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Full text of "L'art d'imprimer les tableaux"

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L A R T 

D' 1 M P R I M E R 

LES TABLEAUX. 

TRAITE 

D'après les Ecrits ^ les Opérations 
& les Inllrudions verbales , 

J) E J, C. LE BLOAT. 



Chés 




A PARIS, 

p. G. LE'MERCIER , Imprimeur- 
Libraire , rue S. Jacques , au Livre d'or. 

J E A N-L U C N Y O N , Libraire, Quai 
des Auguftins , à i'Occafion. 

MICHEL LAMBER T,Libraire,rue 
& à côté de la Comédie Françoife , au 
Parnalîè. 



M. D C G. L V I. 

AVEC APPROBATIONS , ET PRIVILEGE DV ROI 



Digitized by tine Internet Arciiive 

in 2011 with funding.from 

Researcii Library, The Getty Research Institute 



http://www.archive.org/details/testlartdimprimeOOgaut 




PREFACE 



DE U É D 1 T E U R. 




E S Arts qui ont le plus- 
de fuccès aujourd'hui 
ne font venus que par 
degré au point de leur 
perfecflion. Quelques - uns don- 
noient de foibles efpérances dans 
les commencemens ; d'autres n'en 
donnoient point du tout. Souvent 
un Artifte fe décourage au moment 
qu'il eft prêt à vaincre Ïqs cbila- 
clés ; ce que celui-ci n'a pu faire ^ 

Aiij 



30 TRACT OF COLOURING. 

/ am only [peaking o/ Material Co- 
lours , or thofe ufed by Painters j for a 
Mixture of all the primitive impalpa- 
ble Colours y that cannot be felt , uuill 
not produce Black , but the very Con- 
trary , "White j as the Great Sir Isaac 
Ne frr o n has demonjlrated in his 
Opticks, 

White , is a Concentering y or 
an Excefs of Lights, 

Black , is a deep Hiding , or 
Privation of Lights, 

But both are the Produce of all the 
Primitive Colours compounded or mixed 
together y the one by Impalpable Co- 
lours y and the other by Material Co- 
lours, 

True PAINTING reprefentents 

1. Lights by White. 

2, Shades by Black. 



TRAITÉ DU COLORIS. 31 

Je ne parle ici que des Couleurs Ma- 
térielles , cell: - à - dire , des Couleurs 
dont fe fervertt les Peintres j car le mé- 
lange de toutes les Couleurs primiti- 
ves impalpables ne produit pas le 
I^oïr , mais précifément le contraire , 
c'eft-à-dire , le Blanc j comme l'a dé* 
montré l'incomparable Mr le Cheva- 
lier Newton dans fon Optique. 

Le Blanc efl: une concentration ou 
Excès de Lumière. 

Le Noir^Çi une Privation ou Dé- 
faut de Lumière : 
Mais l'un & l'autre fe produit par le 
mélange des Couleurs primitives ; mais 
l'un réfulte du mélange des Couleurs 
Impalpables , & l'autre des Couleurs 
Matérielles, 

Dans /a P El NTU RE onfe fen 
pour rep réfente r 

1 . Les Lumières du Blanc 

2. Les Ombres du Noir. 



52 TRACT OF COLOURING. 

3. Reflexions by Yellow. 

4. Turnings of by Blue. 

N. B. In Nature , the general Reflex* 
Colour is Yellow i but all the acciden- 
tal Reflexions , caufed by an oppojite 
Body or Object ^partake of the Colour 
of the oppofte Body that caufed them. 

When a Painter fays , that fuch Ar- 
tifls make a good Coloritto , he means , 
that they reprefent truly and naturally 
the Nude or the naked human Flesh } 
fuppofing they can paint all other vifi- 
ble Objects well' y and without Diffi- 
culty. 

In order to learn to paint a good 
Nude , or any other colour' d Object , 
ive mufl firfl learn to reprefent a white 
Object. For Example y To paint or re- 
prefent a Head of Plaifler y &C. 

In which the White willferve to repre- 
fent the Lights ,♦ and te Black the Sha- 



TRAITÉ DU COLORIS. 35 

3. Les Reflets du Jaune, 

4. Les Fiiyans ou Tournans du BUu. 

N. B. Je parle ici du Reflet généra! , 
& non pas des Réflexions acciden- 
telles qui s'engendrent ou font caulées 
par quelque Corps oppofé qui lui com- 
munique de fa propre couleur. 

Les Peintres en difant : Un tel , où 
un tel Peintre a uli boil Coloris , en- 
tendent par-là qu'il repréfente bien & 
naturellement colorié le Nud ou là 
Chair humaine : préfuppofant qu'uti 
tel dépeindra bien , & {îins aucune dif- 
ficulté , tous les autî-es Objets vilibles* 

Pour apprendre à repréienter bien le 
Nud , ou quelqu'aurre objet colorié , 
il faut fçavoir auparavant repréfenter 
un Objet blanc ; comme par exemple 
une Tête de Plâtre, &:c. 

Le Blanc, ou la couleur blanche/ com- 
me je l'ai déjà dit) fert pour repréienter 

C 



36 TRACT OF COLOURING. 

and dijlincily enough , even in the Sha^ 
des, in the D emishades or Me^:^otintaes , 
in the Reflexions , in the Turnings off 
€>r Roundings , &c. 

To attain the Practical Part. 

r'E mu^ know the Difference bet- 
ween the Words Tinfture and 
Colour , and how thefe Terms are ufedk 

i. Tincture is a liquid Colour ^ 
tranf parent ; or ( ro [peak better ) a Co^ 
lour that conceals nothing y as the Co- 
lours in Dyes made by Dyers , which 
hide not the Bodies that are colour d 
and cover d by 'em, 

2. Colour ^ in the Pra6l:ical Fart 
o/* Painting , caWd a material Colour^ 
is a corporeal Colour , that compre^ 
hends within it felfa Body , which hi* 
des every thing that is cover' d with it. 



TRAITÉ DU COLORIS. 57 

aflez diiHn61ement même dans les om- 
bres , dans les Demi-Ombres (ou Mez- 
zetinres ) dans les Reflets , dans les 
Fuyans ou parties tournantes, &c. 

Pour parvenir à la Pratique. 

IL fautfçavoir la différence entre les 
Mots Teinture & Couleur ^ & com- 
ment on fe fert de ces termes. 

I**, Teinture eft une couleur liquide, 
tranfparente , ou ( pour mieux dire ) 
pas couvrante, telles que font les Tein- 
tures des Teinturiers , ne renfermant 
pas en foi un Corps couvrant, 

2®. Couleur , dans la Pratique de Ig 

Peinture , eft une couleur matérielle 

qui renferme en foi un Corps couvrant 5 

bien qu'il y en ait qui font tellement 

fucqueufes , tranlparentes & peu cou- 

C iij 



62 TRACT OF CÔLOURINâ* 

you mujl do the fame thing with thé 
Mezzatinta and other degree^ , -where 
you shall find the fame Accident. 

Some of thofe Accidents are Red , 
and Re D I s H ; fome flrong , fome 
weak ; as on the Mouth , the Cheeks, 
the Ears, the Chin , the Nofe , the Eyes , 
the Fingers , &c. 

Some of 'em alfo are Blew , as oil 
the Temples , or on the Part between the 
Nofe and the Eye, about the Mouth, &c. 

Some of^em are Yellow ^ as the 

Parts marked by the Sweat under the 
Armpits , &c. 

Some are Green , there where the 
Blevj and Yellows rencounter each 
other y &c. 

Some of 'em are compofed of all the 
Three Primitive Colours toge^ 
ther , as th^ Parts marked by the Sun, 
or by the Air , &c^ 



TRAITE' DU COLORIS. 63 



Il y a des Accidents RouGES & 
Rougeâtres , c'eft-à-dire, forts & de 
foibles , comme font la Bouche , les 
Joues , les Oreilles , le Menton , le 
Nez , les Yeux , les Doigts , &c. 

Il y en a de Bleus , comme font 
les Tempes , la partie entre le Nez & 
l'Oreille , autour de la Bouche , &c. 

Il y en a de Jaunes , comme les en- 
droits marqués par la fucur fous les 
AilTelles, &c. 

Il y en a de Verdatres où des 
Accidents Bleus & Jaunes fe rencon- 
trent , &: fe mêlent , &c. 

Il y en a de compofés Aqs trois cou- 
leurs primitives enfemble ^ comme les 
parties marquées par le Soleil , par 
l'Air , &c- 



64 TRACT OF COLOURING. 

N. B. The more tranfparent and mo'iiï. 
you behold or mark thofe Accidents , the 
more fine and natural y ou behold them» 

OfBROKEN LIGHTS. 

THERE is a Kind of DIMINU- 
TION OF Light , being neither 
Shade nor Demishade , but is caufed 
only , more or lefs , by being more or 
lefs removed from the Vifual 'Center j 
or ( to fpeak like a Painter ) from the 
Hero of the Theatre , which 
ought to be placed in the middlemoft 
Part of your Picture, 

For Example, 

In a Pi61ure with Hands ; for while 

your Eye is fixed upon the Center Vi- 

fual ( which is in the Face ) being the 

Hero of the Theater , the Hand that is 

mofi near to it , will appear to be of a 




H 




p 



TRAITE' DU COLORIS. 6^ 

Plus les Accidents feront marqués 
d'une manière tranfparente , plus beaux 
& plus naturels ils paroîtront. 

Des Lumières rompues» 

IL y a une certaine diminution du 
Clair qui n'eft ni Ombre ni demi- 
Ombre ou Mezzeteinte , & qui eîl 
caufée par l'éloignement des Objets du 
Centre Vifuel , ou , pour parler en 
Peintre , du Héros au Théâtre , ( l'Ob* 
jet principalement éclairé. ) 



Par E X E M p L Ei 

Dans un Portrait avec des Mains y 
pendant que votre Oeil fe fixe à re- 
garder la Tête , qui eft le Héros du 
Théâtre j la Main la plus proche au 
centre ^ lequel je fuppofe au milieu 

E 



66 TRACT OF COLOURING. 

dubious Light , or lefs Clear jAan the. 
Face j andthc other Hand , that is more 
diftant from the [aid QtniQt y\'WLllap' 
pear Jiillleis Clear. 

Therefore , in order to reprefent the 
fame Flesh-Colour of the Hero , in 
thofe Pans that in the PiBure are more 
diilant from the Vifual Center , and by 
Confequence mufl be reprefented le(s 
Clear , you mufl mix ,or( as the Pain- 
ters call it ) break your "White ivith 
Black ( in fuck a Proportion as you 
deflng to diminish your Clear ) and mix 
your "White , thus broken , with the 
Principal Tinfture of your Flesh- Co- 
lour , until you have foujid the very 
fame Flesh-Colour of your Hero ; 
and then proceed with the fame Broken 
\Fhite through all the Degrees oyLights 
and Shades , &c, jujl as you perform 
^ith the pure White ( or White not 
broken ) in your Hero ^ 



TRAITE' D U COLORIS. 67 

du Vifage , paroîtra plus douteufe ou 
moins claire que le Vifage j & l'autre 
Main plus éloignée paroîtra encore 
moins claire. 

Pour repréfenter , donc , dans les 
parties éloignées , la même Chair dii 
Héros ^ mêlez , ou pour me fervir du 
terme des Peintres , rompez d'abord 
votre Blanc avec du Noir , à propor- 
tion que vous voudrez diminuer votre 
clair ; mêlez enfuite ce Blanc rompu 
avec la Teinture principale de votre 
chair , jufqu'à ce que vous ayez trou- 
vé la même Chair de votre Héros du 
Théâtre ; & procédez avec le même 
Blanc rompu , par tous les degrés des 
Lumières &: des Ombres , comme vous 
faites avec le Blanc pur dans votre 
Heros^ 

Eij 



'6S TRACT OF COLOURING. 

Vou IV il readily perceive , that the 
two Hands , varioujly diftant from the 
Vifual Center , ivill require two diffe- 
rent broken 'Whites , vz:^'. the more 
difiant the Hand is from the Center , 
youmufl add the more Black to the bro- 
ken "White ; jufl as in great Compofi- 
tions , or Large Performances ^ "whate- 
ver they are ; For Example , Hifto- 
rical Pieces. You mufl compofe or make 
Jundry or various BrokenWhites/orfAtf 
fundry or various Parts or Groups that 
are more or lefs difiant from the Vifual 
Center. 

What I have mention* d will fujffice 
to inflruci: one how to reprefent a Nu- 
de j which is the mofl difficult of all 
vifible Objecls y and I perfuade my 
felfy that It may be learned very eafily 
by a little good Attention, 

As for the TERMS of the Art of 
Painting , I have not explain d em. 



TRAITE' DU COLORIS. 69 

Vous comprendrez de vous-même , 
que pour les deux Mains difFérem- 
ment éloignées du centre vifuel , il faut 
faire deux différents Blancs rompus j 
Se que pour la plus éloignée du Cen- 
tre , il faut joindre plus de Noir ; de 
même que dans les grandes Compo- 
sitions , telles que font , par Exemple , 
les Pieces Hiftoriques. Il faut faire dif- 
férents Blancs rompus , pour les dif- 
férentes Parties ou Grouppes , plus ou 
moins éloignées du Centre vifuel. 



Ce que je viens de dire fufEt pour 
apprendre à repréfenter le Nud , étant 
le plus difficile de tous les Objets vi- 
ables 5 & je me flatte qu'on pourra 
l'entendre facilement , il on veut bien 
y faire attention. A l'égard des termes 
de Peinture , comme on peut s'en inf 

£ iij 



jQ TRACT OF COLOURING. 

becaufe of my intended Brevity , and 
lecaufe they may he foon learned ^ ei- 
ther by confulting a learned Painter , or 
by reading the Books that are published 
Çn that Subject» 



II 




TRAITÉ DU COLORIS, 71 

truire par la lefture de divers Ouvra- 
ges qui ont été publiés , ou en con- 
fultant quelque habile Peintre 5 je ne 
me fuis point attaché à les expliquer ^ 
pour ne groiîîr inutilement cet Ecrit, 




E iv 



J 



OPÉRATIONS NÉCESSAIRES 

POUR 

GRAVER ET IMPRIMER 

DES ESTAMPES, 

A rimitation de la Peinture , 
SELON LE SYSTEME 

D E 
J. C. L £ B L O N. 



84 AVANT-PROPOS. 

lui donner autant de facilité pour gra-^ 
ver ) imprimer & débiter 3 que fi le 
Privilege étoit accordé en fou ï^om^ 
il faut ^'adrejfcr pour cela à M^ 
Viguier , pojfejfeur de la moitié du 
Privilege ; fa demeure ejl à Paris , 
rue de Bailleul 3 derrière le Grand-- 
Confeil y à l'Enfàgne du Comte de 
Provence. 








/^^^\ 




OPÉRATIONS NÉCESSAIRES 

POUR 

GRAVER ET IMPRIMER 

DES ESTAMPES, 

A limitation de la Peinture, 

TR o I S Couleurs donnent , par 
leur mélange , autant de Teintes 
qu'il en puifle naître de la Palette du 
plus habile Peintre j on l'a vu dans le 
Traité du Coloris ; mais on ne fçau- 
roit, en les imprim.ant l'une après l'au- 
tre , les fondre comme le Pinceau les 
fond fur la Toile j il faut donc que ces 
Couleurs foient employées de façon 
que la premiere perce à travers la fé- 
conde , & la féconde à travers la troi- 

Fiij 



86 Pour graver & impr, des EJlampes 

iîéme , afin que la Tranfparence puifle 
fuppléer à l'effet du Pinceau. 

Chacune de ces couleurs fera diftri- 
buée par le fecours d'une planche par- 
ticulière ', ainfi trois Planches font né- 
cefTaires pour imprimer une Eflampe 
à l'imitation de la Peinture. 

Préparation des Planches. 

ELles feront d'abord choifies par- 
mi les meilleures Planches de 
Cuivre * rouge Plané comme fi elles 
étoient deftinées pour la gravure or- 
dinaire. Les planches doivent être y en- 
tr'elles , de même épaifleur , bien unies 
&c très - exaftement d'Equerre à cha- 
que Angle; unies pour qu'à l'impref- 
iion toute la fuperficie foit également 

* Quelques unifies préfirent le Cuivre jaune pour la 
^rainure ; ils prétendent que fon ^rain s'ufi moins vits- 
que le grain de cuiyre rougr 



«J (^imitation de la Peinture, 87 
preflee , & d'Equerre pour qu'elles fe 
rapportent, contour fur contour , l'une 
après l'autre , quand elles imprimeront 
la même feuille de papier. 

Le Grès , la Pierre ponce , la Pierre 
douce à aiguifer , le Charbon de bois 
de Saule , & enfin le BrunilToir à deux 
mains feront employés pour le poli- 
ment des cuivres j on ne peut être fur 
de fa perfection qu'après l'eiTai fui- 
vant. Faites encrer , & eflayer la Plan- 
che par l'Imprimeur , qu'il la pafTe à la 
preffe fur une feuille de papier mouil- 
lée , comme on y pafTe une Planche 
gravée. Si le papier fort de la PreiTe 
aufîi blanc qu'avant d'y pafTer , la Plan- 
che eft parfaite j fi elle a quelque dé- 
faut , le papier taché indiquera les ea- 
droits où il faut encore brunir. 

La meilleure façon de rendre les 
Planches exaClement égales entre el- 
les j c'eft de faire des trous aux quatre? 



r IV 



88 Pour graver & Impr, des Efiampes 
coins ,de les joindre l'une fur l'autre , 
par quatre rivures bien ferrées , de tra- 
cer le carré fur les bords de la pre- 
miere , de limer jufques au trait , en 
confervant toujours l'Equerre fur l'é- 
paiffeur des quatre. Limez enfin vos 
rivures , & les Planches en fortiront 
comme un cayer de papier fort de la 
coupe du relieur. 

On peut , au lieu de rivure , ferrer 
les Planches avec de petits étaux qui 
changeront de place à mefure qu'on li- 
mera les bords. C'eft à l'ArtiHe à con- 
fulter fon adrefTe & fa patience dans 
les diiFérens moyens qu'il employera 
pour les Opérations méchaniques. 

Tûe la Grainure^ 

LEs Planches ainfi préparées fe- 
ront grainées comme on les grai- 
ne pour imprimer en manière noire j 



à r imitation de la Peinture» 89 
cette grainure ci doit être encore plus 
fine , s'il eft poflible ; & pour parve- 
nir au dernier degré de finefTe , il faut 
travailler d'après les inftruftions fui- 
vantes. 

Le Berceau eft un inftrument qui a 
la forme d'un Cifeau de Menuifier -, 
mais le Cifeau coupe , & le Berceau 
pique comme une molette dont les poin- 
tes font extrêmement aiguës. Il tire fon 
nom du mouvement, fans doute , qui 
le fait agir , & qui refîemble au balan- 
cement qu'on donne au Berceau d'un 
Enfant : Voyez A , ScB , planche deu- 
xième i un des cotés du Berceau porte 
un Bifeau couvert de filets de la grof- 
feur d'un cheveu , & chaque filet eft 
terminé par une pointe. L'outil fera 
repaffé fur le revers de fon Bifeau ; &: 
l'on aura grand foin , en l'aiguifant , de 
conferver toujours le même Périmètre; 
ce Périmètre doit être tiré du centre 



CO Pour graver & impr, desEJîampeù 
d'un diamètre de fix pouces ; trop de 
rondeur caveroit le cuivre > & moins 
de rondeur ne mordroit pas aflez. 

Les plus petits Berceaux conferve* 
ront le même Périmètre de fix pou- 
ces ; leurs manches demandent moins, 
de force , & peuvent être moins com- 
pofés , voyen^ E y 8c F, Le grand) Ber- 
ceau eft deftiné pour grainer en plein 
cuivre & les petits pour faire les cor- 
rections 

Divifez vos Planches par des traits 
de crayon , de neuf lignes environ ; je 
dis environ ^ parce que le cuivre de 
grandeur arbitraire ne fournira pastou- 
jours la divifion jufte de neuf lignes. * 

Pofez le Berceau perpendiculaire- 
ment dans le milieu de chaque divifîon; 
balancez en appuyant fortement le poi- 

* Foyei Planche troifiéme au coin A , le mauvais 
effet qui_ ^eut réfulter de la, divifion trop exaHe de neuj- 
lignes. 




xv Berceau az^ec son Bizvau coiwert de Machures 

D Aiiù-e /ace dii même Berceau ■ 

V- JIanchc du Berceau ■ 

\j Bûuàrîi qia aucjjnentc la force du manche ■ 



J. Robert JJt-ù'n. ■ 



^■S Toj-duu Sculfi 




. V Birarau azvc jcvi Biwau coiavrl de JfacÂures 

i) AuJi-cJàce du mcmt Baveau ■ 

y Jlanchc du Bcra-au ■ 

' '' Boutûii ijiu aiii/meiUc la /crce du mjiichc ■ 



E . F PMs Bcrautuv 

^-^ ( Raràrir canipose d'une vc/iti: lame d'aeter 
^^ y /issedee entre deu<x- Lamrueite^f de BoU ■ 
n Gratmr cl Bi-wiuvai/- ^fi/y la memcTufe ■ 



4 rimltatîen de la Peinture, ^ i 

gnet j di. remontant toujours la Plan- 
che y parcourez l'autre efpace qui Ce 
trouve entre deux lignes tracées ; cet 
efpace parcouru , parcourez-en un au^ 
tre ; & fuccelïïvement , d'eipace en ef- 
pace , le cuivre fera tout couvert de 
petits points. 

Tracez alors des lignes , au crayon , 
fur un fens différent ; balancez le Ber- 
ceau entre vos nouvelles lignes, & 
quand vous Taurez pafle fur toute la 
fuperficie du cuivre , vous changerez 
encore la direftion de ces lignes. En- 
fin , quand vous aurez fait travailler le 
Berceau fur les quatre directions mar- 
quées dans la Planche troifiéme , il y a 
une précaution à prendre. 

On parcourt vingt fois chaque di- 
rection , ce qui fait quatre-vingt pafTa- 
ges fur le total de la fuperficie ; mais 
on obfervera , en repaffant chaque di- 
xeClion , de ne pas placer le Berceau 



92 Pour graver &'impr» des EJlampes 

précifément où Ton a commencer & 
pour éviter de fuivre le même chemin , 
il faut tirer chaque coup de crayon à 
trois lignes de diftance du premier trait 
qui a déjà guidé. Ainfi donc, vous avez 
tracé la premiere fois depuis /. jufques 
à /. La féconde fois vous tracerez de- 
puis 2 jufques à 2. La troifiéme fois 
depuis 3. jufques à 3. & cela parce 
que le Berceau preffé fous le poids de 
la main , formeroit , en faifant toujours 
\qs mêmes pafTages , une canelure in- 
fenfible qui nuiroit à l'exafte égalité 
qu'on demande à la fuperficie. 

Il faut éprouver la planche pour la 
grarnure , comme on l'a éprouvée pour 
le poli , & qu elle rende à l'impreffion 
un noir également noir & par tout 
velouté. 

On peut , pour certains ouvrages , 
confèrver le fond blanc à une Eftam- 
pe , comme il l'efl prefque toujours , 



t/ . J. «x/tc^ct. 




Qua/7'ier7ie \ 



valais e/fei dej dwuions cccactemail 

^es ,<'i/r ncii/ lujfi^s 

Visions meMcninecj sio' I espace^ y 



3 I 2 3 



3.' Planche 



Secûjidt: 




A Mauvais ejftl dej dwij-tons caracienuni 

faites ,cur rteu/' lufiiej 
B Dtvisiens nifiiioiuiet^ siw l espace. ) 



à I* imitation de la Peinture, 93 
fous les Fleurs , fous les Oifeaux peints 
en miniature. Pour cela on grainera 
feulement I'efpace que doit occuper la 
fleur , le fruit , ou quelqu'autre mor- 
ceau d'Hiftoire naturelle qu'on veut 
graver , & le refte du cuivre fèr-a poli 
au brunifToir, 

Il s'agit , à préfent , de defliner le Ta- 
bleau fur chaque Planche grainée j & 
pour que les contours fe retrouvent 
précifément dans les endroits où ils 
doivent fe rencontrer j voici de quel 
moyen on fe fert. 

Moyen sûr pour calquer fur la 
G rainure, 

PRenez une de vos Planches , cou- 
chez-la fur un carton épais , plus 
grand, de deux pouces , en hauteur & 
en largeur que la Planche , faites avec 



94 Pour graver & impr, des EJîampés 
le canif une ouverture bien perpendl^ 
culaire dans le carton , la Planche elle- 
même fervira de calibre 5 & dès que 
le carton fera coupé fur les quatre fa- 
ces , il vous donnera un cadre de deux 
pouces. 

Ayez pour détacher ce cadre , une 
lame bien acérée & bien aiguifée , 
avec un manche à pleine main -, atten- 
dez-vous à trouver de la réiîllance j & 
pour éviter d^en trouver encore plus j 
efîayez fur différentes efpeces de car- 
ton , celui qui fe coupera le plus net & 
le plus facilement ; fur tout , que le car- 
ton que vous choifirez foit bien fee, 
& tout au moins auffi épais que la plan-^ 
che de cuivre. Vous avez aux quatre 
coins de celle qui fait votre caUbre , 
quatre trous qui ont fervis à affembler 
its autres Planches pour les limer , 
vous pourrez en profiter pour river 
encore le calibre avec le carton , pai^ 



à J^ imitation de la Peinture* ot 
ce moyen les rendre fixes Tun fur 
l'autre , & donner plus de facilité à 
enlever le cadre. 

Il faudra , pour le garantir de l'hu- 
midité , qui le feroit étendre , l'en- 
duire defîlis & delFous d'une grofTe 
couleur à l'huile telle qu'on l'employé 
pour imprimer les Toiles de Tableau. 

Le Cadre de Carton eft ainfi pré- 
paré pour recevoir un voile qui fera 
coufu 5 à points ferrés , fur fes bords 
intérieurs. C'eft ce voile qui fert à 
porter , avec précifion , les contours. 
On le préfentera donc fur l'original 
■qu'on va graver , & après avoir tracé 
au pinceau , avec du Blanc à l'huile , 
fur le voile , on attendra que l'huile foit 
feche pour repaffer les mêmes traits 
avec du blanc beaucoup plus liquide 
que celui qui a feché ; on enfermera la 
premiere Planche dans le cadre de car- 
ton i & le blanc , encore frais, marquera 



&6 Pour graver & impr, des Ejîatnpes 

fur la grainure tous les contours dont 
k voile eft chargé. 

On repaflera du Blanc liquide fur 
les traits du voile , pour calquer les 
autres Planches ; on fera certain , par 
ce moyen , du rapport exaft qu'elles 
auront entre elles. Le Blanc liquide 
qui doit calquer du voile au cuivre 
graine , eft un Blanc à détrempe délayé 
dans l'Eau-de-vie , avec un peu de fiel 
de bœuf, pour qu'il morde mieux fur 
le trait à l'huile : Mais pour conferver 
ce trait , il eft à propos de prendre une 
plume , & de le repafler à l'Encre de 
la Chine ; car l'Encre ordinaire tient 
trop opiniâtrement dans les cavités de 
la grainure. 

On peut encore , au lieu de voile , 
appliquer un papier ferpente fur l'O- 
riginal ; en prendre les traits avec la 
Sanguine , puis les tranfporter fur la 

Planche : mais on eft obligé , avec ce 

papier , 



à t imitation de la Peinture^ p'f 
papier j de recourir à la preffe pour 
calquer les cuivres l'un après l'autre. 



Gravure des Flanches^ 

L*Inilrument dont on fe fèrt pour 
graver , ou plutôt pour ratifier la 
grainure , fe nomme Racloir j veye:ç^ 
G , Planche 2*^"^^ , il doit être aiguifé 
fur les deux côtés plats. On fe feirt en- 
cor du Gratoir qui ne diffère de celui- 
ci que parcequ'il a trois faCes égales j 
ce gratoir porte ordinairement Un bru- 
niffoir fur la même Tige -, le bruniffoir 
fert à liffer les parties que le Racloir ou 
le Gratoir ont ratiffées ; voye:{ H. Ainfî 
l'inftrument , dans le nouvel Art , com- 
me dans la manière noire , agit par Urt 
motif tout différent de l'inflrument qui 
fert à la gravure en taille-douce ; car 

fi le Graveur en taille-douce doit > ea 

G 



ç8 Pour graver & impr, des Ejlampes 
conféquence de l'efTet , regarder fon 
burin comme un crayon noir , le Gra- 
veur en manière noire doit , en confé- 
quence de l'effet contraire , regarder 
le gratoir comme un crayon blanc. 

Toutes les préparations faites , ainfî 
qu'elles viennent d'être expliquées , 
placez une de vos Planches fur le couf^ 
fînet de Graveur, & commencez à é- 
baucher, en regardant toujours l'Ori- 
ginal dans un Miroir , pour voir la droi- 
te à gauche & la gauche à droite. 

Il s'agit , en travaillant , de conferver 
la grainure dans fon vif fur les parties 
du cuivre qui doivent imprimer les 
Ombres ; d'émoufler les pointes de la 
grainure fur les parties du cuivre qui 
doivent imprimer les demi-teintes , & 
de ratiffer les parties du cuivre qui doi- 
vent épargner le papier , pour qu'il 
puiffe fournir les luifants. Les degrés , 
plus ou moins forts , de Ranjfage ne 



à r imitation de la Peinture, 9^ 
fçauroient être prefcrits -, c'eft à la 
pratique & aux épreuves à conduire ^ 
à corriger , à perfeftionner enfin les 
effets du gratoir. 



De l'intention des trois Planches» 

LA premiere Planche qu'on ébau*. 
che efl celle qui doit tirer en Bleuj 
la féconde en Jaune , & la troifiéme en 
Rouge. Il faut avoir grande attention 
de ne pas trop approcher du trait qui 
arrête les contours , & de réferver tou- 
jours de la place pour fe redreffer 
quand on s'appercevra , par les épreu- 
ves , que les Planches ne s'accordent 
pas parfaitement. 

On dirigera la gravure de façon que 
le Blanc du papier , comme il a été 
dit , rende les luifants du Tableau j la 

Planche Bleue rendra les Tournants 6c 

G ij 



1 00 Pour graver & impr, des Eflampes 
les Fuyants ; la Planche Jaune don- 
nera les couleurs tendres & les reflets : 
Enfin la Planche Rouge animera le 
Tableau & fortifiera les Bruns juf- 
ques au Noir. Les trois Planches 
concourent , prefque par tout , à 
faire les Ombres , quelquefois deux 
Planches fuffifent , quelquefois une 
feule. 

Quand il fe trouve des Ombres à 
rendre extrêmement fortes , on met en 
ceuvres les hachures du Burin. Il eft 
aifé de juger que les effets viennent , 
non feulement de l'union des couleurs; 
mais encore du plus ou du moins de 
profondeur dans les cavités du cuivre. 
Le Burin fera donc d'un grand fecours 
pour forcer les Ombres , & qu'on ne 
croye pas que î^s hachures croifées 
dans les Ombres falfent dur : Nous 
avons des Tableaux imprimés où , vues 
d'une certaine diftance , elles rapellent 



i 



à l'imitation de la Peinture, i o I 
tout le moëleux du Pinceau. * 

Nous ne parlerons point ici du Bu- 
rin , il appartient proprement à la Gra- 
vure en taille - douce , nous y ren- 
voyons. Nous obferverons feulement 
qu'il eil très-avantageux de l'employer 
dans certains cas. Les Veines , les Ar- 
tères dans l'Anatomie^ les Fibres dans 
la Botanique , les Moulures dans FAr- 
chitefture ; en un mot , tous les traits 
décidés feront l'ouvrao-e du Burin. 



Faut établir ï Enfembk, 

DEs qu'on a gravé , à peu près , 
la Planche Bleue , on en tire 
quelques épreuves , & l'on fait les cor- 
reftions au Pinceau. Pour cela , met- 

* Les ombres extrêmement. fortes obligent de caver 
le cuivre plus profondément que ne font les hachure^ 
ordinaires de la taille-douce: Onfefert alors du c'tfeau 
four ayoir plus de facilité à creufer, 

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