu'il a dans cette dernière Tille. — (Copie du temps. Àrch. de 
Milan. Potenze esters. Francia.) * 

Illustrissime frater noster carissime, salutem. El è 
grande tempo che noj habiamo havuta singulare affec- 
tione al nobile messer Baptista de Marinis, vostro cit- 
tatino Zenovese, présente exibitore, el quale essendo 
questi mesi passati venuto da noj per vederne et visi- 
tarne per qualche demostratione de la benevolentia 
gli portiamo, lo habiamo ordenato per uno de U maes- 
tri de casa et de la corte de la regina nostra donna. 
Et perché el dicto messer Baptista se ne vene al pré- 
sente con nostra bona licentia per délia, per dare 
ordine aie cose sue, affinche retornato da noi possa 
poj quietamente vacare al officio suo, per questa nos- 
tra ne è parso recommandarlo a La Excellentia Vos- 
tra strectamente, como mérita da noj, et prieghiamo 
quella in specialità che in alcune sue différence ch' 
el ha a Zenova con quello favore de justitia che se pô, 
sia sommariamente et senza cavillationi de litigij expe- 
dito, ad cio, como è dicto, se ne possi con presteza 
retornare al officio suo, et questo tucto reputaremo a 
piacere assay da La Vostra Gelsitudine. Datum Turo- 
nis, die vm a martij M CCCC LXX 4 . 

Loys. 

Albertus. 

Illustrissimo principi fratri nostro carissimo Medio- 
lanensium duci. 



1. Je trouve dans cette lettre la preuve que l'indication de l'an- 
née dans les lettres adressées à l'étranger, surtout au duc de 
Milan, est le fait des chancelleries étrangères, non de celle du roi. 
En effet, le 8 mars 1470 (v. st.), Louis XI, d'après l'itinéraire de 



86 LETTRES DE LOUIS XI. 



CCCCLXXXVIII. 

A BOURRÉ (D.). 

Amboise, 9 mars 1470. 

Ordre de faire c appoincter i Guillaume Gleret, son valet de 
chambre, c en la manière qu'il estoit • Tannée précédente, et 
de lui faire payer ce qui lui est dû pour Tannée courante. — 
(Orig. Bibl. nat., Fr. 20486, fol. 94.) ' 

De par le roy. 

Bourré, appoinctez Guillaume Gleret 1 , nostre varlet 
de chambre, de ses gaiges en la manière qu'il estoit 
l'année passée ; c'est assavoir dix livres pour moys, 
et le faictes paier de ce qu'il luy est tjeujle ceste pré- 
sente année et gardés que en ce n'ait faulte ; car tel est 
nostre plaisir. Donné à Amboise, le ix me jour de mars. 

Loys. 



M ile Dupont, se serait trouvé à Plessis-sous-Roye, en Picardie; 
mais, le 8 mars 1470 (style de Noël en usage à Milan, qui coïn- 
cide avec notre style actuel pour cette dernière date), le roi, d'après 
le même itinéraire, se trouvait bien à Tours. C'est donc d'après le 
style employé à Milan, et par conséquent par la chancellerie mila- 
naise, que les dates d'années ont été ajoutées dans les lettres dont 
elle nous a conservé la copie. 

1 . Ce Guillaume Gleret, valet de chambre de Louis XI, en 1470, 
était probablement aussi « escuier de Thostel du roy, » d'après 
un passage des a comptes de l'argenterie, » du 12 mars 1470 (Arch. 
nat., KK 62, fol. 56). Il est cité, à la date du 8 janvier 1470, comme 
père d'un fils nommé Pierre, lui-môme « escuier, eschançon du 
roy » (Arch. nat. KK 62, Fr. 56), le môme sans doute que nous 
avons rencontré plue haut. (Voy. la lettre de Louis XI au comte 
de Dammartin du 2 février 1470, n° GGCGLXXXIV, p. 78.) 



LETTRES DE LOUIS XI* 87 



CCCCLXXXIX. 

AUX LYONNAIS (p.). 

Amboise, 12 mars 1470. 

Ordre de fournir à Macé Picot, trésorier de Nîmes, à ce commis 
par le roi, les fonds nécessaires pour le transport à Tours des 
ouvriers en soie récemment établis à Lyon et de leurs instru- 
ments de travail. — (Orig. Bibl. de Tours, fonds Salmon. 
Copies du temps. Arch. de Lyon, BB 15, fol. 78, CSG 203 et 
CC 438. Publ. par M. de Grandmaison, Documents inédits pour 
servir à Vhistoire des arts en Touraine, dans les Mémoires de la 
Société archéologique de Touraine, XX (Tours, 1870, in-8°), p. 267, 
et par V. de Valous, Etienne Turquet et les origines de la 
fabrique lyonnaise, p. 27.) 

De par le roy. 

Ghers et bien amez, nous avons scen par ce que 
nous a dit nostre cher et bien amé Macé Picot, nostre 
trésorier de Nysnies 1 , le vouloir et affection que avez 
a nous fere service et plaisir. Et pour ce que desirons 
fort que le mestier des draps de soye soit fait et con- 
tinué en nostre ville de Tours, envoyons présentement 

1. Macé Picot, « comptable • de Bourdeaux et receveur gênerai 
en Guienne, » au moins dès le mois de janvier 1469, d'après une 
quittance à lui donnée, le 2 février 1474, par c Jeban Brun, alias 
Grantjehan, marescbal de Bourdeaux, » qui avoit ferré les chevaux 
de la reine en ladite année 1469 (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 2267, 
dossier Picot 51281, n° 3), puis trésorier royal en la sénéchaussée 
de Beaucaire et de Nîmes, fonctions qu'il exerçait au moment 
de la présente lettre et qu'il exerça au moins jusqu'au 7 nov. 1480 
(en 1483, le 28 octobre, il avait déjà eu pour successeur dans cet 
office Jean Gilbert) (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 737, dossier du 
Ghesnay 16848, n°« 9 et 10), enfin notaire et secrétaire du roi. Sa 
signature, en cette dernière qualité, se trouve au bas de missives 
royales du 22 janvier 1475 au 18 juin 1482. 



92 LETTRES DE LOUIS XI. 

titution de nostre dicte court ; en quoy vous plus que 
autres auriés perte et dominai ge. Donné à Amboyse, 
le xx 6 jour de mars, l'an M GGGG LXIX. 

Loys. 

Bourré. 

A noz cbiers et bien amez les capitoulx, manans et 
habitans de nostre ville de Thoulouse. 



CCCCXCII. 

AU DUC DE MILAN (V.). 

Amboise, 21 mars 1470. 

Prière de faire rendre à la fille de Jean Cossa, retirée en Pro- 
vence depuis la mort de son mari, ses biens mobiliers qui ont 
été saisis par ordre du duc et dans ses états, quoiqu'elle y ait 
laissé ses deux enfants et qu'elle n'en soit sortie que dans de 
bonnes intentions. — (Copie du temps. Arch. de Milan. Potenze 
estere. Francia.) 

Illustrissime frater noster carissime, salutem. Più 
respecti al nostro judicio rasonevoli ne induchono ad 
recomandare a La Excellentia Vostra le cose di Johanne 
Coscia*, maxime in quanto specta al conteauto de 

1. Jean Cossa, comte de Troya, Napolitain partisan du roi René. 
Il fut membre du Conseil ducal d'Anjou, lieutenant générai de 
René et son grand sénéchal en Provence, colledefer de la cité 
de Naples, grand sénéchal du royaume de Sicile, nommé, en 
août 1460, par Jean, duc de Calabre, sénateur de l'ordre du 
Croissant, institué par le roi de Sicile. Il servit son maître avec 
un dévouement complet et sans défaillance, d'abord dans l'expé- 
dition entreprise par René en 1440, pour reconquérir le royaume 
de Naples, expédition pendant laquelle il prit part à la défense de 
Naples contre les Aragonais, en 1442, en qualité de commandant 
du Castel Capuano ; il prit part encore à la nouvelle expédition 
tentée en Italie en 1453 par le roi René, et, en 1459, il commanda 



LETTRES DE LOUIS XI. 93 

questa nostra. Intendiamo che essendosi la figliola del 
predicto Johanne Coscia, quale era maritata nel domi- 
nio vostro, dapoj la morte del marito retirata in Pro- 
venza, dove el pâtre se trova, Vostra Signoria l'ha 
privata del mobile suo, non obstante che essa ha las- 
sati per délia duy soy figlioli, et oultra che non se sia 
retirata in Provenza, si non a tucto bon fine. Et per- 
ché molto instantemente siamo preghati che tanto 
circa la restitutione del dicto mobile, como ancora per 
tucti l'altri loro béni vogliamo recomandarvi la pre- 
dicta donna et soy figlioli che sonno del là, noy per 
satisfactione de più persone da bene, con quella ins- 
tantia che siamo pregati, pregamo et caricamo ancora 
Vostra Gelsitudine ad volere havere con bono effecto 
per recomandata la predicta donna et soy figlioli, tanto 
in farli havere la restitutione de dicti soy béni mobili, 
corne etiam in reliquis. Del che, per el piacere et satis- 
factione che ne sequirà a chy ne Ta recomandata, et a 
noy ancora sera gratissimo, non obstante che sia officio 
de signori havere in recomandatione le donne vedove, 



l'escadre envoyée à Naples. Diplomate aussi bien que capitaine, 
il fut envoyé, en août 1447, par le roi René, avec Charles de Cas- 
tillon et Nicolas de Brancas, évoque de Marseille, à l'assemblée 
tenue à Lyon par les représentants de la France, de F Allemagne 
et de l'Angleterre en vue de la pacification de l'Église; il fut 
encore chargé d'une mission de la môme nature à Rome, en 1448, 
puis en 1453, avec le marquis de Montferrat, d'une ambassade 
auprès des Vénitiens ; il eut à recevoir en Provence les ambas- 
sadeurs envoyés en 1466 par les Catalans vers le roi René, pour 
lui offrir la couronne d'Aragon. Il prit une part importante aux 
conférences tenues à Lyon, en 1476, entre Louis XI et son maître, 
dont il défendit chaudement les intérêts et de la fidélité duquel 
il se porta garant auprès du roi. Il mourut peu de temps après. 
Yoy. Lecoy de la Marche, le Roi René, passim. 



94 LETTRES DE LOUIS XI. 

opus pium et Deo acceptabile. Datum Ambasie, xxi mar- 
tij MCCCCLXX*. 

Loys. 
Albertus. 

Ulustrissimo principi fratri nostro carissimo Medio- 
lanensium duci. 

CCCCXCIII. 

AU SEIGNEUR DU LUDE (D.). , 

Ghâteaurenault, 22 mare 4470. 
Ordre de se trouver à Tours dès le samedi suivant, au lieu du 
dimanche primitivement convenu pour la « journée assignée à 
Angers. » — (Copie. Bibl. nat., Coll. de D. Housseau, IX, 
n* 4084.) 

Monseigneur du Lude 2 , je vous ay puis deux jours 

1. D'après le style milanais commençant Tannée à Noël, et qui, 
pour la date de la présente lettre, s'accorde avec notre style actuel. 

2. Jean Daillon, écuyer, puis chevalier, seigneur de Quirieu, 
en Dauphiné (Arch. de l'Isère, B 3048, fol. 142), de Fontaines, 
du Lude, fils de Gilles Daillon et de Jeanne, fille de Thibaud de 
l'Espine, seigneur de Launay-Gobin, mariés en 1408. Suivant une 
tradition suspecte, Jean serait né à Bourges, le 3 juillet 1423, 
c'est-à-dire le même jour et dans la même ville que Louis XI. 
Le Château du Lude. Essai historique sur son origine et ses posses- 
seurs, par l'auteur de Jehan Daillon (Paris, 1854, in-8°). C'est 
peut-être prendre trop à la lettre l'indication de Gommines 
(Mémoires, liv. V, ch. xm), « qu'il avoit esté neurry avec le roi 
en sa jeunesse. » Jean Daillon fut marié deux fois : en premier 
lieu, le 28 juin 1443, à Renée, dame de Fontaines; la seconde 
fois, après la mort de cette première femme, survenue en 1457, à 
Marie de Laval, le 8 août 1459. Il importe de ne pas le confondre, 
comme on serait tenté de le faire, avec un autre Jean Daillon, 
seigneur dudit lieu, son parent à un degré inconnu, marié à 
Catherine Eschalarde, dame de la Jarrie en Aunis (Bibl. nat., 
Pièc. orig., vol. 960, dossier Daillon 21189, n°» 2, 5, 6, 7 et 10). 



LETTRES DE LOUIS XI. 95 

escript, que pour aviser ce qui sera de faire à ceste 

Les sceaux de ces deux Jean Daillon, semblables sous certains 
rapports, mais différents sons d'antres, indiquent qu'il faut distin- 
guer ces deux personnages, quoiqu'il y ait lieu de les considérer 
comme appartenant à la même famille. Bibl. nat. Tit. scell. de 
Glairambault, tomes 39, p. 2871, cote 11, et 157, p. 4281, cote 67 ; 
et Pièc. orig., dossier cit., n° 18. Cf. Demay, Inventaire des sceaux 
de la collection Glairambault à la Bibliothèque nationale (dans la 
Collection des Documents historiques inédits). (Paris, 1885-1886, 
in-4», 1, 328, n" 3106 et 3107.) Suivant Fauteur de « Jehan Daillon, • 
celui qui devait être le seigneur du Lude avait épousé Renée de 
Fontaines « pour complaire et obéir aux volontés de Monseigneur 
le daulphin. » La politique matrimoniale de Louis XI est bien 
connue, et il n'y en aurait là qu'un exemple de plus à ajouter à 
beaucoup d'autres. Marié ou non par le dauphin, Jean de Daillon 
n'en fut pas moins aux débuts de sa carrière un des favoris de ce 
prince. En 1444, il figure parmi ses compagnons d'armes dans 
la campagne contre les Suisses. (Le Jouvencel par Jean de Bueil, 
suivi du commentaire de Guillaume Tr ingant. Introduction bio- 
graphique par G. Favre. Paris, 1887, in-8°, p. xcix.) Par lettres 
datées de Montélimar, le 10 juin 1447, Louis le nomma son 
chambellan ordinaire (Ouvr. cité, p. 48); le 7 mars 1449, il lui 
alloua 2,300 florins pour avoir gardé pendant cinq ans la place 
de Roussillon ; et, le 7 mai de la môme année, par d'autres lettres 
datées du Sauzet, il ordonne encore de lui payer 2,500 florins pour 
le môme motif (Bibl. nat., Coll. de D. Housseau, IX, n* 3939). 
Autre preuve de la familiarité existant alors entre Jean Daillon 
et son maître : celui-ci lui empruntait 5,000 écus d'or c pour 
faire payement à Jehan de Salezar, escuier, nagueires cappictayne 
de gens d'armes et de trait de partie de plus grant somme en 
laquelle • ledit dauphin était « tenu par certain appoinctement 
fait avecques lui ou pays de Roergue, pour lui faire laisser sa 
compaignie, et pour le recompenser d'aucuns services qu'il disoit 
avoir faiz » au roi. (Voy. le mandement par lequel le dauphin 
ordonne le remboursement de cette somme à Jean Daillon, daté 
des faubourgs de Séverac, le 13 mars 1444. Bibl. nat., Pièc. orig., 
vol. 960, dossier Daillon 21189, n° 3.) Mais Jean Daillon eut le 
malheur d'accepter de Charles VII, en 1453, le commandement 
de 50 lances « pour aller guerroyer en Guienne. » Gela suffit pour 



96 LETTRES DE LOUIS XI. 

mettre entre lai et son premier maître une certaine froideur; 
peut-être môme avait-elle commencé auparavant ; il est permis 
de le supposer et d'en voir un indice dans la remise imposée à 
Daillon par le dauphin « d'aucunes pièces de tapisserie qu'il avoit 
prinses à l'Isle Jourdain, où le sire d'Armignac fut fait prison- 
nier..., à feue damoiselle Agnès Sorelle. 1 Quittance du dauphin, 
donnée à Loriol, le 8 juillet 1452 (Bibl. nat., D. Housseau, IX, 
n° 3946). Resté en France, après la fuite du dauphin dans les 
Pays-Bas, il continua à servir Charles VII, et ce fut sur ses 
représentations, est-il dit dans des lettres patentes du roi, don- 
nées à Ghinon, le 19 décembre 1459, que Charles VII se décida à 
les rendre pour réprimer les exactions des gens de guerre. (D. Hous- 
seau, IX, n° 3972.) Aussi l'avènement de Louis XI ne pouvait-il 
pas être pour lui un événement favorable. Poursuivi au début du 
règne comme tant d'autres (Bibl. nat., Fr. 6968, fol. 4), il se jeta 
par rancune dans la ligue du Bien public; au moins il est permis 
de le supposer par les lettres d'amnistie données à Montargis, le 
*1 août 1466, et dont on voit Louis XI l'excepter avec Pierre et 
Charles d'Amboise (Arch. nat., JJ 194, n° 495) sur la demande du 
duc de Bretagne, qui les accusait d'avoir tramé un complot contre 
lui au Mont Sainte-Catherine, près Rouen, en 1465 (D. Morice, Mém. 
pour servir de preuves à Vhist. de Bretagne, III, 119). Peut-être avait- 
il voulu par ce moyen se faire pardonner les griefs que le roi avait 
contre lui; il n'avait réussi qu'à aggraver encore sa situation. 
Poursuivi par les agents de Louis XI, il dut, suivant une tradi- 
tion locale, se cacher dans une grotte de la forêt de Maulne, pour 
échapper à la vengeance royale (Archives d'un serviteur de Louis IL 
Documents et lettres (1451-1481), publiés d'après les originaux par 
Louis de la Trémoille (Nantes, 1888, in-4% p. 210). Louis XI finit 
cependant par se radoucir. Mais, comme le dit avec raison Bran- 
tôme (Grands capitaines françois, éd. Lalanne, II, 415, 416), f il 
falloit bien que Jean Daillon fust quelque chose de prix, car le 
roy se cognoissoit bien en gens, » et il ne pardonnait ainsi qu'à 
ceux dont il espérait pouvoir se servir. Jean Daillon n'en est 
pas le seul exemple. Le 7 août 1468, il était désigné par le roi 
pour faire les montres des gens du comte du Perche (Bibl. nat., 
D. Housseau, IX, n° 4022). Une fois rentré en faveur, Jean 
Daillon sut bien vite faire apprécier à Louis XI des défauts qui 
pour le roi étaient des qualités, et que Commines, qui semble 
avoir été un de ses familiers, a notés avec soin. « Il ne craignoit 
jamais, dit cet auteur du seigneur du Lude, à abuser ne à trom- 



LETTRES DE LOUIS XI. 97 

per personne; aussi très légèrement croyoit et estoit trompé bien 
souvent » (Mém., liv. V, en. xra). Il faisait preuve d'un esprit 
sarcastique, proche parent de celui de Louis XI et de nature à lui 
plaire; il disait à Communes, envoyé en Poitou en 1477, au 
moment où lui le seigneur du Lude partait pour la Picardie : 
« Or, vous en allez à l'heure que vous deviez faire voz besongnes 
ou jamais, veu les grandes choses qui tombent entre les mains du 
roy, dont il peut agrandir ceulx qu'il ayme, et au regard de moy 
je me attens d'estre gouverneur de Flandres et m'y faire tout d'or » 
(Commines, Mém., livr. Y, en. xin). Il avouait, après cette mission, 
y avoir gagné vingt mille* écus et deux pannes de martre (Op. laud., 
Y, 15). Il s'y fit remarquer par sa rigueur, ce qui était un des 
meilleurs moyens de témoigner son zèle à son maître, poussant 
à la violation de la capitulation accordée aux habitants d'Arras; 
il contribua à la défense de leur ville contre la garnison bourgui- 
gnonne de Douai, qui voulait la reprendre aux troupes françaises 
(Commines, Mém., Y, 15) ; par lettres datées de Cambrai, le 

8 juin 1478, Louis XI lui confia la garde du Quesnoi (Lenglet- 
Dufresnoy (éd. de Commines, II, 260) date par erreur ces lettres 
de 1480). Sans parler de la négociation, où la présente missive 
nous le montre engagé, il avait joué un rôle non moins important 
et aussi peu débonnaire qu'à Arras dans l'expédition de Lectoure 
contre Jean V d'Armagnac, en 1473 (voy. Mandrot, Louis II, Jean 
d'Armagnac et le drame de Lectoure. Revue historique, année 1888, 
XXXVIII, 287-291), dans le Roussilion insurgé et qu'il fut chargé 
de reconquérir. (Voy. dans la suite de cette édition les missives des 

9 avril, 9 mai 1474 et 17 février 1475.) En 1475, Louis XI lui confia, 
de concert avec Commines, la tâche délicate d'écouter et de faire 
parler Rapine, que le connétable de Saint-Pol, aux abois, envoyait 
au roi pour essayer de se justifier et l'assurer de son bon vouloir. 
Jean de Daillon ne craignit pas de demander à ce messager c s'il 
ne sçavoit point où estoit l'argent comptant de son maistre. i 
(Mém., IV, 11.) Il fut encore désigné pour recevoir en 1479 le 
serment de fidélité des nobles et des principaux officiers de 
la Bourgogne, pour escorter en France le cardinal de Saint- 
Pierre-aux-Liens, légat du pape. (Anselme, YHI, 189.) Admis 
sur la fin du règne autant que personne dans l'intimité de 
Louis XI, qui appréciait en connaisseur sa dextérité en affaires 
et son manque de scrupules, et qui l'appelait pour ce motif 
« maistre Jehan des Habiletés, i il savait tirer parti de cette 
confiance dans l'intérêt de sa fortune, enlevant ses dépêches au 
courrier qui apportait la nouvelle de la mort de Charles le Témé- 

iv 7 



98 LETTRES DE LOUIS XI. 

journée assignée à Àngiers 1 , vous soiez à Tours 

raire, pour être le premier à la donner au roi (Commines, V, 13), 
s'attribuant de son chef, pendant la maladie qui frappa le roi en 
1480, de concert avec le maréchal de Gié, Louis et Charles 
d'Amboise, ses compagnons dans la bonne comme dans la mau- 
vaise fortune, la réception de la correspondance royale. (Gom- 
mines, VI, 7.) Ce zèle peu désintéressé ne fut pas infructueux. 
Louis XI aimait ces serviteurs dont on pouvait tout obtenir à 
prix d'argent. Conseiller et chambellan du dauphin, puis du roi, 
bailli de Cotentin, de 1470 à 1474 (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 960, 
dossier Daillon 21189, n° 9, et vol. 2078, dossier Moy 47245, n« 4), 
capitaine de cent lances fournies (Anselme, VIII, 189), gouver- 
neur d'Alençpn, de Pouencé, Domfront et autres places du comté 
du Perche, par lettres du roi données à Amboise, le 41 février 
1472 (Bibl. nat., D. Housseau, IX, n° 4037), gouverneur de Dau- 
phiné, après la mort du seigneur de Crussol, par lettres royales 
datées de Senlis, le 7 mars 1474 (Arch. de l'Isère, B 2904, fol. 401), 
Jean Daillon reçoit, outre les gages afférents à ces diverses fonc- 
tions, 500 1. 1. de rente sur la vicomte de Domfront, par lettres 
du 5 juillet 1476; puis la vicomte elle-même, par autres lettres 
du 10 avril 1477; en septembre 1477, les seigneuries de Leuze et 
de Gondé en Hainaut, confisquées sur le duc de Nemours; les 
mômes mois et an, les seigneuries de la Ferté-Milon et de Nogent ; 
en juillet 1481, la seigneurie de Gézy-lès-Sens, confisquée sur 
Jean de Ghalon, prince d'Orange. (Anselme, VIII, 189.) Le sei- 
gneur du Lude mourut à Roussillon, sur le Rhône, dans son 
gouvernement de Dauphiné, en février 1482. (Le Château du Lude..., 
p. 63.) 

1. M. Dupuy, dans son Histoire de la réunion de la Bretagne à 
la France (I, 242, 243), raconte plus au long et plus exactement 
que personne ce qui se passa à ces conférences d'Angers, d'après 
deux pièces de la liasse E 107 des archives de la Loire-Inférieure; 
mais, sur la foi de la Chronique scandaleuse, il en fixe l'ouverture 
au 15 février 1470. L'écart entre la date indiquée par cette chro- 
nique et la date exacte semble être assez notable, puisque, d'après 
notre missive, le seigneur du J^ude, invité à cette occasion, par 
le roi, à se trouver à Tours, n'avait besoin d'y être rendu que 
bien plus tard, le 24 mars, date à laquelle tombe le samedi assi- 
gné par Louis XI à son correspondant. Et, en effet, les délais 
primitivement déterminés durent être reculés à en juger par ce 



LETTRES DE LOUIS XI. 99 

dimenche sans y faillir. Mais pour aucuns autres 
affaires qui depuis me sont survenus, où fault hâtive- 
ment pourveoir, est besoing que y soiez samedy à 
disner. Et pour ce, vous pry que ne faillez à y estre, 
car moy confiant que ainsi le ferez, j'y serai vendredi 
au soir. Et à Dieu, monseigneur du Lude. Escript à 
Ghasteau Regnault 1 , le XXII e jour de mars. 

Loys. 
A Monseigneur du Lude. Toustain. 

CCCCXCIV. 

A BOURRÉ (D.). 

Thouars, 3 avril 4470. 

Ordre de payer 515 écus et demi à Jean Chenart, de Paris, 
mandé à Tours, pour y achever ce grand calice que le roi y fait 
faire. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 19. Copie. Fr. 20427, 
fol. 85. Publ. par M. B. Fillon, Lettres écrites de la Vendée à 
M. Anatole de Montaiglon (Paris, 1861, in-8°), p. 82. 

Monseigneur du Plessiz, je vous prie que trouvez 
moien de prendre tant sur le fait de ma chambre que 
de mon argenterie et de mon escuierie v c xv escuz et 
demi, pour achever le grant calice que je foiz faire à 
Tours, et les délivrez à Jehan Chenart 2 de Paris, que 

passage du c quatriesme compte de maistre André Briçonnet, 
pour Tannée finie le dernier septembre M GGGG LXX. Voyages 
et messageries : à Isaac, 81. 5 s. pour ung voiage en février à 
Nantes, devers le duc de Bretagne, touchant le prolongement de 
la journée entreprise estre tenue à Angers par aucuns des sei- 
gneurs du sang et autres gens du conseil du roy, et ceulx du 
party du duc de Bretaigne. i (Bibl. nat., Fr. 20685, p. 484.) 

1. Château-Renault, chef-lieu de canton de l'arrondissement 
de Tours (Indre-et-Loire). 

2. Dans un compte du mois de février 1470, il est fait mention 



400 LETTRES DE LOUIS XI. 

j'ay fait venir à Tours expressément pour ce faire. Et 
qu'il n'y ait point de faulte sur tout le plaisir et service 
que me desirez faire; car je lui ay chargé n'en bou- 
ger jusques à ce qu'il soit du tout achevé. Escript à 

Touars*, I e tiers jour d'avril. 

Loys. 

J. Leclerc. 
Au sire du Plessis. 

CCCCXCV. 

AUX FLORENTINS (V.). 

Abbaye de la Ferrière, 6 avril 1470. 

Mécontentement éprouvé par le roi de la bienveillance attribuée à 
Gousinot, son ambassadeur à Rome, pour les exilés florentins 
réfugiés dans cette ville ; persistance de son amitié pour la ville 
de Florence, amitié accrue encore par l'alliance qui unit la Sei- 
gneurie au duc de Milan. — (Copie du temps. Arch. de Florence. 
Registri di lettere es terne, classe X, reg. n° 4, fol. 20. Publié 
incomplètement dans Desjardins. Op. laud., I, 152.) 

Ludovicus, Dei gratia Francorum rex, excellentibus 
ac magistris vexillario et prioribus populi civitatis 
Florentine, salutem. Audivimus, et quidem non sine 
animi displicentia Guglielmum Cusinotum, equitem, 
dominum de Montirolio, apud Summum Pontificem 
oratorem nostrum, frequentatum ab exulibus illius 

du payement ordonné par le roi au profit de Pierre Fuzée de la 
somme de 6 1. 17 s. 6 d. t. pour ses frais de voyage, et notamment 
pour être allé « partant d'Amboise, .le xxn me jour dudit moys de 
février, à Paris, devers Jehan Ghenart, touchant ung galice d'or 
que ledit seigneur lui a ordonné faire faire audit lieu de Paris. » 
(Bibl. nat., Fr. 6758, fol. 22. (Note de M"* D.) 

1. Aujourd'hui Thouars, chef-lieu de canton de l'arrondisse- 
ment de Bressuire (Deux-Sévres). 



LETTRES DE LOUIS XI. 401 

vestre reipublice que Rome sunt, se illis facilem pre- 
buisse, eisque pollicitum multa pro ipsorum restitu- 
tione in patriam. Hec an vera sunt ignoramus : possent 
enim a sinistra fortasse informa tione eau sari. Sed si 
vera, his nostris notum vobis esse voluimus oratorem 
ipsum nostrum non minus nobis quam vobis rem per- 
molestam fecisse, cum non secus quam vosmetipsi, 
undique illi reipublice bene esse exoptemus. Postulat 
enim antiqua ac mutua béni volentia ut cum ipsa utram- 
que fortunam communem existimemus , pariterque 
amicos et inimicos, quod profecto eo magis efficit 
atque consolidât illa qua conjuncti estis confederatio 
cum illustri fratre nostro Mediolanensi duce; quoeum, 
prêter affinitatis vinculum, augeri magis non posset 
mutua quoque secum benivolentia et intelligentia nos- 
tra. Scripsimus super hac exulum materia eidem ora- 
tori nostro que pro rei exigentia visa sunt. Vos autem 
a nobis banc summam tenete, nos semper ad ea omnia 
promptos futuros, que ad commodum, honorem, atque 
amplitudinem illius patrie tendunt. Scriptum apud 
abatiam Ferrerie 1 , vi ta aprilis M CCCC LXX°. 

CCCCXCVI. 

A JEAN DAUVET, PREMIER PRÉSIDENT DU PARLEMENT 

DE PARIS (P.). 

Notre-Dame-de-Gelle, 24 avril 1470. 

Ordre de lui envoyer le dossier du procès pendant entre les pré- 
vôts et jurés de Tournay, d'une part, et les officiers royaux an 

1. Saint-Léonard de la Ferrière, abbaye bénédictine du diocèse 
de Poitiers, au Moyen âge (Gallia christ, II, 1296-97), aujourd'hui 
la Ferrière-en-Parthenay, canton de Thénezay, arrondissement 
de Parthenay (Deux-Sèvres). 



106 LETTRES DE LOUIS XI. 

maistres Pierre Doriolle 1 et Jehan de Poupaincourt* 
adviseront ; et si ay chargé audit de Poupaincourt aller 
à Paris pour y os dictes affaires. Et quant à ce que 
m'escrivez que on vous a rapporté que le bailly de 
Rouen 8 est allé à Paris pour parler à ceulx de parle- 
ment, etc., je vous asseure que oncques ne lui en 
donnay charge, et se luy ou autre y ont aucune chose 
mandé touchant ces matières, ce a esté sans mon sceu 
et en feray telle pugnicion qu'ilz congnoistront qu'ilz 
ne le dévoient pas faire. 

J'ay receu unes lettres de Charles d'Amboy se 4 , par 
lesquelles vous verre[z] que ce que Âlevarot de Lune 5 
vous a dit est chose con trouvée. Faites m[oy] souvent 
savoir de ce qui surviendra en voz marches, et de ce 

encore pour Dammartin, malgré l'arrêt du parlement du 13 août 
4468 (Àrch. nat., X 2 » 36, fol. 32-36, et Lenglet-Dufresnoy, édit. de 
Commines, II, 334-343), cassant celui du 20 août 1463 qui l'avait 
condamné (Lenglet-Dufresnoy, II, 329), d'obtenir sa complète 
justification des accusations portées contre lui, la condamnation 
qui Pavait atteint n'ayant été cassée que pour suppression de la 
déposition de Regnaud du Dresnay, sans préjugé sur le fond. Le 
parlement, avant de rien décider à ce dernier point de vue, vou- 
lait peut-être de nouveaux éclaircissements auxquels Dammartin 
jugeait plus commode de substituer l'intervention royale. Par une 
coïncidence à signaler, Dammartin se trouva à Amboise auprès 
du roi le 13 mai, c'est-à-dire le jour même où celui-ci lui fit la 
réponse que le grand maître venait peut-être y chercher (Ordonn. 
des rois de France, XVII, 297). Il se pourrait aussi qu'il fût ques- 
tion d'un don du roi à l'enregistrement duquel le parlement fai- 
sait des objections. Cf. ci-dessous la lettre du 30 novembre 1470, 
à la Chambre des comptes, sur des difficultés du même genre. 

1. Voy. sur lui, t. H, p. 102, la note 2. 

2. Voy. sur lui, t. III, p. 92, la note 1. 

3. Jean de Montespedon. Voy. sur lui, t. II, p. 46, la note 4. 

4. Voy. sur lui, t. II, p. 57, la note 4. 

5. Àlvaro de Luna. 



LETTRES DE LOUIS XI. 107 

que pourrez savoir. Donné à Àmboise, le xm* jour de 
may. 

LOYS. 

Demoulins. 

A nostre cher et féal cousin le compte de Damp- 
martin, grant maistre de nostre hostel. 



D. 



AUX CAP1TOULS DE TOULOUSE (V.)« 

Amboise, 14 mai 1470. 

Impossibilité pour le roi d'exempter leur ville du payement des 
6,000 1. t. de gages du parlement, comme ils en ont fait la 
demande. — (Orig. Arch. de Toulouse, AA 39, n° 12. Com- 
mun, par M. Sée.) 

Très chiers et bien amez, nous avons receu les 
lectres que escriptes nous avez faisans mencion de la 
somme de six mil livres que avons ceste année ordonné 
estre mise sus en ceste ville de Tholose pour le paie- 
ment des gages de nostre parlement de Languedoc 1 , 
de laquelle somme requérez demourer quictes en 
remonstrant les charges et affaires de vostredicte ville 
et des habitans d'icelle, et les previleges et franchises 
que leur avons donnez et octroyez. Sur quoy vous 
signifiions que, pour les grans charges et affaires que 
avons ceste présente année à supporter, nécessité nous 
a esté et est d'emploier en noz affaires toute la somme 
qui nous a esté octroyée par nostre pais de Languedoc, 
réservé ce qui a esté ordonné parle fait des emprunts, 

1. Cf. la missive du 20 mars précédent, n° GGGGXGI, p. 90. 



410 LETTRES DE LOUIS XI. 

A noz chiers et bien amez les clergié, nobles, bour- 
gois et habitans de nostre ville de Troyes. 

Collation faicte aux originaulx desdictes lettres dessus suscriptes 
par nous Pierre Milochin et Jehan Thevenin, clercs, notaires 
reaulx à Troies, au dos desquelles premières lettres estoit escript 
ce qui s'ensuit : « Receues le lundi xxvnr» jour de may Tan mil 
EU soixante et dix, en assemblée générale faicte à la sale dn roy 
nostre sire, à Troies. » Ainsi signé : E. de Baussancourt et The- 
venin. 

Signé : Milochin, Thevenin. 

DU. 

AUX SEIGNEURS DE GONGRESSAULT ET DU PLESSIS (D.). 

Amboise, 19 mai 1470. 

Accusé de réception de leur lettre annonçant l'arrivée des comtes 
de Warwick et de Glarence et leur désir de parler au roi ; 
intention où il est de ne pas les recevoir avant le départ de leurs 
navires pour Harfleur, Granville, Cherbourg ou ailleurs, en 
basse Normandie, pour pouvoir, en cas de plainte de la part du 
duc de Bourgogne, rejeter sur l'amiral la responsabilité de les 
avoir reçus dans des ports français. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20427, 
fol. 52. Impr. dans l'édition des Anchiennes cronicques d'EngUterre 
de Jean de Wavrin, publ. par M 116 Dupont, III, 37, note 2.) 

Monseigneur de Congressaut 1 et vous monseigneur 
du Plesseys, j'ai receu voz lettres et veu bien à plain 
le contenu en icelles, aussi en la petite ame* qui estoit 
dedens et [par laquele?] m'advertissez très bien de la 

calomnieusement les habitants de Troyes d'intelligences avec le 
comte de Gharolais, en 1465. (Arch. nat., X 2a 38, fol. 6 V, et 
JJ 195, n« 472.) 

1. Guillaume de Menypenny. Yoy. t. III, p. 157, note 1, qui le 
concerne. 

2. Ame, billet inclus dans une lettre. On retrouve cent ans plus 
tard le mot ame employé avec cette signification : t Je suis en un 
traitté qui m'est commandé du roy, que vous entendras par ce 
qui sera en chiffres en Yame incluse en cette lettre. » (Mémoires 



LETTRES DE LOUIS XI. 441 

venue de messeigneurs de Clerence 1 et de Warouych, 
et [comme] sur toutes choses, ilz désirent parler à 
moy; mais vous ne me respondez point [au] quare, 
c'est au partement des navires, et savez bien que c'est 
la chose [dont vous] ay expresseement chargez, et dont 
me peut plus venir d'inconvénient. 

Et pour ce, avant que conduire leur venue, faictes 
que tout leur navire soit [party] , car je ne les ver- 
ray point tant qu'ilz aient leur navire par délia; et 
s'ilz vouloient laisser les navires pour leurs personnes 
à Honnefleu, ne le souffrez pas, car jamais ne seray à 
mon ayse tant que je sache au certain que tous leurs 
navires soient partiz et qu'il n'en soient demouré ung 
tout seul ; et leur dictes qu'ilz pourront mettre lesdiz 
navires de leurs corps dedens les hables de Barfleu, 
Grantville, Ghierbourg ou ailleurs ou bas pais, et 
qu'ilz y soient menez en manière que les Bourgongnons 
ne puissent savoir qu'ilz sont devenuz. 

Et s'ilz disaient que, après qu'ilz auront parlé à 
moy, ilz ne pourraient pas recouvrer leurs navires, 
vous leur direz, et aussi la vérité est telle, que de 
Vaujoux 2 ilz seront plus près de leurs diz navires, 

de Duplessis-Mornay; à La Forest, 1625, in-4% t. H, p. 9.) (Note 
de M"« D.) 

1. George d'York, duc de Glarence, frère d'Edouard IV; il avait 
épousé Isabelle, fille aînée de Richard Nevill, comte de War- 
wick, et embrassé, en 1470, le parti de son beau-père révolté 
contre Edouard IV. Depuis lors, malgré une réconciliation appa- 
rente, le duc de Glarence resta toujours suspect à son frère, qui 
l'aurait enfin, dit-on, fait noyer dans un tonneau de malvoisie, le 
18 février 1478. (Dugdale, The baronage ofEngland (London, 1675- 
1676, in-fol.), H, 162-164.) 

2. Vaujours, commune de Château-la* Vallière, arrondissement 
de Tours (Indre-et-Loire). 



112 LETTRES DE LOUIS XI. 

quant iiz seront ou bas pais, qu'ilz ne seraient s'ilz 
estoient à Honnefleu : et, d'autre part, que s'ilz ont à 
faire de navire pour leurs personnes, quant ilz auront 
parlé à moy, que je leur feray bailler la grant nef de 
monseigneur l'amiral, ou de l'autre navire, tout ce 
qu'ilz en vouldront ; mais gardez, sur tout ce que me 
voulez servir, que faciez incontinent partir tout leur 
dit navire, et le m'escripvez à toute diligence inconti- 
nent qu'il sera party. 

Aussi, monseigneur du Plesseys, je vous baille 
charge d'envoier incontinent devers les gens de mon- 
seigneur de Bourgongne, et leur mandez que je vous 
ay envoyé par délia pour recouvrer tout ce que vous 
pourrez trouver des biens des subgectz de mondit sei- 
gneur de Bourgongne. Et, pour ce, que s'ils veulent 
envoier devers vous, que vous leur ferez rendre tout 

ce que vous en pourrez trouver; et s'il y en a 4 

aucune chose, faictes le faire, et je le feray incontinent 
paier à mondit seigneur de Warouych. 

Je vous ay mandé tout l'expédition des vitailles par 
maistre Guillaume Picart 2 . 



1. Le copiste doit avoir sauté ici le mot a péri » ou un synonyme. 

2. Guillaume Picard, natif des Andelys, notaire et secrétaire du 
roi d'abord sous Charles VII, puis sous Louis XI (Lettres patentes 
de ce dernier en date de Saint-Florent-lès-Saumur, septembre 1462. 
Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 2261, dossier Picard 51220, n° 22), 
« gênerai sur le fait de la justice des aides en Normandie, » et 
commissaire du roi aux états de cette province, d'après d'autres 
lettres du roi datées de Bordeaux le 15 février 1463 (lbid., n* 23), 
puis conseiller du roi et général de ses finances, d'après une 
quittance par lui donnée en cette qualité, le 20 février 1472, 
à Regnault Piedeleu, a commis à la recepte de la porcion de la 
taille mise sus en l'élection de Rouen » pour Tannée commencée 
le 1 er janvier précédent (lbid., n°31); conseiller et chambellan du 



LETTRES DE LOUIS XI. '113 

Et incontinent que tout leur dit navire sera party, 
mandez moi le jour que je me rendray à Vaujoux, 
et je m'y rendray pour parler, à eulx, et m'escripvez 
chascun jour de voz nouvelles. 

Vous me faictes enrager de mectre et laisser les 
dames si près de Seyne et de ces marches. Et pour ce, 
je vous prie, faictes qu'elles aillent plus bas, et me 
deust il couster le double des despens, car je les paie- 
ray très voulen [tiers]. 

Et dictes franchement à monseigneur de Warouych 
que je ne les puis aider en ces marches, que monsei- 
gneur de Bourgongne ne le sache incontinent par les 
gens de monseigneur le connestable, pour ce qu'il est 
gouverneur du pais et que ses gens sont logez tout à 
F environ. Aussi il pourra recouvrer plus aiseement les 
dictes dames, elles estans ou bas pais, et en plus grant 
seurté qu'il ne feroit de nulle des abbayes où il les veult 
mettre ; aussi, actendu que les dictes abbayes ne sont 

roi et son bailli de Rouen, par lettres datées du Plessis-du-Parc, 
le 3 octobre 1479 (Ibid., n* 38), nommé capitaine d'Abbeville par 
lettres du roi, en date du 16 septembre 1477 (Bibl. nat., D. Gre- 
nier 91, fol. 176); il est qualifié seigneur d'Estelan et du Mes- 
niltate dans différents actes (Ibid., passim). Par ses lettres de sep- 
tembre 1462, à Saint-Florent-lès-Saumur (Vid. supra), Louis XI 
loi fit don du c vivier et estang » des Andelys; le 22 sep- 
tembre 1464, de c certaines maisons appartenans au roy en la 
ville de Rouen » (Bibl. nat., Fr. 21405, p. 154), et, le 18 jan- 
vier 1466, des garennes de Thiors et de Toury (Ibid., p. 156), 
enfin, par lettres du 3 octobre 1479, du revenu des greniers à sel 
de Rouen et de Pont-Audemer (Pièces orig. Doss. cit., n* 38). 
Charles VIII lui confirma ce dernier don par lettres datées 
d'Amboise, le 11 septembre 1483 (Ibid., n 08 48 et 49). Guillaume 
Picart dut mourir avant le 17 juillet 1492, date du mariage de 
Louis Picart, seigneur d'Estelan et de Bourg-Achard, qui doit être 
son fils, à ce que semblent indiquer des noms de seigneuries qui 
ont appartenu à Guillaume (Ibid., n* 50). 

IV ' 8 



114 LETTRES DE LOUIS XI. 

point fortes, Ton pourrait faire d'une nuyt desplaisir 
à ceulx qui seraient avecques elles, qui me serait le 
plus grant desplaisir du monde; et, pour ce, je vous 
prie que le remonstrez si bien à mon dit seigneur de 
Warouych qu'il les mecte ou bas pais et qu'il les laisse 
point esdictes abbayes. 

Je ne seray jamais à mon ayse tant que je sache 
que tout le navire de mon dit seigneur de Warouych 
soit hors de Seyne, et quant il sera ou bas pais, je 
pourré dire que c'est monseigneur l'admirai qui les 
soustient et qui les a mis en ses hables et non pas 
moy; et s'ilz estoient en Seyne, je ne le pourroye 
faire, pour ce que, comme savez, monseigneur de 
Bourgongne le saurait tous les jours par les gens de 
monseigneur le connes table. Escript à Amboise, le 
xix 6 jour de may. loys. 

De Gerisay. 

A monseigneur de Gongressaut et à monseigneur du 
Plesseys. 

DIII. 

A JEAN D AU VET, PREMIER PRÉSIDENT DU PARLEMENT 

DE PARIS (D.). 

Amboise, 20 mai 1470. 

Reproches sur sa négligence à envoyer le dossier du procès con- 
cernant Tournay demandé par le roi; nécessité de maintenir 
cette ville dans de bonnes dispositions ; ordre de remettre ce 
dossier à Pierre de Gerisay, envoyé du roi. — (Copie du temps. 
Arch. nat., X 4a 1485, fol. 65 v. Publ. dans les Ordonn. des rois 
de France, t. XVII, p. 307.) 

n Président, nagaires vous ay escript 1 que m'envoyis- 

1. Le 24 avril 1470. Voyez ci-dessus, n<> GGCGXGVI, p. 101, la 



LETTRES DE LOUIS XI. 115 

siez le procès d'entre ceulx de la ville de Tournay et 
mes officiers ou bailliage de Tournay et Tournesiz, ce 
que avez différé de faire soubz aucunes petites couleurs 
que m'avez escriptes. Je vous avoye escript bien au 
long les causes qui me mouvoient, et comme je vou- 
loye mectre en paix ma ville de Tournay, mais vous 
n'en avez tenu compte, et entens bien que pou vous 
chauldroit, se je perdoye ma ville de Tournay, et amez 
mîeulx me mectre en dangier de la perdre et soustenir 
ung procès, que ne feriez qu'il y eust bonne paix et 
amour entre mes officiers et ceulx de la ville ; et ne 
cuidoye pas que m'eussez reffusé de m'envoier ung 
procès. Vous avez esté à Tournay et congnoissez la 
situacion, et comme la ville est au meillieu des pais de 
monseigneur de Bourgongne, et savez qu'il m'est bien 
besoing les entretenir. Et pour ce, président, se jamais 
voulez que j'aye seurté ne fiance en vous, gardez, que 
incontinant cestes veues, vous m'envoiez ledit procès 
par ce pourteur, lequel j'envoye pour ceste cause 
devers vous avec maistre Pierre de Cerisay 1 , auquel 
j'en ay dit bien à plain ma voulenté, pour la vous dire. 
Et me semble bien, que quant vous voiez que les 

lettre adressée à cette date au même Jean Dauvet, que Louis XI 
rappelle ici. 

1. Fils de Guillaume et de Jacqueline de Rantot. (Bibl. nat., 
Pièc. orig., vol. 635, dossier Cerisay 14985, n° 28.) Il succéda à 
son père dans les seigneuries de l'Onneur et du Hommet, de Fier- 
ville, de Cerisay, du Chastellet, de la Rivière et de Soulle (Ibid., 
n os 20, 37, 40, 53 et 61), et aussi dans ses fonctions de « prothono- 
taire et secrétaire du roy et greffier de sa court de parlement, » 
d'après des quittances du 3 avril 1495 et du 28 mai 1496 (Ibid., 
n 08 48 et 61). On le trouve encore qualifié seigneur de Montreuii 
et Beurigny : cette dernière seigneurie lui venait de sa mère 
(Ibid., no» 28 et 29). 



416 LETTRES DE LOUIS XI. 

choses me touchent de si près, que ne deussez faire 
telles difficultez, car il m'en pourrait plus avenir de 
mal que vous et ceulx qui les font ne sauriez reparer. 
Donné à Amboise, le xx* jour de may. 

Loys. 
J. Leclerc. 

A nostre amé et féal conseiller et premier président 
en nostre court de Parlement, maistre Jehan Dauvet. 



DIV. 



AU PARLEMENT DE PARIS (D.). 

Amboise, 20 mai 4470. 

Ordre d'envoyer sans retard au roi le dossier de l'affaire de Tournay . 
— (Copie du temps. Arch. nat., X*», 1485, fol. 65 v°.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, nagueres avons escript à nostre 
premier président 4 que, pour certaines grans causes 
qui à ce nous mouvoient, il nous envoiast ung procès 
pendant en nostre court de parlement entre noz très 
chiers et bien amez les bourgois, manans et habitans 
de nostre bonne ville et cité de Tournay et noz officiers 
ou bailliage de Tournay ou Tournesis, ce qu'il n'a fait, 
soubz umbre d'aucunes difficultez qu'il nous a escriptes, 
et dont avons esté advertiz par nostre amé et féal 
conseiller en nostre dicte court de parlement, maistre 
Pierre de Cerisay *, qui sur ce a voit charge de par vous 
de nous en parler. Et pour ce que, nonobstant quelque 

1. Cf. la lettre du 24 avril 1470, n<> GGGGXGV, p. 101. 

2. Gf. la lettre précédente. 



LETTRES DE LOUIS XI. 117 

chose que nous aiez fait dire, et aussi ce que nostre 
dit premier président nous a escript, nostre plaisir est 
que ledit procès nous soit apporté, affin que mieulx et 
plus convenablement puissons faire appoincter les 
parties, pour obvier à plusieurs inconveniëns, qui, par 
la rigueur dudit procès, se pourraient ensuir, lesquelz, 
ensemble les causes qui nous meuvent à ce faire, nous 
avons dictes bien à plain audit maistre Pierre de Ceri- 
say, nous voulons et vous mandons très expressé- 
ment, et sur tant que nous desirez obéir et complaire, 
que incontinent ces lettres veues, vous nous envoiez 
ledit procès par ce porteur, lequel pour ceste cause 
envoions devers vous avecques ledit de Cerisay ; car 
nous desirons de tout nostre cuer Tappoinctement 
d'entre les parties et que noz officiers et lesdiz bour- 
gois et habitans de Tournay soient uniz, et qu'ilz 
vivent en bonne paix, amour et union ensemble ; et 
est nostre entencion vous renvoiez ledit procès, ou cas 
ou entre les dictes parties ne se trouverait appoincte- 
ment. Et veillez sur ce croire ledit de Cerisay de ce 
qu'il vous en dira, comme se nous mesmes le vous 
disions. Donné à Àmboise, le xx e jour de may. 

Loys. 

Leclerc. 
A noz amez et feaulx conseilliez les presidens de la 
grant chambre et des enquestes de nostre court de 
parlement. 

DV. 

AUX HABITANTS DE LAON (D.). 

Amboise, 25 mai 1470. 
Ordre de garder soigneusement leur ville menacée par les Bour- 



118 LETTRES DE LOUIS XI. 

guignons, de faire prêter serment entre les mains du capitaine 
Penot David et d'arrêter les gens suspects et de les envoyer au 
roi. — (Orig. Bibl. nat. Coll. de D. Grenier 89, fol. 335.) 

De par le roy. 
Chers et bien amez, vous savez que les Bourgon- 
gnons, pieça firent une entreprise sur vostre ville, et 
avons présentement esté advertiz qu'ilz y en ont 
encores fait une autre. Et pour ce que tousjours vous 
avez par cy devant esté bons et loyaulx, tant du temps 
de feu nostre père, que Dieu pardoint, que depuis, 
nous vous prions, et neantmoins mandons, que incôn- 
tinant ces lettres veues, vous vous assemblez et tous 
ensemble faites serement es mains de nostre bien amé 
Penot David 1 , cappitainede vostre dicte ville, de bien 
et loyaument nous servir envers tous et contre tous, 
et faites faire bon guet, et bien garder les portes, et 
que aillez embastonnez par la ville, et vous tiengnez 
en point et habillement et sur voz gardes, en manière 
que aucun inconvénient n'en adviengne à vous ne à 
vostre dicte ville, dont nous desplairoit fort, veu la 
bonne loyaulté que de tous temps avez eue et gardée 
envers la couronne de France. Et s'il en y a nulz en 
la dicte ville, qui ne soient bons et seurs, et desquelz 
il pourrait avenir inconvénient à vostre dicte ville, 
envoyez les incontinent devers nous ou les mectez hors 
de la dicte ville. Donné à Amboyse, le XXV e jour de 
may. 

Loys. 

TlLHART. 

1. Penot David avait été nommé capitaine de Laon tout à fait 
au commencement du règne, par lettres datées d'Avesnes en Hai- 
naut, le 4 août 1461. (Bibl. nat., Fr. 20490, fol. 23.) Le 22 février 



LETTRES DE LOUIS XI. 119 

A noz chiers et bien amez les gens d'église, nobles, 
bourgois, manans et habitans de nostre ville de Laon. 

Receues par la main de Penot David, cappitaine de Laon, le 
xv 6 jour de juillet. 



DVI. 



AUX LYONNAIS (v.). 

Amboise, 29 mai 1470. 

Notification de l'ordonnance faite par le roi en son grand conseil 
« sur le fait, vivre et gouvernement des gens de guerre » et de 
l'envoi dans les garnisons desdits gens de guerre de commis- 
saires chargés d'en assurer l'exécution. — (Orig. Arch. de Lyon, 
AA 23, n* 29. Arch. de Honfleur. Communiqué par M. R. de 
Beaurepaire.) 

De par le roy. 
Chers et bien amez, pour ce que depuis nostre avè- 
nement à la couronne nous avons tousjours désiré et 
desirons sur toutes autres choses de soulager nostre 
peuple et oster et abatre pluseurs grans maulx et 
exactions, pilleries et roberies qu'ilz ont supportées 
jusques à présent oultre nostre gré et vouloir, et qui 
a esté et est la plus grant desplaisance qui nous peust 
avenir, et souventes foiz avons délibéré et entreprins 
de donner ordre et bonne provision ausdiz maulx et 
exactions, et mesmement sur le fait, vivre et gouver- 
nement des gens de guerre de nostre ordonnance, 
nous, à l'occasion des troubles, divisions et autres 
grans affaires qui sont survenuz en nostre royaume, 

1462, par lettres datées de Mirebeau, Louis XI lui donna encore 
la capitainerie de la tour de Fismes, chef-lieu de canton de l'arron- 
dissement de Reims (Marne). (Bibl. nat., Fr. 21405, p. 145.) 



120 LETTRES DE LOUIS XI. 

nous avons esté tellement occupez que jusques icy n'y 
avons peu bonnement vacquer ne mectre le remède 
tel que avons désiré et desirons de tout nostre cueur. 
Et pour ce que à l'aide de Nostre Seigneur et de noz 
bons et loyaulx subgetz, nous voyons à présent les 
faiz et affaires de nous et de nostre dit royaume bien 
dispousez, nous avons conclud et délibéré de mectre 
si bonne ordre, police et gouvernement ou fait de 
nostre dit royaume, tant ou vivre et gouvernement de 
nos diz gens de guerre, que autrement, que les diz 
maulx, pilleries et roberies cesseront, et que nos diz 
subgetz vivront en paix et transquilité . Et pour ce, avons 
par l'advis et deliberacion de pluseurs seigneurs de 
nostre sang, capitaines et cbiefz de guerre, et gens de 
nostre grant conseil fait certaines ordonnances, les- 
quelles, à ce que nul n'en puisse prétendre cause d'igno- 
rance, nous avons envoyées et fait publier par toutes 
les seneschaucées, balliages, bonne villes, et autres 
lieux de nostre dit royaume. Et avecques ce, affin que 
les diz maulx, pilleries et exactions soient reparées et 
que les diz gens de guerre soient logiez en villes fer- 
mées et vivent selon le contenu en nosdictes ordon- 
nances, nous envoyons présentement les mareschaulx 
de France, les capitaines et autres notables hommes 
es pais et lieux où les diz gens de guerre ont esté et 
sont logez, desquelles choses nous vous avons bien 
voulu advertir, affin que congnoissiez tousjours de 
plus en plus le bon et grant vouloir que nous avons eu 
et avons au bien et soulagement de vous et de nostre 
dit roiaume et de nos diz subgetz, et que, si les diz 
gens de guerre ont fait ou commis faultes, pilleries et 
exactions, que vous en informez les diz commissaires 



LETTRES DE LOUIS XI. 121 

et noz officiers des lieux où lesdiz cas auront esté faiz 
et commis, pour y estre par eulx pourveu ainsi que de 
raison. Et s'il advenoit que nosdiz commissaires ou 
officiers voulsissent différer ou délayer par faveur ou 
autrement, nous voulons et vous mandons bien expres- 
sément que vous nous en advertissez en toute diligence 
et nous y pourvoirions en manière que chascun y pran- 
dra example. Donné à Amboise, le xxix e jour de may. 

Loys. 

Demoulins. 

À noz chers et bien amez les bourgoys, manans et 
habitans de nostre ville et cité de Lyon. 

Tradite X1III** junii M CCCC septuagesimo. 

DVII. 

A BOURRÉ (D.). 

Amboise, 22 juin 1470. 

Ordre de persuader au comte de Warwick de partir pour l'Angle- 
terre, pour supprimer tout prétexte de guerre avec les Bourgui- 
gnons, et de lui fournir, au besoin, des navires pour l'escorter 
et le défendre contre une attaque des Bretons et des Bourgui- 
gnons. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 1. Copie franc. 20427, 
fol. 106. Publ. par Duclos, Histoire de Louis II, IV, 353, et par 
M lle Dupont dans son édition de Jean de Wavrin (Paris, 1863, 
in-8-), ni, 39.) 

Monseigneur du Plesseiz, vous savez assez le désir 
que j'ay et doy avoir du retour de monseigneur de 
Warvyk en Angleterre, tant pour le bien que ce me 
serait de le voir au-dessus de ses querelles, ou, à tout 
le majps, que par son moien le royaume d'Angleterre 
fustëfc brouilliz, comme pour éviter les questions qui 



422 LETTRES DE LOUIS XI. 

pour sa demeure par deçà pourraient avenir, dont 
vous en avez congneu des commancemens. Pour quoy 
vous pry que metez peine, tant de vous mesmes, 
comme en solicitant monseigneur l'admirai, monsei- 
gneur de Goncressault et autres de par delà, de telle- 
ment besongner avec ledit monseigneur de Warvyk, 
que il parte pour aler audit pais d'Angleterre le plus 
prestement que faire se pourra, et, pour ce faire, lui 
dire toutes causes et raisons dont vous et eulx vous 
sarez adviser ; mais j'entens que ce soit par toutes les 
plus doulces voyes que pourrez, et en manière qu'il 
n'aparçoive que ce soit pour autres fins que pour son 
avantage. Et aussi ferez aprester de mes navires pour 
le conduire, si sans conduicte ne vouloit partir, car 
vous savez que ces Bretons et Bourgongnons ne 
tendent à autres fins que de trouver moyen de rompre 
la paix sur couleur de la demeure dudit de Warvyk 
par deçà, et par tant commancer la guerre ; laquelle 
je ne vouldroie point veoir coramancée sur ceste cou- 
leur. Et pour ce que vous congnoissez mes affaires 
plus que autres, et que j'ay toute ma fiance en vous, 
je n'escript à présent à nul que à vous de ceste matière. 
Si vous prie, monseigneur du Plesseys, que vous y 
besongnez en manière que je congnoisse le vouloir que 
avez à me bien servir au grant besoin g. Donné à 
Amboyse, le xxn mo jour de juing. 

LOYS. 

J. Leclerc. 

À nostre amé et féal conseiller et maistre de noz 
comptes maistre Jehan Bourré. 



LETTRES DE LOUIS XI. 123 



DVIII. 



AU ROI DE CASTILLE (v.). 

AmJboise, 23 juin 1470. 

Conclusion, avec le roi d'Angleterre, d'une trêve de trente ans, 
dans laquelle est compris ledit roi de Gastille, et d'une alliance 
contre Edouard, comte de la Marche, usurpateur du trône 
d'Angleterre. — (Copie. Bibl. nat., Fr. 6977, fol. 170.) 

A très haut et puissant prince nostre très cher et 
très amé frère, cousin et allié, Henry, par la grâce de 
Dieu roy de Gastelle et de Léon, Loys, par icelle mesme 
grâce roy de France, salut et parfaicte dilection. Très 
haut et puissant prince, très cher et très amé frère, 
cousin et alyé, nostre très chère et très amée cousine 
la roy ne d'Angleterre est nagueres venue devers nous 4 
pour nous dire et remonstrer les très grans injures, 
inhumanitez et autres énormes excez et delictz que 
ont esté et sont chascun jour faiz et commis par 
Edouard de la Marche 2 , ses alliez et complices, à ren- 
contre de nostre très cher et très amé cousin, Henry, 
roy d'Angleterre, leur souverain et naturel seigneur, 
en nous requérant que luy vueillions donner aide et 
faveur à punir lesdiz delinquans et remettre nostre dit 
cousin en son premier estât. Lesquelles choses par nous 
ouyes, et considéré que lesdictes injures, excez et 
oultraiges, faiz et commis par ledit de la Marche et ses 
complices contre nostredit cousin, sont et tournent 
au préjudice et deshonneur de nous et de nostre sang, 

1. Voy. sur cette arrivée vers Louis XI de la reine d'Angleterre 
la Chronique scandaleuse. 

2. Edouard IV. 



124 LETTRES DE LOUIS XI. 

diminution et détriment de tout estât de seigneur 
souverain, et exemple pernicieux de rébellion pré- 
somptueuse de tous subjectz contre leurs seigneurs 
souverains, par l'advis, conseil et deliberacion de plu- 
sieurs des seigneurs de nostre sang et des gens de nostre 
grant conseil, avons prises et formées certaines trêves 
jusques à xxx ans en la forme et manière et soubz les 
condicions contenues et déclarées ez articles dont vous 
envoyons la copie cy dedans enclose 1 , esquelz avons 
voulu que vous, ensemble voz royaulme, seigneuries 
et subjectz soyez comprins, en cas que ce soit vostre 
plaisir, et que comprins y vouldrez eslre, ainsy qu'il 
est déclaré esdiz articles. Et avec ce nous sommes 
déclarez pour nostredit cousin d'Angleterre en ceste 
querelle, à sa grande et urgente nécessité qui est toute 
notoire, comme chascun sçait, et de luy donner et 
faire donner tout port et faveur par toutes manières 
possibles à ('encontre dudit Edouard de la Marche, ses 
diz aydans et complices. Et vous notifiions ces choses 
comme à nostre frère, cousin et allié, ainsy que faire 
devons, par les aliances qui sont de toute ancienneté 
entre vous et nous, voz pays, royaulmes et seigneuries 
a * '"s nostres, vous priant et requérant bien affectueu- 
:nt que aussy le vueillez faire de vostre part, et 
stredit couBin Henry, roy d'Angleterre, et à ses 
îlx et obeissans subjectz, donner et faire donner 
voz subjectz tout port et faveur par toutes 

« Rymer, ni Jean de Waïrin ne donnent le texte de ce 
d'alliance conclu par Louis XI avec Henri VI. Ce dernier 
iqueur, il est vrai (éd. Dupont, III, 41), publie des lettres 
)uis; XI ratifiant un traité de ce genre, mais qui ne paraît 
ire celui que résume notre missive. La Chronique scandaleuse 
entionne la publication à la date du 14 octobre 1470. 



LETTRES DÉ LOUIS XI. 125 

manières possibles. Et aussy vous prions que à aulcuns 
des rebelles et desobeissans à nostredit cousin d'An- 
gleterre, aidans et favorisans ledit de la Marche, vous 
ne donnez, ne souffrez donner port, aide, recueil, con- 
seil ne confort par vos diz subjectz, encore leur faire 
guerre comme à noz ennemis. Et ces choses vueillez 
faire publier par vosdiz royaume, pays et seigneuries, 
car ainsy l'avons ordonné faire et ferons par les 
nos très. Très haut et puissant prince, nostre très cher 
et très amé frère, cousin et allié, si aucunes choses 
vous sont par deçà agréables, faictes le nous sçavoir, 
et nous le ferons de bon cuer. Donné à Am boise, le 

xxm e jour de juing. 

Loys. 

Delaloere. 

À très haut et puissant prince, nostre tr^s cher et 
très amé frère, cousin et allié le roy de Gastelle et de 
Léon. 

DIX. 

AUX HABITANTS DE TROYES (v.). 

Amboise, 1 er juillet 1470. 

Défense d'arrêter les marchands bourguignons présents à Troyes 
et de saisir leurs marchandises comme venait de le faire le duc 
de Bourgogne dans ses États au détriment des marchands fran- 
çais. — (Orig. Arch. mun. de Troyes. Publié par M. d'Arbois 
de Jubainville , Voyage paléographique dans le département de 
l'Aube (Troyes et Paris, 1855, in-8°), p. 157.) 

De par le roy. 
Chers et bien amez, nous avons présentement sceu 
comme nostre beau cousin de Bourgongne a fait 
arrester tous les marchans avecques leurs marchan- 



496 LETTRES DR LOUIS XI. 

dises, qu'il a peu trouver de nostre royaume en ses 
pais 4 . Et pour ce que à ceste occasion nous doubtons 
que vueiliez pareillement faire sur les marchans et 
marchandises de ses pais, estans ou qui viendront en 
nostre ville de Troyes, ce que pour certaines causes 
ne vouldrions que feissiez ou eussiez fait, nous vous 
en avons bien voulu advertir, en vous mandant et 
commandant très expressément, que ausdiz marchans 
et marchandises estant des pays de nostredit beau 
cousin de Bourgongne, vous ne donnez aucun arrest 
ou empeschement, et, se ja y avoit esté donné, metez 
incontinent tout ce qui aurait esté ainsi arresté, à 
plaine délivrance, et jusques à ung denier, et ce, pour 
certaines causes, comme dit est, que présentement ne 
vous povons escripre. Donné à Amboyse, le premier 
jour de juillet. 

Loys. 

J. LeclerC. 

A noz chers et bien amez les bourgois, manans et 
habitans de nostre ville de Troyes 2 . 

Receues le xr* jour de juillet mil TITT C soixante-dix, par Mathieu 
Fontenette, chevaucheur de l'escurie du roy, nostre sire, et leues 
en assemblée faicte ledit jour à la loge du prevost de Troyes. 



1. Les lettres du duc de Bourgogne ordonnant cette mesure sont 
datées de Middelbourg, le 12 juin 1470. (Bibl. nat., Moreau 802, 
fol. 102.) Le duc prétendait justifier cet acte par l'accueil fait en 
France aux comtes de Warwick et de Clarence, révoltés contre 
Edouard IV, son allié. (Commines, Mém., 1. III, ch. iv.) 

2. Cette lettre vient à l'appui de l'opinion de M. Quicherat qui, 
combattant celle de Thomas Basin, met dans cette affaire les torts 
et la responsabilité de la première agression du côté du duc de 
Bourgogne. (Th. Basin, II, 220, notes 2 et 3.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 427 



DX. 



AU PARLEMENT DE PARIS (d.). 

Tours, 3 juillet 1470. 

Ordre de vérifier et entériner les lettres d'amortissement accordées 
au chapitre de l'église cathédrale d'Orléans. — (Copie. Bibl. 
nat., Fr. 6977, fol. 35.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, nous avons par noz lettres 
patentes signées de nostre main, et pour certaines 
grans causes et raisons à ce nous mouvans admorty 
à noz chiers et bien, amez les doyen et chappitre de 
l'église cathedralle de Saincte Croix d'Orléans toutes 
les choses par eux et leurs prédécesseurs en la dicte 
église acquises le temps passé jusques à présent; et 
oultre ce leur avons octroyé qu'ilz puissent encores 
acquérir, soit en fief ou censive, jusques à la somme de 
cent livres tournois et leur avons donné toute la finance 
qu'ilz nous peurent devoir à ceste cause, pour consi- 
deracion du contenu en nosdictes lettres : lesquelles 
ilz ont entencion brief vous présenter ou faire présen- 
ter et d'icelles requérir entérinement et expedicion. 
Si voulons et vous mandons bien expressément que 
nosdictes lettres vous vérifiiez et entérinez entièrement 
et du contenu en icelles faictes et souffrez les diz 
doyen et chappitre joyr et user paisiblement, sans y 
faire quelque reffuz ou difficulté. Donné à Tours, le 

in e jour de juillet. 

Loys. 

Flameng. 



128 LETTRES DE LOUIS XI. 



DXI. 



A BOURRÉ (D.). 

Tours, 3 juillet 1470. 

Accusé de réception de la lettre de Bourré sur le besoin d'argent 
causé par la prolongation du séjour de Warwick; départ pro- 
bable de ce dernier après l'entrevue qu'il doit avoir au Mans 
avec la reine d'Angleterre; approbation de la décision de Bourré 
« au regard de l'argent; » réponse faite par le roi à l'amiral. — 
(Orig. Fr. 6602, foi. 4. Copie. Fr. 20427, fol. 107. Publ. par 
Duclos, Histoire de Louis XI, IV, 355, et par M 11 * Dupont dans 
son édition de J. de Wavrin (Paris, 1863, in-8«), m, 40.) 

Monseigneur du Plessis, j'ay receu voz lettres faisant 
mencion des causes pourquoy vous semble que mon- 
seigneur de Warouyc n'est pas si prest d'aller en Angle- 
terre comme je Fentens 1 , pour quoy demandez comme 
vous avez à vous gouverner touchant l'argent. Vous 
avez jà sceu comme la royne d'Engleterre * et le dit 
de Warvyc se doivent assembler au Mans, là où ilz 
auront tost fait ou failli ; pour quoy le dit de Warvic 
n'aura cause de faire plus long séjour par deçà. Mais, 
au regard de l'argent, je croy que vostre advis est 
bon, si non que veissiez que autrement faire feust cause 
de abregier la matière et que congneussiez qu'il en 
feust neccessité. Je respons à monseigneur l'admirai 
de tout le surplus. Donné à Tours, le m jour de juillet. 

Loys. 

J. Leclerc, 

1. Voy. aux pièces justificatives, n* VI, cette lettre de Bourré 
en date de Honfleur, le 29 juin 1470. 

2. Marguerite d'Anjou, fille du roi René. 



LETTRES DE LOUIS XI. 429 

À notre amé et féal conseiller et maistre de noz 
comptes maistre Jehan du Bourré, seigneur du Plessiz. 

DXII. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS (v.). 

Ponts-àe-Gé, 17 juillet 1470. 

Ordre de faire publier, vérifier et entériner les lettres de don, 
accordées par Louis XI au seigneur de la Forest, de la haute et 
moyenne justice dans ses terres de Riblaire, de Misse et de la 
Gorinerie. — (Copie. Bibl. nat., Franc. 6977, fol. 174.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, pour considération des grans, 
continuelz et louables services que nous a faiz et fait 
chascun jour nostre amé et féal conseillier et chambel- 
lan, le seigneur de la Forest 1 , nous luy avons donné 2 
haulte et moienne justice en ses terres et seigneuries 
de Ribleres et de Misse 3 , tenues de la seigneurie de 
Thouars, et aussi en sa terre de la Goriniere, tenue du 
seigneur d'Âyrevau 4 , et en oultre luy avons donné 

1. Voy. sur lui, t. III, p. 85, la note 2. 

2. Par lettres datées d'Amboise, 10 mai 1470. Arch. nat., 
X<» 8606, fol. 223 v. 

3. Misse, commune du canton de Thouars dans l'arrondissement 
de Bressuire (Deux-Sèvres). Ribleres est aujourd'hui Riblaire, dans 
la commune de Saint- Varent, chef-lieu de canton de l'arrondis- 
sement de Bressuire, et au heu de la Goriniere il faut lire la 
Gorinerie, qui devait se trouver dans le voisinage. Cette dernière 
lecture, qui corrige une faute de l'abbé Legrand, est donnée par 
la copie contemporaine des lettres dont le roi ordonne la vérifi- 
cation. Cf. la note précédente. 

4. Airvault, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Parthe- 
nay (Deux-Sèvres). 

iv 9 



43d LETTRES DB LOUIS XI. 

tous les fromentages que feu nostre cousin le viconte 
de Thouars avoit et prenoit à cause de la chastellenie 
de Thouars èsdictes terres de Ribleres, Misse et la Gori- 
nerie ,' et lui en avons octroyé noz lectres patentes, 
lesquelles il a entencion vous faire présenter pour en 
avoir la publicacion, verifficacion et entérinement. Et 
pour ce que le dit seigneur de la Forest nous a bien 
et loyaument servi et sert chascun jour en noz grans 
et principaulx affaires, et est de noz plus prouchains 
et principaulx serviteurs, voulans iceulx services recon- 
gnoistre, et traicter tous ses faiz en toute bonne faveur, 
et especiallement nostredit don sortir son paisible 
effect, et sans aucun contredit, empeschementnedelay, 
nous voulons et vous mandons bien expressément 
que incontinent vous faictes publier, vérifier et lui 
entériner ses dictes lectres, sans ce qu'il soit besoing 
de plus nous escrire, car tel est nostre plaisir et vou- 
loir. Donné au Pont de S ce, le xvu 6 jour de juillet. 

Loys. 
DXIII. 

A BOURRÉ (D.). 

Ponts-de-Cé, 25 juillet 1470. 

Envoi d'Y von du Fou pour négocier avec Warwick et pourvoir à 
l'entretien de ses gens jusqu'à leur départ; conclusion du 
mariage de la fille de Warwick avec le fils de la reine d'Angle- 
terre ; réception des scellés de Bretagne ; bons rapports du roi 
avec le sire de Lescun. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 2. 
Gop. Fr. 20427, fol. 104. Publ. par Duclos, Histoire de Louis II, 
IV, 355.) 

Monseigneur du Plessiz, nagueres ay envoyé messire 
Yvon du Fou par delà pour mettre le fait de monsei- 



LETTRES DE LOUIS XI. 431 

gneur de Warvyk en seureté, et présentement lui mande 
qu'il mecte telle provision et ordre, que les gens 
dudit monseigneur de Warvyk n'aient point de nec- 
cessité jusques à ce qu'il soit par délia. Aujourd'uy 
avons fait le mariage de la royne d'Angleterre et de 
lui * , et demain espère l'avoir du tout depesché prest 
à s'en partir. 

Dieu merci et Nostre-Dame, nous avons les scellez 
de Bretaigne* et sommes de tous poins amys, monsei- 
gneur de Lescun et moi, et par ainsi, sommes seurs 
de ce costé. 

Vous verrez ce que j'escrips audit messire Y von. Je 
vous prie que vous faictes ce qu'il vous dira, et que 
n'y espargnez riens, en manière que les gens dudit 
Warvyk n'aient aucune disete ou neccessité, et qu'ilz 
ne se malcontentent, et vous y employez vous et le 
gênerai, ainsy que j'en ay en vous ma fiance. Escript 
au Pont de Sée, le xxv* jour de juillet. 

Loys. 
J. Le Clerc. 

1. Un passage des comptes de Louis XI, pour le mois de dé- 
cembre 1470, renferme l'article suivant relatif au mariage du fils 
de Henri Yl et de Marguerite d'Anjou avec la fille du comte de 
Warwick : « A maistre Jehan Le Marchant, prestre, la somme de 

xxvii 1. x s. t. pour vingt escus d'or, à luy donnée par le roy 

pour le restituer de semblable somme, que, par l'ordonnance 
d'icellui seigneur, il avoit baillée du sien au vicaire de Bayeux, 
auquel icellui seigneur en a fait don, en faveur de ce qu'il estoit 
venu espouser le prince de Galles à la fille du conte de War- 
vrich. » (Bibl. nat., Fr. 6759, fol. 444 v°. Cf. la Chronique de J. de 
Wavrin, édit. Dupont, III, 41.) 

2. Ces scellés devaient être remis au roi en exécution des arran- 
gements pris à Angers. ( Voy. ci-dessus, p. 98. Cf. D. Morice, Mém. 
pour servir de preuves à Vhist. de Bretagne, t. III, 211, et Dupuy, 
Hist. de la réunion de la Bretagne à la France, I, 245.) 



13$ LETTRES DE LOUIS XI. 

A nostre amé et féal conseiller et maistre denoz 
comptes maistre Jehan Bourré. 

DXIV. 

AU SEIGNEUR DE BRESSUIRE (d.). 

Ponts-de-Cé', 26 juillet 4470. 

Ordre de se hâter, afin d'avoir terminé avant son départ l'affaire 
pour laquelle le roi a envoyé vers lui le comte du Maine, mais 
d'en annoncer, quoi qu'il en soit, la conclusion au connétable. 
— (Publ. par Brantôme, les Vies des grands capitaines français, 
éd. Lalanne, t. II, p. 338, et par Lenglet-Dufresnoy, éd. de 
Gommines, II, 278, avec la date du 16 juillet.) 

Monseigneur de Bressuire*, vous sçavez comme j'ai 
à cueur la matière pour laquelle j'ay envoyé devers 
vous mon bel oncle du Mayne, et pour ce je vous prie 
que vous y besognez le mieux que vous pourrez, et 
tellement que avant vostre partement la chose soit con- 
clue. Et en quelque estât que la chose soit, escrivez 
avant icelui vostre partement à mon frère le connes- 
table que la chose est faicte, et y envoyez homme propre , 

1. Chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Angers (Maine-et- 
Loire). La Chronique scandaleuse relate en ces termes le motif de 
la présence de Louis XI dans cette localité : « Et tantost après la 
dicte nativité (de Charles VIII, le 30 juin 1470) le roy de Cécile, 
monseigneur de Guienne, monseigneur de Bourbon, de Lyon, 
Beaujeu, et aultres s'en alerent à Angiers, à Saumur, le Pont de 
Sée et autres lieux illec environ, pour trouver pacification et accord 
avec le duc de Bretaigne sur aucune question qui es toit entre le 
roy et le duc dessus dit, et illec demourerent par certain temps, 
et jusques à tant que appoinctement se trouva et fut fait entre 
eulx... » 

2. Jacques de Beaumont. Voy. sur lui, t. II, p. 331, la note i. 



LETTRES DE LOUIS XI. 133 

et vous prie bien qu'il n'y ait faute. Donné au Pont 
de Se, le xxvi e jour de juillet. 

Loys. 

De Ghensard 4 . 
DXV. 

AU DUC DE MILAN (v.)- 

Angers, 7 août 1470. 

Accusé de réception de sa lettre ; satisfaction du roi à la nouvelle 
de la « reformacion » de la ligue entre ledit duc, le roi de Naples, 
les Florentins et les autres puissances de l'Italie, à la pensée de 
prendre connaissance dudit traité et au renouvellement des sen- 
timents dévoués exprimés par le duc. — (Orig. Bibl. nat., 
F. ital. 1584 (Archivio Sforzesco), fol. 226. Commun, par M. Bruel. 
Publ. par Buser, Die beziehungen der Mediceer zu Frankreich 
wahrend der jahre 1434-1494, in ihrem zusammenhang mit deri 
allgemeinen verhaltnissen Italiens (Leipzig, 1879, in-8°), p. 445.) 

Très chier et très amé frère, nous avons receu voz 
lettres et oy ce que Sforce 2 nous a dit de bouche de 
vostre part touchant la bonne conclusion nouvelle- 
ment prinse sur la reformacion de la ligue que vous 
avez avec le roy Don Ferrant, les Florentins et 
autres d'Italie 3 ; laquelle chose, pour ce que, comme 

1. Ce nom de secrétaire, absolument nouveau pour moi, doit 
être une invention de Brantôme, qui nous a conservé cette lettre, 
et qui l'accompagne d'un commentaire non moins fantaisiste. 
Celui des secrétaires de Louis XI dont je crois reconnaître le nom 
ainsi travesti est Guillaume de Gerisay. 

2. Sforza de Bettinis, envoyé du duc de Milan auprès de 
Louis XI. 

3. Le renouvellement de la ligue entre Naples, Milan et Florence 
avait eu lieu au mois de juillet 1470, suivant Buser, op. laud., 
p. 446. 



134 . LETTRES DE LOUIS XI. 

croions, elle pourra tourner au bien et honneur de 
vous et de voz amis, nous a esté et est très agréable, 
ainsi que plus a plain avons chargé audit Sforce de 
vous rescrire et faire savoir. Et au regart des 
chappitres d'icelle ligue çt de voz ambaxadeurs que 
nous devez envoier, nous les verrons et orrons vou- 
lentiers. Et quant au bon et grant vouloir que vous 
avez à nous, et que dictes que voulez vivre et mou- 
rir François, nous y avons tousjours eu et avons 
plus que jamais ceste fiance, et nous en tenons bien 
seurs. Et semblablement vous povez tenir tout acer- 
tenné que de nostre part ferons tousjours le semblable 
envers vous. Et vous remercions de très bon cueur 
de ce que nous en avez escript, et aussi de nostre filz 
le daulphin. Donné à Ângiers, le vn me jour d'aust. 

LOYS. 

ÀLBERTUS. 

A nostre très chier et très amé frère le duc de 
Milan. 

DXVI. 

A GUILLAUME LE PIC ART ET A JEAN BOURRÉ (v.). 

Angers, 7 août 1470. 

Ordre de désigner c quelque homme bon seur et feable » pour 
contrôler la recette et remploi des fonds à provenir des francs 
fiefs et nouveaux acquêts de Normandie, attribués pour moitié 
à l'amiral et pour Tordre à « l'espargne de nostre guerre. » — 
(Orig. Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 43.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, puis nagueres nostre filz et côu- . 
sin le conte de Roussillon , admirai de France , a 



LETTRES DE LOUIS XI. 435 

envoyé par devers nous pour le fait de la commis- 
sion des francs fiefz et nouveaulx acquestz de nostre 
pais de Normandie, de laquelle lui avons pieça fait 
don. Et, comme nous croyons que savez, du consen- 
tement de nostre dit filz l'admirai, avons appoincté et 
ordonné que nous aurons et prandrons la moictié 
entièrement de tout le prouffit qui viendra de ladicte 
commission, et l'autre moictié luy sera baillée et 
délivrée. Et ja avons ordonné les deniers qui en vien- 
dront de nostre dicte moictié estre mis en l'espargne 
de nostre guerre, tant pour rambourser aucunes 
grosses parties qui en ont esté prises, que pour aider 
à supporter les affaires, qui, par guerre ou autrement, 
nous pourraient seurvenir, et que le trésorier de noz 
guerres fera recepte avecques les deniers de nostre 
guerre des deniers venans de ladicte commission, qui 
luy seront baillez par le receveur qui est ou sera 
commis à icelle. Et pour ce que avons bien interestz 
de savoir quelz deniers en viendront, et la forme de 
les lever, et comment l'on y procédera, affin que, soubz 
umbre de ladicte commission, exactions indeues ne 
se facent sur ceulx à qui Ton aura pour ce à besongner 
ne autrement, à la foule du peuple, nous voulons que 
sur ce parlez et communicquez à nostre dit filz et cou- 
sin l'admirai, lequel nous savons certainement qu'il 
veult et désire ladicte matière estre bien, loyaument 
et raisonnablement tractié et par bonne justice. Et 
pour vous advertir de ce que avons conclut et délibéré 
sur ce, nous voulons et entendons expressément que 
advisez quelque homme bon, seur et feable, qui soit 
pour nous au fait de ladicte commission, et sans lequel 
les commissaires ne puissent aucune chose appoincter 
ne besongner, ne que le receveur n'en puisse aucune 



1 36 LETTRES DE LOUIS XI. 

chose recevoir ne bailler quictances vallables, qui ne 
soient signées de celluy que y commectrez de par nous, 
lequel fera registre devers soy de tous lesdiz appoinc- 
temens et receptes et quictances dessusdiz; et que tout 
ce qui a esté fait jusques cy luy soit monstre, exibé 
et declairé, en manière que par luy puissons estre au 
vray adcertennez de tout ce qui est venu et viendra 
de ladicte commision, pour en prandre la moictié pour 
nous, et l'autre moictié voulons sans quelconque diffi- 
culté eStre baillée et délivrée à nostre dit filz l'admirai. 
Aussi voulons que aux commissaires soit tauxé salaire 
raisonnable, ou autrement appoincté avecques eulx, 
ainsi qu'il sera advisé pour le mieulx, et en manière 
que les deniers de ladicte commission ne soient con- 
sumez autrement que par raison. Au seurplus, qu'on 
advise bien que aucuns abuz ne exactions indeues ne 
se facent, et la moictié de tous les deniers qui viendront 
de ladicte commission, les fraiz raisonnables deduitz 
sur le totage (ficelle, faictes le seurplus de ladicte 
moictié bailler et délivrer à nostre amé et féal Noël 
Labarge, trésorier de noz guerres. Et affin qu'on n'y 
face difficulté, nous vous envoyons noz lettres patentes 
pour commectre ledit homme de par nous, et pour 
faire bailler audit trésorier des guerres ladicte moictié 
venant à nous, et l'autre moictié à nostre dit filz l'ad- 
mirai. Et advisez bien que le receveur qui est ou sera 
de ladicte commission soit seur, et que tes deniers 
qu'il recevra se puissent seurement recouvrer sur luy. 
Si vous mandons expressément que ainsi le faictes, et 
que y besongnez en toute diligence, comme nous y 
avons la confiance. Donné à Angers, le VII e jour d'août. 

Loys. 

Flameng. 



LETTRES DE LOUIS XI. 137 

À noz amez et feaulx conseillers maistres Guillaume 
Le Picart*, gênerai de noz finances, et Jehan Bourré, 
maistre de noz comptes. 

DXVU. 

AU CHANCELIER ET AUX MEMBRES DU GRAND CONSEIL 

€ ESTANS A TOURS. » (D.). 

Angers, 16 août 1470. 

Ordre d'examiner la bulle du pape Paul H, • contenant certaine 
forme de nouvelle et religieuse fraternité ou confrairie de la 
paix universelle, i et de lui signaler les modifications qu'il y 
aurait lieu de lui faire subir, avant d'en autoriser la publica- 
tion. — (Copie. Bibl. nat., Dupuy 762, fol: 59.) 

Noz amez et feaulx, autresfois et puis naguieres 
vous avons fait communiquer unes bulles et lettres 
apostoliques de nostre Saint Père le pape Paule*, con- 

1. Voy. ci-dessus, p. 112, la note 2. 

2. Le copiste du manuscrit 762 de Dupuy fait suivre la lettre 
du roi d'une analyse de cette bulle. Cette analyse est ainsi con- 
çue : « Le pape, après avoir remonstré le progrès du Turc sur la 
chrestienté, que les divisions qui estoient entre les princes chres- 
tiens lui donnoit (sic) de la force, exhorte lesdits princes à s'unir 
pour faire la guerre à cet ennemy commun. Pour y parvenir, il 
establit une confrairie, quae pacis et caritatis felicissimae universo- 
rum fidelium nuncupatur; qu'en ceste confrairie Sa Saincteté y 
entrera, les cardinaulx, archevesques, evesques, abbez, bref, tous 
ceux qui sont constituez en quelque dignité ecclésiastique; pour 
les séculiers, l'empereur, les rois, princes, marquis, comtes, barons 
et grands et les plus apparens babitans des villes ; que chascun 
contribuera pour l'eflect de la confrairie, sçavoir : le pape, 400 flo- 
rins d'or de la chambre, sive libras turonensium parvorum; chacun 
cardinal, 200 ; patriarche et archevesque, 100 florins; evesque, 50; 
chacun abbé, 30; archidiacres, doyens et autres ecclésiastiques 
en dignité, 20 florins chacun ; les chanoines et clers, 10 florins 



1 38 LETTRES DE LOUIS XI. 

tenant certaine forme de nouvelle et religieuse frater- 
nité ou confrairie de la paix universelle , lesquelles 

chacun; l'empereur, 300 florins; chaque roy, 200 florins; princes 
et ducs, 100; marquis et comtes, 50; barons et grands, 30; nobles 
et habitans notables, 10 florins ; qu'il y aura en chaque diocèse 
un prieur qui présidera à tous les confrères, et un provincial en 
chacune province, et en chacune nation ou langue, un gênerai; et 
ces supérieurs seront eleuz par les confrères, et par dessus tous 
un cardinal, qui sera vicaire gênerai, auquel tous obéiront, et ledit 
cardinal sera choisy par le pape; que les présidons pourront estre 
clers et lais, mais que les lais auront des vicaires qui seront clers 
pour contraindre par censures les négligeas et rebelles ; oblige les 
confrères au secret; ceux qui auront differens, s'ils ne s'accom- 
modent, ilz y seront contrains par censures ecclésiastiques. Les 
confrères allans pour les affaires de la confrairie porteront un 
manteau sur lequel il y aura une croix ; aucun confrère n'ira à la 
guerre que pour la défense de son maistre, seu a naturali domino 
requisitus pro bello licito et permisso. Les dons des confrères seront 
gardez par les prieurs des diocèses. Se tiendra chapitre une fois 
l'an en chascun diocèse; le chapitre provincial tous les deux ans, 
et le vicaire général tiendra son chapitre gênerai de trois en trois 
ans. Dans ce chapitre gênerai se doivent traicter les affaires de la 
chrestienté et particulièrement de la confrairie. Suit le serment 
que faisoit chascun confrère, lorsqu'il estoit admis à la confrairie : 
Ego... offero me omnipotenti Deo, pacis et caritatis autori, beatae 
quoque et intemeratae Maria» semper virginis (sic) et omnibus 
sanetis aeterna paee fruentibus, necnon fraternae et dévote socie- 
tati felioissimae pacis et coneordiae; promittoque et juro ab hae 
hora in antea nunquam me in querelis propriis sensui meo, sed 
proborum virorum aut judicum per confratres meos eligendorum 
consilio, dictamini atque judicio acquiescere, aliorum dissensiones, 
guerras et simultales, ne emergant, pro posse meo impedire et ewor- 
tas sedare, pacem vero, unitatem et fraternam dilectionem omnium 
christianorum, tam clericorum quam etiam laieorum, et praedpue 
proximorum, amicorum, et notorum reconeiliationem, quotiens mihi 
constiterit eos ad invicem dissidere, omni tempore procurare et 
nutrire; sécréta vero partiumper me reconciliandarum nunquam 
pandere, suspecta consortia de conspiratione aut monopolio adversus 
Sanctam Romanam Ecclesiam, ac Sanctissimum dominum Pau* 
lum, divina providentia papam II, ejusque successores eanonice 



LETTRES DE L0U18 XI. 139 

vous a voit envoiées nostre très chier et très amé oncle 
le roy de Sicile par son confesseur, et paravant nous 
en avoit parlé le seigneur de Nogent 4 , de paf nostre dit 
onde. Et pource que ceste matière est nouvelle et de 
grant bien et conséquence, ainsi qu'il nous semble, et 
que désirerions de tout nostre cueur icelle sortir et 
avoir son plain effect, nous vous mandons et enjoi- 
gnons, très expressément, que les dictes bulles et 
lettres apostoliques voyez et faictes voir en nostre grant 
conseil bien assemblé de article après autre, pour 
entendre le fait de ladicte confrairie; car combien, 
ainsi que avons entendu, la matière et fait d'icelle 



intrantes, aut libertatem ecclesiasticam, ceterosque ecclesiarum 
praelatos, necnon reges, duces, principes et dominos catkolicos 
penitus evitare, et si quicquam de hiis, que ipsorum personis aut 
dignitati, statut, dominiis, honori seu bonis officere possunt, ad 
mei notitiam devenerit, illud non detractorie aut negligenter, sed 
fideliter et caritative ad finem optimae provisionis vel emendationis 
superioribus confraternitatis revelare; quibus etiam obedientiam, 
salvo statu meo, polliceor, ad intentionem et observantiarn ordina- 
tionis et statutorum ejusdem domini Pauli, pacis et concordiae 
hujusrnodi funda torts, ac aliorum de communi fratrum consensu 
statuendorum. Ita me Dêus adjuvet et haec sancta Dei evangelia... 
Après cela, il dit que les confrères pourront choisir tel confesseur 
qu'ilz voudront, qui les absoudra de tous cas, mesme reservez au 
Saint Siège. » (fiibl. nat., Dupuy 762, fol. 60.) Dupuy ajoute que 
la copie de cette bulle, qui a été sous ses yeux, portait la date sui- 
vante : « Dat. Romae millesimo quadringentesimo sexagesimo 
nono, kL novembris, pontiâcatus anno 6. » (Ibid., fol. 59 v°.) 

1. Saladin d'Anglure, sire de Nogent, d'Estoges et de Mouli- 
herne, membre du conseil ordinaire et résidant en la ville d'An- 
gers, institué par le roi René, le 8 mai 1453, son chambellan et 
chevalier de son ordre du Croissant. Il jouissait de la confiance la 
plus grande de son maître, qui lui réservait une chambre dans sa 
maison de campagne de la Ménitré. (Lecoy de la Marche, Le roi 
René, passim.) 



» 



I 



140 LETTRES DE LOUIS XI. 

confrairie ayent esté délibérez en consistoire et conclu 
par ledit Saint Père après grande délibération eue sur 
ce ; neantmoins nous voulons avant que procedder plus 
avant, ne icelle publier ou faire publier en nostre 
royaume, les dictes choses estre veues bien au long et 
délibérées par vous, et s'il y avoit aucune chose par- 
ticulière qui fust aucunement derogant ou préjudiciable 
à nous, ou que en aucuns poins d'icelle fust requise et 
nécessaire modification ou interprétation , mettez par 
escript ce qui sera à faire, et nous le ferons reformer, 
se besoing est, à toute diligence ; car la matière en soi 
nous revient très bien, et sommes délibérez, euz sur 
ce voz ad vis et opinions, la faire mectre à exécution 
et icelle faire publier le plus solennellement que faire 
ce pourra. Donné à Angers, le XVI e jour d'aoust. 

Loys. 

Bourré. 

A noz amez et feaulx les chancellier et gens de 
nostre grant conseil estans à Tours. 

DXVIII. 

A L'AMIRAL DE FRANCE (d.). 

Avranches, 28 août 1470. 

Ordre de retirer une « hurque » bourguignonne, dût-on la mettre 
en pièces, coulée dans le port de Harfleur, sinon d'en payer le 
prix aux Bourguignons et d'en utiliser les débris. — (Arch. 
d'Harfleur, arm. 1. Publ. par M. de Frévilie, Mémoire sur le 
commerce maritime de Rouen (Rouen et Paris, 1857, in-8°), 
t. II, 362.) 

Mon filz, les gens de Harrefleu m'ont escript qu'il 



LETTRES DE LOUIS XI. 441 

y a une hurque 1 qui est à terre dedens le rieu* du 
hable, laquelle on ne peut tirer hors sans la mectre 
par pièces, et que si elle demeure là après la creue 
des eaues, elle pourra nuyre et gaster ledit hable. 
Et pour ce, je vous prie, que vous envoiez audit Har- 
refleu gens à ce cognoissans, pour savoir se on pour- 
rait tirer ladicte hurque sans la mectre par pièces. 
Toutesvoyes se ainsi estoit que on ne la peust tirer et 
qu'elle endommagast ledit hable, qu'on la face tirer 
la plus entière qu'on pourra, et la face mectre en 
quelque lieu pour la rendre et bailler en temps et lieu 
aux Bourgongnons de qui elle estoit ; et ce qu'on en 
pourra tirer le approuffiter et mectre en lieu seur, pour 
le leur rendre quant besoing sera, ou la valeur. Escript 

à Avranches 3 , le xxvin 6 jour d'aoust. 

Lovs. 

A mon filz l'admirai. Meurin. 

DXIX. 

ÀU GRAND MAITRE (d.). 

Avranches, 31 août 1470. 

Retour du roi du Mont-Saint-Michel; ravages des Bourguignons à 
l'embouchure de la Seine ; son intention de s'y rendre pour prendre 

1. Nom d'un navire de transport. Jal, Dictionnaire nautique 
(Paris, 1848, in-4-). 

2. C'est ce que nous appellerions aujourd'hui le chenal du port. 

3. La preuve que le roi était à Avranches le 28 août 1470 résulte 
du passage suivant de ses comptes : « A Jehan Lobin, dit Ver- 
mendoiz, poursuivant d'armes du roy..., la somme de vin t. xvi s. 
ni d. t. pour ung voiage que ledit seigneur lui ordonna fere partant 
d' Avranches, le xxvin me jour dudit moys d'aoust (1470), à Alençon, 
devers le bailly dudit lieu... porter lettres closes d'icellui sei- 
gneur. i (Bibl. nat., Pr. 6758, fol. 60.) 



44S LETTRES DE LOWfl XI. 

les mesures de défense nécessaires; ordre donné de rassembler 
à cet effet àHarfleur les forces du grand maître, celles du gou* 
verneur de Roussillon, du seigneur de Craon, de Salazart, de 
Gapdorat, et les francs -archers, sauf contre -ordre en cas de 
retraite du duc de Bourgogne. — (Copie du temps. Bibl. nat. 9 
Mélanges de Glairambault 481, fol. 249 v°. Publ. par Lenglet- 
Dufresnoy, édit. de Gommines, II, 237.) 

Monseigneur le grand maistre, du retour de mon 
voyaige de Saint Michel, je arrivé en ceste ville lundi 
dernier, et incontinant que fus descendu, j'eus nou- 
velles de l'admirai, du gouverneur de Roussillon, et 
autres qui sont à Harfleu et Honnefleu, que les Bour- 
guignons estaient tousjours là, qui faisoient guerre, 
bruloient plusieurs maisons et vesseaulx près de la coste 
de la mer, prenoient pescheurs, et lesdiz vesseaulx 
garnis de vivres bruloient, tuoient gens et prenoient 
prisonniers; et mesmement ung vaisseau qui venoit 
de Rouan, chargé de marchandises ont prins et retenu, 
et envoyé le maistre pleige de la finance des autres 
hommes qui estoient dedans. Et semble que veu les 
manières que font lesdiz Bourguignons, qu'ilz attendent 
plus grant puissance, soit d'Angleterre ou d'ailleurs, 
pour descendre et venir par mer et par terre combatre 
mes gens et monseigneur de Vuarvich. Vous sçavés 
quelle foulle ce me seroit, s'ilz n'y trouvoient bonne 
resistence. Et pour ce ne m'en suis pas volu retourner 
jusques à ce que j'aye veu la fin de ceste besongne, et 
me suis délibéré d'aller là en personne, pour résister 
à leur puissance et faire ce que l'on verra estre à faire ; 
et demain m'en pars d'icy pour y tirer tout droit. 
Et pour le faire plus seurement, j'ai mandé à voz gens 
qu'ilz se tirent à moy audit lieu de Harfleu, à ceulx 
du gouverneur de Roussillon, du seigneur de Craon 



LETTRES DE LOUIS XI. U3 

et de Sallezart, pour ce que sont oeulx qui sont les plus 
près d'icy. Aussi j'ay mandé à Gadorat et tous ses 
frans archiers, et si en chemin j'ay nouvellez que 
les diz Bourguignons s'en soient partiz, incontinant 
coatreroanderai vos diz gens et les autres aussi, et 
leur ferai sçavoir. Et pleust à Dieu que vous y fussiés 
quand je y serai ; car si j'eusse sceu ceste adventure, 
je ne vous eusse pas lessé aller. Je vous ferai sçavoir 
de ce qu'il surviendra, aussi me faictes sçavoir pareille- 
ment de vostre costé. Donné à Avranches, le premier* 

jour d'aoust. 

Loys. 

Leclerc. 

A nostre cher et amé cousin le conte de Dampmartin, 

grant maistre d'ostel de France. 

DXX. 

AUX HABITANTS d'hàRFLEUR (v.)« 

Amboise, 26 septembre 1470. 

Bonnes nouvelles reçues par le roi de la tentative de débarque- 
ment du comte de Warwick en Angleterre ; ordre de faire bon 
accueil aux Anglais de son parti qui pourraient se trouver dans 
leur ville. — (Orig. Arch. de Honfleur. Commun, par M. de 
Beaurepaire.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, nous avons présentement eu 
bonnes nouvelles de nostre très chier et amé cousin le 

4. « Je crois, » dit avec raison M Ue Dupont, c que cette lettre, 
dont Lenglet n'indique ni la source, ni le millésime, est de 1470, 
mais du dernier et non du premier jour d'août, car, le 1 er août, le 
roi était à Angers. D'ailleurs on Ut dans la Chronique scandaleuse 



4 44 LETTRES DE LOUIS XI. 

conte Warvik 1 . Et pouroe que nous voulons que tous { 

Ânglois tenans son party soient bien traictez en noz 

pays et seigneuries nous vous mandons que s'il vous 

en vient aucuns tenans le dit party par delà, vous les 

veuillez bien traicter et recueillir en leur faisant tout 

le plaisir que vous pourrez. Donné à Amboise, le 

xxvi 9 jour de septembre. 

Loys. 

Tilhârt. 

A noz chiers et bien amez les bourgois, manans et 
habitans de Harfleu. 

DXXI. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS (P.). 

Amboise, 26 septembre 1470. 

Ordre de vérifier et expédier à Ymbert de Batarnay, seigneur du 
Bouchage, les lettres du don à lui fait par le roi des seigneu- 
ries de Salles-Comtals, Rignac, la Métairie de la Vessette et 

qu'en 1470 < le roy qui estoit à Amboise s'en partit et ala au 
Mont-Saint-Michel en pèlerinage, et après s'en revint et retourna à 
Avranches, Tombelaine, Coustances, Honnefleu et autres places 
de la Normandie. » Or, d'après son itinéraire, ce fut un lundi, le 
27 août, que le roi arriva à Avranches, comme il le dit au com- 
mencement de la présente lettre; le 28 on le trouve au Mont- 
Saint-Michel et encore à Avranches. (Cf. ci-dessus, p. 140, la 
lettre adressée ce jour-là et de cette localité à l'amiral.) Il ne 
quitta cette ville que le 31 août. » 

1. Warwick avait débarqué en Angleterre le 13 septembre pré- 
cédent, et s'était fait immédiatement un assez grand nombre de 
partisans pour contraindre le roi Edouard IV à s'enfuir dans les 
états du duc de Bourgogne. (Basin, Historiarum Ludovici II lib. m, 
cap. vi; t. II, 244 et suiv. Cf. Wavrin, Anchiennes Croniques d'En- 
gleterre, 6 e part., liv. VI, chap. zv; édit. Dupont, 111,45 et suiv.) 



LETTRES DE LOUIS XI. US 

du commun de paix levé c es dictes seigneuries » et dans les 
bailliages de Conques et de Sauveterre. — (Orig. Bibl. nat., 
Fr. 6964, fol. 24.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, nous avons par noz lettres 
patentes signées de nostre main, et pour les causes 
dedans contenues, donné, cédé, transporté et délaissé 
à nostre ami et féal conseillier et chambellan Ymbert 
de Batarnay , escuier , seigneur du Bouschaige, les places, 
terres et seigneuries de Salles, Contais, Rinhac et la 
Mestaierie de la Yessete, avec le commun de la paix 
qui a acoustumé estrelevé en icelles terres et seigneu- 
ries, leurs appartenances et appendences, et aussi es 
bailliages de Conques et de Sauveterre 1 , ainsi qu'il est 
plus à plain contenu es dictes lettres, lesquelles nostre 
dit conseillier et chambellan a entencion de vous pré- 
senter ou faire présenter et d'icelles requérir l'entéri- 
nement et expedicion. Et pour ce que nostre plaisir 
est que nostre dit conseillier et chambellan joisse entiè- 
rement et paisiblement de noz diz don et transport, 
nous vous mandons et enjoingnons bien expressément 
que nosdictes lettres vous vérifiiez et expédiez à icelluy 
nostre conseillier et chambellan ; et du contenu en 
icelles le faictes, souffrez et laissez joir et user paisi- 
blement sans y faire quelque refuz ou difficulté, car 
tel est nostre plaisir. Donné à Àmboyse, le xxvi* 6 jour 
de septembre. 

LOYS. 

Flameng. 

Apporté le 12« octobre 1470. 

1. Voy. ci-dessus, p. 81, note 2, l'indication des lettres du roi 
en date du 3 février 1470 , nommant le seigneur du Bouchage 

ïv ' 10 



146 LETTRES DE LOUIS XI. 



DXXII. 

AUX LYONNAIS (y.). 

Amboise, 28 septembre 1470. 

Ordre d'envoyer à Tours deux marchands de leur ville à l'assem- 
blée qui y est convoquée le 20 octobre suivant, pour aviser aux 
moyens de développer le commerce du royaume, et défense de 
trafiquer avec les États du duc de Bourgogne. — (Orig. Arch. 
de Lyon, AA 23, n° 13. Copie du temps. Arch. de Poitiers, BB 5. 
Publ. dans les Archives historiques du Poitou, I, 173.) 

De par le roy. 

Ghers et bien amez, pour ce que, entre autres chouses 
touchant le bien et utillité de la chouse publicque de 
nostre royaume, le fait de la marchandise est l'un des 
principaulx membres pour le soustenement de noz 
subgectz, par quoy de tout nostre cuer desirons donner 
bon ordre et provision à l'entretenement, seureté et 
conduicte d'icelluy, et obvier aux pertes et dommaiges 
qui puis naguieres sont advenues et encores pourraient 
avenir sur noz subgectz, se bon ordre n'y estoit don- 
née, nous par grant et meure deliberacion de conseil, 
avons ordonné faire assembler en nostre ville de Tours 
certain nombre de bons et notables marchons et autres 
gens entenduz d'aucunes bonnes villes de nostre dit 
royaume, pour ad viser les moiens qui seront à tenir 
touchant les chouses dessusdictes, à ce que ledit fait 
de marchandise se puisse doresenavant plus seurement 

administrateur de ces seigneuries sous la main du roi en atten- 
dant les lettres de donation, dont Louis XI ordonne ici la vérifi- 
cation et l'expédition à la Chambre des comptes. 



LETTRES DE LOUIS XI. 147 

faire et excercer en lieux seurs de nostre obéissance, 
et que nosdiz subgectz puissent moiennant l'aide de 
Dieu plus prouffiter et vivre en seureté soubz nous. 
Si voulons et vous mandons que de ceulx de nostre 
ville et cité de Lyon vous eslisez et choississez deux 
des mieulx entenduz et plus congnoissans en telles 
matières, et iceulx envoiez par devers nous en nostre 
ville de Tours dedans le xx me jour d'octobre prouche- 
nement venant, pour illec nous conseiller selon leur 
loyautez et consciences touchant le fait et conduicte 
de ladicte marchandise. Et au seurplus, pour ce que plu- 
sieurs biens, denrées et marchandises que noz subgectz 
avoient mené, envoyé et achapté es pays de beau frère 
de Bourgoigne, cuidans y trouver la seureté qu'ilz 
dévoient, ont par le dit beau frère, sans cause raison- 
nable, esté prins ou fait prandre, nous voulans pourveoir 
que telz inconveniens ou dommaiges ne adviengnent 
sur nos diz subgectz, vous advertissons que jusques à 
ce que nous ayons prins conclusion sur lesdictes chouses, 
et que par nous autrement en soit ordonné, nous ne 
voulons que aucuns marchans de nostre royaume 
voisent ne envoyent marchander es pais de Flandres 
ne autres estans soubz ledit beau frère de Bourgoigne, 
soit à foire, ne autrement. Et voulons que le signifiiez 
ou faictez signiffier publiquement et à son de trompe 
en nostre dicte ville, en faisant assavoir que tous ceulx 
qui seront trouvez faisant le contraire seront pugniz 
estroictement, comme transgresseurs de noz comman- 
demens et ordonnances. Donné à Amboise, le xxvm e jour 

de septembre. 

Loys. 

Demoulins. 



U8 LETTRES DE LOUIS XI. 

Tradile et presmtate per Mondonem Amart, hostiarium armorum 
domini nostri régis, et portitorem, die II octobris Jf° 1111* LII mo . 

Mathei. 
Item publicate die III ejusdem mensis, anno eodem. 



DXXIII. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES (d.). 

Amboise, 1 er octobre 1470. 

Ordre d'enregistrer les lettres patentes en date du même jour, 
accordées, en confirmation de lettres antérieures, à Marie de 
Villebresme, veuve de feu Jean Chardon, trésorier du feu duc 
d'Orléans, pour la tenir quitte de la somme de 488 1. 8 s. t. 
rayée des comptes de son mari. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 6964, 
fol. 25.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, nous avons aujourd'uy octroyé 
noz lettres patentes signées de nostre main à nostre 
bien amée Marie de Villebresme ! , vesve de feu maistre 
Jehan Chardon, en son vivant trésorier de feu nostre 
oncle le duc d'Orléans, à ce que, nonobstant certaine 
radiacion par vous faicte sur aucuns comptes dudit 
feu Jehan Chardon 2 de la somme de quatre cens quatre 

1. Les Villebresme étaient une famille que l'on trouve pendant 
toute la durée du xv e siècle au service du duc d'Orléans, comme 
Jean Chardon, qui prit pour femme une de leurs filles, mais il ne 
m'a pas été possible de déterminer lequel d'entre eux a été le père 
de Marie dont il est ici question. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 3005, 
dossier Villebresme 66719. 

2. Secrétaire, puis maître de la chambre aux deniers du duc 
d'Orléans, en vertu de lettres de celui-ci datées de Calais le 27 juin 
4439, rappelées dans d'autres lettres dudit duc, datées de Blois, 
le 20 octobre 1443 (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 678, dossier Char- 
don 15886, n° 10). Il fut nommé par autres lettres du duc données 
à Paris, le 20 décembre 1444, trésorier et receveur général de 



LETTRES DE LOUIS XI. 149 

vings huit livres, huit solz tournois, que par noz autres 
lettres patentes, aussi signées de nostre main, avons 
à icelle vesve donnée, elle demoure quicte et paisible 
(ficelle somme, ainsi qu'il est plus à plain contenu es 
dictes lettres. Et pour ce que nostre plaisir est que 
ladicte vesVe joysse entièrement de nostre dit don, 
selon la forme et teneur de nos dictes premières et 
secondes lettres, et nonobstant la responce et autres 
choses par vous alléguées plus à plain contenue en 
icelles noz secondes lettres, nous vous mandons, com- 
mandons et expressément enjoignons, que sans plus y 
faire de reffus ou difficulté, vous vérifiiez et interinez 
à icelle vesve nos dictes secondes lettres, et en ce fai- 
sant, la faictes tenir quicte et paisible de ladicte somme 
de 1111 e mi" xvin 1. vin s. t. 1 ; et tellement y faictes 
qu'elle n'ayt plus cause de retourner pour ceste cause 
devers nous; car tel est nostre plaisir. Donné à 
Amboyse, le premier jour de octobre. 

Loys. 

Flâmeng. 

Apportées le samedi 17 e novembre 1470*. 



toutes ses finances (lbid. t n<> 12). Sa femme était veuve dès le 
27 juin 1470, d'après une quittance donnée par elle à cette date à 
Michel Gaillard, successeur de son mari (Ibid., n° 31). 

1. Il y a évidemment, soit ici, soit dans l'indication antérieure 
du chiffre de la somme dont le roi fait remise, une erreur du copiste, 
celui-ci donnant pour la première fois le chiffre 488 et pour la 
seconde le chiffre 498. 

2. Cette môme lettre figure parmi les copies de Legrand, Fr. 6977, 
fol. 230 ; mais très incorrectement transcrite, et avec la date erro- 
née du 15 octobre. 



1 50 LETTRES DE LOUIS XI, 



DXXIV. 



a l'archevêque de trêves (v.)- 

Montils-lès-Tours, 3 octobre 1470. 

Accusé de réception d'une lettre de l'archevêque; intention du roi 
de continuer à entretenir avec lui leurs anciennes relations de 
bonne amitié. — (Orig. Coll. de M. Et. Gharavay.) 

Ludovicus, Dei gratia Francorum rex. Garissime 
consanguinee, ad nos in presenciarum delate sunt lit— 
tere ab amicitia vestra nobis carissima per exhibitorem 
presencium nuper conscripte, mentem vestram super 
eis que per prius vobis per aliquos e nostris enunciarî 
feceramus satis reserantes, in quo vos prudenter et 
consulte procedere velle intuemur. Chillam 1 vero 
amicitia m, quam domini progenitores nostri, Franco- 
rum reges christianissimi, erga vestros predecessores 
jugiter habuerunt rem pretactam vobis detegere per- 
suasum habuimus, quam utique erga vos et domum 
vestram continuare semper exoptamus, ac eadem in 
amicicia cum omnimodis favoribus ex corde amodo 
adherere. Datum in Montiliis prope Turonis, die tercia 

mensis octobris 2 . 

Loys. 

Meurin. 

1. Sic, pour « illam. » 

2. Cette lettre se rattache, à ce qu'il semble, à la politique 
inaugurée vers 1469 par Louis XI et qui consistait à mettre aux 
prises Charles le Téméraire avec les forces de l'Allemagne pour 
détourner son ambition de la France. (Voy. dans B. de Mandrot, 
Relations de Charles VII et de Louis XI, rois de France, avec les 
cantons suisses (1444-146 1, 1461-1483), pp. 80 et suiv., le récit des 
négociations engagées par le roi pendant les années 1469 et 1470 
pour arriver à une entente avec les Suisses contre le duc de 



LETTRES DE L0UI8 XI. 151 

Garissimo consanguineo nostro archiepiscopo trevi- 
rensi, romani imperii coelectori * . , 

DXXV. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Montils-lès-Tours, 4 octobre 1470. 

Accusé de réception de ses lettres, auxquelles il lui envoie une 
réponse par Pierre Cléret; ordre de pourvoir au logis de ses 
gens d'armes de façon qu'ils c ne foulent le pais ; » publication 
par Je duc de Bourgogne d'un mandement où il € veult tenir 
termes de roy ou royaulme de France ; » ordre de venir trouver 
le roi pour y « adviser. » — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2913, fol. 11.) 

Monseigneur le grant maistre, j'ay reçeu plusieurs 
de voz lettres, à quoy je vous faiz responce par Pierre 
Cleret 2 , lequel je vous renvoyé. 

Au surplus, j'ay fait le logiz de voz gens d'armes, 

Bourgogne.) Ces négociations aboutirent au traité signé entre les 
Suisses et les ambassadeurs de Louis XI le 13 août 1470, et en 
vertu duquel les parties contractantes s'engageaient réciproquement 
à ne prêter aucun concours au duc de Bourgogne s'il attaquait 
l'une d'entre elles. Le 23 septembre 1470, à Tours, le roi ratifia et 
scella ce traité, et, le 24 octobre, Berne le notifia à ses alliés en les 
invitant à en revêtir l'instrument de leurs sceaux respectifs 
{Amtliche sammlung der Eidgenôssischen abschiede, II, 908 et suiv.). 
C'est en s'inspirant des mêmes idées que Louis XI engageait, avec 
l'archevêque de Trêves, les négociations dont il est question dans 
notre missive. Il est bon d'en rapprocher une « Instruction » 
donnée en janvier 1471, c'est-à-dire trois mois plus tard, à « Jehan 
de Nyvenhen, escuyer, huissier d'armes du roy,... de ce que 
ledit seigneur lui a chargé faire devers messeigneurs les arche- 
vesques de Cologne, de Trêves et ailleurs, es Almagnes où il l'en- 
voyé présentement. • (Bibl. nat., Franc. 6978, fol. 43.) 

1. Jean II de Bade, archevêque de Trêves de 1456 à 1503. (Art 
de vérifier les dates, ni, 307-308.) 

2. Voy. sur lui la note 2 de la page 78. 



152 LETTRES DE LOUIS XI. 

ainsi que saurez par ledit Pierre Cleret. Je vous prie, 
sur tout le plaisir que vous me voulez faire, que incon- 
tinent vous les mandez et faictes tirer en toute dili- 
gence en leurs logiz, afin qu'ilz ne se[journ]ent et 
foulent le pais. Et vous prie que vous en venez le plus 
diligemment que vous pourrez devers moy ; car l'on 
m'a envoyé le double d'un mandement que le duc de 
Bourgogne a donné, lequel double je vous envoie ; et 
par icelui congnoistrez comme ledit duc de Bourgogne 
veult tenir termes de roy ou royaume de France comme 
moy i . Par quoy est besoing que vous soiez icy le plus 
tost que possible sera pour estre présent [et advjiser 
et donner la provision que Ton verra estre nécessaire. 
[Et a]dieu Monseigneur le grant maistre. Escript aux 

Montilz, le un e jour d'octobre. 

Loys. 

J. Leclerc. 
DXXVI. 

AUX HABITANTS DE REIMS (V.). 

L'Isle Bouchard, 19 octobre 1470. 

Notification du rétablissement de Henri VI sur le trône d'Angle- 
terre ; ordre de faire des processions et de faire dire des messes 
en action de grâces de cet heureux événement. — (Orig. Arch. 
mun. de Reims. Commun, par M. Demaison. Copies. Bibl. nat., 
D. Grenier, 89, fol. 299; Doat 104, fol. 221 v«. Publ. par Qui- 
cherat, Collect. des doc. inéd. Mélanges historiques, I, 683.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, pour ce que tousjours desirons 

1. Le double du mandement dont il est fait ici mention avait 
été envoyé au roi par le comte d'Eu, comme on le voit dans une 
lettre de celui-ci adressée au roi le 13 juillet 1470 (voy. Pièces 
justificatives, n° VII). 



LETTRES DE LOUIS XI. 153 

bien advertir noz bons et loyaulx subgetz des choses 
qui sourviennent touchant l'onneur et félicité de nous 
et de nostre royaume, nous vous signifiions, que grâces 
à Nostre Seigneur, et par l'intercession de la glorieuse 
Vierge Marie, sa benoite mère, à laquelle pour ceste 
cause nous estions vouez au lieu de nostre Dame de 
Selles en Poictou 1 , puisnagueres très hault et puissant 
prince nostre très cher et très amé cousin germain le 
roy Henry d'Angleterre 2 , par le moien et ayde de noz 
très chers et amez cousins les duc de Glerence et conte 
de Warvik, ausquelz avons donné pour ce faire toute 
faveur, confort et ayde, a esté délivré de la prison où 
il estoit injustement détenu par Edouart de la Marche, 
nostre adversaire et le sien, qui, contre raison et justice, 
avoit usurpé le royaume et couronne d'Angleterre sur 
le dit roy Henry, nostre cousin, la querelle duquel 
comme juste, saincte et raisonnable, nous avons sous- 
tenu et sommes délibérez de porter et soustenir comme 
nostre propre fait. Et pour ce que, moyennant les 
choses dessus dictes et l'affection que avons à la dicte 
querelle, la guerre qui longtemps a esté entre les deux 
royaumes de France et d'Angleterre est à présent ces- 
sée, et en disposition de bonne paix et union, qui est 
Tune des choses ou monde que plus on doit désirer 
pour l'onneur de Dieu, pour la tuicion et deffence de 
la saincte foy catholique, pour le bien de nous et de 
tous les dis royaumes et de la chose publicque d'iceulx, 
nous, voulans dévotement recongnoistre envers Dieu, 
nostre créateur, et sa dicte glorieuse mère, la grâce 

1. Louis XI s'y était trouvé du 21 au 24 avril précédent. 

2. Henri VI était le fils de Catherine de France, sœur de 
Charles VII. 



154 LETTRES DE LOUIS XI. 

et beneffice qui en ce nous est advenue, avons déli- 
béré et ordonné de faire par toutes les citez; églises 
kathedralles, et autres notables églises et bonnes villes 
de nostre royaume, rendre grâces et louanges à Dieu 
et à Nostre Dame. Si vous prions, et neantmoins man- 
dons, que pour considération des choses dessus dictes 
et du veu que, comme dit est, avons fait au lieu de 
Nostre Dame de Selles, où nous alons présentement, 
vous, par trois jours entiers continuelz, faictes faire 
processions générales, et chanter et célébrer messes, 
les plus sollempnelles que pourrez, de la glorieuse 
Vierge Marie, mère de Dieu, durant les dis trois jours, 
tout le peuple cessant de euvres terriennes et vacquant 
à rendre grâces et louanges à Dieu et à Nostre Dame, 
par le mérite et intercession de laquelle Dieu, nostre 
créateur, a envoyé ceste félicité, et que en ce n'ait 
aucune faulte. Donné à l'Isle Bouchart 1 , le xix 6 jour 
d'octobre. 

Loys. 

Delaloere. 

A noz chiers et bien amez les gens d'esglise, bour- 
geoiz et habitans de nostre ville et cité de Reims. 

Le w jour de novembre Van mil CCCCLII, ces présentes furent 
apportées et présentées à messeigneurs les gens d'église, eschevins, 
bourgois et habitans de la ville et cité de Reins, par Mathieu Fonte- 
net, chevaulcheur de Vescuirie du roy nostre sire 2 . 

1. Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Chinon (Indre- 
et-Loire). 

2. La même lettre fut adressée notamment à l'évéque et aux 
habitants d'Uzès, à ceux de Laon. Ge dernier exemplaire a été 
transcrit dans la collection Moreau (vol. 255, fol. 79) et dans 
D. Grenier, 89, fol. 299, avec la date erronée du 10 octobre. 



LETTRES DE LOUIS XI. 155 



DXXVII. 

AU GOUVERNEUR DE MONTPELLIER (D.). 

Montreuil-Bonnin, 21 octobre 1470. 

Accusé de réception de sa lettre ; ordre de prendre pour règle de 
sa conduite la réponse faite par le roi à Adam Fumée quand le 
pape le lui envoya au Mans. — (Orig. Bibl. nat., D. Grenier, 
89, fol. 342.) 

Monseigneur le gouverneur de Montpelier 1 , j'ay 
receu voz lettres, et, pour toute responce, enquerez 
vous de celle que je feiz à maistre Adam Fumée 2 , 
quant le pape le m'envoya au Mans 8 , tout aussi ins- 

1. Guillaume Gousinot, à ce moment en ambassade à Rome. 

2. Adam Fumée, d'abord médecin de l'Université de Montpel- 
lier, d'où Gbarles VII le fit venir pour rattacher à sa personne. Il 
lui paya le transport de ses meubles, et lui accorda 3,500 livres 
de gratification, auxquelles il ajouta encore 4,125 livres pour lui 
permettre d'acheter une terre qu'il désirait. Louis XI lui conserva 
ses fonctions de médecin et y ajouta, par lettres datées de Sauve, 
le 12 août 1464, une charge de maître des requêtes de l'hôtel ; la 
même année il lui confia une mission en Bretagne. Le 18 mars 
1472, il toucha 400 1. t. à titre d'épices en qualité de commissaire 
du roi aux états tenus à Montpellier en mai 1471 (Bibl. nat., Pièc. 
orig., vol. 1257, dossier Fumée 28174, n* 12). En juillet 1477, il 
fut désigné par le roi pour instruire le procès des gens accusés d'avoir 
fait évader le comte de Roucy, prisonnier au château de Loches; 
il fut envoyé en Bourgogne en 1479. Il était seigneur de Roches, 
de Saint-Quentin, de Geniilé, et fit hommage à Charles VIII pour 
cette dernière terre le 3 octobre 1483. Ge prince lui confia, sans 
lui enlever sa charge de maître des requêtes, la garde des sceaux 
de France, après la mort du chancelier Guillaume de Rochefort ; 
il remplit simultanément les deux charges jusqu'à sa mort arrivée 
à Lyon en novembre 1494. (Anselme, VI, 420.) 

3. Le roi s'était trouvé au Mans pendant les mois de novembre 
et décembre 1467 et de janvier 1468. 



456 LETTRES DE LOUIS XI. 

truit que vous estes maintenant ; et ceste la tiens pour 
toute faicte, autant à vous comme à lui, et y faictez 
autant comme il fist ne plus ne moins. Donné à Mons- 
tereul Bonin 1 , le xxi 6 jour d'octobre. 

DXXVIII. 

AUX LYONNAIS (v.). 

Villeloin, 28 octobre 4470. 

Notification de l'ordre donné par le roi au sénéchal de Lyon et à 
ses autres officiers du pays de Lyonnais de faire sortir du 
royaume Louis de Valpergue, seigneur de Ropoul, à raison de 
ses c pratiques » avec Philippe de Savoie, et invitation à faire 
connaître le lieu où se cache ledit seigneur de Ropoul pour assu- 
rer P accomplissement de la volonté royale. — (Orig. Arch. mun. 
de Lyon, AA 23, n° 12.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, nous avons esté advertiz que 
Loys de Walpergue, sire de Ropoul 2 , est de présent 

1. Commune du canton de Youillé, dans l'arrondissement de 
Poitiers (Vienne). 

2. Louis de Yalpergue, fils de Jeannot, comte de Valpergue, 
mort en 1439, et de Marie Azarini, seigneur de Ropoul, Orzano, 
Ghâteauneuf, coseigneur de Rivarolle, etc.; il épousa Marguerite de 
Ponsana (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 2924, dossier Valpergue 64967, 
fol. 42 v°. Généalogie de la maison de Valpergue). Il assista, 
le 11 septembre 1441, au traité de Chambéry entre les ducs de 
Bourbon et de Savoie (Aubret, Mémoires pour servir à Vhistoire de 
Dombes, publ. par M. G. Guigue, Trévoux, 1868, in-4°, H, 587), fit 
partie en 1451 de la garnison mise par le duc de Savoie à Trévoux 
en prévision d'une guerre avec le duc de Bourbon. (Op. laud., II, 
645.) Il fut l'un des seigneurs savoyards désignés à Saint- Pou rsain, 
le 16 déc. 1455, par le duc Louis comme garants du traité conclu 
avec Charles VII à Gleppé, le 27 oct. 1452. (Guichenon, Histoire de 
la Bresse et du Bugey (Lyon, 1650, in-folio), p. 81.) Il figura aussi 



LETTRES DE LOUIS XI. 157 

ès marches de Lionnoiz et es environs, conduisant cer- 
taines pratiques, tant avec Phelippes de Savoye que 
autres, contre et ou préjudice de nous, nostre royaume 
et la chose publique d'icelluy. Et à ceste cause, et pour 
obvier aux inconveniens qui s'en pourraient ensuir, 
nous avons octroyé noz lettres patentes adressans à 
noz amez et feaulx conseilliez les bailly de Lyon 1 , 
juge des ressors illec, et à tous noz autres justiciers 
ou à leurs lieuxtenans, afin de faire commandement 
au dit sire de Ropoul, sur peine de confîscacion de 
corps et de biens, qu'il wuide et aille hors de nostre 
dit royaume. Et pour ce que desirons nos dictes lectres 
sortir leur effect, et aussi que par adventure le dit 
sire de Ropoul se pourrait latiter et musser en aucun 
lieu de nostre dicte ville de Lyon, en manière que les 
diz commandemens ne lui pourraient estre faiz, nous 
voulons que faites savoir à tous ceulx de nostre dicte 
ville, que s'aucun d'eulx veoit en personne, scet où 
est ledit sire de Ropoul, qu'il le révèle et face incon- 
tinent savoir au dit bailly de Lyon, et autres noz justi- 
ciers ou officiers, pour lui faire lesditz commandemens. 
en manière que nos dictes lettres soient exécutées à 

comme témoin dans le contrat de mariage de Marguerite de Savoie 
et de Jean, marquis de Montferrat, le 2 juillet 1454. (Guichenon, 
Histoire généalogique de la royale maison de Savoye (Lyon, 1660, 
in- fol.), II, 377.) Le 26 février 1467, il donna quittance à Francis- 
quin Nory de 200 écus d'or à lui remis par le commandement du 
roi, « aynssi que plus à plain appart par unes letres missoyres que 

ledit seigneur luy escript à cause du voiage où présentement 

l'envoya devers le duc de Milan, Berthelemé Goillon et aillyeurs en 

Ytalye » (Bibl. nat., Pièc. orig., dossier Yalpergue, n° 23.) 

1. Il y a là une erreur de qualification de la part du secrétaire; 
il n'y avait pas de bailli de Lyon, mais un bailli de Màcon, séné* 
chai de Lyon : c'était alors François Royer. 



1 58 LETTRES DE LOUIS XI. 

nostre intention, et qu'il n'y ait faulte. Donné à l'ab- 
baye de Villeloing 1 , le xxvnF jour d'octobre. 

Loys. 
Meurin. 

A noz chiers et bien amez les bourgois, manans et 
habitans de nostre ville de Lyon. 

Tradite et presentate in domo communi ville Lugduni per Antho- 

nium de Ckambon, portitorem earumdem, die festi beaii Andrée 

appostoli, ultima novembris M 1111 e LIX m0 . 

Mathieu. 

DXXIX. 

AU PARLEMENT DE PARIS (d.). 

Montils-lès-Tours, 5 novembre 1470. 

Ordre d'expédier les lettres confirmant en faveur de Jacques, sei- 
gneur d'Estouteville, les lettres patentes déjà octroyées à son 
père Michel d'Estouteville, prorogeant pour vingt ans la réduc- 
tion de moitié des rentes annuelles dues au roi par ledit d'Es- 
touteville « pour les fieffermes et autres possessions declerées 

èsdictes letres » — - (Orig. Bibl. nat., Fontanieu 876, n* 40. 

Copie. Fr. 6977, fol. 231.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, par pluseurs foiz vous avons 
escript et mandé expressément expédier à nostre 
chier et amé cousin Jacques, à présent seigneur d'Es- 
touteville * , noz lectres patentes que luy avons octroyées, 

1. Aujourd'hui Villeloin-Goulangé, commune du canton de Mon- 
trésor, arrondissement de Loches (Indre-et-Loire). 

2. Jacques d'Estouteville, seigneur dudit lieu, de Beyne et de 
Blainville, prévôt d'Ivry et de Saint-André en la Marche, fils de 
Robert d'Estouteville et d'Ambroise de Loré, chambellan du roi 
et prévôt de Paris après son père, conseiller et chambellan du roi 
d'après une quittance par lui donnée le 20 juillet 1494 de 500 1. 1. 



LETTRES DE LOUIS XI. 459 

confirmatoires et validatoires d'aultres noz lectres 
attachées à icelles soubz nostre contre-scel, par nous 
octroyées le vingt septiesme jour de janvier Tan mil 
quatre cens soixante huit à feu Michiel, en son vivant 
seigneur dudit lieu d'Estouteville, son père, contenans 
prorogation et continuacion jusques à vingt ans de la 
modération aultresfoys par nous faicte de la moictié 
des rentes, en quoy nous sont redevables chascun an 
les fieffermes et aultres possessions de nostre dit cou- 
sin desclerées es dictes lectres, ce que encoires n'avez 
fait, comme nous avons sceu, dont ne sommes pas 
bien contens et non sans cause ; car il vous est assez 
apparu de nostre voulloir sur ce, et aussi ladicte modé- 
ration, qui ne se monte que quatre vings quinze livres, 
dix solz, dix deniers tournois par an, a esté dès pieça 
faicte et n'est que continuée par nosdictes lectres. Si 
vous mandons derechief et commandons expressément 
ceste foiz pour toutes que vous les vérifiiez sans plus 
y différer ne délayer pour quelque cause que ce soit, 
car nostre plaisir est que ainsi soit fait. Donné aux 
Montilz lez Tours, le v me jour de novembre. 

Apportées le 19 e novembre 1470. LOYS. 

DXXX. 

A PIERRE DORIOLE (d.). 

Saint-Laurent-des-Eaux, 6 novembre 1470. 
Accusé de réception de sa lettre; assurance du départ du seigneur 
de Graon, aussitôt après sa guérison ; envoi de son barbier pour 

à lui ordonnées par le roi pour avoir assisté aux états* de Norman- 
die. Il exerçait encore ses fonctions de prévôt de Paris en 1499. 
Il avait épousé Gillette de Goëtivy, fille d'Olivier et de Marie de 
Valois, sœur naturelle de Louis XI. (Anselme, VIII, 99.) 



460 LETTRES DE LOUIS XI. 

« passer l'appoinctement » réclamé par le protonotaire ; envoi 
de Golinet vers le seigneur de Graon. — (Orig. Bibl. nat., Coll. 
de D. Grenier, 89, fol. 340. Copie. Bibl. de Rouen. Coll. Leber, 
n* 5870, 1. 1, fol. 65.) 

Monseigneur le gênerai, j'ay receu voz lettres, et au 
regart de ce que m'escripvez de monseigneur de 
Graon, je vous asseure que incontinent qu'il sera 
guery 1 , il sera aussi prest à partir que vous serez, et 
n'y fault faire nulle doubte. 

Je vous envoyé mon barbier 2 par delà pour passer 

1. Cf. la lettre du roi au seigneur de Graon, en date du 12 mai 
précédent, où il lui recommande de se c guarir fort et bien. » 

2. Le fameux Olivier Le Dain. Il exerçait déjà son métier et 
avait du crédit auprès du roi en 1466, puisqu'au mois de mars de 
cette année, Louis XI à sa demande donne un règlement à la 
corporation des barbiers. (Arch. nat, K 70, n° 33.) Les comptes 
des années 1469 et 1470 renferment plusieurs mentions d'achats 
faits par lui pour le compte du roi et relatifs à son emploi. (Bibl. 
nat., Fr. 6758, fol. 70 v°, 71, 83, 89, 94, 111.) En octobre 1474, 
Louis XI lui accorda avec la noblesse le droit d'échanger son nom 
de Mauvais contre celui de Le Dain. (Ord. des rois de France, 
XVIII, 58.) Ce ne furent pas les seuls témoignages de la faveur 
royale ; il devint, grâce à elle, comte de Meulan, dont le roi lui 
donna les étangs par lettres du 19 novembre 1477, capitaine du 
pont de Saint-Gloud, garde de la garenne de Rouvray, aujourd'hui 
le bois de Boulogne (Picot, Procès d'Olivier Le Dain. Séances et tra- 
vaux de V Académie des sciences morales et politiques. Compte-rendu 
par M. Vergé, 37 e année, nouv. série, tome VIII (GVIII de la col- 
lection, 1877), pp. 485 et suiv.), seigneur haut justicier de Grone 
(d'après une mention des registres du parlement en date du 4 jan- 
vier 1483. Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, XII, 13 e partie, 68), 
obtint la permission d'établir une foire et un marché à Soisy et des 
lettres érigeant en châtellenie cette terre qu'il avait acquise de Gilles 
d'Agincourt, ayant cause de Louise Malet, sa femme ; devint proprié- 
taire de partie de la forêt de Sénart (Lebeuf, op. laud., XII, 112), 
contrôleur du grenier à sel de Neufchàtel et, retenu auprès du roi 
par ses occupations, il se fit accorder d'année en année , par lettres 
royales des 9 juin 1473, 23 mars 1479, 31 janvier 1481,23 avril et 



LETTRES DE LOUIS XI. 161 

l'appoinctement que mon seigneur le prothonotaire 
demande, car d'icy je n'y sauroye que faire. 

J'envoye Golinet devers monseigneur de Graon pour 
parler à luy. Escript à Saint-Laurent des Eaues 1 , le 
VI e jour de novembre. 

Loys. ^ 

TlLHART. 

À nostre amé et féal conseiller et gênerai des 
finances Pierre Doriole. 

« Du roy, du vj novembre 1471 a . » 

16 décembre 1482, l'autorisation de se faire suppléer dans l'exer- 
cice de cette charge (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 961, dossier Le 
Dain 21191, n 08 4, 7, 8, 9 et 10) ; il se fit donner le droit perçu sur le 
sel à Senlis que cette ville dut lui racheter au prix de plus de 
700 écus d'or (Ârch. de Senlis, BB 4, fol. 127. Flammermont, 
Histoire municipale de Senlis. Paris, 1881, in-8', p. 48) et commit 
pour s'enrichir nombre d'autres exactions, qui le firent exécrer. 
Aussi, à peine Louis XI mort, fut-il l'objet de poursuites devant 
le parlement de Paris, de la part des victimes qu'il avait spoliées, 
et enfin pendu à Montfaucon, le 21 mai 1484 (Picot, op. laud.). 

1. Commune du canton de Bracieux, arrondissement de Blois 
(Loir-et-Cher). 

2. Je suis porté à croire cette indication de Tannée 1471 comme 
erronée, bien qu'écrite en caractères du temps, et à placer cette lettre 
en 1470. Le 6 novembre 1471 et les jours précédents, Louis XI, 
d'après l'itinéraire de M u * Dupont, était à Orléans, par conséquent 
fort loin de Saint-Laurent-des-Eaux ; le 5 novembre 1470, veille du 
jour où, suivant nous, il aurait écrit cette lettre dans cette der- 
nière localité, il était à peu de distance de Montils-lès-Tours ; 
l'itinéraire ne renferme malheureusement aucune indication pour 
le 6 novembre 1470. Mais il ne semble pas qu'on puisse placer la 
présente missive à dix-huit mois de celle citée plus haut, et où le 
roi recommande au seigneur de Graon de se guérir pour venir le 
trouver. 

IV 11 



462 LETTRES DE LOUIS XI. 



DXXXI. 

AUX HABITANTS DE SAINT-QUENTIN (d.) . 

Montils-lès-Tours, 21 novembre 1470. 

Intention prêtée au duc de Bourgogne de mettre garnison dans 
leur ville et recommandation de ne pas la recevoir ; promesse 
de secours en cas de nécessité. — (Orig. Arch. de Saint-Quentin, 
liasse 150 D, n° 6. Copies modernes. Bibl. nat., Coll. de D. Gre- 
nier, 89, fol. 309. Moreau, 255, fol. 122. Publ. par M. de Beau- 
court, Chronique de Mathieu ctEscouchy (Paris, 1863-64), I, xvm.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, nous sommes bien records de 
la bonne loyaulté et bon vouloir que avez tousjours eu 
et avez envers nous et la couronne de France, dont 
nous sommes bien contens et vous en mercions. Ainsi 
que avons esté advertis, le duc de Bourgoigne a 
entencion de mettre aulcuns de ses gens de guerre en 
garnison en vostre ville 1 ; par quoy, se ainsi estoit, 
plusieurs grans maulx et inconveniens vous pourraient 

1. Louis XI cherchait à se ménager un prétexte pour rentrer dans 
Saint-Quentin, Tune des villes rendues au duc de Bourgogne par 
les traités de Gonflans et de Péronne ; et, en effet, quelques jours 
après, le 10 décembre, le connétable de Saint-Pol occupa la ville 
au nom du roi, et « voyant ledit de Bourgoigne que ledit connes- 

table estoit en ceste ville icelluy duc fist assembler ses gens 

et toute son armée et s'en vint faire une course jusques audit 
Saint-Quentin, et telle qu'il eut une escarmouche bien verte et 

aspre pour les François » (Quicherat, Un manuscrit interpolé 

de la Chronique scandaleuse. Bibl. de l'École des chartes, 4 e série, I, 
428.) Auparavant, d'après la Chronique scandaleuse, en ce même 
mois de décembre, suivant la promesse de secours faite par le roi, 
« messire Ârtus de Longueval et aultres gentilzhommes entrèrent 

en la ville de Saint-Quentin en Vermandois du bon vouloir 

des habitans dudit lieu. » 



LETTRES DE LOUIS XI. 463 

venir, dont serions fort desplaisans. Et à ceste cause, 
vous en avons bien voulu advertir, et vous prions bien 
acertes, que en continuant tousjours en la bonne 
loyauté que avez eu envers nous, vous ne prenez aul- 
cune garnison du duc de Bourgoigne. Et se vous avez 
besoin d'ayde et de gens, faictes le nous savoir, et 
nous vous en envoierons et vous secourrons, en manière 
que aulcun ne vous pourra nuyre ne prejudicier. Et 
soîez seurs que nous aurons mémoire et recognoistrons 
envers vous et la dicte ville les secours que vous nous 
aurez faiz et ferez, en manière qu'il en sera mémoire 
à tousjours, ainsi que avons chargé à nostre chier et 
bien amé Mathieu d'Escouchy 1 , nostre procureur, vous 
dire et declairer plus au long. Donné aux Montilz lez 
Tours, le xxi* jour de novembre. 

Loys. 

Demoulins. 

A noz chiers et bien amez les maieur, eschevins et 
jurez de la communauté de nostre ville de Saint 
Quentin. 

1. C'est l'auteur picard dont M. de Beaucourt a publié la chro- 
nique. Fils de Charles d'Escouchy qui habitait Péronne, il naquit 
vers 1420, exerça d'abord un office en Cambrésis, puis vint se fixer 
à Péronne ; fit partie, peut-être malgré une accusation de faux et 
de meurtre portée contre lui, du conseil de ville comme juré ou 
comme échevin pendant les années 1447 et 1448, puis il devint 
prévôt de Péronne; il Tétait encore en 1450 et aussi en 1452, peut- 
être en cette dernière année après une intermittence pendant 
laquelle on le trouve, le 22 juin 1451, membre du conseil de ville 
de Péronne ; en 1454, il était redevenu simple membre du con- 
seil de ville. En 1461, il quitta Péronne pour s'établir à Nesle ; il 
y devint presque aussitôt bailli du seigneur Charles de Sainte- 
Maure, puis prévôt de Ribemont. Ses fonctions de bailli lui 
créèrent des difficultés avec le seigneur de Nesle, comme il en 



464 LETTRES DE LOUIS XI. 



DXXXII. 



A LA CHAMBRE DE8 COMPTES DE PARIS (D.). 

Amboise, 30 novembre 1470. 

Ordre de procéder à l'expédition et entérinement des lettres de 
don accordées au comte de Dammartin des revenus c des ref- 

formations, exécutions et autres exploictz faiz » par ledit 

comte. — (Orig. Bibl. nat., Fontanieu 876, n* 41. Copie. 
Fr. 6977, foi. 355.) 

De par le roy. 
Nos amez et feaulx, combien que vous ayons 
naguaires escript à ce que par vous feust incontinent 
procédé à l'expedicion et entérinement de noz lettres 
patentes de don par nous fait à nostre très chier et 
amé cousin le conte de Dampmartin, grant maistre 

avait eu déjà à Péronne avec une nommée Gilette de Gatigny, et 
avec un religieux nommé Pierre d'Avesnes qui le blessa griève- 
ment. A Nesle, il fut emprisonné par Charles de Sainte-Maure et 
faillit même perdre la vie en voulant empêcher ledit seigneur de 
percevoir les fruits de sa terre saisie par le roi; en 1461 ou 1462, 
le roi lui fit don de l'exécution de Saint-Quentin. Resté fidèle à 
Louis XI, il fut fait prisonnier à la bataille de Montlhéry, le 
16 juillet 1465. En 1467, il était procureur du roi à Saint-Quentin, 
où la présente missive le montre exerçant encore les mêmes fonc- 
tions à la fin de 1470. Puis il vint s'établir à Gompiègne, s'y maria 
et, à partir de 1473, y fut garde des sceaux royaux du bailliage de 
Senlis établi en la prévôté de Gompiègne et de Ghoisy. Le 20 juil- 
let 1474, il prend à ferme le greffe et le péage par terre et par eau 
de Gompiègne, et signe le contrat en qualité d'écuyer. Louis XI 
lui avait sans doute donné des lettres de noblesse en récompense 
de ses services. Le reste de sa vie semble s'être écoulé sans autres 
incidents que des procès pour lesquels il semble avoir eu un goût 
assez vif. Un reçu du 26 mars 1482 est le dernier acte où on le 
voit figurer. (Voy. de Beaucourt, op. laud., Introduction, dont cette 
note n'est qu'un résumé.) 



h- 



LETTRES DE LOUIS XI. 165 

d'ostel de France, de tout ce qui est venu et viendra 
ens, à nous appartenant à cause des refformacions, 
exécutions, condennacions d'amendes, compositions, 
sentences, déclarations, confiscations et jugemens et 
autres exploiz faiz par nostre dit cousin, comme nostré 
lieutenant gênerai es pays de Limosin, la Marche, 
Auvergne, hault et bas Perigort, Albigeoys, Rouergue, 
et autres pays declairez en noz lettres patentes de 
povoir et lieutenance d'icellui nostre cousin, que luy 
avons sur ce octroyées, lesquelles noz lettres de don 
vous ont esté présentées de par icellui nostre cousin, 
et d'icelles requis l'entérinement; mais pour quelque 
poursuite ne diligence que nostredit cousin en ay t faicte 
faire envers vous, il n'a peu obtenir lesdictes expédi- 
tion et verifficacion ; et vous excusez, comme l'on dit, 
sur ce qu'il n'y a somme expressément limitée et 
declairée en nosdictes lettres touchant ledit don, dont 
nous donnons merveilles et n'en sommes pas contens, 
veu mesmement que par exprès avons voulu et accordé 
à nostredit cousin que declaracion n'en soit faicte, 
autrement que contenu est en nosdictes lectres, et 
que povez assez savoir que avons le fait de nostredit 
cousin en singulière et especiale recommendacion, en 
faveur et pour consideracion des grans, notables, 
prouffitables et recommandables services qu'il nous a 
faiz et fait chascun jour en plusieurs manières. Et pour 
ce que, comme escript vous avons, nostre plaisir est 
que nostredit cousin joysse de nostredit don selon la 
forme et teneur de nosdictes lettres, toutes difficultez 
et excusacions cessans, nous vous mandons, comman- 
dons et expressément enjoignons sur tant que doubtez 
nous desobeyr et desplaire, et ceste foiz pour toutes 



166 LETTRES DE LOUIS XI. 

que vous vérifiiez et entérinez à icellui nostre cousin 
nosdictes lettres de don, reaument et de fait, toutes 
difficultez et excusacions cessans, et du contenu en 
icelles le faites, souffrez et laissez joyr et user paisi- 
blement sans plus y délayer, et en manière qu'il n'ait 
plus cause de nous en requérir, ne nous de vous en 
escrire, ou autrement nous y conviendrait pourveoir 
en manière que congnoistriez que ne l'aurions pas 
prins bien en gré. Donné à A m boise, le derrenier jour 

de novembre. 

Loys. 

J. Leclerc. 

Allait XVII* decembris 1470. 



DXXXIII. 

AUX LYONNAIS (v.). 

Amboise, 30 novembre 1470. 

Ordre de verser entre les mains de Glérembaud de Champanges 
la somme de 500 1. 1. et de remettre à Hermand de Rose, écuyer, 
l'artillerie existant dans leur ville, pour le service de l'armée 
mise sous le commandement des comtes dauphin d'Auvergne, 
de Périgord et de Gominge. — (Orig. Arch. de la ville de Lyon, 
AA 23, n<> 11.) 

De par le roy. 

Ghers et bien amez, nous avons par l'advis et deli- 
beracion de plusieurs seigneurs de nostre sang et gens 
de nostre grant conseil, et pour le grant bien de nous 
et de nostre royaume, ordonné faire mectre sus cer- 
taines armées, et entre les autres, une armée dont 
avons baillé la charge à noz chers et amez cousins, les 



LETTRES DE LOUIS XI. 167 

contes daulphin d'Auvergne 1 , de Perigort 2 et de Com- 
minge 3 ; et pour ce qu'il est neccessité de fournir de 
grant nombre d'artillerie, et faire de grans fraiz et 
despenses pour le fait de nosdictes armées, à quoy 
ne pourrions bonnement du tout fournir, sans l'ayde 
de vous et de noz autres bons et loyaulx subgectz, 
nous avons ad visé, conclud et ordonné de prendre 
partie desdiz fraiz sur les rentes, revenues et deniers 
communs d'aucunes de noz bonnes villes, et aussi de 
nous ayder de l'artillerie d'icelles, c'est assavoir des 
deniers de nostre dicte ville de Lyon, la somme de cinq 
cens livres tournois, et des pièces d'artillerie qui sont 

1. Louis I er de Bourbon, comte de Montpensier et dauphin 
d'Auvergne. 

2. Alain d'Albret, dit le Grand, fils de Jean, vicomte de Tartas, 
et de Catherine de Rohan, né vers 1440 dans le diocèse de Saint- 
firieuc. Comte de Périgord et vicomte de Limoges, Alain épousa, 
en 1456, Françoise de Blois. Nourri à la cour, il y fut l'objet de 
la part de Louis XI d'une faveur dont celui-ci lui donna une 
marque en lui confiant le commandement dont il est question 
dans£0tte lettre. Par la mort de son grand-père Charles II, sire 
d'AQpt, qui avait survécu à son fils Jean, père d'Alain, celui-ci 
devint sire d'Albret en 1471. Après la mort de Louis XI, il vou- 
lut mettre la main sur les biens du malheureux Charles d'Arma- 
gnac qui fut jeté en prison et, veuf depuis 1487, il prétendit à la 
main de la future reine de France, Anne de Bretagne. Cette ambi- 
tion le jeta dans le parti des mécontents, qu'il finit par trahir 
en 1490; en 1497, il ajouta à ses possessions le comté de Castres 
dont son beau-frère Boffile de Juge déshérita à son profit sa 
propre famille. Mais sous Louis XII, mal vu de la reine Anne 
de Bretagne, compromis dans le procès du maréchal de Gié, 
dépouillé en 1517 par Ferdinand le Catholique de la partie de ses 
états située au sud des Pyrénées, Alain termina tristement sa 
longue carrière à l'âge de quatre-vingt-deux ans, en octobre 1522. 
(Luchaire, Alain le Grand, sire d'Albret. V administration royale 
et la féodalité du Midi (1440-1529). Paris, 1877, in-8% passim.) 

3. Jean, bâtard d'Armagnac, maréchal de France. 



168 LETTRES DE LOUIS XI. 

en ladicte ville. Si vous pryons et neantmoings man- 
dons bien expressément, que ladicte somme de V e livres 
tournois vous baillez ou faictez bailler et délivrer à 
nostre amé et féal notaire et secrétaire maistre Cle- 
rembault de Champanges 1 , commis à tenir le compte 
de toute nostre artillerie, ou à son commis, pour estre 
par luy convertye es fraiz et despenses de F artillerie 
de nostre dicte armée, dont nosdiz cousins ont la 
charge ; et ladicte artillerie, que vous avez, à nostre 
bien amé Hermand du Rose, escuier, commis de par 
nous à la conduite de la dicte artillerie, en manière que, 
par faulte de ce, nostre dicte armée ne soit aucune- 
ment retardée ; au moien de laquelle et o l'ayde de 
Dieu et de noz bons et loyaulx subgectz, nous espérons 
en brief venir au dessus de noz entreprises et des- 
charger vous et noz autres subgectz de plusieurs 
charges qu'ils ont longuement portées et portent chas- 
cun jour. Donné à Âmboise, le derrenier jour de 
novembre. 

LOYS. 

DemoulhB. 

1. Notaire et secrétaire du roi, c par lui commis à la recepte de 
certains deniers extraordinaires, » d'après un mandement de Jean 
Raguier, du 3 février 1471. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 662, dos- 
sier Champanges 15473, n° 2.) Un mandement du 28 novembre 
1470, relatif à cette môme demande de subsides formulée par le 
roi dans la présente lettre^ le qualifie c trésorier et receveur des 
finances pour le fait de l'artillerie. » (Arch. de Lyon, GG 203, fol. 27, 
et BB 15, fol. 134.) Enfin, dans un « roole des parties et sommes 
de deniers paiées, baillées et déclarées par l'ordonnance du roy par 
maistre Noël La Barge, nagueres trésorier de ses guerres en Tannée 
commençant le premier jour de janvier mil GGGG soixante-qua- 
torze » (v. st.), Glérembaud de Champanges est qualifié, toujours 
dans le môme ordre d'idées, « receveur général des deniers ordon- 
nez pour le paiement des gaiges des officiers canonniers ordinaires 



LETTRES DE LOUIS XI. \ 69 

À noz chers et bien amez les gens d'église, bour- 
gois, manans et habitans de la ville et cité de Lyon 4 . 

Bailléez le xxp de janvier Van mil III I* LXX* (v. st.). 

Matthei. 

DXXXIV. 

A SON « AMÉ ET FEAL » N. (P.). 

Amboise, 13 décembre 1470. 

Ordre de ne pas fournir de vivres à l'armée du duc de Galabre et 
de saisir ses gens, en représailles de la défense faite par lui de 
porter des vivres à Besalu et de l'arrestation de sujets du roi. 
— (Orig. Bibl. nat., Fr. 20486, fol. 102. Copie. Fr. 20855, 
fol. 57.) 

De par le roy. 
Nostre amé et féal, nous avons esté advertiz que 
beau cousin lé duc de Galabre a fait serrer les vivres 
et deffendre que l'on n'en porte nulz à Bazelut ', et aussi 
qu'il a fait prandre de noz gens et subgiez. S'il est 
ainsi, pourvoiez y si bien de vostre part que la plainte 
n'en viengne point jusques à nous du cousté des nos très, 

de l'artillerie. » (Bibl. nat, Pièc. orig., vol. 513, dossier Briçon- 
net 11573, n- 19.) 

1. Sur cette expédition, voy. la Chronique scandaleuse et la Ghro- 
nica latina Sabaudiae dans les Monumenta historiae patriae. (Scrip- 
tores, I, 647, 648.) 

2. Besalu, ville de la province de Gérone, et au nord-ouest de 
cette dernière ville, sur un rocher qui domine la rive gauche de 
la Fluvia. Suivant une note manuscrite de M. Quicherat, elle était 
alors assiégée par Tanneguy du Châtel, et c'est aux troupes de 
siège que Jean de Galabre, commandant de l'armée du roi René, 
aurait, d'après cette lettre, voulu couper les vivres. Elle fournit la 
preuve que, tout en paraissant appuyer le roi René dans ses pré- 
tentions à la couronne d'Aragon, Louis XI n'avait pas renoncé à 
conquérir la Catalogne pour son propre compte. 



170 LETTRES DE LOUIS XI. 

et menez des vivres à puissance audit lieu de Bazeiut, 
et aussi serrez les vivres aussi en nostre obéissance, 
tellement que Ton n'en menne point en celle de nostre 
cousin de Calabre. Et pareillement prenez de ses gens 
et subgiez, et ce, jusques à ce qu'il ait le tout reparé 
de son cousté, ouquel cas voulons que aussi cessez du 
vostre, et en toutes fassons, faictes tant que nostre 
honneur y soit gardé. Aussi s'il n'a rien fait de ce que 
dit est, n'en faictes rien, et en soiez bien informé avant 
que y procéder. Donné à Âmboyse, le vm° jour de 
décembre, anno LXX. 

DXXXV. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Àmboise, 13 décembre 1470. 

Accusé de réception de la lettre du grand maître au sujet de 
l'affaire d'Auxerre ; mécontentement du roi de l'envoi des com- 
missaires qui y sont allés ; ordre de procéder à l'arrestation de 
Buteaux et d'en faire justice ; en cas de culpabilité, de ména- 
ger l'acquisition de la ville d'Auxerre, mais pacifiquement, et 
d'empêcher tout excès de la part des gens de guerre ; départ du 
duc de Guienne, la veille, de la reine d'Angleterre et de madame 
de Warwick, le lendemain; celui du connétable et du maréchal 
Joachim, pour le lendemain aussi, ou pour le samedi suivant. — 
(Orig. Bibl. nat., 2913, fol. 5.) 

Monseigneur le grand maistre, j'ay veu les lettres 
que m'avez escriptes touchant le fait de la ville d'Àu- 
cerre. il me desplaist des commissaires qui y ont esté 1 ; 

1. La Chronique scandaleuse raconte, comme il suit, les événe- 
ments d'Auxerre auxquels la présente lettre fait allusion : 

c En ce temps avoient esté envoyez de par le roy sire Chris- 
tophe Paillart, seigneur des Comptes, et sire Jacques Hesselin, 
controlleur du grenier à sel à Paris, en la ville d'Auxerre, pour 



LETTRES DE LOUIS XI. 174 

et en tant que touche Buteaux, faictes le prandre et 
qu'il soit bien examiné, et s'il est trouvé qu'il ait failli, 
je vueil qu'il soit très bien pugny. Si vous povez trou- 
ver fasson d'avoir la dicte ville d'Aucerre, je vous 
prie que le faciez, maiz ne faictes nulle guerre, et 
ordonnez à ceulz que vous avez mis en garnison 
qu'ilz se gouvernent bien, par manière qu'ilz ne m'ac- 
quièrent nulz ennemis, et qu'ilz atirent à eulz tout 
ce qu'ilz pourront ; et les instruisez et enseignez tout 
le myeulz que pourrez tendant à ceste fin. Mon frère 
de Guienne s'en alla hyer bien content; aussi la 
royne d'Angleterre et madame de Warvic s'en yront 
demain. Mon frère le connestable et le mareschal 

sommer les habitons d'icelle de eux et la dicte ville rendre 
au roy, et de prendre illec garnison pour luy, et par les diz 
commissaires leur furent faictes de moult belles remonstrances. 
Lesquelz habitans demandèrent ausdiz ambassadeurs terme 
jusques au jeudy ensuivant, pour avoir advis entre eux, et de 
ce leur rendre responce; pour laquelle responce attendre, s'en 
alerent les diz ambassadeurs à Joigny, distant d'illec de six lieues, 
et y séjournèrent jusques audit jeudy, que iceux habitans leur 
envoyèrent responce par un homme de la dicte ville, que Ton 
disoit estre savetier, lequel leur dit et rendit responce, que les 
diz habitans d'Auxerre mandoient ausdiz commissaires qu'ilz 
avoient mis et bouté avec eux dedans la dicte ville grand garnison 
de gens de guerre pour ledit duc, et que, au regard d'eux, ilz estoient 
fermes et délibérez de vivre et mourir pour le dit duc et garder 
la dicte ville pour luy. Et le jour que la dicte garnison y fut bou- 
tée, y fut tué et meurdry ung des bourgeois d'icelle ville, nommé 
Guillemin Gontier, qui fut dommage, car il mourut pour la que- 
relle du roy soustenir. » (Lenglet-Dufresnoy, éd. de Gommines, 
II, 89.) 

Le duc de Bourgogne, de son côté, écrivit le 16 janvier suivant 
une lettre de reproches à Antoine de Ghabannes, et notamment au 
sujet des excès des troupes royales dans le comté d'Auxerre. (Le 
Cabinet du roy Louis XI, dans l'édition de Gommines par Lenglet- 
Dufresnoy, II, 237.) 



172 LETTRES DE LOUIS XI. 

Joachin se partiront demain ou samedi *, et ung 
chascun s'en yra faire ses diligences. J'ay bien espé- 
rance que de vostre part vous les ferez bonnes. Faictes 
moy souvent savoir de tout ce qui vous surviendra. 
Mectez tousjours des gens à pragtiquer avec ceulz 
d'Aucerre, et vous en alez à Beauvaiz, car Monseigneur 
de Torcy s'en yra demain. J'ay bien espérance que vous 
besongnerez bien. Je ne cuydé oncques mettre com- 
missaire B uteaux, et avoit esté baillée une commission 
au nepveu de l'evesque d'Aucerre 2 . Escript à Amboise, 
le xm e jour de décembre. » 

Demoulins. 
A nostre cher et féal cousin le conte de Dampmar- 
tin, grant maistre d'ostel de France. 

DXXXVI. 

AUX HABITANTS d'hARFLEUR (d.). 

Amboise, 15 décembre 1470. 

Prière de faire bon accueil aux demandes que leur adresseront les 
lieutenants des baillis de Rouen et de Caux et les vicomtes de 
Montivilliers et de Pont- Audemer, pour Y « avitaillement de la 
nef » de l'amiral, et de nommer sur ladite nef un « bourcier, » 
chargé de recevoir en leur nom « le droit que ont acoustumé de 
prendre les avi tailleurs de navires sur le gaing qui se fera. » — 
(Orig. Arch. d'Harfleur, arm. I. Publ. par E. de Fréville, 
Mémoire sur le commerce maritime de Rouen, II, 363.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, nous escripvons présentement 

1. C'est-à-dire le 14 ou le 15 décembre. 

2. Cet évoque était Pierre de Longueil, qui gouverna l'église 
d'Auxerre de 1449 à 1474. (Lebeuf, Mémoires concernant V histoire 
civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocèse (éd. Challe 
et Quantin (Auxerre et Paris, 1848-55, in-8*), II, 58-86,) 



LETTRES DE LOUIS XI. 173 

aux lieuxtenans de noz bailliz de Rouen et Caux et à 
noz vicontes de Monstiervillier et Pontaudemer qu'ilz 
vous parlent de ravitaillement de la nef de nostre filz 
l'admirai, que avons ordonnée pour servir en l'armée 
que faisons présentement par mer. Si les vueillez croire 
de ce qu'ilz vous en diront, et vous emploiez à faire 
ledit advitaillement au mieulx que vous pourrez, ainsi 
que nous en avons en vous la fiance, car vous ne nous 
sariés faire service à plus grant besoing. Et ordonnez 
ung bourcier en la dicte nef, qui recevra pour vous et 
les autres qui ravitailleront, le droit que ont acous- 
tumé de prendre les avitailleurs de navires sur le gaing 
qui se fera. Donné à Amboyse, le xv 6 jour de décembre. 

Loys. 
Bourré. 

À noz chiers et bien amez les habitans de la ville et 
faulxbourgs de Harfleu. 

DXXXVII. 

AU CHANCELIER (d.). 

Amboise, 16 décembre 1470. 

Étonnement causé au roi par la sentence rendue contre son pro- 
cureur dans l'affaire pendante entre lui et les moines de Lorrois, 
malgré Tordre précédemment donné par le roi de la renvoyer à 
ses commissaires en Berry. — (Copie moderne. Bibl. nat., 
Dupuy 762, fol. 168 v«.) 

Chancelier, j'ay sceu le tour qui m'a esté joué tou- 
chant le fait de Marion 1 de Lorrois par mes officiers 

1. Plus loin, dans la lettre de Louis XI au chancelier, du 24 dé- 
cembre 1470, évidemment relative à la môme affaire, il n'est plus 



474 LETTRES DE LOUIS XI. 

de Bourges, et comme depuis que j'ai eu ordonné que 
vous renvoyssiez la cause qui en a esté introduite en 
mon grant conseil par devant maistre Charles de la 
Vernade 1 et autres commissaires, que j'ai envoiez par 

question de Marion, mais des moines de Lorrois, ce qui est cer- 
tainement la vraie lecture. Loroy {lotus regtus) était une abbaye 
cistercienne du diocèse de Bourges (Gallia christiana, II, 213). 
Elle fait aujourd'hui partie de la commune de Méry-ès-Bois, can- 
ton de la Chapelle-d'Angillon, arrondissement de Bancerre (Cher). 
1. Charles de la Vernade, chevalier, seigneur dudit lieu, con- 
seiller et maître des requêtes de l'hôtel du roi, prête serment en 
cette qualité le 13 décembre 1471 (Arch. nat. , X<» 1485, fol. 209 v°) 
et figure avec ce titre sur le compte du receveur général de 1472 
pour une somme de 350 1. 1., ordonnancée en sa faveur et en celle 
de son collègue Guillaume Dauvet, • sur ce qui leur pouvoit estre 
deu de leurs voyages ou chevauchées par eulx faictes à la suite 
du roy et de sa chancellerie pendant ladicte année, ■ dont 150 1. t. 
pour ledit de la Vernade. (Blanchard, les Généalogies des maittres 
des rtquestes ordinaires de l'hostel du roy. Paris, 1670, in -fol., 
p. 206.) Le 4 juin 1487, il donnait quittance, toujours en qualité de 
■ conseiller et maistre des requestes de l'os tel du roy, » à < maistre 
Anthoine Bayart, conseiller du roy et trésorier de Languedoc, ■ 
de 100 l.ti sur sa vaccation » du l or janvier précédent audit jour 
4 juin i tant au procès de Françoys Mayault, que aultres fermiers 
du tirage du cel contremont la rivière du Bosne. » (Bibl. nat., 
Pièces orig., vol. 2970, dossier Vernade (La) 65963, n*> 11.) Et de 
Moulins, le 13 juillet 1495, le duc de Bourbon ordonnait aux géné- 
raux des finances de lui faire payer la somme de 300 1., « pour lui 
aider à supporter les fraiz et despences que faire luy avoit con- 
venu en certains voyages d'icy (Moulins) à Paris et ailleurs. » {Ibid., 
u° 12.) A ce moment, il touchait au terme de sa carrière; pour- 
tant il accompagna encore à Arras, en 1499, le chancelier Guil- 
laume de Rochefort, chargé de recevoir au nom du roi l'hommage 
à lui dû par l'archiduc d'Autriche Philippe le Beau pour le comté 
de Flandre et autres terres mouvantes de la couronne. Le 19 mai 
1500, il résigna sa charge en faveur de Pierre de la Vernade, son 
frère, et mourut le 30 novembre 1504 à Paris, avant sa femme, 
Antoinette Spifame, fille de Simon Spifame, seigneur de Paesy, 
(Blanchard, op. laud.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 475 

delà pour le procès de Tripet 1 , pour ce qu'il est ques- 
tion de la coustume de Paris, vous avez donné cer- 
taine sentence contre mon procureur, qui me semble 
bien estrange, et n'en sçay que penser. Et pour ce, 
une foys pour toutes, renvoiez la matière par devers 
lesdiz commissaires, et que je n'en oye plus parler. 
Donné à Amboise, le xvi* jour de décembre. 

Loys. 
A nostre amé et féal chancelier. 

Recettes à Tours, le XX e jour de décembre M CCCC LU. 

c La chambre, » ajoute une note placée au bas de la copie de 
Dupuy 762, « creut que ceste lettre ne venoit point de la part du roy, 
n'ayant point de seing dessous celui du roi, et s 7 en informa fort 
soigneusement. »* 



1. Le 6 juin 1471, le parlement de Paris, sur un appel de Jean 
Tripet, détenu dans la grosse tour de Bourges, avait ordonné son 
transfert à la Conciergerie du palais à Paris. (Arch. nat., X*» 38, 
fol. 67 v°.) Jean Millon, lieutenant et gardien de la grosse tour, 
prétendit s'opposer à main armée à ce transfert jusqu'au paiement 
de la somme qu'il prétendait lui être due pour l'entretien de son 
prisonnier; le 2 juillet 1472, un autre arrêt du parlement con- 
damna ledit Millon à faire remise de Jean Tripet. (X 2 * 38, fol. 75.) 
D'autre part, une requête adressée au roi par ledit Milon, sans 
date, mais probablement un peu postérieure, pour obtenir le paie- 
ment de 240 écns que ledit Tripet reconnaissait lui devoir pour le 
motif précité, nous apprend que ce dernier avait « esté par treize 
ou quatorze mois détenu prisonnier en la grosse tour de Bourges, » 
et avait ensuite, t par le commandement du roi, esté amené et 
rendu devers lui et es mains du prevost des mareschaulx. » (Bibl. 
nat., Fr. 20495, fol. 91.) Mais rien dans ces différents documents 
n'indique le motif pour lequel Tripet avait été emprisonné. Fait 
à noter : quoiqu'il s'agisse évidemment du même personnage dans 
les deux documents, le gardien de la grosse tour de Bourges est 
dénommé dans le manuscrit français 20495, fol. 91, Gilles Millon, 
et, dans le registre X** 38, Jehan Millon. 



176 LETTRES DE LOUIS XI. 



DXXXVffl. 

AU CHANCELIER (v.)* 

Amboise, 24 décembre 1470. 

Ordre de renvoyer l'affaire des moines de Loroy pendante au 
Grand Conseil devant les conseillers envoyés en Berry pour le 
procès de Tripet; mécontentement du roi de n'avoir pas encore 
été obéi à ce sujet. — (Orig. Bibl. imp. de Saint-Pétersbourg. 
Coll. d'autogr., n* 12. Copie. Bibl. nat., nouv. acq. franc. 1231, 
fol. 83. Publ. par Duclos, Histoire de Louis II, IV, 452.) 

Chancelier, je vous ay escript que vous renvoissiez 
la cause qui est pendant en mon grant conseil entre 
mon procureur et les moynes de Lorroys', ainsi que 
je l'ay ordonné par mes lettres patentes, par devant 
les commisseres que j'ay envoyez en Berry pour le 
procès de Tripet, dont vous n'avez riens fait. Et quant 
on vous a présentées mes lettres, vous avez dissimulé. 
Je vous prie, beau sire, que en mes besongnes vous ne 
soyez pas si rigoureux, car je ne le vous ay pas esté 
es vos très. Je ne sçay si maistre Adam le vous fait 
faire, pour ce qu'il n'y a point d'argent. Or la ren- 
voyez, comment qu'il soit, et faictes que je ne vous en 
rescripve plus. Donné à Amboise, le xxnn 6 jour de 
décembre. 

Loys. 
Bourré. 

A nostre amé et féal chancelier. 

Du roy. Receue le xxmi e de décembre, parlant du procès de 
l'abbaye de Lorroys. 

1. Voy. ci-dessus, p. 173, au sujet de cette affaire, la lettre pré- 
cédente du roi au chancelier en date du 16 décembre. 



r 



LETTRES DE LOUIS XI. 477 



DXXXIX. 

A SES c ÂMES ET FEAULX? > (v.). 

Amboise, 24 décembre 1470. 

Ordre de laisser Jacques de Montrongnon, lieutenant de Honfleur, 
prendre possession de quatre « escutes » prises sur des sujets 
bourguignons et mouillées dans le port de Honfleur. — (Orig. 
Bibl. nat., Fr. 26093, n # 1022.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, nous tenons que savez comme 
à la requeste de nostre filz l'admirai 1 nous avons donné 
à nostre bien amé escuier d'escuierie Jaques de Mon- 
trongno[n], lieutenant de nostre ville de Honnefleu, 
les quatre escutes 2 qui sont de présent audit lieu de 
Honnefleu. Et pour ce que nous avons sceu que vous 
voulez empescher ledit de Montrongnon en la joissance 
desdictes quatre escutes, nous vous mandons bien 
expressément que les lui mectez à plfeine] délivrance 
et l'en laissez faire comme du sien, nonobstant que 
vous [ayons] mandé que toutes les escutes qui se trou- 
veraient feussent mises au[x] advitaillemens des navires 
et quelques autres ordonnances que en ay[ons] fait. 
Et gardez que en ce n'ait faulte, car nous n'enten- 
dions qu'on print fors seulement les biens qui estoient 
dedens lesdictes quatre escutes pour fournir audit 

1. Louis, bâtard de Bourbon, qui avait épousé une fille natu- 
relle du roi. 

2. Senta, navis species, dit Du Gange; escute, petit bateau, 
d'après Godefroy. (Dictionnaire de V ancienne langue française (Paris, 
1884, in-4«), El, 453.) 

iv 12 



i-. 






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478 LETTRES DE LOUIS XI. 

advitaillement. Donné à Àmboyse, le xxnn* jour de 

décembre. 

Loys. 

J. Lecle[rg] 4 . 
DXL. 

AU ROI D'ANGLETERRE (V.). 

Fin de 1470 ou commencement de 1471. 

Plainte au sujet de la chasse donnée par des marins écossais 
devant Harfleur à son héraut Poitou, monté sur un navire qui 
a dû s'échouer pour leur échapper, et sur les blessures par eux 
faites aux marins anglais qui accompagnaient ledit héraut; envoi 
du maréchal de Lohéac pour en faire justice, de François de 
Doms, du petit trésorier de Normandie, de Raoulet Toustain et 
d'un chirurgien pour soigner les blessés. — (Minute. Bibl. nat., 
Fr. 20489, fol. 135.) 

Monseigneur mon cousin, je me recommande à vous 

1 . Les navires parmi lesquels se trouvaient ceux que revendi- 
quait Jacques de Montrongnon avaient été pri6 sur les Hollandais, 
sujets du duc de Bourgogne, comme il résulte d'une pièce dont 
nous nous contenterons ici de donner le titre : c Ensuit la décla- 
ration des escutes trouvées sur les quaiz de Rouen appartenans 
aux Hollandoys et Zelandoys, et le blé et seigle qui a esté trouvé 
en cinq d'icelles par mesure qui en a esté faicte, et les pris que 
lesdictes escutes, blé et seigle ont esté venduz aux plus offrans et 
derreniers enchérisseurs, aux personnes et ainsi que cy après est 
declairé ; d'aucunes desquelles escutes partie des appareilz avoient 
esté pilliez et perdue après que les Holandoys et Zelandoys les 
eussent lessez, et ou paravant de la vendicion, et si estoient la 
pluspart desdictes escutes vieilles et usées. » Guillaume Picart, 
conseiller du roi et général sur le fait de ses finances , certifie à 
la date du 31 décembre 1470 que la vente desdites c escutes • 
ordonnée par le roi a eu lieu (Bibl. nat., Fr. 26093, n* 1019), et, le 
16 janvier suivant 1471, « Jacques de Montroignon (m'c), sei- 
gneur de Barberier, escuier descuierie du roy, » donne quittance 
« devant Guieffroy Vallée et Robert Violle, clercz, tabellions jurez 



LETTRES DE LOUIS XI. 179 

tant comme je puis. J'ay sceu à ceste heure comme 
aucuns Escossoys qui estoyent en ung navire devant . 
Harfleur ont voulu prandre Poyctou, que je vous ren- 
veoye, et lui oster ses lectres, lequel estoit enbarqué 
en ung passager, et de fait l'ont chassé tellement qu'il 
lui a convenu prandre terre, où ilz l'ont suyvy lon- 
guement, et pour abréger, il le gaigne pour bien fouyr ; 
et avec ce ont blessé deux mariniers d'Angleterre qui 
estoient venuz avec lui et l'en remenoient, de laquelle 
chose je vous asseure que je suis plus courocé que de 
chose qui m'avint deux ans a ; et encores plus de ce que 
lesdiz mariniers ont esté blessez que de ce que a esté 
fait audit Poyctou, combien que je croy que se a esté 
chose faicte à poste par gens favorisans le duc de 
Bourgongne. Et pour y pourvoir et faire faire pugni- 
cion des delinquans, j'envoye présentement le mares- 
chal de Loheac, mon cousin, auquel j'ay donné charge 
de faire pugnir les malfaicteurs, tellement que je croy 
que jamès homme ne l'entreprandra, et que tous autres 
y prandront exemple 4 . Et aussi ay envoyé François de 
Dons et le petit trésorier de Normandie 2 , et Raulet 
Toustain, avec ung cirurgien pour faire garir lesdiz 

en la vicomte d'Auge au siège de flonnefleu pour le roy, » à 
t Jehan Raguier, receveur gênerai de Normandie, » de la somme 
de 290 1. t., représentant le prix des quatre « escutes » qu'il reven- 
diquait. (Bibl. nat., Fr. 26093, n* 1022 bis.) 

1. Jean Raguier. Voy. ci-dessous la lettre du 24 juin 1471 au 
seigneur de Bouchain, où il est qualifié de la même façon, mais 
où, de plus, il est nommé. 

2. Voy. une minute de mandement, également non datée, mais 
évidemment écrite en la môme occasion que la présente missive, 
par laquelle le roi ordonne à Loys Berthelot, lieutenant du prévôt 
des maréchaux, et à Macé Leclerc de punir les coupables. (Bibl. 
nat., Fr. 20491, fol. 25.) 



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A â 



480 LETTRES DE LOUIS XI. 

mariniers et les festoyer, ainsi que le seigneur de Con- 
gresault vous escript plus à plain 1 . 

DXLL 
a l'abbé du bec (y.). 

Montils-lès-Tours, 4 janvier 1471. 

Demande d'un prêt de 600 écus d'or pour subvenir aux armements 
nécessités par l'alliance du duc de Bourgogne avec Edouard IV, 
roi d'Angleterre. — (Copie. Bibl. nat., Lat. 13905, fol. 35 v\ 
Commun, par M. L. Delisle.) 

De par le roy. 
Nostre amé et féal, vous savez assez et avez peu 
veoir et congnoistre les très grans entreprises que a 
par cy devant faictes, et chascun jour s'efforce faire 
Charles, soy disant duc de Bourgongne, à rencontre 
de nous et de nostre auctorité et majesté royal et de 
la chose publique de nostre royaume, en voullant tollir 
et usurper l'ommaige et obéissance qu'il est tenu faire 
à nous et à la couronne de France, querant et pour- 
chassant par tous moyens à luy possibles tous les 
troubles et divisions qu'il a peu entre noz parens, 
amis et aliez et bienveillans. Et pour parvenir à ses fins 
et destruire la maison de France, dont il est yssu, se 
possible lui estoit, s'est alyé avec Edouart, soy disant 
roy d'Angleterre, et de lui prins l'ordre de la Jarre- 
tière, et s'est de parolle, de fait, et par lettres escriptes 
de sa propre main, déclaré ennemi formé de nous et de 
nostre dit royaume, en faisant guerre ouverte à l'en- 

1. Cette lettre sans date et à l'état de simple minute se place 
dans l'intervalle de temps compris entre le 6 octobre 1470 et le 
11 avril 1471, pendant lequel Henri VI remonta momentanément 
sur le trône qu'Edouard IV lui avait enlevé en 1461. 



LETTRES DE LOUIS XI. 181 

contre de nous et de noz subjetz. Et à ceste cause, 
avons esté et sommes contrains par nécessité, moien- 
nant l'aide de Nostre Seigneur et de noz bons et loyaulx 
vassaulx et subjectz, de obvier à la mauvaise et damp- 
nable voulenté dudit de Bourgongne et nous y employer 
de tout nostre pouvoir, sans rien espargner. Et par 
le conseil des seigneurs de nostre sang, gens de nostre 
grant conseil, et autres notables hommes pour ce con- 
voquez en grant nombre, avons délibéré et conclud de 
procéder contre icellui Charles de Bourgongne par 
puissance et main armée, et de mettre sus en plusieurs 
et divers pais de grosses armées, tant des gens de nostre 
arriere-ban que autres, outre les gens d'armes de nostre 
ordonnance, à la conduicte et entretenement desquelles 
armées et aussi de nostre artillerie, et autres très graves 
et continuelles despences, que incessamment nous con- 
vient et conviendra à ceste cause supporter, ne nous est 
souvent possible de fournir des deniers de noz finances. 
Et pour ce, affin que plus promptement puissions 
recouvrer finances pour la conduicte des choses dessus 
dictes, avons, par l'advis, conseil et délibération que 
dessus, ordonné et conclud faire faire certain emprunct 
par tout nostre royaume sur les prelatz, chapitres, 
gens d'église et autres plus puissans et aysiez de noz 
subjetz. Par quoy, et pour la confiance que nous avons 
[que] vous ne nous vouldriez faillir, nous vous prions 
etneantmoins mandons que [vous] nous vueillez p rester 
la somme de six cens escus d'or, et icelle bailler à 
nostre receveur gênerai qui vous en baillera sa cedule ; 
et nous vous promettons de bonne foy et en parolle 
de roy , que des deniers de noz finances de l'année pro- 
chain venant, nous vous ferons rambourcer de ladicte 



i 



182 LETTRES DE LOUIS XI. 

somme par nostre receveur gênerai, et aurons tous- 
jours en mémoire à vostre louange et recommenda- 
tion le plaisir que en ce nous ferez, et le recongnois- 
trons envers vous et les vostres par manière que en 
devrez estre contans, ainsi que par les commissaires 
que avons ordonnez pour faire lesdiz empruntz vous 
sera plus amplement déclaré. Donné aux Montilz, le 

mi* jour de janvier 4 . 

Loys*. 

DXLH. 

AUX LYONNAIS (v.). 

Montils-lès-Tours, 5 janvier 4471. 

Ordre de montrer au comte de Cominge l'artillerie qu'ils ont fait 
fabriquer et d'exécuter les ordres qu'il leur donnera. — (Orig. 
Arch. de Lyon, AA 20, n° 42.) 

De par le roy. 
Chiers et bien amez, pour ce que le conte de Com- 

1. Les religieux fournirent la somme demandée le 23 janvier 
1470 (v. st.) d'après l'obligation dont le texte suit : « Le roy est 
tenu à dom Gieffroy d'Espaigne, abbé du Bec Hellouyn, en la 
somme de six cens escus d'or qu'il lui a prestez pour le fait de 
la guerre de ceste présente année; laquelle somme, je, Jehan 
Raguier, receveur gênerai des finances dudit sire ou pays et 
duchié de Normandie, ay receue et d'icelle me tiens pour content, 
et a ledit sire ordonné icelluy abbé du Bec Helluyn en estre 

ramboursé sur les deniers de ses finances de l'année avenir le 

1 er jour de janvier prouchain. Je, en tesmoing, [ay] mon seing 
manuel cy mis le xxin»jour de février l'an M GGGG LXX (v. st.). » 
(Bibl. nat., Lat. 13905, fol. 36.) 

2. Par un mandement en date du môme jour, Louis XI fit une 
demande d'emprunt motivée de la même manière à la ville de 
Lyon (AA 20, n<> 51) et à l'église de Narbonne. (Bibl. nat. Coll. 
Doat, 56, fol. 400, et Coll. de Languedoc, 90, fol. 70, 74, 75. Publ. 
dans D. Martène et Durand, Thésaurus noms anecdotorum (Paris, 
1717, in-fol.), I, 1840-1841.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 183 

minge aura besoing d'artillerie pour mener avecques 

lui 1 , nous lui escripvons 2 qu'il veoye celle que avez 

fait faire, et pour ce faites touchant la dicte artillerie 

tout ce que le dit conte de Gomminge vous dira, et 

qu'il n'y ait point de faulte. Donné aux Montilz lez 

Tours, le V e jour de janvier. 

Loys. 

TlLHART. 

A noz chiers et bien amez les bourgois, manans et 
habitans de nostre ville de Lyon. 

DXLIII. 

AU MARÉCHAL DE COMINGE (v.). 

Montiis-lès-Tours, 5 janvier 1471. 

Ordre de demander aux Lyonnais l'artillerie qu'ils possèdent, pour 
en faire fondre de la nouvelle. — (Orig. Coll. du D r O'Galla- 
ghan, vendue à Londres les 27 et 28 mai 1875, n° 233.) 

Monseigneur le mareschal, pour ce que aurez besoing 

d'artillerie et que j'ay entendu qu'il en y a à Lyon, 

j'escripz à ceulx de la ville qu'ilz facent ce que leur 

ordonnerez 3 , et me semble que devez faire fondre 

celle qu'ilz ont faicte et en faire faire des pièces qu'il 

vous semblera qui vous seront nécessaires pour mener 

avecques vous. Escript aux Montilz lez Tours, le V e jour 

de janvier. 

Loys. 

TlLHART. 

1. Cf. ci-dessus la lettre de Louis XI en date du 30 novembre 
1470, également adressée aux Lyonnais, n° DXXXIII, p. 166. 

2. Voy. la lettre qui suit. 

3. Cf. la lettre précédente aux Lyonnais. 



186 UETTEB8 DK LOUIS XI. 

vous tenir en bonne seureté, garder et deffendre soubz 
nostre obéissance, nous n'espargnerons rien et y don- 
nerons si bonne provision que n'aurez garde de per- 
sonne qui vous voulsist nuyre. Au surplus, nous 
escrivons à nostre dit frère et cousin le connestable 
pour adviser et donner ordre aux choses nécessaires 
pour la garde et seureté de nostre dicte ville, et aussi 
avons chargé Grignardin, François de Parthenay, 
Philippe Le Gat 1 et Nicolas Alnequin 2 de vous en par- 

1. Philippe Le Gat, « escuier, mary et bail de damoiselle Anne 
de Huleux, sa femme, » donne quittance, le 31 mai 1489, à « Loys 
de Vaulevrier, escuier, receveur de Chauny-sur-Oise, de 50 s. 
par. sur le domaine dudit Ghauny par assignation à luy faicte 
par les enffans de ladicte damoiselle et de feu maistre Raoul Grou- 
chet, tant mains du douaire de ladicte damoiselle que elle prent 
sur lesdiz enffans, et ce pour le terme de l'Ascension derrenière 
passée. » (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 618, dossier Gat, 14504, n» 12.) 
Une autre quittance est échangée entre les mêmes personnes et 
pour la môme somme le 25 mai 1490. (Ibid., n° 11.) Le 31 mai 
1491, c'est la femme elle-même, « damoiselle Anne de Huleux, » 
qui donne quittance de cette somme à « Loys de Vaulevrier, 
escuier, demeurant à Ghauny. (Ibid., n° 13.) A la rigueur, le 
Philippe Le Gat, mari d'Anne de Huleux, et qui donne des quit- 
tances en son nom, pourrait (être le même que celui dont il est 
question dans notre missive. Mais le procès du connétable de 
Saint-Pol nous apprend F t existence à Saint-Quentin au moment où 
il avait lieu, c'est-à-dire en 1475, de deux Le Gat, le père et le fils, 
et c'est probablement du père dont le roi entend parler dans sa 
lettre : c Ung nommé Alnequin de Boissons, » répond le connétable 
dans son interrogatoire du mardi 28 novembre 1475, « escripvit unes 
lettres à ung nommé Le Gat de Saint-Quentin, et estoit au père, parce 
qu'il y a le père et le filz nommez Le Gat, lesquelles contenoient 
qu'il trouvast moien de parler à ses voisins et amys, affin qu'ilz 
meissent la ville de Saint-Quentin entre les mains du roy, et qu'il 
qui parle (le connétable) en fust osté dehors. » (Bibl. nat., Fr. 3869, 
fol. 11 v.) Ge qui résulte de ce passage, qu'il s'agisse du père ou 
du fils, c'est que ces Le Gat étaient une famille toute dévouée à 
la cause royale. 

2. Sur cet Alnequin, voyez la note ci-dessus. D'après le môme 



LETTRES DE LOUIS XI. 187 

1er et communiquer plus à plain. Si vous prions que 

de vostre part vous vueiUiez emploier à la fortifficacion 

(ficelle ville, tant de fossez que d'autres choses que 

vous verrez estre nécessaires, et nous le recognoistrons 

envers vous tellement que vous aurez cause d'en estre 

bien contens, et que congnoistrez par effect que nous 

vous tenons et reputons et voulons traicter comme 

noz bons, vrays et loyaulx subgietz. Donné au Puiset, 

le xix me jour de janvier. 

Loys. 

Bourré. 

À noz chiers et bien amez, les maire, eschevins et 
jurez, bourgois et habitans de nostre ville de Saint- 
Quentin. 

DXLVI. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Chartres, 20 janvier 1471. 

Marche du duc de Bourgogne pour mettre le siège devant Saint- 
Quentin ; ordre de mettre ses troupes sur pied et de les envoyer 
dans la direction de Pont-de-Remy ou de Hue, ou dans celle 
de Roye ou de Montdidier. — (Orig. Bibl. nat., Pr. 2913,-fol. 42.) 

Monseigneur le grant maistre, ne faictes nulle doubte, 
ainsi que je vous ay mandé par Jaques de Rivery 1 , 

interrogatoire du 28 novembre 1475, ledit Alnequin avait un beau- 
frère receveur, auquel il proposa de livrer Saint-Quentin au roi; 
il s'était mis en rapport pour le môme motif avec d'autres per- 
sonnes encore. (Bibl. nat., Fr. 3869, fol. 11 v°.) Je trouve aussi 
un Alnequin, capitaine des francs-archers du bailliage de Verman- 
dois, mentionné dans un mandement d'Antoine de Ghabannes de 
Tannée 1467. Il pourrait bien être le nôtre et ne faire qu'un avec 
le précédent. (Éd. de Gommines par Lenglet-Dufresnoy, II, p. 324.) 
1. Jacques de Rivery, t seigneur de Marchel, commissaire du 



488 LETTRES DE LOUIS XI. 

que le duc de Bourgongne s'en va mectre le siège 
devant Saint-Quentin. Et pour ce, si vous me voulez 
jamais faire service , il est temps ; et me semble que 
incontinent vous devez assembler tous voz gens, et 
vous mectre sur les champs en la plus grant haste et 
diligence que vous pourrez; et choisissez ou d'aler 
vers le Pont de Remy 1 ou Rue, pour faire la guerre 
vers Hedin, ou à Montdidier*, ou à Roye 8 , ainsi que 
vous escripvez, combien qu'il me semble que l'autre 
vault mieux ; car la plus part de ses gens et de son 
armée sont devers Hedin et Boulenoys; et quant ilz 
sauront que vous irez vers ce quartier, ilz s'en yront. 
Je vous prie en la plus grant diligence que homme feist, 

roy sur le fait et gouvernement de ses gens d'armes, » d'après une 
quittance du 12 mars 1468 (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 2493, dos- 
sier Rivery 56076, n° 4) ; t escuier, commis de par le roy à faire les 
monstres de ses gens de guerre, » d'après un mandement des géné- 
raux des finances du 28 avril 1472, donnant ordre à Jean Raguier, 
receveur général de Normandie, de tenir quitte « Estienne Peppin, 
grenetier du grenier à sel de Fescamp, » de la somme de 26 1. t. 
payée audit Jacques de Rivery pour le parfait de sa pension et entre- 
tenement de Tannée courante. (Ibid., n° 5.) Il se qualifie € escuier 
d'escuierie du roy » dans une quittance par lui donnée le 24 juillet 
1476 à Antoine Bayart, c conseiller dudit seigneur, trésorier et 
receveur gênerai de ses finances ou pays de Languedoc, » de la 
somme de 300 1. t. pour sa pension de l'année commencée le 
1 er octobre précédent. (Ibid., n° 7.) Enfin il est dit « cappitaine de 
Therouenne » dans deux quittances par lui données le 10 juin 
1481 et le 17 septembre 1482, à c sire Michel Tenthurier, trésorier 
et receveur gênerai des finances du roy es pais de Languedoc, 
Lyonnois, Forest et Beaujeoloys, » de 300 1. t. pour sa pension 
des années commencées le 1 er octobre 1480 et le 1 er octobre 1481. 
(Ibid., n<>» 8 et 9.) 

1. Pont-Remy, commune du canton d'Ailly-le-Haut-Glocher, 
arrondissement d'Abbeviile (Somme). 

2. Montdidier, chef-lieu d'arrondissement de la Somme. 

3. Roye, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Montdidier. 



LETTRES DE LOUIS XI. 489 

mectez vous dedens, car je m'en vois de l'autre costé 
et espère estre mercredi ou jeudi 1 à Compiengne ; et 
ne arresteray tant que je les aye veuz ; et si vous ne 
rompez leur armée par leur faire la guerre par vostre 
costé, comme fist Monseigneur de Talebot 2 quant ilz 
tenoient le siège au Crotoy 3 , nous aur 
de nostre part, car ilz seront trop grant 
et en y a qui n'en sont pas asseurs. 

Monseigneur le grant maistre, Hunal 
taine des francz archiers, est ung bon h 

de Rouen et le bailly de b vous serviront bien, et 

brief mandez tout, car tout nous fait besoing. Donné 
à Chartres, le xx* jour de janvier. 

LOYS. 

J. Leclerc- 

1. C'est-à-dire le 23 ou le 24 janvier; en réalité le roi n'y arriva 
que le 29 janvier. 

2. Talbot, comte de Shrewsbury, célèbre capitaine anglais, né 
vers 1373, tué à la bataille de Castillon le 17 juillet 1453. {nou- 
velle biographie générale.} 

3. Le Crotoy, commune du canton de Hue, dans l'arrondisse- 
ment d'Abbe ville (Somme). Voy., dana l'Histoire de Charles VII, 
par M. de Beaucourt, III, 12, le récit de cet échec du duc de 
Bourgogne devant Le Crotoy en 1437, surtout d'après la Chronique 
de Monstrelet, liv. H, ch. corn (éd. Douët d'Arcq), V, 308. 

4. Je trouve un Hunal qui pourrait bien être le nôtre, men- 
tionné comme il sait dans un passage des comptes de Louis XI à 
la date du 11 mai 1471 : «... A Jehan de Hunal, demeurant à 
Dieppe, la somme de iu 1. v s. t. pour xxx escus d'or, à lui don- 
née par le roy... le zf" jour ensuivant (mai 1471), tant en faveur 
de ce qu'il est venu devers lui (le roi) en la ville de Ham, et lui 
avoit apporté aucunes nouvelles d'Angleterre, que pour s'en retojurj- 
ner audit lieu d'Angleterre, où ledit seigneur l'envoyé pour 
anennes choses secrètes, dont ledit seigneur lui a donné charge. « 
(Bibl. nat., Fr. 6759, fol. 68 v».} 

El. Déchirure du papier. 



490 LBTTRIS DE LOUIS XI. 

À noetre cber et amé et cousin le conte de Damp- 
naartin, grant maistre d'ostel de France. 



DXLVII. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Compiègne, 3 février 1471. 

Réception de la lettre du grand maître apportée par le bailli de 
Gaux, annonçant l'occupation d'Amiens parles troupes royales; 
remerciements du roi et son intention de récompenser digne- 
ment le grand maître et tous ceux qui ont coopéré avec lui à 
cet heureux événement ; promesse de ratifier les conditions accor- 
dées à la ville d'Amiens; renvoi de Blanchefort et des fourriers 
pour y faire les préparatifs nécessaires à son entrée; attente 
d'autres nouvelles que le connétable doit lui apporter le lende- 
main; réponse faite par le roi à différentes personnes qui lui 
ont écrit. -— (Orig. Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 5. Copie du temps. 
Mélanges de Glairambault, 481, fol. 259. Publ. par Lenglet- 
Dufresnoy dans son éd. de Gommines (Cabinet du roy Louis 17), 
H, 241, mais avec la date erronée du 8 septembre.) . 

Monseigneur le grant maistre, j'ay receu voz lettres 
que par le bailli de Caux 1 m'avez escriptes, dont je 

1. Antoine d'Aubusson, premier du nom, né en 1413, fils de 
Renaud d'Aubusson et de Marguerite de Gomborn, seigneur de 
Monteil- au -Vicomte, de Peletanges et de Pontarion, d'abord 
écuyer et échanson du duc de Bourbon, pourvu de l'office de capi- 
taine châtelain de Bellegarde au ressort d'Auvergne par lettres 
du 11 septembre 1441, expédiées seulement le 27 janvier suivant; 
il servit Charles VU dans ses guerres contre les Anglais et les 
Bourguignons, et en obtint, par lettres du 26 novembre 1453, confir- 
mées par arrêt de la Ghambre des comptes le 25 juillet 1456, la 
seigneurie de l'Anglade en Guienne, confisquée sur le seigneur 
dudit lieu, pris les armes à la main dans les rangs anglais; par 
d'autres lettres du 9 mai 1454, le roi céda à Louis de Beaumont, 
sénéchal de Poitou, le sire de la Lande, fait prisonnier en juillet 
1453 à Castillon, où il servait dans l'armée anglaise, à la charge 



LETTRES I» LOUIS XI. 194 

loue Dieu et Nostre Dame, et cogooiz bien le bon ser- 
vice que vous m'avez fait 1 , et à jamaiz m'en souvien- 
dra, et de ceulx qui ont esté avec vous. Et au regard 
de ceulx de la ville, tout ce que vous avez promis je 
ratifieray *, et les dons que vous avez faiz sorteront 
effet, ainsi que verrez par les dons et ratifficacions 

de payer 4,000 écus d'or à Antoine d 'Aubusson. Nommé en outre 
conseiller et chambellan du roi, et, le 13 mars 1451, son « bailly 
de Touraine et des ressorts des exemptions d'Anjou et du 
Mans, » il devint bailli de Gaux en 1454, et Tétait encore à la 
date du 29 octobre 1477. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 130, dossier 
Aubusson, 2620, n° 18.) En 1455, il recevait du roi 600 1. t. 
de pension; le 20 novembre 1458, Charles VII donna à sa femme 
Marguerite de Villequier (fille de Robert et de Marie de Gamaches) 
et à lui la terre de Samblançay en Touraine ; par autres lettres 
datées de Ghinon, le 16 novembre 1459, il fut encore fait remise à 
Antoine d' Aubusson des droits de nouvel acquêt, s'élevantà 11 ou 
1,200 écus, à raison de l'acquisition par lui faite de la terre de 
Pontarion, mouvant du roi à cause de la tour de Mauburgeon 
à Poitiers (Bibl. nat., Pièc. orig., ibid., n° 7), et pour laquelle 
il fit hommage au roi le 5 décembre 1459. Louis XI lui accorda 
2,400 1. t. de pension en 1466. Il se rendit à Rhodes en 1480 
avec 2,000 hommes de pied et 500 gentilshommes équipés à ses 
frais, au secours de son frère Pierre, grand maître de Tordre, assiégé 
dans cette île par les Turcs; il fut nommé .capitaine de la place. 
Revenu en France après la délivrance de Rhodes, il eut à soute- 
nir, le 11 juillet 1480, un procès au parlement de Paris contre un 
autre Antoine d' Aubusson, bâtard d'Antoine d'Aubusson, che- 
valier, seigneur de la Villeneuve. Il mourut peu de temps après. 
(Anselme, V, 336, 340-341.) 

1. L'occupation d'Amiens, où Antoine de Ghabannes, en vertu 
d'une convention faite la veille avec les habitants, était entré 
le 2 février 1471. (Arch. d'Amiens, XI e registre aux échevinages. 
Publ. par M"« Dupont dans son éd. de Gommines, III, 272.) 

2. La ratification promise par le roi eut lieu par lettres datées 
de Gompiègne, en février 1471. (Arch. d'Amiens, registre intitulé : 
Chartes diverses (1318-1572), fol. 141, et Bibl. nat., D. Grenier 
89, fol. 303.) 



192 LETTRES DE LOUIS XI. 

que j'en feray, tout ainsi que vous avez promis, et 
sans aucune faulte ; je congnois à jamaiz le grant ser- 
vice qu'ilz m'ont fait. Je envoie Blanchefort 4 et les 
fourriers pour faire mon logeiz, et bien brief y seray 
sans point de faulte 2 . J'espoire demain parler à mon 
frère le connestable, afin de sçavoir mieulx ce que j'ay 
à faire et adviser sur le tout. Je rescrips à Philippe de 
Morvillier 3 , au maïeur, à monseigneur de Torcy, au 

1. Jean de Blanchefort, écuyer d'écurie, puis conseiller et cham- 
bellan du roi, chevalier, maire de Bordeaux, pourvu 1 , par lettres 
en date de Paris le 26 octobre 1465, de la capitainerie de Moret 
(Bibl. nat., Fr. 21405, p. 156); chargé par lettres de Louis XI, 
en date de Fontenay-le-Comte, 21 novembre 1472, conjointement 
avec Michelet Gaillard, conseiller du roi, Ymbert de Varey, élu 
de Lyonnais, et maîtres Albert Magalot et Jean Merlin, secrétaires 
royaux, de négocier à Lyon avec les gens du duc de Milan touchant 
le « fait et entretenement des aliances d'entre Louis XI et ledit 
duc, de l'obéissance que celui-ci doit au roi à cause de la seigneu- 
rie de Gennes et de plusieurs autres choses. » (Àrch. de Milan. 
Potenze estere. Francia.) Il fut chargé, en 1476, avec Guy de Poy- 
sieu, archevêque de Vienne, et Garcias Faure, président du par- 
lement de Toulouse, de négocier avec les représentants du roi 
René l'abandon par celui-ci au roi des duchés de Bar et d'Anjou 
et de toute alliance contraire à Louis XI. (Lecoy de la Marche, 
le Roi René, I, 404, 405.) Le 15 juillet 1479, le roi certiBe, pour 
lui servir de décharge envers la Chambre des comptes, lui avoir 
remis la somme de 1,000 écus d'or t pour acquict^r certaines pro- 
messes et faire plusieurs dons et gratuitez secrètes pour recou- 
vrer de la princesse de Navarre, (sœur du roi), la place de Mauleon 
de Soles, assise sur les frontières d'Arragon, Espaigne et Navarre, 
qu'elle tenoit de Louis XI par forme d'engaigement. » (Bibl. nat. 
Coll. Clairambault 1076, fol. 38.) La même année, il fut chargé, 
par lettres en date de Selommes, le 8 septembre 1479, de convo- 
quer les gens de guerre du Dauphiné pour le service du roi... 
{Ibid., fol. 36.) 

2. Louis XI ne vint à Amiens qu'au mois d'avril 1471, pendant 
lequel l'itinéraire y accuse sa présence du 14 au 18. 

3. Voy. sur ce personnage, t. II, p. 207, la lettre du roi aux 



LETTRES DE LOUIS XI. 493 

mareschal, et au bailli et autres qui m'ont escript, ainsi 

que m'avez adverti. Monseigneur le grant maistre, 

faictes moy tousjours savoir de ce qui vous surviendra, 

et aussi je vous advertiray de ce que je saura y. Et au 

surplus je vous pry que croiez ledit bailli de ce qu'il 

vous dira de mes nouvelles de par deçà. Et adieu, 

monseigneur le grant maistre. Escript à Gompiegne, 

le in e jour de février. 

Loys. 

TOUSTÀES. 

A nostre chier et amé cousin le conte de Dampmartin, 
grant maistre d'ostel de France. 

DXLVIII. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS (d.). 

Gompiegne, 3 février 1471. 

Ordre de vérifier et entériner les lettres de concession de foires à 
la ville de Gaen, bien que non contresignées de l'un des secré- 
taires des finances, dont aucun ne se trouve à la disposition du 
roi. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 6964, fol. 30.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, noz chiers et bien amez les bour- 
gois, manans et habitans de nostre ville de Gaen nous 
ont présentement fait dire et remonstrer que pour la 
perpetuacion et entretenement des foires nagueres par 
nous instituées et ordonnées estre tenues en nostre dicte 
ville de Gaen, ilz ont puis nagueres présentées en nostre 
chambre des comptes à Paris noz lectres patentes de 

habitants d'Amiens, en date du 13 septembre 1464, et la note 1, 
et, p. 208, la note 1 également. 

iv 13 



494 LBTTRBS DE LOUIS XI* 

la dicte institucion en forme de chartre 1 à vous adre- 
çans, à ce que voulsîssiez procéder à la verificacion et 
expedicion d'icelles ; mais que soubz umbre de ce que 
nosdictes lectres n'estoient signées de nostre main, ne 
de l'un des secrétaires de noz finances, avez de ce faire 
esté reffusans, quoyque soit delaians et en demeure. 
Et à ceste cause, et que ladicte institucion a esté faicte 
à grande solemnité, et que par l'advis et délibération 
des gens de plusieurs estatz de nostre royaume, et 
pour le bien de la chose publicque d'icelluy, et que 
avons sceu que icelles lectres dévoient estre signées 
de nostre dicte main et de l'un des secrétaires de nos* 
dictes finances, et que ycy n'a aucun de nosdiz secré- 
taires, et aussi les conviendrait rescrire et reseeller, 
qui serait en grant retardement de la publicacion 
d'icelles foires, avons icelles lectres incontinant signées 
de nostre dicte main, ainsi que par icelles pourrez à 
plain veoir. Si voulons et vous mandons, commandons 
et expressément enjoingnons que incontinant vous pro- 
cédez à la verificacion et expedicion de nosdictes lectres 
patentes, selon leur forme et teneur, tout ainsi que 
feriez se elles estoient signées de l'un desdiz secrétaires 
de noz finances, et pour ceste foiz seullement sans y 
faire aucune difficulté. Et y faites par manière que la 
publicacion desdictes foires n'en soit aucunement retar- 
dée ne empeschée. Et gardez que en ce n'ait faulte, car 
tel est nostre plaisir. Donné à Gompiengne, le m 4 jour 
de février. 

Loys. 

Demoulins. 

1. En date de Montils-lès-Tours, au mois de novembre 1470. 
{Ordonnances des rois de France, XVII, 344.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 495 

A noz amez et feaulx les gens de noz comptes et 
trésoriers à Paris. 

Allate die sexta februarii 1470 (v. st.). 



DXLIX. 

A BOURRÉ (D.). 

Compiègne, 4 février 1474. 

Emprunt fait par le roi à Pierre et Mathieu de Julien, marchands 
de Limoges, de la somme de mille écus ; ordre de se faire livrer 
immédiatement et de lui envoyer sur ladite somme cinq cents 
écus, et de donner les cinq cents antres à Jean Daux « pour 
aller quérir des bessons i en Bretagne et acheter des pelles, ou 
de les lui envoyer par Gilles Le Flameng. — (Orig. Bibl. nat., 
Fr. 20487, fol. 2.) 

Monseigneur du Plessiz, j'ay appoincté avecques 
Guillaume et Mathieu de Julien, frères, marchans de 
Limoges, à la somme de mille escuz. Je vous prie que 
incontinent les recouvrez, et leur baillez la quictance 
telle qu'il sera nécessaire, et incontinent m'envoiez à 
tue cheval v c escuz des premiers receuz par homme 
qui soit icy en vi heures, et les autres V e escuz bail- 
lez les à Jehan Daux 1 pour aller quérir des bes- 

1. Valet de chambre du roi, mentionné dans un compte à la 
date du 9 décembre 1470, à raison d'un voyage fait par un sien ser- 
viteur Pierre Glé par ordre du roi, d'Àmboise « en Bretaigne devers 
l'admirai de Bretaigne et sa femme leur porter lettres closes de 
par ledit seigneur. » (Bibl. nat., Fr. 6759, fol. 73.) A la date du 
lendemain 10 décembre, Jean Daux figure sur ce compte pour un 
voyage fait par lui-même le 11 décembre, sur Tordre de Louis XI, 
d'Amboise également « devers le duc de Bretaigne pour lui por- 
ter lettres closes, ensemble deux sacres que icellui seigneur (le roi) 
lui envoyoit. i (Ibid., fol. 73.) J'ignore à quel moment il adressa 
au roi une requête, dont le résultat m'est également inconnu, pour 



196 LETTRES DE LOUIS XI. 

sons 1 en Bretaigne, et pour achater des pesles ; et se 
vous estiez party , envoiez y maistre Gilles Le Flameng * 
qui fera ceste diligence, et gardez qu'il n'y ait point de 
faulte. Escript à Compiengne, le 1111 e jour de février. 

Loys. 

TlLHART. 

À nostre amé et féal conseiller et maistre en nostre 
chambre des comptes à Paris, maistre Jehan Bourré. 

DL. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Gompiègne, 6 février 1471 . 

Remerciements du roi pour ses services et son intencion de lui 
en prouver sa reconnaissance; promesse de ratifier les engage- 
ments pris par le grand maître envers les habitants d'Amiens ; 
instructions données à Pierre Gléret pour régler ces questions. 
— (Orig. Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 17. Copie du temps. Mélanges 
de Clairambault, 481, fol. 259 v°.) 

Monseigneur le grant maistre, j'ay receu voz lettres 
et vous mercye tant que je puis de ce que avez fait, 
et ay entencion de le vous desservir et de corps et de 
biens, et Dieu me doint la grâce et Nostre Dame de le 
povoir desservir. 

obtenir la capitainerie de la Chèze-le- Vicomte, d'un revenu annuel 
de 450 1. t. (Bibl. nat., Fr. 20495, fol. 80.) 

1. Des pionniers, suivant Godefroy (Dictionnaire de l'ancienne 
langue française.) 

2. Notaire et secrétaire du roi, d'après des comptes de Tannée 
1469-70. (Bibl. nat., Fr. 6758, fol. 75 et 86 v«.) Je trouve pour la 
première fois sa signature au bas de lettres royales du 22 janvier 
1469. (Arch. nat., JJ 197, fol. 39 v°, n°LXI.) En 1475, d'après un 
autre compte de cette année, il était général sur le fait de la jus- 
tice des aides. (Bibl. nat., Fr. 20685, fol. 633.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 197 

Au regart de ce que avez promis à ceulx de la ville, 
j'en ay commandé la ratifficacion, afin que tout ce que 
leur avez accordé leur soit entretenu selon les lettres 
que leur en avez faictes ! . 

Monseigneur le grant maistre, j'ay chargé à Pierre 
Gleret vous parler de toutes choses plus au long. Et 
pour ce, je vous prie que le croyez de ce qu'il vous 
dira de par moy. Escript à Gompiengne, le VI e jour 
de février. 

LOYS. 

TlLHART. 

 nostre cher et amé cousin le conte de Dampmartin, 
grant maistre d'ostel de France. 

DLL 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Compiêgne, 7 février 1471. 

Ordre de fournir une escorte à un messager expédié au connétable. 

— (Orig: Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 9.) 

Monseigneur le grant maistre, ce porteur va pour 
l'entreprinse de Monseigneur le connestable ; mais pour 
ce que ses gens sont loing, je vous prie, prestez lui 
des gens ce qui lui en fera besoing, si d'avanture il 
vous en requiert, et il en ait à faire. Escript à Gom- 
piengne, le VII e jour de février. 

LOYS. 

TlLHART. 

« 
Au conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de 
France. 

1. Voy. ci-dessus, p. 191, la note 1 relative à cette capitulation. 



198 LETTRES DE LOUIS XI. 



DLII. 

AUX HABITANTS DE MONTPELLIER (v.). 

Gompiègne, 9 février 1471. 

Notification de la convocation des états de Languedoc à Montpel- 
lier pour le 4 mai suivant ; ajournement de la susdite convoca- 
tion. — (Orig. Arch. de l'Hérault, Titres du Languedoc, t. II. 
Commun, par M. Sée.) 

De par le roy. 

Ghers et bien a mes, pour aucunes causes qui touchent 
grandement le bien de nous et de nostre seignourie, 
nous avons ordonné faire assembler les gens des trois 
estatz de nostre pays de Languedoc en nostre ville de 
Montpellier au nn e jour du mois de may prouchain 
venant, auquel lieu nous envoyons de noz conseillers 
et officiers notables pour leur dire et exposer les causes 
de ladicte assemblée. Si vous mandons que ausdiz lieu 
et jour vous soyés, ou envoyés gens de par vous à 
tout pouvoir suffisant, pour conclure et octroyer ce 
qui sera exposé et requis de par nous à ceste assem- 
blée, et en ce ne faictes faulte. Donné à Gompiègne, le 
IX e jour de février. 

Depuis noz lettres dessus escriptes a esté advizé pour 
le bien et conduite des matières que la journée des 
estatz par nous* assignée au lin* de mai sera continuée 

jusques au dudit mois. 

LOYS. 

Bourré. 



LETTRES DE LOUIS XI. 499 



DLIII. 

A LA CHAMBRE DES COMPTES (d.). 

Noyon, 13 février 1471. 

Ordre de vérifier sans plus de difficulté « les lettres d'aucuns dons 
et octroys faiz, tant en gênerai que en particulier, » aux habi- 
tants de Saint-Quentin. — (Orig. Bibl. nat., coll. Fontanieu 139.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, nous avons entendu que vous 
faictes difficulté de veriffîer les lettres d'aucuns dons 
et octroys que avons faiz, tant en gênerai que en par- 
ticulier à ceulx de nostre ville de Saint Quentin 1 , dont 
nous sommes pas contens; et eh faictes assez pour 
nous faire ung très grant dommage ; lequel s'il advenoit, 
que Dieu ne vueille, nous nous en prendrions à vous. 
Et pour ce gardez que incontinent, toutes excusa- 
cions cessans, vous vérifiiez noz dictes lettres sans 



1 . A la suite de l'occupation de Saint-Quentin par ses troupes, 
Louis XI avait accordé aux habitants de cette ville une série de 
privilèges par lettres datées de Meung-sur-Loire, au mois de jan- 
vier 1471, abolition générale pour tout ce qui pourrait avoir été 
dit ou fait par eux contre le roi pendant qu'ils étaient sujets du 
duc de Bourgogne {Ordonnances des rois de France, XVII, 369) ; 
par autres lettres de la même date, le droit, pour les étrangers 
venant s'établir à Saint-Quentin dans un délai de trente ans, d'ac- 
quérir et de disposer de leurs biens, et l'exemption du droit de 
formatage (Op. laud., XVII, 368) ; le rétablissement de la pré- 
vôté de Saint-Quentin dans l'état où elle se trouvait avant le traité 
d'Arras {Op. laud., XVII, 370) ; enfin, par lettres datées de Meung- 
sur-Loire, le 16 janvier 1471, l'exemption de toute imposition 
foraine pour les habitants de ladite prévôté et de ladite ville. 
(Op. laud., XVII, 365.) 



200 LETTRES DE LOUIS XI. 

plus y faire de reffus. Donné à Noyon 1 , le xm 6 jour 
de février. j^ 

Bourré. 

A noz amez et feaulx les gens de noz comptes et 
trésoriers à Paris. 

Allate die lune xviy* februarii 1470, assistentibus ad burellum 
dominis N. de Louviers, P. Lorfevre, S. Bureau, Ja. Chevalier, Lou- 
viers juniore, P. Paillart et K. cFOrgemont, qui ordonaverunt expe- 
diciones jarri factas refici et reformari, juxta pateneium litterarum 
et presendum tenorem, et absque difflcultate nec reservacione. 

DLIV. 

A L'AMIRAL (D.). 

No^on, 14 février 1471. 

Marche du duc de Bourgogne dans la direction de Gorbie ; envoi 
de la lettre écrite par le roi au comte de Dammartin; absence 
de nouvelles de ce dernier depuis le lundi ou le mardi précé- 
dent; ignorance du roi sur ses intentions; faute commise par 
le comte de Dammartin en faisant passer la rivière à ses troupes ; 
ordre d'avoir à tout prix des renseignements sur son compte; 
impossibilité de repousser le duc de Bourgogne pour Tannée 
courante, si on le laisse arriver au mont Saint -Quentin. — 
(Orig. Bibl. nat., Fr. 2913, fol. 3. Publ. parDuclos, Histoire de 
Louis XI, IV, 371.) 

Mon filz 2 , le chemin que le duc de Bourgongne prent 
est pour aller à Corbye 3 . Je vous envoyé le double 

1. Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Compiègne (Oise). 

2. Le bâtard de Bourbon, amiral de France et gendre du roi. 

3. Louis XI se trompait sur les intentions du duc de Bour- 
gogne. Au lieu de marcher immédiatement sur Gorbie, au nord- 
est d'Amiens, le duc, d'après une Chronique bourguignonne, rédi- 
gée sous forme de journal, et évidemment par un témoin oculaire, 
se dirigea sur Picquigny, au nord-ouest d'Amiens, après avoir 
passé la Somme, puis, après avoir tourné autour de cette dernière 



i 



LETTRES DE LOUIS XI. 204 

des lettres que j'ay escriptes au conte deDampmartin 1 . 

Il ne m'a point fait de responce, et si les a dès lundi 

ou mardi 2 au matin, ne je n'euz oncques puis nouvelles 

de lui. Je ne sçay s'il auroit mis le siège à Gorbye, ou 

s'il veult actendre la puissance du duc de Bourgongne. 

Mon filz, je ne viz oncques si haulte folye que d'avoir 

passé la rivière aux gens qu'il a, ne mieulx quérir ou 

grant deshonneur ou grant dommaige 8 . Je vous prie, 

envoyez y quelques gens pour savoir comment il se 

gouverne et m'en faictes savoir des nouvelles deux ou 

trois foiz le jour, car je suis en grant malaise, doub- 

tant que le grant maistre ait fait du hardi merdoux, 

et si Dieu le sauve et Nostre Dame et sa compaignie, 

qu'ilz ce se perdent par leur deffault. Il me semble que 

le duc de Bourgongne est défiait, et s'il vient une foiz 

au Mont Saint Quentin sur Peronne 4 , je ne l'eslongneray 

de cest an que je puisse. Escript à Noyon, le xmi e jour 

de février. 

Loys. 

A mon filz l'admirai. Tilhart. 

ville par le sud, comme pour en tàter les côtés faibles, il finit par 
repasser le fleuve dans la direction opposée à celle où il l'avait 
traversé tout d'abord, c'est-à-dire au sud-est d'Amiens, et arriva 
enfin à Gorbie le jeudi saint 11 avril 1471. (Lenglet-Dufresnoy, 
éd. de Gommines, H, 197-198.) 

1. Probablement celle du 6 ou du 7 février. Voy. ci -dessus, 
pp. 196 et 197. 

2. C'est-à-dire le 11 ou le 12 février. 

3. Voy., dans Lenglet-Dufresnoy (éd. de Gommines), II, 241, 
des instructions du roi au comte de Dammartin, en date du 
16 février, indiquant le plan que Louis XI aurait voulu voir 
mettre à exécution. 

4. Dans la commune d'Allaines, canton et arrondissement de 
Péronne (Somme). 



SOS LETTRE8 DE LOUIS XI. 



DLV. 

AUX HABITANTS DE TROYES (v.). 

Noyon, 17 février 1471. 

Notification de l'envoi en Champagne du seigneur de Chàtillon 
avec ordre de lui obéir. — (Orig. Arch. de la ville de Troyes, 
AA 48. Commun, par M. Roserot.) 

De par le roy. 

Ghiers et bien amez, nous envoyons présentement 
es marches de noz pais de Ghampaigne et de Langres 
nostre chier et amé cousin le sire de Chastillon, nostre 
lieutenant et gouverneur de nosdiz païs, pour donner 
ordre à tout ce qu'il verra estre nécessaire, tant pour 
le fait de la guerre que autres affaires d'iceulx noz 
pais, ainsi qu'il vous dira. Si le vueillez croire, et à 
tout ce qu'il vous ordonnera de par nous vous emploier 
et lui obeyr comme vouldriez faire à nostre personne 
propre, sans y faire aucune faulte ne difficulté. Donné à 
Noyon, le xvn* jour de février. 

Loys. 

TOUSTAIN. 

A noz chiers et bien amez les gens d'église, bour- 
goiz et habitans de nostre ville de Troyes. 

Recettes par monseigneur de Chastillon le xxv* jour de février, 
Van mil 1111° soixante et dix. 

Signé : Baussancourt. 



sf' 



LETTRES DE LOUIS XI. 203 



DLVI. 

9 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Noyon, 26 février 1471. 

Accusé de réception de sa lettre; renvoi de GarinLe Groingpour 
le renseigner ; recommandation de bien le servir et de le tenir 
au courant de tout, — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 13.) 

Monseigneur le grant maistre, j'ay receu voz lettres 
et vous envoyé Garin le Groing 1 , prese.it porteur, qui 

1. Garin ou Guérin Le Groing, chevalier, seigneur de la Mothe- 
du-Pré, de Chailluau-en-fîâtinais, d'Esternay et de Ghassaing, 
conseiller et chambellan du roi , faisait partie . de la garde de 
Louis XI au moins dès le 29 avril 1468 , date à laquelle le roi 
ordonne à Antoine Raguier de lui payer ses gages en cette qualité 
pour le premier trimestre de ladite année (Bibl. nat., Fr. 20496, 
fol. 82), puis il fut bailli de Saint-Pierre-le-Moutier dès le règne 
de Louis XI et sous celui de Charles VIII. Le roi, par lettres 
de décembre 1482, lui accorda le droit d'avoir un marché tous 
les vendredis et quatre foires par an dans sa terre de Ghailluau. 
Il se qualifie capitaine de cent lances fournies, dans une quittance 
par lui donnée le 14 mai 1474 de 300 1. t., pour son dit état de capi- 
taine. Par des lettres données à Baugé, le 22 septembre 1490, 
Charles Vin lui accorda 12,000 1. t., représentant la rançon du 
« bastard Baudouin de Bourgogne et de tous les autres prison- 
niers qu'il avoit par l'ordonnance et commandement du feu roy 
Loys, qui les lui avoit baillez et livrez en ses mains, et les ser- 
vices et mises qu'il avoit faiz pour le feu roy en Ro us sillon et 
ailleurs au fait de ses guerres et autrement jusques à son très- 
pas. » Par la quittance que donna ledit Le Groing le 29 novembre 
1490 à Paris, il faisait ses réserves au sujet de 3,000 1. t. restant 
encore dues de la confiscation de feu Jean le Bourcier, que 
Louis XI lui avait accordée à raison de ce que ce dernier était 
débiteur dudit Le Groing. Guérin Le Groing avait épousé Isabeau 
Taveau, fille de Jean, baron de Mortemer en Poitou, et de Marie 
de Chauvigny, dont il eut trois enfants, et, en secondes noces, 
Anne Damas, dame de Mareuil, près Bourges, veuve de Charles 



204 LETTRES DE LOUIS XI. 

vous dira tout. Si le créez comme moy meismes, et 

adieu monseigneur le grant mestre. Donné à Noyon, 

le xxvi 6 jour de février. 

Je vous prie, servez moy bien et n'y espargniez rien, 

comme je y ay ma confiance, et m'escripvez tousjours 

de voz nouvelles. 

Loys. 

A monseigneur le grant maistre. Meurin. 

DLVII. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Noyon, 27 février 1471. 

Ordre de mettre dans Amiens tous les francs- archers qu'il sera 
possible de trouver et de donner libre cours à toute espèce de 
monnaies pendant la durée de la guerre, malgré les ordonnances 
contraires. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 11. Copie du temps. 
Mélanges de Glairambault, 481, fol. 267 v°.) 

Monseigneur le grant maistre, je vous prie tant 
comme je puis que vous faictes mettre dedens Amiens 
tous les nobles et francs archers que vous pourrez 
trouver, et n'y espargnez rien ; car de ma part aussi 
ne ferè ge. J'ay ordonné pour ceste guerre que toutes 
les monnoies se prengnent, ainsi qu'ilz faisoient par 
avant certaine ordonnance nagueres faicte; car on 
m'avoit dit que les cappitaines et gens de guerre y 
faisoient aucuns reffuz. Donné à Noyon, le xxvn e jour 
de février. 

Loys. 

A monseigneur le grant maistre. Bourré. 

Trousseau. Il mourut à Chailluau, le 6 janvier 1491, et fut enterré 
dans l'église d'Ormeilles. (Anselme, VIII, 142.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 205 



DLVIII. 

AUX HABITANTS DE TROYES (v.). 

Ham, 28 février 1471. 

Ordre de laisser jouir la veuve de feu Antoine Dozenac et ses 
enfants Guillaume et Jacques Dozenac, brigandiniers de la ville 
de Troyes, des lettres d'affranchissement de tailles et de guet 
et garde de portes à eux accordées par le roi. — (Orig. Arch. 
de la ville de Troyes, AA 48. Commun, par M. Roserot) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, noz chiers et bien amez la vesve 
de feu Ânthoine Dozenac, Guillaume et Jacques Doze- 
nac, frères, enffans de ladicte vesve, noz brigandiniers 
en nostre ville de Troyes, nous ont fait remonstrer que 
deux ans et plus, pour consideracion de plusieurs ser- 
vices qu'ilz nous ont faiz et autres causes à ce nous 
mouvans, nous leur avons octroie noz lettres d'affran- 
chissement de tailles et de guet et garde de porte, 
lesquelles ont esté dteuement veriffiées ; mais ce non 
obstant, aucuns de nostredicte ville s'efforcent leur y 
donner empeschement en venant directement contre 
la teneur de nosdictes lettres, noz plaisir et voulenté. 
Et pour ce que desirons ycelles noz lectres sortir leur 
effect et les affaires desdiz veuve et enffans estre 
favorablement traictez, nous voulons et vous mandons 
bien expressément que du contenu en nosdictes lettres 
vous faictes yceulx vesve et enffans joyr et user plai- 
nement et paisiblement, sans leur faire mectre ou don- 
ner aucun destourbier ou empeschement au contraire, 
lequel se fait leur avoit esté ou estoit, si leur mectez 
ou faictes mectre incontinant et sans delay à plaine 



206 LETTRES DE LOUI8 XI. 

délivrance, et y faictès en manière qu'il ne soit plus 
besoing vous en escripre, ne que lesdiz vesve et enffans 
n'aient plus cause d'en venir par devers nous à provi- 
sion, car tel est nostre plaisir. Dontaé à Hem 1 , le deiv 
renier jour de février. 

Loys. 

Meure*. 

A noz chiers et bien amez les eschevins de nostre 
ville de Troyes. 

Recettes par Guillaume Bellier et leues ou Conseil de ladicte ville 
de Troyes le ypjour de mars, Van mil III1* LU (v. st.). 

DLIX. 

A PIERRE DORIOLE (d.). 

Plessis-de-Roye, 7 mars 1471. 

Accusé de réception de sa lettre; ordre d'envoyer à Jean de Nyve- 
nen les lettres et instructions dont il y est fait mention et d'or- 
donner au capitaine de l'arrière-ban d'avoir à se hâter. — • (Orig. 
Bibl. nat, Fr. 15537, fol. 116.) 

Monseigneur le gênerai, j'ay veu voz lettres que 
m'avez escriptes par vostre chevaucheur, et me semble 
bien d'envoyer à Jehan de Nyvenen 2 les lettres et ins- 

1. Ham, chef- lieu de canton de l'arrondissement de Péronne 
(Somme). 

2. Dans des instructions, auxquelles l'abbé Legrand assigne la 
date de janvier 1471, et qui seraient par conséquent de peu anté- 
rieures à celles dont il est question dans la présente missive, 
Louis XI charge ledit de Nyvenen, « escuier, son huissier 
d'armes, * de s'assurer l'amitié des archevêques de Cologne et de 
Trêves contre le duc de Bourgogne. (Bibl. nat., Fr. 6978, fol. 43.) 
Yoy. ci-dessus, p. 150, note 1. 



LETTRES DE LOTIS XI. 307 

tractions dont voz dictes lettres font mention ainsi que 
avez advisé, et pareillement d'envoyer aux capitaines 
de l'arriére ban lettres pour les haster, ainsi qu'il a 
esté fait aux autres et si faictes faire toutes les dictes 
lettres et instructions incontinent et les envoyez. Donné 
au Plessiz Monseigneur de Roye 1 , le vn 6 jour de mars* 

Loys. 
Leglerg. 
A nostre amé et féal conseiller et gênerai de noz 
finances, maistre Pierre Doriole. 

DLX. 
à l'amiral (d.). 

Moyencourt, 7 mars 1471. 

Satisfaction éprouvée par le roi à la réception de la lettre de l'ami- 
ral ; ordre envoyé au duc de Guienne de joindre ses forces à 
celles de celui-ci pour en finir avec les Bourguignons ; ordre de 
faire des « saillies » de nuit contre ces derniers ; projet du roi 
de « costoyer • le connétable et de chercher le moyen d'opérer 
sa jonction avec l'amiral. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 19.) 

Mon filz, j'ay veues les lettres que m'avez escriptes*, 
dont j'ay esté très joyeux. J'ay rescript à mon frère 3 
qu'il se tire incontinent à vous, et quant il sera joinct 
avecques vous, moiennant l'aide de Dieu, j'ay espérance 
que ce sera la fin des Bourgongnons. 

1. Plessis-de-Roye, commune du canton de Lassigny, arrondis- 
sement de Compiègne (Oise). 

2. Voyez aux Pièces justificatives, n* VIII, la lettre de l'amiral 
dont le roi accuse réception, en date de Roye, le 26 février 1471. 

3. Le duc de Guienne se trouvait en Picardie pendant cette 
campagne, car, à la suite de la trêve conclue par le roi avec le 
duc de Bourgogne à Pâques 1471, il séjourna, suivant la Chro* 
nique scandaleuse, à Ham avec Louis XI et le connétable. 



208 LETTRES DE LOUIS XI. 

Mon filz, je voy et congnois le bon service que vous 
me faictes, et le grant vouloir que vous y avez, et pour 
Dieu entretenez bien tout. . Et si ces Bourgongnons 
vous approuchent, faictes des saillies de nuyt 1 , car je 
les congnois bien, et me semble que vous y beson- 
gnerez mieulx que autrement. Je costayeray tousjours 
mon frère le connestable, et sauray bien trouver, se 
le duc de Bourgongne s'eslongne, ne petit ne grant 
passage, pour y entrer et aler à vous. 

Mon filz, je vous prie, gouvernez vous y bien et 
saigement, et me faictes souvent savoir de voz nou- 
velles; car plus grant plaisir ne me pourriez vous 
faire. Et adieu mon filz. Escript à Moy encourt 2 , le 
vn e jour de mars. 

LOYS. 

TlLHART. 

À mon filz l'admirai. 

DLXI. 

AUX LYONNAIS (v.). 

Le Tronquoy, 15 mars 1471. 

Notification du retrait, à l'occasion de la guerre et jusqu'à nouvel 
ordre, de l'ordonnance précédemment rendue sur le cours des 
monnaies. — (Copie moderne. Arch. de Lyon, dans les manus- 
crits de l'abbé Sudan.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, nous avons receu voz lettres 

1. L'amiral, comme on le voit par sa lettre du 26 février précé- 
dent, citée plus haut, était enfermé dans Roye, récemment enlevée 
aux Bourguignons. 

2. Commune du canton de Roye, arrondissement de Mo'ntdidier 
(Somme). 



LETTRES DE LOUIS XI. 209 

faisant mencion du cry que nostre très chier et amé 
cousin le conte daulphin d'Auvergne a fait faire par 
delà touchant le fait et cours des monnoyes ; sur quoy 
vous advertissons que, à l'occasion de la guerre que 
nous faisons de présent, avons fait certaine déclaration 
pour donner cours ausdictes monnoyes 1 , ainsi qu'elles 
avoient par avant l'ordonnance et deffense que avons 
fait par cy-devant publier, et ce, jusques à nostre bon 
plaisir, et que par nous aultrement en soit ordonné, 
comme par la dicte déclaration, laquelle vous avons 
envoyée par nostre amé et féal notaire et secrétaire 
maistre Guillaume Lauvergnat 2 , contrerolleur de noz 
finances de Languedoc, vous peult estre apparu. Et 
entendons et voulons que nostre dicte declaracion vous 
faictes garder et entretenir selon sa forme et teneur. 
Donné au Tronquey 3 , le xv e jour de mars. 

LOYS. 
Leclerc. 

A noz chiers et bien amez les conseillers de nostre 
ville de Lyon. 



1. Les lettres visées par le roi, et donnant cours aux monnaies 
étrangères, sont datées de Montils-lès-Tours , le 4 janvier 4471. 
(Ordonnances des rois de France, XVII, 362.) 

2. Notaire et secrétaire du roi au moins depuis le 30 juin 1467. 
(Bibl. nat., Fr. 20496, fol. 66.) Guillaume Lauvergnat était à sa 
mort, postérieure au moins au 16 avril 1472 (il se trouve un acte 
passé par-devant lui de cette dernière date. Bibl. nat., Pièc. orig., 
vol. 2966, dossier Du Vergier 65897, n* 16), contrôleur des finances 
de Languedoc, office dans lequel Jacques de Ganlers demanda au 
roi à lui succéder. (Bibl. nat., Fr. 20485, fol. 121.) 

3. Le Tronquoy, dans la commune du Fretoy, canton de Mai- 
gnelay, arrondissement de Glermont (Oise). 

iv 14 



210 LETTRES DE LOUIS XI. 



DLXII. 

A PIERRE DORIOLE ET A BOURRÉ (D.). 

Beauvais, 27 mars 1471. 

Ordre de pourvoir au transport à Beauvais des longues lances fer- 
rées fabriquées à Orléans, et qui doivent être amenées aux frais 
des habitants de cette dernière ville jusqu'à Paris seulement. — 
(Minute. Bibl. nat., Fr. 20487, fol. 1.) 

Monseigneur le gênerai et vous monseigneur du 
Plessiz, j'envoye présentement à Orléans Anthoine 
Leblanc 1 , mon canonnier, et Anthoine de Gastello, mon 
faiseur de longues lances, pour faire amener et char- 
royer par deçà le nombre et quantité de in m V e longues 
lances ferrées, que j'ay fait faire audit lieu d'Orléans; 
et escriptz à ceulx de ladicte ville qu'ilz facent finance 
de charroy et de charretiers, en tel nombre qu'il sera 
nécessaire pour les faire charroyer jusques à Paris. Et 
escriptz aussi à ceulx de Paris, que quant ilz seront 
là arrivez, ilz facent semblablement finance d'autres 
charroy et charretiers ou lieu de ceulx dudit lieu d'Or- 
léans, pour faire amener et charroyer lesdictes lances 
jusques icy . Et pour ce, incontinant que lesdictes lances 
seront arrivées à Paris, faictes tant qu'ilz ayent illec 
incontinant tel nombre de charroy et de charretiers 
qui leur sera nécessaire, et vous y employez en manière 

1. Ce « canonnier i de Louis XI avait été en outre, à raison de 
ses services dans sa profession, tenus en grande estime par le 
roi, nommé, par lettres datées de la Ferté-aux-Oignons, le 25 no- 
vembre 1466, c maistre des euvres de maçonnerie du bailliage de 
Gisors » après la reprise de la Normandie sur Charles de France. 
(Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 361, dossier Le Blanc, 7819, n° 2.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 211 

que lesdictes lances soient amenées par deçà en la plus 

grant diligence que faire se pourra. Donné à Beauvais 1 , 

le XXVII e jour de mars. 

Loys. 

J. Leglerg. 

À noz amez et feaulx conseillers maistres Pierre 
Doriole, gênerai de noz finances, et Jehan Bourré, 

maistre de noz comptes. 

« 

DLXIII. 

AU SEIGNEUR d'ARGUEOL (v.). 

Amiens, 14 avril 1471. 

Satisfaction du roi de la manière dont ledit seigneur d'Argueil a 
conduit les opérations militaires ; envoi d'Etienne Moreau, son 
maître d'hôtel, pour lui notifier la trêve de trois mois conclue 
avec le duc de Bourgogne; ordre de mettre ses hommes d'armes 
en garnison dans les places conquises, et de renvoyer les gens 
de l'arrière-han et les francs-archers dans leurs foyers, sous la 
condition qu'ils reviendront à l'expiration de la trêve. — (Orig. 
Arch. de la ville de Troyes, AA 48. Commun, par M. Roserot.) 

De par le roy. 

Très chier et amé cousin, [nous avons ]* receu 

voz lectres et tant par icel[les que] nous avons esté 

et sommes à plain informez et acertennez peines 

et diligences que avez prins pour loyaument nous 

1. La preuve que Louis XI se trouvait à Beauvais le 27 mars 
1471 est fournie par le passage suivant de ses comptes : 

« A lui (le roi) comptant le xxvu me jour ensuivant (mars 1471), 
pour offrir après sa messe sur le maistre autel de l'église Mon- 
seigneur Saint-Pierre de Beauvais, xinescuz. » (Bibl. nat., Fr. 6759, 
foi. 34.) (Note de M"« D. ) 

2. Le milieu de la partie supérieure et celui de la partie infé- 
rieure de cette lettre ont été endommagés par le feu. 



21 2 LETTRES DE LOUIS XI. 

serv[ir ] ces entreprinses et conquestes par vous 

faictes sur les Bourgoignons, dont vous remercions, 
congnoissant que lesdictes choses sont advenues par 
moyen de la bonne conduicte et diligence de vous et 
autres qui en avez eu la charge de par nous ; laquelle 
chose jamaiz nous ne oblierons, et ne vouldrions ne 
pourrions oblier ung si grant service à nous fait, mais 
nous sommes concluz et délibérez de bien le recon- 
gnoistre envers vous et ceulx qui nous y ont servy. 
Au surplus, pour ce que tousjours desirons vous adver- 
tir de noz affaires, nous envoyons présentement par 
devers vous nostre amé et féal conseiller et maistre de 
nostre hostel, Estienne Moreau, seigneur de Gullier, 
auquel nous avons chargé vous dire comme Charles 
de Bourgoigne nous a puis nagaires envoyé remons- 
trer qu'il estoit moult desplaisant de la guerre et ques- 
tion que avions à rencontre de luy, laquelle il desiroit 
sur toutes choses pacifier et appaiser, nous suppliant 
que lui voulsissions donner trêves pour trois mois, 
pendent lesquelz il se mectroit en tel devoir que 
devrions estre contens. Laquelle trêve, pour tousjours 
mectre Dieu devers nous, et essaier, s'il est possible, 
reduyre la matière à bonne conclusion sans effusion 
de sang humain, nous lui avons octroyé pour ledit 
temps de trois mois, ainsi que pourrez veoir par le 
double des articles que vous monstrera nostredit con- 
seiller 1 . Sy vous pryons bien acertes, et neantmoins 

1. «... Environ le jour de Pasques, » dit la Chronique scandaleuse, 
« le roy donna et bailla trêve pour certain temps avec le duc de 
Bourgogne, lequel estoit assiégé par les gens du roy en son parc 
qu'il tenoit entre Bapaulmes et la ville d'Amiens... » (Cf. Th. Basin, 
liv. III, en. xiv ; t. II, 274.) Arrêtée dès le 4 avril, la trêve ne fut 



LETTRES DE LOUIS XI. 213 

mandons que ladicte trêve vous entretenez et faictes 

entretenir et garder selon sa forme et teneur, sans 

enfraîndre ne faire ou souffrir estre fait, attempté ou 

innové quelque chose au contraire, et lcelles faictes 

publier es lieux où il appartiendra. Et en tant que 

touche les places que tenez, et qui ont esté aquises et 

réduites en nostre obéissance, nous voulons que des 

gens que avez par delà vous pourvoyez très bien à la 

garde d'icelles, et leur donnez ordre et forme de vivre 

sur le pays que avez conquis le plus gracieusement 

que faire se pourra, en manière que lesdictes places 

demeurent en bonne seureté. Et au regart du surplus 

de vosdictes gens, tant de l'arriere-ban que de francs 

archiers, renvoyez les en leurs maisons, en leur faisant 

promectre et leur enjoignant et commendant de par 

nous d'estre et eulx rendre à la fin de ladicte trêve en 

vostre compaignie, là où vous estes à présent. Aussi 

vous pryons, quç, le fait de ladicte trêve et les choses 

qui seront à faire durant icelle, vous vueillez conduire 

à nostre bien, prouffit et honneur, au mieulx de vostre 

povoir, comme nous en avons en vous la confiance, 

et sur tout croire nostredit conseiller de ce qu'il 

vous dira de par nous. Donné à Amyens, le xun e jour 

d'avril. 

Loys. 

Flameng. 
A nostre très chier et amé éousin le sire d'Argueil*. 

promulguée que le 10 avril suivant. (D. Plancher, Hist. de Bour- 
gogne, IV; Preuves, p. cccn.) 

1. Jean II de Chalon, fils de Guillaume VIII, prince d'Orange, 
et de Catherine de Bretagne, seigneur d'Argueil du vivant de son 
père. Chevalier de Tordre du roi, son conseiller et chambellan, il 



214 LETTRES DE LOUIS XI. 

Coilacion faicte à l'original des lettres cy dessus transeripies par 
nous, notaires royaux à Troyes cy soubzscripts, le... jour d'avril, 
Van mil CCCC soixante et unie [après] Pasques. 

Signé : Bareton, de Vignes. 



DLXIV. 

A LAURENT DE MÉDICIS 1 (v.). 

Le Chàtelet, 25 avril 1471. 

Prière de faire arrêter, s'il s'est réfugié sur le territoire florentin, 
un nommé Guillaume Bernard, qui a quitté le royaume sans 
payer ce qu'il devait à la veuve de Guillaume de Varye, depuis 
mariée à Pierre Doriole, et aux enfants de ladite veuve et dudit 
de Varye, au nom desquels ledit Pierre Doriole poursuit le paie- 

n'en devint pas moins suspect à Louis XI à la suite de l'arresta- 
tion dont son père avait été victime en traversant le Dauphiné en 
1473, et fut lui-même banni à perpétuité du royaume par arrêt 
du 7 septembre 1477; il combattit vivement les Français après la 
mort de Charles de Bourgogne, et ne rentra en grâce qu'à l'avène- 
ment de Charles VIII, au sacre duquel il assista le 30 mai 1484. 
Mais, toujours prompt à la révolte, il se trouva encore dans les 
rangs des mécontents à la bataille de Saint-Aubin-du-Gormier, 
où il fut fait prisonnier, le 26 juillet 1488. Remis en liberté après 
avoir promis de nouveau obéissance au roi, il lui fit hommage 
pour sa principauté d'Orange, négocia le mariage de Charles VIII 
avec Anne de Bretagne, sa cousine, et fut établi lieutenant géné- 
ral dans cette province. Dès lors il fut un des favoris du roi, comme 
de son successeur Louis XII. Il avait épousé successivement Jeanne 
de Bourbon, fille puînée de Charles I er et d'Agnès de Bourgogne, 
qu'il perdit le 10 juillet 1493, puis, en 1494, Philiberte de Luxem- 
bourg, fille d'Antoine I er de Luxembourg et d'Antoinette de Ban- 
fremont. U mourut le 9 avril 1502. (Anselme, VIII, 423.) 

1. Laurent de Médicis, fils aîné de Pierre I er et investi d'une 
véritable autorité souveraine dans la république de Florence, dont 
il avait été proclamé prince avec son frère Julien après la mort 
de leur père, survenue le 2 décembre 1469. Il mourut lui-même 
le 8 avril 1492. 



LETTRES DE LOUIS XI. 215 

ment de leur créance. — (Orig. Arch. de Florence, À. P. XL VI 
(3° Suppl*), n* 3.) 

Loys, par la grâce de Dieu roy de France. Chier et 
amé cousin, puis nagueres nostre amé et féal conseil- 
ler et gênerai de noz finances, maistre Pierre Doriole, 
et sa femme, qui paravant fut femme de feu Guillaume 
de Varye 4 , et les enffens myneurs d'ans dudit feu de 
Varye et d'elle, nous ont remonstré que ung nommé 
Guillaume Bernard, auquel ledit feu Guillaume de Varye, 
peu de temps avant son trespas, avoit baillé une charge 
et commande de marchandises montans quatre mil 
escuz ou environ, s'en est fouy et absenté de nostre 
royaume sans rendre compte de ladicte commande, 

1. Guillaume de Varye n'était plus vivant à la date du 7 août 
4469, à laquelle Louis XI nommait Pierre de Refuge pour lui 
succéder comme général des finances. (Catalogue analytique des 

archives de M. de Joursanvault concernant l'histoire générale de 

la France, V histoire particulière des provinces, Vhistoire de la noblesse 
et Vart héraldique (Paris, 1838, in-8% 1. 1, p. 25, n° 175). Le 19 juin 
1470, Louis XI, « estant à Amboise, pour consideracion des grans 
et louables services que luy avoit par cy devant faiz et continuait de 
faire ebascun jour maistre Pierre Doriole, son conseiller et gênerai 
de ses finances, avoit octroyé audit maistre Pierre Doriole que, ou. 
cas que le mariage se feroit et accompliroit de luy et de damoiselle 

Charlotte de Bar, veufvede feu sire Guillaume de Varye , iceiluy 

seigneur donnoit, cedoit, quictoit et transportoit audit maistre 
Pierre Doriole tout ce en quoy ledit feu sire Guillaume de Varie, 
sadicte veufve, et leurs enfans et héritiers povoient devoir et estre 
tenuz au roy, à cause de quelconques charges, receptes, adminis- 
tracions et commissions, que ledit feu de Varie, ou autres pour et ou 
nom de lui, auraient eu, tant pour le roy derrenier trespassé, que 
Dieu absoille, et ses officiers, que pour le roy nostredit seigneur, 
qui à présent est, ou pour leurs affaires, soit que ledit de Varye 
les eust administrez en son nom ou pour nom d'autruy, ensemble 
quelconques sommes de deniers ou autres choses, en quoy Ton 
pourroit trouver ledit feu de Varye, ladicte veufve, leurs enfans 
et héritiers et estre tenus au roy » (Bibl. nat., Fr. 20421, fol. 4.) 



216 LETTRES DE LOUIS XI. 

laquelle, comprins le prauffit qui en est yssu, peut à 
présent monter environ cinq mil ou cinq mil cinq cens 
escuz, ou la valeur, qui appartiennent à nostredit con- 
seiller à cause de sadicte femme et ausdiz enffens 
myneurs. Et pour ce que, à cause des grans et recom- 
mandâmes services que ledit maistre Pierre Doriole 
nous a faiz et fait chascun jour, nous avons lu y, les 
siens et tous leurs affaires en très singulière et cor- 
diale affection, nous escripvons présentement à noz 
très chiers et grans amys les gonffanonier, anciens et 
conseillers de la ville, communité et seigneurie de Flo- 
rence, en les pryant et requérant très affectueuse- 
ment, que se ledit Guillaume Bernard est aie, comme 
Ton dit, en leur dicte ville de Florence ou en aucun 
lieu de la puissance et seigneurie d'icelle, ilz vueillent 
faire prendre et arrester sa personne avecques tout 
l'or, argent et autres biens, deniers et marchandises 
qu'on pourra savoir qu'il aura ou autres pour nom de 
luy, quelque part et en quelque manière que ce soit, 
afin que nostredit conseiller maistre Pierre Doriole, 
sadicte femme et enffens puissent avoir restitucion et 
repparacion de ce qui leur est deu. Et aussi vous avons 
bien voulu escripre de la matière, pour ce que l'avons 
très fort à cuer, confians, que pour l'amour et affection 
que tousjours vous avons congneu avoir envers nous, 
vous emploierez de tout vostre povoir à faire aoom- 
plir et sortir effect ce que présentement leur requé- 
rons. Si vous pryons tant affectueusement que plus 
povons, que ainsi le vueillez faire, et en faveur et con- 
templacion de nous, tenir la main au fait desdiz maistre 
Pierre Doriole, sa femme et desdiz enffens, et leur don- 
ner toute la faveur, support et ayde que pourrez. Et 



LETTRES DE LOUIS XI. 317 

vous nous ferez très grant et très singulier plaisir, et 
tel que' plus agréable ne pouriez en pareil cas. Donné 
aux Ghastelliers 1 , le xxv 6 jour d'avril. 

LOYS. 

Bruzày. 

À nostre cher et araé cousin, conseiller et chambel- 
lan Laurens de Medicis. 

DLXV. 

AUX HABITANTS D' AMIENS (v.)« 

Ghâtelet, 27 avril 1471. 

Lettres de franchise de droits accordées par le roi aux habitants 
d'Amiens pour les vivres apportés dans leur ville par les mar- 
chands forains ; ordre donné à Gilles le Flameng, son secrétaire, 
de les rédiger. — (Copie du temps. Arch. municipales d'Amiens, 
Délibérations de l'échevinat, t. XV, fol. 7.) 

De par le roy. 
Très chierz et bien amez, nostre chier et amé cou- 
sin le conte de Dampmartin nous a escript que vol- 
sissons octroier noz lettres de francise aux marchans 
forains apportans vivres en vostre ville, ce que avons 
très volentierz fait ; et au regard des francises de vostre 
ville, les avons pareillement octroiées 2 . Et pour ce 

1. Il y a lieu, suivant nous, d'identifier cette localité des Ghâte- 
liers avec celle du Ghâtelet dans la commune de La Fère (Aisne), 
où Louis XI se trouvait déjà la veille 26 avril 1471, d'après l'iti- 
néraire de M Ue D. Cette localité possédait au moyen âge un châ- 
teau que Louis XI fit détruire. (Arch. nat., R/O 45. Matton, Dic- 
tionnaire topographique du département de V Aisne (Paris, 1871, 
in-4'), p. 61.) 

2. Louis XI avait confirmé les privilèges d'Amiens par lettres 



218 LETTRES DE LOUIS XI. 

que n'avons par deçà nulz des secrétaires de noz 



n: i [fr u; 



l, avons présentement escript à maistre Gilles 

le Flament 1 estant par delà qu'il en faee teles lettres 

à vous et autres marchans forains , qui vous seront 

nécessaires, adfin que plus grant quantité de vivres 

vous viengnent et à meilleur marchié. Donné aux Gbas- 

telierz, le xxvn 6 jour d'avril. 

Loys. 



TlLHART. 

A nos très chierz et bien amez les maieur, esche- 
vins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville 
d'Amiens 2 . 

DLXVI. 



AU GRAND MAITRE (D.). 



Ham, 30 avril 1471. 

Accusé de réception de sa lettre; satisfaction du roi que le grand 
maître ait fait abattre les faubourgs de Saint-Acheul, Saint- 



données à Beauvais, en mars 1471. (Ordonnances des rois de France, 
XVII, 401.) 

1 . Sur Gilles le Flameng, secrétaire du roi, voy . ci-dessus, p. 196, 
la note 2. 

2. « Après lesquelles lettres leues, » est-il dit dans le procès- 
verbal de la séance de l'écbevinage du 29 avril 1471, où elles furent 
présentées, « ledit maistre Gilles dist qu'il feroit publier en ladicte 
ville que tous marchans forains et dedens la ville demourroient 
quites de toutes imposicions et vni ne * et xx mM du vin, touchant 
les aydes du roy durant les trêves, mais ilz paieroient seulement 
l'ayde de la ville comme il appartendroit, [ainsi qu'il] plaisoit au 
roy. » (Arch. municipales d'Amiens, Délibérations échevinales, 
tome XI, fol. 7.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 919 

Jean, et ceux du côté de la Picardie; encouragement à se mon- 
trer digne de sa réputation militaire; envoi fait par Pierre 
Doriole de la franchise pour ceux de la ville et du dehors pen- 
dant la trêve; ordre de faire prendre des vivres à Paris et à 
Rouen et d'envoyer à cette intention un convoi à Beauvais. — 
(Orig. Bibl. nat., Fr. 2913, fol. 48. Publ. parDuclos, Ouvr. cit., 
IV, 372.) 

Monseigneur le grant maistre, j'ay receu voz lettres, 
et n'y a bon mot que au derrenier, c'est que en deux 
petites lignes vous me mandez que vous ferez abatre 
les murailles de monseigneur Saint Acheu, monseigneur 
Saint Jehan 1 , et des forsbourgs du costé de la Picardie, 
et les arbres, bayes et tout ce qu'il fault abatre 2 , et 
en effect tout ce qui est escript qu'il failloit faire ; et 
encores, monseigneur le grant maistre, j'ay bien espé- 
rance que vous y mectrez du vostre, et je vous prie 
que vous atintez 3 si bien tout, que vous n'aiez point 
de besoing de vous excuser sur dire que vous ne le cui- 
diez pas qu'ilz y vensissent ; et monstrez que vous avez 

1 . Saint- Acheul et Saint-Jean, faubourgs de la ville d'Amiens. 

2. « Et après le partement du roy de sa ville de Paris pour 
aller à Gompiengne et Senlis, » dit la Chronique scandaleuse, « se 
réduisirent pour le roy les villes d'Amiens, de Roye et de Mont- 
didier. » Puis elle ajoute, au sujet des travaux de fortification 
dont le roi parle dans sa lettre : « Audit temps furent prins à 
Paris et contrains tous manouvriers de bras comme maçons, char- 
pentiers de la grant cognée et aultres plusieurs, de aler es dictes 
villes ainsi nouvellement reduictes au roy, dont on bailla la charge 
au regart desdiz pionniers à maistre Henry de la Cloche, procu- 
reur du roy au Ghastellet de Paris, qui estoit bon et loyal Fran- 
çois, qui les mena et conduisit jusques en ladicte ville de Roye, 
où illec fut fait de grans boulevers, fossez, trenchées et aultres 
belles fortificacions ; et aussi en furent faictes d'aultres en aultres 
villes et divers lieux... » 

3. Atinter, ajuster, disposer, suivant Godefroy. Op. laud., I, 475. 



220 LETTRES DE LOUIS XI. 

autresfoiz veu le conte de Salberic 1 , Tallebot, Escalles 2 
et tous ces gens là. 

Monseigneur le grant maistre, au regard de la fran- 
chise durant la trêve pour ceulx de la ville et de 
dehors, maistre Pierre Doriole m'a asseuré qu'il la vous 
a envoyée, et pour ce, mandez moy ce qui en est, afin 
que se vous ne l'avez eue, je la vous envoyé. 

Au regard de ce que vous estez affamez, vous 
deussiez mander à Paris et Rouen qu'on vous envo- 
yast des vivres, et devez faire bonne justice ; et en 
faisant bonne justice, vous ne povez faillir à avoir assez 
vivres. Et si povez faire ung convoy à Beauvays, afin 
que les vivres vous soient menez seurement. Je vous 
prie que me faites souvent savoir de voz nouvelles. 
Escript à Ham 3 , le derrenier jour d'avril. 

Loys. 

TlLHART. 

[A] nostre chier et amé cousin le conte Dampmar- 
tin, grant maistre d'ostel de France. 

i. Thomas de Montagu, comte de Salisbury, fils aîné de Jean 
de Montagu, l'un des capitaines anglais les plus renommés pen- 
dant les guerres contre la France, blessé mortellement au siège 
d'Orléans le 21 octobre 1428, mort le 3 novembre suivant. 
(Dugdale, The baronage of England (Londres, 1675-76, in-fol.), 
I, 650-652.) 

2. Scales (Thomas), autre fameux capitaine anglais du même 
temps, mort le 25 juillet 1460. (Op. laud., 1, 618.) 

3. t Et durant ladicte trêve (qui avait commencé, suivant la 
Ghronique scandaleuse, le jour de Pâques, c'est-à-dire le 14 avril 
1471), le roy, monseigneur de Guienne et aultres seigneurs et 
nobles hommes d'autour d'eulx, se tindrent à Ham avecques mon- 
seigneur le connestable. » (Chronique scandaleuse, Voy. ci-dessus 
la lettre du 14 avril 1471, n<> DLXIÏÏ, pp. 211-213.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 281 



DLXVII. 

A BOURRÉ (D.). 

Ham, 3 mai 1471. ) 

Ordre d'expédier, de concert avec Marafin, envoyé à cet effet par 
le roi au parlement de Paris, les lettres du don fait par le roi 
au bâtard de Bourgogne de la vicomte d'Orbec, lettres que ledit 
parlement, malgré les injonctions à lui faites par Ganay et 
Cerisay au nom du roi, se refusait à enregistrer. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 20427, fol. 54.) 

Monseigneur du Plessiz, j'ay sceu que ceulx de par- 
lement ne veulent depescher les lettres du don de la 
viconté d'Orbec * à monseigneur le bastard de Bour- 
gongne 2 , quelque lettres que leur aye escriptes, et fait 

1. En date d'Amboise, décembre 1470. Arch. nat., K 71, n* 34. 
Orbec est aujourd'hui un chef-lieu de canton de l'arrondissement 
de Lisieux (Calvados). La première mention qui soit faite dans 
les délibérations du parlement de ces lettres, dont le roi ordonne 
l'enregistrement, est du 1 er avril, et ainsi conçue : c Sur ce que le 
bastart de Bourgongne requiert l'expédition et publication des 
lettres de don que le roy lui a faicte de la viconté d'Orbec, a esté 
mis en deliberacion qu'on escrira au roy de ceste matière, et pour 
faire les lettres sont députez maistres Jehan Henry et Ghristofle 
Paillart » (Arch. nat., X<* 1485, fol. 145 v°.) 

2. Baudoin, fils naturel de Philippe le Bon ei de Catherine de 
Thieffries. Il avait été accusé d'avoir, à la suggestion de Louis XI, 
formé un complot contre la vie du duc, et, pour se soustraire aux 
conséquences de ces accusations fondées ou non, il s'était réfugié 
à la cour de Louis XI. Yoy. le manifeste du duc de Bourgogne 
lancé contre lui, le 13 décembre 1470, par Charles le Téméraire 
dans les Preuves de Duclos, IV, 360. Cf. Basin, t. II, pp. 234 et 
suiv., et Chastelain, éd. Kervyn de Lettenhove, t. V, 472-475, et 
478-483. Bien qu'excepté par son frère du bénéfice de la trêve 
deSoleuvre, le 13 septembre 1475 (Lenglet-Dufresnoy, éd. de Com- 
mines, III, 412), il finit par se réconcilier avec lui, combattit à 



SfiKB LETTRES DE LOUIS XI. 

dire par vous, Ganay ! et Gerisay 2 sur ce ma voulenté ; 

ses côtés à la bataille de Nancy, le 5 janvier 1477, et y fat fait pri- 
sonnier. (Molinet, Chroniques, en. xxxv, 1. 1, 236.) Il mourut en 
1508, après avoir fondé en Hollande une maison illustre, « stirps 
Frisii, Brigdami et Somerdiki dominorum, i dit Sanderus. (Flan- 

dria illustrata, sive descriptio eomitatus istius Colonia Agrippi- 

nensis, in-folio, 1641-44, 1, 61.) 

1. Cf. sur lui t. II, p. 121, la note 1. 

2. Guillaume de Gerisay, écuyer, baron du Hommet, seigneur 
de Gerisay, de Fierville, de la Rivière et de Soulle en Normandie, 
du Chastellet-en- Anjou et de l'Onneur, vicomte de Fauguernon 
(Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 635, dossier Gerisay, 14985 passim), 
vicomte de Garentan dès le 22 décembre 1456, d'après un hom- 
mage par lui prêté à Anne de Yernoil, dame du Perray (Ibid., 
n° 2), a conseiller du roy, gênerai de la justice des aides à Paris, » 
à la date du 1 er mai 1467 (Ibid., n° 7); son c prothonotaire et 
secrétaire » (Pièces orig., loc. laud., n 08 9 et 10, 4 avril 1469 et 
10 sept. 1470), « greffier civil du parlement, » nouvellement nommé, 
d'après la Chronique scandaleuse, quand il fut chargé, en 1467, de 
conduire le seigneur du Lau au château d'Usson (cf. Pièc. orig., 
loc. laud.) , trésorier de France d'après deux actes des 10 et 
15 mai 1473 (Ibid., n 08 13 et 14). La mission policière, à lui 
confiée à l'égard du seigneur du Lau, prouve que Louis XI lui 
reconnaissait une certaine dureté de caractère qui était une qua* 
lité à ses yeux; il en donna d'autres preuves, laissant de lui un 
souvenir détesté aux Angevins, auxquels Louis XI l'avait imposé 
comme maire de 1474 jusqu'à la fin de son règne (Bodin, 
Recherches historiques sur la ville d'Angers, ses monuments et 
ceux du bas Anjou. Saumur, 1845-46, in-8% II, 645), présidant 
en 1479 à l'exécution de plusieurs habitants d'Arras (Gom- 
mines, Mémoires, liv. V, ch. xv). C'était un ami de Gommines, 
dont il fut chargé, avec Yvon du Fou et Tanneguy du Ghâtel, de 
négocier le mariage avec Hélène de Ghambes, d'après des lettres 
de Louis XI, en date de Mortagne le 23 décembre 1472 (Bibl. nat., 
Fr. 20492, fol. 84), dans le contrat duquel il figure à la date 
du 27 janvier 1473, et qu'il consentit à cautionner d'une somme 
de 1,000 écus, dont l'époux restait débiteur envers les parents 
de sa femme à raison de la cession de leurs droits sur certaines 
seigneuries (Gommines, éd. Lenglet, IV (2 e partie), 141, et Dupont^ 
III, 38-53). Il avait lui-môme épousé Jacqueline de Rantot, dont 



LETTRES DE LOUIS XI. 883 

et en suis très mal content. Pourquoy envoyé Marra- 
fin * devers eulx pour leur dire de rechef mon entencion, 
et que je veulx, quelque chose qu'ilz sachent dire au 
contraire, que icelles ilz expédient à plain fons et sans 
réservation nulle. Sy vous commande que faictes 
incontinent depescher et expédier les dictes lettres, et 
que avec ledit Marraffin vous trouvez devers la court, 
et tant en faictes de vostre part que je n'en entende 
plus parler, et vous me ferez grant plaisir ; car je veulx 

il eut deux fils, Christophe et Pierre; avec le concours de sa 
femme, il releva l'église de Carentan, d'après l'inscription d'un 
carreau servant de clef à l'arcade de la chapelle de Saint-Crépin, au 
côté nord de cette église ; il lui donna en outre, par contrat de 1490, 
130 1. t. de rente ; il fit encore bâtir la chapelle du château de La 
Rivière. (Toustain de Billy, Mémoires sur l'histoire du Cotentin et 
de ses villes. Première partie : Sainl-Lô et Garentan (Saint-Lô, 1864, 
in-8 v ), p. 176.) Il vivait encore à la date du 27 novembre 1491 
(Pièc. orig., loc. laud., n* 31); mais il était mort à celle du 22 no- 
vembre 1492, à laquelle ses fils, • nobles hommes Ghristofle et 
Pierre de Gerisay, » paient 73 1. t. « aux presbtres, vicaires et 
chappellains des deux cures et porcions de l'église Nostre-Dame 
de Garentan » à compte sur les honoraires de « certain service 
qui se fait chascun jour durant la présente année pour Pâme 
dudit feu baron (leur père)... » (Pièc. orig., loc. laud., n* 32.) 

1. Marafin (Louis de), fils de Bigot de Marafin et d'Antoinette 
de Serres, écuyer, seigneur de Noti-en-Brenne et de Vueil, con- 
seiller et chambellan du roi, figure pour 495 1. dans l'état des 
officiers de l'hôtel de Louis XI; comme écuyer et capitaine du 
château de la Charité, en 1473, au compte de Jean Briçonnet, 
receveur général des finances pour ladite année; comme gouver- 
neur de Cambrai dans le deuxième compte de Guillaume de la 
Croix, trésorier des guerres pour l'année 1477, pendant laquelle 
il reçut, le 12 novembre et dans cette ville, une compagnie de 
cent lances en vertu de lettres du 30 septembre précédent. Il est 
inscrit sur l'état des officiers de la maison de Louis XII de 1499 
à 1512 en qualité de maître d'hôtel, avec 600 1. t. de gages. Il eut 
pour femme Perronelle de Liniers, fille de Michel, seigneur d'Er- 
vault, et de Marie Rousseau. (Anselme, II, 417.) 



224 LETTRES DE LOUIS XI. 

que la chose se face, et je vous prie qu'il n'y ait faulte. 

Donné à Ham, le m° jour de may. 

Loys. 

TlLHART. 

A nostre amé et féal conseiller et maistre de noz 
comptes à Paris, maistre Jehan Bourré. 

DLXV1II. 

A BOURRÉ (D.). 
Ham, 3 mai 1471. 

* 

Ordre d'écrire au trésorier de Dauphiné de payer à l'abbé de Mont- 
majour tout ce qui était encore dû à l'abbaye de Saint- Antoine 
de Viennois. — (Orig. Bibl. nat, Fr. 6602, fol. 42. Copie, 
Fr. 20427, fol. 69.) 

Monseigneur du Plesseys, escripvez au trésorier du 

Daulphiné 1 que tout ce qui est deu du temps passé 

que j'ay ordonné pour l'abbaye de Saint Anthoyne de 

Viennoys 2 , il le paie à l'abbé de Montmajour 3 , et non 

à autre, pour et en l'acquit de la pencion deue par 

lesdiz de Saint Anthoyne audit abbé de Montmajour ; 

car pour aucunes choses dont j'ay esté ad vert y, je ne 

veulx point que l'argent soit baillé à autre que audit 

abbé de Montmajour. Donné à Hem en Vermandoys, 

le tiers jour de may. 

Loys. 

De Cerisay. 

1. Clause Got. 

2. Célèbre abbaye de Dauphiné, chef-lieu de l'ordre des Anto- 
nins, dans l'arrondissement et le canton actuels de Saint-Marcellin 
(Isère). 

3. Aujourd'hui Montmajor, dans la commune d'Arles (Bouches- 
du-Rhône). Yoy. sur cette abbaye bénédictine la notice de la Gal- 
lia christiana, I, 603 et suiv. L'abbé de ce monastère était Phi- 
lippe de Levis, archevêque d'Arles. (Op. laud., col. 615.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 285 

A nostre amé et féal conseillier et maistre de noz 
comptes, maistre Jehan Bourré. 

DLXIX. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Ham, 4 mai 1471. 

Ordre de démentir, le bruit qui avait couru que le roi avait été fait 
prisonnier. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 35.) 

Monseigneur le grant maistre, il est venu à ceste 
heure ung bruit en ceste ville de Hem que j'estoye 
prins 1 . Et pour ce que, grâces à Dieu, le contraire est 
vray, et que je faiz doubte qu'il en soit nouvelles par 
delà, je vous en ay bien voulu advertir et escripre, afin 
que le faites savoir partout où il appartiendra. Donné 
à Hem, le nn e jour de may. Ce n'a esté que ung esba- 
tentent qui a esté fait par aucuns de mes gens qui retour- 
naient de devers les gens de Bourgongne 2 . 

Loys. 
Meurin. 

A nostre chier et amé cousin le conte de Damp- 
martin, grant maistre d'ostel de France. 

1. Le bruit ainsi répandu de la prise du roi par les Bourgui- 
gnons n'était que l'exagération d'un autre ainsi relaté dans des 
comptes de ce temps : «... à Bertran Didier, la somme de... pour 
ung... voyage qu'il a fait à toute diligence partant de Han; le 
mi ma jour dudit moys de may à Noyon, Gompiengne, Senliz et 
Paris, porter lettres de par le roy aux habitans desdiz lieux, afin 
de non croire que aucuns des ambaxadeurs d'icellui seigneur 
eussent esté prins et arrestez entre Peronne et Han par les gens 
du duc de Bourgongne, desquelz il survint aucun bruit... » (Bibl. 
nat., Fr. 6759, fol. 104 v<>.) (Note de M"« D.) 

2. Ce qui est imprimé en italiques me paraît être de la main 
du roi. 

iv 15 



326 LETTRES DE LOUIS XI. 



DLXX. 
A l'abbaye de saint-corneille de gompiègne (d.). 

Ham, 9 mai 1471. 

Prière aux religieux de ladite abbaye d'autoriser la fondation faite 
par le roi d'une chapelle sous le vocable de Notre-Dame de Bon- 
Confort à Gompiègne, sur le portail de la porte de Pierrefonds. 
— (Copies. Bibl. nat., D. Grenier, 232, fol. 314 et 315. Publ. 
par F. Le Proux, Fondation de la chapelle de la Salvation, élevée 
à la Vierge en 1468 par Louis II, près la porte de Pierrefonds à 
Gompiègne, dans le Bulletin de la Société historique de Compiègne, 
I (Gompiègne, 1869-72, in-8°), p. 111, d'après le manuscrit de D. 
Gillesson de la bibliothèque de Gompiègne, t. II, fol. 25.) 

De par le roy. 
Chers et bien amez, vous sçavez l'ediffice et cha- 
pelle 1 que nous avons puis nagueres* fait faire et com- 
mencer sur le portail de la porte de Pierrefons, en 
nostre ville de Gompiègne, en l'honneur et révérence 

1. En 1468, Louis XI se trouvait à Gompiègne, où il venait sou- 
vent, quand il reçut l'avis de la défaite du duc de Bretagne. Vou- 
lant laisser un témoignage de la satisfaction qu'il ressentait de ces 
succès, il ordonna la construction, près la porte de Pierrefonds, 
d'une chapelle dédiée à la Vierge, sous le nom de chapelle de 
Notre-Dame de la Salvation ou des Bonnes-Nouvelles ou encore 
du Bon-Confort; dans la ville on l'appela communément la cha- 
pelle du roy, Ge prince logeait à cette époque sans apparat dans 
la rue de Pierrefonds, au coin de la rue des Dommeliers, chez un 
bourgeois, nommé Jean Morlière, qu'il appelait son compère. Il lui 
confia le soin de veiller à l'édification de la chapelle et d'en rendre 
compte. Les travaux commencèrent au mois d'août 1469. Jean 
Thibeau d'Oissy, natif de Gompiègne, en posa la première pierre. 
La dédicace fut faite le jeudi, 7 février suivant, par l'évéque 
d'Avranches Jean Boucard, confesseur du roi, et le vendredi 
furent scellées les lettres de fondation. (Le Proux, op. laud., p. 110.) 

2. Ges deux derniers mots manquent dans le manuscrit de D. 
Grenier, fol. 314 et 315. 



LETTRES DE LOUIS XI. 287 

de Nostre Dame de Bon Confort 1 . Et pour ce que de 
tout nostre cuer desirons la perfection, fondation et 
augmentation d'icelle chapelle 2 , et aussi 8 que nostre 
chapellain qui la dessert ait et jouisse entièrement des 
rentes, revenus et autres choses par nous données et 
laissées pour la fondacion d'icelle, à ce que le divin 
service y ordonné estre fait y 4 soit tousjours continué 
et entretenu, sans ce 5 que iceluy 6 chapellain, ny ses suc- 
cesseurs chapellains d'icelle, y soient aucunement trou- 
blez ou empeschez, ne 7 pareillement en 8 offrandes, 
dons et oblacions qui y ont esté ou pourront 9 dores- 
navant estre faites, tant par nous, noz successeurs que 
autres, nous vous prions très acertes 10 et de cuer, que 
pour obvier à tous 11 procez, questions 12 et debatz qui 
sur ce 13 pourraient sourdre et mouvoir entre vous et 
voz successeurs et nostre chapellain au temps à venir, 
vous vueillez avoir, en tant que ce 14 vous touche, l'edi- 
ficacion, fondacion et dotation de ladicte chapelle pour 
agréable en faveur de nous, et sur ce donner voz 15 

1. La copie de D. Grenier, fol. 314, donne Bon-Secours. 

2. La copie de D. Grenier donne c de ceste nostre chapelle. » 

3. c Afin i dans D. Grenier. 

4. Ce dernier mot manque dans D. Grenier. 

5. Ce manque dans D. Grenier. 

6. D. Grenier met ici le mot nostre. 

7. Manque dans D. Grenier. 

8. Au lieu de en, D. Grenier met le mot des. 

9. Au lieu de pourront, il met porroient. 

10. Au lieu d' acertes, il donne affectueusement, qui a tout l'air 
d'une faute de copie. 

11. Après tous, D. Grenier met l'article les. 

12. D. Grenier supprime ces deux derniers mots. 
Ï3. D. Grenier ajoute le mot se. 

14. Au lieu de que ce, il met qu'il. 

15. Le manuscrit de D. Grenier porte une. 



228 LETTRES DE LOUIS XI. 

lettres de consentement, telles qu'il appartiendra. En 
quoy faisant vous nous ferez bien 1 singulier et agréable 
plaisir, ainsy que vous dira plus à plain nostre bien 
amé chapellain ordinaire le commandeur de Saint- 
Àmand , que pour ceste cause envoions par devers vous ; 
[si le vueillez croire de ce qu'il vous dira de par nous] 2 . 
Donné à Ham en Yermandois, le IX e jour de may. 

Loys. 

TlLHÀRT. 

A noz chers et bien amez les religieux, abbé 3 et 
couvent de Saint Corneille de Gompiegne. 

DLXXI. 

A BOURRÉ (D.). 

Ham, 12 mai 1471. 

Ordre de faire payer ses gages à Mathieu Frammery, son faucon- 
nier, qui s'en va à Amboise « faire muer les oiseaux » du roi. 
— (Orig. Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 30.) 

Monseigneur du Plesseys, Mathieu Frammery, mon 
faulconnier, m'a dit qui luy est encores deu trois mois 
de ses gaiges de l'année passée, et, avec ce, que de 
ceulx de ceste année présente il n'est point encores 
appoincté, dont je ne suis pas content. Et pour ce que 
j'envoye mon dit faulconnier à Àmboise pour faire 
muer mes oyseaul[x], je vous prie que le faciez entie- 

1. Ce dernier mot manque dans D. Grenier. 

2. Ce qui est entre crochets manque dans D. Grenier. 

3. L'abbé de Saint -Corneille était alors Nicolas Le Houx, 
nommé en 1470 par Paul III contre le vœu des moines qui s'étaient 
prononcés en faveur de Charles Le Normand. Nicolas Le Roux 
mourut le 6 septembre 1483. (Gallia christiana, IX, 441.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 229 

rement paier de ses diz gaiges de l'année passée; et 
de ceulx de ceste présente année le faictes si bien 
appoincter sur Martin Ponchier 1 , ou autre que advise- 
rez, qu'il soit doresnavant paie de ses diz gaiges de la 
somme de quinze francs par chascun mois, et qu'il 
n'y ait point de faulte. Et tant en faictes, que par def- 
fault de ce, mes diz oyseaulx ne demeurent à estre mis 
en mue, et que mon dit faulconnier n'ait plus cause 
d'en retourner par devers moy. Donné à Ham, le 
xn me jour de may. 

Loys. 

TlLHART. 

A nostre amé et féal* conseiller et maistre de noz 
comptes, maistre Jehan Bourré. 

DLXXII. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Ham, le 13 mai 1471. 

Accusé de réception de sa lettre ; ordre de faire reprendre les tra- 
vaux de fortification d'Amiens, interrompus faute d'argent; obli- 
gation pour les habitants de satisfaire le roi à cet égard, à rai- 
son des faveurs qu'il leur a accordées; nouvelle donnée au roi 
par Jacques de Rivery qu'ils ont trouvé l'argent nécessaire; 
ordre donné par le roi de payer convenablement les a heritaiges » 
situés dans les faubourgs, pour permettre un plus prompt achè- 
vement des travaux. — (Orig. Bibl. nat;, Fr. 2898, fol. 45.) 

Monseigneur le grant maistre, j'ay receu voz lettres, 

1. Grenetier de Tours, sous Charles VII, d'après un acte du 
26 décembre 1451 où il est désigné comme tel (Bibl. nat., Pièces 
orig., vol. 2326, dossier Poncher 52480, n* 4), puis « commis au 
payement des gaiges d'aucuns des officiers et autres gens de Pos- 
te! du roy, » d'après une quittance de 3,600 1. 1. par lui donnée le 



230 LETTRES DE LOUIS XI. 

par lesquelles m'escrivez que ceulx de la ville 1 n'ont 
encores point besongné à la reparacion de la ville qu ilz 
dévoient faire, par faulte d'argent. Je vous prye, faites 
les y besongner en toute diligence, car je leur ay laissé 
leurs escluses, et si leur ay octroie toutes les franchises 
et libériez qu'ilz m'ont demandé, et tousjours feray 
pour eulx tout ce que je pourray. Et m'a dit Jaques 
de Ryvery* que, depuis qu'il ne parla à vous, il a trouvé 
maistre Jehan du Gaurel 3 , qui lui a dit que ceulx de la 
ville ont trouvé* argent pour faire besongner à la dicte 
reparacion. Si vous prie que veu les choses dessus 
dictes que vous les mettez en besongné le plus diligem- 
ment que faire se pourra. J'ay commandé devant 
Jaques de Rivery le commandement pour faire mectreà 
pris raisonnable les heritaiges qui sont es faulxbourgs 
par mes officiers et maire et echevins de la ville, afin 
que plus promptement ilz soient édifiez, laquelle chose 
je désire fort ; et du surplus qui reste de vostre mémoire, 
que a apporté Jaques de Rivery, je vous en feray 



2 mai 1472, à raison de ladite commission, à Jean Raguier, « rece- 
veur gênerai des finances ou pays et duchié de Normandie. » 
(lbid., n* 6.) Il était mort le 10 mai 1482, d'après un inventaire 
de cette dernière date des meubles lui ayant appartenu. (Ibid., n° 17.) 

1. Il s'agit de la ville d'Amiens. Cf. ci-dessus, p. 218, n° DLYI, 
la lettre du roi en date du 30 avril 1471, où il est question de ces 
travaux de fortification. 

2. Gf. sur ce personnage la note 1 de la page 187 ci-dessus. 

3. Jean du Gaurrel est qualifié licencié es lois, lieutenant de 
monseigneur le bailli d'Amiens, dans l'ordonnance du 3 novembre 
1465 sur le renouvellement de la « loy » de cette ville. (Arch. 
d'Amiens, Reg. aux chartes coté F. Publ. par Aug. Thierry, 
Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état. Région du 
Nord, II (Paris, 1853, in-4'), p. 306, dans la Collection des docu- 
ments inédits.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 831 

responce par luy ; mais je vous ay bien voulu envoier 

ce porteur, afin que faciez diligence au surplus. Et 

adieu, monseigneur le grant maistre. Escript à Hen, 

le xin e jour de may. 

Loys. 

Toustain. 

A nostre très chier et amé cousin le conte de Damp- 

martin, grant maistre d'ostel de France. 

DLXXIII. 

A BOURRÉ (D.). 

Ham, 19 mai 1471. 

Renouvellement de Tordre donné à Bourré de faire payer par le 
trésorier de Dauphiné à l'abbaye de Montmajour la pension 
due à celle-ci par l'abbaye de Saint-Antoine, quoique les « des» 
charges » soient au nom de cette dernière. — (Orig. Bibl. nat., 
Fr, 6602, fol. 47. Copie, Fr. 20427, fol. 71.) 

De par le roy. 
Monseigneur du Plessis, je vous ay escript que feis- 
siez délivrer par le trésorier du Dauphiné tout l'argent 
que j'ay assigné sur luy pour la pension que doibt la 
religion de monseigneur Sainct Antoine à l'abbaye de 
Montmajour, ce que avez délayé, pour ce que les des- 
charges sont ou nom de l'abbé de l'abbaye dudit Sainct 
Antoine 1 . Je vous ad vise que mon entencion si est 
que je veuil que ledit argent soit baillé et payé aux 
abbé et couvent dudit lieu de Montmajour, pour et en 
acquict de la dicte pension deue, soit pour le temps 
passé ou pour le temps advenir ; car je n'entendz point 

1. Voy. ci-dessus, p. 224, n° DLXVIII, la lettre de Louis XI à 
Bourré en date du 3 mai 1471. 



232 LETTRES DE L0UI6 XI. 

que messire Benoist de Montferrandt 1 , ny aultre per- 
sonne quelconques, pour quelque cause que ce soit, 
en reçoyve aucune chose, sauf les dessusdiz de Mont- 
majour. Pour ce , je vous prye, que ceste fois pour 
toutes, reflormez les dictes descharges, se mestier est ; 
et mandez audit trésorier en telle manière, et pour son 
acquict, qu'il ne face aucune difficulté de délivrer ledit 
argent pour ladicte pension, et aux personnes dessus 
dictes, et que en ce n'ayt aucune faulte. Donné à Ham, 
le xix m * jour de may. 

Loys. 

TlLHART. 

» A nostre amé et féal conseillier et maistre en nostre 
chambre des comptes, maistre Jehan Bourré. 

DLXXIV. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Ham, 27 mai 1471. 

Satisfaction de l'activité mise par le grand maître à faire fortifier 
Amiens. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 41.) 

Monseigneur le grant maistre, j'ai receu voz lettres, 
et de la diligence que vous faictes de faire besongner 
aux fossez, dont je vous ay baillé la charge, et aussi 
la demolucion des murailles des faulxbourgs 2 ; dont 
je suys bien content. Des nouvelles qui vous sourven- 

1. Abbé de Saint- Antoine. 

2. Yoy. ci-dessus les lettres du 30 avril et du 13 mai également 
adressées au grand maître au sujet de ces travaux de fortification, 
pp. 218, 229. 



LETTRES DE LOUIS XI. . 233 

dront escripvez les moy incontinant. Donné à Hen, 
le xxvn e jour de may * . 

Loys. 
Leroux. 

A nostre chier et amé cousin le conte de Dampmar- 
tin 9 grant maistre d'ostel de France. 

DLXXV. 
ajj lieutenant du (Gouverneur de roussillon (d.). 

Ham, 30 mai 1471. 

Ordre de se rendre aussitôt après réception de sa lettre à Ghàlons, 
où il trouvera le seigneur de Grussol #t Regnault du Ghastellet, 
qui l'instruiront de ce qu'il aura à faire. — (Orig. Bibl. nat., 
Fr. 20497, fol. 65.) 

De par le roy. 

Cher et bien amé, incontinent ces lettres veues, et 
en la plus grant diligence que possible vous sera, 
rendez vous avecques tous les gens de la charge du 
gouverneur de Roussillon*, à l'entour de Ghaalons 8 , 
auquel lieu vous trouverez noz amez et feaulx conseil- 
liers et chambellans le sire de Grussol, nostre seneschal 
de Poictou, et Regnault du Ghastelet, nostre bailli de 
Sens, que présentement y envoyons, et faictes tout ce 
qu'ilz vous diront de par nous, et gardez, sur tout le 
service que faire nous desirez, que en ce n'ait faulte. 

1. t A lui (le roi) plus le xxvn m * jour (de mai) ensuivant, pour 
donner pour Dieu à une pouvre femme pour faire baptiser ung 
sien enflant en l'église Nostre-Dame de Han, i escu. » (Bibl. nat., 
fr. 6759, fol. 44 v.) 

2. Tanneguy du Ghâtel. 

3. Ghâlons-sur-Marne, chef-lieu du département de la Marne. 



834 LETTRES DE LOUIS XI. 

Donné à Han en Vermendois, le penultime jour de 
may. 
Au lieutenant du gouverneur de Rouxillon. 

DLXXVI. 

AUX ÉCHEVINS D'AMIENS (y.). 

Ham, 31 mai 1471. 

Désignation de Jean du Gaurroy comme le candidat qu'il lui serait 
agréable de voir devenir maire de leur ville. — (Copie. Arch. 
mun. d'Amiens. Délibérations échevinales, t. XI, fol. 20.) 

De par le roy. 
Ghierz et bien amez, nous avons veu ce que nous 
avez escript, et en ce que touche l'élection de vostre 
maire pour vous régir et gouverner jusques à la Saint 
Simon et Saint Jude 1 , auquel temps avez acoustumé 
de eslire trois personnages, pour l'un d'iceulz estre 
commis à ladicte mairie, ainsi que contiennent vosdites 
lettres ; et que pour ceste fois vous desirez que nous 
vous escripvons et nommons celuy que aurons agréable 
pour excerser ladite mairie pour le temps dessus dit, 
dont vous savons très bon gré. Et pour ce [qu']il nous 
semble que maistre Jehan du Caurroy 2 est pour ce 
faire bien convenable, nous voulons que pour ledit 
temps il excerse ladite mairie, et iceluy escheu, vous 
y gouvernerez ainsi que avez acoustumé faire le temps 
passé. Touchans la diligence que vous faites de beson- 

1. C'est-à-dire jusqu'au 28 octobre. 

2. Ce nom est écrit le plus souvent du Gaurrel, comme dans la 
note suivante, et dans la lettre du 13 mai 1471, où nous l'avons 
déjà trouvé. 



LETTRES DE LOUIS XI. 235 

gnier aux fossez, nous en sommes bien contens. Si 

veuillez y continuer, en manière que l'euvre qui est en 

vostre charge soit parachevée le plus brief que faire se 

porra. Donné à Han en Vermandois, le derrenier jour 

de ma y. 

Loys. 

Le Roux. 

A noz chiers et bien amez les eschevins de nostre 
ville d'Amiens 1 . 

1. La présentation de cette missive et le résultat qu'elle obtint 
sont ainsi relatés dans le procès-verbal de la séance de l'éche- 
vinage du 2 juin 1471 : c Jehan Crochet, eschevin, qui estoit 
aie deverz le roy porter lettres closes de par messeigneurs pour 
pourveoir à la mairie, retourna en la ville d'Amiens, et raporta 
lettres closes du roy, signées de sa main, dont la teneur s'en- 
suit... » Suit le texte de la missive. Le procès- verbal , après 
l'avoir reproduite, continue en ces termes : a Et retourna ledit 
Crochet le u e jour de juin oudit an atout lesdictes lettres qui 
furent ouvertes et leues en l'ostel de la ville, en la présence de 
sire Philippe de Morvilers, sire Jaque Clabaut, maistre Anthoine 
Caignet, maistre Jehan Le Clerc, Gille de Laon, Fremin Le Clerc, 
et autres eschevins, maistre Jehan de Fontaines, Guy de Talmas, 
Jehan Harlé, Jehan Dobe, conseillierz; et si y fu mandé ledit 
maistre Ducaurel, qui grandement s'excusa de leur prendre ledit 
office, pour les grans charges qu'il avoit, à cause qu'il estoit lieu- 
tenant de monseigneur le bailly d'Amiens, qu'il estoit esleu, et 
autres grans affaires qu'il avoit, mais il yroit parler au grant 
maistre, et ainsi se party dudit hostel. 

« Et lendemain qui fu lundi, m 6 jour dudit mois de juing, mon- 
dit seigneur le grant maistre vint en l'ostel de la ville, et manda 
les eschevins, et sy y vint ledit maistre Jehan Ducaurrel, qui gran- 
dement se excusa dudit office de mairie. Mais mondit seigneur le 
grant maistre dist que puisque c'estoit le plaisir du roy, il ne le 
povoit refuser; et sur ce y ot pluseurs paroles, mais finablement 
ledit maistre Jehan dist qu'il n'oseroit désobéir au plaisir du roy, 
et aprez ce, il fist par devant mondit seigneur le grant maistre le 
serement de mairie en la manière acoustumée; puis tous lesdiz 
eschevins et autres notables -gens qui y estoient, et ainsi fu ledit 



236 LETTRES DE LOUIS XI. 



DLXXVII. 

A BOURRÉ (D.). 

Ham, 1« juin 1471. 

Ordre de payer à Jean Desvignes la somme de 416 1. pour payer 
deux mille « tranches » que le roi renvoie commander à Paris. 
— (Orig. Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 32.) 

Monseigneur du Plessis, j'envoie à Paris Jehan Des- 
vignes pour faire faire deux mille tranches 1 , qui ne 
cousteront que nn c xvi livres. Je vous prie que incon- 
tinant vous les faictes délivrer, et qu'il ni ayt faulte. 
Donné à Hem, le premier jour de juin. 

Loys. 
Toustain. 

DLXXVIH. 
au connétable (d.). 

Ham, 3 juin 1471. 

Envoi vers lui de l'homme du bâtard de Bourgogne; lettres écrites 
par le roi au général et au président pour faire assigner audit 
bâtard la somme de 747 1. t. sur l'ordinaire ou l'extraordinaire 
et les lui faire avancer, si possible, afin de lui permettre de 
venir trouver le roi. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2899, fol. 1.) 

Mon frère, j'envoye devers vous l'omme de monsei- 
gneur le bastard de Bourgongne, messire Baudoin, et 

maistre Jehan maieur. » (Arch. d'Amiens, Délibérations de l'éche- 
vinage. Reg. 11, fol. 20.) 

1. C'est -à- dire des bêches suivant La Gurne Sainte -Palaye, 
ouvr. cit., X, 80. 



LETTRES DE LOUIS XI. 237 

escrips au gênerai et président 1 qu'ilz faeent autre 
assignacion audit monseigneur le bastard, que celle 
qu'il a eue de la somme de vn c xlvu 1. t., et dont 
présentement il puisse estre payé comptant, pour soy 
deffrayer de Paris 2 . Je veulx qu'ilz le faeent, comment 
qu'il soit, sur l'ordinaire ou extraordinaire, et par 
façon qu'il n'y ait point de faulte, car la neccessité y 
est. Pourquoi vous prie que leur faictes faire incon- 
tinent; et si d'argent comptant lui povoient aider, 
grant plaisir me feraient, affin qu'il s'en peust plus tost 
venir devers moy. Et n'y vueilliez faillir, et adieu mon 
frère. Donné à Ham, le m e jour de juing. 

Loys. 
A mon frère le connes table. Flameng. 

DLXXIX. 

A PIERRE DORIOLE, GÉNÉRAL DES FINANCES, ET A JEAN 
DE LADRIESGHE, PRÉSIDENT DES COMPTES (D.). 

Ham, 3 juin 1471. 

Reproches sur leur refus d'assigner à Baudoin, bâtard de Bour- 
gogne, les 747 1. t. du terme de Pâques, à lui dues pour la sei- 
gneurie d'Orbec sur d'autres fonds que c sur les restes et fins 
des comptes du domaine, avec ordre de lui en bailler assignation 
en lieu sceur, soit ordinaire ou extraordinaire, » et de manière 
à ce qu'il soit payé promptement. — (Orig. Bibi. nat., Fr. 2899, 
fol. 69, publ. par Duclos, t. IV, 374.) 

Monseigneur le gênerai 3 , et par especial, vous, mon- 

1. Le général est Pierre Doriole, le président Jean de la Driesche. 
Voy. la lettre qui suit. 

2. Yoy. ci-dessus, p. 221, la lettre du 3 mai 1471 relative aux 
libéralités faites par Louis XI à Baudoin, bâtard de Bourgogne, 
après sa retraite en France. 

3. Pierre Doriole. 



238 LETTRES DE LOUIS XI. 

seigneur le président 1 , vous savez Testât de messire 

1. Jean de la Driesche ou La Drisque, comme dit le roi dans la 
suscription de sa lettre, en flamand Van den Driessche, « homme 
bon clerc et de subtil esprit, à merveilles actif et de grant entre- 
mise, » écrit de lui Ghastellain (liv. VI, 3 6 part., éd. Kervyn de 
Lettenhove, V, 221). « Natif du pays de Tenremonde, » il avait été 
condamné en 1446 par les échevins de Gand à un exil de cinquante 
ans; mais, bien vu, peut-être pour ce motif, par le duc de Bour- 
gogne Philippe le Bon, il ne craignit pas en 1451 de venir assigner 
en son nom, et comme huissier de la Chambre du conseil de 
Flandre, les magistrats de cette ville. Depuis lors, le duc le 
nomma d'abord conseiller, président de cette môme Chambre et 
T « exalta en haulx honneurs, » dit encore Ghastellain, « pour 
son vif esprit et pour sa clergie, avecques ce qu'il estoit personne 
assez élégante et bien douée, et l'a voit le duc hautement et riche- 
ment marié à une noble femme en Bruges, » Marguerite de Mes- 
sem , veuve de Daniel de Themseke et de Roland van Caloen. 
Envoyé vers 1450 par le duc de Bourgogne auprès de Charles VII, 
il eut la hardiesse, non seulement de se plaindre de ce que le 
traité d'Arras « n'estoit point entretenu, » mais de demander 
comment le duc avait « doresnavant à vivre soubz le roy et com- 
ment il s'y pourrait fier » et d'accuser les gens du Conseil du roi, 
qui n'avaient « pas bien les affaires du duc pour recommandées et 
estoient contraires à lui et à tous ses diz affaires. » (D. Plancher, 
Hist. de Bourgogne, IV, Pr., p. 201, 202.) Ses richesses s'accrois- 
saient en même temps que son importance politique ; il achetait 
des maisons à Ypres, à Bruges, à Malines, à Termonde et les sei- 
gneuries de Lède et de Basserode. Frappé le 12 octobre 1458 d'une 
sentence d'exil perpétuel « pour plusieurs excès et delictz par luy 
commis en Testât de conseiller, » il était rentré en grâce dès l'an- 
née 1459, où il gagna un procès contre Jean Zannequin ; en 1460, 
il fut banni de nouveau par les Gantois, mais put rentrer dans leur 
ville, grâce à la protection du duc de Bourgogne, et faire arrêter, 
au mépris de leurs privilèges, un fils de Daniel Sersanders. Obligé 
en 1466, pour une cause restée inconnue, de se réfugier auprès 
du comte de Saint-Pol, pour lequel il devait se montrer plus tard 
peu reconnaissant (voy. la Chronique scandaleuse à Tannée 1475) 
et des dépouilles duquel il s'enrichit (voy. les lettres du don fait 
au Plessis-du-Parc, le 10 janvier 1476, par Louis XI à Jean de la 
Driesche de biens a sis ez paroisse d'Auteuil et terroir de Passy, » 



LETTRES DE LOUIS XI. 239 

Baudouin, bastard de Bourgongne, estant présente- 
ment à Paris par mon ordonnance, et sa très grant 
neccessité, qui est toute notoire 1 . Et neantmoins ne lui 

• 

confisqués sur le connétable. Bibl. nat., Fontanieu 137), il sut à 
ce moment gagner la faveur de Louis XI. Il en obtint d'abord, 
par lettres datées de Montargis, le 10 août 1466, la Conciergerie 
du Palais enlevée à Guillaume Gousinot (Bibl. nat., Fr. 6972, 
fol. 2) et dont Louis XI par autres lettres du 23 novembre 1466 
(Sauvai, Antiquités de Paris (Paris, 1724, in-folio), III, 388) lui 
confirma la possession. Il était déjà conseiller maître en la Chambre 
des comptes, quand il fut nommé par Louis XI, le 22 août 1467, 
président clerc en ladite Chambre, dont Bertrand de Beauvau, 
seigneur de Précigny, cumulait auparavant la charge avec celle de 
président lai (Bibl. nat., Fr. 21410, fol. 5 v°; cf. les lettres royales 
données à Montils-lès-Tours, le 13 janv. 1469, et réglant la compen- 
sation accordée audit Bertrand de Beauvau. Bibl. nat., Fr. 20494, 
fol. 56); plus tard, ses malversations le firent descendre au rang de 
vice-président de ladite Chambre, au lieu de Jacques Goictier, le 
22 nov. 1482, et il le resta jusqu'au 24 oct. 1483 (Arch. nat., P 2631, 
p. 25). Choisi par Louis XI, le 8 mai 1469, pour l'un des commissaires 
chargés d'instruire le procès de Balue et de Guillaume de Harau- 
court (Arch. nat., J 1039, n* 12), il fut en outre chargé, par lettres 
du 5 août 1469, données à Amboise, de l'administration du tem- 
porel du prieuré de Saint-Éloi de Paris, confisqué sur le cardinal 
d'Angers. (Bibl. nat., Fr. 6963, fol. 89 V.) Il siégea en 1470 parmi 
les pairs du royaume appelés à prononcer la nullité du traité de 
Péronne. (Chastellain, éd. Kervyn de Lettenhove, V, 222, note 1.) 
1. Cf. la lettre précédente. Malgré l'insistance du roi, le Parle- 
ment, après avoir, sur la requête du bâtard de Bourgogne et la 
présentation des lettres du roi, ordonné une enquête sur la valeur 
de c ladicte terre et revenue d'Orbec, et sur le prouffit ou dommaige' 
d'icelle viconté, et aussi sur l'interest du roy et des barons, et autres 
parties tenans en fief de ladicte viconté, » avait reçu dans sa séance 
du 16 mai 1471 une opposition présentée par Guillaume Delaz, 
bailli d'Évreux. (Arch. nat., X'* 1485, fol. 157.) Le 29 mai suivant, 
il prenait connaissance de deux missives du roi qui ne nous ont 
pas été conservées, l'une adressée au Parlement, l'autre reçue par 
Jean Hébert, « gênerai de France, t leur mandant c faire diligence 
eu la poursuite de ceste matière, » et il confirmait sa décision anté- 



240 LETTRES DE LOUIS XI. 

avez souffert lever la somme de vu c XLvn 1. 1., escheue 
au terme de Pasques derrenier passées, à cause de la 
terre d'Orbec que lui ai donnée comme savez, ainçois 
avez fait vostre plaisir de la dicte somme. Et qui piz 
est, lui avez baillé assignacion sur les restes et fin des 
comptes de mon demaine, qui est chose de longue 
actente, dont il n'a besoing. Et pour ce qu'il m'a fait 
savoir, qu'il n'a pas ung blanc pour soy deffrayé de 
Paris, et vous le devez bien croirre, je vous prie, et 
neantmoins ordonne et commande à tous deux bien 
expressément, sur tout le plaisir que faire me desirez, 
que vous lui baillez assignacion en lieu sceur, soit ordi- 
naire ou extraordinaire, tellement qu'il puist promp- 
tement avoir argent pour soy aider et venir devers 
moy, et vous envoyé son homme porteur de cestes pour 
recouvrir ladicte assignacion. Sy faictes qu'il n'y ait 
faulte, car je n'en seroye de vous content. Donné à 
Ham, le m° jour de juing. 

Loys. 

Flameng. 

A noz amez et feaulx conseillers maistres Pierre 
Dorlote, gênerai de noz finances, et Jehan Ladrisque, 
président de noz comptes. 

rieure de faire une enquête. (X* a 1485, fol. 161 v°.) Le 20 sep- 
tembre 1471, après de nouvelles lettres du roi appuyées par le 
chancelier en personne, les conseillers siégeants se retranchaient 
derrière l'impossibilité de donner une réponse définitive à raison 
des vacances. (X<* 1485, fol. 198 v°.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 241 



DLXXX. 

A PIERRE DORIOLE (d.). 

Liesse, 14 juin 1471. 

Nécessité où le roi s'est trouvé d'accorder au grenetier de Reims 
des lettres de résignation de son office en faveur de son fils ; son 
désir que le général trouve quelque défaite pour se dispenser de 
les sceller, et finisse même par les jeter au feu. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 2893, fol. 38.) 

Monseigneur le gênerai, j'ay esté fort pressé par 
aucuns des gens de monseigneur de Guienne de don- 
ner ung congié de resigner au grenetier de Reims son 
office de grenetier au prouffit de son fîlz. Et pour ce 
que je n'ay peu plus dissimuler, ay commandé lesdictes 
lettres ; mais je vueil que dissimulez de les seeller le 
plus que vous pourrez, en disant qu'il fault qu'il baille 
caucion, ou quelque autre deffaicte, ainsi que adviserez, 
en manière que les dictes lettres ne soient point seel- 
lées. Et en advertissez le chancelier et autres que advi- 
serez, en manière que les dictes lettres ne soient point 
seellées ; et ne monstrez ces lettres à personne, et les 
gectez ou feu. Escript à Liesse ! , le xnn 6 jour de juing. 

Loys. 

TlLHART. 

[À] nostre amé et féal conseillier et gênerai de noz 
finances, maistre Pierre Doriole. 

1. Notre-Dame-de-Lies8e, dans le canton de Sissonne, arrondis-/ 
sèment de Laon (Aisne). D'après l'itinéraire de M 11 * Dupont, 
Louis XI s'y trouva du 12 au 15 juin 1471. 

iv 16 



242 LETTRES DE LOUIS XI. 



DLXXXI. 

AU DUC DE MILAN (V.)« 

Paris, 23 juin 1471. 

Prière au duc de prêter son concours au roi contre Philippe de 
Savoie et Jacques, seigneur de Romont, qui se sont insurgés 
contre la duchesse de Savoie et Pont assiégée dans Montmélian. 

. — (Copie du temps. Arch. de Milan. Poterne estere. Francia.) 

Illustrissime princeps, frater noster rarissime, salu- 
tem. Audivisse vos non dubitamus Phylippum 1 et Jaco- 
bum, dominum de Romond, fratres', de Sabaudia, 
factiosos homines, nuperrime armatorum multitudine 
collecta, Sabaudiam ingressos, ducissam sororem nos- 
tram et ex curialibus suis complurimos hostiliter inva- 
sisse, ac tandem in oppido Momiliane 3 obse disse. Quod 

1. Philippe de Savoie, seigneur de Bresse. 

2. Jacques de Savoie, comte de Romont, baron de Vaud, frère 
du précédent, nommé chevalier de la Toison d'or en 1478, mort 
au château de Ham le 30 janvier 1486. Il avait épousé en 1460 
Marie de Luxembourg, comtesse de Saint-Pol. (Guichenon, His- 
toire généalogique de la royale maison de Savoye avec les preuves 
(Lyon, 1660, in-fol.), I, 526-527.) 

3. Aujourd'hui Montmélian, chef-lieu de canton de l'arrondisse- 
ment de Ghambéry (Savoie). C'était à ce moment, et ce fut long- 
temps encore, une forteresse importante, qui défendait l'entrée de 
la Savoie et de la vallée de l'Isère du côté du Dauphiné. Sur le 
siège que la duchesse de Savoie, Yolande de France, sœur de 
Louis XI, eut à y soutenir contre ses beaux-frères insurgés, voy. 
un passage du registre de la Chambre des comptes de Dauphiné 
intitulé Generalia, 1. 1, fol. 250*>-254», publ. par M. l'abbé U. Che- 
valier, Choix de documents historiques inédits sur le Dauphiné, 
publiés & après les originaux conservés à la bibliothèque de Grenoble 
et aux archives de l'Isère (Montbéliard et Lyon, 1874, in-8*), p. 392. 



LETTRES DE LOUIS XI. 243 

facinus cum sit gravi animadversione dignum, occur- 
rendum confestim horum hominum temeritati propo- 
suimus, ut eos inceptorum peniteat et penas dent 
maie consultorum. Quod ut promptius et expeditius 
fieri possit, visum est nobis impresentiarum Carolum, 
principemPedemontis, communem nepotem nostrum 1 , 
cum expedienti armatorum manu in partes transmic- 
tere. Cum autem plurimum ad negotium bene ducen- 
dum, inter ceteros vos primo, et consilio et re ipsa, 
adjuvamento esse possitis, his brevibus pro rei restau- 
ratione, quantum in nobis est, vos rogamus, ut in Phy- 
lippum ipsum et suos, eidem communi nepoti nostro 
Karulo auxilio esse velitis prompto et aperto, prout 
res ipsa exposée t. Quod vobis apud omnes honori 
accède t, et imposterum commoditati, nobis autem nil 
gratius. Longiores in scribendo non erimus; loquitur 
enim res ipsa per se satis, quam non ambigimus sua 
ipsa mensura metietur Excellentia Vestra, quam domi- 
nus ad vota conservet. Scriptum Parisius, xxm° junij 
MCCCCLXI*. 

Loys. 
Albertus. 

Illustrissimo principi fratri nostro carissimo Medio- 
lanensi duci, etc. 



1 . Ce jeune prince, fils aîné d'Âmédée IX et d'Yolande de France, 
neveu de Louis XI par sa mère Yolande, et du duc de Milan, qui 
avait épousé sa tante Bonne de Savoie, se trouvait à ce moment 
auprès du roi, son oncle, et celui-ci allait l'envoyer, sous la con- 
duite* du maréchal de Gominge, au secours de ses parents, quand 
il mourut à Orléans. (Ul. Chevalier, op. laud., p. 392.) 

2. La date de 1461, au lieu de 1471, est une erreur du copiste 
qui a transcrit en latin l'original français de la présente missive. 



244 LETTRES DE LOUIS XI. 



DLXXXII. 

AU SEIGNEUR DE BOUCHAIN (v.). 

Paris, 24 juin 1471. 

Réception par Blanchefort des nouvelles envoyées par ledit sei- 
gneur de Bouchain sur l'arrivée à Calais du neveu du comte de 
Warwick et du chambellan ; envoi de la réponse royale auxdits 
neveu et chambellan à Jean Raguier par un « homme seur », qui 
a Tordre de passer vers le dit seigneur de Bouchains; prière à 
celui-ci de donner à ce messager les renseignements nécessaires. 
— (Orig. Bibl. nat. Pièces orig., vol. 472, dossier Bournel 
10507, n" 15.) 

Monseigneur de Bouchain, Blanchefort m'a dit ce 
que luy avez chargé me dire touchant la venue du 
neveu de monseigneur de Warvyk et du chambellan 
à Calaiz, dont je vous scez bon gré. Je leur escriptz et 
envoie les lettres au petit trésorier Jehan Raguier 1 , 

1. Jean Raguier, « escuier, » seigneur de la Mothe, fils aîné 
d'Antoine, qui fut trésorier des guerres sous Charles VII et sous 
Louis XI, fut lui-môme « commis et ordonné » par ce dernier roi 
« à tenir le compte du parachèvement de l'office de sondit feu 
père, » et donna en cette qualité, le 14 avril 1469, à c maistre 
Jaques Erlaut, aussi commis pour et au lieu de feu maistre Nico- 
las Erlaut, son père, en son vivant trésorier et receveur gênerai 
des finances de Languedoc, à tenir le compte du parachèvement de 
ladicte tresorerrie de Tannée finie le derrenier jour d'aoust... mil 
GGGG soixante huit, » quittance de la somme de 2,632 1. 10 s. t. 
(Bibl. nat., Pièces orig., vol. 2425, dossier Raguier 54476, n* 44.) 
Jean Raguier avait été nommé, au moins dés Tannée 1468, 
« conseiller du roy et receveur gênerai de ses finances ou pays de 
Normandie. » (Ibid., n' 56.) Il conserva ces fonctions jusqu'à la fin 
de 1480. {Ibid.) En 1475, il fut chargé a de faire le payement des 
gens de guerre de l'ordonnance du roi pour le quartier d'octobre, 
novembre et décembre GGGG LXX V, et aussi le payement des gens 
de la petite ordonnance estans lors un pays et duchié de Norman.- 



LETTRES DE LOUIS XI. 245 

pour les envoier par homme seur, et lui mande qu'il 
se tire devers vous pour estre de tout mieulx informé. 
Et pour -ce, s'il vous plaist, vous l'advertirez de tout 
ce qu'il vous semblera estre bon, et vous prye que 
souvent me faictes savoir de ce que saurez qu'il seur- 
viendra de nouveau. Donné à Paris, le xxini 6 jour de 

jrïng- 

Loys. 

J. Leglerg. 

À nostre amé et féal conseillier et chambellan le sire 
de Bouchain. 

DLXXXIII. 

AU DUC DE MILAN (V.). 

Nouàtre', 8 juillet 1471. 

Mort du fils aîné du duc de Savoie ; prière d'appuyer la politique 
du roi à l'occasion de cet événement; confidences du roi à cet 
égard à l'envoyé milanais Sforza de Bettinis et son désir qu'elles 
soient tenues secrètes. — (Orig. Arch. de Milan. Potenze estere. 
Francia.) 

Mon frère, je me recommande à vous tant comme 
je puis. J'ay receu les lettres que m'avez escriptes par 
maistre Albert Magalot*, mon secrétaire, et oy bien 

die... » (Ibid.) On le trouve qualifié maître des comptes dans 
des lettres de Charles Vin du 15 juillet 1485. [Ibid.) Sa femme, 
c noble damoiselle Marie Beauvarlet, » était veuve à la date du 
30 mars 1504, d'après une reconnaissance faite ce jour-là à son 
profit et à celui des enfants mineurs dudit défunt et d'elle. (Ibid., 
n- 60.) 

1 . Nouâtre, dans le canton de Sainte-Maure, arrondissement de 
Ghinon (Indre-et-Loire). 

2. C'est sans doute le secrétaire qui signe c Albertus » des lettres 



246 LETTRES DE LOUIS XI. 

au long la créance qu'il m'a dicte de vostre part tou- 
chant plusieurs matières, dont, et du bon vouloir que 
avez incessamment envers moy , je vous remercye tant, 
et de si bon cuer comme je puis. Je croy que, devant 
la réception de ces présentes, vous aurez oyes nouvelles 
de la mort de mon feu nepveu et le vostre, Charles, 
prince de Pyemont 1 , de la quelle j'ay esté et suis très 
dolent, et suis certain que vous aussi en avez eu et 
aurez très grant desplaisir. Toutesfoiz, puisque le 
plaisir de Dieu est que le cas soit ainsi advenu, il le 
nous fault paciemment porter au mieulx que nous 
pourrons. Mon frère, je ne sçay comme pour la mort 
dudit prince les choses de par delà en Savoye et Pye- 
mont se porteront. Je vous prie que, en quelque 
façon et manière qu'elles se adresseront, il vous plaise 
tenir bon pour moy, comme avez tousjours fait par 
cy devant, et ainsi que j'ay en vous ferme espérance 
que ferez. J'ay parlé touchant ceste matière et autres 
plus à plain à Sforce, vostre homme, qui est par deçà, 
lequel j'ay chargé de vous en rescripre. Vous entendrez 
tout par ses lettres, pour quoy ne vous en rescrips 
plus au long. Mais je vous vouldroye bien prier que 
tout ce qu'il vous a rescript vous tenez secret, car je 
ne vouldroye que aucunement les matières se enten- 
dissent ne feussent sceues par autre que par vous. Et à 
Dieu, mon frère, lequel je prie qu'il vous donne acom- 



du roi adressées exclusivement au duc de Milan ; nous en avons 
rencontré plusieurs, et la présente est du nombre. Il fut nommé 
clerc des comptes, à la place de Jean Lapite, par lettres datées 
de Montiis-lès-Tours, le 28 mars 1472. (Bibl. nat., Fr. 21405, 
p. 170.) 
1. Voy. ci-dessus, p. 243, la note 1 de la lettre du 23 juin 1471. 



LETTRES DE LOUIS XI. 247 

plissement de voz désirs. Escript à Noastre, le vm 6 jour 

de juillet. 

Loys. 

Alberto s. 
A nostre très amé frère le duc de Milan. 

DLXXXIV. 

AU ROI RENÉ (v.). 

Saint-Michaud-sur-Loire, 14 juillet 1471. 

Autorisation de porter Tordre du Croissant en même temps que 
celui de Saint-Michel. — (Copie du temps. Arch. nat., P1334 9 , 
fol. 123. Publ. par Lecoy de la Marche, le Roi René, H, 349.) 

De par le roy. 

Très chier et très amé père et oncle, nous avons 
receu voz lettres, par lesquelles nous merciez de Ton- 
neur que, comme vous dictes, vous avons fait de vous 
avoir envoyé Tordre de Monseigneur saint Michel, et 
des bonnes parolles que le sire de la Forest vous a 
dit de par nous, en requérant qu'il vous soit permis 
de povoir porter. le Croissant 1 aux jours que avez 
promis; lesquelles voz lettres avons monstrées aux 
chevaliers de Tordre estans de présent avec nous, 
communiqué vostre requeste et trouvé que, par les 
chapitres dudit ordre, tous roys qui l'auront et qui 
sont d'autre ordre, dont Hz soient chiefz, la puent porter 
sans difficulté, moiennant nostre consentement, ainsi 
qu'il pourra vous apparoir par les lettres de certiffi- 
cacion, es quelles est incorporée le double de l'article 

1. Ordre institué par le roi René le 11 août 1448. Voy. à ce 
sujet l'ouvrage précité de M. Lecoy de la Marche, I, pp. 530 et suiv. 



248 LETTRES DE LOUIS XI. 

des chapitres dudit ordre de ce faisent mencion, que 

présentement vous envoyons, en vous remerciant de 

l'onneur que nous avez fait, aussi aux chevaliers dudit 

ordre, de l'avoir receue. Donné à Saint Hichau sur 

Loire 4 , le.xini* jour de juillet. 

Loys. 

Le Roux. 

A nostre très cher et très araé père et oncle, le roy 
de Sicile, duc d'Anjou. 

DLXXXV. 

AUX CONSEILLERS DE LYON (V.). 

Montils-lès-Tours, 14 juillet 1471. 

Invitation à laisser Jean de Villeneuve, son écuyer d'écurie, ache- 
ver le fossé qu'il a entrepris de faire creuser au-devant de sa 
maison de la Guillotière. — (Copie moderne. Arch. de Lyon, 
dans les manuscrits de l'abbé Sudan.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, nostre chier et bien amé 
escuyer d'escuierie Jehan de Villeneuve nous a dit et 
remonstré que vous ne luy vouliez pas souffrir para- 
chever certains fossez et terres, qu'il a commancé à 
faire faire au devant d'une sienne maison, appelée la 
Guillotere 2 , combien que n'y ayez pas grant interest. 
Et parce que nous desirons que les faiz et affaires du 
dit de Villeneuve soient favorablement traictez, en 

1. Aujourd'hui Saint-Michel, dans le canton de Langeais, arron- 
dissement de Ghinon (Indre-et-Loire). 

2. Noyau primitif du faubourg actuel de Lyon, dit la Guillo- 
tière, sur la rive gauche du Rhône. 



LETTRES DE LOUIS XI. 249 

faveur des bons et agréables services qu'il nous a faiz, 
et que nous sommes bien advertiz qu'il ne vouldroit 
point avoir de débats avec vous, nous vous prions 
très acertes que, en faveur et contemplacion de nous, 
vous lui vueilliez laisser parachever lesdiz fossez, sans 
luy mettre ni donner doresenavant aucun destourbier 
ou empeschement ; et, si aucune chose en a esté faicte 
au contraire^ la faictes reparer, et tellement y yueillez 
faire que congnoissons le bon voloir que avez de nous 
complaire, et que ledit de Villeneuve apperçoive nostre 
prière et requeste envers vous luy avoir prouffité, et 
vous nous ferez plaisir que aurons très agréable ; en 
marque de quoy nous aurons tousjours de plus en plus 
vous et voz affaires en nostre plus agréable recomman- 
dation. Donné aux Montilz lès Tours, le xnn e jour de 
juillet. LOYS. 

Meurin. 

À noz chiers et bien amez les conseillers de nostre 
ville de Lyon. 

Receue le xxij* d'octobre mil CCCC LUI. 

DLXXXVI. 

A SON c ÀMÉ ET FEAL » N (v.). 

Montils-lès-Tours, 22 juillet 1471. 

Notification du don fait au comte dauphin d'Auvergne sur les pre- 
miers deniers à provenir de la recette générale de Languedoc 
de la somme de 2,800 écuè d'or, garantie par ledit comte à ses 
cautions envers la banque de Médias, à Lyon. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 22293, fol. 137.) 

De par le roy. 
Nostre amé et féal, nous avons donné à nostre très 



250 LETTRES DE LOUIS XI. 

chier et amé cousin le conte daulphin d'Auvergne la 
somme de deux mil huyt cens escuz d'or pour acquic- 
ter ceulx qui, pour lui, se sont obligez à la bancque 
de Medecis à Lyon, laquelle il a fraiée pour noz affaires 
à ceste derreniere armée de Bourgoigne * , de laquelle 
il avoit la charge principalle, et sommes bien advertiz 
qu'il en a plus largement despendu. Vous savez qu'il a 
bien desservy que nous façons plus grant chose pour luy ; 
et pour ce que, se nostre dit cousin, ou ceulx qui, pour 
lui, se sont obligez, comme dit est, failloient audit de 
Medecis au terme qu'ilz ont promis lui payer icelle 
somme, seroit nostredit cousin grandement intéressé 
et adommagé, et en aventure d'estre excommunié, si 
vous mandons, commandons et expressément enjoi- 
gnons, et, sur tous les plaisirs et services que jamais 
nous vouldriez faire, que, incontinant ces présentes 
veues, vous allez ou envoiez avecques ce présent por- 
teur à ladicte bancque de Medecis à Lyon, et illecques 
faictes casser et adnuller ledit obligé, en faisant acquic- 
ter envers* ledit Medecis de ladicte somme de deux 
mil huyt cens escuz d'or nostredit cousin ou ceulx 
qui, pour lui, se sont obligez; et vous y obligez, se 
mestier est, envers ledit de Medecis pour ladicte 
somme de deux mil huyt cens escuz ; car, sur l'année 
à venir, vous avons appoincté de ladicte somme de 
deux mil huyt cens escuz, à avoir et prendre des 
premiers deniers receuz sur la recepte générale de 
noz finances de nostre pays de Languedoc, dont avez 
la charge, ainsi que pourrez veoir par la cedulle de 



1. Voy. ci-dessus, n° DXXX1II, p. 166, la lettre du 30 no- 
vembre 1470 aux Lyonnais au sujet de cette expédition. 



LETTRES DE LOUIS XI. $51 

vostre acquit, que nous avons fait lever à ceste cause. 

Si n'y vueillés faire faulte, car à présent ne nous 

pourriez faire plus grant plaisir. Donné aux Montilz, 

le xxu jour de juillet. 

Loys. 

DLXXXVII. 

A GUILLAUME PIC ART ET A JEAN BOURRÉ (Y.). 

Angers, 7 août 1471. 

Instruction sur la comptabilité des recettes des francs -fiefs et 
nouveaux acquêts de Normandie, attribuées pour une moitié à 
l'amiral, pour Pautre à T « Espargne de la guerre. • — (Orig. 
Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 43.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, puis nagueres nostre filz et 
cousin le conte de Roussi lion, admirai de France, a 
envoyé par devers nous pour le fait de la commission 
des francs fiefz et nouveaulx acquestz de nostre pais 
de Normandie, de laquelle luy avons pieça fait don. 
Et, comme croyons que savez, du consentement de 
nostredit filz l'admirai, avons appoincté et ordonné 
que nous aurons et prandrons la moictié entièrement 
de tout le prouffit qui viendra de ladicte commission, 
et l'autre moictié luy sera baillée et délivrée. Et ja 
avons ordonné les deniers qui en viendront de nostre 
dicte moictié estre mis en l'espargne de nostre guerre, 
tant pour rambourser aucunes grosses parties, qui en 
ont esté prises, que pour aider à supporter les affaires 
qui, par guerre ou autrement, nous pourraient seur- 
venir ; et que le trésorier de noz guerres fera recepte, 
avecques les deniers de nostre guerre, des deniers 



852 LETTRES DE LOUIS XI. 

venans de ladicte commission, qui luy seront baillez 
par le receveur qui est ou sera commis à icelle. Et 
pour ce que avons bien interestz de savoir quelz 
deniers en viendront, et la forme de les lever, et 
comment Ton y procédera, affin que, soubz umbre de 
ladicte comftiission, exactions indeues ne se facent sur 
ceulx à qui Ton aura pour ce à besongner, ne autre- 
ment à la foule du peuple, nous voulons que sur ce 
parlez et communicquez à nostre dit filz et cousin 
l'admirai, lequel nous savons certainement qu'il veult 
et désire ladicte matière estre bien, loyaument et rai- 
sonnablement traictée et par bonne justice. Et, pour 
vous advertir de ce que avons conclut et délibéré sur 
ce , nous voulons et entendons ■ expressément que 
ad visez quelque homme bon, seur et feable qui soit 
pour nous au fait de ladicte commission, et sans lequel 
les commissaires ne puissent aucune chose appoincter 
ne besongner, ne que le receveur n'en puisse aucune 
chose recevoir ne baillier quictances vallables, qui ne 
soient signées de celluy que y commectrez de par nous, 
lequel fera registre devers soy de tous lesdiz appoinc- 
temens et receptes et quictances dessus diz, et que 
tout ce qui a esté fait jusques cy luy soit monstre, 
exibé et declairé, en manière que par luy puissons 
estre au vray adcertennez de tout ce qui est venu et 
viendra de ladicte commission, pour en prandre la 
moictié pour nous; et l'autre moictié voulons, sans 
quelconque difficulté, estre baillée et délivrée à nostre 
dit filz l'admirai. Aussi voulons que aux commissaires 
soit tauxé salaire raisonnable ou autrement appoincté 
avecques eulx, ainsi qu'il sera advisé pour le mieulx, et 
en manière que les deniers de ladicte commission ne 



LETTRES DE LOUIS XI. 253 

soient consumez autrement que par raison. Au seur- 
plus, qu'on advise bien que aucuns abuz ne exactions 
indeues ne se facent, et la moictié de tous les deniers 
qui viendront de ladicte commission, les fraiz raison- 
nables deduitz sur le totage d'icelle, faictes le seurplus 
de ladicte moictié bailler et délivrer à nostre amé et 
féal Noël Labarge 1 , trésorier de no2 guerres. Et, affin 

1. Ou Le Barge, comme on rencontre son nom écrit le plus, 
souvent. Je le trouve cité pour la première fois, le 9 janvier 1447, 
en qualité de a commis par le roy à l'exercice de l'office de contre- 
roleur de la recepte générale de Normandie, pour et ou lieu et du 
consentement de Anthoine Huet..., durant le voyage où icelui est 
de présent pour les affaires du roy. » Il reçoit comme tel de Jean 
Le Prince, « receveur des quatriesmes en la viconté de Rouen, » 
une « cedule » de 250 1. t. assignées à l'évêque de Lisieux. (Bibl. 
nat., Pièc. orig., vol. 196, dossier Le Barge 4257, n° 2.) Il exer- 
çait encore cette suppléance le 17 février 1447, d'après une autre 
c cedule » à lui remise par Pierre Baille, receveur général de Nor- 
mandie. (Ibid., n°> 3 et 4.) Puis il devint c receveur des tailles en 
l'élection de Rouen et commissaire du roy sur le fait de rentre- 
mise de six mille pierres de bombardes, commendées à faire par 
ledit seigneur en la ville de Dieppe puis demi an en çà, » d'après 
les quittances des maçons qui les fournirent et du voiturier qui 
les transporta, en date de Rouen, les 25 mars 1465 (Ibid., n° 5) 
et 7 juillet 1466 (Ibid., n<> 6); receveur général des finances de 
Normandie, d'après une quittance à lui donnée, le 11 janvier 1469, 
par « messire Guillaume Martin, presbtre, chanoine de l'église 
Nostre-Dame de Glery, » de 3,846 1. 5 s. t., c pour Pediffice... que 
le roy fait faire en ladicte église de Glery » (Ibid., n° 7); conseiller 
du roi et successeur d'Antoine Raguier comme trésorier des 
guerres depuis 1469 très probablement; au moins le trouve-t-on 
investi de ces fonctions dès le 5 février 1470. (Bibl. nat., Fr. 20497, 
fol. 2.) La dernière quittance que je trouve à lui délivrée en cette 
qualité est de Girard Le Vasseur, serrurier de Paris, pour la 
fabrication de c quatre coffres estans en deux chariotz, sur les- 
quelz sont certaines grosses coulevrines. » Elle est datée du 
19 décembre 1474. (Ibid., n° 19.) Il dut sortir de charge peu de 
temps après, car, dans un c roole des parties et sommes de deniers 



254 LETTRES DE LOUIS XI. 

qu'on n'y face difficulté, nous vous envoyons noz 
lettres patentes pour oommectre ledit homme de par 
nous, et pour faire bailler audit trésorier des guerres 
ladicte moictié venant à nous, et l'autre moictié à 
nostre dit filz l'admirai. Et advisez bien que le rece- 
veur, qui est ou sera de ladicte commission, soit seur, 
et que les deniers qu'il recevra se puissent seurement 
recouvrer par luy. Si vous mandons expressément 
que ainsi le faictes et que y besongnez en toute dili- 
gence, comme nous y avons la confiance. Donné à 
Angers, le vn e jour d'aoust. , 

Flameng. 

A noz amez et feaulx conseillers maistres Guillaume 
Le Picart, gênerai de noz finances, et Jehan Bourré, 
maistre de noz comptes. 

DLXXXVIII. 

AUX TRÉSORIERS DE FRANGE (D.). 

Benais, 12 août 1471. 

Protestation du duc de Bretagne contre la demande à lui faite en 
payement d'une amende pour les c sentences » des Grands jours 
ou parlement de Bretagne, c trouvées mal jugées » par le parle- 
ment de Paris ; ordre donné au parlement de communiquer aux 
gens du duc tous les documents constituant la jurisprudence 
sur la matière, et en attendant de suspendre toute poursuite 
contre lui. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 6964, fol. 71.) 

De par le roy. 
Noz amez et feaulx, nostre très chier et très amé 

paiées, baillées et délivrées par lui par l'ordonnance du roy... en 
Tannée commençant le premier jour de janvier mil GGGG soixante 
quatorze <v. st.), » il est dit « nagueres trésorier des guerres. » 
(Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 513, dossier Briçonnet 11573, n' 19.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 255 

nepveu et cousin le duc de Bretaigne nous a fait 
remonstrer que l'en le veult contraindre à paier cer- 
taines amendes pour raison des sentences données es 
grans jours ou parlement de Bretaigne, trouvées mal 
jugées par nostre court de parlement, combien que 
jamais il n'ait esté contrainct à en paier aucune chose. 
Et pour ce qu'il est besoing de communiquer ceste 
matière en nostre cour de parlement, pour savoir 
comment l'en se y gouvernoit anciennement, nous 
escripvons à nostre dicte court qu'elle communique 
aux gens de nostredit nepveu et cousin , qu'il envoyé par 
delà pour ceste cause les arrestz qui, le temps passé, 
ont esté donnez et prononcez touchant les dictes sen- 
tences données es diz granz jours, à ce que icellui 
nostre nepveu saiche comment il se y devra gouver- 
ner. Et pour ce que, ce pendant, lui avons octroyé 
que il ne sera aucunement molesté ne travaillé pour 
raison ne à cause des dictes amendes, nous vous 
mandons et enjoignons que, par nostre amé et féal 
notaire et secrétaire, maistre Jehan Âmys 1 , à présent 

1. Il était notaire et secrétaire du roi et « receveur des expioiz 
et amendes de la court de parlement » quand, « le xvn* jour 
d'avril (1471), • celle-ci lui ordonna « paier et bailler des deniers 
de sa recepte, à maistre Jehan Furet, huissier en ladicte court, 
la somme de xl livres parisis pour une amende, laquelle lui a 
esté tauxée par ladicte court, pour ses peines, salaires et despens 
par lui faiz à deux chevaulx, pour avoir esté par lui à Tours, 
Amboise et Blairé, pour certains grans affaires touchant le fait 
du roy nostre sire et de ladicte court, Tannée derrenière passée, 
en quoy ledit Furet a vacqué à poursuir icelle assignacion l'espace 
de lxix jours à grans mises et despens. » (Arch. nat., X 1 * 1485, 
fol. 149.) Le 14 mai 1490, une saisie mobilière est faite contre 
ledit Jean Amys, notaire et secrétaire du roi à Paris, en la per- 
sonne de sa femme, seule présente à son domicile, à la requête 



256 LETTRES DE LOUIS XI. 

receveur des amendes et exploiz de nostre dicte court 
de parlement, et tous autres qu'il appartiendra, vous 
faictes surceoir et tenir en estât et suspens toutes 
contrainctes , exécutions et autres procedeures que 
l'on pourrait faire à rencontre de nostre dit nepveu 
et cousin, pour raison des amendes dont dessus est 
fgicte mencion, et jusques à ce que par nous autrement 
en soit ordonné, sans le faire souffrir ce pendant à 
ceste occasion ne aucunement travailler ne molester, en 
quelque manière que ce soit. Si n'y faictes faulte, car 
tel est nostre plaisir. Donné à Benaiz 1 , le douziesme 
jour d'aoust. Loys. 

Flameng. 
A noz amez et feaulx les trésoriers de France. 

DLXXXIX. 

AU SEIGNEUR DU BOUCHAGE (D.). 

Launay, 18 août 1471. 

Réception de lettres du duc de Guienne et du seigneur de Lescun 
apportées par Guyot du Ghesnay, relativement aux affaires de 
la duchesse de Savoie, du seigneur d'Urfé et du projet de mariage 
du duc de Guienne avec la fille du comte de Foix ; avis du roi 
sur ces différentes affaires; nécessité de maintenir le duc de 
Guienne dans les bonnes dispositions qu'il témoigne ; maladie 
des femmes de la duchesse de Bourgogne, et même, dit-on, de 
sa fille. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2909, fol. 4.) 

Monseigneur du Bouchage, Guiot du Ghesnay 2 m'a 

de Guillaume de Cerisay et de Christophe et Pierre, fils de ce 
dernier. (Bibl. nat.,Pièc. orig., vol. 55, dossier Amys 1159, n - 4.) 

1. Benais, dans le canton deBourgueil, arrondissement de Ghi- 
non (Indre-et-Loire). 

2. Guiot du Ghesnay, c noble homme, escuier, eschançon, con- 



LETTRES DE LOUIS XI. 357 

apporté unes lettres de monseigneur de Guienne et 
de monseigneur de Lescun et m'a dit trois poins : le 
premier, pour madame de Savoye, qui a envoyé 
devers lui 1 ; le second, de monseigneur d'Urfé 2 pour 

seillier et maistre d'ostel de Charles de France, duc de Guienne, 
frère de Louis XI, et contrerolleur pour ledit seigneur de la 
comptablie et recepte de Bourdeaulx, » d'après des quittances par 
lui données en ces qualités les 28 mars 1470, 7 octobre et 20 no- 
vembre 1471, et 24 mai 1472. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 737, 
dossier du Ghesnay 16848, n°» 2, 3, 4, 5 et 6.) Il eut môme besoin, 
comme serviteur du duc, de lettres de rémission du roi, qui les 
lui accorda à Montreuil-Bellay, au mois de mai 1472, c'est-à-dire 
aussitôt après la mort de son maître. (Arch. nat., JJ 197, n° 203, 
fol. 114 v°.) Il finit pourtant par être en aussi grande faveur auprès 
de Louis XI qu'il l'avait été auprès du duc de Guienne, car on le 
trouve qualifié, dans les quittances signées de lui depuis le 14 no- 
vembre 1475 jusqu'au 28 octobre 1483, c conseiller et maistre 
d'ostel du roy, garde du petit scel royal de Montpellier, » et on le 
voit toucher une pension sur c les deniers de l'émolument des 
décimes, clameurs et notairerie dudit petit scel. » (Bibl. nat., 
Pièc. orig., vol. 737, dossier du Ghesnay 16846, n°» 7, 8, 9 et 10.) 

1. Dans une a instruction à part, » en date du 10 août 1471, 
pour le seigneur du Bouchage, chargé d'une mission du roi auprès 
du duc de Guienne (Pièces justificatives, n° IX), on voit que le 
duc avait envoyé un « omme devers madame de Savoye, pour 
l'ennorter qu'elle ne se voulsist point cleclairer pour le roy, ne le 
secourir contre monseigneur de Bourgongne. • G'est probable- 
ment d'une réponse de la duchesse à ces propositions qu'il est 
question ici. 

2. Pierre II, seigneur d'Urfé, de la Bastie, de Saint-Géran-le- 
Puy, de Montagu et de Rochefort, fils de Pierre I er et d'Isabeau de 
Ghauvigny; il embrassa en 1465 le parti du ducdeBerry, frère de 
Louis XI, et reçut de lui un commandement en Normandie, quand 
cette province eut été cédée à ce prince par le roi (d'après une 
quittance du 24 octobre 1465. Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 2902, 
dossier d'Urfé 64550, n° 2). Il servit également le duc de Bretagne, 
qui, dans des lettres du 4 janvier 1480, le qualifie son chambellan 
et grand écuyer de Bretagne (Anselme, VIII, 496), et le duc de 
Bourbon, qui le nomma, le 8 décembre 1483, capitaine de son 

iv 17 



258 LETTRES DE LOUIS XI. 

avoir mon consentement 1 ; le tiers, que monseigneur 
de Lescun est venu pour marier monseigneur de 

château de Bourbon, et qui lui avait donné, au mois de mars 
précédent, le bois de Clérieu près Bussy; qui, enfin, le 29 jan- 
vier 1486, le nomma bailli de Forez et capitaine de Montbrison 
(loc. laud.). Il se trouva à Péronne, en 1468, pendant l'entrevue 
fameuse de Louis XI et du duc de Bourgogne, et dans Tannée de 
ce dernier, avec lequel il fit l'expédition de Liège. Aussi ne fut-il 
pas compris dans l'amnistie stipulée par ce traité (Connûmes, 
Mém., liv. II, ch. v, xi et xiv), et eut-il besoin de lettres spé- 
ciales de rémission, que Louis XI lui accorda à Angers, en 
août 1470. (Arch. nat., JJ 196, fol. 129 v°, n* 199. Éd. de Com- 
mines, par M l,e Dupont, III, 269.) Même après ce pardon, il 
ne cessa guère de se montrer hostile à Louis XI, et poussa, en 
1472, le duc de Bourgogne à faire la guerre au roi. (Commines, 
Mém., liv. III, ch. vm.) Il ne fut véritablement en faveur que 
sous Charles VIII, qui le nomma grand écuyer de France par 
lettres datées de Blois, le 4 novembre 1483 (Anselme, loc. laud.), 
puis sénéchal de Beaucaire et de Nîmes après la mort d'Antoine 
de Chàteauneuf, seigneur du Lau, capitaine du château de Nîmes, 
de celui de Galiargues. (Quittances des 30 mai et 20 août 1485, 
17 février 1486, 13 juillet 1487, 1» mai 1489. Bibl. nat., Pièc. orig., 
vol. 2902, dossier d'Urfé 64550, n" 6, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 20.) Il 
prit part à l'expédition de Naples, qu'il n'approuvait pas (Gom- 
mines, Mém., liv. VII, ch. ix), combattit à Fornoue et déblo- 
qua le duc d'Orléans, assiégé dans Novare par le duc de Milan. 
Il fit partie, en sa qualité de grand écuyer, du cortège qui suivit 
les obsèques de Charles VIII, comme il avait assisté à son entrée 
à Paris, et comme il assista à celle de son successeur; mais il 
renonça à ses fonctions au mois de septembre 1505 et mourut le 
10 octobre 1508, après avoir testé en décembre 1504. Il fut enterré 
en l'église des Cordelières de la Bastie, fondée par lui, ainsi que 
celle de Montbrison. Il avait épousé en premières noces Catherine 
de Polignac, fille du vicomte Guillaume, et veuve de Jean de la 
Tour de Montgascon; en secondes noces, le 4 octobre 1485, il 
épousa Antoinette de Beauvau, fille de Pierre II et de Margue- 
rite de Montberon, qui lui survécut longtemps. (Anselme, VIII, 
496, 499.) 

1. Sur quoi portait ce consentement du roi sollicité par Pierre 
d'Urfé ? C'est ce que j'ignore. 



LETTRES DE LOUIS XI. $59 

Guyenne à la fille de monseigneur de Foix 1 , et 
d'abondance que monseigneur de Guyenne a plaigé 
monseigneur de Foix du mariage de la duchesse 2 . 

Au premier, touchant Savoye, je vous envoyeray le 
double de la responce que je lui fera y. 

Au second, d'Urfé, je responderay que vous en ferez 
la responce, et telle que vous la ferez, je la tiens pour 
faite, car vous congnoissez mieulx de là où vous estes 
comme je doy parler, et qui m'est possible à gaigner, 
que je ne fai2 d'icy. 

Au regard du tiers, du mariage de Foix, vous savez 
le mal que ce me seroit, et, pour ce, mectez y tous 
voz V e3 de nature à l'en garder. Il m'a dit que mon 
frère ne l'a point voulu faire ; j'ay pensé que monsei- 
gneur de Lescun l'a fait obliger pour le mariage de la 
duchesse, afin que, en prenant la seur, que le duc 
quicteroit ceste somme, et qu'il le feist plus voulen- 
tiers, pour ce qu'il n'a de quoy la paier. J'aymeroye 
mieulx paier et cela et toutes les difficultés qui y seront, 
et que nous en viengnons à bout. En effect, je vous 
prie, faites le consentir à ung autre avant que vous 
en venez, et ne vous hastez point de vous en venir et 

1. Éléonore, cinquième fille de Gaston IV, comte de Foix, et 
d'Éléonore d'Aragon. Le mariage, dont il est question ici pour 
cette princesse, n'eut pas lieu, et elle mourut fille. (Art de vérifier 
les dates, II, 314.) 

2. Marguerite, troisième fille de Gaston IV, à laquelle le duc 
de Bretagne, veuf de sa première femme, se fiança par acte du 
9 avril 1471 (D. Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'his- 
toire de Bretagne, m, 223), et dont le contrat de mariage fut signé 
le 26 juin suivant. (Itnd.) 

3. Sic, pour : cinq sens. 



260 LETTRES DE LOUIS XI. 

besongnez bien ; et, se ce fait d'Arragon 1 se peut faire, 
vous me mectez en paradis. 

Item, j'ay pensé que monseigneur de Foix ne voul- 
droit point cellui d'Arragon, pour ce qu'il s'actend 
d'avoir le royaume d'Arragon de par sa femme, et si 
monseigneur de Guyenne en estoit adverty, je croy 
qu'il servirait bien à nostre cas. 

Item, il me semble que vous avez maintenant belle 
occasion d'emparler à mon frère tout plainement, car 
il me mande, par cest homme, que le duc n'a oncques 
tenu compte des présentations qu'il lui a faites, de 
par moy, par Gorguilleray 2 ; et, puisque mon frère 

1. C'est là, à ce que je crois, une allusion au projet de mariage 
du duc de Guienne avec Jeanne la Bertrandeja, mais je ne vois 
pas pourquoi Louis XI, à propos d'un mariage castillan, parle du 
« fait d'Arragon. • 

2. Guillaume de Gorguilleray, chevalier, seigneur dudit lieu et 
de Ghantenay, d'après le bail à cens perpétuel passé par lui, le 
12 décembre 1496, en cette qualité à « Jehan Riche et Jehanne, 
sa femme, demourans à Gharmont, » d' t ung jardin, place ou 
masure, • sis audit Gharmont, a nommé le Yielz Pressoir. » (Bibl. 
nat., Pièc. orig., vol. 856, dossier Gorguilleray 19198, n* 47.) Par 
lettres en date de Rouen, juin 1475, Louis XI lui avait donné 
cette seigneurie de Gharmont, et aussi celles de Gharmontet, Gon- 
tault et Bignicourt-sur-Saulx, au bailliage de Vitry en Perthois, 
qui lui étaient déjà assignées en garantie d'un don de 2,000 1. t. 
à lui fait par le roi à l'occasion de son mariage, et comme indem- 
nité des pertes par lui subies ou à subir, pour avoir « esté empes- 
ché de reddiffier et remectre sus sa place de Gorguilleray, séant 
près la curée de Gastinoys, afin que par ce moyen les bestes sau- 
vaiges ne s'esloignent ne estrangent dudit pays, où, dit le roi, 
nous alons souvent nous esbatre et chasser. » (Arch. nat., X lA 8607, 
fol. 33 V.) Il était, d'après les mômes lettres, conseiller et maître 
d'hôtel du roi, et il succéda au fameux Tristan Lhermite dans la 
charge de prévôt des maréchaux, pour laquelle il prêta serment 
le 2 janvier 1477. (Bibl. nat., Fr. 20430, fol. 52.) Il avait aussi le 
commandement de quinze archers de l'ordonnance du roi, et on 



LETTRES DE LOUIS XI. 261 

le me mande, vous avez beau lui dire que je l'en 
remercye, et que jamais je ne me tains tant tenu à lui 
de ce qu'il me mande la vérité, et que, maintenant, je 
congnois bien qu'il ne me veult pas faillir, puisqu'il 
n'espargne le duc, et que, puisqu'il le voit tel contre 
moy, et lui rementevoir le seellé que vous savez, qu'il 
en doit pas prendre sa seur 1 , ne faire plus d'aliance 

trouve des quittances de lui pour la pension qu'il touchait en cette 
double qualité jusqu'au 20 février 1502. (Bibl. nat., Pièc. orig., 
ibid.j n* 49.) Guillaume de Corguilleray est mentionné dans un 
interrogatoire que Tristan Lhermite fit subir à « maistre Jehan 
de Dampmartin, licencié en lois, prisonnier du roy détenu en ses 
prisons d'Orléans, » et qui paraît avoir quelque rapport avec les 
faits dont il est question dans la présente missive. L'accusé recon- 
naît avoir été en rapport avec Corguilleray pour la première fois 
c au dernier voyage que monseigneur de Guienne alla devers le 
roy, luy estant au pays de Picardie... i (c'est-à-dire au printemps 
de 1471), c et avoir parlé audit Corguilleray à Saint-Martin-des- 
Champs à Paris, où mondit seigneur de Guienne estoit logé, et 
luy dist que l'evesque d'Orléans se recommandoit à luy, et luy 
envoyoit mémoires contenans dix-huit articles environ, et les- 
quelz articles il avoit recouverts de maistre Baude Meurin, et par 
iceulx estoit accusé de crime de leze-majesté envers le roy, et 
chargeoit on de plusieurs autres cas, disant (l'accusé, Jean de 
Dammartin) que ledit evesque desiroit bien que mondit seigneur 
de Guienne fust adverty du contenu es diz articles, pour luy aider 
à avoir provision du roy pour sa justificacion et descharge, et avoir 
reparacion de ce qui luy estoit imposé par lesdiz articles; dist 
que lequel Corguilleray prist et recueillit lesdiz articles et les 
retint, et dist audit depposant que de ce il parleroit voulentiers à 
mondit seigneur de Guienne, et atant se départit d'avec ledit 
Corguilleray, et s'en alla à Clermont en Beauvoisis, où le roy 
estoit... » (Bibl. nat., Fr. 6978, fol. 279.) Dans d'autres pas- 
sages du même interrogatoire, on voit d'autres relations signalées 
entre Févêque d'Orléans et Corguilleray, qui, semble-t-il, aurait 
été alors au service du duc de Guienne, relations dans lesquelles 
l'accusé, Jean de Dammartin, aurait joué le rôle d'intermédiaire. 
1. Éléonore deFoix, belle-sœur du duc de Bretagne. (Voy. plus 
haut, p. 259, la note 1.) 



268 LETTRES DE L0UI8 XI. 

qu'il y a ; et, s'il peut prandre femme qui ne soit point 
suspecte, tant que je vive n'auray suspect[i]on sur luy, 
et aura puissance en tout le royaume de France autant 
ou plus que moy tant que je vivray . Brief, monseigneur 
du Bouchage, mon amy, se vous povez gaignez ce 
point, vous me mectez en paradis, et demourez par 
delà tant que monseigneur de Lescun s'en soit venu, 
et grant pièce après, et deussez vous faire le malade ; 
et, devant que vous partez, mectez nostre fait en seu- 
reté, se vous pouvez, je vous en prie. Et à Dieu, mon- 
seigneur du Bouchage, mon amy, auquel je prie, et à 
Nostre Dame de Behuart, qui vous doint bien beson- 
gner. Les femmes de madame de Bourgongne ont esté 
toutes malades du mal chault, et, dit-on que la fille 
est bien mallade et enflée 1 ; aucuns disent qu'elle est 
morte. Je ne suis pas seur de la mort, mais je suis 
bien certain de la maladie. Escript à Launoy*, le 

xviii 8 jour d'aoust. 

Loys. 

Tdlhàrt. 

A nostre amé et féal conseiller et chambellan le 
seigneur du Bouchage. 

1. Louis XI était mal renseigné : ce n'était pas « la fille » du 
duc de Bourgogne, mais sa mère, Isabelle de Portugal, qui 
était dans un état désespéré ; le duc se rendit près d'elle le 
13 septembre suivant, mais elle ne mourut pourtant que le 
12 décembre 1471, d'après son épitaphe. (Bibi. nat., Fr. 8238, 
fol. 139.) 

2. D'après l'itinéraire de Louis XI, je ne puis, entre les nom- 
breuses localités du nom de Launay que renferme le département 
de Maine-et-Loire, accepter, comme étant celle d'où le roi data 
cette lettre, que Launay-le-Grand, dans la commune d'Andard, 
canton et arrondissement d'Angers, ou, de préférence encore, le 
château de Launay, construit au rv e siècle dans la commune de 



LETTRES DE LOUIS XI. $63 



DXC. 

AU SEIGNEUR DU BOUCHAGE (d.). 

Saint-Michel-sur-Loire, 20 août 1471. 

Réception par le roi et envoi au seigneur du Bouchage d'une lettre 
d'Olivier le Roux, ainsi que des pièces trouvées au logis de 
« maistre Henry Millet; » nécessité, à raison de cette décou- 
verte et des réticences du duc de Guienne sur ses projets de 
mariage et sur la remise de son scellé au duc de Bretagne, de 
se renseigner exactement ; liberté donnée au seigneur du Bou- 
chage de faire au duc de Guienne toutes les promesses qui 
pourront sembler nécessaires; mots déchiffrés dans les frag- 
ments de lettres retrouvés au logis de « maistre Henry Millet. » 
— (Orig. Bibl. nat, Fr. 2909, fol. 6.) 

Monseigneur du Bouchaige, j'ay à ceste heure receu 
unes lettres de maistre Olivier Le Roux 1 , dont je vous 
envoyé le double; pareillement je vous envoyé les 1 
pièces qui ont esté trouvées escriptes de la main de 
maistre Henry Millet au logeis, ainsi qu'il s'en par- 
toit. Et m'a mandé par son homme ledit maistre 
Olivier Le Roux, qu'il congnoist seurement que c'est 
de sa main. Quand vous partistes, je me doub- 

Villeberaier, canton et arrondissement de Saumur. (Port, Dic- 
tionnaire historique, géographique et biographique de Maine -et" 
Loire. Paris, 1876-78, in-8°, II, 462.) L'un et Pautre se trouvent 
sur la route que suivait le roi, parti le 17 août d'Angers, et qui, 
le 18, passa à Saumur comme à Launay; le 19, il étyait encore 
dans ce dernier endroit, et, le 20, à Saint-Michel-sur-Loire, un 
peu plus loin en remontant le fleuve. Ces deux Launay se trouvent 
seuls parmi ceux dont il y ait lieu de tenir compte sur la rive 
droite de la Loire, que le roi ne parait pas avoir quittée depuis 
Angers jusqu'à Montils-lès-Tours, où il arriva le 22 août. 

1. Voy. cette lettre, en date de Saint-Sever, le 11 août 1471, 
aux Pièces justificatives, n* X. 



264 LETTRES DE LOUIS XI. 

toye que monseigneur de Guyenne feist ces mariages, 
et maintenant, veu que lesdictes lettres que maistre 
Olivier m'escript, et les pièces qui ont esté trouvées, 
et les parolles que maistre Henry Millet a dictes, dont 
je vous envoyé tout par escript 1 , puis le maistre 
d'ostel de Ghesnay, par qui mon frère m'a bien 
mandé qu'ilz tachoient du mariage de la fille de mon- 
seigneur de Foix 2 , et ne m'a point mandé de celuy 
de Bourgoigne qu'ilz lui en eussent parlé, ne aussi de 
bailler son seellé 8 , vous avez à me asseurer avecques 
lui de ce seellé que je doubte qu'il ait baillé, s'il vous 
est possible. Et se d'aventure il avoit baillé, et vous 
le pouriez réduire, j'en tiendray tout ce que vous en 
promecterez. 

Il y a es petites pièces en ung mot Normandie, en 
une autre connestable, en ung autre le roy, en ung 



1. Voy. la Pièce justificative n° XI. 

2. Cf. ci-dessus, p. 256, la lettre du 18 août 1471 au seigneur 
du Bouchage, n° DLXXXIX. 

3. Dans des instructions données le 16 juillet 1471 par le duc de 
Bretagne, tant en son nom qu'en celui du duc de Guienne, à Pon- 
cet de Rivière, envoyé vers le duc de Bourgogne, il est dit que le 
duc de Guienne « baillera son seellé pour soy... joindre et allier 
avec mondit seigneur de Bourgogne et ses alliez, pour le favoriser, 
aider et employer sa personne et sa puissance, tant contre le roy 
nommeement que autres quelconques, à luy faire rendre et res- 
tituer à mondit seigneur de Bourgongne lesdictes villes et places 
et faire entretenir par le roy et tous les autres lesdiz traictés de 
Peronne et de Conflans, et tout ce qui a esté promis et accordé 
par iceulx. » D. Plancher (Histoire de Bourgogne, IV. Preuves, 
p. gcgvii) donne à ces instructions la date du 6 juillet, d'après une 
copie de Legrand très sujette à caution. Je préfère adopter celle 
du 16 juillet, donnée par Dupuy (Hist. de la réunion de la Bretagne 
à la France, I, 286), d'après le carton E 100 des archives de la 
Loire-Inférieure. 



LETTRES DE LOUIS XI. 865 

autre voyage, en ung autre Xantonge, et en pluseurs 
autres Bourgongne. En effect, je voy la chose si sus- 
pecte que je ne vous sçay que mander ; car mon frère 
ne me advertist point si avant comme je trouve par 
ces mémoires, et me advertissez bien au cler de 
tout. Escript à Sainct Michel sur Loyre, le XX e jour 

d'aoust. 

L.0YS. 

TlLHART. 

A nostre amé et féal conseiller et chambellan le 
seigneur du Bouchage. 

DXGL 

A LAURENT DE MÉDICIS (v.). 

Saint-Michel-sur-Loire, 20 août 1471. 

Prière d'intervenir auprès du Saint-Père pour qu'il ne dégage pas 
le duc de Guienne du serment par lui prêté au roi. — (Orig. 
Arch. d'État de Florence. Archivio mediceo. Garteg. avant, prin- 
cip., filza 61, n* 41. Publ., mais incomplètement, par Desjar- 
dihs, Négociations de la France avec la Toscane, 1, 155.) 

Cher et amé cousin, nous avons sceu que nostre 
frère le duc de Guienne a envoyé à Romme 4 pour se 
faire dispenser du serment qu'il nous a fait, duquel 
nous vous envoyons le double 2 . Et, pour ce que avons 

1 . L'envoyé du duc était l'évéque de Montauban, comme on le 
voit dans la lettre de Louis XI aux Lyonnais, en date de Montils- 
lès-Tours, 3 mars 1472 (n* DGXIV), et dans un fragment d'enquête, 
non daté et fort incomplet, sur cet événement et sur les intrigues 
qui s'agitaient autour du duc de Guienne. (Bibl. nat., Fr. 20489, 
fol. 99. Pièces justificatives, n° XII.) 

2. Leduc de Guienne avait juré fidélité au roi, et avait pris l'en- 



866 LETTRES DE LOUIS XI. 

esté adverty que estez bien amy et serviteur de Nostre 
Saint Père, nous vous prions que vueillez tant faire 
envers Sa Sainteté, que nostre dit frère ne obtiengne 
aucune dispence de ladicte matière, et que les gens 
que, pour ceste cause, il a envoiez par delà ne puissent 
faire ne besongner aucune chose ; car, en ce faisant, 
vous nous ferez ung très singulier et agréable plaisir, 
lequel recongnoistrons avecques autres que nous avez 
faiz par cy devant, quant d'aucune chose nous requer- 
rez. François de Doms, nostre varlet tranchant, lequel 
avons nourry, est par delà qui avoit charge de parler 
à l'autre pape. Et, pour ce, vous prions que vous 
mandez à voz gens qu'ilz lui aident. Escript à Sainct 
Michel sur Loyre, le xx m * jour d'aoust. 

Loys. 

TlLHART. 

A nostre cher et amé cousin Laurens de Medicis. 

DXCH. 

AUX LYONNAIS (v.). 

Amboise, 1 er septembre 1471. 

Ordre de veiller à la garde de leur ville et de s'en rapporter à ce 
que Jean de la Loère leur dira à cet égard 4 . — (Orig. Arch. dç 
Lyon, AA 23, n* 14.) 

De par le roy. 
Très chers et bien amez, pour ce que vous avons 

gagement de ne pas épouser Marie, fille du duc de Bourgogne; il 
avait môme été fiancé à la fille de Henri IV, roi de Gastille, Jeanne, 
dite la Bertrandeja, dont on contestait la légitimité. 
1. La nature et l'objet de la mission confiée, à l'envoyé du roi nous 



LETTRES DE LOUIS XI. 267 

trouvez et que savons que avez esté et estes bons et 
loyaulx envers nous, vous avons tousjours coramunio- 
qué et fait savoir de noz plus grans besoingnes et 
affaires, et encores à présent voulons bien que soiez 
advertiz d'aucunes choses qu'on nous a rapportées, 
affin que tousjours vous tenez sur voz gardes, en 
manière que ne soyez surprins et que aucun inconvé- 
nient n'en a vienne à nous ne à vous; à quoy, à l'aide 
de Dieu, de vous et de noz autres bons et loyaulx 
subjectz, nous avons bien entencion de obvier et résis- 
ter. Et, pour vous advertir desdictes choses plus au 
long, nous envoyons par devers vous nostre amé et 
féal notaire et secrétaire raaistre Jehan Delaloere. Si 
le weillez croire et adjouster foy à tout ce qu'il vous 
dira de par nous touchant les choses dessusdictes, et 
nous estre tousjours bons et loyaulx, ainsi que avez 
esté et que en vous en avons nostre parfaicte et 

sont révélés par une délibération du Consulat, prise aussitôt après 
la réception de la présente missive : c (Les conseillers) ont receu 
certaines lettres closes du roy, nostre sire, données à Âmboise, 
le premier jour de ce moys de septembre, à eulx apportéez et pre- 
sentéez par maistre Jehan de la Loere, notaire et secrétaire dudit 
seigneur, et icelles veues, lesquelles, entre autres choses, portoent 
créance sus ledit de la Loere, et oye ladicte créance dudit de la 
Loere, laquelle contenoit en effect et substance comme le roy avoit 
esté advertiz que monseigneur de Guienne, les ducs de Bour- 
gongne, Bretaigne et certains autres seigneurs avoient fait aliance 
ensemble pour entreprendre sus et à rencontre du roy, son royaume 
et sa coronne de France, et avoent fait crier bans et riere-bans en 
leur pais, terres et seigneuries, à quoy ledit seigneur avoit bien 
délibéré de résister, moyennant l'aide de Dieu et de ses bons et 
loyaulx vassaulx et subgectz, et de cecy dire et fere savoir esdiz 
conseillers et autres, bourgoys, manans et habitans de ladicte 
ville, avoit chargé ledit seigneur ledit de la Loere, affin d'en estre 
advertiz et donner bonne provision à la garde de ladicte ville. »» 
(Arch. de Lyon, BB 15, fol. 186.) 



268 LETTRES DE LOUIS XI. 

entière confiance. Donné à Amboise, le premier jour 
de septembre. Loys. 

Demoulins. 
À noz très chiers et bien amez les bourgois, manans 
et habitans de nostre bonne ville et cité de Lyon. 

Bailléez et presentéez par ledit Delaloere le xiîj* de septembre, Fan 
mil ////« LUI. 

DXCIH. 

A L'ARCHEVÊQUE DE BOURGES (V.). 

Milieu de septembre 1471. 

Recommandation en faveur de l'évoque de Saint- Papoul pour sa 
nomination à l'évéché de Tulle. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 2811, 
fol. 112.) 

De par le roy. 
Nostre amé et féal, après que avons sceu que l'église 
de Tuelle estoit destituée de pasteur par le trespas du 
feu evesque d'icelle 4 , nous avons incontinant escript 

1. Louis d'Aubusson, mort en 1471. (Gallia christiana, II, 673.) 
Une lettre de l'évêque de Saint- Papoul, successeur de Louis d'Au- 
busson sur le siège de Tulle, et dont le roi, dans la présente mis- 
sive, recommande la nomination à l'archevêque de Bourges, per- 
met de serrer d'un peu plus près que la Gallia chrùtiana la date 
de cette mort, qui se place quelque temps auparavant, et, par 
suite, de déterminer approximativement celle de notre missive. 
Dans cette lettre, datée de Bourges, le dimanche 22 septembre 1471, 
l'évêque de Saint-Papoul fait savoir à Pierre Doriole que « venredi 
(c'est-à-dire le 20 septembre) lui fut aportée à Gencerres, où il 
estoit aie ung petit à l'esbat, » la lettre dudit Doriole annonçant que, 
sur la demande faite au roi de l'évéché de Tulle pour l'évêque de 
Saint-Papoul, * voulentiers (le roi) la lui avoit promise, en escri- 
vant à Nostre Saint Père, aux cardinaulx, à monseigneur de Rouen 
en particulier, et à son procureur. » (Bibl. nat., Fr. 2811, fol. 113. 
Pièces justificatives, n° XIII.) 






LETTRES DE LOUIS XI. 269 

à nostre Saint Père le pape * en faveur et recommen- 
dacion de nostre amé et féal conseiller l'evesque de 
Saint Papoul 2 , en le suppliant qu'il luy pleust le 
translater à ladicte église de Tuelle ; et sommes déli- 
bérez de tenir la main pour luy et non pour autre, et 
poursuivre la matière jusques au bout. Et à ceste 
cause avons envoyez audit lieu de Tuelle noz amez et 
feaulx maistre Jehan Yver 3 , nostre conseiller, et Ber- 
tran Briçonnet 4 , nostre secrétaire, avecques noz lettres 
patentes, pour faire deffense à ceulx du chappitre de 

1. La mention de la lettre adressée au pape par Louis XI, faite 
dans notre missive, prouve qu'il y a lieu de placer celle-ci un peu 
avant le 20 septembre, c'est-à-dire avant la date à laquelle révoque 
de Saint- Papoul apprit la démarche faite en sa faveur. (Cf. la note 
ci-dessus.) 

2. Denis de Bar, fils de Jean, seigneur de Baugy, et frère de 
Charlotte de Bar, mariée à Guillaume de Varye; son beau-frère, 
dit la Gallia christiana, le fit nommer, en 1468, évoque de Saint- 
Papoul, siège qu'il devait échanger en 1471 contre celui de Tulle. 
Il prit possession de ce dernier diocèse le 25 mars 1472, et mou- 
rut le 31 mai 1517, après être remonté depuis 1495 sur son pre- 
mier siège de Saint-Papoul. (Gallia christiana; II, 673, et XIII, 
307.) 

3. « Gonseillierdu roy en sa court de parlement à Bourdeaulx. • 
Il avait été chargé, dès « Tan mil IIHc LVIH, de besoigner en 
Poictou , » dont il était originaire, « sur les francs-fiefz et nou- 
veaulx acquests ; » puis cette mission lui avait été continuée par 
Louis: XI à son avènement, comme on le voit dans un mémoire 
présenté par lui en 1469. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 3058, dossier 
Yver 68238, n* 3.) 

4. Bertrand Briçonnet, second fils de Jean I er Briçonnet et frère 
cadet de Jean II, marié à Marguerite de Garmonne, et secrétaire 
de Charles VII (Guy Bretonneau, Histoire généalogique de la maison 
des Briconnets. Paris, 1620, in-4°, pp. 18, 19), puis de Louis XI, 
qui l'envoya en Angleterre en 1462 (Bibl. nat., Fr. 20685, fol. 579 v), 
et en Ecosse (Ibid., même fol.), en Espagne en 1470 (Ibid., fol. 503), 
sans compter d'autres missions à l'intérieur du royaume. 



270 LETTRES DE LOUIS XI. 

ladicte église de Tuelle qu'ilz ne procèdent à quelque 
ellection ou postulacion de leur futur evesque, derro- 
gant ou préjudiciable à la poursuite que faisons pour 
nostredit conseiller l'evesque de Saint Papoul 1 . Aussi 
en avons escript bien spécialement audit chappitre. 
Et, pour ce que vous estes métropolitain de ladicte 
église 2 , et que avons entendu qu'il y a aucuns dudit 
chappitre ou autres, qui, par ennortemens, tendent 
à faire faire ellection ou postulacion d'autre que de 
nostredit conseiller, laquelle chose seroit derroguer à 
la poursuite que faisons et à l'auctorité de nostredit 
Saint Père, auquel nous desirons que la matière soit 
remise, nous vous en avons bien voulu escripre, affin 
que en soyez adverty, et vous prions et requérons, 
tant chèrement que plus povons, que se lesdiz du 
chappitre de Tuelle faisoient ellection de quelque 
personne que ce soit, autre que de nostredit conseiller 
l'evesque de Sainct Papoul, vous ne procédez à la 
confirmation d'icelle ellection, ne à autre chose faire 
derrogant à nostre poursuite, mais le tout remectez 
à la disposition de nostredit Saint Père ; laquelle chose 
avons bien confiance que ferez, tant pour considera- 
cion de ce que vous en escrivons, que aussi pour ce 
que savons que tousjours avez esté et estes enclin à 

1. Voy. le rapport adressé par Jean Yver et Bertrand Briçonnet 
à Pierre Doriole sur l'accomplissement de leur mission, en date 
de Tulle, le 3 octobre [1471]. (Bibl. nat., Fr. 2811, fol. 115. Pièces 
justificatives, n° XIV.) 

2. Ce métropolitain était Jean Cœur, fils de Jacques Cœur, le 
célèbre argentier de Charles VII. Il avait à peine vingt-cinq ans 
lorsqu'Henri d'Avaugour renonça en sa faveur au siège archié- 
piscopal de Bourges. Il l'occupa jusqu'en 1483, date de sa mort. 
(Gallia christiana, II, 88.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 271 

faire révérence, honneur et obéissance à nostredit 
Saint Père. Donné 



A nostre amé et féal conseiller l'arcevesqùe de 
Bourges. 

DXCIV. 

AU SIRE DE PRÉGIGNY (d.). 

Montils-lès-Tours, 17 septembre 1471. 

Ordre de faire enregistrer à la Chambre des comptes les lettres 
de don accordées à Dunois des foi et hommage d'Auneau et de 
Courville, et des cent 1. t. de rente annuelle dues par l'abbé de 
Bonneval à la recette de Chartres, en échange des hommages 
de l'Aleu, l'Ormeau et du Plomb. — (Copies. Arch. nat., P 2533, 
fol. 14 v°, et 2548, fol. 219 v°. Bibl. nat., Fr. 21410, fol. 159 v«.) 

Monseigneur le président, combien que monsei- 
gneur du Mayne et monseigneur le connestable ne 
ayent encores besongné ensemble touchant la conté 
de Guyse 4 , je vueil que incontinent ces lettres veues, 
et en toute dilligence vous fassiez veriffier et expédier 

1. Dans des' lettres du 5 avril 1469, Louis XI rappelle qu'il 
avait donné au comte du Maine les seigneuries de Marans et de 
Tîle de Ré, l'Oumeau, l'Alleu et le Plomb en échange du comté 
de Guise et de la seigneurie de Nouvion en Thiérache, cédés par 
celui-ci au comte de Saint-Pol et à Marie de Savoie à l'occasion 
de leur mariage, puis il substitue auxdites seigneuries de Marans 
et de l'île de Ré celle de Talmont-sur-Jart, réserve faite de la 
jouissance de ladite seigneurie au profit du vicomte de Thouars, 
sa vie durant. (Bibl. nat., Fr. 20421, fol. 3.) Le 10 décembre 1470, 
par autres lettres datées d'Amboise, le roi attribue à son oncle, 
ledit comte du Maine, en compensation desdits comtés de Guise 
et seigneurie de Nouvion en Thiérache , dans lesquels le comte 
du Maine percevait le revenu des greniers à sel de Thiérache, 
Guise, Yervins, Aubenton et Marie', un revenu annuel de 1,200 1. 1. 
sur le quart du sel de Poitou. (Bibl. nat, Fr. 20494, fol. 67.) 



272 LETTRES DE LOUIS XI. 

en la Chambre des comptes les lettres du transport 
des foy et hommage d'Àuneau 4 et de Gorville*, et des 
G 1. 1. de rente, que l'abbé de Bonneval 3 debvoit chas- 
cun an à la recepte ordinaire de Chartres, lesquelles 
choses j'ay puis nagueres 4 transportées à mon frère le 
conte de Dunois, et en eschange des hommages des 
terres, chastellenies et seigneuries de l'Aleu 5 , FOurneau 6 
et le Plomb, qui souloient estre tenues de mondit 
frère de Dunoys, à cause de sa baronnie de Chasteau- 
laillon 7 . Donné aux Moâtilz lez Tours, le xvn e sep- 
tembre 8 . Loys, 

TlLHART. 

1. Auneau, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Chartres 
(Eure-et-Loir). 

2. Courville, autre chef-lieu de canton du même arrondissement. 

3. Bonneval, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Ghà- 
teaudun (Eure-et-Loir), où se trouvait au moyen âge une abbaye 
bénédictine. (Gallia christiana, VIII, 1234 et suiv.) 

4. Par lettres datées d'Amboise, décembre 1470. (Arch. nat., 
Xi a 8606, fol. 237 v.) 

5. Aujourd'hui Laleu, dans le canton et l'arrondissement de la 
Rochelle (Charente-Inférieure). 

6. Ce nom de lieu est écrit l'Ouineau dans les lettres du 5 avril 
1469, le seul document contemporain où je Taie rencontré. Mais 
la localité ainsi désignée est aujourd'hui l'Houmeau, dans le can- 
ton et l'arrondissement de la Rochelle (Charente-Inférieure). 

7. Chatel-Aillon, dans la commune d'Angoulins, canton et arron- 
dissement de la Rochelle (Charente-Inférieure). Par lettres un peu 
antérieures à notre missive, et probablement de peu postérieures à 
la prise de possession par Charles de France du duché de Guienne, 
Louis XI avait ratifié le don fait par celui-ci au connétable de Saint- 
Pol de quelques-unes des seigneuries dont il est question ici, le 
Plomb, l'Aleu, FOurneau, et, en outre, de celles de Marans, l'île de 
Hé, Charon, Queue-de- Vache, Tourras et Esnande, comprises dans 
l'apanage de son frère, mais il ne nous est resté que la minute 
non datée de ces lettres du roi: (Bibl. nat., Fr. 20494, fol. 67 v°.) 

8. Le registre P 2548 est le seul à ne pas donner à cette missive 



LETTRES DE LOUIS XI. $73 

À notre amé et féal conseiller et chambellan le 
sire de Precigny, président de noz comptes, à Paris. 

DXCV. 

AU SIRE DE MONTSOREAU. 

Montils-lès-Tours, 18 septembre 1471. 

Envoi de Guillaume Gompaing et Jean Peslieu pour régler le 
douaire de M me de Thouars. — (Orig. Arch. de Montsoreau, au 
château de Sourches, communiqué par M. le marquis des Gars. 
Publ. par M. l'abbé Ledru, Louis II et Colette de Chambes. 
Angers, 1882, in-8°, p. 31.) 

Monseigneur de Montsoreau 1 , puis naguieres, mon- 

une date d'année, omission conforme aux usages qui régissaient 
la rédaction de ce genre de documents. Les deux autres trans- 
criptions qui se trouvent dans P 2533 et dans le ms. fr. 20410 de la 
Bibl. nat. portent une date, celle de 1471, qui a dû être ajoutée 
par un copiste. 

1. Jean II de Jambes ou de Ghambes, chevalier, seigneur de 
Montsoreau et d'Argenton, né vers 1400 ou 1410, suivant M. Val- 
let de Viriville, Nouv. biogr. générale. D'abord « escuier d'escue- 
rie » de Charles VII, d'après des lettres de celui-ci en date du 
Bourg-de-Déols, du 11 mars 1426, lui faisant don de 200 1. t. 
(Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 655, dossier Ghambes 15391, n° 3), et 
une quittance signée de lui, le 16 janvier 1427 (ibid., n° 4) ; c pan- 
netier du roy, » d'après une quittance du 14 février 1438 (ibid., 
n* 7), puis son conseiller et chambellan, d'après une autre quit- 
tance du 8 janvier 1442, donnée par lui en qualité de commissaire 
royal aux États, tenus à Montferrant en novembre 1441 (ibid., 
n°8) ; enfin « premier maistre d'ostel du roy, » d'après d'autres quit- 
tances, des 12 janvier 1444, 4 août 1447 et 4 mai 1449 (ibid., n°* 13, 
14 et 15), également capitaine d'Aigues-Mortes (d'après des lettres 
du don à lui fait par Charles VII, à Blois, le 26 février 1428, de la 
somme de 300 1. t.) {ibid., n- 5), dont on le trouve plus tard sous 
Louis XI qualifié « chastellain et viguier, » comme aussi c cap- 
pitaine de la tour de la Charbonnière, près dudit Aiguës- Mortes, » 
dans une quittance du 25 juillet 1466 (ibid., n° 30) ; puis capitaine 

iv 18 



274 LBTTRB8 DB L0UI8 XI. 

seigneur de Guienne m'a escript touchant la matière 
du douaire que demande Madame de Thouars 1 . Et, 

de Talmont-sur-Gironde (quittance du 11 sept. 1451, ibid., a* 19), 
de Niort (quittance du 15 juillet 1456, ibid., n* 21), gouverneur 
de la Rochelle après André de Yillequier, d'après des lettres de 
Charles VII, en date de Mehun-sur-Yèvre, le 20 janvier 1455, lui 
accordant un délai pour prêter serment en cette qualité (ibid., 
n* 23). Il se distingua surtout par ses talents diplomatiques, que 
le roi utilisa, notamment pour terminer le différend existant entre 
lui et son fils le dauphin et le duc de Savoie, en 1452, puis, pour 
négocier la capitulation de Bordeaux pendant la campagne de 
1453 en Guienne. Jean de Ghambes fut encore chargé, avec Thi- 
baud, évéque de Maillezais, par lettres datées de Montils-iès- 
Tours, le 11 avril 1453, de négocier un traité d'alliance avec les 
envoyés de Frédéric, comte palatin du Rhin et duc de Bavière, 
traité qui fut conclu à Tours le 13 avril suivant (Pièc. orig., doss. 
cit., n* 22). En 1459, pendant le congrès convoqué à Mantoue 
par Pie II pour préparer la croisade, il fut chargé d'une mission 
à Venise, sur laquelle il nous a laissé une très intéressante 
relation {Bibl. de V École des chartes, 1™ sér., III, 183). Déjà avancé 
en âge quand Louis XI arriva au trône, il paraît avoir joué un 
rôle moins actif. Tout au plus le trouve-t-on < commis, » par 
lettres données à Amboise le 24 avril 1469, « à faire les monstres 
en Saintonge, Perigort, Àngoumois et haut Limousin » (Bibl. 
nat., Pièc. orig., vol. et doss. cit., n* 36). Il avait épousé, par 
contrat en date de Saumur, le 17 mars 1445, Jeanne, fille de 
Thibault Chabot, chevalier, seigneur de la Grève et de Montsoreau, 
et de dame Brunissant d'Argenton (Ledru, Louis XI et Colette de 
Chambes. Angers, 1882, in-8°, p. 2), et avait acquis de son beau- 
frère, Louis Chabot, en 1450, la seigneurie de Montsoreau, en 
Anjou (Ledru, op. laud., p. 2). De son mariage, il eut deux filles : 
Colette, dont il est question dans la présente lettre; Hélène, 
mariée à Philippe de Gommines, et un fils, Jean, qui figure dans 
le contrat de mariage de sa sœur avec Commines, le 27 janvier 1473 
(Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 655, dossier de Ghambes 15391, n°41. 
Publ. par M Ue Dupont, éd. de Gommines, III, 39). Jeanne Chabot 
était veuve le 1 er mars 1492, d'après un extrait des registres du 
parlement en date de ce jour (Bibl. nat., Pièc. orig., dossier 
cité, n° 48). 
1. Colette de Ghambes, fille de Jean II et de Jeanne Chabot, 



LETTRES DE LOUIS XI. $75 

pour ce que je désire bien y mectre conclusion si rai- 
sonnable qu'elle n'ait causé de se douloir, j'envoye 
présentement par devers vous maistres Guillaume 
Compaing 1 et Jehan Peslieu, noz conseilliez 2 , ausquelz 

née entre 1445 et 1450, mariée à Louis d'Amboise, vicomte de 
Thouars, par contrat du 5 mai 1465, négocié par Jeanne Chabot, 
autorisée à cet effet de son mari, le seigneur de Montsoreau, le 
12 avril 1465. (Ledru, op. laud., 9-11.) Devenue veuve le 28 février 
1470, Colette se trouva aux prises avec Louis XI, qui avait saisi 
la succession de son mari en vertu de la donation arrachée à ce 
dernier le 25 janvier 1462, donation déguisée sous les apparences 
d'une vente. La dame de Thouars, restée créancière de la succes- 
sion de son défunt mari de 8,000 écus, formant sa dot, et impuis- 
sante à obtenir du roi la restitution de ce qui lui était dû, cher- 
cha un appui auprès du duc de Guienne, dont elle devint la 
maîtresse. C'est sur les instances de celui-ci que Louis XI, pour 
donner aux réclamations de la dame de Thouars un semblant de 
satisfaction, lui promit l'enquête dont il est ici question. Elle n'en 
obtint pas autre chose et mourut peu de temps après, le 14 dé- 
cembre 1471, précédant de très peu dans la tombe son amant le 
duc de Guienne. (Ledru, ouvr. cit., passim.) 

1. Conseiller au parlement de Paris. (Cf. t. III, p. 85, la note 1.) 

2. Jean Peslieu ouPellieu, membre du Grand Conseil de Louis XI; 
puis de Charles VIII (Arch. nat., V» 1040, fol. 50 et 61. Valois, 
2e Conseil du roi et le Grand Conseil pendant la première année du 
règne de Charles VII (Bibliothèque de l'École des chartes, XLIV, 
1883, p. 145); conseiller au parlement de Paris, d'après des extraits 
faits par lui des registres des délibérations du chapitre de Tours, 
en date du 13 mars 1476 (Bibi. nat., Pièc. orig., vol. 2227, dos- 
sier Pellieu 30370, n" 2, 3 et 4), et des lettres royales du 9 jan- 
vier 1478 (Ord. des rois de France, XVIII, 326); c juge de Touraine, 
commis à exercer l'office de lieutenant gênerai du bailli de Tou- 
raine des ressors et exemptions d'Anjou et du Maine; » il con- 
firme en cette qualité, le 11 février 1479, les statuts et ordon- 
nances du métier de mégisserie, ganterie, etc., de la ville de Tours 
(Ordonn. des rois de France, XX, 319); il est également chargé de 
visiter les statuts et ordonnances du métier de tisserand à Tours, 
par lettres royales données à Tours, en mai 1481 (Ordonn. des 
rois de France, XVIII, 622). Il fut confirmé dans ses fonctions de 



276 LETTRES DE LOUIS XI. 

j'ay chargé veoir les droiz d'un costé et d'autre et 

appoincter la matière raisonnablement. Et ou cas qu'ilz 

ne la pourront appoincter, quant je seray adverty des 

droiz, je y feray tellement que aurez cause d'estre 

content. Donné aux Montilz lez Tours, le xvm 6 jour 

de septembre. 

Loys. 

Raguier. 

 nostre amé et féal conseillier et chambellan le 
sire de Montsoreau. 

DXCVI. 

AU SEIGNEUR DU BOIS ET A ALBERT MAGALOT (v.). 

Septembre 4471. 

Ordre de parler au duc de Milan de manière à maintenir la paix 
et à dissiper les craintes qu'il peut avoir d'engager son i honneur 
en ceste matière. • — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20489, fol 11.) 

Monseigneur Du Boys 1 et vous messire Albert 2 , 
j'ay esté adverti d'aucunes choses, par quoy vous 

conseiller lai au parlement par lettres de Louis XII, en 1498. 
(Ordonn. des rois de France, XXI, 22.) 

1. Jacques de Bueil, chevalier, seigneur du Bois et de Fontaines, 
fils naturel de Louis de Bueil. Il reçut de Louis XI, en décembre 
1462, des lettres de légitimation. (Arch. nat., JJ 198, fol. 447 v\) 
Écuyer, conseiller et chambellan du roi, puis capitaine des 
gentilshommes de l'hôtel, il fut chargé, en 1469, de la garde 
de Guillaume de Haraucourt, évéque de Verdun. (Bibl. nat., 
Fr. 20685, fol. 463.) Cf., sur l'ambassade où le roi l'envoie, dans 
la présente lettre, un passage des comptes de l'année 1471. (Bibl. 
nat., Fr. 6758, fol. 122 v 9 et 136. G. Favre, Introduction historique 
et littéraire à l'édition du Jouvencel de Pierre de Bueil (Paris, 1887, 
in-8 # ), i, gliv, ccxliv et n, 407.) 

2. Albert Magalot. 



LETTRES DE LOUIS XI. 277 

remonstrerez à mon frère le duc de Millau que Peffect 
de ceste matière si est que ma seur est toute à mon 
frère de Guienne, Philippe est au duc de Bourgongne, 
et, pour ce, je vouldroye bien qu'il y eust paix entre 
eulx deux, par quoy je demeurasse en seureté ou 
temps avenir, et lui aussi. Et pour ce qu'il craint son 
honneur en ceste matière, vous lui povez remonstrer 
que je n'entens pas que, pour mectre la chose en seu- 
reté, il face chose qui soit deshonneste, ne je la voul- 
droye faire aussi de ma part. Mes, si honnestement 
elle se peut mectre en seureté pour lui et pour moy, 
ce qu'il se peut très bien faire en tractant une bonne 
paix, et venir à la fin que je vous ay declayrée, il le 
doit desirez aussi bien que moy. Et doit on estre sage, 
[ou] temps qui court especialment, que on est sceur 
d'estre trompé avant la main, si ceulx à qui nous avons 
à faire en ont puissance ; 

DXCVII. 

AU GOUVERNEUR DE ROUSSILLON (V.). 

Septembre 1471. 

Erreur du duc de Milan qui prête au roi l'intention de le détacher 
de l'alliance d'Yolande de France, duchesse de Savoie; désir 
de Louis XI de voir la paix se conclure entre sa sœur et Philippe 
de Savoie; ordre de faire rentrer les troupes françaises de Savoie 
en Dauphiné, si la nouvelle de l'arrivée des Suisses est confirmée, 
et de se rendre compte de la valeur respective de l'alliance de 
Philippe ou de celle d'Yolande, cette dernière acquise au duc 
de Guyenne, tandis que le premier Test au duc de Bourgogne, 
et d'agir en conséquence. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20489, 
fol. 11.) 

Monseigneur le gouverneur 1 , j'ay esté adverti que 

1. Le gouverneur de Roussillon, Tanneguy du Ghâtel. A raison 



878 LETTRES DE LOUIS XI. 

mon frère le duc de Millan craint d'abandonner ma 
seur pour son honneur * . Je ne l'entens pas, sinon en 
faisant une bonne paix entre elle et Philippe 2 , si elle 
se peut trouver seure pour lui et pour raoy. Vous 
savez que les Souysses sont vaillans gens, et y estiez 
quand je les combati 3 . Se vous sentiez qu'ilz venissent, 
je vous prie que vous n'aiez point de honte de faire 



des événements dont il est fait mention dans la présente missive, 
Louis XI, est-il dit dans la Chronica latina Sabaudie (Monumenta 
historien patriae. Scriptores., I, 649), a mandat Tanguidum de 
Castro, militem optimum, gubernatorem Rossilionis pro pace 
fîrmanda inter ducem et ducissam memoratos, Philippum de 
Sabaudia et ejus fratres, assistentibus scuietis Bernensium et 
Friburgensium » 

1. Il y avait eu un traité d'alliance conclu le 13 juillet 1471 
entre Galéas-Marie, duc de Milan, d'une part, et Amédée IX, duc 
de Savoie, et Yolande, sa femme, de l'autre. (Guichenon, Histoire 
généalogique de la royale maison a\ Savoye (Lyon, 1660, in-fol.), 
II, 409.) C'est ce traité que le duc de Milan affectait de respecter. 

2. Philippe de Savoie avait enlevé son frère Amédée IX, et le 
retenait prisonnier pour couvrir sa révolte contre Yolande de 
l'autorité ducale. Voy. dans Guichenon (Op. laud., II, 411) un 
extrait du t. I des registres de la Chambre des comptes de Dau- 
phiné dits Generalia. (Cf. la. Chronica latina Sabaudiae, publiée 
dans les Patriae historiae monumenta. Scriptores, I, 649.) 

La Chronica latina Sabaudiae, loc. laud., s'exprime dans les 
termes suivants au sujet de l'intervention des Suisses dans ces 
affaires de Savoie : « Amedeus dux Sabaudiae, una cum consilia- 
riis et Philippo, ejus fratre, ad Thononium secessit; omnes 
nobiles, utriusque status viri per Sabaudiam ad arma moventi 
(vocati?), Pedemontane ducisse memorate faventes, duci et ejus 
fratribus auxilia denegant; quas ob res, dux memoratus cum 
fratribus Karoli ducis Burgundie et Bernensium atque Friburgen- 
sium auxilium implorant » 

3. Allusion à l'expédition du dauphin contre les Suisses en 1444, 
à laquelle avait pris part Tanneguy du Ghàtel. Voy. C. Favre, 

/ Introduction biographique à l'édition du Jouvencel (Paris, 1887-89, 
f in*8 - ), I, pp. xcvii et suiv. 



LETTRES DE LOUIS XI. 279 

retirez mes gens, qu'ilz s'en viennent en mon pays 
du Daulphiné, car il n'est pas temps de combatre 
et perdre; et en advertissez bien monseigneur de 
Gomminge et les autres cappitaines, car quant je 

perdroye ceste compagnie, à ceste heure ce me 

seroit grant mal 1 . [Et faictes tant que vous sachez, 
se vous povez, lequel m'est plus sceur ou le fait de 
Philippe, ou cely de ma seur, car vous savez que ce 
que Philippe gaignera sera pour le duc de Bour- 
gongne , et ce que ma seur gaignera sera pour mon 
frère. Pour ce, besongnez ainsi que vous verrez qu'il 
sera le plus sceur pour moy, et ainsy que trou- 
verez les manières dispousées,] car je croy bien que 
voz besongnes seront ranversées en beaucoup de 
fassons depuis vostre partement, mes il fault que 
nous [soyons] saiges selon le temps ; et brief, soit par 
paix ou par guerre, faictes ce qui sera pour le mieulx 
pour mon frère le duc de Millan et pour moy. Je croy 
bien que vous trouverez les choses fort ranversées 
depuis vostre partement, mes, selon que vous les 
trouverez, il fault que vous soiez sages, et faictes tant, 
se vous ne povyez pourveoir à ce que j'ay vous mandé, 
et que vous veissiez que le pays se voulsist declayrer 
d'un costé ou d'autre, essaiez d'asseurer mon frère 
du cousté que vous verrez que sera le plus sceur; et 
devant que l'un ou l'autre soit le maistre, car, quant 
ilz le seraient, vous ne le feriez pas si à vostre aise. 

1. Ce qui est entre crochets a été biffé sur la minute. 



I 



280 LETTRES DE LOUIS XI. 



DXCVffl. 



AU SEIGNEUR DU BOIS ET A ALBERT MAGALOT (v.). 

Montils-lès-Tours, 22 septembre 1471. 

Accusé de réception de leur lettre et a des articles enclos en 
icelle ; » reconnaissance du roi pour les offres de subsides et de 
troupes faites par le duc de Milan; possibilité pour le roi de 
s'en passer pour le moment et son intention de recourir au duc 
si une autre occasion se présentait. — (Orig. passé à la vente 
d'autographes du 1 er décembre 1864, n* 79.) 

Monseigneur Duboy et vous messire Albert, j'ay 
receu voz lectres, ensemble les articles enclos en 
icelles. Et, quant à l'offre que mon beau frère de 
Hillan me fait, c'est assavoir : de me bailler VIII e lances 
et n m V e enffans de pié 4 , ou, en cas que je n'ay que 
faire des diz gens, de me prester la somme de six 
vings mille ducaz renduz à ses despens à Ghasteau 
Daulphin 2 , je vous prie que vous en merciez mon dit 
frère de par moy le plus tost que vous pourrez, et que 
vous lui dictes que, la mercy Dieu, pour ceste heure, 
je n'en ay que faire, mes que je lui en sçay aussi bon 
gré que si je acceptois ses offres. Et, quant j'arois à 
fayre, que Dieu ne veille, je me adresseroie plus fort 
à lui que à nul autre, comme à cely que je sçay qui 
a mes affaires à cuer comme les siens propres. J'es- 
cry à mon dit frère lectres de remercimens du recueil 
et offres qu'il vous a faictes, et que je vous escry plus 

1. Probablement pour repousser les Suisses qui menaçaient 
d'envahir la Savoie. Cf. la lettre précédente. 

2. Gasteldelfîno, sur ,1e versant italien du mont Viso, dans la 
province de Gunéo (Piémont). 



LETTRES DE LOUIS XI. 284 

au long, et qu'il vous veille croyre. Vous lui pourrez 

dire les plus belles parolles que pourrez, et qu'il ne 

sera jamès que je n'en soye tenu et obligé à lui ; et 

ce fa y, vous en pourrez venir. Donné aux Monltiz lès 

Tours, le xxn* jour de septembre. 

Loys. 

Bourré. 

A noz amez et feaulz Jacques de Bueil, seigneur Du 
Boys, et maistre Albert Magalot. 

DXCIX. 

AU SEIGNEUR DE BRESSUIRE (d.). 

Vendôme, 11 octobre 1471. 

Ordre de repousser l'agression prévue du duc de Guienne, sauf 
nouvelles instructions en cas d'événement, et déplacement pos- 
sible du roi. — (Publ. dans V Éloge du roy Charles VIII, par Bran- 
tôme, éd. Lalanne, t. n, 339.) 

Monseigneur de Bressuire, je suis esté adverty 4 que les 
forces qu'a mon beau frère de Guyenne s'apprestent 
pour entrer en noz pays, que Dieu ne vueille 2 ! Mais, 

« 

1. Voy., aux Pièces justificatives, n° IX, l'avertissement reçu 
par le roi. 

2. a Audit an (1471), Monseigneur de Guyenne, qui s'en estoit 
retourné audit pays.de Guyenne après le retour d'Amiens, devint 
mal content du roy et manda venir à lui le conte d'Armignac, 
qui avoit esté fugitif hors du royaulme, et duquel le roy avoit mis 
sadicte conté en sa main; lequel conte vint par devers mondit 
seigneur de Guyenne, et puis mondit seigneur lui rendit la plus- 
part de sadicte conté contre le gré et voulenté du roy. En après 
lesdiz de Guyenne et Armignac, et aussi le conte de Fouez et 
aultres, assemblèrent en leur pays gens de guerre, feignans de 
vouloir faire guerre au roy; lequel, pour ce leur empescher, y 
envoya sur la marche dudit Guyenne cinq cens lances et certain 



282 LETTRES DE LOUIS XI. 

quand ainsi serait, je vous prie que en toute dilligence 
faictes la résistance possible, en attendant de noz nou- 
velles pour y donner la provision, si je ne vays à vous. 
Donné à Vandosme, ce onziesme jour d'octobre 1 . 

Loys. 

Demoulins. 



DC. 



AUX GONSEILLIERS DE LYON (V.). 

Montils-lès-Tours, 26 novembre 1471. 

Accusé de réception de leur lettre apportée par Guillaume Bul- 
lioud, auquel il a c fait faire responce. i — (Orig. Arch. de 
Lyon, A A 23, n« 16.) 

De par le roy. 
Très chiers et bien amez, nous avons receu les 
lettres que escriptes nous avez par maistre Guillaume 
Bullioud, docteur en loix, et oy bien au long tout ce 
qu'il nous a dit de -par vous 2 . Sur quoy lui avons fait 
faire responce, ainsi que par lui pourrez savoir. Donné 
aux Montilz, le xxvi e jour de novembre. 

LOYS. 

Bourré. 

nombre de francs archiers, avecques grant nombre de son artille- 
rie, qui depuis ce y fut et séjourna par longtemps... » (Chronique 
scandaleuse.) 

1. Une autre preuve du millésime de cette lettre résulte d'un 
mandement du roi à Jean Herbert, donné ce même jour, le H oc- 
tobre 1471, et à Vendôme, d'où il écrivit la présente missive. 
(Bibl. nat., Orig. Fr. 22293, fol. 155. Note de M"« D.) 

2. Voy. plus loin, entre autres choses qui durent faire l'objet de 
l'audience accordée par Louis XI à Guillaume Bullioud, l'affaire 
dont il est question dans la lettre du roi adressée le 28 avril 1472 
aux Lyonnais, n° DGXXI. 



LETTRES DE LOUIS XI. 283 

[A] noz très chiers et bien amez les conseilliers de 
la ville et cité de Lyon. 

Tradite xxix* decembris M ////« LXXI*. 

. DCI. 

AU SEIGNEUR DE CRAON ET A PIERRE DORIOLE (d.). 

Montils-lès-Tours, 2 décembre 1471. 

Absence de nouvelles de leur part depuis quinze jours ; assurance 
donnée par de La Driesche au nom du connétable que le roi ne 
« fineroit » pas du duc de Bourgogne; mais que celui-ci ne le 
tromperait pas ; étonnement du silence gardé par eux ; mauvais 
état de santé du duc de Guienne. — (Orig. Bibl. nat., coll. de 
D. Grenier, 89, fol. 339. Gop. Bibl. de Rouen, ms. 3398 (Coll. 
Leber, 5870, tome X), fol. 64. Publ. par Duclos, op. laud., 
IV, 386.) 

Mon cousin, et vous, monseigneur le gênerai, il y eut 
mardi quinze jours que mes derrenieres lettres arri- 
vèrent devers vous au plus tart 1 , et depuis je n'euz 
nulles nouvelles de vous, que j'ai tousjours pris à très 
bon signe, jusques à hier que maistre Jehan de La 
Drisque arriva, qui me dist que monseigneur le con- 
nestable me advertissoit pour certain que je ne fineroye 
point de monseigneur de Bourgongne, mais que il ne me 
tromperait point, et qu'il disoit tout franchement s'il 
le vouloit faire ou non, et qu'il estoit délibéré de le me 
tenir, s'il le m'eust promis ; et de ces choses qu'il en 
est bien adverty par homme seur, et qu'il ne luy en 

1. Le mardi qui précéda la lettre du roi étant tombé le 26 no- 
vembre en 1471, c'est le 12 novembre précédent au plus tard que 
le seigneur de Graon et Pierre Doriole avaient dû recevoir la lettre 
du roi. 



284 LETTRES DE LOUIS XI. 

eust point menty, et qui est homme qu'il le scet bien. 
Et à ce que je puis congnoistre, par les parolles de 
maistre Jehan de La D risque, c'est le chancellier 4 et 
maistre Jehan Gros 2 qui l'en ont adverty. 

Mon cousin, et vous, monseigneur le gênerai, je m'es- 
bay 9 quant vous avez veu que la cho&e aloit mal, que 
vous ne m'en avez adverty, afin que je remédiasse par 
deçà au mieulx que j'eusse peu ; car quant les choses 
vont bien, je n'ay que faire d'estre adverty, mais quant 
elles vont mal, j'ay besoing d'en estre adverty pour y 
remédier. 

Des nouvelles de monseigneur de Guienne, il est 
tousjours empiré depuis mes autres lettres 8 ; et l'ont 

1. Guillaume Hugonet, chancelier de Bourgogne, mis à mort 
par les Gantois révoltés, en mars 4477. 

2. Jean Gros, secrétaire audiencier du duc de Bourgogne, son 
élu, puis élu du roi aux états de Bourgogne, greffier du parlement 
pour la Franche-Comté, mort en 1483. (Voy. Beaune et d'Arbau- 
mont, Mém. d'Olivier de la Marche, IV. Paris, 1888, in-8*, p. 269.) 

3. Le seigneur de Grussol, dans une lettre datée de La Roche- 
foucauld le 9 janvier 1472, c'est-à-dire plus d'un mois après notre 
missive, donne au roi les détails suivants sur l'état de santé 
du duc de Guienne, qui n'avait pu, depuis lors, que s'aggraver : 
« ... Monseigneur de Guienne est très fort malade, quelque chose 
que l'on dye, et s'est fait porter jusques à Bordeaulz et (sic pour en) 
une lyctiere, et de là dit l'on qui s'en vient à Pons; mez, par ma 
foy, je ne le croypas, veu ce que l'on m'a dit; et je veulx mourir, 
si vous estiez bien asseurs du cousté de delà, que avecques quatre 
cens hommes d'armes, on l'yroit trouver au giste. 

« Sire, incontinent que se porteur sera revenu, je m'en iray 
devers vous ; vous me manderez et commanderez voz bons plai- 
sirs, pour iceulx acomplir à mon povoir, priant le benoist filz de 
Dieu, sire, qu'il vous doint bonne vie et longue. Escript à la Roche- 
foucault, le ix e jour de janvier. 

• Sire, j'ay envoyé [à] monseigneur de Selles une seureté pour 
troys ou quatre hommes d'armes de monseigneur de Guyenne, 



LETTRES DE LOUIS XI. 285 

porté en litière à une ville qui s'appelle Jaune 1 , qui 

est sur le bort des pays de monseigneur dé Foix, entre 

Saint-Sever et le dit pays. Escript aux Montilz, le second 

jour de décembre. 

Loys. 

TlLHÀRT. 

À nostre cher et amé cousin, conseiller et premier 
chambellan le sire de Graon, et à nostre amé et féal 
conseiller et gênerai de noz finances maistre Pierre 
Doriole. 

DCII. 

AU SEIGNEUR DE GRAON ET A PIERRE DORIOLE (D.). 

Montbazon, 44 décembre 4474. 

Réception de leur lettre; satisfaction qu'il a éprouvée du bon 
accueil que leur a fait le duc de Bourgogne; exhortation à pres- 
ser l'accomplissement de leur mission, et à lui donner de leurs 
nouvelles. — (Orig. Arch. de M. le duc de la Trémoille. Publ. 
par lui dans le volume intitulé : Archives d'un serviteur de 
Louis IL Documents et lettres publiés £ après les originaux. Nantes, 
4888, in-4°, p. 42.) 

Monseigneur de Graon, et vous, monseigneur le gêne- 
rai, j'ay receu voz lettres ; et par icelles veu comme mon- 
seigneur de Bourgongne vous a fait bon recueil 2 , dont 

lesqueux s'en viennent en vostre service, et tout ce qui s'en poura 

fortrayre, s'en fortraira. 

< Sire, si vous plaist, vous nous renvoirez les lettres. 

c Vostre très humble et très obéissant subget et serviteur, 

« Grussol. » 
(Bibl. nat., Fr. 20428, fol. 54.) 

4. Aujourd'hui Geaune, chef-lieu de canton de l'arrondissement 
de Saint-Sever (Landes). 

2. Le 47 novembre 4474, à Blois, Louis XI avait donné ses ins- 
tructions au seigneur de Graon et à Pierre Doriole, chargés de 



286 LETTRES DE LOUIS XI. 

je suis bien joyeuhc, et m'en tiens bien tenu à luy. Je 
vous prie que, le plus diligemment que vous pourrez, 
vous mectez peyne de parachever ce que vous avez en 
charge de faire, et de conduire tout, et m'en faictes 
savoir des nouvelles le plus toust que vous pourrez. 
Donné à Montbazon 1 , le XI e jour de décembre. 

Loys. 

TlLHART. 

À nostre cher et amé cousin, conseiller et premier 
chambellan le sire de Graon, et à nostre amé et féal 
conseiller et gênerai de noz finances, maistre Pierre 
Doriole. 

Heçeue à Saint-Omer, le xvn e de décembre M GGGG LXXI. 

DCIII. 

AU SEIGNEUR DE CRAON ET A PIERRE DORIOLE (D.). 

Montbazon, 11 décembre 1471. 

Réception de leur lettre à Montbazon, où il s'est arrêté, craignant 
d'aller à Amboise ; sa confiance dans la parole du duc de Bour- 
gogne, s'il se décide à promettre ce que le roi lui demande; 
démenti du bruit répandu par le protonotaire que le roi « trai- 
tent partout ; » arrivée d'un béraut envoyé par le roi d'Angle- 
terre pour demander des sauf-conduits destinés aux ambassa- 
deurs anglais chargés de négocier une trêve. — (Gopie. Bibl. de 
Rouen, ms. 3398 (Leber 5870, tome X), fol. 69 v. Publ. par 
Duclos, op. laud., IV, 388.) 

Mon cousin, et vous, monseigneur le gênerai, à ce 

négocier la paix avec le duc de Bourgogne. (Bibl. nat., Fr. 5040, 
fol. 144, et D. Plancher, Histoire de Bourgogne, IV. Preuves, 
p. ecc vm, n° ccxxxix.) 

1 . Montbazon, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Tours 
(Indre-et-Loire). 



LETTRES DE LOUIS XI. 287 

soir j'ay receu voz lettres * en ceste hostel de Mootba- 
zon, là où je suis veau pour ce que je n'ai encore osé 
aller à Àmboise 2 . Quand je vous escripvis les doubtes 
que l'on me mandoit, ce n'estoit pas en intention que 
vous délaissiez à conclure, mais seulement pour vous 
avertir des menaces qu'on fait par deçà. Et pour vous 
oster de tout doubte, je vous respons que, si monsei- 
gneur de Bourgongne me veut faire les promesses, 
tant par escript qu'autrement, que nous conclûmes à 
Orléans 3 , je veux que vous l'acceptiez et que vous 
concluez, et suis délibéré de m'y fier. Au regard du 
doubte que me mettez de ce qu'il veut faire les pro- 



4. Cf. la lettre précédente. 

2. La peste devait sévir cette année à Amboise; la Chronique 
scandaleuse en signale l'apparition d'une manière générale : c En 
ladite année fut mortalité commune et universelle par la pluspart 
du royaume de maladie de flux de ventre et aultres maladies, à 
cause de quoi plusieurs gens de façon moururent en ladicte ville 
de Paris et ailleurs. » La Touraine ne fut pas épargnée, comme 
on peut le voir dans le mémoire de M. Giraudet, intitulé : 
Recherches sur les anciennes pestes de Tours. Annales de la Société 
d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire, XXXIV 
(1854), p. 53. 

3. Au mois de novembre ou à la fin d'octobre, et à Orléans, où 
je constate la présence du roi les 27 et 30 octobre, 3, 4, 5 et 6 no- 
vembre 1471, il avait « conclu et accordé avec Ferry de Glugny 
ung traicté » auquel il est fait allusion dans des instructions don- 
nées par lui à Blois, le 17 novembre 1471, à Pierre Doriole et au 
seigneur de Graon, chargés de poursuivre auprès du duc de Bour- 
gogne les négociations entamées par Ferry de Glugny à Orléans 
auprès du roi. (D. Plancher, Histoire de Bourgogne, IV. Preuves, 
p. cgcviu.) Par ce traité, Louis XI s'engageait à restituer Saint- 
Quentin et Amiens, moyennant la renonciation de Gharles le 
Téméraire à l'alliance des ducs de Bretagne et de Guienne et la 
promesse de marier sa fille Marie avec le dauphin Gharles. Ge 
traité ne fut même pas ratifié. 



288 LETTRES DE LOUIS XI. 

messes principales par lettres à part, sans le mettre en 
celles de la paix, vous sçavez que je l'ai accordé au 
prothonotaire 1 , et puisque une fois j'ay accordé une 
chose, je n'iroys point au contraire. Mon cousin, et 
vous monseigneur le gênerai, faictes seulement que 
monseigneur de Bourgongne nous asseure bien des 
lettres qu'il doit bailler ; car, si j'ay une fois ses lettres, 
ainsi que nous appoinctasmes, et qu il soit lié, je ne 
fais point de doubte qu'il ne le tienne ; et si c'estoit 
pour ma vie, je suis délibéré de m'y fier ; et ne renvoyez 
plus devers moi pour tels doubtes, car je vous asseure 
que le plus grant désir que j'aye en ce monde, c'est 
que la chose soit conclute, puisque il dit de sa bouche 
qu'il a si bon vouloir à moy. Vous m'avez escript que 
le prothonotaire vous a dit que je traitois partout ; par 
ma foi, je n'ai ambassadeurs que vous, et par les 
paroles que monseigneur de Bourgongne vous a dictes 
vous lui pourez bien soudre sa question, car il ne vous 
a dit offre qu'il vous ait dicte avant [la main], quant 
les choses seroient appoinctées ; et me semble qu'ilz 
ne sont pas sans traiteurs, puisqu'ilz ont l'abbé de 

1. Ferry de Clugny, issu d'une famille noble de Bourgogne, 
docteur en droit civil et en droit canon, maître des requêtes de 
l'hôtel du duc de Bourgogne, chanoine des églises d'Âuxerre, 
de Tournay et d'Autun, puis officiai dans cette dernière église, 
mais candidat malheureux à la dignité de doyen de l'église 
d'Amiens en 1468. Il fut nommé par Sixte IV, et du consente- 
ment de Louis XI, évêque de Tournay, et mis en possession de ce 
siège le 22 mars 1474. En 1480, il baptisa à Sainte-Gudule de 
Bruxelles Marguerite, fille de Maximilien d'Autriche et de Marie 
de Bourgogne. Peu de temps après, pour se soustraire aux inquié- 
tudes de la guerre, il se retira à Rome, où il fut nommé cardinal 
le 15 mai 1480; il y mourut le 7 octobre 1483. (Gallia christiana, 
III, 235.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 289 

Begars 1 et maistre Ythier Marchant 2 . Il est venu ici ung 
héraut du roy d'Angleterre, qui a passé par mon sei- 
gneur de Bourgongne, qui m'a demandé sauf-conduit 
pour envoyer devers moi pour ceste tresve ; car depuis 
que vous feustes partis tout le conseil fut d'opinion que 
je ne l'accordasse que pour quarante jours, sinon que 
les marchands pussent aller d'un costé et d'autre, et, 
s'il plaità Dieu et Nostre Dame que vous ayez conclu, 
je vous asseure que tant que je vive, je n'auray ambas- 
sade qu'incontinent je ne le fasse sçavoir à monsei- 
gneur de Bourgongne, ne grande, ne petite, et ferai 
responce que ce ne soit par lui, et vous asseure que, 
jusques à ce que j'aye nouvelles de vous, si monseigneur 
de Bourgongne voudra conclure ce traictié ou non, 
ainsi que nous appoinctasmes ensemble, que je n'ap- 
poincterai avec créature du monde, et de cela le povez 
asseurer. Escript à Montbazon, le xi* décembre. 

Loys. 

1. Vincent de Kerleau, élu abbé de Bégars au diocèse de Tré- 
guier en 1443 (Gallia christiana, XIV, 1140), vicaire général de Dol 
en 1462, envoyé en mission à Rome par le duc de Bretagne en 
1445, et en Angleterre en 1448 (op. laud., XIV, 1141), préconisé 
évoque de Saint-Pol-de-Léon par Sixte IV, le 12 mai 1472, mort 
en 1476. (Gallia christiana, XIV, 981.) 

2. lthier Marchant, comme on le voit par le procès du conné- 
table de Saint-Pol, avait été môle aux négociations de mariage 
entre le duc de Guienne et Marie de Bourgogne, et avait reçu du 
connétable le conseil de ne pas rester au service du roi. Il avait 
accepté la mission de c besoigner audit mariage, » et avait reçu 
pour ce faire « des blancs signez et seellez » des deux princes 
intéressés. Procès du connétable. Interrogatoires des 12 et 15 dé- 
cembre 1475. (Bibl. nat., Fr. 3869, fol. 31-36.) 



tv 19 



290 LETTRES DE LOUIS XI. 



DCIV. 

A AUBERT LE GROING (p.). 

Montbazon, 11 décembre 1471. 

Lettre de créance pour le seigneur de Craon envoyé vers lni. — 
(Orig. provenant de la collection de M. de Metz, vendue le 
20 mars 1875, n* 66.) 

Aubert le Groing 1 , j'ay chargé à monseigneur de Craon 
se tirer par delà, et vous dire aucunes choses, dont je 
luy ay baillé charge. Je vous prie que le croiez et 
faictes entièrement tout ce qu'il vous dira de par moy, 
comme pour ma propre personne. Donné... 2 . 



Loys. 

TlLHART. 



À Aubert Le Groing. 



1. Chevalier, seigneur de Villebousche, d'Herculat, de la Prove- 
rière et de Vendegre, fils de Guillaume II et de Louise de Blan- 
chefort, écuyer d'écurie du roi, son conseiller et chambellan, et 
lieutenant général de la compagnie du comte de Penthièvre, 
d'après différentes quittances par lui données les 6 mars 1470, 
12 mai 1472, 12 mars 1476, 15 avril 1478, 24 février 1479 et 
27 mars 1481, à Jean Raguier, receveur général de Normandie, 
puis à Guillaume de Nève et à Michel Le Teinturier, ces deux der- 
niers successivement trésoriers et receveurs généraux des finances 
« es pays de Languedoc, Lyonnois, Forestz et fieaujolois, » pour 
sa pension. (Bibl. nat., Plèc. orig., vol. 1414, dossier Le Groing 
31953, n°» 8, 9, 11, 15 et 16.) Il épousa Jeanne de la Forest, dont il 
eut cfuatre fils et deux filles. (Anselme, VIII, 145.) 

2. Voy. la lettre suivante qui permet de déterminer la date de 
celle-ci. 



LETTRES DE LOUIS XI. 3191 



DCV. 



AU SIRE DE GRAON ET A PIERRE DORIOLE (v.). 

Montbazon, 12 décembre 1471. 

Accusé de réception de leur lettre; envoi d'une lettre du roi par 
Aubert le chevaucheur; prière d'activer leurs négociations et de 
le tenir au courant. — (Orig. vendu le 24 mars 1879 par M. Et. 
Gharavay.) 

Monseigneur de Craon, et vous monseigneur le gêne- 
rai» j'ay receu voz lettres. Je vous escripvy hier par 
Aubert le chevaucheur 1 . Je vous prie de rechef que le 
plus diligemment que vous pourrez vous parachevez 
et concluez à coup, et me faites savoir de voz nou- 
velles. Escript à Montbason, le xn e jour de décembre. 

Loys. 

TlLHART. 

À nostre chier et amé cousin conseiller et premier 
chambellan le seigneur de Graon, et à nostre amé et féal 
conseiller et gênerai de noz finances maistre Pierre 
Doriole. 

Au dos on lit cette cote : Lettres du roy apportées par le sire de 
La Mote, chevaucheur de Vescuierie du roy, receues à Saint- Orner, 
h xvtf'jour de décembre mil CGCCLXXI. 

DCVI. 

AU SIRE DE GRAON ET A PIERRE DORIOLE (v.). 

Montbazon, 12 décembre 1471. 

Réception de leur lettre parle seigneur de la Motte; ordre de con- 
clure la paix, sans lui en référer davantage ; impatience du roi 

1. Aubert le Groing. Voy. la lettre précédente. 



292 LETTRES DE LOUIS XI. 

d'en arriver à ce résultat. (Copies. Bibl; nat., Fontanieu 134. 
Ms. de M. le comte Riant, en tôte d'un exemplaire de Y Histoire 
de saint Louis, par messire Jean de Joinville, éd. de Gl. Ménard, 
acquis en 1881 à la vente des livres de M. Ghasles.) 

Mon cousin et vous monseigneur le gênerai, j'ay à 
ce matin receu voz lettres par monseigneur de la Mothe, 
à quoy je vous respons que je vous prie que vous 
concluiez et accordiez tout, et ne renvoyez plus devers 
moy pour ceste cause. Par monseigneur saint Loys, 
c'est le plus grant désir que j'ay e en ce monde que ceste 
paix soit faicte. Je vous prie que les premières nouvelles 
que vous m'escrierez soyent que tout soit en seurté 
tant d'un cousté que d'autre, et qu'il n'y ait plus rien 
à faire. Escript à Montbazon, le xn* décembre. 

Loys. 

Tilhart. 

DCVII. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Montbazon, 12 décembre 1471. 

Envoi de 4,000 1. t. sur les 4,000 écus que le roi a promis de lui 
donner avant la fête des Rois ; prière de lui en accuser récep- 
tion et d'en énoncer le paiement sur la cédule. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 2913, fol. 68.) 

Monseigneur le grant maistre, vous savez que je 
vous ay promis la somme de mi m escuz dedens la feste 
des Roy s. Et, afin que vous congnoissez que je ne vous 
ay pas oblyé, et que je suis bon paieur, je n'ay pas 
voulu actendre le terme, et vous envoyé présentement 
la somme de quatre mille frans, et ainsi ne vous devray 
plus que quinze cens frans, lesquelz je vous envoieray 



LETTRES DE LOUIS XI. 293 

le plus tost que je pourra y. Escripvez-moy de la récep- 
tion de la dicte somme, et m'escripvez aussi de voz 
nouvelles, et faites escripre sur la cedule que avez de 
moy des diz rai m escuz, comme vous avez receu la 
dicte somme de im m 1. t., et adieu. Donné à Montba- 

son, le XII e jour de décembre. 

Loys. 

Bourré. 

À nostre cher et féal cousin le conte de Dampmar- 
tin, grant maistre d'ostel de France. 

DCVIII. 

A BOURRÉ (D.). 

Montbazon, 13 décembre 1471. 

Ordre de mander au trésorier de Dauphiné de porter ou envoyer 
aux religieux de Montmajour tout ce qui leur est encore dû de 
la pension à eux assignée sur Pabbaye de Saint-Antoine, mal- 
gré les difficultés opposées par Benoît deMontferrand. — (Orig. 
Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 48, et Copie, Bibl. nat., Fr. 20427, 
fol. 68.) 

Monseigneur du Plessis, pour ce que j'ay ordonné 
que nul autre, fors les religieux de Montmajour, 
reçoy ve ung denier du reste de l'assignacion que j'ay 
faicte sur le trésorier du Daulphiné, pour acquicter la 
pension à eulx deue sur l'abbaye de Monseigneur saint 
Antoine, veuil que mandez au dit trésorier, que incon- 
tinent porte ou envoie par homme seur ausdiz reli- 
gieux tout ledit reste en desduction de ce qui leur 
peult estre deu de tout le temps passé jusques à pré- 
sent; et ne différez aucunement pour les altercacions 
et empeschemens rais à la requeste de frère Benoist 



294 LETTRES DE LOUIS XI» 

de Monferrandt ; car quelque debbat ou question qu'il 
ait mis ou veuille mectre avant, ne veuil pourtant 
que ledit reste demeure plus en arrest ; mais, si bon 
luy semble, ait son action sur la dicte abbaye de Sainct 
Antoine, et non pas sur mon offrande. Car telle est 
ma délibération ; et veuil que incontinent faciez acom- 
plir ma dévotion, en manière que je n'en entende plus 
parler. Donné à Montbason, le xin mo jour de décembre. 

Loys. 
Tilhart. 
A nostre amé et féal conseillier et maistre de noz 
comptes maistre Jehan Bourré 1 . 

DCIX. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Montiis-lès-Tours, 22 décembre 1471. 

Restitution faite par le duc de Guienne au comte d'Armagnac des 
terres qui lui avaient été enlevées, à l'exception de Lectoure ; 
avantage qu'il y aurait à se servir du fils du seigneur de Fimar- 
con pour en assurer la possession au roi ; arrivée du seigneur 
de Maillé qui a laissé le duc de Guienne malade à Saint-Sever; 
entente du seigneur de Lescun et du gouverneur de la Rochelle 
contre M me de Thouars et le seigneur de Gramont ; efforts du 
seigneur de Lescun pour amener le duc de Bretagne à Saintes ; 
activité mise par le roi à se procurer l'argent encore dû au grand 
maître. — (Orig. Bibl. nat, Fr. 2898, fol. 132. Copie du temps. 
Clairambault, Mélanges, 481, fol. 279.) 

Monseigneur le grant maistre, monseigneur de 
Guienne a rendu les terres à monseigneur d'Armai- 
gnac 2 , et ne lui a pas encores rendu Lethore; mais il 

1. Voy. la lettre du 3 mai précédent, n- DLXVIII, p. 224. 

2. c Audit an (1471), » à ce que raconte la Chronique scanda- 



LETTRES DE LOUIS XI. 295 

les (sic) lui doit rendre bien tost. Pour ce, il me semble 
qu'il serait temps d'exploicter le filz de monseigneur de 
Fimarcon i . Et se je povoye prandre Lethore, elle seroit 
mienne de bon gaing, et ne l'auraient jamais l'un ne 
l'autre, et seroit pour tenir tout en subgection. 
Monseigneur de Maillé 2 est aujourd'uy arrivé, qui a 

leuse, « monseigneur de Guyenne qui s'en estoit retourné audit 
pays de Guyenne après le retour d'Amiens, devint mal content du 
roy, et manda venir à lui le conte d'Armignac, qui avoit esté fugi- 
tif hors du royaulme, et duquel le roy avoit mis sadicte conté en 
sa main ; lequel conte vint par devers mondit seigneur de Guyenne, 
et puis mondit seigneur de Guyenne lui rendit la plupart de sadicte 
conté contre le gré et voulenté du roy... » 

1. Ce fils du seigneur de Fimarcon était Jacques de Lomagne, 
seigneur de Montagnac du vivant de son père. Par lettres datées 
de la Guierche, le 27 juillet 1472, Louis XI lui confia la garde de 
Lectoure. Il joua, dans les événements qui mirent d'abord Lectoure 
aux mains du comte d'Armagnac, et qui eurent pour dénouement 
la mort de celui-ci, un rôle fort important, mais assez équivoque, 
que M. de Mandrot a éclairci autant qu'il était possible. (Voy. son 
mémoire intitulé Louis XI, Jean V d'Armagnac et le drame de Lec- 
toure. Extrait de la Revue historique. Paris, 1888, in-8°, pp. 32 
et suiv.) 

2. Hardouin IX, baron de Maillé, seigneur de Rochecorbon, de 
la Haye, de Montils-lès-Tours, qu'il vendit à Louis XI, et de Bau- 
çay. Il était fils d'Hardouin VIII et de Perrenelle d' Amboise. H fut 
conseiller et chambellan du roi, sénéchal de Saintonge, capitaine 
de Mantes; mais il avait servi, comme la présente lettre en fait 
foi, le duc de Guienne ; et Ton trouve des quittances données par 
lui en qualité de conseiller et chambellan du duc à Jean Gau- 
dete, trésorier des guerres de ce prince, les 17 février et 10 août 1471. 
(Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 1798, dossier Maillé 41597, n" 54 
et 55.) Après la mort de Charles de France, il passa au service du 
roi, et, le 7 février 1474, les généraux des finances donnaient 
décharge à « maistre Anthoine Alart, receveur de l'équivalent de 
la Marche, » comptable envers le receveur général des finances Jean 
Briçonnet, de la somme de 900 1. t. payée audit Hardouin sur 
les 2,000 de la pension à lui ordonnée par le roi pour l'année com- 
mencée le 1 er octobre 1473. (Ibid., n° 56.) Hardouin IX de Maillé 



296 LETTRES DE LOUIS XI. 

laissé monseigneur de Guienne à Sainct-Sever malade 
de fièvres cartes, et sont maintenant realiez le seigneur 
de Lescun et le gouverneur de la Rochelle 1 contre 

avait épousé en premières noces, le 26 novembre 1458, Antoinette 
de Chauvigny, fille de Guy de Chauvigny et de Catherine de Laval ; 
il la perdit le 20 février 1473, et se remaria avec Marguerite de la 
Rochefoucaud , fille de Jean de la Rochefoucaud et de Jeanne 
Sanglier, au nom de laquelle il rendit hommage en 1475 et 1476 
pour les terres de Vertueil et de Barbezieux. Il fonda le chapitre 
de Maillé en 1486 et vivait encore en 1487. (Anselme, VII, 501.) 
1. Thierry de Lenoncourt, natif du diocèse de Toul en Lorraine, 
né vers 1414, d'après sa déposition dans le procès du duc de 
Nemours, le 18 novembre 1476, où il se dit âgé c de lxii ans ou 
environ. » (Bibl. de Sainte-Geneviève, ms. Lf 7 , fol. 192.) Il figure 
comme c escuier, conseiller du roy et son bailly de Vitery » dans 
un « roole i approuvé par Charles VII, le 16 mars 1459, « des 
parties que le roy a ordonné estre payées, baillées et délivrées > 
pendant l'année commencée le 1 er octobre 1458, pour la somme 
de ne xvm 1. m s. vu d. ob..., tant pour ung voyaige qu'il a fait 
devers luy et la demeure qui lui a faicte, que pour aler en autre 
voyaige, que le roy lui a ordonné faire... » (Bibl. nat., Pièc. orig., 
vol. 1686, dossier Lenoncourt 39252, n° 4.) Ce « voyaige » est pro- 
bablement celui qu'il lit avec « maistre Jehan de Veroil, licencié 
en lois, aussi conseiller du roy, et son lieutenant au bailliage de 
Vitry... ou pais d'Allemagne devers certains princes et seigneurs, » 
dont Charles VII voulait obtenir l'appui contre le duc de Bour- 
gogne en faveur de ses revendications sur le Luxembourg. A cet 
effet, le roi lui donna des instructions en date de PIsle-Bouchard, 
6 avril 1459. (Publ. par Quicherat dans son éd. de Thomas Basin, 
IV, 349.) « Varlet de chambre, » puis conseiller et chambellan de 
Charles de France, frère de Louis XI, il fut, après la cession de la 
Guienne à ce prince, nommé par lui gouverneur et capitaine de la 
Rochelle, titre sous lequel le désigne la présente missive, et, dès le 
30 juin 1470, il donnait quittance des 300 1. 1. de gages afférents à 
cet office. (Bibl. nat., Pièc. orig., dossier cité, n os 5, 6 et 8.) Mais, 
après la mort de son maître, il sut rentrer en grâce auprès de 
Louis XI, et on le retrouve « conseiller et chambellan du roy, bailly 
de Vitry, » comme sous Charles VII, soit que Louis XI lui ait 
conservé ces fonctions dès le début de son règne, soit qu'il les lui 
ait rendues après la mort du duc de Guienne; et, par lettres datées 



LETTRES DE LOUIS XI. 297 

madame de Thouars et le seigneur de Grantmont 1 , et 

de Noyon, le 24 mai 1475, il est c commis » en cette qualité à 
faire les « monstres et reveues des gens de guerre de l'ordonnance 
du roy, estans soubz la charge et conduicte du sire de Loheac, 
mareschal de France, » pour le quartier de janvier à mars précédent. 
(Bibl. nat., Pièc. orig., dossier cité, n° 13.) Par lettres datées de 
Tours, au mois de mai 1473, le roi lui avait même attribué pour 
sa part dans les dépouilles du comte d'Armagnac les c ville, chas- 
tel et chastellenie de Manciet et les terres et seigneuries de Bar- 
ran et Bretenha ( Arch. nat., X*» 8606, fol. 295), et par autres lettres 
datées de la cité d'Arras, septembre 1477, il lui avait encore donné 
les seigneuries de Beaufort, Lazicourt, Soulaines et Villemaheu, 
près Vitry-en-Perthois, dans le comté de Champagne. (Arch. nat., 
X 1 » 8607, fol. 156 v°.) Thierry de Lenoncourt vivait et était encore 
bailli de Vitry le 22 juin 1482, d'après une quittance de ce jour 
donnée par lui à Michel Le Tainthurier, trésorier et receveur géné- 
ral des finances c es pays de Languedoc, Lyonnoys, Forestz et 
Beaujouloys, # de 300 1. t. pour sa pension et c entretenement » 
au service du roi, pendant Tannée commencée le 1 er octobre 1481. 
(Bibl. nat., Pièc. orig., dossier cité, n° 17.) 

1. Roger de Gramont, fils de Gratien, prince souverain de 
Bidache, maréchal de Navarre, « escuier, conseillier et chambellan 
du duc de Guienne, » d'après une quittance du 13 novembre 1471 
donnée par lui à Jean Gaudete, trésorier des guerres dudit duc et 
par lui c commis à faire le paiement des gaiges des gens et offi- 
ciers de son hostel, » et d'après une autre quittance du 16 avril 
1472, par lui donnée au même Jean Gaudete, de 1,000 1. 1. « pour 
le parpaiement de quinze cens livres tournois » à lui données par 
le duc « pour augmentacion de son mariage. » (Bibl. nat., Pièc. 
orig., vol. 1388, dossier Gramont 31313, n" 24 et 25.) Il n'était 
pourtant pas mal vu de Louis XI, qui, en 1471, lui donna les 
baronnie, terre et seigneurie de Hastingues, à la charge de lui 
payer 10,000 écus, qui la même année lui confirma le don du 
bourg et du lieu de Monthory au pays de Soûle, et qui érigea 
en sa faveur en 1479 la terre de Game en baronnie avec haute 
justice. [Histoire et généalogie de la maison de Gramont. Paris, 1874, 
in-4°, pp. 146-158.) Il ne fut pas moins en faveur sous Charles VIII, 
pendant le règne duquel on le trouve sénéchal des Lannes, et qui, 
par lettres patentes du 26 septembre 1485, lui donna la moitié de 
la coutume de Bayonne (op. laud., p. 147), et le nomma capitaine 



298 LETTRES DE LOUIS XI. 

couche le seigneur de Grantmont avecques luy, et le 
moyne est du costé du seigneur de Lescun, et tasche 
monseigneur de Lescun à approucher mon frère de 
Bretaigne, et de la amener jusques à Xaintes. Je vous 
prie que, se vous savez riens de nouveau, advertissez 
m'en. 

Je metz la plus grant diligence que je puis à assem- 
bler le reste de ce que vous doy. Je vous prie que 
me mandez se vous avez receu ce que je vous ay 
envoyé, et le reste que je vous doy encores ; et je le 
vous envoyeray le plus tost que je pourray. Adieu 
monseigneur le grant maistre. Escript aux Mont Hz, le 

xxn e jour de décembre 1 . 

Loys. 

TlLHART. 

DCX. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Montils-lès-Tours, 29 décembre 1471. 

Accusé de réception de sa lettre; promesse de lui faire payer les 
1,500 francs à lui encore dus, aussitôt après le retour de Bourré; 
abandon du duc de Guienne par Méry de Goué; envoi au grand 

du château neuf de cette ville, d'après une décharge donnée le 
11 juillet 1494, parle trésorier de France au receveur ordinaire des 
Lannes, de 100 1. t., payées par celui-ci à Roger de Gramont en 
cette qualité, et une quittance de lui du 13 février 1497. (Bibl. 
nat., Pièc. orig., dossier cité, n°* 39 et 42.) Roger de Gramont fut 
aussi ambassadeur sous Louis XII auprès d'Alexandre VI. Il avait 
épousé sa cousine Éléonore de Béarn, fille de Bernard de Béarn 
et d'Isabeau de Gramont, dont il eut quinze enfants. Il mourut en 
1516. (Op. laud.) 

1. Le manuscrit 481 des Mélanges de Glairambault, fol. 279, qui 
reproduit cette lettre, lui donne à tort la date du 22 novembre. 



LETTRES DE LOUIS XI.» 299 

maître de ce qu'il a dit au roi; mort de M«« de Thouars; trans- 
port à Geaune du, duc de Guienne, malade de la fièvre quarte ; 
serment de fidélité exigé par celui-ci de ses hommes d'armes de 
le servir contre le roi; refus opposé par quelques-uns d'entre 
eux à cette demande, et leur passage au service du roi, notam- 
ment du fils du seigneur de Dampierre; envoi de Jean des 
Aulbuz vers le grand maître. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2913, 
fol. 56. Copie du temps. Glairambault, Mélanges, 481, fol. 279 v°, 
avec la date du 29 octobre. Publ. dans Lenglet-Dufresnoy avec 
cette dernière date, II, 243, et dans Duclos, op. laud., IV, 390.) 

Monseigneur le grant maistre, mardy arsoir 1 , je 
receu voz lettres, dont je vous raercye tant que je puis. 
Se Bourré ne feust allé à sa mère qui est morte, vous 
eussiez desjà les mille et cinq cens frans de reste, mais 
je Factens icy, d'icy à ung jour ou deux, et inconti- 
nent qu'il sera venu, je me acquicteray en la plus 
grant diligence que je pourray 2 . Mery de Goué 3 le 

1. Hier soir, c'est-à-dire le 28 décembre; seulement ce n'était 
pas un mardi en 1471, mais bien un samedi; le dernier mardi 
avant la lettre du roi avait été le 24 décembre. Le manuscrit 481 
des Mélanges de Glairambault donne une lecture plus plausible, 
mardi au soir, mais en revanche il date par erreur cette lettre du 
29 octobre. 

2. Cf. ci-dessus, p. 294, n° DGIX, la lettre du roi au même grand 
maître, en date de Montils-lès-Tours, 22 décembre 1471. 

3. c Escuier, seigneur de Fontenailles, homme d'armes et lieu- 
tenant de monseigneur de Bueil..., ayant la charge de mi" lances 
fournies que le roy a ordonné estre logées et payées de leurs gaiges 
et souldes ou pays de Rouergue, » d'après un mandement de lui 
en date du 8 octobre 1445, ordonnançant le payement de Guérin de 
la Rochelle, homme d'armes, sur t Jehan Viguier, commis à rece- 
voir et faire venir ens ou conté de Rodés et quatre chastellenies 
de Rouergue le payement entier desdictes mi" lances... » (Bibl. 
nat., Pièc. orig., vol. 876, dossier Goué, 19697, n* 3.) Charles VII lui 
avait accordé à l'occasion de son mariage 2,000 1. 1., sur lesquelles 
on le voit donner quittance, le 9 mai 1453, à Macé de Launay, de 
800 1. t. sur les 1,700 lui restant encore dues (ibid., n* 7) et, le 
20 septembre 1456, 350 1. t. sont encore déduites, par ordonnance 
des généraux des finances, des sommes dont était comptable celui 



300 LETTRES DE LOUIS XI. 

bide 1 , qui estoit à monseigneur de Lescun, s'en est 
venu et a dit adieu au duc, par quoy je pense qu'il 
est instruit. Je luy ay dit qu'il se tensist en son hostel ; 
je vous envoie par escript ce qu'il m'a dit, qui se 
contrarye l'un à l'autre, et est langage tout forgé ; et 
de ce qu'il charge monseigneur le connestable, je 
m'en donne meilleur espoir que par avant. 

Madame de Tbouars est morte 2 , et ilz en ont amené 
à Jaune monseigneur de Guienne qui a les fièvres 
cartes. Il a fait faire serment à ses gens d'armes de le 
servir, nommeement contre moy ; mais il en y a aucuns 
qui ne l'ont pas voulu faire, et s'en sont venuz ; et 
aujourd'uy s'en est venu le filz du seigneur de Dam- 
pierre. 

Je vous envoyé Jehan des Àulbuz, mon maistre 
d'ostel, auquel j'ay chargé vous parler plus au long de 
toutes choses. Je vous prie que le croiez de ce qu'il 
vous dira de par moy. Adieu, monseigneur le grant 
maistre. Escript aux Montilz lez Tours, le xxix 6 jour 
de décembre. Loys. 

Tilhart. 

qui les avait payées, Hugues Aubert, receveur des aides ordonnées 
pour la guerre en l'élection de Rouen. (Ibid., n* 8.) Méry de Goué est 
chargé en 1465 de conduire ses hommes d'armes à Sancerre, ainsi 
qu'il résulte d'un mandement du roi, daté de Saumur, le 7 avril 
de cette année. (Bibl. nat'., Fr. 20496, fol. 14.) Le 25 janvier 1468, 
il donne quittance à Noël Le Barge, receveur général de Nor- 
mandie, de 261 1. 1 s. 3 d. t. sur le revenu du grenier à sel de 
Bellesme, pour trois mois commencés le 1 er octobre 1467, pour 
€ l'aider à soy entretenir plus honnorablement au service d'icellui 
seigneur. » (Pièc. orig., dossier cité, n* 9.) 

1. Bicle, louche, d'après La Gurne de Sainte-Palaye, Dictionnaire 
de l'ancien langage françois, H, 480. 

2. Elle était morte le 14 décembre 1471. Voy. ci-dessus, p. 275, 
la note qui la concerne. 



LETTRES DE LOUIS XI. 301 

A nostre cher et amé cousin le conte de Dampmar- 
tin, grant maistre d'ostel de France. 

DCXI. 

AU CHAPITRE DE LA SAINGTE CHAPELLE DE BOURGES (v.) . 

Montils-lès-Tours, 23 janvier 1472. 

Ordre de mettre Jean Beaufils, sommelier ordinaire de la Sainte- 
Chapelle de Bourges, en possession de la chantrerie et prébende 
de ladite Sainte-Chapelle, enlevée à Gilbert Mareil, partisan du 
duc de Guienne. — (Copie du temps. Bibl. nat., Nouv. acq. 
lat. 1534, fol. 92.) 

De par le roy. 
Ghers et bien amez, nous avons nagueres donné à 
nostre chier et bien amé Jehan Beaufilz, sommelier 
ordinaire de nostredicte ch appelle, la chantrerie et 
prebande de la Saincte Chapelle de nostre palais de 
Bourges, que a tenues et occupées par cy devant ung 
nommé Gillebert Mareil, vacant à présent à nostre 
disposicion, pour ce que ledit Gillebert Maret (sic) 
tient le party de nostre frère de Guyenne et le sert à 
l'encontre de nous, ainsi que pourrez veoir plus à 
plain par noz lectres de don 1 et collacion, que avons 
sur ce octroyées à nostredit somelier. Si voulons et 
vous mandons bien expressément que ledit nostre 
somelier vous recevez et le mectez en possession et 
saisine desdictes chantrerie et prébende et l'en faictes, 

1. Ces lettres de don sont datées du 12 janvier 1472, apud 
Tucellum (aujourd'hui Tuisseau, dans la commune de Montlouis, 
canton et arrondissement de Tours, Indre-et-Loire). (Bibl. nat., 
Nouv. acq. lat. 1534, fol. 92.) 



302 LETTRES DE LOUIS XI. 

souffrez et laissez joyr et user paisiblement, tout ainsi 
que nozdictes lectres de eollacîon le contiennent. Et 
gardez sur tout que doubtez mesprandre envers nous 
et encourir nostre indignacion, que n'y faciez faulte, 
car nostre plaisir et entencion n'est pas que ledit 
Mareil ait ne posside jamais lesdiz bénéfices. Donné 
aux Montilz lès Tours, le xxm mo jour de janvier. 

Loys. 

TlLHART 4 . 

1. La présentation de cette missive par celui qu'elle intéressait 
est ainsi relatée dans le procès-verbal de la séance du 1" février 
1472 du chapitre de la Sainte-Chapelle : « Item, ipsa die, discretus 
vir Johannes Beaufilz, clericus summalarius cappeile domini nostri 
Francorum régis, exhibuit et presentavit prenominatis dominis 
capitulantibus binas litteras regias, unas videlicet missivas, sub 
sigillo secreto ipsius domini nostri régis, et cera rubea clausas et 
sigillata8, alias vero patentes, magno sigillo ipsius domini nostri 
régis cera crocea et simplici cauda sigillatas, quarum tenores suc- 
cessive sequuntur et sunt taies. » Suit le texte de la missive tel 
qu'il est publié ci-dessus. 

Les chanoines, à la réception des lettres du roi, répondirent à 
Jean Beaufils qu'ils étaient prêts à obéir au roi, mais qu'à raison 
de la nouveauté du fait, « quia hujusmodi materia erat eis valde 
nova, nec unquam viderant talem materiam evenire, i ils deman- 
daient jusqu'à vêpres pour en délibérer. A l'heure de vêpres, la 
délibération eut lieu, et Jean Beaufils fut mis en possession, mais 
non sans difficulté, les chanoines protestant que les objections 
par eux opposées ne s'adressaient pas au roi, mais avaient pour 
unique but de démontrer audit Beauûls le danger auquel s'expo- 
saient les détenteurs illégitimes de bénéfices. De plus, le nouveau 
chanoine dut payer, le lendemain 2 février 1472, vingt-sept livres 
pour son droit de réception. Encore, d'après une note moderne 
ajoutée en marge du registre, la nomination de Jean Beaufils 
serait-elle restée sans effet ; puisque Gilbert Mareil, ancien aumô- 
nier du duc de Guienne, auquel il aurait été appelé à succéder, 
resta dans sa place jusqu'en 1501. (Bibl. nat., Nouv. acq. lat. 1534, 
foi. 92 et suiv.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 303 

DCXIL 

AUX HABITANTS D' AMIENS (v.). 

Montils-lès-Tours, 27 janvier 1472. 

Audience accordée par le roi à leurs envoyés ; ses bonnes disposi- 
tions à leur égard ; prière de s'en rapporter à ce qu'ils diront. 
— (Copie du temps. Arch. mun. d'Amiens, Délibérations de 
l'échevinage, Reg. il, fol. 63 v*.) 

De par le roy. 
Très chierz et bien amez, nous avons oy bien au long 
le maire et autres voz députez de nostre bonne ville 
et cité d'Amiens, touchant le bruit qui est par delà, 
et autres voz affaires, dont avons esté et sommes très 
bien contens de vous ; et sur tout les avons expédiez 
et fait responce, comme leur avons chargié plus au 
long vous dire de bouche. Sy les vueillez croire de 
tout ce qu'ilz vous diront ceste fois de par nous et 
estre seurs que vous tenrons, entretenrons et traite- 
rons à tousjours en tous voz affaires, comme noz 
bons, vraix et leaulx subgez; et vous mercions de 
bon cuer de tout ce que par voz diz députez de vostre 
part nous a ainsi esté dit et remonstré. Donné aux 
Montilz lez Tours, le xxvii 6 jour de janvier. 

Loys. 
Flameng. 

A noz très chiers et bien amez les maire, esche vins, 
bourgois, manans et habitans de nostre bonne ville et 
cité d'Amiens 1 . 

1. Les députés envoyés par la ville d'Amiens vers Louis XI 
étaient le maire, Jean du Gaurroy, Philippe de Morvilliers, Gilles 



304 LETTRES DE LOUIS XI. 



DCXIII. 

AU SEIGNEUR DE MAREUIL (y.). 

Montils-lès-Tours, 28 janvier 1472. 

Ordre de saisir au nom du roi le château de Yillebois. — (Copie 
du temps. Bibl. nat., Latin 9234, n* 43.) 

De par le roy. 
Monseigneur de Marueil 4 , je vueil que vous prenés 

de Laon, grenetier, et Pierre de Machy; et ils avaient eu mission 
de demander si son intention était de rendre Amiens au duc de 
Bourgogne, « pour ce que grant bruit et murmures estoient en 
ladicte ville (d'Amiens) et ou pays environ, que les Bourgueignons 
se vantoient et faisoient courir voix qu'ilz raroient ladicte ville 
d'Amiens et leur serait rendue, et que, quand ilz la raroient, ilz 
en feraient comme ilz avoient fait de la ville de Dynant, laquelle 
ilz avoient arse en feu et en plombe, dont les bonnes gens de 

ladicte ville s'estoient fort espoentez » Lesdits députés étaient 

allés trouver le roi à Tours, et il leur avait répondu a de sa 
bouche, que oncques il n'avoit eu, ne avoit, au plaisir Dieu, 
volenté de rendre ladicte ville ne la mectre hors de sa main, car 
il savoit bien que tous les bourgeois et habitans d'icelie ville 
estoient bons et loyaux 4 à iuy et à la couronne de France, et qu'il 
avoit voulenté de tousjours les entretenir comme ses bons et vrays 
subjectz. » Sur leur demande, il avait même consenti à écrire 
lui-môme aux habitants la lettre ci-dessus, pour qu'ils fussent plus 
assurés encore de ses sentiments. (Arch. d'Amiens, Reg. de 
Péchevinage, t. XI, fol. 63.) 

1. Guy de Mareuil, c escuier, seigneur dudit lieu et de Saint- 
Gristofle, » serviteur du comte d'Angoulême, d'après le répit obtenu 
par lui le 19 mai 1466 « pour faire les foy et hommage par luy 
deus à cause des terres dudit lieu (de Mareuil, de Dompierre et de 
Louayres), et de leurs appartenances, » à lui échues par le décès 
de ses père et mère. (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 4849, dossier 
Mareuil 42690, n* 33.) Il était aussi seigneur d'Orlonde, des Perques 
et de Breteco ville , du chef de sa femme Philippe de Paviel, 
fille de Jacques. (Doss. cit., n* 34.) Guy de Mareuil vivait encore 



LETTRES DE LOUIS XI. 305 

et mectés en ma main le chastel de Villeboys 1 , et que 
soubz icelle vous me le gardés, sans préjudice de 
ceulx qui y prétend droit, et ne le baillés à personne 
quelconques sans mon congié ou licence. Donné aux 
Motilz (sic) lès Tours, le xxvm e jour de janvier. 

Loys. 

J. De Molins. 

A nostre féal conseillier et chambellain le sire de 
Marueil 2 . 

DCXIV. 

AUX LYONNAIS (v.). 

Montils-lès-Tours, 3 mars 1472. 

Réception par le roi de documents établissant l'envoi par le duc 
de Guienne d'ambassadeurs au pape pour se faire relever du 
serment prêté par lui à son frère sur la croix de Saint-Laud 
et de sa promesse de mariage avec la fille du roi d'Espagne. — 
(Orig. Arch. de Lyon, AA 23, n* 15.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, ainsi que tenons que savez, 

le 23 janvier 1484, d'après un document de cette dernière date 
relatif à un procès soutenu par lui et sa femme contre la duchesse 
d'Orléans et commencé au moins dès 1481 « en la court du grant 
seneschal de Normandie, à cause des moulins de Gerences. » 
(fbid., n<>» 35-41.) 

1. Villebois- La Valette, dans l'arrondissement d'Angouléme 
(Charente). 

2. La lettre ci-dessus est reproduite en tète de l'inventaire des 
meubles trouvés dans le château de Villebois, lors de la saisie 
ordonnée par le roi, inventaire dont nous donnerons les premières 
lignes pour justifier la date attribuée par. nous à notre missive : 
« L'an de grâce mil quatre cens soixante onze (v. st.), le septiesme 
jour du moys de février, noble et puissant seigneur, monseigneur 
Guy de Marueil, escuyer,. seigneur dudit lieu et de Villeboys, à 

iv 20 



306 LETTRES DE LOUIS XI. 

nous avions pieça esté advertiz que nostre frère de 
Guienne avoit envoyé l'evesque de Montaulban 1 et 
autres par devers nostre Saint Père le pape, pour se 
faire dispenser de tous les foy et seremens qu'il nous 
a faiz, tant des serements de fidélité que de ceulx 
qu'il nous a faiz sur la vraye croix de monseigneur 
Saint Lou * et de ceulx de nostre ordre, et aussi du 
mariage de la fille d'Espaigne 3 , que autres, en enten- 
cion de plus en plus acroistre et fortiffier les aliances 
qu'il a avecques noz adversaires, ce que ne povyons 
bonnement croire. Toutesvoyes présentement, moien- 
nant la grâce de Dieu, nous ont esté apportées les 

la grand fenestre du dangon dudit lieu de Villeboys, fit lecture à 
nous, notaires cy dessoubz escriptz, d'unes lettres signées du seing 
manuel du roy, nostre seigneur, desquelles la teneur s'ensuyt... » 
Arrivent alors le texte de notre missive, puis la mention de la 
saisie faite par le seigneur de Mareuil, Tordre donné par ce sei- 
gneur de Mareuil à « Jehan Ver non, escuyer, et maistre Bernard 
Rousseau, ses serviteurs, qu'ilz feissent inventaire ou visitacion 
desdiz biens meubles estans oudit chasteau ; i enfin, le texte de 
l'inventaire lui-môme et les noms des témoins. 

1 . Jean de Montlembert, Poitevin, d'abord moine de l'abbaye de 
Cluny, ensuite prieur de Saint-Martin-des-Champs à Paris, abbé de 
Saint-Gildas au diocèse de Bourges , de Gimond au diocèse d'Auch, 
conseiller, puis premier président en la Chambre des comptes du 
duché de Guienne, fut élu par le chapitre de Mon tau ban évéque 
de ce diocèse, vacant par la mort de Jean de Batut, confirmé par 
l'archevêque de Toulouse le 23 août 1470 et par le pape Paul II 
le l"juillet 1471. Il mourut le 29 décembre 1484. (Gallia christiana, 
XIII, 244.) 

2. Les serments prêtés sur cette relique avaient pour Louis XI 
une valeur incomparable; il croyait, en effet, que ceux qui 
auraient manqué à un serment prêté sur cette croix devaient 
mourir dans l'année, et il l'exigeait de tous ceux qu'il voulait lier 
envers lui de la manière la plus sûre. (Gf. ci-dessous, p. 311, la 
note 1.) 

3. Jeanne la Bertrandeja. (Gf. ci-dessus, p. 52, la note 3.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 307 

lettres et instrucions originalles signées de la main de 
nostredit frère et scellées de son scel, par lesquelles 
il escrivoit en cour de Romme pour estre dispensé 
desdiz seremens, ainsi que par le double d'icelles que 
vous envoyoo&jcy encloux pourrez veoir plus au long. 
Et, pour ce que; par le contenu desdictes lettres et 
instrucioÂs, appert clerement que nostredit frère a 
mauvaiz vouloir contre nous, à quoy, à l'ayde de 
Dieu, de vous et de noz autres bons et loyaux subgiez, 
avons bien entencion de obvier et pourveoir, nous 
vous avons bien voulu advertir de ces choses, affin 
que congnoissez que, s'aucunes choses en advenoient 
cy-après, que ce ne sera pas par nostre deffault. 
Donné aux Montilz lez Tours, le ni jour de mars. 

Loys. 

Demoulins. 

[A noz] chers et bien a[mez les] bourgois, manans, 
habitans [de nostre ville de Lyon.] 

Tradite xvij* martii Af° IIII* LUI. 

DCXV. 

AU GOUVERNEUR DE ROUSSILLON (V.). 

Montreuil-Bellay, 17 mars 1472. 

Ordre de faire publier la prolongation de trêve conclue par l'évêque 
de Léon avec le duc de Bourgogne et de veiller à son observation 
si le duc de Bourgogne l'observe de son côté. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 20486, fol. 20.) 

Monseigneur le gouverneur, mon nepveu le duc de 
Bretaigne m'a à ceste heure envoyé unes lettres que 
l'evesque de Léon luy a escriptes faisans mention, 



308 LETTRES DE LOUIS XI. 

entre autres choses, qu'il a prolongué la trêve d'entre 
moy et le duc de Bourgoigne jusquez en la fin du 
mois d'avril prouchain venant. Monseigneur le gou- 
verneur, je vous prye que, à toute diligence, vous 
faictes publier ladicte trêve par tous les lieux de la 
frontière où besoing sera, et la faictes entretenir ou 
cas que ledit duc de Bourgoigne la .face tenir de sa 
part. Escript à Montereul Beslé 1 , le xvn ft jour de mars. 

Loys. 

TlLHART. 

A nostre amé et féal conseillier et chambellain le 
gouverneur de Roussillon. 

DCXVI. 

AU CHAPITRE DE NOTRE-DAME D'EMBRUN (d.). 

Plessis-du-Parc, 26 mars 1472. 

Désir du roi de savoir si Tordre qu'il a donné au trésorier de 
Dauphiné de faire chaque année une offrande à leur église a été 
exécuté. — (Copie. Ms. de la Bibl. de Lyon, Marcelin Fournier, 
Histoire des Alpes maritimes, 5 e partie. Publié par A. Fabre, 
Recherches historiques sur le pèlerinage des rois de France 
à Notre-Dame d'Embrun (Grenoble et Paris, 1860, in -8*), 
pp. 137-139.) 

De par le roy dauphin. 
Ghers et bien amez, pour la grande et fervente 
dévotion qu'avons tousjours eue et encore avons à 
l'église d'Ambrun, fondée et révérée en l'honneur et 
révérence de la très glorieuse et très benoiste vierge 
Marie, mère de nostre Dieu créateur, nous ordon- 

1. Aujourd'hui Montreuil-Bellay, chef-lieu de canton de l'ar- 
rondissement de Saumur (Maine-et-Loire). 



LETTRES DE LOUIS XI. 309 

nasmes, Tannée derreniere passée, à nostre threzorier 
du Daulphiné, offrir par chascun mercredi, en ladicte 

eglize d . Nous avons désir de sçavoir si elle y a esté 

tousjours offerte, et, pour ce, vous prions, sur tous 
les services que vous desirez nous fere, que inconfinant 
et en toute diligence, vous nous en fassiez sçavoir la 
vérité, autrement nous ne serions jamais à nostre aise. 
Donné au Plessis du Parc lez Tours, le xxvi e jour de 
mars. 

LOYS. 

A noz chers et bien amez les doyen et chapitre de 
l'église de Nostre Dame d'Ambrun*. 

DCXVII. 

AU DUC DE BRETAGNE (d.). 

Saint-Laud près Angers, 6 avril 1472. 

Envoi du héraut Normandie, chargé par le roi d'une mission 
auprès du duc. — (Orig. autrefois dans la collection de feu 
M. le vicomte de Villeneuve-Trans. Copie. Bibl. nat., Fr. 2714, 

1. Le texte ou la copie de la lettre présente ici une omission 
qui porte précisément sur la nature de l'offrande faite par le roi. 

2. Le chiffre et la nature de l'offrande, que la lacune mentionnée 
ci-dessus nous empêchait de connaître, se trouvent heureusement 
indiqués dans la quittance suivante : « Nous, chanoines et chapitre 
de l'église d'Ambrun, certifions avoir receu d'Antoine Danneseau, 
escuier ordinaire de l'esqnierie du roy, nostre sire, trente ung 
escus d'or pour une oblacion en ladicte église, devant l'image 
Nostre Dame des Trois Roy s, ou nom de maistre Denysde Bidaud, 
recepveur gênerai, le samedy xxvn e jour d'avril, Tan de grâce 
MGCGGLXXII. Et en tesmoing, nous [avons] fait seeller ces 

présentes du seel dudit chapitre, et signé par la main dudit 

chapitre. 

(0p. laud., p. 139.) « Garcini. » 



310 LETTRES DE LOUIS XI. 

fol. 300. Publ. par Lenglet-Dufresnoy dans son édition de Gom- 
mines, III, 181, mais avec la date erronée du 16 avril.) 

Mon nepveu, je me recommande à vous tant que 
je puis. J'envoye Normendie devers vous pour vous 
dire aucunes choses que luy ay chargées 1 . Je vous pri 

1. On trouve dans le manuscrit français 2714, fol. 300, avec la 
missive ci -dessus, les instructions du héraut Normandie ainsi 
conçues : • A la charge que Normandie, roy d'armes, a présente- 
ment portée, de par le roi, au duc, et laquelle il luy a baillée par 
escript, disant le roy la luy avoir fait bailler telle, dont la teneur 
s'ensuit : « Normandie dira, de par le roy, au duc que, ainsy que 
« le roy est arrivé en ceste ville d'Àngiers, il a trouvé unes lettres 
c venans de sa duché de Bretaigne, faisans mencion qu'il se esmou- 
• voit à la guerre, luy et son pays ; et lesquelles il monstrera, s'il en 
« est requis. D'autre part, ledit seigneur a esté adverty que le duc 
a a mis garnison à Glisson, qui est sur le pays du roy, dont il ne 
« se peut trop esmerveiller, car le roy ne rompit oncques promesses 
« qu'il fist, et prie au duc qu'il luy mande la raison pourquoy il l'a 
c fait; car, de la part du roy, il n'a garde qu'il rompe avec luy les 
c promesses qu'il luy a faictes; ne aussi le roy ne croit pas que, de 
c sa part, le duc le voulsist rompre, et s'y est fyé tellement jusques 
« cy, qu'il n'a oncques voulu qu'on mist nuls de ses gens d'armes 
« près de Bretagne, quelque langage qui ait couru ; mais est deli- 
c beré de se y fier jusques à ce qu'il voye du contraire, ouquel cas, 
« quand le duc le feroit, le roy est délibéré de non le celer et d'en faire 
c toutes les poursuites en honneur, qu'on doit faire en tel cas, telle- 
« ment que tous les royaumes chrestiens en seront advertis de quel 
« cousté la faulte serait venue; et aussi le roy est content que le 

c duc le fasse de sa part, en cas que le roy les rompe » (Publ. 

par Lenglet-Dufresnoy, op. laud., III, 181.) Suit dans le môme 
manuscrit, fol. 300 v°, la réponse du duc aux remontrances du 
roi. Il déclare avoir vu la lettre dont le roi prend prétexte pour l'accu- 
ser, et n'y avoir rien trouvé « par quoy le roy deust estre meu de 
dire que le duc vueille faire chose contre promesse qu'il ait faicte ; » 
en revanche, il se plaint des prises faites par les marins normands 
et écossais sur ses sujets bretons, prises pour lesquelles il n'a pu 
obtenir aucune réparation ; il se plaint que les Bretons ne soient 
pas en seureté à l'intérieur du royaume, des menaces de guerre 
contre le duc de Guienne et autres seigneurs alliés du duc de 



LETTRES DE LOUIS XI. 314 

que le vueillez croyre de ce qu'il vous dira de par 

raoy. Escript à Sainct Lau près Angers 4 , le VI e jour 

d'apvril. 

Loys. 

De Sacierges. 

A nostre très chier et très amé nepveu et cousin le 
duc de Bretaigne. 

DCXVIII. 

AUX ÉLUS ET AUX HABITANTS D'AMBOISE (p.). 

Montils-lès-Tours, 13 avril 4472. 

Ordre d'avoir à considérer Hellye Chappuys, sommelier ordinaire 
du dauphin, comme exempt de toutes tailles, aides et subsides 
qui pourront être levés dans leur ville. — (Orig. commun, par 
M. À. de Gallier.) 

De par le roy. 
Ghiers et bien amez, nous avons, puis nagueres, 
retenu Hellye Ghappuys pour servir notre très chier 
et très amé filz le daulphin en Testât et office de 
sommelier ordinaire de son eschançonnerie. Et pour 
ce que nostre plaisir est que les officiers de nostredit 
filz joyssent 2 de telz et semblables previlleiges, libertez 
et franchises dont joyssent noz officiers ordinaires, 

Bretagne; et des attaques dirigées contre plusieurs de leurs villes, 
notamment contre Montauban; il affirme sa résolution de les 
secourir, et, ce faisant, il ne croit pas violer la promesse par lui 
faite au roi. (Ibid., fol. 300 V.) 

1. Église collégiale située au moyen âge aux portes d'Angers, 
où se conservait la relique citée plus haut, p. 306, note 2. (Port, 
Dict. hist., géogr. et biograph. de Maine-et-Loire, I, 54.) 

2. Ce mot est ajouté en interligne d'une autre main. 



312 LETTRES DE LOUIS XI. 

nous voulons et vous mandons bien expressément que 
ledit Helyes, vous faictes, souffrez et laissez joyr des 
dictes libertez et franchises, et, en ce faisant, le tenez 
et faictes tenir franc, quicte et exempt de toutes 
tailles, aides et subsides, qui sont ou seront prises sus 
de par nous en la ville d'Àmboise et ailleurs, sans 
doresenavant le v asseoir, ne souffrir estre assiz, ne 
imposé, ne le contraindre à aucune chose en payer, 
pour quelconque marchandise dont il se soit meslé 
ne entremis, ou se mesle ne entremecte doresenavant, 
mais le rayez et faictes rayer des rooles et papiers, où 

il a, par cy devant, esté inscript 4 , es dictes tailles 

et impostz. Et gardez sur tant que nous desirez obeïr 
et complaire qu'il n'y ait faulte, et en manière que ledit 
Helyes n'ait plus cause d'en recourir par devers nous. 
Donné aux Montilz, le xm e jour d'avril l'an mil GGGG 
LXXII après Pasques*. 

LOYS. 

Flameng. 

A noz chiers et bien amez les esleuz et les commu- 
naulté, bourgeois, manans et habitans de nostre ville 
d'Amboyse. 

1. Passage rendu complètement illisible par l'humidité. 

2. La fin de cette date est, comme les quatre dernières lignes, 
très effacée. Toutefois, comme on distingue encore deux x après 
l, on ne doit, en aucune façon, lire 1468, comme avait fait le 
rédacteur du catalogue Duplessy. Cette dernière ligne, depuis 
« Donné..., » est d'une autre main; ce qui explique peut-être la 
dérogation aux règles sur la rédaction des missives, qui ne com- 
portent pas de date d'année. (Note de M. P.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 313 



DCX1X. 



AU DUC DE MILAN (v.). 

Plessis-du-Parc, 13 avril 1472. 

Envoi du président des comptes de Dauphiné pour recommander 
au duc la veuve et les enfants d'Amédée IX, duc de Savoie. 
* — (Orig. Arch. de Milan, Potense estere, Francia.) 

m 

Mon frère, j'ay sceu le trespas de mon frère de 

Savoye, dont Dieu ait l'ame 1 . Et, pour ce que je 

desiroye que tousjours la maison s'entretiensist en 

bonne prospérité pour la seureté de mes nepveuz 2 , et 

en manière que nulz estrangiers n'y entreprensissent 

chose qui feust à leur dommaige, j' envoyé le président 

des comptes du Daulphiné 3 par devers vous pour 

vous dire bien au long sur ce mon intention. Je 

vous prie que le croyez de ce qu'il vous dira de par 

moy , et par luy me faictes savoir ce que vous semblera 

que j'auray à faire pour le bien et seureté de ladicte 

maison, et je le feray. Donné au Plessis du Parc lez 

Tours, le xin e jour d'avril. 

Loys,. 

Bernard. 

À nostre très chier et très amé frère le duc de 
Milan. 

1. Amédée IX, duc de Savoie et beau-frère de Louis XI, était 
mort le 28 mars précédent. (Art de vér. les dates, HI, 623.) 

2. Ces neveux étaient Philibert, Charles et Jacques-Louis, fils 
d'Amédée IX et d'Yolande de France, sœur de Louis XI. Le 
duc de Savoie laissait aussi trois filles : Anne, Marie et Louise. 
(Op. laud., III, 623.) 

3. Pierre Gruel. 



314 LETTRES DE LOUIS XI. 



DCXX. 

AUX CONSEILLERS DE LA VILLE DE LYON (V.). 

Plessis-dù-Parc, 28 avril 1472. 

Ordre de rendre aux généraux des finances Delaloère et de RaShb 
l'obligation de 600 1. t. souscrite par eux au profit desdiU con- 
seillers, en compensation de la remise faite à ces derniers du 
reliquat de 1,000 écus, dont ils sont encore redevables au roi sur 
le dernier emprunt. — (Orig. Arch. de Lyon, A A 23, n a 38.) 

De par le roy. 

Chiers et bien amez, en besongnant avec nostre amé 
et féal conseillier maistre Jehan Delaloère ou fait de 
noz finances de Languedoc, il nous a voulu mectre en 
compte la somme de six cens livres tournois, dont 
maistre Pierre de Refuge 1 et le dit Delaloère vous 

1. Ce personnage était, sous Charles VII, « conseillier du roy 
et gênerai sur le fait de la justice des aides ; • il fut, en cette 
qualité, « commis par icellui seigneur à tenir l'Eschicquier de 
Normandie à Rouen, au terme de Pasques mil GGGG cinquante et 
trois, » et à celui de Pâques de Tannée suivante 1454, d'après 
deux quittances par lui données à Guillaume Gombault, vicomte 
de Rouen, les 2 juillet et 15 octobre 1454. (Bibl. nat., Pièc. orig., 
vol. 2449, dossier Refuge 55112, n os 21 et 22.) On le trouve aussi, 
du 8 août 1445 au 15 juillet 1468, qualifié « conseiller maistre des 
requestes et garde des seaulx du duc et de la duchesse d'Orléans 
et gouverneur de toutes leurs finances. » (Doss. cit., n°» 20-27.) Il 
fut nommé général sur le fait et gouvernement de toutes les 
finances du roi, tant en Languedoil comme en Languedoc, en rem- 
placement de Guillaume de Varye, par lettres datées d'Amboise 
le 7 août 1469. (Gf. ci-dessus, p. 215, la note 1.) Il prit une part 
importante aux mesures financières destinées à assurer, en 1473, 
le ravitaillement de l'armée de Roussi lion. (Voy. à la Bibl. nat., 
Fr. 20493, fol. 84 et 85; 20484, fol. 9; et 20487, fol. 61.) 



LETTRES DE LOUIS XI. 315 

feirent leurs lettres l'année passée, pour la despense 
qui se faisoit à cause des bastilles, pons et boulovars, 
que Ton faisoit à Lyon pour mectre devant Mascon i . 
Et pour ce que depuis, à vostre grant poursuite, vous 
avons quictée la somme de mille escus que nous déviés 
de reste de m m escus, à quoy aviez esté imposez pour 
vostre porcion de l'emprunct, nous avons prinse la 
dicte somme dudit Delaloere pour employer en noz 
affaires, et avons ordonné que la dicte lectre ou obli- 
gacion sera par vous rendue ausdiz de Refuge et Dela- 
loere, ou à l'un d'eulx, comme casse et nulle; et ainsi 
a esté dit et appoincté par les gens de noz finances 
avec maistre Guillaume Bulloud, docteur, que avez 
envoyé deçà pour voz aflaires 2 . Si voulons et vous 
mandons bien expressément, que incontinent vous 
rendez icelle lettre ou obligacion aux dessus diz, ou à 
celuy qui y sera envoyé pour ladicte cause, sans y 
faire ne mectre aucun delay ou difficulté; car nous 
avons commandé noz lettres, pour vous y contraindre 
en cas de refuz ou delay, et en voz affaires vous aurons 
tousjours pour recommandez. Donné au Plessiz du 

Parc lez Tours, le xxvm e jour d'avril. 

Loys. 

Bourré. 

A noz chiers et bien amez les conseilliez de la ville 
de Lyon 3 . 

1. Sur cette campagne des troupes royales en Maçonnais, voyez 
la Chronique scandaleuse, la Ghronica latina Sabaudiae, dans les 
Monumenta historiae patriae. Scriptores, 1, 647, et surtout le registre 
des arch. comm. de Mâcon, BB 18. 

2. Voyez ci-dessus, p. 282, n° DG, la lettre adressée le 26 no- 
vembre 1471 par Louis XI aux Lyonnais. 

3. Jean Delaloere et Pierre du Refuge, à court d'argent pour 



316 LETTRES DE LOUIS XI. 

DCXXL 

AU GOUVERNEUR DE ROUSSILLON (D.). 

Plessis-du-Parc, 30 avril 1472. 

Ordre de s'en aller en Poitou et d'en finir de ses querelles avec le 
seigneur de Lescun et de donner de ses nouvelles au roi. — 
(Orig. Bibl. nat, Fr. 20486, fol. 38.) 

Monseigneur le gouverneur, depuis vostre parle- 
ment, j'ay oy des nouvelles de Poictou, par quoy est 
besoing que à toute diligence vous y en aillez. La 
guerre de vous et de monseigneur de Lescun a assez 
duré, et à ceste foys pourrons veoir qui l'aura de vous 
ou de lui. Quant y serez, faictes moy souvent savoir 
des nouvelles. Donné au Pleisseis du Parc lez Tours, 
le derrenier jour d'avril . 

LOYS. 
P. DE SACIERGES. 

subvenir aux frais du siège de Màcon en 1471, avaient demandé 
aux conseillers de Lyon 600 1. t. sur les 1,000 écus restant dus 
par eux d'un emprunt de 3,000 écus consenti au roi ; ils s'enga- 
geaient, en retour, à leur faire donner quittance de ce reliquat 
de 1,000 écus. C'est ce qui résulte d'une lettre par eux adressée 
de Montpellier, le 20 mai 1471 , à leur « cher et especial ami • 
qui n'est autre que le délégué du receveur général de Languedoc, 
Lyonnais, Forez et Beaujolais. (Arch. de Lyon, GG 290. Piéc. 
just., n* XVI.) Dans une autre lettre adressée par les mêmes aux 
Lyonnais, ce même jour 20 mai 1471 (Arch. de Lyon, AA 82. 
Piéc. just., n* XVII), on voit que, tout d'abord, Louis XI n'avait 
pas agréé cette transaction négociée à son insu. Les Lyonnais, 
auxquels elle était, en somme, encore plus favorable qu'à Delà- 
loère et à de Refuge, durent envoyer vers le roi Guillaume 
Bullioud, dont la mission est rappelée dans la présente lettre. 
Elle nous apprend que Louis XI finit par se rendre aux désirs des 
Lyonnais et de ses généraux des finances. 



LETTRES DE LOUIS XI. 317 

A nostre amé et féal conseillier et chambellan le 
viconte de la Belliere. 

DCXXII. 

AU GOUVERNEUR DE ROUSSILLON (d.). 

Plessis-du-Parc, 6 mai 1472. 

Ordre de ne rien entreprendre que « sur bonnes choses, comme la 
Rochelle, Xaintes, et par praticques, » et de laisser ses gens de 
guerre dans leurs garnisons jusqu'à l'arrivée de nouvelles de 
Bourgogne. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20486, fol. 34.) 

Monseigneur le gouverneur, je vous pry que vous 
ne entrepreignez riens que ce ne soit sur bonnes choses, 
comme la Rochelle, Xaintes et Pons 1 , et par praticques. 
Et si vous avez aucune chose gaingné, gardez le, et que 
voz gens ne partent des garnisons, tant que le vous 
face savoir, car encores n'ay eu nouvelles de Bour- 
gongne, et sitost que j'en sauray , je le vous feray savoir. 
Donné au Plesseis du Parc lez Tours, le VI e jour de may. 

Loys. 
Tilhàrt. 

A nostre amé et féal conseillier et chambellan le 
viconte de la Belliere, gouverneur de Rouxillon. 

DCXXIII. 

AU GOUVERNEUR DE ROUSSILLON (D.). 

Plessis-du-Parc, 7 mai 1472. 

Envoi d'une lettre d'Yvon du Fou et de la réponse que le roi lui 
fait avec prière de lui faire parvenir cette dernière ; méconten- 

i. Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saintes (Charente- 
Inférieure). 



318 LETTRES DE LOUIS XI. 

tement éprouvé par celui-ci en apprenant l'indulgence dont 
ledit du Fou a usé envers le seigneur d' Archiac ; défense de 
rien entreprendre jusqu'à nouvel ordre. — (Orig. Bibl. nat., 
Fr. 20486, fol. 36.) 

Monseigneur le gouverneur, je vous envoie unes 
lettres que messire Yvon m'a envoiées 1 , et les lettres 
que je lui escry. Ouvrez les, et puis les lui envoiez. Il 
m'a escript des choses qui ne me sont gueres plaisans 
touchant cest Arciac 2 , après le tour qu'il m'a joué de 
le sauver à l'apetit d'aucuns et contre ma voulenté, qui 
l'ay nourry, et croy qu'il se mocque de moy, de le me 
vouloir maintenant envoier fayre le serment. Ne com- 
mancez rien, se vous n'avez de mes nouvelles, car je 
n'ay encores nouvelles de mes Bourguignons ; mes je 
vous prie, mandez moy ce que vous povez faire par 
delà. Donné au Plessis du Parc, le vil 6 jour de ma y. 

Loys. 

Bourré. 

A nostre amé et féal conseillier et chambellain, le 
viconte de la Belliere, gouverneur de Rouxillon. 

1. Voyez, Pièces justificatives, ri° XVI, la lettre de du Fou en 
date du 3 mai 1472. 

2. Probablement Jacques d' Archiac, « escuier, seigneur dudit 
lieu, » marié à Marguerite de Lévis, et de ce chef baron de Lévis. 
Il eut de Marguerite deux filles : Marguerite, mariée à Adrien de 
Montbéron, et Catherine, dame de Lonzac. (Anselme, Vil, 20; 
VIII, 167.) Devenu « cappitaine des ville et chasteaubc de Ghinon 
soubz la charge de monseigneur de Bourbon, » il ordonne, en 
cette qualité, à « Gillet Ghapperon, commis pour le roy à faire le 
paiement des fortifficacions, reparacions et amesnagemens desdiz 
chasteaulx, » de payer diverses sommes dues pour ce motif, les 
31 mai et 8 juin 1489. (Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 85. Dossier 
Archiac 1746, n°» 16 et 17.) 



AU GOUVERNEUR DE ROUSSILLON (d.). 

Plessis-du-Parc, 8 mai 1472. 
Accusé de réception de sa lettre ; ordre de rester à Niort jusqu'à 
nouvel ordre et de s'abstenir de toute action militaire jusqu'à 
ce qu'on sache à quoi s'en tenir sur la conclusion d'une trêve 
avec le duc de Bourgogne. — (Orig. Bîbl. nat., Fr. 20486, 
fol. 40.) 

Monseigneur le gouverneur, j'ay receu voz lettres. 
Je vous prie que vous tenez à Nyort, et n'en bougez 
jusques à ce que aiez nouvelles de moy, et n'entrepre- 
nez rien sur la Rochelle, Xaintes, ne Saint Jehan 1 ; car 
je n'ay encores point eu nouvelles de mes ambassa- 
deurs de Bourgongne ' ; par quoy s'ilz avoient prins 
une trêve, il fauldroit rendre les places, et serait une 
grant honte et moucquerie, s'il failloit rien rendre. 

Aussi se la paix est faicte, ce que je croy que ainsi soit, 
car les gens de monseigneur de Bourgongne, nonobs- 
tant que la trêve soit failhye, n'ont point couru en 
mes pais et n'en font nul semblant; par avauture, 
monseigneur de Bourgongne ne vouldroit point que 
jusques à ce qu'il eust entre ses mains les places qui 
lui doivent estre baillées, que je prinse rien sur mon- 
seigneur de Guienne. 

1. Saint-Jean -d' Ange ly, chef-lieu d'arrondissement de la Cha- 
rente-Inférieure. 

2. Pierre Doriole et le seigneur de Graon. Voy. les instructions 
qu'ils avaient reçues du roi, datées de Montils- lès -Tours, le 
10 mars 1472. (D. Plancher, Hût. de Bourgogne, IV; Preuves, 
p. ce es: n.] 



3 LUS XI. 

, je vous prie, ne soiez 
ar se monseigneur de 
je partiray incontinent 
er là, et en huit jours 
aurons tout despesché. Aussi, se la paix est faicte, 
nous aurons incontinent tout sans coup ferir, et ne 
serons en dangier de rien rendre. Toutes voyes, ce pen- 
dant, se vous povez rien avoir par pratique et qui se 
vueille mectre en voz mains, prenez le. 

Au regart de l'artillerie, elle est prez de vous, et 
quand il sera temps, et j'auray eu nouvelles de mes 
ambassadeurs, vous la pourrez avoir incontinent. 
Escript au Plessiz du Parc, le vni* jour de may. 
Loys. 

TlLHART. 

A nostre amé et féal conseillier et chambellan te 
viconte de la Belliere, gouverneur de Roussilhon. 



AU GOUVERNEUR DE ROUSSJLLON (D.). 

Plessis-du-Parc, 9 mai 1472. 
Accusé de réception de sa lettre ; renouvellement de la défense 
de rien tenter avant d'avoir reçu des nouvelles du roi dans deux 
ou trois jours; voisinage de l'artillerie mise à sa disposition; 
autorisation d'occuper les places qui vaudront « se mettre en 
ses mains. • — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20486, fol. 46.) 

Monseigneur le gouverneur, j'ay receu voz lettres. 
Je vous ay escript que vous ne entreprenez rien 
jusques à ce que aiez nouvelles de moy. Et, pour ce, 
je vous prie que vous ne mectez riens à execucion 



LETTRES DE LOUIS XI. 321 

d'icy à deux ou trois jours, que je vous feray savoir 
de mes nouvelles. 

Au regart de l'artillerie, je vous en escripvy hier, et, 
quand il sera temps, elle est près de vous, et la pour- 
rez avoir incontinent; et, ce pendant, s'il y a nulles 
bonnes places qui se veulent méctre en voz mains, ne 
les reffusez pas, et me faites savoir de voz nouvelles. 
Escript au Plessiz du Parc, le IX e jour de may. 

Loys. 

TlLHART. 

A nostre amé et féal conseillier et chambellan le 
viconte de la Belliere, gouverneur de Roussilhon. 

DCXXVI. 

AU DUC DE MILAN (V.). 

Plessis-du-Parc, 11 mai 1472. 

Envoi du comte de Gominge pour s'entendre avec le duc au sujet 
des mesures à prendre en faveur de la duchesse de Savoie, sœur 
du roi. — (Orig. Arch. de Milan, Potenze estere, Francia.) 

Mon frère, je me recommande à vous. Depuis le 
partement du président de Daulphiné 1 , ma seur de 
Savoye a envoyé devers moy pour me recommander 
ses affaires et de mes nepveuz, ses enfans. Et, à ceste 
cause, j'envoye par delà mon cousin le conte de 
Gominge pour la visiter, secourir et conforter, ainsi 
qu'il appartient en tel cas. Si vous pry que, de vostre 
part, vous y vueillez employer pour le bien d'eulx et 
de la maison, ayant conférence, vous et mondit cousin 

1. Cf. ci-dessus, p. 313, n° DGXIX, la lettre de Louis XI au 
duc de Milan en date du 13 avril précédent. 

iv 21 



388 LETTRES DE LOUIS XI. 

ensembleement, de ce que verrez estre à fere pour le 
bien de la maison, et, sur le tout, faire en manière 
que aucun inconvénient n'en adviengne. Car, pour la 
grant confiance que j'ay en lui, je vous asseure que, 
de tout ce qu'il fera et dira avecques vous touchant 
les matières, je tiendray pour fait et pour dit, comme 
si moy mesmes y estoye. Et adieu, mon frère. Donné 
au Plessis du Parc lez Tours, le xi me jour de may. 

Loys. 

Bernard. 

A moA frère le duc de Milan. 

« 

DCXXVII. 

AU GOUVERNEUR DE ROUSS1LLON ET AU SÉNÉCHAL 

DE POITOU (D.). 

Plessis-du-Parc, 14 mai 4472. 

Accusé de réception de leur lettre; annulation de l'ordre de 
retraite à eux précédemment donné ; recommandation de ne 
laisser entrer personne dans la Rochelle; envoi du comte de 
Dammartin et du seigneur de la Forêt, de Guérin Le Groing 
pour mener l'artillerie à Niort; intention du roi d'aller les 
trouver quand ils seront décidés à marcher sur la Rochelle. — 
(Orig. Bibl. nat., Fr. 20486, fol. 42. Publ. par Duclos, Histoire 
de Louis 27, IV, 395.) 

Messeigneurs le gouverneur et seneschal, j'ay receu 
voz lettres. Il est vray que je vous manday que vous 
retroissiez. Mais depuis je vous ay mandé que vous 
feissiez du mieulx que vous pourriez, et que vous 
assemblissiez ensemble toutes les compaignies, et que 
vous gardissiez bien que personne ne entrast dedens 
la Rochelle. J'ay envoie monseigneur le grant maistre 



LETTRES DE LOUIS XI. 323 

et de la Forest par delà; et, pour ce, je vous prie 

qu'ilz vous trouvent ensemble, tant que vous estez, 

et frans archiers et tout. 

J'ay envoie Guerin le Groing faire tirer l'artillerie 

à Nyort ; et, pour ce, envoyez en quérir tant que vous 

vouldrez, et, incontinent que vous me manderez pour 

la Rochelle, je monteray à cheval et m'y en iray à 

toute diligence. Escript au Plessiz du Parc lez Tours, 

le xira e jour de may. 

Loys. 

TlLHART. 

À messeigneurs les gouverneur de Roussilhon et 
seneschal de Poictou. 

DCXXVIII. 

AU GOUVERNEUR DE ROUSSILLON ET AU SÉNÉCHAL 

DE POITOU (D.). 

Plessis-du-Parc, 45 mai 1472. 

Départ du roi pour le Puy- Notre -Dame; il attendra de leurs 
nouvelles à Montreuil-Bellay ; ordre d'avoir à le renseigner sur 
l'entreprise de la Rochelle, où il se rendra au premier avis; 
ordre donné à Guérin Le Groing de leur envoyer l'artillerie 
nécessaire ; nouvelles envoyées par le seigneur de Graon et le 
général. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20486, fol. 44. Publ. par 
Lenglet-Dufresnoy dans son éd. de Gommines, III, 187.) 

Messeigneurs le gouverneur et seneschal, je m'en 
pars aujourd'uy pour m'en aller à mon pèlerinage du 
Puy Nostre Dame 1 , et ne bougeray de Monstereul 

1. Le Puy-Notre-Dame, dans le canton de Montreuil-Bellay, 
arrondissement de Saumur (Maine-et-Loire). C'était un des lieux 
de pèlerinage préférés de Louis XI. 



324 LETTRES DE LOUIS XI. 

Bellay, ou des environs jusques à mercredi 1 , en acten- 
dant de voz nouvelles. Et, pour ce, je vous prie que 
vous me mandez se l'entreprinse de la Rochelle est 
seure, car, se vous me mandez que je m'y en tire, je 
partiray incontinant*. Aussi, se vous voiez qu'elle ne 
soit bien seure, mandez moy si je m'en retourneray 
ou si je tirera y avant, car je feray ce que me manderez ; 
et faites assembler tous les francs archiers. J'escripz 
à Guerin le Groing, que en toute diligence il vous face 
mener de l'artillerie, ce que lui manderez. J'ay eu des 
nouvelles de monseigneur de Graon et de monseigneur 
le gênerai 3 . Et, en effect, ce ne sont que toutes dis- 
simulations. Et, pour ce, je vous prie que faites du 
mieulx que vous pourrez. Escript au Plessiz du Parc 

lez Tours, le xv 6 jour de may. 

Loys. 

TlLHART. 

A noz amez et feaulx conseilliez et chambellans le 
seigneur de la Belliere, gouverneur du Roussilhon, et 
le seigneur de Grussol, seneschal de Poictou. 

DCXXIX. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Montils-lès-Tours, 18 mai 1472. 

Envoi au roi de la nouvelle que le duc de Guienne est mourant 
par « le moine qui dit ses heures » avec le prince ; étonnement 

1. C'est-à-dire jusqu'au 20 mai 

2. Les renseignements donnés au roi durent lui paraître satis- 
faisants, car, le 24 mai 1472, il faisait son entrée dans la Rochelle. 
(Arcère, Histoire de la Rochelle (la Rochelle, 1757, in-4*), II, 675.) 

3. A ce moment en mission auprès du duc de Bourgogne. 
Cf. la lettre du 8 mai précédent au gouverneur de Roussillon. 



LETTRES DE LOUIS XI. 325 

de Louis XI qui Ta fait se signer c depuis la teste jusques aux 
piez ; » appointement de « Testât » du sénéchal d'Agenais. — 
(Orig. Bibl. nat., Fr. 2913, fol. 62. Copie du temps. Glairambault, 
Mélanges, 481, fol. 283 v°.) 

Monseigneur le grant maistre, depuis les derrenieres 
lettres que je vous ay escriptes, j'ay eu nouvelles que 
monseigneur de Guienne se meurt, et qu'il n'y a point 
de remède en son fait ; et le m'a fait savoir ung des 
plus privez qu'il ait avecques lui, par homme exprès, 
et ne croyt pas, ainsi qu'il dit, qu'il soit vif à xv jours 
d'icy, au plus qu'on le puisse mener 1 . S'il m'en vient 
autres nouvelles, incontinent les vous feray savoir. 

Le seneschal d'Agenaiz* est ici; je lui ay appoincté 
son estât en manière que je croy qu'il est bien content. 

Afin que soiez seur de celui qui m'a fait savoir les 

1. Louis XI était bien renseigné. Le duc de Guienne n'avait 
plus qu'une semaine à vivre, puisqu'il mourut le 25 mai 1472. 
L'envoyé milanais accrédité auprès du roi, Sforza de Bettinis, 
écrit en effet à son maître le 27 mai 1472, de Saintes, où il avait 
suivi Louis XI : « Essendo hogi in cammino questo christianis- 
simo signôre re per tirare verso Bordeos, ha havuto adviso certo 
délia morte del quondam duca di Ghienna, quale rese l'anima a 
F Omnipotente Dio, a li xxv del présente. Requiescat in pace. » 
(Bibl. nat., F. ital. 1649, fol. 284 v°.) C'est donc le 25 mai que 
mourut le duc de Guienne, mais le bruit en courut prématuré- 
ment. Ce même jour, 18 mai 1472, Louis XI, se trompant encore, 
l'annonçait aux habitants de Bayonne comme un fait accompli. 
(Cf. ci-dessous, p. 326, n - DGXXX.) Le 25 mai, c'est-à-dire le jour 
même de l'événement, et avant qu'on pût l'avoir appris à Rouen, 
Guillaume Picart en donnait la nouvelle à Bourré de cette dernière 
ville. (Bibl. nat., Fr. 20489, fol. 14.) Suivant la Chronique 
scandaleuse, écho de l'opinion parisienne, Louis XI l'aurait reçue 
dès le 14 mai par le seigneur de Malicorne. Seul, le biographe du 
comte de Foix, Guillaume Le Seur, est en retard sur les faits 
quand il écrit que, le « dymanche matin (31 mai 1472), monsei- 
gneur de Guienne estoit allé de vie à trespas, n'avoit que deux 
jours. 9 (Bibl. nat, Fr. 4992, fol. 152 v«.) 

2. Robert de Balsac. (Cf. t. II, p. 183, note 1.) 



326 LETTRES DE LOUIS XI. 

nouvelles, c'est le moyne qui dit les heures avecques 
monseigneur de Gfuyenne] 1 , dont je me suis fort 
esbay , et m'en suis seigné depuis la teste jusques aux 
piez. Adieu. Escript aux Montilz lez Tours, le xvni 6 jour 
de may*. Loys. 

TlLHART. 

A nostre chier et amé cousin le conte de Damp- 
martin, grant maistre d'ostel de France. 

DCXXX. 

AUX HABITANTS DE BA YONNE (p.). 

Montreuil-Bellay, 18 mai 1472. 

Nouvelle reçue par le roi de la mort du duc de Guienne ; envoi 
de Jean d' Anglade pour prendre possession en son nom de leur 
ville et des deux châteaux ; ordre de lui envoyer des délégués 
chargés de lui exposer leurs demandes ; promesse de prendre à 
son service les gens de guerre autrefois à la solde du duc de 
Guienne et de leur accorder des lettres de rémission, s'ils en 
ont besoin, et d'alléger les charges de la ville de Bayonne ; res- 
titution à Estevenot de Talauresse de son ancien office de maire 
de Bayonne. — (Copies. Arch. de Bayonne. Bibl. nat., Nouv. 
acq. franc. 3382, fol. 303. Publ. par Buchon, Choix de chro- 
niques et mémoires sur l'histoire de France, dans le Panthéon lit* 
téraire (Paris, 1841, in-4 # ), p. xxxv.) 

De par le roy. 
Très chiers et bien amez, nous avons sceu la mort 

1. Au sujet de ce moine, l'interpolateur de la Chronique scanda- 
leuse, qui reproduit la présente missive, raccompagne du com- 
mentaire suivant, dans lequel il y a lieu de voir, croyons-nous, un 
écho des bruits qui couraient en ce moment : « Et devez sçavoir 
que le moyne estoit souspectioné qu'il avoit joué la fourbe à 
monseigneur de Guienne, et baillé la corme verte, et que icelluy 
moyne fut cause de le mettre hors de la terre des vivans. » (Bibl. 
nat., Mélanges de Glairambault, 481, fol. 283 v°.) 

2. Le rédacteur de cette missive avait d'abord écrit le mot mars, 
qu'il a ensuite remplacé par le mot may. 



LETTRES DE LOUIS XI. 387 

de nostre beau frère, dont Dieu ayt l'âme 1 ; et à ceste 
cause, nous envoyons Jehannot d'Ànglade*, lequel a 
tousjours demouré en nostre hostel. Si vous prions 
que incontinent vous 3 saisissez de vostre ville et des 
deux chasteaulx, et envoyez devers nous et à toute 
diligence ; et par ceulx que nous envoyerez faictes nous 
savoir tout ce qui sera possible que pourrons faire 
pour vous, et nous le ferons de bon cueur. On nous 
a dit que on vous a mis sus beaucoup de charges 
nouvelles, et que on ne vous a pas confermé voz 
previleiges, dont il nous desplait. Soiez seurs que, en 
la manière que estiez, avecques nous vous le serez ; et si 
mieulx vous povons faire, nous le ferons de bon cueur. 
Aussi les compaignons de guerre qui estoient au service 
de nostre beau frère de Guienne, nous les recueille- 
rons. Si le leur faictes savoir, et les nous envoyez 



1. Gf. ci-dessus, p. 325, la note 1 sur la véritable date de la mort 
du duc de Guienne, que Louis XI était trop pressé d'annoncer. 

2. Jean, seigneur d'Anglade, chevalier. Louis XI lui avait donné, 
en août 1462, et lui confirma, par lettres en date d'Êtampes, le 
28 septembre 1466, les capitainerie et garde des places de Mont- 
flanquin et Villeréal, en Agenais, « sans qu'il fût tenu à paier 
gaiges d'officiers ne autres charges, excepté l'entretenement desdiz 
edyfices et les fiefz et aumosnes » assignés sur lesdites places. 
(Bibl. nat., Pièc. orig., vol. 64. Anglade 1372, n* 14.) Après la 
mort du duc de Guienne, et ces seigneuries une fois rentrées dans 
le domaine royal, une enquête eut lieu, le 10 mars 1474, pour en 
déterminer la valeur. (Ibid., n* 27.) Le même Jean d'Anglade 
donna encore quittance, comme capitaine de Montflanquin et de 
Villeréal, le 3 décembre 1476, à Jean Lombard, trésorier et rece- 
veur ordinaire en la sénéchaussée d' Agenais, de 80 livres tournois 
« à cause de la revenue, prouffiz et emolumens desdiz lieux de 
Montflanquin et Villeréal pendant Tannée 1474-75. » (Ibid., n° 39.) 

3. Il semble que le copiste ou l'imprimeur ait sauté le mot le, 
dont l'addition suffit à donner un sens satisfaisant. 



328 LETTRES DE LOUIS XI. 

devers nous, et, si nous savions leurs noms, leur 
escriprions. Et, s'il y en a aucuns qui aient fait aucune 
chose à rencontre de nous, nous le leur pardonnons. 
Afin que vous saichez qui seront noz officiers, nous 
n'avons rien changé, et avons remis Estevenot ' ainsi 
qu'il estoit. Donné à Monstereol Belay, le xvm e jour 
de may mil quatre cent soixante douze. 

Loys. 

TlLHART. 

À noz très chiers et bien amez les gens d'eglize, 
nobles, bourgeoys, manans et habitons de nostre ville 
de Bayonne*. 

DCXXXI. 

AU GRAND MAITRE (d.). 

Saintes, 28 mai 1472. 

Remerciements pour ses services ; ordre de venir le retrouver le 
plus tôt possible pour « faire ses ordonnances ; • envoi d'artil- 
lerie et de gens d'armes en avant à Angers; ordre de « fortraire > 
les gens d'Odet d'Aydie, de les verser dans la compagnie du 
sénéchal de Guienne et, quand elle sera complète, d'en former 
une troupe particulière et de les lui envoyer; de « langueer » 
en route ledit Odet, et de le sonder sur l'intention qu'il peut 
avoir de conclure un traité au nom de son frère. — (Orig. 
Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 49. Copie du temps. Mélanges de 
Glairambault 481, fol. 291.) 

Monseigneur le grant maistre, je vous remercye 

1. Estevenot de Talauresse, qui avait été, avant le don de 
la Guienne à Charles de France, maire de la ville de Bayonne. 
Cf. ci-dessus, p. 74, la note 3. 

2. Cette lettre est tirée du registre des délibérations de la 
commune de Bayonne conservé aux archives de cette ville. Elle 
est sur le registre précédée de cette note : « Letre tremesse per 
nostre très suviran seinhor Loys, rey de France, a le viele et 



LETTRES DE LOUIS XI. 329 

tant comme je puis de la peine que vous avez prinse ; 
mais je vous prie que, le plus tost que vous pourrez, 
vous en venez pour faire noz ordonnances, car nous 
n'avons que quinze jours de trêve. J'ay envoyé l'artil- 
lerie et les gens d'armes devant à Àngiers. 

Monseigneur le grant maistre, je vous prie, fortraiez 
les gens d'armes de Odet *, et ne luy en laissez pas ung 
que vous puissez, et que le seneschal de Guienne en 
preigne jusques à ce que sa compaignie soit plaine. 
Et, s'il en demeure plus largement, mectez les en 
quelque bande, et les m'envoiez les premiers, et je 
leur trouveray quelque cappitaine, et les payeray 
tous ceulx qui vouldront demourer. 

Et, au regard de luy, langueez* le en chemin, et sen- 
tez s'il vouldr[a] point faire le traicté de son frère, et 
faire que le duc laissast les Bourgongnons de tous poins 
pour tousjours, et faire ung bon traictié, ainsi que vous 
saurez bien adviser; car je ne puis croyre que le sei- 
gneur de Lescun l'ait laissé icy pour autre chose que 
pour sentir s'il pourra trouver quelque traictié. 

Or, monseigneur le grant maistre, mon amy, vous 

estes plus sage que moy, et le saurez bien faire mieulx 

que je ne vous sauroye escripre ; mais, sur tout, je 

vous prie que incontinent vous en venez, car sans 

vous nous ne povons faire noz ordonnances. Escript 

à Xaintes, le xxvm e jour de may. 

Loys. 

TlLHART. 

ciutat de Bayonne. » C'est sans doute aussi le copiste de ce registre 
qui aura ajouté le millésime. 

1. Odet d'Aydie, frère puîné du seigneur de Lescun et son homo- 
nyme. (Légô, les Castelnau-Tursan (Aire, 1887, in-8°), I, 341.) 

2. Faites-le parler. 



330 LETTRES DE LOUI8 XI. 

A nosire chier et amé cousin le conte de Damp- 
martin, grant maistre d'ostel de France. 

DCXXXH. 

A JEAN BOURRÉ (D.). 

Notre-Dame-de-8elle8, 4 juin 1472. 

Mécontentement du roi que l'argent réclamé par le connétable 
pour ses gens ne lui ait pas été envoyé ; ordre de presser le 
trésorier des guerres de l'envoyer sous peine d'être considéré 
lui-môme comme coupable de négligence par le roi. — (Orig. 
Bibl. nat., Fr. 6602, fol. 20. Copie. Fr. 20427, fol. 89.) 

Monseigneur du Plessiz, vous savez, comme je 
vous chargay dès Tours, faire incontinent partir le 
clerc du trésorier des guerres avecques l'argent que 
je a voie ordonné pour les gens d'armes à mon frère, 
monseigneur le con nés table. Toutes voies, il m'a 
escript qu'il n'est nulles nouvelles dudit clerc ne de 
l'argent ; dont je ne suis pas content de la diligence 
qui y a esté faite, et, pour ce, envoiez incontinent 
après pour le faire haster, et ne vous excusez pas, 
disant que vous l'aurez dit au trésorier des guerres, 
car, se faulte il y a, je m'en prendray à vous ; car, 
par vostre faulte et celle dudit trésorier, vous me 
pouvez faire ung dommaige que vous ne me sauriez 
repparer. Je vous envoie les lettres que ledit monsei- 
gneur le connestable m'en a escriptes. Escript à 
Nostre Dame de Selles 4 , le un* jour de juing. 

Loys. 
Tilhàrt. 

1. Celle-sur-BeUe. 



LETTRES DE LOUIS XI. 331 

À nostre araé et féal conseillier et maistre de noz 
comptes maistre Jehan Bourré. 

DCXXXIH. 

AU DUC DE MILAN (v.). 

Amboise, 7 juin 1472. 

Satisfaction éprouvée par le roi de la protestation du duc de Milan 
contre la clause des trêves conclues avec le duc de Bourgogne, 
et par lesquelles ce dernier y déclarait le duc de Milan compris 
comme son allié; avis que le duc de Milan y a été spécialement 
désigné et compris par le roi comme son allié. — (Orig. Arch. 
de Milan, Potenze estere, Francia. Publ. par Buser, op. laud., 
p. 446.) 

Loys, par la grâce de Dieu roy de France. Très 
chier et très amé frère et cousin, nous avons receues 
les lettres que escriptes nous avez, faisans mention, 
comme avez entendu, que, en la trêve derrenierement 
prinse entre nous et le duc de Bourgoigne jusques au 
premier jour d'avril prochain venant, qui sera Tan mil 
GGGG soixante et treize 1 , le duc de Bourgongne vous 
a nommé de sa part comme son alyé, laquelle chose 
vous ne povez bonnement croyre, actendu que oncques 
vous n'en requistes le duc de Bourgoingne et ne savez 
se il auroit point fait ladicte nomination par l'exorta- 
cion de l'ambassadeur de Venise, qui est avecques luy. 
Par quoy, et pour ce que oncques vous n'eustes et 

1. Il est fait mention de cette trêve dans des lettres de Louis XI, 
en date de Senlis, 1 er mai 1473, qui en portent prorogation jusqu'au 
15 mai 1473. (D. Plancher, Histoire de Bourgogne, IV ; Preuves, 

p. GCCXXI.) 



332 LETTRES DE LOUIS XI. 

n'entendez avoir alliance, colligacion ne intelligence 
avecques le duc de Bourgoingne, ainçoys estez et 
voulez demourer nostre confédéré et alyé; pour en 
declairer la vérité, vous avez fait protestation solen- 
nelle devant notaires, et icelle fait sceller de vostre 
scel et signer de vostre secrétaire, par laquelle vous 
declairez que vous ne voulez et n'entendez estre, en 
quelque manière, confédéré ne alyé avecques le duc 
de Bourgoingne, ne compris en sa nomination, et à 
icelle nominacion, par luy faicte, vous renonciez du 
tout en tout, et voulez et entendez estre et demourer 
nostre confédéré et alyé, et en nostre confédération 
prétendez demourer, et d'icelle ne voulez départir 
pour quelque cause que ce soit, comme de ces choses 
apert plus à plain par ladicte protestacion , laquelle 
vous nous avez envoiée; dont, et de la bonne et loyalle 
amour que en ce vous demonstrez par effect avoir 
contre nous, vous remercions très afectueusement et 
de bon cueur. Aussi vous povez estre certain que, 
semblablement de nostre part, nous sommes délibérez 
et concluez de tousjours garder et entretenir inviola- 
blement les amitiez, confederacions et alyances d'entre 
nous et vous, et en toutes choses qui seront pour 
le bien, honneur, estât et entretenement de vous et 
de vostre maison, nous employer aussi cordiallement 
que vouldrions pour noz propres affaires. Et, en tant 
que touche lesdictes trêves, nous vous y avons 
expressément comprins et nommé, de nostre part, 
comme nostre confédéré et alyé, et jamais autrement 
ne l'eussions fait ; et, s'il avenoit que fissions autres 
trêves ou traicté de paix, vous y nommerions et com- 
prendrions expressément, comme le nous escripvez, 



LETTRES DE LOUIS XI. 333 

et autrement ne le voulons faire. Donné à Amboyse, 

le VII e jour de juing. 

Loys. 

DCXXXIV. 

AU DUC DE MILAN (V.). 

Juin 1472. 

Remerciements du roi au duc pour son refus d'accepter la 
nomination faite de lui dans la trêve que le duc de Bourgogne 
venait de conclure avec le roi. — (Orig. autogr. Bibl. nat., 
Fonds ital. (Archivio Sforzesco) 1591, fol. 354. Commun, par 
M. Bruel.) , 

Mon frère, je me recommande à vous ; j'ay receu 
voz lettres et la protestacion que m'avez envoiée, par 
laquelle vous renonciez à la nomination que le duc 
de Bourgoigne a fait de vous es trêves derrenieres 
prinses entre moy et luy, dont, mon frère, je vous 
remercye tant que je puys ; et m'avez monstre, par 
effet, la bonne amour que avez à moy, et vous tenez 
seur que, de ma part, jamès l'alyance de vous et moy 
ne fauldra; et, quand besoing seroit, le vous vouldroye 
monstrer par effect, ainsy que je vous escriz plus au 
long par mes autres lettres 1 . A Dieu, mon frère, qui 
vous ait en sa sainte garde. Escript de ma raayn. 

Loys. 

A mon frère le duc de Millan*. 



1. La missive précédente. 

2. Il faut évidemment rapprocher cette lettre de la précédente ; 
Tune et l'autre doivent être, sinon du même jour, au moins d'une 
date aussi voisine que possible. 



334 LETTRES DE LOUIS XI. 

■ 

DCXXXV. 

AU GRAND MAITRE (D.). 

Montreuil-Bellay, 10 juin 1472. 

Envoi d'une lettre du connétable et ordre de se rendre vers lai le 
plus rapidement possible. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2898, fol. 56.) 

Monseigneur le grant maistre, je vous envoie les 

lettres que monseigneur le connestable m'a escriptes, 

et est besoign que vous vous hastez d'aller à lui. Je 

vous prie que le faites en la plus grant diligence que 

faire se pourra, car le temps le requiert, comme verrez 

par lesdictes lectres. Escript à Montereol-Bellay, le 

x 9 jour de juing. 

Loys. 

TlLHART. 

A nostre chier et amé cousin le comte de Damp- 
martin, grant maistre d'ostel de France. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 



i. 



SFOBZA DE BETTtïlIS AU DUC DE MILAN (V.). 

Tours, 6 avril 1469. 
(Bibl. nat., Fonds ital. 1649. Copie de M. Sickel, fol. 233.) 

Illustrissimo et excellentissimo signore mio, per dui mie ultime 
de xxi et xxn del passato, portate per Lorenzo Belletto, cavallaro 
di Yostra Excellentia, quella resto advisata di quanto per alhora 
achadeva, et corne ultra lo havere io exposto a La Maesta del Re 
tutte le parti necessarie de le litere di Yostra Gelsitudine de xrv 
et xxv di febraro, et del primo di marzo a mi directive, per 
ordine et comandamento di Soa Maesta havevo dato lo extratto 
inscripto ad Alberto di tutte dicte parti, accio le havessi a mos- 
trare a La Maesta Soa. Non ho restato poi ogni di et ad ogni hora 
di sollicitare dicto Alberto a sforzarsi di fare vedere dicto extracto 
a prefata Maesta, et pregarla si dignassi rispondermi al tutto 
accio ne possessi dare adviso a Yostra Excellentia ; et per quanto 
esso Alberto mi disse circha otto di passati, Soa Maesta lesse 
interamente tutto dicto extratto; di poi glelorese, et disse che, 
partiti li inbasciatori del duca di Borgogna, la voleva consultare 
alquanto el facto de la venuta di Yostra Gelsitudine, et deinde 
risponderia. Ultimamente hieri ricordando pure Alberto a Soa 
Maesta dicta risposta, dicp eh'ela gli disse che la venuta di Yos- 
tra Excellentia da Soa Maesta li piaceva summamente, ma per- 
che le cose di Francia o de Italia in si lungo termine flno ad 
agosto potriano havere mutatione, agiugne Soa Maesta che li 
pare, che quando sara el termine più propinquo ad agosto pre- 



336 LETTRES DE LOUIS XI. 

dicto, ehe Vostra Excellentia debia mandare a rescrivere quello 
che sia el suo volere circha la venuta sua, et alhora Soa Maesta 
sopra et potra meglio rispondere et ordinare in questa materia 
quello che li parera. 

Del mandare Vostra Excellentia a retiflcare et confermare la 
pace facta per Soa Maesta col duca di Borgogna, dice esso 
Alberto che La Maesta Soa li disse che li pareva che omnino 
Vostra Excellentia li mandasse, et quantunque io dicessi a Soa 
Maesta, quando li parlai di questa et de le altre parti, et lo 
habia dicto piu volte ad Alberto, et missolo distinctamente io 
su lo extratto, che Soa Maesta si degnassi fare intendere se questa 
retiflcatione Vostra Excellentia la haveva a mandare a Soa 
Maesta o al duca di Borgogna, et corne la voleva essere facta, et 
in che modo Vostra Excellentia se haveva a governare in questa 
materia con prefato duca di Borgogna, etc., nihilhominus non 
sen'e possuto piu fln qui cavare altra risposta che Vostra 
Signoria intenda, et havendolo io dicto ad Alberto, poiche la for- 
tuna mia non vuole che io possa entrare in castello, ne parlare 
ad Soa Maesta che per niente me vole intendere, ne pure vedere, 
immo quando aile volte me presento, me fa una guarda turba et 
skrania, et fiigeme corne fa el diavolo la croce ; mi responde esso 
Alberto che non ne ha possuto cavare altra risposta, che corn- 
prendo che lui anchora, benche vada in castello, non habia pero 
molto adito di parlare a Soa Maesta et dirli le eose riposata- 
menle, corne qualche volta bisognaria. Vedro s 1 el sara possi- 
bile intendere piu chiaramente corne Vostra Excellentia se habia 
a governare circha cio, et intendendolo, ne la advisaro subito. 

E contenta prefata Maesta, per quanto mi dice esso Alberto, 
di fare expedire lo instrumenlo di Genova in Vostra Excellentia 
nela forma ch' ela richiede, et a ordinato ad esso Alberto che 
glelo ricordi, che lo comandara : sollicitera la cosa quanto mi 
sia possibile. 

Non ha voluto Soa Maesta altrimenti légère ne intendere le 
littere de l'ambassatore venetiano che e appresso al duca de 
Savoia, secondo lo extracto de quelle parte in zifra, che Vostra 
Excellentia me ha mandate. Me dice Alberto che Soa Maesta 
respose ad questa parte ch' el erano zanze, et che essi dicevano 
quello che vorriano. 



LETTRES DE LOUIS XI. 337 

Gircha el facto del papa et de messer Falcone, et del bavere 
La Maesta Soa el capo aile cose de Italia, non ha resposto niente 
Soa Maesta; ben dimostra havere prese le parti molto aspra- 
mente oontro el prefato papa, che ne ho visto interamente La 
Maesta Soa che ne scrive Piero Arcangelo al Illustrissimo Conte 
de Urbino, et quello che ne scrive Vostra Excellentia ; et in 
publico consiglio questi di passati fece Soa Maesta una condo- 
glienza meravigliosa de dicto papa, dicendo, che in ogni cosa el 
se li monstrava inimico et governavasi con se a la rovescia ; ma 
che in fine Soa Maesta spendaria dui mila scudi in mandare sei 
o octo doctori per la Gristianita, a fare intendere le rasone sue, et 
dapoi li provocaria uno conciglio adosso, taie, che lo faria accor- 
gere del errore suo, et iratamente commisse al cardinale de 
Angieri et al vescovo de Verdun, che erano li presenti, che doves- 
sero dira al domino Falcone, che s'el voleva saldare li concordati 
fra prefato papa et Soa Maesta, secondo che gleli haveva facto 
dare in scripto, che gli saldassi, et andassisi con Dio-, et s' el 
non li voleva saldare, che pure el sene andassi, che per niente 
non voleva ch' elo stessi piu di qua. 

Venne el di sequente ad Ambuosa predicto domino Falcone, et 
per mezo di prefati cardinale et vescovo di Verdun, si condusse 
a la presentia di prefata Maesta, dove si trovo essere Alberto, 
lo quale verso messer Falcone comincio a fare condoglienza gran- 
dissima de li facti del papa, dicendoli formalmente le parole che 
Soa Sanctita haveva usate secondo la continentia dele lettere de 
Piero Arcangelo, non nominando pero mai da chi l' havesse taie 
adviso, etvolendo excusare predicto messer Falcone Soa Sanctita, 
con dire che per niente crederia che ne era da credere ch 1 el 
havesse usate taie parole, la detta Soa Maesta in su la voce, e 
dice che era verissimo, e che sene atteneva a li effecti, che mai 
haveva possuto havere da Soa Santita uno a piacere lungo uno 
dito-, immo in ogni cosa, se le era mostrata inimica et governa- 
tasi con si asprissimamente; concludendoli corne di sopra e dicto, 
che s 1 el voleva saldare li concordati nel modo ch'el la glele 
haveva facto dire in scripto, che li saldassi et andassissene; 
quando che no, che pure el sene andassi, che bene li provederia 
Soa Maesta; agiugnendoli ch 7 el tutto saria niente, se gia esso 
papa non se disponesse de vivere con Vostra Excellentia amore- 

IV %% 



' J 



338 LETTRES DE LOUIS XI. 

volmente et amichevolmente et havere lo stato et le cose vostre 
in protectione senza darli, ad peticione de Venetiani o de al tri, 
alcuno disturbio o disfavore, certifîcando Soa Sanctita che tutti 
li modi et vie ch' ela servasse verso Yostra Gelsitudine et verso 
vostro stato, 'la le attribuiria ad Soa Maesta et suo stato, per che 
eravano una cosa medesima -, et in questo transcorso La Maesta 
Soa disse non guardi el papa ad parole del duca Johanne, che 
se becano el cervello in havere el capo aile cose de Italia, et crede 
potria fare miracoli per mezo di Vinitiani , con li quali tene pratica, 
et tene pratica col papa aachora che ad bel pacto chi non vuole 
che li manchi faccende entri in pratica col duca Johanne. Ello 
ha pur el capo al reame de Napoli, ed e tanto apto a farse 
signore de quello reame, como nui del paradiso, dicendo în 
ultimo Soa Maesta : « Prefato duca Johanne ne e parente, et lo 
havimo adjuto, et adjutaremo a l'impresa de Barcelona; ma 
quando el cercassi per modo et via niuna de fare cosa alcuna 
contra el duca di Milano et suo stato, noi vorressimo piu tosto 
ch' el fusse di la da mare, che sopportarglelo juxta el potere 
nostro, et saressemoli elmaggiore inimico ch'elo havesse al 
mondo. » Et queste, Illustrissime signor mio, io certiâcato che 
f urono tutte formali parole de Sua Maesta, et con questa conclu- 
sione fo spagiato D. Falcone et licentiato; quale lui non ha 
voluto saldare al tri menti, ma li porta al papa a cio che lui sia 
quello che li saldi, corne li pare : partirassi, per quanto dice, 
fra tre o quatro di. 

Queste pratiche et concordati manegiati per messer Falcone 
predicto, per quanto intendo, solummodo sono cose pertinenti a 
beneficii et décime del reame di Francia, et non altrimenti facti 
di stato. Bene e vero, per quanto me dice Alberto, che mai non 
sene e allargato con mi, se non ad esso che La Maesta del Jte 
ordino, gia più di sono, ad D. Falcone che scrivesse al papa, 
volentieri La Maesta Soa haveria inlelligentia et bona intrinse- 
cheza con Soa Santita, quando li piacesse, ma non perche Soa 
Maesta havesse il capo aile cose de Italia, como esso papa vuol 
interpretare, o dare ad intendere ad altri, ma più tosto per iodurre 
con questo dulce modo esso papa alli propositi suoi circa el facto 
de décime et beneficii del reame, et de fare cardinale el vescovo 
de Verdun, et altre sue cose particulari. 



LETTRES DE LOUIS XI. 339 

Io, Signore, corne Vostra Excellentia puo comprehendere, non 
havendo niuno adito ne modo ad parlare ad Soa Maesta, ne de 
pralicare dove lei sia, ne dove se rasona de cose che vagliano, 
posso maie conjecturare li penseri et fantasie de La Maesta Soa, 
ne se ella ha el capo aile cose de Italia, o ad niuna altra cosa. 
Ben ve dico per el parère mio, che credo che Soa Maesta habia 
tanto ad pensare aile cose de Franza, che se li scordono quelle de 
Italia, et tutte le altre, et credo veramente che quando La Maesta 
Soa li havesse el capo, che 1' primo ad chi lo faria intendere el 
dessegno suo in Italia saria La Vostra Excellentia, perche de 
inanci a Gristo in confessione non saperia se non dire che Soa 
Maesta cordialmente ama La Signoria Vostra, et £st uno re de 
Franza fondamento in essa, et senza alcuno simulacione dimons- 
tra havere quella cura et gelosia de Vostra Excellentia et vostro 
stato che de Soa Maesta et suo stato proprio, che non posso pero 
dire altramente se ben ela me fa si bruto viso, quando 'la me vede, 
che comprendo che e pero altro, senon die quando li piace che 
homo de Vostra Excellentia, ne de niuno altro signore, la stia 
appresso ; et qualche volta saria meglio, quando se li oppore 
che non sià se non per nuocere essendo sdegnosa et tenera La 
Maesta Soa piu che uno verco como mai. Io per mi ne vivo dis- 
perato; et veramente non altro che questo dispiacere me ha pro- 
ducto da sei di in qua la febre adosso, che m' e durata quatro di 
continui; et cessata, me ha lassato uno poco de dolore colico et 
lo stomaco debole et lasso, che dubito non havere ad fare per 
parecchi di, et non dubito che se io havesse ad stare qua pur 
quatro mesi ad questo modo, non mutando el re costume con 
mi, che io haveria fatica ad tornare in Italia con la vita. Spero 
in la bona gratia di Vostra Excellentia che li provedera. 

De li inbasciatori del lllustrissimo Signor duca di Borgogna 
li dui, cio e Monsignore de Gresti Mignoneet el protonotario de 
Grogni 1 gia tre di passati sono partiti, et vanno in Bertagna dal 
duca di Beri, insieme col primo présidente di Parigi, inbaseia- 
tore di questo Gristianissimo signore re, per vedere de adaptare 
le cose di prefato duca de Beri con la Maesta del re et di con- 
durlo da Soa Maesta. L' altro, cio e monsignore de Gémi, e res- 

1. Sic pour Glugny. 



340 LETTRES DE LOUIS XI. 

tato presso a prefata Maesta, et intendesi ch* el non parte solum- 
modo per che le cose di Pbilippo Honsignore non hanno possuto 
pigliare forma, che hanno domandato essi inbasciatori a La 
Maesta del Re, per ristoro de danni facti in Borgo in Bressa a 
questa guerra, piu che seicento mila ducati d'oro, che ha havuto 
Soa Maesta a dare délia testa nel muro, et ha detto parole mor- 
tali ; et che non daria uno grosso a dicto Philippo, dicendo in 
publico consilio, ch' ela haveva ancoro x m ducati da piatire con 
esso Philippo, quando bisognassi. Dicesi pure poi per alcuni, 
che non ne ho molta chiareza, che Soa Maesta se e reducta a 
volerli dare cento mila franchi, che sono circa sessanta sei mila 
seicenti ducati d'oro; ma che non ha voluto concludere la cosa 
altrimenti esso inbasciatore, flno che non ha advisato de] tutto 
el duca di Borgogna el habia risposto di quanto lo ha a fare cir- 
cha cio, et cosi se aspecta dicta risposta. 

Ha mandato prefata Maesta da dui di in qua molto in furia 
domino Baldo, suo secretario, dal prefato duca di Borgogna; 
stimasi per pregare et confortare Soa Signoria a non la pigliare 
si calda per Philippo predicto : videbimus che ne seguira. 

Questa mattina e partita La Maesta del Re de Ambuosa, et 
inviatasi verso Angieri, et chi dice ch' ela non passara Angiert, 
et chi ch 1 ela andara pure al Monte Santo Micele. Stimasi 
pero per li piu che questa andata in quelle parti sia per aproxi- 
marsi in Bertagna, per vedere de abocharsi col duca di Beri et 
duca di Bertagna, et de essere Essa Maesta Soa personaliter 
quella che aponti questo facto fra lei et fratello, corne la fece col 
duca di Borgogna . Ghe Dio la conducha bene ! Io so venuto qui 
a Torsi, dove staro dui o tre di, per vedere de ridurmi uno poco 
in migliore assetto che non sono. Di poi, piacendo a Dio, andaro 
a'trovare prefata Maesta dov'ela,sara; et de quanto seguira mi 
sforzaro tenere advisata La Gelsitudine Vostra. 

El duca Giohanni parti di qua, corne per altra mia scripsi a 
Vostra Excellentia, a li xxm del passato ; et vassene in Catalogua. 
E soprastato a Burges in Beri a fare la Pasqua; parti a lunedi 
di Pasqua, et segue el cammino suo. 

D. Piero de Pontis non si trova qui in calendario, ne chi lo 
vidissi mai nominare; D. Piero de Portis si; et questo, credo, 
che habia voluto dire La Vostra Excellentia ; el quale intendo 



LETTRES DE LOUIS XI. 341 

che e a Parigi ; non mi pare ch' el sia tempo adesso de andare 
a trovarlo. Indugiero a uno altro tempo più comodo, et pos- 
sendo andaro a trovarlo , et sforzarommi fare con lui quanto 
Yostra Excellentia me ha scripto. 

Rimando a La Gelsitudine Vostra per Antonio da Rosa, suo 
cavallaro, che e persona discreta, le lettere et copie ch 1 Ela mi 
mando questi di passati. 

El vescovo di Yalenza questa mattina e parti to, et va inbascia- 
tore di questo Cristianissimo signore Re a la duchessa di Savoia, 
stimasi per pratica di intelligentia. Pure Yostra Excellentia 
havera inteso per le altre mie, quanto La Maesta del Re mi ris- 
pose circha questa parte di dicta pratica; non so mo se havessi 
mutato proposito Soa Maesta. Staro attento a quanto sequira, 
et del tutto mi sforzero tenere advisata La Excellentia Yostra, 
a la cui bona gratia humilmente mi racomando. Ex Turono, 
die Yiaprilis -U69. 

Ejusdem Illustrissime et Excellentissime Dominationis Yestre 

servulus et famulus. 

Sfortia de Bettinis. 

lllustrissimo princîpi et excellentissimo domino, domino meo 
singularissimo, domino duci Mediolani, etc. 



IL 



SFORZA DE BETTIMIS AU DUC DE MILAN. 

Tours, 20 avril 1469. 

(Bibl. nat., Fonds ital. 1649. Copie de M. Sickel, fol. 238.) 

lllustrissimo et excellentissimo signor mio, ultimamente per 
dui mie de vi del présente per Antonio dicto Rosa, cavallaro 
di Yostra Excellentia, quella resto advisata de quanto per alhora 
accadeva, et corne La Maesta di questo Ghristianissimo signor 
Re se era inviata verso Angeri, per condursi a li conflni di Ber- 
tagna, per vedere di abocharsi con el duca di Beri, suo fratello, 
etc. E sequito poi, che inmediate che esso duca di Beri intese 
che prefata Maesta andava de verso luy, se retirô in dentro dui 
giornate in la Bassa Bertagna ; et chi dice, aflne di non haversi 



342 LETTRES DE LOUIS XI. 

per mente a bochare con prefata Maesta, perche non sine fida ; et 
chi etiam credendosi esso duca che La Maesta Soa, mosso da uno 
suo appetito, do vesse andare fino la do ve lo era per baverla meglio 
in le forze del duca di Bertagna, et possere disporre di essa quello 
li paresse. Corne si sia, non prese di questo abto? prefata Maesta 
niuno bono concepto, corne non era da pigliarne; et dubitando 
et de esso duca di Beri et duca de Bertagna, conductasi fino ad 
Angeri , si fermo li sansa passare piu innangi , dove e stata 
alcuni di a fare gran cera col re Renieri. Deinde sen' e ritornata, 
cbe non ieri l'altro giunse in Torsi, et hoggi parte et va ad 
Ambuosa, dove si stima stara qualche di, fino cbe sieno ritoraati 
li ambasciatori di Soa Maesta et quelli dell 1 Illustrissimo duca di 
Borgogna, che andarono da prefato duca di Beri, cbe si stima 
faranno si poco frutto, como li altri che si sono impacciati di 
tel cosa. El judicio di ciascuno si e che mai fra prefata Maesta 
et esso duca di Beri habbia essere vera amicitia ne bona frater- 
nita, ymo sempre ha a stare con l'arco teso Funo contro l'altro, 
et cosi se mette per fermo di mentre che vivono che le cose 
di Franza non se habiano mai ad repossare; et se non saramo 
in tutto in effetto di guerra, saltem sempre in sospicione gran- 
dissima Anderassene dappoy verso Burges prefata Maesta, per 
quanto se die non e dubio niuno cbe ne duca de Borgogna, ne 
duca Johanne, ne niuno signore di questo reame vorriano che 
prefato duca de Berri fosse in vera et bona intelligentia et fra- 
ternita con La Maesta del Re, parendoli che La Maesta Soa sia 
di taie natura, che quando' la non havesse ad dubitare et pos- 
sesse disponere de le cose del reame ad suo modo ch' ela faria 
in cose in un di, et faria ad tutti dieti sîgnori havere invidia a 
li mortî, et quantunche el duca Johanne se sia molto operatoin 
andare innante et indreto, demonstrando de volere condurre 
prefato'duca di Beri da La Maesta Sua, et mo ad questo mede- 
simo effecto li siano andati li ambassatori del duca de Borgogna, 
si tiene per fermo per ciascuno che in secreto prefato duca de 
Borgogna et duca Johanne habino facta et faciano opéra in con- 
trario. Credo bene che La Maesta del Re cognosca et intenda 
tutto, ma como prudentissima, non possendo fare altro ; dimos- 
tra de non sene accorgere. 
Dicesi che 1' duca di Beri mole andare de presenti dal duca 



LETTRES DE LOUIS XI. 343 

di Borgogna ; non se ne ha pero altra chiareza, et intendesi che 
esso duca di Beri tiene stretta pratica col Re di Spagna , per 
volere lorre una sua figliola per moglie. La Maesta del Re manda 
de présenta el cardinale de Albi per imbasciatore dal prefato re 
di Spagna, afine di fare opéra ch'el non segua dito parentado, et 
etiam per vedere di fare qualche intelligentia con si, perquanto 
se intende. 

El sinischalcho di Poyto e novamente ritornato, che viene da 
l'illustrissimo signor duca di Borgogna, done e stato circha duy 
mesi ; et essendomi io abochato con si per intendere qualche 
cosa di Philippo Monsignore, me ha dicto ch' elo ha benissimo 
addactati li facti di Vostra Gelsitudine, et ch' Ëla non ha da 
dubitare che 1' duca di Borgogna dia uno minimo adjuto, ne 
di genti, ne di denari, a prediclo Philippo per venire contro La 
Excellentia Vostra, et che a prefato duca et a Philippo, et dove 
li e accaduto, lo ha facto intendere chiaramente La Maesta del Re 
et Voâtra Excellentia essere una cosa medesima, et che non 
altrimenti ha a disporre Sua Maesta lo stato, la persona, et 
ogni sua faculta in adjuto et favore di Sua Maesta et suo stato 
proprio, et sia contro chi si yole. Et questo dice havere facto 
volentieri esso sinischalcho per el comandamento expresso ch' el 
ne haveva da La Maesta del Re, et etiam perch' elo e buon ser- 
vitore di Vostra Gelsitudine, et in ogni cosa si sforzaria di ser- 
virla non altrimenti che prefata Maesta. Ho lo summamente 
ringratiato per parte di Vostra Excellentia et offerto li quella 
grandemente corne si conviene. 

Dice esso sinischalcho che Philippo prediclo non resta pero 
de farsi gagliardo di parole con dire che omnino el vole venire 
a far guerra a L'Excellentia Vostra, et ch' elo ha adjuto et favore 
grandissimo et dal Imperatore et da Vinitiani, oltra ch'el 
menara con si vin m Borgognoni, quali li da pagati el duca di 
Borgogna, et che fara mirabilia ; et dice esso sinischalcho che 
s' el non e altrimente proveduto de adjuto et di favore dal 
Imperatore et da la Signoria di Venesia, ch' el sara dal duca di 
Borgogna, che Vostra Excellentia ne ha pero a dubitare, perche 
ha havuta grandissima fatica ad apuntare esso Philippo la pro- 
visione sua in vi m franchi l'anno, che sono mi m ducati con pre- 
fato duca di Borgogna, non tanto ch' el voglia spendere in servi tio 



^ 



344 LETTRES DE LOUIS XI. 

suo c o GG m ducati, et che in summa non e da haverne uno 
dubio al mondo. 

Predicto sinischalcho è uno homo degno et di gran reputa- 
tione et conditione apresso questo Gristianissimo signor Re; 
che veramente lo ama Sua Maesta sopra tutti gli altri e lo.... 
et consulta con si ogni suo secreto, et intutto si riposa in luy ; e 
homo da famé caso et da havere cara sua amicitia ; laudaria 
che Vostra Excellentia li scrivessi una buona letera, regrazian- 
dolo de la opéra facta et buone parole usate per Vostra Gelsitu- 
dine, offerendoseli corne meglio li parera, agiugnendoli ch' el 
me havessi per raccomandato , et che aile voile, quando me 
accade dire qualche cosa a La Maesta del Re per parte di Vostra 
Excellentia, che li piacesse darmi un poco di adito et de introito 
appresso Sua Maesta, ch' elo puo fare benissimo-, et non saria 
se non ben facto che La Illustrissima madonna duchessa, vos- 
tra consorte, medesimamente li scrivessi qualche cosa, pure 
raccomandandomeli, che in vero se dimostra molto affectionato 
et servitore di Sua Excellentia. 

Hieri achadendo mi bene a tempo, dissi a La Maesta del Re, 
corne Alberto me haveva dicto che à Sua Maesta pareva che 
Vostra Excellentia mandasse dal duca di Borgogna a ratificare 
la pace facta fra Sua Maesta et dicto duca, et che Vostra Excel- 
lentia era aparechiata a fare tanto quanto Sua Maesta ordinaria 
et comandaria, ma ch' ela haveria caro intendere da essa corne 
volesse esser facta dicta ratificatione, et in che modo Vostra Gel- 
situdine se havera a governare con prefato duca di Borgogna 
circha cio; rispose mi che veramente li pareva che omnino 
Vostra Excellentia mandasse, et quanto piu presto, meglio, da 
prefato duca a fare dicta ratificacîone, et che bastava solummodo 
dire corne Vostra Gelsitudine, corne colligato, amico et fratello 
di Sua Maesta, che cosi la ha nominata ne capitoli facti, et con- 
firma et ratifîca la pace facta fra La Maesta Sua et prefato duca 
di Borgogna, et che medesimamente Vostra Gelsitudine vole 
essere buono amico et fratello di Sua Excellentia, corne è La 
Maesta sua propria, et queste furomo le formali parole de La 
Maesta Sua : « Adapti mo la cosa La Excellentia Vostra, corne 
meglio li pare, pure ch' ela dica questo effecto. » Ricordoli ch' 
ela si degnassi commettere lo spacciamento del istromento di 



LETTRES DE LOUIS XI. 345 

Genova nel modo che Vostra Excellentia lo richiedeva; rispose 
mi che di bonissima voglia lo voleva fore; sollicitero quanto 
mi sia possibile ch' el si faccia. 

Veramente da che so di qua, Sua Maesta non me ascotto mai 
si riposata et dolcemente, quanto fece hieri con rispondermi 
humanissimamente, et farmi molto gratiosa cera ; che facendo 
cosi aile volte mi faria yivere sano et stare allegro : Dio la con- 
senti in questo buon proposito. 

D. Falcone parti questi di passati, spacciato nel modo che per 
altra mia scripsi a Vostra Celsitudine. Vassene alla via de Avi- 
gnone, dove pare dimorara alcuni di, deindi sene andara a 
Roma. 

El signor D. Alexandro ha mandato nuovamente qua uno 
corriero a posta, et scripto a La Maesta del Re una litera, per 
la quale solummodo prega La Maesta Sua a intercedere apresso 
a Vostra Excellentia, che li piaccia ritorsi in gratia Giovan 
Biancho da Cremona et rimetterlo a li servizii suoy per cance- 
lero corne era prima. Non fa mentione di niun altra cosa, et 
non ha anchora risposto niente La Maesta Sua circha cio. Pur 
credo com^iacera a prefato signore D. Alexandro di tal cosa, et 
scriveranne a TExcellentia Vestra, a laquale humilmente ini 
raccomando. Datum Turonis, die xx aprilis 4469. 

Ejusdem Illustrissime et Excellentissime Dominationis Vestre 
servitor et fa mu lus. 

Sfortia de Bettinis. 



III. 



SFORZA DE BETTW1S AU DUC DE MILAN. 

Goulonges-lès-Royaux, 28 septembre 1469. 

(Bibl. nat., Fonds ital. 1649. Copie de M. Sickel, fol. 244.) 

Illustrissimo et excellentissimo signore mio, per essere stato 
La Maysta del Re questi dui di passati molto rinchiusa et resse- 
rata con lo Illustrissimo signor duca di Ghienna, suo fratello, 
et maie sene possuto havere copia di vederla, non che di par- 
larli, non ho possuto altrimenti ricordare la risposta a Sua 



/ 



346 LETTRES DE LOUIS XI. 

Maysta di quanto li ho dicto per parte di Vostra Exoelientia. 
Parle mo prefato Illustrissimo signor duca et tornasene in 
Ghienna a dare ordine a le cose sue, corne per questa altra mia 
inlende Vostra "Excellentia, et fra dui mesi al piu lardi ritornara 
da la Maysta del Re. Parte medesimamente questa mattina pre- 
fata Maysta, et vassene verso le terre del re Renier i. Haveropiu 
commodita, mo ch' el duca di Ghienna e partito, di sollicitare 
dicta risposta, a la quale non perdero uno aptimo di tempo con 
questo piu dolce et miglior modo che mi sara possibile. Non ho 
voluto piu sopralenere questa altra mia alligata per non tenere 
tanto in sospeso La Excellentia Vostra, et perch' Ëla possa meglio 
judicare como governarse nel facto del duca de Borgogna. Man- 
doglila per Monferra, araldo dell' Illustrissimo Signor marchese 
de Monferra, quale e fldatissimo, et so certo fara piu diligenter 
che non faria questo suo cavallaro, che e stato xxii di a venire 
con queste ultime di Vostra Excellentia, giunte da mi a li xxnn 
del présente, et da quello di in qua fra digiferare le littere di 
quella, exporre a La Maysta del Re el tutto, sollicitare risposta, 
et scriverli queste mie, seben che non ho perso uno aptimo di 
tempo (et questo dico perche Vostra Gelsitudine mi scrive per 
dicte sue, che al mancho a li xx di questo 'la ne habia risposta), 
non se e possuto piu, ne se li è manchato dal canto mio, corne 
Vostra Excellentia intende. Immédiate che habia havuto ris- 
posta de La Maysta del Re, con essa spacciero questo predicto 
suo cavallaro. 

Predicto Monferra venne di qua circha tre mesi passati per 
pratica di mariagio per lo Illustrissimo signor marchese ; tor- 
nosene mo e vegnira da Vostra Excellentia per farseli cognoscere 
per servitore, che veramente la certiflco, che li è affectionatis- 
simo et gran partisano, ne si puo satiare de exaltare la foroa et 
gloria di Vostra Gelsitudine, dove si ritrova. E homo da bene, 
saputo et pratico, et per uno pari suo intende si bene queste 
cose di Francia, quanto altro che io habia praticato da che so 
di qua. Gonforto et prego La Excellentia Vostra a vederlo volen- 
tieri, et ascoltarlo et farli buona cera, che non puo se non gio- 
vare. Intendera La Excellentia Vostra da esso Monferra uno certo 
ordine, che si ragiona qua, chi e novamente facto fra prefata 
Maysta et el duca de Ghienna, nel quale per de principal! e 



LETTRE8 DE LOUIS XI. 347 

nominata Vostra Gelsitudine. Non intendo anchora la cosa ben 
chiara et vera, et per questo non la veriflco altramente; quando 
el sara cosi che non ne dubito, per le grande amore et affectione 
che in ogni cosa mostra portare prefata Maysta à Vostra Gelsi- 
tudine, non deveria passare troppi di che La Maysta Sua me la 
fara intendere, a cio che io ne advisi Vostra Excellentia; sta- 
rolli intento, et immédiate intesa la verita de la cosa, ne sara 
advisata. Io vi dico questa cosa, cosi a cavallo a cavallo, perche 
esso Monferra parte per venirsene via; et noi siamo a cavallo 
perandare al cammino nostro verso Angieri, et perche esso 
Monferra, qualebenissimo intende questa maleria, chiaramente 
ne fara intendere el tutto ail 1 Excellentia Vostra, a laquale 
humilmente me racommando. Ex Golongio, die xxvm septem- 
bris 4469. 
Ejusdem Illustrissime et Excellentissime Dominationis Vestre 

humilis servulus. 

Sfoatia de Bettinis. 

IV. 

LE PRINCE DE VIA NE A LOUIS XI (Y.). 

Châtillon, 24 octobre 1469. 

Envoi de Gorbairan pour se justifier des accusations portées contre 
lui. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20485, fol. 39.) 

Mon très redoubté et souverain seigneur, le plus humblement 
que je puis me recommande à vostre bonne grâce. Et vous plaise 
savoir, mon très redoubté et souverain seigneur, que pour ce 
que j'ay esté informé que aucun ou aucuns m'ont voulu charger 
devers vous d'aucunes choses, parlant à vostre honneur et révé- 
rence, franchement el mauvaisement controuvées, je envoyé 
par devers vous monseigneur Gorbairan, seigneur de la Roche, 
pour vous supplier et requérir touchant la dicte menterie. Je 
vous supplie très humblement qu'il vous plaise le oyr et croire 
comme de vostre bonne grâce vous plairoit faire à moy, se je 
y estoie présent, sur ce quMl vous dira de par moy pour ma 
descharge, et estre content que je me treuve tel que je suis et 
ay délibéré d'estre vostre bon et loyal serviteur. Mon très 



348 LETTRE8 DE L0DI8 XI. 

redoubté et souverain seigneur, je vous supplie très humble- 
ment que il vous plaise m'avoir en vostre bonne grâce et moy 
mander voz bons plaisirs pour les accomplir de très bon eueur 
à mon povoir. Si je prie Nostre Seigneur qu'il vous donne bonne 
vie et longue. Escript à Chastillon, le xiun"* jour d'octobre. 
Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur. — 
Gaston. — Et estait escript à la suscripiion de eesdictes lettres : 
Au roy, mon très redoubté et souverain seigneur. 

Coppie (Tunes lettres escriptes au roy par monseigneur le 
prince de Vienne. 

V. 

LE DOC Dl BOURBON AU DUC DE BOURGOGNE (?.). 

Montils-lès-Tours, 15 novembre 4469. 

Réception de la lettre du doc; intention du roi de ménager une 
conférence pour régler les difficultés pendantes entre le dnc de 
Bourbon et Philippe de Savoie; prière au duc d'y envoyer des 
représentants, et démenti de toute intention de guerre qu'on 
pourrait lui prêter contre Philippe de Savoie. — (Orig. Bibl. 
nat., coll. Moreau, 1426, n° 175.) 

Mon très honoré seigneur, frère et cousin, je me recommande 
à vous, tant et de si bon cuer comme je puis. Et vous plaise 
savoir, mon très honoré seigneur, frère et cousin, que j'ay receu 
les lettres que vous a pieu m'escripre par Jehan d'Arson, vostre 
serviteur, porteur de cestes, faisans mémoire comme vousenvoiez 
devers monseigneur le roy et moy ledit Jehan d'Arson, avec 
messire Jehan Joiart, chef de vostre conseil et président de vostre 
parlement de Bourgoingne, pour entreprendre journée à beson- 
gner amiablement à la pacification de certains debatz et ques- 
tions, estans entre mon cousin Phelippe de Savoie et moy, à cause 
du pais de Bresse. Mondit seigneur le roy a sur ce pas renvoie 
ledit d'Arson et n'a pas voulu qu'il ait atendu ledit président, 
pour ce que, de mon consentement, il a ordonné journée pour 
traictier amiablement en ceste matière, qui est entreprinse huit 
jours après Pasques prochaines. Et s'il vous plaisoit envoier à 
ladicte journée aucuns de par vous pour ouyr desdiz debatz, la 



LETTRES DE LOUIS XL 349 

chose n'en pourrait que mieulx valoir d'un costé ne d'autre. Et 
au regard de ce que m'escrivez que aucuns vous ont raporté que 
j'avoie volenlé de procéder à rencontre de mondit cousin sur 
ceste matière par voie de guerre et de fait, je vous asseure, mon 
frère, que je n'y pensé oncques, ne n'euz volenté de le faire, ne 
mondit seigneur le roy ne m'en parla jamais. Je le vous escris 
volentiers, afin que vous n'y aiez nulle mauvaise ymaginacion. 
Mon très honoré seigneur, frère et cousin, mandez et commen- 
dez moy vos bons plaisirs pour les acomplir de tout mon povoir, 
aidant Nostre Seigneur qui vous ait en sa saincte garde. Escript 
auxMotis (sic) lez Tours, le xv e jour de novembre M CCCG LXIX. 

Vostre humble frère et cousin, 

Jehan. 

A mon très honoré seigneur, frère et cousin le duc de Bour- 
goingne, de Lotrich, de Brabant, etc. 



VI. 



JEAN BOURRÉ A LOUIS XI (V.). 

Honfleur, 29 juin 1470. 

Retard mis par lo comte de Warwick à son embarquement ; réso- 
lution de Bourré de ne lui fournir aucun subside auparavant ; 
son désir de savoir où il doit aller attendre ce qu'il adviendra 
de cette affaire. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20489, fol. 23.) 

Sire, je me recommande si très humblement que je puis à 
vostre bonne grâce. Sire, monseigneur l'amiral vous escript et 
envoyé des nouvelles qui lui ont esté mandées. Et à ce que je 
puis entendre, tant par les dictes nouvelles, comme par ce que 
messire de Varvhic veult son fait estre asseuré avec la royne 
Marguerite, et le mariage fait de présence avec sa fille avant que 
partir, je ne voy pas que monseigneur de Glerence, ne lui, soient 
si tost prestz pour aller en Angleterre, comme l'entendiez. Pour 
ce, sire, mandez moy, s'il vous plaist, comme je me doy gou- 
verner touchant l'argent; car comme hier vous escripvy, je ne 
suis pas délibéré d'en rien bailler, sinon quant je verre qu'ilz 



350 LETTRES DE LOUIS XI. 

seront pour monter en leur navire; aussi vous le m'avez ainsi 
commandé. Et si la chose prenoit long train, mandez moy, se 
vous voulez que me relire devers vous, ou à Chartres, où n'a 
que deux journées d'icy, ou à Paris, où semblablement n'en a 
que deux, ou se vous voulez que j'actende ycy avec ledit argent ; 
car je feré ce qu'il vous play ra me commander, à i'ayde de Dieu, 
auquel je prie, sire, qu'il vous doint très bonne vie et longue, et 
tout ce que desirez. Escript à Honnefleu, le xxix* jour de juing. 
Vostre très humble et très obéissant subgiet et serviteur, 

Bouaatf. 

Il est aujourd'hui parti une partie du navire des Anglois 
pour aller à Barfleu; demain doit partir le demourant, et mon- 
seigneur l'amyral s'en yra après pour donner provision à tout, 
et sentira de l'entencion de mesdiz seigneurs de Glerence et de 
Varvhic touchant leurdicte allée. Il n'a pas semblé que je doye 
aller plus près d'eulx, tant qu'ilz soient prestz, pour obvier 
aux requestes qu'ilz. feroient d'avoir argent; car, ainsi que je 
vous escripvy hier, que les vouldriez croyre, il seroit tout des- 
pendu sans nul proufQt avant que estre prestz, et puis seriez à 
recommancer. 

VII. 

LE COMTE D'EU A LOUIS XI (o.). 

Eu, 43 juillet 1470. 

Convocation des troupes bourguignonnes par leur duc. — (Orig. 

Bibl. nat., Fr. 2811, fol. 105.) 

Mon très redoubté et souverain seigneur, je me recommande 
à vostre bonne grâce tant et si humblement comme plus faire 
puis. Et pour ce, mon très redoubté et souverain seigneur, que 
je sçay que desirez oir des nouvelles de par deçà, plaise vous 
savoir que quant l'armée par mer de monseigneur de Bour- 
gongne c'est retraicte, le seigneur de Causer? s'en est aie tout 
droit devers mondit seigneur de Bourgongne, auquel icellui 
monseigneur de Bourgongne c'est très amèrement courroucé, et 
l'a renvoyé hastivement à son navire, lequel il faitravitaillierde 
nouvel. Et jeudi derrenier passé, fit crier à Abbeville et en plu- 



V 



LETTRES DE LOUIS XI. 354 

sieurs autres lieux en ses pais, que toutes ses gens se meissent 
sur les champs en armes, le xxu e jour de ce présent mois, et 
qu'ilz apportent avecq eulx telz basions et harnoiz, dont ils se 
youldroient deffendre; et qui aura pavillons ne tantes les appor- 
tent avecq eulx ; car son entencion est de tenir les champs ; mais 
encores ne scet on au vray où il veult aler. J'ay tant fait que 
j'ay eue la coppie d'un mandement qu'il a fait publier, tant audit 
Abbeville que ailleurs, laquelle je vous envoyé par ce porteur; 
et se plus tost l'eusse peu recouvrer, plus tost la vous eusse 
envoyé. J'ay aujourd'ui envoyé deux hommes bien avant au 
pais pour savoir et enquérir de toutes nouvelles, et aussitost 
qu'en sauray aucunes, les vous feray savoir à toute diligence, 
aydant le benoist fils de Dieu, qui, mon très redoubté et souve- 
rain seigneur, vous doint bonne vie et longue et accomplisse- 
ment de voz très haulx et nobles désirs. 
Escript à Eu, le xin* jour de juillet. 

Le roy Edouart a puis nagueres envoyé à Galaiz deux cens 
archers pour y estre en garnison ; mais ceulx qui y estoient les 
ont mis dehors, disans qu'ilz n'y entreroient ja, se ilz n'estoient 
paiez premièrement de leurs gaiges, dont monseigneur de Bour- 
gongne c'est très fort courroucé. 

Vostre très humble et très obéissant le conte de Eu, 

Charles. 
Au roy mon très redoubté et souverain seigneur. 

VIII. 

l'amiral a LOUIS XI. 

« 

Roye, 26 février 1471. 

Réception d'une lettre du grand maître, qui a également écrit au 
roi; départ de l'amiral pour Amiens le lendemain avec son 
artillerie en prévision d'un siège; prière d'envoyer à Roye Pierre 
Aubert et le prévôt de Paris; ordre donné à Galéas, qui n'a 
« point peu passer, » de rester à Roye avec ses gens ; nécessité 
de ne pas regarder à la dépense. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 15537, 
fol. 124.) 

Sire, à oeste heure ay reçeu unes lettres que monseigneur le 



352 LETTRES DE LOUIS XI. 

grant maistre m'a eacriptes, et aussi il vous en rescript unes, 
lesquelles j'ay veu et sont semblables eu substance ; et se tous 
ne me contremandez, je suis délibéré de partir demain dès l'aube 
du jour, et menray mon artillerie quant et moy ; car s'il met 
siège, elle me servira plus que mil hommes. 

Mandez incontinent au prevost de Paris et à Pierre Aubert 
qu'ilz envoyent icy des gens, car il n'y auroit point assez gens 
de deux cens francs archiers, et ne la fault point maintenant 
perdre quant elle est reparée, et quant elle sera parachevée, ce 
sera une des belles places du pays. Sire, plaise vous en toute 
dilligence me mander ce qu'il vous plaira que je face. Sire, je 
prie à Dieu qu'il vous doint très bonne vie et longue. Escript à 
Roye, ce mardi matin, xxvi* jour de février. 

Messire Galeaz n'est point peu passer, et pour ce je le met- 
tray en ceste ville, et partiray à deux heures après midy, car je 
ne vouldroie point que Amiens fust perdu comme Piquigny. 

Sire, il n'est pas à ceste heure temps d'espargner argent, et 
pour ce plaise vous m'envoyer de l'argent pour entretenir les 
nobles et francs archiers qui sont à Amiens, car de mon costé, 
si j'avoye tout l'or du monde, je l'y mettroye. 

Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur, 

L'ADunuL. 
Au roy mon souverain seigneur. 



IX. 



Tours, 10 août 1471 (D.). 

« Instruction à part à monseigneur du Boschaige touchant les 
matières pour lesquelles il va devers monseigneur de Guyenne. » 
— (Orig. Bibl. nat., Fr. 2902, fol. 1.) 

Premièrement parlera à monseigneur d'Angiers, luy baillera 
les lettres que le roy escript, et luy dira que le roy est très 
content de ce qu'il lui a fait savoir par Henryet de Gourliectes 
touchant les matières pour lesquelles le roy Pavoit envoyé 
devers luy. 

Item saura avec mondit seigneur d'Angiers se les matières 
sont en telle disposition que ledit monseigneur du Bouschaige 



LETTRES DE LOUIS XI. 353 

en paisse bien parler à mondit seigneur de Guyenne, sans que 
par ce il en soit pys à mondit seigneur d'Angiers; car se il luy 
en devoit estre de pys, le roy ne vouldroit point qu'on en parlast. 

Item. Et se mondit seigneur d'Angiers dit qu'on en peut 
bien parler à mondit seigneur de Guyenne, ledit mons r du Bous- 
chaige luy en parlera en la manière qui sera advisée par mon- 
dit seigneur d'Angiers et par mondit seigneur du Bouschaige. 

Item. Et premièrement sur le point de l'evesque de Montau- 
ban, qu'on dit avoir esté envoyé à Romme par mondit seigneur 
pour obtenir dispense du mariaige, sur quoy mondit seigneur a 
dit qu'il n'y a point envoyé, et mon dit seigneur du Bouschaige 
dira à mon dit seigneur qu'il a esté rapporté au roy, pour vérité, 
qu'il y a envoyé le dit de Montauban ou autre. Toutesfoiz quant 
il plaira à mon dit seigneur renoncier à toutes dispenses de 
notre Saint Père ou d'autres choses quelconques, obtenues ou à 
obtenir au contraire du serement fait, selon que plus à plain est 
contenu es autres instructions, il monstrera clerement qu'il n'y 
a point envoyé 4 , et, quelque chose qui en soit, ostera toute 
yrtiaginacion que le roy y pourroit avoir. Aussi, quant il ne 
vouldroit faire la dicte renonciacion, ce seroit donner quelque 
presumpcion qu'il auroit envoyé ou voulenté d'envoyer quérir 
ladite dispense. 

Item. Et en tant que touche ce qu'on dit que mondit seigneur 
a envoyé l'evesque de Terbe devers le duc de Bretaigne, par 
lequel il a fait offrir de rendre à mon dit seigneur d'Armaignac 
ses terres et de le faire retourner, sur quoy mondit seigneur a 
dit qu'il n'y a point envoyé le dit evesque de Terbe, mais que 
monseigneur de Foix luy a envoyé pour autres matières, ledit 
monseigneur du Bouschaige sentira le plus qu'il pourra se ledit 
evesque de Terbe y est allé de par mondit seigneur, s'il a point 
porté lettres de luy, et quelle charge il a eu. 

Item. Et comme de soy, ledit monseigneur du Bouschaige 

1. Ce « serement, fait selon que plus a plain est contenu es autres 
instructions, » se trouve dans Lenglet, III, 160. Et, quoique ces 
instructions, adressées aussi au seigneur du Bouchage, portent 
la même date que celles ci-dessus, elles en diffèrent essentiel- 
lement. 

iv 23 



354 LETTRES DE LOUIS XI. 

romonstrera à mon dit seigneur que ce serait chose bien dure à 
croire au roy que mondit seigneur voulsit rebailler les terres 
de mondit seigneur d'Armaignac, auquel le roy, pour plusieurs 
grans cas qu'il a commys, les a ostées par délibération de son 
conseil, et mesmes par l'oppinion de mondit seigneur, et les a 
libéralement données à mondit seigneur. Et quant mondit sei- 
gneur le ferait il rétorquerait contre le roy le don et libéralité 
que le roy luy a faicte. Aussi serait grant foule à l'auctorité du 
roy et de sa justice, et luy succiter et mettre en auctorité contre 
luy ung crimineulx, rebelle et desobeissans, dont grans cedicions, 
rebellions et autres mauli et dommaiges pourroyent advenir, 
et, à proprement parler, mondit seigneur ne le peut licitement 
et raisonnablement faire. 

Item. Et à ce qu'on a rapporté au roy que mondit seigneur a 
voulu fortraire monseigneur de Calabre, monseigneur de Beau- 
jeu et autres serviteurs du roy, sur quoy mondit seigneur res- 
pond qu'on ne trouvera point qu'il soit venu de luy, ne qu'il le 
ait fait, et que se aucuns de ses gens ont eu des communica- 
tions à aucuns des serviteurs du roy, que ce n'a point esté du 
commandement de mondit seigneur ne de son sceu, ledit mon- 
seigneur du Bouschaige pourra dire à mondit seigneur que ces 
voyes ne doyvent point estre entre le roy et luy, car d'eulx ne 
doit estre que une mesme chose, et ferait bien mondit seigneur 
quant il pugniroit ceulx de ses gens qui l'auroyent fait et voulu 
faire, affin que doresenavant ilz ne se y osassent plus essayer. 

Item. Et quant l'omme qu'on dit que mondit seigneur a 
envoyé devers madame de Savoye pour î'ennorter qu'elle ne se 
voulsist point declairer pour le roy, ne le secourir contre mons r de 
Bourgongne, sur quoy mondit seigneur respond qu'il n'y a point 
envoyé, et que le dit homme dès pieca n'est point à luy, ledit 
mons r du Bouschaige luy dira que véritablement Phelippe de 
Savoye a fait savoir au roy que mondit seigneur y avoit envoyé 
ledit homme, et pour la cause dessusdicte, laquelle chose le roy 
ne pourrait croire, veu l'amour qu'il a monstre à mondit sei- 
gneur, et les grans seremens et promesses qu'il a faiz de jamais 
directement ou indirectement ne pourchacer chose qui soit ou 
préjudice et dommaige du roy ne du royaume ; mais quant il 
plaira à mons r faire les renonciations de jamais obtenir dispense 



LETTRES DE LOUIS XI. 355 

touchant ledit mariai ge de Bourgongne, et aussi renoncier à toutes 
celles qu'il pourrait avoir obtenues ou obtenir pour le temps 
advenir, toutes telles ymaginacions et suspicions cesseront; car 
en ce faisant, mondit seigneur monstrera clerement qu'il vueilt 
tenir, garder et acomplir toutes les choses qu'il a jurées et pro- 
mises au roy, et sera l'amour d'entr'eulx plus parfaicte et plus 
joincte et lyée indissolublement que jamais; et sur ce doit bien 
mondit seigneur considérer que le roy vueilt faire pareille renon- 
ciation et en pareille forme, touchant les choses qu'il a jurées à 
mondit seigneur, que celle qu'il luy requiert. 

Fait à Tours, le x e jour d'aoust l'an mil GCCC soixante et onze. 

Lots. 

Bourré. 

X. 

OLIVIER LE ROUX A LOUIS XI (d.). 

Saint-Sever, 11 août 1471. 

Son arrivée à Mont-de-Marsan vers le duc de Guienne; approba- 
tion donnée par celui-ci à l'envoi par le roi d'une ambassade 
en Angleterre; instructions données par le duc à Avendaignon 
« touchant Espaigne », dans le même sens que celles d'Olivier 
Le Roux; plaintes du comte de Foix contre le roi; conseil à lui 
donné par ledit Le Roux d'envoyer à Louis XI quelqu'un chargé 
de ses explications ; promesse du comte de le faire ; réception 
par le duc de Guyenne d'envoyés bretons et échange de « scel- 
lés ; » découverte faite par Olivier dans la chambre occupée aupa- 
ravant par Henri Millet, l'un des dits envoyés, de fragments d'une 
lettre suspecte ; conversation dudit Le Roux avec Avendaignon 
au sujet du voyage de l'évêque de Montauban à Rome; arrivée 
de Paillard d'Urfé à Mont-de-Marsan; ses fréquentes entrevues 
avec l'évoque d'Aire. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2909, fol. 7.) 

Sire, je me recommande à vostre bonne grâce si très hum- 
blement que je puis; et vous plaise savoir, sire, que mercredi 
derrenier , vn e jour de ce moys, arrivé devers monseigneur vostre 
frère au Mont-de-Marsent, lui présenté voz lettres, et dis qu'il 
vous avoit pieu me commander, selon le mémoire qui fut 



356 LETTRES DE LOUIS XI. 

escript ou parc des Montilz. Au regard des nouvelles d'Angle- 
terre et de la délibération que aviez prinse d'envoyer en Angle- 
terre pour traicter les matières ouvertes par le confesseur, il 
semble à mon dit seigneur vostre frère que vous avez très bien 
fait. Et quant aux autres points, il m'a dit que bien brief il 
envoyra devers vous, et que sur iceulx il vous fera responce. 

Touchant Espaigne, je luy ay monstre les instructions que 
de par vous je porte par delà, lesquelles lui ont semblé bien, 
et sont celles qu'il a baillé à Avendaigno de mesme effect. 

Sire, en ensuivant ce qu'il vous a pieu m'escripre après mon 
partement de Tours, j'ay parlé à monseigneur de Foix qui a esté 
très fort mal disposé, mais il revient en reconvalescence. Il a 
parlé à moy franchement, et n'y avoit personne présent, en se 
plaignant des termes que luy aviez tenuz et promesses que lui 
aviez faictes. Après qu'il a eu tout dit, je luy ay conseillé qu'il 
envoyast devers vous ung de ses gens, et que je ne faisoye nulle 
doubte que s'il se vouloit délibérer de vous servir et bien vous 
asseurer, que vous ne le feissiez appoincter de sa pension. Sur 
ce, il me respondit que ce jour devoit arriver monseigneur de 
Nerbonne, son filz, lequel il vouloit oyr parler, et aussi penser 
à ceste matière. 

Le lendemain, je retourné devers luy, et me dist plusieurs 
choses, entre autres que par mondit seigneur de Nerbonne lui 
aviez fait présenter xi m francs de pension, moyennant qu'il 
allast devers vous, ou xu m francs en demourant de par deçà. 
En effect, sire, tout ce que j'ay peu avoir de lui, si est que il 
envoyera prochainement devers vous ung de ses serviteurs, 
auquel il donnera charge de vous parler de ses affaires, et que, 
si vous le traictiez bien, il vous fera un grant service, et plus 
que autre de vostre royaume ne vous pourrait faire. 

Sire, par ce que ay peu congnoistre et entendre de par deçà, 
vous estes très mal servy de ceulx en qui vous avez prins quelque 
confiance; car seurement deux jours avant ma venue audit lieu 
de Marsen, en la présence de mondit seigneur vostre frère, le 
sire de Lescun, Tevesque d'Ayre, le prieur de Sainct Marcel, le 
gouverneur de la Rochelle et maistre Henry Millet, envoyé de 
par le duc, furent expédiez certains seellez, et prins conclusion 
en grandes matières à rencontre de vous, que ilz entendent, que 



LETTRES DE LOUIS XI. 357 

Dieu ne vueille, raectre à exécution avant que soit la Toussains, 
ainsi que j'ay sceu par homme qui bien le scet -, et de ce, sire, 
ne faictes nulle doubte, et ne vous confiez plus en quelque beau 
langaige dont Ton vous pourra servir -, car ce ne sont que choses 
fainctes pour vous décevoir. Mon dit seigneur de Foix m'a 
affirmé et juré qu'il n'a point baillé de seellé, combien qu'il en 
ait esté fort pressé et requis. Toutesfois, sire, je ne vous en 
asseure pas, neantmoins qu'il en a fait de grans seremens. 

Sire, il est advenu que audit lieu de Marsen suis arrivé ung 
jour après le parlement dudit Millet, lequel je rencontray es 
lennes, et me dist qu'il venoit de quérir une obligacion de mon- 
dit seigneur de Foix de c m francs pour le mariage de la duchesse 
sa fille. Son logeis me fut délivré audit Marsen, et y trouvé lettres 
rompues, et pour ce qu'il fut secrétaire de feu monseigneur le 
connestable, et que je congnoys sa main, xxv ans passez, feiz 
assembler toutes les pièces que on peut trouver, lesquelles je 
vous envoyé par mon clerc porteur de cestes. Il est impos- 
sible de trouver tout Peiïect; mais, sire, à mon entendement, 
l'on pourra veoir assez ce qui a esté démené; car il est parlé 
d'Amyens, Saint-Quentin, aliances, et plusieurs choses que 
l'on pourra veoir. 

Au regard, sire, de Talée de l'evesque de Montaulban à 
Romme, dont vous m'avez escript me enquérir, affin que mon- 
dit seigneur vostre frère eust congnoissance que vous savez la 
cause de son allée, j'ay actendu à. en parler jusques à veoir 
quelle charge il donnerait audit Avendaigno, auquel sur mon 
partement j'en ay parlé; et m'a promis qu'il en parlera à mon- 
dit seigneur vostre frère, en prenant congié de luy pour faire ce 
voyage. Paillas d'Urfé est audit lieu de Marsen, dix jours a-, 
qu'il pourchasse, je ne sçay, mais il hante fort l'evesque d'Ayre. 
Escript à Saint-Sever, le xi e jour d'aoust. 

Vostre très humble, etc. 

0. Le Roux. 



358 LETTRES DE LOUIS XI. 



XL 



Août 1471 (D.). 

Confidences d'Henri Millet au receveur d'Anjou. — (Orig. 

Bibl. nat., Fr. 2909, fol. 8.) 

Maistre Henry Millet a dit au receveur d'Anjou, que pour ce 
que le duc a sceu que monseigneur de Bourgongne vouloit marier 
sa fille à monseigneur de Guienne, ou que paroles ont esté 
tenues et pourparlées dudit mariage sans le sceu dudit duc, que 
il a fait ouvrir à monseigneur de Guienne et traicter de sondit 
mariage avec la fille de monseigneur de Foix. 

Item, que mondit seigneur de Bourgogne a rescript au duc 
lettres qu'il a envoiées à mondit seigneur de Guienne, lesquelles 
faisoient mencion que le roy Edouart avoit envoie devers mondit 
seigneur de Bourgongne ung evesque et ambassade, pour lui 
remonstrer que pour estre bien paisible en Angleterre, lui conve- 
noit faire faire descente d'Anglois en France et conquérir Guienne 
ou Normendie, en lui requérant, que en faisant la dicte descente, 
il lui Youlsist donner aide et secours à conquérir. A quoy, mon- 
dit seigneur de Bourgogne a différé de donner responce ausdiz 
ambassadeurs, mais leur a dit ou fait dire seulement que dedens 
octobre ou la Toussains prouchaine il envoieroit devers le roy 
Edouart ses ambassadeurs, pour l'informer bien à plain de son 
intention sur ce, mais qu'il estoit mauvais Anglois et aymoit 
mieulx la couronne et le royaume, et que quant il trouveroit 
bonne seurtéavec les seigneurs de France, qu'il n'entendroit point 
à ce que ledit Edouart demandoit, et que il pensoit bien que le 
duc de Bourgongne delayeroit de ne appoincter point avecques 
le roy à ceste journée, jusques à ce qu'il sceust la responce des 
seigneurs de France. Aussi dist le dit Millet audit receveur, que 
s'il eust apporté les nouvelles au roy, il estoit bien tenu de lui 
donner mille escuz. 

Nota que ce sont parolles pour couvrir. 



LETTRES DE LOUIS XI. 359 



XII. 



Août 1471 (V.). 

Enquête sur les intrigues du duc de Guienne en vue d'un mariage 
avec Marie de Bourgogne. — (Bibl. nat., Fr. 20489, fol. 99.) 

Maistre [Anthoine] de Longueil 

Le moyne nommé frère Jehan Dongue, celerier de Saint- 
Martin des [Chjamps, dit que [par] le prieur des Gelestîns on 
peut savoir d'un conseil qui fut tenu ausdiz Gelestîns, où fut ledit 
Morvilliers. Dit que ledit Morvilliers presta grant argent au 
prieur abbé de Saint Jehan d'Angely. 

Dit que bailla à l'evesque de Montauban v° escuz, dont 

monseigneur lui fit sa cedulle, et dit que ce fût pour le voiaige 
dudit Montauban à Rome, et qu'il en avoit promis plus large* 
ment; et que icely de Morvillier avoit promis prester L m escus, 
et que, s'il en avoit besoing, que encores trouveroit il des amys 
qui lui en presteroient autres L m . 

Dit que par ledit evesque et abbé de Saint Jehan, le sire de 
Malicorneet gouverneur de la Rochelle fut souvent tenu conseil, 
dont l'evesque d' Angiers et autres et murmuroien t et n'en es toient 
contens, pour ce qu'ilz n'y estaient appeliez. Et par les dessus diz 
fut expédié pour aller devers monseigneur de Bourgongne ung 

chappellain de *. Dit que Michel de Lagrange, qui a espousé 

la niepce de Morvillier, n'est pas content, et qu'il y a dangier 
qu'il se tourne du costé de mondit seigneur. Aussi dit que ledit 
Morvillier a encores ung autre neveu nommé maistre Guillaume 
de Longueil. 

Dit que ung chevaucheur de l'escuirie de mondit seigneur lui 
a dit que ledit evesque est de présent à Xaintes, et que Patrix 
Poucquart et le seneschal de Perigeux s'en dévoient aller à 
Romme, et l'evesque d'Angiers en Espaigne. 

Dit oultre que ledit evesque envoya de Ham à Romme ung 
chapellain nommé m es s ire Jehan Hurtault, curé de Saincte- 

1. Passage coupé. 



360 LETTRES DE LOUIS XI. 

Geneviève la petite à Paris, et qu'il sera boa de parler à lui pour 
savoir quelle charge il avoit de lui. 



XIII. 

L'frÊQUE DE SAIKT-PAPOUL A PIERRE DORIOLE (▼.). 

Bourges, 22 septembre 1471. 

Remerciements pour la demande faite par Doriole en faveur dudit 
évoque de Pévêché de Tulle ; démarches à faire pour arriver à 
ladite nomination. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2811, fol. 113.) 

Mon très honnoré seigneur et frère, je me recommande à vous 
tant humblement comme je puis. Et vous plaise sçavoir que j'ay 
receu les lettres qui venredi me furent aportées à Gencerre, où 
estois aie ung petit à l'esbat, faisans mencion que aviez demandé 
au roy l'evesché de Tule, et que voulentiers vous Ta promise, en 
escrivant à Nostre Saint Père, aux cardinaulx, à monseigneur 
de Rouen en particulier, et à son procureur, dont tant, et si 
humblement comme je puis, vous remercie. 

Hier à disner arrivé en ceste ville, et ay faicte bonne provi- 
sion de deux bons chevaulx et de ung homme bien seur et dili- 
gent et bien entendu en court de Romme, en actendant voz dictes 
lectres que par homme exprès me escriviez d'envoyer, lesquelles 
n'ay encores point receuez; pourquoy à ce matin ay délibéré 
vous envoyer ce présent porteur, myen serviteur, pour avoir 
lesdictes lectres, et pour vous remercier de la bonne amour et 
affection que avez envers moy, et de la peine et travail que en 
prenez. 

Monseigneur, à ce que m'escrivez que je advise, lequel m'est 
le plus utile avoir ladicte evesché, ou laisser mes deux bénéfices, 
sans nulle faulte ladicte evesché m'est plus utile; car certes de 
mes deux bénéfices, à grant peine et à tout rompre, on n'en 
pourroit tirer guieres plus de ixc escuz, et ne cuide point que en 
tout le reaulme en y ait une de plus petite valeur, et d'autre 
part est en pays fort dangereulx pour moy. Par quoy, à grant 
peine de long temps, me pourroye acquicter de ce qu'elle 
m'a costé, ne faire aucuns biens à mes parens, qui est le plus 



LETTRES DE LOUIS XI. 361 

grant désir que j'aye. Monseigneur, soubz correction, il me 
semble qu'il est besoing d'avoir deux mandemens, l'un pour 
mectre les fruictz dudit evesché en la main du roy , et pour faire 
inventaire des biens délaissez par le dernier trespassé, et les 
bailler en garde et faire régir et gouverner soubz la dicte main; 
Pàutre, pour leur faire inhibition et deffense qu'ilz n'aient à 
faire aucune ellection, et que les commissaires à qui sesdiz man- 
demens s'adresseraient feussent bien entenduz et vos amys. 
Mon frère, maistre Guillaume de Blet le feroit très bien, et pour 
l'amour de moy yroit voulentiers. Et pour ce, s'il vous plaist, 
y adviserez; et se ainsi est, qu'il soit bon de le faire, si vous 
plaist, escrirez au chappitre de Tule, et à ceulx que saurez dudit 
chappitre en particulier, en leur recommandant ma personne et 
en la louant beaucoup plus qu'elle ne vault. Pour le présent, 
autre chose ne vous escriz, fors que je prie Nostre Seigneur qu'il 
vous doint bonne vie et longue. Escript à Bourges, ce dimenche 
matin, xxn e jour de septembre. 

Le tout vostre humble frère et serviteur, 

D., evesque de Saint-Papoul. 

Mon très honnoré seigneur [et] frère maistre Pierre Doriole, 
conseillier du roy, nostre sire, et gênerai de ses finances. 



XIV. 



JEAN TVBR ET BERTRAND BRIÇOMET A PIERRE DORIOLE (v.). 

Tulle, 3 octobre 1471. 

Compte-rendu de la mission à eux confiée auprès du chapitre de 
Tulle touchant la nomination d'un nouvel évêque. (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 2811, fol. 115.) 

Monseigneur, si très humblement que povons, nous recom- 
mandons à vostre bonne grâce. Si vous plaise sav[oir que] mardi 
dernier arivasmes en ceste ville de Tuelle, et incontinent pre- 
sentasmes à monseigneur le mareschal du logfeis les] lectres 
que le roy luy envoyoit, qui les receut et nous fit responce qu'il 
n'entendoit point que le luy voulsist faire tort pour maistre 



362 LETTRES DE LOUIS XI. 

Pierre Doriolle, et toutesfoiz voulentiers obeiroit auroy , en luy 

gardant le droit de son frère ; et tantost après nous dist que 
estoiez bons amis, et que bien vous appoinc[teroit], et que de 
par Dieu procédassions à l'exécution de nostre commission, mes 
que bien nous advertissoit qu'il a[voit] mis en la main du roy le 
chastel de Saincte Ferreolle, et que autre n'en auroit la garde 

que luy. E[t ] à Feure de vespres parlasmes aux vicaires qui 

avoient esté ordonnez cède vacante, et leur deismes que . . . avoions 
lectres du roy, nostre seigneur, pour leur présenter et leur dire 
et remonstrer aucunes choses de par le dit seigneur, et que len- 
demain au matin se trouvassent en chappitre pour ce faire, ce 
qu'ilz firent; et leur presentasmes lesdictes lectres et execulasmes 
au surplus tout le contenu es lectres patentes portans nostredicte 
commission; et pour ce que n'estoient environ que quinze ou 
seize oudit chappitre, nous requistrent terme au lendemain, heure 
de chappitre, pour faire responce, que leur octroiasmes. Et 
advenant ladicte heure, nous firent dire par maistre Galmeny de 
la Salvanye plusieurs choses tendans ad ce que surceassons la 
saisine et main mise du temporel ; et touchant les inhibicions 
faictes de non procéder à l'élection et remectre le tout à nostre 
Saint Père le pape, disoîent que n'estoit très derogant à leurs 
droiz, et que ja avoient assigné jour pour élire, mes s'il estoit 
nostre plaisir leur donner terme compectant pour assembler et 
faire venir les abscens, qui estoient juques au nombre de onze 
ou douze, et des plus grans, esperoient nous faire tielle et si 
bonne responce, qu'elle seroit agréable au roy et à nous; et là 
où ne vouldroyons sorçoyer la main mise dudit temporel, à tout 
le moins que pour y mectre commissaires, fussent par nous 
appeliez lesdiz vicaires ou aucuns d'eulx. Quant au premier 
point, pour les causes que vous dira le porteur, leur donnasmes 
termes jucques au xv* jour de ce présent mois, et si plus en 
eussent demandé, plus eussent eu, car ce pendant ne procéde- 
ront à l'élection, etc. Quant au dernier, leur deismes que ne 
supercederoions en riens, mes que très voluntiers par leurs bons 
conseilz et advis y mectroyons bons commissaires. A la parfîn 
nous accordèrent faire ouverture du tout, et pour ce qu'il y avoit 
des biens du feu evesque en la maison episcopalle, et ailleurs, 
dont il avoit ordonné par son testament d'une partie, appoinc- 



LETTRES DE LOUIS XI. 363 

tasmes et entreprinsmes heure à Pemprès digner pour aller 
oudit hostel episcopal, tant pour en prandre possession que pour 
faire inventoire desdiz biens, à la conservation du droit à qui 
il appartiendra. Or est-il vray que mondit seigneur le mares- 
chal, adverti dudit appoinctement, envoya incontinent de ses 
gens audit houstel, et s'en est enparé soubz unbre de certaine com- 
mission qu'il se dit avoir du roy, et qu'il estoit parent du Ires- 
passé. Nous, pour savoir de sa commission, et qui l'avoit esmeu 
soy emparer dudit hostel, nous transportasmes devers luy, et en 
brief il nous fit responce qu'il garderoit la place de Saincte Fer- 
reolle et ledit hostel episcopal, et que n'y enterroyons, pour 
quelque commission ou puissance que eussions. Et en effect, 
pour le présent, nous n'avons et ne trouvons empeschement en 
l'exequcion de nostre dicte commission que ledit mareschal, et 
si par luy n'est, ne se fera aucune élection; car secrètement avons 
sceu que bien grant partie des religieulx estoient et seroyent 
contens de remectre le tout à Nostre Saint Père le Pape. Si est 
besoing y pourvoir ainsi qu'il vous plaira y adviser, et de nostre 
part susmes délibérez ne partir d'icy jucques que tout sera fait, 
ou que ayons de voz nouvelles, jasoit ce que ledit mareschal 
nous a tenuz les termes tielx que vous dira ledit porteur. Mon- 
seigneur, commandez nous voz bons plaisirs, pour les acomplir 
de très bon cuer à noz povoirs, prians le benoist fîlz de Dieu, 
qui vous doint ce que vostre noble cuer désire. Escript à Tuelle, 
le 111 e jour d'octobre. 

Vos humblez serviteurs, 

Jehan Yver et Bertrand Briçonnet. 

A nostre très honnouré seigneur, monseigneur maistre Pierre 
Doriole, conseillier et maistre des comptes du roy, nostre sei- 
gneur, et gênerai de ses finances. 

XV. 

RAPPORT SUR LA SITUATION DU DUC DE GUIENNE (V.). 

Automne 1471. 

Défiance du duc de Guienne à l'endroit de la ville de la Rochelle; 
dessein à lui prêté d'une coalition des Bretons, des Anglais et 



364 LETTRES DE L0UI8 XI. 

des Bourguignons contre le roi de France; nécessité de déli- 
vrer le duc du gouvernement des femmes pour pouvoir obtenir 
quelque chose de lui ; maladie de la dame de Thouars ; envoi 
auprès du duc de Bourgogne de l'abbé de Begars et du mjiitre 
de la chambre du duc de Guienne pour négocier son mariage 
avec Marie de Bourgogne; convocation du ban de Guienne; 
défaut d'empressement des nobles dudit pays à y répondre. — 
(Orig. Bibl. nat., Fr. 2899, fol. 29.) 

Mémoire que le roy m'a envoyé de nou vêles de l'ostel de 
monseigneur de Guyenne et de ce que dit monseigneur de 
Menou. 

Soit adverty le roy que monseigneur de Guyenne, puis 
nagueres, a mandé le seigneur d'Ure, pour ce qu'il se doubtoit 
de la ville de la Rochelle et qu'elle tiensit bon pour le roy. 

Gaudete a dit que le roy n'avoit voulu rendre à maistre Loys 
Daniel et Jaques Brizeau leurs offices, mais que, avant qu'il 
fust deux moys, ilz les auroient, qui que le voulsist veoir. 

Monseigneur de Meno a dit à ung des gens de monseigneur 
de Guyenne, lequel s'en vouloit venir en sa maison, pour les 
broilleries qui estaient en la maison de mon dit seigneur, pour 
doubte de desplaire au roy, qu'il ne se soubciast, et que le roy 
ne ouseroit faire aucune chose contre mondit seigneur; et que 
se il le faisoit, que on luy baillerait tant de lévriers à la queue 
qu'il ne saurait quel part fouyr, car Bretons, Angloys, Bour- 
guignons et plusieurs autres luy courraient sus. 

Le seigneur de Saint-Pierre est devers mon dit seigneur et 
n'a peu convertir le seigneur de Malicorne, pour ce que les 
femmes et leur séquelle gouvernent, et mon dit seigneur estant 
hors de la main des femmes, le dit seigneur de Saint-Pierre 
parlera ainsi qu'il fault parler ; mais il doubte fort les moyens 
que on tient à présent, et mesmement la mort de L. M., qui 
avoit jousté contre le prince, lequel a esté despesché par poy- 
sons, ainsi que on dit 

L'ung des serviteurs de mondit seigneur dit que touz les 
huit jours il convient saigner la dame de Thouars du dedans 
de banlyeures, et que son sang est le plus mauvaix du monde. 

Le maistre de la chambre de mondit seigneur et Pabé de 
Begar sont en Bourgogne, et est bruyt commun de la maison de 



LETTRES DE LOUIS XI. 365 

mondit seigneur de Guyenne que la fille du duc de Bourgoigne 
sera en Guyenne avant qui soit deux moys. 

Monseigneur de Guyenne a fait crier son ban; mais le bruit 
commun est que les nobles de son pays, ou au moins la plus- 
part, sont délibérez de ne le servir point, ne eulx armez contre 
le roy. 

Receu le v* d'octobre 1471. 



XVI. 

PIERRE DE REFUGE ET JEAN DE LALOÈRE A LEUR « CHIER 

ET ESPECIAL AMI » (?.). 

Montpellier, 20 mai 1471. 

Prière de donner quittance aux Lyonnais de 600 1. 1. qu'ils s'étaient 
engagés à prêter au roi à raison des subsides par eux fournis 
pour le siège de Mâcon. — (Orig. Arch. de Lyon, GG 290.) 

Cher et spécial ami, quant nous passasmes derrenierement 
par Lyon, pour ce que ceulx qui besongnoient affaire les pontz 
et bastilles, qui avoient esté ordonnées pour le siège de Masco u, 
n'avoient point d'argent pour paier le boys et les vivres des 
maneuvriers qui y besongnoient, nous ordonnasmes aux con- 
seilliers et habitans de ladicte ville de Lyon, que sur mille escuz 
qu'ilz dévoient au roy de reste de m m escuz, à quoy ilz avoient 
estez imposez pour l'emprunct, ilz baillassent à monseigneur 
de Valence, pour faire emploier en ce que dit est, la soiûme de 
six cens livres tournois ; et leur promeismes que, se le roy ne 
leur quictoit lesdiz mille escus, nous leur ferions déduire et 
rabatre ladicte somme de vi c 1. tourn. sur iceulx mille escuz, 
et à ceste cause avons pieça envoyé devers le roy messaige 
propre, la venue duquel actendons d'eure à autre, et ne mec- 
tons point en doubte que le roy ne commande voulentiers ledit 
acquict. Si vous prions tant que nous povons, que ausdiz con- 
seilliers et habitans de Lyon ne vueillez demander les dictes 
vi° livres tournois, maiz les en tenir quictez en vous baillant 
la reste -, car, comme savez, il n'est pas raison qu'ilz les paient 
deux foiz, et, pour vostre descharge, pourrez monstrez ces 



366 LETTRES DE LOUIS XI. 

lectres à nos seigneurs des finances du roy, et ailleurs où mes- 
tier sera; et comment que soit, ne donnez aucun destourbier 
ausdiz de Lyon pour la cause dessus dicte. Ghier et especial 
ami, le Saint Esperit vous ait en sa garde. Escript à Montpel- 
lier, le xx # jour de may , Tan mil IIII C LXXI. 

Refuge, gênerai. 

Lalobbe, trésorier. 
A nostre cher et especial ami. 

XVII. 

PIEft&E DE REFUGE ET JEAN DE LALO&U AUX LYON HAIS. 

Montpellier, 20 mai 1471. 

Promesse d'obtenir du roi en faveur des Lyonnais, en compensa- 
tion des 600 1. t. par eux fournies pour le siège de Mâcon, la 
remise des 775 1. 1. par eux encore dues sur le prêt de 3,000 écus 
par eux fait à Louis XI. — (Orig. Arch. mun. de Lyon, AA 82.) 

Très chiers et especiaulx amis, nous nous recommandons à 
vous. Et vueillez savoir que nous avons receues les lettres que 
escriptez nous avez par ce porteur, par lesquelles nous escrip- 
vez que le roy, pour ses gratis affaires, a voulu estre paie des 
mille escuz restans des trois mille, à quoy la ville de Lyon avoit 
esté tauxée pour l'emprunct ; et nous requérez que vous vueil- 
lons baillez acquict des vi c livres tournois que avez paiez par 
nostre ordonnance pour le fait des ponlz et bastilles, que Ton 
faisoit faire à Lyon, quant nous passasmes derrenierement, pour 
le fait du siège de Mascon, ou que vous facions paier ladicte 
somme, pour ce que le receveur gênerai doit envoier devers 
vous pour estre paie de la dicte somme de mille escus dedans 
la fin de ce mois. Sur quoy vueillez savoir que tantost après 
que feusmes par deçà, avons escript au roy de ses affaires, et 
entre autres choses de ceste matière icy, lui suppliant qu'il 
voulsist envoiez Tacquict des dictes vi e liv. tournois et aux gens 
de ses finances, qui le poursuivent envers le dit seigneur, et 
actendons d'eure à autre que le messaige retourne, et lui arrivé, 
le vous envoierons sans point de faulte ; et se ainsi estoit qu'il 



LETTRES DE LOUIS XI. 367 

ne le voulzsist commander, nous vous en garderons de toute 
perte et dommaige, et de ce povez estre aseurez. Et escripvons 
présentement à cellui qui sera envoyé par ledit receveur gêne- 
rai pour avoir ladicte somme, qu'il se contente de la reste, mon- 
tant vu» lxxv livres tournois, ainsi que pourrez veoir par les 
lettres que vous envoyons toutes ouvertes et non couvertes, 
pour ce que ne savons le nom de celui qui vendra, en vous 
signiffiant que se chose vouliez que puissons, nous le ferons de 
bon cuer à Paide de Nostre Seigneur, qu'il vous doint ce que 
desirez. Escript à Montpellier, le xx° jour de may, Tan mil 
GGGG LXXI. 

Les tous vostres, 

Refuge, gênerai, 
et Laloere, trésorier. 

XVIII. 

LETTBE d'yVON DU FOU A LOUIS XI. 

Cognac, 3 mai 1472. 

Capitulation par lui accordée au seigneur d'Àrchiac et à ses 
hommes ; appel à l'indulgence du roi en faveur dudit seigneur 
et du seigneur de Mirambeau. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20486, 
fol. 18.) 

Sire, je vous renvoyé les gens du prevost des mareschaulx 
pour ce que monseigneur d'Archiac m'a rendue sa place et fait 
très bonne obéissance, et aussi que ledit seigneur d'Archiac est 
délibéré de vous bien servir. Mais il est encores prisonniers 
jusques à ce qu'il ait paie deux mil francs aux compaignons, 
et, dès que il les aura paiez, je le vous envoieray pour vous 
faire le serment. 

J'ay promys ausdiz compaignons, pour l'avoir d'eulx, cinq 
cens escuz pour vous, pour les chevaulx qu'ilz y perdirent à le 
prandre. Et pour ce, sire, s'il vous plaist, vous ne me laisserez 
point encourre des diz cinq cens escuz, car il les me fauldroit 
paier, et je n'en ay pas besoing maintenant. 

Au regard du pannetier qui fut prins le jour que mondit sei- 



^ 



368 LETTRES DE LOUIS XI. 

goeur d'Archiac le fût, il est à moy et est à Lezignen, et, toutes 
et quantesfoiz qu'il vous plaira, je le vous envoi eray, mais que 
ce ne soit pas pour luy trancher la teste. Il n'y a homme qui 
l'eust de moy pour vingt mil escuz, mais, pour l'amour de 
vous, vous en aurez beaucoup meilleur marché. Son frère l'abbé 
de Saint-Jehan doit estre brullé ceste sepmaine prouchaine à 
Bourdeaux, comme Ton dit. 

Sire, aussi touchant monseigneur de Myranbeau, je luy ay 
promys de le faire estre de vostre maison, et que lui ferez beau- 
cop de biens. Il est très gentil compaignon, et homme de qui 
vous vous pourrez bien servir. Et pour ce, Sire, je vous sup- 
pli qu'il vous plaise l'avoir pour recommandé, et, si vous lui 
rescripviez unes lettres bien bonnes, en le remerciant de l'obéis- 
sance qu'il vous a faicte, il vous servirait de meilleur courage 
et garderait que homme ne viendrait plus du pais de Guyenne 
ou pais de Xaintonge. 

Sire, mandez moy vostre bon plaisir pour l'acomplir au plai- 
sir Dieu, auquel je pry qu'il vous doint bonne vie et longue 
et accomplissement de tous voz désirs. Escript à Goignac , le 
in me jour de may. 

Vostre très humble et très obéissant subgect et serviteur, 

Y. du Fou. 
Au roy mon souverain seigneur. 



y* 



\ 



TABLE DES LETTRES. 



Année 1469 (suite). 

Pages 

CCCCXXXVII. Plouviers, 13 juin 1469. A Pierre Doriole . 1 

CCCCXXXVIH. Baugé, 20 juin 1469. Au duc de Milan. . 2 
CGGGXXXIX. Montils-lès-Tours, 26 juin 1469. A la Chambre 

des comptes 3 

GGGGXL. Amboise, 2 juillet 1469. Aux commissaires chargés 

du procès de Balue 5 

GGGCXLI. Montils-lès-Tours, 5 juillet 1469. A Bourré . . 6 

GGGGXLII. Amboise, 5 juillet 1469. Au chancelier ... 8 

GGGGXLIII. Tours, 13 juillet 1469. Au duc de Milan . . 9 
GGGGXLIV. Montils-lès-Tours, 14 juillet 1469. A la Chambre 

des comptes de Paris 10 

GGGGXL V. Commencement d'août 1469. Aux Suisses . . 11 

CCCCXÏ/VT. Amboise, 3 août 1469. Aux Lyonnais ... 13 
GGGCXLYII. Amboise, 4 août 1469. A la Chambre des 

comptes de Paris 19 

GCCCXLVIH. Bourgueil, 13 août 1469. Au duc de Milan . 20 

GGCGXLIX. Le Louroux, 17 août 1469. Au duc de Milan . 22 

CGCGL. La Ménitré, 21 août 1469. Au duc de Milan ... 23 

GGCGLI. La Ménitré, 21 août 1469. A Falco de Sinibaldis . 24 
GGGÇLII. La Ménitré, 21 août 1469. Au cardinal d'Estoute- 

ville 26 

CCGCLIIL La Ménitré, 21 août 1469. Au Pape 27 

GCGCLIV. La Ménitré, 21 août 1469. Au Sacré Collège . . 29 
CCCCLV. Niort, 1« septembre 1469. A la Chambre des 

comptes 30 

CGGGLVI. Puyravault, 7 septembre 1469. Au chancelier . 31 
CGCGL VII. Goulonges-les-Royaux, 14 septembre 1469. Aux 

habitants de Reims 32 

CCCCLVHI. Saumur, 22 septembre 1469. Au duc de Milan. 35 

GGGGLIX. Saumur, 26 septembre 1469. Au duc de Milan . 36 

CGCGLX. Montrichard, 5 octobre 1469. Aux Lyonnais . . 37 
CGCGLXI. Orléans, 21 octobre 1469. Au seigneur de Beau* 

repaire et à Bourré 39 

iv 24 



370 TABLE. 

Pages 

GGGGLXII. Orléans, 22 octobre 1469. Au Parlement de Paris 40 

GGCGLXIII. Gonan, 26 octobre 1469. Au comte de Dammartin 41 

GGGGLXIV. Amboise, 29 octobre 1469. Aux Lyonnais . . 43 

GGGGLXV. Amboise, 1» novembre 1469. Au connétable . 45 

GGGGLXYI. Amboise, 3 novembre 1469. Au duc de Milan. 46 
GGGGLXVII. Amboise, 10 novembre 1469. A la Chambre 

des comptes de Paris 48 

GGGGLXVin. Tours, 11 novembre 1469. Au grand maître. 49 
GGGGLXIX. Montils-lès-Tours, 12 novembre 1469. Au duc 

de Guienne 50 

GGGGLXX. Montils-lès-Tours, 15 novembre 1469. Au duc 

de Bourgogne 57 

GGGGLXXI. Montils-lès-Tours, 15 novembre 1469. Au grand 

maître 58 

CCGGLXXII. Amboise, 19 novembre 1469. Au Parlement 

ou à la Ghambre des comptes de Paris 61 

CCCCLXXIH. Amboise, 21 novembre 1469. Aux Lyonnais 62 
GGGGLXXIV. Amboise, dernier tiers de novembre 1469. A 

Henri IV, roi de Gastille . . ' 63 

GGGGLXXV. Amboise, 15 décembre 1469. Au Parlement . 65 

CCCCLXXVI. Amboise, 19 décembre 1469. A Bourré . . 66 
GGGGLXXVII. Montils-lès-Tours, 27 décembre 1469. Au 

grand maître 67 

CCGGLXXVHI. Tours, 27 décembre 1469. Au duc de Milan 69 
GGGGLXXIX. Vers la fin de 1469? Aux religieux de l'ab- 
baye de Talmont 70 

CGGCLXXX. Vers la fin de 1469? A l'évoque de Luçon. . 72 

1470. 

GGGGLXXXI. Amboise, 3 janvier 1470. Au grand maître . ' 73 

GGGGLXXXn. Amboise, 11 janvier 1470. Au grand maître 76 

CGGGLXXXIII. Amboise, 26 janvier 1470. A Bourré . . 77 

CGGGLXXXIV. Amboise, 2 février 1470. Au grand maître. 78 
GGGGLXXXV. Amboise, 4 février 1470. Au trésorier de 

Rodez 79 

CGGGLXXXVI. Amboise, 22 février U70. Au Parlement de 

Paris 82 

GCGGLXXXVn. Tours, 8 mars 1470. Au duc de Milan. . 84 

CGGGLXXXVm. Amboise, 9 mars 1470. A Bourré ... 86 

GGGGLXXXIX. Amboise, 12 mars 1470. Aux Lyonnais . 87 

GGGCXG. Amboise, 20 mars 1470. Au Parlement de Paris . 89 

GGGGXGI. Amboise, 20 mars 1470. Aux Toulousains . . 90 



TABLE. 371 

Page» 

CGGGXGII. Amboise, 21 mars 1470, Au duc de Milan . . 92 
CCCCXCIIL Ghâteaurenault, 22 mars 1470. Au seigneur du 

Lude 94 

CCCGXCIV. Thouars, 3 avril 1470. A Bourré 99 

GGGGXGV. Abbaye de la Ferrière, 6 avril 1470. Aux Flo- 
rentins 100 

CGGGXGVI. Notre-Dame-de-Celle, 24 avril 1470. A Jean 

Dauvet, premier président du Parlement de Paris . .101 

GGGGXGVII. Limon, près Curçay, 25 avril 1470. A Bourré. 103 

GCGCXGVIIL Amboise, 12 mai 1470. Au seigneur de Graon. 104 

GGGGXGIX. Amboise, 13 mai 1470. Au grand maître . . 105 
D. Amboise, 14 mai 1470. Aux capitouis de Toulouse . .107 

DI. Amboise, 18 mai 1470. Aux habitants de Troyes. . . 108 
DU. Amboise, 19 mai 1470. Aux seigneurs de Goncressault 

et du Plessis 110 

DIII. Amboise, 20 mai 1470. A Jean Dauvet, premier pré- 
sident du Parlement de Paris . 114 

DIV. Amboise, 20 mai 1470. Au Parlement de Paris. . . 116 

DV. Amboise, 25 mai 1470. Aux habitants de Laon . . . 117 

DV1. Amboise, 29 mai 1470. Aux Lyonnais 119 

DVH. Amboise, 22 juin 1470. A Bourré 121 

DVHI. Amboise, 23 juin 1470. Au roi de Castille .... 123 

DIX. Amboise, 1» juillet 1470. Aux habitants de Troyes . 125 

DX. Tours, 3 juillet 1470. Au Parlement de Paris. ... 127 

DXI. Tours, 3 juillet 1470. A Bourré 128 

DXH. Ponts-de-Gé, 17 juillet 1470. A la Chambre des comptes 

de Paris 129 

DXIII. Ponts-de-Gé, 25 juillet 1470. A Bourré 130 

DXIV. Ponts-de-Gé, 26 juillet 1470. Au seigneur de Bres- 

suire . . .' 132 

DXV. Angers, 7 août 1470. Au duc de Milan 133 

DX VI. Angers, 7 août 1470. A Guillaume le Picart et à Jean 

Bourré 134 

DXVII. Angers, 16 août 1470. Au chancelier et aux membres 

du Grand Conseil « estans à Tours » 137 

DXVIII. Avranches, 28 août 1470. A l'amiral de France . 140 

DXIX. Avranches, 31 août 1470. Au grand maître ... 141 

DXX. Amboise, 26 septembre 1470. Aux habitants d'Harfleur 143 
DXXI. Amboise, 26 septembre 1470. A la Chambre des 

comptes de Paris 144 

DXXII. Amboise, 28 septembre 1470. Aux Lyonnais. . . 146 

DXXBŒ. Amboise, l«octobre!470. Ala Chambre des comptes 148 



372 TABLE. 

Pages 

DXXIV. Montils-lès-Tours, 3 octobre 1470. A l'archevêque 

de Trêves 450 

DXXV. Montils-lès-Tours, 4 octobre 4470. Au grand maître. 451 
OXXVI. L'isle-Bouchard, 49 octobre 4470. Aux habitants 

de Reims 452 

DXXVII. Montreuii-Bonnin, 24 octobre 4470. Au gouver- 
neur de Montpellier 455 

DXXVIII. Villeloin, 28 octobre 4470. Aux Lyonnais. . . 456 
DXXIX. Montils-lès-Tours, 5 novembre 4470. Au Parlement 

de Paris 458 

DXXX. Saint-Laurent-des-Eaux, 6 novembre 4470. A Pierre 

Doriole 459 

DXXXI.^ Montils-lès-Tours, 24 novembre 4470. Aux habi- 
tants de Saint-Quentin 462 

DXXXII. Amboise, 30 novembre 4470. A la Chambre des 

comptes de Paris 464 

DXXXQI. Amboise, 30 novembre 4470. Aux Lyonnais . . 466 
DXXXIV. Amboise, 43 décembre 4470. A son « amé et féal • N. 469 
DXXXY. Amboise, 43 décembre 4470. Au grand maître . 470 
DXXX VI. Amboise, 45 décembre 4470. Aux habitants 

d'Harfleur 472 

DXXXVII. Amboise, 46 décembre 4470. Au chancelier. . 473 
DXXXVHI. Amboise, 24 décembre 4470. Au chancelier . 476 
DXXXIX. Amboise, 24 décembre 4470. A ses « amés et 

feaulx? ...... 477 

DXL. Fin de 4470 ou commencement de 4474. Au roi d'An- 
gleterre 478 

1471. 

DXLI. Montils-lès-Tours, 4 janvier 1471. A l'abbé du Bec. 180 

DXLII. Montils-lès-Tours, 5 janvier 1471. Aux Lyonnais . 182 
DXLUI. Montils-lès-Tours, 5 janvier 1471. Au maréchal de 

Gominge 183 

DXLIV. Le Puiset, 18 janvier 1471. A Bourré 184 

DXLV. Le Puiset, 19 janvier 1471. Aux habitants de Saint- 
Quentin 185 

DXL VI. Chartres, 20 janvier 1471. Au grand maître ... 187 

DXL VII. Gompiègne, 3 février 1471. Au grand maître . . 190 
DXL Vin. Gompiègne, 3 février 1471. A la Chambre des 

comptes de Paris 193 

DXLIX. Compiôgne, 4 février 1474. A Bourré 495 

DL. Gompiègne, 6 février 4474. Au grand maître .... 496 



TABLE. 373 

Pages 

DLL Compiègne, 7 février<t4?l. Au grand maître. ... 197 

DLH. Compiègne, 9 février 1 471 . Aux habitants de Montpellier 1 98 

DLHI. Noyon, 13 février 1471. A la Chambre des comptes. 199 

DLIV. Noyon, 14 février 1471. A l'amiral ...... 200 

DLV. Noyon, 17 février 1471. Aux habitants de Troyes . . 202 

DLVI. Noyon, 26 février 1471. Au grand maître .... 203 

DLVH. Noyon, 27 février 1471. Au grand maître .... 204 

DLVI1I. Ham, 28 février 1471. Aux habitants de Troyes . 205 

DLIX. Plessis-de-Roye, 7 mars 1471. A Pierre Doriole . . 206 

DLX. Moyencourt, 7 mars 1471. A l'amiral 207 

DLXI. Le Tronquoy, 15 mars 1471. Aux Lyonnais . . . 208 

DLXII. Beauvais, 27 mars 1471 . A Pierre Doriole et à Bourré 210 
DLXII1. Amiens, 14 avril 1471. Au seigneur d'Argueil . .211 

DLXTV. Le Châtelet, 25 avril 1471. A Laurent de Médicis . 214 

DLXV. Châtelet, 27 avril 1471. Aux habitants d'Amiens . 217 

DLXVI. Ham, 30 avril 1471. Au grand maître 218 

DLXVII. Ham, 3 mai 1471 . A Bourré 221 

DLXVHI. Ham, 3 mai 1471. A Bourré 224 

DLXIX. Ham, 4 mai 1471. Au grand maître 225 

DLXX. Ham, 9 mai 1471. A l'abbaye de Saint-Corneille de 

Compiègne 226 

DLXXI. Ham, 12 mai 1471. A Bourré 228 

DLXXH. Ham, le 13 mai 1471. Au grand maître .... 229 

DLXXHI. Ham, 19 mai 1471. A Bourré 231 

DLXXIV. Ham, 27 mai 1471. Au grand maître .... 232 
DLXXV. Ham, 30 mai 1471. Au lieutenant du gouverneur 

deRoussillon 233 

DLXXVI. Ham, 31 mai 1471. Aux échevins d'Amiens . . 234 

DLXXVH. Ham, 1" juin 1471. A Bourré 236 

DLXXVHI. Ham, 3 juin 1471. Au connétable 236 

DLXXXX. Ham, 3 juin 1471. A Pierre Doriole, général des 

finances, et à Jean de Ladriesche, président des comptes 237 

DLXXX. Liesse, 14 juin 1471. A Pierre Doriole .... 241 

DLXXXI. Paris, 23 juin 1471. Au duc de Milan .... 242 

DLXXXH. Paris, 24 juin 1471. Au seigneur de Bouchain . 244 

DLXXXIH. Nouâtre, 8 juillet 1471. Au duc de Milan . . 245 
DLXXXIV. Saint-Michaud-sur-Loire, 14 'juillet 1471. Au 

roi René 247 

DLXXXV. Montils-lès-Tours, 14 juillet 1471. Aux conseil- 
lers de Lyon 248 

DLXXXVI. Montils-lès-Tours, 22 juillet 1471. A son a amé 

et féal » N 249 



374 TABLE. 

DLXXXVII. Angers, 7 août 1471. A Guillaume Picart et à 

Jean Bourré 251 

DLXXXVm. Benais, 12 août 1471. Aux trésoriers de France 254 
DLXXXIX. Launay, 18 août 1471. Au seigneur du Bou- 
chage 256 

DXG. Saint-Michel-sur-Loire, 20 août 1471. Au seigneur du 

Bouchage 263 

DXGI. Saint-Michel-sur-Loire, 20 août 1471. A Laurent de 

Médicis 265 

DXGU. Amboise, 1 er septembre 1471. Aux Lyonnais. . . 266 
DXGIII. Milieu de septembre 1 471 . A l'archevêque de Bourges 268 
DXGIV. Montils-lès-Tours, 17 septembre 1471. Au sire de 

Précigny 271 

DXGV. Montils-lès-Tours, 18 septembre 1471. Au sire de 

Montsoreau 273 

DXGVI. Septembre 1471. Au seigneur Du Bois et à Albert 

Magalot 276 

DXGVII. Septembre 1471. Au gouverneur de Roussillon . 277 
DXG VIII. Montils-lès-Tours, 22 septembre 1471. Au sei- 
gneur Du Bois et à Albert Magalot 280 

DXGIX. Vendôme, 1 1 octobre 1471 . Au seigneur de Bressuire 281 
DG. Montils-lès-Tours, 26 novembre 1471. Aux conseillers 

de Lyon 282 

DGI. Montils-lès-Tours, 2 décembre 1471. Au seigneur de 

Graon et à Pierre Doriole 283 

DCEt. Montbazon, 11 décembre 1471. Au seigneur de Graon 

et à Pierre Doriole 285 

DGI1I. Montbazon, 11 décembre 1471. Au seigneur de Graon 

et à Pierre Doriole 286 

DGIV. Montbazon, 11 décembre 1471. A Aubert le Groing. 290 
DGV. Montbazon, 12 décembre 1471. Au sire de Graon et à 

Pierre Doriole 291 

DGVI. Montbazon, 12 décembre 1471. Au sire de Graon et à 

Pierre Doriole 291 

DGV1I. Montbazon, 12 décembre 1471. Au grand maitre . 292 
DGVIII. Montbazon, 13 décembre 1471. A Bourré. ... 293 
DCIX. Montils-lès-Tours, 22 décembre 1471 . Au grand maître 294 
DGX. Montils-lès-Tours, 29 décembre 1471 . Au grand maitre 298 

1472. 

DGXI. Montils-lès-Tours, 23 janvier 1472. Au chapitre de la 

Sainte-Chapelle de Bourges 301 



TABLE. 375 

Pages 

DGXII. Montils-lès-Tours, 27 janvier 1472. Aux habitants 

d'Amiens 303 

DGXIII. Montils-lès-Tours, 28 janvier 1472. Au seigneur de 

Mareuil 304 

DGXIV. Montils-lès-Tours, 3 mars 1472. Aux Lyonnais. . 305 
DCXV. Montreuil-Bellay, 17 mars 1472. Au gouverneur de 

Roussillon 307 

DGXVI. Plessis-du-Parc, 26 mars 1472. Au chapitre de Notre- 
Dame d'Embrun 308 

DCXVIL Saint-Laud près Angers, 6 avril 1472. Au duc de 

Bretagne 309 

DCXVIII. Montils-lès-Tours, 13 avril 1472. Aux élus et aux 

habitants d'Amboise 311 

DGXIX. Plessis-du-Parc, 13 avril 1472. Au duc de Milan . 313 
DGXX. Plessis-du-Parc, 28 avril 1472. Aux conseillers de 

la ville de Lyon 314 

DGXXI. Plessis-du-Parc, 30 avril 1472. Au gouverneur de 

Roussillon 316 

DGXXII. Plessis-du-Parc, 6 mai 1472. Au gouverneur de 

Roussillon 317 

DGXXUI. Plessis-du-Parc, 7 mai 1472. Au gouverneur de 

Roussillon 317 

DGXXIY. Plessis-du-Parc, 8 mai 1472. Au gouverneur de 

Roussillon 319 

DGXXV. Plessis-du-Parc, 9 mai 1472. Au gouverneur de 

Roussillon 320 

DGXXVI. Plessis-du-Parc, 11 mai 1472. Au duc de Milan. 321 
DGXXVII. Plessis-du-Parc, 14 mai 1472. Au gouverneur 

de Roussillon et au sénéchal de Poitou 322 

DGXXVHI. Plessis-du-Parc, 15 mai 1472. Au gouverneur 

de Roussillon et au sénéchal de Poitou 323 

DGXXIX. Montils-lès-Tours, 18 mai 1472. Au grand maître 324 
DGXXX. Montreuil-Bellay, 18 mai 1472. Aux habitants de 

Bayonne 326 

DGXXXI. Saintes, 28 mai 1472. Au grand maître. ... 328 
DGXXXII. Notre-Dame-de-Selles, 4 juin 1 472 . A Jean Bourré 330 
DGXXXin. Amboise, 7 juin 1472. Au duc de Milan. . . 331 

DGXXXIV. Juin 1472. Au duc de Milan 333 

DGXXXV. Montreuil-Bellay, 10 juin 1472. Au grand maître 334 



^ 



TABLE DES PIÈGES JUSTIFICATIVES. 



Pages 

I. Sfôrza de Bettinis au duc de Milan. Tours, 6 avril 1469 . 335 

II. Sforza de Bettinis au duc de Milan. Tours, 20 avril 1469 341 

III. Sforza de Bettinis au duc de Milan. Goulonges-les- 

Royaux, 28 septembre 1469. . 345 

IV. Le prince de Viane à Louis XI. Châtillon, 24 octobre 1469 347 

V. Le duc de Bourbon au duc de Bourgogne. Montils-lès- 

Tours, 15 novembre 1469 348 

VI. Jean Bourré à Louis XI. Honfleur, 29 juin 1470 ... 349 

VII. Le comte d'Eu à Louis XI. Eu, 13 juillet 1470 ... 350 

VIII. L'amiral à Louis XL Roye, 26 février 1471 .... 351 

IX. « Instruction à part à monseigneur du Boschaige tou- 

chant les matières pour lesquelles il va devers monsei- 
gneur de Guyenne. » Tours, 10 août 1471 352 

X. Olivier Le Roux à Louis XL Saint-Sever, 11 août 1471. 355 

XI. Confidences d'Henri Millet au receveur d'Anjou. Août 

1471 358 

XII. Enquête sur les intrigues du duc de Guienne en vue 
d'un mariage avec Marie de Bourgogne. Août 1471. . 359 

XIII. L'évoque de Saint-Papoul à Pierre Doriole. Bourges, 

22 septembre 1471 360 

XIV. Jean Yver et Bertrand Briçonnet à Pierre Doriole. 
Tulle, 3 octobre 1471 361 

XV. Mémoire sur la situation et les dispositions du duc de 
Guienne . 363 

XVI. A leur c cbier et especial ami • Pierre de Refuge et 
Jean de Laloère. Montpellier, 20 mai 1471 365 

XVII. Pierre de Refuge et Jean de Laloère aux Lyonnais. 
Montpellier, 20 mai 1471 366 

XVIII. Lettre d'Yvon du Fou à Louis XI. Cognac, 3 mai 1472 367 



Nogent-ie-Rotrou, imprimerie Daupelby-Gouybbnbur. 






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