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; 



• 1 



LETTRES 



DE LOUIS XI 



ROI DE FRANCE 



LETTRES 



DE LOUIS XI 



ROI DE FRANCE 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR, 



A NOGENT-LH-ROTROU. 



LETTRES 

DE LOUIS XI 

ROI DE FRANCE 

PUBLIÉES d'après les ORIQINAUX 
POUl LA SOGitfTtf DE L*HISTOIRE DE FlAffCB 

PAB 

Joseph VAESEN et Etienne ÇHARAVAY 

ABGBITISTBS-PALBOORAPBBS 



TOME !•' 

LETTRES DE LOUIS DAUPHIN 

^ 1438-4461 

\ "y* » PUBLIÉES 

Pae ËTiEififE GHARAYAY 




À PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

HENRI L00NB8, SUCCESSEUR 

LIBBAIRB DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIBE DE FBANGE 

BUE DE TOUENON, H^ 6 



215 



M DCCG LXXXm >^ 









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EXTRAIT DU RÈGLEaiENT. 



Art. 44. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller l'exécution. 

Le nom de l'éditeur sera placé à la tète de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans Tautorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



l^ Commissaire responsable soussigné déclare que l'édition 
des Lettrbs db Louis XI, préparée par HM. J. Vabsbh et 
E. Ghiravat, lui a paru digne d'élre publiée par la SociM 

DB L*HlSTOniB DB FeâNGE. 

Faii à Paris ^ le 7 novembre 4883. 

Signé : M*' DE BEAUCOURT. 



Certifié, 
Le Secrétaire de la Société de THistoire de France, 

J. DESNOYERS. 



AVERTISSEMENT 



Quelques explications sont indispensables au sujet de ce 
recueil des lettres missives de Louis XI. De nombreuses 
années se sont écoulées depuis qu'il en a été question pour 
la première fois : il faut rappeler les phases par lesquelles il 
a passé, il faut surtout faire connaître les noms de ceux qui 
en ont été les premiers collaborateurs, et indiquer la part 
considérable qu'ils ont eue à l'œuvre commune. 

C'est le 4 août 1868 que, par l'intermédiaire de M. Léo- 
pold Delisle, M"' Dupont proposait à la Société de l'Histoire 
de France la publication des lettres de Louis XI, recueillies 
depuis longtemps par elle, « soit dans les ouvrages imprimés, 
soit dans les collections de la Bibliothèque Impériale, des 
Archives de l'Empire et de quelques départements ^ » 

Cette proposition ne pouvait être que favorablement 
accueillie. Parles savantes éditions de Pierre de Fenin (1837), 
de Commynes (1840-47), de Jean de Wavrin (1858-63), 
déjà £aites pour la Société de l'Histoire de France, M"' Dupont 
avait pris d'avance possession de son sujet; eUe avait pu en 
apprécier l'intérêt, elle avait eu surtout l'occasion de recueil- 
lir d'ores et déjà de nombreux matériaux, et surtout de cons- 
tituer cet itinéraire, accessoire obligé d'une publication de 



1 . Lettre de MU« Dupont dans VAnnruiire^Bulktin ^de la Société 
de l'BUiùire de France, 1868, p. 179. 



viij AVERTlSSEMEin'. 

ce genre, qui se complète encore chaijae jour, mais dont elle 
a fourni et le cadre primitif et la plupart des éléments. 

Le Conseil de la Société, sur les conclusions de M. Léo- 
pold Delisle, chargé par le Comité de publication de foire 
le rapport accoutumé, approuva le projet dans sa séance du 
1" décembre 1868'. 

 l'approbation du Conseil vint s'ajouter celle de M. Gui- 
zot, qui était alors président de la Société, et dont la haute 
autorité en matière historique accusait nettement l'intérêt 
de la publication projetée '. Le commissaire responsable, 
désigné dès lors pour la publication, fut M. Ravenel. 

 ce moment, M^^^ Dupont avait déjà réuni environ sept 
cents lettres. Une fois acceptée par la Société de l'Histoire de 
France, l'édition des Lettres de Louis X/ jouit d'une publi- 
cité plus grande ; le ministère de l'intérieur lui accorda son 
concours, et ât demander, par une circulaire, aux archi- 
vistes départementaux d'indiquer les ressources que leurs 
dép&ts pouvaient fournir. Elle prit ainsi une extension qui 
dépassait de beaucoup les prévisions primitives, et demandait 
un travail plus considérable que celui qu'elle avait paru 
exiger tout d'abord. M"® Dupont, après avoir vaillamment 
commencé l'œuvre, demanda à s'adjoindre M. LéopoldPan- 
nier, archiviste paléographe et employé à la Bibliothèque 
Nationale. Cette collaboration fut autorisée par le Conseil 
de la Société à la date du 3 février 1874 \ Le résultat fut 
un accroissement du nombre des documents qui fit porter 
par la Société à trois le nombre des volumes, primitivement 
fixé à deux seulement ^ M. Pannier recueillit d'abondants 



1. Annuaire-Bulletin, 1868, p. 179. 

2. Séance du 5 jaavier 4869. Annuaire^Bulletin, p. 51-52. 

3. Ànntiairô-'BuUetin de la Société, 1874, p. 69. 

4. Séance du 3 novembre 1874. Annuaire-Bulletin, p. 214. 



1 



AVERTISSEHENT. ix 

matériaux et le nombre des lettres recueillies s'élevait déjà à 
près de quinze œnts. Mais le jeune et vaillant érudit ne devait 
pas avoir le bonheur de commencer la publication d'une 
CBuvre à lac[uelle, dès le premier moment, il s'était consacré 
avec tant d'ardeur. Il fut emporté le 9 novembre 1875, ayant 
assez véca pour laisser après lui, avec le souvenir de ce 
qu'il avait déjà fait, le regret de ce qu'il aurait pu faire encore. 

Le l*' février 1876, la Société lui donnait pour succes- 
seur M. Joseph Yaesen, archiviste paléographe. Sous l'im- 
pulsion de M. Quicherat^ nommé à la même date commissaire 
responsable, commencèrent, dans les archives départemen- 
tales, de nouvelles recherches dont M. Pannier avait eu le 
temps d'esquisser le programme, et pour lesquelles une cir- 
culaire fiit encore une fois envoyée par le ministre de l'inté- 
rieur aux archivistes relevant de son département. 

Le plan primitif de l'édition ne semblait pas comporter la 
publication des lettres du dauphin. M. Quicherat, estimant à 
bon droit impossible de négliger cette période delphinale qui 
est comme la préface du règne de Louis XI , fit décider que les 
lettres du dauphin seraient jointes au recueil projeté. C'était 
demander un nouveau volume, et en même temps un nouvel 
éditeur. M. Etienne Charavay, archiviste paléographe, 
auquel sa thèse sur l'administration de Louis dauphin avait 
rendu ce sujet familier, et qui possédait un certain nombre 
de lettres de cette période, fut adjoint à M. Yaesen par le 

Conseil de la Société, dans sa séance du 9 janvier 1877, et 

» 

chargé spécialement de la publication du premier volume, 
contenant la correspondance du dauphin. 

La haute influence de M. Quicherat fit accorder en 
1880 à M. Charavay, par le ministre de l'instruction 
pubUque, une mission en Italie, dans laquelle, accompagné 
de M. Yaesen, il ne recueillit pas moins de quatre cents 



X AVERTISSIDIENT. 

lettres missives, sans parler des documents d*ane autre 
nature. C'est assez dire combien cette mission était néces- 
saire ^ 

Mais M. Quicherat, qui avait tant fait pour l'heureux 
achèvement de la publication des Lettres de Louis XI, ne 
devait pas, lui non plus, en voir la fin. Il serait téméraire à 
nous de vouloir refaire ici Téloge de ce maître, dont Téru- 
dition française regrettera longtemps la perte. D'autres plus 
autorisés que nous ont rempli dignement cette tâche ; il nous 
suffira de dire que l'éditeur du Procès de Jeanne d'Arc et 
des Mémoires de Thomas Basin était, pour les éditeurs 
des Lettres de Louis XI, un auxiliaire et un guide pour 
ainsi dire infaillible. 

On comprendra maintenant, après ce récit des vicissitudes 
que la présente édition a traversées, depuis le jour où elle fut 
décidée en principe jusqu'à l'apparition du premier volume, 
qu'elle se soit fait aussi longtemps attendre. Mais il ne sem- 
blera peut-être pas qu'il faille considérer comme perdues ces 
quinze années. En 1868, M^^^ Dupont accusait l'existence de 
sept cents lettres missives ; c'est à plus de dix-huit cents que 
s'élève aujourd'hui le nombre de celles qui ont été recueillies, 
sans compter celles du dauphin, et ce chiffre n'est certaine- 
ment pas définitif. Il existe, à notre connaissance, même 
en France, un certain nombre de lettres à utiliser; elles 
sont notées, elles viendront prendre place, à leur heure, 
dans notre édition. Il en existe encore à l'étranger : à Saint- 
Pétersbourg, où les hasards de nos révolutions ont trans- 
porté un trop grand nombre de documents de notre histoire, 
et aux archives impériales de Vienne; des négociations 
en cours nous obtiendront la communication des unes et des 

1. Archives dês Missions scientifiques et littéraires, 3* série, t. VU, 
1881, p. 433-474. 



1 



AyERnSSEMENT. xj 

autres. Il en existe en Espagne, où peutr-etre sera-t-il 
possible, avec le concours obtenu déjà une fois du ministre 
de l'Instruction publique, d'aller les chercher quelque jour. 
Il 7 en a enfin dans des collections particulières, dans des 
archives de famille : nous voudrions que notre appel fut 
entendu des possesseurs de ces précieux dépôts ; il l'a été déjà , 
et c'est pour nous un motif d'espérer qu'il le sera encore. 

Nous ne saurions énumérer ici tous ceux qui ont bien 
voulu apporter des matériaux à l'édifice; nous ne pouvons, 
pour le moment, que leur adresser nos remerciements. Il est 
pourtant un nom que nous ne devons point omettre, c'est 
celui de M. le duc de la Trémoille : il nous a ouvert ses 
archives de famille avec cette générosité toujours assurée 
aux intérêts de la science et de l'art. Le jour où cet exemple 
sera suivi d'une manière générale, notre recueil s'enrichira, 
des plus précieux documents. 

Nous nous ferons un devoir et un plaisir de ne pas publier 
un seul document sans nommer la personne qui nous l'aura 
fourni. Une œuvre comme celle que la Société de THistoire 
de France a entreprise honorera tous ceux qui y prendront 
part; c'est contribuer à son succès d'une manière certaine, 
que de fournir aux éditeurs les moyens de combler les 
lacunes inévitables dans une publication de cette nature et 
de cette étendue. 



1 



PRÉFACE 



AUX LETTRES DE LOUIS DAUPHIN. 



La correspondance de nos rois est une des sources les plus 
importantes de notre histoire nationale, et cependant c'est 
celle qui a surtout fait défaut à nos écrivains. En effet, de 
tous les souverains qui ont régné sur la France, Henri lY et 
Napoléon I"* sont encore les seuls dont on ait coUigé les 
lettres * . Nulle œuvre n'est plus utile cependant pour prépa- 
rer les voies à ceux qui composent des histoires générales ou 
particulières. La Société de l'Histoire de France a montré 
combien elle en comprenait la nécessité lorsqu'elle décida la 
publication des Lettres missives de Louis XI. Le choix de ce 
prince était particulièrement heureux, car c'est de son règne 
que datent Tère des temps modernes et l'unité française. Les 
historiens, d'ailleurs, n'ont pas manqué à Louis XL Nous 
trouvons, au xv* siècle, l'évêque Thomas Basin', Philippe 
deClommynes'et Jean de Troyes^ au commencement du xvu", 

1. La correspondance de Henri lY a été donnée dans la Collec" 
tion des documents inédits publiée par le ministère de rinstruction 
publique, et celle de Napoléon I"' a été imprimée par ordre du 
gouvernement impérial. 

2. Publiée de 4855 à 4859 par Jules Quicherat, pour la Société 
de l'Histoire de France, en quatre volumes. 

3. La première édition date de 4524, in-foi. La meilleure est 
celle qui a été donnée, pour la Société de THistoire de France, par 
M"« Dupont, de 4840 à 4847, en trois volumes. 

4. Son livre est assez improprement appelé la Chronique 5can- 



7 
/ 

r 



xiv PRÉFACE. 

Pierre Matthieu^, au xyin*, Toratorien Joachim Le Orand * 
et racadémicien Duclos', et enfin, de nos jours, le professeur 
Urbain Legeay^. Les trois premiers, en leur qualité de 
témoins des faits qu'ils ont racontés, reflètent les passions 
de leurs contemporains et portent des jugements contradic- 
toires qu'il convient de contrôler. L'historiographe Pierre 
Matthieu est un compilateur médiocre, plus sentencieux que 
yéridique. Le Grand, travailleur consciencieux, a entassé 
des matériaux fort intéressants à l'aide desquels il a écrit 
une vie de Louis XI qui est restée inédite^ et qui montre qu'il 
était plus capable de recueillir des documents que de les 
mettre en œuvre. Duclos a simplement puisé dans les manus- 
crits de Le Grand et , de ses quatre volumes, celui des Preuves 
est encore le meilleur. Quant au dernier biographe, Urbain 
Legeay, il a compilé en deux volumes les travaux de ses 
devanciers, mais son livre, indigeste, dépourvu d'esprit cri- 
tique, mal ordonné et lourdement écrit, n'est qu'un essai 
inutile de réhabilitation de son héros. Â tous ces écrivains 
il a manqué un élément d'information indispensable, la cor- 
respondance de celui dont ils ont raconté la vie privée et 
publique. C'est cet élément même que la présente publication 
fournira au futur historien de Louis XI. 

Le premier volume de la correspondance de Louis XI est 
consacré & Louis dauphin. Ce prince, né à Bourges le 3 juil- 
let 1423, ne devint roi qu'à l'âge de trente-huit ans. Cette 

daleuse. Il a été publié pour la première fois sans date à la fin 
du xv« Biècle. 

1. Paris, Mettayer, 1610, in-fol. 

2. Né à Sainl-LÔ (Manche) le 6 février 4653, mort à Paris le 
{•' mai 1733. 

3. Paris, 1745, 4 vol. in-12. 

4. Paris, Didot, 1874, 2 vol. in-8». 

5. Bibl. nat., ms. fr. 6960 à 69G2. 



\ 



PRÉFACE. XV 

première partie de sa vie fat consacrée aux affaires politiques 
et constitue la prâEace du règne. Dès la fin de 1436 le dau- 
phin accompagna son père Charles YII dans ses voyages et 
à la guerre. Cette année-là il parcourt le Languedoc, l'Âu- 
vei^e et le Dauphiné ; en 1437, il assiste au siège de Mon- 
tereau. En 1439, il est commissaire du roi en Languedoc, en 
Poitou et en Saintonge, et tient tête aux routiers. En 1440, 
il est le chef de cette révolte éphémère qu'on appelle la Pro* 
guérie. En 1442, il prend part aux expéditions de Langue- 
doc et de Gascogne, et, l'année suivante, force les Anglaisa 
lever le siège de Dieppe. En 1444, il débarrasse la France 
des grandes compagnies en les emmenant guerroyer contre 
les Suisses, qui les détruisirent presque complètement. 
En 1446, mécontent de son père et de la cour, il se retire en 
Dauphiné. Là il développe librement son esprit actif et domi- 
nateur. Il agit en souverain indépendant, battant monnaie, 
levant des impôts, créant un parlement, fondant une uni- 
versité, courbant sous sa volonté le clergé et la noblesse, 
favorisant et anoblissant les bourgeois, épousant, sans le 
ocHiflentement paternel, Charlotte de Savoie, contractant des 
alliances avec ses voisins ou leur déclarant la guerre, pre- 
nant parti dans les affaires et dans les querelles des répu- 
bliques italiennes, exerçant, en un mot, le pouvoir d'une 
manière aussi absolue que si le Dauphiné avait été séparé de 
la France. Ce règne anticipé dure dix ans et ne prend fin 
que parce que Charles YII, jugeant cet état de choses préju- 
diciable à son autorité paternelle et royale, rappelle son fils 
à la cour en 1456. Loin d'obéir à cette injonction, maintes 
fois renouvelée, le dauphin envoie des ambassadeurs à son 
père, entame des négociations et veut même imposer ses 
conditions. Le roi, irrité, se résout alors à aller chercher 
son fils et à le contraindre par la force à l'obéissance. Celui-ci, 



/ 



XV j PRÉFACE. 

averti à temps, quitte précipitamment le Dauphiné et se 
réfugie auprès de son oncle le duc de Bouif ogne. Philippe 
le Bon accueille avec honneur l'héritier de la couronne de 
France et lui assigne pour résidence le château de Genappe, 
situé près de Bruxelles. C'est dans ce lieu que le dauphin 
vécut cinq ans avec sa jeune femme, partageant son temps 
entre les intrigues politiques et les plaisirs delà chasse, con- 
tinuant l'œuvre commencée en Dauphiné et concluant même 
un traité avec le duc de Milan. Il ne rentra en France que 
pour succéder à Charles YII, mort le 21 juillet 1461. 

On voit par ce court résumé que la pré&ce du règne de 
Louis XI mérite toute l'attention de l'historien. Cette souve- 
raineté de dix ans exercée en Dauphiné a été un fait unique 
dans nos annales ; c'est pendant ce temps que notre prince s'est 
préparé à devenir le fondateur de l'unité française . Il était donc 
juste de ne pas omettre dans la correspondance de Louis XI 
la période delphinale. J'ai été chargé de cette première partie 
par le Conseil de la Société de l'Histoire de France. J'ai dû cet 
honneur à mes études antérieures sur cette époque. Elevé au 
milieu des documents historiques, je fiis, dès ma jeunesse, 
attiré par cette grande époque de transformation qui embrasse 
le XV* siècle, et je me destinai, avec la présomption naturelle 
à cet ftge, à devenir l'historien de Louis XI. Mes premières 
recherches datent de 1861 . J'entassai avec ardeur les notes 
et les documents, mais je ne tardai pas à comprendre la 
grandeur de la tâche que j'avais si naïvement entreprise. 
Aussi m'appliquai-je surtout à étudier la partie la moins 
connue de la vie de mon héros, sa jeunesse. Entré, en 1865, 
à l'École des chartes, je choisis comme sujet de thèse une 
période seulement de cette jeunesse, celle du gouvernement 
du Dauphiné. Ma thèse, soutenue au commencement de 
l'année 1869, fut accueillie avec bienveillance par mes pro- 



^ 



-^ 



PRÉFACE. XVlj 

fiaBseors, et notamment par mon illustre et regretté maître 
Jules Qaicherat, chargé de Tezaminer ; mais , comme je 
connaissais trop les défauts et les lacunes de mon osuvre, je 
gardai mon manuscrit en portefeuille. Je me félidte chaque 
jour de cet acte prudent, car j*ai découvert tant de documents 
nouveaux que mon travail primitif est tout entier à modifier 
et à compléter. Cependant c'est cette thèse, tout imparfaite 
qu'elle f&t, qui m'a valu la confiance du Conseil de la Société 
de l'Histoire de France. J'ai essayé d'y répondre de mon 
mieux, et j'ai consacré à cette tâche tout le temps dont mes 
devoirs professionnels me permettaient de disposer. 

La jeunesse de Louis XI n'ayant jamais été l'objet d'une 
étude spéciale, j'ai commencé par rechercher ce qui était 
disséminé dans les histoires générales et particulières. Les 
histoires générales ne mentionnent que sommairement les 
faits principaux et sont muettes sur la période du gouverne- 
ment du Dauphiné. Les chroniqueurs contemporains du 
prince, Thomas Basin et Mathieu d'Escouchy, sont plus 
explicites et donnent des renseignements précieux sur là 
démêlés de Charles VIT avec son fils. Dudos a imprimé, 
dans ses Preuves^ des documents importants, mais ses 
textes, que j'ai contrôlés en partie sur les originaux, sont 
généralement incorrects et souvent mal datés. Pour les séjours 
du dauphin en Languedoc,, dom Y aissète est un guide indis- 
pensable. La campagne d'Allemagne a été remarquablement 
racontée par mon savant confrère Â. Tuetey dans son livre 
les Écorcheurs sous Charles VII. Les historiens dauphi- 
nois, notamment Nicolas Chorier, m'ont fourni d'intéressants 
renseignements sur les actes du prince pendant son séjour 
dans son apanage. Quant à Legeay, le demi^volume qu'il a 
consacré à la jeunesse de Louis XI n'apporte pas de faits 
nouveaux et est trop confus pour qu'on le consulte avec firuit. 
I b 



Xviij PRÉFACE. 

Les sources manuscrites ont été surtout Tobjet de mes 
recherches. La Bibliothèque nationale en possède de capi- 
tales, et, en première ligne, le volumineux recueil de Le 
Grand, qui comprend, outre la vie de Louis XI, les pièces 
originales et les copies qu'il avait rassemblées. C'est un 
fonds des plus précieux pour la période delphinale, bien que 
les copies soient généralement inexactes et sans indication 
de provenance. Le cartulaire du Dauphiné, formé, au 
XYiu^ siècle, par l'intendant Gaspard-Moïse Fontanieu\ 
n'est pas moins important. Les papiers de Jean Bourré, sieur 
du Plessis, secrétaire du dauphin, m'ont fourni un certain 
nombre de minutes, d'une écriture très âne, pleine d'abré- 
viations et difScilë à déchiffrer. L'ancien fonds Saint-Ger- 
main comprend plusieurs lettres originales, notamment celles 
qu'avait copiées Le Grand et que Duclos a publiées. Les 
Archives nationales m'ont aussi fourni quelques pièces, mais 
en petit nombre. 

Les archives départementales et municipales ont été explo- 
rées par mon collaborateur Yaesen et par moi. Les plus 
riches en lettres ou en documents de l'époque delphinale 
sont celles de l'Isère, de la Drôme et de Lyon, que nous 
avons dépouillées à diverses reprises. J'ai visité aussi celles 
du Languedoc et en ai rapporté quelques notes intéressantes. 
Je n'ai pas négligé non plus les fonds étrangers. Au mois de 
mai 1881 , grâce à une mission spéciale du ministère de l'ins- 
truction publique, j'ai exploré, avec le concours de mon 
confi^ère Yaesen, les principales archives de l'Italie. A 
Gênes, au Vatican, à Florence, à Venise, à Milan et à 
Turin, nous avons découvert de nombreux documents qui 

1. Né en 1693, mort en 1767. Il a laissé une collection de 
841 volumes m4* de pièces relatives à rhistoire de France, con- 
servée à la Bibliothèque Dationale. 



1 



PRÉFACE. xix 

révèleiit les rapports de Louis XI dauphin et roi avec les 
républiques et les princes de l'Italie. 

De ces longues et patientes recherches, poursuivies durant 
vingt années, est résulté le volume que je soumets humble- 
ment au jugement et aux critiques de mes maîtres^ de mes 
collègues et de tous ceux qui aiment et étudient notre histoire 
nationale. J'ai divisé mon livre en trois parties : 

1* Ijottres missives du dauphin, écrites de 1438 à 1461. 
Elles sont au nombre de cent vingt-six, presque toutes 
publiées d'après les textes originaux. La date d'année man- 
quant toujours aux lettres missives, le classement chronolo- 
gique a été parfois difficile ; mais, grâce à l'itinéraire que 
j'ai constitué à l'aide des mandements et des actes du dau- 
I^n, j'ai pu restituer la date de cent dix pièces. J'ai autant 
qae possible illustré les lettres par des notes empruntées à 
des sources originales. 

2" Pièces justificatives. Elles forment cent numéros. Je les 
ai choisies, parmi les nombreux documents que j'ai réunis, 
comme les plus caractéristiques pour la personnalité du dau- 
phin. Cette partie, ce me semble, éclaire d'un jour tout nou- 
veau l'histoire de la jeunesse de Louis XI. 

3^ Notices biographiques. Elles concernent douze person- 
nages de l'entourage du dauphin et ont été constituées à 
l'aide de documents inédits. 

Tel a été le cadre du livre. Je n'ose espérer qu'on le 
trouvera bien rempli. Quand on est le premier à étudier un 
sujet, on ne se garde pas de l'imperfection. Des lettres du 
dauphin ont sans doute échappé à mes recherches * . Les fonds 

1. La collection d'autographes de M. de Lajarriette, vendue par 
mon père en novembre 1860, contenait une lettre du dauphin à 
son père datée d'Etoile, le 27 février, probablement 1456, et dans 
laquelle il faisait acte de soumission. Je n'ai pu retrouver cette 



^ 



XX PRÉFACE. 

dauphinois, autrefois assez difficiles k explorer, dolTent en 
receler encore. J*espère que des érudits, plus heureux ou 
plus avisés que moi, les découvriront, dussé-je par cela 
même encourir quelques reproches. Si ma publication y perd, 
l'histoire y gagnera et cela seul importe. Je fais donc appel 
aux chercheurs, et je leur serai reconnaissant de me fournir 
les éléments d*un supplément qui paraîtra, s*il y a lien, à la 
fin du dernier volume de cet ouvrage. 

Je dois, en terminant, rendre grâces à tous ceux qui m'ont 
aidé dans mon œuvre. Si mon livre a quelque intérêt, c'est 
à eux qu'en reviendra l'honneur. Je ne revendique pour moi 
que le mérite de l'initiateur et la peine des erreurs et des 
omissions. J'inscris en tète de cette liste de collaborateurs le 
nom illustre et vénéré de mon^maître Jules Quicherat. C'est 
lui qui a réclamé la publication des lettres du dauphin, non 
comprise dans le plan primitif de l'ouvrage. Il avait été 
naturellement désigné pour mon commissaire responsable. 
Hélas ! il n'avait pas encore terminé la revision de mon 
manuscrit quand il a été subitement enlevé à la science^ 
Cette perte si cruelle et qui menaçait d'être si préjudiciable 
à ma publication, a été réparée autant qu'il était possible 
par le choix du successeur de M. Quicherat dans les fonctions 
de commissaire. Après le grand archéologue que le monde 
savant pleure, on ne pouvait trouver un érudit plus versé 
dans l'histoire du xv*" siècle que le sagace éditeur de Mathieu 
d'Escouchy, que le consciencieux historien de Charles VU. 



pièce, qui eût augmenté la série des lettres à Charles YII, malheu- 
reusement si restreinte. — Je n'ai pas eu la possibilité non plus 
d'explorer les archives de TEspagne, qui fourniraient peut-être 
quelques documents sur le dauphin. 

1. Né à Paris le 13 octobre 1814, Jules Quicherat est mort dans 
la même ville le 8 avril 1882. 



PRÉFACE. XJq 

La menreilleufle connaissance que M. le marquis de Beau- 
court possède de tous les documents de cette époque m'a fait 
éviter plusieurs erreurs ou omissions. Ce n'est que justice de 
lui ofrir ici un témoignage public de ma gratitude. J'adresse 
un semblable triliut à la mémoire de M. Benjamin Fillon, 
dont je m'honorais d'être le disciple et l'ami, et dont les con- 
seils m'ont été si utiles, à M. Léopold Delisle, le maître 
incontesté de tous les paléographes, qui m'a soutenu de ses 
précieux encouragements, et à M. Adolphe Rochas, l'homme 
de France le plus compétent en matière d'histoire dauphi- 
noise et qui m'a fait profiter de ses trésors de science avec 
une libéralité et une amitié bien rares. 

Après ces maîtres, je nomm^ai tout d'abord mon confrère 
et collaborateur Joseph Yaesen, dont le zèle et l'érudition 
m'ont été si nécessaires pendant nos pérégrinations com- 
munes en France et en Italie ; M. A. Lacroix, le savant 
archiviste de la Drôme, qui m'a guidé d'un pas sûr dans les 
richesses de son dépôt ; feu M. Pilot de Thorey, archiviste 
derisère, et son érudit successeur, M. Prudhomme; M. Ulysse 
Chevalier, pour qui l'histoire de Romans n'a pas de secrets; 
M. J. Roman, l'éditeur du Loyal Serviteur; M. Xavier 
Mossmann, le célèbre historien alsacien ; M. Jolibois, archi- 
viste du Tarn ; M. Roschach, archiviste de Toulouse ; mes 
excellents confrères Tuetey, Lacour de la Pijardière, Léon 
Brièle, Yétault, Rendu, Flammermont et de Mandrot; et 
M. Alfred Morrison, le grand collectionneur anglais, dont la 
libéralité n'est jamais en défaut. 

Je ne saurais oublier aussi les conservateurs des archives 
de l'Italie, qui m'ont facilité ma tâche par leur obligeant 
concours. J'adresse mes plus vi£s remerciements au grand 
historien, le conunandeur Cesare Cantù, directeur des 
archives de Milan, et à ses dignes collaborateurs le cheva- 



xxij raÉFAGE. 

lier Damiano^ Muoni, le chevalier Pietro Ghiiusoiii, qui a 
bien youIu copier et collationner la plupart des textes ita- 
lieiis, et à M. Porro ; au chevalier de Simone, de Gènes ; à 
monseigneur Cieccolini et à dom Gregorio Palmieri, attachés 
à la bibliothèque et aux archives du Vatican ; à M. Cesare 
Guasti, de Florence ; à M. Cecchetti, de Venise ; et à 
M. Pietro Vayra, de Turin, un des paléographes les plus 
estimés de Tltalie. 

Enfin j'ai profité, pour la publication et Forthographe des 
textes, des avis judicieux de mon célèbre maître et confrère 
M. Paul Meyer, directeur de l'École des chartes et un des 
plus grands linguistes de notre temps. 

Et maintenant il ne me reste plus qu'à solliciter l'indul- 
gence du public pour les fautes de l'auteur. 

Etienne Charavat. 
Paris, octobre 1883. 



1 



SOURCES 



iMPinf^s. 

HUioire des règnes de Charles VU et de Louis XI, par Thomas Basin, 
èréqne de Ldsiimx, publiée par J. Qaicherat ; Paris, 1855-1859, 4 toI. in-8*. 

Chroniqw de Mathieu d^Eseoueky, édition 6. de Beanconrt; Paris, 
1863, 3 p. iii-8*. 

La Chronique des dues de Bourgogne, par Georges Ohastellain, éd. 
Kerryn de LettenhoTe ; 1863-1865, 8 toI. iii-8*. 

Journal dun bourgeois de Paris sous Charles Vil, éd. Taetey; ISSl, 
iii-8-. 

Chronique Martinienne^ édition de 1503. 

Œuvres de Gerson, éd. Ellies Dapin; Amsterdam, 1703, 5 toI. in-fol. 

HisMre de Louis XI, par Pierre Matttiiea ; Paris, 1610, in-fol. 

Histoire de Bresse et du Bugeg, par Gaiclienon ; 1650, in-fol. 

Histoire du Dauphiné, par Nicolas Ghorier; 1661-1672, 2 toI. in-fol. 

Annales eeelesiastiei, de Baronins et Raynand, éd. de 1738, t. XXVIII. 

Thésaurus novus Aneedotorum, de dom Martène et de dom Dnrand ; 
Paris, 1717, 5 Tol. in-fol., t. I. 

Histoire de la province de Languedoc, par dom Vaissète ; 1730-1747, 
5 Tol. in-fol. 

Histoire de Louis XI, par Duclos, et Preuves; 1745, 4 toI. in-12. 

Histoire de la sainte église de Vienne, par Gharyet; Lyon, 1761, in4*. 

Mémoires sur la ville de Romans, par Dochier; Valence, 1812, in-8*. 

Maierialien %ur Œstreiehischen GeschicKte, par Josef Ton Clmiel ; 
Vienne, 1832-1840, 2 toI. in-4*. 

Chroniques de Yolande de France, pnbl. par Léon Menabrea ; Paris, 
1859, in-8*. 

Biographie du Dauphiné, par Adolphe Rochas; Paris, OharsTsy, 
1856-1865, 2 vol. in-8*. 

Mélanges historiques, dans la Collection des documents inédits. 

BuUetin de FAeadémie delphinale, t. II (pièces publiées par Panché- 
Prunelle). 

Histoire de Charles VII, par VaUet de Viriville ; 1863-1865, 3 t. in-8*. 

Numismatique féodale du Dauphiné, par Henri Morin-Pons, in-4*. 

Les gouverneurs du Dauphiné, par Guy Allard (publié par M. H. Gariel 
dans le tome I de la Bibliothèque historique du Daupliiné). 

Sssai historique sur la baronnie de Clérieu, par A. de Gallier ; Lyon, 
1873, in-8*. 

Les Écoreheurs sous Charles VII, par A. Tuetey ; Montbéliard, 1874, 
2 ToL in-8*. 

Histoire de Louis XI, par Urbain Legeay; Paris, 1874, 2 toI. in-8*. 

Charles VII, par G. de Beanconrt ; 1875, in-8*. 

Matheline Botonier ou un épisode de la vie de Louis XI (dauphin), 
par A. Lacroix (Bulletin de la Société départementale d'archéologie et 
de statistique de la Drôme, année 1876, 36*, 37* et 38* liTraisons). 



r 



XXIV SOURCES. 

Bodrfaue de VUlandrando, par J. Qoieherat ; 1879, iii-8«. 
Lêi Etaii pravineiaux de Vanciennê France iotu Charles VU, pu- 
Antoine Thomas ; 1879, 2 ?ol. in-8*. 
BitUdrede Chartes VU, par 6. de Beaacourt, 1 882-1883, 2 toL in-^, t. U. 

mnoscEiTs. 

BibUoihèque naUonaU : Mss. de Legrand (Fr. 6960 à 6967). — Carta- 
laire da Daaphiné par Fontanieu (Lat. 10954 à 10965). — Preares 
de l'Histoire du Daaphiné par Fontanieu (Lat 10949 à 10953). — 
Portefeuilles de Fontanieu, n*' 117 à 128. — Papiers de Bourré, 
secréUire du dauphin (Fr. 20483 à 20499). — Papiers Vallet de 

YiriTiUe (Fr. 1486, N. acq.) Du Puy, 752 et 762. — Pièces originales, 

série d'environ 3,000 volumes, formée avec le cabinet des titres et non 
encore terminée. — Correspondance de Gérard Machet (Lat. 8577). — 
Baluze, 56, 76 et 77. — Dom Fonteneau, 26. — ClairambauU, 13, 45, 
87, 125, 155 et 205. — Dom Grenier, 53. — Dom Housseau, t. IX. — 
Collection de Champagne, t. IX. — Dom Villeyieilie, Trésor généalo- 
gique, 32 et 37. — Fr. 2342, 2811, 2900, 6737, 15537, 19860, 20420, 20427, 
20430, 20436, 20437, 20580, 20594, 20620, 20855, 21405, 26066 et 26080. 
— Lat. 5414a et 5185ii. 

Arehkfes nationales : JJ 177, K 65. — P 2298. — Xîa 23. — Z 160. 

Archives de V Isère : Registres de la Chambre des Comptes du Dau« 
phiné, B 2720 à 3232. 

Archives de Lyon : Séries AA, BB et CC. 

Archives de la Drame : E 2302, 3588 et 3608. 

Biblioihè(itie de Gap : Mémoires manuscrits de JuTenis. 

Archives de VHérauli : Sénéchaussée de Nîmes, t. VIU. 

Archives de Châlons-sur^Mame : Registres municipaux de 1445. 

Archives de Senlis : Registres municipaux. 

Archives de Toulouse, d'EnUnrun elde la Oéte-d'Or, 

Archives de Beauvais : Registres municipaux. 

Archives de Coimar : Liber missivarum de 1442 à 1448. 

Archives de Milan : Dominio Sforzesco. — Registri délie lettere mis- 
sive ducali. — Potenze estere, Francia. 

Archives de Gênes : Materie politiche. — Liber lltterarum GotardL 

Bibliothèque de Gènes : Jac. Bracelli et aliorum clarissimorum viro- 
rum epistolae, orationes et opuscula. 

Archives du Vatican : Registres des actes des papes Eugène IV, 
Nicolas V, Calixte II et Pie II, de 1436 à 1461. 

Archives de Florence : Registri d'ambasdate estere alla Republica, 
classe X. 

Archives de Venise : Sécréta, tomes XVII, XIX et XX. 

Archives de Turin : Traités anciens avec la France, paquet 9. 

Manuscrit inédit de Guy Allard sur les fiefs du Dauphiné, communiqué 
par M. Adolphe Rochas. 

Collection de M. Alfred Morrison, de Londres. 

Collection de M. Etienne Charavay. 



1 



LETTRES DE LOUIS XI 



LOUIS DAUPHIN 



1438-1461 



I. 



A BUE DE LmAYB. 

Bourges, 21 juin 1438. 

Ordre de payer à son maître d'hôtel Gabriel de fiemes les 1,000 flo- 
rins octroyés an dauphin par les États du Dauphiné. — (Orig. 
Bibl. nat., Fr. 20620, fol. 2.) 

De par le dauphin de Viennois. 

Ghier et bien amé, nous avons chargé Gabriel de 
Bernes^, nostre maistre d'ostel, de recevoir de vous 
les mil florins que les gens des trois estaz du pais du 
Dauphiné nous ont donné. Si vueillez appoincter ledit 
Gabriel en telle manière que le plus brief que faire ce 
pourra il soit paie de ladicte somme. En prenant quic- 
tance de lui vous en tendrons quicte, et lequel vous 

1. Voir la notice à la fin du volume. 

I \ 



91 LETTRES DE LOOS XI. 

envoyé mandement de Monseigneur pour vostre aident. 
Ghier et bien amé, Nostre Seigneur soit garde de vous. 
Donné à Bourges le xxi^ jour de juing. 

LOYS. 

S. Verjus * . 

A nostre chier et bien amé maistre Helye de Linaye ^, 
receveur de l'aide au pais du Dauphiné. 



II. 



A PIERRE BÉRART. 

Selles-en-Berri, 25 décembre 1438 ? 

Ordre de bailler dix écus à un arbalétrier pour qu'il vienne de 
Tours auprès de lui. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20436, fol. 30.) 

Mon compère, je me recommande à vous et vous 
prie sur toutleplesir que faire me vouliez que à Piectre, 
mon arbalestier, vueillez bailler la somme de dix escuz 

1. Simon Verjus, secrétaire du roi, était maître de la chambre 
aux deniers du dauphin. Il reçut, le 8 février 1437, 100 livres 
tournois en récompense de son service auprès du dauphin et 
2,000 livres tournois, le 26 juillet 1438, pour la dépense annuelle 
de l'hôtel de ce prince (Bibl. nat., cabinet des titres, dossier 
Verjus). 

2. Élie de Linaye, secrétaire du roi, fut commis, en 1435, à 
recevoir Taide de 30,000 florins octroyés au roi par les États du 
Dauphiné en avril 1434, et il toucha en cette qualité 600 florins 
(lettres de Charles VU, du 17 avril 1436, Bibl. nat., Fr. 20420, 
fol. 1). En 1437 il eut la même mission relativement au don de 
10,000 florins fait au dauphin par les trois états du Dauphiné en 
janvier 1437 (lettres de Charles VII, de Montélimart, 4 février 1437, 
Bibl. nat., Fr. 20420, fol. 1, et quittance d'Amauri d'Ëstissac, du 
1" mai 1437, id., Pièces orig., 1080). 



LOUIS DAUPHIN. 3 

pour se délivrer de Tours et s'en venir devers moy ; 
et qu'il n'y ait point de faulte, et je vous en prometz 
tenir compte et le vous rendre. Mon compère, nostre 
Seigneur soit garde de vous. Escript à Selles em Berry ^ 
le xrv* jour de décembre. 

LOYS. 

A mon compère Pierre Berart. 

Au verso se trouve le reçu suivant : 

JeBenoast de Vaulx^ connoiez avoir hu et ressu x escus 
de Pierre Berart , hunon de Mons' le Dauphin, ainsy 
comme il apert par sette sedulle synée de mon dit sei- 
gneur. 

B. DE Vaulx. 



m. 



A ELIE DE LINAYE. 

Ghollet, 17 décembre 1439. 

Ordre de rembourser la somme de 1,000 florins à lui avancée par 
Guillaume Goyet, son argentier. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20437, 
n«8.) 

De par le daplphin de Viennois. 

Ghier et bien amé, nous vous mandons que la somme 
de mille flourins, laquelle ja pieça nous fut octroiée 
par les gens des trois estaz dont vous avez eu la 
recepte, vous délivrez à nostre argentier maistre 
Guillaume Goyet ^ ou autre commis pour lui, car il 

1. Selles-sur-Gfaer (Loir-et-Cher). 

2. Benoit de Vaulx, valet de chambre du dauphin, recevait une 
pension annuelle de 375 livres. (Bibl. nat., mss. Legrand^ Fr. 6966, 
fol. 63.) 

3. Guillaume Goyet, argentier de la reine Marie d'Anjou (lettres 



4 LETTRES DE LOUIS XI. 

nous a fait délivrer la dicte somme par deçà. Escript 
à GhoUet ^ le xyn* jour de décembre mil GGGG trente 
neuf*. 

LOYS. 

Durant. 

 nostre chier et bien amé maistre Helye de Linaye, 
secrétaire de Monseigneur. 



IV. 



AUX GOUVERNEUR ET GENS DES COMPTES DU DAUPHINÉ. 

Gharlieu, 3 août 1440. 

Envoi du sire de Gamaches et de Gabriel de Bernes, chargés de 
prendre possession du Dauphiné. — (Copie du temps : Archives 
de l'Isère, Afemorialium octamts liber, fol. 55 v«.) 

De par le daulphin de Viennois. 
Très chiers et bien amez , nous envoyons presente- 



de cette reine données à Tours le 16 octobre 1433), garde des sceaux 
de la ville de Montferrant (lettres de Charles VU données à Tours 
le 14 août 1434), argentier du dauphin et commis à recevoir les 
dons faits au dit seigneur par les sénéchaussées de Beaucaire et 
de Carcassonne pour lui aider à supporter les frais de son voyage 
en Languedoc, reçut, en cette qualité, le 14 août 1439, 500 livres 
pour la part des gens du diocèse de Béziers. (Bibl. nat.. Pièces 
originales, 1383.) 

1. Par lettres patentes données à Angers le 12 décembre 1439, 
Charles YII avait envoyé le dauphin comme commissaire royal 
et extraordinaire dans le Poitou c pour oster les pilleries et faire 
vuidier les gens de guerre qui estoient en icellui. i (Tuetey, les 
Écorcheurs sous Charles YII, 1. 1, p. 124.) — Cf. pièces justifica- 
tives, n" 1. 

2. Un trait de plume a effacé la date de l'année, qui avait été 
mise à tort par le scribe, les lettres missives ne devant être datées 
que du lieu, du jour et du mois. 



LOUIS DAUPHIN. Ô 

ment en nostre pays du Daulphiné noz amez et feaulx 
conseillers chambellan et maistre de nostre hostel le 
sire de Gamaches^, chevalier, et Gabriel de Bernes, 
escuier, avecques toute puissance de prendre la pos- 
session pour nous de nostre dit Daulphiné, lequel 
Monseigneur nous a délivré, conune appert par ces 
lectres sur ce faictes et à nous octroyées ^. Si vous 
prions et neantmoins mandons que à nosdits conseil- 
lers et ambaxadeurs sur ce vueillez donner faveur, 
conseil et aide, et adjouster foy à ce qu'ilz vous expo- 
seront de par nous plus a plain. Et tant en vueillés 
faire que apprenions que nous vueillez servir et faire 
plaisir^. Très chiers et bien amez, Nostre Seigneur soit 
garde de vous. Esçript à Gharlieu ^ le m® jour d'aoust^. 

LOYS. 

De la Borderye^. 

1. Jean de Gamaches, troisième fils de Guillaume, maître d'iiô- 
tei de la reine Marie d'Anjou (30 mai 1426, dans le t. 42 du Trésor 
généalogique de Dom YiUevieille), conseiller et maître d'hôtel du 
Roi, envoyé par Charles VII en Languedoc, en Lyonnais et en 
Dauphiné (24 septembre 1431). — (Bibl. nat., Pièces originales, 
4273, dossier Gamaches.) 

2. Charles Vil avait cédé le Dauphiné à son fils par ses lettres 
données à Charlieu le 28 juillet 1440. (Duclos, Preuves de l'Histoire 
de Louis II, p. 20.) 

3. Jean de Gamaches et Gabriel de Bernes se présentèrent à 
Grenoble, le 13 août 1440, dans la salle du Conseil de la Cour et 
présentèrent les lettres royales et celles du dauphin. (Arch. nat., 
P. 2298, p. 1129-1137.) 

4. Gharlieu (Loire). Le dauphin était dans cette ville avec son 
père. 

5. La veille le dauphin avait accrédité par des lettres patentes 
ses deux envoyés. (Ârch. nat., P. 2298, p. 1133.) 

6. Jean de la Borderie, maître de la chambre aux deniers du 
dauphin, fut receveur en Auvei^ne des tailles levées par le roi 



LETTRES DE LOUIS XI. 



A Doz très chiers et bien amez les gouverneur ou 
son lieutenant, gens du Conseil des Ck>inptes et tréso- 
rier de nostre pays de Daulphiné. 



V. 



AUX GENS DES COMPTES DU ROI A PARIS. 



Chartres, 5 novombre 1440. 

Envoi d'un mémoire contenant plusieurs questions relatives aux 
monnaies du Dauphiné. — (Copie. Arch. nat. , P. 2298, 
p. 1139.) 

Très chers et bien amés, nous avons entendu qu'au 
temps passé ont esté faites et commises plusieurs 
fautes et abus sur le fait des nionnoyes de nostre 
Daulphiné, et encores fait on de présent. Pour quoy 
est besoin d'y pourveoir et est nostre intention de 
bref ainsy le faire. Toutesfois comme nous ne voul- 
drions aucunement entreprendre sur les droits de 
Monseigneur ny aussy de laisser dépérir les nostres, 
nous vous envoyons par ce porteur un mémoire tou- 
chant ceste matière afin qu'iceluy par vous veu puis- 
sions estre plus a plain informé. Si vous prions que le 
veuillez diligemment visiter et nous escripre tout ce 
que vous trouverez au vray touchant le contenu en 
iceluy^ Très chers et très amez seigneurs, Nostre 

pour son expédition de Normandie contre les Anglais (pièce du 
24 décembre 1441, Bibl. nat., Pièces orig., 41B). Il mourut à 
Cusset au mois d'avril 1452, et les gens des comptes du roi à Paris 
firent saisir les biens meubles et immeubles du défunt (27 avril 
1452, id.). 
1. Le 14 novembre 1440 les gens des Comptes du roi à Paris 



LOUIS DAUPHIN. 



Seigneur soit garde de vous. Ëscript à Chartres le 
dnquiesme novembre. 

LOYS. 

[Aux gens des comptes du Roy à Paris.] 



VI. 



AU CHAPITRE DE SAINT-MARTIN DE TOURS. 

Amboise, 25 octobre 1441. 

Recommandation en faveur de Jean Majoris, son confesseur, pour 
la première prébende vacante. — (Copie de la main de Baluze, 
Bibl. nat., P. Baluze, 56, p. 130.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Très chiers et bien amez, vous savez assez le grant 
désir et affection que nous avons au bien et provision 
de nostre amé et féal confesseur maistre Jehan Majoris^, 
chantre de vostre Eglise, à la prébende d'icelle vostre 
dite Eglise, et comment de vive voix vous avons autres- 
fois prié et requis et par plusieurs lettres de par nous 
à vous envoiées, et dernièrement fait rescripre Mon- 
seigneur à la faveur de nostre dit confesseur, et chargé 
de par nous nostre amé et féal chambellan Guillaume 

Ê répondirent au dauphin : 1* dans les baux accordés aux prédéces- 

seurs du dauphin il n*y a aucune réserve sur le fait des monnaies; 
2<> le roi a coutume d'émettre en Dauphiné de la monnaie royale 
et de la monnaie delphinale, et, avec sa permission, le dauphin 
peut en faire autant ; 3» les généraux maîtres des monnaies c ont 
\ accoutumé de faire les jugements des boîtes des monnaies du 

' Dauphiné et d'en faire les comptes, lesquels sont demeurés à 

Paris en cette dite Chambre des comptes, et aussi sur icelles avoir 
toute connaissance en tout et partout comme en celle du royaume. » 
(Copie. Arch. nat., P. 2298, p. 1140-1143.) 
1 . Voir la notice à la fin du volume. 



» 



8 LETTRES DE LOUIS XI. 

d'Âvaugor^, baillif de Touraine, vous dire et remons- 
trer le grant désir et affection que nous avons à la 
provision d'icellui nostredit confesseur, auquel baillif, 
comme avons sceu, avez dit et affermé que pour amour 
de nous et du grant désir et affection que avez sceu et 
savez que avons au bien d'icellui, lui donnerés liberal- 
ment et de cuer la première prébende qui escherra 
en vostre collation et disposition, avant tous autres, 
quelques letres que aiez eues ou aies de par mondit 
seigneur, par importunité dé requerans ou autrement. 
Car nous savons certainement que mondit seigneur 
veut mieulx que nostredit confesseur Tait que nul 
autre. Si vous prions derechief très acertes et sur tout 
le plaisir que jamais faire nous désirés que à ceste 
nostre prière et requeste ne nous vueilliés faillir. Et 
vous ferés à mondit seigneur et à nous un très singu- 
lier plaisir, duquel aurons souvenance en temps et 



1. Guillaume d'Ayangoar, seigneur de la Roche-Mabiie, bailli 
de Touraine (21 avril 1418), écuyer, coDseiller et chambellan du 
dauphin régent du royaume (25 janvier 1420). 11 reçut, le 13 fév. 
1420, 600 livres tournois a pour icelle somme emploier et convertir 
en achat de vaisstlle d'argent pour lui, pour et en recompensacion 
de celle que nagueres lors que noz très chiers et amez cousins les 
contes de Bonquin et de Vington et autres seigneurs en leur com- 
paignie, tous du pais d*£scoce, vindrent par devers nous en nostre 
ville de Bourges, nous feismes prendre de lui pour icelle donner 
et départir de par nous à nosdiz cousins et ausdiz gentilz hommes 
de leur compaignie. » Le 19 janvier 1423, Charles VII lui rem- 
boursa 1000 livres qu*il avait empruntées avant son avènement. 
(Bibl. nat. , Pièces originales, 152, dossier Avaugour.) En 
décembre 1439, il accompagna le dauphin, dont il était gouver- 
neur (Arch. nat., X«* 9200, fol. 293 V), en Poitou et en Sain- 
tonge et il fut chargé par ce prince, le 29 janvier 1440, avec 
Amaury d'Estissac, d'une mission auprès de Charles Vn. (Bibl. 
nat., Pièces originales, 1080, dossier Estissac.) 



r 

y 



LOUIS DAUPHIN. 9 

lieu quant d'aucune chose nous requerrés. Très chiers 

et bien amez, Nostre Seigneur soit garde de vous. 

Escript à Âmboise le xxv* jour d'octobre. 

LOYS. Je vous prie que me tenés ce que m'avés 

promis * . 

Du Croiset*. 

A nos très chiers et bien amez les Doyen et Chapitre 
de Saintp-Martin de Tours ^. 

Prœsentatœ in Capitula die xxvj mensis octobris 
anno XLL 

VIL 

AUX GOUVERNEUR ET GENS DU CONSEIL DU DAUPmNÉ. 

Esnande, 21 mars U43. 

Ordre d'entériner ses lettres patentes accordant à son échanson, 
Guigne de Gostaing, l'office de gardier du comté de Vienne. — 
(Transcription du temps : Archives de l'Isère, B 3225, fol. 39.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Noz amez et feaulx , il est venu à nostre cognois- 
sance que, combien que par certaines causes et consi- 
deracions qui à ce nous ont meu, nous ayons donné 
et octroyé à nostre bien amé eschançon, Guigne Gons* 

4. Ces mots étaient de la main du dauphin. 

2. Jacques du Groiset, notaire et secrétaire du roi (18 déc. 
4438, Bibl. nat., Pièces orig., 934), maître de la chambre aux 
deniers du dauphin, reçut, le 21 juillet 1440, un acompte sur la 
somme de 2,000 livres à lui octroyée pour la dépense ordinaire et 
extraordinaire de ce prince. — (Cf. aussi Mss. Legrand, Bibl. 
nat., Fr. 6965, fol. 156.) 

3. Charles Le Boursier, 47« doyen du chapitre de Saint-Martin 
de Tours, de 1424 à 1442. (Gallia Chnstiana, t. XIV, p. 183.) 



10 LETTRES DE LOUIS XI. 

tayn^, Toffice de garder^ de nostre compté devienne 
pour en joïr par ledit Guigue sa vie durant, comme ce 
vous est peu apparoir par noz lettres closes et patentes 
à luy par nous sur ce octroyés, toutes voys vous ne 
luy avés voulu entériner ces lettres ne le recevoir 
audit office, dont ne sommes pas comptens. Si vous 
mandons et expressément enjoignons, sur tant que 
vous doubtés désobéir, que incontenant ces lettres 
veues et sans y faire aucun delay, luy entérinés noz 
dictes lettres en le mettant en possession dudit office 
et le souffirant et laissant joir d'icelluy, tout ainsi que 
mandé vous est par icelles noz lettres patentes, car 
nous n'y en volons point d'autre. Et gardez que 
en ce n'ait aucune faulte. Noz amez et feaulx, Nostre 
Seigneur soit garde de vous. Ëscript à Esnande^ le 
xxf jour de mars*. 

LOYS. 

TlOLEN. 

 noz amez et feaulx les gouverneur ou son lieute- 
nent, gens de nostre conseil et tresourier de nostre 
Daulphiné. 

1. Guigue de Gostaing appartenait à une famille noble du Dau- 
phiné. Il était fils de François de Gostaing et succédait, comme 
gardier de Vienne, à son oncle Pierre de CSostaing, dit Mortier, 
démissionnaire à cause de son grand âge et de ses infirmités. 

2. Gardier. La ville de Vienne était en partage entre le roi dau- 
phin et l'archevêque. Chacun d'eux y avait un officier pour veiller 
à ses intérêts; celui du dauphin s^appelait gardier et celui de 
Tarchevôque courier. Les compétitions de ces deux officiers don- 
nèrent lieu, au xv* siècle, à de nombreuses affaires sur lesquelles 
les archives de Tlsère contiennent plusieurs documents. 

3. Esnande (Charente-Inférieure). 

4. A cette lettre sont jointes des lettres patentes du Dauphin 
données à Marmande, le 20 septembre 1442, et dont la présente 
missive était destinée à assurer Texécution. 



LOUIS DAUPHIN. 11 



VIII. 



À l'ÉVÈQUE de GRENOBLE. 

Abbaye de Notre-Dame de Celle, 8 avril 1443. > 

Annonce de l'envoi de Gabriel de Bernes et de Romanet Vellyun, 
chargés d'obtenir un dixième en sus des subsides pour payer la 
rançon de Raoul de Gaucourt, gouverneur du Dauphiné, alors 
prisonnier des Anglais. — (Publ. par le Dauphiné, n* du 
26 sept. 1880.) 

De parledaulphin. 

Révérend père en Dieu, très chier et amé, nous avons 
chargé nos amez et feaulx conseilliers Gabriel de Bernes, 
lieutenant de nostre gouvernement de nostre Daulphiné, 
et maistre Romanet Yellyun, nostre procureur en cour 
de Rome, vous dire auchunes choses touchant ung di- 
xiesme pour le fait de la délivrance de nostre amé et féal 
le sire de Gaucourt^, gouverneur de nostre Daulphiné, 
lequel a esté par le long temps et encore est prisonnier 
des Anglois^. Si voulons que les dessusdiz et chascun 

i. Raoul de Gaucouct, gouverneur du Dauphiné le 1*' novembre 
1428, fut remplacé, en 1447, par Louis de Laval, et devint grand- 
maître de rhôtel du roi. (Cf. Les gouverneurs du Dauphiné, par 
Guy Allard, dans la Bibliothèque historique du Dauphiné, publiée 
par M. Gariel, t. I, p. 175, et Charles VII et ses conseillers, par 
Vallei de Viriville, p. 38.) 

2. Gaucourt avait été pris près d'Eu, au mois de septembre 1440, 
en allant secourir Harfleur avec les comtes d'Eu et de Dunois. 
« Mais en ce môme jour, dit Monstrelet (liv. U, ch. 247), sur les 
vêpres, le seigneur de Gaucourt, qui étoit demeuré derrière, fut 
pris d'environ dix-huit Anglois qui suivoient leurs traces, lesquels 
l'emmenèrent prisonnier au Neuf-Ghâtel de Hincourt ; et depuis 
fut délivré en payant grand'somme d'argent. > — Le roi Charles VU 
écrivit aux principales villes de France pour les prier de contri- 



12 LETTRES DE LOUIS XI. 

d'eux veillez croire de tout ce qu'ils vous diront de 
nostre part touchant ceste matière, comme si nous 
mesmes vous le disions. Révérend père en Dieu et 
très chier et bien amé, Nostre Seigneur soit garde de 
vous. Escript en l'abbaye de Nostre Dame de Gelle^ 
le vm® jour d'avril*. 

LOYS. 

A révérend père en Dieu evesque de Grenoble*. 



IX. 



AUX GÉI^RAUX MAITRES DES MONNAIES A PARIS. 

Meaux, 7 septembre 1443. 

Ordre d'entériner les lettres royales de rémission accordées à 
Milet Blondelet, naguères maître particulier de la monnaie de 
GrémieuenDauphiné. — (Copie. Ârch. nat.,Z^b60,fol. xlvui v*.) 

Très chers et bien amez, nous envoyons présente- 
ment par devers vous nostre amé et féal secrétaire 
Pierre George pour vous dire de par nous aucunes 
choses touchant l'entérinement des lectres de remission 
que Monseigneur a données à nostre requeste à Millet 
Blondelet, naguères maistre particulier de nostre mon- 

buer au paiement de la rançon de Gaucourt (y. Pièces justifica- 
tives, n^ 2). Cet appel fut entendu et Gaucourt donna plusieurs 
quittances de sommes à lui remises pour sa rançon. (Bibl. nat., 
Pièces orig., 1292.) 

1. Abbaye d'Augustins réformés, située dans le département des 
Deux-Sèvres et dépendant du diocèse de Poitiers. Elle avait été 
fondée au xi« siècle. 

2. Le 15 avril le daupbin était à Melle et le 30 à Poitiers. (Iti- 
néraire du dauphin.) 

3. Aymon de Ghissey. 



LOUIS DAUPHIN. 13 

noye de Gremieu en nostre DauIphinéS pour aucuns 
cas et abbuz par luy commis ou fait de ladicte monnoye. 
Si vous prions et neantmoins commandons que les- 
dictes lectres entérinez, car nous sommes contens de 
luy et de l'amende en quoy il peult estre encouru 
envers nous et justice à cause desdiz cas et abbuz 
commis comme dit est, et vueillez croire ledit nostre 
secrétaire et adjouster foy à ce qu'il vous dira de par 
nous touchant ceste matière comme à nous mesmes^. 



1. Il y avait, en Dauphiné, quatre ateliers de monnaie : à Gre- 
mieu, à Romans, à Montélimart et à Grenoble. (Gf. Numismatique 
féodale du Dauphiné, par H. Morin-Pons.) Milet Blondelet, maître 
de la monnaie de Grémieu, commit, en 1442, des malversations 
qui furent découvertes par les commissaires royaux et s'enfuit du 
Dauphiné. On constata qu'il avait ouvré de la monnaie d'or et 
d'argent au coing du roi et du dauphin ayant un poids trop faible 
et qu'il avait acheté et livré du billon à un prix plus élevé que 
celui fixé par les ordonnances. Le fonctionnaire infidèle fut con- 
damné à une amende de 1,100 écus d'or qu'il acquitta et moyen- 
nant laquelle le dauphin lui fit obtenir des lettres de rémission 
données par Charles VU à Poitiers en juin 1443. (Arch. nat., Z^^^ 
fol. XLvi y.) 

2. Voici la déclaration du secrétaire Pierre George à ce sujet 
(Arch. nat., Z*«o, fol. xlix) : 

« Je Pierre George, secrétaire de Monseigneur le daulphin, cer- 
tiffie à tous que le vu* jour de septembre mil mi^ xun, mondit 
seigneur estant à Meaulx me bailla unes lectres portans créances 
adressans à Messieurs les generaulx maistres des monnoies pour 
le fait de l'entérinement de certaines lectres de remission données 
par le Roy à Millet Blondelet, naguère maistre particulier de la 
monnoie de Gremieu ou Daulphiné, d'aucuns cas par luy commis 
ou fait de ladicte monnoie ; et estoit telle la créance que mondit 
seigneur m'avoit chargée dire de par luy à mesdiz seigneurs, c'est 
assavoir qu'il leur prioit, sur tout le plaisir et service que jamais 
luy vouloient faire, que incontinant ilz entérinassent lesdictes 
lectres de remission données par le Roy nostre sire à sa requeste 
audit Millet Blondeau, non obstant que aucunement les cas ne 



1i LETTRES DE LOOS XI. 

Et gardez qu'il n'y ait faulte, car nous n'en serions pas 
contens, et se autrement le vouliez faire faictes le nous 
signiffier par ce porteur affin que y pourvoyons ainsi 
qu'il apartiendra. Nous avons retenu par deçà Jehan 
de Ghaponay pour aucunes choses que ne vous povons 
rescripre de présent. Très chers et bien amez, Nostre 
Seigneur soit garde de vous. Ëscript à Meaulx le 
vif jour de septembre. 

LOYS. 

TlGLEN^ 

[AUX généraux maistres des monnoyes à Paris.] 



X. 



AUX GÉNÉRAUX MAITRES DES MONNAIES A PARIS. 

Gompiègne, i5 septembre 1443. 

Nouvel ordre d'entériner les lettres de rémission accordées à 
Milet Blondelet. — (Gopie. Arch. nat., Z^^, fol. xlix.) 

Très chiers et bien amez, nous avons veu ce que 
m'avez escript touchant le fait de Millet Blondelet, 
nagueres maistre particulier de nostre monnoye de 
Gremieu en nostre Daulphiné, duquel sommes ja pieça 
informez bien au long et en avons aussi fait informer 
Monseigneur et son conseil. Si vous prions bien acertes 

fassent pas assez exprimez ne déclarez, ainsi qu'ilz disoient, en 
ladicte rémission. Fait le xviii^ jour desdiz moys et an dessnsdiz. 

c P. Gborqe. > 
1. Bien que le copiste ait lu TioUn, je pense qu'il s'agitde Jean 
Tirlan, secrétaire du dauphin. Cette observation s'applique aussi 
à la signature du secrétaire de la lettre n* VU. 



LOUIS DAUPHIN. 15 

et sur tout le plaisir que desirez nous faire que incon- 
Unaut et sans plus de delay et toutes excusacions cessans 
vous entérinez les lectres de remission nagueres don- 
nées par mondit seigneur à nostre requeste au dit 
Millet Blondelet d'aucuns cas par luy commis ou fait 
de ladicte monnoye plus a plain exprimez en ladicte 
remission, car nous sommes contens de luy et luy 
avons quicté, remis et pardonné toute l'offense et 
amende qu'il peult et povoit avoir conunises envers nous 
et justice à cause desdiz cas. Et gardez que en ce n'ait 
faulte, sur tant que doubtez encourir nostre indigna- 
don. Au surplus croyez nostre amé et féal secrétaire 
Pierre George de ce qu'il vous dira de par nous sur 
ceste matière pour ceste fois seulement ^ . Très chers 
et bien amez, Nostre Seigneur soit garde de vous. 
Escript à Gompieigne le quihziesme jour de septembre. 

LOYS. 

Barriluer. 

[Aux généraux maistres des monnoyes à Paris.] 

1. Le mardi 17 septembre 1443, Pierre George se présenta au 
comptoir de la chambre des monnaies et requit l'entérinement des 
lettres. Jean Dauvet, au nom de M« Jacques Jouvenel, avocat du 
roi, répondit que les délits n'étaient pas suffisamment spécifiés 
dans les lettres de rémission pour qu'on pût accorder Pentérine- 
ment, et que, d*ailleurs, les délits commis par Blondelet étaient 
crimes de lèse-majesté contre le bien du roi et au préjudice de 
toute la chose publique. Néanmoins il ne s'opposa pas^ vu les 
lettres itératives du dauphin, à l'entérinement des lettres de 
rémission, mais il fit toutes ses réserves pour l'avenir et demanda 
que sa protestation fût enregistrée à la suite des lettres du roi et 
du dauphin (Arch. nat., Z*«o^ fol. xlix v«). — Le 10 décembre 1444, 
Raoul de Gaucourt, gouverneur du Dauphiné, afiferma de nouveau 
la monnaie de Grémieu à Milet Blondelet. 



16 LETTRES DE LOUIS XI. 



XI. 



AUX GOUVERNEUR ET GENS DU CONSEIL DU DAUPHINÉ. 

La Charité, 6 juillet 1444. 

Ordre de mettre Adam de Cambray, premier président au Parle- 
ment de Paris, en possession de Toffîce de la chàtellenie de 
Goncelin. — (Copie du temps. Arch. de l'Isère, B 3225, fol. 99.) 

De par le daulphin de Viennois. 

A noz amez et feaulx. Nous avons présentement veu 
ce que nous avez escript touchant la chastellenie de 
Gonsselins^ et que obstant les dons que en avons fait 
tant à nostre très cher et bien amé le premier président 
du Parlement de Monseigneur à Paris, maistre Adam 
de Cambray', premier possesseur d'icelle, et depuis à 
ung nommé Beyaigue, de nostre pais du Daulphiné, 
auquel par inadvertance, ou autrement par importu- 
nité, comme non informez du don dudit maistre Adam, 
eussions baillé audit Beyaigue noz lettres de don dudit 
office de chastellenie, n'avez voulu, obstant certaines 
lettres closes que vous avons escriptes en faveur dudit 
Beyaigue, quelques secondes lettres patentes par nous 
octroyées audit maistre Adam pour la possession et 
restitucion dudit office de chastellenie, doubtans comme 
nous avés escript encourir nostre indignacion, donner 
et bailler vostre declaracion sur ce , et à ceste cause 
en avez remis les parties par devant nous pour sur ce 

1. Goncelin (Isère). 

2. Adam de Cambray, premier président du Conseil delphinal, 
le 15 septembre i428, premier président au Parlement de Paris 
en 1436, mort le 15 mars 1457. 



? 



LOUIS DAUPHIN. * 17 

declarier nostre voulenté à qui vouldrions la dicte 
chastelleoie demourer et appartenir. Si vous mandons 
et commandons bien expressément, et ceste foiz pour 
toutes, pour aucunes choses qui nous ont meu et 
meuvent que icellui maistre Adam de Gambray vous 
mettez et instituez de par nous en possession et saisine 
dudit office de chastellenie de Gonsselins tout ainsi et 
selon la forme et teneur de nosdictes lettres dudit 
office par nous à lui derrenierement octroyées, nonobs- 
tant quelques lettres que vous en povons avoir escriptes , 
car ainsi Favons declairé et déclarons. Si gardez que 
ainsi le faictes et que plus ne vous en conviengne 
escripre. Nos amezetfeaulx, Nostre Seigneur soit garde 
de vous. Escript à la Charité le sixiesme jour de jullet^. 

LOYS. 

Tribole*. 

 noz amez et feaulx les gouverneurs ou son lieu- 
tenant, gens du Conseil et trésorier gênerai de nostre 
Daulphiné. 

i. La date de cette lettre est fournie par un acte de Raoul de 
Gaucoort, gouverneur du Dauphiné, rendu en Conseil delphinal 
le 14 juillet 1444, conformément aux volontés du dauphin dont il 
reproduit la lettre missive et les lettres patentes données à Saint- 
Poursain le 18 juin 1444. (Arch. dép. de l'Isère, B 3225, fol. 97 
et suiv.) 

2. Thomas Tribole, notaire et secrétaire du roi (21 septembre 
1453, Bibl. nat., cabinet des titres, dossier Tribole). 



2 



? 



18 LETTRES DE L0UI8 XI. 



XII. 



A ALBERT, DUC D AUTRICHE. 

Ensisheim, 23 novembre 1444. 

Prière de mettre en liberté un de ses serviteurs, nommé Beau- 
vois, fait prisonnier devant BàLe. — (Publ. par Jos. Ghmel, 
Materialien zur (Esterreichischen Gesehichte, t. I, 1<« partie, 
n* Lly pièce d.) 

Ludovicus, régis Francorum primogenitus, delphinus 
Yiennensis, lUustris prioceps consanguineeque noster 
carissime, requisivimus vos ante villam de Brisaco^ 
pro quodam servi tore nostro prisionario capto a ves- 
tris et in servicio vestro in exitu belli quod actum fuit 
ante Basileam^, per ipsosque etiam adhue detento, 
nomine Beauvois^ quem promisistis nobis intègre et 
plenarie liberare, atque piene expeditum et iiberatum 
ad nos transmittere ; pluriesque Marchio de Rothelain ^ 
super hoc per nos et nostros requisitus fuit, qui illud 
idem se facturum semper spopondit : quod non et 
minime actum est , sed semper idem servitor noster , 
qui adhuc in ea etate existit in qua et inter inimicos 
ut prisonarius detineri, lege belli non deberet, ab hiis 
qui eum ceperunt detinetur, in nostri non modicam 

1. Brisach. C'est de cette ville que le duc Albert d'Autricbe, 
envoyé du roi des Romains, était venu trouver le dauphin à 
Ënsisheim, le 19 octobre 1444. 

2. Bâle. Ce Beauvais avait été probablement pris à la bataille 
de Saint-Jacques, livrée le 26 août 1444. 

3. Guillaume de Hochberg, marquis de Rothelin, gouverneur 
des domaines autrichiens en Suisse, avait accompagné le duc 
d'Autriche dans son ambassade auprès du dauphin. 



LOUIS DAUPHIN. 19 

displicentiam. Rogamus igitur quantum possumus 
dilectionem vestram quatenus eum plene prout de 
vobis oonfidimus expediri et liberari faciatis, et taliter 
circa hoc agere, quod de dilectione vestra conqueri et 
dolere, quod nobis maxime molestum esset, causam 
non habeamus. Datum in Enshhem^ xxm novembris. 

LOYS. 

J. Bourré^. 

Illustri principi domino Alberto, Âustrie duci^, con- 
sanguineo nostro carissimo. 

XIII. 

AUX GENS DU CONSEIL DE BOURGOGNE A DIJON. 

Nancy, 4 féTiier 1445. 

Protestation contre les outrages que lui et ses gens ont reçus, au 
sortir de Montbéliard, des garnisons de Langres et de Lure. — 
(Copie contemporaine : Archives de la C6te-d'0r, Chambre des 
Comptes de Dijon, B 258 ; pub. par M. A. Tuetey dans ses ÉcoT' 
eheurs sous Charles VII, t. II, p. 29.) 

De par le daulphin de Viennois. 
Très chiers et bien amez, nous avons receu voz 

1. Ensisheim (Haut-Rhin). Le dauphin, blessé d'un coup de 
flèche au genou au siège de Damhach le 7 octobre 1444, s'était 
fait transporter à Chatenois, puis à Ensisheim. C'est dans cette 
dernière ville qu'avait été conclu, le 28 octobre, le traité avec les 
Suisses. (Cf. Tuetey, les Éœrcheurs sow Charles VII, t. I, p. 286 
et suiv.) 

2. L'érudit allemand avait lu, comme signatures, Aloys et 
Boire. — Jean Bourré, sieur du Piessis, secrétaire du Dauphin. 
Ses papiers sont conservés à la Bibliothèque nationale et ont été 
inventoriés par M. Joseph Yaesen. 

3. Albert, duc d'Autriche, frère de l'empereur Frédéric m, 
m. 1463. 



20 LETTRES DE LOUIS XI. 

lettres par lesquelles nous escripvez que oeulx de 
Montbeliart ont fait pluseurs courses et dommaiges 
sur les terres de beaulx oncle de Bourgogne S dont 
n'avons rien sceu ; mais vous avez peu sçavoir les 
oultraiges qui ont esté faiz à nous et à noz gens et 
mesmement au partir de Montbeliart, tant par ceulx 
de Granges^, qui nous ont fermées leurs portes et 
barrières et se sont armez à l'encontre de nous, conune 
aussi par ceulx de Lure qui nous tindrent ung temps 
à leur porte et ne vouldrent souffrir que y entrassions 
que nom X ou XII*, mes y avoit gens de guerre en 
garnison qui se disoient y estre de par vous, et telle- 
ment qu'il convint à ceulx de nostre conseil et à plu- 
seurs chevaliers et escuiers et la plus part des princi- 
palx d'entour nous demeurer aux champs en dangier, 
sans ce qu'ilz peussent pour or ne pour argent ne chose 
quelconque avoir vivres de ladicte ville de Lure, dont 
avons esté et sommes bien merveillez et mal contens 
et non sans cause. Si nous escripvez quelle intencion 
avez d'en fere reparacion en y procédant de manière 
que doyons estre contens; et en faisant devoir de 
vostre costé nous ferons tousjours et aurons bon vou- 
loir de fere de nostre part touchant les terres et sei- 
gnories de nostredit oncle tant qu'il devra estre con- 
tent. Très chiers et bien amez, nostre Seigneur soit 
garde de vous. Ëscript à Nancey le iv® jour de février. 

LOYS. 

BOGHETEL^. 

4. Philippe le Bon, duc de Bourgogne. 

2. Petite localité de la Haute-Saône. 

3. Jean Bochetel, notaire et secrétaire du roi (15 sept. 1439, 
Bibl. nat., Pièces orig., 377), contrôleur de la chambre aux 
deniers du dauphin (20 déc. 1440), commis à la trésorerie et 



LOUIS DAUPHIN. %\ 

 noz très chiers et bien amez les gens du Conseil 
de nostre très chier et très amé oncle et cousin le duc 
de Bourgongne, estans à Dijon. 



XIV. 



A LA VILLE DE SENLIS. 

Ghâlons-sar-Marne, 17 juillet 1445. 

Demande d'une somme d'argent pour l'aider à payer les dettes 
contractées l'année précédente en conduisant les routiers en 
Allemagne. — (Archives de Senlis, fiB III, fol. 50 v*.) 

De par le daiphin de Viennois. 

Très chiers et bien amès, vous savez assez comment 
par le bon plaisir et voulentè de Monseigneur en la 
saison passée avons fait widier et mettre hors de ce 
royaume en grant danger de notre personne tous les 
cappitaines, routiers et autres gens de guerre espandus 
en iceliui à la foule et totale destruction des pays de 
mon dit seigneur, et iceulx menez et fait vivre par 
longue saison ou pais delemaigne à ce que les pilleries 
poussent cesser et le povre peuple et subgiez de mon 
dit seigneur demeurer et vivre seurement. Â quoi 
avons, moiennant la merci et aide de nostre seigneur, 
bien pourveu et remédié, ainsi que nostre vouloir 
estoit de faire et encores est, se besoing en estoit. Les- 
quelles choses n'avons peu parfaire ne iceulx gens 
d'armes entretenir sans faire plusieurs grosses finances 
d'argent tant par empruns comme autrement, dont à 

recette générale de toutes les finances de la reine (14 janv. 1460 
et 10 nov. 1463). Il était né à Reims et avait épousé la sœur de 
Jacques Cœur. 



SIS LETTRES DE LOUIS XI. 

ceste cause sommes tenus et obligés et que bonnement 
ne pourions payer sans l'aide de vous et d'autres 
subgiez de mon dit seigneur, obstant les grans charges 
qui de présent sont sur ses finances. Si vous prions et 
requérons, tant et si acertes que plus povons, que 
nous veullez donner et octroyer à cestui nostre besoing 
et première requeste aucune sonune d'argent présen- 
tement à vous supportable pour icelle convertir et 
employer en ce que dit est et aussi pour subvenir en 
nos autres affairez. Ce faisant, nous ferez très singulier 
plaisir et le recognoisterons en temps et en lieu quant 
d'aucune chose aurez à besongner devers mon dit sei- 
gneur et nous pour vos afiairez. Très chiers et bien 
amez, nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à 
Ghaalons sur Marne le xvii^ jour de juillets 

LOYS. 

Tribole. 

Ânos très chiers et bien amez les gens d'église, bour- 
gois et habitans de Sentis. 

XV. 

A l'évêque d'autun. 

Tours, i2 octobre 1445. 

Ordre de confirmer sans retard l'élection de Jean Gonault comme 
abbé du monastère du Mont Saint-Micbel. — (Impr., Archives 
municipales de Lyon, documents imprimés, t. I.) 

De par le daulphin de Viennois. 
Révérend Père en Dieu, très chier et bien amé, 

i. Cette lettre fut lue, le mardi 17 août 1445, dans rassemblée 
faite en Thôtel de ville de Senlis. A la suite de la transcription de 



LOUIS DÀUPHm. %Z 

entre les autres notables monastères de ce royaume, 
ausquels les Roys d'icelui de très noble recordation 
ont eu singulière dévotion, le monastère du Mont Saint 
Michiel est Tun qui despieça est réservé et adjoint à la 
couronne de France, et quant la vacation d'icelui est 
advenue n'est point cheu en commende, ains par sin- 
gulière prérogative en est exempt. Auquel, après le 
trépas de feu Robert Jolivet^, qui derrenier abbé en a 
esté, nostre très chier et bien amé frère Jean Gonaut, 
conseiller de Monseigneur', a canoniquement esté esleu 
en abbé dudit monastère et fait les diligences necesseres 
et requises d'avoir et obtenir de qui il appartient con- 
firmation de son élection canonique et mesmement 
envers vous ou vos vicaires, comme ayant le gouver- 
nement et administration en espirituel et temporel de 
rarcheveschié de Lyon, primatial de l'archeveschié de 
Rouen, quant l'église de Lyon vaque ou qu'elle est en 
procès et litige, laquelle confirmation ledit esleu n'a 
encores de vous ou de vosdits vicaires obtenu, qui est 
ou très grand préjudice de l'interest que Monseigneur 



cette missive sur les registres, on lit la délibération suivante : 
f A esté conclud que pour la grant amour et affection que la ville 
a à Monseigneur le Delphin et afin d'estre et demourer en l'amour 
dudit Monseigneur de ladite ville, la ville lui donna la somme 
de im^x 1. t. à payer à la Saint Martin d'iver prochain venant. » 

1. Robert Jolivet, abbé du Mont Saint^Micbel en 1410, mort à 
Rouen le 17 juillet 1444. (Dom Huynes, Histoire générale du Mont 
Saint-Michel, t. I, p. 195-199.) 

2. Vicaire-général de l'abbé Jolivet depuis 1420, il fut élu le 
6 septembre 1444, tandis que le pape donnait l'abbaye du Mont 
Saint-Michel au cardinal d'Estouteville, et se vit, pour ce motif, 
refuser son investiture par Tévêque d'Avranches et par l'arche- 
vêque de Rouen. (Dom Huynes, t. I, p. 200, et Gallia Christiana, 
t. IV, p. 323 et 324.) 



S4 LETTRES DE LOUIS XI. 

a en ce grief et dommage du bon droit dudit esleu qui 
par tels delays ou dissimulations se pourroit depenr, 
et aussi en contempt, vilipention et mépris des ordon* 
nances royaulx fondées en droit divin et humain, dont 
ne povez prétendre ignorance, et autrement griefment 
délinquant. Pourquoy ces choses considérées, et aussi 
la grant loyauté et preudomie dudit esleu qui par 
l'espace de xxiy ans a bien et loablement gouverné 
en espirituel et temporel ledit monastère par provi- 
dence et auctorité du Pape et de Texprès consentement 
de mondit sieur et avec ses autres mérites et vertus 
digne de très grant faveur et recommendation , et 
mesmement pour juste cause à ce nous mouvans, vous 
prions très acertes que s'il vous appert de ladite cano- 
nique élection, vous icelle, tous delaiz et dissimulations 
cessans et rejettées, vueillez incontinent confermer 
ainsi qu'il est à faire de raison. Et vous ferez vostre 
devoir et à nous très agréable plaisir, saichans certai- 
nement que se autrement le faites mondit seigneur et 
nous, qui entention avons de soustenir et conserver 
en son bon droit ledit esleu et de non souffrir si notable 
monastère, ainsi réservé à la couronne de France 
comme cestui chée, ne soit tenu à tiltre de commende, 
dont s'ensuivroit la totale destruction d'icelui, n'en 
seront pas de vous contens. Et en vostre refus ou 
defaulte se donnera sur ce briefment telle et si conve- 
nable provision qu'il sera à faire par justice et raison. 
Et pour ce n'en vueillez aucunement faillir, mais y 
monstrer par effect le vouloir que tenons vous avoir 
de voulentiers nous complaire ^ Et en ce cas nous en 

1. Le 25 octobre 1445 les vicaires-généraux de l'évéque d'Autun 



LOUIS DAUPHIN. 25 

aurons vos personnes et affaire en si especial recom- 
mendation que par expérience congnoistrez le plaisir 
que fait vous nous aurez. Le Saint Esprit soit garde 
de vous. Escript à Tours le xn* jour d'octobre. 

LOYS. 

BOGHETfiL. 

À révérend père en Dieu et nostre très chier et bien 
amé Tevesque d'Âutun^, ou ses vicaires. 



XVI. 



AUX GOUVERNEUR ET GENS DES COMPTES DU DAUPHINÉ. 

Ghinon, 20 ayriJ 1446. 

Ordre d'entériner ses lettres donnant l*ofiice de châtelain de Grane 
à Boniface de Valpergue, son conseiller et chambellan. — (Copie 
du temps : Archives de Tlsère, B 3225, fol. 178.) 

De par le daulphin de Viennois. 

Noz amez et feaulx, nous avons donné puis naguerez 
à nostre amé et féal conseiller et chambellan BonifiTace 
de Valpergue ^ l'office de chastellain , cappitaine et garde 

confirmèrent Télection de Jean Gonault (Gallia Christiana, t. IV, 
p. 324), mais le pape Eugène IV s'étant prononcé en faveur du 
cardinal d'Estouteville, Gonault reconnut ce dernier comme abbé 
commendataire le lundi 31 janvier 1446 (Dom Huynes, t. I, 
p. 202). 

1. Le cardinal Jean Rolin, évèque d'Autun d'octobre 1436 au 
22 juin 1483. 

2. Capitaine lombard an service de Charles Vn, qui l'envoya en 
Lorraine en 1438 au secours de René d'Anjou. Il accompagna, 
en 1444, le dauphin en Allemagne (Tuetey, les Écorchenrs sous 
Charles VU, t. I, p. 166) comme chef des compagnies lombardes. 



26 LETTRES DE LOUIS XI. 

de nostre ville, chastel et chastellenie de Graine^, en 
noslre cooté de Valentioois, aux gaiges de cinq œns 
florins par chascun (an), jusques à ce que luy ayons 
payé et contenté la somme de six mille frans d'une 
part, et de douze cens escuz d'or neufz d'autre , que 
nous lui devons, ainsi que plus a plain est contenu en 
noz patentes sur ce faictes. Si vous mandons, conunan- 
dons et bien expressément enjoignons que incontinent 
et sans delay vous entérinez et acomplicez nosdictes 
lettres de point (en point) selon leur forme et teneur, 
car ainsi voulons et nous plaist qu'il soit fait, sans 
aucun contredit ou difficulté. Si n'y faictes faulte. Noz 
amez et feaulx, Nostre Seigneur soit garde de vous. 
Escript à Ghinon le xx* jour d'avril^. 

LOYS. 

P. George'. 

À noz amez et feaulx conseilliers les gouverneur de 
nostre Daulphiné ou son lieutenant et gens de nostre 
Conseil et de noz comptes. 

Dans un sauf-conduit du 25 septembre 1444 11 est qualifié écuyer 
d'écurie du Roi et capitaine de gens d'armes et de trait (Archives 
municipales de Strasbourg, Correspondance politique, ÂA 186). 
Le 8 juillet 1447 il reçut 150 livres tournois pour avoir des robes 
et autres habillements (Bibl. nat., Cabinet des titres). En 1452 il 
se distingua en Guyenne contre les Anglais (Mathieu d'Escouchy, 
1. 1, p. 415). 

1. Grane (Drôme), arr. de Die. 

2. La date est fournie par les lettres patentes du dauphin datées 
de Chinon, le 19 avril 1446. 

3. Pierre George, secrétaire du dauphin, — Cf. lettres du 7 et 
du 15 septembre 1443. 



liOmS DAUPHIN. 27 

xvn. 

AUX GOUVERNEUR ET GENS DU CONSEIL DU DAUPHINÉ. 

Ghinon, 16 juin 1446. 

Ordre d'entériner sans retard ses lettres patentes faisant don à 
Pierre de Grolée d'une rente en nature sur le moulin de Quirieu. 
— (Copie du temps : Archives de l'Isère, B 3048, fol. 186.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Nez amez et feaulx, puis certain temps ença avons 
donné à nostre bien amé messire Pierre de Grolée^, 
à sa vie tant seulement, la quantité de xvi sestiers de 
blé qu'il nous doit de rente par chacun an, à cause du 
moulin des Âmolines ou mandement de Quirieu^, et 
sur ce lui avons octroyé noz lettres patentes que de 
par lui vous ont esté présentées, lesquelles n'avez 
voulu entériner, dont ne sommes pas bien contens. 
Et pour ce que voulons nostre dit don avoir et sortir 
son plain effect, pour consideracion de plusieurs ser- 
vices que lui et aucuns ses prouchains parens nous 
ont faiz, nous vous mandons et bien expressément 
enjoignons que icelles lettres vous interinez selon leur 
forme et teneur et de nostre dit don le faictes joïr sans 
aucun contredit ou difficultés et gardez que en ce n'ait 
faulte, car tel est nostre plaisir et voulons ainsi estre 
fait. Nostre Seigneur soit garde de vous. Ëscript à 
Ghinon le xvi^ jour de juing. 

LOYS. 

BOGHETEL. 

1. Probablement Pierre de Grolée, chevalier, seigneur de Saint- 
André, Briord, Mornay, Nercia et Loctave, qui fut ambassadeur 
du duc de Savoie à Milan en 1427 et testa le 5 octobre 1457. 
(Guicbenon, Histoire de Bressey 3« partie, p. 129.) 

2. Quirieu (Isère). 



28 LETTRES DE LOUIS XI. 

À noz amez et feaulx les gouverneur ou son lieute- 
nant et gens du Conseil de nostre Daulphiné. 

xvni. 

A UN DE SES FAMILIERS. 

Ghinon, 4 juillet 1446. 

Prière de payer pour lui 20 écus à Guillaume Semogni. — (Orig. 

Bibl. nat., Fr. 20436, fol. 29.) 

Gompere, je vous prie que vous baillez à Guillaume 
Semogni vint escuz et je vous prometz que je vous 
bailleray les cent frans que nous avons appoinctez 
pour lui, car pour ceste heure je ne lui puis riens 
bailler. Je vous prie que en ce n'ait faulte. Et à Dieu 
soiez. Escript à Ghinon le rv' jour de juillet. 

LOYS. 

M. Heron*. 
XIX. 

AUX PRIEUR ET COUVENT DE l'ÉGLISE DE SAIPTI-PIERRE 

DE GORBIE. 

Ghinon, 26 août 1446. 

Prière, à la requête de la duchesse de Bourgogne, de ne plus 
s'opposer à l'édification d'un couvent de religieuses de la sœur 
Colette que le seigneur et la dame de Baveuse ont fondé à Gor- 
hie. — (Copie. Bibl. nat., D. Grenier, 53, p. 399.) 

De par le dauphin de Viennois. 
Ghiers et bien amés, nous avons entendu que les 

1. Martin Héron, fils du trésorier des guerres Macé Héron (lettres 



LOUIS DAUPHIN. 39 

seigneur et dame de Saveuses^, pour la singulière 
dévotion qu'ils ont eu et ont à Dieu et Tordre de Sainte 
Glaire, ont de nouvel , par vertu de bulles et mande- 
ment de notre saint père le Pape, fait commencer et 
construire et édifier un couvent et monastère d'ioelle 
ordre et observance, de la manière de vivre des sœurs 
et religieuses de dévote sœur Colette^, en une place 
et maison séantes dedans la ville de Gorbye qui lui a 
esté donné pour Dieu en ausmosne à cette intention, 
laquelle maison et place Monseigneur, en faveur et 
contemplation de ladicte religion et de la bonne rela- 
tion qu'il a eu de ladicte sœur Golette et de sa reli- 
gieuse et honneste vie et dévotion et des autres reli- 
gieux et religieuses dudit ordre, a amorti, comme 
apparoir vous pourra par lectres d'amortissement de 
mondit seigneur. Toutefois comme il nous est apparu, 
non obstant que vostre prélat^ en soit d'accord, ayant 
consenti et meismement ceux de la communauté d'icelle 
ville, aussi neantmoins y avés contredit, tellement que 
par vertu de certain mandement par vous obtenu en 
la cour de Parlement avés fait cesser les ouvrages illec 
commencés au retardement du divin service et autres 



de Charles VII du 23 mai 1436, Bibl. nat., Pièces orig., 1517, 
n« 24), valet de chambre du roi (23 oct. 1438), maître des ports de 
la sénéchaussée de Beaucaire et de Nîmes et capitaine de la tour 
du bout du pont de Yilleneuve-lès- Avignon (4 avril 1445). 

1. Philippe, seigneur de Saveuse, gouverneur d'Amiens, m. le 
28 mars 1468. 8a femme se nommait Marie de Lully. (Cf. Généa- 
logie de la maison de Saveuse, Bibl. nat., cabinet des titres.) 

2. Golette Boilette, née à Gorbie le 13 janvier 1380, réforma en 
1406 Tordre de Sainte-Glaire et mourut à Gand le 6 mars 1447. 
Elle fut canonisée en 1807. 

3. Jean Avantage, évéque d'Amiens de 1437 à 1456. 



30 LETTRES DE LOUIS XI. 

dommaiges desdiz édifices, combien que par les lectres 
des seigneur et dame de Saveuses et. autres vous ait 
esté par plusieurs fois offert et présenté vous rendre 
et restituer tout interest que à ceste occasion y pou- 
riez avoir, a quoi n'avés en rien voulu condescendre. 
Pour quoi belle cousine de Bourgogne^, considérant 
vos difficultés par lesquelles la sainte œuvre conunen- 
cée estoit faillie de demeurer imparfaite, désirant 
l'accomplissement d'icelle, après plusieurs prières et 
requestes par elle à vous faictes comme savés et que 
rescript vous a assés au long , s'en est faicte et insti- 
tuée fondatrisse, requeront à mondit seigneur et à nous 
sur ce nostre aide et provision. Pour quoi vous prions 
bien acertes que pour amour de nous et sur tout le 
plaisir que faire à mondit seigneur et à nous quelque 
chose que en ait esté fait ja en arrière, que de cy avant 
ne vueille faire ne soufiBrir, faire ou donner aucun 
empeschement aus dictes d'édifier et bien commencer, 
mais en adhérant à la bonne volonté de vostredit 
abbé^ y vueillés donner vostre consentement en pre- 
nant doucement et raisonnablement vos interests 
comme il appartient en laissant ladicte sœur Colette 
et les autres religieux et religieuses dudit ordre entiè- 
rement et paisiblement jouir du contenu desdictes 
lectres de Monseigneur et les traicter doucement et 
favorablement sans leur mettre ou donner quelconque 



1. Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, femme de Phi* 
lippe le Bon. 

2. Michel d'Aussias, abbé de Saint-Pierre de Gorbie de 1434 à 
1461. — Le dauphin avait eu des relations avec les religieux, car 
leur précédent abbé, Jean de Bersée, l'avait accompagné au siège 
de Dieppe. (Cf. Gallia Chrùtiana^ t. X, col. 1285.) 



LOUIS DAUPHIN. 31 

empeschement au contraire^* Et tant en faîdes pour 
Tamour de nous que soyons tenu vous en savoir gré. 
Ghiers et bien amés, Nostre Seigneur soit garde de 
vous. Escript à Ghinon le xxvi* jour d'aoust. 

LOYS. 

BOGHETEL. 

À nos chiers et bien amés les prieur et couvent de 
Tesglise de Saint Pierre de Gorbye. 



XX. 



ÂU DUC d'Orléans. 

Antérieure à 1446. 

Envoi d'un mulet et demande d'un lévrier. — (Orig. Coll. de 

M. A. Morrison, de Londres.) 

Beaux oncles, je entendu que vous avés envye 
d'avoyr ung mulet, mes qu'yl allast byen ayze, et, à 
ceste cauze, je vous envoyé le myen ; mes c'est en 
espérance que vous me donerés ung levryer ' ; car on 
n'en peut pas byen fynés de bons de par de sa, et sy 
vous le faytes, et vous prenés playsyr en autre chouze, 
soyt ne mulle, mullet ou troton, je vous en recompan- 



1. La reine Marie d'Anjou avait intercédé en faveur des reli- 
gieuses par une lettre du 12 août 1446. (Bibl. nat., D. Grenier, 53, 
p. 398.) 

2. Le dauphin était passionné pour la chasse. Un jour, en 1449, 
ses lévriers mangèrent le chat d'une pauvre femme de La Tour- 
du-Pin. Le dauphin fit donner à cette femme une indemnité de 
27 sous. (Bibl. nat., Biss. Legrand, Fr. 6966, fol. 276 v*.) 



32 LETTRES DE LOUIS XI. 

seré byen. Et adyeu, beaux ondes. Escryt de ma 
main^ 

LOYS. 

À beaux oucles d^Orlyens^. 



XXI. 



AUX OENS DES COMPTES DE GRENOBLE. 

Romans, 17 mars 1447. 

Ordre de remettre à Etienne Rosset, envoyé du duc de Savoie, les 
titres touchant Faucigny. — (Arch. de l'Isère.) 

De par le daulphin de Viennois. 

Noz amez et feaulx. Présentement est venu devers 
nous ung homme, envoyé, comme il dit, de par maistre 
Estienne Rosset , lequel nostre très chier et très amé 
cousin le duc de Savoye a envoyé par devers vous 
pour avoir de la Chambre de noz Comptes les escrip- 
tures touchant Faucigny ^ et les accors et fraccions faiz 
entre nous et lui nagaires selon le contenu en certaines 
noz lettres sur ce octroyées le vm* jour de février 
dernier passé, disant que ja soit ce que ledit Rosset 
ait desja demeuré à ceste cause en nostre cité de Gre- 
noble environ xv jours , il n'a peu avoir de vous les- 
dictes escriptures, combien que toutes les lettres, 

1. Cette pièce est de la main du dauphin. Elle me parait, par 
récriture, être antérieure au séjour de ce prince en Dauphiné. 

2. Charles, duc d'Orléans. — Le dauphin avait contribué à 
payer la rançon de ce prince en s'engageant, le 15 décembre 1439, 
à donner 30,000 saluts d'or au roi d'Angleterre. (Arch. nat., K 65, 
n* 15<«.| 

3. Faucigny (Savoie). — Voir Pièces justificatives, n* 3. 



LOUIS DAUPHIN. 33 

enseignemens et escriptures que nostre dit cousin 
avoit devers soy touchant noz contez de Valentinois et 
Dyois soyent mises à part pour les nous bailler et 
expédier ; et pour ce que nostre voulenté et entencion 
si est d'acomplir de nostre part ce qui est contenu 
esdits accors et paccions, et tenons que ainsi fera de 
sa part nostre dit cousin de Savoye, vous mandons 
que vous perquerez lesdictes escriptures que bailler 
lui devons comme dit est diligemment et les mettez à 
part et icelles baillez audit maistre Estienne, se il a puis- 
sance souffisant de nostre dit cousin de les recevoir, en 
vous baillant toutes voyes les escriptures dessusdictes 
touchans nosdiz contez de Valentinois et Dyois que 
nostre dit cousin nous doit faire bailler, conune dit est; 
et aussi celles touchans les terres que tenons à cause 
des eschanges faiz quant ladicte terre de Faucigny fut 
baillée au conte de Savoye qui lors estoit ; et gardez 
que en ce n'ait faulte, car tel est nostre plaisir. Noz 
amez et feaulx. Dieu soit garde de vous. Donné à 
Romans le xvn^ jour de mars ^ . 

LOYS. 

JoprrRE*. 

À noz amez et feaulx conseillers les gens de noz 
Comptes estans à Grenoble. 

Au dos : Recepte die xxi^ mensis marcii anno Nati- 

i, A cette lettre sont jointes les lettres de créance d'Etienne 
Hosset, en date de Genève, 24 février 1447 (n. st.), et une lettre 
missive de Louis, duc de Savoie, du 26 février, demandant à la 
Chambre des comptes de Grenoble de faire rechercher les titres de 
Faucigny. 

2. Jean Jopitre, secrétaire du dauphin, avait une pension an- 
nuelle de 300 livres. (Cf. Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6966, 
fol. 162.) 

1 3 



3i • LETTRES DE LOUIS XI. 

vitatis Domini if cccc'' XLvn"* per magistrum Stepha- 
num Rousseti. 

XXII. 

AUX GENS DU PARLEMENT ET DES COMPTES DE GRENOBLE. 

Romans, 17 avril 1447 ? 

Accusé de récepUoii du mémoire remis par eux à Tarchevéque 
d'Embrun touchant l'impôt des trois francs par feu et demande 
du carnet de l'assiette. — (Orig. Arch. de l'Isère, B 2969, 
fol. 477.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Noz amez et feaulx, nous avons veu le memoyre 
qu'avez baillé à Tarcevesque d'Embrun* touchant Tim- 
post des troys frans pour feu. Et pour responce vou- 
lons et VOUS mandons que le plus tost que pourrez 
nous envoiez le carnet de Tassiette au vray, comprins 
affranchiz, et tout ainsi que darrenierement pour ceste 
cause vous avons escript. Et au regart des lettres, 
gardez-les sans les envoier, jusques à ce que aiez 
autres nouvelles de nous. Noz amez et feaulx, Nostre 
Seigneur soit garde de vous. Escript à Romans le 
xvn*jour d'avril*. 

LOYS. 
De LA LOERE^. 

1. Jean Girard, archevêque d'Embrun en 1432, mort à Embrun 
le 17 janvier 1457. D'après le Gallia Christiana Girard aurait eu 
pour successeur, en 1444, Jean de Montmagny; mais c'est une 
erreur, car Jean Girard figure en 1452, comme archevêque d'Em- 
brun, sur un compte de Nicolas Erlant, trésorier général du 
Dauphiné. (Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6966, fol. 329.) 

2. D'après l'itinéraire que j'ai dressé, le dauphin était, au mois 
d'avril 1447, à Romans. 

3. Jean de la Loere, notaire et secrétaire du roi (19 octobre 1442, 



LOUIS DAUPHIN. 35 

A noz amez et feaulx conseillers les gens de nostre 
Parlement et de noz Comptes residens à Grenoble. 

XXIII. 

AUX DOYEN ET CHAPITRE DE LYON. 

La Tour du Pin, 28 août 1448 ? 

Prière de donner la première prébende vacante à Henri de Tor- 
chefelon, natif de Dauphiné et étudiant en l'université de Gaen. 
— (Orig. Arch. de Lyon, AA 20, n* 46.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Très chiers et bien amez, nous avons sceu que nostre 
chier et bien amé Henry de Torchefelon * , natif de nostre 
pais de Daulphiné, extraict de noble et ancienne lignée 
de tous coustez, estudiant de présent en la université 
de la ville de Quan et en ieelle promeu au degré de 
licence en droit canon, a très grand et singulier désir 
d'estre semblablement promeu en saincte esglize pour 
plus au plaisir de nostre sauveur Jésus Christ et saul- 
vacion de son ame exploicter la science que Dieu lui 
a envoyé en peu d'eure, et nous a fait très instamment 
requérir par aucuns de ses parens et amis que en ce 
lui voulsicions ayder, etpource ayans consideracion aux 
biens, meurs, science et autres mérites qui sont en sa 
personne, dont sommes bien acertennez, et aussi à 
pluseurs grans et agréables services que ses dits parens 

Bibl. nat., Pièces orig., 1732), fermier-général en Languedoc 
(2 septembre 1468). 

1. Dans la généalogie de la famille Torchefelon, publiée par 
M. Rivoire de la Bâtie, on ne trouve, au xv« siècle, qu'un Henri, 
fils de Jean, dit le maréchal de Torchefelon, et qui fut chamerier 
de Tabbaye de Saint-Ghef en Viennois. 



36 LETTRES DE LOUIS XI. 

et amis estans en nostre service nous font de jour en 
jour, vous prions le plus de cuer que faire povons 
que, sur tout le plaisir que jamais nous vouldriez faire, 
ledit Torchefelon pour cootemplacion de nous et à 
nostre requeste vueillez avoir en especiale reconmian- 
dacion et lui donner la première prébende que vao- 
quera en vostre esglise, non obstans quelconques 
autres lettres et requestes precedans ces présentes. Et 
en ce faisant nous ferez le plus grant et agréable plaisir 
que faire nous pourrez en tel cas, le quel arons en 
mémoire quant d'aucune chose nous requerrez pour 
vous ou les affaires de vostre esglise. Et de ce que 
faire vouidrez surce nous faictes response par le por- 
teur des présentes, le quel envoyons devers vous pour 
ceste cause afin que ledit Henry, soubz umbre de nostre 
escript n*eslongne son avancement, ce que nous seroit 
de grant desplaisir. Très chiers et bien amez , Nostre 
Seigneur soit garde de vous. Escript à La Tour du 
Pin le xxvm* jour d'aoust. 

LOYS. 

G. DE Seillons. 

À noz très chiers et bien amez les doyen et chap- 
pitre de Lyon. 

XXIV. 

A la ville de LYON. 

La S6ne, 30 novembre 1448. 

Ordre de rayer de Tassiette de l'aide mis sur la ville de Lyon 
Girard Signion, son chirurgien et valet de chambre. — (Arch. 
de Lyon, BB 5, fol. 32 v«.) 

De par le daulphin de Viennoys. 
Chiers et bien amez, nous avons sceu que nagueres 



LOUIS DAUPHIN. 37 

VOUS avez mis et împousé en l'aide qui est à présent 
mis sus en la ville de Lyon nostre bien amez sinirgien 
et valet de chambre en ordonnance, Girerd Signion^, 
et le lui vouliez faire paier, laquelle chose est contre 
raison, car vous sçavez que les officiers et serviteurs 
de Monseigneur, de Madame et de nous, sont francs 
par tout le royaume de toutes tailles et subsides , et 
pour ce vous prions et requérons très acertes, et sur 
le service et plaisir que nous désirés faire, que nostre 
dit cirurgien vous faictes oster et raier de ladicte 
assiete faicte dudit aide, et ne le contraignez en aucune 
manière à le paier ne les autres advenir, mais le faictes 
tenir quicte, franc et exempt, sa vie durant, sans aucune 
chose lui en demander ne faire demander, ores ne pour 
le temps advenir. En ce faisant vous nous ferez très 
agréable plaisir et ferè vostre devoir et vous en sau- 
rons très grant grès, et en aurons vous et voz affaires 
pour especialment recommandés quant le cas escharra ; 
autrement aussi n'en serons pas contens et sousten- 
drons pour garder noz privilèges et ceulx de noz ser- 
viteurs, nostre dit serviteur en son bon droit. Et de 
ce que aurez entencion d'en faire, nous faictes response 
par ce pourteur, lequel nous envoyons pour ceste cause 
par devers vous. Ghiers et bien amès, Nostre Seigneur 
soit garde de vous. Escript à Lasonne^ le dernier jour 
de novembre'. ^0^^ 

Heron. 

1. Signion figure comme exempt de tailles dès Tannée suivante. 
(Arch. de Lyon, CC 70, fol. 647 i*.) 

2. La S6ne (Isère), à 6 kil. de Saint-Marcellin. Ce village, situé 
sur la rive droite de Tlsère, était dominé par un ch&teau bâti sur 
des rochers à pic. 

3. Cette lettre fut transcrite sur les registres municipaux de 
Lyon le dimanche 8 décembre 1448. 



38 LETTRES DE LOUIS XI. 

À noz chîers et bien amez les esleuz sur le fait des 
aides pour monseigneur et les conseillers et bourgoys 
de la ville de Lion. 

XXV. 

AUX CONSULS DE GAP. 

Bourgoin, 26 février 1449. 

Demande d'un aide semblable à celui qui venait d'être octroyé 
par l'assemblée des trois états du Dauphiné. — (Bibl. de Gap, 
Juvenis, mémoires manuscrits.) 

Ghiers et bien amés, à ceste assemblée des trois 
estats de nostre Dauphiné et comté de Yalentînois et 
DyoiSf tenue en ceste ville de Bourgoing au mois de 
janvier dernier passé, nous vous avons mandez y estre 
comme les autres allodiaux de nosdits pays qui s'y 
sont trouvés en grand nombre et lesquels, à nostre 
requeste, nous ont pour ceste fois libéralement octroyé 
un ayde de deux florins pour feu, parmi ce que sur ce 
leur avons baillé nos lettres patentes que ce ne leur 
puisse tourner en aucune conséquence, tailles ou ayde 
qui nous pourront estre octroyées doresnavant. Si 
vous prions et requérons que nous vueillez faire sem- 
blable don et octroy en tant qu'il vous en touche pour 
vostre lieu et ville de Gap, et sur ce nous vueillez 
escripre et faire responce par le messager qu'à ceste 
cause avoyons denvers vous et voulontiers le recon- 
noistrons en vos affaires. Nostre Seigneur soit garde 
de vous. Escrit à Bourgoing le xxvi* jour de febvrier 
Tan de Nostre Seigneur mil cccc XLvra. 

LOYS. 



LOUIS DAUPHIN. 39 



XXVI. 



A ETIENNE DÉAGEANT, 
LIEUTENANT DU BAILU DU BAS-PAYS DE DAUPHINÉ. 

La Tour du Pin, 6 décembre 1449. 

Ordre de faire la révision des feux de Romans avec maître Guil- 
laume Fordion, courrier de la dite ville. — (Copie : Arch. de 
risère, B 2728, fol. 490.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Ghier et bien amé, nous vous envoyons une commis- 
sion pour faire la revision des feus de nostre ville de 
Romans avecques nostre bien amé secrétaire, maistre 
Guillaume Fordion, courrier de nostre dicte ville. Et 
sur ce avons chargé nostre dit secrétaire vous dire 
aucunes choses. Si le veuilliés croyre de ce qu'il vous 
dira de par nous et en ce ne fêtes aucune faulte. Ghier 
et bien amé, nostre sire soit garde de vous. Escript 
à la Tour du Pin le vi* jour de décembre ^ 

LOYS. 

GUBRIN^. 

À nostre chier et bien amé maistre Estientie d'Âgeyn' , 

1. La date est fournie par la lettre de commission, datée de la 
Tour du Pin. 

2. Jean Guerin, secrétaire du dauphin, qui le nomma, en 1449, 
contrôleur de son argenterie. (Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6966, 
fol. 274.) 

3. Etienne Déageant, qui fonda à Saint-Marcellin un couvent de 
Carmes que le dauphin autorisa par des lettres patentes données 
à Valence en octobre 1453. (Hochas, Biographie du Dauphiné.) 



40 LETTRES DE LOUIS XI. 

licencié en loys, lieutenent du bailli du bas pays de 
nostre Daulphiné^ 

xxvn. 

AUX GENS DES COMPTES A GRENOBLE. 

La Tour du Pin, 6 décembre 1449. 

AviR de Tordre donné par lui de faire la révision des feux de la 
ville de Romans. • (Orig. Arch. de l'Isère, B2728, fol. 491.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Nez amez et feaulx, nous avons ordonné certaine 
revision estre faite des feux de nostre ville de Romans, 
pour ce qu'ilz nous ont fait exposer qu'ilz sont fort 
diminuez du nombre des feux, à quoy ilz furent remis 
par leur derraine re vision ; et avons ordonné les infor- 
macions en estre portées par devers vous. Si les 
remectez en nombre des feux qu'il vous appairra par 
icelles informacions qu'ilz pourront porter, car nous 
ne vouldrions point qu'ilz feussent excessivement 
chargez' de noz tailles et aides en manière qu'il leur 
conveinst délaisser nostre dicte ville, ce qu'il leur faul- 
droit faire se sur ce ne leur estoit par nous pourveu 
comme Hz nous ont fait remonstrer. Noz amez et feaulx, 
Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à la Tour 
du Pin le vi* jour de décembre^. 

LOYS. 

GUERIN. 

A noz amez et feaulx conseilliers les gens de noz 
Comptes residens à Grenoble. 

1. Guillaume de Gourcillon. 

2. La date est fournie par la commission du 4 décembre 1449. 



LOUIS DAUPHIN. 41 

xxvni. 

A LA VILLE DB LYON. 

Valence, 3 février 1450? 

Ordre de décharger de tout impôt Mathieu Thomassin, Bon con- 
seiller. — (Orig. Arch. de Lyon, AA 20, n* 52.) 

De par le daulphin de Viennois. 

Ghiers et bien aniez, nous avons sceu que vous 
autres de la ville de Lyon voulés contraindre nostre 
amé et féal conseiller messire Mathieu Thomassin S 
chevalier, pour rayson d'aucuns biens qu'il a en ladite 
ville et à l'environ, à contribuer es subsides, aydes et 
tailles de Monseigneur et autres charges d'icelle ville 
dont nous nous donnons merveilles, veu que nostredit 
conseiller et sa femme sont de nostre hostel et de cel- 
luy de nostre très chiere et très amèe femme et com- 
paigne la daulphine et noz serviteurs, commensaulx et 
domestiques, lesquelz et noz autres serviteurs doyvent 
et ont acoustume d'avoir semblables privileiges et 
exempcions que ont ceulx des hostelz de mondit sei- 
gneur et de ma dame. Et parce que ne pourrions 
toUerer que lesdiz privileiges de nous et de nosdiz ser- 
viteurs feussent enfraings, et aussi que nostredit con- 
seiller ne fait aucune résidence ou domicile en ladite 
ville, ains est continuelment occupé en nostre service, 
nous vous prions très a certes que le vueillès mectre 
hors et effacer de voz papiers et escriptures, et dorez 
en avant le tenir quite et deschargè desdites tailles, 

1. Voir la notice à la fin du volume. 



42 LETTRES DE L0UI8 XI. 

subsides et autres charges mis et à mectre sus en 
ladite ville de Lyoo, saus lui donner aucun empêche- 
ment ou destourbier, tellement que n'ayons cause de 
y quérir autre provision et que cognoissons le plaisir 
que sur ce nous vouldrez faire. Ghiers et bien amez, 
Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à Valence 
le ra« jour de février. 

LOYS. 

Herlin. 

A noz chiers et bien amez les conseillers, manans et 
habitans de la ville de Lyon. 

XXIX. 

AU DUC DE MILAN. 

Morestel, 28 mai 1450? 

Cionseils sur ses démêlés avec les Vénitiens. — (Orig. Archives 

de Milan.) 

Dajphinus Yiennensis. 

Carissime ac dilectissime, epistolam nobis presenta- 
tam per vestrum servitorem recepimus, cujus inspecto 

constare potest. Si res ita se habet, vos juste 

adversus hostiles incursus dominii Yenetorum moveri 

exercitum debere instruere ut ipsius cogitatui 

resistere valeatis, quod vobis facile implere credimus 

animi vestri atque potencia seu viribus mature 

consideratis. Et licet cum potenti dominio ditissimoque 
cont acutissimique ingenii ad arma paranda adver- 
sus dominium vestrum quod non parrum neque pro 

nunc sed jam aprehend ante vestri assumptionem 

conatus est. Vos tamen et potenciorem ditioremque 



LOUIS DAUPHIN. 43 

et si non pectimus (?) forte iogenio aliisque virtu- 

tibus que maxime ad debeOandum apta esse possunt, 
fore arbitramur. Itaque licet vero juditio pacem ubi 
fieri optare debeamus, si tamen quemadmodum vestra 
oontinere videtur epistola ad guerram vos predictum 
dominium indtet seu necessario provocet, ut voluntati 
ipsius obviare possitis vos ad tuitionem dominii ves- 
tri instruere et arma parare equo persuademus. Si 
tamen illa dominium carissimi soceri nostri Sabaudie 
dueis minime contingant. Ex Horetello, xxvm* maii. 

LOYS. 

Bourré. 

Garissimo ac dilectissimo nostro Gomiti Francisco 
Sforcie, etc. 

XXX. 

AUX CONSEILLERS DE LA VILLE DE LYON. 

Saint-Donat, 9 juin 1450. 

Ordre d'exempter des tailles Guillaume Becey, son conseiller. — 

(Orig. Arch. de Lyon, AA 23, n* 1.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Très chiers et bien amez, pour les bons et agréables 
services que nous a faits de bien longtemps nostre amé 
et féal conseiller maistre Guillaume Becey ^ et fait con- 
tinuellement chascun jour, nous le avons retenu en 
Toffice de nostre conseillier et maistre des requestes 
ordinaires de nostre hostel. Et pour ce que noz servi- 
teurs et officiers doivent joir de pareilz privilèges et 
franchises que font les serviteurs et officiers commen- 

1. Voir la notice à la fin du volume. 



44 LETTRES DE LOUIS XI. 

saulx de Monseigneur et de ma Dame, nous vous 
prions très a certes et sur le service et plaisir que faire 
nous desirez que doresnavant vous ne tauxez, asseiez 
ou imposez nostre dit conseiller es tailles, aydes, dons 
gracieux et autres subsides quelxconques qui seront 
mis sus et octroyez à mon dit seigneur en la ville de 
Lyon, ouquel lieu nostre dit conseillier tient son mes- 
naige et sa demourance, et que le vueillez faire oster 
et rayer des roUes, papiers et registrez où il auroit 
esté enregistré et enrollé le temps passé à cause des- 
dites tailles, aides et aultres subsides, sans aucune 
chose luy en demander ne faire paier doresnavant, 
comme dit est. Et en ce faisant nous ferez très agréable 
et singulier plaisir, autrement nous nous y ferions pour- 
veoir en manière que nostre dit conseillier demourra 
franc, comme raison est, et conune font noz autres 
officiers ordinaires et conmiensaulx. Et de ce que faire 
en vouldrez nous faictes response. Très chiers et bien 
amez, Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à 
Saint-Donat le ix^ jour de juing. 

LOYS. 

J. Bourré. 

A noz très chiers et bien amez les conseillers de la 
ville de Lyon. 

XXXI. 

AUX GENS DES COMPTES A GRENOBLE. 

La Tour du Pin, 19 octobre 1450. 

Prière de s'occuper de l'affaire du seigneur d'Entremonts. — 
(Orig. Arch. de Tlsère, B 2957, n- 23.) 

De par le daulpbin de Viennois. 
Noz amez et feaulx, nous avons veu ce que nous 



L0UI8 DAUPHIN. 45 

avez escript touchant le fait du sire d^Entremons S fai* 
sans mencion en effect, que, pour ce que la chose est 
de grant importance et que aviez 07 dire que le gou- 
verneur devoit aller par delà, vous vouliez bien actendre 
qu'il 7 fust ; et pour ce qu'il n'7 peut aller si tost pour 
aucunes noz affaires dont avons à besongner de lui et 
que nous voulons le fait dudit sire d'Entremons sortir 
son effect, nous vous mandons que ne lessez point à 
besongner au fait dudit sire d'Entremons et faictes en 
manière qu'il sortisse effect, conmie dit est , pourveu 
qu'il ne recouvre riens jusques à Tannée qui vient. Noz 
amez et feaulx, Nostre Seigneur soit garde de vous. 
Escript à la Tour du Pin le xix* jour d'octobre. 

LOYS. 

Bourré. 

 noz amez et feaulx de nostre Conseil et des 
Comptes résidens à Grenoble. 

xxxu. 

AUX GENS DU GONSEQi DELPfflNAL A GRENOBLE. 

La Tour da Pin, 10 novembre 1450. 

Ordre de se mettre en mesure de constituer au seigneur d'Entre- 
monts les 200 livres de rente dont il lui a fait don. — (Orig. 
Arch. de l'Isère, B 2957, n^ 23.) 

De par le daulphin de Viennois. 
Noz amez et feaulx, nous vous avons aultrefiToiz 

1. Jacques de Montbel, chevalier, seigneur d'Entremonts en 
Savoie, conseiller et chambellan du dauphin et du duc de Savoie. 
Ses seigneuries d'Entremonts et de Montbel furent érigées en 
comté le 20 novembre 1457. (Cf. Histoire de ArMjeparGuichenon, 
3« partie, p. 164.) 



46 LETTRES DE LOUIS XI. 

escript que sans excusacion quelconque feissiez la 
assiste de n^ livres avecques toute seigneurie à nostre 
amé et féal vassal et chambellan, le sieur d'Ântremons, 
ainsi que est contenu en noz lettres patentes à lui 
octroiées, laquelle chose avez deslayé pour raison 
d'aucuns des gens de nostre conseil absens. Et, comme 
nous avons sceu encores, avez deslayé, despuis noz 
lettres closes par les gens dudit sieur d'Ântremons à 
vous présentées, tant pour ce que aucuns des gens de 
nostre Chambre des Comptes sont dehors et non pas 
à Grenoble, et aussi que dictes la chose, comme tou- 
chant nostre domaine, estre haulte et de grant impor- 
tance, et que nostre entencion et vouloir est que ledit 
sieur d'Ântremons joysse de nostre dit don sans plus 
actendre, vous mandons et expressément enjoingnons 
que incontinent et sans delay et sans avoir regard à 
l'absence de noz gens du Conseil ou des Comptes vous 
faictes ladicte assiecte selon le contenu dudit don par 
nous fait audit nostre chambellan ; et gardez qu'il n'y 
ait point de faulte. Noz amez et feaulx, Nostre Seigneur 
soit garde de vous. Escript à la Tour du Pin le x* jour 
de novembre. 

LOYS. 

Thoreau * . 

A noz amez et feaulx les gens de noz Conseil et des 
Comptes residens à Grenoble. 

1. Pierre Thoreau, eecrétaire du dauphin, recevait une pension 
de 300 livres. (Bihl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6966, fol. 162.) 



LOUIS DAUPmrf. , 47 



xxxni. 

AUX GENS DU CONSEIL DELPHINAL A GRENOBLE. 

Romans, 20 novembre 1450. 

Ordre de racheter au seigneur de la Palu le lieu de Beauvoir, 
moyennant la somme d'environ 800 écus payée par lui pour ce 
lieu. — (Orig. Arch. de l'Isère, B 2957, n' 23.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Noz amez et feaulx, nous avons veu ce que nous avez 
deirenierement escript touchant le fait de Beauvoys^ 
et aussi du seigneur d'Antremons, et au regard de ce 
de Beauvois nous voulons que ordonnance et pronon- 
ciacion soit faicte par vous, que baillant la somme qui 
se trouvera estre paie par ledit sieur de la Palu ^ puis- 
sons ravoir ledit lieu de Beauvois, ainsi qu'il se devra 
faire par raison ; et est neccessaire que aiez bon advis 
se ledit sieur de la Palu en a esté loué et retenu de 
Monseigneur et de nous aussi, en ce que aucuns dient 
qu'il n'en a esté paie que environ vm^ escuz et en toutes 
autres choses touchans noz droiz. Au regart du fait du 
sieur d'Antremons, nous voulions que lui faictes telle 
assignacion que raisonnablement doye estre contant 
tant en jurisdicion directes que autrement, pourveu 
que tout soit compris et compté en la valleur de 
n^ livres. Noz amez et feaulx, Nostre Seigneur soit 

1. Beauvoir (Isère). 

2. Probablement François de Beauvoir, seigneur de La Palu, 
qui assista à l'acte de possession du Dauphiné fait par les com- 
missaires du dauphin le 43 août 4440. (Arch. nat., P. 2298, 
p. 1136.) 



48 LETTRES DE LOUIS XI. 

garde de vous. Escript à Romans le xx* jour de 
novembre. 

LOYS. 

GUERIN. 

Noz amez et feaulx conseillers les gens de nostre 
Conseil et de noz Comptes residens à Grenoble et à 
nostre trésorier. 

Au dos : Tradite in consilio dalphinensi die xxi no- 
vembris H^ CCQCf quinquagesimo. 

XXXIV. 

A JEAN D*0RI6NY, ALDITEUR DES COMPTES, 
ET A JEAN BOTUT, SECRÉTAIRE DELPHINAL. 

Perins, 22 novembre 4450. 

Ordre de ne pas inscrire sur le rôle des feux des hommes de 
l'évoque de Valence et de Die Jean Du Perier, son barbier et valet 
de chambre, habitant de Die. — (Orig. Arch. de llsère, B 2747, 
fol. 380.) 

De par le daulphin de Viennois. 

Noz amez et feaulx , nostre bien amé barbier et 
varlet de chambre Jehan du Perier, aussi barbier et 
serviteur de l'arcevesque de Vienne^, nous a fait dire 
et exposer qu'il fait sa demourance en la ville de Die, 
et qu'il a illecques maisons, terres, possessions et 
autres pour le fait de sa vie et estât; et, pour ce que 

1. Jean de Poitiers, né en 1368, prévôt de Téglise de Saint-Omer, 
évoque de Valence (7 septembre 1390), se démit en faveur de son 
neveu Louis en 1448, fut nommé la môme année archevêque de 
Vienne en remplacement de Geoffroi Vassal et mourut le 8 no*- 
vembre 1451. (Gallia Chrùtiana, t. XVI, p. 115.) 



LOUIS DAUPHIN. 49 

avez de nous commission de mectre à feux les hommes 
et subgez de Tevesque de Valence et dudit lieu de Dye^ , 
fait doubte qu'il ne soit par vous escript et intitulé au 
nombre des feux des hommes dudit evesque. Pourquoy 
nous voulons recognoistre les services à nous faiz par 
ledit Jehan du Perier, vous mandons et expressément 
enjoignons que icellui laissez en Testât qu'il est et a 
toujours esté, sans aucunement le mectre ne intituler 
ou nombre des feux des hommes dudit evesque en 
quelque manière que ce soit*. Si n'y faictes aucune 
faulte, car nostre plaisir est tel. Noz amez et feaulx, 
Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à Perins 
le xxu* jour de novembre. 

LOYS. 

GUERIN. 

 noz amez et feaulx maistres Jehan d'Orugny^, 
nostre conseiller et auditeur de noz comptes, et Jehan 
Botu^, nostre secrétaire. 

Au dos : Recepte Dye ^ post revelacionem factam 
de focis die xxm novembris m° gggcl^. 

1. Louis de Poitiers, chanoine de Saint^Barnard de Romans, 
abbé de Saint-Ruf, évoque de Valence en 1448, mort à Amboise 
en avril 1468. 

2. Cette exemption de tailles fut confirmée par lettres-patentes 
du dauphin du 21 décembre 1450 (coll. de M. Henri Morin-Pons), 
et vérifiée et entérinée par Louis de Laval, gouverneur du Dau- 
phiné, le 25 décembre 1451 (Inventaire des Archives de Die). 

3. Jean d'Origny, garde de la monnaie de Romans, lieutenant 
de Jean de la Barre, trésorier général du Dauphiné , auditeur des 
comptes près le conseil delphinal par lettres de Charles VII du 
10 avril 1433, confirmé par le dauphin, le 4 janvier 1443, dans 
ces fonctions qu'il exerça jusqu'en 1461. 

4. V. la notice à la fin du volume. 

5. Die (Drôme). 

I 4 



50 LETTRES DE LOUIS XI. 



XXXV. 



AUX GENS DU CONSEIL DELPHINAL A GRENOBLE. 

Moras, 18 décembre 1450. 

Ordre de constituer sur la chàtellenie de CSornillon 200 livres de 
rente accordées par lui au sire d'Entremonts. — (Orig. Arch. de 
l'Isère, B 2957, n- 23.) 

De par le daolphin de Viennois. 

Noz amez et feaulx, combien que plusieurs foiz vous 
ayons mandé et escript que vous baillissiez au seigneur 
d'Entremont sur l'une de noz chastellenies plus prou- 
chaine de ses terres l'assiette de deux cens livres de 
rente en directe et juridiction et autres bon. js reve- 
nues, toutesvoyes encores n'en avez riens fait, comme 
nous avons entendu. Si vous mandons bien expressé- 
ment, et sur tant que nous doubtez desplaire, que 
incontinent vous lui délivrez ladicte assiete par la 
manière que dit est, à l'estimacion de ce que lesdictes 
directe et juridiction que lui baillerez auront peu valoir 
en XX ans, et lui baillez icelle assiete sur nostre chas- 
tellenie de GornillonS car nostre plaisir est tel, pour 
ce que la chose lui sera plus aisiée et propice à cause 
que sesdictes terres en sont près, à commencer à en 
prendre et lever les deniers de ladicte rente à ceste 
Saint Jehan Baptiste prouchain venant, et le residii qui 
demourra des cens et rentes de nostre dicte chastelle- 
nie avecques nostre chastel d'illec faictes régir et gou- 



1. Ciomillon (Isère). On y voit encore les ruines d'un château 
delphinal. 



: LOUIS DAUPHIN. 5f 

verner par nostre chastellain dudit lieu. Nostre Sei- 
gneur soit garde de vous. Ëscript à Moras le xvm* jour 

LOYS. 



A noz amez et feaulx de nostre Conseil et de noz 
Comptes residens à Grenoble. 

XXXVI. 

AUX CONSEILLERS ET HABITANTS DE LA VILLE DE VIENNE? 

Romans, 29 juin 1451. 

Ordre de s'opposer aux entreprises de Jean du Ghastel sur des 
biens situés en delà du Rhône et appartenant à Parchevôché de 
Vienne. — (Minute : Bibl. nat., fr. 20491, fol. 43.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Très chiers et bien amez, nous avons sceu les 
empeschemens que a mis ou fait mectre maistre Jehan 
du Chaste] * es décimes, rentes, boys et autres biens 
qui sont delà le Rosne, appartenans à Tarcbevesché 
de Vienne, qui nous semble que pour riens ne se doit 
souffirir. Et pour ce vous prions et neantmoins man- 
dons sur l'amour et feaulté que avez à nous et sur 
tant que doubtez encourir nostre indignacion perpé- 
tuelle, que vous faictes ou faictes faire monicions et 

1. La date de la lettre est fournie par des lettres patentes du 
1« octobre 1450 (Arch. de l'Isàre, B 3048, fol. 246.) 

2. Ce personnage avait été nommé par le pape archevôque de 
Vienne après la mort de Geoffroi Vassal, arrivée à Tours le 
16 octobre 1446. Mais le dauphin, revendiquant le droit de dési- 
gner les archevêques de Vienne, nomma Jean de Poitiers, qui 
prit possession de son diocèse le 15 août 1448. (Gallia Christiana, 
X. XVI, p. 115.) 



OJB LETTRES DE LOUIS XI. 

autres fulminacions les plus fortes que faire se pour- 
ront contre ledit maistre Jehan du Ghastel et tous 
autres donnans aucun empeschement es biens de ladicte 
archevesché et aussi contre les sachans, participans et 
oonsentans, et icelles faictes notiffier en manière qu'ilz 
puissent venir à leur notice, ainsi que plus amplement 
vous pourront dire noz amez et feaulx conseillers , le 
sire d'AyrauUe, Gadorat^, et le gênerai^ et aussi 
George de Poysieu^, porteurs de cestes, lesquelx veillez 
croyre comme nous-mesmes de ce qu^ilz vous diront 
de nostre part touchant ceste matière. Très chiers et 
bien amez, Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript 
à Romans le pénultième jour de juing. 

XXXVII. 

AU GOUVERNEUR DU DAUPHINÉ 
ET AUX GENS DES COMPTES A GRENOBLE. 

Beaurepaire, 20 janvier 1452. 

Ordre d'assigner, sans plus tarder, 200 livres tournois de rente en 
seigneurie à son conseiller et chambellan le sire d'Entremonts. 
- (Orig. Arch. de llsère, B 2957, n- 23.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Noz amez et feaulx, plusieurs foiz vous avons escript 
et mandé que vous assignissiez en noz pays deux cens 

i. Aimar de Poisieu, dit Gapdorat. Voir la notice à la fin du 
volume. 

2. Manigot de Saissac, trésorier général du Dauphiné. 

3. Grand-père d' Aimar de Poisieu. Le pape Eugène IV lui 
accorda, le 13 des calendes de septembre (19 août) 1448, ainsi 
qu'à ses deux petits-fils, la permission d'avoir un autel portatif. 
(Archives du Vatican, reg, n- 287, fol. 158 v«.) 



LOUIS DAUPHm. 53 

livres tournois de rente en seigneurie, laquelle doit 
estre tenue de nous, à nostre amè et féal conseiller et 
chambellan le sire d'Entremont, et touteffoiz vous n'en 
avez encores riens fait, et vous excusez pour occasion 
de ce que avons ordonné que tous les fiefz que tiennent 
en noz pays les habitans du pays de Savoye, soient 
pour aucunes causes à ce nous mouvans mis en noz 
mains, de laquelle dissimulacion ne sommes pas con- 
tens ; et, pour ce que avons le fait de ladicte ordon- 
nance très à cueur, nous vous en escripvons de rechief 
et vous mandons très expressément que tantost et 
sans delay, toutes excusacions cessans et sans avoir 
regard à ladicte main mise ne autres causes, vous 
faictes et parfaictes ladicte assignacion, tout ainsi et 
par la forme et manière et soubz les conditions de noz 
lettres patentes sur ce octroyées audit sieur d'Entre- 
mont ; et que en ce ne faictes faulte, car tel est nostre 
plaisir. Noz amez et feaulx, Nostre Seigneur soit garde 
de vous. Escript à Beaurepere le ix* jour de janvier. 

LOYS. 

JOPITRB. 

A noz amez et feaulx conseilliers les gouverneur de 
nostre Daulphinè ou son lieutenant et les gens de nostre 
Conseil et de noz Comptes residens à Grenoble. 

Au dos : Recepte die xx januarii m° gggg^ if. 

xxxvm. 

AUX CONSEILLERS ET RECEVEURS DES TAILLES DE LYON. 

Valence, 5 août 1452. 

Prière d'exempter des tailles la veuve et les enfants de Guillaume 
Moreau, élu de Lyon, en considération des services du mari et 



54 LETTRES DE LOIUS XI. 

des liens de commérage et de parrainage qui unissent le dau- 
phin à cette famille. — (Orig. Ârch. de Lyon, AA 23, n* 5.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Très chiers et bien amez, nous avons sceu que vous 
avez imposé ou souffert imposer les femme et enfans 
de feu Guillaume Moreau^ en son vivant esleu de 
Lyon, à la sonmie de trente et deux livres tournois 
pour leur porcion de Tayde qui de présent se lieve 
pour Monseigneur audit lieu de Lyon, et que pour le 
paiement de la dite somme avez fait prendre et vendre 

1. Guillaume Moreau, élu pour le Roi sur le fait des aides en 
la ville de Lyon. En considération de ses services, les citoyens et 
consuls de cette ville le tinrent quitte, le 25 janvier 1450, de c tous 
les arrérages par luy deuz des tailles imposéez et mises sus en 
ladicte ville tant pour le roy nostre sire et pour les vivres de ses 
gens d'armes comme autrement, de tout le temps passé jusques à 
la date de ces présentes, i (Ârch. mun. de Lyon, BB 4, fol. 113 v<».) 
Même avantage lui fut fait le 1«' février 1451 (id., fol. 145). Peu 
après Guillaume Moreau mourut et ses héritiers réclamèrent 
Uezemption des tailles pendant toute Tannée du décès du dit 
Moreau, mais les conseillers de Lyon refusèrent, le 13 juin 1452 
(BB 5, fol. 170 v«), et ordonnèrent, le i«' août suivant, que le 
procureur de la ville c poursuyve reidement et par bonne justice 
le procès encommencé par le tuteur des hoirs feu Guillaume 
Moreau à rencontre de la ville à Toccasion des tailles à eulx 
demandées et pour ce que lesdits hoirs prétendent les esleuz par 
devant lesqueulx ledit procès pend estre exemps desdictes tailles, n 
(BB 5, fol. 173 i^.) Le 10 août ils prirent connaissance de la lettre 
du dauphin et délibérèrent c de faire ès-diz femme et enfans (de 
Guillaume Moreau) pour honneur et révérence de mondit seigneur 
le daulphin touchant les dictes tailles le mieulx qullz pourront 
(id., fol. 173 V*). I Le 18 décembre suivant ils arrêtèrent le procès, 
en considération de Guillaume du Bech^ maître de la chambre 
aux deniers du Roi, et de l'archidiacre de Tours, oncles des héri- 
tiers Moreau, moyennant seize livres tournois pour tous arrérages 
de tailles dus par ceux-ci et le paiement des frais du dit procès 
(id., fol. 187 r^. 



. liOinS DAUPHIN. 55 

leurs gaiges, tous en ung jour, qui semble estre bien 
grant rigueur , actendu les services que leur dit père 
vous a faitz en son vivant. Testât de ladite femme et 
la minorité desdiz enffans , qui ne semblent pas estre 
contribuables. Et pour ce que en ayant mémoire aux 
plaisirs que ledit esleu nous a faitz, lui vivant, et que 
la dite veufve est nostre commère et aussi que l'un de 
ses enffans est nostre fîllol et porte nostre nom, nous 
vous prions bien affectueusement que, pour faveur et 
contemplacion de nous, vous vueillez faire rendre et 
restituer lesdiz gaiges et vous depporter de plus les 
asseoir ne imposer ausdites tailles jusques à ce qu'ilz 
soient en eage et les avoir pour l'amour de nous pour 
bien recommandez en tous leurs affaires, ou au moins 
que vueillez surseoir et tenir la chose en suspens 
jusques à la venue du frère de ladite veufve, qui sera 
briefve. Et en ce faisant vous nous ferez bien agréable 
plaisir , lequel de bon vouloir recognoistrons envers 
vous, quant d'aucune chose nous requerrez. Très chiers 
et bien amez, Nostre Seigneur soit garde de vous. 
Escript ù /alence le v* jour d'aoust. 

LOYS. 

Thorbau. 

 noz très chiers et bien amez les conseilliers et 
receveurs des tailles de la ville de Lyon. 

XXXIX. 

AU ROI DE FRANGE. 

Vienne, 12 octobre 1455. 

Avis de l'envoi de Tarchevôque d'Embrun et de ses conseillers 
Guillaume de Gourcillon, de Targe et Jean Fautrier, chargés de 



56 LETTRES DE LOUIS XI. 

lai faire des remontrances eor les articles proposés par les sei- 
gneurs de Torcy et de Montsoreau. — (Orig. Bibl. nat., fr. 2811, 
n» 26.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à 
vostre bonne [grâce] tant et si très humblement que 
je puis, et vous plaise savoir, mon très redoubté sei- 
gneur, que, ainsi que vous ay escript*, j'envoye par 
devers vous Tarchevesque d'Embrun*, messire Guil- 
laume de Goursillon^, le sire de Targe^ et maistre 
Jehan Fautrier^, mes conseillers, pour vous dire et 
exposer aucunes choses^ sur les articles que par les 
seigneurs de Torcy "^ et de Monsoreau® vous a pieu 
m'envoyer, et aussi sur ce qu'ilz m'ont dit de par vous^, 
vous suppliant, mon très redoubté seigneur, avoir 
agréable ce que par eulx vous sera dit et les croire de 
ce qu'ilz vous diront de par moy, et m'avoir et tenir 
tousjours en vostre bonne grâce , en me mandant et 
commandant voz bons plaisirs pour les accomplir à 
mon povoir au plaisir de nostre seigneur, mon très 

i. Cette lettre n'a pas été retrouvée. Le dauphin avait déjà 
envoyé deux fois Gabriel de Bernes auprès du roi (Escouchy, 
édit. Beaucourt, t. I, p. 424). 

2. Jean Girard. 

3. Voir la notice à la fin du volume. 

4. Gabriel de Bernes. 

5. Doyen de Thonon (Escouchy, t. I, p. 436]|. 

6. Les instructions du dauphin à ses envoyés ont été publiées 
dans la Collection des documents inédits (Mélanges historiques, t. U, 
p. 189). 

7. Jean d'Estouteville, seigneur de Torcy, maître des arbalé- 
triers de France, né en 1405, mort le 11 septembre 1494. 

8. Jean de Ghambes, baron de Montsoreau, gouverneur de la 
Rochelle, beau-père de Philippe de Gommynes, mort en 1472. 

9. Les instructions de Charles Vltà ses envoyés ont été publiées 
dans les Mélanges de la Collection des documents inédits, t. II, p. 191. 



LOUIS DAUPIflN. 57 

redoubté seigneur, qui vous doint très ix>nne vie et 
longue. Ëscript à Vienne le xm^ jour d'octobre. 
Yostre très humble et très obéissant filz, 

LOYS. 

 mon très redoubté seigneur. 

Au dos : De monseigneur le daulphin. Reçu le 
xxi^ d'octobre m gggg lu, par monseigneur d'Embrun, 
messeigneurs de Gourcillon et Gabriel de Berne et 
M* Jehan Fautrier ^ . 



XL. 



AU ROI DE FRANGE. 

Vienne, 25 octobre 1452. 

Offre de ses services pour combattre les Anglais qui sont descen- 
dus en Bordelais et envoi du seigneur- de Barry. — (Orig. Cabi- 
net de M. Etienne Gharavay. Publ. par M. de Beaucourt dans 
le t. ni de d'Escouchy, p. 429, d'après une copie de Fontanieu.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à 
vostre bonne grâce tant et si très humblement comme 
je puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubté sei- 
gneur, que j'ay sceu qu'il est descendu une grosse 
armée de Ânglois en Bordeloys^, et pour ce que autref- 
foiz j'ay esté averty que vous fustes aucunement des- 
plaisant de ce que en vostre conqueste de Normandie^ 
et dudit Bordeloys* je ne vous oCEry mon service , ce 

i. Y., pour la réponse de Charles VU, Escouchy, t. I, p. 440. 

2. Talbot avait débarqué à Bordeaux le 21 octobre 1452 et avait 
soulevé la Guyenne. 

3. De juillet 1449 à 1450 le comte de Dunois avait conquis toute 
la Normandie sur les Anglaiè. 

4. De mai à août 1451 Dunois avait conquis la Guyenne. 



58 LETTRB8 DE LOUIS XI. 

que fiz par ËstissacS RemoD^ et Benoist, en s'adres- 
sant à beau cousin de Dunoys', non obstant que.estoye 
en piteux estât de ma personne, et me desplaist de 
tout mon cuer s'il ne vint à vostre notice, maintenant, 
mon très redoubté seigneur, vous envoyé mon amé et 
féal conseiller et chambellan le sieur de Barry^ pour 
vous y offrir mon service et y mectre corps et biens, 
se vostre plaisir Test me fayre ceste grâce de m'en 
donner la charge et m'y employer, comme plus à plain 
le vous pourra dire ledit sieur de Barry , lequel vous 
plaise croyre^. En priant le benoist filz de Dieu, mon 
très redoubté seigneur, qu'il vous doint très bonne vie 
et longue. Escript à Vienne le xxv« jour d'octobre. 
Vostre très humble et très obbeissant filz, 



LOYS. 



 mon très redoubté seigneur. 



Au dos : c De monseigneur le Daulphin , receu le 
xxvn* d'octobre cccc lu à Feurs. > 



1. Amaury d'fistissac. V. la notice à la fin du volume. 

2. Jean Haymon, écuyer, panetier du dauphin, qu'il accompa- 
gna au siège de Dieppe, en 1443, et enRouergue et en Allemagne 
Tannée suivante. Il avait été banni du royaume par Charles VU 
le 24 janvier 1442, pour sa participation à la Praguerie (Arch. nat., 
Reg. crim. du Parlement, X^a 23, fol. 359} ; il obtint des lettres 
de rémission en avril 1446 (Id., Trésor des Chartes, reg. JJ 177, 
pièce CCXX). 

3. Jean d'Orléans, comte de Dunols, dit le bdlard d'Orléans, 

4. Guillaume de Poitiers, seigneur de Barry. V. la notice à la 
fin du volume. 

5. Mathieu d'Ëscouchy (édit. Beaucourt, t. I, p. 442) mentionne 
la mission de ce personnage auprès de Charles VII, qui refusa les 
offres du dauphin. 



LOUIS DAUPHIN. 59 



XLI. 



AUX ÉLUS BT CONSEILLERS DE LYON. 

Valence, 22 novembre 1452. 

Prière de rayer du registre des tailles Antoine Laydier, son valet 
de chambre et premier orfèvre. — (Orig. Arch. de Lyon, A A 23, 
n» 2.) 

De par le daulphin de Viennois. 

Très chiers et bien amez, nous avons sceu que, coniT 
bien que nostre chier et bien amé varlet de chambre 
et premier orfèvre et officier commensal nous servant 
en ordonnance, maistre Ânthoine Laydier ^ demourant 
à Lyon, soit et doye estre quicte, franc et exempt de 
toutes tailles, aydes, subsides et autres subvencions 
mis et à mectre sus en ladite ville, et doye joyr de telx 
et semblables previleges que les serviteurs et officiers 
commensaulx de Monseigneur et de Madame, et à ceste 
cause doye estre rayé et osté des registres , pappiers 
et escriptz des tailles et subsides d'icelle ville, neantr 
moins les commis à lever icelles tailles se sont parfor- 
cez et parforcent chascun jour à lui en faire payer 
conune aux autres de ladite ville qui ne sont pas de 
sa condicion, et de fait lui eussent bien voulu con- 
traindre, se ne fust le reSus que tousjours en a fait, 
à Toccasion duquel ilz s'en sont aucunement supercedez 
et désistez, mais pour riens ne l'ont voulu ne veullent 
oster ne rayer desdiz pappiers , registres et escriptz. 
Parquoy il doubte, comme vraysemblablement est à 
doubter, que ou temps avenir lui en veullent faire 

1. Y. la notice à la fin du voluGme. 



60 LETTRES DE LOUIS XI. 

demande, qui serait, se ainsi estoit, en son grant pré- 
judice, et des franchises, previleges et libériez de noz 
serviteurs. Et pour ce que nous vouidrions lesdites 
franchises et libertez estre observées et gardées à nos- 
dits serviteurs, comme raison est , et mesmemeut à 
nostredit orfèvre sur tous autres qui de jour en jour 
quand besoing en avons euvre pour nous , nous vous 
prions bien acertes et sur le service et plaisir que 
nous vouldriez faire, que ne souffrez doresenavant, ne 
pour le temps passé, aucune chose lui estre demandée 
à cause desdites tailles , aydes et subsides, ainçoys le 
rayez ou faites rayer et oster desdiz pappiers, registres 
et escriptz d'icelles tailles, tellement que jamès on ne 
lui en puisse aucune chose demander. Et en ce faisant 
nous ferez très agréable et singulier plaisir. Très chiers 
et bien amez, Nostre Seigneur soit garde de vous. 
Escript à Valence le xxn^ jour de novembre. 

LOYS. 

Berlin. 

A noz chiers et bien amez les esleuz et conseillers 
de la ville de Lyon. 

« 

XUI. 

AUX DOYEN ET CHAPITRE DE l'ÊGLISE DE GHALONS. 

Romans, 22 juillet 1453. 

Recommandation en faveur d'Ambroise de Gambray pour révôché 
de Ghàlons. -^ (Gopie. Bibl. nat., coll. de Champagne, t. IX, 
fol. 272 V».) 

De par le daulphin de Yiennoys. 
Très chiers et bien amez, nous avons présentement 



L0UI8 DAUPHUf. 61 

sceu le deoès du feu eveque de Ghaalons^ et que 
Feglise est à présent vacante et avez assigné journée 
pour procéder à faire Telection ; nous vouldrions bien 
qu'il Ait bien et convenablement pourveu de bon pas- 
teur à ladicte église à laquelle nous avons grant et 
singulière aflfection, car c'est une des pairies anciennes 
de France. Aussi nostre feue compagne et espouse cui 
Dieu pardoint y est enterrée^. Et pour ce que sommes 
bien informez par relacion de plusieurs gens de bien 
que nostre amé et féal conseiller et maistre des re- 
questesde nostre hostel maistre Âmbroise de Gambray, 
docteur en décret, licencié en loix et grand archidiacre 
en icelle ', fils du premier président du Parlement de 
Paris ^y qui a si longuement et honorablement servi 
Monseigneur en sondit office et autrement, est notable 
honmie et très bien renonmié, tellement que mieux ne 
pouriés choisir^ En ce faisant nous ferés si grant 

1. Guillaume Le Tur, élu évêque de GhàloUs le 4 mars 1441, 
mort le 3 juin 1453 {Gallia ChrUtiam, t. IX, col. 895). 

2. Marguerite d'Ecosse, première femme du dauphin, était morte 
à Ghàlons le 16 août 1444. 

3. Ambroise de Gambray, grand-archidiacre de GhAlons, devint 
évoque d'Alet le 24 septembre 1455 (Gallia Chrûtiana, t. YI, 
col. 279), donna sa démission en 1460 et fut ensuite chancelier de 
Notre-Dame de Paris {BibL de V École des Chartes, i7« année, p. 262) 
et doyen de Téglise de Meaux de 1473 à 1496 {Gallia Christiana, 
t. VIII, col. 1668). Thomas Basin l'appelle (Histoire de Charles VU, 
éd. Quicherat, t. H, p. 282) hominem acri satis, sed pessimo ac 
tortuoso ingénia, et raconte qu'il fabriqua, moyennant une grosse 
somme d'argent, les prétendues bulles papales de dispense pour le 
mariage de Jean V, comte d'Armagnac, avec sa sœur Isabelle. 

4. Adam de Gambray. (Cf. plus haut lettre du 6 juillet 1444.) 

5. Charles VU avait, de son côté, par une lettre datée de La 
Rochefoucault le 16 juillet 1453, recommandé pour Tévôché de 
Chàlons Geoffroi Floreau, évéque de Nîmes. Le chapitre répondit 



62 LETTRES DE LOUIS XI. 

et agréable plaisir que nous reputerons bien estre tenu 

à vous et à vostredicte église en tous vos afiGùres 

Escrit à Romans le xxif jour de juillet. 

LOYS. 
J. DOYAILLAG (?) 

 nos très chiers et bien amez les doyen ^ et chapitre 
de l'église de Ghaalons. 

XLIU. 

AUX PRÉSlDEin' ET GONSEILLEHS DU PARLEMENT 

A GRENOBLE. 

Valence, 21 septembre 1453. 

Ordre de faire cesser les procès intentés par des fermiers de la 
cour de Saint-Marcellin aux officiers de la cour du sénéchal de 
Valence, à cause des ressorts et juridicticms des lieux de Saint- 
Nazaire, Ghabeuil et Etoile, naguères annexés à la sénéchaussée 
de Valence. — (Orig. Arch. de l'Isère, B 3005, fol. 430.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Noz amez et feaulx, nous avons sceu que aucuns 
fermiers de la court de Sainct-Marcelin font plaidier et 
troublent et empeschent les officiers de la cour de 
nostre senneschal à Valence à cause des ressors et 
juridictions des lieux de Sainct-Nazaire^, GhebueiP et 

qu'il élirait celui qu'il croirait le plus méritant et le plus utile à 
l'Église. Il nomma Ambroise de Cambray, protégé du dauphin, 
mais, Télection ayant été annulée, il suivit cette fois les conseils 
du roi et élut Geoffroi Floreau (Gallia Christiana, t. IX, col. 895). 

1. Pierre Glare, doyen depuis 1425 (Gallia Christiana, t. IX, 
col. 904). 

2. Saint-Nazaire-en-Royans (Drôme). 

3. Ghabeuil (Drôme). Le 25 février 1447, le dauphin avait con- 



LOUIS DAUPHIN. 63 

TEstelle^ et autres par nous nagueres à nostre dicte 
seneschaucée adjoustez^, laquelle [chose] est à nostre 
très grant desplaisance ; et pour ce vous mandons que 
vous faictez cesser tous ses debatz et plaideries ; et ne 
soufiBrez auxdiz officiers de Valence estre fait ou donné 
aucun destourbier ou empeschement sur ce ; car nostre 
plaisir est et entencion que tout ainsi que par avant 
noz ordonnances lesdiz de Sainct Marcelin en avoyent 
la cognoissance, que ceulx de Valence Tayent à pré- 
sent; et en ce ne faictes aucune faulte. Nostre Seigneur 
soit garde de vous. Escript à Valence le xxi* jour de 
septembre. 

LOYS. 

Dk Vaulx^ 

 noz amez et feaulx conseillers le président et 
autres tenans nostre Parlement à Grenoble. 

Au dos : Presentata dominis Parlamenti Gratiano- 
polis die penultimâ septembris M° mi® l tercio. 

finné les privilèges accordés à cette ville le 10 janvier 1314 (Fon- 
tanieu, Cartulaire du Dauphiné). 

1. Étoile (Drôme). Le comte de Saint-Vallier échangea ce fief 
an dauphin le 7 décembre 1454 contre les terres de Ghalençon, 
Durfort et Saint-Fortunat en Vivarais. Le dauphin recéda Étoile, 
le 25 février 1455, à son chambellan Louis de Grussol moyennant 
7,000 livres, à valoir sur les 9,000 que celui-ci lui avait prêtées. 
(Manuscrit inédit de Guy AUard sur les fiefs du Dauphiné, com- 
muniqué par M. Ad. Rochas.) 

2. Par ses lettres patentes de février 1453 (Arch. de l'Isère, 
B 3105, fol. 427). 

3. Benoit de Vaulx (Gf. plus haut lettre du 25 décembre 1438). 



64 LETTRB8 DE LOUIS XI. 

XLIV. 

AU DUC DE MILAN. 

Valence, 21 novembre 1453 ou 1454. 

Recommandation en faveur de son échanson, le seigneur de Bou- 
tavan, qui entreprend de longs voyages. — (Orig. sig. Arch. de 
Milan.) 

Ludovicus, régis Franconim primogenitus, dalphi- 
nus Yienneosis, etc., illustri principi Mediolano duci, 
amico nostro specialissimo, salutem et sinceram dileo- 
tionem* Gum certis in votis peragendis dominus de 
Boutavan , excaupistor seu eschançonus noster , pre- 
sentium lator, profiscisœns diversas orbis terre partes, 
habeat peragrare et equora transfretare, idcirco vobis 
deprecamur quatenus in ipsis exequendis votis eidem 
eschançono nostro carissimo in favorem nostri et, si 
fuerit opus, operam detis. Et id amodum erit nobis 
gratum. Illustris prinœps et amice noster speciaiis- 
sime, Deus vos conservare dignetur prospère. Scrip- 
tum Yalencie die xxi* mensis novembris. 

LOYS. 

Herlin. 

Illustri principi Mediolano duci , amico nostro spe- 
cialissimo. 

XLV. 



». 



AUX CONSULS D EMBRUN. 

Romans, 28 juin 1454. 

Ordre de tenir en bonne et sûre garde les marchands de Savoie 
arrêtés sur Tordre du seigneur de Prunières, et de remettre à 



LOUIS DAUPHIN. 6& 

son écuyer, Jean de Garguesalle, l'argent et les objets trouvés 
sur eux. — (Arch. mun. d'Embrun. CSopie communiquée par 
M. J. Roman.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Ghiers et bien amés, nous avons sceu l'arrest et 
prinse qui a esté faicte, à la poursuite du seigneur de 
Prunières^, d'aucuns marchans du pays de Savoye et 
d'aucuns leur argent, bagues et autre meuble. Si vous 
mande bien acertes que iceulx marchans et tous autres 
dudit pays de Savoye que trouverez es destrois de 
vostre ville vous faictes tenir en arrest soubs bonne et 
sceure garde jusques à ce que par nous en^oyt ordonné, 
et neantmoins tout l'aident, bagues et autre meuble des- 
diz marchans nous apportés incontinant ou envoyés 
par honune sceur, quelque part que serons, et vous 
adreyssiez à nostre amé et féal escuier de nostre escuie- 
rie Jehan de Garguesalle^, qui vous en vauldra souffi- 
sant descharge. Et gardés, sur quant que desirez nous 
oomplayre, que en ce n'ait faulte, et nous certifBez des 
noms et seumoms desdiz marchans. Ghiers et bien 
amés, Nostre Seigneur soyt garde de vous. Escript à 
Romans le xxvm* jour de juing. 

LOYS. 

Bourré. 



1. Almacet Athenulphi, dit Marbrigon, seigneur de Pruniéres 
(Hautes-Alpes), de 1444 à 1458. (Note communiquée par M. J. 
Roman.) 

2. Jean de Garguesalle, serviteur du dauphin (Mss. Legrand, 
Bibl. nat., Fr. 7966, fol. 274 V), était premier écuyer du roi en 
1477. (Bibl. nat., Cabinet des titres.) On trouve une lettre de lui 
à Louis XI dans le Ms. Fr. 20855, fol. 68. 

I 5 



66 LETTRK8 DE LOUIS XI. 

XLVI. 

AU iUGE d'embrun. 

Romans, 28 juin 1454. 

Ordre de faire remettre k son écuyer, Jean de Gargnesalle, l'argent 
et lee objets trouvés sur des marchands de Savoie. — (Arch. 
d'Embrun. Copie communiquée par M. J. Roman.) 

De par le daulphia de Yiennoys. 

Ghiers et bien amés, nou8 avons sceu l'arrest d'au-* 
cuns marchans de Savoye et de l'aident et autres 
bagues qui leur ont esté trouvées ; gardez, sur quant 
que doubtez nous desplayre , que , ces lectres veues , 
nous faictes apporter , quelque part que soyons , par 
seur messaige, tous lesdiz argent et baignes, et 
faictes adresser le porteur à nostre amé et féal escuier 
de noustre escuierie Jehan de Gargnesalle, qui en vaul- 
dra souffisante descharge. Ghiers et bien amés, Nostre 
Seigneur soit garde de vous. Escrit à Romans lexxvm^ 
jour de juing. 

LOYS. 

Bourré. 
XLVII. 

AU DUC DE UILAN. 

Moncalier, 29 août 1454. 

Lettre de créance en faveur de son écuyer Ouiliaume de Meuillon. 

— (Orig. Archives de Milan.) 

Le daulphin de Yiennoys. 

Tréschier et très amé cousin, nous envoyons pré- 
sentement par devers vous nostre amé et féal escuier 



LOUIS DAUPHIN. 67 

de aosfre escuierie Guillaume de Meulhon^ , auquel avons 
chargé vous dire aucunes choses, et vous prions que 
le veillez croyre de ce qu'il vous dira de nostre part 
pour ceste foiz comme nous mesmes. Très chier et 
très amè cousin, Nostre Seigneur soit garde de vous. 
Escript à Moncalier le xxix® jour d'aoust. 

LOYS. 

Bourré. 

A nostre très chier et très amè cousin le duc de 
Hillan. 

XLVIU. 

AU DUC DE MILAN. 

Valence, 31 janvier 1455. 

Remerciement d'avoir accordé un bénéfice à frère Antoine de 
Beanmont, parent de Guillaume de Meuillon, grand écuyer de 
son écuierie. — (Orig. Archives de Milan.) 

Le daulphin de Viennois. 

Très chier et amè cousin , nous avons sceu que, à 
la prière et requeste de nostre chier et bien amè 
Guillaume de Meullon, grant escuier de nostre escuie- 
rie^, avez pourveu nostre bien amè frère Ânthoyne de 
fieaumont^, parent et affin dudit Guillaume deMeullon, 

1. Meuillon était une ancienne baronnie du Dauphiné qui, avec 
celle de Montauban, donna au bailliage du Buis la dénomination 
de Les Baronnies. 

2. Guillaume de Meuillon resta fidèle au dauphin après sa retraite 
à la cour de Bourgogne. Cf. dans Legrand (Bibl. nat., Fr. 6967, 
fol. 79 et 104) deux lettres écrites de Grenoble, le 22 octobre 4456 
et le 14 janvier 1457, par ce personnage au dauphin. 

3. Antoine de Beanmont, troisième fils d'Amblard ni de Beau- 
mont, religieux de l'ordre de Saint-Antoine de Viennois en 1443. 



68 LETTRES DE LOUIS XI. 

d^un beneffice, dont vous savons très bon gré et vous 
en remercyons. Et pour ce que nous avons très à cuer 
ledit frère Ânthoyne de Beaumont, qui est natif de 
nostre pais et extraict de grant et noble lignée , nous 
vous prions, tant et si acertes que plus pouvons , que 
pour amour de nous vous le vueillez avoir pour recom- 
mandé en tous ses affaires. Et vous nous ferez très 
agréable et singulier plaisir, lequel nous congnoistrons 
envers vous quant d'aucune chose nous requerrez. 
Très chier et amé cousin, je prie à Dieu qu'il vous 
doint très bonne vie et longue. Escript à Yalance le 
derrenier jour de janvier. 

LOYS. 

Sillon. 
 noslre très chier et amé cousin le duc de Millan. 

XLIX. 

AU DUC DE MILAN. 

Valence, 20 février 1455. 

Créance pour Bon conseiller et chambellan GinoUn de Nores, 
chargé de suivre les négociations du mariage de la fille du duc 
de Savoie avec le fils du duc de Milan. — (Orig. Archives de 
Milan.) 

Illustris consanguinee carissime , ut fedus insepara- 
bilis ac conjugii nexessitudo inter illustrissimum patrem 
nostrum carissimum ducem Sabaudie^, per médium 
illustris sororis nostre carissime Marie de Sabaudia^, 

{Histoire généalogique de la maison de Beaumont en Dauphiné, par 
l'abbé Brizard, t. I, p. 510.) 

1. Louis I», duc de Savoie, son beau -père. 

2. Elle n'épousa pas le fils du duc de Milan, mais elle devint^ 



LOUIS DAUPHIN. 69 

ejus filie, ex una, vosque per médium primogeniti 
vestrlS parte ex altéra, valeant, prout affectamus 
inhîri et concludi. Âd vestri presentiam, nostrum ex 
parte preseocialiter accedit spectabilis coDsiliarius et 
cambelanus noster sincère dilectus Ginoctinus de Nores^, 
cui nomiuUa oonfidentissime commisimus circa hec 
vobis nostri parte refferenda. Gujus relatibus fidem 
indubiam velitis adhibere uti nobis. Âc si illa propria 
affaremm* in persona, nec banc rem tam grandem ac 
perpetuam status vestri solidacionem concernentem 
amplecti postponatis si unquam vobis et nobis qui ad 
hec vices nostras libenter interponemus complacere 
affectatis. Omnipotens vos conserve t. ScHptum Yalencie 
die vicesima februarii mgggg^ lv^. 

LOYS. 

Herlin. 

lUustri consanguineo nostro carissimo Duci Medio- 
lani, etc.^. 

le l*' août 1466, la femme du célèbre connétable de Saint-Pol, et 
mourut en 1475. 

1. Galeazzo-Maria Sforza, né le 14 janvier 1444, duc de Milan 
le 8 mars 1466, assassiné le 26 décembre 1476. H épousa Dorothée 
de Gonzague, qu'il perdit en 1468. H se remaria, le 6 juillet delà 
même année, avec Bonne de Savoie, sœur de la princesse qu'on 
lui avait proposée treize ans plus tôt. (Cf. Reime des documenls 
historiques, année 1879, p. 165.) 

2. Ginotin de Nores, conseiller du duc de Milan (1457), plus 
tard chambellan et conseiller du duc de Savoie (lettre du 14 dé- 
cembre 1461 1 dans les Archives de Milan, t. LEE, fol. 54 de la 
correspondance des ducs). 

3. Francesco Sforza, né le 23 juillet 1401, successeur de son 
beau-pére, Filippo-Maria Yisconti, comme duc de Milan, le 
13 août 1447, mort le 3 mars 1466. —V. Pièces justificatives, n»4, 
une lettre du duc de Milan adressée au dauphin le 29 mai 1455 
relativement à la mission de Ginotin de Nores. 



70 LETTRES DE L013IS XI. 

L. 

AU DUC DE MILAN. 

Pusignan, iS mars 1455. 

Renouvellement de créance par suite d'addition aux instructions 
de Ginotin de Nores. — (Orig. Arch. de Milan.) 

Dalphinus Yiennensis. 

lUustris consanguinee carissime, quanquam per 
alias litteras nostras vobis per dilectum et fîdelem 
consiliarium ac cambellanum nostrum Ginotinum de 
Nores aliqua scripserimus, nichilominus oonnuUa alia 
eidem specialiter cominisiinus, vobis Dostri parte ref- 
ferenda, cujus relatibus fidem indubiam rogamus affec- 
tuose velitis adhibere uti nobis. Ac si illa dixerimus 
propria in persona, per eum nobis fiducialiter nun- 
ciando queque vobis grata bono corde adimplenda. 
Omnipotens vos conservet. Scriptum Pusigniaci^ die 
XV* mensis marcii . * ^,,« 

LOYS. 

Bourré. 

Uiustri consanguineo nostro carissimo Duci Medio- 
laniy etc. 

LI. 

AUX CONSEILLERS DE LYON. 

Vienne, 20 mairs 1455. 

Prière de rayer, sans plus tarder, des registres des tailles de la 
yille de Lyon Antoine Laydier, son premier orfèvre. — (Orig. 
Arch. de Lyon, AA 23, n* 3.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 
Très obiers et especialx amis, autrefoiz vous avons 

1. Pusignan (Isère). 



LOUIS BÀXJPBm. 71 

escript et prié que vous voulsissez raier et adnuUer ou 
faire raier et adnuller des rôles, registres, papiers et 
escriptz des tailles de la ville de Lyon nostre bien amé 
varlet de chambre et premier orfèvre Âqihoine Lay- 
dier^, et sur œ nous faire responce de ce que en vou- 
driez faire, dont n'avons eu encores dé vous nulle res- 
ponce. Et pour ce que desirons ledit Ânthoine joir et 
user de noz droiz et preheminances , comme faire le 
doit et tout ainsi que les serviteurs de Monseigneur et 
de Madame font, nous vous prions ceste foiz pour 
toutes que s'il n'est raie desdiz rôles, papiers et 
escriptz, le vueillez raier ou faire raier, et sur ce nous 
faire responce de ce que fait en aurez ou vouldriez 
faire, car entre noz autres serviteurs demorans en 
ladite ville, nous avons son fait bien à cueur. En oe 
faisant vous nous ferez bien agréable plaisir, dont 
aurons mémoire et le recognoistrons envers vous et 
chacun de vous en t^nps et lieu, quant le cas escherra. 
Très chiers et especialx amis, Nostre Seigneur soit 
garde de vous. Escript à Vienne le xx* jour de mars. 

LOYS. 

Kaerrion. 
 noz très chiers et especialx amis les conseilliers de 
la ville de Lyon. 

LU. 

AU ROI DE FRANGE. 

Valence, 9 mars (1456). 

Envoi de diverses lettres intéressant ses affaires. •— (Orig. 

Bibl. nat., Fr. 2811, n* 40.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à 

1. V. lettre du 22 novembre 1452 et la notice Laydier à la fin 
du volume. 



72 LETTRES DE LOUIS XI. 

vostre bonne grâce tant et si très humblement comme 
je puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubté 
seigneur, que ce genevoys, qui va devers vous, m*a 
apporté cinq paires de lectres de vostre capitaine des 
Naues et autres estans avec lui, lesquelles et aussi 
deux autres lectres que m'ont escript Caries de Gas- 
tillon^ et Octovian, pour vous advertir de tout, je 
vous envoyé par Beauvoir, porteur de cestes ; et tous- 
jours ce qui surviendra vous feray incontinent savoir. 
Monseigneur, j'ay escript à vostredit capitaine et 
autres en leur faisant savoir Talongement des trêves 
et vostre venue par deçà, en les réconfortant au mieulx 
que j'ay peu et sceu. Monseigneur, plaise vous me 
mander et commander voz bons plaisirs pour ioeulx 
acomplir à mon povoir, et je prie nostre Seigneur qu'il 
vous doint très bonne vie et longue. Escript à Valence 
le IX* jour de mars. 

Vostre très humble et très obéissant filz. 

LOYS. 
A mon très redoubté seigneur. 



LUI. 



AU ROI DE FRANGE. 

Romans, 17 avril 1456. 

Envoi de Guillaume de Gourcillon et demande de la continuation 
de ses bonnes grâces. — (Orig. Bibl. nat., Du Puy, 752, f. 22; 
copie, id,, Fr. 15537, f. 93; pubi. par Duclos, Preuves de V His- 
toire de Louis II, p. 99.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à 

1. Caries de Gastillon, visiteur général des gabelles à sel en 
Languedoc, en 1446. (Bibl. nat., Pièces originales, 617.) 



LOUIS DAUPHm. 73 

vostre bonne graôe, tant et si très humblement comme 
je puis. Et vous plaise savoir^ mon très redoubté sei- 
gneur, que j'envoye présentement par devers vous 
messire Guillaume de Goursillon pour vous dire au- 
cunes choses. Si vous supplye, mon très redoubté sei- 
gneur, qu'il vous plaise Toyr et croyre de ce qu'il vous 
dira de par moy et m'avoir et tenir tousjours en vostre 
bonne grâce, qui est la chose en ce monde que plus je 
désire, ensemble me mander et conmiander voz bons 
plaisirs pour iceulx faire et acomplir à mon povair, 
au plaisir de nostre Seigneur qui par sa grâce, mon 
très redoubté seigneur, vous doint très bonne vie et 
longue. Escript à Romans le xvn^ jour d'avril. 
Vostre très humble et très obéissant filz. 

LOYS. 

 mon très redoubté seigneur. 

Au dos .' R. de monseigneur le daulphin par mes- 
sire Guillaume de Gourcillon le xxix® d'avril m gggg lvi. 

LIV. 

AU DUC d'ORLÉANS. 

Romans, 18 mai 1456. 
Amionce de la réponse peu favorable faite par le roi à Guillaume 
de Gourcillon, et prière d'intervenir en sa faveur. — (Orig. Goll. 
de M. Etienne Gharavay.) 

De par le daulphin de Viennois. 
Très cher et très amè oncle, ainsi que pensons que 
de la part de Monseigneur avez bien esté adverty que 
avons envoyé messire Guillaume de Gourcillon, nostre 
chambellan, par devers lui, avec lettres de créance et 
offres, dont par ce porteur vous envolons le double. 



74 LETTRES DE LOUSS XI. 

et entre autres pour lui supplier la seureté de nostre 
personne et qu'il lui pleust estre oontent de noz servi- 
teurs, qui nous sembloit estre bien raisonnable, 
actendu les rappors que on lui a faiz, de quoy a eu et 
a enoores de grans suspeczons sur nous, et aussi nous 
en a Ion fait, de quoy avons de grans craintes et non 
sans cause, à quoy nous a esté fait par le chancelier 
en sa présence bien estrange responce, ainsi que pour- 
rez voir par le double d'icelle que vous en envoions. 
Et pour ce, très cher et très amè oncle , vous prions 
tant et de si bon cuer que plus povons et ainsi que y 
estes tenu, que veillez, le plus tost en ce monde que 
possible vous sera, vous trouver par devers mondit 
seigneur ou envoier pour lui supUer et requérir, ou 
nom de la passion nostre Seigneur, qu'il lui plaise de 
sa grâce nous octroyer les deux poins dessusdiz, qui 
n'est pas grant chose, tout considéré. Et ou cas que 
ne seroit son plaisir s'en contenter et les nous octroyer, 
qu'il lui plaise fayre remonstrer à vous et autres sei- 
gneurs du sang et son grant conseil la desplaisanoe 
qu'il a envers nous et pour quoy, et au plaisir Dieu 
nous en excuserons tellement que Dieu, Monseigneur 
et vous autres seigneurs du sang et du grant conseil, 
en devrez par raison estre contens, et qu'il lui plaise, 
lui qui est prince de justice, ne vouloir concevoir une 
si grant merencolye contre nous, sans que première- 
ment noz raisons et excusations soient oyes, qui est 
chose qui ne se devroit denyer au plus estrange du 
monde. Très cher et très amè oncle, nostre Seigneur 
vous ait en sa sainte garde. Escript à Romans le 
xvm* jour de may. 

LOYS. 

Bourré. 



L0m8 DAUPHIN. 75 

À DOBtre très cher et très amé oncle le duc d'Or- 
léans. 

LV. 

AU ROI DB FRANGE. 

Romans, 28 mai 1456. 

Envoi de Guillaume de Ck)urcillon et du prieur des Gélestins 
d'Avignon. — (Orlg. Bibl. nat., Fr. 2811, n* 27; publié dans la 
Chronique de Georges Chastellain, éd. Kervyn de Lettenhove, 
t. m, p. 59.) 

Mon très redoublé seigneur, je me recommande à 
vostre bonne grâce tant et si très humblement conmie 
je puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubtè sei- 
gneur, que je renvoyé présentement par devers vous 
messire Guillaume de Goursillon, et avec lui le prieur 
des Gélestins d'Avignon S pour vous dire aucunes 
choses. Si vous suplie, mon très redoubtè seigneur, 
que vous plaise les oyr et croyre de ce qu'ilz vous 
diront de ma part, et m'avoir et tenir tousjours en 
vostre bonne grâce, ensemble me mander et conunan- 
der voz bons plaisirs, pour iceulx faire et acomplir à 
mon povair ^ ; au plaisir de nostre Seigneur qui par 
sa très sainte grâce, mon très redoubtè seigneur, vous 
doint très bonne vie et longue. Escript à Romans le 
xxvm* jour de may. 

Vostre très humble et très obéissant filz. 

LOYS'. 

1. Simon Le Couvreur. 

2. La réponse de Charles VU se trouve à la Bibl. nat., Fr. 2811, 
fol. 24-27, sous ce titre : « C'est la response qui semble estre à 
£aire de par le Roy à messire Guillaume de Coursillon, chevalier, 
et au prieur des Célestins d'Avignon, envoyez devers ledit sei- 
gneur de la partie de monseigneur le daulphin. i 

3. Cf. aussi une déclaration faite au nom du dauphin, et revô- 



76 LETTRES DE LOUIS XI. 

A mon très redoublé seigneur. 

Au dos : De monseigneur le daulphin. Reçu le vm de 

juing GGGGLYI. 

LVI. 

AU ROI DE FRANGE. 

Grenoble, 21 juillet 1456. 

Accusé de réception des lettres apportées par Guillaume de Gour- 
cillon et le prieur des Gélestins d'Avignon, et envoi du seigneur 
de Targe et du dit prieur.— (Orig. Bibl. nat., Fr. 2811, n* 32.) 

Mon très redoublé seigneur, je me reconunande à 
vostre bonne grâce tant et si très humblement comme 
je puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubté sei- 
gneur, que j'ay receu les lettres qu'il vous a pieu 
m'escripre par messire Guillaume de Goursillon et le 
prieur des Gélestins d'Avignon, dont tant et si très 
humblement que je puis je vous mercie. Je renvoyé 
présentement par devers vous le seigneur de Targe et 
ledit prieur ausquelz j'ay chargé de vous dire aucunes 
choses. Si je vous prie, mon très redoubté seigneur, 
qu'il vous plaise les oyr et croyre de ce qu'ilz vous 
diront de ma part, et m'avoir et tenir tousjours en 
vostre bonne grâce, en me mandant et commandant 
voz bons plaisirs, pour iceulx faire et acomplir à mon 
povoir, au plaisir de nostre Seigneur ^ qui par sa 
sainte grâce, mon très redoubté seigneur, vous doint 

tue de sa signature, qui se trouve en original dans le ms. Fr. 
15537, f. 3. Cette déclaration se trouve également dans la Chro» 
nique de CkasUllain, t. lU, p. 60. 

1. La réponse de Charles Vn a été publiée par Duclos dans ses 
Preuves, p. 117, d'après une copie. (Bibl. nat., Du Puy^ 762, fol. 30.) 



LOUIS DAUPHIN. 77 

très bonne vie et longue • Escript à Grenoble le xxi* jour 
de juillet. 

Vostre très humble et très obéissant filz. 

LOYS. 

 mon très redoubté seigneur. 
Au dos : Reçu le m d'aoust gggglvi. 

LVU. 

AU ROI DE FRANGE. 

Saint-Claude, 31 août 14&6. 

Demande de la permission d'aller combattre le Tare sous les 
ordres du duc de Bourgogne. — (Minute, Bibl. nat., Fr. 20855, 
fol. 20; original, id,, 15537, f. 1; copie, ûi., 2811, b9 41. — 
Publ. par Duclos, Preuves, p. 125.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à 
vostre bonne grâce tant et si très humblement comme 
je puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubté sei- 
gneur, que pour ce que, comme vous savez, beaux 
oncles de Boui^ongne ^ a intencion de brief aller sur le 
Turc à la deffence de la foy catholicque ^ et que ma 
voulenté serait bien d'y aller, moyennant vostre bon 
plaisir, actendu que nostre saint père le pappe m'en 
a requis et que je suis gonfalonnier de l'esglise ^ et en 
fiz le serment par vostre commandement, m'en voys 
par devers mondit bel oncle pour savoir son entencion 

1. Philippe le Bon, duc de Bourgogne. 

2. Il avait adhéré un des premiers à la croisade contre les 
Turcs prèchée par le pape Galixte m aux princes de l'Europe dès 
son ayènement au souverain pontificat, en 1455. (Cf. Annales 
eedesiastiei de Baronius et Raynaud, éd. Theiner, t. XXIX.) 

3. Le pape Eugène IV avait conféré cette dignité au dauphin 
en 1444. |V. lettres du 29 août 1444 dans les Annales eeclesiastici 
de Baronius et Raynaud, t. XXYin, p. 426.) 



78 LETTHBS DE L017I8 XI. 

sur s<MQ allée, aflfin que je me puisse empl6îer à la def- 
fence de la foy catholique, se mestier fait S et aussi 
pour lui prier qu'il se veille emploier à trouver le 
moyen que je puisse demourer en vostre bonne grâce, 
qui est la chose que je désire plus en ce monde. Mon 
très redoublé seigneur, je prie à Dieu qu'il vous doint 
très bonne vie et longue. Escript à Saint-Glaude ^ le 
darrain jour d'aoust ^. 

Yostre très humble et très obbeissant filz. 

LOYS. 

 mon très redoubtè seigneur. 

LVffl. 

A UN ÉVÂQUB. 

Septembre 1456. 
Annonce de sa retraite auprès du duc de Bourgogne pour conférer 

i. Le dauphin avait, dès la fin de 1455, manifesté l'intention de 
prendre part à la croisade contre le Turc. Dans le registre des 
lettres des ducs de Milan (Arch. de Milan, t. XXV, fol. 284 r), 
on lit, à la date de décembre 1455, sous la rubrique : Infrascripte 
sono le préparation» dele quale in corte di Roma se parla e se dice 
per (acte e preparate per le infrascripte signarie e potentie de Chris^ 
iiani contra H Turchi, le passage suivant concernant le dauphin : 
c Lo illustrissîmo signore delphyno de Franza ha oppinione de 
andare personalmente contra el Turco, secundo che dice nostro 
signorie ii ha scripto el reverendissimo monitore de Avignone 
per sue lettere date in Franza. » — Le duc de Milan avait adressé, 
le 11 août 1456, au dauphin, à Charles VII et au roi René, sur le 
projet de croisade une lettre qu'on trouvera reproduite aux Pièces 
justificatives, n» 5. 

2. Saint-Claude (Jura). —(Cf. Mathieu d'Esconchy, t. Il, p. 329, 
et les Mémoires de J. du Glercq et d'Olivier de la Marche.) 

3. La minute est signée et porte la date : le II* jour de sep- 
tembre; mais la signature a été barrée et la date remplacée par : 
le derrenier jour d'aoust. 



L0IÏÏ8 DAUPHIN. 79 

avec lui sur ce qu'il derra faire, en sa ipialité de grand gonfa* 
lonier de rËglise, pour le service de Dieu et de TÉglise et 
pour le bien et la défense de la chrétienté. — (Minute. Bibl. 
nat., Fr. 6963, n* 30, Mss. Legrand. — Pablié incorrectement 
par Dnclos, Preuves, p. 126.) 

Nostre amé et féal, vous savez oomnie de pieça 
nostre saint père le Pape nous a fait grant confaronier 
de TEglise, et pour ce que avons bien désiré et desi- 
rons nous employer au service de Dieu et de ladicte 
Eglise et au bien et deffense de la Grestianté, noud 
sommes transportez es marches de par deçà pour 
communiquer sur ceste matière avecques nostre bel 
oncle le duc de Bourgoigne, qui en ladicte matière est 
bien ajBPectioné, et avons espérance de bien brief con- 
férer avecques lui. Si vous prions que vueillez nous 
avoir pour recommandé en voz bonnes prières et faire 
prier par toutes les églises de vostre diocèse, afin que 
Dieu nous vueille aider à conduire nostre bonne inten- 
tion. Et au regart de nostre fait, pour lequel le sire 
de Targe et le prieur des Gelestins ont derrenierement 
esté devers Monseigneur, nous nous en sonmies soubz- 
mis et donné charge es seigneurs du sang, et briefment 
vous ferons savoir plus à plain de noz nouvelles. 
Nostre amé et féal, etc. j^ 

UX. 

A UN GRAND SEIGNEUR FRANÇAIS. 

firuxelles, septembre 1456. 

Remercfments du déplaisir qu'il a témoigné de son départ de 
France et prière de lui conserver son aCTection. — (Minute. Bibl. 
nat., Pr. 20490, fol. 17.) 

Le daulphin de Yiennoys. 
Très chier et amé cousin. Nous avons receu les 



80 LETTRES DE LOUIS XI. 

lectres que escriptes nous avez par ce porteur, et oy 
ce qu'il nous a dit de par vous, par quoy et veu le 
contenu desdictes lectres avons seu comment avez 
esté et estes desplaisant de nostre parlement de nostre 
pays et des affaires qui nous sont sourvenuez, et aussi 
comment estes de savoir de Testât et prospérité de 
nostre personne, en vous o£Grant de corps et de biens 
à nous, desquelles choses nous vous mercions tant et 
si acertes comme plus povons, et vous prions que 
veillez tousjours continuer et persévérer dans la grant 
amour et bonne voUenté et affection que avez envers 
nous et en vostre bon vouloir envers nous, vous signif- 
fiant que s'il est aucune chose que pussions faire pour 
vous que en la nous faisant savoir nous la ferons de 
très bon ceur, et aussi pour ce que estes désirant de 
savoir de nostre estât, comme dessus est dit, que à la 
faczon de cestes, estions en bonne prospérité de nostre 
personne, grâces à nostre Seigneur, qui le semblable, 
très chier et très amé cousin, vous veille tousjours 
octroier et vous avoir et tenir en sa saincte et bonne 
garde. Escript ^ 

LX. 

AU ROI DE FRANGE. 

Bruxelles, 26 octobre i456. 

Annonce de Bon arrivée à la cour de Bourgogne et protestation 
contre l'occupation du Dauphiné par les gens du roi. — (Orig. 
Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6963, n* 32. — Publ. incorrecte- 
ment par Duclos, Preuves, p. 139.) 

Mon très redoublé seigneur, je me recommande à 

4. Cette minute de circulaire provient des papiers de Bourré, 
secrétaire du dauphin. 



LOUIS DAUPHIN. 81 

vostre bonne graoe, tant et si très humblement ooname 
je puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubtè sei-> 
gneur, que en enssuivant les lettres que vous escrivy 
de Saint-Glaude ^ , suis venu par devers mon bel oncle 
de Bourgoigne, qui, conune vous ay ja escript, pour 
Tonneur de vous, m'a fait et fait chascun jour très 
bonne chère ^, dont de rechief je vous mercie tant que 
je puis, auquel mon bel oncle j'ay dit et declairé mon 
fait bien au long, lequel pour ceste cause envoyé pré- 
sentement ses ambaxeurs par devers vous^. Gonmie na- 
gueres par la responce que ay faicte à voz lettres qu'il 
vous a pieu m'escripre par ung vostre message, fai- 
sans mencion de la réception de celles que vous avoye 
escriptes dudit Saint-Glaude, vous ay escript et fait 
savoir par vostredit message : après le partement 
duquel ay eu nouvelles de mon pays du Daulphiné ^, 
que le mareschal de Loheac^ et Tadmiral^ estoient 
venuz à Lyon pour requérir de par vous estre asseurès 

1. Le 31 août 1456. 

2. De Saint-Glaude le dauphin se rendit à Noseroy, auprès du 
prince d'Orange, et de là il fut conduit par le maréchal de Bour- 
gogne à Louvain, puis à Bruxelles, où le duc de Bourgogne vint 
le retrouver et lui fit une réception très cordiale. (Mss. Legrand, 
Bibl. nat., Fr. 6960, p. 203, et Mathieu d'Escouchy, t. n, p. 331.) 

3. Jean de Groy, chevalier, seigneur de Ghimay, et Simon de 
Lalaing, chevalier, allèrent trouver Gharles YII à Saint-Sympho- 
rien d'Ozon et furent reçus par lui le 27 novembre 1456. (Bibl. 
nat., F. Baluze 9675», fol. 141; — W., Fr. 15537, fol. 177-181; 
— Escouchy, t. Il, p. 335.) 

4. Uévêque de Valence lui avait écrit à ce sujet le 28 septembre 
1456 (Mss. Legrand, Bibl. nat., Fr. 6960, p. 209.) 

5. André de Montfort de Laval de Lohéac, né en 4411, amiral 
de France (1437), maréchal (1439), mort en janvier 1486. 

6. Jean de Bueil, comte de Sancerre, amiral de France (1450- 
1461). 

l 6 



88 LETTRS8 DE L0UI8 XI. 

que de mondit pays De des geos d'ioely, vous, vostre 
royaume, oe voz subgiez a'ariez aucuD dommage ^ ; de 
laquelle chose, moD très redoublé seigoeur, ay esté 
bieD esmerveilié, et suis, conmieDt Yen peut peoser, 
que d^icely moD pays vous veiDst aucuD eoDemy ou 
dommaige, ne que je voulsisse fayre chose qui ne fust 
bien faicte ; car je n^eo eu oncques vouloir ne pence 
de Tavoir : vous suppliant très humblement, mon très 
redoubté seigneur, qu'il vous plaise de ainsi le tenir 
et croyre, et partant estre et demeurer content de 
moy et de mondit pays. Je Fay dit à mondit bel oncle, 
qui semblablement en a esté bien esmerveilié et a 
donné charge à sesdiz ambaxeurs de vous en parler, 
et que se vostre plaisir estoit en avoir seureté, de la 
vous fayre : ainsi que de ce et autres choses par eulx, 
quant vous plaira, serez plus à plain informé. 

Mon très redoubté seigneur, je vous supplie qu'il 
vous plaise m'avoir et tenir tousjours en vostre bonne 
grâce, et me mander et commander voz bons plaisirs, 
pour iceulx fayre et acomplir à mon povoir, au plaisir 
de nostre Seigneur, qui par sa grâce vous doint très 
bonne vie et longue. Escript à Brucelles le xxvi® jour 
d'octobre. 

Vostre très humble et très obéissant filz. 

LOYS. 

 mon très redoublé seigneur. 

Au dos : De monseigneur le daulphin. R. le xxvn* 
jour de novembre m ggcg lvi à Saint Saphorin^. 

1. V. les lettres de Charles VU des 7 et 11 septembre 1456 
(Pièces justi/Usatives) . 

2. Saint-Symphorien d'Ozon. 



LOUIS DAUPHm. 83 



LXI. 



AUX GENS DU 6RAin> CONSEIL. 

Bruxelles, 26 octobre 1456. 

Annonce de l'envoi d^ambassadeurs du duc de Bourgogne au roi 
de France, qui sont chargés d'une lettre de lui. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 2811, n* 42.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Très chiers et bien amez, nostre bel oncle de Bour- 
gongne envoyé présentement ses ambaxeurs par de- 
vers Monseigneur, par lesquelx nous lui escripvons, 
ainsi que par le double des lectres que vous envoions 
cy dedens pourrez plus à plain voir. Si vous prions, 
très chiers et bien amez, que veillez tenir la main pour 
nous et autres noz afferes de par delà pour especiale- 
ment recommandez, conmie nous en avons bien en 
vous nostre parfaicte et singulière confiante. Très 
chiers et bien amez, nostre Seigneur soit garde de 
vous. Escript à Brucelles le xxvi* jour d'octobre. 

LOYS. 

Bourré. 

À noz très chiers et bien amez les gens du grant 
conseil de Monseigneur. 

LXII. 

A UN GRAND SEIGNEUR DE LA GOUR DE BOURGOGNE. 

(Décembre 1456.) 

Remerciments de l'avoir prévenu de l'arrivée des ambassadeurs 
et envoi de Boumezel, chargé de savoir quand il pourra voir la 
compagnie. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20486, fol 96.) 

Très chier et amè cousin, j'ay receu voz lettres et 



84 LETTRES DE LOUIS XI. 

VOUS mercie de la souvenance que avez de moy. Au 
fort vous cognoissez ma oondicion et que je n^eusse 
pas esté bien aise depuis que les ambaxeurs sont ari- 
vezS si je n'eusse esté ung petit adverty. Toutes voies 
vous ne me faictes point de mencion quen je verre la 
compaignie, et pour ce j'envoye Bournezel ^ pour en 
savoir. Il est si fort baveux qu'il ne lui fault ja mectre 
créance, car il la fera bien toute neufve; et autre 
chose ne vous sçay que rescripre pour le présent, fors 
que Dieu soit garde de vous. Escript en me allant 
couchier ce dimanche au soir à Geneppe. 

LXIII. 

AU ROI DE FRANGE. 

Genappe, 22 décembre 1456. 

Accusé de réception de ses lettres et annonce de l'envoi de Jean 
de Groy et de Simon de Lalaing, chargés de ses propositions. — 
(Copie. Mss. Legrand, Bibl. nat., Fr. 6960, fol. 217. — Publ. 
par Duclos, Preuves, p. 154.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à 
vostre grâce tant et si très humblement comme je 
puis. Et vous plaise sçavoir, mon très redoubté sei- 
gneur, que j'ay receu les très gracieuses lettres que 
par les ambassadeurs de bel oncle de Bourgogne il 
vous a pieu naguieres de m'escripre, dont ay esté et 
suis tant joyeux, que plus ne pourrois en louer et gra- 
cier Dieu et Nostre-Damc, et vous en mercie si très 

1. Il s'agit probablement des ambassadeurs du duc de Bour- 
gogne qui revenaient de la cour de Charles VU et rapportaient 
une lettre du roi au dauphin. (Cf. lettre du 22 décembre 1456.) 

2. Hugues de Bournezel, écuyer panetier du dauphin. (Mss. 
Legrand, Bibl. nat., Fr. 6%6, fol. 177.) 



LOUIS DAUPHIN. 85 

humblement comme je puis; par lesquelles vos lettres, 
mon très redoubté seigneur, et les advertissemens 
que par icelles il vous plaist de me faire, me suis 
enhardi d'oser envoyer devers vous pour pourchasser 
mon fait ; pour laquelle cause j'y envoyé présentement 
messire Jean deCroy^ , seigneur de Ghimay, mon cousin, 
et Simon de Lalaing^, seigneur de Montigny, chevalier, 
pour vous suplier et requérir en toute humilité, conune 
il apartient, qu'il vous plaise m'avoir et tenir tous- 
jours en vostre bonne grâce, qui est la chose en ce 
monde que tousjours ay plus désirée et désire, et 
avoir égard à mon fait, ainsy que j'ay chargé plus à 
plain les dessusdiz vous dire et exposer^, quand vostre 
bon plaisir sera. Si vous suplie, mon très redoubté 
seigneur, qu'il vous plaise de vostredicte grâce les oyr 
et croire, et adjouster plaine foi et créance à tout ce 
qu'ils vous diront de ma part, comme à moy-mesme, 
en me mandant et conunandant continuellement vos 
bons plaisirs et commandemens, pour iceux faire et 
accomplir, à mon povoir, au plaisir de nostre Sei- 
gneur, qui par sa sainte grâce, mon très redoubté 
seigneur, vous donne très bonne vie et longue. Escript 
à Geneppe ^ le xxu* jour de décembre. 
Vostre très humble et très obéissant filz. 

LOYS. 

1. Gonseiller et chambellan dn duc de Bourgogne, capitaine 
général et bailli de Hainaut. 

2. Conseiller et chambellan du duc de Bourgogne, bailli 
d'Amiens, amiral et grand-veneur, m. 1476. — La copie de L^ 
grand porte, par erreur, Simon de Lannoy. 

3. Les propositions du dauphin ont été publiées par Duclos 
(Preuves, p. 156). 

4. Genappe, près de Bruxelles. Le dauphin s'installa dans le 



86 LETmES DE LOUIS XI. 

LXIV. 

AU ROI DE FRANGE. 

Bruxelles, 6 février 1457. 

Annonce de l'envoi d'ambassadeurs du duc de Bourgogne chargés 
de ses instructions, et protestations de fidélité. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 2811, n* 37.) 

Mon très redoublé seigneur, je me recommande à 
vostre bonne graoe tant et si très humblement que je 
puis, et vous plaise savoir, mon très redoublé sei- 
gneur, que en enssuivant ce qu'il vous pleut darrenie- 
rement dire aux ambaxeurs de mon bel oncle de 
Bourgongne, mondit oncle les renvoyé présentement 
par devers vous pour mes besongnes et affaires, aus- 
quehc j'ay chargé vous dire aucunes choses touchant 
icelles. Si vous supplie, mon très redoublé seigneur, 
qu'il vous plaise les oyr et croyre de tout ce qu'ilz 
vous diront de ma part, et m'avoir et tenir tousjours 
en vostre bonne grâce, qui est la chose en ce monde 
que plus je désire ; ensemble me mander et conmian- 
der voz bons plaisirs pour iceulx fayre et acomplir à 
mon povair, au plaisir de nostre Seigneur qui, par sa 
grâce, mon très redoubté seigneur, vous doint très 
bonne vie et longue. Escript à Brucelles le vi® jour de 
février. 

Vostre très humble et très obbeissant filz. 

LOYS. 

château, où il demeura jusqu'à son avènement au trône, c Et en 
aucun temps apprez, dit Mathieu d'Escouchy (t. II, p. 333), choisit 
sa résidence en une place nommée Genepe, sur les marches du 
Haynault, qui est place plaisante à déduit des chiens et des 
oyseaulx. i 



LOUIS DAUPHIN. 87 

A mon très redoubté seigneur. 

Au dos : De monseigneur le daulphin. Receu le 
vn* jour de mars cccc lvi à Saint-Priet * . 

LXV. 

AUX GHANGEUER ET GENS DU GRAND GONSEIL DU ROI 

DE FRANGE. 

Bruxelles, 6 février 1457. 

Annonce de l'envoi des ambassadeurs du duc de Bourgogne au- 
près du roi, et prière de s'occuper de ses affaires et de lui faire 
conserver les bonnes grâces de son père. — (Orig. Bibl. nat., 
Fr, 2811,n-38.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Très chiers et bien amez, en enssuivant ce qu'il 
pleut à Monseigneur dire darrenierement aux amba- 
xeurs de nostre bel oncle de Bourgongne , nostredit 
bel oncle renvoie présentement sesdiz ambaxeurs 
par devers mondit seigneur pour noz besongnes et 
affaires. Si vous prions très acertes que y veillez tenir 
la main pour nous et avoir nosdictes affaires envers 
mondit seigneur pour reconunandez , tellement que 
puissons demourer en sa bonne grâce, qui est la 
chose que plus desirons, et vous y emploier, ainsi que 
en avons en vous nostre parfaicte et singulière con- 
fiance. Très chiers et bien amez, nostre Seigneur soit 
garde de vous. Escript à Brucelles le \f jour de 
février. 

LOYS. 

Bourré. 

1. Charles Vn était dans le château de Saint-Priest en Dau- 
phiné depuis le 24 décembre 1456; il y séjourna jusqu'au com- 
mencement du mois de mai 1457. 



88 LETTRES DE LOUIS XI. 

 noz très chiers et bien amez les chancelier^ et autres 
gens du grant conseil de Monseigneur. 

LXVI. 

AU CHANCELIER DE FRANCE. 

Bnixelles, 6 février 1457. 

Prière de s'occuper de ses affaires et de lui procurer les bonnes 
grâces de son père. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2811, n* 39.) 

De par le daulpbin de Yiennoys. 

Très chier et très amè, en ensuivant ce qu'il pleut à 
Monseigneur dire derrenierement aux ambaxeurs de 
nostre bel oncle de Bourgongne, nostredit bel oncle ren- 
voyé présentement sesdiz ambaxeurs par devers mon- 
dit seigneur pour noz besongnes et affaires. Si vous 
prions, très chier et très amè, que y vueillez tenir la main 
pour nous et avoir nosdictes affaires envers mondit 
seigneur pour recommandez tellement que puissions 
demeurer en sa bonne grâce, qui est la chose que plus 
desirons, ainsi que nous en avons en vous nostre par- 
faicte et singulière confiance. Très chier él très amè, 
nostre Seigneur vous ait en sa sainte garde. Escript 
à Brucelles le vi* de février. 

LOYS. 

Bourré. 

 nostre très chier et très amé le chancelier de 
France. 



1. Guillaume Juvénal des Ursins, archevêque de Reims, chan- 
celier de France de 1445 à 1461. 



LOUIS DAUPHIN. 89 

LXVII. 

AUX GENS DE SON CONSEIL EN DAUPHINÉ. 

Bruxelles, 6 février 1457. 

Ordre d'accepter les arrangements que les ambassadeurs du duc 
de Bourgogne prendront avec le roi touchant le Dauphiné. — 
(Copie. Bibl. nat., Fr. 15537, fol. 7.) 

De par le dautphin de Viennoys. 
Noz amez et feaulx, en ensuivant ce qu'il pleut à 
Monseigneur dire derrenierement aux ambaxeurs de 
nostre bel oncle de Bourgongne, nostredit bel oncle 
renvoie présentement sesdiz ambaxeurs par devers 
mondit seigneur pour noz besoignes et affaires. Aux- 
quelx ambaxeurs nous avons donné chaîne et puis- 
sance de besoigner avec mondit seigneur touchant le 
fait de nostre pais du Daulphiné. Et pour ce voulons 
et vous mandons que ce qu'ilz appointeront pour 
ledit pais vous tenez de point en point et y obéissez 
sans aucunement y différer ne faire difficulté, car tel 
est nostre plaisir et ainsi que autreffoiz le vous man- 
dasmes par Jaquelin. Noz amez et feaubc, nostre Sei- 
gneur soit garde de vous. Escript à Brucelles le 
VI' jour de février * . 

LOYS. 

LXVUL 

AUX GOUVEimSUR ET GENS DU PARLEMENT A GRENOBLE. 

Bruxelles, 28 février 1457. 
Ordre de surseoir à rexécution d'un arrêt rendu contre Pierre 

1. Le même jour le dauphin donna des lettres patentes sur le 



90 LETTRES DE LOUIS XI. 

Gruel, condamné à restituer à Henri Fougasse, habitant de Gap, 
200 écus en dédommagement de draps pris et vendus, pendant 
la guerre de Savoie, par ordre et au profit du dauphin. — 
(Copie. Arch. de Tlsère, B 3048, fol. 298.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Noz amez et feaulx, nous avons sceu que, après 
nostre parlement de par delà, vous avez donné cer- 
tain arrest à Tencontre de nostre amé et féal con- 
seillier, maistre Pierre Gruel, en faveur de Henry 
Fougasse, du pays de Piémont, habitant de G^p, par 
lequel arrest avez condempné nostredit conseillier à 
restituer audit Fougasse la somme de deux cens escuz, 
à quoy certains draps, qui furent prins durant la guerre 
de Savoye, par nostre ordonnance et commandement, 
furent venduz; et oultre Favez condempné à la plus 
value desdiz draps et es dommages et interestz de la 
partie qui montent environ m^ escuz, et par icellui 
arrest avez réservé action à nostredit conseillier à 
rencontre de nous, en tant que touche iesdiz uf escuz, 
et aussi contre le marchant qui achepta Iesdiz draps 
par nostre ordonnance et commandement, comme dit 
est en la plus value desdiz draps, ainsi que par le 
double dudit arrest, lequel nous a esté envoyé de par 
deçà avons veu plus a plain contenu, de laquelle chose 
nous donnons très grans merveilles et ne sommez pas 
contens de vous, veu que vous sçavez assez que tout 
a esté fait par nostre commandement et que nous en 
avons eu le prouffit, et non aultre ; et pour ce que nous 
ne vouidrions que par nous obéir ledit Gruel, ne aussi 

môme sujet. (Copie. Bibl. nat., Fr. 15537, fol. 6.) Cf. la réponse 
de Charles VII aux ambassadeurs du duc de Bourgogne, (/d., 
Fr. 15537, fol. 29.) 



LOUIS DAUPHIN. 9i 

ledit marchant, qui achepta lesdiz draps, ce que il 
n'eust fait sans avoir lettre sur ce de nous, eussent 
aucun dommaige, vous mandons et bien estroictement 
enjoignons que incontinent ces lettres venez vous don- 
nez telle provision à nostredit conseillier que aucun 
inconvénient ne lui puisse advenir ne aussi audit mar- 
chant, qui n'en peut maiz, en faisant surceoir Texe- 
quution dudit arrest et sentence jusques ayez sur ce 
autre mandement de nous, car nous avons entencion 
avoir veu conunent les choses se pourteront par delà 
et en quel estât le pays demourra, de donner sur ce 
aux parties telle et si bonne convenable provision et 
recompense que Tun ne l'autre n'aura cause de se 
plaindre * . Et gardez bien, sur tant que nous voulez 
servir et complaire, qu'il n'y ait point de faulte, car 
autrement n'en serions pas contens. Nos amez et 
feaulx, nostre Seigneur soit garde de vous. Ëscript à 
Brucelles le derrenier jour de février. 

LOYS. 

ASTARS*. 

 noz amez et feaulx les gouverneur et gens de 
nostre Parlement séant à Grenoble. 

1. Le 20 avril 1457 le dauphin, étant à Bruxelles, fit don à 
Pierre Gniel du mandement d'Arpon, en Dauphiné, pour Tindem- 
niser de l'amende de 300 écus qui lui avait été infligée par le 
Parlement. (Arch. de Tlsère, B 3048, fol. 299.) 

2. Charles Astars, secrétaire du dauphin (quittance du 16 oct. 
1457, Mss. Legrand, Bibl. nat., Fr. 6967, fol. 226 V»), devint che- 
valier et bailli du Vivarais et du Valentinois (pièce du 26 août 
1466). Il avait prêté une somme de 4,000 livres au dauphin. 
Gelui-ci, devenu roi, lui donna, le 20 juin 1462, en remboursement 
de ce prêt, la terre de Pierrelatte (Ms. inédit de Guy AUard, 
communiqué par M. Ad. Rochas). Charles Astars mourut vers 
1478. (Bibl. nat.. Pièces orig., 115.) 



92 LETTRES DE LOUIS XI. 



LXIX. 



A l'archevêque DE REIMS. 

Avril 1457? 

Prière de donner à maître Jean Galoart la perception de l'église 
paroissiale de Sainte-Croix de Bruges. — (Minute. Bibl. nat., 
Fr. 20484, fol. 12.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Très révérend père en Dieu, très chier et bien amé, 
nous avons sceu que la perception de l'esglise parro- 
chial de Saincte-Groix de Bruges vacque, et quel'evesque 
de Tournay ^ a esté refusant de la donner, ainsi que par 
l'instrument dudit reffus vous pourra aparoir. Et pour 
ce que nous desirons le bien et avancement en saincte 
esglise de nostre amé maistre Jacques Galoart, tant 
pour les mérites et vertus que l'on dit estre en sa 
personne comme pour l'amour d'aucuns noz espe- 
ciaulx serviteurs qui nous en ont requis, nous vous 
prions tant chierement que nous pouvons que, en 
faveur de nous et à nostre requeste , s'il vous apert 
dudit reffuz fait par ledit evesque de Tournay, vous 
veillez donner et conférez ladicte perception d'icelie 
esglise parrochial de Saincte- Groix audit maistre 
Jacques Galoart et non autre, et telle y faire qu'il 
puisse cognoistre nostredicte requeste lui avoir esté 
de valeur envers vous. En quoy nous ferez très 
agréable plaisir, que recognoistrons de très bon cueur 

1. Jean Ghevrot, évoque de Tournay de 1437 au 22 sept. 1460. 



LOUIS DAUPHIN. 93 

quant d'aucune chose nous vouldrez requérir. Très 
reverend père, etc.*. 

A très révérend père en Dieu et nostre très chier 
et bien amè l'arcevesque de Reims ^. 

LXX. 

A LA DUCHESSE DE SAVOIE. 

Genappe, août 1457. 

Lettre de créance pour Perrot Faulqnier, chargé de toucher les 
arrérages échus de la dot de la dauphine. — (Minute signée. 
Bibl. nat., Fr. 20489, fol. 134 v.) 

Le daulphin de Viennoys. 

Très chiere et très amèe mère, vous savez la nec- 
cessitè en quoy sommes de présent et comme à plus 
grant besoing ne nous povez faire plaisir ; et pour ce 
envoyons présentement par devers vous nostre amè 
et féal maistre de nostre hostel Perrot Faulquier, au- 
quel avons donné toute plaine puissance de recouvrer 
les deniers qui nous sont deuz à cause de nostre ma- 
riage^, especialment du terme de Pasques darreniere- 

1. Cette lettre a probablement été écrite pendant le voyage qu'il 
fit à Bruges en avril 1457 avec le duc de Bourgogne. 

2. Jean Juvénal des llrsins, archevêque de Reims du 13 mai 
1449 au 14 juillet 1473. 

3. Le dauphin avait épousé, le 10 mars 1451, Charlotte de 
Savoie, née en 1445 de Louis, duc de Savoie, et d'Anne de Chypre. 
Le mariage ne fut pas consommé, vu Tâge de Charlotte. A peine 
installé à Grenappe, le dauphin fit venir près de lui sa femme, qui 
résidait alors à Grenoble (v. lettre de Guillaume de Meuillon au 
dauphin du 22 octobre 1446, Mss. Legrand, Bibl. nat., Fr. 6967, 
fol. 79). La dauphine partit de cette ville le 22 juin et arriva le 
10 juillet à Namur, où le dauphin alla la recevoir et consomma le 



94 LETTRES DE LOUIS XI. 

ment passé et de cely de la Toussains qui Vient, et 
aussi des arrérages qui en sont deuz de par avant 
ledit terme de Pasques^ Si vous prions tant affectueu- 
sement que plus povons et sur tout le plaisir et service 
que jamès nous vouldriez faire, que vueillez faire don- 
ner tel ordre en ceste matière que nostredit maistre 
d'ostel puisse incontinent recouvrer ledit terme de 
Pasques et arrérages dudit temps passé et pareille- 
ment cely de la Toussains, quant il sera escheu, en 
faisant deffendre à Raymon Âchart et à Estienne 
Âchart qù'ilz ne s'en meslent en aucune manière, car 
nous les en avons deschargez, et en leur estant de 
leurs mains les assignacions, s'aucunes desdiz termes 
leur en avoient esté baillées. De ce vous prions de 
rechief que ne nous vueillez faillir, car plus grant plai- 
sir ne nous povez faire ^, ainsi que plus à plain avons 



mariage. (Mss. Legrand, Bibl. nat., Fr. 6960, fol. 229, Mémoires 
de y. du CUrcq, éd. Buchon, p. 102, et Escouchy, t. U, p. 35i.) 

1. Charles Astars, secrétaire do dauphin, fut aussi employé 
pour recouvrer cette somme, ainsi que le prouve la pièce sui- 
vante (Bibl. nat., Ms. Legrand, Fr. 6967, fol. 226 V) : 

€ Je Charles Astars, secrétaire de Monseigneur, certîffie que 
M* Jehan Bourré, semblablement secrétaire de mondit seigneur, 
m'a baillé et reaulment expédié par le commandement dudit sei- 
gneur les lettres originales du mariage de mondit seigneur pour 
recouvrer ce qui lui est deu d'iceluy mariage par Monseigneur le 
duc de Savoye, item une autre lectre par laquelle mondit seigneur 
le duc a quicté à mondit seigneur les plaiges, lesquelles il luy 
estoit tenu de bailler avant le payement dudit mariage. En tes- 
moing de ce j'ay escript et signé ces présentes de ma main le 
XVI* jour d'octobre 1457. 

c Astars. » 

2. Le dauphin était privé de tous ses revenus et n'avait, pour 
vivre, que la pension de 36,000 écus que lui faisait le duc de 
Bourgogne. (Escouchy, t. Il, p. 333.) 



LOUIS DAUPHIN. 95 

chùrgé à nostredit maistre d'ostel vous dire, lequel 
vueiilez croyre de tout ce qu'il vous en dira de nostre 
part, comme se nous mesmes le vous disions. Très 
chiere et très amèe mère, nostre Seigneur vous ait en 
sa garde. Escript à Geneppe en Brebant le .... jour 
d'aoust. 

LOYS. 

LXXI. 

 LÀ DUCHESSE DE SAVOIE. 

Genappe, août 1457. 

Accusé de réception de sa lettre et envoi de Perrot Faulquier, 
chargé, en remplacement de Raymond et d'Etienne Achart, de 
toucher l'argent qui restait dû au dauphin à cause de son 
mariage. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20492, fol. 94.) 

Le daulphin de Viennoys. 

Très chiere et très, amèe mère, nous avons veu ce 
que nous avez escript par le Louvat, que avions envoyé 
devers nostre beau père, et oy bien au long ce qu'il 
nous a dit de par vous pour le fait de nostre mariage. 
Et pour ce que entre autres choses il a dit, et mesme- 
ment le nous avez escript, que s'il y a riens à redire 
touchant le fait de nostredit mariage que nous envo- 
yons les receveurs d'icely par devers nostredit beau 
père et que par effect il nous y pourvera tellement que 
aurons cause d'estre contens, en celle entencion nous 
envoions présentement par devers lui et vous nostre 
amè et féal conseiller et maistre de nostre hostel, 
Perrot Faulquier, auquel nous en avons donné la 
charge, et en avons desmis et ostè Raymon Achart et 



96 LETTRES DE LOUIS XI. 

Estienne Âchart, son oncle ^ Se vous prions, très 
chiere et très amée mère, tant et si affectueusement 
que plus povons et sur tout ie plaisir et service que 
nous vouldrez faire, que veillez donner et fere donner 
tel ordre en ceste matière que icelui nostre maistre 
d'ostel puisse incontinent recouvrer le terme de 
Pasques darrenier passé, avec les arrérages qui sont 
deuz de par avant icelui terme de Pasques, ensemble 
cely de Toussains prouchain venant, quant il sera 
escheu, en deffendant ausdiz Raymon et Estienne 
Âcbart qu'ilz n'aient à s'en mesler doresenavant en 
aucune manière, ainçois s'aucunes assignacions leur 
avoient esté baillées qu'ilz leur soient incontinent 
ostées de leurs mains et icelles mises en celles de 
nostredit maistre d'hostel, que y avons commis, 
comme dit est, et de ce vous prions de rechief que 
ne nous veillez faillir, car à plus grant besoing ne nous 
povez secourir ne fere plus grant plaisir, ainsi que 
plus à plain avons chargé à nostredit maistre d'ostel 
vous dire, lequel veillez croyre et adjouster plaine foy 
à tout ce qu'il vous en dira de par nous comme se 
nous mesmes le vous disions. Très chiere et très amée 
mère, nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à 
Geneppe en Brebantle jour d'aoust^. 

i. Par 868 lettres du 15 septembre 1455 le dauphin avait com- 
mis Raymond Achart à la recette des 200,000 écus qui lui avaient 
été octroyés par le duc de Savoie à l'occasion de son mariage. 
Etienne Achart avait prêté à Romans, le 18 septembre, le serment 
accoutumé entre les mains de Tarchevêque d'Embrun, au nom de 
8on neveu Raymond, alors absent. (Mss. Legrand, Bibl. nat., 
Fr. 6967, fol. 64.)— Le 20 août 1457, le dauphin ordonna à Ray- 
mond et à Etienne Achart de bailler 4,000 écus à Perrot Paul- 
quier. (Bibl. nat., Fr. 20490, fol. 63.) 

2. V. lettre de la dauphine écrite à laméme époque {Pièces fust,). 



' LOUIS DAUPHIN. 97 

LXXII. 

A UN SEIGNEUR DE LA COUR DE BOURGOGNE. 

Genappe, août 1457. 

Annonce de l'envoi auprès dn duc et de la duchesse de Savoie de 
Perrot Faulquier. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20491, fol. 23.) 

De par le daulphin de Viennoys. 
Très cbier et amé cousin , nous avons donné charge 
à Perrot Faulquier, nostre maistre d'ostel, d'aller par 
devers noz beaux père et mère de Savoye pour le 
fait de nostre mariage, et lui avons ordonné vous 
dire et monstrer toute sa charge comme en cely en 
qui avons parfaicte confiance. Si vous prions que veil- 
lez estre content qu'il y aille , et avec ce lui donnez 
tout le conseil et faveur que pourrez en ceste matière 
en escrip vaut à tous ceulx de par delà que vous semblera 
qui nous y pourront servir, et en ce faisant nous 
ferez très agréable et singulier plaisir. Des nouvelles 
de par deçà n'y a riens qui face à escripre ; ledit Perrot 
vous dira celles qui y courent pour le présent. Très 
chier et amé cousin, nostre Seigneur vous ait en sa 
saincte garde. Escript 

LXXni. 

AU ROI d' ARAGON. 

Braxelles, 13 décembre 1457. 

Prière de lui envoyer deux sacres par le palefrenier Woustre. — 
(Minute. Bibl. nat., Fr. 20485, fol. 26.) 

 très hault et très puissant prince et mon très chier 
et très honoré oncle Âlphonce par la grâce de Dieu roy 
I 7 



98 LETTRES DE LOUIS XI. 

d*AiTagon^, Loys» ainsné filz du rôy de France, daul- 
phin de Viennoys, salut, parfaicte amour et entière 
dilection. Très [hault et] très puissant prince et mon 
très chier et très honoré oncle, Woustre , palfrenier , por- 
teur de [cestes, m'a presejntement dit qu'il s'en va par 
devers vous et vous porte des oyseaulx de ce pays, 
ouquel [ne se] trouve nulz sacres. Et pour ce que se 
sont les oyseaulx en quoy je prens plus grant plaisir, 
et que par delà s'en trouve beaucoup, je vous prye 
qu'il vous plaise m'en donner deux et les m'envoyer 
par ledit Woustre et avec ce lui donner congiè d'en 
achapter jusques à ... et en ce faisant me ferez ung très 
grant et singulier plaisir. Et quant aucune chose [desi- 
rerjez de par deçà, en la me signiffiant je la feré de 
très bon cueur à mon povoir, au plaisir de nostre 
Seigneur qui par sa grâce, très hault et très puissant 
prince et mon très chier et très honoré oncle, vous 
doint très bonne vie et longue. Escriptà Brucelles en 
Brebant le xm* jour de décembre. 

 très hault et très puissant prince Âlphonce, par 
la grâce de Dieu roy d'Arragon, mon très chier et très 
amè cousin. 

LXXIV. 

A CHARLES ASTARS. 

Bruges, 13 janvier 1458. 

Demande d'argent pour rembourser la somme de 4,000 francs 
empruntée par lui à la banque de Bruges. — (Minute. Bibl. 
nat., Fr. 20489, fol. 116.) 

[Nostre amè et féal], nous avons veu ce que nous 

1. Alphonse V, n. 1385, roi d'Aragon (1416), puis roi de Naples 
et de Sicile sous le nom d'Alphonse !•', m. le 27 juin 1458. 



LOUIS DAUPHIN. 99 

avez escript faisant [mencion de plusieurs] choses, mes 

d'argent riens, sinon que nostre fait esté 

assigné et que Perrot^ y est allé pour recouvrer 

Nous Guidions bien que à ces festes passées nous dois- 
siez faire délivrer [de l'argent] par deçà, Comme le 
vous avions escript et aussi ainsi que nous en aviez 
donné à sentir par voz darrieres lectres; touteffoiz 
c'est tout néant; que nous vient bien mal à point, car, 
en la fiance de ce, nous avons emprunté en ceste ville 
à la banque la somme de quatre mil frans, et est le 
terme de les paier presque passé, dont avons grant 
paour de leur faillir, car avec ce que y avons deshon- 
neur, aussi y arions nous dommage pour ce que, 
comme savez assez, ilz ne veullent riens prester que 
leur fault ; et pour ce gardez, si jamès vous avez vou- 
loir de nous faire service ne plaisir, que incontinent ces 
lectres veues vous faictes diligence que ledit Perrot 
vous face bailler par delà lectres de change ou autres 
pour nous faire délivrer ycy la plus grant somme que 
à ly et à vous sera possible, queque soit ladicte somme 
de nn'' fi^ans pour le moins, ainsi que plus à plain 
Tescripvons audit Perrot par noz lettres que vous en- 
voions cy dedens pour lui envoier^, et incontinent que 
arez lesdictes lectres pour [nous] délivrer ledit argent, 

venez nous. Si fêtes en ce la meilleure et 

plus grant diligence que ou monde possible vous sera, 
et ainsi que en avons en vous parfaicte et singulière 
confiance, tellement que à la Nostre Dame de Ghande- 

i. Perrot Faulquier, qui était chargé de toucher les sommes 
dues au dauphin par le duc de Savoie. (Cf. lettres du dauphin 
d'août 1457.) 

2. V. la lettre suivante. 



100 LETTRES DE LOUIS XI. 

leur ayons de voz nouvelles, car c'est force d'avoir 
celle somme pour le moins à ce jour. Et au surplus, 
touchant tous les autres poins dont nous avez escript, 
vous venu par deçà vous en parlerons plus à plain et 
y donnerons bonne provision à tout, mesmement tou- 
chant vostre fait, tant que arez cause d'en estre con- 
tent. Et adieu. Escript à Bruges ^ le xm^ jour de 
janvier. 

LXXV. 

A PERROT FAULQUIER. 

(Bruges, 13 janvier 1458.) 

Ordre de remettre à Charles Astars des lettres de change pour la 
plus forte somme dont il pourra disposer. — (Minute. Bibl. 
nat., Fr. 20489, fol. 116.) 

De par le daulphin de Viennois. 

Nostre amé et féal, nous avons sceu conmient avez 
esté bien appoincté de nostre fait, tellement qu'il n'y 
a que redire, en fiance de laquelle chose que nous 
feriez bientost declairer de l'argent, ce que cuidions 
bien que deussez faire plustost, nous avons emprunté 
en ceste ville à la bancque la somme de quatre mil 
frans, et est ja presque passé le terme que les devons 
paier. Et pour ce gardez, si jamès vous avez vouloir 
de nous faire service et plaisir, que vous le faictes à 
ceste heure, et que nous envoiez incontinent par messire 

1. Le dauphin était déjà venu à Bruges avec le duc de Bour- 
gogne au mois d'avril 1457 (Mémoires de /. du CUreq, p. 101). 
C'est de Bruges qu'il nomma, le 24 janvier 1458, Jean, bâtard 
d'Armagnac, gouverneur du Dauphiné. (Duclos, Preuves, p. 160.) 



LOUIS DAUPHIN. 101 

Charles Âstars, qui est par delà lectres de change 

pour nous faire délivrer en cestedicte ville la plus 
grant somme que possible vous sera, queque soit ladicte 
somme de im"' firans pour le moins, car autrement 
vous nous feriez recevoir la plus grant honte que nous 
eusmes oncques et avec ce dommage dont serions trop 
desplaisans, mesmement veu le pays où nous sommes, 
et aussy vous savez que que fault aux marchans, ilz ne 
veullent plus rien [prester] . Si faictes en cecy telle et 
si bonne diligence que aions cause de vous en louer et 
estre contens de vous, et que nous aions celle sonune 
pour le moins decy à la Chandeleur, car à plus grant 
besoing ne nous povez secourir. Nostre amé et féal, 
nostre Seigneur soit garde de vous. Escript 

LXXVI. 

» 

AU CHANCELIER ET AUX GENS DU CONSEIL DU ROI 

DE FRANCE. 

Braxelles, 2 juin 1458. 

Annonce dé renvoi d'une lettre à son père et prière de s'occuper 
de ses affaires. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2811, n* 43.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Très chiers et très amez, par nostre très chier et 
amé cousin le seigneur de Gymay^ le seigneur de Mon- 
tigny^, le président de Luxembourg^ et Thoison d'or, 
lesquelz nostre très chier et très amé oncle de Bour- 

1. Jean de Groy. (Cf. lettre du 22 décembre 1456.) 

2. Simon de Lalaing. 

3. Jean Lorfèvre, maître des requêtes de Thôtel du duc de 
Bourgogne. 



\0% LETTRES DE LOOS XI. 

goigne envoyé par devers Monseigneur^, avons escript 
à mondit seigneur unes lectres, ainsi que penczons que 
serez bien informez, en nous reconunandant très hum- 
blement à sa bonne grâce et lui suppliant très humble- 
ment qu'il lui plaise de sadicte grâce nous avoir tous- 
jours en icelle et avoir nous et noz povres afferes 
ensemble pour recommandez. Si vous prions, très 
chiers et très amez, que ainsi que tousjours avons eu 
et avons bonne confiance en vous, vueilliez avoir nous 
et nosdictes afferes, qui sont tehc de présent que povez 
savoir, pour especialment recommandez envers mon- 
dit seigneur. Et s'il est aucune chose que nous puis- 
sons fere pour vous pour le présent ou pour l'avenir, 
nous la ferons à nostre povair de très bon cueur, 
priant nostre Seigneur, très chiers et très amez, qu'il 
vous ait en sa saincte garde. Escript à Brucelles le 
n^ jour de juing. 

LOYS. 

Bourré. 

 noz très chiers et très amez les chancellier et 
autres gens du grant conseil de Monseigneur. 

Au dos : Beceu de monseigneur le daulphin le 
XV* jour d'aoust m ccgc Lvm. 



1. Cf. lettre du duc de Bourgogne écrite, le 2 juin 1458, à 
Gharies YII, pour l'informer de renvoi de ses ambassadeurs. 
(Orig. Bibl. nat., Du Puy, 762, fol. 144.) 



LOUIS DAUPHIN. 103 



LXXVII. 



AU DUC DE MILAN. 

Genappe, 18 juillet 1459. 

Ilemerciements de sa solUcitade pour la délivrance d'un de ses 
sujets, nommé Pelouz. — (Orig. Arch. de Milan.) 

Ludovicus, Dei gracia régis Franoorum primogeni- 
tus, Dalphinus YiennensiSy iilustrissimo priocipi et 
exœUentissimo^ avunculoque honorandissimo duci 
Mediolanensi, etc. Yestras gratissimas accepimus litr 
teras datas Mediolani die quarta aprilis novissime lapsi 
continentes soliidtudinem quam nostri contemplacione 
vestra gessit dominacio pro liberacione subditi nostri 
Pillosi, quod ad magnam habemus gratiam, quoniam 
vestra in hoc se exhibait non fallax amicitia, preser- 
tim cum non ignoretis nos exules fore çt non paucis 
adversitatibusdepressos. Quamobrem nos plusobnoxios 
dominadoni vestre arbitramur quam si nobis arridente 
felidtate majora fecissetis, et ad vicem rependendam 
in similibus et majoribus nos paratissimos inveniet 
dominado vestra, quam Âltissimus conservare digne- 
tur féliciter et longeve. Datum Genepie in Brebancia 

XVm jullii MGGGGLIX. 

LOYS. 

Bourré. 

Iilustrissimo principi et excellentissimo avunculoque 
honorandissimo Dud Mediolanensi, etc. 



104 LETTRES DE LOUIS XI. 

Lxxvni. 

AU ROI DE FRAIfGE. 

Notre-Dame de Hal, 27 juillet 1459. 

Annonce de la naissance d'un fils. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 15537, 
fol. 2. — Publ. incorrectement par Duclos, Preuves, p. 178.) 

Mon très redoublé seigneur, je me recommande à 
vostre bonne graoe tant et si très humblement comme 
plus faire puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubtè 
seigneur, qu'il a pieu à nostre benoist Créateur et à la 
glorieuse Vierge sa mère délivrer ce jourduy au matin 
ma femme d'un beau filz^, dont je loue mondit benoist 
Créateur, et le remercie très humblement de ce que 
par sa clémence il lui a pieu si benignement me visiter 
et donner vraye cognoissance de ses infinies grâces et 
bontez, lesquelles choses, mon très redoubtè seigneur, 
je vous signifie en toute humilité, affin de tousjours 
vous donner à cognoistre mes nouvelles, et mesme- 
ment quant elles sont bonnes et joyeuses, comme rai- 
son est et tenu y suy. Mon très redoubtè seigneur, plaise 
vous ades me mander et commander touz voz bons 
plaisirs, pour y obéir à mon povair de très humble 
vouloir^ à l'ayde du benoist Saint Esperit, qui, mon 
très redoubtè seigneur, vous ait en sa sainte et digne 

1. Ce fils fut nommé Joachim. Il fut baptisé le 5 août suivant 
et eut pour parrains le duc de Bourgogne et le seigneur de Groy, 
et pour marraine la dame de Havestain, femme d'Adolphe de 
Glèves. Il mourut le 29 novembre de la même année. (Mémoires 
de J. du Clercq, p. 132 et 136.) 

2. Charles Vil répondit à son fils, le 7 août 1459, une lettre de 
félicitations. (Copie. Bibl. nat., Du Puy, 762, foi. 4.) 



LOUIS DAUPHm. 105 

garde, doint bonne vie et longue, avec l'entier aoom- 
plissement de voz très haulx et très nobles désirs. 
Escript à Nostre Dame de Hal le xvu* jour de juillet. 
Vostre très humble et très obbeissant filz. 

LOYS. 

 mon très redoublé seigneur. 

Au dos : Lectres de monseigneur le daulphin receuez 
le v^ jour d'aoust mil nn'^ lix. 

LXXIX. 

A SON FRÈRE LE DUC DE BBRRY. 

Notre-Dame de Hal, 27 juillet 1459. 

Annonce de la naissance d'an fils. — (Orig. Bibl. nat., 

Pr. 2811, n- 45.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Très cher et très amè frère, pour ce que nous desi- 
rons bien vous conununiquer de noz bonnes nouvelles, 
nous vous signifiions que ce jourdui au matin nostre 
très chiere et très amée compaigne s'est acouchèe et 
délivrée d'un beau filz, dont, comme raison est, nous 
sommes tant joyeulx que plus ne pourrions, et en 
rendons grâces à nostre benoist Créateur et à sa glo- 
rieuse mère, ausquelz , très chier et très amè frère, 
nous prions qu'ilz vous aient en sa saincte garde. 
Escript à Nostre Dame de Hal le xxvif jour de juillet^ . 

LOYS. 

Bourré. 

1. La minute de cette lettre est conservée dans .les papiers de 
Bourré (Bibl. nat., Pr. 20491, fol. 94). 



106 LEITRBS DB LOUIS XI. 

 nortre très chier et très amé frère le duc de 
Berry*. 

LXXX. 

A l'ÉVÉQUE DB PARIS. 

» 

Notre-Dame de Hal, 27 juillet 1459. 

Annonce de la naissance d'nn fils et prière de fiiire rendre grAces 
à Dieu de cet heureux événement dans le diocèse de Paris. — 
(Orig. Bibl. nat., Fr. 2811, n* 46.) 

De par le daulphia de Yiennoys. 

Révérend père en Dieu, très diier et bien amè, 
quant aucunes bonnes et joyeuses nouvelles nous sur- 
viennent, dont raisonnablement doyons estre resjouys 
et consolez, nous desirons bien que en soyez adverty, 
afiîn que semblablement vous puissiez prindre et avoir 
resjouyssance ; et pour ce, révérend père, très chier et 
bien amè, nous vous signiffions qu'il a pieu à nostre 
benoist Créateur et sa glorieuse mère délivrer ce jour 
duy nostre très chiere et très amée compaigne d'un 
beau filz, dont, comme raison est, avons esté tant 
joyeux que plus ne pourions, et en rendons grâces à 
nostre benoist Créateur et à sa glorieuse mère. Et 
remercyons nostredit benoist Créateur de ce que 
si benignement lui a pieu nous visiter et de plus en 
plus donner vraye congnoissance de ses infinies grâces 
et bontez. Et vous prions, révérend père en Dieu, 
très chier et bien amè, bien chierement que de vostre 
part vous vueillez semblablement disposer à en rendre 

1. Charles de France, duc de Berry, puis duc de Guyenne, né 
le 28 décembre 1446, mort en mai 1472. 



LOUIS DAUPHIN. 107 

et fere par vostre diocèse rendre grâces à Dieu et à sa 
benoiste mère et à tous les glorieux sains et saintes 
de paradis, ainsi et par la manière qu'il est de bonne 
coustume en tel cas. Révérend père en Dieu, très chier 
et bien amé, nostre Seigneur soit garde de vous. Es- 
cript à Nostre Dame de Hal le xxvn^ jour de juillet^. 

LOYS. 

Bourré. 

À révérend père en Dieu et nostre très chier et 
bien amé Tevesque de Paris ^. 

LXXXI. 

A LA VILLE DE PARIS. 

Notre-Dame de Hal, 27 juillet 1459. 

Annonce de la naissance d'an fils et prière de faire les réjouis- 
sances usitées en pareil cas. — (Orig. Bibl. nat., mss. Legrand, 
Pr. 6963, n« 38.) 

De par le daulphin de Viennois. 

Très chiers et bien amez, quant aucunes bonnes et 
joieuses nouvelles nous surviennent, dont raisonnable- 
ment nous doions estre resjois et consolez, nous dési- 
rons bien que en soiez advertiz, afin que semblable- 
ment en puissez prendre et avoir resjoissement ; et 
pour ce, très chiers et bien amez, nous vous signiflSons 
que il a pieu à nostre benoit Créateur et sa glorieuse 

1. La minute de cette lettre est conservée dans les papiers de 
Bourré (Bibl. nat, Fr. 20491, fol. 8). 

2. Guillaume Ghartier, évoque de Paris du 4 décembre 1447 au 
1» mars 1472. 



108 LETTRES DE LOUIS XI. 

mère délivrer ce jourdui nostre très chiere et très 
amée compaigne d'ua beau filz, dont, comme raison 
est 9 avons esté tant joieux que plus ne pourrions, et 
en rendons grâces à nostre benoit Créateur et à sa 
glorieuse mère, et remercions nostredit benoit Créa- 
teur de ce que si benignement il lui a pieu nous visi- 
ter et de plus en plus donner vraie congnoissance de 
ses infinies grâces et boutez. Et vous prions, très 
chiers et bien amez, bien chierement que de vostre 
part vous vueillez semblablement disposer à en rendre 
et faire rendre grâces à Dieu, à sa benoite mère et à 
tous les glorieux sains et saintes de paradis , ainsi et 
par la manière qu'il est acoustumé en tel cas^. Très 
chiers et bien amez, le benoit saint Esperit vous ait 
en sa sainte garde. Escript à Nostre Dame de Hal le 
xxvn* jour de juillet*. 

LOYS. 

1. La même lettre fat envoyée au Parlement de Paris. (Orig. 
Bibl. nat., Da Puy, 762, fol. 58.) Le 4 août 1459, les gens du 
Parlement et des Comptes, les vicaires de Tévôque de Paris et 
les prévôt des marchands et échevins de Paris renvoyèrent la 
lettre du dauphin au roi en lui demandant s'ils devaient obtem- 
pérer à la requête du prince. (Duclos, Preuves, p. 183.) — Cf. dans 
les Pièces justificatives une lettre écrite, le 9 août 1459, par les 
bourgeois de Bourges à Charles YII. 

2. Une lettre identique fut adressée par le dauphin aux boui^;eois 
de Lyon. (Arch. de Lyon, AA 23, n« 4.) Ceux-ci la reçurent le 
13 août et, après en avoir pris lecture, « se transportèrent iceulx 
conseiiliers à l'esglise de Saint Jehan, et illec aux personnes de 
messire Jehan d'Amanzé, vicayre de Mons' de Lion, et de messire 
Anthoine d'Ars, prevost de ladicte esglise, intimèrent et signif- 
fierent lesdictes nouvelles, lesqueulx avec lesdiz conseiiliers con- 
cloyrent faire sonner cloches par les esglises de ladicte ville, en 
signe de liesse, et à l'endemain faire procession, tant pour les- 
dictes joyeuses nouvelles que pour la indisposicion du temps... » 
(Arch. de Lyon, BB 8, fol. 113.) 



LOUIS DAUPHIN. 109 

A noz très chiers et bien amez les prevost des mar- 
chans, eschevios, bourgois, manans et habitans de la 
ville et cité de Paris. 

Au dos : Lecires escriptes par monseigneur le daul- 
phin pour notiffier et faire savoir la naissance d'un beau 
filz que madame la daulphine a eu. — R. XI. 

LXXXII. 

AU PAPE PIE n. 

Genappe, 5 août 1459. 

Prière d'accorder à son chapelain, Bertrand de Forcade, les dis- 
penses nécessaires pour qu'il puisse tenir en Espagne et en Gas- 
cogne des bénéfices incompatibles avec la règle de Tordre des 
Prémontrés auquel il appartient. — (Minute, fiibl. nat., Fr. 20489, 
fol. 15.) 

Très Saint Père, humble et deue recommandacion 
précédant, plaise savoir à vostre Sainteté que pour ce 
que je désire très affectueusement le bien et avance- 
ment en saincte Eglise de mon bien amè chapelain 
frère Bertrand de Forcade, prieur de Monestier de grâce 
Dieu, autrement saint Jehan de la Gastelle^, je suplie 
à vostredicte Sainteté tant que je puis, qu'il lui plaise 
dispenoer mondit chapelain, à ce qu'il puisse tenir 
beneffioes incompatibles en l'ordre de Premonstrè, 
dont il est, c'est assavoir es provinces d'Espaigne et 
de Gascongne, et l'avoir en tous ses autres affaires et 
besongnes pour especialment recommandé, tellement 

1. La Gastelle, abbaye de Tordre de Prémontré fondée vers 1073 
sur TAdour, sous Tinvocation de saint Jean. Elle s'appelait aussi 
abbaye de la Grâce-Dieu. (Gallia Christiana, 1. 1, coi. 1182.) 



IIS LETTRES DE LOOS XI. 

dudit ordre, pendant lequel temps sondit abbé dudit 
saint de la Gastelle, pour ce que on lui donna entendre 
nostredit chapelain estre mort, donna sondit prieuré 
et autres prébendes, qu'il tenoit es esglises de Per- 
rance et dudit saint Jehan, à autres religieux, ne n'en 
a depuis peu avoir raison, ainsi qu'il dit en nous 
requérant que vous veillons escripre en sa faveur. Et 
pour ce que nous avons son fait en singulière et espe- 
ciale recommandation, nous vous prions tant chiere- 
ment que nous povons que vous le veillez restituer et 
mectre en possession de sondit office et prieuré 
dessusdit, ensemble de toutes autres choses qu'il pos- 
sedoit par avant que vostredit prédécesseur le corn- 
meist adce que dit est, et oultre le commectre à la 
visite de la province de Gascongne, si c'est chose que 
bonnement vous puissiez faire, aussi vous prions que 
veillez escripre à nostre Saint Père et au procureur de 
l'ordre en court de Ronune en faveur de nostredit 
chapelain et l'avoir en tous ses autres affaires pour 
especialment recommandé, tellement qu'il puisse 
cognoistre ceste nostre requeste et prière lui avoir 
valu, et vous nous ferez plaisir très agréable. Révé- 
rend Père en Dieu, très chier et bien amé, nostre 
Seigneur soit garde de vous. Escript à Genepe le 
V* jour d'aoust. 

A Révérend Père en Dieu et nostre très chieip et 
bien amè l'abbè de Premonstrè * . 



1. Simon de la Terrière, dit de Péronne, qui fut abbé de Pré- 
montrô de 1458 à 1470. 



LOUIS DAUPHm. 113 

LXXXV. 

A l'abbé de SAINTnJEAN DE LA GASTELLE. 

€renappe, 5 août 1459. 

Prière de restituer à son chapelain Bertrand de Forcade le prieuré 
et les prébendes qu'il possédait autrefois. — (Minute. Bibl. nat., 
Fr. 20489, fol. 15 V.) 

Le daulphin de Viennois. 

Révérend Père en Dieu, très chier et bien amé, vous 
savez comme par le commandement et par vertu des 
lectres de concession de l'abbé de Premonstré, darre- 
nier trespassé, nostre bien amé chapelain fi*ere Jehan 
de Forcade, prieur de Saint Jehan de la Gastelle, a 
esté par l'espace de ix ou x ans es royaumes d'Es- 
paigne pour visiter et reformer l'ordre, pendant lequel 
temps vostre prédécesseur, darrenier abbé de vostre 
abbaye, pour ce que on lui donna entendre nostredit 
chapelain estre mort, donna sondit prieuré et autres 
ses prébendes à autres religieux de son ordre, sans ce 
que depuis il en ait peu avoir raison, ainsi qu'il dit ; 
et nous a suplié vous en escripre ; et pour ce que nous 
avons son fait en singulière et especiale reconunanda- 
tion, nous vous prions tant chierement que nous 
povons, que s'ainsi est, vous le veillez restituer en pos- 
session de sesdiz prieuré et prébendes et l'avoir, pour 
l'amour de nous, en tous ses autres affaires pour 
especialment recommandé, tellement qu'il puisse 
çognoistre ceste nostre prière et requeste lui avoir 
prouflSté, et vous nous ferez plaisir très agréable. 
Révérend Père en Dieu, très chier et bien amé, nostre 
I 8 



111 LETTRES DE LOUIS XI. 

Seigneur soit garde de vous. Escript à Genneppe le 
V* d'aoust. 

À Révérend Père en Dieu et nostre très chier et bien 
amé Tabbé de Saint Jehan de la Gastelle ^ . 



LXXXVI. 

A UN CARDINAL. 

Genappe, août 1459. 

Demande de la commanderie de Flandre pour Benoît de Mont* 
ferrand. — (Minute. Blbl. nat., Fr. 20491, fol. 33.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

À Révérend Père en Dieu , très chier et bien amè , 
nous rescripvons derechief à nostre très saint Père le 
Pape touchant la commanderie de Flandres pour et 
en faveur de nostre très chier et bien amé serviteur 
frère Benoist de Montferrant', pour lequel nostre bel 
oncle de Bourgongne en escript et tient la main à toute 
instance, ainsi que par ses lectres pourrez plus à plain 
veoir ; et pour ce que nous avons très à cueur le bien 
et avancement dudit frère Benoist, et que aussi il nous 
feroit trop de mal que ceulx pour qui tient la main 
le cardinal d'Avignon^, qui en toutes choses et mes- 
mement en ceste cy se monstre si fort nostre ennemy, 



i. Bernardus de Molendino, abbé de 1448 à 1459. 

2. Benoît de Montferrand, fils du seigneur de Montferrand en 
Bugey. V. les lettres du 24 juin 1460. 

3. Alain de Goêtivy, frère de Tamiral de Charles VII. 



LOUIS DAUPHOf. 115 

eussent ladicte commanderie , nous vous prions très 
acertes que , en ensuivant ce que nostredit bel oncle 
en escript, vous vueillez tenir la main par tout où il 
fault, tellement que ledit frère Benoist obtiengne icelle 
commanderie, sans faire aucune pension à l'esleu de 
Saint Ânthoine^y et avec ce, si d'aventure icellui esleu 
ne vouloit accepter l'abbaye dudit Saint Ànthoine et 
qu'il la resignast, que en ce cas vous tenez semblable- 
ment la main que nostredit Saint Père la donne à 
icellui frère Benoist , car il est honmie qui nous est 
très agréable^. Au surplus si vous oyez riens touchant 
nostre arcevesque de Vienne', nous vous prions que 
ainsi que avez tousjours deffendu sa querelle que le 
vueillez encores de mielx en miehc faire et nous en 
advertir, afïin d'y pourveoir selon ce que nous escrip- 
vez. D'autre part nous avons sceu que le frère de Pierre 
d'Acigné^, pour lequel nous avions escript, a appoinctè 
avec ledit cardinal d'Avignon , sans vous en parler ; 
de quoy nous ne sommes pas contens, mais tenez vous 
sceur que une autrefiPoiz . . . car nous n'escripvons point 
sans savoir bien comment. Révérend Père en Dieu, 
très chier et bien amè, nostre Seigneur soit garde de 
vous. Escript à Geneppe le ... jour d'aoust. 



i. Antoine de Brion, élu abbé de Saint- Antoine de Viennois 
en remplacement de son frère Humbert, mort le 7 mai 1459. 

2. Le pape Pie II , cédant aux désirs du dauphin , nomma 
Benoit de Montferrand abbé de Saint- Antoine; mais ce ne fut 
qu'après de longues négociations que celui-ci fut reconnu pour 
abbé. (Gf. lettres du dauphin du 24 juin 1460.) 

3. Gf. la lettre n» LXXXIX. 

. 4. Pierre d'Acigné, valet tranchant du roi et sénéchal de Péri- 
gord en 1463. (Bibl. nat., Pièces orig., 7.) 



116 LETTRES DE LOUIS XI. 



Lxxxvn. 



AU ROI DE FRAIfCE. 



Genappe, 13 décembre 1459. 

Confirmation de la seconde grossesse de sa fenmie. — (Bibl. nat. 
Ms8. Legrand, Pr. 6960, p. 239. — - Publ. par Dndos, Preuves, 
p. 176.) 

Mon très redoublé seigneur, je me reconunande à 
vostre bonne grâce, tant et si très humblement comme 
je puis. Et vous plaise sçavoir, mon très redoubté sei- 
gneur, que j'ay receu les lettres qu'il vous a pieu 
m'escripre, responsives à celles que vous avoieescriptes 
par Charles de Bigny^ touchant la grossesse de ma 
femme, dont je vous mercie très humblement ; et pour 
ce que je vous avois escript que quant la chose seroit 
plus apparente et qu'on en pourroit juger plus seure- 
ment , je le vous ferois sçavoir , -je vous signifie, mon 
très redoubté seigneur, comme raison est, que, la 
merci Dieu, par ce qu'on en peut cognoistre, la chose 
est seure ; car elle a ja senti par plusieurs fois bouger 
son enfant, de quoy je sçay que serès bien joyeux. 
Mon très redoubté seigneur, vous plaise m'avoir et 
tenir tousjours en vostre bonne grâce, et me mander 
et commander voz bons plaisirs pour les faire et accom- 
plir à mon povoir, priant le benoist fils de Dieu, mon 
très redoubté seigneur, qu'il vous ait en sa saincte 



1. Charles de Bigny, échanson du dauphin, resta en cette qua- 
lité auprès de Louis XI. (Bibl. nat., Pièces originales, 345.) 



LOUIS DAUPHIN. 117 

garde et vous doint très bonoe vie et longue. Escript 
à Genepe le xm* jour de deœmbre ^ . 

Yostre très humble et très obéissant filz. 

LOYS. 

A mon très redoubtè seigneur. 

Lxxxvm. 

A SA SOEUR LA DUCHESSE DE SAVOIE. 

(Décembre 1459 ?) 

Lettre de créance en faveur de son échanson Charles de Bigny. 
— (Minute. Bibl. nat., Fr. 20491, fol. 94 v.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Très chiere et très amèe seur^, nous avons chargé 
à Charles de Bigny, nostre eschançon, vous voir et 
nous faire raporter de vostre estât, si nous en veillez 
faire savoir par lui, lequel aussi vous dira du nostre et 
de cely de nostre très chiere et très amèe compaigne, 
priant à Dieu, très chiere et très amèe seur, qu'il vous 
ait en sa saincte garde. Escript, etc. 



1. Legrand et Duclos ont daté cette lettre de 1458, la rapportant 
à la première grossesse de la dauphine, mais M. de Beaucourt a 
fait justement remarquer dans son étude sur le Caractère de 
Charles VII (p. 272) qu'il aurait fallu, dans ce cas, que l'enfant 
eût remué à six semaines ! Il a donc reporté cette lettre à Tannée 
1459, époque où la dauphine était grosse pour la seconde fois. 
(Cf. note de la lettre Cm.) 

2. Yolande de France, née le 23 septembre 1434, mariée en 1452 
au duc de Savoie Amédée IX, morte le 29 août 1478. 



^ 



118 LETTRES DE L0UI8 XI. 



LXXXIX. 



A l'archevêque de VIENNE ^ 

(Genappe, 1459 on 1460.) 

Prière de remercier de sa part les religieux de Saint-Antoine de 
Viennois pour le bon vouloir qu'ils ont montré à Benoit de 
Montferrand. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20484, fol. 5.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Nostre révérend père en Dieu et nostre amé et féal, 
Dous escripvoDS derechief aux religieux et couvent de 
Tabbaye de nostre Seigneur Sainct Anthoine en faveur 
de nostre très chier et bien amé frère Benoist de 
Montferrant, commandeur de Horges, affîn que si 
Tesleu remectoit l'eslection es-mains desdiz prieur 
et couvent, qu'ils voulsissent eslire pour l'amour de 
nous ledit frère Benoist de Montferrant^. Ils nous ont 
fait responce aux premières lectres, que leur avons 
escriptes touchant ceste matière, que s'il le cas adve- 

1. Antoine de Poisieu, frère d*Aimar de Poisieu, dit Gapdorat, 
abbé de Saint-Pierre de Vienne, fut élu, le 22 janvier 1454, arche* 
véque de Vienne, grâce à l'influence du dauphin. Plein de recon- 
naissance pour son protecteur, le nouveau prélat ratifia, le 
23 février 1454, le traité du 31 octobre 1449 par lequel Tarchevôque 
Jean de Poitiers avait cédé au dauphin la moitié de la juridiction 
de la ville et du comté de Vienne. De son c6té le dauphin, par 
ses lettres du 20 mars 1454, fit don à Antoine de Poisieu des 
terres de Revel, d'Azieu et de Gênas. En 1473 celui-ci se démit 
de son archevêché en faveur de son neveu Guy et se retira dans 
Tabbaye de Saint-Pierre, où il mourut le 28 octobre 1495. — (Cf. 
Qallia Christiana^ t. XVI, col. 116, qui donne, par erreur, la date 
de 1453, et Cartulaire de Fontanieu, Bibl. nat., Lat. 10963.) 

2. Cf. lettres du dauphin du 24 juin 1460. 



LOUIS DAUPHIN. 119 

noit qu'ilz feroiot pour l'hoimeur et contemplacion de 
nous ce que leur sera possible, nous voulons que vous 
les en remerciez de par nous et que vous leur présentiez 
les lectres que présentement leur escripvons. Si le vei- 
lez ainsi faire et leur dire que s'ilz nous complaisent 
en cecy, et nous pouvons jamès rien faire pour eulx, 
que ilz se tiennent soeur que nous le ferons de très 
bon ceur et que nous ne leur fauldrons jamès. Très 
révérend père en Dieu et nostre amé et féal , nostre 
Seigneur [soit garde de vous] . 



XC. 



AU ROI DE FRANGE. 

Bruxelles, 29 janvier 1460. 

Accusé de réception des lettres qu'il lui a envoyées par Tévêque 
de Coutances et par ses autres ambassadeurs et protestations de 
dévouement. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2811, n» 47. — Publ. par 
Dudos, Preuves, p. 215.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à 
vostre bonne grâce tant et si très humblement comme je 
puis, et vous plaise savoir, mon (rès redoubté seigneur, 
que par Tevesque de Goustances ^ et voz autres ambas- 
sadeurs, j'ay receu les lectres, lesquelles de vostre 
grâce il vous a pieu m'escripre, et oy la créance qu'ilz 
m'ont dicte de par vous^, dont et de la bonne souve- 

1. Richard-Olivier de Longueil, né en 1410, évoque de Cou- 
tances du 28 septembre 1452 au 18 août 1470, cardinal en 1456, 
premier président de la Cour des comptes, mort à Pérouse le 
15 août 1470. 

2. Le discours tenu par Tévéque de Coutances au dauphin se 
trouve à la Bibliothèque nationale (Fr. 15537, fol. 167). C'est Jean 
JoufiEroy, évoque d'Arras, qui répondit au nom du dauphin. 



\%0 LETTRES DE LOUIS XI. 

nanœ qu'il vous plaist avoir de moy, vous mercie tant 
et si très humblement comme je puis, et pour tousjours, 
mon très redoubtè seigneur, faire à mon povair chose 
qui vous soit agréable , je leur ay dit aucunes choses 
pour les vous raporter , vous supliant très humblement, 
mon très redoubtè seigneur, que vous plaise les croyre 
et moy avoir tousjours en vostre bonne grâce, qui est 
la chose en ce monde que plus je désire, et me mander 
et commander voz bons plaisirs pour iceulx faire et 
acomplir à mon povair, en priant le benoist filz de 
Dieu, mon très redoubtè seigneur, qu'il vous doint 
très bonne vie et longue. Escript à Brucelles le 
XXIX* jour de janvier * . 
Yostre très humble et très obbeissant filz. 

LOYS. 

 mon très redoubtè seigneur. 

Au dos : Receu le im* de mars gggglix à Ghinon. 



XCI. 



AU DUC DE MILAN. 

^ Genappe, 3 juin 1460. 

Confirmation des pleins pouvoirs donnés à Jacques de Yalpergue 
et à Gaston du Lyon pour traiter avec lui et prière de s'opposer 
aux entreprises du duc de Savoie sur les terres du dit Jacques 
de Yalpergue. — (Orig. Archives de Milan.) 

Illustrissime principi avunculo nostro, quamnimium 

1. Ce même jour le duc de Bourgogne écrivit à Charles VU 
qu'il avait tâché de satisfaire l'évéque de Cou tances sur tous les 
points de sa commission. Cette lettre parvint au roi, avec celle du 
dauphin, à Chinon le 4 mars suivant. (Bibl. nat., Mss. Legrand, 
Fr. 6967, p. 152.) 



LOUIS DAUPHIN. ISI 

honorando^ 

Ludovicus, régis Francorum primogenitus, Dalphinus 

Yiennensis, salutem 

Illustrissime prinœps et avuncule honorande, ut per 

alias licteras nostras 

nostrum Baudichonum Meurini^ portatus videre 

cum declaratus fiiit de vestra ingenti 

ei^a nos affectione singulari 

spectabilibus bene dilectis nostris oonsiliariis ac cam- 

bellano domino Jacobo' Yalpergie 

comicti Mazini ac primo sindenti nostro scutiffero 
GuastoDo du Lyon^, ut statim habitis licteris nostris, 
personaliter ad vos se transferre haberent cum plena- 
ria potestate vobiscum negociandi, tractandi et con- 
cludendi que inter vos et nos per supradictum Guas- 
tonem tractata fuere. Sed quia michi heri nunciatum 
fuit iUustrissimum principem ducem Sabaudie insulta 
ac incendia vastaque magna in terris ac villis supra- 
dicti domini Jacobi per suos atulisse, dubitavimus 
dubitamusque ne ipse dominus Jacobus ob bas inno- 
vaciones ad vos accedere présumât ac castra sua relin- 
quere, unde statim scripsimus Guastono ut absque 
mora ad vos se transférât^. Gui, in hiis que nostri 
parte vobis dicet, placeat fidem plenam uti persone 

1. La pièce est en mauvais état et les points remplacent les 
mots illisibles. 

2. Baude Meurin, secrétaire du dauphin (Bibl. nat., Mss. Legrand, 
Fr. 6966, n* 163). 

3. Jacques de Valpergue, chambellan du dauphin. 

4. V. la notice sur ce personnage à la fin du volume. 

5. Un traité fut conclu le 6 octobre suivant entre le dauphin et 
le duc de Milan pour sauvegarder les droits de Jacques de Val- 
pergue. — V. Pièces justificatives. 



ISS LETTIUS8 DE LOUIS XI. 

nostre adhibere vobis , iterum promictentes quod ea 
que per ipsum nostri parte agitata fuerint, rata et 
grata habebimus, Vosque affectuose roguamus ut si 
unquam quidquam facere pro uobis desideratis favores, 
subcidia vobis possibilia , huic tam caro servitori et 
amico nostro domino Jacobo dare placeat, quia quid- 
quit ipsi feceritis uobis fecisse reputabimus. Guastonus 
nos per licteras suas avisavit de magnis honoribus sibi 
per vos impensis, de quibus quantum possumus vobis 
regraciamur, offerentes personam et bona nostra ad 
quecunque vobis grata paratissima. Ex Geneppa in 
Brabancia die m* mensis junii^. 

LOYS. 

Bourré. 

niustrissimo principi avunculo nostro multum hono- 
rando domino Francisco, Mediolani duci. 

Au bas : Receptum Mediolani die raartis primo 
juUi 1460. 

xai. 

A L* ABBAYE DE SAINT-ANTOINE DE VIENNOIS. 

Genappe, 24 juin 1460. 

Remercîments d'avoir demandé et accepté pour abbé Benoît de 
Montferrand, nommé par le pape. — (Copie. Mss. Legrand, 
Bibl. nat., Fr. 6967, fol. 139.) 

De par le dauiphin de Yiennoys. 
Très chers et bien amez, nous avons bien leu com- 



i. V. aux Pièces justificatives la réponse du duc de Milan, 
adressée le 27 août 1460. 



d 



LOUIS DAUPHIN. 1SI3 

ment ave^ envoyé devers nostre sainct Père le Pape 
et escript et tenu la main pour Tamour de nous ad ce 
que firere Benoist de Hontferrant^ fust pourveu de 
vostre aUyàye, laquelle chose mondit saint Père a faict. 
Aussi aVons présentement sceu par nostre amé et féal 
oonseillier l'archevesque de Vienne et par le frère dudit 
abbé commettant à prendre la possession, vous avez 
obey, baillé les clefz de ladicte abbaye et fait tout ce 
que estoit en vous et possible vous estoit de faire, dont 

nous grandement tant à vous et vous en 

mercions tant que faire le povons, vous priant que 
tousjours à iceluy frère Benoist de Montferrant, vostre 
abbé , veuillez donner tout le conseil , port , faveur et 
ayde que vous pourrez. Et tenez vous seur que s'il 
est aucune chose que nous puissions faire pour vous 
tant en gênerai que en particulier, que en leur signif- 
fiant, nous la ferons de si bon cœur que vous cognois- 
trés . . . que nous avez faict plaisir. Très chers et bien 
amez, nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à 
Geneppe le xxim^ jour de juing. 

A noz très chers et bien amez les prieur, religieux 
et gouverneur de l'abbaye Monseigneur Saint Anthoine 
en nostre pays du Daulphiné. 

xcin. 

AUX PRINCIPAUX MAGISTRATS DU PARLEMENT ET DE LA 
JUSTICE ORDINAIRE DU DAUPHINÉ. 

. Genappe, 24 juin 1460. 
Prière de mettre Benoit de Montferrand en possession de Fabbaye 

1. Cf. lettres n~ LXXXVUI et LXXXIX. 



124 LETTRES DE LOUIS XI. 

de Saint-Antoine de Viennois. — (Ck)pie. Mss. Legrand, Bibl. 
nat., Fr. 6967, fol. 139.) 

De par le daalphin de Viennois. 
Lieutenant, président et autres gens tenans et gou- 
vernans pour le présent le Parlement et la justice en 
nostre pais de Daulphiné, il est vray que nostre sainct 
Père le Pape a nagueres pourveu de l'abbaye de Mon- 
seigneur Sainct Ânthoine en nostredit pays à mon très 
cher et bien amé frère Benoist de Montferrand, et nous 
a escript iceluy mon sainct Père comme au sieur droio- 
turier dudit pays du Daulphiné que nous le missions 
et fissions mectre en possession de ladicte abbaye tant 
de la temporalité que de la spiritualité, luy donnions 
tout le port, faveur et ayde que nous pourrions, 
laquelle chose en obéissance audit sainct Père, comme 
raison est, ferions voulentiers, se estions en lieu que 
le peussions faire, et le ferons par efifects tant et quantes 
foiz qu'il plaira à Dieu nous en faire la grâce. Toutes- 
voies, en tant que en nous en est et que le povons 
faire pour le présent, vous signifions que nous le fai- 
sons et que à nous ne tien neté^ ne tiendra qu'il ne soit 
paisible abbé de ladicte abbaye, vous exhortans que 
le veillés de vostre part faire et lever la main que avez 
mise en ladicte temporalité d'icelle abbaye en manière 
que ledit frère Benoist en puisse joyr conune il appar^ 
tient et que le sainct service divin n'en soit aucune- 
ment retardé ne empesché, car ce seroit chose dont 
trop nous desplairoit, attendu la singulière devocion 
que avons audit mons*" Sainct Ânthoine, dont voulen- 
tiers vous advertissons affin que, se jugement en 

1. Sic dans la copie, très mal faite. D faut lire : f Ne tient ne ne 
tiendra, i 



LOUIS DAUPHIN. 125 

advenoit, que on ne en puisse riens imputer mes à 
vous quy y avez mis, comme on dit, ladicte main mise 
et empesdiement^. Escript à Geneppe le xxmi^ jour de 
juing. 

Aux gens tenans et gouvemans pour le présent le 
Parlement et la justice de nostre pays du Daulphiné. 

xav. 

AU ROI DE NAVARRE^. 

Genappe, 20 août 1460. 

Accusé de réception des lettres à lui remises par Jean de Mont- 
réal et relatives au voyage du prince de Navarre. — (Minute. 
Bibl. nat., Fr. 20489, fol. 37 V.) 

Le daulphin de Yiennoys. 
Ghier et amé cousin, nous avons receu les lectres 
que par messire Jehan de Montréal , chevalier , nous 
avez escript, et par icelles sceu bien au long le voyage 
et les bonnes nouvelles de nostre beau cousin le prince, 
dont avons esté et sommes tant joyeulx que plus nous 
pourrions, et vous en mercions, car vous ne nous 
poviez escripre chose qui nous fust plus agréable. 
Quant autre conclusion y ara que face à escripre, vous 

i. Charles Vn s'était emparé de la temporalité de Tabbaye de 
Saint-Antoine de Viennois. Le 11 mars 1461, la dauphine Char- 
lotte de Savoie écrivit à son beau-père en faveur de Benoît de 
Montferrand (cf. Pièces justificaiives). Celui-ci fut enfin mis en 
possession de son abbaye, mais il s'attira la haine de ses religieux 
par son caractère violent. Il fut nommé, en 1470, évéque de Cou- 
tances, et fut transféré au siège de Lausanne le 23 juillet 1476. Il 
mourut le 8 mai 1491. (Gallia Christiana, t. XVI, col. 200.) 

2. Jean II, roi de Navarre et d'Aragon, mort en 1479. 



1S6 LETTRES BE LOUIS XI. 

prions que nous en veillez acertener pour nostre con* 
solation, aussi s'aucune chose voulez, que pour vous 
faire puissions, et la ferons de très bon cuer. Ghier et 
amé cousin, nostre Seigneur soit garde de vous, 
Ëscript à Geneppe en Brebant le xx^ jour d'aoust. 

XGV. 

AU PRINCE DE NAVARRE. 

Genappe, 20 août 1460. 

Remerciements des lettres à lui remises par Jean de Montréal et 
nouvelles de sa santé. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20489, fol. 37.) 

Loys, ainsné filz du roy de France, daulphin de 
Yiennoys, à très hault et puissant prince et nostre très 
chier et très amè cousin le prince de Navarre ^ , salut, 
parfaicte amour et entière dilection. Nous avons receu 
les lectres que par messire Jehan de Montréal, cheva- 
lier, vostre conseiller et trésorier, nous avez escriptes, 
et par lui sceu bien au long de Testât et bonne pros- 
périté de vostre personne et de voz bonnes nouvelles, 
desquelles avons esté et sonunes tant joyeulx que plus 
ne pourrions, et prions nostre Seigneur que par sa 
grâce il les veille tous diz continuer et persévérer de 
bien en mieulx, ainsi que pour nous mesines nous le 
vouldrions. Et pour ce que estes desirans, comme nous 
avez escript , de savoir de nostre estât , sachez que à 
la rescription de ces présentes, estions grâces à nostre 
Seigneur en bonne prospérité de nostre personne, 



1. Don Carlos, fils de Jean U, roi de Navarre, né en 1420, mort 
en 1461. 



LOUIS DAUPHIN. 1S7 

ainsi que plus à plain pourrez savoir par vostredit 
b^esorier, laquelle chose, très haut et puissant prince 
et nostre très chier et très amè cousin , vous veille 
ioelui nostre Seigneur tousjours.octroier ensemble le 
surplus de voz désirs. Esoîpt à Geneppe en Brebant 
le xx^ jour d'aoust. 

XCVI. 

A MADEMOISELLE DE VILLEQUIER^. 

Genappe, 30 août (1460 ?). 

Remerciements de ravertissement qu'elle lui a donné et accusé de 
réception d'une lettre du comte de Dammartin contenant des 
renseignements analogues. — (Publ. dans la Chronique Marti- 
nienne, édit. de 1503, fol. 306.) 

Ma damoyselle , j'ay veu les lettres que m'avez 
escriptes. Et vous mercie de Tadvertissement que 
m'avès fait par vozdictes lectres, et soyez seure que 
à Fayde de Dieu et de nostre Dame que une fois je 
vous le rendray. J'ay eu semblablement des lectres 
du conte de Dampmartin^, que je faingtz de hayr, 
qui sont semblables aux vostres. Je vous prie, dictes- 
luy qu'il me serve tousjours bien en la forme et manière 
qu'il m'a tousjours escript par cy devant. Je penseray 



i. Antoinette de Maignelais, maîtresse de Charles VIE, qui la 
maria, en octobre 1450, à André de Yillequier, son favori. (Cf. 
Charles K/7, par M. de Beaucourt, p. 194 et suiv.) 

2. Antoine de Ghabannes, comte de Dammartin, né en 1411, 
mort le 25 décembre 1488, avait été le compagnon du dauphin 
dans la Praguerie, mais s'était ensuite rallié à Charles VU. 
Louis XI, à peine roi, le dépouilla de ses biens et de ses dignités 
et le fit enfermer à la Bastille. 



188 LETTRES DE LOUIB XI. 

sur les matières de quoy il m'a escript et bien tost H 
sçaura de mes nouvelles. Ma damoyselle, gectez ces 
lettres au feu et me faictes sçavoir s'il vous semble 
que je doyve gueres demourer en Testât où je suis. 
Escript à Genappe le trentiesme jour d'aoust^. 

Le vostre 

LOYS. 

» 

XCVII. 

À JEAN ilRNOULFIN. 

Août 1460. 

Prière de lui envoyer du velours. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20855, 

n* 25.) 

Jehan mon amy, je receu vos lectres par les quelles 
m'escryvés que n'avés poynt de vélos playn sy non 

1. La Chronique Martinienne mentionne que cette lettre était de 
la main du dauphin et donne les explications suivantes ; « L'an 
mil quatre cens soixante et ung monseigneur le daulphin qui por- 
toit au conte de Dampmartin une merveilleuse hayne. Et pour 
tascher à effacer Tauctorité que avoit ledit conte envers le roy 
Charles, qui estoit grande, il se advisa d'escrire unes lectres à une 
dame qui avoit gros crédit entour la personne du roy Charles, 
dont je«ne veulx nommer le nom. Laquelle dame aymoit le daul^* 
phin et tenoit son party occultement, et luy faisoit sçavoir des 
nouvelles de court. » Le chroniqueur (fol. 306) raconte ensuite 
que la lettre tomba entre les mains du roi ; celui-ci éloigna alors 
le comte de Dammartin, mais il apprit bientôt que les allégations 
de son fils étaient fausses et il rappela auprès de lui le comte qui 
ne rentra à Mehun-sur-Yèvre que la veille de la mort du roi. — 
Je n'ai pu contrôler ni le texte de la lettre ni la véracité de cette 
mystérieuse histoire ; toutefois la date de 1461 est erronée, car le 
30 août de cette année Louis XI était roi et arrivait aux portes 
de Paris. La lettre ayant été écrite de Genappe, il faut la reporter 
à Tannée 1460 tout au moins. 



LOUIS DAUPHIN. 129 

velous sus velous quy est plus cher. Je Tan aime myeux 
et vous mersye de se que toujours de ryens ne me 
fayUés, et par ma foy, sy Dyeu plest, je vous payré byen 
de tout, vous pryant que le bayllés au sieur de la 
Barde^. Et a Dyeu, Jehan mon amy, quy vous doynt 
joye. Escryt de ma mayn*. 

LOYS. 

A Jehan Ârnolfyn^. 

Au dos: Je Giscart Garnie, serviteur de monseigneur 

le daulfin, ay receu de Jehan Arnoulfin pour délivrer 

de Tordonnance de mondit seigneur à monsieur de la 

Barde une pièce de velu sur velu cramoisy contenant 

XLm aulnes de Bruge, assavoir quarante trois aulnes, 

et tout par vertu de ceste présente lectre, tesmoing 

mon seing manuel cy mis le xn^ jour d'aoust l'an mil 

mi*^ LX. 

Giscart Garnie. 

xcvm. 

AU DUC DE MILAN. 

Genappe, 7 octobre 1460. 

Accusé de réception des lettres à lui remises par Prospero de 
Gamulis et annonce du renvoi de cet ambassadeur avec la 

1. Jean d'Estuer, seigneur de La Barde, écuyer, officier du 
dauphin (mss. Legrand, Bibl. nat., Fr. 6966, fol. 274 v* et 
330 V*), étant, en 1452, sous les ordres du grand sénéchal de 
Normandie, se retira en Dauphiné. Charles Yll le réclama 
inutilement (Escouchy, l, 432). Jean d'Estuer devint plus tard 
conseiller et chambellan de Louis XI, sénéchal de Limousin, 
en 1463, et bailli de Lyon en 1485. (Bibl. nat., Pièces orig., 1088, 
no 3.) 

2. Cette lettre est autographe. 

3. Jean Arnoulfin, chevalier, conseiller du roi sur le fait et 

9 



130 LETTRES DE LOUIS XI. 

réponse. Recommandation en faveur de Jacques de Valpergue. 
— (Orig. Arch. de Milan.) 

Illustrissime princeps et domine avunchule hono- 
rande. Recepimus litteras vestras credentiales per 
nobilem ac famosum oratorem vestrum dominum 
Prosperum Gamulium, qui quidem per vos in bac re 
sibi commissa nobis explicavit. Et cui etiam super bis 
que nobis vestri parte dixit responsum dedimus prout 
reffere poterit dominatîoni vestre. Sed quia super 
onmia honor noster nobis carus est» qui non parum 
minueretur casu quo bonor et bona magnifici domini 
Jacobi , ex comitibus Valpergie , comittisque Maxini , 
ac canberlani et consiiiarii nostri, quem ad defenden- 
dum cepimus non conservarentur, quantum possumus 
vos rogamus ut nostri contemplacione placeat banc 
rem in bonam curam h£d>ere, et non minus pro ipso 
facere quam pro vobis velletis nos facturos. Vos cer- 
tificando quod in presentiarum rem nobis magis gra- 
tam facere non possetis, prout a supradicto domino 
Prospero certior factus esse poteritis, quem rogavimus 
banc rem inter alias apud dominationem vestram valde 
commendare et solicitare. Pro qua sumus ad benepla- 
cita et multum majora parati. Datum Genepe in Bra- 
bantia die vn* octubris ^ . 

LOYS. 

Bourré. 
lUustrissimo principi domino Francisco Sforcia, 
duci Mediolani, etc.» ac domino avunculo bonorandis- 
simo. 

gouvernement de ses finances en 1462 et 1464. (Bibl. nat., Pièces 
orig., 102.) 

1. V. la réponse du duc de Milan écrite le 23 décembre {Pièces 
justificatives) . 



LOUIS DAUPHIN. 131 

En bas : Yenit Prosper Hediolanum die dominica 
primo Dovembris 1460. 



XCIX. 

AU DUC DE MILAN. 

Bruxelles, 12 décembre 1460. 

Accusé de réception de ses lettres du 31 juillet apportées par 
Tristan de Mainmont et envoi de Gaston du Lyon chargé de 
ses instructions. — (Orig. Archives de Milan.) 

Ludovicus, Dei gratia régis Francorum primogenitus, 
Dalphinus Yiennensis, illustrissimo priocipi et excellen- 
tissimo domino avunculoque honorando domino Fran- 
cisco, duci Mediolanensi. Licteris vestris nobis per egre- 
gium militem dominum Tristanum de Mainmonte de 
mense juUii ultimo lapsi exhibitis, tune ad plénum res- 
pondère non volentes prout per eundem militem exel- 
lentissime dominacioni vestre scripsimus, nos in brevi 
responsuros pollicebamur. Quod licet extemplo non 
fecerimus, tamen a nostra non excidit mente. Sed quia 
disposueramus Gastonem de Lyon, presencium exbi- 
bitorem, nobis sincère dillectum, quem ab ineunte 
etate nobiscum aluimus excellencie vestre destinare, 
eo quod ipsum pre ceteris huic noveramus aptum 
negocio, eique nostri pectoris archanum in bac parte 
fîducialius reseramus, et ipse longa febris molestia 
depressus fuit, prout adhuc in iilo vestigia restant 
hactenus distulimus prefatis vestris licteris et credentie 
ipsius de Mainmont responsum dare. Mittimus igitur in 

1. Y. la lettre suivante où le dauphin parle de cet ambassadeur 
du duc de Milan. 



132 LETTRES DE LOUIS XI. 

presenciarum prefatum Gastoniim de Lyon, primum 
scutiferum nostrum scindentem , eidem dominadoni 
vestre, cui in ex nostra parte diœndis firmam fidem 
atque credentiam adhibere veletis, per quem etiam 
queque grata nobis intimare velit illustrissima domi- 
nacio vestra, quam in cunctis prospère dirigat altissi- 
mus custodiatque féliciter et votive. £x Brucellis die 
xn* mensis deoembris. 

LOYS. 

Bourré. 

Illustrissimo principi et excellentissimo domino 
avunculoque honorando domino Francisco, duci 
Mediolanensi. 



C. 



A UN GRAm) SEIGNEUR DE LA COUR DE BOURGOGNE. 

(Décembre 1460.) 

Annonce de la venue de Tristan de Mainmont, ambassadeur du 
duc de Milan. — (Copie. Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6967, 
fol. 150.) 

Mon bon cousin, mon amy, depuis que je party 
m'est venu ung ambassadeur de par le duc de Millan 
qui m'a apporté unes lettres de créance, et par la 
créance me faict savoir que il parleroit voulenliers à 
quelcun de mes gens feable et que il se vouidroit fort 
emploier à me faire ung bien grant service. Pour ce 
que Tambaxadeur est le Lymosin et se nomme mainte- 
nant messire Tristan de Mainmont, vous le congnoissez, 
car il Ait devers mon bel oncle et faisoit entendre qu'il 
estoit à moy et trompa le s"" de Rodemac en passant, 



LOUIS DAUPHIN. 133 

je ne me suis pas fort hasté de le vous faire savoir. 
Si autre chose soumetant je la vous feré savoir incon- 
tinant ; aussy si aucune chose vous vient, faictes le moy 
pareillement savoir. Mon ambaxadeur m'aportoit ung 
harnoys de par le duc de Millau, mes il Ta lessé en 
gaige de xx escus à Genepve. Mon bon cousin, mon 
amy , je prye à Dieu qu'il vous doint tout ce que vostre 
cœur désire. 

CI. 

AU ROI DE FRANGE. 

Genappe, 13 décembre 1460. 

Envoi de Houaste, son premier valet de chambre, chargé de ses 
instnictions. — (Copie. Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6%0, 
fol. 239. — Publ. par Duclos, sous la fausse date de 1458, 
Preuves, p. 174.) 

Mon très redoubté seigneur, je me reconunande à 
vostre bonne grâce, et si très humblement comme je 
puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubté sei- 
gneur, que Geofroi Levrault puis nagueres me demanda 
s'il voyoit mon bel oncle le comte du Maine S si je luy 
voulois rien mander, et pour le grand désir que j'ay 
tousjours eu et ay d'estre en vostre bonne grâce, luy 
dis qu'il me le saluast, et cpie je luy priois qu'il eust 
mon fait pour recommandé envers vous, et qu'il s'y 
voulsist employer, laquelle chose est venue à vostre 
cognoissance ; sur quoy vous a pieu faire dire audit 
Levrault par maistre Guillaume Gousinot ^ et maistre 

1. Charles lY d'Anjou, comte du Maine, n. 1414, m. 1473. 

2. Guillaume Gousinot, seigneur de Montreuil, n. vers 1400, 
m. 1484. 



134 LETTRES DE LOUIB XI. 

Georges Havart^ en la présence de mondit bel oncle; 
comme vous ne poviez croire qu'il eust dit lesdictes 
paroles de par moy, attendu qu'il n'avoit nulles lettres 
ni autres enseignes, et que si je vouloys aucune chose 
envers vous, que j'y envoyasse homme qui s'adressast 
à vous avec lectres et instructions de ce que je vou- 
drois; qui m'a esté et est la plus grand joye qui me 
pust avenir de cognoistre, que vostre plaisir est que 
je m'adresse à vous, et pour ce, mon très redoubté 
seigneur, j'envoye par devers vous Houaste 2, mon 
premier varlet de chambre, auquel j'ay chargé vous 
dire aucunes choses, vous supliant qu'il vous plaise 
l'oyr, croire et adjouster foi à tout ce qu'il vous dira 
de ma part, comme à moy mesme, et par luy ou autre 
me mander tousjours vos bons plaisirs et commande- 
mens pour les faire et accomplir à mon pouvoir et au 
plaisir de Dieu, qui, mon très redoubté seigneur, vous 
ait en sa saincte garde et vous doint très bonne vie et 
longue. Escript à Genepe le xffl* jour de décembre ^. 
Vostre très humble et très obéissant fils. 

L0Y8. 

ai. 

AU DUC DE MILAN. 

Genappe, 31 décembre 1460. 
Demande d'un sauf-conduit pour Jacques de Valpergue et Louis, 

1. Georges Hayart, conseiller, maître des requêtes de Thôtel du 
roi. (Bibl. nat., Pièces orig., dossier Hayart.) 

2. Jean de Montespedon, dit Houaste, écuyer, premier valet de 
chambre du dauphin. (V. comptes du dauphin, Mss. Legrand, 
Bibl. nat., Pr. 6966, fol. 277 v».) 

3. Cf. la lettre de la dauphine à Charles Vil du 13 décembre 
1460 et la lettre de Charles VII du 3 février 1461 (Pièces justif.). 



LOUIS DAUPHIN. 135 

son fils aîné, qui doivent séjourner à Pavie pour leurs affaires. 
— (Orig. Archives de Milan.) 

Illustrissime ac excelse princeps avunculeque hono* 
randissime. Impellunt nos cootinui et inauditi errores 
consilii illustrissimi patris nostri carissimi ducis 
Sabaudie sepius ad vos scribere pro rébus magoifîci 
cambellani nostri domini Jacobi de Valperga, cum post 
captionem et dirruptionem locorum suorum intelliga- 
mus bénéficia fratris et prothonotarii filii ita rapuerint 
et eosdem eisdem expoliaverinl , ac si rem contra 
theucros egissent. Idque magis moleste tullimus quod 
timemus Deum, cujus res agitur. Id in se et suos vin- 
dicare arbitramur illos fatue credere non esse Deum 
cum eodem jure sacris et profanis abutanlur, animad- 
vertantes ad rerum suarum directionem quas uUo 
pacto non intendimus inultas nec inrecompensatas 
dimitere, statuimus continuo nobiscum adesse domi- 
num Jacobum et Ludovicum primogenitum, protho* 
notarium vero et juniorem, quos jam pater studiis 
dedicaverat, volimus in dictione vestra Papie perficiant 
et, ut nemo objiciat, vos immense precamur ut eisdem 
liberis et suis tutum saivum conductum pro tempore 
necessario concedatis, eosque in ceteris pertractetis, 
et subveniatis ut nostris singularibus et precipuis affi- 
nibus et amicis, quoniam si ita fas sit dicere gratum 
habebimus ac pro liberis fecissetis memorie continuo 
retinendo provisionem habatie aut episcopatus de qui- 
bus per Gastonum loqui fecimus et postremo scripsi- 
mus ita rébus vestris afîcimur ut quodlibet a vobis 
petamus, non dubitantes facillime consequi scribimus 
Petro nostro ut solicitet et cum locus affuerit inter- 
pellet. Yalete felix et de statu vestro ac postremo 



136 LETTRES DE LOUIS XI. 

scriptis pro nostri consolacioDe crebro avisare velitis 
et potissime per latorem qui ad dos est repente redi- 
turus. Scriptum Genepe in Brabancia ultima decembiis. 

LOYS. 

Bourré. 

Illustrissimo ac excelso principi avunculoque hono* 
randissimo, domino Francisco Sforcie, Mediolani 
duci, etc. 



cni. 



AU ROI DE FRAIYGE. 

Genappe, 10 mars 1461. 

Accusé de réception des lettres parvenues par Houaste et renvoi 
de ce dernier avec la réponse. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 2811, 
n- 52.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recomms^nde à 
vostre bonne grâce tant et si très humblement comme 
je puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubté sei- 
gneur, que j*ay receu les lectres qu'il vous a pieu m'es- 
cripre par Houaste et oy ce qu'il m'a dit de par vous, 
sur quoy, mon très redoubté seigneur, je le renvoie 
devers vous. Si vous suplie très humblement qu'il 
vous plaise l'oyr et croire et adjouster foy et créance à 
tout ce qu'il vous dira de ma part, comme à ma propre 
personne, et par lui ou autres qu'il vous plaira, me 
mander et commander voz bons plaisirs pour iceulx 
faire et acomplir à mon povoir ^, au plaisir Dieu qui, 

1. La dauphine était alors enceinte pour la seconde fois, 
comme le dauphin l'avait annoncé à son père par sa lettre du 
13 décembre 1459 (publiée plus haut sous le n* LXXXVII). Elle 



LOUIS DAUPHIN. 137 

mon très redoublé seigneur, vous doint très bonne 
vie et longue. Escript à Genepe le x* jour de mars. 
Yostre très humble et très obéissant filz. 

LOYS. 

A mon très redoubté seigneur. 

Receu de monseigneur le daulphin le xx* de mars 
M. GGGG LX à Bourges, par Vouaste^ 



demanda au roi par Honaste la permission de faire venir deux 
femmes pour Tassister dans son accouchement. Le conseil royal 
rendit à ce sujet la délibération suivante (Bibl. nat., Mss. Legrand, 
Fr. 6963, p. 41) : 

« Du xxu* jour de mars mil nu» lx. 

c Sur ce que Houaste a requis de par Madame la daulphine 
que la femme du trésorier du Daulphine, maistre Nicole Ërlant, 
et Denisette Raguiere, vefve de feu Vavasseur, voisent devers 
madicte dame la daulphine pour la servir et estre entour d'elle à 
la délivrance de sa groisse, Messieurs les contes du Mayne et de 
Foix, Messieurs le chancellier, conte de Dunoys, evesque de 
Constances, sire d'Orval, l'admirai, grant seneschal, sire de Torcy, 
conte Dampmartin, bailly de Rouen, maistres Georges Havart, 
Pierre Doriole, la Reaulte, Halle et Dausserie, sont d'oppinion 
que le Roy, si c'est son plaisir, peut accorder audit Houaste qu'il 
preigne à Paris telles femmes qu'il advisera estre convenables 
pour madicte dame à la servir et, estre entour elle à la délivrance 
de sa groisse, et que le Roy peut escripre à Monsieur le premier 
président que à telles femmes que ledit Houaste lui nommera 
pour ladicte matière il die de par lui que son plaisir est bien 
qu'elles y aillent. 

« Fait ou conseil l'an et jour dessusdiz. 

c ROLANT. > 

La dauphine accoucha d'une fille qui fut nommée Louise et 
mourut en bas âge. 

1. Les représentations faites par Houaste au roi, au nom du 
dauphin, se trouvent à la Bibl. nat., Fr. 45537, fol. 18 et 87. — 
La dauphine écrivit, le 11 mars, à Charles YII en faveur de 
Benoît de Montferrand, abbé de Saint-Antoine de Viennois. (Cf. 
cette lettre et la réponse du roi aux Pièces justificatives.) 



1 38 LETTRES DE LOUIS XI. 



CIV- 



AU DUC DE MnAN. 

G^nappe, 14 mai 1461. 

Remerciment du gerfaut qui lui a été apporté de sa part et envoi 
de trois faucons. — (Orig. Archives de Milan.) 

Illustrissime avuncule noster honoraDde, postremo 
ad vos scripsimus quam egregie volasset girifalcus 
Sforcia vester, ad nos transmissus, exitamus autem 
nostro posse declarare quam excelse postea egerit 
plurimos invisibiles ayrones prosternando et citra 
existencium et ex merito nuncupatur . Et si nos maxime 
cedat obnoxios, nolimus insigne donum subtaoere, 
remitimus ad vos Facinum et nobilem Nicolaum Bas- 
tardum de Lyere, aucipitem nostrum, très aucipitres 
déférentes, optantes incolumes habeatis, ut nos nostra 
non fallat opinio. Est citra eis comum's preda avicu- 
larum et cornicum quod nobiscum est inauditum, et 
intelligentes magnifaciunt et si negligat auceps vester. 
Si quid autem aliud vobis gracius sit, precamur non 
tedeat nunciare et curabimus non deerit voto vestro. 
Miramur quid tantum moretur Martinum, equitatorem 
vestrum, quem repente redditurum policitus erat 
prosper. Valete felix. Ex Genepa in Brabancia xrai* 
madii ^« 

LOYS. 

Bourré. 

Au dos : Illustrissimo avuneulo nostro honorando 
domino Francisco Sforcia, Mediolani duci, etc. 

1. Cf. lettres du duc de Milan du 28 février 1461 (Pièces jusiif,). 



LOUIS DAUPHIN. . 139 



CV. 



AU DUC DE MILAN. 

Genappe, 2 juin 1461. 

Envoi de Charles Astars et de Jean de Saubier, seigneur de 
fieaurepaire. — (Orig. Archives de Milan.) 

Illustrissime et exeelse princeps, avuncule noster 
honorande, mictimus ad excellanciam vestram dilectos 
nostros magistrum Karolum Astars, secretarium, et 
Johannem de Sauber, dominum Belli Repari, quibus 
et cuilibet ipsoru^i aliqua comisimus vobis nostri parte 
refferenda, cujus relatibus aut alterius ipsorum pre- 
camur fidem indubiam adhibeatis, ac si ore nostro 
proprio audiretis , et faciatis prout in vobis plenam 
singularissimamque confîdenciam habemus, et si qua 
nos acturos vultis ex animo faciemus, favente Deo, qui 
vos et vestra féliciter augeat. Ex Genepa, ii* junii *. 

LOYS. 

Bourré. 

lilustrissimo et excelso principi avunculo nostro 
honorando duci Hediolani, etc. 



CVI. 



A aCO DE GALABRIA, CHANCELIER DU DUC DE MILAN. 

Genappe, 2 juin 1461. 
Annonce de l'envoi an duc de Milan de Charles Astars et de Jean 

1. Cf. lettres du duc de Milan des 30 juin et 20 juillet 1461 
(Pièces justificatives) . 



140 LETTRES DE LOUIS XI. 

de Saubier, seigneur de Beaurepaire. — (Orig. Archives de 
Milan.) 

Delphinus Yiennensis. 

Magnifiée dilecte noster. Mietimus ad illustrissimum 
avuneulum nostnim honorandissimum dileetos servi- 
tores nostros magistrum Garrolum Astars et JohaDoem 
de Saubier, dominum Belli Repari, quos precamur et 
quemlibet ipsorom dirigere velletis et pro eorum 
expedicione operare ut in vobis plene confidimus. Et 
si quid pro vobis gratum agere possumus et nuncia- 
veritis indubie faciemus. Valete. Ex Genepa u^ juoii^. 

LOYS. 

Bourré. 

Magnifico amico nostro carissimo Ghico de Galabria, 
illustrissimi avunculi nostri duds Mediolani cancellario. 

1. Ce môme jour le dauphin empruntait 18,000 florins au duc 
de Milan (Orig. Archives de Milan) : 

« Nous Loys, ainsné filz du Roy de France, daulphin de Vien- 
nois, conte de Valentinoys et de Dioys, confessons devoir et estre 
tenuz bien et loyaulment à nostre très chier et très amé oncle le 
duc de Milan en la somme de dix-huit mil florins de Rin qu'il 
nous a prestée, à nostre très grant besoing, et dont nous tenons 
pour contens. Et laquelle somme de xviii™ florins de Rin dessus- 
dicte nous promectons de bonne foy, en parolle de filz de Roy et 
sur Tobligacion et ypotheque de touz et chascuns noz biens pre- 
sens et avenir, rendre et paier à nostredit oncle dedens six moys 
après que nostre appoinctement sera fait avec Monseigneur ou 
que nous parvendrons à la succession et couronne du royaulme 
de France, lequel que plustost adviendra. En tesmoing de ce 
nous avons signé ces présentes de nostre main et fait sceller de 
notre seel de secret le ii* jour de juin Tan de grâce mil quatre 
cens soixante et ung. 

C LOYS. » 



LOUIS DAUPHIN. 141 

cvn. 

AU CHAPITRE DE SAINT-MARTIN DE TOURS. 

Genappe, 23 juin 4461. 

Prière de donner la première prébende qui deyiendra vacante à 
Henri Cœur, frère de Tarchevéque de Bourges. — (Copie. Bibl. 
nat., F. Baluze, 76, p. 129.) 

De par le daulphin de Viennois. 
Très chiers et bien amez, pour ce que nous desirons 
très affectueusement le bien et avancement en nostre 
église de nostre chier et bien amè maistre Henri 
Cueur*, frère de très révérend Père en Dieu et nostre 
très chier et bien amè Tarcevesque de Bourges^, 
principalment pour les mérites, vertus et grand devo* 
tion que Ton dit estre en sa personne , nous vous prions 
tant chierement que povons et sur tout le plaisir et 
service que nous vouldriez faire, cpie la première pré- 
bende qui vaCquera en vostre donacion, vous vueillez 
donner audit maistre Henry et Favoir pour l'amour 
de* nous en singulière recommandation, tellement 
qu'il puisse cognoistre par effect ceste nostre prière 
lui avoir valu ; et vous nous ferez plaisir très agréable, 
que recognoistrons de très bon cueur quant d'aucune 
chose nous vouldrez requérir. Très chiers et bien 
amez, nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à 
Geneppe en Brebant le xxm® jour de juing. 

LOYS. 

Bourré. 

1. Henri Cœur, fils de Jacques Cœur, fut chanoine de la Sainte* 
Chapelle de Bourges. 

2. Jean Cœur, archevêque de Bourges de 1447 au 25 juin 1483, 
date de sa mort. 



) 



142 LETTRB8 DE LOUIS XI. 

A nos très chiers et bien amez les doyen et chapitre 
de Saint-Martin de Tours ^ . 

Au dos : ReceptaB et lectœ in capitulo die Jovis VI 
augusti anno Domini m. GGGG. lxi. 

cvin. 

AUX DÉPUTÉS GÉNÉRAUX DE LA PRINCIPAUTÉ DE 
CATALOGNE, RÉSIDANT A BARCELONE. 

GeDappe (1461). 

Accusé de réception de leurs lettres remises par Rémi de Méri- 
mont, son écuyer, lesquelles contenaient des nouvelles qu'il 
savait déjà par le prince de Viane. Félicitations sur leur pru- 
dence , leur magnanimité , leur audace et leur libéralité. — 
(Minute. Bibl. nat., Pr. 20486, fol. 76.) 

Dalphinus Yiennensis. 
Illustres sincère dilecti, gratissimas et jocundissi- 
mas licteras suscepimus vestras per virum spectabilem 
Romeum de Merimont*, scutifferum scuttifferie nostre, 
nobis exhibitas, audivimus et que vestri nomine nobis 
exposuit que et si per illustrissimum et excellentissi- 
mum principem et consanguineum nostrum principem 
Viane ^, nobis jam nunciata fuissent, cencies tamen 
repetita placèrent et eo magis conseriosius verbo et 
scriptis relata fuerint. Habet etenim materia ipsa quid 
suavissimum et oplimi exempli presentibus et poste- 
ris, ut dignissima non modo recenseri codicibus, in 

1. Jean Le Breton, doyen du chapitre de 1442 au 20 janvier 1463. 
(Gallia Chrùtiana, t. XIV, p. 183.) 

2. Rémi de Mérimont, écuyer du dauphin, fut nommé, le 
3 août 1461, maître des ports du Languedoc. (Bibl. nat.. Pièces 
originales, 1935.) 

3. Gaston, prince de Viane, fils aîné de Jean, comte de Foix, 
épousa, en 1462, Madeleine de France, sœur de Louis XI, et 
périt dans un tournoi en 1470. 



LOUIS DAUPHIN. 143 

scriptis perpétue memorîe comandanda. Quis non 
modo prudenciam, magnanimitatem , audaciam et 
libéral] tatem vestras comendabit? Quis non fidelitatem 
et dilectionem quam patri et filio demonstrastis, laudes 
ad sidéra non predicabit cum errores perfidorum et 
labem illius clarissimi generis astersistis personis et 
vestris facultatibus non parcendo profecto non débet 
ulla delere memoria sed priscorum vironim illustrium 
operibus adequari. Quantum vero ad nos eist et pro 
illato beneficio excellentissimo consanguineo nostro et 
virtute vestra vobis illas gracias et laudes agimus ac 
si proprie nostre persone, contulissetis nec minus 
vobis nos obnoxios et astrictos reputamus. Vos itaque 
sincère deprecantes si quid pro comodo et honore 
vestro possimus non minus nostra utamini opéra 
quam opum et personarum vestrarum, ut lacius dixi- 
mus prefato Romeo de Merimont vobis refferendum 
cui fidem indubiam prestare placeat. Yalete. Ex Genepa 
in Brabancia. 

Magnificis et potentibus viris deputatis generalis 
(sic) et consilia principatusi Gatalonie, Barchinone resi- 
dentibus, amicis nostris predilectis. 

CIX. 

A UN SEIGNEUR. 

(Genappe, juillet 1461.) 

Ordre de venir le trouver avec ses gens vers les marches de Reims 
dès que la nouvelle de la mort du roi sera connue. — (Minute. 
Bibl. nat., Pr. 20487, fol. 72.) 

De par le daulphin de Viennoys. 
Très chier et bien amé, nous avons eu en plusieurs 
et diverses façons des nouvelles de Monseigneur, mais 



) 



J 

144 LETTRES DE LOUIS XI. 

en efiect toutes dient que l'on n'y actend vie. Et pour 
ce, se le cas advient que vous oez dire qu'il soit tres- 
passé, nous vous prions que incontinent vous montez 
à cheval et vous en venez vous et touz voz gens en 
leur abillement par devers nous vers les marches de 
Rains où vous nous trouverez , se Dieu plaist ; et en 
ce ne faictes faulte, sur tant que doubtez d'encourir 
nostre indignacion. Très chier et bien amé, nostre 
Seigneur soit garde de vous. Escript 

ex. 

A UN PRINCE. 

Genappe, 23 juillet 1461. 

Envoi de son conseiller Simon de Lorgerii, vu les nécessités 
inopinées d'une séparation. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20487, 
fol. 72 y.) 

Dalphinus Yiennensis. 

lUustris consanguinee noster predilecte, succedentes 

nobis ad presens urgenti et inopino casu separacionis^, 

hinc, mictimus ad vos spectabilem militem consiliarium 

nostrum, dominum Simonem de Loi^ery^, cui com- 

misimus alic[ua vobis referre ad causam unius eq(ui?) 

apud vos existentis. Precamur igitur quanto obnoxius 

possimus ut eidem in dicendo velitis plenam fidem 

adhibere. Et si non sit magne existimacionis aut qua- 

litatis, res îpsa hoc in tempore nobis complacebit 

immense, nec intendimus non ad causam precii sed 

vestre bone affectionis in multum majoribus satisfacere. 

Valete, et si qua pro vobis nos acturos vultis, si nun- 

ciaveritis libenti animo faciemus. Ex Geneppa in 

Brebancia xxm* julii. 

1. Charles Vil était mort le 22 juillet. 

2. Simon de Lorgerii. V. la notice à la fin du volume. 



LOUIS DAUÏ^HIN. 4 15 



PIÈCES D'ANNÉES INCERTAINES. 



CXI. 



AU PAPE EUGÈNE IV. 

Tours (vers 1446). 

Recommandation en fayear de Charles de Bornas, évêque 
de Sisteron. — (Cîopie. Bibl. nat., Lat. 5414^^, fol. 90.) 

Beatissime Pater ac domine sanctissime , devotis- 
sima semper recommendacione premissa serenissimus 
dominus genitor meus vestre Sanctitad in presentia 
mea oonscribit in favorem dilecti ac fidelis consiliarii 
«sui Karoli de Bournon^, Sistaricensis episcopi, de pre- 
fato domino meo ac deinceps de me optime meriti. 
Quapropter Sanctitatem vestram exoro quatinus pre- 
fatum episcopwn suis in agendis specialissime reoom- 
missum suscipere. Et que recte postulaverit sibi con- 
cedere, régie précis contemplacione meaque devota 
intercessione clementer dignetur, hoc ipsum ad sin- 
gularem graciam habiturus. Beatitudinem vestram 



i. Charles de Bornas, évoque de Sisteron de 1446 à 1448. 
I 10 



146 LEmUfiS DE LOUIS XI. 

tueatur altissimus féliciter ac longeve ad salubre 
ministerium ecclesie sue sancte. Scriptum Turonis. 

V. S. filius devotissimus, régis Francorum primoge- 
nitus, Delphinus Viennensis. 

Beatissimo patri ac domino sanctissimo summo 
Pontifici. 

GXII. 

A l'ÉYÊQUE de GRENOBLE. 

Romans, 31 mars. 

Prière de yenir à l'assemblée des prélats du Dauphiné qui se 
tiendra à Romans le mardi après Quasimodo. — (Arch. de 
révôché de Grenoble. Publ. par Fauché-Prunelle, Bulhtin de 
l'Académie delphinale, t. H, p. 454.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Révérend père en Dieu , nostre chier et amé, pour 
traiter, appoincter et conclurre sur aucuns debaz et < 
questions qui sont et peuvent estre de jour en jour 
entre nos officiers et ceulx de l'esglise à cause des 
juridictions et subgez d'une part et d'autre, et pour 
iceulx paciffier et entretenir en bonne union pour le 
temps avenir et garder, noz subgez des oppressions 
indeues, ainsi qu'il appartient, nous mandons présen- 
tement tous les prelatz, desquelz les diocèses se exten- 
dent en noz pays du Daulphiné et contez de Yalenti- 
nois et de Dyois, venir par devers nous en ceste ville 
de Romans ou alleurs où nous serons au mardi après 
Quasimodo prochain venant. Et vous prions et neant- 
moins mandons que y vueillez venir personnelement 
pour besoigner de vostre costé sur ceste matière 
avecques nous et Içs gens de nostre grant Conseil et 



LOUIS DAUPHIN. 147 

les autres prelaz dessusdiz, et en ce cas De faictes 
faulte. Révérend père en Dieu, nostre chier et bien 
amé, qostre SeigDeur soit garde de vous. DoDDé à 
RomaDS le deraier jour de mars. 

LOYS. 

 revereod père cd Dieu Tevesque de GreDoble^ . 

CXffl. 



A L'AVÉQUB de GRENOBLE. 

Etoile, 12 avril (1450?). 

Prière de venir conférer à Grenoble le 25 avril relativement 
à rassemblée du clergé qui aura lieu à Chartres le 15 mai pour 
discuter l'annulation de la Pragmatique Sanction. — (Arch. de 
l'évôché de Grenoble. Publ. par Fauché-Prunelle, Bulletin de 
VAcadémie dêlphinale, t. Il, p. 453.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Révérend père en Dieu, nous avons précédemment 
receu certaines lettres de Monseigneur par lesquelles 
nous escript que faisions assembler les prelatz et 
clergié de nostre pays pour envoyer à certaine journée 
prinse au lieu de Chartres au xv^ jour du moys de 
may prochain venant touchant le fait de l'esglise, 
ainsi que le pourrez veoir par les lettres de mondit 
seigneur à vous adressées, lesquelles vous envoyons. 
Et sommes advertis que s'est pour la cassation et 
rumpture de la pragmatique sanxion, qui est la chose 
qui touche grandement nous, vous et tout le bien du 
pays. Et pour ce que la matière est de granl poix et 

i. Bibeud Allemand, évéque de Grenoble de 1445 au 20 jan- 
vier 1477. 



148 LETTRES DE LOUIS XI. 

à laquelle nous et vous tous avons bien besoing d'y 
avoir bon ad vis et meurement délibérer, nous vous 
prions et mandons que sans aucune faute vueillez venir 
en la ville de Grenoble le xxv^ jour de œ présent 
moys au plus tart ou envoyer gens notables ayans 
puissance par vous, auquel lieu et jour avons pareille- 
ment mandé tous les autres prelatz et clergié de nostre 
pays pour adviser et conclure en ladicte matière ainsi 
qu'il semblera pour le mieubc, et aussi que vous ou 
vosdiz gens soient pretz dealer à ladicte jornée de 
Chartres avec aucuns de nos gens et autres desdiz 
prelatz et clergié qui seront ordonnez et advisez audit 
lieu de Grenoble. Révérend père en Dieu, nostre amé 
et féal, nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à 
Estelle le xn* jour d'avril. 

LOYS. 

[A révérend père en Dieu Tevesque de Grenoble.] 

CXIV. 

A ETIENNE AGHARD. 

Grenoble, 13 août. 

Ordre de donner à l'homme de Robert du Sel ce qu'il lui doit, 
partie en argent, partie en chevaux, draps de soie et autres 
marchandises. 

De par le daulphin de Viennoys. 

Estienne, nous nous donnons grant merveille com- 
ment en avez ainsi renvoyé Tomme de Robert du Sel, 
sans riens lui bailler et faire délivrer, veu que ne 
vous avons gueres requis, et, pour ce, gardez surtout 
que vous craignez d'encourir nostre indignation per- 
pétuelle que vous ne l'en renvoiez point qu'il ne soit 



LOUIS DAUPHIN. 149 

content ; car il ne demande pas tout argent et lui en 
baillez une partie et le demeurant en chevaulx, draps 
de soye et aultres draps et marchandises telle qu'il 
vouldra, en manière toutefoyes qu'il soit content; et 
gardez bien de rechief que vous n'y fêtes faulte ou 
aultrement nous ne serons pas contens. Escript à Gre- 
noble le xm* jour d'aoust. 

LOYS. 

BOURKÉ. 

A Estienne Achard^. 

CXV. 

A l'ÉVÊQUE de GRENOBLE. 

La Gôte-Saint-André, 7 octobre. 

Prière de confirmer Jean Poitiers, son notaire et secrétaire, dans 
la charge de juge ordinaire de la cour de Grenoble. — (Arch. 
de révdcbé de Grenoble. Pabl. par Fauché-Prunelle, BulUtin de 
l'Académie delphinale, t. Il, p. 455.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Révérend père en Dieu, nostre amé et féal, pour 
ce que entre autres noz officiers desirons affectueuse- 
ment l'accroissement en bien et honneur de nostre amé 
et féal notaire et secrétaire maistre Jehan Poictiers^, 
tant pour les bons et agréables services qu'il nous a 
faiz le temps passé et fait chascun jour continuellement 
que pour la grant confiance que avons en lui, à icellui, 
pour ces causes et autres à ce nous mouvans, avons 
présentement donné l'office de juge ordinaire de la 
court conmiune de la ville et cité de Grenoble pour 

i. Gf. lettres du dauphin n» LXXI et LXXn. 
2. Jean de Poitiers, secrétaire du dauphin (Pièces justificativesy 
n* XLV). Fauché-Prunelle a lu par erreur Poutiers. 



150 LETTRES DE LOUIS XI. 

deux ans entiers qui premièrement escherront à nostre 
donnacîon. Et pour ce que le terme de nostre dernier 
don dudit office vaquera au moys de mars prochain 
venant et que l'année prouchaine à venir la donnacion 
vous en appartient^, nous vous prions et requerrons 
tant acertes que plus povons que, pour Tamour de 
nous et à nostre requeste, vous vueilliez donner à 
nostredit secrétaire ledit office de juge ordinaire de 
ladicte court conunune de Grenoble pour Tannée prou- 
chaine avenir, ^et vous nous ferez, ce faisant, un bien 
grand et singulier plaisir que recognoistrons envers 
vous quant d'aucune chose nous requerrez, et vous 
prions de rechief que de ce nous vueillez escoudire. 
Révérend père en Dieu, nostre amé et féal, nostre 
Seigneur soit garde de vous. Ëscript à la Goste Saint- 
André le vn* jour d'octobre. 

LOYS. 

A révérend père en Dieu l'evesque de Grenoble. 

CXVI. 

AU CHANCELIER DU DAUPHINÉ. 

Ison (?), ÎB novembre. 

Envoi du prieur de Montclar et du curé de Luzeran (?), faits pri- 
sonniers par Martin de Salines, capitaine du Pont-de-Beauvoi- 
sin. — (Copie. Bibl. nat., mss. Legrand, Fr. 6966, p. 291.) 

Monsieur le Chancelier, je vous envoya le prieur de 

1. Les droits de justice à Grenoble étaient indivis par moitié 
entre le dauphin et Tévèque. Pour éviter des difficultés, il avait 
été convenu que le dauphin et Tévêque nommeraient alternative- 
ment leur juge pour un an seulement. En nommant pour deux 



LOUIS DAUPHIN. 151 

Monclat^ et le curé de Lezignem^, mes serviteurs, qui 
ont esté pris par Martin de Sullugues^, capitaine du 
Pont-de-Beauvoisin^, à Bour^eil^ ou Dauphiné, les- 
quels alloient à Rome, outre les desfenses derreniere- 
ment faictes, et pour ce incontinent qu'ilz soient exa- 
minés et sçavoir pourquoy ilz y alloient, et en faictes 
faire la justice ainsy qu'il appartiendra et qu'il n'y ait 
pas de faulte. Escript à Uzon^ le xxvm* jour de 
novembre''. 

CXVII. 

AUX GENS DU CONSEIL DU DAUPHINÉ. 

Envoi d'une bulle du pape et ordre d'en faire exécuter la teneur 
par les évoques. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20430, fol. 65.) 

De par le daulphin de Viennois. 
Noz amez et feaulx, présentement vous envoyons 

ans, le dauphin avait excédé son droit. De là cette lettre à Tévéque 
de Grenoble. 

1. Probablement Montclar (Drôme). 

2. Peut-être Luzeran, petite paroisse de la Drôme, dans l'arron- 
dissement de Die, où se trouve Montclar. 

3. Martin de Salignes ou Salines, originaire d'Espagne. Son 
nom était Salina et se prononçait Saligna, Martin fut nommé 
cbàtelain de Pont-de-Beauvoisin par le dauphin (lettres du 
14 avril 4448, Arch. de llsère, B 3225, fol. 292). La même année 
ce prince avait anobli la famille de Martin de Salines. 

4. Département de Tlsére. 

5. 11 n'y a pas de Bourgueil en Dauphiné. Il faut lire Bourgoin. 

6. n n'existe pas de localité de ce nom en Dauphiné. Il faut 
probablement lire Osson ou Ison, deux communes du département 
de la Drôme. 

7. La copie est très défectueuse, comme la plupart de celles 
faites par Legrand. Ce dernier place cette lettre à Tannée 1450, 
mais sans preuves. 



152 LETTRES DE LOUIS XI. 

cy dedeiis certaines bulles de nostre Saint Père que 
Merimont, qui estoit allé, comme savez, devers luy, 
nous en a aportées. Veez les et icelles gardez, et ou 
cas que on feroit aucune chose en nostre préjudice au 
regart des choses contenues en ladicte bulle, gardez 
que incontinent vous requérez et faictes requérir par 
toutes les voyes et manières acoustumées les evesques 
nommez en icelle, ou les deux ou Tun d'eulx, qu'ilz 
mectent la dicte bulle à execucion et facent tout au 
long selon sa forme et teneur. Et au cas que reffuz 
en feront, faictes protestacion d'estre Tommage pour 
nul ; et tout ce faictes par bonne et meure deliberacion. 

cxvni. 

A l'évêque de nevers. 

Prière de donner une prébende à Arthur de Bourbon, protonotaire 
du pape. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20855, n» 23.) 

Le daulphin, etc. 

Révérend père en Dieu, très chier et bien amé, 
pour ce que desirons singulièrement le bien, avance- 
ment, provision et promocion en nostre mère sainte 
église de la personne de nostre amé et féal maistre 
Artur de Bourbon, prothonotaire de nostre saint père 
le Pape, nostre conseillier et maistre des requestes de 
nostre hostel, tant pour les bonnes mœurs, vertuz et 
mérites que sçavons et congnoissons estre en sa per- 
sonne , comme pour consideracion du lieu dont il est 
yssu et des bons et aggreables services qu'il nous fait 
journelment et que espérons qu'il nous fera cy après, 
nous escripvons présentement par devers vous et pour 
la première fois en ce cas vous requérons bien acertes 



LOUIS DAUPHIN. 153 

et affectueusemeDt que à nostre faveur et contempla- 
cion vueillez ledit maistre Artur avoir pour especial- 
ment recommandé et le pourveoir des premières pré- 
bende et di^ité qui cy après escherront, vacans à 
vostre collacion en Teglise de Nevers, et en ce le pré- 
férer avant tous autres et non pas seulement de ladicte 
première prébende de laquelle n'entendons pour estre 
satisfait à nostredicte requeste mais avecques icelle de 
la première dignité qui vaoquera à vostre collacion 
comme dit est. Et en ce faisant vous nous ferez très 
singulier et aggreable plaisir dont aurons bien mémoire 
et souvenance pour le recongnoistre cy après quant 
d'aucune chose nous requerrez pour vous ou vostre- 
dicte église. Si ne nous vueillez ceste nostredicte pre- 
mière requeste estendre mais à icelle obtempérer 
conmie y avons bien fiance, et de vostre vouloir et 
intencion en ceste partie nous vueillez acertener et 
par le porteur de cestes faire response qui soit tele 
que ayons cause de vous en savoir gré. Révérend père 
en Dieu, très chier et bien amé, le saint Ësperit soit 
garde de vous. Escript, etc. 

 révérend père en Dieu nostre très chier et espe- 
tial amy Tevesque de Nevers*. 

CXIX. 

A l'évèque d'aire. 

Juillet. 
Prière de faire accorder par le pape une dispense de mariage à 

1. Jean d'Estampes, évèque de Nevers du 8 octobre 1445 au 
24 décembre 1461. 



154 LETTRES DE LOUIS XI. 

Jeannot de Ghasteauvoir et à Marguerite du Lan, cousins au 
second degré. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20855, fol. 24.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Révérend père en Dieu et nostre très chier et amé 
cousin, pour les très singuliers désir et affection que 
nous avons à Tacomplissement du mariaige pieça 
encommencé entre nostre amé et féal conseiller et 
chambellan Jehanot de Ghasteauvoir et Marguerite du 
Lau, lesquelx sont ou second grain de parentelle, 
comme tenons que en estez assez informé, nous avons 
envoyé devers nostre saint père le Pape pour en avoir 
dispence et absolucion ainsi qu'il appartient. Et selon 
ce que avons veu, la conunission s'adresse à vous pour 
y procéder, ainsi que verrez que se devra faire. Et 
pour ce nous vous prions tant et si affectueusement 
que nous povons que en celle matière vous vueillez 
faire tant pour Tamour de nous et à nostre requeste 
qu'elle soit mise à fin et bonne conclusion et que le 
mariage soit acomply ainsi que le desirons. 

[Et mesmement pour ce que avons le fait et affaires 
de nostre très chier et bien amé le seigneur de Ghas- 
teauvoir, père de nostredit conseiller et chambellan 
Jehanot de Ghasteauvoir, très à cuei^r pour les grans 
services qu'ilz nous ont faiz et chascun jour nous font 
continuellement aucuns de leurs parens et amiz, les- 
quebc sont de noz plus especiaulx serviteurs, nous 
vous prions conune dessus que en toutes les voyes et 
manières qui vous seront possibles et sur tout le plaisir 
et service que faire nous desirez, que vous vueillez 
tenir la main et tant faire à ce que mariaige soit fait de 
Jehan de Metz avec une des filles dudit seigneur de 
Ghasteauvoir et avec ce avoir pour recommandé nostre 



LOUIS DAUPHIN. 155 

bien amé aumosnier maistre Jehan Dupuy, maistre en 
théologie, et le pourveoir du premier bon beneffioe 
vaccant à vostre collacion ou disposicion^.] 

Car en faisant ce que dit est vous nous ferez très 
singulier et agréable plaisir, lequel recongnoistrons 
envers vous quant d'aucune chose nous vouldrez 
requérir. Révérend père en Dieu, très chier et amé 
cousin, nostre Seigneur vous ait en sa saincte garde. 
Ëscript à ... le ... jour de juillet. 

A révérend père en Dieu et nostre très chier et amé 
cousin Tevesque d'Ayre*. 

cxx. 

A L'âvÊQUB D'AIRB. 

Prière de tenir la main à ce qu'une des filles du seigneur de 
GhasteauYoir soit mariée à Jean de Metz. — (Minute. Bibl. nat., 
Fr. 20855, fol. 24.) 

De par le daulphin de Viennoys.. 

Révérend père en Dieu , très chier et amé cousin , 
nostre très chier et bien amé le seigneur de Ghasteau- 
voir nous a fait requérir que voulsissons tenir la main 
à ce que Tune de ses filles fust mariée à ung appelé 
Jehan de Metz et que vous en voulsissons escripre. 
Vous savez le mariage pieça enconmiencé entre Jehanot 
de Ghasteauvoir, son fils, et Marguerite Dulau, pour 

1. Cette partie de la lettre a été biffée et remplacée par la lettre 
suivante. 

2. Louis d'Albret, évéque d'Aire de 1452 à 1460, cardinal en 
1461, mort à Rome le 4 septembre 1465. 



156 LETTRES DE LOUIS XI. 

lequel vous en escripvoDS et en escripvons aussi audit 
seigneur de Ghasteauvoir qu'il face par manière qu'il 
sorte son plain effect. £t pour ce s'il fait ce que lui 
requérons et que icely mariage de sondit fils et de 
ladicte Marguerite Dulau soit acomply, nous vous 
prions tant chierement que nous povons que pour 
Tamour de nous vous veillez tenir la main audit mariage 
de sadicte fille avec ledit Jehan de Metz, et vous nous 
ferez très singulier et agréable plaisir. Révérend père 
en Dieu, très chier et amè cousin, nostre Seigneur 
soit garde de vous. Escript... 

 révérend père en Dieu et nostre très chier et amè 
cousin Tevesque d'Âyre. 

CXXI. 

AU DUC DE lOLAN. 

Grenappe, 12 mars. 

Recommandation en faveur de Gaglielmo Sentina, citoyen de 
Lucques, son fidèle serviteur, qui retourne en Italie. — (Orig. 
Archives de Milan.) 

Illustrissime princeps, avuncule noster honorande. 
Guilliermus Sentina, civis Lucanus, fidelis servitor nos- 
ter, rediens ad Ytalie partes, partim nostris pro rébus 
supra modum optât nobis medio graciam vestram 
assequi. Intelligens itaque mutuam inter nos benivolen- 
ciam cupit vobis inotescere, qui nostros esse vestros 
omnes cognoscit quanti apud nos sit. Nos vero memo- 
res quot grata et apta genitor ejus in puerili etate nobis 
cgerit; nosmoribusinstruendo, venacionibussociando, 



LOUIS DAUPHIN. 157 

pannis siriceis providendo, coDtinuo aliquod singulare 
ex Ytalia nobis gratum refferendo, videntes liberos 
paternos mores insequi coacti fuimus illos in peculiares 
nobis oonstituere et quod puerili etate superveniente 
morte nequerimus in patrem agere in filios recenseri. 
Quamobrem vos precamur ex animo pro ea quam in 
nos geritis benivolentia ut ipsum Guilliermmn et suos, 
nostri contempladone, suscipiatis in omnibus propicie 
reoomissos, et si salvooonductu propter Ytalie desidia 
aut alio vestro favore eis opus sit, pro eisdem agatis 
ut pro nostris precipuis et velletis pro altero singula- 
rium vestrorum nos acturos continuo ad similia vel 
majora pro vobis parati. Valete. Ex Genepa in Bra- 
banda xd^ marcii. 

LOYS. 

Bourré. 

Illustrissimo principi avunculo nostro honorando 
domino Francisco Sforde, duci Mediolani, etc. 

GXXII. 

A aCO DE GALABRIA, CHANCELIER DU DUC DE HILAN. 

Genappe, 13 mars. 

Recommandation en faveur de Guglieimo Sentina. — (Orig. 

Archives de Milan.) 

Dalphinus Viennensis. 

Spectabilis dilecte noster, scribimus illustrissimo 
avunculo nostro honorando duci Hediolani, etc., in 
favorem dilecti servitoris nostri Guillermi Sentina, 
dvis Lucani, qui paternos mores insequendo diu et 



158 LETTRES DE LOUIS XI. 

gratissime nobîs servivit. Gum igitur intelligainus 
favores vestros tam apud eumdem avunculum nostnim 
quam alibi sibi multum prodesse, vos affectuose roga- 
mus ut in quibuscumque agilibus suis eumdem, nostri 
contemplacione, suscipiatis favorabiliter recomissum. 
In quo nobis oomplaœbitis supra modum, parati pro 
vobis et vestris corde sincero. Valete. Ex Geoepa in 
Brabanda xm* martii. 

LOYS. 

Bourré. 

Spectabili amico nostro predilecto domino Gicho de 
Galabria, illustrissimi avunculi nostri ducis Mediolani 
cancellario. 

GXXIII. 

AU DUC DE HILAN. 

Bruxelles, 19 mars. 

Accusé de réception des lettres du duc et assurance de ses bons 
sentiments. — (Orig. Archives de Milan.) 

De par le daulphin de Yiennoys. 

Très chier et très amè oncle, nous avons receu les 
lectres que nous avez escriptes par ce porteur et oy 
ce qu'il nous a dit, en quoy avons fait tout ce que nous 
a esté possible, et tousjours en cela et toutes autres 
choses que nous vouldriez requérir, vouldrions faire 
pour vous comme nous vouldrions que feissez pour 
nous. Très chier et très amè oncle, nostre Seigneur 
vous ait en sa sainte garde. Escript à Brucelles le 
XIX* jour de mars. 

LOYS. 

Bourré. 



LOUIS DAUPHIN. 159 

 nostre très cher et très amé onde le duc de 
Millan. 

CXXIV. 

A UN SEIGNEUR BÉARNAIS. 

Genappe, 2 juillet. 

Annonce de la demande qu'il fait au cardinal de Foiz de donner 
un bon bénéfice en Téglise de Lescar à Raymonnet de Montes- 
tmc, chanoine de Lescar, et de pourvoir deux des enfants de 
Jean GharoUe. — (Minute. Bibl. nat, Fr. 20492, fol. 39 r>.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Ghier et bien amé, nous escripvons présentement à 
nostre très chier et très amé cousin le cardinal de 
Foix^ ad ce qu'il veille pour l'amour de nous donner et 
conférer à nostre bien amé messire Raymonnet de 
Montestruc, chanoine de Lesta^, le premier bon benef- 
fice qui vacquera en ladicte église de Lesta ; et aussi 
à ce qu'il veille pareillement pourvoir deux des enffans 
de Gharolle en ladicte esglise de Lesta ou en celle de 
Ax, ainsi que par les lettres que Im' en escripvons 
pourrez plus à plain voir. Et pour ce que nous desi- 
rons fort le bien et avancement d'icellui messire Ray- 
monnet et aussi des enffans dudit Gharolle, mesmement 
en faveur des services que Gaillart de Hontestruc et 
Jehan Gharolle et autres, leurs parens et amys, noz 
serviteurs, qui sont cy residens avec nous, nous ont 
faiz et font de jour en jour, nous vous prions tant 

1. Pierre de Foiz, né en 1386, cardinal en 1409, légat d'Avignon 
et archevêque d'Arles, mort le 13 déc. 1464. 

2. Forme patoise du nom de Lescar. 



160 LBTTIiES DE LOUIS XI. 

chierement que nous povons que en temps et en lieu 
vous veillez tenir la main pour eulx et telement y fere 
pour Tamour de nous qu'ilz peussent estre benefficiez ; 
car vous nous ferez très singullier plaisir que aurons 
en mémoire et le recongnoistrons quant d'aucune chose 
nous vouldrez requérir. Cher et bien amé, nostre Sei- 
gneur soit garde de vous. Escript à Genepe en Brebant 
le u^ jour de juiUet. 

cxxv. 

A JEAN ÀRNOULFIN. 

Genappe, 8 août. 

Accusé de réception d'une somme que Jean Amoulfin avait 
touchée pour Lui. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20427, fol. 14.) 

Jehan Amoulfin^, mon amy, j'ay receu les lectres 
que m'avez escriptes par Marc Gename. Aussi ay eu 
mil sept cens quarante huit lions et dix huit pataz qu'il 
m'a aportez, qui est, rabatu ce que maistre Charles 
print darrenierement de vous et ce que avez baillé à 
daulphin, la somme que deviez recevoir pour moy, 
dont et de la paine que en avez prinse je vous mercie 
tant que je puis, et, si Dieu plaist, quelque foiz je le 
deserviré envers vous. Marc vous dira de mes nou- 
velles, et adieu. Escript à Geneppe le vm^ jour d'aoust. 

LOYS. 

1. Cf. plus haut lettre d'août 1460. 



LOUIS DAUPHIN. 16f 



CXXVI. 



A im PRINCE DU SANG, SON ONGLE. 

(Genappe.) 

Recommandation en faveur de Grâce, un de ses serviteurs, qu'il 
ne peut conserver auprès de lui. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 20490, 
fol. 79 yo.) 

Le daulphin de Viennoys. 

Très chier et très amè oncle, vous savez les grans 
chaînes et afiaires que nous avons de présent , obstant 
lesquelles ne povons pas entretenir tous noz serviteurs. 
Et pour ce vous envions Grâce et vous prions tant que 
nous povons que le nous veillez garder et lui faire du 
mieulx que pourrez jusques à tant que noz besongnes 
se portent autrement et que ayons mieulx de quoy lui 
faire du bien, car il nous a bien et loyaulment servy, 
et pour rien ne le vouldrions perdre. Et en ce faisant 
nous ferez très agréable et singulier plaisir, et quant 
aucune chose vouldrez que nous fassons pour vous ou 
les vostres, en la nous signiffiant nous la ferons de 
très bon ceur au plaisir Dieu, très chier et très amè 
oncle, qui vous ait en sa saincte garde. Escript, etc. 



11 



16S LETTRES DE LOinS XI. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 



I. 

Janvier 1436. 
Entrée du dauphin i Lyon. — (Arch. de Lyon, CC 296, n* 72.) 

C'est Testât de la taille de maille levée à Lyon pour la venue 
du Roy nostresire et de Monseigneur le dauphin ou moys de 
janvier Tan mil im» xxxti tant par Jaquemet Gaut qui la 
comensa à lever, puis s'en ala, comme par Symonet Doble qui 
l'a achevée de lever. 

Premièrement monte la somme universale des deux quemes 
de ladicte taille de maille. 

Dont ledit Jaquemet Gaut en récent avant qu'il alast, n® xxvn 1. 
nn s. II d. 

Sur quoy U a baillié à Pierre Gontier, vu" ix 1. 

Ainsi doit ledit Jaquemet Gaut de reste qu'il en a porté, 
LXXYiii 1. nn s. II d. 

Ledit Symonet Double a receu de ladicte taille une xix' 1. 
XIX s. V d. et de Jehan Dupras xx 1. ainsi pour tout : iiii<^ 
xxxnc 1. XIX s. V d. 

Sur quoy ledit Symonet a paie à Havart pour Monseigneur le 
dauphin, ii° lx 1. 

Item à Baverot pour ledit Havart, vi»» 1. 

Item pour gaiges dudit Symonet, xx 1. 

Item à clers et à sergens qui ont servi ledit Symonet : un 1. 
IX s. II d. 

Somme du payé par ledit Symonet, ini^' im 1. a s. ii d. 

Ainsi devroit ledit Symonet double qu'il a plus receu que 
payé, XXXV 1. x s. m d. 



LOUIS DAUPHIN. 163 

Item baille ledit Symonet double en arrérages tant bons que 
mauves de ladicte taîUe, un" xvn 1. vi s. yii d. 

Somme tant du deu de reste par ledit Symonet comme desdiz 
arrérages, vi" xii 1. xvi s. x d. 

Sur quoy Ton doit de reste des v^ f. donnés audit Monsei- 
gneur le dauphin rabatus m^ ini» 1. comme dessus payées tant 
à Hayart comme à Baverot pour lui, yi" 1. 

Qui se pourront trouver tant sur xxxv 1. x s. ni d. que ledit 
Symonet a plus receu que payé comme dessus est dit comme 
sur les arrérages que rend ledit Symonet qui montent uit^^ 
xTii 1. ?i s. yn d. lesquelles parcelles montent en somme 
universal, vi*> xo 1. xyi s. x d. 



IL 



Janvier-juillet 1437. 

Dons &it8 par Charles YII à la dauphine, au dauphin et à des 
serviteurs de ce dernier. — (Extrait du XIII* registre du compte 
de GuUlaume Charrier, commençant le l*** octobre 1436 et finis- 
sant le 2 mai 1438. — Copie. Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6965, 
fol. 23.) 

A madame la dauphine*, le premier jour de Tan 4436 ^, un 
miroir d'or à pié garni de perles dont le roy luy a fait présent 
pour ses estrennes. 

A monsieur le dauphin six aulnes de drap d'or. 

A monsieur Jacques de France', second fils du roy, un 
chaînon d'or auquel estoient trois diamans et une perle. 

A maistre Symon Verjus, secrétaire du roy nostre sire et 
maistre de la chambre aux deniers de monseigneur le dauphin 
de Tiennois, la somme de douze mille cinq cent soixante-six 
livres sur la somme de vingt et une mille livres que le roy 
nostredit seigneur pour les lettres données le 24" jour de juillet 

• 

1. Marguerite d'Ecosse. 

2. 1437, n. st. 

3. Cet enfant, né en 1432, mourut le 2 mars 1438. (Cf. Histoire 
de Charles Vil par Vallet de Viriville, t. UI, p. 144, note 1.) 



164 LETTRES DE LOinS XI. 

Tan 4437 luy avoit et a ordonnées prendre et avoir des deniers 
de ses finances pour convertir et emploier à cause de sondit 
office de maistre de la chambre aux deniers en la dépense 
ordinaire de l*hostel de monseigneur le dauphin pour 2 ans, 
commencés le 4* jour de juillet 4436 que le roy nostredit sei- 
gneur ordonna monseigneur le dauphin estre mis hors de la 
dépense de la reyne ^ . 

A M. le comte de la Marche et de Perdriac et de Castres ^, 
lequel le roy avoit ordonné estre et luy tenir autour la personne 
de M. le dauphin et en sa compagnie sans luy avoir rien accordé 
par lettres du 4 janvier 4436, six mille livres'. 

A messire Amauri d*Estissac, chevalier, conseiller, cham- 
bellan du roy nostre sire et de monseigneur le dauphin de 
Viennois, lequel le roy nostre sire avoit commis et ordonné 
estre et soy tenir ordinairement en la compagnie de monseigneur 
le dauphin et le gouvernement de sa personne lui avoit chargé 
et commis et pour autres causes contenues en ses lettres 
patentes données le 28* jour d'aoust 4436 rendu sm* le décompte 
précèdent à la pension de douze cents livres par an à conmien- 
cer le 4*' jour de juillet précèdent tant qu'il seroit au service et 
compagnie de monseigneur le dauphin^. 



m. 



4 février 1437. 

Charles Vil fait payer 100 livres tournois à Jean Majoris, con- 
fesseur du dauphin, et à Guillaume Leothier, physicien de ce 
prince, qu'ils ont accompagné en Dauphiné. — (Orig. Bibl. 
nat., Pièces orig., 1810, Majoris.) 

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, daulphin de 
Viennoys, à noz amez et feaulx les generaulx conseilliers sur 
le fait et gouvernement de toutes noz finances tant en langue- 

1. Fol. IV du compte de Guillaume Charrier. 

2. Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac. 

3. Foi. ZLvn du compte. 

4. Fol. Lxi du compte. 



\ 



i 



LOUIS DAUPHIN. 165 

doil comme en languedoc et ou pays du Daulphiné, salut et 
dilection. Nous voulons, vous mandons et expressément ei^join- 
gnons que par nostre amé et féal clerc, notaire et secrétaire 
maistre Helie de Linaye^ par nous commis à recevoir le don 
de dix mil florins donné à nostre très chier et très amé ainsné 
fllz Loys, daulphin de Viennoys, par les gens des troys estatz 
d'icellui pays du Daulphiné à l'assemblée par eulx &icte à 
Romans ou moys de janvier derrier passé, vous faictes payer, 
bailler et délivrer des deniers de sa recepte à noz chiers et bien 
amez maistres Jehan M^goris ^, confesseur, et Guillaume Leo- 
thier, phiziden de nostredit fllz, la somme de cent livres tour- 
nois, la quelle nous leur avons ordonnée et donnée pour leur 
aidier à aucunement les recompenser des fraiz et despences par 
eulx faiz en la compaignie de nostredit fllz en ce présent voyage, 
à icelle somme diviser et partir entreulx par egalle porcion. Et 
par rapportant ces présentes et quictances desdiz confesseur et 
phizicien seulement ladicte somme de g livres tournois sera^ 
alouée es comptes et rabatue de la recepte dudit maistre Helye 
par noz amez et feaulx gens de noz comptes ou autres qu'il 
appartiendra, auxquelz nous mandons et ei^oingnons que 
ainsi le facent sans aucun contredit bu difficulté, non obstant 
aultres dons ou bien faiz par nous aultretToiz à eulx faiz non 
exprimez en ces présentes et quelconques ordonnances, res- 
trinctions, mandemens ou deifenses à ce contraires. Donné au 
Monteilaymart' le quatriesme jour de fevrier Tan de grâce 
mil GGCG trente et six et de nostre règne le xv«. 

Par le roy daulphin en son conseil. 

Dijon. 

IV. 

15 février 1437. 

Achat d*une chapelle portative pour le dauphin. — (Orig. Bibl. 

nat., 1810, Majoris.) 

Je Jehan Majoris, maistre en ars, licencié en lois et confes- 

1. V. lettres n«» I et m. 

2. Gf. notice à la fin du volume. 

3. Montélimart(Dr6me). 



166 LETTRES DE LOUIS XI. 

seur de Mons' le daulphin de Viennoiz, oertifBe à tous qu'il 
appartient ou appartendra, que «en ce présent mois maistre 
Guillaume Leotier, phisicien dudit seigneur, a baillié et livré 
pour et à l'usaîge de mondît seigneur une chappelle portative, 
garnie de calice d'argent doré, deux buretez, une paix d'argent, 
ung messel, les troiz nappes, l'aube, Tamit, la chasuble de 
drap d'or, l'autel et contre autel de mesmez drap d'or, la quelle 
dez le moiz de janvier avoit esté achetée de lui la somme de 
deux cens dix livres tournoiz, dont d'icelle lui a esté baillé assi- 
gnation sur maistre Helye de Linaye, commis à recevoir le don 
de x mil florins donnez à mondit seigneur le daulphin par les 
gens des trois estaz du pais du Daulphiné à l'assemblée par eulx 
Ëdcte à Roumans oudit mois de janvier derrier passé. En tes- 
moing de ce j'ay signée ceste présente cedule de mon seing 
manuel le quinzeime jour de février l'an mil cccc trente et six. 

J. Majoeis. 



V. 



!•' mai 1437. 

Amaury d'Estissac, chambellan du dauphin, reçoit 100 livres 
tournois destinées à des serviteurs de ce prince. — (Orig. Bibl. 
nat., Pièces orig., 1080, Estissac.) , * 

Saichenttuit que nous Maurigon, seigneur d'Estissac, cham- 
bellan du roy et de monseigneur le daulphin de Viennois, 
confessons avoir eu et receu de maistre Helie de Linaye, secré- 
taire du roy nostredit seigneur et par lui commis à recevoir 
l'aide de x'" florins donnez et octroiez à mondit seigneur le daul- 
phin par les gens des trois estaz du pais du Daulphiné à l'as- 
semblée par eulx faicte à Romans ou mois de janvier derrenier 
passé, la somme de cent cinquante livres tournois sur la somme 
de iiii^ XI livres tournois que le roy nostredit seigneur par ses 
lettres données le iiii« jour de février ensuivant avoit et a don- 
nées à messire Jehan Sanglier, Jehan Havart, maistre d'ostel, 
Simon Verjus, maistre de la chambre aux deniers de mondit 
seigneur le daulphin, et à nous, pour les causes plus à plain 
contenues es dictes lectres. De laquelle somme de c livres tour- 



LOUIS DAUPHIN. 167 

nois nous nous tenons pour contens et bien paiez et en quictons 
à tousjours le dit maistre Helie et tous autres à qui quictance 
en appartient. En tesmoing de oe nous avons signé œs présentes 
de nostre saing manuel et scellées de nostre scel le premier 
jour de may Tan mil gcgg trente sept. 



ESTISSAC. 



VI. 



26 juiUet 1438. 

Lettres de Charles Vil sur la dépense de Phôtel du dauphin. — 
(Orig. Bibl. nat., cabinet des titres, dossier Verjus.) 

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, à nostre amé et 
feal l'evesque et duc de Laon, président en nostre chambre des 
comptes, gênerai conseiUier sur le fait et gouvernement de 
toutes noz finances en nostre pais de Languedoc et duchié de 
Guienne, salut et dilection. Nous voulons, vous mandons et 
expressément e^joingnons que par nostre amé et feal conseiUier 
maistre Macé Héron, trésorier de noz guerres et receveur gênerai 
de toutes nosdictes finances esdiz pais, vous faictes paier, 
bailler et délivrer des premiers deniers de sa recepte venans des 
six premiers mois de la revenue des aides de Languedoc ordon- 
nez pour la guerre de Tannée commençant le premier jour de 
septembre prochain venant à nostre amé et feal notaire et 
secrétaire msdstre Symon Veijus, maistre de la chambre aux 
deniers de nostre très chier et très amé filz Loys, daulphin de 
Viennois, la somme de deux mil livres tournois que ordonnée 
lui avons prendre et avoir pour emploier et convertir à cause 
de son ofHce en partie de la despense ordinaire de Tostel de 
nostredit filz pour ung an commençant le premier jour de ce 
présent mois. Et par rapportant ces présentes et quictances 
dudit Verjus seulement ladicte somme de deux mil livres tour- 
nois sera aUoée es comptes et rabatue de la recepte dudit 
maistre Macé Héron par noz amez et feaulx gens de nos comptes 
ausquelz nous mandons bien expressément que ainsi le facent 
sans aucun contredit ou difBculté, non obstant quelzconques 
ordonnances, restrinctions, mandemens et deffenses à ce con- 



J 



168 LETTRES DE LOUIS XI. 

traires. Donné à Bourges le xxti* jour de juillet Tan de grâce 
mil GGGG trente huit et de nostre règne le seziesme et scellée de 
nostre soel ordonné en l'absence du grant. 
Par le roy en son conseil. 

MOEBL. 



VIL 



17 novembre 1438. 

Charles VII augmente, à cause de la cherté des vivres, de 100 livres 
tournois la pension annuelle de 200 livres tournois que reçoit 
Jean Majoris, confesseur du dauphin.— (Orig. Cîoll. de M. Etienne 
Gharavay.) 

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, à nostre amé et 
féal président de noz comptes Tevesque de Laon, gênerai con- 
seiUer sur le &it et gouvernement de noz finances en noz pais 
de Languedoc et duchié de Guyenne, salut et dilection. Savoir 
vous faisons que comme par noz autres lectres patentes nous 
eussions ordonné et tauxé à nostre bien amé maistre Jehan 
Majoris, confesseur de nostre très chier et très amé ainsné filz 
Loys, daulphin de Viennois, avoir et prendre par chascun an 
de gaiges ou pension sur les finances de nostre Daulphlné la 
sonmie de deux cens livres tournois pour lui aidier, soustenir 
et maintenir son estât et estre continuelment entour nostredit 
filz, de laquelle somme, obstant la grant chierté de vivres et 
autres choses qui est de présent en ce royaume, il ne peut ne 
pourroit fournir à la despense que à cause du service de nos- 
tredit filz lui convient faire, ainsi qu'il nous a fait remonstrer, 
à icellui pour ces causes avons ordonné et tauxé, ordonnons et 
tauxons par ces présentes, oultre et par dessus ladicte somme 
de deux cens livres tournois, la somme de cent livres tour- 
nois et icelle somme prendre et avoir doresenayant par chas- 
cun an à compter de la date de ces présentes des finances de 
nosdizpais et duchié. Si vous mandons et expressément enjoin- 
gnons que par nostre amé et féal conseiller maistre Macé Héron, 
receveur gênerai de nosdictes finances, ou autre qui pour le 
temps avenir sera, vous icelle somme de c livres tournois 



LOUIS DAUPHIN. 169 

faicles payer, bailler et délivrer audit confesseur ou à son 
certain commandement, par la manière que dit est. Et par rap- 
portant ces présentes ou vidimus d'icelles &it soubz seel royal 
pour une fois seulement et quictance sur ce soufflsante, nous 
voulons ladicte somme de cent livres tournois estre alouée es 
comptes et rabatue de la recepte générale de nostredit conseil- 
ler ou d'autre qui pour le temps avenir sera, par noz amez et 
feaulx gens de noz comptes, ausquelz nous mandons que ainsi 
le feoent, sans aucun contredit ou difQculté, non obstantquelz- 
conques ordonnances, restrinctions , mandemens ou deffenses 
à ce contraires. Donné à Blois le xvn"" jour de novembre Fan 
de grâce mil cccc trente et huit et de nostre règne le xvii". 

Par le roy, le sire de Gaucourt et autres presens. 

J. HuifERlT. 



Vin. 



Avril i439-mar8 1442. 

CSomptes de dépenses du dauphin.— (Copie. Bibl. nat., Mss. Legrand, 

Fr. 6965, fol. 156.) 

Sept comptes de Jacques du Croiset, maistre de la chambre 
aux deniers de M' le dauphin, commençant en avril 4439 et 
finissant en mars 4444 ^ 

— -!•' compte comprenant les mois d'avril, may et juin 4439. 

Somme totale 3,058 1. 44 s. 8 d. 

A Toulouse le 8« de may 4439. 

A Lavaur le 8* de juin et le 8* de juillet. 

— 2* compte pour les six derniers mois de Tan 4439. 

Somme totale 6,445 1. 47 s. 4 d. 

Pour juillet à Lavaur le 40 d'aoust. Pour aoust à Albi le 8« de 
septembre ; pour septembre le 6 d^octobre. 

Pour octobre à Angers le 8 de novembre et pour novembre 
le 8« de décembre. 

1. 1442, n. Bt. 



170 LETTRES DE LOUIS XI. 

Pour décembre à Fontenay-le-Gomte le 8* de Janvier et le 
34 , il y estoit. 

— 8* compte commençant le premier Janvier, finissant le 
24 mars 4440. 

Pour le mois de Janvier à Nyort le 44* de février. 

En présence de Jean Trousseau, escuier trenchant de mon- 
seigneur, en l'absence de H" les maistres d'hostel, etc. C'est 
ainsi des mois suivants. 

Pour février à Nyort le 5 mars; et pour mars le 6 d*avril 
avant Pasques; pour avril à S'-Poursain, le 7 de may et pour 
24 Jours du mois de may le 23 de may ; il estoit aussi à Moulins 
le 30 d'avril par un ordre donné de luy. 

Sonune totale du 3* compte. . . . 5,040 1. 47 s. 4 d. 

— 4* compte pour 4 4 jours du mois de juillet, et les mois 
d*aoust, septembre, octobre, novembre et décembre 4440. 

Somme totale 6,443 1. 6 s. xi d. 

Le 29 de juillet le roy ordonna par ses lettres à Jean de 
Xaincoins de payer 800 1. au maistre de la chambre aux 
deniers du dauphin. 

Pour 44 Jours de Juillet à Gharlieu le 8 d'aoust, présent le 
maistre d'hostel Rogerin. 

Pour aoust à Tours le 5 de septembre, présents Rogerin Bios- 
set et Gabriel de Bernes, maistres d^hostel. Pour septembre à 
Chartres le 8 d'octobre et pour octobre le cinq de novembre, et 
pour novembre le 6 de décembre. Pour décembre à Montargis 
le 6 de Janvier. 

— 5" compte pour les six premiers mois de 4444 . 

Somme totale 7,262 1. 7 s. 6 d. 

Pour Janvier à Bar-sur-Aube le 6 de février. 

Pour février à Saint-Michel le 6 de mars. 

Pour mars à Laon le 7 avril avant Pasques. 

Pour avril à Soissons le 7 de may. 

Pour may à Saint-Denys le 6 Juin. 

Pour Juin au camp devant Pontoise le 5 de Juillet 4444 . 

— 6" compte pour les six derniers mois de 4444. 

Somme totale 7,470 1. 5 s. xi d. 



LOUIS DAUPHIN. 171 

Pour juillet à Saint-Denis le 6 d*aoust. 

Pour aoust à Gonflans-les-Pontoise le 5 de septembre. 

Pour septembre à Cbasteau-Thierry le 4 d'octobre. 

Pour octobre à Amboise le 8* de novembre. 

Pour noyembre à Ghinon le 4* de décembre. 

Pour décembre à Saumm* le 2 de janvier. . 

— 7* compte pour janvier, février et mars 1441 ^ 
Somme totale 8,247 1. 1 s. 6 d. 

Pour janvier à la Rocbelle le 4 de février. 

Pour février à Lesignan le 5 de mars. 

Pour mars à HufTec le 4" d'avril avant Pasques. 

IX. 

13 juin 1439. 

Dons faits par le daupbin aux serviteurs qui raccompagnaient 
dans son voyage en Languedoc. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20594, 
n«28.) 

Loys, ainsné filz du roy de France, daulphin de Viennois, à 
nostre amé et féal secrétaire maistre Jeban Bochetel, contrerol- 
leur de nostre chambre aux deniers, par nous commis à la recepte 
de vi"' 1. 1. à nous donnée par les gens des trois estaz de la senes- 
chaucée de Tboulouse à nostre première entrée en îcelle, salut. 
Nous voulons et vous mandons que des deniers de vostre 
recepte vous payez, baillez et délivrez aux personnes cy après 
nommées les sommes après declairées que leur avons données 
et octroyées, donnons et octroyons de grâce especial par ces pré- 
sentes pour eulx aydier et entretenir et estre plus honorable- 
ment en nostre compaignie et service ou voyaige que faisons 
présentement en ce pays de Languedoc, c^est assavoir à noz 
amez et feaulx conseilliers et chambellans le sire de Estissac, 
deux cens cinquante livres tournois, le sire deGamaches, soixante 
quinze livres tournois, messire Hugues de Noers, soixante et 
quinze livres tournois, messire Jaques de Montmorin, cent 
livres tournois, maistre Régnier de Boullegny, soixante et dix 

1. 1442, n. st. 



172 LETTRES DE LOUIS XI. 

livres tournois^ maistre Jehan M^joris, nostre confesseur, vint 
livres tournois, Jehan Trousseau, nostre premier escuier tran- 
chant, cinquante livres tournois, maistre Guillaume Leotier, 
nostre phizicien, cinquante livres tournois, Raoulin Deblet, 
nostre huissier d'armes, qumze livres tournois, Jehan Beliot et 
Jehan Morin, quinze livres tournois, à Jehan Petit, Jehan delà 
Roche, Jehan Gadoet et Jehan bout du Monde, noz variez de 
chambre, à chascun cent solz tournois, et à Piètre de Porc cin- 
quante cinq livres tournois. Et par rapportant ces présentes et 
quictances sur ce des dessusdi2 lesdictes sommes seront allouez 
en voz comptes par noz très chlers et bien amez les gens des 
comptes de Monseigneur et partout ailleurs ou il appartendra, 
nonobstant quelconques ordonnances, mandemens ou deffenses 
à ce contraires. Donné à Thoulouse le un* jour de juing Tan 
de grâce mil cccc trente neuf. 
Par monseigneur le daulphin, le sire de Treignac et autres 

presens. 

DuaiifT. 



X. 



30 juin 1439. 

Quittance donnée par le dauphin d'une somme provenant de l'aide 
des États d'Auvergne. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20420, fol. 3.) 

Nous Loys, filz du roy de France, daulphin de Viennoys, 
confessons avoir eu et receu de Pierre Maudonier, receveur ou 
bas pays d'Auvergne de Tayde derrenierement octroyé à Mon- 
seigneur par les gens des troys estaz dudit pays à rassemblée 
par eulx feicte en la ville de Rion ou mois de mars derrenier 
passé, là somme de mil livres tournois, laquelle lesdiz gens des 
trois estaz nous ont donnée et octroyée oultre et par dessus 
ledit ayde par eulx fait à mondit seigneur, pour faire noz plai- 
sirs et voulenté. Et d'icelle somme de mil livres tournois nous 
tenons pour content et en quictons lesdiz gens des trois estaz, 
ledit receveur et tous autres. Donné en tesmoing de ce soubz 
nostre seel secret le derrenier jour de juing l'an de grâce mil 
GGGc trente et neuf. 



LOUIS DAUPHIN. 173 

Par monseigneur le daulphin, le sire dTstissac et autres 
presens. 

BOGHBTEL. 



XI. 



15 juillet 1439. 

Paiement de vêtements destinés au dauphin. — (Orig. Bibl. nat., 

Fr. 26066, n* 3822.) 

En la présence de moy Jehan Durant, secrétaire de monsei- 
gneur le daulphin, Nicolau de Meolosy, flourentin, marchant, 
a congneu et confessé avoir eu et receu de maistre Guillaume 
Groyet, argentier de mondlt seigneur le daulphin, la somme de 
sept cens sept livres dix solz tournois en quoy ledit seigneur 
lui estoit tenu pour la vente et délivrance de martres sebelines 
et autres qu'il a baillées et livrées pour ledit seigneur ou mois 
de juing derrain passé, dont la decleracion s'ensuit. Pour trois 
manteaulx et demy de costez de martres sebelines pour fourrer 
deux robes longues de drap d'or pour ledit seigneur, achectées 
au pris de un" livres tournois le manteau, valent ii^ nn" livres 
tournois; pour l dos desdictes martres pour faire les gect, colet 
et poignetz desdictes robes à lx solz tournois le dos, valent 
CL livres tournois; pour trois cens de dos de martres de pais 
pour fourrer deux robes pour mondit seigneur, Tune de veloux 
cramoisi et l'autre de veloux velouté noir, achectées le cent au 
pris de nii<x n livres x solz tournois, valent n^ xlvii livres 
X solz tournois ] et pour ung manteau de costé desdictes martres 
pour fourrer les manches desdictes ii robes, xxx livres tournois*, 
lesquelles parties font ensemble ladicte somme devii^ vii livres 
X solz tournois. De laquelle somme ledit Nicolau s^est tenu et 
tient pour content et bien paie et en a quicté et quicte ledit 
argentier et tous autres. En tesmoing de ce j'ay à la requeste 
dudit Nicolau signé ceste présente quictance de mon saing 
manuel le xv^ jour de juillet Fan mil cccc trente neuf. 

DUBANT. 



474 LETTRES DE L0IJI8 XI. 



XII. 



28 juillet 1439. 

Le dauphin fait payer 120 écus d'or à Amaury d'Ëstissac pour le 
prix d'un cheval donné au sire de Boussac. — (Orig. Bibl. nat., 
Pièces orig., 1080, Estissac.) 

Loys, flis du roy de France, daulphin de Viennois, à nostre 

amé et féal secrétaire de Monseigneur et de nous maistre Jehan 

Bochetely par nous commis à recevoir la somme de six mile 

livres tournois à nous donnée par les gens des trois estaz du 

diocèse de Thoulouse à nostre nouvelle venue et première entrée 

en icelle et autres dons à nous taiz, salut et dilection. Nous 

voulons et vous mandons que des deniers de vostredicte recepte 

vous paiez, baillez et délivrés à nostre amé et féal conseillier et 

chambellan le sire d'Estissac la somme de six vins escus d'or 

ou monnoye à la value, en quoy lui sommes tenus pour ung 

cheval que avons fiait prendre de lui et icellui donné à nostre 

très chier et bien amé le sire de Boussac. Et par rapportant ces 

présentes seulement et certifQcation de lui de noz escuiers 

d'escuierie nous voulons ladicte somme de six vins escus d'or 

ou monnoye à la value estre alloué es comptes et rabatue de 

vostredicte recepte par noz très chiers et bien amez gens des 

comptes de mondit seigneur, ausquelz par ces mesmes présentes 

mandons ainsi le faire sans aucune difficulté ou contredit, non 

obstant quelzconques ordonnances, mandemens ou deifenses à 

ce contraires. Donné à La Vaur le xxviti* jour de juillet Fan de 

grâce mil cccc trente et neuf. 

Par monseigneur le daulphin. 

J. Bachelier. 

XIII. 

15 décembre 1439. 

Paiement fait à un marchand de Toulouse pour du velours et du 
satin destinés à confectionner des vêtements au dauphin. — - 
(Orig. Bibl. nat.. Pièces orig., 377.) 

En la présence de moy Jehan Bochetel, notaire et secrétaire 



LOUIS DAUPHIN. 175 

du Roy nostre sire, Huguet de Bourt, marchant, demourant à 
Thoulouae, a congneu et confessé avoir eu et receu de maistre 
Guillaume Goyet, argentier de Monseigneur le Daulphin, la 
somme de sept vings six livres dix solz tournois en quoy ledit 
seigneur lui estoit tenu pour la vente et délivrance de huit 
aulnes et demie de draps de soye par lui baillez et livrés pom* 
ledit seigneur es mois de juing et juillet derrain passez, c'est 
assavoir pour six aulnes et demie de veloux velouté cramoisi 
prinses et achectées de lui le xx^ jour de juing pour faire une 
robe pour ledit seigneur, au pris de xx livres tournois Faune, 
pour ce vi'^x livres tournois -, pour deux aulnes de satin cra- 
moisi prinses et achectées de lui le xviii^ jour de juillet pour 
fisdre ung pourpoint pour ledit seigneur, au pris de viii livres 
V solz tournois l'aune, pour ce xvi livres v solz tournois; les- 
quelles parties font ladicte somme de vii^vi livres x solz tour- 
nois. De laquelle somme de vu^vi livres x solz tournois ledit 
Huguet s'est tenu pour content et bien paie et en a quicté 
et quicte ledit argentier et tous autres. En tesmoing de ce 
j'ay signé ces présentes de mon seing manuel cy mis à la 
requeste dudit Huguet le xv^ jour de septembre Tan mil gggg 

XXXIX. 

BOGH£T£L. 

XIV. 

9 octobre 1439. 

Le dauphin ordonne an sénéchal de Beancaire de ne pas forcer 
les nobles Languedociens à venir le rejoindre. — (Copie. Ârch. 
de l'Hérault, sénéchaussée de Nîmes, t. Vin.) 

Loys, fils du Roy de France, daulphin de Viennois, au séné- 
chal de Beaucaire ou à son lieutenant, salut. Gomme pour résis- 
ter à la descente des Anglois anciens ennemis de cest royaume, 
naguieres descendus es duchié et pays de Guienne à grand 
nombre, eussioifs mandé tous les nobles venir devers nous de 
cest présent pays de Languedoc, montez et armez chacun selon 
sa possibilité et estât et dedans certain jour naguieres passé, 
pour pourvoir à la mauvaise et damnable entreprise desdiz 
Anglois, lesquels nobles ne sont encores venus devers nous. 



176 LETTRES DE LOUIS XI. 

obstant ce que partye d'iceux sont allez devers Monseigneur en 
Tarmée quHl a foile naguieres ou pays de France où encores 
est de présent; pourquoy ne pouroient bonnement tous venir à 
nostredit mandement et mesmement ceux des diocèses de Maga- 
lone, de Nismes et de Uzès, lesquels, pour ces causes et autres 
considérations à ce nous mouvant, voulons et nous plaist que 
tous les nobles des diocezes dessus diz soient francs, quittes et 
exempts de venir en cette présente armée et à nostredit man- 
dement naguieres foit, comme dit est, parmy ce qu'ils fassent 
vingt hommes d'armes payez et sousdiez pour un mois à 
compter du jour qu'ils feront leurs monstres en la ville de 
Tholoze et aux dépens de tous les seigneurs et nobles des dio- 
cèses dessusdiz. Si vous mandons, commandons et très estroit- 
tement enjoignons de par mondit seigneur et nous que en ce 
faisant par lesdiz seigneurs et nobles desdiz diocèses ce que dit 
est, vous iceux tenez quittes et paisibles de venir en ladite 
armée, sans pour ce les contraindre ne soufifrir estre contraints 
aucunement en aucune manière, au contraire, car ainsy nous 
plaist-il estre Mt de grâce espedalle par ces présentes, nonobs- 
tant quelconques lettres, mandemens, defifences par nous don- 
nées au contraire. Donné à Castres le neuflesme jour d'octobre 
l'an de grâce mil quatre cents trente et neuf. 
Par monseigneur le dauphin en son conseil. 

J. Bachbuee. 

XV. 

15 décembre 1439. 

PromeRse faite par le dauphin de payer au roi d'Angleterre 
30,000 saints d'or pour la rançon da duc d'Orléans. — (Orig. 
Arch. nat., K 65, n« 15«.) 

Loys, seul fllz du roy de France et daulphin de Viennois, à 
tous ceulx qui ces présentes lectres verront, salut. Gomme 
nostre très chier et très amé oncle le duc d'Orléans \ prisonnier 
de Henry, soy disant roy d'Angleterre, adversaire de Mon- 

1. Cf. les lettres du dauphin, n«« XX et L£V, adressées au duc 
d'Orléans. 



LOUIS DAUPHIN. 177 

8eign«ir et de nous, ait pris certain appointement aveoques 
ledit adyersaire sur son eslargissement et yenue ou royaume de 
France, pour soy emploier au bien de la paix final devers les 
royaumes de France et d'Angleterre et pour pourchacier sa 
aelivrance, pour sa quelle venue et eslargissement lui conviegne 
et ait promis bailler certaines seuretez tant de scellez dq nous 
et autres seigneurs comme de bostages et argent content, savoir 
faisons que, desirans la venue et délivrance de nostredit onde 
et voulans en ce lui aidier et secourir à nostre povoir, nous, par 
le commandement et auctorité de mbndit seigneur avons promis 
et par ces présentes promectons sur nostre bonneur audit adver- 
saire lui rendre et paier ou à ses commis et députez en Tune des 
villes de Rouen, Calais et Ghierbourg, tenant son parti à son 
cbois et élection, et à noz propres coustz et despenz, la somme 
de trente mil saluz de bon or et de bon poix, de soixante dix ou 
marc, ou autre bon or, monnoyé à la vallue, de dens la feste 
de Saint-Andry qui sera Tan mil quatre cens quarente, en ren- 
dant, délivrant et mectant par ledit adversaire le corps de 
nostre dit oncle d'Orléans en sa franchise et liberté ou parti et 
obéissance de mondit seigneur, gamy de bon, vray et loyal 
saufconduit dUcelui adversaire, par vertu duquel nostre dit 
onde et 4seulx de sa compaignie puissent xanir et aller seure- 
ment en Fun parti et en l'autre pour soy emploier, comme des- 
sus est dit, oudit fait de la paix final d'entre lesdiz royaumes 
et pour pourchader sa délivrance, ou en deffault de ce rendre de 
iem ledit terme de Saint-André le corps de nostredit onde, 
mort ou vif, prisonnier, comme devant, en Tune desdictes 
villes de Rouen, de Calais ou de Cbierbourg, laquelle que mieulx 
plaira audit adversaire, en ses mains ou de ses commis et 
députez. Et pour Tacomplissement des choses dessusdict^ 
nous avons obligié et obligons par cesdictes présentes audit 
adversaire d'Angleterre, nous et tous et chascuns noz biens 
meubles et immeubles, presens et avenir, et tout sans fraude, 
barat ou mal engin. En tesmomg de ce nous avons signées ces 
présentes de nostre main et à icelles fait mectre nostre seel. 
Donné à Angiers le xv* jour de décembre Tan de grâce mil gggg 
trente neuf. 

Lots. 
I 42 



178 LETTREa DB LOUIS XI. 

Par monseigneur le daulphin , i'evesque de Glermont, les 
sieurs d'Estissac, de Gamaches, Guillaume d'Avaugour et 
autres presens. 

DuRiIfT. 



XVI. 



21 décembre 1439. 

Envoi par Charles VU de coiunissaires en Poitou et en Saintonge 
sous la conduite du dauphin. — (Orig. Coll. de M. Etienne 
Gharavay.) 

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, à nez amez et 
feaulx les generaulx conseillers par nous ordonnez sur le fiût 
et gouvernement de toutes noz finances tant en Languedoil 
comme en Languedoc, salut et dilection. Comme par noz autres 
lectres patentes données le xn^ jour de ce présent mois de 
décembre * et pour le^ causes contenues en icelles nous ayons 
commis et ordotibez nûz amez et feaulx maistre Jehan de Mont- 
morin, nostre conseille^ et maistre des requestes de nostre 
hostel, Pierre de Cullier&, chevalier, et maistre Jehan Colas, 
noz conseillers en hostre court de Parlement, aler et eulx trans- 
porter en noz pais de Poictbu et de Xainctongê et gouvernement 
de la Rochelle et autres d'environ en la compaignie de no^re 
très chler et très amé filz Loys, daulphin de Viennois, pour 
eulx informer de plusieurs pilleries, roberies, rebellions et déso- 
béissances, abuz de Justice, tors, griefz, exactions et autres 
crimes et maléfices commis et perpétrez en nosdiz pais par^lu- 
sieurs de nos subgiez et autres estans en iceulx et pour'en 
congnoistre, déterminer, jugier, composer, condemner et cor- 
riger les delinquans civilement ou corporelment selon l'exi- 
gence des cas par Tordonnance de nostredlt filz, ainsi que plus 
à plain est contenu en nosdictes lectres, sans ce que encores 

1. Ces lettres, par lesquelles Charles VII chargeait le dauphin 
de chasser les ennemis et les brigands qui ravageaient le Poitou, 
la Saintonge et le gouvernement de la Rochelle, existent en 
vidimus aux Archives nationales, K 65, n<» 11. 



LOUIS DAUPHIN. 179 

ayons ordonné aucune personne à la recepte des deniers qui 
vendront et y seront des amendes, compositions et exploiz de 
ladicte commission, savoir vous faisons que nous y voulans 
pouryeoir, conflans des sens, ioyaulté, preudommle et bonne 
diligence de nostre amé et féal clerc, notaire et secrétaire maistre 
Henry Blandin, icellui avons commis et ordonné et par ces dictes 
présentes commectons et ordonnons receveur des deniers et 
finances qui vendront et y seront des amendes, compositions, 
condemnations, confiscations et autres exploiz de ladicte com- 
mission de nosdiz conseillers aux gaiges, voyages et chevauchées 
qui par nous ou vous lui seront pour ce tauxez et ordonnez, et 
autres droiz, proffiz et emolumens qui y appartiennent. Et 
audit maistre Henry avons donné et donnons plain povoir, 
auctorité et mandement espetial de demander, requérir et rece- 
voir de toutes et quelconques les personnes qu'il appartendra 
les sommes de deniers en quoy à la cause dessusdicte ilz nous 
seront tenuz de leur en donner quictances générales ou parti- 
culières valables à leur descharge et acquit, de contraindre et 
fldre contraindre tous ceulx qui pour ce seront à contraindre à 
paier les sommes qu'ils devront par prinse vendue et explecta- 
tion de leurs biens meubles et héritages, emprisonnement de 
leurs personnes, et par toutes autres voyee et manières acous- 
tumées à faire pour noz propres debtes, et généralement de faire 
toutes autres choses qui au foit de ladicte recepte apparten- 
dront, lesquelz deniers ainsi receuz par ledit maistre Henry 
seront par lui paiez et délivrez par nos lectres patentes expé- 
diées par vous et par descbarge de maistre Jehan de Xaincoins, 
receveur gênerai de nosdictes finances contrerolées, comme il 
appartient, et par voz lectres et tauxadons. Si vous mandons 
que prins et receu dudict maistre Henry Blandin le serement 
en tel cas acoustumé vous le fledtes, souffirez et laissez faire et 
exercer ladicte recepte, et nous voulons et mandons par ces 
mesmes présentes à tous noz justiciers, otQders et subgiez que 
à icellui Blandin et à ses commis et depputez en faisant sadicte 
commission de recepte, circonstance et deppendance d'icelle, 
obéissent et entendent dlligenment, non obstans quelzconques 
ordonnances, mandemens, defiènses et lectres à ce contraires, 
sans préjudice des offices dudit maistre Henry ne d'aucun 



180 LETTRES DE LOUIS XI. 

d'iceulx, ni des bourses et gaiges ne qu'ilz soient ou puissent 
estre soubz umbre ou tiltre du contenu en ces présentes sur lui 
impelrables. Donné à Angiers le vint ung"'* jour de décembre 
l'an de grâce mil cccc trente et neuf et de nostre règne le xyiii«, 
soubz nostre seel ordonné en l'absence du grant. 
Par le roy en son conseil. 

J. DuoH. 

XVU. 

29 janyier 1440. 

Le dauphin fait payer 100 livres tournois à Amaury d'Estissac et 
à Guillaume d'Avaugour qu'il envoie de Fontenay-le-Gomte 
trouver le roi à Angers. — (Orig. Bibl. nat., Pièces orig., 
1080, Estissac.) 

Loys, fllz du roy de France, daulphin de Viennois, à nostre 
amé et féal notaire et secrétaire de Monseigneur et de nous 
maistre Henri Blandin, commis à recevoir les deniers venans 
et yssans des exploix, amendes et confiscations à cause de la 
commission à nous baillée par mondit seigneur pour ikire vui- 
der et cesser les pilleries et roberies et pourveoir aux grans 
abus, excès, fkiz, commis et perpétrez tant sur le fait de la jus- 
tice que autrement es pais de Poictou, Xaintonge et goureme- 
ment de la Rochelle, salut et dilection. Nous voulons, vous 
mandons et expressément enjoingnons que vous paiez et déli- 
vrez ou faictes paier et délivrer à noz amez et feaulx Almaurry, 
sire d'Estissac, chevalier, et Guillaume d'Avaugour, escuier, 
conseilliers et chambellans de nostredit seigneur et de nous, la 
somme de cent livres tournois, laquele nous leur avons tauxée 
et ordonnée pour ceste foiz, tauxons et ordonnons par ces pré- 
sentes, à iceUe leur estre par vous paiée des deniers de vostre- 
dicte recepte pour leur fraiz, missions et despens de pré- 
sentement aler en ambassade par nostre conmiandement et 
ordonnance de la ville de Fontenay-le-Gonte par devers mondit 
seigneur à Angiers ou ailleurs, quelque part qu'il soit, pour 
certaines grosses besongnes et matières par nous à eulx com- 
mises et chargées grandement touchans mondit seigneur et 



LOUIS DAUPHIN. hS\ 

nous, et pour nous en nqporter response quelque part que 
soions, c'est assavoir à chascun desdiz d'Estissac et Avaugour 
L livres tournois. Et par raportant ces présentes aveques quic- 
tance sur ce tant seîdement des dessusdiz ladicte somme de 
cent livres tournois sera alloée en voz comptes et rabatue de 
vosiredicte recepte par noz très chiers et bien amez les genz des 
comptes de mondit seigneur, ausquelz nous mandons de Fauo* 
iLorité royal dont nous usons que ainsi le fkcent sans aucun con- 
tredit ou difQculté, nonobstant quelxconques gaiges, pensions, 
dons, tayxacions ou bienffaiz que tel dessusdit ayent et 
prengnent de mondit seigneur et de nous ici non declairez, que 
desdictes c livres tournois descharge de maistre Jehan de Xain- 
coins, receveur gênerai des finances de mondit seigneur, ne soit 
sur vous levée, et ordonnances, mandemens, restrinctions et 
deffenses à ce contraires. Donné à Fontenay-le-Gonte le xxn^ 
jour de janvier Tan de grâce mil gggg trente et neuf^ 

Par monseigneur le daulphin, les sire de Gamaches et de 
Belleville et autres presens. 

DeLABOBDEaiE. 

XVIII. 

13 juillet 1440. 

Le dauphin s'engage à aimer et protéger toute sa vie le sire de 
la Trémoille. — (Copie. Bibl. nat., D. Fonteneau, XXVI, 
n- 385.) 

Nous Loys, fils du Roi de France, daulfin de Viennois, 
oognoissans les grans, notables et honorables services fitiz à 
Monseigneur par nostre très cher et amé cousin le sire de la 
TremoiUe' ou tems passé et aussi à nous, et &it encores de 
jour en jour, et espérons que encores face en temps advenir, à 

1. Estissac et d' Avaugour donnèrent quittance de la somme ce 
même jour. (Bibl. nat., Pièces ôrig., 1080, Estissac.) 

2. Georges, seigneur de la Trémoille, n. vers 1385, m. le 6 mai 
1446. U prit part à la Praguerie et c'est par l'acte ci-dessus que 
le dauphin s'attacha l'ancien favori de son père. 



48S LETTRES DE LOUIS XI. 

ioeluy nostre cousin sivons promis et juré, promettons et jurons 
par ces présentes, par la foy et serment de nostre corps et en 
parole de fils de roi, de entretenir et tenir nostredit cousin en 
la bienveillance et amour de mondit seigneur et de nous toute 
sa vie, et de le garder, soustenir et deffendre envers et contre 
tous ceulx qui nuire ou porter dommaige lui vouldroient, en 
corps ou en biens, et de le faire Joir de l'ordonnance ou pension 
de neuf mille francs par an à lui ordonnée par mondit seigneur 
sa vie durant, et aussi du don de la gabelle du grenier de Sully- 
sur-Loyre, sans le abandonner ne souSKr que en soit fait 
aucune rompture, à quelque cause ou occasion que ce soit ou 
puist estre, mais le garderons, soustendrons et defléndrons 
envers et contre tous et le enlretendrons et tendrons en la bien- 
veillance de mondit seigneur et en la nostre, et ne souffrerons en 
aucune manière que sadlte pension ordennée ne ledit grenier 
lui soient cassez ne ostez sadite vie durant En tesmoing de ce 
nous avons signé ces présentes de nostre main et fidt sceller 
de nostre scel de secret, le treiziesme jour de juillet Tan de grâce 
mil quatre cens quarante ^ 

Lots. 



XIX. 



4 août 1444. 

Le danphin fait payer à Gabriel de Bernes 30 livres poar une 
mission remplie en janvier 1440 auprès du duc de Bretagne, — 
(Copie. Bibl. nat., Pièces orig., 305, Bernes.) 

Loys, fllz du roy de France, daulpbin de Yiennoys, a nostre 
amé et féal secrétaire de Monseigneur et de nous m* Henry 
Blandin, commis à recevoir les amendes, confiscations venans 
de la commission à nous baillée par mondit seigneur en f439 
pour faire cesser les pilleries et pourveoir aux abuz de jus^ 
tice, etc., es pays de Poictou, Xainctonge et RocMle, salut. 
Payez à nostre amé et féal escuier et maistre d^ostel Gabriel de 

1. L'original de cet acte était, dit Fonteneau, dans les archives 
du ch&teau de Thouars. 



LOUIS DAUPHIN. 183 

Bernes, 30 livres pour ung voyage que de nostre ordonnance il 
flst dès le 25 janvier oudit an 4439, partant de Fontenay-Ie- 
Ck)nte pour aller devers nostre très cher et très amè onde le 
duc de Bretaigne, quelque part qu'il feust, luy porter lettres de 
créance de par nous pour besoignes touchans grandement Mon- 
seigneur et nous, et avoir raportè responce. Donné à Saint- 
Denis en France le 4 aoust 4444 ^ 

XX. 

3 novembre 1441. 

Quittance donnée par le trésorier dn Dauphiné, Nicolas Erlant, 
de la pension payée an dauphin par les habitants de Romans. 
— (Orig. Arch. de la Drôme, £ 3608, 11.) 

Ego Nicolaus Erlandi, thesaurarius Dalphinatus, habui et 

recepi ab universitate ville de Romanis, pro pensione quinqua- 

genta florenonim dalphinalium quam consueverunt domino nos- 

tro dalphino, quolibet anno, die festi omnium sanctorum, que 

pensio fuit noviter advaluata seu taxata juxta scripta seu regis- 

tra antiqua existentia in caméra delpbinalium computorum ad 

sexaginta libras novem solidos et quatuor denarios cum obolis 

Turonensibus pro eo pro termine dicU festi omnium sanctorum 

ultime lapsi, dictas sexaginta libras novem solidos et quatuor 

denarios cum obolis Turonensibus de quibus sum contentus*. 

Datum Gratianopoli die tertia mensis novembris anno domini 

M* ccGG'** quadragesimo primo'. 

N. Erunt. 

1. Gabriel de Bernes donna quittance de cette somme le 8 sep- 
tembre 1441. 

2. Cette pension était due au dauphin en vertu de deux traités : 
le premier, passé le 10 juillet 1366 entre les consuls et conseil- 
lers de Romans et Raoul de Louppy, gouverneur de la province, 
assurait au dauphin 1,000 florins d'or de la part des habitants, 
qui ne payèrent que 200 florins; le second, conclu le 6 octobre 1368, 
convertit les 800 florins restants en une pension annuelle de 
50 florins. (Ârch. de la Drôme, E 3588.) 

3. On trouve dans les Arch. de la Drôme, E 3608, 1, une autre 
quittance donnée par Erlant pour la même pension le 10 mars 1450. 



184 LETTRES DE LOUIS XI. 



XXI. 



22 décembre 1441. 

Poton de Saintrailles reçoit 6,600 livres tournois sar la somme de 
6,000 écus d'or i lui due par le dauphin pour la cession de 
Ghàteau-Thierry. — (Orig. Bibl. nat., Pièces orig., 2356, Poton.) 

Je Poton, seigneur de Xaintraille, premier escaier de corps 
et maistre de Tescuierie du roy nostre sire, confesse avoir eu 
et receu de maistre Nicolas Erlant^ trésorier du Daulphiné et 
receveur de l'aide de na!^ florins derrenierement ottroyé à 
mons' le daulphin de Viennois par les gens des troiz estas de 
sondit pays du Daulphiné, la somme de six mille six cens livres 
tournois, pour et au lieu de quatre mil huit cens escus d'or, 
lesquelz ou monnoye à la value à raison de xxyii solz vi deniers 
tournois pièce, monseigneur le daulphin de Viennois par ses 
lettres patentes données en l'ost devant Pontoise le second jour 
de» juillet derrenier passé, m*a ordonné prendre et avoir des 
deniers dudit aide, en déduction et rabat de la somme de 
vi"" escus d'or, à laquelle il avoit appointtié avec moy pour le 
fait de la place de Ghasteau-Thierry, laquelle je lui ay baillée 
et mise en ses mains. De laquelle somme de yi"* \i^ livres tour- 
nois je me tieng pour content et en quitte mondit seigneur le 
daulphin, ledit receveur et tous autres, tesmoing le signe de 
ma main et le scel de mes armes cy mis le xxn* jour de décembre 
l'an mil cggg quarante et ung. 

POTOH. 

xxn. 

24 janvier 1442. 

Le dauphin reçoit 500 livres tournois sur l'aide octroyé au roi par 
les États du Bas-Limousin. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20420, 
fol. 3.) 

Nous Loys, filz du roy de France, daulphin de Viennois, con- 
fessons avoir eu et receu de Jehan Beaupoil, commis par mon- 



LOUIS DAUPHIN. 185 

scâgneur le roy à recevoir ou bas pais de Limosin Taide à lui 
donné et octroie à Tuelle* ou moys d*octobre derremer passé, la 
somme de cinq cens livres tournois à nous donnée par les gens 
des trois estas d'ioellui bas pais pour les causes contenues es 
lectres de mondit seigneur le roy données en la ville de Saumur 
le XXIX* jour de décembre derrenier passé. De laquelle somme 
de cinq cens livres tournois dessusdictes nous nous tenons pour 
bien contens et saUsfaiz dudit Beaupoil, receveur dessusdit, et 
l'en avons quicté et quictons par ces présentes, lesquelles en 
tesmoing de ce nous avons signées de nostre main et fait scel- 
ler du seel de noz armes le xxiiii* jour de janvier Tan mil cccc 
quarante et ung'. 

Lots. 

XXUI. 

8 juin 1442. 

Distribution, par ordre du dauphin, d'une somme de 3,000 florins 
à des personnages dauphinois. — (Copie. Bibl. nat., Gartulaire 
de Fontanieu, 117-118.) 

C'est la division et perequacion faitte par nous Gabriel de 
Bernes, conseiller et maistre d'ostel de monseigneur le daul- 
phin de Viennois, lieutenant de monsieur le gouverneur du 
Daulphiné, et Guillaume Gousinot, conseiller aussi de mondit 
seigneur le daulphin, de la somme de trois mille florins par 
icellui seigneur donnez à aucuns seigneurs nobles et autres 
dudit pays de Daulphiné sur l'aide de xxx"" Obrins à lui octroyée 
par les gens des trois Estats d'icellui pays à l'assemblée par 
eux faite à Grenoble au mois de may Tan mil gggcxli, laquelle 
sonune mondit seigneur a voulu et mandé estre perequée, 

1. Tulle, capitale du Bas-Limousin. 

2. Le môme jour le dauphin donna quittance à Pierre de Beau- 
caire de la somme de 500 livres tournois sur le môme aide. (Orig. 
Bibl. nat.,Fr. 20420, fol. 4.) — Dans le ms. 20420 on trouve cinq 
autres quittances du dauphin données le 20 novembre 1440, le 
3 déc. 1442, le 20 mai 1443, le 4 janvier 1445 et le 3 juin 1447. 



186 LBTTEBS DE LOUIS XI. 

baillée et distribuée par nostre ordonnanee aux dix seigneurs 
telz que par nous seroient advisez et nommez ainsi qu*^ ses 
lettres patentes sur ce foictes et données à Saint-Denis le 
u* jour d'aoust ou dit an est plus à plain contenu. 

Et premièrement : 

A monseigneur de Saint-Valier ii^xu florins. 

A monsieur de Glermont, autres ii^xu. 

A monsieur de Surgieres, autres ii^xu. 

A monsieur du Bouchage ix»xix. 

A monsieur de Ghasteau-Villain, autres .... ix"m. 

A monsieur de Saint-Priest Ti'^n. 

A monsieur de la Balme d'Ostun, autres .... ti"ii. 

A Aymart de Glermont nii"xm fl. viii s. 

A H. le Prévost de S^-Andrieu de Grenoble ini"xiiii fl. iiii s. 

A messire Joflfroy d'Arces, chevalier xxxiiii. 

A messire François Portier, licencié en lois . . . xxv. 

Somme : xvi^xin florins. 

Le résidu de laquelle somme montant à xim^an^xyii florins les 
seigneurs dessus nommez, considerans plusieurs services et 
plaisirs que leur ont faits et à tout le pays du Daulphiné en 
gênerai, monseigneur de Goetivy, admirai de France, Jamet de 
Tillay , conseiller et chambellan de mondit seigneur le daulphin, 
et nous aussy, ont voulu et consenti d'un commun accord estre 
départi, baillié et distribué à eux et à nous en la manière qui 
s'en suit, si comme aussi par certi£Dcalion de messire Jehan de 
Saint-Germain, licencié en lois, prevost de Teglise de Saint- 
Andrieu de Grenoble, dessus nommé et procureur gênerai 
desdiz gens des trois Estats, faicte soubz ses saing manuel et 
signet le yni* jour de juing Tan mil quatre cent quarante et 
deux peut apparoir. C'est assavoir : 

Audit monseigneur l'admirai v« florins. 

Audit Jamet de Tillay, autres y^. 

A moy Gabriel de Bernez ii^ 

Et à moy Guillaume Gousinot ix>>?ii. 

Bbrnez. — G. Gousinot. 



LOinS DAUPHIN. 187 



XXIV. 

26 février 1443. 

Entrée de Charles Vn et dn daaphin à Toulouse. — (Arch. de 
Toulouse. Fragment du !•' vol. des Annales capitulaires.) 

Eorum tempore dominus noster rex Rarolus intravit Tholo- 
sam cum magno exercitu gendum armonun, redeundo de par- 
tibus Yasconie ubi adquisivat ad suam obedienciam plura loca 
qui per Anglicos longediu fberant occupata. Et est civitas de 
Acx, villa Sancti Severli, castrum yocatum la Reula* et terram 
domini de Lebreto' et plura alia loca. Intravit etiam dominas 
dalphinus nomine Ludovicus, filius régis Francîe, eorum tem- 
pore Thoiosam successive regina Frande cum dicto domino 
dalphino'. 

XXV. 

Avril 1443. 

Dépenses du dauphin. — (Cîopie. Bibl. nat., Mss. Legrand, 

Fr. 6965, fol. 174.) 

CSomptes d'Estienne Chevalier, maistre de la chambre aux 
deniers depuis le premier avril 4442 jusqu'au dernier de juin 
de la mesme année, Jean Bochetel, controlleur. 

Recette. 

Receu de Gasin Ghaille en deux payemens dix mille quatre 
cens livres. 

On ne compta pour toute Tannée qu'à Montauban le 4 9 de 
janvier 4442, et la despense ne se monta pour ces trois mois 
qu'à 2,749 1. 2 s. 4 d. Ainsi pour les six autres mois. 

1. Dax, Saint-Sever et la Réole. 

2. Albret. 

3. Cette mention est au verso du feuillet qui représente l'entrée 
de Marie d'Anjou à Toulouse. 



190 LETTRB8 DE L0UI8 XI. 

# 

Jean Majoris, confesseur du dauphin. 

Guillaume Leothier, phisicien du Dauphin. 

Aymard de Poisieu, dit Gapdorat, escuier, maistre d'hostel. 

Gabriel de Bernes, s' de Targes, maistre d'hostel. 

Bogerin Blosset, maistre d'hostel. 

Guy de Ghaourses, dit Halicorne, chambellan. 

Jean de Bâillon, escuier, seigneur de Fontaines, chambellan. 

Guillaume Sanglier, escuier tranchant, part de Nancy le 
8 d'avril U4 5 et va en Dauphiné, Espagne et ailleurs. 

Gabriel de Bernes va à Monteilaymart conférer avec les 
gens du pape Eugène touchant Thommage du sire de Gndgne, 
la pairerie de Monteilaymart et autres affaires concernant la 
seigneurie de monseigneur le dauphin. Il va à Grest Amauld 
tenir les estats de Diois et Yalentinois. 

Prise de Ghasteauneuf de Mazene par le gouverneur de Bau- 
phîné sur Lancelot, bastard de Poitiers. 

xxvn. 

22 août 1444. 

Jean Majoris, confesseur du dauphin, reçoit 2,750 livres tournois 
destinées à faire faire les pèlerinages ordonnés par le dauphin. 
— (Orig. Bibl. nat.. Pièces orig., 1810, Majoris.) 

Je Jehan Majoris, conseiller et confesseur de mons' le daul- 
phin, confesse avoir eu et receu de maistre Nicole Erlant, tré- 
sorier du Daulphiné et commis de par mondit seigneur à la 
recepte de Taide de xxiitP florins à lui octroyée ou mois de 
janvier mil cccc uni par les gens des trois estas dudit Daul- 
phiné, la somme de deux mil sept cens cinquante li?res tournois 
pour la somme de 11°" escus d'or, laquelle somme de ii"* escus 
d^or mondit seigneur par ses lettres données le xvi* jour d^avril 
derrier passé m'avoit ordonnée estre baillé par ledit commis 
des deniers dudit aide, pour icelle convertir et employer à fiûre 
faire certains pèlerinages et veuz fais par mondit seigneur, tant 
à Saint Jaques en Gulier comme ailleurs. De laquelle somme 
de iP vii^ L livres tournois je me tien pour content, tesmoing 



LOUIS DÀl}PHnf. 191 

mes scd et signe de ma main cj mis le xzii« jour d'aoust Tan 
mil quatre cens quarante quatre. 

jEHAïf Majoris. 

xxvm. 

15 septembre 1444. 

Le bourgmestre et ie conseil de la ville impériale de Golmar se 
plaignent au dauphin des exactions et méfaits commis par les 
capitaines et soldats de celui-ci. — (Arch. de Golmar, Liber 
mUsivarum^ 1442-48, fol. 104 et 105.) 

Dem dùrchlûchtigen hochgebornen Groszmachtigen flirsten 
und herren, herm Ludwigen von Yyan, Delphin ze Francken- 
rich, unseren gnedigen herm. 

Dem dùrchlûchtigen hochgebornen Groszmachtigen fûrsten 
und herren, herrn Ludwigen von Yyan, Delphin ze Frandcen- 
rich, sigent unsere, undertenige willige dienste in willen allczyt 
vorbereit. Hochgebomer Groszmechtiger fïirste, Gnediger Herre, 
als uwer fûrstlich gnode mit ùwern Gappitthenien und heren 
des voldces unser gnedigen herrschaift und dem huse von 
Osterrich, als wir verstont, ze hilffe und truste in disz lande 
Romen sint, etc., rytent und rennent nu uwer gnoden Gappi- 
thenien und voldce teglichs und zû allen molen fur unser und 
des Richs Statt und Slosse, und in unser arte, vohent die unsem, 
slahent die tode, vervnmdent man und vnbe, furent die hie und 
scheczent sie swœrlich, nement ouch uns und den unsem das 
ir, tribent ouch solichen grossen uncristenlichen unredelichen 
und unordenlichen mûtwiUen mit frowen, jungkflrowen und 
kinden, die ze lastern und ze schenden, das es unsseglichen ist : 
da durch nu wir und die unsern das velde zû unser notturSt 
nit gebmchen kœnnent noch mœgent, uns verderplichen und 
schedelichen , Ailes uber das wir derselben unser gnedigen 
herrschaft und dem huse von Osterrich allezijl in guter mey- 
nunge, willen und underdienstbarckeit gewesen und noch sint. 
Ouch ùber das wir mit derselben unser gnedigen herrschaflt 
von Osterrich widersachen weder in buntnissen, noch in 
eynunge siont, und uns ouch soliche sache gancz nut berûrt 



:j 



\9% LETTRES DE LOUIS XI. 

noch angot. Do wir nu zû uwern gnoden als einem Gristenli- 
chesten fiirsten ein gancz troffen und getruwen habent, das 
solich ûbel so uns und demunsern also unuerschuldet zûgefûgt 
wûrt, ûwern gnoden wider und nit lieb sin sœlle : wand nii 
wir ein glide des heiligen Richs sint und unser Allergnedigesten 
herre der Rœmische, etc. Kanig, dem wir von des heiligen 
Richs wegen ze versprechende stont, der Eiltest fûrste von 
Osterrich ist, Darzû ouch durch bottschafft des durch lùchtifen 
hochgebornen fiirsten unsers gnedigen herm herczog Ludwigs 
des pfalczgrouen vestanden habent, das wir und andere, so 
dann sinen gnoden als einem, vicarien des heiligen. Richs ouch 
ZU versprechende und ze verantwùrtende stont, in disen sachen 
pyg geleit und sicherheit haben sœllent, sunder ouch wider die 
lobliche kron von Franckenriche nie geton habent : Harumb, 
durchlùchUger bochgebomer furste und herre, wir ùwer gno- 
den Groszmechtikeit underdienstlich und denmticlich bittende 
sint, so wir flisslichest imd ernstlichest kœnnent und mœgent 
uns darjinn gnedidich ze bedeneken, daran ze sinde und ze 
schaffen das wir und die unsem das velde zû unser notturflft 
sicher gebruchen mœgent, und solicher grosser beswerde, 
schedigunge, verluste und smœhde fûrer vertragen werdent 
und iiberhept belibent, als wir uns ouch des und ailes gûten 
zû ùwern gnoden versehen, hoffen und getruwen wœllent : 
Wo wir das umb ùwer fùrstliche groszmechtikeit, ouch unsem 
gnedigesten herm den Rûnig von Franckenrich, ûwem gno- 
den gebsrer, und die krone von Franckenrich iemer verdienen 
Oder verschulden kœnnent oder mœgent, wœllent wir allczijt 
willig berert fùnden werden : Bittent harumb demûticlich uns 
uwer gnaden antwùrt by disem unserm botten gnediclichen 
wider verschriben wissen ze lossen. Datum tertia, viddicet 
Grastina festi Exaltacionis sancte Gmds, anno, etc. xliiu. 

Burgermeister und Rate des heiligen Richs statt Gohner. 

Zedula interclusa Delphm (sic). 

Gnediger fiirste und herre, uff soliche meynunge battent wir 
uwern gnoden uff zinstag nechst ouch gescbriben, und als unser 
bott obwendîg Rufach komen ist, sint in etUiche von uwern 
volcke an komen, habent in gerechtvertiget, ime sin gùrtel, 



LOUIS DAUPHIN. 193 

gewant, taesche vnd brieffe, darinn ouch ettwas geltes damit 
genomen und hingefûrt : ùber das doch derselbe bott inen 
gesagt bat, er sige in bottschafift mit brieffen und geschriflle zu 
dwern gnoden von uns uszgeuertiget, ouch ùber das Er inen 
einen geleitzbrieff zoûgt und sehen liesz, den derselbe unser 
botte von Pouchon de Kyriere, ûwer gnoden Gappitenien, der 
nûzemal ze Hunczenhein Isgert und er von îme erworben bat, 
daran sie sich aber nùt kertent, sunder dem unsem brieffe, 
gelte und tescbe genomen und hingef&rt bant, als vor slât *. 

Au sérénissime, illustre et puissant prince et seigneur, le 
seigneur Louis de Yyan, daupbin de France, notre gracieux 
seigneur. 

Au sérénissime, illustre et puissant prince et seigneur, au 
seigneur Louis de Yyan, daupbin de France, soient nos humbles 
et dociles services toiyours prêts. Illustre et puissant prince, 
gracieux seigneur, lorsque Votre Seigneurie prindère, avec vos 
capitaines et chefs de l'armée, êtes venue dans ce pays, ainsi 
que nous Pavons appris, au secours de notre seigneur et de la 
maison d'Autriche, etc. ; or, maintenant, vos capitaines et vos 
soldats font chaque jour des chevauchées devant notre ville 
impériale et notre château, ainsi que dans nos champs, ils 
emmènent nos gens, frappent les morts, blessent hommes et 
femmes, les emmènent, les rançonnent'cruellement, dérobent 
tout ce qui nous appartient, à nous et aux nôtres, et se con- 
duisent envers les femmes, les jeunes filles et les enfants d'une 
façon si peu chrétienne et si déshonnète, qu'on ne saurait en 
parler. Il en résulte que nous et les nôtres nous ne pouvons 
plus nous servir des champs qui nous sont nécessaires et qui 
se trouvent ruinés. Nous avons toujours été en bonne alliance 
et en union avec la maison d'Autriche, et nous n'avons jamais 
fait alliance avec ses ennemis, dont les affaires ne nous con- 
cernent pas ^. Ayant donc en Votre Seigneurie, comme en un 

1. Je dois communication de cette lettre à l'obligeance de 
M. X. Mossmann, le savant historien alsacien. 

2. Gf. Les écorcheurs sous Charles VII, par Taetey, p. 185 etsuiv. 

I 13 



<^\ 



194 LETTRES DE LOUIS XI. 

prince très chrétien, tout espoir et toute oonflance, nous pen- 
sons qu'il ne plaira pas à Votre Seigneurie qu'un tel mal nous 
soit fait, à nous qui sommes innocents. Gomme nous sommes 
un membre du saint empire et que notre seigneur le roi des 
Romains, à qui nous sommes soumis à cause du saint empire, 
est prince d'Autriche, comme en outre un message de l'illustre 
prince le duc Louis, comte palatin * , nous a fait savoir que 
nous devons être soumis à Votre Seigneurie, comme à un 
vicaire du saint empire, auprès de qui nous trouverons protec- 
tion et sûreté dans de telles circonstances, comme enfin nous 
n'avons jamais agi contre l'illustre couronne de France, pour 
toutes ces raisons, très illustre prince et seigneur, nous vous 
prions aussi humbleitient que nous pouvons le foire, de prendre 
gracieusement nos intérêts dans cette af&dre et de &ire que 
nous et les nôtres puissions cultiver nos champs en toute sécu- 
rité et que de si grands dommages^ griefs, pertes et injures 
nous soient épargnés, de même que nous espérons de Votre 
Grâce tout bon oflBce. De notre côté nous serons toujours prêts 
à être utUes à Voire Seigneurie et à notre seigneur le roi de 
France, votre père, ainsi qu'à la couronne de France. Nous 
prions humblement Votre Grâce de nous rendre réponse par 
notre messager. Donné le 3* jour, lendemain de la fête de 
l'Exaltation de la sainte Croix, etc., l'an 44. 

Le bourgmestre et le Conseil de la ville 
impériale de Cohnar. 

Cédule jointe à la lettre écrite au dauphin. 

Gracieux prince et seigneur, nous avions écrit à Votre Grâce 
mardi dernier, mais lorsque notre messager Ait arrivé au-des- 
sus de Rouffach, quelques-uns de vos soldats sont venus et lui 
ont pris sa ceinture, son manteau, son portefeuille, ses lettres, 
et aussi quelque argent qu'il avoit, et ont tout emporté. Notre 
messager leur dit qu'il étoit envoyé vers vous avec des lettres 
et leur montra un sauf-conduit de Pouchon de Ryvière ', votre 

1. Louis m de Bavière, comte palatin da Rhin, était comman- 
dant de Tarmée contre le dauphin. (Tuetey, p. 301.) 

2. Pochon de Rivière fut tué peu après au siège de Baint-Hip- 
polyte. (Tuetey, Pièces justificatives, p. 520.) 



LOUIS DAUPHIN. 195 

capitaine, campé à Mantzenheim, mais ils ne l'ont pas écouté 
et ont tout pris, lettres, argent et portefeuille, comme il est dit 
plus haut ^ 

XXIX. 

18 septembre 1444. 

Le dauphin reçoit 9,000 livres tournois à lui octroyées par les 
États du bas pays d'Auvergne. ~ (Orig. Bibl. nat., Fr. 20420, 
fol. 7.) 

Nous Loys, daulphin de Viennois, confessons avoir eu et 
receu de Pierre Mandonier, commis à recevoir ou bas pais 
d* Auvergne la pordon de Taide de ii<^ xl'" frans que Monsei- 
gneur a ordonné estre mis sus en tous ses pais de Languedoil 
ou mois' de février derrenierement passé, tant pour la conduicte 
de sa guerre que pour autres ses affaires, la somme de neuf 
mille livres tournois que les gens des trois estaz dudit bas pais 
d'Auvergne nous ont donnée et octroyée pour nous aidier à 
soustenir nostre estât et supporter la grant despense que chas- 
cun jour nous convient faire, et aussi à ce que ayons ledit pais 
pour recommandé envers mondit seigneur, et icelle somme nous 
estre paiée par ledit commis des deniers de sadicte recepte mis 
sus en icellui pais, oultre le principal dudit aide, comme par 
les instructions faictes et accordées par lesdiz gens des trois 
estaz sur le fait et octroy dudit aide ces choses pevent plus 
aplain apparoir. De laquelle somme de n*" livres tournois des- 
susdicte nous nous tenons pour contens et bien paiez et en 
quictons ledit commis et tous autres qu'il appartient. Donné 
soubz nostre seel et signé de nostre main en tesmoing de ce le 
xvm* jour de septembre l'an mil cccc et quarante quatre. 

Lots. 

XXX. 

{«f octobre 1444-septembre 1445. 

Comptes de la maison du dauphin. — (Copie. Bibl. nat., 
Mss. Legrand, Fr. 6965, fol. 378.) 

Deuxiesme compte commençant le premier d'octobre 1444 et 

1. Cette traduction m'a été obligeamment fournie par mon con- 
frère et ami M. Léon Brièle, archiviste de l'assistance publique. 



196 LETTRES DE LOUIS XI. 

finissant en septembre 4445. La despense est de 46,4991iv. 78. 
3 d. Le Maistre doit 2,700 liv. 42 s. 8 d. 

Pour les mois d'octobre et novembre à Montbeliard, le 8 et 
9 de décembre 4444. 

Pour décembre à Montbeliard le 4 janvier 4444. 

Pour Janvier, février, mars, à Nancy, le 4 février, le 6 mars 
4444, le 8« avril 4445. 

Pour avril, may, juin, à Gbalons le 42 et 45 de juin et jeudy 
29juiUet4445. 

Pour juillet, aoust, septembre, à Tours, le 28 septembre et 
5 de novembre. 

— Troisiesme compte commençant et finissant conune Tautre 
en 4445 et 4446. 

Tous les comptes sont rendus à Ghinon et à Tours. La 
despense de 4 6,889 liv. 4 d. Nota. Seulement que le dauphin fist 
présent à Pierre de Brezé, seneschal de Poitou, de 25 queues de 
vin du Rhin rendues à Ghinon en janvier 4 445. 

— Quatriesme compte commençant le premier octobre 4446 
et finissant en septembre 4 447. 

La despense est de 48,455 liv. xi s. 3 d. 

Pour le mois d'octobre à Tours le 2 de novembre 4446. 

Pour novembre à Tours le 24 de décembre 4446. 

Pour décembre à Lyon le 7 janvier 4446. 

Pour janvier, février, mars, avril, may, à Valence, le 40 de 
juilleir4447. 

Pour juin et juillet à Grenoble le 26 d'aoust 4447. 

Pour aoust à la Mure le 6 de septembre 4447. 

Nota. André Pifr-hoste de la Pomme à Lyon pour despense 
faite par M. d'Estissac, maistre Régnier de BouUigny, Rogerin 
Blosset, envoyez de la Goste, où estoit M. le dauphin, à Lyon 
veoir Testât et fait de la despense de deux années, pour ce que 
tous les papiers et registres estoient audit Lyon et fkire finance 
d'argent pour fournir à la despense en attendant les assignations 
nouvelles, où Ton dépensa 404 liv. 

Nota. Que furent dépensées dix pipes de vin à Tours pour 
regalier les ambassadeurs du duc de Milan venus à Tours vers 
M. le dauphin au mois de novembre 4446 et aussi les gens du 



LOinS DAUPHIN. 197 

grand conseil du roy et autres des hostels du roy, de la 
reine, etc. 

— Ginquiesme compte du premier octobre 4447 au dernier 
septembre 4448. Despense 49,405 liv. 8 s. 2 d. Il ne fut point 
rendu de comptes cette année qu'au mois de septembre 4448. 
Le 4 7 septembre à Gbatonay et le 24 à la Goste, et le 4 de 
novembre à Ëstoille. 

XXXI. 

14 février 1445. 

Remboarsement par le dauphin à Jean de la Borderie d'une somme 
de 5,500 livres tournois à lui avancée lors de son retour d'Alle- 
magne. — (Copie. Bibl. nat., Gartulaire de Fontanieu, 119-120.) 

Loys, ainsné fils du roy de France, daulphin de Viennois, à 
nostre amé et féal Nicolas Erlant, trésorier de nostre Daulphiné 
et par nous commis à recevoir Tayde de vingt huit mil flourins 
à nous octroyé en nostre ville de Grenoble par les gens des trois 
estats de nostredit Daulphiné au mois de décembre dernier 
passé, salut et dilection. Nous voulons, vous mandons et expres- 
sément enjoingnons que des deniers dudit aide vous paiez, 
baillez et délivrez à nostre amé et féal conseiller, maistre de 
nostre chambre aux deniers, Jehan de la Borderie, la somme 
de dnq mil cinq cens livres tournois, laquelle somme il nous a 
prestée, baillée et délivrée content en nos mains à nostre retour 
d'Alemaingne en ceste ville de Nancey et à nostre très grand 
besoing et nécessité, et dont ne voulons autre declaracion estre 
faicte. Et par rapportant les présentes et quictance sur ce souf- 
flsant dudit Borderie ladicte sonune de v*" y^ livres tournois 
sera allouée en vos comptes et rabatue de Rostre recepte par- 
tout où il appartiendra, sans aucune difficulté ou contredit, 
nonobstant que de la délivrance et distribution d'icelle somme 
n'appert autrement que dit est et quelsconques ordonnances, 
mandemens et defiTenses à ce contraires. Donné à Nancey le 
xiiii* jour de février l'an de grâce mil cccc quarante et quatre. 

Par monseigneur le daulphin, les seigneurs de Montejehan, 
Gharles Morillon, maistre Régnier de Bouligny et plusieurs 
autres presens. 

BilUULUER. 



*• 



198 LETTRES DE LOUIS XI. 



xxxn. 



7 et 31 mars 1445. 

DélibérationB du Conseil de Ghàlons-sur-Mame sur un aide 
demandé par le dauphin. — (Ârch. de Chftlons-sur-Mame, 
registres du Cîonseil, t. III, fol. 116.) 

7 mars 1445. 

Sur ce que mons" le dalphin a escript que comme il ait eu 
grant charge d'entretenir les gens d'armes et les conduire et 
gouverner es pais d'Alemaigne à grans frais et despens, et 
requiert que pour iceulx supporter en Taide que le roy nostre 
sire Veult mectre sus oultre et par dessus icelle Ten lui veuille 
aider d'aucune somme, et il le recongnoistra quant besoing 
sera. Et au seurplus mande de adjouster pleine foy de créance 
aux porteurs desdictes lettres, lesquelz ont dit en exposant leur 
créance qu'ilz sçavoient bien que le contenu es-dictes lettres 
estoit le fait de leur dicte créance, sans y vouloir aucune chose 
muer, oster ne adjouster, requerans sur ce response. 

U est conclud que Ten leur fera response que pour Ponneur 
de mondict s' le daulphin, en recongnoissant les peines, charges 
et travaulx corporelz qu'il a prins pour le bien du royaume en 
mettant sus Timpost de par le roy, l'en fera tant et tellement 
que veu la povreté et diminucion du peuple, il devra estre con- 
tent de ce. 

31 mars 1445. 

Item, oultre et par dessus ce que dit est, pour ce qu'il a esté 
conclud par assamblée générale de donner à mons' le daulphin 
II ou iii<^ francs, fault gérer ce que on lui pourra ou voulra 
donner, en ayant regard au fait de la monnoie, car le roy vuelt 
estre payé à sa monnoie, ou se on le paie en florins on ne les 
pourra mectre que pour vint solz tournois et ainsi des aultres 
monnoies, à sçavoir se on gérera plus hault pour le raval des- 
dictes monnoies ou se on la gérera au juste pris de xtiii<^ livres 
pour le roy et ii^ pour mons' le dalphin. 

Il est conclud que l'en gérera lesdictes n°^ le plus également 
que l'en pourra, dont chascun paiera plus de la moitié pour 



L0UI8 DAUPHm. 199 

faire ledict paiement, c'est assavoir de m"* francs les iP, et 
sont les tailleurs maistre Jehan de Yiroil et G. d*Esclens, avec 
les connestables, et Cardin, recepveur. 

xxxra. 

3 mai 1445. 

Délibération du Conseil de Chàlons-sur-Mame sur l'entrée de la 
reine et dn dauphin dans cette ville, — (Arch. de Châlons-sur- 
Mame, registres du Conseil, t. m, fol. 117.) 

po Que on portera depuis la porte jusques au logis sur la 
Royne ung drap de sendail * vermeil frangié et le porteront 
deux nohles et deux eschevins. 

Item on donna à la royne deux queues de vin de Beaune, une 
blanche et une vermeille. 

Item à madame la dalphme n poinçons de pareil. 

Item aux aultres seigneurs on ne leur fera aucuns presens, 
car aultreffois on leur en Êdt assez, et si fera on paier les 
rues. 

XXXIV. 

Juin 1445. 

Séjour de Charles VII, du dauphin et de la cour à Chàlons-sur- 
Mame. — (Ârch. de Châlons-sur-Marne, registres du Conseil, 
t. m, fol. 1 V.) 

L'an mil nii^' xlv la sepmsùne devant TAscension la royne de 
France, seur du roy de Cécile ' et de messire Charles d'Anjou, 
mons^ le dalphin, son Qlz, et madame la dalphine, sa femme, 
iille du roy d'Escosse, et mons' le duc de Calabre^, arrivarent 
en la ville de Ghaalons, et environ le premier jour de jung 
oudict an le roy nostre sire, le roy de Cécile dessUsdict, sondict 
frère, messire Charles d'Anjou, mons' le comte de Foiz, 

» 

1. Étoffe de soie. 

2. René d'Anjou, dit lé bon roi René. 

3. Jean, duc de Caiabre, fils de René d'Anjou, m. en 1471. 



800 LETTRBS DE L0UI8 XI. 

mons' le connestable^ , mons' le senechal', mons' le mareschal de 
la Fayette', mons' le conte de Saint-Pol^ madame la duchesse 
de Bourgoingne, avec plusieurs chevaUers de son pais, le grant 
conseil du roy, c'est assavoir mons' l'evesque de Haguelone^, 
mons' Fevesque de Maillesetz", mons' de Castres*, mons' de 
Reins ^, mons' de Lyon*, messire Guillaume Juvenel, lors bailli 
de Sens, qui &it fdt en celuy temps et lieu chancelier de France, 
et plusieurs aultres seigneurs et grans ambaxades de par le duc 
de Uilant, de par le duc de Savoye, de par le roy d'Espaigne, 
de par le roy de Gastille, de par les Gregois, Tarcevesque de 
Gonstantinoble, de par le roy de Gastelle, de par le conte de 
Armignac, lors prisonnier du roy*, dcpar les Alemans, Tarce- 
ves()ue de Goulongne, et aultre ambaxade de par les Angloys, 
vindrent et séjournèrent pluseurs jours à Ghaalons. Et 1^ 
furent feictes grandes, honorables et sumptueuses joustes ou 
marchié, à lices, et après à grant peine fui feicte pais et accort 
entre le roy et mondict sieur de Bourgoingne et aussy entre 
ledict roy de Cécile et ledict de Bourgoingne. Et demeura le 
coy tant audict Ghaalons comme à Sarrey jusques au mardi 
xvii* jour d'aoust ensuivant, et se party soudainement comme 
dolant, couroucé et troublé pour le trespassement de madicte 
dame la dalâne, qui avoit esté trespassée audict Ghaalons le 

1. Arthur de Bretagne, comte de Richement. 

2. Pierre n de Brézé, grand-sénéchal de Normandie. 

3. Gilbert de la Fayette, n. vers 1380, maréchal de France en 
1420, m. le 23 fév. 1462. 

4. Robert de Rouvres, évoque de Maguelonne de 1433 à 1453. 

5. Thibaut de Lucé, évoque de Maillezais de 1438 à 1453. 

6. Gérard Machet, évoque de Castres de 1432 à 1448, cardinal 
en 1440, confesseur de Charles YII, n. à Blois, 1380, m. à Tours 
le 17 juillet 1448. 

7. Jacques Jouvenel des Ursins, archevêque de Reims de 1444 
à 1449. 

8. Geoffroi de Yassali, archevêque de 1444 à 1446. 

9. Jean IV, comte d'Armagnac, avait voulu s'approprier le 
comté de Comminges, légué à Charles VU par la comtesse Mar- 
guerite. Le roi envoya contre lui le dauphin, qui prit le comte 
dans rUe-Jourdain. 



LOUIS DAUPHIN. 201 

lundi précèdent environ xi heures devant minuit, et flit enterrée 
à Saint Estene et fait son service et donnée à chascun povre de 
X deniers tournois. Et pendant le temps dessusdict le roy tint 
siège en Tostel episcopal de Ghaalons, et fut plaidiée devant 
luy la cause de son procureur contre ledict conte d'Armignac ^ 

Durant la maladie de madicte dame la dalphine on fit cesser 
le sonner à toutes les églises de Ghaalons par l'espace devant 
vm jours. 

XXXV. 

2 juillet 1445. 

La dauphine Marguerite d'Ecosse reçoit de Charles Vn, par les 
mains de Jacques Cœur, 2,000 livres tournois. — (Copie. Bibl. 
nat., Mss. Legrand, Fr. 6965, fol. 276.) 

Nous Marguerite, daulphine de Viennois, confessons avoir eu 
et receu de maistre Estienne Petit, secrétaire de monseigneur 
le roy et receveur gênerai de ses finances es pays de Languedoc 
et duchié de Guienne, la somme de deux mille livres tournois à 
nous donnée et ordonnée par mondit seigneur sus l'aide qui luy 
sera prochainement octroyé audit pays de Languedoc, et icelle 
somme nous a fait bailler et délivrer comptant^par les mains 
de Jacques Guer, son argentier, nous estant nagueres à Nancey 
en Lorraine, pour avoir des draps de soie et martres pour faire 
robes pour nostre personne. De laquelle somme de u'° livres 
tournois nous nous tenons pour contente et bien payée et en 
quictons ledit receveur gênerai et tous autres qu'il appartien- 
dra, voulons et consentons icelle estre passée et allouée en ses 
comptes et rabatue de sa recepte partout où il appartiendra, 
sans contredit ou difficulté aucune, nonobstant que autrement 
rappe de la réception et distribution faicte d'icelle somme, dont 
ne voulons que autre déclaration ne enseignement en soient 
ikits ne baillez. Donné soubz nostre seel et signé de nostre main 

le 2« jour de juillet l'an 4445. 

Mauguëiute. 

1. Cf. Mathieu d'Esconchy, 1. 1, p. 61. 



808 LETTRES DE LOUIS XI. 

XXXVI. 

Juillet-septembre 1445. 

Comptes de la maison de la dauphine Marguerite d'Ecosse. — - 
(Copie. Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6965, fol. 280.) 

Despense ordinaire et extraordinaire de Tbostel de madame la 
dauphine de Viennois et de ses gens et ofBciers pour trois mois 
au terme de Noël. G^est à sçavoir pour la despense de madite 
daïne la dauphine depuis le 4*' jour de juillet Tan 4445 jus- 
qu'au 46* d'aoust ensuivant, lequel jour à dix heures du soir 
alla de vie à trespas en la ville de Ghalons en Champagne, et après 
sondit trespas tous ses gens et officiers ensemble à une despense 
jusqu'au 4 9* jour dudit mois d'aoust, que ce jour partit desdites 
gens jusqu'au nombre de 24 personnes à aller à Tournay au 
devant de mesdames Jeanne et Helienor d^Ecosse, sœurs de feue 
madite dame ; et le surplus desdites gens demoura à ladite 
despense, et jusqu^au 24 • jour du mois de septembre ensuivant, 
lequel jour arrivèrent à Tours mesdites dames d'Ecosse et les- 
dites 24 personnes qui estoient allés audevant d'icelles à Tour- 
nay, et estoient avec mesdites dames le sire de Gray, maistre 
Thomas Spens, archidiacre de Saint-Johnston audit pays 
d'Ecosse, et envoyés de par luy pour accompagner mesdites 
dames, et Airent tous à ladite despense ensemble avec le résidu 
des autres gens de feue madite dame estant à Tours de retour 
desdits voyages et jusqu'à la fin du 9* mois de septembre. Toute 
la despense de ces trois mois se monta, tant pour le voyage que 
pour nourriture, 4485 liv. 2 s. 9 d. 

xxxvn. 

20 octobre 1445. 

Jean Majoris reçoit 4,000 écus d'or pour distribuer aux abbayes 
de Saint-Antoine de Viennois, Saint-Eutrope de Saintes et 
Saint-Fiacre. — (Orig. Bibl. nat., Pièces orig., 1810, Majoris.) 

Je Jehan Majoris, confesseur de mons' le daulphin, confesse 



LOUIS DAUPHIN. 803 

avoir reoeu de maistre Nicholas Erlant, trésorier du Daulphiné, 
la somme de quatre cent escuz d*or pour distribuer de par 
mondit seigneur en la manière que s'ensuit, c'est assavoir à 
Saint-Anthoine de Viennois deux cent, à Sainct-Ytrope de 
Xaintez cent, et à SainctrFiacre cent. De la quelle somme de 
im« escuz j'ay quicté et quicte ledit trésorier et tous autres, 
tesmoing mon seing manuel cy mis le xx* jour d'octobre 

mil GGGG XLY. 

J. Huoais. 

xxxvm. 

11 mars 1446. 

Réponse des Vénitiens à la notification faite par le dauphin de sa 
nomination de gonfalonier de TÉgUse. — (Arch. de Venise, 
Deliberazioni (sécréta), 17, fol. ly y*.) 

Quod spectabilibus oratoribus illustrissimi domini Delphini 
Viennensis qui venerunt ad presentiam nostri domini et circa 
electionem suam ad confaloneriatum sancte Ecclesie et in Êictis 
Bononie et aliis tangentibus Romanum pontiflcem eiposuerunt 
ea que per serenissimum dominum ducem isti consilio relata 
sunt, respondeatur : 

Quod quecumque nobis prudentissime exposuerunt parte 
illustrissimi domini sui sic requirrente vetustissima aSèctione 
nostra ad excellentissimam doraum suam et ad illustrissimum 
Delflnum profecto gratissimo animo intelleximus similiter etiam 
valde lîbenter audivimus electionem factam per Romanum 
Pontificem de illustrissima persona sua ad con&loneriatum et 
in protectorem sancte Ecclesie. Namque collatio ista bene mérita 
est et ipso domino digna, cujus christianissima domus incre^ 
mento christiane religionis et Ecclesie Dei continue magnis stu- 
diis laboravit. Et circa suasiones nobis factas pro bis que ad 
summum pontificem pertinere possunt, dicimus quod credimus 
nedum prefato illustrissime delfino sed omnibus satis esse 
posse notissimum quantum progenitores nostri nosque pariter 
et anteactis et modernis temporibus in sublimationem et statum 
sancte Ecclesie Romanorumque pontificum et quantum barbaras 
nationes et aliter, postpositis periculis omnibus, faxsere oonati 



204 LETTRES DE LOUIS XI. 

sumus. Huic autem romano pontifid, cum in bac urbe nostra 
originem traxerit semper etiam illialem devotionem summam- 
que reverentiam habuimus et babere întendimus. Nam post- 
quam ad summum ponUflcatum assumptus extiUt, in diversis 
neocessitatibus et periculis suis, id quod in verbis dicimus Cla- 
ris effectibus et experientiis demonstravimus. Et cum bis et 
aliis yerbis et rationibus pertinentibus bonestetur bec nostra 
responsio, sicut per coUegium utilius judicabitur. 

De parte aui. 

De non 7 

Non sinceri 2 

XXXIX. 

3 avril 1446-24 mai 1452. 

Documents concernant Técbange fait entre le daupbin et le 
duc de Savoie des comtés de Valentinois et de Dioîs contre la 
baronnie de Faucigny. — (Orig. Arcbives de Turin, TraUés 
anciens avec la France^ paquet 9.) 

1. 

Ghinon, 3 avril 1446. 

Lettres patentes du daupbin constatant quMl a conclu avec le 
duc de Savoie un traité par lequel ce dernier renonce aux droits 
qu'il prétendait avoir sur les comtés de Valentinois et de Diois 
en vertu d'une disposition testamentaire du comte de Poitiers, 
tandis que le daupbin fait abandon de Tbommage de la baron- 
nie de Faucigny, cédée par le roi Jean au comte Amé de Savoie. 
Le duc de Savoie s'engage à payer 54,000 écus d'or au dauphin 
et lui donne quittance des 3,000 ducats que ce dernier lui 
devait. (ArcL de Turin, id., paquet 9, n*" 3.) 

Ce traité ftit ratifié, au mois d'avril 1446, par Gbarles YII. 
(Id.,nM.) 

2. 

Ghinon, 5 avril 1546. 

Lettres patentes du daupbin annonçant aux gouverneur, 
gens du Gonseil et des Comptes du Daupbiné, que le duc de 



LOUIS DAUPHIN. 205 

Savoie lui a cédé ses droits sur les comtés de Yalentinois et de 
Diois, et leur ordonnant de prendre possession des dits comtés. 
(Arcliiyes de Turin, id., n® 7.) 

Par lettres, données à Grenoble le 48 mai 4446, Raoul de 
Gaucourt, gouverneur du Dauphiné, chargea Jean d'Origny, 
conseiller et auditeur des comptes du Dauphiné, d'eiécuter les 
ordres du dauphin. (Id. , n* 7.) 

3. 

Ghinon, 5 avril 1446. 

Lettres du dauphin commettant Gabriel de Bernes pour recevoir 
la somme de 54,000 écus d'or due par le duc de Savoie. fVidi- 
mus. Arch. de Turin, id., n« 8, pièce n« 1.) 

Loys, ainsné âlz du roy de France, daulphin de Yiennoys, à 
nostre amé et feal conseiller et maistre de nostre hostd Gai)riel 
de Bernes, salut et dilection. Gomme par certain accord et 
traictié bit et passé entre nous et nostre très chier et très amé 
cousin le duc de Savoye pour le bit et occasion des contez de 
YalenUnoiz, de Dyeois et homaige de Foudgny, nous ait esté 
promis et acordé payer par nostredit cousin la summe de cin- 
quante quatre mille escuz d^or, pour laquelle somme recevoir et 
bire venir ens, soit besoing de conmiectre aucune parsonne 
soufBsant solvable et à nous feable, savoir vous bisons que 
nous conflans à plein de voz sens, discreccion, loyauté, preu- 
dommie et bonne diligence, nous avons commis et ordonné, 
commectons et ordonnons par ces présentes à ycelle sonune de 
cinquante quatre mille escuz recevoir de nostredit cousin ou de 
ses gens et officiers, et vous avons donné et par ces présentes 
donnons povoir, auctorité et mandement especial d*en baillier 
voz quîctances pour et ou nom de nous pour estre vallables 
partout où il appartiendra comme les nostres, pour ycelle somme 
estre par vous bailliée et distribuée là où par nous vous sera 
ordonné et par noz lectres et mandemens pour valoir à vostre 
acquit. Car ainsi nous plait il estre bit. Donné & Ghynon le 
cinquiesme jour d'avril Tan de grâce mil quatre cens quarante 
et cinq. , > 

Par mons' le daulphin en son conseil. 

BOGHBTEL. 



• 

ê' 



S06 LETTRES DE LOUIS XI. 

4. 

19 avril 1446. 

Acte constatant les obligations contractées envers Gabriel de 
Bernes par le dac de Savoie relativement à la somme due par 
ce dernier au dauphin. (Arch. de Turin, id., n« 8, pièce 48.) 

5. 
Genève, 7 mai 1446. 

Gabriel de Bernes, conseiller et maître d'hôtel du dauphin, recon- 
naît avoir reçu de Jean Maréchal, trésorier général du duc de 
Savoie, la somme de 25,000 écus d'or en paiement du premier 
terme de la somme de 54,000 écus due par ce prince au dau- 
phin. (Vidimus. Arch. de Turin, id., n9 8, pièce n^ 1.) 

Je Gabriel de Berne, seigneur de Targes, conseiller et maistre 
d'houstel de mons' le daulphin de Viennois et son procureur et 
commis à recevoir et recouvrer la somme de cinquante et quatre 
mille escus d'or, à raison de soixante et dix pour marc, pour et 
ou nom de mondit seigneur le daulphin, de très hault et puis-* 
sant prince monseigneur le duc de Savoye, en laquelle somme 
desdiz cinquante et quatre mille escus dudit poys, ledit mon- 
seigneur de Savoye est tenuz et obligiez par cause de la trans- 
saction &ite et sermée nagueres entre les dicz messeigneurs le 
daulphin et duc de Savoye à cause de les contées de Vaientinois 
et Dyeois et aussy des homaiges de Foucigny et aultres terres 
et chouses, comme d'icelles transsaction et obligation desdictz 
cinquante et quatre mille escus plus applein peut apparoir par 
les lectres de mondit seigneur le daulphin données à Ghynon le 
tiers jour du moys d'avril derrenierement passé et scelées de 
son grant scel et par Bochetel, son secrétaire, signées, au jour 
duy ay reaiment et manuellement heu et receu et avoir heu et 
receu je confesse de mondit seigneur de Savoye par la main de 
noble homme Jehan Mareschal, son trésorier gênerai, à moy 
payant sus ceste foyre de Pasques qui se tient maintenant, 
c'est assavoir la somme de ving et cinq mille escus d'or et du 
poys dessusdit, en déduction et pour le premier terme des dicz 
cinquante et quatre mille escus. De laquelle somme je Gabriel, 
procureur et commis, comme dessus dit est, me tien pour con- 
tent et payé et ledit monseigneur de Savoye et les siens et tous 



LOUIS DAUPHIN. 807 

aultres à quy pourroit appartenir en quicte. Et promet par la 
foy et serrement de mon corps et la obligation de tous mes 
biens presens et advenir que ledit monseigneur le daulphin 
ceste présente réception, confession et quictance^ ratiffiera et 
approvera, si toust qu'en seroyt requis pour la part de mondit 
seigneur de Savoye. Et en tesmoing des cbouses dessus dictes 
et escriptes je Gabriel dessus dit ay signé ceste présente confes- 
sion de ma propre main et scelée du scel de mes armes. Donné 
à Genewe le sq;>tiesme jour de may Tan de grâce mil quatre 
cens et quarante six. 

6- 

Genève, 25 mai 1446. 

Acte passé par François Favre de Yenne, notaire public im- 
périal de Belley et secrétaire du duc de Savoie, dans le couvent 
des frères mineurs de Genève, et constatant le traité intervenu 
entre le dauphin et le duc de Savoie et l'obligation contractée 
par ce dernier de payer 54,000 écus d'or pour le rachat de 
l'hommage de Faucigny . La somme est payable en trois termes : 
25,000 écus à Pâques, 20,000 au mois d'août et 9,000 à la 
Toussaint. — (Orig. Arch. de Turin, id., n* 8, pièce n® 4.) 

7. 
25 mai 1446. 

Obligation de 29,000 écus d'or souscrite parle duc de Savoie 
à Gabriel de Bernes. — (Arch. de Turin, id., n"" 8, pièce n* 3.) 

8. 
25 mai 1446. 

Acte constatant l'obligation de 5,500 florins souscrite par le 
duc de Savoie à Gabriel de Bernes. — (Arch. de Turin, id., 
n» 8, pièce n® 7.) 

9. 

Ghinon, 15 juillet 1446. 

Lettres du dauphin par lesquelles il reconnaît avoir reçu du duc 
de Savoie, par les mains de Gabriel de Bernes, la somme de 
54,000 écus d'or. — (Orig. Arch. de Turin, id., n* 8, pièce n* 4.) 

Loys, ainsné fllz du roy de France, daulphin de Viennois, 
comte de Valentinois et de Dyois, à tous ceulx qui ces présentes 



208 LETTRES DE LOUIS XI. 

lectres verront, salut. Gomme certain appointementait estéftJt 
entre nous et nostre très cher et très amé cousin le duc de 
Sayoye de la conté de Yalentinois et de Tomaige de Foudgny, 
par le moyen duquel appointement nostredit cousin nous estoit 
tenu paier la somme de cinquante quatre mille escus, comme 
plus & plain est contenu es lectres dudit appointement, pour 
laquelle recevoir ayons commis nostre amé et féal conseiller et 
maistre de nostre hostel Gabriel de Bernez, escuier, comme il 
appert par noz lectres patentes par vertu desquelles il a receu 
ladicte somme de uni"' escus, laquelle il nous a baillé content, 
et icelle confessons avoir eu et receu de nostredit cousin par la 
main dudit Gabriel et nous en tenons pour content et bien paie 
et en avons quiclé et quictons par cesdîctes présentes nostredit 
cousin et tous autres à qui quictance en pourroit appartenir. 
En tesmoîng de ce nous avons fait mectre nostre scel à ces pré- 
sentes. Donné à Ghinon le xv* jour de juillet Tan mil cggg qua- 
rante six. 

Par monseigneur le daulphin. 

BoCflETEL. 

10. 
31 août 1446. 

Gabriel de Bernes, « commis et procureur de monseigneur le 
daulphin de Viennois à recevoir de monseigneur le duc de 
Savoye la somme de vingt-neuf mille écus d'or neufs de lxx au 
marc, en laquelle somme mondit seigneur le duc est obligé à 
monseigneur le daulphin, comme appert par instrument 
publique receu par la main de François Fabre, secretayre de 
monseigneur le duc, » donne quittance de la somme de 
2,000 écus. — (Orig. Arch. de Turin, id., n» 8, pièce n^ 44.) 

il. 
9 octobre 1446. 

Barthélémy Marquix, agissant au nom de son onde Gabriel 
de Bernes, donne quittance de la somme de 5,500 écus d'or 
payée par le duc de Savoie. — (Orig. Arch. de Turin, id., n^" 8, 
pièce n® 43.) 



LOUIS DAUPHIN. S09 

12. 

Tours, 26 octobre i446. 

Lettres patentes du dauphin par lesquelles il constitue Gabriel 
de Bernes et Barthélémy Marquix ses procureurs pour toucher 
la somme de 29,000 écus d'or à lui due par le duc de Savoie. — 
(Orig. Arch. de Turin, id., n* 8, pièce n* 47.) 

13. 

17 novembre 1446. 

Quittance donnée par le dauphin d'une somme de 500 écus 
dV qu'il a fait remettre à son écuyer Pierre de la Thonière. — 
(Orig. Arch. de Turin, id., n"» 8, pièce n<» 42.) 

14. 

8 décembre 1446. 

Quittance donnée par Barthélémy Harquix, procureur du 
dauphin de Viennois, à Jean Maréchal, trésorier général du duc 
de Savoie, de la somme de 2,558 écus neufs et de celle de 
5,500 écus neufs pour Gabriel de Bernes. — (Orig. Arch. de 
'Âurin, id., n? 8, pièce n** 44.) 

« 

15. 
10 décembre 1446. 

Quittance donnée par Barthélémy Marquix au même des 
sommes de 4 ,942 écus neufs, 5,500 écus neufs et 2,558 écus 
neufs. Ces deux dernières sommes avaient été reçues les 9 octobre 
et 7 décembre précédents. Le tout venait en déduction des 
29,000 écus dus par le duc de Savoie au dauphin. — (Orîg. 
Arch. de Turin, id., n" 8, pièce n"" 40.) 

16. 
1«' février 1447. 

Obligation consentie par le duc de Savoie de payer 4,000 écus 
d'or à Gabriel de Bernes, savoir : 2,000 à la prochaine foire de 
Pâques et 2,000 à la prochaine foire d'août. — (Orig. Arch. de 
Turin, id., n!* 8, pièce n*» 6.) 

17. 

Romans, 8 février 1447. 

Le dauphin ordonne aux gens de ses comptes de remettre au duc 

I u 



240 LETTRB8 DE LOUIS XI. 

de Savoie tous les titres concemaot la baronnie de Faucigny et 
charge Jean d'Origny d'aller trouver le dit duc et de se faire 
livrer par lui toutes les chartes se rapportant aux comtés de 
Valentinois et de Diois. — (Orig. Arch. de Turin, id., n' 6.) 

Loys, aîsné fllz du roy de France, daulphin de Viennoys, à 
noz amez et feaulx conseillers les gens de noz comptes, salut et 
dilection. Pour entretenir et acomplir certains accords et pac- 
tions qui puis pou de temps ença ont esté faiz et passez entre 
nostre très chier et amé cousin le duc de Savoye et nous tou- 
chant Foucegny et autres choses, nous vous mandons, com- 
mandons et expressément enjoignons que vous baillez et délivrez 
à nostredit cousin ou à son certain commandement toutes et 
chascunes les lettres, droiz et enseignemens que trouvères estre 
en nostredicte chambre des comptes et ailleurs touchans lesdiz 
accors et pactions de Foucegny et autres choses contenues 
esdictes pactions, car ainsi nous plaist il et voulons estre fait. 
En oultre mandons et commandons à vous, maistre Jehan 
. Dorigny , que vous vous transportez par devers nostredit cousin 
de Savoye pour avoir et recouvrer de lui toutes lectres et ensei- 
gnemens qu'il aura et pourra trouver touchant le fait de nostre 
comté de Valentinoys et icelles apportez ou faictes apporter en 
nostredicte chambre des comptes pour nous en servir en temps 
et en lieu. Donné à Romans le viii* Jour de février Tan de 
grâce mil cccc quarante et six. 

Par monseigneur le daulphin, vous les sires de GhasUllon, 
d^Estissac, de Tusse, de Gourssillon, maistre Régnier de Bou- 
ligny et autres presens. 

P. George. 

18. 

8 février 1447. 

Quittance donnée par le dauphin à Jean Maréchal de 900 écus 
d'or. — (Orig. Arch. de Turin, id., n*» 8, pièce n» 46.) 

19. 
Valence, 22 avril 1447. 

Quittance donnée par le dauphin d'une somme de 600 écus 
d'or qu'il a fait remettre à Geoffh>y Chausson, maître de son 



L0UI8 DAUPHIN. 814 

h6tel^ et à Pierre de la Thonière, son écuyer. — (Orig. Aith. 
de Turin, îd., n» 8, pièce n« 9.) 

20. 
22 juin 1447. 

Obligatiqn consentie par le duc de Savoie à Gabriel de Bernes 
pour le payement de 5,948 florins d'or d'Allemagne et de 
4,000 éâis d'or neufs. — (Orig. Arch. de Turin, id., n^ 8, 
pièce n^ 5.) 

21. 
Valence, 18 juillet 1447. 

Le dauphin donne quittance au duc de Savoie de la somme de 
1,000 éoiiB d'or qu'il a fait envoyer à son cousin Charles d'Ar^ 
magnac, laquelle somme vient en déduction des 29,000 écus 
d'or. — (Orig. Arch. de Turin, id., n* 8.) 

Nous Loys, ainsné filz du Roy de France, daulphin de Vien- 
noys, confessons avoir eu et receu par ces présentes de nostre 
très chier et très amé cousin le duc de Savoye par la main de 
Jehan Hareschal, son trésorier gênerai, en descharge de la 
reste de vint et neuf mille escus d'or, à raison de soixante-dix 
au marc, en laquelle somme de vint et neuf mille escus d'or 
nostredit cousin nous estoit tenuz, comme appert par publicque 
instrument sur ce receu et passé par la main de Françoys Favre, 
nectaire et secrétaire de nostredit cousin, c'est assavoir la 
somme de mille escus d'or à la raison que dessus, lesquelz 
mille escus ledit trésorier ou nom que dessus a reaument et 
manuellement délivrez et expédiez par nostre ^près comman- 
dement et requeste à nostre très chier et très amé cousin Charles 
d'Armignac, lesquelz mille escus nous lui avons donnez. De 
laquelle somme de mille escus d'or nous nous tenons pour bien 
content et payé et en quictons nostredit cousin, sondit trésorier 
et touz autres à qui quictance en pourroit appartenir, oultre 
toutes autres quictances et confessions par nous ou autre à ce 
commis paravant faictes, aussi nonobstant toutes autres assigna- 
tions desja passées ou devoir à passer à ce contraires, lesquelx 
desrogons. Tesmoing ces présentes signées de nostre maui et 
scellées de nostre scel secret. Donné à Valance le xvm* jour du 
mois de Juillet l'an de grâce mil cccc quarante-sept. 

Lots. 



%\i LETTRES DE L0U18 XI. 

22. 
Genève, il septembre i450. 

Ordre donné par le duc de Savoie à sa chambre des comptes 
de payer aux héritiers du feu trésorier Jean Maréchal la somme 
de 22,900 écus d'or que ce dernier avait payée pour le duc. — 
(Orig. Arch. de Turin, id., n"" 8, pièce n^" 45.) 

23. 

Baint-Genis d'Âoste, 24 mai 1452. 

Lettres du dauphin ordonnant aux président et gens de sa 
chambre des comptes à Grenoble de remettre aux envoyés du 
dac de Savoie tous les titres concernant la baronnie de Fauci- 
gny. — (Orig. Arch. de Turin, id., n* 14.) 

Loys, ainsné fllz du Roy de France, daulphin de ^ennoys, 
conte de Vallentinoys et de Dyois, à noz amez et feaulx con- 
seilliers les présidant et gens de nostre chambre des comptes à 
Grenoble, salut et dillection. Gomme par le traictié 6t accord fait 
nagueres entre nous et nostre très chier et très amé père le duc 
de Savoye des transpors tant de l'omaige de Foucigny comme 
de nosdiz comptes, ait esté convenu d'ung cousté et d'aultre 
randre et bailler tous les drois et tiltres faisans pour les par- 
ties. Et soit ainsi que nostredit très cher et très amé père ait 
de son cousté donné lectres aux gens de sa chambre des comptes 
qu'ilz vous doivent bailler et randre tous et chascuns les tiltres 
et droiz qui pourroient faire pour nous touchant lesdiz trans- 
pors, nous voulons et vous mandons par ces présentes que 
pareillement falotes expédier et randre à ceulx de sadicte 
chambre des comptes ou leurs députés et commis portans ces 
présentes tout ce que pourrés avoir et trouvères, faisant pour 
ïuy sans aucun contredit ou difBculté, car tel est nostre plaisir 
et voulons estre fait, non obstant quelxconques lectres, ordon- 
nances, restrinctions ou autres mandemens ad ce contraires. 
Donné à Saint-Genis-d'Oste le xxiiu* jour de may Tan de grâce 
mil ccGG cinquante et deux. 

Par monseigneur le daulphin, le sire de Maville, maistre 

Pierre de Gampremy * et autres presens. 

BouBBi. 

1. Pierre de Gampremy avait été chargé par le dauphin de 



LOUIS DAUPHIN. SI 3 



XL. 



19 mai 1446. 

Lettre du pape Engène IV ordonnant à l'archevêque d'Aix de 
payer, sur les revenus des églises de France, 20,000 florins au 
dauphin. — CSonfirmation par le pape Nicolas Y en 1447. — 
(Arch. du Vatican, reg. de Nicolas V, vol. 385, fol. 3 v«.) 

Nicolaus, etc. : Venerabili firatri Roberto, archiepiscopo 
Aquensi * , salutem, etc. Dudum a felicis recordationis Eugenio 
papa IV, predecessore nostro ', emananint litters tenoris sub- 
sequentis : 

« Eugenius, epîscopus, servus serrorum Dei, venerabili fra- 
tri Roberto, archiepiscopo Aquensi, et dilecto fllio Brancardino 
de Becutis, militi perusino, salutem, etc. Gum nos de vestra 
prudentia et probitate confiai vobis integram decimam unius 
anni omnium fhictuum, reddiluum et proventuum ecclesîarum 
et benefldorum quorumcumque in regno Francie consistentium, 
ex certis causis tune expressis imponendi et exigendi per nos- 
tras litteras concesserimus &cultatem prout in ipsis litteris 
plenius continetur. Volumus et discretioni vestre tenore pre- 
sentîum mandamus ut de primis pecuniis ad vestras manus ex 
hujusmodi dedma proventuris reservetis ac solvatis, et tradatis 
summam vigintimilium florenorum auri de caméra dilecto fllio 
nobili viro Ludovico, delSno Viennenai , con&lonerio nostro, et 
de hujusmodi summa per vos soluta pro vestra cautione reci- 
piatis solitum in tabuîis de solutione hujusmodi fleri instru- 
mentum. Datum Rome, apud sanctum Petrum, anno incama- 
tionis dominice mlUesimo quadrmgentesimo quadragesimo 
sexto, tertio dedmo kal. junii, pontiflcatus nostri anno sexto- 
dedmo. » 

Nos igitur attendentes prefatum Brancardinum executioni 
prefktarum litterarum commode vacare non posse, volumus ut 

toucher les 200,000 écus d'or donnés par le duc de Savoie à celui- 
ci lors de son mariage. (Gf. pièce n^ LII.) 

1. Roger Damien, dit Robert, archevêque d'Aix de 1437 à 1458. 

2. Le pape Eugène IV était mort le 23 février 1447. 



su LETTRB8 DE L0IJI8 XI. 

tu solus hijû^^i^^^' litteras necnon alias etiam in quibus tibi et 
dicto Brancardino comittebatur per predecessorem prelktum ut 
de dicta décima summa quinque milium florenonim ex œrtis 
causis detraheretis prout in ipsis litteris plenius continetur pie- 
narie exequaris. Nulli ergo, etc. Si quis, etc. Datam Rome apud 
sanctum Petrum anno incarnationis dominice millesimo qua- 
dringentesimo quadragesimo septimo, pontiflcatus nostri anno 
primo. 

XLI. 

27 juillet 1446. 

Lettres du dauphin instituant Nicolas Erlant son trésorier général. 
^ (Ck)pie. Bibi. nat., Mss. Legrand, Fr. 6966, fol. 35 v».) 

Loys, ainsné fils du roy de France, daulphin de Viennois, 
conte de Valentinois et de Diois, à tous ceux qui ces présentes 
lettres verront, salut. Gomme pour pourveoir au gouvernement 
et administration de nos finances et donner ordre de les recevoir 
et distribuer par une main pour mieux voir et cognoistre la 
recepte et despense d'icelles et garder que nos faits ne cheent 
ne viennent en inconvénient par faute de bon ordre, ainsi qu'ils 
ont &it le tems passé, soit besoin d'y commectre, ordonner et 
instituer aucune personne notable en ce experte et connoissans 
et à nous feable, savoir faisons que nous, considerans les grans 
et notables services que nous a fais nostre amé et féal conseil- 
lier maistre Nicolas Ërlant, trésorier de nostre Daulphiné, tant 
audit ofQce de trésorier comme autrement, fait chacun jour et 
espérons que plus face, confians par ce à plain de ses sens, 
expérience, loyauté, preudommie et bonne diligence, et eu sur 
ce advis et meure délibération avec les gens de nostre grand 
conseil, iceluy pour ces causes et autres à ce nous mouvans 
avons fait^ créé et institué, et par ces présentes faisons, créons 
et instituons trésorier gênerai de toutes nos finances tant ordi- 
naires qu'extraordinaires, et ledit office luy avons donné, don- 
nons et octroyons de grâce spécial par ces présentes et sans 
préjudice de sondit office de trésorier dudit Daulphiné et qu'au- 
cunement on le puisse dire impetrable, mais voulons qu'avec 
ledit office de trésorier gênerai il tienne et exerce ledit office de 
trésorier du Daulphiné, comme il a fait le tems passé pour 



LOUIS DAUPHIN. SI 5 

icelui ofQce de trésorier et receveur gênerai, avoir, tenir et 
doresenavant exercer par ledit Erlant aux gages de cinq cens 
livres parisis par an et aux volages et chevauchées de soixante 
sols tournois pour chacun jour qu'il voiagera et vaquera pour 
nosdictes finances et autres jaffaires hors du lieu où il tient ou 
tiendra son mesnage et domicile, et autres drois, proflcts et 
emolumens accoustumés et audit ofQce appartenans, en des- 
chargeant d'iceluy office nostre amé et féal conseiller Gasin 
Ghaille, et lequel par ces mesmes présentes nous deschargeons, 
etc. 'Donné à Ghinon le xxvii* jour de juillet Tan de grâce mil 
quatre cens quarante et six. 
Par Monseigneur le daulphin en son conseil. 

BOGHETBL. 

XUI. 

7 février 1447. 

Queues de vin données au dauphin par la ville de Lyon. — 

(Arch. de Lyon, BB 5, fol. 20.) 

Le mardi vn"* jour de février Tan mil iin« xl et six \ en la 
chapelle Saint Jaqueme. 

Jehan de Varey, s' de Rontalon, Pierre Aynard, Mathieu 
Audebert, Benoist Gheval, Rolin de Mascon, Pierre Brunier et 
Nicolas de Blet, citoyens et consulz^ etc. 

Hz ont esté d'accord et commun consentement que Rolin 
Guerin, receveur des tailles et thesaurier des deniers communs 
de ladicte ville pregnie et lieve de et sur les deniers de la taille 
derrier mise sus en ladicte ville^ c'est assavoir premièrement la 
somme de xx escuz d'or nuef par lui baillez et délivrez pour et 
ou nom de ladicte ville à maistre Jehan Bochetel, contreroUeur 
des finances de mons' le daulphin, pour et au lieu de deux 
queues de vin données par ladicte ville à mons' le daulphin à 
sa derreniere venue en icelle ville. 

Item, plus la somme de dix escuz et demy d'or nuef et cinq 
solz tournois, laquelle il a baillée et paiée pour ladicte ville à 
Jehan Marion, pescheur, pour poysson donné à mondit seigneur 
le daulphin, ainsi conune desdiz paiemens conste par quictance 
sur ce passée, etc. 

1. 1447, n. st. 



S16 LETTRES DE LOUIS XI. 

xLm. 

1447. 

Le pape Nicolas Y nomme notaire apostolique Humbert Pape, 
chanoine d'Embrun, fils adoptif de Guy Pape, ambassadeur du 
dauphin auprès du saint-père. — (Arch. du Vatican, reg. de 
Nicolas V, vol. 385, fol. 100 v«.) 

Nicolaus, etc. Dilecto fllio magistro Humberto Pape, canonico 
Ebredunensi, notario nostro, salutem, etc. Pli patris altissimi 
qui prout vult dispensât singulis etiam plusquam mérita et vota 
requirant munera gratiarum, vices licet immeriti gerentes in 
tervis interdum honoribus et dignitatibus minores efferimus ut 
in observantia mandatorum, eorum fiant humeri fortiores. 
Hinc est quod nos volontés te qui dilecti filîi Guidonis Pape^ 
ambassatorîs ad nos per dilectum fllium nobilem virum Ludo- 
vicum, Delphinum Yiennensem, carîssimi in Gbristo fllii nostri 
Garoli, Francorum Régis illustris, natum primogenitum, desti- 
natus fllius ac in vicesimo primo tue etatis anno constitutus 
existis ac nostris et sancte Romane ecdesie obsequiis sincera 
cordis affectione disponas insistere nosque gratum sentiamus 
tue feme et probitatis et circumspectionis odorem et propterea 
personam tuam gratioso prosequendam affectu, ac intendentes 
eam pro meritis dignîoris nomînis tîtulo decorare te in nostnim 
et apostolice sedis notarium auctoritate apostolica gratiose reci- 
pimus et aliorum nostrorum et dicte sedis notariorum consortio 
favorabiliter aggregamus, decernentes te ad notariatus hujus- 
modi ofBcium et ejus exercitium necnon honores onera et emo- 
lumenta admittendum fore et admitti debere, ac etiam volentes 
et tibi auctoritate predicta concedentes quod onmibus et singu- 
lis indulgentus, privilegiis, honoribus, preeminentiis, exemptio- 
nibus, libertatibus, inmiunitatibus, gratiis, flsivoribus, quibus 
alii dicte sedis notarii utuntur et gaudent ac gaudere potenmt 

1. Guy Pape, célèbre jurisconsulte, conseiller au conseil delphi- 
nal, avait été envoyé à Rome par le dauphin pour complimenter 
le pape Nicolas Y sur son élection. Il quitta Rome au commen- 
cement du mois d'octobre 1447. (Cf. Biographie du Dauphiné par 
Âd. Rochas.) 



L0IJI8 DAUPHIN. SI 7 

quomodolibet in fkiturum gaudeas et utaris, non obstante de 
cerlo notariorum numéro eUam si ad illum forsan deventum sit 
eni per hoc alias derogare non intendimus. Nolumus autem 
quod antequam insignia ofQcii ac honoris et dignitatis hujus- 
modi recipias in caméra apostolica prestare tenearis fldelitatis 
débite solitum juramentum. Tu igitur sic de t)ono in melius 
studiis virtutum intendas et honestis actionibus invigiles ut in 
conspectu nostro ad majora te semper constituas meritorum 
studiîs digniorem. Nos proinde ad faciendum tibi majorem 
honorem et gratiam merito invitemur. Nulli, etc., nostrerecep- 
tionis aggregationis, constitutionis et voluntatis, etc. Si quis, etc. 
Datum Rome apud Sanctum Petrum anno, etc. , miliesimo qua- 
dragentesimo quadragesimo septimo, Pontificatus nostri anno 
primo. 

XUV. 

1447. 

Pensions servies par le dauphin et dons faits à plusieurs de ses 
serviteurs. — (Copie. Bibl. nat,, mss. Legrand, Fr. 6966, 
fol. 162.) 

Amaury d'Estissac 4,2001. 

Guillaume de Goursillon, chambellan 4,200 

Jean, seigneur de Bueil 2,000 

Yves de Scepeaux, chancelier 4 ,200 

Régnier de Bouligny 4,200 

Jean, seigneur de Montejean, chambellan ... 4 ,000 

Jean de Heraumont, maître d'hôtel 600 

Jean Jopitre, secrétaire 300 

Pierre Thoreau, secrétaire 300 

Jean Petit, valet de chambre 50 

Antoine Benevois 50 

Pierre Blondeau, barbier de Monseigneur ... 50 
Regnault de Dresnay, chevalier, conseiller et 
chambellan de Monseigneur, bailli de Sens et capi- 
taine de Ghateau-Thierry 4 ,000 

Benoit de Vaux, valet de chambre 375 

Dons divers faits en 4447. 

A Guillaume de Bonuniers, (kuoonnier du comte du Maine, 



/ 



/ 



S18 LETTRES DE LOUIS XI. 

pour a? oir apporté certain fimoon de la part de son maître, S 1. 
2 8. 6 d. 

A Guillaume Lauregnac, huissier d'armes du roi, pour avoir 
apporté les étrennes du roi à Mit le dauphin, %K 1. 5 s. 

A Guillaume de YiUarse, venu en ambassade de la part des 
Suisses en Janvier 4447, 400 écus dV. 

A Hely ou Vely , poursuivant, qui lui avoit apporté à Valence 
les lettres de l'ardievéque de Reims étant en la ville de Nice, 
touchant le &it de la seigneurie de Gênes, 43 1. 40 s. 40 d. 

A certains ambassadeurs du duc de Savoie venus à Romans 
en février, 400 écus d'or. 

A Humbert, abbé de SaintrAntoine de Viennois, Charles de 
Grolée, seigneur de Ghasteauvillain, Antoine, vicomte de Gler- 
mont, Gabriel de Rossillon, seigneur du Bouchage, Bermond de 
Brion, seigneur d'Argentas, Gilet Richard, seigneur de Saint- 
Priest, Aymar de Glermont, écuyer, François Portier, licencié 
ès-lois, procureur général des trois états de Dauphiné, Régnier 
de Bouligny, conseiller, Jean Bochetel, secrétaire, et au tréso- 
rier général des finances du dauphin, 3,000 florins, tant pour 
les défrayer de la dépense faite par eux à rassemblée des trois 
états de Dauphiné tenue à Romans en février 4447 que pour 
reconnoitre les bons services qu'ils lui avoient fait en l'octroi 
de l'aide à lui fait par ladite assemblée. Ce don de 3,000 florins 
résulte de lettres patentes données à Valence le 48 février 4447. 

A Jarretière, roi des hérauts du roi d'Angleterre, le 2 avril, 
4 00 écus d'or. 

A messire Louis, prêtre, chapelain de Regnault de Dresnay, 
pour l'aider à conduire en Briançonnais les , gens d'armes du 
roi envoyés à Ast, 41. 45 s. 

Aux gens du prince de Navarre qui étoient venus en ambas- 
sade auprès du dauphin à Grenoble, 6 tasses d'argent pesant 
42 marcs à 6 écus 4/2 le marc ouvré et 40 écus d'or comptant, 
selon quittance d'Estissac, du 20 septembre 4 447, 4 4 9 1. 4 3 s. 4 d. 

A Antoine, seigneur de Prie, chevalier, 400 écus d'or. 

A Louis de Barres, chevalier, chambellan du roi, 60 écus d'or. 

A Jean Hayorls, confesseur du dauphin, 50 écus d'or pour 
avoir une belle mule. 

A l'archevêque de Reims, conseiller du dauphin, 300 écus d'or. 



WUI& DAUPHIN. 819 



XLV. 



Février 1448. 

Don de 45,000 florins accordé par les états du Dauphiné au dau- 
phin pour son joyeux avènement et dépenses faites par le dau- 
phin sur cette sonune. — (Copie. Bibl. nat., mss. Legrand, 
6966, fol. 176.) 

Les estais de Dauphiné ayant esté convoqués pour le samedy 
quatriesme de février 4447^ s'assemblèrent dans le réfectoire 
des frères mineurs de Romans et séjournèrent pour le neuviesme 
du mesme mois où, ouy le discours du chancelier Yves de Sce- 
peaux, ils donnèrent par leur procureur François Portier la 
response qui suit : 

Les gens des trois estais du pays du Dauphiné, comtés de 
Yalentinois et de Dyois, donnent par pur et libéral don de leur 
pure volonté et sans infraction de leurs libertés à vous, leur 
souverain seigneur, Monseigneur le dauphin de Viennois, comte 
de Yalentinois et de Dyois, pour vostre joyeux advenement et 
pour vous subvenir à vos affaires et nécessitez la somme de 
quarante et cinq mille florins, monnoye courant, à payer vingt 
mille florins à la feste de Pentecoste et les autres vingt cinq 
mille florins à la feste de la Conception Nostre-Dame après sui- 
vant laquelle somme ferez, se il est de vostre plaisir, recevoir à 
vos despens conmie ii est accoutumé, pourvu que le receveur 
d'icelle sera tenu de rendre compte de la recette des deniers 
dudit pays mis sus pour les aflkires dMceluy pays outre ladite 
somme à ceux qui seront commis par lesdits gens des trois 
estais conmie il en sera requis. 

Quarante dnq mille florins valent 33,750 1. 

Recette. 

Receu en trois payemens quarante huit mille livres de Jean 
de Xaincoins, receveur gênerai des finances, savoir 24 mille 



1. 1448, n. st. 

9 



220 LETTRES DE IiOUIS XI. 

livres le 20 de décembre 4446, six mille le 24 de novembre 4447 
et 48 mille le 47 de janvier 4448^ 

Plus 3,000 1. sur les subsides accordés par les estats de Lan- 
guedoc ; receu 787 L 

Receu de l'archevesque d'Aix, receveur gênerai du dixiesme 
ordonné par nostre Saint-Pere le Pape estre pris sur le dergé 
de France ^ 3,508 L 6 d. 

Pour certaines compositions fkites au grand conseil de Mon- 
seigneur le dauphin es noms de quelques universités de Dau- 
phiné, 820 1. 4 6 s. 8 d. 

Prestes par les gens des trois estats 750 1. prises sur les 
levées faites pour les affaires du pays. 

De Pierre Yinet, marchand du pays d^ Aragon, pour les inté- 
rêts et dommages que mondit seigneur le dauphin et son pays 
du Dauphiné avoient eus et soustenus à l'occasion de la marque 
mise sus par ceux dudit pays d'Aragon contre les marchands et 
marchandises dudit pays du Dauphiné passans et repassanspar 
iceluy pays d'Aragon. Receu comptant le premier jour de février 
Tan 4447, cinq cens florins valans 365 1. 

Toute la recette, y compris les 44 mille florins, se monte 
dans ce compte à quatre vingt treize mille six cens quarante et 
une livres tournois, six sous, six deniers. 

Le dauphin, devant partir de Saint-Simphorien d'Ozon le 24 
de janvier 4447, on paya les personnes suivantes : 

Charles de Melun, escuier d'escuierie, Berault de Lestang, 
eschanson, Geoffroy Levrault, escuier tranchant, Jacques, sei- 
gneur de Theis^ varlet de chambre. 

Hardouin de la Touche, Jaquelin Trousseau, Pierre Charnier, 
escui^rs, eschansons, Amieu de Beauvoir, escuier tranchant, 
Jean Jupilles, eschanson. 

Jean de Byars, pannetier, Chariot Blosset, eschanson, Jean 
Blosset, son frère, Jean du Fou, Jean Botut, Colinet d'Blcourt, 
Tliome Stiver, Guion du Dresnay, Jean Lebrun, Jean de Lon- 
gaunay, Guillaume de Mauvoisin, Mahieu de Condé, tous 
escuiers et gentilshommes de Thostel de Monseigneur. 

1. 1449, n. st. 

2. Cf. lettres du pape Nicolas V, n* XL. 



LOUIS DAUPHIN. S21 

Hugues de Bournezel, escuier, pannetier. 

Perolles le Borilion, arbalestrier, Guillaume, le feuconnier, 
messire Guillaume de Goursillon, chevalier, Thomas Régnier, 
Teneur, Hayne, le &uconnier. Robinet de Camé, Bertrand 
Leroux, Philippe Luillier, dit Paris, Jean Turpin, dit H' de la 
Penne, ces quatre derniers pages de Monseigneur le dauphin. 

Messire Anthoine, vicomte et seigneur de Glermont, cham- 
bellan ; par mois, 30 1. 

Messire Charles Grolée, chevalier, seigneur de Ghasteauvil- 
lain, chambellan, par mois, 25 1. 

Messire GeofiDroy le Maingre, dit Boucicault^ chambellan, par 
mois, 25 1. 

Hector de Toumon, escuier, seigneur en partie de la Tour 
du Pin, 20 1. 

Charles de Lestang, 20 1. 

Louys de Grussol, 20 1. 

Guyon du Dresnay, 4^ escuier, 20 1. 

Geoffroy Levrault, Chariot de Melun, Amauld Miglos, Jaque- 
Im Trousseau, Hardouin de la Touche, Jean de Longaulnay, 
Pierre Charnier, Georges de la Chastre, Jean de Byars, panne- 
tiers, Jean de Yillaines, Lardy de Bar, Pierre Latonniere, Gau- 
bert des Massues, Philippot Breteau, escuier d'escuierie, Guil- 
laume Cochet, Rolland de Lescouet, eschanson, Tanguy du 
Chastel, Benoist de Yaulx, escuier, valet de chauaibre, Louys, 
seigneur de la Chapelle, autre valet de chambre. 

Guillaume de Meulhon^ panneti'er. 

Jean de Lesparre, eschanson. 

Hugues de Montagu, valet de chambre et armurier. 

Phelipot de Bertheau, escuier d'escuierie et capitaine de 
trente archers à cheval ordonnés pour la garde du dauphin, à 
raison de 45 1. par mois. 

Girauld, bastard de Montfaucon, escuier, capitaine de dix 
arbalestriers à cheval pour la garde du corps de Monseigneur^ 
à raison chacun de 4 1. par mois et luy à 4 6 1. pour les premiers 
mois, puis 20 1. 

Gages des fauconniers : 357 1. 44 s. 8 d. 

Jean de Poitiers, secrétaire. 



SSS LETTRB8 DE LOUIS XI. 

Régnier de Bouligny, conseiller, maistre des comptes du 
dauphin. 

A Gasin Gfaaille, nagueres trésorier gênerai dudit seigneur, 
auquel iceluy seigneur a voulu et expressément mandé que sur 
la somme de 26,000 escus qu'il doit prendre et avoir sur le 
dixiesme nagueres mis sur le clergé du royaume de France pour 
le fait de la pension de gonfalonnier, payer et délivrer en son 
acquit la sonune de 48,000 1. sur la somme de trente mille 
livres, dix huit sous, deux deniers, qu'il luy doibt de reste de 
comptes. 

Simonet Maillard, receveur des chasteilenies de Rouergue. 

XLVI. 

Mars 1448. 

Gages des officiers du dauphin.— (Cîopie. Bibl. nat., rnss. Lcgrand, 

Pr. 6966, fol. 274.) 

Messire Charles de Grolée, chevalier, seigneur de Ghasteau- 
villam, chambellan de mondit seigneur le dauphin, à 25 1. par 
mois, mars 4447^ 

Louys, seigneur de Grussol, escuier, 20 1. 

Guyon de Dresnay, escuier trenchant, 20 1. 

Geoffroy Levraul^ escuier, 20 1. 
, Amieu de Beauvoir, escuier trenchant, 20 1. 

Pierre de la Tonniere, escuier d'escuierie, 20 1. 

Phelippe de Bertheau, escuier d'escuierie, 20 1. 

Arnaud Migloz, escuier d'escuierie, 20 1. 

Guillaume Gochet, eschanson. 

Hugues de Boumezel, escuier pannetier. 

Sanche de Soracte, escuier. 

Jean de Lesparre, escuier, seigneur de Labarde. 

Chariot Blosset, escuier, eschanson de M. le dauphin. 

Pierre de Romont, seigneur de Froment, escuier. 

Jean du Fou, escuier, eschanson. 

Claude de Clermont, escuier, seigneur de Monteysson. 

1. 1448, n. 8t. 



LQCIS DAUPHm. S8I3 

Thomas Scuier, escaier, 20 1. 

Jean Blosset. 

Jean le Brun. 

Lardy de Bar, eseuier. 

Jacques Daillon, escuier, premier pannetier de mondit sei- 
gneur le dauphin. 

Ck)linet Delcourt^ escuier. 

Oudart de la Voue, escuier. 

Jehan de Garguesalle. 

Jacotin de Gaubert. 

Guillaume Regnart, escuier. 

Phelippe de Luppiat, escuier. 

Girauld, bastard de Montfaucon, escuier. 

Charles Aymar, seigneur de Logarde, escuier. 

Louys Le Clerc. 

Anthoine du ^ay, seigneur de Saint-Jean de Boumay. 

Guion de Brot, seigneur de Vais. 

George, seigneur du Gua, escuier. 

Bertrand le Roux, escuier. 

Robinet de Camé, escuier. 

Jean Turpin, dit Monseigneur de la Penne, escuier. 

Philippe LuiUier, dit Paris, escuier. 

Remonnet de Fiers, dît Poteyne. 

Gaston du Lyon, auquel ledit seigneur, pour les causes con- 
tenues en ses lettres patentes données au Sauzet le 25 d'avril 
^1449, a voulu les gages dudit Remonnet de Fiers estre baillez 
et payez. 

Jean du Parc, dit Parquet. 

Hugues de Montagu, armeurier. 

François Parpaillon, escuier, garde du léopard de mondit sei- 
gneur, à X 1. par mois. 

Georges de la Chapelle et Pierre de Boissay, huissiers d'armes, 
à X 1. chacun. 

Perrin Blondeau, barbier de mondit seigneur, à xiii 1. 

Aux quatre trompettes de mondit seig' le dauphin, Guillaume 
Carrières, Jacques Cognet, Richard Vanchin, Gervais Filamen, 
à chacun xii 1. x s. 

Robert de Grantmont, ecuyer. 



8S4 LETTHES DE LOUIS XI. 

Gages des 24 archers. 

Philippe de Breteau, escuier d^escuierie de Monseigneur le 
dauphin, à chacun 45 1. 

Jean d'Argentan, archer de mondit seigneur. 

Jehannin Honnoure. 

Jacques de Poisieu, capitaine desdiz 24 archers. Leurs gages 
se montent à 360 1. par mois. 

Jean Droyn, autre archer de mondit seigneur. 

Gages des 24 arbalétriers, à x 1. de gages chacun. 

Girault, bastard de Mont&uconi escuier. 

Jacques de Poisieu, capitaine. 

Jean de Montereau, par lettres données au Sauzet le 9 juin i 449. 

Ganonniers. 
Jean Bachelier à c 1. par an, qui font 8 1. 6 s. 8 d. par mois. 

Veneurs. Total : 480 1. 43 s. 4 d. 
Roland de Lescouet, escuier, eschanson et grand-veneur. 

Fauconnerie. 

Jean Parigault, fauconnier, à 60 s. 4 d. par mois. 

Arnolet des Canes. 

Denisot Blancbart, dit Malapart. 

Jean Droyn. 

Hayne. 

Jean de Blet. 

Guillaume de Boichols d'Aragon. 

XLVn. 

4 décembre 1450. 

Lettre de Francesco Sforza, duc de Milan, au dauphin, relative- 
ment aux événements qui suivirent la prise de possession du 
duché de Milan. — (Arch. de Milan, Registri di lettere missive, 
t. U, fol. 284.) 

111'°® d. Dalphino, Régis flrancie primogenito. 

Gum animum et mentem meam ad Mediolanum et Ligurie 
partes diutissime dictionis gratia obtinende, tandem, uti Deo 



LOUIS DAUPHIN. 225 

placuit, ad Mediolani dominum sum evecius^ Meoque fretus 
desiderio, varios inter labores victor evasi. Quamobrem ut 
debitum exsolverem, michi persuasi viclorie hujusce illos inpri- 
mis conscios reddere, quos dudum superiores accepi quîque 
haud aliter quam ego ad dignitatem meamque amplitudinem 
excubare vîdentur. Attendentes sane inyictissimam et christia- 
nissimam Francie stirpem, cui jam omnis mea domus ea que 
decet observantia et devotioiie débita est veluti illam quam non- 
nunquam ad Sforcianum 'decus prospicere cognovi illi in primis 
superioribus diebus opportune scripsi de Victoria, quam Deo 
duce mihi vendicavi per tubicenem quemdam meum Jacominum 
Gannagnolam nomine utque ex relatione unius araldi prelibate 
illustrissime d. y. accepi longe illam admirari nuUum sibi res» 
ponsum suas ad litteras dédisse illi Jacomino obsignatas, sciât 
V. i. d. Jacominum illum nunquam reddiisse neque ex quo hinc 
abiit vidisse et nuUas ab eo litteras accepisse, quas si accepis- 
sem pre ceteris gratiores habuissem, uti fides et devotio mea 
dudum illi prestite exigunt et requirunt. Agat enim v. i. d. ut 
si quid importantie et responsione digni littere ille michi affe- 
rebant^ certior flam. Ea vero omnia que a prelibata d. v. acce- 
pero, observantîssime exequar. Statui profecto vitam, statum, 
liberos, meam denique substantiam omnes exponere pro bene- 
flcio et amplitudine status illius et totius régie domus Francie 
quemadmodum bactenus facere consuevi et uti facere intendo. 
Ex Mediolano, mi* decembris 4450. 

Franciscusfortia, vicecomes, dux Mediolani, etc. Papie Angle- 
rieque comes ac Crémone vicecomes. 



GiGflUS. 



XLVm. 



10 janvier 1451. 

Le dauphin annonce qu'il a donné Toffice d'échanson à Pierre de 
Nyèvre/seigneur du Marteray. — (Orig. Arch. de Lyon, AA 22.) 

De par le daulphin de Viennoys. 

Maistres de nostre hostel, et vous maistre et contreroleur de 

< 

1. Francesco Sforaa s'était emparé du pouvoir le 26 février 1450. 

I 15 



326 LBTTRES DR LOUIS XI. 

nostre chambre aux deniers, savoir vous fidsons que pour la 
bonne relacion que (kicte nous a esté de la personne et des sens, 
loyaulté, soufBsance, preudommie, noblesse, vâillanoe et bonne 
dllligenoe de nostre amé Pierre de Nyevre, seigneur du Marte- 
ray ^ icellui, pour ses causes et autres à ce'nous movans, avons 
^^jÛourduy retenus et par ces présentes retenons en ofQce de 
nostre eschançon, pour nous servir ou dit ofQce doresenavant aux 
honneurs, gaiges, hostellaiges, livraisons, libertés, Aranchises, 
droiz, proufOz, et autres emolumens acoustumez et audit ofBoe 
appartenans. Si vous mandons et à chacun de^vous, si comme 
à lui appartiendra, que, prins et receu dudit seigneur de Mar- 
teray le serement en tel cas acoustumé, vous nostre présente 
retenue enregistrez ou faites enregistrer es registres, papiers et 
escriptz de nostredicte chambre aux deniers, et d'icellui ofDce, 
ensemble des honneurs, gaiges, hostellaiges, livraisons, liber- 

i. Pierre de Nyèvre, seigneur du Marteray, était originaire de 
Vienne en Dauphiné (cf. Nie. Ghorier, VEstat politique de la pro^ 
vince du Dauphiné, t. lU, p. 412). En qualité d'officier du dauphin, 
il réclama aux conseillers de Lyon d'être exempt des tailles. 
Ceux-ci l'invitèrent, le 20 janvier 1451, à payer les arrérages échus 
de ses tailles, après quoi ils délibéreraient sur sa demande (Arch. 
dé Lyon, BB 5, fol. 125). Le lendemain ils délibérèrent d'envoyer 
des ambassadeurs au dauphin pouf lui remontrer pourquoi ils 
refusaient d'exempter des tailles Pierre de Nyèvre, et choisirent 
pour cette mission Pierre Buyer et Antoine Algue (id., BB 5, 
fol. 130). Ces envoyés revinrent, le 4 février, et exposèrent qu'ils 
n'avaient pu obtenir une audience du dauphin, qui leur avait fait 
répondre qu'il « veult bien garder ses subjectz nobles de toutes 
tailles et autres vexacions indeues, et que quant iceulx ses subjectz 
nobles auroient recours à lui, il leur octroyeroit ses lectres de jus- 
tice » (id., BB 5, fol. 131 v*). En conséquence, le 15 février, les 
conseillers confirmèrent leur première délibération (id., fol. 132) 
et, le 19 suivant, ordonnèrent de saisir les biens de Pierre de 
Nyèvre jusqu'à concurrence de sa dette (id., fol. 132 v»). — En 
mai 1452, Pierre de Nyèvre maria sa fille Marie à Jean de Gar- 
guesalle. Par ses lettres, données à Saint-<jrenis d'Aoste le 22 mai 
1452, le dauphin constitua à Marie de Nyèvre un douaire de cent 
livres tournois par an et accorda à Jean de Garguesalle une somme 
de 1,000 écus d'or. (Arch. de l'Isère, B 3048, fol. 282 et 284.) 



LOUIS DAUPHIN. SIS7 

lez, franchises, droiz, proufDz et autres emolumens dessusdiz, 
le fhites, souffrez et laissez joir et user plainement et paisible- 
ment en lui comptant et payant iceulx gaiges et hostellaiges 
aux terme et en la manière acoustumez ; lesquelx ainsi comptez 
et palez comme dit est, par rapportant ces présentes ou vidiihus 
d'icelles fait soubz scel auctentique pour une foiz seulement, 
nous voulons que tout ce que compté et paie lui aura esté à la 
cause dessusdicte estre aloué es comptes et rabatu de la reoepte 
de vous, maistre de nostre chambre aux deniers, ou d'autre 
qui paies les aura, par mez très chiers et bien amez les gens 
des comptes de Monseigneur à Paris et par tout ailleurs où il 
appartiendra, sans contredit ou difficulté, nonobstant quelz- 
conques ordonnances, mandemens du deffenses à ce contraires. 
Donné à Beaurepaire le v jour de janvier Tan de grâce mil cccc 
cinquante. 

F^ monseigneur le daulphin, le gouverneur du Daulphiné, 
Gabriel de Bernes, maistre d'ostel, le sire de Grolar et autres 
presens. 

J0PITB£. 

Au dos : Le nommé ou blanc a esté receu ou serement par 
Esnart de Glermont, escuier, maistre d^ostel de mondit seigneur, 
à Beaurepaire le xiii' jour de janvier Tan mil cccc cinquante. 

BOGHETEL. 

xux. 

13 mars 1451. 

Amédée, prince de Savoie, s'engage à soutenir envers et contre 
tons son l)eau-frère le dauphin de Viennois. — (Orig. Arch. de 
Turin, Traités anciens avec la France, paquet 9, n* 12.) 

Je Amé*, ainsné fllz de Savoye, prince de Pyemont, considé- 
rant Tonneur qu'il a pieu à mon très redoublé seigneur mon- 
seigneur le daulphin de Viennois de Êiire à mon très redoubté 
seigneur et père, dame et mère, duc et duchesse, et à tout Tos- 

1. Amédée IX, duc de Savoie, en 1465, fils de Louis, époux 
d'Yolande de France, fille de Charles Vn et sœur du dauphin. 



828 LETTRES DE LOUIS XI. 

tel de Savoye, d'avoir pris à femme ma très redoublée dame et 
seur dame Charlotte de Savoye et consenti de faire les espou- 
salîtes en sa présence de ma très chiere et très amée compagne 
dame Yolant de France, sa seur, et de moy, aussi la grant 
afOnitè cordialle, amour et aliances qui sont entre lui et mdndit 
très redoubtè seigneur et pere^ désirant tousjours acroistre 
ladicte amour et aliances et recognoistre envers mondit seigneur 
le daulphin, comme raison est, Tonneur qu'il lui a pieu de faire 
en ce que dit est dès maintenant par le bon plaisir et consente- 
ment de mondit très redoubtè seigneur et père, ay esleu et 
retien par ces présentes mondit seigneur le daulphin pour mon 
bon et especial seigneur et maistre, et lui promet par la foy et 
serrement de mon corps et sur mon honneur que doresenavant 
je le serviray de corps, de biens et de toute ma puissance avant 
tous et contre tous ceulx qui mal ou dommaige lui vouldroient 
porter en quelque manière que ce soit Et ne serviray au roy ne 
à autre contre mondit seigneur le daulphin et ne le abandonne- 
ray pour aller devers le roy en quelque manière que ce soit sans 
son bon congiè et licence, ainçois se le roy estoit mal contant 
desdictes espousailles et qu'il voulsist faire aucun dommage à 
mondit seigneur le daulphin, lui aideray à toute ma puissance, 
comme dessus, ainsi qu'il lui plaira moy commander. Et en 
oultre suis contant de tenir et observer lesdictes amitiez et 
aliances faictes entre lui et mondit seigneur et père à tousjour- 
mais durant ma vie loiaument et de bonne foy, sans aucunement 
venir au contraire, et de faire pour mondit seigneur le«daulphin 
en tout et par tout sans riens y espargner comme pour ma per- 
sonne et affaires propres. Et pour plus grant seurtè de toutes 
et chascunes les choses dessusdictes j'ay signé les présentes de 
ma main et &it sceller de mon seing à Ghambery le xiii* jour 
de mars l'an mil cccc cinquante et ung. 

L. 

24 juin 4451-24 juin 4452. 

Gages des officiers du dauphin. — (Compte de Nicolas Erlant. 

Copie. Bibl. nat., Fr. 6966, fol. 328 V.) 

Le dauphin ayant obligé Raoul, seigneur de Gaucourt, à luy 



LOUIS DAUPHDf. ^9 

remettre le gouvernement de Dauphiné, le donna à Louis de 
Laval, «eigneur de GhastilloUy à condition que Laval et Gaucourt 
partageroient entre eux les gages de 2,000 florins donnés pour 
le gouvernement, ce qui fdt exécuté. 

Summa pro offlciis : 4,802 L 49 s. 7 d. 

A messire Guillaume, chevalier, seigneur de Monléant, bailli 
du bas pays de Dauphiné, 249 1. 44 s. aux gages de 366 1. 

Jean de Yillaines, escuier, conseiller, bailli du haut pays de 
Dauphiné, aux jgages de 366 1. 

Pensions à volonté à M. de Ghastillon, 700 1. 

A Jayme Albert, prevost d'Embrun, confesseur de monsei- 
gneur le dauphin, 4 69 1. 3 s. 4 d. 

Guillaume Leothier, phisicien de monseigneur le dauphin, 
595 1. 5 s. 

Jean Bruguiere, dit Gatelan, autre phisicien, 360 1. 

Jean Boutet, apothicaire, 90 1. 40 s. 

Guillaume de Gourciilon, bailli du bas Dauphiné. 

Yves de Scepeaux, seigneur de Landeny, chancelier du dau- 
phin et premier président au Parlement de Paris. 

Il paroist que le dauphin n'estoit pas content qu'il eust pris 
cette charge d'autant quMl luy diminua sa pension et qu'elle ne 
ftat plus que de 4,080 1. 

Jacques, seigneur de Theis, escuier tranchant. 

Gabriel de Bernes, seigneur de Targes, maistre d'hostel. 

Jean de Heraumont, Geoffroy Chausson, Aymar de Poisieu, 
dit Capdorat, Charles de Goulas, maistres d'hostel, aux gages de 
600 1. chacun. 

Roland de Lescouet, grand veneur. 

Anthoine d^Alauson. 

Berault de TEstang, eschançon. 

Lardy de Bar. 

Gilles de Laporte. 

Simon Moillart, secrétaire. 

Pierre Thoreau, secrétaire. 

Hugues de Bournasel, pannetier. 

Chariot de Melun, escuier d'escuierie. 

Jean de Rochechouart, escuier d'escuierie. 

Messire Jean Girard, archevesque d'Embrun, 4,200 1. 



S30 LETTRES DE LOUIS XI. 

Guillaume de la Yalée, queux de bouche. 

Jean Petit, valet de chambre. 

Jean Bounré, secrétaire. 

Anthoine Boulomier, gênerai des finances, A ,200 1. 

Guillaume de Meulhon, escuier, seigneur de Secheline, escuier 
d'escuierie. 

Berault de Murât de TEstang, escuier, eschançon. 

Hahieu de Gondé, maistre de rartillerie. 

Jean, bastard d'Armagnac, chambellan. 

Jeaii de Gizerin, chastelain de Moirant. 

Chariot Blosset, escuier, eschançon. 

Jean Blosset, escuier d'escuierie. 

Jean de Garguesalle. 

Demoiselle Marguerite de Toumay, gouverneresse de la prin- 
cesse de Piémont. 

Jean, bastard de la Tremoille, chastelain de Gremieu. 

Jacques de Montbel, escuier^ seigneur d'Entremons, cham- 
bellan. 

Summa pensionum ad voluntatem, 44,049 1. 2 s. 4 d. 

Menues messageries. 

Macé de la Celle, sergent, est allé vers les lieutenans du 
bailli du haut Dauphiné leur porter mandement de monseigneur 
le gouverneur de faire savoir aux nobles et autres tenans en 
fiefs et arrière fiefs qui avoient esté mandés en armes pour 
le 42 de may 4452 à Saint-Symphorien d'Ozon qu'ils estoient 
contremandés jusqu'au premier de juin. 

Menues messageries 45 1. 45 s. 

Dépense totale du compte. . . . 24,393 1. 42 s. 7 d. 



U. 



i3jmUeti45i. 

Dons faits par les Dauphinois à la dauphiné Charlotte de Savoie 
i. l'occasion de son joyeux avènement. — (Copie. Bibl. nat., 
mss. Legrand, Fr. 6966, fol. 307 v».) 

Loys, ainsné fllz du roy de France, daulphin de Viennois, 



LOUIS DAUPHIN. 831 

conte de Yalentinois et de DyoiSi à nostre amé et feal cooeeiller 
maistre Nicolas Srlant, trésorier gênerai de nos flnances, salut 
et dilection. Gomme pour le joyeux advenement de nostre très 
chiere et très amée compagne la daulphine aucuns de nos sub- 
jetSi manans et habitans de nostredit Daulphine luy ayent donné 
et pourront dopner certaines sommes de deniers tant or et 
monnoye que en marcs d'argent, c'est assavoir les manans et 
habitans de la ville et cité de Vienne, six cens escus ; item de 
Grenoble neuf cens escus ; item de Romans six cens escus d'or -, 
item du pays de BriençonnoiSj autres six cens escus ; item de 
la cité d'Embrun, Ghaourges, et de la terre commune d'Embru- 
noisy six cens escus d'or, et du pays de Gappencois, des terres 
du pays de Saoumon et d'aucuns hommes que nous avons à la 
Balme, trois cens florins ; nous, pour subvenir à aucuns nos 
grans affaires et de ceux de nostredicte compagne qu'avons eu 
et avons encore à supporter, avons ordonné et ordonnons par 
ces présentes icelles sommes et autres qui pourront estre don- 
nées à nostredicte compagne pour son joyeux advenement par 
vous estre receues et distribuées à iceux nosdiz affaires et de 
ceux de nostredicte compagne, etc. Donné à Vienne le xin' jour 
de juillet mil cccc li. 

Par monseigneur le daulphin, le gênerai du Daulphine et 
autres presens* 

P. Thoreao. 



LU. 



19 août 1451. 

Dons fidts par le dauphin à ceux qui ont accompagné la dauphine 
Charlotte de Savoie en Dauphine. — (Orig. Coll. de M. Etienne 
Gharavay.) 

Parties délivrées par l'ordonnance et exprez commandement 
de monseigneur le daulphin par Pierre de Gampremy, commis 
à recevoir la somme de deux cens mille escuz d'or donnez par 
monseigneur le duc de Savoye à mondit seigneur au traictié du 
mariage de lui et de madame la daulphine, fllle de mondit 
seigneur le duc, depuis le dixiesme jour du mois de mars der- 



832 LETTRES DE LOUIS XI. 

renieremmt passé jusques augourduy^ jour de may mil cccc 
cinquante et ung, aux personnes et pour les causes qui ensuivent . 
C'est assavoir : 

A Rogerin Blosset, maistre d'ostel de mondit seigneur le 
daulphin, la somme de sept vings escuz d'or, en quoy mondit 
seigneur lui estoit tenu pour une haquenée de poil gris pom- 
melé à longue queue que mondit seigneur puis nagueres avoit 
&it prendre et achecter de lui ledit pris et icelle donnée à mon- 
seigneur le conte de Genève^, pour ce par quictanoe dudit 
Rogerin avec certifflcacion de * escuier d'escuierie de mon- 
dit seigneur, pour la délivrance de ladicte haquenée. vu" escuz. 

A mons' Tarcevesque de Tarses, confesseur de madame la 
duchesse de Savoye^, qui acompaigna madicte dame la daul- 
phine du pays de Savoye jusques à la Goste Saint-Andry ', pour 
don à lui fait par mond. seig' par sa quictance. xvin marcs d'arg. 

A Loys de Saluées, qui aussi acompaigna madicte dame, pour 
semblable don à lui fait, par sa quictance. xviii marcs 4'arg. 

A Pierre de Bourbon, pour semblable don, ps^r sa quictance, 
autres xyiii marcs d'argent. 

A la contesse de Gruyères*, gouvemeresse de madicte dame 
la daulphine, qui semblablement Tacompaigna de Savoye 
audit lieu de la Coste, pour semblable don, par sa quictance. 

xvnii marcs d'argent. 

A la contesse de Montmayour, pour semblable don, par sa 
quictance xviu marcs dVgent. 

A Françoise de Viry, femme de Perrin d'Anthioche, pour 
semblable, par sa quictance. . . . xviii marcs d'argent. 

A Catherine de Sessel, femme de François de Lamorec, pour 
semblable don, par quictance. . . . xii marcs d'argent. 



1. La date du jour est restée en blanc. 

2. Jean de Savoie, fils du duc Louis, beau-frère du dauphin. 

3. Le nom est resté en blanc. 

4. Anne de Lusignan, mariée en 1443 à Louis, duc de Savoie. 

5. La Côte Saint- André (Isère). 

6. Femme du comte de Gruyères, maréchal de Savoie. (Cf. Chro- 
niques de Yolande de France^ publiées par Léon Menabrea. Paris, 
1859, in-8, p. 287.) 



LOUIS DAUPHIN. S33 

A Lyenarde de la Chambre, femme du seigneur de Montilier, 
pour semblable, par quictance. ... ni marcs d'argent. 

A madame de Rochefort, femme de messire Humbert de Mont- 
luel, pour semblable, par quictance. . xu marcs d'argent. 

A Pftule de Hiolans, dame de GhauvaUi pour semblable don 
à elle &it, par sa quictance xii marcs d'argent. 

A Marie de Gingins, femme de George de Yalpergue, pour 
semblable don, par quictance. . . . ^ . xii marcs d'argent. 

A Laurre du. Puys, femme du Galoys Gerbais, pour sem- 
blable, par quictance, autres. . . . ,. xit marcs d'argent. 

A Katherine Rochelle, pour semblable, par sa quictance. 

X marcs d'argent. 

A la femme maistre Jehan Jacques, phisicien de madicte 
dame la duchesse, pour semblable don, par sa quictance. 

X marcs d'argent. 

A Guillemin Raoulin, marchant, demourant à Genève, la 
somme de quinze escuz d'or en quoy mondit seigneur lui estoît 
tenu pour ung dyamant en tablette enchâssé en or que mondit 
seigneur avoit fait prendre et achecter de lui ledit pris et icelluî 
donné à Loys Bauderet, gouverneur de mondit seigneur le conte 
de Genève, pour ce par quictance dudit Guillemin Raoulin, 
avecques certifQcacion ducût Loys Bauderet pour la recepcion 
dudit dyamant xv escuz d'or. 

A lui pour ung autre dyamant en tablette aussi enchâssé en 
or prins de lui et donné à Jaques Roussin, escuier tranchant 
de madicte dame la daulphine, par quictance dudit Raoulin, 
avecques certifflcacion dudit Jaques pour la recepcion dudit 
dyamant , • • • • xv escuz. 

A lui pour ung autre dyamant en escuçon achecté de lui et 
donné à Jaques de Chaland le jeune, eschançon de madicte 
dame, par quictance dudit Raoulin, avecques certifQcacion dudit 
de Chaland pour la recepcion dudit dyamant. . . xn escuz. 

A lui pour ung autre dyamant ou escuçon prins et achecté 
de lui et donné au Galoys Gerbais, panetier de madicte dame, 
par quictance dudit Raoulin, avecques certifQcacion dudit 
Galoys pour la recepcion dudit dyamant, autres. . xn escuz. 

A maistre Jehan Jaques, phisicien de madicte dame la 



S34 LETmES DE LOUIS XI. 

duchesse, qui semblablement aoompaigna dudit lieu de Savoje 
à la Goste madicte dame la daulphine, oomme les autres dessus* 
diz, la soiDine de seize florins à lui donnez par mondit seigneur 
pour avoir une robe, ouitre dix marcs d'argent donnez à sa 
femme, dont cy dessus est fidcte mencion, pour ce par quic^ 
tance dudit phisicien x?i florins. 

A messire Pierre Herousel, prebstre, confesseur de madicte 
dame la daulphinCi la somme de vint florins à lui donnez par 
mondit seigneur pour avoir une robe pour lui, pour ce par sa 
quictance xx florins. 

A messire Guillot Robert, chappellain et garde de la chap- 
pelle de madicte dame, pour semblable don, par sa quictance, 
autres. xx florins. 

A François Ranay, maistre d'ostel de madicte dame, la 
somme de trente six escuz d'or à lui donnez par mondit sei-i 
gneur pour avoir une robe de drap de damas pour une robe 
pour lui^ pour ce par sa quictance xxxvi escuz. 

A Anthoine Loste, escuier d'escuierie de madicte dame, pour 
semblable don, par sa quictance xxx escuz. 

Aux ofBders de Savoye qui semblablement ont acompaignié 
madicte dame la daulphine de Savoye audit lieu de la Goste, 
pour don à eulx fait par mondit seigneur, par leur quictance. 

Gent frans. 

A Jehan Lambert, tapicier, qui oudit voyaige a mené et con- 
duit la tappicerie de Savoye, pour don à lui bit par mondit 
seigneur, par quictance. l florins. 

A Raoulette, chamberiere de ladicte dame et qui Ta nourrye 
dès sa naissance, qui semblablement Ta acompaigniée oudit 
voyaige, pour semblable don, par quictance . . xl florins. 

A Symonnet Libert, qui a mené et conduit oudit voyaige les 
cofTres, bagues et joyaulx de madicte dame, pour semblable 
don, par quictance xv florins. 

A Huguenin du Ghesnes et Huguenin Bavoux, varletz de 
chambre de madicte dame, qui semblablement Tont acompai- 
gnée oudit voyaige, pour don à eulx fait, par leurs quictances. 

XX florins. 

A Jehanin Robert, parefrenier de madicte dame, qui oudit 



% 



LOUIS DAUPHIN. 9i35 

Yoyaige a mené sa haquenée de parement, pour semblable don, 
par quictance xx florins. 

A François Ponse, varlet de pié de madicte dame, qui l'a 
menée oudit voyaige, pour semblable don, par quictance. 

XX florins. 

A Canari, varlet d'estable, pour semblable, par sa quictance. 

vu florins. 

A Rapbael Haurin et Guynot Colin, marchans, demourans 
au Puy, pour ung brasselet d'or gamy de six gros dyamans 
prins et achectez d'eulx le pris et somme de quatorze cens escuz 
d'or et icellui donné par mondit seigneur à madicte dame la 
duchesse, pour ce par quictance desdiz marchans avecques 

certifBcacion de^ escuier d'escuierie de madicte dame la 

duchesse, pour la délivrance dudit brasselet. . xiiii^ escuz. 

Aux chappellains de mondit seigneur pour les treize deniers 
du jour de ses espousailles, pour don à eulx fait par mondit 
seigneur, par leur quictance x escuz. 

A mondit seigneur et à madicte dame la daulphine pour 
l'offerte du jour de leurs espousailles, à chascun ung escu d'or, 
pour ce. . . « . Il escuz. 

A dame Loyse de Bethléem qui a nourry et alaicté madicte 
dame la daulphine, pour don à elle fait par mondit seigneur, 
par sa quictance. ...:...... Mille florins. 

' A Savoye le herault, pour semblable don à lui ikit, par sa 
quictance Cent escuz. 

Aux ofBciers et serviteurs de mondit seigneur le duc de 
Savoye, pour don à eubc ikit par mondit seigneur le jour de ses 
nopces, par leur quictance • • • Gentfrans. 

Aux heraulx ledit jour pour semblable don, par quictance. 

Cent frans. 

Somme de monnoie : xvi^ xxvin florins revaluez à xxu gros 
pour escu valent viu^^ iiir» viii escuz. 

Somme en escus d'or m'" cxi escus. 

Somme de ce présent rôle. . . . jù!^ tl^ iim^ xa escus. 
LQygS A. BoLOVTBa^. 

i. Le nom est resté en blanc. 

2. Antoine Bolomier, trésorier général des finances du Dauphiné. 

3. Le dauphin a approuvé le compte en y apposant sa signature. 



S36 LETTRES DE LOUIS XI. 

Fait à Bourg en Breoe le m* jour d'aoust l'an mil nii« cin- 
quante et ung. 

Thoreâu. 

Lin. 

21 novembre 1451. 

Le dauphin mande aux consuls de Romans que les 100 marcs 
d'argent donnés par cette ville à la dauphine seront, à cause de 
la peste, répartis sur lès privilégiés comme sur les non-privilé- 
giés. — (Orig. Arch. de la Drôme, E 3608, 19.) 

4 

Loys, ainsné filz du roy de France, daulphin de Viennois, 
conte de Yalentinoys et de Dioys, à noz bien amez Raymonnet 
Bardin et Poncet Uenestrol, cosses de nostre ville de Romans, 
et Jehan Berangier, receveur de nostredicte ville, salut. L'umble 
supplicacion de noz bien amez les bourgeois, manans et habi- 
tans de nostredicte ville de Romans, avons receue, contenant 
que comme puis nagueres à la nouvelle venue en noz pays de 
nostre très chiere et très amée compaigne la daulphine, lesdiz 
supplians eussent donné de leur bon gré à nostredicte compaigne 
la somme de cent marcs d'argent, pourveu que tous et chascuns 
les habitans en icelle tant ecclésiastiques, nobles, afiranchiz, 
comme autres quelzoonques previlleges qu'ilz poussent avoir, 
fussent tenuz à y contribuer chascun pour sa part et porcion et 
le fort portant le foible, considéré que ce n'estoit point taille 
mais seuUement don gracieux. Et jaçoit ce que par noz lectres 
patentes sur ce faictes vous eussons commis et ordonnez cuillir 
et lever ladicte somme de cent marcs d'argent par la forme et 
manière que dit est et tant sur lesdiz gens d^egUse comme sur 
les autres previlegiez, neantmoins icevdz gens d'église de ce (hire 
ont reSbssms dedarans ou au moins en demeure, et, qui pis 
est, par vertu de certaines autres noz lectres données à Ghastillon 
de Bombes le xxv* jour d'octobre darrain passé par nous à eulx 
octroiées par inadvertance ou autrement, ont fhit deffendre aus- 
diz supplians qu'ilz ne feussent si hardiz doresenavant d'aucune 
chose leur en demander, et ce ont fait publier par cry publique 
en icelle ville et fait enregistrer en la court, jaçoyt ce que en 
nosdictes lectres par eulx impetrées n'en iûst faîcte aucune 
mencion ; laquelle chose est en retardement d'icelle somme, et 



LOUIS DAUPHIN. 237 

ne la pourroient ne sauroient paier lesdiz supplians. Considéré 
aussi que depuis ledit octroy est mort en icelle ville plus de 
deux mil personnes, et aussi qu'ilz ne l'eussent jamais octroiée 
se non en Tentencion que dessus est dit^ et n'en vouloient 
octroier que cinquante ou soixante marcs au plus, actendu que 
une bien grant partie d'icelle est tenue desdiz gens d'église, et 
qui leur feroit paier toute ioelle somme leur conviendroit vendre 
et alienner de leurs biens et heritaiges, qui seroit en leur très 
grant grief, préjudice et domaige,diminùcion^ 

icelle et plus pourroit estre ou temps advenir se par nous ne 
leur estoit sur ce pourveu de remède convenable, si comme ilz 
dient, humblement requerans que, actendu les choses dessus- 
dictes, nous leur vueillons rabatre la somme de quarante marcs 
d'argent de ladictle somme de cent marcs, ou &ire contraindre 
lesdiz gens d'église et autres, comme dit est, à en paier leur 
cocte part et pordon. Pourquoy nous, tout ce considéré, vou- 
lans nosdiz subgiez relever et descharger de charges indeues, 
et les dons faiz et octroiez à nostredicte compaigne à son joyeux 
advenement en nosdiz pays et seignouries lui estre paiez sans 
aucune chose en rabatre et sans contradicion nulle, et que en 
tebe dons gracieux nul ne doit alléguer previllege ne seigneurie 
ne en estre exempt, vous mandons, commandons et expressé- 
ment derechief enjoignons et à chascun de vous, si comme à 
lui appartendra, que ladicte somme de cent marcs d'argent, 
adjoints et appeliez aveè vous noz chiers et bien âmez Guillaume 
Fordion^, courrier de ladicte ville, Simon Bartanne, nostre pro- 
cureur de Saint-Marcelin, et Jacquemon Dunan, nostre huissier 
d'armes, ou les deux d^eulx, vous tauxez, cuillez et recevez sur 
toutes et chascunes les personnes, le fort portant le foible, tant 
gens d'église, previllegiez, comme autres quelxcomques, estans 
et demourans en nostredicte ville, sans nul en excepter, en 
contraignant à ce lesdiz gens d'église et leurs officiers et autres 
à ce reffusans, pour prinse de leur temporel en nostre main et 

i. Une usure dans le pli empêche de lire les mots remplacés 
par des points. 
2. Cf. sur ce personnage la lettre du dauphin du 6 décembre 1449. 



238 LETTRES DE LOUIS XI. 

autrement, comme il est acoualumé pour noz propres debtes 
fiscaulX} sans préjudice de leurs franchises pour le temps adve- 
nir. Ou cas toutesvoyes que lesdiz gens d'église et leurs officiers 
ne vouldroient pour cause de leursdictes franchises paiera part 
et entre eulx. la porcion à quoy ilz pourroient estre imposez 'de 
ladicte somme et telle qu'il vous semblera estre par raison, ou 
quel cas, pourveu que nous ayons toute ladicte somme de cent 
marcs d'argent, sonunes contens, en observacion de leurdiz 
previlleges. De ce faire vous donnons plain povoir, auctorité, 
commission et mandement espedal, mandons et commandons 
à touz noz justiciers, offiders et subgiez, que à vous en ce fai- 
sant obéissent et entendent diligemment et vous prestent et 
donnent conseil^ confort et ayde, se besoing en avez et par vous 
requis en sont, car ainsi le voulons et nous plaist estre fait^ 
non obstant lesdites lectres impetrées par lesdiz gens d'église, 
lesquelles avons revocquées et revocquons par oesdictes pré- 
sentes et que par avanture iceulx gens d'église par obliance ou 
autrement n'eussent esté appeliez audit octroy et quelzcomques ' 
autres impetrées ou à impetrer à ce contraires. Donné au pont 
Deyns * en Bresse le xxi* jour de novembre l'an de grâce mil cccc 
cinquante et ung. 

Par monseigneur le daulphin, le gouverneur du Dauphiné^ le 
sire ûp Fontaines, le gênerai et autres presens. 

BouaKJ. 

LIV. 

4 janvier 1452. 

Le gouverneur du Dauphiné condamne le chapitre de Saint-Ber- 
nard de Romans & payer cent écus en plus des cent florins déjà 
payés pour le joyeux avènement de la dauphiné. — (Orig. Arch. 
delaDréme, E 3608, 14.) 

Sur certaines questions et debaz estans entre les scindiz, 
bourgoys, manans et habitans de nostre ville de Romans, d'une 
part, et les chanoines et chappitre de Sainct-Bernardduditlieu, 
d'autre part, à cause de ce que iceulx habitans voulloient con- 
traindre lesdiz chanoines et chappitre à payer la somme de deux 

1. Pont-d'Ain. 



LOUIS DAUPHIN. 239 

cens escaz qu'ilz disoient estre pour leur part et porcion de la 
somme de cent marcs d'argent que ladicte ville avoit donnée à 
Madamme pour son joyeux advenement en cestuy présent pays 
de Dauiphiné, à quoy iceulx chanoines et cbappître dîsoient n'y 
devoir en riens contribuer, et alleguoient pluseur^ previlleges, 
se sont aujourduy comparuz et présentez par devant Mess" les 
gouverneur dudit Daulpbiné et maistre Antboine BoUomier, 
gênerai conseiller sur le fait et gouvernement de toutes les 
finances de monseigneur, c'est assavoir Rigaut Tardinon et 
Jacquemon Dunan pour ladicte ville, et Mess'' Guillaume Dela- 
croix et Jacques Duplastre, chanoines dudit lieu de Sainct-Ber- 
nard, pour ledit chappitre, qui touz ensemble ont juré de leur 
bon gré tenir et avoir agréable ce que par mesdiz seigneurs 
gouverneur et gênerai sur lesdiz debaz seroit dit et prononcé, 
et ce sur la paine de cent marcs d'argent à appliquer à mondit 
seigneur. Après lesquek sermens par eub fisûz ont dit et apointé^ 
que actendu que iceulx habitans, chanoines et chappitre de 
ladicte ville, doyvent estre en bonne paix, concorde et union 
ensembles, que lesdiz chanoines et chappitre, oultre et par des- 
sus la somme de cent florins qu'ilz ont ja payée et baillée, bail- 
leront encores au trésorier la somme de cent escuz, sans préju- 
dice de leursdictes franchises et libertez qu'ilz disent avoir au 
contraire, lesquelz cent florins et cent escuz ont ordonné lesdiz 
s" estre deduiz et rabatuz sur ladicte somme de cent marcs 
d'ai^nt, et iceulx babitans en estre de tant deschargez. Fait à 
la Goste Sai net- André, presens Pierre Monnet, du Pont de Beau- 
voisin, Antboine Boczosel, de la Goste, Jehan Ghanterel, de Gre- 
noble, et pluseurs autres, le un* jour de janvier l'an mil cccc 

cinquante et ung. 

Bouiuii. 

LV. 

42 septembre 4452. 

Reconnaissance par le dauphin d'une somme de 200 livres à lui 
prêtée par les bourgeois et habitants de Romans. — (Pubi. par 
Dochier dans ses Mémoires sur la ville de Romans, p. 72.) 

Nous Loys, ainsné Ois du roi de France, dauphin de Vien- 



240 



LETTRES DE LOUIS XI. 



nois, confessons debvoir aux bourgeois, manans et habitans de 
no^tre viUe de Romans^ la somme de cent escus qu'ils nous ont 
prêtés ; laquelle somme nous leur promettons faire rabattre sur 
le premier aide qui nous sera octroyé en nostredit pays. En 
tesmoings de ce nous avons signé ceste cedule de nostre main 
le XII* jour de septembre mil quatre cent cinquante deux. 

Lots. 

P. Georgb^ 

LVI. 

10 novembre 1452. 

Lettre du cardinal d'Estouteville à Charles VU sur les bonnes 
dispositions du dauphin à Tégard du pape et du roi. — (Copié 
sur Toriginal qui a passé entre mes mains.) 

Mon souverain seigneur, je me recommande très humblement 
à vostre bonne grâce. Et vous plaise savoir, mon souverain 
seigneur, que j*ay esté en ceste ville de Vienne avecques mon 
très redoubté seigneur mons' le daulphin, vostre fllz^ lequel en 
la présence de voz ambassadeurs a fût foire ses excusacions et 
justiflcacions que vous sçavés, et estoit bien content que j*en 
ordonnasse, laquelle chose n^ay peu bonnement faire pour les 
causes que vous diront vos diz ambassadeurs. Touteffois sur 
les dictes matières a esté fait, ainsi qu'il est contenu en certains 
advis desquelx vous envoie le double par vos diz ambassadeurs. 
Et en vérité, Sire, mondit seigneur vostre fllz, selon ce qu'i] 
dit, désire de tout son povoir faire toutes choses agreablesi 
nostre saint Père et à vous, ainsi que vos diz ambassadei 
qui ont lousjours esté presens à tout, s'il est vostre bon plaj 
plus amplement le vous pourront rapporter et refferir. 
souverain seigneur, je m'en vois de présent à Genève, et 
sans arrester devers nostre saint Père, et me souvient bieri^ 
tout ce que me 'déistes à mon parlement de devers vous, 
vous en feray responce quant seray devers nostre dit saint Père, 
se Dieu plait, et toujours me trouvères vostre très humble et 



1 . Dochier a imprimé, par erreur, Pleorge. 



LOUIS DAUPHIN. 241 

très obéissant sabjei prest à feire yoz commandemens. Au 
plaisir de Nosire Seigneur Dieu que vous doint bonne vie et 
longue et accomplissement de voz très nobles désirs. Escript à 
Vienne ce vendredi matin x* jour de novembre 4 452. 

Yostre irés humble et très obéissant subget et serviteur, 

Le CABDiNiL d'Estodtevillb 4 . 

Au roy mon souverain seigneur. 

LVn. 

22 novembre 1452. 

Lettre du cardinal d'Estouteville à Charles VU sur Tappointement 
conclu entre le dauphin et le cardinal de Foix. — (Orig. Ms. Fr. 
49680, fol. 37».) 

Mon souverain seigneur, je me recommande très humblement 
à vostre bonne grâce. Et vous plaise savoir que comme je vous 
avoye escript de Vienne par Tevesque d'Allect ' et maistre Gérard 
le Boursier, voz ambassadeurs, j 'avoye pris certain appointement 
avecques mon seigneur vostre filz touchant les différences qui 
estoient entre les ofQciers de nostre saint père en Avignon et 
les officiers de mon dit seigneur ou Daulphiné, pourveu que 
ledit appointement fût agréable à mon seigneur le cardinal de 
FoiXy légat de nostre saint père en icelles parties, à qui il touche 
fort ; et pour lui faire à savoir, et avoir son bon pbdsir sur ce, 
estoit aie vers luy en Avignon l'evesque de Gonserans^, porteur 
de cestes, le qud est retourné par Roumans, là où est mon dit 
seigneur vostre fllz, et a amené avecques luy aucuns d'Avignon, 
et ont pris bon appointement au plaisir de mon dit seigneur le 
cardinal avecques mon dit seigneur vostre fllz, du quel serez 
tout à plain informé par ledit evesque, et d'autres choses que 
luy ay dictes touchant ceste matière pour vous dire. Car je say 
que nostre saint père a sa singulière affection et fiance en vous, 
touchant son dit pais d'Avignon et tout son estât. Je porte ledit 

1. Guillaume, cardinal d'Estouteville, né vers 1403, archevêque 
de Rouen en 1453, mort en 1483. 

2. Communiqué par M. de Beaucourt. 

3. Ëlie de Pompadour, évoque d*Alet de 1448 à 1454. 

4. Tristan d'Aure, évéque de Gonserans de 1444 à 1458. 

I 16 



S42 LETTRES DE LOUIS XI. 



aj^intement à nostre dit saint père, afBn qu'il y advise comme 
1)011 lui semblera, et après de sa bonne voulenté sur ce vous 
fera savoir. ^ 

Mon très souverain seigneur, mandez et commandez moy 
tousjours vos bons plaisirs pour les acomplir de très bon cœur 
au plaisir de Dieu, qui vous doint bonne vie et longue, et bon 
acomplissement de voz désirs. Escrit à Genève le zxu* jour de 
novembre. 

Votre très humble et très obéissant subget et serviteur, 

Le CAEDmiL D^ESTOUTEVILLS. 

Au roy mon souverain seigneur. 

Au dos : Du cardinal d'Estouteville touchant Tappoinctement 
de monseigneur le daulphin et de monseigneur le cardinal de 
Poix. 

Lvra. 

11 septembre 1453. 

Lettre de Pietro Adomo, doge de Gènes, au dauphin pour le féli- 
citer d'être rentré en France au lieu d'être venu en Italie. — 
(Arch. de Gênes, Liber litterarum Gotardi, 18-1794.) 

Illustrissime ac clarissime prinoeps et excellentissime domine. 
Gum post discessum a nobis illorum dominorum qui nomine 
ExcellenUe vestre apud nos Aierunt, nuntiatum nobis fliisset 
Excellentiam vestram in Galliam revertisse, non sine bono 
oonsilio serenissimi domini Régis Renati, qui id etiam nobis 
indicavit, existimantes animum Gelsitudinis vestre aversum 
esse ab ils consiliis que duo illi pro parte Excellentie vestre 
nobis aperuerant, judicavimus necessarium non esse sublimi- 
tati vestre aliud respondere. Nam etsi adventus Excellentie ves- 
tre in Italiam eo tempore quo venisse contigit probari ab omni- 
bus potuerit, regressus certe quam multas ex Italia suspicciones 
substulit, improbari non débet. Quod ideo dicimus ut hanc 
tarditatem in respondendo nostram vestra Excellentia non 
accuset, sed persuadeat sibi ab hac causa procesisse. Nam que- 
madmodum Ulis nuntiis Gelsitudinis vestre diximus^ eam quam 



LOUIS DAUPHIN. 243 

minores nostri de domo nostra devotionem in Sacratissimam 
Regîam Majestatem vestrorain majonim habuenint et nos etiam 
majore oonstantia retinemus. Et ubi Sacratissime Régie Majes- 
tati genitoris vestri ac sublimitati vestre placere aliqua ex parte 
possimus nonquam recusabimus. Ita ut \ideri possimus nos- 
tromm majorum devotione non modo equasse, sed et superasse, 
parati semper in omne decus vestre Gelsitudinis. Data . Janue 
die XI* septembris 4453. 
PetruXy dux, etc. 

^niustrisslmo ac clarissimo principi et excellentissimo domino 
Ludovico, primo genito serenissime ac cbristianissime régie 
msgestatis Francorumi et ddphino Yiennensi, etc. 



LIX. 



3! août 1453. 

Délibération du conseil de Venise touchant l'offre faite par le 
dauphin de venir combattre Francesco Sforza, duc de Milan. — 
(Arch. de Venise, Sécréta, XIX, fol. 2H.) 

Die ultimo augusti. 

Gontulit se ad nos spectabilis orator illustrissimi domini Mar- 
chîonis Montisferrati, et secrète nobis explicavit optimam dis- , 
positionem illustrissimi domini DelOni, qui inter cetera offert se 
cum equitibus ini"' et peditibus iP fecere guerram comiti Fran- 
cisco, non dubitans una cum domino Guliebno et aliis ex illa 
parte, cito poni posse in conftisionem statum prefati comitis, 
sed petit ducatos vi°' in auro, etc.^ sicut isti consilio expositum 
est. Et respondendum sit eidem oratori, vadit pars que mitta- 
tur pro eo sibique dicatur : 

Quod intellixîmus libenter ac solita nostra affectione quantum 
idem spectabilis orator nobis retulit parte illustrissimi domini 
Marchionis de bona dispositîone illustrissimi domini Delphini 
agendi contra comitem Franciscum. Nos vero qui non tantum in 
hoc quantum in aliis rébus omnibus dudum novimus, dominum 
Marchioném se movere nobiscum consueta caritate et magna 
sua benivoientia erga nos sibi magnopere regratiamur. Et circa 



Sii LETTRES DE LOUIS XI. 

Itetum domini Delflni didmus quod re vera ex naturali quadam 
incUnatiene nostra semper affecti ftaimus ad christianissimam 
domum Francie, el similiter sumu8 ac esse disponimus ad excel- ^^ 
lentiam domini Delpliiai. Girca vero Ikvorem pecuniarum, quas ^ 
dominatio sua petit pro fociendo contra oomitem Franciscum, 
didmus nos ut prediximus cupidos esse omnis comodi, honoris 
et glorie sue. Bstque rei veritas quod consideramus conditiones 
presentis temporis, que a modo sunt ad iiiemen, nec videmus 
quod pro nunc aliquid fleri posset, quod esset moment! contra 
comitem Franciscum, attento etiam quod exercitus noster ob 
tempus quod sic requirit cogetur ire ad allogiamenta. Ideoque 
non videmus quid pro nunc dicere possimus. Sed cum aptitu- 
dine temporis certam facimus excellentiam suam quod prompt! 
et optimamente dispositi repperiemur ad ea omnia peragenda 
que YOtis suis, commodis et honori satisfacere possint. 

Et ex nunc captum sit quod de ista materia scribatur oratori 
nostro qui est apud regiam majestatem pro sui informatione, et 
similiter et communicetur ista responsio nostra cum oratoribus 
regiis hic existentibus. 

Départe 96 

De non 7 

Non sinceri 2 

LX. 

11 décembre 1453. 

Instructions données par les Vénitiens à Francesco Veniero, 
ambassadeur auprès du duc de Savoie, pour inviter le -dauphin 
à venir combattre le duc de Milan. — (Arch. de Venise, Sécréta, 
XIX, fol. 232.) 

M GGGC Lin die xi decembris. 
Quia omnino necessarium est subvenire statui nostro et pro- 
curare habere omnes bvores possibiles et inter cetera apertis- 
sime intelligitur quod utile sit habere subsidia Francigenarum 
vadit pars quod scribatur viro nobili Francesco Venerio S oratori 
nostro in Sabaudia. 

1. Francesco Veniero appartenait à une illustre famille véni- 
tienne qui a compté plusieurs doges parmi ses membres. 



^ LOUIS DAUPHIN. 245 

Mandamus vobis cum nostro consilio Rogatorum quatinus ad 
presentiam illius illustrissimi domini ducis esse debeatis et 
dicere quod Exoellentia sua sensisse débet successus comitis 
Frandsci, postx|iiain rex Reoatus venit in Italia, et darissiiiie 
intelUgere naturam et conditionem dicti Gomitis qui ambitiosis- 
simus est, et unusquisque cousiderare débet quod si magis 
prosperaret non contentaretur de dominio suo, sed nulli dubium 
est quod se volyeret ad iUas partes ad damna Excellentie sue. 
Et nos qui nedum nostrum statum conservare intendimus sed 
etiam comodum et conservationem sue Excellentie et aliorum 
amîcorum et benivolonim nostrorum tota mente exoptamus, 
deliberavimus nil ex possibilibus ommittere ut reprimatur dic- 
tus Gomes, qui communis inimicus potest et débet reputari et 
obvietur maie sue disposition!. Et propteraa determinavimus 
requirere favores Frande, et inter ceteros illos illustrissimi 
Delphini tanquam oeleriores et opUmos. Quamobrem rogamus 
Excellentiam suam ut ei libeat adjuvare materiam et omnia 
possibilia facere ut pro commun! omnium bono et securitate 
ipse Ddpbinus habeatur et yeniat cum yin"" in x"" personis in 
Italiam, et carissimum baberemus quod Excellentia sua mitteret 
unum ejus dignum oratorem ad dictum Delpbinum ad suaden- 
dum et inducendum eum ad banc intentionem nostram , ejus 
Excellentie déclarantes quod intentionis nostre est dare ipsi 
Delphine convénientem subventionem pecuniarum et id quod 
aoquiret de ultra Abduam ac Ticinum ac etiam ultra Padum a 
Plaoentia et Placentino supra versus montes sint in ipsius Dd- 
phini dispositione, exceptis promissis sue Excellentie et Mar- 
chioni Montisferrati et domino Gulielmo, ejus fratri, si a parte 
nostra esse voluerint. Et diximus a Placentino supra, quia illa 
dvitas promissa est. 

Expedito autem a dicto duce, volumus ut vos conferre debea- 
tis quanto oelerius possibile sit ad presentiam illustrissimi 
domini Delphini, cui porrectis nostris litteris çredentialibus et 
&ctis salutationibus et oblationibus convenientibus uU honori 
suo et nostro yobis convenire videbitur, dicetis quod alias ejus 
Excellentie, ejus humanitate et singulari erga nos affecUone se 
obtulit ad nostros venire Ikvores. Et quia nunc tempus nobis 
esse yidetur hujusmodi ejus humanissima oblatione utendi cum 



SI46 LETTRES DE LOUIS XI. 

cornes Franciflcos, qai ducatam Mediolani usurpavit, non pariter 
proBperet. Et tanquam beliicosus et ambitiosus non est reman* 
surus contentus de bis que habet, sed si prosperaret se Yolveret 
contra ducem Sabaudie, rogamus et hortamur Bxcellentiam 
suam ut transire yelit cito et potenter in Italiam, quantum spe- 
ramus in Dei clementia ac ejus magnanimitate et virtutibus 
quod in brevi acquiret ftonam immortalem gloriam et statum. 
Nam ex nunc ei offerimus, si veniet cum equitibus fin'' vei x^ 
ei dare convenientem pecuniarum subventionem tam pro levando 
se quam pro victu et subyentione gentium quas conduoet Et 
insuper ab bac parte cum omnibus gentibus nostris bellum 
faoere, ut ipsius Excellentie magis habilitetur ab illa parte vie- 
toriam reportare. Et contenu sumus ut de eo quod acquiret ab 
Abdua et Ticinio ultra et etiam de ultra Padum a Placentia et 
Placentino supra, sua Exoellentia disponere possit, ut ei place- 
bit^ exceptis promissis illustrissimo domino duci Sabaudie ac 
etiam Marchioni Montisferrati et domino Gulielmo, ejus f)ratri| 
si a parte nostra esse volueriU 

Audictis autem responsionem sue Excellentie et procurabitis 
omnem ejus intentionem intelligere de qua et numéro gentium 
quas bai)et, ac quas gentes et favores habiturus esset, et si 
habiturus est gentes aptas ad bellum, et quo tempore esse pos- 
set in Italia, et novis illarum partium et aliis relatu dignis, 
quanto citius et particularius poteritis nos vestris lltteris advi- 
sabitis ut responsiones yobis dare valeamus et bec materia 
concludi, quia optamus ut pratice imponatur finis et quod 
yeniat quam oelerius sit possibile. Et propterea expectate man- 
datum. 

Yerum si idem dominus Delphinus yobis diceret aut etiam 
comprehenderetis quod yellet habere assensum et licentiam 
genitoris sut, dicere debeatis quod hoc nobis videtur honestum 
et conyeniens, et offeratis yos, si ei libet et yideatur rei conferre, 
accessuros ad sacram Majestatem suam ad rogandum, instan- 
dum et procurandum quod ad hoc assentiat. 

Et SI ipse dominus DelOnus yolet quod eatîs ad dictum sere- 
nissimum dominum Regem, ire deb^tis et presentatis nostris 
litteris credentialibus fiiclisque humanis et reyerentibus obla- 
tionibus que conyenientes yobis yideantur, debeatis cum omni- 



LOUIS DAUPHIN. 247 

bop illis veiiHS que ad propositum utilia prudentie vestre 
videantor, rogare, suaderB, instare et procurare debeatis, quod 
lieentiam det prefoto illustrissimo domino DeUIno veniendi in 
Italiam, ut prediximus. 

Yerum si forte per dictuin Delflnum aut serenissimum demi- 
num Regem vobis diceretur quod bec impresia spectet illustris- 
simo domino duci Aurelianensi * , cum ad eum spectet de jure 
ducatum Mediolani, vel alia conslmilia yerba, volumus ut 
dioere debeatis quod singulariter sumus iili serenissime domui 
aiTecti et desiderium nostrum esset ut unus ex dominis dicte 
domus predictum ducatum obtineret Et verum est quod alias 
defuncto domino FiUppo Maria, vero duce MedBolani, prefotus 
dominus dux Aurelianensis nobis dare fedt per ejus oratores 
notitiam de juribus que in dicto ducatu habebat et quod habi- 
turus erat fàvores Frande et nostros requirebat. Nos vero ipsis 
suis oratoribus respondimus quod nobis permaxime placet)at 
eos intellexisse et hortati ftiimus ut liabere procurent quanto 
plures favores habere . posset, quam ejus yicinantiam magis 
quam aliquam gratam baberemus. Et tamen ab inde dtra aliud 
non babuimus. Sed utcumque ait summe nobis gratum est quod 
ipse illustrissimus dominus dux Aurelianensis ad.supradictum 
impresiam veniat, et rogare debeatis dictam Regiam Mayeâtatem 
quod ei placeat ipsi domino duci dare licentiam et instate onmi- 
bus illis vcrbis et rationibus que vobis videbuntur tam apud 
dictum serenissimum dictum Regem quam dictum Delflnum ut 
taies dare placeat supradicto domino duci favores quod venire 
valeat presto et potenter cum niP in x"* personis, nam parati 
sumus Excellentie sue bcere eas ipsas conditiones et ôblationes 
quas Bupradiximus per vos Delflno fleri, et de subventione sibi 
danda ac de lods acquirendiSi et quod bellum ab bac parte 
fiMdemus, ut supra tactum est, et de bis que habueritis nos 
advisate, et expectate mandatum. 

Et subsequenter mittere debeatis cancellarium vestrum ad 
dictum dominum Aurelianensem ad hortandum et suadendum 
Excellentie sue ad impresiam supradictam cum omnibus illis 

1. Charles, duc d'Orléans, avait des prétentions sur le duché 
de Milan comme héritier de sa mère Yalentine de Milan. 



2i8 LETTRES DE L0U18 XI. 

yerbis et raticmibus inductivis que Tobis ? idebuntnr vosque cum 
ExoelleDtia sua intelligere. 

Geterum tenebkis curaorem latorem presentium usque ad 
iempus quo vos ad iter exponetis pro eundo ad Delphinum per 
quem nobis scribetis ante discessum de Sabaudia responsionem 
quam habuilis ab illustrissimo domino duce Sabaudie et quid 
sentitis de Delphino, ac quoLgentes habet et aliis occurrentibus, 
et cum a Delphino habuitis responsum iilud per unum alium 
cursorem nobis denotabitis et informabitis vos ac nobis scribetis 
si aliqua via denarii per cambium ad illas partes mitti possent. 
Et potestis vos intelligere cum nostrîs qui sunt Gebene ut eis 
mitteretis Utteras et ipsi per unum alium cursorem veliocissi- 
mum illas nobis mitterent. 

De parte 72 

De non 33 

Non sinceri .... 26 



LXI. 



14 janvier 1454. 

Instructions données par la république de Venise à Francesco 
Yeniero, son envoyé en France et en Savoie, relativement aux 
propositions du dauphin. — (Arch. de Venise, Deliberazioni, 
Secretn, t. XXI, fol. n v».) 

M GCCC LUI die xmi jannuarii. 

Ser Francisco Yenerio , oratori nostro ad partes Francie et 
Sabaudie. 

Sub die xnii mensis decembris prope preteriti vobis scripsi- 
mus mandantes ut collato cum ill. duce Sabaudie vos conferre 
deberetis ad presentiam illustrissimi domini Delphini, et post 
verba generalia commemoraretis sue Excellentie de oblatione 
sua pro humanitate per médium illustrissimi domini Harchio- 
nis Montisferrali nobis facta veniendi ad favores nostros \ eum 
rogaretis, induceretis et instaretis ut in Italiam pro i^vore rerum 
nostrarum venire ei placeret quoniam sperabamus in Dei cle- 
mentia et multis suis virtutibus quod perpetuam et immortalem 
famam ac gloriam acquireret. Diximusque quod coutenti eramus 



L0UI8 DAUPHIN. 949 

d dare oonTementem subventîonem pecuniarum et bellum flicere 
cum omnibus gentibus nostris ab bac parte. Speramusque quod 
ante harum recepUonem fùeritis cum dicto iUustrissimo domino 
Ddphino et bonum dederitis principium predicte pratice. Et 
quia optamus ipsius videre oondusionem, volumus et yobis 
mandamus cum nostro Gonsilio Rogatorum quod si videbitis 
predictum ill. dominum Ddphinum ad rem attendere ejus 
Excellentie dicere debeatis, quod firmissima spes nobis est quod 
debeat de bac impresia reportare victoriam et gloriam, dum- 
modo cum celeritate fiant ea que agi debent, et prq)terea ut 
videat quod nolimus rem in tempore tenere, sed ad iilius bonam 
condusionem prestissime deyenire deliberamus ei realiter appe- 
rire mentem et intentionem nostram. Et ex nunc didmus quod 
volonté ejus Exeellentia promittere et cum effectu esse in par- 
tibus Lombardie, bellumque magnanime flicere contra Gomitem 
Franciscum, subditos^ terras et loca sua ad illum terminum qui 
conveniens sit, et limitabitur ejus Ei;oellentie contenti sumus 
obligari dare ducatos ix m auri in hune modum, videlîcet, qua- 
dragintaquinque milia antequam se levet de partibus suis Yiene, 
de quibus habeat ducatos xv m magniflcus dominus Gulielmus 
de Monteferrato cum. boc quod se obliget servire apud suam 
Exodientiam cum equititus ii m, et reliqui xxx m sint Excel- 
lentie sue predicte, cum hoc quod venire teneatur et esse in 
Lombardia ad terminum limitandum cum equitibus nn m vei 
inde supra. Et ill. dominus dux Sabaudle mittere obligatur suis 
expensis équités n m sive illum majorem numerum eorum qui 
possibilis ei sit, et prosperantibus rébus ut sperandum est in 
Dei bonitate, Noyaria sit ipsius duds Sabaudie, si acquiretur, et 
Alexandria predicti domini Gulielmi, si cum ipso Ddphino erit. 
Ab Abdua vero cilra et Plaoentia cum Placentino et abinde infra 
sint in dlspositione nostra ut possimus dare et distribuere, sicut 
obligati sumus. In reliquis autem que tenentur per dictum 
Gomitem Franciscum quanto majus bellum et damnum ei 
inferret tanto magoris honoris erit sue Excellentie et magis 
nobis placebit. 

Quando véro sua Exeellentia erit in partibus Lombardie 
volumus obligari sibi dare subito post ejus appulsum rdiquos 
ducatos XV M pro supplemento lx m de quibus magniflcus domi- 



850 LBTTRI8 DB LOUIS XI. 

nus Gulielmos babeai ducatos t x et reliqui x m sint sue Excel* 
leniie, et ut valeat bellum continuare et tenere gentes predictas, 
et sibi fàcere bonorem conlentamur ei dare per unum mensem 
postquam ad firacturam contra dictuni Gomitem déveneritduca- 
tos ini M et sic successive singulo mense postea ducatos im m. 

Yerum si predictus Delpbinus peteret velle se intelligere si 
pax fieret respondere debeatis, quod si ante predictum suum 
adventum in Lombardiam et antequam ad firacturam et bellum 
contra dictum Gomitem deveniat, ad pacem cum dicto Comité 
Francisco deveniretur exnunc contentamur quod babeat et 
libère teneat dictos ducatos xxx m quos ut supra diximus ante- 
quam se moveat vel levet illi dare volumus obligari, cum boc 
quod promittat quod si quo tempore post ipsam pacem ad bel- 
lum cum dicto comité deyeniremus ad nostros venire Ikvores 
modis et conditionibus predictis. 

Et solidtate illis prudentibus verbis et modis qui yobis vide- 
buntur res illas reducere ad intentionem nostram predictam, et 
si predictus ill. dominus Delpbinus contentabitur devenire ad 
conclusionem subito nobis rescribite per duplicatas litteras et 
advisate nos de modo quo mittere babeamus pecunias, et de 
tempore quo venire promittet quod quanto brevius erit et citius 
veniet nobis magis placebit quoniam mittemus vobis indicatum 
nostrum et providebimus de pecuniis, et mittite unam manum 
ipsarum litterarum vestrarum per viam Alemanie et alteram 
per viam Montisferrati. 

Si vero idem dominus Delpbinus aliquam induceret difBcul- 
tatem, dicere debeatis Excellentie sue quod singulariter sumus 
ei affécti et libenter eum videremus venturum quoniam spera- 
remus sibi subsequuturam gloriam et famam, sed quia tempus 
brève est, et bujusmodi res in longum teneri non potest roga- 
bitis ejus Excellentiam ut ei placeat darissime vobis apperire 
finalem intentionem suam et ad talia convenientia devenire 
quod rationabiliter res possit concludi et subito nos advisate ut 
valeamus dare vobis opportunum mandatum. 

Si autem dominus Gulielmus redderet se difBcilem apud pre- 
fatum Delphinum servire et esse cum gentibus et conditionibus 
suprascriptis fit opportuna instantia ut contentus remaneat et 
serviat ut prediximus, quando vero nollet ad hoc condesoendere 



LOUIS DAUPHm. S61 

contenu sumus ut tanto major sit conducta'Delphini et habeat 
etiam denarios quos ut superius dictum est dari dicto domino 
Gulielmo. 

Yenua quia sdre non possumus terminos ad quos ad reoep- 
tionem presentium pratica 111a deducta erit et posset occurrere 
quod suprascripta possent conferre bone conclusion! supras- 
cripte pratice vel etiam non conferre, conflsi de prudentîa vestra 
relinquimus in libertate restra suprascripta in totum vel in 
parte apperiendi yel ea tacendi, uti sapientie vestre videatur 
utilius esse pro agendis nostris, bene autem Yobis declaramus 
quod libenter videremus illam praticam, bonam et votivam 
habere conclusionem. 

Et ex nunc captum sit quod mittatur pro oratore illustris- 
sûmi Domini ducis Sabaudie eique dicatur quod ill. Domino suo 
dedarari jam fecimus de bac pratica Delphini et intelligit quod 
nécessitas penitus requirit, ut pro securitate status sui illus- 
trissimi Domini et nostri valide solidteque fiant provisiones, 
quia clarissime intelligitur, quod si hoc anno cum convenienti 
diligentia provisiones facte fuissent res in meliori termino se 
reperirentur. Et propterea eum rogamus, ut scribat dicto illus- 
trissime domino et eum roget strictissime parte nostra ut quan- 
tum possibile sit adyuvet materiam pratice suprascripte et soli- 
citet ipsius bonam conclusionem, ac etiam ex parte sua preparet 
gentes suas et faciat omnes possibiles provisiones ut status suus 
et noster securi remaneant ab hoc suo et nostro et quietis hoste, 
nihil tamen ipsi oratori dicendo de denariis quos predicto Del- 
phine dare volumus. 

Départe 429 

De non 44 

Non sinceri 40 

Lxn. 

26 avril 1454. 

Instructions données par la république de Venise à Francesco 
Veniero relativement au dauphin. — (Arch. de Venise, Deli- 
berazloni. Sécréta, t. XX, p. 17.) 



258 LETTRES DE LOUIS XI. 

Die xxvi mensis aprilis. 

Francisco Venerio, oratori nostro ad iUustrifisimum dominum 
Delphinum. 

Proximis diebus scripsimus vobis, nuntiantes conclusionem 
pacis facte cum ill""^ domino duce Mediolani ac cum colligatis 
et confederatls partis utriusque, jussimusque vobis quod super- 
sedereUs in pratica quam babebatis cum ill'"^ domino Delphino, 
retrahendo vos ac nostrum expectando mandatum. Nuncautem 
Yolumus et mandamus vobis cum nostro oonsilio rogatorum, 
quod sitis cum ipso domino DeHino et omnibus illis bonis, uti- 
libus et pertinentibus verbis, que vestre prudentie videbuntur, 
justificabitis et honestabitis nostrum dominum pro bac pace et 
quam sîncero , bono et prompte animo deveniebamus ad con- 
cordium praticatum cum Exoellentia sua. Sed decens et hones- 
tum est quod utamur beneficio pacis, et ita est illustrissime 
dominationi sue, conveniens yideri debere tenemus. Et cum 
hiis et aliis ratiombus et justiflcatîonibus ac etiam oblationibus 
generalibus, sumpta bona licentîa ab prefato illustrissimo 
domino in patriam redire curaUs de novi3 et condltionibus illa- 
rum partium informatus. 

Si deliberabitis in hoc reditu vestro venire per viam Sabaudie, 
contenti sumus quod visitetis nomine vestro et non nostro illus- 
trissimum dominum ducem Sabaudie, cum illis bonis et perti- 
nentibus verbis que vestre prudentie videbuntur. 

Départe 440 

De non 2 

Non sinceri 2 

Lxra. 

29 mai 1454. 

Lettre du duc de Milan au dauphin pour lui signaler le vol dont 
a été victime Thomas Reatin, son envoyé en France, de la part 
d'un soi-disant serviteur du dauphin, et réclamer la restitution 
des objets soustraits. — (Minute. Arch. de Milan.) 

Ad Delflnum. 
Illustrissime princeps et excellentissime domine mihi hono- 



LOUIS DAUPHIN. 263 

i 

randisstme. Refersus ad nos ex illis partibus Gallie speo- 
tabilis et insignis miles dominus Thomas Reatinus, consiliarius 
meus, mihi rettulit quanta humanitate et caritate susceptus fùe- 
rit a serenissima majestate Régis Francorum patris vestri, et 
ab illustrissima dominatione vestra, serenissimoque rege Renato, 
ad quos vos omnes superioribus mensibus ipsum dominum 
Thomam, oratorem , emiseram quemadmodum sublimitas ves- 
tra novit, mihique inprimis abunde palefecit quam sit erga me 
optimus ezcellentie vestre animus, quod mihi profecto gratissi- 
mum et jocundisssimum fuit et proinde prelibate illustrissime 
dominationi vestre immortales habeo gratias^ quamquam non 
novum aut inusitatum hoc mihi est propter singularem amo- 
rem, observantiam et devotionem quibus jamdudum innato 
quodam desiderio serenissime domui régie vestre afBcior, pro 
cujus sublimitate, amplitudine et gloria nedum copias et res, 
sed ipsum quoque corpus et animam omnemque substantiam 
meam quantulacunque sit, illi dandum vovi et voveo, et hec 
ipsis experimentis, quandocunque opus erit, certissima esse 
comperiet illustrissima dominatio vestra. Yerum hujusmodi 
legationis sue opus interturbavit casus sane detestabilis qui 
redeunti ipsi domino Thome nuper accidit, namque ut ipse 
mihi retulit, dum citra montes ad terras mee ditionis propin* 
quasset, apud quoddam castellum nomine Salicetum, loco Geve 
vicinum, idem dominus Thomas in predones vel satellites et 
latrones incidit, qui ei nil taie timenti, insidiabantur, ipsumque 
et omnem pêne ejus Ikmiliam spoliarunt equis, bestiis, impedi- 
mentis, auro, argento ceterisque bonis que secum in hac ejus 
legatione adduxerat : quod quidem damnum est plusquam 
ducatorum quattuor mihum aureorum ; huyusque insultus et 
sceleris auctorem fdisse assef it quemdam nomine Arcembaldum 
qui dicit se excellentie vestre stipendiatum esse, dictumque 
castellum nomine illustrissime dominationis vestre tueri, una 
cum certisaliis latronibus, jaclatque se talefacinus perpétrasse 
sub nomine excellentie vestre, quod mihi omnino absurdum 
Videtur, nec mihi in mentem venire ullo pacto posset quod ali- 
qui ex ditione mea presertim oratores quibus etiam ad hostes 
ipsos per omnia quasi secula tutus aditus esse consuevit, ipsum- 
que legati nomen apud omnes sanctissimum est, a subditis 



S54 LETTBE8 DB LOmS XI. 

exoellQntie yestre damnum aliquod pâli poBsent aat aliqtia oon- 
tumelia afBci. Quamobrem illustrissimam domînationem yea- 
tram hortor, rogo atque obsecro quantum possum ut de hiyus- 
modi scelere dignam habere velit animadvertionem contra dictum 
Arcembaldum et ceteros bij^us criminis conscios, si ipse Arcem- 
baldus subditus et stipendiatus est excellentie yestre, quemad- 
modum dicit^ et casteïlum ipsum nomine yestro tueatur, prefti- 
toque domino Thome bona sibi ablata restitui et intègre satisfieri, 
prout juri et equitati pariter atque amidcie et observande in 
yos mee consonum yidetur ; quamquidem rem supramodum 
gratissimam habiturus sum ab iûustrissima dominatione yestra. 
Quod si idem Arcembaldus sui arbitrii est, nibilque agere habeat 
cum ezcellentia yestra, aut ipsum casteïlum excellentie yestre 
non paret, sed est latronum spelunca et receptaculum, relit 
eadem me proinde reddere certiorem. Nam quandocunque Intel* 
lexero dominationi yestre non displicere aliam inyeniam yiam 
qua indemhitati prefati domini lïiome proyidebo et nisi res* 
pectus excellentie yestre hue usque me tenuisset non distullis- 
sem contra ipsum Arcembaldum et casteïlum ad ulteriora pro- 

oessisse, ita quod de et insolentia minime gloriaretur. 

Igitur ab excellentia yestra magno desiderio responsum super 
inde expecto et me accurate commendo. 
Hediolani xxniip maii 4454. 

LXIV. 

10 ayrU 1455. 

Lettres du dauphin sur des legs faits par feu Jean de Yillaines, 
son chambellan. — (Orig. Arch. de la Drômc, E 2302, fol. xy.) 

Loys, ainsné fllz du roy de France, daulphln de Viennois, 
conte de Vallentinois et de Dioys, à noz bien amez Jaquelin 
Trousseau, Yyon du Bouchet, Regnault de Negrepelisse et Tho- 
min de Labouloye, exécuteurs du testament de feu Jehan de 
Yillaine *, salut. Gomme il soit ainsi que nous ayons fait mectre 

1. Jean de Yillaines, bailli des montagnes du Dauphiné, avait 
été nommé, le. 28 novembre 1447, par le dauphin châtelain de 
Nyons aux gages de 247 livres tournois par an (Arch. de l'Isère, 



LOUIS DAUPHIN. 865 

en noBtre main tous et cfaascuns les biens dudit fbu Jehan de 
Yillaine et que soubz icelle vous aient esté baillé en garde de 
par nous, nous vous mandons et commandons et à chascun de 
vous seul et pour le tout que vous baillez et délivrez à nostre 
bien amé Symon de Favieres, serviteur dudit feu Jehan de Yil- 
laine, en son vivant, toute la vaisselle d^argent et d'estaing et 
autres utendUes d'ostel, robbes, pourpoints, chapperons et autres 
choses que ledit feu Jehan de Yillaines avoit le jour de son tres- 
passement, lesquelles il donna audit Symon après son testament 
bit, oultre et par dessus ce qu'il luy avoit donné en sondit tes- 
tamofit. Et pareillement baillez et délivrez à Jehan le Noir, derc 
et serviteur dudit feu Jehan de Yillaine, en son vivant, la somme 
de ii« florins que ledit Jehan de Yillaine lui donna en son vivant 
et après son testament Ikit, desquelles choses dessusdictes avons 
esté plus applain informez^ et voulons et ordonnons que pour 
vostre descharge et acquict et de chascun de vous par rappor- 
tant ces présentes avecques quictanoes desdiz Symon de Favieres 
et Jehan le Noir vous en soiez et demourez quictez et deschargez 
envers les héritiers et aiens cause dudit feu Jehan de Yillaine 
par tout où il appartendra, sans aucun contredit ou difficulté, 
car ainsi nous plaist il et voulons estre bit, non obstant que 
ledit feu Jehan de Yillaine n'en ayt &it aucune mendon en 
sondit testament et qu'il ait donné par sondit testament autre 
chose audit Symon de Favieres et lettres subreptices impetrées 
ou à impetrer à ce contraires ^ Donné à Yallence le j!^* jour 
d'avril l'an de grâce mil nn« lv après Pasques. 

B 3225, fol. 260). Le 26 février 1449 il reçut, en dédommagement 
des terres qu'il avait abandonnées en Normandie lors de l'inva- 
sion anglaise, l'office de ch&telain de Ghampsaur, Saint-Bonnet, 
Montersier et Montalquier (Âroh. de Plsère, B 3225, fol. 329). 
Le 14 mars 1452, le dauphin lui attribua les revenus des seigneu- 
ries de Yalbonnais, Ratier et Glaix (Arch. de Flsère, B 3048, 
fol. 286). — Jean de Yillaines était aussi châtelain d'Oysans 
(lettres du dauphin, du 14 janvier 1454, donnant à Raoul de 
Gommiers, son échanson, la châtellenie d'Oysans, vacante par la 
mort de Jean de Villaines (Arch. de llsère, B 3225, fol. 461). 

1. Le registre du notaire (fol. ziv) constate que les ordres du 
dauphin furent exécutés le 23 avril 1455. 



256 LETTRES DE LOUIS XL 

Par monseigneur le daulphin, le sire de Hontaulban et autares 

presens. 

J. Bonsiuf. 

LXV. 

18 avril 1455. 

Lettres du dauphin sur la succession de Jean de Villaines. — 
(Orig. Arch. de la Drôme, E 2302, fol. zv.) 

Loys, ainsné filz du roy de France, daulphin de Viennois, 
conte de Yallentinois et de Dioys, à nostre amé et féal secrétaire 
maistre Pierre de Vaulx, salut. Gomme puis peu de temps ença 
nostre amé et féal conseiller «t chambellan Jehan de Yillame 
s'en alla de yie à trespassement et en son vivant ait fait son 
testament et derreniere volenté, comme chascun bon crestien 
doit faire, et ait institué et estably noz bien amez Jaquelin 
Trousseau, Regnault de Negrepelisse, Yvon du Bouchot et Tho- 
min de Labouloye, exécuteurs de sondit testament, pour le faire 
et acomplir ainsi qu*il avoit ordonné. Et il soit ainsi que depuis 
le treiças dudit feu Jehan de Villaines pour aucunes causes 
ad ce nous mouvans nous ayons fait prandre et saisir en nostre 
maàn et par bon et loyal inventaire tous et chascuns ses biens 
et iceulx baillez à régir et gouverner auxdiz exequteurs soubz 
icelle et deffendre à iceulx et mesmement audit Jaquelin, sur 
peyne d'encourir nostre indignacion qu'ilz ne les eussent à déli- 
vrer à personnes quelconques jusques par nous leur en flist 
autrement ordonné, et depuis nostredicte main mise aions esté 
suppliez et requiz par noz bien amez Symon de Favieres et 
Jehan le Noir, serviteurs dudit feu Jehan de Villaines en son 
vivant, que actendu qu'il ait fait sondit testament et baillé ausdiz 
exécuteurs et en icelluy ordonné de ses biens à sa bonne volenté, 
toutefToiz depuis ledit testament fait, lui, aiant consideracion 
aux bons et agréables services que les dessusdiz lui avoient faiz 
en son vivant et par especial en sa maladie, et que en sa cons- 
cience ne les avoit pas bien recompensez, donna et ordonna 
prendre audit Symon, c'est assavoir toute sa vaisselle d'argent, 
ti'estaing, robbes, pourpoints et tous autres utencilles de mes- 
nage plus à plain contenuz en l'inventaire fait desdiz biens, et 



LOUIS DAUPHIN. S157 

audit Jehan le Noir la somme de m florins monnoyés sur tous 
et chascuns ses autres biens, comme pareillement est contenu 
et par nous mandé en ung mandement naguerez octroyé aux 
dessusdiz^ lequel est atachié à ces présentes soubz le contrescel 
de nostre chancellerie, par lequel mandons ausdiz exécuteurs et 
à chascun d'eulx qu'ilz délivrassent ausdiz Simon et Jehan le 
Noir tous et chascuns lesdiz biens, utensiliez d'ostel et ladicte 
somme de n« florins monnoyés dont lesdiz exécuteurs ont esté 
et sont reflùsans et delaians de le délivrer aux dessusdiz, obstant 
ce qu'il n'estoit point contenu audit testament et autres delaiz 
qu'ilz y ont peu et sceu trouver pour tousjours delaier et retar- 
der de délivrer lesdiz biens. Pourquoy nous vous demandons, 
commandons et expressément enjoignons et commectons par 
ces présentes que incontinent ces présentes noz lectres par vous 
receues vous vous transportez devers lesdiz exécuteurs ou Tun 
d'eulx; aux deux ou chascun d'eulx seul et pour le tout, et leur 
feictes exprès commandement de par nous, sur certaines et 
grosses peynes à nous à appliquer, que incontinent ilz vous 
baillent et délivrent toutes et chascunes les choses dessusdictes 
et que ledit feu Jehan de Villaine leur donna et qui par nous 
avoient esté baillées par inventoire audit Jaquelin soubz nostre 
main, laquelle nous en avons levée et levons par cesdictes pré- 
sentes en tant que touche lesdiz exécuteurs et mesmement ledit 
Jaquelin et tous et chascun, lesdiz biens et somme d'argent par 
vous receuz d'eulx ou pris par voz mains par bon inventaire les 
baillez et délivrez ausdiz Symon de Favieres et Jehan le Noir, 
tout ainsi et par la fourme et manière que le vous avons ordonné, 
en nous signifBant ce que en aurez fkit, et aussi que prenez 
quictance desdiz Symon et Jehan le Noir et la copie desdictes 
quictances avecques celle de ces présentes et des exploiz par 
vous faiz, baillez et délivrez ausdiz exécuteurs pour leur des- 
charge, lesquelles voulons leur valoir acquict et descharge au 
temps avenir envers tous ceulx qu'il appartendra. Et ou cas 
que lesdiz exécuteurs ou l'un d'eulx en l'absence Pun de l'autre, 
seront reffusans et delaians de vous délivrer ou faire délivrer 
les choses dessusdictes, fàictes ouverture desdiz biens, oo^z 

1. Cf. lettres du 40 avril 1455. 

I 17 



258 LETTRBS DB LOUIS XI. 

et autres choses royaomenl et de âdt, quelque part que trouvez 
les pourrez, pour informacion ou autrement, et ioeulx baillez 
et délivrez tout ainsi et par la fourme et manière que le vous 
avons ordonné, non obstant oppositions ou appellations quelz- 
conques. De ce fiùre vous avons donné et donnons par ces pré- 
sentes plain pouvoir, auctorité, commission et mandement 
espedal, mandons et commandons à tous noz justiciers, ofD- 
ders et subgielz, que à vous en ce fidsant obéissent et entendent 
diligemment et vous prestent et donnent conseil, confort et 
aide, se mestier en avez et requiz en sont. Donné à Yallenoe 
le xvni* jour d'avril l'an de grâce mil uii° lv après Pasques. 
Par monseigneur le daulphin, les sires de Montaulban, de 

Grussol et autres presens. 

Gaulties. 

LXVI. 

29 mai 1455. 

Lettre du duc de Milan an dauphin sur Guiotin de Noris. — - 
(Arch. de Milan, Reg. des lettres des ducs, t. XX, fol. 469.) 

Yisto quanto la vostra Ezcelentia per le soe ne ha scripto, et 
inteso etiandio quanto per parte soa ne ha dicto al nobile Gui- 
dotino de Nores\ suo fomilioso, présente ezhibitore. Gli havimo 
esposto a bocha et dicto largamente la nostra bona dispositions 
verso la sua dominazione, como quella da luy largamente inten« 
dra. Al quale preghamo essa vostra iUustrissima signoria gli 
voglia credere et dare piena fede quanto a muy medesimo. Alli 
my bene piaceri offerimosi muy sempre de bono animo appare- 
chiate. Datum Mediolani die ixmn^ mail 4455. 

niustrissimo principi et excellentissimo domino honorandis- 
simo domino Ludovico, delphino Yiennensi, etc., serenissimi 
régis Francorum primogenito. 

1. Cf. lettre du dauphin du 20 février 1455. Ge personnage 
s'appelait Guiotino de Noris, et non Ginotino^ comme je l'ai indi- 
qué à tort p. 68 et 69. Il était de Chypre et à ce titre était le favori 
de la duchesse Anne de Lusignan. (Cf. Chroniques de Yolande de 
France, p. 48.) 



LOUIS DAUPHIN. S59 

Lxvn. 

il août 1456. 

Lettre dn duc de Milan au dauphin pour lui annoncer la double 
victoire de Jean Huniade sur les Turcs. — (Arch. de Milan, 
Registres des lettres des ducs, t. XXY, foi. 384.) 

Et si omnia libenter, que nobis occurrunt, eum Excellentia 
vestra, communicamus ea tamen libentius que commune bonum, 
oommunemGhristianereligionisfelicitatemconcemunt,hodiema 
si quidem die nobis nunciatum est, Turchum illum impium 
Gbristiane religionis hostem, dum castnim Yandorobensem^ 
regni Hongarie maximis copiis et apparatibus obsessum ezpu- 
gnare tentaret, aliamque Gonstantinopolitanam pugnam exper- 
tum, Hungariis vbribus felidque ductu magistri comitis Joan- 
nis Uniadh terrestri maritimaque pugna superatum fuisse'; huj us 
rei testes sunt littere illustrissimi domini dominii Venetorum 
cum inserta copia litterarum ipsius comitis Uniadh ad reveren- 
dum dominum cardinalem Strigonensem^, apostolice in ea pro* 
vincia sedis legatum, quanim exempla illustrissime serenitati 
vestre bis inserta mittimus. Eam nobis persuademus pro mate- 
ria proque tam felici dono gayisuram. Res est profecto que 
omnium Christi fidelium mentes et corda inflanmiare débet et 
precibus et votis ad supremum deum reducere, quanto quidem 
aoerbîisimos Ghristianorum casus miseratus tantasque clades, 
quas immanis illa belua nobis intulit, ab eodem débitas ezigere 
penas cepit majores ut speramus m dies exacturus. Itaque pro 
tam felici novo Excellentie yestre congratulamur et nobiscum 
gaudemus ; speramus ut prope diem fore, divina fkvente clemen- 
tia, judvéntibusque sanctissima arma Ghristianis potentatibus, 
quam detestabilis illa Mahometti setta confrigatur extermine- 
turque. Datum Mediolani die xi augusti 4456. 

1. Les Turcs assiégeaient alors Belgrade. 

2. Le 14 juillet 1456, Jean Huniade dispersa la flottille turque 
dn Danube et, le 21 suivant, il s'empara du camp ennemi et força 
les Turcs à lever le siège de Belgrade. 11 mourut le 10 septembre 
sui^nt des blessures reçues dans cette bataille. 

3. Denis Zoech, archevêque de Strigonie, cardinal en 1439, 
était hongrois. H mourut vers 1464. 



860 LETTRES DE LOUIS XI. 

Lxvm. 

7 septembre 1456. 

Lettre de Charles Vn aux conseillers et bourgeois de Lyon poor 
leur annoncer Fenvoi du maréchal de Loheac et de Tamiral 
Jean- de Bueil, chargés de leur faire connaître son intention 
relativement à la fuite du dauphin. — (Arch. de Lyon, BB 8, 
fol. 24.) 

De par le roy. 

Ghiers et bien amez, nous envoyons présentement par delà 

nostre chier et féal cousin le sire de Loheac, mareschal, et 

nostre amé et féal conseillier et chambellan le sire de Bueil, 

admirai de France, pour aucunes choses qui très fort nous 

touchent et dont avons esté adrertiz, afQn de y donner provision 

de par vous, ainsi que le cas le requiert, et les avons chargez 

sur icelles choses vous dire nostre voulenté et entencion. Si 

voulons et mandons, sur toute l'obéissance et loyaulté que nous 

devés et tant que doublez nous desplaire, que ausdiz sires de 

Loheac et de Bueil vous adjoustez pleine foy et créance et au 

surplus obéissez à tout ce qu*ilz vous diront de par nous, comme 

se nous mesmes y estions en propre personne, et en ce qu'ilz 

vous diront ou requerront de par nous vous employez de tout 

vostre pouvoir, comme bien y avons la confiance, et gardez 

bien que en ce n'ait faulte. Donné au Ghastellet le ni* jour de 

septembre ^ 

Charles. 

Le Coxte. 

i. Cette lettre parvint aux conseillers de Lyon le dimanche 
12 septembre et fut l'objet d^une délibération, en vertu de laquelle 
les conseillers se rendirent auprès du maréchal et de l'amiral, qui 
logeaient en l'hôtel de messire Pierre Sorel, c ausqueulx seigneurs, 
par la voix dudit messire Jehan Grant, ont dit et signifQé qu'ilz 
avoient receu et veu lesdictes lettres closes du roy, et pour ce que 
icelles portoient créance, ilz estoient près de oir ladicte créance 
et de tousjours obéir aux bons commandemens et mandemens du 
roy et desdiz sieurs ses commis ; lesqueulx seigneurs leur dirent 
que le roy les avoient envoez pour la garde de ladicte ville et du 
pais... > (Arch. de Lyon, BB 8, fol. 23.) 



LOUIS DAUPHIN. 261 

LXK. 

11 septembre 1456. 

Lettre de Charles YII aux Dauphinois par laquelle il raconte les 
négociations entamées entre son fils et lui, leur insuccès et la 
nécessité où il a été de charger le maréchal de Loheac et Tami- 
ral Jean de Bueil d'administrer le Dauphiné. — (Orig. Bibl. 
nat., Pièces orig., 884, dossier Gourcillon.) 

De par le roy. 

Noz amez et feaulx, chiers et bien amez, nous tenons que 
savez assez comme puis aucun temps en ça nostre très chier et 
très amé filz le daulphin a envoyé par devers nous, à Tune fois 
Guillaume de GoursiUon, chevalier, à l'autre foiz ledit de Cour- 
sillon et le prieur des Gelestins d'Avignon ensemble, et derre- 
nierement Gabriel de Bernes et ledit prieur des Gelestins, à tous 
lesquelz nous avons fidt et fidt &ire en nostre présence très 
doulce et raisonnable response, désirant le réduire et actraire 
par bénignité, douloeur et clémence. Et enoores à la derreniere 
foiz avons fait faire response par nostre chanoellier en nostre 
présence et en la présence du cardinal d'Avignon, envoyé par 
deçà de par nostre saint père, aussi de nostre conseil ouquei 
lors estoit b^u neveu de Galabre et autres des sdgneurs de 
nostre sang, que se nostredit ûlz vouloit venir devers nous, 
conune bon fllz doit &ire envers son père, nous estions contens 
et prestz de le recueillir en nostre bonne grâce, lui pardonner 
et oblier toutes les desplaisances du temps passé et le recevoir 
comme bon et naturel père doit son bon et obéissant &lz. Et en 
oultre ladicte response leur avons dit de bouche que l'un des 
plus grans désirs que ayons en ce monde est que nostredit fllz 
se gouverne bien et que se par jeunesse il a par cy devant esté 
mal adverty , doresenavant qu'il est en aage de soy congnoistre, 
il mecte peine de radresser son fait et se réduire envers nous, 
comme il est tenu de faire. Et que s'il faisoit aucunes doubtes 
ou qu'il eust aucunes crainctes ou suspeçons, quant il nous en 
advertiroit nous Fen asseurerions telement que raisonnablement 
il en devroit estre content et n'auroit cause de riens craindre. 



26S uerniBS de louis xi. 

Hais ce neantmoins jusques cy il ne Ta voulu fidre, ainçois a 
esté si très mal conduit et conseillié que tousjours il a persévéré 
à dire qu^il ne vouloit venir devers nous ne se trouver en nostre 
présence, qui est dhose bien estrange à considérer de fllz à père. 
Et, qui plus est, avons sceu que dès sitost qu'il a oy les rappors 
desdiz Gabriel de Bernes et prieur des Gelestins et par eulx sceu 
la response que lui avons faicte, de laquelle raisonnablement il 
se devroit moult esjoir, incontinent icellui nostre filz si'est subi- 
tement party et absenté du pais du Daulphiné où il estoit et a 
laissié et habandonné vous et les autres babitans d'icellui sans 
garde et ordonnance et conduicte, dont avons esté bien esmer- 
veillez. Mesmement que, considérées les cboses dessusdictes et' 
la grant doulceur et bénignité que lui demonstrions, il ne puet 
avoir quelque cause de ce faire. Et pour ce que par Tennorte- 
ment ou subjestion de ceulx qui ainsi le conduisent on d'autres 
qui voulentiers entreprendroient sur ledit pais se pourroient 
foire des choses qui toumeroient à la grant foule et charge 
d'icellui qui, après tant de grans charges et oppressions qu'ilz 
ont supporté le temps passé n'ont pas mestier d'avoir foule, 
Nous, qui tousjours avons à mémoire les grans^ bons et loyaulx 
services que ceubc dudit pais du Daulphiné ont de toute anci^- 
neté feit à la couronne de France, et mesmement la bonne et 
loyale obéissance qu'ilz nous ont gardé sans vaxiller du temps 
des guerres et divisions qui ont eu cours en ce royaume, qui 
aussi serions très (j^splaisans de les laisser habandonner et 
veoir sur eulx advenir quelque oppression ou chose grevable, 
considerans que 1^ fait dudit pais nous touche et les successeurs 
de nous et des nostres en la couronne de France, avons envoyé 
en nostre ville de Lyon noz chiers et feauk cousins le sire de 
Lobeac, mareschal de France, et le sire de Bueil, conte de 
Xancerre, nostre admirai, pour obvier aux inconveniens qui 
pourroient avenir et aux entreprises que on vouldroit ou 
pourroit faire ou préjudice dudit pais, et avecques ce avons 
entencion de brief nous tirer es marches de par delà pour don- 
ner à tout si bon ordre et provision que ce sera à vostre bien, 
soulaigement et consolacion et de tous les autres babitans dudit 
pais et en manière que aucun incontinent n'en adviendra. Si 
vous avons bien voulu escripre ces choses, confians de voz 



LOUIS DAUPHIN. 263 

bonnes loyautez et comme à ceulx qui toasjom*s avez eu et 
avez désir de aider à tont vostre povoir à redresser et réduire 
en mieulx les termes que par cy devant a tenu nostredit filz, 
lesquelz sont à son dommage plus que de nul autre, et croyons 
fermement qu'ilz ont esté et sont à vostre très grant desplai- 
sance, affln que soiez advertiz de nostre entencion que es choses 
qui surviendront oudit pais ayez recours à nous qui, pour con- 
sideracion des choses dessusdictes, voulons vous donner et faire 
donner support, soustenement et faveur en toutes voz necces- 
sitez et afiàires, et aussi vous adressez à nosdiz cousins que 
avons envoyé par delà, et avecques ce aux gouverneur, prési- 
dent et autres notables ofBciers du Daulphiné pour tous ensemble 
donner provision aux choses qui surviendront oudit pais tels 
qu'il appartiendra. Donné au Ghastellar le xi« jour de septembre^ . 

Charles. 

RiPPE. 

LXX. 

14 septembre 1456. 

Lettre circulaire de Charles YII aux villes de France pour leur 
amionoer la foite du dauphin et leur enjoindre de ne pas favo- 
riser la rébellion de celui-ci. — Le texte ci-dessous a été copié 
sur la lettre adressée, le 14 septembre 1456, aux maire et éche- 
vins de Beauvais. (Orig. Archives municipales de Beauvais, 
££6.) 

De par le roy. 

Chiers et bien amez, puis aucun temps en ça nostre très chier 
et très amé fllz le daulphin de Yiennoys a envoie par devers 
nous à diverses fois aucuns de ses gens, à tous lesquelz avons 
fladt très doulce et raisonnable response , desirans le réduire et 
actraire par douloeur et bénignité. Et encores à la derreniere 

1. Duclos (I¥0t«ve5 (ie l'hUitÀrt de Louis II, p. 127) à publié cette 
même lettre adressée aux prélats du royaume. Le texte est presque 
identique, mais il est défectueux, car Duclos a mal lu certains 
mots. Ainsi il a daté la pièce de Chaselard au lieu du Chastellard, 
et il a lu ou prendre audit pays au lieu de au pr^udiee dudit pais. 



264 LETTRES DE LOUIS XI. 

foiz qull a envoie devers nous Gabriel de Bernes et le prieur 
des Gellestins d* Avignon nous leur avons bit fisdre response par 
nostre chanoellier en nostre présence et en la présence du car- 
dinal d'Avignon envoie par deçà de par nostre saint çere^ aussi 
de tout nostre conseil, ouquel lors estoit beau nepveu de Galabre 
et autres seigneurs de nostre sang, que se nostredlt filz vouloit 
venir devers nous, comme bon filz doit envers son père, nous 
estions contens et prestz de le recueillir en nostre bonne grâce, 
lui pardonner et oublier toutes les desplaisances du temps passé 
et le recevoir, comme bon et naturel père doit son bon et obéis- 
sant fllz. Et en oultre ladicte response leur avons dit deJ)ouche 
que Tung des plus grans désirs que aions en ce monde est que 
nostredit fllz se gouverne bien et que se par jeunesse il a par cy 
devant esté mal adverty, doresenavant qu'il est en aage de soy 
congnoistre il mecte peine de redrecer son fait et se réduire 
envers nous, comme il est tenu de faire, et que s*il fkisoit 
aucunes doubtes ou qu'il eust aucunes crainctes ou suspeçons, 
quant il nous en advertiroit, nous Ten asseurerions tellement 
que raisonnablement il en devroit estre content et n'auroit cause 
de riens doubler. Mais ce neantmoins jusques cy il ne Ta voulu 
&ire, ainçois a esté et est très mal conduit et conseillé, que 
tousjours il a persévéré à dire qu'il ne vouloit venir par devers 
ne se trouver en nostre présence, qui est chose bien estrange à 
considérer de père à fllz. Et qui plus est avons sceu que dès si 
tost qu'il a oy le rapport desdiz Gabriel de Bernes et prieur des 
Gelestins et par iceulx sceue la response que lui avons faicte, 
de laquelle raisonnablement il se devoit moult esjoir, inconti- 
liant icellui nostre fllz s'est souldainement party et absenté du 
pays du Daulphiné où il estoit, dont avons esté bien esmer- 
veillez et desplaisans, mesmement que considérées les choses 
dessusdictes et la grant doulceur et bénignité que lui démons- 
trions, il ne peut avoir quelque cause de ce faire. Et pour ce 
que par l'ennortement et sugestion de ceulx qui ainsi le con- 
duisent et conseillent il vouldroit par avanture entreprandre de 
faire des choses dont se pourroient ensuir inconveniens et charge 
à foule à nos subgetz, et que s'il trouvoit retraict, susport ou 
faveur et feroit lui donner occasion de plus longuement persé- 
vérer es termes qu'il a tenuz par cy devant, qui seroit à nostre 



LOUIS DAUPHIN. 265 

très grant desplaisir, au scandalle de la chose publicque et au 
dommaige de nostredit fllz plus que de nul autre. Nous, desirans 
y obvier et que nostredit filz ait occasion de soj réduire envers 
nous, comme il est tenu, et que mesmes pour son bien et hon- 
neur lui est expédiant de faire, nous avons bien voulu escripre 
de oeste matière comme à noz bons et loiaulx subgetz afin que 
soiez adverty de la vérité dicelle et des termes que avons tenu 
pour cuider par doulceur et entreprendre vous emploiez à y 
obvier, comme bien avons la confiance. Si voulons et vous 
mandons sur la loyauté et obéissance que nous devez que en ce 
tellement vous emploiez que de plus en plus en doiez estre 
recommandez envers nous. Donné au Ghastellar le xim* jour 

de septembre * . 

Ghables. 

Daniel. 
Au dos : R. le dimenche uf jour d'octobre mil im<^ lti. 

LXXI. 

22 octobre 1456. 

Lettre de Guillaume de Poitiers et de Guillaume de Meuillon au 
dauphin relativement au séjour de Charles VU en Dauphiné. 
— (Orig. Bibl. nat., Fr. 20427.) 

Nostre souverein seigneur, très humblement nous recomman- 
dons à vostre bonne grâce, à laquelle plaise sçavoir que par 
Symonet avons receu voz lectres, lequel a fiut très grant dili- 
gence de venir, et de point en point mectrons poyne de faire le 
contenu de vosdictes lectres. Madame^ est ycy et toutes vos gens 
et aussi plusieurs gentilshommes du pays, et n'y a nul qui n'aye 
très grant vouloir de faire ce que mandés de Testât du pays de 
pardeça. Mons^ de Valence a esté devers le roy à Lyon et de 

1. On trouve dans Legrand (Bibl. nat., Fr. 6967, p. 75) le texte 
de la lettre adressée par Charles YU, le 15 septembre 1456, aux 
prév6t, jurés et échevins de Toumay, sur la fuite du dauphin. 

2. La dauphiné Charlotte de Savoie. 



266 LETTRES DE LOUIS XI. 

rechief y retourne. Mous' le gouv^neur, le gênerai, le conseiller 
et aultres de vostre hostel et du pays, pour ce que le roy a dit 
à mondit seigneur de Valence et certifBé qu'il ne yeult entre- 
prendre de vous lever le pays, mais vous en donrroit ainçoys 
de Taultre comme ilz disent, ne aussi constreindre serviteurs 
ne aultres de ikire serement, ne chose qui soit contre nostre 
honneur. Item a plus dit qu'il veult parler aux dessusdiz, pour 
adviser et traitier de vostre appoinctement, car il dit qu'il en 
fera plus pour vos serviteurs que pour gens du royauhne de 
France» car ilz disent que le plus grant desplaisir et regret qu'il 
ayt jamais eu si est quant il a sceu vostre despartement, vous 
cuydant avoir perdu. Plaise Dieu que la voulenté luy vueille 
maintenir et de vous faire les biens qu'il dit que fera. Et nous 
semble que vous aurez ambassades très brief au partir qu'ilz 
feront. Aujourduy devoit entrer à Vienne, et dit-on qu'il n^y 
fera nulle nouvelleté qui vous soit préjudiciable. Monseigneur 
de Lers et moy somes ycy et entretenons et confortons les gen- 
tilshommes tant de vostre hostel que du pays qui sont ycy et 
de poinct en poinct ferons ce que vous avez escript jusques à 
la mort ou à la vye, car il n'y a nul qui ne soit deUberé ad ce 
faire. Mondit seigneur de Lers et moy vous envoyerons d^ycy à 
deux ou troys jours Guillaume de Monbochier pour vous dire 
plus à plein le démené de pardeça. Et tous somes délibérez de 
non faire chose qui soit contre nostre honneur, et qu'on ne 
vous fesse sçavoir premièrement tout, et mourir d'avant que le 
bire aultrement. Nostre souverein seigneur, mandés et com- 
mandés tousjours vos bons plaisirs, pour les acomplir à l'aide 
Nostre Seigneur qui vous acomplisse voz nobles désirs. 

Escript à vostre ville de Grenoble le xxii*"' jour d'octobre. 

Vostres très humbles et très hobeissans subgietz et serviteurs. 

Guillaume de Poitiebs. 
Guillaume de Metllott. 

Lxxn. 

7 décembre 1456. 

Dépêche deTommaso Tebaldo adressée de Lyon au duc de Milan. 
— (Orig. Arch. de Milan.) — En voici le sommaire : Audience 



LOUIS DAUPHIN. SI67 

de Charles VU. — Visite au comte du Maine, au comte de 
Dunois, au bailli de Touraine et au sénéchal de Saintonge Gouf- 
fier. — Il leur déclare que le duc de Milan est en excellents 
rapports avec les Vénitiens^ les Florentins et le roi d'Aragon, 
et qu'il a douze mille chevauz à son service. — Visite au duc 
de Savoie, qui est logé à un mille du roi de France. Conversa- 
tion sur le dauphin. — Le roi en veut surtout aux amis de son 
fils, notamment au b&tard d'Armagnac, au sire de Montauban, 
à Capdorat et à Garguesalle. Il est entré en Dauphiné, qui devra 
lui obéir désormais. — Visite aux gens du dauphin qui sont à 
Grenoble au nombre de mille hommes commandés par Guil- 
laume de Meuillon, qui est le partisan du duc de Milan. — La 
compagnie du bâtard d'Armagnac, forte de 400 lances, s'est 
retranchée à Crest, où leur chef prétend résister à toute la 
France. — Capdorat est revenu de Bourgogne pour se joindre 
aux partisans du dauphin. — Ambassade du duc de Bourgogne 
apportant au roi des lettres où le dauphin demande à aller com- 
battre le Turc. 

Dlustrissime et excellentissime domine mi singularissime, 
sono zonto da la maesta del re za x zoml passati et sobito 
hebe audientia, al quale fed primamente la recommandatione 
e oblatione delà vostra signoria, in quela più humana e megliore 
forma che me fù possibile, e molto gratiosamente fù veduto e 
recevuto dala maestate sua; domandome del vostro essere e 
bono stato e regratiando dele recommandatione e oflTerte vostre. 
E circha questo non fù dicto ne replicato altro dala sua maesta, 
ne'ancora io passay più ultra, non havendo altro in commanda- 
mento dala signoria vostra. Dapoy gli disse il fisusto mio e como 
il Bayli non havea voluto obedire, pregandolo me volesse &re 
satisfare segondo m'havea dicto e promesse a Ganatta e como 
rhonestà e debito rechiedea. Il quale mostro essere malcontento 
del Bayli e disse gli provederia. E dapoy Tha fistcto condannare 
per la desobedientia e scritto cbe '1 vegna quà, e dice ad ogni 
modo volere mettere fine a questo mio &cto per modo ch'io serô 
contento. Non so como seguîrà, ma dapoy chUo ce sono, deli- 
bero viderne il fine, se a Dio piaoerà, die spero sarà presto, 
salvo se la vostra signoria me commandasse altro, la quale 
obediro sempre. 



268 LETTRES DE L0UI8 XI. 

Sono dapoy stato con monsignore de Humena^ il quale nel 
vero è bene tutto humano e molto savio et è quanto bene ha 
questa oorte, e &ctogle li saluti e confort! e offerte débite : il 
quale strettamente e particularmente m' ha domandato delà 
signoria yostra, e se offerisse per voy in tutto quelo gli sîa 
possibile, e pregha ne sia &cto experientia. 

A molti altri e a monsignore de Dunoyse' ho tdjdo le offerte e 
saluli segondo Tessere e condictione loro. Tutti regratiano e se 
offerisseno, etc; e spetiahnente il Bayli de Torrena' che Ai a 
Milano, il quale è tutto vostro. Vero è che monsignore de 
Dunoyse parla molto mozo, ne^ puô &re ch' el non demostri 
uno pocho de Panimo suo. Alchuni de loro me domandano in 
che modo se governa la signoria vostra, e quale modo teneti e 
quanti cavali de gente d*arme haviti de présente, e se '1 è pace 
in tutta Italia, et se 1 è per durare, e benche la pace li sîa, se 
le voluntade sono bone, e zerchano molto più per subtile che 
non me feceno Taltra volta; aie quale demande oye è bisognato 
ho ikcto le resposte a proposto segondo il picolo apparere mio, 
ayisandoli prima del stato e vivere delà signoria vostra e deli 
zentilhomeni e spesa honorevele che haviti in vostra corte, e 
delà audientia continua, e del andare per Milano e ala caza, etc 
Certificandove che sono cussi bene informât! particularmente 
dele cosse de là, como mi. E veramente intendendo del essere 
e stato delà vostra signoria e delà illustrissima madonna 
duchessa consorte vostra^, la quale non è mancho cognosduta 
e amata in Franza che in Italia, e intendendo il numéro e la 
belleza di vostri figlioli concludeno voy essere cussi dequo 
signore e cussi obligato a Dio, e che cussi ben meritatî la signo- 
ria como nessuno altro signore quale voglia se sîa, e ala bella 
largha lodano e commendeno la signoria vostra, avisandove 
signore chMo non dico questo si no per lo, vero e aciô che siati 
informato del tutto. Vero è che col re non sono venuto ad altre 
partîcularitade, como ho dicto; ma ben intendo d'alchuni che 

1. Charles lY d'Anjou, comte du Maine. 

2. Jean d'Orléans, comte de Danois, dit le bâtard d'Orléans. 

3. Antoine d'Aubusson, seigneur du Monteil. 

4. Bianca-Maria Visconti, épouse, en 1441, deFrancesco Sforza. 



LOUIS DAUPHIN. 269 

spesso ancora luy parla de la signoria yostra ; e fra li altri me 
l'ha dicto il pretaito Bayli de Torrena, e Gofler, seneschalcbo de 
Sancta UnghiaS mignoto e voliti camerlengo gratodel re. 

Ala parle delà pace de Italia e deli boni animi e voleri, io II 
ho chiarîtî che '1 non fli may tanta unione fra firatelii e fratelli 
quanta è fra la signoria vostra, Yeneziani e Fiorentini; e chè 
questl tre stati se puè reputare uno solo e uno capo e una 
anima, e simelmente col re d'Aragona*. Yero è che de questa 
ultima parte me sono passato uno pocho mozo credando non 
fare maie; e che de gente d'arme continuamente la signoria 
yostra tOL drca xn'" cavali vi vi tutti presti ad ogni suo volere. 
Per alchuni mè resposto a questa parte che se vero fusse tanta 
intrinsicheza de animo e bona pace in Italia non bisognaria 
tenire tanta spesa ai présente : ali quali respondo che questo è 
Fordinario per la più bella pace del mundo, e séria vergogna ala 
vostra excellenlia a tenime mancho. Ma per tempo suspecto non 
che guerriato la vostracignoria n'havea xx'" e il simile Yeneziani ; 
ma che tutti dala pace in qua, suso la quale se fidano, hano casso 
gente assay. E cussi ho zerchato e zercho satisfargli e dargli a 
intendere quelo me pare sia de bisogno e conveniente ala materia. 

Fuy a visitare il duca de Savoya per parte delà yostra signo- 
ria, il quale era lozato a una rocha presso al re uno miglio : me 
feœ bona e grata acoglienza per respecto delà signoria yostra e 
yolse desenassc con luy, e disseme como il re hayea mandato 
per luy aciochè gli fusse presso per intendere queste facende 
del Delphino como passayano, perché gli ne tocha anchora a luy 
la parte sua per respecto delà figliola mugliere del Delphino, e 
il flgliolo marito delà figliola del re, e fasse in tutto de casa. E 
credo anchora che questa sia sola la casone ; e cussi se disse per 
altri, mazormente che dopo la sua yenuta non è innoyato né 
&cto altro yerso luy. E za inanti che 1 yenesse Zambalero ' e 
tutto il paese de quà di monU hayea ratificato e obligatose ali 
capituli e promesse ftuste al re per esso duca. QuelU de là doè il 

1. Guillaume Grouffier, seigneur de Boisy, sénéchal de Sain- 
tODge, premier chambellan et fayori de Charles YU, m. 1495. 

2. Alphonse Y, m. 1458. 

3. Ghambéry. 



8^70 LETTRSS DE LOUIS XI. 

Piamonie, VerzeUi, etc. non lo vSleno fere e il re non se ne cara, 
eomo mè dicto, e bastagli havere quisti'de quà che sono a costa 
e aie conflnie del Delphinato e de Bergogna. Gertiflcandove 
che 1 re non a fecto questo verso il duca dl Savoya si no per il 
flgliolo e per meglio redurlo a sua obedienUa, quando non 
bavesse ove appozarse. E la signoria vostra sa ancora quelo 
che '1 ye mando a dire altre volte intorno a questo, che vene 
tutto a questo effecto, Pha &cto ancora il re per respecto al duca 
de Bergogna. E cussi gli pare havere focto due parate a uno 
tracto; non so ma como gli reuair& il pensere. 

El prefato duca sabato sin vene in questa corte e heri par- 
iite poso desenare e torna a casa sua a Zambalero lonze de qui 
due zornate ove è madama la duchessa^ e li farà bona cera por 
queste feste, como m'ha dicto, e preghato ch' io vada questo 
natale a stare con luy. Da poy che ad ogne modo ho aspectare 
qui la venuta o resposta del Bayli, non so como Ikrè, ma flno 
adesso ho ben deliberato andare a solazo^in qualche locho o li, 
altrove, per questo termine che ha il BayÛ a venire quà, il 
quale è per tutto il mese présente. U cancellero de Savoya per 
quanto intendo farà maie y facU soy, e délibérasse syndicarlo 
e far^ de molti processi contra, e ognehomo gli tene la mane ; 
e il re, il conte Dammartino ' e molti altri delà corte del re y 
quali erano stati in suo favore altre volte, al présente non se 
ne curano e lassano che monsignore e madama farano a suo 
modo, ali quali era et è ingrato e maie accepte, sichè non pu6 
fare tropo bene. Monsignore de Torrena doè miser Johanne de 
Compense proseguè il &cto suo contra quisti zentilhomeni delà 
ligha, che sono tornati in casa de monsignore de Savoya, e il 
re gli dà audientia et è ordenato la zomata a questo zenaro che 
tutti siano quà dal re, il quale zudicharà fra loro quelo debia 
essere; e a questo gli sera sempre de fare. Jacomo de Gelant è 
savio e stasse a Yerzelli e a quela sua contea là, e adesso che 'I 
sta bene non se cura più cortare e fa como savio. 

La parti ta del Delphine fu como la excellentia vostra a za 

1. Anne de Lusignan, épouse, en 1432, du duc Louis, belle- 
mère du dauphin. 

2. Antoine de Ghabannes, comte de Dammartin. 



LOUIS DAUPHIN. 874 

inteso; è reeevuto dal duca di Bergogna e tractato continua- 
mente enm grandissimo honore, poeo la quale Q re è yenuto in 
lo Delphinato como haviti inteso, e ha mandato per li tri stati 
del Ddphinato et per io governadore che vegnesseno a Yienna. 
Ecnssi li sono stati questo mese passato, benchè il governa- 
dore non li Yolse venire se primo non hebe il parère e consenti- 
mento del paese, e questo per le moite lettere e commandamenti 
ftkCti e mandati dal Delphino poso la sua partîta a tutto il paese 
che non doyessero obedire a persona ala pena delà sua disgra- 
tia, e cussi se retrovè il re stare in Yienna per octo zomi e feoe 
uno grande parlare publico a tutti quilli che erano venuti, regra- 
tiandoli prima del suo essere venuti al suo commandamento, 
non obstante che havesseno Ihcto il debito suo, perché altre 
volte gli fedno il zuramento e la fidelitade dal quale non li 
havea ancora liberati, avisandoli como fra le altre regione de 
Franza Tama grandemente questa del Delphinato, e recordogli 
quanto erano sempre stati fideli e quanti boni ayuti gli haveano 
dato per le guerre passate. E qui gli recordè como in la taie 
guerra haveano fitcto taie cosa, e in quela altra in taie modo, e 
che in Faltra morino y tali e tali, e tutto recordè como se *1 ha- 
vesse havuto ogne cosa per scripto inanti ay ochy^ la quale 
eosa fU molto commendata e grata ali auditori ; concludendo 
che gli dispiacea per quesli respect!, e considerato che tutto il 
reato del suo reame era in tranquiMtade e pace, che loro soli 
Aisseno vezati e maie tractati de subsidii e spese de gente 
d'arme e de maie govemo, la quale cosa era de imputare non 
sdamente al suo flgliolo, ma a quilli che '1 govemavano che 
era il Bastardo de Armegnacha^ il quale non era d'Armegiya- 
cha, ma era inglese e inimico anticho de Franza; e cussi a 
monsignore de Montealbano' il quale za per il passato havea 
tradito quilli proprii de casa sua. E perè non era maraveglia 
se '1 zerchava tradire e fare maie capitare suo flgliolo col quale 
non havea a faire cosa alchuna. Dell altri duy, doè de Gadorato* 

1. Jean, bâtard d'Armagnac, dit de Lescun, qui devint, à l'avène- 
ment deLiOuis XI, gouvemeor du Oauphiné et maréchal de France. 

2. Jean de Montauban, amiral de France sous Louis XI. 

3. Aimar de Poisieu, dit Gapdorat (V. notice à la fin du volume). 



SI7S1 LBXTRB8 DE LOUIS XI. 

e de Garghasalla^ non yolea parlare, perché essendo del paese 
erano cognosciuti per ribaldi e traditori e cativi ; e che quisU 
tali erano stati casone del maie governo e de ogne cosa maie 
facta dal flgliolo ; e per questo respecto era venuto per metter- 
gli remedio e dlsgravare il paese da quisti aflkni e maie reze- 
mento, e non puncto per tore il Delphinato al flgliolo, anzi era 
apparechiato, volendo il flgliolo cazare li suprascripU quatro da 
se, ali quali zurà non perdonare ipay, e spetialmente ay duy 
primi, dargli la sua provisione usata, che sono xxy'" firanchi 
Tanno, e dargli o la ducea de Normandia, o quela de Ghienna 
presso al Delphinato, aciè podesse tenire honore vêle e bono 
statô ; e se '1 yolesse stare ala corte sua che lo tractaria como 
bono flgliolo -, e volendo stare in lo Delphinato o altrove che 1 
era contento iistcesse a suo modo, pur che '1 cazasse da si li 
quatro suprascripti : e che più gli piaceria che questa causa se 
aconzasse più presto per mezo de loro del Delphinato che per 
altre mane. E questo fu Teffecto del parlare del re, al quale Ai 
respecto, lassando da parte il facto del zuramento, al quale 
non consentiano ne se reputano alligati, ma gli parse meglio 
passarsene sub silentio, che erano contenti fare ogne opero a 
loro possibile, aciè che '1 Delphino facesse le voglie del padre, 
como era rasonevele, digando altre belle parole assai. E fli 
electo fra loro alchuni ambassatori chi vano al Delphino per 
questa cosa^ fra li quali do^ea andare il vescovo de Valenza', 
ma non andarà. Li altri che sono pur zentilhomini del Delphi- 
nato se partirano questa septimana. 

Fra questo il re se n'è tornato a Sansesarino tra qui e Yienna 
che stasse, e ha mandato per tutti 11 caslellani e zentilhomeni, 
li quali sono tutti venuti non unitamente, ma divîsi e appare- 
chiati a fare la voluntà del re, dapoy non vedano possere fare 
altramente, essendo il re quà con moite gente d'arme intorno 
e non havendo loro altre spalle, ne' ayuto al présente. 

A Granopoli sono le gente del Delphino drcha milli homeni 
d'arme e arceri, e sono quiUi delà guarda delà sua persona, deli 



1. Jean de Garguesalle (cf. lettres XLV et XLVI). 

2. Louis de Poitiers, évêque de Valence. 



LOUIS DAUPHIN. 273 

quali è capitaneo Gulielmo de Muglione^ il quale è tutto vostro 
partesano e fume a visitare al hostaria faoendome grandissime 
offerte per reverentia delà signoria vostra, delà quale se loda 
Diirabelmente ; e dice che non mancho obederia la vostra signo- 
ria in tutto cbe il suo signore, perché sa che cussi è ia volun- 
tade sua; e che 1 délibéra insieme con quilli chi sono li, se '1 
re, chi altri se voglia H andasse a dare impazo, de fore 
r honore suo e tenirse a nome del suo signore flno che porano. 
E benchè siano certi non possere contra la possanza del re, pur 
farano il suo dovere. Gli resposi cussi rasonando, che essendo 
quilli delà viUa desposti ala voglia del re, maie poriano fare 
loro defesa : me certiflcô che ancora quilli delà villa erano del 
animo loro, e cussi tutto il resto del Delphinato, e quelo 
haveano facto de andare dal re, era stato per bono respecto, ma 
quando Pandasse da vero che tutti seriano e fariano a uno modo, 
perché non se teneno havere a fare con altri ch' a col Delphino. 
Se dolse che Halhortigha era fugito e che '1 intendea como era 
venuto ala signoria vostra imputandolo como traditore, perché 
havea abandonato il suo signore in questi tempi. Lo certiflcay 
che ala partita mia non era venuto a Milano, e che era certo se 
li venesse che la vostra signoria il mandaria ligato a mon- 
signore Delphino, quando cussi gli piacesse, recordandogli 
quanto amati la sua signoria e quanto desiderati fargli ogne 
piaoere. 

La compagnia del Bastardo suprascripto che sono de cccc^ 
lanze s' é reducta in Grestarnaldo'^ forteza inexpugnabile presso 
a Yalenza, e dice volerse tenire li a posta del Delphmo contra 
lutta Franza, e ben se dice lo pu6 &re si per lo sito del locho, 
si per la munitione che hanno. Il governadore del Delphinato 
gli é andato per farli venire fora, non Thano voluto obedire. 
Moslra il re volerli mandarè il campo e ha facto venire qui de 
verso Avergna moite carrete de spiengarde e bombarde e altre 
munitione ; non so como farà. Credo elezerà il partito de lassare 
stare per non apizare cussi presto il focho. Gadorato è venuto 
da Bergogna et é a Granopoli a confortare la brigata. Il ft^tello, 

1. Guillaume de MeulUon (cf. lettre XL VII). 

2. Grest (Drôme). 

I 18 



S7i LETTRES DE LOUIS XI. 

che era veschovo de Yienna * , è stato scazato per lo re, e il legato 
monsîgnore de Avignono è stato là per fargli y processi contra, 
avisandovi perè che costuy era tenuto 11 per lo Delphino senza 
bolle, ne altro titoio. Esso legato è ancora qui, né haverè spa- 
zato questa décima per questo inyemo. Il re ha ben concesso 
che la sipaghl, ma U dinari se metteno zascbuna cita per si in 
una cassa, delà quale il veschovo delà terra n' ha una chiave, 
e uno tommissario del legato un altra, e uno de quilli del re un 
altra, e quando serano scossi per tutto il paese se deliberarà 
dapoy quelo ne debia essere. 

Za XV zorm' passati zonse quo una ambassaria honorevele 
del duca de Bergogna cum molti cavali et è stata x zorni qui 
inanti habia havuto audientia dal re, e poy gli sono andati, e 
dicono in summa per parte del duca che 1 non savea niente del 
andata de monsignore Delphino sino dapoy che '1 Ai arivato in 

suo paese, e che dapoy ' se convene a uno 

flgliolo de tanto signore bone 

casone, cioè per volere andare contra il turcho e confortano il 
re a dargli licentia perché questa è cosa degna e honorevele a 
Dio el al mondo, subgiongendo che ogne volto che '1 Delphino 
U vada, esso duca sera contento andare sotto luy e a sua obe- 
dientia. E questo è Teffecto de la sua ambassata. Dicono per 
parte del Delphino cum sue lettere de credenza al re che luy non 
se partite dal Delphinato per altra casone si non per vedere suo 
oncolo quale za gran tempo havea voglia de vedere, e essendo 
andato là gli pare essere andato a casa sua. Sichè li è andato 
cussi domesticamente e ancora li è andato voluntera per inten- 
dere quisti apparechi chi fa il duca contra il Turcho contra il 
quale luy ancora ha voglia de andare. E se il re gli vole dare il 
modo e compagnia honorevele e conveniente a luy e che gli 
andarà voluntera de compagnia col dicto duca. E questo è il 
summario. 

É stato poy il re sei zorni a dare resposta a quisti ambassa- 
tori, la quale è stata moza e succincta, regratiando prima il 

1. Antoine de Poisieu, frère de Gapdorat, archevêque de Vienne. 

2. L'original étant en mauvais état, les mots illisibles sont rem- 
placés par des points. 



LOUIS DAUPHIN. 275 

daca del honore facto al figliolo rendendose certo Thabia facto 
per 8U0 respecto como il dlce. Ë cussi crede che 4 non savesse 
cosa alchima delà sua andata. Ala parte del andare del flgUolo 
contra il Turcho, che luy non gli tôle né gli dâ la licentia, ma 
che guardino a fare quelo gli pare gli metta meglio al honore e 
al utile, recordando che tutti y deportamenti e Seusti che fora il 
Ddphino serano per ogne homo non mancho attribuiti a esso 
duca havendolo a casa sua e governandolo, che a esso Delphino : 
e che '1 yoglia guardare a drizarlo como varia che fiisse gover- 
nato e drizato monsignore de Zareloyse * flglio d' esso duca. E 
cum questa resposta se partirano li ambassatori 'fira ozi e 
domane, avisandove che '1 re e tutta la corte ne stano sbayti de 
queste fazende. E per molti se dice za ala largha che '1 non 
puô essere a questo bon tempo si ne guerra. E parlando cà con 
alchuni, mostrando dubitare che ^1 era pericolo che '1 duca e U 
Delphino non se acordasseno con li Inghilesi, m' è resposto 
che non séria meraviglia, se za il re gli avesse mandato luy, e 
che li Inghilesi Yorano pué tosto rintelligenUa col re chi con 
Bergogna ne Delphino. E pare che za il re habia dubio de 
quelo poria acadere, cioé che '1 duca e Delphino se acordano 
con Inghilesi. Sichè concludo che haverano costoro al parère 
mio e de ogne homo tanto a fere flra loro che se scordarâno le 
altre cosse più dala longha. Dico ben cussi per aviso vostro 
che non havendo guerra fra loro, e essendo pace per la Franza 
non poriano castoro como cavali grassi stare in la pelle, e cre- 
ditelo senza dubio, e massime essendo invitati e chiamati. 
Sichè parendo a la signoria vostra non séria forse si no bene, 
dapoy che U non ve pare havere altra intelligentia di quà, man- 
dare in Bergogna a intendere quelo se dice e che se fa; e se 1 
acadesse meltere qualche cosa a campo per via indirecta, perché 
li travagli d'altri se a&no per nuy : voglia havere recordato 
questo a bona fede. 

Alli mesi passati vene uno Bombardero stravestito 

quale era fiigito da mane da Gatellani et dissegli che 

che '1 se guardasse inanti a non apizare el foco, 

perché apizandolo non fece may pezore salto, ne séria poy in 

1. Le comte de Gharolais, depuis Charles le Téméraire. 



276 LETTRES DE LOUIS XI. 

suo àrbitrio de amorzarlo et segueriano più guerre e oocisione 
che per io passato. ELquelIo sequirè noi so. Ma ben è verissîmo 
che oostuy disse queste parole. De novo non se parla qua. . . . 
ma intutto se lassa governare la cosa a monsignore de Gala- 
bria^ il quale ha i denari apparechiati, como se dice, e le gente 
de intomo. Ne altro resta sine che '1 duxe voglia dire da yero. 
E io dico pur cussi se '1 duxe nol fa adesso, lo fturô un altra 
volta quando se vederà non posserli stare como a mi non pare 
possîbile che '1 possa durare longamente, essendo odiato da 
quanti citadini 11 sono e dali soy medesimi. E pero dubito ftirà 
uno zomo il salto, ne megliore remedio gli séria como cavarlo 
da li, per uno modo, o per un altro. Yoglio ancora havere 
recordato questo a bona fede. Se dicea de qua che doveano pas- 
sare verso Ast alchune gente d' arme, ma intendo fino a qui 
che sono zanze. E como ho dicto spero che costoro haverano 
tanto a fare di &cti soy, che se scordarano quilli del com- 
pagnio. 

Maestro Thomaso Greco, za duy mesi passati venendo il re 
a Lione, na flnito y zomi soy, cascogli la cozola e se perdete 
da uno canto insieme con la favela; e cussi steti sey zomi cum 
pena. U re ha facto gran demostratione che '1 gli sia doluta la 
sua morte, e factolo portare qui a Lione e sepelire cum grande 
honore, e ha facto alchuni commîssarii aie sue cosse mobele e 
immobile, li quali le goyemano a posta del flgliolo : puocho 
mobile se trovato da libri in fora ; dapoy il flgliolo è venuto 
novamente e vole il re che 1 habia tutto. U libro che ha facto 
scrivere lo signoria yostra, considerato la belleza sua e quanto 
sera grato al re, lodaria che la vostra signoria lo mandasse ala 
maestà sua insieme con qualche bono cayalo de meza taya e 
padflco, che havesse bono andare, delà qualité de quelo liardo 
che la vostra signoria dete al conte Galeaz. E volendolo man- 
dare recordo ala signoria vostra che Emanuel de Jacop séria 
sufSciente e bono, perche è pratico qua e zovane da bene e 
honorevele. 

Signore, io ve ho narrato il testamento vechio e novo ; se ve 
ho fàstidito perdonatime, perché cosse assay non se puono dire 

1. Gico de Galabria, chancelier de Milan. 



LOUIS DAUPHIN. 277 

in puoche parole. Me recommando ala signoria vostra. Ex Lug- 
duno supra Rhodenum die vii decembris mcccg^ lyi^. 

Servitor Thomas Tbebaldus de Bononia, etc. 

niustrissimo et excellentissimo principi, domino meo singu- 
iarissimo, domino dud Mediolarii, etc., Papie Anglerieque 
comiti ac Crémone domino. 

LXXm. 

(Août 1457.) 

Lettre de la dauphine Charlotte de Sayoie confirmant à sa mère, 
la duchesse de Savoie, la mission dont le , dauphin a chargé 
Perrot Faulquîer auprès du duc de Savoie. — (Minute, fiibl. 
nat., Fr. 20489, fol. 134.) 

Très chiere et très amée mère, j'ay receu les lectres quUl 
vous a pieu m'escripre par le Louvat qui estoit allé par devers 
vous pour le fait de mon mariage. Aussi Monseigneur a veu ce 
que lui en avez escript, lequel en entencion que mon très chier 
et très amè père et vous ne lui fauldrez point, envoyé présen- 
tement Perrot Faulquier, son maistre d'ostel, par devers lui et 
vous ; auquel maistre d*ostel il a donné la charge et toute puis- 
sance de recouvrer le fait de mondit mariage ^ mesmement des 
termes de Pasques darrenier passé et de la Toussaint prouchaine 
venant, et aussi de ce que en est deu d'arreraiges de par avant 
ledit terme de Pasques. Et pour ce, très chiere et très amée 
mère, je vous prie tant comme je puis, qu*il vous plaise com- 
plaire à mondit seigneur et fidre en manière qu'il puisse incon- 
tinent avoir l'argent que en est deu, car il me semble que ne 
lui devez pour quelconque chose fkillir, veu les bons termes 
qu'il a tenuz et tient chacun jour que je vouldroye bien que 
sceussez, dont je me tiens la plus eureuse femme que oncques 
ftist ainsi que plus à plain j'ay chargé audit maistre d'ostel 
vous dire, lequel vous plaise croyre de ce qu'il vous en dira de 

i. Cf. les lettres du dauphin sur le même sujet écrites en 
août 1457. 



278 LETTRES DE LOUIS XI. 

ma part. Très chiere et très amée mère, nostre Seigneur vous 
ait en sa saincte garde. Escript^.. 

LXXIV. 

20 août 1457. 

Le danphin ordonne à Raymond et Etienne Achard de payer à 
Perrot Faulquier 4,000 écus provenant de la dot de la dauphine. 
— (Copie. Bibl. nat., Fr. 20490, fol. 63.) 

LoySy etc. à noz chiers et bien amez Raymon Achart et 
Estienne Achart, salut. Nous voulons, vous mandons et très 
expressément éloignons, et à chacun de vous, si comme à lui 
appartendra, et sur paine d'encourir nostre indignacion perpé- 
tuelle, que la somme de quatre mil escus, qui nagueres vous 
ont esté assignés sur le fait de nostre mariage pour secoiu*ir à 
noz afihires, vous baillez et délivrez incontinent ou la valeur à 
nostre amé et féal conseiller et notaire de nostre hostel, Perrot 
Faulquier, auquel avons donné charge de les recouvrer. Et par 
rapportant ces présentes avec quictance sur ce soufOsante dioely 
nostre maistre d*hostel ladicte somme de iiii*" escus en ladicte 
valeur sera allouée en la despence de voz comptes et rabatue de 
vostre recepte par noz amez et feaulx gens de noz comptes et 
partout ailleurs où il appartendra et besoîng sera, ausquelx 
nous mandons ainsi le faire sans aucun contredit ou difficulté, 
nonobstant quelxconques ordonnances, restrinctlons , mande- 
mens ou deffences à ce contraires. Donné à Geneppe en Brebant 
le XX* jour d'aoust Tan de grâce mil cccc cinquante sept. 

LXXV. 

1458. 

Transaction entre le dauphin et Barthélémy Marquis, neveu et 
héritier de feu Gabriel de Bernes. — (Minute. Bibl. nat., Fr. 
2900, fol. 62.) 

Loys^ etc., daulphin de Viennoys, à noz amez et feaulx les 

1. Une autre rédaction de la même lettre se trouve dans les 
papiers de Bourré (Bibl. nat., Fr. 20491, fol. 23 v). . 



LOinS DAUPHIN. 279 

gouverneur ou son leutenant et gens de nostre parlement et 
des comptes du Daulphiné, salut et dilection. Gomme pour cer- 
tain temps en ça feu Gabriel de Bernes pour plusieurs crimes 
et delitz et forfaitures par lui commis à rencontre de nostre 
personne, de la chose publicque, de nostre pays du Daulphiné 
et de noz serviteurs, après son trespas ait esté dedairé et oon- 
dempné avoir commis felonnie et crime de leze magesté, par 
quoy tous et chascuns ses biens feodaulx et autres quelzoonques 
où qu'ilz fussent aient esté adjugés et declairez à nous appar- 
tenir comme plus aplain appert par sentence et arrest donné en 
nostredit parlement de noslredit pays du Daulphiné, et soit 
ainsi que depuis par commandement de nous et de nostre jus- 
tice ait esté prins et détenu Bartholomé Marquis, soy disant 
héritier dudit feu Gabriel, pour ce que icellui Marquis avoit 
prins et transporté et aussi detenoit plusieurs biens qui estoient 
dudit feu Gabriel de Bernes, et lesquelz il avoit esté reffusant 
de bailler et expédier, poiir laquelle cause ledit Bartholomé 
Marquis par arrest et sentence dudit parlement ait eçté con- 
dempné à rendre et restituer lesdiz biens declairez ou procès et 
en la sentence dessusdiz. Et fdt ordonné qu'il seroit en personne 
détenu jusques à ce qu'il auroit rendu et restitué lesdiz biens 
par luy ainsi prins et detenuz et jusques à ce quHl en auroit 
fait restitution et de la valeur de ceulx, comme appert plus cle- 
rement par lesdiz arrest et sentence de ladicte court. Par quoy 
ledit Marquis, comme nous a esté remonstré, voulant faire 
restitution desdiz biens par lui ainsi prins et detenuz, ait fait 
appoincter avecques nous pour la restitution desdiz biens ou la 
valeur à certaine somme de deniers sur ce accordée, moyennant 
laquelle somme sommes contens que ledit Bartholomé Marquis 
soit délivré de ladicte détention où il est, et que tous et chas- 
cuns les biens qui estoient du dit feu Gabriel de Bernes par 
nous donnez à nostre amé et féal escuier Hymbert de Batar- 
nay, seigneur du Bouchage, soient dessaisiz et mis à plaine 
délivrance pour et au proufBt dudit Bartholomé Marquis. Et 
pour ce foire nous ait esté supplié et requis de la partie dudit 
Marquis que eussions à faire oster et lever nostredicte main 
mise en et sur lesdiz biens avec tout autre empeschement, 
comme pour la cause dessus dicte avoit esté en icely et qu'ils 



280 LETTRES DE LOUIS XI. 

soient plainement délivrez audit Marquis. Pour ce est il que 
nous, les choses dessus dictes considérées, ayans agréable ledit 
accord et appoinctement sur ce &it, tous mandons et expressé- 
ment epjoignons par ces présentes et à cbascun de vous, si 
comme à lui appartiendra, que tantost et sans delay vous ostez 
et ftdctes oster et lever nostredicte main mise et tout autre 
empeschement mis esdiz biens pour la cause dessus dicte, et 
iceuk, quelque part qu'ilz soient, faictes rendre, bailler et resti- 
tuer audit Marquis, et aussi la personne dMcelluy Marquis mec- 
tez ou faictes mectre hors desdictes prisons ou detendon et à 
plaine délivrance, en payant toutes voyes par ledit Marquis ou 
autre de par lui à nostre amé et féal notaire et secrétaire maistre 
François Gaultier, commis de par nous à recevoir les amendes, 
condempnacions et forikictures de nostre pais du Daulphiné, la 
somme de deux mille escus d'or sur ce accordée et appoinctée 
avec tous les firaiz et despens faiz par ledit Marquis ou autres 
pour et en son nom depuis le premier jour de juing derrenier 
passé jusques au jour de sa délivrance, pour icelle somme de 
deux mille escus estre baillée et délivrée par ledit Gaultier ainsi 
que par nous luy sera mandé et ordonné. Donné à... 



LXXVI. 

4 juiUet 1459. 

Angelo de Âmelia, gouverneur du Gomtat Venaissin, fait saVoir au 
duc de Milan que le roi de France l'a prié de faire arrêter Ber- 
trand de Salines, serviteur du Dauphin, s'il entrait sur le terri- 
toire du comtat. — (Ârch. de Milan.) 

Illustrissime domine, etc. 

El primo di de luglo venne da me messer Ferrando, judice de 
Yalentinese, homo de gran virtu, mandato dal parlamento del 
Dalphinalo ad recercarme da parte del re de Francia che de 
questo n' avea facta commissione expressa, che io volesse ope- 
rare si intrava in lo contado de Yenesino, dove so govematore, 
fosse preso uno Guascone chiamato Beltrando Salines, che è 
servitore del Dalphino, et de presenti sta per stantia ad uno 



LOUIS DAUPHIN. S|81 

caslello cbiamato Gortesone, che è del principe de Oregna^ el 
quale principe è dilli ooUegati et parente del duca de Borgogna. 
Et questo cercava perché lo decto Beltrando adduna oerti com- 
pagni et lo re et lo parlamento anno certe suspitioni non tolia 
una terra nel Dalphinato ad instantia del Dalphino o del duca 
de Borgogna, coUo quale el re intende fare guerra et dublta che 
ad instantia deli predicti questo Beltrando non acoenda el Aioco 
nel Dalphinato. 

Ex Garpentorate' die nm julii m gggc'' ltuop. 

Ejusdem vestre illustrissime dominationis 

Servitor, 

Angélus de Amelu, 

Rector Yenaysini. 

Illustrissimo principi Francisco Sfortie, duci Mediolani, 
domino ac bene&ctori suo singularissimo. 

LXXVU. 

9 août 1459. 

Les habitants de Bourges renvoient au roi la lettre par laquelle 
le dauphin leur avait annoncé la naissance d'un fils. — (Orig. 
Bibl. nat, Du Puy, 762, 247.) 

Nostre souverain seigneur, nous nous reconmiandons à vostre 
bonne grâce le plus humblement que pouvons. Et vous plaise 
savoir, nostre souverain seigneur, que aujourduy nous ont esté 
envolées de par monseigneur le dalphin certaines ses leclres 
closes que avons receues en tout honneur et révérence, lesquelles 
vous envoyons cy dedens encloses '. Et pour ce que en nostre 
temps n'avons veu advenir le cas pareil et que ceste chose nous 
est nouvelle, desirans de tout nostre cueur vous obéir, vous 
rescrivons en vous suppliant que de vostre bénigne grâce il 

1. Gourtheson, à 20 kil. d* Avignon-, appartenait au prince 
d'Orange, Louis de Ghalon, m. 1463. 

2. Garpentras. 

3. Gf. lettre du dauphin n» LXXXVn. 



%%% LETTRES DE LOUIS XI. 

VOUS plaise nous fiiire savoir vostre bon plaisir et voulenté sur 
ce par ce présent porteur que pour ceste cause vous envoyons ; 
et nous mectrons peine de ftûre et aoomplir ce qu'il vous plaira 
nous en ordonner au plaisir de nostre Seigneur, auquel, nostre 
souverain seigneur, nous prions qu'il vous doint bonne vie et 
longue et acomplissement de tous voz baulx et nobles désirs. 
Escript à Bourges le a* jour d'aoust. 

Voz .très humbles et très obeissans subgetz 

Les bourgois, manans et habitans de vostre ville et dté de 
Bourges. 

Au roy nostre souverain seigneur. 

LXXVIII. 

21 septembre 1459. 

Le dauphin confesse devoir à Jacques, seigneur de Sassenage, 
30 écus pour un cheval. — (Orig. Bibl. nat., Fr. 20486, fol. 84.) 

Nous Loys, ainsné filz du roy de France, daulphin de Vien- 
nois, confessons devoir à Jacques, s' de Ghacenage\ la somme 
de trente escuz pour ung cheval moreau qu'il a baillé et délivré 
par nostre ordenance à Henry Guerin, auquel nous l'avons 
donné, laquelle somme de xxx escus nous lui promectons 
paier dedens Nouel prouchain venant. En tesmoign de ce nous 
avons signé ceste présente cedulle de nostre main le xxi* jour 

de septembre l'an mil cccc cinquante neuf. 

Lots. 

LXXIX. 

1459-1461. 

Compte de François Royer comprenant les dépenses faites par 
ordre du dauphin sur le reste de la somme de 200,000 écus 

1. Jacques de Bérenger, seigneur de Sassenage, devint cham- 
bellan et premier écuyer de Louis XI. Il se distingua à la bataille 
de Montihéry et mourut en 1490. (Cf. Biographie du Dauphiné 
par Ad. Rochas, t. U, p. 393.) 



LOUIS DAUPHIN. S83 

donnée par le duc de Savoie en dot à la dauphine^ ~ (Orig. 
Bibl. nat., Fr. 6737, fol. 43 à 66.) 

(jompte (a) de Francoys Royer, escuier, seigneur de Peurin, 
conseiller et chambellain du Roy nostre sire, et Hector Josselin, 
vidompne' de Genève, commis verbalement en l'année mil 
quatre cens cinquante neuf par le Roy nostredit seigneur, 
estant daulphin de Viennois [b] , à recevoir de Monseigneur le 
duc de Savoye et de ses ofQciers le reste de deux cens mil escuz 
qui furent audit seigneur donnez par mondit seigneur le duc de 
Savoye au traicté du mariage du Roy nostredit seigneur et de 
la Royne, lors daulphine, sa Qlle, des recepte et despense faictes 
par lesdiz commis à cause de Tentremise dudit reste, ainsi 
qu'il apperra cy après oudit compte-rendu à court par Berthe- 
lemy Cailler, procureur dudit François Royer, tant en son nom 
comme soy faisant fort de la vefve et héritiers de feu Hector 
Josselin, en son vivant vidompne de Genève, autre commis à 
ladicte recepte, comme il appert par lectres procuratoires (c) 
faictes et passées au greffe de la chambre des comptes du Roy 

a. Gompotus particularis cujusdam peccunie restantis de summa 
ne n gcutorum domino nostro Régi moderno, tune dalphino Vien- 
nensi, in contractu maritagii su! cum domina Karola Sabaudie 
per dominum ducem ejus genitorem concessorum. 

b. Littere super presenti compote reddite inveniuntur in xxi» 
sacco camere compotorum particularium incepto ad festum beat! 
Remigii k* gggg* lxxh*. 

c. Procuratorium de quo infra redditur. 

1. Ce compte ne fut établi qu'en 1474, c'est-à-dire quinze ans 
après que les dépenses avaient été effectuées et alors qu'un des 
deux commissaires était décédé, et il ne fut définitivement approuvé 
que le 24 juillet 1483, un mois avant la mort de Louis XI. Aussi 
plusieurs dates sont restées en blanc, surtout au chapitre des 
recettes. Le compte porte en marge des gloses latines que j*ai 
reproduites en notes parce que souvent elles éclaircissent ou con- 
firment le texte. 

2. Vidame. 

3. La lettre 'de commission du dauphin est du 29 juin 1459. 
(Catalogue des actes dressé par Etienne Charavay.) 



S84 LETTRES DE LOUIS XI. 

nostre sire à Paris le premier jour de février Tan mil quatre cens * 
soixante et treize, cy rendues (a). 

Recepte. 

Et premièrement. 

Des gabelleurs de Nice par quictance donnée le... jour de... 
Tan mil cccc... six mil deux cens cinquante florins de Savoye, 
qui vallent trois mil cent vingt et cinq escus dudit Savoye. 
Pour ce, cy m'" c xxv escus sabaudiens. 

a. 1* Loquatur quam non constat de iitteris commissionis horum 
commissoram, etiam videtor quod deberent declarare summam 
restantem de n« m scutis de quibus supra, et qui sunt illi qui 
receperunt residuum ut de ipso onerentur computare et insuper 
quod nullum contrarotulum aut documentum pro verifficatione 
hujus recepte afferunt et quod debetur fierî, considerato quod cor- 
rectiones summarum hujusmodi recepte non possunt fieri cum 
compotis illorum a quibus prefati commissi receperunt eo quod 
non sunt subjecti computare in bac caméra compotorum. Eciam 
deberent docere de licteris contractus dicti matrimonii, ut clarius 
videretur summa promissa per dominum ducem Sabaudie et in 
quibus BCutlB debebat recipi : quod minime fit. Ideo ordinetur 
super toto. 

2* Attento quod peccunia de qna fit recepta et que prooedit ex 
contractu dicti matrimonii est in quantitate et numéro prefinita 
quare non potest augeri nec diminui, admictitur dictus Franciscus 
sub affirmatione sua quod per Hegem fuit commissus et juramento 
solenniter per eum prestito quod pluris quam continet presens 
recepta non recepit sine commissione speciali ad computandum 
ad periculum tamen suum si comperiatur quod plus recepisset pari 
forma*.... sine contrarotulo. Hiisdem de causis receptus est com- 
potus, maxime considerato quod extra regnum et per alienigenas 
solucio sibi facta est, quare non possent facile compeli. Etiam ipse 
sub prefato prestito juramento asseruit per magistrum Karolum 
Astars, Stepbanum Eschart de Geneba et Petrum de Gampremi, 
scutiferum, de simili facto peccuniam fuisse receptam qui com- 
peliantur ad computandum. — Nec scit, ut testificatus est, quo 
loco vel apud quos lictere contractus matrimonii de quibus in 
arresto possint inveniri, et ideo non obstantibus ibi positis, tran- 
seant singula prout supra ordinacione dominorum. 



LOUIS DAUPHIN. 285 

Du trésorier de Versel* par autre quictance donnée le... jour 
de... Tan mil nn^... la somme de dnq mil florins de Savoye 
vallant deux mil cinq cens escuz dudit Savoye. Pour ce, 
cy Il*" V* escus sabaudiens. 

Du clavaire deSaincte Agathe' par quictance foicte le... jour 
de... Fan mil nii^^... la somme de mil six cens trente six florins 
savoyens, qui vallent huit cens dix huit escus dudit Savoye. 
Pour ce cy ladicte somme de. . viif' xvni escus sabaudiens. 

Du clavaire du Bugelle par quictance ftJcte le... jour de... 
Tan mil nu®... la somme de mil quatre vingts dix florins dix 
gros et demy dudit Savoye, vallent cinq cens quarante cinq 
escuz dix gros et demy dudit Savoye. Pour ce ladicte somme 
de T<: XLY escuz x gros et demi sabaudiens. 

Du yicdre de Thurin par autre quictance escripte le. . . jour 
de... Tan mil un®... la somme de quatre cens trente six florins 
savoyens qui vallent deux cens dix huit escus dudit Savoye. Et 
pour ce cy ladicte somme de . . n® xvui escus sabaudiens. 

Du clavaire de Monreal' par quictance esmpte le... jour 
de... Tan mil un®:., la somme de mil six cens deux florins deux 
gros qui vallent huit cens ung escu et deux gros dudit Savoye. * 
Pour ce cy, ladicte somme de. viii® i escu ii gros sabaudiens. 

Du chastellain de Moncallier^ par quictance escripte le... 
jour de... l'an mil nii<'... la somme de cent quarante florins de 
Savoye, qui vallent soixante dix escus dudit Savoye. Pour ce 
cy lesdiz lxx escus sabaudiens. 

Du clavaire de Guney' par autre quictance faicte le... jour 
de... Tan mil nn^... la somme de sept cens vingt six florins 
savoyens, qui vallent trois cens soixante trois escus dudit 
Savoye. Pour ce cy ladicte somme de m® lxiu escus sabaudiens. 

Du chastellain de Cavalier msgeur * par autre quictance &icte 
le... jour de... Tan mil nii^... la somme de cinq cens quarante 

1. Verceil. 

2. Santa-Agata, près de Verceil. 

3. Seigneurie du Bugey. 

4. Moncaglieri, ville du Piémont. 

5. Goni ou Guneo, en Piémont. 

6. Gavaller-Maggiore, en Piémont. 



SI86 LETTRES DE LOUIS XI. 

cinq florins cinq gros de Savoye, qui vallent à eseoz dudit 
pays, deux cens soixante douze escus et dix sq)t gros. Pour ce 
çy n« Lxxii escus xni gros sabaudiens. 

Du claTaire de Penneraing par autre quictance escripte le... 
jour de... Tan mil iiii^... la somme de deux cens vingt et deux 
florins de Savoye qui vallent escus dudit Savoye cent unze 
escus. Pour ce, cy ladicte somme de. . cxi escus savoyens. 

Du chastellain de PinarauP par autre quictance fiJcte le... 
jour de... Tan mil nu®... la somme de cinq cens six florins 
neuf gros de Savoye vallans deux cens cinquante trois escus, 
neuf gros dudit Savoye. Pour ce, çy. ii<^ lui escus ix gros 

sabaudiens. 

Du chastellain de Lans par autre quictance fkicte le... jour 
de... Tan mil une.... la somme de six cens cinquante quatre 
florins savoyens vallans trois cens vingt sept escus dudit 
Savoye. Pour ce, cy ladicte somme de iii^ xxvn escus sabaudiens. 

Du chastellain d'Avillienne' par quictance escripte le... jour 
de... Tan mil ini<^... la somme de deux cens quatre vingts neuf 
florins et neuf gros dudit Savoye, qui vallent cent quarante et 
quatre escus et vingt et ung gros dudit Savoye. Pour ce, cy 
ladicte somme de . . . gxliiii escus xxi gros sabaudiens. 

Du chastellain de la Perreuse par quictance faicte le... jour 
de... Tan mil iiii^.. la somme de deux cens dix huit florins de 
Savoye vallans cent et neuf escus dudit Savoye. Pour ce, çy 
ladicte somme de cix escus sabaudiens. 

Item des arrérages le... jour de... Tan mil ime... a esté 
receu cxxv escus sabaudiens. 

Des dessusdiz gabelleurs de Nice par quictance escripte le... 
jour de... l'an mil iiii<^... la somme de cinq mil florins de 
Savoye qui vallent deux mil cinq cens escus dudit Savoye. Pour 
ce, cy ladicte somme de ii*" v® escus sabaudiens. 

Des dessusdiz chastellain d*AviIlienne par autre quictance 
escripte le... jour de... Tan mil iiii^*... la somme de deux cens 
soixante florins de Savoye vallans cent trente escus dudit Savoye. 
Pour ce, cy ladicte somme de . . . cxxx escus sabaudiens. 

!. Pignerol. 

2. Aviliiane ou Avigliana, en Piémont. 



LOUIS DÀUPHD?. SI87 

Du chaatellain des Laos dessusdit par une autre quictance 
dactée du... jour de... Tan mil iiii^.. la somme de mil yingt 
huit florins dix gros de SaToye vallans cinq cens quatorze escus 
dix gros dudit Savoye. Pour ce cy la dicté somme de 

y^ xiin escus x gros sabaudiens. 

Du dessus dit clavaire de Bugelle par une autre quictance 
faicte le... jour de... Tan mil cccc... la somme de mil six cens 
vingt cinq florins dnq gros de Savoye, qui vallent huit cens 
douze escus et demy et cinq gros dudit Savoye. Pour ce, cy 
ladicte somme de . viu<^ xii escus et demy v gros sabaudiens. 

Du dessusdit davaire de Mont-Regal par autre quictance 
&icte le... jour de... Tan mil ini<<... la somme de mil cinq cens 
florins de Savoye, qui vallent sept cens cinquante escus dudit 
Savoye. Ladicte somme de . . . . vii® l escuz sabaudiens. 

Du clavaire de Guney par quictance &icte le... jour de... Tan 
mil un^... la somme de quatre cens quatre vingts treize florins 
de Savoye, qui vallent deux cens quarante six escuz et demy 
dudit Savoye. Et pour ce, cy ladicte somme de 

11^ XLVi escus et demi sabaudiens. 

Des dessus nommez chastellain de Gavallier majeur par 
quictance escripte le... jour de... Tan vfil nu«... la somme de 
dnq cens quarante cinq florins dnq gros de Savoye vallans 
deux cens soixante douze escuz et demy et cinq gros. Pour ce, 
cy ladicte somme de ii° lxxii escus et demy v gros sabaudiens. 

Du chastellain de Bonnes* par quictance faicte le... jour 
de... l'an mil ini«... la sonune de deux cens florins deux gros 
de Savoye, qui vallent escus dudit Savoye, cent escus et deux 
gros. Pour ce, cy icelle somme de. c escus n gros sabaudiens. 

Du clavaire de Penerargy par quictance escripte du... jour 
du mois de... Tan mil iin^... la somme de trois cens vingt sept 
florins de Savoye qui vallent cent soixante trois escus et demy 
dudit Savoye et pour ce ladicte somme de 

GLxiii escus et demy sabaudiens. 

Du receveur de la conté de Quier' par quictance faicte le... 
Jour de... Tan mil nii«... la somme de dnq cens ini" florins de 

.1. Bonne, bourg de la Savoie. 

2. Ghiers ou Ghieri, ville du Piémont. 



288 LETTRES DE LOUIS XI. 

Saroye, qui Tallent à escus dudit Savoye deux cens quatre 
vingts dix escus. Pour ce, cy ladicte somme de 

ii« iiii^x X escus sabaudiens. 

Du chastellain de Ferreuse dessusdit par autre quidance 
escripte le... jour de... l'an mil iiii^.. la somme de quatre 
cens trente six florins et quatre gros de Saroye vallans deux 
cens dix huit escus et quatre gros dudit Savoye. Et pour ce icy 
ladite somme de .... n<^ xvin escus iy gros sabaudiens. 

Du yicaire de Thurin dessusdit par quictance fkicte du... 
jour du mois de... Tan mil iiii<^... la somme de cent cinquante 
florins de Savoye qui yallent soixante quinze escus dudit Saroye. 
Et pour ce cy ladicte somme de . . Lxxr escus sabaudiens. 

Du trésorier de la cité de Yersel par autre quictance escripte 
le... jour de... Tan mil un®... la somme de trois mil florins de 
Saroye qui vallent escus dudit pays mil cinq cens escus. Et 
pour ce cy ladicte somme de . . . m r« escus sabaudiens. 

Summa totalis recepte hujus compoti ivn" m^ lvi scuta cum 
xiii grossis et dimidio Sabaudie. 

Despense de ce présent compte. 

Et premièrement. 

Deniers payez et baillez par les dessusdiz commis, tant par 
vertu de certaine declaracion en papier faicte par forme d'estat, 
signée de la main de monseigneur le daulphin de Viennois, 
lors estant es pays de Flandres et de Brabant comme d'aucuns 
ses mandemens patens, ainsi qu'il sera dit sur chacune partie 
de ce premier chappitre, et laquelle declaracion ou estât qui 
est cy rendue ou copiée en la fin de ce présent compte est escripte 
de la main de monseigneur maistre Jehan Bourré, conseilUer 
maistre des comptes, trésorier de France et pour lors secrétaire 
dudit seigneur (a) . 

A Teglise Monseigneur Saint Glaude* à laquelle mondit 

a. Declaracio facta per modum status signata et scripta prout 
infra redditur hic et copiatur in fine hujus compoti, que serviet 
pro partibus hujus primi capituli prout super qualibet cavetur. 

1. Â Saint-Glaude en Franche-Gomté, il y avait une célèbre 



LOUIS DAUPHIN. 889 

seigneur le daulphin par la première partie de sondit estât, 
dont cj dessus est ftdcte mencion, avoit et a ordonné estre 
baillé et délivré des deniers de ladicte commission la somme de 
cent escuz à sa devocion, lesquelz en obtempérant ausdiz estât 
et ordonnance ont esté baillez et délivrez pour emploier en ce 
que dit est à Gaston du Lion, premier escuier trenchant de 
mondit seigneur le daulphin , comme il appert par sa lectre de 
l'econgnoissance escripte le neuflesme jour d'avril Tan mil gggg 
cinquante neuf cy rendue. Pour ce cy par vertu desdictes decla- 
racion (a) ou estât cy rendu et servant, et pour toutes les par- 
ties de ce présent chappitre, est cy prins en despense ladicte 

somme de . .- c escus sabaudiens. 

A certains pèlerinages du pays de Brebant, ouquel pays ledit 
seigneur estoit alors de la confection et ordonnance dudit estât, 
ausquelz icellui seigneur par ladicte première partie dudit 
estât avoit et a ordonné estre donné et offert pour lui et à sa 
devocion la somme de deux cens escuz sabaudiens, ainsi que 
par ledit estât appert, dont aucune chose n'a esté payé par 
lesdiz conmûs, pour ce qu'il ne leur a pomt esté demandé-, et 
pour ce cy (6) Néant. n<^ escuz sabaudiens. 

a. Per prefatam declaracionem et quictanciam dicti Gastonis hic 
redditam per quam fatetur récépissé dictam summam g scutorum 
a predictis commissis in qua dicta quictancia est papirea et quia 
non constat dictam summam fuisse oblatam beato Claudio, de qua 
infra ordinetur per dominos. Visa quictancia istorum ordinacione 
transeat pro commissis hec pars. 

b. Per declaracionem superius redditam constat quod dictus 
dominus dalphinus ordinavit summam ne scutorum per se traddi- 
tam et oblatam ad sui conservationem in peregrinacionibus de 
quibus infra [loquitur]. [Sed quia] commissi dicunt nihil solvisse 
[nec aliquid de dictaj summa petitum fuisse, [transeat dicta] pars 

ad burelium et ordinetur textu et visa ordinacione ac statu 

régis, quod pars ista concernit actum salutis régis ponatur 

summa seu declaracione et iliam commissi présentes conver- 

tant in peregrinaciones ad sanctos ad quos dominus noster Rex 

abbaye de Bénédictins fondée au y siècle. (Cf. p. 77 la lettre écrite 
de cette ville par le dauphin à son père, le 31 août 14&6.) 

I 49 



290 LETTRES DE LOUIS XI. 

A Messire Jehan, seigneur de Montaulban^ chevalier^ con- 
seilUer et chambellan de monseigneur le daulphin de Viennois, 
la somme de cinq cens soixante dix livres dix sept solz toumoiz 
qui par mondit seigneur le daulphin et par la deuxiesme partie 
du dessusdit estât, ensemble par ses lectres patentes données à 
Saint-Omer le derrenier jour de novembre Tan mil cccc cinquante 
neuf, ainsi signées : par Monseigneur le Daulphin, J. Bourré^ 
lui a esté ordonnée estre baillée pour estre et demourer quicte 
envers lui et en laquelle ledit seigneur lui estoit tenu tant pour 
ung cheval bayard que ledit seigneur avoit fait prendre de lui 
et acheté la somme de trois cens livres, comme de reste pour 
argent qu'il lui avoit preste et baillé manuellement pour 
ftiire ses plaisirs dont ledit seigneur n'a voulu en estre foicte 
autre declaracion. Par vertu de laquelle deuxiesme partie d'icel- 
lui estât et desdictes lectres a esté iceile somme payée, comme il 
appert par quictance dudit seigneur de Montaulban (a), escripte 
soubz ses seing manuel et scel de ses armes le douziesme jour de 
décembre oudit an mil cccc lix, le tout cy rendu. Pour ce çy en 
despense lesdiz v<' lxx florins xvn sols qui valent à xiiiii gros 
pour escu de Savoy e, chacun gros pour xy deniers tournois. 

un® nii<> escus xiin gros i denier sabaudien^ 

A Messire Jehan, bastard d'Armainhat ^, chevalier, seigneur 
de Tournon, conseillier et chambellan de monseigneur le daul- 

in ducatu Brabantis ut frequentius suum habuerit recursum 

fit factum fuisse ab ecclesiasticis. 

* Non ubi id adimpiebitar infra festum Santi Johannis Baptiste 
proximum, afferendo pro omni dilacione et termino. Alias si fac- 
tum sic non fuerit summa pro rege supra commisses, et eorum 
bona recoperabitur et ad ipsius devocionem implicabitur ordina- 
cione dominorom. 

a. Fer statum seu declaracionem de qua supra et mandatum 
domini dalphini cum quictancia domini de Montealbano hic red- 
dita constat de contentis in bac parte. 

i. Jean de Montauban, maréchal de Bretagne, amiral de France 
eul46i, n. 1412, m. 1466. 

2. Jean> bâtard d'Armagnac, dit de Lescun, maréchal de France 
en 1461, m. 1473. 



LOUIS DÀUPHUf. 291 

phin et mareschal du Daulphiné, auquel ledit seigneur par la 
troisiesme partie d'ioellui son estât cy devant rendu et par ses 
lectres patentes données à Nieuport en Flandres le dix neuflesme 
jour de novembre Tan mil cccc cinquante neuf ainsi signées 
par Monseigneur le Daulphin, J. Bourré, avoit et a ordonné 
estre baillié et délivré des deniers dont ce présent compte fait 
mencion la somme de deux cens quarante escuz ou la valeur en 
quoy ledit seigneur lui estoit tenu pour ung cheval grison qu^il 
avoit prins et acheté de lui ledit pris. Par vertu duquel tiers 
article dMcellui estât et desdictes lectres ladicte somme lui a 
esté payée, comme il appert par quictance de lui faicte et escripte 
soubz ses seing manuel et soel de ses armes le xiii* jour de 
mai Tan mil cccc soixante, le tout cy rendu à court (a). Pour ce 

cy en despense lesdiz u9xl escuz sabaudiens. 

A Gaston du Lion, premier escuier trenchant de mondit 
seigneur le daulphin, auquel ledit seigneur par la quatriesme 
partie de sondit estât avoit et a ordonné avoir et prendre des 
deniers de ladicte commission la somme de cinq cens vingt 
cinq livres pour soy acquicter envers Marc Gename, pour sem- 
blable somme en quoy il lui estoit tenu. Par vertu duquel 
estât et de certaines lectres patentes dudit seigneur données à 
Saint-Omer le derrenier jour de novembre l'an mil cccc cin- 
quante et neuf, ainsi signées : Par Monseigneur le Daulphini 
J. Bourré, lesdiz commis ont payé, baillé et délivré audit Gas- 
ton la somme de six cens cinquante escuz d'or ou la valeur, 
ainsi que lesdictes lectres le contiennent (b) : c'est assavoir 

a. Par declaracionem de qua supra et mandatum ejuadem 
domini dalphini cum quictancia dicti militis prout infra hic red- 
ditus constitit de contentis in série. Tamen quia quictancia est 
• papirea ordinetur per dominos. Visa quictancia et tempore quo 
facta fuerit, transeat ordinacione dominorum et similiter pro con- 
simiiibus hujus compoti. 

6. Per Aatum seu declaracionem de qua supra et licteras man- 
dati domini dalphini una cum quictancia dicti Gastonis prout 
infra hic redditus constitit de contentis in bac parte. Que quidem 
lictere et quictancia serviunt pro parte immédiate sequenti. Tamen 
quia dicta quictancia est papirea ordinetur ut supra. Ipsa visa, 
transeat ut supra. 



%9% LETTRES DE LOUIS XI. 

T« xxT livres yaland lu^ l escuz sabaudiens, pour soj acquicter 
envers ledit Marc, comme dit est, et le résidu montant une l flo- 
rins pour ung cheval et pour don, comme il appert par quit- 
tance d'icellui Gaston faicte et passée par maistre Baudes Meu- 
rin, secrétaire dudit seigneur, le neuflesme jour d'avril oudit 
an GGGc cinquante neuf avant Pasques à Tusage de France. Le 
tout cy rendu et servans pour ladicte sonune de cggg l florins 
sur la partie proucbaine ensuivant. Pour oecy pour ledit 
quart article d'icellui estât ladicte somme de y xxv florins qui 
au feur de xxx solz pour escu, ou xxini gros, valent à escuz de 
Savoye la somme de iii^ l escuz sabaudiens. 

A lui, auquel mondit seigneur le daulpbin par la dnquiesme 
partie d'icellui estât avoit et a ordonné avoir et prendre desdiz 
deniers, la dessusdicte somme de quatre cens cinquante livres 
tournois pour ung cheval et pour don, par vertu duquel estât 
et des lectres dont cy devant en la prouchaine précédente partie 
est faicte mencion, a esté par lesdiz commis payé, baillé et 
délivré audit Gaston ladicte somme de ini^ l florins valens à 
escuz la somme de trois cenz escuz sabaudiens, comme il appert 
par la quictance rendue sur ladicte prouchaine précédente par- 
tie (a). Pour ce cy lesdiz ]ii<^ escuz sabaudiens. 

Et quant au sixiesme article contenu et escript oudit estât 
n'en est cy fait aucune mencion parceque en icellui n'est seule- 
ment contenu que ledit Gaston doit avoir pour son voyaige cent 
escuz par mois, et du payement de partie dudit voyaige sera 
parlé cy après es xxvi* et xxx" articles d'icellui estât. 

A Remon du Lyon^ frère dudit Gaston, auquel Gaston 
mondit seigneur le daulpbin par la septiesme partie de son 
dessusdit estât avoit et a ordonné avoir et prendre desdiz 
deniers la somme de six vings livres pour quatre vings esiuiz 
de Savoye pour ung cheval qu'il a baillé au turc, laquelle somme 
avec la somme de douze vings escuz a esté par lesdiz commis 
payée baillée et délivrée audit Raymond du Lion, homme d'armes 

a. Fer statum seu declaracionem de qua snpra fuerit manda- 
tum domini dalphini cum qnictancia dicti Gastonis super parte 
immédiate précèdent! redditus constitit de ordinacione et solu- 
cione hujus partis. 



LOUIS DAUPHIN. S93 

de la garde du corps de mondit seigneur le daulphin et flrere dudit 
Gaston, par vertu des lectres patentes dudit seigneur données 
à Brucelles en Brebant le seiziesme jour de décembre Tan mil 
GCGG cinquante neuf ainsi signées : Par Monseigneur le Daul- 
phin, J. Bourré, comme il appert par la quictance dudit Raymond 
cy rendue avecques lesdictes lectres, lesquelles serviront cy 
après pour le xviii^ article dudit estât sur la xvin* partie de ce 
présent chappitre faisant mention dudit Gaston (a), et pour ce 

cy lesdiz. un" escuz sabaudiens. 

Au dessusdit Gaston du Lion, auquel mondit seigneur le 
daulphin par la huitiesme partie dudit estât avoit et a ordonné 
avoir et prendre des deniers de ladicte commission soubz le nom 
de monsieur de Lorgery* la somme de trois cens soixante 
livres valens deux cens quarante escuz de Savoye, en quoy 
ledit Gaston s'estoit obligié envers ledit sieur de Locgery et fait 
sa propre debte pour la vente d'un cheval rouen que mondit 
seigneur le daulphin avoit acheté et foit prendre de lui, ainsi 
qu'il appert par les lectres patentes dudit seigneur données à 
Odembourg en Flandres le deuxiesme jour de novembre l'an 
mil GGCG dnquante neuf ainsi signées : Par Monseigneur 
le Daulphin : J. Bourré, par vertu desquelles et dudit estât a 
esté icelle somme payée audit Gaston, comme il appert par 
quictance de lui escripte le neuûesme jour d'avril avant 

a. Fer licteras mandati domini daiphini et quictanciam Ray- 
mondi du Lyon hic redditam continentem summam me xx scuto- 
rnm Sabandie ; videlicet pro uno equo un» scuta et pro suis 
vadiis hujus anni ne xl scuta. Que quidem lictere et quictancia 
serviunt hic pro dicta summa imn scutorum et inferius pro resi- 
duo infra. 

Loquatur tamen quia in statu seu declaracione dicti domini 
daiphini de qua supra fit mencio de dicta summa unu scutorum 
valentium vm 1. t. sub nomine Gastonis du Lyon, fratris dicti 
Raymondi : ideo legatur pars ad burellum et ordinetur. 

Yisis licteris et declaracione de quibus supra et considerato 
quod dictus Gaston nichil capit in presenti compoto racione dicti 
equi transeat ordinacione dominorum. 

1. Simon de Lorgeril. 



294 LETTRES DE LOUIS XI. 

Psasques oudit an cccc cinquante neuf, le tout cy rendu (a). 
Pour ce cy en despense lesdiz . . . n<^ zl escus sabaudiens. 

A Jehan de Berfsilhac, escuier, auquel mondit seigneur le 
daulphin par le neufiesme article du devantdit estât et par ses 
lectres patentes données à Brucelles en Brebant le dix septiesme 
jour de décembre Tan mil cccc cinquante neuf, ainsi signées : par 
Monseigneur le Daulphin, le sire de Montaulban, le mareschal 
du Daulphiné et autres presens, J. Bourré, avoit et a ordonné 
avoir et prendre par les mains desdiz commis, des deniers de 
la reoepte de ce présent compte, la somme de soixante et ung 
escu d*or ou la valeur que ledit seigneur lui devoit pour deux 
chevaulx qu^l avoit prins et achetez de lui ledit pris. Par vertu 
duquel ix* article dlcellui estât, ensemble desdictes leclres, 
ladicte somme lui a esté payée, comme il appert par quictance 
de lui escripte le dix neuflesme d'icellui mois de décembre l'an 
dessusdit, le tout cy Andu à court (b) . Pour cecy en despense 
lesdiz Lxi escus sabaudiens. 

k Messire Loys, seigneur de GrussoP, chevalier, conseillier 
de mondit seigneur le daulphin, auquel mondit seigneur par le 
dixîesme article de sondit estât et par ses lectres patentes don- 
nées à Geneppe en Brebant le derrenier jour d'octobre Tan mil 
cccc cinquante neuf, ainsi signées : Par Monseigneur le Daul- 
phin : J. Bourré, avoit et a ordonné avoir et prendre des deniers 
de ladicte commission la somme de deux cens escuz ou la valeur, 
en quoy il lui estoit tenu, tant pour deux chevaulx, l'un bayard, 
l'autre moreau, que ledit seigneur a fait prendre et acheter de 
lui, que pour argent donné. Par vertu duquel dixiesme article et 

a. Fer statum sen declaracionem de qua supra et licteras dicti 
domini dalphini cum quictancia dicti Gastonis hic reddita, cons- 
titit de contentis in hac parte tamen quod quictancia est papîrea 
ordinetur ut supra. 

Ipsa visa, transeat ut supra ordinatione dominorum. 

h. Fer statum seu declaracionem de qua supra, et licteras man- 
data domini dalphini, cum quictancia dicti de Bersilhac hic red- 
dita, constat de contentis in hac parte. 

1. Louis de Grussol, grand-panetier de France en 1461, gouver- 
nenr du Dauphiné et sénéchal du Poitou, m. 1473. 



LOUIS DAUPHIN. ))95 

desdictes lectres lui a esté ioelle somme payée, comme il appert 
par sa quietance escripte le xiiii« jour de décembre ensuyvant 
oudit an mil cccc cinquante neuf, le tout cy rendu à court (a). 
Pour ce cy en despenses lesdiz. . . . ii<^ escus sabaudiens, 
A Messire Ancelme, seigneur de Heolans^ et de Danjoz, che-* 
valier, auquel mondit seigneur le daulphin par le xi« article 
dudit estât devant rendu et par ses lectres patentes données le 
premier jour de novembre Tan mil cccc cinquante neuf, ainsi 
signées : Bourré, avoit et a ordonné la somme de mille livres 
tournois, à ioelle avoir et prendre des deniers de la reoepte 
dont ce présent compte fait mencion. Et de ce furent commen- 
dées les lectres d'icellui seigneur qui furent par ledit chevalier 
levées et depuis présentées à François Bulle, Tun des commis 
desdiz François Royer et Hector Josselin. Requérant iceliui che- 
valier estre payé de ladicte somme de mille livres tournois, 
lesquelles lectres veues par iceliui Gaspard, bailla et délivra 
audit chevalier des deniers de ladicte commission sur ladicte 
somme de mille livres tournois la somme de quatre cens cin- 
quante neuf escuz d'or seulement, et pour icelle cause retint 
ledit chevalier par devers lui lesdictes lectres de don jusques à 
ce qu'il en fhst parpayé et ne bailla pour acquict au dessusdit 
Gaspard, fors une quietance de ladicte somme de ini® ux escuz 
qui est cy rendue, laquelle ledit Gaspart receut, espérant tous- 
jours retrouver ledit mandement (Â). Pour ce icy, par vertu 
dudit XI* article et d'icelle quietance ladicte somme de 

iiii^ ux escus sabaudiens. 

a. Fer predictnm statum et licteras mandati domini dalphini 
cum quictancia dicti militis hic reddita, constat de ordinacione et 
solttcione ne scutorum Sabaudie de quibus in hac parte. 

b. Fer statum seu declaracionem dicti domini dalpbini de qua 
supra constat quod dicto domino de Miolens, extitit ordinatum 
summam m librarum turonensium, super quibus commissi prefati 
soiuerunt, ut patet per quictanciam ejusdem domini de Miolens 
hic redditam, summam vic miu vui librarum x solidorum turonen- 

1. Anselme, seigneur de Miolans, conseiller d'Yolande de France, 
maréchal de Savoie, destitué en 1482. (Cf. Chroniques d'Yolande de 
France publ. par Menabrea, p. 27, 108 et 231.) 



296 LETTRES DE LOUIS XI. 

Et quant au reste desdictes mille livres tournois montant à la 
somme de m^ xi livres x sols tournois, Talans ii^ vu escuz 
XVI gros de Savoie, n'a esté aucune chose payé par lesdiz com- 
mis, obstant que depuis ledit chevalier ne leur a aucune chose 
demandé. Et pour ce cy Néant. 

A Messire Guillaume de Ghallant^ chevalier, seigneur de 
Ghastel, conseillier et chambellan de mondit seigneur le 
daulphin, auquel ledit seigneur par la douziesme partie du 
devant dit estât et par ses lectres patentes données à Geneppe 
en Brebant le premier jour de novembre Tan mil quatre cens 
cinquante neuf, ainsi signées : Par Monseigneur le daulphin, 
le seigneur de Montaulban, le mareschal du Daulphiné et autres 
presens, J. Bourré, desquelles le vidimus est cy rendu, avoit et 
a donné et octroyé la somme de mille livres tournois de pen- 

sium valentium mte lix scuta Sabaudie, ut infra. Tamen quia 
non constat de licteris domini dalphini de quibus in série ordine- 
tur per dominos. 

Viso statu predicto quem magister Jobannes Bourré, alter 
magistronim compotorum et tune secretarius dicti domini dal- 
phini, affirmavit sua manu propria scripçisse, et contenta in eo* 
dem per prefatum dominum dalpbinum ordinata fuisse, transeat 
bec pars et consimiles ordinacione dominorum. 

Loquatur tamen quod major summa pro bac parte in statu seu 
declaracione ponitur, simiiiter et in aliis inferius. Sunt et quedam 
partes de quibus licet in prefatis statu et declaracione summa 
determinata pro ipsis ponatur, nichil tamen pro iliis solvitar 
videantur singule et ordinetur. 

Ob certas consideraciones, et singulis partibus visis et intellec- 
tis, transeant partes ut in ezpensis continetur, ad onus tamen com- 
missorum si in posterum aliquis ex denominatis, in ipsis partibus 
de eo quod restât, aut de summa que ordinabatur solvi per statum 
aut declaracionem, Regem interpeliere vellet, ipsi commissi domi- 
num nostrum Hegem liberabunt et indempnem adversus petentes 
conservabunt, et sub hoc onere quod ipsis fratrique Franciscl 
Royer simiiiter pro*eorum pensionibus annorum sequentium 
ordinabitur allocatur ordinatione dominorum. 

i. Guillaume de Ghalant, seigneur de Ghastillon. La seigneurie 
de Ghalant était en Franche-Gomté. 



LOUIS DAUPHIN. 297 

sion par chascun an, à îcdlle somme avoir et prendre doresena- 
vant par les mains desdiz commis des deniers de la reœpte dont 
ce présent compte fait mencion et comme plus a plain est con- 
tenu esdictes lectres , par lesquelles icellui seigneur a voulu 
que ce qui auroit esté payé audit chevalier à la cause dessus- 
(Ucte, estre alloué escomptes desdiz commis en rapportant les- 
dictes lectres ou le vidimus d'iceUes avecques quictance soufBsant , 
sur laquelle somme de mille livres tournois pour sa pension de 
Tannée commençant ledit premier jour de novembre Tan des- 
susdit et finissant le derrenier jour d*octobre ensuivant mil 
CGGG soixante a esté payé audit chevalier la somme de neuf 
cens trente sept livres dix huit solz dix deniers seulement val- 
lans à escuz de Savoye six cens vint et cinq escuz et huit gros 
sabaudiens, ainsi qu'il appert par quictance de lui escripte le 
neufiesme jour d'avril oudit an mil cccc soixante à Tusage de 
Romme cy rendue (a) . Pour ce icy sur ladicte somme de m livres 
tournois lesdiz vi^ xxv escuz viii gros sabaudiens. 

Et quant au reste desdictes mille livres tournois montans à 
Lxn livres i sol i denier qui valent xu escuz viii gros de Savoie 
n'a esté aucune chose payé par lesdiz commis parce que depuis 
aucune chose n'en a esté demandé (b). Et pour ce icy. Néant. 

A Hector Josselin, escuier, vidompne de Genesve, et l'un des 
commis à la recepte des deniers dont ce présent compte fait 
mendon^ auquel mondit seigneur le daulphin par la xui* par- 
tie de Testât devant mencionné a ordonné avoir et prendre 

a. Per declarationem signatam manu domini dalphini superius 
redditam, constat de samma m librarum turonensium ordinata dicto 
domino Guillelmo de Ghallant, eciam per transcriptum licterarum 
ejusdem domini dalphini hic redditarum, super quanim summa 
fiiit ei soiutum ut patet per ejus quictanciam similiter hic redditam 
summa ixc xxxvn^ xviii* x^ turonensium, valentium vto xxy scuta 
et viii grossos Sabaudie ut infra. 

b. Per declaracionem domini dalphini de qua supra, tamen quia 
commissi dicunt nichil soiutum née petitum fuisse de dicta summa 
xLi scutorum et vm grossis Sabaudie, legatur pars et ordinetur ut 
supra in secunda parte hujus capitula. 

Transeat pars sub lege arresti superius super parte Ancelmi, 
domini de Meolans, positi. 



898 LETTRES DE LOUIS XI. 

desdiz deniers la somme de mille livres tournois pour sa pen- 
sion de Tannée finissant au derrenier jour de may Tan mil 
quatre cens soixante. Pour ce cy , par vertu dudit estât et par ses 
mains lesdictes m livres tournois que valent 

vi<^ Lxvi escuz ivi gros sabaudiens. 
A François Royer, escuier, seigneur de Peverin, conseilUer 
et chambellan du Hoy nostre sire et l'autre desdiz commis, 
auquel mondit seigneur le daulphin par la xiiii« partie d'iœllui 
estât avoit et a ordonné avoir et prendre des deniers dUoelle 
commission la somme de mille livres tournois pour sa pension 
de Tannée finissant au derrenier jour de may Tan mil gggq 
soixante. Pour ce cy par vertu dudit estât et par ses mains 
lesdictes m livres tournois qui valent (a) 

vi^ LXTi escuz XVI gros sabaudiens. 
A Haistre Baudes Meurin, secrétaire de mondit seigneur le 
daulphin, auquel ledit seigneur par la qulnziesme partie de 
Testât devant mencionné et par ses leclres patentes données à 
Geneppes en Brebant le premier jour de novembre Tan mil 
quatre cens cinquante et neuf, ainsi signées : Par Monseigneur 
le daulphin, le sire de Montauban, les mareschal du Daulphiné 
et autres presens : J. Bourré, pour consideracion des bons, 
agréables et continuelz services par lui faiz par cy devant en 
plusieurs et maintes manières fait chascun jour et espère que 
plus face ou temps avenir, avoit et a ordonné la somme de 
trois cens soixante livres tournois par chascun an de pension à 
prendre et avoir des deniers de la recepte dont ce présent 

a. In declaracione de qua supra ponitur pro hiis duobos com- 
missis summa ii» librarum turonensium videlicet pro quolibet 
M librsB tnronenses. Tamen quia in ea non dicitur pro qua causa 

dicta summa fuit eis ordinata et quia quod est pro eorum 

pensione unius anni incipiente die prima junii m ggcg ïax. Etiam 
non afferunt aliquod mandatum a dicto domino dalphino super 
hoc legantur hic dicte partes, et ordinetur. 

Visa predicta declaracione cum patentibus licteris dicti domini 
dalphini redditis in capitulo proximo sequenti super parte mencio- 
nem facientes hujus modi commissis : in quibus cavetur de dicta 
pensione, transeant iste dicte partes ordinacione dominorum; 



LOUIS DAUPHIN. S99 

compte ftdt mencion. Par vertu duquel estât et desdictes lettres 
lesquelles serviront ou chappitre ensuivant sur pareille partie 
jde n^ XL eseus, a esté fait payement d'icdle pension audit 
maistre Baudes Meurin, pour Tannée dont ledit estât fiiit men- 
don, commençant le jour et date desdictes lettres et finissant 
au derrenier jour d'octobre après ensuivant mil cccc soixante, 
comme il appert par la quictance dudit Meurin escripte le tiers 
jour d'avril avant Pasques mil cccc cinquante et neuf dessusdit 
à l'usage de France. Pour ce cy en despense lesdictes in^' livres 
tx livres contenues oudit xv* article (a), qui valent 

11^ XL escuz sabaudiens. 
A Alixandre Rondel, arcbier de la garde du corps de mon- 
seigneur le daulphin, auquel ledit seigneur par la seiziesme 
partie dudit estât et par ses lectres patentes données à Saint- 
Omer le derrenier jour de novembre Tan mil cccc cinquante neuf 
ainsi signées : Par monseigneur le daulphin : J. Bourré, avoit 
et a ordonné estre baillé et délivré par lesdiz commis la somme 
de six vings escuz d'or ou la valeur pour ses gaiges d'un an 
commençant le jour de la date desdictes lectres. Par vertu 
desquelles lectres a esté payé audit Rondel ladicte somme de six 
vings escuz , par deux ses quictances , Tune et la première 
escripte au doz desdictes lectres le xvi* jour de février mil cccc 
soixante à l'usage de Romme, montant trente escuz d'or et 
l'autre escripte en papier montant quatre vings dix escuz receuz, 
c'est assavoir : en la ville de Thurin soixante escuz le second 
jour du mois d'avril mil cccc cinquante neuf avant Pasques et 
en la ville de Moncaillîer trente escuz le xxv* jour de juing 
ensuivant. Toutes lesdictes lectres et quictances cy rendues [b] . 

a. Fer declaracionem superius mencionatam et licteras domini 
dalphini de quibus supra, constat de dicta summa ni^^ fuisse ordi« 
nata dicto Meurin pro anno [incipiente] die prima novembris 
MGccGLii, de solucione ejusdem summe per quictanciam hic red- 
ditam, que quidem lictere domini dalphini servient in capitule 
sequenti super consimili parte ut in série. 

b. Per declaracionem dicti domini dalphini Buperius redditam 
et ejus licteras patentes cum quictancia prout infra hic reddita, 
constitit de ordinacione et solucione summe [ix^ librarum turo- 



300 LETTRES DE LOUIS XI. 

Pour œ cy en deapense lesdiz. . . . vi^ escuz sabaudiens. 

Au grec auquel mondit seigneur le daulphin par la dix aep- 
tiesme partie dudit estât avoit et a ordonné avoir et prendre 
des deniers de la recepte dont ce présent compte fait mencion 
la somme de neuf yings livres qui valent escuz de Savoye 
vpx escuz n'a esté aucune chose payé d'icelle somme parce que 
riens n'en a esté demandé (a), et pour ce içy . . . Néant. 

A Raymond du Lion, homme d'armes de la garde du corps 
de mondit seigneur le daulphin, auquel ledit seigneur par le 
dix hultiesme article du devant dit estât avoit et a ordonné avoir 
et prendre des deniers dont ledit estât fait mencion la somme 
de trois cens soixante livres qui payée lui a esté par vertu 
d'icellui et aussi des lectres patentes dudit seigneur rendues 
cy devant sur la vu"'* partie d'icellui estât servans ilec pour 
un" escuz et par quictance de lui faicte et passée par devant 
maistre Baudes Meurin, secrétaire dudit seigneur, rendue 
comme dessus avec lesdictes lectres (a). Pour ce içy en des- 
pense pour lesdictes iii» lx livres . n^ xl escuz sabaudiens. 

A Pierre Andras, homme d'armes de la garde du corps de 
mondit seigneur le daulphin, auquel ledit seigneur par la dix- 
neuflesme et vingtiesme partie du devant dit estât avoit et a 
ordonné avoir et prendre des deniers de ladicte commission la 
somme de trois cens soixante livres, pour ses gaiges de l'année 

nensium] valentium vi» gcuta Sabaudie facta ut in série. 

Tamen quia eorum quictanda est papirea, ordinetur ut supra 

Transeat ut supra. 

Fer predictam deciaracionem constat quod predicta summa 
ixn iibrarum turonensium valentium vi» scuta Sabaudie fuerit 
ordinata solvi dicto Greco. [Tamen] quia prefati commissi dicunt 
nibil solvisse [nec petitum fuisse] de quo non constat, ordinetur 
[ut Buperius] in secunda parte hujus capituli. Transeat pars sub 
lege arresti [superius super parte Ancelmi] domini de Meolans 
positi. 

a. Fer deciaracionem domini dalphini de qua supra et ejus 
patentes licteras superius in vti« parte mencionem facientes de dicto 
Remondo [etiam cum et] quictancia ejusdem ibi reddita constitit 
de ordinacione et soluclone summe me lx Iibrarum turonensium 
valentium ne xl scuta de qulbus infra. 



LOmS DAUPHIN. 304 

commençant à la Toussafais Tan mil cccc cinquante neuf derrai- 
nement passée et finissant à ladicte feste prouchaine ensuivant, 
laquelle somme lui a esté payée et baillée par lesdiz commis 
par vertu dudit estât et des lectres patentes dudit seigneur don« 
nées à Geneppe en Brebant le xxin"* Jour de juing Tan mil cccc 
soixante, ainsi signées : Par monseigneur le daulphin, J. Bourré, 
cy rendues, comme il appert par quictance dudit Andras escripte 
le XI"" jour de juillet ensuivant oudit an semblablement cy 
rendue (a). Pour ce cy en despense ladicte somme de me lx liv. 
qui valent à escuz ii® xl escuz sabaudiens. 

A Jehan Aloys, auquel mondît seigneur le daulphin par ung 
autre article dudit estât coté xxi avoit et a ordonné avoir et 
prendre desdiz deniers la somme de six vings livres qui valent 
ini" escuz de Savoie pour ce qui lui estoit deu du temps passé 
et dont aucune chose ne lui a esté payé par lesdiz commis 
parce qu'il n'en a riens demandé (b) . Et pour ce cy . . Néant. 

A Marc Senesme auquel mondit seigneur le daulphin par la 
vingt deuxiesme partie dudit estât avoit et a ordonné avoir et 
prendre desdiz deniers la somme de deux mil trois cens dix 
neuf livres pour ses parties montans quinze cens quarante six 
escus. De laquelle somme lesdiz commis n'ont aucune chose 
paie parce que le roy nostre sire après son advenement à la 
coronne le appoincta ailleurs (c) ; et pour ce cy. . . Néant. 



a. Fer declarationem dicti domini dalphini et ejus patentes lie- 
teras cum quictancia dicti Pétri Andras hic reddita constitit de 
oontentis in parte. 

b. Per predictam declarationem in qna constat de dicta summa 
viu librarum turonensium valentium tinn scnta Sabaudie ordinata 
solvi dicto Johanni Aloys, ut infra. Tamen qnia commissi dicunt 
nichil solvisse nec eis aliqaid petitum fuisse de dicta summa, iega- 
tur pars ad borellum et ordinetur ut supra in secunda parte hujus 
capituli. 

Transeat pars sub lege arresti superius super parte Ancelmi 
domini de Meoians positi. 

c. Per declaracionem domini dalphini superius redditam constat 
quod dicta summa xv^ xlvi scutorum Sabaudie fuit ordinata soivi 
dicto Marco Senesme. Quia commissi dicunt nihil per eos solutum 



SOS LETTHBS DE LOUIS XI. 

A Robert de Grantmont; auquel mondit seigneur le daulphin 
par la vingt et troisiesme partie d*icellui estât avoit et a ordonné 
avoir et prendre desdiz deniers pour sa hacquenée la somme 
de trois cens livres qui valent ii« escus de Savoye, de laquelle 
il n*a aucune chose receu par lesdiz commis parce qu'il n^en a 
riens demandé (a) , et pour ce cy Néant. 

A Jehan de Bueil, chevaucheur de l'escuirie de mondit sei- 
gneur le daulphin, auquel ledit seigneur par la vingt quatriesme 
partie de Testât devant mencionné avoit et a ordonné avoir et 
prendre desdiz deniers la somme de six vingts escuz, ainsi qu'il 
appert par les lectres patentes dudit seigneur données à Bru- 
celles en Brebant le iviu°** jour de décembre Tan mil gggg 
cinquante neuf, ainsi signées : Par monseigneur le daulphin, 
J. Bourré, par lesquelles ledit seigneur a mandé ausdiz commis 
l)ailler audit de Bueil icelle somme de vi" escuz pour ses gaiges 
d'un an commençant le jour de la date desdictes lectres qui est 
à raison de dix escuz par mois, ainsi que ledit estât le contient, 
par vertu desquelles a été paie audit de Bueil sur ladicte somme 
de Yi" escuz, la somme de cent diz escus seulement, ainsi qu'il 
appert par deux ses quictances, Tune escripte le ix'°* jour de 
avril Tan mil cccc soixante selon Tusaige de Homme montant 
soixante escuz, et par autre quictance en deux parties, trente 
escus d'une part et vingt escus d'autre le xxnn°** de mars avant 
Pasques mil cccc cinquante neuf et le xxv""* jour de juing 
ensuivant mil cccc lx, le tout cy rendu à court. Est cyprins en 
despense ladicte somme de cent diz escus seulement (b) : pour 
ce cy lesdiz ex escuz sabaudiens. 

fuisse de dicta summa legatur pars ad burellum et ordinetar ut 
supra in na parte hujus capituli. 

Transeat pars sub lege arresti saperius super parte Ancelmi 
domini de Meolans positi. 

a. Fer declaracionem superius mencionatam constat de ordina- 
clone dicte summe facta dicte Roberto ut saperius. Tamen quia 
dicti commissi dicunt nichil soivisse nec aiiquid de dicta summa 
itie libr. turon. petitum fuisse legatur pars et ordinetur ut supra. 

Transeat pars sub lege arresti super parte Ancelmi domini de 
Meolans positi. 

b, Per declarationem de qua supra et licteras patentes domini 



LOUIS DAUPHIN. 303 

Et quant au reste desdiz vi» escus montant dix escus n'a 
esté aucune chose paie audit de Bueil parce que depuis ne Ta 
poursuye (a). Etpour cecy Néant. 

A Jehannin Yinot, autre chevaucheur de Tescuierie de mondit 
seigneur le daulphio, auquel ledit seigneur par icelle xiiiii°'* par- 
tie du devant dit estât avoit et a ordonné avoir et prendre des 
deniers de ladicte commission la somme de vi'^ escuz qui est à 
raison de x escus par mois pour sa pension qui ordonnée lui a 
esté par mondit seigneur le daulphin et par ses lectres patentes 
données à Brucelles en Brebent le xvii"'* jour de décembre 
Tan mil cccc cinquante neuf, ainsi signées : par monseigneur le 
daulphin, J. Bourré, pour ses gaiges d'un an commençant le 
jour et date desdictes lectres patentes par vertu desquelles lui 
a esté paie sur ladicte somme de vi<< escus la somme de 
ira" escuz seulement, comme il appert par deux ses quîctances, 
Tune escripte le a"" jour d'avril avant Pasques oudit an cccc 
cinquante neuf à Tusaige de France montant soixante escus et 
par autre quictance du xviP* jour de may ensuivant m cccc 
soixante vingt escus : le tout cy rendu à court (6). Pour ce cy 
est cy prins en despense sur lesdiz vi" escuz. 

im" escuz sabaudiens. 

d&lphini hic redditas eonstitit de dicta summa vixx scatonim 
Sabaudie ordinata dicto Johanni du Bueil, super qua solutum ei 
fuit ut constat per ejus quictanciam hic redditam ut infra ex scuta. 
Tamen quia una dictaram quictanciarum est papirea ordinetur 
ut supra. 
Ea visa, transeat ut supra. 

a, Per predictam declaracionem, tameu quia commissi dicuut 
nichil solvisse née de dicta summa x scutorum aliquid per dictum 
du' Bueil prosecutum fuisse, legatur pars et ordinetur ut supra. 

Transeat pars sub lege arresti superius super parte Ancelmi 
domini de Meolans positi. 

b, Per partem dicte declaracionis seu status constitit summa 

vin scutorum de quibus etiam per licteras patentes dicti 

domini daiphini hic redditas super [dicta summa] solutum ei fuit 
nxm scuta ut patet per quictanciam dicti Johannis Vinot similiter 
hic redditam. Tamen quia [dicte quictande sunt] papiree ordinetur 
[ut supra]. 

[Hiis] visis transeat ut supra. 



304 LETTRES DE LOUIS XI. 

Et quant au reste desdiz n^ escuz montant quarante escus 
aucune chose n'en a esté paie par lesdiz commis parce qu'iiz 
n'en ont point esté requis (a). Et pour ce cy. . . . Néant. 

A monseigneur le daulphin comptant en ses mains la somme 
de trois mil escus de Savoye du pris de quarante six gros, mon- 
noie de Flandres, la pièce, qui vallent xzin patatz pour fiadre ses 
plaisirs et voulenté et dont il n'a voulu autre dedaracion en 
estre cy &icte, ainsi qu'il appert par ses lectres patentes don- 
nées à Geneppe en Brebant le cinquiesme jour de juing l'an mil 
GCCG soixante^ ainsi signées : par monseigneur le daulpbin, 
J. Bourré, cy rendues, par lesquelles icelluy seigneur à voulu 
ladicte somme estre allouée en la despense des comptes desdiz 
commis et rabatue de leur recepte en rapportant icelles lectres 
tant seulement non obstant qu'il ne appaire aucunement de la 
distribucion d'icelle somme et quelconques ordonnances, man- 
démens ou deffenses à ce contraires, par vertu desquelles lectres 
et de la xxv^ partie de Testât signé de la main dudit seigneur, 
lequel servira cy et pour plusieurs parties de la despense de ce 
compte 9 ledit estât copié en la fin dudit compte (b). Lesdiz 
commis prennent cy en despense lesdiz trois mil escus de 
Savoye, qui valent audit pris de xzm patatz pièce la somme 
de 1111°^ m<' XII livres tournois x sols tournois, laquelle somme 
monte à xxim gros de Savoye pour escu dudit lieu un" v^ liv. 
tournois, et à escus de Savoye lesdiz m" escuz. Pour ce cy. 

ni°^ escus sabaudiens. 

A Gaston du Lion, conseiller et premier escuier tranchant de 
mondit seigneur le daulphin, auquel ledit seigneur par la 
yi« partie de sondit estât signé de sa main, cy dessus rendu, 
avoit et a ordonné avoir et prandre des deniers de la commls- 

a. Per predictam declaracionem ut in arresto precedenti 

Tamen quia commissi dicunt nichil solvisse nec aliquid petitum 
fuisse ordinetur ut supra. 

Transeat pars sub legs arresti superius super parte Ancelmi 
domini de Meolans positi. 

b. Per XXV"» partem predicte declaracionis seu status dicti 
domini dalphini superius reddite, et licteras patentes ejnsdem 
domini hic redditas constat de dicta summa m'» scutoruin ei 
comptorum traddita prout in série. 



Loms BAuPHm. 305 

sioD dont ce présent compte fait mendon, la somme de cent 
escus par mois durant certain voiage, que ledit seigneur lui 
avoit ordonné faire, pour partie duquel voiage est emploie en 
la XXVI* partie d'icellui estât, sur le nom dudit Gaston, la somme 
de Yi^ escuz pour six mois de sondit voiage, qui paiez lui ont 
esté, comme il appert par sa quictance montant xiii<^ cinquante 
quatre escus sabaudiens foicte et passée pardevant et en la pré- 
sence de maistre Bandes Meurin, secrétaire d'icelluy seigneur, 
escripte de sa main et signée de son seing manuel le xxv°** jour 
de juing Tan mil quatre cens soixante, faisant mencion en 
déduction et tant moins de ladlcte somme de cent escus par 
mois que ledit seigneur avoit audit Gaston assignée sur la 
recepte dont ce présent compte fait mencion. Laquelle quictance 
servira sur ceste partie pour lesdiz yi<^ escuz et pour la xxx"* 
partie d'iceUuy estât sur le nom dudit Gaston çy après pour la 
somme de trois cens escus et ou prouchain chappitre ensuivant, 
sur la première partie d'iceUuy pour quatre cens cinquante 
quatre escus. Pour ce cy, par vertu desdiz estât et quictance, 
lesdiz (a) vi^ escuz sabaudiens. 

a. Per partem predicte declaracionis seu status dicti 

domini dalphini superias redditam, implicantur dicte super 

suo viagio vi<: scuta soluta et fuerunt, ut patet per ejus quic- 

tanciam [hic] redditam etpro dicta summa vi^ scutorum 

inferius ut in série. Tamen quod super hoc deberet afferre 

patentes hcteras dicti domini dalphini quod minime fit. Ideo 

et ordinetur. 

Per partem hujus compoti comparuit personaliter dictus 

Gaston qui asseruit [quod non] obstante prefata quictancia dictum 

sequentem de qoibus infra sibi non solutas et se confessum 

fuisse récépissé sub spe numeracionis que secuta non fuit. Ideo 
videatur dicta quictancia et ordinetur ut supra. 

[Visa dicta] quictancia et audito dicto Grastone confessionem 

de qua in quictancia secretarii in textu nominati qui eam 

esse recipitur quictancia. Sed renunciationem peccuniede 

cavetur. Visa depositione dicti [secretarii] per juramentum solen- 
niter prestitum vocata judicialiter ordinacione curie facta et per 
quam testificatus est quod loco et die dicte quictancie numeracio 
summe de quictancia facta non fuit dicto Gastoni...... modo 

I 80 



306 LETTRES DE LOUIS XI. 

A Fromont, auquel ledit seigneur par nm"* partie dudit 
estât avoit et a ordonné avoir et prendre des deniers de ladicte 
commission la somme de quarante escus, de laquelle somme 
aucune chose n'a esté paie par lesdiz commis parce qullz n*en 
ont point esté requiz au moins qu*il soit venu à leur cognola- 
sance (a). Et pour ce cy Néant 

Au yenicien des sacres auquel mondit seigneur le daulphin 
par la xxnii"* partie dudit estât avoit et a ordonné avoir et 
prandre desdiz deniers la somme de v« escus sabaudiens dont 
n'a aucune chose esté paie par lesdiz commis, pour la cause 
dessusdicte. Et pour ce cy Néant. 

A Jehan de Prona, dit de Ligny, auquel mondit seigneur le 
daulphin par la xxix"" partie de Testât dont dessus est fidcte 
mencion avoit et a ordonné avoir et prendre d'iceulx deniers la 
somme de quatorze escus ou la valleur qui paiez lui ont esté par 
lesdiz commis, comme il appert par sa quictanee escripte le 
yV^ jour d'avril l'an mil quatre cens cinquante neuf cy ren- 
due, par vertu desquelz estât et quictanee (b) sont cy reprins en 
despense lesdiz xim escuz sabaudiens. 

promissa sibi micti in Mediolano testimonium prefati secre- 

tarii quod licteraram hujus compoti ponitur Et actento 

quod Franciscus Royer et presens ad burellum in premiBdiset 

jurare solucionem fuisse factam juramentum delatum sibi 

fuisset dictas commissus infra primam diem apriiis proxime 

futuri millesimo gggglxzv solucionem prefatam summam dîcto 

Gastoni, et post datam dicte quictancie fuisse factam, cum desi- 
gnacione loci et temporis quibus facta fuit legitimo documente. 
Alias prefato die effluxo, recuperetur bec summa ordinacione 
dominonim facta ad burellum die ii» apriiis m gggg Lxxim [post] 
pascham. 

a. Per xxvn» et xxyin» partes predicte declaracionis dicti domini 
dalphini constîtit de bac parte et sequenti. Tamen quia commissi 
dicunt nicbil de summis in eisdem contentis solvisse nec petitum 
fuisse. Legantur partes et ordinetur prout supra in tt« parte hujus- 
dem capîtuli. 

Transeant partes sub lege arresti superius super parte Anceimi 
de domini Meolans positi. 

b, Per predictam declaracionem domini dalphini et quictanciam 



LOUIS DAUPHIN. 307 

A Gaston du Lion, conseillier et premier escuier tranchant de 
monseigneur le Daulphin, auquel ledit seigneur par la sixiesme 
partie du devant dit estât avoit et a ordonné avoir et prendre 
des deniers de ladicte commission cent escuz par mois durant 
certain voyaige que ledit seigneur lui avoit ordonné ftdre. Pour 
partie duquel voyaige lui a esté payé par Gaspard Bulle, com- 
mis desdiz François Royer et Hector Josselin , receveurs dessus 
nommez, la somme de ni® escuz pour trois mois, comme il 
appert par la xxx* partie dudit estât ou deciaracion, et ce oultre 
et par dessus la somme de six cens escuz pour six mois, ainsi 
qu'il appert par le xxvi* article dudit estât dont cy devant est 
Âûcte mencion , et aussi en une partie escripte cy devant ou 
prouchain précèdent flieillet faisant mencion dudit Gaston pour 
le fait dudit voyaige, en laquelle la quictance d'icellui Gaston 
montant xin<i uni escuz est rendue et doit servir, sur ceste 
partie» pour la somme de trois cenz escus pour trois mois 
d'icellui voyaige qui payée lui a esté par vertu dudit xxx* article 
dudit estât (a). Pour cecy en despense, par vertu desdiz estât et 
quictance renduz cy dessus, lesdiz. . ui^' escuz sabaudiens. 

A Frère Dominique Dupont, chappellain de mondit seigneur 
le daulphin, auquel ledit seigneur par la xxxi« partie de sondit 
estât avoit et a ordonné avoir et prendre des deniers dont ce 

dicti de Ligny hic redditam constat de contentis in parte. Tamen 
quia quictancia est papirea et quia super hoc nullum mandatum 
affert, a dicto domino ordinetur. 

Visa predicta declaracione quam magister Johannes Bourré 
alter magistrorum compotorum et tune secretarius dicti domini 
daiplùni, affirmavit manu propria scripsisse et contenta in eodem 
per prefatum dominum ordinata fuisse, etiam visa quictancia 
transeant ordinamus, ordinacione dominorum hec pars et con- 
similes. 

a, [Per... partem] predicte declarationis seu status [dicti domini 
daiphini] constat de dicta [ordinacione] per [quictanciam] Gasto- 
nis superiusin majori... hic ut infra. 

... et ordinetur prout infolio... super consimiii parte [dicti] 
Gastonis, maxime propter quictanciam, de qua in série. 

... dictam quictanciam recipitur ordinacione dominorum. 

... et prout ibi cavetur. 



308 LETTRES DE LOUIS XI. 

• 

présent compte tait mencion la somme de cinquante eseoz pour 
certain voyaige par lui iiût de l'ordonnance dudit seigneur es 
marches de Savoyc, qui paiez lui ont esté par vertu dloellui 
estât et par les lectres patentes dudit seigneur données à 
Genappe en Brebànt le xin* jour du mois de may Pan mil gggg 
soixante, ainsi signées : Par monseigneur le daulphin, B. Meu- 
rin, comme il appert par sa quictance escripte le second jour 
de juillet oudit an mil cccc soixante (a) le tout cy rendu à court; 
et pour ce cy en dépense lesdiz. . . l escuz sabaudiens. 

A Jehan du Fou, cscuier, eschançon de mondit seigneur le 
daulphin, auquel ledit seigneur tant par la xxxn* partie dudit 
estât que par ses lectres patentes données à Geneppe le quart 
jour de juing Tan mil mi^ lx, ainsi signées : Par mon- 
seigneur le daulphin avoit et a ordonné avoir et prendre 

des deniers de ladicte commission la somme de quarante escuz 
pour un voiaige que ledit seigneur lui flst lors foire [ouprès 
du Roy] pour des affaires qui [à luy] touchoient, sur quoy 
lui a esté payé par lesdiz commis la somme de vingt et cinq 
escuz d^or de Roy, ainsi qu'il appert par quictance de lui 
escripte le neufiesme jour de juiUet Tan mil cccc soixante cy 
rendue à court (b). Pour cecy en despense lesdiz xxv escuz 
de Roy qui valent au pris de vint et cinq gros pour escu qui 
est ung gros plus que pour escu de Savoye 

XXVI escuz 1 gros sabaudien. 

Et quant au reste desdiz quarante escuz montant à la somme 
de treize escuz vint trois gros sabaudiens n'a riens esté payé par 

a. Fer declaracionem de qua supra et licteras patentes dicti 
domini dalphini hic redc^itas cum quictancia dicti fratres Domi- 
nici, constat de contentis in parte, tamen quia quictancia est papi- 
rea, ordinetur ut supra. 

Visa quictancia, transeat ut supra. 

b, Per declaracionem de qua supra et licteras patentes dicti 
domioi dalphini hic redditas, constat de summa xl scutorum 
ordinata dicte Johanni du Fou, super qua solutum ei fuit, ut patet 
per ejus quictanciam hic redditam xxvt scuta cum uno grosso 
Sabaudie ut in série. Tamen quia quictancia est papirea, ordine- 
tur ut supra. 

Ea visa, transeat ut supra. 



LOUIS DAUPHIN. 309 

lesdiz commis parce que aucune chose n'en a esté demandé, au 
moins qui soit venu à la notice d*iceulx commis. Et pour ce 
icy Néant. 

A monseigneur de Montaulban, auquel mondit seigneur le 
daulphin par la conclusion et fin de sondit estât avoit et a 
ordonné avoir et prendre desdiz deniers la somme de huit- 
vings escuz qui valent deux cens quarante livres pour desgai- 
ger la nef quil a, de laquelle somme n'a esté aucune chose 
payé ne demandé (a). Et pour ce cy Néant. 

A mondit seigneur de Montaulban^ auquel mondit seigneur 
le daulphin par ladicte conclusion et On d'icellui estât avoit et 
a semblablement ordonné avoir et prendre desdiz deniers la 
somme de cent livres qu'il avoit payée aux veneurs, lesquelles 
c livres valent à escuz soixante six escuz et seize gros sabau- 
diens, dont n^a esté aucune chose payé par lesdiz commis, 
parce que aucune chose n en a esté poursuy ne demandé [b). 
Et pour ce cy Néant. 

A Merimont, auquel mondit seigneur le daulphin par ladicte 
fin et conclusion d'icellui estât avoit et a ordonné avoir et 
prendre des deniers dont ce présent compte fait mencion, la 
somme de cent lions qui valent neuf vings sept livres dix solz 
pour ung diamant qu'il a engaigé, lesquelz cent lions valent à 
escuz six vings cinq escuz sabaudiens, dont aucune chose n'a 
esté payé par lesdiz commis, parce que riens n'en a esté 
demandé, et pour cecy Néant. 

a. Per predictam dedaracionem, ut cavetur in arresto précé- 
dente, tamen quia commissi dicunt nichil suivisse nec petitum 
fuisse, ordinetur ut supra in n* parte hujus capituli. Transeat 
pars ad onus arresti superius super parte Ancelmi domini de Meo- 
lans positi. 

b. Perfinem... status seu declaracionis dicti domini dalphini 
de qua supra constitit ordinatum predictis commissis solvere de 
denariis recepte hujus compote summas in hac parte et duabus 
sequentibus declaratas nominatis. Tamen quia dicti eommissi 
dicunt nichil solvisse [nec aliquidj eis petitum fuisse legantur 
partes et ordinentur [ut superius] in secunda parte bujus capituli. 

Legantur partes et [accoientur] ad onus [arresti] superius super 
parte Ancehni domini de Meolans positi. 



310 LETTRES DE LOUIS XI. 

Samma hujus capituh : u!^ y« lUP^ n scuta cum n grossis 
et dimidio Sabaudie. 

Autre despense pour deniers payez par lesdiz commis oultre 
et par dessus ledit estât, et ce par lectres de mondît seigneur 
le daulphin et autrement. 

Et premièrement. 

A Gaston du Lion, oonseillier et premier escuier trenchantde 
monseigneur le daulphin, auquel ledit seigneur par la sixiesme 
partie de son estât signé de sa main rendu sur la première 
partie du chappitre précèdent servant ilec et pour toutes les 
autres parties après ensuivant avoit et a ordonné avoir et prendre 
des deniers dont ce présent compte &it mencion cent escuz par 
mois pour certain voyaige qu'il lui ordonna foire lors par Tor- 
donnance dudit seigneur, ainsi qu'il appert par ledit estât. En 
ensuivant laquelle ordonnance, Gaspard Bulle, Tun des com- 
mis desdiz François Royer et Hector Josselin, avoit et a baillié 
audit Gaston sur ledit voyaige la somme de vi« escuz d'une 
part et iii<* escuz d'autre, ainsi qu'il est dit à plain cy dessus ou 
premier chappitre de despense es articles foisant mencion des 
XXV* et XXX® parties d'icellui estât, et cy la somme de tui^ 
Lmi escuz, comme il appert par quictance dudit Gaston foicte et 
passée par devant et en la présence de maistre Bandes Meurin, 
secrétaire de mondit seigneur, escripte de sa main et signée de 
son seing manuel le xxv* jour de juing Tan mil gggg soixante, 
montant la somme de xiii^' luii escuz et foisant mencion en 
déduction et tant moins de ladicte somme de cent escuz par 
mois que ledit seigneur avoit audit Gaston assignée sur la 
recepte desdiz comptes, laquelle quictance est rendue sur 
ladicte xxvi* partie servant ilec pour ladicte somme de vi<^ escuz, 
sur ladicte xxx"" partie d'icellui estât pour ai^ escuz et cy pour 
lesdiz nii<^ Lnii escuz (a). Pour ce cy par vertu desdiz estât et 
quictance ladicte somme de. . . iin^' liiii escuz sabaudiens. 

a. In qufidam declaracione facta per modum status manu domini 
dalphini signata, reddita super capitule précédente [hujusque] in 
Yio articulo fit mendo de quodam viagio dicto Gastoni fieri ordi- 
nato ad rationem c scutoram per mensem et in xxvi* et xxx» par* 



LOUIS DAUPHIN. 311 

A messire Guillaume de Ghalant, chevalier, seigneur de 
Chastel, conseillier et chambellan de mondit seigneur le daul- 
phin, auquel ledit seigneur, par ses lectres patentes données à 
Geneppes en Brebant le premier jour de novembre Tan mil cggg 
cinquante neuf, ainsi signées : Par monseigneur le daulphin, 
le seigneur de Montaulban, lemareschal de Daulpbiné, et autres 
presens : J. Bourré, desquelles le vidimus est rendu cy dessus 
ou premier chappitre de despense de ce présent compte, sur 
FarUcle faisant mencion de la douziesme partie de Testât dont 
cy dessus a esté parlé, avoit et a ordonné avoir et prendre des 
deniers dont ce présent compte ftiit mencion, la somme de 
mille livres tournois pour sa pension par chascun an, à icelle 
avoir et prendre doresenavant par les mains desdiz commis, 
cooame plus à plain est contenu esdictes lectres, par lesquelles 
icellui seigneur a voulu que ce qui auroit esté paie audit che- 
valier à la cause dessus dicte estre alloué es comptes desdiz 
commis en rapportant lesdictes lectres ou le vidimus d'icelles 
avec quictance soufBsant. Par vertu desquelles lectres a esté 
payé audit chevalier sur ladicte somme de mille livres tournois 

tibuB ejusdem declaracionis ponitur et computatur pro novem 
[mensibus] hujus viagii summa ix<^ scutorum quam prefatus Gasto 
capit superius duobus locis vîrtute [predicte] declaracionis et sue 
quictancie ibidem reddite [ascendentis] summam xm^ lidi scuto- 
rum servientis super dictis duobus locis pro supradicta summa 
ixc scutorum. Et hic nititur capere residuum ascendens mi<> 
Lun scuta quod videtur non posse fieri : actento quod in pre* 
dicta declaracione seu statu nulla fit mencio de hac summa un^ 
Lun scutorum : etiam quia super hoc [nullas] affert licteras n^an- 
dati a dicto domino daiphino quod deberet fieri : qua de causa 
[predicta] pars et ordinetur. 

[Inspecta] quadam particula declaracionis seu status que... 
isti Gastoni pro mense cum... centum scuta Sabaudie statuit et 
ordinat transeat pars simpliciter pro receptibus... et pro capiente 
sub onere infra féstum beati Johannis Baptiste proximi afférendi 
certificacionem... per dies ioca que et apud quos vacacionem 
fecerit continentem : alias, elapsa die summam quam hic capit 
régi reddet : et sibi aut suo procuratori per présentes... signi- 
ficetur ordinacione dominorum. 



318 LETTRES DE LOinS XI. 

pour sadicte pension de Tannée commençant ledit premier jour 
de novembre et I*an dessusdit, et Unissant le derrenier jour 
d'octobre ensuyvant mil cccc soixante, la somme de yi9 xxv escuz 
Tin gros sabaudiens, ainsi que plus à plain est contenu en ladicte 
partie. Et cy ouitre et par dessus le contenu oudit estât et en 
ensuivant la teneur desdictes lectres (a) , lesdiz commis ont payé 
et baillé audit de Ghalant la somme de deux mille deux cens 
cinquante livres tournoiz pour sadicte pension de deux années 
et trois mois commençans le premier jour de novembre Tan mil 
cccc soixante et flnissans le derrenier jour de janvier Tan k cccc 
LUI. Pour ce cy par vertu dudit vidimus des lectres de ladicte 
pension rendues comme dessus ladicte somme de ii" iv^ l livres 

tournois qui valent xy^ escuz sabaudiens. 

A maistre Bandes Meurin, secrétaire de mondit seigneur, 
auquel ledit seigneur par ses lectres patentes données à Geneppe 
en Brebant le premier jour de novembre Tan mil cccc cinquante 
neuf ainsi signées : Par monseigneur le daulphin, le sire de 
Montaulban, le mareschal de Daulphiné et aultres presens : 
J. Bourré, pour consideracion des bons, agréables et continuelz 
services par lui faiz par cy devant en plusieurs et maintes 
manières, fait chascun jour et espère que plus face ou temps à 
venir, avoit et a ordonné la somme de trois cens soixante livres 
tournois, par chascun an de pension à prendre et avoir des 
deniers de la receple de ce présent compte. Par vertu desquelles 
lectres payement fût et a esté fait audit maistre Baudes d'icelle 
pension d'une année commençant le jour et date desdictes lectres 



a. Per transcriptam licterarum domini dalphini superius in 
capitulo précédente redditum, constat de pensione m librarum 
turonensium per annum concessa dicto Domino Guillelmo de 
Ghalant, militi, ut infra. Loquetur tamen quam de summa xv^ scu- 
torum pro sua pensione temporis in textu designati, nulla fit 
mencio in statu seu declaracione domini dalphini de qua in capi- 
tulo précédente cavetur. Eciam non constat de solucione hujus- 
modi summe per quictanciam nec alias et insuper status hujus 
compoti non patet portare eamdem summam. Qua de causa, 
ordinetur. 

Cause in difficultate radiatur pars ordinacione dominonim. 



LOUIS DAUPHIN. 313 

et finissant au derrenier jour d'octobre mil cccc lx, ainsi qu'il 
appert à plain cy dessus ou dit premier chappitre sur l'article fai- 
sant mencion du iv article dudit chappitre. Et depuis par vertu 
d'icelles lectres payement lui a esté ftit d'icelle pension d'une 
autre année finissant au derrenier jour d'octobre k cccc soixante et 
ung de la somme de ni<> lx livres tournois, comme il appert par 
quictance de lui cy rendue (a) . Pour ce cy reprins en despense 
lesdictes lu^' lx livres valans. . . ii^ xl escus sabaudiens. 
Audit maistre Baudes Meurin, auquel ledit seigneur par ses 
lectres patentes données à Geneppes en Brebant le sixiesme 
jour d'octobre l'an mil cccc soixante, ainsi signées par mon* 
seigneur ledaulphin, J. Bourré (b)y a ordonné avoir et prendre 
des deniers de ladicte commission la somme de cent escus d'or 
ayans lors cours, qu'il lui a donnez et assignez pour foire aucuns 
volages tant à Homme que autrespart es marches d'Italie pour 
les affaires dudit seigneur, et ce oultre et par dessus sa pension 
de vingt escus par chascun mois, par vertu desquelles lui ont 
esté paiez lesdiz cent escus d'or, ainsi qu'il appert par quictance 
escripte le xxu* jour de décembre oudit an cccc lx, le tout cy 
rendu à court. Pour ce cy reprins en despense lesdiz 

G escuz sabaudiens. 

a. In capitulo proximi precedenti virtute declaracionis seu 
status et licterarum patentium domini dalphini de quibas infra 
super capitulo proxime precedenti redditamm, dictus magister 
Balduinos Meurin capit pro sua pensione anni finiti ad ulti- 
mam octobris m gggg lx* snmmam me lx librarum turonensium, 
positam et compntatam inter partes ejusdem declaracionis et hic 
nititur capere similem summam virtute dictarum licterarum et 
ejus quictancie hic reddite. 

Loquatur tamen quoniam de summa in hac parte contenta nulla 
fit mencio in predicta declaracione seu statu. Eciam dicta quic- 
tancia est papirea. Ideo ordinetur. — Visis licteris régis superius 
redditis cum quictancia transeat. 

b. Fer alias licteras dicti domini dalphini et quictanciam dicti 
Meurin hic redditam constat de contentis in parte. Tamen quia 
dicta quictancia est papireâ et quoniam de summa g scutorum 
nulla fit mencio in statu seu declaracione dicti domini de qua 
supra, ordinetur. — Visis licteris, transeat. 



314 LETTRES DE LOUIS XI. 

A Phelippe Rojer, escuier, la somme de mil escus d'or que le 
Roy nostre sire, daulphin de Viemiois, par ses lecires patentes 
domiées à Tours le xii* jour de janvier Fan mil quatre cens soi- 
xante et ung, ainsi signées : Par le roy , vous les seigneurs du Lau 
et de Beauvoir et autres presens : J. de la Loere, lui a donnée et 
ordonnée tant pour son ordonnance et entretenement en sa 
compaignie et service pour une année commençant le premier 
jour de mars après ensuivant, comme pour lui aider à soy 
acquicter envers aucuns esquelz il est tenu et obligé en plusieurs 
sommes de deniers par lui emprunctées pour soy entretenir en 
sondit service avant son advenement à la couronne de France, 
par vertu desquelles lectres a este paie audit Phelippe Royer 
îadicte somme de mil escus, comme il appert par quictance de 
lui faicte le xi* jour de mars Tan mil cccc lxji, escripte au doz 
desdictes lectres royaulx cy rendues (a). Pour ce çy en despenses 
lesdiz mil escus de roy, qui valent à escus de Savoye mxli escus 
et XVI gros sabaudiens . . kxli escus et xn gros sabaudiens. 

A maistre Baudes Meurin, notaire et secrétaire du Roy notre 
sire, auquel ledit seigneur par ses lectres patentes données à 
Saint Jehan d*Angely le vii* jour de février Tan mil cccc 
soixante et ung, ainsi signées : Par le Roy, les sires de Grus- 
sol, du Lau et aultres presens : J. Bourré, avoit donné et 
octroyé l'un des ofQces ordinaires de conseiller maistre ou audi- 
teur de sa chambre des comptes séant ou Daulphiné : toutefoiz 
depuis pour ce que ledit seigneur entendoit en autres matières 

a. Fer licteras de mandato domini nostri Régis, tune dalphini 
Viennensis, et quictanciam in dorso earum positam infra hic red- 
ditam. Loquatur tamen quod de dicta summa m scutorum nalla 
fit mencio in statu seu declaracione dicti domini de qua supra ; 
etiam dicte lictere secundum ordinaciones regias deberent manu 
ejusdem domini signari nlterius nituntur commissi capere dictam 
summam ad scuta régis quod non debent fieri, actento quod 
recepta fit in scutis Sabaudie et non regni. Eciam in preiatis lie- 
teris loquitur de scutis simpliciter et per eas mandatur solvere 
dictam summam de denariis dicte recepte. Quibus de causis 
Videantur lictere prefate et legatur pars et ordinetur. 

Etiam examinator hujus compoti primus ad valorem scutorum 
Sabaudie summam reduxit et correxit. 



L0UI8 DAUPHIN. 315 

occupper ledit maistre Baudes et que par ce il ne pourroit bon-* 
nement résider pour exercer ledit ofl9oe, eust icellui seigneur 
dudit office pourveu maistre Jehan Colemant, et à ceste cause 
jkit, créé, ordonné et establi ledit maistre Baudes conseiller 
maistre ou auditeur extraordinaire de ladicte chambre des 
comptes dalphinaulx et en icellui ofiQce Ait reoeu et institué et fist 
le serement sur ce acoustumé en la chambre de Parlement à 
Grenoble, appeliez à ce les auditeurs de ladicte chambre des 
comptes le vi* jour de mars prouchain ensuivant, comme appert 
par Finstitucion foicte et signée par maistre Pierre Vinier, gref- 
fier de ladicte chambre de Parlement, escripte au doz desdictes 
premières lectres, pour en joir aux gaiges^ droiz et prouffiz 
acoustumez comme les autres ordinaires, atendant le premier 
lieu ordinaire vacant. Lesquelz gaiges le Roy nostre dit seigneur 
par autres ses lectres patentes données audit lieu de Sainct Jehan 
d'Angely le xni* jour dudit mois de février ou dit an mil cccc lxi 
ainsi signées : Par le Roy, le sire du Lau présent : J. Bourré ; atta- 
chées soubz son contrescel avecques les dessusdictes(a)^ a tauxez 
et ordonnez à la somme de trois cens cinq livres, à ioelle somme 
avoir et prendre par chascun an des deniers de ladicte commis- 
sion dont ce présent compte fait mencion, par vertu desquelles 
lectres a esté paie audi( maistre Baudes la somme de six cens 
dix livres tournois, comme il appert par deux quictances de lui 
montans chascune trois cens cinq livres tournois : la première 
escripte le xxi* jour de mars Tan mil cccc lxiii pour ses gaiges 
de Tannée finie au sixiesme jour du dit mois de mars oudlt 
an GGGG uuii, et l'autre dactée du xxv* jour de mars mil gggg 

a. Per biuas licteras domini nostri Régis, dalphini Yiennensis, 
et quictanciam dicti magistri Balduini Meorin prout infra hic red- 
ditam, et de ejus recepcione et institucione in hujusmodi officio 
extraordinario, auditoris camere compotorum dalphinatus, consti- 
tit in dorso unius dictarum licterarum régis ut in série. 

Loqnatur tamen quoniam de summa in bac parte contenta nuUa 
fit mencio in statu seu declaracione dicti domini de qua supra. 
Eciam prefate lictere non sunt manu ejusdem domini nostri 
régis signate. Ideo ordinetur. 

Visis dictis licteris et quoniam denarii isti soluti veniant in 
acquitamentum régis transeat. 



316 LETTRES DE LOUIS XI. 

Lxriii pour l'année ensuivant finie audit n« jour dudit mois de 
mars Fan cccc lxiiii. Le tout cy rendu à court. Pour ce cy en 
despense, pour lesdictes deux années ladicte somme de six cens 
dix livres tournois qui valent à escuz de Savoye la somme de 

ini« Ti escus xn gros sabaudiens: 

A Martin Ifaillot, trésorier de Savoye, auquel le Roy notre 
sire, daulphin deViennois, par autres ses lectres patentes signées 
de sa main (a), et pour les causes contenues en icelles, données 
à Saint Jehan de Luz le neuflesme jour de may Tan mil cccc 
Lxm, ainsi signées : Loys : par le Roy, le conte de Foix pré- 
sent : J. de la Loere, a donné et octroyé la somme de six cens 
livres tournois pour consideracion des bons et agréables ser- 
vices qu'il lui a par cy devant faiz et pour autres causes à ce le 
mouvans, par vertu desquelles lectres qui sont cy rendues à 
court, ladicte somme a esté paiée audit Martin Maillot, comme 
il appert par quictance de lui escripte le tiers jour d'aoust Tan 
mil cccc soixante trois, le tout cy rendu. Pour ce icy lesdictes 
Yi9 livres tournois qui valent escuz de roy iiii<: xxxvi escuz 
X solz tournois, et à escuz de Savoye valent 

ini« Lim escuz xin gros sabaudiens. 

A maistre Barthélémy GaiUier, auquel le Roy nostredit sei- 
gneur par autres ses lectres patentes données à la Mote d'Esgry 
le xxviip jour de juillet Fan mil cccc soixante six, ainsi signées : 
Par le roy daulphin, J. Bourré, a tauxé et ordonné la somme 
de huit cens livres, monnoye de seize patatz pour livre, pour les 
peines, salaires et despens qu'il a eues et soustenues en l'année 
mil cccc soixante, tant à faire venir ens les deniers dudit mariage 
ainsi reçeuz, comme dit est, par lesdiz commis, que pour estre 
aie pour ladicte cause plusieurs fois par devers ledit seigneur es 
pays de Flandres et Brabant où il estoit lors, par vertu desquelles 
lectres payement lui a esté Mi de ladicte somme de viii^ livres, 
comme il appert par sa quictance escripte au doz desdictes 

a. Fer licteras de mandato domini nostri Régis, dalpbioi Vien- 
nensis , sua manu signatas, et quictanciam dicti Martini Maillot 
hic redditam constitit de contentis ia bac parte. Tamen quia 
quictancia est papirea ordinetur ut supra. 

Ea visa transeat ut çuperius. 



LOUIS DAUPHIN. 317 

ketres cy rendues, icelle quictanoe datée du huitiesme jour de 
may Fan mil gggc soixante sept (a).iPour ee icy ladicte somme 
de Ytti9 livres monnoye dessusdicte de xn patatz pour livre qui 
valent à escuz de Savoye v« xxxui escuz viii gros sabaudiens« 
A François Royer, escuier, seigneur de Peverin, et Hector Jos- 
selin, commis à la reoepte des deniers dont ce présent compte 
ftdt mencion, ausquelz le Roy nostre sire, daulphinde Viennois, 
par autres ses lectres patentes données à ladicte Mote d*Esgry 
le vint huitiesme jour de juillet Fan mil gggc soixante six, ainsi 
signées : Par le Roy daulphin, J. Bourré (ft), a consenty, 
octroyé et accordé avoir, prendre et retenir par leurs mains des 
deniers de leurdicte commission, la somme de huit mille deux 
cens livres tournois, monnoye de seize patatz pour livre : c'est 
assavoir audit François vn"" n^ livres pour sa pension de six 
années commençans au premier jour de juing mil gggc soixante 
et finissans au derrenier jour de may mil gggg soixante six des- 
susdit et derrenier passé, qui est au feur chascun an de douze 

a. Per licteras domini nostri régis, dalphini Viennensis, et quic^ 
tanciam in dorso hic redditam constat de taxacione et ordina- 
cione summe yufi libranim facta dicto Bartholpmeo Gaillier, pro 
causis in textu declaratis. 

b. Per licteras domini dalphini Viennensis hic redditas, cons- 
titit de hac summa vin™ ne librarum taroneusium, [videlicet 
dicto] Francisco Roye^ vn™ uc librœ turo menses pro sua pensione 
VI annorom incipieutium die prima juml m gggg lx et finieaUum 
consimili die m gggg lxvx ad ratiouem xne 1. 1. per annum, et dicto 
flectori Josselin m libras turonenses pro sua pensione unius anni 
incipientes die prima junii u gggg lx ut infra. 

Loquatar tamen quia in capitule proximo precedenti, virtute 
status seu declaraciouis dicti domini ibi reddite et [mencionate], 
capiunt quibus m L t. et hic [nitnntur] capere supradictam sum- 
mam de viii<>> ne libr. tur. de qua nulla mencio fit in predicta 
declaracione seu statu. Etiam predicte lictere que date sunt in 
mense Julio m* gggg lxvi® secundum ordinaciones regias deberent 
manu ejusdem domini nostri régis signari et insuper... [hujus] 
compoti non potes t portare dictam summam. Quibus de cau- 
sis legatur pars ad bureilum et ordinetur. 

Quia pars non est de tempore compoti nec materiam ejus con- 
cemens nichil hic, sed statu compoti cognito ordinabitur. 



318 LETTRES DE LOUIS XI. 

cens livres. Et audit Hector Josselin mille livres pour sa pen* 
sion d'une année commençant ledit premier jour de juing oudit 
an ccGG soixante. Par vertu desquelles lesdiz commis ont 
retenu par leurs mains ladicte somme de huit mille deux cens 
soixante livres monnoye susdite qui valent à escuz de Savoye 

V" iiii<: LXY escuz sabaudiens. 

A Phelippe Royer, escuier, auquel le roy nostre sire par 
autres ses lectres patentes données audit lieu de la Mote d*E8- 
gry ledit xxyiii* jour de juillet Tan mil gggg lxvi ainsi signées : 
par le Roy Daulphin, J. Bourré (a), a mandé ausdiz commis 
paier et bailler des deniers de leurdicte commission la somme 
de deux mil cent soixante livres, monnoye de seize pataz pour 
livre, pour ses gaiges et entretennement ou service dudit sei* 
gneur de six années commençant le premier jour de juing 
l'an mil cccc lx et finissant au derrenier jour de may mil cccc 
Lxvi, qui est à la raison de trois cens soixante livres, mon- 
noie dessusdicte, pour chascune desdictes années, par vertu 
desquelles lesdiz commis lui ont payé ladicte somme, comme il 
appert par sa quictance escripte le xxip jour de décembre ensui- 
vant oudit an mil cccc lxvi , le tout cy rendu. Pour ce cy en 
despense lesdiz deux mil cent soixante livres, dicte monnoye, 
qui valent / * * ^'^'^^ ^ escus sabaudiens. 

A Gaspard Bulle, V\m des facteurs et entremecteurs ou flEut 
d'icelle commission soubz lesdiz Françoy s Royer et Hector Josse- 
lin, auquel ledit seigneur par autres ses lectres données à... le 

a. Per alias licteras domini nostri régis et quictanciam dieti 
Philippi Royer hic redditam constitit de contentis in textu. 

Loquatur tamen, quoniam dictas Philippus nititur capere supe- 
rius in isto capitale, virtute aliarum licterarum régis ibi red- 
ditaram summam m scutoram régis, et ultra vnlt hic capere 
dictam summam xnnc xl scutoram, quod videtur non posse fieri, 
actento quod in statu seu declaracione dictl domini de qua in 
capitule proximo précédente cavetur, nulla fit de hoc mencio, 
etiam dicte lictere non sunt manu dicti domini signate juxta 
ordinaciones regias, et insuper status hujus compoti non potest por^ 
tare dictam summam. Quibus de causîs legatur pars et ordinetur. 

Quia pars non est de tempore compoti, nec materiam ejus con- 
cemens nichil hic, sed statu compoti cognito ordinabitur. Fit. 



LOUIS DAUPHIN. 319 

jour de... l'an m gccc lx... ainsi signées...^ a tauxé et ordonné 
la somme de nn« livres tournois, à icelle avoir et prendre des 
deniers de ladicte commission pour ses peines et salaire d^avoir 
fait soubz lesdiz conmiis la pluspart des recepte et despense des 
deniers dessusdiz, par vertu desquelles lectres lui a este paie 
ladicte somme de quatre cens livres tournois, comme il appert 
par sa quictance (a). Pour ce est cy prins en despense lesdictes 
un® livres qui valent à monnoie de Savoye 

TS9 um escus xvi gros sabaudiens. 
A messire Michel de Pyemont, chevalier, auquel le Roy nostre 
sire, daulphin de Viennois, estans lors à Tours, donna et octroya 
la somme de mil escuz pour aucunes causes à ce le mouvans, 
à icelle somme avoir et prendre des deniers de la commission 
dont ce présent compte fait mencion, et de ce flirent comman- 
dées les lectres dMcelluy seigneur qui ftirent levées par ledit 
chevalier et icelles présentées à maistre Berthelemy Cailler, Tun 
des clercs desdiz commis, qui icelles veues pour ce qu'il lui estoit 
de neccessité venir audit lieu de Tours par devers le Roy nostre 
dit seigneur pour le fait de ladicte commission ordonna aux habi- 
tans de Quier paier Qt bailler audit chevalier sur ladicte somme 
de mil escus et sur ce qu'ilz povoient devoir à cause du fait 
d'iœlle commission en prenant d'icelluy chevalier ses lectres 
d'acquict avecques quictance le tout en forme vallable. En 
obtempérant auquel mandement lesdiz habitans paierent et 
baillèrent à icelluy chevalier la somme de quatre cens florins 
seulement. Et pour ce qu^ilz ne parpairent ladicte somme 
de mil escus ledit chevalier ne leur voulut bailler sesdictes 
lectres de don mais les retint par devers lui et leur bailla seule- 
ment pour leur acquit la quictance cy rendue. Et depuis ce 
ledit commis a cuidé retirer dudit chevalier lesdictes lectres et 
quictance pour son acquict, ce qui lui a esté reffusé par ledit 
chevalier, se premièrement il n'estoit parpayé du reste desdiz 

a, CSonstat de licteris régis de quibus infra et de quictancia dicti 
Gaspard!. Etiam [quoniam] .nulla fit mencio in statu seu declara- 
cione de qua in precedenti capitulo cavetur. [Ideo radiatur.] 

i. Les dates sont restées en blanc. 



334 LETTRES DE LOUIS XI. 

nostro honorandissimo domino LudoTico, delflno Vienensi, etc., 
serenissimi régis Francorum primogenito. Intellectis is que 
spectabîlis Guastonus de Lion, scutifer dominationis vestre, 
ejusdem parte nobis retulit, ad eandem excellentiam vestram 
remitimus.nobilem fomiliarem nostrum diiectum Prosperum Ga- 
mulium, harum exhibitorem, de mente nostra plenissime infor- 
matum, qui eidem illustrisnme dominationi vestre nonnulla in 
bac materia sibi per nos commissa referet, cui in dicendis domi- 
nationem yestram rogamus fldem dignetur ceu nobis ipsis indu- 
biam impartiri^ non aliter quam si nos ipsi aloqueremur pre- 
fetam excellentiam yestram, cul nos enixe commendamus. 

LXXXin. 

27 août 1460. 

Instructions du duc de Milan à Prospère de Gamulis chargé de 
signer un traité avec le dauphin et de rendre visite au duc de 
Bourgogne. — (Orig. Arch. de Milan.) 

Mediolani die xxvn augusti m cggc lx. * 

Instructio Prosperi de Gamulio ituri ad serenissimum prin- 
cipem et excdlentissimum dominum Delflnum Viennensem, 
serenissimi domini régis Francorum primogenitum. 

Prospère, volimo che te transferisse allo serenissimo et excel- 
lentissimo signore monsignore Delphine de Vienna, primoge- 
nito del christianissimo re de Franza, etc. , et poy le visitacione 
et commendacione gli faray per nostra parte, gli diray la nostra 
optima disposicione verso la excellentia soa, ofTerendo lo stato, 
persona, facultate et quelle habiamo al monde tanto largamente 
et con quella reverenlia che se rechiede et che tu say è nostra 
intencione, etc. 

Deinde diray che la pratica havuta con nuy qui per domino 
Jacomo de Valperga et Guaston suo scudero, havemo con loro 
rasonato certo apuntamento fra la excellentia soa et nuy, et ne 
è parso per più honore délia soa excellentia mandare ad essa et 
la fare concludere et sigillare dicto apuntamento secundo la 
substancia havemo praticata et rasonata con loro, et perché 
inlenda la soa excellentia Tanimo et sincerità nostra, havemo 



LOUIS DAUPHIN. 325 

flrmate le cose con qualla reverentia et realità ne è stato pos- 
sibile, como a boca poray largamente exponere, et credemo ad 
quello tu portî non sia da ftire alcona difHcuItà, perché tutte 
sonno cose accomodate al stato, laude e gloria et exaltacione soa. 
Per6 te sforza presto concludere et sigillare et venire via, sfor- 
zandote de intendere ben la mente, disposicione et penseri suoy 
et tutto quello te sia possibile, perche tu vegni informatissimo 
delà mente soa et de tutte le cose délia. 

Se '1 te fosse facto difBcultà circa lo numéro dele gente del 
sttbsidio, cioè dove offerimo aîutare de ni'° cavalli et mile 
bnti; et la excéllentia soa lui'" cavalli et ii*" arcieri, dicimo che 
r havemo posto per honore et gloria délia serenità soa, perché 
el &cto suo non ha comparacione con lo nostro. Perô non cre- 
demo gli sia facto difQcultà; pur quando volesse che lo numéro 
délie gente hinc inde fosse equate, siamo contenti £ausi et con- 
cludi como vole la serenità soa, dicendo che tu hay comanda- 
mento et ordine da nuy fare como vole et comanda la signoria 
soa, intendendo per6 non passi la substancia del facto. 

In super portaray la littera de credenza ad lo îllustrissimo 
monsignore duca de Bergogna, et parlaray et visitaray la excél- 
lentia soa prima o dapoy facta la conclusione, et particîparay 
con la signoria soa, prout et quemadmodum piacerà et te ordi- 
narà esso monsignore Delphino ; et quando gli parlaray diray 
quelle affectionate et reverente parole te parera, offerendo alla 
signoria soa et lo stato e la persona, etc., tanto largamente, 
quanto te parera : cossi paray salutare et confortare lo illustre 
duca de Clevi^ se a luy te abbatesse et monsignore de Groui. 

Item volîmo in caso te fosse facta tali difficulti che non 
potesse concludere, quod non credimus, che eo casu mandi 
subito da nuy le difQcultà scritte in cifra per lo nostro cavallaro 
et aspecti la nostra resposta : ma sforzati scrivere cbiaro et non 
confùso, et le rasone et casone, avisandone integramente del 
stato et condicione d* esso monsignore Delphin et monsignore 
de Bergogna et dele cose de Inglittera et de Franza, tanto par- 
ticularmente quanto sie possibile, et cossi de ogni altra cosa 
che tu senteray délia, etc. 

1. Jean I, duc de Glèves. neveu du duc de Bourgogne, n. 1419, 
m. 1481. 



386 LETTRES DE LOUIS XI. 

Item casu che tu concludi, focta la condusione, volimo d'essa 
ne avisi subito per lo cavallaro quale mandaray immédiate, 
che haveray sigillato, avisandone del di haveray concluso et del 
di che te partiray, et del di credi essere qua da nuy, et cossi 
dele cose soprasciitte tutte. 

Vogli li capituli et contracto sia facto per mano de notaro et 
possa sottoscripti per man propria de monsignore Delphino, etc., 
et retornato die saray et facta la relacion ad boca , la ftiray 
ancora sub compeadio in scritto, et quella una con questa ins- 
tructione et Taltre scripture daray ad Gicho, nostro secretario. 

GiGHUS. 

LXXXIV. 

6 octobre 1460. 

Lettres patentes du dauphin contenant les principaux articles du 
traité d'alliance qu'il doit conclure avec le duc de Milan. — 
(Orig. Arch. de Milan.) 

Ludovicus, régis Francorum primogenitus, dalphinus Vien- 
nensis comesque Yalentinensîs et Diensis. Cum sit quod gracia 
summi mentium humanarum illuminatoris et creatoris nostri 
dudum fuisset orta cordialissima et singularissima afifectio et 
benivolencia inter nos parte una, et illustrissimum ac excellen- 
tissimum principem avunculum nostrum carissimum dominum 
Franciscum Sforciam, vicecomitem, ducem Mediolani, etc., 
Papîe Anglerieque comitem, ac Crémone dominum, parte altéra. 
Gupientibus nobis ambabus partibus banc nostram cordialissi- 
mam et sincerissimam dilectionem notam esse non tantum 
modo inter nos partes sed eciam inter fiUos, heredes et succès- 
sores nostros. Et quoniam memoria rerum humanarum labilis 
est reduci in spéciale documentum et dedaracionem per claram 
et publicam scripturam. Quod quidem tanquam honestum, 
acceptabile et racionabile cupimus specialiter nos, ne videamur 
ingrati pro parte nostra ejus mutue et reciproce benivolende et 
affectionis que est inter nos ex una parte ut supra, et ipsum 
prefatum illustrissimum avunculum nostrum carissimum domi- 
num ducem Mediolani ex altéra, et devodonis ac servitutis qua 



LOUIS DAUPHIN. 327 

ipse illustrissimus dominus dux affecius est erga nos, idcirco 
contenu ftiimus et contentamur atque acceptavimus et accepta- 
mus ac declaramus de mente nostra ac sponte velle devenire et 
venimus ad intelligenciam et ligam cum ipso illustrissimo 
avunculo nostro carissimo domino duce Mediolani supradicto, 
per médium atque interventu spectabilis viri Prosperi Gamulii, 
oratoris et seoretarii sui, et qui a prefato illustrissimo domino 
duce Mediolani habet ad bec sufBciens mandatum manu pro- 
pria ipsius illustrissimi domini ducîs suscriptum. Et pro exe- 
cudone hujus optime mutue utriusque nostrum dispositionis, 
aSèctionis et voluntatis, pervenimus inter nos partes predictam 
ad intelligenciam et ligam insimul et vicissim sub capitulis, 
pactis et conventionibus ut infra videlicet. Quia in primis pre- 
nominatus Prosper, orator et secretarius, ut -supra agens et 
stipulans nomine ipsius illustrissimi arunculi nostri carissimi 
domini ducis Mediolani, heredum et successorum suorum, ut 
supra, vigore dicti sui mandati promisit et seu promictit nobis 
quod ut prosequatur id quod est certissimum mentis et dispo- 
sicîonis ipsius illustrissimi avuncuH nostri carissimi supratacti 
domini ducis Mediolani versus nos, fllios, heredes et successores 
nostros, bine in antea babebit continue in singularem amorem, 
reverendam et sinceram dilectionem, atque adjuvabît, defendet 
et substinebit nos, statum, fllios, heredes et successores nostros 
ut supra, toto ejus posse contra quem aut quosvis qui nos 
ofiènderet aut offendere temptarent m persona, statu et bonis 
presentibus et futuris nostris, filiorum, heredum et successorum 
nostrorum ut supra. Et versa vice nos Ludovicus prenominatus, 
régis Francorum primogenitus, dalphinus Viennensis, fliturus 
rex Francorum ex constitucione regali, promisimus ac tamquam 
dalphinus nunc et rex in futurum promictimus ipsi illustris- 
simo avunculo nostro carissimo domino duci Mediolani pretacto, 
sive ipsi Prospero, oratori etsecretario suo, agenti, stipulaniiet 
récipient! nomine excellentie sue, quod nos ex nunc et rex suc- 
cedente tempore adjuvabimus, fovebimus, defendemus, manu- 
tenebimus, substinebimus et protegemus ipsum illustrissimum 
avunculum nostrum carissimum dominum FranCiscum Sfor- 
ciam, ducem Mediolani pretactum, ejus illustrissimam dominam 
consortem ducissam, ejus fllios, heredes et successores suos in 



3S8 LETTRES DE LOUIS XI. 

ducatu Mediolani, et in aliis ejus et eorum dominiis, juribus, 
jurididonibua et pertînenciis presentibus et ftituris contra 
quamcumque personam et quamvis potenciam, que eum aut 
suos ut supra oflTenderet àut ofTendere, molestare, inquietare 
aut perturbare predîctum statum suum aut suorum ut supra 
modo aliquo directo vel indirecto temptaret aut moliretur, et 
hoc toto nostri seu dalphini seu régis posse. Item si prefoto 
illustrissimo domino duci, domine ducisse, illiis, heredibus et 
successoribus suis opus ftierit auxiliis equitum et peditum, tune 
nos dalphinus nunc seu rex in fùturum infira tempus mensium 
duorum requisicionis nobis parte ipsius iilustrissimi domini 
duds aut suorum facte, et ad omnem requisicionem de ipsis 
auxiliis nostris ad se mictendis pro tempore factam et que fiet, 
expediemus et mictemus équités quatuor mille et archierios 
duo mille, quibus de propria expensa nostri tune régis, nos 
nunc dalphinus et tune rex solvi faciemus realiter et cum 
efièctu de debito stipendio pro anno uno incoando a die quo 
sese dicti équités et pedites ad iter posuerint accedendo ad 
auxilia predicta. Et hoc tociens quociens et quandocunque 
occurret et vldeatur prefato illustrissimo avunculo nostro 
carissimo domino duci sive excellentie sue descendentibus opus 
esse, et parte ipsius aut suorum ut supra requisicio facta nobis 
fùerit de ipsis auxiliis aut parte eorum mictendis. Et omnia 
alla pro ipso illustrissimo avunculo nostro carissimo domino 
duce, ejus statu et suorum libentissime quldem et ex animo 
fiiciemus que débet bonus et benivolus aflinis ad talem maxime 
utilitatem cordial! vinculo, liga et intelligencia coUîgatus. Hoc 
eciam intellecto quod per presencia capitula sive aliquod ipso- 
rum non intelligatur prejudicatum neque aliqualiter derogatum 
capitulis universalis lige Italie, ymo illa illesa remanere intelli- 
gantur. Demumque hinc inde inter nos tamquam dalphinum 
nunc et succedente tempore futurum regem Francorum ut supra, 
pro nobis, heredibus et successoribus nostris ex una parte, et 
ipsum illustrissimum avunculum noslrum carissimum domi- 
num ducem Mediolani prenominatum, illustrissimam dominam 
ducissam, ejus consortem, fllios, heredes et successores suos, 
ut supra, ex altéra, deinceps sit et esse intelligatur vigore 
suprascriptorum conventorum ut supra cordialissima et since- 



LOUIS DAUPHm. 389 

rissima dileetio, liga et intelligentia perpetuo ut dicitur inter 
nos, partes, filios ac sucoessores nostros ut supra dicitur, vali- 
tura et duratura. In cujus signum et verum effectum altéra 
pars teneatur agere pro altéra et ejus conservacione, utilitate et 
commodis. Et econtra quemadmodum pro se ipsa faceret et hoc 
bona flde et pro posse. Et sic in execucione premissorum habe- 
buntur, fovebuntur, conservabuntur et tractabuntur pro posse 
ofBdales/subditi, feudatarii, atherentes et recommandati ac 
servitores ipsarum partium ut supra agencium inter sese hlnc 
inde advenientibus casibus et pura flde, ut dicitur, et nullo 
unquam in contrarium colore quesito. Inter quos quidem certis 
racionibus justis et debitis adducti nos dalphinus ut supra, non 
prejudicando aliis denominacionibus talium bine inde inter nos 
partes pro tempore fiendis annumeramus et nominamus pro 
parte nostri spectabilem dominum Jacobum de Yalperga, dilec- 
tum consiliarium et cambellanum nostrum, et ejus terras et 
bona quamvis extra jura nostra predicta posita sint ; quemqui- 
dem dominum Jacobum et terras ac bona sua que hoc tempore 
vexari licet injuste videntur per illustrem dominum ducem 
Sabaudio ac ejus bona ipse illustrissimus avunculus noster 
carissimus dominus dux tueri et defendereacconservare tenea- 
tur et in se tutelam ejus redpere debeat in eo statu saltem in 
quo erant die quarta septembris proxime elapsi vel meliori et 
pacifico, si fleri poterit. Et hoc non obstante aliqua exceptione 
que Tîgore suprascriptorum allegari posset. Ad quequidem 
omnia et singula suprascripta quantum pro parte nostri ser- 
vanda et adîmplenda, nos tamquam dalphinus nunc et rex 
Francorum fùturus, ut supra, promisimus eidem Prospero, 
nomine prefati illustrissimi avunculi nostri carissimi récipient!, 
et presencium tenore in verbo legalis principis promictimus pro 
nobis et heredibus ac successoj^us nostris quod rata, grata et 
Arma perpetuo habebimus et tenebimus omnia et singula 
suprascripta atque ea plene servabîmus et adimplebimus. Nec 
ullo unquam tempore eis aut alicui eorum aliquo modo, jure vel 
causa nec aliquo quesito colore contraveniemus, sub obligacione 
honoris et fidei nostre. Et sic tactis corporaliter sacris scripturis 
juravimus présente ipso Prospero, et yigore dicti mandati sui 
talem promissionem et juramentum nostrum acceptante. Et ad 



330 LETTRB8 DE LOUIS XI. 

eadem per ipsum prefatum illustrissimum avunculuin nostrum 
carissimum dominum ducem Mediolani ratiflcanda el per red- 
procam scripturam et patentes licteras promictenda et cum 
juramento et subscripcione propria reciproce cavenda prout in 
presentibus litteris nostris pro parte nostri continetur, réserva- 
tum esse intelligatur arbitrium et tempus mensium daorum 
ipsi illustrissimo avuncalo nostro carissimo domino duci Medio- 
lani, et ad dictum juramentum super premissis reciprooe ut 
dicitur faciendum et nostri nomine recipiendum. Deputamus 
vigore presencium loco nostri nobilem' Gastonum du Lion, 
consiliarium et scutiferum nostrum dilectum, suplentes ex ple- 
nitudine potestatis nostre in presentibus et precipue omnibus 
ac singulis particulis pro parte nostri, ut supra specificatis omni 
solemnitati tam juris quam &cti que in presentibus servanda 
fuissent. In quorum testimonium présentes litteras fleri regis- 
trari ac nostro sigillo muniri jussimus manu propria nostra in 
majus robur subscriptas. 

Datum Genepie in Brebancia die sexta mensis octobris anno 
domini millesimo cccc"^® sexagesimo. 



Per dominum dalpbinum. 



Lots. 

BOUREJÎ. 



LXXXV. 

23 octobre 1460. 

Lettre du duc de Milan au dauphin, pour le remercier des bonnes 
dispositions où il est de conclure un traité avec lui. — (Minute. 
Arch. de Milan.) 

4460. Mediolani xxni octobris. 

Domino Lodovico, delQno Yiennensi, serenissimi et christia- 
nissimi domini régis Francorum, etc., primogenito. 

Ex litteris nobilis viri Prosperi Gamulii, familiaris nostri, 
quem superioribus diebus ad celsitudinem vestram transmisi- 
mus, certiores facti sumus quanta illum bumanitate et clemen- 
Ua excellentia vestra susceperit, quave caritate audiveril ea 
omnia que sibi Prosper ipse nostro nomine signiûcavit. Accepi- 
mus etiam grata ejusdem responsa et optimam animi sui erga 



LOUIS DAUPHIN. 331 

• 

nos et res nostras dispositionem et condusionem que ipsa 
exceilentia vestra cum ipso liacere dignata est. Que omnia tam 
leto tamque jocundo animo peroepimus, ut nihU gratius aut 
aoceptabilius hoc tompore nobis nuntiari potuisset ; sed scimus 
nos in agendis gratiis celsitudini vestre omnino esse impares 
verum quas majores animo concipere possumus eidem habe- 
mus, quicquid autem ab optimo et cordiali amico et servitore 
celsitudinis vestre, quicquid a cupidissimo status, honoris et 
amplitudinis ejus fleri aut prestari possit, cerïe a nobis excei- 
lentia vestra jure suo exigere potest, cui et personam et statum 
ac universas facultates nedum ofTerimus, sed dedicamus, re 
ipsa plura ostensuri quam verbis exprimere sciamus. Ceterum 
expectamus in dies reditum hue ad nos ipsius Prosperi quem 
vivis afibtibus uberius audiemus ; mox ipso intellecto, alium ad 
celsitudinem vestram oratorem destinabimus abunde instructum 
per quem prefactam exoeilentiam vestram reverenter visitabi- 
mus et de exigentibus certiorem fociemus et alia aperiemus per 
que clare intelliget nos vestre celsitudinis sincerum et cordialem 
servitorem et honoris, status et amplitudinis excellentie vestre 
percupidissimum esse, cui nos cum omni reverentia accuratis- 
sime coQunendamus. 

niustrissimo prîncipi ac excellentissimo domino, domino 
Lodovico delphino Viennensi, serenissimi ac christianissimi 
régis Francorum primogenito, etc. afflni et domino colendissimo. 



LXXXVI. 



6 décembre 1460. 

Procès-verbal de la ratification faite par le duc de Milan entre les 
mains de Gaston du Lyon du traité d'alliance conclu avec le 
dauphin et serment prêté par les témoins de ne rien révéler du 
dit traité. — (Minute. Arch. de Milan.) 

4460. Die sabbati 6 decembris hora 22 in caméra ducali 
Canis, etc. 
lUustrissimus et excellentissimus dominus dominus noster. 



332 LETTRES DE LOUIS XI. 

per publicam scripturam et patentes litteras manu sua propria 
subscribendas, approbayit et ratiflcavit intelligentiam, conven- 
tiones et capitula hoc anno die 6 infrascripta inita et flrmata 
înter serenissimum et preclarissimum dominum dominum 
Ludovicum dalphinum etc. ex una parte, et Prosperum Gamu- 
lium, oratorem et secretarium ipsius iiiustrissimi domini domini 
nostri nomine agentem, ex altéra, prout constat ex litteris in 
membrana scriptis^ datls Genepie in Brebantia die 6 octobris 
anni presentis et subscriptis manu propria ipsius serenissimi 
domini domini dalphini ^ etc. , et in omnibus et per omnia, 
prout in dicta ratiflcatione et litteris patentibus continetur, 
attendere et observare juravit tactis corporaliter sacris scriptu- 
ris in manibus magniflci Gastoni de Leone in ipsis litteris parte 
ipsius serenissimi domini domini dalphini nominati et ad id 
deputati. Gui quidem ratificationietjuramentoaffùerunt infras- 
cripti, videUcet : illustris dominus Ludovicus, marchio Mantue; 
iUustris dominus Galeaz Maria, ducalis primogenitus ; illustris 
dominus Tristanus Sfortia; magniflci domini Landlotus de 
Mainis, Gaspar de Yicomercato oomes, etc. , dominus Thomas 
de Reate, dominus Gichus, Petrus de Pusterla, Petrus de Gale- 
rate et dictus Prosperus Gamulius, qui omnes et singuli, tactis 
corporaliter sacris scripturis de manu prefiiti iiiustrissimi domini 
nostri et présente audiente et vidente dicto Gastono, juraverunt 
de non revelando alicui alii persone aliquod de dicta liga, con- 
ventionibus et capitulis, sive ad id pertînentibus ^ quoniam 
certiSf justis respectis sic partes principales inter sese conve- 
nerunt fleri utrinque debere. 

Idem tune paulo post juravit JohannesBlancus, ducalis can- 
cellarius, cujus manu dicte litière et ratiflcatio constant scripte 
et in formam redacte, et ilidem juravit Marcus Trottus, qui 
etiam nonnullas scripsit in hac materia, et ab ea dependentibus 
et connexis. 

1. Cette lettre est publiée plus haut sous le n« LXXXIV. 



LOUIS DAUPHIN. 333 



Lxxxvn. 



13 décembre 1460. 

Lettre de la dauphine Charlotte de Savoie à Charles YII pour le 
prier de croire ce queHouaste lui dira de sa part. — (Orig. Bibl. 
nat., Fr. 2811, n» 48.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à vostre 
bonne grâce tant et si très humblement comme foire je puis. 
Et vous plaise sçavoir, mon très redoubté seigneur, que mon- 
seigneur envoie Houaste, son premier varlet de chambre, par 
devers vous\ auquel j'ay chargé vous dire aucunes choses, se 
s'est vostre plaisir. Si vous suplie, mon très redoubté seigneur, 
quHl vous plaise le croyre de ce qu'il vous dira de ma part et 
me mander et commander voz bons plaisirs pour les faire et 
acomplir à mon povoir, au plaisir Dieu, qui, mon très redoubté 
seigneur, vous doint très bonne vie et longue. Escript à Genepe 
le xui* jour de décembre. 

Vostre très humble et très obbeissante fille, 

Ghahlote. 

A mon très redoubté seigneur. 

Au dos : De Madame la daulphine. Respondu par Vouaste 
le III de janvier gggg lx. 

Lxxxvm. 

23 décembre 1460. 

Lettres du duc de Milan au dauphin relativement à la mission de 
Prospero de Gamulis. — (Minutes. Arch. de Milan.) 

Mediolani die xxin decembris. 

Domino delphino Yienensi, serenissimi ac christianissimi 
domini domini régis Francorum primogenito. Reversus ad nos 
superioribusdiebus spectabilis vir Prosper GamuUus, secrelarius 
et orator noster dilectus, rettulit nobis quanta cum humanitate 

1. Cf. lettre du dauphin du môme jour, n* CI, p. 133. 



33i LETTRSS DE LOUIS XI. 

et clementiaab illustrissima dominatione vestra fderit susceptus, 
quamque bénigne illum exceUentia vestra audiverit et erga nos 
et res nostras omnino optime disposita sit, ex quo immortales 
excellentie vestre gratias babemus. Exposait deinde ordine 
quecunque sublimitas vestra ei iiyunxit et ea omnia que cum 
eadem nomine nostro superiori legatione sua transegit. Seorsum 
quoque a magniflco et generoso viro Gastono, consiliario et ora- 
tore prefate excellentie vestre, abunde intelleximus ea que in 
mandaUs ab illo nobis explicanda habuisse asseruit. Itaque, 
pro expeditione eorum que supersunt, [ad preliliatam illustris- 
simam dominationem vestram remittendum duxîmus prefatum 
Prosperum, secretarium et oratorem nostrum, de mente nostra 
plene instructum, qui una cum memorato Gastono ad excel- 
lentie vestre conspectum se transfert, eandem dominationem 
vestram orantes et obsecrantes ut ipsius Prosperi relatibus non 
aliter quam nobis ipsis, fidem prestare dignetur, cui accuratis- 
sime nos commendamus. 

Mediolani xxiii decembris. 

Domino delphino Yieâensi, etc. Fuit superioribus diebus hic 
apud nos magniflcus et generosus Gastonus de Leone^ oonsilia- 
rius illustrissime dominationis vestre, qui profecto in singulis 
que nobiscum excellentie vestre nomine agere babuit singulari 
quadam prudentia, yirtute et integritate se gessit, ita ut magni 
apud omnes pretii merito sit babendus. Nos vero imprimis 
reverentia vestre sublimitatis et sic procurantibus virtutibus 
suis, innato quodam animi affectu ac studio illum amplexi 
sumus et tanto magis quod intelleximus Gastonum ipsum a 
parvulo apud celsitudinem vestram educatum fuisse eamque in 
numéro carissimorum habere quemadmodum spectabilis vir 
Prosper Gamulius, orator et secrelarius noster, in suo ad nos 
superioribus diebus reditu inter cetera nobis rettulit. Itaque 
pro virili conati simius cum eo sic agere ut intelligeret sum- 
mam fidem, devotionem ac reverentiam qua sublimitati vestre 
afiicimur; quamquam ofBcium nostrum erga illam in ipso 
Gastono amando et bonorando minime implere potuerimus ut 
certe erat nostrum singulare desiderium. Gum autem Gastonus 
ipse impresentiarum ad celsitudinem vestram redire statuent, 



LOUIS DAUPHIN. 335 

visum est nobis eandem suis laudibus apud ipsam excellentiam 
vestram minime esse fraildandum, sed potius verum de eo tes- 
timonimn perhibendum, et ita emidem excellentie vestre quo 
majore possumus studio commendamus. Geterum Gastonus 
ipse abunde nobis rettulit ea que nuper ab excellentia vestra in 
mandatis habuisse afBrmavit. Nos quoque cum illo superinde 
late disseruimus que omnia ex ejus relatibus et ex ipso Pros- 
pero Gamulio meo quem una cum dicto Gastono ad excellentiam 
yestram remittimus, excellentia vestra latins intelliget, itaque 
his non erimus longiores, nisi quod exoellentie vestre accura- 
tissime nos comendamus quamdiu felicem et incolumem valere 
optamus. 

LXXXIX. 

27 novembre 1460. 

Dép^he de Alberico Malleta au duc de Miian pour lui rendre 
compte de Tentrevue qu'il a eue avec le duc de Savoie touchant 
le dauphin. — (Orig. Arch. de Milan.) 

lUustrlssimo signor mio, beri questo signore manda per mi 
et deteme una molto grata audientia per spatio de circha due 
bore soli tra luy et mi. Et in effetu gli expose quanto la vostra 
signoria me haveva commesso, sforzandome con moite efficace 
et potente ragione de induerlo ala vogUa de monslgnore lo Dal- 
fln, dicendoli che la vostra signoria grandemente de ziô lo con- 
fortava e pregava, perché per la afOnità, amiciUa et vîcinità che 
aveva la vostra signoria con luy la reputava el suo bene el suo 
maie, suo periculo et suo honore como suo proprio. La sua 
signoria me respose primo reingratiando asay la vostra signo- 
ria de quanto gli fkceva dire e avisare, e che li ambasatori 
de monsignore de Bergogna gli havevano exposto tute queste 
doglianze che faceva monsignor lo Dalfln, e che a tutte quelle 
haveva resposto molto justiflcatamente, e che me faria dare la 
resposta in scripto ftita ali dicti ambasatori e che kiy cognosceva 
molto bene lo Dalûn e la natura sua, per ben che havesse dito 
tante parole, e che se monsignor lo DalQn se doleria de luy al papa 
al re e aie altre potentie, che ancora luy se justiflcaria con 



336 LETTRES DE LOUIS XI. 

tute quelle, e che '1 Dalfin gli haveva fato giîerra e haveya 
voluto defendere li soy rebelli. E quanto ala parte delà dota cbe 
rechede monsignor lo Dalfin dice cbe de ce"* scudi non ne resta 
bavere se non xxn", deli qualll doveria bavere de' présent! 
viPd, e li altri in lo anno avenire; e cosi etiamdio dicano 
questi altri ambasatori essere vero ; e cbe luy non lo voleva 
dare perche non voleva cbe li facese guerra con li soy dinar! ; 
e ancbe voleva la secureza delà dota delà flglola como 11 baveva 
prooiesso de fare per instrumento, e la secureza deli x"" ducati 
per anno del duario, e cbe per forza non se condueria may a 
dargll. Et in effeto non pare mancbo indignato e alterato questo 
signor contra monsignor lo Dalfin, como luy sia contro questo 
signore, ne dala sua signoria ancora bo potuto cavame cons- 
Uruto ne conclusione alcuna con quante ragione bo potuto pen- 
sare, dire e replicare, ne' spero de poter br altro. E confortando 
io cbe per levare ogni periculo, graveza e inimicitia tra la sua 
signoria e lo prefato monsignor lo Dalfin, el yolesse esser con- 
tento de commetere tute queste diferentie à monsignor de Ber- 
^gogne, me respose, d non convene a mi a recbedere questo, 
quando lo Dalfin me recbedera io gli res (sic). 

Gomo io fu zouto in questa terra incontinent! mandai lomio 
canceilero da questi ambasatori de monsignor de Bergogna a 
dirgli cbe la vostra signoria me baveva commandato in tuto 
faoesse e dicese quanto parese a loro, e se a loro pareva cbe io gli 
andase a vedere e conferire con loro prima cbe parlase con questo 
signore. Resposeno cbe non li pariva per modo alcuno cbe me 
retrovase con loro prima cbe parlase con questo monsignor, e 
cbe rengratiavano la vostra signoria delà commissione a mi 
data. E cosi bavemo preso ordine questa sera de esser insieme 
loro et io, e del tulo sera avisata la vostra signoria, ala qualle 
mi recommando. Ex Carignano die xxvii novembris ^1460. 

Ejusdem dominatîonis vestre 

Fldelissimus servitor, 

Albricus Malletà, 
Gonsiliarius et orator, etc. 

Illustrissimo principl etexcellentissimo domino, domino duc! 
Mediolani, Papie Anglerieque comiti ac Crémone domino, etc« 



LOUIS DAUPHIN. 337 



XG. 



24 décembre 1460. 

Instnictions du duc de Milan à Prospère de Gamulis touchant le 
dauphin. — (Minute. Ârch. de Milan, Potenze estere, Francia.) 

Minute de instrucione et recordi a Prospero Gamulio. 

Hediolani die xxiiii* decembris mccgclx. 

Prospero, percbè lo illustrissimo et excellentissimo mon- 
signore lo Delphin ne ba remandato el suo secretario con quella 
scrlttura che tu say, et oltra havimo veduto per Tinstructione 
a luy data per quante e quale rasone se move soa illustrissima 
signoria ad quello de cbe tu hay conferto con quella, ad quale 
tutte rasone bavimo fado respondere per nostra Justificatione, 
como tu vederay per la copia de quelle resposte quale volimo 
in li raaonamenti te accaderano siano norma et régula del tuo 
parlare et argumentacione che te accadera. 

Attentoche in quella scrittura contracta per ti et ratiQcala 
per nuy gli è el facto de misser Jacopo Yalperga, quale, como 
te bavimo focto cbiaramente intendere, è descaduto del grado 
che se rechiede in essa scriptura, et perdefecto de altri reducta 
ad impossibile per esserse perduti suoy béni inanti cbe bave&- 
semo recevute ioe lettere, ne bavuto aviso de quanto bavevi con- 
duso con lo prefoto illustrissimo et excellentissimo signore, et 
non per alcuna colpa ne defecto nostro, attenti li respecti ne biso- 
gnava bavere, etc. Per supplemento de quanto reguarda Fbonore 
d'esso monsignore in li facti de Savoya che ne pareno tutti justi 
dal canto d' esso monsignore : et bavendo nuy quella reveren- 
tia che bavemo ad soa illustrissima signoria, venemo in nome 
de Dio ad provedere dal canto nostro in quelle cose, et como tu 
say per le doe vie, cioè per mandare l'ambassata et dire et per- 
suadera lo illustre signor duca de Savoya ad reconciliarse con 
esso monsignore et reformarse in modo che sia grato ad 
soa illustrissima signoria, gli mandassemo el spectabile cava- 
lero et doctore domino Alberico Maleta, nostro fldo et bonorato 
consigliero, in la cuy opéra speravamo assay per Tauctorita et 
prudentia soa, et che ha grande noticia de tutti U modi apti, etc., 

I aa 



338 LETTRES DE LOUIS XI. 

et che ha grande creditô in quella corte, el quale è retornato 
con quella resposta et expedlcione che lo dicto Gaston et tu 
set! infonnati ; per el che non te ne replicamo que altro. 

Al modo délia forza in questi di proximi, como el dicto Gas- 
ton et tu sapeti, nuy havemo mandate al signor Guilielmo 
Petro de Galerate, nostro fidelisshno et suo strecto et acceptis- 
simo, per confortalo et accenderlo ad questo facto, recordan- 
doli tutte le rasone opportune. Et questo fecemo parendone 
esso signor Guilielmo lo più apto modo et la più expedita et 
conveniente via ad questo facto che niuno altro; el quale Petro 
è retornato con la resposta del non, como dicto Gaston et tu 
sapeti, per el che nuy non vedemo per altra via de gente dal 
canto de quà possere provedere ad questa materia, como saria 
bisogno, par respecte aile strecte obligacione che nuy havemo 
con tutte le potencie de Italia, et con esso signore duca de 
Savoya, le quale havimo facto monstrare al dicto Gaston, et ad 
ti ne havimo facto dare lo extracto, ad cioche possi informare 
lo prefàto excellentissimo monsignore lo Dalphin, in che modo 
nuy siamo obligati et ligati con lo dicto signore duca de Savoya 
et con tutte Y altre potencie de Italia. Ergo la signoria soa vogli 
molto ben intendere et examinare questo, perché essendo la 
persona nostra, li Oglioli nostri et lo stato et tutto quello havimo 
al monde dedicato ad ogni commandamento et voluntà délia 
soa signoria, essa ne ha ad consigliare del modo che nuy 
havimo ad servare, perché siamo certi per soa magnanimità et 
clementia et prudentia ne darà quello consiglio che ella voria 
fosse dato reciproce ad essa soa signorio in simile caso. Et 
nondimeno flnaliter dirai, como havimo dicto ad Gastone, che 
nuy siamo contenti adaptando la signoria soa lo modo dele 
gente, con lo dinaro faze quella spesa in le gente che la signoria 
soa ordinarà et che nuy facemo al présente nel signor Guilielmo, 
como tu sey informato da nuy ad boca. 

Siché havendo nuy ordinato quello che te dicemo de sopra 
che ne pare quello possiamo fore nuy dal canto nostro in sup- 
plemento del honore, al che cerca et intende esso illustrissimo 
monsignore provedere, volimo che tu retomi da soa îllustrissima 
signoria et ad quella ne recomandi con tutte le himiilitate et 
reverentie et offerte che te sarà may possibile, et guarda per 



LOUIS DAUPHIN. 339 

tutte qaelle vie te parera, con ogni studio et dilîgencia procu- 
rare con soa Ulustrissima signoria se contenu de quelle che 
offerimo ut supra, attentocbe per via directa non la possiamo 
fture per li respect! ut supra, et resti in lo suo humanissimo et 
bon proposto verso nuy et nostri et nostro stato, et tu gli dighi 
ad ogni modo cbe in vero, se non fosse lo graivde respecto e 
necessario havere ad la liga de Italia maxime al présente in 
tanta sublevadone de animi et movimenti de cose, nuy in per- 
sona con ogne nostro sforzo et ingenio se metteressemo ad 
ogni execucione che gli piacesse. 

Alla parte del respecto che te ha monstrato tanto graciosa- 
mente havere soa iUustrissima signoria al nostro stato, et la 
offerta te ha bcta de quelle tre terre, etc. , vogliamo regracy soa 
excellentia quanto may più poray et saperay in questo monde. 

Al illustrissime et excellentissimo signore duca de Bergogna 
con quelle convenientie te parera et recomendacione et saluta- 
cione diray che oltra la grande reputadone delà soa excellentia 
per tutto el monde, etiam per la privata amicicia et fraternita 
che soa excellencia ha havuto con lo illustrissime quondam 
signore duca Filippo, nostro padre et precessore, nuy quantun- 
que non equali alli nostri predecessori, tamen se reputamo 
boni heredi de quella amicicia, et con tutte le reverentie, can- 
tate, affectione et operatione a nuy possibile disponemo dal 
canto nostro conservarsele : et in questo certiflcaray largamente 
soa signoria che ogni nostra possibilité et lo stato et de quanto 
habiamo, soa signoria se ne po fare capitale como de cosa 
propria, et oon questa fede reooremo da quella alla quale tu 
proseguiray de narare queste oose et tractamenti che havemo 
con lo prefàto serenisshno monsignore, como altra volta te 
conforta soa signoria che tu gli dicesti da parte nostra, et cossi 
gli diray como nuy ne dolemo grandemente trovame in quisti 
vinculi de liga et pace in Italia, perche senza nostro grande 
carico non possemo fare altro, ne più de quello facîamo. Tamen 
perché sapiamo lo soa excellentia prudentissima et affectiona- 
tissima et honestlssima, etc., la pregamo che ella vogli ben 
intendere questa materia et lo grade et stato dele cose hinc inde 
présente, et sporgene suo oonsiglio, cum sit che de quanto may 
possiamo honestissimamente fare siamo dîsposti verso lo pre- 



3i0 LETTRES DE LOUIS XI. 

flito monsignore, al quale se paremo dedicati nuy, li nostri 
figlioli, lo nostro stato et ogni nostra oosa, etc. Et de quanto te 
responderà soa ftignoria et cossi monsignore de Groui darane 
aviso diligentemente, et per quello te sarà possibile et utile alla 
materia, justa Tordini che tu hay da nuy, metti ad loco suoy 
consigli et adricy, etc. 

Al duca de Yorch * diray etiam quasi quello medesimo 
te dicemo qui de sopra da dire al duca de Bergogna, quanto 
specta alla recordacione delà amicicia antiqua, etc., et disposi- 
clone nostra. 

Et al conte de Yarvich', commendando la virtù et valorosità 
soa, diray quanto haveremo sempre grato farli piacere. 

Et con luy et Faltro partidparay del tractamento nostro con 
monsignore lo Dalphln, dicendo in questo quanto et como te 
ordinarà soa signoria ad utilitatem de disponerli ad bene pro- 
sequendum perche ibi pendunt multa, etc. 

Al legato diray como nuy siamo tanto contenti quanto dire se 
possa del opéra et bona prudencia che el ha operato in quele 
Gose délie quale se ne trova non solamente re Ferdinando et nuy 
obligati, sed tutta Italia de quilli che habiano voglia de ben 
vivere; et qui gll domandaray strectamente et con bona atten- 
done del grado di Ingliterra et in che stato siano quelle cose, et 
sonno per passare aut non et cum che fundamenti, etc., et de 
tutto ne daray aviso diligenter. 

Con monsignore lo Delphin diray dele ambassate de Franza 
venutein Italia per opéra del duca de Bertagna^. Et qui vederay 
de dolertene con soa signoria : et vede per quelle vie te darà 
soa signoria et per altre ad ti possibile intendere li processi et 
fundamenti de tal' ambassate, et se per via de soa signoria se 
potesse restringere (?) nuy lo haveremo acceptissimo, non tanto 
per timoré che habiamo quanto che per nostro desyderio 
séria de non havere may contencione alcuna con la casa de 

1. Richard, duc d'York, régent pendant la minorité du roi 
d'Angleterre Henri VI, n. 1416, tué à la bataille de Wakefield en 
décembre 1460. 

2. Richard Nevill, comte de Warwick, dit le faiseur de rois, 
lieutenant du duc d'York, tué à la bataille de Barnet le 14 avril 1471 . 

3. François n, duc de Bretagne depuis 1458. 



LOUIS DAUPHIN. 3i1 

Franza, maxime perché gli portamo bona affectione et reverentia. 

Sichè acceptando soa signoria la scritta délia intelligenlia 
ratiflcaia et sottoscritta per nuy, haveray ad solicitare de havere 
la ratificacione de quella in opportuna forcna; et possendone 
tore via la specificactcm de domino Jacomo lo haveremo grato 
perché è non ben al proposto delà dicta liga che è perpétua, et 
item lo facto d^esso domino Jacomo è de natura che in scripti ad 
nuy dà carico, et ad luy zova poco, et li bisognano facti : al che 
nuy siamo disposti fare con effecto pro posse nostro, como è 
dicto, et gli debbe bastare. 

Tandem volimo che in tutte le cose che tu haveray ad fare et 
agitare con lo prefato illustrissimo monsignore Dalphino te 
deby intendere con el magniflco Gastone, et sempre in ogni 
cosa participare con luy et seguire el suo parère et oonsiglio, 
como quello che per la soa virtu, fede et devodone è gratissimo 
et acceptissimo al prefoto serenissimo monsignore et amicissimo 
ad nuy, et siamo certîssimi che amorevelmente et fldelmente 
tractarà le nostre&cende, como quelle del prefato monsignore, 
et che '1 fora como faressemo nuy stessi se personalmente gli 
fossemo. 

Item volimo te informi del litulo deli Baroni et cortesani del 
serenissimo monsignore Dolphin, et de q[uilli del signor duca de 
Bergogna, et cossi délie communltà délia, e nelo porti in scritto 
alla toa retornata. 

Del andata de Ingliterra ne faray quanto parera al prefoto 
monsignore Delphin, et togliendo dala soa signoria la norma de 
quello che tu haveray ad fare, quando saray là faray capoprimo 
ad monsignore lo legato et da luy prenderay Finformacione 
necessarie, etc., et con quisti adricy te presentaray dalla maestà 
del dicto signore re et Taltri principi, como è dicto de sopra. 

Gicflus. 

XCI. 

24 décembre 1460. 

Réponse du duc de Milan à Baude Meurin, secrétaire et ambassa- 
deur du dauphin. — (Minute. Ârch. de Milan, Potenze estere, 
Francia.) 

Resposte et justificatione facte, etc., aie parte se contengano 



348 LETTRES DE LOUIS XI. 

in r instructione dèl spectabile Baldizon Morin, seeretario et 
ambassatore del serenissimo monsignore Delphin. 

Mediolani die xxiiii> decembris 4460. 

Hafemo inteso dilligentemente quanto per Guastone et Bal- 
dizon per parte dd serenissimo monsignore el Delfin de Yiena 
ne à stato exposto, et quanto anoora per Prospero, nostro seere- 
tario, ne è stato referito, et cognosciuta la sua optima disposi- 
tione. Non sapemo ad che modo possiamo alla soa serenità 
débite et oondecente gratie rendere, bavendo nuy et le nostre 
cose con tan ta benivolentia et benignità abrazate; pur nesfor- 
zaremo con quelle fistcultate che Dio ne ha concedute, non essere, 
de tanto et si amplo beneficio, scognoscenti. Ma perché le expo- 
sitione deli sopradicti contengano moite distinctione et partitif 
nuy ne prenderemo alcune conclusione che sarano el summario 
de tutte, cioè li tre appuntamenti mandati alla serenità soa da 
Guaston, secondo el facto de Jacomo Yalperga, tercio la libera- 
lità usata da soa celsitudine verso nuy et nostre cose, quarto la 
imposicione che ha el soprascritto Baldo e quanto nuy circa cià 
havemo ad fore. 

Alla prima parte dunque deli appuntamenti respondemo 
cossi : che nuy molto ben havemo ad memoria che venendo el 
caso delà morte del signore re suo padre promettemo et detemo 
in scritto ad Guaston che nuy metteressemo tutta nostra forza 
et possanza per la conquesta et stabilimento del stato de soa 
signoria. Item del focto del Delûnato, como in dicti appunta- 
menti se contene. 

Item et similiter del focto del governo de Savoya, dicemmo 
che operaressemo tutto quelle che ad nuy fosse possibile per satis- 
fare alla voluntà del sopradicto monsignore Delûno, et questo 
non intendevamo con rompere guerra al duca de Savoya quale 
he pur socero de soa signoria. E per questo sempre stettemo 
[sic] che soa signoria cum li modi più tosto che cum le forze 
dovesse et voler la reformatione del stato. Et ultra è membre 
delà nostra liga de Italia, perche séria de dirrecto contravenire 
expressamente alli capituli d'essa liga, la quale cosa semo certi 
non piaceria ad dicto monsignore, perche saria primeramente 
mancamento al nostro honore, quale havemo sempre preciato 
più che la propria vita : secondo che lassamo stare che bave- 



LOUIS DAUPHDf. 3^3 

ressemo data casone al duea de Savoya butarse in le brace délia 
maestà del re de Franza o de Yeneciani, ma tutta la liga baria 
justamente prese Tarme contra de nuy. 

Slmiliter respondemo al facto de domino Jacomo de Yalperga, 
del quale nelU predicti appuntamenti non fo fecta mencione 
alcuna, peroche in quelU templ non si parlava de cotale cosa, 
ma questo non obstante sentendo nuy che questa cosa era 
molto al core de dlcto monsignore, lo havemo subvenuto secre- 
tamente de dinari et de fantarie, et havevamo messo in puncto 
li cavalli de nostro flgliolo Sforza^ et quilli del conte Petro dal 
Yerme per mandarli in suo secorso, sotto specie che non fos- 
seno nostri soldati. Ma parse poy per lo meglio non andasseno 
perché Masino era ben fornito, et che instando lo invemo, el 
campo bisognava levarse et cossi restamo nuy de mandarli, 
parendo li fanti fossero più utili. 

Insuper havemo mandate più diverse ambassarie al duca de 
Savoya non solamente ad dire quanta displacentia havemo nuy 
delà desfactione de domino Jacomo, ma etiam ad recordarli che 
facendo questa injuria al dicto monsignor Dalûno, se ne recor- 
darà a loco et a tempo che ne porria seguire la desfaction soa,* 
et più altre parole minatorie. 

Item volimo che dicto monsignore sapia che alcuni di nostri 
provisionati, quali sonno stati presi nelli servicii de messer 
Jacomo, et poy dal duca de Savoya impicati, sonno stati facti 
confessare che nuy gli havimo mandati aile soe oSèse et focto 
sopra ciô processo, quale ha poy mandatd et alla maestà del re 
de Franza et ad Yenetia per dare carioo ad nuy. 

Ma sopra tutto havimo caro che '1 prelibato monsignore 
intenda li extranei portamenti usati verso le nostre gente che 
erano ad Masino deli quali ne son 'slati alcuni presi, al tri cur- 
lati et tenuti longamente in presone, sichè pensi soa celsitudine 
chi gli doveva andare volonteri essendo da inimici apicati, et 
dali amici presi et curlati : che se domino Jacomo et suo fra- 
tello havesseno facta bona compagnia ad quilli che andavano 
alli loro fevori, non solamente di nostri soldati, ma de tutla 

1. Galeazzo-Maria, né en 1444, qui succéda à son père en 1466 
et fut assassiné en 1476. 



3i4 LETTRES DE LOUIS XI. 

Lombardia, gli ne sarianno andaii tanti a tal guerra che have- 
riano forse dato al duca de Sayoya el maie anno. 

xcn. 

24 janvier 1461. 

Mission de Baude Meurin, envoyé du dauphin auprès des Floren- 
tins, et réponse de ceux-ci. — (Arch. de Florence, Registro 
d'ambasciate estere alla Repubiica, classe X, dist. I, n* 52, 
stanza m, armada 13.) 

Diexxiiii januarii ^1460 venitad magnos et excelsos dominos 
orator^ illustrissimi domini d. Aloysii delphinl, primogeniti 
serenissimi Gallorum régis, et ostensis litteris legationis dixit 
se nomine soi domini saintes dicere magnis dominis affirmante 
ipsum non mediocriter banc civitatem diligere quam serat nedum 
sibi amicam et benivolam sed semper cbristianissimis Franco- 
rum regibus et domui régie quecumque semper amoris et beni- 
volentie signa ostendisse causam non sui adventus esse quod 
ipse dominus ejus illustrissimus princeps valde offensus a duce 
Sabaudie controversias magnas cum eo habet et habiturus est 
quarum majorem partem ipse jussu sui principis dominis sit 
expositurus, cujus ducis Sabaudie eo graviorem offensîonem 
reputat quum afOnitatem quam inviccm ob nupcias sue Qlie 
coi^jugis sui principis cum illo babet violavit. Ipsum enim 
jamdiu nupsisse filiam domino delflno promisisse illi maximam 
pecunie summam quam aliqua ex parte sol vit reliquum vero 
quum pollicitus esset se brevi solulurum atque ipse dominus 
delphinus se ob quasdam discordias cum pâtre absentasset 
atque ad id tandem reductus esset ut in provincia ducis Bur- 
gundie ejus suffragio viveret postulasset sepius ut sibi egenti 
pecunias débitas traderet, illum semper obnuisse atque malo- 
rum omnium causam processisse ab bis qui illum gubernant 
pessimis viris quorum instigatu et calumniis idem Sabaudie 
dux quemdam dominum Jacobum Yassallum, suum amicissi- 
mum, ipsius domini deiflni proditionis non vere insimulatum 

1. Baude Meurin, secrétaire du dauphin. (Cf. lettre du duc de 
Milaû, du 13 juillet 1461, Pièces justificatives, n- XGVm.) 



LOUIS DAUPHm. 345 

omnibus suis castellis et arcibus privavit, cumque coram ipso 
duce penderet causa ejusmodi rei, inirito domino Jacobo qui 
curiam ducis subspectam habebat et allegabat, velut sibi non 
tutam ad comparendum et ipse dux sententiam in^rlocutoriam 
quamdam tulisset adversùs prefatum dominum Jacobum aut 
ipsum appellasse ad imperatorem Romanorum ^ et imperatorem 
ipsum commisisse causam duci Mutinensi' quivirtute commis- 
sionis eidem facte inhibuit per suas litteras pre&to duci ne 
ultra quicquam pendente appeilatione adversùs ipsum dominum 
Jacobum exequeretur misisse propterea ipsum delûnum lega- 
tum suum clericum hominem que Jacobum prefatum eidem 
recommendaret, cujus verba tantum abftiit ut exaudiret quod 
illum prius carceratum tandem postea tormentis gravîssimis 
subjecerit id vero fuisse Tisum domino suo infandum facinus 
legatos sic violari qui apud omnes gentes securi esse consue- 
verunt Nam quamvis inter Anglos et Gallos fuissent inimicitie 
gravissime, tamen bine inde legatos missos nunquam aliqua in 
re offensos fuisse et ideo banc rem maxime ofTendisse animum 
sui principis; adjecisse quoque ilium ducem injurias alias, 
quoniam cum ad instantiam domini delpblni dux Burgundie et 
dux Mediolani ad eum legatos miserint ut idem domino Jacobo 
ignosceret ipsum continuo pejora fecisse et contempsisse lega- 
tiones omnes et etiam per ducem Mutine inbibitiones fàctas ; bas 
vero injurias gravissimas ducere principem suum et eas omninô 
uldsci velle , sed quoniam intellexerit ipsum ducem Sabaudie 
in eo fédère comprebensum esse quod inter regem Aragonum et 
alias Italie potentias initum fùerit decrevisse ipsum delphinum 
mittere ad Florentinos dominos et alios ut ipsum velut federa- 
tum baberi non debere demonstraret, quoniam quamvis nomi- 
natus fuerit velut adherens a rege Aragonum et eciam Yenetis 
tamen ille banc nominationem, ut decebat, non conûrmavit. 
Preterea etiam si in fédère ipso non comprebenderetur tamen 
quoniam dictus delpbinus provocatus boc agit non in detri- 
mentum ducisset ut puniat et expellat malos gubernatores suos 
et reducat provinciam illam in optimum gradum non esse 

1. Frédéric III, empereur d'Allemagne depuis 1442. 

2. Borso d'Esté, duc de Modène depuis 1450, mort en 1471. 



346 LETnaii DE L0U18 XI. 

dignum ut in hac re confederati reliqui ad prestandam opem 
ipsi duci teneantur. Ideoque illum prosit sibi ut aignificaret 
dominis quod si qua intelligerenl ipsum prindpem suum moUri 
deinceps aut fiicere adversus Sabaudie duoem nec moleste ferant 
Dec admirentur et heo esse que sibi iile dicere mandaverit que 
si Tel ipse non explicaverit plene et non bene intellectus ftierit 
gallica lingua locutus socius, ejus secretarius , peritus lingue 
latine, supplebit defectuum ejus et melius res omnes explanabit. 
Respondit magister vexillifer justitie Petrus Gosme de Medi- 
cis * j dicens nil esse posse ipsis dominis aut letius aut jocundius 
quam, quoniam illis non datur illustrissimum principem domi- 
num delphinum coram aspicere ac secum colloqui videre atque 
audire pênes ipsos ejusdem principis legatos ejus nomine 
loquentes, cum ob amorem et benivolentiam , maximamque 
observantiam hujus reipublice continuo erga Serenissimam et 
Ghristianissimam Franchorum regum domum, quam etiam flo* 
rentinum nomen unice semper dilexerunt tum etiam quia que- 
madmodum experientia docuit florentini cives ab ipso illustria- 
simo principe tam verbis quam rébus ipsis favoris maximos 
babuerunt, semper que iile in omni re erga civitatem istam beni- 
volentiam egregiam ostendit. Ideoque dominos non immerito 
ipsum venerari recolere, illius nomen et mérita grata memoria 
retinere quemadmodum bonos ûlios et amicos deceret. Quan- 
tum vero ad ea que legatus disseruit se breviter respondere 
graviter ferre dominos dissentiones aliquas illum inter et Sabau- 
die ducem exortas esse, qui cuperent ipsos in ea concordia simul 
esse in qua diligentem invicem se affines esse consueverunt 
et omnia quecunque ipsi delphino domino venire que maxime 
exoptaret, et que ad illius dignitatem pertinerent; graviter etiam 
ferre ipsos dominos Sabaudie ducem aliqua fecîsse aut temp- 
tasse que illi molestiam vel injuriam attulissent et credere 
ipsos dominos quecunque legatus dixerit vera esse nec suum 
principem absque causa commoveri et de afBne suo conqueri, 
quod omnia juste ac sapienter agere soleret et recte intellexisse 
dominos ipsos que de ipso federum jure legatus dixerit, que 

1. Fils de Gôme Tancien, auquel il succéda, en 1464, comme 
chef de la république de Florence. 



LOinS DAUPHIN. 347 

quanquam in ea parte illis incerta sint ignorantibus adhuc an 
Sabaiidie dux fédère inito ratiflcaverit, sicut eum facere oporte* 
bat tamen eos haud dubie credere ita esse quemadmodum lega- 
tas affirmafit quem nullomodo ex ore tanti principis aliquid 
prêter verum dieere existimarent Similiter quoque videri illis 
gatia bonestas causas pretendi ac justas a suo domino adversus 
illum etiamsi in fédère ipso comprebenderetur obeaque per 
legatum narrata sint, presertim dum dixit suum principem 
non babere in animo aliquid facere adversus ducem Sabaudie 
vel ejus pemitiem seu sue provincie quem ut afQnem diligat 
sed ut malos gubernatores qui multa infonda commiserunt 
puniat et ab eo separet ad utilitatem suam et suonim hominum, 
nam existimare ipsos dominos suum principem hoc modo 
agendo non malum aliquod set bonum omnino effecturum quod 
cifca eum taies administros esse amplius non permittet. Itaque 
nullam admirationem aut molestiam faabituros dominos si quid 
novi ab ipso domino delpbino tentaretur set existimaturos ÛIos 
sapienter illum ad agenda ea pro sua consuetudine adductum 
esse et bec pro causa publica respondenda esse videri sibi ac 
suis sodis si qua vero sint que ipsi domini ad beneplacitum 
legati aut sui socii pro illis facere possint aut amids eorum 
dominos.... libenti animo ea quecumque sint &cturos. 

XGIII. 

28 février 1461. 

Lettres du duc de Milan au dauphin dans lesquelles il fait un grand 
éloge de Gaston du Lyon et lui annonce l'envoi d'un gerfaut. 
— (Minutes. Archives de Milan. Registri délie lettere missive,) 

Mediolani die xxvin februarlL 

Domino Lodovico, Delphine Yiennensi, serenissimi ac chris- 
tianissimi domini régis Francorum primogenito etc. Expectatis- 
sime nobis reddite sunt littere sublimitatis veslre die tertia 
instantis mensîs Genepe date, quas cujusdam numinis loco 
habuimus ; sunt enim tanti in nos amoris tanteque bumanita- 
Us ac démentie plene, ut tantum tamque singularem animi 
affectum excellenUe veslre vix mente ipsa condpere possimus. 



348 LETTBES DE LOUIS XI. 

Agit iUa nobis gratias pro his que magniflcus Gastonus in suo 
ad eam reditu rettulit nos cum eo egisse, in quo plus bumani- 
tati et virtuti sue quam ceteris relatibus tribuendum oensemus, 
quippe qui ut credimus majora rettulerit quam que a nobis 
prestari potuerint ; sdmus enim in ipso tali viro ornando atque 
bonorando non potuisse debito nostro et summe in excellen- 
tiam vestram devotioni nostre, nec nobis ipsis satisfacere 
potuisse; animus oerte fuit estque eritque perpetuo adeo 
accentus atque inflamatus erga sublimitatem vestram, ut nihil 
ei addi possit; sed nec ulla quidem ex parte agendis gratiis 
eidem satisfacere possumus, que nos omni ofQcio ut in ceteris 
omnibus longe superat. Cum autem ex ipsis lilteris intellexe- 
rimus celsiludinem vestram venationumetaucupationum exer- 
citio delectari, eamque singulari studio girifalcum appetere qui 
apud nos erat, eumque a nobis tanto affectu petere, nlbil letius 
aut jucundius nobis nunciari potuisset quam intelligerealiquid 
in potestate nostra esse quo serenitati vestre cui nos nostraque 
omnia debemus rem gratam efQcere possemus. Itaque girifal- 
cum ipsum per bunc aucupatorem nostrum, barum latorem, 
bene instructum excellentie vestre mittimus, optamusque ut 
talis sit quem speramus et desiderio vestro satisfaciat, velle- 
musqué si fas esset girifalci naturam totiens ac tamdiu induere 
quamdiu excellentie vestre placere posse crederemus. Petiit 
autem a nobis sublimitas vestra munus quod majore fenore 
reddere pollicetur, accipitrem scilicet comices ut passeres aut 
cotumlces capientem, quod mirandum certe est et pro singulari 
regioque munere libenter accepturi sumus, si celsitudo vestra 
unum ex eis accipitribus nobis donare dignabitur^ et ita eam 
obsecramus cui nos una cum illustri domina Blanca Maria con- 
juge, ac liberis filiisque nostris serenitatis vestre servitoribus 
qui omnes Dei gratia incolumes sumus, accuraiissime commen- 
damus. Cetera autem ex Prospero excellentia vestra uberius intel- 
liget, quam felicem valere et votorum omnium suorum compo- 
tem esse, optamus. 

Mediolani, ultimo februarii. 

Domino Lodovico, Delfino Yianensi, serenissimi ac chrîstia- 
nissimi domini régis Francorum etc. , primogenito. Si in ceteris 
que desiderii nostri sunt non minus quam debiti ofîlcii subli- 



LOUIS DAUPHIN. 349 

mitati vestre ea focilitate satisfkcere possemus qua in mittendo 
ad eam girifalco quem eadem a nobis petiit, maximam profecto 
YOtoram nostrorum summam persolvisse arbitraremur. MitU- 
mus igitur giri&lcum ipsum exoellentie vestre per hune aucu- 
patorem nostrum nomine Fadnum de Felizano^ nature avis et 
huyus artis bene instructum, rogamusque illam et obsecramus 
ut mitteatis potius voluntatem immensumque desiderium 
quam muneris qualitatem metiri dignetur, nec nobis sed potius 
giriËdco imputet si fortasse vestro desiderio non satîsfkciet. Et 
si quid est quod a nobis excellentie vestre gratum prestari pos- 
ait, sciât illa tam de nobis posse quam velle cui nos accuratis- 
sime comendamus * . 

XGIV. 

11 mars 1461. 

Lettre de la dauphine Charlotte de Savoie à Charles VU pour lui 
demander de mettre Benoît de Montferrand en possession de 
son abbaye de Saint- Antoine de Viennois. — (Orig. Bibl. nat., 
Du Puy, 762, fol. 248.) 

Mon très redoubté seigneur, je me recommande à vostre 
bonne grâce tant et si très humblement comme je puis. Et vous 
plaise savoir, mon très redoubté seigneur, que à ma prière et 
requeste Monseigneur a tenu la main ad ce que révérend père 
en Bien frère Benoist de Montferrant a esté fait abbé de Tabbaye 
monseigneur saint Anthoîne ou pays du Daulphiné, en faveur 
de ce que ledit abbé et ses frères sont natifz du pays de Savoye'. 
Toutes voies, mon très redoubté seigneur, j'ay sceu que au 
pourchaz d'aucuns qui n'y ont point de droit la temporalité de 
ladicte abbaye a esté mise en vostre main par les ofîiciers dudit 
Daulphiné, tellement qu'il n'en peuit joyr. Pour laquelle cause, 
mon très redoubté seigneur, je vous supplie très humblement 
qu'il vous plaise de vostre grâce, considéré ce que dit est, faire 

1. Le dauphin remercia le duc de Milan de l'envoi de ce gerfaut 
le 14 mai suivant (lettre n* GIV). 

2. Cf. lettre du dauphin du 10 mars 1461. 



350 LETTRES DE LOUIS XI. 

lever et osier en ft^eur de moy vostrediete main mise dMcelle 
temporalité en manière que ledit abbé en puisse joyr, comme 
par raison Ikire doit. Mon très redoubté seigneur, je prie au 
benoist filz de Dieu qu*il tous doint très bonne vie et longue. 
Escript à Nyvelle le xi* jour de mars. 

Yostre très humble et très obéissante fille 

Ghablote. 

A mon très redoubté seigneur. 

Au dos : Reoeu de madame la daulphine le xxi« jour de 
mars cccc lx. 



XCV. 



23 mars 1461. 

Réponse de Charles YII à la dauphine touchant Benoit de Mont- 
ferrand. — (Orig. Coll. de M. Etienne Gharayay.) 

De par le Roy. 

Très chiere et très amée flUe, nous avons reoeu les lectres 

que escriptes nous avez par Houaste^ faisans mention que 

voulsissons faire lever la main mise en la temporalité de Tab- 

baye de Saint Anthoine par manière que frère Bernard de Mont- 

ferrant, soy disant abbé de ladicte abbaye, en puisse joir-, 

laquelle matière avons autrefoiz feit debatre en nostre conseil, 

et y ont esté données les provisions teles qu'il sembloit au cas 

appartenir. Et tousjours lui ferons faire et administrer, en 

fkveur de vous, bonne raison et justice. Donné à Bourges le 

xxm^jour demars. 

Charles. 

ROLANT. 

A nostre très ohiere et très amée fille la daulphine de Yiennoys. 

1. Cf. lettre de la dauphine du il mars (Pièces justificatives, 
n-XCIV). 



LOUIS DAUPHm. 351 



XCVI. 

23aYrill46l. 

Lettre du duc de Milan au dauphin pour lui recommander son 
chapelain Alessandro de Gropello, qui se rend à Vienne en Dau- 
phiné pour assister au chapitre général de Tordre des Chartreux, 
et qui est accompagné de son frère Georges, envoyé du prieur 
de la chartreuse de Pavie. — (Arch. de Milan. Registri délie 
lettere missive, t. LII, fol. 35.) 

niustrissimo principi et exeelienUssimo domino Lodovico, 
delfino Yienensi, etc. serenissimi régis Frande primogenito, 
domino et affini colendissimo. 

In ejus absentia aperiantur per conailium et présidentes suos 
in dvitate Gratianopolls. 

niustrissime princeps et exoellentissime domine afflnis noster 
oolendîssime, mittimus ad illas vestras partes Vienenses vene- 
rabîlem dominum Alexandrum de Gropello, capellanum nos- 
trum dilectum, presentium exhibitorem, pro nonnullîs honorem 
nostrum tangentibus exponendis in illo capitulo generali ordi- 
nis GartuslensiSy cumquocapellanonostroerit frater Georgius, 
nuncius venerabilis domini Francisd, prions bujus monasterii 
Gartusiensis Papie, qui, si opus Aient et expediet, pro tutiori 
et celeriori expediente rei favorem et auxiiium ab illustrissima 
dominatione vestra implorabunt. Quare eandem dominationem 
vestram rogamus quatinus nostro intuitu et amore velit ipsis 
domino Alexandro et fratri Georgio assistere fovoribus, direc- 
tionibus et juvaminibus quibuscunque opportunis ; et prout 
duxerint requirendos ipsos susdpientes in omnibus bénigne 
recommissos, quod ad non mediocrem complacentiam nobis 
ascribemus pro ipsa illustrissima dominatione vestra suisque 
in longemajoribus semper paratissimi. Datum Mediolani die 
XXIII aprilis 4464 ^ 

1. Une semblable lettre fut adressée par le duc de Milan à l'ar- 
chevêque d'Embrun. 



352 LETTRES DE LOUIS XI. 



xGvn. 



30jaini461. 

Lettre du duc de Milan au dauphin touchant la mission de Charles 
Astars et du seigneur de Beaurepaire. — (Minute. Arch. de 
Milan. Registri délie lettere missive.) 

Illustrissime ac serenissimo principi et domino aflQnî nostro 
colendissimo domino Lodovico, Dei gratia Delphino Viennensi 
etc. serenissimi ac christianissimi domini domini régis Franco- 
rum primogenito et fùturo régi, etc. 

Scripsimus celsitudini vestre usque die jjj^* proxime prete- 
rita bujus mensis de adventu hue ad nos spectabiliilm et magni- 
flcorum dominorum Jacobi de Astariis et Johannis de Sabbies, 
secretariorum et oratorum excellentie vestre * , et qualiter nobis 
obsignaverant ea publîca documenta et scripturas quas eadem 
jusserat, eaque rettulerant que eis in mandatis dederat. Non 
possemus, clementissime princeps, satis litteris ezplicare 
quam jocundus et gratus fUerit eorum adventus, quamque 
illos alacri et libenti animo viderimus et audiverimus. Inpri- 
mis reverentia serenitatîs vestre tum etiam quod omni modes- 
tia, humanitate et integritate prediti nobis videntur. Itaque eis 
respondimus et late difTuseque anîmum et mentem nostram 
aperuîmus et denique eos expedivimus prout illi sublimitati 
vestre uberius réfèrent, qui ut nobis persuademus exeellentiam 
vestram facient certiorem fldei reverentîe devotionis ac sunune 
observantie erga illam nostre. Non erimus igitur his longîores, 
nisi quod excellentie vestre quo majore possumus studio nos 
commendamus, quamque diù felicem et incolumem esse opta- 
mus. Datum Mediolani die penultîma junii 4464. 

Franciscus Sforgia, vicecomes, dux Mediolani, etc. Papie, 
Angleneque comes ac Crémone dominus. 

1. Gf. lettre du dauphin du 2 juin 1461. 



LOUIS DAUPHIN. 353 

xcvra. 

iSjuiUet 1461. 

Le duc de Milan mande an dauphin qu'il a reçu Bande Meurin, 
son envoyé, et qu'il le lui renvoie avec ses instructions. — (Arch. 
de Milan. Registri délie lettere missive, t. LU, fol. 66.) 

111*^ domino Delphino Vienensi. 

Yenit ad nos ulUmo cum Prospero vir providus Baudizonus ^ , 
vestre Excellentie secretarius, barum lator, qui ex oommissione 
vestre dominationis Romam profectus est, dehinc ad ill^ dP^ 
Yenetorum et Florentie', postea vero ob certam causam coram 
|.iDo dno hic archiepiscopo, apud quem favores nostros sibi pres- 
tiiimus opportunos aliquamdîu moram traxit. Nunc autem ad 
prefatam Excellentiam vestram regreditur, omnium gestorum 
focturus verbo relationem. Ipse enim in omnibus premissis 
adeo prudenter se habuit, ut merito veniat commendandus et 
non mediocriter oommendamûs. Qui etiam vestre ExceUenUe 
nova ex partibus istis occurrentia referet, cul vestre Excellentie, 
si quid per nos gratissime efOci potest, paratissimi sumus con- 
tinuo bono in Domino. Mediolani xiii julii 1461. 

FRANClSGlTSFOaTU. 

xax. 

20 juillet 1461. 

Lettre du duc de Milan accusant réception au dauphin des docu- 
ments ratifiant les traités conclus entre eux. — (Minute. Ârch. 
de Milan. Registri delU lettere missive,) 

Mediolani die xx julii. 

Domino Lodovioo, Delphino '^enensi. Yenerunt ad nos nuper 
viri magniâci atque prestantes domini Garolus de Astariis ^et 
Johannes de Sabbies, illustrissime dominationis vestre oratores» 

1. fiaude Meurin, secrétaire du dauphin. 

2. Gf. pièce du 24 janvier 1461 (Pièces justificatives, n* XGII). 

I 23 



354 LETTHBS DB LOOIS XI. 

attulenmtqoe publias doeomeoUs et acriptnris ecnidiisoiieai 
pariter atqoe ratiGcatioiieiii eoniin onminm que sopenoribus 
diebus egregîus Prosper Camulius, secreCarius noster. Domine 
iiostro com exeellentia vestra transegit, ae insuper exposaemnt 
ea que in mandalî» ab eadem habolsse aflermarunt Qaonun 
profecto adventos nobis jocondos ae gratissimos ftiît, eeteraqae 
ipsa omnia et singala gratissima et proinde preSstcte exoellentie 
vestre gratias agimos peringentes. Que autem restant ad ipso- 
rum oratorum expeditionem, omni diligentia curamns et intra 
paueos dies perfldemus. Itaqne non erimus bis litteris longiores, 
nisi quod subliniitati yestre nos baud panro studio eommen- 
damus. 



C. 



20jiiiUetl46i. 

Le dnc de Milan rend compte an dauphin de la défaite des Fran- 
çais et de René d'Anjou par les Génois et de la déposition du 
doge Pietro Adomo, remplacé par Spineta di Gampo-Fregoso. 
— (Bibliothèque de Gènes. Jac. Bracelli et aliorum clarorum 
yiromm epistolae, orationes et opusculi, p. 397.) 

Licet nobis persuadeamus famam recentis pugne^ inter gen- 
tes serenissimi domini régis Renati et Januenses ad aures 
sublimitatis vestre vario fortasse rumore pervenisse, tamen 
ofDcii et debiti nostri fore arbitramor nostris quoque litteris, 
quicquid in ejusmodi discrimine evenerit extra vestram facere 
oertiorem, eum enim superiorlbus diebus. Rex ipse copias cum 

1. Les Génois s'étant soulevés contre les Français, Jean d'An- 
jou accourut de Naples pour soumettre les révoltés. De son côté 
le roi René amena mille hommes d*armes sur quelques galères 
devant Gènes. Le 17 juillet 1461 la lutte fut engagée, mais les 
Français, pris de panique, s'enfuirent. Quelques-uns d'entre eux 
réussirent à gagner les vaisseaux du roi René, mais la plupart 
furent massacrés par les Grénois ou se noyèrent. René d'Anjou 
ramena à Savone et de là à Marseille les débris de son armée. 
Gette malheureuse expédition marqua la fin de la domination 
française sur Gènes. 



LOUIS DAUPHnr. 355 

dasse Savonam traduxisset alias quoque per Astcnsem agenda 
et loca fedatarioram nostrorum et adherentium nobillium, sili- 
oet Garetorum et Scaramporum, quibus per ea liberom tutis- 
simumque transitum cum predictîs litteris tum etîam nunciis 
patere jusseramus simul cum classe coegisse omnia ccmiponere 
conabatur que sibi possibilia queque neccessaria videbantur 
ferendo presidio bis gentibus que tôt mensibus intra Gastelleti 
arcem obsidebantur. Itaque Yaragini upidum ab urbe Savoua 
decem millibus passuum distans parvo negodo et pactione cepit. 
Hox Vultram ac Sigestrum, alla Janue ylciniora loea^ in potesta- 
tem redegit ; cum que rei primordiis fortuna satis aspirare vide- 
retur, copias omnes in eam planiciem que in Sancti Pétri Arena 
sub ipsis prope urbis Janue membris est, înstructis ordinibus 
eduxerat ac subinde per ardua montis per que eam viam que 
commodior ex Gastelleto vicinior audebatur, omne exercitum 
emisit, ipse tuenda classe et sub ministrandis presidiis utnim^ 
que sors tulisse in classem se receperat. Galli profecto magno 
spiritu ac robore susceptam provinciam exequebantur. At alla 
experte Januensis populus cum Prospero Adurno^ duce aliis- 
que militibus ac peditibus eorum stipendio conductis necnon 
R. d. Paulus, archiepiscopus', cum d. Pandulfo, firatre, ac Spi- 
nola de Gampo-Fregoso cum magna fàctionis sue manu com- 
mune periculum patrie cémentes' quantoque discrimine subjace- 
rent minitantibus precipue universe civitati Gallis ipsis si ea potin 
contigisset depositis seu sepositis potius bis controversiis que 
inter eos de obtinendo potissimum urbis principatu erant, omnia 
sese conaturos et acturos oonjuravit et omnia extrema passuros 
ut dvitatem presenti periculo liberarent. Itaque instructis 
eorum copiis et intra urbem et sub urbis menibus paratis bine 
atque bine eruptione ilacta cobortes regias que jam instructo 
agmine Gastelleto propinquabant magno impetu sunt aggressi 

1. Prospero Adorno venait d'être élu doge de Gènes. 

2. Paolo Fregoso, archevêque de Gênes, frère du doge Pietro, 
qui avait été massacré par les Français en 1459. 

3. Oepuis plus de quarante ans les Adorno et les Fregoso se 
disputaient le pouvoir. Ils s'unirent pour chasser les Français, 
mais leur rivalité recommença après la victoire. 



356 UTITRES DE LOUIS XI. 

ibi ab bora undecima usque quintam deeimam diei dedmi sep- 
Umi instantis mensis acerrime utrinque pugaatum est. Copie 
tandem régie cum diutius impetum substinere nequirent terga 
dant, mox in fùgam verse confùsisque ordinibus nibil magis 
contendere quam in fiiga salutem quererent et ad trirèmes qui 
secus littus maris tune forte tranquilli erant sese reciperent. 
Itaque magna pars eorum cesa ad numerum supra mille quin- 
gentorum multo plures capti aç vulnerati paucissimi admodum 
ineolumes in classe reoepti. Hic finis ftiit ejus pugne et victorie 
que ut est suapte nam insolens, et civitas ipsa Januensis inoons- 
tans et varia, sic alios tulit eventus quam dux ipse Prosper 
esset sibi persuasus. Cum enim inter ipsos ducem Prosperum 
et Fregosos alie suborte essent dissentiones, eo maximo quod 
Prosper ipse Fregosos ab intranda urbe acerbat. lUi omnino 
eam patriam ingredl velle afBrmarent quam suo periculo, suo 
sanguine, libérassent, tandem Fregossi ipsi urbem ingrediun- 
tur magno suorum clamore, magnis amicorum popularium 
suffragiis palatium ducale petierunt, ubi aliquandiu pugnatum 
est. Mox Prosper Adurnus, relicto palatlo, civitatem pariter et 
ducatum deseruit^ , cui illico d. Spineta de Gampo-Fregoso succès- 
sit et dux creatus est. Illustris subinde pactione inita ex ordine 
regio auxi Gastelleti reddita et gentes qui ibi presidio erant salve 
ad trirèmes inisse. Rex ipse Renatus cum classe et exercitus 
fragmentis versus Savonam navigavit. Hec sunt, illustrissime 
princeps, que nuper in bis Januensibus parUbus secuta sunt ; 
que quanto brevius et verius potuimus sublimitati vestre volui- 
mus esse nota. Debemus si quidem morte ac strage tôt clarorum 
virorum et quicquid extra vestre molestum est, id quoque nos 
egro animo fecimus quamdiu felicem et incolumem esse opta- 
mus, cuique nos aocuratissime conunendamus. Datis Mediolani 
diexx julii N64. 

1. Prospero Adomo se réfugia à.Naples, où il mourut en i486. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES. 



BEGEY (GuiLLAimE). 

Procureur du roi en la sénéchaussée du Lyonnais^ conseiller 
et maître des requêtes du dauphin, reçoit^ le n juin U46, des 
conseillers de Lyon, 30 livres tournois sur ce que la ville lui 
peut devoir « tant pour occasion de l'obtention des foires que 
autrement ^ » — Est envoyé, le 4 4 mai i 447, auprès du roi 
par les conseillers de Lyon pour les affaires de la ville; on lui 
alloue 30 sous tournois par jour pendant la durée de son voyage . 
et on lui donne 20 livres tournois d'avance'. — Reçoit, le 
2 août 4447, 25 livres tournois restant de ce qui lui était dû 
pour les 30 jours qu'il a passés à Bourges auprès du roi '. — 
Est contraint, le 8 août 4 447^ par les conseillers de Lyon de 
payer ses tailles^. — Est nommé, le 40 décembre 4447, con- 
seiller de la ville de Lyon *. — Est envoyé au roi, le 4 6 juin 4 448^ 
par les Lyonnais pour exposer leurs doléances à l'occasion des 
charges supportées par la dite ville*. — Est dépêché au roi, le 
22 décembre 4448, par les Lyonnais ^. — Procède, en mars et en 
avril 4449) à Saint-Ëlienne en Dauphiné, à l'interrogatoire de 
Guillaume Mariette, accusé de trahison envers le Roi*. — Transige 
avec les Lyonnais, le 3 novembre 4449, relativement à des 

1. Arch. mun. de Lyon, BB5, foi. 4. 

2. Id., BB5, fol. 26. 

3. Id., BBS, fol 30. 

4. Id., BBS, foi. 31. 

5. Id., BBS, fol. 43. 

6. Id., AA 149 et GG 290. 

7. Id., BBS, fol. 74. 

8. EsGOuchy, éd. Beaucourt, m, 26S et suiv. 



358 NOTICES BIOGRAPHIQUES. 

sommes réclamées par lui pour les foires et pour ses frais du 
voyage de 4447 ^ — Est nommé, le 2 décembre 4449, maître 
des métiers pour les terriers ^. — Arrive, le 44 décembre 4449, 
au terme de ses fonctions consulaires '. — Est désigné, par le 
dauphin, le 9 juin 4450, comme devant être exempté des 
tailles par les conseillers de Lyon^. — Est, en septembre 4450, 
un des commissaires du dauphin chargés de régler avec les 
envoyés de l'archevêque de Vienne le dédommagement à accor- 
der à ce dernier pour la cession fkite par lui d'une partie de sa 
juridiction au dauphin *. — Réclame de nouveau, le 4 jan- 
vier 4453, l'exemption des tailles*. — Transige avec les Lyon- 

1. Arch. mun. de Lyon, BBS, fol. 97. 
, 2. Id., BBS, fol. 99 v. 

3. Id., BBS, fol. iOi V. 

4. Gf. plus haut la lettre du dauphin n* XXX. — Dans la 
séance du 21 juin 14S0 les conseillers de Lyon délibérèrent en ces 
termes sur la demande du dauphin : 

a Après ce qu'ilz ont veu et oy lire certaines lectres de retenue 
de maistre Guillaume Becey, en conseiller et maistre des requestes 
de monseigneur le Daulphin. Item aussi certaines lectres mis« 
soyres de mondit seigneur le Daulphin, par lesquelles il maode 
esdits conseillers qu'ils tiennent quicte et exempt ledit Becey de 
toutes tailles. Item ilz ont conclu et esté de commune oppinion 
que, veu et considéré que le Roy nostre sire par ses lectres des- 
dictes tailles exempte d'icelles tailles les serviteurs et familiers 
domestiques et servans en ordonnance de mondit seigneur le 
Daulphin, que en justiffians et enformans souf&sament par ledit 
Becey servir et avoir esté et estre mis en ordonnance, item que 
on le laysse joyr de teulx et semblables privilèges que joyssent 
les autres serviteurs et familiers domestiques de mondit seigneur 
le Daulphin, sans le contraindre à paier lesdictes tailles pour le 
temps advenir et tant qu'il demourra et sera oudit service. » (Arch. 
mun. de Lyon, BBS, fol. 112.) 

5. Histoire de Vienne, par Mermet aine, p. 211. 

6. Les registres municipaux de Lyon (BBS, fol. 193) contiennent 
à ce sujet la délibération suivante : 

a Le mardi xxj*^^ jour de février l'an mil mic lu, en Tostel du 
change Rolin Guerin. 
« Honnorables personnes Benoit Cheval, Jehan Baronnat, Jaque- 



NOTICES BIOGRAPHIQUES. 359 

Bais» le 20 lévrier 4458, moyennant la somme de 48 llyres 
tournois ^ — Est désigné par des lettres de Charles Vn datées 



met Tomeon, Paquet Lescharron, Jehan de Villars, Grilet de 
Chaveyrie, Gregoyre Payan, Catherin Bnatier et Loys Lauczot, 
citoyens et consulz de la ville de Lion, pour et au nom de ladicte 
ville, d'une part, et vénérable personne maistre Guillaume Becey, 
licencié en loiz, d'autre part, lesdictes parties de et sur certains 
arrérages de taillies deuz par ledit maistre Guillaume et à lui 
demandez par lesdits conseilliers ou Rolin Guerin, leur receveur, 
depuys certain autre accord fait par ledit maistre Guillaume avec 
ladicte ville le troysiesme jour du moys de novembre Tan mil 
nu^ xux, et tant du temps que ledit maistre Guillaume pretendoit 
avoir esté retenuz en maistre de requestes de monseigneur le 
Daulphin et avoir servy en ordonnance audit office, comme par 
avant ladicte retenue et aussi depuys qu'il s'estoit departyz d'avec 
mondit seigneur le Daulphin et estoit retournez demeurer en 
ladicte ville jusques à présent, ont appoincté et accordé en la forme 
qui s'ensuyt : c'est assavoir que ledit maistre Guillaume rendra et 
paiera audit Rolin, receveur, à sa requeste, pour tout ce qu'il 
pourroit devoir d'arrérages desdictes taillies mises sus et impou* 
séez en ladicte ville tant depuis ledit premier accord jusques à 
sadicte retenue en maistre de requestes de mondit seigneur le 
Daulphin comme depuis sondit département dudit service et 
retonrt en cestedicte ville jusques à présent, comprins le premier 
quarteron de la taiUie mise sus en janvier derrenier passé, la 
somme de dix huict livres tournois. Item que moyennant ladicte 
somme de zvm livres tournois et icelle à ladicte ville saulve, pour 
honneur aussi et révérence de mondit seigneur le Daulphin, ledit 
maistre Guillaume sera et demourra quicte envers ladicte ville, et 
Font quicté lesdits conseillers audit nom desdits arrérages desdictes 
taillies à lui demandez et par lui deuz depuis ledit premier accord 
et tant du temps de sadicte retenue comme devant et après jusques 
à présent ledit premier quarteron de ladicte taillie mise sus audit 
moys de janvier derrenier passé, comprins et les autres excluz. 
Item avec clauses opportunes et a protesté ledit maistre Guillaume 
que ce présent accord ne lui puisse prejudicier à son privilège 
qu'il dit avoir à occasion de sadicte retenue au temps advenir et 
au cas qu'il toumeroit demeurer audit service. » 

1. A la date du 4 janvier 1453 on lit dans les registres munici- 
paux de Lyon (BBS, fol. 187 y) : 



360 NOTICES BIOGRAPHIQUES. 

de Mebun-sur-Yèvre, le 44 décembre 4454, oomme devant Stre 
exempté des tailles, en considération de ses services *. — Est 
exempté des tailles le 45 juin 4455'. — Discute à Yill^ 
franche, le 48 mai 4457, en qualité de procureur du roi à 
Lyon, avec le procureur du duc de Bourgogne '. — Reçoit, les 
44 et 49 mars 4457, les dépositions des conseillers de Lyon 
relativement à la rupture d*une des portes de cette ville *. — 
Devient procureur du roi au bailliage de Mftcon et est, comme 
tel, exempté des tailles par les conseillers de Lyon; il était 
taxé à 25 livres tournois '. 



BERNES (Gabriel ob). 

Écuyer, reçoit, le 44 juin 4423, 400 livres tournois sur l'aide 
accordé au roi par l'assemblée des gens des trois états fidte à 



a Maistre Guillaume Becey, licencié en loys, leur a dit et 
expouBé que non obstant Ba retenue en maistre des requestcB de 
Monseigneur le Daulphin, laquelle retenue et aussi les lectres 
myssoires sur ce de mondict seigneur le Daulphin autreffois il leur 
avoit exhibées et baillées, et qu'il ait servy en ordonnance audit 
office au moins par l'espace de deux ans, sauf le plus, et pour ce 
doyt estre franc et quicte de taillie, et néanmoins Raolin Guerin, 
receveur desdictes taillies, si le contraint à paier et dudit temps 
de sondit service; requérant pour ce estre et le tenir franc et 
quicte desdictes taillies, au moins dudit temps qu'il a demouré 
audit service de mondit seigneur le Daulphin, offrant de faire son 
devoir de ce qui seroit escheu et auroit esté mis sus depuis la 
Saint Jehan en ça qu'il est retornez demeurer en ceste ville. Item 
auquel ont respondu qu'ilz délibéreront et auront advis sur ce et 
que dedans mardi prouchain venant luy feront response , et ont 
commandé audit Rolin, présent, qu'il le tienne en surceyance 
jusques audit jour. » 

1. Arch. mun. de Lyon, GG 292, n* 15. 

2. Id., BBS, fol. 253 et 266. 

3. Bibl. nat., mss. Legrand, Fr. 6967, fol. ilO. 

4. Arch. mun. de Lyon, BB5, fol. 59 v* et 60, BBS, fol. 42 v. 

5. Id., GG85, fol. 61. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES. 361 

Bourges^ — Figure dans un acte du 44 avril 4425 comme 
mari de Jeanne de Targe, veu? e de Guillaume de Noveray ^. — 
Maître d^hôtel du dauphin, qu'il accompagne en Dauphiné, 
reçoit, par lettres de Charles VII du 4 février 4437 (n. s.), 
400 livres tournois pour ses dépenses en la compagnie et au 
service dudit dauphin'. — Est commis avec le sire de Gau- 
court et M* Guillaume le Tur pour percevoir l'aide accordé au 
roi par les états du Dauphiné et reçoit, par lettres royales du 
27 février 4438 (n. s.), 450 livres tournois^. — Est chargé par 
le dauphin, le 24 juin 4438, de recevoir les 4 ,000 florins accor- 
dés à celui-ci par les états du Dauphiné^. — Est nommé bailli 
des baronnies par lettres royales du 27 novembre 4438*. — 
Reçoit, le 46 décembre 4438, la somme de 450 livres pour son 
voyage en Dauphiné ^. — Reçoit, le 22 décembre 4 438, 323 livres 
pour la même cause ^. — Reçoit, le 8 janvier 4440 (n. s.), un 
don de 200 florins à lui &it par les gens des trois états du 
Dauphiné*. — Est envoyé, le 25 janvier 4440, par le dauphin 
vers le duc de Bretagne^*. — Est chargé par le dauphin, le 
3 août 4440, de prendre possession du Dauphiné avec le sire 
de Gamaches^^ — Est nommé, le 9 août 4444, lieutenant du 
Dauphiné *^. — Reçoit, le 8 juin 4442, 200 florins à lui accordés 
par le dauphin^'. — Est nommé lieutenant du Dauphiné en 

1. Bibl. nat., Clairambaalt, 13, p. 859. 

2. Bibl. nat., Pièces orig., t. 2125 (Norroy). 

3. Bibl. nat.. Pièces orig., t. 305 (Bernes). 

4. Bibl. nat., id., id. 

5. Cf. lettre du dauphin n? I. 

6. Bibl. nat., mss. Legrand, Fr. 6965, n* 26. 

7. Bibl. nat., Lat. 10961, Fontanieu, Gartulaire du Dauphiné, 

t. vm. 

8. Bibl. nat., Glairambault, 13, p. 861. 

9. Bibl. nat.. Pièces orig., t. 1891 (Maubec). 

10. Bibl. nat.. Pièces orig., t. 305. — Bernes reçut, le 4 août 1441, 
30 livres pour ce voyage. (Cf. Pièces justif., n* XIX, p. 182.) 

11. Lettre du dauphin n* IV. — Les lettres de commission sont 
du 2 août. (Arch. de Plsère, Memoralia, t. VIII, fol. 55, B 3232 
et B 3179.) 

12. Bibl. nat., Fontanieu, Gartulaire du Dauphiné, t. VUI. 

13. Pièces justificatives, n* XXIII, p. 186. 



362 NOnCBS BI06RAPHIQIIB8. 

4443 ^ — Est dépéché, le 6 septembre 4444, par le dauphin 
pour négocier avec les Bàlois, notifie, le 20 du même mois, la 
suspension d'armes accordée par le dauphin aux communes 
confiMérées de Bàle, Berne et Soleure, et arrête les articles du 
traité d'Ensisheim signé par le dauphin le 28 octobre^. — 
Reçoit, le 45 mai 4445, 825 livres que le dauphin lui a don- 
nées'. — Est destitué par le dauphin, le 24 juin 4445, de sa 
charge de lieutenant du Dauphiné et remplacé par Aymar de 
Glermont ^. — Est commis, le 5 avril 4446, à recevoir la somme 
de 54,000 écus d'or que le duc de Savoie devait au dauphin 
pour réchange des comtés de Yalentinois et de Diois contre 
rhommage de la baronnie de Faucigny. Il mena toute cette 
affaire^ — Échange, le 48 décembre 4447, le château de Serres 
contre la châtellenie de Grane en Yalentinois *. — Acquiert le 
château et le village de Beauvoir, que le dauphin , par ses 
lettres du 2 juillet 4450^ exempte d'impôts pendant soixante 
ans ^. — Reçoit du dauphin, le 29 juin 4452, la seigneurie de 
Pierrelatte ^. — Est envoyé par le dauphin au roi le 4 2 octobre 
4452 pour lui faire des remontrances sur les articles proposés 
par les seigneurs de Torcy et de Montsoreau *. — Est dépéché, 
le 24 juillet 4456, par le dauphin à Charles YII ^^ — Reçoit de 

1. Bibl. nat., mss. Legrand, Fr. 6965, fol. 200. 

2. Cf. les Éœrcheurs sous Charles VII, par Tuetey, 1. 1, p. 242- 
250. 

3. Par lettres patentes données à Nancy le 14 mars 1445. (Bibl. 
nat., Fontanieu, Gartulaire du Dauphiné, t. YUI.) 

4. Bibl. nat., Lat. 10962, Fontanieu, Gartulaire du Dauphiné, 
t. IX. 

5. Arch. de Turin. (Cf. Pièces justificatives, n* XXXIX.) 

6. Arch. de l'Isère, B 3225, fol. 264. 

7. Arch. de l'Isère, B 2720, fol. 240. 

8. Arch. de l'Isère, B 3048. — Louis XI donna, le 21 juin 1462, 
cette seigneurie à son ancien secrétaire Charles Astars, alors 
bailli du Yivarais. (Cf. Revue des sociétés savantes, 1. 1, année 1875, 
p. 529.) 

9. Lettre du dauphin n* XXXIX. — Cf. aussi Mathieu d*Es- 
coucby, 1. 1, p. 425 et 436. 

10. Lettre du dauphin n* LVL — Cf. Ëscoucby, t. U, p. 338. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES. 363 

Gbarles Vn, le 6 mai 4457, la capitainerie et la garde de Ghaa- 
teauneuf de Hazeoc^ — Meurt en '1458, après avoir vu ses 
biens confisqués par le dauphin, comme criminel de lèze- 
majesté. Le dauphin fit une transaction avec Barthélémy Mar- 
quis, héritier de Gabriel de Bernes'. 

BOTUT (JiiN). 

Secrétaire delphinal et notaire royal, vaque, en mars et avril 
4 449, au procès de Guillaume Mariette et reçoit 4 20 écus d'or pour 
ses services en cette occasion^. — Est rayé du registre des tailles 
de Lyon, le 2f juin 4449, à cause de ses fonctions^. — Reçoit 
Tordre du dauphin, le 22 nov. 4450, de ne pas inscrire Jean Du 
Perler, barbier de celui-ci^ sur le rôle des hommes de Févêque 
de Valence *. — Est chargé par le dauphin, le 5 décembre 4450, 
de la révision des feux du mandement de Saint-Yallier *. — 
Est commis par le dauphin, le 40 mai 4454, pour asseoir 
5,000 écus dV de revenu sur le domaine du Dauphiné pour la 
moitié du douaire promis par son traité de mariage avec Char- 
lotte de Savoie ^. — Est chargé par le dauphin, le 27 janvier 
4452, de prendre possession de la seigneurie de Beauvoir de 
Mure, dégagée des mains du seigneur de La Palu '. — Est chargé, 
en 4454, d'une mission auprès du duc de Savoie*. » Paye 
25 livres tournois, le 45 mars 4457, en raison des biens qu'il 
possède à Lyon *^. — Greffier du conseil du dauphin à Grenoble, 
obtient, le 42 février 4460, la remise des tailles qu'il devait à la 
ville de Lyon ^*. 

1. Bibl. nat., mss. Legrand, Fr. 6963, n* 26. 

2. Pièces justificatives, n* LXXV, p. 278. 

3. Bibl. nat., mss. Legrand, t. YII, et Esoouchy, 1. 1, p. 138. 

4. Arch. de Lyon, BB5, fol. 87. 

5. Lettre du dauphin n* XXXIV. 

6. Arch. de Tlsère, B 2744, fol. 215 v. 

7. Arch. de risère, B 2904, fol. 54. 

8. Arch. de Tlsère, B 3048, fol. 273. 

9. Bibl. nat., Fontanieu, Gartuiaire du Dauphiné, t. IX. 

10. Arch. de Lyon, BBS, fol. 42. 

11. Arch. de Lyon, BBS, fol. 131. 



364 NOTICES MOORAraïQUBS. 

GOURGILLON (Guillaume de). 

Ghevalier, seigneur de Monlléant et de Tillay, reçoit, le 
43 juillet 4444, sur l'aide de 240,000 florins mis sur le Lan- 
guedocy cent livres tournois « pour moy aider à deffi^ayer de 
partie de la despense que ftdre m'avoit convenu à estre venu de 
par le Roy nostredit seigneur en la compaignie de Monseigneur 
de Gulant oudit pays d'Auvergne pour foire vuider les gens 
d'armes qui y estoient et les faire tirer en Rouergue après 
Monseigneur le daulphin^ » — Reçoit, le 7 septembre 4444, 
quittance de certaines sommes qu'il devait '. — Ghambellan et 
conseiller du dauphin, touche en cette qualité, en 4447, une 
pension de 4,200 livres '. — Reçoit, le 20 août 4448, du pape 
Eugène IV la concession d'un autel portatif^. — Bailli du 
bas pays du Dauphiné, procède, en mars et avril 4449, à 
l'interrogatoire de Guillaume Mariette '. — Reçoit, le 4 8 no- 
vembre 4454, 898 livres 42 sous tournois pour une année 
de sa pension*. — Reçoit, le 24 mai 4452, l'ofBce de capi- 
taine et châtelain de Saint-Symphorien d'Ozon^. — Reçoit, 
le 42 juin 4452, 56 livres 5 sous tournois sur sa pension ^. — 
Reçoit du dauphin, le 3 juillet 4452, la châtellenie du Péage de 
RoussiUon *. — Est dépêché, le 4 2 octobre 4 452, par le dauphin 
à Gharles Vn «<>. — Est chargé par le dauphin, le 24 février 4455, 
de réformer les abus qui s'étaient glissés dans l'administration 
de la justice en Dauphiné". — Est envoyé, le 47 avril et le 

1. Bibl. nat., Glairambault, 155, p. 4073. 

2. Bibl. nat., ViUevieille, 32, fol. 21. 

3. Pièces justificatives, n* XLIV, p. 217. 

4. Arch. du Vatican, reg. 387, fol. 158. 

5. Escouchy, t. III, p. 339. 

6. Bibl. nat.. Pièces orig., 884 (dossier Gourcillon). ~ On y 
trouvé aussi des quittances des 17 juin et 31 juillet 1452. 

7. Bibl. nat., ViUevieille, 32, fol. 21 V. 

8. Bibl. nat., Glairambault, 155, p. 4075. 

9. Arch. de l'Isère, B 3225, fol. 425. 

10. Lettre du dauphin n* XXXIX. 

11. Bibl. nat., ViUevieiUe, 32, fol. 21 v«. 



NOnCES BIOORÂPHIQUBS. 365 

28 mai 4456, par le dauphin à Charles YII<, puis de nouveau 
au mois de juillet^. — Conseiller d'état le 43 juillet 4465 >. — 
Capitaine et bailli de Chartres par lettres royales du 4 décembre 
4468 *. — Donne une quittance le 44 fénier 4479'. — Il avait 
épousé Thomine de TEspine et en avait eu une fille nommée 
Jeanne, mariée en 4444 à Louis Chabot, et morte le 26 août 
4472*. 

ESTISSAC (Amaurt d'). 

Est témoin, le 8 avril 4 428, à Loches, dans un acte passé par 
Pierre d'Amboise ^. — Assiste, cette même année, au siège 
d'Orléans ^. — Sénéchal de Poitou en avril 4 430 *. — Est substitué, 
le 4 décembre 4434, comme plus proche parent, aux enfants de 
Bertrand de Guerre par le testament de Raymond de Guerre ^^. 
— Lieutenant de Charles d'Anjou, lieutenant général du roi au 
haut pays du Limousin, est nommé, le 47 août 4435, commis- 
saire du roi auprès des États de cette province^ et reçoit, le 
26 octobre de la même année, 200 livres tournois pour plusieurs 
voyages faits en Poitou et en Saintonge^^ — Est nommé 



1. Lettres du dauphin n«* LUI et LV. 

2. Bibl. nat., Fr. 28H, fol. 24-27. 

3. Bibl. nat., Villevieille, 32, fol. 21 v. 

4. Bibl. nat., Villevieille, 32, fol. 21 v-. 

5. Bibl. nat., Pièces orig., 884. — Cf. pour d'autres pièces de 
Guillaume de Gourcillon : Bibl. nat., Glairambault, 125, p. 783, 
155, p. 4075, Lat. 5185», fol. 139, et Fr. 6539, fol. 81.— On trouve 
une lettre de ce personnage au dauphin à la Bibl. nat., Fr. 6967, 
fol. 256. 

6. Cf. le P. Anselme, t. IV, p. 563. 

7. Bibl. nat., VillevieiUe, 37, p. 118 V. 

8. Bibl. nat., Fr. 2342, fol. 38. 

9. Bibl. nat., Villevieille, 37, p. 118 v« (acte du 6 avril 1430), 
et Glairambault, 205, p. 8787 (acte de novembre 1430). 

10. Bibl. nat., Villevieille, ut suprà. 

11. Bibl. nat., Fr. 23902; publ. par M. Antoine Thomas dans les 
Etats provinciaux de la France centrale sous Charles Vif, t. Il, 



366 NCmCIS BIOGRAPmQUBg. 

premier chambellan et conseiller du dauphin par lettrée 
royales du 28 août 4436 ^ — Reçoit, par lettres royales 
du 4 février '1437, 420 livres tournois pour son service auprès 
du dauphin*. — Reçoit, le 4*' mai 4437, 400 livres tournois *. 
— Vend, le 28 juillet 4439, un cheval au dauphin moyen- 
nant 420 écus d'or^. — Est ravoyé, le 29 janvier 4440, par 
le dauphin à Fontenay-le-Gomte auprès de Charles YII et 
reçoit 50 livres tournois pour cette mission'. — Sénéchal de 
Saintonge, le 24 septembre 4442*. — Reçoit du dauphin 
500 florins sur l'aide du Dauphiné, le 24 juillet 4444^. — 
Fait partie de l'ambassade envoyée par le dauphin en sep- 
tembre 4444 au roi des Romains^. — Reçoit, le 20 juillet 4445, 
500 florins à lui accordés par le dauphin sur Taide du Dau- 
phiné*. — Achète, le 47 août 4447, à Charles de Saint- 
Yallier la baronnie de Clérieu moyennant 6,000 écus *^. — 
Touche une pension annuelle de 4,200 livres en 4447 ^^ — 
Reçoit, le 3 mai 4454, de Nicolas Erlant 540 livres tournois 
pour sa pension annuelle ^^. — Reçoit, le 4 juillet 4454, du 
receveur ordinaire de Saintonge 200 livres tournois pour un 
trimestre de ses gages de sénéchal ^'. — Accorde, le 4 3 août 
4452, la flsu^ulté de rachat pendant quatre ans à Louis Chabot 

p. 62. — Cf. dans cet ouvrage la notice sur Amaury d'Ëstissac, 
1. 1, p. 320. 

1. Bibl. nat., mss. Legrand, t. YI, p. 23. 

2. Bibl. nat., Cabinet des titres, dossier Yerjus (pièce du 
8 février 1437), et Pièces justificatives, n* II, p. 164. 

3. Pièces justificatives, n* Y, p. 166. 

4. Pièces justificatives, n** XII, p. 174. 

5. Pièces justificatives, n* XVII, p. 180. 

6. Bibl. nat., Fr. 21405, fol. 104. 

7. Bibl. nat., Fr. 20580, n- 55. 

8. Escouchy, t. I, p. 34, note. 

9. Bibl. nat.. Pièces orig., 1080. 

10. Essai historique sur la baronnie de Clérieu, par A. de Gallier, 
p. 103. 

11. Pièces justificatives, n* XLIV, p. 217. 

12. Bibl. nat., Giairambault, 45, n» 3361. 

13. Bibl. nat., Fr. 26080, n« 6369. 



NOnCBS BI06RAPHIQU1SS. 367 

pour une rente de 4 50 écus d'or au principal de 4 ,500 écos 
que le dit Louis avait assignée sur tous ses biens K — 
Donne une quittance, le 34 août 4453, et s'intitule seigneur 
d^Esti$$ae et de la Gort en Aunis '. — Meurt en 4457. Il avait 
épousé, en 4444, Ifarguerite de Harcourt*. 

LATDIER (Autoirb). 

Orfèvre et valet de chambre du dauphin, était imposé par les 
consuls de Lyon à 4 8 sous 9 deniers * et présenta, le vendredi 
40 novembre 4452, aux dits consuls une première lettre du 
dauphin réclamant l'exemption des tailles pour son orfèvre. 
Ceux-ci consignèrent le fait sur les registres municipaux et ren- 
voyèrent leur délibération au dimanche suivant '. Le 42 no- 
vembre la réunion des conseillers et des notables ne s'étant pas 
jugée assez nombreuse pour prendre une dérîsion sur la 
demande du dauphin, celui-ci écrivit, le 22 novembre * et à la 
fin de décembre, de nouvelles lettres. Dans la séance du 4 jan- 

i. Bibl. nat., Viilevieille, 37, p. 118 v. 

2. Bibl. nat., Pièces orig., 1080. 

3. Bibl. nat., Pièces orig., 1080 (généalogie manuscrite). 

4. Arch. de Lyon, CG 70, fol. 168 et 284 v*. 

5. Arch. de Lyon, BB5, fol. 183 : c Anthoine Leydier, oriévre, 
leur a présenté unes lectres missoyres à ealx envoyées par mon- 
seigneur le daalphin faisans mencion qu'il avoit retenu en son 
varlet de chambre et premier orfèvre ledit Anthoine et leur priant 
que ledit Anthoine teinssent franc et quicte des taillies et autres 
subsides; et item leur a plus présenté ses lectres de retenue avec 
autres lectres de certification de la dicte retenue. Et comme ledit 
Anthoine sert mondit seigneur le daulphin en ordonnance, requé- 
rant ledit Anthoine es-dits conseillers qu'ilz le tiennent quicte 
desdictes taillies et subsides. Item après la recepcion et vision des- 
quelles lettres lesdits conseillers ont respondu audit Anthoine que 
dimenche prouchain ilz seront ensemble en plus grant nombre et 
délibéreront sur le contenu esdictes lectres et lors pour honneur et 
reverance de mondit seigneur le daulphin lui feront response 
telle qu'il devra estre content. » 

6. Lettre n* XLI, p. 59. 



368 IfOnCES BIOGRAPHIQUES. 

vier 4453 les conseillers lyonnais ajournèrent encore leur 
réponse jusqu'à ce qu'ils aient conféré avec M* Guillaume 
Becey *. L'affaire n'ayant pas eu de solution, le dauphin, sur la 
demande de son orfèvre, renouvela sa réclamation le 20 mars 
4455 '. Le 27 du même mois les conseillers reçurent la lettre 
du dauphin ' et renvoyèrent leur délibération au ^^^ avril, jour 
où ils arrêtèrent de répondre au dauphin et de conférer avec les 
gens et ofiOciers du roi ^. D est probable qu'Antoine Laydier 
fut enfin rayé du registre des tailles, car on ne trouve plus 
trace de cette afEûre dans les registres municipaux de Lyon. 

L0R6ERIL (SmoN de). 

Chevalier au siège de Montereau, en 4437, chancelier du duc 
de Bretagne, maître d'hôtel du dauphin ', gouverneur des chft* 

1. Arch. de Lyon, BBS, fol. 188. 

2. Lettre n* LI, p. 70. 

3. Arch. de Lyon, BB5, fol. 256 v* : c Item Anthoine Leydier, 
dorier, leur a présenté unes lectres missoyres et closes de Monsei- 
gneur le Daulphin par lesquelles leur estimoit qu41z youlsissent 
tenir franc et quicte ledit Leydier, son orfèvre et varlet de chambre, 
de taille, et le rayer des papiers de Tassiete d'icelle, comme autref- 
fois leur avoit escript et sur ce lui faire response. Item après la 
réception, ouverture et lecture desquelles avec tout honeur et 
révérence, ilz ont arresté d'estre et soy assembler demain en 
plus grant nombre pour y délibérer et faire response telle qu'il 
sera advisé. i 

4. Arch. de Lyon, BB5, fol. 257 v* : c Item pour plus ample- 
ment conclurre et délibérer sur les lectres missoyres lesquelles 
monseigneur le Daulphin leur a derrenierement escriptes en faveur 
de Ajithoine le dorier et dont les aucuns d'eulx, mesmement ledit 
Brunier, estoit d'oppinion que Ton en devoit faire response de 
bouche ou par escrit à mondit seigneur le Daulphin, veu qu'il la 
demande par sesdictes lectres, ilz ont conclu que demain ilz en 
parleront aux gens et officiers du Roy estans en ceste ville et 
leur monstreront lesdictes lectres, et puis en conclurront ainsi 
qu'il en sera advisé. » 

5. Bibl. nat., Pièces orig., 1747, et Fr. 20492, fol. 101. 



NOnCES BIOGRAPHIQUES. 369 

teaux de Bellecombe et de la Boissière en Dauphiné le 9 octobre 
4454 *j envoyé par le dauphin auprès des princes d'Allemagne 
en 4464 ^ 

LYON (Gaston du). 

Chambellan du dauphin, est envoyé par celul*ci, au mois 
d'avril 4456, auprès des Bernois, et peu après à Rome '. — Est 
envoyé, le 45 mai 4460, au duc de Milan *. — Reçoit du dau- 
phin, le 3 juin 4460, pleins pouvoirs pour traiter avec le duc 
de Milan ^. — Écrit, le 7 juin 4460, au duc de Milan*. — 

1. Arch. de Tlsère, B 3225, fol. 450. 

2. On trouve dans le fonds Bourré (Bibl. nat., Fr. 20487, 
fol. 72) le texte des lettres patentes du dauphin relatant ce fait. 
En voici le texte : 

c LudovicuSy etc. Universis presentium seriem fieri volumus 
magnifestam quod occurentibus certis ardais negociis nostris 
mictimus ad certes dominos et principes Alamanie spectabilem 
militem et consiUarium nostrum predilectum dominum Symonem 
de Lorgery. Quamobrem omnes principes et terrarum et locorum 
dominos necnon omnes et singulas dominaciones et communitates 
per quorum loca et dominia transitum et redditum facere habebit 
certifficamus ipsum dominum de Lorgery nostro nomine et pro 
rébus nostris accedere, rogantes omnes et singulos suprascriptos 
ut predictum dominum de Lorgeri velint graciose et begnine (sic) 
tractare, eidem providendo, si opus fuerit de guidis, seortis socie- 
tate et salvis conductibus, si opus fuerit, ejus sumptibus moderatis, 
ita quod libère possit ire et ad nos tute redire in quo nobis summe 
complacebunt, offerentes nos in similibus et multùm majoribus 
eisdem complacere quociens fuerimus requisiti. i 

3. Bibl. nat., mss. Legrand, Fr. 6960, fol. 189 et 190. 

4. Arch. de Milan. (Pièces justificatives, n* LXXX, p. 322.) 

5. Lettre du dauphin n° XGI. 

6. Archives de Milan, dominio Sforzesco, carteggio dei principi. 
— Voici le texte de cette lettre : 

ff Très hault, très puissant et excellant prince et mon très 
redoubté seigneur, je me recommande à vostre très bonne grâce 
le plus humblement que faire je puis. Très hault, très puissant et 
excellant prince et mon très redoubté seigneur, playse vous sça- 

i 24 



370 NOnCBS BI06RAPmQl]E8. 

Reçoit, le 25 juin 4460, cent écus par mois pour le Toyage fUt 
en Italie par ordre du dauphin * . — Assiste, le 6 décembre 4 460, 
à la ratification faite par le duc de Milan de son traité avec le 
dauphin'. — Sénéchal de Saintonge le 42 août 4464, puis de 
Guyenne le 27 avril 4 468, et de Toulouse, le 4 3 novembre 4 469 '. 

MAJORIS (Jean). 

Né en 4398^; est appelé par certains biographes Jean le 
Uaire, msds signait /. Maioris^. — Maître ès-arts et licen- 
cié ès-lois, conseiller et confesseur du dauphin, ami de Gerson, 
qui lui adresse, en 4422^ peu de temps avant sa mort, des 

voir que j*ay receha le chival qui vous a pieu moy envoyer pour 
les joustes, lequel m'a très grandement et bien servy, et aussy 
ceuix qui l'ont amené, dont je vous marcye tant et si très hum- 
blement comme je puis, non obstant qui ne moy serait pas 
possible de savoir ny pouvoir assés vous remarcier les grans biens 
et honneurs qui de vostre grâce vous a pieu moy feire. Touteffoys, 
mon très redoubté seigneur, vous pouvés bien estre seur que en 
tout ce qui vous plaira moy commander ou ordonner je obeyray 
de très bon cuer, comme vostre très humble serviteur, en priant 
à nostre Seigneur, très hault, très puissant et excellant prince et 
mon très redoubté seigneur, que par sa sainte grâce vous doint 
très bonne vie et longue et acomplissement de tous vous nobles et 
haulx désirs. Escript à Montcallier le vii« jour de juing. 

c Vostre très humble serviteur, 

c Gaston du Lyon. » 

ff A très hault, très puissent et excellent prince et mon très 
redoubté seigneur monseigneur le duc de Millau, etc. » 

1. Pièces justiûcatives, n- LXXIX, p. 304. 

2. Pièces justificatives, n* LXXXVI, p. 331. 

3. Bibl. nat., Pièces orig., 1782. — La dernière pièce contenue 
dans le dossier de Gaston du Lyon est du 22 février i490. — On 
trouve une lettre autographe signée de ce personnage à Louis XI 
à la Bibliothèque nationale, Fr. 2811, n* 149. 

4. Dans un acte de 1448, il est dit âgé de 50 ans (Bibl. nat., 
Pr. 15537, fol. 40 V). 

5. Cf. quittance faisant partie de ma collection. 



NOTICES BIOORÂPmQUES. 371 

instructions sur Téducation du dauphin ^ — Soutient un 
procès, le 22 août 4430, contre Guion Bernard par devant 
le Parlement de Poitiers relativement à une prébende de Téglise 
de Notre-Dame de Loches ^. — Chanoine de Féglise de Reims, 
en 4434, n'est pas privé des revenus de son bénéfice, malgré 
sa non-résidence^. — Reçoit de Charles VII, le 40 mars 
4435, un don de 400 livres *. — Reçoit 50 livres tournois, le 
4 février 4437, pour avoir accompagné le dauphin en Dau- 
phiné*. ^ Achète, le 45 février 4437, une chapelle portative 
pour le dauphin *. — A sa pension annuelle de 200 livres tour- 
nois augmentée de 400 livres par Charles VU le 47 novembre 
4438^. — Reçoit du dauphin, le 43 juin 4439, 20 livres tour- 
nois pour avoir accompagné ce prince en Languedoc®. — Est 
recommandé, le 25 octobre 4444, par le dauphin aux doyen et 
chapitre de SaintrMartin de Tours pour la première prébende 
vacante*. — Reçoit, le 8 juillet 4444, 400 livres tournois sur 
le revenu des finances de Languedoc ^^. — Reçoit, le 22 août 
4444, 2,750 livres tournois pour faire des pèlerinages ordonnés 
parle dauphin ^^ — Touche, le 20 octobre 4445, 400 écus d'or 
pour les distribuer à Saint- Antoine de Viennois, à Saint-Eutrope 
de Saintes et à Saint-Fiacre ^^. — Reçoit du roi, le 8 juillet 4447^ 

i. Pobl. dans les Œuvres de Gerson, éd. Mlies Dupin, t. m, 
p. 235, sous ce titre : c Instnictiones ad Joannem Majorera, prœ- 
ceptorem Ludovic! Delphini, filii Garoli YII, Francorum régis. » 
— Cf. aussi Launoy, Histoire du collège de Navarre, t. I, p. 139. 

2. Arch. nat., X** 9201, fol. 25. 

3. Lettre du dauphin du 6 avril 1434, publiée dans le Thésaurus 
9wmis aneedotorum de Dom Martène et de Dom Durand. Paris, 
1717, 1. 1, col. 1782. 

4. Bibl. nat., Pr. 20593, n* 13. 

5. Pièces justificatives, n* III, p. 164. 

6. Pièces justificatives, n* FV, p. 165. 

7. Pièces justificatives, n* VII, p. 168. 

8. Pièces justificatives, n* IX, p. 172. 

9. Lettre du dauphin n* VI. 

10. Collection de M. Etienne Gharavay. 

11. Pièces justificatives, n* XXVII, p. 190. 

12. Pièces justificatives, n' XXXVII, p. 202. 



378 NOTICES BIOGRAPHIQUES. 

400 livres tournois pour lui aider à supporter les fhiis qu'il fait 
au service du dauphin ^ — Obtient, le 22 septembre 4447, du 
pape Nicolas Y la faculté de donner au dauphin Tabsolution 
pour tous les péchés et de lui accorder les dispenses du maigre*. 
— Reçoit, en 4447, 50 écus d'or pour acheter une belle mule^. 

i. Bibl. nat., Pièces orig., 1810. 

2. Voici le texte de la lettre de Nicolas V au dauphin (Arch. 
du Vatican, reg. de Nicolas V, n» 385, fol. cvii v*) : 

c NicolauB, etc., dilecto filio nobili virro Ludovico, delphino 
Viennensi, salutem, etc. Benigno sunt illa tibi conœdenda favore 
per que sicuti pie desiderare videris conscientie pacem et anime 
salutem Deo propitio prosequi valeas. Hinc est quod nos tuis sup- 
plicationibus inclinati tibi qui carissimi in Ghristo filii nostri 
Garoli, Francoram régis, natus primogenitus existas, ac dilecte in 
Ghristo filie nobili mulieri tue pro tempore existent! uxori, auc- 
torltate apostolica indulgemus ut dilectum filium Johannem 
Majoris, thesaurarium ecclesie Remensis, licentiatum in decretis, 
vel aliquem alium presbiterum idoneum regnlarem vel secularem 
in vestrum possitis eligere confessorem, qui quemlibet vestnim 
semel dumtaxat de preteritis ab omnibus peccaiis \estris excessi- 
bus et criminibus etiam sedi apostolice reservatis absolvere nec- 
non vota quelibet etiam ultramarina per vos emissa ac juramenta 
prestita relaxare et vota eadem in alla opéra pietatis commutare. 
Et nichilominus deinde imposterum vobis quotiens oportunum 
fuerit confessionibus vestris diligenter auditis pro commissis debi- 
tam vobis absolutionem impendat et injungat penitentiam saluta- 
rem, nisi forsan talia fuerint, propter que sedes ipsa fuerit merito 
consulenda, necnon ut quilibet vestrum tam in quadragesimalibus 
quam aliis jejunativis diebus quibus camium esus est prohibitus 
de consuetudine vel de jure, camibus et lacticinis de consilio 
tamen confessons et medicorum uti valeatis quotiens expediri 
videbitur vobis etiam tenore presentium licentiam elargimnr. 
Nulli ergo, etc. nostre concessionis et largitionis, etc. Si quis, 
etc. Datum Rome apud sanctum Petrum, anno, etc. millesimo 
quadringentesimo quadragesimo septimo nono kalendarum octo- 
bris, pontiûcatus nostri anno primo. 

ff Jo. DE AuQEROLES. 9 

Nicolas V adressa une lettre analogue aux serviteurs du dau- 
phin. (Arch. du Vatican, reg. de Nicolas V, n* 385, fol. cviii.) 

3. Pièces justificatives, n* XLIV, p. 218. 



NonGES biographiques: 373 

— Dépose, le 6 juillet 4448, dans une enquête sur la campagne 
du dauphin en Allemagne, et est qualifié de trésorier de Reims ^ 

— Reçoit, le 34 juillet 4449, de Charles Vil 400 livres tournois 
sur les contrihutions du Languedoc ^. — Chanoine de Paris, 
en 4450 '. — Assiste, en 4453, comme chantre de Tours, à la 
cérémonie d^installation de la nouvelle châsse de Saint-Martin^. 

— Reçoit de Charles VII, le 4 •'juillet 4454, 400 livres tournois». 

— Fournit, en mai 4455, à la reine, moyennant 400 livres 
tournois, six livres déclasse manuscrits et richement enluminés 
dans lesquels le dauphin avait appris à lire et qui devaient ser- 
vir à réducation de Charles, duc de Berri, frère cadet de celui- 
ci*. — Siège, le 49 août 4455, au chapitre de Saint-Martin de 
Tours '^, — Fait savoir, le 26 juin 4460, au chapitre de Saint- 
Martin de Tours qu'il a fait exécuter une tapisserie représen- 
tant la vie de saint Martin et demande la permission d'étendre 
la dite tapisserie contre les piliers du chœur de Téglise, ce qui est 
accepté avec les plus vifs remerciements ®. — Meurt à Tours le 
9 février 4465*. — Il avait été l'ami de Gérard Machet, évêque 
de Castres et confesseur de Charles VII, et on trouve dans la 
correspondance de celui-ci trois lettres adressées à Majoris ^®. 

— Il a laissé trois dissertations, dont voici les titres : Dispu- 
tatio de statu et potestate Ecclesiœ; — Disputatio de authori" 
taie Concilii supra PofUificem maximum; — Disputatio de 
potestate Papse in rébus temporalibus *^. 

1. Bibl. nat., Fr. 15537, fol. 40 v. 

2. Notes de Vallet de Viriville (Bibl. nat., Pr. i486, n. acq.). 

3. Id. 

4. Bibl. nat., Dom Housseau, t. IX, n* 3948. 

5. Bibl. nat.) Pièces originales, 1810. 

6. Histoire de Vinstritction publique, par Vallet de Viriville, 1849, 
in.4', p. 206. 

7. Notes de Vallet de Viriville, ut suprà. 

8. Bibl. nat., Baluze, 77, fol. 367 V. 

9. Bibl. nat., Baluze, 77, fol. 367 v et fol. 369 v. 

10. Bibl. nat., Lat. 8577, n*239, foJ. 58 V; — ii*357, fol. 94 v; 

— n- 386, fol. 103 v. 

11. Ces trois opuscules se trouvent dans les Œuvres de Gerson, 
éd. Ellies Dupin, Anvers, 1706, 4 vol. in-foL, t. n, p. 1121 à 1164. 



374 ItOnCEB BlOOIlAPHIQtlBS. 



POISIEU (AlMlR D£). 

Surnommé Capdorat ou Tête dorée, à cause de ses cheveux 
blonds. Ëcuyer et maître d'hôtel du dauphin, reçoit, le 4 4 juil- 
let 4444, du dauphin la châtellenie de Falavîer en Dauphiné^ 
— Reçoit, le 20 août 4 444, 4 ,000 écus d'or dont le dauphin 
lui a fait don '. — Fait partie, en septembre 4444, de Tam- 
bassade du dauphin au roi des Romains'. — Obtient en 
don du dauphin, le 44 février 4447, la châtellenie de Yar- 
mon(?) en Gapençais^. — Est commis par le dauphin, le 45 oc- 
tobre 4447, à faire rendre les comptes à tous ceux qui avaient 
manié les finances depuis 50 ans'^. — Obtient du pape 
Eugène lY, le 43 des calendes de septembre 4448 (49 août), la 
concession d'un autel portatif*. — Est un des commissaires 
du dauphin, en septembre 4450, pour régler l'arrangement 
intervenu entre ce prince et Tarchevèque de Vienne^. — Est 
commis par le dauphin, le 9 décembre 4450, pour traiter du 
mariage de ce prince avec Charlotte de Savoie ®. — Reçoit du 
dauphin, le 29 décembre 4450, 4,000 florins *. — Est chargé, 
le 29 juin 4454, de s'opposer aux entreprises de Jean du Ghastel 
sur des biens appartenant à l'archevêché de Vienne *®. — Devint, 
à l'avènement de Louis XI, chevalier, bailli de Mantes, capi- 
taine de Montereau et un des capitaines généraux des francs 
archers du royaume ^^ — Il signait Cadorat, 

\. Arch. de l'Isère, B 3225, fol 120. 

2. Bibl. nat., Pièces orig., 2311 (Poisieu). 

3. Ëscouchy, I, p. 34, note. 

4. Arch. de llsère, B 3225, fol. 348. 

5. Arch. de l'Isère, B 3180. 

6. Arch. du Vatican, reg. d'Eugène IV, n» 387, fol. 158 v. 

7. ffistoire de la sainte église de Vienne, par Gharvet, p. 5H, et 
Histoire de Vienne, par Mermet aîné, p. 211. 

8. Arch. de l'Isère, B3181. 

9. Arch. de l'Isère, B 2965, fol. 676. 

10. Lettre du dauphin n* XXXVL 

il. Bibl. nat., Pièces orig., 2311 (Poisieu). Les pièces vont de 



NOTICES BIOGaAPmQUES. 375 



POITIERS (GuiLLÀUiiB db), seigneur de Barry. 

Fils naturel de Charles de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier, 
firère de Jean de Poitiers, archevêque de Vienne, gouver- 
neur des comtés de Yalentinois et de Diois^ — Reçoit du 
dauphin, le 24 juillet 4444, 250 florins sur l'aide du Dau- 
phiné'. -— Est chassé de Gènes, en février 4447, par Janus 
di Gampo-Fregoso , qui avait promis de lui remettre cette 
ville pour Charles VII^. — Prend possession, le 26 mai 
4 44 7 y au nom du dauphin, de Montélimar sur lequel le 
pape abandonnait ses droits^. — Achète, le 4^'' mars 4448^ 
la seigneurie d'Auriples en Yalentinois, moyennant 500 écus 
d'or, et celles de Quint et Ponthoyson moyennant 4,500 écus 
d'or^. — Est remplacé comme châtelain de Montélimar, le 
30 mars 4448, par Hugues de Sainte-Gamelle *. — Rend hom- 
mage au dauphin pour le comté de Vienne, le 24 septembre 
4450, au nom de l'archevêque de Vienne ^. — Rend hommage 
ail dauphin, le 42 août 4452, pour les fiefe de Barry et de Ver- 
chény en Diois, et, le 42 octobre, pour la terre de Soyans •. — 
Est envoyé, le 25 octobre 4452, par le dauphin à Charles VII*. 
— Reçoit du dauphin, le 8 septembre 4454, les subsides de 
Barry, Castelamaud, Eygluy, Soyans, Auriples et Luc, pour 
sept ans *^. — Reçoit, le 34 mars 4459, de Nicolas Erlant, la 
somme de 4 96 florins et 8 gros que le roi lui a octroyée par 

1466 à 1476. — On trouve aussi une lettre de Gapdorat à Louis XI 
à la Bibliothèque nationale, Fr. 20489, fol. 69. 

1. Bibl. nat., Fr. 20580, n* 55. 

2. Cf. le héraut Berry dans Godefroy, p. 429, et Escouchy, El, 
p. 252. 

3. Bibl. nat., Gartulaire du Dauphiné par Fontanieu, t. IX. 

4. Bibl. nat, id., t. IX. 

5. Arch. de Tlsère, B 2983, fol. 642. 

6. Arch. de Tlsère, B 3225, foi. 338. 

7. Bibl. nat., Gartulaire du Dauphiné par Fontanieu, t IX. 

8. Ms. inédit de Guy Allard communiqué par M. Ad. Rochas. 

9. Lettre du dauphin n* XL. 

10. Arch. de l'Isère, B 2721, fol. 166. 



376 ^ NOnCES BIOGRAPHIQUES. 

lettres du 45 juillet 4458 ^ — Écrit, le 46 février 4464, au 
dauphin ^. 

THOMASSIN (Màthibu). 

Membre du conseil delphinal, est commis par le dauphin, le 
28 février 4445, pour s'entendre avec les délégués du roi au 
sijyet des abus commis sur les péages du Rhône'. — Est requis 
par le dauphin, le 20 avril 4446, d'informer sur une requête 
des habitants de Romans '*. — Est envoyé à Vienne par le dau- 
phin, le 22 août 4448, pour obliger les habitants à prêter ser- 
ment à ce prince et à lui rendre hommage'. — Doit être 
déchargé de tout impôt par les conseillers de Lyon, le 3 février 
4450, comme serviteur du dauphin*. — Est un des premiers 
conseillers du Parlement créé par le dauphin en 4453. — Reçoit 
du dauphin, le 4"' octobre 4454, un local non enclos sis à Gre- 
noble, près du palais delphinal et sur les bords de l'Isère, pour 
y construire, moyennant une redevance annuelle de deux 
deniers^. — Réclame aux Lyonnais, le 7 janvier 4455, d'être 
déchargé de tout impôt ^. — Est envoyé par le dauphin, en 
avril ou mai 4456, auprès du prince d'Orange*. — Est chargé 
par le dauphin, le 20 mai 4456, de faire un registre delphinal ^^. 
— On trouve une lettre à lui adressée dans la correspondance 
de Gérard Machet*^ 

i. Bibl. nat., Glairambault, 87, p. 6853. 

2. Bibl. nat., Gartulaire de Fontanieu. 

3. Arch. de l'Isère, B 2893, fol. 67. 

4. Arch. de l'Isère, B 3005, fol. 147. 

5. Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6965, n9 288. 

6. Lettre du dauphin n» XXVIII. 

7. Arch. de Tlsère, B 2^48, fol. 13. 

8. Arch. de Lyon, BB5, fol. 247 et 248. 

9. Bibl. nat., Mss. Legrand, Fr. 6960, p. 189. 

10. Bibliothèque publique de Grenoble. Le manuscrit de Tho- 
massin est intitulé : c S'ensuit le registre dalphinal fait par le 
commandement de très hault, très puissant prince et mon souve- 
rain seigneur monseigneur le daulphin de Viennoys et par ses 
lettres patentes dont la teneur s'ensuit, i 

11. Bibl. nat., Lat. 8577, n* 244, fol. 60. 



TABLE 



LETTRES DU DAUPHIN LOUIS. 

Pagw 

I. Bourges, 21 juin 1438. A Elle de Linaye 1 

n. 8elies-en-Berri, 25 décembre 1438. A Pierre Bérart . . 2 
m. Gholiet, 17 décembre 1439. A Ëlie de Linaye .... 3 
rV. Gbarlieu , 3 août 1440. Aux gouverneur et gens des 

comptes du Dauphiné 4 

Y. Chartres, 5 novembre 1440. Aux gens des comptes du 

Roi à Paris 6 

VI. Amboise, 25 octobre 1441 . Au chapitre de Saint-Martin 

de Tours , 7 

Vn. Esnande, 21 mars 1443. Aux gouverneur et gens du 

conseii du Dauphiné 9 

Yin. Abbaye de Notre-Dame de Celie, 8 avril 1443. A 

l*évôque de Grenoble. ..«..« 11 

IX. Meaux, 7 septembre 1443. Aux généraux maîtres des 
monnaies, à Paris 12 

X. Gompiêgne, 15 septembre 1443. Aux généraux maîtres 

des monnaies, à Paris 14 

XI. La Charité, 6 juillet 1444. Aux gouverneur et gens du 
conseil du Dauphiné 16 

XII. Ensisheim, 23 novembre 1444. A Albert, ducd' Autriche. 18 
XUI. Nancy, 4 février 1445. Aux gens du conseil de Bour- 
gogne, à Dijon 19 

XIV. Chàlons-sur-Marne, 1 7 juillet 1445. A la ville de Senlis. 21 

XV. Tours, 12 octobre 1445. A Tévéque d'Autun .... 22 

XVI. Chinon, 20 avril 1446. Aux gouverneur et gens des 
comptes du Dauphiné 25 

XVII. Chinon, 16 juin 1446. Aux gouverneur et gens du 
conseil du Dauphiné 27 

XVUI. Chinon, 4 juillet 1446. A un de ses familiers ... 28 

XIX. Chinon, 26 août 1446. Au prieur et couvent de l'église 

de Saint-Pierre de Corbie 28 

XX. Sans date, mais antérieure à 1446. Au duc d'Orléans. 31 



378 TABLE. 

Pagw 

XXI. Romans, 17 mars 1447. Aux gens des comptes de 
Grenoble 32 

XXU. Romans, 17 avril 1447. Aux gens du parlement et 
des comptes de Grenoble 34 

XXni. La Tour-du-Pin, 28 août 1448. Aux doyen et chapitre 
de Lyon 35 

XXIV. La S6ne, 30 novembre 1448. A la ville de Lyon . . 36 

XXV. Bourgoin, 26 février 1449. Aux consuls de Gap. . . 38 

XXVI. La Tour-du-Pin, 6 décembre 1449. A Etienne Déa- 
geant, lieutenant du bailli du bas-pays de Dauphiné. . 39 

XXVn. La Tour-du-Pin, 6 décembre 1449. Aux gens des 

comptes à Grenoble 40 

XXVIU. Valence, 3 février 1450. A la ville de Lyon. . . 41 

XXIX. Morestel, 28 mai 1450. Au duc de Milan 42 

XXX. Saint-Donat, 9 juin 1450. Aux conseillers de la ville 
de Lyon 43 

XXXI. La Tour-du-Pin, 19 octobre 1450. Aux gens des 
comptes, à Grenoble 44 

XXXII. La Tour-du-Pin, 10 novembre 1450. Aux gens du 
conseil delphinal, à Grenoble 45 

XXX m. Romans, 20 novembre 1450. Aux gens du conseil 

delphinal, à Grenoble 47 

XXXrV. Perins, 22 novembre 1450. A Jean d'Origny, audi- 

teur des comptes, et à Jean Botut, secrétaire delphinal. 48 
^ XXXV. Moras, 18 décembre 1450. Aux gens du conseil 

delphinal, à Grenoble 50 

XXXVI. Romans, 29 juin 1451. Aux conseillers et habitants 

de la ville de Vienne 51 

XXXVn. Beaurepaire, 20 janvier 1452. Au gouverneur du 

Dauphiné et aux gens des comptes, à Grenoble. ... 52 
XXXVm. Valence, 5 août 1452. Aux conseillers et rece- 
veurs des tailles, à Lyon 53 

XXXIX. Vienne, 12 octobre 1452. A Charles VII. ... 55 

XL. Vienne, 25 octobre 1452. A Charles VII 57 

XLI. Valence, 22 novembre 1452. Aux élus et conseillers 

f de Lyon 59 

j XLII. Romans, 22 juillet 1453. Aux doyen et chapitre de 

I Péglise de Chàlons 60 

I XLin. Valence, 21 septembre 1453. Aux président et con- 

\ seillers du Parlement, à Grenoble 62 

! XLIV. Valence, 21 novembre 1453 ou 1454 . Au duc de Milan. 64 

I XLV. Romans, 28 juin 1454. Aux consuls d*£mbrun. . . 64 



TABLE. 379 

Pages 

XL VI. Romans, 28 juin 1454. Au juge d'Embrun .... 66 

XLVn. Moncalier, 29 août 1454. Au duc de Milan. ... 66 

XL Vin. Valence, 31 janvier 1455. Au duc de Milan. . • 67 

XLIX. Valence, 20 février 1455. Au duc de Milan. ... 68 

L. Pusignan, 15 mars 1455. Au duc de Milan 70 

U. Vienne, 20 mars 1455. Aux conseillers de Lyon. ... 70 

LU. Valence, 9 mars 1456. A Charles VU 71 

LUI. Romans, 17 avril 1456. A Charles VU 72 

LIV. Romans, 18 mai 1456. Au duc d'Orléans 73 

LV. Romans, 28 mai 1456. A Charles VU 75 

LVI. Grenoble, 21 juillet 1456. A Charles VU 76 

LVU. Saint-Claude, 31 août 1456. A Charles VU ... . 77 

LVIU. Septembre 1456. A un évèque 78 

LIX. Bruxelles, septembre 1456. A un grand seigneur fran* 

çais 79 

LX. Bruxelles, 25 octobre 1456. A Charles VU 80 

LXI. Bruxelles, 26 octobre 1456. Aux gens du grand Conseil. 83 
LXU. Décembre 1456. A un grand seigneur de la cour de 

Bourgogne 83 

LXm. Genappe, 22 décembre 1456. A Charles VU. ... 84 

LXIV. Bruxelles, 6 février 1457. A Charles VU 86 

LXV. Bruxelles, 6 février 1457. Aux chancelier et gens du 

grand Conseil de Charles VU 87 

LXVI. Bruxelles, 6 février 1457. Au chancelier de France . 88 
LXVU. Bruxelles, 6 février 1457. Aux gens de son Conseil 

en Dauphiné 89 

LXVIU. Bruxelles, 28 février 1457. Aux gouverneur et gens 

du Parlement, à Grenoble 89 

LXIX. Avril 1457. A l'archevêque de Reims 92 

LXX. Genappe, août 1457. A la duchesse de Savoie ... 93 

LXXI. Genappe, août 1457. A la duchesse de Savoie. . . 95 
LXXU. Genappe, août 1457. A un seigneur de la cour de 

Bourgogne 97 

LXX m. Bruxelles, 13 décembre 1457. Au roi d'Aragon. . 97 

LXXIV. Bruges, 13 janvier 1458. A Charles Astars. ... 98 

LXXV. Bruges, 13 janvier 1458. A Perrot Faulquier. . . 100 
LXXVI. Bruxelles, 2 juin 1458. Au chancelier et aux gens 

du Conseil de Charles VU 101 

LXXVU. Genappe, 18 juillet 1459. Au duc de Milan. . . 103 

LXXVIU. Notre-Dame de Hal, 27 juillet 1459. A Charles VU. 104 
LXXIX. Notre-Dame de Hal, 27 juillet 1459. A son frère le 

duc de Berri 105 



380 TABLE. 

Ptgw 
LXXX. Notre-Dame de Hal, 27 juillet 1459. A l'évèque de 

Paris 106 

LXXXI. Notre-Dame de Hal, 27 juillet 1459. A la ville de 

Paris 107 

LXXXn. Genappe, 5 août 1459. Au pape Pie II .... 109 

LXXXni. Genappe, 5 août 1459. A l'évèque d'Arras. . . 110 

LXXXIY. Genappe, 5 août 1459. A l'abbé de Prémontré. . 111 
LXXXY. Genappe, 5 août 1459. A Tabbé de Saint-Jean de 

la Castelle 113 

LXXXVI. Genappe, août 1459. A un cardinal 114 

LXXXVn. Genappe, 13 décembre 1459. A Gbarles VU. . 116 
LXXXYIU. Décembre 1459. A sa sœur la princesse de 

Savoie 117 

LXXXIX. Genappe, 1459 ou 1460. A Tarchevêque de Vienne. 1 18 

XC. BruxeUes, 29 janvier 1460. A Charles VU 119 

XGI. Genappe, 3 juin 1460. Au duc de Milan 120 

XGU. Genappe, 24 juin 1460. A l'abbaye de Saint-Antoine 

de Viennois 122 

XGUI. Genappe, 24 juin 1460. Aux principaux magistrats 

du Parlemeht et de la justice ordinaire du Dauphiné. . 123 

XGTV. Genappe, 20 août 1460. Au roi de Navarre. ... 125 

XGV. Genappe, 20 août 1460. Au prince de Navarre ... 126 

XC VI. Genappe, 30 août 1460. A mademoiselle de Villequier. 127 

XGVU. Août 1460. A Jean Amoulfin 128 

XCVIU. Genappe, 7 octobre 1460. Au duc de Milan ... 129 
XCIX. Bruxelles, 12 décembre 1460. Au duc de Milan . . 131 
C. Décembre 1460. A un grand seigneur de la cour de Bour- 
gogne 132 

CI. Genappe, 13 décembre 1460. A Charles VU 133 

eu. Genappe, 31 décembre 1460. Au duc de Milan. ... 134 

GUI. Genappe, 10 mars 1461. A Charles VU 136 

CIV. Genappe, 14 mai 1461. Au duc de Milan 138 

CV. Genappe, 2 juin 1461. Au duc de Milan 139 

CVI. Genappe, 2 juin 1461. A Cico de Calabria, chancelier 

du duc de Milan. . . ; 139 

CVU. Genappe, 23 juin 1461. Au chapitre de Saint-Martin 

de Tours 141 

CVIU. Genappe, 1461. Aux députés généraux de la princi- 
pauté de Catalogne résidant à Barcelone 142 

CIX. Genappe, juillet 1461. A un seigneur 143 

ex. Genappe, 23 juillet 1461. A un prince 144 

CXI. Tours, vers 1446. Au pape Eugène IV 145 



TABLE. 381 

Pages 

GXn. Romans, 31 mars. A TéTèque de Grenoble .... 146 

GXm. Etoile, 12 avril (1450?). A Tévèque de Grenoble . . 147 

GXIV. Grenoble, 13 août. A Etienne Achard 148 

GXV. La Gôte-Saint-André, 7 octobre. A Tévéque de Gre- 
noble 149 

GXYI. Ison (?), 28 novembre. Au chancelier du Dauphiné . 150 
GXVII. Sans date. Aux gens du Cîonseil du Dauphiné. . .151 

GXVIU. Sans date. A Pévêque de Nevers 152 

GXIX. Juillet. A Tévéque d'Aire 153 

GXX. Sans date. A l'évèque d'Aire 155 

GXXI. Genappe, 12 mars. Au duc de Milan 156 

GXXn. Genappe, 13 mars. A Gico de Galabria, chancelier 

du duc de Milan 157 

GXXm. Bruxelles, 19 mars. Au duc de Milan 158 

GXXrV. Genappe, 2 juillet. A un seigneur béarnais ... 159 

GXXY. Genappe, 8 août. A Jean Amoulfin. ..... 160 

GXX VI. Genappe. A un prince du sang, son oncle. . . . 161 

PIÈGES JUSTBPIGATIVES. 

I. Janvier 1436. Entrée du dauphin à Lyon 162 

n. Janvier-juillet 1437. Dons faits par Gharles Vn à la 

dauphiné, au dauphin et à des serviteurs de ce dernier. 163 
m. 4 février 1437. Paiement fait, par ordre de Gharles Vn, 
à Jean Majoris, confesseur du dauphin, et à Guillaume 

Leothier, physicien de celui-ci 164 

IV. 15 février 1437. Achat d'une chapelle portative pour le 
dauphin 165 

V. l*r mai 1437. Paiement fait à Amaury d'Estissac ... 166 

VI. 26 juillet 1438. Lettres de Gharles VU sur la dépense de 
rhôtel du dauphin . 167 

vn. 17 novembre 1438. Augmentation de la pension de 

Jean Majoris 168 

Vin. Avril 1439-mars 1442. Gomptes de dépense du dauphin. 169 

IX. 13 juin 1439. Dons faits par le dauphin aux serviteurs 

qui raccompagnaient dans son voyage en Languedoc. . 171 

X. 30 juin 1439. Quittance d'une somme accordée au dau- 

phin sur l'aide des États d'Auvergne 172 

XI. 15 juillet 1439. Paiement de vêtements destinés au 
dauphin 173 

XII. 28 juillet 1439. Paiement par le dauphin à Amaury 
d'Estissac 174 



382 TABLE. 

Pagw 

XIII. 15 décembre 1439. Paiement pour des vêtements du 
dauphin 174 

XIV. 9 octobre 1439. Lettres du dauphin au sénéchal de 
fieaucaire 175 

XV. 15 décembre 1439. Promesse faite par le dauphin de 
payer au roi d'Angleterre 30,000 saints d'or pour la 
rançon du duc d'Orléans 176 

XVL 21 décembre 1439. Envoi par Charles Vn de commis- 
saires en Poitou et en Saintonge, sous la conduite du 
dauphin 178 

XVn. 29 janvier 1440. Sommes payées par le dauphin à 

Amaury d'Ëstissac et à Guillaume d'Avaugour . . • 180 

XVIII. 13 juillet 1440. Le dauphin s'engage à aimer et à 
protéger toute sa vie le sire de La Trémoille 181 

XIX. 4 août 1441. Paiement à Gabriel de Bernes .... 182 

XX. 3 novembre 1441. Pension payée au dauphin par les 
habitants de Romans 183 

XXI. 22 décembre 1441. Somme payée par le dauphin à 
Poton de Sain trailies pour la cession de Château-Thierry. 1 84 

XXII. 24 janvier 1442. Paiement de 500 livres au dauphin. 184 
XXm. 8 juin 1442. Paiement à des personnages dauphi- 
nois 185 

XXIV. 26 février 1443. Entrée de Charles Vn et du dauphin 

à Toulouse 187 

XXV. Avril 1443. Dépenses du dauphin 187 

XXVI. Février 1444. Comptes de la maison du dauphin. . 189 
XXVn. 22 août 1444. Sommes payées à Jean Majoris, 

pour des pèlerinages ordonnés par le dauphin .... 190 
XXVin. 15 septembre 1444. Plaintes formulées par le 
bourgmestre et le conseil de la ville de Colmar, sur des 
exactions commises par les soldats du dauphin. ... 191 

XXIX. 18 septembre 1444. Somme payée au dauphin. . . 195 

XXX. 1» octobre 1444-8eptembre 1445. Comptes de la mai- 
son du dauphin 195 

XXXI. 14 février 1445. Paiement par le dauphin à Jean de 
LaBorderie 197 

XXXn. 7-31 mars 1445. Délibérations du conseil de Chà- 
lons-sur-Marne, sur un aide demandé par le dauphin . 198 

XXXin. 3 mai 1445. Entrée de la reine et du daaphin à 
Châlons-sur-Marne 199 

XXXIV. Juin 1445. Séjour de Charles Vn, du dauphin et 
de la cour à Châlons-sur-Marne 199 



TABLE. 383 

XXXY. 2 juillet 1445. Don fait par Charles VH à la dan- 
phine Marguerite d'Écosue 20! 

XXXYI. Juillet-septembre 1445. Cîoinptes de la maison de 
la dauphine Marguerite d'Ecosse 202 

XXXYII. 20 octobre 1445. Argent reçu par Jean Majoris 
pour distribuer à des abbayes 202 

XXXVm. 11 mars 1446. Réponse des Vénitiens à la noti- 
fication faite par le dauphin de sa nomination de gonfa- 
lonier de régUse 203 

XXXIX. 3 avril 1446-24 mai 1452. Échange fait entre le 
dauphin et le duc de Savoie, des comtés de Valentinois 
et de Diois contre la baronnie de Faucigny 204 

XL. 19 mai 1446. Ordre donné à l'archevêque d'Aix,.par le 

pape Eugène IV, de payer 20,000 florins au dauphin. . 213 

XLI. 27 juillet 1446. Nomination par le dauphin de Nicolas 

Erlant pour son trésorier général 214 

XLH. 7 février 1447. Queues de vin données au dauphin 

par la ville de Lyon 215 

XLHI. 1447. Nomination de Humbert Pape, comme notaire 

apostolique, par le pape Nicolas Y 216 

XLIY. 1447. Pensions servies par le dauphin 217 

XLY. Février 1448. Don de joyeux avènement fait au dau- 
phin par les États du Dauphine 219 

XLYI. Mars 1448. Gages des officiers du dauphin .... 222 

XLYn. 4 décembre 1450. Lettre du duc de Milan au dauphin. 224 

XLYDI. 10 janvier 1451. Nomination par le dauphin de 
Pierre de Nyèvre à l'office d*échanson 225 

XLIX. 13 mars 1451. Engagement pris par Amédée, prince 
de Savoie, de soutenir son beau-frère le dauphin. . . 227 

L. 24 juin 1451-24 juin 1452. Gages des officiers du dauphin. 238 

LI. 13 juillet 1451. Don de joyeux avènement fait à la dau- 
phine, Gharlbtte de Savoie, par les Dauphinois. . . . 230 

LII. 19 août 1451. Dons faits par le dauphin aux person- 
nages ayant accompagné la dauphine, Charlotte de 
Savoie, en Dauphine 231 

Lin. 21 novembre 1451. Lettre du dauphin aux consuls de 
Romans 236 

UY. 4 janvier 1452. Condamnation du chapitre de Saint- 
Bernard de Romans an paiement de 100 écus en plus 
des 100 florins déjà payés pour le joyeux avènement de 
la dauphine 238 

LY. 12 septembre 1452. Reconnaissance par le dauphin d'une 



384 TABLE. 

somme de 200 livres, à lui prêtée par les bourgeois de 
Romans 239 

LVI. 10 novembre 1452. Lettre du cardinal d'Estouteville à 
Charles VII, sur les bonnes dispositions du dauphin à 
regard du roi et du pape 240 

LVn. 22 novembre 1452. Lettre du cardinal d'Estouteville à 
Charles Vn, sur l'appointement conclu entre le dauphin 
et le cardinal de Foiz 241 

LYIU. 11 septembre 1453. Lettre du doge de Gênes, Pietro 
Adomo, au dauphin, pour le féliciter d'être rentré en 
France 242 

LIX. 31 août 1453. Délibération du conseil de Venise tou- 
chant l'offre, faite par le dauphin, de venir combattre le 
duc de Milan 243 

LX. 11 décembre 1453. Instructions des Vénitiens, relatives 

à la venue du dauphin pour combattre le duc de Milan. 244 

LXI. 14 janvier 1454. Instructions des Vénitiens sur le 
même sujet 248 

LXII. 26 avril 1454. Instructions des Vénitiens concernant 
le dauphin 251 

LXin. 29 mai 1454. Lettre du duc de Milan au dauphin. . 252 

LXrV. 10 avril 1455. Lettres du dauphin sur des legs faits 

par feu Jean de Villaines, son chambellan 254 

LXV. 18 avril 1455. Lettres du dauphin sur la succession 

de Jean de Villaines 256 

LXVL 29 mai 1455. Lettre du duc de Milan au dauphin, 

sur Guiotin de Nores 258 

LXVII. 11 août 1456. Lettre du duc de Milan au dauphin, 

annonçant la victoire de Jean Huniade sur les Turcs. . 259 

LXVni. 7 septembre 1456. Lettres de Charles VII annon- 
çant l'occupation du Dauphiné par ses envoyés. . . . 260 

LXIX. 11 septembre 1456. Lettre de Charles VII aux Dau- 
phinois, sur le même sujet 261 

LXX. 14 septembre 1456. Lettre circulaire de Charles VII 
aux villes de France, sur la fuite du dauphin .... 263 

LXXI. 22 octobre 1456. Lettre de Guillaume de Poitiers et 
de Guillaume de Meuillon au dauphin, relativement au 
séjour de Charles VII en Dauphiné 265 

LXXU. 7 décembre 1456. Dépêche de Tommaso Tebaldo au 
duc de Milan, sur les faits et gestes de Charles VQ et 
du dauphin 266 

LXXm. Août 1457. Lettre de la dauphiné, Charlotte de 



TABLE. 385 

Savoie, à sa mère, relatiTement au paiement de sa dot . 277 

LXXIV. 20 août 1457. Lettre du dauphin à Raymond et à 
Etienne Achard 278 

LXXV. 1458. Transaction relative à la succession de Gabriel 
de Bernes 278 

LXXYI. 4 juillet 1459. Lettre du gouverneur du comtat 
Yenaissin au duc de Milan, sur l'arrestation d'un servi- 
teur du dauphin 280 

LXXVU. 9 août 1459. Renvoi par les habitants de Bourges 
à Charles YII de la lettre par laquelle le dauphin leur 
avait annoncé la naissance d'un fils 281 

LXXYIII. 21 septembre 1459. Reconnaissance par le dau- 
phin d'une dette de 30 écus à Jacques, seigneur de 
Sassenage 282 

LXXIX. 1459-1461. Compte de François Royer comprenant 
les dépenses faites par ordre du dauphin, à l'aide des 
sommes provenant de la dot de sa femme 282 

LXXX. 15 mai 1460. Lettre du duc de Milan au dauphin . 322 

LXXXI. 24 mai 1460. Instructions du duc de Milan touchant 
la mission remplie en Italie par Gaston du Lyon, servi- 
teur du dauphin 323 

LXXXn. 27 août 1460. Lettre du duc de Milan au dauphin. 323 

LXXXin. 27 août 1460. Instructions du duc de Milan sur 

la conclusion d'un traité avec le dauphin 324 

LXXXIY. 6 octobre 1460. Lettres patentes du dauphin sur 
la conclusion d'un traité avec le duc de Milan. . . . 326 

LXXX Y. 23 octobre 1460. Lettre du duc de Milan au dau- 
phin, sur la conclusion du traité 330 

LXXXYI. 6 décembre 1460. Procès-verbal de la ratification 
faite par le duc de Milan du traité conclu avec le dauphin. 331 

LXXXYn. 13 décembre 1460. Lettre de la dauphine, Char- 
lotte de Savoie, à Charles YU 333 

LXXXYin. 23 décembre 1460. Lettres du duc de Milan au 

dauphin, sur la mission de Prospère de Camulis . . . 333 

LXXXIX. 27 novembre 1460. Dépêche adressée au duc de 
Milan sur une entrevue avec le duc de Savoie, touchant 
le dauphin. . 335 

XC. 24 décembre 1460. Instructions du duc de Milan à 
Prospère de Camulis, touchant le dauphin 337 

XCL 24 décembre 1460. Réponse du duc de Biilan à Bande 
Meurin, ambassadeur du dauphin 341 

I 25 



386 TABLE. 

Pagw 

XGn. 24 janvier 1461. Mission de Baude Mearin, envoyé 

du dauphin auprès des Florentins 344 

XGUI. 28 février 1461. Lettre du duc de Milan au dauphin. 347 
XGTV. 11 mars 1461. Lettre de la dauphine, Charlotte de 

Savoie, à Charles VII, sur Benoît de Montferrand. . . 349 

XCV. 23 mai 1461. Réponse de Charles VU à la dauphine. 350 

XCVI. 23 avril 1461. Lettre du duc de Milan au dauphin. . 351 

XCVU. 30 juin 1461. Lettre du duc de Milan au dauphin. . 352 

XCVm. 13 juillet 1461. Lettre du duc de Milan au dauphin. 353 
XCIX. 20 juillet 1461. Lettre du duc de Milan au dauphin, 

sur les traités conclus entre eux 353 

G. 20 juillet 1461. Lettre du duc de Milan au dauphin, sur 

l'expédition de René d'Anjou à Gènes 354 

NOTICES BIOGRAPHIQUES. 

Begey (Guillaume) 357 

Bbrnbs (Gabriel de) 360 

BoTUT(Jean) 363 

CouRciLLON (Guillaume de) 364 

EsTissAG (Amaury d') 365 

Laydier (Antoine) 367 

LoaoERiL (Simon de) 368 

Lyon (Gaston du) 369 

Majoris (Jean) 370 

PoisiEu (Aimar de) 374 

PornsRS (Guillaume de), seigneur de Barry 375 

Thomassin (Mathieu) 376 



TABLE DES DESTINATAIRES 



DES LETTRES DU DAUPHIN. 



AcHARo (Etienne). GXIV, 148. 
Aire (évéque d'). V. Albret. 
Albert, duc d'Autriche. XII, 

18. 
ALBRET(Loui8 d'), évôquo d'Aire. 

GXIX, 153. — GXX, 155. 
Allemand (Sibeud), évêque de 

Grenoble. CXIU, 147. - 

CXV, 149. 
Alphonse V, roi d'Aragon , 

LXXin, 97. 
Anne de Chypre, duchesse de 

Savoie. LXX, 93. — LXXI, 

95. 
Araqon. V. Alphonse Y. 
Arnoulfin (Jean). XGYU, 128. 

— CXXV, 160. 

Arras (évoque d'). V. Jouffroy. 
AsTARS (Gharles), secrétaire du 

dauphin. LXXIV, 98. 
Autun (évéque d*). V. Rolin. 
Bérart (Pierre). H, 2. 
BoTUT (Jean), secrétaire delphi- 

nal. XXXrV, 48. 
Galabria (Gico de), chancelier 

du duc de Milan. GVI, 139. 

— GXXII, 157. 

Garlos (don), prince de Na- 
varre. XGV, 126. 

Catalogne (députés de la prin- 
cipauté de). CVm, 142. 



Chalons - SUR - Marne ( chapitre 

de). XLn, 60. 
Charles YII, roi de France. 

XXXIX, 55. — XL, 57. — 

LH, 71. — Lm, 72. — LV, 

75. — LVI, 76. - LVn, 77. 

LX, 80. — LXin, 84. — 

LXIV, 86. — LXXVm, 104. 

LXXXVn, 116. — XC, 119. 

— CI, 133. — cm, 136. 
Charles de Frange, duc de 

Berri, frère de Louis XI. 

LXXIX, 105. 
Ghartier (Guillaume), évéque 

de Paris. LXXX, 106. 
Chissey (Aymon de), évéque de 

Grenoble. Vm, 11. 
Corbie (église et couvent de 

Saint-Pierre de). XIX, 28. 
Dauphinâ (gouverneur, gens du 

conseil et des comptes du). 

IV, 4. - Vn, 9. — XI, 16. 

XVI, 25. — XVn, 27. — 

XXI, 32. — XXn, 34. — 

XXVII, 40. — XXXI, 44. — 

XXXIl, 45. — XXXm, 47. 

— XXXV, 50. - xxxvn, 

52. — Xmi, 62. — Lxvn, 

89. — Lxvm, 89. - xcm, 

123. -GXVn, 151. 
Déaqeant (Etienne), lieutenant 



388 



TABLE. 



du bailli du pays-bas de Dau- 
phiné. XXVI, 39. 

Dijon (gens du conseil de Bour- 
gogne à). XUI, 19. 

Embrun (ville d'). XLV, 64. — 
XLVI, 66. 

Estampes (Jean d'), évéque de 
Nevers. CXVm, 152. 

EuoèNB IV, pape. GXI, 145. 

Faulqdibr (Perrot).LXXV, 100. 

Gap (ville de). XXV, 38. 

Grenoble (évêques de). V. Ghis- 
sey et Allemand. 

Jean II, roi de Navarre. XCIV, 
125. 

JouFFROT (Jean), évéque d'Arras. 
LXXXm, HO. 

JuvÉNALDES Ursinb (GuiUaume), 
archevêque de Reims, chan- 
celier de France. LX V, 87. — 
LXVI, 88. — LXIX, 92. — 
LXXVI, 101. 

La Terrière (Simon de), ahbé 
de Prémontré. LXXXIV, 1 H . 

Linaye (Elie de). I, 1. — III, 3. 

Lyon (chapitre de;. XXIII, 35. 

Lyon (ville de). XXIV, 36. — 
XXVm, 41. — XXX, 43. - 
XXXVIII, 53. — XLI, 59. 
— LI, 70. 

Milan (duc de). V. Sforza. 

Molendino (Bertrandus de), abbé 
de Saint- Jean-de-la-Castelle. 
LXXXV, 113. 

Nevers (évéque de). V. Estampes. 

Oriony (Jean d'), auditeur des 



comptes du Dauphiné. 
XXXIV, 48. 

Orléans (Charles, duc d'). XX, 
31. — LIV, 73. 

Paris (gens des comptes et 
autres fonctionnaires à). V, 6. 
-IX,11.— X,14.— LXXX, 
106. 

Paris (ville de). LXXXI, 107. 

Pie n, pape. LXXXU, 109. 

Poisieu (Antoine de), archevêque 
de Vienne. LXXXIX, 118. 

RoLiN (le cardinal Jean), évéque 
d'Autun. XV, 22. 

Saint - Antoine - de - Viennois 
(abbaye de). XGU, 122. 

Savoie. V. Anne de Ghypre. 

Senlis (ville de). XIV, 21. 

Sforza ( Francesco ) , duc de 
Milan. XXIX, 42. — XLIV, 
64. — XLVII, 66. — XLVm, 
67. — XLIX, 68. — L, 70. 
— LXXVII, 103. — XGI, 
120. — XCVIII, 129. — 
XGIX, 131. — Gn, 134. — 
GIV, 138. — GV, 139. — 
GXXI, 156. — GXXin, 158. 

Tours (chapitre de Saint-Martin 
de). VI, 7. — GVn, 141. 

Vienne (ville de). XXXVI, 51. 

ViLLEQuiER (Antoinette de Mai- 
gnelais, dame de), maîtresse 
de Gharles VIL XGVI, 127. 

Yolande de France, princesse 
de Savoie, sœur du dauphin. 
LXXXVIII, 117. 



TABLE DES LIEUX 
d'où sont datées les lettres du dauphin. 



Amboise. — VI, 7. 
Bbaurbpaire. — XXXVU, 52. 

BOUBOES. — 1,1. 

BouHQoiN. — XXV, 38. 
Bbdqes. — LXXIV, 98. — 

LXXV, 100. 
Bruxelles. — LIX, 79. — LX, 

80. - LXI, 83. — LXIV, 86. 

- LXV, 87. — LXVI, 88. — 
LXVII, 89. — LXVm, 89. 

— LXXni, 97. - LXXVI, 
101. — XG, 119. — XGIX, 
131.— CXXm, 158. 

Ghalons-sur-Marne. — XIV, 21. 
Charlieu. — IV, 4. 
Chartres. — V, 6. 
Chinon. — XVI, 25. — XVn, 
27. - XVm, 28. — XIX, 28. 
Chollet. — in, 3. 

GOMPlèONE. — X, 14. 

Ensisheim. — XII, 18. 

ESNANDE. — VII, 9. 

Etoile. — GXm, 147. 

Genappb.— LXm, 84. — LXX, 
93. — LXXI, 95. - LXXn, 
97. — LXXVn, 103. — 

Lxxxn, 109.— Lxxxm, 

110. — LXXXIV, 111. — 
LXXXV, 113. — LXXXVI, 
114. — LXXXVn, 116. — 
LXXXIX, 118. — XGI, 120. 



— XCn, 122. —XGm, 123. 

— XGIV, 125. — XGV, 126. 

— XGVI, 127. — XGVm, 
129. — CI, 133. — en, 134. 

— Gm, 136. — CIV,138.— 
CV, 139. - CVI, 139. — 
GVn, 141. — GVm, 142. — 
GIX, 143. — GX, 144. — 
GXXI, 156. — GXXn, 157. 

— GXXIV, 159. — GXXV, 
160. — GXXVI, 161. 

Grenoble. — LXI, 76.— GXIV, 

148. 
IsoN. — GXVI, 150. 
La Gharité. — XI, 16. 
La Gotb-Sadït- André. — GXV, 

149. 
La 8onb. — XXIV, 36. 
La Todr-du-Pin. — XXm, 35. 

— XXVI, 39. — XXVn, 40. 

- XXXI, 44. — xxxn, 

45. 
Meaux. — IX, 12. 
MoNCALiER. — XLVn, 66. 
Moras. — XXXV, 50. 
Morestel. — XXIX, 42. 
Nancy. — XHI, 19. 
Notre-Dame de Gelle. — Vin, 

11. 
Notre-Dame de Hal. — 

LXXVm, 104. - LXXIX, 



i 



TABLE DES MATIÈRES. 



Avertissement vu 

Préface aux lettres du dauphin xm 

Sources xxrii 

Lettres du dauphin 4 

Pièces justificatives 162 

Notices biographiques 357 

Table des lettres du dauphin > 377 

Table des pièces justificatives 381 

Table des notices biographiques 386 

Table des destinataires des lettres 387 

Table des lieux d'où sont datées les lettres du dauphin. . . 389 

Erratum 391 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupblbt-Gouvsrnbur. 



't'* 



f 



n 



I 

1 



APR 



7- 1964