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Full text of "Tableau méthodique et descriptif des mollusques terrestres et d'eau douce de l'Agenais;"

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ACADEMY OF NATl|RAI^,i(i^NCES 



PHIA. 





rresented dy \y L.lÀyi 

Not to be loaned on any condition. 




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TABLEAU 

Méthodique et Descriptif f 



DES 



MOLLUSQUES 

Terrestres et d'Eau douce 

DE L'AGENAIS. 



^t 



Tous les Exemplaires exigés par la loi ayant été déposés, 
ceux non revêtus de ma signature seront poursuivis eu 
contrefaçon. 



Imprimé à Arcik chez J. B. Barrière, place de la Uépuhlifpte . 2. 



Ql- 



i,',/, TABLEAU 



Méthodique: et deiscriptif 

DES 

MOLLUSQUES 

TERRESTRES ET D'E\l] DOICE 

DE L'AGENAIS/^ 

PAR l.4f qASSIES 

Correspondant de l'Académie Nationale des Sciences de Tonlonse et des Sociétés Lmnéennes de BordsâDi 

et de Lyon. 

AVEC QUATRE PLANCHES COLORIÉES. 
Dessins «le 1111. A. Ijalioulliène et 11. liesplauli. 

GRAVURE DE M. F. PLÉE. 



Rien n'est petit au» vem tic Dieu rt de la Scieucp, 



>— ^^->5.»g<+^— c- 



PARIS --^uona] hhxQiy 



CHEZ 3.-B. BAILLIÈRE, 

Libraire de VÉcole de Médecine et du Ministère de l'Instruction Publique , 

Rue de l'École de Médecine, 17. 

K.oiifli-cs, chez H. B.%I1.1.1ÈRE , S 19, Rcgent-t^treet. 

AGEN 

CHEZ I,' AUTEUR , RUE PORTE-NEUVE. 



1849. 



_Z- 



•«> «xsxsx^ «>•» <s> '$><»<» <s><s> ■®> -«xs- -s><s><^ <s><s> * '^ <*><» ^ «> •^ <e>'^ <s> •$> ^ <^ ^ <$> .^ !& ^ 



INTRODUCTION. 



La tendance générale des esprits 
vers les idées positives est venue se- 
conder cette impulsion (vers l'histoire 
naturelle), et aujourd'hui l'étude de la 
nature est reconnue comme un des 
éléments indispensables dans tout sys- 
tème libéral d'éducation. L'Université, 
d'ordinaire si peu favorable aux inno- 
vations , a elle-même senti la néces- 
sité d'en admettre l'enseignement dans 
les collèges, et désormais cette science 
ne pourra rester complètement étran- 
gère , même aux hommes qui se con- 
tentent de l'instruction élémentaire 
reçue dans ces établissements. 

Milne-Edwards. (Élém. de Zool.) 



^^ 



Sous ce titre : Tableau méthodique et descriptif des Mol- 
lusques terrestres et d'eau douce de l'Agenais , je me suis 
proposé de donner l'histoire naturelle des invertébrés ap- 
partenant à cette branche du règne animal , qui se trou- 
vent sur le sol ou dans les eaux douces de notre circon- 
scription. 



2 INTRODUCTION. 

Le département de Lot-et-Garonne , coupé par de nom- 
breuses collines où des calcaires sont échelonnés au-dessus 
de roches tendres, est un des plus favorables au développe- 
ment des espèces dont nous nous occupons. 

La partie élevée fournit un grand nombre d'espèces 
terrestres ; les champs de la plaine ont aussi les leurs ; les 
vallons que parcourent de légers cours d'eau; des fontaines , 
des marais stagnants , sont riches en espèces aquatiques ; 
enfin notre fleuve et nos rivières promettent à l'amateur 
d'abondantes richesses. 

Il offre aussi toutes les variétés de culture, de sol et de cli- 
.mat. Tandis que les vallées de la Garonne, du Lot et du 
Gers ressemblent par leur aspect et leur fertilité aux plai- 
nes de la Touraine et de l'Anjou , les sables de nos Lan- 
des rappellent les tristes déserts de l'Afrique. 

Il est une contrée de notre département dont la position 
géologique diffère complètement du sol général. Je veux 
parler de Tournon dont les roches suivent la chaîne du 
Lot et vont se reher aux montagnes de l'Auvergne. 

Cette formation , plus ancienne que celle qui s'étend de 
Beaupuy à Hautes-Vignes et Meilhan , vers l'embouchure 
du Lot et sur les deux rives de la Garonne , est caractérisée 
par les nombreuses gryphées, térébratules et ammonites 
dont certaines couches sont remplies. 



INTRODUCTION. 3 

Un grand nombre d'espèces habitent ce terrain et lui 
sont propres , car elles ne se retrouvent dans les plaines de 
la Garonne qu'apportées par les alluvions de nos cours 
d'eau*. 

Le sol des Landes est généralement de formation ma- 
rine , surtout près de Sos , de Rimbès , Baudignan et Ga- 
barret, A Saint-Julien-de-Fargues, les formations marine 
et lacustre n'alternent pas, mais se relient et se fondent 
ensemble ; car le troisième dépôt du calcaire gris à limnées 
touche un dépôt de marne crayeuse remplie d'ostrœa vesi- 
cutarts et de quelques moules de bivalves qu'il ne m'a été 
possible de déterminer. 

Là aussi , comme dans les terrains du haut Agenais se 
trouvent des espèces qui ne dépassent pas la ligne des sa- 
bles** ; mais il est à remarquer que les fluvialiles céphalés 
et acéphales y sont aussi communs que dans les vallées , 
lorsqu'au contraire les environs de Tournon en sont très 
avares. 

Le nombre considérable de Mollusques répandus dans 
cette partie du bassin sous-pyrénéen est porté à centtrente- 



* Ce sont les Hélix : Cornea , Neglecta , Pygmœa; Pomatias macvr- 
îatum; Bulimus radiatus ; Pupa avena , &. 

** Ce sont les Hélix : Ponentina, Fusca; Succinea putris ; Pupa tri- 
dens , &. 



INTRODUCTION. 



trois espèces dont deux pourtant sont douteuses. Ce sont : 
VHelix pomatia et la Paludina vivipara. 

La première , trouvée sub-fossile dans nos terrains d al- 
luvion , m'a été apportée vivante de plusieurs localités op- 
posées. Ces Hélices vivent-elles réellement dans notre dé- 
partement?... Ce fait me paraît douteux, car cette espèce 
abonde toujours dans les localités où elle se plaît , à en ju- 
ger surtout par leur agglomération aux environs de Paris. 
II est de fait cependant que dans les terrains meubles de 
quelques coteaux on a trouvé beaucoup de ces Hélices mor- 
tes depuis longtemps, et dont le têt avait conservé toute 
sa coloration ; ce qui me porte à croire que quelque froid 
très rigoureux ou une chaleur trop subite les aurait surpri- 
ses tout-à-coup et fait périr'. 

La seconde espèce, la Paludina vivipara, si commune 
dans le canal à Toulouse , n'y était point à l'époque où le 
docteur Noulet publia ses Mollusques du bassin sous-pyré- 
néen. Je ne l'ai point trouvée dans le canal latéral à la Ga- 
ronne; mais par anticipation j'ai cru devoir la mettre au 



* On ne peut sérieusement admettre que les Romains aient été pour 
quelque chose dans l'agglomération de ces coquilles ; tous leurs parcs à 
limaçons n'y auraient point suiTi. Il en est de cela comme de YOstrea 
virginiana , répandue par bancs nombreux et épais , à la même hauteur, 
sur tous nos coteaux , et que quelques personnes attribuent aussi au luxe 
culinaire des Romains. 



INTRODUCTION. O 

nombre des espèces qu'on y rencontre , car peut-être à 
peine mon travail sera-t-il imprimé que cette Paludine 
sera dans les eaux de notre Canal comme elle est dans 
celles du Canal du Midi , qui doivent se relier mutuelle- 
ment. 

D'après l'avis de plusieurs savants , j'ai cru pouvoir si- 
gnaler des espèces qui se trouvent dans les alluvions de 
nos rivières, bien qu'elles ne soient qu'accidentellement 
dans notre localité. 

J'ai suivi pour la classification la méthode adoptée par 
M. Sander-Rang dans son Manuel des Mollusques, tout en 
supprimant son genre Hélix que lui-même voulait suppri- 
mer plus tard. Je m'en suis rapporté alors aux animaux 
sans vertèbres de Lamarck pour les divisions de ce genre. 

J'ai aussi emprunté la synonymie à ce dernier auteur 
dans la dernière édition oii s'est joint M. Deshayes; au 
Catalogue des frères Villa , au docteur Graëlls , à Ross- 
massler, &. , ces divers ouvrages étant le plus au niveau 
de la science. 

Depuis ces publications il a paru quelques ouvrages par- 
tiels que je me suis procurés , afin de compléter autant que 
possible la synonymie des genres et des espèces. J'ai eu à 
ma disposition les ouvrages les plus importants et une foule 
de petits traités sur les découvertes nouvelles de presque 



6 INTRODUCTION. 

tous les départements ; à l'aide de ces matériaux et des avis 
officieux de MM. de Grateloup, Noulet, Dupuy, Deshayes, 
Charles des Moulins, &. , j'ai pu compléter mes obser- 
vations et par là aider de mon faible concours à la Statisti- 
que départementale , lorsqu'on s'occupera de la Faune de 
l'Agenais. 

Je me suis attaché à donner une description détaillée des 
individus afin que , la coquille à la main , l'on pût les dis- 
tinguer facilement les uns des autres. Pour les espèces 
nouvelles ou peu connues , je les ai faites soigneusement 
dessiner et colorier d'après nature*. 

Les variétés sont pour moi d'une faible importance; 
aussi je signale rapidement celles qui m'ont paru le plus 
s'écarter du type , tant pour la forme que pour la couleur , 
et je laisse aux amateurs le soin de les collectionner à leur 
goût. 

Les recherches que nécessite l'étude des Mollusques 
demandent des déplacements fréquents et beaucoup de 
persévérance ; aussi pour en rendre les commencements 
moins abstraits , je fais précéder mon ouvrage par un pe- 
tit aperçu des mots techniques en usage en conchyliologie, 

(*) Une collection complète des Mollusques du département sera pla- 
cée au cabinet de la ville, ainsi qu'à celui du petit Séminaire , pour faci- 
liter les sujets de comparaison. 



INTRODUClio.,. / 

SUIVI de la manière de rechercher, conserver et classer 
les Mollusques et leurs coquilles ; je l'ai fait dans le but 
d'être utile aux personnes qui, ne s'étant point occupées 
de cette science , seraient bien aises de s'initier au moins 
à la connaissance des espèces indigènes et de leur éviter 
des recherches pénibles et souvent infructueuses. 

Aucun fait , même douteux , n'a été passé sous silence , 
et toutes les fois que j'ai cru errer j'en ai appelé sans 
amour-propre au jugement des savants distmgués qui 
m'honorent de leur affection. 

Les collections publiques et particulières de Paris , Nan- 
tes, Bordeaux , Rochefort, &.,&., ont été scrupuleusement 
visitées par moi , et j'ai pu par analogie comparer les in- 
dividus sur lesquels j'avais des doutes. 

Puisse mon travail , fruit de neuf années d'études , être 
accueilli avec bienveillance par les Conchyliologistes ! je 
m'estimerai fort heureux et mon but sera atteint ! . . . 

Agen, mars 1849. 



îSt-s^j^ 



NOMS DES AUTEURS ET DES OIJVRAGES CITÉS. 



Abréviatiotrs. 




Aldov. 


Aldrovandi (Ulyssis). 


Alt. 


Alten. 


Argenv. 


d'Argénville. 


Bouch. 


Bouchard-Chantereaux 


Boud. 


Boudich. 


Bouil. 


Bouillet. 


Born. 


Born. 


Brard. 


Brard. 


Brug. 


Bruguière. 


Buv. 


Buvignier-Armand. 


Col.-des-Ch. 


CoUard-des-Cherres . 


Chein. 


Chemnitz . 


Cuv. . 


Cuvier. 


Daco. 


Dacosta. 


Daud. 


Daudebard. 


Desh. 


Deshayes. 


Dors. 


Dorset. 


Drap. 


Drapàrnaud. 


Dilw. 


Dilwin. 


Dup. 


Dupuy. 


Faur-Big. 


Faure-Biguet. 


Fav. 


Favanne. 


Fer. 


de Férussac. 


Gartn. 


Gartner. 


Geoff. 


Geoffroy. 


Gmel. 


Gmelin. 


Goup. 


Goupil. 


Gras. 


Albin Gras . 


Grat. 


de Grateloup. 


Gronov. 


Gronovius. 


Gualt. 


Gualtièri. 


Guér. 


Guérin. 


Héc. 


Hécart. 


Kickx. 


Kickx. 


Kleeb. 


Kleeb. 



NOMS DES AUTEURS ET DES OUVRAGES CITES. 



Rn. 

Kok. 

Lam. 

Lea. 

Leach. 

Linn. 

List. 

Marc-de-S. 

Maud. 

Merm. 

Moul. (des) 

Montag. 

Moq. 

Mich. 

Mill. 

Mull. 

Nils. 

Noul. 

Ock. 

Oliv, 

Part. 

Payr. 

Parr. 

Penn. 

Petiv. 

Poir. 

Pot. 

Pfeif. 

Pult. 

Puton. 

Roiss. 

Rossm. 

St.-Sim. 

Schr. 

Sturm. 

Turt. 

Weeb. 

Villa. 

Zieg. 



Knorr. 

Kokeill. 

Lamarck. 

Lca. 

Leach. 

Linné. 

Lister. 

Marcel-de-Serres . 

Mauduyt. 

Mermet. 

Charles des Moulins. 

Montagu. 

Moquin-Tandon. 

Michaud. 

Millet. 

Muller. 

Nilsson 

Noulet. 

Ocken. 

Olivi. 

Partiot, 

Payraudeau. 

Parreys. 

Pennant. 

Petiver. 

Poiret. 

Potiez. 

Pfeiffer. 

Pulteney. 

Puton. 

de Roissy. 

Rossmassler 

Saint-Simon . 

Schroeter. 

Sturm. 

Turton. 

Weeb. 

Villa. 

Zieglcr. 



CORRESPONDANTS. 



MM. Capgrand (Adrien), pharmacien, à Sos , (Lot-et-Garonne.) 
Deshayes, naturaliste , à Paris. 
DuBOR (Victor) , à Nérac, (Lot-et-Garonne.) 
Dumoulin , archiviste de la Société Linnéenne de Bordeaux. 
DupuY (l'abbé) , profess. d'histoire naturelle au séminaire d'Auch, 
Grateloup (le docteur de) , à Bordeaux. 
Lajard , membre de la Société Linnéenne de Bordeaux, 
LouBATiÈRES , aîné, à Tournon, (Lot-et-Garonne.) 
MiCHAUD (L.-A.-G.), capitaine retr., à Ste-Foy-lès-Ly on, (Rhône.) 
Massot (le doct. Paul), à Perpignan. 

Moquin-Tandon , directeur du jardin des Plantes , à Toulouse. 
Moulins (Charles des), à Lanquais, (Dordogne.) 
NouLET (le docteur J.-B.), professeur d'hist. naturelle, à Toulouse, 
Pédroni (Paul), Secr .-Général, de la Société Linn. de Bordeaux. 
Perris (Edouard), naturaliste, à Mont-de-Marsan, 
Reyniès (Paul de) , à Toulouse. 
Trenquelléon (L.-B, de) , à FeugaroUes, (Lot-et-Garonne.) 

Confus des bontés de mes Correspondants , je me plais à 
rendre justice à leur obligeance , pour les envois et les 
communications qu'ils n'ont cessé de me prodiguer. 

Je les prie de recevoir ici mes sincères remercîments 
comme un faible témoignage de ma reconnaissance. 

Agen , Mars 1849. 



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ÉLÉMENTS 

DE CONCHYLIOLOGIE 

APPLICABLES 

Aux Espèces Terrestres et d'Eau-Doucc. 

COQUILLES UNIVALVES/ 

La description d'une coquille univalve se fait l'ouverture 
en bas servant de base , et le tortillon de l'animal formant 
le sommet. 

Coquille : Enveloppe crétacée servant d'abri à la ma- 
jeure partie des Gastéropodes , et formée par des sels cal- 
caires , dont l'accroissement est dû à la transudation du 
manteau de l'animal ; 

Elle est : 

Conoïde , lorsqu'elle affecte la forme d'un cône ; 

Globuleuse , quand la hauteur est plus grande que les 
deux tiers du diamètre ; 

Déprimée, quand la hauteur n'est pas plus grande que 
les deux tiers du diamètre ; 

* Voir la Planche 1" et ses explications. 



ELEMENTS 



Discoïde , lorsqu'elle affecte la forme d'un disque, comme 
les Planorbes ; 

Cyliîidracée , quand elle a la forme d'un cylindre ; 

Fusi forme quand , amincie par les deux bouts , elle est 
renflée au centre comme un fuseau; 

Ovoïde , lorsque le sommet et la base sont mousses , et 
le centre fortement renflé, comme un œuf; 

Torse , lorsque les tours très convexes et saillants sont 
séparés par une suture profonde ; 

Turriculée , lorsque les tours nombreux sont très allon- 
gés , peu convexes , et la suture peu profonde ; 

Turbinée , lorsque le centre est très renflé relativement 
à la spire; 

Tronquée, lorsqu'une partie du sommet ou de la base 
semble coupée , comme chez le Bulimus truncatus et l'A- 
chatina acicula ; 

Tuilée , lorsque le têt est lamelleux et garni d'écaillés 
parallèles les unes sur les autres, comme les tuiles d'un toit; 

Striée , quand la surface est ridée soit transversalement, 
soit longitudinalement par des stries plus ou moins ru- 
gueuses ; 

Hispidc , lorsque l'épiderme est garni de poils ; 

Perforée, quand l'axe présente à la base une cavité 
trop petite pour laisser voir un ou deux tours de la spire ; 

Imperforée , lorsque l'extrémité inférieure de l'axe ne 
laisse voir ni trou , ni ombilic ; 

Oinbiliquée , quand l'axe présente à la base une cavité 
qui laisse voir un ou deux tours. 



T)E CONCHYLIOLOGIE. 15 

Ombilic , est cette cavité qui sépare l'axe du dessous de 
la coquille, et en fait quelquefois distinguer tous les tours. 
Il est placé ordinairement après le bord columellaire. 

Base , partie de la coquille qui repose sur le cou de l'a- 
nimal , lorsqu'il marche ou rampe ; elle est opposée à la 
spire et commence aux tours de l'ouverture. 

Sommet , partie opposée à la base et où se trouve le tor- 
tillon de l'animal : c'est là qu'est le tour primitif et le pre- 
mier formé; 

Il est : 

Mamelonné , lorsqu'il a la figure d'un mamelon obtus ; 
Carié , lorsque sa pointe est corrodée comme chez beau- 
coup de Gastéropodes fluviatiles; 
Pointu, lorsqu'il est très effilé. 
Suture , sillon qui joint les spires ensemble ; 

Elle est : 

Profonde , lorsqu'elle détache nettement les tours ; 

Double lorsque, accompagnée d'une strie parallèle, elle 
forme presque une gouttière. 

Dos, c'est la partie opposée à l'ouverture. 

Ventre , l'opposé du dos. 

Carène , se dit de la partie anguleuse et saillante de l'a- 
vant-dernier tour ; 

Elle est : 

Aiguë , lorsque l'angle est très aminci ; 

Mousse , lorsque l'angle est très obtus et comme arrondi. 



1 G ÉLÉMENTS 

Capuchon. Ce terme s'applique aux Ancyhs dont le 
sommet est crochu , mucroné ; il est central , sub-ccntral , 
marginal ou presque marginal. 

Spire. Ce mot s'applique à la totalité des tours; 

Elle est : 

Aiguë , lorsqu'elle s'effile de la base au sommet ; 
Aplatie , lorsque les tours se réunissent sur l'axe , comme 
chez les Planorhes et quelques Hélices ; 

r 

Elevée, lorsque les tours forment une saillie pointue très 
atténuée ; 

Dextre, lorsqu'elle tourne de la gauche vers la droite de 
l'animal ; 

Sénestre, lorsqu'au contraire elle tourne de la droite 
vers la gauche , comme les Physes. 

Autrefois on donnait aux coquilles sénestres le nom d'w- 
niques. Maintenant on trouve des genres et des espèces 
très nombreux tournés ainsi vers la gauche. Le départe- 
ment possède les genres Physa, Clausilia, et plusieurs 
Pupa ainsi sénestres. 

Ouverture , que plusieurs naturaUstes ont improprement 
appelée bouche, est la partie par où le Mollusque sort le 
cou et le pied pour traîner sa coquille ; 

Elle est : 

Anguleuse, quand la circonférence offre un ou plusieurs 
angles ; 

Plus haute que large, lorsque les bords, supérieur et 
inférieur , s'écartent de la base au sommet ; 



DE CONCHYLIOLOGIE. >] 7 

Arrondie, lorsque la forme tend à devenir circu- 
laire ; 

Comprimée, quand les bords, supérieur et inférieur, 
tendent à se rapprocher ; 

Semi-lunaire , lorsqu'elle est échancrée par la convexité 
de l'avant-dernier tour ; 

Deî2tée, lorsqu'elle est garnie de dents ou callosités ; 

Plus large que haute , quand les deux bords , droit et 
gauche, se dilatent et que le supérieur et l'inférieur se sur- 
baissent. 

Columelle , axe autour duquel s'enroulent les spires , ou 
tours de la coquille. 

Elle est : 

Calleuse , lorsquelle se renverse sur l'avant-dernier tour 
et sur l'ombilic ; 

Torse, quand elle s'enroule avec le péristome et forme 
un ou plusieurs plis ; 

Plissée, lorsqu'elle a des plis ou des rides trans- 
verses ; 

Tronquée, lorsque sa base au Heu de s'arrondir, s'arrête 
brusquement et ne continue pas avec le bord inférieur du 
péristome. Ce caractère distingue les deux genres Bulime 
et Agatine. 

Péristome , se dit des bords du premier tour circulaire 
ouvert; 

Il est : . 

Simple, lorsque ses bords, interne ou externe, sont 

'2 



\ 8 ÉLÉMENTS 

dépourvus de bourrelet , comme les Hcliœ olivclorum , cet 
laria, &; 

Réfléchi, lorsqu'il est renverse en dehors, comme les 
Hélix aspersa , contea , & ; 

Bordé, lorsqu'il a un bourrelet intérieur, comme les Hé- 
lix hispida , cespitum, variabilis , &; 

Continu , quand le bord latéral et le columellaire se joi- 
gnent ensemble, comme le Cyclosloma elegcins , Paludina 
impura. Hélix lacipida , à; 

Disjoint ou discontinu , lorsque les deux bords au lieu de 
se réunir , s'arrêtent sur la columelle et laissent un vide à 
sa base, comme les Hélix variabilis , limbata, aspersa, à. 

Bords , sont les parties de l'ouverture qui la terminent ; 
ils sont : latéral, columellaire, supérieur et inférieur ; 

Latéral , est celui placé à la droite de l'observateur ; 

Columellaire , est opposé au bord latéral ensuivant la 
columelle ; 

Inférieur , celui qui repose sur la partie appelée base ; 

Supérieur, ne s'emploie que pour les espèces kpérislome 
continu , là oii est la columelle. 

Opercule , petite pièce calcaire ou cornée , à stries con- 
centriques ou spyriformes , dont l'utilité est de clore l'ou- 
verture et de mettre l'animal à l'abri des corps extérieurs. Il 
est fixé au-dessus de la partie postérieure du pied et se 
redresse par le retrait de cet organe dans l'intérieur de la 
coquille et la ferme hermétiquement. 

Epiphragmc , opercule libre et temporaire àe plusieurs 
Gastéropodes. Il est ordinairement papyrac/^ ou crétacé , 



I)E CONCHYLIOLOGIE. 19 

rarement calcaire et jamais corné. Le Mollusque le secrète 
au moyen de sa bave lorsqu'il veut jeûner ou passer l'hiver. 
Quand il veut sortir de sa coquille, il humecte les bords de 
Xépifhragme et le fait tomber. 

Jamais cette cloison n'est adhérente à l'animal ; elle doit 
être renouvelée toutes les fois qu'il veut hiverner. 

Limacelle , c'est la coquille ou rudiment calcaire , à zo- 
nes tuilées qui se trouve sous le manteau des Lùnace^s pro- 
prement dites , tandis que les Arioiis n'ont que quelques 
granulations non adhérentes entre elles. 

Epidenne , sorte de membrane cornée, mince, sèche, 
recouvrant le têt de presque tous les Gastéropodes et Acé- 
phales, et qui a la faculté de s'y maintenir sans cependant 
avoir une adhérence évidente. 

La coloration de l'épiderme est produite par le pigmen- 
tum coloré des bords de la peau. Ce sont des molécules qui 
se déposent au-dessus du calcaire et qui sont d'une autre 
nature , puisqu'elles disparaissent avec le temps et par l'ac- 
tion de la chaleur ; aussi la couleur est-elle d'autant plus 
vive que l'animal est plus jeune et que la partie produite 
de la coquille est plus nouvelle. [Blainv.) 

Les coquilles peuvent être : 

Sillonnées, quand la superficie offre des sillons creux 
plus évasés que les stries ; 

Radiées , quand de la circonférence partent des rayons 
divergents ; 

Fasciées, lorsque le têt est coloré de bandes un peu 
larges; 



20 ÉLÉMENTS 

Ellf^s sont : 

Interrompues , quand les faciès se trouvent coupées par 
des linéolcs d'une autre couleur. 

On dit aussi qu'une coquille est interrompue lorsque les 
stries d'accroissement sont marquées par des anneaux sail- 
lants. 

On reconnaît qu'une coquille univalve est adulte lorsque 
la columelle est arrondie et se joint au bord inférieur. Lors- 
qu'elle est droite , quand même le péristorae serait bordé 
d'un ou de plusieurs bourrelets , la coquille ne serait pas 
arrivée à son entier développement , ces bourrelets n'étant 
que les points d'arrêt qu'a subis le têt pendant son accrois- 
sement. 

Quelques Hélices, et presque tous les fluviatiles ont les 
bords simples ; malgré cela ils sont adultes , et il n'y a que 
le genre Agatine dont la base de la columelle soit tr(.)n- 
quée. 



! -«►^>9Ç<-M«-e- 



DE CONCHYLIOLOGIE. 21 



COQUILLES BIVALVES. 

Pour décrire une bivalve , on la pose les bords des val- 
ves touchant le sol et les crochets en l'air , lorsqu'il s'agit 
des caractères extérieurs. On pose au contraire les crochets 
sur le sol , lorsque l'on veut décrire l'intérieur , la partie 
antérieure en avant , le rostre vers soi. 

On nomme bivalve toute coquille composée de deux 
parties réunies par un hgament. 

Base. On nomme ainsi les bords Ubres de la coquille. 

Bords , partie libre des valves ; 

Ils sont : 

Postérieurs, quand dans la position normale ils sont légè- 
rement avancés en dessus du pied de l'animal et sortent 
au-dessus de la vase ; 

Antérieurs, ceux opposés et d'où sort le pied. 

Bostre , se dit de la partie de la coquille , avancée en 
forme de bec et plus allongée que celle qui lui est opposée, 
comme chez les Mulettes et les Anodontes , ainsi que chez 
lesPisidium. 

Corselet, c'est la partie du bord antérieur qui, chez 
quelques bivalves, est séparé du disque par une carène 
saillante ou par une Ugne enfoncée , comme les Mulettes et 
les Anodontes. 

Charnière. C'est la partie épaisse de la circonférence des 



2^ ÉLÉMENTS 

valves , où se trouvent les dents et les fossettes qui y cor- 
respondent , et que recouvre et retient le ligament. L'uti- 
lité de la charnière est de fixer les valves l'une dans l'autre, 
et de les aider à se mouvoir ; 

Elle est : 

Longitudinale , lorsqu'elle occupe toute la partie du liga- 
ment. 

Coquille. La coquille des Acéphales fluviatiles est formée 
de deux pièces ou battants , réimis à leur sommet par un 
ligament corné , épais , apparent et presque toujours exté- 
rieur ; 

Elle est : 

Baillante, lorsqu'une partie de ses bords n'adhère pas à 
l'autre ; 

Comprimée , quand les valves se pressent l'une sur l'au- 
tre sans convexité ; 

r 

Edentée , lorsque la charnière est dépourvue de dents , 
comme les Anodontes ; 

Equilatérale , quand la moitié antérieure est égale par 
sa forme et sa figure à la moitié postérieure ; 

Équivalve , lorsque les valves sont en tout semblables , 
de forme, de taille, à. ; 

Globuleuse , lorsque les deux moitiés, antérieure et pos- 
térieure , diffèrent entre elles de forme et de grandeur; 

Inéquivalve , quand les deux sont inégales entre elles par 
leiii' tiiille et leur configuration ; 



DK CONCHYLIOLOGIE. 



23 



Irrégulière , quand la forme d'une espèce varie beau- 
coup par les individus, comme XUnio Httoralis ; 

Orbiculaire , lorsque les valves convexes d'une coquille 
vont en s'amoindrissant d'une manière insensible du centre 
aux bords ; 

Radiée, lorsque des sommets aux Iwrds partent des 
rayons divergents; 

Régulière , quand tous les individus d'une même espèce 
sont de forme constante et ne varient pas entre eux; 

Rostrée , lorsque des sommets à l'une des parties anté- 
rieure ou postérieure le ligament s'allonge et que la co- 
quille prend la forme d'un bec ; 

Ronde, quand des sommets aux bords il n'existe point de 
parties anguleuses ; 

Transversale, lorsque la largeur des valves surpasse 
leur longueur. 

Dents, ce sont les protubérances nacrées, qui forment 
l'intérieur de la charnière et qui servent à fixer les valves 
l'une contre l'autre ; 

Elles sont : 

Articulées , lorsqu'elles sont reçues dans des cavités de 
la valve opposée ; 

Bifides , lorsqu'elles sont digitées en forme de fourche ; 

Cardinales , quand elles se trouvent placées en face des 
crochets des sommets ; 

Longitudinales , lorsqu'elles parcourent la longueur deé 
valves sur la charnière ; 

Antérieures , quand elles sont vers les bords antérieurs ; 



i i KLEMENÏS 

Postérieures , lorsqu'elles sont près do la lunule. 

Disque. Convexité des valves. 

Ecusson. Ce mot s'applique à l'espace renfermé près le 
bord antérieur des valves , dans l'intérieur du corselet , et 
que signalent quelques stries ou une couleur différente. 

Corselet. Partie du bord antérieur, séparée du disque 
par une carène saillante ou par un sinus. 

Face antérieure. C'est la partie des valves où est placé 
le ligament. 

Face jiostérieure , le contraire de l'antérieure , se prend 
des sommets au tiers de la circonférence. 

Fossettes. Ce sont les cavités jde la charnière, destinées 
à recevoir les dents de la valve opposée. 

Impressions musculaires. On donne ce nom aux dépres- 
sions qui se voient en arrière et en avant de la charnière 
contre la lunule, et qui servent à retenir la coquille. 

Impression palléale. Trace de l'adhérence des bords du 
manteau avec les valves ; elle est à peu près parallèle au 
bord inférieur de la coquille , et réunit l'impression muscu- 
laire antérieure à la postérieure. 

Ligament. Substance cornée, élastique, à l'état vivant, 
sèche et cassante après la mort , située entre les deux 
valves, aux sommets, et qui sert à retenir la char- 
nière. 

Limbe. Circonférence des valves en dedans des bords. 

Lunule. Partie concave , intérieure , placée sous les na- 
lèces, et oîi repose le corps de l'animal, surtout l'anus. 
Sommets ou Natèces. C'est la partie proéminente des 



DE CONCHYLIOLOGIE. 2S 

bivalves , placée au-dessus de la lunule et des dents car- 
dinales. 

Crochets. Partie crochue et rentrante des sommets , là où 
elle forme une légère spirale. 

Valves. Ce sont les deux pièces testacées qui recouvrent 
l'animal ; 

Elles sont : 

Sinueuses, lorsqu'elles sont marquées d'une dépression 
longitudinale qui se termine aux bords. 

Ventre. On applique ce nom à la partie la plus renflée 
qui se trouve ordinairement près de la base. 

Quant aux stries, couleurs, sillons, &. , il en est de 
même que pour les univalves. 



-m:-^ 



2t) UKCHEUCHE 



RECHERCHE DES MOLLUSQUES. 



Les Mollusques terrestres , à quelques exceptions près , 
habitent de préférence les endroits ombragés et humides , 
surtout à l'exposition du levant. Quelques espèces affec- 
tionnent les détritus calcaires des roches arides et les pans 
de vieilles murailles ; mais là ou il faut surtout les chercher 
c'est sous les amas de feuilles mortes ou au pied des vieux 
troncs d'arbres. 

Plusieurs espèces d'HéUces , BuUmes , Ambrettes , Vi- 
trines, à., se trouvent dans le voisinage des eaux, sous 
l'herbe épaisse ; généralement elles rampent sur la terre et 
s'élèvent peu sur les végétaux. Les plantations de jettins 
de saule des bords de la Garonne sont surtout fort riches 
en individus rares : c'est là que se trouvent en abondance 
les RqWx Fulva , Nitida, CeUaria , Hispida; les Clausilia , 
Plicatula, Bidcjis ; Pupa muscorum, Marginata ; Biilimiis 
lubricus et Achatina acicula. 

Une grande partie de Maillots se plaisent sur les rochers, 
surtout parmi les pierres sèches des murs de clôture. On les 
trouve mêlés avec les Clausilia rugosa, panntla; Pupa 
umbiUc.ata; Hélix rupestris , &. 

Quelques espèces sont crépusculaires ou nocturnes. On 



DES MOLLUSQUES. 27 

ne peut les rencontrer qu'après le coucher du soleil, comme 
la plupart des Limaces et la Testacelle. 

Il faut se munir de pinces , dites bruœelles , assez lon- 
gues et flexibles , afin de prendre le plus de soin possible 
en saisissant les petites espèces qui se brisent facilement. 

Un flacon à large goulot , garni de coton fin et cardé , est 
nécessaire pour y glisser les espèces fragiles et les petits 
Mollusques lacustres*; et une boîte en fer-blanc, assez 
grande, doit être réservée aux gros échantillons. Pour évi- 
ter de les briser on peut introduire quelques feuilles de 
plantes, mais les plus grandes et les plus lisses possible, 
celles enfin qui ofl^rent le plus de facilité à l'inspection , 
daiis le cas oii une coquille s'égarerait. 

Il est urgent d'avoir avec soi un couteau à lame solide 
pour fouïr la terre là où l'on suppose que vivent des Mollus- 
ques tels que Testacelles, Hélices, Bulimes, &. ; un petit 
marteau pour briser les fragments de roches où vivent 
quelques Hélix , Piipa et Clausilia; enfin un troubleau** tri- 
angulaire avec une douille en fer-blanc qui puisse s'adapter 
à un fort jonc de promenade : la gaze doit être assez serrée 
afin d'éviter le passage des espèces minimes. 

On aura soin , pour les espèces aquatiques , de plonger 
le troubleau dans toutes les mares , les fossés herbeux , les 



* Il faut éviter de jeter ces individus dans l'eau, un peu d'herbe hu- 
mide suffit; arrivé chez soi, on pourra sans inconvénient les placer dans 
un bocal avec l'eau de pluie mêlée d'eau de fontaine, recouverte de 
lentilles. 

** Filet pour la pcclio des insectes aquatiques. 



28 MËCHEtlCHK 

fontaines et généralement tous les endroits contenant de 
l'eau. Il ne faut pas négliger de racler les parois, les vases 
du fond , et de bien laver le filet pour y découvrir les pe- 
tites bivalves qui y vivent exclusivement. 

Il faudia visiter le troubleau après l'exploration de cha^ 
que mare ou fontaine , afin de signaler exactement l'habi- 
tat des espèces qui pourraient sans cela se confondre avec 
d'autres. 

Pour les grandes espèces de bivalves, il est urgent de 
se munir d'une sorte de trident très concave en dessus et 
garni d'une gaze métallique ordinaire. Ce trident ou cuil- 
ler devra être promené dans les vases liquides où Ton est 
certain de rencontrer les Mulettes, les Anodontes; une 
foule de Cyclades , Pisidies et même des Valvées et des 
Paludines. 

Lorsque les vases sont trop consistantes on ne peut se 
procurer les espèces qui y sont enfouies qu'en entrant soi- 
même dans les nasses , à moins de donner un salaire à un 
pêcheur qui consentirait à y pénétrer. 

Il faut avoir grand soin de visiter les détiitus laissés sur 
les berges des cours d'eau par les débordements. C'est 
dans ces alluvions que se trouvent les espèces les plus 
difliiciles à recueillir. Telles sont les Valvées, Carychie, 
Acmée, Pupa, et les petits individus d'Hélices et Palu- 
dines. 

Pour ne pas rester trop longtemps sur les berges, il 
suffit d'emporter une certaine quantité des détritus les plus 
menus que l'on fait sécher sur des linges fins , soit au soleil 



DES MOLLUSQUES. 29 

OU à letuve. On en prend une petite poignée que l'on étend 
sur un couvercle de grande boîte dont le fond est blanc ; 
les bords de la boîte retiennent suffisamment les individus 
minimes*; et alors, à l'aide d'une loupe à large foyer et 
de pinces-bruxelles, on cherche avec soin tout ce qui s'y 
trouve , on le jette dans une boîte , et on fait ensuite le 
triage des espèces que l'on recherche de préférence. 



->«»Ki->ǧ<-«H«>- «- 



11 s'asil ici de la concavité du couvercle de la boîte, 



30 CONSKRVATION 



DE LA CONSERVATION 

DES MOLLUSQUES. 



Il y a plusieurs manières de conserver les coquilles avec 
leurs animaux; mais la plus comnuniément adoptée consiste 
à jeter le Mollusque dans une eau saturée de sel , et à le lais- 
ser là jusqu'à sa mort. On le i-etire alors , on le lave à l'eau 
fraîche pour enlever les mucosités et les corps étrangers 
qui le souillent; et une fois propre , on le jette dans l'alcool 
mélangé d'eau, à la force de vingt degrés. Si on veut le 
conserver sans sa coquille , il faut l'attacher avec un fil à 
l'extrémité antérieure du manteau pour les Limaces et Tes- 
tacelles ; par le mufïle s'il s'agit d'un univalve , et par le 
pied si c'est un bivalve qu'on veut conserver. Une fois les 
fils attachés au bouchon , on ferme l'orifice du flacon des- 
tiné à cet usage, et on lute le tout avec soin. 

Lorsqu'on veut posséder les coquilles sans les animaux 
qu'elles enveloppent , il faut avoir soin de les jeter dans de 
l'eau fraîche et les laisser se bien développer. On aura soin 
de tenir prêts : un flacon rempli d'esprit de vin et un pot 
d'eau bouillante. On précipite le Mollusque dans le pre- 
mier, on l'y laisse à [)eu près dix à douze minutes et on !<> 
retire. 



DES MOLLUSQUES. 31 

Si l'animal est jcto en dehors de sa coquille, on le saisit 
avec les pinces et on lui imprime un mouvement spiral as- 
sez rapide afin de ne pas trop le heurter et briser le muscle 
columellaire , car pour peu qu'il y ait une partie du Mollus- 
que dans l'intérieur, la coquille reste tachée pour tou- 
jours. 

Si, au contraire, l'animal reste contracté au fond du 
premier tour , il faut aller le chercher à faide d'une forte 
épingle recourbée en hameçon dans le sens des spires. 
Comme il arrive quelquefois , surtout pour les Planorbes , 
que le Mollusque reste enfoncé très avant, et qu'une épin- 
gle risquerait de briser le têt, on doit alors se servir d'un 
crochet en cuivre très délié et emmanché à un morceau 
de bois assez fort pour résister à la pression des doigts. 

Si l'animal jeté dans l'esprit-de-vin montre encore quel- 
ques difficultés d'extraction , on le précipite dans l'eau 
bouillante qui doit être à portée , sur un fourneau ; on le 
retire cinq minutes après, on le jette dans de l'eau fraîche 
pour éviter les brûlures, et on recommence fextraction. 11 
est rare que cette opération ne soit pas suffisante , même 
pour les Planorbes. 

Comme la plupart sont chargés de mucus , il devient in- 
dispensable de les brosser et de les laver à l'eau fraîche. 

Les coquilles bivalves sont beaucoup plus faciles à vider 
que les univalves ; il suffit en général de les exposer au 
soleil ; et lorsqu'elles ouvrent les valves , on les en retire 
avec un couteau bien tranchant , comme cela se pratique 
pour l'huître comestible. Cependant lorsqu'on tient à avoir 
des échantillons bien intacts et auxquels nul muscle ne 



32 CONSERVATION 

reste et ne tache la nacre intérieure ; on les plonge une 
minute dans l'eau bouillante, et alors on ôte l'animal sans 
effort et sans qu'il reste rien à la charnière ni aux imj)res- 
sions musculaires et palléales. 

Après cette opération qu'il faut éviter de prolonger, à 
cause du ligament qui se durcirait trop et perdrait son élas- 
ticité , il faut presser les valves , les réunir le plus possible 
avec du fil plus ou moins fort, selon les espèces, les bien 
brosser à l'eau fraîche et les placer dans un lieu sec. 

On reconnaît qu'une bivalve est adulte lorsque les bords 
libres sont renflés à l'impression palléale et plus ou moins 
épaissis , selon les genres. 



rÂ-*39 



DES MOLLUSQUES. 33 



DU 



CLASSEMENT DES COQUILLES. 



La majeure partie des collections particulières sont ren- 
fermées dans des meubles à tiroirs , et les coquilles collées 
une du côté de l'ouverture et l'autre du côté du dos , alln 
d'en montrer les caractères génériques. Les individus sont 
assujettis sur des cartons épais où est inscrit en tête le 
nom du genre et en dessous celui de l'espèce , ainsi que 
celui de l'auteur qui la (U'crite , le lieu qu'elle habite, et si 
on l'a reçue soit en échange ou en cadeau, le nom du do- 
nateur avec l'époque de sa réception. 

La matière générakMnent employée pour coller les co- 
quilles est un résidu de gomme arabique saturé de sucre 
candi à petite dose, mêlé avec du coton hfiché menu; ces 
deux dernières matières donnent beaucoup plus d'adhé- 
rence à la gomme et fixent même les espèces les plus lisses. 

D'autres personnes placent les coquilles dans de petites 
boîtes en carton mince, sans couvercle, et ne les y fixent 
point. Ce mode est sans contredit le plus facile pour l'étude; 
mais il arrive aussi que , fort souvent , une espèce rare dis- 
paraît sans que l'on se rende compte de sa disparition. 

Les collections les plus agréables au coup d'œil sont 
comme celles du Muséum de Paris, c'est-à-dire dans des 

•3 



34 CLASSEMENT DES COOUILLES. 

vitrines reposant sur de longues tables et collées sur des 
cartons ; mais comme il faut un grand espace , les particu- 
liers ont été obligés d'en abandonner l'usage. 

Il en est d'autres placées dans des armoires vitrées , col- 
lées sur des cartons et reposant sur des gradins. Cette ma- 
nière convient surtout aux collections des Établissements , 
des Communautés et des Cabinets des villes de province , 
car le coup d'œil ne laisse rien à désirer et l'étude ne peut 
en souffrir. 

J'ai cru devoir indiquer toutes ces méthodes afin d'en 
laisser le choix aux commençants : trop heureux si j'ai pu , 
dans ce petit aperçu , leur aplanir les difficultés que j'ai eu 
à surmonter moi-même. 




MOLLUSQUES 

TERRESTRES ET D EAU DOIGË 
DEUXIÈME PARTIE. 



ANATOMIE GÉNÉRALE. 



Les Mollusques sont des animaux mous , à sang froid , 
blanc ou azuré; sans moelle épinière et dépourvus de 
charpente osseuse ; ils sont recouverts le plus souvent par 
une pièce calcaire appelée coquille , quelquefois par deux 
pièces réunies au sommet et libres vers la base ; en dernier 
lieu possédant seulement un osselet intérieur ou quelques 
grains calcaires :il n'est pour nos pays que la Testacello or- 
mier , parmi les Mollusques nus , qui possède une petite co- 
quille apparente recouvrant l'anus. 

Le système nerveux est composé d'une masse ganglion- 
naire entourée par le collier médullaire , opposé au tube 
digestif. Ces ganglions sont fort simples en partant du ccn- 



:i() AXAiOMIE 

trc, mais ils linissenl toujours par dos renflements plus 
prononces. Us servent à tous les mouvements des différents 
organes, à la locomotion, à la manducation, à la préhen-" 
sion. 

La peau des Mollusques est visqueuse , molle , et pres- 
que toujours granuleuse ou chagrinée : elle s'allonge ou se 
contracte facilement , et par ses pores ouverts elle secrète 
un mucus presque toujours fort abondant. Le manteau des 
Gastéropodes servant à les protéger , est d'une consistance 
double au tissu pituitaire du reste du corps ; les sensations 
atmosphériques produites par la sécheresse ou l'humidité 
sont très sensibles sur ses parties extérieures. 

D'après MM. Milne-Edwards et Valenciennes, le système 
circulatoire des Mollusques serait loin d'être aussi parfait 
que celui des vertébrés. Dans un Mémoire présenté aux 
séances du 5 novembre 1844 et 17 mars 1845, ils ont 
démontré* : 

« 1 ° Que l'appareil vasculaire n'est complet chez aucun 
« Mollusque; 

« 2" Dans une portion plus ou moins considérable du 
« cercle circulatoire , les veines manquent complètement 
« et sont remplacées par des lacunes ou par les grandes 
« cavités du corps ; ainsi toujours par la cavité viscérale 
« qui , par conséquent , tient lieu chez les Mollusques d'une 
« portion du cercle circulatoire ; 

« 3" Que souvent les veines manquent complètement 



* Nous ne donnons que ce qui concerne les Mollusques dont nous nous 
occupons. 



GÉNÉRALE. 37 

« (comme chez les Criistacées ) ; et qu'alors le sang dis- 
« tribué dans toutes les parties de l'économie , au moyen 
« des artères, ne revient vers la surface respiratoire que 
« par les interstices ci-dessus indiqués ; 

« 4° Que ces interstices tiennent lieu, chez beaucoup 
« de Mollusques , du réseau capillaire ; et chez quelques 
« autres , d'un grand nombre d'artères ; 

« 5" Que la simplification du système circulatoire est 
« plus grande à mesure qu'on s'éloigne des Céphalopodes*, 
« les premiers des Mollusques. 

« Chez le Triton" et le Colimaçon (deux Gastéropodes), 
« on trouve un degré de plus dans le perfectionnement du 
« système circulatoire , car les veines commencent à se 
« constituer sous la forme de tubes membraneux dans cer- 
« taines parties de l'économie ; elles manquent encore et 
« sont remplacées par de simples lacunes dans le système 
« musculaire et dans l'espace compris entre les principaux 
« viscères et l'organe respiratoire. 

« On peut alors expliquer de la manière suivante la cir- 
« culation des Mollusques : 

« Un cœur formé d'un ventricule et d'une ou deux 
« oreillettes se trouve sui- le trajet du sang artériel , le 
« reçoit et le distribue dans toutes les parties de l'éco- 
« nomie par des tubes rameux ; le sang revient ensuite 



* Mollusques marins , comme la Sèche , le Poulpe , le Calmar , le Nau- 
tile , etc. 

** Mollusque marin, famille des Gastéropodes pcrtinibranchcs . tribu 
des Buccinoïdes. 



38 ANATOMIE 

« OU par (les lacunes qui tiennent Hou de capillaire et de 
« veines; ou par des lacunes et des veines, ou par des 
« capillaires et des veines , jusque dans la cavité viscérale, 
« s'épanche dans cette cavité , baigne le tube digestif et 
« pénètre ensuite dans d'autres lacunes ou canaux destinés 
« à le mettre en contact avec le fluide respiratoire , et à le 
« porter jusque dans le cœur aortique. 

« Cette belle découverte explique parfaitement les phé- 
« nomènes d'érection du pied et des tentacules de certains 
« Mollusques , et l'absence chez tous ces animaux de sys- 
« tème lymphatique : Le sang va chercher lui-même les 
« produits de la digestion ou le chijle , sans attendre que 
« des canaux particuliers le lui apportent. Aussitôt la sor- 
« tie des papilles le chyle tombe , pour ainsi dire , dans 
« le sang. » 

M. Valenciennes a également découvert l'existence d'un 
canal creusé dans le pied de certains Mollusques , canal par 
lequel la cavité viscérale comnmniquerait avec le fluide 
ambiant. — (15 juin 1 845. ) 

La respiration s'opère toujours à l'aide de l'organe essen- 
tiel , mais aussi par les pores absorbants , l'oxigène pas- 
sant facilement entre les parties pituitaires de la peau*, 
pour les terrestres et les Pulmonées aquatiques ; pour les 



• J'ai cxpôrimonté surdes Planorbes cornés; mis dans un flacon rem- 
pli d'eau et privés d'air, ils ont de suite rougi ce liquide à l'aide de cette 
exsudation qui leur est propre; plusieurs moururent aussitôt; les au- 
tres , extraits du flacon et exposés à l'air , sur un plat , conservèrent toute 
leur vitalité; et, replongés dans une marc, ils se mirent à ramper au 
même instant. 



GENERALE. 39 

Pectinibranches ot pour les Acéphales , elle s'opère à l'aide 
de branchies. 

Le goût est nul chez les Acéphales ; ils n'ont aucun in- 
dice d'appareil salivaire ni de mastication , et surtout point 
de bile. Us prennent leur nourriture à l'aide des appen- 
dices labiaux , en attirant ainsi les particules microscopi- 
ques par un mouvement ondulatoire , et en les faisant pré- 
cipiter comme dans un entonnoir. Le même moyen leur 
réussit pour dégager l'air ambiant. 

Les Céphalés ont fort peu de goût et mangent indiffé- 
remment les matières putrides comme les plantes fraîches. 

L'intelligence est complètement nulle chez tous les Mol- 
lusques. 

L'odorat est fortement développé chez les Céphalés, il 
est nul chez les Acéphales. 

L'organe de la vision dont sont dépourvus les bivalves 
est très peu développé chez les Gastéropodes. Il permet 
tout au plus de pressentir, soit dans l'eau, soit dans l'air, 
les moindres variations atmosphériques. Ils peuvent dis- 
tinguer vaguement la différence de la lumière diurne d'a- 
vec l'obscurité de la nuit. 

Les tentacules sont pourvus , à la base ou au sommet , 
d'un cristallin très apparent , très simple dans sa composi- 
tion , et dirigé par un fort petit nerf rétractile. 

L'organe de l'ouïe est nul. Plusieurs expériences, fort 
souvent répétées , m'ont conduit à certifier le fait que les 
Mollusques étaient incapables de rien entendre , mais seu- 
lement de ressentir sur le tissu cutané les commotions ré- 
sultant d'un choc quelconque. 



40 ANATOMIE 

La mastication des Hélices et auties Gastéropodes est 
très active et se fait à l'aide d'une dent supérieure sur la- 
quelle agit le renflement lingual dans sa partie antérieure. 
J'ai vu la partie buccale de ï hélix Ncmoralis , à un fort 
grossissement ; elle est composée de rugosités oblongues , 
à angles très obtus et rangées symétriquement comme des 
ardoises sur un toit; l'action de ces rugosités sur les plan- 
tes et les matières dont se nourrissent ces animaux est 
assez expliquée par la voracité de quelques espèces*. 

La digestion est très active chez les Céphalés, bien moins 
chez les Acéphales ; la dépuration urinaire des premiers , 
surtout des hélices , est sécrétée par le rein ; cette sécrétion 
est, d'après Jacobson , composée de purpurate de chaux. 

La masse viscérale est toujours logée dans le tortillon de 
la coquille pour les Gastéropodes testacés ; chez les Limaces 
et autres Mollusques nus elle se répartit depuis l'abdomen 
jusqu'à l'anus; chez les Acéphales elle est répartie entre 
le muscle antérieur , l'intestin rectum et l'anus. 

I.E!$ GASTÉROPODGIS. (Cuvier.) 

Cuvier fut le premier qui donna ce nom à des Mollus- 
ques dont le pied placé sous le ventre sert à la reptation , 
comme l'indique la traduction des deux mots grecs : ventre- 



* M. Moquin-Tandon s'est occupé de la partie buccale des Hélices de 
la France , dans des Mémoires insérés aux Annales de l'académie des 
sciences de Toulouse , année 1848. D'après ce savant observateur , la 
classification des familles deviendrait ainsi très facile , et les groupe^ 
formés jusqu'à présent ne seraient nullement en rapport avec l'anatoraie 
qu'il en a faite. 



"générale. 41 

pied; cette détermination amena de grands changements 
dans la science conchyliologique ; et, comme le fait obser- 
ver M. Deshayes , elle a été la cause de l'impossibilité irré- 
vocable de la méthode Linnéenne. 

Les individus de cette classe de Mollusques sont généra- 
lement recouverts d'un têt calcaire univalve-extérieur qui 
leur sert d'abri , ou d'une pièce également calcaire ou gra- 
nulaire interne. Ils rampent sur un pied placé sous l'ab- 
domen , duquel il est séparé ou auquel il est réuni quel- 
quefois, comme chez les Limaces, Testac'elles , &. 

Ils sont munis de deux à quatre tentacules, dont les su- 
périeurs, plus grands, sont toujours oculés au sommet ou 
à la base. 

Les Gastéropodes terrestres sont pourvus de quatre ten- 
tacules rétractiles , les supérieurs oculés au sommet : c'est 
là surtout que réside le sens du toucher et celui moins par- 
fait de l'olfaction. Le moindre corps étranger qui les tou- 
che les fait subitement rentrer dans la tête, comme un 
doigt de gant retourné. 

Les Gastéropodes fluviatiles n'ont que deux tentacules ; 
et au lieu d'être oculés au sommet , comme ceux des pré- 
cédents , ils ont les yeux placés à la base , soit interne ou 
externe ; ils ne rentrent pas dans une gaine et se baissent 
sur les côtés ; ils sont nommés contractiles. 

La forme générale de la tête affecte celle d'un mufle ; 
la bouche est placée au-dessous ; et comme je l'ai dit à l'ar- 
ticle mastication , la facilité avec laquelle ces Mollusques 
dévorent les a fait considérer avec raison comme de véri- 
tables fléaux par les agriculteurs. 



42 ANATOMIE 

Après la tôte vient le manteau , pièce ordinairement 
musculaire , chagrinée , qui entoure le cou en partie , s'al- 
longe et se réunit au dos chez plusieurs , tandis que chez 
d'autres il s'en sépare. Cette partie du Mollusque sert à le 
garantir lorsque quelque ennemi l'attaque , car il a la fa- 
culté de recouvrir instantanément l'animal quand il est nu , 
ou à l'aider à rentrer dans sa coquille lorsqu'il est Testacé. 

C'est du manteau que transude le carbonate de chaux 
qui sert à la formation et à l'accroissement du têt. Il est 
facile de s'en convaincre en fracturant une coquille; sa 
cassure se recouvre aussitôt d'une pellicule d'abord papy- 
racée et friable, mais qui bientôt acquiert la même dureté 
que le reste. 

C'est aussi du manteau que partent les premières traces 
de la coloration des coquilles. On s'en aperçoit aisément 
aux lignes qui suivent ses bords et se perdent insensi- 
blement sur le dos. Brard, dans son Histoire des Coquilles 
terrestres et fluviatiles des environs de Paris, page 43, 
avance l'opinion que la matière colorante des Mollusques 
serait due à l'oxide de manganèse. Je n'ai pu vérifier (-e 
fait, mais je crois que l'on peut, sans trop de scrupule, se 
ranger de l'avis de ce savant observateur. 

C'est ordinairement à côté du manteau qu'est situé l'ori- 
fice respiratoire qui sert aussi à la copulation et aux déjec- 
tions fécales. L'organe mâle est généralement placé à la 
base du tentacule droit. 

Le pied servant à la locomotion atîecte le plus souvent 
la forme d'un disque plus ou moins large , plus ou moins 
allongé, selon les espèces. C'est une masse fibreuse, char- 



GÉNÉRALE. 43 

nue , qui secrète une humeur gluante , visqueuse , dont 1(^ 
but est de donner de l'adhérence à l'animal lorsqu'il rampe 
sur une surface polie. La reptation des Gastéropodes se 
fait par une sorte de glissement ondulatoire , produit par 
les libres entrelacées qui forment le plan locomoteur. Ce 
glissement est produit par un mouvement continu des 
faisceaux qui , se succédant du premier au dernier , ren- 
dent la marche tout-à-fait uniforme. 

Le corps des Gastéropodes nus est droit et repose sur un 
plan auquel le pied joint au corps sert de base. Chez les 
Testacées , au contraire , il est roulé en spirale dans l'in- 
térieur de la coquille et prend alors le nom de tor- 
tillon. 

Ces Mollusques s'accouplent entre eux, mais ils réunis- 
sent, presque tous , les deux sexes. La plupart pondent des 
œufs et sont nommés Ovipares; d'autres ont la coquille 
toute formée dans l'œuf et sont nommés Ovovivipares; d'au- 
tres enfin viennent au jour animaux parfaits et prennent le 
nom de Vivipares*. 

La durée de la vie chez les Gastéropodes ne dépasse 
guère trois à quatre ans. 

liES ACÉPHALEIS. (Cuvier.) 

Cuvier fut encore le premier qui imposa aux Mollusques 
bivalves le nom d'Acéphales , traduction des deux mots 
grecs privé et tête, ou animaux sans tête ; ce sont en effet 

* Voyez plus loin, article Embryogénie. 



44 ANATOMIE 

des Mollusques sans apparence d'organisation vitale , et par 
conséquent moins intéressants que les précédents. 

Les Anodontes , Mulettes , Cyclades et Pisidies sont les 
seuls Acéphales dont nous ayons à nous occuper. 

Ces Mollusques inférieurs se suffisent à eux-mêmes et 
procréent sans accouplement , les organes mâle et femelle 
étant réunis ; à des temps donnés , chaque individu dépose 
les embryons destinés à perpétuer son espèce. 

Les petits Mollusques des Anodontes , des Mulettes , des 
Cyclades et des Pisidies sont logés entre les lobes du man- 
teau et des branchies ; ils en sont expulsés lorsqu'ils ont 
atteint assez de volume et de force pour ramper dans la 
vase. La forme de la coquille, quoique déjà très apparente, 
diffère beaucoup de celle qu'elle doit avoir lorsqu'elle aura 
atteint son entier développement. 

L'accroissement peut varier pour l'état parfait d'un an à 
deux. 

Les Mulettes et les Anodontes sont munies d'un man- 
teau large très ouvert et recouvrant le corps dans toute son 
étendue ; il est légèrement contractile sans cependant s'é- 
loigner beaucoup de l'impression palléale. Les branchies 
en forme de feuillets minces suivent presque les bords du 
manteau : ces branchies dont l'apparence rappelle les gazes 
plissées et gaufrées très menu , servent à dégager l'air 
ambiant nécessaire à la respiration du Mollusque. C'est sur- 
tout au commencement d'un tube que dévoile l'existence 
de papilles tentaculaires que la séparation de l'oxigène se 
fait d'une manière plus régulière. Ces papilles sont situées 



GÉNÉRALE. 45 

à la partie postérieure oii se trouve placé lorifice excré- 
mentiel ou anus. 

La bouche , située au-dessous de la lunule de la co- 
quille , s'ouvre en avant du foie , dont la masse est enve- 
loppée par les intestins et l'estomac. Le cœur est placé à la 
partie postérieure de rorifice anus. 

Le corps est placé au centre, entre les branchies que 
recouvre en entier le manteau. A la partie antérieure 
adhère un muscle plus ou moins fort ; quelquefois quadran- 
gulaire , comme chez les Mulettes et Anodontes ; d'autres 
fois sub-cylindrique, comme chez les Cyclades et les Pisi- 
dies. Cet organe sert à l'animal lorsqu'il rampe dans la 
vase ou sur les plantes aquatiques , et constitue pour lui 
un véritable pied. 

Les Acéphales habitent toujours dans l'eau , ne pouvant 
se mouvoir sur la terre, à l'air libre, car leurs branchies 
seraient trop vite desséchées par la chaleur , et la mort se- 
rait inévitable après trois ou quatre jour.s. Toutes les espè- 
ces de nos contrées vivent dans les rivières , les ruisseaux 
et les étangs , cherchant de préférence les parties sableuses 
ou vaseuses , là oii l'eau plus tranquille leur permet d'ha- 
dhérer plus fortement. 

La durée de la vie chez les Acéphales n'est pas rigoureu- 
sement déterminée ; cependant il est probable que la plu- 
part des Mulettes et Anodontes ne vivent pas plus de 
quatre à cinq ans. 



EMBRYOGÉNIE 

DES GASTÉROPODES. 



L'accouplement des Gastéropodes diffère selon les gen- 
res et les espèces ; il est le même chez les Ambreltes , Hé- 
lices , Limaces, Testacelles , Arions , Bulimes , Clausilies, 
Maillots, Vertigos , à. Il diffère chez les Limnées , Pla- 
norbes , Cyclostomes , Physes , Valvées, Pahidines , &. 

Les premiers s'accouplent de deux en deux ; et possédant 
chacun les deux sexes réunis, ils fonctionnent à la fois 
comme mule et comme femelle*. C'est habituellement par 
un temps orageux et lorsque l'air est saturé d'électricité , 
que les individus plus vivement excités se recherchent. 

Une fois qu'un couple s'est rencontré , les caresses com- 
mencent , les morsures les plus violentes se succèdent rapi- 
dement; le plus faible des deux animaux se retire, mais 
son compagnon le poursuit toujours; et alors, s'excitant 
par des préludes à l'œuvre qu'ils veulent accomplir, leurs 
orifices respiratoires se dilatent fortement, leurs tenta- 
cules s'affaissent , et se renversant vivement sur leurs plans 
locomoteurs opposés l'un à l'autre, ils se lient étroitement. 



' Ou les nomme Moyioiqucs. 



DES GASTÉROPODES. 47 

L'organe raAIe, placé à la base du tentacule droit sort 
alors , et l'accouplement a lieu. C'est pendant une moyenne 
d'un quart d'heure que les deux Mollusques attachés ainsi 
se fécondent mutuellement. J'ai eu chez moi des Limaces 
et des Hélices qui sont restées unies près d'une heure pen- 
dant la copulation . 

Après s'être séparés, les individus ainsi fécondés cher- 
chent dans la terre friable ou dans des trous humides un 
endroit convenable pour y déposer leur ponte. Ils creu- 
sent la terre à l'aide du mufle , et quelquefois assez profon- 
dément. 

Les Hélices, Limaces, Ambrettes, Buliraes, &., creu- 
sent à cinq, six, sept et huit centimètres. Les œufs éclo- 
sent habituellement du vingtième au quarantième jour. 

J'ai fait diverses expériences , notamment sur les Hélix 
aspersa , pisana , variabilis ; Limax hortensis ; Buli- 
mus, &. , &. J'ai toujours remarqué que les œufs étaient 
formés d'une masse vitelline, dans laquelle l'albumen ne 
remplissait qu'un rôle secondaire. L'embryon paraît au 
bout de quatre à dix jours comme un point plus obscur et 
se meut , soit au moyen de cils vibratiles ou à l'aide d'une 
vésicule que M. Van-Beneden nomme caudale, la compa- 
rant à la queue des poissons. La forme, chez les Limaces, 
n'est visible qu'après vingt-cinq ou trente jours , et la 
petite coquille rudimentaire qui se trouve sous leur man- 
teau n'est formée que deux ou trois jours avant le brise- 
ment de l'œuf. Chez les Hélices et les BuUmes, au contraire, 
le sac vitellin est absorbé en très peu de jours et la co- 
quille est formée presque aussitôt; l'embryon se meut 



48 EMBRYOGÉNIE 

dans l'albumen au moyen de cils vibratiles , ressemblant 
souvent à des branchies pectiniformes. 

Lorsqu'un Mollusque a brisé son œuf, la forme de sa 
coquille diffère beaucoup de celle qu'elle doit avoir lors- 
qu'elle aura atteint tout son développement. Chez plusieurs 
Hélices elle est fortement carénée et aplatie du coté du 
sommet , tandis que du côté de l'ombilic elle est toujours 
renflée. Chez les Maillots, Bulimes , Clausilies, l'aspect 
de la coquille ressemble à une petite HéUce. Chez tous les 
genres univalves le péristome est alors imparfait , mince , 
et la columelle très droite est tronquée à sa base , comme 
l'est celle du genre Agatine*. 

Les Cyclostomes, parmi les Terrestres, ont seuls les 
sexes séparés ; il y a des mâles et des femelles : on les 
nomme dioïques. 

Les Gastéropodes pulmonés aquatiques, tels que Pla- 
norbes , Physes , Limnées , &. , s'accouplent presque dans 
toutes les saisons de l'année, excepté pendant les froids 
rigoureux ; cependant la meilleure époque pour eux est le 
printemps. 

Au lieu de se rechercher deux par deux , les Limnéens 
s'accouplent en troupes , formant de longs chapelets à la 
surface des eaux. L'individu qui se trouve cMre accouplé et 



* Il faut donc se méfier des coquilles trop carénées et de celles dont la 
columelle est droite , car souvent dos marchands d'histoire naturelle 
ont exploité la bonne foi des amateurs en faisant passer pour espèce nou- 
velle un jeune individu qui ne différait que par l'âge d'une espèce qu'ils 
possédaient déjà. 



T)ES GASTÉROPODES. 49 

auquel un autre vient se joindre , reçoit les doux accou- 
plements au lieu d'un seul, et ainsi de suite pour les sui- 
vants , tandis que le premier et le dernier font leur accou- 
plement avec un seul individu. L'organe mâle est fort 
gros et ordinairement d'un blanc azuré : la copulation dure 
d'une heure à deux. 

Les individus qui ont satisfait à la loi de la reproduction 
pondent du quinzième au vingtième jour une trentaine 
d'œufs enveloppés dans une matière albumineuse qui se 
colle après les plantes , les bois , les pierres , et même sur 
la coquille des autres Mollusques. 

Ils éclosent, selon l'état de l'atmosphère, au bout de 
vingt à trente jours et quelquefois plus. Les œufs sont gé- 
néralement de forme ovale , de substance gélatineuse très 
transparente où le sac vitellin se détache et s'aperçoit par- 
faitement; soumis au grossissement, l'embryon apparaît 
comme un point noir ; n'ayant pas encore de coquille , il se 
meut dans l'albumen à l'aide de cils vibratiles. Chez quel- 
ques Limnées le petit Mollusque sort de l'œuf au bout de 
quinze à vingt jours , avec une coquille parfaitement carac- 
térisée, mais sans toutefois posséder la forme arrêtée de 
l'état adulte. 

Les Limnéens sont monoïques. 

L'accouplement des Paludines , des Valvées , des Néri- 
tines et des autres Pectinibranches se fait toujours à l'aide 
de deux individus ayant chacun son sexe séparé; ils sont 
dioîques. 

Ces Mollusques, habitant exclusivement dans l'eau, sont 
pourvus de branchies comme les poissons , mais placées 



5t) EMBRYOGÉNIE DES GASTÉROPODES. 

différemment ; cet appareil a la même destination : le déga- 
gement de l'air ambiant. 

Lorsque l'accouplement a eu lieu , les femelles déposent 
leurs œufs sur les pierres , les vieux bois , les plantes 
aquatiques , et sur le têt des autres Mollusques*; souvent ces 
<Bufs sont séparés ; d'autres fois ils sont agglomérés. 

Chez les Paludines les individus sortent animaux parfaits 
de Foviducte de la mère : do là le nom de vivipare que 
l'on donne à la plus grande espèce du genre. 



* L'œuf de la Ncritinc fluviatilo doit pcissédci* sails douto mio aciioit 
«'orrosive , car déposé sur le têt des Unio ou des autres Mollusques , 
il détermine une sorte de décortication de l'épiderme à l'endroit où il a 
été déposé. 



— ^,-,i,^>§g<-^.4- 



UTILITÉ DES MOLLUSQIES. 51 



UTILITÉ DES MOLLUSQUES. 



L'utilité des Mollusques qui nous occupent est fort con- 
testable sans doute ; cependant vers les époques antérieures 
à la nôtre, une foule de ces animaux alimentaient certai- 
nes industries aujourd'hui dédaignées*. 

Les Hélices de forte taille étaient l'objet de grands soins 
de la part des Romains qui les destinaient à leur table où 
ils les présentaient comme un mets recherché. De nos jours 
encore, sans grands préparatifs, beaucoup de gens dans 
notre pays en font un régal et une consommation prodi- 
gieuse. 

La durée de la vie chez les Acéphales n'est pas rigou- 
reusement déterminée ; cependant il est probable que la 
plupart des Mulettes et Anodontes vivent plus de quatre à 
cinq ans. 

Les uni valves d'eau douce ne servent point d'aliment ; 
il n'en est pas de môme des bivalves qui , préparées con- 
venablement , comme la Moule marine , peuvent être man- 
gées sans crainte. Nous connaissons une personne qui 
donna pour des Moules , à des ouvriers , des Mulettes du 



* Il n en est pas de même des marines , dont l'utilité est inconstes- 
table; quelques espèces corn! stibles sont fort recherchées pour la table, 
tandis que la plupart servent d'ornement pour une foule d'objets d'art. 



52 UTILITÉ DES MOLLUSQUES. 

Ricu-Mort que ceux-ci ne trouvèrent point différentes au 
goût. On les fit cuire sans la coquille. 

Sur les bords du Drôt ïAnodonta anatina est l'objet 
d'une pêche , et les habitants les font cuire avec des her- 
bes aromatiques. 

La chair des Mollusques, surtout celle des bivalves, 
sert d'appât dans certaines pêches; quelques poissons en 
sont très friands.* 

A une époque peu reculée de la nôtre , du temps du cé- 
lèbre Linné , en Suède on parquait la grande Mulette sinuée 
et on l'exploitait dans l'industrie pour sa nacre et ses 
perles fines. On avait le soin de choquer ou trouer les val- 
ves; et la transudation aidant, il s'y formait des goutte- 
lettes rondes qui , s'échappant du têt , venaient se fixer 
entre les branchies et le manteau d'oii alors il était très 
facile de les ôter. Cette pêche n'a été abandonnée que lors- 
que les perles de Ceylan sont devenues abondantes et ré- 
duites dans leurs prix. 

Toutes les coquilles , sans distinction , étant formées de 
sucs calcaires , peuvent après cuisson servir de chaux pour 
les engrais des prairies et même pour bâtir. 

Enfin les Mollusques étudiés sous les rapports physiolo- 
giques et anatomiques conduisent l'observateur sur la route 
des passages insensibles qui lient tous les êtres de la création. 



* En pharmacie , les Hélices communes servent à faire cette pom- 
made , connue de tout le monde sous le nom de Pommade de Limaçons, 
ctdontl'elTet émoUicnt est certain; quelques docteurs ordonnent égale- 
ment aux personnes affectées do maladies de poitrine, d'avaler des lima- 
çons crus. 



MALADIE DES MOLLUSQUES 53 



MALADIES DES MOLLUSQUES 

ET DE IXDItS COQUILLES. 



^cm 



Les Mollusques sont attaqués par les maladies aussi bieiï 
dans le jeune âge que dans letat adulte. 

Dans le jeune âge , la prompte sécheresse ; l'imprudence 
des individus à se poster dans un endroit trop à découvert, 
occasionne fréquemment leur mort. La voracité de quel- 
ques Lombrics , des Carabes et des Oiseaux , en fait dispa- 
raître souvent un grand nombre. Mais la maladie la plus 
fréquente , chez les Céphalés aquatiques , c'est l'invasion 
du Nais vermicularis , espèce ô'Annélide parasite qui se 
fixe au collier , au manteau et jusque sur le mufle des in- 
dividus. Il est rare que ces Nais, en se perpétuant, ne 
finissent par faire périr l'animal qu'ils ont envahi, surtout 
au moment de la ponte. 

Une gelée trop vive, une chaleur subite et continue font 
également beaucoup de mal à tous les Mollusques dont le 
mucus, trop facilement absorbé par les agents extérieurs, 
se dessèche et les racornit. 

Quelques insectes les attaquent et s'insinuent dans leur 
coquille pour y pondre leurs œufs. Une fois que l'éclosion 
des petits a Ueu, ils ne tardent pas à dévorer les 
parties essentielles de l'animal : de là la présence de ces 



54 ET DE LEURS COQUILLES. 

vers, de ces larves et même de ces insectes parfaits qui 
paraissent les véritables propriétaires des coquilles. 

Le têt est aussi sujet à des dépérissements soit par l'ac- 
tion des chocs, de la lumière , des eaux, ou par le parasi- 
tisme des insectes et Annélides. Ceux qui en sont le plus 
attaqués sont les Mollusques aquatiques tant Céphalés 
qu'Acéphales : les Limnées, Planorbes, Anodontes, Palu- 
dines , Valvées , Mulettes , &.* 

Lorsqu'une coquille reste , privée de l'animal qu'elle con- 
tenait , exposée à l'action de l'air ou de la lumière , elle ne 
tarde pas à se décomposer. Les couleurs perdent tout 
leur éclat, leur émail; le derme s'exfolie et le têt conserve 
pendant peu de temps une apparence crayeuse assez uni- 
forme, mais qui finit bientôt par devenir grisâtre; il se 
désagrège alors facilement ; les parties calcaires superpo- 
sées se décomposent par lames minces , et les pluies arri- 
vant là-dessus , emportent vers les cours d'eau toutes les 
molécules et achèvent ainsi leur destruction. 

Les coquilles enfouies sous terre , soit par des éboule- 
ments de terrains ou par l'agglomération d'autres indivi- 
dus, conservent assez longtemps leur émail et leur colora- 
tion , surtout si le sol est arénacé. 

Nous trouvons dans nos terrains d'alluvion des coquilles 
de VHelix pomatia avec l'apparence fraîche des individus 
pris vivants et malgré qu'ils soient subfossiles et enfouis 
depuis des temps fort reculés. 



* Voir les articles : Lim. Xoulcti; Uvio sinualus. 



TROISIÈME PARTIE. 

DEUXIÈME GRANDE DIVISION DU RÈGNE ANIMAL. 

TROISIÈME (ILASSE. 

GASTÉROPODES, (cuvier ) 
GASTÉROPODES ET TRACHÉLIPODES. 

(LAMARCK.) 

»-.>-.->g5<-^— < 

Première Famille : 

LES LIMACINÉS, (de Blainvtlle.) 

Syn.— Limaciens , Lamarck; les Limaces, de Férussac; Pulmonés,CMV.; 
Pulmonés inoperculés, de Férussac. 

CARACTÈRES. 

Animal allongé, demi-cylindrique, droit, sans tortillon; 
manteau presque toujours muni d'une cuirasse charnue , 
partielle ou générale, débordant quelquefois; tentacules 
au nombre de quatre ou de deux seulement , mais alors 
accompagnés d'une paire d'appendices labiaux ; les yeux 
placés à l'extrémité des supérieurs ; cavité pulmonaire di- 
versement située , mais toujours sous la cuirasse ou sous un 
têt protecteur ; orifice de l'anus variable dans sa position ; 
organes de la génération réunis dans une même cavité ou- 



5G 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS, 



verte derrière le tentacule droit , ou sous l'orifice pulmo- 
naire, quelquefois séparés ou distants. 

Coquille : plus ou moins rudimentaire , ou nulle; interne 
ou externe; quelquefois remplacée par de petites concré- 
tions calcaires. 

Terrestres, nocturnes ou crépusculaires , craignant beau- 
coup la chaleur, habitant les lieux les plus humides. Car- 
nassiers ou herbivores , se nourrissant indifféremment de 
matières fraîches ou décomposées. 

Hivernent dans la terre , sous les pierres ou dans les 
vieux troncs d'arbres. 

Les Limacinés pondent de mai à octobre , mettent de 
trente à quarante jours à éclore; leur accroissement est très- 
rapide ; ils sont presque toujours adultes au bout de deux 
mois. Les œufs diffèrent selon les genres et les espèces, 
mais conservent presque toujours la forme ovalaire. 

GENRE PREMIER. 

Limace , Limax (Lamarck. ) et Arion ( Férussac.) 

Gascon : Limacos, Limais fols, Lochos. 

Premier ISous-Cïenre. 

ARIOM (Férussac.) 

Orifice pulmonaire placé en avant du manteau ; cuirasse 
chagrinée contenant de petites concrétions calcaires; un 
pore muqueux terminal; mâchoire pareille à celle des 
Hélices proprement dites.* 

* D'après M. Moquin-Tandon : Mémoire sur les mâchoires des Héli- 
CCS de France , division en Hélices proprement dites et en Zonites. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 57 

ESPÈCES : 
i° A. des Charlatans. — A. Empyrîcomm. (Fér.)* 

Syn -.Limace rouge; — Limax rufus; — Linné; Drap. 
Gascon : Limat-Fol. 

Animal : le plus épais du genre , rugueux et fortement 
sillonné sur le dos; manteau presque uni, légèrement 
chagriné; cavité respiratoire sur le côté droit. Une crypte 
muqueuse placée à la partie terminale du pied. Point 
de coquille , quelques grains calcaires sous la cuirasse. 

La couleur du dessus est d'un rouge plus ou moins foncé, 
tirant sur l'orange ou sur le brun; tentacules noirâtres; 
les supérieurs fortement oculés au sommet , les inférieurs 
courts et obtus; dessous du pied gris-verdâtre ; mucus 
jaune très abondant. 

Longueur du mufle, au pore muqueux , 1 20-1 45 milli"". 
Hauteur à la cuirasse , 30-40 milli"*. 

Habite les endroits ombragés , humides , sous les feuil- 
les, les pierres, dans le creux des arbres et des murs, 
très commun partout. Ses œufs , au nombre de 80 à 1 00 , 
sont opalins les premiers jours et deviennent opaques vers 
la fin de l'incubation. 



* Cet Arion , calciné par les empiriques , servait autrefois en méde- 
cine et en sorcellerie. Quelques médecins le prescrivaient pour les affec- 
tions de poitrine et en faisaient un bouillon. Aux environs d'Agenon 
l'emploie contre les loupes charnues : on l'applique vivant sur la partie 
malade, et le mucus,' en se séchant fait, dit-on, disparaître la gros- 
seur. 



58 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

2» A. Brunâtre. — A. Subfuscus. (Fér.) 

Syn. — Limax Subfuscus. (Drap.) 

Animal : très allongé , moins épais et moins grand que le 
précédent, de couleur très variable, brunâtre, verdAtre 
et même roussâtre ; fortement sillonné sur le dos qui se 
termine par un pore muqueux ; cuirasse chagrinée, s'allon- 
geant sur le cou ; orifice placé aux deux tiers en avant ; 
tentacules presque noirs , brillants ; les supérieurs étran- 
glés au milieu, fortement oculés au sommet; les inférieurs 
courts et gros. Tête , cou et plan locomoteur rayés de noir 
ou de vert. Dessous du pied grisâtre, bordé de jaune ; par- 
tie médiane gris enfumé. Ses œiifs sont opalins , très 
ronds , agglomérés par un mucus incolore. 

Longueur 1 00-1 40 milli"". — Hauteur , 25 milli"". 

Habite les jettins, les bords de la Garonne, contre les 
saules , au pied , sous l'herbe ; commun . 

3" A. Noirâtre. — A. Ater. (Fér.) 

Syn. — Limax ater. (Drap.) 

Cet Arion ressemble beaucoup aux précédents , quoique 
un peu moins grand que le premier ; il est presque aussi 
épais. Son corps est ridé de la même manière. Les tenta- 
cules supérieurs sont très fortement oculés et les inférieurs 
très courts et gros. Le dessus du corps et de la cuirasse 
sont d'un brun presque noir ; le dessous du pied est vert- 
noir. Les concrétions calcaires sont fort peu nombreuses. 

Longueur, 105-140 milli'". — Hauteur, 27-38 milli"'. 

Habite avec les piécédents ; assez commun. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 59 

Ces trois Arions peuvent , à la rigueur , se rapporter au 
type. 



Deuxième Sous-Genre. 
lilMACE. — LiIMAX. [Lamarcli.) 

Animal : oblong , plus ou moins allongé , demi-cylindri- 
que , muni d'une cuirasse à la partie antérieure ; tête assez 
distincte , rétractile sous la cuirasse ; portant deux paires 
de tentacules également rétractiles. Cavité pulmonaire si- 
tuée sous la cuirasse et s'ouvrant sous son bord droit. 
Point de pore muqueux terminal. 

Coquille : Un têt rudimentaire interne , placé dans l'é- 
paisseur de la cuirasse. — Limacelle de Brard. 

ESPÈCES : 

1° L. Jayet. — L. Gagates. (Drap.) 

Animal allongé , caréné postérieurement ; cuirasse dou- 
ble formant un angle obtus vers l'orifice respiratoire qui 
est très en arrière ; tentacules supérieurs longs et renflés à 
la base ; les inférieurs courts ; couleur d'un noir luisant sur 
le dos et la cuirasse ; finement chagriné , ridé en long et 
en travers sur tout le corps ; insertion du plan locomoteur 
d'un noir-verdâtre; dessous du pied de même couleur. Par- 
tie postérieure très acuminée ; mucus blanchâtre ou légè- 
rement doré , épais , pouvant retenir l'animal par la partie 
postérieure lorsqu'il veut franchir dans le vide d'un endroit 
à l'autre. 



()0 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

Longueur, 15 à 20 millimètres. 

Limacelle oblongue, concave sous la cuirasse. 

liluiaccllc concave. (Brard.) 

Habite les sentiers , les jardins , les fossés de la plaine ; 
n'est pas très commune. 

2° L. Cendrée. — L. Cinereus. {MiiIl.J 

Syn. — Lim. antiquorum, Fér.; — Lim. maximus, Linn. 

Animal : très allongé , caréné postérieurement ; cendré , 
gris-violet, tacheté irrégulièrement sur la cuirasse , taches 
disposées en bandes interrompues sur le reste du corps. 
Cuirasse ovale, oblongue; tentacules supérieurs déliés, 
noirâtres et fauves ; une ligne noire partant du sommet et 
venant sa perdre sous la cuirasse en suivant les côtés du 
cou. Tête, cou et mufle de couleur cendrée , un peu fauve 
ou violette ; dessous du pied blanc sale. 

Longueur : 1 00 jusqu'à 170 milli"". 

liiinaccllc Bouclier. (Brard.) 

Allongée , à lames tuilées , apophyse apparente. 

Habite : les lieux très humides , sous les feuilles , dans les 
champs , auprès des habitations ; sur les arbres , après la 
pluie , assez commune. 

Cette Limace ressemble , dans son plus grand dévelop- 
pement , à un jeune serpent. 

5° L. Agreste. — L. Agrestis. (Drap.) 
Animal : de couleur variable passant du cendré au jaunà- 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS . 61 

tre; corps et cuirasse tachetés irrégulièrement de noirâtre 
sur un fond roux ; tentacules presque cylindriques mais 
plus forts à leur insertion ; tête , cou et tentacules d'un 
cendré-violet ; dos arrondi antérieurement , caréné posté- 
rieurement ; trou pulmonaire petit et entouré d'un bord 
blanc; mucus blanc très-abondant. 
Longueur : 32-40 milli"'. 

Var : Tiolacca : liini. Sylvaticus. (Drap.) 

liiniaccllc olili«|ue, rliomlioïdalc. (Brard.) 

Habite : les bois, les sentiers humides ; les jardins ; très- 
commune et surtout très-vorace. 

4-^ L. Tachetée. — L. Variegatus. (Drap.) . 

Animal : d'apparence gélatineuse ou peu rugueux; jaune, 
verdâtre marqué de fauve et de noirâtre irrégulièrement ; 
de la cuirasse à la partie postérieure se voit une bande 
jaune; le dessous du pied est blanc sale; l'orifice pulmo- 
naire est placé très en arrière du côté droit de la cuirasse; 
carène postérieure à peine distincte ; mucus jaunâtre très- 
épais et très-abondant. 

Longueur : 1 00-1 20 milli™. 

I^imacellc Unguiculc. (Brard.) 

Cette limacelle est toujours mince, rugueuse dans sa 
partie supérieure et avec son apophyse peu apparente. 

Ses œufs , forts petits, sont gélatineux et opalins après la 
ponte et deviennent de suite d'apparence calcaire. Leur 



62 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

éclosion a lieu vers le 20'' jour , les petits sont adultes après 
trois mois. 

Habite : les caves , les éviers , les fontaines , dans les in- 
terstices des pierres, dans les troncs des vieux arbres; com- 
mune dans le puits-fontaine de M. Massias, dans la rue 
Porte-Neuve. 

5° L. des Jardins. — L. Hortensis. (Blainv.) 

Animal :noir, dos presque cylindrique, fascié longitudi- 
nalement de gris ; bord marginal orangé vif; tentacules 
gris. 

Longueur : 32-35 milli'". 

lilinacclle coiicavc-ovale. (Brard.) 

Habite :les jardins, les vergers ; dévore les plantes et les 
fruits et causede grands ravages ; n'est pas très-commune. 



GENRE DEUXIÈME. 
Testacelle. — Testacella. (Drap.) 

Syn. — Testacellus, Cuvier , Faure-Biguet. — Plectrophoro. Fer. 

Animal : allongé , cylindriforme , acuminé à chaque ex- 
trémité; cuirasse nulle; tête assez distincte, munie de 
quatre tentacules rétractiles dont les postérieurs, qui sont 
les plus longs , portent les yeux ; pied long et peu distinct ; 
cavité pulmonaire située au quart postérieur de la lon- 
gueur, son orifice tout-à-fait en arrière, sous le côté droit 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 63 

du sommet, de la coquille ; celui de l'anus en est très voi- 
sin ; les organes de la respiration réunis et montrant leur 
orifice près et en arrière du grand tentacule droit. 

Coquille : extérieure , solide , auriforme , déprimée , à 
spire plus ou moins saillante , ayant une ouverture très 
grande et ovale ; le bord droit simple et tranchant, le gau- 
che renflé et réfléchi ; elle recouvre la partie postérieure de 
la cavité pulmonaire. 



ESPÈCE UNIQUE. 
Tcstacellc Orinicr. — Testacella Haliotidca. {Drap.) 

Syn. — Testacellus Haliotideus , Faur.-Big. Fer. — testacella 
Europea, Boiss. 

Animal : assez semblable à celui des Limaces; tête diffé- 
rant de la leur , en ce sens qu'au lieu d'être en mufle elle 
est acuminée en avant ; les tentacules sont bruns ou noi- 
râtres, courts; les inférieurs très petits et plus pâles. Le 
cou est d'un brun assez prononcé , se fondant peu à peu 
vers le dos , qui est d'une couleur uniformément rousse , 
plus pâle vers le bord marginal. Le dessus forme une petite 
carène à un centimètre de la base dorsale , à l'endroit où 
se trouve la coquille; celle-ci est insérée fortement et 
laisse même recouvrir ses bords par les replis du corps de 
l'animal. Le pied est assez haut et large; dans sa hauteur 
il est traversé de haut en bas; et d'arrière en avant, par 
de plis obliques qui partent du manteau ; ces plis qui ne 
s'effacent pas pendant le repos , paraissent être produits 



()4 MOLLUS(JUES DE l'aGENAIS. 

par les mouvements de la marche et sont surtout très sen- 
sibles à la vue lorsque l'animal se retourne , tandis que la 
partie opposée qui est alors convexe ne les a pas très ap- 
parents; cependant ces plis existent toujours. Les bords du 
pied sont légèrement frangés et plus pâles ; le dessous est 
d'un blanc laiteux. 

A la partie haute de la coquille , et à la fin de son inser- 
tion , il doit exister une glande salivaire , car le mucus s'en 
échappe abondamment. L'orifice excrémentiel est placé 
sous la partie basse de la coquille , et lorsque l'animal est 
chagriné, il le recouvre presque entièrement. 

La peau est très épaisse , coriace , et ressemble un peu 
aux cartilages des gros poissons. 

Coquille : ressemblant à celle des Haliotides marines, si 
communes dans les collections ; comme elle , auriforme , 
fortement déprimée , rugueuse ; composée de lamelles d'ac- 
croissement, superposées et tuilées. Ouverture ample, en 
cuiller; columelle épaisse , aplatie et calleuse ; bord latéral 
tranchant; spire très courte, de un tour et demi. Couleur 
extérieure de corne brune ; intérieure d'un blanc jaunâtre 
peu brillant. 

Animal : Hauteur de 1 centi"". Longueur 0-8. 

Coquille : Haut, de l'ouverture, 9 milli"'. Larg., 5 milli"'. 

OEuf : Hauteur, 6-9 milli'". Grosseur, 4 milli-". 

Habite : toutes les altitudes , les hauteurs arides comme 
les plaines humides , dans la terre , sous les amas de feuilles 
mortes , sous les pierres ; en un mot, partout où vivent les 
Lombrics terrestres qu'elle poursuit et dont elle fait sa 
nourriture. J'ai eu pris des individus tomb'és dans des sil- 



MOI.Ll SOLI'S l)K LAGKNAlS. 65 

Ions remplis dV'au pluviale et qui , un moment après , ren- 
daient des Lombrics à moitié décomposés.* On la trouve 
également sur les coteaux et dans les plaines , avant le le- 
ver du soleil ; cette espèce étant exclusivement nocturne , 
ne se montre que la nuit, et encore pendant les premiers 
mois du printemps , en mars , avril et mai. Très commune, 
mais assez difficile à trouver**. 

La Testacelle s'accouple habituellement en mars et avril 
et pond quelques jours après une trentaine d'œufs renflés 
au centre et un peu plus acuminés au sommet ; ces œufs 
sont d'un blanc jaunâtre opaque et de formation calcaire. 
Les petits éclosent environ dix à douze jours après la ponte 
et sont adultes vers la fin de l'automne. Les œufs de la, Tes- 
tacelle sont les plus gros de tous ceux de nos Mofiusques 
terrestres. Ce Mollusque sort fort peu , même la nuit , pen- 
dant l'été , se tient sous les feuilles pourries et sous les 
pierres où il poursuit les Lombrics. 



* M. Bouillet [Catalogue des Mollusques terrcst. et fluv. de l'Auver- 
gne) dit qu'en coupant des Lombrics par morceaux et les répandant sur 
les gazons ou les friches où vivent les Testacelles , on est certain, avant 
le jour, d'en trouver beaucoup en les cherchant au flambeau, attirées 
par l'appât qu'on leur a présenté. 

** Le suc gastrique est-il d'une grande puissance ou la digestion est- 
elle au contraire très lente? — J'ai pris des Testacelles qui rendaient, en 
les pressant, un Lombric à moitié pourri, tandis que la partie qui se 
rapprochait le plus de la bouche était encore vivante, 



OG MOLLlJS(.>Li:S l)K J.ACiENAIS. 

GH:NRE IHOISIKME. 

Vitrine. — Vitrina. (Drap.) 

Syn. — Hélicolimace. (Fér.) 

Animal : allongé , demi-cylindrique, ayant un petit tor- 
tillon , un collier charnu cernant le cou et fournissant en 
avant une sorte d'appendice qui s étend sur lui en forme de 
cuirasse , et quelques autres appendices linguiformes ré- 
tractiles, capables de recouvrir presque toute la coquille ; 
tentacules au nombre de quatre, cylindriques et rétractiles; 
les deux supérieurs oculés au sommet ; pied séparé du corps 
par un petit sillon ; orifice de la cavité pulmonaire à droite , 
sur le collier , à la naissance de la cuirasse ; organes de la 
génération réunis et présentant leur orifice près du tentacule 
droit, quelquefois un pore muqueux à la partie i)ostérieure. 

Coquille : dextre très petite, spirale, mince, transparente 
et fragile , croissant rapidement dans le sens horizontal ; 
spire courte , le dernier tour très grand ; ouverture vaste 
avec une columelle solide , spirale , se confondant presque 
toujours avec le tour de fouverture. Ces Mollusques ne con- 
tiennent que difficilement dans leur coquille; leur épi- 
phragme est alors vitreux et très mince. 

ESPÈCES : 

1"V. Transparente. — V. Pellucida. (Drap.) 

Sy». : V. Pellucida, Drap., Goup. , Dup.; A. Gras. Merm., Joba; 
la Transparente, Geoffroy. 

Animal : limaciforme , gros l'elativeinent à la coquille; 



MOLLISOL'ES 1»E LAGEXAIS. (,7 

tentacules courts et épais ; les supérieurs fortement oculés; 
couleur : gris noirâtre, un peu jaune sur le dessus; cou 
épais, sillonné. 

Cette Yitrine pond en juillet, août, septembre et octo- 
bre; ses œufs sont fort petits , transparents et non groupés; 
meurt après la ponte. 

Coquille : Transparente , [)cllucide et très fragile; ouver- 
ture dilatée, plus haute que large, bords tranchants, sim- 
ples et disjoints ; spire de trois tours dont les deux premiers 
très petits , le dernier faisant à lui seul le volume de la co- 
quille; suture peu marquée. 

Couleur verdâtre, brillante quand la coquille est vidée; 
jaunâtre luisant quand l'animal l'habile. 

Hauteur: 3-5 milli'". — Diamètre, 4-7 mil li*". 

Habite : dans les bois montueux , pierreux et humides, le 
long des chemins escarpés, à Beauville, S'-Maurin, Tour- 
non, dans le chemin de Bourlens ; à Thézac; dans les Lan- 
des, sous les vieilles haies reposant sur un sol calcaire ; très 
commune à S'-Julien deFargues, chez M. de Trenquelléon. 

2« V. Allongée. — V. Elongata. (Drap.) 

Syn. — V. Elongata. {Drap.) 

Animal : à peu près semblable au précédent, un peu 
plus effilé et grisâtre. 

Cette Vitrine pond en octobre , novembre et décembre , 
ne craint pas les froids, pendant lesquels elle se réfugie 
dans les troncs des vieux chênes , sous les amas de feuilles 
mouillées. 

Coquille : ditlerant de la Transparente par sa plus grande 



68 MOLLI SOIKS DE LAGEXAIS. 

dépression , par la brièveté de la spire qui n'offre presque 
pas de renflement, dans l'ouverture qui est beaucoup plus 
large que haute, très dilatée à droite, et plus oblique. Sa 
couleur est d'un blanc vitreux brillant. 

Hauteur : 2-3 milli"'. Diamètre, 3-5 milli™. 

Habite : les bois humides et montueux, au levant ou au 
nord, rare partout; à Dorville , chez M""" Ducos; à Vérone, 
à Lécussan , Beauregard , &. 



GENRE QUATRIÈME. 
Ambrette. — Succinea. [Drap.) 

Syn. — Succinea. Draparnaud; — Amphibulina. Lamarck; — Hel. 
Cochlohydra, Férussac. 

Animal : Gastéropode pulmobranche , ovale , allongé , 
paucispiré , portant sur la tête deux paires de tentacules ; 
les supérieurs oculés au sommet, les inférieurs très courts. 
Pied large à bords minces ; organes de la génération réu- 
nis; leur orifice en arrière du tentacule inférieur droit. 

Coquille : dextre , ovale, oblongue, très-mince, transpa- 
rente, ouverture am])le , entière, sans dents ni plis, bord 
latéral non réfléchi , tranchant et fragile ; columelle lisse , 
évasée; un épiphragme papyracé. 

L'animal contient difficilement dans sa coquille, ne s'y 
renferme entièrement que pour hiverner. Il habite les en- 
droits humides , le long des fleuves, des luisseaux, des 
fontaines d'eau vive , sur les plantes qui les bordent et des- 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 



69 



quelles il se nouri-it. Ce Mollusque traverse les petits ruis- 
seaux eu rampaut à la manière des Limnées, le ventre à la 
surface de l'eau , le dos renversé, mais il ne peut y vivre 
comme elles, étant essentiellement terrestre. 

Se cache en hiver dans les creux des saules , sous les 
feuilles mortes ou sous les pierres , et ferme son ouverture 
avec un épiphragme mince miroitant. 

ESPÈCES : 
V A. Amphibie. — S. Putris. (Blainv.) 

Syn. — Hélix putris, Linn.; — Hélix succinca, Mull,; — Cochlohydra 
putris, Fér.; — Suce, araphibia, Drap., de Roiss., des Motd , Grat., 
A.Gras,Noul., Bouch., Maud., Buvignier, Mcrmet , etc.— L'Ambrée, 
Geoffroy. 

Animal : limaciforme, gros éjtais, gris noirâtre , marqué 
de linéoles d'un gris enfumé ; tentacules gros et obtus , noi- 
râtres, les inférieurs très courts; pied large acuminé à la 
partie postérieure; gris pâle. 

Pond en mai, juin et juillet , sur les plantes, les bois 
flottés ou en terre. Ses œufs au nombre de cinquante et 
(juelquefois plus, sont hyalins, agglomérés par un mucus jau- 
nâtre. Leur éclosion arrive vers le dix ou le douzième jour ; 
les petits sont adultes à la fin de la première année , ou au 
commencement de la seconde. 

Coquille : ovale , oblongue, striée très-finement, fragile; 
ouverture ample , ovale , entière , faisant à elle seule les 
deux tiers de la coquille; bords simples et tranchants, le 
latéral surtout, la columelle un peu calleuse ; spire de trois 



yO MOLLUSOUES DE LAGENAIS. 

tours presque droits , peu tordus (^t ol)tus; point d'ombilic; 
couleui' jaune-verdAtre , pellucide, transparente. 

Hauteur : 15-25 milli™. — Diamètre : 12-13. 

Habite : les ruisseaux des Landes, sur les feuilles des Né- 
nuphars et des autres plantes aquatiques , commune aux 
environ de Sos, d'oii M. Gapgrand me Ta ei voyée. 

2* A. de Pfeifer. — S. Pfeiferi. (Rossm.J 

Syu. — S. Pfeifer, Rossmassler; — Icon. f. 46. — S. amphibia, var. Drap.. 

Animal : i^lutineux, épais, noirâtre, plus foncé que le 
précédent, chagriné; tentacules gros, surtout les infé- 
riem's; les supérieurs étranglés au centre, forts à lia base, 
oeulés au sommet; pied large grisAtre. 

Pond à la même époque que le précédent et dans les mô- 
mes conditions. 

(Coquille : ovale , oblongue , opaque relativement à la S. 
Putris, plus fortement striée qu'elle; quatre tours de spire 
dont le dernier fait [)resque à lui seul le volume de la co- 
quille; cette si)irc est tordue obliquement; suture assez 
forte; ouverture ample, ovale; columelk; sinq)ie, un peu 
calleuse et s'arrondissant gracieusement, bord latéral tran- 
chant , mais {quelquefois avec une arête marginale plus 
pale ; couleur très-belle d'ambre. 

Vah. a. — Major. 

Hauteur : %] milli"\ — Diam. 1 4 milli'". 

Vah. B. — MixoK. 

Habile : la var. A, le long de la Garoinic [)armi les sau- 



MOLLUSyiES 1»K LAGENAIS. 7t 

les , où elle alteinl une forte taille; la var. B , dans les ruis- 
seaux, sur les herbes et les plantes a(|uatiques, très-commu- 
nes toutes deux, faciles à trouver lorsqu'il vient de pleuvoir. 

5° A. Oblongue. —S. Oblonga. (Drap.) 

Syn. — S. Oblonga, Drap., Grat.. de Roiss., Lam., Goup,, A. Gras; — 
Cochlotiydra elongata, Fer. 

Animal : grisâtre , tentacules plus déliés que dans les 
précédents. 

Coquille : oblongue , ovale , légèrement turbinée, un peu 
ventrue , finement striée, dans le sens des accroissements; 
ouverture ovale, oblique; columelle simple, un peu calleuse 
à sa partie supérieure, bord latéral simple et tranchant, 
spire de 3-4- tours allongés, séparés par une suture assez 
profonde ; couleur grisâtre , d'ambre pâle ou roussâtre , têt 
mince opaque. 

Vau. a. — Elongata. 

Var. B. — Curta. — S. Arenaiia ? Bouch. 

Hauteur : 6-1 1 milli'".— Diam. 5 milli"\ 

Habite : les ruisseaux marécageux , à Sérignac, où elle 
est rare ; les alluvions de la Garonne , lare. 

(J'ai trouvé qucl(]uef()isdans les alluvions df la (iarounc des individus 
appartenant, peut-être, à la S. Arenaria, de M. Bnuchard-Chantc- 
rcaux , mais n'ayant pas vu l'animal et craignant cpi'ils ne fussent que 
de jeunes S. Elongata , je ne les ai indiqués que comme variétés. ) 



iX MOLLUSCILES DE LAGliXAIS. 

GENRE CÏXQUIÈME. 

Hélice. — Hélix (Mail.) et GarocoUa (Lamk.) 

Animal : de forme peu variable, demi-cylindrique, muni 
d'un torlillon très-grand; collier charnu, fermant exacte- 
ment la coquille, et portant quelques appendices courts; 
tète assez distincte ; bouche fendue en long , ]}ourvue de 
chaque côté d'un lobe charnu , et en dehors d'une masse 
linguale et d'une pièce supérieure , dentée et propre à la 
mastication ; quatre tentacules rétractiles, renflés en bou- 
ton à leur sommet, les supérieurs étant les plus longs et 
oculés ; pied grand et oblong , allongé ; orifice de la cavité 
pulmonaire à droite , sur le colher ; anus tout à côté et un 
peu plus à droite ; organes de la génération réunis et ayant 
leur orifice près du tentacule droit postérieur. 

Coquille* : très-varial)le dans sa forme et dans ses cou- 
leurs, orbiculaire, globuleuse, conique ou carénée, quel- 
quefois planorbique et discoïde, à sommet arrondi en ma- 
melon ; ouverture entière , arrondie , comprimée ou semi- 
lunaire; péristome discontinu, échancré par l'avant-dernier 
tour , rarement continu , quelquefois denté. 

Les Hélices habitent indilféremment tous les endroits 
cultivés et arides, il en est même qui supportent les plus for- 
tes chaleurs ; elles préfèrent généralement les endroits om- 
bra 2;és et humides. 



* Dextre, rarement sénestre , n'affoctaut cette forme que par un phé- 
nomène de monstruosité. 11 n'en est pas de même des espèces exotiques 
dont plusieurs sont constamment sénestres. — Exem. H. Senegalensis, 
C'/u' »!»?(:, etc. 



MOLLUSQUES I»E LAGENAIS. 73 

ESPÈCES : 

I. A. COftllLLE CONIQIL 

A. Ombiliquée. 
1° H. Elégante H. Elegans. [GmeLj 

Syn. — H.Elegans^GmeL, Drap , Coll.-des-Cher., des Moul., Grat., 
Mich., Payr., Desh., NouL, Merm.; Carocolla Elegans, Lam. 

Animal : pâle , transparent , de couleur jaunâtre avec 
quelques lignes bleuâtres sur le dos. 

Pond en juillet 50 à 60 petits œufs dans des trous, sous 
l'herbe ; les petits éclosent 20 jours après et sont adultes au 
milieu de la deuxième année. 

Coquille : conique, carénée, plane à sa base; ouverture 
déprimée formant un angle aigu avec la carène ; bourrelet 
intérieur peu apparent , ombilic peu ouvert mais profond ; 
fasciée de taches brunâtres ou vineuses sur un fond gris; 
quelquefois maculée de petits points violets irrégulièrement 
disposés; stries très-fortes crénelées sur la suture qui se 
trouve recouverte par le tour qui la suit ; sommet cons- 
tamment brun et luisant ; spire composée de six à sept tours 
carénés. 

Var. a. — Fasciata. 

VaR. B. PiCTURATA. 

Var. C. — Unicolor. 

Hauteur : 6-9 milli"". — Diam. 7-11 milli'". 



* J'ai pris pour rri^lo 1rs snlidivisions de Mirhaud , complément à 
Draparnand. 



/ 1 AIOLLUSOIES UE I, AGENAIS. 

Habite : sur les rocliers arides exposés au Sud , dans les 
sainfoins secs, les friches , lesvi£;nes, etc. Très-commune 
aux environs d'Agen , au Fangot, près le Bédat , sur les pla- 
teaux de Montbran, du Grezel, au Pont-du-Gasse , etc. 

D. Perforée. 
2" H. Rugosiuscule. — H. Rugosiuscula. (Mie h,) 

Syn. — H. Rugosiuscula, if/ic/i., Co7npt., Drap.; pag. 14, pi. xv , fig. 12. 

Animal : grisâtre, tentacules assez déliés et renflés au 
sommet, noirs ou seulement noirâtres. 

Pond en juin et juillet de petits œufs ronds sous les her- 
bes ; les petits sont adultes à la fin de la 2" année. 

Coquille : conique, ressemblant un peu aux Trochus ; 
perforée, fortement striée longitudinalement ; ouvertui-e 
presque ronde, un peu déprimée au bord columellaire , 
bourrel(>t blanc foiinant un pli presqu'invisible à la partie 
intérieure du bord inférieur ; cinq tours de spire convexes 
et comme cordelés ; sommet brun , luisant et mamelonné , 
suture profonde. 

Var. a. — Fasciée, entourée d'une à deux bandes 
brunes. 

Var. B. — Grise, carène parcourue })ar une fascie in- 
terrompue. 

Var. C. — Vineuse unicolore. 

Hauteur : 3-4 milli"'. — Diam. 7-8 miUi"'. 

Habite : toutes les prairies du département où elle es! 
extrêmement commune; monte sur les tiges de l'herbe d'oîi 
il est facile de les enlcNer en })assant le filet. La vaiiété vi- 



MOLLUSQUES UE LAGENAIS. /5 

neuse, plus rare, se trouve sur les hauteurs de Tliibet , sur 
les roches arides. 

C. Imperforée. 

5° H. Fauve. — H. Fulva. (Muller.) 

Syn. — H. Fulva, Muller , Drap., Coll.-des-Cher., G rat., des Moul , 
Mich., Goup., Dup., A. Gras. 

Animal : noir, ou noir bleuâtre , grêle , pied assez allongé 
et aigu postérieurement, tentacules noirs, les supérieurs 
déliés et oculés au sommet, les inférieurs très-courts. 

Pond en avril et mai vingt à trente œufs, sous les feuil- 
les, dans les vieux troncs d'arbres , sous l'herbe : ces œufs 
sont gélatineux et éclosent dans la V quinzaine. 

Coquille : conico-globuleuse , cornée, luisante, stries 
très-fines et peu visibles à l'œil nu , sommet obtus ; ouver- 
ture plus large que haute , très-déprimée ; péristomc sim- 
ple et tranchant , cinq tours de spire s'enroulant et s élar- 
gissant progressivement jusqu'à l'ouverture; couleur fauve 
brillante. 

Hauteur : 2 1|2 milU'". — Diam. 2 milli"'. 

Habite : sous les mousses, les herbes très-humides, au 
pied des vieux arbres , le long des rivières , ne s'élève pas 
sur les plantes ; assez répandue dans les plantations de sau- 
les de la Garonne; dans la garenne de Saint-Amans. 



isxm 



76 MOLLLSCJIKS UK LAUKXAIS. 

II. B. (OQIILLE (;I.0BILEISE. 

A. Oinbiliquée. 
4° H. des Rochers. — H. Rupestris. (Drap.) 

Syn. — H. Rupestris, Drap., Mich., Fer.. Desh., Turt., Bouill.,Goup., 

A. Gras. 

Animal : très-])etit, prescjuo noir; tontncules inférieurs 
à })eine visibles. 

Pond en mai une trentaine d'œufs opalins, jaunâtres,, 
tiès petits et ronds , qu'il dépose sous les esquilles pier- 
reuses des rochers et des vieux murs. 

('oquille : globuleuse, conique en dessus, un peu dé- 
primée en dessous; ouverture ronde, péristome simple, à 
bords tranchants , sans bourrelet intérieur ; stries fines et 
serrées; suture profonde, sommet obtus; ombilic peu ap- 
parent ; quatre à cincj tours de spire convexes. Couleur 
brun-obscui'. 

Hauteur : 2 milli"'. Diamètre : 2 milli'". 

Habite: les rochers, sous les fragments calcaires et dans 
les fissures; à Saint-Vincent, Bellevue, Charpau , Tour- 
non , Thézac, Péricard ,&.,&.; sur les murs des anciennes 
fortifications, à Agen ; assez commune. 

(J'ai trouvr, (>n août 1843, sous dos fVaiiiuouts de pierre sèche, aux 
murs de ronde de la rue Laeépède , un individu dont le périslome , au 
lieu de continuer 1<' dernier tour de spire , s'élevait en canal libre au- 
dessous et formait \nie sorte de trompe déviée. 



AIOLLlSyUES DE LAGENAIS, 77 

B. Perforée. 
50H. dePise. — H. Pisana. (Muller.) 

Syn.— H. Pisana, Mull., Noul.;— II. Rhodostoma , Draj).. Mich.,Grat., 
des MouL, Desh., Dup., Merm. 

Animal : grisâtre ; tentacules maculés de noir ; s'accou- 
ple en juin et juillet, pond huit jours après et à trois repri- 
ses diCFérentes une soixantaine d'œufs ronds, gélatineux, 
luisants et de couleur blanc-verdâtre ; légèrement recou- 
verts d'un mucus ténu et miroitant ; les petits sortent de 
terre environ vingt jours après, et n'atteignent leur état 
parfait que vers la fin de l'année suivante. — Edule. 

Coquille : globuleuse , perforée , striée , luisante , grisâ- 
tre; fasciée de noir et de brun. Ces fascies forment des 
bandes qui s'enroulent"autour de la coquille ; elles sont sou- 
vent interrompues par des taches plus foncées; mais il 
existe toujours sur le dernier tour un faisceau de petites 
lignes presque noires, plus ou moins apparentes, au nom- 
bre de six ; les autres bandes sont placées au côté opposé à 
ces lignes. Ouverture assez arrondie, aussi large que 
haute; péristome marginé intérieurement et teint d'une 
fort belle couleur de carmin; simple, tranchant; coluraelle 
dilatée et calleuse , recouvrant presque la fente ombilicale. 
Spire de cinq tours légèrement carénés; suture jieu pro- 
fonde. 

Var. a. — Unicolore, complètement alhine , sans 
fascies. 

Cette coquille ne varie que pour la couleui-; sa forme 



78 Moi.i.rsui Ks i)K la(;e>ais. 

est constante; la variété.! a ordinairement le péristonie 
(l'un rose })lus vif que le type'. 

Hauteur : 14-19 milli"". Diamètre : 20-28 milli-". 

Habite : partout, dans les haies, au bord des chemins, 
sur les coteaux des environs d'Agen , dans les sainfoins du 
Canal; très commune. 
(Je ne l'ai point trouvée dans les Landes, ni dans le Haut-Agenais.) 

6" H. Variable. — H. Variabilis. (Drap.) 

Syn. — H. Variabilis, Drap., des MouL, Grat., Coll.-des-Cher., Mich., 
Desh., Mermet, etc.; — H. Subalbida, Poir et ;Vrodr. p. 83, n"18; — 
11. Virgata , Turton ; Man. p. 40, n" 31, pi. 4, fig. 31 ; — H. Submari- 
tima, Bossw. Icon. 

Animal : noir piile , violacé près du manteau , tentacules 
supérieurs plus foncés, très longs, point oculaire très noir 
et brillant . 

Pond en sei)tembre et octobre et à plusieurs reprises 
dans la terre qu'il creuse avec le mufle , soixante à qua- 
tre-vingt œufs ronds , blancs , opaques , qui éclosent après 
vingt jours ; ils atteignent leur accroissement complet à la 
tin de l'année suivante. C'est une des espèces qui pullulent 
le plus. 

Coquille : variant beaucoup pour la forme et la couleur; 
généralement globuleuse , un peu conique et quelquefois 



* Les fascies ne disparaissent point avec l'àgc, comme l'avancent 
plusieurs auteurs. J'ai eu des individus vieux avec des couleurs trrs vi- 
ves et des jeunes qui n'en avaient point. Quant à la variété tinicolorc . 
jeune ou vieille, sa couleur est constante 



MOLLUSQUES DE LA GENAIS, 79 

(liscoïdo, raremoiit scalaire; conique dans quelques loca- 
lités. Ouverture arrondie, péristome obscur , brun, mar- 
i'iné intérieurement de rougeAtre un peu vineux qui s'étend 
à l'extérieur ; bourrelet quelquefois double , épais et blanc, 
mais toujours interne; ombilic assez ouvert ; six tours de spire 
convexes ; suture marquée , sommet brun , lisse et luisant. 

Var. a. Type. — Entourée de bandes brunes ou fau- 
ves , dont la supérieure est continue , tandis que les au- 
tres sont interrompues. 

Var. B. — Plus discoïde que le type. 

Var. C. — Discoïde et grisâtre. 

Var. D. — Conique, blanche, à péristome très épais. 

Var. E. — Très conique, fasciéo comme le type. 

Var. F. — Très conique', fauve ou gris-jaunùtre , 
avec une bande marginale sur la carène du dernier tour. 
Cette bande est plus pâle que le fond et toujours inter- 
re mipue. 

Var. g. — Déprimée, à fascies inégales et souvent 
fondues , couleur gris-verdâtre ; péristome vineux. 

Var. h. — De forme variable, mais généralement 
moindre; fascies interrompues, brunes ou noires et très 
agréablement disposées. 

Var. /. — ScALARis. 

Var. J. — Maxima. 

(J'indique seulement les variétés bien différentes ; mais soit pour la 
forme, la taille et la couleur, cetteespèceest excessivement polymorphe. 
J'ai vainement voulu séparer les variétés les unes des autres; mais les pas- 
sages étaient si pt^i sensibles que j'ai dû abandonner ce travail. J'engage 
beaucoup les amateurs à collectionner ces innombrables variétés, afin 
d'en enivre toutes les graduations depuis le blanc pur jusqu'aux noires.) 



80 MOI.I.ISQLES DE LAGE.NAIS. 

Hauteur : 8-21 railli™. Diamètre : 10-2o inilli'". 

Habite : les champs, les gazons, les prairies, les haies, 
ne craint point la chaleur ; très comnume. 

La Var. F , à Saint-Julien de Fargues , sur un banc de 
calcaire, lacustre du S"'"" dépôt. — La Var. H , sur les ro- 
chers et les gazons du plateau de Montbran. — La Var. /, 
sur les coteaux du Bédat. (Com. M. Debeaux, fils. ) 

7° H. Strigelle. — H. Strîgella. (Drap.) 

Syn. — H. Strigella, Drap., Bouill., Mermet, Rossm., Mich., Fér., 

Desh., etc. 

Animal : gris , tentacules plus foncés , corps marqué de 
lignes noires : 

Coquille : globuleuse, stries longitudinales très fortes; 
ouverture arrondie , semi-lunaire ; péristome évasé , légè- 
rement réfléchi ; coliimelle et bourrelet blancs intérieure- 
ment , cornés en dessus ; ombilic assez large et profond ; 
couleur brunAtre ; une bande transparente sur la carène 
de lavant-dernier tour ; suture peu profonde ; sommet 
obtus. 

Hauteur : 7-8 milli"\ Diamètre : 12-15 milli'". 

Habite : les bois humides au nord ; à Beauregard , Lé- 
cussan ; très rare; subfossile dans les terrains d'alhivion 
de la Garonne; rare. 

8° H. Hérissée. — H. Aculeata. (MiiUor.) 

Syn. — H. Aculeata, Muller ,J)rap., Mi//., Dup., Joba; — H.Spinulosa. 
Ttirton; Man. p. 43. n" :J3, pi. 4, fig.33. 

Animal : blanchâtre, tête et tentacules noirs. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 81 

Coquille : globuleuse , conique , fauve ou brunâtre , 
mince et transparente ; ouverture arrondie , péristome 
blanchâtre, simple et évasé du côté de l'ombilic; spire 
composée de quatre tours très convexes , garnis de lames 
longitudinales saillantes, terminées dans leur milieu par 
une pointe un peu recourbée ; sommet obtus ; suture pro- 
fonde , ombilic assez ouvert. 

Cette coquille, extrêmement petite, est une des plus 
gracieuses du genre. 

Hauteur : 2-2 et demimilli"*. Diamètre : 2-3 milli"". 

Habite : sous les feuilles, les pierres et dans le tronc 
des arbres des bois montueux ; à Tournon , Beauville , 
Cambes, Lécussan, Layrac, &. ; très rare; les alluvions 
de la Seoune, du Gers et de la Garonne; très rare. 

B. Imperforée. 

9" H. Chagrinée. — H. Aspersa. (Muller.) 

Syn. — H. Aspersa, Muller , Drap., Mich., Bouil., Brard., Grat., des 
Moul , Mill., Dup., NouL, Merm., Puton, Joba, etc. — Le Jardinier, 
Geoffroy. 

Nom patois : Limât , à Agen ; Limac , sur la rive gauche de la Garonne 
LiMAou , à l'Est ; BoRT-HouEYT (bord fait), dans le Néracais. 

Animal : rugueux, fortement chagriné, vert-brunâtre 
en dessus , jaunâtre en dessous ; tentacules supérieurs 
longs, fortement oculés au sommet, les inférieurs courts. 

S'accouple en juin, juillet et août, pond cinq à huit 
jours après une cinquantaine d'œufs ronds dans un trou et 
autant et plus dans un autre; ses œufs sont ovales, d'un 

6 



82 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

blanc-verdâtre , agglomérés par un mucus incolore et 
gluant. Les petits éclosent vers le vingtième jour; ils n'ont 
atteint leur accroissement qu'au milieu de la seconde 
année. Lorsque ces jeunes Mollusques n'ont encore que 
deux tours à leur coquille , elle paraît toujours d'un gris 
roussâtre miroitant, à travers laquelle paraît le système 
ganglionnaire ; les fascies ne commencent qu'à partir du 
troisième tour. — Edule. 

Coquille : globuleuse , conique ou comprimée ; stries 
très apparentes et chagrinées ; épiderme d'un jaune foncé ; 
cercle, de trois à quatre bandes brunes ou presque noires , 
interrompues et marquées de flammules d'un jaune doré ; 
les deux bandes inférieures plongent dans l'intérieur ; ou- 
verture grande , ovale ; péristome blanc , épais et réfléchi , 
quelquefois bleuâtre; intérieur d'un blanc de lait tirant 
un peu sur l'azuré ; ombiUc recouvert par la columelle 
qui est épaisse et calleuse; quatre à cinq tours de spire 
convexes; le dernier très grand proportionnellement; su- 
ture peu marquée; sommet lisse et mamelonné. 

Var. a. — Fasciata. 

Var. B. — Brunea, sans fascies. 

Var. C. — LuTEOLA , unicolore, pellucide. 

Var. D. — CoNicA. 

Var. E. — Depressa. 

Var. F. — Subscalaris. 

Var. g. — ScALARis. 

Habitent : partout ; les jardins , les bois , les champs , 
auprès des habitations rurales, sous les pierres. Hiverne 
sous la terre , dans les trous des murs , des rochers ; se 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 83 

collent les uns sur les autres et forment ainsi des groupes 
nombreux; leur épiphragme est papyracé, brunâtre et 
assez épais , laissant un point plus pâle vers le bord gau- 
che ; dans les hivers rigoureux , l'animal se construit jus- 
qu'à trois épiphragmes intérieurs à diverses distances. 

(Cette espèce est préférée dans l'Agenais à VHelix nemoralis. On 
l'élève dans le son et on la prépare pour la table fortement assaisonnée 
d'une sauce piquante où l'ail domine. Il s'en fait une consommation pro- 
digieuse ; on ne les compte que par trois, cinq et six cents. Les amateurs 
se préviennent à l'avance et se stimulent à qui en mangera le plus : c'est 
une fête. Ce régal, toujours fort indigeste, n'est appétissant qu'à cause 
de la sauce épicée qui l'accompagne*.) 

La variété Scalaire a été trouvée, au nombre de deux individus, aux 
environs de Nérac, à peu de distance l'un de l'autre, par M. Dubor, 
jeune. 

10" H. Vigneronne. — H. Pomatia. (Linné.) 

Syn. — H. Pomatia, Linn , Mull.,List., Drap. , Mich , Grat., des MouL, 
NouL, Poir., Brard., Goup., Héc, Dup. , A. Gras, Buv., Put., Joba. 
— Le Vigneron, Geoffroy. 

Animal : fortement chagriné ou pour mieux dire pres- 
que écailleux ; vert-brun en dessus , vert-jaunâtre en des- 
sous ; tentacules supérieurs très longs et fortement oculés ; 
les inférieurs gros et courts ; mucus verdâtre et baveux ; 
œufs globuleux, verdâtres. — Edule. 

Pond à la même époque que l'Hélix Aspersa. 



* Il existe à Agen et aux environs un préjugé fort singulier sur les 
Limaçons en général : on croit que leurs œufs sont couvés par les Cra- 
pauds. La cause de cette erreur doit être attribuée à la présence des 
Hélices dans les mêmes trous que les Batraciens, 



84 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

Coquille : globuleuse , un peu conique , fortement striée 
en long, ouverture presque ronde, aussi haute que large; 
bord réfléchi, blanc-vineux; columelle calleuse, arrondie, 
recouvrant la fente ombilicale; spire composée de cinq 
tours convexes , le dernier très grand , formant à lui seul 
les deux tiers et demi de la coquille ; couleur roussâtre ; 
l'avant-dernier tour ceint de deux , trois , quatre et quel- 
quefois cinq bandes d'un brun-roux, plus foncé que le 
fond. Ces fascies sont souvent interrompues par les stries 
d'accroissement qui , chez cette espèce, sont très élevées; 
sommet obtus, mamelonné et lisse; épiphragme crétacé 
gris-clair , très épais. 

Hauteur : 32 milh"". — Diamètre : 37 milli'". 

Habite : aux environs d' Agen et de Colayrac ; rare ; à 

l'Ermitage , à Saint-Vincent oii je l'ai répandue. 

(On m'a remis deux individus vivants trouvés, l'un à Colayrac et l'au- 
tre sur la route de Villeneuve. M. Debeaux, fils , assure en avoir trouvé 
plusieurs près du Bédat.) 

Commune sub-fossile dans les terrains d'alluvions an- 
ciennes; à Sainte-Colombe, à Vianne, à Trenquelléon, à, 
(indiquée à Lafox par M. Paul de Reyniès ; à Lamarque, 
près Grandfonds.) 

I i° H. Nemoraie. — H. Nemoralis. (Linné.) 

Syn. — H. Nemoralis, Linné; — H. Nemoralis et Hortensis, réunies, 
Brard, Noul, Dup., Mich., Dcsh.;— H. Nemoralis et Hortensis , sé- 
parées, Drap., Poiret, Fav., Merm,, Goup., Joba. — La Livrée, 
Geoffroy. — Gascon : Limaco. 

Animal : chagriné, jaunâtre ou noirâtre, marqué laté- 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 85 

ralement ot longitudinalenient de plusieurs lit^nes noirâtres 
qui correspondent aux fascies de la coquille; tentacules 
supérieurs très longs ; point oculaire noir , nerf rétractile 
très apparent; s'accouple pendant les mois d'avril à sep- 
tembre , pond pendant cet intervalle dans un trou , en 
terre , ou dans le creux des vieux arbres , une pelote 
d'œufs ronds et blancs au nombre de soixante à cent ; les 
petits éclosent quinze jours après et sont adultes à la fin de 
la deuxième année. — Edule. 

Coquille : globuleuse , finement striée , très lisse et lui- 
sante ; ouverture ovale, irrégulière , un peu plus large que 
haute, bord columellaire presque denté, surbaissé, se 
relevant subitement; péristorae réfléchi; columelle cal- 
leuse , en gouttière , recouvrant complètement l'ombilic ; 
spire composée de cinq tours arrondis, suture marquée, 
sommet lisse. 

Couleur variant beaucoup , passant du jaune citron au 
rouge orangé, rose, blanc ou brunâtre; unicolore ou fas- 
ciée de une à cinq et rarement six bandes ; souvent plu- 
sieurs de ces bandes se réunissent et n'en forment qu'une 
seule qui, par cette réunion, est fort large et embrasse 
^oute la convexité du dernier tour; épiphragme papyracé 
très blanc. 

Var. a. — Nemoralis ; péristome noir. 

Hauteur : 20-27 milli'". — Diamètre : 19-31 milli'". 

Var. B. — //oriensù; péristome blanc. 

Hauteur : 17-19-23 milli"". — Diamètre : 15-27 milli"'. 



86 MOLLUSQUES DE LAGEXAIS. 

{ La collection des variétés du département est fort riche. J'indique 
seulement celles qui sont les plus constantes , laissant aux amateurs le 
soin de les collectionner suivant leur goût.) 

VaR. .4. QUINQUEFASCIATA. 

VaR. B. QUADRIF ASCI ATA, 

Var. C. — Trifasgiata. 

VaR. D. BiFASCIATA. 

Var. E. — Unifasciata. 

Var, F. — Luteola, unicolor. 

Var. g. — RuFA, id. 

Var, h. — RosEA, id. 

Var, /. — Olivacea, id. 

Var. J. — Fasciata alba. 

Habite : la variété Nemoralis* , partout, très-commune 
dans les vignes, les bois, les haies, &, &. La variété Hor- 
tensis, rare aux environs d'Agen où je ne l'ai jamais trou- 
vée fasciée; plus répandue dans le Néracais, d'oii M. 
Dubor , jeune , me l'a envoyée en quantité ; trouvée éga- 
lement à Tournon, Beauville, etc. La variété à fascies 
translucides à Nérac , rare. (M. Dubor , jeune. ) 



* La couleur du péristome, la différence de taille, ont servi de pré- 
texte à certains auteurs pour faire deux espèces de ces deux variétés. 
Cependant pour l'observateur ces différences sont sans valeur ; i" le 
PÉRISTOME : J'ai des individus à péristome noir, brun, violet, rosé et 
enfin blanc; ces passages sont insensibles et conduisent facilement à la 
réunion; 2° la taille : J'ai des individus de VHclix Hortensis, des 
Pyrénées-Orientales, qui dépassent d'un tiers la taille de nos plus gros 
Nemoralis. Enfin, d'après une foule d'observations souvent répétées, 
j'ai pu m'assuror que les deux variétés s'accouplaient et se fécondaient. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 87 

Cette espèce ne se mange guère qu'à l'époque des vendanges. Les 
campagnards prétendent qu'elle n'est bonne que lorsqu'elle s'est suffi- 
samment repue de feuilles de vigne. Il est certain qu'elle est plus délicate 
que l'H. AsPEHSA. 

12° H. Vermiculée.— H. Vermiculata. (Muller.) 

Syn. — H. Vermiculata, Muller , Drap., Desh., Mich., Payr., Dup., 
Merm., Joha, &, &. 

Animal : gris , noirâtre , chagriné ; tentacules allongés , 
grisâtres , point oculaire très-noir ; nerf rétractile , appa- 
rent. — Édule. (Même ponte que VH. Aspersa. ) 

Coquille : sub-globuleuse , déprimée , légèrement striée ; 
ouverture plus large que haute , péristome blanc et réflé- 
chi; columelle tordue, surbaissée, formant un angle obtus 
à sa partie inférieure ; ombilic complètement recouvert par 
la callosité de la columelle ; suture profonde ; sommet lisse 
et surbaissé ; spire composée de cinq tours dont le dernier 
très-grand proportionnellement; couleur grisâtre, tirant 
sur le jaune sale; intérieur brun-violet; quatre bandes d'un 
brun-vineux entourent le dernier tour, une plongeant 
dans l'ouverture , la seconde se joignant à l'insertion du 
bord latéral et paraissant au-dedans , les deux autres dé- 
passant la carène , et enfin une cinquième beaucoup plus 
large entoure les premiers tours sur le sommet, cette der- 
nière fascie est interrompue par des linéoles jaunâtres ; en 
arrière du bourrelet , sur la partie supérieure les fascies 
sont presque réunies et rembrunissent la coquille qui paraît 
beaucoup plus obscure en cet endroit que partout ailleurs. 

Hauteur : 17-19 milli"\ ~ Diam. 23-25 mill-". 



88 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

Habite : trouvée à Saint-Julien , près Espiens , arron- 
dissement de Nérac, par M. de Trenquelléon ; rare. 



Eli. (u COQUILLE SIBDEPHINEË. 

fi. Imper forée. 
13° H. Marginée. — H. Limbata. (Drap.) 

Syn. — H. Limbata, Drap., MilL, des MouL, Grat., Mich., Bouil., 
Goup., Desh., NouL, Dup., Merm., Fér., &. 

Animal : blanchâtre ; tentacules bleuâtres ; s'accouple en 
août et septembre. 

Pond dans les détritus de plantes 40 à 50 œufs ronds 
agglomérés. L'éclosion a lieu dans les 20 premiers jours : 
adulte vers le milieu de la deuxième année. 

Coquille : globuleuse , quelquefois conique , striée fine- 
ment; ouverture arrondie vers le bord columellaire, ovale 
vers le latéral ; péristome blanc , épais et réfléchi , ombilic 
plus dilaté que profond ; sept tours arrondis , le dernier 
caréné ; suture peu marquée , blanche , translucide , bour- 
relet très-blanc , sommet un peu roux ; ceinte sur la carène 
par une bande étroite et blanche. 

Var. a. — Brunea. — Couleur de corne brune près- 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 89 

que opaque, avec le limbe blanc se détachant nettement. 
L'animal est complètement noir. 

Hauteur : 8-12 milli". — Diam. 13-17 milli™. 

Habite : les haies , les bois , partout ; facile à trouver 
après une pluie d été. Le type très-commun , la var. A 
plus rare. 

14° H. Bimarginée. — H. Garthusianella. (Drap.) 

Syn. — H. Garthusianella, Dra])., MIL, Daud., des Moul , HécGoup., 
Desh., Grat., Mich., NouL, A. Gras , Dup., Mcrmet, Joba, etc. — H. 
Carthusiana, Mull. — La Chartreuse, Geoffroy. 

Animal : blanchâtre ou grisâtre , tortillon taché de brun 
et de noirâtre paraissant à travers la coquille. 

Pond en avril et mai des œufs gros pour sa taille , au 
nombre de 40 à 50 ; les petits sont adultes à la fin de l'été 
ou de l'automne , c'est l'espèce dont le péristome tarde le 
moins à se former; épiphragme papyracé très-blanc. 

Coquille : sub-déprimée , finement striée, luisante; ou- 
verture demi-ovale , les deux bords supérieur et inférieur 
inclinés l'un vers l'autre , le columellaire plus avancé ; pé- 
ristome droit à peine réfléchi à la columelle , bordé de fauve 
et de blanc parallèlement , visible en dessus et en dedans ; 
six tours de spire arrondis et peu saillants , suture peu 
profonde, sommet brun et luisant; couleur variant du blanc 
mat au fauve transparent. 

Va». B. — H. Olivierii, Fér., Mich., Compt.,Drap., pag,25.— 
H. Incolata, Parreys. (Collection.) 

Cette variété , maintenue comme espèce par plusieurs 



90 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS, 

auteurs, ne diffère du type que par sa taille moindre et son 
bourrelet brun, plus rarement marginé de blanc; son faciès 
est le même ; vivent ensemble. 

Hauteur du type : 12-13 milli". — Diam. 20-22 milli'". 

Hauteur de la variété : 5-7 milli"". — Diam. 10 milli™. 

Habite : les champs , les haies , les friches , les prairies, 
très-commune dans tout TAgenais; la variété très-commune 
dans les Landes. 

15<» H. Verdâtre. — H. Fusca. (Montagu.y 

Syn. — H. Fusca, iWonfo^fu, Test., Brit., Gray., Turton. — H. Revelata, 

Bouch., Mich. 

Animal : allongé.'vif , couleur grisâtre, violet; tentacu- 
les supérieurs, noirâtres; épiphragme vitreux. 

Coquille : sub-globuleuse , mince , brillante , imperforée , 
striée irrégulièrement ; glabre ; non ombiliquée ; ouverture 
demi-ovale , péristome simple , sans bourrelet , columelle 
un peu calleuse recouvrant l'ombilic ; cinq tours de spire 
convexes, suture peu marquée; couleur jaune verdâtre. 

Hauteur : 4-6 milli™. — Diam. 6-9 milli"". 

Habite : les Landes, sous les feuilles, dans les haies 
touffues , à Saint- Julien-de-Fargues , Houeillès , Pompo- 
gne, Casteljaloux et Sos, assez commune. 



* Cette espèce a ôté prise par pliisirurs auteurs pour VU. Uevei.ata. 
(le Frrussac. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. ^1 

//. Ombiliquée. 
16° H. Pubescente. — H. Serîcea. (Drap.) 

Syn. — H. Sericea, Drap., Grat., Blainv., des Moul., Coll.-des-Cher., 
Mich., MilL, Fér.,Merm. 

Animal : roussâtre ou bleuâtre en dessus , jaune pâle en 
dessous ; tentacules plus foncés , yeux noirs. 

OEufs au nombre de trente , de forme ronde , opaques et 
blancs, déposés sur les feuilles mortes. 

Coquille : brun rougeâtre , hispide , sub-globuleuse ou 
trochiforme; ouverture ovale-arrondie , péristome tran- 
chant et légèrement garni d'un bourrelet peu épais et roux, 
ombilic peu ouvert mais profond , suture médiocre , som- 
met proéminent et d'un roux plus clair ; cinq à six tours de 
spire convexes; poils recourbés , courts et caducs. 

Hauteur : 6-7 milli"". — Diam. 7-9 milli'". 

Habite : Saint-Julien-de-Fargues , au pied des saules et 
des peupliers qui bordent l'Ourbise ; à Sos, (M. Capgrand) 
à Lécussan , dans le bois; — rare. 

17° H. Occidentale. — H. Ponentîna. (Morelet.) 

Syn.— H. Ponentina, Morelet. (Mollusques du Portugal, avec planches.) 

Animal : finement chagriné , d'un gris noirâtre enfumé , 
tentacules épais, peu déliés et renflés au sommet, pied 
pâle , manteau gris fauve parsemé de taches viola très. 

Coquille : sub-globulouse , arrondie , convexe dessus et 



92 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

dessous ; ouverture presque ronde , se joignant par la callo- 
sité columellairc ; péristome évasé , légèrement réfléchi et 
garni d'un bourrelet blanc peu épais ; ombilic très-étroit ; 
quatre tours de spire convexes , le dernier plus grand , su- 
ture profonde, sommet mamelonné, presque toujours frus- 
tre, excorié; couleur d'un vert glauque, quelquefois jaunâ- 
tre , l'épiderme est parsemé irrégulièrement de poils déliés 
qui se renversent sur la coquille ; lorsque ces poils sont 
tombés le tôt reste pellucide , luisant et finement strié , sa 
couleur est jaune. 

Hauteur : 7-9 milli'". — Diam. 7-8 milli'". 

Habite : les Landes, à Saint- Julien-de-Fargues , sous 
les haies, sous les plantes, au pied des arbres; à Castelja- 
louxsous les armoises; à Sos (M. Gapgrand); assez com- 
mune. 

IS'' H. Hîspide. — H. Hispida. (Linné.) 

Syn. — H. Hispida, Linné., Bouill., Drap., Mich.,Poir., Mill., Grat., 
des MouL, NouL, Dup., A. Gras, Goup., Coll.-des-Cher., Desh,, Buv,> 
Put., Merm., Joba. 

Animal : chagriné , noirâtre en dessus, pAle en dessous ; 
tentacules noirs, déliés. 

OEufs semblables à ceux de V H. Seiicea, accroissement 
identique. Lors de l'éclosion la petite coquille est toute cou- 
verte de poils rudes. 

Coquille : sub-déprimée , ou peu conique, légèrement 
carénée, stries peu apparentes; ouverturi^ semi-lunaire 



MOLLUSQUES DE LAGENaIS. 93 

moins haute que large , les deux bords s'inclinant l'un vers 
['autre, le bord columellaire plus avancé, péristome simple, 
tranchant , bourrelet intérieur blanc; spire de six tours con- 
vexes, le dernier sub-caréné, suture marquée, ombilic 
évasé et profond , couleur de corne transparente , avec une 
bande laiteuse sur la carène , recouverte de poils noirâtres 
ou grisâtres , caducs , recourbés , tombant presque toujours 
à l'état adulte. 

Hauteur : 5-7 milli"". — Diam. 8-10 milli"'. 

Habite : le long des eaux vives, des ruisseaux, des riviè- 
res, sous l'herbe humide, au pied des saules, très- 
commune le long de la Garonne , du Lot, de la Baïse , etc. 

19° H. Interrompue. — H. ïntersecta. (Poirel.) 

Syn, — H. ïntersecta, Poiret, Mich., Brard. — H. Striata, var. Drap. 
— H. Stridiia, Daud., Desh, 

Animal : finementchagriné,d'ungrisbleuâtre, jaune pâle 
en dessous, transparent et comme gélatineux; tentacules 
supérieurs déliés , assez longs, d'un gris d'ardoise foncé , le 
point oculiforme brillant et très-noir , situé à la partie supé- 
rieure en arrière du bouton : ces tentacules continuent leur 
coloration aux deux côtés latéraux du nerf rétractile ; ten- 
tacules inférieurs très-courts presque toujours dirigés vers 
la terre, leur couleur est gris pâle; pied assez étroit, lin- 
guiforme, acuminé fortement à sa partie postérieure. Ce 
Mollusque est d'une timidité extrême , rentre dans sa co- 
quille à la moindre apparence de danger et ne se décide à 
sortir que lorsqu'il s'est passé assez de temps pour lerassu- 



94 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

rer ; porte sa coquille très-élevée au-dessus du plan loco- 
moteur , se nourrit de plantes pourries ; s'accouple en juil- 
let, août et septeml)re, pond 1 5 jours après 1 5 à 25 œufs, 
petits , gélatineux , blancs et brillants , les petits atteignent 
letat parfait en mai ou juin de l'année suivante. 

Coquille : convexe , trochiforme , fortement striée ; ou- 
verture arrondie, péristome bordé d'un bourrelet épais, 
blanc , passant du rose au vineux. A la carène du dernier 
tour et le long de la suture des autres serpente une bande , 
lie de vin interrompue dans son parcours par des fascies 
grises et blanches ; la couleur générale du têt est le gris , 
le sommet brun , le dessous grisâtre , interrompue par des 
ondulations brunes. 

Hauteur : 5-9 milli'". — Diam. 7-13 milli'". 

Habite : les coteaux arides, les sainfoins secs, exposés 
au midi ou à l'ouest, sous les pierres, le serpolet, la 
mousse , dans les fentes des rochers et des habitations rus- 
tiques, au Grezel, à Charpau , Castillou , Pécau , le Fangot, 
à Gaussens, près Ségougnac.(M.Debeaux; très-commune.) 



Observation : Cette espèce a provoqué une foule de dissertations sur 
sa valeur spécifique. Poiret , Lamarck, Brard et Michaud l'ont confir- 
mée, tandis que Daubedard , Draparnaud et plus récemment M. Des- 
hayes l'ont réunie à l'H. Striata, Drap. J'ai pu juger de la différence 
qui existe entre l'H. Intersecta et l'H. Striata si communes toutes 
deux dans l'Agenais. La première est presque trochiforme tandis que la 
seconde est très-aplatie , beaucoup plus grande , l'ouverture est plus 
lunulée , les fascies sont aussi différentes et l'animal n'est nullement le 
même. L'une habite les coteaux . l'autre les plaines. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 95 

20" H. Striée. — H. Striafa. (Drap.) 

Syn. — H. Striata, Drap,, Poir., Brard., MilL, Payr., BouilL, Chem., 
des MoulL, Grat., Mich., NouL, Dup., Mermet, — H. Caperata, Turt. 
— La grande Striée, Geoffroy. — Ejusd. Le Petit Ruban. 

Animal : chagriné, grisâtre, comme enfumé ; tentacules 
supérieurs très longs et fortement oculés au sommet ; nerf 
rétractile très apparent; tentacules inférieurs courts et 
obtus ; pied elliptique aigu postérieurement , dessous d'un 
blanc-jaunâtre transparent. — Ce Mollusque , à l'inverse 
du précédent , rampe toujours à terre , ne s'élève point sur 
les plantes. 

Pond en juin et juillet trente à quarante œufs très petits 
dans la terre ou sous les mottes de gazons arides ; ils attei- 
gnent leur état parfait au milieu de l'année suivante. 

Coquille : sub-discoïde , sub-déprimée , un peu convexe 
supérieurement, dernier tour large, proportionnellement 
et légèrement caréné; ouverture ovale, lunulée, un peu 
surbaissée , bords simples et tranchants , péristome épais 
et blanc , souvent suivi à l'intérieur de plusieurs bourre- 
lets d'accroissement; chez quelques individus, celui du 
péristome est quelquefois rosé ; ombilic médiocre , suture 
peu marquée , cinq tours de spire gradués , sommet peu 
élevé, Usse et brunâtre; stries très fortes, un peu obliques. 
Couleur grisâtre, entourée sur le dernier tour et sur le 
premiers de cinq bandes étroites et brunes ; trois de ces 
bandes plongent dans l'ouverture. Ces bandes sont poin- 
tillées de petites taches blanchâtres , interrompues surtout 



96 MOLLLSQUES DE LAGENAIS. 

dans le jeune âge , ce qui les fait ressembler au plumage 
de certains gallinacés. 

Var. B. unicolor, grise ou légèremjsnt fauve, ordinaire- 
ment plus grande que le type. 

Hauteur : 0-8 milli"". — Diam. 9-1 5 millr. 

Habite : les champs labourés de la plaine ou des coteaux, 
peu élevés ; commune à Fiaris dans les champs labourés , 
aux environs d'Agen ; à Estillac dans le vallon; à Trenquel- 
léon dans une triche ; à Saint-Julien-de-Fargues ; à Pont- 
du-Casse, &, &; commune. 

21° H. Ruban. — H. Ericetorum. (MuUer.) 

Syn. — H. Ericetorum , Muller, List., Pcnn., Dacost , Drap., Poiret, 
Brard, Dilw., Alten., Daud., MilL, Pfciff., Paijr., des Moul., Grat., 
Coll.-dcs-Ch., Goup., Rossm., Desh.,Mich., Noul., Bouch., Dup., A. 
Gras, Merm., Joba, Buv., Put. — Le grand Ruban, Geoffroy. 

Animal : blanchâtre en-dessous, grisâtre en-dessus; 
tentacules noirâtres. 

Pond en août , septembre et octobre une soixantaine 
d'œufs ronds ; état parfait vers la fin de la deuxième année. 

Coquille : discoïde, sub-déprimée, ombilic très ouvert, 
laissant voir tous les tours de spire juscjuau sommet , suture 
profonde , striée finement, luisante ; ouverture ovale , bord 
latéral plus avancé que le columellaire , péristome simple, 
tranchant, légèrement bordé intérieurement d'un bourre- 
let variant du blanc-laiteux au rose-clair; cinq tours de 
spire aplatis et enroulés sui* un même plan , dont le dernier 
plus grand proportionnellement. Couleur variant du gris- 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 97 

blanc au gris-fauve, cerclé de bandes brunes au nombre 
de six. 

Var. a. — Fasgiata, à six bandes. 

Var. B. — Unicolor, grise, les bords bruns. 

Var. C. — Intermedia, moins grande que les précé- 
dentes. 

Hauteur : 3-7 milli"'. — Diamètre : 7-13 railli'". 

Habite : les friches, les gazons exposés au midi ou à 
l'ouest; très commune dans tout le département où elle 
est fort belle. 

22^ H. Négligée. — H. Neglecta. (Drap.) 



Syn. — H. Neglecta , Drap., Daud., Coll.-des-Cher., Desh., 
Merm. 



Animal : pâle , tentacules bleuâtres , point oculaire noir. 

Coquille : semblable à la précédente , mais moindre , à 
spire plus élevée , plus solide et garnie d'un fort bourrelet 
intérieur ; orbiculaire , convexe ; ombilic évasé et profond ; 
striée finement ; ouverture presque ronde à bords tran- 
chants, bourrelet intérieur blanc et épais, suture médio- 
cre , sommet un peu élevé , lisse et brun ; couleur blanchâ- 
tre sur laquelle se détachent cinq fascies brunes , la carène 
est blanche , le dessous brun. 

Hauteur : 6-9 milli'". — Diam. 7-13 milli"'. 

Habite : les champs arides et ferrugineux, à Ségougnac, 
Moirax , près Agen , à Péricard , sur la route de Tournon à 
Fumel; assez abondante. 

7 



98 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

Observation : J'avais pris cette espèce pour une variété moindre de 
YH. Ericetorum , cependant sa solidité , son bourrelet si épais , et l'élé- 
vation de sa spire me faisaient douter si elle appartenait bien authenti- 
quement à cette espèce. La figure de Draparnaud représente VH.Neglcc- 
ta , beaucoup plus globuleuse et pareille pour la forme àl'H. Variabilis, 
var. Suh-maritima , Rossmasler. J'ai reçu 1'//. Neglecta de la Provence 
et de Rome , elle est identique avec les individus du département. 



25^ H. Blanchâtre. — H. Gandidula. fStuder.) 

Syn. — H. Gandidula , Studer, Grat., Mich., Merm., Joha. 

Animal : grisâtre , plus pâle en dessous , yeux noirs. 

Coquille : déprimée, blanchâtre, assez finement striée, ca- 
rénée, sub-globuleuse ou sub-conique ; ombiliquée; sommet 
élevé et brun, dessous convexe ; ouverture ovale, déprimée, 
plus large que haute, péristome simple, tranchant, bour- 
lelet intérieur, épais et blanc, formant à sa partie infé- 
rieure des petits mamelons dentés; suture assez profonde. 
Sur le fond blanc de la coquille, en suivant la carène paraît 
une fascie brun-rougeâtre qui va se perdre au point d'in- 
sertion du troisième tour ; quelquefois cette fascie est suivie 
de plusieurs autres moins marquées qui toutes plongent 
dans l'ouverture , mais le plus souvent elles se réduisent de 
une à deux ; cincj tours de spire convexes. 

Hauteur : 6-7 miUi"". — Diam. 7-9 milli"". 

Habite : les prairies des bords de la Garonne ; dans les 
endroits un peu élevés , sur les rochers , dans les friches, à 
riiibet; sur le plateau de l'Ermitage d'Agen; — assez 
rare. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 99 

24° H. des Gazons. — H. Gespitum. (Drap.) 

Syn. — H. Ccspitum, Drop. , liouill., Desh., Dand.,Mich.,Rossm., 
MilL, Merm. — H. Fasciolata , Poiret. 

Animal : grisâtre, tentacules violâtres. 

Pond en août et septembre une soixantaine d'œufs cal- 
caires ronds , sous les plantes sèches , l'éclosion à lieu du 
1 0" au 1 ^^ jour , les petits sont adultes vers le milieu de 
l'année suivante. 

Coquille : variant pour la forme et la couleur, mais le 
plus souvent sub-déprimée , rarement globuleuse , striée 
irrégulièrement, terne; ouverture demi-ovale, plus large 
que haute ; péristome tranchant , garni à l'intérieur d'un 
léger bourrelet blanchâtre ; ombilic ouvert et profond , 
moins cependant que chez les espèces ])récédentes ; six 
tours de spire jtlus ou moins convexes; suture marquée; 
sommet brun luisant; couleur gris jaunâtre ; une à 5 fascies 
brunes , souvent inégales. 

Var. a. — Unicolor. 

Hauteur : 9-14 milli'". — Diam. 15-25 milli'". 

Habite : les vignes, les sainfoins, les gazons secs, au 
midi, à Agen, à l'Ermitage, dans le vallon de Vérone, 
àPécau, à Trenquelléon, Francescas, &; — très-commune. 

23" H. des Oliviers. — H. Olivetorum. (Gmel.J 

Syn. — H. Olivetorum, Gmelin , Daud . — H. Algira, var. Dilw., Desh. 
— H. Incerta, Drap. — Zonitcs Olivetorun, Moq.-Tand. — Sous- 
Genre : Hyalinia , Gray 

Animal : noir-bleuâtre , fortement chagriné ; tentacules 
plus pâles, les inférieurs très-petits; pied médiocre, 
bleuâtre en-dessous. 



100 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

Pond en juillet , août et septembre une pelote d'œufs 
ronds, gélatineux, blancs-verdâtres, réunis par un gluten 
incolore , l'éclosion a lieu de vingt à trente jours après. En 
naissant les petits sont souvent blanchAtres et leur coquille 
à peine colorée ; ils atteignent leur accroissement à la fin 
de la deuxième année ; épiphragme vitreux. 

Coquille : globuleuse, un peu conique, luisante , finement 
striée ; ouverture plutôt ronde qu'ovale ; péristome simple, 
tranchant , sans bourrelet extérieur ni intérieur , quelques 
stries d'accroissement très-visibles près des bords ; sept 
tours de spire convexe ; suture marquée ; ombilic large et 
profond ; couleur fauve , luisante en-dessus , dessous gris- 
bleuatrc ou verdâtro ; sommet excorié. 

Hauteur : 13-16 milli"'. — Diamètre : 19-24- milli"*. 

Habite : les bois humides et élevés, exposés au levant 
ou au nord , sous les feuilles mouillées , dans la terre au 
bas des rochers ; très commune dans le vallon de Vérone , 
dans la garenne ; chez M'"^ Ducos , à Dorville , même val- 
lon ; àLacassagne, Trenquelléon, Nérac, &., à. 

IV. D. COQUILLE APLATIE. 

A. Péristome réfléchi. 
26° H. Cornée. — H. Gornea. (Drap.) 

Syn.— H. Cornea, Drajj., Daud.,Payr., MilL, Desh., des Moul.,Mich , 
Bouil., Grat., A. Gras, Mcrm.— H. Squammatina, Marc, de Serr. 

Animal : gris , presque noir en dessus , tentacules gris 
enfumé, dessous du pied gris-verdâtre. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 101 

Pond, en août et septembre, une trentaine d'œufs opa- 
lins sous les pierres des rochers ; les petits sont adultes au 
milieu de la deuxième année ; épiphragme vitreux. 

Coquille : aplatie , sub-convexe , ombiliquée ; ouverture 
ovale, avec un pli à peine visible , placé sur le bord colu- 
mellaire , fortement striée dans le sens des accroissements; 
suture profonde; cinq tours presque planes en dessus, 
plus convexes en dessous ; couleur de corne plus ou moins 
foncée, presque chocolat; une bande noire parcourt la ca- 
rène et se perd à l'insertion des tours ; il existe quelquefois 
d'autres fascies, mais qui ne se continuent pas à partir de 
l'ouverture. 

Hauteur : 7 milli™. — Diamètre : 14-14 1i2 milli'". 

Habite le Haut-Agenais , à Thézac , Péricard , Tournon , 
Fumel, Monsempron , Libos, Beauville, &. On le trouve 
sous les pierres et principalement sur les ceps de vigne 
sauvage , après une pluie chaude , assez abondante. 

27° H. Lampe. — H. Lacîpîda. (Linné.) 

Syn. — H. Lacipida, Linn , MulL, List., Drap., Mich., Poir., Roiss., 
Daud., Desh., Grat., Brard., des Moull., BouU., Mill., Merm., Put., 
Buvig., Joba. — Carocolla Lacipida, Lamk. — La Lampe, Geoffroy. 

Animal : brun-noirâtre , tentacules supérieurs très longs 
et déliés ; sur le dessus du cou partent deux lignes noires 
presque marginales qui vont se réunir aux tentacules qui 
sont de la même couleur. 

Pond en juin et juillet une trentaine d'œufs très petits et 
blancs ; la coquille n'acquiert son entier développement que 



10^ MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

vers la fin do laiinée suivante ; épiphragme très blanc pa- 
py racé. 

Coquille : planorbique , aplatie fortement , carénée , 
convexe des deux côtés; striée obliquement; la carène 
forme en dessus et en dessous une sorte de rebord tran- 
chant. Ouverture elliptique , anguleuse à ses deux extré- 
mités, un peu évasée vers l'ombilic; bord latéral formant 
une gouttière ogivale ; péristome blanc , continu , réfléchi , 
se détachant de l'avant-dernier tour; cinq tours de spire 
écrasés, suture peu marquée, ombiUc large et profond; 
couleur cornée, brune, dessous plus pâle, carène blanche 
ou jaune clair; les tours supérieurs sont quelquefois radiés 
de brun et de corné clair. 

Var. B. — Radiata. 

Hauteur : 6-7 milli'". — Diamètre : 15-17 milli"'. 

Habite : tous les rochers, dans les bois humides, les 
vieux murs de clôture ; à Vérone , Estillac , Nérac , Ville- 
neuve , Aiguillon , Nicole , Marmande ; commune dans tout 
le département. 

28** H. Mignonne. — H. Pulchella. (MuUer.) 

Syn. — H. Puchella, Muller , Drap., Poir., Brard., MilL, Àlt.,Daud.. 
Nills., Klceb., des MouL, Grat., Dcsh., Goiip.,Mich.,Noul., Dup.. 
A. Gras, Put., Buvig., Merm., Joba. — H. Pulchella, ejusd.Costata, 
Gmel., Pfeiff., &. — H. Pulchella, var. A, Drap. 

Animal : blanchâtre , un peu soufré , tentacules plus 
foncés. 

Pond de juillet à septembre une vingtaine de petits œufs 
gélatineux qui éclosent quinze à vingt Jours après; crois- 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 103 

sance rapide, adulte au commencement de Tannée sui- 
vante ; épiphragme mince , vitreux. 

Coquille : petite, aplatie, à tours convexes des deux côtés , 
lisse, luisante ; ouverture ronde ; péristome épais, réfléchi et 
très-blanc ; ombilic large et ouvert, laissant voir le sommet; 
quatre tours de spire , le dernier évasé vers l'ouverture : 
couleur variant du blanc au blanc laiteux. 

Hauteur : 1-1 ]2 milli"*. — Diamètre : 2 milli™. 

Habite : les rochers et les bois humides , à Lécussan , 
Pé-Joli, Moirax, Bon-Encontre , Layrac, Nérac, Tren- 
quelléon, près de la fontaine; à Villeneuve le long des 
rochers du Lot ; très commune , surtout dans les alluvions 
de nos cours d'eau. 

29" H. à Côtes. — H. Costata. (Muller:) 
Syn. — H. Costata, MuU. — H. Puchella, var. B, Drap. 

Animal : semblable au précédent. 

Coquille : semblable pour la forme à la précédente, plus 
souvent moindre; différant d'elle par son épiderme bru- 
nûtre , costellé obliquement dans tout le parcours de la ca- 
rène. En dessous de l'épidei-me la coquille est blanche, 
mais conserve la trace des stries sur lesquelles se juxta- 
posaient les côtes. 



* Muller a divisé l'Hélix Pulchella des auteurs en deux espèces , se 
fondant sur la différence de l'épiderme qui n'existe que pour une, tan- 
dis que l'autre en est dépourvue. Je me range àcette autorité, car l'ins- 
pection microscopique des deux espèces m'a forcé de les diviser. 



104 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

Hauteur : 1 li2 milli™. — Diamètre : 1 li2-2 milli™. 
Habite : avec la précédente ; plus rare. 

30. H. Trîgonophore. — H. Obvoluta. (iMullffr.) 

Syn. — H. Obvoluta, Muller , Drap., Dihv., Brard., Daud., Blainv., 
des MouL, Mill., Pfeilf., Bouil., Goup., Maud.,Dup., NouL, Rossm., 
Desh., Merm., Joha. — H. Bilabiata, Oliv. — H. Trigonophora, Lamfc. 
— La Veloutée, à bouche triangulaire, Geoffroy. 

Animal : noir, chagriné, tentacules longs et filiformes, 
dessous du pied gris sale; s'accouple en mai , juin et juillet. 

Pond : deux ou trois jours après, une vingtaine d'œufs 
très petits, réunis par un gluten invisible -, les petits sortent 
de l'œuf au bout de 20 jours avec un tour et demi de spire 
couverts de poils et déjà de couleur cornée; ils atteignent 
leur accroissement parfait vers la fin de novembre. 

Coquille : discoïde , enroulée sur un môme plan , à la 
manière des Planorbes; dessus horizontal ou légèrement 
concave ; suture peu marquée , dessous fortement ombili- 
quée , laissant voir tous les tours; ouverture triangulaire 
formée par un pli surbaissé du péristome qui est réfléchi et 
d'une couleur rose ou rose vineux; six tours pressés et 
s'agrandissant graduellement. Couleur brun foncé, épi- 
derme recouvert , à l'état frais , de poils courts , soyeux 
et caducs , tombant presque toujours après la mort natu- 
relle de l'animal , tandis qu'ils se conservent lorsqu'il a été 
tué violemment pour échantillon de cabinet. 

Hauteur : 4-5 milli'". — Diamètre : 10-11 milli™. 

Habite : les bois fourrés et humides des coteaux , au le- 
vant et au nord , au vallon de Vérone, à Vérone , à Dor- 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 105 

ville chez M.^'' Ducos, à Cambes chez M. Labat, à Lacas- 
sagne, Trenquelléon , Beauregard, Lécussan, &., &., très 
commune. 

B. Péristome simple. 

51° H. Pygmée. — H. Pygmœa. (Drap.) 

Syn. — H. Pygmaea, Drap., Bouill., Fér., Goup., Dup., Merm., Joba. 

Animal : brunâtre en dessus , plus pâle en dessous. 

Pond en août et septembre une vingtaine d'œufs opalins 
très petits , sous les détritus calcaires. L'accroissement est 
complet vers le milieu de l'année suivante; épiphragmc 
vitreux très mince. 

Coquille : très petite, convexe des deux côtés, striée 
très finement ; ouverture semi-lunaire , plus large que 
haute , péristome simple et tranchant , ombilic évasé , su- 
ture profonde, quatre tours convexes. 

Hauteur : 1|2! millimètre. — Diamètre : 1 millimètre. 

Habite : les bois montueux , sous les mousses , les feuil- 
les, les pierres, à Beauregard, Lécussan , Cambes , Bruch, 
Saint- Julien-de-Fargues ; commune surtout dans le Haut- 
Agenais, à Thézac, Tournon, Péricard, &. , les alluvions 
de la Garonne. 

sa'' H. Bouton. — H. Rotundata. (Muller.J 

Syn. — H. Rotundata, Muller, D'Argenv., Dacos,Drap., Mich., Poir., 
Brard., Mill., Daud., des MouL, Coll.-des-Ch., Desh., Bouill., Dup., 
Merm., Buv., Put., Joba. — Le Bouton, Geoffroy. 

Animal : noirâtre en dessus , plus pâle en dessous ; ten- 
tacules noirs filiformes. 



106 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

Pond en été des œufs ronds au nombre de 25 à 30, dé- 
posés sous les détritus des feuilles mortes , au pied des 
arbres; ces œufs sont blancs ou blancs-jaunâtres, quel- 
quefois même un peu roussâtres, ceux des Landes surtout. 
Je crois que leur éclosion a lieu promptement, car dix jours 
après j'ai vu do petits individus hors de l'œuf; la coquille 
est adulte la première année ; épiphragme blanchâtre. 

Co(]uille : très aplatie , surtout vers les bords de la ca- 
rène qui est aiguë; convexe en dessous, stries très fortes, 
parsemées de taches d'un brun plus foncé que le têt et for- 
mant des fascies interrompues se dirigeant obUquement 
d'avant en arrière; ouverture arrondie, semi-lunaire; pé- 
ristome simple ; ombilic très évasé et profond , laissant 
voir les tours supérieurs jusqu'au sommet ; couleur de corne 
brune , taches plus sombres et plus rouges ; huit tours de 
spire aplatis et serrés; suture médiocre. 

Var. B. — Unicolor. 

Hauteur : 2 milli™. — Diamètre : 5 1|2 6 milli™. 

Habite : les bois , au pied des chênes , sous la mousse , 
àBeauregard, Lécussan, Pé-JoU, Tournon, Saint-Julien- 
de-Fargues, Sos; assez commune. 

53^ H. Luisante. — H. Cellaria. (Muller.) 

Syn. — Cellaria, Mullvr, D'Argenv., Gmel., Daud., Coll.-des-Cher. — 
H. Nitida, Drap., Mill. — H. Lucida, Turton. Brard, Goup., &. — 
II. Cellaria, var. B.(Labio coUumellari, depresso Porro.*) Zonites Cel- 
larius, Moq. Tand. 

Animal : bleuâtre , plus pâle en-dessous ; tentacules plus 

foncés. 

* Carlo Porro, Vedi,t. 1 . f. 2, pi. 1 . fig. 2. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 107 

Pond pendant tout l'été de 20 à 40 œufs ronds, blancs , 
réunis par un mucus incolore ; ils éclosent vers le douzième 
jour, et la coquille est adulte dans les premiers quatre 
mois qui suivent l'éclosion. 

Coquille : aplatie , lisse , luisante , très-finement striée , 
un peu convexe en-dessus; ouverture demi-ovale, échan- 
crée par la convexité de l'avant-dernier tour ; ombilic évasé; 
les spires varient de quatre à cinq tours , le dernier plus 
grand proportionnellement ; suture médiocre , sommet 
aplati; couleur variant du jaune au verdâtre en-dessus , 
dessous gris azuré. 

Var. B. — Sylvestris. 

Hauteur : 5-5 ]\^ milli"". — Diam. 1 1-1 4 milli"". 

Habite : tous les lieux bas et humides qui recèlent des 
matières putrides , les caves , les éviers , au bas des murs 
des habitations exposées au Nord; — très-commune. 

Observations : La var. B n'habite que les bois élevés et a un faciès 
constant qui la distingue du type; sa couleur est plus pâle ainsi que celle 
de l'animal, ses tours sont plus pressés et son ouverture plus ronde. Se 
trouve à Trenquelléon, dans le bois; à Lécussan, àBeauregard, &.; — 
n'est pas commune. 

34° H. Lucide. — H. Nitida. (Muller.) 

Syn. — H. Nitida, Muller , Daud , Botvd., Dup. — H. Lucida, Drap. 
— Zonites Nitidus, Moq. Tand. 

Animal : très-noir , luisant ; tentacules supérieurs longs 
et grêles, les inférieurs courts et obtus. 

Pond en mai et juin une trentaine d'œufs petits , opalins , 
retenus par un mucus incolore; épiphragme vitreux, très- 
mince. 



108 MOLLUSQUES UE LAGENAIS. 

Coquille : déprimée , convexe en-dessus , concave en- 
dessous ; ouverture ovale , oblique , échancrée par l'avant- 
dernier tour ; bord simple et tranchant ; suture marquée ; 
ombilic évasé laissant voir deux tours ; stries très-fines et 
peu visibles à l'œil nu ; couleur jaune d'ambre ou brunâtre 
très-luisante, transparente lorsqu'elle est vidée , noire opa- 
que, habitée par l'animal ; cinq tours de spire un peu con- 
vexes. 

Hauteur : 3 milli'". — Diam. 5 milli'". 

Habite : les oseraies des bords de la Garonne , de la 
Baise , du Gers , du Lot , & ; sous l'herbe humide , rampe 
à terre. Commune aux environs d'Agen , de Villeneuve , 
Nérac, Aiguillon et sur toutes les berges des cours d'eau. 

33" H. Brillante. — H. Nitens. (Mkhaud.) 

Syn. — H. Nitens, Michaud. Complu (figurée.) — H. Nitens, Grat., 
Poir., Mat. et Rak., Linné. — Hélix Hclicella Nitens , Fér. — Zonites 
Nitens, Moq. Tand. 

Animal : noirâtre , chagriné ; tentacules supérieurs , longs 
et fortement oculés; tentacules inférieurs très-petits, dessous 
du pied gris sale. 

Pond en juin, juillet et août une quarantaine d'œufs 
très-petits , ronds , gélatineux , blancs-verdûtres , déposés 
sous les feuilles mortes. L'accroissement est fort lent chez 
cette espèce qui n'est adulte qu'à la fin de l'année suivante ; 
épiphragme vitreux très-mince. 

Coquille : orbiculaire, déprimée, très-mince, luisante 
et diaphane, striée longitudinalemcnt ; ouverture déprimée 
oblique, bord columellaire échancré, le latéral très-avancé ; 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS, 109 

péristome simple et tranchant; ombilic large et pro- 
fond ; couleur d'ambre sombre en-dessus lorsque lanimal 
marche , plus foncée encore vers le sommet , le hgament 
paraît alors comme une ligne brune tout autour de la pre- 
mière spire; quatre tours convexes , suture médiocre. 

Hauteur : ^ ]\% milli"^. — Diam. 8-10 milli'". 

Habite : les bois humides sous les feuilles mortes, à 
Beauregard, Lécussan, Pé-JoU, Gambes, Lacassagne , bois 
de Dorville ; — commune. 

56° H. Nitidule. — H. Nitidula. (Drap.) 

Syn.— H. Nitidula, Drap., MilL, des MouL, Grat., Kikcx,Bouil., Fer , 
Merm. — Zonites Nitidulus, Moq. Tand. 

Animal : gris-ardoise en-dessous , gris très-clair en- 
dessus ; tentacules supérieurs très longs , les inférieurs à 
peine visibles. 

Coquille : très petite , fortement aplatie en-dessus , un 
peu convexe en-dessous , mince , fragile , luisante et dia- 
phane ; stries visibles seulement à la loupe ; ouverture plus 
large que haute ; bord columellaire moins avancé que le 
latéral ; péristome simple et tranchant ; ombilic évasé et 
profond , couleur blanc-jaunâtre brillante ; quatre tours de 
spire aplatis , le dernier plus grand. 

Hauteur : 1 milli"". — Diam. 2 1i2 milli»^. 

Habite : sous les feuilles mortes , dans les bois , à Tren- 
quelléon, àBruch, à Nérac, à Lacassagne, &.; les allu- 
vions de la Garonne oii elletlevient alors d'un blanc hiisant 
de porcelaine; — rare. 



110 MOLLUSQUES DE LAGENAIS, 

37*» H. Cristalline. — H. Gristallina. (Muller.) 

Syn. — H, Cristalline, MuU., Drap., Fn\,Mill., Coll. -des-Cher., des 
Moul., Mich. Grat., Dup., Bouil., Goup., A.Gras, Noul., Bouch., 
Maud., Merm. — Zonites Cristallinus , Moq. Tand.\ 

Animal : blanchâtre, soufré; tentacules bleuâtres. 

Coquille : très-aplatie , mince, fragile , petite , d'un blanc 
verdâtre-hyalin à 1 état frais , d'un blanc mat et luisant 
lorsquelle a roulé ; ouverture plus large que haute embras- 
sant la coquille depuis l'ombilic en-dessous et du sommet 
en-dessus; les bords se surbaissent tous les deux l'un vers 
l'autre; péristome simple et tranchant, légèrement bordé 
à l'intérieur ; ombilic médiocre ; cinq tours de spire pressés 
les un contre les autres et peu gradués. 

Hauteur : 1 milli™. — Diam. 2 1|2-3 milli*^. 

Habite : les bois humides, sous les pierres, les feuilles 
mortes , à Vérone , Lacassagne , Tournon , Beauville , Né- 
rac, Tonneins, &.; — commune dans les alluvions de nos 
cours d'eau. 



GENRE SIXIÈME. 

Bulime. — Bulîmus. (Brugmère.J 

CARACTÈRES : 

Animal : limaciforme , rampant sur un pied elliptique 
allongé; collier charnu entourant le cou; tête en forme de 
mufle ; quatre tentacules dont les deux supérieurs plus 



MOLLUSQUES DE l'aGENaIS. 111 

grands et ociilés au sommet. (Génération semblable à celle 
des Hélices.) 

Coquille : turriculée , lisse ou légèrement striée , épider- 
raée ou non ; ouverture plus haute que large , ovale , en- 
tière lisse , avec ou sans plis et sans troncature à la base ; 
un épiphragme calcaire papyracé ou vitreux. 

Habitent de préférence les endroits rocailleux des bois 
humides, ou dans les plaines sous l'herbe mouillée, se nour- 
rissent de matières fraîches ou putrides. 



ESPÈCES : 
1. B. Radié. — B. Radiatus. (Bnig.J 

Syn. — B. Radiatus, Brug , Drap., Rossm., Roiss., Desh.,Bouil., A. 
Gras, Mich.fMaud , Merm. 

Animal : roussâtre; tentacules transparents, laissant 
voir le nerf rétractile qui continue sur les côtés du cou ; 
tentacules inférieurs très-courts , les supérieurs assez forts 
à la base, peu renflés au sommet; épiphragme baveux, 
transparent \ œufs calcaires , ronds , pondus en juin , au 
nombre de trente, sous les pierres, les feuilles mortes; 
adultes dans les premiers mois de l'année suivante. 

Coquille : oviforme , oblongue , solide , presque lisse , 
finement striée en long; ouverture ovale, entière; péris- 
tome un peu réfléchi et blanc ; columelle calleuse couvrant 
la fente ombilicale ; sept tours de spire convexes , le dernier 
plus grand; suture marquée, sommet obtus; couleur d'un 



112 MOLLUSQUES DE LAGENAiS. 

gris crayeux, radiée obliquement de linéoles fauves, luisan- 
tes , produisant l'eflet du papier maculé d'huile. 

Var. — Unicolor. 

Hauteur : 22 milli"'. — Diam. 10 milli™. 

Habite : le Périgord , le Quercy , le département, à Mon- 
sempron,Fumel, Libos, Péricard, &., assez rare. Reçue de 
Tournon parmi des fossiles envoyés par M. Loubatières, 
aîné. 

2. B. Obscur. — B. Obscurus. (Drap.) 

Syn. — B.Ohscurns, Drap, Mill., Brard., Roiss., Bouil., des MouL, 
Goup., A. Gras, Maud., Dup., Mermet, Joba. — Bul, Hordaceus, 
Brug. — H. Obscura. Gmel. — Le Grain d'Orge, Geoffroy. 

Animal : noirâtre ou brunâtre, plus pâle en-dessous. 

Pond : 1 5-20 œufs , de mai à septembre, gros par rap- 
port à l'animal , ovales arrondis ; accroissement parfait vers 
les premiers mois de la seconde année. 

Coquille : turriculée, oblongue, cornée, peu luisante, 
striée en long ; ouverture presque ovale ; péristome blanc 
et réfléchi ; columelle calleuse , fente ombilicale , oblique ; 
six à sept tours convexes; suture assez profonde. 

Hauteur : 9-10 milli'". — Diam. 4-4 1|2 milli™. 

Habite : les rochers montueux , sous les feuilles , les 
détritus calcaires, à Saint-Vincent, à Sabioy-Sagut , 
sur le chemin de Thibet, à Charpau, Cambes, Estillac, 
Tournon , St-Julien-de-Fargues; — répandue , commune 
nulle part. 



MOLLlSyiKS l>K LAGENAIS. 113 

5. B. Tronqué. — B. Truncatus. fZièglcr. 

Syn. — B. Truncatus, Zièg., Cuv. — B. Decollatus. Brug., Drap., Roiss.. 
Noul., Merm. — H. DecoUata, Linn., Daud. 

Animal : chagriné , noirAtre , plus pAle en-dessous ; ten- 
tacules supérieurs longs et fortement oculés , les inférieurs 
très courts. — OEufs calcaires, ronds.* 

Coquille : turriculée , striée en long , longue , presque 
cylindrique, toujours tronquée au sommet, à l'état adulte; 
conico-cylindrique à l'état jeune , sans troncature au som- 
met qui est mamelonné ; ouverture ovale ; péristome blan- 
châtre ou un peu rosé , peu réfléchi , mais épais ; columelle 
calleuse recouvrant l'ombilic qui paraît à peine , quatre à 
cinq tours convexes; suture marquée; sommet tronqué, 
fermé par une cloison en spirale , couleur gris-fauve 
corné, luisant, radié de taches brunes; épiphragme cal- 
caire brillant. 

Hauteur : 20 milli"". — Diam. 8 milli"\ 

Habite : les vignes des coteaux élevés, au sud et sud- 
ouest , dans les friches, à St-Vincent , Bellevue , Bagatelle, 
le Bédat , Ste-Radegonde , Puymirol , & ; — très-commune. 



* J'ai eu quelques accouplements forcés avec les Hélices Variable 
et Pisana. Lorsque le tonnerre grondait, j'enfermais un Bul. Tronque 
avec une de ces Hélices , sous un couvercle en gaze métallique; l'élec- 
tricité aidant, les animaux se recherchaient bientôt, se fuyaient pour 
revenir encore , leurs désirs fortement excités les portaient enfin à s'ac- 
coupler. Je n'ai point vu de Bulimes pondre et développer autre chose 
que des individus de leur espèce , mais les Hélices produisaient des va- 
riétés de coloration et de forme qui s'écartaient un peu de leur type, sans 
toutefois avoir le faciès des Bulimes. 

8 



114 MOLLUSQUES DE LAGENALS. 

Observations sur Je Ihilime Tro)uivé\ 



** Pendant rété de 184'2, je recherchais les MoUusques (jui vivent 
dans nos canx douces et dans nos champs i)Our les comparer avec les 
Coquilles fossiles que m'offraient les calcaires exploités pour la construc- 
tion du pont-canal. Ce fut lors d'une excursion que je fis près le Bé- 
dat***, que je me procurai le Bulimc Tronqué vivant. Je le trouvai au 
nombre de huit individus que j'emportai avec soin. Arrivé chez moi, je 
m'empressai de les mettre sur une caisse remplie de terre où végétaient 
quelques Belles-de-Nuit (Mirabilis Jalapa). Cette caisse était située au 
'•2"« étage , sur une terrasse, très exposée à la chaleur. Je recouvris mes 
Bulimes avec une gaze métallique et je leur donnai des plantes en dé- 
composition. 

Us mangèrent pendant deux soirs et deux nuits avec avidité; ils 
étaient au contraire enfoncés verticalement dans la terre pendant le 
jour et de manière quelquefois à disparaître complètement. Je m'aperçus 
en les retirant que plusieurs avaient fermé leur ouverture avec un épi- 
phragme calcaire blanc brillant****. J'avais soin d'humecter la terre de 
la caisse et de la tenir dans le même état de chaleur humide pour que 
mes Mollusques pussent aller et venir sans être incommodés par la du- 
reté de la surface. Le lendemain, vers sept heures du soir , je renou- 
velai mon expérience en retirant un de mes Bulimes pour savoir com- 
ment il se débarrasserait de son épiphragme. 

Il resta un instant engourdi et sans mouvement. Ce ne fut (pie vers 
sept heures trois quarts que je vis l'épiphragme se mouvoir, se détacher 



* Ces observations ont été consignées dans les actes de la Société Lin- 
néenne de Bordeaux , tome xv , 1" livraison. — Oct 1847. 

** La singularité de la troncature de cette coquille fut décrite par 
Brisson , dans les Mémoires de l'Académie Royale des Sciences , page 99, 
7 Décembre 1759, sous ce titre : Observations sur une espèce de Lima- 
çon terrestre dont le sommet de la Coquille se trouve cassé sans que l'a- 
nimal en souffre. Ce sont des notes prises dans ces mémoires, à Paris , en 
1839, qui m'ont guidé dans mes recherches. 

'** A un quarl-d'heure d'Agen sur la route de Bordeaux. 

**** Planche 1; fig. 4. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 115 

ïontcment et tomber. L'animal se mit alors à ramper et se dirigea vers 
les détritus que deux autres dévoraient depuis un moment. 

Je pus les observer à mon aise pendant l'obscurité , au moyen d'une 
lampe dont je dirigeais la lumière sur eux avec un abat-jour; je les vis 
tous sortir de terre , manger pendant deux ou trois heures et s'enfoncer 
plus ou moins dans la terre après leur repas. 

Le lendemain je remuai la terre pour m' assurer si la position verti- 
cale qu'ils avaient en s'enfonçant était toujours la même. Je m'aperçus 
du contraire, car plusieurs avaient enfoncé leur coquille suivant une 
ligne oblique et d'autres dans une position presque horizontale. Je dois 
le dire pourtant : sur huit Bulimes que je possédais, cinq conservaient 
la position verticale et par suite se trouvaient plus profondément enfon- 
cés que ceux dont la position était oblique; tandis que ceux enfoncés 
horizontalement étaient presque tous à ûeur de terre. Je supposai d'a- 
près cela que les premiers s'étaient enfoncés avant les seconds et ainsi 
les seconds avant les derniers. 

M. Brisson parle dans son Mémoire de jeûnes périodiques que fait l'a- 
nimal lorsqu'il se sent suffisamment repu. Pour bien me convaincre de 
ce fait, je marquai plusieurs individus et je m'aperçus qu'après plusieurs 
jours passés à manger, mes Bulimes s'enfonçaient sous terre, et c'était 
alors que pour jeûner ils fermaient l'ouverture de leur coquille avec 
l'épiphragmc dont il a été question : c'est donc lorsqu'ils cherchent le 
repos et surtout qu'ils se préparent à passer l'hiver qu'ils se cloisonnent 
ainsi. 

Je m'aperçus , pendant les fortes chaleurs de juillet et d'août, que mes 
Bulimes ne sortaient que rarement de leur retraite et mangeaient fort 
peu. Je soulevai la terre qui les recouvrait et ma joie fut grande quand 
je les trouvai chacun sur une pelote de petits œufs ronds et blancs. Je 
me hâtai d'en briser un et j'y vis une petite coquille presque de la gros- 
seur de l'œuf avec un rudiment de spire , mais si gélatineuse qu'il me fut 
impossible de la conserver. 

J'attendis encore quelques jours et je brisai avec précaution un de ces 
œufs qui était exactement rond et friable , comme ceux des Tcstacclles; 
sa circonférence n'excédait pas 3 millimètres. La petite coquille qu'il 
contenait ressemblait au jeune Maillot ombiliqué. Je la posai sur les 
détritus , espérant que l'animal marcherait et essaierait môme de man- 
ger ; mais ni à l'œil nu ni à l'aide de la loupe je ne pus voir faire un 
mouvement à mon jeune Mollusque qui le lendemain était sec et mort. 
Enfin le 22 août, entre sept et huit heures du soir, j'aperçus deux indi- 



1 H) MOLLlSylES IJK l'amenais. 

vidus à peine éclos et cependant marchant les tentacules en avant sur 
un plant de laitue que j'avais posé là à dessein. Je les observai attenti- 
vement à la loupe et je m'assurai qu'ils recherchaient de préférence la 
laitue fraîche aux végétaux morts. Ils avaient la même forme (jue les 
premiers que j'avais retirés de l'œuf, c'est-à-dire que la coquille était 
plus large que haute, conique, arrondie, avec l'ouverture très fragile, 
comme toutes les coquilles non arrivées à leur entier développement ; 
la spire se composait de trois tours ; la couleur du têt était jaunâtre et 
l'animal encore gélatineux avait aussi cette couleur. 

Le 24 , sept petits sortirent de terre en tout semblables aux précé- 
dents. Armé de ma loupe, j'observai quelques jours après si aucune 
spire n'était ajoutée aux autres; il me fut facile d'en apercevoir une 
nouvelle : je vis que le diamètre était changé et que la forme tendait à 
devenir cylindrique. Cette rapidité cessa tout-à-coup et mes IJulimes 
se cachèrent pendant quatre jours. 

Le 30 août le temps devint subitement orageux; je m'empressai de 
monter et je vis la terre remuer dans quelques parties de la caisse; un 
instant après les jeunes et les vieux sortirent de leur trou et se mirent 
à ramper. 11 est à remarquer que les jeunes n'avaient que la tête qui fût 
cachée sous la terre , bien que d'ailleurs ils gardassent la même position 
(pie les vieux*. 

M. Brisson disant dans son Mémoire que le temps consacré à la nu- 
trition était aussi celui de l'accroissement, je laissai mes Bulimes pen- 
dant huit jours sans les regarder, ayant soin de leur donner la pâture. 
Le fait se confirma : leur coquille s'était accrue et comptait déjà six 
tours de spire. Ainsi, depuis leur sortie de l'œuf, c'est-à-dire depuis 
seize jours environ, ils avaient augmenté leur spire de trois tours. 

Cette croissance paraît extraordinaire et pourtant elle ne s'arrête pas 
là. Après quelques jours passés à manger et à jeûner, plusieurs de mes 
Mollusques avaient atteint huit spires; d'autres (et c'étaient les plus nom- 
breux) en avaient atteint neuf; et j'eus même un individu qui en comp- 
tait dix et demi, sans que pour cela aucun fût adulte; car leur péristome 
n'était point formé et leur coluinelle était tronquée comme celle des 
Agatines. 

Il est à noter que. un mois et dix-sept jours à peine s'étaient écoulés 



* S'inclinant plus ou moins, de manière à faire voir la forme de l'an- 
gle. 



MOLLUSQUES l>li; LAGENAIS. 117 

depuis leur naissance , lorsque je vis mes Bulimes avec tous leurs tours* 
(Nous étions alors au "l'I octobre 1842.) 

Toujours guidé par les notes que m'avait fournies le Mémoire de 
M. Brisson , j'attendais que l'animal retirât son corps et le descendit à 
la cloison inférieure du second tour. Je fus bientôt satisfait , car trois 
individus abandonnèrent le premier tour au commencement du mois 
cité. (Je pus m'en apercevoir à la transparence de la partie vide.) Le 
lendemain deux autres avaient abandonné le premier et le second; et un, 
plus actif, avait même quitté le troisième. 

J'observai attentivement ce dernier avec ma loupe , et au moyen de la 
lampe placée derrière la coquille, je pus apercevoir une cloison formée 
au dessous des trois spires que le Mollusque avait quittées ; je notai pré- 
cieusement cette particularité qui me prouvait qu'au moyen de cette 
cloison l'animal avait le soin de mettre sa coquille à l'abri des influences 
atmosphériques , et qu'après cette opération il pouvait se défaire des 
spires inutiles, sans nuire en rien au développement des autres par- 
ties. 

Il me restait à savoir comment mes Bulimes s'y prendraient pour 
opérer la fracture de leur coquille, et si les tours se détacheraient en- 
semble ou partiellement. 

Malgré toute l'assiduité que je mis à les observer, sur cinq arrivés au 
moment de briser leur têt, deux le tirent sans que je m'en aperçusse 
autrement que par les sommets détachés de leur coquille, que je trou- 
vai gisants svu- la terre de la caisse. 

Il m'en restait trois, et de ceux-ci pourtant j'obtins entière satisfac- 
tion, car le soir, à sept heures , je vis rôder mes petits Bulimes autour 
des rugosités du terrain, et se posant sur la partie antérieure de leur 
coquille , la faire tourner de manière à décrire un arc de cercle. Presque 
dans l'angle de la caisse se trouvait la racine d'une Belle-dc-Nuit qui 
s'élevait au-dessus de la surface; un de mes Bulimes s'était mis tout 
contre, présentant sa tête dans la concavité de l'angle; alors élevant un 
peu la partie postérieure de la coquille , il l'agita en décrivant une courbe 
rapide, et, heurtant le tronc de la plante, en fd se détacher les trois 
tours vides brusquement et à la fois; ce ne fut pourtant que d'une ma- 
nière imparfaite, car plusieurs parties du 3™" tour adhéraient encore au 
4™^ et formaient des anfractuosités assez semblables à des dents irrégu- 
lières. Je ne tardai pas à en voir faire autant aux deux autres qui prirent 
pour moyen de brisement l'un une petite pierre et l'autre un morceau 
de bois se détachant do la caisse. Je pus m'assurer alors que la cloison 



ILS MOLLUSQUES DE LA(;KNAIS. 

('Iciit faite en spirale déprimée vers les bords , convexe vers le centre, et 
(|uelle fermait hcrniétiqnement toutes les parties du sommet. 

Le retrait du corps de l'animal laissant la partie vide privée de subs- 
tance alimentaire , le têt doit nécessairement arriver à un état de dépé- 
rissement complet. L'air comprimé par la cloison inférieure doit aussi 
donner plus de facilité à la cassure et rendre le têt plus susceptible d'un 
bris instantané lorsqu'il est frappé contre un corps dur, ce qui me fait 
penser que la sécheresse et l'air comprimé sont les principaux agents de 
la rupture. 

Le temps étant subitement devenu froid et sec , mes Bulimes jeunes 
et vieux se cloisonnèrent et restèrent sous terre, entièrement à l'abri de 
l'air. 

Quelque temps après , je soulevai la croûte qui les recouvrait , ayant 
soin de rhumectcr un peu, et je vis tous mes Mollusques fermés par 
leur épiphragme et conservant l'immobilité des Chrysalides. Je les recou- 
vris alors après m'ètre assuré que leur position était toujours variable, 
sans toutefois s'écarter des trois manières précitées. 

Pendant tout l'hiver de 1842 à 1843, ils restèrent ainsi inertes dans 
leur trou ; seulement par une huitaine de jours très doux, deux ou trois 
sortirent et je vis les autres sans épiphragme, sous la terre qui les re- 
couvrait encore 

Aussitôt que la végétation se fit sentir aux petits arbustes de ma ter- 
rasse, je m'empressai de lever la croûte de terre durcie au-dessus de 
mes Bulimes , espérant par ce moyen procurer à mes Mollusques une 
sortie plus facile , ce qui fut vérifié bientôt , car ils sortirent tous le soir 
du 5 avril. 

Je m'empressai de leur apporter un plant de laitue, et l'avidité qu'ils 
montrèrent en dévorant tous les parcnchynu's de cette plante me 
prouva qu'ils ne revenaient à la surface que lorsque la végétation était 
assez avancée pour suffire à leur nourriture. Car, resserrés comme ils 
l'étaient au milieu d'vm petit espace , dans un peu de terre végétale en- 
close elle-même entre quatre planches , l'air ne devait nécessairement 
les pénétrer que fort tard puisque, comme je l'ai dit plus haut , la caisse 
était sur un toit borné par quatre murs dont un seul , au couchant , lais- 
sait arriver quelques bouffées de Nord-Ouest. 

Je crois bien que , libres , ils doivent sortir du sommeil léthargique 
dans lequel ils sont plongés avant l'époque à laquelle ils se sont mon- 
trés chez moi dans des conditions si opposées . surtout obligés de borner 
leurs mou\ements dans un espace très limité. 



MOLLUSQUES DE LAGEKAIS. 119 

J'attendais avidement l'instant qui devait me rendre témoin de l'ac- 
eoiiplcment de ces singuliers Mollusques, et je fixai principalement mon 
attention sur les vieux, sans perdre les jeunes de vue. 

Le 6 avril , à l'entrée de la nuit , je commençai à voir quelques indi- 
vidus quitter leurs trous et s'acheminer presque tous vers le centre de 
la caisse. Après plusieurs tours très lents, deux couples semblèrent se 
rapprocher , et au bout d'un instant la position de leur coquille prit une 
direction tout-à-fait opposée , c'est-à-dire que les deux ouvertures se 
présentaient en sens inverse, appliquées l'ime à l'autre, la base de la 
columelle se collant au péristome de l'autre , et ainsi pour les deux dont 
les ouvertures se touchaient , laissant les sommets opposés sur un même 
plan horizontal. 

Plusieurs de mes Bulimes s'accouplèrent le même soir , et le lende- 
main la majeure partie avait satisfait aux lois de la reproduction des 
espèces. Le lendemain l'accouplement durait encore pour plusieurs . 
tandis que d'autres s'étaient déjà enfoncés sous terre. 

Mes jeunes Bulimes mangeaient toujours et je pus apercevoir alors 
que leur spire se dégageait au sommet par la rétraction du corps. Je me 
hâtai de briser la partie vide et je fus convaincu alors d'un fait que j'a- 
vais théoriquement avancé; c'est que l'animal, en se retirant, cloisonne 
la partie qu'il doit habiter pour la séparer de celle qu'il quitte, car la 
spire que j'avais séparée brusquement laissa à jour la partie que l'animal 
cloisonnait mais qui n'était pas encore terminée. Je vis le corps se ré- 
tracter et descendre encore une spire; un instant après je m'aperçus qu'il 
suintait par la partie non terminée une liqueur visqueuse qui s'augmenta 
lentement pendant près d'une heure et demie. Au bout de ce temps la 
cloison des deux tours abandonnés fut entièrement fermée par cette li- 
queur qui devint , en peu d'instants de la même dureté que le têt , étant 
comme lui du carbonate de chaux. 

Mes vieux Bulimes ne se montrant plus, je dus diriger mes recherches 
sur les jeunes et je les suivis dans toutes les phases de leur accroisse- 
ment. 

Alternativement plongés dans la terre et observant leurs jeûnes pério- 
diques , après avoir cassé leur spire deux fois , mes Mollusques m'appri- 
rent que s'ils perdaient au sommet , leur base prenait plus d'ampleur et 
s'augmentait aussi pour ne point laisser de lacune dans le nombre de 
tours qu'ils doivent avoir, parvenus à l'état adulte. 

On a vu que mes jeunes Bulimes avaient cassé trois spires la première 
fois, et que la seconde ils n'en avaient cassé que deux; celui sur lequel 



120 MOLLlSyiES DK L AC.KNAIS. 

j'avais moi-même opéré l'amputation ne parût nullement incommodé de 
cet accident forcé, et se portait aussi bien que ses congénères, dont la 
fracture s'était faite de leur propre volonté. 

Quelques jours après mes Mollusques brisèrent ciuore leur coquille, 
mais cette fois il y en eut qui ne cassèrent qu'une spire tandis que plu- 
sieurs en cassèrent une et demie. La coquille se trouvait en ce moment 
très forte à sa base et l'ouverture affectait une forme plus accusée ; ses 
spires étaient au nombre de quatre et demie . ce qui laissait mes indi- 
vidus dans le même état qu'après la 2= fracture. 

En suivant toutes les gradations de la rupture de la coquille j'en suis 
venu à voir son accroissement parfait lorsquelesBulimes l'eurent cassée 
cinq fois , pendant lesquelles un tour de spire toujours grossissant gra- 
duellement avait été ajouté à la base tandis que le sommet perdait un ou 
deux de ses tours. Le ligament qui enroule et fixe l'animal à la columelle 
a descendu deux spires de plus , de telle sorte que l'animal se trouve à la 
hauteur de la base qui s'élargit à mesure qu'il prend un développement 
|»lus large. Il y a donc un temps de repos entre le brisement du sommet 
et l'agrandissement de la base. 

Vers la fm du mois de mai mes Bulimes furent tout-à-fait formés , le 
dernier tour constituait à lui seul les 3i4 de la coquille , le péristome s'é- 
tait épaissi et se renversait même un peu vers la base de la columelle. 

Ainsi, tout bien considéré, lorsque l'animal sort de l'œuf il a trois spires, 
il en ajoute quelquefois dix autres pendant son accroissement, ce qui fait 
treize et nous donne la longueur de 51 à 52 milli™. 11 casse sa coquille cinq 
fois; à la première les tours primitifs ont été augmentés de six autres qu'il 
conserve, tandis que les trois premiers sont brisés. La seconde fracture 
est de deux tours et demi , et les trois brisures qui suivent ne sont que 
d'une spire chaque fois lorsque la base s'augmente d'une plus ample. Il 
a donc perdu trois tours une fois , la deuxième deux et demi , la troisième 
un , la quatrième un , et enfin la cinquième encore un ; ce qui fait un total 
de huit spires perdues ; sa longueur est alors de 34 millimètres et son 
diamètre de 11. 

Quand à mes vieux Bulimes ils restèrent sur leurs œufs pendant à peu 
près deux mois, durant lesquels ils sortirent rarement de terre, touchant 
à peine aux aliments que je leur présentais. Les petits firent leur éclo- 
sion vers le 13 juin, j'en comptai un soir jusqu'à 32; ils n'avaient alors 
que leurs trois spires. Vers cette même époque mes jeunes Bulimes de 
1842 s'accouplèrent , pondirent, et vers le" septembre 1843 je vis encore 
quelques petits de cette seconde couvée. Mes individus adultes étaient 



MOLLUSQUES DE L AliENAlS. 



121 



d'assez belle taille , mais ils étaient loin d'atteindre les propoitions 
colossales du Bulime Tronqué de Bougie , dans nos possessions d'A- 
frique. 



.*-.->çS<-^— • 



4. B. Aigu. — B. Acutus. (Bnuj.) 

Syn. — B. Acutus, Brug., Drap., Mich., Mill.^ des MouL, Grai., À. 
Gras , NouL, Merm. — H. Acuta, MulL, GmeL, Dilw. — Turbo Fas- 
ciatus, Penn. — Bul. Fasciatus, Turt. 

Animal : grisAtre, pûle ou jaunâtre; tentacules gris en- 
fumé. S'accouple en mai , juin, juillet et septembre , pond 
de petits œufs opalins, qui éclosent au bout de 20 jours; 
les petits sont adultes vers le milieu de la deuxième année. 
Coquille : turriculée , coniforme , allongée , aiguë , striée, 
marquée de bandes obliques fauves ou noires , souvent 
interrompues de taches blanches ; couleur de l'épiderme 
grisâtre; ouverture ovale-arrondie ou presque ronde; 
péristome simple à bords tranchants ; columelle un peu 
réfléchie ; ombilic médiocre ; 7 à 9 tours convexes ; suture 
profonde. 

Var. a. — Unicolor. 
Hauteur : 12-18 milli'". — Diam. i-6 milli'". 
Habite : à Lalongue, près Boé , sur des platanes; à St- 
Pierre-de-Gaubert , à Lamagistère; rare. Commune dans 
les alluvions de la Garonne. 



5. B. Ventru. — B. Ventricosus. (Drap.) 

1. — B. Ventricosus, Drap., Payr., À. Gras,Noul., Desh., Tur 
H. Ventrosa, Daud. 

Animal : grisâtre ou un peu fauve. (Noulet.) 



122 MOLLUSQUES I)K LAGKiNAIS. 

(îoquille : coniciiic, allongée, plus couito et plus rcnllôe 
que la précédente avec laquelle elle a de grands rai)poits; 
ouverture demi-ovale; péristonie sim[)le; ombilic médio- 
cre; G-7 tours de spire; suture marquée; épidémie gris- 
opaque , entouré en spirale par une bande fauve ou brune 
transparente, in\isible intérieurement. 

Hauteur : H milli'". — Diam. 5-G milli"'. 

Habite : les alluvions de la Garonne , le département? 
rare. — (Je ne l'ai point trouvée avec l'animal.) 

6. B. Brillant. — B. Lubricus. (Bnuj.) 

Syn. — B. Lubricus, Z?rM(7., Drap., Brard., Poir., MilL, des MouL. 
NouL, Dup. — H. Sub-Cylintlrica, Linn. — H. Lubrica, Midi., Daud. 
Turbo glaber, Dacos. — B. Acbatina lubrica. Mich., Joba , &. — La 
Brillante, Geoffroy. 

Animal : noir en-dessus, bleuâtre en-dessous; tentacules 
déliés et assez fortement oculés. 

Pond en avril et mai , sc-s œufs sont déposés à la base des 
plantes, sur la terre humide, ils sont très-petits et très- 
ronds, blancs-laiteux et hyalins, réunis par un mucus in- 
colore ; leur nombre dépasse rarement 20 , éclosent 1 r> 
jours après, sont adultes à la lin de l'été. 

f.oquille : ovale, allongée, lisse, sans épidémie, trans- 
parente et brillante; ouveiture ovale, entière; périslome 
bordé d'un bourrelet rougeâtre paraissant à l'extérieur; 
columelle droite et calleuse recouvrant complètement la 
fente ombihcale ; couleur de corne foncée ou l)iunAtre; 
spire composée de six tours convexes; suture marcpiee; 
sommet obtus. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 123 

Hauteur : 5-6 millr. — Diam. 3 milli"'. 

Habite : sous l'herbe humide des oseraies des bords de 
nos grands cours d'eau, la Garonne, le Lot, le Gers, la 
Baïse, &; très-commune au bas de Rouquet, au Passage, 
à Lalongue , &, près Agen. — (C'est l'espèce la plus abon- 
dante dans les détritus des alluvions de la Garonne.) 

Observation : Notre Bulimus Luhricus est bien un Bulime et non 
une Agatine comme l'ont avance plusieurs auteurs : son ouverture en- 
tière et sans troncature l'en éloignent complètement; quand à l'absence 
d'épiderme ce caractère ne peut être invocpié sérieusement , le Bulimus 
Truncatus en étant dépourvu. — Le B. Lubricus relie les Bulimes aux 
Agatines qui , du reste, ne sont que des Bulimes à columelle tronquée. 



GENRE SEPTIEME. 
Ag^atine. — Achatina. ( Lamarck.) 

CARACTÈRES : 

Animal : semblable à celui desBuUmes. 

Coquille : ovale ou oblongue ; ouverture ovale , bord la- 
téral tranchant, non réfléchi; columelle nue, Hsse, tron- 
quée à sa base; un épiphragme papyracé. Vivent dans les 
lieux humides, sous les pierres, les feuilles mortes, &. 

ESPÈCE UNIQUE : 

A. Aiguillette. — A. Acicula. (Lamarck.) 

Syn. — A. Acicula, Lamk., BouiL, Mich., A. Gras,Noul., Dup., Merm., 
Joba. — Bulimus Acicula, Drap., Voir., Brard. — H. Acicula, Fer., 
Daiid., Sow , &. — Buccinum terrestre, Montagu. — Bue, Acicula, 
Dihv. — L'Aiguillette, Geoffroy. 

Animal : blanchâtre; tentacules liliformes, non renflés au 
somme I . 



124 MOLLUSOlîES DE l'a(.K>AIS. 

Cc)(|LiiIle : très-allongée , blanche et luisante , sans épi- 
démie, transparente à l'état frais, opaque lorsqu'elle a roulé, 
lisse, sans stries; ouverture ovale-oblongue, tronquée à la 
base du bord columellaire ; péristome simple et tranchant ; 
point d'ombilic ; spire de six tours à peine bombés , le der- 
nier plus grand proportionnellement ; sommet mamelonné. 

Hauteur : 5-7 milli"". — Diam. 1 \\i milli"'. 

Habite : Saint-Vincent, Thibet, Cambes, aux environs 
d'Agen; très-abondante dans les alluvions de la Garonne. 



GENRE HUITIEME. 
Azèque. — Azeca/ (Leach.) 

CARACTÈRES : 

Animal : semblable à celui des Bulimes. 

Coquille : fusiforme ou oviforme ; ventrue, atténuée à 
ses deux extrémités , lisse et luisante ; tours de spire reliés 
par une suture à peine visible ; ouverture sub-pyriforme , 
dentée; péristome sub-continu ; la dent principale du bord 
columellaire s'enfonçant en lame semi-élastique dans l'in- 
térieur de la coquille ; — vit dans les bois humides , sous 
les feuilles mortes. 



* .]p dois la traduction du fcxtc anglais du genre Àzeca ii l'obligeance 
de mon ami Tabbé Dipj v 



MOLLUSQUES DE l'aGENaIS. 125 

ESPÈCE UNIQUE : 
A. Tridentée. — A. Tridens. (Aider.) 

Syn. — A. Tridens Aid. — A. Matoni, Turt. — Turbo Tridens, Pult.— 
Achatina Goodallii, Rossm. — Pup. Goodallii, Mich., — Joba. 

Animal : pied blanchâtre , tête et cou grisâtres ; tenta- 
cules noirâtres, les supérieurs assez allongés, oculés et 
mamelonnés à leur sommet ; les inférieurs courts , gros et 
obtus. 

Coquille : dextre , ovale , oblongue , obtuse des deux 
côtés , ventrue au centre ; lisse , brillante , diaphane , 
couleur d'écaillé claire ; ouverture grimaçante , presque 
triangulaire ; une dent au bord droit qui est épaissi infé- 
rieurement avec un sinus à la partie supérieure ; bord 
columellaire possédant quatre dents, deux grandes et deux 
petites ; deux de ces dents s'enfoncent en lames d'un blanc 
de lait dans l'intérieur de la coquille ; spire de sept tours à 
peine visibles; suture presque nulle. 

Hauteur : 6-7 milli"^. — Diamètre : 2-3 milli"™. 

Habite : les bois humides ; — trouvée une seule fois 
vivante à Beauregard; les alluvions de la Garonne; — 
rare. 

Observation. — Rossmassler a fait une Agatine de cette espèce, 
malgré l'absence du caractère principal : la troncature de la base de la 
columelle. Cette coquille a beaucoup de ressemblance avec le Bulimus 
Lubricus. 



126 MOLLUSQIES Dl- LAGliN AIS. 

GENRE NEUVIEME. 
Glausilie. — Glausilia. (Drap.) 

Animal : corps grêle, tortillon très-allongé, trachée 
saillante en tube conique et court qui est reçu dans la 
gouttière de la columelle. 

Coquille : sénestre, fusiforme; sommet grêle et obtus; 
péristome continu; osselet élastique (clausilium) en gout- 
tière, attaché par un pédicule sur la columelle et situé dans 
l'intérieur de la cavité du dernier tour. Vivant dans les 
crevasses des arbres, sous les pierres, (Drap.) S'Ous^ les 
feuilles, les vieux murs. 

IJSPÈCES : 
1. G. Lisse. — G. Bidens. (Drap.) 



Syn. — Cl. Bidens. Drap., Mill., Coll.-des-Cher., Ditp..Mich., À. Gras, 
BrariL.Goup., BotiilL, Put.,Buvig., Joba. — Bulimus Bidens, Brug., 
Pair. — Turbo Bidens, Chcm. — Cl. Laminata, Turt. — Turbo La- 
minatus , Dilw. — Hel. Derugata, Fér, 



Animal : grisâtre, ardoisé, transparent, pied grêle; 
tentacules supérieurs gros et fortement oculés , les infé- 
rieurs courts. 

Pond dans le tronc des vieux saules une vingtaine d'œufs 
hyalins, retenus par un léger mucus; les petits sont adultes 
la 2*^ année. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. \tl 

Coquille : sénestre, fusiforme , allongée, un peu ventrue 
vers le centre; finement striée en long, luisante, épider- 
niée; ouverture ovale, anguleuse supérieurement , le bord 
latéral un peu cintré ; péristome réfléchi, continu, à bour- 
relet très-blanc et épais ; sur la columelle existe un pli , un 
autre sur le l)ord columellaire, et enfin un autre pli ou lame 
élastique nommée clausilium et qui s'enroule dans l'inté- 
rieur ; entre cette lame et celle de la columelle se voit un 
autre pli peu apparent , et un dernier pli part de la base 
interne et se dirige obliquement de gauche à droite ; point 
d'ombiUc ; spire de dix tours convexes s'amoindrissant vers 
le sommet qui devient brusquement obtus et un peu ma- 
melonné; suture médiocre; couleur fauve luisante; quel- 
ques fois grisâtre. 

Hauteur : 20-22 miUi"'. — Diam. 5 milli"\ 
Habite : les saules , tout le long de la Garonne ; commune 
au bas de Rouquet , au Passage, à Lalongue, &. 

2. C. Ventrue — C. Ventricosa. (Drap.) 

Syn. — Cl. Ventricosa, Drap., Mich., Bouil., Rossm., NouL, A. Gras, 
Dup., Merm., Joba. — H. Ventriculosa, Fer. — Cl. Biplicata, Turt. 

Animal : noirûtre ou grisâtre, tacheté sur le cou. 

Coquille : sénestre , fusiforme , ventrue, fortement striée 
en long ; ouverture ovale , entière , anguleuse supérieure- 
ment ; péristome continu , réfléchi et blanc ; ombilic recou- 
vert par la saillie du péristome ; la columelle est garnie de 
deux plis , comme la précédente , et ainsi que le bord laté- 
ral qui en possède un autre ; spire de 1 0-1 1 tours convexes ; 



'128 .MOLLUSOIKS DE LAGRNAIS. 

suture })rolbnde; sommet mamelonné; couleui- l)ruu-ionc'é, 
avec des reflets dorés. 

VaR. a. MiNOR. 

Hauteur : 12-1 S milli'". — Diani. 3 1i2 4 milli"'. 

Habite : les bois montueux, à Layrac, Estillac , Moirax; 
rare. La var. A : à Laroque-Timbault ; rare (M.Debeaux, 
fils); alluvions de la Garonne ; rare. 

5. G. de Rolph. — G. Rolphii. (Gray.) 

Syii. — Cl. Rolphii, Gray., Med. Repos., Turton, Manual of laiid 
and Fresli-Water Mollusca, pag. 215. — Cl. Ventricosa, Drap., 
Noul.,Dup., Grat. 

Animal : noirâtre; tentacules supérieurs déliés et renflés 
au sommet; pied très-aigu. 

Pond de mai à juillet une dizaine d'œufs opalins sous les 
feuilles mortes. 

Coquille : sénestre , ventrue, solide, opaque ou légère- 
ment miroitante, brun rouge avec des stries régulières 
élevées et serrées ; ouverture ovale rétrécie supérieurement 
avec 4 ou 5 plis dont deux plus longs -, dix tours de spire 
gradués et renflés au centre ; sommet mamelonné et tordu ; 
suture médiocre. 

Hauteur : 12-12 1l2 milli"'. — Diam. 3 milli"'. 

Habite : sous les feuilles mortes , dans les bois humides 
et montueux , au levant et au nord , à Dorville , Beaure- 
gard , Lécussan , Trenquelléon , & ; n'est pas commune; 
rampe à terre , ne s'élève pas sur les plantes. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 129 

4, C. Plicatule — C. Plicatula. (Drap.) 

Syn. — Cl. Plicatula, Drap., Uéc, des Moul., Rossm., Pfeif., Merm. — 
Cl. Nigricans? Auct. Angl. Turbo Nigricans , Vilw. 

Animal : grisâtre, pied très-aigu postérieurement. 

Pond en mai et juin 30-40 œufs opalins, agglomérés, 
dans le creux des saules , l eclosion à lieu 20 jours après. 

Coquille : sénestre , fusiforme , très allongée , striée lon- 
gitudinalement d'une manière régulière ; de loin en loin à 
l'insertion des tours sont placées de petites flammules , 
striées, interrompues, formant des radiations grisâtres 
tranchant sur le fond brun de l'épiderme; ouverture sub- 
arrondie, oblique et anguleuse supérieurement; péristome 
continu, réfléchi, détaché et saillant, blanc ou rosé; quatre 
plis sur la coliimelle , quelquefois un cinquième formé par 
le surbaissement du bord latéral extérieur ; ombilic évasé ; 
1 2 tours de spire peu saillants ; sommet mamelonné; suture 
médiocre. 

Hauteur : 14 milli'". — Diamètre : 2 'l|2 milli"". 

Habite : les vieux saules , dans les oseraies des bords de 
la Garonne, à Rouquet, le Passage, Saint-Hilaire , Riols, 
Lalongue, &., très-commune. 

5. G. Rugueuse. — G. Rugosa. (Drap.) 

Syn. —Cl. Rugosa, Drap., Mill., NouL, Bouill., Dup.,Grat.,A.Gras, 
dct Moul., Merm., Joba. — Cl. Pcrversa, Pfeif. — Bulimus perversus, 
Brug. — H. Perversa , Daud. — Turbo perversus , Penn. — La non 
Pareille, Geoffroy. 

Animal : presque noir, très grêle; œufs très-petits, opa- 
lins, déposés sous les pierres, au nombre de 1 5-20. 

9 



130 MOLLUSQUES 1>E LAGENAIS. 

Coquille : sénestre, fusifornio, allongée, un peu ven- 
true ; stries fortes et longitudinales; marquée vers la partie 
supérieure de la suture par des stries plus fortes , courtes 
et formant de petits points miroitants ; ouverture ovale, ré- 
trécie supérieurement; péristome continu, saillant, réfléchi 
et blanc ; deux plis sur la columelle ; 1 2-1 3 tours de spire 
peu convexes; suture peu marquée; couleur brun, doré, 
miroitant. 

Hauteur : 1 5 milli"\ — Diamètre : 2 1i2 milli"*. 

Habite : les rochers, les vieux murs de terrasses, dans les 
rochers, les vignes , les troncs des vieux saules, àCambes , 
Charpau, Tournon, Viane, Damazan , &.; très-commune. 

6. G. Naine. — G. Parvula. (Mich.) 

Syn. — Cl. Parvula, Mich., Sturm, Dup., A. Gras, Goup., Merm.,Joba. 

Animal : noirâtre en dessus , enfumé en dessous ; ten- 
tacules très petits et gros, les inférieurs peu apparents. 

Pond dans les interstices des vieilles murailles ou des 
rochers ; ses œufs sont fort petits et éclosent dans les pre- 
miers quinze jours. 

Coquille : sénestre , fusiforme , petite et très gracieuse ; 
luisante , couleur d'écaillé transparente ; striée très fine- 
ment ; ouverture ovale renflée au bord latéral et terminée 
supérieurement par un angle très rétréci ; quatre dents , 
deux placées sur la columelle et les deux autres à la base 
du bord inférieur; péristome continu, réfléchi, très déta- 
ché et saillant; bourrelet blanc, éminencc dorsale très 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 131 

proéminente ; neuf tours peu arrondis , suture médiocre , 
sommet mamelonné. 

Hauteur : 6-10 milli"". — Diamètre : 1 1i2 milli™. 

Habite : les vieux murs de ville à Agen , les rochers , à 
Saint-Vincent, Pompéjac, Bellevue, &.; à Tournon sous 
les rochers de la ville , à Saint- Julien-de-Fargues ; — très 
commune. 

Obsehvation. — Cette espèce varie peu pour la taille ; elle a de gran- 
des ressemblances avec la C. rugosa; elle s'en éloigne par ses stries, 
presque nulles par le nombre de ses plis à l'ouverture et par la saillie 
beaucoup plus forte de son péristome ; la couleur du têt est aussi plus 
transparente. 



GENRE DIXIÈME. 
Maillot. — Pupa. (Lamk.) 

CARACTÈRES : 

Animal : semblable à celui des Hélices et Clausilies ; les 
tentacules plus gros et plus courts; les inférieurs surtout 
sont à peine visibles. 

Coquille : dextre ou sénestre selon les espèces ; cylin- 
dracée fusitorme ou conique , pupiforme , épaisse ; sommet 
obtus , ouverture demi-ovale , dentée ou plissée , ordinai- 
rement droite, sub-anguleuse inférieurement. 

Même habitat que les Clausilies. 



132 MOLLUSQUKS DK LAGENAIS. 

ESPÈCES : 

A. Coquille Ovale, Cylindrique, Obtuse et Dexlre. 

i. Ttl. Bordé. — P. BŒarginata. (Drap.) 

Syn. — P. Marginata, Drap., Brard.,Mill., AU., Turt., des Moul., Grat., 
BouiL, Rossm.^Noul., A.Gras, Merm., Joha. — Bul,Muscorum, Poir. 
Le petit Barillet, Geoffrotj. 

Animal : pâle, tête et tentacules bleuâtres. 

Coquille : dextrc, petite, solide, ovale, cylindrique, 
obtuse, mamelonnée au sommet ; ouverture semi-lunaire , 
arrondie inférieurement ; columelle munie d'une lame ou 
pli blanc; péristome garni de blanc, réfléchi et très visible 
en dessus ; ombilic assez ouvert ; six tours de spire pres- 
que égaux , le dernier à peine plus grand ; suture pro- 
fonde; couleur brunâtre , transparente. 

Hauteur : 3 1|2 milli™. — Diamètre : 1 1i2milli'". 

Habite : sur les vieux murs de la ville à Agen ; chez 
M. Ducos, rue Porte-Neuve ; aux cimetières Ste-Foy et St- 
Hilaire ; commune dans les mousses , sous les pierrailles 
à Tournon, Péricard, à. ; — trèscommune dans les alluvions 
de la Garonne. 

2. Dfl. Ombilîqué. — P. Umbilicata. (Drap.) 

Syn — P. Umbilicata, Drap., MilL, des Moul., Goup., Merm. — Bu- 
limus muscorum , Brug. — H. Umbilicata , Dau4. 

Animal : chagriné , presque noir en dessus , plus pâle 
en dessous. 

Pond en avril , mai et juin ; ses œufs, au nombre de 1 5 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 133 

à 20 , sont extrêmement petits et dispersés sous les feuil- 
les mortes ou sous les débris calcaires. 

Coquille : dextre , plus grande que la précédente , ombi- 
liquée plus fortement ; s'en distingue aussi par son péris- 
tome peu réfléchi, non bordé, et surtout par l'absence de 
bourrelet extérieur; ouvertuie demi-ovale ou semi-lu- 
naire , arrondie intérieurement ; péristome blanc réfléchi ; 
une dent ou lame sur la columelle ; ombilic évasé et pro- 
fond, sept tours convexes presque égaux, sommet mame- 
lonné; suture médiocre. 

Hauteur : 4 milli'". — Diamètre : 2 1i2 milli"". 

Habite : à Agen sur les vieux murs de ville , sous le 
ciment et les détritus calcaires ; commune rue Lacépède ; 
aux cimetières; à Saint-Vincent, Sabioy-Sagut ; à Saint- 
Amans dans la garenne ; — à Tournon , Thézac , Beau- 
ville , &. ; — à Nérac *, à Saint-Julien-de-Fargues ; à 
Sos ,&.,&.; — très commune partout. 

5. M. Barillet. — P. Doliolum. (Drap.) 

Syn. — P. Doliolum, Drap., A. Gras, Joha, &. — Bulimus doliolum, 
Brug. — Hel. doliolum , Fér. — Le grand Barillet , Geoffroy. 

Animal : grisâtre, transparent. 

Coquille : dextre , cylindrique , obtuse à la base et au 
sommet qui est fortement mamelonné ; ouverture ovale , 
obUque ; péristome réfléchi , blanchâtre ; un pli très appa- 
rent au milieu de la columelle* ; stries obliques assez for- 



* L'espèce de Draparnaud porte deux plis peu apparents; la nôtre 
serait-elle une variété? 



184 MOLLUSOUES I)K l'aGENAIS. 

tes ; ombilic à peine visible ; spire de 8-9 tours acuminés 
vers la base, renflés au sommet; suture médiocre et pa- 
raissant crénelée par la rupture des stries. 
Hauteur : 5-0 milli'". — Diamètre : 3 milli"\ 
Habite : Puymirol , dans les bois , rare ; — à Saint- 
Julien-de-Fargues, rare; — les alluvions de la Garonne , 
assez commune. 



B. Coquille Oblonguc, Cylindrique et un peu Conique. 

4. M. Grain. — P. Granum. (Drap.) 

Syn. — P. Granum, Drap.,Noul.,Dup., BouilL, Dcsh.,Rossm.,Merm., 
A. Gras. — Hel. granum, Daud. 

Animal : noir , tentacules supérieurs déliés , oculés au 
sommet, les inférieurs courts; pied linguiforme ; élevant 
sa coquille assez haut du sol sur lequel il rampe. 

Coquille : dextre, fusiforme, conico-cylindrique , som- 
met mamelonné; ouverture ovale, plus haute que large; 
une dent au milieu de la columelle; intérieur garni de cinq 
plis très enfoncés et visibles à la loupe*; péristome blan- 
châtre, peu épais, saillant et fortement ombiHqué; cou- 
leur de corne brune , foncée et terne ; 7-8 tours convexes ; 
suture très marquée, striée obUquement. 



* Les plis de riiitérieur sont produits par dos dépressions do l'émi- 
nonco dorsale et sont très visibles en dehors. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 135 

Hauteur : 4-5 milli"'. — Diamètre : 1 1 12 milii"*. 

Habite : les rochers arides exposés au Sud , près Agen ; 
au Grézel, à Montbran, Estillac , Moirax, &; — à Tour- 
non , Péricard , Libos, &. ; — à Nicole , Marmande, &. ', — 
les allu viens du Lot et de la Garonne ; — commune. 

5. M. Avoine. — P. Avena. (Drap.) 

Syn. — P. Avena, Drap. , Brard., Merm., Joba, &i. — Hel. Avena, 
Daud. — Bulimus Avenaceus , Brug., Poir. — Chondrus Avenaceus, 
Guér. — Turbo Junipieri , MoJitf., Dilw. — Turbo multidentatus, Oliv. 
— Le Grain d'avoine , Geoffroy. 

Animal : presque noir, dessous gris enfumé, tentacules 
déliés. 

Coquille : dextre, fusiforme, conique, allongée; ouver- 
ture demi-ovale avec deux plis sur la columelle ; deux sur 
le bord columellaire et les autres à l'intérieur { ces plis ne 
sont guère visibles à l'œil nu); péristome blanchâtre, ré- 
fléchi; ombilic médiocrement ouvert; 7-8 tours acuminés 
au sommet ; suture marquée ; stries assez fortes ; couleur 
brun-violet presque noir. 

Hauteur : 7 milli™. — Diamètre : 2 milli™. 

Habite : le Haut-Agenais , à Tournon , Thézac , Péricard , 
Beauville,Monsempron, è; — très abondante sous les pierres 
et surtout aux murailles sèches qui enclosent les propriétés. 

6. M. Variable. — P. Variabilis. (Drap.) 

Syn. — P. Variabilis, Drap. — Hel. Mutabilis, Daud. 

Animal : pâle , grisâtre ; tentacules supérieurs longs , 
les inférieurs courts. 



131) MOLLUSOL'ES DE LAGENAIS. 

Coquille : dextre , oblongue , quelquefois ovilorme ; 
striée; ouverture demi-ovale avec 5-6 petites lames ou 
plis dont deux inférieurs et quatre supérieurs ; péristome 
réfléchi épais et blanc ; ombilic oblique ; 9-1 tours con- 
vexes , acuminés au sommet , laissant la base plus large ; 
suture marquée, couleur de corne brune luisante. 

Hauteur : 7-1 4 milli™. — Diamètre : 3-4 milli*". 

Habite : les alluvions de la Garonne ; — rare. 

Observation. — Cette espèce varie beaucoup pour la taille et par le 
nombre de plis de l'ouverture. 

7. TH. Seigle. — P. Secale. (Drap.) 

Syn. — l». Secale, Drap , Desh., Lamk., Rossm., des Moul.,Noul., A. 
Gras, Dup., Merm.,Joba. — Hel. Secale, Daud. 

Animal : brunâtre, clair ou grisâtre. 

Coquille : dextre , cylindracée , acuminée vers le som- 
met, striée; ouverture ovale, ornée de 7 à 8 plis assez 
visibles ; bord marginal réfléchi , fauve ; ombilic visible et 
profond , suture médiocre ; 1 tours peu convexes , som- 
met mamelonné ; couleur de corne brune un peu luisante. 

Hauteur : 7 milli"". — Diamètre : 2-3 milli"". 

Habite : les alluvions du Gers et de la Garonne ; rare. 

8. BŒ. Grimace. — P. Ringens. (Mie h.) 

Syn.* — P. Ringens, Mich., Merm. 

Animal : grisâtre. 

Coquille : dextre , cylindracée , un peu ventrue ; ouver- 
ture semi-lunaire , rétrécie , garnie de six plis très visibles ; 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 137 

péristoiiie fauve, réfléchi; ombilic peu apparent; 8 tours 
de spire gradués et peu striés ; suture peu mar(juée ; cou- 
leur de corne fauve ou grisâtre. 

Hauteur : 8 milli"». — Diamètre : 2, 2 Spi milli"\ 
Habite : les alluvions du Gers et de la Garonne; — rare. 

9. M. des Pyrénées. — P. Pyrenœaria. (Mich.) 

Syn. — P. Pyrenœaria , Mich., Merm., Grat. 

Animal : inconnu. 

Coquille : dextre , allongée , presque cylindrique , fine- 
ment striée ; sommet obtus ; ouverture rétrécie , ovale , 
garnie de six plis dont un sur la columelle , très saillant ; 
péristome réfléchi et blanchâtre, ombilic assez ouvert; 
9-10 tours un peu convexes; suture marquée. 

Hauteur : 10 milli™. — Diamètre : 3 milli™. 

Habite : les alluvions du Gers et de la Garonne ; — rare. 

10. IWE. Polyodûnte. — P. Polyondon. (Drap.) 

Syn. — P. Polyodon, /)rap., A. Gras. — Hel. Polyodon, Daud. 

Animal : inconnu. 

Coquille : dextre, allongée, finement striée; couleur de 
corne brune , transparente ; ouverture demi-ovale , garnie 
de 1 0-1 2 plis qui semblent en fermer l'entrée ; on en voit 
facilement trois sur le bord latéral et quatre sur la colu- 
melle , tandis que les autres sont très enfoncés dans l'ou- 
verture ; péristome blanchâtre , épais et réfléchi ; ombilic 
recouvert par la dépression de l'éminence dorsale; 9-10 



1 lis MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

tours acuminés vers le sommet qui est mamelonné ; moin- 
dre; suture médiocre. 

Hauteur : 9 milli"\ — Diamètre : 2 1i2-3 milli"". 

Habite : les alluvions-, — rare. 

11. XKE. Tridenté. — P. Trîdens. (Drap.) 

Syn. — P.Tridens, Drap., Brard., des MouL, Desh., BouU., Rossm., 
A. Gras, Joba. — Hel. Tridens, Daud., Mull. — Turbo Tridens, 
Gmel. 

Animal : brunâtre, i^élatineux -, tentacules bleuâtres. 

Coquille : dextre , la plus grande du genre , oviforme 
allongée , ventrue , très finement striée , couleur de corne 
brune miroitant à l'état frais, grisâtre après avoir roulé; 
ouverture demi-ovale, ornée de trois plis très visibles dont 
deux sur la columelle et l'autre sur le bord latéral ; péris- 
tome réfléchi, très épais et blanc -, fente ombilicale oblique; 
7-8 tours de spire acuminés , sommet peu mamelonné ; 
suture médiocre. 

Hauteur : 12-15 milli"\ — Diamètre : 5-6 milli'". 

Habite : Saint-Julien-de-Fargues , dans les haies, sur 
un sol calcaire ; — commune*. 



* J'ai trouvé dans les alluvions de la Garonne deux espèces des Py- 
rénées-Orientales : ce sont les P. Cylindrica et P. Clausiformis. Les 
ayant reçues de Perpignan sans nom d'auteur, et ne les ayant trouvées 
qu'une ou deux fois, je me contente de les indi(iuer. 



MOLLUSQUES DE l'aGENaIS. 1:^9 

C. COOIILLE SÉNESTRE. 
12. M. Quadrîdenté. — P. Quadridens. (Drap.) 

Syn. — P. Quadridens , Drap., Grat., des MouL, NouL, A. Gras , &. — 
Bul. Quadridens, Brug.— Hel. Quadridens, Daud., Mull. — Turbo 
Quadridens, Gmel. 

Animal : blanchâtre , transparent -, tentacules supérieurs 
longs , les inférieurs courts et obtus. 

Coquille : sénestre , ovale-oblongue , finement striée; 
ouverture demi-ovale, garnie de quatre dents blanches 
très apparentes et fortes ; une seule de ces dents est placée 
sur la columelle ; péristome réfléchi , épais et blanc ; fente 
ombilicale oblongue , spire de neuf tours acuminés au som- 
met qui est mamelonné ; couleur de corne grisâtre. 

VaR. a. MlNOR. 

Hauteur : 8-10 milli"". — Diam. 3-4 milli"". 

Habite : le Haut-Agenais , dans les débris calcaires , k 
Monsempron dans une vigne rocailleuse, h Fumel, à Li- 
bos, &.; — les alluvions de la Garonne, du Lot, de la 
Seoiine; assez commune. 

15. M. Fragile . — P. Fragilis. (Drap.) 

Syn. — P. Fragilis, Drap., A. Gras, Goup., Joba, Merm., &. — Balea 
Fragilis , Graij., Turt. — Hel. Perversus, Dawd. — Turbo Pcrversus, 
Linn. — Bul. Pcrversus, Poir. — Turbo Nigricans, Dilw. — La non 
Pareille, Geoffroy. 

Animal : gris enfumé , à pied long et acuminé , comme 
celui des Clausilies. 

Coquille : sénestre , fusiforme , grêle , mince , de couleur 



140 MOLLUSyUES DE LAGENAIS. 

de corne transparente, striée; ouverture demi-ovale, ré- 
gulière , un peu sinueuse ; péristome simple , marqué inté- 
rieurement d'une zone blanc-jaunâtre, quelquefois une 
dent courte sur la columelle; fente ombilicale oblique; 
9-1 tours de spire très effilés vers le sommet qui devient 
brusquement mamelonné ; suture assez profonde. 

Hauteur : 8 milli"". — Diamètre : 2 milli™. 

Habite : les vieux murs , à Agen ; commune sur le mur 
du jardin de M. Ducos, dans la rue Porte-Neuve; les allu- 
vions de la Garonne ; — rare*. 



GENRE ONZIEME. 
Vertîgo. — Vertigo. (Muller.J 
CARACTÈRES : 

Animal -.allongé, demi-cylindrique, ayant un tortillon 
assez grand et un collier fermant la coquille ; deux tenta- 
cules seulement, longs, obconiques , rétractiles , arrondis à 
leur extrémité ; l'orifice de la cavité pulmonaire sur le col- 
lier et à droite , avoisiné par celui de l'anus ; organes de la 
génération réunis et montrant leur orifice près du tenta- 
cule droit. 



* Cette coquille a le port de la Cl. Plicatula non adulte. M. Leacli, 
se fondant sur quelques différences avec les Pupa proprement dits , en 
a fait le genre Balwa, auquel notre espèce sert de type. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 141 

Coquille : cylindrique , très spirale -, volute croissant 
lentement ; cône spiral incomplet; ouverture droite dans la 
direction de l'axe , courte , souvent dentée ; péristome sou- 
vent sinueux et réfléchi ; dextres ou sénestres. 

ESPÈCES : 

1. V. Pygmée. — V. Pygmœa. (Eér.) 

Syn. — V. Pygmœa, Fér., Mich., Wagn., Goup., Merm., Joba, — Pup. 
Pygmœa, Drap., MilL, &. 

Animal : brunâtre, très gélatineux. 

Coquille : dextre , très petite , ovale-conique , obtuse et 
mamelonnée ; ouverture sub-arrondie , dentée ; péristome 
blanc , réfléchi ; quatre plis visibles à la loupe : un est 
placé sur le bord columellaire , un au bord supérieur et 
deux à l'inférieur ; il en existe quelquefois un autre vers la 
base de l'ouverture ; ombiUc presque recouvert par la cal- 
losité columellaire-, cinq tours de spire acuminés vers le 
sommet; couleur brune , luisante. 

Hauteur : 2 1i2 milli"". — Diam. 1 milli™. 

Habite : sous les mousses et les pierres humides ; à La- 
cassagne, à Dorville, Vérone, Beauregard , &. ; rare ou 
difficile à trouver ; abondante dans les alluvions de la Ga- 
ronne. 

2. V. des Mousses. — V. Muscorum. (Mich.) 

Syn. — V. Muscorum, Mich., A. Gras, Merm., Joba. — Pup. Muscorum, 
Drap., Noul., Dup., &. — P. Minutissima , Hartmann. 

Animal : grisâtre en dessus, plus pAle en dessous. 



142 ■ MOLUISOrES DK LAGENAIS. 

Coquille : dcxtre, exactement cylindrique, très petite, 
obtuse au sommet, stries visibles à la loupe*, ouverture 
demi-ovale avec un ou deux plis \ péristome réfléchi, blan- 
chAtre ; ombilic oblique ; spire de sept tours égaux et très 
élégants ; suture marquée ; couleur d'écaillé brune trans- 
parente. 

Hauteur : 2 milli'". — Diamètre : 1 milli"'. au plus. 

Habite : sous les détritus des plantes en décomposition , 
dans les bois humides, au pied des, chênes, au pied des 
aubiers dans les oseraies , à Beauregard , Lécussan , La- 
longue, le Passage, Rouquet, Saint-Julien-de-Fargues, &; 
les alluvions de la Garonne ; — commune. 



Troisième Faniille : 

LES AURI€l}IiA€ÉS. fBlaim'.j— LES AURICULES. (Fér.) 

GENRE DOUZIÈME. 
Garychie. — Garychium. [Mu lier.) 

Syn. — Auricula, Lamk., Drap., &. 

CARACTÈRES : 

Animal : semblable à celui des Hélices , s'en distinguant 
par l'absence des deux tentacules inférieurs, (comme les 
Vertigos ) ; les deux supérieurs rétractiles , cylindriques , 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 143 

arrondis , sans renflement au sommet ; yeux situés derrière 
les tentacules , près de leur base , sur la tête. (Fér.J 

Coquille : ovale, oblongue ou cylindrique; ouverture 
entière, droite, courte, avec ou sans dents; cône spiral, 
incomplet; quatre à six tours; point d'opercule (Grat.), 
terrestres, vivant sous les feuilles humides, les mous- 
ses, à. 

ESPÈCE UNIQUE : 
G. Pygmée. — G. Minimum. (MuHer.) 

Syn. — C. Minimum, MulL, Fér., Mich., Merm., Noul., Joba, A. Gras, 
Goup., Dup. Rang., Grat. — Auricula Miniraa, Drap. — Bulimus 
Minimus, Brug. — Hcl. Carychiura, Gmcl. Alt. — Turbo Carychium, 
Dilw. 

Animal : jaune pûle , un peu soufré vers les parties sail- 
lantes des tentacules et du pied. 

Coquille : dextre , très-petite , blanche , lisse et luisante, 
oblongue , un peu ventrue vers la base ; ouverture ovale 
un peu coudée au bord latéral ; trois dents dont une sur la 
columelle , une sur le bord latéral , et la troisième sur le 
bord columellaire ; cette dernière est souvent peu visible , 
même à la loupe ; péristome blanc , réfléchi et assez épais ; 
cinq tours de spire très-convexes ; suture profonde. 

Hauteur : 2 milli'". — Diam. 1 miUi™. 

Habite : les bois humides , sous les pierres et les feuilles 
mortes, à Dorville, Saint-Vincent, Saint-Pierre-de-Gau- 
bert, &., les alluvions; très-commune. 



144 MOLLUSQUES DE LAGEXAIS. 

PtlIiMOMiiS OPEBeilIiÉS. {Férussar.} 

GENRE TREIZIÈME. 
Premier Sous - Crenre. 

A. Spire courte ou médiocre. 
Gyclostome. — Gyclostoma. (Lamk.) 

CARACTÈRES : 

Animal : trachélipode très spiral , sans collier ni cuirasse ; 
tête proboscidiforrae ou en trompe ; deux tentacules cylin- 
driques , rétractiles , renflés à l'extrémité , oculés à leur base 
externe; pied petit placé sous le col ; cavité cervicale large- 
ment ouverte au-dessus de la lêle , ayant sur ses parois un 
réseau vasculaire branchial*, et à droite l'anus et les orga- 
nes de la génération. Il y a des individus mâles et des indi- 
vidus femelles. (Desh.) 

Coquille: turbinée, ovale ou allongée ; à spire médiocre; 



* J'avais observe ce fait avant de connaître l'opinion de M. Deshayes, 
et l'avais communiqué à cette époque à mon ami A.Laboulbène. Je pen- 
sais eiue la ressemblance des Cyclostomes avec les Littorines et les Turbos 
devait venir de quelque analogie éloignée et que, peut-être, ces pre- 
miers avaient vécu autrefois dans un milieu liquide qui leur ayant man- 
qué leur aurait fait subir des modifications importantes , étant obligés de 
respirer l'air en nature. Je voulus expérimenter ce fait en gardant des 
Littorines et des Turbos vivants que je reçus de la Tremblade; je les 
mis dans une caisse remplie de terre et recouverte avec une gaze métal- 
lique. J'ai pu les conserver ainsi pendant cinq mois en les tenant humi- 
des et leur donnant des feuilles de plantes. J'observais qu'ils s'enfonçaient 
dans la terre de la même manière que les Cyclost(mies. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 145 

les tours arrondis; oiiverturo ronde, entière, les bords 
réunis circulairenient ; péristome continu ; opercule calcaire, 
sub-centrique, spiral. Terrestres, vivant à toutes les alti- 
tudes et à toutes les expositions. 

ESPÈCE UNIQUE : 
C. Elégant. — G. Elegans. (Drap.) 

Syn. — C.Elegans, Drap., Fér., Grat., des MoiiL, Noul.,Mich., Rossm., 
Goup., Put.,Btivig., Merm., Joba, Dup., A. Gras, Mand.,éi. — Turbo 
Elcgans, Poir. — Turbo Striatus, Dacos. — Turbo Rcflexus, Olivi. — 
Nerita Elegans, Schr. 

Animal : noirâtre, chagriné, dessous noir verdâtre. 

Coquille : ovale, conique, solide, fortement striée dans 
le sens spiral, striée moins fortement en long ; ces stries en 
se croisant forment un réseau ; ouverture obliquée presque 
ronde formant un angle obtus à la naissance de la colu- 
melle ; péristome simple à bords tranchants et continus ; 
ombilic oblique et profond ; cinq tours très convexes dont 
le dernier très éloigné de l'axe est beaucoup plus grand que 
les autres qui vont toujours s'amoindrissant ; sommet obtus ; 
suture profonde. Couleur variant du gris-blanc au violet- 
foncé ; fasciée de flammules blanches interrompues ; oper- 
cule calcaire enfoncé un peu dans l'ouverture; spires de 
trois tours à trois tours et demi ; couleur grisâtre en-dessus, 
cornée en dessous; le muscle adducteur s'attache dans la 
partie concave du dessous. 

Var. a. — Type : grisâtre, entouré de tlamnmles vineu- 
ses interrompues et lactées. 

10 



1 46 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

Var. B. — Albina. 

VaR. C. LUTEOLA. 

Var. D. — Violacea.* 

Hauteur : 12-18 milli'". — Diamètir : 10-14 milli"'. 

Habite : les vignes, les chemins, les champs, les bois, 
partout, et dans tout le département. La var. violette, sur 
les coteaux de Pécau, Bon-Encontre , Sainte-Radegonde ; 
à Nérac, dans la Garenne (M. Dubor); à Trenquel- 
léon , A. 



Deuxième Noiis-Crenre. 

B. Spire allongée. 
Pomatias. — Pomatias. fStuder.J 
CARACTÈRES : 

Animal : à tortillon plus allongé que le précédent. 

Coquille : turriculée , conique ; ouverture arrondie , mais 
un peu échancrée à la base de la columelle ; opercule corné , 
aplati, à peine spiral. 



* M. P. de Reynih qui, le premier, a signalé cette variété sur le 
coteau de Bon-Encontre , est porté à croire qu'elle pourrait être le C. 
Violaceum, de Menke, Ch. des Moulins, &.; la couleur de la coquille est 
le violet foncé à travers lequel paraissent les intestins de l'animal d'un 
beau rouge de sang ; cette variété est habituellement moins striée que 
les autres. 



MOLLUSQUES UK LAGENAIS. 147 

ESPÈCES : 
1. P. Pointillé. — P. Maculatum. (Porro.) 

Syn. — P. Maculatum , Porro. — P. Studeri , var. B , Hartm.— Cyclos. 
Maculatum, Drap.— C. Maculata, Desh. 

Animal : gris-noirâtre ; tentacules subulés. 

Coquille : conique , allongée , assez fortement striée en 
long ; ouverture arrondie avec l'angle très peu sensible ; 
péristome presque continu, réfléchi, avec un bourrelet 
blanc très épais -, ombilic très oblique et peu apparent ; 
sept tours de spire convexes acuminés progressivement ; 
suture profonde , sommet obtus ; couleur brunâtre , poin- 
tillée dans le sens spiral par deux rangées de taches rou- 
geâtres ; opercule corné , clair , mince , à deux tours de 
spire concentriques. 

Hauteur : 8 milli"". — Diam. 3-4 milli"". 
Habite : Lécussan , dans les bois; rare. — Â Tournon , 
Thézac, &.', dans le Haut-Agenais , dans les Landes; as- 
sez commune. 

2. P. Obscur. — P. Obscurum. (Rossm.) 

Syn. — P. Obscurum, Bossm.— Cycl. Obscurum, Drap. 

Animal : semblable au précédent. 

Coquille : conique , allongée , striée en long ; ouverture 
presque ronde ; péristome sub-continu , disjoint à la partie 
supérieure de la columelle ; bourrelet blanc très évasé et 
plane ; fente ombilicale à peine visible ; 8- 9 tours con- 
vexes acuminés progressivement; suture profonde, som- 



148 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

met mamelonné; couleur d(> corne brune opaque, quel- 
ques linéoles fauves; opercule corné, clair, spiral. 

'Hauteur : 10-12 milli'". — Diara. 6-7 milli'". 

Habite : les coteaux montueux , dans les bois , à l'Est ; 
à Layrac , Pé-Joli , Lécussan , rare ; — les alluvions de la 
Garonne ; rare. 

GENRE QUATORZIÈME. 

Acmée. — Acme. (Hartmann.) 
Syn. — Carycbium, Mull. — Auricula , Lamk., Drap. 
CARACTÈRES : 

Animal : voisin de celui des Cyclostomes; effilé, muni 
de deux tentacules coniques , contractiles avec deux lignes 
en croissant à la base ; derrière ces deux lignes se trouvent 
les deux yeux qui sont sessiles; le mufle est avancé comme 
dans les Cyclostomes; l'animal est muni d'un opercule très 
mince et diaphane, à peine visible. 

Coquille : sub-cylindrique, luisante, lisse ou striée, à 
ouverture semi-ovale simple et sans dents ; le bord exté- 
rieur est lisse, épaissi et non continu. 

ESPÈCE UNIQUE : 

A. Verdàtre. — A. Fusca. (Broion.) 

Syn. — A. Fusca, Brotvn, Turton. — A. Lineata , Pfeiff. — Auricula 
Lineata, Drap., Lamk. — Carych. Lineatum, Mull. ,Mich., A. Gras, &. 

Animal : brunâtre ; tentacules longs , oculés à leur base 
postérieure. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 1 49 

Coquille : cylindrique, un peu acuminée au sommet 
qui est presque obtus; lisse, brillante, couleur brune; 
ouverture petite, ovale, oblique, dépourvue de dents; 
péristome bordé , brun rougeâtre ; ombilic assez profond ; 
5-6 tours convexes , suture profonde ; opercule corné très 
mince. 

Hauteur : 3 milli"'. — Diam. 1 milli'". 

Habite : à Lécussan , sous les mousses ; au Nord ; très 
rare. (Indiquée à Beauville par M. 0. Debeaux, fils); rare. 

TRACHÉLIPODES AQIATIOIES. 

PULMONÉS AQUATIQUES. (Cuvier.) 

Trachélipodes INageurs. 

Quatrième Famille ; 
Limnéens. (Lam.) liimnostreœ. (Fér.) liimnacés. (Blain.) 

Trachélipodes amphibiens vivant dans l'eau douce , mais 
respirant à la surface ; corps allongé , distinct du pied et 
contourné en spirale ; cuirasse nulle , un collier autour du 
cou , formé par le bord du manteau ; deux tentacules con- 
tractiles, oculés à leur base et non au sommet ; cavité res- 
piratoire sur le collier ; sexes séparés. 

Coquille : enroulée , discoïde ou turbinée , mince ; bord 
latéral presque toujours tranchant. 

GENRE QUINZIÈME. 
Planorbe. — Planorbis. (Brug.) 

Animal : enroulé , grêle , tête munie de deux tent acules 



150 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

contractiles , sétacés , fort longs et oculés à leur base in- 
terne j bouche munie d'une dent en croissant, et inférieu- 
rement d'untï masse linguale armée de petits crochets , 
surmontée d'une sorte de voile court et échancré; pied 
ovale et assez court ; orifice de la respiration à gauche , 
sur le collier et avoisiné par celui de l'anus; organes de la 
génération séparés de ce même côté : celui de l'organe 
mule près du tentacule et celui des œufs à la base du col- 
lier. 

Coquille : assez mince; dextre* , fortement enroulée 
dans le môme plan ; concave des deux côtés , à bord tran- 
chant et interrompu par la convexité du tour qui précède. 

ESPÈCES : 

A. COftlliLLE ^ms CARÈNE. 
1. P. Entortillé. — P. Gontortus. (MuUer.) 

Syn. — P. Contortus, Mull., Drap., des MouL, Grat., Rossm., Merm., 
Joba, Buv., Put., Goup., A. Gras, &. — Hel. Contorta, Linn., Alt. — 
Le Petit Planorbe à six spirales rondes , Geoffroy. 

Animal : brun sur les bords, noirâtre sur le corps. 
Coquille : presque ronde, le dernier tour seul l'empê- 
chant de l'être entièrement; ouverture arrondie, semi- 



* J'ai été obligé de changer , dans la phrase de M. Rang , le mot sé- 
nestre qu'il avait imposé au genre Planorbe ; il est démontré aujourd'hui 
pour tout le monde que ces coquilles sont dextres. M. Ch. des Moulins, 
dans un Mémoire inséré dans les actes de la Société Linnéenne de Bor- 
deaux, tom. 4 , pag. 273 , a parfaitement tranché cotte question. 



MOLLUSQUES DE l'aGENaIS. 1 51 

lunaire; péristome simple ou légèrement bordé de jaune 
pâle ; six tours peu convexes en dessus , fortement en des- 
sous ; suture marquée , ombilic évasé et profond , laissant 
voir le sommet ; couleur brunâtre, transparente lorsqu'elle 
est nettoyée , encroûtée de noir à l'état normal. 

Hauteur : 2 milli"". — Diam. 3-5 ]\% milli"". 

Habite : les eaux vives des marais de Goulard , Brax et 
Sérignac , près Agen ; — commune. 

2. P. Corné. — P. Gorneus. (Drap.) 

Syn. — P. Corneus, Dra'p.,Mill., Brard\,Noul., A. Gras, Dup., Goup., 
Joha,éi.. — Hel. Cornea, Linn , Oliv., Burrow. — Plan. Purpura, 
Muller. — P. Cornea , encycl. — Cornu-Arietis , Dacos. — Junior, P. 
Similis, Kikcx. — P. Similis, M«ii. — Le Grand Planorbe, Geoffroy. 

Animal : noir sur le corps , plus pâle vers les bords du 
pied et du niianteau ; pied très court et obtus , tentacules 
longs, gris sale*; rampe la coquille très élevée. 

Coquille : la plus grande du genre , renflée , striée dans 
le sens des accroissements ; ouverture arrondie , échancrée 
par l'avant-dernier tour ; le bord latéral plus avancé que le 
columellaire ; péristome tranchant avec un léger bourrelet 
bleuâtre; cinq tours arrondis, sutur.e profonde, dessus 
presque plane , le dernier tour seul s'élevant un peu ; des- 
sous fortement ombiliqué , laissant voir le sommet**. 



Lorsque ce Mollusque est tourmenté , il secrète une liqueur baveuse 
de couleur orange. 

C'est cette disposition de l'ombilic dans la partie inférieure de la 
(•o(iuillo qui l'a faite passer pour sénestrc aux yeux de MM. Cuvier et 
Brard. 



152 



MOLLUSOIES DE I.'aGENAIS. 



Hauteur : 1) milli"'. — Diam. 25-20 millr. 
Habite : les mai-ais de Lalongue; très commune. (Indiquée 
à Buzet et au Port-Sainte-Marie par M. Bessières.) 

3. P. Epirorbe. — P. Spirorbis. [Mu IL) 

Syn. — P. Spirorbis, MuU. — PI. Vortex, var B. Drap. — Hcl, Spi- 
rorbis, Linn. 

Animnl : noirâtre, gris enfumé en dessous, tentacules 
roux. 

Coquille : discoïde , arrondie , striée ; cinq tours de 
spire allant en augmentant vers l'ouverture qui est plus large 
(pie haute , avec le bord latéral plus avancé que le colu- 
mellaire; |)éristome blanchâtre garni d'un léger bourrelet 
intérieur; bords tranchants, suture marquée, ombilic ap- 
parent; couleur de corne brune, pale vers les bords, en- 
croûtée et érodée sur lepiderme. 

Hauteur : 1 1]2 milli™. — Diam. 7 milli". 

Habite : les fontaines ferrugineuses des environs d'A- 
gen; à Ségougnac, Moirax, Beauregard; assez commune; 
à Sauvagnas(M. Debeaux, fils). 

4. P. Blanc. — P. Albus. (MuUer.) 

Syn. —P. A ibus, Mull., Dup.— Hel. Alba, Gmel. — P. Villosus, Poir. 
— P. Hispir' us , Drap., MilL, Grat., des Moul., Merm.,Joba, Goup,, &. 

Animal : grisAtre. 

Coquille : discoïde , presque plate , striée obliquement ; 
ouverture ovale, anguleuse sur l'avant-dernier tour; pé- 
ristomc simple et tranchant; bord latéial beaucoup plus 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 153 

avancé que le columellaire \ quatre tours à peine arrondis ; 

carène médiocre , mousse ; ombilic plus profond en dessous 

qu'en dessus; suture marquée. 

Observation. — Le têt est recouvert d'un épiderme verdâtre plus ou 
moins foncé sur lequel adhèrent de petites lames coniques, recourbées, 
soyeuses , qui tombent aussitôt que la coquille a atteint son entier déve- 
loppement, car les individus adultes en sont dépourvus. 

Hauteur \ \ \fl milli'". — Diamètre : 3-4 milii"". 

Habite : les eaux stagnantes des marais, des réser- 
voirs, &. ; commune; — à Saint-Marcel, près Bon-En- 
contre ; à Trenquelléon , dans l'abreuvoir ; à Ratier , chez 
M. Du vigneau; à Cartou , près Agen ; dans les marais de la 
Garonne. 

B. COÔlILLE SIBCARÉNÉE. 
o. p. Iieucostome. — P. Leucostoma. (Mill.) 

Syn. — P. Leucostoma, Mill., des MouL, Mich., Rossm.,Hartm., Goup., 
Dup.,A. Gras, NouL, Merm., Joba. — PI. Vortex,var. B, Drap. 

Animal : brun-rougeâtre ; tentacules roses. 

Coquille : discoïde , plane ou un peu convexe en dessus ; 

ombiliquée des deux côtés; striée finement, transparente 

lorsqu'elle est nettoyée , ordinairement encroûtée de noir 

ou de vert très foncé ; ouverture ronde , un peu anguleuse 

sur la partie de l'avant-dernier tour ; péristome sub-con- 

tinu , bordé d'un bourrelet très blanc qui paraît beaucoup 

sur le fond noir de la coquille ; cinq tours arrondis , un peu 
carénés inférieurement. 

Hauteur : 1 1|2l milli"\ — Diamètre : 6-8 milli™. 



154 MOLLUSQUES l)K LAGENAiS. 

Habite : les fossés de la plaine , à Agen , la Palme , la 
Capelette, au Passage, à Ségougnac; à Thouars, Ton- 
neins, &.; commune*. 

C. COQUILLE CARËNËE. 
P. Contourné. — P. Vortex. (Mu H.) 

Syn. — P. Vortex, Mull., Drap., Grat., des MouL, Goup., A. Gras, 
Jdba, &. — Le Planorbe à six spirales, à arêtes, Geoffroy. 

Animal : brun , noir j tentacules pâles ; bords du pied 
brun-rougeûtre. 

Coquille : très-discoïde , enroulée ; striée obliquement ; 
couleur de corne transparente, quelquefois très pale vers 
l'ouverture; ombiliquée en-dessus, moins en-dessous; 6-7 
tours bombés en-dessus et fortement suturés en-dessous ; 
carénée sur le dernier tour qui est très plat ; ouverture ovale , 
aiguë à l'insertion; bord latéral plus avancé que le colu- 
mellaire; péristome légèrement bordé. 

Hauteur : \ \\% milli'". — Diam. 8-9 milli'". 

Habite : le Canal, à Agen, &.; à Riols , dans un fossé 
aquatique ; au-dessous de Montbran , dans des fontaines , 
sur &QS 'potamots . 



* Les eaux qu'habitent ces Mollusques sont sujettes à des dessèche- 
ments fréquents et prolongés , car il arrive qu'il n'y a pas une goutte 
d'eau pendant tout l'été ; mais à la moindre pluie recouvrant et péné- 
trant la vase du fond, on les voit reparaître à la surface. Ils cloisonnent 
leur ouverture avec un épiphragme papyracé, semblable à celui de cer- 
taines Hélices et Ambrcttes ; c'est à l'aide de cet épiphragme qu'ils peu- 
vent ainsi s'enfoncer dans la vase et éviter le dessèchement. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 1 ^^ 

7. P. Dentelle. — P. Cristatus. (Drap.) 

Syn. — P. Cristatus, Drap , Dup., Goup., A. Gras,Merm., &.— Turbo 
Nautileus, Linn. —P. Nautileus, Desh. 

Animal : très-petit, gris-jaunâtre très transparent; ten- 
tacules courts et gros. 

Coquille : petite , aplatie , transparente , couleur de corne 
pâle; striée fortement en travers , ces stries se joignent sur 
la carène du dernier tour et en se réunissant forment des 
petites crêtes obliques semblables à une molette d'éperon , 
ouverture ovale , anguleuse sur l'avant-dernier tour; péris- 
tome simple, tranchant, sub-continu; bord latéral plus 
avancé que le columellaire ; trois tours convexes , le dernier 
caréné à sa partie médiane ; dessous ombiliqué fortement. 

Hauteur : 1 milli'". —Diamètre : 2 1l2 milli". 
Habite : les marais , les eaux vives, aux environs d'Agen, 
les mares de Cartou , derrière l'Hôpital; à Goulard , Brax , 
Sérignac, St-Marcel, Pourret, &.; très-commune parmi les 
conferves et les plantes aquatiques. 

8. P. Tuile. — P. Imbrîcatus. (Mull.) 

Syn. - P. Imbricatus, Mull, Drap., Goup., Merm., Joha. - Le Pla- 
norbe tuile, Geoffroy. 

Animal : grisâtre; tentacules courts et blanchâtres. 

Coquille : très petite, ressemblant un peu à la précédente 
avec laquelle on l'a souvent confondue ou réunie ; aplatie , 
moins carénée; striée en travers sur l'épiderme qui est 
disposé en lames superposées et tuilées, se réunissant sur la 



1 56 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

carène en pointes mousses ; trois tours convexes ; suture 
profonde ; ombilic large et profond ; ouverture ovale ; bord 
columellaire moins avancé que le latéral. 

Var. a. — Major. 

Hauteur : ] ]\% milli"". — Diam. 2 3(2 milli"". 

Habite : les eaux vives , à Brax , Goulard , Sérignac, &.; 
n'est pas commun. 

Observation : M. Arnau de Barbe m'a envoyé trois exemplaires de P. 
Imhricatus , trouvés dans un vivier, près de laBarguelonne,àson château 
de Coupet, près Valence. Us diffèrent beaucoup par leur taille plus forte 
et par un faciès semblable à celui du P. .4J6ms; n'ayant pas vu l'animal, 
j'ai du les rapporter au P. Imhricatus , — var. major. 

9. P. Caréné. — P. Carmatus. (Mull.) 

Syn. — P. Carinatus,itfwtl., Noul., Goup,, Grat., Dup., Merm., A. Gras, 
Joba, & — Hel. Planorbis, Linn., Gmel. — PI. Acutus, Poir. — P. 
Lirabata , Dacos. — Le Plan, à quatre spirales , à arêtes , Geoffroy. 

Animal : presque noir ; tentacules roux ; dessous du pied 
bleuâtre. 

Coquille : aplatie , très finement striée , carénée , ombi- 
liquée des deux côtés, plus fortement en-dessus; ouverture 
ovale, très anguleuse sur l'avant-dernier tour ; péristome 
simple , tranchant , avec un bourrelet blanc intérieur très 
mince , bord latéral plus avancé que le columellaire ; 5-6 
tours de spire convexes en-dessus à peine arrondis en- 
dessous ; suture profonde ; le dernier tour est caréné for- 
tement , cette carène suit la suture et s'enroule à la spire , 
elle est très aiguë et détermine un angle au bord latéral ; 
couleur de corne pûle , une fois nettoyée , encroûtée de noir 
et même corrodée à l'état normal. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 157 

Var» a. — Marginata. — P. Marginatus. (Drap.) 

La seule diflérence de cette var. au type c'est que la 
carène au lieu de partager le dernier et l'avant-dernier tour 
est plus basse et arrive juste à l'insertion du bord latéral; 
sa taille et sa couleur sont les mêmes; s'accouplent et vivent 
dans les mêmes lieux. 

Hauteur : 2 1l!2 milli"". — Diam. 11-1 4 milli'". 

Habite : les marais , les ruisseaux alimentés par des 
sources; à St-Marcel , Pourret, le Canal, Brax, Goulard, 
Sérignac , &.j très-commune. 

10. P. Aplati. — P. Gomplanatus. (Drap.) 

Syn. —P. Complanatus, Drap., Merm., Joha , A. Gras. — PI. Nitidas, 
MulL, Dup. — P. Nautileus, Kikcx. — Segmentina Kitidu, Flemm, 

Animal : noir; tentacules bleuâtres. 

Coquille : fortement ombiliquée et aplatie en-dessous , 
convexe en-dessus , finement striée , lisse , luisante , cou- 
leur fauve clair ; carène aiguë; ouverture étroite plus large 
que haute ; bord latéral plus avancé que le columellaire ; 
péristome simple à bords tranchants ; trois à trois tours et 
demi. 

Hauteur : 1 milli"*. — Diam. 4 milli'". 

Habite : les fontaines, les bassins d'eau vive, à Cazalet, 
dans le bassin chez M. Bartayrès , à St-Marcel j)armi les 
conferves , au bas de Cartou parmi les plantes aquatiques ; 
assez rare. 



158 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

GENRE SEIZIÈME. 
Physe. — Pyhsa. (Drap.) 

Animal : ovale plus ou moins spiral ; tête munie de deux 
tentacules longs , sétacés et oculés à leur base interne ; 
manteau offrant deux lobes digités sur ses bords , qui peu- 
vent se recourber et recouvrir en grande partie la coquille ; 
le pied long , arrondi antérieurement , aigu postérieure- 
ment ; le reste de l'organisation comme dans les Limnoes , 
à l'exception que les orifices sont généralement à gauche. 

Coquille : généralement sénestre , ovale , allongée ou 
presque globuleuse , lisse , mince et très fragile ; l'ouverture 
ovale, un peu rétrécie en arrière, bord gauche tranchant ; 
quelquefois avec un bourrelet interne ; la columelle un peu 
torse mais sans pli; la spire plus ou moins aiguë et allon- 
gée, le dernier tour plus grand que les autres réunis. — 
Œufs nombreux réunis par une masse albumineuse. 

Les Physes habitent les eaux douces et tranquilles, rampent et nagent 
à Ift manière des Limnées. 

ESPÈCES : 
I. P. Aiguë. — P. Acata. (Drap.) 

Syn. — P. Acuta , Drap., Fér., Brard., Mich., des MouL, Goup., Merm. 

Animal : gristitre en-dessus , jaunâtre en-dessous , quel- 
quefois verdâtre ou noirâtre , selon les eaux ; manteau par- 
semé de taches dorées qui paraissent à travers la coquille ; 
pied très-aigu. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 1 59 

Coquille : ovale , allongée ou un peu ventrue ; sommet 
aigu j finement striée , luisante , un peu opaque , rarement 
transj)arente ; ouverture ovale, arrondie inférieurement , 
anguleuse supérieurement; assez grande, formant les 3i4 
de la coquille ; columelle blanche , torse , calleuse et épaisse ; 
péristome simple et tranchant , quelquefois épais à l'inté- 
rieur et alors d'un blanc laiteux , autrefois rose-vineux et 
moins épais ; ombilic à peine apparent et recouvert par 
la callosité de la columelle ; cinq tours , le dernier plus con- 
vexe et plus grand; suture profonde. 

Var. a. — Elongata. Le Canal, très-commune. 

Var. B. — Grisea, La Garonne. ici. 

Var. C. — Ventricosa. id. id. 

Var. D. — Castanea.* id. plus rare. 

Var. E. — NiGRiCANS. id. id. 

Var. F. — Rosea. Les fossés herbeux , au Passage; 
très-commune. 

Haut. 5-10 milli™. — Diam. 4-7 milli™. 

Habite : tous nos cours d'eau , fleuves , rivières , ruis- 
seaux, fontaines , fossés, le canal , &. C'est l'espèce la plus 
répandue. 



* J'ai vainement cherché et fait chercher pendant 10 ans la Ph. Casta- 
nea , que Lamarck dit se trouver dans la Garonne; j'ai reçu de M.Sarrat 
Gineste , de Toulouse , des échantillons de la P. Acuta , sous le nom de 
Castanea, qui correspondent à ma var. Nigricans, et ne peuvent en rien 
se rapporter à l'espèce de Lamarck. La P. Castanea qui se trouve dans la 
riche collection de M. de Trenquelléon se rapporte bien à la description 
de l'illustre Conchyliologiste ; mais je doute fort que cette coquille soit 
indigène. 



160 MOLLUSOFES DE l'aGENAIS. 

Observations : La forme et la couleur varient tellement que je me 
suis décidé à signaler les six variétés ci-dessus. 11 en est qui quoique 
vivant ensemble, dans la même nasse clayonnée, dans la Garonne, sont 
tellement polymorphes que j'ai souvent été tenté d'en faire des espèces 
différentes. Je veux surtout parler de la var. grise dont les bourrelets 
d'accroissement paraissent en-dessus et sont blanc laiteux , tandis que la 
var. noire est moindre, opaque et recouverte d'un encroiitement très 
noir ; elle est ensuite plus aiguë et plus solide. Il en est de même des 
var. de la plaine où se trouvent des individus dont la spire est très 
allongée , tandis qu'il en est qui ressemblent aux Tornatelles et dont la 
spire est très raccourcie. 

2. P. des Fontaines. — P. Fontimalis. (Drap.) 

Syn. — P. Fontinalis, Drap., Schrot., MilL, Brard., Goup., Joba, A. 
Gras, 6i. — BuUa Fontinalis, Linn. — Plan. BuUa, i)fult. — Bul. 
Fontinalis, Brug. — Bulla Rivalis, Diliv. — Turbo Ad versus, Dacos. 
— Limn. Fontinalis, Sow. — La Bulle Aquatique , Geoffroy. 

Animal : jaunûtre en-dessous, noirâtre en-dessus; pied 
digité et très aigu postérieurement, recouvrant la convexité 
de la coquille.* 

Coquille : ovalaire , un peu bombée , lisse ou finement 
striée , brillante , hyaline , ampullacée , couleur fauve-clair 
ou blanchâtre-, ouverture ovale inférieurement , anguleuse 
supérieurement; columelle torse, calleuse, recouvrant 
l'ombilic qui se voit fort peu ; bord tranchant et mince ; 
bourrelet intérieur à peine indiqué et d'un rose clair ; quatre 
tours dont le dernier fait, à lui seul , la totalité de la co- 
quille, les trois autres sont à peine visibles ; sommet obtus ; 
suture marquée . 

* J'ai remarqué que lorsque ce Mollusque se sent jaisi il fait aller son 
pied de droite à gauche et le fait tourner assez rapidement au point d'ef- 
fraver et de faire lâcher prise à celui qui le pèche pour la première fois. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. i61 

Hauteur : 5-8 milli'". — Diamètre : 4-6 milli"'. 

Habite : Saint-Marcel , Pourret , le Canal , &. ; très com- 
mune chez M. Désiré de Brondeau, à Senelles, près Ville- 
neuve. 

Observation. — Cette espèce est très distincte de la précédente^ et 
je ne puis partager l'opinion de plusieurs auteurs qui les réunissent. 
Elle en diffère par ses tours moins nombreux , sa plus grande fragilité , 
sa transparence , son bourrelet presque nul , et surtout par la brièveté 
de ses premiers tour^qui la font ressembler à une Tornatclle. Les indi- 
vidus de Senelles sont généralement plus ovoïdes et plus ampullacés que 
ceux des environs d'Agen. 

GENRE DIX-SEPTH^ME. 
Limnée. — Limnœa. (Lamk.J 

CARACTÈRES : 

Animal : de forme ovale, plus ou moins spiral ; tête mu- 
nie de deux tentacules aplatis, triangulaires, portant les 
yeux à leur base interne ; bouche munie d'une pièce supé- 
rieure pf)ur la mastication , surmontée d'une sorte de voile 
assez court; pied ovale, bilobé antérieurement, rétréci 
postérieurement ; orifice de la cavité pulmonaire au côté 
droit, sur le collier, en forme de sillon, et pouvant être 
recouvert par un appendice charnu qui le borde inférieu- 
rement ; anus tout à côté , organes de la génération dis- 
tans , l'orifice de la verge étant sous le tentacule droit et 
celui de la vulve à l'entrée de la cavité pulmonaire ; géné- 
ration monoïqne.* 

Coquille : mince, fragile, ovale-oblongue , à spire plus 

* Voir page 48, article Embryogénie. 

11 



162 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS, 

OU moins aiguë et allongée; à ouverture plus haute que 
large, ovale, quelquefois très grande, à bord tranchant 
non continu par l'effet de la convexité du tour précédent ; 
un pli o])lique à la columelle. 

Les Liranées habitent : les rivières, les canaux, les 
étangs , les fontaines , les mares et les moindres ruisseaux 
et fossés ; nagent ou rampent renversées à la surface de 
l'eau et se précipitent au fond en dégageant l'oxigène. — 
Comme les Planorbes et les Physes , les Limnées sont om- 
nivores , se nourrissent indifféremment de plantes ou de 
matières animales en putréfaction. 

ESPÈCES : 

A. La longueur de l'ouverlure excédant la moitié de la longueur 

de la (loqiiille. 
1. L. Auriculaire. — L. Auricularîa. (Lamk.) 

Syn. — Liinn. Auricularia, Lamk., Noul., Goup., Merm., Dup., A. Gras. 
Joha, &. — Liraneus Auricularius, Drap. — Hel. Auricularia, Linn. 
— Bue. Auricula, Mull. — Bul. .\uricalarius, Poir. — Turbo Patulus, 
Dacos. — Le Radis ou Buccin ventru, Geoffroy. 

Animal : brunâtre ou vert foncé ; mufle très évasé ; ten- 
tacules coniques chez les individus jeunes , formant chez 
les vieux un croissant dentelé tout autour. Dans tous les 
Ages les bords antérieurs des tentacules et du mufle sont 
marginés de jaune-pâle ou jaune-doré; entre les tenta- 
cules, sur la tête et sur le reste du corps existent des taches 
de la même couleur; les yeux, très noirs, sont entourés 
d'un cercle jaunâtre ; les œufs sont très roads et contenus 
dans imê matière glaireuse, diaphane. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 163 

Coquille : fortement ventrue, striée, assez solide, trans- 
parente ; stries d'accroissement rugueuses et inégales ; 
spire très courte de quatre tours rentrant dans le dernier 
qui forme à lui seul le volume de la coquille ; suture 
profonde ; ouverture très ample , arrondie inférieure- 
ment, un peu anguleuse au sommet; bord latéral tran- 
chant, bordé à l'intérieur par une bande rose pâle, ou 
nacrée; bord columellaire réfléchi, épais, renversé sur la 
columelle, s'évasant à la base et recouvrant presque la 
fente ombilicale qui paraît à peine; couleur de corne pâle. 

Var. a. — Canalis, Limn. Ganalis, Villa. 

Hauteur : 18-20 milli"*. — Diamètre : 13 milli". — 
Hauteur de l'ouverture : 19 milli"^. 

Habite : les nasses vaseuses de la Garonne ou elle rampe 
au fond , s'élève rarement sur l'eau ; les marais de Carton , 
de Riols , le Canal , &. ; commune. 

Observation. — La var. A Canalis diffère du type par son ombilic 
plus ouvert et sa spire plus allongée; son ouverture est également 
moins ventrue; habite avec le type. 

2. L. de Trenquelléon. — L. Trencaleonîs. (Nob.J 

(pl. h. fig. i-i.)* 
Syn. — Limn. Trencaleonis, Gassies. 

Animal : gris-verdâtre; tentacules, bords du manteau. 



* C'est à M. Lespiault , de Nérac , naturaliste et dessinateur distin- 
gué, que je dois le dessin si rigoureusement vrai de cette espèce et de 
plusieurs autres; je le prie d'accepter ici mes vifs remercîments : je ne 
pouvais remettre en de meilleures mains le soin de représenter mes es- 
pèces nouvelles. 



164 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

du mufle et du pied pointillés de jaune-doré; pied large, 
vert enfumé. 

Pond une trentaine d'œufs réunis dans une glaire inco- 
lore ; les petits éclosent /iO-25 jours après. 

Coquille : turbinée, à spire allongée et médiocre, striée 
irrégulièrement dans le sens des accroissements; rugueuse 
sur le dos et marquée de sillons inégaux , séparés par des 
côtes apparentes et même sensibles au toucher ; ces éléva- 
tions sont transv^rses et dans le sens contraire aux stries ; 
ouverture ample, ovale, presque aussi large que haute 
dans les beaux échantillons ; arrondie à la base, un peu an- 
guleuse au sommet j columelle calleuse, épaisse et forte- 
ment dilatée, couvrant presque la fente ombilicale; bord 
columellaire réfléchi, tordu en suivant le bord latéral qui 
est fortement renversé au point de sa pai-tie exiérieui'e et 
forme un canal dans tout son parcours lorsque la coquille 
est arrivée à son développement complet ; ce bord est 
simple et tranchant; péristome presque continu par la ré- 
union de la columelle dont le pli et la callosité recouvrent 
la convexité de Tavant-dernier tour; spire de 4-5 tours 
convexes , diminuant rapidement , le dernier formant à lui 
seul les trois quarts et demi de la coquille ; suture médio- 
cre ; sommet presque aigu ; couleur de corne pâle, à peine 
luisante en dessus , intérieur jaune-lacté assez brillant. 

Hauteur : 20-23 milli"'. — Hauteur de louverturi-e : 
1 5-20 milli™. — Largeur de Touverture : 1 6-1 6 milli'". 

Habite : aux environs d'Agen, dans les fossés alimentés 
par les ruisseaux de Pouchabou et Lapahne, derrière Mal- 
comte, &.; très abondante, mais rarement bien déve- 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 165 

loppée à cause du prorapt dessèchement des fossés qu'elle 
habite* . 

Observation. — Cette espèce se distingue de toutes ses congénères; 
elle ne peut être rapportée à YAuricularia à cause de sa forme ovalaire 
et de sa spire allongée , de sa columelle presque droite , subitement ren- 
versée en visière de casque et par l'angle du borëf supérieur. Elle diffère 
de VOvata et de Vlntermcdia par sa taille plus grande , son ouverture 
plus dilatée et son bord réfléchi. 

Je dédie cette coquille à M. de Trenquelléon père , comme un faible 
témoignage de ma reconnaissance pour la bonté qu'il a eue , en mettant 
à ma disposition les ouvrages nombreux qu'il possède sur les Mollus- 
ques et en me laissant consulter sa précieuse collection. 



o. 



'Laiiik.J 



Syn. — L. Ovata, Lamk., NouL, Goup,, A. Gras, Joba, &. — Limneus 
Ovatus, Drop. — Hel. Teres, Gmel. — Bul. Limosus , Poir. — Hel. 
Limosa, Ohv. 

Animal : grisâtre, pâle, pointillé de jaune. 

Coquille : plus allongée que ï Auricularia , moins ven- 
true; ouverture ovale, arrondie inférieurement , angu- 
leuse supérieurement; bord latéral tranchant, sans bour- 
relet intérieur ; columelle calleuse , pli se dilatant et 
couvrant presque la fente ombilicale; quatre tours con- 
vexes et un peu acuminés au sommet ; suture médiocre ; 
couleur de corne pâle sur laquelle paraissent peu les stries 
très fines du tôt. 

Var. a. — PELLucmA. — PI. II, fig. 5-5 [M. Lespiault). 



' Il faut, lorsqu'on aura signalé le gîte de ce Mollusque, aller le 
chercher lorsqu'il sera à sec sur la vase encore humide , car avant de 
mourir son bord latéral tend à se relever en gouttière : les plus beaux 
échantillons ont tous été trouvés ainsi. 



166 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

Var. B. — Crassa. — PI. II, fig. 4-4(3/. Lahoulhèné). 

Hauteur : 14-18 milli". — Diamètre : 8-10 milli'". — 
Hauteur de l'ouverture : 12-1 4 milli"". 

Habite : tout l'Agenais , dans les fossés , les mares, les 
fontaines, les eaux vives et stagnantes , très commune; 
belle dans l'Ourbise , à Saint-Julien-de-Fargues. 

4. L. de Noulet. — L. Nouletiana. (Xob.) 

(pL. II. FIG. ii-ii. — M. LespiauJf.) 
Syn. — Limn. Nouletiana , Gassies. 

Animal : gris sale, foncé ou roussâtrej tentacules poin- 
tillés de roux et de brun ; pied large , gris vers le centre , 
plus pâle vers les bords ; quelques individus sont entière- 
ment roux. 

Coquille : ovale , globuleuse , mince , fragile , striée dans 
le sens des accroissements ; sommet très obtus ; suture 
médiocre ; ouverture ovale , arrondie à la base , anguleuse 
au sommet , plus haute que large ordinairement ; bord co- 
lumellaire aplati et renversé , se relevant vers le pli ; péris- 
tome simple , tranchant , quelquefois un peu bordé à l'inté- 
rieur ; fente ombilicale peu apparente ; trois tours dont le 
dernier fait presque à lui seul le volume de la coquille , les 
deux du sommet étant très petits et même peu distincts 
chez quelques individus ; il est rare d'en trouver un qua- 
trième . 

Var. a. — ÂPERTA. — PI. II, fig. 3-3. (M.Laboulbène.) 

Hauteur : 13-14 milli"». — Diamètre : 7-8 milli'". ~ 
Hauteur de l'ouverture : 1 1-12 milli"\ 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 167 

Habite : le réservoir du moulin de Ratier , près Beau- 
regard ; commune. 

Observation. — Cette espèce est intermédiaire entre VOvata et 
ï Àuricularia , car elle tient de l'une et de l'autre : elle tient de VOvata 
par son ouverture , mais s'en éloigne par sa columelle simple et presque 
dépourvue de callosité; elle a ses rapports avec V Auricularia par la 
brièveté de sa spire , s'en distingue par la forme ovale de son ouverture. 
Elle est presque toujours recouverte par un encroûtement vert foncé 
qui s'étend sur toute la coquille. A certains endroits , non seulement 
cet épiderme factice manque, mais le têt lui-même est corrodé ; les par- 
ties ainsi rongées le sont irrégulièrement et paraissent comme des sil- 
lons crayeux tranchant sur le fond vert. Ces corrodations ne s'imprè- 
gnent plus de corps étrangers. 

En cherchant l'explication de cette singularité, j'aperçus un petit 
myriapode aquatique caché dans un sillon et qui rongeait l'encroûte- 
ment et la coquille elle-même; je brossai le têt et je vis des parties per- 
forées que le Mollusque n'avait pu réparer et par où il paraissait à nu. Je 
mis l'insecte dans une fiole pleine d'eau pour le conserver et le jeter dans 
l'alcool, mais il s'était enfui, et depuis je n'ai pu m'en procurer d'autres. 

Au sortir de l'eau, cette Limnée est chargée de phlegmes et fort sale. 
Lavée seulement à l'eau fraîche, elle est d'un vert obscur où les décor- 
tications paraissent d'un blanc crayeux. Nettoyée à la brosse , elle est de 
couleur de corne pâle mate et conserve un air décrépit qui la fait res- 
sembler à une coquille roulée. La variété est moins encroûtée que le 
type et plus difficile à se procurer, 

Je dédie cette espèce à mon ami le docteur J.-B. Noulet, professeur 
d'histoire naturelle à l'Ecole de Médecine de Toulouse, auquel la science 
est redevable d'une foule de travaux importants sur les Mollusques, la 
Botanique, &. Je le prie d'accepter cette modeste dédicace comme un 
faible témoignage de mon amitié. 

5. L. Intermédiaire. — L. Intermedia. (Fér.J 

Syn. — L. Intermedia, Fér. ex. Daud., Gualt., Schr., Mich., A. Gras, 
Merm. — L. Vulgaris, Pfeiff. 

Animal : gris pâle très transparent. 

Cofpiille : ovale, diaphane, légèrement turhinée, striée 



IGS MOLLUSOUES DE LAGENAIS. 

finemenl en loni; , perforée ; ouverture ovale , arrondie 
intérieurement, anguleuse supérieurement; péristome sim- 
ple, tranchant, légèrement marginé; columelle tordue et 
calleuse ; cinq tours convexes , le dernier plus grand pro- 
portionnellement ; sommet allongé, un peu pointu; suture 
marquée . 

Hauteur : 22-23 railli™. — Diamètre : 13-14 milli™. 
— Hauteur de l'ouverture : 1 3-1 4 milli"\ 

Habite : les fontaines des coteaux aux environs d'Agen , 

au Grézel, Lacassagne, Toucaut, Cambes , St-Ferréol, &.; 

très connnune. 

Observation. — Cette espèce tient de la Lim. Ovata et de la Pere- 
gra : de la première par son ouverture et de la seconde par sa spire ; 
son faciès est constant. 

0. L. Voyageuse. — L. Feregra. (Lamk.J 

Syn. — L. Peregra, Latnk., NouL, Dup., Goup., A. Gras, Mer7n.,6i. — 
LimneusPereger, I>/ap. — Bucc. Vorcgr\xm,MulL — II. Atrata, Chcmn. 
— Bul. Pereger, Brug. — H. Peregra, Gmel., Montag., Dilw. 

Animal : brunâtre, enfumé, jaunâtre vers les bords du 
pied et des tentacules ; corps ponctué de jaune doré qui 
paraît sous la coquille , surtout lorsqu'elle est jeune. 

Coquille : cornée , brunâtre , un f)eu turbinée ; stries 
d'accroissement jaunâtres et fortement accusées; cinq 
tours, le dernier faisant à lui seul les trois quarts de la 
coquille; suture marquée, sommet obtus; ouverture ovale, 
oblongue; bord latéral simple, bord columellaire réfléchi; 
pli de la columelle laissant voir un peu lOmbilic. 

Var, .1. — Ferrlginea. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 169 

Var. B. — Marginata, L. Marginata (Midi.) 

Var. C. — Rauiata. 

Hauteur : 15-^5 milli'". — Diamètre : 10-15 milli"'. — 
Hauteur de l'ouverture : 1 4-15 milli'". 

Habite : la var. A. Type, dans les fontaines vaseuses 
des coteaux ; au Grézel , Gambes , Puymirol , Beauville, &. ; 
très commune; la var. B, à Ségougnac, sur le plateau, 
dans des fossés d'eau pluviale , bourbeuse , dans un ter- 
rain ferrugineux-, à Moirax, &.; commune. La var. C,dans 
les fontaines des Landes, à Sos , Houeillès, Pompogne, 
Bouglon, Saint-Julien-de-Fargues , commune. 

Observation. — La var. B est identique à tous les échantillons de la 
L. Marginata que j'ai reçue des auteurs ; ce n'est pour moi qu'une va- 
riété plus solide de la L. Peregra. 

7. L. des Etangs. — L. Stagnalis. (Lamk.) 

Syn.— Limn. Stagnalis, Lamk., NouL, Dup., À. Gras, Merm., Joba, &. 
— Limneus Stagnalis , Drap.— H. Stagnalis, Linn.— Bul. Slagnalis, 
Brug. — Le grand Buccin , Geoffroy. 

Animal : fauve roussâtre en-dessus , plus pûle en-des- 
sous, quelquefois noirâtre, comme enfumé; tentacules 

coniques. 

Coquille : ovale , allongée, striée longitudinalement et 
d'une manière plus accusée et presque rugueuse vers les 
accroissements en se dirigeant contre le bord latéral, 
quelquefois elle est carénée à la suture du dernier tour , 
plus souvent elle est arrondie ; ouveiture ovale , allongée , 
grande , élargie vers l'extrémité inférieure qui est arron- 
die, la supérieure est obtusément anguleuse; bord colu- 



170 MOLLUsyuES DE l'agenais. 

mellaire calleux, pli fortement tordu et recouvrant presque 
en entier l'ombilic; bord latéral tranchant, légèrement 
bordé d'un bourrelet blanchâtre ; bord columellaire violet 
ou vineux ; 6-7 tours convexes très acuminés , le dernier 
formant les 3|4 de la coquille; suture profonde; sommet 
aigu. 

Var. a. — Globosa. 

Var. B. ACUTA. 

Var. C. — Rose A, 

Hauteur : 50-56 milli™. — Diamètre : 23-30 milli"". — 
Hauteur de l'ouverture : 12-1 4 milli"\ 

Habite : la var. A, à Lalongue, dans les marais; com- 
mune. La var. B, dans leCanal,àAgen ; à Brax, Goulard, 
Sérignac , les Landes, partout, &.; très commune. La var. 
C, le Canal, à Damazan, commune; l'eau de cette partie 
ne vient point de la Garonne. 

B. Longueur de rou\erlurc moindre que la moitié de la longueur 
de la Coquille. 

8. L. des Marais. — L. Palustris. (Lamk.J 

Syn. — L. Palustris, Lamk., Dup., Goup., A. Gras, Merm., Joba, &. — 
Limneus Palustris, Drap. — H. Fragilis , Linn. — Bue. Palustre , 
MwfL— Bul. Palustris, Brug. — H. Palustris, Gmel. — H. Corvus, Gmel. 

Animal : noir, violâtre ; tentacules noirs , enfumés ; pied 
médiocre , aigu postérieurement. 

Coquille : ovale , oblongue , ventrue vers le dernier tour , 
turriculée vers le sommet qui est très acuminé ; ouverture 
ovale, allongée, se dilatant vers le bord latéral ; bord colu- 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 171 

mellaire réfléchi, recouvrant entièrement l'ombilic ; ce bord 
est presque toujours d'un brun-vineux ; 6-7 tours convexes j 
suture assez profonde; sommet obtus. Les stries, assez 
fortes, sont souvent traversées par d'autres stries irrégu- 
lières qui forment un réseau inégal. 

Var. a. — Obtusa, à spire courte et base obtuse. 

Var. B. — Elongata , aspire aiguë, turriculée et à 
base anguleuse. 

Hauteur : 24-35 milli"". — Diamètre : 10-15 milli"'. — 
Hauteur de l'ouverture : 8-12 milli"'. 

Habite : la var. A, dans tout le département, les eaux 
vives et stagnantes , aux environs d'Agen , le Canal , Brax, 
Goulard, Sérignac , Pourret, St-Marcel, &.; les Landes, à 
Sos, St-Julien-de-Fargues, &.; excessivement commune. 
La var. B , à Lalongue -, commune. 

9. L. Leucostome. — L. Leucostoma. (Lamk.) 

Syn. — L. Leucostoma, LamU., Mich., Dup., Merm., A. Gras, Goup. 
— Ejusd. Llmn. Gingivata, Goup. — Liraneus Elongatus , Drap. — 
Limn. Elongata, Wagn. — H. Octofracta, Montag. — H. Peregrina, 
Dilw. 

Animal : gris , presque noir ; tentacules et dessous du 
corps plus pâle. 

Coquille : turriculée , térébrale , striée en long ; 7-9 tours 
convexes dont le dernier beaucoup plus grand proportion- 
nellement; ouverture ovale, elliptique, entourée d'un bour- 
relet intérieur blanc-laiteux; bord latéral tranchant, le 
columellaire réfléchi ; suture marquée ; sommet acuminé ; 
couleur de corne pâle ou roussâtre sans reflets. Avant d'être 



172 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

brossée elle est toujours recouverte diiii limon noir qui 
rend encore plus visible le bourrelet blanc du péristome. 

Var. a. — Major. 

Var. B. — MiNOR, Lim. Subulata, Charpentier. 

Var. C. — GiNGivATA , Lim. Gini^ivata, Goupil. 

Hauteur : 17-26 milli'". — Diamètre : 5-8 milli"'. — 
Hauteur de l'ouverture : 5 milli"". 

Habite : les fossés inondés de la plaine, les fontaines 
facilement desséchées par le soleil ; au Passage , Pouchabou, 
Ségougnac, Brax, Thouars, Brucli, Espiens, &. La var. 
GiNGivATA dans le Néracais; les Landes, à Sos, St-Julien- 
de-Fargues, &. ; très commune. 

Observation. — La var. Gingiva'a me fut envoyée par M. rabl)é Du- 
PUY, sous le nom de L. Gingivata , Goupil. Antérieurement à cette épo- 
que M. de Trenquelléon m'avait communiqué des individus vivants, de 
toute taille , venant de sa propriété de St-Julien-de-Fargues ; je n'hésitai 
pas à me prononcer pour la réunion de cette coquilleàla L. Leucostoma. 
Depuis j'allai visiter, moi-même, la fontaine de St-Julien, c'était au mois 
d'août; elle était alors presque desséchée et je pus voir, grandes et petites 
Limnées enfouies dans le sable hu mide ; de là ces bourrelets d'accroisse- 
ment si nombreux dont est radiée la coquille lorsqu'elle est devenue 
adulte , et qui sont dûs aux divers temps d'arrêt et de repos forcé que lui 
impose la nature des eaux qu'elle habite. Le nom de Gingivata, imposé 
par M. Goupil , me paraissant rendre parfaitement le faciès de cette co- 
quille, je l'ai gardé à ma variété. 

10. Si. Troncatulée. — I. Truncatula. (Mull.) 

Syn. — L. Truncatula, Mull., Goup., Dup. — Limneus Minutus, Drap. 
— Limn. Minuta, À. Gras,Mcnn., Joba, &. — Bucc. Truncatulum, 
Muller. — H. Truncatula, Gmel. — Bul. Obscurus. Poir. — L- Fos- 
sarius, Tuit. — Le petit Buccin, Geoffroy. 

Animal : gris enfmné , |)his pâle en-dessous ; corps 
ponctué (le taches dorées. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 173 

Coquille : ovale , oblongiie , plus acuminée vers le som- 
met ; cinq tours convexes , l'inférieur plus grand ; suture 
profonde ; sommet obtus, souvent corrodé ; ouverture ovale ; 
péristome tranchant , un peu marginé à l'intérieur ; colu- 
melle calleuse recouvrant presque l'ombilic ; stries peu ap- 
parentes; couleur de corne pâle lorsqu'elle est brossée, 
toujours encroûtée de limon à l'état normal 

Var. a. — Major. 

VaR. B. MlNOR. 

Hauteur : 7-12 milli"". — Diamètre : 4-9 milli"'. — Hau- 
teur de l'ouverture : 3-4 milli"". 

Habite : les fossés terreux et vaseux, les fontaines; 
rampe toujours sur les bords même desséchés, &.; très com- 
mune; dans tout l'Agenais, à La Palme, Riols, ïoucaut, &.; 
dans la plaine; à Moirax, Ségougnac, Le Grézel, &. ; 
sur les coteaux. 

Observation. — C'est l'espèce qui résiste le plus au dessèchement; elle 
vit aussi bien dans une mare privée d'eau pendant tout l'été , au sommet 
d'un coteau comme dans les fossés inondés de la plaine. En septembre, 
ces Limnées apparaissent , aux premières pluies, à la surface de tous les 
trous remplis de quelques centimètres d'eau, après s'être dégagées de la 
vase qui les recouvrait. 

Cinc|iiiènie Famille : 
E.ES SE]!III-PHYI.I.III1E}MÎS. (Lamk.) 

GENRE DIX-HUITH^ME. 

Ancyle. — Ancylus. (Geoff.) 
CARACTÈRES : 

Animal : ovale , en cône , légèrement recourbé en arrière , 



174 .MOLLLîSOlKS DE LAiiENAIS. 

ayant le manteau peu ample, ne recouvrant point la tète, 
et mince sur les bords ; tête très grosse , munie de deux 
tentacules gros , cylindriques , contractiles , oculés à leur 
base interne et avoisinés au côté externe par un appendice 
foliacé •, bouche inférieure , avec quelques apparences d'ap- 
pendices labiaux de chaque côté ; pied elliptique , grand ; 
branchies dans une sorte de cavité , au milieu du côté gau- 
che, entre le pied et le manteau; anus au côté gauche. 

Coquille : sénestre , mince , recouvrante , presque symé- 
trique, en cône oblique , en arrière ; à base ovale plus ou 
moins allongée, à sommet pointu , non marginal, un peu 
incliné à droite. 

Observation. — Ces Mollusques étant branchyfères ne peuvent rai- 
sonnablement être placés avec les Pulmonés; Lamaick les ayant mis dans 
la deuxième famille des Semi-Phyllidiens,\o.s place entre les Phyllidies 
et \es Ombrelles. Us habitent les fontaines, les ruisseaux, les canaux, 
les rivières, sur les plantes, les pierres , &. 

ESPÈCES : 
1. A. Fluvîatile. — A. Fluviatîlis. (Mull.) 

Syn. — A. Fluviatilis, Mull., Drap., NouL, Dup., A. Gras, Merm.. 
Joba, &. — Patella fluviatilis, Gmel. — L'Ancile, Geoffroy. 

Animal : gris-noirâtre , plus pâle en-dessous. 

Coquille : conoide, pateUiforme, sommet mucroné en 
forme de bonnet phrygien-, ouverture ovale, arrondie; 
bords tranchants; mince , transparente , variant du corné 
pâle au blanc. 

Hauteur : 4 1i2 milli'". — Largeur : 4 li!2milli"'. — 
Longueur de liouverture : 6-7 milli". 



MOLLUSOUES DE LAGENAIS. 175 

Habite : toutes nos eaux vives , la Garonne , le Lot , le 
Gers , l'Auvignon , le Drôt , la Baïse , la Gélise , l'Avance , 
rOurbise, la Barguelonne , &.-, très commune sur les pier- 
res exposées aux courants ; les fontaines de Ratier, Lécus- 
san , Trenquelléon , &. 

2. A. Lacustre. — A. Lacusîris. (Mull.) 

Syn. — A. Lacustris, Mull., Drap., NouL, Dup., Grat., des MouL, A. 
Gras, Merm., Joba, &. — Patella Lacustris , Linn. 

Animal : transparent, brunâtre, fauve ou grisâtre. 

Coquille : ovale, oblongue, diaphane, cornée, blanche 
lorsqu'elle est dégagée du limon vert-foncé qui s'y attache; 
sommet peu élevé, moins aigu que dans l'espèce précé- 
dente , recourbé en arrière ; ouverture ovale , très allongée ; 
bords tranchants. 

Hauteur : 4 milli". — Larg. 2-3 milli™. — Longueur de 
l'ouverture : 5-6 milli™. 

Habite : les eaux tranquilles, sur les Nénuphars , les 
Potamots , les pierres , les bois ; commune à Gazalet , dans 
la fontaine ; à St-Marcel ; dans le Canal ; à Sérignac , dans 
les marais. 

ISIxièiue Famille : 

Trachélipodes marcheurs. 
Péristomiens. (Lamk.J — Turbines. (Fér.J 

Animal : muni de deux tentacules subulés , contrac- 
tiles ; les yeux à leur base. 



1 7G MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

Coquille : variant dans sa forme , à ouverture arrondie 
ou ovale, à bords peu ou point désunis, sans canal ni 
échancrure; opercule corné ou vitreux. 



CxENRE DIX-NEUVIEME. 
Paludine. — Paitrdina. (Lamk.J 

CARACTÈRES : 

Animal : muni d'une tète proboscidiforme ; tentacules 
coniques, allonc;és, (jnelquefois distans, portant les yeux 
à leur base extérieure , ceux-ci sur de petites éminences 
plus ou moins saillantes ; bouche munie d'une masse ou 
d'un ruban lingual hérissé; pied oblong ou ovale, plus ou 
moins allongé , et portant généralement un sillon marginal 
en avant; organe maie au côté droit antérieur, ayant son 
orifice à la base du tentacule ou dans le voisinage de cet 
organe ; anus du même côté. [Rang .) 

Coquille : dextre, épidermée , conoïde, à tours despire 
arrondis; sommet mamelonné; ouverture arrondie, ovale, 
anguleuse au sommet , les deux bords léunis tranchants , 
jamais recourbés ; péristome continu ; un opercule orbi- 
culaire, corné, strié, squammeux (Grateloup.) Ce genre 
a été distrait du genre Cyclostome par Lamarck. 

Les Paludines habitent les eaux douces des fleuves , des 
canaux, des marais, des fontaines; il en est qui vivent 
dans les eaux saumAtres. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 177 

ESPECES : 

À. Spire courte oit médiocre.. 

1. P. Vivipare. — P. Vivipara. (Lamk.) 



PL. I. FIG. II. 



Syn. — P. Vivipara, Lamk. — Cyclost. Viviparum, Drap. — Hel. Vivi- 
para , Lxnn. — Nerita Vivipara, Mull. — Bul. Viviparus, Poir. — Cycl. 
Contcctuni, Mill. — La Vivipare à bandes , Geoffroy. 

Animal : brunâtre ou verdâtre , pointillé de jaune bril- 
lant; organes de la génération distincts; le mâle est géné- 
ralement moindre. 

Coquille : grande , solide , fortement turbinée ; striée 
finement en long ; couleur olivâtre , presque toujours en- 
croûtée de limon ; ouverture oblique , arrondie inférieure- 
ment , anguleuse supérieurement ; péristome simple , tran- 
chant et continu ; ombilic évasé et profond ; 4-5 tours 
très convexes , le dernier très grand proportionnellement ; 
suture profonde , sommet obtus , souvent érodé ; opercule 
corné , spiriforme , fermant exactement l'ouverture. 

Hauteur : 35 milli"\ — Diamètre : 26 milli'". 

Habite le Canal latéral? 

Observation. — Cette coquille, vivant dans le canal du Midi, et 
voisine du nôtre , ne tardera pas à être amenée par les eaux venant de 
Toulouse et autres lieux; aussi ai-je préféré la signaler par anticipation 
plutôt que de laisser une lacune après la publication de mon travail. Les 
bandes qui se font remarquer à la P. Âchatina de Paris sont à peine vi- 
sibles chez notre espèce; en outre, l'ombilic n'est pas recouvert parle 
renversement do la columcUe. La P. Agate est moins grande que la 
Vivipare. 

12 



178 MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 

2. P. Sale. — P. Impura. (Lamk.) 

Syn. — p. Impura, Lamfc.. Mich., des Moul., Grat., NouL, Dup.,Menn., 
A. Gras, Joba, &. — H. Tentaculata, Linn. — Nerita Jaculator, Mull. 
— Bul. Tentaculatus, Poir. — Cycl. Impurum, Drap. — Turbo Nu- 
cleus, Dacos. — Cycl. Jaculator, Fér. 

Animal : noirâtre , ponctué de jaune doré , visible sur 
la coquille; tentacules longs, déliés, sétacés; très flexi- 
bles , gris , tachés de jaune. 

Coquille : ov ale-oblongue , turbinée , conoïde, un peu 
ventrue; ouverture ovale arrondie, anguleuse supérieure- 
ment ; péristorae continu , à bords solides ; cinq tours un 
peu convexes , le dernier plus grand ; suture peu profonde, 
point d'ombilic ; couleur de corne pâle ou orangée lors- 
qu'elle est brossée ; presque toujours encroûtée de noir a 
l'état normal; opercule corné , mince, à stries circulaires. 

Hauteur : 9-13 milli"\ — Diam. 6-9 milli'". 

Habite : tous nos ruisseaux et nos marais où l'eau , sans 
être très vive , n'est cependant pas stagnante ; elle vit sur 
les herbes aquatiques, rampe sur la vase, &. ; très com- 
mune à Pourret, Saint-Marcel, le Canal, Lalongue, la 
Palme, Goulard, &. 

B. Spire allongée. 

5. P. de rérussac. — P. Ferussina. (des Moul.) 

Syn. — P. Ferussina, Ch.-des-Moulins , Bull, de la Soc. Linnécnne de 
Bordeaux, tom. % pag. 26, avec fig.— Pal. Ferussina, ilfic/i., Bup. 

Animal : très noir en dessus ; pied blanc , grisâtre , 
transparent , très acuminé postérieurement , pourvu en 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 179 

avant tle deux lobes latéraux qui débordent à droite et à 
gauche du mufle. 

Coquille : petite , conico-cylindracée ; sommet mame- 
lonné presque tronqué ; couleur de corne blanchâtre ; lé- 
gèrement striée longitudinalement ; cinq tours arrondis ; 
suture profonde ; ombilic très étroit -, ouverture petite , un 
peu ovale ; l'encroûtement qui couvre le têt est vert-noirâ- 
tre lorsqu'il est frais, grenu, sablonneux et brillant au 
soleil quand il est sec • opercule gris s'enfonçant dans l'ou- 
verture. (Ch. des Moulins.) 

Hauteur : 3-4 milli'». — Diam. 1 \\% milli°^. 

Habite : les sources pures , les fontaines , contre leurs 
parois , sur les touffes du Fontinalis antipyretica , espèce 
de mousse aquatique dont elle se nourrit; commune dans 
le vallon de Coîirborieu , Vérone ; à Estillac , Moirax, &. 

4. P. Diaphane. — F. Diaphana. (Mie h.) 

(PL. II. FIG. VI-VI.) 

Syn. — P. Diaphana, Mich., compl. à Drap., NouL, Mich. — PI, 2, tig.6-6, 
de Reyniès', lettre à M. Moq.-Tand. 

Animal : pâle, gélatineux; pied médiocre acuminé; 
yeux noirs , tentacules gris. 

Coquille : très petite , allongée , presque cylindrique , 
ressemblant un peu à la précédente , avec laquelle elle a 
des rapports nombrcîux ; ouverture ovale-oblique , bords 
tranchants , péristome continu ; cinq tours convexes ; su- 
ture assez profonde, légèrement striée en long; sommet 
mamelonné , obtus ; couleur de corne blanche très luisante 



1 SI) MOLLUSQUES DK l'a(;ENAIS. 

et diaphanxi; opercule blanc-vitreux, enfoncé dans lOu- 
vertnre. 

Hauteur : 3 millr. — Diam. 1 millr. 

Habite : les fontaines d'eau vive ; à Ségougnac, Lécns- 
san, Ratier, Moirax, Estillac; assez abondante. 

5. P. Raccourcie. — P. Abbrevîata. (Mich.) 

Syn. — P. Abbreviata, Mich. — Corap. à Drap. 

Animal : pâle , un peu ardoisé sur la tête et le manteau. 

Coquille : presque cylindrique , sub-perforée ; stries 
très fines visrbles à la loupe; couleur jaune-clair, souvent 
encroûtée de vert-foncé ; ouverture arrondie ; péristome 
continu , simple et tranchant ; opercule enfoncé très avant 
dans l'ouverture; suture profonde; sommet très obtus et 
comme tronqué ou à peine mamelonné ; quatre tours con- 
vexes, le dernier plus grand. 

Hauteur : 3 milli"*. — Diam. 1 milli"". 

Habite : les fontaines pures et froides , à Raillassy , 
chez M. V. Amblard; à Sauvagnas, St-Robert, Beau- 
ville, &.; assez commune. 

6. P. Simonienne. — P. Simoniana. (Charpentier.) 

Syn, — p. Simoniana, Charpentier. — P. Simoniana, 5<-Simon,Miscell. 
Malacologiques , page 38. 

Animal : inconnu. 

Coquille : très petite, allongée, lisse, brillante, blanche, 
cylindrique ; ouverture demi-ovale ; péristome continu , 
détaché , à bords tranchants ; 6-7 tours convexes ; suture 
profonde; ombilic presqu'invisible; sommet obtus; oper- 
cule inconnu . 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 1H1 

Himleur : 2 2i2 milli'". — Diam. 1i2 milli"\ 

Habile : les alluvions de la Garonne; excessivement 

rare. 

Observation : Je dois la communication de cette espèce à M. Moquin- 
Tandon; j'avais trouvé cette coquille pendant deux fois dans les allu- 
vions et je la prenais pour une Acmea Fusca roulée; après examen il m'a 
été facile de la classer parmi les Paludines. 

GENRE VINGTIÈME. 
Valvée. — Valvata. (MuU.) 

CARACTÈRES : 

Animal : nmni d'une tête très distincte , j^rolongée en 
«ne sorte de trompe; tentacules forts longs, cylindracés, 
obtus , très rapprochés ; yeux sessiles au côté postérieur de 
leur base ; pied bilobé en avant ; branchies longues , pee- 
tiniformes , plus ou moins extensibles hors de la cavité, 
celle-ci largement ouverte et pourvue à droite de son bord 
inférieur, d'un long appendice simulant un troisième ten- 
tacule; organe mâle se retirant dans la cavité respiratrice. 

Coquille : discoïde ou conoïde , oml)iliquée, à tours de 
spire cylindracés , à sommet mamelonné ; ouverture ronde 
ou presque ronde, abords réunis, tranchants ; opercule 
corné, rond, à éléments concentriques et circulaires. 

Habitent : les eaux douces d'Europe et do l'Amérique 

septentrionale. 

Observation. — Ces Mollusques ressemblent parleur forme discoïde 
aux Planorhes ; aux jeunes Paludines par leur spire quelquefois CO7 
noïde. Elles diffèrent des premiers par leur ouverture ronde, leur péris- 
tome continu et la présence de branchies et d'un opercule , caractères 
qui leur manquent complètement. 



1X2 MOLLUSQUES l»K l'aGENAIS. 

ESP t: CES : 

A. Coquilje conoidc, 
V. Piscinale. — V. Pîscinalis. (EérJ 

Syn. — V, Piscinalis, Fér., Grat., Mich., des MouL, NouL, Brard., 
Goup., Dup., A. Gras, Merm., Buvig., Put.,Joba, &. — Nerita Pisci- 
nalis, Mull. — Ilel. Piscinalis, Gmel. — Turbo Cristata, Poir. — Cy- 
closluma Oblusum, Drap. — Valvaria Piscinalis , Blainv. — Valvaria 
Obtusa, Wagn. — H. Fascicularis , Alt. — Turbo Thermalis, Dilw. — 
Le Porte-Plumet, Geoffroy. 

Animal : pioboscidiforme , gélatineux, grisâtre, pâle , 
transparent, gris ardoisé sous le pied; tentacules très longs 
et déliés; appendice branchial au côté droit de La tête en 
forme de plume , dont les cils seraient égaux ; un peu plus 
loin apparaît un appendice délié, contractile , semblable à 
un tentacule, mais plus cylindrique ; pied traînant l'oper- 
cule. 

Coquille : globuleuse , sub-conique , d'un blanc-ver- 
dâtre, à travers laquelle se dessinent en trois lignes, diago- 
nales d'un vert brun les intestins de l'animal ; ouverture 
ronde ; péristome à bords simples , tranchants et continus ; 
opercule corné de môme couleur que la coquille, un peu 
enfoncé dans l'ouverture ; stries convergentes au nombre 
de cinq et demie ; spire de quatre tours dont le dernier 
])lus grand ; sommet mamelonné , suture marquée , ombilic- 
profond; quelques poils caducs épars sur le tel. 

Hauteur : 5-6 milli"". — Diam. 5 milli'". 

Habite : les eaux tranquilles à fond herbeux et vaseux; 
commune à Carton , Lespinasse , dans les marais, les nas- 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 18)1 

SCS de la Garonne, le Canal, Saint-Marcel; les Landes, 
aux environs de Sos, à. 

Observation. — Ce Mollusque rampe presque toujours sur la vase 
ou sur les plantes , s'élève sur l'eau dans les temps calmes et élève alors 
sa branchie, ce qui lui fit donner le nom de Porte-Plumet , par 
Geoffroy. 

2. V. Menue. — V. Minuta. (Drap.) 

(PL. II. FIG. VII-VII.) 

Syn. — V. Minuta, Drap., Pfeif., Wagn., Kikcx., &-. 

Animal : blanc, gélatineux, transparent; pied large, 
elliptique et assez grand : tête proboscidiforme , à travers 
laquelle paraissent les dents d'un rouge orangé; tentacules 
cylindriques arrondis à leur sommet*; yeux très noirs à la 
base externe; opercule corné très clair , traîné par le pied. 

Coquille : globuleuse , sub-conique , très petite ; ouver- 
ture presque ronde ; péristome simple , continu ; opercule 
un peu enfoncé ; trois tours très convexes , le dernier très 
grand et absorbant en quelque sorte les deux autres qui 
sont peu sensibles ; sommet obtus , suture marquée , om- 
bilic assez profond. 

Haut. 1 milli"". — Diam. 3i4 , 1 milli™. 

Habite : les fontaines d'eau vive des coteaux , parmi les 
mousses, les conferves; au Grézel, sous Muraille; à Es- 
tillac, Moirax, &.; assez abondante. 



J'ai vainement cherché l'appareil branchial qui se voit chez ses 
congénères. 



IS't MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

H. Coquille discoïde. 
3. V. Planorbe V. Flanorbis. (Drap.) 

Syn. — V. Planorbis, Drap., Goup., Mich., À. Gras, Merm.,Joha, &. — 
V. Cristata, Mull. — Ner. Valvata, Gmel. 

Animal : noir, tentacules filiformes, bruns; pied mé- 
diocre; branchies livides, pfiles , situées presque entre les 
deux tentacules , mais un peu vers le bord columellaire ; 
opercule corné, transparent, sans spire apparente, con- 
cave à l'extérieur , convexe à l'intérieur ; retenu en des- 
sous par un muscle adducteur d'une grande puissance , 
adhérant au pied. 

Coquille : discoïde, planorbique, transparente lorsque 
elle est nettoyée , chargée d'un limon noirâtre à l'état nor- 
mal ; striée finement , aplatie en dessus , concave en des- 
sous et fortement ombiliquée ; ouverture ronde , péristome 
simple, continu; opercule un peu enfoncé; trois à trois 
tours et demi un peu arrondis; suture marquée. 

Hauteur : 1 milli"". — Diam. variant de 2i1 à 3 milli™. 

Habite : les eaux vives et stagnantes de la plaine, parmi 
les cotiferves , les potamots et les cressons ; commune à 
Saint-Marcel , Pourret , Cazalet ; les marais de Carton et de 
Lespinasse. 

GENRE VINGT-UNIEME. 
Néritine. — Neritina. (Lamk,) 

Nerita, Linné. 
CARACTÈRES : 
Animal : globuleux, jpied circulaire, court, épais, san;? 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 185 

sillon antérieur ni lobe operculaire ; muscle coluniellaire 
partagé en deux; deux tentacules filiformes oculés à leur 
base externe; yeux sub-pédonculés ; langue denticulée; 
une grande branchie pectiniforme ; sexes séparés, organe 
m A le auriforme. 

Coquille : semi-globuleuso , mince, aplatie, operculée, 
non ombiliquée; ouverture semi-lunaire, bord coluniel- 
laire, aplati, tranchant; bord latéral sans dents; oper- 
cule demi-i'ond , numi d'une apophyse latérale; spire peu 
ou point saillante. 

Observation. — Ces Mollusques habitent constamment dans les eaux 
vives et 1res courantes , froides même , rampent lentement sur les corps 
submergés , mais ne nagent pas. Les femelles déposent leurs œufs sur 
les pierres, les cailloux, sur les coquilles des Unio, des Anodontes et 
sur celle des autres Néritines; l'éclosion de l'Embryon détermine une 
sorte d'excoriation à la place sur laquelle il était fixé et y laisse souvent 
une trace indélébile ; la ponte a lieu en mai et juin; les petits éclosent 
habituellement au bout de dix à quinze jours. 

ESPÈCE UNIQUE : 

N. Fluviatile. — N. Fluviatîlis. ( Lamk.) 

Syn. — N. Fluviatilis, Lamk., Blainv., Fér., Goup., A. Gras, Merm., 
Jdba, &. — Nerita Fluviatilis, Linn., Drap., Roiss. — Nerita Fonti- 
nalis, Brard, — La Nérite des Rivières, Geoffroy. 

Animal : grisâtre , obtus , épais ; tentacules filiformes 
gris plus pâle ; yeux noirs ; opercule inséré au pied par une 
apophyse. 

Coquille : semi-globuleuse, solide, à peine spirale, sans 
ombilic , ouverte semi-lunaire ; columelle droite parta- 
geant l'ouN orture en demi-lune ; bord coluniellaire aplati ; 



ISC) MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

périslouio simple et tranchant; deux tours de spire aplatis, 
le dernier faisant à lui seul le volume de la coquille ; oper- 
cule semi-lunaire , corné , brun ; couleur du dessus ver- 
dâtre , parsemée de petites lignes en zig-zag , se croisant 
irréguilièrement ou formant un réseau. Ces lignes sont 
tantôt brunes, vertes, noires ou bleues; la disposition de 
ces réseaux est très variable ; aucun individu ne ressem- 
ble à un autre. Lorsque cette coquille est roulée dans le 
sable et exposée aux agents extérieurs, elle devient d'un 
rose vineux fort agréable. 

Var. a. — Zig-Zag. Type. 

Var. B. — NiGRiCANS unicolor. 

Var. C. — ViRiDANA idem, pi. ii, fig. 8-8. 

Hauteur : 4-9 milli-". — Diam. 5-12 milli"". 

Habite : les rivières , les fleuves , les ruisseaux d'eau 
vive , la Garonne , le Gers , la Baise , la Gélise , l'Ourbisc , 
l'Avance, le Giron, la Seoûne, la Barguelonne, &. ; très 
commune; la var. B dans la Garonne, avec le type; la 
var. C dans la Garonne , sur un sol crayeux, au bas de 
Beaure2;ard. 



OUATRIËIHË CLASSE. 
ACÉPHALES. (cuviER) 

Acéphales testacés, Cuv. — Lamellibranches dyraiaires, Blainv. — Con- 
chifères dymiaires, Lamk. — Acéphalophores, Blainv. 

Animal : sans tête distincte, avec une bouche sans dents, 
cachée dans le fond ou entre les rephs du manteau , sou- 
vent munie de chaque côté d'une paire d'appendices ; point 
d'yeux; des organes respiratoires branchiaux, peu varia- 
bles dans leur forme et leur position ; tous se fécondant 
eux-mêmes; un cerveau imparfait joint à un système 
nerveux ganghonnaire ; deux cordons nerveux remplacent 
le collier médullaire ; circulation simple ; cœur situé sur le 
dos, petit, ovale, gélatineux, presque transparent, à un 
seul ventricule et à deux oreillettes, doué d'un mouve- 
ment ondulatoire ; système artériel et veineux ; respiration 
par des branchies extérieures ; foie très volumineux , en- 
veloppant presque en entier l'appareil digestif; un pied 
abdominal, vertical; quelques uns avec un appendice tendi- 
neux fort long, servant de pied (les Cyclades) Ovo-vmpares, 

Coquille : de deux pièces jointes ensemble par un liga- 
ment corné. Bivalves. 

Famille Première ; 

lies Submytilacés. (Blainv.) 
Nayades, Lamk. — Conchifères Lamellipedes , Lamk, 

Animal : vivant dans l'eau douce des rivières , des lacs , 
des étangs, des canaux et même des fossés; pied très 
grand , épais , lamelUforme , nerveux , que l'animal fait 
sortir et rentrer à volont*' et qui lui sert à se déplacer. 



iSH MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

Coquille : épidermée, régulière, équivalve, inéquila- 
térale; ligament externe, corne; deux impressions mus- 
culaires latérales. 

GENRE VINGT-DEUXIÈME. 

Anodonte. — Anodonta. [Brug.J 

Syn. — Mytilus, lÂ7in. — Anodon , Ock. — Aiiodontitia, Raff. — Ano- 

dontites, Brug., Pair. — Gascon : Musclés dé Garono. 

Animal : ovale , oblong , plus ou moins allongé et épais, 
ayant le manteau ouvert dans toute sa moitié intérieure 
et en avant, adhérent, à bords épais, souvent frangés ; 
muni d'un orifice particulier pour l'anus et d'un tube in- 
complet, court, postérieur, garni de deux rangées de 
papilles tentaculaires, et servant à la respiration; appen- 
dices labiaux triangulaires; branchies assez longues, iné- 
gales sur un lîiéme côté; pied très grand, épais, com- 
primé, de forme quadrangulaire. 

Coquille : ovale ou arrondie , généralement assez mince 
et auriculée , régulière, équivalve, inéquilatérale, non bâil- 
lante ; sommet antéro-dorsal , écorché ; charnière sans dent, 
mais présentant une lame ; ligament linéaire, extérieur, très 
allongé; impressions musculaires écartées, très distinctes. 

Habite : lés étangs , les rivières , les grandes mares , les 

fossés au fond de la vase. — Edule*. 

* Dans un temps peu reculé et que beaucoup de gens se rappelle- 
ront, une femme nommée la Belbèzc vendait à la criée, dcins la ville 
d'Agen, les Mulettes et Anodontes de la Garonne, parmi les Pois- 
sons, les Huîtres, les Moules et les Gravettes. Elle appellaitratten- 
tion des ménagères par ce cri ; A la Coutoyo hibo! A la Coutoyo!... Du 
reste, au Passage, des habitants mangent YUnio Rcquienii et YAnod. 
Anatina du Rieu-Mort en les faisant cuire sur les charbons; d'autres les 
font cuire et les mangent avec la même sauce (pic les Moules marines. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 189 

ESPÈCES : 
1. A. des Cygnes. — A. Gygnœa. (Lamk.) 

Syn. — Cygnœa, Lamk., Grat., desMouL, Drap., Mich., Noul., Dup.. 
Goup., A. Gras, Merm., Joha, &, — Mytilus Cygneus, Linn. — Ano- 
dontites Cygnea , Pair. — La grande Moule des étangs, Geoffroy. 

Animal : ovale ; couleur jaunâtre ; pied plus blanc et 
assez nerveux ; manteau large et suivant les bords libres 
de la coquille ; papilles tentaculaires gris-glauques ; bran- 
chies larges et pectinées régulièrement, ressemblant à la 
gaze gauffrée ; cloaque visible , toujours vaseux. Lorsque 
le pied est offensé par un instrument tranchant il s'en 
échappe une sorte d'humeur épaisse, d'apparence laiteuse. 

Coquille : grande , ovale , oblongue , un peu bombée , 
mince , surtout vers les bords qui sont souvent membra- 
neux ; extrémité antérieure arrondie , l'extérieure plus ou 
moins anguleuse et comme rostrée ; sommets obtus et peu 
excoriés , stries d'accroissement rugueuses , inégales , for- 
mant même des varices à quelque distance des bords ; 
charnière simple , sans dents , retenue seulement par un 
ligament corné , brun , extérieur et très allongé sur le ros- 
tre; impressions musculaires, assez fortes et rugueuses; 
impression palléale médiocre ; intérieur nacré , blanc-rosé ; 
extérieur vert-brunâtre , se distribuant en zones concen- 
triques , inégales , interrompues , partant des sommets et 
s'agrandissant vers la base ; sommets jaune de chrome peu 
excoriés. 

Var. B. — Cellensis, a. Cellensis? -ScArôY^r. 

Haut. 8-10centi"\ — Long, transversale : 15-18 centi"'. 



190 MOLLUSQUES DE LAGENAKS. 

Habite: la Garonne où elle est rare ; le Gers, conumiiie; 
près Sos, 011 elle })araît abondante. (M. Capgrand.) 

Observation. — J'ai trouvé dans des flaques d'eau, près de l'Avance , 
une Anodonte qui ressemble beaucoup à l'Anodontc des Cygnes , mais 
surtout à l'An. Cellensis, 5cftro^er. Cependant j'ai pu m'assurer que la 
seule différence des eaux avait établi cette variété que je nommerai var. 
Cellensis. 

2. A. des Canards. — A Anatina. (Lamk.) 

Syn. — A Anatina, Lamk., Drap., Linn? — Mytilus Anatinus? Dilw. 
— A. Palustris? Lamk. — A. Intermedia? Lamk. — A. Rostrata? Kok. 

Animal : semblable au précédent , nn peu plus épais et 
plus foncé; le bord du pied est gris-livide ainsi que les 
braucliies; les papilles tentaculaires grises, frangées de 
jaune. — Édule. 

Coquille : ovalaire, obtuse, arrondie inférieurement; un 
peu rostrée postérieurement , mais bien moins que la pi-é- 
cédente , plus bombée , moindre et surtout plus solide ; 
nacre intérieure , blanc-grisAtre, irisée d'azur ; stries peu 
apparentes ; sommets obtus et excoriés ; impressions mus- 
culaires et palléales peu marquées; couleur de lepiderme 
vert-brunAtre ou jaunâtre , zones interrompues par des 
radiations qui partent du corselet et se dirigent en s élargis- 
sant vers les bords libres de la coquille , elles sont d'un vert 
assez vif. 

Var. B. — Rostrata. Ali", an. A. Rostrata, Kokeil. 

Haut. 10-14 centi"". — Long, transv. 17-21 centi"". 

Habite : la Garonne, le Drôt, le Gers, la Seoiine, le Lot, 
laRaïse, la Gélise, l'Auvignon , le Rieu-Mort, Lalongue,&.; 
et tous les petits couis d'eau du département ; très commune. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 191 

Observ. — Plusieurs auteurs ont réuni cette espèce à l'An, Cygnca; 
je n'ai pu me ranger à leur opinion; l'An. Anatina que nous possédons 
est identique aux individus de Draparnaud et se rapporte parfaitement à 
«eux que j'ai reçus de mes Correspondants, mais ce n'est pas l'An, iinatirm, 
de Linné que mon ami l'abbé Dupuy a bien voulu me communiquer et 
qui venait du Nord de la France. Notre espèce diffère complètement de 
l'An. Cygnea par tous les caractères que j'ai indiqués et se rapporterait 
plutôt à l'An. Piscinalis si commune dans la Garonne; cependant sa taille 
moindre , son faciès constant l'en distinguent suffisamment. 

5. A. des Piscines. — A. Piscinalis. (Nilss.J 

(PL. IV. FIG. 1.)' 

Syn. — Piscinalis, Mlsson; Hist, Mollus. Suecige, pag. 116. — Mytilus 
Cygneus? Schrbt. — A.Trapezialis? Lamk. — Var. C, affmis. A. Ross- 
masslerianœ ? Dup. — A. Ponderosa? Pfeiff. 

Animal : semblable à celui des précédents, les bords des 
branchies plus noirs. 

Coquille : ovale, oblongue, grande, ventrue, assez 
solide, épaisse ; stries d accroissement généralement très 
fortes et concentriques , carénées seulement vers le bord 
antérieur ; crochets élevés et assez saillants ; sommets peu 
excoriés , un peu rugueux , sur lesquels paraissent les pre- 
mières varices onduleuses; ligament extérieur peu apparent, 
souvent recouvert par les lamelles de l'épiderme , ce qui le 
rend fort inégal et forme des élévations coniques ou mame- 
lonnées ; rostre obtus et un peu prolongé ; partie antérieure 



* Je dois les premiers dessins de cette espèce ainsi que ceux de la 
planche 1" à mon ami Ed. Lhéritier; quelques corrections nécessitées 
par un changement d'individus non adultes ont changé la destination de 
ces planches dont A.Laboulbène a bien voulu se charger: qu'ils reçoi- 
vent ici tous les deux le témoignage de ma vive reconnaissance. 



1 yi MOI.LUS<.)lES DE LAf.FXAIS. 

formant une carène en avant du ligament et s'arrondissant 
ensuite brusquement vers les bords ; ces bords sont amincis 
légèrement et presque toujours membraneux ; fente posté- 
rieure de la carène un peu bâillante ; intérieur nacré irisé 
de blanc et d'azur ; impressions musculaires peu profondes, 
surtout les antérieures \ impressions palléales épaisses ; 
couleur dermale, brun-verdâtre et brun-jaunAtre, dispo- 
sée en zones souvent interrompues par des radiations ver- 
tes, qui pai'tant des sommets suivent les deux carènes du 
rostre et vont en diminuant de grosseur jusqu'au 2|3 de la 
coquille et même aux bords libres; sommets ochracés , cen- 
drés à leur base ; épiderme trèslamelleux. 

Var. B. — CoMPLANATA. (M. Galup.) 

Var. C. — Elongata. a. Rossmasleriana ? Dup. 

Haut. S-IOcenti*^. — Long, transv. 14-15 centi"". 

Habite : les lacs tranquilles à fonds vaseux ; commune 

dans les nasses clayonnées de la Garonne, le Canal, 

à Agen; Damazan,* &.; dans les fossés des réservoirs 

de Senelles, chez M. Désiré de Brondeau , près Villeneuve; 

aux environs de Sos, &. (M. Capgrand.) 

Observation. — Cette espèce ne peut être prise ni pour l'A. Cel- 
lensis (Schroter), ni pour YAnatina, ni pour la Cygnea : elle diffère de 
l'A. Cellensis par sa plus grande épaisseur , sa carène antérieure qui , 
chez la piemière, est à peine indiquée; par les radiations vertes et en- 
fin par la couleur azurée de sa nacre ; les mêmes différences existent 
pour l'A. Cygnea dont l'A. Cellensis nest qu'une variété plus mince. 



* M. Galup, receveur de l'enregistrement,.! Damazan, m'a envoyé 
deux variétés fort belles du Canal latéral, alimenté encore en 1849 par les 
eaux des ruisseaux qui viennent des Landes. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 193 

Notre A. Anatina est un diminutif de cette espèce, avec laquelle elle a 
des rapports nombreux ; cependant son épaisseur et sa taille en diffèrent 
beaucoup , ainsi que la carène antérieure. 

4. A. de G-rateloup. — A. Gratelupeana. (Noh.) 

(PL. III. FIG. I , Il , III. PL. IV. FIG. II.) 

Syn. — A. Gratelupeana, Gass. — Var. B , Globosa, Aff. A. Compla- 
nata, Zicgl. — Var. C, Minima, Af[. A. Minima?Miit. — A. Jobœ? jjwp. 

Animal : pâle, gris-jaunâtre j papilles tentaculaires roii- 
geâtres ; branchies verdâtre-livide ; pied sub-qiiadrangu- 
laire. — Édule. 

Coquille : moyenne ou arrondie, variable , ovale-oblon- 
gueé, épidermée, luisante; carène arrondie ou peu anguleuse; 
crochets peu élevés; sommets presque toujours un peu ex- 
coriés; ligament extérieur recouvert la plupart du temps par 
les lamelles de I épidémie; bord antérieur sensiblement 
arrondi et un peu obtus ; bord })ostérieur un peu rostre , 
mais toujours plus élevé et plus large que l'antérieur ; na- 
cre irisée de blanc d'argent , d'azur et de rose; impressions 
musculaires peu apparentes ; les palléales médiocres; 
charnière linéaire , arquée légèrement ; bords libres tran- 
chants presque toujours lamelleux et hiants; épiderme 
jaune-verdâtre, sommets jaunes ou noirâtres, d'oii partent 
des zones concentriques d'un beau vert-émeraude , sui- 
vies de bandes brunes , noires et jaunes , avec quelques 
radiations jaunes et vertes , de la carène au rostre , le tout 
brillant comme un émail ; rarement quelques individus 
uniformément verts ou jaune-foncé. 
Var. B. — Globosa. 
Var. C. — MiNiMA. 

13 



11)4- MOLLUSOUES DE l'aGENAIS. 

Haut. : 4-(), rar. 7 centi'". — Long. tr. 7-9-12 centi'". 

Habite : la Garonne, 'dans les nasses tranquilles et à 
fond vaseux j eoniniune à Beauregard avant les travaux du 
Canal; trouvée aussi au bas de Rouquet par M. Aitken; à 
Boé, dans les nasses, &.; rare. 

Observation. — Cette coquille , que j'ai soumise au jugement de 
plusieurs savants, est sans conteste la plus belle du genre. Mon ami La- 
boulbène en a fait un dessin d'une exactitude rigoureuse, et M. F. Plée 
l'a burinée avec une perfection sans égale. J'ai trouvé un échantillon 
dune var. Globuleuse ressemblant un peu à l'A. Complanata (Ziègler), 
mais s'en éloignant cependant par sa convexité et sa coloration uni- 
forme ; du reste , c'est le seul échantillon que j'ai trouvé ainsi ; il se dis- 
tingue du type par ses stries d'accroissement plus serrées et par sa colo- 
ration plus uniformément verte. La var. fi est constante et plus commune. 

,1e dédie cette espèce, que je n'hésite pas à croire nouvelle, à mon 
respectable ami M. le docteur de Grateloup, auquel la Conchyliologie 
est redevable de plusieurs travaux importants ; je le prie d'en accepter 
la dédicace comme une faible preuve de ma reconnaissance pour les 
encouragements qu'il n'a cessé de me prodiguer. 

GENRE VINGT-ÏROISIEME. 
Mulette. — Unio. (Brug.) 

Mya, Linn. — Mytilus , Geoff. — Alasmodonta, Say. — Amblemides, 
Uniodes , Raff. — Gascon : Coutoyc* 

Animal : semblable à celui des Anodontes; plus épais 
et nerveux. 

Coquille : de forme très variable , équivalve , inéquilaté- 
rale , assez bombée , quelquefois un peu bâillante , auri- 
culée ou non; valves épaisses, rongées aux sommets; 



* Sans doute de côtoyer , à cause de l'habitat de ces Mollusques qui 
se tiennent plus volontiers le long des berges que dans les bas fonds. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 195 

ceux-ci plus ou uioins antérieurs; charnière formée d'une 
dent lamellaire sous le ligament et d'une double dent; 
comprimée , dentelée irrégulièrement sur la valve gauche , 
et simple sur la valve droite ; ligament extérieur et allongé; 
impressions musculaires très écartées et peu distinctes. 

Habite : les mômes localités que les Anodontes, dans 
toutes nos rivières, ruisseaux, &. 

ESPÈCES : 

A. Denis cardinales, comprimées, rele\ées et souvent en crèle. 
1. IWE. de Requien. — U. Requienii. [Mie h.) 

(pL. i. FIG. V-VI.) 

Syn. — U. Requienii, Mich. — Compt. à Drap., pag. 106, pi. xvi, fig. 204. 
— Un. Pictorum, Drap. — Var. U. Pictorum, Lamk.f* — Mya Picto- 
rum, Linn. — Mya Angusta, Schrot. — MyaOvalis, Montag. — Mysca 
Pictorum, Turt. — U.Ovalis, Sow. — La Moule des rivières, Geoffroy. 

Animal : jaune, saumon , pied plus pâle ; manteau 
frangé; branchies glauques, mais dont les nervures sont 
moins fortes que celles des Anodontes. — Édule. 

Coquille : épidermée , allongée , carénée postérieure- 
ment; ligament extérieur, corné et très apparent ; crochets 
proéminents; sommets plus ou moins excoriés; un peu 
bâillante aux deux extrémités ; l'antérieure arrondie brus- 
quement ; partie supérieure en avant des sommets , très 
droite et un peu concave ; rostre prolongé ; sinuée ou com- 



* C'est d'après les conseils de plusieurs auteurs que jai dû donner le 
nom d'U. Requien>n à notre espèce, quoique plusieurs de nos var. diffè- 
rent peu du Pictorum du Nord . 



i9G MOLLI SOUKS DE LACENAIS. 

primée dans sa j)artie médiane vers la base des bords 
libres; intérieur nacré, variant du blanc-laiteux, blanc 
d'argent, rose doré ou pourpre, selon les individus; char- 
nière linéaire , creusée en gouttière \ les deux lames se re- 
çoivent réciproquement l'une dans l'autre par intercalla- 
tion ; la charnière de la valve droite présente une dent en 
crête conique qui se trouve reçue entre deux dents de la 
valve gauche dont la cardinale est rejetée un peu en ar- 
rière, tandis que la latérale est égale et très rugueuse. Les 
impressions musculaires antérieures sont profondes et 
pourvues d'une fossette qui se rejette en arrière et reçoit 
une partie du muscle adducteur; les impressions posté- 
rieures sont simples , lisses et peu apparentes ; les palléales 
épaisses ; la couleur de l'épiderrae varie beaucoup , selon 
les eaux que le Mollusque habite ; elle est toujours disposée 
en zones allongées , concentriques , suivant les divers ac- 
croissements de la coquille , et varie du vert-brun , vert- 
clair , brun et jaune foncé ; lavée à la brosse , elle est lisse 
et luisante; les stries sont peu lamelleuses. Quant à la 
forme, elle varie énormément. J'indique seulement les 
variétés suivantes : 

Var. a. — Type, vert-jaune et brun. 

YaR. B. ROSTRATA ; U. PiCTORUM ? Limi. 

Var. C. — Complanata; U. Ovalis? Sow . 

Var. D. — PoNDERosA. 

Var. E. — CuNEATA. 

Var. F. — Decurvata. 

Var. g. — Radiata. 

Var, h. — Senellensis, verte, jaune et brune. 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 197 

VaR. /. MlNlMA. 

Hauteur : 3-5 centi"'. — Long, transv. 5-10 centr. 

Habite : les cours d'eau vive; les var. A, B , C, G , 
dans les nasses de la Garonne ; très communes ; — la var. 
2), dans l'Auvignon , à Bruch, Montagnac, Roquefort; 
assez rare; — la var. H, à Senelles, dans les viviers de 
M. D. de Brondeau oiielle devient magnifique; — la var. 
/, dans le Drôt (M. Bessières); la Baïse , la Gélize, le 
Lot, le Gers, la Seoiine ; la var. F , dans le Rieu-Morl , au 
Passage, &. L'individu figuré dans la PI. 1"^ est de la Ga- 
ronne, à Agen. 

B. Dents cardinales courtes, épaisses, non en crête. 

2. M. Littorale. — U. LÂttoralis. (Lamk.J 

Syn. — U. Littoralis , Lamk., Drap. — Mya Rhomboidea, Schr.; 
U. Bigorriensis , Mill. 

Animal : jaunâtre ; bords du manteau et des papilles 
d'un gris glauque ; pied jaunâtre assez grand. 

Coquille : oblique , sub-tétragone ou sub-arrondie ; 
épaisse ; stries d'accroissement très fortes et rugueuses ; 
extrémité antérieure arrondie , la postérieure peu rétrécie ; 
sommets proéminents presque toujours excoriés ; épiderme 
noir à l'état parfait, brunâtre dans le jeune âge, laissant 
paraître quelques radiations vertes sur un fond jaune ; ces 
radiations partent de la carène et vont se dilater vers les 
bords libres des valves ; les sommets sont alors ornés de 
varices qui sont les premières traces de l'existence de la 
coquille et qui tendent à les faire excorier plus tard; dents 



198 MOLLUSQUES DK l'aGENAIS. 

cardinales épaisses , fortement striées et crénelées j dents 
latérales lamelliformes moins épaisses; impressions mus- 
culaires antérieures, profondes ; les inférieures bien moins ; 
impression palléale épaisse , souvent rosée ; nacre très 
blanche, bleuAtre ou rosée. 
Var. .4. — Type, Rotunda. 

VaR. Ji. BlGORRIENSlS , U. BlGORRlENSlS , MUl. 

Yar. C. — Compressa. 

Var. I). SlBTETRAGONA. 

Var, E. — Irregularis. 

Hauteur : 4-7 centi™. — Long, transv. : 7-9 centi"". 

Habite : plus particulièrement les grands cours d'eau 
que la précédente , extrêmement commune dans la Ga- 
ronne, le Gers, le Lot, la Baïse, &.; — la var. fi, dans 
la Gélize. [MM. Capgrand ei Dubor). 

5. im. Sinuée. — U. Sinuatus. (Lamk.) 

Syn. — U. Sinuata, Lamk. — U. Margaritifera, Drap. — U. Margariti- 
fcrus, Nilss., Retz. — Mya Margaritifera, Linn. 

Animal : grisâtre; branchies grandes; bordant presque 
le manteau; pied très grand et épais. 

Coquille: eUiptique, grande, épaisse, solide, rugueuse; 
équivalve ; inéquilatérale , fortement sinuée à la partie 
médiane des valves et jusqu'aux bords libres ; sommets 
proéminents , fortement excoriés et même écorchés ; épi- 
derme brun ou noir , corné ; stries d'accroissement lamel- 
leuses et tuilées ; ligament extérieur assez élevé, mais peu 
avancé sur le bord antéro-dorsal ; charnière composée de 
doux lames dont l;i pjulie post/'riomc (>8l rugueuse à l'égal 



MOLLUSQUES DK l'aGENAIS. | <)9 

d'une liiiie ; à la partie antérieure se trouvent quatre dents 
dont une, la cardinale, est reçue entre deux autres dents 
courtes , épaisses et dentelées ; impressions musculaires 
très fortes, présentant en arrière de la partie antérieure 
deux petites fossettes d'attache où sont retenus les muscles 
adducteurs ; impressions palléales fortes et épaisses ; cou- 
leur de la nacre d'un l)eau blanc azuré et irisé vers les 
bords postérieurs d'un rose- violet et bleu-azur*. 

Var. B. — Arcuata; rare. 

Haut. :8-10 centi*". — Long, transv. : 14-16-18 centi'". 

Habite : dans la Garonne , le Lot , la Baïse où çUe parque 
en groupes nombreux dans le sable , le long des berges 
assez profondes, dans les trous formés par les courants, 
contre les roches, rarement dans les nasses vaseuses; très 
abondante. — Les échantillons de Marmande , Tonneins , 
Aiguillon et de la Baïse sont beaucoup plus grands que 
ceux des environs d'Agen. La forme de la coquille varie 
fort peu ; du jeune âge à l'état adulte , elle est même 
toujours sinuée. 

Observation. — J'ai lu quelque part un article relatif à l'excoriation 
du têt des Acéphales, que : cet accident était dû à la présence de petits 
univalves qui, ne trouvant pas de substance calcaire suffisante dans les 
eaux où ils habitent, allaient la dérober sur le têt des bivalves afin de 
former leur coquille. Or, il est évident que la partie la plus cachée de 
ces derniers est l'antérieure , l'opposée du rostre qui se prolonge en ar- 
rière du corselet. J'ai observé qu'à de rares exceptions près les bivalves 

* J'ai trouvé plusieurs fois , après le lavage des animaux, quelques 
perles fines d'un assez bel orient. 

Nacre de perle selon Hatchett : 

Sous-carbonate de chaux 66 parties. 

.\lbumine coagulée 34 — 



2(10 MOLLUSQUKS l)K l'aGKNAIS. 

couservaionl dans la vase ou dans le sable une position verticale pres- 
que perpendiculaire, laissant une faible partie du rostre à découvert , 
pour donner aux papilles tentaculaires la facilité de dégager l'air am- 
biant; comment les petits univalves pourraient-ils aller ronger les som- 
mets, puisqu'ils sont cachés? Pour moi , je ne le com[)rends pas. 

Et même en admettant ces Mollusques parasites* serait-il possible 
que la nature eût refusé à leur organisation la première condition d'exis- 
tence pour eux... l'abri? C'est maintenant un fait acquis à la science, 
que ce qui secrète le calcaire qui sert à l'accroissement du têt est le 
manteau; eh bien! il en est des Acéphales comme des Céphalés : les bords 
du manteau sécrètent vers la base et tendent à son agrandissement et à 
sonépaississoment aux dépends du sommet. La partie ainsi abandonnée 
doit tendre à un dépérissement plus ou moins rapide et rendre l'épi- 
derme caduc , et le faire s'exfolier et tomber , puis ne protégeant 
plus le têt, le voir se corroder par les courants, les chocs divers aux- 
quels sa position presque stationnaire l'expose. J'ai remarqué que plus 
les courants étaient violents et plus les coquilles, une fois érodées, se 
corrodaient facilement. Tout le monde a pu remarquer que les bivalves 
qui nous occupent naissent avec les sommets épineux , chargés de vari- 
ces ou tout au moins très rugueux ; l'épiderme a peu de prise sur des 
parties ainsi exposées au moindre frottement, et en laisse au contraire 
aux accidents divers qui peuvent leur arriver dans le milieu qu'ils habi- 
tent. 

Je crois donc que le manteau, en sécrétant la matière calcaire vers les 
bords libres de la coquille, doit en priver les sommets et par là provo- 
quer la caducité de l'épiderme ; et si la coquille se trouve exposée à des 
courants violents, elle doit être facilement corrodée, puisque l'épi- 
derme ne la garantit plus. Il en serait de même d'un bloc de pierre ordi- 
naire qui , restant en place à un fort courant, serait souvent rongé et 
même perforé. L'action minérale de quelques eaux doit aussi les atta- 
quer plus fortement; tous les Un. Littoralis , Moquinianus, Margari- 
tifer et Sinuatus que j'ai reçus des gaves pyrénéens où les eaux très 
rapides sont saturées de minerais, sont plus excoriés que ceux qui vivent 
dans les vases des eaux tranquilles. 



* Il ne pourrait y avoir que l'œuf de la Néritine qui pût déterminer 
une légère érosion, et j'ai remarqué des bivalves excoriés dans des eaux 
stagnantes où ne vivait aucvuio Néritine, 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 2101 

Famille Uetiittènie : 

Gonchacés. (Blainv.) 

Conques Fluviatiles , Lam]i. — Cardiacés , Cuv. — Cyclades , de Fér. — 
Cycladées , Raff, 

GENRE VINGT-QUATRIÈME. 
Gyclade. — Cyclas. (Brwj.) 

CARACTÈRES : 

Animal : épais, ayant un manteau à bords simples; 
muni de tubes courts et réunis ; pied large , comprimé à sa 
base et terminé par une sorte d'appendice. 

Coquille : épidermée , mince, quelquefois demi-transpa- 
rente, ovale , très bombée , équivalve , inéquilatérale ; som- 
mets très rapprochés et un peu tournés en avant ; charnière 
composée de dents cardinales très petites, quelquefois 
presque nulles; tantôt deux sur chaque valve, dont une, 
pliée ou lobée sur une valve, et deux sur l'autre; deux 
dents latérales écartées, lamelliformes, avec une fossette 
à la base; ligament extérieur, postérieur et bombé; deux 
impressions musculaires réunies par une impression pal- 
léale non excavée. 

Les Cyclades habitent les eaux douces des fleuves, riviè- 
res , ruisseaux d'eau vive et stagnante , se déplaçant au 
moyen d'un appendice tendineux qui leur sert de pied' et 
qui s'applique par succion sur les plantes aquatiques ou 
dans leurs racines , rampent aussi dans la vase et y tracent 
un léger sillon comme les genres précédents. 



202 MOLLUSQUES UE l'aGKNAIS. 

ESPÈCES : 

1. C. Cornée. — C. Gornea. ( Lamk.) 

Syn. — C. Cornea, Lamk. — ïellina Cornea, Linn. — La Came des 
ruisseaux, Geoffroy. 

Animal : grisAtre ou jaimAtre; pied pâle très extensible. 

Coquille : globuleuse , ovale-arrondie , sub-inéquilaté- 
rale; sommets obtus, finement striés; bords rapprochés 
fermant hermétiquement les valves; dents cardinales peti- 
tes , les latérales plus grandes et un peu comprimées ; in- 
térieur gris minéral , violacé; épidémie variant du brun au 
Jaunâtre avec une ou deux bandes marginales, plus pâles. 

Var. B. — Umbonata, à bords très arrondis. 

Var. c. — NucLEus, jaune unicolore , en forme de 
noyau de cerise. 

Hauteur : 7-11 milli'". — Largeur : 6-13 milli"'. — 
Épaisseur : 4-7 milli"'. 

Habite : les fossés d'eau vive; à Saint-Marcel, Pourret; 
les marais, à Lalongue, &.; commune; la var. B dans les 
ruisseaux et les marais des Landes ; rare. 

2. G. Riverine. — G. Rivalîs. (Drap.) 

Syn. — C. Uivalis, Drap., NouL, A. Gras, Dup., Mcrm., Joba, &. 

Animal : grisâtre, très pâle. 

Coquille : globuleuse , ovale , comprimée à la partie mé- 
diane des bords libres; sommets obtus; finement striée, 
sub-inéquilatérale ; bords très rapprochés ; couleur de 1 e- 
piderme jaune foncé ou gris-brunâtre, avec un(^ ou deux 
bandes jaunes marginales; intérieur gris aziu'é ; douts car- 
dinales petites, les latérales plus grandes. 



MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 



•20 ;î 



V^l^^ /j. ISOCARDIOIDEA. C. IsOCARDIOIDES (Noilûand.) 

Hauteur : 7-13 milli™. — Largeur : 8-14 milli'". — 
Épaisseur : 5-8 milli"'. 

Habite : les grands ruis.-;eaux où elle est très abondante ; 
commune dans la Salève , près Agen ; la Seoune , &. 

Lavar. A. est presque ronde; ses sommets sont tout-à-fait arrondis; 
elle est rare et habite la Seoune. J'ai dû la rapporter à la Cy. Isocarde 
de M. Normand. 

5. C. Caliculée. — C. Galiculata. (Drap.) 

Syn.— C. Galiculata, Drap., Goup., NouL, Dup., A. Gras,Merm., Joba, 

Animal : très pâle et grisâtre transparent ; intestins rosés. 

Coquille : sub-quadrigone , sub-inéquilalérale , un peu 
comprimée vers les bords tranchants; très fragile, fine- 
ment striée; sommets proéminents et caliculés plus ou 
moins, carène dorsale droite qui donne à la coquille une 
forme carrée aux sommets et la rend très reconnaissable ; 
dents très petites , les cardinales surtout ; épidémie blan- 
châtre ou cendré , ayant quelques bandes marginales jau- 
nâtres. 

Var. B. — Major. 

Var. c. — Mamillare. PL n, fig. 9-9. 

Observation. — Cette variété que j'ai découvert dans une mare des 
terrains ferrugineux à Gaussens, sous Ségougnac, est moindre que tou- 
tes les autres; elle est plus pâle, plus transparente, elle est surtout for- 
tement caliculée , au point que les sommets semblent devoir leur élé- 
vation à la superposition d'une seconde coquille moindre et d'une cou- 
leur roussàtre, se détachant nettement sur le fond gris de la coquille. 

Haut. : 6-10 milli"'. — Larg. : 5-1 4 milli"'. — Épaiss. : 
3-6 milli"^. 

Habite : les eaux IraïKjuilies ou peu courantes, à fond 



•20 i MOLLiisyuEs de lagenais. 

vaseux; commune dans les fossés des enviions d'Agen, à 
la Palme , le long de la route de Cahors , les nasses de la 
Garonne; à Dolmayrac, dans les réservoirs de la fontaine 
de M. de Sevin ; à Lalongue ; commune. 

4. G. des Lacs. — C. Lacustris. (Drap.) 

Syn. — C. Lacustris, Drap., Lamk. — Tellina Lacustris, Mull. 

Animal : grisâtre, pâle. 

Coquille : ovalaire, médiocre, peu bombée, à bords 
presque tranchants ; sommets saillants ; extrémité posté- 
rieure arrondie, l'antérieure moins striée finement ^ char- 
nière presque droite , dents très petites , couleur roussâtre 
avec quelquefois une bande marginale plus pâle; intérieur 
grisâtre miroitant. 

Haut. 5-6milli'". — Larg. 7-8 milli™. — Épaiss. 4 milli'". 

Habite : les marais des Landes, aux environs de Sos, de 
Saint-Julien-de-Fargues , &.; rare; à Lalongue, près 
Agen; rare. 

GENRE VINGT-CINQUIÈME ET DERNIER. 
Pisidie. — Pisidium. (Pfeiff.) 
CARACTÈRES : 

Animal : muni d'un manteau ouvert en avant pour lais- 
ser passer un pied linguiforme et fort extensible. Ce man- 
teau est fait de manière à former un seul tube qui pré- 
sente l'aspect d'un siphon court et contractile. 

Coquille : Épidermée , siib-ovalaire ou sub-arrondie , 
obli(|uement cunéiforme, inéquilatérale ; sommets recour- 



MOLLUSQUES DE l'aGENAIS. 205 

bés en avant , charnière dentée , présentant sur la valve 
droite une seule dent cardinale, quelquefois complexe, re- 
çue dans la gauche entre deux dents obliques; dents laté- 
rales étroites, allongées, lamelliformes sur les deux val- 
ves ; Ugament extérieur et postérieur ; deux impressions 
musculaires sur chaque valve , réunies par une impres- 
sion palléale non excavée postérieurement. 

Habite : les mêmes lieux que les Cyclades ; les marais , 
les fontaines d'eau vive et les mares stagnantes , les fossés 
herbeux, &. 

A. Coquille siih-arroïKiie ou obtuse. 
1. P. Mignonne. — P. Pulchellum. (Jenyns.) 

Syn. — P. Pulchellum , Jen. Ejusd. P. Pusillum. P. Fontinale , Pfeiff. 
Cyclas Fontinalis, Brown, Drap., Goup., NouL. Dup., Merm., Joha. 

Animal : très pâle , gélatineux , pied très extensible , 
jaune clair. 

Coquille : très petite , inéquilatérale , un peu oblique , 
luisante, striée très finement ; sommets peu élevés; couleur 
grisâtre ou jaunâtre, quelquefois une bande marginale 
ferrugineuse ; dents à peine visibles. 

Var. il. — Major. 

Var. B. — MiNOR. P. Pusillum, Jenyns. 

Haut. : 2-2 1i2 milli"». — Long. :transv. 2-4 milli'". 

Habite : les fontaines herbeuses et vaseuses , les réser- 
voirs à fond de Conferves et de Potamogeton ; commune à 
Foulayronnes, Vérone, bas de Ferrou ; àFonlongue, près 
Estillac, Ségougnac , Moirax, &.; St-Julien-de-Fargues, 
La var. B dans les fossés voisins de la Salève. 



20t) MOLLUSQUES DE LAGE.NAIS. 

2. P. de Normand. — P. Normandîanum. {Oui).) 

Syn. — P. Normandianura , Dup. Inôd. — Cyclas Fontinalis? Var. 

Animal : pâle, pied aigu. 

Coquille : petite , globuleuse , subtrigone , inéquilaté- 
rale , luisante , souvent encroûtée de rougeAtre ; sommets 
proéminents nettement détachés, violets-, ligament posté- 
rieur linéaire j bords tranchants exactement fermés ; jau- 
nâtre au centre, violâtre aux bords et au sommet; dents 
cardinales, écartées, minimes, les latérales plus grandes, 
en gouttière. 

Haut. : 1 1i2 milli"*. — Larg. : 2-4 milli"». 

Habite : les fontaines d'eau vive ; à Lespinasse , Car- 
ton , &.; assez abondante. 

5. P. Bourbeuse. — P. Limosum. (Nob.) 

(PL. II. FIG. X-X.) 

Animal : jaunâtre , tube très court, pied médiocre. 

Coquille : petite, inéquilatérale , sub-arrondie , un peu 
globuleuse , finement striée ; sommets proéminents , très 
rapprochés; carène postérieure saillante , partie antérieure 
arrondie ; bords tranchants, hermétiquement fermés; dents 
cardinales coniques , peu dilatées, les latérales arquées; 
couleur de corne pâle, presque toujours encroûtée de noi- 
râtre disposé en zones. 

Haut. : 2-3 milli'". — Larg. : 3-3 1]^ miUi"'. 

Habite : la fontaine de Chantilly , près Pécau , chez M. 
Lacoste; assez commune. 



MOLLUSQUES DE LAf.ENAIS. 207 

4. P. Obtuse. — P. Obtusale. (Jemjns.) 
Syn. — P. Obtusale, Jenyns. — Cycl. Fontinalis. Var. Drap. 

Animal : pâle, manteau très sensible , pied jaunâtre. 

Coquille : petite , globuleuse , cunéiforme , obtuse dans 
toutes ses parties; finement striée; sommets proéminents, 
arrondis; crochets rapprochés, ligament linéaire, arqué; 
bords réunis , aigus ; réunion des valves affectant la forme 
d'un cœur ; carène médiocre , circonférence arrondie ; cou- 
leur jaunâtre au centre, rougeâtre aux sommets et aux 
bords; charnière médiocre, dents très petites. 

Haut. : 3-4 i|2 milli"\ — Larg. : 4-5 milli'". 

Habite : les fontaines vaseuses de la plaine ; à Ségougnac, 
à Dolmayrac, dans l'étang de M. de Se vin ; rare. 

5. P. deGassies. — P. Gassiesianum. (Dup.) 

(PL. II. FIG. XI.) 

Syn. — P. Gassiesianum, Dup. Inéd. 

Animal : pâle, jaunâtre, jaune-orangé à la lunule. 

Coquille : petite, arrondie , subtrigone, un peu allongée, 
obtuse , sub-globuleuse , un peu plus large que haute , lui- 
sante , finement striée , jaunâtre ; sommets bombés , mé- 
diocres, brunâtres; bords arrondis rarement tranchants; 
dents cardinales très petites et élargies , les latérales lamel- 
leuses et plus apparentes. 

Haut. : 1 1|2 milli'^. — Larg. : 2 miUi'". 

Habite : les réservoirs de Ratier , chez M. Du vigneau , 
dans la vase , parmi les feuilles pourries ; à St-Marcel , dans 
la mare du ruisseau; n'est pas commune. 



208 MOLLUSQUES DE LAGENAIS. 

Observ. — Mon ami l'abbé Dupuy m'a privé du plaisir que je m'étais 
fait de lui dédier cette espèce; dans notre correspondance il a pris l'ini- 
tiative et j'ai dû m'incliner devant la loi de la priorité. 

B. Coquille uhlique ou roslrée. 

6. P. des Ruisseaux. — P. Amnicum. (Jemjns.) 

Syn. — P. Amnicum , Jenyns. — P. Obliquum , Pfeiff. — Cyclas Palus- 
tris, Drap. — Cycl. Obliqua, Lamk. 

Animal : jauricitre, bords du manteau plus foncés. 

Coquille : médiocre , inéquilatérale , non épidermée , 
lortemcnt striée dans le sens des accroissements ; intérieur 
jaunâtre ; dents cardinales assez élevées , les latérales plus 
grandes ; couleur du têt jaune de succin , sans fascies , 
quelquefois un peu plus foncée dans sa partie supérieure ; 
sommets assez élevés, mousses. 

Var. B. — NiTmA, sans stries, an? spec. nov. 

Haut. : 9milli"\ — Larg. : 10-11 milli-". 

Habite : la Garonne et ses affluents, les nasses, les ma- 
rais, à.; la Salève, &,; commune. La var. B, à Chantilly, 
àSt-Ferréol; assez commune. 

Observ. — La var. B diffère du type : par sa coquille lisse , sans stries, 
et par sa plus grande transparence ; je crois qu'elle pourra constituer une 
espèce nouvelle. 

7. P. Cendrée. — P. Ginereum. (Aider.) 

Syn. — P. Cinereum, Aider. 

Animal : jaunâtre , pied plus pâle. 

Coquille : médiocre, inéquilatérale, sub-globuleuse , 
assez solide , arrondie antérieurement , rostrée postérieure- 
ment, finement striée, luisante; couleur de corne pâle, 



MOILlSgUES DE LAttEXAIS. 209 

jaune ou grisâtre , zonée de gris, plus foncée; somniels ob- 
tus , carène médiocre , bords réunis et tranchants*. 

Var. B. — Australe. 

P. Australe? Philipi , plus aplatie que le type. 

Haut. : 3-4 milli™.— Larg. : 5-5 1i2 milli"\ 

Habite : à Ratier ; les marais , les fontaines, &., com- 
mune ; à Agen , Vérone , Dorville , dans le lavoir ; à Ste- 
Radegonde, Charpau , le Pont-du-Casse , &. 

8- P. Luisante. — P. Nitidum. (Jenyns.) 

Animal : très pâle, grisâtre, presque blanc. 

Coquille : médiocre, sub-globuleuse , un peu allongée , 
finement striée , luisante -, couleur de corne pâle au centre , 
brunâtre aux sommets; carène arrondie , crochets proémi- 
nents, mamelonnés; bords réunis, aigus; bord antérieur 
arrondi , le postérieur plus avancé ; dents cardinales assez 
dilatées, les latérales écartées, le sillon profond. 

Haut. : 3-3 1i2 milli'". — Larg. : 5-5 \\% milli'". 

Habite : Les mares et les fossés vaseux et herbeux \ à 
Ségougnac, Estillac, Moirax; à Agen , dans une prairie 
après Fiaris; assez commune. 

Observ. — Ce genre nouvellement distrait des Cycladcs par Pfeiff'er, 
est excessivement nombreux en espèces; chaque mare, fossé , canal , 
ruisseau ou rivière apporte son contingent au groupe déjà nombreux des 
espèces connues. Pour ma part j'ai préféré attendre encore que d'en 
trop hasarder de nouvelles , tant ce genre , négligé pendant fort long- 
temps, est riche pour le Classificateur. 

* Cette Pisidie aune foule de rapports avec le P. Thermale (|ue M. 
!>iip>iy m'a envoyé ; la nôtre est seulement moindre, elle habile les cauv 
un peu saturées de fer qui viennent de Ségougnac. 

14 



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Table Alphabétique des Matières eonleimes duiis cet Ouvrage. 



Pag. 

Acéphales 43-187 

AcMÉE , Acme 148 

— vcrdàtrc, fusca id. 
Agatine , Achatina 123 
Ambrette, Succinea 68 

— amphibie, putris 09 

— (le Pfeifler, Pfcifferi 70 

— oblongue, oblouga 71 
Anatomie (jénéuale 35 
Ancyle, Ancylus 173 

— fluviatilc, fluviatilis 174 

— des lacs , lacustris 175 
Anodonte, Anodonta 188 

— des cygnes, cygnœa 189 

— des canards , anatina 190 

— des piscines, piscinalis 191 

— de Grateloup,Gratel. 193 
Arion, Arion 56 

— des charlatans, empyric. 57 

— brunâtre, subfuscus 58 

— noirâtre, ater id. 
Auriculacés 142 
Auteurs cités 9 
AzÈQUE , Azeca 124 

— tridentée, tridens 125 
Bivalves 21-186 
BuLiME , Bulimus 1 10 

— radié, radiatus 111 

— obscur, obscurus 112 

— tronqué, truncatus 113 

— aigu , acutus 121 

— ventru , vcntricosus id. 

— brillant, lubricus 122 
Carychie 142 

— pygméc, pygmœa 143 
Clausilie, Clausilia 126 

— lisse, bidens id. 

— ventrue , ventricosa 127 

— de Rolph, Rolphii 128 

— plicatule , plicatula 129 

— rugueuse , rugosa id. 

— naine , parvuia 130 
Classement des coquilles 33 



Conservât, des mollusques 30 

Correspondants 11 

conchacés 205 

Cyclade, cyclas id. 

— cornée, cornea 202 

— riverine , rivalis id. 

— caliculée, caliculata 203 

— des lacs , lacustris 204 
Cyclostome , Cyclostoma 144 

— élégant, elegans 145 
Eléments de Conchyliol. 13 
Embryogénie 40 
Famille 1'^'= 55 

— 2" 66 

— 3" 142 

— 4« 149 

— S-' 173 

— 6" 175 
Gastéropodes 40-55 
Hélice , Hélix 72 

— élégante, elegans 73 

— rugosiuscule, rugosius. 74 

— fauve , fulva 75 

— des rochers, rupcstris 76 

— de Pise, Pisana , 77 

— variable, variabilis 78 

— strigelle, strigcUa 80 

— hérissée , aculcata id. 

— chagrinée , aspersa 81 

— vigneronne y poniatia 83 

— némorale. nemoralis 84 

— vermiculée , vcrmiculata 87 

— marginée, limbata 88 

— bimarg., carthusianella 89 

— vcrdàtrc, fusca 90 

— pubcscentc, sericoa 91 

— occidentale, ponentina id. 

— hispide, hispida 92 

— interrompue, intersecta 93 

— striée, striata 95 

— ruban , ericetorum 96 

— négligée, neglecta 97 

— blanchâtre, candidula 98^ 



SUITE DE LA TABLE. 



Hélice des gazons, cespitum 99 

— des oliviers, olivetorum id. 

— cornée, cornea 100 

— lampe, lapicida 101 

— mignonne, pulchella 102 

— à côtes, costata 103 

— trygonopbore, obvoluta 104 

— pygmée, pygmœa 105 

— l)outon, rotundata id. 

— luisante, cellaria 106 

— lucide , nitida 107 

— brillante , nitens 108 

— nitidule , nitidula 109 

— cristalline, cristalliiia 110 
Introduction 1 

LiMACINÉS 53 

Limace, Limax 59 

— Jayet , gagates id. 

— cendrée , cinereus 60 

— agreste, agrestis id. 

— tacbetée, variegatus 61 

— des jardins, bortensis 62 

LiMNÉENS 149 

LiMNÉE , Limnœa 161 

— ventrue, auricularia 162 

— de Trenquelléon, 163 

— ovale, ovata 163 

— de Noulet, Nouletiana 166 

— Intermédiaire, interm. 167 

— voyageuse, peregra 168 

— des étangs, stagnalis 109 

— des marais, palustris 170 

— Leucostome, Leucost. 17l 

— troncatulée, truncatula 172 
Maladies des mollusques et 

de leurs coquilles 53 

Maillot, Pupa 131 

— bordé, marginata 132 

— ombiliquce , umbilicata id. 

— barillet , doliolum 133 

— grain, granum 134 

— avoine, avena 135 

— variable, variabilis id. 

— seigle, secalc 136 

— grimace, ringens id. 

— des Pyrénées , Pyren. 137 

— polyodonte, polyodon id. 

— tridenté, tridens 138 

— quadridcnté,cpiadrid. 139 



Maillot, fragile, fragilis 
Mulette , Unio 

— de Requicn, Requionii 

— littorale, littoralis 

— sinuée, sinuatus 
Néritine , Neritina 

— fluviatile, fluviatilis 
Ohserv. sur le bul. tronqué 
Paludine, Paludina 

— vivipare, vivipara 

— sale, impura 

— de Férussac, Ferussina 

— diapbane, diapbana 

— raccourcie , abbreviata 

— simonienne, simonianna 
Planorbe , Planorbis 

— entortillé, contortus 

— corné, corneus 

— blanc, al bus 

— spirorbe, spirorbis 

— leucostome, leucost. 

— contourné, vortex 

— dentelé, cristatus 

— tuile, imbricatus 

— caréné, carinatus 

— aplati, complanatus 
PisïDiE , Pisidium 

— mignonne, pulchellum 

— de Normand, Normand. 

— bourbeuse , limosum 

— obtuse, obtusale 

— de Gassies, Gassiesian. 

— des ruisseaux, amnicum 

— cendrée , cinereum 

— luisante , nitidum 
PoMATiAS , Pomatias 

— pointillé, maculatum 

— obscur, obscurum 
Physe , Physa 

— aiguë, acuta 

— des fontaines, fontinal. 
Recherche des mollusques 
Semi-Phyllidiens" 
submytilacés 
Testacelle , Testacella 

— ormier , haliotidea 
Trachélipodes , aquatiques 

— nageurs 

— marcheurs 



139 
194 
195 
197 
198 
184 
183 
114 
176 
177 
178 
id. 
179 
180 
id. 
149 
150 
131 
152 
irf. 
133 
154 
153 
id. 
136 
Î57 
204 
205 
206 
id. 
207 
id. 
208 
id. 
209 
146 
id. 
147 
158 
id. 
100 
26 
173 
187 
62 
id. 
149 
id. 
173 



SlITK ET FIN l)K LA lAHLK. 



Turbines 175 

ijnivai.ves 13 

Utilité des molli syiEs 31 

Valvée. valvata 181 

— pisciiialc, pisciiialis IS'i 

— menue, minuta 183 

— planorbo, planorbis 184 



Vertigo , Vert i go 

— pygmée, pygmœa 

— des mousses, museor. 
Vitrine , Vitrina 

— transparente, pellueida 

— allongée, elongata 



140 
141 
id. 
66 
id. 
67 



»(•-*>§§<-*-*—> 



Pages 3 et 4 , lignes dernière et première : 1 33 espèces , 
LISEZ : i3S, 



Page 66, avant Genre troisième; — Lisez : 
Deuxième Famille : 

Escargots. (Ciw.) 

Limaçons, Fér. — Limacinés, Blainv. 



Page 88, ligne dernière; — Var. .4. lisez : Var. B., 
et ainsi pour toutes les variétés suivant le type qui seul est 
la var. A. 

Page 194 , observation , ligne dernière; — Var. B. lisez : 

Var. 6'. 



->-»|M->S«> S<-M- 



SUITE DE L' ERRATA 



Page 4, Introduction, ligne 5 : ces Hélices vivent-elles ; lisez : cet 
Hélice vit-elle , &. 

Page 5, paragraphe 3'"% ligne 4 : je m'en suis rapporté alors aux 
animaux, &, lisez : je m'en suis rapporté alors à Vhistoire des ani- 
matix , &. 

Page 14 et suivantes des Éléments de Conchyliologie , les mots tech- 
niques coquille, oinhilic , hase ^ sommet, ventre et tous les autres de- 
vraient être imprimés en caractère plus gros , pour les distinguer des 
détails. 

Page 20, ligne '■2'"<' , faciès ; lisez : fascies. 

Page 51 , le paragraphe 3""^ : La durée de la vie , &, doit être supprimé 
en entier ; il serait une répétition contradictoire du dernier paragraphe 
de la page 45. 

Page 82, ligne 11, cercle; lisez : cerclé. 

Page 113, renvoi, ligne 1'", j'ai eu; lisez : j'ai vu. 

Page 123, observation, ligne 3, l'en éloignent; lisez : l'en éloigne. 

Page 137 , n» 10, P. Polyondon ; lisez : P. Polyodon. 

Page 138, renvoi, ligne 2, P. Clausiformis ; lisez : P. Clausiliœformis. 

Page 154, renvoi, ligne l'^'^. Les eaux qu'habitent ces Mollusques 
sont sujettes , & , lisez: Les fossés aquatiques qu'habitent ces Mollusques 
sont sujets , &. 

Même renvoi, ligne dernière, s'enfoncer; lisez : rester. 

Pase 203. li^no 6. Var. A : lisez : Vak. B. 



--=a'?fe-s.^=--^- 



Ëxpiicatioi) (le la Planche i. 



Fir.. 1. Hélix Poraatia. (péristome discontinu). 

— 2. Paludina Vivipara (péristome continu). 

— 3. Son opercule. 

— 4. Epiphragmc du Bulinius Truncatus. 

— 5. Unio Requienii (bivalve), intérieur de la valve droite. 

— 6. Id. Id., extérieur de la valve gauche 

— 7. Arion Empiricorum, (corps nu). 

Nota. Tous les individus représentés ici sont dans leur position nor- 
male pour la description. 



s<.|M-> J * i<-^-4»-<- 



.Mollusq,ues de l'Amenais 



Pli, 




AIgt- lai'ouJhem- puuc-''' 



Explication de la Flanche î. 



V\G. !-l. Lininœa Trcncaloonis (vuo do rouverturo et du dos . 

— ■2-'2. Lim. Nouletiana . idem. 

— 3-1]. ÏÀm. Nouletiana , var. aporta, idem. 

— i-4. Lim. Ovata, var. crassa, idem. 

— o-o. Lim. Ovata, var. poHucida, idem. 

— <i-6. Paludina diaphana , grandeur naturelle et grossie. 

— 7-7. Valvata minuta, idem. 

— 8-8. Neritina fluviatilis, var. viridana, (ouverture et dos] 

— !>-9. Cyclas caliculata, var. mamillare, (face et profd). 

— 10-10. Pisidium Limosum, (idem.J 

— 11-11. Idem, grossie, au trait. 

— 12-12. Pisidium Gassiesianum, (face et profil). 

— V.i. Anod. Gratelupeana, Junior, fface). 

— U. Idem, (profd au trait). 

— io. Anod. Gratelupeana, var. Globosa, (face). 

— 16. Idem , (profil au trait). 



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Mollusques de l'Aôenaas . 



PI 2, 



^ .2 



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^/.sr- Lahoidèène junj^^etM.Letrpimdt del *" 



Explication de la Planche o. 



Fiu. 1. Aiuxloiila (iratolupciiiia. type , i l'ace)' 

— •2. Intérieur des valves. 

— ;{. Protil des sommets. 



II y a des individus plus fjraiids: on a choisi le plus hrillaiif. 



Mollusques ie l'Amenais 



PI. 3 







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_Aiej>.LaheuIien£r pmx.^ 



Explicalion de la Planche 4. 



Fia. 1. Anodonta Piscinalis , (face). 
_ 2. Anod. Gratelupoana. (vue des bords libres, — au trait) 



î -.M->««;<-*H— • 



Mollusques deVAgenais 



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