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Full text of "Syria"

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in 2010 with funding from 

Universityof Ottawa 



http://www.archive.org/details/syriabei02beir 



SYRIA 



REVUE D'ART ORIENTAL ET DARCHÉOLOGIE 



SYRIA 

REVUE D'ART ORIENTAL 
ET DARCHÉOLOGIE 



publiée sous k patronage 
du Haut- Commissaire de la République française en Syrie 



ToynE II 

Avec 103 figures et 53 planches hors-lexle 




PARIS ' 

LIBRAIRIE PAUL GEUTHNER 
13. RUE JACOB (Vr) 

1921 



Sï 



(,a direclion de la Revue Syria est assurée par MM. Edmond Pottier, membre 
i\f riiistiliil. Conservateur au Musée du Louvre, Gaston Migeos, Conservateur au 
Musée du l.ou\re, cl Re>é Dlssald, Conservateur-adjoint. 



IIAMA, DE SYRIK 

PAU 

GASTON MIGEON 



Ilaiiiii, l)Ali(' à 46 kilnrii(''lros au iionl ilf Iloms on Syiio. ol au sud-csl d'An- 
lioclu-, sur li'S deux livi's île l'Onjnlr. i-sl uno des plus |iiltnrfsi|iii's villi's de 
la Syrie (lu NOid. A l'i-poquc j,'rc(i|iii'. i-llo s a|n»i>lait « Kpipliania >. (/est 
cornnuî Damas uiio M'ric oasis au luilii'ii do jdaiiios iulVrtilos: vuo di's liau- 
lours ollc apparaît cliarinaritr, divisoo ou «piarlioi-s divors par ses jardins aux 
groupos d'ailu'os magiiiliipios ol ses vcrgors; dos bords do l'Oronto ses mai- 
sous Idanclios sôtagout ou torrassos (lourios. au bas dosipioMos d'onornios 
« norias » donnent à ces rives un surprenant caraotèro. I.o Nabr-ol-'asi coule 
en ollot enhedes berges si élevées (pi'il lallut recourir à ces énormes maeliines 
ii\(lrauii(pu's pour amener l'eau du Meuve au niveau dos jardins. 

Tous ceux qui la visitèrent en ont vanté la beauté et le cliaruie. Nassiri 
Khosrau au onzième siècle, dans son iliin-i-aiic en Syrie e[ en Kg\pte, sans s"y 
arrêter longuement, ne manque pas d'en parler avec éloges'", Ibn Haliila la 
visita encore au (juatoi/.ième siècle '•'. Mais cest aux voyageurs modernes que 
nous devons le plus de dehiils sur l'intérêt arcbéologiquo des monuments 
anciens quelle nMifermait. et dont beau(dU[> ne sont plus ([ue dos souvonii-s. 
liurckliardt v découvrait en l<S|-2 les celèiues iiiscri|>lions liilliles sur des blocs 
de basalte encastn'-s dans les muis du b:i/ar. Klles ont éti- Iransporléos tiepuis 
lors au .Musée de Constantino[ile. .\ujourd iiui on voit un peu plus clair dans 
riiistoire de ce peuple des lliltiles. dont une grande ville se trouvait au sud do 
Ibuns, Qadecli. -ur la bulle de rell-Nebi-.Mondo, non biin ilu lac do (Jadas, et 
(pie découvrireni Tbouisori et lionder. C'est de cette civilisation (]ue M. Kilmon<i 
Pollior entretient savamment les lecteurs do Sfirin. 

Nous avons eu la bonne buluin' de rencontrer il \ a peu île lenq>s, dans 

1'* Sefer Saineli, relation du voyage de Nvs- l" lus B,*tita, 1, p. lil. Trad. Dffn'mory. 

sini KiiosRAi, trad. Cli. Schcfcr. Paris, Leroux, Paris, 1873. 

1881, p. 37. 

Syuia. — U. 1 



2 svr. lA 

une cullectiuii parisienne, celle de .'Mlle Lion, nne délieieuse atiiuirelle qui nous 
lionne un aspect vrai de ce qu'était l.lania au milieu du di\-nea\iènie siècle et 
nous remercions Mlle Lion de nous avoir autorisé à en donner cette excellente 
reproduction (V\. I). Kile lut prise à llania, de la rive gauche du tleuve, par 
un vo\ageui' ipii la \isila en IS:;:}, Kugène Flandin. et elle est inléressante par- 
tout re qui' la vision directe doniu.' de charnu' et de heaulé à une leuvre des- 
tinée à rilluslration d'un alhuni '". 

(iel Kiigène Klaiidiii étail un artiste l'rancais vraiineiil autodidacte, qui, né 
à .Naples en IS(t9, s'était révélé au Salon de Paris eu IHiUi par quelques vues 
li'ilalie. (i'i'dait un voyageur, car il travaillait l'année suivante en Italie. En 
l.s;!!». à la Mille d'un concours, il était désigné pour accompagner eu Perse 
l'andiassade de .M. de ."^ercey et. sur les raïqxtrts des deux Académies, tous ses 
dessins étaient leproduits dans la grande puhlicalion à laquelle M. (loste avait 
riillalioré. et qui de\ail être ciimplélée par les planches de relevés de fouilles 
et de uiiininueiils il .\ini\eoù il axait l'té désigné [lour accompagner .M. Botta 
eu llSi:î. (Vo\age en l'erse IHi:!. — N'oyage à Xinive 184.").) C'est dix ans plus 
lard que l'Iandin t'ai>ait un urand \o\age eu Asie Mineure et en S\ rie. d'où 
de\ail siiitii relie magiiilique |iiililicatiiiu lillii(gra[iliir'e sur !( Micnl (>n W livrai- 
sons et -HM planches en IS.'li. L'arli^ic mourut eu ISTli. 

Il est ruiieuv de rniit'ninler l'aquarelle si légère, lluide el délicate que 
nnii> puhlioiis a\er l;i lillii igia|ihie. planche lli de la tV' liviaison de l'Orient. 
La premirn- es! l'i ni pression \ i\e. sponlaiièe et sens! I de d'un artiste ému de\ant 
la heaulé du >ili' qu'il a devanl les veux; la lithographie e>l d'iiiii' coiiqiosition 
[du- ma>>i\e. d un a-pert plus jniiid. les (•niistructiniis plu- -ern'-es. eiilourées 
a\iT innius d amplitiiitr par li- liiauv ailires; la lumière \ est muiiis transpa- 
renle, le ciel innius li-ger: et icuiuiii' le MUilail le goùl du jour, les [lersonnages 
qui n'élaienl dans l'ieuvii' niigiualr que des unies ('(dnn'es daus l'euseudjle, 
di'N ieiiiieiit >uji-t- impnrtauts. uiaiid lavalier sui- le pnul. [leiMuiiiages adossés 
a la grande piu'le. 'l'outes deux nous otheni de Ijama en I.S.l:! uii s[iectacle 
enclianleiir. que prè-eiite ciiinre la maguiliipie \ue gèih'rali', alms [iholo- 
gravée. ipi'eii dniinail Saihaii eu !.S.s:i '•' . 

Ilaiiia cnu-.ei\e pi'ii ilr veslige-dr laiitiquile ; mai- quelipie- luoiiumenls 

" Kl .;►»►. l'iAM.iN, I iiriiiil. .Mliinii tli- li- i-'i Ki.ui \u„ Su nu;, Ihise in Syrien, pi. IX. 

lli..j(rii|ihlrii, iMKi i.luiiclii.H. Cille, l'iiris, I8:i;i. Leipzig, Itimkuus, I8S3. 




w ^ 



IIAMA, OK SYMIi: .'{ 

iiiMMiliiiaiis parlnil (Imkit de >nii y.\>>i' i>l,imii|iM'. Ni.iis navoiis (|ii'.i irili-iin- 
j:ci' Tiin (le si's (li'iiiicis vi-;ilciii<. \r plus siisiiiil .■•|.it;ia|.lii-.tr i-ii res malit-n-s. 
.\hi\ vaii hcirliciii. Il la \i-lla l'ii Is'.i:;. Il iii a rc|.in.|iiit ilivcrs a-|M'il< : la 
ri\(' fiaiiclic avcr- ses |)(inls (|iii i viiln iiic \r (|iiarliiT |iiimi|ial. la -lamli' iiin-i- 
(|iir(' cl 1rs l)a/.ars "'. cl i|ii! |MMlail jadis la Ciladcilc -- cl la ii\c dioilc avec 
CCS cidclwcs nmcs h caii. Ii's norias *-'. 

I.a grande nmsqiicc, (|ni oll'ii' les caiaclcrcs cniiiiiinns du lciii|dc-ci;lisc- 
iiii)S(|n(''c. a nnc 1res licllc cmif cnlniiicc de |ii.rlii|Hes \iiuli'-s: nue >allc de 
|iiières avec des i'cnclies massives de liinii/e de re|i(Miue des Hiandnk^ ci le 

mausolée (lal-.Malik al-Mn/allar III Malin .1. ()S:t-(i!tS .le ihé-in-. avec de 

splenilides ci-intiaphes de lioi-^ -.culidé (A'Hr//r/«/«'V/*c '/*' l'Isliiiii. I.cvdc. I!t|.», 
■21' livraisnii. |iaj;e 2.1(i. ailiclc Marna par Sdlteiidn-im i. N'an lleiihem icmar- 
(|ua dans l'anijle snd-onésl de la uiathlc Mosipn'c nii cdicnic nc-ti(i.'unal purlé 
par- di' li(dlcs ndnnno à iliapilcan\ li\/anlin> ' . de lirande analiigie avec celiii 
Av la i;raiidc \lci-ipicc de Damas, dnnl le- cnlunncs ;'i cliapileaiiv curinlliieiis 
s(inl de sl\ le plu- cla->iipic. - Kl r^' uwmc l'dicnic >c ivliniive dans la i;raiide 
musipicc de llnins. l'ciil-clic laul-il \ \nirdc- liadilinn- anliipu's un même 
(du(''licinics (le 1,1 Sviic. al'liinccs par les lc\lc>. cl v rcirnnvcria " cliandire <lii 
lrés(n- " (ph' les \ralic> app(daiciil ;i Damas .. l5ail-al-Mal ». cl à llama « klia/.na ». 

Sni- la même livc ipie la -randc m(isipn-c, cl prc- ilu llcnvc, es! nnc vieille 
mosqnce. Djami al iNiiri, liàlic pai- Niir-al-din, le mailri' de ."^aladin. cl dmil 
rinscriplion csl à s<in ncnn ( ! Iti.il : nn V voil les rcsic- d'un liean miidiar de Imis. 
— Kiicore du ddu/.icrne siècle snni les rcsics iliinc m(is(pn'c cl d'une maismi 
hàlie par un cmii' dn premier prince av vimliidi' de llama i inscriplinn de I JSSi. 

.\u Ixnd de I (»i(inlc. rive druile. en aval de la ville, -'.dève le man-uli'c 
^u cchdn'c lii>l(Micn -.••ofiraplie. .M.nl-lida l-niad. -ullan de l.lama i v i:i:tli. 
linnl la |»clilc ciinp(dc es! dnnhliM' d'un lian! minarci carn'' '". I.e nn'-me 
princi' a sa umsipicc. |iaii;ii('i' par le llcnvc .. Djami-al-l.lavava ■'. la nnisqwee 
des serpcnis, (pi'dul ehidiée .MùliiUMi cl Scvlndil '. avec des ctilumn-lles eu 
l'aisceanx scidpiccs à la façon d'mn- lic-sc dnnl le- inidnnN cnlrelacés pa- 

i" Mv\ VA> ItEiiiiiiK.M ol Ei>. Kum, Voyiigo t" Und., jil XMU. 

("Il Syrio. Mémoires de VInstilul nrcliéoliuiiiiiie (') Ihiil., |il. X\ll 

(/(( Cuire. liUl. pi. XXII. ("•, /.fitarhrifi <t,-r ,lriilsr;,rn M..r,i.nt,inilî- 

(" /^i(/., pi. XXIV. schen r.eselluh-ifl. l'.HIS. p. tyi:, (ip. \0i. 



4 SYRIA 

naissent autant <le serpents. Pout-êlre pourrait-on y voir les signes dun talis- 
man contre la morsure des reptiles, ce qui serait desprit bien arabe. 

Beaucoup de maisons arabes, tout à fait charmantes, la plupart du dix- 
septième siècle, se rencontrent encore dans la ville; assez semblables aux belles 
demeures de Damas, elles font déjà pressentir rarchitecture civile dAlep. 

Ces monuments musulmans de Hama, comme d'ailleurs tous ceux de la 
Syrie, doivent être analysés, étudiés, et leurs inscriptions relevées et déchiffrées 
sous la direction de Max van Berchem ; ce travail doit faire partie du Corpus 
Iiiscriptionum arabicarum publié par lui sous les auspices de l'Académie des Ins- 
criptions et belles lettres. 

l'eut-ètre pourrai-je ici apporter une très modeste contribution à ce tra- 
vail, pour la partie des inscriptions mobilières, en signalant un beau monu- 
ment de marbre (PI. 11) qui, depuis longtemps, a dù"ètre arraché à l'édifice de 
Marna qui le renfermait. 

Cest !•' bassin de fontaine de marbre, qui appartient au Victoria and Albert 
Mu.settm de Londres, et que javais publié pour la première fois dans le Manuel 
d'art Musulman, tome 11, fig. 61 (l'icard, Paris, it>07). — C'est une grande 
vasf|ue de marbre blanc, dont la paroi extérieure est couverte d'un magni- 
fique décor en relief de splendides rinceaux lleuronnés sur un fond plus 
inini-.e de légères sculptures, selon le principe connu de décoration à deux 
plans, ipi'on rencontre de luèuie nature et de même style dans les plaques 
d"ivf)ire qui décoraient les vantaux des portes de cèdre à assemblages polygo- 
naux, loinme il en exista surtout au (.'.aire. 

Celte cuve concave porte une large margelle octogonale, selon un principe 
de conslruclion qu'on retrouve iréquemment dans les minarets de mosquées 
passant ainsi de la forme cireiilaire à la p(dygonale. El sur les huit pans cou- 
pés de la margelle, se développe une l)elle inscription en caractères neskis, 
qui a été ainsi lue par .M.M. Max van BerchcMU et Cuest: 

^Ul U\^\ JU»U«J1 ^}\ii\ J:>U1 ^Ul j_^l dJu}\ OIUJI UVjJ ^ 
dU\ jlUJl ^ ju^ JLJ\ ^\ ^.oJlj LaJI _^i; j^,^:^\ ykJl j^_^| 



ty l'j- 




-3 ^ 



^^3*' 



HAMA, DE SYRIE 5 

« Gloire ù noire Seigneur le Sultan, roi victorieux, sage, juste, guerrier, 
conihatlaiit contn' les inliJèles, sauveur du Monde et île la Religion. Ahu'-l- 
Ma'ali Muliaiiiniad. fds do .Mal.imud, lils de Muiiarnuiad. lils dOuiar, lils di- 
Shaliinsiiali. lilsd Ai\id). année (»7() de l'in-girei 1277-1278, ère chrétienne).» 

Ce .Miil.iaiMiiiad. d apn"':^ van Herchern, est 1 Ayyuhide. sultan de l.iania 
(Syrie) qui y régna de 1244 à \±Hl. 11 descendait de la fauiilli' de Saladiti 
et était l'oncle du célèbre historien Ahu-l-lida. prince de IJauia. 

Cette fontaine a m. -td centimètres ilr hauteur, o m. S(i centimètres de 
diamètre intérieur. 

Elle fut acquise au Caire en ino:{ par le Musée anglais, ainsi que (juelques 
autres belles choses, des mains de Daninos pacha. Il serait intéressant de savoir 
de quelle cour de mosquée ou do palais de IJama elle provient et si quelque 
vieux souvenir en a sid)sisté dans la ville. 

Gaston .Migeon. 



L'ART HITTITE 

PAR 

EDMOND POTTIER 
(Troisième article.) 

IV. ZENDJini.I '" 

A louost de Karki'inich. adossé aux contreforts du mont Anianus qui est 
comme un bastion avancé de la chaîne du Taurus, commandant le croisement 
des routes, les unes qui viennent de l'ouest par les cols des montagnes, d'autres 
qui remontent vers le nord du côté de la vallée de l'Halys ou qui inclinent à 
l'est vers l'Euplirate, Zendjirli occupe une position stratégique et commerciale 
de première importance. On s'explique la prospérité de la ville ancienne qui 
y fut établie, mais dont nous ne connaissons pas encore le nom historique. 
Ouanlité de tépés (monticules) sont répandus dans la région et attestent la 
présence d"hal»itats antiques, mais celui-ci est le plus important et les fouilles 
y ont été très fructueuses. Klles donnent l'idée la plus précise de ce que fut 
une cité hittite avec ses murs d'enceinte forliliée, ses poternes, sa citadelle 
et ses palais. C'est |>iiunpii>i nous jiourrons nous arrêter ici avec quelque 
délai! sur l'archiletlure. 

Ces belles déciiuverles sont dues à une exploration allemande qui fouilla 
le site de ISHH à IS!)I et consigna li- résuKal do ses travaux dans une grande 
publication parue de !«!•.{ à l!lll : Ai(s(/ni'iitni/:ii in Sni(lsrliirli i Mtitheihnxjm 
am den nrieiilfilisrln-n Stimmlini'iiii ). 

Chaque partie des édilices y est étudiée avec le plus grand soin cl fait 
l'objet d'obsiM-valions très instructives; mais les fouilleurs ont éprouvé souvent 
de graniles difiiiidtés ii déterininer la date des dilférentes constructions, pour 
la raison di'jii duniiiT il;ins iinlti- l'Iiidi- sur Karkéiiiiili : c'est que les [)alaisont 

I' U nom lie <flti> liM-nlil.- .-si orUiogriif liir (liipr.\s les plus rcceiilcs nolalioiis des oxplo- 

il<- ilivtTw» rBÇtiii!! ; Sindjirli ^l»f:mi..T-Ciii- râleurs frani.ais. CVsl ce dernier vocable que 

cir/, IV. p. t^,M), Sinjerli ^^:^llSTA^c:. p. -^Tlt), nous avons adopté ici et sur notre carte 

S«ndM-blrll 'F. v. I.isciitx, p. i), Zendjirli (fig. l). 



CI. ill 




V,ii. il. 
'Inii ili' /l'uiljifli. 



i/Airr iiniiTE 7 

siil)i des rcmanicmenls importants à dillénnUcs ci»ot[uc's et que. il'uiie part, 
on a dû se servir des blocs anciens en Ii-ur attribuant une destination nonvelb', 
tandis cpic, d'autre part, on y a ajouté des parties tout à fait neuves. I/incerli- 
lude Hîste grande pour distinguer ces éléments disparates ri. en labsence 
d'autres indicMlioiis, c'est encore le style des scul[)lures qui lole Ir [Aw^ sur 
critérium puur dalcr les œuvres. 

(Jiioi (pi'il en soit, riiisloire ili' l;i i ilc anlifjue qui s élevait sur l'enqdace- 
inent dtî Zendjirli a été reconstiluee. autant que les fouilles li' permettaiiMil, 
par M. Koldevvey et nous eu résumerons les faits essentiels "'. (;iin)noli>gi(|ue- 
mciil, on [K'ut distinguer cinc] coucbes dont deux sont datées avec certitude, 
la ciiKpiiéme et dernière par des inomuiies b\/.antiMes et loiuaines. la troisième 
par des inscri[)tions du règne de Téglat-pileser III. I.;i pn'iuiiii', mnlenant des 
restes de itàliments insigiiiliaids. sans traces de l'orliliciition^. i'\o(pic une 
('•po(|ui' de l'oi-malion anleiicni-e au Irei/.iéme sircle. La mtoihIc. ipii di'- 
bulciail \eis l!!()ll. a \u eoiisdiiiir le iiiiir iiiliMirur ijc la villr, le iiiui' clr la 
citadelle a\ec le nMii|iarl ol)li(pie (pii est \eiiu s'ap|)ii\ rr de cliatjue coli' dr la 
polerne l> de la ciladclle. cl proliablciuiMil le plus ancien palais <ll'i .situe au 
sommcl (le la colliiie i \(iii- lig. il, pi. III . l 'ci ni a ni la lioi^icnie se sont ('de\ es 
Icsdeu.x autres [)alais (11 -, Il '), du côté ouest, ipii manpicnt l'apogée de l'arclii- 
teetui'e el di' la scHl[ilui-e liitlites. .M. l'uclisleiii a pioposé' la date tlu milieu 
du dixième siècle [lour les reliefs (pii oiiieiil la polcine A de la \ ille cl celle 
du neuvième pour ceux de la porle Dde la citadelle '-'. On connaît aussi les 
noms des premiers vassaux des rois d".\ss\ rie i neuvième el Imitièiue siè( lesi 
ipii on! lésidé dans le château et l'ont endielli par leurs travaux d'art. La (pia- 
trièuu' est marquée par la ruine de la cité el par sa rcstarrraliou arr terrqi> 
drr roi assyr-ien .Vssar-liaddoii (seplième siècle) : on v ajoirle des constr-uclion^ 
nouvelles comme les casemates F du qiiaitier Ksi. le palai> du iraut (pri rciir- 
place le plirs ancien palais au [loinl cidminaul des liàtinrent> du rnu'd et |>id- 
bableurerrl \o mur extérieur (pii double la gr-ande eiiceiirl(> de la ville. .Mais une 
iKUivelle catastrophe, sans doute survenue peu de leuq» a|uès, livre errcore la 
ville à I iruendie et à la <lestructi(Ui. .\ [tartir de ce iruum-id >'ouv i-e la cinquième 
et dei-nièrt> période où l'aucierme ville végète el achève de se di.><suudre [leu 

(" liis;/;-(i6ii;i;/i';i, p. I7"2 ù 178; cf. Gaiistanu, (*' Nous priisoiis. oorame on le vrrra |«r la 

Tho liiiiil (./ Ihf llillilcs. p. 27->. suito. que ces dnlos sont Irop Imssoii. 



8 SYRIA 

à peu ; l'emplacement continue à être habité, presque jusqu'à nos jours, 
mais ce sont de misérables petites maisons qui s'installent dans des 
ruines. 

Plan général. — L'enceinte de la citadelle suit les sinuosités du sommet du 
monticule formant acropole et affectant une forme à peu près ovale 
(fig. 41. pi. III) '". L'enceinte de la ville, au contraire, est régulièrement cir- 
culaire et comprend doux murs concentriques, laissant entre eux un étroit 
espace qui sert di- clicmin de ronde. Celte disposition, on le remarquera, 
nesl pas d'Ile des villes et palais assyriens construits sur plan carré, comme 
on le voit à Kliorsabad et à Nimroud (Perrot-Ohipiez. fig. 144. 145). Le 
plan liittiti'. ovale ou circulaire, se rapproche davantage des habitudes pri- 
mitives qui ont délerminé la structure des maisons et des cités. La maison 
est dabord une butte ronde, rappelant le petit bouquet d'arbres qu'on a réunis 
par (les palissades de roseaux et de branches pour en faire un enclos fermé 
(maison de Romulus sur le Forum romain, temple de Vesta. urnes étrusques 
funéraires '^'j ; elle devient plus tard carrée. De même, la ville primitive s'est 
installée sur le bord circulaire ou uvale d'une hauteur, d'où l'on surveille la 
plaine et où l'on se met à labri derrière une muraille. Le plan caiTé résulte 
dune conception humaine qui n'obéit pas à la nature : il est plus récent '^>. 
Le plan de la ville hittite de Kadech, que nous ne connaissons encore que 
par la liguiation de l'enceinte sur un bas-relief égyptien (Perrot-Chipiez, IV, 
lig. I;)7), offre la même disposition circulaire '*'. 

La grande enceinte de la ville a environ 720 mètres de diamètre, ce qui 
doiHie une superficie totale d'environ 40 hectares, soit un demi-kilomètre carré. 
Le plus grand diamètre de la citadelle est un peu inférieur à 300 mètres et 
le plus petit compte 200 mètres. C'est une petite acropole pour une petite ville. 
Le plus grand palais à l'intérieur a 125 mètres de long et environ 00 mètres 

l'il.i'plnn (ig. 4I,|)I. Ill.aétûconstituûd'nprca (^) M. Koldewev a rôsuraô l'historique du 

lus iudiralioii» (ouriiies |ittr la |»l. X.XIX, pur pliin circulaire et du plan carre en Orient 

In fig. 108 do In p. 2(>î, pnr lu fig. 17') de la (.\usijrah., pp. 178, 179). Cf. Noack, Ovalhaus 

p. -M) dra Aiisijrabiinijen in Sendsrhirli. CA. uiui PnlasI in Krela, 1908. 

Maspkro. Ilitl. ani\ pciipi. Orirnt, l\\, p. 147 Cl Le plan moderne do l'oraplaccraent sirp- 

l])laiM, et III, p. 1 i9 (rcslilutiiin du palui-s). posr de Kailccli est donné pur koLDiiWEv, 

<•' Cf. Dirl. des Anliriuités de Saclio, art. iind., fig. 81, p. 179. 
iJomiit, p. 349 (MoncKAUx). 



LA UT HIT'IITE 9 

de large. Nous sommes loin des vastes espaces uccupi-s pur 1rs lùiistrmliuiisilc 
Sargon ou de Sennachérilt. 

1/oneeinte générale de l.ivilli' cniiipniid trois poternes (A, B, (i. lig. il, 
pi. III I. an sud. à l'ouest et au nord-est. Celle du sud (.\) est assez bien con- 
servée el seule ornée de sculptures. Les murs ont de '.i m. 10 à 3 m. .")0 d épais- 
seur, Manques de distance en distan(<e par des tours saillantes. I^es fondations 
sont en pierre et ne vord pas plus proi'oinlément (pi'nn mètre; la superstructure 
ne subsiste plus; on y voit beauiou|i de didiiis de li'rre cuite uièli'-e à riminiis 
(pii recouvre les ruines. 

L'enceinte spéciale de la citadelle se compose d'un unir ouvert au sud 
par une porte (D) ; il suit la crête du monticule et présente une foinie à |»eu 
pro o\ale. En arriére de la porte un second mur de traverse, s'appuyant 
obli(jueiueiil de iliaiiue cùlé- sur la muraille, détermine uiu' sorte de cour in- 
ir-riiMire i|ui foi me un réduit de d(''fense et empèclie d avoir accès immédiale- 
MMMil ilan> le ceiilre île la riladidle : il faut francliir une autre poterne (E) 
pour être maître de la place. 

.Vprès avoir fran(dii cette lrui>ième porle. ou trouve -ur le plaleaii «le I acro- 
pole quatre groupes de bâtiments (F, G, .1. It.) — I A droite, du cote de lest, 
une série de <iuator/e |>etites cliand)res étroites ipii pou^ aient .servir de case- 
mates ou de logements pour la garnison, les « lievaux et le n)atériel. mais il est 
possible que ces constructions datent seulement de I époipie assyrietuie. du 
règne d Assar-liaddon "'. — 2" .\u nord-est les restes ilun palais ((Ji qui. lui 
aussi, send)le récent, mais (pii aurait reujplacé une construction plus ancienne, 
antérieure au iieuvièuie >iècle cl (|ui représentait l'habitation royali' «les pre- 
miers temps: placée sur la partie la plus éminente du monticule, elle dominait 
le mur et pienait vue sur la plaine : c'est le liilani 1 (11 ' de la lig. H ). — M" .\u 
nord lie la terrasse un baliiueiil {.\ i dont la destination n'est pas bien délerniinee, 
mais (pii parait a|»|iarleuir aussi au plan de la première é[»oque, avei" le liiluni]. 
\ une date postérieure une autre con^lruclion (K). probablement le temple ou 
la chapidle du culte, serait venue s apiiu\er sur ce bâtiment, précédée d'un 
perron ou d'un portique à colonnes, avec une grande cour (.M), où donne accès 
une poterne (^d) décorée de sculptures. — i" Enlin. à l'ouest, de cbaque coté 



(') /\ijsj/rub(i/ij/., p. I3;t, 17-2. 
s^RiA. — n. 



|y s Y R I A 

d-une cour centrale (R), bordée de portiques, deux palais, le hihmi 11 et le 
l,ih,ni m. reli.-s entre eux par de larges portiques, constituent la partie la 
mieux conservée et la plus importante de tout cet ensemble architectural ; 
cependant il est proliahle (|uils ont subi des remaniements et des réfections 
à diverses dates. 

De C3 majestueux décor peu de pièces -sont restées en place : les unes ont 
été transportées au Musée de Berlin ; les autres sont à Constantinople. 

Sthictlbe des bati.me.nts l". — Le plan actuel des palais et la division en 
chambres multiples, donnant sur des cours carrées, rappelle l'aspect général 
des palais assvriens '-' et il est probable que l'influence des architectes de 
Ninive s'est exercée puissamment sur l'art hittite à l'époque des dernières ré- 
fections. .Mais ce qui est resté, par tradition, un élément bien national et local, 
c'est le procédé de construction. L'Assyrien, bien qu'il ait du bois et de la 
pierre dans les régions montagneuses voisines, se sert avant tout de la 
brique dont il fait des murailles très épaisses ; il suit docilement la tradition 
clialdéenne, et s'il a, sur ces murs de briques, appliqué en plinthes de larges 
lias-reliefs d"ali)àtre sculpté, c'est qu'il a probal)lcment emprunté aux Hittites, 
comme nous l'avons vu, ce genre de décoration. Le constructeur hittite, au 
contraire, use des ressources de son pays et fait œuvre originale : il bâtit dos 
fondations de pierre au-dessus desquelles s"élève un gros mur de briques crues 
et il établit à la base de larges dalles de pierre pour renforcer et consolider 
ses assises. De plus, sur les fondations de |)ierre et dans le mur de briques, il 
place un autre appareillage, une sorte de châssis de bois (juc forment des lits 
de poutres dont les intervalles sont remplies par des pierres sèches'^'. 

Dans riiicendii^ (|ui di-lruisil \r palais, les bois ont brûlé et il ne reste plus 
que leur [ilace vide, formant des (;avités (pii traversent la masse dans son 
épaisseur conmii! des tuyaux de canalisation, et l'on y trouve encore des 
dél»ris de bois ealciné et noirci (d des cendres '". Le Miénie système a été em- 
ployé dans uni- région qui devait subir naturellement linlluence hittite. àTroie, 
l»uis, dans la tirèce mycénieime, ii Tiryntbe. Ces faits ont été exposés par 

('• Pour rcs ilt'-liiil;) |Mirliriilicr$i. in)u.'> nou:^ dans les Beilràge :ur Assyriolugie, IV, p. 2'27. 

■crvoil!* (le IVIuilr- «11- M. Kni.i.KwKV, ;*ii,syni- (•> Aiigyrab., III, pi. 30. 

buwjrn, p. 102. de r.-ll<> île M. Jucoby, id., (^I Cf. Ausijrab.. pp. IO;i, lO-i, fig. 39, 40,03. 

p. iOT, cl de Inrlicle de .M. Tu. Kiui uiiu.ii [*} Cf. id.. fig. 137. 



i/AHT iirniiK 11 

(i. Pi'inil (NI. pp. MIS il ity.], et p. iK(l) : nous en voyons aiijoiiiiriiui l'iinpor- 
tarico, puisqu'ils sont nu t(''uioi^naj;o dr IVxlonsion di's induenccs liitliles à 
longue (Jistancp. II fsl vrai (\no M. Frictlfich (op.l., [». 220 o[ sniv.) a ooutosté 
les ox|tlicalions di» Knlili'W cy cl ilo l'crrot : ce sont iiii-u. dapivs lui, des 
canalisations pralii[urfs dans li'S niuiaillps do i»ri(pu;s. cl non pas des iiispr- 
lions di' |)ontri's: If bois up pourrait jms luiilcr sans air <lans une masse aussi 
roiMpacte. Ces tnvauv iraiMation asaii'iil pniir liut d"a>-.iTlii'i- la eonslrurlinn 
de l)rii|ues crues; on y amassait aussi des malii-res si-clies itdlammalili-s, de la 
paille, des morceaux de hois, qu'on lirùlait pour activer la dcssiccaliftn. Tou- 
lel'ois, maitiii' celle di\er;.'cncc sur ce diMail, M. l'iii'dricli est d'accord avec 
les autres pour constater 1 emploi caractciistiqui' du iiois tians 1 architecture 
hittite : coloimes de hois sur socles de iiierre. faiti" et rouverlure en hois, ce 
qui permcUail des [loutres de ^Maiidc volcc cl des salles plus larges (|u*en 
Assyrie, on la couverture en voiile ameuail à construire des salles longues et 
étroites (l'errot. II, lig. :i9, «!». !•()). 

Les Iniques des murs sont larges et plates, à la façon chaliléenne: l'argile 
en est mal épurée, mêlée de calcaire et di' paille. Kxti'-iienremcnt le mur est 
égalis('' et plané, recouvert d'un enduit assez, l'-pais qui di.-Nsinnde les joiids. Les 
bases de colonnes sont en pierre, mais on n'a retrou\c [ii fut. [li chapiteau •", 
d'où l'on conclut que les colonnes étaieid de hois et soutenaient sans doulo un 
plafond PU bois, foruuuit à la partie supérieure une terrasse que l'on recou- 
vrait de leri-e ]iiIoini(''e (-'. comme on en voit encore aujourd'hui dans les mai- 
sons u\o(lernes de la région '■'''. On a i-elrouvé aussi des dallages en carreaux île 
terre cuite '". 

Tel fut le caractère spécial de celle architecture analfdierme et syrienne 
qu'on retiduve d'une part en Troade. d autre part en Palestine avec le tem|ile 
de .lérusalem et le palais de Salonu)n, ipii fut adoptée parles Perses au temps 
des Achéménides. (pi'on observe enciu-e après l'ère chrètieune dans le palais 
de C.hosroès à Ctésiiiliou et (pii |ieruiel même de lallacher le palai'^ hillile h la 



l'i Dans lo liiUiuu-nt J du plnii (fip. -51. nique, iiisliilliV ilniis les ruines de rnueieu 

pi. Mil, on 11 reeueilli une luise surinouli-c pulala hiltile. 

iluii Ironeon de eolonne cannelée en pierre ('i Cf. p. 1 l'i.fig. i3, pi. XX.\ ; p. ilf>. fig. ISi. 

(p. "281, fig. 187\ mais on pense qu'il s'niiit t-'i I'khikit-Chii'Iei. IIUI. </<■ r.lr/, II, fie. ,%8. 

d'une eonslriiermii lardive. de l 'êpixiue liellé- l*t \«.«<;rii/i.. fip. 1,'!). ^6': 



12 



S V R I A 



mosquée musulmane i". 11 est hors de doute que les Assyriens néchappèrent 
pas à cette influence, car dans plusieurs textes de leurs annales il est question 
du bâtiment hittite appelé « hilani ». Téglat-pileser 111 (745-727 av. J.-C.) 
construit à Ximroud « un hilani en forme de palais du pays des Hittites pour 
son séjour de repos ». Sargon 11 (727-705) rappelle sur les taureaux ailés 
qui sont au Louvre {CaUil. Antiq. Assyr. p. 64) qu'il a construit « un bâtiment 
que l'on nomme hilani dans la langue du pays de TOuest '-' ». On conçoit que 
de tels témoignages fortifient singulièrement la thèse soutenue aujourd'hui sur 
l'antérionté de la civilisation hittite. Certains monuments assyriens eux- 
mêmes ont reproduit les particularités essentielles de Vhilani hittite (Perrot, II, 

fig. 80). Les Assyriens parlaient 
donc de Vhilani comme nous 
parlons d'une vérandali de l'In- 
de, dune window anglaise ou 
d'un hall, d'un patio espagnol : 
c'était pour eux l'introduction 
d'un élément exotique dans leur 
architecture. 

Notons aussi une différence 
importante dans la structure des portes chez les Assyriens et chez les Hit- 
tites. On sait rimportance non seulement militaire, mais aussi religieuse 
et symboli(pie de l'entrée dans les villes et dans les palais de rftrient. On 
dit encore aujourd'hui « la Sublime Porte » pour désigner le gouvci rieuient 
ottoman. C'est que la Porte est l'endroit où se conci'nlienl tous les iiioxciis 
de défense matériellt! et surnaturelle : forlifications. gardiens, soldais, 
images de divinités, génies et animaux faiilasliiiues. Ceini (jui est maître de 
la jtorle devient maître du palais ou delà cilc : il a Iriomplié di's honuues et 
des dieux. C'est la clef du pouvoir. En Ass\rii>. la porte est un haut passage 
voûté, une sorte de porche monumental entre deux tours, connue le pylône 
égjplien (Perrot, II, fig. 1<)5. |(»7. "210). Au pays hittite, c'est un donjon mas- 
.sif et carré, composé de deux constiiutioiis épaisses qui contiennent des 
(•liaudu-cs et îles logcltes et ipii laissciil entre elles res|iac(> d'un large vesli- 




(" Aungriili., p. 19"2. 

O Voir If» toxii.'» citi^s iliins les .\iis(irahHn- 



]>. ISil, et dans rnrliclc ilo lMiu;i)uirii, 



LAiii' iiiriiii-; 



i;? 



l)iil(' ouvcrl t'ii croix, dont It's |ia mis .sont niiinii;s ;i leur \ni->f diini- iilinllu' «le 
reliefs sculi)lés '". Nous verrons plus lard la forme spéciale des [lortcs à 




Hojflia/.-Keni et à Knviik '-' A Zendjirli. il y a trois imternes à franeliir : cflli' 
de la ville et les deux portes de la eitad.die (\, l>. K de la ii^'. i!. jd. III . 




toutes trois ronstruites sur di> plans similaires. Icuiles Iroisdéeorées danimaiix 
proleclenrs. surtout tle lions faisant saillie sur la maçonnerie et montrant leurs 

(" Voir le plan <U> la potoriie de la riln- Hiltiles, p. i'ii. ol plus loin noire fig. 53. 

dello, donné par Gmistaxc, Tlie l<iml ../ thr (*i Cf. Eu. Mk\kr, ChfUtrr, fig. 5. 0. 7, 9. 



14 SYRIA 

crocs menaçants, ou (Vautres figurations en relief, sphinx, taureaux, cavaliers, 
génies ailés, qui complètent l'aspect redoutable de cette garnison prête à re- 
pousser l'assaut des mauvais Esprits et des divinités malfaisantes, pendant que 
les soldats livreront bataille aux assaillants ennemis. Le palais lui-même, 
comme Ta montré M. Koldewey "^ ne sera qu'une répétition ot un dévelop- 
pement de la porte d'entrée. Par exemple IhiUmi III comprend un perron, 
soutenu par deux colonnes à bases de lions, qui donne accès dans une salle 
spacieuse rectangulaire; au fond, un couloir étroit al)oulit à une autre salle 
plus grande encore: enfin, en arrière, se trouvent d'autres petites chambres, 
appartements privés où l'on remarque une canalisation d'eau pour le bain *-'. 

Notons encore un principe de construction qui s'applique en général aux 
édifices orientaux et qui est opposé à celui des Grecs : développement du plan 
en largeur et non pas en profondeur. Les palais crétois sont encore soumis à 
ce principe '^>, tandis que les Achéens et les Doriens ont l'épandu en pays grec 
le système du bâtiment en profondeur, avec façade plus étroite. 

L'.-Vssvrie n'a guère employé la colonne que pour les constructions légères 
et elle la faisait on bois recouvert de métal (Perrot. H, p. 208). On ne connaît 
qu'un seul fragment de colonne en pierre {ihid., p. 217). Les chapiteaux sont 
généralement pourvus de volutes et l'on a des raisons de penser que la colonne 
et le chapiteau ioniques sont venus aux Grecs par l'entremise des populations 
asiatiques <". L'architecture hittite a eu sa part dans l'élaboration de ce type : 
elle a créé un modèle de colonne en bois, portée par une base de pierre. Ce 
fui le système employé en Grèce, à Mycènes et à Tirynthe '^'. C'est encore 
l'usagf. rians certaines maisons modernes de la région de l'Euphrate, de faire 
soutenir la toiture de poutres par des colonnes en bois montées sur des cubes 
de pierre (l'errot. 11. fig. o8). Dans les palais de ZcMdjirli on a retrouvé en 
plusieurs endroits, dans les porli(pies. les bases tle colonnes encore en place 

l'i Ausgrnhiingen, p. 183 cl les fig. 82, 83. Winckelmanns feste (1891), avec le résumé de 

Cl Cf. F. Bknoit, VArrhilecture (.Knliiiuilé), ('.. Pfiirot, llisl. de l'Art, VII, p. 603 et suiv. 

p. 153, fig. 9."i. Corlaincs inscriptions hiéroglyphiques dans 

(■"• Voir R. I)i..H9AL't>, leg CivilUalions prc- les reliefs hittites représentent la colonne 

hrHif/ui/dM, i' étiil., pi. X. cannelée avec son chapiteau à volutes; 

Cl Voir le mémoire île l'i chstkix, Dns ioni- Ko. Mi:YKn, Cheliler, fig. 16 à U. 

trhf Capilrlt (1887). et lélutle de M. R. Kolde- (^"I Pehhot, VI. pp. Îil6-318, 688. 
wKT, Meandrirt, dans 1» 51° ['roijramm zum 



L'A UT HITTITE 



15 



(lig. 42, 43) <". Elles ont la forme de coussinets ronds, épais, comme la base de 
la colonne ionique '-'. C'est bien une jireuve que le type grec est emprunté, car 
liircbiti'cte ionien n'avait aucun besoin dappuyer sa colonne de pierre sur 
une base séparée ; il aurait pu la |)0ser directement sur le dallage, comme un 
l'a fait dans l'ordre dori(jue. Mais il a copié un modèle où la base de pierre 
était iiidispensable'pour porter et consolider une colonne de bois. .Nous n'avons 
malli(!urcusement aucun exenq)le de cliapileau ni de fût billite, puisipiils 
étaient en matière périssable. Néanmoins la filiation avec l'art grec .se poursuit 
dans d'autres détails : par exem[ile, les colonnes sculpléi's du vieux temple 
d'KpIièse, patiemment reconstituées au .Musée Britannique '^', préseiileid une 
base liante, d'un caractère oriental, avec un pourtour décoré de 
ligures marchant à la lile. comme sur les plinthes sculptées des 
[lalais hittites et assyriens. C'est une synthèse des éléments ilé- 
i-nralifs placés près du sol par les architectes asiatiijues ; c'est une 
adaptation adroite et un arrangement original du décor monu- 
mental de 1 .\sie. 

Quand le su|p|i(prl de la (.(ildiinc est un gimipe de s|iliin\ on di- 
iaiirtiiiix. le fui ne repose |>as ilirectemeiil sur le dos des animaux. 
L'arcbitecle a inleriiosé un coussinet de [lierre.à lore haut, qui est 
[)lacé coiimie une selle sur la croupe des sphinx et (|ui sendile 
l'aire corps avec eux (lig. 4i et lig. 'in. 'il. pi. IV'*'); c'est sur ce 
coussinet ipie la colonne de bois éiail lixée. I)'après le nondu-e des 
cannelures de ce sujiport on peut calculer le nondue des caimcbires <lu fui bii- 
mème; on retrouve aiii>i le nombre de ii cannelures <jui fui précisémerd 
celui lie la colonne ioniipie des Cnus à l'èptMpie classi(|ue. J.es mêmes formes 
arcbilei'turales. les mèuu's ornenienls pouvaieid èlre <'m|do\és pour d'autres 
supports, coiunu' (le> pieds de nieul)!es (lig, l-'i i ' '. Les diineiision> d le galbe 




l'' Nos figures d'après .iuitjrabttmien, II, 
p. \\i, (ig. i'i, 48; cf. p. 150, p. IGI à 105, 
pi. XXIV h XXVll; p. '237, fig. l'.C; p. 'iOT, 
fi^'. 171, p. '291, fig. 1U8; p. 558, pi. .\LIX 
it LUI. 

('•'I F. Bknoit, l'Architecture (Antùiuitê), 

p. .r,n. 

(' rfiiHOr.VIl, pi. X.ii<" I; Iliii;\iiTii. /■.".ridi'd- 
ions (1/ /v'p/ie'sus. ['.m. pi. IV. V. pi. XVI. ii" 1. 



(«1 D'nprrB Aiisiiral,.. M, pi. XXXII!; .( 
p. ItiO, fig. 77, et p. 197, fig. H8. Voir nu».«i 
Mtsi'Kiio. Ilist. une. fteiifil. Orient ctats., III. 
p. -207. 

(^' Dnpri's Kustjrnb., p. 198, fig. 89: 
cf. K. Ui-.NOiT, l' Arcliilecture (Aniiquile), 
p. 35i ; VON I.isciiAN, Entstehung und ller- 
Ixiinfl lier ion. Siiule, daos der aile Orient, 
XIll. Il» 4. 



16 SYRIA 

de ces supports de colonnes sont d-ailleurs très variés (fig. 46) <•' : ils révèlent 
une grande souplesse dans l'évolution des formes architecturales. 

Il en est de même pour le décor. A Zendjirli, le système de décoration des 
base* se ramène à deux types : 1° base en coussinet simple ou coussinet double. 

avec décor en faible relief de feuil- 
les, de palmetles. de rosaces ou de 
torsades dont l'aspect décoratif est 
très original (fig. 47. 48, 49)'^', et 
où Ton notera la fréquence des or- 




nements en vidutes, des torsades et des tresses, éléments essentiellement asia- 
tiipirs: le décor en torsade, imiliuil \iiic corde cnroiiléo, se retrouve sur une 
base grecque ionicpie. d'épiMpic ancienne, trouvée à Cliio *^' ; 2" base en forme 
d'animal ou de dcu\ animaux |ilacés cote à côte, sphinx ou taureaux : la co- 
lotnic s'insé-rait dans nii Inm pratique sur le ilus de 1 animal isolé, ou bien sur 
If coussinet que |»ortaii'nt les deux bètes conjuguées (lig. 44, oO, ôC pi. IV, et 
."12) '*'. I.à encore l'art hittite a montré sa force d'invention et sa puissance 
d'expansion. L'art assyrien a reprodiiill;! base en coussinet et lacolouTic à base 
animale, quand il a vc»nlu caracli'riser ra>pect de Vhilmii hittite ^'^K 



C' Uisijrnli., |i. 1!»«. fig. !I0. 

l»t D'npns Aiisijrnhiimj,',,. pi. XXXIll <t LUI. 
l'I fip. p. 301 ; cf. 1rs fiir. «I.'S pi. I 11 I '.H l'.lT. 
«r., '293. 



i' Juhrh. Insl., \'.>U\. ,l;i:fi;;,-r. p. -202, 
fig. 9. 
('I .Xiisiinih.. pi. XXXIll, LVI, et fig. p. 339. 
(S) l»Em.or, 11, fig. 8-2, 8G. 




Ki<;. m. 




Kl.;. SI. 
Sphinx ili- Zi'iuljirli. 



L'AiM" firrriTE 17 

M. Kolilcwcy fait loiiiaïqiirr " «iin' dans la suitr des k-mps on retrouve 




cette loriiir dans larcliileiliire aialie et maure (vasque de I" Alliandita sn|>_ 




IKiili'c par des ((doniicttes posées sur le dos de liotis) et dan> les niunuiiienls 



('; I'khhot, p. l'.l'J. 
S1H1A. — M. 



18 



S Y R I A 




chrétiens du .Moyen Age ijuiplislère de Pise par -\icolas Pisano). Dans la sta- 
tuaire religieuse, une formule hillite analogue, celle du dieu debout sur le dus 
d'un animal, n"aura pas une fortune moins prospère, et nous venons sa 
longue lignée s'étendre jusqu'à nous, avec les prophètes dressés sur des bêtes 

monstrueuses au portail de Saint-Gilles 
du Gard et à la cathédrale de Chartres. 

SciLPTinES DES POTERNES ET DES PALAIS. 

— On peut distinguer ici quatre groupes 
do sculptures : 1" des reliefs engagés 
dans la muraille et faisant des sail- 
lies on ronde bosse : 2" des reliefs ap- 
pliqués en frise le long des parois, au 
niveau du sol; 3" des animaux en ronde 
bosse, servant de bases aux colonnes ; 
4" des statues du culte, en ronde bosse, 
f""-- ''-■ posées sur des piédestaux sculptés. 

Disons tout de suite que dans au- 
cune de ces catégories on ne saisit une paronlé intime avec le ilécor ass\rien, 
sauf dans les reliefs en frise de lu dernière époque. En général, les sujets sont 
autres, et partout le style est 
différent. Cependant ce ré- 
pertoire n'est pas inventé de 
toutes [lièces: il est lié aux 
souvenirs et au\ traditions do 
l'ancienne Chaldée et de 1 an- 
cien Klam. 

Il est remanpiable ipio le 

décor sculpté e>t i)lus alton- 
, 11.;. ..a. 

(tant encore dans les poternes 

que dans les palais, et ce fait semble justilier limportance (pie nous avons 

allrii)uée plus haut à la signification religieuse et symboliiiuc do la Porti'. 

I.rs jioiics ihi.r lion.t. — \j> motif classique par excellence dans la (lécoiatiuii 
«les portes est le lion ; dans le décor assyrien il est inoinsfréqueni ipu» le taureau 
à tète humaine. Chez, les Hittites c'est une tradition venue de l'art sumérien 








r 



19-21. 





Lions ilf /iMiHjirli 



I.'AIiT IlITTlIi: 



10 



où les animaux symliolifun-s sont principalcnirnl h' lion d l'aiplo '". Lo lion 
(lovant la porto est iinc s(trlo de surveillant i-t i nu m- |i(miI scnijn-cluT ilt-vo- 
(|uor ici le souvenir de la célèlire Porte des l.ions de Myrènes (Perrol. \ III, 
pi. 1 i) comme un ('•iliu miiu de 1 Asie. ].!■ lion liillitc n'a pas la rohuste 
sveltesse des lions de .Mscrnes ni la Icjîèndi- ,i^ilc cl nmsdée du lion assvrien 
dans les chasses dWssourlianipal (l'errot. II. p. .itiO et suiv.): il est massif, 
ifiurt el trapu: on dirait un gros cliien. Iii-n (|u"il ouvre largement, sous ses 
Itahines fortemi-nl retroussées, une gueule liéri.ssée de crocs qui veut être fnr- 
midable. Les architectes r»id prodigué ces effigies naïves el menaçantes aux 
abords des poterin>s de la ville ou dr> poilcsdo palais (fig. .'iM)'*'; on conipic une 
vingtaine de ces lions, entiers ou 
en fragments, tantôt en forme de 
protomes (pii foui saillie sur un 





blocdi' la construction (fig. .')ià:i(i). tantôt façonnésavec pliisde n^alisme >\irnrn' 
dallcqui contienttoul lecorpsexécuh'en relief, tamlisipie la lèle en ronde bosse 
dépasse le iionl de la phupic dig. .i" à <>(i cl pi. V) '^', ce qui est une tech- 
nique emprunti'c h \,\ Chal.jce '. I.anhiicclc assvrien a rciciui celle idée 



l'i Voir les liécoiirerles en Chnlilëe do Sarzkc 
et HKU7.KY el lo inliilogiio dos \«/i./. (/•• la 
Siisiaiif, pur Pk/.aui» el l'oTrn:ii. 

(♦• Rooonslilulion do rnspoct que pouv.iit 
avoir la polonic du mur Iransyi-rsiil. d'après 
Atisjnilmnijeint. V.W. fij; :{7. A In polcnio ilo 
la villo les doux iiiussifs di' piorri', riiiti<iiiiiiil lo 
ocmloir d'onlnV, portoiit cliiictin on snillio une 
prodiino do lion. Iiiiulo do "2 molivs, Inrpo do 
;{ inr-tres, foniiôo do doux Idnrs do ilolorilo 
sorot do griiiiili; iil . p. in.l ot suiv. 



l'i Ln s»'rio ilo nos figures osl faile d'apK-s 
la puldioation dos Xiiajrabuiuji'n : fig. ."il = III, 
fig. inî . 5.-; =zz UO : ÎMÎ = 14l-U:i : 57 ^. «:« ; 
.•i.S = pi. XLVI : r.9 = pi I.XV . 6rt ^ IV. 26f> : 
lil — m. 139; fii = iV. iï», 63 = III, 
pi .XI. VIII; (U = IV. pi. LVII; t«. pi. V 
= III. pi. XI.Ml; fii'i^IV. i". 

f'i VoirHKi/ET.Oi/fi/o;;. nnd'i/. rhnld.. n"*3!». 
10; héi-mivrrU$ en Chniilée. pi. il. fig. 3. 
p. 2.11 ol iVÎ. 



22 



SYRIA 



toute faron. on doit la placer à la même date que les autres et, si elle a 
décoré un bâtiment de eonslructioa plus ancienne, c'est sans doute le résultat 
d'une réfection décorative opérée plus tard. 

Les pitntbes à reliefs sculptés. — L'examen des plaques sculptées, qui déco- 
raient le parement inférieur des murailles (orthostate). nous offre les mêmes 




divergences entre un style archaïque, issu des œuvres mésopotainiennes du 
troisit'iiie i-l second millénaire, et un style [dus récent, aboutissant à l'iwécu- 
liuti ralliiiée et détaillée des œuvres assyrieimes. 

A Zendjirli. ces plaques garnissent l'iiiti-rieur même des poternes ou se 
dermdenl sur les murs des palais, à la base de la construction. C'est un sys- 
tème très dillérenl de celui des (Jrecs cpii placèrent leur frise sculptée en haut, 
comme une enrniche fnisaiil cnnntninMuent : l'arcliilecle dn Parlhénon n'a pas 
hésité il obéir ii ce [irincipe, malgré riiivniisi'mblance (juil y avait à faire galo- 
per des chevaux el des chars à quiii/e mètres au-dessus du sol. Il est bon de 
remarquer ipieri Crète Tail pridielliMMijuc se cord'ormait encore an\ haiiiludes 



L'A HT lin TiTi': 



23 



;isi;iti(jin'S : les frrs([iio.s et les rolicfs pL'iiits du [i:il;iis de (liiossds sont [tlaoï-s en 
pliiitlii'. 

Ij'S rdiiilliiiis ;illciii;iihU di' /l'iidiiiii mil iilliiliiK- le d(''in|- de la [lulfiin- df 
la ville (A) au milieu du dixième sièije. eidui de I i |hii'I ■ de la ciladelU' iDi au 
uiHi\ ièiiii', celui de VliihinilW i II', lijr. il . pi. III) au seplièMie '" : .M. (Jarslau^ ;i 
[ilacé euln; 1.(100 et !KIO l'euseinhle des .sculplute.s '-'. Ce .sont là tics iridi- 
ealiiMis a|)|)i'(i\iuialivi>s 
que la suite des décou- 
\ elles uiodilieia sans 
diiule: i'imauiue ipidn 
sei'a Miiieni' il reumiiliT 
ces (laies |i(iur les m iil|i- 
llires le> [dus aiicieii- 
lies. Telles(|ll'(dles mhiI, 
ell(>s ('nlci'ineiil dans un 
del.ii liien (dUl'l ].■ d,-\e- 
!i'|i|ieliii'lil du .s|\ le liil- 
(ile. i|ui a|i|iai'ail Inil 

dill'erenl ilaus des irii- 

Ki<;. tV.i. 
\ l'es (■(Mnille le-- |ilai|Ues 

d('C()liili! la iHilellie de la \il|e e| |e> l.a>-ieliel's .le re|,iH|lle de l!arnd,cMlli. 

Laissant de tùlé jmhii- le muineut la iiuesliiiu îles dates, nous déerirons les 

sujets priiui[>an\, alin den sij;naler les |>articularilés les plus intéressantes. 

l'iilcnic ilr 1(1 nllc (A). — Les lions de la [interne A ne subsistent plus iju'eu 
l'ia^Miienls et les bas-reliefs en sont dispersés ; mais il est possible de se repré- 
senter cet ensemble d'après raspeel luieiiv eonservéde l;i |i(iterne 1) (lijj. H!t). 
Toutes les plaques sont taillées dans la même ma'tière (jue le> limis. une roche 
granitique aiipelée dolérite : la hauteur est en mo\enne de l'Mo. 

L"e\é( iilimi en apparaît rude et grossière, mais on [leut penser «pi une 
peinlure en cnuleurs vives reemnrait la pierre el lui donnail une tout autre 
plnsioniimie. 

Dans la ligure (iS i''. les deux génies ailes à tète d'oi>eau. levant le> bras. 




(" .\nsiirnhniigfn, ji. 173. 
t^i Tlie liiiid <>/ //(//.. |i. 3'."l, 



(^) Ausynibunijen, pi. XXXIV. 



s Y R I A 



les représentations d'animaux, sphinx, lion, cerf, nous sont déjà connus par les 
plaques de Karkémich(fig. 20, 24. 2o, 29); le style archaïque en est identique et 





la date (•«•rlaini'iiicnt iii nirnic. Noloiis (|u'ii\ic le sphinx se trouve uu autre qua- 
dru|.rdc aiii' aii\ paltcs de fauve, à (jurui' retroussée en corps de serpent, 



L'Ain lin iiii: 25 

(iiji'. (tS. M" -1\ iliiiil l;i li'li- s';i|i|iiii'i"iilr a cclii' des ^'(•fiio |iri'Ti'(lciils. (l'i'sl 
uni'. (-i)iiil)iiiaisuii li\ hriili* i|iii [iiuatn; (>ii(;ui°(> ili> i|uclli's idiiiii'S vurircs csl issu 
l(î (\|i(' (le la (lliiiiirrc ^'t'(^<'i|ni'. — Ia-s scr-iics de {jucrrr ri de rliassi* s(»ut 
n'Cdiinais^ahics an iimlil des ( a\ alicr- aruir'S. coi liés du l.dMiirl liillili>. awc 
une lurrlu' de cln-vrux cindidci' ^ur la nui|nr. duiil l'un lii'id ru nuiin la liMi- 
cuu[h''i' duu l'unnni <". ri au uiolil' di' I aiilii'i' iaiiraul une IITm lii' ii un ci ri' 




diiiit, Ir ciMiis i'>l di'jà Iimmtx' d'un h ail l'I >|iii rsl assailli par uii rliirii ;:riui|M' 
suc S(iudi;s: le licM'c sus|iriidu daii> jr cliauip. diTi iôrr li' clias-iMir. iudii|UL' 
un aulii' i:il)icr. I!a|i|i(dnu> i|ui' dau^ I ai I iii\ ri'iui-ri('liii>. nu trnu\ i- lr> un'-nu's 
dclaiU du ii'il cliasM'' ri icIcMiiuaiil la lidr. id di'srliiiMis à i|in'U(' n'Iniussi'-i' hon- 
dis>aiit Mir 11' dus d un saui;liiT'-'. Les rcssi'uildaui'i's soûl l'unut' plus ('troilt-s 
avi'r ii'rlaiui's priiiliiirs Ac xasi's do shic ni\ri''nii>n liMUvr-i's à (ilnpir >•'". (les 
paiiiculaiil(''S n'oxistoul pas dans l'ail assNiicn. — Lrs ilciix liuiuiurs foriMT- 
saul faci' à lai r oIIVimiI tous les idruionls spi''<iliipn'Siln nistuuu- liitlilo. iuTtIh' de 
rlu'vrux iMiiiiidi'i'. ri-iidun- à Imii; jinul iVauj^i- ipii irtiuulii' >ur la i iiisM'. rliaiis- 
siH'i's il pdiiilr n riuiil:fc. du tir \iiil d aiili urs daus l 'ordonna net' de ( os loliofs 
aucuiii' dispnsilion loi;iipio : 1rs sujrls iu\ lliiipu'S ot rôols \ apparaissonl inolos. 

l'> Cf. lîii. .\U:\Eii, Clu-liler. fig. iS. i^' lUllIelin CoriYslx.iul. heltrniiiur. 1. X.WI. 

(«)lloDKNWAi.i>T. TirynsJ. II. fig.C.Ofl pi \U1 I>I07. p. -ÎU. 

SvniA. — II. * 



26 



S Y R I A 





I.'AKT IIITTITK T, 

iii;iis coiniiic Irs |tlii(|iii's (''taiciit ilispersi'OS sur I l'iiiidacciiiciil. mi ne [iciit 
f^iKTc espi'-rcr en rclroin cr- rarrariiii'iiii-iil [niiiiilir. 




iiiMi l'sl |ias lie iiiiMiif lie la pctiTiic lif la . ita.I.'ll.' 1» '. oi\ .laii- tiii espace 



J!< 



S ^' R I A 





LART IIITTLTn 



29 



d^nripon lif-ux i onts métros carn-s on a recueilli une quarantaine de moreeau.t 
lie la plinthe, dont plusieurs étaient encore in aiiu < tig. liû; " . Mais cfmKdi: il 




y a en des réfections successÎTes, était-ce l'ordre primitif? On peut en douter. 
Les traces de ces réfections sont très visildes. Les bIo< s ne sont pas toujours de 
la nn^me haatettr et certains sujets sont plus p<-tits que les autres (fig. 72. l'.i) r 
i'>Q a l'impression d'une reconstruction hàtivp. II y a aussi *les hiocs lisses. 



i"-' .lasrfrahanqen. p. 21)9. La vne est pria»» d« 
l'iatérienr de la citartene. M. G»nsTi-sii Land 
')/ Hilt., p. i7l^'' a (toané le plaa de i-Rlti; tnème 
puteme ea aiimérotant les plarpies ironservi^es 
et en indiquant qiielle plai:e elles ncenpent ac- 



rneilement. Antre vue de blaes va. plaee dans 
Fttfùti^n in klein-XjtUn, lie Hcn.iS'i-PccBaTRis, 
p(. i-i. a" 1. Cf. MASPEao, HUl. une. Orient, 

iir. p. :r»et p. ilW. 



28 



S V R I A 





LAnt iiiTTirr. 



211 



(l'pnviron dfiiv r onls inclrcs carri's un a rocuoilli uiin ijuarantainc de nmrceaux 
(le la [tlinllic, dont [)lusir'ui"s ('taieiit encore in silu ( lig. Oit; '". .Mais cnuinir il 




y a eu des réfections successives, était-ce rnrdre primitif? On peut en duutiT. 
Les traces de ces réfections sont très visildes. Les IiKks in^ sont pas toujours de 
la nicine hauteur et certains sujets sont |ilus petits tpie les autres (lij:. 72. 7:t) : 
(Ml a linipression dune n'cnnsliiiclion liàtiM". Il v a aussi des Mors li-.<es. 



l" .XusiirahiiiKjen. p. •201(. Lu vue esl prise île 
l'iiilt^riciir de la oiliidelle. M. Gmistvm; iLand 
II/ mil., p. -278' a donné le plim de eeUe même 
poterne en nnmérolani les phuines eonservées 
et rn hidiqniinl (inellf plarr elles oerupenl lir- 



hii'llenienl. Autre vue île hloes en place dans 
Hfisfii iit hlfin- \sifn. de Hi « tN>-Pi'i:ii»T»:i>. 
pi. U. n" I. Cf. IIasi'KHo, Uist. anc. Orient. 

III. p. :nrt p. im. 



30 S Y R I A 

sans décor, qui s'interposent entre dos blocs sculptés, comme un remplissage 




Clip. 7:1) ; ailli'iirs iiii'iiif iliiliiiii III) des 'personnages 'ont élé j'raltés et efl'a- 



L'ART IUTTITK 



31 



ces '". C'est sous brniHice de ces obsorvalions que nous cxuininerons les sujets 
lie la porte de la citadelle. 

l'olcriic de lu riiinlrlle (l)i. — Les lions <|iii foiiiiciit la dcfense de Icntrée ne 






sont pas disposés contine dans la poterne A. Ils suiil Muli»lés sur de jïrandes 
plaques placées dans le couloir d'entrée, le corps cl la It'^lc étant lij;urés en 
relief sur la dalle et ils ne ilillèrent pas connue Icclmique des autres sujets 

l't .Kusgi-ab., |ip. -211 HA. Hl'. U9. l.iO. 

t») Mtsijrah., fig. do la \>. iOW: cf. p. li',, fig liS; p. ->H>. I-2T ot pi. XI.IV. XI.V 



32 



SYRIA 



(lîg. 1)9, 78, 79) 1-*; nous y reviendrons plus loiq, Voici rénumération 
des autres molils. dans l'ordre où ils ont été publiés par les fouilleurs alle- 
mands. 

Char de iiuerreà deux elievaux (fig. 70)0. La caisse du char avec les fontes 
pour les armes, la tête de lion saillante à l'arrière, la lance plantée derrière 




le guerrier qui tire de l'arc, le panache de tète du cheval, le vaincu étendu 
mortel nu sur le sol. sont des détails (]u"()n retrouve dans les scènes assy- 
riiMUii'S : h' ri-liel' est sans doiilc iriini- piTindi' plus n'ci'iite. Sur li-s chars di" la 



Cl Aiisyrnbiinyen, (ig 102 el pi. XXXIX. 
M. VON hiscnAN le d'cril (p. 213; comme un 
l'Iiar iillcli: il'iin stciil rlifviil. mais pulsipinroii 
voilrn orrière le timon onir diino lèto d'ani- 
miiU il est clair qu'il x'iif^il d'un lii^f ot que la 



Bilhouctte (lu choval unique est due à une 
simplification couventionnelle dont on a de 
nombreu.v exemples dans l'aii oiicntid cl dans 
l'art groc archaïquo. 



i/AiîT 1111 riri-: 



33 



région syrienne M. V. Sluihiic/ka a ('cril une importante élude on il a putilié 
ce relief avec d'autres sujets de même nature '". 

(iuerrier barbu, tenant une lance la pointe en bas et un petit bouclier à 
ilouljle échancrure latérale ( lip. 71) '-'. C'est la représentation uutlienlique et 
cumpléte de l'Iioplite bitlitc. 
.Nniis n'avons pas à revenir sur 
les di'tails du costume national : 
bonnet ou cas(jue (^^{(pji', mè- 
che «le clieM'ux enroulée, large 
ceinture et courte tunique, épée 
à poif^née arrondie du liant, 
( li;ui>sures recourbées. .N(iu> 
avons sifinalé déjà (lig. !l à I 'n 
la fa«;on de porter la lance. Huant 
iiu bciiiclier écliaiH it'. il est à 
rap|MOclier de celui de.M\(ènes. 
qui sera ensuite adcqdé par les 
Grecs de l'cqniiine ibi l>i|p\l(PM 
et (jui restera classique (lie/, les 
Béotiens '^'. 

Homme barbu marcliiint et 
portant sur ses épaules une chèvre ou un bouquetin (fig. "-i)'", sujet familier, 
se rapportant à une scène de sacrilice ou à un di'iilé de tributaires avec leurs 
présents: il e>t à ((PiniKncr avec un motif similaire de KarkiMiiicli i liu'. 331. 

Scène de riqias; un huinuu» barbu et une femme, assis face à face et man- 
geant; dans le chanq). uin» table à trois pieds servie et chargée de mets 
(fig. 72)'-'''. Sont-ce des moilels ou des divinités' La coitFure de la femme. le 




l'I Jnhrhiiiti lies Insl., I!I07. p. l,';-.>. fi^'. T. 
Il y rcconuail aussi un char à iliiix rliovau.x 

l«t Atisgrnh.. fig. 103 .•! pi. .\L. cf. Caiis- 
TAx;, pi. L.X.W, 11" 2. 

t" rKiiHOT, llisl. de VArl, VI, fig. 4,33, iiO; 
Vil, fig. 10, 07: l.\, fig. 81 ; S.u;lio, Dicl. .\ii- 
tiq., fig. 1033, 1636. 
Syria. — II. 



l't \u$ijrah..V\f.. 101, pi. XXWIl; rf (;»ms- 
ta.m;, pi. LX.W, n" i. 

r-i .Uisgrah.. fig. lor., pi. XXXVll; Cam- 
TANG, pi. LXXV, n" 1 ; Hi.>n>>-ri< ii'>tki>. 
Rrisen. pi. i'\ n» 1 : Ki> Mb>eb, Chelitrr. 
fig. .3-i (il voit sur la laMo un iwlisson i»ar- 
(lossus (lo.s pains et un fusoau dans la laain 
gaucho (lo la fommo . 



34 SYRIA 

haut polos, le long voile à franges semblent indiquer [une déesse, un couple 
di\-in. M. von Luschan (p. 215) compare la composition à celle des st.Mos funé- 
raires. M. Garstang (p. 285) y voit une cérémonie de fête et un couple royal. 

Les sujets qui font 
suite (fig. 72) I*', les 
trois personnages mar- 
chant vers la gauche, 
le cerf, le jeune veau ne 
nous retiendront pas : 
nous avons vu dos mo- 
tifs similaires à Karké- 
raich (fig. 18, 20, 23, 
33). L'animal ailé, à 
queue en serpent, dressé 
sur ses pattes, appar- 
tient au répertoire des 
bêtes fantastiques dont 
nous avons signalé la 
variété. 

Fic. 76. Parmi les sujets des 

plaques suivantes 
(fig. 73) notons le dieu barbu, ceint d'une épée et tenant à deux mains 
le manche d'une hache de guerre quil soulève comme im lourd mar- 
teau (fig. 79) '') ; c'est une figure plus importante où l'on a voulu recon- 
naître le dieu hittite de la guerre <*' ; ce dieu à la doiiblo liaciie nous ramène 
au fameux emblème dont la religion Cretoise a prodigué les représentations 
el qui expliquerait, suivant certains interprètes, le nom du labyrinthe de 
Cnossos ^'-K D'autres motifs nous sont déjà connus, comme le génie ailé à 
lèlo d'aigle (fig. 7 i) («i, le chasseur tenant son gibier par les pattes, le guerrier 
au bouclier, le Sphinx ou Chimère ù double tête de femme et de lion 




Cl Ausijrab., fig. 106 » ll'i, pi. X.V.Wll; 

(j4H!ITAi>U, pi. LX.WI. 

(») Ausgrab., pi. XXWIU, .\LI, XLII, ut 
rig. 113 à 133. 
l'i W.,rig., 121, pi. XLII. 



l<) Garstang, p. -288, pi. LXXVI et LXXVII. 

i^' Voir U. DussAUD, tes Civilisalions pré- 
hellèniques, -1' édit., pp. 12, 338, 31-2. 

('•I Id., fig. 113, pi. XXXVm olXLU; Eu. 
Mi'VKn, Chetiter, fig. iT. 



LAH|- HITTITE 



35 



(fig. 7.")) '" quo nous avuius élmlit'; ;i Karkômicli (lig. 27), le spliinx ailé 
avec queue en serpent et longue tresse de cheveux ramenée par devant, le 




laiirt'iui aile avec incnii' ii|i|ti'iiili((» enroulé (fig. 7(>) '•'. Signalons encore la 
l'oninie assise sur un siège ;i ilossier ( divinité ;'i. la feinnïc deliout, coiffée d un 
long voile à franges et lenanl un miroir qn "elle élève de la main gauelie 



l't R. I)issui..i>1.Xl.ni. Ki>. Ml un, fi^. 7«: 
riiulciir, p. 100, y voit uu symlmli' (lu ilii'ii ilo 
|n guerre et tic la chasse. 



!«' lil.. (ip. I-J2. li;<. pi. Xl.lil. 



36 



SYRIA 



(déesse de la toilette et de la beauté, sorte d"Aphrodite ?) (fig. 77) (". On 
remarquera ici (fig. 73) les blocs plus hauts les uns que les autres, les dalles 
ravalées ou sans décor qui sont intercalées entre les plaques sculptées, 
preuves de réfections et de remaniements successifs. Mettons à part trois 
motifs nouveaux : le dieu du tonnerre, que l'on nomme Tessoub d'après 
les inscriptions '-', tenant le foudre et brandissant sa hachette de guerre 
(fig. 77) ''• ; les deux bouquetins dressés de chaque côté de la plante sacrée 
(fig. 73). formule chaldéenne très ancienne qui a passé aussi en Crète '*'; 




enfin l'épisode familier du jeune homme debout devant un homme barbu assis. 
qui joue sur une cithare à Jong mandie (fig. 73), instrument de musique qui 
accompagne déjà les fêtes religieuses dans l'antiquité élamite (^'. 

Nous avons fait mention frécpicmmcnt de la mèche enroulée, qui non seule- 
ment fait partie de la coilfure nationale des Hittites *''', mais qui est même 
donnée à des animaux divins comme le sphinx et le taureau ailé (fig. 73 el 7(5); 
c'est une sorte de symbole religieux en même temps qu'une mode de toilette, 
et nous voyons que cet enroulement a passé aussi dans les ceuvros mvcé- 



(') U. DussAUD, fig. Hi, |,|. X.WVIII il XM. 

(»• Cf. OAttsTAM;, p. 2!)l, pi. LX.WII , Kl). 
MKKEti, Chetiler, pp. .">7, 06, fig. 37. 

(') Aiisijrnh., fig. Il,'), p|. XX.WIII et .\LI. 

(♦) HK1J/.KY, CaM/og. Antiq. rhnlil., il"' 222, 
2-27; lliill. (U,rr. hrll.. 1!I07, p. 118 



'■•I Aiisijrah., fig. 118 el 119, p. X.VXVUI; 
l'Kzvnoetl'oTTiER, Cntni. anlUj. Susiane,p. 51, 
11» 2i; p. 1.32, II" 281 ; cf. Méin. Délég. en 
Perse, 1, pi. VIH, n»' 7, !). 

(») CowLKV, Hitlltes, pp. 28, 29. 



I/AHT IIITTITI': 



37 



niennes et ioniennes '". L'origine en est clialdi-cnne : (•"••si une marque de 
caractère divin, donné nièini- ;i des p'-nies de finine aniinale '-'. On [leut 
rappeler encore à ce sujet la nicclie pi)>liclie ipi en Kg\pte les l'nfants myaux 




portaient sur lureille cl la joue drniles ' , de uieini' en (irèce. à l'épotjue elus- 
sique. les enlauls cunser\ aient sur le siuuniet de la tète une nn-clie tressée, 
(pie l'on coupait pour la consacrer aux dieux (|uand ils arrivaient à l'adoles- 
concei". Kutin on se souNiendra tpie. elie/. .•ertiiine> tiilMis aralies. les lionirues 
ont la tèle rasée, à lexceplion duru' uièclii> par laquelle l'Aiip' «le la mort. 
A/iaél. doit les saisir et les emporter au Paradis. I>i> tous ces faits il résulte 
(pi'nne supei>tilioii fort ainienne. venue dn monde orieiilal. adonné une sorte 



l'i l'nim>r, VI. fi).'. 'iltV SIS. Vil, fig. % et > '' Pkiihot. I. fig. 174. 

p. -246 ; l.\, ng. -JiG, -238. i" I'ottikr oI RriN^rii. Sfcniftole de U/- 

('I Cf. Shize'c-IIbizkï. Découvertfs fit t'.hnl- rina, p. 'Hi. pi. XVIll. 
./.=.■, p. -"JM. -293 : Oitnloij. nul. CItald.. n° 125. 



38 



S Y R I A 



do vertu svmbolique à cet enroulement. C'est peut-être aussi le sens de 
r « accroche-cœur » sur le front, qui est comme une mode typique des dames 
Cretoises de Cnossos '". 

Près des lions qui gardent le couloir d'entrée de la poterne'-' (fig. 78, 79), 
le décorateur a placé un dieu à tète de lion, qui semble un patron de la 
chasse : il tient par les pattes un lièvre et élève de la main droite un bâton 
recourbé (sorte de lagobolon) l^) ; sur ses bras deux oiseaux sont perchés 
(faucons?). En pendant sont disposées deux compositions analogues : un tau- 
reau puissant et massif marche suivi d"un cavalier qui porte un bouclier 
rond (fig. 80) : de l'autre côté se voit un taureau semblal)le et. derrière lui, mais 




en sens inverse, un guerrier (ui serviteur armé d'une masse d'armes et d'une 
lance (fig. 79) '*'. 

La plupart de ces sujets se pn'sentent, comme on le voit, sans ordre appa- 
rent, et il est diflicile de les relier entre eux par un lien logique. Tout ce que 
Ion peut dire, c'est que les scènes mythiques, les divinités et les animaux 
fantastiques se mêlent à des formes et à des épisodes |)ns dans la vie familière. 
Ce mélange élroilemenl uni de fiction et de réalité parait être un des traits par- 
ticuliers de l'art hittite, autant qu'on en peut juger d'après l'état actuel du décor 
architertural : à cet égard il diffère de l'art assyrien qui sépare davantage ces 
deux mondes. Kniin une certaine uniformité de style archaïque règne dans tout cet 
enseiid)le et les inlluent'es iieltemrMit assyriennes en sont absentes. Nous verrons 



t'> DusSAUD, Cwilisat. firéhelli- nique, fig. SG. 
(•) Aatgrab., fig. 1-25 h 1-28, pi. .XLIV et 
XI.V. 



C' Voir le Dicl. des Aniiq. de Saglio, article 
Peditm. 
(*> Ansgrab., fig. 1-29 à 132, pi. XLIV, XLV. 



L'ART HITTITE 39 

plus loin, avec les bah-iTliels trouvés dans les [lalais (l«i la ciladi-lli-, la pro- 
l'oridi! diiïércnnr' de sujets et d'exécution qui les sépare. Ce qui domino encore 
à cette r'|)(ii|iii'. (■ l'^l lit tradition clialdéenne (élainite ou suuiérienne) avec 
(pielqucs (Mii[)ruiil.s ii i"K;iypte. C'est pounjuoi nous serions d'avis de ranger 
la piiqtart des précédentes plaques, de nièrne que celles de Karkéniicli. dans 
une période bien antériiMiic an nenviènie siècle, aux environs du Ireiziènie ou 
qualoriièuie siècle. ,Nous n avon.-. ()as encore de preuves suflisanles pour ces 
dates, mais ce qui n'est aujourd'hui qu'une atlaire d'impression gagnera .sans 
doute en certitude avec le; temps '". 

Secuiule l'olmie di' lu cilculellv (Ki. — Un n a pa^ ri-niontré de plaques .sculp- 
tées à c(d einlroit. Les fouilleurs allemands avaiml pensé d'abord, d'apn'fs les 
piiMuiers résultats des travaux '-', (pi"on |iouvait attribuer à cette poterne une 
nnportaiile [)artie des [tmlomes de lions, de st\le archaïque (lig. M à .'îW). dont 
nous avons parie plus haut. .Mais plus tant des doutes sont verms. quand ou 
eut constaté que ces blocs se trouvaient à peu près à égale dislance entre la 
poterne D et la poteine. K '". On ne sait dune pas lixaitemenl à quelle p<Mle 
ils a[)parl('niiiriil : mais, dim cùb' ou de l'antre, leur place est marquée par 
leur structure même et 1 aspecl d'ensenddi- dans la construction primiti\e 
devait être celui de notre fiirure oii. 



(.1 xiiirre.) 



E. Pottilh. 



('I La chronDlogie proposôc par M. Ki>. Mhkh pensons aussi qne ri>n s(>rB amem' à vit-illir 

{Clirtilcr, pi>. 11, 3',), 69) est bcniioonp phis sensil)lenit>n( les soiilpliirps du pnr slyl<- hillilf. 

hardie que celle des fouillcurs de Zoudjirli et i-> Ausijrab., p. liS ci p. i'M. lig. '.t' — nolro 

recule jusque vers lo milieu du second milli'- fig. ;>H. 

nuire des (euvres comme le coiii)le assis l'i /(/., p. 230 : cf. sur la planche .X.WIII et 

dans un repas de fôte (notre fig. 'li). Nons dans la fiç. 137, la place «le ces blocs. 



LE JUPITER HELIOPOLITAIN 
ET LES DIVINITÉS DES PLANÈTES 



FRANZ CU.MONT 

Le beau bronze de la cullecliun Ch. Sursock, commenté avec une sagacité éiu- 
dite par M. Dussaud, ouvre dignement la série des publications archéologiques 
de Syria. Mais cette statuette, chargée de multiples symboles, fournit des don- 
nées si précieuses pour la connaissance d'un des principaux cultes syriens. 
qu'on nous excusera d'y revenir encore. M. Dussaud lui-même nous a engage 
à proposer ici l'interprétation nouvelle, que nous lui avions soumise, de cer- 
taines figures, et M. Charles Sursock, avec une obligeance parfaite, nous a 
permis d'examiner le bronze à loisir et de dissiper ainsi les doutes que nous 
conservions sur quelques détails. 

Les ligures dont nous parlons sont celles ijui décorent la partie antérieure 
du vêtement. L'identification des sept bustes qui l'occupent, est rendue malai- 
sée par leur petitesse et leur mutilation partielle, d'autant plus que leurs attri- 
buts ne sont gravés que légèrement dans le champ de chaque tableau. Aucun 
doute n'existe pourtant pour la rangée supérieure, où l'on voit côte àcôteHélios 
et Séléné; peut-être le. Soleiltient-il le fouet de la main droite. Mais, au-dessous 
de ce dieu, ce n'est pas, croyons-nous, .Vtliéna casquée qui porte le bouclier et 
la lance. .V la vérité, la cuirasse à lamelles imbriquées, qui est décorée en son 
milieu d'un ornement circulaire en relief, pourrait être prise pour une égide, cou- 
verte d'écaillés, avec la tête de .Méduse, mais sa forme est rectangulaire, et elle 
est entourée d"un bord épais. De plus lépaule droite et le haut du bras droit de 
celte divinité sont pntli'-gés parla même épanliére. empruntée à l'iiiiiforMU' des 
légions, (pip porte le .lu[)iter héliopolilain liii-mènie. Il me parait donc cer- 
tain que ce buste de guerrier est celui d'Ares. L'interprétation de son voisin, 
Hermès avec le caducée, reste acquise. De même à la rangée suivanle. il n'v a 
pas d'incertitude pour le Zens liarliu. le lorsi^ nu, le manteau rejeté sui' l'eiiaule 
gauche, au-dessus de laquelle est dessiné le sceptre. La déesse qui lui est unie 



LF. jri'ITKIi HKIJOPDLITAIN ET LES DIVINITES DES l'LANETES 'il 

semble hien r-lre llt-ra : elle a la Irlc cmivorlf! iliiri vi.ilf, qui lui re;t(jiiil>o sur 
les épaules, et ce voile paiail rivr soutenu |iar tni iliaili-iuc |ios('- dans la clirvi'- 
lure; enliii. la si-rie se ti'iiuiin'. M. lJu>.sauil la n'cniiiiu. |>ai- un Kronos liarhii. 
la ti^te voilée; |»('ut-èlre la iKtrpr ('tail-elle liaciM.' dans li- r|iani|i à gauclu'. 

Or. il suflit di' traduire les noms de tes divinités en lalin. pour reeonnaUre 
leur laraetère: le Sideil. la Lnin'. Mars. Meniire. .\\\\t'i[ri\ Jtiiinii. Saturne, ce 
sont les sept jdanèles, — saul «pie .iuiiun. associée ii son éjHMix. a pris la place 
de \'énus. Celte suhslilution est lurt inlén-ssante. De muidireux ti'-moi^.'n.i'ies 
grecs etlalins ikhis appi ennent «pie l'ctuile j^enérileineiil a|ijielée Aplimdile. nu 
Vénus, était pour eerlaiiis relie de lleia ou .lunun *". Kn n-alilé tdie a[iparleiiait 
dans les pa\s sémititpies à Islitar. dont le ikmii pnuvail être traduit par relui 
de la déesse de la féenndité ou celui de la reine des rieii\. I.c-. Iliéoio^^iens 
païens s'étaient livrés à des spi-culaiioiis sidililes sur son doultle raractére '-'. 
Notre bronze s\ rien. si notre interpréiation est exacte, fournirait, <ro\ons-nous. 
le premier exemple, connu jus(prici. d'un monument lii.'uré où la planète fémi- 
nine apparaîtrait sous les Irails de l'(''pnu>e de Zens, ipii v l'orme un i-oupli- 
avec elle. 

Un détail curieux de cette image ne laisse d'ailleurs subsister aucun doute 
sur son caractère. A coté de Mars, de Mercure, de ."^alurne, on distingue encore 
une " rosace à quatre pétales » ou plutôt une étoile à (piaire ra\ons qui doit 
rappeler que ces divinités sont celles des planètes '^'. C'est une notation dont 
iarl gri'co-romain a usé fréqueimnent. par exenqile pour les Dioscures. liirulu 
^iilrnt. dont les bonnets sont ainsi surmontés d'une étoile. Mais sur notre bron/.e 
on constate la [irésence d'une l'toile '/c rliiiifiic rùlr du bu>te de Ili-r.i ou 
Vénus, l'ounpioi sont-elles au nombre de deux:' .Manifestemeul pour indiquer 
que \('iius est à la fois l'astre du malin et l'astre du soir. quHn adorait sous 



CI PsKCno-.ViusrOTK, Dr mumlo, 2; .Vi-li... 
He miindo, i; l's. Timkh de Lociiks. p. \H> E; 
Plinf, h. N., II, S 37; llv.iiN, 11, 42 : . Slollii 
Vencris Ltioifcri iiomiiio. qiiain iioimiilli In- 
nonis esse dixerunt »; Ava., Cir. liei. VII, 
15. 

i" l'i.oTiN III. 5, 8), npn'S avoir i'X|>os«'' la 

(looiriiif (|ue los dieux rpproseiilenl lu raison 

ivoj;) cl les iléesses l'Ame ('Ij/v cl (juc l'uue 

est uuie n l'autre, ajoute : Imh «v xii Tijtr, 

S^niA - H. 



TOJT'u Tû Àoviki ti^iuv xi't tioXuY<HV, oT tt{ Taùto 
"Hpiv x«"t '.\çfo5:Tr,v â;0u3t, xi'i to» T»'; "Af.**" 
i:tr.; àvTipa îv 0'j,:iviri "11,^1; Xiyovait. Cf. aUSsi 
Lir:iK>, r>r deii Svri. 'M. 

i'" Ia's Ultimes rosjices ou étoiles se ly*- 
trouveul nvtv le même camelère siiiéral sur 
la faee postérieure <lu bronte; et. Di >n*i u, 
p. S. - Sur ranlii|uilé «le ees symboles as- 
traux, cf. im'S Kliiilfs srriftinrs. p l!K) s. 



42 S Y 11 1 A 

l.'s noms de Phosphoros ot ilIlespiTOS et duiit ritlentilé ne fnt aperçue qu'assez 
turd par les astronomes i'*. 

La plupart des imajïes connues du Jupiter iléliopolitain sont trop impar- 
faites ou trop nuitil.-es pour qu'on puisse déterminer la nature de la série de 
bustes qui y sont ou y étaient ligures '-'. Cependant sur la statue de Beyrouth, 
dont il ne reste que la partie inférieure, on reconnaît Saturne entre Jupiter et 
Vénus ou Junon voilée; le groupe complet était donc probablement le même 
(jue sur notre bronze. Le bas-relief d"Avignon ne permet d"identilier avec cer- 
titude que les deux premiers bustes, ceux d'IIélios et de Séléné '^' et, avec une 
grande probabilité, le quatrième, Hermès portant des ailerons sur la tète: il est 
donc très vraisemblable que les autres sont ceux d'Ares casqué, de Zeus et 
d"IIéra; Kronos y fait défaut mais il s"\ ajoute par contre un kermès portant 
un buste surmonté du calathos. Ailleurs, comme sur le bronze de Graz '''', trois 
planètes, celles de trois jours consécutifs, Saturne, le Soleil, la Lune, ont 
seules été représentées. 

Beaucoup mieux conservé et plus intéressant que les précédents est un des 
deux bronzes de la collection de Clercq '^'. On y distingue nettement sur la 
face antérieure les bustes d'Hélios et de Sélénc'. [luis ceux de Kronos, Zeus, 
Ares, Aphrodite, Hermès ; cinq autres occupent la face postérieure de la sta- 
tuette, ce sont Poséidon, Démétcr ou Vesta, Athéna. Artémis, lléraklès. L'au- 
teur de celte figurine a certainement voulu re]>résenter en même temps que 
les sept divinités ipii coniinaiident aux planètes cl aux jours, les douze que 
l'astrologie mettait m raïqniit avec les signes du zodiaiiue et avec les mois *"'. 

('I PuNE, II. i\., II, s aO, ctc; ; (■(. Uosciikh, suivunto : Apollon. .luuon. Neptune, Vulcain 

Lcxikon, s. V. « Planelen », col. 2'>I!) s. .Mercure, Cérès, Vesta, Diane, .Mars, Vénus, 

et DiissALii, Idoles de mythnloijif syrienne. Jupiter, Minerve. Sur le bronze de la collec- 

pp. 29 ss., 67 ss , in ss. tion de Clercq. Vulcain, Vesta et Junon se- 

(') C(. Syri'i, I9-20, ji. 0, lit;. I, et Em-ihan- raient reniplneés par Saturne, la lune (qui pa- 

DiF.L, lins-reliefs de la Gaule, I, n* .'>(). rail faire double emploi avec Diane) et Hercule. 

(<> DussAUD, Soles, p. 'M. Mais pas plus ([ue les noms des dieux plané- 

('•> A. iiF. RiiiOKii, C<W/<v/io/i (/<• r.7c/-.(/, t. III, taires, ceux des dieux zodiacaux n'ont une 

Les bron:es, pi. XX.XV, el p. 1 11. fixitéconiplète (cf. l'extrait attribuéà Zoroastre 

C'i Doi.i., S/)/miTO, p. 47(iss.; cf. SA(a.i(>-l'OT- puldié (.Vi/. rodd. asir., Vtll, 3. p. I2'2, 1, 
r\zn, hirt., s. v. <i Zoiliacus i),p. 105t. — La série (|ui dans ce imssagc est malheureusement cor- 
de CCS dnu/.e dieux du /.odia([ue babiluelle- rom|iuj et le motif de cette variabilité est le 
meiil ailopléc eu (IccidenI et (|ui est repro- même de part et d'autre : les noms -irecs tra- 
duite mit rniilcl de Cialiics (an Luuvreiest la duiseni approxiniativeincnt des noms sémi- 



\a: .11 i'm:ii iiiiijoi'ou iain i;r i.i:.s dimmiiis di:.s i'lanktks 4:5 

Lii mùmc irilliii'iKT ;istr()lo;j;i(|iii' >(■ n'-vrlc ilaii> 1 ui-dcc mi muiI |iliiirc.s ici 
li'S plarit'liîs : Snicil. I.iiiii', Saliuiir, .lii|>iliT, Mars. \ciiii>. MiTciiir. (^cllc 
suite est on cHV'l Iri'rpir'iiimciit ail(i|it('T par- li'> a-linln^Mn-s '". t|iii iiirth'iil fii 
trie f'[ hors lie la si-rii' les ilniv maiids liiiiiiiiair.'>. diint l'aflimi sur la iialiirf 
t'sl la |ilus |Miissaiilc. cl laiiuriil l'ii^iiilc les riiii| aiiln's itlaiièlfs d a|iri''> li-iir 
distance à la terre mi. n- i|iii ie\ieiit ;iii imiiii'. la durée de leur ri'Xcdu- 
liori. 

• iitnsidi'-ntns niainleiiant 1 nrdre (lù ces nieiue^ plaiieles >e [u-i'-serili'iil sur le 
iiroii/.e Sursnck. Klles \ sont dis|i(i>c''i's coMiiue suit ; 

■^ideil Lune 

Mar^ Mercnro 

.lM|iili'i- \ énus 
Saturne. 

Si imns commençons par la droite, comme pour lire un texte si''milii|iie. et 
(|ue Mous suivions la premièri' colotnn'. |Uiis ipn* nous passions à la seconde, 
[lour linir jiar la case [dac.'e au-tlessous à ciievai >ur le- deux, nous cilitieii- 
drous la série : Lune. .Mercure, Vénus. .Soleil. Mars. Jupiter, Salurui-. Le- 
sept astres v sont ranimés d'après leur distance à la terre. t(dle ipie l'admirent, 
à la siiiti' des Clialdéims. les asirouomes alexandrin- au moiu- ilepui- le 
deuxième siècle avafil noli'e ère ' . 

Si. au contraiii'. nous lisons la séiie de i:aiulu' à droite, lijine par lii:ne. I.i 
succession des plaiièli-s se présentera aiu-i : Soleil. Lune. Mars. Mercuie. .lupi- 
ler. N'iMius, Saliiriie. ('.'es! celle des diviiiil"- 'pii |p|i'-idenl aux jour- de I,i 
seiiiaine. 

Or. dans uii passap- souveul cili'. Iljnn Oassius'-" \oulant eclaircir l'orijrine 
de la semaine plain-taire eu propose deux explications, dont l'une est tirée de 
riiarmoiiie des splièn's. La (|uarle est. selmi celle théorie, l'haiinonie la plus 
parfaite eu iuusi(|ue. el elle c-| olili'uue daii- le ciel pai- l'accoid de di'ux pla- 

li([iios, car dt^jà les Idibylouieus roiuiiiissniiMit em-ycl.. s. v. •■ IIcIhIdiiiiis •■, roi. iTit't'.*. i!> »s. 
les (lou/.c (lieux dos mois iBoli., /. i\). i*' Cf. Boi.i.. /. c, col, -2^67. 

l'i l'Toi.KMiB. Tflnili., 1. i; Vk.ttu s Va- i'i Dion Cissits, X.X.WII. i.S ; r( Uoiciii- 

LKNS.I. l; Hkimimstion, I, i; l'sEcoo-ZonoAS- Lkclfrcq, Aslrolugie greciiii<- n ;s| ■ Hki i 

THF, /. r., p. lil, 1 : 'HX-.o;, i::Xiivr. xi\ oi /. o., eol. :i5r)«». 
]t«vt£ j;Xivr,T!;, etc. Cf. Holl, (I«ii< In Hf<il- 



44 S Y RI A 

nètes séparées par .Jeux autres, en sorte que si Ton considère l'une comme la 
première, celle à laquelle elle sunit est la quatrième. Si donc, prenant 
pour base la succession astronomique de ces sept astres, on passe de 
Saturne au Soleil, du Soleil à la Lune, et ainsi de suite, la série ainsi obtenue 
est celle qui répond aux jours de la semaine. 

Or. c'est précisément ce que l'auteur de notre bronze a réalisé en disposant 
les planètes dans leur ordre astronomique sur deux rangées verticales de trois : 
il joint ainsi trois couples formant l'accord de la quarte, et la suite de ces 
couples constitue celle des dieux de la semaine. 

il ne paraît donc pas douteux que les prêtres d'Héliopolis connaissaient et 
avaient adopté la doctrine, plus ingénieuse que véridique, rapportée par Dion, 
et ceci est très remarquable. Cette doctrine fondée sur les lois de l'harmonie 
musicale, qui sont transportées aux sphères célestes, est manifestement d'ori- 
gine pythagoricienne. Nous trouvons ici un indice — on en pourrait citer 
d'autres — de l'action que les spéculations néo-pythagoriciennes ont exercée sur 
la théologie des cultes orientaux. D'ailleurs, il semble bien que cette même 
explication musicale de la semaine astrologique ait été acceptée par les mys- 
tères deMithra*'', et ceux-ci étaient unis par d'étroites affinités avec les reli- 
gions sémitiques. 

L'image de Tychè, tenant la corne d'abundanco et le gouvernail, qui ligure 
sur le socle de la statuette de Baalbeck '-'. est sans aucun doute mise en rap- 
port avec les planètes, dont les révolutions déterminent les phénomènes de la 
nature cl la destinée des hommes. Tychè, désignée par son nom. est jointe de 
même aux sept dieux planétaires sur un bracelet d'or, découvert en Syrie, et 

('1 Cei.sk (OniG., Contra Cels.> VI, 22) par- la lyre à sept cordes à l'imitation des cercles 

Innl de réchelle symbolique de ces mystères, planétaires (Cat. codd. aslrol., VIII, 3, p. 121, 

où les divinités des jours do la semaine ôtaii'nl u. 3). C'est à l'ylhagore que d'autres textes 

représentées par divers métaux, expliquait attribuent cette invention, et il n'est pas dou- 

l'ordrc dans lequel elles étaient placées par des teux que ce rapprochement do la «reine dcsins- 

raisons musicales ([jioaîtxoJ; Àoyou; npoai-TEi fi Irumeuts », avec les sphères sonores du ciel, 

UvM-.m J) Ihpowv ItioXt)-(iai). Lydus cite aussi ne soit dû aux Pythagoriciens. iCif. fievue 

A ce propos les Chaldéens, Zoroastre et Hys- ArchéoL, 1918, VllI, p. 69.) 
tnspe (f)f Mcnsih., Il, 4). Celle introducliiin (-) De même, la statue mutilée du Vatican 

des théories pythagoriciennes sur rharnioni(> (Dussaud, supra, p. 10) devait porter les fi- 

(Ic's sphères dans les mystères de Mithra ex- gurcs des planètes, au-dessus de colle de 

pliiiue la singulière assertion que les disciples Tyché. 
d<' Zoroastre et d'iloslnnès auraient construit 



LE .IITITER IIKLIOPOLITAIN ET LES DIVINITÉS DES PLANETES 45 

los so[)t hustos (\o divinités de la semaine surmontent aussi des figurines de la 
Fortune trouvées en (iaule"*. (Test en Gaule aussi qu'a été mise au jour eetle 
dédicace iiilinj:uf' où Hcl iioili- le titre deFortunae reclor, titre qui prend un sens 
plus précis, si on le rapproche de nos images du Zeus héliopolitain '-'. 

Il est probable que la tête de lion et le disque ailé, qui complètent la déco- 
ration de la face antérieure de notre bronze, s'étaient vu attribuer aussi quelque 
signification astrologique ou cosmologique, mais nous ne pouvons la di-ler- 
miner avec certitude '*'. 

Malgré les obscurités qui subsistent, l'interprétation dé-sormais acquise des 
dieux planétaires nous permet déjJi de tirer cpn-lques conclusions générales. 
Klles s'ajoutent aux autres preuves (pie nous possédions de l'influence exercée 
par l'astrologie sur les cultes syriens '". Le pronaos du temple du Soleil à 
Palmyre est décoré de l'image de Saturne entourée de celle des six autres pla- 
nètes, as.sociées chacune à un signe du Zodiaque — probablement le thème de 
géniture du sanctuaire'"'. De même l'horoscope du roi AntiochusdeCumma- 
gène gravé sur son tombeau monumental, nous montre trois planètes. Mars, 
Mercure, Jupiter, réunies dans la constellation du Lion". Mais le broiu.e de 



(') Bracelrt publii- par m: Witte, Gazelle 
archéologique, 1877, pi. IX ; Roschkr, Lesikon. 
s.'v. « Plnnelen », col. 2588. — Staluoltes 
gallo-romainos : de Witte, Gaz. ArchéoL, 
187'J. pi. II ; Reinacii, [tép. stal., II, p. '203, 
n» 4. 

('I CI. L. XII, 1-277 : KOOjvtf.:. T<l/,r,; HriX'.,... 
Belus l'ortunae reclor. 

('I La lètc (le lion esl placée iiniiUMlialoinonl 
sous le liusie de Saturne et seiiible presiiue 
lui servir de support. Sur le mnrhre d'Avi- 
gnon, celte même tète parall être snbslitiice h 
Saturne. Or, nous savons que dans le célèbre 
diagramme des Opliites. le premier « .Vrctionle», 
celui qui esl en relation avi-c Saturne (tiû 
XjovTot'.ojt ip/ov-t 0jui:i9t''« âoTsov tov 'l'iivovia» 
était représenté sous l'apparence d'un lion 
[■■iii Xi'ovTo; atuossMuivovI. comme le quatrième, 
c'cst-ù-ilire le Soleil, l'était sous la forme de 
l'aigle, etc. ,Ohig., Conirn Ce/s.. VI. HO'. Kn 
Afrique aussi. Baal-Salurne est figurt* sous la 
forme (lu lion (Toutain, De Salami in Africn 



ruilii. 1891, p. il s.). C'est pour ce motif que le 
Kronos milhriaque est un monstre bVintoc^- 
pliale I .Won. myal. de Milhra, I, p. 7i sq. >. Mait 
sur le bronze de la collection de Clercq (siipmi, 
deux lions sont placés, non pri-s du buste de 
Snlurne. mais pn'-s de celui do Mercure, ce qui 
rend douleu.ic que sur les deux autres munu- 
mi'nls le rapproehenieiil avtv Krunos soil in- 
leulionnel. — Je me ileuinnde si. déloiirnanl 
le disque ailé île sa signification originelle, 
ou n'y voyait pas le globe lern'slre enlourv 
par l'atmosplière, les ailes étant b'S emblèmes 
des Vcnis. Il est ii remarquer que ce disqne 
sur notre bronze esl devenu une sphère coup»'* 
par deux cercles perpendiculain>s céqualeurel 
méridien ?). 

('' Cf. S\c.i.io-l'oTTiER. niil.. s. v. • Z<Mlia- 
cus ". p. 1017 ss. 

i^' \Vooi>, Ritim of Palmrra. 1753. pi. Xl.\, 
A ; cf. BoLr.UK-LEci.rBCQ, AstrotiMfie grecque, 
p. iî8. 

(*' S.*r.LIO-PoTTIER, /. c, fig. 1047. 



46 SYRIA 

la collection Sursock nous apporte, pour la première fois, la preuve que la 
semaine planétaire occupait une place importante dans les spéculations théolo- 
giquos du clergé d'Héliopolis et probablement dans le culte du grand temple. 
.Nous avons conservé les prières que les gens de Harràn (Carrhae), restés 
païens à l'époque musulmane, adressaient aux planètes le jour qui était 
consacré à chacune d'elles'". Ce rituel quotidien était probablement suivi sous 
l'empire romain à Héliopolis et dans les autres villes de la Syrie. 11 en était 
de même dans les mystères de .Mithra *-', et la diffusion des cultes sémitiques 
doit avoir contribué, avec celle de la religion iranienne, à généraliser dans 
le monde latin l'usage de la semaine astrologique, qui a fourni à nos langues 
modernes leurs noms des jours. 

Fra.nz Cumont. 

(*) Dozï et DE GoEJE, Souveaiix documents conservées dans les mss. Cf. Cat. codd. astr. 

sur la religion des Harraniens, dans Mém. du VIII, 2, p. 154 ss. 

Congrès des Orientalistes de Leyde, 1883. — Des l*) jWon. mystères de Mithra, I, p. 112 ss. 

prières grecques aux planètes nous ont été 



LKS mi':tii()I)i<:s de réalisation ahtistioie 

l)i:S PEUPLES DE L ISL\M 

l'AR 

LOUIS MASSIGNON 

l'rciiiicr nrlirle.) 

il [)ciit rire iiiliTc^isaril iri-linlirr les inuilcs de irulisutiim inlhliiiw dans l»>S 
ilill'iMt'iilos variiHi'S de l'art, tels (juo les miisiiliiiaiis les riniruivciil aiilnur 
d'eux, dans ralnutsplière même tle leur vie. 

Il r\\-,U' une |ireMiii"'re niijcclion |iréalalile. On ijit (juil n'v a pas d art 
musulman, et nu le dit |M)ur une raison très >im[de. c'est i|u mi ié|irti' que It» 
Coran nie la n'iirorutation des formes. 

I)"al)iird. il \ a une premirre réponse à fairi' : il y a des arts en pays d'Islam. 
La musique en est \m: et il y a uni> conception très [)articulière de la nnisirpn- 
qui s'est répandue avec la récitation du Coran lians les diirérents pays musul- 
mans maijiri' la diversilc des races. 

Indépcndamnient de cet art ipii ne se lai.sse pour ainsi dire pa> saisir sous 
une l'orme uialerirllc. qui est presque un art purement intellectuel. (|ui pour- 
rait échapper en rel;i a la couilaumation des formes, il faut Miii-. d iliord. >i le 
Coran condamne la re[irésentation ties fornu^s. En pratique, puisipn- dè> main- 
tenant nous pouvons citer des musées et des manuels d art nmsulman comme 
le mainiel de Mii^eon. il Faut donc liien. tout île même, qu'il \ ait «pielque chose 
de connnun a ce point de vue entie les tlivers pa\s d'Islam. 

On a dit que le Coran condamnait ahsulument la représentation des fornn's. 
J'ai relevé ceci qui est exact : il n'\ a [tas dans le Coran même de comlamna- 
lion formelle de l'arl. mais il \ a. dans la tradition musulmane, dans les /i'i</i//i 
un certain nombre de condamnations. Les voici : 

La première de ces condamnations est une malédiction pour les adorateurs 
lies tomhes et des imaj;es des jtrophèles et des saints. .Mais ce n'est pas la 

(')r.clli- rtiulr tiiit la inili.Tc .1 iiiir U-.;i.n piof.-sst-e nu Colli'ge il.- Franco le 'iô fëvrior iWO. 



48 SYRIA 

question, puisqu'il s'agit là d'une idolâtrie et qu'en somme la forme n'est là 
qu'un moyen d'essayer de matérialiser un culte qui n'appartient qu'à Dieu seul. 
La qibla, dans la mosquée, est une niche vide. 

La seconde chose qui est condamnée dans la tradition musulmane est 
assez étrange. Voici ce que dit la tradition : 

« Les artistes, les faiseurs d'images, seront punis au jugement dernier par 
un jugement de Dieu qui leur infligera l'impossible tâche de ressusciter leurs 
œuvres. » 

Ils auront fait des figurines sans vie, et Dieu leur commandera de leur don- 
ner la vie, ce qui est impossible. L'homme sera donc jugé sur cette orgueil- 
leuse tentative d'imiter le Créateur et condamné pour cela même, puisque vous 
savez que le seul exemple d'animation de figures d'argile qui soit donné dans 
le Coran, est celui de Jésus (c'est une scène d'un Évangile apocryphe) soufflant 
sur des oiseaux en argile **'. 

Mais on ne peut pas dire que cette condamnation s'applique à eux en tant 
qu'artistes, mais c'est en tant qu'hommes, intelhgences orgueilleuses, ayant 
voulu donner, par cette ruse concertée qu'est l'art, une caricature de vie, un 
semblant de vie à la création do leurs mains, alors que Dieu seul a sculpté 
l'homme et sculpté les êtres vivants. 

Lu troisième condamnation que nous trouvons dans la tradition, c'est que 
nous ne devons pas nous servir d'étoffes ni de coussins avec images. Mais cette 
tradition est beaucoup plus discutable, puisqu'une série de témoignages fort 
anciens prouve que, piirmi les compagnons du Prophète, et même dans la 
cliaMd)re et dans la tente du rropliète. il y avait des coussins et des étoffes avec 
des images. 

La quatrième et dernière condamiuilion d'images rapportée p:ir la tradi- 
tion est que l'on doit détruire les croix. .Mais vous savez encore que la ques- 
tion de la croix n'est pas une question d'image pure, et que c'est à caus(> du 
culte rendu par la chrétienté à la croix qu(> l'Islam la veut détruire. 

Vous voyc/.. en sunime. (pn' l'opinion basée sur ces quatre témoignages qui 
ne sont pas dans le Coran, mais (|ui sont dans les hadith. et d'après laquelle 
l'art n'ixislo pas en Islam, puisipie le fondateur même de l'Islam l'aurait inter- 
dit, n'est pas une opinion reccvalilc. 

Cl En symliolKiiK- mtisulinaiie, l'oiseau i vert) représente l'homme ressuscilé. 



LES Mi:T[IODES AlîTIS'IlQl.ES DES PEUPLES DE LISLAM VJ 

Ni'îaninoiiis. il l'uut bum dire qu'il y a uni' [irp.soiU[ition assi*/. fnrlo i-n faveur 
(le celte tiièse puisr|u uu certain nouihrc «le tlicnld.L'ieiis musulmans (inl for- 
mellement condamné toute image, .le signalerai le miiii du |ilus connu. i|ui e^t 
d'ailleurs du treizième siècle, Xawawi, (|ui, se servant i\f> (|uatre liadilli que 
nous venons dindiquer, interdit (l'a\nir cliez soi toute image ixoldiil ijiiilnr. 
Et vous voyez la vieille idée très primitive et très naïve que le signe de l'èlre 
vivant est précisément de constituer un écran (|ui porte une image mnliile. 
Vous connaissez ù ce point de vue toutes les légendes po|)ulaires sur ronilire 
(|ue porlciitles êtres \i\ardsel. par exiunpie, dans Homère, les dieux m* portent 
pas d oinlue, etc... Et .N'uwawi est t(dlemenl ferme ipi'il iléfend les poupi-es 
pour les enfants et les petits gâteaux moult-s pour les féli's. 

Je dois dire, dailleurs, (\\u\ ces deux défenses n'ont jamais été a|)pli(piées. 
Le rite le plus strict, It; rite lianbalite reconnaît le droit d'avoir chez soi des 
coussins et des étoiles avec images. 

I )ii a clienlié. et les musiduians en premier lieu ont tant cherché les motifs 
de ces iiilerdiilioiiH, (prij i'aliail d aliurd (|iie nous les ai)ordions avant d'entrer 
dans le \if du sujet. Uni Daqi(i al Id a dit (pie c'était une interdiction [lortée 
au début de l'Islam pour déshabituer les idolâtres du culte des iihdes. mais 
que cette condamnation ne valait plus maintenant puisijue l'Islam était répandu 
et avait habitué les hommes à ne |»as lier l'idée de Dieu à des formes faites 
par leurs mains. On a dit aussi (pu- c'est parce (pi il ne convenait pas iVInihiller 
ni la pierre ni la boue dont on fail les murs, raison assez naïve. 

II v a aussi une i(lé(^ btri curieuse : c'est aliii de ne pas empciiii'i- les anges 
de pénétrer dans les maisons où il y aurait des images. Les iiuage> les détour- 
neraient jjuisipi'ils V recoiuiailraicMl une espèce de contrefaçon de I teuvre 
divine, et s'écarb-i'aieul de la iiiai-oii. 

En l'calile, il nous iuqiorte surloiil de retenir de celle liltéralure >ur la 
coiidamnalioii de certaines formes, (pie c'e>l une irslnflinn, non une iic':;.iti«>ii. 
(|iie cela vise I idobtlrie cl non pis 1 art liii-iiieiiie. 

Ce ipi'il y ado très frap|>aiit chez le niiisuluian dans la conceplion ipi il a 
di> l'art, c (ist (pie si nous le menons, par exiiiiple. dans une église ou un mu- 
sée, il regarde, il se nielie d'abord, il Iroiive (pic l 'est une ruse magiipie. (pi'oii 
a essayé d'imiter Dieu. Kl puis, comme il a la foi. il se dit (|u'après louL ces 
choses-là sont iuqiuissautes et sans danger, car nous devons com|ireiidri> ipie 
Stkh.— n, 7 



50 SYRIA 

tout ce qui a été fait on eo moiulo par Dieu est un peu coninie pour nous les 
objets que nous construisons, ce sont des mécaniques. 

Le musulman ne veut pas être dupe de l'art, parce que, pour lui. le monde 
lui-même, (pii est infiniment plus beau que toutes les œuvres d'art, n'est qu'une 
mécanique dont iJieu tire les ficelles. 

Il V a à ce sujet dans la littérature musulmane un très grand numi)re de 
vers célèbres, de Klicyam en persan, de Nàbolosi en arabe, qui caractérisent 
cette conception de la nature. Et c'est le fond de la mystique musulmane : 
Dieu tire les ficelles comme dans le spectacle du Guignol. C'est pour cela que. 
par exemple, il n'y a pas de drami's chez eu\. Le drame, pour nous, est 
dans le cœur môme des persomuiges, dans leur liberté, mais cette liberté, pour 
les musulmans, est conditionnée par la \ uluiit(' divine et ils ne sont que des 
instruments. Il y a bicii du drame chez eux, mais c'est au théâtre de marion- 
nettes, ce qui est. à la l'ois, très simple et très profond. 

Si, d aulrr part, nous essayons de voir c(jmmenl l'art nmsulnian. jiuis- 
qu'il existe, comme nous allons le voir — s'est constitué, nous verrons que ce 
n'est pas du loul par une influence étrangère, mais que les conceptions musul- 
manes de 1 art dérivent des postulats fondamentaux de la métaphysique musul- 
mane. Le Coran est un premier exemple de cette métaphysique musulmane, il 
es! farci de définitions métaphysiques; d'ailleurs métaphysique est un mot pré- 
tentieux, tiiut le niiinde fait de la métaphysiqm^ dès que l'on raisonne. 

Larl nuisuhuau dérive dune théorie de l'univers; c'est la théorie de 
la représentation du monde (pie tous les philosophes musulmans ortho- 
doxes non influencés par la Grèce ont soutenue mordicus, la théorie dogma- 
ti(|ue de la lhé(dogi(> uuisulmaiie. Ci'tte théorie est (pie, dans le monde, il n'\ 
a [)as de farines en sni, il n'x a pas tli; figures en soi. Dieu seul est perma- 
neiil. "^ 

.Vu lien de la conci'ptidn griM(pi(' (pi'il v a en elles-mêmes des choses 
iiiiliiicllvs ipii (bireiil parce ipie Dieu a trouvé beau ili' les faire se perpétuer, 
s eiigiMidrer, se repindnire suivant des lypes de crislallisation et d'équilibre, 
en Islam l'idée profonde, l'idée dominatrice du Dieu (pii manie tout interdit 

"■•'••'■ e eplion. Toute créalure, même celte labh^ que nous voyons, ne dure 

pas piiiii' le tbénidgieii uiusidnian. inotazilile ou acharite. 

il II \ a pa> de diii'ée dans la théologie musulmane, il n'y a {[uo des instants 



Li:S MKTIIODKS AIITIS'IK M 'KS DES l'Ell'I.KS DK L'ISLAM TA 

t't ces irisl.itils n'oiil iiir-im- p.is un ncdic ili- succession ni-ccssairc. [^i-s lln-idd- 
jpeiis inusnlrniiiiN xml ;irri\i's Iro \ilc ;i la llicntic i|iii' le |cni|i> pcnl clic rc- 
vcrsildc. l'mir cii\. il ii'\ a (|iic des sniles d'inslaid>. el ces siiilcs d in-|anN 
sont discordinues cl rc\ciNildc> s il |dail à F>icn. 

Il n'\ a pas de loinies d il n'y a pas i\r li;:uics. Là (m'i les (Jrers s'e\la- 
siiiienl, comme dans lidée par exemple de lo^doade on. au lieu du nomlire >!. 
eélail pour eux une ciiinpn>ilitin ipii ('-lail Itelle en elle-mèmi', el non pas la 
sini|dc rcpi-lilioii N Inis de liinilc. de incmc (piils nui c|c des p'-ornêtres avaiil 
tout, admirateurs des pcdxédres et des sphères, au lieu décela, le musulman 
considère (piil ny a pas de cidiection de nomlires, ipi'il n'\ a que des unités 
ipie Mii'M giiiMpc a ■"). (i. 7 ou S |ionr un moiin-id. ipi'il n \ a |ias de ligures, 
mais (piil \ a. à un iiHMuent domn-, un asseudda^c d atomes : d la li^'in-. pour 
eux. nCsl iprim point (pii se di'place. 

(!ela esl. d'ailleurs, une delinilion très moderne: il es| possihle de d)'-m(jn- 
Irer combien celte llieo|o;j;ie très particulière, ipii allirun' rouuiipoleiice dixiue 
sur tout le mali'iicl doid sont faites les créatures, a ciuidiliiuim' le de\elop- 
pement des matlii'Uiatiipics en Islam, dans le sens de l'aLvIire. de j'analNse. 
alors (pn- l'esprit ^'ree était unes[iritde p'-omètre et irarillum-licien. et d'arilli- 
mélicien aimaid les noud)res entiers el les propriétés des nombres entiers. 

Au lien de cela, l'exolution de l'esprit aral si liés ori::inale cl très ndle : 

rarilhméti(pM' s'(uieide immédiatement vers l'aluèlire. el la L'éomi'-lrie vers la 
trigonométrie. 

C'est, en somme, la cmiceplion 1res mnderne de l.t nature cormiii' on doit 
l'éludier au point de \ ue scienlili(|ue. 

De même ipi au point de xui> scientitique. la [lalnre. |iour eux. n'existe pas. 
mais est simplement ime si'-rie aiiiilraire d'accidi'ids el d'atunn's ipii n'oid pas 
de durée, de même, en art. ntuis \errons ipu' cette négation île la permanence 
de la ligure et île la l'orme es| précisément le principe de celle caraclerisliipie 
(pie tant d'entre nous, ipii ont \isili' les pa\s musulmans, ont sentie confusé- 
ment, sans pouvoir la didinir en ternies raisoum'-s et coordonnes, .li- ne jué- 
tends pas, d ailleurs, ipie ma deliniliiui soit 1res poussée, mais je voudrais 
(pi'elle lu! matièic à rellexion et à lessoux eiiir |iour certains d'eiiire vous. 

Les (irecs ont insiste lieaucoup. lorsqu ils se sont mis à l'airi> delà mela- 
pliysi(|ue, sur ce ipie l'on appelle la preuve esllirliiiiii' île l'exislence de Hieti. 



52 SYRIA 

l'harmonie des choses, le cosmos. Ce mot même, qui est un mot assez sai- 
sissant, dispense d'expliquer davantage. 

11 n"v a pas de preuve de ce genre en théologie musulmane. .Mais seulement 
celle-ci : Dieu est le seul permanent. Les choses passent. Toute chose est 
périssalde, sauf Son visage, comme ils disent, et la preuve de Dieu, c'est le 
changement de ce qui n'est pas Lui. 

Elle existe tout au long du Coran où Abraham voit le soleil qui passe avec 
le soir, la lune qui est voilée avec les éclipses, les étoiles qui disparaissent 
devant le soleil, et conclut : « 11 y a donc un Dieu qui est ailleurs, et qui est 
permanent ». Pour eux, donc, la preuve de Dieu est par le changement; et l'art 
va être, ne peut être, qu'un moyen d'essayer de démontrer que les créatures 
ne sont pas par elles-mêmes. C'est un art qui nous soulignera le changement. 

De cette restriction précisément, de ne pas s'attacher à des figures, de ne 
pas idolâtrer les images, l'art musulman est né, très simple et très immatériel, 
comme l'art d'un musicien qui serait algébriste, et qui ne croirait pas à la 
beauté de l'accord en elle-même, mais simplement au passage d'un certain 
nombre de notes pour aboutir à des silences. 

Il y a un très vieux hadith de Ibn'Abbâs qui est tout à fait curieux. 11 disait 
à un peintre persan qui lui demandait : « Mais, enfin, est-ce que je ne pourrai 
plus faire d'animaux ? Je ne pourrai plus exercer mon métier"? » — « Si, mais tu 
peux décapiter les animaux pour qu'ils n'aient pas l'air vivants, et tâcher qu'ils 
ressemblent à des fleurs. » 

Vous voyez cette inanimation des fnrinos périssables, pour tàclior de les 
faire « passer » et périr sous nos yeux pHur nous montrer que nous ne devons 
pas nous imaginer que nous puissions leur communiquer une permanence 
vitale qu'cMes tiennent de la volonté et (hi souffle de Dieu seul. A ce point de 
vue, .lérôme et Jean Tharaud ont bien vu et rendu, dans leur admirable des- 
rri[ilion ihi jardin de l'Aguedal à .Mariikoch. ce c(Mé de fantaisie volontaire- 
ment irn-elle qu'a l'art musulman. 

Au vrai (ne le [lensons-nous pas nous-mêmes), l'arliste ne doit pas s'eni- 
vrer des formes, ne doit pas être le Pygmalion de ses œuvres, puisqu'il est 
condamné à se remémorer l'esquisse prise, bien après que la joie en est passée, 
l'I i|ii il lui l'uni réalisiT son iiuidèle. Il ne doit donc pas idolâtrer l'image qu'il 
a Mil'. iMii'-qn'il t';iul (pi'il en liic qnclqm- chose d'autre. 



LES MKTIIODES ARTISTIOfES DES PEITLES DE Î/ISLAM 53 

« i\(' [tas croire l'i ses rAvcs. car les iiiiafics pivr aiifs tic ce iiKimlc sotil des 
rôvcs et [tassiTont. » \ Oici lo fond ilr l'idi-c niusuliriane. N oiis vovoz quelle 

Il il' la \ icillci'iiiii r|iliii[i |iaïi'niii'. i|n ill' iiii' la r(iiii'i'|iliiiii gr(>i-i|iir>. iiiai> i|ii'idli' 
ne nie [las loiili' rii()iliili-.alii)ii ti^iircr' de la peiisi'iv 

Nous allons [lasser darl en ail, sans essayer d'approfofidir la le(Iiriii|ue. 
mais essayer de saisir ce ([lie le iniisiilnian y a iiian|iii'' de [larlicnlier il qui 
noussédiiil, <|iie nous refiardions le di-cor de la iiios(|uéc avec la niche \ii|r nu 
on siiririili' [iiMir la [iiiric que nous re^ardimis le dessin d'un lajiis qui est si 
dillereiil di' la la[tiss('iie nccidenlale, que nous l'coutions la uiiisi(|ue dune 
chanson ou que nous considérions la dis[iositi(ju dun poème. 

Loi is Massignon. 
[A xuivrc.) 



BANDEAUX ORNEMENTÉS A INSCRIPTIONS ARABES 

AMIDA-DIARBEKR. XI« SIÈCLE 

PAR 

S. FLURY 
[Troisième article.) 



J'ai déjà signalé le coufique tressé comme un produit de lart arabe oriental 
(cf. Islam, VIII, p. 224, n. 2). En esquissant sa ligne de marche à travers les 
provinces musulmanes orientales, j'ai indiqué, comme les deux points ex- 
trêmes de son parcours, dune part la tour située près de Tirmidh. sur l'Amou 
Daria, et de l'autre, les monuments d'Amida. 

Depuis lors, E. Diez a publié ses Churasanisclw Baitdenkwàler, avec la re- 
marquable inscription de la tour de Ràdkàn*''. Le coufique tressé existait donc 
dès l'année 407 II. 1016-17, au sud-est de la mer Caspienne, et il y atteint une 
pureté de style qu'on retrouve à peine à Amida l.'iO ans plus tard. C'est un 
fait remarquable que l'architecte Hibat-allàh. nommé dans deux inscriptions 
d'Amida en coufique tressé, est appelé « Gourgàni » : dès lors, on peut ad- 
mettre qu'il est originaire de la province ou de la ville de Gourgàn. au bord 
de la mer Caspienne'-'. 

Essayons d'abord danalvscr r('ciiluii' de Hàdlvàii : l'Ilc iiuus lacilitera 
l'élude des origines et de l'éviibition di's liaiidiMux dAinida. l'anni les monu- 
ments l'pigrapbifjues pul)li(''S à ce jour. c(dui de Uàdkàn est un des produits les 
jdus originaux de l'art arabe au onzième siècle. Si l'on endjrassc d'un coup 
d'œil les séries de caractères arbitrairement et bizariement tressés, enlacés et 
enlorlillés, on reconnaîtra de suite le principe cpii gnide celle écriture. L'ar- 
tiste a pris pour point de départ, non la lettre individuelle avec sa forme 

(') C(. o/i, cit., plniiclies i, 3, cl Ips rcmar- van Ukuciikm, Im-. cil., p. (i'i ; la oiilic, les 

qiips (lo vnn IJ<Tclicm sur li> style ric cette noies <lii docteur l)\siiu> (\ieniie). iOi'i-, 

inscription, p. 88. p. .10!). 

('; Cf. le sens de n GourgAni » discuté par 



H.\M)i:.\i x ()Hm:.menti;s a iNscr.U'i ions ahaijes 55 

liiiililidiiiiclli' et ili'lliiic, mais rciisciiil)!!' du liinaj;!.', };ra|iliitnic. A cet pn- 
Minlilr il sac liiir lindividualiti' dos raracli-ros. C'est le priiicipi' du roniplago 
iiiiiroiiiii' dr la siiifaïc par des t-lrincnts f.'raplii(pirs et In-ssrs qui a produit 
cclli' cMiltiTaiicc (Mniiiiantr dr l"(''trituic dr Itadlvàn. I.i- caractÏTe isoli- est 
liiiiti' |iiii- le callif,'!'apli<' avec un souvriain ilcdain. car il veut créer avant tout 
un l)and('au ailisliipic d'une tunaliti' uniliMnic. et min pa- une t'criture flaire 
cl li>ildr. 

|]n\ isajicons inainti-nani les catacliTes isoli'-s. Di'-jà le LTionpi- de-, nlif (cf. 
|d. \i. !)"• rcnfniue à peu [in-- Imit ( r (pii r;ii;icU'Tise It-criturc dr Kadkàn. 
I.a hampe simple, non lu'is('e. ne >e tnmve ipiiine fuis*'-'. I n. h. r : de-, motifs 
en arcs placésà des liauteur> dillereiites ; (/; le simple no'ud en cirnr. ipii n'iip- 
païaîl i|ue 2."i ans plus tard à Amida : c /. 7 ; de>molir^ lio^i-- ipu- nous n'axons 
lrou\t''S qu'au douzième siècle à Amida: h. i: des (ilif-him enliel;ici''S : /, m, h: 
des l'oiMies livbrides, ilont les |iailii'> >upeii('ures m- sont pa> lit'-es orf^aiiique- 
ment aux inférieures ; ce type n'apparait |ias encore dans les liandeaux d .\mida 
du oir/.ième siè( le : n. ji : des iilif (pii si-rxent à former des j;roupemen(> de 
lellres. Dans le yroupe des lui (cf. 2) simialiin> le //W-m"// Iressi', dont j'ai parle 
dans /.s7//(//, \ ill i p. ll'i, n. 2); nous retrouvons la niènu' l'cuiiie dans l'inscrip- 
tion placée au-di's-MS de la ptule de la tour'". Les variantes du j,'roupe tljim 
moiiheiil claireuieiit ipie larlisli- n'était lii' ii aucun alplialiel canoniiiue. mais 
qu il doimait lilire coursa S4in caprice et inventait tie nouxelles formes, selon 
les besoins du renqilaj;e de la surface. Seuls les ili'iiii et les (ii'i de l)ja far et de 
iMuliammad ^cf. :{, it. In rappellent Ie> formes lradilioimeIle> plus ancieiuies. 
;{, <•, /, a\ec les douilles iKcuds en co-ur. sont très caractéristiques: qu'on re- 
marque ici. de nouveau, la coudiiuaison Inliride de :<, </. Tiuis les </(// (cf. il 
ont le molii'en arc à la hase de la lellre. un seul ilU ( l. m all'ecle une Uninr 
siuqile, jilus ancienne. 4. (/././/se font remarquer par trois traits liori/oiitauv 
dans la partie infi-rieure de la lettre. Dans les s'in simples, les hi>eau\ entaillent 
les hanqies voisines (cf. (i). Les sàil et les '(//// se di-<liui,'iienl par de> erdrela- 
cemeuts (nul à lait exiraordiuaiies (^cf. 7 et !•. r, c. / 1. Le> m'iiii pri'senletil à la 

(,' Lo (loclcnr E. Die/, a bioii viiiilii mclln- 11 ('1 C'csl \\ar oubli iiu'i-lle iiinuque iUiik la 

ma ilispositioii st\s i>liotogra|iliit's dr llAdkAii pluiit-ho VI, 1; voir E. Dut. Ux-.cit., pi, III. 

pour l'uiiulYS(>alpliulK-lit|iii- ; je lui oiicxpriiiu- 2, à gauche, 
toute ma rocoiinaissauce. (,'; Cf. E. Dikz, /w. cil., pi. 1, i. 



56 



SYRIA 



base le type arrondi et le type en ligne droite (cf. 13). Les deux hâ non liés 
(cf. 15; rappellent d'une manière frappante \mhâ d'Amida(cf. pi. XIII A, 15 dé- 
but). Les queues remontantes des wdtc{l6,aàg.) donnent la même image d'en- 
semble que le groupe aUf; ici, également, une forme hybride (16, /"), 17 montre 
l'ancien yâ retourné qu'on a déjà vu à Amida. Le lâm-aUf, enfin, présente un 
exemple typique dune formation hybride (cf. pi. ^'I, en bas à gauche, et fig. 6 
à gauche).- 

Ce tableau alphabétique montre clairement que le rinceau végétal ne sau- 
rait prospérer dans un pareil labyrinthe de lettres. Les éléments végétaux se 
réduisent pour la plupart à de simples demi-feuilles, qui s'attachent à la partie 
supérieure des lettres (cf. 3, 4, 7, 13, 15, 16); la forme la plus développée 
est la feuille tribolée fendue de la figure 8 à gauche (cf. pi. VI, 4). Les motifs 
de remplagc indépendants s'harmonisent bien mieux que les rinceaux avec le 



RRDKRN W1 Btt COîO-îl) c t^ L 




Fig. 8. 

caractère général de cette écriture; en effet, ces motifs ont la mémo «valeur 
tonique » que les h-llres. Ils sont de formes très variées. Relevons, en pre- 
mier lieu, un calice de palmettes à foliole centrale (cf. fig. 8, à droite: 3, h et/, 
17 a). Ce motif funue aussi la décoration principale de la coiniclii' au-dessus 
de rinsrriptioM de la tour'", ce qui prouve l'unité de tout(> la di-coralion de 
surfaci'. Le calice simple se voit aux n" 2 et 10. planche ^'l. 

Kn dehors de ces motifs végétaux nous trouvons di'jàdans cette inscription, 
relativement ancienne, des hampes accouplées purenuMit décoratives, qui gar- 
nissent les vides entre les lettres (cf. fig. 8. milieu). Et il me semble (|u'à 
Kàdkau ces ornements graphiquesont une valeur loule partiiulièie. eu ce (ju ils 
révéleiil I"urii:ine des formes analogues [dus récentes (juc imu-- avons relevées 



('; Cf. DiFZ, lor.cil.. pi. m. 



\, ly-ii 



PI VI. 



m^tii^rvr^ftf^ 














irâiiiiâÉîi^'âd" 

Mm 

li.Mlkàii AlphalM I ,!,■ liiiMi-iiilicn sur \:\ loiir fiiu.Tniro. ill II. i l(i.'i>..'| . 




IJANDEAUX ORNEMENTES A INSCRIPTIONS ARARES 57 

à Amida. Il est ôvidciil ([iio les liainpos iiccouiiir-fs di- la |ilainln' \l. ti i-t I i, 
(;orrcs|Kiiiil('iit l'vacli'iiiciit à celles de la |daiulie .Wlll. lit lin: la seule dilTé- 
i-ence est i|n à Amida ces {'léiueiils •:ra[dii(|in's. au lieu d ejiw iilires. se racciir- 
denl à la lellre par des liges uiinces ou de pelils triangles. Kii exaininaiil les 
variantes de Hàdkàn, on reconnaîtra facilement ipie toutes sont des inodilica- 
liipiis d'im W;/(-r///7 purement décoiatir: le deiriirr iimt filh'ih de la piam lir \| 
en donne deux e\em[)lest". 

Les anlres motifs indépendants consi>tenf en étoiles a six ou Imil puinlcs 
et en di\rr> motifs tressi'-s. Parmi ces dernier>. notons >urlout les doiddes 
n(ends en co'ur if. pi. \ I. (i et 2), (pn' nous avons [)récr'deinment mis unis 
aux cor|)s des lettre-, .le >ui> convaincu ipi à une épo(|ne plus recidi'c le calli- 
graplie emploMiil uniipii'meiil ili'- motifs iiidi'-peiidaids pour gariiii- les inter- 
valles cidre les lettres, et (pi il ne s est mis ipu' plus tard à les marier aux ca- 
ractères. Sous (•(> rappoit l'inscription eti caractères pcddvis. sur celte inéine 
tour de Itadkari. e>l tre> iu>trucli\ e : elle illu>lte l'emploi exclusif de motifs 
Iressi'S independanls du même genre. .Ne se pourrait-il |ias qu'iiru' écriture 
étrangère eût inllueiice le coidi<|in' tressé de Kàdkàn '.' .Malheureusement nous 
ne po^si'-dons pa> de manuxiils eidumiui'- de celte (''poiiue de Iransiliori : ils 
(diilril)ueraii'ut peul-ètie à trancher celte ([uestion. D'après M. Iluart. un cal- 
ligiaphe du troisième (^neuvièini!) siècU». 0>lad .Vliwal Segii. a écrit di-s traités 
sur les dilîérenles espèces d écritures : or, il se servait d'une écriture dont la 
déllnition pourrait convenir à l'écriture monunienlale de Kàdkàii : « ctdie <lont 
toutes les lettres sont liées les unes aux autres, jointe, encliainée'-' ». 

Voyons maintenant quels sont les rapiioris directs ou imlirecLs. entre les 
bandeaux d .\mida et ccdui de Ràdkàn. A ce sujet, il ne faut pas oublier tpi'au 
sud-est de la* mer Caspienne on Iniuve non >eiilement le cournpie tressé, mais 
aussi (I ;nilre> l\pes d'écriture ; \aii Reichem a déjà insisté sur ce poird '■■'. I.e 
couliipie de I inscription delà tour deliouigàn ( Djourdjàn). par exempli', est 
t'Ionnammeiil -inipii. ,1 archaupie. 11 gardera ce caractère, même si nous nous 
représenlons le fond de ce handeau garni de rinceaux en stuc qui pourraient 
a\oir disparu au cours du tenqts. I ii autre type d'écriture. i|ui est une combi- 

I ' I et. l.vo\ KAiwiiACEii, Pro/i/fm i>i/cr /'/iiin- iiinliirisles ilf l'Orirrit miisiilnion, pf>. "3, Ti. 
tom. pp. lilcl suiv. C) Cf. (.'/mnis.ini,<i-/i<- Itiwdrnkini'iUr. pi. IV, 

(*) Cf. Cl. IliART. les Calliijrnphfs el Us mi- S ol V. i-i. t<t pp lOI-î 

S\niA. — U. 8 



58 SYRIA 

naison de coufique tressé et de coufique fleuri, se trouve au-dessus de la porte 
de la tour do Rùdkàn '*'. Si oh le compare à lïnscription merwanide d'Aniida, 
de quinze ans plus récente, on reconnaît, au premier coup d'oeil, l'avance con- 
sidérable de la Perse sur la Haute-Mésopotamie dans le développement de 
l'écriture. 

Nous avons suivi, à Amida, l'évolution lente et graduelle du style graphique 
pendant un siècle ; elle nous paraissait alors tout à fait autochtone. Il nous 
faut renoncer à cette idée après avoir étudié Ràdkàn ; là nous trouvons réunis 
dans une seule inscription la plupart des ornements graphiques qui apparais- 
sent successivement au courant du onzième siècle à Amida. Or, il est incon- 
cevable qu'à différentes époques, deux provinces musulmanes aient produit 
exactement les mêmes formes ornementales et les aient appliquées à l'alphabet 
arabe d'une façon tout à fait identique, sans qu'il y ait ou dos rapports directs 
ou indirects entre ces provinces. La migration, de l'est vers l'ouest, des élé- 
ments décoratifs du coufique tressé mo parait évidente. Ce no fut pas une 
invasion sul)ite et violente dès l'abord: les nouveaux éléments ne pénétraient 
que lentement, les uns après les autres, dans le coulique ileuri d'Amida. de 
sorte que les bandeaux de la seconde moitié du onzième siècle présentent en- 
core une image d'ensemlib- d'un i\ Ibme parfait. On pourrait donc caracté- 
riser la plus grande partie de ce siècle comme une période de pénétration pa- 
cifique. Ce ne fut qu'après la conquête seldjoukide que les motifs tressés et les 
entrelacements des lettres se multiplièrent rapidement dans les bandeaux en 
couli(|ue fleuri : et vers le milieu du douzième siècle ils dominèrent complè- 
tement récrituri\ Toutefois, la tradition indigène (-tait si forte qu'elle persistait 
encore sous la (InMiiiiation <los Seldjoukides. Les conqut'raiits seldjoukides qui 
s'avancèrent de l'est à l'ouest furent donc, à vrai dire, les propagateurs du 
coufii[ue tressé, et parleur conquête, ce style a pris racine à Amida. 

l'ni! (piestion se pose maintenant : cette écriture est-olle une création des 
tribus nomades converties récemment à l'Islam, ou bien a-t-elle ses racines 
d;ins \me tradition arabe plus ancienne ? ."^ans aucun doute, le coulique tressé de 
Hàdkàn était déjà formé, lursciue, après bi UKU-t du sultan Maluiunid, l(>s Sold- 
joukidrs s'avanceront \ors l'ouest, .'^oul u\i spécialiste do larl tlo l'Asie Cen- 

I.'; Cf. 0/1. cil., pi. 1, t!, L'I p. !»7 t<n bas. 



BANDEAUX ORNEMENTÉS A INSCIII l'T lUNS ARABES 59 

traie pourra rôpondro à eotl(î quostioti ; je ino liornc à montrer la «lifficulti; du 
proldèiiii'. Le CDiilifiuo tressé de Itàdkiiii, au [loiiil de vue |iiireiiienl arlislirjue, 
donne l'impression d Une [)arfaile sùrcli; de st\ir. cl postule ainsi uncj longue 
pérjfKle d'évolution. Mais les matériaux antérieurs à l'an |0(Kl faisant défaut, 
il c-l iinpossiMe d'établir la elironoloj^'ie de cf shli-. .l'ai dé-jà suggéré (jue 
l'inscription pehlvi de la tour de Uàdkàn pourrait rc[)réscnler une [diase pri- 
iiiili\e (lu eoulirjuc tressi'-. Il serait [)ossil)k'. (pn«, tout d'ahord. le fond du l»an- 
driiii eut l'te garni simplement de motifs en tresse indépendants, ainsi qu'on 
en voit dans les inscri|)tions des monuments pprsans en lirique du douzième 
siècle (" ; mais alors il fallait ndier toute cette ornementation à entrelacs 
aux traits rigides de l'écriture eoulique, et l;i transformer à fond. 11 ne me 
semhie guère prolnilde qu'un artiste nourri île vieille tradition musulmane ait 
eu le courage de défigurer le sobre couliipie des vieux corans, pour le trans- 
former en une écriture aussi étrange. Plus vraisemblable est l'autre hvpothèso. 
à savoir (|u"une tribu, libre de trailitions musulmanes, a produit les artistes (|ui 
ont créé le eoulique tiessé. peut-être dans le cours de qucKpies années. Un 
comprend alors (jue les types coutiques traditionnels aient persisté ù coté du 
nouveau fv|)e tandis que l'origine autoebtone aurait |iour postulat une certaiiu* 
uniformité dans les monuments d'une même époipie. 11 est vrai qu'un argu- 
ment psychologique [khiI être imoqni' contre celte hypothèse. Le fait que le 
concpiérant impose ses goùls artistiques à la race vaincue est facilement cum- 
j)ri''liensilile. l'Iiisloire de l'art en dotme bien des exemples. Mais il »i'rail plu-> 
sui|ireri;iiil qii un arlisie (''lianger. couvei'li reecnimeiil à I islam, ait nx' satla- 
(pier à Tecrilure du Coiaii. Mans ce cas. il faut iph- des inlluences étrangères 
à I art pur aient eoutribue à la genèse du eoulique tressé-. Le nouveau t>pe 
ne piiunail-il pas avoir ('■ti- cri'c sous I iti-pir.ilinn d'uiir ci lilurr nu d images 
s\ iMbnIiqucs non arabes, dans le but plus ou moins conscient de transmettre à 
l'i-criture arabe les forces magiipies d'uni' autre religion'- .' Dan> son mciiioire 

(') C(. F. S*nnK, Deitkmiiler pirsinrliff Bnii- \a pciin- do chcrclu-r ilnii« l'cUo dirivlion. Kt-- 

kunst. p. l'i, fig. 3. cemniiMit. nu musre (iuimol, M. V. GoIouIh-w 

(«) CoUe idée m'n l'ii- su,«>:cn'o par l'i-ximon a liii-ii voulu attin<r mon nU<'iilioii sur quol- 

du rouleau d'iVriturc d'un moulin h prières que» insi-riplioiis en pierre du Tliibet qui 

thiliétiiiu. dout les lettres offrent une eertaine nionlrenl des aualogii-s frappante:» avec le 

analogie avec le eoufique tressé. Analogie cunfii|ue lresi<<5. 
fortuite, dira-t-on : mais il vaudrait peut-être 



60 SYRIA 

sur les inscriptions des tours funéraires,, van Berchenia cité plusieurs exemples, 
illustrant le naïf syncrétisme religieux de cette époque i". 

Qu'on explique lorigine du coutique tressé d'une manière ou dune autre, 
il reste ce fait d"un intérêt primordial pour l'histoire de l'art, c'est qu'une an- 
cienne écriture claire et lisible a été dépouillée de son caractère original, pour 
devenir l'instrument docile dun art qui lui est étranger. Dans l'histoire de l'art 
arabe aux onzième et douzième siècles, je ne vois guère de preuves plus fortes, 
ni mieux appuyées sur des dates précises, de rinfluence exercée sur la civili- 
sation par les tribus turques venues de la Perse orientale. 

Pour terminer, jetons encore un regard sur l'évolution ultérieure dans 
rOuest. Voilà des années qu'on a constaté la migration des nœuds en cœur gra- 
phiques dans le territoire seldjoukide ; mais les monuments d'Amida du on- 
zième siècle n'ont jamais été allégués à ce propos *-'. Dans son mémoire sur la 
stèle de Taschkend. cité plus haut, Karabacek a insisté sur l'origine turque des 
nœuds en cœur. Suivant lui. « le simple nœud en cœur, avec ses excroissances 
latérales en motif végétal, se trouve servilement répété dans les régions ha- 
bitées par les tribus turques de la tin du sixième jusfpi'au début du huitième 
siècle de l'Hégire t-^' ». Ce motif, précisément avec la même ornementation, ap- 
paraît deux fois dans rinscrij)tion pehlvie de la tour de Ràdkân ; il ne diffère 
des variantes seldjoukides (]ue par la position renversée du cœur '*'. .Malgré ce 
renversenuMit, le noMid de Hàdkàn peut être considéré comme le précurseur di- 
rect des nœuds seldjoukides plus récents d'environ deux siècles. 

Dans la suite, la migration du nœud (mi cœur a été étudiée plus à fond par 
H. Sti)ecklein. Il le dérive du noMid Tsiuuig sans fin, un ties huit signes bouddhi- 
ques de bon augure, et il y voit une iiupdrtatidii inongoic au tri'i/.ième siècle'^'. 

On ne saurait accepter cette ()[iiiiion a[uès avoir étudié les inscriptions mer- 
wanidcs d.Vmida. L'arbre généalogique dressé par Stoecklein aurait (M1 un tout 
autre aspect, s'il avait temi com[ilc des munuinents d'Aïuida cl du (laire. Ce 

(') Cf. DiRz, op. cit., p. 87 el suiv. ('j Cf. /w-. «■//., p '24. Los illuslrations de 

('; Von BcTchcm, scul.n rais en rappori avec Karahacek ont ôlr reproduites par S rnzïuowsii 

Araldn le coiifi(|iie Ircssédes cuivres incrustés dans Allai. Iran iiiid\'i>llifri(uttulening,yp. 175 

du Irci/.iémc sicclo ; cf. Die Aussleiluinj von et 18ti. 

Mritterwerken Muliaminedanisrlter Kunsl in (*) DiEz, op. cit., pi. Il, ri. 

Mi'inchen. 1UI0, Arnhisrhe Insihriflen. von C') Cf. Miinrhenfr .hilirhiuli tlrr hildcnden 

.M. v\> lU.nciiKM. KiULfl. vol. I.\, lytJ-l.j, i)p. ll'.l et suiv. 



13ANI)I:AIX OliNH.MEXTHS A I XSC rU l'TlUNS AKAUES Cl 

n'est pas la \af{m' iiioiigoir du trolzii-riio, c'i'sl di'-jà la va;;iic sfldjoiikidi- du 
onzièiuf (jui a i-ntraitu' le ikimuI en C(i?ur. Ces niiilits ((rnciiifiilaux nUiil ( l'itai- 
iicinctil [las ('lô iiii|»iiiir-s <mi Kf;\ |iir par les (''lullcsdi- >uic cliiiiiiist-s de l'i^iKjipic 
moiifridc, mais par ri-criluir pcrsani' du (inzii'-iiK* siccli-. A ce sujet, y ne dmi- 
ncrai i\hc <|url(|urs iudicalions. imc léscrvaMl d'aiial\s(T les Miimuiiients épi;,'ra- 
pliiipii's du (1 lire daii> un uii'iimiiT spi'riiil. 

!.(' Ivpc di'vcjiippr du iduliipn- Irosi- est éliaufrt'r aux inscriptions duOaire, 
car après la ((iinpièli' de Sidadin, «pii aurait |tu pri''>ider à M)ti itdniduetiun '", 
le iv^'iie de l'értilure eouliipic ees^ii liieiiliit. Cependant, fail à imler-. un eim- 
stale, dans laltelle épiii|ue du rnuliipie au (iaire. au mnins des s\niptiiiues dune 
péinHration pacillipu' de ICciilure [),ir des uintifs Iressi'-s en ni-ur. ils ajipa- 
l'aisx'id à l'étal spiiradi(|iii' di'-< la lin du mi/iruie siéi le. mais surtout dans la 
pteuiière Miiiilii' du don/ienie. l'aruii les m dii^ lie-^e», je ne citerai (pie les 
uieuds eu ii\'[n- des miiuuuierds ^uixaiil^.: niilie |)lati' d'KI-AfiJal dans la 
ino.squée dlbn Tonlnuu : simple meud eu cieiu- dans le lui inédial '- : el-A(jniur 
(inscription en stuc de la eoun: //*/ médial en co'ur et douhie uo-ud en ca>ur 
ihuisiilldh : mausolée de Silta UiMupiyNa : lia nii-dial <.'n co'ui- ; ej- V/liar (coupole 
d'eniree) : h inidial en iniir. OnuMia lliwal \ ousouf : meud en coMir dans le 
col du kdf et la ipieue du iimui. dciulile uo-ud dans It'im-iilif et tillàli '•''; (Jouhlia 
el-l.la.sà\VJili : lia medial eu co'ur el linuMi- noMiii dans Idm-alif: es-S;"ilili : h 
uiéilial eiicieui'. Nidons encore ipie le douhie no-nd en co-nr est souvent em- 
ployé dans là el iillàh : ou a cependant rim[»ression i|u"il s'aj;il ici d'un mo- 
tif [luicnienl (um'uicnlai et ipii' Miii intei'pn-lalion ma^^iipu' ou s\ mliidiipie, ii 
sui)posei- (pi"(dle soit admissilde. ne vaut jamais pour le (iaire. 

.\[irès celle élude, il parai! inutile de soulijiner rimporlance de l'anaUse 
])al(H)j,'rapliii|ue pinn lliisldire de lait aialie. .^ous ce rapport, la paléoj;rapliie 
l'pi^'iapliicpn- est une terre \ ierj^'c qui promet une riclie moisson. Aussi bien, 
dans les relevés (pi on fera désormais, les inscrl|>ti(Uis devront prendre une 

(') Yiiii liiTclicm n sigimli^ «ne In's boUe C^ CA.Vi.ih\, Die Ornamfntedfrllakim.und 

inscripliod ih' i^nladio fi\ i-<>iifi(|iii' Ircssô. ipic Aslxtr-Mosrhee. pi. XVI i on hmil h gaucho. 

Miss G. IJoll II ilôcouvcrto à MnyyArArii|i(i icf. (') Cf. /i(cri7..|il. .Wlll: piV-cisômont Aoauso 

DiKZ, op. cil., p. 108, H H»; jo vioiis de la pu- de ces oruodloiils praphiiiuos. jo crois qiio 

bllor, on yuirlk\ dan» hldinisihi- Schrifthunilfr, l'Infliionco ixTsnno so nmnifcslo dans co nio- 

Amida, Anitniuj : Kainian, Mdyrdfàriiiin, Tir- iKiiiii'dl. 
midli, pi. XIX. 



62 SYRIA 

place plus large, et il faudra les reproduire à une échelle beaucoup plus grande. 
Ainsi les monuments persans en brique, malgré leur mauvaise conservation, 
fourniront encore un grand nombre de matériaux paléographiques. Souvent, 
quelques lettres renferment des critères précieux pour juger d'un monument '". 
lia atlas paléographiqae qui, pour commencer, se bornerait aux inscriptions de 
grandes dimensions, serait pour l'historien de l'art le guide le plus sur dans 
ses voyages ; le microcosme de l'écriture décorative rotlète fidèlement les 
grands courants de l'histoire arabe. 

S. Flury. 

f) Cf. F. Sarre, loc. rit., Damgan, mausolée Pir-I-Alamdar : motif tressé en cœur et nœud en 
8 dans co bandeau très fruste. 



LE PEIMRE MONTFOHÏ EN SYRIE (1837-1838) 

l'Ait 

iu:M'; dussald 

(Troisième article.) 

III. I,K LlllAN Kl l,\ TkMIIK SaI.NTK. 

Les chaleurs (lu mois dam'il ihassciil de Bcynuilli. .Mdiilfnrl •■( l.i'lmiix. IU 
vont retrouver dans le Liban, à Brouininana, les Moore et la dmlics^f de Plai- 
sance ([ui sélail allaclié le médecin français Lnferie. 

Le Louvre possède quelques aciuarelies inli'-ressanles de et-lle jH-riode. 
L'une nous iiioiilie l'iiilérieur de la niaixni de li-iiiir Ali à Brouiiiiiiana '". 
Dans son (hdalininent. le d(''((ir a lielle allure (^l'I. NI! ). (i'esl |irol)al)lenienl un 
enfant du iiièiiic émir, avec (|Mi il était i)arliculièrement lié, que nous voyons 
aux bras d'une femme dont la haute Umloura indi(]ue le rang (lig. IILi La 
princesse a revêtu une jupe éclatante rayée rouge, violet, jaune et blanc ainsi 
qu'une veste blanche croisillée de bleu. L'enfant porte un fez rouge et un voile 
blanc'-', .Montforl donne cette définition de la lanjoura : a .^orte de trompette 
ou porte-voix en argent, la plupart du tenijjs richement ciselé, dont les fi>iiiiues 
de la montagne du Liban ornent leur tête et qui est élevé en proportion de la 
dignité ou de la richesse de celle qui le porti-, » 11 ajoiile (|ue les femmes 
chargées du soin des enfants possèdent également cet ornement, mai> cpi il est 
moins élevé et que leur voile est noir au lieu dèlre blanc '^', 

Solima est un village*'' voisin de Hroiimmaiia. mais les ilifriculté> de la 

(') I.ouvrp, Inv. 4in. Mine de plomb cl lavé l^i Montiout, /. c, f- 19, v», I).i/.», (Hct., 

de st'-pia. Monogrumine do l'auteur el imlica- s. v,, ilorive tnn\ourn de (imrUmr. 

lion : Uromiimt, 'SI autil IS37 . t*' l'ne vue d'oDsciuble de Bourdj .Solima est 

(') Louvre, Inv. MOI, Aquarelle cl miao do donnée par von Oi-pk>ueui, l ■•"! Miiii-ùh^.t 

plomb. iMuuogrumme de l'aulcur et iiidica- -i"» l'ersischen Golf, 1, p. 131'. 
tion: à lirmimmdna :'ôaoùt IS37, tur le Liban. 



64 SYRIA 

route nécessitent deux heures et demie de marche pour y parvenir. Le pahiis 




Fie. 12. — Palmiers à Beyroulh. 

de I (''Hiir iniiis est cunservé (hiii.s deux dessins'" dont nous rcjiroduisons cidiii 
('> Chrz Mme (1. Moiilforl, ilaUKs tous ilciix du -1 soptcnilirc 18.37. 



LH PEINTRE MONTFOMT EN SYRIE il8;:37-18:J8 65 

qui montre la faoado avec l'escalier rxlrriciir. vieilli- liailitiori <les arcliilecles 
syriens (fig. \i). 




.-^^' 



Fiu. 13. — La r.iiiiilli' Je IViiiir Ali à Itr.>uiiiiii.iii4 



Le l septembre. .Montforl, I.eliouv i-t .1. de Uerlou partent piMir visili-r le 
Jlian. Tripoli et Damas. Ils clicminenl li' lonj; de la rnle (piiU ipiiltent iipn'S 

Sïiuv. — II. '.» 



66 SYRIA 

Bntroun. pour s'pngager dans le tléfilé du Has Shaqqa. <.< .Xous avions marché 
onviron une demi-heure dans la vallée, lorsque nous arrivâmes à un petit 
pont jeté sur le torrent desséché formant le fond du vallon : en face de nous 
sur un roc isolé, très escarpé et placé au contre du vallon. s"élevait un château 



V I 



3 



.'•;. 5 






[8 r-ij 



^ 



n »5 



Kk;. 14. — La m.iisun des ûmirs à Solima iLibiiil. 

que ItiircMuirdl dil rtic un(Hi\raiie di'> Alotuàlis. Les Araltes nommeni ce chà- 
liMii .Mseïla '". » Si l'on rcctiiic en .Mseilha, comme nous l'avons encore 
ciitiiiilii en IHit.")!-'. on rciiiarrjiii-ra que .Montfort est le premier voyageur qui 
diiiiric le iiniii l'xacldc Ce furliii. Ouand Herggren notcQal'at Me/.aiheha'^', il suit 
IJunkhardt qui imprime Kalaal .Mes/.aheha par suite prohahlciuiiil il'iiui' ciiiiii- 
dr li'clurc de snii rarnci de nmli-'". Quant à Seetzen, ses éditeuis mil mal hi 
Min mamiM rit (jui. au lieu de Kalal hiszelha, devait porter .\!s/.idlia. la loinhinai- 

('I Mo.Nr>..nT, /. .-., f" s:;. Il,c lluly L.i;u/. p. 178. Le ïomseidn iU> M.u .n- 

(»l Hft'iif nrchèoloijiqne, 18!l6, I, p. 303. iuiki i,, 1 o.va;/e rf'.Wcp à Jérusalem, l'Oo.p. ou, 

CI \\v.\u.(iM:\,tiuiiie friinrith-arnlie,co\. U". est ù rcrlificr iMi Msoilii i-oimnp ôcril Monl- 

(*_)J.-I,. lltiii:Kii\iii>r, Triivcls in Syriii ttiiil forl. 



LE PEINTru: :\[()NTK()I;T en SVIUE 1837-1838) G7 

son sz notant lo stiU ;iral)c"'. Le (Icssin i|ni' Mmillort a tracrdé ro <:iirit'ii\ clià- 
tcau le nioiilrc dans lo nn^-nie rtal m'i Idiil \n MM. Max \ an |{cr<lifn cl Eatin. 
i|iii lui ii[j| ((iiisarri' une ("ludr anlii'(il(iiii(|iii' ciiMiiilr-li'-'. 

De ce puinl. (jiiillaid la roidi' de 1 ripoli. nos viivagrnrs cscaladi-id la inon- 
lagiii' [larnn scnlicr i|iii ilnminc la livc dinilc dn .\alii-(d-l>ii)/. ol ai ri \ ci il ;i |{/i/;i 
on ils dressent leur Icnlc « |iii> d'un [iclil lriii|i|i' aiili(|iic. |ii iiiri|i;il niijcl de 




l'ic^. i:.. — l.t' tciiipl.' .1.' M/i/.i iLilnnl. 



noire course, dit Montl'ort. cl doiil l'ciVcl coiiiiiii' |irciiiicr plan an milieu de 
radiiiiialile [lavsage (|ni l'ein iroiine nous seinlile de loiile Iieanlé. " 

.\ ra|i[iiii dn dessin '" (|ne nous re|iiddnisoiis (liu. \''<k \oici la ile-<cri|itii«n 



('' SrKT/.KN, I, p. l'>.'i. 

l-i V\N iir.iiciiKM cl Fmiii, Idv/ii/c cm Syrie, 
1, p. MA i-l suiv. 

('> Dessin clii'/. Xliiic Ci. .Munlforl; niono- 
gi'imime de l'iiiitoun-l dali- de scplcmlnv |S37. 



lln ciiiniianTil le di'ssiii de l.eliinix reproduil 
dans L. hk I.aiioiihk, Voriu/f ilf /d S.vriV. p. 33, 
|d. XXII. 43. Voir encon- Ui:>*>. Mitti»n <lf 
/Vii'iiiViV.p. i;U, el Pu iisTniN. JalirUnih .\rrlt. 
Iiiitiliili. I.KI-J. p. 107. 



68 SYRIA 

que l'artiste donne du temple : « Trois colonnes d'ordre ionique précédant un 
pronaos, ornent encore la façade du petit temple , il y en avait quatre autre- 
fois... La porte, qui est toute sculptée, offre des dessins d'un bon goût. L'on 
avait fait anciennement une église de ce temple et pour cela sa forme avait été 
changée en ajoutant deux enfoncements demi-circulaires sur l'un des côtés... 
Les habitants célèbrent également l'office en cet endroit... Dans l'enceinte 
même du temple s'élève un grand chêne dont le feuillage, qui se voit de l'ex- 
térieur, contribue à rendre la ruine plus pittoresque'". » Ils visitent également 
les ruines voisines de Naous, puis ils rejoignent le Nahr Qadisha à Kesba et 
atteignent Tripoli à la nuit. 

Montfort rencontra de nombreux motifs à dessiner dans cette ville, malheu- 
reusement il n'y resta pas longtemps. Ce n'est qu'au cours d'un nouveau séjour 
en juai 1838, qu'il peindra l'aquarelle que nous reproduisons (Pl.VllI), donnant 
une vue du vallon de Tripoli que domine à gauche la forteresse de l'époque des 
Croisades >"-'. « Tripoli, remarque-t-il, est une des villes les plus orientales que 
j'ai visitées... Elle passe au reste pour une des pllis belles de la Syrie : les 
bazars sont très vastes et on y trouve des fontaines à chaque pas. Elle est ornée 
d'un grand nombre de mosquées anciennes et construites dans le véritable 
style arabe '^'... » 

Nos voyageurs quittent Tripoli le 9 septendire 1837 et gagnent les Cèdres 
jtar Zegharla et Ehden. La description de Montfort témoigne de l'exactitude 
di' son observation : « Les cèdres s'élèvent sur cinq ou six mamelons formant 
un bassin au milieu d'eux... 11 en est plusieurs que l'on remarque de suite et 
que l'on reconnaît conmie fort anciens à lénormité de leur tronc et au dé- 
pouillement de leurs Iirain lies caduques. A la base de deux ou trois de ces 
dernii-rs sont des autels de pierres que l'on a ramassées et placées simplement 
les unes sur les autres, et il est un jour où l'on vient chaque aimée dire l'office 
sur CCS aulcls. Les Inmcs di' plusieurs crdrcs, iiicu qui' d'un seul jcl à la base, 
se divisent à pi-u de distance de terre, et s élèvent alt)rs de coté et d'autre en 
all'ectanl les l'oi'nies les pbis piitorescpies <"... » A cdulemider ces arbres véné- 
riilili'S. MuiiUiirl ressent une émiiliou qu il ne dissimule pas : o .l'ni ('■prouvé. 

CI MoNTKOiiT, l. c, f" 89 ul suiv. ( 'i Comp.iri'7. rcque ilil Van Iîkik htm, Vnynije 

('I /.ouvre, Inv. 44-21. Aqiiurt'Ui'. liulicalioii: en Syrie, 1. p. 110 cl suiv. 

Trypuli jemli 31 mai IN.W. (i) Montfout, l. <:, l" 101. 



LE PEINTME MONTFORT EN SYRIE (1837-1838) 69 

(lit-il, un scntimonl (radiiiiiatioii que Ition \\o\\ (rautros cliosos nionl oncore 
inspire. » Le dessin qne nons irproduisons (li{,^ Uij est d'une exécution supé- 
rieure à colle des études similaires de I-elioiix et môme île Marillial (piiin 
trouvera dans l'ouvragi' de L. de Laliordr. 

(lesrétrions reculées du Liban conservaient di' xieilles euulutnes. A Bcsliarii'' 








-■:.\ 



^ 



Fir.. IC. — Cr.lrc- .lu l,ili,.ii. 

« les l'einuies. au lieu de I l'unnne taiitoni'a di' la mniitauiie îles Drir/os ou 
de celles du Ke^rauiiaii. ont sini|ileiiienl sur la lèlc iiu ]ii'lit cercle en ariieni 
élevé (le quatre ou cinq pouces: par-dessous est le voile de rij^ueiir '" ». A 
l'occasion d'une visite au slieiKli de l'endroit, un lui offre le parfum : a (»n 
apporte une cassolette à parfiiui que l'nu place devant nous sur une petite laide 
de .li-rusalem et l'on en snutlle la l'iuui'e \eis notre visa^re'-'. » 



l" MnNTFonT. /. .-.. f' 107. 



I" MoNTKOUT. l. .-.. f' l(U. 



70 



SYRIA 



La visite de Ba'all)eck et de Damas n'est marquée par aucun incident re- 
manjuable. Le retour à Beyrouth s'effectue le 2 octobre. Déjà, J. de Bertou 
avait quitté ses compagn.ms : bientôt Lelioux est rappelé en France par la 




I .... 17. \.,ljii. :> N;i/:iivlli. 

iiMiri (II' >a iiicic. Mniill'orl rdiiliiiui'ia ses ciiinscs à lra\crs le [laxs: il r("ilii;era 
son ilirifiaiir a\iM- la Mifiiic niiiiiilii- cl il dr-^iiuMa i;('ii>. monuiuciils cl siii'- 
lout [lavsaffes avct: la mcmr conscience. .Nous avons suriisamment maniut- sa 
nianicrc et nous ne le suivrons pas ilans S(»n long séjour à .lérusalcm de 
déceniliti- \HM à mai IHIt.S. x'jouf cunpi- [tar des excursions à .Mar Salia et à 
la mer .Murte '". à llébron et à (iaza. eiilin avec .1. île Bertou '-'. à Pélra et à la 

('■((nlirninii'parlic ilfCi.'VoyHgc'sousle tiliv cf voyiiRi' dans le liullelin île ta Société de 

l'romriinite il InmerMorle/J'iefJO février is:is, (jroijrnpliie ite Paris, 1838, pp. 18-3'i; 1839, 

dans lleriie de l'Orienl, 1843, I, pp. 416-431. p|i. 'J'4-"28(), plus une lirochure, le Mont llor, 

C'I J. i>K Ukhtih a iIiiiuk'' ilivcrsr-i iioti'S sur /-• loinfiean d' \<iron, Cades: Paris, Dupral. I8til). 



i.i: i'i:iN.TUi-; moniiout i:n svuii-: 18;{7-18:58 ti 

Mifr l{()ii}ir. Sun srjoiir li- |iliis riiirluciix sciuhlc avoir (•It' le mois [lassi' an 
roiiM'iil lit' Mar Saha. Il a suiiiionlr ioiiii'S les (lilTiculti-s pour dr-ssiiiiM- cl 

|,(.irii![v ci'llr n'-iiMi. |iciil-rliv lu iilii- ~;iii\;i,-f au iiininlc. rt cnimur I ojix-rvç 




KiG. IS. — Q.malcr Zi-heiJc, |)rè> HcvruiiUi. 

I.riin (II- Laiioriii'. il rs| jr |.n'iiiii'r ;i axnif ra|i|nirli'- " un ialiii'aii à I linilc vo- 
pn-siMilanl la ini-r .Minlr prÏM- ihi milieu lic la -oliluili-... peint tl ai>rès nainre 
el etilièremenl lei-miné >ur jilare en dix ou linu/e lonuims jourm-es" ». \ élu en 
l)i'.l(iuin. il -(' lie a\i'c les |iau\i'e> aralie> de la emilree i|ui ii'niil pa- I allure 
des aralies de grande tente: il snltil leur salidi- re|toussaule pour [MMH-trer dans 
leur intimiti'. Il nesl pas un ustensile ipi'il dédaitjne de dessiner: il a laisse 



Voir li's ( rili(|iii's ilc Kn. IIoui.nson. l'didrsiinit, 
lllp. 7(>7, il suiv. 



l" I.KON nKLAiionDK.l'ii arlisIcilaiisloJésorl. 
(Unis Kfiiic/niiK.'iisi-, I. XI. imir.s l«;W, p. l'-'O. 



72 SYRIA 

nolaïuiiiciit dos étutlos délaillées de la tente arabe à ravir un ethnographe. 

Le 20 mai 1838, Montfort sort de Beyrouth pour elfectuer, en compagnie 
de M. de Caraman i'>, sa dernière randonnée par Tripoli. Lataquié, Dana. 
AIe(). Antioche et Séleucie, avec retour en juillet à Beyrouth qu'il quitte défi- 
nitivement en août pour rentrer en France. 

Pour terminer nous signalerons encore deux œuvres de l'artiste où s'af- 
firme la souplesse de son talent. La première est une charmante aipiarelle, le 
portrait de Nedjmé, lille d'Ihrahhn Qoubroussy, agent consulaire lran(^-ais à 
Nazareth. Elle se tient accroupie sur un tapis devant des coussins blancs. 
Coiflee d'un fichu jaune ;i raies rouges, elle porte une robe blanche légèrement 
rayée de rouge et bordée de bleu (fig. 17)*-'. 

Nous avons déjà insisté sur le goût pour l'archéologie dont Montfort a 
témoigné à une époque où le pittoresque seul conq)tait. On lui doit, en 
collaboration avec Lehoux et J. de Bertou, le premier relevé précis des fa- 
meuses stèles rupeslres du Nahr el-Kelb. On lui doit encore la première repro- 
duction fidèle du Qanaler Zebeidé, attribué sans raison à Zénobie, en réalité 
aqueduc d'épocjue romaine, qui amenait l'eau à Beyrouth (iig. 18). La Revue 
arcluvlogique a déjà reproduit, en ISiO, ce dessin de Montfort et voici à quelle 
occasion. Letronue avait (hnluil d'un texte grec, d'ailleurs grâce à une erreur 
de lecture '^*, ([u'une fontaine de la ville devait être alimentée par un aqueduc. 
Inlerrcigé par le savant épigraidiisle, le colonel Callier lui apprit l'existence du 
Oaiialcr Zebeidi' à près de trois licures deBeu'outh. De [dus. Leironne reçut 
« non pas un >iinple cro(|uis. niais un superl)e dessin, evéculé sur les lieux 
mêmes, par un artistes des [dus distingués. M. .Muntrort '" •>. On comparera 
notre repinduitinn diieele ii la planche (h- la lirnic (iirlu'olnniijitc (|ui. (pioi(iue 
assez fidèle, inleiquvie certains d(dails. Comparable au Pont du (iard, le Qa- 
naler Zebeidé, construit en grands matériaux, franchissait le Nahr Beyrouth 
sur trois rangées d'arcades. Il est presipie eiilièrenuMit dc'iruil aujouid bni. 

Ui:nè Dussaud. 

Cl Le comlc A. dk Cahaman a publié lUnx l^' Voir U^:^A^, Mission de Phénicie, pp. 334- 

arliclcs sur ses voyngps eu Syrie dans li- Uni- 3."'>u, i!l eu deruier lieu Pkrduizet, Revue Bi- 

letin de taSoiiété de (jioijini>lde de Paris, 1810, bliiiiie, 1900, p. 430 et suiv. 

pp. M 1-34.'), et 1841, pp. 1-20. (') liecue anhàoL, 3" nnuée (1846-47), 11, 

(') Louvre, luv. 4408. Aquarelle el uiiiic de p. 490; le dessiu est reproduit, pi. LVU. Voir 

plomb. Daté: Nazareth 24 novembre 1837. Ibid., 3° aunée, 1 (1840), p. 83. 



KiitiJ()(;ir\Piii 



(iviu .1. s. M AU- lu vMii.H. — Caractère 
indo-européen de la langue hittite. 
1 11 vol. in-X' (le 172 pngcs. — (^liris- 
lianiii, J. Dybu^ul. l'.tl'.l. 

Ce li\rc est le n'-siilLil (I'i'IikIps pour- 
suivies p;ir M. Marslraudor sur les pre- 
miers documents mis ù hi dispositinn des 
chercheurs, avant qu'il ait pu prendre 
connaissance des di-rniers travaux de 
MM. Ilro/ny et Wcidner. 11 conclut au 
caiaclèrc indo-cumpéen de la langue hit- 
lilc, sans cependant accepter toutes les 
interprétations de MM. llrozny et Hugg. 
Bien entendu, ces résultats sont en grande 
partie théoriques, par suite de rigrK)rance 
où nous sommes encore du vocabulaire 
hillitc. M. Marslrandcr passe ainsi en 
revue et reconstitue les diirérenles parties 
du discours, pronom, nom, verbe, etc., 
qu'il compare aux diverses langues indo- 
européennes. De l'examen morphologique 
de la langue, il résulte que le hittite, bien 
que précédant le grec, par exemple, de 
plusieurs siècles, se présente à nous à 
im slade de développement boau<'oup plus 
évolué ; 1rs simplifications (|ui se produi- 
sent toujours dans les langues indo-euro- 
péennes, la langue hittite les connaît iléjà 
dans les documents ijuc nous pouvons 
étudier et qui datent environ du treizième 
siècle avant notre ère. Il convient de ran- 

SlIUA. — II. 



gerle hittite dans le groupe européen oc- 
cidental, avec le germanique, Tilalo-celti- 
que et le grec, comme nous y invitent les 
formes pronominales l\a-a-<ish, ayant la 
valeur du latin hic, et /.•«-is/i, interroga- 
lif. En outre, le hittite, dans ce groupe, 
doit être placé à côté de l'italo-cellicjue cl 
du tokharien par suite de la présence d'un 
médiopassif en r, dont les formes sont à 
rapprocher des mêmes formes italo-celti- 
(|ues à désinences simples cl composées. 
Mais il ne s'ensuit pas que le hillile puisse 
être assimilé à une de ces langues. Il reste 
bien aulonome tout en admettant des 
concordances avec les idiomes voisins ; 
ce sont, avec rilali(|ue et le tokharien, une 
extension considérable de la formation 
verbale en sic, qui semble possible dans 
tout verbe hittite en plus de sa forme de 
présent normal, et doit donner un sens 
difTcrenl ; avec rilalo-celliquc, le passage 
de ru antcvocalique en ou ; avec le celtique 
et le grec, le passage de m à n: avec le 
tokharien, le suffixe de l'intinilif en wa- 
ar : avec le germanique, le passage de o à 
<i et les formes pronominales :i-gii, tu-go, 
formes de la 1' personne du singulier, n/i- 
:u-a-iish. forme de la T' personne du plu- 
riel. Ce serait donc, dit M. Marslrandcr, un 
>« dialecte limitrophe oriental de ce do- 
in.iine linguistique de l'indo-européen oc- 
cidi'iit.il qui, à date préhistorique, était 

10 



SYRIA 



commun aux Hittites, aux Italiques, aux 
Celtes et aux Tokhaiiens. » L'intention fie 
M. Marstrander était de joindre à ce tra- 
vail une étude sur les rapports qui exis- 
tent entre le hittite et certains idiomes 
d'Asie Mineure; le temps, dit-il, lui a 
manqiic pour cela. Lorsque le vocabulaire 
hittite sera mieux connu et aussi celui des 
langues voisines, il y aura grand intérêt à 
elTcctuer cette comparaison, car le peu que 
nous connaissons du hittite nous mon- 
tre une langue très inOuencée par les élé- 
ments étrangers, au point que Weidner a 
pu soutenir qu'il s'agissait d'une langue 
caucasique contaminée d'éléments indo- 
européens. 

G. Co>TENAl . 

The Annual of the American School of 
Oriental Research in Jérusalem. ^ ol. 1, 
for l'J19-l')2Û. — Edilcd for the mana- 
ging committeeby Charles C. TORREY. 
Yale University Press, New-IIaven, 
Conn. 

Les modifications politiques survenues 
en Syrie et Palestine, à la suite des événe- 
ments de ces dernières années, ont pour 
conséquence un renouveau des éludes ar- 
chéologiques. La création de la revue où 
paraissent ces lignes est un témoignage 
de cette activité; la publication d'un vo- 
lume annuel consacré aux travaux de 
l'École .Vméricaine d'Orientalisme de Jé- 
rusalem en est un aulre, et nous sommes 
heureux de souhaiter la bienvenue à ce 
nouveau périodique. La bibIiollK'(|ue ar- 
chéologique qu'amorce l'.'Vnnual décolle 
année est destinée à la publication des 
travaux de cette École. Le premier volume, 
solidement cartonné, imprimé sur beati 
papier, abondamment illustré, fait, par sa 
composition, bien augurer de l'avinir. 



Ch.\.rles C. Torret. — A Phœnician 
Xecropolis al Sidon (p. 1-27). — Cet arti- 
cle donne le résultat succinct des fouilles 
exécutées à Sidon en 1901, par M. Torrey, 
dans un terrain situé au Sud-Est de la 
ville, au pied des premières pentes du 
Liban. Un peu à l'Ouest, en droite ligne 
de cette place, se trouve la grande nécro- 
pole où fut découvert le sarcophage d'Esh- 
munazar, et qui fut explorée ensuite par 
Renan. On accède aux tombes de ce terrain 
par des puits creusés dans la roche; au 
fond de ces puits s'ouvrent 'des chambres 
funéraires voûtées; ce sont donc des sépul- 
tures d'ancien type. On y trouva 14 sar- 
cophages anthropoïdes et 5 sarcophages 
déforme theca, en marbre, qui appartien- 
nent aux cinquième et quatrième siècles. 
Deux sarcophages grossiers en calcaire du 
pays prouvent la réutilisation de la tombe 
à basse épocjue; l'un contenait quatre, 
l'autre cinq squelettes. Des monnaies de 
bronze recueillies parmi les ossements et 
datant du règne d'Elagabale donnent l'é- 
poque du réemploi de la sépulture. Une 
des lombes avait aussi contenu, postérieu- 
rement aux premiers ensevelissements, 
des cercueils en bois dont les ferrures ont 
été retrouvées. Un des sarcophages, une 
theca, dont l'intérieur était taillé comme 
cilui des sarcophages anthropoïdes, por- 
tait une marque d'ouvrier, un aleph phéni- 
cien, ([ui nous prouve que les ateliers qui 
fabri(iuaient ces 'sarcophages employaient 
une main-d'œuvre pliéniciennc. Le tout 
avait {]uelque pou souffert des pluies pé. 
rioiliques qui imbii)ent le sol et. grâce 
aux puits, s'infiltrent dans les tombes 
pendant une grande partie de l'année. 
M. 'l'orrey fait suivre la relation succincte 
de la découverte, d'une description som- 
iiiaiii' des sarcophages. Ainsi ([u'il nous 



BIBLIOGRAPHIE 



en avertit, au début de son élude, ce n'est 
l;'i (ju'un rapport préliminaire; il est i'i 
souh.iitcr ([ue la publication détaillée en 
soit leprise à bref délai, notamment pour 
les illustrations, un peu petites pour une 
étude approfondie des monuments. On a 
recueilli dans ces tombes des figurines de 
divinités on terre cuite peinte, des alabas- 
tres, des lampes appartenant à la basse 
époque, de petits objets égyptiens en terre 
vernissée, tels qu'amulettes et scarabées. 
Tout cet ensemble, important, provient 
de fouilles exécutées il y a vingt ans, et 
se trouve encore à Sidon; il n'était connu 
jusqu'ici que de quelques personnes. 

lliM;Kf.r;v G. MiTriii;i,i,. — The moilcrn 
irrill of .Irriisnlem ([>. 2H-'>()). — Ktude 
du umr d'enceinte de Jérusalem, documen- 
tée de nombreuses illustralions(7l fig.). I.."i 
aussi, certaines pliiilogra[)liies sont un peu 
petites pour le but qu'on se propose d'at- 
teindre. I/auteur, après une brève descrip- 
tion de la muraille et des portes, étudie les 
matériau.v eni[)loyés dans la construction; 
ce sont des pierres extraites des alentours 
imméilials de Jérusalem, notamment du 
Monl des Oliviers; puis il expose les cau- 
ses qui ont endommagé l'enceinte: action 
des éléments, et surtout remaniements 
successifs. Il insiste surl'cxtrème diversité 
de la maçonnerie dans ses dilTérentcs par- 
ties, notamment sur la présence de pierres 
à refends et à bossages mal dégrossis en 
de nombriux endioils <le la iiiuiailli'. 

I,. Bayi.ks r.vTo.N. — Suri'ivaU of pri- 
niilivfrcli(jinn in nindern Palfsline (j). '>\- 
[\T>). — Quand les Israélites coiuiuirent 
Canaan, ils se trouvèrent eu présence 
d'une religion qui rendait un culte à une 
multitude de puissances présidant aux 



pbénomènes naturels. Les endroits du 
culte étaient les sources, les arbres, les 
montagnes, les cavernes, les tombes, les 
pierres sacrées, et M. Paton, après Curtiss 
et d'autres voyageurs, en rapporte de nom- 
breux exemples. .\u cours d'un voyage 
accompli (H \\)0.\, à travers la Syrie et la 
l'alestiiic, il a reconnu les survivances 
de cette vénération parmi les populations 
actuelles; ainsi à .\fka dans le Liban, où 
le Nalir Ibrahim, l'ancien .\donis. prend 
sa source, et où les habitants ont conservé 
ime légende déformée du mythe d'.\do- 
nis; ainsi à Qatana.au sud de Damas. Les 
cèdres du Liban, uncliéne prèsde Baniyas 
sont encore des arbres sacres. M. Falon 
signale la persistance de ces traditions 
cananéennes malgré la présence successive 
du judaïsme, du christianisme cl de l'ie- 
lamismc dans ces régions. 

^VAUllE^ J.Moui.ToN. — Gleanings in 
archu-ology and epigniphv (p. Iiti-'.l2i. — 
Description d'une pierre dont la face supé- 
rieure est creusée d'une grande cupule 
auprès de laquelle s'en trouvent de plus 
petites; celle pierre est à Bcit Ta'amir, à 
(piciques kilomètres au sud de Jérusalem. 
L'auteur pense que ces mapjues datent de 
l'époque néolithique dont beaucoup d'ins- 
truments se retrouvent près de là; la 
pierre pourrait être un autel à sacrifices. 

Description d'une série de figurines ou 
disques en terre cuite, provenant de Pa- 
lestine et creusés en leur milieu d'une 
dépression recouverte d'un verre légère- 
ment bombé. En rapprochant ces disques 
d'une re|)résentalion d'oiseau en argile of- 
frant les mêmes caractérisliipies, M. Moul- 
ton conclut, avec M. Macalister et le P. Cré, 
que ces objets sont des réserves eucharis- 
tiques qu'on plaçait dans les lomltes. Je 



76 



S Y R I A 



sais que cette question doit être discutée 
prochainement d'un tout autre point de 
Yue, et je n'insiste pas sur cette conclu- 
sion. 

L'auteur décrit en terminant quelques 
figurines de terre cuite du Hauran, et deux 
inscriptions, l'une en grec, de Césarée de 
Palestine, l'autre en nabatéen, provenant 
dePétra; la première, qui rappelle « l'a- 
chèvement de la basilique, du pavement, 
de la mosaïque, ainsi que des degrés du 
temple d'Hadrien », serait de la fin du 
sixième ou du début du septième siècle; 
elle prouverait qu'en certains points de 
Palestine, le christianisme fut long à 
triompher. 

G. CONTENAU. 

Ed. Navii.le. — L'Évolution de la langue 
égyptienne et les langues sémitiques. 
\ol. in-8' de xiii et IT'.J pages. Paris, 
Paul Geuthncr, 1920. 

M. Naville essaye de démontrer, dans la 
première partie de son livre, que l'écriture 
égyptienne n'est pas une écriture sémiti- 
que qui n'indique que les consonnes, et il 
se met en opposition avec l'École d'Erman 
et de Setlie en disant fiue la langue égyi'- 
tienne — elle non plus, — n'est pas d'ori- 
gine sémitique. 11 ne fonde pas le verbe 
égyptien sur le verbe à trois radicales et 
les lettres interprétées par l'École de Ber- 
lincommo consonnes ('aïn, 'alef, j, w) se- 
raient en réalité des voyelles : il croit en 
trouver la preuve en copte. — En parlant 
de l'évolution de la langue égyptienne, il 
constate deux grands changements dans 
récriture et dans la langue. C'est d'abord 
l'apparition « presque subite » du démo- 
tique, de cette écriture modifiée qui ne 
perd pas complètement son caractère figu- 
ratif et " d'une /«n(7Hc simplifiée se rap- 



prochant de la langue populaire, sans ce- 
pendant en rendre la forme exacte ni la 
variété ». Le second changement survient 
à l'époque de l'ère chrétienne; il fait appa- 
raître la véritable langue populaire, le 
copte, dans ses différents dialectes qui ont 
besoin d'une nouvelle écriture, l'alphabet 
grec. — M. Naville se demande alors si 
l'on ne pourrait pas retrouver un dévelop- 
pement analogue à celui de la langue et 
de l'écriture égyptiennes, d'abord dans le 
babylonien cunéiforme supplanté parl'ara- 
méen et, ensuite, dans l'hébreu carré, qui 
serait pour la Palestine ce qu'est le copte 
pour l'Egypte. 

Ce livre, riche d'idées neuves et de 
suggestions très intéressantes, appelle 
cependant nombre de réserves ; ou hési- 
tera à accepter toutes ses données, si at- 
trayantes qu'elles soient à première vue. 
Georges Out. 

Peter Tiiomsen. — Die rdmischen Mei- 
lensteine der Provinzen Syria, Arabia 
und Palaestina. Un vol. in-8° de IV et 
102 pages avec carte (tirage à part de 
la Zcilschrift des deutschen Paldstina- 
i'crcins, t. XL). Leipzig, Hinrichs, 
l'.in. 

La disposition typographique de ce re- 
cueil, qui groupe '.W6 milliaires répartis 
sur une cin(iuanlaine de roules, n'est pas 
des plus coniiuodes, mais l'information 
est précise et puisée à bonne source. 

On ne saurait trop appeler l'attention 
de ceux qui voyagent en Syrie, sur l'im- 
|)ortance qu'il y a à relever avec soin les 
inscriptions des milliaires romains qu'ils 
rencontrent, ainsi que leur position exacte. 
Trop souvent, cette dernière n'est l'objet 
que d'une indicatitin assez vague et. 



luiiLioc, i?.\piin-: 



77 



presfjue toujours, on néglige de dégager 
la pierre à moitié enfouie pour lire com- 
plèlemcnl le texte. Or, les niilliaires non 
seulement fournissent d'utiles renseigne- 
ments sur Je réseau routier d'époque ro- 
mtiine, mais ils permettent souvent d'iden- 
tifier les sites antiques. 

Le travail de M. 'l'iionisen nndra de 
bons services : il y aura lieu de le com- 
pléter, notamment par une exploration 
attentive de la Syrie du nord. 

H. 1). 

Le livre de la création et de Ihistoire, 
de MoiAiiiiAH iiKv Tùim li.-M vi,«i>i>i, 
attribué à .\bou-Zéïd .Mimed beii Saiil ol- 
Balklii, publié et traduit d'après le hm- 
iiusi-rit de Constanlinople, par M. (A. 
lliMii, t. VI. Paris, éditions Krne.sl I.e- 
rou-x, l'.tIO, gr. in-8", 22S + 127 pages. 
[Publications de i Ecole des langues orien- 
tales vivantes, H'" série, vol. Wlll. 

M. Clément Iluart a eu la bonne fortune 
de mener à bien, malgré les diflicullé^ 
toujours grandissantes de l'impressicm, 
la publication du Livre de la création cl 
de ihistoire. Ce tome VI et dernier de 
l'œuvre intéresse directement la Syrie. 1! 
comprend le texte original, un index gé- 
néral des six volumes, el une tiMduetion 
en fran(;ais du document arabe. Ce texte 
est divisé en deux grands cbapilres, éga- 
lement importants l'un et l'autre, puis- 
qu'ils exposent, pour une bonne part, des 
événements contemporains de l'auteur 
lui-même. 

Le chapitre \\1 donne un récit abrégé 
de la domination des Oméyyades, jus(|u'ii 
la fin de leur règne, ainsi que des trou- 
bles causés par Ibn ez-Zobéïr et Kl-Mokh- 
làr beii .Vbi-Obéïd. Le chapitre Wll traite 
des llàchéniites, fournit un dénombre- 



ment des khalifes abbassides depuis l'an 
i;{2 jusqu'à l'an ."ioO de l'hégire, et expose 
avec des détails circonstanciés le début 
du pouvoir des Abbassides. Le récit prend 
fin à l'abdication d'el-.Molî en 30."? (H.); 
comme la composition du Livre de la cré-. 
ation fut achevée en 3")u (H.), on en con- 
clura, avec M. Iluart (p. I2"i, n. 3 . que 
les dernières lignes ne sont pas de l'auteur 
et ont été ajoutées après coup par un co- 
piste. 

L'index, très détaillé, permet mainte- 
nant de se faire une idée d'ensemble de 
cette (iMivre si importante, due à un écri- 
vain du dixième siècle de notre ère, pos- 
li'iieur de (pielques années seulement à 
M.isnudi. 

riiKDKnii: M.ici.Kn. 

Gt.ouce-Samm';. — La Syrie. L n vol. in-8" 
de 733 pages, avec .'10 photographies et 
Il cartes hors texte. Paris, éditions Bos- 
sard, r.l2l. 

Dans la préface qu'il a écrite pnur cet 
iiu\rage, M. Chekri Ganem le définit jus- 
tenietil : « le livre d'un Syrien sur la 
.S\ric 11. Il faut féliciter M. George-Samné 
d'avoir surmonte les difficultés d'un sujet 
complexe entre tous et le remercier de 
nous avoir donne de la géographie, de 
l'histoire, des religions, de la vie écono- 
mique et politique du pays, un exposé 
exact et documenté. Tout en ne cachant 
pas ses préférences pour tel ou tel arran- 
gement, tout en montrant le vice et la 
fragilité de telle ou telle combinaison, 
l'auteur ne se départ pas du ton de l'his- 
torien. Il a foi dans l'avenir et le progrès 
de son pays : les derniers événements lui 
donnent pleinement raison. 

Un grand nontbre de documents offi- 
ciels sont publiés en annexe aux divers 



78 



SYRIA 



chapitres. L'ensemble permettra à tous 
ceux qui s'intéressent à la Syrie d'acqué- 
rir rapidement des notions utiles et sûres. 
Les reproductions photographiques sont 
bienvenues et judicieusement choisies. 

La partie géographique, qui touche di- 
rectement nos études, a été traitée avec 
soin : les cartes très instructives, vrai- 
ment démonstratives, qui y sont jointes 
le disent assez. Nous eussions aimé, tout 
au moins en annexe, posséder la liste com- 
plète et précise des divisions administra- 
tives et non pas limitée aux vilayets et 
aux sandjaks. Nous entendons par « pré- 
cise » que la transcription des noms de 
lieux doit être faite d'après un système 
fixe. Un livre comme celui-ci, écrit par un 
homme qui connaît le pays et possède sa 
langue, doit servir à propager une graphie 
raisonnéedcsnomsgéograpiiiiiues syriens, 
sinon ce sera bientôt la cacophonie la 
plus invraisemblable. Nous ne cherchons 
pas la diflicullc, loin de là ! Nous accep- 
tons parfaitement les graphies reçues 
comme Beyrouth et Lalaquié — qui ne 
sont d'ailleurs pas mauvaises : nous de- 
mandons seulement qu'on n'introduise 
pas dans le langage et surtout dans l'écri- 
ture des « monstres » inconnus jusi|u'ici, 
tels que Souiiyailiyieh pour Souweidiyé, 
Kalaat el-Mamlit pour Qalat el-Moudi(i, 
Maarcl en-Ainm pourMa'arrat en-No'man. 
Nous relevons ces transcriptions fautives 
sur la carte générale placée en fin de l'ou- 
vrage, non pas sur celle (|u'a dressée 
M. Augustin Hcrnard et qui, dans le jeu 
de.s couleurs, donne la distribution si cu- 
rieuse, et h certains égards si suggestive, 
des diverses poi)ulalions (pu peuplent la 
Syrie et la Palestine. Nous souiiailons 
(|u'unc nouvelle édition soit prochaine- 
ment mise sur pied (|ui enregistrera l'or- 



ganisation nouvelle que la Syrie s'est 
donnée et où la toponymie sera l'objet 
d'une révision. 



R. D. 



PÉRIODIQUES 



Ci-ERMo>T-G.v>'>E.Yu. — Odslnat et 'Vabal- 
lat, rois de Palmyre et leur litre romain 
de correclor, dans Revue Biljlique, 
juillet 1020, pp. 382-il9. 
Commentant une inscription triliugue, 
relevée par les PP. Jaussen et Savignac 
dans la région de Palmyre, M. Clermont- 
Ganneau élucide les titres et l'ordre de 
filiation de la famille royale palmyré- 
nienne. Le père de Zénobie, Bat-Zabbai, 
avait nom Antiochus. Quant au titre de 
corrector totius provincine,[aUTihuani à son 
bénéficiaire des pouvoirs extraordinaires, 
.\1. Cl. -G. l'avait inféré d'un vocable pal- 
myrénien ; mais le nouveau texte ne 
laisse plus aucun doute, livrant en pal- 
myrénien le titre d'épanorthotès équiva- 
lent officiel de correclor. 

Cleumon i-GvNNEAL. — La lamps et l'oli- 
vier dans le Coran, dans llevue de l'Hisl. 
des Helitjions, 11)20, I, pp. 213-259. 

Partant de la belle lampe arabe en 
cuivre ajouré appartenant au Musée du 
Louvre et que iM. Gaston Migeon a re- 
publiée ici-mcme (Syria, 1920, p. 56, 
pi. VII), le savant professeur au Collège 
de France fait une étnde archéologique, 
liislori(iue et théologique de la lampe et 
l'olivicrdans l'organisalion religieuse des 
premiers temps de l'Islam. Le rôle de 
Tamtm ed-Dâri, arabe chrétien qui ab- 
jura en (131 entre les mains de Mahomet, 
est particulièrement mis en évidence, 
t^'est lui qui recommanda l'emploi du 
minliiir, à l'imitation de l'ambon des 



lilliLIOGHAf'lll i; 



églises syriennes ; mais, surtout, il in- 
troduisit l'usage des lampes à huile, soit 
suspendues, soit fixées aux piliers comme 
on en voyait dans les églises chrétiennes. 
Tamîm ed-DAri était d'ailleurs marchand 
d'huile et de lampes. Le succès de ce lu- 
minaire dans l'Islam s'affirme notamment 
sous le Khalife '.\l)d el-Melik qui avait 
achevé en l'an "2 de l'Ih'jjire (O'.IOap. J.-C, 
la construction de la Qoubhel es-Sakhra. 
A cette mos(|uéc comme à la mosiiuée el- 
Aqsa était attachée « une é<|uipe de Juifs, 
chargés de pcr«> en fils, moyennant l'octroi 
de certains |)rivilcgcs, de fabriquer et aussi 
d'entretenir les verreries, lampes, cu- 
pules, lustres et autres ». Chemin fai- 
sant, M. Glerniont-Ganneau précise la si- 
gnification et l'origine de nombre de 
termes techniques arabes concernant les 

lampes et l'éclairage. 

R. D. 

A. S. — Les tapis arméniens, dans 
lieviie des Klmlci armi'niciincs, I (1920), 
p. 121 et sniv. 

On doit à M. Mailin les premières indi- 
cations précises sur la série peu nom- 
breuse et peu connue des tapis anciens de 
fabrication arménienne; il en faisait déri- 
verle décor animal cl floral de modèles chi- 
nois. La stylisation y alteinl un tel degré 
que M. A. S. juge aventureux de fixer une 
origine à ces motifs, en l'absence de tout 
intermédiaire jusi^i'ici connu, qu'on doit 
vraisemblabloment chercher du côté de la 
Perse. Une particularité de ces tapis est la 
couleur rouge-violet Kirmiz — générale- 
ment passée au violet presque pur, — qui 
était préparée au moyen d'un insecte vi- 
vant sur le chêne en .Vrménie. 

X. 



\<»LVELLK.S AHCIIÉOLOGIQLES 

La Revue Biblique 1 1" janvier 192!) pu- 
blie la note suivante qui annonce la fon- 
dation à Jérusalem d'une h'cole archéolo- 
gif/ue française: u L'Académie des Ins- 
criptions et Belles-Lettres, dans sa séance 
du 15 octobre 1020, a pris une délibéra- 
lion décidant que v l'ficule biblique de 
Saint-fitienne. par son organisation, sa 
situation scientifique et son autorité, est 
toute désignée pour constilurr l'École 
française archéologifjue de Jérusalem ", 
et confiant à son corre.spondant, le P. La- 
grange, Il le soin d'assurer à la France, 
dans l'étude des antiquités palestinien- 
nos, la part qui lui revient, en accord 
scientifique avec les écoles anglaise et 
américaine ». L'École archéologique fran- 
çaise de Jérusalem envisage des fouilles à 
'.Vin Douq, où nous avons signalé la dé- 
couverte d'une curieuse mosaïque juive 
{Syria. 1020. p. M). 

— Le Palestine Exploration Fund a con- 
fié au Prof. Garstang. direclcur de l'École 
britannique d'archéologie à Jérusalem, les 
fouilles d',\ SI. A i.o.N. La première campagne 
a fourni des résultats très encouraf^eanls. 
Déjà la stratification a pu f^tre fixée : 
d'abord la couche cananéerme qui se ter- 
mine par un monument égyptien de la 
(lix-nemième dynastie, puis ime couche 
nettement influencée par la civilisation 
égéenne qui révèle la période philistine, 
d'ailleurs assez courte. Puis reprend une 
céramique grossière qui aboutit rapide- 
ment à l'époque grecque. D'autre part, on 
a dégagé (me installation complexe assez 
mal définie où d'énormes colonnes de 
marbre suivaient une grande voie. Nom- 
bre de statues en marbre ont été mises 



80 



SYRIA 



au jour et l'on a probablement trouvé 
le puteus pacis célèbre parmi les pèlerins. 

— Des fouilles ont été entreprises à Ti- 
HÉRiADE sous la tlirection de M. Naoum 
Slousch, qui en a fait connaître les pre- 
miers résultats dans une conférence de la 
(I Société orientale palestinienne » à Jéru- 
salem. Le terrain exploré est situé à cent 
mètres de la tombe de Rabbi Méir Baal 
Hanès et aurait révélé l'emplacement de 
la henashla dehamaia ou synagogue de 
ilabbi Mai t. Plus au nord, des tombes jui- 
vesontété trouvées, notamment celle d'un 
Isidore, dont le titre est interprété comme 
celui de membre du Sanhédrin; détail 
intéressant, l'épitaphe est en grec. Los 
menus objets découverts portent le décor 
juif usuel. 

— En Syrie, les fouilles anglaises de 
Karkémisii, dont M. Edmond Pottier a 
donné une ample analyse iSyria, 1920, 
p. 2(it et suiv.), ont été suspendues par 
suite des événements. Le docteur Con- 
tcnau a repris, à Saïda, l'automne der- 
nier, les recherches que la guerre avait 
interrompues. Il en rendra compte ici- 
même. 

Cette année, le llaut-Commissaire de la 
Hépubliiiue Française en Syrie cl au Liban, 
M. le général Gouraud, après avis de 
r.\cadémie des Inscriptions., et Belles- 
Lettres, a confié : 

I" Les fouilles de Tkll Neiu Mindai, 
où l'on place la Qadesh des Hittites, à 
M. Maurice Pézard, qui, après avoir tra- 
vaillé à Susc avec la mission de Morgan, 
a fouillé Bcnder-Boushir ; M. Brossé, ins- 



pecteur du Service des Antiquités, lui est 
adjoint ; 

2" Le relevé et l'élude des monuments 
médiévaux de Tortose à M. Camille En- 
lart, directeur du Musée de sculpture 
comparée du Trocadéro, dont on connaît 
notamment les recherches à Chypre: 

3" La continuation des fouilles de SiDO>i 
au docteur G. Conteuau ; 

4" Enfin, les fouilles de Tïr et environs 
à M. de Lorey, dont les publications ont, 
jusqu'ici, porté sur la Perse ; Mme Denyse 
Le Lasseur, élève diplômée de l'École du 
Louvre, lui sera adjointe. 

— Le Service des Antiquités et Beauv- 
.\ils de Syrie, que dirige M. Ch. ViroUeaud 
depuis le départ de M. Chamonard, s'oc- 
cupe d'organiser le Musée de Beyrouth 
dans un local provisoire. Trois salles se- 
ront ouvertes à l'occasion de la Foire de 
Beyrouth, le l'"' avril. 

— Nos lecteurs apprendront avec le plus 
vif regret la mort de l'homme excellent 
et du parfait savant qu'était Max van 
Beiicuem. 11 était né le 16 mars 1803 
d'une famille d'origine flamande devenue 
genevoise, puis vaudoise. Depuis 1891, il 
poursuivait, avec une conscience admi- 
rable et une autorité accrue d'année en 
année, le relevé et l'étude des inscriptions 
arabes d'Egypte et de Syrie pour aboutir 
à la publication du Corpus iiiscriptio/mni 
arabicarum, qucpalronnaitl'.Vcadémie des 
Inscriptions et Belles-Lettres dont il était 
un des associés étrangers. Son Voyage en 
Syrie (voir Syria, I'.I20, p. li) est un mo- 
dèle de recherches sur le terrain, éclairées 
par les textes. 



Le Gérant : Pm l Geltuner. 



49IIJ-3-21. — Tours, Imprimerie li. Aobault et C". 



L'ÉCOLi: ARTISTIOL'I^: D'AynOClIE 
lOT LKS TlîKSOr.S HAIlCK.NTKIUi: SVIUKNM] 



PAR 
CIIAIU.ES DIKIIL 



« l'ar sa richosso, sa graiidoui', le iiomldo dr, ses lialiitaiils, |iar sa l)r'aiilô 
«'I s;i |iros|i('Tit('', Aniioclic, l'-nil r'rdcojM', ot la |)ii'iriii"'i(' de Imilcs les villes 
(|ii(' les l!niiiaiii> [lossiaii'iil cil OriiMil '"." (In r;i|i|pi'I;iil iiii -.ixiriiii- .-irilc Aii- 
liuciii' lu <iiaii(lc cl aus>i Aiitiochc la iJcIlc. et [lar la s|iloiiil('nr de ses edili<-es 
elle iiK'iilail ce 11(1111. Ses I()iij,Mies iMies dniiles, Ixii'di'cs d uni' dmiMe rangée 
de |Kiiii(|iics. (ill'raicnl un a>|ic('l ini|iiis;uil cl niauMiifii|iic ; >iin i'ii'i|iic cl smi 
lliéàtre ('laienl cciclircs aiilanl (|uc le lii\c de ses i»ains. Le |ialai> i|iie l'em- 
porcur Gallien y avait cdilii' an Imrd de lilinnle, et dniil l.ilianiiis nous a 
laissi' la descri(ilinii. clail uni' nici\clllc. La grande l'-glisc iiçldguiialc. » l'église 
dorée, ». comme on lappidaii, (iiie Cniislanlin \ avait fait bâtir, idait. au 
témoignage (rKusèlic, « un monuinenl uni(|ue en son genre ». parla ilispioi- 
li(in de son [ilaii. 1 aiii|dciir i\y >cs |i!(i|uiiliiiiis cl le l'aslc t\i' sa dccdialinii |ni- 
lychrome. Plus lard. l(U'S([uc. en .'iio. (iliosroès le (irandcut pris .\nliuelic et 
loul détruite de fond l'n comlile. .lustinien la rebâtit magiiiliipicment. Kl telle 
était la reiiominco de sa splendeur cl de sa iielies>c. (pn' s,i n'^piitalinn clail 
parvenue. ius(|u'aux (^\tn'■ulil('■s de lOrieiit. Itans la (iliine Idintaine on eiin>i- 
dérait Anlioche comme la véritable ca|titale de rem[iiie. et on la tenait pour 
« la troisième ville du monde ». 

Pans cette granile cité cosmopolite, où le goût des fêtes, l'amour des spec- 
tacles et du plaisir, le >(iuci de l'argent et du bieii-èire a|iparaissaient au\ 
étrangers ctHunie lc> IraiU caiac[cri>li(pic>dc la \ ic piibli(|uc. la pruspcrili' (•co- 
nomique s'édait iiiagniliciuenient de\(do[>pée. A Aniioclic abnulissait une des 
routes principales du commerce iiitoriuilional. cellt> qui. à travers l'Asie cen- 

IM l'uocoi'K, De hrlh, /xvi.. pp. I.S'.l-lilO ; cf. (irclmolug. Insliliih, I8!t7, p. I(W) rt .Imis iiioii 

l''ousrKU, .l;i(ii)f/ii(i <im i ironies {Jnhrh. lics ./(is/imVn. les pp. oti7-,VM . 

Sïiii.i. — II. Il 



82 SYRIA 

traie et la Perse, apportait les marchandises de llnde et de la Chine. Les né- 
gociants syriens, comme les Phéniciens leurs ancêtres, répandaient d'autre part 
à travers toute la .Méditerranée les produits de ces industries de luxe dont An- 
tioche se glorifiait. On les rencontrait en Afrique et en Italie, en Sicile et en 
Espagne, au fond de l'Adriatique comme en Gaule, et on raconte que le grand 
saint syrien, Syméon Stylite, à qui était parvenu par eux l'écho de la gloire 
de sainte Geneviève, ne manquait jamais de charger ses compatriotes de 
saluer de sa part la sainte franque >''. 

Antioche était encore une grande ville intoUoLtuelle. Ses écoles de philo- 
sophie étaient célèbres, on vantait l'éloquence de ses rhéteurs, les goûts 
d'art, l'élégance raffinée de ses habitants. C'était une des capitales de l'hellé- 
nisme. C'était aussi une des capitales du cluislianisme. On la surnommait, 
depuis le commencement du sixième siècle, « la ville de Dieu », Théoupolis ; 
elle s'enorgueillissait de rapporter aux apôtres eux-mêmes la fondation de son 
église, et l'importance de son patriarcat, le renom des grands évèqucs qui 
l'avaient gouvernée, la pompe de ses fêtes religieuses, le nombre de ses cou- 
vents et de ses établissements de bienfaisance faisaient d'elle en effet une 
grande cité chrétienne. Enfin, le réveil des vieilles haditions nationales et 
sémitiques qui se manifestait dans tout l'Orient à partir de la fin du troisième 
siècle marquait Antioche dune cnipreirde parliculière. On conçoit donc sans 
peine que, dans ce milieu intelligent et riche, actif et passionné, ouvert à 
toutes les iniluences, curieux de toutes les nouveautés, l'art chrétien ait natu- 
ri'llemcnt trouvé un terrain merveilleux d'épanouissement. (|ue les monuments 
(rAnlidciie soient devenus vite d(>s nuxlèles universellement admirés et imités, 
que les ouvrages sortis de ses ateliers aient eu sur tous les marchés de 
l'Orient et ju.squ'en Occident une vogue incomparable, et que l'activité de ses 
exégètes ait inllué puissamment sur la l'ornuition de l'iconographie. 

Tous ceux (jui s'occupent de l'histoire de l'art chrétien d'Orient adind- 
lent donc aujourd'hui sans discussion l'importance qu'a eue .Vntioche dans la 
i'orriiation de cet art. Slr/.ygo\vslvi a parli' bien des l'ois du grand mouvement 
d'art qui. aux tinis jtremiers siècles de l'ère chrétieiuu', se développa « dans 
les grandes \iilcs urirntali's du moiidi' lirlli'nislii[U('. iMi particulier à Alexan- 

l') Vilii s. Genovefu- (SS. rur. luci-ov. 111, -.i-iO). 



L'ÉCOLE AiniSTKjlL DAX'IIOCIIK ET L'ARGENTERIK SMSIKNNE 83 

(Irif, h Aiitioclif cl h KpliRSc'*'», et <iiii dcviiil rire, un |pi'ii |pIii> lard, si Ircdiid 
('Il ri'îsiiltals. (rosi un axionif iiidisculf'' i\u(i I ail clin-licii s csl Inriiié et a 
^^raridi dans los grands conlros hclli'nisliipics, « à Antioclio on particiilior '-' », 
cl (|iic, « sous la lii|di'C(iiislrllali(m " . coniiiir dil encore Slr/.ygo\vski. d'Alexan- 
drie, d'Antioclio cl d Ivplièse, ( ionslanlimi|ilc naijuil cl so (lévolo|nia. A l'origine 
des llicniesqira illnslrés i'iconograpliie liy/.aiitino, on a cru iioiivoirlrouvcr doux 
Iradilions ri\ aies cl disliiicics. cr rnne idcalislc. l'aulre irMli>|c. l'une liclli-nis- 
tiqiie, l'aulre orionlalc '"' », d(»nl la [ircniiére osl née à Alexandrie, donl la se- 
londe s'est créée à Antioclip. Kl ce serait folie assurément de vcuiloir nier le 
grarnl rolc ijn a jnin'' cclli' cili' (|u'nn a juslcinenl nnimni''c .. la reine de 
rOrienI ». On ieniari|uera Inulel'nis (|ue, de celle Aniioclie fanieiise, il ne 
nous reste rien, liorniis le souvenir (|nc les textes liislori(|ues ont gardé de sa 
gloire. A rc\cc[i|iiin de ses |iillori'Si|ues cl iin|Misanlcs niniaillcs, aucun de ses 
nionnmenls ne nous a éti'- coiiscr\('': cl. en allendanl (|ucdi'S i'ouillcs s\>li''iiia- 
li(|iics — donl rim|i(ulance n'é-cliapiie à persKiinc — nous rendent enlin les 
rcsics de SCS (''ililiccs (lis|iaius. c'csl ailleurs ([u'il l'anl cIu'IcIm r i'iniatzc de la 
vill(! uiorle cl les caracicrcs de rt'cuic ailislirpic dont elle lui le centre. Les 
églises de la Syrie du Nord nous pcnncllcnl (rcntrinoir (|ucl l'ut, probaldc- 
uieiil sous rinilucncc d'Anlioclie, le di'vcloppcincnt de rarcliilcclurc clm''- 
lienne eu Syrie, cl (picllc l'oinn^ nou\elle y revclil. par le niédange des niulil's 
orientaux se coiulûnaiil avec les Iradilions liellciiistiipies, l'orneinenlation 
sciilpléc*". Mais si, parla, la pari d' AnIiocIie est cerlaine dans les origines 
de l'arl hy/iiulin, il deinciire dit'licile cc[)cudanl d'en mesurer exactement 
IV'Iciidnc. Il \ a donc un inicrct extrême à recueillir et à classer tous les mo- 
nuuuMils (pii semblent pouvoir être rallacliés à celle école d'.Vnlioclic cl (pii 
pciiucllcnl d'en (h'dinir plus exactement les leiidaiM'cs cai'actcri-ti(iui's, de 
mieux dclciuiiiicr rinilucncc (|u elle exerça. 

('I OnV/i/ oiliT lium, p. 8. l-'i Mn.i.et, lierherchcs sur Viconographif 

('• Stuzyuowski, llellns in des Orii'iit!; Umar- de l'Érnn(]ile, pp. 688, H'iH, 581. 

miimi. p. 16. l'i V. mon Mnniirl d'nrl hyranlin, pp.SV-.IO. 



84 SYRIA 



Panui tes iiioiuiments, une des séries les plus remarquables est constituée 
par les trésors d'argenterie et d'orfèvrerie découverts en ces vingt-cinq der- 
nières années en Syrie et dans les régions voisines, en Cilicie et en Chypre. 
M. Bréhier. dans un fort intéressant article de la Gazelle des Beaux-Aits <'', en a 
entrepris une .■tude d'ensemble et il a cherché à définir ce que ces ouvrages 
nous apprennent sur la technique et le style des ateliers antiochitains. Peut- 
être quelques-uns trouveront — et je suis de ceux-là — que sur ces bases 
solides -Al. Bréliier a construit quelques hypothèses parfois hasardeuses, en 
revendiquant pour l'école d"Antioche nomltrc d"ol)jets d'orfèvrerie découverts 
fort loin de la Svrie. « Certains d'entre eux, écrit l'auteur, portent incontesta- 
blement la marque syrienne ; pour d'autres le doute est permis. » Je crois le 
doute légitime pour un plus grand nombre de pièces que ne le pense 
M. Bréhier, et j'essaierai de l'expliquer plus loin. 11 importe d'analyser 
d'abord ce qu'il v a dans ce travail, de certain et d'incontestable. 

Cntre les pièces d'argenterie d'origine évidemnuMit syrienne, la plus 
ancieiuie en date et la pins iuipoiiante [lar sa valeur ;ntistii|ue est assurément 
h- beau calice trouvé en 1910 a Anlioclie. avec ciiKi autres objets, une croix 
processionnelle, trois reliunîs de livre et un second calice. Le tout se trouve 
aujourd'hui dans la coINMlidu KdurhaLji. à .^■(■\\-^■ork (-'. Le calice qui 
forme le morceau le plus [irécieux de ee trésdr est aussi remarquable par 
sa teidmiiiue (lue par les sujets i|ui y sont représentés ([d. IX). Au 
uiibi'U iriiiie fiDinlaixiii de vigne cbargi''e de luurdcs gra|)[ies et (]ui se 
déroule en élégaids replis, dou/.e ligures assises, ihsposées en deux séries 
superposées, se dislril)\ient en (b'ux groupes symétriques, dont chacun montre 
riii(| ii[ii)hvs \u> (le piolil aiiloui' (bi Cbrist de face assis sur un Irone. Des 

(') F.OL1S lliiKiin.ii, lis Trésors d'nnjenlerii- lii'lj^o, Ui Jeunesse ('^ A IG ik'C. l'.l"20i, par H. L. 

syrienne et l'école «r/i'sdVy/if dWnlioche (Ga:. locs initiales sonl ci'lk's d'an professeur à 

des Ilenax-Arh, l!l-2(), l. I, pp. I7:»-I'.)R). rUniversilé de Gnnd). l'our les autres objets 

(') Sur le rnVm- Koucliakji, voir Eisen, Pre- cités, ou trouvera les indications bil)liogra- 

liminary reimrl on llie GrentCnlire of Aniiocli plii(iucs nécessaires dans Tarticle de rtmoiiiKii, 

lAnieriiitn Joiini<il of iirrli.roloijy, I.X\,l-i(i, el dans Dvlton, Ily:anliiie iirt and itrchxo- 

ct .\.\l, 109). et l'arlido publié dans une revue loijy, p. 503 et suiv. 



lA. 1921 




^ift 







Calice d'argent d'Antiochc, ni' ou iv« siècle 
(Collection Kouchakji) 



L'KCOLE AUTIST1(H;E D'ANTIOCIIK ET E'AnGEN'lEHli: SYllIENNE 85 

oiseaux ot des aiiiiiiaiix so joufiit |)iiniii le rouillaf,'»' : les orneiiU'iils et 1rs 
lijiiircs étaient autrefois dorés. Tout ee décor, nii-rveillinisenienl ajouii- et 
ciselé, est traité avec une liahileté et hn style ineoni|iaraldes. La liirure juvénile 
(lu (!liri>l. les lètr'S expressives des apnlres ont. iiialu'ii' leurs pelito |ini|)nr- 
linii^ I I cenlinièlre à [M-iiie). une pliysionoiuie indi\ i(lu(dli' (|ui en l'ail de véri- 
liilijc- |iuiliails. Est-ee à dire (|ue, connue le [lense .\I. Eisen. ce bel ouvrajic 
(ialc (lu |iri'inier sircli' de l'ère elin'iielillr, et (]iie l'arlisle aurait \i''eu.'i Ulie 
époijne ou tous les coinpaffnons du (ilirisl, eiuore \i\anls, aujaienl pu lui 
servir de modèle :' M. IJréliier éearle avec raison celle liypollièse i|uel(pie [leu 
lanlaisisle et il date de la fin du den\ieMie on du cduinieneeinent du lri>i>iéuie 
siècle le calice Kduchakji. (pii lui sendtle. en tout las. antérieur à la |ii''riode 
conslanlinienne. On se demandera, si on en compare la di'coration aux deux 
largos bandes oiiiemetdales. traiti'es avec tant de riehesse et île j;oùt. i|U()ri 
rencontre à Mavenne sur le Irune île .Maximieu, si le calice Kniicluikji ne 
devrait |ininl rire allriltui- à une date plus basse encore. Assun-nu-nt lest\lo 
des lijiui-es. I liabilelc dr> diaperies alloleiit une Immic l'poipie : mais je crains 
ipie. pour le j)lai>ir de reliaiis>er rimpnrtaine de la tiiiu\aille (ne s"est-on pas 
demandé — follemenl — si ce calice ne serait pas le vaso ipii a servi à la 

première Eèin' .'). un ne lui allril une li()|p liante antiipiit/'. A en juirer par 

les pliutoj;rapliies dont je di>pnsr. il pimriail daler Inrt bien de la |ireiuière 
moitié du (|uatriènie siècle. 

Av(>c les deux trésors de Kerynia. ipu' se partai^ent le musi'c de Nicosie, le 
Musée Britannique et la collection Pierpont-Mor^Mu "'. nnns descendons, à ce 
qu'il semble, à la tin du cinquième et ii la première moitié du sixième siècle. 11 
n est point bex.iii de ilécrire longuement cette série de |iièces merxeilleuses. 
grande plats d ai i:eiil décorés de reliefs ou ornés de nielles, dont les plus beaux 
— neiiraii total — représentent des épisodes de fliistoire de David, encensoir 
hexagonal orné de ligures saiiile>. cuiller- .tout le manclie porte, linement 
gi-avi'-es. des tigures iraniiuaiix. bijoux il'or eiilin. colliers, bouides d'oreille-., 
bracelets ou pectoraux diiiie riilie-M. >•[ d'une l'di'gance admirables. Parmi ce> 
objet>. les plats qui rarontent l'Iii^toiie de l»a\id, >oil l'ii M-ènes de genre de 

l'i Oïl lr.mv.Ta .lii.lmiriild.'s reproiliiclmns possesseur: Cki.il H. Smith, lironirs, aniiqtif 

d."s olij.ls iippiiil.'iuiiil il la cillclioii Morgan ;;'veA-, roman, etc., incliiding sume nnliqtif 

iliiiis 1.- li.îiii .•!ilal.)j:ii.' iMil.lio par l.>s s.>iiis .lu oItjecU in gold and iilver, pi. L.\ .>! suiv. 



86 .st:kia- : 

style hellénistique^ g'oit ea coiûpositionsplûs^rayeset-pltissofennèlles (pi. X, i 
et 2, et pi. Xli-I) sont, paV.la sfciencé- de' liarrahgement .ci.utânt;que par la 
beauté harmonienise des figures, dés chefs-d'œuvre. L-origine syrienne de ces 
précieuses trouvailles semble. incontestable. 

Certains d'entre ces objets -r^rencensoir hexagonal du British Muséum en 
particulier. -(pi. XI, 2) -7- sont étroitement apparentés au vase d'argent que pos- 
sède le Louvre et que le donateur, M, J. Durighellp, a ti-ouvé aux environs de 
Homs (Entès.e);(pl: XII et XIll). Les deux pièces, qui se ressemblent fort par le 
style de r^rnementatiôn (les figures du Christ, de la \ïerge.et;des saints sont 
traitées deifaçpn toute semblable), appartiennent au miliên du sixième siècle, et 
semblent d'jioe ep.oqueassure1nent.po3terie.uro. aux plats figurant l'histoire de 
David. . :; ;.: ; : . ^.. . 

C'est de Svrie également que. proviennent le calice de la collection Tyler, 
bel objet d'une élégante çob^iété, dont une inscription constitue le seul décor, 
et la patène appartenant à M. Kçtlebdjiàn, tous deux trouvés à Riha, près lOronte, 
à 60 kilomètres au sud-est d'Antiôche. Sur là patène est représentée, avec des 
rehauts d'or qui soulignent les détails, la Communion des Apôtres (pi. XIV). 
M.Bréhier, qui a le premier étudié cette pièce intéressante, a été très frappé de 
l'expression des figures. « L'artiste,, écrit-il, qui à composé cette scène a su 
rendre avec une puissance singuUère les divers sentiments des personnages. Pour 
trouver dans l'art chrétien une pareille intensité d'expression, il faut des- 
cendre jusqu'à nos.imâgiers. gothiques et même jiwqu'à nos primitifs de l'école 
franco-fiamande. » C'est. aller là, sans doute, un peii loin (hms l'admiration. On 
ne contestera point assurénieiU le vigoureux réalisme de ces. figures : mais 
l'exécution en est singulièrement grossière çtr'ude. La recherchiî dé l'expres- 
sion aboutit trop souvent à la grimace: les draperies sont: extraordiriairoment 
sèches et médi.ocrés. Je ne saurais vraiment' trouver dans la ligure du Christ 
ni celte. draperie njujeslueuse, ni cette gravité sact-rdoiale t[ii y rcmaniue 
.M. Brébier.ni ce bi-l uvale dy Visag-i% ni ïjHrtout « cet accent de résignation et 
de misértcurde inlinie qui règfie dans ses. yeiix»: Que ce suit ici « le tlhrist 
de la tradilioji .orientale »,. .à;la barbe loOgué, .aux. cheveux plats, au visage 
manpié par l'âge. 'y> m- li' ciHitiiste point : mais pnis<|n'(in rappelle à ce propos 

les niosa'Kiiii's de San .VpollinareXuovo elles miniatures de Hossano, il suftîtde 

' ... ■_ ' ■,' ' ' ■ • ' 

s'y reporter [tonr constater co|nbiefl"rimagc'du Christ y; est supérieure à celle 



s vin A. v.iï\. 




l'I XI. 



I 

l'Iiil (riii';.'c'ii( (le Kcryiiiii ifia \' cm dclnil m -i.rli' 

iiliillertimi l'irrimiit Miirijun.' 

Diiviil lullaii( coiilie Golialli. 




Kiirciisoir il iiri:ent il'.- KiTyiiiii 
Miisef Uritaniiiiiiif.' 



RIA, 1921 




Vase d'argent trouvé à Homs (Emise) vi« siide 
Mush du Louvre. (Don de Joseph Durighello) 

CtKhi Giiiudnt, 





Vase d'Emèse (Détails de la décoration^ 



VRIA, 1921 



l'I. > 




Patène d'argent de Riha (VI« siicle) 

(Collection Kalcbdjian') 

La Communion des apiStres 



L'ÉCOLE AiniSIKHI-: D'.WTK )CIIK KT L'AII(;F:N'I lilUi: SYlllKNNi: 87 

'11' la |);ilriir Kii IclKljiaii . Kl ili' imMin-, il \ a i|iii'lqiit> i>xag(M-ution à ti-oiivcr 
cluiis l(^s li^in('S(|i'sii|M)lics « iiih- M-rilalili- galiTU' île |i(tr(niitH » : la iiKiiioliuiif 
m en iipjiarail l)('aucmi|) plus f{riiti(l(V(|ir(îllf nn sciiilili' à M. Ui-t'hiiT. • (ii- (lui 
(iénolc vraiiiii'nl li- ^q-and art. (■rrit-ll. (•■(•si liinih'' (ri-\|)rr'S<«ii)ii (jnt- l'ai-tisU* 
H su couscn-vci à cis li;,'iiri's >i ililiV-icnlcs par leurs Irails, riiaiit comiiic iiiiiini- 
lu'îcs ilii iii()iii(! sciiliiiiciil ili' loi cl (laiiKMir. ■• .1 ai i|iii'l<iiii' |M'iii('. iiiiami je 
nïf^ardc le iiioiiiiincnl. à Innivcr irl ciiIlKiiisiasm»' plcinciiioiit juslirh'-. Jcrdii- 
(•(■'(Ic voluiilicrs à .M. iJri'liicr (pic. dans sa sNiiirlrlipic simplicilc, la ciiiiipo^i- 
lidii de la s('(>ii(! osl assi'/. Iicurfusc : mais ipn» la pal("'ii(' Kalclt(ljiaii ropn'SPiito 
I' I ap(if^(M' de r('i(dc i. je n'y saurais sdiiscrirc : et il siiflil vraiment, pdur so 
(•(UivaiiK ic du cuiiliiiirc. de (•(»Msid('Ter les plais de Kcrviiia. (pii >(iiit d iin«> 
liicn aiilrc Milciir, ou le ciilice Kipucjiakji. (ti'i il -erail pins inilnrel de lt»ner 
la [uiissaucc! (rcxprcssi(.in des ligures. 

La |)al("'iUMl(''((tiiverl(si Stùma, dans le di-trii l d Ali-p, et (pn^ possède acluel- 
leiuciil le nius(''c de (iou^laiiliiioplc. date de la premi('re uioilié du scplièuH' sii'- 
c-lc. (Jn y voit re[ii(''senlee. cdUMue sur la palérn' Kalelidjian. la (iiMumunion des 
Ap(»li'es. avec (phdipu-s ^ariantes dr détail d du M. IJreliier cduelul (pie les 
ateliers syriens ne s'en teuaienl pas à de- pdiieils, avec une maladresse au-*i 
(|iii alleste la dcH'adenci^ v\ montre la lin d'iun* grande Iradilidii darl. 

Telles sont. elirondlogi(piemeiit (■lass(''es, les pii'cesdargeiilerie an\ipielle- 
ou [M'ut allriliuer avec (juehpie cerlilude une origine s> rienne. en raison des 
endroits où elles ont (''l('' (l(''CdU\erles. IMusieurs d Cuire (die- olVrenl un détail 
assez, |)arli(ulier et ([uil l'aul retenir, [larce (|u il seudde pidpre au\ alelier> 
dAnlioclie. Sui' los grands plal^ de Kerxnia ((umne >ur la patène K.delidjiau. 
au-dessous de la ligne droite <|iii liguic li' sol, des oitjets di\er?. sont placo 
(•(unnu' en exergue daii> le segment de cercle ain^i r(''serv(''. Il ne serait 
point, je crois. im[io>silde de deteiiuiner le rapport s\ndi(di(pie de ft's 
dlijcls, vases liturgi(pn'S, armes, sacs de lUdimaies, agneau du «acrilice, 
avec la scimu" represeidee. Mais, (pmi (piil en sdil de ce pdinl spécial, ccl 
usage, (|uo ndus relrouviMous sur daulres nuMunnenls, peut louriiir mit leur 
oiigin(^ des indicalions précieuses. IH autre détail inl('re^sant x-rtii démontrer 
la pariMdi'" des (un rages (|ue nous veiuuis (t°(<\amini>r. Au revers de Iieaucdiip 
d'entre eux apparai-seni des estam|iilles, généraleilU'iit au inuulire de i-iiu|. 
portant des elliuie> de ^aiids, des munogramun^s etdes nom>. I n texte lingio^rn- 



88 S Y RI A 

phiquo du sci.liènie siixle, sigiialô d"abordpar Siiiirnof, prouve que ces estam- 
pilles ne sont autre chose que des poinçons de contrôle, l'argent au premier 
titre étant dit à cinq pointons, TOVTaa'fpâyicTTOv. On trouve ces estampilles sur 
plusieurs des plats de Ker\ nia. sur la patène et le calice de Rilia. et sur la 
tige de l'éventail liturgique de Stùma. 

Je n'insisterai point ici sur les bijoux découverts dans plusieurs de ces 
trésors, à Kerynia en particulier et à Mersina, et dont beaucoup sont 
formés de médaillons impériaux, généralement de la seconde moitié du 
sixième siècle, et de monnaies d'or byzantines serties dans une riche monture 
d'or. Si tel de ces objets, comme le bracelet d'or du Brilish Muséum dont le 
médaillon représente la Vierge orante, est vraisemblablement de provenance 
syrienne, l'origine des autres bijoux demeure plus incertaine. Ils sont en effet 
étroitement apparentés à ceux du trésor découvert en 1909 en Egypte, et que 
se partagent les collections Freer à Détroit, von Gans à Francfort et .Morgan'". 
Et encore ipie, quand il s'agit d'objets précieux aussi aisément transportables, 
le lieu où ils mil été retrouvés n'indique point nécessairement l'atelier d'où ils 
sont sortis, il serait impi'udent, dans l'état présent de nos connaissances, de 
rien conclure sur l'origine de ces bijoux tous semblables de composition et de 
slvle. On y constate assurément des influences orientales. Mais viennent-ils 
de Svrie. ou [dutùt. comme (in incline à le croire, d'Egypte*^', c'est ce qu'il 
semble impitssil)le dt- dire a\('c certitude. 



.M. liiV'hiiT a fnrl bien aiiahsé la b'clini(iue et le style qui donnent à tous 
CCS ouvrages dargenlerie un caractère commun et qui permettent en consé- 
quence d'eidrevoir les traditions artistiques des ateliers d'Antioche. 

Sur toutes ces pièces, les figures et les ornements sont exécutés au re- 
poussé, les ligures étant ensuite re[U'ises au burin avec un soin parfois très 
attentif, l'our soubgner les détails et iaiiv ressoilir les personnages, il n'est 
|iiiiiil i;in' qin- l'nr suit apldlipié en reliauls sur r;iigeiil. ou ipu' le (b'-cor soit 
iclr\r (r«irm'mrnts de niidle ou iriMuail. El M. i{r('liier. ii ce propt)s. remanpu" 

|i' \V. I)h;n.mso.\, .\ ijdIiI Ircusure of Ihe Inlc 1-' 1)ai.io.\, \ svcoitd silrrr In-asitrc front Cy- 

rumnit /<m(«/, 1918. itriis(Arcli:rolo(ji'i, vol. I.X, pail. 1, pp. IM.'li. 



L'ÉCOLK Altl ISTIQli: DANI loCIIF-: ET LAHGENTKIME SYIUENNE «D 

justement (pio, « les argonliers ilAnliucho ne sp iirrocciipaioiil pas soulomciil 
(le rr-ilct |ilasli(|iii'. niiiis l'Iirrcliaii'nt |iar r<'iiiiil<ii discicl «If la roiilcnr à 
mettre on viilnir les motifs essonliels «le leurs eumpositinns ». 

Pour ce (pii ((nicernc lo style, le trait cnractérisliquo de «et art syrien psI 
le soin constant et la reclierehe minutieuse de la vérité. Kt aussi hieri ce ni/^nie 
accent réaliste se renconlre dans lonles les uianifeslalions d'art ipii spmidpnt 
d'origine syrienne, dans rillu>lrati(in de manu.scrils tels qup l'Évangéliaire de 
Habilla ou celui de Fiossano, dans les ivoires tels ipie la chaire de Mnximipu 
ou le diptyque de Ravenne. dans le caractère des types du (Jlnisl et de la 
Vierge commedans ridahoration des thèmes évangéliipies tels que les a conçus 
la rédaction d'AntiocJu». « Vérilé matérielle, vérité mnnile. écrit M. Hndiier. 
telle semlde être la formule de cet art. o (l'est de celte letidanci- liisturique pt 
réaliste (|ui' [nncèdent les fomls d'anliitrcture qui. snr 1<'> plat- di' Ker\nia. 
sur les i)atènes de Itilia et de Slùma, sont disposés derrière les persunnagps, 
c est de là que vient 1 lialiilude de cdstumer en hasileis les personnages nivaux 
connue Saiil et David, et de méln aux dtaperies classiques les hahillemenis 
ot les piMiipes de la cour ini|iéiiale. Il faut remanpier au reste (pi'au sixièmi- 
siècle ce goût réaliste a pas>é de la Syrie à toutes les provinces de larl 
liv/.anliii. e| |i('iil-èlre y a-t-il quilqncî excès à \onloir retnaner. dans les 
gestes iiliirgiques de la patène Kalelidjian, « la liturgie réelle, telle iju'elle s"ai'- 
couiplissait à Antioclie au sixiènn- siècle •>. O qui. de façon plus certaine, 
semlde caractériser cette école s\rieime, c'est legoiU du portrait, la recherche 
de l'expression vraie dans les ligures. Le (Ihrist ilu vase d'Kmùse et de l'en- 
censoir de Kervnia, la Vierge et les saints (pii sont représentés sur ce> deux 
mêmes pièces. M>nl \ rai>eMil)laldc'mi'nt des ré[di(pn's des types cn'-e-. par I .irl 
syrien, l\pes graves, sévères juscpi'à la tristesse et la diu'ete. et ipii l'ontras- 
te[it avec les images souriantes et jeunes ipu^ créa 1 art alexandrin. iMi calice 
UoiK liakji. on .elle reclienlie de lexpression iiulividuelle se manifeste axec 
une remanpiaide maîtrise, jusqu aux |iatètu's de Uiha et de Stûmann la inénie 
tendaine se realise avec moins de honlienr. un grand courant de naturalisme 
traverse tontes les cenvres de ce! art. Ce-l de la Syrie et de l.i Palestine que 
le goût des représerdations liistoriqnes a pénétré dans l'art chrétien, et il e^t 
prohable tpie. tians cette évolution, les ateliers d".\ntioche ont eu un rôle 
décisif. 

SïRiA. — n. I* 



yO s Y RI A 

On ronianjuera toutofuis — si l'on admet comme s)riennos toutes les 
pièces d'arjronteric énumérécs précédemment. — que cet art syrien semble 
avoir suivi lu même évolution que tout l'art chrétien d'Orient. Dans la série 
des plats qui racontent l'histoire de David, les plus petits, où sont représentés 
la lutte de David contre l'ours ou contre le lion, ou l)ien David au milieu de 
son troupeau recevant le message de Samuel, montrent ces épisodes traités 
comme de véritables scènes de genre, avec un goût remarquable du pitto- 
resque qui procède de la tradition hellénistique. Et la même liberté d'allure 
apparaît dans le gracieux décor de rameaux de vigne qui s'épanouit sur le 
calice Kouchakji. Puis, de plus en plus, les compositions s'inspirent du style 
monumental. Les personnages se groupent symétriquement dans des attitudes 
graves et solennelles; un arrangement plus savant, moins vivant et moins 
libre, les range autour du motif central en masses soigneusement équilibrées; 
les costumes, empruntés pour une part à la mode de l'époque, achèvent de 
solenniser la scène, et pareillement la richesse de l'ornementation, parfois un 
peu lourde et chargée, ajoute à la uuijesté de l'effet décoratif. 

Ainsi la Syrie suit l'évolution giMii'ralo de l'art chrétien, dont elle a sans 
doute, [dus que toute autre région, contribué à déterminer les tendances nou- 
velles. .Mais il n'est point sans intérêt de trouver, dans le même trésor de 
Kerynia — comme il est naturel iju'il en ad\ lut dans cette .Xulioche mi-grecque, 
mi-orientale — le souvenir des traditions hellénistiques s associant aux in- 
lluetues de l'Orient. Et de même, dans tout l'art chrétien de ce temps, se ren- 
contrent en un original im'langi' ce qui vieid de l'idéalisme narratif et 
pittores(|ne d'Alexandiie et ce qui \ientdu grave réalisme d'Antioche. 



■M. Uii'diier coruiait lid|i bien la merveilleuse expansion du coinmiM'ce 
syrien durant le haut moyen âge'" pour u'avcur [)as eu la lenlalinu de reciuM'- 
cher hors de ."^viie les objets, sacn-s on profanes, ipie les aleli(>rs d Autioclie 
ont pu exportera travers le monde médilerrani'en ou oriental. De cette voi^ue 
de l'urfèvreiii' syrienne au ciu(|uiètue et au sixièmi- siècle il existe des preuves 

Cl Cf. HiiKiiiKii, /es l.iiliiiiU-s (iUrientniix en Occident nn dchiil ilii moyen iiije{Lly:. Zciischr.. 
l. XII, l'J03|. 



L'HCoiJ': AinisTKjrE D'ANTiociii: i:r i/.\ii(;i:xTi:i;ii: smiiknm: mi 

i(i(niilc>t;ililcs. (i'csl il l'iul >\ iii'iMiir;i|i|i;Mliciil le (('Irlirr |il;il d'ar^Tiit ilc la 
(•(illi'clioii Strogaiiol', ilrcdiivcil en Silx'ric en IStjT, otoi'i sont rc|ii r-sciilrs di'iix 
arijics (Irldiiil aii\ ciilrs irurii' j^iamlc cioix ^viiiiikm'. ("/est uni' (i'UVit syrit-niie 
i|iii a luMiiii le iiiodrlc ilii |)lal ilai-gcnl (II- l'riiM l't |("^ lliriiics ic(jnognii»lii- 
i|iirs. acc(mi|iaj;ii(''s d'iiisc ri|itiitiis s\i'ia(|m's. (|iii y smil ix'pn'Si'iilt's, eiuroro 
(|in'. |iai' la li'ilmii|ii(' i-l Ii- sl\ li". il rrli-vc pliitùl ili- l'ail sassaiiidc. I>c nit'ini', le 
n'li(|uain' d'ari;i'iil Iidiim' à Si''i)ast()|i(d cl loiiM'i-vr au iiiiimt di- rKiiiiitagc, U\ 
(•(lil'ii'i d atucid . avec traces de duriircs, du In'snrdu Saiii'la Saiii-lniiiiii à Uiiiiie, 
la |»\\idcdilc de (ïr'adu iiintdrciil une tiécoralinii si seiulilahle ii celle du vaso 
d'KlIlèse iIllOll les ddil ;ill liluier ;i la même ilale. le >i\ième siècle. e( ail HM'iiic 
pays d'iii-igiiic, la Svric. \'A M. litidiief a ia|i|)id('' luit à iirii|Mis un [lassagc de- 
là vie (le saint Didiei-, i'\ e(jiie d Auxciie. (|iii \ i\ ail au seplième siècle, el où il 
est i|iieslitMi " d 1111 iiiis^iuuiiii dun'' cduteiiaiil sept ligures liiim liiies avec un 
lanicaii el dos lettres ■iiecipies "* ». Sur les plalséuunieii'sdaiis 1 in\eiilaii'edes 
ilcius laits par le saint à son église, on retrouve « Ions les procédi-s lecliniipies 
des ateliers s\ riens, ligures e\i''Ciilées au repoussé, traco de dcuiire. (uiie- 
nieiils en liligraiie. emploi de liMiiail», déciM-zooinorpliiipie. i'.c texte |M-é'cieu\ 
laisse enlrexoir riuiportaiice des iiiiporlalioiis syriennes en (iaiile. et il esl 
l'oil l(''gilillie cil consi'ipii'lice d'essaxerde retrollN e|-. daii^ les UlU^é-es d'Ku- 
rupe, les [lièces ipii. par leur leclmiipie el leur slvje. peii\eiil |iid\eiiir îles 
ateliers dWiilioclie. 

Il i'aut se garder cepeiidaiil d'atlriliiier indi>liiiclemi'iil à ces ateliers toutes 
les pièces d "argenlerie aiijonrd Imi dis[tersi''es dans les collections de Knssii' 
el d'Occident. Ce nesl pas à Antioclie seiileineiil (pi'on taliriipiail desonvrages 
de celte sorte. I.a même iiidiislrie de luxe existait pioliaMemeiit à Alexandrie. 
Mlle l'xisiait sniemenl à ('.onstanliiiople '-'. .\ii coiuiiieiK'enieiit ilu dixième siècle 
encore, le Liric ilii jiv'jvt menliiume la corporation des oi'fèvres (àpyyporrpàTat) 
dont les liiiiitiipies se Iromaieiil dans l,i -lainle rue comnierçanle de la .Mésè, 
et cidle des t'oiideiirs d'or c/pUCTO/oo'. i ' "'. el il est certain ipie le coiiniierce 
(les objets précieux était l'orl aclil' dans la capitale *". ('oriiums. daiiire pari. 

l" lï/(i s, /)csi(/cri( (.Vcla Sî>., (VI., XII. 3(c2l. liofs d'argent (ivivXasx àpp,;») »'l «les grands 

l't Cotl. Tlieod.. XIII, l, 2. missuria d'argonl ili'con'-s di- ba.s-n-liffs luiv- 

('> Livri'dii Prt''ft'l,cll.'.Î.Cf. /V(.'c'riHi.,ii..'(7-i. aoùpii x»t (inoîxoJTsÀXa i.cfu,^» fiiv»"».! «viviasii 

(*' Le livro des Cérémonies parle des lias-ro- que conservail le liv.sor Impérial ( pp. "ûi, T>SÎ, 



92 SYRIA 

nous fait roiinaiti-c, pour le sixième siècle, un des produits de ces ateliers de 
Byzance. C'est le service de table que Justinien avait fait exécuter avec l'or 
recueilli dans le tiésor des rois vandales et dontles plats montraient, aumilieu 
de bas-reliefs racontant les victoires impériales, Timage, peut-être rehaussée 
d'émail, du souverain'''. Assurément nous ignorons quels étaient la technique 
et le style de ces ateliers. Mais leur existence est indiscutable, et elle suf- 
fit pour inviter à beaucoup de prudence dans l'attribution à l'école d'Antioche 
des pièces d'argenterie en discussion. 

Parmi ces pièces, une série fort intéressante est constituée par les grands 
disques d'argent qu'on appelait des missoria et qu'on nomme communément 
des « boucliers'-' ». Je doute que M. Bréhier ait raison en les attribuant 
tous à l'école d'Antioche. Assurément le « bouclier de Théodose », con- 
servé à l'Académie royale de Madrid, ressemble de façon caractéristique aux 
plats syriens de Kerynia. On y observe le même décor d'architecture, où 
l'architrave se courbe en archivolte, et, au ])as de la scène, des ligures allé- 
goriques placées en exergue. De même, dans le « boucher de Valontinien ». 
que possède le Musée d'art et d'histoire de Genève, des armes sont repré- 
sentées en exergue au-dessous de la figure de remi>ereur. et le même détail 
caractéristique s'observe dans le bouclier (hi Cabiiid des iiK-dailles, montrant 
Hercule tuant le lion de Némée ; l'ouvrage au reste n'est point sans analogie avec 
les petits plats de Kerynia où l'on voit David luttant contre l'ours ou le lion. 
Et peut être aussi, h considérer les images du Christ qui y apparaissent, 
pourrait-on également attribuer à la S\ lic la célèbre croix d'argent doré du 
trésor de Saint-Pierre, cadeau olTerl à un [lapc par l'empereur Justin II. Mais 
lo « bouclier de Scipion » du CabincI des iiK'dailles semble, malgré ses fonds 
d'arcliiteclure. beaucoup moins cerlaiiieiucnt d'origine syrienne : le sujet qui 
y eslrcprésenlé. -VuliliKpie ramenanl lirix'is à Achille, est trailé selon lespro- 
cédés dos bus-reliefs pitl()r<'sques li('ll(ni-.lii|ii('s. et rien, dans le style ni dans 

f')86) ot qui si'i'Viiiciil, niix jours (le- fric, à orner .lustiniiiuus criit », où il y a iiiMil-ôIre une 

le Pillais Sarré. l'Iusieurs de ces missoria du- indiriilion sur l'emploi île In couleur, c'est-à- 

luietil (lu temps d'.Vrciidiiis (De Them., p. 15). Il dire de l'ciniiil. 

est peu vriiisenilil.dilc (|iu' lous ces (d)jels l'-i On trouvera dans Vkntuiu, Storia dell' 

vinssent de Syi'ie. arli- italianrt, I, p. .■)4(>, In bibliographie des 

(') Coiiii'i'us, 1)1- l(tii<l..liislini, III, 1 1 1 et suiv. niénioircs relatifs à ces boucliers et la repro- 

II faut romnrquiT l'expression : u picitis uliiquu duction des plus fameu.x (lig. -il-io-iil). 



L'ÉCOLE AliTISTKHH D'AXTIOCHE ET L'AndKNTK Hli: SVIUENNE 93 

la li'(liiii(|iii'. ne x'iiililr ra|i|ii'lcr- la iiiaiiii'ic do ali-licrs de Syrie Le buiii-lii'i- 
<rAs])ar, ctmx'iXL' il Kliiiciicc. lait [iciisci- aux diplyqiios cniisulain-s, dont un 
atlriliiic dOrdiiiuin; luiij;iiu' aux atcliurs di; lAiiislaiitiiiople. Kl le bouclier de 
KitIcIi. ou un ruiipuicur à clioxal, priM-tnli; d'uue \ icluircel escurté iJ un garde 
du coi'iis. ol lif^uii' non plus eu leliel", luais siui|ili'iut'ul giavé au Irait, 
u'uiric, Mialfiié l'cuiplui de lur cl des uitdles. aucuu liait \raiuHMit taracléris- 
li(|urd(' l'ail s\ lien. Il ia|ipr||i' pi il loi le >()UV('iiird('splal5.ilnnt [taili- (;iiri[)pu>: 
(;t la diilV'ii'iK.X' de tccliiiitpu' est trop simiilicaliM' [lour ipioii le piiisx' laltai-lu.T 
au groupe d'Aiilioclic. .riiiclincrais plulol à eu l'aire iionueur, ainsi cjued autres 
iiioiiuiiieiils d'un aii loiit nllicii'l. icU (|ui' les iliptyques consulaires ou le beau 
médaillon d ur à I el'ligie de .lu>liiiieii (pie possi'Miail li- (labinet des médailles, 
à ipielipie atelier de la caiiilale. 

Le même doute semble permis pour la |ilupart des ubji-ts du tré>or ibî 
Lani[isaque, auj(Jiiril bui au IJrilisb .Muséum. Si les deux plats dargenl 
décorés de imuiogramines iiiellé's. et dont l'uii porte au revers des marques île 
coiilnde, ressemiileiit à eerlaiiis plats de Ker\iiia. le> in>criplioiis latines el 
grec(|ues des cuillers, empruntées aux églogues de \ irgile ou aux maxinu-s de 
Solon, de Hiasou de l'illacus, ne semblent guère nous conduire dans I Antioclie 
du sixiriiii' >ié(|e. cl I li\ pnllié>e ipii. de la [iri'seiice de ces inscriptions 
latines, conclut à un ouvrage l'ait pour l'exportation, demeure assez liasar- 
deuse. Le trésor découvert en ITII.} à Rome sur l'Ksquilin, et tjue possède le 
.MiiS('e liiitaimi(pie, appelle les mémo remaiipies. Si le vase décoréilanimaux 
rajipidle les molil's syriens, d'autres objets, tels que la cassette de mariage, à 
inscriptions lalines. de Secundus et Projecta. sont de style bellénistique et ins- 
pirés de molirs alexandrin^. Il l'aiil bii-n se rendre compte (jue des trésors do 
celte sorte se composent très naturellemeiit d'(d)jels de provenance fort di\ erse, 
entre lesquels il (>st nécessaire de l'aire dcss distinctions. 

<lii aiiiiluieia plu~ \idoiitiei-. .1 l'art svrien certains (dijets liturgiques, 
de la même série que les calices, patènes ou encensoirs que fabriquaient les 
ali'liers d .Vntioclie. La célèbre r<ii)srll(i d'argent trouvé à Ileucbir-Zirara. 
eu Algérie, el olVerle ;i Léon \111 parle cardinal l.avigerii'. la cdiisflld île Hri- 
\ io.au Louvre, son!, parcerlaiiisdélails de I ornemenlaliou. parle caractère des 
ligures, par la leclniiipie et |iarlest\le. de la famille du vase d'Kmèse et des 
ndiquaires qui lui sont appareiller. .Mai> je ne puis sui\re M. Krebier ijuand 



94 SYRIA 

il revendique pour iart =;ynen et tient « pour le chef-d'œuvre de Técole dAn- 
tioche » le magnifique coffret d'argent du quatrième siècle que conserve Saint- 
Nazaire de Milan *". La valeur d'art de cette belle pièce est hors de discussion, 
et M. Bréhier note avec raison la beauté tout antique des personnages, le 
modelé vi<^oureux des cliairs, l'harmonie des draperies, et Tordonnance savante 
delà composition. Mais cette composition, d'un accent si libre, ne rappelle 
nullement celle de la patène Kalebdjian : et si je ne conteste aucunement la 
vi-rité des attitudes, ni même le caractère individuel des figures qui appa- 
raissent dans le codret de Milan, ce ne sont point là, ce sendjle, des caractères 
appartenant exclusivement à l'art antiochitain. Tout au plus, dans l'épisode de 
l'Adoration des Mages, la Vierge trônant, qui tient l'Enfant sur ses genoux, 
pourrait-elle se rattacher <à des modèles syriens. Mais il y a. par ailleurs, dans 
cette œuvre remarquable de l'art hellénistique, tant de grâce pittoresque, tant 
d'inspiration auli(pie. qu'il semble difficile de se prononcer avec certitude. 



Mais, quel que soit le nombre exact des pièces d'argenterie que l'on doive 
revendicjuer pour la Syrie et pour Antioche, une chose denieure et une conclu- 
sion s'impose. 11 a existé, pendant les premiers ï^iè(•les de 1 é[)o(iue cbn'licnne. 
dans la grande cité Indlénisliipie, des ateliers dont la réputation a été grande 
dans le nu)nde du cin(piième et du sixième siècle, et dont nous [)OUvons. par 
des O'uvres indiscutables, di'lerminci- la te( liniiinc cl rcccinnailie le style. Ces 
ateliers assurément n'ont point été l(>s seuls (pii. dans l'Orient chrétien, aient 
fabriqué des argi-nteries précieuses, et par ailleurs révolution (pii. progressi- 
M-mi'iil, les a ameni'-s de la Iradilinn du bas-relief pittoresipie à la recherche 
d'uiu! vérité plus réaliste n'est point un [diénomèue qui, au cimpiième et au 
sixièuu! siècle, soit exclusivement le propre de larl syiien. Mais il est pro- 
liable. — et si l'on r(inipai'e an\ pièces d'argeMb-iic (rAiiliociie lesaulres objets 
d'ai'l. miniatures, ivoires, etc.. <jui semblent d'origine syrienne, la chose parait 
prescpie éxideide — il est probable ipie. jdus (|ue tous autres, les artistes de 
S\ rie ont ((intriliMc ;i linnner à l'art icligicux cette direction non\cllc. Kn tout 

C' Cf. Dr. Mu», le Coffirl de Sninl-Snziiire rie MilniHMon. l'iul., t. VU, |il. VU-IX). 



I.IOCOI.K AliTISTK^lE DANTIOCHE ET LAUGEXTKIUI'; SVlilICNNE 05 

cas, (-0 n'csl |M(int un ri'vsiillat satis iiii[Hirlaiici'. — en allnnlaiil (ju' Anlinclii- 
sciciili(ii|iiciMiMil cxploi-i'i' nous disu cMlin a\('c cci-liluili' les sccn-ls di- son arl — 
lie [MMUdir, |iai- un ccrliin iioniltrc do moininn-nls lu-r-cicux sr)rlis vraisnnhla- 
hlcnicnl de srs aiclirrs. culicNoir ce (|ui' lui uni' dr (•(•> indu>lrii'-. de lu\c 
ddid la Sviic l'iail le ccntri', cl dclinir cxaclcnicnt les cai-aclcrcs de relie érole 
Il Irlui- diint le rùlo fui si cuiisidiîrable dans la foruialioM el le di''veli»iii)eiiiefit 
de ! ail (•Jili'lien. 

(lllAllIKS I)lKMI.. 



L'ART HITTJTE 

PAR 

EDMOND l'OTTIER 
{Quatrième article) 

V. — Zendjirli ijin). 

Relief fuii'jrahe. — On a vu plus haut que l'ôdilico lo plus ancien 
élevé au nord-est de la citadelle (fig. 41), l'hilani I, avait disparu et avait été 
remplacé par le palais le plus récent (le palais d'en haut), construit sans doute 
au temps d'Assar-haddon (septième siècle). En fouillant le pourtour de ce 
palais, on découvrit une grande fosse construite en grosses pierres et recou- 
verte de blocs posés de champ, probablement empruntés à l'hilani 1 '". Le 
tombeau avait été pillé, mais tout près de là était renversée une stèle sculptée, 
munie dun tenon infi-rieur pour sencastrer dans un bloc: on a pensé quelle 
devait faire partie de la sépulture (fig. cSl) i-'. C'est un l)eau morceau de 
sculpture, bien conservé, représentant une femme de haut rang, sans doute 
une reine, assise sur un siège à dossier, les pieds posés sur un escabeau, 
coiffée du bonnet coni(iiii' liittite, vêtue d'une tunique agrafée par une iiltule 
à arc. un large collier serré autour du cou. des bracelets aux poignets; delà 
main gauche elle lieid uni" (leur l't de la main droite elle élève un vase à 
bditi- i-n i'(»rMii' de put deini--[iiii'ri(|ue, sans anse : devant elle, la petite table 
à Irtiis pieds que nous avons déjà vue ailleurs (lig..$4). chargée de plats ou de 
corbrillesinnh-naid di'S fruits, et de petits récii>ients donH'im porte un poisson. 
|)r l'aulrc coli' dr la table se tient tlebout un servih'ur ind)erbe ou une ser- 
vante, ('levant un chasse-mouches et tenant de la main gauche un couteau 
rccniirbé pour di-iouper les mets. Dans le champ plane le symbole solaire ailé, 
eiii|irniili' ;i IKgxplr, avec l'addition de volutes et de rosace cenirale (|ui lui 
donne un caractère pii)|ircMii'nl liillilc i". 

(') A((,s(/r«/<.. p. I'.(l, fig. -i.-i. \->> Cf. Kl.. Mk»i:u, Clu-lilcr. fi.i;. 13 et 

l«» M., fig. -230.1 pi. 5i. siiiv. 



i/Aiii iiirTirL: 



97 



Ce Mliinilllli'lil . Il |iril |ilrS ihlti' |illl- li'S circorislilIlCi'S de lu ilrrinivi'lli' cl liPll 
in'i'cii'iiN |MMir iMPiis. iniiiilri' ce (|uV'hiil (lc\ciiii li' -\\\i' Inciil mmis l'iiilliii'iii r 
iis>viiciiiir : riMMiilinii I irii 11 Ci iii |i [iliis iniMisr cl fciiiic, le l_\|ic lies li;;iircs. 

les ilcl;ul> lie I nl'lli'iliclihiliiill. 

lc> rr;iiii;cs ilii >ii\i;c iiiilii|iiciil 
rnriciiliilliiii niiiivcllc. liicii i|iic 

lc> cl(Mllciil> cs.cllIicN lie la 
scelle cl illl cnNliiiuc siiielil res- 
li'S iiiili^eiies. l.'eili|i|Mi île la 
jiiiiile, i|iie iuni> lelriiin eriiiis 
ail>>i Mil- le leliel' ril|pe>lie 
il'lv ri/. "'. ailoie i|Me celle liln- 
ile, iiiliniluile en (iiccc Vers la 
lin lie ri'|iiii{ne lli\i l'iliclilic. 
s l'Iail ri'|iaiiilne en \>ic inènie'-' . 
Les l'iMiille-^ lie /endjirli nul 
l'iiiirni irailleiirs un s|ir'ciiiii'ii 
nri^inal ilc liliiile ilc iirnii/e >■'". 
Srnljiliin'sihi jHiUiis\liil(iiti III i. 
— A la iiièine i'|MH|iie [ \ers le 
liuilièiiii; siècle) a|i|iarlieiil le 
(léciir siiil|ilé ilii [lalais le mieux 
(,'OiiS('r\e cl le plus réceiil île ,,.|^. gj 

i'('S|>laiiaile. celui i|ii"ipn a|i|pel|e 

riiiiani III i lii;. 4 11. .Nniis aMni^ leinnilnil |iln> liaiil i liu. ii. ."id, ."il. .'iJi lo 
lieanx ^roiiiies île s[)liiii\ i|iii sniilciiaicnl les cniniinc^ en liois ilii \e-.lilinle 
il eiilii'e cl le- liiiii> I li^. (Il) ipii vcillaieni an\ aiiule- ilii |teriiin. A ilrnilc 
cl à uaililie lie ce |)eirnn. Illle M'iie île |ilai|ne- inrniaicill une |i||lillic i|ecti|-('c : 
il \ av.iil laiiii liclie ili\ e|n|i|)eiiienl de -iiil|iliiie-. |icnl-i'lrc iiiic i|iiaranlainc 

l'i l'iaiiuirCiiiiiK/., IV, lig. 231. (Mviii. Ih-U-ijalion /Vcs., VIII, pi. i.'i ri Kl, 

I" Voir l'iirl. l'iluiln tic S. Kkinai n ijaiis li> p. 2i.">i; ce sysloino «l'allnflii'i'-tiiil iloiir «•.miiii 

Diil. lira :\nliij. de Sac.i.io, p. IlOi. Il faut ili's Oriciilaiiv iir^s K"S pn-iiùprs toiiips do 

noter que lu .sliilue do lu reine Napir-Asoii, de l'époque niyivnieune. 

Suse, remontant ù 1100 ou I50II avant J. -(',., t^i .\ii.iijriih., l'ij;. de la |) S7. 

offre déjà l'exemple d'une agrafe de vêlemenl 

S\i«iA. — 11. la 




98 SYRIA 

de bas-reliefs, dont une dizaine encore en place représentent le prince et 





sa maison royale '". Là en(;ore. la coniparaison (\sl insiruclive avec les re 
Cl Sept on huit (le ces reliffs sont uu Musée de Constantinoplo et trois au Musée ili' ll«Tliii. 



L'ART liriTIIE 



99 



liiT's (le r('>[)u<iiic iuiliTiciiri'-. la si'-panilioii ilu style hittite pur et du style 
liittilf coiiti-iiipuraiii des (i'U\ ics îissyriciiiics se uiarqiif, en traits irrécusables. 
Ce sont les iiiciiKîs iiersoiiiiaf^es, les iiièiiies scènes (jue jadis, mais l'aspect 
dciiseiMldc, li's détails des cheveux cl de la l»arl)c. les ornements du cos- 
tume sont traites dillV'remmeiit. Nous avons déjà vu à Karkéniich cette dis- 
tinction séluhlir nellemenl di^'. 12 et suiv.). Nous n'aurons donc pas besoin 
d'insister sur ces délili'-s de pi-rsonnages. rois 
ou chefs, suivis de leurs ministres ou servi- 
teursflijî. S2 à H"}, pi. .Wiji'', (pii répètent des 
com[)ositiMns conimi's ri (|ui ligurent si l'n'-- 
quemmcnl sur les bas-ndiefs ass\ riens du mèmi- 
lem[»s. Nous noterons seulement (pn- le lempi'- 
ranu'iil [tropic de liirl liillib- s'\ maintieni en- 
core dans la slalnie conrle et massive des 
C(U'[is, d;ms les traits clialdéens ilu visa},'e. dans 
les modes de ((lilliire et de vêlement. Nnlniis 
aussi dans I bilani III une preuve pal|ialde des 
n'feclions (pia sid)ies le monument : utu' des 
plaipies. |)(irlunt un di'iile de personnages dra- 
[ti's. a ele a|il;iiiie à ((iniis de ciseau; deux des 
ligures mit a pi'u près disparu (lig. H()) '-'. 

Ia' nii liiirn'liiiiili cl ses nttrclirs. — |,e sl\le 
pseudo-ass\ rien est très sensiiile dan> la bidie 
repri'seidalion du roi assis <pii oinail le bâti- y,^. ^, 

ment à poi-li(|ue consirnil ponr iidier l'Iiilaiii 

Il à 1 iiilani III (lig. il). Une inscri[ilion en caraclères arameen> aridiaïi|UOS, 
placée près du personnage (lig. 87. [d. \\')'^', nousfait connaître le mun de ce 
prince, ilarrektiub. tils de l'anammou. (pii fut le \assal du mi Teglalpileser 
et(piijiMia nn rnle impot'tant dans l'Iii^tuire de laxille pendant la domination 
assyrieniM'. 




1" Misiirnh., pi. 58, 5!<, fig. 251, -loi. 
M. voii Liisrlmn ip. H4S) qualifio do • pré- 
suuiôs (>iiiiii(]ut>s ■> Ips suivants iinliorbcs ; 
j'ai d'il |)niiii|niii rclli' iippi'llulioii me pa- 



riiit erroiiôf (Oital. .in/ii/. Assyr., p. 7S). 
i«i Xiisgrab.. p. iW. fi};. 150. 
l'i /./.. pi. 00. 



100 s Y RI A 

Il ost assis sur un trùue magnitlquoment orné, tout à fait semblable aux 
sièges (les inmianiues d'Assyne, avec pieds terminés en pommes de cèdre et 
accoudoirs en tètes de taureaux ; même richesse do décor pour le tabouret. 11 
porte le costunuî hittite, mais ses cheveux et sa barbe sont calamistrés à la 
manière assyrienne. Dans le champ un symbole céleste, le globe solaire dans 
un croissant de lune, supporté par une courte hampe accostée de deux glands, 
est accompagné d'une inscription nonnnant le patron divin du roi : mon sei- 
gneur Baal llarran. Devant lui se tient un serviteur, faisant office de secrétaire 
ro\al. en cosliune [ihis simple, la tète serr(''e par une i)andelette. tenant sons 




ACi 



J 



son bras gambe une sorte de livi'c à Irancbe [ilalc tpii représenle sansdoule les 
tablettes d(! ixiis ou d"ivoir(> sur lesquelles on l'crivait. et ili' la main gauclie 
une écriloire analogue à celledes Eg\plieiis, avec un Iroii iiour le goilcl d'encre 
et un ('■lui long nii >oiil raiigé's les l'alanics i lig. ST. pi.W'i. ( '.'est donc, à n'en 
[tas doiilrr. Ir siiiiic ro\al cl Ions Irs dclails de la représeniation sont aussi 
nouveaux ipir ciiricnv. Aussi M. \on Luscliaii parle-t-il avec entbousiasme *" 
lie ccllr sriil|i|iitr (|uil considère coninic le poiiil cidniinaul de l'art s\ rien 
seplenhional cl on il \oil uni' |iaMMil('' a\ei' la plasiiipn' des (irecs ioniens, (le 
n'est pa> la première lois, (raillenr.-,. ipie l'on noie la lilialion des slalues 
assises do liramiiiilo, de> phi^ anciennes colonnes sculpb'cs dl'lidièse cl des 



Cl Aiisijrih., |.i.:r,r.. 



L'ART HITTITE 101 

rclii-C-. d" AssdS avec la sciiI|iIimc oricnlalc '". .Mais paniii ces ( hiciilaiiv. rnix 
i|iii avaii'iit le plus l'iroil ((nilact avcr Irs Ioniens n'élait-co pas les llillilcs ;' 

l,r iinin (IcUarn-kiiiili lions est, par lionlictir, conscrvi' sur uni" aiilri- insnip- 

(i le Zriiiljirli ipii a la valeur il'iiii M^rilaiili' ilipriiinciil lii^liiriipie i-t ipii 

aclirvc (le ji'lcr' ipn-lipio hiinièic sur la\ii'(lc a; jirinci' rt de sa rainillc, au 
linitii'-nii- sièrjc (l'est un liloe (pii fut tnuivé non loimln [lorlralt (le|{arr<''kunli. 
mais (li'iilaei' e( sans linule liétarhé ilii lialiuieul K >ilui' plus an unr<i dij:. 8.S. 
pi. \\ 1; '-'. 1-e roi Ini-niénu' y est ligure, ilebout, dans un Loslunii," >endilal)le 
an précédeul. tenant ru main le même attriluit en forme de llenr on de pal- 
Mielle sIvIIm'i'. >ui\i de Min rliamiiellan. ilmil on ne voit plus ijue le^ mains 
et qui porte a\ce le cliasse-nioui lies un iiauileaii dé toile n-plie. l'iés d*.' la tèle 
de liarn-koiil) des sMiilioles divins (tiare, astre en rosace, globe solaire, crois- 
saul liiiiair e. etc. I rappellent le> di\ iiiitésilunt il reçoit la protectiiui. I ne longue 
inscri[>tioii en caractères arann-eiis. occupant la partie droite du Idoc, dit en 
siihstance que iJarrékouli. lils de l'anamiiion. roi de Sliamal. est le féal servi- 
Iciir di' Tei;lal|iilesri- ipii l'a l'ait asseoir sur le Innie de sim père; il a n-ndii 
plus licite qu auparavant la di-meure royale, avec lassistance des rois, ses 
frèros, (pii l'ont aidé à leniliellir; ils y ont aussi leur demenro, maison dliiver 
e| maison d'éti'. Dans la dernière partie du texte, il seuildi' que liarrékunli 
lasse allusion à la demeure plus ancienm» d'un roi Kalamou. sur lequel nous 
aurons occasion de revenir, et (jui serait le hàtinn'nt .1 du plan ilig. H i. tandis 
([Ile lui a hàti le palais récent, lliilaiii 111 '". 

he ce texte on peut déduire (pielques conclusions intéressantes. Il y a trois 
Souverains d'.Vssyrie qui portent le nom de Téglatpili>ser (I lOo-ît.'ïd-Ti.") avant 
.l.-C), mais d'après les caractères de rinscri[)tion. un peu plus n'-cente ipie 
celle de .Mesa cpii est au Louvre (neuvième siècle >''i. on est ameni' à clioi>ir 
le dernier Téglatpileser III (7 i.')-7"27). Marrékoul) a pu régner vers l'MK après 
la mort de sou [lère l'anammou, sur le pavs pmtant le nom de Sliamal: c'est 
lui (|ui a construit l'iiilani III et Ta relié à riiilani 11 par île larges porli<|ues. for- 

i" C(. Coi.i.uiNON , Siiiliitiire y/Yci/ijc, 1, (■•' Sur ci-ltt' inscription, voir Saciiai, Iijs- 

|i . nO; l'oTTiKH, le Prohlhne darien < Itiblio- i/raJ)., p. 168, avec le oonipU'-nicnl île vo> 

thr-quo Ciuiini-t, l. .X.VIX». p. 171 et -suiv. Iasciian, p. 380. Pour de» viiriantcs de Uv- 

('Miisi/ni/)., (ig. '273, iH\, pi. ()7. Cf. Cleii- luro, voir CookK, Tejl-liuok. p. 181. 

mont-Ganneau, .AI6(1»i d'aiitiiiuilès orienlaUs, ('i Dl'ss\ui>, Monuments pnUstinifns ft Ju- 

pl. -16. diiiques, n" i, p. 4. 



102 



SYRIA 



maiil ainsi un ensemble où les princes de sa famille trouvaient un logement. 

La maison d'hiver et la maison d'été peuvent faire allusion aux orientations 

ditlérentes données à ces deux habitations princières, l'une tournée vers le sud, 

l'autre vers l'est. 

Une autre inscription, trouvée dans le voisinage de Zendjirli, à Taktali- 

bounar, a complété fort heureusement ces renseignements. Elle est gravée sur 

le bas dune statue drapée, aujourd'hui au musée de Berlin (fig. 89), qui repré- 
sentait le roi Panammou et avait été consacrée par 
son fils Barrékoub*''. Il y est fait allusion à une tra- 
gédie de palais qui ensanglanta la résidence princière 
sous le règne de Bar-Sour, roi de Ja'idi, père de Pa- 
nammou et grand-père de Barrékoub, tué avec 
soixante-dix de ses serviteurs, soit par son propre fils 
Panammou, soit par un autre de ses enfants '-* ; le 
reste de la famille fut jeté dans des cachots où la 
plupart moururent. Mais la protection du puissant 
roi d'Assyrie délivre les captifs et rétablit l'ordre ; 
hi maison de Panammou devient prospère, riche en 
froment et en orge, riche d'argent et d'or et, quand 
il meurt, tout le territoire du seigneur roi d'Assyrie 
le pleure, et Bai-rékoub, son iils, est placé sur le 
trône à cause de sa droiture et il consacre la statue 
en mémoire de son père l'anammou. 

Nous faisons un pas de [)his dans cette généalogie 
K,u. 83. avec la découverte de la statue du dieu lladad, faite 

à Gerdjin, autre localité voisine de Zendjirli, et 

apportée aussi à Berlin en I8!tl'-". Elle est de dinu'nsions colossales (hauteur 
i m. 8.'1) et montre le dieu sous une forme archa'ique, le corps en gaine, les 
veux éviilés pour l'insertion de prunelles en pierre de couleur, la tète barbue 
cl coillV'e d'un turban à cornes; tous ces détails teciiniqucs remontent à la tra- 




ct Aunijrah., pp. lit, 5S, fi?. Hi, 17, pi. 8. 
(«) /(i., p. 71 (S\ciiAU). 

W /(!., pp. i^-ai, fw, 84, fig. Il», pi. 6 «'t 7 (Eu- 
tiiigct Sai'lmii) ; Masit.iio, llhl. des peuples de 



VOrienl, 111, p. 38. Sur le dieu Iladad, voir 
P. DuoiiMR, la Religion assyro-babylonieiine 
p. ;>(); J. Ci.AY, Tlie Empire of Ihe Amoriles 
p. IG.'i. 



L'Aiir iirriiTE 



103 



ililiiiii (Ir l;i liinili' iuilii|iii II' i'lial(lr(Muii' ilii III' iiiilh'iiaircdi^'. <.)(!). l/iiiM-riplinn 
^ravi;(i sur lo di-Viuil di' lii Iminiiii' en caraclrros araiiM'Ciis arcliaï(|iics, ana- 
logues à ceux (le la slclc de .Mésa, doiiiie une di'dieaee au dieu lladad faite par 



/, wv 










H»i»\\\y """"> 



>«\'»i 



un autre l'anaiiiiiKiii. [dus ancien (|uc le |icrc de iiaiiidvunlp : celui-là est lit.» de 
Karal, roi de .laïdi. (>t probalilenu'nt j^raud'iière de Pananunoii. le \assal de 
Té}ïlali)ileser III. l'ar consécjnenl. lions [miumuis rélalilir cinti j^i'-néiatioiis suc- 
cessi\cs allant de la [leiimle ilii roi d'\<-\rie Sainsi-lianian II (S-2o-SI:îi au 



104 



S Y ru A 



rèsno ilc Tôdatniloscr III ( 74o-727) avecles noms de Karal (vers 815). Pa- 
nammou P' (vers 790). Bar-Sour (vers 765), Panamniou II (vers 740) et Bar- 
rékoub (vers 730) '". 

Après avoir ainsi groupé autour du rui Barrékoub les documents qui éclai- 
rent son histoire et celle de 
ses ancêtres, nous reve- 
nons à la plinthe sculptée 
où nous l'avons vu trôner 
sur son siège d'honneur 
(fig. 87, pi. XV) et nous 
trouvons auprès de lui un 
défilé de personnages qui 
représentent, avec toute 
vraisemblance, son escorte 
royale. Ce sont d'abord 
deux hommes imberbes, à 
chevelure abondante, qui 
marchent vers la gauche 
(fig. 91)'-': le premier pré- 
sente de la main droite 
avancée une oMiochoé dé- 
corée de chevrons et de 
(leurs de lotus; le second. 
l>urtanl sur si m dos uncar- 
(juois ilOi'i pend nn long 
gland cl un air aux e\li-(''- 
mib'sen liccd discan. lient 
dr la ni. lin dniilc ideM'c di'- llrclies cl de la niiiiii gauclie lM>sr une smle de 
ganl di' niir ii Iniis dnigis. diinl un m- >eil eiicine aiiitiurd liiii m Aiigli'leire 
dans les concours de tii' à l'arc des \ iilau('ni> ". 




Ki.i. 91. 



('I Sur Pnnainmoii y ri l'aiinininoii II. cf. 
Dusstui), le HitYiiiime dr llnmnl, tluiis Ki-v. 
Arch. I!)()S, I. pp. 231, -2M; (;\iist\nc;, UikI 
ofUUl.,v. "271 ; .Masi-kho, 111, p. I.ÏO. 



1-' Ansijnth., p. MoO, pi. (il. 

l'i /</., fig, 2';8 E; il ny a ipic tr.iis doigts 
qui lireiil sur la corde. L'aiiire plaquette de 
cuir, qui [u'iul à cùlé, est desliiiéc à la uiuiu 



L'AliT HITTITi: 



105 



iraiih'i's (liillcs. acliicllcnicnt «Irjilaci'cs, [laruisspnlsc ra|i|ior(er au défur do 
la mriiic |iar(ii. i af la liautciir dc^ l)loi-.s est la iiirtiic i-l le >t\l(' seinblablc. Ln 
soivilcur iml)cri)('. tonaiil un luutcau ou um- i'IM'c iiiarclu' vi'is la dniilc: il ol 
suivi d un huiiuuo barbu, porlant un court [loiynard (lig. 92, jiK-W j. IMus loin 

r 




on v..il ,I(.)i\ MiMsi.iciis. (|ui >oiil .-n ui.-mi.' tcnips iU'> acn.bat.-s chliml l'un est 
f^rinipr sur les .'panlcs de laulr.'. lo lu-eniiiM- ind)orbe, le second barbu, tout 
deux iiallanl ilu tauduniriu avrc la uiain droib-: on romarqueni les détails de 
leur lar-e ceiulure liillilc. orn.'-e de -lands <|ui pendent (lig. !•:{. pi. \\ )i". Deux 
aulies plarpu's sont consacn-es à un sujet analoi;in> : procession de deux hommes 
barliu-^ ballant du tambourin et de deux autres jouant de la harpe porlalivc 

guuilu' i.oiir t.Miir le bois .le lare. Voir et !.• comm.iilairc .ks v.rs de 17/i(iJ.-. IV, 105 

aussi pp. aril, 3ii», lexplicatiou de M. vo.\ (arc de Paiularos) . 

LusciiAN sur la composilion du bois de Tare ('i M., p. 351, fig. 2:.'.t, .i el b. 

s\HiA. — n. , , 



106 



S Y RI A 



(fig. 94)1". Lï'pisoilc des musiciens nous est connu par un relief assyrien 
du Louvre, datant d'Assourhanipal (septième siècle)<-'. Un joueur de doulde 

lliïte (iiiiire sur un frag- 
ment liittite de JMa- 
racli''^'. Enfin, la même 
série comprend un su- 
jet déjà vu plus haut 
(fig. 33), l'homme bar- 
bu, dans l'attitude du 
Bon Pasteur, portant sur 
ses épaules une chèvre 
ou bouquetin, animal de 
sacrifice ou de repas de 
fête (lîg. 95) (^'. Notons 
un détail important: sur 
les deux dalles formant 
le relief des musiciens 
(fig. 93)onaconstatédes 
traces de couleurs bleue 
et rouge ; les person- 
nages étaient peints '^'. 
Nous avons dit plus 
liant ([uo, sans doute 
sous le règne de Barré- 
koub. la cour (U) sépa- 
rant riiilani 11 de Ihi- 
lani III avait été fermée 
par deux bâtiments à 
colonnes ((ig. 41) : c(>lui 

Fig. 'jr,. 

du sud (P) contenait un 
des lions (pii ont été lepnMlnils (lig. <i't, en liauDel.non loin de là, fut décou- 




{^)Ausgrah.,i>\. i>± 

('( PoTTiKH, Cnlnl. nnliq. Assyr., w" 68. 

(^1 pEKiiiir-Ciiii-iKz, IV, fig. '290. 



(»» .UiSiirnb., 1)1.03. 
(^) .iuxijral)., p. 3i>(). 



L'ART HITTITE 



107 



vorlo une |»clit(' strie sciiliiir-c (liaul. (l,.",7 i litisrc en ilciix morri-aiix. qu'on 
sii|t|>(isr a\ dii' ('lé ili'- 
placi'c cl (|iii faisait 
|iciit-rlii' partii- (II' 
riiilaniil. i.csl\l.>('ii 
rsl |)liis aiicii'ii (|ui' 
celui (les [Mutraits de 
Itari'i'kduli ci elle or- 
Ire |ilus (le lo^eni- 
liiaiuc a\ec la ic- 
|H'i'-seiilali(iu du roi 
KalauMiu ( neuvii'>iue 
si(''( le I, dont il sei'îi 
(|uesti()u |il(is loin: 
(die renionleiail ddiic 
plutdl à r(''|iii(|ue (lu 
l'di d'Ass\ lie Saluia- 
uasaf II (.S(i(l a\aid 
.l.-C). Celle sh'de est 
ai'i'oudie en liant, à 
la l'acdii ;it( liaï(|ue : 
iiri \ \(ul uii loi coillV' 
(In l)<iuu(d liillite, 
mais \("'tn à I ass\- 
lieniu'. a\ec nue al- 
lure IdUiiie et mas- 
sive, teuaid une IleUI- 
de Idins i>\udHile 
l'dXal ou dlliaude à 
un dieni de la main L;an( lie el le\aul la main dioile. l'index en axant, j^oste 
de salutatidU à la divinité, «[ne nmis retnuivdus sur iranlres ndiefs; il i'>l 
suivi d un jeune seixiteur |»lns pelil. |idPiant de la main itanehe un vaso nnid 
et elevaul de laidre une urande Heur .le I du> >t\liM'e (iiir. !t(i)l". 

('I .Viisi/cii/»., p. Mi. |)l. ti!i. M. vciN l,isi;ii\N vrrcail (ui s.ic ou nui' Imiirsc .' dnns l'objot li'nil 




108 



SYRIA 



Nous ne connaissons pas le nom du personnage, mais on pourrait peut- 
ètro l'induire de la comparaison avec une autre sculpture trouvée dans une 
partie des ])àtimonts située au nord de l'ensemble que forment Ihilani II et 
rhilani III. Là, on distingue une cour (.M du planlig.4i)el deux éditices juxta- 
posés (K et J) que Ton considère comme plus anciens que les palais de la 
cour R. C'est à Tcntrce du Mtiment J qu'on a rencontré deux blocs encore en 
place, tous deux ruinés et éclatés sous la force de l'incendie qui dévora la rési- 
dence de Barrélxoub: de ces deux pierres l'une était lisse et sans décor; l'autre, 

couverte d'une inscription 
\'7M///// très dégradée, qu'on eut 
beaucoup de peine à recon- 
stituer, et accompagnée 
d'un petit relief, placé à 
gauche du texte : on y 
voit un roi. tout semblable 
au précédent, dans le même 











costume, la même attitude 
et tenant la Heur de lotus: 

près de lui quatre svm- 

::W/y^^y^<^^''^ boles divins (tiare à cor- 
p,g 97 nés, signes stellaires, etc. 

(fig. 97) ''*. L'inscription 
donne le nom de Kalamoii, fils de llai[à], roi. Ce dernier nom ne nous est pas 
inconnu; il se retrouve dans une inscription de Salmanasar 11(8(30-8^.") avant 
J.-C.) où le (•(iiHpii'Tanl assyrien mi'iiliomie sa viiloire sui' les [ii'irices du nord 
dela.Syi'ie, parmi lesipuds ligure un ccrlaiti liajàii. (ils de Gai)l)ar, roi de Sba- 
nial. L'iib'idilicalion avec le llajà du texte liillile ne paraît guère douteuse. 

^'oilà donc Ak^ iiiiu\rllcs gi' m'' rat ion s royales à inti^cxhiirc dans riiisluire de 
ratili(|ue pays il<' Sliamal. pendant la pi'cmière mditié du neuvième siècle : 
(iui)bar-llajàii-Kalam(iu. .Nous iu< savons pas (luelle libation de famille les unissait 
au groupe sni\aiil dnnt nous avcins |iarlé : Karal-l'anamniou l-UarSnur-1'anam- 



pnr \c. srrvileiir ; n'est-ce pas pluUM un vase 
en forme de gros arvlmlle avec poijjnéo do 
suspension, leniiut la pliici' di' la s'il nie i\ 



eau si fréqui'iiio dans les reliefs assyriens? 
l'i .liisf/rn^., fig. '273, p. 37ïï. 



I/ART HITTITE 



109 



mouH-Barrôkouh; mais il est évident que. clironulofriquomont. ils se suivent 
et représeulenl lu série des rois qui ont vécu dans le château de Zendjirli pen- 
dant le neuvième et le huiliènic siècles. 

(l'est aussi poumons un [lointde repère précieux dans l'histoire de 1 art. 
iXous voyons parla facliur de tous ces reliefs à quelle é|iuque s'introduisit dans 
la sculplun^ hittitcî l'inlliience prédominante du costume et du style assyriens. 
Les monuments, où ce stvli" m- se miiiiifeslr pas riicorr, ddiveiit èlrc antérieurs 
au neuvième siècle. 

La chapelle du aille. — Le liàtinienl .1 (lij:. i\) est eoiili^'u à une antre con- 
struction K, (|ui parait être ancienne aussi (4 antérieure aux emliellissements 
laits sous le règne de Harrékouh. d'est à l'entrée de cette construction K que se 
trouvaient les trois helles hases de colonnes à décor végétal reproduites ci- 
dessus (lif;. i7. IS. i!i) Il . Kn arrière du perron s'ouvre une large salle qui 
devait être coinrrti' - et on l'on constate la pré- 
sence d'nne sotie d'iinti'l de sacrilice. en foiine de 
liant l'o\ef ciriulaire *^i. Un pcMit donc supposer 
(pn' nous sommes ici dans le temple ou la cha- 
pelle (In cnlie. Kn ell'el. la nature et les dimen- 
sions (le ce foyer excluenllidée d'un simple appa- 
reil de chauHage. C'est un centre religieux, com- 
parahle à Viayxpà des Grecs, on au feu éternel 
<lu temple de N'esta (diex les Homains. L'archi- 
tecte, .\1. .lacohv. a relevé avec i^rand soin foutes 
les particularités curieuses de cette construction, 

placée non pas au centre, mais dans le fond de la pièce, du coté ouest, sans 
doute devaid la statue du culte posée sur un piédestal. Ce tertre circidaire de 
terre à hri(pie. haut de li,-20 à 0,-21 ceidimètres. sui- nn diamètre d'environ 
i mètres, a été siir('dev('' par un lit de hriipies crues, plates et épaisses, for- 
mant c(nnme um^ hase eutourt'-e d'un large cercle de hron/.e posé luu-izonla- 
leuuiil cl muni sur son pourtour de ti saillies destinées à des poignées do 
métal (^tig. '.t.S|i": une de ces poignées était encore en place. Tel était le foyer- 



"^ ('■•••••• ^'-yr 






t'> .\nsijrab.,p. -ioS, fig. lO:!, pi. 33; cf. fig. 
174, 197, 1!I8. HW. 
!•'/(/., pi. 50, uK 1. 



(^1 Id.. p. 296 pl suiv., fig. -205 k S08; cf. fi?- 
104 à 166. 
l«'/</.,p. i97,fig. -207. 



110 



SYRIA 



autel dans la période la plus ancienne. Plus tard, cette base tut entièrement 
recouverte par un entassement de terre qui ne laissait plus rien voir du dispo- 
sitif primitif et par-dessus s'éleva Tamas de cendres et de détritus des sacrifices 
qui donnait à l'ensemble une structure de plus en plus conique et pointue*". La 
couleur rouge des terres et les traces de combustion ne laissent aucim doute 
sur. l'emploi de cet autel comme foyer. Entre l'autel et le mur de la salle on 
recueillit deux vases de pierre, probablement destinés aux cérémonies. La 
statue du culte qui devait prendre place dans la même pièce ne nous a pas été 
conservée; mais on peut l'imaginer d'après la grande statue trouvée à Kar- 
kémich (fig. 37, pi. XXXIV) ou. mieux encore, d'après une œuvre plastique du 
même genre qui a été découverte dans iine autre partie du château de 
Zendjirli et dont nous allons nous occuper. 

La statue de dieu. — Une poterne plus petite que les autres (Q sur le plan 




lig. il) ddtiiic ;iccés diuis la cour M (|ui s'étend i!('\atil les iiàlimenls K et .1. 
A (Ifdile i\f celle |)iilerne, loiil CDiilre le iiiiii' dii bàliiueul .1 ' , (iii reinan|ua 



('• Pour lu roiiiparaisoii à faire avec les obscrviitùms de M. von Li si.iun, p. 257, 

foyer» qui existent encore auJDurd'Iuii ilniis les 238. 

maisons kurdes ou arinénieniies, voir les (-• Ansijrtil)., t\ji. U'rl. Uii. 



I/AI!T IlITTITH 111 

la présente d"un grand soubassr'iiiiiil (jiii sciiiblail (Icsliiit- à iioilcr ((iicl(|iic 
monuiiKMil d'impdifaricc et. à [inixiiiiili'. It's foiiillcurs ri'riconln'n'iil uni' 
buse sculpti-e, raii|>rliinl li- sujet ({im nous avons dijà décrit (rapiès un niuiiii- 




in.'iil (le Katlvcini.il i(i-. :t7. pi. .\\\IV:cf. li^'. Hh, h- dicn d.inipt.'nr dani- 
Miaii\: c'csl un ^l'iiic liarbn. aj;i'iniuilli''. la Irti- di" face, nnr i-piT passi'-e dans 
sa crinturc cl tenant de cliacpn- main, par la ciinicrc. nn j,'ni> lion plus urand 
ipic hii (fig. !>9). Le dessus du piédestal ollVc une laijii- cavili" <lan> la.pielle 
devait s'insérer lu buse d"une statue (lij;. |(1())^". La statue elle-iuèuie ii élé 
i-elrouvé'c à cpudipie distance et a repris iilace sur son piede>lal au innsi-e de 
Conslanliii(i[ile I lii;. to|. pi. .\\|i i- . Mlle l'cpr.'sente un dieu barbu, l'épee 
à pdi^^iU'c arroiiilie passée dans urn> lar^'c ceiidure d'où peinl un Inni; u'Iaiul : .>»a 
pliNsinnnniie est analouue à celle d'IIadad i tii:. Uil). sans que iinus puissions 
allii luci- si c est ce iidin iph' iiiMi". di-vons lui donner. Le ^t\ le de la lii:nre est 
tiès arcliaïipie, ainsi que celui du pii-destal. et si lun et l'autre ont i-le l'dilics 
au temps de la domination ass\ riemie'^', comme la sfatui' consacrée par l*a- 

('> Ausijrab., pi. G4. Cf. EtI. Miyor, p. 110, ileslal du milioii du neuvième si.Vlo. Laulcur 

fig. 83. pnraîl «roire (p. Il 2' que In It^tc df fuce (fi 

(*' ;</., p. 3t)5. fip. IT.'i, -JiWi. uon eu [ace ciimuii> I ecrivoiil presque tous 

(^' M. Eu. Mk.akii, /. c, p. 113, date le pii'- les auleurs allemiuidsi esl uu iini.iim dauR 



112 



S Y R I A 



nammou I", on peut affirmer que la tradition religieuse avait alors conservé, 
comme il arrive souvent, un type consacré par de longs siècles antérieurs. 
Les détails de technique dans la facture des yeux, de la barbe et des cheveux 




(fig. 102, l(y.\, 1 04)"» montrent conibii'n rc\i'"cntion est ici différente de ce qu'elle 



Pnrl hillile cl dans l'art oriental ancien. An 
contraire, M. llen/.ey a eu soin de noter que 
dons l'nrt cliuldiVn l.i lète de face est un 
trait raractérisliquc de ce style ; Découver- 
les rn Clinldèe. pp. 16.3. 210, IH, etc. 

('» Ausgrnh., p. .30») à 308, fig. 200, 207, '208. 
Le même travail de cheveux incises en si)iralcs 



sur le sommet du crâne se voit sur une tète 
trouvée en Syrie ù El-muehrifé ; cf. Clermoxt- 
Gannkal, lieciieil tinliq. orientales, U, p. "26; 
VAN Ukrchem et F. Fatio, Voyage en Syrie, 
dnus Mémoires Insl. du Caire, 1914, p. 107, 
fig. 9-2. 



\:\\\T IIITIII-K 



113 



iipparaîl tlaiis la |)lasli(|iii' ass\ liciiiic. par cAcini)!!' dans l(\s liclli'S slaliics du 
ilicii i\V'l)n cl (lu l'd! A>sniiiiia/ir|)al ( XS.">-8()0j (|iio roiiscrM- le Miix'-i- Hritaii- 

iii(|iH' "'. On [iniii'iail cidin' (|iir |ilusiciir.s sirclcs 
S(''liaii'iil CCS (iMiN iTs (le i;raii(lc allure cl h'Iiau- 
clic |iuiss,iii|c cl |iil t()rcs(|iic. mais liarliaic. de 
l'arlisle hillilc. 

I lie auli'c (ciiNi'c (larl, d'iiri cai-aclcrc orif;i- 
iial cl (l('>((»iatir, (•tail ■.ihK'c ailleurs, prcs de l'iii- 
laiii II, uiais il n'eu lole (|ue des d('l)iis. (l'iUail 
aussi uru' slaliie de (lieu luoidi'c sur \iii [licdcslal 
sciill)l('' : de la slaliic à pciuc (|U(d(iues fi-airiiicii|s 
suhsisleul : la hase esl en |ilusicurs ui(iiccau\ id 
i('|u-(''seulail une [laiic de clicNaux ddul le c(U|)> 
l'acouiii' cil rclicl-ur le hloc ^c leniiiiiail |>ar une 

lele en idiide li(»-e ' : i - avoii- déjà \u ce pro- ^ 

(•cd(' a|)|ili(iuc a (les Ikmi^ I 11,1;. |l>;i. HmI.HiT. lus. I-.... i.,4. 

|l)!l). Il c>l iiileres-aill i\f voir le (dicval |ireli(lre 

place [la il ni les aiil iiiaii \ s\ ni lu ilniiic- cl il e-l permis de -iippo^ r (piune -.orli 





de l'()>eid(in niiculal. iiKilecIcur cl iiiliodin'lcur de la race 1 Innaline en Asie ' . 



Cl Pi luiivr-CMiiMK/.. II, fi;.;. 15, J.IO. ciiii'iit.ilc l'I l'ii Kfiyiitp, voir \lrmoirrf liflrij. 

C'i .Aiis!/m/i., p. :i;«, fij;. iU, nt; |.p. :W,';, en IVrso. t. XIII. p. :i8. uni.' I: K(. Mm»h. 

:i3C, fig. -217 A -il!». Chflilfr. p. .%.< à ",:>. 

i'i Sur rinlrodiu-tiiiii iln rlu-val en .Vsio oc- 

Syiviv. - II. i; 



11- 



S ^' R I A 



li-urait «lans lo Panthi'on liitlito. Lo grand rolief rupostro de .Maltaï, de 
stvle assyrien, montre un dieu debout sur un clicval i'>. On peut y voir aussi 
une réminiscence de rpielrpie belle œuvre ancienne, comme celle qui a été trou- 
vée à Suse par la mission de Morgan, un très joli vase en bronze à deux zones 
d'animaux superposés, en haut de jeunes taureaux 
et en bas des chevaux ; les corps des animaux 
sont traités en relief sur la panse circulaire, tandis 




que les tètes font saillie en ronde bosse '^'. Sujet et technique se retrouvent ici 
dans la sculpture hittite. Les tètes de chevaux sont exécutées avec un grand souci 
de la vérité; toutes les pièces du hariiachenient ord ét('' didaillées avec soin: 
têtières, bridons, mors, et certains reliefs adroitement ciselés sur des pla- 
quesde métal fixées aux harnais (croix et rosaces, sphinx marchant, déesse 
nue <le la IV'roiidih'' nourricière pressant ses seins de ses deux niiiiiis *'M. nous 
font savoir que les Hittites comme les Assyrien.s ont aimé ;ï jiarer leurs che- 
vaux duri riche appareil '''. .M. von Luschan place à la (in du huitième siècle 
ce curieux moimmenl '^>. 

La xtèle d'Assnr-liaJiInn. — Ce grand monumenl. auiiMirdbui à Herlin. se 



(')PEnnoT-Ciiii'iKZ, 11, fig. .313. 

(») Pf:zABD plPoTTiEii, Cotal. Anliq. Susiane, 
p. 1"20, n" îi">; On:, des lieati.c-Arls. janv. 
190C, p. 18 (ngurc). 



P' Sur ce type, voir ('■. Contenal', la 
Déesse nue babylonienne, \\)\i. 

(*> Ausgrnb., pp. .S34 et suiv., fig. 246 à 219. 
(^) Id., p. .338. 



L'AlîT III'ITITH 



115 



dressait dans la pctilo (•uiirili- la [Htlrnic |) ; on n lolroiivi- la slrli- iciiviTst'c et 

hnsco, mais le socli- iHait en placu>". 

Lu date de i'rrcction do ce Iruphée se 

pluec vers 070, apivs la campagne du 

roi assyrien en Kgypli': il [loile cncdre 

les traces de rincendii' ([ui ((iiisuina le 

[)alais reconstruit au temps d'Assarliad- 

don (<J8l-()(i.S). (Test un monolillie im» 

pierre de doli'iiti' iliiic, scmMalilc à 

celle des scul[)lures du palais (hauteur 

totale: it m. i(> ; largeur I m. it.ii. Il 

rentre dans la série assez nondueuse 

des stèles de victoire que l'art assyrien 

nous a laissi'-es : sièles d'Assourna/.ir- 

|p;d, (le Sidmanasar H, de Sain^i-ltiiniiiii, 

de Sargon II, (pii ne sont toutes que des 

suci'édanés et des dérivés, ,'i loiiginler- 

valle. de la >léle <les \aul(iui> du roi 

sumérien Lannadou '-' et de la stèle du 

roi accadien .\ai-ain-Sin *". ('.est donc 

une scul|ilnre |Mireuirnl a>^\ licniii' cl. 

à cet égard, elle ne rentre [las dans le 

cadre de notre étude, dépendant, si nous 

la ^i^naloii> et >i nou> l'introdiiixins 

dans noire ré[ierloire ( lig. lin, llli". 

c'csl non scnlcnu'nt parce (|ii Vile oc- * 

(•niM'Uni' place iin|iurlanlc dans le dt'cor 

,..,.,. . ,, Vk.. 110. 

de /.eniijuli, mais aussi [>arce ipi etie 

oll're l'exemple d'une oMi\ ri' lie style assviicn laiti' |>ar des ouvriers du pavs, 
|ini-ipM' la matière enqdovce e>t la mcmc que ponr les autres seulplure». On v 
voit donc comment Ic^ tormide- [da-tiqne^ de l'Ar— vrie élaienl devenues coii- 




l'i Ausijmb., p. 11, fig. 3. 

(«) Hkuzky, Catal. nnl. citalil.. n" 10. 

(••t l*(:ZAiii> et l'oTTiru. Wi/ii/ fiiminne, ii" l. 



l'i .\iiiijnib.. pp. l\--ÎO iV. LtscuAN), pp. .1l>- 
43 ^ScnnAui^iii, pi. I ù3; Mt<irino, III, p. 3T5. 



116 SYRIA 

rantes dans les ateliers syriens, mais en gardant l'aspect rude et massif qui 
était un trait caractéristique de la technique indigène. 

Le roi est représenté debout, élevant de la main droite un vase à libation 
en forme de gobelet, tenant de la main gauche sa masse d'armes et les bouts 
de deux cordes qui se rehent en bas à deux captifs, do dimensions beaucoup 
plus petites, l'un debout coitTé d'un bonnet conique et levant ses bras en- 
chaînés, l'autre agenouillé, coiffé de l'urœus, faisant le même geste de sup- 
plication, les mains et les pieds chargés d'entraves ; ces vaincus sont le roi de 
Tyr et le roi d'Egypte. Près du monarque victorieux sont figurés les sym- 
boles de protection divine '*' : sept étoiles, dieu debout sur deux dragons, 
la déesse Istar assise sur un lion, croissant lunaire et globe solaire ailé, dieu 
debout sur le dragon de Babel '-', dieu Raman tenant le foudre et monté sur 
un taureau, enfin, sous une grande étoile rayonnante, groupe de symboles en 
masses et armes recourbées qu'on voitsurleskoudourousde l'époque kassite'^>. 

Sur les petits côtés de la stèle sont debout deux hommes barbus, les mains 
croisées en signe de respect (fig. 111) '*'. On pense que ce sont des rois alliés 
du conquérant assyrien, des vassaux fidèles qui ont contribué à la victoire 
sur les ennemis. Une inscription de trente-cinq lignes passe à travers le bas 
des personnages, suivant l'usage assyrien ancien'^'. La suite du texte, on cin- 
quante-huit lignes, couvre le revers. Assar-haddon y est nommé grand roi, 
grand prùlre de Babylone, roi de Sumer et d'Akkad, roi do Kurdounias. roi 
des rois d'Kgypte, de Patros et de Kouch, etc., le héros parfait, lo puissant 
qui tient les rois avec une corde ; avec l'aide dos dieux ([uilassistonl ilarélal)Ii 
la justice et il a coupé conimo un faible roseau la coalition dos rois qui ne lui 
étaient pas soumis, qui no voulaioiit jias lui obéir, ol il l'a foulée aux pieds... 
— Puis ce sont dos détails sur la cauipagno uiilitairo (pii vient do s'accomplir. 
Los gens du pays d'Lgypte ont péché corilro Assour: ils ont dévasb' ot pillé dos 
territoires appartenant au roi d'Assyrie. Alors les dieux ont iikuiIiô lo ciioiniu 
au l'oi à travoi's des uiontagnos sans nmb' cl à truM'rs lo di'sorl. sr'jdur do la 

C Comparer ce défilé avec celui f)u relief t^i Cf. Pkzauu-Pottieh, p. 48. 

rupestrede Mallaï(PKnB0T-Ciiii'iK/.,ll,fip.31Hi l'' .lifsi/rah., pi. 3. 

etdes scu1|iliiri's de Nimroud (i(/., fig. l.S, 11). ("-i Voir Pottikh, Cnlal. nul. assyr. du Lou- 

('I Ce détail n'a pas été corapri.s par von vre, pp. 47, 52, 58. 
LuschaQ ; cf. Mku/.eï, Uriijittfs uricntnles 
lie Vnrl, p. 330. 



L'A HT HITTITE 



117 



soif. TiirKoii. roi (l'H^rypic et dr Kniicli. ii l'I.' ImIIii : su ciiitilali- .Mfiii|i|ii.s a ('té 
l»i'is(; (.'l dévastée; sarciiuiii'. sc> lil.> cl >c> lilir>. leur avoir el k-iirs hieiis ont 





été cniiiKMiés en Assyiii' *". Suivent des malédictions conlrc iiniconijnc endoni- 
niajîcia ou détruira la stcl(> ; au conlrain'. un piincc ami \cillcia sur clic ^il 



l') Voir Ihistoiro détailléi' du pharuuii Tabarquii tiaus MaïI'kho, Iliit. une. det peuples de l'Orient 
c/<i»»i./., 111, p. 3lil. 



118 SYRIA 

s'agit sans doiile du priiice liittite résidant à Zt'iuljirlii, en conloniplcra l'écri- 
ture, la fera lire à voix haute, la parfumera d'huile et apportera son olVrande 
de saeritice pour honorer le nom du dieu Assour, patron du roi. — Ce langage 
lyrique et triomphant commente éloqnemment la tragique image du conquérant 
qui est sculptée sur la stèle. Nous entrons ici dans le domaine propre à l'art as- 
syrien : il diffère notablement de celui de lart hittite. La personnalité du roi s'y 
affirme, despotique et farouche. Le plaisir de guerroyer, d'abattre les rois 
ennemis, de les humilier, de les martyriser, s'afiirme en traits énergiques ; la 
littérature et la plastique s'associent pour exprimer l'orgueil et la joie brutale 
du vainqueur. Tout converge vers l'apothéose de la guerre et de la puissance 
royale. Ici encore tous les détails du costume, les frisures ciselées des cheveux 
et de la barbe, les lourdes boucles d'oreilles, les bracelets, les bandelettes, les 
franges en effilés ou en glands, toute cette armature rigide et ce vêtement 
somptueux qui cachent le corps et n'en laissent voir que les bras musclés, les 
grosses mains, les pieds épais, sont des moyens de mettre en lumière la richesse 
et la vigueur de la race con([uérante. La théorie du « surhomme » y est déjà 
en germe, pour éhlouir et époiivanlcr le monde olfert en proie aux convoitises 
du peuple élu d'Assour. L'art hittite, plus voisin de l'art familier et simple 
des Ciialdéens, plus préoccupé encore des dieux que des hommes, soll're à 
nous avec des allures plus trancpiilles. plus ndigieuses : il est moins habile, 
moins dramatique, il est plus naïf et plus sain. 

Tel est l'enseignement qui nous send)le résulter des fouilles de Zeiidjirli. 
Aucune découverte ne nous fournit meilleures occasion de connaiire la civili- 
sation hittite dans ses éléments essenliels et complets: plan des villes, fortifi- 
cations militaires, constructions de palais, sculptures décoratives, reliefs et 
statues de ronde bosse, images des dieux et des honunes. tout s'y trouve réuni. 
De plus, les monuments historiques datés nous ont permis de voir à quelle 
iqHi(|ue le style assyrien commence à devenir prédominant ; c'est vers le 
neuvième siècle (jue se place cette évcdution finale i". l'ar conséquent, les 
ti(ind)reuses (puvres qui ollVent les caractères tlu st\le hiltite. sans mélange, 

('> C'est aussi à la date du iiuuviCnie sièc-lo constate ([u'il choisit encore plus ses modèles 

que .M. Ed. Mk.ykh (Clieliter, p. 12.1» place le dans la civilisation hittite que dans le ré- 

momiuU décisif de l'évolulioa de l'art aisyriiin, pertoirc lialiylonien. 
en arrhilectnro comme ou sculpture, et il 



i;.\i;r hittite iio 

iloivi'iil ('lie r;i PI m !■(('• es ;i une |ilii^ li.iiili' ;iiil i(|iiil(''. KsI-cc soiili-iucnl an (lixirnii» 
on onzième sirclc? Ksl-cc jjIiis loin, cnlir lo donzirnip et lo quator/.irnifsirclf 
qno nous devons rcnionlcr ;' (Ida si-inhlc \rais(Mni)lal»lo, mais avant de rien 
affirmer, nous demanderons encoïc de nouveaux ('claircisscmenls aii\ sculp- 
lures (|ui nous resleul à l'dudier. 

K. roTïuai. 
(A stiirtr.) 



PHÉNICIENS, ÉGÉENS ET HELLÈNES 
DANS LA MÉDITERRANÉE PRIMITIVE 

PAR 

RAYMOND WEILL 

I 

On a observé depuis longtemps que dans la tradition grecque, la fondation 
des villes, en un grand nombre de cas, est rattachée à l'arrivée d'étrangers 
venus des rivages opposés de la mer, que les dieux, comme les héros fonda- 
teurs, viennent souvent d"outre-mer. et que. d'une nianièie générnle. les Grecs 
gardaient un souvenir positif de ce monde des Pélasges, plus vaste que la pé- 
ninsule, et qui avait précédé les sociétés helléniques dans la Grèce continentale. 
La II IMn'-nicie », toutefois, comme patrie des fondateurs débarqués de leurs 
navires, n'apparaît point nommément aussi souvent, ni de manière aussi 
prépondérante et significative qu'on serait porté à le croire, à la lecture des 
premières pages d'un récent ouvrage donné par M. G. Autrani", et dont la 
considération sera un [)itint de départ pour la présente étude. Cécrnps. fondiileur 
d'Athènes, est venu d'Kgypte. Iiuikhos a.vr\\o à Argos avec une colonie égyp- 
tieruie ou lil)vriine. et ses successeurs sont détrônés, plusieurs siècles après, 
par Itanwm. venu également d"Kgy|»le, ancêtre d'un certain Pcln.'i;ius et île 
Persée, fondateur de .Mycènes. Les descendants de Danaos, à leur tour, sont 
dépossédés par l'rlops. lils de Tantale, mi de Phrygie. et père d'.\trée. A cùté 
de tous ceux-là voici un IMn-nicien. lùidinos, fondateur deThèbes. le Phénicien 
parexcellenre, puisque l'hnini.r lui-même est son frère: mnis combien caracté- 
risliquemenl appaienlés, l'im et riiulrc a\er le monde de l'Egée et de l'Asie 

CI C. AuTHAN, « l'Iirniciens ». Essai de con- T/iis/. i/cs ;r/i;/io(i.s-, jiiillrt-oclobrp 19-20, pp. 100- 

trihution à Vlàsloire nnluine de In Mrdilpr- lOîi ilu vol., cl I!. Wi;ii.i, i\mis Kevne dfs lU. 

rnnée, l'uris, (leulliiiiT.iy-JO. Voir lt;s f oiin)ti'.'< juivrs. iirliilui'-ilrrenibre 1!)20, pp. 219-221 du 

rendus de E. Pottikh dans Syrin, I (1!)2()), vol. 
pp. ,329-:«2 ; 11. DussAi 1. ilmis llrrii,- dr 



IMIKNir.IF.NS, KGKENS ET III:LIJ:NES DANS LA MKDITEHIîANKE 121 

.Mineure : Kadiiios i-l F'hoiiiix sniil fn res «le TIki.sos el de hili.i- — la Cilieie. — 
on Itirn Kili\ est nn des nonilirenx fils de Plioinix : l'Iioinix est (h/nt/ins. et 
Kadnins aussi est deseendant A'Oyugios, à moins qu'Ogugios suit nn fils de 
Kadniiis, élaid noté par ailleurs (]n'Oijiiijia est un ancien nom de la l.,yeie; 
Kadmiis se r.ittaehe aussi à la desceinlance du (jarien l'Iioiuiirus — n"esl-cc 
point le successeur ihi très ancien Inakiios, à Argos '.' — il est ancêtre et du 
Lycien Sariicduit, ot des Cretois Mmns, Kaqne l'I Hliadamanthc. 

'viu est-ce (pie ce Kadmos " l'Iiétiicien ». mais si nellemeiil créto-égéo- 
asianique ? Il s<Ta facile de répondre. .\ vaut d'y arriver. .M. .\ulran s'attache 
à bien assurer que la l'Iiénicie de la période historiqmî, c est-à-dire le Canaan 
sémitique de la cote s\rienne, et le monde sémiti(ju<' en général, n'ont pas con- 
Iriluif poui- h' Miiiindre élément à la formation de l'IIellade primitive. Enquête 
toull'ue, grandement intéressante. Rien de sémitique, eti Grèce, ni dans le 
cercle îles dieux, ni dans le vocabulaire marin, ni dans la to[tonymie; dans la 
langue, par contre, un élément allogène t'/m/K/er au srmitiqne, qu'on retrouve ii 
la fois du cote si-miti(pie et du coté grec — plus abondamment en grec — et 
dont les ti'nanis liistoriipn-s sont bien évidiMits depuis ijuc larcln-ologie nous 
a restitué la grande civilisation créto-égécnne, dite aussi njycéniennc, qui a 
régné dans le bassin île la .Mi'diterranée orientale. De ce vieux monde égi-en 
ont été reçus les grands dieux grecs, .Vjtollon, Poséidon parmi les plus nota- 
bles, et tout ce quiHa (irèce barbare a recueilli et conservé d'une richesse 
sociale antérieure à elle-nn"'me. 

Tout cela ne fait aucun doute, llevenanl. alors, au fait de l'apport * pln-- 
nicien » que l'arrivée de Kadmos représente, .M. Autran rappelle, cela est bien 
connu parles témoignages mêmes de la tradition grecque, qu'aux temps an- 
ciens, l'Iii'uiric était une di-signation de la (Iniic. VA n'a-t-on pas trace de l'autre 
équaliiiii. 1res parallèle. l'Initirir ^^ CnUliule .^ (iela suftirait à éclairer et nu'tlre 
d'accord toutes les données, notées ci-avant, sur le « l'bénicien • Kadmos. 
Kgéon par toutes ses attaches, s'il ne se trouvait, en outre, que la légende 
grecipie met Kadimis et l'hoinix. chacun de son côté, en relation explicite 
avec Sidon, soit la l'bénicie ordinaire du stade historique, et s'il ne fallait, 
d'ailleurs, explicpier par quel phi'nomène le nom de l'Innirie, primitivement 
em|)loyé pour designer l'Asie Mineure. a\ail reculé, ensuite, jusqu'aux rivages 
du tond du grand golfe méditerranéen. Mais ici encore, on bi'-nélicie de l'ac- 

Sthi». — 11. Ib 



122 SVRIA 

qiiisiliuii de grands faits archéologiques qui restituent certaines conditions de 
Ihistoire. 

On sait, en elTet, que dans toute la région de la cote syrienne une période 
primitive très ancienne, que l'on pourrait apiieler indigène ou auloclitnne. a 
été suivie d"une période égéo-mycénienne qui est celle d"une civilisation bril- 
lante et développée, la même qui régnait dans tout le i)assin delà .Méditerranée 
orientale; après quoi seulement, lorsque le monde crélo-égéen régresse et 
s'obscurcit, commence sur cette côte de Syrie la période beaucoup plus mo- 
deste du Canaan sémitique de la Bible, qui est la Phénicie ordinairi' de l'his- 
toire. D'après 11. A'incent. dont l'important Canaan est largement utilisé, ici, 
par .M. Autran, la période créto-égéenne dans cette zone s'étend de 2500 à 
12(10 avant .l.-C. Ajoutons que l'intervalle de temps ainsi défini, peut-être un 
peu ample, correspond bien, au centre, à la période de l'apogée de la civilisa- 
tion égéenne et de la grande domination Cretoise, qui se place entre 2000 et 
1500 avant .J.-C, d'après la manière dont la chronologie « minoenne » parait 
s'établir en tin de compte *". Notons aussi que, dès à présent, nous pourrions 
retrouver ou pressentir la main dos Égéo-tlrétois dans une foule de travaux 
maritimes très anciens de la iMéditerranée orientale; tardivement informé du 
mémoire de Jondet sur les grands ports submergés qu'on retrouve au flanc 
extérieur du Pharos ilAlexandrie en Egypte'-', .M. Autran les considère 
comme égéens pour ainsi dire évidemment et dès rai)ord, et moi-même, 
quelque temps auparavant, j'étais arrivé à des conclusitins historiques concnr- 
dantes'^L J'espère arriver à nionlrer, procliaiiuMiient, que des ouvrages du 
même ordre peuvent être retrouvés du haut en bas de la côte syrieiuie *". 

Coiisidi'rant sinqib'mi'iil. toiilcbiis. la l'li('iiicie cn-to-égéiMiiie de Canaan 
trllc (pi'clle nous a[qiarait aulh' milli'iiaii'i'. il scndtb' ipi'oii y [innii'ait trouver 



Cl So reporter, par exemple, au lalileau ('1 Wkii.l, 1rs Puris antéhellciiiques de la 

historique résumé île A. J. Eva>3, Essai de cote d' Alexandrie el reinpire crétois, dans 

classijicatioii des éf>(>que:> de la civilisation Bull, de rinstiliU fram^ais d'arch. orientale, 

minoenne, Londres litUG, et cf. le grand ta- XVI (1919). 

lileaii synoplicpie de DussAun, Cil', prèhrll. ('• Voir déjà .loMiirr, à proi)OS du préeé- 

{•>' édition 1914), pi. .Mil. dent mémoire de Wiii.r., dans Itiillclin de 

(') G. JoNKKT, les Ports gnhmeryés de l'an- la Société archéolorjiqne d'Alexundrii'. n' 17 

cienne He de Pharos, dons Mënxoires de l'Inx- (1919). 
tilut éyyptien, t. IX, 1916. 



imiiînicii:ns, i::c.i':i:\s et iii:M.i:Nr.s dans i.a Mi;r)Hi:i!iiAM:i-: 12.3 

(lo hinri silll|il('> r\|ilii;itinl|s cl ilr Kiidliios rV/f^t'/l t'( .WwMCH. cl (le 1 llisluirc (lll 
ridrii (le Plirilicir aiiiicniiciiicnl alhirlu- ;"i la i-itb' carii-mii'. Nr siiriirail-il point 
(le cDiircxoii' (|ir,'i l'origine i\>'> tciii[i- ln'll('Miii|iirs. à l'i''[iii(nii' " cailiiK-enne ». 
l'Iiniicif riail. en ( irrcc c<intiri(.'iilalr . une dcsifiiialioii };i''()gra[»lii(|ii(' tn-s ampli". 
(HondiK! sur Irnsciiildo des iiiim-s ri du niuiidc crrlo-r'^rcu. \ cuiiiltris les cùtt's 
asiatiiiiuos l'I celles du ;:ollc di; .Syrie? .\(tus y rcvicudruiis. Mais .M. Autraii 
s'engage, ici, dans des voies d'explication très ditir-renles. cl Idlis i|u il fiiul 
nous armer de lieancon[) de ciic<tns|iecti()ii pour le suivie. 

i\l. Aulraii paiail ((iiisidcrer. au di'parl. (|ue rinunigfalinii eu (irccc des 
.•sidoriiens de Kadnios est un fait lii>tiiiii|uc. Ov. ces .'^idonieiis sonl ties Egéo- 
asiaiiiipii's ('parentés d(; Kadmos, corrolKuvcs jiai- les faits andiéidogiipies gé- 
ni-rauv) : ccdonisaleurs de la côte syrieiuie. n'claicnl-ils puiiil \ciui>ilu giMud 
nnimle égéon du nord-ouest :' Kl cm ell'et. M. .\utran procède à uiu' empiète de 
rappro( lieiueid loponviniipii' et llIlnIna■^li(ple entre la l'Iièuicie de la cùle 
syrienne, le Canaan de la relalidii liihliiiiie. et l'Asie Mineure, pi. ur arriver à 
coin-lure (pu' ce (ianaaii du catalogue elliuogra[ilii(pie de la (lenè^e n ol [)as sé- 
iniliipie, et ipie les mmis de ses iliveis peuples se retriiuvenl eu Asie Mineure, 
leur- pa\s d'iirigiiie. La Uilile elle-iiièiiie ne sail-elli' [t.iiiit cida. plu- mi inniiis 
confusiMuent. puis(|ue laclassilication delà (ienèse range (lanaan. Ikus des rangs 
des .'^éniites. piirnii les (HitimiU-a^^^ ! — D'où il resscu't cpie les ( l.ins cadméeiis 
en (irèce. sils venaieni liien des réginns sidduiemn'S, y a\aienl M'uleuient lait 
étape, sortis en premier lieu des centres de la Médilerrain-e égéenne. 

Kn ce (pii concerne particnlièrenu-nl " Kailums ». nous lron\ons 
a[ipliipi('e ici uni' nnMIiiMle lii>li.iiipie l'àclieuse et lrM|i hien ci ne. ipii con- 
siste à transposer le [ail Inuliliniiiicl en ftdl liislitiiiiiti' inum'-diatemenl. sans 
avoir pii-alaldement [iris le soin {Wiinili/scr la inidiliiui piuu' la ramem-r à des 
ItUMues priinili\es ou ceilaines. ou hien prolialdo. on >euleuient pos-ildo. 
dans lesipudles le l'ail tradiliminel est souvent moins enconduant et plus inlel- 
ligihle. \ (lici Kadmos siilmiini. Dans la forun' légemlaire des premiers temp>. 



l" lIAloiis-iious lie iKiti-r i|iu> sons 1» main qiio Cniiiinn, spiVinlonn-nt sn!:raiiili- rninitio tie 

lin l'iMliiclonr jnclrcn, r<-xrlnsiiin lU- (îaniiiui ilr IIi-lli. romporli' pcnl-i'Irr un iinjMirlanl rlô- 

la faniillo s(''inili(|nf in" |>i-ouvo l'ioa, ponvaut nu-nl cxIrn-sOniitiiiuf: inms y rovirndroiis 

l'Ire li'iiilaiii'irnsi-; i-t. ItcNkN. Ilisl. dti /iciiyi/c pins loin, 
(/'/sriic/, I, p. '."'. Il n'i'ii snhsisU' pas Miiiins 



12^ 



SYRIA 



ce « Phénicien » de l'Egée n'arrivait-il point simplement des côtes carionnes, 
et n'a-t-il point été entraîné en Canaan avec la Plirnicie elle-même, en même 
temps que l'appellation de Phénicie, à l'époque historique, se fixait aux 
rivages du fond oriental (*)? Admettons cela, et du coup, nous échapperons 
à la combinaison compliquée d'un mouvement de peuples venus de Carie en 
Phénicie (^orientale), pour se transporter de là en Grèce. 11 conviendra seule- 
ment ici, pour n'y point revenir, de chercher à comiirendre conmu'nt le sens 
du nom de Phénicie s'est déplacé ou restreint dans le champ de la géographie 
grecque. 

La première itlée qui se présente est celle d'un ijlissement par recul, méca- 
nisme dont on connaît de nombreux exemples dans la géographie des temps 
modernes, également observé dans l'antiquité, et qui consiste en ce qu'une 
désignation de pays étranger, d'abord attachée aux contins de l'horizon très 
proche, file en ligne droite, ensuite, en s'éloignant au fur et à mesure (juc 
s'étendent les connaissances géographiques i^-'). Pour Plnnicie, toutefois, — la 
Carie au premier stade, le rivage extrème-orienlal ili' l.i mor après le recul — 
M. Autran n'a pas le sentiment que nous touchions, ainsi, à la réalité des 
choses, et de fait, on croit bien voir qu'à l'origine, pour les Grecs. Phmkie 
était quelque chose de plus vaste que la « cote d'en face » de la mer Egée. 
Comme nous l'indiquions fout à l'heure, on peut imaginer que chez les 
Hellènes de la première époque, le nom a désigné le vaste ensemble maritime 



C' 11 est également possiblo qm- la iialio[ia- 
litc sidonienne de Kadinos soit, dans la tradi- 
tion grecque, un simplt; malentendu de stade 
tardif. Voir en général, pour Kadmos et 
Phoinix ayant désigné la mer Egée avant de 
passer en Syrie, Isidoke Lkvy, l'Origine du 
nom de la Phcnide, dans nevue de pliiloloyie, 
1!)05, pp. 30!)-3li ; cf. DussAUn, Civ. iiréhrll. 
(2«éd., 19l4j, p. 390-391. 

l'i Un frappant exem|)Ie de ce phénomène 
s'observe .lans lliisloire de la géographie 
rtjyitlii-nne de l'.Vsie. Les Kgyptiens du .Moyen 
Empire ^antérieurement à IKOOi ne connais- 
sent encore, au delà de l'isthme, que les zone.s 
les plus pro.'hes du sleppe égypto-syrien et 
de la l'alestine méridionale, et, dans ce pays, 
point d'autres noms (pie eeu.v i|u'()n retrouve, 



par un bonheur extraordinaire, dans celte no- 
tice que la Bible a conservée des liorites ou 
Seirites qui occupaient la région avant l'arrivée 
des ICdomiles, soit à l'époque antéhébra'i'que. 
Un des plus remarquables de ces noms horites 
enregistrés dès lors par les Egyptiens, est celui 
de Lolan. Or, quelques siècles après, sous le 
Nouvel Empire, que voit-on ? Ilor et Lolan, 
filant vers le nord, en mouvement parallèle, 
sont devenus deux grandes dénominations de 
la géographie de la Syrie, Lolan désignant la 
Syrie inlérieure ou proprement dite, et Hor 
lu zone ciMière. V^oir Is. LiivY, Lotanu-Lotan, 
dans S/diinx, IX (l'.tOa), pp. 70-8G, et les 
lioriles, ICdom et Jacob dans les monuments 
égyptiens, dans Revue des ICtudes juives, LI 
(I90G,, pp. 3-i 31, 



i'iii-:Ni(:n':Ns, i:(;éi:ns kt nF.LL^^'p:s dans r.\ .\ii':[)i ri:iiiiANi:i: 125 

où n''g[iiiil. tout iuildiii- lieux, la civilisatiDn ôgéonno. c'est-ù-diro loul If bassin 
oriiMilul delà .Mi''iiilcii;m(''i', coMiiircriiuit la Crùle, l'Egôo, les eûtes asiaiiiqiies, 
Chypre, le (laiiiiaii ilis Iimmips uldiiciirs et sans nul doute aussi TKgyple et la 
Lilivi-, l'aila >iiilc. cl il l'aul liicn (|u'intefviennent. iei. [le progn-s de la eon- 
nai»aii(i' dr I iiiiivfi- il la siiécialisalion des noms géi)gra[diiques. li" iinni de 
IMiénirif s'rsl icslrcitd h lu région ([u'il désigne à ré|ioi|iit! Iiistiiri(|ue, sans 
qu'il iKMis soit [inssildr de \(iif iirllcinent la raison du elioix ainsi di'tenniné. 
Car ee n'est pas rmceineiil iiii pa\s Ir iilus hiiiiluin ([n'allait se li\ei-. en der- 
nier stade, une piiiuiliv !■ a|i[ie|lali()U gi'Ui'-ralo. Nuici.eu ellet. umi plu^ du côté 
giec, mais «liez les Kg\[iliens. un nom gi'iigiapliiqin- dunl riii>tiiire i-^l idran- 
gement analogue à e(dle (pie niuis venons de Noii', ee nom de Ac//'< (pii dans les 
moiuMueuts du .N()U\ (d l'',ni[iiii', \crs I.'JIHI, dt-signc? la Ci-ide. la xunptuense 
Cièle ('■geo-m\(éiiieniU! "', et (pià I épu(|ue [itulenuiupu', dans le décret di; 
Cainipe. ou trouve eniploM- par riiieroglv plii(pie [)Our rendre l'Imiirir du grec 
et //()(r du ili'iuipli(|ue. eu iippd-iliou d ailleurs aseiles noms de la S\ rie inlé- 
lieiire, en accord dans les trois textes. Comme Unir. — hlidnni de 1 hiero- 
gl)[dii(pie habituel — est le term(^ égN|itien inunenuu'ial pour di'sigin'r la /.oiie 
C(»ti("'re '■', exactement la l'Inniciv dr, cette l'-poipu'. ou voit ipu' hefln, a ccdte 
place, a l'orcéuu'nt le nuMue sens, l'ounpmi sulislitue-t-il, dans l'hiérogls phi- 
(pu', le ruu'mal KIkiioii i\[i\ douhlerail sim|denieut le démotiipn- '.' Ou a heau- 
(■(iu[i épilogue à ce sujet, allant iusipiii irurimiuer le rédacteur d ineptie et 
d'ignorance, ou lui attrihuaut un souci d élégance rechen lu'e par la \ariéle 
des termes. Quoi <pi il eu soit, k'rflo rùle siirifiinc est un fait, ilans ce docu- 
ment d e|io(pu' grccipie, et alors je suis teutt' de laixiuuer. par h\[iothéM'. >ur 
1 ég\|dieu h'cflo. coinnu- je faisais sur le grec l'Iiriiicic tout à 1 heure. l*uis(pie 
Krfli), (pii th'sigiuiil la Crète i''g(''i>nin'. a été jug('' hou. [ilus lard, pour être 
appliipu' à la c('ite de .*^\rie, ne cou(;oit-ou |ia> (pic le nom. à l'origine, je 
veux ilire au tem[is du .\ou\id Kmpire, à la grande e|io(pn' créloise. puisse 
avoireu une acce|ition beaucoup plus vaste, s'élendant à la fois sur la Crète et 

('> Voir fil (K'rniiT lii-ii le l)re( ivsiimô de 4IT-S, cl d'Ki». Mkvkr. Cesili. J. .1//.. I, ii, 

Wkhi, /oo. cit., dans lliillelin d,- l'iiutilul îi- éd. (l'JOUi. S 515; notiT aussi G. A. Wais- 

frftni;aU (l'urrh. orienliitf, IHl'.l, p. i'J du li- \miiuiit, TIw kffliii Peuple o/ tlie Hijyitlian 

rage il purl. Cf., onlre aiilrcs oxposôs coucor- Monnmeiils, dans .\nniiU of Arch. and .\nlhr. 

diiiils, ceux d«,> hussAi I), tes Civilisatioits pré- de l'Univ. de l.ivcrpool, I9l:i, VI. (asc. i-i. 
lielU-niqiifs (i" i-d . l'.iU , ii|i. 'Si, liC.l, 283-7, ('i Voir noie i de la page préocdontc. 



126 SYRIA 

sur le Khurou. cCst-.'i-diro étant compris, en somme, comme représentant ce 
monde méditerranéen où la Crète brillait dun particulier éclat ? 

Dans cotte manière du xoiv. Phcniric el Kcftu correspondraient exactement 
ensemble, vers Tan 1000 av. J.-C, chez les Grecs et chez les Egyptiens, dans 
le sens de « monde de la .Méditerranée orientale ». Plusieurs siècles après, Pliii- 
nicie est réduit à la côte syrienne, et Kefto se présente avec la même acception, 
dans des circonstances ([ui, malheureusement, ne [termettent point de savoir si 
c'est par hasard, par fantaisie littéraire ou [lar rellel d'une utilisation normale. 



II 



Ayant ainsi lini, comme on peut le faire en de très brefs aper(;us, avec 
Kadmos « phénicien » et la « Phénicie » créto-égéennc en général, il nous faut 
revenir à ce gros élément des tableaux historiques tels que M. Autran les 
construit et nous les présente, l'origine et l'appartenance égéo-asianicpies du 
Canaan delà documentation l)iblique et de rhistoire. 11 semble, disons-le tout 
de suite, que M. Autran ail tendance à confondre des faits de deux catégories 
assez distinctes, ceux île l<i nice et de la liiiKjHe de la masse des populations 
anciennes de la Syrie, et ceux de la colonimlion côlièrc du II" milléiuiire qui, 
malgré son éclat et sa durée, n'a point poussé dans le pays de racines pro- 
fondes. Essayons de séparer les deux choses. 

Concernant en général la « race » de Canaan, il est un grand fait à ren- 
contre duquel toutes considérations restent impuissantes, celui de la langue, 
qtuï nous appelons lo, phriiicirn, et (pii est extrêmement voisine do Tliébrou. Elle 
implique que les {tupulations (pii la parlaient étaient, avec le groupe des 
nati(jns liébraï(ju(!S, dans nwo. situation di- jiarenté correspondante. Pour qu'il 
en [uit être aulroiuont. pdur que les peuples de Caïuuin missent été des Carions 
ou des Eg(''ens, à l'origine, comme .M. Autran arrive à l'induire, il faudrait cpie 
ce mond(' carieii eût été. par la suilc!, longiuMUont et totalement sui)niergé par 
l'apiMiil do lldis sémiti([ues très importants, tout à fait ilo la même manière 
que cott(^ n H- m o société « mycénienne » a été obliti'réo ot anéantie par l'instal- 
lation dos lloilènes, on (irèce et dans le cercle marilime <lo l'Kgée. Enccu'O. de 
00 cob', b' \iou\ moiiilo a-l-il i-('sisli' très longb'nqis, obs(in(''nioiit dans cor- 



iMiiixiciKNS, r;(;i';R\s i:t fif.mj';nes dans i,a mi-.ditkiuian'ki: 127 

laiiis cantons couirnc ceux de IKtolio sauvage, plu» nulnireuu'iil endrùle. où 
les lùi'ocii'tDis non liellénisés tinrent durant di-s siècles, très facilenienl on Asie 
.Miiicmc il MièiMi' à ('.li\|irt'. où Ion sait ipiun s\llal)aire indigène, dérivé do 
l'ancien svllaliaire crétois, et servant à écrire une langue ([in; nous ne coiuiue- 
nons pas, aila|iti'' à lécriture du grec, dautre part, à une date sans doute anti'-- 
rirure au M-plièine siècle, (''lait encore ulilist' de cdti' niaiiièrr au troi>ièmi'. 
Kii (iaiiaan, nul vestige du même ordre. .Mais bien mieux. ludle trace de 1 irré- 
sislilile vague sèniilitpie cpii aurait noyi- le (!anaan (''géeri de rii\|iollièse. La 
seule « arrivée .. sémiliipic iMi|»iirlaiilr (jui m' [u-nduit. au cnnrs du II' milli'- 
naire. (•>! celle des [K-iiples lièjireux, Kdcun. .\nion, .Moali. et ces n-larda- 
laiies, les Israi'diles; ils ne di'-passent point, vers le nord, les approches de la 
laliluile di' T\r: Israël, ii lépuipie de sa [du> grande (•\lrti>ion. ne tniiclic mdle 
part il la cote, n'arrive ;i dnmiiirr nu ii peni-ln-r ni les (iananeetis di* 1} r, au 
n(ud de son domaine, ni, \erslesud. les l'liili>tins, ces Kgéens aullicntiipn's ; 
et d'ailliMir.- les lM;ic!i(r> i\r l,i période iii\;de. loin d'a\nir délruil nn a>-imili- 
les anciens occupanis canain-ens, les tolèrent à colé deux partmil. iiuiime la 
relation lii>toriipio li' consigne on nondue de places, (li-lte complète et celle 
inslallalion m- sont point celles tpiil eùl fallu pnnr « sr-miii-er » un (iaiiaan 
non déjà entièrement sémitique. 

Ce n'est |>oinl à dire (pie les juipulalinns anlèIi(''luMÏijues «le la .<\rie lueri- 
diniMlc rii>-,riil (le laïc >ini|ili' l't Innle |iure. Au conlacl des « Canaut-ons • so 
rencontiaieni des iiols. des lits entiers d'uiu' provenance si'-mitiipie diiri'-rente. 
etluiograpliiipM'meni plus éloignés clés lltdu'eux. connue ces llniilrs que les 
Kdomiles remplacèrent sur les piateiiux au sud-ouest de la mer Mnrje el dont 
un hasard heureux a incorpoi-e la milice détaillée dans la Hilije. Omdque peu 
mvstérieux au prime ahord. inconnus des généalogies de la (ienèse.ces llorites 
antéliéhraïques du Seir smil asse/. hien éclairés, parle lémoignagc des Kgy|>- 
tiensdu mo\en Kmpire. pourcpi'on puisse admettre que celaient des .\ralies'". 
Kn Canaan même, dautre pari, dans la niasse de la populalion de la zone 
piilesliniemie et des régions plus au iicucl. des composants non st''miliipies sont 
vraisemhlahles dès lahord. par suite de la continuité conlineiilale avec l'.Vsie 
.Mineure. Ce serait le lieu de reprendre el d'examiner les concordances unonias- 

C' Voir la ucilt- cl.- la |>jij{f IJl. où paraissi-nt Hl.. dans Keriif drs Ktudf* juives, L! il906i, 

llor cl l.iilnn, cl ne rcporlcr il h. i.v.vi, /...■. p. 3li. 



128 S Y RI A 

tiques qu'aperçoit M. Aulran ontre le nioiule asiunique ot la famille du Canaan 
de la Genèse, et dont certaines sont bien remarquables. ■Nous ne nous enga- 
gerons pas sur ce terrain difficile. Rappelons seulement, dans le même sens, le 
rapprochement, indiqué depuis longtemps et toujours probable, de Hetli ou des 
Hittites, cette importante famille de Canaan que la tradition biblique signalait 
en Palestine à l'époque la plus ancienne et dont le nom, par ailleurs, substitue 
souvent celui de Canaan lui-même, avec ces Kheta de la Syrie du nord et des 
vastes régions contiguës, connus par les annales égyptiennes du Nouvel Empire 
et dont la domination imposa une limite à l'avance égyptienne en Syrie 
sous la AIX' (hiiastic "'. Joint à tous les autres, l'indice de cette identité 
nominale permet sans duule li'admettre que, dès Torigine des temps « cana- 
néens », il y a\ait un élément asiani(iue en Canaan: mais le milieu sémiti- 
que lavait absorbé. 

Ce Canaan sémitique était constitué et iixé depuis longtemps, sans doute, 
lorsque s ouvrit la période des installations égéennes sur la côte. Comme nous 
le notions plus haut, elles sont attestées par les faits archéologiques, qui piM- 
mettent d'assigner à la période égéo-mycénienne, dans ce pays, la date cen- 
trale de 2000à l.iou av. .I.-C, en concordance avec la chronologie « minoenne » 
établie [»ar ailleurs. Il y a. en outre, (pielques indices documentaires de l'ins- 
tallation de clans égéens sur cette cùte. durant la même période: on cmmait 
les Loiiliki. « Lyciens ». de la région d'.Viailos, mentionnés dans la correspon- 
danci' du l'Iiaraon Aménothès IV (^vers I iOU), et, dans le môme dossier diplo- 
nuitique, les Ikinonud de la côte lyrienne*-' ; Loukoit cl Dainion, Dainiouna se 
retrouveront dans les rangs des agresseurs de l'Kgypte, sous Ramsès 11 et sous 
Uamsès III, et nous avons déjà noté (|in' Daiiaos. pour les Grecs, est un Egéen 
des temps piiniilifs. inunign'- dans le Péloponnèse, l'ius complètement, enlin, 
l'histoire coniuiil certains de ces peuples maritimes qui, mieux enracinés, plus 
vé-rilalilenuMit insialb's que leurs congénères ont tenu ju.s([u"en [)leinc épocjue 
judéemn;; tard veuus d'ailleurs, corrélativement sans doute avec de grands 
mouvements d invasion sur lesipiels les documents égyptiens nous renseignent, 

(') E.\posc; (l'eiiscinlili' i:l liililidgi-npliic rhe/, Tell-ct-.\nnnna, n" '28, i.t Kmidtzon, Die K/- 

Maspkik), ///s^otr^, II, p. 3?)1 et suiv. Amarna-Tiifeln, n" 38; pour les Dauoiimi, 

(*l Corrcspondniicc de Tell El-Amariin; pour \Vi>ckler, n" 151, ot Knudtzon, n° 151. 
les LouUlxi, WiM ki.iii, Hic Thonlnffln von 



PHKMCIKXS, KC.KKNS KT IIKIJ-KNES DANS LA MKDITKliltANKE 129 

roiin)iilr(''S sur la (•Ole iJ Asie a[tir.s la Icrilalivo Juno sorte de eoalilioii des 
l'riijtirx (le la mer (,(»titre l'Kgyple di' Hainsès III. Il s agit des Punhjiisdli et des 
Ziilil.inoii (|ii 1)11 Iruiive, à partir de ee iiioiiierit. sur toute la ente eorresjiondarit 
à la l'alesliiie propre, les premiers au voisiuage de rKgypIe, li-s Zakkarou à 
leur suite au nord. L's l'uiiloiisnii furent les l'hilistinx, ees rudes adversaires des 
Israélites, et la A</('.s;iw est nouiiiii-e d après eu\. Leurs pays d'origine primi- 
tive était très pnjbaldi'uieut la Crète'". 

Tout dillV-remmeut de eeux-là, les anciens états égéens de la i-ote svrienne 
ont disjiaru sans laisser le moindre Mtuvenir doeumentaire. — mises à part les 
rares mentions pn-citécs de « Lyciens » et de « Danaens » dans des etimmuni- 
cations au roi d"Kg\ple — et cela aecuse do façon remanpialile <pie leurs 
installations nètaienl point i\r^ immigrations, des iniidantations de peuples, 
mais seuliMuent des colonisations véritables, à densité- d'ot'eupation très faillie, 
et dont on [leiit se ri'pié-senter les organes essentiels roiunn* aeeroeliés à la 
cote, militaires cl lounnereianv. ne |(ré|ciiilant |ioinl à gouxerner larrièri'- 
pays, ne ICxjdoitanl menu' [las à propicment parler, fouctioimant prinii|iale- 
iiient comme des liai.sons, des entrepôts, des porles gardées, >ui\ant le t\pe 
môme d'organisation ipie nous n'-vèle l'anaKse ilu l'Iiaros créto-égéon de la 
côte égyptienne. .Nous en avons dit un mol [iliis liant, et indiqué' «pie d'autres 
« Pharos», sultmergi-s ou ncm. pourraient èlie retrouvés, à l'exploration, en 
nond)re de points du littoral svrien. Mais on coneoit i|u un pareil système de 
comptoirs \\v jette point de ra<ines. Oue les fcjrces extérieures (|ui la motivent 
et la soutiennent vientuMit à man(pier, la colonisation, aussitôt, se replie, se 
rembarque, s'évanouit au large comme un fantôme, sans rien lai.sser derrière 
elle (juc l'outillage de [lieire de ses bases. Tel le IMiaros égyptien, giganles(|ue 
squel(îtl(> submergé", anonyme, reconnaissable seulement en consé(pience d'une 
soile de ni'eessili' matérielle. Kn Syrie, la mesure extrêmement faible dans 
laquelle les colonies égéenncs ont « mordu » sur la ciTilisalion locale, e>l 
indi(piée par la quotité de vocabulaire é-lranger passé dans le sémitique, plus 
pan\ie. nous l'avons déjà noté, «pie relement eorrespondaut absoibé" par l.i 
langue gri'cque. 

i'' (Juostiiiii «II- srnml inlrri't, où inlorvicnl ôlal n. Voir !<"s pxpos«''s <'l liililio>:ra|iliii-- ilo 

la ilooiimoiilnlion Itibliqiif, longucmi'iil l'-lu- M«»i'EHn, llisloirr. II. p. O'iT «>l suiv.. ri l.\- 

ilire cl (lu'on pciil cniisiiIrriT comnu' m t-n (;n*>r.K, M (.><'•(<• d/n-irrinf. pp. < l'.ti;i.1. 
SiniA. — II. i; 



130 SYRIA 

A l'éclipsé dos installations créto-égéennes en Canaan. .M. Autran clierche 
des causes historiques locales, et il vient à incriminer la dernière « vague sé- 
mitique » représentée par Tarrivée des Hébreux. Comme nous l'avons vu. les 
nations hébraïques, particulièrement les Israélites installés en Palestine, ont 
été bien incapables d"exercer quelque elTet destructeur sur la côte, à hauteur 
même de leur domaine, à plus forte raison dans le nord, aux latitudes de la 
Syrie propre. 11 faut bien admettre que la colonisation égéenne s"en est retirée 
d'elle-même, comme elle y était venue. Plus exactement, très évidemment 
d'ailleurs, on aperçoit que cette retraite est en corrélation avec de grands évé- 
nements extérieurs à la Syrie-Palestine et dont nous connaissons les circon- 
stances principales, ceux de la disparition de lempire créloiset delà régression 
du « mycénisme » dans le cercle de la mer Egée. 



III 



Vers loOO avant .l.-C, en etfet, paraît s'être etîondrée l'organisation d'une 
grande domination maritime dont les principaux monuments sont à Knossos en 
Crète. La culture créto-égéenne, ensuite, [loursuit son large mouvement de 
diffusion, mais les ressorts politiques de cette société sont brisés, et des mou- 
vements incohérents s'y produisent, dont les entreprises oiTensives des Peuples 
de la mer sont la manifestation visible. Les Égyptiens aux prises avec eux sous 
itamsès il, sous Mineptah, puis .sous Ramsès III, au cours de diverses guerres 
contre les Kheta de la Syrie du nord, contre les Libyens et contre les .Mari- 
times eux-mêmes, nous noniincnl ces [icupies, avec lesquels siilrnliliciil. dans 
des conditiaris de parfaite certitude, des noms de \illes et de fieuples d Asie 
Mineure'". Rappelons, d'un mot {lour chacun : 

Pidasa 

Masa (les Mysiens) 

iJardanoui (Dardaniens) ' sous Ramsès II ; 

/;joiin« (Ilion?) 

Kirhislia 

('• liliidié pur nous ù plusieurs reprises; I, pp. 61-61). l'our /vii/nV/ia, voir imlo adilitiou- 

voirpriiicipiilemcul/fcuiicarf/iéo/oyiqiie, 1904, iielle ci-après, p. I H. 



PHÉNICIENS, ÉGÉENS I:T IIELLÈNKS DANS F.A MI-DI'I l.KIt \Ni;i: IM 

I.<ihI,ii()ii, Ldiikon (les L\iiciis (ni Lyniiiiiciis) s()ii> |{.iiii>r> il i-l .Mim-- 
[ilali; 

Slianlina (Sardes), sous Ranisrs 11. .Miru'|plali et IJairiS(''& III ; 
( hKi.shfi.slia (Oasassius en Asir .Mineure), suus Hainsi-s 111; 
Sltdliiilasliu (Sagalassos en l'IiiAgin. smis .Miiieplali et Harnsrs III ; 
7(y«r.v//'* (Tarse), sous .Miuciilali cl i{aMiM'> III: 
M,iiii)ii<isli(t (nous y allons revenir), sous .Mincplali : 
Dniiiiouiui (nous y allons revenir), sous Hanisès III : 

/'((«/()/(.«/// ( (les (Iréldis sans ildule. \nii|iln- liant ee i|iii les concerne), sous 
Mainsùslll; 

/aliLtiniit (les Tein:iiens sans iluule. \(»ii' |ihi> haut ee qui concerne leur 
(''tal)lis>eiiienl nlleiieni'). sous liain>è-> III. 

On les suit plus tard. Nous avons parli'. ei-ilessus. îles Zakkiirou et Pou- 
lousali inslalir-s dans la zone lillorale di- la Palestine, où les Pottloitsati sont 
le> /'//(7/.sV/;(v de l'Iiisloire. les Zalihiinut itouvaiil a\oir doiMn- lieu au nom des 
Diil.l.iirniiii naitaleo-arahes'". Kl île lanuMue manière (|ue ce^ l'oulousati arrivent 
à donner leur nom ù la Palestine, il semlde liitui (|u on relrou\e des Slutrdiiui 
sous les espèces des Sardiniens en Sardaigne, des 'Dtiiislni clie/. les Tyrrhènes, 
TyrsèiH's. Tusci. etc. dltalio'-". (juc ce soient des Sliiihildslid ou des Zalikarou 
que les Sicules. peut-èlri' des Om/.s/ffw//*/ les(»s(jues. Par une étrange compen- 
sation du destin, ce monde condamiH' essaimait, imposait ses nomsù de grands 
pa\sile la .Medilerrain'c occidentale, et les rameaux vivaces des Klrusipies re- 
produisaient evactement.à l'autre bout <le la mer. le pht'noinène de l'implanta- 
tion pliilisline de la cote i''g\ plo-s\ rienne. 

Dans Tordre de ces transmissions nominales plus ou moins lointaines, il 
sera utile ipu! nous nous arrêtions, ici. au cas très remaniualile de Aliaioiuisha, 
dont 1 analyse conduit, peut-être, à des consét|uences iùstoriques plus étendues 
ipiil n'est aiipaiii au cours de nos anti''rieures l'-tudes. 



('; CtKiiMosr-Ci vnnf.al, Kriiieil J'nrclu'ol. 
orient., IV, pp. 'iSO-iSl. 

l») Los Grecs snvoiit on tous dôliiils quo los 
Tyrsènes ou Tyrrlirnrs d'Ilalio soiil uiio on- 
louie (lu pouplo (I lydion n du luiiaio nom 
(tiérudolo, source do tou» ses «uoouasours, 
suivi do prôs nnlainmoiit piir Slrnl)oni: ils 



Miiloiil qui'li|iiofoi$ qu'il y avait aussi dos 
Tyrrliriics on S.inlai^no (l'histoire d'Iolaos 
ot do SCS lléracliiloti immigrant eu S«r- 
d.iigno, olioï Strabon i : ils rangent los 
Ktrusquos. oo tot«liliS ou on partie. iMirmi 
Ira Pflmtje* le plus ncttvuiont Hollaniku*;. 



132 SYRIA 

On sait que les deux identifications de Akaiouasha avec Achirtis, et do Dai- 
niouna, ou Dainiou, avec Danaens, proposées par légyptologie depuis bien long- 
temps, ont été souvent examinées et trouvées acceptables en général. Toute- 
fois, ces deux peuples ont toutes chances d'être des Cariens comme tous leurs 
voisins des listes établies sousMineptah et Ramsès 111: Aliaiouasha, notamment, 
a cette désinence quon retrouve en Oiiasliasha, Sltal,alasha et Totaslia et qui est 
l"ethni(jue -ATOZ de certains alphabets indigènes de l'Asie IMineure, 
-aaaoç de la transcription grecque ordinaire, et si remarqual)lement caracté- 
ristique des noms de cette région. Or, s'il est bien naturel, Danaos étant un 
Egéen, de trouver des Danaem parmi les Maritimes repoussés par Uamsès 111, 
ainsi d'ailleurs que parmi les peuples asiatiques évoqués dans la correspon- 
dance di[domati([ue d'Aménotliès IV, deux siècles auparavant, il n'en va point 
si simplement avec les Akaioiutslui - Xc\\éQn^ de .Alineptah, s'il est vrai que les 
Acliéens soient des Hellènes de la Grèce continentale comme le veut la tradition 
grecque. 11 faut alTronter cette espèce de contradiction et chercher à la ré- 
soudre. 

Assurons-nous, d'abord, que les raisons d'identifier les noms n'ont rien 
perdu de leur force. A vrai dire, il semble qu'on ait toujours cherché à justi- 
fier une transcrijition carienne ou égéenne, attestée par l'hiéroglyphique, au 
moyen d'un original grec qu'on trouvait "', soit dans l'accusatif pluriel 
'Ayaiov;, — 'AyatFo^ dans l'orthographe grecque archaïque, soit, de nui- 
nièrc plus satisfaisante, dans la icslilulion en grec de rancicnne fornu^ plu- 
rielle indo-européenne en -coç, W/^'Xi.Vco^ '■'K Mm^ si A haionasha, tout au con- 
traire, et (-omine il est extrêmement [irobable, on viiuit de le dire, est un 
or/gima/ asiani(|ue, les é(|uali()ns pri)[>()si'M's n'ont plus la inênie a[)parence. La 
transcri[»tion par un accusatif pluriel, en grec, tombe comme invraiseml)lable. 
La tratiscriplion par le viiMix [)luriel nominal invoipié en dernier lieu reste 
piissililc: luii'i-^ son niiTanisnir n'est jminl néeessiiire, et nous pouvons é-viter d'en 
al)orilcr la (piestion au fond, étant donné ([ue Ahaiouasha comporte une désinence 
séimialile (ju'on |>cut conserver ou supprinuM-, suivant ro|)p((rtiniil('", pour les 
rapproclicnicnts (Il asli(|ncs. Il esl m'-cessairv de jnslilier celle fiicilit/', dont 

(') Étant bien constaté, avec Hess en \H'.H\, l-i Streitbcrg, 1896; géiiérahMnciit suivi de- 

qiie le A- du vocal)lc hicToglypliique |ieiit puis lors en ce mode d'oxplicaliou. 

Irunscriir piirfnis lo / jîrw. 



PUKNICIRNS, lÔGKENS ET HELLÈNES DANS LA MÉDITERRANÉE 133 

roMMcicc poiiiTiiil si'iiil)I('i- cnlatlirr (rarltiliairc les o[i(''riili()iis (lariahsc. Kii 
ruisan (lu |)(:lit ii()iiilir(^ (1rs iKtiiis i''|^i''0-cai'iiMis dont nous [(ossi'mIoiis des lians- 
cri|ili((ris liii-io^dv iiIm(|ii('s. fii-cn|in'S ou laliiio. imiis a|i|)i'll('r(iiis en ti'iimi- 
giKif^c, ciisciiihlc, cl ci!UX di; la (h'-siiicnct; - asliu, d(jnt la riatiin; a l'-tt'! ra|»- 
pcli-c loiilà riiciirc, ut (;(Miv de laiitrc désiiiciicc-c//*/ — Slninliiui. DiiiiiinitiKi, — 
(|tii coiicsiMiiid, lin jr sait d aiilcms. ii la tian>(ii|ili()n u'i'('(-"(|iii' -r,vo;. aiiln,> 
cllini(|n(; lr(''s lr(''(|m'nl en Asie .Mincnic. 

SliKiil-iiiH ii\i\)\)i)Si' le l'adical Sli((nlii. iinnK'diali'ini'nl atlcsli'- [lai- lr lail i|iic 
la Sai(laij;rit' s'aiiiicllc llac^ôcov cl Siniliinu, m, lis anssi Xapôco. 'J"'"d au noiii 
de Sardes. i^âf/'Jc^, il (misc la •jncslioii de savoir si, h côti- de Slniiil-ruit. il n y 
avait point un l'tliniijui' de lautrc forme, SlKiiil-iislitt, non [MTii'[itilil(' [lar 
aillcufs. 

Les Lyicns n(> nous a|)|>araiss(Mit, dans riiii'>r(if;l\|diii|uc de Itanisi'-s II <'t 
do .Minfjttali, et aussi dans le cuniMloinic des Icltn-s de Ifll Kl-Aniariia. (|ue 
sous la l'oiMuc radicale Lniiliitnn. I.inil.dii. l.miU.i : mais le j;i-ec a r(inser\é, 
à fùti' de /.///.'w, une sorte de douillet Li/Liii'iii i|ui allcste un Lnnli-tmi ori- 
ginal. 

L'lii(''roj;l\ |ihi(|ue nous a conscr\('' huinidii et Diiiiiinii-ii'i : c'ol la l'oiiue 
siMi|)le (jui a [tassi' dans Aavaoc. 

XtxsXoi est [tcut-('trc Zuhhtirou. Si louleroi>. cniniiic il r-l non iiioin> pos- 
silde, ces Sicnles (''l;iient des Shiihdl-n^lin. leur iiomi iiiipli(|iicrail I c\i>tence 
d'uiu' lornie orii^inale simple Sluihahi. 

\ oici eidin '/'o/n-sV/^M forme radicale '/'(»«/ prolialile. liicn ipn- non alleslée», 
passé dans le laliii lùiiisci, Titsci, en i;i-ec d(''jà daris 'VolçjGo: cl dans l'aiilre nom 
Tup<JT,voî -^ l'uppïjvoî (ces deux formes ('([uivalentes, /; (''laut la forme atllipie 
de /-.s), la forme TufJp- reproduite, à ce cpiil sendde, dans Klntiia. Le nom des 
'l'ilisriivs-Tiinliincs c()mpor(e rclliiii(|iu' -r^^iQZ. afllM' en d('>inence à imii-liii pri- 
mitif ou composi- auli-rieurement. 

Il l'essori de ces con>lalations (pie poui- iclroiiser un \un\\ asianiipie en 
grec ou en lalin. il laiiL tanlol prendre r.oianiipic td ipic noU'> ra\on>. tantôt 
rampiiler de la désinence etliui(|uc -av//»/ . :; -laaoz ou -«w/ ;= -r)vc;^. tanli'il 
su[)posei-. au i (uilrain», sa forme simple curie liie de lim ou de l'antre 
ethni(pie. Et ceci bien ac(piis. lou(e> le-- ,|iriii iille> po-.ec> p.ir la considérution 
^.V Mmion-iislia londient dun >eul coup, car le nom d(diarra>-<e de la (lé>inence 



134 SYRIA 

ethnique ressort en une forme originale .J/.-rt/oHquiest 'Axatoîpur et simple'*'. 
Spécilîons bien, pour prévenir tout malentendu, qu'il n'y a point là une 
preuve que la forme primitive du nom soitl'asianique. Une fois rethnique asia- 
nique supprimé, et les vocables Akaioii et 'A/aioi envisagés dans leur simili- 
tude, ie fait de leur identité fondamentale est seulement devenu beaucoup 
plus clair, mais la dérivation se présente comme également possible dans un 
sens et dans l'autre, le grec transcrivant la forme asianiquo simple, ou bien le 
complexe asiani([ue en-aslia provenant d'une transcription du grec enrichie 
ensuite de l'ethnique et reçue sous cette forme en Egypte. De telle manière 
qu'à ne considérer que les formes, l'incertitude touchant le mécanisme de la 
dérivation serait au moins aussi grande qu'avant l'analyse simplificative (ju'on 
vient de suivre. 11 reste toutefois, comme nous le disions en commençant, que 
Akaiouaslia, comme Daiiiiotuia, d'ajirès les circonstances historiques dans les- 
quelles on les rencontre, représentent très probablement des Cariens, 
qu'ainsi l'un et l'autre noms sont très proba])lement des oiiiiimti.i: asianiques, 
et Fou enregistre alors qu'en ce qui touche le premier, sa réduction à 
la forme radicale Ahalnn fait apparaître la transcription grecijue comme une 
opération très immédiate et très simple. 

Si les choses sont l)ien ainsi, il faut envisager leur signilii atioii liislorique. 
Voici les Achéens qui primitivement sont des (^ariens. .Mais les Aclircim de Grèce 
mml des Ilellèms. Cette dernière proposition est-elle bien exacte, et ne compor- 
terait-elle pas, du coté grec, une sorte de nuili'iitcii(hi. de di'foiiiiiitiun pbis on 
moins consciente et certainement très ancienne, de notre enté à nous une faute 
par généralisation abusive, nous faisant, par l'elfet d'une longue habitude et de 
manière trop sinqjle, mettre tous les .\chéens ensemble et voir sur le même 
plan, avec les Achéens incontestablement hellènes des temps historiques, 
d'autres Acliéem bien antérieurs, des Kgéo-mycéniens ayant occupé le Pélo- 
|)()iiiièsi' à IV'[)()i|iii' uiili'-bclli'iiique .' Mais il est à peine niu-essaire, ici. d'induii'e 
et d(! restituer, car la [)réseiice et la domiruition de ces l']géens dans la Grèce 
primitive est connue des Grecs eux-mêmes, dont le souvenir en conserve des 
faits et des images de la plus précieuse netteté. 

Gonsidi'rons. en ellet. le groupe de ces villes de l'Aigolide. au noid-esl du 

l'i Voir la iiolc I, p. IM. 



I'm:XICIENS, HGKHNS ET HELLENES DANS LA Mi:i)ITEI!llANEE L'35 

Pi'lopoiiiièsc, si cara(li''n«itii]in'mciit et |)(i-.iliviMiii'iit iuilrlinllL'iii(|iics, Argus. 
Tiryiitlio, Mycùnos. Oin- nous i;iji|inrlr'-l-iiii sur leur fondation'.' .V .\r{îo.s fst 
attaché le soiivciiii- In-s ancien de l'Egécn IikiI.Iius. cl cidni ili' l'aiilrc égécn 
Danaos, i\\u' nous connaissons, dantre part, dans la série des (^arii-ns adver- 
saires de Kanisès III (l)ainiou, Dainiouna) et déjà connus d".\inénolliè-. I\ Inng- 
tomps au[)aravant; do la famille de Danaos est l'elasijos, et leurs descendants 
fondent Mycènes. i*ar la siiile de (pioi survient le Phrygien l'clups. éponvnie à 
très Ji:s|e lilre di- la |(n'si|n'ili'. |ini><|iie les tils de smi lil> AIrée. .Vganiernnon 
et .MiMiidas. rt'îiuiisscMl iiiir sorte diMUpii'e pi-niiisuiairi' eoniprenanl. avec 
I .Vchaïe pr(i|)renient dite de la cùle nord, et lArgolide du nord-est, la Laconiu 
de re\lréinit('' sud. Nuilà h;s occupants primitifs du Péloponnèse, et ce sont 
justeniiiiit les Arlirciis de la narration hoiin''ri(iue. Tout ceci peut être resserré 
en peu de mots, en un mot uni(|ue. savoir, ([ue l'Aclwen par excellence, le l'élo- 
pide Agamemnon. est arrière-[ietit-lils du l'Itiju/ien Tantale. Il est impossihio 
de fnrmider en termes plus clairs une position ethnique. 

Tout parait donc cuncorder. « Achi'ens » = Akainii, Aluiiinunihii des 
(^ariens Cdmuis du l'Iiai-anu Miiicptali. et d autre part Arlurii. qui est I'i'Id- 
ponnrsieii. ou l'rloiiiilr. ;= Asiniiiniii;: au cd-ur même de la tradition légendaire 
le cercle se fernu'. Kl tout de suite l'idée se f(Mine que ces Aili-rns de la famille 
égéeriiie. daiis le Pélopoimèse. sont ceux meun-s (pie devait recouvrir ou 
déplacer riiivasioii des horiens. les premiers Hellènes iuduliitahles. 

La simpliciti- de ce talilrau renconire mallieureusemeiil de> diriicultés 
gi-aves. Diiliculli's (laii> la Irailllion même, ipii e>| ilnulilr l'U ipiidiiue siu-le, 
coidradictoirr : diliicultès sur le plan de l'histoire, où les .Vchéens lidlùiws ne .se 
laissent [mini supprimer avec laisaïu'e ipu» ferait entrevoir la juM'-eédeute 
es( plisse. 

Le phéiu)iuène Iraditionmd est. au premier ahord, étrange. Uédiiil à ses 
tonnes essentiels, mis de cote d ailleurs les immigrés des premiers âges, les 
Inaklios et les Danaos venus iroutre-mer, ee |diéiiomèno ctuisisie en ce ipie 
I .Vchéen « .\gamemnon » est de souche plirvgienne. et qu fu même loui[is 
rien n'est plus spécitiipiement. plus re|)résenlativi'menl lielléniipn' qu' « .\ga- 
nieiimon .. cl la chose achéenne tout entière. Tout >e présente comme si 
deux transmissions Iratlitioimcdles interféraient »<nseml)le et se superposaient 
dans la littérature, une premièn» forme, qu'on serait lenle d'appeler /loV-'/K/iif 



136 SYRIA 

ou authentique, dans laquelle les Pélopides et les nations qu'ils représentent 
sont égéo-asianiques, une deuxième forme, Vliomérique. dans laquelle les 
« Achécns » sont englobés dans Thellénisme, les Pélopides transposés en héros 
et en rois d'un monde hellénique. Cette dernière forme est évidemment de 
deuxième stade ; les annexions à Thellénisme dont elle est le résultat procèdent 
d'une tendance extrêmement naturelle et très générale. De même exactement, 
lorsque les Israélites eurent conquis la Palestine, ils s'approprièrent, avec les 
religions locales déclarées israélites d'origine, les éponymes et les fondateurs 
de cultes, transposés en patriarches israélites de l'ancienne époque. L' « hellé- 
nisation » des Pélopides va donc sans difficulté, quant à l'explication du déve- 
loppement de la tradition. Mais 1" « hellénisation » des Achéens fut-elle 
accomplie parla même? En d'autres termes, Achéen élait-il identique, primi- 
tivement, à « Agamemnon ». Égéo-Asianique ? En d'autres termes encore, les 
Arlii'-en.'i antérieurs h l'invasion dorienne élaient-ils bien des Egéens comme, un 
peu pbis liMiit. iKMis pouvions inclinera le croire:' 

Ici se présente l'objection historique, fondée sur l'ensemble d'une situa- 
tion linguistique que A. Maillet veut bien me signaler et qu'il résume dans les 
termes brefs et clairs qu'on va voir. Qu'est-ce. d'abord, que le mot )ichmi 
désigne chez les Grecs? « Les parlers grecs arcadien. pamphylien et cypriote 
forment un tout qui parait bien n'-pondre à ce que les (irecs nomment nrlurn. » 
Et ceci noté, « idiisicurs faits linguistiipii's nioutretil que. iiolaniuKMit. les 
parlers doriens de r(''po(|ue bistori(jU(^ recouvrent un substrat liuguisticiue du 
ty[i(' anado-eypriofe. donc adiéen ». D'où il ressort (ju'au-dessous des Doriens. 
il l'iiiil biiMi qu'il ) ait eu des Achéens hellénirjues. .Mais il n'eu subsiste pas 
moins Akaion de la documeulation égy[ttienne. égéo-asianique très prol)al)le- 
ment. et " Agami-iimon » |)lirygieu: la contrailiction va-t-elle rire irrédactil)le :' 

il srinlilc qui'. |(our satisfaire aux ni'-cessilés de tous les témoignages, on 
ne puisse évitei' de ilislingut-r. diiiis riiisloire des AcIk'tiis et du nom iViiclircn, 
deux |iériodes. La ju-euiière est riinl(''li(di(''iii(iue. Elle comiu'eiid les longs 
sièclr>, coiifusrMii'nl ctilrevus. où airivcul dans le l'idoponnèse les marilinu's 
des premiers bans l(''gendaires. InaKIios, Danaos. [tuis les Pélopides del'i'iniiire 
péninsulain^ d'.VgaïueuiiHtu et Aléuélas. Arhrcim véiilables sans doute. Li'Ui- 
règne — occu|iatioM cl douiiiialion ('■géemies dans le INMopounèse— ju'eiid lin 
a\rc l'anivi'-c de- prcmirrs Hellènes, ceuv ipiou appelle les Aclu'nis d'ordi- 



PHÉNICIENS, KC.ÉENS ET IIEELENES DANS LA MEDITEnnANÉE 137 

nnirc; il l'aiit coiiipifinlro sans doiitr' (|ii(' le nom ('gi-cn cA rc^lt- fiM- au [lays 
t'I )|ii'ii a (II' si fini' sns iiouvcaux OLCUjiaiils. Diiriiciil inslalli-s. ces Atliéfris 
liclli-iics (iiil l'ir. par la suite, ih'possfîdés, (l«''|ilacrs ou rcciiuvcrls par le* 
Ditricns. (((iimic la lta<liliiiii le ra|ipiiili' cl cnimiii' les (ails liiiiinisliqucs on 
t('!ni()ignriil. 

Cette rostilntiori dos circoiislancos liisloiicpns c-l nii prn plus cdinplcvo 
quo oollo (jui nous était ap[iaruc d alionl. mais la Vfiili'- liist(»iiipii' est larc- 
mcid simple: et par ciintrc, à la lumière des faits ainsi admis, l'rlalioralion 
de la rtiiiiir traililinnriclli' que nous avons appidi'-c \'liiiiii'rii/iii' si- pri'scnle 
cuiunn- Inrii plus facile et plus simiile qu'il n'a\ait lieu au|iaravanl. Car les 
Arhrens immédiatement anlcricurs aux Dmicns étant hellènes, très uuthenli- 
ipiciuciil. aucune adaptation n'est plus nécessaire du côté de cette position 
etlmi(jue, i-l pour la littérature nationale des Heilèm's il ne reste plus ù 
annexer, dans le Pélopoimèse du stade jiélopide, (ju' « Agamenmon » vX les 
autii's ligures de sa faïuille. 

Arrivés au terme de cette analyse, nous ne sonj^erons point à nous étonner 
que les témiiifj;iuiges envisagi's par nous et les diflicultés ([u'ils font ressortir, 
soient longtcuqis resiés sans cire pris en c(in-.idération comme il eût été m'-- 
cessaire pour éclairer les fait-;: car. nuire qu Cn ce ipii coni'crne le nom des 
Aeliéens. nu clicrcli.iil l(iMiiMii> ii déri\cr la forme asianique des !iiéroghplie>. 
dnii original grec supposé, on considérait, d'autre pail. 1' u jicilénisiue » 
[)rim(irdial dti ces .Aeliéens comme une .sorte d axiome, accepté à la manière 
de (pu'lque vérité naturelle, horpfeld pen.sc l" que la guerre ipii ahoutit à la 
grande catastrnplic liu [iilais de Knossos. vers l.'iOO. consista en uni' invasion 
de la Crète ()ar de> gen> \emis de la Crèce continentale, et dans les envahis- 
seurs, il reconnaît les .Iclin-ns, un ancien élément de population indo-eun»- 
péennc. D'où il ressort, précisera un peu plus tard Dussaud '-*', que « pour 
M. [)or|)feld. les .Minnens >ont des .Uhéens. c'est-à-dire mie |)opiilation assez 
proche parente des (irecs ». C'est hien cela, et Ed. .Meyer, en son histoire gé- 
nérale, suit très lidèlement Dôrpfeld hu-sque ayant évoqué la descente des 
llollènes do la péninsule balkanique, dont « une première vague... est cons- 
tituée par ces peuples qui ont adopté la civilisation mycénienne et ilont 

Cl Mit. Milleilitiujen, X.V.\1 (IWti). pp. \^^ Uvsswd, Us CivilUaliuns préhellcniijuft, 

i(«--2l8. 1910. p. iSO. 

SlHIA. — II. 18 



138 S Y m A 

l'épopée a connaissance (les Achéens). une tleuxiéme vague conipremuit les 
Doriens et les peuples apparentés du Nord-Ouest''' », il indique, plus loin, 
que la civilisation de la Grèce continentale, jusque dans la dernière partie du 
II" millénaire, est entièrement dépendante de celle du monde maritime, des 
Cyclades et de la Crète, mais qu « à cette époque, indul)italjlement, vivent 
depuis longtemps, dans ce domaine continental, des peuples grecs de la plus 
ancienne couche (rachéenne);car c"est vers le quinzième siècle, au plus tard, 
que l'on constate la première avancée des Grecs par la mer, de telle manière 
qu'il faut bien que sur le continent et dans le Péloponnèse, à cette date, ils 
aient été les maîtres depuis longtemps '-'. » L'avancée maritime que Meycr a en 
vue est l'invasion acliéenne en Crète vers 1500. (pie Dèu-pfclda cru apercevoir, 
et l'on relève que Meyer, toujours à la suite de Dorpfeld, est très influencé ici 
par ce passage de VOdyssée (XIX, 17(3-179) d'après lequel la population Cretoise 
comprendrait, à côté dlùi'ocrétois, de Prhisf/cs et de Kijdimiens, des Âchécns et des 
Doriens; Meyer pense '^> que Kydoniens et Kléocrétois de ce tableau sont la 
population primitive de l'île, où les Pélasges ne sont que des immigrés : « Ils 
seront arrivés là tout aussi facilement (pie devaient le faire les Doriens de 
Tliessalie », antérieurs sans doute à la venue des Hellènes, Achéens et Doriens, 
du dernier stade. 

On est extrêmement surpris de la facilité avec laquelle Ed. Meyer se range 
à traiter cette notice de VOili/sair comme valable hisluriquement et à en faire 
la base, ou y Irouvecla conlicnialidii. d'induclidiis iiisl(jriques comme celle de 
l'arrivée d"« Achéens » en Crète vers le (piin/.ième siècle. iS'est-il pdiid clair 
que le passage visé n'a de signification positive (pie pour les b:'mps de la pleine 
ex[)aiisi(iii lielb'uiipie dans l;i Ab'dilcriaiK'e. — iiii onzième siècle et plus lard, 
nous rencontrerons cette précision tout à l'heure — et plus sim[)lemenl encore, 
peut-être, dépeint une situation ilc fi'']ui(iHc iiiniie de lu réddelion du poème. si)it du 
huitième siècle ou du se[iti('me siècle:' On ii :i le droit d'en rien conclure 
(piant aux choses et aux événements de ciiu] ou sept siècles antérieurs"'. 

Des Hellènes en Crèt(\ d'ailleurs, dès la date de l.'iOO, cela parait invrai- 
scnilil.d)lc II plM.sicMr> lii>lorii'ns. cl Ton note ipic [)cu de temps aMint le nu'- 

(li Ri.. Mkucii, Ce^rh.des Mlcrliimn. I, ii, l^i Ei.. MKVErv, tbiri., §§ 503, 507, SI i. 

2" éd. (1000), jj .'iOO. ('• (;f. les conclusions de Dussaud, f,iii. 

('I E». Mku;ii, ibiil., g ,V2G. préliell. (2» éd., I9U), p. «0-400. 



PFIHNICIENS, KGKF.NS ET IIELI.HNES DANS LA MÉDITERMANÉE 139 

inoiro <Ic |)oi|>fcl(l. .MacKcnzic '" avait cxpriiiK' l'avis t\uf les crivaliissours de 
lilo avaient (''II- di-s l'rlasgrs. Par ailleurs. i{()iialil M. IJiiriuws. on son exposé 
d'ensemble'-', ne trouve rii'U de |iarlirulii"'irui(Mit si,miilitatif à la légende du 
l'liivj,'i('ii l'r'lii|is; il range l'i-loiis dans la eatégmie de ees autres Kgéens indu- 
bitables. Miiiiis, Daaaos. les i'erséides. l'I, ((insidi-raiit (jue b-s Achéens sont 
des Hellrnes. il spéeifie avec stiiu ijue « .Vgaiiienîiion il lis l'i'Iopides ne sont 
pas Acbrens du tout », ce (|ui est aduiirableiueiit simple lu scrupule le tient, 
tiiutelois : voudrait-on absidumcut idrntiliir Aiin'riis cl /'('///.v'/o .^ 11 serait néces- 
saire alors de lie point ignorer non plus Li'lrijes A .l/(/;(/V//.s\d"expli(iuer des cas tels 
ipn' ceux des Tcunirns et des Dtnuints. .Mais iiien certainement ; ces explications 
étaient déjà très avancées, du temps du livre de Hurrows, et l'on comprend 
mal sa réserve. 

l'resipir conti'iiiporain du livre précité' d'Kd. .Me\er, voici l'nfln le manuel 
connu di> Itrni- hiissaiid. où. dans un tableau de la siqierposition des po[)nla- 
tioiis en (iiéir. tilli' (inrlji' ri'ssort de bonnes étuili's d'analyse toponymi(|ue, 
on voit paraiire '", au-dessus des PiHdsijcs et l.rliys primitifs, tout de suite 
accompagnés {\' IClviinrUiis, de Lijciois et de O/mV/i.s-, un étagi' illiiin-llinire. et en 
dernier lien VvUi'j^i' ;/rer, en deux courants, Arlii'eiis^ à Iduesl. hjnlii-ns à l'est. 
« Successivement, les .Vchéens, les Ivdiens. puis le groupe guerrier des l»o- 
riens gagnent la Grèce et les lies. » 

Chez tous ces historiens, comme on \oil, poini de lumr ipie \os Arln'eus 
puissent jamais avoir été autre cbose (pn^ des Hellènes, et lorscpie la (piestion 
es! el'lleurée par basai'd, comme il arrive à Burrows de le faire, on lui op[iose 
nin- soile de icrns d inliiinier si'paranl " .\cliéen » d" « .Vgamemnon ». au mé- 
pris de toute la tradition épi(pie. In seul » berclieur. à nidre connaissance, a 
jusqu'à ce jour tenté' de sortir du cercle de ces vues consacrées par un long 
usage. S. Tbomson. ipii. en l'.M2 et en l'.ti:!. a envisagé île manière remanpia- 
blemenl originale le " mvcénisme «des l'élopides. [uiis la possibilité d une pro- 
venance a>iani(pie des .Vcliéens '". F^a ('iiiif''d('nilii)n tiiidinnnniiiiinnu'. d'après 

('> .1/1(1. iif Ihf /(/-. .sV/it)o( .)/ Mlieiii, \\ iiii-iiiio ft li- oatalo^uo îles peuples d'Homôre, 

(lilOMiKl'»', p. ■i'îi. dans .\niials «/ .Krclifuloyy nnd Anihropulogy 

l'I IloNAi.u M. BuHiiows. Tlw DUcoverici in ilo IT'niversilé île LivcrpuoI, IV. n° 4 (lOtii, 

Crète, l!H)7, pp. 20l-'20;j. p. 1-28 cl suiv. ; Soine nuirs on llomeric Ar- 

l^j Dlssaih, lin: cil. -J» ni.. l'.M II, p. li()-l. moiir, niôuies \nnals. Y 1 191.3), voir notam- 

(•I S. TiioMsio, sur la civilisHliuii luyrô menl p. '.'0. 



140 SYRIA 

Thomson, sciait, dans le principe, une liste des puissances de la famille mycé- 
nienne, d'une sorte d'imperium mycénien à l'ouest de la mer Egée, et seulement 
accessoirement serait devenue un tableau des peuples alliés contre Troie; 
quant aux Ack-ens, c'est très naturellement le rôle qu'ils jouent dans le docu- 
ment égyptien, parmi les autres agresseurs de l'Egypte, qui suggère à 
Thomson qu'ils seraient venus d'Asie Mineure, et cette provenance, dit-il, expli- 
querait du même coup l'arrivée d'Ach'Jens en Grèce. 

Au cours des pages qui précèdent, nous navons point dit autre chose en 
somme, sauf que nous avons été conduit à admettre que si les Achéens pri- 
mitifs du Péloponnèse étaient bien de souche et de nom asianiques, des Hel- 
lène de stade ancien les avaient recouverts, assez complètement et d'assez 
bonne heure pour que 1" « Achaïe » envahie par les Doriens fût un pays hellé- 
nique. En corrélation avec le fait très probable des Achmis primitifs venus 
d'Asie Mineure, nous noterons seulement encore que, tout à fait indépendam- 
ment do la (luestion aducnnc et de manière plus générale, une couche lycu-asia- 
mi{ue est nettement connue parmi celles dont la superposition a constitué la 
population de la Grèce antéhellénique ; comme on l'a dit tout à l'heure, d'après 
Dussaud résumant le résultat des études de Kretschmer et de Fick O, des 
Ljick-m, des dirlcns cl des Etrocrrtais sont (m Grèce avant même l'arrivée du ilôt 
illyro-tlirace, (pii lui-même a précédé les Hellènes. Les Achcens primitifs 
arrivés d'outre-nier sont bien pi'ol)ai)lemont du groupe très ancien de ces 
Lycienu et Cariots, eu Grèci-. dont i'anahse lopoMvniicpie décèle la i^é- 
sence. 

La cbronologii! des événements ne peut, l)ien enlentln. être précisée avec 
certitude. D'apiès 1(!S tlonnées de la rlironologie alexandrine, c'est au qua- 
torzième siècle (|Ue les Hellènes descendant <lu .Nord (ih- « Thessalie «) arrivent 
en Grèce; rien n'empêche de croire (pi'à cette époque les Asiani(|ues antérieurs 
aii\ 111) ro-llirares. et les Aclh'ens |iiirMii eux, étaient en (irèce depuis long- 
temps ; ces iVchéens seraient donc de i)eaucoup les aines de leurs congénères 
guerriers (pii. des rivages cariens. se portent à l'attaciuc del'Kgyiile \ers M'M). 
Ra[>p(dons, d'un mol, les grandes (•laiies de i'insl;illali((n et de la progression 
lie!léni(|nes. an\ dales (|ii'enregisli'e la niènie cliidiiologie liadilioiiuelle. \'ers 

('I KnKi.ti:iiMi;ii, /;/»/W////i|; i;i ilii- Cr.-irliii'litu \(>r;irifcliisclieOrlKrmmfii, l!M),'i; cl'. Diissiiud, 

dcr ijrU-cUisilu-n Sj,r<irl,f, Is:»;, d A. Imck, lue. cil. (Wli), p. UO-i. 



PHÉNICIENS, ÉGÉENS ET HELLÈNES DANS LA MÉDITErUlAN'KE l'.l 

1200, — le l'i'loponni'se est occupé, depuis un sic-cle <tu dmix, par les 
« Aclif'cns I) licllrrics. successeurs des Égéens — les étais helléni(jues des 
ahoiils (II' rislliiiii' lixiiit Inir organisation et achèvent de secouer le joug des 
sn/.orainclés iiiariliiiios (Thésée). ^ ers 1100, les Doriens font iiivasioti dans le 
Péloponnèse. Xcrs jO.iO, les « Ioniens » passent la nier et priMiiieiil pied en 
Asie MirKMire. Siinnltanéinenl. on ne peut l'-viler de l'admellre. la Crète est 
ahordée [lar les Hellènes, Achéens et Doriens sans doute, et il est exirènienient 
remarquable de lrou\er- le tenue de lO.JO, comme date de lapparition des 
Hellènes en Crète, conlirnu' |»ar Tarchéologie '". 



IV 



Toutes réserves faites (piaiil à i'exactilude des rhilfics. il seiuldi- (|u"en ce 
raccourci on récupère une iiiia^c de raviincée helir'iii(pie. eu large nappe, sur 
le monde gréco-égéen. pendant les premiers siècles de la durée du vaste phé- 
nouu''ne. Cela est intéressant lorscpron cherche h voir la succession des événe- 
ments par Ies(|U(ds cet ancien nujude de la Méditerranée orientale est allé à 
l'ahime '-'. 

Il y eut, à ce (pi il semble, couuuotions inti'ricurcs et rupture, puis sub- 
mersion. Knossos garde les vestiges de grands incendies qui ne peuvent être 
(pie lies ('vénemiMits de n'volution ou do guerre, et dont 1' « emplacement » 



C' l,a diroiiologic urcliéologiquc dos pé- 
riodes « niinoonnes », élnblie par Evans, 
siluo l'apparition des Indo-Kiiropéens en Crôli- 
([uelque temps après la X.XI" dynastie égyp- 
tienne (le mi/rocH Itinlif /// déj& franrlii). On 
voit, d'après cela, que le passage cité plus 
haut A'Odyaèi', XIX, 170-17!), enre};islraut en 
Crète des AchiFus et des Doriens A côté de 
Kydoniens, iVÉtêocrèlois et de Pélnsijes, pour- 
rait à la rigueur so référer i\ une situation 
historique authentique de l'an KHKI, encore 
qu'il soit bien possildc, nous l'avons remar- 
qué, que Kl notice passée dans le poème soit 
de plus on moins longtemps post<''rieure. 

l" Revenons nue dernière fois, à ce propos, 
au livre préciléde M. Autran. pour noter qu'il 



ne servirait de rien de supposer, ovec lui. 
que 11 sa richesse même a détruit ce monde », 
et qu'il serait liien dangereux de le suivre 
lorsqu'il indiiiue la <• souveraineté tie Minos ■> 
parmi les causes hostiles i» une société Bsia- 
nique d'ivaxTt; auxquels les empires étaient 
préjudicialiles, on que, plus étrangement en- 
core, il retrouve un mécanisme de l'affran- 
chissement des populations en Grèce et en 
Italie, où le « natif » arriva h se révolter 
contre le colon protecteur asiauique. Quel 
1' natif •> '.' I/Indo-Kuropéen nouveau venu, 
rilaliole latin, l'Hellène surpi des ténèbres de 
la Thrace'.' On a peine h suivre ces considéra- 
tions trop éloignées de la nature des choses. 



142 SYRIA 

archéologique [leriuot de situer vers loUO la disjiariliun de la grande organisa- 
tion impériale. Les Cariens avaient-ils pris leur revanche contre « Minos '" » ? 
On le croirait, car si en Asie Mineure et en Syrie du Nord grandit TEinpire des 
Kheta, on voit, presque en même temps et dans des conditions qui décèlent 
un grand tumulte, les Peuples de la Mer se jeter en guerre avec les Khela, avec 
les Lihyens, contre l'Kgypte ou dans les rangs de lEgyiite. On croit deviner 
comme un tourbillonnement dans le bassin clos de la mer orientale, de ces 
clans armés en quête d'un territoire, dont certains occupent déjà la Grèce, 
dont d'autres arrivent à sinstaller en Palestine ou, hardiment, se transportent 
aux pays lointains de l'ouest maritime. 11 ressort clairement, de toute manière, 
que ces aventuriers se sont heurtés au mur de l'Egypte impénétrable, peut-être 
aussi à la digue épaisse de la Syrie sémitique; tout à fait de même, malgré la 
différence d'aspect des événements, l'avance des Kheta avait été bornée par 
l'Empire égypfo-syrien de Ramsès II, et, ailleurs encore, sur la cote syrienne, 
la colonisation paisilde des Egéens de la gramle épo(pie était loujours restée 
comme un ourlet, une frange d'écume marine bonlaid ie pa\s soHdc et réfrac- 
taire. Le fond sud-est de la .Méditerranée jouait le rolc pour le monde égéo- 
asianique. d'un horizon iufrancliissal)le, d'une clôture elfeclive et. si l'on [leut 
dire, iiatiiicllc Or. au temps inèin(> où les émigrations sorlies d'.Vsie .Mineure 
venaient se briser à cette ligue, le monde égéen reculait, à l'auli-e bout, sous 
la pression <les Hellènes qui débouchaient du nord en masses inépiiisaiiles. 

.\u cours de plusieurs siècles, ces envahisseurs occiq)eiit la (irèee conti- 
nental(\ par étapes, puis les lies, puis la Crète, vers le onzième sièch^'-', en 
même temps sans doute, nous l'avons dit. tpi'ils bordent les côtes de l.Vsie Mi- 
neure. Le monde aniMeii ne pouvait (jue succoiid)er et s'i'teindi'e : pour elVacer 
une société et une; civilisation, une « invasion des Haibaies ». une lente, lourde 
et large vague humaine sans recul exerce des t>lfets autrement icdoutaliles (pie 
les ébranlemenls des concpiètes impi'riales. Aiiloiiiatic|ueiiieiil. loulel'ois. et 

C Comme nous avons eu plus haut ù le De maiiièiv génénile. l'idée <le jiuerres inter- 

noler, eerinins croient ù une invasion « péliis- éfjéfnnes, à eelte t'iuxine lointaine, est (le 

gique 1) en Crète (Macken/.ie. lilCil, taudis que beaucoup la pins vraisenildable, et tel parait 

Dcirpffild, par exemple, en l'J06, croit deviner être, en diiiiiei- lien, le sciilinient d'Kvans 

rurrivée <les .Ir/iir/is de la Grèce conlirii'Utale, liiiiiiènie. 

ces Aehéeiis considérés déjà comme des llel- \'-' Vnir p. 111. iiolc 1. 
lènes. Nous avons critiqué cette dernière vue. 



IMIKNICIKNS, KC.KRNS ET HELLENES DANS LA MliDITErUîANÉE \V.l 

|)iircr (jii'il y a une ^'ranili- force di- n'-sislaiice dans les or^'aiiismcs \ivanls, lo 
lUDiulc (Mivalii se (li'l'i'iid en di-s ri'lrailcs, un hicii il riiicrj;!' liljnMiicid. par 
[)lac(!S, siil)>i>li' cl survit diiiaril de lnnj;iii's [M-riddis. ?Sniis a\oii>dr-jà rappidé 
(|u au Iruisirnif siùclc avant .L-(l.. à Lli\ prr. un svllaliairo diTivi' de la vieille 
écriture crcMoist^ et adapté au ;;r'ec depuis Intij^tenips servait tnujours ii eel usafîe 
et (•(lutiiiiiail. d'autre part, à écrire la lan:,qic priniilivc de l'ilc rpie iiiius ne 
c(Hnpri'U(iu> [)as. A la inèuie date de .Klii. rLliiirie à la lan^'in- incoriMue, 
itatlue eu liréclie par les Honiains. i-i'-sistail ciicoi-c. 

(le ni'st poiid. toutcrois. eu ces pi\s de ^'raiid pa>saj,'e i|ue ri'jri'd-niycé- 
nisrne eut ses deruiéres ciladidles. mais sans di/ule dans l'Asie Mineure pro- 
fonde, pleine des perrples cl des lairjiues de la vieille sorrc Ire, coiir redontalile 
subsislarri crrtrc le vieux rrrurnlc s(''rrrilii|uc cl la jeune >oci(''l('' irrdn-eirr'opi'cnrre 
du Nord. A son tour-, d ailleurs. l'Asie Mirrerwe devait errti'i-r dairs l'or'he du 
iTionde f^r-ee. cl dés loo rr(Mi> la conrrrrissorrs. Mais piurr' la jn-r-iode arrlidudle- 
irirpre, i\i- ci' hioc Irnriraiii illiruili''. irr>ondalili'. colré-ri'rrt jrrxpr'.'i ri-!rr|drr'ale et 
an Tigr'c, jus{|u'arr (iancase, Itien plirs loin pcut-ètr-e. norrs ne s;i\orrs rii-n, orr 
airssi hii^n ipie rierr, et poirrt davanlauc rrorr- ne sorrrnres iirsti'irils des seclirnrs 
rni'dilcrr'arrccrrrrcs (lir rrrérrrc ciiscrrriilc. eu (iréce continerrtale. darrs rEgi''e, en 
(Irèlc cl darrs la irrvslériense Liliyi". ou noirsavoirs le liém'dice orr rillrrsicur d'rrrri' 
vuo d'errserrrhie des (dioses, sans rpie la prr'-oisiorr de riri>toir-i' rrorrs soil acee>- 
sil)lc porrr la plus pcliic partie. (Icllc lri>loir-e n'est [loirrt pcrdrre. ceperrdairt : 
(die i;rl. Icllic rrror'te porri' iioir>. dans la rrrasse des irrscripliorrs irrcorn|>r'idn'ir- 
sililcs drr liassiir rriiMlilcrraiii'cii. dans lc> textes cir alplralicts corrrrus mais 
irr(«xpli(pii-s de Crète (éleoer-étois i. d'Italie id d' \>ic Mirri'rrri'. darr> le >\ lia liai r-e 
di'cirill'ré de l'ilc de Clrvpr'c. darrs la collceliorr des lalilcito crétoi>es non 
rriciric dccliillrccs |ilroii(''ti(prerr\ciil, (larr> l'inmrerrse M'ric di'S irrscriplioiis 
iiiéroglv [iliiiprcs d'A>ic Mirrcirrc. dorri le s\>lénrecst pridialilcrrrcrrt à l'oiii^ini' 
de loirs les airtrcs. Mais la rrrrit rr'cst point étei'rridie. .Vrr jorrroir. piinli-s movens 
ipie 1 orr rre pcirl didirrir- errcor-c, on aui-a l'oi'cé la muraille de l'orrlili sans issin* 
orr diurrrerrt ce- tr-CMUs d(K'rrrrrcrilaire>. rrorr> accéderdirs à rirr irrorrdc rrorr\caii, 
d'rrrrc l'Ierrdrie cxtrcrrrcrrrcnt vaste. 

l'.rr altcrrdarrt ipic la pos-.iliilil(' rrons en soit dorrrri'i-. rroir> contirirriM-oiis à 
faire I lri>toire de la Mfditerrarrr'c primitive avec les fait^ arcliénlnj,'i»|nes, 
petits cl grairds, avec li-s tcmoigrraucs taiilil's. les rrrcrrns ve>ti^v> pliilidoj:i(pies 



144 SYRIA 

et les faits extrêmement rares de documentation de première main. Un acquis 
scienlitique à la fois si pauvre et si complexe, si ondoyant, pourrait-on dire, 
avec le progrès des recherches archéologiques, a besoin d'être révisé périodi- 
quement, repris, inventorié, vérilîé, de manière qu'à chaque fois on enre- 
gistre la confirmation d'un fait déjà noté, l'indication d'un fait nouveau, 
rébranlement on l'élimination de quelque erreur pins ou moins ancienne. 11 est 
bon (pu'l'on nous rappelle ce (pi'a été la grande Plu'nicie des origines, embras- 
sant, de longs siècles durant, tout le bassin oriental de la Méditerranée ; et 
peut-être aurons-nous fait œuvre utile en montrant que les Àcliéens antéhellé- 
niques venus d'Asie .Mineure, rarement aperçus jusqu'à ce jour, sont extrê- 
mement probables d'après la tradition grecque et d'après les circonstances de 
l'histoire méditerranéenne, et, par ailleurs, s'accommodent sans difficulté des 
faits de la linguistique et de ceux de la toponymie. 



Note additionnelle au § lit : la Cilicie dans la relation de guerre de Ramsès II. 

Au début du § III ci-avant, dressant un tableau des noms des peuples égéo-asianiques 
rencontrés par les soldats de Ramsès 11, de Mineptah et de Ramsès 111, nous y avons 
inscrit un certain Kirkishn, souvent discuté antérieurement et d'identité fort incer- 
taine i''. Ce nom s'éclaire, sans nul doute, du fait que nous avons acquis le droit, pour 
retrouver un asianique dans une transcription de langue quelconque, de le débuirasser 
de la désinence ethnique, -nslin ou -ena, avec laquelle souvent il se présente. Car 
Kirbisha de la relation de Ramsès II, ainsi allégé, se réduit à Kirke, lurki, et alors on 
observe que sous cette dernière forme, h'crke, le nom de peuple est connu par ailleurs 
dans les documents hiéroglyphiques du Nouvel Knipire. Ce /wr/.c, visiblement, est 
KtXixtat*'; il semble qu'on puisse, sans imprudence, reconnaître dans Kirldsim le même 
nom avec le suffixe ethnique. 

l'v.V\M()MI \\ KU.L. 

(') VoirpKTiiiK, nui. of Eijypt. 111, p. 49-50, lions préhelléiiiqiies i-l' éd., 101 i), p. 453-454. 

et surtout .Mxsi'Kno, //is/oire, II, p. 38!) et n. 4; (•' Voir notamment .M. Mii.lkii, IsiVh iiiid 

cf. encore, en dernier lieu, Dussaud, Civilisa- Europn. p. 3o2. 



CATACOMBES JUIVES DE IW)ME 



FRANZ CL MONT 



A un quart d'heure de la Porta l'ortese, prî'S de la route qui reliait Rome 
au port d'Ostie, se trouvait, cn'usé dans le tuf de la colline de Monteverde, le 
plus ancien cimetière juif d'Occident. Ses plus vieilles toud)es remontaient au 
premier siècle de notre ère; mais il subsista longtemps et les épitaplies les 
jiiiis récentes datent du (jiialrièmeou même du cinriuième siècle, ."^on exi^tence 
.ivuit été sif^nalée déjà par Hosio, ipii y a\;nl péiM'lre en I(i02. mai- il lui re- 
. -couvert et exploré de lUOi à l!t(l7 [»ar Nictdas .Millier. Les jialeries en 
partie ell'oiidn'es iraiiraieiit |>u être consolidées qu'a\i prix de sacrifices d"ar- 
j^'ent considéi'aldcs. .W'iuiiiiniiis. il est regretlahle que, parmi le- l>raidile> qui 
ont le culte de leur [tassé, il ne se soit trouvé personne pour entreprendre 
de sauver les sé[)ultures l(;s plus vénéraldes de lantitpie colonie juive de 
Home. I.,a calacondje de Monleverdeesl aujourd liiii imMuiMliaidement détruite. 

La guerre a rompu les liens qui unissaient les savants des diverses nations 
d'Europi'. et elle na giu-re favorisé- de la sorte Lorganisation du travail sci(-n- 
lilique. (i est ainsi que nous avons siii- les fouille>d(- .Nicolas Millier à la l'ois un 
livre allemand "' et un un-moire itali(-ii i-'. (-1 (pie les inscriplicMis trouvées dan> 
la catacombe ont él(- puldii'-t-s de même par un arciiéologne italien '" avant di- 
IcHre avec un counnentairi- allemand |iai' M. .\iKn> A. lii'-es*''. (le dernier a con- 
sacré à ces documents (-pigraplii([ues un luxueux \(ilume, où les moindres 



(" NiKOLAUs iMjLhv.n, Die Jiidisclie Katakombe 
am Monievercie :u Rom, Lp'iiizig, i'.H-i. 

{•) Nie. M( i.i.Kii, // cimilero tleijti aniirhi 
Ebrfi posto sulla via l'urlnensc, iliiiis .\tti 
Accatl. l'ont, liomann, Xll, 1!>1'>, pp. i();>-31S. 

('I SciiM- M>Kii-(tHA/.iosi, l.n niiova sala jiti- 
itiiica dfl iniiseo l.nteranensc ilaiis iVijoi-o Uolt. 
,li nnlit'ul.iiisl., .\.\l, l'.tlS, pp. l8-3(). 

1*1 .NiMH. M s .Ml ii.KH, nie Inschrifleii ((ce Jii- 
S\iii\. — U. 



ilisclicn Kalaliombe am Monteverde :u Itom, 
hrrausg. v. Niko.s A. Boos, Leip/.ig, llarrns- 
sowil/.. liUtf. ISl pp. pr. iii t". — M. Diissaïul 
nu- signale- un article de .M. Tlii'-oiloii- Ueiiiacli, 
/(■ (Amelière juif de Munleverae à /«•<>/«»« d'un 
/iiivr<vfM/(ilaiis Uevuedi-s ICtudes Juives. 1920, 
1, XXI, pp. Il3-12(ii. .Ml- li-oiivant en voyapi-, 
ji- n'ai pu ou proiuln- i-oiiiiaissanii- avaiil de 
corrif!»-!- U-s l'-pn-uvos di- rrl arlicl>'. 



146 SYRIA 

fragments sont reproduits en fac-similés, où cha([iie texte est accompagné 
d'explications copieuses, auxquelles la collaboration de M. Deissmann a permis 
d'ajouter encore des notes précieuses, où, entin, des index détaillés servent de 
guides au lecteur dans le dédale d"une érudition un peu toulFue. .Mais un sort 
malin semble avoir voulu que ce recueil monumental lût incomplet dès le mo- 
ment de sa publication. Les travaux poursuivis dans une carrière de tuf ont 
fait crouler une galerie restée inaccessible de la catacombe et fait tomber avec 
elle une vingtaine d'épitaphes, dont plusieurs sont dun véritable intérêt; elles 
ont été publiées et élucidées par M. Paribeni <". 

Des cent quatre-vingt-quatre inscriptions ou fragments d'inscriptions com- 
mentés par M. Bées, la grande majorité est grecque, les textes latins sont 
moins nombreux, mais l'un d'eux est d'une valeur exceptionnelle : c'est l'épi- 
taphe métrique d'une femme nommée Régina (n° 123). Elle exprime avec une 
netteté remarquable la croyance à la résurrection et l'espoir de la vie éter- 
nelle dans le paradis (ve)ieramhtin rus). Bormann avait cru devoir y recon- 
naître les traces de l'inlluencc exercée par l'apostolat de saint Paul sur les 
Juifs de Rome >-', hypothèse aventureuse, qui a été écartée avec raison par 
M. Deissmann'^'. A côté de cette abondante série d'inscriptions dans les deux 
langues de l'Occident, c'est à peine si l'on en trouve quelques-unes et de peu 
d'importance rédigées en hébreu ou en araméen'''. 

Ce qui fait peut-être rintérèt principal du iccueil publié par .M. Bées, ce 
sont les renseignements qu'on en peut tirer sur l'organisation des commu- 
nautés juives de Rome, dont plusieurs remontent au piiMniiM- siècle, comme 
l'indiquent leurs noms dérivés de ceux d'Auguste et d'.Vgrippa ou de celui delà 
(jvns Volumnia. A côté, on trouve la synagogue des Hébreux, celle des Vernacnli, 
probablement formée d'esclaves de la maison impériale, celle des Calcaivsii, dont 
l'élymologie reste obscure, lue des inscriptions publiées par M. Paribeni y a 

(') Pahibkm, Iscrizioiti del cimilero giudaico schriftenjùdischer Katakomben zu Monteverdf, 

di Monteverdf dans \oU:ie degli Scavi, 4919 dans Wiener Sludien, XXXIV, lOl^. 

p. (iO ss. Sur l'cxprossiou d'oixo; aitôv.o; em- t-'i Jo l'avais moi-même repoussée, Revue 

ployéc pour leloml)cau(p.6-2),cf. mes lieligioiis arclièoloyique, IV, l'JlC, p. i ss. 

orienlnles, '1" éd., p. '230. — Diverses obscr- (*' Cf. Cassuto, Un iscrizione giudeo-nra- 

vatioiis oui été faites par M Clf.hmo>t-Gan- mnica, dans Nuov. lioll. Arch. Crisl., XXll, 

yuAii, lievue areliéolutjiiiue, XI, 49"20,p. 365 sq. 1916, p. 193 et Vaccahi, Osservazioni sopra 

l') RoiiMXNN, Xu den nenenldecUleit Orali- alcune iscrizioni giudaiclie, ibid., i9n,];i. M. 



CATAr,0.\riîES JUIVES DE ROME 147 

lijoiité collo (l(is Tripolitains sansilouto originaires do, la Tri[H)lis d AlVifuif"'. 
I^es ('pilaplii's iiicnliorinciit en grand iioinhrc [o> titres de dignitain-s ipii 
avaient olili'iin (|iii'l(|iir iharge dans ces associations religieuses. 

f^a dr-eorulion des pla(|iies ollre une abondante série de synitioles. dont les 
plus eonnus >e r('|ir(jdiii>eiil rriMiiieninienl, chandelier à sejil lirauclics. 
armoire avec les rdiiieaiiv de la Tliora. palme. l'iMiil du cédic. finie a liuile, 
etc. Le commentaire a n'iiiii d'utiles iloruiées sur tous ces eudilèuu's. 

.lo l'craisà I érudition de. M. Hées uu reproche : c'est de' u avoir [kin sepan- 
|)lus nettenu'Ut 1(!S iuscriptiniis juives des ('pitaphes pauMmes ^ .\" i. I(t(l-10.'ij 
(pii ont r-lé mises au jour dans la catacomhc de .Moideverde. I]lles édaient 
prohahleuuMit gravé-es sur des pla(|ues (|ui (uil é-lé' réeruployées et retournées 
pour fermer les lunili. 1,'anleur. ipu ne s dceupe (pii> di's in-ciipti(ins. n a 
point ahorde uon plus la i|uestion inléressaide de savoir si les sciil|>tures di'- 
couvertes dans la uuMue catacMUidie son! juives nu païennes'-'. 

Les rc'Sullals des fouilles de .M(iide\erde (''laii'nl a peiin- evpn.ses au pulilic. 
que l'on di'couvrait dans le sol inépuisahie de Itome, une iunncdle nécropole 
juive. Klle fut trouvée par hasard en renforçant les lomlalicuis d'une écurie 
dans la \illii Tmlnnia >ur la via Nomeutana près de la l'orla l'ia. On a explore 
environ un kilomèlre tie ses longs couloirs, où se su|ier[iosent trois ou (piatre 
rangées de A/r/^//, au total environ i.."i()() tombes, et M. F'aribeni a fait cunnailre 
sans tai-der le ri'sultal de ces recherches'-". Ce cimetière parait a\(iir eli' celui 
de pauvres gen>. La si'ule synagogue merdioniii'e est celle du (piartier popu- 
laire de la Suburra. l ne autre couMUunaiité ('-tait etalilie pie> du non- de .^er- 
^ ius (/(co.s(7((7((/ i/c r/«/(/c/c). et elle a |iroliableinenl au-->i l'ail inhumer >es moi-|s 
dans celle cataciMube plus proche ilu lieu où idie loidait ipie celles di- la 'in 
l*oiluciisis. de la lia Ajipin on de la rin Liihinni'i. L'aspect d(>s sépultures 
révèle la condition modeste de eenx qui \ étaient en>e\(di-. ; pre-i|iii' p,i> de 
marbre, le /(«/(//(vêtait dus par des morceaux de tuf ou de brique, recouverls 
d'un crépi, on I epitaphe était |)einle ou tracée à la pointe, (piaïul idle ne faisait 
pas entièreuuMit défaul. ce <pii esl le cas le pUi^ friMpieid. Les cinquante 
inscriptions publiées sont toutes, sauf di-u\, ri'digé-es en grc.- el generalenuMil 

('1 Gi.KHMONMiANNKAL, i. r. |Ji l'uiiBKMi, S'oliùe dei)U Senti, l'tîO, 

("1 Cf. Suroc sujet, Rev. arclièol., IV, l!Mt>, p. I^a-la."!; cf. Mené e Roma. octobre tUiO, 

!'• •» ss- p. 181 ss. 



148 SYRIA 

très concises. Des A'oleurs avaient d'ailleurs, longtemps avant la visite des ar- 
chéologues, brisé consciencieusement toutes les cloisons qui fermaient les 
tombes et vidé celles-ci de ce qu'elles pouvaient contenir de précieux. Cepen- 
dant quelques caveaux sont d'une construction plus soignée et la décoration y 
subsiste, peinte à la fresque. L"on voit qu'outre les symboles ordinaires de 
leur religion, les fidèles y avaient admis des représentations de dauphins, de 
paons, de colombes. C'est là une preuve nouvelle qu'au contact de la civilisa- 
tion gréco-romaine les enfants d'Israël, malgré leur hostilité altière contre 
les usages des gentils, avaient tempéré la rigueur de la prohibition qui leur 
interdisait de figurer des êtres animés. 

Ces nouvelles découvertes qui nous apportent une foule de documents in- 
téressants pour l'histoire des synagogues romaines, rendent plus pressant ' 
besoin que nous avons d'un recueil général des inscriptions juives de l'an'ii- 
quité. Souhaitons que ce travail, depuis longtemps amorcé, puisse être promp- 
tement achevé. 

F'n.\NZ CUMONT. 



I.ES MÉTIIOUES DE HÉALISATION AKTISTIOLE 
DES PEU[»LES DE L ISL\M " 

PAR 

LOUIS MASSIGNON 
(Deuxième article). 

Lanliiti'iliiic iliihonl. Hciiianiiions que lail musulman affectionne cer- 
taines matières et, ijnels (jue soient les pays (car ils n'ont pas été que dans des 
pays de sable, ils ont iHé aussi dans des pa\s de [lierres, par exemple, Mossoul. 
Diarhékir) I aii iiiii>idiiiaM |in''fùrc se servir (Tiine matière malléahle. Iiuiiilile, 
sans é[iaisseiir, conmie un vêlement flottant, comme im iiu-lal fusible. 

.le iiinsisle pas, d'ailleurs, sur la question vêlement <pii esl presque le 
|)r(iiii<r art. lA \nus savez combien li- vêlement floUant musulman est diffé- 
rent comme coupe et comme idéal artistii|iie du vêtement llotlaiil antique ou 
du vêtement lluttant d'Extrême-Orient. 

Restons-en à ce vêtement tloltant des maisons, à l'architecture. La lualière 
i -' généralement du plâtre, du stuc, et rornemenlalion. des incrustations au 
I de ndief. Ils n'essaient pas de faire îles reliefs: ils n'essaient pas de sin- 
i:er 1 1 nattu-e en essayant de faire que leurs ligures se liemierit par elle.s-mèmes. 
'-.nest qu'un fond, un fond pour la pensée, el l'art pour eux, passe dessus 
comme une espèce de reilet. .le n'en veux pour exenqde que la céramitjue his- 
pano-moresque qui esl une chose purement musulmane, celle idée merveil- 
leuse de faire ;;lisser au-dessus des «lessins, par un procédé fort itilérossant .lu 
[loiiit de vue céramique, des reflets d'or ou de cuivre. 

Le sujet en arcliilcciiuc. ce sont des formes géomélri(|ues, mais des formes 
fiéomélriques ouvertes. Il v a là exactement, la figuration sensible de la théo- 
rie de théologie dogmatique (|iie tous les théologiens musulmans ont soutt^ 
nue dès le début, à savoir que les ligures et les formes n'exislenl [)as, el sont 
incessannnenl recréées par Dieu. 

(l) Lev»» professée an Collcfie de France le S."» février 1!»iO. 

Sthia. — U. ly. 



150 SYRIA 

De fait, dans l'architocturo musulmane ou modorne, vous avez des formes 
géométriques, mais elles sont ouvertes : dos polygones entre-croisés, des arcs 
de cercle, mais à rayons variables. Uarabescjue montre exactement ce que cela 
est. Tandis que dans lart des karmates. hérésie musulmane, se multiplient 
les polygones fermés qui sont, d'ailleurs, des pantaclos. des signes magiques 
qui correspondent à certaines planètes. 

Quelle est, au fond, Tidée de larabosque? On a dit que c'était la recherche 
indéfinie de l'unité. Essayons de nous en tenir au principe même de la pensée 
musulmane, tel qu'il découle de leur théorie de la nature. Le mot « nature » est 
déjà impropre puisque, ainsi que je vous l'ai dit, pour eux, il n'y a pas de 
nature, il y a simplement des « habitudes ». Dieu a fait un certain nombre 
d'assemblages d'atomes que nous appelons la nature humaine, toute la nature 
des êtres leur est imposée du dehors par la volonté de Dieu. 

Si nous partons de ces principes fondamentaux de la théologie musulmane 
pour la représentation de l'univers, nous voyons qu'au fond, en architecture, 
l'arabesque est une espèce de négation indéfinie des formes géométriques 
fermées, pour nous empêcher de contempler, comme le faisait le géomètre 
grec, la beauté du cercle en lui-même, la beauté du polygone en lui-même. 

Ceux qui ont été au Caire peuvent se souvenir de la porte de la Victoire. 
\ Bagdad, il y a une porte encore plus suggestive puisqu'elle s'appelle la 
Porte du Talisman. C'est tout à fait caractéristique, car il y a une série de 
panlacles, de polygones esquissés. Or, il ne faut pas que notre imagination 
s'arrête à ces formes fermées, il faut qu'elle brise les figures et qu'elle ailh^ 
au delà, comme fait l'écriture cursive elle-même, après les avoir décrites '•'. 

Rappelons aussi l'admirable mosaïque do la mosquée d'Omar à Jérusalem 
où se trouvent entrelacés, de façon à la fois solennelle el irréelle, les épis de 
blé et les grappes de raisin. 

On a dit, etc'est très vrai, quec'était un artiste chrétien, un B\ /.;inlin qui avait 
utilisé là ses cartons, les modèles de l'oblation eucharistique qui lui servaient 
pour les églises. Il me suffit de reconnaître, et c'est cela qui importe au point 
de vue sociologique, (pi'il a brisé toutlc concert habituel d(> ces formes, avant de 
les semer sur cette cou[»()le en mosaïque, (pi'il a fait de l'art unis\ilman et qn il 

('I Par l'alphabet (et déjà le syllabaire^, les Sémites ont libéré la pensée rnplivo dans la cl(^- 
tiire des biéruglyphes. 



LES MÉTHODES ARTISTI(,)UES DES l'ELl'LES DE LISLAM l.'.l 

n'a plus fait d'art clirétien. M. de Vugiié, essayant de définir en ces lieux 
Mièinos l'art musulman, disait : « Il est à l'art byzantin ce que le Coran est à 
l'Évangile. « Ci' n'est pas assez. 

Passons maintenant aux jardins. L art des jardins a été beaucoup étudié, 
et je veux seulement rappeler, pour ceux qui ont vu le jardin du Généralife à 
Séville, ou certains de ces admirables jardins qu'il y a à Bagdad et en Perse, 
la conception musulmane du jardin. C'est essentiellement une rêverie hors du 
monde. 

Dans le jardin classique (et la doctrine est très ferme, commence avec les 
Romains, continue avec les Médicis et se poursuit avec le siècle de Louis .\IV) 
dans l'idéal classique, on désire dominer le monde d'un point de vue central, 
avec do grandes perspectives (|ui arrivent à l'horizon, avec de grands bassins 
d'eau qui reflètent les lointains, avec des arbres dominés par la volonté cen- 
Iralc. mais pour aller, petit à petit, conquérir tout le pays environnant. \\i 
lieu di' cela, dans le jardin oriental, la première chose qui importe, c'est une 
fermeture, et au lieu que l'intérêt soit à la périphérie, il est au contre. 

Le jardin oriental se fait en prenant un morceau de» terrain. « en vivifiant 
un carré de désert e. (m amenant de l'eau, en faisant un mur d'enceinte très 
haut au-dessus duquel la curiosité ne peut plus passer. .V l'intérieur, il v a 
des quinconces d"ari)res et de Heurs qui se pressent de plus en plus à niesiue 
([u'on va de la [)i'Ti[ihérie jus(pi'au centre, et. au c<'ntre, est le kioscpie. 

Ce. (pii est frappant ici. c'est la négation de la nature et du monde tels qui- 
nous les trouvons autour de nous. C'est l'inverse du j;irdin pavsager, une es- 
pèce de nature féerique (|ui nous ramène à une pensée centrale, à un délasse- 
iMcnt di' la pensé(> en elle-mènu'. et non pas du tout à cette maîtrise graduelle, 
à cette c()n(pièle de la nature (ju'est le jardin classique. 

Si nous passons mairilcnaid aux arts de la couleur, car le jardin, d'ailleurs, 
nous y ciinduit. il ny a pas île peinture proprement dite en Islam pour la 
même rai.Mui qu'il n'y a pas de sculpture propremi'iil dite. .Mais cela ne veut 
pas dir(> du tout (|u'il n'\ ail pas d'arls de la cduleur. Nous le savons assez 
par les lapis, par les blasons, et même, dans une certaine mesure, par le co- 
loris de miniatures. 



152 SYRIA 

.rinsiste pou sur les miniatures, tout en signalant la ditïérence fondamen- 
tale de révolution de la miniature de Byzanco qui partit, comme le disait Léon 
Bloy. de la lettre ornée pour passer à la lettrine et, de là, à la peinture elle- 
même par un développement hors du livre. Au lieu de cela, elle est restée en 
Islam une rêverie en marge du texte, quelque chose de suspendu qui n'est pas 
arrivé à sortir du livre. Mais la miniature n"est pas un art proprement musul- 
man, et ce qu'il y a de plus important c'est le tapis. 

Examinons la question de la matière au point de vue tapis. Ils prennent 
une matière de couleur mate, sans transparence ni perspective. C'est toujours 
une espèce de négation de vouloir même imiter la nature, non pas qu'ils 
ignorent la perspective, car c'est une idée naïve que l'on a trop souvent qu'il 
y a des arts qui ignorent la perspective. .Mais, de même, dans l'art égyptien, 
un œil est mis de face alors que la figure est de profil ; ils savent très bien que 
ce n'est pas ainsi que cela se présente dans la réalité, mais ils présentent la 
figure humaine sous cette forme parce qu'ils ne tiennent pas à singer la nature, 
et pour d'autres raisons. 

11 y a des juxtapositions de lumière et de ténèbres, de clair et d'obscur, 
revêtues de colorations secondaires. Ce qui nous frappe, dans un tapis orien- 
tal, c'est à la fois l'intensité, et, souvent, le peu de variété des nuances. Aux 
Gobelins on nous dit que l'on a trois cent cinquante teintes dégradées, .mis on 
arrive ainsi à singer la peinture, ce qui n'a plus aucun rapport avec l'is- 

serie. 

Chez les Orientaux on compte cinq couleurs au plus, et encore ces couleurs 
ne sont pas intéressantes. On peut presque dire que la photographie nous 
rendrait quelquefois toute la beauté du tapis, pourvu quelle conserve toute 
l'intensité des teintes. Ce sont des clairs et des obscurs. 

Vous A'oyez combien cet idéal de la peinture est distant de l'idéal de la 
peinture, tel qu'en Occident Fra .\ngelico et Velasquez l'ont cherché eu imi- 
tant les teintes de (leurs, et où c'est la coiili'ur pure, cl non plus le clair et 
l'ob-sciir, (jui frappe. 

Kl il ce point de vue. G. K. Clieslnlon qui, je crois, n'est pas encore allé 
en OriiMil. iii;iisi|ni, paiail-il. vase rcndic à .Icriisalciu. disait : « Ce qu'il va 
de frap[iant l(ir>quc ion regarde un tapis oriental — il chercliait à définir l'art 
persan — c est (pie ces llcurs et ces animaux sont lortitrcs. » 



LES MÉTHODES ARTISTIQIES DES PEUPLES DE LISF-AM 15.3 

Ce n'est pas tout à fait exact. Il devait dire c pt^rijuis ». Ce qu'il y a de très 
frappant dans le décor d'un tapis oriental niusuhnan, non pas seulement per- 
san, puisqu'au Maroc ce procédé est également employé, ce sont des semis 
(le fleurs stvlisées et des animaux liiératisi'-s. Ces fleurs ne sont pas très nom- 
breuses. Un en a fait la liste pour la l'erse du quinzième siècle, et on a trouvé : 
la jacinthe, la tulipe, l'églantine, l'œillet cl la fleur du pèclH r. 11 y a donc cinq 
fleurs cl CCS ciri(| fleurs-là sont tout à fait stylisées. 

(juaut aux animaux, il y eu a trois ou quatre, (x'ux (jui rc\ieunent le plus 
souvent, sont le grillon qui est un lion et un lion ailé tout à fait fantastique, et 
le phénix qui est un oiseauàlèti' humaine. Nous retrouvons encore là les con- 
séquences fondamentales des principes métaphysiques cjue tous les musulmans 
ont adoptés, que leurs théologiens ont formulés et que tous les musulmans 
ap|di(iueiil d'eux-mêmes contre l'idolâtrie des animaux. Leur identité est, si jo 
puis (lire, mas(|U('■(^ On leur a coupé la tète (ou la patte) et on l'a remplacée 
pai- une autre, lis n'ont dofic jias de vie réelle. D'autre part, au point de vue 
réalisation Miènic, (ju Cst-ce que cela (hjiuie .' Nous touchons alors à l'art du 
blason. 

11 est très certain que l'évolution de l'art <lu blason en Occident a pris uno 
originalité, une [tcrsonnalité que nous ne ferons pas dépendre de l'Orient. Il 
serait, en ell'et, excessif de dire que le blason occidental sous la forme très 
complète et très intéressante où nous le trouvons dans des chartes du qua- 
lor/.ième cl du (|uin/.ième siècles, est une siin[de copie «le lOrienl. Il est non 
moins certain que les premiers blasons commencent chez les Occidentaux seu- 
lement au retour des Croisades, et que le prin<ipe du blasonncmonl est une 
idée musulmane. 

Kn somme, les tapis sont blasonm'-s. Le blason, c'est exaclement une oppo- 
sition brutale lie teintes, une juxla|iositioii de contrastes. Il ne s'agit pas de 
fain; îles svuiboles intelligibles et nuancés l't des groupes onloum'-s qui seraient 
concertés et iiicrarchisés. d imiter la nature pour la faire parler. Ce sont des 
juxla[)osilious Iranclu-cs [)uieinenl intellectuelles. Ce sont, encore une fois, 
lies groupements arbitrairesd'ccussons colorés, d'atomes décoratifs. 11 n'y a rien 
qui illustre mieux leur Ihcorie. ipii nie la permanence de la nature, que les 
iilaxins (ui il y a des animaux fanlasliques, dos oppositions de couleurs hni- 
lules, toute espèce de choses que la nature ne donne pas. 

SlKlA. — II. 20 



154 SYUIA 

Passons maintenant à la musique. Pour la musique, on a pu dire, et la 
chose est très certaine, que les théoriciens uîusulnians se sont servis d"ouvrages 
de philosophie grecque qu'ils ont plus ou moins compris. Il est non moins as- 
suré qu'il V a certaine influence, à travers la Perse, peut-être, de l'Inde. 

Mais, prenons la matière musicale telle qu'elle est. Nous trouvons d'abord, 
une gamme à intervalles très étroits, tiers et quarts de ton irrégulièrement 
répartis. La voix joue dans un intervalle très restreint, ce qui implique un art 
assez développé puisqu'il faut une éducation de l'oreille toute particulière, et 
la plupart des Occidentaux, lorsqu'ils écoutent un concert ou des chanteurs 
orientaux, sont profondément ennuyés, car il leur parait que c'est toujours la 
même note. 

D'ailleurs, nous allons voir que l'essentiel de la musique, pour le musul- 
man, n'est pas la note, ni même le système de notes. 

Au point de vue de la construction logique de la phrase musicale, il y a 
bien, en pays musulman, les vieux modes de musique, ce qu'ils appellent les 
modes de musique « andalous », et jusqu'en Perse, dans l'Inde, et même en 
Malaisie, au point de vue de la conception logique, idéologique de la musique, 
règne cette idée des modes. Je n'insiste pas là-dessus : ceux qui ont étudié la 
musique grecque classique savent qu'il y a des antécédents. 

Les modes ne sont pas la chose la plus originale de la musique musulmane. 
Mais je vous signalerai en passant que les airs populaires musulmans, aussi 
bien en Perse qu'au .Maroc, chantés en persan ou chantés en arabe, relèvent 
de certains modes expressifs. 11 y a, par exemple, un mode particulièrement 
mélancolique, le mode de Xéhavend (c'est le nom d'une ville de Perse) qui 
est très populaire pour les chansons, à .\lep et à Bagdad. 11 y a ainsi une ving- 
taine de modes principaux, transposables. exactement comme dans la Grèce 
ancienne. 

Ce qui importe, en musique, c'est la réalisation, le contour même de la 
mélodie. En Islam, elle est toujours successive. Ils n'ont pas du tout l'idée de 
l'harmonie, la conception de l'accord simultané qui est. en somme, la grande 
di'couverte de l'occident chrétien, et qui est l'originalité la plus profonde 
lie la civilisation occidentale. Cela n'existe pas en dehors de l'occident chré- 
tien, jias plus en extrême-orient qu'en pays musulman. 

Dune. (!■ qu'il \ a d'essentiel, pour tous ceux qui écoutent un orchestre 



Li:S MHTHODES ARTISTK M'ES DKF, VFATLK9, DE LISLA.M 155 

iiiiisulmari, c'est le. ri/tliine. ['(''coiiliMnciit des tf!iii[)s propre à chaque iiK-lodie; 
et, clie/, ICxénilarit. la [)récisioti a vit lacjuelle linslanl est cueilli. 

Je no voudrais pas avoir l'air de iaire iléperuJre tout d'une conceplinu im-ta- 
physicpie, mais, lors(ju'il s'agit dutuj civilisation ijui se did'end si puissamment 
contre I in^i'-retice étranj,'ère, il faut bii-n compremlre tout de même que. 
s'il y a eu des tliéol(»f;i<;ns, ces théologiens définissaient en tern)Os logiques 
ce que clwKiiii |icii<;iil et |iratiquait. C'est pour cela (]u"ils ont été ortho- 
doxes. 

I.'iiislant est cui'illi, car rien d'autre n'existe, la dun'-e ncxisfe pas. [)uis- 
que, encore une fois, le temps est un com[Mjsé factice <rinslatils, et (|iic les 
instaids. Dieu [leut en créer comme il veut. 

Il faut voir comhien tous les meiidires de ronhestre, aus>i liii-n ei-ini qui 
tape du Kanoùn avec ses doigis sur des cordes métalli<pies, (jue celui (pii joue 
de loiid' avec son piectre. comhien chaque artiste cueille l'instant, comme une 
danseuse. 

C'est qu'en elfet. l'inshiiment qui donne le rythme est une espèce de tam- 
bourin (ju'on appelle le « dalF », attaqué latdnl sur le bord ilikl) tantôt au 
centre {IdiuD. Toute la tln-orie de la musiipie musidmane et de la métrique 
mt^-me, dérive de ce fand)Ourin. On jiourrait eu donner la démon.sfration par 
des battements de mains, ,1e prends, par exemple, un air marocain qui com- 
mence comme ceci : 

qù I la I na || San ] fia | dji | min || 'a | ma | lat | fâs || 
/(■/.■ I lil; I /-mi II tiûn | //7; | /i7.- | Fom \\ lik \ tÛ; \ tik | 1^ || 

(2 fois). 

Au lieu de la Uiiii;ue et de la brève de la melri(]ue aneierwie, il \ a, en 
dehors des silences. diMix valeurs, linslanl où le coup est frappé sec et mat 
(til"'.') et l'instant où le cou[> est long et sonore {loin.'). 

Tik.'(Ta), le coup frappé sur le bord du laud)ourin est souvent asséné 
sur une cymbale; on peiil le fiappcr sur le dos df la main gauihe fcrinre, 
si l'on bat des mains: avec U' jucil (iiiiirhr. si l'on danse i .\le\\ lévis'). 

Tom! {Dili). le coup frappé au centre du landiourin. est toujours frappé sur 
une peau li'ndiu' : ou le frappe sur la /((/«me gauche ((«nr/c, >i l'un bal des 
mains ; avec le jiicd droit, si Ton dan>e. 



156 SYRIA 

L'important c"est de cueillir les instants et de les cueillir battement par 
battement. L'essentiel de cette musique, le fondement même de l'accompa- 
gnement des chansons et de la mélodie, ce sont les séries de coups. Les musul- 
mans ont ainsi inventé des séries de rythmes; un des plus connus est ce qu'on 
appelle le masmoàdi. Il se compose d'une série de coups mats se trouvant s'en- 
trelacer avec des coups sonores, certains coups étant suivis de silences de 
scansion '*' ainsi: ïik, Tom | tik || Tom, Tora | . 

Pour la mi'triijiie, qui est l'art le plus proprement musulman, sans entrer 
dans de longs détails, je me borne à indiquer ici que la matière est composée, 
chez eux, de consonnes (c'est toujours le bruit, comme dans la musique) colo- 
rées par une voyelle qui passe, mais trùs incertaine. Les trois voyelles arabes 
sont très incertaines. La théorie des voyelles est aussi peu poussée que la 
théorie des couleurs, et pour la même raison. 

Au point de vue des sujets, il y a une série de types, tous les types bien 
connus de la métrique arabe. Et au point de vue réalisation, ce qu'il y a de 
fort intéressant, parce qu'il y a eu là une influence puissante sur l'occident, 
c'est la rime, avec la consonne d'appui réfîlementaire. 

Certes, la rime a existé, chez nous à l'état sporadique. antérieure à l'essor 
de l'islam, mais sous une forme dillerente. c'était un peu une assonnance per- 
fectionnée. La rime n'a atteint toute sa force et toute sa plénitude en Occident 
que sous l'influence que l'on a appelée l'art du « dolce slil novo ». Tel est le 
nom que lui ont donné les romanisants. Or, c'est un art qui commence soudain 
au douzième siècle sur tout le littoral de la Méditerranée placé en contact avec 
les musulmans, aussi bien en Catalogne, qu'en (ialice. en Italie et en Provence. 
Et, ce qui est tout à fait rcmanpiable et ce (jui est absolument démontré, cet 
art se trouve prendre tout le malériel métrique au point de vue du rythme, des 
auteurs arabes de poésies populaires dites « mowashshaliàt «deCordoue et do 
Grenad(> cin(pianle ans avant. Kl la mi'tiique arabe s'est formée sur dt>s prin- 
cipes qui sont, encore une fois, coditiés et influencés, au point de vuii compo- 
sition, ce qui est l'essentiel, par des théories à base musulmane. 

Passons mainliMiant à la littérature qui es! l'art sur li'(|uel il sérail agréable 
(') Je marque lo I 2 soupir par une barre, et le soupir par une double barre. 



LES MÉTHODES ARTISTKM'ES DES PEUPLES DE L•ISL.\^r L57 

(le s'arrùtor en dernier puisque c'est celui qui nnus permet pi'ut-r-tre le mieux 
de les comprendre, puisijue cet art n'emploie pas dt's moyens indirects pour 
atteindre la pensée elle-même dans son mécanisme et dans son expres- 
sion. 

Il faut bien avouer que toute pensée couiporte un symbole en ce sens que 
toute pensée correspond à certains schèmes logiques: de même, en stéréo- 
cliimic, on ligure les combinaisons chimiipics comme des ('diliccs : il n'y a 
pas d'idée absolument simple, et c'est pour cela que nous cIiimcIioiis à 
les symboliser, à les construire. Nous les symbolisons dans la litli-ralure 
au moyen des tropos. F, a classiticalion des tropos, la rhét(u-i(iu('. telle que 
l'envisagent les Arabi's, est tout ii l'ail dillV-reiiti; dr- la rlii'lurique classi(jue '". 

Je ne prendrai comme e\em|ili' (]u une trope : la mélapbore. Ce ijui frappe 
tout d'aluu'd en poésie islamique, c est une espèce i! inaiiiuiatiun de \n méla- 
phon^ Ou veut la rendre iiréelle. Il \ a une descente de la mi'-lapbure. L'IidUime 
est ciimpare à des animaiiv : ranimai est comparé, gé'rn'ralemeiil. à une Heur, 
et la Heur à une [lierre : une tulij)e est un rubis. 

Dans un récit d'lmrol((aïs nous trouvons « celt(! (leur taclietée » et il veut 
palier de la plaie saignante d'une gazelle (|U il vient de tirer à l'arc à la cbasse. 
il ne s'agit donc pas de vivilier l'idée [>ar les images, de faire dresser devant 
nous des caricatures, de singer le créateur, de faire revivre ce qui n'est plus: 
il s'agit, au contraire, de prendre les choses, celles (pie nous avions senties, 
telles qu'elles subsistent actuellement, c'est-à-dire pélrilié'es, inanimées. La 
nu'tapliore n'essaie pas du tout de faire ressusciter r(''moti(Ui : c'est exactement 
chez eux. la prise du souvenir tel (|uel, sous une fcu'me descriptive, par là 
nu"'Uie qu'ils lu» croient pas cpie parler d'une chose puisse la faire revivre: ils 
n'ont pas celte illusion idolàlrique des poêles d'Occident qui l'ont revivre les 
instants passés av(>e la bien-aimée en faisant des poèmes. 

Prenons, par exemple, ce début de la 1'^'^^ uuiallaqah : « .Vrrètez-vous (Im- 
rolqaïs parle aux deux conducteurs de son chameau) arrêtez-vous et pleurons, 
en souvenir des amis, devant les traces des campemenls. » Et les traces des 
campements, il peut les décrire : ce sont les trois pierres noircii-s du foyer: ce 
s(Uil les uuirques du campement, des chameaux. 11 ne s'agit jias de vivilier le 

(') Garcin Je Tagsy a fait un voimne sur la rhétorique musulmane qui est tout à fait iDtêressaot . 



158 SYRIA 

souvenir, de faire danser des spectres dans ce lieu qui est maintenant vide: il 
s'agit simplement de recueillir sur place le souvenir tel quel. 

Je crois maintenant en avoir assez dit pour que, par ces exemples divers, 
A'ous saisissiez l'essence de la poésie, l'amour arabe tel que ces artistes la com- 
prennent eux-mêmes. Ils rappellent d'un mot tout à fait intraduisible : ils 
l'appellent le « hanîn '^' ». le « gharàm » : c'est le regret, mais un regret qui 
n'est pas du désespoir, qui n'est pas non plus une espèce de sadisme, c'est 
l'union du souvenir à une certaine fidélité amoureuse, plutôt de la fidélité que 
de l'amour. On n'essaie pas de rien faire revivre, ce serait un sacrilège envers 
Dieu. C'est un regret de la pureté primordiale d'un sentiment qui n'est plus et 
même quelque chose de plus, un regret du paradis vert et frais qu'ils se remé- 
morent au désert de sable et de feu. Rion de suggestif à ce point de vue comme 
la figuration sensible du paradis tel qu'il est décrit, dans le Coran. 

Les Arabes aiment beaucoup citer une anecdote que je trouve, d'ailleurs, 
exquise en son excès. L'histoire des deux amoureux : Majnoùn et Laïla. .Maj- 
noûn était fou d'amour pour Laïla qui. d'ailleurs était basanée et presque 
noire, mais enfin, elle était aimée de Majnoùn ; ce sont deux types d'amants 
parfaits. Or Majnoùn, dans la théorie artistique de l'auiour arabe, doit linir 
par s'écarter de Laïla. 

i'ourquoi cela? Un jour, raconte la légende, Majaoùn rencontre Laïla et sa 
bien-aimée l'appelle afin de causer ensemble un moment. Alors, il lui dit : 
« Tais-toi, car tu me détournerais de l'amour de Laïla. » 

Cet amour de l'ombre de Laïla, cette fidélité au souvenir, au premier ser- 
ment, et aux premières entrevues est tel que Majnoùn ne veut plus rien du 
réel. Il préfère garder simplcuiiMit le culte du souvenir tel quel, l'idée pure du 
souvenir. Vous voyez que cet amour exclusif est tellement immatériel qu il 
finit par se perdre dans l'idée pure, et se suffire de la trace intellectuelle 

laissée. 

Un dernier exemple. On parle souvent des sultans ottomans comme de 
gens extrêmement « féroces » et je ne conteste pas qu'ils aient employé des 
procédés de gouvernement simplistes, à tout le moins ; l'un des plus « féroces », 
certainement, a été Sélim I. reniienii juré de la l'erse. Or. tous ces sultans 

CI Jahiz, RisnInI dl hanin ilnlawliin, Cuire, 1H3;1 lu'-g. 



LES MHTHODI-S ARTISTIQUES DES PEITLES DE I/ISEAM 159 

ont fiiit dos vers. Il y en a qui ont élt' plus ou moins iKnircuscini-nl insiiircs. 
mais Si'-lim I a un « diwân ». c'(,'sl-à-<lire un recueil de iiuènus l\ri(|ucs où 
l'on voit dé[H'inls des sentiments adé(iuals aux scntiiiiml- dr Majinnin jiniir 
l.aïla. Tid ce vers persan, de lui : 

Ni vivant ne suis, puisque tu t'écartes, figure eiquise, ni mort ne suis; 
O dôiresse! ([ue ce genre d'existence fait pour conduire au néant. 

Ci'i amour \ liant \ ei> la |)cii>('e [piiri' : cet amour Inurm'' m rcun-t e>t tout 
à l'ait si(éi-ili(|uement i>lamii|ue. (l'est une acceptation, en (]ueli|ue sorte, 
sereine du tiilemme (juil y a etitre les choses telles qu'elles nous sont impo- 
sées du dehors et le di'sir (|ui est en nous. « Dieu a décrété ceci <> et alors, là. 
nous touchons à la poé'-ie ni\ -tique. ■■ Dieu m'a commiindé cela que je ne puis 
l'aire, mais que ji' désire. » Mois le poète s évade de 1 acceptation (hi destin 
pour rêver d'une certaine liberté (|ui serait pi-es(jm' divine, mais il n'essaie 
pas de se l'arroger ipiand il e>t révrilii'. >i je |)nis ainsi dire. 

En mystiipn! musulmane la règle existe qu il n'est pas permis d avoir <les 
visions à l'état de veille. On ne p(>ut les avoir tiu'eii sonuneil : or. l'art musul- 
man est également cela. daii> uni' espèci' de demi-jour, entre le sommeil et li- 
re \ cil. 

.le voudrais vous citer, jiour terminer, des vers admirables de .Motenebhi. 
On la l)eaucou[) critiqué, mais il est avéré (ju'au jugement des musulmans, 
et c'est le seul ([ui nous im[)orte ici. c'est le plus grand poète arabe. 

Voici le thème (lu'il traite. Il phuire sur les pierres (jui ne « comprennent » 
pas leur destin et il dit qu'il n'est pas nécessaire de pleurer sur les cœurs, car 
les cœurs, eux, comprennent, se souviennent et ont goûté l'instant. En somme, 
c'est une paisible lidélité de la pensée, c'est un certain regret, très serein, de 
cela (jui n'est plus, tempéré par la gratitude (envers Dieu) 7»»' cela ail vl('. 

V»)ici les vers: « Laki. yâ manâ/.ilo... » 

l'our vous, demeures aimées, il est en nos cœurs des demeures ; 
Vous êtes vides, vous, — mais eux ne vous ont pas quittées. 
Eux, le savent, tandis (jiie vous ne le savez pas... ati ! certes 1 
Entre les deux, c'est sur vous d'abord que l'on pleure, quand on comprend. 

Voici un autre mot, assez singulier pour nous, d'un théologien musulman. 



Ballàdj passait av.ecjses disci^ics ; dans uiie rue de Bagdad ôùàls^urprcjnnent 
ksondùnè fiitte exquise. IcD de ses disciples' lui'demajîde: 
'.... (fQ.u';est-ce qiie c'est 'ji.: -- .' 

II répond : « C'est la voix de Satan qui pleuré sur le mondt^. » 

Coipment faut-il commenter;' «Pourquoi pleurc-t-il sur le monde? Satan 

pleuré s^ le inondé parce quïl veut le faire survivre à la élesfruGtiqjiî, il pleure 

s«r les'^^oses qui passent, il veut les ranimer, tandis que Dieu seul reste. 

Satan alité condamné à s'attacher lauxclioses qui ijassent, et c'est pour cela 

jq^u'ilpleïlré. »• . i .'' 

- - Vous; ie voyez, là (încore, l'orthodoxie, l'idée directrice de cet art musul- 
man est déhaùsser au delà;des formes, donc' pas laisser idolâtrer lès' images,: 
mais daller au delii vers Celui : qui les fait bouger comme dans une lanterne 
nfagique, commie dans 'un théâtre' d'ombres, qui est le seul permanent: te bowa 
elBàqî », nous disent les innombrables pierres tombales de l'Islam. 

Louis Massignon. 



L'UNiTK i>Ks i:(:()Li<:s ni: .mi.m\ti:uistks mn i»ei;si; 



A.UMi:N.\(; SAKISIVN 

I/arl [UTsan en fri'-iHTal. et les urls du livre — caHij^Tapliii'. rnliiiiiimiir, 
minialiirr. reliure — en |»articiilier. pn-serilerit une évoluliim cuiitinue et har- 
umnioiise (le nature l'i faire supposer un pa\> unilié et eeniialiM'. A priori un 
s('xpli([ue mal ce pln-noinène, lorsqu on considère les dominations élraufièrcs 
(pii se sont succéd('' en l'erse, et son morcellement politique. 

En (^ll'el. la i'on(juèle montrole au milieu du ii'ei/.iènu' siècle, rt'alisc ù 
peine [«jur cent ans l'unilé p(dilique de la l'erse. (|ui. pendant les dr-ux der- 
niers tiers du (piator/ièun' siècle, se retrouve morcelée entre di- nondtreux 
dynasles. La coii(|ur|i' de Tiumur nirine. à la lin du i|uator/.ième siècle, qui 
refait sous un même sceptre l'uuile de la l'ers<>, sera ('-plu-mère, (-t ses succes- 
seurs ne j;arderont jus(|u'à la lin (lu (piiu/.ième siècle (|ue la l'erse orionlale, 
principalement le Klnu-assan. les 'riircomaio du Moulon .\oii- avant l(d fait de 
rétablir leur autoril('' dans lOuest. La dynastie des SélV-vis, cpii s'affirme au 
seizième siècle, succédant aux Turcomans du .Mouton IManc à l'Ouest et aux 
j'iuinurides à l'LsL r(''ussira mieux ([u'eux à ('lalilii' sa domination sur la l*i-r>e 
imiliée iiour joui le sei/.ième, le dix-septièuu' et uiu- partie du dix-lmilièuie 
siècle. 

L ('tat social des co'n(pn'-rauts est une première cause do celte appa- 
renic idultadiclion. (^(-s con(|uérauts .M(Uigols. Tui-ks ou Turcomans. ap|>ar- 
leiiaul ,1 des races en iiéiu'-ial nomades et toujours ^ïuerrières, n'a|qiorlaieut 
avei; eux (pi'iun- ci\ ili>alioii primitive '". et adojttai(-nl fonM-nu-nt la cul- 
ture (-1 les ar'ts de 1 Iran. Ils orrt été souviMrt des [)rolecteurs i;érr(-i-eux de> 
arl>, corirme les Tinrouride^ Baysourdvorrr Mir/a et Sultan Hussein Uarcara. 
à lierai, orr le Tirrcomaii dir Mouloii .\oii' Pir |{(urdal» ii C.lrirM/ ' |>l. W II. I . 

(') Di-jiuux yi-u.x do Yc/.ilcguiitl, di-niici- roi snssaiiirl.- d.- riiaii, lis loïKiiu'iiiiils ariilit-s ne soiil 
que des « mangeurs de lézards ». 

SVHIA. — 11. jl 



162 SYRIA 

mais les artistes à leur service étaient des Persans et cette communauté de 
race chez les artistes créateurs assurait déjà une première unité dans les mani- 
festations artistiques. Pour prendre des exemples, le monument funéraire d'OI- 
djaitou à Sultanié, et la Mosquée Bleue de Chah Djihan à Tauris, ne sont pas 
plus des œuvres mongole et turcomane que Saadi n'est un poète seldjouk pour 
avoir vécu à la cour des Atabeks de Chiraz. ou Djami un Turk pour avoir tra- 
vaillé au Khorassan sous les successeurs de Tamerlan. 

Le rôle prépondérant des cours, et ce que j'appellerai les tniij rat ions arlisii- 
ques, achèvent d'expliquer le développement harmonieux de la miniature per- 
sane du treizième au dix-septième siècle. 

Un historien turc Aali, auteur d'un petit ouvrage éminemment précieux 
sur les artistes persans et turcs du livre, souligne ce rôle des cours dans la vie 
artistique de l'Orient. Amateur de calligraphie et de miniature de la fin du 
seizième siècle, époque où sous l'influence persane le goût, la passion même 
de ces arts, étaient très répandus dans la capitale turque, son travail est fondé 
sur une connaissance intime et directe du sujet, et non sur des données pure- 
ment livresques, ce qui en augmente singulièrement la valeur. Aali insiste 
sur cette idée *", appuyée d'exemples relatifs aux calligraphes comme aux 
miniaturistes, que « les savants et les artistes ne se manifestent que grâce 
à la faveur de souverains généreux ou d'illustres vézirs ». 

En etl'et. dans les monarchies despotiques de l'Orient, plus qu'on Occi- 
dent, l'art a été l'apanage d'une élite représentée par le souverain et sa cour,^ 
qui seuls encourageaient et faisaient vivre les artistes ; la vie artistique se con- 
centrait ainsi nécessairement dans les capitales. 

Or, du treizième au dix-septième siècle, la capitale i-t le rentre de gravité 
du monde persan ont été successivement Bagdad et la région de Teluiz avec ^ 
les .Mongols : — llérat, avec les Timourides: -^ de nouveau Tebriz et plus tard 
Ispahan, avec les Séfévis. Tout tninsfert de capitale devait forcément entraîner 
la migration vers la nouvelle cour des artistes qui vivaient de l'ancienne. 
Ainsi la métropole décime passait le flaml)eau de l'art à la capitale qui lui suc- 
cédait, ce ijiii assurait l'unité dont on est frapp('' dans le développement de 
l'art persan, (iràce à Aali, on peut se rendre compte de ces faits, dans 1 évo- 

('' Voir mon nrliclc sur li:ii Mininlurislcs lifhznd cl Knsxim Ali. GnzcHe des fienux-\ris. oc- 
lohre ll)2(t. 



L'IJNITK DES KflOLES l)K >f I>M ATU R I STRS RN PKRSR 10;', 

lution de r.iit persan, corroliorùs [)ar (le mtmliioux exemples. Le plu.s célèltrc 
est celui de liehzad (|iii. aiirès une lirillante carrière à lierai sous Hussein 
IJaïcara passe, à la clin le des Timouridcs, à la cour de Cliah Ismaïl le Séfévi, 
où il est devenu Directeur de sa hildiothrqne. Nous savons que le calligraplie 
préféré de ce souverain était étralcincnt un Kliorassanien. Cliali .Mahmoud 
Nichapouri. Le |)oilrail de lidi/ad ipif j ai publié'" le re|)réseiiti' avec le 
turban à bàlon rouj^e des Sél'évis. 

Dans I histoire de l'art musulman, à coté des mij^rations d artistes attirés 
par une nouvelle cour, les exodes douvrii-rs et darlistes transplantés de 
force, à la suite de la prise d'une ville, constituent aussi un fadeur impor- 
tant, qui, s'exerçantdans le même sens qncli's mi^rralinns volontaires rerd'orce 
leur effet. J'en citerai un (Xi'mpir slunilicalif |i()nr- larl df Samarkand. \ la 
prise de Da^dad en i;H):i-i;t'.»;t, Tumerian emmena ilaiis sa(a|iitale li'S >avants, 
les artistes et les mailres-ouvriers de cetle \ ille >-', déleiiniiiaid ainsi un exode 
de louest à l'est. 

Tiiutefois, l(jrs(|u"un centi'e artistique déihu est soustrait i\ I iniluence do 
la nouvelle ca|iilale. soit (]u"il reste s(»us l'ancienne dmninatioii. soit qu'il 
passe à une unuNelle. 1 aiieiemu' école se maintient presi|ue sans évolution. La 
Perse occidentale au (piiuiième siècle, restée aux mains dos Tiircomans, en 
est un exemple frap|iant. Il existe toute une série d'ceuvres contemporaines 
des Tinuiurides el fausseuienl ailiibuées à cette école, qui représentent la 
survivance de l'école monj;ole au ([uinzième siècle. 

La période mouiiole proprement dite s'étend, eu elVel. jusipi'à la fin du 
qualiiivièun- sièile. La famill(! mongole des Djebnirs. ipii détenait en n'-alilé 
le [louvoir sous les derniers llkhans, en leur siucédaiit dans la première 
nu)itii'' du ipiatorzième siècle, lit sa ca|)itali' di' la ville de Hagdad, cpii est 
ainsi l'estée mongole pendant tout le siècle, maign'' la conquête passagère de 
Tiinour en I ;}!•:(. 

Les miniatures de livres de la lin du quatorzième siècle, datés de Magdad, 
tel (pie le Khadjé Kirmaiii de \'VM du liiitisli Muséum i^> représentent donc la 
dernière étape de révoluli(Ui de lecole mougule. Leur parenté avec les pre- 
mières peintures iimourides sexpli(pie par ce fait (pie ces miniatures mongoles 

i" /(>i(/., fig. \. l'i l'.-R. MiiiTiN, The Miniiilure Piùnlinijithd 

l'i MuNVKJiM livciii, I. m. |(. 1:1. nninlrn. I. U. l'I. *.% n 'W. 



164 SYRIA 

constituent le point de départ de la nouvelle école, mais c'est une erreur mani- 
feste de les attribuer à cette dernière, comme l'a fait AI. Martin pour le manu- 
scrit de 1397 du British Muséum. Il est intéressant à ce point de vue de noter 
les tvpes mongols des figures '". 

Le musée de rEvkaf possède un Nizami de 1399 illustré de paysages du plus 
haut intérêt. Le scribe est de Behbéhan de Kuh Guilouy, localité du Sud-Ouest 
de la Perse, et il y a tout lieu de croire que le volume est aussi originaire de 
cette ville, ce qui le rattacherait au manuscrit du British Muséum. Ces 
paysages sont tous du même type, mais leurs couleurs varient. Dans celui que 
nous reproduisons (pi. XVII, 2), une colline centrale jaune, flanquée au second 
plan de deux autres hauteurs, ocre et violet foncé, se détachent sur un fond 
bleu. Une rivière dont l'argent est très oxydé, serpente au flanc de la colline du 
milieu, et des canards y prennent leurs ébats au premier plan. On y remarque 
des palmiers. Des lianes en or très contournées sont d'un très grand effet déco- 
ratif: enfin, des oiseaux, disposés avec une symétrie naïve, sont perchés sur 
les arbres. Ces miniatures, toutes de la même main, représentent Toeuvre aussi 
charmante que rare d"un paysagiste qui ne nous a malheureusement pas 
transrais son nom'-'. 

Le Nizami de M. Goloubew de 1463 '^' et surtout leChahnamé des Derviches 
Mevlévis de Péra <*' sont des exemples typiques d'œuvres de l'école mongole du 
quinzième siècle. Ce dernier ouvrage'^' n'a pas été exécuté, comme M. F. R. 
Martin l'a cru, à tort, pour Mirza Ali de Ghilan, mais pour Ali Mirza, l'aîné des 
frères de Chah Ismaïl, lequel, à la différence du gouverneur do la province 
de Ghilan, portait le titre de Sultan et même celui de Calife. Les Séfévis, fixés 
à Ardébil, jouaient, sous le couvert de lu religion, un rôle politique bien avant 
de monter sur le trône de Perse. Sultan Ali Mirza avant été tué dans un 

(M F.-U. Mautin, (j/). cil., uolammeiil l.i niVi<HrHin/«;vi. Leipzig, 191i, t. II, pi. 36 et 37. 

planche 47. C) F.-R. Maiitin, op. cit., t. II, pi. 63 et 66. 

l't Voir MAtiTKAU et Vbvkii, Miniatures per- (^1 Ce volume se trouve actuellement au 

«fines, lu PI. LVI de 1417, apparentée ares Musée de l'Evkaf de Stamboul. Volé à la Bi- 

paysages, mais de la Perse Occidenlalc. La bliothèque dos Derviches .Mevlévis de Péra, et 

coiffure des personnages do la PI. VII qui se vendu à un diplomule espagnol, il n'a été res- 

rnpporle an même manuscrit, rapprochée des titné qu'allégé d'un grand nombre de minia- 

Inrhans de la PI. I,V ne laisse pas de doute à lures parmi lesquelles toutes celles qui avaient 

cet égard. été publiées. 

(') W. SciiLi.TZ, Hie pcrsische-islainische Mi- 



L'UN m': DR s KG OLE s DE MINI ATU lUSTES EN l'EILSE 105 

ctiiiilial en i i'.CJ, son Klialinium!' est antrricur à cette date, et oertaiiieiiieiit de 
la n'-j^iuii de Tebri/,. 

Telle l'tarit l'iitiité dr la iiiiiiialiiie |ieisane. les gi'andes subdivisions 
al)l)asside. iiinniiole. liiiiouride et sétëvie ont le earaetère de [lériitdes de dé- 
V(d()|t|ieiiient inlliieneé(;s |iar ties euiidilitiiis politiiiiies et p''(ijj:ra(diii|iies spé- 
eiales. et elles lie coiisli tuent des éc(des. dans le véi-ita[)le sens du mol. ([ne lors- 
(|n'elles di-passent la domination polilicjne ({ui sert à les caraetériser. comme 
l'école morii^^de dans la l'erse occidentale an qnin/.ième. et l'i-oole de lli-rat. à 
lionkliiiia. an sci/.ièine siècle. I.ii dilItTein'e e>l i:randi'. dans ce cas, l'ntii' le- 
(euvi'es conleui|toi'aines de l'école (|ni si' snrvit et celles de la iion\ elle i-cnlc 
qui, ayant eu l'ain;ieuiie comme [loint de dictait, |ionrsuit son év(dntioii. 



.\llMK.NA<; S.\kl>lA\. 



BIBLIOGRAPHIE 



Raymoxd Weill. — La Cité de David. 
Compte rendu des fouilles exécutées, à 
Jérusalem, sur le site de la ville primi- 
tive. Campagnede 1913-191^. —Un vol. 
in-S" de viii et 209 pages avec album 
in-i" de 26 planches. Paris, Paul Geuth- 
nei-, 1920. 

On sait avec quelle persévérance et 
quels arguments pressants M. Clermont- 
Ganneau a demandé que des fouilles soient 
faites, à Jérusalem, surla croupe méridio- 
nale d'Ophel, dans l'intention de retrouver 
les tombes des rois de Juda à liiilérieur 
de la boucle dessinée par l'aqueduc sou- 
terrain qui relie la fontaine de la Vierge à 
la piscine de Siloé. Grâce à la libéralité du 
baron Kdmond de Rothschild, ce projet 
a reçu, eu 1913-1914, un conimeiicemeiit 
d'exécution sous la direction de M. Ray- 
mond VVeill, égyptologue qu'attirent les 
[)roblèmcs bibliques, archéologue doublé 
d'un oflicier du génie. 

La complexité des problèmes archéolo- 
giques que pose le site est telle, qu'il a 
paru utile au nouvel explorateur d'expo- 
ser l'état de la (piestioa avant dedécrire ses 
propres recherches. Les fouillcsentreprises 
par VV'arrcn — (|ui a dégagé une partie du 
mur d'Ophel — et par Parker — qui a 
sondé l'intérieur de la colline et exploré 
le réseau de tunnels sons-jaccnts, — ont 



été conduites parle moyen de puits ou de 
galeries pénétrantes dont le rendement 
est forcément limité. 

Toutefois, dès 1879, Warren situait exac- 
tement la cité jébuséenne et reconnaissait 
(jue la source d'Ophel n'avait pas peu con- 
tribué à fixer le choix des Cananéens; mais 
il ne déterminait que des éléments de la 
muraille orientale ; les fouilles de 1913- 
1914 restituent tout le système fortifié de 
la cité cananéenne devenue cité de David. 

Mieux que de longues explications, le 
croquis ci-contre que nous empruntons à 
l'ouvrage de M. R. W., montrera l'organi- 
sation primitive sur le promontoire d'cd- 
Dahoura, qui prolonge au sud la colline 
d'Ophel. M. R. Weill y a dégagé un sys- 
tème complexe de défenses analogue à 
ceux de Jéricho, de Gezer, de Megiddo et 
de ïaannak. Il est vraisemblable qu'à 
l'époque des rois de Juda, il y a eu des 
réfections ou même des additions puisque 
les Chroniques font allusion à des travaux 
d'Ezéchias et de Manassé ; mais ces dé- 
fenses ont dû recevoir leur aspect à peu 
près définitif dès le milieu du deuxième 
millénaire avant notre ère. « Le dispositif, 
note M. R. Weill, en gradins, avec mas- 
sifs en terre durcie fonrnissant des em- 
marchements en glacis incliné, a été ren- 
contré sur les lianes de plusieurs acropoles 
palestiniennes, notamment à Jéricho, où 




Râbsk 



£ir£yci.J- 



168 



SYRIA 



sous le gros mur cananéen de la crêle, 
devant lui et plus bas, à l'époque israé- 
lile ancienne, on établit l'avancée d'une 
lorle muraille en briques, assise au som- 
met d'un glacis raide en terre battue, re- 
vêtu de moellons, fondé lui-même sur 
une couche de béton d'aigile. Très carac- 
téristique aussi est le dispositif des murs 
et glacis étages qu'on trouve à Megiddo. 
Les montagnards qui aménageaient de 
pareilles organisations n'étaient point des 
novices en l'art de la fortification, et 
celaient des places redoutables que ces 
petites acropoles de Gezer, Megiddo, Jé- 
richo, auxquelles nous pouvons compa- 
rer, aujourd'hui, celle que David prit d'as- 
saut par surprise. » Déjà, M. Maspero. sans 
posséder l'abondante documentation mise 
au jour par les fouilles de ces vingt der- 
nières années, avait jugé très remarquable 
la forlilication cananéenne au temps de la 
dix-huitième dynastie égyptienne et re- 
connu qu'elle était sans analogue en 
Egypte. Cet art militaire si développé est 
certainement fonction d'une organisation 
puissante. Et cette remarque prend toute 
son importance quand on rattache cette 
puissance cananéenne à l'invasion dite 
des llyksos en Kgypte. La dernière élude 
étendue qui a été consacrée à ces en- 
vahisseurs — précisément par M. H. WeiU 
dans le Jo(//v)a/«sia<i'r/(ic, depuis 19 10, — a 
confirmé qu'ils se composaient en grande 
partie tle Cananéens. Après leurs forte- 
resses en Canaan, nous découvrirons peut- 
être d'autres éléments de leur civilisation. 
La céramiijue de Kofr edj-Djarra, mise 
au jour par le docteur Contenau {Syrin. 
t. I (l!t-20). |). 127-128, pi. XI) poiirr.iil 
liur être attribuée i ' i s'il se confirme (pic 

(M Cwi serait iiiipoiliiiil piiur lu (•.'•raiiiiiiuo 



la couche profonde du château de Sa'i'da 
{Ibid., p. 121 et suiv.) contient des 
fragments céramiques d'une technique 
très analogue : couverte jaune lustrée 
et cercles horizontaux peints en brun 
fiincé. 

Les fouilles du docteur Contenau au 
château de Saïda montrent que cette civi- 
lisation <|ui avait déjà subi une atteinte 
lors de la conquête par la dix-huitième 
dynastie égyptienne, a sombré sous l'ef- 
fort des peuples de la mer, au temps 
de Ramsès III, vers 1190. Cela résulte 
du hiatus (un mètre de terre stérile) 
qui, sur ce site, sépare la couche pro- 
fonde de la couche supérieure où appa- 
raît uniquement le géométrique de l'âge 
du fer (' I. 

La restitution de l'acropole cananéenne 
nous paraît le fait capital des découvertes 
de M. K. Weill à Jérusalem. On trouvera 
encore dans son rapport une étude des 
organisations hydrauliques superficielles 
et souterraines, des tombeaux plus ou 
moins dévastés qui paraissent apparteiiii 
à la nécropole des rois de Juda : la des- 
cription du dispositif des tombes est 
précise ; mais les déterminations archéo- 
iiigiques sont rares. 

De beaucoup plus basse époque est 
l'installation d'une synagogue avec dé- 
ixridaiices, antérieure à la destruction de 

iioiic à incisions remplies do matière liluiRhe 
i|iii apparaît en Egypte à l'époque des Hyksos 
i(',(. nos Civili-^nlions prélielU'idques, 2' éd., 
p. 2;i9 , mais qui a pu se prolonger plus lanl 
eu l'iiéuicie. 

, ' I Le docteur Contenau a pensé toutd'aijord 
(pi'il s'agissait du sac de Asarliaddou ; mais il 
iincpli' maintenant de faire remonter plus 
haut la destruction de la ville ou de ce quar- 
tier de ville. 



luin.KxiiiAi'iiii-: 



169 



Jérusalem par 'l'iliis, cl cIdiiI la dédicace 
par Théodotos est déjà célèbre ('). 

On voit que les fouilles iiahilemeiil con- 
duites par M. K. Wcill, sur un terrain 
inallieurcusenient trop resserré, apportent 
des renseignements importants et très di- 
vers. Ces heureux résultats doivent en- 
courager à poursniv rc l'i'iilreprise. 

Hkm', Dl'ssali). 

I,. I)i:i. M'OHTK. — Catalogue des Cylindres 
orientaux (Musée du Lnuvn' — I. 
h'tiiiilles et Missions. — Paris, llaclntlc, 
I'.t2(l (vm + !IG p. et ti(î |d.j 

M. L. Ui-lapiirle,à qui nous devions iléjà 
le catalogue des Cylindres orientaux du 
musée Guiniet et celui de la Itibliollièque 
nationale, nous donne aujouiilhui la pre- 
mière partie du catalogue des Cylindres 
du musée du Louvre. L'auteur a dû, tant 
est grande Timportance de la collection à 
décrire, scinder son œuvre en deux par- 
lies; pour la même raison il lui a fallu se 
borner à la simple description des monu- 
ments sans y joindre de commentaire; il 
fait ainsi connaître une multitude de docu- 
ments, jus(iu'ici |)eu accessibles à (jui vou- 
lait les étudier. 

A mesure que les publications do cy- 
lindres deviennent plus nombreuses, nous 
sommes obligés de constater que noire 
ignorance est encore grande sur le sujet ; 
j)our (jnelipies scènes expliiiuées d'une fa- 
(.on satisfaisante et délinitive, combien y 

l'i Nos lei'lfnrsen oui élê saisis pur rarlielt' 
de M. (Ilkhmont-Gannkac, S.vn'rt, t. 1 (l'JiO), 
pp. 190-197. M. TiiÉoDonE Kkinacii l'a étudiée 
duns Iteviie des éludes Juives, 19-20, pp. •S6-50. 
Plus récemment, lo 1'. N'imcknt eu a traité 
dans Hevue biblique, 1921, pp. ■217--277. 

SlHIA. — II. 



en a-t-ildonllasignilicalioQ nouséchappe! 
C'est le cas de la presque totalité des em- 
blèmes qui parsèment le champ des cy- 
lindres et qui paraissent avoir pour but de 
qualifier les ligures divines, assez souvent 
impersonnelles, qui composent le sujet 
principal. L'étude complète de la glyptique 
mésoi)otaniicnne ne peut être entreprise 
(pie sur des monuments dont on connaîtra 
exactement la date et la provenance. C'est 
rarement le cas des cylindres; nous savons 
quels types correspondentàchaqueépoque, 
mais ceci dans de larges limites, quelque- 
fois de plusieurs siècles, et nous n'avons 
(|ue rarement l'indication précise du lieu 
où ils ont été trouvés; nous devons souvent 
nous contenter de la mention de l'endroit 
où ils ont été achetés, ce qui est tout diffé- 
rent, CCS petits objets ayant .souvent beau- 
coup voyagé avant d'atteindre les grands 
centres où s'en tient le c<}mmerce. D'ail- 
leurs, il en était de mèrne dès l'antiquité, et 
de ce (|u'un cylindre a été découvert dans 
une fouille régulière, il ne s'ensuit pas (|u'il 
ail été fabri([ué dans la région. Aussi un 
cylindre isolé ne doit-il pas, sauf exception, 
ilonner lieu à des conclusions fermes; la 
présence dans une même fouille d'une sé- 
rie homogène pourra seule créer la pré- 
sonjption. C'est à cette condition de ne faire 
état, pour une étude d'ensemble, que 
d'exemplaires bien identiliés, qu'on obtien- 
dra des résultats durables tant dans la 
chronologie des cylindres que dans leur 
répartition en écoles et en ateliers, l'our le 
classement et l'interprétation, l'empreinte 
sur tablette vaut plus que l'objet lui-même ; 
on a souvent ainsi la date et le lieu de pro- 
venance du document. 

Le plan suivi par M. Dclaporle réponde 
ces desiderata ; lo volume (pi'il nous olTrc 
aujourd'hui renferme les cylindres prove- 
33 



170 



SYRIA 



nant de fouilles et de missions, tandis que 
le second volume présentera les acquisi- 
tions. Ce premier volume doit donc nous 
donner toute satisfaction par la rigueur de 
détermination des monuments. En réalité, 
il s'est bien glissé, dans la quantité, un 
certain nombre de cylindres dont la pro- 
venance est moins assurée; différentes ru- 
briques : collection Dieulafoy, fouilles de 
Khorsabad, par exemple, n'eu sont pas 
exemples, les directeurs de fouilles ayant 
parfois joint au lot, des cylindres achetés 
sur place et qu'ils ont considérés comme 
de même origine que ceux qui provenaient 
de leurs explorations. Mais recueil est en 
somme de peu d'importance, la grande 
majorité des pièces est bien définie; on 
voit ainsi se créer des séries sur lesquelles 
la critique pourra s'exercer. 

M. Delaporte a, en outre, joint aux cy- 
lindres toute une suite d'empreintes dont 
la connaissance viendra corroborer les ré- 
sultats de l'étude qu'on pourra consacrer 
aux monuments eux-mêmes. 

Les sections les plus importantes du vo- 
lume sont celle de la délégation en Perse 
avecoTI numérosdont 339 cylindres, 82 ca- 
chets et 1")0 empreintes; celle de la collec- 
tion Dieulafoy avec 107 cylindres, 195 ca- 
chets; celle des fouilles de Tello, avec 
63 cylindres, 33 cachets et IGO empreintes. 
Les fouilles de Tello et la délégation en 
Perse ont fourni un riche contingent de 
cylindres à dessins géométriques archaï- 
ques, dont jusqu'ici nous n'avions pas l'é- 
(piivalent. Lors(iue l'œuvre sera complète, 
ccqtii, nous l'espérons, ne tardera pas trop, 
le catalogue des Cylindres orientaux du 
musée du Louvre, constituera un répcr- 
loiie des plus précieux à consulter. 

G. Co.MICNAli. 



Gustave SciiLLMr.ERGEu. — Récits de 
Byzance et des Croisades. Un vol. in-i2 
de 341 pages. Paris, Librairie Pion, 1917 
(nouvelle éditionj. 

Nous sommes en retard pour signaler 
ce recueild'articlesdu maître byzanliniste, 
un des promoteurs du grand mouvement 
d'études suscité par l'ancienne Société de 
l'Orient latin, mais ces pages précises et 
vivantes ont gardé toute leur actualité. 
Quelques-unes évoquent les luttes pour la 
conquête de Constantinople au septième 
siècle, au dixième, au quinzième; mais 
nous devons signaler tout particulièrement 
le récit de la Prise de Jérusalem par les 
(jiierriers de la première Croisade, le 15 juil- 
let 1099 ," — L'Histoire d'après les monnaies, 
les premiers princes francs en Syrie ; — Les 
Arméniens au moyen âç/e: — Les Croisés au 
désert du Sinaï : — .la soir de la bataille de 
Tibériade, la mort de Penaud de Cliâtil- 
lon, etc.. M. G. Schlum berger a déjà con- 
sacré une importante étude à Renaud de 
Chiïtillon ('), célèbre jusque dans les chro- 
niques arabes par son audace légendaire et 
par la vengeance qu'en tira, non sans or- 
gueil, Saladin en le tuant de sa propre main, 
liien qu'épris de cette curieuse figure de 
guerrier, à laquelle il a su rendre tout son 
relief, son historiographe observe qu'il 
fut sans peur, mais non sans reproche : le 
plus grave est celui de porter, pour une 
grande part, la responsabilité de la mésin- 
telligence qui se déclara violemment entre 
l'rancs et Sarasins et qui aboutit à la dou- 
loureuse défaite de Uattiii. 

R. D. 

i'' IteiHiiitl de Cliiilitluii, prince it'Aiilioclic, 
iciijnctir de ta terre d'Outre-.loitrdain, uii vol. 
lie 407 pages. Paris, Pion, 1898. 



BiniJOr.HAIMMK 



171 



PfiRIODIQl F. 
La Revue de l'Académie arabe, DiniM-i. 

Il" (Ir jaiiN ii'i- l'.ll'l. 

On ne saurait assez insister, en Occidinl , 
et spécialement en France, sur ce fuit : ipii' 
toute la rénovation moderne de ce très bel 
instrument d'analyse littéraire et de syn- 
thèse philosophique, qui s'appelle l'idiome 
arahe, a été l'œuvre des Syriens, v Par le 
seul ascendant d'une inslruclion sii[)é- 
rieure (') », depuis sf>ixante-dix ans, des 
écrivains syriens, chrétiens pour la plu- 
part, ont travaillé, plus que personne, à la 
réconciliation enire Fumpéens et Musul- 
mans, en tr.insl'ormant, non seulement le 
drof;mana tel la <'omplai)ililé commerciale, 
mais l'imprimerie et la pri'sse, les discipli- 
nes artisti(iues, industrielles et méilicales 
del'Urient islami(|ue; et c'estce travail phi- 
lolo(,Mque patient, fondé sur l'édition des 
^iratids classiques arabes, (pii leur a permis 
d'adapter graduellement le Dictionnaire 
arabe, le vieux Qdinoâs, aux exigences les 
plus subtiles des sciences nouvelles et des 
problèmes sociaux contemporains. 

(;e n'est pourtant pas en Syrie que la 
première formuled'uneo Académie arabe » 
fut envisagée, mais au Caire, terre hospi- 
talière aux émigraiits syriens, eu un lemiis 
où la pleine liberté d'un pareil groupement 
inlelleiluel leur eût été refusée en Syrie. 
("e temps est passé, — et nous pouvons lire 
aujourd'hui le premier fascicule d'une /l'c- 
vttr (/(■ r.U-otlt'iiiic orahc, paru à Damas. 
Puissent ses membres (•) travailler 

('1 Uelire, A ce siij.-t, la lu-Ile i)rrfn.i' i\c 
GocevKii à su IriuliictiDii ih" r\//V/«/i il lus 
Mli.iK. Beyrouth, tSSS. 

I*' Mrinlires foiiclateiirs. rrsiilaiil à liniims : 
MM. .Muliaiiiiiiril Kiird .Mi, présiilciil : .Viniri 
Soim'i'il ; .Viiis Scllouin ; Saiil cl Kaniii ; .MhIi'I- 



longtemps de concert, comme les jardi- 
niers qui viennent féconder les Heurs des 
dattiers dans la palmeraie, — à celte coni- 
|)énétralion intellectuelle des deux cultu- 
res, orientale et occidentale, en Syrie : 
tel est le vœu que, de grand cœur, le si- 
gnataire de ces lignes vint leur offrir à 
Damas, à la fin de l'année dernière. 

Ce premier fascicule contient, après le 
programme inaugural, une étude de Saïd 
ni Knrmi sur la bibliothèque moderne 
qui se constitue à Damas, au musée: en 
f.u-e de la célèbre collection de manuscrits 
anciens conservés à la Zahirié ; puis la 
description, par il'i/ri Cnntlulafl, de quel- 
ques ac(piisitions récentes du Musée d'an- 
li(|uités. \ient ensuite une fine esquisse 
biographi(pie, jtar Maliniiiincd Kiird Ali, 
sur le cheikh Talier Djazaïri, cet esprit 
s.ivant et original, cpii a tant fait, parmi 
les milieux musulmans, pour la rénova- 
tion de la philologie arabe, au sens le 
plus large de ce terme ('). Le texte de la 

k.idcr .Mo^ral.i ; Mitri naii.lalafl|: U/. l't Dhi 
'.Main et Diii. — ù Zahlé: Isn Iskcniler .Ma- 
loïK. — a Heyroulh: L. Chcikh.i ; Dj. llou- 
nn'lli; I'. Klioùly; Ph. Tnra/i. — • à Bmjdad : 
M. CliDiiIvri .Vloùssi ; Annstas-Karmnli. — A 
Mrji : Hcdr Nasilni. — au Cnire : Ahine<l 
l'imitiir ; J. Sarroilf ; II.Zi''ki. — l'i Jèriisalcin : 
Nalila Zi'rrik, — ù Tunis : MU. Alulelwahhali. 
— à Mii<T : .M. Benehenel). — an Djehrl Winil : 
.Vhiiieil UlilA. — ù ConsUmIinoide : Zi-ki .Me- 
Lîliame/.. — L'Académie aélu eorame mcmltre.'», 
parmi les orientalistes neeideiilaiix : Diissaud, 
Ciuy, Massigiion ; t'iuidi, Ciriffini. Noilino, 
('.aetaiii : lliirtmanii f, Itroekelmaiin; .Margo- 
lioiith, Urowiie: llniitsina ; Xloiitrl : Gottheil : 
Mi^iiiel Asiii. 

l'i Su <■ vil" •<. si intéressante, a été pulilit* 
sous le titre tamniir al bitsiilr, |>ar uu de ses 
disciples, Moiia\imki>Sa1dB\>I, eu 13.39(l'JiO\ 
à Dnmns, l.-i'.t pages. 



172 



SY R I A 



conférence signalée plus haut clôt le pré- 
sent fascicule, avec un résumé des tra- 
vaux de l'Académie. 

Louis Massigson. 

NOUVELLES ARCHÉOLOGIQUES 

La mosaïque de la Synagogue de 
Ain Doùq. 
Cette curieuse mosaïque, découverte 
accidentellement en 1918 dans les ruines 
d'une antique synagogue non loin de Jé- 
richo, a fait l'objet de deux mémoires : 
l'un de moi, l'autre du P. Vincent, parus 
à quelques mois d'intervalle (". Les 
Pères dominicains de Jérusalem viennent 
de procéder au déhlayement total de la 
mosaïque et des arasements de l'édifice 
qui n'avaient été que partiellement dé- 
gagés. Le P. Vincent, qui avait fait les 
premiers relevés provisoires et qui a di- 
rigé les nouveaux travaux, a bien voulu 
m'adresser à ce sujet la lettre suivante : 

ÉCOLE AnCUÉOLOGIOUE FRANÇAISE 

Jérusalem, le ? mai l'J'2î. 

Monsieur le Professeuk, 

Ainsi que vous l'aviez auguré, votre très 
bieiiveillanto lettre (lu i'i mars est venue me 
rejoindre au chantier d'A'in Doùq. En trois se- 
maines nous avons vigoureusement relourné 
l'énigmatique petit tertre. Il nous a procuré 
d'abord quelques moments d'assez cruelle dé- 
ception. 

Limités ainsi que nous l'étions par nos 
moyens pécuniaires, nous devions aller droit 
au fragment de mosaïque connu et tenter 
d'aboril le sauvetage de l'inscription. Celle ci. 
nous l'avions assez soigneusement recou- 

(') CLF.nMONT-rFANfSRAU, Complcs rendus de 
l'Académie des insrr., 101!), pp. 87-1-21, et 2!)8- 
.300. I'. ViNCKNT. Revue biblique, 1919, pp. tVH 
et suiv. 



verte en juin 1919. Mais dans les deux der- 
niers hivers très pluvieux, une herbe dense 
avait poussé sur cette terre remuée et faisait 
appréhender bieu du dégât. Quant aux quel- 
ques mètres carrés déjà connus du pavement 
historié, mal dissimulés sous un demi-pioil 
de terre et ravaudés par des indiscrets, 
à peine avions-nous tenté de les remettre au 
jour qu'Us paraissaient devoir être irrémé- 
diablement perdus : la mosa'ique désagrégée 
ne supportait même pas la brosse! Nous 
n'étions pourtant pas venus à Aïn Douq pour 
enregistrer un aussi parfait mécompte! 

Le parti fut rondement pris d'élargir le 
projet par une reconnaissance plus ample du 
tertre, qui nous remettrait peut-être sur 
quelque piste de l'édifice, et permettrait de res- 
saisir la mosaïque en un point moins délabré, 
de prendre nos ouvriers bien en main et de 
les façonner à cette délicate besogne. On cer- 
nerait ensuite avec une prudence plus expéri- 
mentée la partie intéressante et désespérée. 

Le raisonnement s'est trouvé juste. Nos 
équipes, écartées résolument de la mosaïque 
intangible et installées par déduction sur deux 
points assez distants, exhumaient, en deux 
jours pénibles, de bonnes traces d'un grand 
mur d'enceinte générale, et surtout un excel- 
lent alignement de pilastres dans la situation 
calculée pour répondre à l'alignement des 
trois pilastres connus. L'image surgissait dès 
lors en grande partie et le reste s'est déroulé 
pendant quinze jours par la plus simple ana- 
lyse, nous rendant tous les éléments d'une sy- 
nagogue à trois nefs, avec narthex et annexes : 
le tout, naturellement, d'une irrégularité 
amusante et dune pauvreté structurale à dé- 
sespérer, mais intéressant quand même. 

Le plus décevant est que la nef du bus-côté 
niiest et la partie conservée du collatéral cor- 
respondant à l'est, nous rendaient des pave- 
nii'nts h* mosaïques géométriques, où il ne 
manquait pas un cube, alors que dans tous 
les points par où nous tentions d'abonler la 
nef ccnirale nous y constations des lacunes 
désagréables. L'anomalie devait s'expliquer par 



nini.ioGRAi'iiiE 



173 



la suite. Il fallut hioii prendre enfin Iclaureiui 
pur les cornus et déblayer eetle nef. Une pe- 
tite ('■(juii»'. M(*lcctionii6c avcf soin, décapait le 
remblai jusqu'à un niveau donné; après (|uoi 
nous réalisions nous-mêmes, par courtes sec- 
tions, la fouille finale. Ou travaillait à la 
main, au couteau, à la brosse, avec des pré- 
cautiousd'apactics. Dès qu'un motifscdessinait, 
on relevait ua premier croquis, au besoin une 
[ihoto provisoire. Le nettoyage s'acbevait en- 
suite et l'on travaillait des beuresàplat ventre 
sur un eailouelie ou un médaillon, pour eir- 
eouscrire une cassure, calqiu-i ou dessiner des 
débris (le lettres dont les cubes mouvants ne 
devaient résister à aucun essai de nettoyaf:e 
complet. 

A ce jeu, les longues journées filaient vile 
et on ne songeait même pas au siroco ipii 
faisait raj;(^ (mi celte mi-avril sous l'écran du 
(Juarautal. Lambeau par bimlieau, nous avons 
fini par mettre au soleil toute cette faliilique 
nef y compris l'inscription initiale et quatre 
autres du même Ibèmc : commémoraisons de 
donateurs, sans doute pour le curieux |)ave- 
ment. Deux sont lacuneuses, mais les deux 
aiilrcs intactes à peu près. Pas une date di- 
recte, à travers ces noms, et — comme de juste 
dans cet hébreu — |ihs une uoliee d'ordre un 
lieu général. .Mais la mosa'iqire est amusante 
en elle-iMènii'. il vous intéressera cerlaine- 
lueiil. .\tiiii^ie\ii' le Professeur, d'apprendre 
que voire ciinjeclure si fine au sujet de la 
pauvre é|i,i\e connue naguère, un avant-bras 
tendu v<TS uu grand lion bon enfant, est 
brillaunnenl confirmée : nous avons les dé 
bris exactement symétricpu-s du C(Mé opposé, 
et entre les deux, en toutes lettres, ou à peu 
près, Danift rlfilain. .Vu-dessus de cette scène, 
un grand panneau groupe des emblèmes juifs : 
le uieiilile ili' la ïliorah encadré de ehande- 
tiiis el (le lampes, avec deux inscriptions lacu- 
neuses. Au-. lessous de Daniel, la perle du cycle 
entier: un panneau carré île i m. 0"i dec(Méoù 
s'étale un Zodiaque avec représentation icono- 
grapbiquo et désignation épigraphique hé- 
bra'ùpre des signes, et quadrige solaire dans le 



I médaillon contrai; saisons figurées anx 4 an- 
gles. .Malgré le vandalisme des iconoclastes 
zélés qui massacra jadis celte composition, je 
pense que nous la tenons dans son ensemble. 
Les moindres lambeaux ont élé photographiés, 
(h'ssinés, mesurés, et je suis en train de jouer 
une patience pour remonter ce panneau. 

Le resle de la nef est occupé par le réseau 
géométrique somptueux encadrant les médail- 
bms d(! (I genre » dont j'ai indiqué le schéma 
en I9l!t. C'est fort joli, mais de moindre in- 
térêt, d'autant que tous les sujets vivants ont 
été brisés avec soin et " restaurés d parfois 
avec une pieuse orthodoxie en cubes blancs 
lin en ciment battu I 

Fouilles el relevés terminés, l'inspcclcirr 
.Mackay a enlevé les inscriptions — nous en 
avons pris nous-mêmes une pour l'Kcole — el 
une (|uiu/.aine de sujets décoratifs. Nous avons 
fait le possible pour retarder la désagrégation 
définitive irrémédiable de- ce qui resle i-n place 
et recouverl le tout. 

L'aire complète de la synagogue a été dé- 
blayée, minutieusement ins|iectée, ainsi que 
les annexes. Tout l'espace inclus dans le mur 
d'enceinte a été exi)loré par des tranchées de 
recoupement dont le réseau serré ne laisse 
qu'un extrême minimum de chance à la pré- 
sence de quelque ;/hc;i(:<i/i, puits, ou quoi 
•un- ce soit de ce genre. An total, le ivsnilat 
est bien palestinien, c'esl-à-<lin; chétif. .Mais 
du moins nous eu avons le cceur net et noU'* 
ne rentrions pas tout i\ fait bredouilles comme 
j'en avais en un moment la terreur nu début 
do l'aventure. 

J'ai maintenant de quoi ni'amuser. pour df 
beaux jours, à meltre celte imagerie au net, à 
travers mainte autre obligation. Le I'. La- 
grange, qui doit partir pour la France en juin, 
pourra, je l'espère, eu emporter une bonne 
partie. 

Jecrois provisoirement l'édifice île même fa- 
milleque les synagogues de (îalilée. mais un \»-\i 
postérieur, probablement de In seconde moitié 
du troisième siècle. Pour le resle. il me paniit 
clair que vous en ave/. A peu près esquis«é 



174 



S Y R I A 



l'histoire par avance, dans votre mémoire de 
1919, à rinstitut, à commencer par l'identi- 
fication de la ruine avec \'oéros. Sa'aratha.elc. 

Je n'ajouterai que quelques mots à 
cette très intéressante lettre, en attendant 
la publication des docunoents nouveaux 
dont elle nous donne un aperçu som- 
maire et bien alléchant. Sans parler de 
la vérification inespérée de mon hypo- 
thèse tant soit peu hasardeuse, au sujet 
du Daniel danx la fosse aux lions, je cons- 
tate d'abord, avec satisfaction, que devant 
les nouveaux éléments, quelques-uns tout 
à fait inatlendus, mis au jour par ses 
heureuses fouilles, le P. Vincent incline 
maintenant à se rallier au diagnostic chro- 
nologique que j'avais posé sur l'âge de la 
mosaïque, à savoir: une date relativement 
basse et non pas l'époque hérodienne. 

Un autre fait bien curieux, révélé par 
ces fouilles, c'est celui que les sujets re- 
présentant des élres vivants ont été, à un 
moment donné, systématiquement brisés 
et mutilés: puis, plus tard, réparés gros- 
sièrement à l'aide de moyens de fortune. 
^oici, à première vue, comment j'expli- 
querais la chose. 

Ainsi que je l'ai montré dans mon mé- 
moire, la synagogue s'élevait sur l'em- 
placement de la ville antique de Neara» 
Noeros, etc., la No'ran du Talmud. Cette 
ville était voisine de Jéricho, laquelle 
était le siège d'une importante .Vcadéniic, 
ou juridiction ecclésiastique juive. Or, 
les deux villes étaient ennemies l'une de 
l'autre, nous disent les sources rabbini- 
ques. J'avais supposé que cette inimitié 
avait pu avoir une cause religieuse, le 
centre juif orthodoxe de Jéricho ayant 
peut-être vu d'un mauvais œil la syna- 
gogue des juifs de No'ran, moins rigo- 
ristes, décorée dans le goût profane en 



violation des interdictions formelles de 
la Loi. Il ne serait pas impossible, en con- 
séquence, que cette hostilité se fût tra- 
duite un certain jour par un coup de 
main de quelques fanatiques iconoclastes, 
venus de Jéricho pour traiter ces images 
sacrilèges comme devaient le faire plus 
tard les musulmans partageant les mêmes 
préjugés antiartistiques. Après cette in- 
cursion dévastatrice, le dégât aurait élé 
réparé tant bien que mal, le corps même 
de l'édifice continuant à servir à l'exercice 
du culte; d'où cet étal de replâtrage sous 
lequel les parties caractéristiques de la 
mosaïque s'offrent à nous aujourd'hui. 

Je signale brièvement, en attendant que 
je puisse y revenir, quelques autres points. 
L'd image» de Daniel rappelle le mot n"7Z-c 
de la mosaïquejuivcdeRefr Kenna, trans- 
cription probable de ■:iôl3. = labula (tessel- 
lala). Y aurait-il eu, là aussi, quelque 
Il tableau » de même genre'? Autre exemple 
du zodia(|ue chez des sémites congénères à 
Palmyre, dans le temple du Bel solaire et 
sur maintes tessères. La genizah doit 
exister; il faut fouiller plus à fond et pé- 
nétrer sous la mosaï(|ue. A rapprocher la 
mosaïciuede l'antique synagogue de Narou 
(Tunisie': inscriptions latines, décoration 
similaire, personnages /)HHi(ii/i.<. Y aurait-il 
quelque rapport entre ce nom de .\aron et 
celui de notre ville palestinienne Yo'ra/i, 
\a'ron'\ et, par suite, quchpie lien histo- 
rique rallachant à distance ces deux 
centres juifs quasi homonymes'? 

Ci,i:nM()XT-("i v>\EAr. 

L'Avenir archéologique de la Syrie. 

Tel est le titre d'un substantiel article 
du docteur G. Contenau dans le Mercure 
de France du l"i mars 1021. .Vprès avoir 



BIBLIUGRAI'lIIi: 



175 



montre qu'il n'est pas un « aiilro pays ;iii 
monde qui ait si prestigieux passé » que. 
la Syrie, le savant orientaliste expose l'in- 
lérôt que, dès son arrivée, le général Goii- 
raud, Iiuut-commissaire, porta à l'archéi'- 
logie et aux beaux-arts de Syrie. Nos lec- 
teurs connaissent par l'article de M. Clia- 
monard {Syria, t. I (1020), p. 81) quelle 
organisation a été donnée au service des 
anti(|uités el qurl l.irgc prograninie 
s'ouvre devant lui. Il isl do bon augure 
(|ue les desiderata exprimés par le dncleur 
(iiintenau rentrent dans le même cadre : 
répcitoire arcliéologi(iuc de la Syrie, pro- 
tection dos monuuionis evistants, fouilles 
à entreprendre, créatinn d<; musées à l!ey- 
routh et à Damas. 

(^e programme a reçu un lummenic- 
ment d'exécution. Les rouilles amorcéis. 
il est urgent d'installer le musé(> de llcy- 
routh, appelé à en recueillir le li iiit. 

L'avenir arclié{)logique de la Syrie ne 
préoccupe pas seulement Icsarcbéologues. 
Dans son discours au Sénat, "> a\ril 
l!)2l, M. Joniiart a insisté sur l'impor- 
tance ([u'oii doit altaclier aux rechercbes 
métliodi(jues dans le sol de celte terre pri- 
vilégiée. Il est cerlain ((u'en dehors même 
de l'inlérèt scientilique, il y a là une 
source de richesse qui mérite de ne pas 
être négligée ; l'aïuénagement des sites 
anliiiues, la [loursuite de grandes fouilles, 
l'installation de musées, sont le plus sûr 
moyen de créer en Syrie un grand niome- 
ment touristique. 

D'autre part, nous apprenons (pie la 
société Erncst-Kenan \ieiit d'émettre le 
vœu suivant : 

« .\près avoir entendu, dans sa séaiu-e 
du ^C) avril I'.t2l, présidée par M. Henri 
Cordier, membre de l'inslilut, l'exposé 
des recherches faites à Sidoii par M li- 



docteur (lontenau, chargé de mission, la 
société Ernest-Renan, préoccupée du main- 
tien en Orient de l'action scientilique fran- 
çaise, adresse au Haut-Commissaire de la 
Képublirpic française en Syrie et au Liban, 
M. le général Gouraud, ses respectueuses 
félicitations pour l'organisation du Ser- 
vice archéologiipie dont il a doté la Syrie 
et le dévelop|>ement ipi'il a déjà donné aux 
fouilles ar(héologi(|ues. 

(1 La société Ernest-ltenan émet li- mi'u 
(juc ces entreprises soient activement 
poussées, (pie l'Kcole française archéolo- 
gique de Jérusalem puisse également poiir- 
sui\re des recherches en Palestine et que 
lis fouilles soient reprises en Mésopotamie, 
dès (pie la tranquillilé sera réiablie dans 
ce pays illustré par les travaux de nom- 
lucux savants français. .. 

lli'.MU 1'o(;no.>. — L'orientalisme fran- 
çais \ienl d'être éprou\é par la perle 
d'Henri l'ogiion, décédé le l(i mars der- 
nier à Ohambéry, au nmment où il s'ap- 
prêtait à se rendre en Syrie pour y pour- 
suivre les recherches (jui lui ont fait un 
nom si estimé parmi les assyriologues 
comme parmi les spécialistes des langues 
araméennes, notamment le syriaepie et le 
mandéen. .\mené par sa carrière consu- 
laire à occuper des |)ostesen Mésojiotamie 
et en Syrie, il n'avait cessé d'y poursuivre, 
jusepi'à sa retraite, les décomertes sur le 
terrain et de les faire coniiaitre par des 
publications auxquelles il donnait tous 
ses soins et (|ui faisaient autorité. 

Nous ne rappellerons ici (pie les décou- 
vertes intéressant la Syrie. (!e fut d'abord, 
en I.S8;{, deux inscriptions rupesires de 
Nabuchodonosor dans le \\'adi Hrissa qui 
débouche dans la vallée de l'Oronto à 
lieux heures di- marche au noiddii village 



176 



SYRIA 



d'Hermel. Le texte fut publié par Pognon, 
en 1S87, dans la Bibliothèque de l'Ecole des 
liaiilcs-éludes, fasc. LXXl. 

Après la publication d'écrits mandaïtes 
et syriaques, le savant orientaliste livra 
une abondante moisson de textes décou- 
verts par lui, dans ses Inscriptions sémi- 
tiques de la Syrie, de la Mésopotamie et 
de la région de Mossoul (Paris, Gabalda, 
1907-1 908 j. On y trouve notamment un 
texte araméen du huitième siècle avant 
J.-C. faisant connaître un puissant roi de 
Ilama, Zakir, qui, à la suite de la prise de 
Hazrak, avait vu se former une coalition 
à la tète de laquelle se tenait le roi d'Aram 
(Damas), Ben-Hadad, fils de Hazaël. 

André de Hidder. — Nos lecteurs n'ont 
pas oublié l'étude sur une Parure de Jéru- 
salem au musée du Louvre (Syria, t. I, 
1920, pp. 99-107) oîi ce savant expliquait 
les curieux fétiches attachés à un collier 
d'or et déterminait la date de l'ensemble 
de la parure. André de Ridder s'est éteint 
subitement le 12 mai dernier dans sa 
53° année. 

Ancien normalien et élève de l'école 
d'Athènes, il avait d'abord enseigné à 
l'Université d'Aix-Marseille, puis il était 
venu à Paris pour publier le catalogue des 
Vases grecs de la Bibliothèque nationale. 
Bientôt, l'Académie des inscriptions et 
belles-lettres le chargeait d'étudier les 
antiquités réunies par Louis de Clercq et 
(jui proviennent en majeure partie de 
Syrie. Les cinq volumes, in-i", publiés par 
A. de Ridder, groupent des bronzes, des 



marbres, vases peints, ivoires, antiquités 
chypriotes, terres cuites, verres, bijoux 
et pierres gravées d'une qualité rare. Un 
index général (Leroux, 1912) facilite les 
recherches dans ce répertoire auquel il 
faut joindre deux autres volumes précé- 
demment publiés par Menant et Louis de 
Clercq. Nulle part, peut-être, A. de Rid- 
der n'a mieux témoigné de l'étendue de 
ses connaissances et de la sûreté de son 
goût qui lui permettait d'écarter les piè- 
ces douteuses. Les objets sont décrits et 
classés avec une élégante précision, tandis 
que chaque groupe de monuments est 
précédé d'une pénétrante introduction soit 
historique, comme pour les monuments 
cliypriotes, soit technique, comme pour la 
verrerie, qui ajoute à la valeur de son tra- 
vail et en étend la portée. 

Entré au Louvre en 1908, comme con- 
servateur adjoint des Antiquités grecques 
et romaines, il publiait bientôt le catalogue 
des Bronzes antiques, suivi d'un guide de 
la Salle des bronzes. Entre temps, il colla- 
borait à divers périodiques notamment à 
lalievue critique et à la. Revue des éludes 
grecques. Après la guerre, lors de la réius- 
tallation et du nouvel aménagement de 
la Salle des bijoux antiques au Louvre, 
il entreprit et allait terminer le catalogue 
de cette précieuse collection. A. de Rid- 
der disparaît donc en pleine activité ; son 
œuvre inachevée est cependant importante 
non seulement par le nombre des publi- 
cations, mais aussi par une profonde con- 
naissance de l'antiquité et un sens critique 
très éveillé. 



Le Gérant : Pvi l (îEuriiNER. 



4'J!i'.l IV2I. — Tiiurs, Iinpriiiicriu {■'„ Aiuiilli' il C" 



ni 



I.A IMIÉMCIE ET LES PEUPLES ÉGÉENS 



C. LEONARD WUOLLEY 



Avec I l'Iabli-M'iiifiit en Sviir (l'un «.'niivcrripiiii'nl liltt'-iiil ri civilisalnir. on 
pL'ul espricr l;i soliitinn ilr iiiaiiils [iinlilrim.'S arfhéuloj(i(lucs, ([Ui- la .sriciirt- a 
(lii laisser l(iii},'|i'nn»s i-ii suspens, lanlc di' inalt-riaux suffisants pour fonder ses 
jujienit'nls. l'aiiiii tes [inihlèraes, le moins intéressant n est pas celui, sou- 
vent discuté, de lorigine et île i'iiistdire de la civilisation phénicienne, .le 
ne prétends [las en avoir trouvé dès maintenant la solution : dans cet article, 
je me pr(i[tiise seuli'Uient de mettre en évidence quelques faits, de publier 
(pn-hpies (ilijets reslé> im-dits jusqu'à ce jour, et d Cn tirer des théories provi- 
soires ipii. peut-èlre, onvriroid la voie à des recherchi'S délinilives. 

Il est peu de cpiolious (pii aient soulevé des cqùiiions aussi contradictoires (pu- 
celle lii' I ail plKMiicii'u. île sas(Mirce. de Mtn caractère, de son originalité ou de sa 
dépendance à légard des civilisations vuisiin's. l'errol et Chi|iiez ont pu consi- 
dérer l'art, au moins lart avancé de Chypre, connue purement [ihénicien, à tel 
point (pi'à d('raul de documents ligures [irovenant de la côte même de Syrie, 
ils se sont servis de Chypre comme dune autre l'hénicie. Mais Hall (Ancicnl 
llisloru of tlie .\r<(r Hust, p. idiî) remanpie qu'en (il.) av. J.-C, des dix rois de 
Chypre, un xul itail phénicien et les neuf autres grecs, d'où il conclut «pie 
« les Phéniciens n'ont jamais eu beaucoup d'autorité dans l'ile. laquelle restait 
toujours en gramle partie grecque, comnu' elle lest aujourd'hui ». Hogarth 
{hmiii iiiiil thr lùisi . pp. !)(> et suiv.) va plus loin encore : il insiste sur ce «pie « la 
civilisation chypriote était essentiellement égéenne d'origine et d'un dévelop- 
pement indigène:... si l'on peut parler d'une dette artistiipic de l'un à l'autre, 
ce >oid les Chypriiili's ipii ont inspiié les l'iiéniciens. et non pas les Phéniciens 
les Chypriotes ». Dussaud [l.cs cirilisailniis pnlivlli'iiiijin's dans le bassin ilr la uur 
Ëyvc) .se trouve d'accord avec llogarth : il ilit (|ue, « loin d'avoir suscité la 
civilisation mycénienne, les Phéniciens ont été inlluenci'-s par (die ». et il 

SUHIA. — n. Ï3 



178 SYRIA 

ajoute : « Ces rapports intimes entre Chypre et la Phénicie déterminèrent... 
une intluence industrielle beaucoup plus marquée de Chypre sur la Phénicie ». 

.Mais toutes ces observations n'étaient fondées que sur des documents peu 
mnabreux: elles n'étaient donc que théoriques et provisoires. Myres pouvait 
maintenir l'opinion qu'il a\ ait exprimée dans le Catalogue of t.'ie Cyprus Muséum : 
« La civilisation primitive delà Phénicie, dit-il, reste si comphMement incon- 
nue que toute comparaison entre elle et la civilisation de Chypre a peu de 
valeur. La petite collection des Pères Jésuites à Beyrouth et celle du Collège 
américain contiennent des vases qui ressemblent aux produits récents de l'âge 
du bronze à Chypre, surtout à quelques formes qui ont persisté jusqu'à l'époque 
gréco-phénicienne. Mais les types le plus nettement caractéristiques de la 
poterie chypriote ne paraissent jamais en Phénicie. Ce n'est donc pas de là 
qu'ils sont venus : l'évidence s'oppose fortement à toute dépendance originale 
de la civilisation chy[»rioti' ii l'égard de la Phénicie. telle que nous la connais- 
sons, et à toute communication appréciable entre Chypre et la Phénicie avant 
la fin de la période », c'est-à-dire de l'âge du bronze. Myres ajoute, en note, que 
^L Ohnefalscli-Richter aurait acheté à Beyrouth un vase à lîltre peint, à décor 
sub-mycénien de triangles lia<-hurés. mais d'argile locale. Ce vase est sans 
doute du genre de celui de notre gniupr C. (ig. 2i. 

Pendaid laulomne de 192U, j'ai eu la bonne furtuni' d'examiner de près la 
collection (jui se trouve dans le Musée du Collège américain d(> Beyrouth, et 
mon attention a été attirée immédiatement par les vases qiu' cite Myres ci par 
d'autres qu'il n'a pas rcmar([ués alors ou (|ui <iut été acquis tlepuis. .le dois 
remercier chaleureusement les autorités du Collège punr avoir bien voulu m'ac- 
corder la permission de [)ul)lier les pièces dont il sera question et qui sont les 
premiers ddcnnienls uulhenli([iies de l'iiisldire de la céramitpu' [)héiiiciennc 
ancieime. 

On peut diviser en deux cati'goi'ies les vases de [>io\enance [)liéni(ienne : 
1" ceux d'un styh^ syrien pur ipii n'est [i;is limiti' forcénient à la Phénicie 
propre, mais (|ui n'est [las à rappurter aux civilisations des iles de l'Ouest et 
2" ceux qui témoignent d'une inlluence égéenne. La |iieniière catégorie, en 
Phi''nicie connue en Palestine, l'oiine deux groupements principaux : le pré- 
sémilique. qui conserve luiijdursla liadilion inMililliiqiu' ( voxez mon gr()n[te .\), 
et le si'-mitiipn;. Les [lièces cpii d(''iii)nceiil I inlluence ('-géenne se divisent, elles 



LA PFIÉNICIR F.T LES PEll'LES KCÉENS 179 

aussi, on deux [)iiils : groupe H, (|iii ciniiprciKl soil dfs vasos do faluiciilion 
iiivr-i'-nionrio on clivpriolc inipoili'»; en l'Iii'iiiric, soil des copies localo-; do trd 
(III Irl iiiodric ('■liiiiijrii' : il diilr tir l;i liMii^ilioii l'iilic l'ji^'i- du hronzo ot celui 
i|,i (•(.,• ; — ^i()ii[ie ('.. |iiireiiieiil f,n-oiiiélriipii'. diil.inl du pli'iii i\p' du fi'i-. de ce 
ipiOii ;i|iprllc IV'poiiiie {,'r6co-pliénicienne. 



(ilIOl F'K A. 

FiG. I, |il. XN'III. l!ol ili.Mil. itJlT.'i. (li.nin. fl. 12"!) presque dpnii-sfdii'riqup avec une 
légère cavilé au fond (diam. 0,Oi;i et, allaclii^c au bord, uue loute pclile oreille percée 
liori/ontaleiiient. Terre roupe bien épurre. à surface recouverte d'un engobe rouge foncé, 
presque rouge marron, sur la(|ui'llc apparaissent (|iieli|ues taches irrégulières de noir et 
(le gris fumeux. Les rebords sont également rouges, ainsi (|ue la surface intérieure, 
celle-ci légèrement noircie [lar innilié, iiiMis probaljlenienl ajirès la cuisson. 

I,e seul rxciiiplaiir >\ lieu île ce t\pc ipii ail cli- puiilii- jiisipi'à piv^ciil, 
seinlde-l-il. c^l c(dui (|iii provieiil des fouilles dOpliel (l'ère Nincetd, Ji'nisitlnn 
siiiis 1(1 Icric. pi. \l. ! i. Il est presipie hémispliriique, mais à jielil fond |dat; 
riiilriieiir (•>! iKiii-. l'cxliMieui' roui;!' à liord noir, liicii liistié. iiiiini de diMi\ 
iiieimes saillies percées hori/.oiilaleiiieiil. Le pèic \iiicenl le lieid pour iino 
imporlatioii de faltriipie éj;\ plieiiiie (r[. .Nejxadeli, ,1. de .\liuj;aii. lirrheirlirs) 
{nul en aliiiliuai:! à nue (Miuine canain-eniie les aulres vases Irouvi-s dans le 
même loiiiliean. et il le compare avec les poteries piimitives de Suse, do Troie 
el de la C.rèle. Pour ma ]iarl. me l'ondanl sur ra(|uarelle ]inliliée par Vinconl — 

je n'ai pas \ll l'oli^ilial — je me peiniel> de (lolller de la p|(i\ eliance éj.'\|i- 
tienne du vase il Oplitd, car il lui maiitpie ce Ion de j;ris riimeuv. eiilic le nuijro 
ol le noii', (jui caractérise les liols éj^'vptiens. D'ailleurs, rexemplaire de .li-ru- 
salein ne ri'^le pln^ isole el uniipie; t;i-àce à l'idiliiieaiice de .M. van lleidcii- 
slamm de Uevrontli. je pnlilie ici (lij;. Il, pi. .Wllli un j(di Itol ipii se trouve 
dans sa cidlei-tion el ipii provient dos eiiv irons de l?alrouii. Ce liol i haut. 0. ! 2."i, 
diain. (t.dSi a la roiiiie un peu allon::i''e iin'ini apiielle ipielipiefois • vaso ù 
|»(iilrine ■ a\ee uni' lonte petite di'|(ression liemisplu'iitpie au tond; une saillie 
iiionlre II place de l'oreille cassée. Il est soitriiensemenl tourné à la main, 
d'une aii^ile line et iont;e à ^.urface iiuige lirnii liien 1 istrée. sur la(juello se 
distinmient des taches noires caractéristiques. Les reluuds et la surface inli'- 



180 



SYRIA 



POlGrNARDS 

?HEfilClEn3 : 

Ecnelle : 1/1 



rioure sont également rouges, mais cela n'empêche pas que la pièce soit d'une 
fabrication analogue îi celle du bol de Jérusalem. 

A cette même fabrique appartient aussi le pot fig. 2. pi. XVlll (Musée du Col- 
lège américain), provenant de la Beqà'a. Il est tourné à la main, d'une argile un 
peu plus fine, à surface rouge légèrement lustrée sur laquelle apparaissent les 
taches noires et grises caractéristiques; les bords de l'embouchure et du goulot 
sont noirs, l'intérieur rouge. A Gezer, dans un souterrain de la période présé- 
niiliqup (cave 2,1), on a trouvé un vase rouge lustré muni d'un bec tout à fait 
semblable au nôtre: il avait comme anse une oreillette ondulée; mais le décor 
de petites rondelles plates qu'on voit sur le vase de la Beqà'a se trouve à Gezer 

dans la même période présémitique. 
Cette forme, que je ne connais pas à 
Chypre, doit être indigène en Syrie, 
et le fait qu'on la trouve associée aux 
bols, par sa matière et par sa technique, 
appuie fortement l'attribution de ces 
derniers à une fabrique syrienne. Ces 
(jualre pièces se présentent comme le 
noyau d'une série que pourraient bien 
développer les fouilles ultérieures. 

11 n'est pas douteux que cette série 
se rattache au cycle Troie-Cliypre- 
l-lgéc, mais il serait trop hasardeux de 
formuler des théories sur la parenté de 
nos quelques exenq^laires : il faut al- 
londre le développement des recherches 
scientifiques sur 1(> soi syrien. Un com- 
niiTce enire Chypre et la Syrie cen- 
tiale. même à une époque aussi recu- 
3011 300^ •»!"« '°'^ lée, est en s(ii-Mu"'mi' assez probable, 

puisque (;'esl à Cb\ pre (pie la .""^yrie a 
dû se fournir de cuivre, et les armes |)riiuili\i'S en métal de la Syrie auraient 
élé (le forme chy|iriole. si l'on |)eul en juger |iar les éehanlillous (|ui se Irou- 
\c'nt au Musi-e aincriraiii (lig. i): mais cnnuiKï ceux-ci snnl mallieuiTUsiMuenl 




(jnidi'K A. 






« 



^.^...1 



fi^Mg 




11... 1.1. Kl.;. II. 11,;. \1. 



(illdtl'K (' 




LA PIIKNICIE ET LES PEUPLES ÉGÉENS 181 

(If provonancc incorlainc (dans la listo dos acquisitions on lit soulcmont " do 
Plirnicio »), jo n'oso pas donner trop diinpoilanco à or raiipruilicinont. 

Pour la pt-riodc ipii suit, nous soninns niioiix dnniiiHiit('. 

Dans la séiio ontiôio do vases de piovi-nanco phénicinini'. ipio j'ai pu ras- 
sond)lor. los doux groupes B et C se rencontrent en proportion si él(!vée que je 
nliésite pas à les adopter comme base de discussion. 

GnoLPE B. 

Avant «n'unie de commencer mes études dans le .Musée américain, mon 
alliMilidu avait été attirée |iar (pielques petits vases ipfen raison de la terro 
|icu lialiiliiillc i|ui les rniivrait Ions. i";ii cni dcvnii- alliiliuer à un seul tum- 
heau. En oll'ot. on los avait aoipiis ciisiMuldo. et lo vendeur li-s aurait déterrés 
[ous dans un endroit situé près du villaj,'e de (iliaril'eii. à H) kilomètres au sud 
de l>e\ rniilli ; mon idée é-liiit doue iHohiilileiiiiiit jii-ti' et oïl peut cttusidéror 
ces six [lièces (^lig. .'1 à itj coiunu' un seul j:ioM|ie iuneraire. il est rofirotlalde 
que l'action de la terre, eu corrodant la smt'aco des \asos. ail détruit presque 
toute ti'jice (In décor |niiMitil : iiiiiis le vase à étrier est indubitablement 
nue iniporlaliou ég(''onne. et liieu ([uo los formes des u"' (>. 7. H aient été fré- 
queimiieiil imil(''os eu Syrie, largile des o\om|daires do Ghariftdi [larait être 
étrangère : voici donc un l(Muliean >itné en plein Lilnui et (|ui ne ciudiont pas 
moins de tpiairo vases mycéniens, l-ài plus, nous possédons daulres vases 
isolés (tig. I(»!i ti. pi. Wlll) (pii dériveid de la mémo civilisation (''géonue et 
(pii oïd été trouvés soit sur la (-(Me. soit à rint('Tlenr de la PlnTiicie. 

La date (lu gioupe B n Cst pas. à mou avis, dit'licilo à etal)lir. Lo l)pe 
iig. I i se serait dévebqtpé en Lliypro à une époque assez tardive dans l'àgo du 
bronze: eu Egypte, on Ton en a trouve lieanconp. cette périod(> s'elend >\<' 
I 'lOO ;i l(M)(1 av. .!.-(',. Uu;int aux vases mvc('Miiens. ils appartionneul tous à la 
décadence (lu st\le et il >eiail peul-ètr(> plus corroet de les app(dor « sous- 
mycéni(Mis " : le plu- ancien ne renionl(>rait pas au (l(d;i de itHDav. .1,-C. ol 
l(^ reste se [ilace entre lioo ,.| KM Kl av. .I.-C.^M (voir plus loin. p. ISS). 

('■ Il est vrni qiio lu forme fl.c. 7 se trouve luinljiiiie et les excin|ilnin>s syriens dérivent 

pnrmi lu polcrie peinte primitive de Snse {or. iiuliibiljildement des mod<-les ôgvcus i onleni- 

MoHi-.AN, pi. XIX'. m.iis lii CDimexion est liieii poniins. 



182 



S Y RI A 



FiG. 5. — Vase à étrier de fabrique mycénienne ; argile tendre blanchâtre ; orné de 
bandes horizontales de couleur brun pourpre, avec un disque de même couleur sur 
l'anse. Trouvé à Gharifeh (Liban). 

FiG. 6. — Petite œnoclioé en forme de poire aplatie, à goulot court (le bec est cassé) 
et à base discoïde ; l'argile est blancliâtre aux nuances 
grises, tendre et friable ; la surface couverte d'un engobe 
blanc qui a presque disparu, ne laissant subsister que 
quelques traces de zones noires autour du goulot et de la 
panse. 

FiG. 7. — Terrine à fond convexe presque plat ; re- 
bords évasés; deux petites anses verticales ; argile gris- 
brun dont la surface est entièrement endommagée. 

FiG. 8. — Panse (le goulot et l'anse manquent) d'un 
petit aryballe à pied en bouton. L'argile blanche et im- 



Ç«,0U?6 î). 



(1^.7) 




Tombeau ''de^ ^J^ 
Gharifeh 

Echelle 1/4 . 




f-gS 



Fig.15. 



Section 



300^ 



'H- 9 



pure était revAtue d'un engobe jaune dont il reste peu de tracos; comme décor, six bandes 
rouges étroites cnrerricnt le lias du vase ; au-dessus court une frise de cercles concen- 
triques tracés en rouge. 



LA PHKNICIE ET LES l'EUPLES HOÉENS 183 

F'ic. 0. — « Gourde de pèlerin » (dcu\ exciiiplairos semblables) à panse en double 
disque aplatie avec arèle vive à la soudure el avec deux petites anses collées au goulot. 
Ar"ilc rouge el ;,'rossière, revêtue à l'origine d'un engobe blanc maintenant disparu. 

l'"iG. 10, |)l. XVIII. — N" 1(2: .Vrybulle à pied en bouton et à anse bilobée (haut. 
m. 105), argile grise et engobe d'un ton crème ; décor en brun formé de bandes horizon- 
tales et d'enroulements sur la panse, de zigzags autour de l'épaule, d'une bande striée à 
la base du col. — Mycénien, provenant de la Phéiiicie. 

Kk;. 11. — N" 40: Œnochoé (haut. ni.ll.l); argile grise à engobe d'un ton crème, 
bandes brun-rouge ; importation crélo-mycénienne, provenant de la Beiiâ'a. — .\" 165 : 
semblable à tous égards, sauf la hauteur (0,1^»); provenant également de la Bcqà'a. 

KiG. 12. — N" 218 : ÛKnochoé (haut. m. 115). Argile grise fine, sans engobe ; décor 
brun-pourpre. Chypriote, piovenant de la lieqà'a. 

Fici. i;{. — Petite soucoupe à une anse (haut. 0,035, diam. m. 105). Argile cl 
engobe gris, décor en brun : une bande au rebord, deu\ bandes à l'intérieur cl une autre 
à l'entase. Chypriote (?), provenant de la BcqA'a. 

Vie. li. — Grand lécythe à long col el à une anse (haut. m. 29). .Vrgile gris-rou- 
geAlre, engobe gris foncé à décor géométrique blanc mat. — Chypriote, provenant de la 
Ikiià'a. 

.V CCS vases s'assncii- |iar son caiactrri' inircinciii niyct'nii'ti Icjnli |i(ii<j:n;ir(l 
(liii. I.'i) II" iilini. (lu Mii-<('i> arii(''riraiii. La l.mir. (irili'c (rrindiilciiiciils ir'j;rri'- 

ni ura\cs. i|i'|m'Ih1 du i;iiMi|)r iTi'l(ii> ilc ZafiT l'apiMira (.Mimicii rrcoiit III) 

l'tdllrr un licl l'xcniplairi' de l'ail nsilisr par les arninrirrs ('•p'-ciis. 

Gnoii'i: C 

Lr firnnpc c. cnnipicnil |)n'si|nc nni<[n(iui'nt les vases In m vos dans la I{c(|à'a, 
r"('sl-ii-(iii-i' dans iéliditc cl liclic vallée dr la C.n'lésN rie, que suit. jnsi|M'aii 
lac de ll(nns. l'Oidide sn|iérieur. Ils oui été achetés en même lemps et le \eii- 
diMir a assuii' ([u'ils auraient été trouvés enscmhle. ce ([ui est d'ailleurs très 
liroliahle : laid de [lièccs d un seul sl\le et d'une seule période [)ro\iennrnt 
sans doute du |(illa;;(' d'un seul et même cimetière. Seules les lig. l". il, 42. 
\'i et i.) proviennent daiitres endroits, niais, si peu nonihreuses (|u'ellos soient, 
elles viennent iiien à l'apimi de la ((dleclinn de la Hetpra pournou> permettre 
di> voir dans ces pièces un style très en vogue en IMiénicie. 

Les vases géométri(iucs du groupe (! se rallaclieiit visiliienu'ut à une origine 
iHruagère : les formes et le décor sont cli\ pi iotes. et n'ont rien île comimm 
avec les traditions indiiiènes. 



484 SYRIA 

Je ne connais que peu d'exemplaires de la céramique phénicienne anté- 
rieure à 1200 av. J-C, mais ceux-ci, tels qu'ils sont, paraissent visiblement 
apparentés à la poterie contemporaine de la Palestine : quelques-uns révèlent 
en même temps une influence, dont on ne peut pas encore estimer l'étendue, 
venant des Hétéens du Nord : il n'y a rien là qui aurait pu donner naissance aux 
vases peints de la Beqà'a. Apparentés sans doute à la poterie « gréco-phé[ii- 
cienne » de Chypre, ces vases du groupe C appartiennent au plein âge du fer, et 
on doit les placer du dixième au sixième siècle avant notre ère. 

FiG. 16, pi. XVIII. — N" 509 (haut. m. .32). Argile rouge-grise,- engobe jaunâtre, 
décor de cercles coaceatriques rouges et noirs en couleurs mates et pâles ; quelques stries 
noires entre-croisées. Fabrique syrienne. Beqà'a. 

FiG. 17. — N° 505 (haut. m. .37). Argile rouge-grise, engobe crème à nuance rose. 
Décor rouge et noir: les couleurs sont mates, friables et mal fixées. Fabrique syrienne. 
Beqà'a. 

FiG. 18. — N" 580 (liaut. m. 29). Argile rouge, engobe blanc sur la partie supérieure 
de la panse ; au-dessous, c'est la terre naturelle qui reçoit le dessin. Décor de cercles en 
rouge et noir ; au front, une croix diagonale. Fabrique syrienne. Beqà'a. 

FiG. 19, pi. XIX. — N" 504 (haut. m. 27). Argile d'une teinte saumon, sans engobe ; 
dessin rouge et noir, couleurs comme dans la fig. 17 (n" 505), mais ici, sur la terre cuite, 
mieux conservées que sur l'engobe. Fabrique syrienne. Beqà'a. 

FiG. 20. — N" 507 (haut. m. 35). Argile rouge paie, engobe blanc crème, dessin 
rouge et noir. Fabrique syrienne. Beqà'a. 

FiG. 21. — N" UiS (haut. m. 2i!. — l'tcm. 

Fig. 22. — X" 1448 (haut. m. 275). .Vrgile rouge pâle, engobe blanc crème légère- 
ment lustré; dessin noir et orange. Fabrique syrienne (!). Beqà'a. 

Fig. 23. — N" 506 (haut. m. 255). Argile grise, engobe blanc gris, dessin en noir et 
rouge brun très foncé. Fabrique syrienne (?). Beqà'a. 

Fig. 24. — N" 143. Vase à bec en biseau (haut. m. 27). Argile grise, engobe blanc, 
dessin en sépia et rouge brique : couleurs friables et mal fixées. Fabrique syrienne. 
Bcqâ'a. 

FiG. 25. — N" 503. Vase à bec en Ijiseau ( liant, l) m. 26). Argik' rouge, engubo jau- 
dàlre, dessin en rouge et noir, couleurs mal lixées. Fabri(jue syrieuue. Heqà'a. 

• FiG. 20. — X° 581 (haut. m. 19;. Terre ipugo, engobe rouge orange ; décor en cercles 
concentriques; étoile au Iront; les couleurs rouges et noires se distinguent à peine. 
Fabrique syrienne. Beqà'a. 

Fig. 27. — N" 22. Va.sc à bec en biseau (iiaut. m. 26). Semblable au u°503. Beqà'a. 

Fig. 28. — N" 578. Vase à bec en biseau (liaut. m. 265). Décor d'arbres et de bandes 
ou triangles hachés, au front une croix de Malte. Pour le reste, semblable aux n"- ."ioa 
et 22. Be()à'a. 

Fig. 29. — X" 579 (haiil. (I m. IT,")). \rgile rouge, engobe blauc cnlièreuieiU revêtu 




ri... 2:1. 




Kl.. M 



LA i>iii:m(:ii: kt les i'Hiples i':(;i':ens 185 

dinii' cuuleur rouge foncé, friable cl mal fixée, sur laquelle se dislingiicnt quelques restes 
(le ceiclcs concculririues et de bandes hori/.on laies peiiiles en noir, avec des lignes minces, 
comme i)our imiter l'effet des vases rouges cl noirs i cercles concentriques de Chypre. 
Fabrique syrienne. I3e(]A'a. 

I"ic,. 'M). — N" \i'). « Gourde de jn'leriri •■ IimuI. I) m. 13"> . Cercles concentriques 
noirs sur argile rouge souiin.iiremeiil lustrée. De la même forme, avec le décor jteint 
quel(|Mclnis (lirectcnicnl sur l'argile connue ici, (|uelqucfois sur un engobe lilancliàlre, 
huit autres evcmplaires dont le plus petit n'a (pie dix centimèlres de liaulcur. Fabrique 
syrienne (?i (De Chypre on a des pièces i(lenli(iues, mais l'argile jieii caractéristique pour- 
lait se trouver aussi bien sur la côte que dans l'île ; cf. le n" suivant). Iteqà'a. 

FiG. .■$!. — N" i'M) 'haut. m. 22). Terre rouge ; cercles noirs peints dircclcmenl 

sur argile ; au froril, le dessin /^^ ■ I m autre vase, n" 17(1, est tout à lait semi)lable. 



Même fabrique (|ue le n" \\','>: iiiai> la loriue el le décor juslilicnt l'attriliutidn aux ate- 
liers syriens. BeqA'a. 

FiG. 32. — \° lOG (haut. m. iil;. .\rgile rouge; l'engobe blanc n'a pris (pi'au front 
el le reste de la surface en est dép(^iurvu. Décor noir. Fabri(pie syricime. Hc({iVa. 

Fk;. ."i.l, pi. \\. — N" I i2 (haut. m. 2!.") . .Vrgile rougcûlrc, engobe blanc crème ; 
zones de couleur rouge et noire. Fabrique syrienne (?). Hcqd'a. 

Fiii. M. — N" 107 (haut. m. 0!l"> . Argile gris jaune sans engobe, zones noires. 
Fal)ri(|n(' syrienne (? . lîe(|;Va. 

h'Ki. 'X.'i. — \' I 'l 'i (limit. III. D'.l). \ivliMllr en funiie do tonnelet; argile rougeàlre, 
engobe blanc fin, zone rouge autnur de rciiihouihure. cercles concentriques noirs. Be(|.Va. 
FiG. ;t(i. — N" ")2 n. .\ulre aryballe semlil.ible. Le n" .■)2 l> cl deux autres sont iden- 
tiques, sauf (lu'à rembouchure manque la zone rouge remplacée par des bandes noires. 
Le n" il»37 ressemble au u" 141, mais le fond du décor est rouge orange. Tous ces ary- 
l)alles sont i(l('nti(iues à ceux qu'on trouve h Chypre; ils conliastent vivement avec les 
« gourdes de pèlerins », lourdes el gauches ; leur terre el leurs couleurs vives ne ressem- 
blent i)as aux argiles grossières, aux Icinles pâles el indécises des vases à bec en biseau, 
.le les tiens pour des importations de fabri(pie chypriote. Be(|i\'a. 

l''i(;. 37. — N" tG Jiaiit. m. 0!)o). .Vrgile grise rougeàlre; traces pres(|ue invisibles 
de minces lignes noires en zones hori/.onlales. Fabri(|ue chypriote {!). Heqà'a. 

Fk;. .38. — N" 227 haut. m. 201. .Vrgile grise, engobe jaune crème, dessin rouge 
el noir. Fabri(pie syrienne. Heqà'a. 

FiG. 30. — N" lil (haut. (I m. -i'.t.'l). Vrgile rouge, pas d'cugobe ; dessin en couleur 
noire el rouge, mate et fiiable. Fabrii(ue syrienne. lJe(|àa. 

Vu,. 10. — \' lii"». Panse de pelilc (l'uochoc chypriote, décorée de cercles concen- 

lri(pies noirs sur fond rouge foncé. Fabrique chypriote ?) Provenant de Qana, pn'sde Tyr. 

Fui. tt. — N" HL'i. «• Gourde de pèlerin » dont maïKpient les anses et le goulot : 

sur un fond orange lustré, des cercles concenlri(|ues noirs el rouge indien. Fabri(pie 

chypriote ?). Provenant de Qana, près de Tyr. 

Fk;. 12. — N" idduiut m. 07 . Petite uMiochoé, .irgile rougeàlre. engobe blanc 

.SiRH. — II. 2J 



186 S Y R I A 

crème, zone rouge autour de remboucluire. Fabrique chypriote (?j. Provenant des envi- 
rons de Beyrouth. 

FiG. 43. — >' 737 (haut. m. 235). Argile rougeàlre, engobe blanc crème, nuances 
jaunes ; sous l'embouchure zone rouge et noire. Fabriijue syrienne. Beqa'a. 

FiG. 44. — >'" 4939 (haut. m. 415). Argile rouge, engobe rouge indien légèrement 
lustré, dessin de cercles concentriques noirs. Fabrique syrienne. Provenant de Sheizar, 
près de Mouhardeh sur l'Oronte. 

Nous avons ici deux pliénomèncs à expliquer. D"aborcl. vers 1200 av. 
J.-C, une intrusion en Phénicie île poteries mycéniennes et chypriotes (si l'on 
aJmet que les deux matériels pénètrent ensemble) et puis, quelques siècles 
plus tard, une céramique phénicienne profondément influencée par des 
modèles chypriules. 11 reste à savoir si les deux faits sont connexes ou 
non. 

Passons d'abord aux pays voisins où le premier phénomène se remarque à 
peu près ta la même époque, 

A Karkliémish, la civilisation se développe dans une suite logique et sans 
interruption dejtuis le début jusqu'à latin de l'âge du l)ronze ; ensuite, après 
la destruction de la ville par les envahisseurs de 1 10(5 av. .).-C. et sa reconstruc- 
tion qui suivit proraptement, on remarque un changement brusque. L'ancienne 
langue, c'est-à-dire l'ancien caractère d'écriture, persiste encore, la sculpture 
se perfectionne plutôt qu'elle ne se transforme radicalement, et les grands 
traits au moins de l'ancienne tradition religieuse s'iuqtosent toujours; mais 
le bronze ii'i]<', la place au fer, rinhumation à la crémalion. et la poterie 
sinqde, mais d'une teclmiquo remarqualde, qu'on fai)riquait à Karkhémish 
pendant la période Hittite moyenne, se trouve submergée sous un flot de 
poteries peintes dont la forme <>t le décor géomélri(iue sont égéens. Les 
vases trouvés dans les tomi)eaux et dans les ruines de la troisième pé- 
riode hétéenne rappellent au premier coup d'(eil des modèles chypriotes, 
mais la très grande majorité en est de fabrication locale et la ressemblance 
n'est que partielle. Les formes et les motifs décoratifs les plus caracté- 
ristiques de Chypre manquent. On y trouve quelques vases vraiment 
chypriotes de l'âge du fer ; ce sont, pour la phqiarl. i\r [lelits aryballes 
(jui auraient contenu des essences précieuses destinées à l'exportation, mais 
ces vases ne sont pas nombreux, pas plus (pic ceux d'imporlation sous- 



LA PIIÉNICIE ET LES PEUPLES ÉGÉENS 187 

myc(''nioiiric, dont qiu'lqucs-uns provionnoiit iiKliiliitablciiieiil des ilfs grecques 
plus loinUiitii's. Les iiuuveiiux vomis n'étiiierit dune pas des Cliy[)rioles ; ils 
iip[iiirteiiai('ril plus vraisemblabliiment à une liranclif dr la f;niiide famille à 
liMpiclic av;u(iil pr/'-^idé les vrais Klialli de Hofilia/.krMii ; ils Neuaicnl, je nen 
ihdite pas, de la région Sud-Oiicsl do l'Asie iMineure ; dans leur ancienne 
demeure, ils avaient dû entretenir des relations assez étroites avec Chypre et 
snltir rinlliicnce de la civilisation égécuine. Lois de; la grande migration de 
I 200 av. J.-C ils se seraii'Ut associés avec les IMiilistins cré-tois de la cote 
asiatique, avec les Slierdana eties Damuia du.N'nrd. et. cmumi' cuv. ilsauraient 
inlniduit l'art égéen en Syrie. 

An Sud se |>rodnit un plié-noiuènr semidaldc, pins neltcmcnt même ({ue 
dans le Nord. Il s agit dr 1 invasion des l'iiilislins qui apporta à la Palestine la 
civilisation égéenin', 

.le ne suis pas (oui à l'ail d ac('(U-d avec \lacali-lri' ipii place cidre I iOO et 
100(1 a\. .!-(;.. sa c tiiMsicnic pi'rindc M'inilicjne >< de (ic/i-r, caractérisée par 
des impculaliniis nivccnifiincs d ili\ piiolcs, non plus qu'avec Dussaiid qui 
veut idenliliiT ( rlle périudr de (Ir/.er avci' La( Iiisli III cl la placer à une date 
cnliT IliOll cl i:{."jO av. .I.-C. Ces dales me semldcnl Iteancuiip Ircqi reculées. 
Sclciii lUiss (Mouiiil (if luditji rilics). Lacliisii 111 serait caïai'té-risé par um- céra- 
iiiii|ui' u aiiKirile » s'iuspirant de la Iradiliuii d(> Ladiisii 11 et ne montrerait 
(|iH' par ipii'lques rares fragmenis la Iraiisilion au slylc " plu-iiicien • ; 
Lacldsli III est ilalé par des scarabées de la .\\ III" dvnaslie et par la 
talilette cunéiforme, laiiuellc serai! du (pialm/iènie siè( le, si le « Zimrida » 
(pii s'y Irouve inentii)nné esl hieii b; même ipie celui qui gouvernail la ville de 
AKIionnalen. Lacbisb IV ( i:tOO-1000 a\ . .1.-1... selon P>li>si e>t la coiicbe dans 
hnpndle pi ('vant la poterie « plii'nicienne " : on \ a trouve des scarabt'cs de la 
W III ri (le II \l \' (l\ nasiie. el nue insciiplion pliéiiicieiine (pii ne ri-monte 
|ias au delà du on/ième siècle. .Vinsi la poterie mvceuieiiiie de La(bi>b IV el 
de la troisième pi-riode sémitii|Ue de Ce/.er. c(mimecidle de la même époque à 
Taanarll. >eiail pies(pie eiilièiemeiil recenli'. A (ie/e|-. lin -iMll fr.IglIliMll 
" Minoen récent I ■> a ete mis au jour : cpielipies pièci-s poiirraieiil être du 
commencement du Miiioen n'-cent III; mais le> formes qui sont caraclcri;«liques 
de la céramique nivcenieiine à son apogée manqueiil en P.ilotine. el lions 
Il avons ipie les vases à etrier cl d autres l\ pes icf. (ie/t-r. Tombeau 7 i qui 



188 S Y R I A : 

,appai'ai«;>LMit généralement puur la première fois dans la décadence du style, 
ou persistent pendant cette décadence. 

: Les plus anciens exemplaires de vases mycéniens donton puisse iiréciser la 
date sont ceux de Tell-el-Amarna (environ 1350 av. J.-C). Le style en est si 
développé que nous sommes obligés d'attribuer à ce développement une période 
assez étendue et de supposer que cet art a fleuri dans ses centres d'origine bien 
avant 14U0 av. J.-C. quand, après la destruction du palais .Minoen récent II de 
Knossos. il remplaça en Crète l'art minoen pnipr.'nii'nt dit. Mais tout cela ne 
peut faire reculer au quinzième siècle les vases mycéniens de la Palestine. 
Ceux-ci ne doivent i)as être comparés aux exemplaires de Tell-el-Amarna, mais 
bien à ceux du tombeau de Market (environ 1100 av. J.-C). Je peux citer ici 
.Mvres qui, en discutant la date d'un tombeau chypriote de Tàge du fer dans 
lequel se trouvaient des coupes à pied haut avec une anse, telles qu'on n'en 
voit jamais m Palestine, l'atlribuait auv environs (b,' iniiO av. J.-C. et note que 
« la civilisation mycénienne, bien que décadente déjà vers 1200 av. J.-C, 
prévaut encore dans le Levant (') ». 

Ce qui me semble certain dans le cas des vases mycéniens, peut èlrc vrai 
également pour les importations chypriotes. La forme la plus commune, celle 
de la lig. 14. était rn vogue en l'Egypte entre 1400 et 1000 av. J.-C, et, parmi 
les autres, aiirunc n'est nécessain-miiil antérieure à 12(in. I»ans les tombeaux 
et les couches de ruines en Palestine, les restes chypriob-s et mycéniens sont, 
en elTet, si étroitement associés que ce ipii est vrai jtour les uns doit l'être 
également pour les autres. 

Cette conclusion archéologicpie. qui me parait la [dus probable, est forte- 
ment appuyée par des considérations historiques. Je m» peux pas m'expliquer 
une prédominance de types égéens en Palestine pendant les (piinzième et qua- 
torzième siècles. Dussaud l'attribuerait an commerce : " Ainsi, dit-il, l'inlluence 
égéenne et chypriote se fait fortement >enlir en Suie avec la conquête égyp- 
tienne (i.")30) dord la conséipjence fut d'ouvrir largement la Syrie au conmierce 
méditerranéen et de tournei- la Plnmicie vers la .Méditerranée. » .Mais en 
Kgypte la cér.imi(jue égi'enii • n'e-t |»as assez fréquente pour appuyer cette 
théorie (|iie la cnnipiète ég\[)lienne ain-ait inqjosi' la mode égi-enne au pa\s 

Cl Liverpoul .{nnnls, 111, 3. 



(JUOLI'E C. 




Kl... lu. II,.. ;i. l'i. 



l-i... w. 





Ik.. u 



Fi.i. i;. 



I.A l'IIÉMCIF. ET LES PEl'PLES ÉGÉENS 189 

ctiiiquis, siiiloul quand on voit (|uc, maigre cette conquête, IKgypte n'a pas pu 
imposer aux ateliers palestiniens ses propres modèles. 11 faudrait doiu- admettre, 
en mèmetem[is, (pn- la dumiiiation et le commerce égyptiens auraii-nl donné à 
la (;érami<juc égéenne une telle vogue en l'alestine. (jue la coiHjuète nn-nie de 
ce pays par les IMiilistins égéens naurait pas produit un ellet plus considérable 
et (|ue leur (euvre eût été en <[uel(|ue sorte accomplie à Tavance "•. C'est cepen- 
iliiiil la conclusion à laquelle conduit inévitalilement la clironologii' de Dussaud, 
coiulusion ({u'il mest impossible d'acceitter. Ktant donné ces deux faits : la 
forte ingérence du style égéen en Palestine et la colonisation de ce pays par 
des Égéens, je m- [niix (jue les associer. Tout en admettant «pu- le comnn-rce a 
pu introduire à cba(pn> moment i-n Palestine, a|irès l.lOd av. .I.-C, des exem- 
plaires isolés de la ei-ramique myii'-nienne et iliy[»riole. je suis néanmoins 
convaincu pour des raisons tant liistorirpn-s (pi'arcliéologifpii'S que la très 
grande majorité des vases trou\és dans le sol palestinii-n sont postérieurs à 
1200 av. .I.-C. et (loixiMil être attribués à l'époque de l'invasion [diilisline. La 
troisième périodi' si-mitlipir di' Macalisti-r i tlO()-i(»(Rt). comme celle de 
Lacliisli l\' de Hliss ( I :t()(l-|i)iM)i [ii-uM-nt ctn- également vraies pour leur 
Icnuiniix mite (iiiein : mais la [lolcrie l'traiigérc qui, pour ces auteurs, s'étend 
sur la péiiode entière, pour moi n'appartient (pi à sa lin. 

hoiK . dans le sud comme ilaiis le mwd. nous a\oiis. vit^ IJImi ;i\..|.-(;.. 
UMi' alihii'iice de léramiqur fliiingérc qui est le >\m|ilome et IVH'rt d imc in\a- 
sion de peujdes étrangers. Dans la Pliénicie. à la même dali', se fait remar- 
quer mie céranii(pie étiangérc (pii |>ro\ ient également de source égéenne: y 
a-l-il une iai> V\ mùv ! iiidirc dune invasion égéenne de la Phénioie ? 

11 parai! |icii proliablr (pie des eiivaliisseiirs alliés, repoussés des frontières 
de l'Kgyiite, se soient installés au sud et au nord de la Pliénicie en négligeant 
ses riches ports et ses vallées f(>rtiles. 

Au cours de leur avamc. ils avaient pris Arvad, comme ils avaient pris 
Kaikliémisli ; leur llotti' .iMiit longi" la C(*>te cl. s'ils ii"a\aicnl pas occupé, ils 
a\:iii'iit pu \iiir de prés Hvlilos, Sidon et Tn r. Ihmu lnitiii [ninr des marins 
giirrriiTs. Une li'>> aniialo île l'KgNple ne p.iilenl [•a> df complètes au sud 

i'' Lfs fiii(| li>inli>'iiii\ isoU's iitiriliiir-s imr nrlii-lc, .\ Sorlli Syrian cemetery of Ihe Prr- 

Mnciilislrr uiix l'hilisliits stuil Buln- rliosc et sinn p«Ti<x/; LiveriHtul AnnaU, ISJU. 

(latoiil ilii sijtii'inc -cinquième si«Vl«'. Voy. mon 



190 S Y R I A 

J".\rvacl, cela n"est pas siirpriMiant : elles ne nuus apprennent rien non plus de 
l'occupation philistine de Gaza, d'Askalon et d'Ashdod : pour les scribes 
égyptiens du douzième siècle, la Syrie ne présentait pas grand intérêt. Peut- 
être peut-on penser trouver un écho de cette conquête dans Justin (XVIII, 
35) qui parle d'une prise de Sidon a reye Ascalaniorum, un an avant la guerre 
de Troie : la date, il 95, s"aecorde à merveille avec la défaite infligée par Ram- 
sès aux envahisseurs en 1196 et, si la ville fut capturée avec l'aide des alliés 
qui avaient déjà maîtrisé le pays du sud. on aurait bien pu attribuer la vic- 
toire à l'un d'eux. De même, quand Scylax. dans son péri[de, décrit Askalon 
comme « ville des Tyriens », ce renseignement ne pourrait-il remonter au temps 
où Askalon et Tyr obéissaient toutes deux à des maîtres alliés et de sang 
égéen ? 

A partir de 1200 av. .l.-C, les Phéniciens, qui s'étaient contentés jusque- 
là d'un commerce limité, se lancent dans une politique plus aventureuse. En 
1 100, Tyr avait déjà fondé le comptoir de Kition, et, peu de temps après, des 
cargos phéniciens se risquaient loin dans l'ouest. Des colonies ou des comptoirs 
commerciaux jalonnaient toutes les côtes méditerranéennes et ouvraient an 
trafic phénicien l'Afrique du .Nord, la Sicile. l'Kspagne. Chypre, visible des 
hauteurs du Liban, était un point de dépari tout naturel pour une telle expan- 
sion. Cette île était sans doute connue depuis longtemps des comnn}rçants 
syriens; mais il faut renuuMpuM' que les Phéniciens, qui n y formèrent jamais 
qu'une minorité, limitée presque à une seule ville, n'auraient pu obtenir et 
sûrement n'oiil pas maintenu leur position par la force. Les Chypriotes, (pii 
possédaient enx-nn''mes une (lotte marchande, se seraient naturellement oppo- 
sés à l'intrusion d'une colonie étrangère et l'ivale; leur consentement est plus 
facile à expliquer si ces colons n'étaient pas des sémites conqilèlenient auto- 
nomes, mais des sémites sous uih- direction égéenne, peut-être même chy- 
priote. Si les Phéniciens ont hérité la thalassocratie commerciale de .Minos, 
le legs n'est pas passé hors de la ramille. el ipunnl leurs yaOÀot rré(|uenlaient 
les entrepots d'outre-nu'r (piTlomère et les légendes grecques tenaient pour 
phéniciens, mais où nos fouilles ne trouvent que des traces mycéniennes, 
c'étaient toujours des l^géens qui. sous un autre nom. prolilaieiil de leur patri- 
moine davenlure. 

On m'objectera que les l'IuMiiriens. séiuili(jues dUrigine, sont restée sémi- 



LA r'Ill'lNICIE ET LES PEL'PLES EGEENS 191 

fi(lii('s jiis(|M à l:i iiii, cl (|iM' |>i'ii(l;iiil UiuUi leur histoire aucune trace 
(runi' iiiniii\li(iM cli'anjiiTi', (rllc ijuc je la sugfîère. ne se laisse enlre- 
vdii'. l,;i n''|pinisc csl fournie pai- li- _i.M(Mi|ie C, qui est formé (riniiinrlations 
cliypriolcs et, (i(! [trotlnils locaux, di-nij^^iii-s eomiiie tels par la l'orme, par 
l'argile et par 1rs cDiileiirs friables qui les disliiigiient rietlenient de la 
vraie |ii)|rric chvprinle; mais ces diM-niers eonservenl une tradition égc'enne 
(ju'on rn', [teut i)as mi-eoimailre. Le j^roupe appartient auv dixième-sixiè- 
me siècles, et il li-moii^rie d "une iiilluence ét^éenne très manpiée qu'on ne 
constate, il ce [Miinl, à la miciuc dale. ni à Karlvlicnii>li ni en l'alr^line où les 
l'Iiilislius ont éti' si lou;;lemps les maîtres du pays. iJes lijiurines de terre 
cuite et des vases /Dumorpliiques de I ;if;e du fer. provenant surtout de la 
ri'^ion d'Ainallins. snni innnus di-piiis longlem[>s. et leur st\le juslilie l'ex- 
pression ass(!/. forte de Dussainl i[ue « de plus en plus la l'In-nicie du Nord se 
classi^ comme dépentlanc(< artistique de (lliypre » : lieaui'oup d'exeuq)laires 
dans li's vitrines liu Mnsi'i' anii'ricain donneraient raison au savant arclii'O- 
loguc fi'aneais. Les vases trouvés dans les caveaux de Itasliidieli, près de 
Tyr *" sont connus aussi de longiu' date ; mais, prc-eisémenl à eause de leur 
caractère cliy|irin|c. on ne lcui- a pas atttiliui- l'inqMMlancc ipi ils méritent. 
Plusieurs tbrmes de notre groupe C se répètent ii-i (e. g. des lig. tli, 23. 
24) et le décor de cercles coincntriques y domine. « Toute la poterie. 
al'lirnic Maci'idy. est cli\ priolc.. . elle a[qiarlicnt à nue nicnii' l'qioqne et 
n'est mélangée d'aucun oljjet [trovenant de la côti' s\ riemn- « et il en conclut 
ipidn est en présence de tombeaux d'édrangers ennemis qui auraient [larticipé- 
au siège de T\ r. Mai-^ noire grou[te G provient de l'iidérieur de la Svrie. de la 
neqà'a, même de la vallée de l'Oronte : les (iiivpriotes du huitième ou du 
se|dième siècle auraient-ils donc envahi toute la Svrie centrale, et leurs fantas- 
sins auraieid-ils [xirté' à travers les montagnes tant île \ases fragiles et peu 
prali(pies pour les eiderrer avec leurs camaratles morts .* Voilà une raliirtio atl 
nlisKiilidn. Que b's vases de Uashiditdi soient du genre chvpriote. ce n'psl pas 
discutaille : ils n'en >ont pa^^ moins phéniciens. 

Les caveaux de Uasiiidieh nous fournissent un autre renseignenienl pré- 
cieux, (hi y a trouvé « un grand noudu-e d'urnes funéraires qui renfermaient 

('I Macuiiiv. lii-rii, llihliiiiif. 1901, p. SG5. 



192 syr;ia 

à la fois (les ossements décharnés par une putrélaclion lente et des restes 
humains visiblement incinérés à la liàtc... ces circonstances nous permettent 
de constater que les caveaux en question n'appartenaient pas à des Phéniciens, 
pour qui l'incinération du cadavre eût été un crime ahominaljle ». Les Ejiéens 
pratiquaient l'incinération des morts et ont introduit ce rite à Karkliémisli 
après 1200 av. J.-C. : est-ce qu'ils n'auraient pas l'ait de même enPhénicie? 
Dans ces tombeaux de quelques siècles plus tard, je vois le signe de Tan- 
cienae tradition égéenne qui s'all'aiblit et se plie aux coutumes de la majorité 
sémitique de la population: 1 heure sonne pour la disparition des Phéniciens 
égéens comme pour celle des Philistins. 

l*our compléter la série des vases égéo-phéniciens, je présente ici (fig. 45, 
pi. X.\) une jarre, actuellement dans la collection de M. van Heidenstamm, 
la([uelle, avec quelques autres du même genre, fut trouvée il y a huit ans à 
Djebeil, associée à un sarcophage de marbre anthropoïde. Cette jarre, appar- 
tenant au dernier style chypriote, doit dater du quatrième siècle, et prolonge 
presque jusqu'à la comiuète macédonienne la vogue de Fart égéen sur la 
cùle d(> Syrie. 

Une influence si profonde et si étendue ne peut guère résulter du commerce 
se\il : une sympathie intime a dû rendre toute naturelle la copie du style chy- 
priote pendant cin([ siècles de vie séparée. En Palestine, pays divisé on petits 
étals, dont l'esprit national avait été affaibli par des rivalités intestin(\s conune 
par les siècles passés sous le joug étranger, les Philistins avaient su devenir 
tout puissants e| sceller eiihc eux une union [lolitiipie cotilre lii(|uelle les Ca- 
nanéens asservis ne pouvaient rien. Malgré cela, les Philistins se sont sémilisés 
et ont perdu de honne heure leur langue et leur identité. Kn Phénicie, où une 
conscience plus ni-lte de la race avait maiMjih' la populaliou d'un caractère {ilus 
iiulividuel et plus fei-me, il est possible (pTimi* minorité de compiérants étran- 
gers ait iidi'oduit certains [irogrès et (pielipies modes qui, par la suite, se sont 
niaitilernis. .Mais, eu meuie temps, celle minorité se serait hieutol assimilée à la 
masse sémiti(jiM' ; certains as[iccls de son influence cultmclle auraient pu 
cependant sui'vivre longtemps après (pie son identité etimiipu:' avait disparu 
à tout jamais. 

.le ne pré-teuds pas que ma thèse d'une conquête tempoiaire de la Phénicie 
et d'une colonisation partielle du pays par une race égéenne soit établie déli- 



LA 1'Iii;ni(:ii; i:t m:s im:upli:s i:(ii:i:NS 1'j:5 

nilivi'iiiiMil |iar- les liMiioins ciicon- i-ii [iclil nuiiiljrr (|iic lanliéologie Iieiil iilili- 
siT iiiijdiiiiriiiii ; mais (•niiiiiic vr iiial(Tirl arrli(''ol(ij;if|uo lions ouvre um- pisle 
iioiivclli'. j'ai (111 i|iiil fallail le [iiililicr. loiit en iii>islaiit sur les iiossibililés 

(|iril [MT I il'riihrvnii-. \.r dcriiiiT Minl a|)|iartii-iil ii la [liuchr. Id's IViiiilIrs 

scii-iililiciucs CM IMiiMiicic r-rarlcioiil |iriil-rirc ma llii'diic trop ti-iiuMairr : je 
crois iiliilùl r|u elles la cunlirmerunl. 



Après ;iV(iir Iniiiim'' ci'l aiiicii'. j'iii lu li' li\ii' Inul n'-ceiil île M. Aiiliaii: 
l'li'')iiiini^. Je lie peux pas m engager ilaiis I examen des langues ri dt-s 
li'gendes (pii (leeiipeiit le savant fraiieais ; mais ((Uiinie mes eoneliisions, tuiil m 
s'aeeiiidaiil à eeitains ('gards avec les siemies. seliiuncnl à la fin coiiiplcle- 
meiit (i|i|M>si''es. je dois mieux pn'-eiser les miennes. 

■le suis doue ('(UiNaincii (pin la civilisatioM |ii'i'li(dli'iiiipie de riigcc t'-lail 
elidilemeiil lii'e il cflle de I A>ii' .Miiiciiic iciitrale : dan» le dciixii'ine fa>cieiile 
de ddichniiish actuellement sous [ucsse. je cite ipichpics paialhdes arcln'o- 
logiipics cuire les llctccns et les .Minoens (|iii auraient doiiiK' une nouv(dlc 
force aux arguments de .\l. Aiilian : si. comme je crois le di-iuonlrcr. les 
IMii''iiicieiis. à leur apogi-e, possi'daienl du sang égi-eii. ils auraieiil l'ti' eux 
aus>i des a>iaiii(pies. Mais j(> voudrais me si'parer (•oiu|di''teiueiit de M. Aii- 
Iraii Idiicliaiil le» condilioii> et llii-loire i\>- la S\rie. Toiil eu admellaiil la pro- 
Itahiliie d iiiie comiexioii livs ancienne entre la cote syrienne el rKgee. je ne 
V(U> piiiiil en >\rie un grand centre de puissance asiani(pie minoeime eiilre le 
viiigt-ciiKjuii'iiie et le (lt)U/,i('me si("'cle : loiil au coiilr lire, je lrou\c(pie peiidanl 
ces sii'cles rinlluence (•gi-enne (dait assez, faillie dans la S\rie semilisée et 
assujetli(> à la M(''SO[iolaiiiie ou à IKgvple. (Test seulement après lidO av. 
.l.-<... (pie la l'InMiicio a sulii une aflliieiice asiaiu(|ue venue soit des iles. soil 
de I .\.^ie Mineure, el c est seulement après cet cvciuMiient (pie s'est ilève- 
loppée la Phénicio aveiilurouse célélirée par Homère. .\près 12(t(>. la civili- 
sation miiioeime s'eilondre : le> villes llorissiiiilos avaient été dévastées et leurs 
lialiilaiils dispersés par l'exil : l'empire asianii|ue des Kliatli avait été détruit 
et ses lu-riliers (le Karkliémisli elaieiit occujtés en Orient, l'ourla nouvelle 
Grèce, seuls les liardi> marin» de Sidoii et de T) r représcntaicnl ranciemie 



194 .s Y R I A 

race dominatrice, conservaient en quelque sorte ses arts et rivalisaient avec 
elle parleurs exploits commerciaux. Peut-on s'étonner si la légende grecque, 
déformée par les cataclysmes qui venaient de bouleverser les souvenirs, a 
attribué aux Phéniciens, grâce à ce fonds égéen qui en eux allait se sémiti- 
sant de jour en jour, le beau rôle joué par les peuples de race pure ? 

C. Leonaiid Woolley. 



LA CUÉATION DU iML'SÉE l) AUANA 



LE COLONEL R. VOUMAND 



Kii Krancc. où la i,'(''(if,Miiitlii(' ost mnins connue quo l'Iiisloirc. lu Cilicie 
lie jouissait pas, iik-iiu' dans le jiiiljlii' lilln'-. iriiiic |ni|iiihiiitr cuiiiiiaialilc à 
celle (If la Syrie. Hélas, « lerte |>rniiii>.- .. ;iii |miiil ilr vue ;i::riiulr. I.i (iilicie 
lie iiiéiite celles pus la iiièiiie repulaliiiii en ee (|iii coiiceiiie rarcliéol(i;;ie ! On 
ii"\ trouve ni Uaailieek. ni l'alinyie, ni les jrraiides cili-s pliiMiiciennes. 

'roiitelnis. les (•i\ ili-alioiis snceessives ipii sont venues s'étaler p:ir ee pas- 
sade piei>(|ue o[ilij;é d'Deeideiil en Orient, \ ont laissé chacune sa trace, et si 

le (I cille si deiiieuré dans riiisloii-e synonyme d'un vêtement de jiauvre, la 

piinire doiil s"esl (niié le |i:i\> ,i Iravcis les siècles ollVe de nondnenx et très 
inléress;uils spi'iiincns des ails liillilc. i;rec, gréco-romain, li\/.antin. franc et 
arabe. 

Dès que nos ofliciers pi'iK-lièrenl dans ce « leiriloire ennemi occupé, /one 
Nord », il était logi(|ue, il était IVançais d'orienter une partie de leurs pre- 
mières pensées vers le culle de l'Art, .'^oiis rimpiilsiou large et éclairée du 
coloiii'l hicinond, l'iiiiliitlivi' fut lai>s(''e au gouverneur d'Adana icoliund 
iVdrinand) |ionr organiser dans celle ville nu musi'c n'-niiissanl pour I l'Iiide, 
dans un centre l'acilemeut accessilile. des spé'cimens île louti's les |)ériodes de 
riiisloire cilicieiiiie. sauvaiil du iiK'iiie coup de la niiiie lolale tani d tdijels 
exposés aux ilégradatioiis du lein|»s el surtout des Inuiimes. Car. de toute éter- 
nité, en ces pays, les monniiieiits anticpies oui (-té exploiti-s comme carrières, 
el. dès le delianpieinenl iKilaiiiiiieiil. on conslale (|iie \|ei>iue est lu'e de l'om- 
péiojKdis (IM. Wl, -1). .\e liaine-t-il pas d'ailleui> îles colonuo antiques même 
sur la |dage d(> Beyrouth? 

Le local manquait — et encoie plus l'argeiil. pour liàtir un musée. On 
se contenta donc d ahord du inique hureau du gouverneur, précédenuiionl 



106 



SYRIA 



Direction de la police, bâtiment neuf et spacieux, où les antiquités purent, en 
augmentant de nomi)re, envahir les pièces successives : la cour fut affectée 
aux pierres trop encombrantes. 

En vue de donner le branle, le musée rassembla au début (février 1919, 
date de la création de notre administration), des objets de valeur très 
movenne, principalement des chapiteaux, dont il traînait partout des échan- 
tillons variés. Parla suite, leur réunion se trouva présenter un véritable intérêt, 
car elle permettait de suivre l'emploi de cet élément architectoniquc et son 
évolution à travers les âges : depuis le dorique, l'ionique grossier à volute à 
peine tracée, jusqu'au byzantin et à l'arabe, en passant par les finiilles dacan 
the corinthienne à une, deux ou trois rangées. 

La première pièce de valeur lut un tombeau en marbre gréco-romain du 
deuxième au quatrième siècle, décoré d'enfants portant des guirlandes, très 
analogues aux motifs florentins de la Renaissance (fig. 1. à droite"). 11 servait, 




FiG. I. — Quelques sarcli'iprigos du Musée d'Adaii.i. 



(•(iimiic tant d auli'cs, do réservoir pour une iiuria mue pai' nu chameau : c est 
aujourd'hui un su]M'rbi' vase à fleurs couronné par d'élégants aloès ; mais la 
nécessité d'y faire (h's trous pour l'écoulement des eaux avait entraîné d'irré- 
parables dégâts. Ce l'ut un iliin de Habib Etfendi et de Berber Zadele. deux 
notables turcs d'Adami (avril 1919). 

l'n autre tombeau, inliniment plus simple et en calcaire du pa\s. vint 
pro.sqiic aii>-<il<it lui dunncf l:i répli(]ue I lig. I. à gauche), l'iovcuant de l'iM-ule 
des ,\rls et .Métiers d'.Vdana, où il servait également de réserxnif, il repré- 
sentait, en (|uelque sorte stylisé, le motif précédent : la guirlande remplacée 



LA ClîKATION DT Ml'Si;i: D'ADAXA 



197 



|);ii- lin croissaiil lu! (Iiiiiii;iil un laiix iiir nllniiiiiii. lui léalili'-. la plus j;ranilt' 
pallie liii (liMor niîsl (prr-panm-h'r ; relie pièce daii^ son l'-ld iJ'inuflii"!\t'iiieiit 
iKiiis iiMMiIre les piT)C(''(l(''S iisili'S par |e^ sinl|ileiir> anli(pies. 

I»en\ aiilies heaii\ luiiilieaii\ en |iieiie. 11111 (liTOH' ilc U'U'H de lions et 
(rime cliaisi! à [lorlciirs'''. laiilre ilniie in-eiiplinii j:iei-(pi(', fiircnl oricori', 1 un 
oir('rl[tai-Zii(li Kiaiiiil KlVeiidi. laiiliv oMiiin par >iiiiple Mil)-.liliiti(iii «riiii réscr- 
\(iir (riicciisiiiii. 

ile^ >areciplia;ii!S en lierre niile. cnnscivés iiilact> a liavei> li'> >iéc-|es. 
vimeiil (le-. l'iniiDiis (le Karalai'ln Deiirt Direkii». <iiin( mi Miil eiicme rainieii 
pnil. iKin liiin ilu IIiMixe aniiipie r\iannis (jui, eliaiiueanl le rnui> i|e ^es eaux. 
Cleo aiijiiiiid lini île inpinelles iaj;iiii('> ; ils étaieiil ullcrl.>. ainsi ipie liusjiUTL's 
g(^ant(!S. par iriiniiiMo pa\sans lurrs. 

Iles >leles eL eippes riiiK'iai ii's a\ee iii^eriptinns jirenpics fM riKiiinciir 
(.les iliMiinls >ainiilei-eiil à ces xiiiveiiirs aiiliipie-. Les Il'vU's jiri'i-s cl laliiis 
ainsi n-niiis rmiiienl une culieelinn inlere>>aiile ipiavoc heaiicdiip il l'-i inlitinii 

le I!. I'. Minililile. île |}('\ rolllll. pn'^ellle e| riillllliclllc ci-aïUTS. 

.\l,ii> le iniisi'e il Ailana ne puiixail m' (■aiilniiner dans une spécialité d nitjets 
Iniielires : des aniels. des sniili,i>-.eiiienl> de >la!iies a\er iiiscri[itiiilis j:rei-(pies. 
des liM>les en niarlire un en pierre, grecs ou nnnaiiis. a[»porlérent une nnli" plus 
j;aie el pins \i\aiile aii\ eidleeliniis. [.es uns l'iaieiil des dons iill'eil> (lar 
lin [)iil)lie. lie plus en [du-- nnnilurus. s"iiilé'i'e>sanl à l'ieiiMe enlre|iii".e. ain>i 
ipii'ii léiii(iii;iiaieiil les JKiiinaiix linaiix, liircs ou aniii'iiieus ; d'aulres élaienl 
recueillis par les olliriers de nos dilIV-renls posles, ipii lie ponvaieiil diMiieurer 
insensildes ;i cel elVorl el lenaieni à \ ciiopi-rer. 

Missis, l aniiipie .Mo[>sii('sle. l'ournil ainsi au lieiileiiaiil LapiiMie, de la 
Kéj;iou armiMiienne. roccasion d'envois anliiieciiiianx du plus haut inli-rèt : 
l'riscs en niarlues. anleU. enlaiileineiils. iiiélopi-s eu calcaire |uiiroiiili'iiieiil 
l'onillé. (liapileanx. elc. de travail 1res >oi},Mié. .Mis>is. à HH Kiloiiièlrcs 
d Adaiia, inonlre encore une colonnade (>n granit dl'!g\pte. dont il eut été 
facile de di''i;aj^er le sonliasseiiienl. et un >iiperlie |ioiit en pierro >iir le tleu\e 
Djilian. le seul tpidii \ puisse lrou\ er, aiialoj;ue à celui d'Adana. sur h- Seiliouu. 
et (pii tlate de ré|iOfque roiiiaiiie ; comme celui dAdaiia. altiiliiie à .lu>tiui)'n. 

(') Co san-dplidiïf iiu'dii iipi'i'voil sur nuire figiiix- 1 est ilouiu^ à plus ({iMllili- ô'Iu-IU' "Inns l'i-luile 
ci-iiprès lin K. I' MouIimiIi'. 



198 S Y RI A 

il présente aujourd'hui certaines arches réparées en ogive par les Arabes, à 
côté des anciennes en plein cintre. 

Le capitaine Desrivés, le lieutenant. Vigne, de la Légion arménienne, 
envoyèrent; aussi .de Djihan ot dIA.yas, diverses stèles grecques, une inscrip- 
tion cotifique et une jolie tête en marbre. 

Le. commandant Anfré. gouverneur de Mersine, fit don au musée de débris 
divers de Pompéiopolis ; mais les restes les plus intéressants avaient été recueillis 
et conseryés à Mersine même par M. Mavroitiaki, consul d'Espagne et collec- 
tionneur émérite. 

C'était le gouverneur de Tarse, commandant Co.ustiljières, qui se trouvait 
le mieux placé pour recueillir des souvenirs intéressants dans l'antique cité 
de Saint-Paul. Une très faible subvention permit, non d'engager des fouilles, 
interdites . d'aiHeurs par les; règlements anglais au début, français ensuite, 
mais.dç.transfér.erà Adanales objets dissérninés dans les rues et les maisons. 
Car Tarse, comme Ayas, .Missis. mais plus que toute autre ville cependant, est 
construite en débris antiques, et partout l'on retrouve des colonnes en marbre, 
souvent même des sculptures, encastrées dans les murs ou perdues dans les 
découdires. On put recueillir ainsi des frises sculptées en guirlandes, de char- 
mantes stèles décorées de danseuses, des bustes, un torse d'homme, doux 
statues délicieusement drapées, le tout en marbre blanc (dont une carrière 
eixiste près de Tarse), et même des motifs décoratifs arabes et de très beUes 
et profondes inscriptions coufiques. On prit également quelques échantillons 
du béton extraordinairemeiit solide qui constitue les murs, épais de ."l mètres, 
de ce curieux monument primitif appelé Tombeau de Sardanapale (Dcunulv 
Tach) et sans doute revêtu de marbre dans l'antiquité. 

: .Le Père Mekitar, directeur de l'École arménienne d'Aintab, olVril un inté- 
ressant buste d'homme de l'époque romaine, provenant de Tialkis (aux bords 
de l'Euphrale), et le mil ainsi tid'abii du bombardement turc qui, depuis, a 
(l('-lruil l'école. 

Les fonctionnaires turcs ajoutèrent aussi leur part à l'oeuvre de nos ofll- 
ciers .:. c'est ainsi qu'Ibrahim Bey, kaimakan de Djihan, Keuial Bey, k;\imakan 
d'.\yas, Melimed Ali Ellendi. niudir de Missis, le mudir de Karalach. le ilireg- 
leur des wakoufs d'Adana et beaucoup d'autres, nous tirent d iiiqiorl-.inis en- 
vois. 



SYlilA. I!I21. 



PI. iXl. 




I. — Tniiiijiiix liilli|i'>. :i K'arKIii'iiiisli ~ur I'lùi|ilirali'). 




i. — CiiliMiiiiiili' lie l'nmpi'iopolis, h M kil. ilt- Morsine ^Cilicie), au boni d.- lu mor. 
(Clii'liés >li- l'Illustration.] 



LA CRÉATION DC .\irSi:E D'ADANA 19'J 

La n'-piitiition du musée se rriiaiiilaiil cliarjuo jour (la\ anlagi> cl iiilrn-ssant 
(le plus en plus le palilii;, loutres 1rs iialionalili'-s et toutes les classes tinrent à 
coopérer à sou eniicliisseuimt. De simples gendainics ap[ioilrieut des pièces 
parfois fort iuliTcssautes, dons d'Iiommes simples, mais toujours aimables et 
ficiiiM-eiix. L'<i'uvn'. initialement entreprise dans un Itut [lurmicnl anliéido- 
^i(|ii(', |ircnail dr jour en joui' un caraclrrc p(dili(|Ui'. uiii,->aMt les races di- 
vers(;s et ennemies dans une pensée communi', intéressant à une idé<' fran- 
çaise les gens des conditions les |dus variées. 

Le musée, prenant forme, obtint alors (niai l'.M'.h, sur laclive inlervention 
du colon(d Hi(Wnond. un secours, royal pcuir lépoque. de .')(>() livres é'j;\p- 
lienntïs, du liant Conunissuire M. (ieorf,'es-l*icot. Ce crédit fut à peu [)rès iidé- 
{iraliMuenl aljsorhé par les frais de transport, très élevés par ces temps de vie 
chère qui u épargnaient |ioiid le Le\anL 

On put alors ('tendre les i-eclien lies. Larl liitlile. luul d actualité, fut 1 tthjet 
d une alleiilion parliculière. On ri''Us>it à en ImiiM'r des resles. abandonnés 
à Zendjirli par les .Uleuuinds. ipii avaieid mis à jour en ce poiid une auiicpn^ 
cité. On recueillit ainsi, avec le concours du gouverneur du jljeliid IJendicI, 
capilaiiie André, une >upei'lie Irle de lion eu Itasalle (donl |e> |iii'ds sont eiu'orc 
à Zendjirli). deux sphinx à lèle de femme, un peu dt-gradés, mais curieux, 
des landionrs de cidonue, uiw sièle avec un hermaphrodite couché, etc. 

De la principale cile liillile, KarKlit'nii>li. >nr I Kuphraieià I ..Util mèlres de 
notre posie de Djerahlous. el à coté de 1 immense poni en fer du ISagdail. long 
de 800 nielles, qui constitue ainsi un ('trange anachronisme), il nflait pas 
quesliiMi de rien rauieiier. car ces foiiille> anglaises, dirigées par M. Wunllev, 
iui nom du liritish .Muséum, n'elaienl [las encore termiui'es el ces anliquiles 
devaieni jusfpi'à nouvel ordit' rester en place. Nous donnons siMilement ici la 
repiiidiiclion i IM. Wl. I ) de deux Iniieaux qui jniit |i.ulie île ce liel eii>eiulile 
archileclnral. Les sculpinres liillili'> de M,ii.i-li furenl nquoenlees par des 
photographies. 

I II ai(h(''(dngue alleiiiaiid , M. Sicile, (•iraiiger à ioiile politique et tout 
entier il ses études, fut le seul Allemand mainti'iiii en (lilicie en raison de son 
âge et des services qu'il était siisceplilde de rendre au miiséi». Kil'ectivemenf. 
lions ne conminies pas d agent pln^ di'Vone : il fut eiivovi- en divers poiiit> île 
r.\>ie .Mineuic pour prendre des i>>tampages el lit au retour d"iiiléressaules cou- 



2Q0 ...... . syria:. . 

féio,ncos.:Il put nous piociirer plusiciirs'exoiiii)lairo.s de la plus grande inscrip- 

lii)iiliillite connue,' sur. un rocher isole à Topoda. près Ncwcheir, longue den- 

virdn o mètres, liante de 3 mètres: un des moulages en ciment aniK' fui 

.réservé pour ;le Louvre, envue.de contribuer au décliitTrement de ces liiéro- 

- glvidies delectiu'c encore inconnue. Le même archéologue prit aussi Uempreinte 

-des.reUcfs hittites 'de- Fraktin, à la limite Nord delà Cilicie, et de nombreuses 

-photographies, notamment des dessins rupestres sur une grotte funéraire .à 

Tachdji, dans le Nord de la Cilicie. 

! L'ait du moyen âge .fut également représenté par de remarquables inscrip- 
tions arméniennes en arabestjues, provenant de la chapelle d'Anavarza. située 
-au centre d'un de ces puissajits châteaux forts qui dominent tant de collines 
isolées dans hi: plaine de Cilicie : Ylan Kalé (PL XXII et XXIll) château du 
Serpent'". Toprak-Kalé, Guvel-Oglou. Hamatiye — ou même certains hauts 
.sofniiiets ,|ir.r>quo inaccessibles du. Taurus, Fekké, Meydan, Sis, Boudjak 
Kale^si, comme les, ! rivages, de la nier. Payas,. Korikos et la côte syrienne, 
ou. enfin la plupart des grandes villes Alcp. Marasii. Aintab. Biredjik, Ourfa, 
.Mardin, Seleflve,'Anavarza. 

Ces citadelles, véritables nids d aigle, dt''(iassent souvent |avec leurs hauts 
.remparts l'éti-ndui' des plus grands châteaux (jue nous connaissions en Europe 
et constituiMil la plu> ini[iressionnante apparition dupasse. Anavarza demeura 
plusieurs siècles la. capitalr d'un loyaunie arnii''iii(Mi. sur remplacement d'une 
ville, roiiiaine enclose dans iinr iiilloicsquc cnccinle rectangulaire l'rénelée; 
les Aralxis en améliorèicnl !(•> rcinparls. cl placèrcnl leur signalui'e aux portes 
.dentrée, sous forme de iiiolifs décoratifs, rt)saces, vases, arbres de style, ins- 
criptions pour s'en altril)uer le mérite tout comme la reiiu^ llala-Soii à Karnak. 
(tr Anavarza. dnnt la (lur(''c cl riin[Mirlancc aiili(iucs soni attestées par deux 
aqueducs aux ruino grandioses — dont l'un, ap[iorlanl l'eau delà montagn(\ 
se prolonge sui- en\ii(in i'i Kilomètres de longueur — par un arc de triomphe 
splendide, îles llieiiiies. un ani|ibillii'àlre aux gradins lailb-s dans le roc, 
(les toud)es également en plein roc, .\iinvarza aujourd liui reste inaccessiiile 
à peu |)i'ès six mois de raiiiK'e. enlourcM» de marais où Ion s"enlise. Il ne pou- 
vait en èlre ainsi jadis, et I on reconnaît bien là l'incurie des derniers siècles; 

Cl A no1nr ce mol de o Scrin'iit ", niidaiil la rmiin' «ralio (lui a romiii k M(uili)iiïa i, 

■ uno idéo d'niitliilutions, cl sim analogie avec la rivirio cjui lourue. 



LA CIlEATKiX DC MISHE DADANA 201 

rrcoiiliMiH'iit lies faux a i'\i'' iiilfriiiiiiiin [i.ir <]ur|f|iii' ;i|)|inr( il'alliivions. ou 
par un do ces nouihroux Ircniltlcjuriils de Iimtc qui oui plusieurs fois ruim'' la 
ville. Mais celte riche plaine de Tilioukour Owa, récemment encore domaine 
impérial du Sultan, acquis en 1914, pour 99 ans. par une Société française (de 
Veiideuvre, de Lesseps), sera sans dout»; hieiitùl assainie par notre travail, 
par le développement de la culture à l'aide de procédés scii.>ntiliqucs, et l'accès 
d'Anavarza deviendra dès lors plus aisé. 

\(»us pûmes, à f^rand renfort de huflles, amener d'Anavarza au Musée 
d'Adana, un magiiilique sarcophage en brèche calcaire (l'I. .\.\V, i), décoré de 
guirlandes portées par des enfants, et aux angles, de belles victoires (III" siècles 
ap. .I.C. '"). Anavar/.a a(»parait comme la plus intéressante révélation de l'an- 
li(|uilé en (^ilicie, — avec Char, à la pointe extrême .Nord du triangle, encore 
moins acci'ssihie. 

De Char (Comana). ville romaine, presque enlièrement construite <|e dé- 
hris antitpies (PI. .\.\IV), où même les piles du pont >oiil de vieilles colonnes 
transportées là pour supporter des poiihes en lioi>. il eut éti- fort intéressant 
(le rapporter (piehiues-ims de ces restes, qui sont disséminés partout, d d'anlant 
plus exposés aux destructions qui' la ville arménienne, anéantie par les Turcs 
au (•oiM> lie la uuerrr. était en cours di- icstauralion : gra\e danger pour les 
anliipiités. ha >ituatiori ptditicpie et les dillicultes de trans[torl — caries voi- 
tures ne circulent ipie sur les hauts plateaux turcs tlu Nord, et non dans les 
gorges aiiru|)tes du Taurus — ne je |iermiieiit pas. 

On ne put (pie mettre, sur des animaux de hàt, de menus débris (pii témoi- 
gneront de la s[deii(leur du lieu, où l'on aper(.-oit encore une magnifique 
poite lie lenqiie (l'I. X.W. I ). en marlire sculpté de guirlande>. une nécropole 
avec un [>elil lemiile, un liiéàlre. des tiieruies. In beau lenqde anli(pH* trans- 
fonné en église arménienne ne résista, pas plus (|ue tant danires souvenirs 
locaux, aux massacres et destructions de celte guerre. 

Enlin. nous avions obtenu de la direction des anli(pjites de Constanlinople 
rall'eclation au .Musée d'.UIatui des anti(iuilés de Selefké. partie de la Cilicie 
([ue nous n'avons jamais occupée. Le mutessarif (sous-préfet) de Selefké s'oc- 
cupa avec complaisance de faire jiorler (piatorze pièces importantes au port 

et M. Kl. Michon, consorvalcur da di'pnrlo- .Miis^c du Louvre, lui ronsacrrra dans un 

ment dos aiitiqiiiU's prociiucs et romaines au pn>chain favcirulo. une noliro pariinilicr»- 

Sini*.— U. 2C 



202 S Y R I A 

de Tach-Oujou ; des statues et des tombeaux, dépassant le poids d'une tonne 
et ne pouvant être chargés sur des voitures, durent y être amenés sur des 
traîneaux construits spécialement pour cet objet; mais ces antiquités réputées 
n'ont jamais été embarquées et doivent encore traîner aujourd'hui sur le port 
de Tach Oujou, exposées plus que jamais aux dégradations. 

Heureusement une statue assyro-hittite en basalte — pièce rare dans cet 
art où la sculpture ne représente guÎTc en ronde bosse que des animaux et 
s'applique surtout aux bas-reliefs — put être rapportée en France pour le Lou- 
vre où elle occupe une place d"honneur (PI. XX\ 1). Elle représente un prêtre 
portant un bassin rectangulaire: la tète, en partie disparue, montre encore la 
barbe et les cheveux bouclés : elle fut découverte à Métellé, dans la maison du 
chef kurde Chahin Bey, et provient probal)lement des ruines hittites voisines 
d'Arslan Tach, à 40 kilomètres environ Est de Djerablous, 12 kilomètres Sud- 
Est de la station d'Arab-Pounar '*'. 

Le -Musée d"Adana recueillit aussi de petites terres cuites, des débris de 
céramiques seldjoucides provenant des mosquées de Konia, des monnaies de 
bronze, d'argent, et même d'or, et aussi une intéressante collection do piioto- 
graphies documentaires ; tout cela était généreusement donné par des gens 
fiers de voir leur nom affiché au-dessous de leurs libéralités, parfois pul)lié 
dans les journaux locaux, cl toujours sûrs de recevoir une lettre officielle de 
remerciements. On se proposait mémo d'instituer un diplôme de donateur, 
dont le dessin était en {iréparalion à Conslantinoplo. Le nmséo, né d'une pensée 
artistique et civilisatrice, avait, par miracle, uni dans lo mémo culte du 
« Beau, du Vrai, de l'Utile », Turcs. Grecs, Arméniens, Arabes et Européens, 
riches et pauvres, simples et intellectuels, et avait ainsi rendu de réels services 
au point de vuepolititiiie, l)ion(|uo, initialement, celte idée n'ait pas été en cause. 
Il l'ut consacré et courormi- par une visite qu y fit le Général Gouraud, Haut- 
Commissaire, le 2i noveml)ro 19ll>, pour féliciter, sous les lleurs de Cilicie et 
sur les beaux tapis de rOrienl. les |>rineipau\ donateurs. 

Le Colonel ilu génie Ijrcvclé. commandant le 12' régiment du génie, 
H. Noll.M.VND. 

l'i Voir ci-aprùs l'iiiliTi'Ssanle note qno lui lU'^ Aiili(|iiilcs orioutalcs un Musée du 

consacre M. Edinoiul l'ollicr, conscrvaleur Luuvre. 



NOTE SUR LA STATUE DE METELLE 

PAR 

KUMOND l'OTTIER 

[.a l)olle statue, quft le l.ouvro doit à riioviroiisp initiative et à la génôrositi' 
(If M. le (loliiricl N'niiiiaiiil. a iiilroilnil dans nos (((Ilcctidns orientales un monu- 
nicnl iHMiMMu lie liiiiilc ini|inrlan(i' (l'\. XW'I). Les statues de ronde-bosse 
sont, dans l'art a>s\rii'n. extrènirnicnt rares : on en (•om[tte à peine trois ou 
quatre'" et notre musée en était conijdètement dép(jurvu. 

Cette statue (Inv. AU. 7.')38) mesure dans son état acliii'l I m. i.')."i de hau- 
teur; la eircoid'i'rence aux lianciies est de I ni. 09 et, en itas de la tunique, de 
1 m. 2i. Kile esl l'aile d une pierre j^rise et rufxueuse. non polie, (pii dilTère de 
Talhàtre gris, plus ( lair. tendre et uni. dmi^ lequel sont laille> les l'eliefs assy- 
riens. La nialièrc se rapproche île celle qui est employée dans le pays hittite 
de la Syrie du Xord ; je crois qu(! la statue n'est pas une o'uvre importée 
d'Assyrie, mais (|u elle a eh' lalniquee -ui- place on dans une rt'u'i"'" voisine. 
C'est ce (pii a lail penser à .M. le Colonel .Normand que c était une œuvre 
hittite. Il esl possible, en elTet, (pie le sculpteur soit un homme de celle race; 
mais ce (pii est sur. c'est (pu- la statue est de st\le purement assyrien et n'ap- 
partient pas à la période ancienne, antérieure au neuvième siècle, oii l'art 
hittite conservait encore son caractère indigène et original. Elle se placerait, 
au plus t(il. à l'éitocpie du conipu-rant .\ssour-iia/.irpal (885-801)) ou de Salma- 
na/ar 111 (78:5-773). 

Bien (pie l'on ait à dephucr laltsence de la lèle. l'attache du cou et ce qu» 
reste de la liailie peiinetlent de se re[)résenter l'aspect général du personnage 
masculin (jui, debout et droit, le bout des pieds nus dépassant le bas de la lu- 
ni(pie, porte avec soin, comme une olTrande précieuse, une sorte de grand 
coiVrel (Ui\ert, dont ou voit l'intérieur largem(>nt entaillé en forme de cavité 

('I Voir Pf.hrot-Chipikz, llisl. de fort. 11, fig. lo, ioO : F. von Bissing, BeUnuje :ur Gfsch. der 
assyr. Slmlplur, pi. IL 



204 SYRIA 

peu profonde et rectangulaire. Le costume se compose de deux parties : 
1° une tunique longue, munie de franges dans le bas, avec des manches 
courtes dont les bords apparaissent sur le haut de chaque bras; elle plaque sur 
le corps et l'enferme comme dans un fourreau qui donne aux jambes l'apparence 
d'un pilier rigide'*' : 2° un manteau ressemblant à un chàle à franges qu'on a plié 
en deux et qu'on a posé sur le buste en recouvrant d'abord l'épaule gauche ; on 
voit par derrière le bord de l'étoffe qui descend de l'épaule et passe sous le 
bras droit; par devant, sous le coffret, est marqué le pli que fait la draperie su- 
perposée en cet endroit. Cette façon de draper le manteau plié et de le porter 
court a été souvent reproduite par M. L. Heuzey sur le modèle vivant, dans ses 
leçons de costume à l'École des Heaux-Arts: elle est caractéristique sur les l)as- 
reliefs assyriens pour désigner les subalternes qui entourent le monarque, mi- 
nistres, dignitaires, ou même serviteurs de la maison royale >-'. L'absence de 
toute inscription ne nous permet pas malheureusement de préciser le rang du 
personnage représenté. On peut seulement conclure que ce n'est pas un dieu. 
Serons-nous aidé dans notre recherche par la nature de l'accessoire que 
nous avons <lécrit comme un coffret ouvert? Sur les plinthes sculptées qui dé- 
corent l'intérieur des palais assyriens, nombre de tributaires sont ainsi figurés, 
dans une attitude analogue, offrant leur cadeau au suzerain. .Mais comment 
imaginer un tributaire représenté dans une statue de cette importance? On 
penserait plutôt à un liant dignitaire ou à un roi se présentant devant son dieu 
dans celte allituilc buiiilile et respectueuse, pour lui apporter une offrande de 
prix. Reste ù savoir en quoi consisterait cette offrande, et c'est ici que le pro- 
blème se complique. Je n'ai pas retrouvé, dans les nombreux reliefs assyriens 
qui reproduisent des scènes d'offrandes, un objet semblable à cette boite sans 
pieds, haute et massive, qii:' riioiniue tient .solidement à deux mains, en 
l'appuyant contre son ventre, comme un fardeau qui pèse lourd; il n"a pas 
l'attitude libre et aisée des tributaires présentant leur cadeau avec les deux 
mains avancées. Remarquons aussi que la .structure de ce coffret est peu régu- 
lière. On en jugera par les trois dessins ci-contre (lig. 1) que .Mlle J. Evrard a 
exécutés d'après l'original, hc piolil, les contours de l'objet forment, non lias 
un rectangle, mais un trapé/c : la ligne supérieure descend très sensibleiiieni. 

Cl Cf. la sUlue iliidicu Nûbo ; Pf.huot-Cui- I»> Ibid., fig. 22, 2;!, U, 303, 308, etc. 

>'iF.z, l. c, fig. 15. 




La S1.UUC Je Miiicllc 
(Don du Colonel Normand au Musée du Louvre) 



NOTE SUR LA STATUE DE MKTELLE 



205 



celle du fond de la boîte remonte légèrement**'. Le haut de la boite est taillr en 
biseau et ne forme pas une surface horizontale, parallèle au fond. Dans l'inté- 
rieur, la cavité est de faible profondeur et ne pourrait pas contenir un objet ou 
des objets volumineux '-'. 

Une hypothèse m'est venue à lesiirit. ijuc j'indique sans y attacher la vab'ur 
d'uiic cdiK liisidu fciiiM' : peut-être a-t-mi \nulu icpriV-eiitiT une cassette rem- 




Fio. 1. — !.■• >MlTrrl vu Ji- lr.)is côtes. 

|die de linpols de mêlai précieux, c'est-à-dire d'objets peu volumineux, mais 
nombreux et lourds, (pii juslilieraient l'emploi d'un coirn-l ;iux parois solides 
et ê[)aisses cl (|ui cxpllipirrail l;i [lose des mains. La l'orme en biseau pour- 
rait, par une convention dont ou a d'autres exemples dans la scidpture 
assvrienne '^*. reprê'senter la boite ouverte avec son couvercle relevé; ou birn 
le sculpIiMir auiail simplcmml abaissé les lignes de devant, pour (]u'oii jint 
voir plus facilenuMit dans l'inlêrieur de la boite. On sait qu'il est souvent 
question, dans les inscriptions assyriennes qui célèbrent les exploits du roi 
vainqueur, de lingots de métal pn-cieux. or ou argent livrés par les popu- 



(') Toutefois, il y n iiiio partie ([ui nmiiqiio i» 
cet ciidroil, sur le cntô «Iroit du coffret e(, du 
cAtfi gnudio, la lijjne inférieure paraît plus 
hori/.oulnlp, h peu près porpcndieulaire à l'axe 
de la statue. I.a différence des deux ligues 
pourrait donc être due à une simple népliKcnee 
dans la taille de la pierre. Mais l'ohservaliou 
subsiste pour la partie suiM'rieure du coflret, 
où la pente est uellemeut indiquée. 

(•) Voici les mesures de ce coffret. Partie 
supérieure : long. 0,â-28 ; en avaat 0,-2-2G. Par- 
tie inférieure (fondi: loua. O.-Jiî:! : eu avant, 



0,-250. CAté droit de la Imile ; haut. 0,185 et 
eu avant 0,l;iO (partie endommagée). Côté 
pauche de la boite : haut. 0,170 et en avant 
0,100. Pour rcntaille intérieure; dans le fond, 
surface de 0,1-2,'i sur 0,100 : hauteur au milieu 
et eu avant : 0,080 et 0,075. 

(^' Voir Botta et Flandis, Mon. de Vinir»-, 
II, pi. 104 ideux tributaires apportant des es- 
pèces d'écrins ouverts et vus de profil, de fa- 
1,-on à montrer le contenu, bracelets et bijoux 
en ro!<aces). 



206 



SYRIA 



lations subjuguées. Ce serait comme une dîme, prélevée sur le butin de guerre, 
dont le roi ferait hommage à son dieu. Je ne donne pas cette explication 
comme la meilleure, mais je n'en ai pas trouvé d"autre '". 

E. POTTIER. 



(" .Mon élève, M"' Massoul, attachée libre au 
Déparlement des antiquités orientales, m'avait 
Uabord suggéré une idée qui me parut 
ingénieuse : c'était d'interpréter l'accessoire 
comme un moule à brique, symbole de la cons- 
truction d'un temple dont le roi viendrait faire 
hommage à son dieu. On se rappelle qu'Our- 
Nina, sur le relief généalogique de TeUo, porte 



sur sa tête une couffe contenant la terre ou la 
brique de fondation destinée au temple de Nin- 
gliirsou(SARZEcetHELZEY,DecouueWes<'H Chal- 
dée, pi. II bis, n" i). Mais ici laformedu moule 
serait bizarre et la cavité intérieure est trop 
petite pour répondre aux dimensions d'une 
brique assyrienne. 



INSCRIPTIONS GRECQUES ET LATINES 
DU MUSÉE D'A DANA 

PAR 

LE R. P. R. MOUTERDE, S. J. 



Des monuments épigraphiques recueillis à Adana <" description l't copie 
m'diil ('"ti" adiess/'es par l(> R. P. (ïransault, S. J., missionnaire à Sivas, actuel- 
ItTiicnt aumônier à la T" division de Cilicic. M. .1. Cliamonard. ronseiilfr à 
larchéologie du Haut-Commissariat franrais en lît|i>-|!»20, a bien voulu, 
d'après les notes prises au cours dune brève inspection, réviser les copies et 
ajouter quelques textes à ceux du P. Gransault. On voit assez à qui revient le 
principal mérite du présent travail. 

Dans le relové qui va suivre, jindiiiuerai par les initiales Ci. et Cb. les 
auteurs des copies ou des correclidiis au décbilïrement. Là où la provenance 
n"a pas été notée, j ai leiilé de la ((HijiMturer, en niaidant des indications 
succinctes du registre des entrées au .Musée d'Adana, dont je dois communica- 
tion à M. ViroUeaud, nouvellement appelé à diriger le Service des antiquités. 
— Le régime anormal dAdana et niém(> de Heyroulb excuseront. ji> 1 espère. 
le caractère provisoire et les déticits de cette publication'-'. 

I. — Tarse. — Inscriptions chrétiennes. 

I. Miisi'o. Il" 222. — Fragment de colonnetle polygonale en marbre. Hauteur totale 
m. ">i ; largeur m. Il) ; lellrcs hautes de m. 015 à m. 02, larges de m. 013. Des 
25 1. de l'inscription 17 sont complètes ; les 8 suivantes, tronquées à gauche ; les 4 der- 
nières également à droite. (G . — Ch. 

IM J. GiiAMONARD, S.vrm, 1, PII. 94-'.)S : le u. A. Wilhelm, 7rthrfsft<-f(<r, XVIII, 1915, B<ri- 

Muséc Normand. blalt, p. I s. Un ami scst chargi-, à Paris, 

l'i Je n'ai [iii consnIliT à Ili-yroiilh les lieisen irune rapide exploration de la pn'miiTedc ws 

in Kilikien de IIsiikude^ et Wii.iiki.u (OcnAs- dou.v puldicatious. 
chrifteit do Vieuiio, t. XLIV, 1891) >, ui i. Kkil 



208 



SYRIA 



['O ôcïva Trpe^5û(T£poç)] | uiô^ toû iTrj]ç | [xa/.apiaç [i.v/]'[jLV]ç la/wê xal | 
aÔToO ■7rp£^ê|u(T£pou)* ÙTrèp (jlv/]|(jlï]ç xal àva|uaù(7£oç twv ôjaîcov yovécov | |j.ou 
(xal) ù-Èp èXa\'fpiaç tcôv (Ji.a|/.apiOTâTcov | (ji.ou àÔEX'f wv 
I Ttov TTpoXaêcô I Tov (y.al) ùirèp c7co|r/]pcaç éfjLOÛ | t£ 
aÙTOÛ (zal) TOÛ | iiioû à8zk'fo[ù] | Tt[j.tOTâTOU | IlaX- 
Xaâi[ou] I 7rp£^êu(T£pou) (/.al) u|tïcP acoT[rjpt | aç] toû 

[(7]£jJ.[v0T(iT0u) I 



YrocroriYic 

•^AKa PTACMiv 
MHCiAKûJBKAi 

Arrornf £ z. 
Brsi-n epmhh 

MriC KAr ANA 
nATCÊOt TW/NC 
ClWiijro/y EOJM 

HoTsrnEPEAA 
WotaaeA4^jN 
Ti-irrACÊMor 

TÊATTorSTOT 

£'MorAàEA4)o 

riMlOTAT (./ 
n A AAAA T/ 
iTP£Z8T5/ 

ETOTcNJ 

HlKT 

PAT 

CST 



Aux lignes 21 et s., d'après la copie Ch.. Ion 
pourrait restituer, exempli causa: ÙTièp c7coT[rjpî| aç] 
TOÛ CT£[[xvoT(âTOu) | ô-]'p[7]]/.i[aXîou ]!ï;|JL]apây(5ou. . . 

[X, prêtre], /ih de Jacoh, Je hienheureusc mémoire, 
qui fut prêtre lui aussi; en souvenir et pour le repos de 
mes dignes parents et pour le soulagement de mes bienheu- 
reux frères qui nous ont priviklés ; pour mon propre salut et 
j pour celui de mon frère, le très honorable Palladios, prêtre, 
et pour le salut de... 

Une invocation gravée sur une colonne n'est pas 
chose rare, même parmi les monuments chrétiens^'". 
Le texte, émanant d'un prêtre, fils et frère de prêtre, 
et commémorant une otïrande propitiatoire aux vi- 
vants et aux défunts, nous reporte à Rome par plus d'une analogie. 

Le pavement de la i)asilique de Sainte-Potronilla nous a conservé la stèle 
d'une tombe chrétienne du sixième siècle, où les défunts sont déclarés « fils 
de prêtre », « petils-fils d'évôquc », « arriêre-petite-fille de prêtre » et 
« belle-mère d"évê(pie '-' ». Maison trouverait ailleurs, en Orient et en Occi- 
dent, des familles où le sacerdoce était héréditaire'^'. Ce sont les expressions: 
ÙTvàp èXoL'fpi'xç Tiov (jLay.aptoTâTCûv (j.ou ââcX'ftôv twv irpoXa6(ôv)T(co)v, « pour le 
soulagement de mes frères défunts (jui nous ont précédés » — qui ont une 
saveur romaine. La formule est rarissime, peut-être unique, dans l'épigraplùe 



Cl Voir V. g. F. CuMONT, Sludin Pontica, 
II, p. 343 (Tokal); VVaddington, Inscriplions 
de Syrie, 2469, UIO. 

CI Marucciii, ,\uuvo lioUclUno di Arc. cr., 



1899, pp. a-i-'iô. Cf. Kaufmann, llandbuch der 
altcliristlichen Epigraphik, Fribourg-cn-Br., 
l!in, p. 259. 

(3| Kaufmann, op. /., pp. liii), <2U-i:>6. 



INSCHIPTKJNS GRECQUES ET LATINES DU MISÉE DADANA 209 

grecque. Ne faut-il pas y reconnaître linlluence de la liturgie qui tJeiuande le 
refritierinm,i>rn 'm qui nos praecesseritiil f — Les mol?, refrirjeiinm, lefiiyeraïc, signi- 
fient dans la langue classi(|ue « soulagement », « consolation », et c'est sans 
doute trop en restreindre Ir sens (|ue de les traduire seulement par « rafrai- 
cliissement éternel dans le IVsliii (■.'•leste'" ». .Vvec l'usage, le vo-u si fréquent 
aux catacombes : Deus refrif/enU siiiriiitm iinnn. revenait à .souhaiter soulagement 
cl consolation à ràinc des <léfunts. Dans noire texte, la même idée est évidcni- 
iiiiMil e\prim(''c par le mol éXa'fpta, « allégement ». Sans doute, Térpiivalent 
nr.linairc de ir(ri(iii'niiii. dans les liturgies iiuMciiiies. est àvâ'|o^t; '-' : mais le 
génie grec a toujours gardé sa liberté d'expression et de formules: en outre, le 
vocai)lc sXa'fpJa pouvait être suggéré par l'emploi de l'adjectif éXa'ppôc dans la 
traduction du souhait païen Irrrnsit lihi Init : un graflilnchrétien, tracé au dé-but 
duqualrième siècle, à ce qu'il semble, dans le vestibule de rby[)ogi''e deTrebius 
.lusliis, reproduisait le même \(i'U : èXa'fpà yf, eî^ r/jv t. . . •}uya; /tfAtov (". — 
Les mois Tcov -poXaê(ôv)T( co)v sont peul-èlre jtlus significatifs qiu' l'iXa'fpia. Qui 
mis imirri'ssn nul . c'esl la di''siuiiiili(iii liiMpieide des di-fuiils dans l'épigraphic 
cliri'liiMuii' il"Afri(|iie. (niniiie la imli' Le Blanl'". et le lien bien connu des 
usa^is il liliiii;ii'> il .Vlri(iiie a\ec ceux de Home (>xplique (pie nous la relrou- 
vidiis au (laniiii de la .Messe latine. Dès le septième siècle, le .Mémento des 
morts y ligure ii la messe quotidienne (voir Batiffoi., Leçons sur lu Mcssr'\ 
pp. •2'î-2-'22i). Or. au milieu du siècle précédent. Narsès avait fomb'. au lieu 
(lu uiaiUreile saint l'aul. le preuiier uionaslère grec de Itouic : en (iii). les 



('' M. U. A(u(iAiN spmlde l'avoir monlK', 
Manuel li'épigrnpliie chrétienne, Inscripl. lat., 
pp. 3'f-3o, où il eilo lo mot do suinte Pcrpéluc, 
iippri-iianl l'ubsciiro de sou piTc païi-n : ICI re- 
frigernvi ahsenlia itUus. (LcS('(|(iivnlciits groi-s 
«v»ij.j;;;, iva|.g/'o, sont C'gnlomput sigdifica- 
lifs). — De mi'inc Mahucciii, Epiijrafia cris, 
tiiimi, Ilœpli, l'JIO, p. I.'H : Ucfrigerium, du- 
esprimii il sollevio da una pcna rho si ssoffi'r 
un l'onforto in mrzzo ad una ponn. 

1-) i: I G, IV, 1>UC,!)I21 = Lkkeiivbe. Ilecueil 
des incriplions grecques chrétiennes d'Egypte, 
(ijd, (-..•^tî : r. IG, IV. 9K33 (Païenne, poul-ôlre 
imporli'o d'Kpyple). — Skymoi h ok Iticci. Com- 
ptes rendus de l'Académie des Inscriptions.... 

StBIA. — U. 



I!t0!l, pp. l.'i;H()l. assigne tous les textes ana- 
logues, qu'on faisait remonter au septième et 
même au cinquième siècle, à la ptTio<lc s'é- 
tcndant de 99^ à lliS. 

(^' PlO FlIANCIII DE'ClVAI.IKtll, VuOl'O liollcl- 

tino di Ir. cr., 1912. pp. ;"i:i s. Cf. K\t>M\>>, 
op. /., p. 298. P. Fr. de' Cavalicri renvoie à 
Ka'ibvX, Epigr.gr.. 19S': y^Uv :/o(; £'/.jî.;i/. Cf. 
encore Rf:.^A^. Mission de Pliénieie. pp. .ICkS- 
369: EXxzzi oot f, if, (Saïdn, 2 ex.'. 

I*' V. g. Manuel d'èpigrnphie chrétienne, pp. 
80, 93. — Pour le sens de r;oÀ»nîiyi.., cf. Ma- 
i.Ai.AS, Chronographin, XVIII. 168 =r P. G., 9" 
BIS i' I. : Justinien 'avoionc toj; vô^aov; toà{ 



210 SYRIA 

actes (lu Concile de Rome le nomment monastère desCiliciens, (^ovt) twv Kiki- 
xcov: et le P. Grisar conjecture que la garde en était conliée à des religieux 
originaires de Tarse, patrie de saint Paul (ffts/. ilr Home et des papes au M. A.. 
tr. Ledos. t. II, p. 174 s.)- Ces relations expliquent dans une certaine mesure 
lintluence de la liturgie romaine jusque dans la métropole de la Cilicie. 

Ces rapprochements montrent, en tout cas, l'unité de la pensée chrétienne 
en ce qui concernait les morts. L'idée d'accomplir une bonne onivre pour le\ir 
soulagement apparaît ailleurs. Nous la retrouvons, par ('\iMn[)]i'. jointe comme 
dans notre texte à l'intention du salut des vivants, dans les inscriptions gra- 
vées au début du septième siècle, autour des deux patènes de Stûmâ (dans 
la région dAlcp). Le donaleur. Sergios, qui était changeur, banquier ou orl'è- 
vre, àpyupo-pâTrjÇ, les offre en vœu, pour son salut et pour le repos (àvà-auc7i;) 
de Marie, son épouse, et de ses enfants*". 

2. Uallc funéraire, marbre. — Dimensions: m. .3-2 -}- m. 49 (longueur, brisée) 
X m. 67 X m. 03. Lettres soignées, hautes de m. 04, larges de m. 02 (G.). — Pro- 
venance : Tarse Ch.). — ? Registre n" 220 : Plaque de marbre portant inscription grecque. 
Knvoi du commandant Couslillicre, gouverneur de Tarse. 

TO n OC A I ^^6 P 60 NtKKl Kl 

ACTHCKOCHlCJTÂTHCÊrrO 

t^ H C À NATO A I o Y en 1 CKonoT .t<- 

To~o; O'.a'fipcov 'i->.^'.zia; xr^r /.0(7[j.ia)TàT-/)ç dyyovyjç 'Ava-.oXiou iûicj/.o-ju 

— Ttiiiihe apiiirlnKiiit à Elulikia, la 1res illi(slrc ilesreiidaiite de fi'rriiiie Analolios. 

L'('vè([ue d'Adana .Vnalolios, ami de saint .lean Chrysostome. entraîné par 
les ilisgr.ici's de ce dcniiiT. dut i|iiitter son siège et se réfugier en (iaule'-'. Sa 
mémoire se conserva sans doute parmi les chrétiens de la région, et c'est 
peut-èlre de lui, ou de (piehpie évèipie do Tarse nommé d'après lui, que des- 
cendait Kkdikia. 

.le n'ai pu renconlrrr le nom Kkdikia. KUdikios est connu à l'époque chré- 
tienne'^'. Serait-ce un " nom d Immilité ». à traduire par « mis hors la loi » 
et ciim|i.ualdi' à liiiiiriosus^^^ ! 

l'I Je».n Edkhsof.t, Le trésor de SlùmCi, llev. fère à tort à Suidas); 'ExSixiç [C / L, V, 8989, 

arrhêol., 1911, I, pp. 4n-;i9. p.l098 =IG, XIV, SSSIlConcordia)); tVi/ictHs, 

('' Lk Quik.n, Oriens clirislianus. II, p. 881. Dcssau, Î5789. 

('I Cf. I'ape-Bknsklkh (qui pourtant se ri-- t" Sur Iniuriosus, cf. v. g. LkBlant, l.'èpi- 



INSCRIPTIONS GRECQUES ET I.ATiNRS DU MUSKE D'ADANA 211 
II. — Karatach? — Inscriptions honorifiques. 

.3. 4 et :;. |?Regislrp d'enirôcs, ii" 119, \'.u ou lo8. ITiO]. 

3. Marbre noir. - Dimensions : m. 'M i hauteur; X m. (V.i x m. 72. — Lillifs 
régulières, hautes de ni. 05, larjïes de m. 025 (G.). — Cassé à droite (Ch.). 

Hehcrdey et Wilhclni, lleiscn in hilil.ien. n" 2'i. Le texte y figure sans la cassure qui a 
emporté quelques caractères à droite. 

EPM0v;PATHZ:TOMnA-r/ 

ahm lanekataioy/ 

i. Bloc carré, inaihre. Sur l.i face horizontale, ernpri'intrs <'n creux de ih/ux pieds, le 
pied droit en a\ant. — Diuieiisious : (t m. .Tj i hauteur. X m. 71 X m. 80. — Hellis 
lettres, hautes de m. ().'{, larges de m. O.'J.') G.) — Ch. 

OAWM.OZ OM AAAnrAN 
AHM EANCPMOKPATO^ 
KOI NON EYE rTETHNrErENHMENolN. 
En II nr H Pi Al rOYAHMOY 

Le lc\lc (le (•(•> (l('u\ iiisi riiilioiis est cliiii- : ir\"l : 'KouLOXpàr/;; -:ô[x -aT[6pa] 
Arjjj.Éav 'Iv/.oiTOiiou — llvniiokinth à suii iihr Ih'tiiriis. fis iC llrhulttuts : — N" i : 
U ^"iWi-o- à .MaXXcoTwv A'/;[jL£av 'l']p[i.cxpàTOu xotvôv £U2pY£Tr,v ysyavr, txévov iz.''. 
(TCjTTjpia'. TOÛ lîfjULOU — /,(■ iiriiiilc lie Malins à Ih'iitnts. fds d' lleiiwihnili's, ilrrriiu 
l)iefif((ilciir public poid le salitl du pcHiilc. 

il faut on r!i[)|in)tli('r I rloiii' (\''\']rju.oy.oizr,; A'/;u.ioii. (|iialilii'' ilr y.ovjô; 
"eÛEpY^TT;; par les lialiilaiils (IWiilioclic du i'NiaïUds, i\uv l.au^liiis cnpia jailis 
à Karalacli sur une Ikisi' en uiarliic tuiir"*. Les trois tc.xlos. à t'ii jugt'r par la 
n'-currcucc des lucnics ikhus. ('■maucul de pcrsidinaiii's apparlcnaut à iiiu' seiili' 
l'auiillr. où le dcv oucuicul à la cliosi' |iu|p|iipi(' t'iait lici'i'ditairf. 

L(>ur iialric était .Vnliorlio du l'\iauios. ipii 1(UU' TlpfJLOxpâTTjV At,u.£Ou... 
ireTTpECTêeuzÔTa ^k xai ÙTrèp rr^^ r.7.Tpi'h:;. Ou rccouiiail doue iri-m'-ralciufiit i|ui' 

;/rii/i/nV chrétienne en Gaule el tlans V Afrinue ra:pi5o; tv xaipot; »viyx»:oi; sÀiiuTi; xi: (is-,-ati; 

romaine, p. 95. npioSsfa; xa; Ta; xïÀXt'jTs; xa'i ïniçsvti; àno3i:;i'.{ 

('' Lk Bas-\Vaddingto>, III, lt86: '0 îf.tjo; ::iroir,ixivov tt, roXii, :f,; (xutoû aotTf,; iji xaXoxi- 

4 'Aviio/t'iov 'KpaoxpoiTT,v Ar,ijicou, xoivov (ù(SY(- vaOîij xai ti-ç it; îi ssif!*»"» iùvo:'a;. 
Tr,v vi^Evriiicvov, ::Er:p£aCeuxdta t\ xai jRCp if,; 



212 SYRIA 

cette cité occupait le site de Karatach. Il est naturel d'attribuer à la même 
localité les nouveaux éloges de la même famille. 

Au critère interne s'ajoute le témoignage du registre d'entrées: 

« ]\-o 149 — Piédestal de statue en calcaire noir provenant de Karatach ; 

« V' l.")7-|."i8 — Piédestaux de statues, dont l'un avec inscription grecque, 
provenant de Karatach ; 

(( j\° 139 — Piédestal carré avec inscri[ition grecque; calcaire noir. Don 
de Hifir (?) Agha, à Feizié près Karatach. » 

Comme aucun autre socle de statue n'est signalé au registre sinon Icn° 156, 
qui s'identille sans doute avec notre inscription n° 25, l'attribution à Karatach 
de nos inscriptions 3 et 4 est assurée. 

A en juger par la forme des caractères, ces textes nouveaux sont d'époque 
plus récente que celui qu'a publié Langlois. Waddington date ce dernier du 
second ou du premier siècle av. J.-C. ;il prouve aussi, d'après les monnaies, 
que Mallos reprit la frappe sous ce nom ancien [^eu avant la fondation de 
l'empire"'; nous avons là un leniiiniis a ijiio pour tixer l'âge de notre inscrip- 
tion 4. — liiqKissiide. par ailleurs, de fixer le degré de parenté des personnages 
nommés; rilcrmokratès et le Dèméas, iils d'Hékataios, de notre n° 3 peuvent 
appartenir à une branche collatérale, tandis que l'Hermokratès Iils de Dèméas 
du second ou du premier siècle av. J.-C, et le Dèméas fils d'Hermokratès des 
premiers temps de l'Empire, tous deux qualifiés de bienfaiteur public, sont 
vraisembhiblcment le père el le Iils, ou l'aiVul et le pi'lil-tils. 

Cet éloge semblable de l'ancêtre et du descendant émane, dans le premier 
texte. d(> la cité d Aulioche, dans le second, de la cité de Mallos : d'où la con- 
clusion (prAiilidibe el .Alallds soiil les diMi\ noms d'une luèiiie \ille, le nom de 
llallei'ie à l'égard des Séleucidi>s ayant été abandonné à ré[ioque romaine ; 
nous aurions l'idfmtilication : Antiochc du Pyramos = Mallos =; Karatach. Avant 
les textes nouveaux, cette double égalité était admise par Waddington'-', par 
MM. W. M. Hamsay»'" et Besnieri^'. 

Par contre, le .SVa(//«./(///.s- J/^/;//((' .l/r//(.s'''' sup[)ose que Mallos ('lait dislanl 
d' Anlioilie (le l.'idslades. Aussi, après liuboof-Mbinier, [luislleiiei'dey i"l W ilbelni, 

l'i Lk H\»-VVAi>i)iN(.r(>N, III, i;80. p. 3S:i; riie ciliés of SI. l'aat, liJI)7, p. 101. 

C'i Lk I1as-\V.vi)i>ington, III, 148G. {*)Li:ciiiiiedeij(}oyrapliieanciennc,s.\'.^\aUas. 

1^1 llistoricat Geu(jriipliy oj Asia Minor, 1^1 |G3 — MCllkh, Geogr. Min., i). i'21. 



INSCRIPTIONS GRECQUES ET LATINES DU MUSÉE DADANA 213 

.MM. G. F.llili'" r-tlIirsclilV'lil- iilarrril-ils.\iili<M,li»'àK;ir;ila<li. mais ni lidi-n- 
tiliaiil à .Magars<is. tandis ([iii' .\Ialli)>ain ail ()C(ii|»('' i;ii amuiil It- iMiiiiloù lel'yia- 
iiios se [laifapîc fii deux bras. — Il r-t |MMit-iMrr dangereux de tropse lier axiSiu- 
(linsiiiiis, qui a pu, rn ce point, mal coiiiiuiiiT divors ilinrraircs'^'. D'autre part, 
nus textes {n" '.\ et 4) nexclueiit pascette pussiliiliti', ijui'Dèméas ayant rendu 
service à liMile la région, les gens de .Mallos lui aient élevé une statue dans sa 
pruiin; patrie .Magarsos'". Cependant lexpliiation obvie est ridentité de .Mallos 
avec Antioclie du l'yrainos et Karataili. 

."). Bloc carn'', inuibre noir. Ktnpreinlc de tlcu\ i)ip(Js en creux, le \>u-à gauclie en 
avant.— Dimensions : m. '.\G (hauteur) x m. 73 x '• m. GS. — l^ettres très irrégulières 
hautes de m. (13, larges de m. Oi G.). — Ch. 

C'est probablement le u" 15!) du registre des entrées: » piédestal carré n (cf. supra). 
Là où les étiquettes reproduisant la description du registre n'ont pas disparu, le R. F. 
Gransault s'en est visiblement inspiré. 

AnTi oXEaNoA HMo£ 
A'j'Po/lISriONMAI NOY 

EÏNOlA£TH2. EIE TON A H MON 

'AvTtoyàov (î/jULo; | "Afpoâiaiov Mà[Y voo "? | ipsr?,; Hvé/cv y.a'i | êùvo'.a; 
TTjÇ EÏ^ Tov (5r,[j.ov. I 'I l'iatdTO^Cupo; Oéfovo^Sâoie'.. — Le in'Hph' d' AniiiKhe it .\i>lin>- 
tlisins, /(7s dr Ma;iiiiis. à raisuii il ■ son iiurite et de sit hieiireillinire à i'iijiird du pi'niile. 
Olîiinnlr llriihaislodônis. fih de TIh'oii. 

Le nom de Màyvo;. Mmiiiiis, est sans doute un témoin de la célébrité en 
Cilieie tlu vainqueur des pirates. Pompée le Crand, Maijnns nosler, disait Ci- 
céron. 



(" ISrilisli My\svi\\n, C.filalogueof... Lycnonin, 
li'inriii a. Ciliria, l'JOO, p. 107. 

l*' P.^ui.v-Wissowv, I, col. iH'i, s. V. An- 
lioiiieia. 

('• Voir le commentaire de Millkr, /. /.. Noter 
que le Slndiasinus iudiquu outre Aiitioche et 
Mallos 1,'iO stades, et iiuii 70 comme marque 
Ilirschfold. 



(♦• On ne saurait appuyer cette supposition 
sur le qualificatif de xoivo; ij«fY«''.4. <l"' signi- 
fie 11 bienfaiteur public » par opposition n 
îîio; £J£ff itr,{. Cf. les textes très clairs de Dit- 
TKKUERGKit, Orietitis grdcii, Mi. et O. Ki.io, 
Insfitriflen ans Mmjncsia (1. M-, p. 7j, n" Ul. 
c, C. 



214 SYRIA 

III. — Tarse, Karatach ou Adana. — Inscription honorifique. 

6. Bloc de marbre (G.). Pierre d'exèdre, légèrement incurvée (Ch.i. Dimensions: 
m. 42 (hauteur) x m. 57 (largeur du côté de l'inscription) x m. 82 (largeur à l'op- 
posé) X m. 89 (profondeur!. — Lettres difficiles à lire, hautes de m. 02, larges de 
m. 03 (G.). 

EPoYA APK6 

tAKIONC ûNPAtE-PA 



KIAAPON AIONYSIoYAAOAI KEA 
THXElZAYToN 



nCO K A o£ A P K ON 

TA ©ON - - - - - ToNUATEPA 

Les dcu\ prpinir'res lignes, mal gravées ou frustes, ne donnent rien de cer- 
tain. On pourrait penser à lire, selon la copie Ch. : IIpôxXoç '.■* [MlâpxovTa[c7i]ov 
Tov TTaTÉpa ; mais la lecture ne tient pas compte des lacunes ; en outre, Tâtrtoç 
est imn om rarissime'*'. 

Plus vraisemblable est Findication, ici, d'un cénotaplie, élevé à la suite 
d'un songe: ripôy.Xo;? \y.7.x' ôvjap /ev[o]Tâ[(p]iov [éffTTjcJc] tôv uaTépa. Rien 
détonnant, à .Mallos surtout, si la pierre en vient, que l'ombre d'un défunt mort 
sans sépulture ait réclamé les honneurs du touihciiu : 

Ipm sed in sdiiinls inliiiiiutli irnil hnarjo 
(^oningis^'K 

On attendrait le nom du bénéficiaire au datif: mais les foiinulesàvÉcTTrjas tôv 

Cl Tad'.o;, chef des Rhoxolans contre Mithri- pp. 8, 1 ; 217 ; II, pp. ii:^, '."2'n. L'incubation 

date, SmABON, VU, 306 fPAPE-BKNSELEii). et la guérison par songe élnient pratiquées à 

Cl ViRciLK, /En. I, 3.'i3-3.")4. Les anciens Mallos, près des héros-guiTisscurs Amphilo- 

croyaicnt que les morts sans sépulture et les chos et Mopsos (Ghuim-k. (h-iecli. MylhoL, 

iiufoi venaient troubler le sommeil des vi- p. 933, n. 5 et 19 ; TCuk, dans Hoscheh, Lexi- 

vants ; c'était h eux aussi que les sorciers s'a- kun, s. v. Oneiros, col. 907-908). 
dressaient de préférence (Ruouk, Psyché '^,1, 



INSCRIPTIONS GRECQUES ET LATINES DU MUSÉE DADANA 215 

TraTÉpa ,jOj(JL'iv, àv£Or,x.£ èauTÔv XÉovTa, £(JTr,<7av Tc'.(jLi-,v hTsa'" n'-poiidenf exacte- 
iiiciil lï lii iiùlro. 

I„i ilrdiciicc qui siiil .--l (luire : 'AvTio/écov 6 OTjpLo; | ["kiiowpov A-.ovuaiou 
Aaoôi/.aa | àp£T-?j; £Vc/.£v /.ai covoia; | r?,; £i; aùxov. — Le jK'iiple d' .{iHiwlie à 
Isiiloros fils ik Dionijsios, Laodia'en, à raison de son mérite et de sti bien rvilUinri' pour 
la cili'. 

Ni MIS III' savons il liu|m'll(' des trois cités voisines (jui portèrent le nom 
il AiiliiM In- (Mallos. Adiiiia. Tarse) - aiiriltuer ce nioniiinenl. De (|uello Lao- 
dicée élail oripitiaiie Uiduios .' On [leiil pensera Landilon h'rhiiiinn'nr. au N.-O. 
iVIroniitin : mais il esl pins vraiseinidalile qnil safjit île l.aodicée de S\ rie 
et de pielipie aiinalenr ipii tialiipiail sur les cotes de Cilicie. I.e culte d'Isis à 
Laiiiliiée de S\ rie. diiiil je iiiiin Uiiliir.i-< e>l nn siuiie, n'e>l indiipii' par aucun 
texte : mais celui de Séra[)is en celle ville est connu par les monnaies et nue 
inscription'^'. L'n Laoïliii-enesl ranlenrirnnedédicaco à Isis. an .Nirapieion l'. 
de hilns, après S.S-,S7 .1. -('..*". 

IV. — Adana. — Épitaphes. 

7. Miis(''R 11' IK7. Sur un sarcopli;tgo I^anglois prnveiMiil diiii jardin d'.Vil.ina. — 
Dimensions : m. 7(1 (haiilcun x H m. 7il x I m . S5. — l.cllrcs liaiiles de m. (iH (1 . j 
— Cil. 

A NTi OXOY KoAA BCrC MNi AC XAPIN ^ 
ANAETi CKIN HC lAN YClTuJ^'l'^KoJ 
AWNApl^XiMAKA iTU'AHnGJ AU NA PI 
XlAlAf/\OCiC uJ0éKlN :V 1 1 N H Tt «^' 

N L*; + ro 

La copie de Lanj^lois i"' [lorle à la première lii;ne : KOAAHM ilC. W ad- 
iliiifïton transcrit KoXa6 £|o|u];. C'est lo f^'i'-nitif de KoXiêrj-, cf. KoXoêo.; (:') en 
Carie'''', et pins lias, ii' 21, KouXa-'^a, dalil' m. 

.\n\ lieux ilernières lignes, en comparant les co[Mes île G. et de Langlois. 

(" IIam.sai, Sludies in thc Easli-rn Homnn ('' 1'. Uolsskl, f,cs ciilles l'tjyptiens à [tèlus ^ 

Provincfs, pp. ^TT-iTS, et les rôfércncos. p. i'H, n° 18H. 

(«> Lk IUs-Waddington, III, U8(>. C-i Lu IUs-Wallingtos, III. l.'.IO. 

l'i W. Dkexi.kii, (Imis Uosciikh, l.f.rikon. 11, l*> J. Sindwai.l, l>if finheimischen \iimen 

378. der Lykier.. . Klio, W" Bcihoft. 1913, p. !<l. 



âl6 SYRIA 

on serait toiilo de lire: â[vj 8é Ti[ç sj^^es Kiv[-;ia](-/i), [xt] t£/.vcôç ? [ÔXoi]to. 
Lii conjonclion éçcoOcv sort à iiilroduiro. dans les imprécations funé- 
raires, une nouvelle menace'" ; elle signitie « en outre, au surplus », 
« besides ». selon M. W. Arkwright'-'. La malédiction spéciale: qu"il meure 
sans itostérilé ! n'est pas rare '^> et s'exprime spécialement par la foraude 
wXtj; -CLvôiKq; àîrôXotTO <*'. 

A la forme tskvcoç, qui peut être maintenue comme participe présent do 
T£/.v6co plutôt que complétée en T£xvcôc7(aç), comparer C&i pour C^v'-''. 

Ce texte barbare pourrait donc se traduire ainsi: EnDivnioire irAutiocItos, fils 
de Kolahès. Si rjiœlqii'un viole sa tombe, il paiera an fisc 1.000 deniers et à la ville 
1000 deniers. En mitre. (iiiicoïK/iie la riolera. pnisse-t-il pi'rir sans postérité! 

8. Musée a" 268. — Tète de lenime avec inscription grecque, trouvée en terre à l'école 
de gendarmerie d'Adana. — Dimensions : m. Go X m. 23 X m. 10 ^épaisseur). (G.). 
Registre n" 268. — Description identique. 

Au-dessus de la tète, très peu lisible : 

riAKAIA 

Au-dessous, lettres irrégulières: 

M M H S 
XAPIIN 

T/Asie Mineure nous a (bmné, à l"épo([ue romaine, (luchpies bustes funé- 
raires en ronde bosse ou en terre cuite <"'. 11 s'agit i>lut(Jl ici d'un médaillon en 
haut relief arraché à quelque sarcophage *''. 

[n]axâ[T]a? [p.v/iJjJL-/]ç /iptv. 

AjoiitiT Ko)o6a... à Césarée de Cappailoco (II. arcliéoloijiijne, 11)13, I, p. Olî et les notes. 
OiiÉGoiitE, n a II, 1909, p. 68, n" 48;. [^ G. Ukj^w.i., Catalogue du Musée de Brousse, 

(') Cf. V. g. G/ G, .3.')09 (Lydie) : •^ito\i.i',ni p. ii, n" iC, qui renvoie à Le Bas-Wadd., n"' 

tneJOuvo; ï^w^ii i.r, tri; Tj;jLÎow/_;a.; v/'ur,,. 817, Mi ; il lUill. corr. Iiell.. t. XXVIII, lOtll, 

(«» Journal of IMlenic Studies, 1911, p. 209, p. 104, a" 8, 1. (i. 
n. \ (réU.) Penallies in hycian Kpilaptis. ("i Coi.i.ujno.n, Les statues Junéraires dans 

l^) Cf. C I G, 916, 989 et s., 2004 ; l)lT■rl:^- l'art grec, pp. ;J07-31i. 
uKiiGKit, Sylloye*, 891 "= Syltoge^, 1240 *''. ('> Cf. an Musée de Brousse, dans le G«((i/o;/(i(; 

'*! C/G, index, s. v. ::avaiX»|{ ; G. Skuhk, lier. de C. Menuki., p. 07, les u"' 69 et 70 ; ou mémo 



INSCIIII'TIONS CIŒCQIES T/l" LATINHS I)[- MISKI-: DADANA 217 

\,(' nom lie W'r/.y-y. ;i[)|iiirail en fiicc il Hoiiif "', cl ii SalUial (.Xaliali'iic) un 
0'.y.o^6-j.o: se ni)iiiiiiail llà/.aTo; t^'. On peut aussi sonj^or à 'It' êépia i A[x]aii. 
F.c 110:11 |if(i]p|i' ' X/'v.iz l'sl (■(innii '■". 

0. (Irund sarcophage hrisi'- à dniilt' ; sur la face anlérieurc de la cuve, à droilc cl à 
gaiiclio, lèlos de lion tenant 1111 aîiiio:iii ; an centre, deux serviteurs portent un personnage 




tiu. 1. — à.ircuplijgo incc ^u|>^o^cIlUtiuu do cIuim; i [lurlLUr. 

plus petit, assis dans une sorte de litière : au-dessus d'eux, trois lignes gravées. (î.i. l'ho- 
tiigraphie. 

Orl.iintMni'til idcntuiuf au n" ST du llcgislre : Tombeau liuu\é près dAdana dans un 



ù Coiislantino|ili', pruvenaul <le Cy/ique, le ('' C / G. %!(G. 

curieux Imslc eiifcnuO ilaiis un naos ù couver- i*i \Vai>dim;ton, InscrijiU ius U Syrif. l'.i'Jl». 

clc iCi. .Mi:M)KL, Miui-es iiniiérinux olluinnns. i^' Dittknukui;kr, OrieiitU ijraei-i. 19 

Calaloijue des iculplares. 1, p l'T. n" 35;. (Egypte;; S.vZ/o^e ',6.%o. 711 (î. :{owVlbènesj 

Stiua. XS 



218 



SYRIA 



jardin; puisque le seul sarcophage portant inscription, n' 187, a été indiqué par G. .su- 
pra, a° 1). 

Bloc reAOé' 
rroNoc 

Sur la photographie (fig. 1 ) je no puis distinguer trace de caractère dans la 
lacune de la seconde ligne. L'épigraphe laconique peut se lire : 

OûxÉTi où{5[àv] • 3Î0Ç. TÉXor, izovoç. — Plus rien. Vie. c'est mort et misère. 
Les sentences fatalistes, pessimistes ou tristement désabusées ne sont pas 
rares sur les tombes <". On y retrouve les mêmes termes que dans notre ins- 
cription. Le néant de la vie qui passe est exprimé dans la célèbre épitaphe de 
Gains à Tmirjik '-• : 

TaÛTa, 'Ç'Caoi- [xsTà taOta tî yàp ttXéov ; oû/.é-ri xaÛTa" 
CTrjÀXT] TaÛTa XàXsi /.ai XiOoç, où yàp éyœ. 
Piiidare même avait écrit: Tô pv [yévoç àvSpcôVj oiiôévi^'. Le mot de 
TéXo^ dans le sens de « fin de la vie », de « mort», apparaît, par exemple, sur 
une épitaphe épicurienne de Cos: « Bois, car telle est la fin (tô tsXoç) » <*). 
La formule matérialiste et épicurienne: Oûx 7i[j.7]v, £y£vô(i.7]v oùx iaoy-oLi, où 
[liXi \j.o'. • 6 3ioç TaÛTa '=' se retrouve en Occident''"' comme en Oiienl'''. 
Luniuii de l'aflliction et de la vie est déjà Tobjet d"unbeau vers de .Ménandre '*' : 
'Ap' £(7Ti (juyyevÉ; Tt Xû-v) /.ai ^io: ; 
Enfin la pensée des souffrances de la vie et de sa fin hâtive est exprimée 
av ec vivacité par l'épitaphe de reimuque d'Anazarbe : 

Tôv -âvTa Toû ^f,v jxô/9ov si; tôÔî /.a-cOîjJLcV t JXoç]. . . <'^' 



('i Cf. ni flques exemples réunis, pour lu 
Syrie, par Jalabeut, Mélanges... de lieyronlh, 
,pp. 149-150, n° 18. A l'époque chrétienne, de 
curieuses inscriptions citent le « vanité des 
vanités » de l'Ecclésiaste (W. K. Phi:ntick, 
Amer. Arch. Exped... Syr., Creeli a. Ldliii 
Inscriptions, p. 199, n° 2'27, Dèr Sambil). 

m P. l'Aiiis, li C II, 1884, p. 240 ; Ramsaï, 
Ciliés a. liishopries of Phryi/ia, II, p.386,n''-J3'2. 

(31 \em. 6, 3. 

CiDtiissMAriN, Lichl voni Osten, p. '213. Cf. ce- 
pendant, ù liustra : "Otiv xi^iTu, Toito i6 xi'/.o; 
(Kaiiux, Epiijr., n" 438). 



(■'' A Karasandykli, eu l'hygic ^ Ramsaï, Ci- 
liés..., p. 700, n" 633). 

C'i Cf. V. g. Cliffoud II. MooiiE, Pagan ideas 
of immorlalily during Ihe early Christian cen- 
turies, pp. '26-"27 et les notes. 

1=1 F. CUMONT, Stndia Po;i/icrt, III, n^ 110, 
pp. 131-13C; cf. n" 1-43, p. 152 s. 

(*> Cilharislr., 1 ; cf. Fhiedlanokk, Darslei- 
liingen a. d. Sillengeschichte lioms^, IV, 
p. 397, n. 8. 

("t A. Wii.uti.M, Jnlircsltefle, XVlll. l'.U.'i, 
lieililalt, p. ai s. d'après P. Holssei. et G. Ni- 
cole, Uev. desétudesgrecqaes, 19 17, p. .424. 



INSCRIPTIONS flRRGQUES ET LATINES l)V MUSÉE DADANA 219 

I/;iiiiit(iiiii(' iIi' rrpiyiiiinmi' s'o\|ili(|iii'-l-fll(', sur notre inimuniont, par Ii' 
mutif s(iil[)ti'! i[iii i'cuscrro :' La [n'i-sorinai^'f; [niitô à liras par iji-nx esclaves, dans 
un siè;,^e h dossier, sans toit ni rideaux, d'un modèle rare'", est-il le défunt 
dont la vie maladive serait ainsi signifiée? Il peut (igurer le cours fuyant de la 
vie, « dont nous sommes tous les passards '-' ». (le peut être, enlin, l'image du 
convoi funèbre, puisqu'aujourd'hui encore i-n Syrie les hauts personnages 
eccl('sinsti(pios sont portés assis, et non cduclir'-s, à leur dernière demeure. 

10. Musée 11" 'l'.i2. Milliaiie. — Calcaire; liaiitciir do la honie environ 2 m. ."iO. — 
rrouvc à 2..")00 m. au \.-E. d"Ailana, près île la pisle tl'liuljirlik, dans lélé de lOl'J, par le 
coinrnuiulanl Morbieu. — Lettres hautes de (I ni. ((7, larges de m. 06 G.,). — Ch. 

Registre ii" 2'.V2 : mâine description, sauf les diniensions. 

lMP'CA£i-M. 

?IVS. FELIX -INVI 
CTVi'AVC^- PoNTi- 

MAx.jraiBv'Ni 

P^^T-X- IMP'X- 
Cû s -7iT.p.p.pp.o 
<^ûs . VIA M -PU 
!ÎL 1 C\t\< ETpûN 
TES KtSrr TUIT" 

A- 

lmi)(('r(ilor) QicsQir) .M(iircits) | Aiti{t'liiis) Slerenis | [Mcrandcr] \ pins, frlir. 
iiiri I rliis. .\i((/(iisli(i;), i)oiili{f<:i) | iiuu\hiiii>:), lnhi(iii{ctti) \ pol{cslalf} X, iw/*(er(/- 
Itii) .V, I r<>(ii)s(itl) ///, p(ali'r) pÇalnœ), pro \ co{ii)s{i(l), riam pu \ lilicam cl pon \ 
tes la-iliniit. I M[illia) p{ii.ssuiiiii, \\X. \ A. 

Le niiiii iiiariclé à la .1"' ligne est Ale.iaïKltr. puisque la titulalure ne cmi- 
\ uMil pas il (iaracalla. Le nondirede.s. puissances trihmiiees nous imlique l'année 
oi'i fut érigé' le iniili.iirc : en :*:ill. date corrcspundant à la lu- puissance Iri- 

l'i 1'. fiinAui), ap. DAnKMiiRnc-SAGLio, Dict.des l'i lUpoSiii t'aiicv nîm; toû ^;oa x*i ou xxOiJujOa 

/\/i/., s. V. Lcclit-n. pp. 1(105 et lOOG, surtout xi'i... ,Wadui.m;to>, Inscriptions de Syrie, 

p. llMKi, 11. '2. 1,11 fig. w;,s' luoutrc. conmio uotre iHi u). 
relief, que les porteurs s'aidaient tle bretelles. 



220 SYRIA 

l)iiiiirc (le Sévère Alexandre '", les Perses d"Ardacliir avaient franchi l'Eu- 
phrale, assiriré Nisibe, tandis que leur cavalerie pénétrait en Syrie et en Cap- 
padoce. Les roules réparées en vue d'une action en représailles*-' virent 
bientôt passer l'empereur, accompagné de sa mère lulia iMamaca, à latète des 
légions de l'annonie, qui, dès rhiver23l-232. prenaient quartier à Antioche'^'. 
— On retrouve ailleurs le titre de Cos III donné à Sévère Alexandre plus d'un 
an après son dernier consulat*^'. Le chiffre des acclamations impériales est le 
même que celui des puissances tribuniccs ; ce sera Tusage à partir de Dioclé- 
tien '•"'', mais ici c'est une anomalie. 

Faut-il reconnaître dans ce niilliairi' ia première attestation d'uiir voie 
romaine unissant directement Adana à Sis.' C'est à ce point qu a'iiiulil. sur 
certaines caites, la piste d'indjirlik. (|ui laisse l)ieu à lest lu roule Adana- 
Missis. Mais, d'après les relev(}s de l'arnu'c auglaisc cctlc route dirertc Adaua- 
Missis semble r(''cenle. et la piste ancienne ('lait celle (i'Adaïui-ludjirlilv-.Missis. 
Suivant ce dernier [larcours, la seule \()ie autiipie indiquée par les caries du 
C I L, de VHistiirical Gcnijrapliii af Asia MiiDr de Ramsay, de VAsia Miiiar d'Au- 
derson. entre Adana et Sision. jtasse par Mopsueste et Anazarbe. Elle faisait 
un coude vers li' nord, an sortir d'Adaua : c'est le tracé de certains itinéraires 
contemporains ^"' ; c'était aussi, notre milliaire ne prouve pas auti'e cliose. le 
tracé de la voie Adana-.Mdjisuesle. 

I.e |i(iiid de d('qiarl de la voie l'tail sans doute Tarse. \.'lliii('i(ii iinii llicnisn- 
liliiiilinutni (•(luqite de Tarse à la iiiiilidlo l'uri/dis il! milles, de là jus(|u"à .Vdaiia 
\i milles ''-.en ajoulaid les ^..lOiMnèlres (pii s('qiareut notre milliaire de la 
\ille moderne, le total est bien près des itO.dOO pas (pii sont iiuli(iués sur la 
pierre eu u'rec et eu latin. 



II. .Moi iK.iiDK, S. J. 



(A siiicre.) 



O R. Cagnat, Cours d'cpigr. latine \ p. ••2I'*. l'i V. g. C / L, 111, 14'2I1 '. 

C) Peul-êtrc faut-il attribuer à ces circons- (■') H. Cacnat, Cours d'épujr. latine*, p. 2.S-2. 

lances 1 éreclioii de la borne millinircde Tarse, l''' G. Cousin, Kyros IcJeuneen Asie Mineure, 

où lu ville se nomme 'AX£=av8;;t.!ivr^ 'Avtw- p. 277 : après i h. 10 en marchant d'.Vrtana 

vciviïvr, i;-our,piav») 'ASp'.avij (Lh Bas-Wadi)IN(;- dans la diri'clion E.-N.-E., Indjirli ; 2") minutes 

TON, 111,1 479 = /;isrr. tjr. adr.rom..., 111,882). a|irès, direction sud; 2 h. 10, Missis. 

('• (](. P. Ghokhi-:, ap. Paui.\-Wisso»a, s. v. l'i Hd. l'Auruia. 580, p. 27.i. 
Xuretius, 11. 2, col. 2535-2536. 



Cl^lNOTAPriKS DK DEUX DAMES MISILMANES A DAMAS" 



EUSTACHK DE LORKV et GASTON WIET 

Dans le cimclièrt' de iJàb t'l-Saf{liir, adossé à uni' politt- mosquée funéraire 
aux armes du sultan .MamlouK Malik-el-Zàliir Hcibars, se trouve un tombeau à 
double coupole; la légende, répandue dans le pays, veut que ce soit celui 
d'L'mm Kultiuim et de sa nièce Sukeïnah, tille de l.luseïn. Tout près de là, sous 
une coupole un peu moins imiiortante. repose une certaine Fàtimali qui passe 
pour être Fàlimali el-Sagliirah, sonir de Sukeïnah. Ces tombeaux ont été rebùtis 
dernièrement à la place dos anciens quun tremblement de terre avait détruits. 
L'n architecte chiite, d'origine [tersane, le Seyyed Sélim .Morléza fut chargé 
de la reconstruction : maintenant, il les garde religieusement comme la plii> 
précieuse relique possédée dans la contrée par ses coreligionnaires. Kt 
c'est au cours des travaux tpi'il découvrit, ensevelis sous les décondjres, les 
remarquables cénota[»hes de Sukeïnah et de l'àtiinah- . Cilui d'Iniiii Kiillhiïm 
est moderne et sans intérêt. 

Ces sarcophages d'apparat sont déposés dans des cryptes souterraines où 
ne pénètrent cpie de rares priviléiiii's. Les pèlerins chiites — il en vient. 



l'i Apros une campagne de fuuilles dans la 
région de Tyr. je suis allé ù Damas pour ré- 
pondre au désir exprimé par M. .Migeon. La 
richesse archéologique do la ville el la beauté 
de sou décor arabe auraient exigé une étude 
prolongée et j'ai regretté de ne pouvoir lui 
consacrer qu'une dizaine de jours. Un laps de 
temps aussi court ne permettait que d'amor- 
cer certaines recherches; c'est pourquoi je me 
réserve, au cours d'un nouveau séjour dans 
la cilé des Omeyyades, de reprendre et de 
compléter des travaux trop rapidement 
menés. 

Les autorités locales m'ont aidé avec lapins 
grande bonne grAce. Je leur en exprime mn 



vive gratitude. Je liens aussi à remercier 
Tewfik Tarik Bey, architecte de la .Munii-ipa- 
lité — dont l'inlassabli- complaisance el la 
connaissance p.irfaite du pays ont largement 
contribué à la réussite de ma mission — et le 
Seyyed Sélim Mortéwi, architecte des monu- 
ments religieux, qui m'a permis de pénétrer 
dans les cryptes des tuml>eaux vénérés dont 
il u la garde, l'onr les photographies, 
M. Luigi Stiroai a été nu collaborateur fort 
habile. (. L 

^'' La description de ct's monuments sera 
complétée ultérieun-meiit lorsque nous au- 
rons réuni tous les ilocumenis luVessair»-». 
ii' 



222 STRIA 

même de Perse — n'ont accùs qn'aiiprès des cénotaphes modernes du rez-de- 
chaussée. Quant aux corps des augustes dames, ils reposent, nous dit le Seyyed 
Sélim Afortr-za, dans des caveaux murés creusés au-dessous des cryptes. 

Le cénotaphe de Sukeïnah (pi. XXVII, <ig. 2) est en hoisde noyer. II mesure 
2 ni. 6o de long, i m. 30 de large et m. 7i de hauteur. Ses panneaux sont 
divisés en trois zones. Dans la zone supérieure court une inscription coranique 
en petits caractères : le début du verset du Trône (Coran, II, 256), suivi de la 
signature du sculpteur ; . 

(I CcL'i est l'œuvre de Muhammad. fils d'Ahmad, fils de 'Abd-Allah. » 

Un mince listel uni la sépare de la zone médiane où s'inscrivent avec auto- 
rité des caractères couliques du plus beau style. Ils cheminent sur un double 
listel. au-dessous duquel les restes d'une zone de rinceaux, en grande partie 
détruite, sont à peine visibles. 

.\u centre des panneaux, une troisième inscription, sobre et discrète, parait 
destinée à équilibrer la composition <*'. 

Les ornements sont sculptés à deux plans. Le sculpteur, en pleine posses- 
sion de son art, a donné à son inscription dominante un relief qui met, comme 
il convient, au second plan, la virtuosité du champ sur lequel il l'appuie. 

Le remplage des, surfaces,- traité d'une main souple et forme, est formé 
du rinceaux com{)Ii(iués, mais toujours harmonieux. Ce décor floral est creusé 
profondément; il se détache avec netteté en dépit de son exubérance très ëvo- 
catrice de l'art hindou, et forme un fond délicat, gracieux et tout féminin, à la 
majestueuse inscription coufique (pii semble vouloir symboliser la noble ascen- 
dance delà petite nièce du Prophète. 

Cette inscription donne le liismilluh sur le panneau sud qui fait face à 
la porte d'entrée, — le s(!ul possible à photographier à cause de l'exiguïté de 
la crypte, .'^ur le panneau, (|ui fut placé à l'est par erreur lors de la restaura- 
tion (il devrait être à louest) se lit un texte ipii débute ainsi : 

. . . ,y;~^\ c^ ôx- _^s lÀA 

«Ceci est h; tombeau de Sukeïuali, lillc d'el-l.hiseïn... » 

(') Elle a rCsisIé jusqu'ici à tout effort de dticliiïf riment. 



YiiiA. mil. 



l'I. XXVII. 




1 .... 1. Ccii.itaiilR- .11- lal.iw^ih 




l.<Miiilii|ili<' ili- l.iiki-iiinli. 



CKNOTAPIIES DE DEUX DAMES MISI l.MANES A DAMAS 223 

Lii tradition a gardi- le souvenir du toinljcau do Sulvoïnali, mais les témui- 
gnagcïs à son sujet ne sont f^uèi-e concoi-dants. Il)n .luhoïr ([>. '2H\) Ii- place 
dans un ciuietii re, situé ;i IDucsl de la \illc. Ii.ut en se gardaid liien iraflir- 
iner qu'il ne reid'enne pas les restes d'uin- autn- Snkeïnali. ^'à(|ùt(ll. |i. ."il».")- 
.■)!)()) sif,Miiiic sa tombe au sud de Bàli el-Saj^iiir, mais n'omet pas d'ajouter que 
SuKeïnah lut certainement enterrée à .Mi'diue '". Par ailleurs, on a raeonté à 
Uni l'allùiali (1, p. 22.")-226) que la tomlte de Sukeïnali se trouvait dans un 
villa;,'!', situé à une parasango au sud de la ville. Ihn Oliàkir el-Kutul»l, mort 
en Tfii ( liUi.'i), nous ramène au cimelièro de liai) el-Sagliir. au centre duquel 
se trouve, dit-il, la mos(pi(''e de Sukeïnali, qui renferme son Ittndteau •-'. 

Nous venons de voir (pie la tradition syrienne concernant Sukeïnali n'a\ait 
pas troii\('' grâce devant la i rili(pie de Vàqùl. De lait, d'aiitresauleurs nous di- 
sent (pie celte petite lille d'Ali mourut à Medine". en 117(7;$.")), et le nio- 
numentde Damas ne serait donc (junn cénotapiie. La biographie de la i sé- 
millante et l'ii\ole '" » SnKeïnah. la femme aux nombreux maris, mériterait 
une étude ilelailli'c, dont lieaiicoiip d'i'lémenls seraient empruntés au Kîtdh 
cl-Allhàii'i. 

La toiiiie des caractères, d'une exécution remarquable, nous ramène à 
la lin (lu (iiKiuième siècle de l'hégire. La grande inscri(dion nous fournit un 
bel ((lianlilloii de couliipie lress(''. dont M. Klury vient de donner une cxcel- 
lenteétude dans cette revue*-'', et [loiir une Idlre, le ^ de iiiliiin'in et nihîin, qui, 
a [iriuri, no semblait guère se luèter à une telle oriuMueiitalion. Signalons 
aussi que les mhii sont tout entiers au-dessus de la ligne, alors qu'habituelle- 
ilieiil la ligne (r('ciiliire les coupe par le milieu. Les hampes de certaines 
lettres xmt caractérisées par une cnuilic l'icgante. (riiiie l'oiiiie (pie iion-a|qiel- 
lerons en ■■ ( ol de cygne ». 

Le bon elat de coiiser\ation de ce iiionuiiient est extraordinaire, étant 

('I Ailli'urï! (III. p. ;>IJ', il note le tomli.au (^i Ihn Kii»i.i.ik\>, Icxl.iir., I. p. i*'i6: I.*«- 

«l'imc Suk.Mnah pivs «li- TiliiTiadt-. Il siigil de ukns, Cnlifal de ).i;i<i l". p. H, n. i ; S*l- 

1« iiu'mp fotnnie.et M. Cleniiont-Ganiioau n r-tu- vaire, J. A., 1896. I, p. 4U. 

dii' colle lûgdide (Hecon/i. or., 1, p. 32i-3-2H). (" Lammf.ns, Ca/i/<i/ île Mo\iwiit. pp. 167. 

(«) SALVAinE. Descr. de Damas, Jour, as., 187, 37-2. .37i; /Vidma, p. 1". 

189G, I, p. 387-3!»l . — Do mômo : 'llmawl (Ihid , (=" Syrin, II. pp. 57-01 . 
18<)5, II. p. 446), Abùl-Baqil el-Diinachqi 
(189C, I, p. 150). 



224 SYRIA 

domié qu'il a été trouvé daus la terre saus la protoctiiju d"aucuue maçonnerie. 
Il y est demeuré depuis l'écroulement du tombeau dont la date n'a pas encore 
pu être déterminée. Malheureiisemeut, le couvercle man(|ue. 

Le second cénotaphe, celui de FiUimah est en pierre : il a tout à fait l'ap- 
parence d'un sarcophage antique. Un artiste de grand talent a sculpté les belles 
i/iscriptions qui l'ornent et il est à regretter que. tout récemment, on ait 
voulu en accentuer l'eiïet en les recouvrant d'une couche de peinture noire 
qui, tracée par une main peu habile, en amoUit les contours. 

Grand côté du tombeau : deux lignes en coulique fleuri, grands caractères. 
en relief. Ce texte comprend la lin du rcrset du Trône {Coran, 11, T-tO), dont le 
début se trouve sur la face opposée. 

Petit coté : (puilre lignes en coulique lleuri. caractères moyens, en relief 
(Voir pi. XWIl, lig. 1), 

i^ A.U1 ^j (ij) ^y j^~}) j^ ck-^"^ y. (-1 -*-^' ^.^ ^^^ -^ ^-^ (•") 

« Ceci est le tombeau de Fà|imah, hlle d'Ahmad, iils d'el-l.luseïn, iils d'el- 
Siblî. que Dieu soit satisfait d'elle! Elle mourut en radjab de Tannée 430 
(janvier 1048)1". » 

Nous n'avons pu trouver trace dans les clirunicpu's de celle P'àlimali ni de 
SCS ascendants '■-'. \a\ ii'nihuli de son arrière-grand-[)ère, N(V//;. [murrait laisser 
croire qu'il élait descendant par les femmes [slbl. Iils de la lille) d une famille 
plu- innniie (pie la siemu;. [)eut-èlr(! de celle du calife Ali, dont les deux fils 
pnilaieni d'ailleurs le surnom de ^ihl. En tout état de cause, l'identilication 
p(qiulaii(î de celle Ealimab avec une s(eur de Sukeïuab, siguab-e ci-dessus, 
(luit être écartée, vu le texte précis de riuscri|)lion. De pareilles légendes 
sont a>se/. fn'-fpu'ides : M. (llermont-tianrieau. nous l'axons vu. en mdail une à 

(') Inscription déchiffrée ù l'aide d'iiii cro- (Iiin i:l-Qal\nisi, p. 9; Abù'l-MAiiASiN, éd. 

quis lie E. do Loroy et d'une pliolojîrnpliic. l'opper, 11, p. 41 ; Sauvaiuk, op. cit., J. A., 

1*) Étant donnée In l)cuulé du t(inil»'au.i)ii ne IHilfi, I, p. .377), et qui pourrait, à la grande 

peut [lasser sous silence que riiistdiri" ciiMii.iil li^jiiciir, avoir été le père de notre Falinuih. 

un iiotalile de D.iinas, nuiniiié Aliinad ilm Mais, c'est assez douleux. puis(|iif (il ans sé- 

Abi IlicliAin cl-Musciii, qui rmiui-ul eu :17.S [mrent les deux décès. 



CENOTAPHES DE DELX DAMES MISLLMANES A DAMAS 225 

Tibériade, et on on trouve dt- riombrciix (•xciiiplt's dans tuut rUrient niiisiilman. 

Le ti;xto même de l'inscription funéraire, très simple, n'a besoin d'aucun 
commentaire. Mais il faut s'arrêter un instant sur la beauté des caractères et 
sur leur originalité. 

L'n très petit nombre d'inscriptions coufiquesde Damas a ('-té repruibiit par 
la |iliologra[iliie : nous connaissons seulement, semble-t-il. une; inscription de 
Tutuch "• (vers iSO 11), deux des .Vtabeks Tuglakin (vers ."iOd; et .Mabmiid '-i 
(.■)29), et un décret de Xùr-el-Din '" f.'iol). Mais ces inscri(itions ne peuvent 
pas être (MUMparées, pour la furiiir des caractères, à l'èpilaplic de Kaliniab, 
qui relève de l'art épigraphique des Kalimiles, alors (pie le coulique des .\ta- 
belis de Damas est plus S(d)re et moins (leuri. N'ati Hercbem a montré com- 
iiKMil le iiasKIii a remplacé le coulicpie dans les inscriptions sous des in- 
tluences politiipies ''' : ici aussi, il est fort possible que l'éviilution du coufii]iic 
ait un peu déi)eiidu des événements bisloriques qui eiile\aieid Damas aux 
l'iitimites, en 468. 

La pliotograpbie, prise deiiiais. ne ^lermet pas devoir ledt'but de linscrip- 
tion coranique. Di'jà. dans bipartie que nous apercevons nettement, nous pou- 
vons jugei- (le son iin[)(irlance arlisti([ue. Les deux lijj;n<'s (»nt été traitées 
d une façon ditlérente par l'arlisle : influencé peut-être par les sîn («-J »Li) 
de la lin de la première ligne, il a dirigé toutes droites les bampes des liiin et 
des alif, alors que les hampes de la seconde ligne se recourbent barmonieu- 
sement, sauf tout à fait à la tin (ts^M parce (pie le dessinateur a du graver de 
liiais pres(pie tout ce mot et réserver une place au dernier mot. /«JâJI. ('.(-rit en 
pelils caractères, au-d(îssus de j-*j. La fantaisie de l'artiste a i-galemenl iq»- 
I>osé au rigide làiii-diif de la première ligne un lâm-tilif t'panoui, aux têtes 
arrondies vers l'extérieur. 

Comme c'est souvent le cas. le texte de l'iqiitapbe est Irailc dans un autre 
style ([ue celui de l'inscription coranique : il est ici plus sévère et plus an- 
guleux. 

K. L. KT G. W . 



('» Van Bkhcmkm, .\r. InschrifU-n, lleitr. :. l'I Van IIkik iuu. Ins. nr. </•• àvriV, Mem. 

.\ssyriol., VII, pp. 150-151. Inst. rijyplien, III, pi. IV. fig. S. 

(«I Van IJkrciikm. i?/». </. Muibeks de Oainns, i«i Van Bkrc iikm, Inur. nr. </<• Syrie, loc. 

Flor. di-VoguC', |p1. I-II. cit., p. 150; C.I..V.. /'./v/./,-. I. p. 83. 



Siiiiv. 11. 



ïii 



UN MOlNUiMEINT DES PREMIERS SIECLES DE L HEGIRE 

EN PERSE 

I. — ANALYSE ARCHITECTURALE DE LA MOSQUÉE DE NAYIN 

PAU 

HENRY MOLLET 



La prt'sentc étude est extraite d'un ensemble de documents recueillis au 
cours de la- Mission qui m'avait été confiée par le Ministre de l'Instruction 
Publique et des Beaux-Arts. Cette Mission me permit pendant les années 1912 
et 1913 de l'aire le relevé d'un certain nombre de monuments encore inconnus 
et présentant un réel intérêt pour l'histoire de l'art musulman. 

La publication des documents rapportes par la Mission ne vit jamais le jour 
du fait de la ji;u('rre. Pendant et malgré cette période troublée, Ernest Diez fut 
a.ssez favorisé pour entreprendre à son tour une partie de l'itinéraire que 
j'avais suivi deux ans auparavant et qu'il a dû connaître. Ses études portent, 
en elTet, sur les mêmes vestiges archéologiques que ceux qui avaient retenu 
mon attention. Elles ont fait l'objet d'un très bel ouvrage paru pendant la 
guerre, dépense .somptuaire ([xw l'élut ilo nos finances en France ne nous per- 
rurflait pas. J'espère pouvoir donner moi-même petit à petit les morceaux les 
plus intéressants rapportés de mon voyage et contribuer ainsi par ces modestes 
apports à jeter quelques lumières sur l'art des premiers siècles de l'ère nuisul 
manc ou aider à en relier les chaînons encore épars. 

Le 17 mars l!»l:i je (piittais Ispahan, en compagnie de M. .1. de Moustier'". 



(M Je li(Mis à remercier ici lnul pnrticiiliè- (Inrl qui sut par son lui culniiu uiiiinlcnii' 

remcut l'aiiii sur et dévoué qiw. fui M. J. de l()\ijour.s ferme notre moral même pendant les 

Moustier. Uuc bonne part.des succès de la mis- heures les jibis pénibles de ces longues che- 

sion revient h ce bon compaj,'non de roule à vaucbéos. 
l'esprit culliv*;, initié à toutes les questions 



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SeCTlOINj Durs) Ml_Jtf=) 



^ DE.T/o>iL 



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La mosqiiJc .le N'àyi" — Pl.«ii et dciAils 



UN .\[()NIT.\IENT DES PnRMIEP.S SIKCr.F.S DR L'UKCIIU: 227 

pour f^iifîncr Vc/.d h Inncrs une n''f,'ion ilésoli-c, luic des plus aiido et des |>lu.s 
lUidsiiincs de lu I'itsc. 

.\(Mis clH'MiiKdiiinics pi'nd.inl drii\ jours, jiviud. d iillrindti' .Nàyin, à travers 
d'iiuiui'uses [tliiiiU'S nuiréciigi'ust's cl salpidn-cs (pii s ('•Irndciil ii pi-rlc th^ vue: 
(dics loulsuito au grantl désorl salé lu iJu.shl-i-Kuvir au Nurd et su proluiigt-nt 
juscpi'au d(5.sertdoKermàri.Cos [daines salées et sablonneuses sont Iransfonnéos 
en uuin'îcaf^cs pondant l'iiivi.'r, (dlcs deviennent brûlantes et prosi|ue inliabi- 
tabli's pendant lété. Les marais y répandent d allriMises odeurs. .Notre route 
élail jalonnée de nijiubreux cadavres, et nous roncoritràuies quelques rares pay- 
sans dévorés par la lièvre, imploraid du secours et des remèdes. L'horizon 
était borné par les moutagiuîs du Kouh-Koud (|iie nous attcdgriiines le 1!) et 
(|ui nous masquait Nàyin où nous entrâmes à la lin de la journée. 

iNàyin est une pidite, ville d'environ 2.(100 liabitaids de larrondissemeiit de 
^'e/.(l dans la provinee d" lr;\(|-'Adjam. (lest une riante et [litbtresque petite 
citée n'-pulée par ses l'aliiifpies d' « .\ba ■> cl babitt'c par un jirand iu)ndH'0 de 
(iiiébres. Les babitaiits sont all'ables et [leu fanali(|ues. Ils ont con.>»ervé des tra- 
ditions artisli(pu;s. Los portes des maisons sont richement décorées et ornées 
de l'aïences émaillées fabri(|uées sur place, généralement de tonalité bleue. 
(ielte ornementation si simple leur donne cependant un réel cachet ib'coratif. 

A notre grand regret nous uc pûmes nous attarder dans celte ville et étudier 
il loisir ses monuments, pressés que nous étions par le temps, et dans la néces- 
sité où nous nous trouvions d'agir vile pour éviter les brigands qui infestaient 
la région : ils venaient d'attaquer le village voisin, et menaçaient île nous barrer 
la roule. 

L'ue énorme ciladidle sur plan carré se dresse au milieu de la \ille >ur un 
monticule artiliciel. et la domine de son imposante masse. L'n minanU isidé 
non loin de là poinle dans le ciel. Ces i\(}\i\ monuments sont sans intérêt. 

La uin>(|ui'e Djouma «pii a plus s|»écialement reteim notre attention occupe 
le ceuire de la ville. Nous ne |iùuies l'aire (pi'im rapide croquis «le si»n plan 
(cL l'I. .\.\\lll) et [irendre (lutdques |diotographies îles parties les plus inté- 
res.santes. lies documents nous suliisent cependant pour en présenter une 
analyse : 

Klle se compose de plusieurs parties très ditVérentes. les éli-ments uuMuesde 



228 S Y RI A 

la construction ont été souvent remaniés. i\ous avons négligé une adjonction, 
moderne d'ailleurs et déjà en ruine, qui se trouve à droite de notre croquis. 
Fort heureusement cette construction n"a été qu'une annexe qui n'est pas venue 
se superposer à l'ancienne mosquée qu'elle aurait modifiée sans conserver pro- 
bablement les parties qui nous intéressent aujourd'hui. 

Seuls, un minaret moderne, quelques divisions nouvelles, quelques suré- 
lévations ont légèrement changé les dispositions anciennes. Telle qu'elle se pré- 
sente la mosquée offre encore un grand intérêt. Son plan indique d'une façon 
très caractéristique ses origines et la fait remonter aux tout premiers siècles 
de l'ère musulmane. 

Elle offre l'aspect traditionnel d'une salle hypostyle qu'ont toutes les pre- 
mières mosquées : salle plus ou moins profonde, à travées en arcades reliées 
entre elles soit par une voûte, soit par des dallages ou des plafonds soutenant 
une terrasse : telles sont les mosquées de la Mecque, d"Amr, de Touloun. 
de Samarra. 

Le principe syrien est le plafond. Ici suivant la tradition persane nous avons 
la voûte, une suite de nefs voûtées parallèles sans nervures reposant sur des 
piHers reliés entre eux par des arcades en ogive dont l'extrados arrive à la 
naissance des voûtes qui couvrent la salle (cf. PI. XXIX). Cette dernière s'étale 
en largeur conformément au i)lan primitif des mosquées des premiers âges qui 
avaient généralement leur grand axe parallèle au mihràb, sans doute pour per- 
mettre à la grande masse des iidèles d'approcher plus près de la niche sainte. 
Ceci nous laisse à penser que malgré les modifications successives le plan 
primitif a été respecté. En efl'et, contrairement à ce qui se produit dans l'art 
chrétien où l'agrandissement d'une l)asili(|ne, toujours commencée pur la partie 
sacrée !•• chieur, se fait en [irofoiideur en allongeant la nef, dans la mosquée 
les agrandissements s'étendent en largeur parallèlement au mur de fond où se 
trouve le mihràl) au hesoin répété par des mihràbs auxiliaires. L'adjonction 
iModcriic ildiil nous avons p;nlé [ilus liant a été ainsi comprise. 

Les piliers de l'ancienne nius(|uéeonl été refaits aux époques les plus diverses, 
et se font remarquer par luie amusante variété : leur section est rectangulaire, 
(■allée, pohgonale, circulaire siiiv;uil la faniaisie du coiislrucfeur (>t l'épofpie 
de leur léfeclioii. 

Deux de ces piliers en A et i-ii H (voir le plan), outre ceux (|ui encadrent 




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[^ mosquée de Nàviii — Le inihràb 



UN MOM'MHNT 1)1- S l'IJEMIEUS SIÈCLES DE VUKCAWV. 229 

lo iiiiliiiil) dont nous jifirlcrons |iliis loin, scmblont dater de rorif^inc dt' la cons- 
truction. Ils sont faits d'un massif canV- ou n-claii^nlain- canlonm'' di- co- 
lonnes engagées toi (lunn \c idronvc dans li-s inos(|urrs d'Iliri j iiiilniin, 
de l.làkorn ou d'Ahoudolaf. Ils datent la constniction dont on piMit ainsi faire 
remonter certaines parties sans grande (diance d'erreur vers le ilixième siècle. 

Sui\anl la Iradilion des |inMMii'r> Mimliiaircs Mmsulmaii> on Ikmim', dans 
la partie Est, les restes diin [niits que. la légende sacrée met en cummunicalion 
avec la fontaine de la Kaaliali. Des clianiitres souterraines dans lesipicdles je 
n'ai lien \i] de fcniiir(|n;iMc se liniivenl ;i dmiti- et à gauche du « sal.m » . 
Deux « deUke » occupent respectivement trois travées à gauche et (|ualre à 
droite du niihràh. la travée de l'axe (pii [)récèdc ce dernier est surmontée d un 
arc, sorte de juhé-. ipie nous n"a\ons rencontré nulji' part aiileui's. 

Comm(> Ions les moninnerds musulmans de l'Iran, celte mosipn'-e est cons- 
truite en l)ii(ph'S. l/inlrados des voùti-s. les parois inlérieun-s et les |iiliers sont 
revêtus d'un enduit de plàtic uni e( sans ([l'cnratinn. Ile >imples encadrements 
aux arcades, un siin|)le tailloir carré couronnant les [)iliers sur lecpiel parlent 
les doubleaux. uiu^ astragali' courant à la naissanciî des voûtes sont les seules 
ligiu's arcliitectniales (|ui gardent à l'enscin!)le smi as[iecl solire el sévère qui 
fait ressortir la richi'sse ornenu-ntale du mihràh (cf. l'I. .\.\.\). 

L'ordonnance sim[)lc delà conslruclion. le long aligiuMUent des nefs dont 
les rangées d'arcades sont à peine /■( laiii'es d'un demi-jnur tamisé parla profon- 
deur des porti(pies,nn'ttent en valeur le satntuaire ([ni apparaît au fond, rit he- 
ment décoré sous son dônw' r(>[>osant sur des piliers ornementé-s. 

Cette sorte de calotte (|ui |iart directement sur plan rectangulaire, sans 
(( pendentifs » pour arrondir les angles, déroule le constructeur, ."^es j)arois 
d'angle montent verlicalenu'nt comme on peut s'en rendre compte sur la planchi> 
W.M et \iennenl la sectionner lirutalenient par des pé-né-lrations horizontales 
(pii détient toutes les règles de la stéréotomie, (le proldènu' délicat du passagi' 
du plan carré au plan circulaire, pour la solution duipnd l'architecte oriental 
a eu recours aux combinaisons les plus variées et les plus heureuses, est ici 
escamoté. La pauvreté de cette voûte est un peu corrigée par l'inscription d'arcs 
en ogive qui s'y dessinent gauduMuent, sans toutefois parvenir à l'harnnmiser 
avec la riche ornementation qu'elle couronne. 

La décoration du mihràh. celle des douiileaux el des piliers qui l'i'ncadrent 



230 SYRIA 

forment au contraire un ensemble harmonieux du plus délicat effet. Nous retrou- 
vons là toute la belle tradition décorative des premiers siècles de lart musulman. 

Une frise en beaux caractères couiîques accentue les lignes architecturales 
et se marie sans heurt avec les rinceaux et les fleurons. Pas de personnages, 
interdits par le Coran ; rien que des entrelacs permettant toutes les combinai- 
sons géométriques et laissant lil)re cours à Timagination du compositeur qui en 
s"inspirant de la flore et de la faune les dénature pour ne pas otîenser Dieu, 
seul capable de sculpter des êtres ou des choses et de leur donner la vie. 

C'est de cette conception simple et immatérielle qu'est née la beauté de cet 
art décoratif dont on saisit mal les éléments de composition, et qui nous emporte 
dans un rêve languissant et lointain aux images tourmentées sans cesse, renou- 
velées comme les chants monotones des Arabes dont les couplets mourant 
donnent la vie à de nouveaux couplets qui toujours, sur le même rythme, se pro- 
longent sans fin. 

Je cède la place à M. Flury qui a bien voulu analyser Tinscription et les 
éléments décoratifs qui ornent ce coin de mosquée. 11 saura le faire avec toute 
raulorité (jue lui confère cette longue et minutieuse pratique des études paléo^ 
graphiques et d'art ornemental musulman auxquelles il consacre tout son 
talent. „ 



II. — LE DÉCOR DE LA MOSQUÉE DE NAYIN 

PAR 
S. FLURY. 

L'étude de l'ancien décorde la mosquée de Nàyin pii-seute des difficultés 
considéi'ables. .Ins(|u'à ])résent. aucun monument conlemporain n'a été trouvé 
dans une |ii(i\iiici' iranienne, ipii pourrait nous donner des matéi'i;iux de compa- 
raison, .le me bornerai donc, en premier lieu, à une simple analyse aussi exacte 
que possible et je làciierai ensuite de rapprocher, du décor de Nàyin, (juelque.s 
muiiUMients en dehors de la l'erse daus I iiitiMiliuii d'èlalilir la chronologie 
approximative de la iiinsipK'-e. 

La (lécoraliun en plaire dans la mosipu'je de .Nà)in nous frappe avant luut 



l'N MU.MMENT DES i'UEMIEHS SIKCI.ES Di: Llli;(;ii;H 2M 

parla riclnîsse de sa composition. L'ancien monde niusuliiiaii orionlal ne nous 
olfri! aucun exemple d'un ensemble d'ornements aussi complet, réuni dans un 
seul édilice. A bon droit, on peut parler dune véritable symphonie d'oriuMnetils, 
dans laquelle s'unissent les trois thèmes principaux des ornemanistes musul- 
mans : les éléments épij.Taphique, géométrique et végétal. 

C(jiiMuem;ons par l'analyse des bandeaux à in.scriplions; elle nous est iiitlis- 
pensable ptiur démontrer le synchmnisme des comi>ositions décoratives dans 
les dilléreules parties de la mosqui'-e. 11 \ a deux espèces d'inscriptions : lune 
à grande échelle, qui contourne le liant des parois du plan carré ipii supporte 
la coupole au-dessus du inil.iràb el une autre, plus petite, tpii encadre lare 
qui donne siu'IemihrAb (cf. l'I. \\\1). Bien qucllessoiontenlièrement corani- 
ques leur impoi'tance |»al(''Ogra[)lii(pie n échappera à personne. 

I,.i |ilaii( lie .\.\.\ll nous oiïre un spécimen de la première. C est le commen- 
ceiiieiil d Mil \erset de Coran {V.. I.\, 18) bien connu, qui se prête tout tuilurelle- 
nierit au décor ('pigraphique dans une mosquée "'. Du premier coup d d'il nu 
reconnaît dans ce type monumental d'écriture un coulique lleuri primitif. .V la 
place des rinceaux de l'époque fatimidc,il n'y a (jue de simples clénuMiLs végé- 
taux, tels que la feuilii' en forme de c(eiu' qui surmonte le '«ih et les demi-palmes 
qui terminent les queues montantes des nouii et uàw. Les intervalles entre les 
ictires sont garnis de rosaces à six lobes et dune palmette fendue eu T. qui [lart 
du bord supérieur du i)andeau.rn ruban décoré de perles, alternativement rondes 
et oblougues, entre deux iilets minces, forme la bordure de celle inscription. 

Les mêmes caractères el les mêmes motifs de remplissage se trouvent sur 
rinscriptioM delà plancibe \.\\l, 1 et '2 '-' : tdle est plus iielileque la préciMlente. 
pare.i< qu'elle ne sert (pi'à aeeeuliier le |)rotil de 1 arc. 

l'Aaiiiinoiis iiiaiiiteiiaiit les faits paléographiiiues ipii sont réunis (ian> le 
(aiileau alpiialietiiiiie de la iilaiiciie \\\lil>". Les hampes verticales de.s lettres 

C) U'mirfts une esquisse que M. 11. Vii)llol a ('> Los oaraclères dos ileux insoriplions soûl 

l)icn voulu uio coaimuuiquiT, lu suilo do ce ivuuis sur le uiiuie lubloau, ceux do lufiraiidi- 

versot se Irouvc sur lu paroi vis-îi-vis du mih- iuscriplionaucomuii'uci'iuriit do oluiqiiouuiui^- 

nUi cl la fiu sur oollo do droilo. rt»; ils soûl sépart's dos aulns par uucllpu.vor- 

1*1 M. vau Uorchiiu n ou l'obligeauoo do do- licalo. Malbeureusomout lul|iliul)ol do la plaii- 

oliiffror los textes corauiques do la plancho oho XXXIl uesl pas complot. Los loJtn» on 

XXXI, 1 ot '2 : «;. XXVll, *0 ù partir do luUihd blanc sont oopié«>s du carnot do M. H. Violi.».t. 
minfmU, etc. et C. IX, 130. 



232 SYRIA 

sont très rigides et se terminent en demi-feuille, à l'exception des hampes de 
sln (cf. pi. XXXI II, 6). Les ddl et kâf sont parfois presque identiques, parce que 
la tète du kàf ne monte pas encore au bord supérieur du bandeau (cf. pi. 
XXXIII, 4 et 11). Notons surtout les corps horizontaux des hàf. qui diffèrent 
considérablement en longueur, voilà un trait qui caractérise les inscriptions 
monumentales préfatimides ; qu'on compare à cet égard les dâl et kâf de l'ins- 
cription du nilomètre au Caire '*'. L'arc lobé qui décore le dos de quelques 
kâf de rinscription de la planche XXXI, I et 2 correspond exactement à celui 
du premier Allait dans, la planche XXXI I. Les nihn présentent des types 
bien différents : tandis que la première ligne de la grande inscription ne pos- 
sède que la forme simple, les mîm en rosace quatrilobée prédominent dans 
rinscription plus petite (cf. pi. XXXIll, 13). En revanche, le premier /fl//(-f//</' 
est plus compliqué que les suivants (cf. pi. XXXIll, 18). Le yâ final se replie 
toujours .vers la droite. Signalons surtout ravanl-dernier //« (cf. pi. XXXIll 
17),' dont la queue allongée souligne tout le mot (ijhratmij) : encore un trait 
caractéristique des inscriptions anciennes. Outre les noau et œâœ de la plan- 
che XXXI 1, que nous avons déjà mentionnés, il n'y a pas d'autres lettres à 
queues montantes. Les m (cf. pi. XXXIll, 5) n'accusent que le commencement 
de cette évolution décorative. Ce sont surtout ces queues allongées ornées 
de simples motifs floraux qui caractérisent le début du coufique fleuri. A 
cette nouvelle variété de coufique appartiennent aussi les lettres fâ, kâf et mm 
que surmontent des palmettes fendues en T, pour rehausser l'effet décoratif du 
bandeau (cf. pi. XXXIll, 10 et 13). 

A quelle éitoque faut-il attribuer les bandeaux à inscriptions delà mosquée 
de Nàyin /Les quelques faits (pie nous venons de signaler dans notre analyse 
militent, sans aucun doute, en faveur du siècle qui embrasse les monuments 
abbasides de Samarra et du Caire d'un côté, et de l'autre la première mosquée 
fatiniidc l'ii Kgv[itc. .MiilbciireiiseMU'nt, ceux-là. en dépit de leur richesse orne- 
iiierital(!, ne nous fournissent que très [)eu d'éclaircissenu'uts sur l'art épigra- 
plii(|ii(' de r('p()qii(^ abbasiih^. Sous ce rapi)orf, les fouilles de Samarra, faites par 
.M. II. \inlicl. oui laissé une lacune très sensible*-'. Quant à la mosquée d'Ibn 

(') Cf. Syria, VyiO, pi. .\.\ll. A, 4 l't H. mais il n'est guère probable qu'il ait trouve 

(*) Le professeur Ilerzfeld, de Berlin, n'a pas des insciiptious qui, au point de vue de la 

encore publié ses matériaux épigraphiqucs, forme et du matériel tecbuiquc, se prêtent à 



;viîl\ 11121. 



i>i. xxxni. 



6^. I 



11 

lia "i I i n 1 






^^ 



^M c;- 



4é^ 




PLL°.H 



Mail 

l.'al|ilinlii't ili's iiisfriplions de lu iilo-i|Ui-i> ili- NAyiu. 



UN MONUMENT DES PIlKMIKHS SIIICLKS DR LlIllOIllK 233 

Toulouriau Cairo, on connaît la longue inscription sur liois, qui se déroule sous 
la toiture du sanctuaire et des portiques*". Les éléments purement décoratifs 
y font absolument défaut. Cependant, on serait mal avisé d'en conclure que le 
simple coulifpie thuiri n'existait jias encore dans la seconde moitié du troisième 
siècle de 1 hégire. Une petite inscription qui contourne une des fenêtres en stuc 
ajouré de la mosquée dlbn Jouloun nous montre déjà quelques caractères à 
queues montantes qui se termiiKuit en demi-feuille '-'. Ce fait et les petits disques 
ou rosaces (jui garnissent le fond du bandeau, nous pi-rmi'ItfMt de raiq)roclier 
l'ancien décor épigraphiquc de Nàyin de l'époque loiiluunidr. 

Un document en pierre. île \iiigt ans plus amien que la mostpn-e d'Ilm 
Touloun, fait remonter le coulicjue lleuri jiisiju à la première nioitiédu troisième 
siècle. C'est la |iliis belle stèle funi'Taire que possède le musée arabe du Caire 
et pcnit-èln? une drs plus importantes pour I histoire de l'art arabe, qui existe 
dans le monde musulman '". Klle e^t dal(''e de l'an 'li'A de l'hégire. 

Le fait (|ii'e!I(> ne cadre pas avec le graml iiomliie des stèles égNplieimes 
est souligné par la signature du sculpteur : hiidiI iiinliùnik itl-Mdlikij ((euvre 
bénie ilu .Me((|uois)"'. Il est donc très vraisemblable (pu* celle slèle a été impor- 
tée d une autre province nuisulinane ou (pi un ailisle étranger a tra\aillé au 
Caire, .liiisistc sur ce détail [larce qu il me semble (pi'il y a une cerlaine parenté 
de st\le eiilre celte stèle et le décor épigrapliique de .\à\in. 

Hicii (|iii' la plaiulic .\.\\l\ ne donne que cpirlqnes spi'-cimens du coiiliqiie 
tleiiri du Mecquois ''', on est i'iap[ic par I exubi'rance des motifs orneinent;iux 
ipje la stèle renferme et le laflinement exipiis dans leur em[iloi. On dirait ipie 
les artistes postérieurs n'aient eu (]u'à puiser dans ce riche trésor d'éléments 
décoratifs pour en créer de nouveaux ty[ies d'écritures. Si l'on regarde de près 
le m\m et les deux allùh de la première ligne, le ijnl et le »/«' de la deuxième, le 



une comparnison avec celle de NAyin. Les 
luiiiiloiiii.x à grande échelle se troiiveiil géué- 
ruleiiieiit dims les purtics supérieuri-s des ino- 
niiiiUMiU. (|iii ne sont [mis eonservrcs. 

'» Cf. Va> IIi hciikm, (',. I. A., I•;^>pt.•, pi. 
XIV, u I. 

(*» Cf. la nvue /s/.im, l<Ji;i, p. 4Jo, fig. i. 

(^> Je dois lu photographie ainsi que lu lee- 
lure du lexle historique de cette slèle Hl'obli- 
Sïni.i. — II. 



geancede M. Van IUirchkm. M. .\li [U-s Bnhgat, 
(lin-eteur du Musée aralie du tjiiri-, a l>ien 
voulu me iieraiettro de In puldier en partie 
dans la revin- .S.vrid. 

C' .\u Itord supérieur de la sIéU; j'ai trouvé, 
sculptée en crcu.\ la même signature : Knlaba 
nl-Makky. 

i^' L'alphabet complet de cette stèle unique 
cuutieat plus du liO variantes de carartèiv». 



234 S Y RI A 

util de la troisième ù ilioile et les hîin-alif de la quatrième à droite, on a l'im- 
pression que le souci ornemental tient le premier rang chez le Mecquois. Bien 
que l'écriture de Nàyin et celle de la stèle diffèrent en forme et en matériel 
technique '*>, il y a entre elles bien des traits communs. Presque tous les détails 
graphiques et ornementaux que nous venons de relever dans le décor épigra- 
phique de la mosquée de Nàyin, sont réunis dans la stèle du Mecquois : les 
hampes couronnées de demi-palmes, l'arc trilobé du mot allai) '-', les iiiim au 
contour lobé, les tioim à queues montantes, les palmettes fendues en T qui sur- 
montent différentes lettres et les rosaces qui garnissent le fond des bandeaux. 

Si un coufique fleuri aussi développé que celui de cette stèle existait déjà en 
243 de rhégire. on ne sera pas étonné de trouver, vers la fin du siècle, des ban- 
deaux à inscriptions de la variété coufique que présente la mosquée de \àyin. 

En effet, cette date approximative s'accorde bien avec les faits paléogra- 
phiques de quelques inscriptions typiques du dixième siècle. La mosquée del- 
Azhar, au Caire '^', est le seul monument que je connaisse dont le décor épigra- 
phique corresponde, au point de vue de la forme et du matériel technique, à 
celui de Nàyin. La comparaison dos deux monuments est d'autant plus instruc- 
tive que les éléments purement décoratifs de leurs inscriptions sont étroitement 
apparentés. Mais on voit du premier coup d'oeil que les caractères fatimides 
représentent une évolution bien avancée. Elle se manifeste dans l'allure dégagée 
des hampes, dans les queues montantes de rà, inîni. inmn et irnic cl dans les rin- 
ceaux qui remplacent parfois les simples motifs floraux du coufique fleuri pri- 
mitif". Même dans les inscriptions sur pierre (l(> l'art musulman occidental du 
dixième siècle i''',on ne trouvera plus les caractères rigoureusement horizontaux 
et verticaux de Nàyin. c' i- 

(.-f suivre.) 

Cl U me somhlo qui- rallurc ornementale et arabes de Cordoba, n"" 19 et :20, S2 et S3, 68 ; 

In Icchiiiqiié du Mocquois se prêlcnl mieux h O.Houdas et R. Basset, Bulletin de correspon- 

l'iirt du slucatcur qu'à relui du hipicidc. (/<i/ice africaine, fase. IV, 1883, n° 111 de 3il de 

(*i Notons l'arc de liaison entre le làm et le l'hégire ; Vf.lasquez, Bosco, Médina A::ahra, 

lui, qui fait défaut ù NAyin. pi. XX.WI. Dans toutes ces inscriptions la 

(^) Cf. S. Fn HY, Pie Ornninenle der llaliiin ligne de base de l'écriture est agrémentée 

und Ashar-Mosrhee. pi. \III-X, .\ll, XIII et d'arcs de liaison entre différentes lettres. 

XXlll, "2. L'absence complète de ce petit motif en arc 

(»l Cf. loc. cit., fig. G et 8. est bien remarqual)le dans les bandeaux per- 

l'i Cf. Amadou de los Rios, Imcripciones sans. 



LKS ANCIENNES DEKKNSES DE HEVIUH Tll 

PAR 

LK COMTE Dl' MKSMI. 1)1 lîl ISSON 

INTHoKUrTION 

L(ii-S([ii"iiii l'xamini' les \ lies ilc |{c\niulli ' i|u Uni liii»i''i'> li'^ \t»\it;,'riiis 
(In si('cl(' dci'iiici', on csl IVji|>[t('' ilr la (|iiaiiliir> de (■iiii>lnicti(Mis iiiililairrs (|iit^ 
|MissiMlait cctlc ville. Kllc cnnscrNail cncoif m |i|riii (lix-in-iivirinc sirclc 
son as|H'(l irariciciuic |ilarc l'ur-d'. 

L(ii'S(|irà ri'lli' (''|iii(|iir lin ciinsiilrrail lu villr des haiitiMirs i[ni la iltiuiinrnl 
an snd-oui'sl. un dn [iroinctnlitin' de cs-Sanliy'' an nord-uncst. on (disi-rsail 
d'aJKn'd nnc (•l'inlnii' de \ii'illrs niniaillo (|iii roscriail nnr ville |iillnies(|ne 
el mal hàlie dans nn (|naili'ilalèi'e ail(iiii:i'' du nurd an >nd. 

(!(''(ait la « Heyronlli eai'ii'e ". enla»enienl de Mia--nres. d'm'i (''niei-^eaienl. 
alif;n(''S ('(iniuie des [xiinles d'un j;i^antes(|ih' liidenl. trois mands ininai'els. 
Celle cili' nn-siirail .i7(l nielres des (jnais de son ancien port à IJali-lleikeli. sa 
|)oile nK'ridionale. el iîTfi nndres de IJàh-Seràïà à Màli-Idris, [jorles de I Ksi el 
de i'dnesl^-'. (iidail a\anl Ion! nn niai'clii' : nne eerlaiiu' af^ilalion réi^iiail 
[lendanl le jour dans les Soni|s el anloin- des l'mles. La nuit loni renlrail 
dans II' calnii'. les |iin-|i'S idaienl l'ernM'e>. e| les ele> i-ennie-< i lie/, le (iou- 
\ eiMienr. 

Mois des mnrs, iinid(]nes jardin<. des einielières an\ linnlies désordoiiiiécs, 

(" Vue Ki'-iirrali' il'iiiir-s \V. II. Uiirlli'll ihiiis an Liban par S|)i)ll, ISii'.i, tlaiis le Tour i/u 

JiiiiN Caiink, la Syrif illnslrce, t. 11. |i. !». Miiiide, I8(il. |>. 5, i>tf. 

« Hcyriiul <■( le Moiil Liliaii " clans Tam.oh, Le-i dc-ssinati-iirs si< sutil visililcnn'iit iiispi- 

lu Syrif, I. I, p. '^I-J. iv.s les uns «les aiitn's. 

» Vni< (le liyi'onlli (.Syrie), (Icsslii do M. Mti- (»i Kk.v, /es Colonies fntiniiifs, p. Mil. dit 

ivl Katit) 1) dans le Monde illustré, 18liO, que l'cspaco oin-ouscrit dons IVnceiulc dos 

l. Vil, p. ;>.l. «Toisoos " niosnrait onvinui 850 niôtros do 

(( Vno lit' lli'\r.inlli. Dessin do Crandsii-o Knig. sur uuo largi-urà po\i prOs do (MH) >. 
d'npivs M. I" .\. S|iii|| i>. Simviiiir ilun vnya.iio 



236 



SYRIA 



des « sables » surtout, déserts, coupés de cactus. Un dessin de Montfort 
(PI. XXXV) dont la publication ici est due à l'obligeance de .Aime G. Montfort, 
nous montre sous cet aspect la vieille cité et ses alentours. C'est une vue prise 
hors des murs, le 2 octobre 1837 '*>. Au delà des tombes, on voit les jardins 
qui entouraient la ville et qui, vers l'ouest, recouvraient la butte où s'élève 
aujourd'hui le nouveiau Sérail. On distingue encore quelques parties de l'an- 




FiG. 1. — Le Panorama de Beyrouth vers 1835. (D'après la gra^'ure^(Je Bartlett ) 

cien. rempart, el au delà, à droite, les tours du château de la cote, le Qal'a; 
la mer forme h' fi>M(l du tableau. 

Léon de Laburde. à la même époque (1837). nous apprend que « la moitié 
<le la population de Beyrouth » habitait ces jardins'-'. Aux époques troublées, 
cependant, ou considérait comme dangereux de passer la nuit hors des murs, 
et les habitants, qui y avaient leur maison, regagnaient la ville, le soir venu. 
Une famille de Beyniuth «pii demeurait au lieu dit l'ancien Cirque, près de 
l'église de Saint-Klii-. aurait même été suiiiommée Bassoul, c'est-à-dire coura- 
geux, pour ne s'être pas conrormée à celte liai)itu<le'^', 

« Deux châteaux mauresques » flanquaient la ville du côté de la mer. 
« Leur aspect fiMidal et aiili(iue << . dit .iobii Cai'ne en 1836'", rehaussait « la 



('> Les manuscrits de Moiilforl no conlicn- 
ntnt oucun renseignement sur ce dessin. — 
L'auU'ur raconte (Mss. Fr. Nouv. atq. lloîii, 
fo 17; qu'il a perdu au cours (fun voyage le 
jiiurnal (ju'il rédigeait alors. 



(*' L. dkLauorde, Voyage de la Syrie, p. 38. 
(^) Tradition locale — sous toutes réserves. 
(') La Syrie illustrée, t. Il, p. 9. 



LES ANCIENNES DÉFENSES DE REYIlorTU 



2.^7 



pauvre villft qui aulromont rftsscmhlait à uno, prison ». [.amartitic, f-n I8.'{2. 
parlait de ces anciennes constructions, comme de « fortilicalions turques de 
l'elfet le plus pittoresque''' ». 11 note plusieurs fois dans ses descriptions de 
Beyrouth, les forteresses mauresques qui dominaient la ville et dont les murs 
lézardés donnaient racine à une fon'^t de plantes grimpantes, île liguitM-s 
sauva},f('s et dr ginifléis. puis ii's (r(''nrliir('s ovales des murs di' défense'*'. 




Doudii HiiKtiiK 



5 GxM 



C»t( A 



Citt .f DourKi 



Fio. 2. — Beyrouth on IWl. (I)'.ipr6< la carlo in.iriiic .ii>glai>c Jo 1.S39.) 
Los trois petits rrct.mgli's iiiiliqui'iit los principaux luinarcl*. 



\ ità nui 



On ii'mariinail ensuite on di'lmi-; de li villi> nue j;rosse tour carrée d'aspect 
sévère, (létait la « Tour ». \o « Bonrdj » (pii a donné son nom arabe à la 
place des Canons. Klle était sitiu^e h {"io mètres à Test tic lanf^h» sud-est des 

\" Lamautink, Voyaye en Orient, Ilm-helti', ro.>iqiu\ » .Vussi Ta\lob, lit Syrie, l. Il, p. ii. 
4881, p. 130: « Quelques bras de terre ou île l'i LAVAiiTiNf;, Voraije en Orient, p. ^'^^ et 

roehors savimcoiit ilnns les flots c-t portent ili s p. 1*0 : t ... un immense (jolfe clos ilun eô\é 

forliticatioiis turques de leffet le plus pilto- par le ehàt.-au moresque de Bayruth ■•. 



238 SYRIA 

remparts. Cette situation lui faisait parfois donner le nom de « Bourdj el- 
Kachafé », Tour de la Vedette. La carte marine anglaise (fig. 2) de 183l<" où 
elle figure sous le nom de « Buurdj Haslieish » nous apprend qu'elle possédait 
jadis cinq canons. On la croyait généralement construite par les Croisés et 
l'on montrait sur sa muraille les traces des boulets anglais (1840). Lamartine 
attril)uail Touvrage à Fakhr ed-Din : « La maison, dit-il, est à dix minutes de 
la ville, on y arrive par des sentiers ombragés d'immenses aloès... On longe 
quelques arclies antiques et une immense tour carrée, bâtie par l'émir des 
Druses, Fakardin, tour qui sert aujourd'hui d'observation à quelques senti- 
nelles de l'armée d'Ibrahim-Pacha qui observent de là toute la campagne'-' ». 

L'emplacement du Bourdj (fig. 3) est actuellement recouvert par le théâtre 
de la Place des Canons. « Fleur de Syrie <^* ». 

Une autre tour faisait pour ainsi dire pendant à celle-ci à louest. ¥A\e 
possédait le même armement et se nommait la Tour iVeuve, « Bourdj Djedid ». 
ce que confirme la carte déjà citée. 

Sur la côte, à l'est et à l'ouest de la ville, on remarquait encore deux 
tours, mais bien plus éloignées de l'enceinte et de moindre importance. Les 
cartes anglaises de 1831 et de 1840 nous font connaître celle de l'ouest» Bourdj 
Ijasan », dont rem[»lacenient est au nord (hi quartier actuel de .Alinet Ha- 
san et un peu à l'ouest de la petite baie du même nom'*'. Carne signale la 
seconde i\ l'extrémité du petit promontoire situé à l'est de la ville : « vieille 
tour ipi'on dit rire près du champ où saint (ieorges tua le dragon'^' ». Cette 
tour est jtorléc sur les aiu-iennes cartes de l'amirauté l)rilaniii'[ue sous le nom 
de « Bourdj Hodar » (pii est une déformation de « Bourdj Khodr ». lour 
de Saint-Georges'"'. 

Cl Beiroul, 1831. Loiidoii pub. Sept. 28lh ri'lle partie de la côte, dos pierres à bossage 

1830. On comparera ce plan aii.x deux suivants d'un appareil soigné, encore ou place presque 

qui paraissent établis sur les mômos bases : dans la nior. 

Plan ijf the Town and llarlmur of Ileïroitl, ('•' J. Cau.nk, la Syrie ilhislrce, t. 111, p. 63. 

nncienl Berylits, published by James Wyid. I.'ondroil que l'on montre d'ordinaire au- 

Oct. 5th 1840, et Syria lieïronl Hny, 18-42, sur- jourd'liui comme étant le lieu de ce combat 

voyed by C.-H. Dillon, Mnslor ot II. M. S. légon<lairc est situé près de l'intersection du 

Vermon, Loiidon, piiblisbed Kcb. !23 rd 1814. clicmin de fer do Damas et de la route du 

C' Lamartink, Voyiii/r en Orient, p. 139. Fleuve. La petite mosquée « El-Khodr», qui 

('> Note du comt<' l'h. de Turru/.i, érudit sy- est une ancienne chapolle, on marquerait la 

rien, fondateur île la bibliolliêque de Uoyroutli. place. 

(*M(n peut observer, dans les rochers do ('•' l,e Plan do Wyld MSiO) la nioiitiniino 



LKS ANCIENNES DÉPENSES DE HEVRorTIl 239 

QuchjiKîS ouviagi's dcvaii-ril cmori' cDiilrilnicr à la ih^ff-nsf (l'iiiic place 
que sa silualirm rond si viilrii'-ralilc. Ecrtairis noms Lniiiino Hoiinlj Ahou- 
l.laidai' '". iJourilj Ihimliui ^iardriit le simvctiii- de ces cimslnicliiiiis dont Ii-s 
niiru^s mit disparu depuis lniml('iiip> rt dont mous sa\iiiis iiirri prn de 
choses'-'. 

A !;i siiil.-d<' la coiiipirtr (II- la Sv rie ( I «:t2-l is:!!» ) par lliialiiin-l'ailia. lils 
de Midii'inrt- Ali, viic-roi d K^y[il(', nous \o\ons la ville sClendre et cliaufier 
d'aspect; ce [uince cotiunniça la drnioiilion de Icnceinto. l/aménafîemeid du 
poil, le peiceiiiciil drs rues iiouM'Iics. ont riiliiiini' l.i di-iiiiditioii di- la plii- 
[larl des ouvrages niililaires dont on iic ndroiivi' plus que des veslij^es. 
Aujoiinriiui ras[iect de |{e\roulli rst (oMiplidcuifnt Iransfonui' : cest une 
grande \ illc ;iu\ loils roses, [drinc île jardins et de Verdun-. 



I. — Aper(;l' IIisToiiiouE. 

I,e> ouvrages de l'ievroiilii peiiMiil >e repartir en quatre classes corres[ion- 
danl à des (''poipies ditlV-rentes : 

I" Di'dVnses arahes aiitt-rieures anv croisi's. 

2" Kdilices IVaiics. 

!J" Ouvrages des émirs Driises, la plupart atiiihiii's à Kaklir eiI-Kin. 

4° Eonstruclioiis lurqiies, iidalivemenl modernes, presque lonte> de |lje//ar- 
l'aclia (tin du di\-linilièine siècle). 

Des [>reniiers. nous savons l'iut peu de choses. Dès le dixième siècle 
cependant. Islakliri. Uni llaukal et .Mouqaddasi s'accordent iioiir décrire Hey- 
roiitli eoiniue une \ille t'ortiliée'^'. 

luissi « Iloiinlj alm llixldnc S(iiian' T.iwcr raslcllmn iiiiiiin in nicmlis Hcrilli cl lorrn l>o- 

anil Liiiiiliii): PI. n iionim salis fernci. Ilunc iiioiiU-m lîlaviaiium 

('I Niiiii truii <niarli.Mii I JOll m.ln-sS.-S.-O. vncant, a digladiainlci. quin il)i n-i dipladin- 

di- IWb Yn'qoiil). Iiantiir, qui apud Uoriltuiii dniiiiioiuli jiidira- 

(-1 Voii'i, au aiiji'l des di'-ri'iiscs éloiftiircs do linntur. AIk'sI aiitcm ab iirb«> ipsa si-x millia- 

He.vroiilli, un ciiriciix passage de KoiniK» dk riis. Kl quia rurifola- Sarrnconis trihula loco- 

CiiARTUEs, Hisl. occid. dfs i'.roisndfs (At-ad. rum roddcrt' anlon nulolKinl. iKisti-a vi cohi- 

di's Inscript.K l. III, p. -l'H, I); i< Anno i\-lïi. biti ivddibilos oxislilorunl. » 

Cap. XI,V — Do castollu do regen'dificalo. — i'' LkStraiiuk, l'uUsIine nnder Ihc Motif mt. 

Hoc iu uuuo, luoiisc oclobri, anlifiravit rox p. 408. 



240 



SYRIA 



La période de domination franque, comprise pour Beyrouth entre iliO et 
1291, est mieux connue; elle est marquée par une grande activité militaire. 

Le 13 mai 1 1 10, après un siège héroïque, le roi Baudoin s'empare de la cité 
de Baruth que les chroniqueurs nous représentent déjà comme une place forte- 
ment défendue*". En 1151, la ville est saccagée par la flotte égyptienne '-'. De 
1177 à 1187, les combats ne cessent guère autour de Beyrouth, la « Bannière 
jaune » gagne chaque jour du terrain et Saladin finit par s'emparer de la ville, 
en 11 87 '^>. Mais il prévoit un retour victorieux des Francs et, dans la crainte de 
les voir s'y installer solidement, il fait démanteler les fortifications dès H 90 <*'. 

Beyrouth entre les mains des musulmans menaçait sans cesse le commerce 
maritime des croisés : « Il y a une pointe de montaigne devant Beyrouth qui 
fieit de la mer. Au pié de celé montaigne esloient touz jors les galies armées. 
Desus la montaigne avait gaites qui toz jors gaitoient en la mer les vessiaus qui 
venoient d'Ermenie... et aloient a Sur'=) ». 

En 1197, le roi de Jérusalem va assiéger Beyrouth, mais le Gouverneur, 
Izz ed-Din Samah, n'attend pas son arrivée pour abandonner la ville. >'oici 
dans quelle circonstance : « Un pan dou mur dou chastel versa en hors et 
cheit dedeiis le fossé ». Les Sarrasins prirent peur et déguerpirent. Des esclaves 
chrétiens rentrent alors dans le château et quand \iiil le roi de Jérusalem « cil, 
qui sor la tor esloit desccndi et ouvri la porte ipii devers la mer estoit'''* ». 



l'i FoucherdoChartros, Ilist. occ, III, p. t'21 
et note du comte Riant, ibid., V, p. 73. Guil- 
LAUMiù DE TïR, cliap. xiii, Ilist. occid. des 
Croisades, t. I, p. 47 1, et aussi édition Pau- 
lin Paris, Paris, 1879, t. 1, p. 401. Guil- 
laume (le Tyr parle des ii alocrs » des murs. 
Il désigne ainsi des galeries aménagées en 
haut du rempart et d'où les défenseurs lan- 
çaient des projectiles. 

(*) Abou Suama, le Livre des deur Jardins, 
Hisl. orient, des Croisades, t. IV, p. 73. 

W Micuvuu, Histoire des Croisades, p. 34, 
et II., et turloutGLiLLAU.ME:uETtit: Anne 118:2. 
— Ed. Paulin Paris, t. Il, p. 440. 

Cl Hist. occid. des Croisades (.\nonymi Ithen. 
Ilist. et Gesia [Mais Gotfridi), t. V, p. MS F. 
«... enim adventum ejus (Frederici Impcra- 



loris) raolnebal Salailinns, quod muros... Ba- 
ruti... eo quod per partes alias ipsum impera- 
torein transilorum putabat, disrumpi prwcepit 
solis muiitionibus et turris rcservatis. « — 
Voir aussi L'Estoire de Eracles Empereur — 
Ilist. occid., t. II, p. 140 : « Anu. 1190. De la 
grande poor que Salahadin et de la venue 
lion devant dit Emperor fist il abatre les mu- 
railles de la cité... de Baruth et de totes 
autres citez qui esloient eu la marine... Por 
ceste achaisoii fist Salahadin abatre les citez 
et les chasteanz de la marine. » 

W) Eracles, Ilist. occid. des Croisades, t. II, 
p. 228 (manuscrits D et (î), p. 22(5 (ras. A) 
et p. 227 (ins. G;. 

1*1 Eracles, Ilist. occid., t. 11, pp. 224-223. 



LES ANCIENNES DEFENSES DE HEVHOlTH 



241 



Comme on l'a vu, les musuimaiis avaient ruiné les drfi'iises avant île 
rendre la place. Ce fut Jehan d'Ilx'lin qui releva le eiiàteau et les remparts, 
diinnant aux défenses de la ville une ampleur et une magnificence qu'elles 
n'a\ aient [)njl)al)lement jamais eues. 

Wilbrand (rOldcnhnurg décrit ainsi les défenses du château des Ihciin vers 
1 12 1 2 : « Ivr iimi cniin jimli' iiinniiiir iii'iri rt dite rupis prccipkio, c.r ulia aulrui partr 
(tiiihiliir (iiinildiit foss/t munilu... Ilnnc fossdin prosiiiciiiiU duo initri fnrlcx, in r/itihiis 
coiiird Duu-hiiutrum insitlliis cri(jui>lur tiirrcs nilidissime^^K.. » Ces fossés, ces murs 
et ces tours représentent des travaux considérahles, d'aulanl phi- que la déco- 
ration intérieure était extrêmement soignée'-'. 

Lorsque le sire de Beyrouth est ohligé de défendre >es droits fi'udaux. il 
s'exprime ainsi : « Ai reeu la ville quant la crestienté lot recovrée, toute aha- 
tue et tcle que le Temple et l'Ospital et tous les harons de Syrie la refusèrent, 
et l'ay fcnnrc et iiidiiilcniic des ainones de la crt'stienté et de mon travaill '""... • 

Les démêlés de Frédéric II avec .leliaii d'Ihelin el les C.hvpriules sont une 
nouvelle cause de sièges pour la ville. 

L'empereur récdame |{e\ioulli en 122S. el en I2.'!i il ensoie de> troupes en 
Syrie; la ville, surprise iniitiiiniiieiil. est occupée sans coup férir. Le château 
seul résiste, .lehan dlheliii s \ deleiid éncrgiqtu'ment. mais les Iniupes impé- 
riales occupent des positions avantageuses et disposent d'engins puissants, le 
sire de Beyrouth doit im[)l(irer le secours du roi de Chypre. En 12:52. celui-ci 
part au secours de Beyrouth ; il renforce la garnison du château et fait lever le 
siège aux troupes impériales'". 



l" \ViLiiii\M> d'Oldf.miourc, Pereijrinalio — 
Pemirinalores — éd. J.-C.-M. Lnuroiit, 18G4 — 
l». 16() — V. r.. 

(«I W., |i, Ii:t. Williniiiil (Ir.Til loii- 
gllcmiMit uni' salle ilOfoivr pdi' des arti.stos 
orii'iilnux dons une loiir nouvi'IloiiuMil cons- 
Iruilo : «Sou pavage en inosaïiiiios représente 
une eanqu'aj^ile uncfnible brij^e, de telle sorte 
qu'on est tout étoiuié en marcliaiit de ne pas 
voir ses pas empreints sur le sable représenté 
au fond. Les murs de celte salle sont revêtus 
de placages de marbre formant lambris d'une 
grande beauté. I.a voûte est peinte à l'image 
Stniv. — II. 



du ciel... Au centre de celle salle se Irouvc 
un bassin en marbn> île couleurs diverses for- 
mant un enseinlile admirable el raerveilleuse- 
nieiit pcdi..., etc. I/air circulant librenirnt par 
de larges et nombreuses fenèln's. rt'-pond dans 
cette salle une fraîcheur délicieuse. » O pas- 
sage a été cité par E. Rky, les ColonUs fran- 
ijiies, p. 8. 

l" llisl. lia Croisftdfs. Iiocunifnlsnrménifns 
(les gestes des Chiproisi, t. 11. pp. »;7H-679. 

l" Amaui, la Chronique <le Chypre, pp. 8l-9i. 
Voir aussi Eraclfs. Ilist. occiii. det croisades, 
t. II, pp. 387-397. 

SI 



242 SYRIA 

Les Gestes des Chiprois nous fournissent de curieux détails sur ces opé- 
rations. « Le siège aprocha moult le chasteau... le foce dou cliasteau fu pris. 
qui est .1. des beaus dou monde et au fons dou fossé tirent une rue coverle tout 
en tour de gros marain, et minèrent le chasteau, en plusors lieus et par dehors 
le chasteau, en une place que l'on apeloit le Chaufor, firent les Longuebars 
un chasteau de pieres et de fust sur luy, qui surmontoit et descouvroit tout le 
chasteau et faisoit trop grand damage à céans dedans'"... » 

En 1291, enfin, Sidon et Beyrouth tombent définitivement aux mains des 
infidèles. C'est la fin du Royaume de Jérusalem et les Latins de Syrie s'en- 
fuient en Chypre. 

Cette conquête de Beyrouth par les sultans mamlouks paraît avoir été parti- 
culièrement funeste aux ouvrages des croisés. « Les Sarazins... prist la A'ille 
et le chastiau, et fist abatre les murs de la ville, et puis abatre tout le chas- 
tiau à terre'-'. » Guys cite même un passage d'une vieille chronique où il est 
question d'un véritable bouleversement de la vieille cité'^'. 

Toute exagération mise à part, la prise de la ville semble avoir amené la 
ruine de toutes les fortifications, évidemment dans lintention d'empêcher les 
Francs d'y trouver un point d'appui. Bientôt, cependant, les inconvénients de 
celte situation se firent sentir et les émirs de Beyrouth ne tardèrent pas à rele- 
ver quelques défenses du côté de la mer>*'. Nous renvoyons au paragraphe II 
pour le détail de ces travaux. 

Ce ne fut point toutefois un relèvement complot et durable : aux siècles 
suivants la plupart des défenses sont encore en ruines : voici l'impression des 
voyageurs : « Barut... a ung chastel fort destruict'^'... » — « Barut est bonne 
ville... non fermée... et fut jadis du temps des cristiens grosse ville fermée 

(') llist. des Croisades. Documents armé- leurs de l'ancien cimeticiT qui dominaionl la 

/liens (les gesles des Chiprois;, t. II, p. 701. terrasse du château au S.-E. et en étaient à 

Voir aussi p. 70i et note b et p. 703 : les Chi- très courte distance. 

prois viennent au secours de lieyroulh et dé- l'^) llisl. des Croisades, Documents arméniens 

livrent « la ville qui esloit liieu fermée de hous (les gestes des Chiprois), t. II, p. 817. 

murs». —Au sujet du Chaufor ou Mont Cha- O Guys, Relation, p. 5. 

fort : E. Ukï, tes Colonies franques, p. 523. Cet (*' Renseignements fournis par M. Dussaud 

auteur identifie le Chafort avec la butte du d'après Ihn YAin.\, Histoire de lieyroulh. 

Grand-Sérail iS.-O. de la ville) : opinion fort (^) Bektiundox de la Broqlièhe, le Voyage 

contestable. 11 serait plus vraisemblable, à d'Outremer, ll'i'i, pp. '29 et 30. 
noire avis, d'identifier ce lieu avec les hau- 



Lr:S ANCIENNES DEFENSES DE BEYROUTH 



2'i.T 



mais iï [inksoiit csl ainsy dimiiiuô"'... » et encore : a n'est la diclr ville close 
(Ir mur (jue du cousté de la mer et du cousté de l'occident'-' » . 

A en criiire certaines traditions, accréditées par plusieur auteurs'^', Fakhr 
ed-iJiii, qui m- cessa de guerroyer, semble avoir été le premier à relever les 
défenses dr l;i \iliedans leur enseiidilc. Villamontqui visita Ueyrouth à celle 
époque, le laisse à penser quand il dit que « cette ville et son château sont 
assei forts''*. » Il est certain, daulre part, que l'émir des Uruses rapporta 
d'Occident le goût de construire. Le l*ère Kngène Hoger raconte que le graiul- 
(\nr de Toscane lui envoya des architectes « lesquels travaillèrent l'espace de 
deux ans aux forleresses cl à les munir de toutes choses'^' » et, en IG3^j, le 
grand Seigneur se plaint " (lu'il avoit forlilié les forteresses contre le comnian- 
dciiiiMil qu'il luy avoil eslt- l'ail de sa part'''' ». 

(»M est (il)lig('' d'admcdrc cc[ic[idaiit (jue les travaux de Fakhr cd-l)in à 
l!c\i(Milli fiirciil in((Piii|ili|> ou peu durahles; il est certain qu'il ne releva 
pas les reiii|iarls. La relation du htm Oiiaresmius ne liiisse aucun doute : de 
son l(Mii[ts. r.exroutli n'avait de rempart que du C(Mé de l'ouest et le long de la 
mer'''. Ln peu [dus lard, deux voyageurs fournissent le même renseignement. 
En Ku I , le Père .Iac([iR\s Goujon noie que « les murailles sont en ruines. 
excepté du c(it('' de la met'''* ». Kl en KiHT, .Mauiidrell se borne ;\ dire : « On vuid 
sur le liord (le la mer un vieux château ruiné et quelques débris d'un petit 
mole*'" ». Au (iix-luiilième siècle l'enreinte était donc en ruine, et en 1770, 
lors du bombardement de la ville par les Russes, Beyrouth était considérée 
comme une ville ouverte""*. 

Vers ITTiî, Aiimed el-|)ie/./,ar '"'. c'esl-à-dire le Boucher, commença à réta- 



l" Cîiiii.LiMiEin' i)K Lannov, Uùarrs, p. 153, 
ni^me ôporiiic. 

(" LuDovico m VAitTiiEM», ir)0-2 l.'iOS, p. S. 

(■*) A. JoANNE cl E. IsAMUKHT, lUitéraire de 
lOrifiil, I8til, p. OHO. Isniuborl nlliibiic à Fukhr 
0(l-Diii les furlificutioiis du la ville dont il a 
vu Ir.s rosics. 

(*) Le Voyage du Seigneur i>k Vili.vmot, 
<GI3, p. 5.36. 

(^' P. Rkiinaiiuin Svmvs, le Pieux Pèlerinage 
ou Voyage de lerusalem es années tC'i'i I6'i', 
Bruxelles, lOr.r., p. iCS. 

("> Ihid., p. 2(!;t. 



I"' QuAiiESMiis, Terr.T Sanctx elucidatio, An- 
vers. [d.VJ. I. Il, p. !»0!» : Il Nec usquani niuro 
nmbilur. iiisi ubi pelaso nihiilnr Oeriib-nt.'in 
versus. >• 

l"' Jaqlks Goujon, Histoire et Voyage de ta 
Terre sainte, p. 3'2,"). H ressort du texte que 
les remparts étaient eu ruini-. 

C' Maimdiikll, Voyage t/'.t/f/) <i Jérusalem, 
p. 70. 

('"' W. G. ItiiowNi:, \ouveau \'oyage, t. II. 
p. I!»7. 

('" 17-20-ISOl. 



244 SYRIA 

blir les défenses de Beyrouth. Il construisit un nouveau château sur l'emplace- 
ment de l'ancien »": il compléta Tenceinte pour protéger la ville contre le 
pillage des Druses et des Metualis'-' et aussi dans le projet de rendre la ville 
indépendante et de s'en emparer'^'. 

Tel était l'état des défenses de Beyrouth au moment de sa conquête par 
Ibrahim-Pacha : ensemble disparate de constructions dàges différents**'. A 
partir de cette époque nous voyons ces constructions tomber en ruines et dis- 
paraître les xmes après les autres ; en 1840, l'enceinte des murs est déjà discon- 
tinue et la ville considérée comme sans défenses effectives'^'; entre 1870 et 
1900, disparaissent d'abord le château de la mer, puis la forteresse turque- 
En 1916 enfin, Djemal pacha fit ouvrir de larges percées dans les vieux quar- 
tiers sous prétexte d'assainissement. Ces travaux entraînèrent encore la dispa- 
rition de bien des vestiges anciens. 



II. — Les défenses du côté de la mer. 

Dès l'époque des croisés, la défense de la villo du cùté de la mer est assurée 
avant tout par le château dont il est question plus loin, et par les ouvrages du 
port. Rey nous a laissé une description et un plan'"' de l'organisation défen- 
sive de l'ancien port qui serait dans son ensemble l'œuvre des croisés. 
L'entrée étroite, orientée vers l'est, est llancpiée de deux tours carrées, dites 
tours des Gmois. Au nord, le port est fermé par une jetée. L'auteur, qui a 
encore vu le quai principal au sui! du hassiii, l'attribue à la même époque'''. 

(Juoi qu'il en soit, les défenses franques du port durent souffrir, comme 
toutes les autres, de la prise de la ville par les .Musulmans, mais il est très 



(M W. O. Bbowne, .VoHi'caH Voyat/e de IlO'i l*i Léon dk Labokdk, Voyage de ta Syrie, 

à nos, t. II, p. 198. 18:i7, p. 38. 

(') Traditions locales. i^' Fkiinanu Perrikk, la Syrie sons le gouver- 

1^1 Uemii Guvs, lielntion. IS47, p. 7. Au su- nement de Méhémcl Mi jusqu'en ISiO, p. 391. 

jet de cette muraille : Huow.n, Nouveau ["^^ 1\e\, Architecture militaire, p. [TS et Ug. 

Voyage, t. II, p. 197. v Jezzar la fit bi\tir lors- 4t. 

qu'il prit possession de la ville, afin de lui (loii- (~l Voir les plans de Beyrouth des fiji. 'i 

ner un air de défense plus respcclal)le ; mais et 3, et le plan du Colonel d'Osmont, 18G1 

ces murs, fortifiés àla vérité de quelques tours, (Mss. Min. de la (îuerre). 

sont très minées et peu solides. » 



LES ANCIENNES DÉFENSES DE HEYIiOlTH 245 

vraiseiiiljlaljlc aussi que IfS ('inirs im utilisi'ir'iit les ruines lors(|ii il leur fallut 
lurtlic la ville en (''lai de rôsisicr au\ aUa(|ues niariliiiics des Latins. Voici, 
d'après M. 1{. Dnssaud. lliistoirc de cette réorganisation. Ces renseignements 
sont tirés de Vllistaiie de Ikiiioiilh. écrile dans la [ireniière moitié du f|niii- 
zième siècle par ."^alil.i ihti Val.iya'" . 

Les (iénois étaient iiarliciilièicmcnl eiilre|ii-erianls. lu jour ils |iénèlreiit 
dans If [)ort, s'emparent des iiax ires catalans i|ui s"\ altrilaieiit et >e saisi>sent 
même du drapeau du sullan ipii llottait sur le château en ruine et ipion appe- 
lait alors le liiiiinij '"^i. Ces t''pis(nles amenèrent Taiikis — iinirt en liflll — à 
faire reconstruire, nous verrons par ipiel architecte, la petite tour a ICnlri-e du 
port. Cela fut insulTi>ant; on dut lermer par une muraille le iront de mer. au 
moins en partie, et un'ine y construire une tour. 

.^ous Tannée 1382. Ibn Val.iya rapporte le lait suivant: « Alors se présen- 
tèrent (levant Meyrouth douze jurande-, galères. Elles entrèrent dans li' port qui 
aliritail deux longs vaisseaux appartenant aux Vénitiens. Les Francs sen 
em[»arèrent, les garnirent de troupes et les avancèrent de façon à pouxoir se 
servir des arbalètes et jeter des pierres de deux coté-s contre la petite tour tie 
Beyrouth, appelée el-Ba'albakkiyé. 

« En ce temps-là, la grande tour n'était pas en état; son em[>laceuH'nt 
était ruiné depuis longtemps. Les Francs tirèrent donc sur les Musulmans avec 
des arbalètes et des armes de jet. Les Musulmans se retirèrent devant les 
Francs et se cacheront derrière les nmrs. Les vaisseaux de rennemi s'avan- 
cèrent vers le rivage, entre la petite tour et les ruines qui repiéseidaient l'em- 
placement de la grande tour. Les Francs lancèrent à terre les échelles d<'s 
navires et une troupe nombreuse en descendit a\ant à sa tète un de leurs 
principaux chefs (|ui tenait un drapeau. Ils se dirigèrent vers les ruines pour 
planter le ilrapeau sur une éh-vation. afin de signaler (|uils étaient maîtres 
de la ville'^'. » il t'allul 1 intervention des gens de la montagne pour mettre 
lin à cette entreprise dont notre auteur ne parait avouer qu'à moitié le succès. 

La >(>ule défense était donc alors la petite tour à renini' dn pnrt. Elle 

C Le texte arabe a été Mité, d'après le ran- (" \\\n Yaiiva, p. 138 : sous lo gouvernomf nt 

nuscrit uutograplie de Paris, par lo I». l,. tl"l/.7- etl-diii el-ltaisari, avant Taiikiz. Ibid., 

CiiiiiKUO, lleyroutb, Imprimerie callioliquo, p. 14'.). 
1902. (31 li,N Ym.ii », p. r.l, .■! pp. i-29 -yo. 



246 SYRIA 

tirait éviderainent son nom. el-Ba"albakkiyé. de son architocte qui ne peut être 
qu'Abou Bekr ibn al-Basis el-Ba albakki bien connu par ses constructions dans 
la région. On lui devait notamment la rélection du pont sur le Xahr el-Kelb<". 

Ibn Yal.iya nous dit comment la défense du front de mer fut mise à l'abri 
des surprises : « Lorsque l'émir Beidaniour. gouverneur de Syrie, restaura les 
murs de Beyrouth du côté de la mer, il commença par le quartier qui nous 
appartient et poussa jusqu'auprès de la vieille petite tour, œuvre de Tankiz, gou- 
verneur de Syrie, four connue sous le nom de Bourdj el-Ba'albakkiyé. Beida- 
mour réserva entre ce mur et la tour susdite un passage qu'il munit dune 
chaîne pour empêcher les petits navires d'entrer et de sortir. Cette ouverture 
fut appelée Bàb el-Silselé {la porte de la cha\nc)^''K y> 

Le quartier qui appartenait à la famille d'ibn Yal.iya est désigné par lui 
dans un autre passage de son ouvrage, à l'occasion d'un débarquement des 
Francs, comme étant le quartier es-Sanbaliyé*^',. c'est-à-dire, ainsi que la 
reconnu le P. Cheikho dans son édition d'Ibn Yahya, le quartier actuel d'cs- 
Santiyé''''. Le mur construit par le gouverneur Beidamour était donc celui qui 
regardait la mer. 11 s'arrêtait à l'entrée du port, devant la petite tour dite cl- 
Ba'albakki. L'emploi de la chaîne pour fermer l'entrée des ports était alors 
d'usage courant. 

Enfin, Ibn Val.iya nous apprend que « sous le règne du sultan el-Malik eth- 
Thaliir Barqouq*^' fut construite, ii Beyrouth, la grande tour sur la fondation 
d'une des tours du ciiàteau {([(d'à) en ruines*''' ». 

Ghillebert de Lannoy décrit ainsi les défenses du port en 1422 : 

Et est asçavoir tiuc au lieu dit de Barulh. y a deux chasteauz bons assis sur la mer. 
l'un à ung des lez du port et l'autre à l'autre lez du porl. 

Et est cellui dedens le plus grant comme la maison où l'admirai demeure et n'est pas 
fort ne gardé de personne, ains seroit habandonné se riens de puissance venoit. 

Et l'autre i"', à l'autre lez du port, vers la Turquie et vers Tripoly, est ung petit chas- 
telet, assis sur une roche fondée en la mor du lez de la marine, et du lez vers les champs 
et assis en terre firme bonne à miner. Et là entour y a doubles fossez, sans eane, mais 

O \ns YAi.ivv.p. rt(i, et la tiadiiclion (lu pas- l" Ib'ul., p '279. 

sage par M. Van Ukiiciiiim, à ppDpos du pdiit l''* Harqouq a rcgiié de 138^2 ù 13S9, puis de 

en question, Voynge en Syrie, I. p. 101. i;WO à l.'^OS. 

I') Irn Yai.iya, p. Gl. («) 1»N Yai.iva, p. ti3. 

(») Ibid.. p. 56. (■) El-Qnl'a. 



LES ANCIENNES DÉFENSES DE HEYIlOlTH 



iWé 



vnrs la mer n'y a fors le rnur et la roche dessoubz, qui est haulte et roiste assez. Et est à 
sçavoir, en conclusion dudit cliastcl, que ce ne sont que deux tours (luarrées encloses de 
murs, l'une sur la roche dilte et l'autre sur les champs plus arrière, et dont en l'une ne 
l'autre n'y a guaires de beauté ne de Lonté, fors tant qu'elles sont gardées de Sarrazins 
contre les Cristiens. —Item, est ledit chastel assis hault et vers la mer et vers les champs, 
et y a une entrée assez forte vers la ville de Baruth, mais n'est pas bien emparée et 
samble que on n'en fait guaires de compte. 

Item, au dessoulz dudit chastel, plus près de la \illc de Baruth, bas sur la mer, en 
lieu plat, y a une aulrepclitc tour quarrée, assez bonne, laquelle est emparée et gardée l". 

Do CCS rehilions un pou coufusoti, on peut retenir qu'au quinzième siècle 
les défenses de lu ville du côté de la mer se composaient, outre le rempart, des 
constructions suivantes : à lest, le (Jid'a proprement dit'-' ; à Touest un autre 
château plus spécialement destiné à surveiller et à barrer l'entrée du port " ; 
enlin, |)rès de la ville et commandant la plaine, serait-ce un premier état du 
iiounlj ? 

Mais que restait-il des défenses du front de mer au début du dix-neuvième 
siècle ;' 

Kiiln- il- cluilcau i;l le pint. aiiniii icmpail ne Ipnrdail le rivaj;e'"; au con- 
tiairc. ail nord-ouest de la ville, le mur d'enceinte se prolongeait jusqu'au port 
en l()iii;iaiil lacôte. Une « vue du port de Beyntulli ». dans /"Oric/jt d'Kuj^ène 
Flandin'^'. montre ce coin de rempart construit sur les rochers du rivage et 
snrpidinhant la mer. C'est une vieille muraille en ruine couronnée de qutdques 
tourelles carrées d'époque postérieure. La tour d'angle parait seule èln- de la 
môme époque que le mur'*'. 

Le prolongement de ce mur à l'est ainsi que la jetée (|ui protégeait le 
bassin intérieur vers le nord avaient disparu, de sorte ([ue h* [tort était com- 
plètement ouvert de ce côté'''. L'intervalle compris entre celli' muraille à 
l'ouest et la forteresse ;\ l'est n'était donc plus défendu que par un petit château 
(pti avait rein[>lacé les tours du moyen âge*'*'. Un certain nombre de gravures 



l'' t'iiiii.LKnnuT iiE LvNNOY, OKhi'ivs, éd. Pol- 
viii, pp. I.").')-I(i7. 

(-1 .Vppclé aussi la Foitcrosso on le ChAtcau. 

(') Suivant les opoqui-s ou les auteurs ; les 
tours (les Génois, la tour el-Ila'albakkiyé 
ou la petite tour, le Ch&teau de la mer ou 
rtourdj Fanar fft cause do son (eu servant de 
phare. I 



(*l TvïLoii, {il Syrie, t. I. p. i\l. dit que la 
ville est ouverte du ciMé de la mer. 

i-» E.Fi.AM.1!». rorifnl. Paris 1S5;1-IS07, PI. I. 

("I Mur rétabli par l'émir Beidamour. .Mont- 
fort a laissé un rroquis de tour d'angle en 
1827. Voir paragraphe V. 

^'' La jelé<^ fut reoonstnille vers 186.S. 

<"' Il faudrait y ajouter d'apn'^s les gravures 



248 



S Y RI A 



permettent de se faire une idée de cette disposition au dix-neuvième siècle'*'. 
Le plan du port déjà cité éclaire ces dessins'-'. 

Le Château de la Mer, établi sur des rochers à 2o ou 30 mètres du rivage, 
était construit, comme on a vu, sur les ruines des deux tours carrées dites 
par Rey « tours des Génois ». 

D'après les gravures que nous venons de citer, il semblerait que les Turcs 
se soient contentés de réunir les deux tours par des constructions postérieures. 
Celle du nord disparaîtrait presque sous les constructions adventives, tandis 
que celle du sud aurait été relevée et couronnée de créneaux neufs. Rey nous 
dit, cependant, que les Turcs établirent le château sur la plus grosse et la plus 
au nord des deux tours qui s'élevaient encore de son temps (1872) à environ 
6 mètres de hauteur'^'. 

Un vieux pont très pittoresque, servant de jetée, reliait le château à la 
rive. Les anciens dessinateurs indiquent généralement deux arches de plein 
cintre et de dimensions inégales. Cette petite jetée fut presque entièrement 
détruite par l'orage de 1849 '*'. Quant au château de la .Mer lui-même, 
(pioi(pi'en ruine depuis le bombardement des .Vnglais en 1840, il ne disparut 
complètement qu'au moment de la construction du port moderne. 

Beaucoup plus importante était la construction de terre, la forteresse qui 
s'élevait à l'angle nord-est de la ville sur une falaise de 8 à 10 mètres de hau- 
teur. -Vu dix-neuvième siècle, ce ciiâteau (IM. .WXVl) se composait encore 
(iun donjon carré entouré de constructions plus basses. d"où émergent quel- 



anciennes quelques traces de fortifications 
près (le l'angle S.-E. du port. 

(') Ces gravures sont : l" dans John Caune, 
la Syrie, 1836, III, p. 65: « Port of Beirout par 
W. 11. Bartlett )> (vue prise au N.-O. et non 
(I un peu au Sud de la ville ») ; 

2" Dans Lkon dk LAiioitOE, Voyage de lu 
Syrie, IS'.il : « Vue de l'un des forts qui dé- 
fendent le port ., PI. XXVI. D. 6"2 (vue du 
château prise de l'E.) et « Entrée du Port », 
PI. XXVI. n. 61 (vue prise du N.-O.) ; 

30 Dans E.-N. Ki.vndin, l'Orient, 183.^1867: 
» Vue du Port de Beyrouth n, 3, PI. I. (Vue 
prise du N;-0. ù comparer à la première), et 



(I Rivage de Beyrouth », 3, PI. III (vue du 
Château prise de l'E.) ; 

l" Dans l'Univers. Syrie ancienne el moderne, 
par Jean Yanoski et Jules David, Paris, 1848. 
Syrie moderne, '20 et 21 (ce sont les vues pu- 
bliées par L. de Laborde légèrement modifiées 
par Lemaître). Le même sujet a enrore été traité 
par Montfort dans plusieurs peintures à l'huile 
ou dessins (collection de M""^ (1. Montfort). 

(-) E. Rky, Élude sur l'arcltilecturr niililuire 
des croisés, p. 173, fig. U. 

m E. Uky, ibid., pp. 173-171. 

(*i LoiiTKT, la Syrie d'iiujourd' liui, \8'(o-i880, 
pp. 66-70. 




'l 1 1 



I.KS ANCIENNES DEFENSES DE HEVHOI'III 



2'i9 



A Nord 



BEYRO UTH EL-Q ADIME 

Plaii des Défenses 
DE L-'ANCIENNE VILLE 




J) 'aprèj^ cit.t r-rirves ^èM^ttedr sur- le ta-fojji rn /."i'O 



Fio. 3. — Difonso ilo la lloyroiith tlii inoyoïi <l|;o. 
Plmi iililbtiil roliii ilii SiTvico |{iioj;r;ipliic|Ua do r.ir:n)o nu AO.OOO*. 



250 



SYRIA 



ques tours également carrées*". Le tout était assis sur une terrasse construite, 
semble-t-il, en très grand appareil et pouvant remonter à une époque an- 
cienne'-'. Cette terrasse d"un coté atteignait le bord de la falaise, de l'autre le 
grand cimetière musulman; au nord-ouest, elle dominait la cité. L'enceinte de 
la ville venait s'appuyer au sud-ouest de cette terrasse. 

Cette forteresse, très éprouvée par le bombardement de 1840, disparut à la 
fin du siècle dernier au moment de la construction des quais du nouveau port. 
Non seulement l'ouvrage fut rasé, mais le rocher lui-même disparut. On ne dis- 
tingue plus aujourd'hui au-dessus de la falaise qui longe la rue de la Marseil- 
laise, au sud, que quelques pans de mur, quelques blocages de maçonnerie 
qu'on dit être des restes du château ou de ses dépendances. 

Léon de Laborde, en 1 837, parle de ce château dont il donne une vue lorsqu il 
dit : « Toutes ces constructions manquent de fermeté et d'ampleur, l'appareil et 
l'ornementation n'ont rien des beaux siècles : c'est du moyen âge de petite 
condition'^'. » Rey en parle coumie « d'un fortin construit par les Turcs ». C'est 
qu'en effet l'important château des croisés, avec sa double enceinte du côté de 
la terre, avait à peu près disparu à cette époque. Démantelé au départ des 
croisés, il avait été plusieurs fois ruiné et ses fondations recouvertes de cons- 
tructions postérieures ; c'est ainsi, on l'a vu, que le sultan Barqouq, à la fin du 
quatorzième siècle, avait construit une haute tour sur ces ruines. 

C'est probablement'^* cette tour que vit Maundrell en 1097 non loin du 
palais de Fakiir cd-Din. « Il y avait, dit-il, dans un coin du... jardin une tour 
de soixante pieds de haut cpie l'on avait eu dessein d'élever beaucoup davan- 
tage pour y placer des gardes. Les murailles en ont douze piez d'épaisseur. 
Nous considérasmes la ville de dessus cette tour'^'. » 

Bro\vrie donne les détails suivants sur la construction du dernier château 



CI Vers 18(8, Ipchàleau possédait pour louto 
artillerie G pièces <le canons (Taïi.ou, la Syrie, 
l. 1, p. ili}. Eu 1840, la situation ('-tait pire 
encore : la ville lioinhardée n'avait que deux 
petits canons eu fer qui no pouvaient que ser- 
vir au salut (K^•.ll^A^u I'riiiiikii, la Syrii; 
sous le gouvernement de Meliemet Ali jusqu'en 
ISW, Paris, iSai, p. 391). 

('' MoNTKonT, Mss. l-'r., \ouv. Acii., H.'iSO 
f" 73 : « je consiilérais l(>s deux forteresses 



élevées sur du rocher, et dont les assises 
construites avec des pierres énormes me pa- 
raissent être un reste de la grandeur des 
Romains ». 

(■^) Lkdn uk Lauouuk, le Voyaijc de In Syrie, 
1837, p. 39, et PI. .\.\.VI, D. 6"2 (déjà cité). 

(*' La situation de la tour que vit Mauudrell 
est mal définie par l'auteur. Ce pourrait être 
uu autre ouvrage, par exemple le d Itourdj ». 

(^1 Henui Maunuhkll, ]'oya(je. pp. 67-68. 



ij:s anciennes défenses de uEvriorrii 251 

(le Beyrouth : « La liaute tour «[u'on voit au nord-est ili- la ville n'est pas la 
iiiètue (|ue celle dont parle Maundrell: celle-ci a été détruite d'abord par Jezzar, 
i|iii ( raijrnait, en cas d'attaque, quil ne fût trop facile à l'ennemi de s'y loger 
et par là dincomnioder beaucoup la ville, et (|ui ensuilt- en a rebâti une autre 
(ta uuhne einlmit. pour servir de place d'annes. La dernière est conjposée de 
pierres beaucoup plus petites; elle est beaucoup moins solidement construite 
que l'autre'". » 

Ce château était donc surtout intéressant pour l'euiplucenient qu'il nianjuait. 
Rey croit pouvoir préciser qu'il se trouvait sur remplacement d'une tour du 
château Franc dont la [)olerne avait servi à Jean dlbeliii. Inis(]ireii \i:il il lit 
pénétrer des renforts dans la place assiégée'*'. 

111. — Les défenses du côté de l'est. 

L'enceinte, dont il est (ine^tioii dans ce chapitre et dans le suivant, est 
celle (|Me |)je//.ar a ri'-tai)lie à la lin du dix-huitième siècle, utilisant, comme on 
le verra, les restes de murailles d épO(|ues très diverses. Qiudques débris de 
ces constructions, quelques traditions locales'^' permettent aujourd'hui d'en 
retroiner le tracé. 

La muraille, au nord-est de la ville. s'a|ipuyait à la haute terra.sse ilu châ- 
teau. Les vestiges que l'on voit encore à l'extrémité d'une impasse, au sud- 
oiie>t de la rue de la .Marseillaise, jiaraissenl mai(|iier- le di'|tart du mur. De 
là, le rempart se dirigeait en droite ligne vers la porte Debliaghà. On peut 
encore voir cette première partie de la muraille à l'endroit où elle atteint cette 
[torte. 

Uàb Debbàghà est percée dans la courtine même ; tdle se compose acluelle- 
meid d'une haie de 2 m. (H) environ de largeur, que surmontait un arc bombé. 
aujoiM'd lui! éeiduli'. .\ ente de cet aie en pierre, \ers liidi'rieur. se trouve une 
grosse poutre transversale. Deux trous aménagés aux extiémites de celle-ci 
servaient à loger les pivots supérieurs des battants, (hi retrouve le même 



('> W. Cl. lliiott>, \uui'fiiu VoYnijf. IT'.t-i- l'i N'ous avons pu n'Ciifillir eu imrticulierlf 

4798, t. 11, p. 19". li'raoipuagi> de M. Birliarn, iuju'uicur ijui <li- 

>" K. 1U\. /'•»" '.'w/o/iiVs /■;-ii(i(;iics. p. r>-2|. rip-u liiniili-mps 1rs travaux ilc In Villiv 



2.Ô2 



SVRIA 



dispositif à Bàb es-Serâïû. à Bàb Ya'qoub, ol à Saïda à la porte du Qal'at el- 
Mouezzé, etc. 

La porte était défendue par un mâchicoulis à trois corbeaux dont il reste 
des traces et qui devait être analogue à celui de Bàb es-Soràïà. L'appareil de la 
construction n'est pas le même à l'est et à l'ouest de la porte : à l'est, il est 
plus grand, plus soigné et indique une époque plus ancienne. 11 existe une 
petite mosquée à côté de la porte, ce qui lui a valu 
l'addition d'un minaret carré monté en porte-à-faux 
sur le pied droit ouest de la porte"*. 

Bàb Debbàghà, ou Porte delaTannerie (Pl.XXXVlI), 
doit son nom au Souq des Tanneurs de cuirs dans le- 
quel elle donnait accès. Ce coin delà vieille ville avait 
un aspect tout particulier : « Sur le pavé, disent des 
voyageurs en 1830, sont étendues grand nombre de 
peaux d'animaux ; les hommes, lés chameaux, les 
mulets et les ânes qui passent ne peuvent faire autre- 
ment que de fouler ces peaux dont le chemin est 
couvert'-'. » 

C'est par là que se faisait le trafic des marchan- 
dises entre le port et l'intérieur. Les caravanes rentrant par la Porte de la Tan- 
nerie n'avaient que (juehjues pas à faire pour parvenir au port. Elles évitaient 
la traversée de la ville dont les ruelles étroites et tortueuses ne se prêtaient 
pas à la circulation. .Vussi le poste principal de l'octroi se trouvait-il auprès de 
Bàb Pebbàghà. 

A quelques pas à rou(\st de la porte, le mur encore conservé fait un coude 
et va s'appuyer à une grosse construction carrée en ruine (A) qui oIVrait un 
excellent flancjuemcMit à la porl(>. Dans cetti> partie du mur se voient encore 
six meurtriêr(>s. trois ^'ouvrant an sud et trois à l'est. 

De là et jusqu'à la Port(^ du Sérail, le mur longeait le cimetière musulman 
et foiinail un riMilraiil iin|M)rlaiit''". Ci> cinirlirTe enipêibail la \ille de se déve- 




Fio. 4. — Cippe antique. 



CI Sigiiuloiis cil pussiiat une soi U' de cippe 
en marbre hlnnc sans inscription, qui se 
voyiiil jusqu'à ces derniers temps près de celle 
porl(! (fig. 4). 



l- MicuAtu cl l'oLJOui-AT, CoiTespoiidniue 
d'Orienl, t. VI, p. 125. 

(S) Tel était au moins le tracé de l'enceinle 
a répoq\ie de sa démolition. 






BJb ed-Debbâghà 
Vue de l'extérieur ; il gauche, un coin Je la construction A. 
Derrière le mur, la coupole de la mosquée 



LES ANCIENNES DEFENSES DE HEVHOCTII 



'i■^^ 



lop|»frdo ce côté comme celui d"es-S,inliyé de Tautn' coté, l'resqiie toutes les 
villes de l'Islam iivaieut ainsi leurs cimetières sous les murs. Ces vastes champs 
de stèles, au désordre si j»ittore.s(|ue, sont sacrés aux yeux de la population, 
et à Beyroutii. il a fallu, pour ([u'ils dis|)araissent. que les Turcs eu\-mrmcs 
se décidassent à les exproprier (|iii'l(pics années avant la guern-. 

La partie du mur dont nous parlons est rasée ainsi qui- 1rs masures qui 
s'entassaient sous sa prolcilion : uni' i.iip' rue a rrmplaci- li" vieux quartiei-. 

(les travaux de deuioliliou ont amené la 
découverte d'un autel portant la dédicace : 
iiviiio impiili ciilonid' Sttciinii, des décris 
d'ime Itidle statue éijuestre arlui'llement 
au musée et d'autres antiquités. 





FiG. 5. — L.1 c.Tpoiinièrc B. 



De ces défens(>s, eidre BAI» Deliliàirlià el Hàl» es-Seràïà. un seul témoin a 
échappé : c'est le reste dune ca|>oniiière ( Bl située non loin de la rue du 
Marérlial-Kocli. Deux meuilrièro jumelées sont auienaflées dans une muraille 
(pii peut avoir 8(t ciMilimètre> d"é|iaisseur : au-dessous une petite niche de 
style arahe ( lii;. .">). 

l'ar I (inlre. la porle ai>pelee Uàli es-Seràià. ou Porte du Sérail, nou^ l'sl 
parvenue [uesque intaele ainsi que louvraiie qui la llaïupiail au >Uil-esl. 



254 ' S Y II I A 

L'ensemble forme actuellement un petit îlot de constructions qui peut se dé- 
composer ainsi : 

1° L'édifice carré de la porte; 

2° Une amorce de rempart ; 

:}" Une tour rectangulaire adossée au rempart. 

Le schéma de la fig. 6 rendra cette disposition plus claire. 

La façade extérieure de la porte se compose d'un mur en petit appareil, 
couronné de minuscules créneaux et défendu par quelques meurtiùères disposées 
au hasard du joint des pierres. Un mâchicoulis soutenu par trois corbeaux 
interdisait l'accès de la porte ; une fenêtre moderne enlaidit cet organe de 
défense et compromet sa solidité. 

Une baie soutenue par un arc bombé constitue la porte proprement dite 
qui est construite suivant le modèle déjà observé à la porte Debbàghà. Quatre 
marches, incurvées à une extrémité, descendent jusqu'au seuil constitué par 
un fût de colonne antique. 

A droite de la porte, on distingue encore l'amorce du mur d'enceinte, qui 
foiniait j)resque un angle droit avec la façade de Bàb es-Scràïà, lui offrant par 
conséquent un bon flanquement de ce côté. L'ouvrage constituant la porte 
devait donc tourner toutes ses défenses vers son angle nord-est. Cela explique 
que les meurtiières au lieu d'être normales aux murs, sont presque toutes 
tournées vers cet angle qui, dans la partie supérieure, se compose lui-même 
d un pan coupé soutenu par un petit cintre (fig. 7). 

Un passage sous une voûte d'arête menait à rinlêricur des anus. L'aspect 
de Bàb es-Scràïà est très pittoresque de ce côté. Le grand arc de la porte 
formant un arceau légèrement brisé est surmonté d'une petite terrasse à la 
hauteur du preuiier étage. On y accède [tar un escalier intérieur constiiiit sur 
un léger arc rampant qui vient s'appuyer au grand arc. Par cette petite ler- 
ras.se et cet escalier on atteignait le haut des remparts ainsi que la terrasse 
su|)érieiiii" de la porte. Un intéressant dessin de Bàb es-Scràïà vue de l'inté- 
rieur de la ville, intitidé a Carrefour à Beyrouth » a été donné par Taylor en 
1880, dans 7rt St/rie d'tnijnnnl'hni du docteur Lortet, page 73. Elle complète 
ulileinetit la pliiiiciie (|ui e>t teiiniduile ici (IM. X.WI.X). Ou y reuiiiniue la 
(iispiisiliou (|ui \ ieiil d'elre deet'ile, ainsi que le rMceordeuieiil du n'Mqiarl avec 
l'iiuvra^e (le la niPile. 



tv 




-rt .*» 



se " 



A, 1921 




B.ib cs-Ser.iJà 

l.c iiébouch<î ver» l'intcricur Je l.i ville ; le rcmpari 

\'ue (irise de l'ouest 



LES ANCIENNES DÉFENSES DE I5EVI{(HÏII 255 

Cotle (■<iuiliii(' (le n'iii|iiiit. (|iii s appiiiiî îi I aii^lc >iiil-i'>l de; i (nivragc. 







Cronoaiix de couronoeincnt 

; * /* î Môurtrioros commaD'loos do la terrasse Hurmootant l'ouvrage. 



> / / 



Itotix iiiourtriorcs pcrccos dans lo mur lati^ral du pa^tapc v..iil<> .!« 
In porte (rez-do-chausaèe;. 



Kir.. 7. — Plan ilcs créiicain cl des iiioiirlrioro» de Hâb l's-SoriliJ. La dirrflion di-s mciirlrirrc» inili>]iic : 
1" iiui' les riinslriii'tioiis aili.jsiics i l'uiivragc à l'ol «ml posléritures ; 2" que l'air priMiim- <\r l'allai)!!.' 
do 1,1 |.(.rU> itail N. K. S.-O. 

est aujoiinl liiii ciilDiirrc de ct)ii>lriitlions moiliTiU's an iionl fl an mkI. 
Do là. on iii' pnnvail cominaii(li>r rcntivc (li> la \mvW .silnôo en angle nunl ; 



256 



STRIA 



cela explique les deux meurtrières qui interdisaient le débouché de la porte 
vers l'intérieur'''. Les défenseurs qui les utilisaient étaient au premier étage 
du rempart, actuellement constitué par une cour (PI. XL, 2). 

De là, on accède à une petite pièce rectangulaire (fig. 8) qui forme le pre- 





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Fig. 8. — Les anciennes défenses du S.-E. de Bàb es-Seràïà. 
Cette coupe s'est trouvée réalisée par la démolition partielle des remparts (PI. XL, 1). 

1. Mur extérieur du rempart. — 2. Mur du rempart du côté de la ville. — 3. La petite tour adossée au rempart. — 
•t. Fenêtre de la chambra voûtée du 1" étage do la tour. — 5. Pièce voûtée, rez-Je-chaussée de la tour et du rem- 
part. — 0. Départ duna voûte aujourd'hui démolie. — 7. Terrasse moderne entourant louvrage. 

niicr éliige de lit petite tour barlongue adossée au rempart. Celte chambre, 
(IcMueure de toute une famille, est voûtée en berceau et éclairée par quatre 
fenêtres irrégulières ouvraul iiu sud, ii Test et à l'ouest; au-dessus du linteau 
de la porte est aménagé un arc de ilécliiirge. 

Au rez-de-chaussée, la tour et \r rempart commimi(iiieiil égalemeul. Ils 
foriiieiil des pièces à voùles bàlimles, d'un Iraviiil assez grossiiM-. (In tlistiiigue 
fiicilemeiit (pie ces voùles se proioiigeaieiit vers lest par diiulres analogues qui 
ont élé détruites, haprès les traditions ri-eueillies sur les lieux, ces siilles ont 
servi di" bains itii di\-neiivième siècle : c'est peiit-èire à elles (|ue l'ail allusion 
Giijs, (piaud il dit : « Heyrout possède deux bains; le grand pourrait bien 
avoir une origine iiiiciiuiiK;. Les Sarrazins l'auront épargné, ainsi que la 



(') Ces mciirtriôrca do slyln arnlip sunl 
ibiiB la IM. XL, i. 



(le l'cxlériciir ilrtns la PI. XXXlX i-l i\c l'iiiirTienr 



^v^ 




"s ^ 



ij:s anciennes dkfknsks de iJEvitocrii 257 

"rando inosquôc <»'. » A col otnlrnil, le mur n-pronail sa diri-ctinn gt';néral« 
vers le sud. Il ôlail suriiioiilL' de petits crôiioaux carrés scndilaldcs à ceux 
(|iii cdiirniiniii'iil la |i()ite'*'. 

Hàl) cs-Scràïa est ainsi aitiiidôc à cause de sa itroxiinifé d'un aucii-n st-rail. 
situé à l'emplacement aclu(d du Sou(]-Suisok et atliihui- à Kaklir ed-l»in'*'. 
Ces vieilles iMinsIriielioiis aralies. démolies en lSH-2. m- dnivrnl [»as ètrf con- 
fondues a\ec le \ ieux-Séiail, situé" au nord delà [tlace des Canons et cons- 
Iruil en i.SH:i-Si par Uécliara KlVeiidi, inirénieur en chef ilu vilayel de Bey- 
roiilli. Aiipivs di' liiiiriiriiii' ( nii>lriielinii de KaKlir cd-Kin. à l'unol, se liduvait 
une mos(juée (|ui i-xiste encoie : on ru dislinj,Mie le minaret et uni' eoupole dans 
la planilie W.WIII. D'après une tradition locale, lédilice ne serait autre (|ue 

la pelile é'^lisi- Sainl-Sauv ■ liiinsforméc par li-s ('mirs |liii>es; <;e sanctuaire 

(•onlijiu an couvent des l'"ran(iscains'" était cédèlire |>ar le Miraele du San;;'''': 
on racontait en outre au dix-septième siècle <. (|ue les Turcs y tenaient une 
image de la Vierge, pi-inlc sur- la muraille, en singulière vém-ration''^' ». 



|)i .Mksnu. la |{| issiix. 



(A suivre.) 



ei Giis, Krialion, 1817, p. '.W. I,i-s nulros 
Imiiis l'tairnt près de Ml) Dorki'U. 

(''• D'npros In «îiaviiriMli-Taylorilans /<i Syrie 
d'aiijntiririiiii du docli-iir Lohtf.t. p. 73; un 
voil aussi qiio le mur qui nticiguait la porto 
au nord n'avait pas de créneaux en 1880. 

(^' « Les restes du Sérail de l'émir Kakhred- 
Uin silué du cùlé de la Porte Orientale. " 
(A. Jo*>Ni;etE. Isamdkrt, Itinéraire de V Orient, 
1801, p. .'ÎCI, et aussi Tayi.oh, la Syrie, t. 1. 
p. 214). Voir fig. 2 et 3. H. Malm>ukll dé- 
crit longuemeiU ce « Palais « de Fakhred-Din 
à lleyroulli, .\ joiirney from Meppo lo Jertisn- 
tem, p. 39, ou daus la traduction française. 
Voyage il'Ale/t à Jérusalem, p. 05 : u The 
Palace of this Prince, whicli stands on Ihc 
Norlh Easl part of the City «. Im traduc- 
tion porte par erreur: u silué au Nord-Est de 
cette ville (Beyrouth) ». Voir aussi F. Eigèm; 



Itor.Kii. In Terre sainte, Paris. ItiOl, p. 2t'>.S. 

Il importi- de ue pas confondre ce palais aver 
les conslruclions qui, à de» é|>oquc-s diverses, 
ont porté à Beyrouth le nom de Sérail. 

i" Hkid, Irad. Rainai n. Histoire du Ciim- 
inerre, troisième période, 1.381-1(53, p. Wi. 

(■" F. E. QtAHESuit's, Eludatio Terrar 
!ianrt:r, p. 910, cl J«CQUKS Gi)ijii>, Hit- 
toire et Voyage, pp. 33.S et 3Î6. Ils parlent de 
l'église déjà transformée eu mosquée (1671\ 
puis racontent le miracle : du sang aurait 
coulé d'un crucifix lacéré par un Juif. Ils ci- 
lent l'un et l'autre saint .\thanase, deuxième 
Concile de Nicéo, action 4. — Voir auMi le 
P. Bf.hnahuiii SiRius, f< Pi>HJ l'élerinage ou 
\'oyage de lerusalem et années fCii, /»>ij, 
/rt'jtf, »fi.'<7. Bruxelles. 1606. p 271, etc. 

l*' Qi'ARKSMiis et Jacquks Goujon, ibid. 



St»u. — II. 



BIBLIOGRAPHIt: 



D. G. HoGVRTii. — Hittite Seals with 
particular référence to the Ashmolean 
Collection. — Oxford at the Clarendon 
Press. HI20. Un vol. gr. 4° de 108 pages 
et 10 planches. 

M. Hogarlh, en publiant ce volume, 
fournit une iniporlanle contribution à 
notre connaissance de la glyptique hittite, 
car outre un Catalogue descriptif de la 
collection de IWshmoIean Muséum, il e.v- 
plique les monuments dans un abondant 
commentaire. Dans l'introduction ol le 
premier chapitre de l'ouvrage, il rappelle 
l'aire de dispersion de la glyptique hit- 
tite et ses divisions chronologiques. 
Comme cette classification se rapi)niclic 
de celle qui est gi'néralement admise, je la 
résume brièvement. L'aire de cette glyp- 
tique correspond à celle des grands mo- 
numents, c'est-à-dire à l'Asie Alinoure à 
Tcxception du Nord-Ouest et du Sud- 
Ouest, et à la Syrie du Nord juscju'à lloms 
sur l'Oronte et Meskinch sur l'Euplirate; 
néanmoins la glypli(]ue de l'hrygie, celles 
de Chypre, de la Phénicic se ressentent de 
l'influence hittite. Les grandes divisions 
chronologi(|ucs de la glypli(iue biltile sont 
les suivantes : {"Une période primitive 
antérieure à illOO ; 2" une période Cappi- 
docienne-Ilittite ou ' Ilatliqiie) de IIIOII à 
1200 ; V une période Mos(piieniio-ILil- 



tique de 1200-1000; i" une période Mos- 
(|nienno-Assyrienne de 1000 à 600. 

Les formes des sceaux sont : le cylindre 
(surtout Nord-Syrien), et le cachet tan- 
tôt en dos d'âne, tantôt en hémisphère 
ou en bouton dont la tige a parfois la 
forme d'un trépied, parfois celle d'un 
marteau. 

L'auteur décrit ensuite les monuments 
de lacoUection de l'Ashmolean Muséum et 
indique leur lieu d'origine ; nous remar- 
quons que très peu de pièces proviennent 
de fouilles régulières; la plupart ont été 
achetées. 

M. Hogarth passe ensuite à la iliscus- 
sion des objets. Dans un autre chapitre 
qu'il fait suivre d'un sommaire, il résume 
les pages précédentes et groupe les ré- 
sultats obtenus au cours de la discussion 
([ui forme la première partie de l'ouvrage. 
Dix planches de figures, comprenant 3.35 
numéros, complètent le volume. 

M. Hogarlh s'est spécialisé depuis de 
nombreuses années dans l'étude des ques- 
tions hittites et son autorité y est grande; 
cependant je voudrais faire (jnelqucs ob- 
jections à son classement. 

Si nous considérons la collection telle 
(|u'elle so présente d'après les planches qui 
la reproduisent, et si nous la jugeons du 
point (le vue (I glyptique hittite », certains 
n\iniéros pourraient n'y pas figurer. Nous 



iniiLioonAi'ii iK 



259 



y retrouvons la dualité si caracl(''rislii|uc 
de la glyptique hittite : cylindres cl cii- 
chcts. De ceux-ci. il est toute une si'-rio 
apparlenantù la dernière période (n"* 2")2- 
335), où se retrouve l'inllucnce du style .'i 
décoration aninialede l'époque précédento, 
et Texlension de l'emploi des symboles ri 
des si{,'n('s hiéroglyphiques. La série des 
cylindres numérotés ITiO à IS7 et 21!) ;'i 
251 est coinparahle à ceux que nous ont 
fait connaître pour la période allant du 
seizième siècle au onzième siècle, les tra- 
vaux de Ward, les Catalogues de la Bi- 
bliotiièipie Nationale, de la (Collection de 
Clercq, etc. On y retrouve linfluence de 
la Mésopotamie, celle île l'hCgyple, celle du 
monde égéen, le tout élaboré d'une façon 
très personnelle. La série (jui va des nu- 
méros ".Il à 149 et IHH à 21 1. qui se com- 
pose de cachets rectangulaires ou rontls 
est d'une richesse exceptionnelle ; nous y 
reviendrons tout à l'heure. Kestenl les 
cylindres n"" 1 à 49 qui seraient, avec cer- 
tains cachets de la précédente série, les 
plus anciens échantillons de la ^lyplicpie 
hittite. Or ces cylindres nous sont con- 
nus, mais jusqu'ici ils ont été attribués h 
d'autres peuples qu'aux Hittites. Je ren- 
voie pour les comparaisons au Cntntfxjiie 
(les ryliiidrcs nricnlmijc du Musée du 
Louvre, par M. L. Delaporte it. I, IllL'ii 
M. Ilogarlh n'a pu avoir connaissance de ce 
volume édile en môme temps (pie le sien, 
mais je le cite parce qu'il reproduit les 
cylindres bien connus publiés dans les 
Dérouvertes en Chaldée, et dans les .Vt'- 
moires de la DéUgntion en l'erse (l. \ll 
et \ll), au\(|uels je Turai allusion. La dé- 
signation des séries i|uc j'emploio (T ^= 
ïello, S -= Suse) est celle du t'.atalogue île 
M. Delaporle. 

'l'aiulis que l.i plupart des c\lindies de 



l'Ashmolean Muséum proviennent d'a- 
chats, ceux de la Mission de Chaldée et de 
la Mission de .Suse sont lo résultat de 
ri'-herches régulières ; leur nombre et leur 
situation dans les Touilles créent donc, 
pour leur origine, une sérieuse présomp- 
tion. Or, des cylindres analogues aux 
n" 1,3, i, U, 27, 49 de l'Ashmolean, (|ui 
représentent des animaux, ont été trouvés 
à Tclloct à.SiiserS. 2tlC...S. 2C7,pl. WIV; 
S. 274. S. 27N, pi. \\V); ils constituent 
la glyptique archaïque d'Klam et de Chal- 
dée; de mèiue pour les motifs géomé- 
triques des n°' .'t. 39. à rapprocher de 
T. i. T. 0, T. 7. pi. I, et /kimihi. pi. Wlll. 
Le motif du vase m" 24. 31. 32. etc. . se re- 
Irouvc à Suse (empreinte S. .'MH. pi. \LII ; 
l.( technique à la bouterolle <|ui afTerlionne 
la représentation de petits personnages 
accroupis h l'orientale (n"' 33, 34) et 
d'animaux placés devant une construction 
(n" 30), a sa réplique h Tello et h Suse 

T. 2.-1. pi. m ; S. 448, S. 45i. pi. \\\ll). 
Certains de ces motifs se retrouvent sur 
d'autres monuments de même épo<|ue. 
iiolammeut sur la céramiiiue. ce qui 
prouve qu'ils sont bien de l'FJam et du 
pays de Sumcr. 11 n'est pas jusqu'aux ca- 
chets en forme de petits animaux couchés 
(fig. "(7), qui ne se voient avec sujet gravé 
selon la même Icciiniipie di- la bouterolle 
dans'r. I.") & T. 17. pi. Il; S. 20«, S. 210. 
S. 213, pi. Wll. 

Parmi les cachets h décoration animale 
grossière pi. III .'i V). nombreux sont les 
exemplaires qui ont un protoly|K; susien 

S, 2r.O, S. 2('.l, pi. WIV: S. 2Hl à S. iS3. 
pi. \\V). La forme même du sceau en 
bouton (n" 12('> à I30i se rrlnmvc ainsi 
que son décor géométrique à Suse S. 2V 
à S. 32, pi. \IV; S. 71. pi. WI). 

Il semble donc bien diflicile de faire d« 



260 



SYRIA 



celle gl>plique un témoignage parliculier 
de l'art hittite. Qu'il faille tirer certaines 
conclusions de la présence de tant d'exem- 
plaires du même style en territoire hittite 
parait hors de doute et c'est un côlé de la 
question des plus intéressants; mais n'est- 
il pas plus juste de restituer à l'art de la 
Mésopotamie et de l'Elam primitifs la ma- 
jorité des cylindres des deux premières 
planches du ('atalogue de l'Aslimolean, 
et un certain nombre de ceux qui sont re- 
produits dans les planches II à V? La pre- 
mière période de la glyptique hittite (des 
origines à l'an lîîOO), se trouverait ainsi 
annulée, ou serait du moins peu repré- 
sentée; mais cette conclusion ne serait-elle 
pas plus conforme à nos connaissances 
actuelles '? 

G. Cu.N FENAL. 

Alte Denkmaler aus Syrien, Palàstina 
und Westarabien. Cent planches iii-'i-" 
publiées sur l'ordre d'Ahmed Djomai 
Pacha, commandant la i"= Armée turque. 
ministre de la Marine. — Berlin, Georg 
Keimer, 1918. 

Wissenschaflliche Veroffentlichungen 
des deulschea turkischen Denkmal- 
schutz Kommandos. I. Sinm, par Th. 
W lEi.A.M). In- 4 de l 'i.'i pages et 8 plan- 
ches. Berlin et Leipzig, Waller de Gruy- 
ler, l'J20. — II. Die griechisclu-n I/t- 
srhri/len der Palaesiina Terlia westlich 
dfr'Arabn, par \. .\i.t. In-l'deGipages, 
ibid., 1921.— III. Pelra par W. Bacii- 
MK^y, C- Watzi^ger et Tu. Wiecand. 
ln-4° de 91 pages et 2 planches, Und., 
1921. 

Les travaux dont on vient de lire les 
titres inaugurent une série d'études qui 
embr.issera toute la .Syrie. M. J. F. Schel- 
teman remarcpié que celle missinn arché- 



ologique allemande, attachée à l'expédi- 
tion de Djemal Pacha, avait été inspirée 
par l'exemple de l'expédition française 
de ISfiO 1). Nous n'aurions pas cherché 
à établir de comparaison; mais puisque 
l'idée en est venue à un savant étranger, 
nous devons nous y arrêter un instant. 

D'abord les conditions sont fort diffé- 
rentes : l'expédition de 18fi0 apportait la 
paix en Syrie, non la terreur et la ruine. 
Si bien que Renan put travailler en toute 
sécurité et que la collaboration nouée avec 
les habitants de la côte a pu continuer 
après son départ. Le résultat aussi a été 
tout autre. Renan. travaillant uniquement 
dans l'intérêt de la science, a révélé les 
antiquités phéniciennes et son œuvre 
occupe encore le premier rang parmi les 
éludes sur la Phénicie. 

Que nous révèlent les trois fascicules 
publiés jusqu'ici par M. Wiegand et ses 
nombreux collaborateurs? Rien, ou du 
moins bien peu de chose. Le fascicule sur 
le Sinaï sera une déception, du moins 
pour ceux qui ne prendront pas un intérêt 
parliculier aux détails de la guerre au dé- 
sert et aux vues des plaines sablonneuses 
prises en avion : l'article du général Kress 
von Kressenstein n'est pas à sa place dans 
une publication archéologique. 

Nous apprécions l'utilité des relevés 
qu'on nous offre des ruines de llafir el- 
'.\udja; mais il eut été plus utile encore 
d'en empêcher la destruction à peu près 

( l ) J. F. SciiKLTKMA,r/ie Lebnnon in Tarinail. 
Syria and llie Powers in 1860, New-Haven, 
Ynlc Univ. l'ress, l'.l20, p. 181 : « Emulatiug 
Ihe Kreneh. whose Syrian expédition o( 1860 
has resulled in Ernest llrnan's Mission en Phé 
nkie, Ihe (iermuns beliiuil .lamal Paslias mili- 
Inry efforts exereised tlieir iafliienee aiso in 
tbe arcbaeologiral field n. 



BIBLIOGRAPHIE 



261 



complète par l'armée turque (pii a édifié, 
sur cet important champ de ruines, de 
grandes constructions militaires. Pendant 
ces travaux, d'intéressantes trouvailles 
ont été faites qui ont été dispersées et 
sont perdues pour la science, sauf une 
cruche copte ifig. lO'J) et les fragments 
de deux papyrus grecs chrétiens (p. 110 et 
suiv.) Décidément, le deuischc-lurkisclie 
Denkmalschutz-Komniando [)araît avoir 
manqué d'une organisation sérieuse el 
surtout d'autorité. Le titre de Sinni (|ue 
porte ce fascicule, grand in"!", est un 
leurre, tant l'exploration de cette région 
a été restreinte. 

Le deuxième fascicule n'est pas à ins- 
crire à l'actif de la mission archéologique 
allemande. C'est dans son cabinet de tra- 
vail (pie M. A. .\lt a soigneusement col- 
ligé les I.'IO inscriptions grec<|ues (Ij de la 
l'alestiiie désertique qu'il republic. Il n'y 
a pas là de textes nouveaux ; la plupart 
ont été découverts et publiés par les i'I'. 
français .\bel, Jaussen, Savigiiac et Vin- 
cent diinl les noms reviennent presque à 
chaque page; d'autres ont été relevés par 
des Américains ou des .\nglais; l'apport 
de la mission archéologiipie allemande 
est insignifiant. Le commentaire lui-même 
n'olTre rien de bien nouveau ; il enregistre 
souvent les lectures et explications de 
M. Clermont-Ganncau. Ce fascicule rendra 
cependant service, car ces textes étaient 
jusipi'ici extrêmement dispersés. 

L'étude sur Pétra est le fruit d'une 
visite de quinze jours à ces ruines cé- 
lèbres, poursuivie par MM. Wiegand, 

(1) Les quelques noms arabes fournis par les 
papyrus do l.lafir el-'Audja sont enregistrés 
dans l'Index des noms de personnes avec de 
meilliuiros restitutions que dans le fnseioulo 
précédent. Au pap. I , li{!--. restiliier'AXaç[>Oo;). 



Watzinger et Hachmann, accompagnés 
d'un médecin de Fribourg-en-Brisgau, 
d'un aspiraMt-officier servant d'interprète, 
Abraham Eiïendi de Smyrne, et de deux 
volontaires allemands MM. .\lbcrt Hempcl 
de Kerkouk et Léopold Wagner de t^aifTa. 
Si les relevés concernant les édifices civils 
lie Pélra ne nian(iuent pas d'intérêt, tou- 
tefois, là encore, l'exploration est restée 
superficielle et devra être reprise. 

[■'.a somme, résultats très modestes, 
nr)yés dans un plan trop vaste bien que 
restreint, jusqu'ici tout au moins, aux 
anticpiités grecques, qui, malheureuse- 
ment, sont le plus souvent de très basse 

époque. 

Henk 1)i ssai II. 

Relation d'un voyage du sultan Qàitbây 
en Palestine et en Syrie. Ir.uluii de 
l'arabe par Mme H. L. Devosshiiie (cxtr. 
du Bulletin de rinslitiit l'rant;ais d'ai- 
chéol. orient., t. W). IJroch. \n-i° de 
42 pages, deux planches et une carte. 
Le Caire, i'JlM. 

Mme II. L. l)e\onshire a été heureu.se- 
mcnt inspirée eu donnant une traduction 
française de l'intéressante relation du 
voyage effectué en Syrie par le sultan (>ait- 
bey en l'an «S2 de 1 hégire (liTT ap. J.-C). 
L'auteur de cette relation, dont le nom a 
échappé à Lanzone dans son édition du 
texte arabe ;1878). est indii|ué par le Cata- 
logue des manuscrits arabes de la Biblio 
thèiiue Khédiviale au Caire: c'est .\bou el- 
Ba(ia (I . 

Il existait déjà une traduction allemande 

(I) Le ms. arabe n° .-ilUH de la Itibliothôque 
Nationale est une copie de celui du Caire ; cf. 
11. Doronbourg, Lesmss. nnihfs de la collection 
Schefer. à la Bibl. V(i(. lextr. de Jourmtl ilrs 
savants, i90l), p. 23-34. 



262 



SYRIA 



due à Gildemeisfer (1). mais il était natu- 
rel de rendre ce récit accessible au public 
de langue française et nous devons en re- 
mercier la savante traductrice. Il est regret- 
table, toutefois, que les spécialistes 1res 
qualifiés dont elle a pris conseil, ne lui 
aient pas signalé le mémoire de M. Cler- 
mont-Ganneau (2 dans lequel le savant 
maître a résolu la plupart des problèmes 
topographiques soulevés par ce texte. 
Nous indiquerons ici les corrections les 
plus indispensables pour suivre l'itiné- 
raire du sultan, en notant par les ini- 
tiales Cl. -G. ce que nous empruntons au 
mémoire en question. 

P. 6 : L'auteur du récit rejoint la cara- 
vane du sultan à Khan Miuyé ou Mounyé 
voisin de Tibériade i,Cl.-G.), après avoir 
visité divers tombeaux (et non pas : En- 
suite nous visitâmes...). La traduction, à 
propos du tombeau de Abou IJoreira (l'a- 
rabe vocalise bien ; la traduction donne 
à tort Harira), saute la mention « à.Yeb- 
na ». — P. 7 : Il eut fallu noter que Mou- 
leiha n'était autre que Mellal.ia au N.-O. du 
lac de Houle (Gildem. et Cl. -G.). Mme D. 
hésite entre Djisr Zcitoun et DjisrZannoun 
qui ne correspondent pas à des vocables 
connus dans la BeqAa. M. Cl. -G. a songé 
à Zeinoun, mais Deir Zeinoun parait en 
dehors de la roule suivie. Le nom de Djisr 
Zenoub n'aurail-il pas été donné au pont 
do Djoubb Djenin sur le Litani. à cause 
de la proximité de Tell Zenoub? — P. 9 : 
la vocalisation cl-Hadalh du texte arabe 
est bonne (^non el-lhulitli) — P. Il : le 



(1) Zeilsrhrifl des denUrlie.n l'alnesliim-Vf- 
reim, III, p. >2it>etBulv. 

(3) La relation du voyage du sultan Qait-lmy 
en Syrie, dans Itecueil d'archM. orient. 111, 
|). -248-2.^8. 



texte porte correctement esh-Shoghr (non 
esh-Shoghry). — P. 12 : le texte de Lanzone 
est évidemment fautif, il faut lire Habib 
en-Nadjdjar (Cl.-G.), nom du saint bien 
connu d'Antioche. — P. 12 et 13: il ne faut 
pas hésiter à lire Baghras au lieu de 
Baghrad. — P. 13: M. Clermont-Ganneau 
a montré que la citadelle visitée après 
Baghras était Darbesak. — P. H : la voca- 
lisation '.Amiq (non 'Amak) du texte arabe 
est à conserver. Par contre, il faut corriger 
Boughra en Yaghra (Cl.-G.). De même, il 
ne fallait pas hésiter à corriger les mau- 
% aises graphies pour 'Azaz (le texte arabe, 
p. !■), porte 'Azzâz, non Ghazz/îz comme 
note la traduction) et Mardj Dabiq. Même 
page, ligne 4, le sultan se rend à Yaghra 
pour examiner le pont et le kliaii (non les 
ponts et les khans). 

Le sultan pousse par ".Aintab justiu'à 
Biredjik où il contemple l'Euphrate, ce 
qui a toujours été le rêve du maître de 
l'Egypte. Il revient par Alep (P. 1.5, lire 
(I Nahr el-Qouweiq » au lieu de « Bahr el 
Qouiq »). Hama, Iloms. De là, il gagne 
llasya (Cl.-G. ; non Hama, comme noie la 
traduction, certainement par une faute 
d'impression), Qara. Nebk où le sultan 
passe la journée du mercredi (il est 
indiqué à tort que cette journée est passée 
à Qara), Qouteifé, Qouseir et Damas. L'iti- 
néraire détaillé de Damas en Egypte par ■ 
la grande voie de Djisr Benat Ya'qoub a 
été élucidé par M. CI-G. 

Mme Devonshirea fait suivre ce curieux 
récit d'une notice, extraite de Vllistoire 
d'Egypte d'Ibn lyàs, où sont rapportés les 
propos que le voyage avait suscités en 
F^gyptc : le sultan tombé malade à Hama 
failli! ne pas rentrer au (^aire. 

René Dlssaud. 



BIBLIOGRAPHIE 



263 



NOUVKLLKS ARCIlROLOGIQUKS 

Byblos et l'Égyple. 
Kciiiin avait ircohi: r.n ISOO, sur plu- 
sieurs points de la cùle de Syrie, dos an- 
liquilés (''«yplieniies qui paraissaient im- 
portées de la vallée du Nil, mais le 
fragment hiéroglyphique (ju'il trouva à 
Byblos présentait autrement d'impor- 
tance. Km. de Rougé reconnut que ce 
fragment provenait d'un temple ou d'un 
palais exécuté à liyblos même, en pierre 
du pays, par une main purement égyp- 
tienne. En dépil de ce diagnostic si précis 
que confirma plus tard la découverte de 
deux nouveaux fragments hiéroglyphiques 
(jui entrèrent dans la Collection Loeytved, 
personne ne semblait encore avoir songé 
à retrouver les ruines de ce temple, que 
mentionne pourtant un passage du l'oydryc 
d'un Hgypiicn (Ij. En l'.tl'J, désigné par 
M. lliivclin pour faire partie de la Mis.sion 
de Syrie organisée par l'Lniversité de 
Lyon, je me rendis à Byblos et j'y sé- 
journai deux semaines avec respi)ir d'y 
relever de nouvelles traces du passage 
des Egyptiens. Les indigènes avaient jus- 
lemeul fait sortir du sol dans ces der- 
nières années cinq fragments hiérogly- 
phiciues d'importance diverse, un fragment 
d'une stèle de basse époque, couverte de 
textes magiciues analogues à ceux de la 
stèle Metlernich, dont le P. Ronzcvalle 
avait eu connaissance le premier et donl 
il me remit d'excellentes photograiihies, 
puis deux fragments d'une stèle érigée 
par Kamsès 11 et un fragment de bas-re- 
lief portant en beaux hiéroglyphes le nom 
de Thoutmes 111. 11 faut mentionner à part 
un bloc qui forme actuellement la pierre 

(i) Ihipyriis \ ;i(i,s/fi,s'i 1. 20,7 dans Gvudinf.ii. 
r.(jYpli(in lùeiiilic lexls. p. 11. 



angulaire d'une maison indigène, orné sur 
une de ses faces de deux tableaux symé- 
triques, gravés au Irait, qui représentent 
un roi, dont les noms ne sont plus lisibles, 
tendant une offrande à un dieu et à une 
déesse, désignés l'un et l'autre par l'épi- 
Ihète nb Kbn ou nhl Kbn << seigneur > ou 
<( dame de Byblos ■>. Cette épilhète est 
donnée à la déesse llalhor dans des textes 
éfryptiensdu moyen Empire. Mais surtout, 
i'orliiographe du nom de Byblos surnotre 
bas-relief doit retenir l'attention. C'est 
I orthographe archaïque à la(juclle succéda, 
il partir de la 12' dynastie une ortho- 
grapiie nouvelle A'/jn(li. 

Ces trouvailles portent A huit le nombre 
des fragments hiéroglyphitiucs sortis 
jus(|u'à présent du soi de Djebaïl. Leur 
présence serait inexplicable si l'on n'ad- 
mettait que les Pharaons ont bàli sur ce 
point de la c^^le de Syrie, où leurs négo- 
ciants allaient constamment chercher les 
i)eaux arbres du Liban, un ou plusieurs 
sanctuaires. Quelques-uns de ces frag- 
ments ont clé relevés à la place même où 
les indigènes les ont extraits du sol, dans le 
(|uarlinr compris entre la citadelle et la mer. 
C'est dans ce quartier qu'il faudra chercher 
ce qui reste du monument égyptien. 

M. Clermonl-Cianiieiu a bien voulu 
donner lecture à l'Académie des Inscrip- 
tions, dans une séance de mars, d'une 
noiice que je lui avais envoyée sur le 
temple pharaonique de Byblos et dont 
celle-ci n'est que le résumé. Le résultai 
de cette lecture fui que l'Acndémic décida 
de faire entreprendre le plus lAl possible 
des fouilles sur le sile de Byblos qu'il 
avait toujours été dans son intention do 
faire explorer à fond. Il est probable que 

H) K. Skthe. dans YAefiyplisihe Zeitschri/I, 
t. XLV, pp. ot sqq. 



264 



SYRIA 



les fouilles de B>blos commenceront dès 

cet automne. 

Pierre Montet. 

Strasbourg, le ?i mai 19-21. 

Une nouvelle Bibliothèque archéologique 
et historique. 

Dans linlention défavoriser les études 
archéologiques et historiques concernant 
la Syrie, le général Gouraud, Haut-Com- 
missaire, sur la proposition de M. de Caix, 
secrétaire-général du Haut-Commissariat 
et de M. V'irolleaud, Conseiller pour l'Ar- 
chéologie et les Beaux-Arts, a décidé de 
créer une Bibliothèque archéologique et 
historique. Le premier volume, qui vient 
de paraître et dont nous aurons l'occasion 
de rendre compte, a pour titre : .Abou 
YoL'soF Ya'kolb, Le Livre de l'impôt fon- 
cier (Kitâb el-hharâdj], traduit et annoté 
par E. Fagnan, chez P. Geuthner à Paris. 
D'autres ouvrages sont en préparation. 

M. Ch. ViroUeaud qui dirige le service 
des .antiquités et des Beaux-Arts de Syrie 
avec autant d'activité que d'autorité scien- 
tifique, a présenté au public cette nouvelle 
Bibliothèque dansun Avant-propos où il en 
explique l'objet et l'utilité. Nous ne pou- 
vons mieux faire que de le reproduire : 

(1 // y aura bientôt deux ans que la 
<( Revue d'art oriental et d'archéologie i>, 
qui porte le titre de Syri.\, a été fondée sur 
l'initiative de .M.M. Pottier, Migeon et Das- 
saud, et l'on sait que cette magnijîque pu- 
blication a été accueillie ., en Orient comme 
en Europe, avec la plus grande faveur. 

V Du moment, en effet, que la France 
avait pris en main ta direction des re- 



cherches archéologiques en territoire sy- 
rien et libanfti:i, il était nécessaire qu'une 
revue spéciale fût consacrée tant à l'ex- 
posé des résultats acquis qu'à la discussion 
des questions nouvelles, et c'est également 
dans SïRi.v qu'on trouvera le compte rendu 
des fouilles qui ont été amorcées, cette 
année même, sur la cote de Phénicie, à 
Damas et dans la vallée de l'Oronte. 

u Cependant, comme le nombre des do- 
cuments croit tous les jours et que la di- 
versité des problèmes est très grande, il a 
paru qu'il était utile, sinon tout à fait in- 
dispensable de créer, sans attendre davan- 
tage, une Bibliothèque archéologique et 
historique du Service des Antiquités de 
Syrie, c'est-à-dire une collection de mono- 
graphies relatives aux institutions, aux 
cultes et aux arts des diff'érents peuples qui 
se sont succédé en Syrie, depuis les origines 
jusqu'aux temps modernes. 

« Ainsi, la Revue SvRi.i et la Biblio- 
thèque archéologi(iue se prêteront un mu- 
tuel appui, et l'on peut estimer que ces deux 
recueils réunis apporteront une impor- 
tante contribution à la connaissance d'un 
pays dont le sol, qui a déjà livré bien des 
textes précieux, recèle encore, sans aucun 
doute, le mot de tant d'énigmes. 

(c // convenait que l'ère de liberté qui 
s'est ouverte pour la Syrie en 1919 Jût 
marquée, dans le domaine des sciences 
historiques, par une sorte de renaissance. 
M. te général Gouraud, Haut-Commissaire 
(le la République Française, l'a bien com- 
pris dès le début, et la fondation de la 
présente Bibliothèque n'est que le plus ré- 
cent témoignage de l'intérêt qu'il daigne 
porter à nos travaux. <> 



Le Gérant : P.\ii. GELniNtii. 



jU62-U>-21. — Tours, Imprimerie E. AunitLi cl C". 



L^'- 



LES nAN()L-'AN> \Z 

l'Mt 

CLKMKM IILAHT 



|„i liilli' riilii' li'N lliMiidcs t'I li's Sr|iliiiu(|i(l('>. ciilii' l'i'lciiii'iit iiatiii'ii iinli- 
j,'('ni' il le» ('(ivaliissi'urs turcs. i('m|ilil luiid' la [irtMiiiiTO moitié du oii/ii-iiu' .siècle 
de notre crc. L enjeu <li' la (lis|mti' rlail la |Mi''|MMidi'Taii(e dans le Klialilat j>ar 
la possession efleclive de Haf^dad. ia|iila!c di> KlialilVs Ahhassides, diiid le 
pouvoir temporel avait com|dètement disparu. mai> dnnt l'inlluence spirituelle 
dominait le monde mustdman. An milieu des timildes ipii aeenmpa^'nèrent 
les alla(|lle> de- Tuiis e| de> quereilo itde-lilie-. ipii alVailililiMit la famille de 
|{(iii\'. (le petits Ktal> >e (-n'èn-nl, cpii ne lurent pa> a»e/. |iui>sants p<iur 
mener une e\istene(> indi-pendante. mais vi-enreid en >e rattachant. |)ar des 
lieii> d'une \assalile a->e/, laelie, à lid ou lel >ou\eraiii ipn- la lortune des 
arme> la\ori>ail. Telle e-l celle dxnastie des Hainm-'.Vnnà/.. <pii ;:ouverna [len- 
danl ceiil ticnli' au> liuiaire- la ((mlri'-e de l.hdwànelde Kirmàncliàli, c'est-à- 
dire la roule même (pii de Ua^dad dormait accès à llamadan et aux hauts pla- 
teaux de riràq-'ailjèmi. Les historiens la néifligi-id ^ém''ralenieiit. et V Hiiri/rlo- 
pihlir tir l'Isliiiii la passée sous silem!e. Elle a pourtant juni- un rôle dans les 
éveriemeni> i|iii, à cette ('-poipie. chan^èreid la l'ace des (dio>es dans l'Orient 
musulman. Les pages ipii Miivenl >onl destim'es à faire revivre ces lij;ures 
oubliées. 

Dynastie I'E-. IUmh -Anna/ i''. 
.\bou'l-Fall.i Mul.ianmied bcu '.Vnnà^. 

! 

i ] i I . 

Abou'cii-Cliauk IViris. .\bou'I-Màdjid Molialliil. Surivhàb. Soda. 



III' III 

Abou'l l'ail.!. Soiià. Mol.iamnicd. Màlik. Abou'l riiianàUn. Bodr. Abou l-'Askar. 

l'i Lu tuMi' (lui rifiuio on luargo du TiirtUli Munatljdjim-biHlii, t. 11. p. 503, i-sl iiioompléU- 
et erroiu'o. 

SvRn. — n. ."M 



266 SYRIA 

I. — Abol'l-Fath .Mohammed ben "Annàz. 

Sauf un seul, tous los membres de cette famille portaient des noms arabes, 
et pourtant ils étaient dorigine kurde; le fondateur de la dynastie, Moham- 
med, était le chef des Kurdes Chàdhendjàn»", et régna vingt ans à Hohvàni-', 
dont il fut le prince. "Annàz, nom de son père, signifie a celui qui porte un 
javelot Ç(ina:(i) » . 

Quant à lui, il fut d'abord au service du Bouïde Abou-Naçr Bèhà-ed-daula, 
iils d "Adod-ed-daula Fennà-khosrau, fils lui-même de Rokn-ed-daula. qui 
succéda à Bagdad à Chéref-ed-daula ; c'est ce prince qui déposa le khalife 
abbasside et-Tà'i' en 381 (991) pour payer la solde des troupes en saisissant le 
trésor, enleva le Fàrs aux enfants d'izz-ed-daula Bakhtivàr, conquit le Kirman. 
et miiurul en i03 (1012), à l'âge de 42 ans, après avoir exercé le pouvoir 
pendant vingt-quatre ans'^'. C'est sans doute pour récompenser les services 
rendus à son maître qu'il avait obtenu, à titre de fief, la ville de l.Iolwân, 
mais l'histoire est muette sur ce point. 

Quoi qu'il en soit, c'est à propos de la ville de Uaqoùqà*'' que Moham- 
med ben '.Vnnàz prend ligure de chef d'armée. Il s'en empara en 387 (^997). 
Cette ville passa d'ailleurs en plusieurs mains au cours de cette même année. 
Elle appartenait alors à un clief de la tribu arabe des 'Oqaïl'^'. I.Iosàm-ed- 
daula el-.Mo([alliil ben el-Mosayyib, (jui s'était emparé de Mossoul en 386 (99lîj 
à la morl de son frère Ab(>u"dh-Dh;i\vwàd. malgié sa propre tribu, qui préférait 
son frère 'Ali en sa qualité d'aine ; mais el-.Moqallid mit t\o son côté une partie 
de la garnison île la ville et s'engagea à verser à Béhà-ed-daul;i un triliut 

('> 1iin-Kiuij)oCn, A'iW/) et-'//)ar, éd. ili' Bou- dem Geschlechie Bitjeli, p. 84; IIamdollau 

laq, t. IV, p. ylfi. MusTAUi-i, Tàrikh-i Gozidè, éd. cl frad. Gan- 

(') Ville sur la fronlière de T'Irùq-'anibi rt lin, t. I, pp. 176-177; éd. Brownc, p. -430 (la 

du T'IrAq-'adjéini, au pied des moutngiies, à date de 404 donnée par col auteur est erronée) ; 

cinq relois de Bagdad. Mcrdrid, I. 1, p. 314 ; 1iin-kl-Atiiîii, Chrunicon, éd. Tornberg, t. IX, 

YAqoCt, Moschiarik, p. 14"2; Hibtiolheca ijt'Oijr. pp. 55, 16'J. 

arab., t. IV, ù l'index; Abou'l-Féda, Oéoijra- (*) Ville entre -Vrlièles cl Bagdad. Mèniçid, 

phie, l. I, pp. 306-307; DiMAcngl, Cosmoiira- t. I, p. 405; Abou'l-Féua, Géoyr., t.l.p. 286; 

p/iie, Irad. Meliren, p. '250. YÀgoCT, Moschiarik, p. 181. 

l'i MIrkuomi, Itaiizat eç-Çafd, t. IV, p. .'il; t^' Prononcé aujourd'hui 'agél en Syrie. 
^ Fn. Wii.KK.N, Gfschichie der Sultane ans 



LES IJANOU-'ANNAZ 267 

annuel de deux millions de diiliems, sonuiie léduile [dus tard à dix mille 
diiiais jiaAés en uni- seule fuis. i\ la suile de tombals ipii se terminèrenl par 
une réeoneilialinii : le nouveau luaiti't; di' Mossoul nCul plus à paver que 
le, droit de protectorat {resm fl-liitiuhja). Ce clief aral)r. (|ui ('-tait iiorgne, enleva 
l)a<|où(jà. à la date piveitée. à Djibràïl heu .Mol.iaïuuied. l'autassin persan de 
la gariiJMju de l>ai;iJad. ijui s'idaii ('-levé au rang de coiulottiere et a\ ail ras- 
senddi'. eu vue de ra/./.ias ou plutôt de chasse à l'esclave, uiu' troupe (dusidi';- 
lahle. (|u'il avait uuMiie daruies ; sur sa rtuite. il passa près de |la(|où(p"i alors 
investie par el-.\l(i(pillid : les liahilanK de la ville iMijdurèi-ent le ^eeuurs du 
condottiere (pii les protégea et les iléreudit. Or il y avait dans celle même 
ville i\\'U\ chrétiens qui \ dominaient et en avaient réduit les haltitaids [mu- 
sulinans| à l'esclavage: un gr(iu[ie de ces dei'uiers alla Inuiver Itjihr.id pour 
lui i-eprésenter (piavant tie courii' à la guerre sainte, il devait délivrer la 
ville (le IVippression ipii |iesait sur elle; suivant ce conseil, il réussit à s'em- 
parer de ces deux chrétiens el à devenir le niaitre de la cili'. (pi'il ii-ajta avec 
justice'". Puis ce tut le tour d'td-Moqallid dv dominer, ius(|u'au moment où 
ell(^ jtassa en la jiossessiou de iMohauiined heu Anna/. : plus lard, elle fut prise 
paiOirvvàch'-' : ensuite elle passa an ponvuii- de Fakhr-ed-daida \ipnu-(ihàlib'^'. 
.VIors ce même Djihràd i-evinl à la charge, avec h; concours d'un émir luirde 
nommé Aloùçak hen Djakôvé; tmis deux renvoyèrent les agents de Fakhr-ed- 
daula et s'em[iarérent de celle Incalili'. Alhupo's eu>uile pai- lîedràn heu el- 
.\loiialli(l>" ipii les vaintpiil. ils perdirent celle possession. 

Kn '.Wl (100(i-|0()7 ). .MohamuR'd hen .\imà/. s'était ré-fugié auprès de lîàli' 

C IiiN-KL-Ariihi, I. l.X, pp. 88, !I5, ilG. V.\ ■ h la nVislimce tli' sos iiu.\iliairi's (li''ïir'iiiiU's, In 

Moqnllid fut assiissiné on 391 pur ses o.sohivrs victoire sur Alioii'l-AbbAs brn Wûril, scijtnciir 

lurca, ù el-.\iibi\r, pour se vcuger dos o-xi'cti- île lîarra, violoiro docisivc qui iiinri|ua la (in 

lions uuxqui'lli'S il s'éluil livré sur leurs ca- ilii piuivoir de ce personnagi". Iiinki. .Vruiii, 

maradcs qui avaient pris la fuite ;luN-i;i.-.\Tiiin, I. IX. p. \'M. 
(. IX, p. IKii. ('i Aboul-FadI IledrAn élait le frère de Qir- 

1*1 .Vbou'l-Mèui' .Molainaii-i(l-<laiila (Jiiwàih wAeh; il enleva er-Ual.iba [sur l'Euplimlo. 

élait le fils aine d'el-Moqallid et lui sueivila. eiilre Ilaqqa el 'Anaj à 'Isii bon Khilàj on;i99; 

Il joua un riMe eonsidérable dans les guerres yirvvAeh lui restitua Na^ibin en H7; il n'prit 

Intestines qui désolèrent ees régions. Ibn- eelte villeà Nnïr-eil-daulabeu .MervvAn eu 119; 

ChAkirel-Kotobi lui a consacré une noiicc bio- il l'obtint de nouveau «le Naer-ed-ilaula apK-s 

t'rapliique, l'awdi el-\\afayiil, t. H, p. 163. avoir leulé en vain de s'en emparer de vive 

I'' Kakbr-cd-daula ((i/i<i.'i el-Molki élait le forée eu ('21 ; il mourul en 42.">. Ihn-el-AtiiIii, 

miuisliv de H.bà-eil ilaula: il remporla, grà.v l, IX, pp. 148, -219, i57, -281», -«gS. 



2ns S Y 11 1 A 

lii'ii .Mi)l.iairiiiiccl bcu -MiKin'" lorsque Bedr ben Ijasanôyô '-' lui avait enlevé 
i.ldhvàn el Qiniiisin'^'. Bedr cuNoya un messager à Ràfi' pour lui rappeler 
raniitié qu'il avait pour son père, les droits quil avait sur lui Ràli'. le blâmer 
de l'asile aceordé à sou adversaire, et lui demander d'éloigner celui-ci. pour 
que lui, iJedr, pût eontimnn- d'èlre fidèle à ses engagements et à son ancienne 
auiitié. Kàli' n'acquiesça pas à cette demande : alors Bedr envoya un corps 
e\j)édi(innnaire vers les possessions de Uàli' à l'est du Tigre et les pilla. Ces 
tr()Ui)es alta(iuèrenl la maisou de Ràfi" à el-Matira<'', la pillèrent et l'incen- 
dièrent ; puis elles se dirigèrent vers la forteresse de Berdàn qui appartenait 
également à Ràfi', s'en emparèrent de vive force, brûlèrent les récoltes qui y 
étaient renfermées et comblèreul les puits. Ainsi repoussé des Etats de Ràfi'. 
Mohammed ben "Annàz se rendit à Bagdad auprès d"Amid-el-Djoyoùcb. qui 
lui donna un vêtement d'honneur, lui fit des présents généreux et lui promit 
son aide'^'. 

'.\mid-el-r)joyoùch (« soutien des troupes ») est le titre qui fut donné à 
.\bou-'Ali el-ï.lasan ben Abi-Dja'far Ostàdb-IIurmuz'''', général du Bouïde 
Çamçàm-t'd-daula '"'. lors(pi il fut chargé, en iiOO (1000), du gouvernenu'iit du 
Kboùzistan ou Susiane, province ruinée par les exactions de sou précédent 
gouverneur. 11 avait rendu de grands services à son maitre. Kn 383 (!H)3), il 
s'était emparé de la forteresse où s'étaient ré-fugiés les lils de |{akhli\àr^^^i ; 
en 387 (!M)7), il avait été chargé dune mission auprès des mercenaires déïlé- 
uiites en vue de leur distribuer de l'argent : il s'empara de Djondéï-Sàboùr (pii 
appartenait à B(''hà-('d-daula et chassa les uierc(^naii'es turcs du Khoù/.istaii. de 
sorte ipi'il resta maitre du pays. Çamçàm-ed-daula ayant été mis à mort en 
dhou'l-hidjdja 388 (iléc. W)H) a|u-ès avoir régné dans le Kàrs neuf ans et huit 

\'> Suriioimnc Almu-Dii' fl Cliiliàlj-cd-dinila ; son nom ; elle est fréquitnmeut cilôe daus los 

fp chef nral)C ('tnit poMf cl mourut en 401). poésies des khalifes. Cf. ;U<"'r(ivtf', t- HL P- "'• 

liiN-Ei.-.\riiin, I. IX, i.p. 9'i, 183. i-'i liiN-Ki.-ATiiiu, I. IX, p. 138. 

1^1 Fondateur de lu dyii».-*lie kurde des Nasa- C'i Ce nom persan du père de 'Amid-el- 

niVides à Dinnwar. Djoyoùch si'jnifle « Celui qui a Almra-Ma/.da 

('I Nom arahe di! KirniAneliAh. Cf. Bafiiukii pour maitre ». 

i)K Mkin.miii, Dictioiinnire <le In Perse, p. 438. (•> Autre fils d'Adod-ed-daula Kennà- 

I*» riourgade des environs de SAmarr» où Kliosiviu, qui mourut en 3S8 (998). 

l'on se rcndnil en villé-^iature ; elle fut eons- i") l/.z-ed-daula Abou-Man(;oilr Itakhtiyàr 

truite il la fin du klialifai d'el-Mamoùn par fut exéeuté en 307 (97"-978). 
Malar lien Ka/.àla eeli-CliéiliAni (|ui lui donna 



LES H A N O L' - A N N À Z 269 

mois, "Aiiiid-rl-hjoyoricli, on 38!» (!»!»!»), se sniiinil à B(''li;i-('il-ilaiil;i axcc sos 
lioiiiii's (irMli'iiiitf'S ; cest à colle occasion que lo> liistorions ra|i|Mirlr'nl relie 
CDiiliiMM' (li's ni(inlii}inaiils ilo, la Caspienne quo. iiiiainl ils avainil n'Sdhi (Je 
l'aire la paix, ils liviaionl dabord un violcnl conilial ilcslini' à rlir lo tit-rnirr. 
alin (ju'on no put si)U|)i;onncr la (jualiti' do lonr iiiaviuiio. Kn U92 ( 10(12», il fui 
envoyé par l{oliù-od-d;iula. son iinuMaii niailic n'-taldir l'ordre on Ir;u(- 
Arahi; on :i!»;{ ( HKliJ). il lait la j^uorre ii Aliou-Dja far l'I-lladjdjàdj el le chasse 
do r lrà(j (jii"il jïoiivornait an nom ilo hidià-od-danla. i)o nnnv oau. cotlo môme 
anni'o, il fui cliarj:!' do maiidonir la soonrilé à hajidad. di-xasli'i- par los Itri- 
j;ands ; il inloidit an\ Snnnilos ol an\ Clii'ilos do niarMfo>ti'r pnldicpiomonl 
lonrs crouinoos. ol exila llin-ol-.Mo'allini. jiirisoonsnllo do Imaniilrs. I/annoe 
snivaido. avant à coruhallrc Alxin'l-'Alihà- hcii Wàcil ipii >V'lail oiniian- dr la 
lîalil.ia. il osl >iiipris par oolni-ci cl perd st-s haj,'agos ol sos Irôsurs. Avant roru 
mission do {{idià-od-danla. en MH (lnO(i-7), do lomhattro iJi-dr lion l.lasanùyè 
(jni avait |irrlo son cimconrs à sos adversaires, tid- ipi' Vlmu 1- Al)lià> lion 
\Và(;il, il ciinclnl la paix avec co hcdr movcnnaid lo paiomont des dépenses 
faites pour éi[uiper I arince. Il montiit à liajidad r\i toi à ràj,'o de il> ans. Son 
pèi'o avait eli' riin ile> iliainliellaii> ilii lîminle Ailml-ed-daula. et c'est celui-ci 
(pii avait jtlaci' le l'uliir ViiiKl-ei-hjnvoiu li au -erviee de son fils. Çamoàm- 
ed-daula*". 

Nous venons de [parler d'Almul-Aldiàs lien \\ àiil ; il fui arrêté à Ivlià- 
nit|îii'-' par .Mohammed hon '.Vnnàz on :i!)7 ( |00ti-7 n'tomnu'iié par lui à Baijdad ; 
mais, sur un ordre do |{('dià-od-daula, le rolielle fut oxé-euté en cours de roule. 

.Moha H'd hen ".\nnà/, mourut à l.lnivvàneu iol i !o|0-io| I i. a|iros avoir 

liouvorué cette province pendant vingt ans. Il mil pour successeur >on fils 
Ahou ch-C.hauk Kàiis. Des tidupes fuient env(iv(''es do lia-idatl pour comballre 
c(dui-ci. «pii >e poi'la à leui- renconlre ci leur livia un i-ude comliat. mai> il 
l'ut vaiiHU ol force de s'enfuir à l.lolwàn où il séjourna jusipi'au nmment où il 
arrangea ses all'airos avec le ministre Ahou-(jliàlili quand celui-ci se dirigea 
vei's r li'àq- aialii ' ''. 

('I liiN-Ki. Atiiî», I. I.\. pp. (iT. '.I',, KM. Imi. iimiquabk' |)ur un<' source abondnnli^ilpnaplite 

lltt, l-2ii, 1-29, I3!l, 157. ,.| par un giiiml poiil «le viiigt-<nialre arclies. 

1*1 Ville sur la nmto (!.■ Hii^thul à llimiadaii. Mird,;id, t. I. p. HHG. 

A six pnrnsanfirs ilo (Jarr-Cliiriii. Kilo t-lail le- l^'i lH>-Ki.-ATiiiR, I. I.\, p. 158. 



270 SYRIA 



II. — Abou'ch-Chauk FÀRIS. 

AI)ou"ch-Ch;iuk avait reçu le titre honoritique d(? l.lusàm-ed-daula. En 
iUl (1013-1014), le chef de la tiiliii araijo des Banoii-Asad. Ahou'l-I.lasan 'Ali 
lien .Alazyad el-Asadî. marcha cuutre lui avec l'intention de le conil)attre. mais 
ils lirerit la paix avant d'en venir aux mains: et le fils de ce chef, Abou'l- 
Agharr Dohc'ïs hen 'Ali. épousa hi fille d'Abou'ch-Chauk. 

Cet 'Ali ben .Mazyad a aussi son histoire. 11 portait le titre de Sanad-ed- 
daula. En 387 ('■>'■>"), il se ré\olta contre Béhà-ed-daula, fut poursuivi, se sauva 
dans un endroit inaccessilile. puis se soumit. Les Banou-Asad s'étant joints aux 
"Oqaïl chassés de Ctésiphon [lar L5éiià-ed-daula en 392 (1002). Abou-Dja'far 
el-Hadjdjàdj marche contre eux à la tète de renforts tirés des Khafàdja (juil 
avait fait venir de Syrie; la batailii-. livrée en ramadan aux environs de Bà- 
Karm, tourna au désavantage des Dédémites et des Turcs. Dans une seconde 
bataille près de Koùfa, les 'Oqaïl et 'Ali ben JMazyad furent mis en déroute et 
pillés. Fâché contre Béhà-ed-daula. il quitta le Klioùzistan en 397 (IOO()-7) et 
alla rejoindre Bedr ben Hosanôyè ([ui avait réuni des forces considérables et 
marchait sur Bagdad ; mais cette année se dispersa quand on apprit le succès 
de Béhà-ed-daula sui- Abou'l-'Abbàs ben Wàçil : "Ali jjen .Mazyad rentra dans 
son pays. En 398 (1007-8), il intercéda en faveur d"lbn-el-.Mo'allim expulsé de 
Bagdad et obtint son rappel ; en 402 (1011-12), il intervint pour faire relâcher 
Soltàn, fils de Thanial el-Khafàdji. emprisonné à Bagdad, et dépensa l)eaucoup 
d'argent pour arriver à son but. La même année, il est chargé de venger la 
caravane des pèlerins massacrée et pillée par les Khafàdja ; il surprend ceux-ci 
près de Baçra et rentre en possession d'une pailie dos biens enlevés. Il reçut 
un vêtement d'honneur de la part de SoUân-ed-daula'" en 403 (1012-13) : l'an- 
née suivante, il attaque de nouveau les Khafàdja sur l'ordre du ministre Kakhr- 
el-.Molk. En mobarreni 40o (juill. 1014). il fil la gueire aux fils dr Dobéïs pour 
venger la mort de son frère Abou'l-dhanàïni assassiné par eux: il avait pour 
femnw la sfcur de ses adversaires. Il remporta la victoire, et le ministre Fakhr- 
id-Mnlk. d(inl il venait de trouvei- dans le bnlin des Icllres ccunpronu'Kaides, 

('I Al)ou-(;iiniljà\ fils (le Itcliii-od iluiilii, qui mourut en 415 (d025)-, cf. \Vii.ki.n, ufj. ImtJ., ji. '.)(). 



LES BANOr-'ANNAZ 



271 



se vil obligi^ ilf lui donner ritivcstilurc ilo la .Mésopolamif r)r)béïsivva. sauf cer- 
taines lucalilés telles que et-Tib"'. Qun|<)iib'->, etc. Toutefois .Modar. IILs de 
Dobéïs, le surprit <le nuit et jiilla son caiM|i : il fut contraint de s'enfuir à en- 
Nll'". En i()() (lOlo-Ki). coinnie nous le verrons ei-a|irès. il prêta son concours 
à Abon'ch-Chauli contre Tàliir ben Ililàl. L'année suivante, une sédition avant 
éclaté à VVi\sit entre Sunnites et Clii ites, ceux-ci. expulsés, se réfugièrent au- 
près de lui. Il mourut en dbou'l-qa (la iiiS (avril Mit8), laissant pour chef de 
la tribu son lils .\oiir-ed-daula .Vbou'l-.Vfriiarr iJobéïs"'. 

Heprenons lliisloire d'Abouch-libaulv Fàris. Kn Ktti ( l(»Li-|(»|<i». le 
Hoiiïile Cbenis-ed-daula, lils de Fakbr-ed-daula '", mit en liberté Tàbir, tils de 
Ililàl ben Medr et lui lit jurer de lui obéir ; i)nis des troupes se rassemblèrent 
autour (le lui. de sorte (juil devint tVirt. lutta contre .Miou'cb-Cbauk et le mit 
en fuite; Soda, frère d'.Vbou'cb-Cbauk. fut tue. Lue seconde l'ois. Uhm'cli-i^hauk 
fut mis en déroule par lui et ?> 'enfuit jus(prù l.loKvàn: .Vli ben .Ma/.\ad lui pro- 
digua son concours, mais il ne recommença pas la lutte. Tàbir s'établit à 
à Nuliréuàn, lit la paix avec .Vbou'cb-C.bauk et épousa sa steur. Lors(|iie Tàbir 
se crut assuré de son adversaire, celui-ci laltaqua à Liniproviste et le tua pour 
venger la mort de son frère So dà ; ses compagnons enlevèrent son corps et 
l'enterrèrent au mausolée de la Porte de la l'aille ( Uàb-et-tibnV ''. Ku 41 i 
(|()2.{), Alà-ed-daula le Kàkoide'"' s'empara de llamailan. de Dinawur qu'il 
enleva à .Vbou'cb-dbauk. et de Sabuur-Kliwàst''*'. Ensuite ll(i>àm-ed-daula 



(" Ville hiil)itiV [lar des AranuViis, ontn- 
WAsil el la Susiniie. Aiiou'l-Fki>a, Gécujr., l. 1, 
pp. 3U-3I';. 

(•■ Kiilrc Wriçit, Hai.Ta ol «'l-.\li\và/., à sept 
parasaiiges d'cl-Til) cl ù dix de Siise. Aboi'l- 
hViiA, o/). cil., t. I, i7)ii/. 

i'> Polilc ville de Itabyloiiie, pK>s de Milla, 
(|ii'on appelle aussi Hilla des Kaiiou-Mazyad. 
(I.iro ainsi au lieu de .\'éil, que porte le lexle 
imprimé d"lii>-Ki.-.\TiiiH). Cf. Ahoi,'i.-Fkd>, 
r,cn;ir., p. 2'.t6. 

('I liiN-Ei.-ATMiu, t. IX, pp. !)7. 1-21. l.iCi, 
«53, l«6, l(i7, 171, 174, IM-2, 20ît, IV,. 

(■'" Fakhr-ed-daula ôlait un fils de Uoku- 
etl-daula (Wii KKN, pp. 76-77>. 

C^' Le oimel ièi-e de Bèb-cl-Tibn est eilé par el- 
Khalib el-llagtidAdi, Vhilroduclion lopogni- 



IHiijrnjihique à VllUloirr de Uaijdiidh, tnid. 
(!. Sidmou, pp. Gi, 83, 160; il fut inondé en 
307. (réi.iil re.xtrémité nord de la villo du 
temps d'Al.iinetl lien l.lanlial : cette |>artio de la 
ville élail en ruines du temps de Ydqoùt (t. I, 
p 443 lel Iransfurméc eu champs eii.«emencés. 
- Sur ces cvénemeuts, voir Iun-kl-AthIii, 
t. l.\,p. I8J: lBvKu%LDOt-N. t. IV, p. ,S17. 

('' Sur la dynastie des Kiikiiîdes, voir 
VEncyclo/ièilie de ilslaui, s. h. v. 

i"' Villo située entre la Susiaue, dunt elle est 
?i''pan<<' par les raonlagues des Loun?s, cl Is- 
p.-ilian, à viuiît parusanges de .Nél>;lwend. Cf. 
.Urniciif, I. II. p. I; KtiiBi»:* i»: Mktmhd, op. 
Itiud.. p, i'H. Son nom e^t oribogi-aphié Châ- 
bor^KhAst pnr li.riKURl. pp. 1!»7. i(i|. et Ibh- 
y*iQ«i., p. •26». 



272 SYRIA 

marcha contre Abou'ch-Chauk. mais celui-ci lui envoya Mocharrif-ed-daula 
pour intercétlcr en sa faveur, et l.losàm renonça à son projet*''. 

En 420 (1029), Abou-Kàlidjàr ^(-'. se dirigeant vers Wàsit. convoqua 
Qirwàch, prince de Mossoul, qui ne se rendit pas ;i son incitation ; Djèlàl-ed- 
daula*^' rassembla ses troupes, demanda du secours à Abou'ch-Chauk et à 
d'autres, et descendit le fleuve jus(iu'à Wàsit. Abou'ch-Chauk envoya plus tard 
un espion à Abou-Kàlîdjàr pour l'informer de l'arrivée des troupes de .Mah- 
moud le Ghaznéwide à Tokliar, avec l'intention d'attaquer l 'Iraq, en lui pro- 
posant de faire la paix et de s'entendre pour repousser les Ghaznéwides hors 
du pavs'*'. La même année, el-Moqallid. fils d'Abou'l-Agharr ben iMazyad, 
passa le Tigre pour se rendre auprès d'Abou'ch-Chauk et séjourna auprès de 
lui jusqu'à ce qu'il eut amélioré ses affaires '='. 

Dans la même année encore, les Ghouzz s'emparent de .Mossuul. Qirwàch. 
prince de cette ville, descend le Tigre jusqu'à es-Sinn f*^' et demande du 
secours à tous ses voisins. Djèlàl-ed-daula ne lui en envoya point, n'étant plus 
obéi par ses troupes, composées de Turcs ; au contraire. Dobéïs ben Mazyad 
se rond auprès de lui, ainsi que la totalité des Oqaïl ; des secours lui vinrent 
encore d'Abou'ch-Chauk, d'Ibn-Warràm'"' et d'autres, mais ceux-ci n'arri- 
vèrent pas à temps pour empêcher l'événement, c'est-à-dire la di'-faite des 
.Vrabes par les Ghoùzz le 20 ramadan (2 octobre) (*'. 



\'' InN-EL-Ariiîn, t. I.\, p. 2.33. 

C .\bou-Kàli(ijâr Morzliàn est fils de Sul- 
làn-('(l-daiila; il mourut en 44n(10i8i. Fit. \\il- 
KKN, op. cit., p. 94. 

t'I -Vulrc (ils <li> Sullàn-cd-d.iula, né eu .183 
(99.3;, mort en «."i M044). 

(*) IlIN-EL-ATilill, I. IX, p. 264. 

l^t/d., op., t. l.\, p. 266.' 

C' .Vppelée aussi Sinn-BùrimA, pour la dis- 
tinj;u(!r de ses homonymes; villo sur le Tigre, 
au-dessus de Tekril, au confluent du Zàl) infé- 
rieur. Cf. Miriirid, t. Il, p. 60; YàqoCt, Musrlila- 
rik. p. 2b7 ; Anot't-FKo v, Geoj/r., p. 288-289. 

l"iAl)ou'l-Fath ben Warràm. C'est Inpremiéi-e 
fois que le nom de ce chef arabe apparaît dans 
riiisloire, mais non la dernière. En 448, le 
khalife falimitc el-Mostançir envoie des vêle- 
ments (l'bouneurà différents chefs qui avaient 



reconnu sa suzeraineté, tels qu'cl-Basàsiri, 
Dobéïs bon Mazyad et plusieurs autres, parmi 
lesquels Abou'l-Fatl.i ben Warràm. Les vic- 
toires de Toghrul-beg le Seldjouqide allaient 
bien vile les délacher de eette alliance. La 
même année, Dobéïs el (Joréïcb, après avoir 
reconnu le Seldjouqide, lui demandent de 
leur envoyer Ibn-Warràm, ce qu'il fit, et celui- 
ci revint d'auprès d'eu.\ en rapportant la re- 
connaissance de la souveraineté de Toghrul-beg. 
Kn 450, il est fait prisonnier lorsqu'il se trou- 
vait en compagnie de Dobé'is qui suivait el- 
liasAsiri fuyant devant les Seldjouqides ,dans 
l'affaire où celui-ci fut tue. Il accompagna 
Toghrul-beg lors de son retour à Bagdad après 
sa c:inipagne dans la lîaliba. Cf. lnN-Ki.-Ariiiu, 
t. t.\, pp. 276, 4H0, W3; t. X, p. 5. 
(•I IuN-EL-.\Tni«, t. I.\, p. ■_'■(). 



LKS HANOlî- ANNAZ 273 

F'-n 421 (I0:J0), Abouch-Chaiik mil le sièjîo doviint Daqoiiqi\, possiMJéc 
alors [tar Màlik, lils ilc IJiMliàn lien cl-.Muqalliil cl'Oqaïli ; rinveslissciiient 
traîna on lonj^uenr. AlidiiCli-dliaiiK lui avait envoyé un mcssafîo pour lui faire 
connaître (jue cette ville avait a|iparti'iiii à son père, qu'il en rrciamait avec 
iiisliinci! la [tossession. et (pie la seule coiiduite à tenir, pour son détenteur 
actuel, était de la quitter; mais jMAlik se refusa à la livrei-. et Ahou'ch-dhauk 
vint l'y assiéger; ensuite il fut victorieux et cninpiit le pays. Màlik lui de- 
manda une sauvegarde i>our sa personne, ses liiens et ses ciunpagnons : le 
\ain(|iieui' la lui accdnia |p()iir sa [lersonrie seulement. Loi'sque .Màlik sortit de 
la ville pour la rendie. Alioucli-dliauk lui dit : « .le t'avais précédeminent 
demandé d(! livrer la ville \(dontairemenl et de cesser de faire couler le sang 
des Musulmans; tu n'en as rien fait. — Si je l'avais fait, répniidit .Màlik. 
les Arabes m'auiaieiit couvert de honte, tandis que maiidenant il n'y a aucun 
déslioMMcur pour Midi. — l'oiir compléter mes hieiilails, reprit .Vhoii cli- 
(iliaiik. je te remelliai les biens et les compagnons. <> Il lui restitua en ell'et 
tout ce (pi'il |(ossi''dait . .Màlik reprit son bien el s'en retourna sain et sauf ' . 

Kii 42(1 (lOiUI). .\boii-Sa'd lien Abd-er-Habim. minisire de Djrdal-ed- 
ilaiila. (jiiilla son ministère et se rendit au[U'ès d".\bou(li-('.bauk. La carrière 
de cet administrateur lut on ne peut [)lus mou\eiiieritéc. Il s'ap[ielait .Mol.iani- 
med lien el-l.loséïii bon '.\bd-ei-Uabimet avait succédé en 4l'.t(l02S)à .\bou- 
Tàbir el-Mohassiii beii 'j'àbir. destitué a[très quarante jours de pouvoir; ci'lui- 
ci avait lui-même succédé à el-l.lasan ben Ali beii-Dja'far .\bou'.\ll Ibn- 
iMàkoùlà destitué. Kn 4"21 (1030), il est de nouveau nommé ministre après 
!bn-.Màkoùlà reutn'' en grâce el reçut à cette occasion le titre bonoriliipic 
d' .\mid-ed-daiila. De nouveau desliliié en ii'2 (KKJI), il fut remplacé par 
.Vboii'l-Kalb Mid.iammed ben (d-l-'adl lien .Vrdé'cliir dtint les fonctions ne du- 
rèiTiil (|iie (piel(|nes jours. Vax il'A (|(i:j-2), lorsipie l)jèlàl-ed-daula fut rappelé 
à Magdad par les Turcs révoltés, il [irit comme ministre d'abord .Miou I- 
Oàsim Ibri-.Màkoiilà. et ensuite noire .Miou-Sa'd (|ui le resta «pielques jours, 
puisse cacba à la Miite d une nouvelle ri'Volle des Turcs qui le dépouillèrenl. 
l'mir la cinquième fois, il rede\int ministre du même prince en 4'2"> (HKli), 
mais pour peu de tem|is. Ku ii(i (ltt:tj >. ronmie nous MMionsde le voir, il quitta 

Cl Iii.n-i;l-AiiiIh, o/<., t. IX, p. 080. 

STni.i. — II. 3ô 



274 SYRIA 

son posli- et alla rejoindre Abou'cli-Cliaiilv : il fut remplacé par Ali(m"l-Qàsim. 
mais sous ladministration de celui-ci les réclamations des troupes se multi- 
plièrent ; il s"enfuit, mais fut repris et conduit au palais du gouvernement, la 
tète découverte et vêtu d'une tunique légère : son autorité avait duré deux mois 
et Imit jours ; on rappela alors Abou-Sa'd au pouvoir. Celui-ci fut arrêté en 427 
(lUJ(j), étant ministre pour la sixième fois. Al)OU-Kàlidjàr, entrant à Bagdad en 
436 (1044-4.")), après la mort de Djélàl-ed-daula. en expulsa le ministre et 
son frère Kémàl-el-Molk ; le premier se rendit à Tekrit. 11 mourut à Djèziret- 
lltn-'Omar en dliou"l-qa'da 439 (avril 10i8); il était poète'". 

Al)Ou"ch-Cliauk est. en 428 (1037J, du nombre des auxiliaires qui aident 
le grand cluimbidlan Bars-Toghan à se soumettre à Abou-Kàlidjàr qui tenait 
la partie orientale de Bagdad, tandis que Djélàl-ed-daula dominait la partie 
occidentale. Ce Bars-Toghan'-' est cité pour la première fois à l'occasion d"un 
soulèvement, en 422 (1031). des jeunes esclaves qui allèrent trouver Djélàl- 
ed-daula pour lui dire qu'ils mouraient de faim et de misère, à raison du pouvoir 
que s'étaient arrogé les généraux Bars-Toghan et Vildirek'^'; ceux-ci les 
avaient appauvris, ainsi que le sultan. Quand ces deux personnages eurent 
vent de cette démarche, ils refusèrent de monter à cheval pour se rendre 
auprès de Djèlàl-ed-daula et de se montrer conciliants. Les esclaves leur 
envoyèrent réclamer ce qui leur était dû, mais ils sexcusèrent de ne pas leur 
|»ayer leur pension, vu qu'ils n avaient pas d'argent, et ils partirent pour 
Clésiphon. 

Les Turcs se repentirent de ce (pi'ils avaient fait; Djélàl-ed-daula envoya 
il ces deux personnages Mo'ayyid rl-Molker-Rokhkhadji, el-Mortadà. et d'autres 
encore; sur leurs insfaïu-es. les deux n''fugiés re\ irucnl. Alors les libertés que 
prenaii-nl les esclaves à l'égard de Djélàl-ed-daula s'accrurent au point qu'ils 
pillèrent, dans sa nuiison, des tapis, des ustensiles, des bètes de somme et 
autres ()l>je(s. Au moment de la plus grande clialrur du j<iur. le sultan monta 
à ciieval pour se rendre au palais du Khalifr. accninjjagm- il'un petit nombre 



l'i lii.N-KL-ATiiiii, op., t. IX, pp. "260, 280 bis, l^i Eu lurr-oripiital : (( panIlK ro-faucon ». 

2X7 Ws. -288 his, 298, HO-i, :W, Xi8, .^39, 370. ,3, Qu Vil,l„„k, vari.uilr .h.niuT par Us ma- 

lljr/.iri'l-llin-'((tnar es! la villi" liii'ii cunnui' ilii niiscrils. 

Kll^lli^^lall, au boni tlii Tigre, à (rois jounicos 
(le iliiilaiirc' au nuril de Mossoul. 



LES BANOl-'ANNAZ 275 

de rikàhiyya (écuvfrs) ot ilCsclavcs, mais d'une j^raiido foiilo de iifiiplf : il 
était ivre. Le Klialifi- lut dalidid tmiilili'' |iar sa invsciicp. mais (|iiaiid il fut 
informé do la situation, il lui ruvoya l'oiiln- de i-clouiurr ii >a dcMiruic cl île 
se traïKjuilliscr. Itjrlàl-cd-daula Itaisa le [Kimmeau di' sa selle, fiidta le wmv du 
paliiis avec, sa maiu ipiil se pa.ssa ensuite sur le visaj^e, et rentra clic/, lui, 
suivi de la foule'''. 

Ce fut en '^2^i (lOMTj quéclala la mi-sinlelligence entre |)jèlàl-ed-daula et 
Bars-Toglian ; le prcmii'i' lui im|)ulait la si'dition des Tuics. cl c(Mi\-ii l'accu- 
saient de s'emijaier <lcs roilunes. Le giand-c|iaud)idlaii craignit |inur lui-mcme 
et se réfugia au palais du Khalife au mois de rédjeh de l'aimée |ii-cc(''denle 
('i27 = mai !(>:Jti). Des messages furcrd échangés à son sujet entre jljélàl cl le 
kluilife el-Qàim hi-amiillah. i|ui le |iio|cgca. De son coté iJars-Toglian ciilrc- 
tenait une correspondance a\ec .\l)ou-l\alidjiir ipii expédia un ((iip> de 
troupes. Ie(|uel. arrive à W àsit. vil se joindre ;i lui la garniMiu de ceUe \illc : 
ils en expulsèrent cl-.MeliL id- .\/.i/.. Iil> de lijelàl. (|ui lemonta le coui> du 
Tigre pour aller retrouver son père. .V ce moment IJars-'ioghan h'va le 
voile, se lit suivre îles jiMines esclaves (|ui poussèrent le cri de guerre d Ahou- 
Kàlidjàr ol cliassèreiil Djidal Ar hagdad ; cidui-ci >e rendit à .Vwànà'-', aeeoin- 
pagné d el-Hasàsiri. Hars-Toghan rciivova le minislre .Vhoul-KadI td- Whhàs 
hen el-IJasan Kèsàndjès el s'occupa de radminislratiiui th's all'aires en (jualilé 
de lieiilenanl d'Alioii-Kalidjàr ; il en\ova demander au Khalife de faire dire le 
prone au nom de celui-ci; le Khalife allégua pour excu>e les traités conclus 
avec Djèlàl ; mais [{ars-Toghaii conlraignil le [nédicaleur à prononcer le 
nom de son mailre. Il \ cul des disputes eidi'c les deux paiti>. Les troupes de 
W'àsil vinreid rejoindre Ikirs-Toghaii à I5agdad el le suivirent. La situation |tiit 
diverses formes : Djidàl revint à lîagdad et s'installa diins la partie occidentale 
en coni|iagiiie de Uirwach lien el-.Miii|.dlid. de la trilui d'Oipid. el de IIoIm'Ïs 
hen .Mi heu .Mazyad, de cidle d'.Vsad ; on lit le prone en son nom dans celle 
partie, tandis (ju'on coidimia de le faire en cidui d'.Vhou-Kàlidjàr dans la partie 
orientale. .\liou'ih-( ;liaid> ci AI)ou'l-l",i\\ari> Mançoi'ir hen (d-l.lo>ein aidèrent 
iJars-Toghan à maiidenir l'oheissance due à .Vhou-Kàlidjàr. 

Puis Djélàl parti! pour el-.\id)àr et (Jirvvà( h pour .Mossoul : le grand- 

(" liiN-Ki.-ATiiiii. t. I.\. |). iSùhis. élnit sr|i!inv parle Ti.i;ri>, à dix |iorusaiigi<» ilc 

(«1 i'elile vin.' en fniv d'OkliiirA, iloiit .11.' Itaplnd. .Wir.i\i</, I. I, p. U»0. 



276 SYRIA 

chambellan fit arrêter Ibn-Fésàndjès ; Mançoùr ben el-l.loséïn rentra dans son 

pays. 

Bars-Toghan apprit qu'Abou-Kàlidjàr était retourné dans le Fàrs ; alors 
les Déïlémites qui l'avaient rejoint à litre de renforts Tabandonnèrent, ne 
voulant plus sans doute servir un maître d'origine turque et entouré de ses 
congénères ; sa situation s'aiïaiblit ; il mit ses biens et sa famille sous la pro- 
tection du Khalife et descendit le Tigre jusqu'à Wàsit. Djélàl, rentré à Bagdad, 
envoya el-Basàsiri, el-Morchid et les Khafàdja à sa poursuite : Djélàl lui-même 
les suivit, ainsi que Dobéïs, et ils le rerieontrèrent à el-Khaïzoràniyya'" où se 
livra la bataille; Bars-Toghan lomba de cheval, fut fait prisonnier et conduit 
devant Dji'dàl (jui le condamna à mort et le fit exécuter; il était âgé d'environ 
70 ans. Djélàl marcha sur ^^'àsit et s'en empara, puis il remonta le cours du 
fleuve jns(iu'à Bagdad. Les Turcs devinrent faibles, les Arabes s'emparèrent 
de leurs fiefs, qu'ils ne purent défendre. Depuis le moment où Bars-Toghan se 
trouva en lulle ouverte avec Djélàl jusqu'au moment où il fut tué, il s'était 
écoulé si\ mois l'I dix jours*-'. 

En 43U (1U38-IU39), Abou'ch-Chauk s'empara de la ville de Khoûlen- 
djàn*^!, ainsi (pu- de celle de Kirmànchàh, dont il avait fait enqn'isunner le 
chef, (pii était des Kurdes Ooùhiyya. Le frère de celui-ci se rendit à la furle- 
resse d'Arnaba et s'y défendit conlr'e Abou'ch-ChauU ; il plaça ses troupes 
dans la ville de Khoùlendjàn pour les proléger contre celui-ci. Quand arriva 
laiméfi présente. Abuu cli-(ibanlv envoya contre celle dernière ville mur armée 
qui l'assiégea sans jwuvoir ai'river à (juoi que ce fût. 11 ordonna à l'armée de 
revenir, et donna l'assui-ance aux gens de la ville (pu' son départ était défi- 
tiilif; |iiiis il ('(luipa une aiilre arMH''e en un cnips ('\[i(''diliiuinaii-e {iljn-idu) 
sans {\\\v pci'SDuruî en sût ri(!n, la mil en roule le jour même et lui ordonna 
de [)iller le faubourg de la l'orleresse d'.\rnaba, de tuer ceux dont ils pour- 
raient s"empai-er. cl de cniii|ilc|('r leur- expédiliim en se iciulaiil iinmédiale- 
mi'id il KliiMili'iHJjàii. de niiiiiièii' à l'alleiiKlre avant (lu'dii lui |ir('\eiiu de 



CI Mcriiriil, I. I, |i. MTS, rl-Kliiiï/orriiui, caii- KliAii Lcmljini, (■oiisidi'ri'c ciiinmi' fiiismil par- 
ton dépciiiliiiil di; Wi'isil dniis lu lliilil.ia. lie du l'Virs. MiTiii;id, I. I, p. 'A'M: Vàiuh'i 

I'' IiiN i:i,-ATFiiii, l. I.\, pp. :!(I8-:W.). Moschliirili-, p. 132; H. ni-: MiaNAun, "i>. ril. 

(■'I Ville drpriidniil rl'lïipnhan. du cùtû de la p. i\)T>; l'.ihi. iicmir. ar. à riiidox. 
Susinne (Mo(,i*i>ii<;»l, |). ^H'.)). C'est lu iiiùiuf (|uc 



LES HANOC-ANNAZ 277 

leur marche. On excîuuta ces ordres et l'on arriva devant celle ville sans que 
la garnison fût préparée à les recevoir; celle-ci combattit quelque peu. puis 
elle (l('iii;iii(l:i à capilnler, de sorte que les assaillants en prirent possession. 

Les iiiiiires (pii s'\ troii\ aient se l'ortilièrent dans la citadelle située au 
milieu dr la \illc; elles y lurent assiégées par les troupes d'AIjou'eli-Chauk, 
(|ui s'en emparèrent dans le mois de dli(jiVi-([a da (août iOiJO) "'. 

L'ariiiée suivante ('^'^[ = I(j;{'.l-i0ifjj. la guerre éclata entre Ahou'l-Fatl.i, 
lil> d \l)ou'cli-Cliauk, et son oncle Molialliil. Le premier était le lieutenant de 
son pèri' dans le eaiilon dr iMnawar; sa position était devenue considérable; 
il avait con(|nis un ti rlaiii immlire de forteresses et avait réussi à protéger ses 
possessions ((mire !(••> alla(|iie> de^^ (iImui//,, ddtd il avait tué une grandi> ipian- 
til(''. Il devint or ;,Mieiileii\ et cosa d (d)éir aux ordres de s(m père. An mois de 
elia liaa (a\ril-Miai iniOj, il se rendit devant la forteresse de IJolwàr pour s'en 
eMi[iarei-: il s"\ ti'ouvait la femme du seigm-ur de cette \ ille. (jui était un Kurde: 
celle-ci conq)rit ipi'elle navail [las la force de la défendre; tdie adressa un 
messag<^ à Abdialliil. lils de .Mol.iamnuid ben Anna/., alors au milieu de ses 
tetdes dans les environs de Çàmégliàn'-'. et (die Ini (jlFrit de lui rendre la for- 
teresse. (;(dui-ci demanda à renvoyé si c'était .\bou l-Fatb en persomie (pii 
assiégeai! la ville, on seulement son arnn'-e. I/envoy é linforma (pi.Vbou'I-Katl.i 
avait (|nilté les lignes de linvestissement. et (|ue stm armée seule y était restée. 
.Mors .Mohalbil se mit en nian lie [)om- cette direction : mais, arrivé à destina- 
tion, il s'aiier(;ul (pi'Abou'l-Fatl.i était revenu devant la forteresse. v\ il gagna 
\in endiiiil (|ui lit croire à son neveu (|ue celle ville n Clail |i.is le but (ju'il 
poursuivait, puis il revint sur ses [)as : Abon'l-Falb le suivit et l'atteignit: les 
deux arun-es s'aperçurent l'une l'autre ; alors .Mohalbil revint vers .\boul-Fatl.i 
et la lialaille s'engagea, (le dernier constata un changement d'attitude dans ses 
troupes: il eut peur d". Ile- el prit la fuite, ses compagnons le suivirent en 
(b'Tonle. Laruh-e de Molialliil massacra les fantassins de l'arnu'e ennemie et 
conliiiiia la |ioiii>uile des l'nvards en Inant et en faisant des prisonniers. Le 
cheval (pn- unudail .Vbon'l-Fath s'arrêta dans sa course: son cavalier fut pris 
et amené à son oik le Molialliil, (pii le lit frapper d'un certain nombre de coups 
de loue!, le lit eiicliainer el emprisomier. puis s'en retourna. 

(•> lBN-KL-ATliin, t. IX, p. 31G. li.Vos .lu TalKirislaii. Mèni,;i,l. (. II. p. U(. 

(" Canton de l"lrâq-'a(lji'iui, sur les froii- 



278 S Y RI A 

Abou'ch-Chauk, avant réuni ses troupes, marcha contre Chahrazoùr**' qu'il 
assiégea, puis il se dirigea vers le territoire de son frère pour délivrer son lils 
Aboul-Fath : latlaire traîna en longueur sans qu'il y réussît. La querelle amena 
Mohalhil à demander que "Alà-ed-daula le Kàkôïde envahît le territoire d"Abou'l- 
Fath; ce nouvel ennemi entra à Dînawar et à Kirniànchàh, en maltraita 
les habitants, les régenta tyranniquement. et joignit ces deux villes à ses 
possessions. Cela se passait en 432 (^1040-I041)<-'. 

A cette époque, Daqoûqà appartenait à Mohalhil. Abouch-Chauk envoya 
contre cette ville son fils So'dà, qui mit le siège devant elle, et les habitants 
la défendirent contre lui. Ensuite Abouch-Chauk s'y rendit en personne, 
pressa le siège, pratiqua une brèche dans la muraille et entra dans la ville de 
vive force ; ses troupes en pillèrent une partie et s'emparèrent des armes et des 
vêtements des Kurdes. Abouch-Chauk n'y passa qu'une seule nuit et s'en 
revint incontinent par crainte de perdre Bendènidjé'in i^' et Holwàn, parce que 
son autre frère Surkhàb avait fait une incursion sur un certain nombre de 
localités de sa province et s'était allié par serment avec Abou'l-Fatl.i ben 
Warrâm et les Kurdes Djàwàtiyya. Il craignit les conséquences de cette situa- 
tion et envoya un mes.sage à Djélàl-ed-daula pour lui demander du secours ; 
celui-ci lui envoya une armée au moyen do hupielle il put se défendre ''*. 

Voici comment fut conclue la paix entre Altou'ch-Chauket Alà-ed-danlale 
Kàkoîde. Nous venons de voir que Mohalhil s'était rendu auprès de celui-ci 
[)oiir lui demander son appui contre son frère .Vbou'ch-Cliauk ; Alà-ed-daula 
se mit en campagne avec lui. Quand il eut atteint Kirmànchàh, Abouch-Chauk 
s'en retourna à l.lolwàn : le Kàknïde, ayant appris son retour dans cette ville, 
se lança h sa poursuite et atteignit el-Merdj'''', localilé où il se trouva rappro- 
ché de sou adviMsaire ; ce dernier se résolut à gagner la forteresse de Sîr- 

(') Ville lii(-n ronniio du Kiirdisl.nn liirc, au (-^i Ville dans la région do Nahrôwàn, com- 

sud-esl de SulûïmAuiyyé. U. i>k .Mf.inahu, op. posée de quartiers isolés. Jl/mi^id, t. 1, p. 110; 

Cl/., p. 356. Elle élail autrefois le chef-lieu citée par Mgqaddésî, p. 2.i8, appelée aussi 

d'un éyalet du même nom. Cuahmov, Chcref- Bendénidjùn, p. H,'); YàijoCt, l.rx. ijeoijr., l. 1, 

iifimeh, 1. 1, pp. 57,367. Aujourd'hui eu ruines, p. 74,'); .Wèrd'fid, t. IV, p. 380. 

danslecaza de Gul-'anber, sandjaq de SuléïniiV l'I lB^-EL-A^uin, t. l.\, p. 336. 

niyyè, vilayel de .Mossoul. 'Ai.i Djkvàh, l)j,i- {'■<) Ou Merdj el-Qal'a.àun relais de dislaïue 

glirafin loghnli. p. 487. de l.folwiin.Cf . U.'nîVK/. 1 . 11, p i '.() ; I. lll,].. Tîi. 

i«) Iiin-ki.-AtuIh, I. l.\, p. 320. 



LES BANOL-ANNAZ 279 

Wiin'" cl tli' s"y l'ortifnT: il saniiii alors do fenni'lé et envoya dire k Al.i-cd- 
daiila : « Si j'ai évité de le rencontrer, ce n'est tjiie par égard pour toi. par 
respect pour ton pouvoir, et pour reclierclier un accommodement, .^i tu me 
n'-diiis au di-sespoir, je serai fxcusable ; si jai la victoire sur toi. tes ennt'iiiis 
tiillaqucront ; si cest toi qui es victorieux, ji' livrerai mes forteresses et mes 
teiriloires au roi Dji'liil-ed daula. » Placi' i-n face de cedileunue. Alà-ed-daula 
accepta de faire la paix à la condition (pie Diiiawar lui resterait, et il sen 
retourna; c'est pendant ce retour (]ue la maladie I atteignit en cours de route 
et renipoitii dans la loudie. eu uioliarrem i'M (septemlire |nH )i-». 

Cl.ÉME>T lh\«T. 

(A suicre.) 

I'' VIIIimIc r'Iràq-'ndJRmi, voisine du M&sa- »'• iBN-Kr.-ATiiÎH, l. IX. p. 3.38. 

liiidluin ou située sur If territoire ilo ce canton. 
MiT,iri<l, t. II, p. 78. 



INSCRIPTIONS GRECQUES ET L4T1NES 
DU MUSÉE D ADANA 



LE R. P. R. MOUTEHDE, S. J. 

(Deuxième article.) 

V. — Missis. — Statue de Homonoia. — Epitaphes. 

11. Musée II" 278. Missis (Mopsuesle). Autel. — Dimensions : ni. 4(i (hauteur) 
X m. GO X m. 6(>. — Lettres hautes de m. Ui, largos de ni. 025. — Très belles 
lettres sur la hauteur, (fî.). 

Registre n" 278 : Au tel, avec inscription grecque, en calcaire blanc. 

TH NoxtûNOI AN 
M.ofcAÎUMKAlANA 



ZAr^eONKAAYAlANOC 
KYPOY0£C£lA£0AY-UACroy 

THN £XY rrocx€ ££c^ C 
CTH A N 

T'i-jV 'Ofj.ôvo'.Qcv I Mo'i|e]a[T]côv xal 'Ava | ^apêÉcov. KXaui^tavo^ | Kùpou (Jéaei es 
WauaàcjTOu |Tr,v il û~o(7/£[(7]£co; | (7t/]X['/]]v. — La Cniicoiuk des hahitanls de Mop- 
suesle cl d Anazark'. hlaiidiniios, fils de Ci/nts. finr (idnjiiian de TlHiiiiiiaslus, (« dressé) 
cette stèle, selon sa promesse. 

'l'cxlc |)iilili('- par M. Liiitoii .'^lnilll cl .M. .\. Tod. tlrerhliiscrijiliunsfrom Asia 
Minor, Aniuils of Archiietdoim n. .[ntliropidixjji. I-i\('r|i(i(il, \\. l'.l 11 . p. ilj ii":27 <^, 
on triuiscri|ilimi, la .sixir-mc lif;ii(' omise. 

Si jr ((Mniirciids liicii les iiidica lions du I'. (1.. la iircmièrc li^ïiic sccaii 
jii'avrc sur le iiandcaii siniériciir. les ciiii) aiilfcs siii' le dé do la hast" on l'ormo 
d'aiilrl : iniiis aurions d'abord la dôsij;nalion d'nno statue, ]niis lo toxto (la 
it slôlo ») di'slim'' à en (dinuii'inoicr lo sons ot lo donalonr. Monio n''daolion 



INSrjill'TIOXS C-,nEr.(H-FS ET l,.\TINF.S DI' MrSKE IVADANA 281 
dans mio iii.SLri|jlioii de (iy/.i(iue : <->£-// O;jio/O'.7.v tt, -i-tv». *"/.. Av.--:!--'!;?.; j'.o,- 

.Mriiii' il r(''[i<M|iic im|M''riiilr. Ii-rfii^ic de la Concorde gardait son sens plein 
cl [ujiivail fxpriiiu'r aiitrt' cliosr qiir le iiiiii accord entre citoyens d'nne même 
ville ou la paix ivgiraiil dans la laruilli' di-s empereurs. C'est par riionimagc 
diiiii' slaliii' (11- la Ciiiiididc. 7w -y,; '0;iô/o'.a; àviAix»-:'.. que Lystra affirmait 
son alliance a\ec « la \ille s(eur ». également colonie d'Auguste, Antioche de 
l'isiilie'-'. Au temps de Septime-Sévère, des liron/.es de Césarée de Cappadoce 
portent la légende CMVPNAIÛKAICAPKOMONOIA, « alliance de Smyrne et de 
Césarée'^' ». A ces monnaies, on peut ajouter celles (|ni ont été signalées par 
Zwicker''», ainsi que le texte épigrapliiipie I (i.. \ II. \'Hi : '0;jio[vo'.a] Si7T.'.iu)/ 
xal 'A6-r,vaiwv, voisin du nôtre par la f(uine des caractères. 

Jusqu'au troisième siècle an moins, les cités continuaient donc à exercer 
des droits souverains et à contracter alliance. Daillenrs. .Mopsueste était ville 
libre '^' ; en i 40 .l.-C.. Anionin le l'ieux avait confirmé les privilèges de la cité 
-7,; [îrii; y.iX i'/.fJii^yi y.y.' à-j/.oj y.7.l ajTOvv/oj ixa'. i 'ii"/Y,ixalTjjjiu.iyo'j Piouaituv'*'*. Par 
coniic. le titre de « libn- » n'est |ias pti- par Anazarhe'"'. 11 ne semble pas non 
[)lus (pi l'Ile s iiitilulàl « autonome''^' ». Klle avait pourtant, dès Caracalla. le 
litre de nii''tro[iol(? et copiait sur ses monnaies les autres titres de Tarse; elle 
gardait encore sous Arcadins as.se/, trinipoilance pour de\enir métropole de la 
CU'uid siriinda '''. — .Vu sujet des dis.si'nsitnis entre .Vnazarhe et .Mopsueste, 
.\1.M. l.inton Smith et Tod renvoient à Jnnntiil of l'Iiilnloi/ii. W. t.i7. que je n'ai 
pu ((iiiMiilei-. w addiiiglori a noté la rivaiiii' des litres entre .Vna/.arhe et Tarse, 
Tarse et .Mopsueste >"". 

Ln arrangement étant .-^urveini entre .Mopsueste et .Vna/.arhc. Klandianos 



('I J. II. MoiiDTMVNN, Millli. d. (/. «in/i. Insl. 
in Athen., VI, p. 130, n" 15; cf. Dhkxlkh et 
Stoll, diins le Leiikon de Rosciikii, s. v. 
Ihnwnoiit, col. 2701. 

C R. Caunat, Inscr. ijraec. ad r. roin.... 111. 
.■J0"2 ; DiTTKNBEUGKH, OrieiiUs gmeci..., .'i.^l). 

(■'I Waiiwick Whoth, llr. Mus., Calai, oj the 
Greek Coins of Gatatia,.., p. VJ, a"« 3,'il-3o3. 

(*l Pall^-Wissow », II. E., s. V. tlomonoin, 
col. ■2"267--2-268. 

!■•) Pline, //. Y., V, 22. 
Smim. — II. 



("I Imc. ijrai'f. nd r. runi 1, 21 ; cf. Ll IIas- 

Waduington, 111. 1194. 

("' IIkaI), llistoria niimoriiin', p. 716-717 
corrige sur ce point sa l''- éd. Rectifier dans 
le même sens W. IIknzk, Pe cirilnlihus libtris 
in provinciis romanis, Berlin, 189i, p. 74. 

!"• G. F. IIiLL, IJr. .Mus., Calai, of Ihe Gretk 
Coins of Lycaonia..., p. CIV. 

C' MARgL'AiiDT, Onjanisation Je l'empire rum. 
{Manuel, t. l.\», p. 3i3. 

('"' Lk Uas-\Vai>dinc.to>. 111, 118(1, U''l. 



282 S Y R I A 

érigea la statue de la Concorde et fit graver la stèle qu'il avait promise pour 
le succès des négociations. De même un Delphien dédiait à Apollon Pythien, 
en 70 environ de notre ère, une statue d'IIomonoia. « pour la Concorde des 
habitants de Delphes et de Cliéronée, selon la promesse qu'il avait faite à la 
ville'" ». L'origine de cette promesse pouvait être, avec le patriotisme, le souci 
de counnémorer un vote heureux du dédicant ou son rôle dans les négociations ; 
il était de bon ton de promettre avec ostentation de participer gratuitement 
aux ambassades que la cité députait à l'empereur ou aux villes voisines, et les 
inscriptions qui conservent les noms des ambassadeurs font aussi mention de 
leurs promesses*-'. 

12. Cippe en marbre avec inscription (G. et Ch.). 

Registre n° 28 : se trouvait à l'entrée du pont de ^lissis. Calcaire. 

r. 'lo'jÂ'.oî AîwvioY,^ 'ASy.vïWî, TTpaTttoTï,; Aî-.'jwvo^ '.Ç" 'P'/Jy.Sly.i) <l>'lpui.r,ç, 0£ol!s xaTa- 
yOov'lo'.; xal to^; yovî'jT'.v. 

C I G, 44:J!) ; Le Bas-Waddington, III, 1492 ; Lucas u. von Oppenheim, 
Byzantinische Zeitschrift, 1904, p. 64, n" lO.'i = pl. I, u" 3 ; Cagnat, Inscr. graec. ad 
r. rom., III, 917 ; IM. Linton Smith et M. N. Tod, Aimais of Archaeol. a. Antltr., 
Liverpool, IV, l'.MI, p. 43, n" 27c, qui renvoient à Journal of Hellenic Studies. 
Wlll, 314-31.1. 

13. Marbre (G). — Dans un cadre rectangulaire en relief (Ch.). 

? Registre n" 277 : Inscription grecque sur calcaire noir, encadrée. 

M. Kr/'.vio; ^jOv-:(i)v M. Kav.v'lu KÀajoiavw -cw ulôi xal toT^ '.oÎo'.î. 
Le Has-Waddiiigtou, 111. liiOO. 

14. Sur un chapiteau, dans un encadrement circulaire (G.). 

Cl DiTTExiiEiioi:n, .Sy(/o(/c', 810 ; ' \'nàp 'Ou- loije-, 364 = SyUorje^, 797. A Adrianoi ad 

ovo;o({ AcX^liôv x«i|.\«if.u)V£(ov... ([i:oiYÏ"r''«!J^''<'; O/.vmpia (Hithynie), le personnage, chargé d'a- 

Tî) ndXci... M. t'omlow renvoie ù ses lleilr- ménager aux frais du trésor l'approvisionne- 

Top. Df/p/i. 94 n"5!J ; à /'/n7o(o;/iis, L.X.Xl, l'Jli, ment d'eau, répare de ses deniers la source, 

94 n. ■49, où il a énuméré des statues de la è; ÛTioa/éoew;, selon la promesse qu'il en fit, 

Concorde remontant ù 304 -^OO av. J.-G. et sans doute au jour où il fut i^lu curateur(C'/G, 

d'autres du troisième siècle do notre ère. 3797°;. 

1*1 Cf. In décret d'AsROH, I)rrTi-:Nnhm;rii, Syl- 



INSCUIPTIoNS GRECOrES ET I-.\TINES Dr MISÉE DADANA 283 

? Registre n» 51 : Chapiteau byzantin, avec inscription grecque 'à Adana'. 
AD.'.avo-j jji£Ya).0T:i(î7tïr:à-:0'jj v.; alciva; r, '^•/■f,y.r,. 

Le Bas-Waddington, III, MWi. 

15. Cippe en pierre (G.). — St('Ic ronde (Ch.;. 

? Registre n" 27 : Stèle ronde, inscription grecque, calcaire. Don de Arliii Yapoudjian, 
Missis. 

"Kto'j; |j).î . Mf,'/o^jO-:(ù tù zv.-. 'Astî'ji'.oiok;) l/.aoo; y.x: HîOTtiua tû •j''.û> •j.-fr,ar,i 
'■'. 

De l'année 232 de lère de .Mis.sis, soit do Itii J.-C. 

G. de Jerphanion et L. .lalabert, Mrlanycs... de lieiinuitli, III. 1 . [>. i77 a" 72. 

10. Musre n" 42. — Petite stèle plate. (Ch.). 

Hcgislre n" 12 : Petite stèle, calcaire, trouvée à Missis par le lieutenant Lapierre. 



y_av.. 



^ 




(:To'ï C C N P 
M H r/ . . . I A N 
1X0. ■ T \ 
X A C i . . A; A/^A£\ 

A c Are. <o'< ^\ 

c hTh a a éA^-ri 
.MNHMHCXAPi 



"Ktoj; îvj' I 'J.r,-/[b; l]]r/ 1 [y1];jlo['j. .] Tj\yi.T."'i;] .MaaÉ | a^ A[p]£[ilxO'jo | tt, ? ou 
A[t]s[p]xou2 I TT, ? TT, àoîAsr, I txr/-|ur,; yàv.'/. 

TuyaTio;, nom d'homme, est fi-é(jneiit à Tliéra*". On pourrait aussi songer 
à T'jyàa'.ov, diminutif tu^ulre dcviMiii ikhh de reiiinie. ((iinme Tàf.ov, TxTàp'.ov, 
TaTaTiov; '.Vrrîp'.ov, 'Airsàpio/ ; et, l/l/;v^ .Mào-wov (n" 23). — Ma;a.ia; est un liNpo- 
oorislique de Ma;jta, .Mxaa;'**, piulol <|m' le nom de Mdwuiit porli' à lieyruiilh 
par ime femme du commun*". 

(') c / G, 247-2 ; / G, XII, 3 n' • 250 ", 3-27 '", Die finheimischen Snmrn der l.ykirr..., pp. UO, 

8!U; suppl. 1586. 487. 

(«1 KiiKTscHMKU, hinlfitung in die Ceschichle ("C;/., III, 6694 ; cf..Wnmca, Cil.. 111. 101 IJ. 
dergriech. ^prache, pp. 338-339 ; J. Sixiavali., 



284 S Y RI A 

Le nom de la défunte paraît nouveau. Arpj£['.VrjoTir, peut être composé des 
racines aru, d'une part, et d'autre part, de kata (cf. ApuxavSa'*)), kiida (d"où 
Ko'jÔ£'.;'2)j ou kuza (cf. Ko7£'.;, Eoy^av.? (3)). A[-:]s[p]xo'jû77i est également probable, 
rappelant la tribu carienne des OTopxovSsi?'*'. Les listes de Sundwall ne com- 
prennent aucun nom commençant par Avs!.... 

La date doit être calculée d'après l'ère de Missis, qui commence en 68 av. 
J.-C. <^'. A Tannée £vp'= 155 correspond l'an 87 de notre ère. — Les étoiles à 
six rais qui accostent le nœud de guirlandes (?). au fronton de la stèle, rap- 
pellent les deux étoiles qui entourent la tète d'Athéna Magarsia, si souvent 
figurée sur les monnaies de Cilicie'"', et les deux fleurons qui accostent 
maint fronton sculpté sur les monuments funéraires de Lycaonie'''. 

17. Musée n" 276. Bloc de marbre (G.). Dalle épaisse (Ch.). 

Registre n" 27G : Autel avec inscription grecque ; calcaire blanc. Don du moukhtar de 
Missis. 

NjIKOAlKH^oi-cpKAEù^X 

L"- -'•■•-••■ Yxn I rr o P o Y rfl. A n a PI 

K A ■ , ^ f^ 



Je reproduis la copie de Ch., meilleure, en ajoutant les lettres qui com- 
mencent la 3' et la 5' ligne, d'après G. Lecture de M. .1. Chamonard. 

N'.xooîxT, So'ioxAîOj; EÙT'Jyto'. n6p"-:]o'j tû i/o;'!... 

('• J. SuNDWAi.L, op. /., pp. o3, 99. Pour le (=' I'auly-AVissowa, iî. E., s. v. aéra, col. 

rapport des noms de personne avec les noms 645. 

dp lieux, en Asie Mineure, cf. \V. M. Ramsay, (''■' Batiklon, Les rois de Syrie, p. CXXXIl, 

Journal of lleltenic Studies, 1918, p. 149. pi. XIX, t. 

I'> J. SuNDWAi.L, op. /., p. lis. ("i Miss a. Margaiif.t Rams^y, Isanrian a. 

(') J. SuM)WALL, op. /., p. 129. Eastphrygian art, dans Hliidies in the Easiern 

{*) J. SuNDWALL, op. L, p. -il;). Adde liutl. Roman provinces, p. i2, fig. 3 A, pi. 111, pi. V 

rorr. hellén.. XII, 1888, p. 21 s., n» K. — Cr et fig. 7 A, fig. 8, fig. 10, fig. dS A, etc.. Sur 

nom est formé de la rncini- Tavxov?» et d'un ii la fréquence de ce motif sur les tombes chré- 

initinl : or, l'alternance de Vu et de Va c|ifn- tiennes, cf. ibid., p. 27. 
tliétiques est reconnue (cf. Lv H»s-\Yai)1)., III, 
40M ; J. SiM>WALt,, p. 276). 



INSr.nil'T[()NS f;iiEC(^)UES et latines du Ml'SEE D'ADANA 285 

N'.xooi/./. so trouve ilans Arislupluiiic {Liisisirniii, 321): cf. N'./.ov./.o; (/. .(., 
11^ 777); _ iiop-c- dans CKi. III. ti:ii»7. 

18. Fragment de frise de marbre, portant ;i gauche un triglyphe (Ch.). 
? Registre n" 211 : Inscription grecque avec motif décoratif, marbre blanc. F^nvoi du 
moudir de Missis. 



1}]]); c -r p A 



l'iililir par (!. C.oiisiii. A///m le Jciiiir ni Asir M., p. i'M : « An m<'.:l!ii '-ii 
aiiiuiil (le la petite \il!i' iiiodiTac (^ile .Missis ), purtuiil en graiidfs lullrea 
(U m. 10 de hauteur) ni'A, une grande pierre darehilrave ; à gauche un 
triglyphe. » 

1'.). Mu.sée n' ili:;. SlMc ronde (Cli.). Sur les deux ciMés d'une colonnctto de granit (Lan- 
glois). 

Registre n" l(i."i-(i: cippes funéraires en marbre blanc avor inscription grecque, pro- 
venant du cimetière musulman de Missis. Knvoi du lieutenant Anecy. 

-h 1^ N I N h A H 5+ ^1 A P/ -^ c 7- €c 
AopEPCJN-TA yn AT/ /^C 

n eA ."J ^ /MAK 

D'après hi copie de Langlois <", Waddiugton lisait ainsi la première partie 

du texte : Mv[f,Ju.a o['. à-.5jpov o'.ax[ovoj 'xn,'xt,^\ yàv.v. La iiou\elle eo|iie 

donne : Mv[ï,]ixa o(i)a»spovïa n(a'.)av['l]o'j oi.ax[6voj\ Le solécisme o-.asipovTï (|uali- 
liaiit lin singulier se rencontre à Beyrouth'-', à Deïr-el-Ferdis '^' et dans la 
région du LailloS : M'/riaa O'.a-iipovTï + Kovdvo; j'.ô; ïavoavTàxa •*'. 

\I. — Gaza de Djihan. — Dédicace, épilaphe. 

20. Musée n" 'J8. — Cippc provenant du cimetière turc de Djibaii Rattile (caza de 
Djihan) (G.). 



I" Fac-similé ap. Lk Uas-Waddi>gto>, III. 
liiOl. Moins bonne copie : G. Cocsin, Kyros If 
Jeune en :\$ie Mineure, p. -137. 

(-1 Rknan, Mission de l^hènicie, p. 380. 

l't Jalaiikiit, Mèlunijes... de lieyrouth. I, 
1906, p. 166 11" 33. 



(•' IlicRS, d'après les copies de Bent, Jour- 
nal of llellenic Studies, XII. 1891, p. 627 n° 67, 
ap. L(iii-KLU, Berichl ù. d.ijriech. Epigrapliik, 
1897. p. 365. 



286 SYRIA 

Re<nstre n" 98 : Inscription grecque, bordure de tombe de cimetière, Djihan-Bekili. 

EISlAcoPOC 
T oj (") E to 
E? 
Ch. n'indique pas de S"" ligne. 

Le nom du dédicant est une preuve nouvelle de la diffusion des cultes 
alexandrins en Cilicie. 11 y avait un Sérapéum à Sis '". 

21. Trouvé à 4 km. N.-O. de Djihan. Pierre rouge mal taillée (G.). Très mauvaise gra- 
vure, mais très lisible (Ch.). 

? Registre n" 2.3 : pierre plate avec inscription grecque de Djihan, trouvée par le capi- 
taine Desrive, de la légion arménienne. 

kAl enn I s 

TE TTA 

r-rLn/\Tpr 

«AI KO^ A A 
n I A-T-TL A 

MàïTY,; I xal 'EvvU | Tt—y. | -w -x-f'. | xal Koj/,a|7rCa -m àloeA'iwt. — Ma^tès et 
Kiini^ à TcUiiA leur père et à Koulapias leur frère. 

L'iuli'-rèt de ce texte est dans l'onomastique. — Mà3-:r,s est nouveau et 
peut être rapproché de .Ma'Traupa, ville de Lydie, et de MaTTou^ia, montagne 
près de Smyrne ; .1. Sundwall rattache ces noms à la racine mmlta *^'. Il les 
compare, aussi à MajjiaTTw, attribue au thème vuima < ". Mà3-:-f,; pourrait n'être 
qu"uni! forme réduite de ce nom Mr^y.(j-'.<; : des noms d'hommes et de lieux 
se présentent en Asie Mineure sous des formes alternantes, telles que Pasa et 
Paspaxa, Sahnula et SnIsiilDudd. toponymes : à Ephèso. la tribu des Bcnneis ou 
liembirwis^*^: l'nza et Pepouzit. centre des .Montauistos en Phrygie '■^'; enlin Màpr'.; 

('> De Jkiii-hanion et Jai.ahkiit, MèlniKjes... (') Ibid., pp. lil, \i^. 

de Beyroulli, 111, 1, 1908, p. 472 n" 06. Cf. (<> W. M. Uamsay, Hislorical Geoçiraphy oJ 

injra l'inscriptiiin d'iglahié (n" '23 . Asin Minor, pp. 317. 451 

(•) J. SuM>WALr,, Die einheimisclien Xiimen (^) Id., Cities a. liislioprics of Phrytiia, 1, 

der l.yl<ier.., pp. 143, 233. p. 244 ; H, p. S7.n. 



INSCIÎIPTIONS GRECQUES ET LATINES DU MUSEE DADANA 287 

et .Ma,i[jiàoc'.<, noms dlioinino et tie peuple "'. Toutefois à SMrrrr,; n'-pondrait 
d'après ces exemples M«t;a7.7-:'.;, plutôt que Ma;jiaT-:i.;. — Er/i; est prohalile- 
mcnt masculin; cf. 'Ev£t;, génitif masculin c'i, Eva et Eva;, féminins '•'. Av/'ô, 
masculin, de la même racine eue, que nous retrouverions dans Ana/.arlie '^'. — 
Tî-rrâ;, masculin, est un dérivé inédit du thème tête, Idla '^'. — Dans Koj/.ïria; 
apparaissent la racine KuUi qui a donné Koj/.â;, masculin, en Isaurie'"' et le 
suffixe p(a)-ija^'''K On connaît déjà les dr-iivés de Kitla par le sulfixe Im. Voir 
supra, n° 7, Ko/àê/,;. 

Vil. — Anavarza. — Fragment architectural. 

22. Musée d'Adana n" l.'?l [corriger: 1!H . Marbre. Dimensions : m. 0.3 x m. 48 
X m. 15 (hauteur;. Lettres du texte gravées sur la face en hauteur, hautes de m. 07. 
larges do m. 05 ((i.). 

Registre n" 191. Acrotére d'angle du fronton d'un monument d'Anavarza, avec frag- 
ment d'inscription, rapporté par le lieutenant Vigne, de la L. .\. 



ICKAlTûM Ht 



VIII. — Kars. — Épitaphe. Dédicace à Commode, dieu, auguste. 

23. Musée d'Adana n' !'.)">. Stèle ronde provenant de l'école tur(|ue de Kars (Ch.V 
Registre: n"' l'.)i-l'J.j : cippes funéraires avec inscr. gr., se trouvaient devant l'école 
turque de Kars. 

I K" A A A- '^ 1 o c 

THTTNAihii KAI 
noni/S-i ANoC 
T H A AeA<^H KA i 
Z o M. feTT( A H/<HrHP 
>-^ N H >-^ H <^ y. A P I N ~£y 

IKAAAAIOI! M'iail-il un nom nouveau.' Je n'ai pu le rencoiilriT. ni voir de 

('I Su^n^vAlL, pp. H'2, 132. l'-i Ramsay, Liike Ihe physiri.vi, p. .360 ; Sumv 

('• KuKTscuMEK, KinleHuiuj in die Ocscli. il. wall, p. i8C. 

grieclt. Si^niclie, p. Hi : Sum>hai.l, pp. 09-70. i«i cf. v. g. "Apiiinfiç, •Esuiniit. "Eiuis^tuv, 

13| SuNuwAi.1., p. -284. avec 'A?;jiS;, 'Eouâ;, 'Esjiwv (Su.miwau., p. 73). 

l') Khktsciimkr, Einieilung.... pp. 3.1S-349 ; 
St.M.wii.1., pp. 203-205. 



288 SYRIA 

quel thème il serait dérivé ; les noms en a'.oç sont très rares dans lindex de 
J. Sundwall. On lira donc : 

[T]i(êîsio;) KÀ(a-».o^) 'Aoaw; | Mapî-vw. | -r, vjvaul y.yX \ Uo-:[T:tAj; \ tt, 
âôîÀ'jf, xai I ZojxîTT'la 7, ;J.7;'rr,2 | |jLr/;u.Y,; yâo-.v. 

Mioî'.vov semble être un diminutif de Màiî'.;. .Alàv.; i", analogue à beaucoup 
de noms de femme en Anatolie. — Zo;jLîTTia vient de Aoiji'.-r'la. par une transfor- 
mation déjà notée : AaTasvoot (dans Strabon) devient Ti^aaavSôç à l'époque 
byzantine'^'; les deux formes TxosjM-n-'.: et Ta^ïAuvÎT'.; existent, et en général 
l'alternance du o et du ^ dans l'onomastique anatolienne est certaine *'^*. — 
'Aoalo; est rattaché par Kretschmcr au thème anatolien Aôa t^'. 

2i. Provenance : Kars Bazar. — Musée n" 194 (G.). — Stèle ronde provenant de recelé 
turque de Kars. Ligne 3 martelée et regravée. Au sommet de la base, ressaut hexagonal, 
portant sur cinq de ses faces: pomme de pin. litiius, vase (face antérieure), rosace 
litiitis ; la a' (face postérieure) est vide. Aux angles, ornement à redans (Ch.). 

Inscription publiée par Hicks, Jounuil of Hellenic stiuUes, XI (1890), p. -2.37, 
11" 3 = Gagnai, Iiisrr. (jracc. (ul r. mm..., 111. 804. 

'.A-'aOr, TJyr,. | .\.jzrjy.zi.-:rjy. KyJ.^y.z'. | Ko|ji.ijioo(;) O^w I SîêaTTw | lojA'.xvô; ATx),ï,r'.i- 
ooj I -' -ijj AY||r/,Tv]oj, i Upe'j; 1 toû .\j-roxpà-:opoç. 

A la ()'' ligne les premiers éditeurs omettent l'arlicii' avant '.tpfj;. 

IX. — Islahié (Nicopolis). — Base de statue. 

25. Lave rouge. Empreinte des pieds (d"une statue?). — Dimensions: m. iJO X 
m. 42 X m. 42 (hauteur) (G.). Ch. — Lecture de M. Chanionard. 

? Registre n" loG : Inscription grecque sur lave, socle de statue dont on voit les deux 
pieds, provenant d'Islahié. 

OAH rAOÎl 

IZlAliJPON H PATON KAIAN 
TU N ION TON ijAOn ATP IN 
AiniAPETON KAiEYETPrE 

HNK : ': THNAIHAE 
Z TT A E Lu H T E M E C :•■ ; ,-; ••;• cl 

oï,;xo,- I l-ioojpov 'II si tov zal 'AvJtiov.ov tov 'j'.),o-a-:v.v | xal -aviîîTOV xxl 

C) SoDWAi-L, pp. 14-2-U3. |:«i H. GiiKuoini;. Sliulia Ponlica. III, pp. i:i6- 

Ci IUmsay, Êlhtor. Geoijr. of Asia Minor, 157 ; cf. Kuktschmkii, op. /., p. 19(5. 

pp. ■28U-i!tO;rf. KiiKTS(:ii\iKii,/;ni/.i/un;/,p.;i09. C» Einleihuuj..., pp. 337-338. 



iNSr;iiii'ri()X.s (;i;i;r.(Mi;s i:r i,.\riM:.s di: .misij; dadana 289 

£Ù£pv£ I [-:J-/,v y.|-/|''. [xTiJTr/.v j/J-/i [~y.-.iy/.^ \ \rf,\i r.ô'/.it,}^ ■:£['.uy, ; [ëv:/.-y.J. — l^e 
peuple à Isidùnis fils ili; Hi'ras, siiniommé Aiituiiins, patriote, vertueii.r, l/iaifaiteitr, fon- 
(Inlenr et père ilc lu rillr, en i/ni/c d Itaiiiicitr. 

Lo riDin (llsidùros utlcslu le rulti! ili'S ilivinilôs ali'xaii(irii»'.s à Nicuiiulis; 
on n'y coiiiiaissail i|ih' ci'liii de Nl'Ihj idi-nlilir [tcul-ùli'i; à A|tijll<)ii '". — Ilt-ras 
est raie; il s'csl ii'indiili-é à l'cssiiiorilc! '■' cl à Aiei» '•". Il ii'rst [tas nicntiorini; 
sur les lislos de H. >illig. De lininiintiu Huniiiiilms iheiiplinris. Diss. de Ilallo 
ilUI. 

X. — Bâlkis, près Biredjik (Syrie). 

2(J. Musée n" 2()i. Dans un cadre en pierre d'environ m. <iO X m. U), est sculplû un 
buste de femme ou d'adolescent ; un voile descend de la tèle ; la main droite lient sur la 
poitrine un objet (cassé), la main gauche un bouquet (?). Au-dessous du cadre, 3 li},'nes 

confuses ((j.) : 

1. illisible 

2. complète? MAI'KOV 

^. complète. AAVlIKXAII'l': 

Registre n" 201 ; siuil|)lure de femme grec(|uc, stèle funéraire en calcaire tendre, etc., 
don du V. Mi'kliihu-, (lircrlcur do l'école des capucins à Aïnlab. 

C est sans ddulc la sièii' vue à Aïiilah par (i. ('.^u^ill (cf. Ki/ins le Jeune en 
Asie M.:, p. Ml n. I), purlaiil riiiseripliuii : Faix ( Màî/oj | i\j-t yxvo:. 

XI. — Inscriptions de provenance inconnue. 

A. — Dàlicdee à ('.(inieidld et ii hiliit iJoiuiut. 

27. Stèle ronde, coupée eu deux dans le sens vertical et dont il ne reste que la face 
inscrite (Cli. . Mari)re (G.). 

Inscription [lujjliée par (I. d(^ .li l'idianion et L. .lalaherl, Mékimjes de lu 
Faculté (irieiiliile de lieiimulli , III. I. {".MIS, pp. .i7.')-i7(). n' 71. d'après le 
I'. tiirard, (lui iiuliiiiu' la [inivenaiire hès pruhalde de Verzoïial, dans le caza 
du hjel.id Harakai. 

l'I lluMANN el l'ucHSTKiN, Heism in Ki/iAic/i (*• Orienlis yraeri..., .Md.SM =: Inscr. grat- 

u. Nordsyrifii, p. 3118; cf. l'Eiiuiuzi^r, Bull. cae ad r« rom..., III, 2i5, iHd. 

curr. Iiell.. XXI, 1897, p. UM. I'IWaddington, /nscn>/ions./<r SynV, 1831a 

SïiuA. - M. ;•,; 



290 SYUIA 

ajToxoàTOîo; 1 zal ty,; U:â; -j'jv/.a/.toj xal | ty,^ -aTciooç. 

Ni G. ni Cli. ne mentionnent le texte gravé sur le côté du bloc, d'après les 
premiers éditeurs, et qui a sans doute disparu à la taille de la stèle. 

B. — Inscriptions lio)iii)ifiqties. 

28. Musée d'Adana (G.). 

/////////// OC 

Ml ouroMVo*/// 

EPEIAANTHC MOAE^E 
H M H n K A P I N 

Quelques corrections paléographiques obvies (* pour 0, H au lieu d un E 
carré, A au lieu de A) donnent la lecture suivante : 

'OoY,;i.jo; A- ■ fi'.v [N'.VjAmv I [oY,a!.]o['jp]YÔv j['i" £;*|£T[Y,]p£i[o]av?T-/,.; tz6a£[co;], | 
[uw^l^Y,; [yjâp'-v. — Le imqde à N., fils de Nikolaos, démiurge an temps des fêtes 
(jiic lu ville (liiunv tons les six (ins(?). en sonrcnir. 

J^e rôle important des démiurges dans l'administration municipale de l'Asie 
Mineure est certain, bien ipie nud défini. C'était, d'après les textes épigra- 
phiques, une fonction dispendieuse, d'ordinaire annuelle*", qui supposait des 
distributions d'huile et même d'argent ; ces frais devaient être plus considé- 
rables lors des fêtes religieuses et des jeux que la cite donnait à intervalles 
fixes*"*. Le di'-finit l'iiuit mort eu exercice, durant ces fêtes, fut honoré d'une 
stèle par la cité. 

Quant au détail des restitutions . le nom de Nikolaos se retrouve à lliero- 
polis Caslabala'^' (d'où une inscription peut facilement être apportée à Adana) ; 

— j-ô avec l'accusatif est classique au sens de « à Tépoque de, au temps de » ; 

— l'accusatif ÉçaETf.pîoav est incorrect; mais en Asie Mineure la désinence de 

l'' Lii:iii:n\m, Sldilleverwalliing..., pp. 29"2, nairo annuelle ; il pe"! ilt'sipner toute réunion 

ÎJîjH. Cf. rcpciidant, ibid. un alwv.o; 5ri;ji;o'jpYÔ;. périodique, religieuse ou agonistique : cf. les 

llélagabalc fut démiurge ù Anazarbe, Sévère Tf.ttr.p.;; et KtvTatTr,?''; lûv "EXejoivdov (Sy(io;/e ', 

Alexandre à Tarse. S87 note 171). 

('I Le mot éîiETr.pi't ne signifie probablement (^) Hicks, Journal of llellcnic Sludies, XI, 

pas l'exercice de cinq ans pleins qu'aurait duré 1890, p. '249 n" 2"2 ; apud I.,aiifkm), IJrrirld ii. 

la démiurgie, pui?<|ur celle-ci était d'onli- (/. gr. Kpiijr., IS97, p. 337. 



iNSCiîii'iioNS Gi!i:(;(ui:.s i:i i.Ari\i:.s uu miski-: dadana 2'ji 

riic(;usulir singulier ticla Iroi.sii'iin! tl/'cliiiaisoii t-sl fir(|iieiniiiL'iit r/ ' . et. dans 
le cas qui nous occiipi', il y eut sans iloulo influonco de l'accusalif -r/razT-lav 
sur la l'orme É;a:T-/,vloa, (|ui (l(''sij,'iiaiciit l'un et l'aulre rintervallr dr 'ians si-pa- 
rant deux assctiihlées'-'. On peut aussi lire : [iTr:7.îrr,]yzv.-j:/ . 

2'.). lUoc de inarbre noir. Dimensions: ni. 7") X '^ ni. 73x0 m. M liauteur). 
Leilres hautes do (I ni. (I.<, largos do il m. 02") |(j., — Cli. 

A E Y K I o l A I O N y H I O Y T H N r Y N A/ 

ZTHZiroNH Nrrvôr ANOi* / 

\z-Jy.Vj; \:'i/j7Vjj t/.v ■■■jrj.\ly.-j. \ ïrr.T'.-'Ovr.v WJlit.i/'j;. 
Le niHM de Iriniiii' ït^t-.vow^ ne se Iiimim' ni dans |';i|ic-I{criselcr, ni dans 
Kielil-Ueelilid, l)ir (/riecliisrlirn l'ersoiwiiiiaiu ii. (if. le masculin yi-x-v-i/i,;. h .Vst\- 
paUiea {I G, .\11 .i, n" !()«-'). 

C. — Eiiittifihes. 

;!0. Petile sliMo miidi' (Cli. i. 

.VHlINOAol'Oi; 

ÏTP.MONKIKH 

.\H1IN0A<.»I'<.) 

Ï(.)VI<..MMI 

MliCX M'I.N 

31. lilcic (le marbre cassé. Huit lignes visibles, mais incomplètes et confuses (G.). 

< uyi 

i I I iCfM 

> Ni AN* /// AO NH Aie< , 

f )HH£PAN MATV VOMAIC 
; A*POAélCI OCtWOAfv 

I KEITAI 

Lospaco occupé par 1 épilajdii' ' \zyjov.7:oi £/Jào[-] xî'-oe.. aux deux der- 
nières lignes, nous fixe sur le cliani[> «pie couvrait rin.scrijiliim gravée au- 
dessus : il n'y a pas île lacinie à droilr. I.a fin lic la ipialrièine ligne et la cin- 

' I.K ll\s-\V\i>i>i\GTON, III, 77!l. 817, SI!); i^^ Pour le rapport il.- Sht!» et t.=ut7ip\-, 

Uamsav, StiKiirs in Ihe Edslt-rn Roman l'ru- TJTp»eT!i et sivraeTr,?;;, cf. v. p. Orirnlis ijrae- 

vinces, pp. 60. i;i-2, 153, 170, S31. CT. la (orme ri..., 513, noleti ; J. Toit\i>, daiisDAHtMiiKHu- 

naTiiSïv et la note lie J. Fii isEii, ibid., p. Ki3. Sai;lio-1'ottikii, s. v. I.iidi inililici, p. 1364. 



292 



SYRIA 



quièmo donnent à peu près sûrement xar^j' i'xizvj aa[p]TJ[p]oac/.i ^[s]'*'. Qui donc 
est pris ainsi à témoin sur une tombe, sinon « le dieu qui voit tout » (T:avT£-6-Tc.ç) 
et dont nous reconnaissons le vocatif "H).-.: à la troisième ligne ? L'inA ocation 
au Soleil vengeur du crime n'est pas rare sur les épitaphes de défunts morts 
de mort violente*^': on invoque également Ilélios joint à d'autres divinités 
contre les violateurs de sépulcres'^'. — Le nom du dieu était suivi d'un titre : 
xFôs-aolv ô/.ov }a[î]o[£]'j(ov. équivalent des épithètes telles que •/.oTaozpàTios, o£--0Ty.ç 
Y.ô--j.ryj, maître de l'univers, que donnent au soleil les hymnes orphiques >"' et 
une inscription des thermes de Caracalla '5'. L'appel à Hélios xo7[Aoxpà-:wp est 
fréquent dans les papyrus magiques *''', et les termes de ces invocations con- 
tiennent les éléments de la formule xotu-ov 67.ov aîosjwv. La forme [jisoe'Jwv (au 



C' Même appel à la divinité, au début des 
stèles juives de Rhénée Délos), contre les 
meurtriers d'IIérakléa et Marthiné: 'E::'./.iàoO;j^i'. 
xï: àjiàj Tov 6i6v Tov ûitsTov (Deissmann, Licht 
vont Oiten, p. 306j. Le texte d'Adana doit être 
versé au commentaire de l'attestation de saint 
Paul, 2 Cor., \^: Èyo) Se ajctuoi -ov 6£T/ ir.:- 
xa/.o3;jiai It:\ triv ÈafjVtjiuyjîv (cC.Deissmaxx.o/). !., 
p. ■219,302). MipTÛpEafla'., au sens de prendre 
ù témoin (les dieux), appartient d'ailleurs à la 
langue classique. 

1-) Cf. V. g. Ramsay, Cities a. Bishoprics of 
Phrygia, I, p. 339, n° 187 ; Cumont, Sludia 
Pontica, 111, pp. 16-17, n" 9 ; 228-229, u" 2o8 ; 
Éludes syriennes, pp. 47-48. 

I'' Une inscription araméenne, qui aurait 
clé gravée sur le roc à 15 milles au N.-E- 
de Tarsous, et daterait du cinquième siècle 
iiv. J.-C.,e.st ainsi traduite par M. C. C. ToiTey : 
This image N N S T erecled before A D R S W N , 
because he proterled ray spirit, wieh is bis- 
Wboever evil does to this image, Sahar and 
.Samaswillrequire it ofbim {Journal ofAmrric. 
Ur.Soc.,XXXV,l9l3-l!)l7, pp. 370-374). R.Dl s- 
n.uu (Journal asialique,\9i9, l,p. 532) lit Ur- 
masd pour Ormii/.d lie nom divin indérbiffré. 

Le I'. Ron/.evalle mo signale encore que t>u- 
mii«, avec Sahar et d'autres divinités, est invo- 
qué comme protci-lenr des tombes sur la stèle 
A de >'lrab, près d'.Mep ("(^lkhmon t-Iïannkai , 



Etudes d'archéologie orientale, II, p. 193 s. = 
CjOok, Hdbk of Northsemitic Inscriptions, 
p. 180). Sur une borne-limite araméenne de 
Ghazné. près Mersine, en compagnie de Beelsa- 
mîn et de Sabar, Samas est pris à témoin (A. J . 
Mo^TGOMERY, Jounial of Americ. Or. Soc, 
XXVllI,1907,p. 164 s.; C.C.ToRREY, Zei/sc/ir./. 
.\ssyriologie, XXVI, 1912, pp. 90-91). Chez les 
Assyro-Babyloniens Samas est le dieu de la jus- 
ticeet le dieu vengeur, justement parce qu'il voit 
tout. — Cf. les références de Cl mont, n''258, et 
à Elaioussa-Sébasté, enCilicie, une inscriplion 
gravée sur un sarcophage, avec exorcisme à 
Zeus, Hélios, Séléné iA.Wilhei.m, Jahreshefle, 
XVIll, 1915, I3eiblatl,p. 43, d'après P. Roussel, 
G. Nicole, Rev. Et. grecq., 1917, p. 423). 

l*' IJymn. orph. ,Y\U, 11 s. et Hymn. mag. 4, 
21-, dans Abel, Orp/iicn, p. 292; d'après Jessen, 
dans RoscuEU, Lccilion, s. v. Ilelios, col. 62. 

('') CuMONT, Comptes rendus de l'Ac. des 
Inscriptions..., 1919, p. 313 s. 

(i!) pri;;>re à Ilélios dans le grand papyrus 
magique de Paris, 1. 1598, VVessely : 'EnixaX- 
oûaa: se Tov jjlÉy'O'ov 6eÔv àivaov xjpiov xoa[i.oxpâ- 
Top», Tov È::'t xôauLOv xi'i ûr.ô xdaaov, etc... ; ibid. 
1. 2196: 'O Twv ôX(ov Ziar.ozTii b a'.iiv tcôv aîûvuv 
oj ii b xoajjioxpâtaip — cilée par Clmost, U., 
p. 322 n. 1. Comparer le àc'i ::£pinoX£jovTa tôv 
xditiov, npud Uai>i>, dans Pal'lv-VVissowa, s. V. 
Ilelios. col. 2024. 



i>îS(;i!ii'Ti()X.s (;iii-:(:(^)Li:s i:r l.\'iini:.s ui; .misi-:I': dwdana 293 

lieu de uîoîwv) otlc régime à racciisiilif sDiit surpronanls. M.iis noire texte est 
un ccnton de réniinisconcos po(''ti<iues ; riiymne à Isis, d Andios. qui est aussi 
de i)assc ('[toque, contient précisément le doui)le exemple dune l'orme nouvelle 
du même thème et diiii léffime, à raccnsatif : E;ji;x'. o'àooJ;?.; | ttjovotÔxw 
iji.:o£0'.T-y.<". (le soiil |ir<)l».ililriiii'nl les fciriiic-. m'o-iuiiiciines s'.aî-j'/toî, -i'-AsyTa, 
du [tarlieipe eonlracte. qui sont Torij^ine de aîoîjojv. — L'invocation à llélios 
était précîi'dée de lindicatiori ilu crime (piil devait venger. Il faut proitahle- 
meiit su[qil(''ei' aux lif^iies i et '.\ : 'J.[t\ \ |âo)po]v «'/[s'.jXov. Les inscriptions de 
Hhénée en appellent de même au Dieu très haut è-l toj; oo/.w-. -iovîj-am; r, 
(papiX7.x£'JTa'/Taî tv' Tx).ai7:o:ov à(i)iov 'H;-/x/.£'/v '-'. 

Après ces restitutions, h- texlc pouiiail èlre lu à parlir de la 2"" liu'ue : 
... y\}\ I [âo)pCi]v àv|£ijAov, "HA'.î. x|[oTao|v ÔAov [Ji[c o^e^jiov X2t|()' /.aipav u-/[;]t'j- 
[p]o|iaC Tfî]. 'A'fpooîiT'.o; èvOàolc] xi^Tla^'.. — ... (Ci)iitiv) cetir i/iii iiniiil fuit jh'rir 
avant le temps, à llrlins, mintir ilr ridiircrs. cliaiinc jour jr tr innuh à li'iiunii. 
Aplirudisios repose ici. 

.34. Pierre ordinaire. — Dimensions: m. îiO X m. 10x0 m. 22 (liaulcur . Lcltrcs 
hautes de m. O.'îi», larges de m. 04 (O.l 

(t)NA HM^lPON 

VA APA 

MerAAy 

yHAIopiC é.r6N 

TMINNYI AOfcr TXCKAX 

Sérail pcul-èire uiu- invocation au Soleil, comme le n° il!. 
3;j. Cippe en niaibre ((;.). Slèlc ronde (CI).). — Cli. oniel la dernière ligne. 

6t0Te\ M OC 

K A i\ï A 1 CJ 
KNH>t.H C XA 

ILU AN 
BffJTi '.;xo; KXauôit.) tiô io:"A-ii;>. ;ji-/Tiar,^ yàp'.v. 'hiiàvf'/r,;). 

Cl KuiiEi., /C/Jii/r. graec, 10-28 **-*s =/ G. 86.1": yOovô; «àpux,opoj ti xii «TîjftTrit oiSfovt» 

XII, S, 1, 739. Comparer, pour le sens de (Hailrien, A KlcusisV 

[ijîejwv : Kaiiikl, 10*3' Aii'.oj;iiΣ<.iv (Apollon > ; (»• 1)eiss\hnn, Uclil vom Oslrn, pp. 300, 308. 



294 S Y m A 

Le nom du lapicide ("?), 'Iwàwr,^, est spécifiquement juif ou chrétien ; 
esÔTï'-ao; est un nom païen aussi bien que chrétien. La rencontre îles deux 
noms donne à penser que le dédicant était chrétien lui aussi. 



Sur 33 textes copiés par le R. P. Gransault, la provenance de 23 a été 
reconnue; 7, signalés par le registre, ont échappé au recueil; il reste ainsi 
à Adana 17 inscriptions de provenances non identiiiées, dont 10 sont publiées. 
Nous savons d'ailleurs qu'elles proviennent de Tarse '*', d'Adana '-'. de Mis- 
sis *^', d'Anavarza '*' et d'Ayas '^'. C'est donc bien un musée régional que nous 
venons de parcourir. La position de villes anciennes, telles que Mallos 
(n"' 3, 4, o) et le tracé des voies (n» 10); la vie municipale (n"' U, 28), le 
culte des empereurs (n° 24); certains détails des usages funéraires (n"' 6, 9), 
les croyances aux dieux protecteurs des tombeaux et vengeurs du crime 
(n»' 7, 31) nous y sont apparus. Plus notable peut-être est la conclusion 
suggérée par le détail du commentaire : il y a continuité entre la langue et 
même l'onomastique de ces textes, et celles d'isaurie, de Phrygie, de Cappa- 
doce, du Pont; ils nous introduisent dans le milieu anatolien, central et orien- 
tal, que les Séleucides ont pénétré de culture grecque. — 11 eût paru naturel 
de rencontrer, outre l'invocation au Soleil vengeur (n" 31) et par exemple à 
Tarse, quelque souvenir de l'empreinte exercée sur la région par le sémi- 
tisme; mais les deux textes (pii proviennent de cette ville sont dépoque 
chrétienne, \oirc byzantine. Seul l'ornement à redans (n" 24), si répandu en 
Phénicie et jusipi'à Pétra et Ab'daïii Saleli. altcstc piMil-ètre le rayonnement 
en (liiicie de lart svrien. 



MdriKiiiiK 



Bcyroulh, 20 f.'vrier 1021. 

Cf. le Icxlc C //., VI, 14()!I9, surmonté de deux t^i K°' :2(i7 ; 70, 71 7ti : cippc fum'iaiio, 

mains levées: Sol libi commendo qui manus trois inscriplions sur marbre iKiir. 

iiituUt ei (Altmann, Die nim. Grabniliire iIit (^) !<•" !)7, iiTli : pii'rre loniliiilc, iiiscriiiliou 

Kaiserzeit, pp. •234-"23;>, réfcreiiccs). sur dullc en mnrbre noir. 

(1) S"' 218, "221 : inscription sur eulcaire noir, d N" 2.14 : stèle eu ciiliaire blanc. 

clia|>ileau byzanlin portant croix et épigraphe. wi N"» |;!(l, liU: deux inscriiilioiis grecques. 



SARCOPHAGE D'ANAVAliZA 



Ktienne michon 



].(' saic(i[(li;igi' rcprodiiil sur iintrc [)lnriclu' \L1, I d apri's uno |iliutogra|iliio 
lie .M. r.ilil)!' IJrctucq se tiniiviiit h Aiiiivarza '". 11 conslilue aujounlhiii l'une 
(les pii'cos iiiailrossos du uiusi-c foiidr à Adaiia par le /.r\o t'-i iaiii- di- M. le co- 
lonel iXonnaiid '-'. 

Les vcduiiies parus des .SV^7,(//^//(/</-/^7l<•/.s |iiililii's par riii>tilut arrli('(il(»j;i(|ue 
allemand ' " ont de pins en plus l'-taldi ipu'. aux premiers siècles de notre ère, 
existaient entre les mains des falirieants di' sarcophages des cahiers de modèles 
ipiils ne faisairnt (|ue copier. 

Il en est ainsi non seulement en Italie, mais jusipie dans les régions les plus 
lointaines de rem|iii('. Tel sarcophage. |iour prendie un exemple (|ui ne sorte 
pas du domaine de la revue Si/ria. découvert à Tourmousav.i en Palestine 
et re[irésentanl les Génies des Saisons, l'Hiver ayant à la main une paire il'ni- 
seanx, le l'rintem[)S chargé de fleurs. l'Klé portant une corheille d'épis. l'.Vu- 
tomiie ((uiromié de grappes de raisins '•'. reproduit de très i)rès un sarcophage 
de provenance italienne conservé au Louvre ' ''. 

La conslatatiiMi, toutefois, n'a guère été faite jusipTici (pie pour ces sarco- 
phages aux faces couvertes de scènes à personnages inspirées de la mythologie 
on de la li'gende (pie l'on est en droit d'appeler, dune manière générale et par 

l'i l. Ittnsiralion on u doiuu'- un crK-hi'-, pris (lonics dos saisons, lievue bibliiinf. I9!S, 

surplace, ropruduil dans lo dornior fascicule pp. llt-118. 

décolle revue, Syria, l. Il, 19"21, pi. XXV. 2. ^^l Calaloijue sommaire dfs mnrbrfi nn- 

l" Voy. Li erèalwn du musée JWdana, (ii;ii«, n» ,S18, galerie Mollien. auln-fois 

Ibid.. pp. lOo-iîOS ol pi. XXI-X\V. dans la salle des Saisons; FiimiMii. \oli>e de 

(') Diea/idArfi S<irco/)/iii(/-Ke'/iV/s iui .Vufirage lu sfiilidiire anliijne. n" 341; Chkai;. Musée 

des deulschena rcliaoologischon Instiliils hor- de srulpture, t. II, pi. IH, 103 (S. Rkikacii, 

ausgelien und iM-arlieilet von C. ItinuiiT. Répertoire de In statuaire grecque et romaine, 

(■•l Sarcophage i-eprésenliinl Itacelius el les I. 1, p. 2'<. n° •i). 



296 



SYRIA 



opposition aux sarcophages dont nous allons parler, les sarcophages romains. 
Le fait n'est pas moins A'rai pour d'autres sarcophages formant par l'aire à la- 
quelle ils sont restreints des séries à part et qui gardent des traits bien 
distincts. Le sarcophage d'Anavarza va nous en fournir un exemple. 

11 s'agit, tout d'abord, remarquons-le, de sarcophages originaires des pays 
helléniques ou hellénisés et la cuve elle-même se signale par sa coupe stricte- 
ment rectangulaire et par ses moulures limitant haut et bas les champs réservés 
aux représentations, cuve dont le caractère architectural s'affirme plus d'une 
fois, ainsi que le montre entre autres un sarcophage du musée de Beyrouth 
(pi. XLI, 2), par un toit à double pente avec acrotères aux extrémités. 

Les reliefs, de leur côté, qui sur d'autres cuves présentant ce caractère 
proprement grec se déroulent à la manière d'une frise sur un monument, 
dans les sarcophages que nous avons en vue se réduisent à des éléments 
décoratifs. 

La famille à laquelle ils appartiennent est celle des sarcophages à guir- 
landes ''', mais dans la famille même ils constituent un groupe nettement 
délimité et qu'on peut qualifier de syro-égyptien <-^ quoique, en dehoi's de la 
Syrie et de son voisinage immédiat et de l'Egypte, un exemplaire provienne 
de Chypre, un du sandjak d'Adalia, deux d'Iasos, un d'Athènes, un de Salo- 
nique et un enfin de laiicieime Mésic*^'. 

Us ne seraient pas, d'ailleurs, sans pouvoir être rattachés à ces sarcophages 
de Sidon, d'un art il est vrai différent, dont les fouilles de M. le D'Contenau ont 
récemment mis au jour un nouvel exemplaire <*' et dont trois autres rapportés 
par Renan de sa mission de l'hénicie se voient au Louvre disposés sur l'escalier 
asiatique '^', sarcophages dont la face a pour tout décor des guirlandes suspen- 



(') Voy. Altmvxn, Archilectur und Ornn- 
mentlk der antiken Sarkopkaije, II, Die Oriia- 
mcntik, i, Die gricchischcu Gtiirlniidcusarko- 
phagc, pp. 89-65. 

(') M. ScHiii'MHKii, Die Nekroitole von Kom- 
esch-Schukdfa [Expedilion Krnst Sie(jlin, 
Ausgrabungen in Alexandrin, Biiiul I;, ïcxt- 
bnnd, pp. 18.")-i86, revendique résolument 
l'origine alexandrine du type. 

(') ti"' 30 ù 30 de la liste douuéc plus loin. 

(*) Syrin, 1. 1, 1920, pp. 3')-46: sarcopliagcdit 



u au navire » à cause do la curieuse représen- 
tation qui se voit sur un des bas-cùtés. 

(^) Mission de Phénicie, pi. LXI. II eu a été 
découvert de nouveau.x dans les fouilles e.\é- 
cutées par Maeridy Bey ou 1901 {Le templo 
d'Echmoun à Sidon, p. 46 et suiv.). Voy. aussi 
Mkndel, Musées impériaux ottomans, Cata- 
logne des sculptures grecques, romaines et by- 
zantines, t. I, pp. 76-78, u" 12, et li9, 
WU; t. 111, pp. 406-407, u" 1167, et 407-408, 
n»H68. 



^^^^ 




2. Sarcoph.ifje lie Beyrouth 




I. Musôc d'Ail.ina — Sarcophage J'Aïuvarza 



SAIi(:ol'llA(.i: I) ANAVAIIZA 



2'J7 



dues à dos iiiullcs di- linns, luni ccitciidjuil >iiiis iidjoriclioM parfois d'une lèle 
de Môdusc "'. 

Trois ('•li'mients jouent dans nos sarcophaf^es un rôle essentiel : d'abord les 
guirlandes, puis les figures les soutenanl '-'. enfin les sujets qui occupent la 
concavité des guirlandes. 

Ici c'i'sl. au milieu, un grouiie, sans caractère bien spécifitpir. de l'.Vniour 
cl de Psyclw' seuihrassanl. Ailleurs apparaissent une scène de bampicl, ou le 
dieu cavalier tlirace, ou nicnii- uiir lète de lion, un cartouche, un plateau, un 
vase '^'. La place nxiinl jilns iKirnialciiiciit. aussi bien au cetitre ([ue de part 
et d'autre'"', à des lcti>^, le [dus souvent des télés de .Méduse, comme pour- 
raient lélre au surplus, à droite et à gauche, sur le sarcophage dWnavarza, 
les deux tètes symélri(|ues aux chexeiix imués sur le >oMinii'i et aux iioucles 
encadrant le visage. 

Les personnages, d'autre pari, ipii poileril le> guirlande* ol'l'reiil i-égulière- 
inenl ce trait (pi'ils sont ligures connue des >ta[ues posant sur des bases'"'. La 
seule pai'tii'ulariti'' spi'-einle à notre exemplaire, mais de laipielle on peut cepen- 
ilaiil ra|ipnMlier un riM^iiieiil du ihum'c de ( !nii*laiilirinp|e di'cril rnmnie mon- 
liaut Mil Viiiiiiii (Ii'IkiiiI -III- un dauphin '■ . est radjoiielion des [taidlières ma- 
rines aux eiudiilciiii'uls [lisciloiiues placi'es à lilic de d<''Cor devant les deux 
bases uu!'dianes. Les Génies, eu revaiirhe. ipii surmontent ces bases et dont les 
altitudes inversées, comme le sont aussi celles des panlhéres, se font pendant. 
>out d'un t\|)e couraid. Il est exceptionnel ipie. ;i |eui- place, .s(> voient, comme 
siii- un >ai((i|iliage du iiiUM'e i\u (iaiie. des di\iuiti''s diverses'^'. Il arrive 
même t'n'ipiemment (|u"ils >e reliniiv eut. non x'iili'Uieiil au ceiilie. mais aux 



('• Mkmif.i., «/)., l. Lu"» 1-2 (>l 4-1. L'un îles snr- 
rophnjjcs dp la Missinn de Pliénicie moiilrc de 
iiiriiu', sur un (lo SOS l.as-ctMôs, nu-ili-ssus do 
la ^ulrliindo, un busio de porsouiinjto au.\ 
loiijîs chovi'ux tdinhauls. 11. faut onfiii oilor, 
à tili'i- do (-ompaniisim. uu dovaiil do saroo- 
pliago du Louvro, ilo provcuauoo inoonnuo, 
avco guirlaiidos porlées par iiiio sorlo do 
Tiônio ol lûtes do Moduso (Oitalogue som- 
maire des mnrhres ii»f(f/iic.<, n" l.'iOi, gnlorio 
Mollicu). 

(•> Il est qucl(]uos raros exouiplairos (voy. 
les n" 13, 17, '"2 ol sans doulo -i."} . (.ù, .ui 
Sthi*. — II. 



liou cl pljicc dos figures, n'inlorvionneni par- 
U)ul i|uo des hueràiios «u des tôles de Wliers. 

l't N°« 1», m;, ;u), t, 17, 33, 3:;, 13, -2. 

l'i Les guirlandes lalérulos .<oat surinoalées 
au u" .30 de lèles de lions, au u" •! de rosaees, 
au n" G do fleurs. 

1^1 Masiiuos, u" 10 et 31; lôlos de .satyres, 
n" 8 el .36; tèlos de femmes, n" Itj et 17. 

i"' Voy. cependant le* n" U el 30. Il arrive 
nième que ces bases sont de vôrilnbles piédrs- 
tau.\. n" 16. 17, 20, 21, 2'i, 3S ot .36. 

ei N"3I. 

»»> N" 16. 



298 



SYRIA 



extrémités. Les angles, pourtant, lorsqu'ils ne sont pas ornés de simples 
bucrânes ">, reviennent de préférence'-' à des Victoires'^), vêtues ici de la 
longue tunique à double partie retombante, serrée par une ceinture très haut 
sous les seins et qui semble fouettée par le vent, et disposées de trois quarts, 
mi-partie sur la face, mi-partie sur les petits côtés'*'. 11 n"en résultait qu'un 
seul défaut, à savoir qu'ainsi en angle les Victoires étaient beaucoup plus 
fragiles et il n'est pas à s'étonner qu'elles aient perdu leur tète. 

Il est enfin, dans les guirlandes elles-mêmes, un détail caractéristique et 
qui pourrait au besoin servir presque de critérium à la détermination des sar- 
cophages du groupe '^'. Les guirlandes, terminées à leurs points d'attache par 
des rubans, dont on reconnaît de part et d'autre des tètes des Génies les extré- 
mités gaufrées d'une manière assez conventionnelle, peuvent être soit de 
fruits, comme le sont les deux latérales du sarcophage d'Anavarza, soit de simple 
vecdure, comme lest la couronne médiane au feuillage si élégamment dé- 
coupé. II est, de toute manière, de règle à peu près constante qu'elles sou- 
tiennent au bas de leur courljc. en guise pour ainsi dire de pendentif, une 
grosse grappe de raisins '®>. 

Indiquer, ces remarques faites, la liste de ces sarcophages est forcément se 
vouer à être incomplet. L'énumération ci-dessous, malgré tout, pourra être de 
quebiuc utilité, divisée en trois groupes : groupe syrien, groupe égyptien, 
groupe de provenances diverses. 

1. — I. Anavar:a. Musée d'Adana (PI. XLI, I). 

2. Adana. Musée d'.\dana. Sarcopliage à trois guirlandes analogues, portées au centre 
par deux Génies et se rattachant aux extrémités à des bucrânes. Au-dessus des guirlandes, 
deux rosaces et au milieu un vase i''. 

3. Adana. Musée d'Adana. Sarcophage à trois guirlandes analogues, mais simplement 
épanneléesf"!, de même que les figures qui devaient les porter, tant au centre qu'aux extré- 

l'i Voy. les n"* -2, i. S, 6, 8, 20, 21. 2-2 et :-iO. èlrc 7, 80 el .36, sarcophage aii-dossous des 

Les biicrâiii'S y font pinrc à des tètes de lu'- guirlandes duquel se voient niic lèle de lion 

liens au n" 7. et deux lûtes de femmes. 

1^1 Le n" .36 offre un exemple unique iriiiic C"'! Le peudeiilif de la guirlande médiaue des 

figure anguipî'dc û l'une des exlrémilés. n"* 6 et pcut-êlre 8 est simplement de feuillage. 

Cl N" 17, 19. 28, 29, .36, .37. (•) Syriu, t. Il, 1921, p. 196, fig. I. 

Cl II en est de mi^rae sur les n°' 36 et 37. (') Il a été découvert de même des exem- 

('• Il n'y a d'exceplions (ju'anx n"' 3, peut- plaines simplement épannelés parmi les sanco- 



s A lU: () l' Il A (; E I) 'A \ A VA H /. A 



299 



mitt's, d'où l'observation que « la guirlande remplacée par un croissant " lui donnerait 
« un faux air ottoman '') ». 

4. Alep. Musi'-e de Constantinopje. Sarcupliaffe d'enfant à trois guirlandes analogues, 
soutenues par des crochets invisibles et se rattachant aux extrémités à des bucrânes. 
Au-dessus de la guirlande centrale, cartouche h (|ueues d'aronde avec épitaphc '''>. 

5. Aniioche. Sarcophage h deux guirlandes, portées au centre par un flénie et se ratta- 
chant aux extrémités à des bucrânes disposés en angle. Au-dessus des guirlandes, qui 
n'ont pas la grappe de raisins habituelle à la base, et sur la face latérale droite, tôtes de 
Méduse. La face latérale gauche montre un personnage debout, nu, tenant une palme; 
le revers deux groupes d'un taureau terrassé par un lion de part et d'autre d'un candé- 
labre, (louverclc en forme de toit imbriqué à double pente avec acrotères ('). 

(). Daphiiâ. Sarcophage h. trois guirlandes avec pendentifs à la base, portées au centre 
par deux Génies et se rattachant aux extrémités h des bucrânes disposés en angles. .\u- 
dessus des guirlandes, tétc de Méduse et, de part et d'autre, deux fleurs épanouies. Le 
pendentif de la guirlande médiane est par exception formé de feuillage. Sur les faces 
latérales, guirlandes et mulles de lions C. 

7. Dnpluiâ. Sarcophage à deux guirlandes, portés au centre |)ar un Génie et se rattachant 
;iu\ extrémités à des tètes de béliers disposés en angle. Sur les faces latérales, des guir- 
laïKles (■•'. 

S. /,r(0(//(('c. (;i\plolliè(|ue Ny ('arisberg à Copenhague ('■'. Sarcophage à trois guir- 
landes avec grappes de raisins à la base i"', portées par deux Génies et se rattachant aux 
extrémités ;\ des bucrânes placés en angle, .\u-dessus, des guirlandes, au milieu, lèlc de 
Méduse et, de part et d'autre, deux tètes de Satyres, l'un barbu à gauche, l'autre 
imberbe à droite. Sur les faces latérales, guirlandes et tètes de Méduse r'". 

'.). Tripiili lie Syrie. Musée de Constantinople. Sarcophage à trois guirlandes ana- 
logues, portées au centre jiar deux Génies et aux extrémités par des Victoires de face, les 
uns et les autres debout sur des piédestaux, .\u-dessus des guirlandes, deux tètes de 



phages lie Siiliiu à giiirlaniles suspendues à 
(les mufles de lions (Mknuki., Catalogne du 
mii.tép lie Constantinople, t. 111, pp. 'tOT-iOS, 
n- 1108; Syrin, t. 1, l!)-20, p. 'ilO). 

CI ll>iil., t. Il, iy-21, pp. 1%-19Ï, tig. \. 

l*> MivNDEL, Cataloijne du nuisre de Constan- 
tinople, t. ni, p. .40», n" n(w. 

CI Gazette anhéoloijiqne, 1885. pp. iHS-iîS:; 
et pi. 'iS-^O; llitlletin de corrcspoiidanre Itellé- 
nii/iic, 1897, p. 79, n. 1 ; Jalirhucli des denlschen 
arcliaeoloijisfhen Inslitiiles, 1898, pp. i,So-187. 

(*l lbid.,p\t. 187-188. 

t») Ibid., p. 188. 

(•> Il y est renvoyé d'une aiuiiière fugitive 



par M. .Vi.TMAN.v, qui. indiquant en note l'exis- 
lenee de sareopliages du type que nous étu- 
dions fi .Mexandrie cl A Constantinople. ajoute 
u et à Ny Karislierg » [Arcliilectnr und Orna- 
menlik der antiken Sarcophnije, p. 61, n. 1). 

(') Il n'est pas absolument certain, d'aprAs la 
seule reproduction, que le pendentif de la 
guirlande médiane soit une grappe de raisins, 
plutôt qu'un simple Itonquot de feuillage 
comme dans le sarcophage ii° 6. 

(») .Yv Carlsbenj Glyptotek, liiltedtavler Kata- 
Uujet over antike Kunstwifrker. pi. LXVIII. 
u" 791. 



300 S Y R I A 

Méduse el . au milieu . une scène de banquet encadrée de deux Amours. Couvercle en forme 
de loil imbriqué à double pente avec acrotères i". 

10. Tripoli de Syrie. Musée de Constantinople. Sarcophage décoré sur la face principale 
et sur les bas-côtés de scènes empruntées à la légende de Phèdre et Hippolvte, avec 
couvercle ea forme de toit imbriqué à double pente, muni d'acrotères constitués par des 
Amours accroupis. Le revers devait montrer trois guirlandes avec grappes à la base 
portées par des figures et. sans doute, au-dessus des guirlandes, des tètes de Méduse ou 
des masques; mais, comme sur le sarcophage n° 3, la sculpture n'a été que grossièrement 
épannelée, de sorte que les guirlandes se réduisent à des bourrelets d"où pendent des 
sortes de cœurs ou de feuilles de lierre et que surmontent des bossages tronconiques, 
compris entre des panneaux à côtés verticaux concaves (-'. 

11. Beyrouth. Musée de Beyrouth et, antérieurement, jardins de Rustem-Pacha 
ipl. XXI. 2 . Sarcophage à trois guirlandes avec grappes de raisins à la base, portées au 
centre par deux Génies. Tout l'angle supérieur droit de la face manque. La présence 
d'une grosse tête adossée au sarcophage empêche de reconnaître la nature de la figure à 
laquelle se rattachait à gauche la guirlande. Au-dessus des guirlandes, deux têtes de 
Méduse et, au milieu, un plateau rectangulaire à anses ornées. Couvercle en forme de toit 
imbriqué à double pente avec acrotères. 

12. Beyrouth. Il ne me semble pas que le sarcophage précédent puisse être le premier 
des deux que le peintre Monlfort, le 28 mars 18.37, alla voir à vingt minutes de Beyrouth 
où ils venaient d'être découverts : <i L'un d'eux, écrit-il, a, sur les côtés, des Génies fu- 
nèbres tenant des cornes d'abondance renversées d'où s'épanchent des raisins et des fruits; 
ils sont accompagnés de deux têtes de Mercure, le tout très grossièrement travaillé. On 
voit aussi des figures de femmes à chaque angle... Sur le milieu sont sculptées deux 
autres figures, mais elles sont à peine ébauchées >''. .> 

13. Beyrouth, u Le second sarcophage, continue Montfort, sur lequel sont des têtes de 
taureaux et de béliers, ébauchées seulement, est un peu plus long que le précédent. Les 
cornes d'abondance, les raisins et les fruits que l'on y reconnaît ne sont absolument que 
préparés; dessus l'un des côtés et au milieu de ce sarcophage se lit une inscription que 
j'ai copiée i*'. » 11 n'est pas certain, d'après cette description trop vague, que le sarcophage 
fût exactement du type qui nous occupe. Le texte de l'inscription, dont la copie est 
aujourd'hui entre les mains de M"" G. Montfort, a permis à M. Dussaud, par rapproche- 
ment avec le Corpus i^', d'indiquer (|ue le sarcophage a été transporté aux Ktats-Unis par 
l'amiral américain Elliott i*^'. 

li. Sidon. Musée de Constantinople. Sarcophage à deux guirlandes avec grappes de 

i')MKm»:L, Catalogue du musée de Conslan- pars 1, n» 15, et Suppleinoiitum, n" 6694 ; 

linople, t. III, pp. 31)7-399, ii° 1159. cf. Bulletin de la Société des .\ntiquaires de 

('( Ibid., l. I, pp. 109-1 14, n" 26. France, 1889, pp. 66-69. 

l') Syria, t. I, 1920, p. 66. (0| r Dussaud, Le peintre Monlfort en 

(«1 Ibid., I. c. Syrie (1837-18.38), extrait de Syria, t. 1 et II, 

^'■•* Corpus inscripliunuin latinanim, t. 111, 1920-1921. pp. 9-iO. 



SA liCol'IlAdl-: 1) ANAVAU/A 



301 



raisins à la Ijase, poili';es par des fJi'nies. Aii-flcssiis des guirlandes, tètes de Méduse. Il est 
à noter cjue les (icnics reposent, non sur des bases, mais sur un bandeau qui court sur 
toute la partie inférieure du sarcophage. Couvercle en forme de toit à double pente avec 
acrotères ('). 

I">. Sillon. Sarcophage simplement ('-panneh', en basalte noir, à deux guirlandes, se 
rattachant au centre à un carlouciie anépigrapho à (jueues d'aronde et aux extrémités à 
deux biiciànes ou Irlos de bélier, avec deux ornements circulaires au-dessus des guir- 
landes. M. le D'Contenau, ipii l'a mis au jour dans ses fouilles de 191 i. le décrit comme 
portant « deux gros cordons incurvés (jni vont njointire les angles dn |>a[meau, occupés 
par des sortes d'as de cœur ('•'' ». 

II. — IG. Musée dn Caire. Sarcophage à trois guirlandes avec grappes de raisins à la 
base, portées par des figures d'Hercule, de Bacchus, de Satyre et de Mercure debout sur 
des piédestaux en forme d'autels. Au-dessus des guirlandes, deux tètes de femmes cou- 
ronnées de lierre et, au milieu, une tête de Méduse. Sur les faces latérales, guirlandes se 
rattachant ù des bucrànes et tètes juvéniles ('). 

17. Musée du Caire. Sarcopiiagc à trois guirlandes analogues, portées au centre par 
deux Génies et aux extrémités par des Victoires tenant \ine palme et une couronne, les uns 
et les autres debout sur des piédcsianx. .Vu-dessus des guirlandes, deux tètes de femmes, 
la ciicvelure ceinte d'une bandoielte, et, au milieu, une tète de .Méduse. Sur les faces 
latérales, guirlandes se rattachant à des bucrànes et tètes de femmes (''. 

IX. Musée du Caire. Sarcophagi; à trois guirlandes analogues, soutenues par des 
bucrànes. Au-dessus des guirlandes, têtes de Méduse. Sur les faces latérales et au revers, 
même décor, si ce n'est que sur le revers, au milieu, la lèle de Méduse fait place à un 
cartouche à (jueuos d'aronde, reste anépigraphe i". 

lit. >4/e./;n/i(/n't' (Nécropole de Kôm-esch-Schukàfa . Musée d'.Xlexandrie. Sarcophage à 
trois guirlandes analogues, portées an centre par deux Génies et aux extrémités par des 
Victoires ('''. Il semble, du moins, ([u'ainsi doivent être interprétées les deux figures de 



(M Mkndki,, ('.(ildloijite du mii.tfc tle Conslmi- 
litwpte, I. III, |)p. tOO-iOl, II" 1161. Il fniil en 
rapprocher, d'une pari, un sareoplia^e de 
mémo pi'oveiiaïu-e an même musée, ù deux 
fîuirliiiides aussi, miiis sans îjrappes de rai- 
sins à lu l>ase, porléi's par des Ciénies sem- 
blaliles et (pie ne surmontent «luc de simples 
lmMdelelles(/W./., p. 10-2, u"ll(i-2), el, d'autre 
part, un sareophu^'e à deux guirlandes égale- 
meiil, sans grappes de raisins à la base non 
plus, portées de même un eenlre [mr un Génie 
et se rutlachaul aux e.virémilés AdeslèlesdeU'-- 
liers placées en angle, avec des têles de Méduse 
au-dessus des t,'uirlandcs, sureopliage venant 



de la collectidii de lord Elgin et aujourd'hui à 
Rroom-llall en Kcosse. (.\ltma>>. Archilt-cliir 
Il ml I ïrmiineniili dernniiken Snrboi>hn(if, fi g. îï, 
pp. 89, ettiOi. 

(«iS.vnd, t. I. l'JiO, pp. 15I-1.V2, fig. 52-53. 

(" Jiihrbnch des Inslitiiles. l'JOl, Archaeolo- 
ijisclter .Afi.vij/cr, pp. 207--208, fig. tl ; Schhui- 
iiEii, Die Seliropote von Kùin-fschScliukiifa, 
Texllmnd, p. -208, u. M). 

'■^^Jiiltrtincli des Instiintes. litOl, Krcharoto- 
gischer .Xnzeiijer, p. 208. 

l'-i Ibid., pp. 208-'20y. 

l''' Il n'est pas douteux, d'après les cin-on- 
stauces de la découverte, que ce sarcophage ue 



302 



SYRIA 



femmes drapées, sans attributs, qui, placées de face et non pas en angle, les deux mains 
levées symétriquement, tiennent les extrémités des guirlandes. Au-dessus des guirlandes, 
deux masques (') et, au milieu, une tète de Méduse. Couvercle en forme de toit à double 
pente avec acrotères ("J. 

20. Alexandrie (Nécropole de Kôm-esch-Schukàfa). Musée d'Alexandrie. Sarcophage à 
deux guirlandes analogues, portées au centre par un Génie debout sur un piédestal en 
forme d'autel et se rattachant aux extrémités à deux bucrânes (^'. Couvercle en forme de 
toit à double pente H'. 

21. Alexandrie (Nécropole de Kôm-esch-Schukàfa). Sarcophage semblable au pré- 
cédent (^). 

22. Alexandrie (Nécropole de Kôm-es-Schukâfa). Sarcophage à deux guirlandes ana- 
logues se rattachant à des bucrânes. Au-dessus des guirlandes, têtes de Méduse (^'. 

23. Alexandrie (Nécropole de Rôm-esch-Schukàfa). Fragment d'un sarcophage à guir- 
landes analogues, eu tuf, avec tète de Méduse rapportée en stuc i''. 



soit celui que ili'crit Botti dans son Catalogue 
des inonumenis exposés au musée gréco-romain 
d'Alexandrie ("2" édition, 1901), p. 466, salle 1 1, 
n° 1, et c'est ce qui résulte également de l'af- 
firmation de ScnitEiBKR, Die .\'ekropole von 
Kom-esch-Schukàfa, Textband, p. 39. 11 ne 
faut donc pas prendre à la lettre la descrip- 
llon sommaire du Catalogue : « quatre Génies 
soulcnaut des festons et des fruits ». 

l'I Le masque de gauche est celui d'un jeune 
homme imberbe; le masque de droite, égale- 
ment imberbe, avec les cheveux relevés el 
runieiiés eu ari'ièrc, semble un masque de 
théâtre. Ici encore le Catalogne est done in- 
exact ; « uu eenlre de chaque guirlande ou 
voit une tèb; de Méduse ». 

(2i BoTTi, Catalogue du musée d'Alexandrie, 
salle H, n" I; S<:hhi:iber, Die Nekropole von 
Kiim-esch-SctmhiJa, Textband, pp. 44, fig. "l'i, 
48 et 186. 

(S| La reproduction donnée par Scuisr.iBi:n, 
tliid., p. SG. fig. 31, laisserait quelques doutes 
aur les rcprésenlations occupant les extrémités, 
iiu-dessous des(|nelles se retrouve le même pié- 
deslul on forme d'autel que sous les pieds du 
Génie central, mais la noie 2, p. 62, in(li(iuu 
expri'ssémeal deux bucrânes. 

(M BoTTi, Catalogue du musée d'Alexandrie, 
sullit II, n" i: SciniKiusii, Die .Seliro/inle von 



K6m-esch-Schakcifn. Textband, pp. S6, fig. 31, 
b9 et 186. 

W' Ibid., p. 39. 11 senibU'rait, d'après l'affir- 
mation de Bauer {Rivista egiziana, t. V, 1893) 
rapportée par Schbeiber, que ce sarcophage 
eût aussi été transporté au musée d'Alexan- 
drie, mais il ne s'y voit pas et n'est pas men- 
tionné dans le catalogue de Botti. 

C^i Ibid., pp. 64, fig. 34, 103, fig. 57, 
scmble-t-il, où il y aurait une erreur dans la 
légende, et 104-103. 11 faut en rapprocher deux 
sarcophages de la même nécropole que je no 
fais pas figurer dans la liste : l'un semblable 
à celui-ci, mais les guirlandes sans grappes 
de raisins à la base (Ibid., pp. 57, fig. 32, 
et 104-105), l'autre avec une guirlande cen- 
trale et deux denii-guirlandes aux extrémités, 
également sans grappes de raisins à la base et 
d'une disposition un peu différente : la guir- 
lande est soutenue, do part el d'autre de la 
courbe centrale qu'occupe un iiersonnage cou- 
ché dormant, par deux anneaux dans lesquels 
elle passe el auxquels sont également suspen- 
dus, à gaudu" un<> (èle de femme, sans doute 
une Ménade, à droite nue tôle de Silène 
(Ibid., pp. 77, fig. 40, 104-105 el 186-187; 
Tafelband, pi. XX\ 1). 

(') Ibid., p. 117 et Tafelband, pi. XLIV. 



SAllCOPHACiE D'ANAVARZA 



303 



2i. Alexandrie Ibrahimieh). Sarcophage à trois guirlandes analogues, portées par des 
Génies debout sur des piédestaux en forme d'autels. Au-dessus des guirlandes, létes de 
Méduse. Couvercle en forme de toit à double pente avec acrolèrcs >". 

2")-27. Alexandrie (Nécropole du quartier de Gabbari). Trois sarcopiiages, taillés dans 
le tuf, avec guirlandes portées par des Génies '*'. 

28. Alexandrie. Sarcophage analogue au n" 13 l'>. 

29. Abniikir. Musée d'Alexandrie. Sarcophage analogue au précédent (". 

111. — WO. Monastère de Cnzzafnni (Ile de Chypre). Sarcophage à deux guirlandes, 
poriccs au centre par un Génie et se raltachant aux extrémités à dts bucrânes placés en 
angle. Au-dessus des guirlandes, et de même sur les faces latérales, télés de lions. Il est 
à noter que, si le dessin de Cassas est ndèle, le Génie nest pas debout sur une base et que 
les guirlandes ne sont |)as munies de la grappe de raisins caractéristique de la presque 
totalité de nos sarcophages i ''. 

:il. Alaicli, sandjak dWdalia, vilayet de Koniah. Musée de Conslanlinople. Fragment 
d'un sarcophage à guirlandes avec grappes de raisins à la base. Les guirlandes sont 
portées par un Génie debout sur un dauphin. Au-dessus, tête de Méduse et masque 
tragique f"'. 

.'{2. lasos. Musée de Conslatiliiiople. Sarcoi)liage à trois guirlandes analogues, portées 
au centre par deux Génies et se raltachant aux extrémités i des tôtcs de Satyres barbus 
placées en angle. Au-dessus des guirlandes, cl de même sur les faces latérales, têtes de 
Méduse. Couvercle en forme de li>it à double pente avec acrolères ("'. 

.'13. lasos. Sarcophage à trois guirlandes analogues, simplement épannelées. .\u-dessus 
de la guirlande centrale, cartouche rectangulaire k queues d'aronde. Couvercle à double 
pente avec acrolères i"'. 



l') BoTTi,i)p, 7G, fig.;W,el 186. Ilseniblequecc 
soilcc sarcophiige que roproduil Allmaiiii, .\r- 
chilcctur und Ornamenlik tler aniilceii Sarlio- 
pliage, p. 61 , Tig. 23, sans rcfricncodiuis le loxlc 
elavL'i- lu légende » Sarkophag iaAIexandrieu». 

(*> Jnhrbuch des Inslitutes, 1906, Archaeolo- 
gischer .\n:eiijer, p. iS'i. 

(•'• SciinKuiKn, Die Selcmpole von Ktim-escli- 
Sihtmkiifn, pp. 207-208, u. 30. Il faudrait en- 
core incnliouuiT, d'apri-s une affirmation île 
Ncroulsos-Bi-y ù M. SciinEiiu:ii (Ihid, p. 207, 
n. '29), nu corliiin nombre de sarcopiiages du 
mèinc type qui se trouvaient on 1890 à Alexan- 
drie, provenant de Ramleh, de Sidi daber et 
du quartier du Karmous [très du Serapeioii. 

(*• BoTTi. Catalogue du musée d'.\le.rnndrie, 
salle H, n" 3. 



l^) Cassas, \'oyage pittorrs'iue de ta Syrie, 
de la Pfiénicie, de ta Palestine et de ta Hasse- 
ICgypIe, pi. 101; Jahrbuclt des Instifules, 
I89!S, .\rcliacotoijisclier .\n:eiger, p. 188; Alt- 
MANN, Arctiilectur und Ornamentik der antiken 
Sarkopliage, p. 60. 

("' Mk>uel, Catalogue du musée de Cu/is/ua- 
linopte, t. 1, pp. 118-119, n' 31. 

l'i Ibid., t. 111, pp. 394-396, n" 1138. 

l'*' ÏEXIKB, Description de IWsie Mineure, 
t. 111, pi. U6, 5. Il semble, sims toutefois 
qu'on puisse absohimenl l'affirmer, que ce 
soil le même sareopbage que ivproduisenl. 
sans donner non plus de descripliou dans le 
texte, Uknndokf et Xiemann, lieisen in Lykien 
und Karien, pi. XLNlll.avei- la légende « Sar- 
kophag bel Mylasa ". 



304 S Y R I A 

3i. Athènes. Musée national d'Athènes. Sarcophage à deux guirlandes, portées au 
centre par un Génie et se rattachant aux extrémités à deux bucrà nés placés en angle. Il reste 
incertain, sur la reproduction qui en est donnée l", si les guirlandes portent à la base une 
grappe de raisins. Au-dessus des guirlandes, et de même sur les faces latérales, tètes de 
lions. Couvercle en forme de toit imbriqué à double pente avec acrotères (-'. 

.Î3. Salonujiie. Musée de Conslantinople. Fragment de la partie gauche d'un devant de 
sarcophage à guirlandes i^', avec un Génie debout sur un piédestal. Au-dessus de la guir- 
lande, cartouche à queues d'aronde avec épitaphe i". 

.36. Arlchar, ancienne Ratiara. Musée de Sofia. Sarcophage à trois guirlandes, portées 
au centre par deux Génies et aux extrémités, à gauche, par une Victoire, à droite par un 
géant barbu anguipède, placés en angle, les uns et les autres debout sur des consoles. Les 
grappes de la base des guirlandes sont remplacées, au milieu par une tète de lion, de part 
et d'autre par deux tètes de femmes symétriquement de profil, .\u-dessus des guirlandes, 
dans un cadre rectangulaire, le dieu cavalier thrace devant un arbre autour ducjuel s'en- 
roule un serjient et, sur les cotés, deux masques de Satyres, l'un imberbe, l'autre barbu. 
Couvercle en forme de toit à double pente, muni de couvre-joints, avec sphinx formant 
acrotères (". 

37. Sarcophage de pi-ovcnance inconnue. Musée de Constantinople. Sarcopliage à trois 
guirlandes avec grappes de raisins à la base, portées au centre par deux Génies et aux 
extrémités par deux Victoires disposées en angle. Au-dessus des guirlandes, sauf au mi- 
lieu, fleurs épanouies ('''. 

IvriKN.NK .AllCllUN. 

l'i Sta'is, Marbres el bronzes du Musée iialio- indiqué ('■galemeiil par M. von Bissixg, de sar- 

nal, p. 180. cophagos à guirlandes sans doute, mais de 

(2) Ibid., p. 156, u° 1180. 11 n'est pas pos- type différent. 

siblc, d'après les descriptions très succinctes t-*! Il n'est pas spécifii' dans la description si 

dn calalogne (pp. ICI el IGl-l), de décider si les la guirlande porto une grappe à la base. 

n°' 1188, 1189 l'I 1190, an.xqnels renvoie égale- l^' Mkndki., Calalorjiie du musée de Conslan- 

ment sans aucun délail M. F. vo.n Bissing linople, t. 111, p. 403, u" 1163. 

{Jnhrbuch des Insliiutes, 1901, Archaeolo- l-"' /Veiwie arc/ieo/ogi^iic, 1913, t. I, pp. 60-64. 

gischer \nzeujer, |>. 209) à propos de nos ("' Mkndel, CataloQue du musée de Conslan- 

n"* 6 à 8, rentrent aussi dans notre série, /i/io/j/c, I. III, pp. 399-400, u» 1160. 
ou s'il s'agit, comme pour le n" 1181 (p. 155), 



UN MONLMKM DKS IM'.I^MIKIIS SII':(:LES I)I-: LIIKGHΠ

EiN PEHSb: 



F.K HKCOU ItK I,\ MDvurKK DK NAVIN 

s. ri.i \\\ 

{ Dcii.cicnic nrliflc.) 



\a\ inosqu(So (In i\;lyin ne nous fournil [tas sculoinonl dosuiair-riaux pn'-cioux 
pour l'(''luilf' (le lii pali'ngrapliii' aialjc, sa plus lirandc iiiipiiilaricc iT.^idf dans 
rcnsen)l)li' de sou drcur. Il Idriiic le picniiiM- jalon, ipii (lirij;rra nus rcidicndii's 
dans le (idiuaiiic de l'aii persan aux ncuNièuic i-l dixième siècles. 

De loules les louiposilions décoratives de la inostpn'-e de .\ayin celle des 
deux c(donnes (pii sup[>orleiit l'arc on face du niiliràli e>l peul-elic la plu> Irap- 
panle (^cf. pi. \M1 et XMIli.Lfiscul fait (|uc nous avons alfaire à des colonnes 
niaçoiuiéesdniil l'enduil en plaire décoré esl eiicure iidact. leui-doiuie une valeur 
ddcunieninire loul à l'ail exeepliomielli'. .\u puiiil de \ ne arcliilechnal elles siinl 
l)ieii priuiiti\es. A la place des chapiteaux, il n'y a ([uiine espèce de l)a|,'ue on 
ruhan (jui terinini' les l'nls. Sans aucune /.orn^ de raccordement, les al)a(|ues 
reposent sur les fùls. Sil s'ajjissail de cidonues en pierre, on croirait «pie I ar- 
cliilecte se servait de dépouilles, ([u il ne savait pas Itieii adapti'r à la construc- 
tion d(>s arcs superposi'-s. Les lra<'(>s des cliaina;ies en htiis au-dessous de la 
naissance des arcs acceiiliieul enciu'e la taildesse <le la cunceplidii andiitectu- 
rale. Mais du moment (pie 1 leil se lixe sur la surface des fûts, on oid)lio toutes 
ces rt'llexious critiques. Abstraction faite de nos idi'esoccideidales d une o'iivrc 
d'arcliileclure, ces colonnes de i\à\ in sont d'une rare pert'ectiou. ( lu dirait que 
le stucateur a voulu leur doniUM* le charnu» dun heau lapis «mi d'uni- délicate 
broderie. Kn elV«»l, rensembb' des motifs géonuHriqnes <'t végétaux répond à mcr- 

Sim*. — 11. 3'J 



306 



SYRIA 



veille aux règles de la décoration tapissante. Tout on créant une surface déco- 
rative unie et bien équilit)rée. rartisle évite le danger de la monotonie. 11 évoque 
en nous, tour à tour, la sensation du mouveuient. parles rubans tressés qui s'en- 
roulent de droite et de gauche autour du fût cylindrique, et celle du repos, par 
les motifs végétaux, étroitement serrés les uns contre les autres. 




La figure I nons donne Ions les éiéini'uis di' rcnscndilc de la surface dé- 
corée. Ps'ous y voNuns les rni)ans tressés (jui se composent dim rang de perles 
entre deux lilets : leur iiitrecroisement ijétermini> les formes géométriques 
trurvilignes : étoiles à huit poiides, carrés cl triangles. C'est surtout le remplage 
végétal de ces compartiments (pii nous intéresse, parce qu'il joue un rôle impor- 
tant dans le décor de la mosqné-i'. Dans l'axe vertical de léloile à huit pointes 
s'élance nnc tii;c miner léuèi-eineiil din I niée don I nais^eiil. ,'i ^aindie et à (b'nite. 




«^fi» 



f\ 








il!» 




'^<My 



.Wosqucc de N.nin - L'ancien décor en pl.urc 



c.N .\pt.\r.\ii:.\'i- i)i:s i"iii:Mii:i;s sii:r.LES dk liii:giiîe 307 

des rinceaux aiixi|iii'ls s'adapti'iil ilrs rciiillo IuIiits. ornées, [loiir la iiln|.art. 
(le pelils Irons à la \iille. I.es séries dr tiiiillis senihlables, répétées h linlini, 
produisent un ton de (Mjulenr très éj:al. <|ui l'ail ressoitir le inonvenieiil r\lli- 
Mii(|ne des motifs }iéoMiélri(|nes. 

l/arliste se sert dn niè |ir>icédé déeuratir |piiiir I'.m nenieiilaliun du niil.iràli 

et des surlaees enviionnantes {rX. pi. \LI\'). I.a niclie siipérieuie du iniliràl) 
list meublée de div-sepl raniré-es de ees feuilles : (dies i^arnissenl de même les 
écoineons au-dessus de la niclie MK'plale e| les rli:iin|isi|ui enradreiil li' miliràl). 
Avec un sens avisé du danj;er de la inonolonii-. l'artiste iniroiluil de nouveau 
des éléments géomélrifjues dans Ir- déeor V(''j;i''lal : des élniles leclili^nies à huit 
pointes ol dos ceieles découpés en fesluiis et eiilrtdaeés. (ielle correspondance 
ornementale constitue la [ireuve certaine que li' diMor des colonnes date de la 
même époipie (|ue c(dui du mil.iiàl). 

Ij- fieme vi-^i'lal di' .Nàvindniit non- \cnniis i\c parler u'e^l pas incoimu. 
I>ans nu couveul l'fiyptien. le lier es-Siirjàui du Wadi .Nalroun. on a déjà trouvé 
des motifs véfcélaux presque idenli(|ues"'. (!e sont de> feuilles de vij^ne coud)i- 
né'OS à des f;ra|ppes de lai^iii. Sur la li^uie 1 mi Irouvera les piiiicipaux idi'- 
meiits véi^i'tanx de ,\à\in el île l>ér es-Sùrjàui (K. K. K) ra[iprocln''S des formes 
correspondanles de Samaria el de la mosipiéi' d'Iltn Tonloun '-'. L évolution 
iirneiucnlali' >idiie par la feuilli' de \ iyne de .\à\ in s'accuse siirloul dans le Irai- 
temeul des (eillels. Ile |a manière la jdu-. arliilraire ils sont ré'dnils en nombre 
el placi'-s sin I a\e \ erlical de la feuille i D, K i. IJien (pn^ le contour des feuilles 
A et l> lesle it peu près le iiièine. li'iir caraclèi'c esl tout à fait cbanj^é. 1) ne 
ressemble à aucune forme nalurelle. parce (pn- les deux Irons à la vrille sont 
devenus de [lurs ornements, taudis ipie les leillels de A accusent encore nel- 
lemenl leur oii!;iue M'i^i'-tale'^'. 

è' C(. b'i.um, Itif liipsornnmenle des lia- sidc soûl nuMitioniuvs dans mon nrlicU" 'Sa- 

es-Sùrjiini, duiis la revue Isliim, VI, pi. I; m irni uiul die i Irniwtenlili der Moscliee des 

fig. I el 2, pp. 7V-7.">. QunnI aux reprodne- Ihn Tùlihr. Islam, IV (iOI3). pp. 42.3-124. 4-29. 
tlons du genre vOgétiil en que.slion. il fiiul l'' Cf. mes romiirqiies sur le si-ns île celle 

njonler encore : J. Srii/.^uowsKi, Momilshefle évoluliuii duus /^/diii, VI. pp. 7,">-7t>. 
fur Kunslwissenschnft, l H908i, fig. 4; Mil lu exemple analogue d luu- palme ornée 

(4UI5i, pi. 79-80 ; Ai.tai, Iran itnd 1 i>//.vr- d'un Irou qui simule un u>illel esl décrit |>ar 

waiidrrunij. fig. 177; Ballrlin uf llte Meiruiio- XV. el G. Maiu.ais. les Monnmenis arabes de 

Ulaii Miisenm. New-York. I9H, vol. \l. fig. 3. Ileiiuen, fig. 11. (i . el p. Ii>ï. eu bas. 

('l Les' différentes feuilles de répoipie alilm- 



308 



S ^' R I A 



Si nous comparons maintenant les éléments ornementaux Je Xàyin à ceux 
de Dèr es-Sùrjànî (D, E), on remarquera une petite différence : le raccorde- 
ment entre la feuille et la grappe de raisin a disparu chez E, de sorte que D 





■NHYIN- 



'DêR.-£S-SURlHNI- 



NRYIN- 





rossenililr' davantage à A. l'ouira-t-on en conelure (jue le décur deNà\in. aussi 
au point de vue chronologique, est plus près de Samarra i\\\t' celui de Dèr es- 
Sûrjàni ■?.Ip n'oserais pas trancher une question aussi délicate, einue fondant sur 
Cl" seul détail. Il est vrai qu'on pourrait aussi renvoyer à la figure '2. F; ses 
feuilles sont évidemmeid plus iialureilcs (|ue celles du tvpe E. Mais de l'autre 



UN MONl'MKNT DKS l'I'.KMIl-.KS SIKCLF.S Di: Llli:(illiF. 309 

côt(' il existe, une petite frise dans le couvent syrien dont le.s l'euiiles de vigne 
ont tidèleinent eonservé le caractère toulounide'*'. 

D'autres dilïicultés encore nous eiupr-client d'établir une chronologie pré- 
cise entre les dcuv monunieuls. La mosquée de Nàyin et le couvent chrétien 




aiipartiennont à des provinces très éloigm-es Tune de l'autre. Nous ne savons 
pas encore si le nouveau t\ pe d(> feuille avec les trous à la vrille dans Taxe 
\iMti( al lui crée en l'erse el iinpoili' de là en Egypte, ou s'il prit naissance en 



l'i Cf. himi, VI. p. T.», fig. 4, c. 



310 SYRIA 

Mésopotamie d'où il fut répandu à l'Est et à l'Ouest. Faute de uiat-riaux de com- 
paraison de la fin du neuvième siècle on devra peut-être se contenter de constater 
que les deux monuments datent vraisemblablement de la même époque. Par 
conséquent, le décor à la feuille de vigne de Nàyin. quei>ous venons d'analyser 
remonte vers l'an 900 A. D'". Cette date approximative paraît d'autant plus 
justifiée que l'analyse paléographique parle aussi en faveur de la fin du neuvième 
ou du commencement du dizième siècle. Or, plus haut, nous avons relevé le fait 
que le synchronisme des compositions décoratives dans les différentes parties 
de la mosquée est établi par le décor épigraphique ; il ne sera donc pas néces- 
saire de revenir à la question de date dans l'analyse qui suit. 

Une des créations ornementales les plus remarquables de Nàyin, qui forme 
un contraste heureux avec le décordes colonnes, se trouve sur les intrados delà 
planche XLII. C'est une composition savante de motifs géométriques et végé- 
taux. Au premier plan, jjour ainsi dire, on voit de grands cercles découpés en 
12 festons et entrelacés d'hexagones oblongs. Le petit détail ornemental qui se 
marie à ces grands motifs ne se voit pas clairement sur les photographies 
agrandies de la planche XLII. Par contre la iigiue 3 (h>nne tout ce que j'ai pu 
déchiffrer à la loupe des deux premiers compartiments de la planche XLIII. Leur 
cadre est fonui' de rubans perlés, tels (|u on les trouve à Samarra (cf. fig. 2 
\ B). Les éléments végétaux sont beaucoup plus variés que ceux du décordes 
colonnes. On notera les séries de feuilles à cinq lobes, ornées d'arabesques, 
les di'uii-fcuillcs accou[di''es qui roniii'nl nu rul)an circulaire, les tronçons de 
feuilli' (acantbe), au milieu et dans les quatre coins, et enfin les demi-palnu^s 
qui servent à remplir les petits écoinçons. Cette combinaison harnionieuse de 
sini(dcs UKitifs groini'IriipH's cl dV^lc-iiiciils V(''gi4au\ plus libres ri \;iriés donne 
l'iitiprcssion d'une sûreté de style l)ien reuumpialde '-'. 

Tandis que la base du décordes intrados est géouiélii(pie. roruenientatiou 
des écoinçons b)nMr's pur les giMUils arcs es! d'urigiiii' xégi^lalc (cf. [il. \\A) 
Des liges très minces et soiqiles. auxipu'lles s'acbqitent des éiénu'nis végi'-laux 
d'ime nature coiivenlintuielle. se déroulent en linceaux à gatu-be et à droite 
d'un nitttif cenir.il (pi. .\L\' i. Celui-ci est uuexariaiile uu peu siinpliliée de la 
lijiure :t. Le cercle est di'-ci)U|ii' en ili\ l'estiuis. (Iniil (•jiaciiii icnreruie un liiinçon 

C' Cf. htmn, VI, |i. H(). ilaialicsiiiics cli'iiiiiiulriiiil ilis plioliifirapliios 

l'> Unu élude coinpHralivi'di'sfruilIt'soriicfs niroii' plus iicUfs. 



UN MUNlJ.MliNT UKS l'UK.MIHliS SlI-r.I.ES DK l/Ili:* -.Hii: .^.11 

(i'aciintho au liou d'uw loiiillo à cinq lobt's. Kl !<• inmilir.' «los (l.-mi-I.MiilIcs 
acc,oupI.'..'s nst rnluit. La .u.inposilion voisinM.I. pi. \L\ ri li-. 4) prôscnlfidcs 
.'.I.Mnnils v.'.-.Hiiux.r.iii '^rnvr nn.ivrini. I»r li, lij;,. ,uinr." s.' .Irtadie un.' .lomi- 
fcuillo longue et niaif;n- 'i"i s-..nr.mlr ri .icui.' naissance à une csj.rce de 
(Icuron 011 forme de viisc 
(lam|iié de iiiolils de reni- 
|ilissage SNinririiliies '". 
La deini-rriiilli' lirndaiic 
fiiiiis intéresse Imil paili- 
( iiiièi-enietd : ses j>ioii|ir> 
lie dijiilations, séparés en- 
Ire eux par îles riilaillr-- 
indtanl des irillrls. aeeii- 
MMll eiieme iirllrnirnl la 
l'i'ilillr d'aeaiillii'. Or. nii 
sail ipie 1rs liiali'iiaiix puni- 
une élude riMiipaiali\e ili' 
ee -i-nre M\-rl,il, Irll.' 
ipi'idlr a l'Ii' l'aili' par 

MM.W.rMi. Manai.piMir 

. II... I. 

I arl Muistdlliaii nerideii- 

laL-'.siiid eiieni-i' Irés raiespii ee ipii eniircrne rOiieni. .le ii'n-ri'ai dune |ias rap- 

priii lier les ipndipies leuille.s daeaiillie puitliéespar M. II. \ inllrl i-i M. K. lliT/,- 

l'eld de la ligure 4 '". Les œillets ei)ii\erli> en eiilailles entre les groniies de 

diiiiialions font défani dans les iMali''riaii\ piddii'-s. .\ cet égard, les acantlii'S 

de l'arl ninsnlinaii neiidi'iilal du di/iéinr siéide. ipii sont évidemment plus 

ri'eenls. l'essciiddeiil ila\ aniaur à la li:;iire i'". 




(') Cf. les fleurons aunlogiies de l'iu-l iihlm- iriu-niillie de Siimnrrn (ef. Her/fki.o, Ioc. cil., 

sidcde Samarra et de la mosiiiiée d'ihu rim- pi. VI, eu bas) et les feuilles empcunéos du 

loun: E. Hkhzfkld, Ioc. cil., pi. V, eu hiiiit, Prr es-Si'irJiini {cf. Ishtiii. M. p. SOelfig. 4,c) 

et A. Cnt:swEi.i.. Tlic linrlimjlon Mntjii:iiic, nie semble incoulestable. 
nov. 191!), pi. I. n" '., et pi. 11. noOien bas, à («> Cf. Vklasqukz Bosco, lue. cit.. pi. .XXVIll 

droite). len bnul) et W. et G. M\iii.\is. Ioc cil., 

(«» Cf. Tleineeu, fig. 1-2 ol p. 104 et sniv. fi- 12 ». 

\'i Pur eoiilre, la pareulé entre les tronçons 



312 



SYRIA 



Les formes végétales adaptées à la tige ondulée de la figure o (cf. pi. XLV) 
manquent un peu d'équilibre. Une composition circulaire analogue à celle de' 
la figure 4 ferait certainement mieux dans Tensemblc de Fécoinçon. Le large 
motif végétal, garni de digitations entre deux œillets, qui encadre en partie la 




louillo àciu([ lobes, fait tort au rythme ornemental : c'est une espèce de sur- 
vivance d'un art plus primitif. Les demi-feuilles qui terminent la tige princi- 
pale sont des demi-palmes, si^mblables à celle des quatre coins de la figure 3. 
Je n'ose pas insister sur le petit détail du relief, parce que les ])liotograpliies 
ne sont pas assez nettes. 

Les deux frises de la planche XLV méritent encore d'être mentionnées. 
L uiu' ]»lus petite fait le lourde l'arc. Elle se compose d'une simple série de 
tronçons dacanthe isolés, inscrits dans des cercles entre deux filets (cf. fig. 5). 
On notera les petits motifs do remplissage que le stucateur emploie pour, 
garnir les vi(h;s. Le décor de la frise au-dessus de Tinscription (cf. fig. 6) 
présente des formes plus variées. Signalons en particulier la feuille à cinq 
lobes, qui a subi une transforuuilion arabesque très prononcée. Son loi)e ver- 
tical allongé est fendu eu deux parties symétriques qui se marient aux motifs 
Corres[»onil;ints i\r> fniilies voisines. Il en résulte uii(> suite de petits arcs ren- 




* htM±^ 







Mostjuôc de N.ivin - L;..ncict. dca-r des é^oinso.is 



i:n monimi:nt des rr.EMiFJis siècles de liiegihe 313 

fermant ilfs llourons (culiccs) à trois lolio^. ([iii n-posiMit sur iirii- hn>c liorizon- 

talo. 

Lii li"-urc 7 («"f. pi- XXXI). enfin, dunm- un des ccoinruns de l'arc en avant 
du niil.irâb. Kn comitarant son décor avoc celui de la planclii' XLV, on 
auiii rimiirossion (|uc les deux compositions dillï-rent sensililement an point 
de vue du -l\li'. hiiii (pie leurs élénienls oinenienlaux soient en partie les 
mêmes, l iru' larj;;e tige cou^iosim- d'uiu' succession de lleurons entre deux 
li-n-s très minces se déroule lourdement dans la surface à décorer. Ses involu- 
lidus Innneid deux cercles, tlniit I un i-sl mi-uhli'' dune composition analo;.'Ui' à 




celle de la ligure i. taudis que l'autre est garni d'une sm-te de rosace polvloltée. 
Du remarciuera que le grand ileuron du milieu est très étroitement lié aux 
niiilils di> remplissage à gauche et à droiti' et rappidli- " le dé-cor à déftnice- 
mcnt linéaire *" » «les monuments ahhasides de Samaira et île la mosquée 
d'iliu Toidoun. Celle composilion centrale si vidiimiueusr ciuilraslc étrange- 
ment avec 1(> motirceniral de rccuincdU de la [diiiiclie .\L\ , qui n-véle une re- 
cherclie de léiiuilihre des masses et de riiarnK)nie des lignes conslructives 
bien dilVérenle. Eaudrail-il en conclure ipu'. malgré les lails paléogra[tlii«pies 
menlionui's [)lu> liant. rciiM-inMc du liifi.r dr la inos(|iicc n'a|q)aitient pas à 
la même t'qMxpie / .le ne crois [tas. L'évidence paléogiapliiqiie est corrolioréc par 
rorm'ineMlalion des intrados ipii est la même sur les plaiu lie> XLV e( XXXI, 
par li's Iriiiiles ii lr(ii> Inlics*-'. qui eiilreiil d une manière idruliqiu' ilaii> le di'cor 



('> M. G. Mnrçais a bien voulu nio proposer 
ce lermc. qui aie semble plus précis que c style 
copte » ou » premier stylo do Samarrn ». 
(ju.iul au style de la figure i uu notera que ses 
ornements sont sépnn'-s par des déeoiipures 
plus largos, de sorte que les défouceineuts 
Stria. — II. 



obscurs forment uu contraste plus prononcé 
avec la surface blanche des motifs environ- 
nants. 

l»' Cf. les motifs Vt'-f:i'lau\ à troi.- lolics de 
Samarra : H. Viollkt, C'/i l'alnis musulman 
lia neuvième siècle, pi. XXI. I cl 3. 

10 



314 SYRIA 

des grands écoinçons. et pu- le l'ait même que les monuments abbasides de la 
seconde moitié du neuvième'" et du commencement du dixième siècle ulIVent 
un mélange de dilTérents éléments stylistiques analogue à celui de la mosquée 
de Nàvin. La figure 7 (en bas à gauche) avec la feuille poh lobée, qui est ornée 
de palmes et de demi-palmes autour d"un motif géométrique, nous rappelle ea- 
core une fois le couvent s\iien dans le Wadi Natroun. On n'aura qu'à jeter un 
coup d'ieil sur l'ensemble du décor de ce monument contemporain '-', dont 
nous avons déjà rapproché les ornements à feuilles de A-igne « dénaturées <> 
des parallèles persans, pour se convaincre que les ornemanistes de celle 
époijue puisaient dans un trésor d ornements très complexes et qu ils se plai- 
saient à assembler dans un même édifice une richesse d'éléments hétérogènes 
(pion chercherait en vain dans les monuments plus récents de l'art arabe. 

Après cette analyse, forcément très sommaire, du décor de la mosquée de 
.Xâyin, on aimerait à étudier la relation qui existe entre le décor abbaside plus 
ancien et les faits nouveaux que ce monument persan nous a révélés. Pour 
les raisons indiquées plus haut il faut y renoncer. On pourra essayer de faire 
une synthèse seulement quand l'art abbaside sera mieux connu et quanii ou 
sera à même de dresser un inventaire complet du décor de Nàyin*^*. 

Quant à l'art du dixième siècle des provinces orientales, il est impossible 
de s'en faire une idée. Ce siècle qui représente une des périodes de transition 
les plus importantes est encore enveloppé d'une obscurité profonde. Voilà 
pourquoi il est si difficile de tracer l'origine de l'ait i'alimide du Caire. Est-ce 
que le décor de la mosquée d"el-A/.har est le résultat dune évolution auto- 
chtone, se fondant sur l'art abbaside de la Mésopotamie, qui a pris racine en 
Egypte sous Ahmad ibn Touloun ? Est-ce que les provinces orientales ou oc- 
cidi-ntales, au cours du dixième siècl(\ ont conhibur' pour leur part à l'essor 
rapide de l'art l'atimide ? A ees (piestions on ne [tourra réponcU'e que par des 
hypiitlièses. .Mais on peul dès maintenant constater ([ue la inos(piee d"el-A/.liar 
ncht pas apparentée a\ec la plus aiu/ienue uiosijui'c persam- qui nous st)it 

('' CA. Saiiiarrn itnd die Ornninenlil; drr V\rli\rahc.: Mdnatahrj'le/iir Kuiistwissensilidfl, 

Mnsrhre des Ihn Ttilùn, Islam, IV, pp. .',-22- Ylll, pi. 7!) et 80. 

i'^1- i'> Le inihràb, dont je ii'ui giiorcilit un mol. 

•'■ Cf. Iflam. VI, |il. I il 11, fig. 1-7, cl les esl une lii-s crculiinis les plus curieuses <le ce 

p.'prod net ions îles belles photo;.'iap!iies du genre el niéi-il ■rail, à lui seul, nue petile mo- 

Cmili' lie cnn^ervalion de.s Miiuuuieiils de nogrnpliie. 



UN M()NUMi:\'i' i)f:s i'i;i*:mii;us sikcli-.s di-: liii:(.ii<i-: ;u5 

conniK!'". Diiiis le iirciiiicr imiiiuiniMil l'iilimiJe un tic li-iuive pas l.- (l('-cor à 




fiMiilIrdc \ imic, loaiii ni lies en limiers. Icsinli ins l't les rcrclcs lol)i'sdi> Nàvin'-'. 



i'> Sur li's rnpiioi'ls l'iiliv l'ail fuliinilf l'I li' 
<\(coT (l!i D'-r-cs S\^rjriiii. vnir Islnin. VI, p. TS- 
8(i, eu Ims, ol !<7 



i- Cf. Flluy, (oc. cit., pi. Vlll-.\lll. XXIll. 
1 : si'iil 11' (h'cor êpipraphiqin' offro «Ips Irnils 
commuas avec le coufique fleuri ilo .Nàyiii.Oii 



.-510 s Y 11 1 A 

J'insiste sur ces détails parce qu'on a trop souvent affirmé dune manière gé- 
nérale rinfluence de la Perse sur l'art fatimide du Caire, sans donner des faits 
précis. Le décor de la mosquée de ^'àyin, on tout cas, n'apporte aucun ren- 
fort à cette thèse. 

On pourrait plutôt penser à des relations entre l'art persan de Nàyin et 
celui des provinces occidentales proprement dites, quand on se rappelle que 
quelques éléments ornementaux de notre mosquée sont aussi répandus à l'Ouest. 
Le cercle lobé, par exemple, se rencontre souvent dans le décor du palais de 
Scdrata'"; mais l'ensemble de cet ancien art maghrébin n'a rien de commun 
avec nos ornements persans. Les rubans lobés, entrelacés par de petits cercles, 
forment un sujet favori des ivoires de l'art arabe d'Espagne'-'. Sur le coffret 
du South Kensington .Muséum, daté de l'an 339-970, les cercles découpés en 
festons sont agrémentés de la même succession de fleurons à trois lobes qui 
forment les grandes tiges de la ligure 7 i^'. Les acanthes enroulées apparais- 
sent fréquemment dans les monuments espagnols du dixième siècle. .Mais il 
me semble qu'on ne doit pas faire grand cas de ces traits de ressemblance, 
dès que renseml)le du d('Cor ne trahit pas une parenté de style. 

Bien que nous ne puissions pas encore préciser la portée générale des 

données nouvelles que la mosquée de Nàyin nous a révélées, on conviendra 

q\ic .M. H. Vi(dlet, par sa belle découverte, a rendu un service signalé à tous 

ceux qui s'occuiK-nt de l'art et de l'archéologie musulmans. Dorénavant toute 

histoire de l'art pi'rsan devra s'appuyer, en grande partie, sur les matériaux 

de Nàyin. 

S. Flurv. 

noiera aussi qucles colonnes à fût cyliudriquo (^l Cf. G. Migeon, Manuel d'arl musulman, 

enduit (le plaire décoré, fout iibsolumpiit dé- fig. lll)-ll"2. 

faut dans les monuments du Caire. 1" Ce motif oraomculiil est un souvenir de 

l'I Cf. 0. NlAiir.Ais, Art musulman d'Mijérie, l'art chrétien préislaraiiiue. Cf. i>k Yoc;€k, la 

fa.sc. 1, pi. 1 et 11. Syrie centrale, pi. liS, 1 10 cl 1 iS. 



LES ANCIEiNNES DÉFE.NSES DE BEYUOLTII 

LE COMTE DU .MESML UL BLTSSO.N 

(Deuxième article.) 

A [liulir ili- Mal) l's-Soràïïi, les murs suivaient à peu \nrs la nie qui traverse 
les souqs allaiil (Irt)il vers Saint-Georges. Ils laissaient à ICxl/'rieur les anciens 
hàliuienls aujniird iuii transformés en Bourse du Coninierce et désignés parfois 
sous ce nom. « les i-Àuries du Sérail ». Une vaste salle s'y voit encore: elle 
se compose de ."» nerfs et ilc 8 travées, ses voûtes d'an-le sont en ogives 
et souli-niies par de gros (liliers carrés de dimension inégale comme les 
travées. 

La Caserne de la Place des Canons et le Souq acliud îles bijoutiers étaient 
également en dehors des umrs : étaient au contraire à l'intérieur, la petite plare 
irrégulière (D) de la rue du Théâtre, une ruelle et un j)assage voûté prolon- 
gi'ant cette place au Sud-Ouest v.-is la Cathédrale Saint-Ceorges des Maronites. 
Dans celte ruidic. la dernière maison (E) à gaui he avant d'eidrcr sous la 
voûte est celle qu'habita Alid-el-Kailer à son passage à Beyrouth; elle étaitalors 
une lies plus belles de la ville ! 

Le passage voûté qui est tout à coté s'appelle Bàb Ahou el-Nasser parce 
qu'il donne accès dans le sonq Ahou el-\asser. Quoique le mur extérieur de la 
consIruiliiMi |>:uaisse conserver quelques traces de fortifications, il est difficile 
d admettre ipie i-e [lassage ait jamais éfc- une porte de la ville, l ne telle hypo- 
thèse (}ui sup[>oserail que le rempart venant de Bàh ès-Seràïà se serait appuyé 
à l'angle nord-ouest île l'ouvrage, serait en contradiction avec les traditions 
locales aciuelles. 

Un heau rest(> de mur ( V) a seul subsisté dans ce (juarlier. Il se trouve entre 
la jibice des Canons el l'ilglise Saint-(jeorges. et se dirige du Nord au Sud, 
séparant une cour d'un jardin. C'est une courtine de :{i» mètres environ, 
demeurée presijue intacte. Le massif de maçonnerie a I m. .'iO d'épaisseur 

Si un. — 11. 41 



S18 



S Y RI A 



au pii'd. Mais cette base, qui parait constiluée par deux murs accolés, no 

s'élève qu'à i m. 50 environ et forme actuellement un chemin de ronde ou 

une banquette de tir en même temps 
que l'assise dune haute muraille 
aral)e de 30 centimètres d'épaisseur, 
construite sur le bord extérieur. 
Cette muraille est percée de onze 
meurtrières et couronnée d'autant 
lie créneaux pointus. Cette mince 
construction peut être attribuée à 
Djerzar (iig. 9 et PI. L. I). 

Faisant suite à ce mur, au Sud, 
s'élève une grosse maison (G) bâtie 
au siècle dernier par un cheik '*> et 
servant de lieu de prière. Cette mai- 
son marque l'angle Sud-Est de l'en- 
ceinte ; le nuir à cet endroit formait 
un angle droit. 

Rappelons entin que cet angle 

était défendu, ù l'.'A) mètres à l'Est, par un ouvrage avancé important, la 

<i Tour '• ou Huurdj >- dont nous avons déjà parlé'-'. 

IV. — Dkfknses Dr côtr nr Srn. 

Le mur dans son ensembli' longeait de ce côté la rue des .Martyrs et la rue 
du Sérail formant comme ces rues un angle très ouvert *^'. 




^ n-nip.irt à ran^-l.- S.-E. .le h\ 
ûr l'intérieur (rtal actiul . 



t'i Le cheik ([ui s élevi' ceUc maison est le 
grand - père du cheik Aljdul-Kcrim-.Vboui'l 
Nasser, artuellcment Nakib-t'l-.\cher«f de Bey- 
routh. (Note du Ctc Pu. i>k Tauhazi 

1" Voir pp. -237 cl i^H. 

l'i (1 La muraille du ciMé du Midi, est rncore 
rntirre, mais bùlie des ruines de l.i vieille ville. 
Cola parait par les morceaux de pierre et de 
miirbre <|ue l'on y trouve. Nous trouvâmes sur 



une lie ces pièces de maihi'e ces restes d'uue 
inscriiiliciii latine. 

... VG lîTlA 

... XI CUM 

... VS PHOKBUS... >) 
I Maindukli-, 1 o.vnycJ'.t/fpù Jérusatem. p. 70.) 
Malheureusement, l'orientation de Maundrell 
dans Beyroulli est incertaine. U s'agit peut- 
être ici de la muraille de l'Occidi-nl 







c o 



r 35 



Li:.s A\^;ii:.\,\i:s |)i;ii:n.si;.s di: hryuoitii ;iiy 

Vue jiraviin' de l'Iainliri '" nous «loniio qiio|(|ii<' idi'-f ilc ci- (|ii riait celle 
parlir (iii ii'iiipiul. I.c di-^in |.arail iiiallii'iiiciis<-iiii-iil livs irn'\a(l (|iiaiit aux 
tl('liiils et lail de iiHiiii)ire d'apn-s un rapiilc iniquis. On n-lii-ndra M'iileuient 
lalluic arabe des CDurlinos garnii-s di- i ri-nenux jioinlus, les dmv (lorles ri la 
forme droite ou carrée des conslrueliuns. Un remarquera encore une luur 
élevée (\m, vers lexlrémité Ksi, domine (jueiqnes pelils ouvniges de iléfcnsc 
et enfin, du coté Ouest de la ville, de gros bastions carrés qui empiélrnl légère- 
ment sur la bulle du Nouveau Sérail. 

I'res(iue aucune ruine de ce grainl mur n'est |iar\enne jusi|u'a nous. De 
langb' Sud-Ksl à la [jiemiere porte, I5ab Uerkeli. on ne saurait même suivre 
b- lra(éi|ui pass(; sous la nef de TKglise Sainl-(îeorges des Maronites. 

Ouant à Bàb l>erkeli. idli' était située dans la rue .\lleidiv aclurllr. à lOursl 
lie la cliaussée et ii (|uel(|ues métri's rn-dessmis de la rue des .Marlvrs. Il ne 
reste du coté Ouest (|u Un dt luis di' xdùte représentant un passage d'une 
longueur de 7 pas (l'I. .\L\lll.i 

Bàb Derkel» était d une cnnstiuctinn soignée et passait pour la \<\u> belle 
porte de la ville ; elle élait surmontée d'une insi ription imlrique bv/.antine 
(pie le Service Irainais d arcliéobigie de Uevroutb a fait transporter dans le 
jardin de la IMace des (lanons '-'. 

Trois dessins piis ii liiiler ieur <les niuis doiuient une idée de ce qu'etaii-iit 
cclîe porte et ses abords. Les deux premiers sont de Monlforl. .Nous en don- 
nons ici une reproduction, d'après les originaux inédits aujourd liui entre les 
mains de deux nièces de l'artiste il'l. \l.\ I cl \l.\lli. I.e troisicnie e>l di- 
l.elioiix : il a cic publie par Li'on de l.aborde en IS;{7 '^ . 

Montl'ort nous rac(ml(> lui-même dans (pielles circonstatu-es ces dessins 
ont iMé <>xécutes : " Aujourd'liiii ( l" avril iNitTi.je suis aile dessiuer avec 

Cl L'Orient, '.\, l'I. 1. " '"ii- 1», "'•''l'ion, p. iij — lii> V*in«.p. iTT. 

I" Le texte en a été iiiuiiitcs fois publié : t.. s référcnoos nous ont i\è ruurnipi |>«r 1» 

ItoECku, Covpm Ins. Grnc, 4ot0, l'instriplion II P. .Molikhu». rlian.vlior .lo l'Krolc fr»h- 

métri<iuo Ti,? toû ttooiiovto; « supra portem nus. i.aiso di- droit <Ip Bcymiilh. 
tralem civilatis ..— l'ocociE, cf. Rknan, Miss., i^' Le \oy<i,je de In Syrie. l'I X.XVII. D 55 

p. :U3 ; ((Oicr Ihe liab-el-Uirlcfh ». — Tmom-ion, • Vue inti'rit-uiv de^* Forlitlcalion!» • l.<in«llic 

liiblin Sacra, V, l«4S, p. «88. — 11. Mai m.rkll. reproduit c.> il.-ssin Bv.-cde l.p.r.-» nio.lirt.«- 

.4 .louriiey from .Meppo lu Jérusalem ni Ensl.r lions. .SrriV. |Mir J. Y»>oïh pI J I>»vio I'«- 

A. D., 1097. O.\ford,p. ii, ou 1 oy.iy*- <<»/<•/. ris, 1848. Syrir ui.mI m . iî 
à Jérusalem, p. 70 : «i uver an other ijale.n -- 



320 STRIA 

Lehoux près du mur intérieur de la ville, la maison de Soliman Pacha, habitée 
maintenant par M. Arago, officier d"état-major au service de Mohamet-Ali... 
Vers le soir je suis allé me promener à la porte Iakoub (Jakob). — 2 avril. Ce 
matin, je suis allé Unir les deux vues à la seppia que j'avais commencées d'après 
la maison de Soliman Pacha '". » La maison dont il s'agit se trouvait au 
Xord-Ouest de Bùb Derkeh, tout prés de l'ancien couvent des Capucins '-'. 

Le premier dessin de Monlfort {PI. XLVll) a été pris du Nord-Est de la 
porte ; le second (PI. XLVl) et celui de Lehoux l'ont été d'un môme endroit, 
un peu au Xord-Ouest de Bfib Derkeh. L'ouvrage est à peu près carré et divisé 
en deux parties d'âge dillétent. La partie extérieure est couronnée de deux 
tours carrées '^', probablement réunies en façade par un mur: des assises et 
des claveaux de couleurs dilférentes et alternées indiquent des constructions 
arabes. La partie intérieure, sans ornement, est percée en façade de quatre 
baies en ogive de hauteur très inégale. Quant au rempart, il atteint l'ou- 
vrage d'un côté à l'angh' Nord-Est, de l'autre vers le milieu de la face Ouest. 
Des deux côtés, c'est un mur droit uuuii tl'une lianquette do tir élevée. Les 
dessins paraissent indiquer deux rangs de meurtrières : celles du haut plus 
espacées étaient garnies de tirailleurs postés sur la i)anquette : celles du bas, 
percées dans l'épaisseur de celle-ci se commandaient du sol. sauf à l'Ouest de 
la porte où nue seconde banquette plus basse en facilitait l'accès sur une cer- 
taine longueur. Des créneaux pointus en gradins couroMnaient la muraille. 

Ces dessins monlrciit enlin (|u'il existait le long de la muraille des terrains 
vagues envahis par les sables et les cactus ; l'aspect de ces abords de Bàb 
Derkeh changea conq)Iètemenl vers le milieu du dix-neuvième siècle. Lors- 
qu'à cette épu(|ue. on pcnéh-ait par là dans la ville on rcmar(iiiait d abord, à 
droite, une toute petite musquée logée entre la Porte et des Bains. (Jette mosquée 
serait en plein milieu de la chaussée actuelle. .V l'Est, on trouvait les trois 
colonnes dites (b's (|uaraiite martyrs (.1) signalées [lar plusieurs voyageurs '" 
et tout près la piiiiripide fontaine de Beyrouth, [leut-ètie la seule au début du 

('< Voyaye Jitns ta Syrie et l'Arabie en IS37 talion comme liHaicut dcjà la plupart des on- 

et 1S:I8. Mss. (le la Bibl. .Nat. — t'r. Nouv. vrages militaires do la ville. 

Acq. llo:;3, f" d3. (>; P. e.x. H. Guys, Kelation, p. 240 : » Les 

(') Renseignement du (;tc l'ii. dk ïaii- colonnes qui sont sur le chemin de la Porto 

iiAzi. Uerké à la tour Kcchach. I) Cette tour est le 

('1 Celli' (le riCst piirnil tianstiirnu'i; en liaM- ilDurdj de la Place des Canons. 



SYRIA, 1921. 



l'I Xl.VIII. 




Les (liMiii.i> \r~li-(> .lo H.il' li.rk.li 

,1 •.'-•" . 



ij;s .\N(.ii:.\Ni:s i)i;ii;.\si:s ni: iiKviiorTii $21 

(li\-ll(MI\ir|||,. sinlc. .. |;i-Ai|l .. ilulil Ir^ lillIV \ii'mHMlt (le |{:i- rl-.Nilli.ia. Klli- ali- 

iiirntail ilis l',.iiii> |Miiiliis( K) ilunloii |iitil(' i-iiciuv ii |{c\niulli ii\<'<- ailiniriilinii. 

l'n-s (li's iiiiiii'-, il • cl il ililissi'inciil. m. voiriil riicorc aujniinriiiii celles 
'>•' l'ôgliso ()llllii(|ii\c il.i rnii>!iiii|,. il \ ;, (il ;,I|N. On SI- |-a|i|.i|lc i|l|ii icl(r« 
ô|)n(|ii(t la (lucslii.ii il:i .alcii.lii.T (iiv-nrini raii>a un >clii>Mn' .lan> IV-^li-r 
r;i-(M'f|ii(' calliiilitiiii' ' . 

lin hirr lie (■(•> .■()ii>lriiill.iiis m- jn.ma'l lani-iiMi i-.>ii\(Mil îles t ii|tiiiinM M i 
ahaiiilniiiK' par eux CM INTIt; au milieu ijcs liccmnltres. <|nc|.|in-> .léliiis lic 
iV('S(iii(".s cl (le inniiliiio \ iiiili<|(iciil ciiiiicc la cliapcllc on (•laiciil cntcrn^ \fs 
moines <-'. Ci'lail le -. iiiclnaice ile-< laliii- a lle\ idiiUi et le conMil .le Kraiire 
y avail son raiileiiil. Col la, |ii'olialileiiieiil i|((c riirciil (lc|i(»s('". Ie> rôles de 
la fille (le l.amai'liiie CM allciiilani le lu iek ijtii ticxail le- i amener en l-'iancc ' . 

Des courliMe^ ipii reliaient liali |lei Ldi e| llali ^ a;]t>nl(. il ne resle <|ne <|m-i- 
(jMcs piUis (le iimrailles eMf;lo!»cs daMS des (■(ni>lincli(nis |diis rceciiles. Kne du 

Sérail oeiiemlanl. en face ilc la |»e|ilc fonlai les Malles''', nn s(>giiirnt du 

iiuir (i\), dimc (|uiM/.aiMe de |ias. c^l liieii ililli-icncie des inasnro nixiron- 
Manlcs 'l'I. \l,l\i. 

l lie l)aMi|uel|e de lir ol ciiiiire \i>ili|e à '.\ mètres an-doMi> du sid des 
nielles ail Nord, l'illc commainlail niie r.muec de 7 menrlrii'Tes. I,e sol du eiitc 
de I cxii'rieiir (le la \ ille s'(^sl e\liaiiss('' ; le salde >'est accmmili' an pied de la 
muraille et arrive à la lianlenr de ces meiirlrières. 

Plus ciisaldi'c ciiciMc csl Ital) ^ aipnili ' ' i|ui seil acliiidleiiicnl disMic à nn 



i' .\ii lUiMiiiii'iiiiiiiciil il'.i l'nlriiinal ilr .\1>;r '1 Meiilfiirl ii liii>!>r uiii- |M-iiiliir<- ii I liiiili< 

CliMiKMil Halilioiilli CM IS,'')ii. (Noir ilu Cli' l'ii. iiililuli-t- : u I oiiluiiif ilr Jnkouli. M lU-yroulh. « 

Dii 'r.MiiiA/.i. I (.'ii/ii/m/i/c |i.ir A.-.V. .MiiMioiir. IHS5. p. H, 

C^t iM{?r (Jiiardis .Aiiliiinc llinrliiiki-rly. iiirlir- ii" l.'i. rciil-i^tr»'. cslo- uiu- niuvlrt- di- U (on- 
vèiiue sjricii (•iitluilii|i[(? (le llrycoiilli, iléciMlo liiiiii- iiioili-riii-. 

le l(î jaiivirc ISII, y fui onli'i-ri'. l'Iiis liinl li-s i" l.i^i» iik l.kiuiiioi . «laiii suii I i.r.i.;*' ■/<• 

resli>s lie Cl' pcéhil ont vW- (riKispiirlô.-i au cou- .S_vn> doiiiio une viii- iuliliilis- • llciroiilh vuo 

vent (11' C.liarfr'. (NmIc du Clo l'ii. ilo Taiiha/i.i do riiiu> drs |iorl«'s di- la villr ■• d «pn'-t uu 

l'I I.amvhiim:. Voynije en Urii-nl, llaclifUi-, di-ssin de Lolioux. id. XXVI. I>. .Vi (Vu«* rr- 

1881. I. 11. |i. 1)8: Il lit avril ISM. — Arrive (iroduite pur Lcmollis' dans Srrif. |iar Ji:»!i 

hier ici à lii\vi'uiilli{. passé dt-iix iKMircs au Vvnoski et Jii» I)»vii> rori». I81S. Sjri» 

couvoiil fraiii-isfaiii pivs du lombraii où j ai modiTiiP lUi lÀMlo iwrlf |Mr»H birn l'Ir- 

eusoveli loul mou avouic. " "-d' Yni|oal>. 

Syuia. — II. ** 





■s. 


1 


2-75 -t->r 5 


ouv /a ypt4<- a"/^ Serait, 





322 SYRIA 

passage construit sous la rue du Sérail et débouchant sur le côté Ouest de la 
chaussée de la rue Fakhr ed-Din.Elle est actuellement constituée par une baie 
de 2 m. 70 de haut et de la même largeur; la forme, Tappareil du mur, la sus- 
pension des battants sont semblables à celles observées à Bàb es-Seràïà et à Bàb 
Debbagha. Le mur a m. 7o d'épaisseur, mais ici les battants sont encore à 

leur place. Ils se composent 

, ^ , ,, , de poutres formant caissons 

^' ('; ^ "^._ du côté de l'intérieur et. à 

l'extérieur, bardées de fer et 
garnies de clous à tètes sail- 
lantes. Une petite porte est 
aménagée dans l'un des bat- 
tants. Des restes de voûtes 
...g,..^uR..,.se.aii. indiquent que l'ouvrage de 

i-.G. 10. - l'i.n de Bâb Yaqoub (Etat actuel). ^^^ Yaqoub sélcndait vcrs 

le nord, ou donnait accès 
dans un souq couvert. Tous ces vestiges sont au-dessous du niveau de la 
chaussée actuelle (Fig. 10 et PL L. -ï). 

D'après le comte Philippe de Tarrazi, la porte dont nous venons de décrire 
les restes a été construite par Ahmed el-Djezzar et a remplacé une autre porte 
de ville située à 20 mètres plus au Nord. Ce prince lorsqu'il restaura les murs, 
chercha partout à élargir l'enceinte, n'hésitant pas à laisser des terrains 
vagues à l'intérieur. 

Bàb Yaqoub doit son nom à un certain Yaqoub Kesrouani qui avait son 
habitation au-dessus de cette porte. Dans la première moitié du dix-neuvième 
siècle, un médecin de Saïda, Yaqoub Abela qui devait se distinguer plus tard 
comme consul d'Angleterre dans cette ville, vint s'installer près de Bàb 
Yaqoub; il y professait, dit-on, souvent en plein air et cela a fait dire, mais 
à tort, que cette porte lui devait son nom. Ce personnage mort en 1872 était le 
fils d'un docteur maltais (jui avait servi dans les rangs de l'armée de Bonaparte 
devant Saint-Jean-d Acre '". 

('/ Voir la leviie urahe M-Mmhrik, huiikto du 13 mars 1903. 



SYRIA, 1921. 



r-i. XLix. 




Itiiiiio (lu iTiii|>uil enirc Ittlh IK-rki-li ■■! IUI> l.npMii 



LES ANCIENNES DÉFENSES I)K MEVItOlTIl 



32.1 



V. DÉKKNSKS ou COIK IlK l.'OlKST. 

Nous sommes parvenus au [toiul le |i|ii, \iiln.TaliIr <l.- la \ill.-. I/assail- 
lirif. (>n ellet, pouvait laciliMiioiil occulter les liauti-uis du (irand Scrail '" ; de 
la, il douiinait toute la ville à une faible dislam-p. La cote i!» ((irand Sérail) 
esta riîj mètres de l'angle Sud-Ouest de rriici'inti' «pii n'i'tait ipi'à M un^tres 
d'altitude. Le pied de la murailli' à son |Hiinl le plus i-Icm- ne di'pa-.-.ait pas la 
cote 3.'). 

Aussi, ce coté élail-il le plus tortillé. Di-s bastions carrés, des tours impor- 
tantes l'Iampiaieiit la uuiraille. I)"aprés la carte marine anglaise de Dillon '•', 
ces bastions on ces tours éiaiciii un lunubre df liuit : leur grosseur était iné- 
gale connne leur' ri ailcnicnl ; des liadiurc-. atlircnt l'iitliMdidU, sur les «jualre 
plus an .'snil. [n'olialileini'iit pour in(lii|ni'i' li'ur axpect monumental. La carte 
anglaise de INItl t^' in' ddnni; ii ce! endniil ipie li'ois ctinsirnclidn- barlongues, 
l'aisiint pallie de ICnceinle. el une loiir sé[)arée de même l'urme, l'onidj .ledid. 
dette dc'signalion les accompagne : anciens palais. 

Uey fait allusion à celle [»artie de l'enceinte lors(ju'il ilit : '< ISariit avait été 
fortilié par les Francs et (pielipu'S restes de ses nuirailles se voient encore sur- 
tout dans /« /«t/7Jr Ocrld'iilKlc. Llles élaienl riam|uées de tours, les unes bar- 
longues, les autres arrondies et enavanl de ces murs régnait un fossé profond 
taillé dans le roc " . ■> l)en\ aipiarelles de Moiitlort '■'' ipie nous publions ici 
(PL Ll et LU) el un dessin de Lelionx ''' lepiodiiisenl li.lèlemenl celle partie 
de l'enceinte eu I8:{7. 

Ce rempart de l'Oiiesl était ce (pii reslail de |>lus ancien des défenses de 



Cl Cel:i se sorail pioiiuit on l-2:l"2, d'nprr's 
R. Rey, 1rs (Colonies franqties, p. 5-2i^. Opiiiimi 
("onlesli'-o en lespèco, car si relie position élail 
très propice au siège de la ville, elle l'étail hieii 
moins à col ni dnchAtean. Voir, p. '212, n. I. 

I*) Syria. lifïronl liny, I81'2, surveyed by 
C. H. Dii.LON, Mnsler of H. M. S. Vernon, 
l.oudon, publislied l-'eb. "2H rd. 1811. 

') Curie marine de 1831 reprodnil<- iei^Fi>;.'2). 

\'> Iv Km, les C.nli)nirsfriin(;ii<-s. p. S2I. 



(/*) Caliitngiie des Inblraux, aqunrfHft, etc.. 
pnrA.-A MoNTroRT, I885.pp.2»i-Î7. «60. Elude 
de» remparts prise A llcyroulh i Syrie. 25 avril 
IS37. » Collection de M"- l'nvi». — u bT. 
Vue des lours el dos n-mparl» df llrjTïiulh 
(Syrie. Signé à giiuchc. ■> l^lleclion de 
M" G. Moalforl. 

I''' •■ Vue des fortifictlion* pritc* du cou- 
chant hors de la ville. " Ltox i>r I.aixikoi. 
\\jyage de /-i Syrie. 1837. pi XXIII, D. 57 



]>2\ SVlîIA 

lieyi-oulli '". Miillioiireuseiiient toute la partie occitleiit;ile de la vieille ville a 
été entièrement bouleversée et recouverte de rues et d'iiniueubles neufs. Les 
vestiges anciens sont très difficiles à distinguer. 

Deux pans de muraille fort épaisse ont été utilisés dans des constructions 
modernes et sont à peine reconnaissables. 

Le premier (0) se trouve au fond d'une écboppe de réniuuleur, rue de 
rilùpilal : il est percé d'un passage étroit qui conduit à un puits situé à Tinté- 
rieur de la ville. 

Le second {V) fait partie du couvent des Capucins et forme un segment de 
rempart plus important. Son épaisseur varie entre 2 m. 95 et i m. 4.-i : il a 
été aminci par endroits pour sa destination nouvelle. Une poterne est ouverte 
dans cette muraille (PI. LUI, 1). Percée par un particulier pour faire commu- 
niquer sa maison et son jardin, elle donna lieu à une intervention administra- 
tive, qui se terminera par quelque menu cadeau ! 

La démolition de cette muraille à l'endroit où s'élève le cbœur de l'église 
latine Saint-Louis et la pose des fondations de cet édifice a fait découvrir un 
débris de mosaïque dont je dois une photographie à la bienveillance de U.F. 
Héini, su[)érieur des Capucins de Beyrouth (PL LUI. i). 

Le carrefour de la rue des Postes et de la rue Georges-Picot se nomme 
Hiil) Idris. Ce nom rappelle une des portes de la ville qui s'ouvrait dans le pro- 
longement du mur des Capucins. Bàb Idris se trouvait exactement à l'extré- 
mité Sud du Souq el-Djeinil. 

Kllc iloit son nom à une famille Idris (|ui logeait au-dessus de la porte. En 
IHOO. lors(pie les Kran(.ais construisirent la route de Damas, ils voulurent con- 
duire la chaussée jus([u'à la mer et pour cela démolir la porte et une partie 
(II" la muraille. Ahou-SaleU Idris ne voulani rien céder de sa |)ropriété, le vali 
du! intervenir, lui faisant cette prophétie (\m s'est réalisée : « plus tard, lui 
dit-il, vous vous scMiviendrez de moi avec bonheur et vous direz paix à mon 
àme. ([uand vousaure/, \ii les avantages (pii ri'suili'roiit pour vousde lélargisse- 
incnt de la rue ». 

i' I Ci-ltc muraille tic l'Ocrideiil est ooiistiim du rouslé Ac la mer et du coiislé de l'Occi- 

menl sipiinl(''o par les voyn/jciirs aiieieiis. Lu- dent ». ^ Dans le même sons ; Quauksmiis. 

dovieo de Varllienin dit que de son leraps, vers Terme .Siinrfdc rlm-iilitlio. .\nveis. 1039, I. 11. 

iftOi, ii'étoit Cl la dite ville elose de mur que p. !tO!l, etc. 







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1. llr>k- ilil 11 luiiurl .TJ' niai '\m\- h- . mn. ni •!• - ■ .iI'M. m- 




2. Mosiîqiic au rouvonl ilo;' «Nipuriii*. 



Liis AX(:iENNi:s i»i:ii:nsi:s dk ni:vi;»Miii 



:i2:> 



Do Riil) Idris, le mur suivant à peu pn-s la rue du Souq el-I)jemil allei- 
griiiil une (icrniiTe [jorlr : Hàh Sautivi'. pou t'IoigiH-i- de laim-r. Kii avant di'ii-llc 
porte s'étendait le ciiiielièri' de Saiilisi' i" dont les derniers vestiges se voi.-iil 
encore au Nord de la inc îles Kraneais. Les cartes anglaises •'"' nous nionhi-nl 
que, vers l'intérieur île la ville, les abords de la porir riaient («cupés dans la 
première nniitié du siècle 

A 



t 1 .■'1*1 



^ 'm. 




dernier, par des planta- 
tions de niùriers(|ui si-lcn- 
daient, le long du iiiiir. ili'- 
puis la iiici' iii-(|ir;in iji'ià 
de liai) l.lriN. 

De Bi\l) Santiyé, la inu- 
raille se prolongeail en 
lij;rie droite jusqu'au m- 
i-her de la cote. I.à. elle 
tournait carréiuenl ;i l'K^I 
et atteignait la jetée, qui. 
au moyen âge fermait le •<,■ -(tC^ip^^ — 
pi)rt au .Nord. In crocpiis v'" , -rv^. 

de Miuillorl du !• mai IS27 

(lii,^ Ml. parai! I)ie[i re- _ '_■__ 

présenter ce inin de Teti- , >*-— =«t^^«^-^'*V- 

ceinte : o .le relourriai au i-iu u, — i..s .iifrii-i» .lu \.-o. on 1827. .i"a|.ré« iionifori. 

piiil (le Heïniutli, (lil-il. el 

je lis un cro(juis d'une des tnuis ipii iMi dereudi-nl l'enlrée "".... » Li porte 

ipie nous y voyons serait donc liai» Sanliy. 

Ce rapidi' apergu des iléfenses de Beyroutli permet de se faire mie idée de 
ce qu'était la ville jiis(|u'au siècle dernier. 

Trait diiniiMi entre l'Orient el l'Occident, elle était toujours exposée, du 
coté de rinlérieur. aux incursions des Vralies, Dnisi's on Meliialis, avides de 



■r-^. 



(')J. Cahn, /« Syrie, III, 6ti \i\ siij.t du lu |>orl<- (igure sou» li- nom ilff « Bâb S«nl«« ■• 

nom : SH/);yi, p. iifi. ('l Bil>l. Nul. — M.«». Kr. nouv Acq 

(*)Kni)arliculitT. le [«laii ik- \Vm i. (ISW) où WWM, f- 71. 



326 SYRIA 

pillage ; du côté de la mer. aux attaques des frégates dEurupe ou des embar- 
cations barbaresques ; les unes se contentaient généralement de représailles 
rapides, les autres de l'enlèvement d'une cargaison. Aussi ses défenses sont- 
elles plutôt dirigées, du moins après les croisades, contre un coup de main 
rapide, qu'organisées en vue d'un siège, et par suite de médiocre importance. 
Leur but est avant tout de protéger un marché économique <". de donner à la 
ville la sécurité nécessaire à son commerce. 

Au point de vue archéologique, le mérite principal des ruines qui font 
l'objet de cette étude est de fixer avec précision les limites de la vieille ville 
arabe. A ce titre surtout, nous souhaitons qu'elles soient bien conservées. 

Dl' Mesml du BrissoN. 

BIBLIOGRAPHIE 
(Les cotes indiquées ici sont celles de la Bibliothèque Nationale.) 

ftecueil des Historiens des Croisades, publié par l'Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres. — Imprimerie Royale. Paris. 1844. [Cas. 1.49 à 63.] 

Les Colonies fra/Kiaes en Syrie aux XII' et XIII' siècles, par E. Rey. — Paris, 1883. 

[02 a. 318.] 

Étude sur les monuments de l'Architecture militaire des Croisés en Syrie et dans l'ile de 
Chypre, }^2iT Rey. — Paris, 1871 (Documents inédits sur l'histoire de France). [Cas. N. 241.] 

Peregrinatores Medii Aevi Quatuor. Wilhrandi de Oldenbourg Peregrinatio iterum édita, 
J.-C.-M. Lal're.nt. - Leipsiae, 1864. [Of. 2. 259.] 

La Chronique de Chypre d'Amadi, publiée par René de Mas-Latrie. — Paris, 1891- 

[02 a. 216.] 

Le Voyage dOutre-mer de Bertrandon de la Broquière, Conseiller de Philippe le Bon 
(1422), publié par Chaules Sciieker, de l'Institut. — Paris, 1892. [Cas. G. 39.] 

Œuvres de Ghilleberl de Lannoy,p\ih.paT Ch. Potvin. — Louvain, 1878. [8»Z 1102.] 

Les Voyages de Ludovico de Varthenia, ou le viateur dans la plus grande partie de 
l'Orient, (ir)02-l."(()S), traduit par J. Bai.ariî* i>e Racoms, publié jiar Chaules Scuefer. 
— Paris, 1888. [Cas. G. 36.] 

('•11 en était ainsi ail (lél)ut du dix-soplirmc cliandises qui s'y vendent, estimant ijuc la 

siècle. Il Karutli est encore n présent une des douannc lui vaul hien aulant que fait celle de 

villes les plus riclie-s et marchandes de lou( Tripoly (jui estoit affermée ii quatre cens mille 

rOricnl. C'est pourquoi le Turc y a eslably une ducats ». Les Voyages ditSeignnir de Villaiiwnl. 

forte garnison et lire tui grand profil des mur- p. .')37. 



LES ANCiHNNIoS DH Fi:.\S HS DK UK Y IK )l T II .127 

L'Histoire de Ueyroiilli de Sutih Uni \(ihya, pul>liéc par \v W. V. L. CiiEikii t, S. J. — 
Beyroulli, Iiiip. Calholiiiue, I!I02 (en arabe). [02 u. '■V.)\. 

L'Histoire du Comniercc du Levant nu moyen ihic par W. IIkïu. publiéi- par Ki m.r- 
H\^N\iji>. — Leipzig, 1««:;. [8- V. 8712.) 

Les l'oyaijes du Seiijnetir de Villaniont. — Koucn, UW'.i. [ti. .10,1)15.1 

Hi'itorica, theolofjica et niornlis lernte sniirtnc Elni-idnliu anelore Fr. Kiia>c.im.u 
QuAttiisMiu. — Viiluerpiae, Iti.T.». [A. 2VX.\-1.\ 

Histoire cl Voyiuje de in Terre S'/ii/Wf, par le P. I vijve-> (j'tujuji (obscrv. dr Sl-Kran- 
ïoisj. — Lyon, l(>71. [i- 02 f. m.\ 

Voywje d'Aleji à Jèrnsnlem à Pdi/ues en l'année ll'i'Jl . par IIimu M m muiei.i., traduit de 
l'anglais. — L Ircclit. I70:;. [<>2 f. im.) 

Nouveau Voyage dans la haute et liasse l^iiy/ite, la Syrie et Itar Four fait depuis les 
années 1 7 'J-2 jusqu'en IIUS, par \V. C".. |{ii..w«, (rndiiit par (U^rKHA. — ISIMI. \r,. 2»iHi.\ 

(Correspondance d'( trient { LS:tll-ls:il ), \rM- M. Mn hm i>cl M. l'ni jour. \t. — l'aris. {M'.'i. 

Voyaije en Orient (\H'.i2}, i)ar LAMvurnK. Ilacliellc, ISSI. 

La Syrie, par Cvii> Joii.n. — Londres. S. I). (ls:»i;). (Dep. <k-. Ksi. L b. LU-IU b.) 

Voyage de la Syrie, par Liir)> dk LviioniiE. —Paris, iH'M. (Die. 17. | 

La Syrie, l'EijypIe, la Palestine et ta Judée, p.ir le Haron lAïi.uii et Lnii> Kkiiialii. — 
Paris, l«:{«J. |0.>c. ITJ.) 

Relation d'un séjour de plusieurs années à lieyrouHi et dans le LUmn. p.ir IIe^ht Gi »». 
— Paria. I8i7. ;(»-' c. 181. 

L'Orient, par Kuiik^dj-NAi-oLÉu:» Klam>i>. — l'aris. 18ri:M8ti7. ((Jr. Folio U2 I8i.j 

Itinéraire descriptif , hislnriiiuc et arrlicoloijiiiue de l'Orient, par \i>oi.\'»t: J<iAi^r. et 
EMILE IsAMUKUT. — PaHs, l8(il. [02. 207] 

/'/., édition de 1882. [02. 2<J7. A.) 

Li Syrie d'aujounl'ltui (ISiri-ISSO), par le Dr Lmui r.r. — Paris. I88i, |02 C. .\ll .] 



l'LAN.S 

Beïroul, /S'.;/, Lmulcn piililished Sept. 28lh IS.T.t. (Carte marine. ) 

Fonds du Min. delà Marine] 

/'/((// of tlie Toirn and llarbuur of lleintut, •incient Herytus, publi^lied by Jvms \Vti.i>, 
Ocl. r.lli ISiO. [R. C. WlHH.] 

Syria. Heinnit Hny, /s'/;', surve\ed by ('.. il. I)ii.i.u>. Masler of II M S. Ncrnon. Ix)n- 
don publisiied Feb. 2iird 181V. (Charte marine.) [Fonds ihi Min. de la Marinr.J 

Plan manuscrit: Heyronlli. avril ISiil, par le Colonel dKl.il ni.ijor \. d<»s\io>r 
(surcharges au crayon). (Fonds du Mm. de la (iuerrc.] 

Plande Beyroullt, [iiiv iti.ii. > \.'<\ i\r.it. \ice-eonsul de Danemark, IS7i'. ,2118»). 

l'ian de licyroutli, liéliogravé et iniprimù au .S. G. de l'Arniée. édition pro^isoirr, 
août lOI'J. 

Plan de lieyrontli au Ô0f)0', par le Itiireau Topographi«iue de l'V. F. L., bélii>g. cl 
imp. au .S. (;. (I.. IVnuée, juillet !«.' K 10020. 



BIBLIOGRAPHIE 



A. T. Clw. — The Empire of the Amo- 
rites. Yale oriental Seriez. Re^enrrhe:<. 
volume VI. — New-IIaven, Yale Uni- 
vcrsilé Press, 1919. — I vol. gr. 8" de 
1 92 pages. 

.\ la thèse généralement admise qui fait 
de l'Arabie le berceau de la race sémitique, 
et qui veut que les dilTérents rameaux des 
Scniiles du Nord en soient sortis, à inter- 
valles quasi réguliers, chaque fois (jue 
IWrabie souffrait d'un surcroît de popu- 
lation, M. Clav oppose la théorie dun 
berceau amorrite de la race des Sémites 
i\\n ont peuplé la Mésopotamie. Celte 
Ihèse, l'aulcur l'avait déjà exposée dans 
Aninrni, llic land of the Sémites : il la 
complète aujourd'hui et s'efforce de mieux 
préciser l'importance politique et écono- 
mique de cet empire d'Amurru. Qu'est-ce 
(pie le pays d'Amurru ? En somme, la 
Svric intégrale, dans la plus large accep- 
tion du lirmc. La première vraisemblance 
de celte thèse est qu'.\uiurru nous appa- 
raît hislotiqucment comme un réservoir 
de populations sémites, et les invasions 
dont nous avons connaissance semblent 
venues de l'Ouest ; telle celle des Sémites 
de la Dynastie d'.Vgadé et celle de la pre- 
mière Dynastie de Habylono à huiuelle 
appartient llammurabi. 

Kn outre, M. Clay expose (pie l'iivpo- 



tlièse d'un berceau arabe des Sémites n'est 
prouvée ni hisloriquemenl, ni archéologi- 
quement. La plupart des noms invoqués 
comme d'origine arabe sont plus facile- 
ment comparables aux noms propres 
amorriles, maintenant que l'onomastique 
nous fournit de nouvelles données. Celte 
langue nous apparaît comme un stade 
de très ancien sémitique ayant son indi- 
% iduulité. 

Il va sans dire que M. Clay ne prétenii 
point qu'il n'y ait pas eu de constanics 
migrations i nlic l'Arabie et l'Asie, mais 
que le pays d'.Vinurru est, dès l'aurore de 
l'histoire, un centre sémitique bien consti- 
tue d'où parlent les incursions dont nous 
retrouvons les traces. On ne peut rien pré- 
juj,'er pour une époque antérieure. 

M. Clay passe ensuite en tevue ce que 
nous connaissons des Amorriles en Baby- 
lonie, grâce à l'onomastique ; incidem- 
ment il se range à l'opinion que la légende 
de Gilgameshcït amorrite et que la régifm 
(les cèdres, dont il s'agit dans son histoire, 
doit être cherchée du côté du Liban. L'ex- 
tension des Amorriles jusqu'en Cappadocc 
nous est révélée par les tablettes dites cap- 
padociennes en raison de la qualité de 
leur onomastique ; de même, jusqu'en 
Assyrie qui parait recevoir sa culture sé- 
mitique de l'Ouest ; de même, jusqu'en 
Svrie du Sud, grâce au\ lablelles d'LI 



lUBLIOGRAI'HIE 



:V2'J 



Arnarna. L'Ancien Testament nous a laissé 
le souvenir de principautés amorriles éla- 
hlins sur la rive Ouest du Jourdain, ra- 
meaux du grand empire amorrile. 

l'n inlércssanl chapitre est celui où 
l'autour, qui a peut-être poussé sa dé- 
monstration à l'extrême, dénombre les 
divinités sémitiques dont l'origine doit 
être recherchée dans l'Ouest ; sans doute, 
si la civilisation mésopotamienneest venue 
ci'Vrnurru, peut-on y retrouver l'origine 
nominale de son panthéon ; mais il est 
assez malaisé de déterminer la part qui 
levient dans la nature de certaines de 
CCS divinités îi la civilisation sumérienne 
et à la civilisation séniiti(]ue. Sur certains 
points, cependant, nous avons l'assurance 
d'un état sémitique très ancien de la reli- 
gion amorrite, par exemple dans un nom 
comme celui de Tulid-Sliamshi (shi), qui 
révèle en Shamash une divinité fcmininc 
chez, les Amorritcs. 

Le mérite de M. CAay est d'avoir su 
réunir les multiples allusions aux Ainor- 
rites, contenues dans l'histoire et la 
légende, et de les avoir groupées de faron 
à donner un corps à cette civilisation 
amorrite que l'on pressentait confusément 
beaucoup plus forte (|ue les documents et 
les monuments ne l'avaient jusqu'ici mon- 
tré J'ajoute qu'il ne serait peut-être pas 
impossible, h coté du langage amorrite, 
de faire la part des intluences amorriles 
dans les monuments ligures (pie nous 
avons déjà. On peut attendre beaucoup de 
l'avenir, lorsijue des fouilles régulières 
seront entreprises dans le domaine d'\- 
murru qui est justement sous le mandat 
fian<.Mis. 

(;. CoNTENAt. 



Aiioi \misok Yt'k'ii 11. — Le Livre de 
l'Impôt foncier (A l'/'i'' el-hliarùdj). lia- 
duil et annoté par E. Facsas. iBibln'- 
tliripie archéoliigique et historique du 
.Service des Antiquités de Syrie, t. 1.» 
Un vol. in-H°de \vi et .'Cii pages. Paris. 
Paul Geuthner, \'I2\ 

Nous avons annoncé, dans le pn-cédcnl 
fascicule, la fondation de ce nouvel ins- 
Irument scientillfiue <|u'e»l la lUhlioth^qiir 
nrchi'ologiiiiir cl lii^lnriqnr du Service ilrs 
Antiquités île Syrie. VAie est appelée à 
rendri' li-s plus grands ser\ices aux tra- 
vailleurs (pii étudient le proche Orient, il 
dès le premier volume, elle .iffirnie la 
direction dans laquelle M. Virnlleaud en- 
tend la conduire parla savante traduction 
que M. K. Fagnan donne du traite d'AIxiu 
Yousof Yo'koub sur rimp<\t foncier. 

Né k Koufa en IM de notre ère. Abou 
Yousof suivit les cours d'Abou iiantfa ei 
fut distingué par son maître. Nommé kaili 
à Haghd.id. il reçut, le premier, le litre dr 
Kadiel-kodat, c'esl-à-din- de juge 4 com- 
pétence générale. Sa science du dnùl 
repose entièrement sur sa conn.«iss«nceihi 
hadith et de l'exégèse coranique ; ccl.i 
explicpie la comixtsilion de l'ouvragi- 
auquel l'auteur ne semble pas avoir eu le 
temps lie donner une rédaction définitive. 

" Le contenu de notre hil<ll> el-hhanhlj 
observe le traducteur dans son .1ivr/i*»r- 
iiwnl, ne répond que bien imparf.iili'ment 
au titre alléchant qui lui a éléatlriliur un 
peu a la légère, et qui d'ailleurs lui e»» 
commun avec d'autres ouvrages. Dans la 
réalité, cette ré|)onsi> du savant à desque?»- 
tions qui lui lurent iKisi'-e» par le khalife 
IIAroitn er-Rechid — litre plus exact sou» 
lequel elle est parfois désignée — e»l 
»mc sorte de ménioire snr des sujets d"«>r- 



330 



S Y RI A 



dre politico-administratif, débutant par 
l'exposé des devoirs réciproques du sou- 
verain et des sujets. Il n'y faut pas cher- 
cher l'ordre, la rigueur et la précision que 
réclament noire tournure d'esprit et notre 
temps. I) Cependant les définitions juri- 
diques de notre auteur sont utiles, comme 
par exemple lorsqu'il distingue la terre de 
dîme de celle de kharadj. Sa compétence 
est d'ailleurs bien établie et M. Fagnan a 
rendu service en donnant une traduction 
de ce livre où, par le fait même de sa 
composition défectueuse, abondent les 
renseignements do loulc sorle. 

R. D. 

II. L.\MME>s. — La Syrie. Précis histo- 
rique. Premier volume. Un vol. in-S° de 
IX et 279 pages. Beyrouth, Imprimerie 
catholique. I'.)21. Paris. Geuthner. 

Ce livre est indispensable à c[uiconque. 
fonctionnaire ou voyageur, met le pied en 
S>rie ; il rendra également service à tous 
ccu.\ que ce pays interesse. Nul n'était 
plus compétent que l'auteur et nul ne 
possédait une plume plus alerte pour 
écrire ce rapide exposé tles civilisations 
syrieimes. Une liste bibliographique des 
principaux ouvrages à consulter permettra 
de pénétrer plus avant dans les questions 
syricnaesilj. Les listes de dynastes (Sé- 
leucides, empereurs romains et byzantins 
califes, etc.. ) et les synchronisnies seront 
aussi fort appréciés. 

Pour des raisons pratiques, l'antiquité 
est h peu près négligée et l'on se borne i\ 

(t)La réflexion (p. v; toucliaiil lu Mission de 
l'hénicie, A<: Renan : « beaucoup (l'apcri;us hril- 
liinls, innis ù contnMer de près », c.'cprlmo mal 
l'iinpiirtancf! do cet ouvriiso et su valeur pour 
l'ftudc di! l'urclirolou'ir plirniriciini'. 



étudier la Syrie modelée par la conquête 
arabe. A notre avis, cela ne va pas sans de 
graves inconvénients. Le merveilleux essor 
de la Syrie à l'époque chrétienne, dont 
l'action s'est répercutée dans tout l'empire 
romain, méritait de retenir davantage le 
lecteur. 

L'agrément dont le savant Père sait 
animer ses écrits est dû en grande partie 
à l'exposé ingénieux d'une thèse qui lui 
tient à cœur. Celle qui ordonne le présent 
volume est l'affirmation du patriotisme 
syrien et de l'unité syrienne. Ce patrio- 
tisme est très ardent ; mais il est local 
quand il n'est pas réduit au clan. La cons- 
titution physique, si particulière, du pays 
comme la diversité des races imposent le 
fractionnement de la populalion en états 
trop souvent rivaux. C'eût été le cas d'in- 
sister sur le rôle de Pompée, dont le nom 
méritait d'être prononcé. Après avoir 
débarrassé le pays des brigands arabes et 
ituréens qui l'infestaient, le général ro- 
main institua la province de Syrie, mais 
cela ne doit pas s'interpréter comme une 
« nouvelle proclamation officielle de 
l'unité de la race et du pays », pas plus 
que le nom de « roi de Syrie » porté par 
les Séleucides, qu'il faut plutôt compren- 
dre « roi d'Assyrie ». Car Pompée frac- 
tionna la Syrie en principautés distinctes 
et donna une certaine autonomie à plu- 
sieurs grandes villes. 

L'acte décisif de Pompée n'est pas sans 
analogie avec les événements récents, car 
non seulement le général Gouraud s'est 
trouvé dans la nécessité de débusquer 
certains chefs arabes — sans leur faire 
siiijir le sort auquel Pompée condamna 
ceux de son temps, — mais il a encore été 
logiquement conduit à une organisation 
du pays eu Klats distincts. L'analogie se 



iJiiîLioriP.APiiii:: 



Xil 



continue jusque dans l'autonomie rclali\c 
concédée à certaines villes et niènte chins 
le l'Ole du gouverneuiTnniain <{ui ne faisait 
que surveiller de trèsiiaul l'adriiinistralion 
locale. Cette rencontre est trop exacte 
pour être le fait du hasard ; elle résulte 
autant de la diversité ethnique que des 
lois physiques, économiques ot politiques 
qui régissent la Syrie. 

(Juoi (ju'il en soit de la thèse, voici un 
excellent tableau d'histoire générale ix- 
piisé du point de vue syrien. La inailrise 
de l'auteur s'affirme dans l'histoire des 
dynasties arabes, le résumé des dogmes 
de l'Islam, la description des sectes de 
Syrie, la peinture de la Syrie des Croisades 
et de l'organisation des Étais francs. 
rtEMÉ Dr s s m; n. 

PlimoDIQl K 

A. Meui.in. — Statuette de terre cuite 
peinte trouvée à Carthage Musée du 
I5ardo),extr. des Moiinmeiils ri Mi'moires 
Piot, 1920 (t. XXIV I. — Paris, Leroux. 
1921. 

Un tombeau do Carthage. duminant la 
plaine de Douimès, a fourni à la Direction 
des Antiquités de Tunisie une « grande 
amphore à base conique, deux petites 
(L'uochoés, l'une à bouche ronde, l'autre k 
bouche trilobée ; (piel<|ues objets de 
bronze, dont un petit rasoir ;\ lame élmile 
et allongée; un collier d'amulettes h types 
égyptiens, de perles cl de coquillages >■. 
Mais, avec ce mobilier assez banal, a élé 
trouvée une slaluelle, haute de X] centi- 
mètres, en terre cuite curieusement peinte, 
représentant une déesse sous les traits 
d'une tympanisle, ou une lympanisie sous 
les atours de la déesse. La ligurine a un 
caractère tiettcment oriental tant par la 



parure que par le détail du coslunn-, 
notamment la large baode rougo qui des- 
cend au milieu du corps de la ceinture 
aux pieds. I.a planche en couleurs rend 
dans Inute son originalité cette figurine 
que, d'après son type hiératique, M. Merlin 
dali du VI' siècle avant notre ère. 

\(>i \f:llks Aiu:iiKoLO(;iQiES 

Congrès d'Histoire de l'Art à Paris. 1931. 

\.p dernier Congres iiilernalional d'His- 
loire de l'.Xrl >'élait réuni à Home en 
1913. La guerre .ivail, depuis lors, rompu 
le r)tlime de ces assemblées : il étjil bon 
que l'habiliide en fi'il ri'prisc. L'iinniensc 
succès de celui <pii vient d'élrc tenu k 
Paris en est un éclatant témoignage, et 
l'honneur en revient à la Société de l'his- 
toire de l'art français qui l'avait organisé. 

I^s arts de l'antiquité restant en dehors 
du programme, une section .ivail cepen- 
dant été réservée h l'art byzanlin, aux art» 
de l'Orient iranien et musulman, cl à ceux 
de l'Kxtréinc-Orient. Celle *tcli.>n Ira- 
vailla avec une extri'me activité, cl le* 
communications et di>russion!< qui inler- 
vinrent méritent dèlre menlioiiiucs dans 
citti- Uevue, en tant cpi'illes nlèMiil de.s 
arls «le l'Orienl. 

M. Cm. DiKHr, membre de rin>lilut. 
étudiaiil le dernierouvrage dcStr/vgovvski 
sur r.Vrménie et son arv:hileclure. munira 
ce (ju'il avait de conjectural cl de li.is«r- 
deux, et «pie. conlrairemenl aux théorie» 
n.iuvelles de son auteur, il ne fallait pa^ 
chercher dans les églis«<s de T Arménie le 
princi(M! cl l'origine «le la coupole, donl 
Sainle-S«)pliie devait oiïrir la majeslurusc 
réussite. 

M. LorfcojisfcT.conscrvaleur du Musé^ 
«le Kicw. étudia d'après de magnifiques 



:î32 



SYRIA 



projections, les églisesbyzantines et ukrai- 
niennes de Kiew. 

M. PÉzAno, altachéau Musée du Louvre 
el chargé de mission en Syrie, nota quelle 
importance avaient la civilisation et lart 
des Sassanides dans la grande évolution 
artistique de l'Iran et des peuples musul- 
mans — et M. Gaston Migeon, conser- 
valeurau Musée du Louvre, montra ensuite 
la céramique musulmane toute pénétrée 
à ses débuts de ces influences sassanides, 
dont le récent ouvrage de M. Pézard, par 
S(pii abondante illustration, a démontré 
toute la force. 

M. S. FLriiY.communif|uanl les plioln- 
graphies prises par M. Vioi.let au cours 
de sa mission en Perse, a montré et com- 
menté les détails d'ornementation de la 
petite mosquée de Nàyin, à une centaine 
de kilomètres de Téhéran, monument daté 
(lu ix" siècle, inestimable document, le plus 
ancien monument musulman de la Perse. 
M. E. i)E LoKEY, chargé de mission en 
Syrie, fit part de ses dernières décou- 
vertes à Damas, de quelques monuments 
inconnus et inédits, et particulièrement 
de deux cénotaphes remarquables de prin- 
cesses arabes découverts dans les ruines 
d'une petite mos(|uée. 

M. Am itEY I'AGn.\r, conservateur du 
Musée du Caire, montra les merveilleux 
fragments de toutes espèces, mais surtnut 
r-éranii(iues, dont ses dernières fouilles à 
Fostat ont enrichi son musée. 

M.Ci. M.vnçMs, professeur à l'L niversité 
d'Alger, appela l'attention sur les plus 
anciens monuments agglabitcs du ix" siè- 
cle i\ Kairouan en Tunisie, et la nécessité 
de les révéler par des fouilles très sé- 
rieuses. 

M. L. M.\ssi(;m)\ revint sur les ingé- 
nieuses reruari|iirs (|u'il .ivait déjà consi- 



gnées dans Syria sur l'unité d'inspiration 
de l'art musulman. 

M. Akme.nag Sakisian étudia l'art de la 
reliure persane. Les monuments et l'art 
marocain furent étudiés par M. A. Bel, de 

I.A NE/.li;RE-RlCARD. 

Kncequi concerne l'Espagne, M. Gomez 
Moiuoo parla de l'entre-croisement des 
arcades dans l'architecture arabe. — 
M. FoLsn Y ToRRÈs, directeur du Musée 
de Barcelone, révéla toute une céramique 
inconnue dont des fouilles heureuses à 
Palcrna, près Valence, enrichirent son 
Musée — et dont M. Pi yg y (Iadafali.u 
montra les rapprochements avec des dé- 
tails de sculpture du cloître de l'Estain, 
en Cerdagne. 

Enfin M. \'ervievlen, professeurà l'Uni- 
versité de Bruxelles, et M. Roosdal, pro- 
fesseur à l'I niversité de Stockholm, mon- 
trèrent les influences de l'art oriental, le 
premier sur des miniatures de manus- 
crits du moyen âge occidental, le second 
sur des monuments de la Suède, et plus 
spécialement de l'île^de Gottland. 

On peut voir par ce court résumé avec 
([uel profond intérêt durent être suivis les 
travaux de ce congrès, qui feront l'objet 
d'un<' publication prochaine. 

Gaston Migeon. 

Les Missions archéologiques 
de l'automne 1921 en Syrie. 

K(i sei)teuibrc dernier, M. Virolleauii, 
le distingué chef du Service des Anti- 
(|uités et des Beaux-Arts en Syrie, a 
exposé devant r.\cadémie des inscriptions 
et belles-lettres le brillant résultat des 
fouilles du printemi>s : MM. Pé/.ard et 
Brossé à Tell Nebi Mend (Qadesh), M. do 
Lorcv à Oumm el-'Viuad el à Hamas, 



lUlSI.IOGRAI'IIIK 



333 



Mme D. le Lasseur à Tjr. M. I'r/.ai<l :i 
plus spécialeinerilparlr, égalciiierit devant 
l'Académie, de ses ^^llcl^lOll^es recherches 
à Tell Nebi Mcnd qui l'ont amené, vers IV ù 
H» mètres de i)rorf>iuleur, à la rivilisalion 
cananéenne des vi'-vii" siècles avant notre 
ère. Dans cette couche, l'heureux explora- 
lour a découvert, comme pierre réem- 
ployée, la partie supérieure d'une stèle 
é^ryptienne au nom de Séti I", montrant le 
roi devant cinc] divinités, dont la seconilc 
|>arait être une divinité locale. Les fouilles 
reprendront au printemps prochain. 

Cet automne, le .Service des Ariliipiilés 
a mis en train de nouvelles mission-^. 
D'abord celle de M. P. Montet à Hyhlos. à 
lacpK'lle nous consacrons ci-après une 
notice particulière, celle de M. Knlart à 
'l'ortose, enfin de nouvelles recherches à 
Damas par M. de Lorey. 

Le silc médiéval de Torlose, où M. Kn- 
lart a travaillé six semaines, a fourni au 
savant directeur du Musée de si ulpturc 
comparée, des éléments d'un réel intérêt, 
même i|uel(pies découvertes curieuses 
comme celle d'inscriptions du temps des 
Croisades. Il a tout particulièrement étudié 
Notre-Dame de Torlose, d'un art si simple 
etsi pur. Après Tortose. M. Knlart doit s'ins- 
taller à Tripoli d'uù il visiteia i'abbayi' de 
Hclmcnl, au-dessus de (Jalanioun ; puis il 
passera une semaine à Djebeil Byhlos . 
i|ui conserve de curieuses églises et ler- 
luinera par Saint-Jenn de Beyrouth, an- 
cienne é(j;lisc des Croisades sur la(|iielle il 
a déjà publié une intéressante nioiio^ia- 
phie à l'occasion ilu centenaire de la So- 
ciété des Antiquaires de France. Ce n'csl 
qu'après avoirvisité la Palestine que M Kn- 
lart compte rentrer en France. 

Sif:nalons encore que l'.Vcadémie îles 
inscriptions a nommé \l. Koclier, liceni'ié 



es lettre», membre de PEcole archéolu- 
gi(|U<- française de Jénisalem. 

Mission Pierre Montet à Byblos. 

A la date du lii mar> l'.il^t. M. P. Mon- 
tet, professeur d'égyplolo|fie à l'Lniver- 
sité de Stra-hour^'. adressait ù M. Cler- 
mont-(ianncau une lettre dans la({uellc il 
lui cx|)osait la découverte de bas-reliefs 
égyptiens faile |>ar lui h Hyhlos, lors de sa 
mission de \'.)\'J{ljjmitles rendus de CArad. 
des inscri/)., I!l2l,pp. 158 et suiv. ; voir 
i«'v/i'i.l!(2l,p. il'^l). M.CIermonl-<;anncaH 
saisit aussitôt de la question l'.Vcadémie 
des inscriptions qui dérida de prendre n sa 
charge les frais d'une exploration métho- 
dique du terrain où devaient se cacher le» 
restes d'un tenqili égyptien. M. I'. Monlel 
futchoisi pour conduire ces recherches. 

.Vrrivé le 17 oct<djrc A Beyrouth, M P. 
Montet pratii|uail aussitôt à Byblo>, au 
sud de l.i tour élevée par les Croisé», des 
sondages (jui l'amenèrent . entre 3 el 
•V mètres de pnifondeur, au contact de 
dalles en désordre, l n |>ou plus loin, il 
mit la main sur tout un lot de menus 
objets, en particulier d< s amulettes en 
bron/e, en isoirc. en hron/e plaqué d'or, 
en or, des perles en cristal de n>che ou 
cornahneou encore en faieocebUncbâtre 
L,i plupart de ces objets ont été reconnus 
( ommc égyptiens p,ir M Monlet et pn>b4- 
hlement de basse é|KM|ue ■ 1 1 

Bientôt les sondages conduisirent aux 
ruines d'un temple ravagé par un graml 
incendie. Les décombres ni\elé» avaient 
clé recouverts d'une couche île ^able sur 

(1^ Lettre ilii '.M iK-lolire •<Ire«««V k M. Clrr- 
moiil Cnniienu ItansVa lelln'd" l""l.^«wl>rr, 
■■Insxs' à .M le .Svn-tain- |i<T|><lurl, M. Mon- 
lel allrlhue tx's ilalle» >{ «Irtu l>*»r» «le 
t'iiloiuies en (ilare. à ré|M>«|u<' n>inaiD<v 



;î34 



s Y RI A 



laquelle on avait posé des dalles. Une 
trouvaille remarquable fut celle d'un lot 
de vases d'albâtre, indubitablement égyp- 
tiens. L'un d'eux, évasé par le bas, portait 
sur la panse une inscription hiérogly- 
phique lue par M. Montet : « Le roi de la 
I faute et Basse Egypte. Ounas, vivant éter- 
nellement, aimé de Re qui est sur le lac de 
Pharaon ». L'heureux explorateur croit 
avoir mis au jour le bassin ou lac sacré qua- 
lifié dans ce texte de « lac de Pharaon ». 
Trouver à Byblos, déposé dans un tem- 
ple, un vase au nom d'Ounas, pharaon de 
la V" dynastie, est une rare fortune; 
mais il est tout à fait sensationnel de 
découvrir un cylindre d'époque Ihinite, 
de 5 cenlimèlres de haut et de 8 centi- 
mètres de développement, mentionnant 
trois divinités : d'abord la dame de Byblos, 
telle qu'elle apparaît plus tard sur le bas- 
relief du Moyen Empire découvert à By- 
blos même ; puis un dieu assis, également 
coiffé des cornes et du disque, tenant un 
sceptre, qualifié de « ftls de Re des pays 
étrangers » et « dieu des pays étrangers »; 
enfin une autre divinité féminine. 

Le savant égyptologue signale encore, 
dans ses lettres adressées à l'Académie 
des inscriptions (i)lues en séance et com- 
mentées par M. Clermont-Ganneau. une 
inscription gravée sur un fragment de vase 

(I I Lettres en date des I7et"2i novembre et 
du 1'^'" décembre 19-ii, auxquelles il faut joindre 
un lélngrammo du fténérnl Gour.iud, daté du 
10 novembre, niinonçanl la découverte du vase 
<rOunai<. L'n télégramme de M. R. dc()aix,l{aut 
Commissaire ]iar intérim, annonce, ù la date 
du \i dcccmbro, la u découverte do fragments 
inNcripI ions iWyreri;ii(s[i)barnon délai V'dynas- 
lii'l, slalue colossale égypiisaiite l'I fni^'iucnls 
deux outres statues ». 



en marbre noir, au nom du pharaon Pépi 
de la VP dynastie avec le mot het shed 
« jubilé » . Par là est certifiée la destination 
du vase d'albâtre au nom d'Ounas qui, 
évidemment, est aussi un vase de jubilé. 
Remarquons pour conclure, que ces 
trouvailles — dont on doit chaudement 
féliciter M. P. Montet et l'Académie des 
inscriptions — par le fait même de leur 
découverte en un même lieu, sinon dans 
un même temple, apportent, comme ce 
fut également le cas des fouilles de Crète, 
un nouvel argument en faveur de la chro- 
nologie égyptienne dite courte. 

R. D. 

Gaston Darier. — Le nom de l'archéo- 
logue genevois, trop tôt enlevé à la science, 
a déjà été cité dans cette revue {Syria, I, 
p. 335) à propos d'un utile inventaire des 
articles et ouvrages traitant des fouilles du 
Janicule, amorcées d'abord par Gauckler 
puis poursuivies par lui avec la collabo- 
ration très efficace de Gaston Darier et de 
G. ^'icole. Gaston Darier avait promis de 
reprendre d'ensemble, ici même, la ques- 
tion du sanctuaire syrien mis au jour sur 
le Janicule et d'essayer de démêler la na- 
ture encore énigmatique du culte qui y 
était pratiqué. Question des plus ardues, 
car le terrain romain, sur lequel on se 
meut, est propice au syncrétisme le plus 
inattendu; mais le jeune savant, si modeste 
et si consciencieux, pensait être arrivé à 
l'élucider. Seule sa santé, de plus en plus 
précaire, le contraignait à renvoyer de 
mois en mois la rédaction de ses conclu- 
sions longuement mûries. Nous nous in- 
clinons avec émotion devant la fatalité qui 
laisse inachevée l'œuvre de Gaston Darier. 



ÏAlîLlL DES MATIEKES UL TOMi: DLLXIK.MK 



I. — AllTICI.KS. 

l''ii VN/ CuMON T, Le Jupilcr liéliopulitaiii et les (liviiiitûs dc> plan(-tc> • lo 

— Catacombes juives de Konic 1 tr. 

Ciiari.es Dieiil, L'École artistique d'Antioche et les trésors d'argtniteric syrienne. Hl 

Comte uu Mesnil DU Buisso:^, Les aiicieimes défenses de Beyrouth . . 2.3S, ,'U7 

Henk DussAiii>, Le Peintre Montfort on Syrie, I8.n-I».38 63 

S. Fi.L'HV, Bandeaux ornementés k inscriptions arabes : Amida-Diarbekr, xi* si^le. •%i 
— Un monument des premiers siècles de l'Ilégire en Perse. II. Le décor de 

la mosipiéc de Nûyin 23<), .ToS 

Clément IIuaht, Les Banou-'Anitùz 205 

EtsTAciiE iJE LoiiF.Y et Gasto."» Wiet, Cénotaphes de deux dames musulmanes i 

Damas 2ÎI 

L(ji is Massionon, Les Mélliodes de réalisation arti8li(|ue des peuple^ de riitUm. 47, 1VJ 

Etienne Micuon, Sarcoi)liage d'.Vnavar/.a 295 

Gaston Mioko.n, llama de Syrie ... I 

R. P. H. MouTKRDt, Inscriptions grecques cl latines du Mumjc d'Adanu . JOT, 2WI 

Colonel II. Normam), La (Création du Musée d'.\dana lur> 

Kdmonii PoTTiEK. l.'.Vrt bitlite ti, W> 

— Note sur la statue de Metellé .... . 2<t.'l 

.VuMÉNAf; Sarisia>, L'L'nilé des écoles de miniaturistes en Perse \>'<\ 

Henry Vioi.i.et, Un monument des premiers siècles de l'Hégire en Perse. I. .\Da- 

lyse arcliilecturale de la mosquée de iNûyin 22<> 

Kavmom) \\'eill, Phéniciens, Égéens et Hellènes dans la Méditerranée primitive I20 

Gaston Wiet, voir K. de Lorev. 

C. Léonard >\'ooLLLY, La Pliénicie et les peuples é(,'éeii> ITT 

II. — Comptes rendu*. 

.Mie Di'nkniaclei aus Syrien, Palae>tina und Weslarabien . 2fi<> 

.\niuial of Ihc .\merican Scbool of Oriental Heseareh in Jérusalem, I '< ContetuMi . 74 

.V. T. Ci.AY, Tiie Empire nf Ihe.Vmoriles ((i. Co/iJfn<iu 328 

Ci.EHMONT-(iA>NEvi;, Odciuat et N'aballat, rois de Paimyre, et leur litre romain de 

« corrector •■ i /if. /» 7h 

— La Lampe et l'olivier dans le (^oran iH. li.) 7H 

L. DKi.AeoiuK.Cataloguedeseylindresorientaux Musée du Louvre). I G.ConUnau . Ifi'J 
K. L. l)i:voNsiiiRK, Relation d'un voyage du sultan Qaitbay en Palestine cl en 

Syrie {Rcnc Dusumut) 2fil 



336 SYRIA 

Pages. 

E. Fagxan, Le Livre de l'Impôt foncier de Abol Yolsof Ya'koub (R. D.) . . . 329 
D. G. HoGARTii, Hittite Seals with particular référence to tiie Ashmolean collec- 
tion (G. Conlenauj 2o8 

Clément Hlart, Le Livre de la création et de l'histoire de Motahuak ben Taiiir 

el-Maqdisi {Frédéric Macler) 77 

H. Lammess, La Syrie, I {René Dussaud) 330 

CarlJ. S. MARsTRA>DER,Caractèrc indo-européen delà langue hittite(G.Co/i/t'nau). 73 

A. Merlis, Statuette de terre cuite peinte trouvée à Cartilage 331 

El). Navillc, L'évolution delà langue égyptienne et les langues sémitiques {Georges 

Ort) 76 

Revue de l'Académie arabe (Loiiis 3/assig/ioni 170 

A. S(ahsias), Les Tapis arméniens (A) 79 

George Samné, La Syrie (/?. D.) 77 

Gustave Sciilumberger, Récits de Byzance et des Croisades (/î. D.) 170 

Peter Tiiomses, Die rôniischen Meilensteine der Provinzen Syria, Arabia und 

Palaestina {R. D.) 76 

Raymond Weii.l, La Cité de David {René Dussaud) 166 

Wissenschaftliche VeroelVenllichungen des deutsch-liirkischen Denkmalschutz- 

Kommandos, I, II et 111 {René Dussaud) 260 

111. — i\oi VELLES archéologiques. 

École française arcliéologique de Jérusalem, pp. 79 et 333. — Fouilles à Ascalon, p. "(( ; 
à Tibériadc, p. 80; en Syrie, p. 80. — Musée de Beyrouth, p. 80. — Clermont- 
Ganneau. La mosaïque de la Synagogue de Aïn-Douq, p. 172. — L'Avenir archéo- 
logique de la Syrie, p. 174. — Pierre Montet, Byblos et l'Egypte, p. 263; voir 
p. 333. — Une nouvelle Bibliothèque archéologique el historique, p. 264. — 
Gaston Migeom, Congres d'histoire de l'Art à Paris, 1021, p. 331. — Les Missions 
archéologi(|ues de l'automne 1921 en Syrie, p. 332. — Mission Pierre Montet à 
Byblos, p. 333. 

Nécrologies : Max vas Bekciiem, p. 80; IIemu l'oiivoN, p. I7'j; André iie Ridder, 
p. 176; Gaston Dahier. p. 334. 

Errata, p. 336. 

I'mU.E des MATIÎJIES 33j 



ERRATA AU TOME II 

I'. 222. 1. 9. Iju», /(•;•(• lÀA. — p. 222, 1. 2.") : petite-nièce, lire arrière-pctite-fillc. 
Planche XWII, lire KAliinah et Sukeïnah. — P. 22"), note 2 : Ababeks, lire Atabeks. 

Le (lénint : Pai l Geutiinkh. 
.">12!'-2-"-'2. — T'Hirs, Imprimcrii' 1'.. .\iihMi.i il C •. 



DS Syria 

S8 

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