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Full text of "Theologia dogmatica et moralis ad usum seminariorum"

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THEOLOGIA 



DOGMATICA ET MORALIS. 



■ i 




Propriile. 



LONS-LE-SAUNIER, IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE DE A. RODERT. 



THEOLOGIA 

DOGMATICA ET MORALIS 

AD USUM SEMINARIORUM, 

AUCTORE 

J.J.FRAIGNIER 

S. THEOLOGI^ PROFESSORE IN SEMINARIO L^DONENSI 
(diobces. san-claudiensis.) 



Opas reYisum et auctum k Profcssoribus ejusdem Semioarii. 



DE l4<M)I(i THE0l40C;iCIS. 




IN MAJORI SEMI^ 

PARISIIS , 

APUD J. LECOFFRE ET SOCIOS BIBLIOPOLAS, 

YiA Yulg^ dicld du Vieux-Colombier, 29. 

MDCCCLIV. 



LOAN STACK 



\ 



INTRODIJCTION. 

! . ■ v./ 

Le bul de celle introduction est de pr^senter une analyse 

^ succinte et raisonn^e de la Th^olo^e que nous livrons au pu- ' 

' blic. II 6tait important, ce nous semble , de faire ressortir ce 

<\u\ caTact^rise et distingue le travail de 1'auteur. II y a dans 

c^lte th^logie,une mani6redeproc6der,ungenre d*exposition 

et de d^yeloppementqui lui imprimentuncachettou! sp^cial et 

' quidemandent^^tre 6tudi68,si Fon veut s'en rendre compte et 

les juger. 

Sans donte il est dans la th^ologie une partie invariable qui 
se retronve la mtoe chez tous les auteurs , quelle que soit 
r^poque oii ils 6crivent, r6cole a laquelle ils appartiennent. 
Ainsi partout le mtoe enseignement sur les points de dogme 
ou de morale, quand ils sont clairement contenus dans TEcri- 
ture ott la Tradition, quand une autorit^ doctrinale dans FE- 
glise les a fix^s inlkilliblement ou qu'il est intervenu une de 
ces dteisions mettant fin k toute controverse , qnand ils sont 
rendus ceTtains par Taccord et le consentement commun des 
Docteurs GathoViques; partout identit^ jusque dans les termes, 
quand pour Texpression du dogme certaines formules ont et^ 
consacr^es ou arr^t^es par FEglise ; partout encore reproduc- 
tion des mtoes preuves principales que fournissent soit Ja 
raison, soit rEcriture et la Tradition, soit enfin Fautorit^ de 
FEglise. G*est l^ le terrain mdmedelav6rit6,immuable comme 
elle, inaccessible comme elle k tout progr6s ; parce que le pro- 
gr^s suppose Fimperfection. Mais Tesprit d'autre part trouve 
I largement a s'exercer dans la mani^re de presenter la v6rU6 
et d'en montrer le d6veloppement, de faire valoir les preuves 
qui r^tablissent, de mettre en rapport Texposition et la d^fense 
de la doctrine avec les besoins et les id6es de T^poque. La 
th^ologie est une science: et dans toute science rorganisation 
peut ^tre plus ou moins une , plus ou moins large et puissante ; 
la m^thode los^ique et natuplle est appliqn^e avec phis ou 

607 ** 



molns de perfeciion et de pers^v^pance , d'une mani^rc p\m 
oa moins compl^te ; le» d^veloppements noos pr^sentent plas 
oa moins ee tissa serr6 et Bubstaatlel qai fait la foree ei la 
beaui^ d'uii ouvrage classique. Sous ces rapports donc une 
ih^ologie classique comporie des innovaiions l^gitimes; le 
ih^ologien, dans un ouvrage de ce genre, devra chercfaer a 
r^aliser le moins imparfaitement possible l'idtol scientifique, 
iel qu'il Fa con^u. 

Cesi le bui qu'a constammeni poursuivi rauieur, pendant 
yingi ann^s d'une vie laborieuse employ6es exclusivemeni 4 
k r^ude ei a renseign^eni de la ih^ologie. II nous a lai$s6 
dans Fouwage que nous poblions , le fruii de ses iravaux et 
de son exp6rience derenseignement. Cesi au public a le. juger ; 
rintroduciicm doni nous le faisons pr^Mer esi pour aider le 
lecteurale saisir dans son ensemble^^ en pto6trcr la marche 
et Forganisafion. Nous nous attacherons fid^lemeni auxpa» de 
rauieur, nous plaioant aux m^mes poinis de vue que lui, es- 
quissant a grands iraiis ses id6es principales , raisonnani sa 
m^ihode, saisissani avani iout ce qu'il y a de nenf dans son 
iravail; ei cela , pour monirer en raccourci son ceavre telle 
qu^elle nous apparaii. 



Uauieur devaii ioui naiurellemeni d^linir d'abord la ih^o- 
logie; indiquer la marcheasuivre dans T^iude de ceite science, 
en iracanilespremi^reseigrandes lignes du plan ih6ologlque. 

Qu'e8i-ce donc que la ih6ologie? 

EUe se d6finii proprement : la sciencp de JHeu. On peul la . 
d6finir aussi avec plusieurs th6ologiens : la science de la Reli- 
gion. Ceiie dernifere d6finiiion esi celle adopt^e par rauieur ; 
elle se pr6ie mieux k la division ordinaire ei g6n6ralemeni 
suivie de la ih6ologie en deux pariies : Dogme, Morale. 

La ih^ologie d^finie, il faui savoir commeni proc6der pour 
r^iudier, ei d'apr6s quel ordre en disposer les matieres. 

Qn veut, en th^ologie, faire la science de la Religion. Mais 
qu*est-ce qu'une science ? Un ensemhle de verites deduites de 
principes et naturellement ordonn^s entr'(flles. Pour constiiuer 1% 

la theologie, il faut donc des principcs ei des principes appli- 



III 



,v^ 






m^ 



eables a la SGienoe Ih^ologique; il fmi dMuire de ces prin« 
eipes des conclasionB^ rigouFeuses ; ii faut ordonner naturelle* 
ineiit el ies prii»;ipes et les conclusions. Mais oh le th^-* 
logien puisera4-ildes principes, des conclusions^ une m^thode ? 
II a ^videmment besoin de connaitre les sources qui les lui 
foumiront et d'en constater la valeur, s*il veut ^ever T^difice 
thtologique et rasseoir sur des bases solides, sll veuile cons- 1 iVi, 

trnire d'une mani^re scientifique et compl6te. U devra 6tu- f i^!: 

dier d'abord lcs soiH*ces de principes en theologie , exami- i f ' 

nant si les sources qui fournissent aux autres «ciences leurs ^4 

principes en fournissent au^si a la th^ologle , si de plus la th^ 
Jogie en a de sp6ciales et quelle en est la valeur; il s'assji- 
rera ensuite que, pour la th6oiogie comme pour les autres ; H 

sciences , la facult^ logique peut rigoureusement de principes i f;- 

pos6s, deduire des conclusions, et la facult^ m^thodique or- .: !|^ 

donner naturellement soit lesprincipes, soit les conclusions. i| |!m% 

G*est, ce travail achev^, et seulement alors, que le th^ologien '%,:\JJ 

abordera Fexposition ikeologique. | , !j 

La th^ologie doit donc se diviser en deux grandes parttes J :^;; 

dont lapremi^re traiteiDe^ Lierix m Sources theologiqtm; eila ;";|.i 

seconde, de VEa^ition tMohgique. Telle sera aussi la divisioa ^, ^ ^ 

dc ccite introductioii. 



t€. 



^MV. 






PREMIERE PARTIE. || 

ANALYSE I>ES LIEUX THjfiOLOGIQUES. 






Le Trait6 des Lieux th6ologiques a pour but, comme nous i$^[ 

veoons de le voir, d'6tudier les difTferentes sources auxquelles •'^lv 
le th^ologien doit puiser les 6l6ments constitutifs de la science 

(h6olog4que. Or , puisqn'il entre dans la th^ologie trois ^le- fi^ 









ii^- 



IV 



mcnts bicn dislincls : des Principes , des GonclusiOns , une ^ 
Methode ; il faut trailer successi vement des Spurces de Prindpes 

cntMologie, de la source des ConclusionSf de la $ource dela "'^ 

\ Methode.—TeWe esl la division premi^re de ce Trait6. i 



.! 



lo DES SOURCES DE PRINCIPES. 

Les Th6ologiens en ^numerent dix, dans Tordre suivant: 
lEcriture-Sainte , la Tradition , la Croyance de l'Eglise , le 
Concileg^6ral, rAutorit6 du Souverain Pontife, rAatoril^ col- 
lective des Pferes et des Docteurs, la Raisonindividuelleinter- 
pr^tant rEcriture et la Tradition, la Raison naturelle , TAuto- 
rit^ des philosophes, et enfin THistoire humaine. 

L*auteur ram^ne ces dix sources de principes aux trois 
classes suivantes: sources Naturelles — sources Surnaturelles — 
sources Mioctes, c'est-a-dire a la fois naturelles et sumaturelles. 
Ce3 trois dasses comprennent en effetlesdix sources que nous 
venons d'6num^rer. La premifere classe , « sources naturelles »> 
comprend ^videmment: la Raison natnrelle, rAutorit6 des 
philosophes et THistoire humaine. La seconde classe«source» 
surnaturelles » comprend : TEcnture et la Tradition,la Croyance 
de TEglise, rAutorit^ doctrinale des Conciles Gtoeraux ei du 
Souverain Pontlfe . Enfin se rangenl sous la troisi^me classe : 
l'£eriture et laTradition interpr^t6e8,quand elles sontobscures, 
par la Raison coUective des Peres et des Docteurs, Cette troi- 
si6me classe est justement appel^e « sources mixtes, » c'est- 
a-dire a la.fois naturelles et sumaturelles; puisqueco&courent 
a la former d'une part, FEcriture et la Tradition,61^mentssur- 
naturels ; d'autre part , la Raison, Individuelle ou CoUective 
non assist^es par FEsprit Saint, ^l^ment naturd. L*auteur a 
donc pu r^duire aux trois classes indiqu6es les dix lieux de 
principes assign^s par les th6ologiens. 

II traite en premier lieu des sources naturelles ou de la 
Kaison , puis des sources sumaturelles et enfin des sources 
mixtes. S'il donne k la raison la priorit^ de place , c'est que , 
dans Tordre de science, (par opposition a Tordre de Foi) re\is-< 






lence et la valeur des soarces surnatarelleft repostnt sar lei 
principes de la raisoD ^ il fallait, logiquement, traiter d'abord 
des soorces nalurelles ou de la raison. 

Mausavant d'aborder avec l'autear les diff(6rentes sourcesde 
principes, rendons compte de la m^thode simple et uniforme 
qiie nous hii verrons saivre en traitant dediacane d'eiles. L*aa- 
toir, one fois lath^se donn^, saisit d'abord ia question gdu^- 
rale qni domine toate sa mati^re, celie qui loi paratt le plus en 
rapporl avec le bat du Trait^. Gette qaestion,' il la pose dans 
loate son ^tendae, l'analyse, la sous-divise en autant de sous* 
qnestioas qu'elle renferme de parties essentielies , de points 
de yoe distincts. Gliaque sous-question est ensuite reprise; 
«cHimisea !a m6me analyse que la question premi^re, elle 
amtoe dle^mtoe des sous - d6veloppements, lesquels k lenr 
tonr en engendr^t d^autres, et ainsi de suite, jusqu'^ ce que 
la s^rie des questions k traiter soit ^puis^e. 

Appliquons ces id^es a une des soutces de principes , la 

raison, par exemple. On veut ^iudier la raison comme sourco 

de principes en tfa6ologie; or, ^videmment, la <^estion g6n^ 

rale, celle qui. domine la mati^e et renferme tout en soi, esf 

celle-ci: La raison est-elle source de principes en th6ologie? 

Soumettonseette quesiion aFanalyse indiqu6e,nous Irouverons 

ipi^eWe Tcvient naturellement aux deux suivantes qu'elle porte 

visiblemeiii en elle : la raison est-elle souree de principes ; 

est-elle source de principes en th6ologie ; en d'autres termes : 

la raison (onnut-eUe en g6n6ral des principes ; ces principes 

sont-iJs applicables k la th^ologie, dans quelle ^tendue et dans 

qttelles limites ; derniere question qui peut Hre remplac6e par 

celleH^i: la raison a-t-elle des fonctions en th^ologie et les- 

qoelles. Si maintenant nous reprenons la premifere question : 

« la raison foumit-elle des principes, » elle ^quiraut k celle- 

ci : fournit-elle des v6ril6s marqu6es k tous les caractferes du 

principe?Or, un principe etant : une verit6 premifere, certaine 

H^nde, demander si la raison fournit des principes, c^esl 

done demander si elle fournit des v6rit6s premiferes, cerfaines, 

ftoondes ; et ainsi nous arrivons k trois nouvelles questions de 

sous-d6veloppemen(, etc. 



VI 

CeHe marche etant logique , en rapport avec lc Trail6 , cC 
bas^ sur la nature Hitoe des queslions, elle devait Atre appli- 
qa6ea toutes lessources deprincipes.Aussi verrods-nousrau- 
(eur se poser constamment sur chacune d'ellesles deux m^mes 
questions priBcipales: telle souree indiqu6c foumit-elle fAel- 
lementdes prineipes; a-t-ell6 des fonctions en th^ologieet les- 
qvelles? £t toujonrs ces deuxmSmes questions am^aefont na- 
turellement le developpement successif et r^gulier de toute la 
mati^re k 6tudier. 



I. DES SOURCES NATURELLES. 

La raison, soit individuelle , soit colleciive, fournit-elle des 
principes?~-A-t'elle des fonctions en tJi^ologie et lesqmlles ? 

Les sources natureiies ne sont autre chose que la raison; 
ct sur la raison Tauteur devait , d'apr^s nos pr6cMentes ob- 
servations, se poser ies deux questions indiqu6es au pr^sent 
litre. 

La premi^re, pourra-t-on dire, est superflue dans un cours 
de th6ologie. Nous convenons qu'il appartient proprement a la 
philosophie de discuter et d'6tablir la valeur de laraison: mais 
comme la seconde question « laraisona-t-elle des fonctions en 
theologie» est 6videmment du ressort de la theologie; comme 
elle suppose la solution de la premi^re, et que rauteur, pour 
bien latraiter, abesoin de rappelersouventlesdonnee^philo- 
sophiques sur la certitude de nos facult6s, ce Trait^ desLieux 
th^ologiques presente un r6sum6 substantiel des preuves prin- 
cipales qui ^blissent les titres de la raison. 

La raison, telle qu'on rentend ici, est prise dans son accep- 
tion la plus etendue: elle comprend Tensepible des facultes 
naturelles qui fournissent a rhomme des principes. L'auleur 
enum^re et classe ces facultes de la maniere suivante : 

Les facult^s.sont des moyens qu'a rhomme de connaitre la 
verit6; elles sont diverses, selon Tobjet sp^cial de connaissances 
auquel elles se rapportent. Or , rhomme pcut connaitre des 
faits, ou v^rit^s parliculieres, des lois ou veriles geiieralcs. 



VII 

Les faiis sont: iniernes, pr^ents ou pass^s; externes. II coii' 

naft: les faits iittemes presents , par la conscienee; les faits 

interms passes, par la memoiret les faits exiernes, par la per- 

ception des sens, Les verit^s g^n^rales ou iois sont elles-m6mesr 

verites g^n^ales nan ahsolues , oa lois de la nature ; 'CMtes 

gen^rales ahsolues» L'homme perQoit les premieres, au moyen 

de la raism inductive; les secondes, par la raison proprement 

dite. Tel est l*ensemble des tacult^s individuelles qui four- 

nissent a rhomme des {^rincipes. Mais, m^me dans Tordrenatu- 

rd, Vhomme ne peut pas toujours atteindre Itii scul la Y6ril6 ; 

et Telativemeht aux faits ou v^rit^s dont il acquiert la certi- 

tade par ses facult^s individuelles , souvent le temoignage 

d'aatres raisons sert k confirmer ses donn^es individuetles 

quoique d^ja suflisamment si&res. De la une seconde classe de 

moyens de connatssance : la raisoneollective. Elle prend le nom 

de timmgnagehistorique, ou de timoignage doctrinal^lon qne 

par son moyen on obtient la certitude sur un fait historique, 

ott la v^rit^ sur un point de doctrine. 

' Tel est Tensemble des !acult6s naturelles qui fournissent a 

rhomme des principes; elles sont rang^es, on le voit, sous ces 

deuY tittes : tUxis&n Individmlle, Rmson Collective, Cest sur cha- 

cune de ces deux raiisons qa'est successivement pos^e la pte- 

mi^eqaesUoh ar^soudre: « la raisonfournit-elledespriHcipes? 

FTemitsremeut donc la raison individueUe foumit-elle des 

prkicipes? 

Un principe esi: une verit^ premiere , certaine, fSconde. Cette 
question, ffJaraisonindividuelleest-ellesourcedeprineipes,» ou, 
« foumit-eHe des principeS).» revient doifc aux trois suivantes : 
foumit-eUe. desv^it^premieres?—lesverit^s premieres fournies 
par elle sont-elles certaims?-- sont-elles fecondes? 

ta raison individuelle fournil-elle des v6rit^ premieres?. 
11 est eertain qu^elle fournit des v^rit^s premi^res , quand 
ellea M6 d^vetopp^ par reducation. Qu'est-ce en effetqu^u^e 
v6ril6 premifere? Une v6rit6 per^ue par voie de t^moignage cl 
non par voie d'argumentation, de conclusion. Or, en prenant 
chacune des faeult^s dislinctes qui composent la raison indi- 
viduelle, il est facile de montrer que les v^rites fournies par elles 
sont pcr^ues de la sorte.— II est controvcrsc si; pour scdcvc- 



Vlll 

iopper, la raison a besoin de rMucation et finalemeBt de la 
r^v^lation? L'affimiative est sommairement d^montrto. 

Les v6rit6s premi^res fourities par les facall6s individaelles 
sont-elles objectivement certaines? 

£lles le sont, pos6es cerlaines conditions. La proposition a 
besoin d'^tre d^montr^e et expliqa^e.L'aatear la d^montre en 
r^omant les principales preuves dephilosopliieqai ^tablissent 
la certitade des donn^es de nos fiaicalt^s, et en r^pondant aax 
objeotions des sceptiques les plus r^ents. — ^L^explicfl^ion con- 
siste a assigner les conditions requises, pour que les donn^es 
des facuU^ individaelles puissent 6tre jug^s certaines. 

Les v^rit6s premitoes foornies par les facult^s individuelles 
sont-elles f^condes , .c'est-&*dire, produisent-elles des v6rite» 
secondes? 

L^auteur d^montre rafiirmative en indiquant i grands traits, 
commeni rintelligence eii possession de ces v6rit6s prmni^res 
peut, dans les limites assign6es k la raison humaine , acqn6rir ,^ 

la science g^n6rale, c'est-^-dire la science des ^tres et de leurs t^ 

rapports. II est donc prouv6 d^jk que la raison individuelle ^ 

fournit des principes. 

La raison coUective aussi fournit^ile des principes? 

LVuteur d6montre raflirmative, en passant par les mtoes 
s<ms-qttestions que ponr la raison individuelle. Gomme la 
marche n'est point diff(6rente, il est inuttle de resqaisser ici. 

De cette thfese sur la raison naturelle, individuelle et collec- 
tive, suit, par voie de corollaire , lerejet de tous les syst&mes 
qui attaquent la valeur soit de Tensemble , soit de quelques- 
nnes seulement des Tacult^s de Thomme. L'auteur les r^fute 
de ptns par des raisons speciales propres k chacun. li passe 
donc rapidement en revue les diff6rents systtaies : etceux qui 
nient toute certitude ; et ceux qui rejetteht la raison indivi- 
duelle, tout en conservant la raison collective ; et enfin ceux 
qui, s^attaquant a la raison eollective, reconnaissent encore la 
valeur de rensemble ou du moins de la plupart des facult^si 
de la raison individuelle. 

La valeur de la raison comme source de principes ^lant ainsL 
ronstatee, i1 res(e a ri^soudre la denxieme question : 






IX 

La faison a-t-elle des fonctions en theologieel lesquelles? 

Gette quesUon n'est pas moins importantequelapr6c6dente. 
II faat faire ta l^gitime part de la raison, ne point la d^primer 
u^ostement en d^larant qu'elie est inhabile k rien ^tablir, 
comme aussi ne point exagerer le r6Ie et rimportance du con- 
cours qn'elle nous pr^te. 

L'a«teur, poard6terminerles fonctions de laraison cn theo- 
lo^e, se pose et r^sout les trois questions suivantes : 

La raison naturelle, individuelle et coUective, a-t-elle d^cou- 
veci ou peut-elle d^uvrir les v6rites religienses?Non. — Le 
(^moignage de la raison collective peut-il prouver rexistence 
de iaReHgion et la raison individueile peut-elle recueillir certai- 
nement ce t6moignage?Oui. — Laconnaissance des v^rit^s reli- 
gieoses une fois foumie par la r^v^lation , la raison peut-elle, 
par ses propires principes, d^montrer ces v6rit6s religieuses et 
lesquelles? Elle en d^montre quelques-unes immMiatement y 
en elles-mdmes. Elle peut les prouver toates m^diatemeut : 
poarcela, elle ^tablit, k raidedesesseulsprincipeslavaleurde 
rEcriture et de la Tradition, TAutorit^ doctrinale de TEglise; 
alors elle est en droit de conclure rigoureusement, par voie 
de corollaire, la v^rit^ de toul ce qui est contenu clairement 
dans VEcriture ou laTradition,de tout ce.qui estcnseign^ par 

V¥.§\ise. 

Ces trois quesUons trait^es; il r^fute sdt par voie de corol- 
/aire, soii par des raisons sp6ciales, et ceux qui nient que les ^|: 

v6rit6s reljgieuses puissent (6tre d^montr^es par la raison , et !.!] 

ceux qui soutiennent qu'elles ne peuvent 6tre ^tablies que par |in| 

leconsentementcommun; enfin les Hermesiens,d'apr^s lesquels ^\ 

le thtologien doit se placer d'abord dans le doute universel , !il' 

puis prouver une a une les v^rit^ religieuses au moyen dela |; 

seule raison pratique. -jl 

IL DES SOUKCES SURNATURELLES. if 

■ - m 

Jttsqu'ici, Vauteur a constate la valeur de la raison comme j>i 

source de principes et montr6 comment elle s'applique a la t^; 

scicnce theologique. Mais au-dessus de la raison , par de la 






celle sph^re naturelle dld^es , ii'y aurail-il pas une lumi^re 
sup^rieure , un enseignement surnaturel de Dieu i I^homme 
dans lequel nous devions puiser les v^rit^s religieuses ? L'EgUse 
catholique nous r^pond que Dieu, A trois reprises soknnellea , 
enseigna sumaturellement Fhumanit^ y imposant des dogmes 
et promulguant des lois; que , voulant conserver a tous Iqs 
Ages cet enseignement religieux sumatiirel, il Ta confl^ k 
rEcrilure et a la Tradition; que, pour TEpoque Chr^tienne , 
Dieu a ^tabli TEglise, gardienne lid^le , interprisie infoillible 
de TEcriture et de la Tradition. L'Ecriture et la Traditioa 
deviennent ainsi, quand cllessontclaires et^videntespar elles* 
m^mes ou que rEglise les interpr^te, une v6ritable source de 
principes sumalurels , de principes r^v^^s. 

Telles soni donc , pour le th^criogien , les sourcea sarnatii- 
relles de principes dont ii doit successivement d6montrer la. 
valeur : VEcriture et la Traditian ;— Le$ Mayens sumaiureU 
instituds de JHeu paur rec<mnaUre» cansarver, inteq^^Ur et 
expliquer VEcriture et la Traditian. 

lo DE L^ECRITIIRE ET DE LA TRADITION. 

pRBmfcBs QuesTioN: VEcriture et la Tradition iont-elles 
sources de prindpes sumatureU ou r^vSles, ce qui remnt aux 
questions suivantes: Eociste-t-il une ou pltisieurs rMlations? 
Ces retelations sont-elles eontenues dans VEcriture et la Tra- 
ditUm? VEcriture et la Tradition foumissent-elles^ par cela 
m^mey des principes^^DEXJx^MEQJTEsnovi VEcritureetlaTra~ 
dition ont-elles des fonctions en theologie et lesqueUes? 

L^auteur, toujours cons6quent et uniforme dans sa marche y 
se pose, sur rEcriture et la Tradition, les deux quesiions prin- 
cipales analogues k celles qu'il a r^solues sur les auires sources 
de prihcipes: L'£criture et la Tradition soni-elles sources de 
principes sumaturpls ou r6v6168?— Ont-elles des fonctions en 
(h^ologie ei lesquelles? 

L'Ecriiure el la Tradition sonl-elles sources de principes 
stirnatnrels ou rev^I^s? 



4 






-•,6 



(*.^ 



XI 

Si nom sniHysons eette question, nous verrons qu'elle ccfm- 
prend les trois sous-ques^ons suivantes et dans cet ordrc lo- 
giqae: Existe-t-il uneou plusieurs r6v61ations?— La r^V^lation 
est-eile conlenue dans rEcritnre et la Tradition?— L*Ecriture 
et la Tradition, par cela qu*elles ct>ntiennent la r6v61ation, 
foumissent-elles des principe»? 

Existe-t-il one oa plusieurs r6vdlations ? ;i;i 

La r^>onse k cette question est ainsi formnlee: Dieu a suc- 
tessivement r6v^^ aux homnres les trois Religions, Ptimitive , 
Mosatqoe et€faretieiine; en dehors de ces trois Religions, au- ii 

caneautre n'a 6t6 et ne sera divinment r6y^l^e. 

TOh est la th^se a ^tablir sar Texistence de la r6V6Iation, 
£Ile reBferme ^videmment elnq propositions : La Re^igion Pri- 
mitive a ^ divinement r^v616e ; — la Rdigion Mosafquea 6te 
^viaesient r6v61^e ;— la RBligion Chr6tienne a 6t6 divinement 
r6v^to; — ^ aacaneantre* Religion n'a Hh divinement r6v616et 
— aucune ao^ Reli^on ne sera r^v61^e aux hommes dans la ^1\^ 

suite des temps. .|f: 

Mais poar ^tablir qn-une rdigion est r^v^l^e et que telle * IJ 

aatre ne Fest pas, le th66logien a besoin de connattre la nature ,; C ^ 

de la r^61ation, de savoir les marques ou signes auxquels on -ii 

Tecomiail qa*ane doctrine est certainement r6v6l6e ou non r6- - |;j 

vfe\fee; ei, conime le doute et la n^gation sont all6s jusqu^a i| j 

attaquer la posBM\it6 m^me de la r6v^lation, il doit de plus 
d^montrer eette possibilit^ conlre fes incr^ules. Be \k les 
notions pr^liminaires saivantes : De la natare de la r6v6Iation, 
— de sa possibflit^, ^ de ses marques. 

Qtt'es(-ce que la r6v61ation? Une manifestattoh samaturelle 
de dogmes et de lois taitepar Died a Thomme. Or, cette mani-* 
festation est possible. Diett peat faire connaitre sarnaturelle- 
nient k rhomme et des dograes ef des lois: des dogmes au* 
dessus de la raison humaine, aassi bien qoe des v^rit^s k sa 
port6e; des lois positives, aussi bien qtte les lois naturelles^ i|; 

L'aatear le proavo d'abord directement , pais indirectement , ! J( 

c*est-a-dire, en r^utant les objections principales des adver- «•! 

saires^ 'j 

Mais cjette r^v^lation, qui estdemontr^e possible, dot t avoir ^^ 

des signes aaxqaels on la reconnaisse, desmarqaesou preiives j^, 



1 



41 



Xlf 

qui pemettent d'en canstater sArementfexititeiieeet lar^alite* 
Quelles sont cesmarques, ces preuves?— L'origioediv4aed'une 
doclrine est un fait, et tout fait a besoin d'un t.^moignage sur 
lequel il repose. Or, la divinit^ d*une doctrine peut 6tre prou- 
v^e: par le t^moignage divin, — par un t^molgnage iraDMiia, 
— par le t^moignagede la doctrine eile-m^me. 

Gonstituent le t^moignage divin , les Prophetiea et ies Mi- 
racles. Lapropji^tie est une pr^diotion certaine 4'^vto0iiients 
futurs, dont ia pr^vision est au-dessus des forees d'une kitel- 
ligence cr^^ ; le miracle est un fait sensible ddrogeanl , dan» 
un cas particttlier , ^rordre accoutum^ de la aalure el qui exe^e 
la capaciti d'une puissance cr6^. Quand celui qui pr6senUs une 
doctrine au monde, comme ^man^e imm^diatement de Di.eo, 
l'appuie sur des propli^ties et sur des miraeles, c'est done 
Dieu lui-m^me qui le Cait partidper un inslant k son (teini- 
Science , k sa Toute-Puissance , afin qu'il pqisse donn^ aux 
hommes une garantie divine de sa parole ; Dieu t^moigae im- 
plicitement en faveur de rorigine divine de ceHe doflriaa, 
et ainsi il est vrai de dire que la proph^tie et le.mira^ t^- 
moignent divinement de renistence d'une r^v^latioo.— L>hi- 
teur traile successivement de la prophetie ot du jpunicJe. 
Apr^sles avoir clalrement deOnis, il en monlre, eontre les in- 
cr^dules, la possibilit6 et la force probative; pose les condVtions 
requises pourquHls aient force probative, et termine en refu^nt 
les objecUons que font les adversaires soitcontre la possibilite, . 
soit contre la force probative des miracles et des prophelies. 

Yoil^ pour le t^moignage divin. L'auteur indique ensuilc 
comment le t^moignage humain, individuel et coUectif, peut 
tester aussi en faveur d'une r6v61ation. 

Mais il est un troisi^me genre de tdmoignage : celui de la 
doctrine. Une doctrine peut pr^senter des caracteres de supe- 
riorit^ tels, qu'ils d^notent certainement une origine divine ; 
ainsieUenousapparaitramarqu6e dusceaude rintelligenee in- 
finie et, par coiisj6quent , temoignera elle-m^e qu'elle est 
rev^l^e.— De plus,toute doctrine religieuse roanifesieunecer^ 
tainc force : force d'action , force de conservation. Dieo peui 
^lever cette force a un degr^ sumaturel , de telle sorte quc si 
nous la comparons avec la plus grande force nalurcUe qu'oii 






XIK 

concoive dans iiiie docirine^ nous . conslalrons l^giiimement 
qu'elle estd'un ordre sup^rieur ei que, pour Texpliquer, ilfaul 
chercher en Dieu le moteur iminMiat et surnaturel. £t ici en- 
core^ c'esi la doclrine eUe-m6me qui t^oigner a, par sa force 
sumatarelle , de son origine divine. Tel esi le douhle i^moi- 
gn^ge de la doctrine. 

A prdsent que le lecteur est en possession des marques aux- 
qiielles Qn f econnait la divinii^ d'une docirine^ i1 faui etablir 
SDcces^vement les trois r^v61ations , Primitive , Mosaitque et 
Chr^tieime. 

B y,9 ed une r^v61ation Primitive; en d'auires iermes, la 
Religioa primitive a 6t6 divinement r6v61^e ; telle est la ih^se 
^ pronver. Faisant ici une simple applicaiion de principes , 
Tauteur exaniinera si la Religion pnmiiive peut revendiquer 
en sa fayeur quelques unes des marquesassigneesau iitrepr^- 
c^denl poor eonnattre une vraie r^v^Iaiion. Or, on peut 6tab!ir 
par trois genres de preuves la divintt^ de la Religion primitrve: 
preuve de ttooignage divin ; preuve de t^moignage humain ; 
preuve fir^de la nature m^me de cetie religion. 

Preuve de t^oignage divin. — La r6v6Ialion de la Religion 
primitive estatiesi^edans la G6n^e,Iivreidont renseignemcnt '^ 

sesra prouv^ diviiu. 

'Pwive 4e i^moignage humain . — Gonstituenl ce i^moignage 1 1 

les traiMbns 4es peuples anctens, les aveux remarquablcs de ' - 

philosophes savanls de rantiquii^ qui aflirment rexistence 
d'une religionpruDitive communiqu^ A rhommepar r6v61ation. 

Temoigm^^de la doctrine. — L'auteur montre d'abord que 
la Rdigionr primitive, n*ayant pu ^tre d^couverie par le gehie 
de J'homme, est n^cessairemeni r6v616e. Consultant ensuiie 
les traditions.des peuples, recudllies parlessavantsvoyageurs 
moderaes, il prouve que ces traditions , par lenr nature, sup- 
jposent certainement une r^v^Iation primitive doni les naiions 
le plns bas tomltees ont eonserv^ des d6bris. |: 

La lumi^rc surnaturelle devaii luire progressiveraent sur le .^! 

monde ; la revelation primitive csl suivie d'une seconde plus >J 

d6velopp6e,l5^ rev^laiion Mosaique, doni il fautprouvcr rexjs- ,j| 
lence. 



u 



{M 



P 



V 



XIV 

Les preuves principales dc celte r^v^lation ^tant contentics 
dans des monuments qui nous sont de beaucoup ant^rieurs, 
il faut pr^liminairement ^tablir la valeur de ces monuments 
anciens ; autrement la base qui porterait toute la d^mon- 
stration n'aurait pas de soliditd. Or, le grand raonttmenC 
ancien qui fournit les principales preuves de la r^v^lation 
Biosaique, c'est le Pentateuque; de l^ la n6cessit6 d^une 
disgertation pr^Iiminaire sur rautoril^ historiqne du Pen- 
tateuque; de plus, les autres livres de TAncien Testament 
6tant aussi employ^ ou suppos^ dans plusieurs endroits 
de lath^se sur la divinit6 duMosaisme, Tauteur indique com- 
ment sc d^montre leur valeur , sans entrer toutefois dans le 
d^veloppement des preuves, corame pour le Pentateuque. 

I.'autorit6 historique du Pentateuque , auasi biea que celle 
de tout autre livre, sera ^videmment ^tablie , si Ton demontre 
successivement son authenticit^, — son int^grit^, — sa v^racitd. 

Les apologistes chr^tiens n'ont rien omis de ce qui peut 
d^montrer et rendre palpable lac^titude historique du Penta- 
teuque ; ici donc point de mat^riaux nouveaux. Un'y avait qa^k 
faire un r^sum^ substantiel et a le disposer avee OTdre; ren^ 
dons compte de cette disposition. 

L'authenticit6, Tint^grit^ et la v^racit^ dn Pentateuque sont 
des faits et se prouvent avant tout par le t^oignage. Or, «u 
titre de la raison coUective, rauteur a montre qu^un &tt, pour 
pouvoir etre ^bli par t^moignage , devait 6tre affirm^ avec 
conyictipn l^gitime ; il fant doac affirmatioii, — affirmation 
faite avec conviction, — I6gitimit6 dans cette coDviclion;,et 
pour i^ue la conviction des t^moins soit l^gitime, il esi requis 
que leurs facult^s soient normaIes,--^que le fait soit observable 
pour eux,— qu'iis Taient observi^. Telleest raaalyse simple et 
logique des conditions exig^es pour constituer un t^moignage 
acceptable. La m6thode de rauteiir, toules les fbis qu'i\ devra 
prouver un fait par temoignage , consistera donc a montrer 
quMI existe, en faveur de ce fait, un t^moignage rev^tu de 
toutes les condiUons assigntes: c'est ce qu'il fait succcssive- 
menl pour Fauthenticite , rintdgrit^ , la v6racit6 du Pentateu- 
que. Pour la thfese de la v6racit6, par exemple, il Tappuie sur 
les propositions suivantes qu*il d^montre une k une et par 



XV 

parties: le Pentat^aque est affirme v^ridiqju^ par Molse, les 
Juifs, les Samaritains , etc; cette ainrmalion est donn^ avec 
eonvicUon; cette convictlon est l^gitime, ear les temoins on( 
desfacalt^s normales, le fait de la veracite est ohservable poar 
cuic, ils Tont observ^. Donc la v6racite du Pentateoque est ap- 
puyee sur un t6moignage suffisant pour produire la certitude 
historique. felle est la preuve de temoignage. 

L'autorit^ historique d'un livre peut aussi 6tre prouv6e, ou 
dumoinsconOrm^e par les caraet^res memes dulivre. Cestce 
qu'on appelle la preuve des crit^res internes. L'auteur la donne 
poar le Pentateuque, en exposant sommairement les id6es prin- 
ci/jaJes qui la cpmposent^ 

les incredules ont multipUe les objections contre rauthcnti- 
ciie, rintegrit^ et la v^racit^ du Pentateuque. II fallait choisir 
entreles principales, lesranger selon la m§me disposition que 
la these elle-meme, et faire de leur r^futation une preuve indi- 
recte^Les plus importantes pour FApoIogiste sont celles de 
rincr6duiit6 du jour ; aassi a-t-on r6fut6 avant tout ces objec- 
tions import6es d'outre-Rhin, qui voudraient faire du Penta- 
teuque un ttssii deinythes et en detruire ainsi la valeurhisto- 
rique. 

MaisQestun livre sp6claldu Pentateuque sur lequel Fauteur 

AcswVteyeiureiinsister; nous voulons parler dulivredela Gen^sq 

qui coniieni Yongine et rhistoire primitive du monde, de 

rbomme et des sations. Les premii^rs faits mentionnifes dans ce 

Uvre 8'etantpassesan commenceraent des Ages, la plupartdes 

Aulres eiaaH de beaucoup ant^rieurs a Moise , on congoit quc 

ceilepartieda r6cit de rhistorien sacr^ exige des preuves sp6- 

ciaJes, qui mettent hors de doute la cr^dibilit^ de ce livre. 

D'ailleurs les scienees modernes se sonL rencontr^es sur le 

mtoe (errain avec Moise. Le genie de rhomme a voulu inter- 

rogerle monde etses traditions, son histoire et sesmonuments, 

poor leur faire dire Torigine premifere des choses ; il a fouill^ 

la terre dans ses couches les plus profondes, pour lui demander 

le secret de sa formation ; et parcourant la surfaee du globe 

S0U8 toaies les latitudes, il a cherch6 par quelles r^volutions 

pouvaieni s^expUquer oes bouteversements dont elle porte les 

traces. Apr^ avoir elcve, au IS'"^ siMe, beaucoup d^objectionsi 



XVI 

contre les premi6rcs pages de la Qen^se, la science profene au 
IQ^e s'cst charg^e souvent deles r^futer elle^m^me, et est venue 
sur bien des points confirmer la v6racit6 de ce livre divin. II 
6tait important , a tous ces points de vuc , dlnsister «ur la 
Gen^se. 

L'auteur observe d'abord que le contenu de la Gen^se iait 
partie de renseignement religieux de Molse, envoy^ diyin, 
ce qui suffit pour conclure rigonreusement et par voie de 
coroUaire k la cerlitude des faits. — II prouve ensuite, qu'aox 
yeux d'une saine critique, le t^moignage de Molse et des Juifs 
scs contemporains m6rite cr6ance, malgr^ le long espace qui 
les s^parait de ces faits primitifs. — Enfin est expos^e la con- 
firmation de la Gen^se par les sciences. Donner ce genre de 
preuve, Cest travailler a dissiper les pr^ventions qui voudraient 
isoler la th6ologie des autres scicnces ; c'est contribuer k don- 
ner un but chr6tien aux scicnces profanes que suppose le d^- 
veloppcment de cette prcuve. L'auteur ram^ne a un petit nombre 
de titres les points de la Gen^se k confirmer par la science , 
piiis il expose avec clarl^, concision et m^thode, les principales 
donn^s scientifiques relatives k chacun de ces titres. Les laits 
de la Gentee regardent rhistoire du globe et celle de rhama- 
nitffe. Sous le tilre «histoire du globe» se placent; lacr^ation; 
fait primitif de la cr^ation, organisation, ^poque de ces deux 
fails; — le d^luge; existence, circonstances, date. Sous le se- 
cond titre, «hidtoire de rhumanit6», se rangent: la cr6ationde 
rhomme, son 6tat primitif, sa chute; — rhistoire ant6diluvienne; 
— No6 et lc d^Iuge;— Iapost6rit6 de No6. Or, relativcment k 
chacun de ces faits, Tautcur r^pond d'abord aux ($bjections 
principalcs 6Iev6es par la science, puis il expose ies confirma- 
tions fournies par la sciencc. 

Telie est la d^monstration de Tautorit^ historique du Penta- 
teuque. La cr6dibilit6 dcs autres livres de rAncicn Tcsfament 
s'appuie sur des t^moignagcs, commc cclle du Pentateuque. 
L'auteur s'6tant contcnt6 dlndiquer brifevement les prcuves, 
nous n'avons ricn k en dire dans ccttc analysc. 

La valeur des monuments une fois constat6e, il ne reste plos 
qfl*a y puiser lcs preuves d'existence de la r6v6Iation mosatquc: 



XVIJ 

— I^iuoighage di\in,— temoigiiage humain,— iemoigiuige de 
]adoclrine. 

T^oooignage divin. — LePentateuque renfermedes proi^^ties 
et desmiracles qui ont^t6,fails en faveur de rorigine divine du 
Mosaisme. Exposer ces proph^ties et ces miracles; faire Tap- 
plication des principes donn6s pius haut, dans les pr6liminaires 
de la r6v^lation, pour montrer que ces faits sont proph^tiques 
oumiraculeui^ etprouvent la divinit^ de la dpctrine a ^tablir: 
teUe est cette premfbre dt&monstration.. 

Temoignage humain^ — Moise nous assure qu'il est envoy6 

deDieUy que sa doetrineet sa l^gislation ont leur origine im- 

midiaie ea Dieu ; or, le caract<&re moral de Moise nous garantit 

a !ui seul la v^rite de son afGrmation. — La divinjt^ du Mosaisme 

a 6te recoimue et attest6epar les savants chr^tiens les plus dis- 

tingu^ ;cons^quemment par la raison collective a la plus haut^ 

puissance : second temoignage humain qui n'a pas moins de 

foTce que celui de Moise pour ^tablir la divinit^ du Mosaisme. 

Temoignage deladoctrine.^Ladoctrinemosaique t^moigne 

elle-iD^me de sa divinit6,^t parson excellence, et parla pro- 

teclion sumaturelle qu^elle a m6rit^e au peuple juif. — Par spn 

exeellence: c'esl la preuve intrins^que de la divinit6 du Mo- 

saisme. II fallail, pour donner cette preuve, exposer scmimai- 

T«siifi;iit\a doetrine et la l^gislation mosaique; en faire ressortlr 

VexceWence; oonelure de cj^tte excellence i Forigine divine. 

L^auteur eommence donc par tious pr^sehter un tableau ra<s 

courcj de loiU leMosaisme, dans lequel se trouvent analys^es 

/a doclriDe dognratique et morale, et la I6gislation. La l^gi^a- 

tion esl divis6e en sixcodesbiendistincts; ce sont comme au- 

t^t de cadres, od lesditTi^eiites parties de la loi vont se pla- 

cer naturellement sousles titresqui lesappellent. L'ensemble 

du MosatSme est ainsi dispos^ , de mani^re ai faire ressoriir 

rharmonie des parties daps Funit^ dutout. Puis, quand ils'a- 

git d^appr^ier, rexcellence de cette doctrine et de cette Ifegis- 

Ia(ion,rauteur les examinant en etles-mdmes,s'attache imettre 

en ^vidence les caract^res de spontaneite , de v^rite et de sa- 

gesse qni les di&tinguent 6minemment. 11 fait voir aussi cette 

excellence, par les contrastes lumineux qu'offre leur.corapa- 

raison avcc lesdoctrines anciennes,raclangeinforme dc v6rili^s 



.«'V 



XVIII 

ctdWreurs, d'humaiii(6 et de barbarie, de moraliteetdesouil- 
lure9. De i'exeeUence k rorigine divine imm^diate, la coQcIusion 
est montrte rigoureuse.— Seconde preuve. Elle consiste^ 6tabir 
la divinit6 du Mosatsme, par la force divine de conservation 
quiest enlui,etpar la protection surnaturelle qu'il am^rit^e au 
peuple Juif.Il faut donc,pour donnercette preuve : rechercher, 
dans rhistoire du peuple Juif, les causes puissantes d'alt6ration 
auxquelles 6tait sujette la lcgislation mosaique, et montrer que 
la conservation de cette loi suppose une force surnaturelle ; 
suivr^, avec le fii de cette m^me histoire, les traces de la Pro- 
vidence surnaturelle qai a dirig^ ce peuple privil6gi6 , et mon- 
trer que cette Providence sumaturelle a eu pour cause la pro- 
fession de la loi mosaique. 

Telle est, en r6sum6, la voie de d6monstration employ^e pour 
6tablir Texistence de la r6v61ation mosalque. 

11 existe nne troisi^me et derni^re r6v61atidn , ceile denn^e 
au genre humain par J6sus-Ghrist; en d^autres termes, laReli- 
gion Ghr6tienne est divinement r6v6l6e. 

La marche suivie pr6c6demmeni pour prouverrexSstencede 
la r6vi6lation mo^ique 6tant logique, bas^esarlanaturemtae 
des choses, elle se pr^sente de nonveau ici. L^autenrcomxnenoe 
donc par 6tablir raatQrit6 historiqae des livres du Nouveau 
Testametit qui nous foumissent dea t^moignages en faveur de la 
divinit^ du Ghristianiame; puis il expose les t^moignages:— 16- 
moignage divin, — temoignage humain,-^ t^moignage de la doc- 
trine. 

L*autorit6 historique des livres du Nonveau Test^ent d«- 
mandait naturellement lc m6me genre de d^monsiratron que 
rautorit^ historique du Pentatenque^ II en faut successivement 
d^montrer rauthenticit^, rint6grit6 eit Iav6racit6;ladi9positron 
de la th^se estdonc la m6me que celle analys^e au titre dtt Pen- 
tateuque. L'auteur, autant que le permettent les limite& d'un conrs 
classique, a pr6sent6 en snbstance les arguments prihcipaux, 
soit crit^res exteraes ou intemes, d^oCi r^sulte la cr6dibiUt6 des 
livres du Nouveau Teslament. Et comme il importe surtocit de 
d6truire les objections du rationalisme moderne , il s'attache a 
refuter l'interpr6<alion sceptique etglac^c q«'afaite de rhisloirc 



du Saayeur le trop c6tebre D'' Slraus^. Aiialysatit donc le mythe, 
les loisd^apr^s lesquelies il se forme et les caract^res qui le dis- 
tinguent, il montre que le syst^me de Strauds est ^videmment 
foux, rETangile pr^sentant au plus haut degr6 tous les caraet^res 
oppos66 a ceux dumythe, toutesles marques v^ritables de cr^- 
dihilit^ historique. Puis il discute lesraison9principales,iI'aide 
desquelles ^auss et ses parUsans cherchent a ^tayer leur sys* 
ttae.— L'autorit6 historique du Nouveau Testament une fbis 
d^montr^e, il fallait aborder les diffiferents t^moignages qui prou- 
veni la divinit^ dttChristianisme. 

Les i6moignages divins qdi attestent que la Religion Chr^ 
fienneest vraiment r6vifelee, en d'aut'res termes que J6sus-Christ,- 
son aatenr, est envoy^ deDieu, sont lesproph^tiesetles miraeles. 
(Au Trait6 de rincamation, on ^tabllt que J6sus-Christ est Fils 
deDieu^ Dieu lui-mdme; il suifit ici de prouver sa mission di- 
vine.) 

Proph^iies.'-' La divinit^ da Cfaristianisme peut i^tre prouVee 

par-des proph6tiear ant^rieutesa J6sus-Christ ; par les proph^ties 

m^me de J^sus^Christ ; par des proph^ties post6rieures A J^sus- 

ChrisU— Proph6ties ant6ri6ures a J6sus-Christ, J^sus-Christ, le 

centre de laReligion de ious les temps, n*a pasparo sur la terre 

sans pr^^ettis, sans y dtre attendu. Dieu s^est servi des Pa- 

Vn»f^\iea el des Proph^tes pour rannoncer et le laire connaltre 

au monde, sousWvoile de ia figure et de la pr6ph6tie. II vou- 

Uut aussi par la jeter, idans les sifecles qui pr6c6dferent sa venue, 

ane yiyelwni^e suraaturelle doht les rayons divins VQnant se 

r^omr et se eon^entrersur la figure du Christ, le montreraient 

k (ons comme TEnvoy^ de Dleu, leDocteur des nations. Telle 

est la preuve des proph6ties. L^auteur prenant , d'abord dans 

rAncien Testament, I^s principales proph^iies qui concement 

le Me^ie , nous montre Successivement pr6dits par les prb- 

phMes : les circonstances de sa naissance, les principaux tl-aits 

de soB earaci^e ei les d^tails de sa mort ; sa mission , I6s oeu- 

vres par lesqueUes il devait raccomplir et les r^sultats de cetle 

mission. II retrouve ces mdmes proph6ties dans les traditions 

juives. Les iradiiions paJennes viennent attestera leurtour, quc 

les naiiokis de rimttquite avalent conserv^ le souvenir de cc 

grand MMiateur qui dovail etre Jugc final, Roi, Dioii, Conque- 



XX 

ranl e( L^i8Uiettr,etqai d^tivreraitlaterrederempircduBial; 
elles attendaient prockainement ee Messie k l*6poqae otii Jdsufr 
parat, et la Jud^e, ditBoulanger, 6taitle p61ede lettresp^rance. 
Aprte ce tableaa des principalespr^dictionsrelatiYesaaMessie, 
rautear monlre comment toutes ont 6t6 accomplies en J^su»-^ 
Christ et en Jdsus-Chrisl seul, c<»nment eUes sont de y6rit«d[)les 
proph^ies. Donc J^sus-Christ est d^sign^ par Diea loi-mi^me 
comme le Messie r^dempteur des hommes et Docteur des na- 
tions; sa doctrine est donc rev6i6e. — Une seconde classe de 
proph6ties qui t^moignent de la divinit6 du ChrisUantsme , ce 
sont les proph^ties de J^sos-Christ lui-mtoe. L^auteor expose 
les principales, en prouve rorigine divine, et montre comment 
eUes sont faites en faveur de la r6v61ation de la doctrme chr^- 
tienne. — Restent les proph^es postMeores k J^us-Christ; le 
titre seul est indiqn^, les limites de ce coars ne permettant pas 
d'entrer en mati^re. II faodrait demander k rhistoire eccl^ 
siastique les pr6dictions remarqoables faites par qoelqaes saints 
personnages, appliquerles r^gles sivftresdela critiqaepoiBr 
constater la r6alit6 de ces pr^ctions, montrer qu*elles se sont 
v^rifi^es, qu'elles ont leur origine en Dieo et qa^eUesl^moigDent 
en faveurde la divinit^ do Christianisme. 

Miracles.^Nous avons, pour atiester rexistence de la r^y^- 
lation chr6tienne, desmiracles failspar Jteus-Christ ei les Ap6- 
tres,— des miracles post^rieors k J^sus-Cfarist et aax Ap6tres. 
L*auteur analyse donc les miracles faits par J^sos-Christ et 
les Ap6tre8; il monhre comm^t ces faits extraordinaires ont 
une origine divine, paisqu'ils n'ont pu 6tre le {«'oduit des lois de 
la nature et qu'on nesauraii les aitriboer raBSonnablement 4 ao- 
cone poissance cr6i6e ; enfin il eonstate qa*ils ont 6t6 op6r6s en 
ftlveur de la <fivine mission de J6sus-Christ ; ils ti6moignent donc 
de la divinit^ de sa doctrine. A Texemple des principaux apcdo- 
gistes, rauteur appuie sp6cialement sur le grand miracle de la 
R^surrection dont il fait une preuve d part, 6*attachant a en 
montrer touie la force d6monstrative. La preuve des mBracles 
post6riearsa J^sus-Christ est seulemmt indiqu^e, de m6meqae 
celle des proph6ties post^rieures, et pour les m6mes raisons. 

— Ainsi esl affirmee rexistence de la r6v61ation chr^tienne 
parlc femoignage divin, propheUes et miracles; prophfeties an- 



\Xl 



U- i 



ierieoresa J^sod^Chrisrf proph^ties de J^sus-Christ, proph^ties i^] 

postMeures ; miracles de J^sus-Christ et des Apdtres et sp^cia- fZ 

lement R^surrection de J^so^Christ, miracles post6rieors. |':i 

T^moignage homain.-r-La diYinit^ de la r^v^lation chr6tiemie , J 

peut etre proovfee :— par le t^moignage de J^os^-Christ en tant '•' •. 

qo^homme ; J^sos-Christ noos afflrme la divintt^ de sa doctrine ; l^V 

or, si Yon fait ressortir la sop6riorit6 incomparahle du caractfere ^ i 

de J^us-Christ , sa seole af&rmation, a ne ie consid^rer qoe t- 

conmie homme, noos garantit soffisamment qoll est, comme il k^;| 

se dit, envoy6 de Dieo ; — par le tdmoignage de ia raison coUec- ; ; 

iWe la plos haute et la phis poissante : celle des Pferes, des Doc- ?/- 

leors e^ des PhMosophes chr^tiens. 

216moignage de la^oetrine, — ^Deox preoves sont k e^poser soos |( 

ce titre : la divinit^ do Christianisme d^montr^e par son excel- 
teaee; — la divinit^ do Christiamsme d^montr6e par sa force 
d'aetion et de couservation. 

La premi^e preove est appel^e preove intrins^qoe do Cbris-« 
tianisme. Exposer sommairement la doctrine chr^tienne; en 
faire ressorilr les caract^res prineipaux; conclore de la A son 
origme 4ivme: telle estj en deux mots, la dispositioii decette 
preuve. , 

Dans la premii&re partiev l*aoteor noos fait donc on r^som^ M 

c^owtl muft sab^tjtntiel de la doctrinechr^tienne, et ce sommaire 

e^l pT^nVb de maiii^re a rendre sensibie Fonit^ de la doctrine 

ef /a beUehannon^ desparties. 
II doH^ dam la seconde parUe, faire ressoriu' toos les carac- 

tires principaiix qai.mettent eri ^vidence la sop^riorit^ de la 

doctrine chr^tienne. Ces caract^res sont nombreox et moltiples : 

il faliaii troover one formole dans laqoelle toos vinssent se r^o- ^ { 

mer, eommeles individos dans Tespdcev les esp^ces dans le 

genre, afln de poovoir les exposerensuite avec ordre el logiqoe. 

Or, rauteuc les r6some tous dans cette formole : la doctrine chr6- 

tienne est excelleate et stv-excellente: — excellente , parce |fi 

qu*elle atteint parfaitement la fin d'one doctrine religieose ; — 

sor-exGeUente, en deux sens : en ce sens d'abord qo^elle est plos 

parfaite que toote aotre doctrine religieose et philosophiqoe ; en 

cei autre sens qo^elle procure ik rhomme des avantages quMI ne 

peul exiger d'une doctrine religieuse meme excellente. Tout le 



XXII 

d6veloppetnent va done consister a 6tabUr succ^Bsivement Tex- 
cellence et la sur-exceUence.de la doctrine chr^lienne. 

Gomment, en pr^ier Ueu, d6montrer TexceUenee? II faut 
examiner en quoi consiste l*exeeUence d'ime doctrine religiense 
et pronver que la doctrine cbr^ttenne a tout ce qui constitue 
cette excellence. £n quoi consiste donc Texcellence d*une doc- 
trine religieuse? Une chose est exceUente^ quand eUe r^pond 
parlailemeni a sa deslinalion; la destinaticm dHme doctriae re- 
Ugieuse 6tant de conduire rhomme a sa fin, autrement de don- 
nei* satisfaction aux besoins r^ls et legitimes de rhomme, le 
Christianisme sera prouv^ exceUent, si Fon d^montre qu^U offre 
satisfactiou complele aux besoins de tout rhomme: aux besoins 
de son intelligcnce, — aux besmns de son cceur, — aux bescnns 
de son activit^. Or, U en est ainsi : 

Premi&rement, la doctrine chr6tienne satisfiiit pleinement les 
besoins de rinteUigence de rbomme. 

Qm faut-ila rinteUigence de lliomme? Une connaissance de 
Dieu certaine, cQmpl6te, claireet ^teipelle. Or, ladoetnne clii^ 
tienne repose sur desfondements cerlains qui la placent au-des- 
sus de toute discussion ; eUe nous foumit de Dieu une connais- 
sance compl^te ; eUe est claire a un degr^ plus qae su^Ssant ; 
^ifin eUe promet la vision de IMeu p<mr rfitemit^* 

La pr(^osition qui a ^t^ le plus longuement d^velepp^e par 
rauteur est celle-ci: la doctrine chr^ti^me est claire a un dc- 
gre suflSsant et m^me k un degr^ plus que suffisant. Ana- 
lysons , anssi bri^vement que pk>ssible, la suite de ses id^es. 
Une doetrine cst claire, quand eUe est vi^ble a TinteUigence; 
la visibiliti6 peut varter quant k r^tendue, quant »i mode 61 
quant a rinten^it^. Et d'abord, U est vrai de (tire que la doc- 
Irine chr^tienne est claire, a un degr6 suffisantiEn efibt, elle 
est aceessible aux intelUgences les moms cultiv^es ; les propo- 
sitions qui la composeut ne sont contradictoires ni dans leur^ 
termes, ni les unes avec les^ autres; eUes ne le soni pas non 
plus avec les r6alit6s ext^rieures constat^s par la raison et par 
rexp6ri^cet -. ' 

Mais de plus, la doetrine chr6tienne est claire k un degr^ 
plus que suQisant ; en d^autres termes : sa dart^ exc^de le de- 
gre rigOtireusement exig6 dans une doctrine religieuse. Lia v^- 



XXIII 

Yile decelte affirmatiott ressortniauifesf ement du developpement 
qaisujt. 

n y a, dans, la doctrine chrdtienne, une parlie ratiomielle, 

c'est-a-dire, a la port6e de la raison^ une pariie supra-ration- 

nelle, c'e8t-*-dire, au-dessus de la raison. — La parlie ration* 

nelle est 6vidente intrinsfequement, par elle-m^me. En efTet, 

sont evidents en soi les premiersprincipes de la raison, les don- 

nfees imm^dfates de robservation, les (ionciusfons clairement 

dddnites de ees principes. Or, la partie rationuelle du Gfaristia- 

tfisine se compose^ de principes de la raison^ de faits constat^s 

par Foli^ervation , de conelusions clairement d^duites de ces 

deax sources. X'auteur, pour le d^montrer, nous fkit un r^sum^ 

de (ii^ologienaturelle od se trouvent expos^es dans leurordre 

logique et sont montr^es ^videntestoutesles v^rit6s religieuses 

quine d6passent point la port^e de la raison naturelle. — La 

partie supra-rationnelle est obscure intrins^quement, en d*au* 

Ires termes, u'est pas ^vidente en soi ; mais cette obscurit^ est 

atttou^e par la lomi^extrinsfeque de la raisou el de robser- 

vaUoQ. Indiquonsen.deux mots au lecteur a quelles hautes con- 

sid^raiions est amen^ Fauteur, dans la preuve et le developpe- 

meni de cette proposition. 

H Vndique d'abord ce que comprend la partie supra-rationnelle 

Au CW&Uanisme, a savoir : les ilogmes de laTrinit^, de la Cr6a- 

tionen g^n^ail el gp^ialement de la Gr^ation des Anges, la 

Samaluralit^de r^tatprimitif derhomme, son 6tat de Chute et 

de RipmUon^ et enOn s«n Etat futur, Or, tous cesdogmes soni 

obscttTs en eox^dmes a diffiferents degr6s, ils n'ont pas tout ce 

qui constitoe.une clart6 intrinsfeque complfete. Mais robscurit^ 

d'an dogme peut ^lre att^mnfee; d'oCi vienf, en eifet, celie obs- 

CBrit^? Une rMi^ est obscure, quand elle est incompr^hensibfe 

^^ sa nature, quand la raison ne peut en d^montrer la possi- 

bilit6 et la r6alit6. Or,robscurit6 qui provient derincompr^hen: 

8ibai(6 du dogme peut 6tre alt^nu6e, par les analpgies de la 

y^riUi obscureavec les feits de robservation: rincompr^hertsi- 

Mt6 du dogme de la Trmit* est att6nu^e de ia sorle; parce 

<iue partout, dans la nature et dans rhomme, nbus trouvons 

1'omtfe dans la Trimt6. Cette in^arnation de la v6rit6 pure dans 

"ordre des faits la fixe p<>ur nous, la rend plus facile a con- 



XXIV 

templer, diminue donc extrins^quement l*obscurite. L'obscurite 
qui provient de ce que la possibilit^ et la r^alit^ d'un dogme 
sontmd^montrablesA la raisonpeut^treatt6nu^eparlesdonn6es 
de robservation et de la raison, k savoir: dans les cas o(i la 
raison et Texp^rience nous fourmssent des preuves probables 
de ce dogme ; alors il y a demi-jour, att^nuation de l*obscurit6 
Qompl^te. Ainsi on peut donner cette preuve probable de la 
chute de Thomme: Finstinct animal est, chez la plupart des 
h(Hnmes abandonn^s k leur propre force, plus puissant qne la 
conscience ; chez quelques-uns , plus avili qne dans la brute ; 
doncily ad^h^ance. L'obscurit6 intrins^que d'un dogme.peut 
donc Mre att^nu6e pffir les donn^es de la raison et de l^obserra- 
tion. 

Mais de fait, robscurit6 des dogmes supra-rationnels du Chris- 
tianisme est-elle.ainsi att^nn^e? Oui, r^pond l*auteur. Ces v6ri- 
t^s, en eifei, ontdes analogues dans les faits de robservation ; 
laraison et Texp^rience en4:onfirment la possibiIit6 et la r^alit^, 
d'une mani^e plus ou moins probable : ce qui esi sommairement 
d6montr6 et des vMt^s supra-rationnelles du Christianisme 
consid6r6es en g^n^ral, et de chaque groupe sptoial de ees v^- 
rit6s. 

Oh le yoit donc , c'est en raccourci une v6rilrf>le philosophie 
du Christianisme, dam sa partie supra-raUonnelle. Ces v^Tii^s qae 
la raison ne peut pas d^montrer rigoureusement a Vaide de ses 
seuls principes, elle les pressent en quelque sorte^ La eontem- 
plation de ce qu'elle voit les lui fait soup^nner, parce qne par- 
tout dans la Cr^ation elle remarque unit^, harmonie, enchaine- 
ment;et que cette unit^, cette harmonie et cet enchainement se- 
raient en quelque, sorte bns^s, n^apparaitraientplusaussi cons- 
tants et aussi universels, si le mondesumaturelnevenait cou- 
ronner le monde naturel ; si le monde visible ne nous appa. 
raissait conune refl6tantrordre.etlabeaut6.du monde invisil^le^ 
D'un autre cdt6, rexp6rience etlairaison viennent coulirmer avec 
plus ou moins de force la possibiUte et la r6alit6 des v6rit6s sc- 
pra-ratioiinelles;souvent,.en eiret, ces v6rit6s sontle seulmoyen 
que nous ayons de p6n6trer les myst6res de notre -nature. — 
Ainsi ia raison 6*eI6ve, aussihaut qu'ellepeut, dansla conteitipla- 
tion du dogme chrjfelien : elle .cen^it que rfaomme, k mesure 



XXV 



quil approche dc l'|ltre Ififini, IrouYe de plus en plus obsciirs 
lcsamieaox sup^rieurs de celte chalne de v6rit6s jet^e entre 
Dieu et les inteffigences cr^6es; mais elle sent aussi qu'en 8'ap- 
pliqoanta cette partie myst6rieuse, Wen loin de s'affaibh'r , elle 
i^agne en largeur et en profondeur. 

Donc, si la partie supra^rationneHe n'est pas 6vidente intrin- 
s^uement comme la paptle rationneUe, Fobscurit^ intrins^ue 
d^cette partie est atti^uee, du moins, par la lumi^fe intrins^que 
dc k raison et de Fobservation. De plus^ ces deux parties de 
ladoeltine chr^tienne sont unies entre-eUes par des rapports 
evidenls. — II est donc ^tabU que la doctrine ehr^tienne est 
claireAfm degr^ plus quesufiisant; eUealesautresconditions 
reqoises pour satisfeire pleinement les besoins de FinteUigence : 
donc, sous ce iH*emier tapport d^ja, eUe est exceUenfe. 

La doeirine chr^Crefme a un second caract^re d'exceUence i 
eUe satisfatt pleinement les besoins du caeur . -^ Deux sentiments 
doaunentlecoeurderhomme: la crainte du mal et le d^sir du 
boidiear, soit pour le temps soit pour rEternit^!. Une Doctrine 
reUgieuse) si eUe veni satlsfaire les besoins du coear de rhfHnme, 
doit donc par ses enseignements — pr^venir ou att^nuer dans 
le c<BUF de l^homme rimpression du mal ;'--lai assurer la posses- 
«ondnxraibofdieur, pour4e temps et pour l^Etemit^. Or, c'est 

ce (\uftt^\ admirabtement la doctrine chr^tienne, eomme 11 est 

facile krautetiT de le d6mdntrer. ^ 

La doctrioe chr6ti«ime^ qui satisfait pleinementlesbesoins de 

VmteUigeBce et da cdjur de Thomme, ne donne pas une satisfec- 

tion moms comptete aux besoins de ractivit*.— Qne fout^l en 

effeta ractivit^ humame? La fin demi^re de ractivit6 humaine 

^tant d'honorer et «ervir Dien, mt cn rui-^mdme soit dans rhd- 

nianit6, li faut k rhomme, soas ce rapport^ une doctrine qui 

iuiinspire lerenoncement et le d6vouement, qui hii donne une 

r^sdre eisufllsamment d^taiU^e pour diriger tous ses actes. 

Or^ laddclri&e chr^tienne remidit parfoit^ent ces fonctions 

wa-vi» riKetiYit^ homaine. Oa a montr6 d6ja qu'eUe satisfait 

pleinemeBiles besoins de rinteUigeace et da coBiir; donc elle 

oflresatigfeetion compl^e aax besoms de toatilioBime, et par 

ceUm^me elle est d^ontr^ exeefiente« 

Mais de plus, 1a doctrine chr^tienne cst sar-exceUente, el il 



XXVI 

y aen elle, avons-nous dit,deux genres de sur-exeellence. 

Premier genre de sur-excellence : Elle est plus parfaite que 
toute autre doctrine religieuse et philosophique. — A.quoi re- 
yiennent les doclrines religieuses distinctes du Ghristianisme? 
Au Paganisme, au Judaisme moderne, au Mahom^tisme. D'un 
autre cdt^, les systemes philosophiques consid^r^s dans leurs 
conclusions demi^res se r^uisent au Scepiicisme ou au Pan- 
theisme. Or^ prenant tour k tour chacune de ces doctrines reli- 
gieuses et philosophiques, il n'est pas diilicile de montrer qa'au- 
cune d'elles ne possMe tout rensemblc des avaniages qu'oflre 
le Ghristianisme k rinielligence , au coeur et k Factivit^ de 
rhomme.. 

Second genre de sur-excellence ; La doctrine chr^tienqe pro- 
cure^rhomme des avantages qu'il nepeuiexigerd'unedoctrme 
religieuse mdmjs excellente. £n efTei, elle coulribue sup^rieure- 
meni etplus puissamment que ioute autre docirine, au develop- 
pementphilo£ophique,— aubonheur temporelde rhumanit^,— au 
progrfes artistique, ce que prouve successivemeiit Tauteur. 

£Ue contribue, plus puissammenique ioute aulfe doctrine, au 
d^velq^ennent philosophique.— Que faut-il ^u pbilosophe ?^ Vm 
source de principes ei une rfegle de d^duciions. Or, rautorii^ 
de TEglise esi a la fpis souree de principes etr^e de d^due- 
iioBs; ainsi consid^r&e elle esi sup^rieure alasaineraispn, ^t 
pour lam^thode, soiipour la v^eur ei.la f6condii6.de8 princl- 
pes ; de phis c^Ue m6thode catholique de rautorii^ esi aussl 
philosophique que la m6ihode raiipnalisie : ielle est la preuve 
apriori. — Ei rhistoire de la philosophie vieni confirmer ceUe» 
ih^ ; elle nous nfiontre, ene£ret,laphilosophie chr6iienne rem- 
portant de beaucoup sur le raiionalisme par les caract^res de 
v6rit^, d'unit6 et de X<6condit6 qui brillenl en elle, . 

Le Christianisme contribue, plus que touie autffe doGirine,a« 
bonheor temporel de rhumanit^. — II fallaii pr6meiire qu^nne 
doctrine religieuse ou philo&ophique inflnesur le bonheur oiile 
malheur temporel de rhumanii^ ; elle y infiue hnm^diateiBeiit 
par* sea enseignements mofaux et.sociaiKL..—- Gr, si Tob prend 
ies enseignements morauK et «ociaux duGhristiaiiisme^ sc^t 
qu'on envisage les lois chr^tiennes en eUes^mdmes; soif qu'onles 



IXVII 

coiisid^re dans leurs moiifs, leur auleur, leur niode de traus- 
inission el leur sanction ; on voil qu'eUes procurent les avanta- 
ges ies plos pr^cienx ^ l'individu, a la ramille,^ la soci6t^ 
politique, i rhumamit<& enti^re. Les enseignements moraux 
et sociaux oppos^ a eeux du Christianisme sont nuisibles a 
la soci^t^ : ceux qui leur sont en partie conformes, en partie 
oppos^s sont utilesa la soci^t^ par leur partie chr6tienne et lui 
iont nuisibles par leur partie anti-cfari&tienne^ II est donc d6- 
montr6 a priori que rinflttencedu Christianisme, estsup^rieure 
&ceUe de touie autre doctrine. — Etrhistoire, par ses enseigne- 
ments, confirnie cetie ih^e : quand on vient k comparer c% 
qa'dtaii rindividu dans le monde ancien ; avec ce qu'il est au- 
jourdliai ; sacondition, ses rapports domestiqoes ei politiques ; 
il est impos^e de ne pas reeonnaitre qu'une iriple am^Iiora- 
tion s'est produite, sous rinfluence du Christiaiiisme, dans les 
6oci6i6s ir^form^es par kii : la doctrine chr6tienne ainsi mise 
en compariaiisoii, c*^est la lumiere qui apparait plus brillanie par 
le coniraste des ombres et de Tobscurit^. 

La docirine cht-^iierine contribue sup^rieurement au progrfes 

arlfeliqud.— Le progrfes de Fart consiste dans la perfeclion des 

M^ments ariisiiques qui sonC Fid6al et rexpression. Or, premi^- 

TetaeiiV, fid^sldQ dogme chr^iien est sup6rieur a rtd^al de la 

««&ti« Tajsoiv, \eqael surpasse deja Hd^aldes Rellgions distinctes 

du Ghristiamsme ei des philosophies puremeni humaines. Se- 

coodement, le syst^me d^expressioh artistique engendr6 par 

ndial chr^den, mantre sa sup6riorit6 : par le nombre de ses 

signes, par /euf purei^ morale, par leur v6rit6 et leur idi^alitd. 

— Pour confirmer par les faits c^ite d^monstration i priori, ii 

laudrait analyser les principales oeufres de Tart chr6tien eicelles 

que Tart a produites sous rihfluerice de ioute autre doctrine ; 

apprtoer d'ahord la valeur absolue de ces productions, puis 

nwttre en regard leuf m^rite, et le comparer. Dans Fimpossi- 

hiUi^ desinvre ufkc lelle mar^he, rauieur se borne a 6tabl!r la 

la sopWoritfedu t^mple ehr^iiensur le tempiepaien. 

La doctrine ehr^tierine contribue donc d'une marii6re sup6r 
rieure, et plus que toute autre doctrine, au d^veloppemerii phi- 
losophique, au bonheur temporel de rhumartit6 et au progr6s 
ariistiqne; sous les aulres rapports essentiels, elle nous a 6t6 



■1 




moDtr^e plus parfeite que toute autre doetrine religieoBe et 
|)hilosophique : k tous ^gards donc, elle esl prouY^e sur-excel- 
lente, aussi i>ien qu^excellente. — Mais tont ce traYail n'est que 
la base de la d^monstration ; n'oublions point que le bui de 
Tauteur esl de prouYer la r^Y^ation ou rorigine diYine imm^- 
diate du Christianisme, par lescaract^res de la doctrine chr^- 
tiemie. Maintenant qu*il a mis en ^Yidence les caract^res de 
sup^riorii6 qui constituent Texcellence et la sur-excellence de 
la doctrine chrMienne, il lui reste 4 montrer eomment de celte 
eiicellence et de cette sur-excellence on peut rigoureosement 
conclure a Torigine diYine imm^diate. Nous nepouYons analyser 
ici les preuYes substanlielles et concises qu'il en donne ; toale^ 
leurs pariies 6tant essentieUeSv ilfaudrait tout rapporter, dans des 
conclusions de ce genre, pour en donner une id^ suffisanle. 

Telle est cette preuYe intrins^qne de la diYimt^ du Ghristia- 
nisme. EUe est pr^sent^e, ce nous semble, d'une mani^re com- 
pi^te, large, profonde. L^auteur nous fait compraidre toute la 
hauteur de la science th^ologique, la sph^e sup^rieure et 61eY^« 
qu'elle ocenpe, sion la compare auxautres6ciences.Lelecteur 
qui Youdra approfondir cette belle d^monstraiion Yerra qu^elle 
n'occupe point trop de place dans la th^ologie. Malgr^son eien- 
due, les parties ne sonl point proprement d6velopp6es; c'est 
un ^adre d'id6es substantielles qui r^sument la matifere, qui 
pr<§tent k une suite de d^Yeloppements du plus haul intferH; lout 
a 6t6 ramen6,a laforme simple et classique; tout a ^t^ accommod^ 
au genre d'une th^ologie ^l^mentaire. Quelques-uns trouYeront 
peut-^tre qu'il ^tait inutile A ranteur de s'^tendre aussi longue- 
ment sur les dogmes supra-rationels du Christianisme, pQur eu 
montrer robscuril^ intrins^que att^nu^e par la lumi^re, le demi- 
jour de la raison et de rexp^rience ; qu'il aurait mieux Yaluren- 
Yoyer aux titres de chaque dogme en particu}ier, ces preuves 
de couYenance, ces analogies, ces d^monstrations plus ou moins 
probables de la possibilite et de la r^alit^. Mais, il nons semble 
qu'il 6tait pr^f^rable de grouper toos ees dogmes dans un mSme 
tableau; lalumi^raenjaillit beaueoup mieux, c^esiune philoso- 
phie de la partie supra-rationneUe du Christianisme Yue et em- 
hrass^e d'un seul coup d'oeil. 

Soconde preuve de l6moignage de la doclrine. Ellc coiudste a 



isfouver la diviniie dii Christianisme, par la force d'action el de 
conservation qui est en hii. Pour cela, il faut faire ressortir cette 
force extraordinaire, montrer qu'elle est sumaturdle etsuppose 
2a divinii^ du Christidnisme.—Or, dans le Ghristionisme on troove 
une inpie foree extraordjnaire : foree exlraordinaire dans la 
rapidit^ de sa prop^gatibn apostolique ; — force extraordinaire 
dans la nature eirinCensit^ de ses effets, aux temps apostoliques; 
— force extraordinaire dans la stabilit^ et la perp6tuit6 de son 
action. On montre ensuite que cette triple force extraordinaire 
esisamatnrelle et t^moigne de la divinU6 du Christi^misme. 

Tel est Tensemble des preuves sur tesquelles est appuy^e 
rexisleoce de la r^v^tion chr^tienne. 

12 Y aurait k r^futer ensnite les objections qOi attaquent im- 

mi&fiateainent Forigine divine du Christiani^e. Des principales 

objections modemes qui nient la divinit6 du Christianisme, les 

unes s^appuient gur l\itopie du progr^shumanitaire, d'aprfes le- 

quel le Ckristianisme serait une grande phase de T^volution 

sponfan^e et n^cessaire de rintelligence humaine; les autres 

supposent graiuiteinent que le Christianisme n'est qu^un d6ve- 

lopix^emeni de queique grande 6coIe philosdphique : ils diront 

que sa morale est emprunt6e au StoTcisme ; son dogm^, ils le 

fetotiV d^ct, seloh les besotns dlflri systfenie pr6concu, des 

feOMTt^^s mysi^euses de la philosopfaie de Tlnde, de la Perse, 

de rantiqae ^gypl^, du N6o-pIatonisnie, etc^ La i^ponse k ces 

oh/ec^fons est facile; toutes reposant sur des bases hypothe- 

tiqaes, ettes tombeni d'elles-m6mes devant tous ces faits si 

bien ^tabHs sur lesquels reposent les preuves de la divinit^ dii 

Christianisme. 

Hy a donc eu trois r^v^latioiis, comme nousF6noneioBS au 
commeneemeni du iitre g^n^r^d. U reste a tooiiirer qii'en dehors 
deces trois ReligiQns r^v^f^es, «lucune autre Reli^on n'a 6te ei 
ne sera r6vifelte. 

Aucone auire Religion n'a 6t6 r6v61£e. — La prenvede cetie 
proposilioa^aiifacile. Cequi ai^t^dit dans la preuveiniriiisife- 
quedaPaganisme, du Mosflffsme moderne et du Mah(mi6tism^, 
prouve assez queces religions n'ont pas 6i6 r6vM6es; d'ailleurs, 
con\Ted)sani le ChFisiianisme sur pluaieurs points de dogme et 



XXX 

de moralo, elle» nepeuYenk avoir, comme lai, ane origiue 
rev^6e. 

Aoeune autre Religion ne 8erar6v6I6c dans la suite des (emps. 
— LeChristianisme apport^aux hommes par le Verbe Incam^ 
lui-m^meest le demier d^vdoppement de laReligton de laterre; 
ii doit durer jusqu*a la consommation des si^cles et conduire 
l'homme au seuii de r£iemit6, la oii commence la Relrgion du 
Ciel. TeHe est lacroyance infaillible deTEglise; bas^esur les 
paroles de J^sus-Christ m^me. 

L'existence de la r6v6tation une fois d6montr^e , Tauteur 
abordf'. la seconde sous-question : 

La r^vdation est-elie contenue dans l'£cri(ure et la Traditiou? 

Comme il y a eu trois ^poques dans la r^Y^Iatian, les ^poques 
l^imitive, MosaSqoe^ Chr6tienne, il SaUait suceessivement poser 
et r^soudre la question pour chacune de ces ^poques. 

A r^poque Primitive, la Tradition ^taitle seulroonument qui 
renrermStla parole r6v61ee ; il n'y avait point d*£criture inspir^e. 

A repoque Mosaique, la r6v61ation esl contenue dans rfecri- 
(ure canonique de TAncien Testament et aussi dans la Tradilion 
judaique* — Dans 1'Ecriture canonique 4e rAncien TeBlament; 
Tauteur eu donne deux genres de preuves. Une premiere d4- 
monsiration est dMuite de Tautont^ histonque du Pentaleuque : 
ce livre a6t6 prouve int^gre et v^ridique; doncilrenferme cer- 
tainementladoctrine de Moise, et ainsi.celte partie derficrilui^e 
contientla r^velation. La seconde demonslrationestappuyee sur 
le caractere inspir6 des livres smnts de TAncien Testament. A 
Tepoque mosaique, Dieu a non-seulement revel6 aux hommes 
une doctrine rekgieuse parson serviteur Moise: mais de plus, il 
a tii^ir6Mo¥se dans lar^dactionde toutesles partiesde sonlivre; 
il a inspir^ le^ auteurs de tou^les autres iivres canomques de 
TAncien Testament^ livres dont le contenu se railache a la r6v6- 
lation mosaique et tfest souvent que le develoK>ement de celte 
rev^lation. Ges livres, dans toutes lenrs parties^ sont donc pa- 
roles de Bieii ; rficriture de rAncien Testament conticnt doiic 
la r^velation dcFj^poque iposaique. Comme on le voit, il faut, 
pour prouver ranteccdent, ^tal)lir rinspiratiQn. de rficriturjc ca- 



xxxr 

noniqae derAncieaT«stottenl. On cn donne plusienrs preaves: 
ici, comme plus bas pour r^oque-chr^tienne^ rinspiration se 
prooye principalemejat par la Tradition et rautorlt^ de rEgltse. 
11 n'y a pas en cela cercle vicieux; la yaleur de la Tradition et 
de rautorit^ de l'£glise est d6montri6e, en son lieu, par des 
preayes qoi ne supposeni point Finspiration , mais seuleraeut 
Vantorit^ histori^e deFEeriture.Donc FEcriture canonique de 
FAncien Testament contientlar6y^lati(m mosaique. — Gette r^- 
y^lation se transmettait anssi par la Tradition jndalque, ce qu'^ 

Uiblilbru^yement l'auteur. 
A r^pociue Chr^tienne, la r^v^lation est contenue dans r£cri- 

tm eanonique du Nouvean Testament et ddns la Tradition. — 
Dans rEcritnre : deux genres de prenves, eomme plus haut : Une 
premi^re preuve repose sur rautorit^ historique et une seconde 
snr rmspiration de rficriture du Nouyeau Testament. — Dans la 
Tradition : Tautenr d^ontre contre les Protestants, soit par des 
argttments th^(dogiques, soit par r£criture, comment la parole 
r^vM^e se traiismetdeJ6sns-Christjusqu'^BOusparlaTradttion. 
Vtm^T^ et la TracUtiim sont doue montanenta de la r^v^- 

la^n. . 

li^Eetitureet la Traditioneontenaiit la r^v^totion peavent-elles 

^Vte diVe%sQtLT6e8 de prmeipes ? Demifere sous^question k r^sondre . 

Oui, par c^m^me que rEcriture etla Tradition renferment 

/a i^y^lation, eHes nous fourntss^nt des v6rit6s premi^res,^ 

ceriaines, — ftcondcs. 

Ainsi es^eorapMtement r^solt^la premi^qnestion prmcipale: 
* L'£criture et la Traditiott sont-eUcs sources deprincipos sur- 
naturels ou n&v^l^s? » 

Seeonde questioti: L'Ecritnro et la Tradition ont-elles des 
ronelions en tfaeologie et lesqueHes? C'esl-a-£re : 

Peuvenl-eltes r^soudre les questions th^ologiqaes ou reli- 
gieuses? 

Peuvent-eUes les rdsoudre toules ? 

Peuvent-elles les r^onidr^ toujours , saus le secours d'un 
moyen anxiHaire qui reconnaisse, interprete et explique FE- 
crUure et la Tradition? 



XXXII 

Qaeile est la valeur des solations qo^ellef foiirmsseni? 

Telles 9ont les souB-qoestions que fauteur se pose et r^sout 
pottf d^terminer les fonctions de l'£crlture et de la Tradition. 
dans la science th^ologique. 



!i- 



2« DES MOYENS SORNATURELS 

INST1TU£S DB IMfiU 

POUR RECONNAITRE, CONSBRVER, INTERPR^TER ET EXPUQUeR 
y^CRITURE ET LA TRADITION, 

A r^que Chr^lienne, ce moyen n*est autre chose que rAulorit^ doctrinale de Tl^- 
glise', de lii ces dcux questions princitiales : 

Premi^re question : VAatorite doctrinale de VEglise est-^Ue 
source sournaturelle de principes? — Deuxi^me questiou: A-t- 
elle desfonctions en theolbgie et lesqxielles? 

Pour trmter de cesmoyens d^unemani^re compHKe^ Tauteur 
les ^tudie successivementauxtrois^poquesde la r^v^lalion. Or, 
ees moyens cmisistaient :— a T^poque Ante-Mossd^e, dam une 
providence sumaturelle de Dieu veillant sur \t d6p6tT6v^I^; 
-^k Ti^poque Mosaique, dans rautori(6 doctrinale du mmislfere 
sacerdotal en uniou avec le Grsmd-Pr^tre ; et aussi dansleminis- 
t^reproph^tique, moyen^xtraor(finiaire;--^t'^poque Chr6tienne, 
le moyen en question n'estautre chose que TAutorit^ doctrinale 
de rE^lise Gatholique. Ost rEgiise, en eflTet, qui seule ftous 
indique iafoilliblement la v^ritable Ecriture inspir^e, lavraieTra- 
dition ; c'est elle qui conserve intact le d6pdt de la foi, qui inter- 
prdte sikrement la parole divine, et nous montre tout ce que cette 
parole renferme. C*est donc ici le Tralt6 de FEglise , en Jtant 
qu'Autorit6 doctnnale ( la soite du cours nous amtoera natu- 
rdlementalaquestiondupouvoirL6gislatifder£gIi8e);etcomme 
TAutorit^ doctrinale de TEglise est source de principes bn th6o- 
logie, et Tune des principales, raciteur devaitplacer cette grande 
th^se deTEglise dans les Lieuxth^ologiquesr il y ^tait autdris^, 
d'ailleurs, par Fexemple de grands th^ologiens. 

La raarchc doit nous apparatlre loute trac6e, d'apres les pr6- 



■<■:': 



XXXIII 



cedenis. Sitf TEg^e «amiue «ur rEcriturc et la Tracytion , Yavt- 
tewse poseraces deux grandes questions: Est-eHe souree de 
priacipes ? -^ A-t-elle des fonctions en th^ologie et lesqueHes? 



i'i 



Premi^requestion: L'Autorit6 doctrinale de l*£glise est-elte [ 

souroe de principes?, 

€ette question revient 6videminent aux deux suivantes : TE- 
glise Calbolique a-t-eQe une autont^ doctnnaie et en quoi con- 
astecetteaotorit6? Gette antorit^ doctrinale est-elle sonrce de 
principes? 

LTglise catholique a-t-^-elle uneautorit6 doctrinale et enquoi 
coimte cette autoritd ? 

A eetie question iniportante qui domine tout un vaste d^ye- 
lopponent , Fenseignement th^olo^que et la Foi cafholique 
r^pondent: | 

le Ministire cathoHque, a Vexchmcn du mirmiere de tmte 
autre Eglise, est infaillible dam ses d^dsions^VEglise ca- 
tkoUquej a Veaclusion de tovie autre Eglise, est indefec- 
tibU dans sa croyance, -^Ia thtoe a- 6tablir est donc cdle de 
rinfaillibilit^ du .minist^ catholique, et de Find^feetibllit^ de 
TEglise cathoUque. L'anteur eommence par la d^montrer, au 
moyen des divers genres.d*argumenta qu^eHe eomporte. Mais "^ 

cctU n« snSfisait point ; le thtologien en effet, a besoin de savoir ^ 

avec terUiu^e iipn-seulement que le minist^re catholique est 

mfsdmie, etTEgiige catholiquey ind^fectiMe; mms il 4oit re- )|: 

c^erclier posfi^nearem^t, cipmme explication de cette th^se; 

en foj dans Je minist^re r^side. rautorit^ dooUr^e mfainible, 
el sur quelles mali6res elle est infaillible; — en qui r^ide 
rind^feclibiljt^, et sur quelles matiferes TEglise est ind^fectible. u^, 

Prouver doncla thfese el ensuite Texpliquer, voUA tout le Trait^ [f: 

deFEglise. . -^ 

Le pTemier argument apporl^ par Fauteur^ a Fappui de la 
fli^, embrasse une longue suite de propositions successive- 
'Beiitd^ontr^es ; nous pr6senterons une analyse fid^le de eeite 
freuve, de inani^e a faire ressortir la marche et Fenphaine- 
ment bgique des propositions qui la composent. 

Le minist^re catholiquey i rexclusion de tout autre, est in- 
(ainiblc dans 6es d^isions; — rEgiise catholique, k rexdusion 
de toul^ autre, est ind^feciible dans sa croyance. En cffct : 



£ 






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1% 






w 






XXXIV 

J^sus-ChrisC, usant de sa toute-puissanee au ciel et sur fa 
lerre, a6tabli une Eglise,— Une,— PerpWuelle. 

II a divis^ permanemmentcette Eglise en Minist^re, — Sujets. 

II a dou^ ce minist^re d^infaillibilit^ dans ses d^cisions ; — 
l^Eglise enti^e, d*ind^fectibilit^ dans sa croyanee. 

Donc il existe actuellement unminist6re infailHble, — une 
Eglise ind^fectible. 

Or, le minist^re catholique seul est ce ministfere ; — rEglise 
eatholique seule estcette Eglise. 

Le minist^re catholique seul est ce minist^re : 

Le vrai minist^re, celui instiiu^ par J6sus-Ghrist, doit avoir 
unemission divine rev^tue visiblement de caract^res propres a 
le faire distinguer de toot autre minisl^re. 

Cette mission peut Mre immMiate ou m6diate; — Tune ou 
Fautre suflSl. 

La mission immMiate ^e reconnait aux in^es marques qui 
proovent la divinit^ d*une doctrine. 

Les marques de la knissibn m^diate sont: rApostolicit^ cTo- 
rigine,— rApostolicit^ de propri^t^s. 

Le minist^re, pour avoir Fapostolicit^ d*origine,doit poss^er 
tes pouvdins ^piscopaux. CespouVoirs c<msistefi( dans la con- 
s^cration vatide, •— dans Tinstitution canonique permanente 
quant 4ses effets. 

L^apostolicit^ de propri^t^s consiste dans rUnit*, la Calho- 
iicitfe, la Saiiitet*.— L'Unit* : il faut unit6 de corps, uiiit6 de 
dbctrine. LTnit^ de corps doit se constituer ainsi : sonmission 
de chaqaemembredu minist^e au minist^re total; soumission 
de tous au Souverain Pontife, car il est le chef de TEglise, le 
ecfntre de FUnitfe. L'Unit6 de doctrine exige que, relativement 
aox chosesde foi : Tenseignement du minist^re, h une ^poque, 
ne contredise poiiit Tenseignement d'une . autre ^poque ; que 
1'enseignement d'une partie du minist^re ne contredise point 
rbnseignement de la majorit^ de te meme ministfere. — La 
Catfaolicit^: de drolts; de doctrine; de lieux.— La Siaintet^. 
TeHes sont les marques de la mission nvfediate. Or ^ 

Aucun minist^re ne peut revendiquer contre le minist^re ca- 
fholique les marques d*uhemission imm^iate. 

Le mintst^e catholique poss^de toutes les marques de la 



XXSV 11- 

mission JHMiatc. 11 eai VfeiWe ;-^ aposiolicfue d'origiQe ; — apoa- % 

toliqne de propri^t6§. ;* 

Le minist^re catboliqae seul les poss^de. '^ 

Donc le minist^re catholiqae seol est le mimst^re institu^ ;>' 

par J^sus-Christy le minist^e infailtit^e dans ses d^isions. |:. 

Maisdeplus: \i\ 

UEglise cathplique seule est TEglise ind^feetible fond^e pmr |' 

Jesus-Ghrist. En effet: {? 

La y6ritable Eglise doit avoir une institution divine re\6tue i i 

\i8ibtement de caract^es propres k la. faire distinguer de toute \[\ 

autre. j 

I'^titution divine peut ^^re immediate ou mMiate ; l'une ou '^; 

raalresufiit. { 

Aucune Eglise ne peut revendiquer contre FEglise cathpiique I V 

les marqoes d'ane institution divine imm^diate. • ,; 1 

L^E^e^ caiholique poss^^ les m^rques de rmsUtiition m^- ,\;^ 

diate. . . . ' . ''t\ 

Seule, elle les possMe. Donc , FiEgli^e eatholique seule est .« 

rEgiise.ind6fectS>le fond6e par J^us-Christ. j>v. 

T^l est eet ^gument tli6olpgique dont le d^eloppement oc- k; 

cupe une grande place dans le trait6 de rf^lise. . Chacufie de ces ]| 

praposiiions esi successivement d^montr^e , dans ioutejs ses 
^xVi^s, par Uraispn th|6ologique, rEcriture, la Traditipn. Lea 

preuves oniplosoumoins d'extension, selonrimportance rela- 

Uve de la prppo^Uon a ^lablir. Nousn^entrerpns point dans 

Vanalysj^ de ces preuves ; elles spnt substantiellement celles 
gu'on retronve dans tpate th^ologie classique. 

De prime abord, l*esprit sera tent^peut 6tre de.critiquer la 
dispositipn de cettepreuve, cette longue suite de proppsitipns 
qni tienneni les unes ^ux autres , comme les anneapx d'une 
mdme chaine. Mais il nous semble que, si le lecieur veut Tappro* 
fondir, ii en trouvera la disposition remarquable. L,es proposi- 
tions sur lesquelies elle reposese retrouventdans iouiTrai^^.de 
TE^lise, pour prpuver la m^me th&se ; seulemei^t, dans cette 
thtologie, le lien Ipgiique les unit entr'elles avec une rigueur 
inflexible ; elles sont disposees de telle mani^re qu'on les yoit 
clairem^nt converger toutes au bul final, cpmme il esifacije 4e 
s'en convaincre. 



XkKVl 

L'attleur, dand ttne secondfi dtoonstralion, ^ablit raatoritt» 
infailiible de TEglise, par l'execlience du rainist^re catholi- 
que. Cette preuve nous pr^ente un cadre complet dans lequel 
se groupent naturelleraent toutes les id^es pnneipales, & Taide 
desqueUes l*i^oIogiste d^montre la diyinit^ de TEglise par sa 
n^cessitd, son excellence, ies caract^res spiciaux de ceite 
exeellence) etc. — J6sus-Christ a ^l^li un rainist^re religieux 
qu'il a doui d'infoilltt>ilit6 ; ce minisifere doit ^tre le plus parfail 
ded rainistires religieux existants ; or, le minist^re catholique 
est oxcellent, il est le plos parfait des minist^res existants ; il 
est donc le minist^re infailiible ^tabli par J6su&Christ. Telfe 
est la forrae de cette preuve. Chaoune des propositions qui In 
con^)osent est suceessivement d6montr6e k la raison, de la 
mani^re qui suit : 

Jdsus-Christ a ^tabli un minist^re religieux. — llle devait, en 
effet, pos6 le but qu'il s'est propos^ dans la prMicatioii de sa 
doctrine. Ce but a 6t6 de r^unir les hommes de tous les lieux 
et de tous les temps dans une soci6t6 religieuse unique, bas^c 
sur la croyance k sa doctrine; or, ce but exigeait F^tablisse- 
ment d*un pouvoir doctrinal, l^gislatif, sacerdofal, en d^autres 
termes d'un minist^re reUgieux. 

II a dou^ ce ministfere d'infoiUibiI!t6. -> Gette pr^rogaave 
6tait tt^cessaiire au minist^re reli^eux, potir atleindre la fin de 
son institution. 

Le minist&re ^tabli par Jteus-Christ doit Mre le plus parfait 
de tous, {(uisqa^l a un Dieu pour auteur. 

De tous les minist^res existants, le rainist^re cafholique est 
le plas parfait.— Pour ^tablir cette proposition , il faut reclier- 
cher en quoi doit consister la perf^bction du minisfk-e religieux; 
prouyer que le mmisti&re catholique r6unit tous ies^I^ments de 
cette perfection et qu'aucuh autre ne pr^sente des avantages 
comparables. . 

Or, le minist^re religieux, c^est un mo^en ^tabti de J^sus- 
Christ pour la fin que nous connaissons; la perfection d*un 
moyen d^pendant du degr6 d'acc6mmodation dece moyena la 
fiB, le minist^re religieux le plusparfait sera celuidont les pro- 
pri^t^s, les attributs^ lesmoyensd'actibn etles cBUvres seront le 
mieux accommod^s a cette fin : il en est ainsi du rainistere ca- 



XXXVII 

(liQlfqQe. — * Au point de v«e des propri6(63: 11 rem(inle a Je- 
sQs^krist par-soa erigme; U est Catholique, Uii, Iiid^pcmlant 
do poaVoir ciViUpropri^t^sque doit avoir un ministfere Chretien 
parfoif. — Aupoint de vue des aitributs: 11 s'atlribue 16giliTnemcnl: 
wi Potivoir DoijttinalinfaiUiblc; unPouvoir L6gislatif univcrscl ; 
UR Poavoir Sacerdotal complet.--Aupoint de vue des moyens 
d*action : Le minist^e Catholique a des moyens d*action piar- 
fitttment appropri^s m but qu'!! doit atteindre : un Symbole 
obligaioireV invarialjle et indisciitable ; ane Discipliue accom- 

^ modte a«x circoiistances de personnes , de temps , de lieux ; 
vneLitin^e ^bligatoire qai rfegle les c6r6m6nies du culte et lui 

^' Msiire onc aclion puissante sur le sentiment rehgieux; des 
iBsf/hitiOiis rdigieuses propres a ^tendrc, conserver et perfec- 
(ioiHicr la soci*t6 chr^tiemie. Pour augmenter encore rinfluence 
deoes moyenSj il iniposc le C^libai au Glerg6 et aux Corpora- 
lioBs K^iecises.— Au poiiit de vue des ceuvres: Les OEuvres du 
mmist^re Catholique r6pondent parfaitement a ia fin du minis- 
t^re rellgieiiX' H a car66, conscrv6, dtendu et perfectionn6, sous 
le rappori spirituel ct temporel, la societ6 chr6tiennc. Donc , 
sous tous les points dc vue, le ministere catholique est parfeite- 
mcEt accommodd A lalhi duministfere religieux. 

W est ensuite prouv*^^ qu'en dehors du ministfere catholique, 
«acminc ^oasHe rensemble des av^tages qui viennent d'etre 
feniHn^r^; m \^ muiist^re Grec, ni le ministere Protestant. — 
Dooc le mintsiereCiati^blique est vraiment le minist^re infaillible 
fond^ par J^sos-Christ, puisqu'H est le plus parfeit de tousles. 
numsl^res religieux existants. 

Telle esl ranalyse dc cette seconde d^monstration. L>uteur 
ne poiivatt qu*exposer les idfees principales et Pfecondes dontelle 
secdmpose^ et Ton ne doit pas 8'attendre ^ la trouver d^ve- 
]o|^>^ dans mic th6ologie ^lassique ; c^est lin canevas bien 
trac6, qu*il serait int^ressant de faire rempllr k rhistoire Eccle- 
siastique. 

Dans une demifere preuve, fautiBnr montre successivement : 
comment le rejet de rautorit^ doctrinale dc ITglise, conduit 
lo^^iqnenaent au syst^mc de rEcriture interpr6t6e paf la seule 
raison;^ce systeme, au D6isme;— le D6isme, au Scepticisme en 
mati^re religieuse. 



•.'i 



i; 



-XXXVIH 

La (h6se g^n^rale est done dtotontr^e ; il esl ilabli j^ ie 
minist^e Catholiqae est infailiible dans son enseignemml, el 
TEglise Catholique, ind^ectible dans m croyanee. Paaaens 
maintenant k l^Explicatipn de bi Th^e« ^ Cette e&plicatioii doit 
porier, nons ravons yQy sur rin£BiilIibilit6 du minist^ et mst 
rind^fectibilit^ de l^Eglise. L*aatear se demande donc: En qqi 
dans le minist^re rtoide rautorit^ doctrinale mfttHible, sar 
^qaeBes maUtoes elle est infaiflible; — £n qai r^ide 1'ind^fec. 
tibilit^, sar qaelies matitees rEgltse est ind^fectible : ea d*aa:- 
tres tennes, il traile saccesnvement: du Sujet de VinfaHHbilUe 
Vll etdeiCH (kiet, du Sujet de VindSfectilnlitd ei de eon (Hjet. 

C^est ia denu^re partie duTrait^ de l^Ei^se , et il nous sera 
facile de Tanalyser en peu de mois; le lecteur d^j4 initi^ a la 
marche d^ mati^res, soivra sans peine renchalnement nalnrel 
des questioBS qu^il feste a lui exposer. Premi^rement done, 

Du Sujet de rinfaiUibait^.-^En qui, daiis le minist^re^r^side 
rautont6 doctrinale infaillible? 

La qnestionrevient ^videmment aux deax soivantes : ea ^ , 
dansle minist^e, r6side rautodl^ doctrinale?-^£n qiiiesl- 
dle infaiUible? 

A la premi^re qoestlon, on r6pond par les prof>ositions sui- 
vautes: •— L*aatorit6 doctrinale r^side dans les Ev^qnes iadjvi:: 
d^eUement pris; dans les Evi^ques cottectiyemenl pris , soit 
dispers^, soit r^anis en concilesg^i^aaxtHipartieuUeTs; da»» 
.^ le Souverain Pontife.— Elle r^side dans ces aatQrit6s sextes.^ 

I jj, 1 La seconde question: « £n qui cette aatorit6 est-elle infail- 

lible? » £untoe le d^veloppement suivant: 
. U est certain et de foi qu*eUe est infaiUible dans le Concile 
G6n6ral et dans les Ev^ques dispers^s , posdes c^taines con- 
^iitions. — On 6tabllt donc rinfafliibiUt6 du ConcUe G^n6ral et 
des Ev^ques dispers^s; puis on indique les oonditions requises 
|)our que leurs d6cisions soient inlaillibles. 

L*autorit6 doctrinale n*est pas infaiUible dans les Ev^ques 
individueUement pris, non plus que dans les Conciles Particii' 
Uers* 
L'aulorit6 doctrinale cst infaillible dans le Souveraiu Pontife, 
I lll^ en d'autres termes: la d^cisiondu Souverain Ponlife parlant «^ 

i fi'i Caihedrd est infaiUiblc, abstraction faite de Tadh^jiion tacite 

' 'M 

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■ >'!•' 



\ ii. 









■'■■W 



xxxil 

ou expresa^ des Ey^ques did^rs^?. Tel est renseignemeat com- 
mmrdes docteors catholiqoes, si Ton excepte quelques tli^olo- 
gieas Cfiallicaiis. Cest aussf la doctrine de rauteur. H pose donc 
la th^se des Uitramontains, en donne les principales preuves, 
pyig r^ond aax objeetions des adyerdalres. 

Be VOhiei de riiilldliibiUt^.-- Sor queltes matiferes peuvenl 

statoer, et statuer infaiyiblement les autorit^s doctriimles donl 

il a ^t^parld antitrepr^cMent?Onf6pond parles propositions- 

ftaivanies qai sont suceessivement proav6es et expliqu^es dans 

diacone de leurs parties : 

Le GoDcile G6n6ral et rEglise dispers6e n*ont pas autorit^ 
afiae pour jugek" des questions qui sont sans rapport avec la 
missim divine du ministfere de J6sus-€%rist. 

Le ConeileGdn^I et rEgtise dispers6e ont le droit de juger- 
drca fiteta partietdaria; ces jugements ne sont pas ififail'^ 
libles^tnais its sont sans appel. 

Le Concile G6n6ral et TEglise dispers6e ont le droit de sta- 
tner sor toates les ^uestions qui touchent au d^p6t r^v^^, et 
lears d^dsions a ceti&gard sont intaiUibles. 

LeGoncileGto6rad et rEglise dispers^ ont le droit desta^ 
toer sar la discipline gito^rale, et leurs jugements ^xetdgard 
soni infai&ibles. 

\jt CdAidie G^metral et rEgiise dispers6e oni le droit de juger 
Ae» laite 4ogm»U({aes et de la «aoonisation des saints ; leurs 
jugemotts k cet ^»d sont inMilibles. 

I^ Souverain Pontiie, d'apr^ tous, peut d^nir led mteies^ 
gaesiions gue le Gpncile g6n6ral et FEglise dispers^e; el dV 
pr^ les [^lramontains, il est inlailbble l^ oaees m^mes auto* 
rit^s sont inCaillibies. 

Les Conciles Particuliers et les Ev^ques imfividueflemenr 
pris pedvent statuer sur les ro^mes causes que le Souverain 
Pontlfe et les Gonciles g^n^raux, si leur pouvoir n'a pas 6t6 res- 
treint. IIs n^ontleptivil^ge de rinfdiIlibi]1C6 pour aucune sorte 
de d^eisioBS, et lears jugements ne sont point sansappel. 

Du Sujet de rindi^fectibilit6. ->£n qui r6side rind^fecttbilit^ 
doiit joait FEglise eatholique? Elle r^side dans la collection 
des membres de TEglise. Or,on distingue dans TEglise: le 
corps, r^e de rllglise; el cons6quemmenl : les membres qui 



XL 

appartieiinent au corps^ ceax qui appartieoiieiit k Vhne. Lm* 
,d6fectibilit6 r^side dan^la coHeetion des meinbres q«i sqppar- 
tiennent au corps de I'Eglise,Fonipariie ducorp^ de l'£glise: 
(ous cen\ qui y ont 6t6 incorpor^s ei n'en ont pas 6t^ reCrau- 
ch^s, soit par leur prppre yoiont^, soit par celle de raotorit^ 
cccl^^iastique ; donc ne sont pas membres du corps de rEgUse 
lesJnfideles,-*les H^^liques publics, — les Schinnatiqaes pu- 
blicSy — les Excommuni^s d6nonc6s. 

De rObjet de rinddfectibilit^. — Cet objet.est le m^me que 
celui de rinfaiilibilit^, c^est-^-dire : lA oii le ministfere est iiU^ 
lible, TEglise aussi est ind^fectible, 

L'auteur a donc prouy^ et expliqu^ rautorit^ doctrinale de 
rEglisecatholique,^ savo}r:rinfaillibiUt6dumini8lfere, rind^lec- 
tibUit^ de TEglise prise dans la cdlection de ious ses men^es. 
Ainsi est compl^tem^t r6solue la premi^re 80usH]ue8tioiiL; 
« L*£glise caiholique a-t-elle une autorit^ doctrinale et en qnoi 
consiste cette autorit^ ? j> U faut passer a la seeond^ 

L^Autorit^ doctrinale de TEgli^e est-*elle Bomrce ^eprincipes? 

•M Le lecteur a d'avaBce r^solu cette qnestion: pos^ ratitorlt^ 

doctrinafle de rEglise telle qu'elle a 616 6lablie, il est clair qu^eile 
nons foumit des v6rit6s premiferes , c. Ii. d. donn^es par voie 
d*autorit6, de t6moignage,etnoud*argumentation; — desv^rif^s 
certaines, puisque cette autorit^ est infaillible;— des v6rit6s 
fecondes, puisque, comme on le verra dans rexposition \)i6olo- 

''{[l gique, elles engendrent par voie de conclusion, de d^veloppe- 

ment, tout un vaste ensemble de v6rit6ssecondes.Or, lespriaci- 
pes nesont que cela : des v6rit6s premi^res, certaines, f^condes. 
L'autorit6 doctrinale de TEglise est donc une source de prin- 
cipes. 









iv; 






L*Autorit6 4octrinaIe de TEglise a-l-elle des ibnctiops cn 
th^ologie et lesquelles? en d^aulres iermes: les principes sur- 
naturels fournis par Tautorit^ doctrinale de TEglise, soiilrils 

}| applioables k la th^ologie? dans quelle ^tendue et dans quelles 

f]; limiles? 

; La r^ponse est facile. L'autorit6 doctrinale de rEglise propose 

et interpr^te infailliblement les v6rit6s r6v6I6c8, v6rit6sr6v6I6cs 

[i qui ne sonl autre chose que Fensemblc des dogmeset des lois 



u;: 



..%.» 



XLI 

«kml se compose ia ReHgion ; coiis6queiiimeiil elle nous foomit 
des |>riiicq)es au moyen desquels peuyent se r^soodre tootesles 
qaestions (h^iogiqoes, puisque latli^otogieest lascience m6iiie 
de la Reli^n. 

T^lessoiH les soufces soraaturelles de principes en th^ologie: 
rEeriture et laTradilion, rAutorit^ doctrinale de I^JSgUse. II 
resle k traiter 



III. DES SOURCES MIXTES. 

^ Soas ce ti^e se rangent, nous ravons vu^ rautorit^ des SS. 

ffyw ei ceUe deThMogiens ; sor rone et l^autre on se demande 
socGemvenQkent: Cette cmtorit^ etheUe emrce 4e principes?^ 
A-t-iUe des fauetum» en thdoloffie et lesquelles ? 

Airtorit^ des SS. P^es. 

Les ^crits desSS. P^esont oneaotorit^ doctrinale. L*aoteur 
poseainsilesiHriiicipes quiserventad^terminercette autorit^.-- 
Cette autorit^ est soiurce de principes quand elle est irr^fraga- 
ble, c'est-a*dire, gaand il y a consentem^t unanime des P^res 
sor oneqoestion; k d^faot de cette onanimit^, elie peot servir 
encore de fondement plos ou moinsprobable a une doctrine. — 
CAVVft «alQTii^ est ^videmment appiicable A la science thdoiogi- 

qoe, ¥^«^u'«ae porte sur les choses r6v6I6es. 
Autorit6 deslh^ologiens. 

Sairant la mtne marche que pour les SS. P^res, rauteor 
etabUl cette autorite; — en d^termine la valeur comme source 
de principes ; — monlre son appUcation k la science th^olo- 
giqoe. 

Ilo SODRGE DES CONaUSIONS. 

L'iioiiime a-t-il une facult^ logique, c'c8t-&-dire, une facult^ 
ao moyen de laqoefle il poisse I^gitimement, de principesposes^ 
d^dolre des concludons ? 

Cette facult^ s^applique-t-elle a la th^ologie aossi bien qo*a 
teuteautre science? dansqoelle ^tendue et dans qHeHes limitest 



m$ 



111* SOURCE DE LA METIIODE. 

Lliommc a-t-il une racull^ m^(hodiqiie, c^esl-a-dirCf peuUil 
di»j»oscr ^t evprimer ses corniciissaikces d'apr^ tm ordrc tialu- 

rclet li>i,4time? 

Ccllc facult^ s'applique-t-elle hu\ T^rilcs th^oln^iques 
pour let^ ceordonner ^ieutiOquemciil ? dans queUc 6lciiduc 
ef dans quelles Hmitcs? 

Le thtolof^en a ^tudi^ lea sourccs de principcsenth^olugre, 
la fiouree des conclusions ct ccUc dc la m^thode, 11 peul sboT' 
der rExposUion Ih^lugique. 



lEUXlEME PARTIE. 

ANALYSE DE L^EXPOSITION THfiOLOGIOl^E. 



Exposer la suile dcs qucstiong qui sc rattafhent A Tohjet 
si vasle de la th^ologic; les rfisoudre scicutiliquenienl au 
moycn de principcs empruides aux sourccs Ih^olo^riqucs ■ lc^i 
groupcretles lier entrcellcs d'apr^srordrenaturel dcs idOcs: 
tel se prdscnte le travail du Ih^olog^en, dana cellc seconde par- 
tie de la scicnce sacr6c, Nous verrons rauteur amencr r^gu- 
licrement et sans cflTort cct immcnsc devcloppement, proc^der 
toujours avec h m61hodc simple et naturelle qui dcja, sans 
doulc, a frapp^ Ic lecteur, 

La th^ologio 6tant « la science de la Religion, - Tcx- 
posilion theolo^jque nc doit 61 re aulre cliosc que Tcxposc 
ficienlifique de la Rcligion ; conscqucmjncnt^ si l'on analysc ce 
que renfcrmccn soi la notion dc Rdigim^ on cn vcrra sorlir, 
comme d*un gcnne fiicond, lou(erc\posilion th6oloffque. 



XLlil 



Ou'cst-ce donc qae la Religion? Elle peut se dednir : Vensemble 
des Hoyem institues de Dieii pour diriger rhamme d sa fin der- 
niere; alnsi tout Tobjet de la tb6ologie est compris dans cetlc 
qaestion unique : Quela sont les moyens institues de Dieu pour 
diriger Vhomme asafin deri»i^re? Mais6vidcmmeBt cette ques- 
tioii soppose (^le-miferae lesdettx suivantes : Uhomme a^-il 
me fiii dermsre et quelle est cette fin?—Dieu a-^t-il imtituedes 
moyms^pot*r diriger Vh&mme a sa fin derniere? et rordre lo- 
gique exigc queces deux questions soient trait^es^ avant de 
passer ila principale.— Telles sontles trois^esUonsqueporlo 
en soi robjet de la tb^logie, et dont il faut successivemeat 

imteT* 

1'homme a-t-il une fin dernifere? 

Uhorameii unefin demifere alaquelle tout doit dtre rapport^. 
— Cetle fm est Dieu* — CestWeUj en tant que connu par la 
vision intuitive, et aim6 de ramour b6atifiquequi correspond 

a cette vision. ^. . „t. 

Existe-t-il des moyens inslitafe del>ieu,pour dingerl homme 

a sa fin derni^re? 
Dieu a dA en instiluer. 
Quels sont ces raoyens ? 

Troisifemc question d'o(i va naitrc tout le d^veloppement 

V\ifeo\ogvqtte. — L'homme a tf ois facuUfe principrfcs desUn6es A 

Xctairc le«ATeSi.sa fin etqui doivent trouver en Dieu leursatis- 

faction complHe: rintelligence,— lavolont6,— ractivit^. A rin- 

leJiigencederhomme, Dicuaimpos6imm6diatement, commet^- 

gles^des \Mi^s k croire; c'est ce qu'on appeile : les Uis Dog- 

matiques.'-A la volont6 et k racUvit6, Dieu a trac6 , par hii- 

m^e, des Kegles Morakg ; et il a impos6 m6dialement, par 

riBterm6diaire de rEglise, deQLoisDiscipUnaires. Les moyens 

insUtu6s de Dieu.pourconduirerhommc isa fin, comprennent 

donc:lesLois Dogmatiques,— les Rfegles Morales,— les Lois 

Disciplinaires. Tel cst aussi robjet diefs 6tudes, dans un cours 

de th6ologie. Les lois disclpUnaires ^lant robjet d'une sciCTicc 

ecclfeiaglique sptolc, lc Droit-Canon, il reste, comme objct 

propre de la theologie, les lois dogmaiiques ei lcs regles mo- 

rales. Be lA la division de rcxpos^ th^ologiqdc en deux par- 

lies : partie Dogmatique, —partie Morale. 



XLlV 



10 DOGMATIQUE. 

Cest la partie de k th^ologie dans laqaelle on ^ludle les Te* 
rtt^s k croire, en d*autres termes , les lois dogsi^tiques, les- 
quelles sont sp^cialement destin^es k diriger rintelligence de 
rhonune. Elle peut donc se d^finir; la icienee de$ rdgUs de 
Vaete de fot. Or, il est dans ces r^es des propri^i^s conunQiies 
que 1e thtologien doil consid6rer d'abord, atant de s^occnper 
de Tobjet sp^clal propre k ehacune d*elles ; de ]k cette premi^ 
division : Doffmatique G^nirale, —Ihgmatique SpMale. 

l. D06HAT1QUE Gl^NlilRALB. 

DeVActe de f(n;--4es Sigles de Vaete de fai^—des Rapp&rts 
de Vacte intellectuel avec les rdgks dela foi. 

L^objetde toute loi dogmatique peut ^tre ainsi formuld: un 
acte de foi en rapport ave« telle r6gle ; et ainsi pour ^ludiery 
d'ttne mani^e con^^I^te^le dogme en g^n^ral, ilfoaltraiter 
successivement: de Tacte foi en gi^n^ral; des r^gles de Vacle 
de foi en g^^ral ; des rapports de I.'acte inteliect^el avec les 
r^gles de la foi. 

Sous le premier titre, de VActe de foiy Vaiiteur aprfes avoir 
defini la Fol, et comme vertu, et comme acte; apresavoir distin- 
gu6 nettement la foi simplement dlvine, la foi catholique et la 
foi eccl^siasiique, traitc successivement : des CondiiionSy — de 
la Possibilite, — des Propri^tes de l*actede foi soit catholiqae, 
soit simplement divine, soit eccl6siastiqne. — Pour donner au 
lecteur une id^e suffisante du travail neuf et remarquable de 
rauteur, s^r une maliferedifilciLe en Ih^ologie et qui exige foeau- 
coup de rigueur et de pr^cision, nous analyserons le moins 
sommairement possible ce qu^il dit de VActe defoi Catholique* 

L'acte de foi est au^-dessus de Fordre naturel : c'est un acle 
surnaturcl par lequel rdme adhfere fermement aux v^ritfes con- 



XLV' 

ienues daos ia parole cie Dleu et Gotimies c^rUiaemejit e<Httine 
telles, k raison du t^molgnage de Dieu qui est U V6rit6 mdme. 
Si la v^t6 r^v^l^, a laqueUe l'iiffleadh^e daas Facte de foi, 
laf est proposee par TEglise, il y a fiH divine catholique; dfiiBS 
rhypothfese contrai^e, la foi .est di|e $i^kmmt divine. 

Or, les condilioas de Facte delbi cathc^ae soat ertrinfl^-^, 
ques et ant6€^eiites,-~iiitriiis^ques et coastituaates, 

L^aateBr i6ntkiaere ainsi les eonditioi^ extrins^ues et ant6c(^- 
dentes: . 

Toui acie de foi impli^e deuit dioses : radnussion par ie 

sujet creyanl de ceriain6s v6ri4^ prfelinMnaires n^essaires pour 

poavoir eroire de foi catholique une v6rit6 comme r^vM6e ; -»^ 

rddbesioii m^me de foi k telle T6rit6 r6v616e, Or, l* pour les^ 

prelimiiiairesderactede foi, c'est-a-dire, les vMtis sUivaotes: 

ilewte vta Dieu, ce Dieii est souveraineiiieiit v6ridiqiie, il a 

parl6 k rhomme, sa parole est contenue dans rEcritnre et la( 

Tradiiion, a 6tabfiune aut<H-ii^ infaittihlepour la transmetice 

etreicplhpier, TEglise cathohque: £st requise dansle sujetune 

conviciicm i^gitime. Celte convielion peui ^lre prodiote extra-- 

ordinairemeni par raction imm^diate de Dieu: eUe est prodaite 

ordinair^ent par raction des inoiifs rationnels qui ^tablissent 

cesvferit6s, sans queces motifsratioiinelsexclueniractiondela^ 

Gt^Lee ad^oiguanl sa foree^ celle ^e la v^rit6 pour d6termin£9r 

Vtocacrowe.Lesraisonsqui Mablisseni les vWtfes prfeliminaires 

peuvent fetre saisies d^une manifere plus ou moias complftte, 

d^me manidre elairt et scientitique ou bien obscure, suivani la 

capaci(^ de ceux qui font racte de foh — 2? Pour radh^sion 

nidme de M a la v^rii6 r6v6I^, ou acte de fin : Esl requise une 

cause sumaturelle pouSsant rAme et raidaiit k adh6rer, de la 

manidre voulue : cause qai est en partie la foi h^ituclle , 

dans ceux qui la possMent; la grAce actuelfe dans tous. 

Les condiiions inirinsfeques ei constituanies sont relaiives: 
au Sqjet crayant, 4,rObjet de la croyance, au Motif qui Ja d6- 
tcrmine.— Relaiivement au Sujet: il faut adh^sion ferme im- 
pliquani acie de libcrte et acte dlntelBgence*— Relalivement 
kVObjet: radh^sion doit porter sur une v^rit6 contenue dans 
la parole de Dtcu, obs^re, propos^e par rEglise comme r6- 



XLVI 

v^l^. ^Relalivement au MoHfr rAme dolt adMrer k la v^rH^, 
paree que Dieu l'a r^^lte et qQ*U est la v6rit6 mtoe. 

Lea cofiditioiis deractedefoi itudl^, il est faeite de traiter 
la seconde question : « de la Podsibilil^ de l'acte de foi. » Re- 
prenant chacune des conditions ei«6nonc^, rauteur ^tabHI 
successivement et jpar ordre qa*^les sont possibles. 

Get acte de foi, dont les conditions ont ^t^ d^termin^ et 
qni a M6 pronv^ possible^ades PropriMs : quelles sont-elles? 
Ces propri6t6s diffferent, snivant que Ton enyisage Tacte : dans 
•on originef sa natute ei sa fin ; dansson snjet; dsms son mo- 
tif; dans son objet.— Au premier point de yue : Tacte de foi 
est snnuitttrel.^Au point de voe dn Siifet crayaM: Taete de 
foi est llbre, il produtt une certitude de Tordre te plos liaat 
dans rtoe du sujet. — Au point de vue des Moiifs. Sk Ton. 
consid^ Tacte de foi dans ses anticMenta et en loi-mftme, 
treis choaes reposent snr des motife : les prdliminaires ^oignte^' 
k savoir, laconviction des propositions qui ^tablissent nn&illi- 
bitit^ dei^Eglise; le pr^liminaireprochain, radhtoion 4la pro- 
pontion foite par rEglise de la v6rit6 comme riv^lto; enfin 
Tacte de foi divine, par lequel on a^^re k la \MiA en (ant 
que r6v^l6e. Or, les pr^liminaires ^loign^s reposent snr des 
preuves rationndles suffisantes poor prodnhre one l^Ume 
certitude: ils sont donc certains objeetivement, d'wie eertir 
t«Hle humaine. Le pr^iminalre procbain est fond6 sor Vanto- 
rit^ de VEglise qoi propose la v^rit^ a croire comme r^vdl^ ; 
il est doBc certain, d^une certitude eccl^iastique. L*acte de foi 
|i:& consid6r6 en lui-mtee est fiond^ sur le ttooignage de IMen; 

i il est donc certain, d*unecertitnde divine.-^Aa point de vue 

de VOlfjetz rotijet de la foi est vrai et sumalurel. 

Tel est Tacte de foi 6tttdi6 successivement dans ses conditions,. 
sa pos8tl41it6, et ses propri^t^s. 

Mais 11 est des RSglei 4e Vaete de /ot^ et i| Ikut maintenant 
les exposer. Le titre actuel a pour but aaique de |>r6senter les 
r^gles g^ntoilesde racte de foi, en tant qo'il est acte intellec- 
tuel. Ces r^gles peaveni^tre consid^r^es: dans leur oiigine; 
•— en elles^6mes ; — dans leurs effets. 

L'acte de foi et ses r^gles 6tant ^tudids en eux-m^mes, on 
peut traiter des Bapporti de Vacte inteUectuel avec les rdgles de 



I 



U 



XLVII 

2a fin. Or, npas cpnceyons avant toat, entre Facte intellectael 

et les r^gles de la fbi, des rapports de conformit6 ou d*oppo* 

siiion. L*acte intellectuel ^iserait sans rapport.de conformit6 

on d*oppo8ition avec les rdgles de la foi est appel6 indiff&ent: 

est iHmy celui qni est conforme aux r^les de la foi; mauvais^ 

ceiui qni lenr est oppos^. L'auteur enum^re ici les principaox 

actes intellectuels qui sont illicites, comme oppos^ anx r^Ies 

de la foi. II pose d'abord ce principe g^n^ral : est interdit tout 

acte intellectuel oppos6 imm^iatement ou m6diatement aux 

v^rilte de foi djvine ou eccl^siastique, que cette opposition soit 

ceriaine ou simplement probable. Donc 1<> est illicite, conune 

zyvki one opposition imm^diate k la foi divine, toute proppsi* 

U(m herStique , c'est-n&-dire oppos^e k nne proposition de foi 

catholique ; donc Qf* est illicite, comme ayant une (^posilioii 

midiate avec la fpi, toute proposition errone'ey c'est-ii-dire Qp^* 

pos6e h une prc^osition m6diatement r^v^I^, certaine en ma- 

fi^re de foi ; donc 3<^ est illicite, comme ayant une opposition 

probable k la foi, toute proposition d^ignte par.TEglise avpQ 

les qnsdiflcations suivantes : hceresi praxima, sapiens hceresim 

pjk hcereseos guspecta; proxima errore, sapiens errorem, m* 

peda de errore ;etc. Enfin est illicite toute proposition qui ren- 

Cerme une opposition imm^diate ou mMiate, certaine ou pro-^ 

^ab\e, i \iiie proppsition d6cid6e infailliblement par rEglise, 

<yio\q^'«\\e ne soit pas contenue dans la parole de Dieu. ~ 

€'est donc ic\, ou le voit, un expos^ des titres principaux aux- 

qaels one proposiUon peut ^tre condamnable ; cette mati^e 

4tsdl la seule importante k traiter sous le tttre « des rappcMrts 

de racte intellectael avec les r^Ie^ de la foi. » Apr^s avoir 

^tadi^ aiosi ce quli y a de g^n^ral dans toute loi dogmatique, 

ce qa'eUe suppose et ce qu'elle prescrit, il faut traiter de cha- 

qoe dogme oa TMt6-Ioi en particidier: c'est Fobjet de la dog- 

natiqae sp^iale. 



XlVlU 



II. DOGMATIQUB SP^CIALE. 

L*objct de tous Ics dog^tncs sc raltachc k Dicu. Or, on peut considercr cn 

DIEU: 8on Existence; — seg Propricidg ; ^ ses Attributs, 

ATTniBDTS DB DiEU: En eux-mimea ; — in aetn, aive ad intrA, Hve ad extrh. 
AcTBS DE Diiu AD gXTRA: Cr^atlon } -^ Cdnaervaiion ; — Gouvemement des Stres. 
GouvBRNEMBNT DB L'iioMME ; Actei avant le tcmpa; — Actes dan* le temps ; — 
Actet aprii le tempa. 

Exposef le vasle ensemblc dcs dogmes qui sont objet de ia 
foi ; les v^rit^s priucipalcs qu'cn a deduites la science theolo- 
gique ; les preuves sur lesquelles sont appuy^s ces poin(s de 
doctrine et d'enseignement catholiques : telle est la matiere 
qu'embrasse cette partie de la (h6ologie. Mais quelle marche 
suivre, pour pr^seuter successivement tant de propositions? 
Comment y introduire Tordre logiquc qui est une des condi- 
tions de 1a science? Quel centre d^couvrir, antour duquel vien- 
nentse grouper toutes les parties de cet expos^? 

Les v^rit6s comprises dans la partie dogmatiqae regardcnt 
imm^diatement : ou Dieu, ou rHomrae, ou le Monde yisible et 
invisible distincts de Dieu et de rhomme. Mais Dieuestle cen- 
tre unique et infini de tous les ^tres contingents; loui d^rive 
de lui, tout se rapporte a lui ; nous concevons donc que sur 
Dieu doive naturellement porter tout le developpcment du 
dogme ; c^est la V^rit6 centrale qui rayonne partout et vers 
laquclle tout converge : voyons cpmme dans sa f<6condit6 ad- 
mirable elle va engendrer tout le dogine, comme tout se rat- 
(ache a elle dansle plan adopt6. 

DIEU : voila donc rofojet du dogme. Mais impuissanis que 
noussommes, par une mSme op6ration dlntelligence , ^ saisir 
dans toute sa comprehensionf TActe pur, la Substance infinic 
ct 6minemment simple, nous avons besoin, pour 6tudier Dieu 
k notre mani^re born^e, d'abstraire et de nous tracer plusieurs 
points de vue distincts. Or, Dieu peut ^tre consid^r6 dans son 
Existenee, — ses Propriet6s,— ses Altributs. L'6tude des at- 
tributs nous montre en Dieu une Puissance, une Inlelligence, 



XLIX 

aneVoloiit^ii^nles/Maidies dUributs msA d6s priocipe^ d^ac^ 
tion; iis deniandeDt i 6tre ^tiidi^s en enx-m^mes d'abotd,^ 
pais en exercice, en acte. Or, P^cole distingue en Dieu : ies 
stcies ad intra, ceux qui se rapportent a Dieu, qui s'exercent 
vis-d-Yis luiriQeme; ^insi Dieuseconnait de loute ^temit^ par 
un acte dlntelligence infmi, Dieu s^aime de toute ^emite par 
vjk acte d'aniour infini ; -^ les actes ad exirdj oeux qui mani- 
festent les attributs de Dieii, qui les expriment au defaors de 
loi. Par les Actes ad intrd^ sont eternellement eonstitu6cs en 
BieiiiTois personnes dis^cteset infinies parttcipant cliacune 
k tontc la iiature divine ; c'est l^ le myst^re adorabie de laTri- 
mt6 qjoL nous fait entrevoir les secreis imp^n^trables de la vie 

Hiiis ces.atfnbQtB qui de toute ^ternit^ s'exercent ainsi au 
sein de Dieu m^e, Dieu a voulu les manifester par des actes 
ad extra. InOniment heureux par 1a pos^ession de lui-^m^e, 
V6rtt6 gotiveraine el Bien absolu, il pouvait contcrapler 6ler- 
nellemeiii dans le Veri)e tous les mondes possibles, sans cn 
rMiser aucun parla production d^^tres contingents et frnis; la 
cr^on ne devait rien ajouler h sa gloire essentielle; mais, 
s*il appeUe librement k rexistence et alavie ee qwi n^etait pas, 
i«Hil ce qui sort de sa main cr^atrice ne peut etre ordonn^ qu'a 
\u\«, Unitima prop^er semetipsum operatusest Dominus (*). La 

gloirede Dicu, lei cst lebut final du monde visible et inyisible. 

IIs «'ont^t^cr^esjitefiesubsistcnt, ils ne sontdirig6s i une fip 

gnepoarmaDifesterles attributs deDieu. Ilest donccoirforrae 
^la rMte e( emincmment logique de ne voir dans toule la cr^a- 
iion gue iamariifestation des attributs de Dieu, deraltacber a Ce 
iilre, fout ce qui regarde les ^tres cr66s. Or, les actes ad e^rfra 
par lesquels Dieu a voulu manifester ses attributs, sc redaisent 
itroB: la Cr6ation,— ^la Conservation,— le Gouvernementdes 
fitres. Dien, en effet, Cr6e les 6tres ; il les conserve par sa 
vertu toute puissante; les ayant ordonnes k une fm, it les y 
^Wge par un eftsemble de moyeris proportionncs k cetlefm, 
«e qui consiiiue legouvemement divin. Cr^ation, Conservalion, 

nPW)vi5R».XVI^4. 



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GoUYcnieiii^: yoili donc (rots id^ qoi compreiiiieiirtoiis 
les^otedde Dieii relatifs aax cr^atures; ce sont autant de cadrel 
oA vont se groupery sons leurs titres respectifs , tocu» le» 
dogmes k d^veiopper. 

L'esprit apercoit aistoent ce quMl y a^ iraiter sous les denx 
premiei^ titres « Gr6a(ion, Conservation » ; passonsau troisi^me, 
« du Gouvernement divin. » Le gouvemement deDieu s'exerce 
dans deux ordres bien distincis : l'ordre physique, et l^oi^dre 
moral. Le gouvernement de l'ordre moral regarde FAnge d*a- 
bord, puisrhomme consid^r^ en(antqa'toe spirituel et moraL 
Or, tous les actes providentiels de Dieu sur rhomme, si nouls 
les consid^rons k notre point de voe fini et complexfe, dans 
leur ordre d^existence vis-i-vis nous, revienneni aux Irois 
s^ries suivantes : actes Avant le temps ; -« actes qui 8*accom- 
plissent Dans le temps; ^actes Aprfes le temps. 

Avant le temps, Dieu choisit entre les Eiats possibles ee|ui 
dans lequel il placera rhomme; il veut le salut de tous et, 
pour chacun, les moyens n^cessaires k roh(ention de la fin.; 
il prMestine lesunsala gloire etr6prouve les autres.— Quand 
le moment est venu pour Dleu de rd^iser les desseins con^us d^ 
de toute 6lernit6, nous voyons s'accompIir dans le temps ies 
actes suivants : Dieu constitue Adamdans TElat d'Innocence; 
attachant k sa fid^lit^ ou a son infidelit6 la conservaiion ou ]a 
perte, pour lui et ses descendants, de ces avantages 8umaiurel&< 
Le premier homme tombe, enlrainant dans sa Chute le genrq 
humain tout eniier, par la transmission du p^hi^ onginel a ses 
descendants, Mais Dieu dont la mis6ricQrde est infinie d^cr^te 
librement laR^paration de rhomme; et rhistoii-e du monde 
ancien nous montre sa Providence pr6parant et disposant tout, 
pour oette mMiation solennelle que nous lui voyons r^aiiser 
au moment determin^ dans les conseils divins. Cest par le 
Verbe Incarn6 que Tiiomme est r^par^ Nous avions toxis p6ri 
en Adam, Dieo a voulu que nous fussions tous rachei6s en 
J6sus-Gbn8t, le nouvel Adam; nous sommes donc unis a Ji6sus^ 
Ghrist, de mani^re k ne former avec lui qu^un mtoe corps 
dont il est constitu6 le Ghef. 11 Satisfait a Dieu pour les 
p6ch6s du monde; par ses actes d*un prix infini, il M^rite aux' 
hommes ie droit a la vision intuitive , aux grAcfes habituelle et 



9Ctfiet^. II leur jcomnraiiHque la GrAee, soit immMiateBieaty 

soit m^diatement ; et les Sacrements.Boot le moyen priticipal 

Qa'il iodtitue. poqr riiifasion fle la grAce.v Par sa Doctrine il 

gu^, ^elairo etdirige Tesprit de fhcHnme. £t pour perp^tuer 

jttsqu'a la iln des si^les la R6paration, pour en appliquer les 

efietsa tpus les hommes, J^sus-Christ cr^ un Sacerdoce charg^ 

d'ofirir son sacrifice,de communiqaer la grdce parleeanal des 

Sacrements, de transmettre int^re sa doetrine et de Tinter* 

prdter infailliblement. Tel est Tensemble des actes r^parateurs, 

par lesquels Jesus-Christ a Toi^lu gu^rir compl^tement la plai^ 

4u pteli6 et en efiacer autant que possible les terribles sultes; 

en J^dant k rhomme ses droils Ji layision intuitive etaux^ 

ffiees n^eessaires ppur y parvenir, en ^lairant son intelli^ 

geoce obscurcie par rerreury en redressant et aidant sa yo-* 

lont^ pervertie pisgr le pecM. Ainsi donc, soit que nous consi-' 

d^rions Tliomme enrichi des privil^ges de F^tat dlnnocence^ 

soit qu^apr^ Tavoir suivi dans sa chute nous consid^rions com- 

ment a H^ pr6par6e et efiectu6e sa r^paration, nous voyons 

8'accomplir dans le temps une s^rie d'actes de la Sagesse in- 

finie, qui nons r6v6Ient d^une maniere admirable les voies de 

Bieu dansle gouvernement de Iliomme.— Mais c^est apr^s le 

temps, au-delA de la vie pr6s«ite, que les actes providenttels 

del^euTe^oiveht leur dernier compldment, et manifestent plus 

pmaea&ameQi encore les atf ributs divins ; soit dans le Jugement 

Partjculier qui aiUud chaque homme apr^s sa mort, et dans le 

Jngemml Gto^ral qui suivra la fin du monde ; soit dans le 

^nlieur ilerad da Ciel que Dieu accorde k Vkme juste, imm^- 

diatement au sortir do ce monde si elle tt*a plus rien a expier^ 

apr^ que les fiammes du Purgatoire rauronl enti^rement pu- 

rifide s'il lui reste encore quelque chose k expier ; soit enfin 

dans les peines ^temelles de TEnfer, auxquelfes sa justicye infinie 

condamne le r^prpuv^. 

TeHe^est la siiite d^id^es qui nous montre toutes les pairties 
du dogme enchatn^es les unes auxautres. Le lecteur a reconnu 
la place des cfifii&rents trait^s qui entrent ordinairement dans 
une th^ologie dogmatique: de Deo Uno et Trinoy Creatore^ 
Comermtore ; de Statu Innocentice^ de Lapsu hommis^ de Incav- 
nationey de Gratid et Meriio, de Satrameniis ; de Statu homi^ 



Llt 

nis po$t fokam. Nous let retPoiiYons ki wm pkttiaol^ et^HM^ 
Biais group6s autoar d^im eentre naturel ; nom ies vo^rons toi» 
se raltacher avec ordre ^ Vid^ de Dieu ; noos saisissons -et 
tiomprenons le lien logitfue qoi en lait ua seultont ; il y a r«- 
nite de yue qui est on des eoract^res ^minents de la sdenee. 

Mais une organisation d^ensemble, qndle qu^en soit l^mH^, 
quclque vaste ct logique qu'on la suppose, n^est point tout ce 
qu^attend le lecteur. 11 vent qa*on d^ploie devant kii la mati^te^ 
de chaqueTrait6,qu*on luien mette sous lesyeux les diff6ren- 
tcs parties, afm de voir si lam^thode est apptiqui6e avec pers^ 
v^raDce, si c'est l>ien la marche classique , le genre que com-* 
porte une th6ologie 61^mentaire. Reprenons done cfaacmi de9 
titres principaux et poursuivons notre travail d^analyse. 

Le dogme tout entier, avons-nous dit, n'est que le d^elop-': 
pcment de Tid^e de DIEU, et Dieu demande k 6tre consid^^ 
dans son Existencey dans 9es PropriiteSy dans ses Attributs^ 

Dans son Existence. — II existe un Etre n^cessaire, infinf, ' 
appel6 Dieu. 

Dans ses propri6t6s. -* Dieu est Un, Unique, Ind^pendanf^ 
Immuable, Etemel et Immense. 

Quant aux Attributs, comme ils sont les prfaiclp^ d'ac(ioiis 
en Dieu, ils peuvent 6tre envisag^s en eux-^nimil — en aete, . 
c'e8t-a-dire, dans leur exercice, 

En eux-mSmes. — Dieu possfede une Intelligcnce, uneVo- 
lontd libre, une Puissance infinie et par cons^quent est une Per- 
8onnalit6 iufinie. 

Or, consid6rer Dieu dans son existence, ses propri6t6s et ses 
altributs en eux>m^mes, c^est une partie de IaTh6odic6e chr^- 
tienne qa'on ^tadie ordinairement dans un coars de philosophie 
pr^paratoire a la th^ologie ; Fauteur ne nous a point laissi^ de 
trait6 complet sur celte mati^re. 

Nous arrivons done a ce titre: « des Ajtributs de Dieu con- 
sider6sdans leur exercice, ouen acte, » et premiferement « des 
Acies ad Inira, Ces actes, avons-nous dit plus haut, sont ceux ^ 
qui se rapportent a Dieu lui-mdme. Or, de toute ^ternit^, Dieu , 
sc coimait et s*aime d'une mani6re infinie ; quel est le r^sultat 
dc o^Jlte connaissance et de cet amour 6temels et infinis qui 



UIT 

scmf fa vie <le Bieu? DiiEm est me pemfaRaSii^ io^ie ; flyai 

en lai une premi^re persotme infinie^ prineipe de toat , afH 

pelee P^e.-^ Cette premi^re persomie, en se connalssant eUe^ 

mdme, en engendre une seconde ^gale aa P^e, appel^ Fils oa 

Verbe. — De Famoar matael du Pfere et du Fib procMe ane 

troi»^epersonne ^gaie au P^re-et au Fils, appefe^e Saint-^Es- 

9rit. Ainsi les trois personnes de radoraUe Trinitd sont cons- 

tRoees ^ternellement dans runicitd de la siibstance divme^ par 

kss actes essentlels et iafinis qi^ se rapportent k Dteu m^me) 

par les actes ad iiUrh* G*est doac ici la place logiqne et natu* 

lette dii Traiti de la TnmWrceUe qu*iloccupede droitdans le 

^ve/oppement dogmaiiqae' de Fid^e de Dieu. 

£'aatear divise en deax parties le Trait^ de la Trinit^ : Ext^- 

fenc$ 4e ktTtimte; -^ProprUtis des Personnes dMnes* 

£xisteBce de la Trinit^. — Uiallait donner d'abord la formule 

dadogme, telqoe l'entend TEgllse catholiqoe. Or , la Trinit^ 

se cUfmit : Un seul Dieu en trois personnes ; en d'autres termes : 

Trois Persannesdistincies participant d Vessence divinej essenee 

amtiqm mmdriquement. €e dogme de la Tfinit^ dont il fout 

(»rottver Fexistence a ^t^, comme les autres v6rit68 chr6- 

tiennes, ni6 oa d6flgar6 par l^h^r^sie et rincr^alit6. Pour la 

Triiiit^ donc, de m^e que plus tard pour les autres dogmes du 

Osns\»ausnie, apr^ avoir donnd la fonnule du dogme et mon^ 

M, «c^onleqroTdre naturel, les propositions que oette formnle 

renferme, on lenr (^pose, dans le mtoe ordre, les h^r^sies qui 

en 80Bt la contipejpartie. Uhistoire deFerreur, ainsi mise en 

regard de la v^'t6, ^claircit le dogme, sert k en pr^dserFex* 

pres^*Qn, noos aide k mieux comprendre les preuves sur les-' 

queHes Tcmt appuy6 les apologistes. 11 est donc avantageux , 

dansune th6oIogie classique, de pr6senter sur chaquepoint dc 

doctrine principal . un r^sum^ sommaire des h^r^sies qui s'y 

ratlachenl, deleur fiUation, des lutles que r£glisea soutenues 

contre elles, des Pontifes et des Concilesquiles ont cdndamn^es. 

Celapose, peut-on prouverrexistence du dogme de la Trinile? 

Peul-on la d^montrer par la Raison ; peut-on r^tablir par la 

Rev^alion? 

Que peut la Raison? — La raison ne peut pasddmontrer la 
non-oKislencc de la Trinii^. ■— La raison, abandonnte a elle- 



LIV 

iB^nie n*aarait pas po d6couvrlr ee dogme. — *La aoUob de la 
Trinit^ «ne fob foarnie par la r6v^lation, la raisonne peat pas 
mdmedtaKmtrer proprement cemyst^re: elie ne donne qae 
des preuves plus ou moins probables de sa possibilit^ , de sa 
r^itd. 

Demandons donc k la Ri6v61ation la certitude sor ce polnt de 
doctrine. La t6v6lation, noos Favons va, est contenue 4 T^tat 
d*al(6ration dans les aneiennes traditions Paifennes ; noos la 
trouvons int^gre dans r£crilure et la Tradition Mosalques, 
dans rEcriture et la Tradition Chr^tiennes, dans la Croyance 
et rAutorit^ de TEglise. Or, les traditions Palennes n^cmt que 
des Triades sans signification pr6cise.-«*L'£criture de rAncien 
Testament parait indiquer pluralit^ et Trinit^ en Dieu ; elle in- 
dique certainement en Dieu le P&re et le Fils ; elle paralt 
indiquer une troisi^e personne, le Saint-Esprit. — Mais c'esV 
k r^poque Chr^tienne qne nous a ^t^ clairement r6v6ld le 
myst^re des trois personnes en Dien. L*£critare, d'abord,noa8 
renseigne clairement. £n effet, le dogmede laTriniig est ren- 
fenn6 dans ces propo^tions : II y a en Dieu une personne 
divine, !e P^e; — il y a en Dieu une personne divine distinete 
du Pere, le Fils;-^il y a en Dieu une personne divine dis^ 
tincte du P^e et du Fils, le Saint-Espril;— Ces trois penson* 
nes pai^ticipent a une naiure num^riquement idenlique, Or, 
prenant successivement chAoune des qualre pn^ositipns, Vau- 
leur les- montre CQntenues dans r£criture. D'un autre cot6, la 
Tradition des deux pr^ers si6eles nous atteste qne TEglise a 
ioiypurs fait profession de ce mystere. Les symboles et les d^ 
cisions des Conciles Tont transmis et d6fini tel que nous le 
croyons aujourd^hui. •— La R6v61ation nous manifeste dqnc en 
Dieu : Trinit^ de personnes dans Funit^ de substance. L'exis- 
tenee du myst^re de la T rinit^ est prouv^e. 

Propri6t6s des personn^ divlnes. — Parmi ces propriet^s il 
en est nnedbsolue, a savoir : chaque personne participe a touie 
Tessence divine ; il en esl d'autres retatives^ el parmi cclles-ci, 
iJ faut faire deux classes encore : propri6l6s qui derivent dca 
rapporis des personfies cntr^cUes ; irropri6t6s qui derivenl de 
leurs rapports avec les (ftres crees, — La premi^re classc com- 
prcnd dcs proprit^tes commtmes aux trois pcrsonncs divincs : 



LV 

TEgalit^, la Circuminsession; des propri4(6s ipScM^ propved 

k chacune dcs trois Personnes. Ges propri^l^s sp^ciales sob^ 

renferm^es daQS les proposilions suivantes : Le Fils proc6de 

de rintelligence duP6re, par voie de g6n6ration; le Sainl-Es- 

prit procede du Pere et du Fils par voie de spiration passive ; 

le Fils est envoy^ par le Pere seulement ; le Saiot-Esprit esl 

envoy^etpar le Pere etparleFils.Pourprouver chacunede ce» 

propositions, rauleur lad6compose,reprend une a une les sous- 

propositions que lui a foumies Tanalyse , puis les 6tablit par 

le genre de preuves qu'elles comportent, La prcmi^re propo- 

ution, par ex.; « le Fils proc^de de rintelligence du P6re par 

voie de g6n6ration, » implique les suivautes : le Fils procMe 

du Pere ; il ne proced.e pas du Saint-Esprit ; il procede de Tin- 

(elligence du P^re ; cette procession cst une g^n6ra(ion : ce qui 

esl successivement prouv6 soit par rEcrilure, soit par la Tra- 

dition, soil par TAutorite de FEglise. Les quatre propositions 

premiferes » une fois ^tablics, on en dMuit, comme corollaires, 

les propri^t^s sp^ciales du P^re, du Fils, du Saint-Esprit, pr^ 

senltes sousune forme plus d^taiHee, plus analytique; 6n ex- 

plique les d6nomiriations sp6ciales donn^es a chaque personne . 

^vine, pourquoi 11 est certaines propri^6s de la nature divine 

el certaines o^vres adextraqni sont attribu6es sp6cialementi 

Yw\e des personnes, quoique communes aux trois; suivent 

d^anVras eoroUaires sur les Processions divines, les Rapports 

d'oTigine , leg Kotions divines* — La premifere classe de pro- 

pri^t^s relatives ainsi 6tiidi6e , Tauteur passe k la seconde 

elsissey ii celies gui d^rivent des rapports qu'ont les personncs 

divines a\ecles 4lres cr6fes.— Le Trait6 est termin6 par un ap- 

pendice dans lequel on trace les rfegles de langage a observer 

dans Texposition du mystferc de la Trinit6. 

Nous arrivons aux Actes ad extr& ; aprfes avoir consid6r6 
Dieu, en Ini-mSme, dans rincompr6hensibiiit6 de sa naturc et 
. de sa Tie intime, rauteur nous montre Dieu manifcstant scs 
attributs par trois grands actes principaux qui r^sument toutcs 
les oeuvres ad extra: la Cr^ation^-^la Conservation, —U Gou- 
vernement des dtres, Le lecteur apercoit ais6racnt cc quMl y a 
a traiter sous lesdeux premiers titres : Cr6ation,Conscrvation; 
passons donc au troisiemc : du fiouverncmciU divin. 



Lvr 

Lc gouvcrnemcnt de Dieo s'cxorce , avons-nous dU, dand 
deux ordres bien difitincts: dans Tordre physique,— dans Tor- 
dre moral. Pour rctracerle gouvernementderordrephysique, 
il faodrait parcourir tout le vaste tableau de la cr^ation visible, 
depttis les dtres qoi en occupcnt le sommet jusqu'aux cr^atures 
inf^ricures , jusqu^i la nature inanim^e, au\ demiers confins de 
rexistence ; ^todier la nature et la fln de tous ces groupes d*6- 
tres, les lois qul sont Texpression de leurs rapporls ; et voir 
comment le monde vtsible maiiifeste les principaux attributs 
de Dicu : sa souveraine Puissance , son infinie Sagesse et son 
immense Bont^ ; ce serail une th^logie de la mttwe, Le sojei 
est trop vaste et fi*appartieni point tooi entier k la th^olo- 
gie« II ^tait bon seulement dlndiquer eonmient la th6oIogie, 
par son. objet, dinaakie tonte les sciences natureUes ; comment 
elle peut s^emparer de leurs conclusions demi^es pour mon- 
trer dans ibute la crMtion rirradiation des attributs de Dieo. 



Dans rordremoral, legouvernemeatdeDieas^exerce, avons- 
nous dit, vis-4-vis rAnge,— vis-i*vis i^homme» Cest de ce se- 
cond gooveraement qae s^occape principalemeni la th^ologie ; 
rauteur en formoie aiasi le titre : D0 ProvidenM Dd er§a ho- 
minem sub reepectu morali connderatum; iitre g^n^al, em- 
brassaat toos les trait6s dogmatiqoes qoi restent a exposer. Le 
mot Providentia que aous iraduisoas par Gouvernement esi pris 
ici daas le sens large ; c'est , dit rauteor, prceordinatio wterna 
entium ad finem per media, simulque hujus prwordinationis 
especutio, Le terme « Gouvernemeai » doai aous nous servons 
compread doac : et Tacte par lequel de ioute 6terait6 Dieo assi- 
gne aux ^tres futurs une fin ainsi que les moyens d'obteniion de 
ceite fin, et rensemble des actes par lesqueis U exigicote ses 
d^crets 6temels. 

Sur le Gouveruement spirituel, Tauteur se pose les deux ques- 
tioHs suivantes qui embrasseat toule la matifere 4^udier: Exist^' 
t-il, dans Vordremoral, ungouvernement deVhommeparDieu? 
^par quels actes s'exerce cegouvernement? 

La premi^re question est uae question preali^>le facile a re- 
soudrc ; il esl aise de prouver qu'il doit exister, daas Tordre 
moral, un gouvernemciit dc rhomme par Dicu. 



Msds ^U BOfU k$ actes d$ ee gouvememenUf^Ce^ acl«8 

senf HiaUiples ; ils embnissent toute la suile de la praYvdeBee de 

Dieo sor noos. £t pour exposer aVec ordre , d'one nmni^re 

seientifiqoe, la marche de cetle protidence , il faot, par one 

diTision logiqoe et fondamentale, ramener a on certain nombre 

de titres principaux tous les actes k (fetodier. Orraateor, comme 

il a ^^ dit plus baut , distingoe trois s6ries d*actes : des actes 

ayaat le temps, — des actes (}ui s'ex^cutent dans le temps, — 

desacles apr&s le temps. Gette diyision principale didcoule, 

eoBiHie c€ila deva»t^tre, de la iH>tion m^medu GouYememeBt 

divio* Enefiet,- le gottreniemettt divin est d'abord « ptworM- 

nafw miema entium adfinem^ media, » deM « les actes avant 

le lemps: » pnis, « hujus prwcfrdinationis exemtion. ce ^ 

comprend « les aetes dans le temps » et « les actes apr^ le 

lemps ; » car Dieu , pour Tex^cution de ses^ d6erets , eons^ 

tiiue rhomme in mdl, M foumissanf les moyens d*d»tentioB de 

sa fin ;' c'est le temps, ce sont les aetes dans le tenips : — qnanl 

r^preuve est flnje pour Thomme, ille met en possession de eette 

fin 00 Ten prive Memellement, selon les m^rites oo d^m^rites 

qu-il emperte detant son Joge; ce sent le&actesapr^s le temps. 

11 y a donc a ^tudier soecessivement ies actes — avant le temps, 

— -dasMftle iemps,'^ et aprte le temps , par lesquels s*eiberce h» 

^oaveiTnenient divin. Et d*abord, 

Qoftls sonl les actes Avant U temps ? 

Premi^rement, Entre taus les itats possibles, Dieu cfwisit celtH 

dans Jequel il placera Vhomme; proposition qui am^ne le 

d^yeloppement sqivant: Quels sontles ^ats possibles? ^Quels 

Mttt, parau les ^tats possibies, ceux qoe Dien s*est librement 

d^ermin^ 4 assigner a rhonmie? 

Tout 6taf aseign^ 4 rhomme doit renfermer une fin et des 
moyens ; de Jk le second acte avantle temps iJHeuveut le salut 
de Vhomme, en d^autres termes:il yeut que Thomme parvienne 
atellefia; iIveut,pour Vhomme, les moyens d'obteniion de 
cetle fin« €*est.sor ces deux propositions que porte le d&ve^ 
loppement, eomme il suit : -r- Dieu veut-il le salut des hommes ; 
de tottsleshommesrapr^s le p6eh^ originel comme dansr6tat 
d*kinoccBce?---Veut-iIaussi pourtous, les moyens de ssdut; et 



I.V11I 

de quel vouloir ? — Veut-U, et de quel vouloir, l*application de 
eesmoyeosi tous; auxenfants morts sans Bapt^me; aux infi- 
dilesaduUes? 

Dieu pr^estine les uns k la gloire et r^prouve les autres; 
Iroisi^me acte avant le temps, lequel dans Tor^ logiqoe ne 
devait 6videmment venir qu'^rto les deux pren^ers. — La 
mati^eest divis^e en deux parties: De laPn^/ina/ton, dela 
B^prokaiion; et ce qu'il y a & dire sur chacune de ces parties se 
range naturellement sonsces deox titres: ExisteneefPropriett^ 
soit de la prMestination soit de lar^probatlon. Les questions a 
tcaiter sout en effel celles-ci : Sur la prMestination ; Dieu pr^- 
destine-t-il de tonte 6temi(i6 ? Gomment pr^estine*t-il, c^esM- 
dire, la pr6destination est-eOe gratuite, oa bien a-t-eBe liea 
d^aprte la pr^vision des mMtes? Puis les qoestions andlogiie& 
sur lar^lHre^alion. 

Tels sont les actes avant le temps. II faut voir maintenant 
conmient : Dieu a r^lis^, dans le temps, les d^rets ^emels 
dB bA sagesse infinie. 

EA ex^cution des conseils divihs, Dieti, d'abord, comtitue le 
prmier homme dans VEtat d'Inmcencep attachant & sa fide- 
Hte' ou d 8on infidelite' la conservation ou la perie, pour fetl et ses 
descendantSy de cet dtat surnatureh 

Telle estja proposiiion qui exprime le premler acte prihci- 
pal par lequel Dieu manifeste dans le temps sa providence 
k l'6gard de rhomme. £n Fanalysant , on y trouve tr(^ 
parties: -^ Dien constitue Adam daiis r^at d'innocence; 
-^ la conservation ou la perte de cet 6tat d^pendait, pour 
Adam, de sa fid6Iit6 ou de son infid^lit^ ; — la conservatioii 
ou laperte de cet6tat, pour les descendants d'Adam,d^pendait 
de sa fideUt6 ou de son infid61it6. Voyons d'abord comme ran- 
teur d^veloppe la premi^re partie* 

Dieu consiitue Adam dans VEtat d*Jnnocence, Or, cet ^tat 
dlnnocenee danslequelDieuplace le premier hpmiae secom-* 
pose dedeux esp^ces d^^I^ments» les uns essenttels, les autrea 
accidentels: les ^l^ments essentiels consistent daos la fin, fin 
i«urnaturelle ; et dans les moyens, a savoir la Gr4ce brfHtuelle 



LIX 

ei la Grdpe acfuelle, moyenfi ^aiei&eut suraadirels. Les ^l^ 
meDts a^identeis Bont des modificalions aecidentetles qui per-^ 
fectiomient lliooune ; or, clles peuvent le perfectionner — en 
hn^mtoe : dans la partie morale, c^est-a^dire, dans son intelli- 
gence et sa Yolont6 ; dans |a partie physique, c*est*a-^re, dans 
son coTps ; -r*eUes peuyent le perfectionner aussi dans ses rap^ 
ports avecle monde exterieur. On dbtinguc doncdes ^ltoents 
acddentels intrins^ques et extrins6ques. La notion de F^al 
d*innocence ainsi analyste ,le d^veloppement consisteca h prour 
ver par ordre qu^Adam poss^dait les ^ments soit essentieis^ 
soit accidentels de TEtat dloiiocence. fauteur i&td>lit doms 
successivemwt : — que Dien a donn^ aa premier honlme une 
fin samatnrelle, qu*il lui a conc^d^ la Gr^e hahituelle et lcs 
Gr^ces actnelles comme moyens d'obtention de cette fin ; -*> 
qa*Adam a mdme ^ enrichi des privil^ges soit intrins^ues 
soit extrins^ues qui constituent les ^Rsments accidentels de 
r£taid*Innocence; de$ privQe'ge$^iMrin8Sqnes: pom sim in- 
telligence^ Sciance parfaite et Pr6servatioa de toute erreur; 
pour sa volont^, Rectiludede volonte ; pour soncorps, Exemp^ 
tion de la raort et des maladies ; des privil^es extrimdques : 
Domaine de faitcomme de droit suf lesaninjaux et autres cr^a- 
tures inferieures ; Habitation du Paradis terrestre» 

\jd& deux autres parties de la propositipn principale sont en- 
smle TepTises et d6vek>pp6es, d'aprds la mdm e m^thode ; et 
qaand raatear a ainsi etabli d*une mani^re compl6te la tliese 
sar VEtai d^Innoeence, il donne sur chaeun des points princi- 
paox ies expIJcations que demande naturellement resprtt. €es 
explicaOons sont dbnc relatives k la possession de la Gr^ce par 
Adam, k la science du premier homme, a sa rectitudc de vo- 
Ibnt^, k ses privil^ges corporels , et enfin aux ^l^meuts acci- 
dentela extrins^es de FEtat dlnnocence. 

On le voil donc, c*est toujours la mtoe marche dans rauleur: 
en l^e de sa th^, la proposition g^nerale qui la formule et 
qui renferme visiblement ensoi tout le d6veloppement; puiscc 
d^eloppemittt qui nait sans efibrt du sujet, avance progrcssi- 
vment d^apr^ deslois uniformes, et nous araene par voie d'a- 
nalyse aux demi^resquestlons A (raiter. Les divisions ressor- 
lcnl et gQident Tesprit daiis son in^^esligatibn ; et comme elles 



LX 

MOt hMe» 8ur des id^es logliiaes, kHrins^qiies au tm^, Vkt^ 
telligeiice les retrouve faeilement quand elle a besoin de re|)ro- 
dttire une thtee, un Trait^.. 

Nbtts eonnaissons T^lat primittf dans iequei Dieu avait placi6 
rhontme; noasavons vu que Favenir du genre hninain d^pea- 
dait de la fid^lil^ oo de Tinfiddlit^ de son chef ; nous voila4ieQc 
arriv^s k rhistoire de r^prenve. Gette his(oire n'est pas longne 
et nous en connaissons le d6nouement, la ehute de rhomme* 
Or, rhonune (omb^, tous les aetes de Dieu dansie temps con- 
courent 4 sa rdparalion* L^auteur les r6sume donc dans. cette 
formule : Dieu repare, par J^Bus-CkrUU Vhonme imk&. De Ja 
les deux tiires suivants qui divis^t toute la.n^tiere : DelaChuie 
de Vhomme; — De la R^parcUUm. 

L'enseignement cathotique relatif k la Ghote de rhomme eA 
renferm6 tout entier dans les deux propositions suivantes: 
Nos premiers parents ont peche', et par la ils out perdu, pour 
eux d*<ibor4, les primleges de VEtat d^innocmeei—rLe peM 
d^Adamu et4 transmis d t&us ses descendants, k Christ et la 
Bienheureuse Yierge exceptes ; et par la ils ontperdu leeprimr 
Uges de VEtat dlnnocence. Le lecteur eonnattassez la marche 
de rauteur poor pressentir comment de ces deux formuies ya 
naitretout le d^veloppement. 

NQspremiers^pixrents ont peche: La Gen6se, en effei, nous 
montre la defense speeiale par iaqaelie Dieu voulut les eprouver, 
et un peu plus loin leur d^sob^issance ;—i?ar la its ont perdu^ 
pour eux d'c^rd, le^ prinU^gesde VElat d'Inn^€nCe:mi<sQVir 
nait ces privileges; 11 faUait d^monlrer qu'ils les onttou^ per- 
dus, qu^ils ont perdu et les ^I6ments essentiels de Ti^tat dln- 
nocence: la grace sanctifiante , le drott k la vision intuitive, le 
droit ^ux gnices actuelles; — et les 616ments accidentels: Ja 
science parfaite, la rectitude devolont^, rexemption de la 
mortet des maladies , le domaine de fait sur les animaux et 
autres cr^atures inferieures. 

Mais le p6ch6 d^Adam a 6te transmis k ious sos descendatits, 
Jesus-Ghrist et la Bienheureuse Vierge exceptes, et par lii ils 
ont perdu a leur tour les privilfeges de TEtat dlnnoccaice. L-au- 
teur traite d^abord de la transmissim du peche d*Adam a ses 



LXl 

deseendantSj en d^aotrjed termes, i\ etablit la these du peehe 

originel. Pour «ela, U prouve suecesaivement par rEcriture, ia 

Tradition eiraulorit* derEgiise: — que les hommes sont coii- 

^us dans le pechfe ; — quece p^ch^ d'origme a ^16 coatracle en 

Adam; — que le p^cfa^ originel, quoique diff6rent du peche 

actuel est pro|>remeat un p6ch6 , uue v^rilable souillure^ — eii- 

fm, qull Dous egt propte k chAcnn. — Jeius-Christ etla BietK 

heureuse Vierge Bont exceptSs, J^stts-Christ con^u duSaint-Es- 

prit, J6sus-Gkrist Personoe divine ne pouvait 6tre souill6 du 

p6ch6 originel. *~ La Bienheureuse Vierge, M^re de Dieuj a 

e(6, elle aussi^ pr^erv^e de ee p6ch6 d^s le premier instaut 

de sa conceplion, en d'autres termes : Marie a ^t coQCue sans 

pech^. Cest doae la th^ de riiiimacul6e Gonception. Elle 

estappuy^esur tes principales prenves donn^es commun^ment 

par les th^ologiens du jour, etdont on trouve le d^velopperaeut 

dans lesouvragessp^iaux^— L'antearmontre iensuite comment 

Us d&eendtmis d'Adam ont perdu les primleges de VEtettdHn- 

Rocence, et eela, par suite dupdch^ originel, 

Notts coimaissons Fenseignement catholique sur ia chute du 

l'homme el ses terribles suites. Mais la science th6ologique , 

poursaivanl ses investigations, aime a connattre le comment et 

le pour^pAoi des choses qu^elte ^tabMt. L'auteur, tout en met- 

VaaV dec6l^les qu^ons explicatives peu importantes, croit 

donc saUsfaVre k un tegitime besoin de Tesprlt en traitaut les prin- 

cipales. Ainsirepreaant par ordre chacundes points prouy^s, il 

met en regard h gaestion explicative qui y correspond. II se 

deiiiai]de:^siir le p^ch^ de nos premiersp6res: Quelle a 6t6 

/a causede ce p6<^h6 ? quelle en est Tespfece etla gravil6?— sur 

ie pechd origiDer : Quelle est la nature, quelles sont les pro- 

pri^t^, qoel est le mede de trsmsmiBsion de ce p6ch6 si pro- 

fondement myst^rieux? €omment la Bienheureuse Vierge en 

a-t-eMc fet6 except^e? — sur lesterriblessuites du p6ch6 d'origine: 

Queis sbnl, plus en d^tail , les effets du p6ch6 originel sur Adam 

et ses deseehdants reUitivement aux points suivants : La perte 

dc la vie dtemelle a-t-efle 616 irrdparable pour nos premiers 

p6res? En «fuoi.consiste la damnation qui serait enconrue poor 

le scul pMie originel ; et sp6cialement, qud est le sort des en- 

fants merlH sans Baptdn>e et avanl d*aVoir commis le p6che 



Ltir 

acluel? A qael poiiit, piar suite do p6ch6 originel, le Ifbre ar- 
bllre de rhomme a-l-il perdii de sa force pour lc bien ? 

Tettes ont 6t6 la chute de rhomrae et ses funestes suiles ; 
dtudions maintenant, avec Tauteur, les voies admirables donl 
Dieu 8'est servi pour r^parer ce roi dcchu. Nous connaissons 
retendue du mal; nous en appr6cierons mieux la r^paration. 

A toute grande oeuvre, une pr^paration: telle est, peut on 
dire, une des lois du Gouvemement divin. Avant donc de r6a- 
lisercomplStemcnt scs plans de mis6ricorde sur rhomme, Dieu 
m^nagea la plus solenndic et la plus imposante des pr^para- 
tions, pour 1'anivre la plus grandcquifilt jamais.Il satisftt d*abord 
sa Bont^, e» ^tendant aux Ages qui devaient prec6der la venue 
du R6parateur les elTets anticip^s de !a m^^a^n ; ear cetle 
m^diation ne devait s^accomplir qu'au milieu des temps. Pcn- 
dant ies sifecles qui s'6coul6rent jusqu'a rhcurc tant desirfee de 
la R6demplion,les actcs de Dieu dans le tcmps ont une fin prin- 
cipale; pr^parer lesvoies a laReparation; et c'esl celensemble 
d'actes que ranteur a voulu classer sous ce titre : De la Repara- 
tim Prdparee, II est int6ressant de suivre k fravers les vieux 
Sgcs de rhumanit6, de lire dans lcs 6venements qui se succedent 
sur le theatre du monde, ia marchc solcnnelle de Dieu metlant 
sa Puissance souveraine au service de sa Sagesse iiifmie, afln 
de tout disposcr pourla venue du M6diatcur. Cest un vasVe el 
magnifiquc horizon qui s^ouvrca rintelligcnce plac6c a ce point 
de vue. Si rautcur ne pduvait traiter ici un tel sujet, du moins 
a*t-il voulu traccr un lableau sommaire de ccs actcs pr6para- 
teurs : ce court r6sum6, qui sera lu avec int6rel, est trop con- 
cis etsubslantielpour 6tre r6duit cncore» 

Quand Dieu cM tout pr6par6 pour rcx6cution des desscins de 
sa Jtfis^ricorde, le Verbe sli^Qarna et vint habiter au milieu de 
naus, afin de r6parer rhomme par ses actes de mediatcur. De 
la Jes titrcs auivants; De rExistencc du Vcrbe Incam6 ; — de 
ses Propri6t6s; — de ses Actes r6parateurs ; ils comprenaent 
loute la mati6re k 6tudier sous le litrc g6n6ral auquel ^obs 
sommes arriv6s : Dela Reparatim Realisde, Premi6r^ent, 

BeVExistence duVerhe Iticarne, Qu'cst-cequcrincarnaUon? 
Vmion hypostatiqtie de la natiire divine et de la natnre hu- 



LXHI 

maine dans Vmique persmm du Verbe, Uexigtenee de rin- 
Garnatton sera donc prouy^e, si Ton montre saccessivement : 
qoe le Ghrist possMe la nature diyine ;. la nature humaine ; ei 
qtt'en lui, ces deux natures sont unies hyi>ostatiquement dans 
Tunique personne du Yerbe. Or, preml^rement, Je^sus-ChrUi 
possede la mture diwme.— L'Ecriture Sainte , cn effet , nous 
montre en lui les perfections divines : rEternit^, l'Omni-Science, 
la Toate-Puissance , rimmutabilite , les actes Sanctificateurs ; 
iS y est appel6 Verbe, Fils de Dieu, Consubstaatiel au Bere, 
enlin Dieu sine addilo^ — Les P^res des premiers siecles,. en 
atlribuant. unanimement k J[6sus-Christ lanature et lespropri^- 
t^s divines, nous mdntrent qe dogme transmis sans interrup- 
tion de J^sus-Christ et des Apdtres jusqu'4 npus. ~ Enfin fE- 
^se, par ses Symboles, expression de^on ind^fectible crqyance; 
parles infaillibles d6cisions de ses Conciles, vient 4 son tour 
^tablir et confkmer la divinit^ de J^s^us-Chris^t^ 

Mais J6sus-Christ est Dieu et Homme. llpossed^ la nat^re 
kumaimf comme la nature divine; il a un corpshumainr6el et 
wm simplement.apparent; — une^e semblable a landtre, dou6e 
4'intelligence et de volont6 ; — et ce corps et cette §me sont 
ums entre eux, comme cela est requis pour constituer la nature 
humaine« 

En&n la naltere dwine et lanature humaine sant hypostati- 

fjueivient unies en J^us-Christ^ dan^ Vunique personneduyerhe, 

L^auteur ^tabViipar unesuite d^argumenU thj&plogiques : qu'en 

J6sas-€hrist,Ia nature divine et la nature bumaine &(mi cmies ; 

— qo*el/es sont onies dans une personne diyine ; ^- que cetle 

personne esi la personne du Verbe ; — qu'il n'y a en J6sus-»Chdst 

que la personne du Yerbe , la personnalit^ humaine ayant 616 

exdue, 

L'h6r6sie et rincr6dulit6 ont faai des ol^ections contre les 
difr^rentes partiesdeeette,th6se;la refutation des principales 
forme une preuve indirecte ajout^e k la preflai6re. 

Apr^s t]ue fexistenee du Verbe Incarn6 a 6t6 ainsi 6tablie, 
rauteur passe au second titre : Des Proprietds du Yerhelncarnd; 
«tiltraite successivement des propri6t6s de la nature divine 
en J6sus-Chnst,— des propri6t6sde rhumanit6,— dcsproprf6t6s 
de runicm hypostatique. 



Kfi tfttif q\t(* J>wu, k Chmt pouvde toutrs frjr proprif*'fti^^ 
tottfes h'A pcrfectlttm de ia natnr^dixim. Ce lilre ncdemandail 
ijuciiiid6vel0[)peiiienl speciaL 

\oufi arrivons atn£ propriete* de VhHmanUe en Jems-Chrint, 
Le Verbe divln s'6(anl: abaiss^ jusqu^a prendre un corps el uiie 
ume semblables aux n6trea, nous concevons {|ue, du xnoinS| des 
le prcmicr iii&lanl de sa conception, Jcsus-ChriEl n du r^unlr 
pu lui, au plus baut dcgr^ de perfecLioii nalurellc etsuniatu- 
relle, loutes les proprl^t^s qui conslituent rhum^Eiit^. Ccpen- 
dant pourexercerles fonctions de R^paraleurf il devait manqucr 
de cerlaincs perrections accidenlelles qui sonl le priviJ6ge de 
1'Fjat dlnnocencc, par ex* rcxemplion dc souflrances* Vau- 
leur posedonc cette formule: Jems-Chri^tt des te pranicrhu- 
(ant de m conceptim, a po^sed^ toutes tcs proprletes de ta na- 
titvB himainef au plm Haut dcgre de perfectio^x naturdlc et 
mrmturdle compatibte avcc k& fonctians de Rifparateur* EE 
comme J^sus^Chnst cst le nou^ el Adam destin^ a former cn 
nous le nouvcl hommc , pour expo^cr avc€ ordrc et etart^ U 
mnli^redece tilre, Tauteur comparc l'humaniteen Jcsus-Chri^l 
avec rbumanit^ telle quVlle a ^l^ etudJec cn Adam, Son d^vc* 
loppcmcnt porle donc sur lea queslions suivantes: Le Christ^ 
comme homnic, etait-it deatin^ a la vision inluiUve ; avait-il la 
RrAce habilucUe ellesgraces actuelles?— Posstdail-illasclence 
parfaile ctla rectitude de volont^; 6tait-il cxempt des douleurs 
dcsmaladies et de ta morl ? — Quel 6lait son domainc dc dn>il 
el df fail sur la cr^ation ? 

Nous avons annonc^ uu trotsifeme titrc : Dcsproprieles deVtt' 
nion hypoitatiq^te. Or» il faut dislinguer les propri6t6s proprc- 
mentdites de runion h}i»ostatiquc ; cl les propriet^s cn J^sus- 
Cbristquj d^conlent dc cctle union, par ex. la eai^acit^ d^une 
satisraction et d'uu merile in5nis, — I^aulcur 6tudic d'abord lcs 
prcmi^res; cl, pour Ics inumercr, ilconsidfcre runion hjposia- 
li(jue au poitit dc vue de sa raison d^Strej de sa dur6e et descui 
Tnodc, Aupointde vue deta raison d'€tre: rincanialion 6tail- 
clle n^essaire absolument? bypotbctiquement , c'est-a-dirc i 
pos6 la cr^ation ; pos^ la chute de Thomme ; pos6 la volonlc 
en Dieu dc r6parer rhomme par unc satisfaction ^qaivalenle 
ct parfaitc, Au pohU de vue dr ki dvrre: Quand a comnirufe 



rumoii faypestatiqcie ? sera-t-e^ ^emeXliGT Au jpmtt deme dU 
mode : Commmi la natur e dtvine et la nature humaine soift- 
eUes unies en J^us-Qirist ? — Sulvent, en see^nd lieu, les pro- 
pri6i6s qui d6coulent de Tunion hypostatique. 

Le Verbe Incam6, dont rExistence et les Propri^tfes vlenncnt 
d'6tre 6tudi6es, avmt pour mission de r6parer le genre humain. 
Yoyons doncavec Tauteur comment il a accompli cette r6pa- 
ration; c'est Vobjet du troisieme et dernier titre : Des Actes^ du 
Terbe Incarnd, 

Tous les hommes devaient 6tre racheteis en J6su8-Christ, par 

les satisfactions et lcs m6rites d'un seul , CQmme tous avaient 

p^ri enAdam, par la d6sok6issance et la faute d!un seul* Mais 

de m^e qu'Adam n'a pu perdre tout le. genre humain avec 

Im, que parcequ'il le repr6sentait et que les hommes lui 6talent 

aiiis; de m6me J6siis--€hn$t ne pouvait nous raclieteF tous en 

loi, qa'autant que nous lui serions unis et que nous formerions 

avec lui un seul Cerps,.uam$me Tout. AnssiDieuaT-t-fl^ona- 

tittt6 J6sus-Christ^Oi^f des hQmmes ; nous sommes avec 

loiua .menij^ <?oips mystique,.dont il est la Tete. £t comme 

la R6paratioii devait servir aux Anges au@si, non pourles ra- 

cheter^.mal^ pour augmenter ca eux la gloire et la vie sur^ 

iiaVuTeUeg ,. les Aiiges eux.-4ni^es sont membres de ce coips 

my&Uque donii^os-Chriatest le Chef. De la ce tilre; De Je- 

m-Chrutentpadtque Chefdes Homme$ etdes Angm» titre qoi 

deyai( servir de pr61iminaire aux actes. r6parateurs ^ puisque 

runion des hoiumes avec J6sus-Chri$t esl n6cQssaire „ poar 

expliquer la r6vejrsihilit6 sur toi|te rhumanit6 de la satisfaetlon 

et des m6rites du R6parateur« L'auteur traite doiwr successive- 

ment; De.VEanstence, — des Proprietes — et des BgsuUats de 

cette vmon. 

Ce premier travail fait , rintelligence con^it comment les 
actesde J6su8-Christ s^virouta toute rhumanit6 ; on peul 
^tudier, dans leur ordre naturel, chacun de ces actes r6para- 
teurs..Or, 

^ Le p^h^„avAit faita Dieu une injure souveraine; pour que 
rhomme recouvratses droits a la vision inUiitive et fut Kcla- 
hli daQs s.on ptemier elat^ la Jusiice ct la Sainlel6 de Dieu cxi- 



i 

.5} 

I 
I 



LXVI 

geatenl avant (out utie salisfaclion , et fhonune p^iieiir 
ne pouvait satisfoire par lai-m6me. J^sHs^Chriii saii$fai( 
donc pour U$ kammes : premier acte r^parateor. — Sur la 
Satisfaction , comme sor )es autres actes riparateurs , resprii 
commence naturellement par se demander, si elle a r6ellement 
cu lieu ; une fois que feiistence Ini en a ^16 prouv^e, iir^tudle 
d'abord en elle-mMe, recherche ses propri6t6s ; e( conmie cct 
acte est ordonn^ ft nne r^paration, il s^enquiert en demier Iteu 
si la iln a ^16 atteinte, quels ont 6t^ les r^sultats de Tacte. De la 
les titres suivants: De TExistence; — desPropriifet^s; — desR6- 
sultats de la satisfaction de J6sus-Christ. 

De VEocistence de la Satisfaction : J6su8-Christa-t-il satisfait 
poor les hommes? — Be ses PropneUs : au point de vue de la 
valeur ; la satisfactionde J^sus-Christa^t-elleune valcurfiuicou 
jnfinie ?— au point de vue de son auteur; la satisfactfon de J6- 
sns-Christ est-eUe en lui roBuvre de la divinit^ bu de Thuma- 
nitd?— au point de vue des moyens de satisfkction ; Jisus- 
Christ a-t-il satisfeit par tous ses actes? -^ au point de' 
Vue dd snjet ; la satisfaction de J^us-Chrisi a*t*^e tih imi- 
vcrsefle, c'es(^a-d!re, J^us-Chris( a-t-il satisfoit pour tous 
les hommes — au point de vuc de la perfection de Tac^e ; ta 
satisfaction de J.-C. a-t-e!le 6tef parfaite t rfegard du Pils, 
commea r^gOTdduPfere et duSamt^Esprit.— De«He«wltat«dcl«f 
mtisfaction de Je^sus-Christ. Queb ont H^ ces rteultals, k 1*6- 
gard dc Dieu et k F^gard de rhomme.-^On le voit donc , ces 
trois fitres embrassent naturcHement toutes les questions a 
r^sbudre sur la satisfaction. 

Apr^ avoir consid^r^ J^sus-Christ satisfaisaht sufabondam- 
ment pour lliomme p^cheur, Tauteur nous fait ^tudierensuite 
un second acte de r^paratimi : Jesus-Christ m&rite% \\ nous 
merite le droit ia la vision intuitive , aux gr^ces hahituelle ct 
acluelles.— Le developpement de cet(e ma(ifere es( analogue au 
pr^Menl, eomme le cbn^oil a^^ment le leCleur; inu(ile donc 
de resquisser ici. 

Dans les ac(es r6para(eurs pr6c6den(s , Jesus-Chris( satisfaK 
pourles hommes et leur in^ri(e ledroit a la VisioiiintuKive, aux 
pKices hahituelle e( ac(ueUes qui sont les moyens de parvenrr 
a cetle vision ; or, ceKe graee qoe nous n»ferHe le M6diateuf , 






LXVfl 

cesi lui aussi qiii.iiotts la commuii^iie ; de la m noavel acCe 
i^fMrateur a ^tudrer : Je9U9-€hrist mflue /<i Grdee* 

Le Trait^ de b Grace.est saQsconlredit uji des plua arxLos ptQiB: 
le th^alogi^; ii ii'a point icfaapp^ eepeiidanty le leeteur s*en 
conTalQera, k la marche simple e( lucide de l'auteur. . 

La-GrSce ^lemande ^ ^tre ^tudi^e sous deiix poinis de vue : 
m Elle-nu^ne; ^dans sm Mo4ede ^mimmicatim. 

Fremi^rem^U de la GrdcemElkr-imyne.-^Apr^aLyoiidb'' 
rini la Grace, soit HabitueBesmt ActueUci rautear etablit d--a« 
bord VExisteme de eette douhle grdce^ en montrant que Dieu 
la coiiT^&re A I^liommef et qu*il la conffere par J^usrClirist, caose 
ft la fois iB6riioire et iQstrumentale de ia Griice. 

Mais eette Grdce qoe Ton sait exister, Fesprit a bes<>in d^en 

ccnmattre la natore^ les propri^l6s et les effets. Quelle est doae 

en premier lieu la Nature de la Grdce? La <{aestioftest k r^« 

aottdre ponr laGntce Actuelle, ppmme pourlaGroiceflabittteBe. 

— £t d*jad>ord ponr la Gr4ce Actuelie : .Gette gr4ce ,6tant on se- 

cours^umaiurelt conc6d6 a rhomme pour aider ses liatcult^s^el 

leametire ^ mdmedeprodiiire dea acte^ sumaturels, eile dott 

se rapporter.aux deux ^cult6s principaietf de rhommet riotel'^ 

Hgente et la volont^; elle est done k la (ois don sumaturel de 

^omiere et4& loree. Jtfais il y a lieu de s*6ten<hre ph» en par-^ 

Vkvfller «tr ia • nature de la grliee de volont^ ; les Jans^nistes 

oitipT^eMuiiae toute grAee de v<^ont6est essentiellement im 

moavemeni de charit6 pau^ite : d'aprte rense^nesnent eaiho^ 

iiqaeaa conlraire^ on doit admettre que la gf^ce de vdonii 

n"est pas Umjoars un mouvement de charit^ pari^te. — iQaelle 

^9 enseeondlieuyia-iiatiire dela gr4ce Bafttrue^^? £st-ce une 

seuleel mdme chase avec JaGhartt^? £stTeUe parMpatio 

creata natupee.dimuB^Esi-^elai personne m^ne du Saint-Esir 

prit en iant qtt'il est pr^ent a r^ine el y produit la Charit^? 

I^clles sont les trois opiniims qui partagent Fficole sur eettc 

qncstioa ei que rauteur expoae avec leurs principales raisons* 

Aprte avoir 6tndi6 la natore de la Grdee soit habituelle soit 

aclueUe, il fout en esposet l^es ^sopri^tes. Or, parmi ces.pre- 

pri^tes, les unes sont commBnes a rune ct rautre grace ; d^aur- 

ires scmt sp^iales. -^ Propriet^s Communes i Touie grace cst 

grataitc,surna(iireUe, necessaire. Quant a cetle dcrnicre qjiia^ 



i 

4. 






LXVIII 

Wih^ Ift GrAeaaeiaette.et la CS«^e kabitaene, qaoiqne tooles 
deux n^cesMires, neleflQntpoMeependantdffiisleiii^iBeeeBe. 
II imk denc traiteF en partkuiier de I»n^e8sit6 de diacone de 
ees <xrAce8. ^ GofliBient d^terminer d^abord la ndcessit^ de la 
QrAce Aetnelle? Toote gr^ee aetoeHe est un secours siurnatnrd 
doim^ iriiosmie pour l'aider k ^iter le ma! et Diire le bien ; de 
Ijiles <|uestioBs sulT»itesdestin6es d expliquer la n^eessit^ de 
la GrdceActtteUe:L*homme9 sanslaXjr&eeactaeUe^peut-iiijattre 
le bien et dans Fordre suraaturel et dans l'ordrenaturd ; peut- 
Uvaincre tootes les teniationset ^tertoos le6pdeh68?-^Quant 
A la Grdce HabitueUe, eUe est nieesaire: en ce senaqu^elle 
est command6e de Dieu, qu'eUe esteondiiioA du m^iitede con- 
ii§W}^ que «ans elle Tliomme ne peut pas obtenirlavie ^er- 
nelle ; ette n^est point condition n^ssaire del&bont^ et de la 
sumaturalit^ des actes. ^ Pr<^ri6t68 Sp^ddbi : La GrAce Ac* 
tuelie est universeUe ei tnmsiloire, k la di£G&renee de la^Grice 
HabitueUe quin^est paspossM^ partous et qoiest pmoanenle: 
«aiiSs.Gette permanenee de la Grdce habitueUene doit pas toe 
entenduedmisrRnBens trop.exeiusif ; Je» bonnes leuvres rai^» 
menteni, le p^hdmortel la faii perdre a rime, les pddids 
Vidni^la dtminaaii extrins^quemeni. 

Telles sont les propri^ttei 6lodier dantf la Gf&oe^Mais oelte 
GrieedoilprodukedeS:Ef^<9 et il resle aie6€on8id^rair.Oryil 
^i deseffets produtts par la seule Gr4ee Aeta<dle> d'aotres par 
la Griice Habituelle, une troisieme elasse sontle r^ultat simul- 
tan6 des deux Grdces.— £ffei& de la Gr4ee Acivx^x la Grlice 
de lumi^e ^latre rinteUigenGe; la Gc^eede foree meut.la vo- 
lonC^ ; et dela sorie L^homme esiaidi^ sumaturettement et peut 
&ire des actesquisoient en rapport avee sa fin soroaiurelle» — 
Park Grikce HabitmeUe^ rfaomme esi ent^ sor J^us-Ghrisi ei 
devient un membre vivani du corps mystique doni J6sas-£hrisi 
csl le Chef; il est reiidir pariioq>ant de la nature divtne; il re- 
«oit infoses la Foi, rEsp6ranceet k Gharii^, plus prohablemetti 
les autres veriu» sornatureltes, pr^al^ement les dons du Saint- 
Esprii; il est fait lils adop^de I>ieu, est juBtifie intriis^oe- 
meni, devient ami de Dieu ei enfin acquieri le droti a la vie 
6terneUe. ^ Sous l'actien simul<^m6e des deux gdk^, rhomme 
devieait , pose ccriainesxonditions, eap^yile de meriier cer- 



LXiX 

(ji|ns bietis' stirnafdiriefis. De 14 ta question du Merite. Apres 
avoir monti^ ^e ceite eapacil^ du mdrite sumalurel est daai; 
lliomme un r^sultatde laGrHce, r^(eur-se demande suceessi- 
vement: de quel m^ifte rhomfflN&est eapable; quettes sontHijes 
eimdilions du m^rite; quelest4^objet du mi6rite« en d^autr^ter- 
mes; qoc^ biens sumaturels-peut m^errbommei 

-IJBS effets de la Grr^ee tont eonnus, Fesprit va phis loiu en* 
core^ il reeherehe te Cotnmewt de cette productioii» et sousce 
lilresepr^sententa trfflt^rdeuxquestionsimporiantes : L^homniQ 
est*il n^cessit^, ou demeure4-*illibre,sous raction delaGrlkie? 
-* Underq^mda Ht tfficadtm aut simplex^ snffidentia Gror' 

tkfoetualUi an ex Graiid ipsd, an ex voluntate homime? ^ 
A la preini^ qnestion, on r^nd t que rHme en possession 
d^ la Grdfie sanctifiante, en subft n^eessairQmeni leiB effets ei«^ 
^none^; qiQeriUne est n<^cessairienieni ^lairto par la Grftee 
de kmri^re^ aidte par la Grdce ida Vdlontd; mais qu'elle de^ 
meare libre dans Xes aotes qu^elle Mi sdus Vinflueice de la 
Grftee^.mdBie^caee^^-^-On r^pond&la secondeparr^cpos^de» 
dilS&rettts syst^mes, Trhomiste, lloliniste, Gongmiste. 
. ' lus<^-id r«aiteur a ^tudi^ k t^rice^' en elle-mtoe. II •anive 
a son second titre: De la Grdee dans^^an Mede «fe eommmea^ 
(ienv La qaestion {t se poser est cette^k Gomment' se Cail la 

cxnanMHiieatJOQ de k Grllee^? question qui am^ nMuteHemeni 

k« d^n «lAvantes: I^SBS-Ghrist, pour infhier la GfAee^ eid^e^ 

t-il d«is le sttjet des dispositions et des conditions pr^dables ; 

eiy dam n^pothese affirmative, lesquelles ? -^ Inflne-t-il la 

Gr^ce immddMement ou mMatanent? 

Omellant, pqur ^tre phis courts, ranalyse dela premidre 
question, nous abordons imm6(fiatement la seconde, d'o£i natt 
une yaste mafi^re, ceUe des Sacrements. En effet, Jdsus-Chfist 
communique la Grlice, quelques fois imm^diatement: d*atitres 
fois m^iatement ; et i^us avons besoin de connaitre, dans ce 
cas, quelles sont les causes secondes de la commiinicalion de lii 
Grice? Or, les Sacrements sont !e moyen principal dont J^sus- 
Chrisi se sert pour communiqner la Grlice; de \k donc le 
Traite dee Saerements. 

La matiere de^ Sacrements se divbe ^vidcmmcntcn deu\ 



! 



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LXX 

partSes: Bet SacremenU e» gte6ral;«--de8 8aeieBMttti en pir* 
dcelier. 
Premi^reneiii des Saerementem ^^iA^rgi. 

L^EQseignemeRt thtologique nons pr6sente idi*aberd , «ar 
Ghaqoe Sacrement, un ensemble de y^ittto dogmatiqoes ^ 
rorment le cAt^ sp^culatif du Sacrement ; de ces vM^s dM- 
yent imm6diatemcnt des lois morales , des obligations divfnes 
qni se rapportent an Sacrement; ces Tois divines, k leuF tonr, 
8ont appllqu6es et d^elopp6es par l^E^se usant de son pou- 
Yoir legislatif en mati^re spirilnelle; de U donc trois parties 
dans tout Trait^ de Sacrement, dans le Trait6 des Sacrements 
en g^n^ral, comme dans celui de cfcaque Sacrenient en par* 
ficulier : Paille Dogmatique, — Partie Morale, — Partie Disoi*» 
plinaire on Liturgique. L*ordre logiqoe exige que !*on itadie 
fa partie dogmatique, avant depasset df la partie moraleqni en 
d^rive; qne l*on n'e«pose la pattiediseiplinaire, qu^aprfes avoir 
frait^ de la partie morale dans laqneOe elle a sa ralson d^^tre, 
eon explication. A la rigueur, la premi^e partie senle-devrut 
toe comprise dans la thtologie dogmatique , puisqne les deux 
antre» appartiennent ^ la Morale, et an Droit-Clanon oa a la U- 
tnrgie. Mais ta partie morale et ta partie discipSnaJre d^eoo- 
lant de ia partie dogmatiqne, ettes sont beancoup mleux eom*- 
pris^s, si on les raf^rodie d'elle et qtt*on les d^veloppe -pa:^ 
raiiilemeiH. 

Pbdr arriver h cTasser logiquemeht ce qui se rattai^e k la 
Partie Dogmatique d'abord, ii faut faire la Somme du Dogmc 
sur la mali^re en questioh, et voif analytiquement tout ce qu'elie 
renferme. Or, le voici en subslance: Dieu a institu6 certaines 
conditions, a la position eik runion desquelle^ il aattach^ la 
prodnction de la Grace. II faut donc traiter successivement: 
De rinstitution , — - des Conditions d'existence , — des Effels 
des Sacremeuts. £t sous ces trois titres trouveront n^ccssaire- 
ment place, d'une mani^re nalurelle , toutes los questions a 
poscr; puisqu'ils comprennent loul ce que Tanalyse nous fait 
d^couvrir dans lc Sujet a etudier. 

Relativement a Ylnstitutionj on se demande d'abord si Dieu 
a instilu^ des Sacrements: et corame uneinstitution peut^a- 



ixxt 

her de Dieirftiiin^diafietfieiit m m^iat^meiit, cm rediercli» en^ 
suite quiel a-^t^ le mode dHngtitHtian. - - 

R^kttiy<kB^t aux Coii^foif^, raifteur les ordonne ainsi el 

d^aprte 169 idtos sisvantes: Pour qa'!! y ait Sacremrat , il faat 

nn mwdrre «^p^nt appliqvant ddment les ^i6mentd sacra- 

mentelfi k nn sujet capable ; cons^uemmieni le» condkions 

d^eiustence cbivent se rattaoher au Ministre du Sacrement^ 

aux El^ments sacrcnnentels, au ^et« — Conditions qui regar- 

dent le Mirmtre : elles peitv^t se rapporter a laPersonnemdme 

du minislre, et a son Aetid; de la deux BOttSHdiyistODs. — Gon- 

^Uons qm regardent les MUmmU ^oeramanYel» rlkloit y avoir 

daos tottt Sacrement: Mati^re, Forine, Union vouiue entre la 

jnati^re et la forme. TQcisIesd6veloppemenls8e groupentdonc 

aatoar de ces trois titres. -^ Conditions relatives au SujW: de 

m^me qua celle,S; relativefi ^u Ministre,. eHes peuvent regarder 

laPersonneiu^me du Sai«yt,puis sQnAete«i 

Qoant aux^ £^^«, r^uteur se pose ces deux qp^tioos: les 
Saorements produisent-ils dfss ^ffels^ Coii^ment les pro^^isent* 
il&?-r-ProdMi$«^t-iIs des effets: produl^ht^ils la Girdce ^ancti- 
fiante; produiseni-jls nne fir^e sa«ra^nentett€>; produisc»it-i)9 
unearael6re?-^€<mimentjes produisent-ils : cette production 
d^ipendrettedes dispositioos du 3«|et; se &it-eUe ej? opereope^ 
roto, en bien, ea: opere opermiie; artrette Meu physiquement 
<»mw4&eiiM»it; ladistribtttionen est-elle ^gale ou in^ale? 

Aiaaest oompl^meiit trait^ la partie degmatique. La Par- 

/ieMoraky dont ili^t «'qciottper maintenant, expose, avons- 

I10U8 dilt les lois moraies. relatives aux Sacrments* Or, parmi 

ces kli9, Jes UBea.obtigentsimc4tan6ment le ministre et le spjet 

du Saerem^t et -m^e peuvent obliger ious les liomm^ ; les 

autres regardent parttculi^rement soit le ministre, soit le sojet 

du Sacrement ; de \k ccUe division: Des lois gendra^B^ — ie$ 

lois sp^cialei; eiles^ lois sp^dal^ e]Ies-m<6mes se sulidlvisent 

ainsi : Oes lois sp^iale^ r^flves au mimetr€y'-^^es loissp^ciales 

relativesate<0uj«^du Sacreioient. Or, rdativement au ministre 

aussi bien querelat^em^t au siyet, e^ obligation^penvent r6- 

gler ei rftdminiMration ou la r^ception du Sacremeni en elle9^ 

w^mea, et fe mode d-a^inisiration ou der^ption. 

La Partie Disciplinaire edmprend les lois ecclj^siastiques, 



LXXIl 

le^qiteUes ne foiU qii'applk|iier e( d^veloj^pcr l«s oUigatiofij» de 
droit divin dont s'occupe la partie moralo* pi divicJLon doil dmkc 
.^re cakpi^ sur la prtoNiente ; leni^m^ordre sepr^eiae natu- 
rellement.. 

Telle est cette divisicm du Traii^ des Sacrements en gto^ral, 
bas^ sur la nature du sacrement, intrins^queausuiet^ e| pa^ 
consequent fondamentale, elle doit se pn^senier la mdme, pour 
cliaque Sacrwent en particulier. Seulement, les^ sous-quesiions 
qui se groupent autour des iitres secondaires, pourroiU ^re 
parfois plus ou moins nombreuses, selon la mati6re spMalc « 
^dier. Conientons-noos, pour le monirer au lecteur, d*aiialysex 
un Sacremenent en particulier, leTrait^ de la P^niience par-ev. 

Le TraU6 du Sacrement de P^niience nous offre dooo Irois 
parties k ^tudier ; et dans la Partie Dogimtiqm qui se presente 
la premi^re, il faut traiter successivement de rExrstence ou de 
rinstitutim de eesacrement,— des Conditions,---desEflrets^ 

Exiite-t^ UA Sacrement de Ftoitence 1 La Pdmtence est 
un SacreQfent de la loi nouvelle qni, i»r rab^tutioh validedu 
prMre, remet les p^h^ commis apr^s le bapltoe a toits les 
Hd^les eonirits, qui se sont conf&ss^ ei oni an moins le vveu 
de la salisfaeiion. Pour prouver qu*il y a v6ritaWene>ii un Sa- 
cr^nent de P^ience^ rauieur ^iaUit dcmc les proposifiotis 
suivantes: — Jtais-rClirist a donn^ k se? Apdtres le po^v^Rv 
de remeilre lcs pecli^s ; — reKiGadt^ de ce p^oir suppose ta 
conlrition, -— la eonlegssion, — la salisliwtion ; — il s*exerce par 
l!al>soluUon ; — Texercice de co pouvoir constiioe un Sacrci» 
roent ; — ce Sacremeot esi un Sacremeni spdcial distinci du 
^aptSme : proposiiions qui 6<mt prouyi6es auccessivemeut par 
I EcriturerSaittte, laTradition et rAutortt^de rEgMse. Ensuttc 
vi^t la refutation des objeeiions princ^les dirig^es contre 
diacuiie des propositions ci*-^noncees. 

Queiies sont, en second Ueu, les Conditi^ d^existence de ce 
Sacrement? II faut premi^emettt 41^ ^ jpar^ dummisH^ei lou- 
jours caract^re sacerdot^l , approbaiion , juridiciioB^ snr les 
personnes ; pos^ la rdserve, il feifi de pbis juridiclion sur 
lcs Cas R^erv4^s. Ceilc formute est d'abord 6tablie dans cha-r 
cune deses parties, puis expliqo^e. L'exp4icalion porte sur.lcs 
poinls ad<!;YelQpper,a savoir la Juridiction,--El dabord, qiipnt 



IXXUl 

i la jufidkCioir mr ies pen^mkes:, \e Ih^olo^ten a be^oiu de 
eoimaHre: Qui a jandiction ; Quelle est r^iendue de eelle ju- 
ri^doit. \^ Qdi at j«tricye(idn? Celte queslipn ^qiHvatii a au- 
lant do 80i)fl-qiiesU<Misqu'ily ad'e^ees de juridietion. Or,on 
distingue trois esp6ees de jUridietiOtt : la juridiciion ordinairc; ^ 
fo jurjdiclion d616gu^,soit ajurey soit ab komine-f et la jurr- 
diction sous-d61e!gai6e. 2» QueUe est r^tendue de la juridietion : 
quafit auic personne^ quanl aux lieux, quant a la diiree?— 
De la juridiction sur la mati^re, ou des Ca& Re'serves, Apres 
avmr expli<fi6, dand des notions pr^liminaires^ ce qu'on entend 
fax.CM Resertes^ les conditions pour qu'un p6che soit r^e- 
9ervi,.et lesesptoes de casr6serv6s,Fauteurpo6elesquestions 
analogue&aiix pr^c^dentes: Qui a jnridictioa sur lescas r^er- 
v6^? Quelle est Tetendue de cette juridiction, quant aux per- 
somiesvquani aux lieux, quant a la duree, quantau mpde d'ab- 
soudre ?-t Telles soni les condiiions dleiustence qui se rattacheiit 
aHminishre. 

Cobdiiions qui se rattaehent aux Elements sacramcntels, -^ 

Relaiivement khk Matiire: i^ Quelle est la matifere dn Sacre- 

meut ? Ondoii distiiiguer dans le Sacrement de P^nitence une 

mati^re ^loign^e et une maii^re prochaine. Sont maii6re eloi^ 

^nee du Sacremeat tbus les peph^s commis apr^ le bapieme, 

movle\s ou veniels, d^ja remis ou non remis. Sont maii^re 

procr^aVne \cs trois actes du penitent , savoir : la contrition, 

Hi confession, la satisfaciion. 2« Quelles conditions sont requi- 

ses dans la mali^re ? question qui 6quivaut ^videmment aax 

trois suivanles : Quelles condiiions sont requises dans la con- 

tritioB?,..,'^ dans ia confession?..., dans la satisfaction?— Rela- 

(ivefflent a: la Form^ : Quelle est la forrae du Sacremenl de 

P^nitence ? Quelles conditions doit-elle r6unir pour la validite 

du Sacremeni? — Relalivementa FC/ntonenfre la matiere et la 

forme : Quelle unipn doit exister, entre la mati^re et la forme^ 

dans le Sacrcment de P^niience? 

L*instiiution et les condftions d'existence 6taiit6tudiees,ilfaut 
Iraiter en troisifeiiie Ireu des Elfets. Tout Sacreraenl, comrae il 
a 616 dit, doit produire la Grdce Sanctifianie el de plus une 
Grftce SacraraenteHe. Or, la Pfeuilertce produit la GrAce Sanc- 
tiflmite en renleilarit les p6ch^s du p6riifent. Premiercment 
doBc, — Le Sacrement de P6nitence peut-il remettre les p6- 

7" 



xxwv 

ch^s? Qnete pech^ pcut-il remeUre? Comiiieiit les remeUil, 
c'c8t-a-dire : peuiMl lcs remettre les u«s sahts les autres ? les 
remet^il de mani^re A ce qn^ils ne revivent pltts? r^net-il la 
peine avec la coalpe? fait-il revivre les oeu^Tes que le pteU 
raortel avait rendues mortes? — Secondement, le Sacrement 
de P6nitence produit-il une Gri^ce sacramentelle et laquelle ? 

Telles sont les principales questxons autour desquelies se 
f^oupent naturellement les mati^res compHses dans la partie 
degmatique. 

La Partfe Worale cxpose d^abord les Lois dimnes relatttes 
<su Minutre du Sacremenl : — Qui est tenu, d^apr^s fei loi 
diviiie, «l'adrainistrer le Sacremenl de P6nitence? — Que 
requiert le droit divin pour !a dtgne adrainistration de ce Sa- 
crement ? ou : Bes Devoirs dti Confesseur, Cest a une MHbode 
de direction quUl apparlicnt de tracer, d^unc mani6rc compllite 
les devoirs du confesseur . L'auteur lcs resume dass Tordre 
suivant : Ante confessionem : le confesseur est tenu d'acqu6rir 
les vertus et \k scicnce qu'exige ce minist^re ; Durante confes- 
sione: ses obligations serapporleBt eiklA mati^re eta kforme 
du Sacreraent. A la matierc : il doit pourvoir a ce qae la n^ 
ti6re du Sacrement soit pos6e dans son int6gri(6^ qoant a Ja 
contntion, k la confession et k la satisfaction. A la fonne.- il 
doit, selon les circonslances, accorder on refuser Vabsolutlon, 
!a donner sous condition, la diff6rer. Post confessionem : ft esl 
tenu, quand il y a lieu, de corriger les d^fauts qui se seraienl 
gliss6s dans radmistralion du Sacrement ; de gardcr fid61ement 
la loi du sceau, 

Quant aux Lois reladm du Sujet, raulcur se pose et r6- 
sout les questions suivanies : La reception du Sacrement dc 
P6nitence est-elle n6cessaire, de droit divin, a lous ceux qui. 
apres le bapteme ont commis le peche morlel?-- Quand, de 
droitdivin, sont-ils oblig6s a !e recevoir ?— Quclles pres- 
criptipns leur sont imposees par la loi divine,pour la r6ception 
de ce Sacrement, avant, pendant et aprfes la confession? 

La Partie Disciplinaire est facHe k cxposcr. — Le Mimstre 
est tenu, en vertu de la loi ccclesiastiquc, a administrer le Sa- 
crement ausujet, toules les foisquecelui-ciestobligelui-m6me 
'^\ i)ar rBglisc a le reccvoir. II d(\il obscrver^ dans celto adminis- 

>0i 



tTBiim, lestitea et e^r^monies pre^crUs par le fttiael,-^e Sm- 
jet esi oblig^ de se ooBfonQer 4 la loi du Qeocile de Lalran 
sorla coufession anu&elle. 

On le v^i donc, iootes tes questions d tjc^iter siir la F^Ait^iee 
Irouvent natoreil^ent place dans ie eadre g^n^ral adopl^poinr 
les Saerements, sases qn'on aitbesoin de le modifier, ni de lui 
€»re violence ; et lelecteur a compris comment il doit en etre 
de meitte pour le BaptSme, la Confirntaticmy rEacharistie, etc. 
Quand i&as les Saer^nents ont ^t^ «nsi expos^, ehaeun en 
paHicatier, alors on, ^ ^tudi^ d*une msuu^e complete, dan» 
tottlesoii exlensicQi, ielroisi^meacter^parateuri « J^sus^Glirlsl 
infiae la Gr^ee, » Dans ce plan logiqae, les Sacrements sonC 
nUtaich^s a ieur ^ie^u'; J4sus-Ghrist nott$ apparait, comme 
cela doit ^tre, permanemmeni pr^sent a toute 1'luuBanit^ par 
sa Grace, eommuniquant la vie sumatureiie d tons ies men^res 
dn corp^ tnystique dont H est le ciief^ 

Le but de la reparation ^tait de faire recouvrer a riiomme ses 

drolts ala vision intuitive, de le r^tahHr compi^tement dans ia 

voie sin-naturelle qui deit Ty eonduire. Nous avons vu Jesus- 

Christ, pour cela, satisfaire et m^riter, infliier aux hommes la 

Gr4ce ; mais il y avait de plusa gu^rir, a 6clairer et diriger l'es- 

prU de rhomme, que Terreur, suiie ftineste du p^ch^, avait 

Vw,\*i, oWurci et 6gar* : et J^us-Ghrist le fait par sa Doctrine^ 

qualTiteeacle r^parateur k ^tucUer. 

Qne (aai-il pour d^velopper cette th^se? Etahlir que J6sus- 

Cbrisl nous ^ d6nn6 uae doctrine ; montrer comhiea cette 

doctrjne est sop^rieurement apte a gu^iF,-6cIaireF et diriger 

resprit de /'homme ; prouver q]u*elie a eu ces rdsultais. Or, il 

a 6i^ ^lahii au tiire « De ia R^v^latjon Ghr^tienne, » que TE^ 

erilure et la Tradilion contiennent certaUiement la di^ctrine de 

J^sus^hrist» que cetle doctrine est excellente etsar-^xcellente; 

ii suffii doac de rappeier ici ces conciusions, pour prouver lcs 

deux premi^res choses. Quant aux effets qu'a produits la doc- 

rine de J6sus»Ghrist, rhistoire sacr^e les constitte suilisamment: 

iis soiil sous nos yeux depnis dix-huU si^cles; ie Christianisme 

esi Traiment ialumierequi a iui aumilieu des teneinres. 

J^sus-Ghrist ne dcvait point rester toujows d'tthe manifcrc 



LXXVI 

sensibJc au miliea de noas^ pour s*offrlr , -victiiiie de propRt^- 
Ijon ,a Dieu son P6re ; poffrappliqaer tni^ittdme aux hommee. 
par le moyen des Sacremenis, les fruits saliltaires de la R6- 
demption ; pour leur ensefgner, de sa propre bonehe , la pa- 
role de v^rit^ qui nourrit et r^pare rintelligence ; roais il a 
voulu se perp^tuerdansnne instiluiion visible,qQi,Ju9qu*& la fin 
des temps appliquAt en sen nom k tous les homraes les effets 
desa m^diaiion riparairiee ; et cette instituiio& c'est le Sacer- 
doce: Sacerdm dUer Chrktui. Hcr6e donc nn Sacerdoce «u- 
quel il donne pour mission d^offlrir son saorifice, de comma^ 
niquer la Grdce par le canal des Sacremens, de transmettre 
int^esadoctrine et de Tinterpr^ier infailliblement: proposi^ 
fionsqui trouyent leur d^monstraiiondansleTrMl^de rEglise, 
et dans les Trait^ des Sacrements. 

Dieu a donc r6par6 rhomme d'une mani^re compl^te; ei par 
ces deux acies du Gouverneraetit divin qui s^aceomplisseiit- 
dans ie temps : Comtitutwn de Vhomme dans VEtat d^Inno- 
cencSy-^R^paration de Vfumme tomhS, nous ont 6i^ manifies- 
tto bien hautement la Puisdanc^, la Sagesse ei la Bont^ infiBie» 
de Dieui 



II resterait k traiter 6e8 Actes aprds le Umps, <^ wvA 
le compl^raent du Gouvemement Divin. Notts en exposcrons 
seulement le r^sum^ sommaire. 

II est des actes relaHfs a cbaque individa de rhumanii^, et 
etdes acies relatifs d^ rensemble dcs Mres cr^. 

Acies relatifs d chaque tndimdu de VhumanitS. — Aprte la 
mori dechaque hofmne, Dieu porte une sentence qni fixe soi^ 
sori suivant ses m^es ou^s dtok-ites \ sori qui est — pour 
les nns la jouissance imm^diate du bonheur ^iemel ; — pour 
d^autresj la damnation ^meHe ; — ponr une iroisi^me classe, 
un 6iai provisoire d*expiation. 

Acies relaiifs a VensembUdes^res cri^s.-^^k lafin des teinps, 
Dien an^aniitoutransforme aumoins runivers physique; — res- 
suscite les moris;— -J^us-Ghrisi promulgue etrenoavelie, dans 
un jugcmeni g6n6ral , la senience qui fixe le sori ^ierael des 
Angesef desHommes. — Iirex6cule; ci pour ceta, r^csserrc 



LXXYU 



d'uBe parl ses rafvports avec les elHS qui ayec l»^^ cn liii e( par 
lui offrent k Dieu un culte 6ternel ; qui sonf b^tifl^ par 
la cofflmuiiication .du propre bouheur^de Dku; ■•^ d'autre part, 
H punit 6terneUement les damn6s, Anges et hommes, par la 
s^paration de sasQci6t6, par ie ver rohgeur et ie tourment du 
feu. 



Aiosi donc, apr^s le temps, aussi l>ien goe dans lie temps ef 
avant le temps, c'est toujours Bieu que ndus avons 6tudi6 dans 
\e Goovemement de I'homme:; et ses attributs y sont mani- 
fes^^ d'ane mani^re non moins admirable que dans la Gr^atiou 
e(ia Conservation des ^tre&. Le Bogme, nous est F^ellement 
pr6sent6 par rauteur, comme le ddveloppement de4M^e de 
IMeu ; c'est bien ici la th^ologie , la science de Dieu ; et nous 
poavons jr^swBer tout ee loog expos^ dans ces belles parotes. 
que Gfaante FEglisci a la gloire de TA^able Tnnite: BenefUctm 
iit san^ta CMEkWOi et GXJwmsmtsjsL imnmm, $aneta pt indivi'- 
dm TttzofAS...». GlorioitiiH Trinitas wqualiSp u»rA nuTAs, et 
AXTE omnia swcukts et numc et Ci p«ipetuum. 



rioMORALE. 

ta sec(mdeparti<^de rExi>osition theologique iie se preter» 

pas moins taeilement que la preini^re a. une analyse acienti^ 

Sqae; mdrae esprit d'organisatio9, m^mem^thode, mSme ^tude 

intrias^e et fondamentale du Sujet : si Tpn rapproche le plan 

de la Moralede c^nidu Bpgnie,etqa'onles oompare, lescdt^s 

pnncipaux se r^pondent, dan^ les deux plans.; les Iignes pre- 

mi&re&se developp^t parall^ement ; on voit apparaitre a un 

hautdegr^ dans les grandes diyisions, rttniteTde vue et rhar- 

menie d'ensemble qui font reconnaitreles parties d'une meme 

sctence» Le lecteur ^tant familiaris6 d^ja avec la marche de 

ranteur, notre analyse de la Partie Morale sera plus sommairc- 

eneore qae celle du Dogme el des Lieux Th6ologiques ; Te- 

teudue d'une iatroductian a des limitfss dans lesquelles )I faut 

•avair-se contenlr. 



LKXVIU 

On ^iudie /dans la parlie de rexposiiion theologiquc qu^if 
nous resfe a analyscr, les r6gles morales par lesquelles les ac- 
(es libres de l'homme sont dirig^s a leur fin derni^re. La Morsde 
peut donc sed^finir : la Science des r^gle$ deVactehumaih. Ces 
rfegles, comme celles de Tacte de foi, et pour les ntSmes raisons, 
demandent i ^ire consid6r^es en ge'n&al d'abord, puis en pdr- 
ticulier, De la eette division premi^re de la Mors^ : Morak 
G6n^rale ;-^ Morale Sp^iale. 

r MOBALE GEHERALE. 

Dc VActe hwmain; —des Rigle» de Vaete humain, en g^n&al; 
■—des Bapporis de Vacte humuin^uvee m rdgl$i, 

\ • La Morale G^6rale est dmc la sdenee des r^gla de Vacie 

\ hwnain considerees en ge^ndral, Pour T^dter d'une mani^ 

compl^te, il ffflit traiier successivement: de TActe himiain; -^ 
des R^gles de TAete humain , en g^n^ral ; — des RappcM^ts 
de FActe humain avec ses r^^les. 

Sur VActe Humain, comme sur Facte de foi, rauleurse pose 
les questions suivantes : Quelles sont les Conditions de Tacte 
humain?— £st-il Pos8il>le?— Quelles en sont les Proprfelesl 

Premi^remeni , Des Conditions de Tacte humain. — L'Aclc 
Humain est Facte libre: or,dans toui acte libre il fautconnaii- 
sance, volontaire, libert^; et commeon distingue plusicurs es- 
p^es, plusieurs degr6s de conitaissance , de volontaire ci de 
liheri^, on doit les d^finir clairement , dire ensuit^ quel degr6 
est requfs et suffit pour qd^^A y ait acie humain.^De plos, dans 
telactchumain enparticdier, ces trois^l^ments peuvetil etre 
totalemeni m pariieUement d^tmits, augnient^s , diminu^s par 
cerlaines causes : et Ton a besoin de savoir ce qui en resulte 
pour la moralii^ de Tacte humain ; sieHe est, par cela mt&me, 
detruite, augmenl^e ou diminufee. L'auteur expose donc d*abord 
les principes gen6raux, au moyen dcBquels On appf fecie Tin- 
fluence finale qii'exercenl sur la morallt^tie racte lcs causcs ^n 
question: il 6iiurafere ensuite les principales dentrc ces causes, 
savoir: rignorance, qui se rapporte.sp6cialemen( «^ r^l^ment 



LXXIX 

connaissance; la concujgisccnce^ qui ge rapporte sp6ci^le- 
ment au yolontaire; ia crainte et la coaction qui se rapportejai 
plus direcicment a ia iil)ertj&. II les MRnii^ en distjngue ies dif- 
ferentes esp^e^, appr^cie au moyen ies priocipes quMi a ex- 
pos^ plus liaut leur resuilat final ponr ia moraiit6 de i'acte 
humain. ' 

' Nous arrivons s^u second titre : Possibilite de l'acte liumain. 
— L'ActeHumainest-ii possible; en d'autres iermes, Tiiomme 
est-il libre ? L'homme est iibre de ia doubic iibert^ de contra" 
diction el de contraridte'. 

Quelles sont, entroisi^me iieu, ies Propridtes absolues dei'acte 
liHiiiain, c>st-a-dire, les propri^t^s de Facte humain consid^rd 
ahstraciipn faite de ses rapports avec les r^gles moraies? Une 
seule ^tait a assigner sous ce titre: rimputabiiite. . 

Tel estl*acle iibre de rhomme que les r^les morales doivent 
diriger a la lin derni^re, Ges RegleSy dont ii faut maintenant 
traitersont: eocterimres yLois; Gojiseils; tnfeneMrc,Con§cience. 
De la les Trait6s Des Ms en general; — Des Conseils; — De la 
Conscience* Mais comme ies Gonseiis ne sont gu^re objet 
d'^tude dans une Iheoiogie ciassique, l'auteur parle seuiement ^ 
des Lois et de la Gonscience. Les lois, rfegies ext^rieurcs dc 
Vacle humain, doivent ^tre present6es avant ia Gonsciencc; 
w>w eoncevons, en effet, rant6riorit6 logique de ia loi: 
ia CAnscience n'6lant qu'un jugcment pratique sur la iicit^ ou 
i'J12icit^ d'unacte, c'est*a-dire, sur sa cenformit* ou sa non con- 
formUd a ia loi, eile suppose 6vidcmment la rfegie ext^rieurc ; 
eWe vien( aprbs dans rordre des idees. 
Premi^remcnt donc, Pes Zots en^^en^ral. 
Toote loi supposc unc cause qui soit suilisante 4 i'cxpliquer; 
pour etudier la loi,^d'une maniferc complele, il faut donc la con- 
siderer succcssivemcnt et dans sa cause quicstlepouvoir, ct eii 
elle-mdme. 

De ia Loi dans sa cause, ou Du Pouvoir, — he pouvoir es(: 
le droit de diriger oUigatoirement un itre moral du bien. Cesi 
donc en Dieu dc qui rclfeve toute volonte, que reside 6minem- 
mcnl lout pouvoir :, iui seul Ic possedc cn proprc ; mais il peut 
lc cominuniqucr a sa creaturc, ct alors i'hommc, rq)rescnlanl 
deDten,anra iui-m^meic droit dc (raccr «nc iimilcmoralc ahi 



LXXX 

lib^t^ de 068 8eniblal>les, de lier les Toloiit^ £( c*e8( ee qae 
Dieti a feit, en Hi8(ituan( deux pouvoir8 hmnains qa^il a 6(ablis 
chacun dans une 8ph6re sp^ciale: le pouvoir eccl68iastif(ii& , 
pouvoir de Tordre spiriluel ; le pouvoircivil, pouvoirde Tordre 
(emporel. II £au( donctraiter 8uccessivemen(: Du Pauwir IH-' 
mn, — du Pouvoir Ecclesiastiqu€,-^du Pouvoir CitiL £(«omBie 
ces (rois pouvmrs on( entre eux des rappor(8 qull es( essen(iel 
de connaitre, si Ton veQ( comprendre plus tard les rapports 
analogues entreles iois elles^^mes, Tauteur dtudie d*abord ces 
pouvoirs en les consid^ant absolument, puis il traite des rap- 
ports qui existent entre ces diff^rents pouvoirs. 

Sous le premier titre: DesPouvoirsconsidSre^senEux-m^meSy 
il y avalt i traiter successivement du Pouvoir Divin, — du Pou- 
voir Eccl^siastique, — du Pouvoir Civil, enlesexaminant isol^- 
ment , abstraction faite de leurs rapports. Rendons compte , 
d^abofd , de la mani^re g^n^rale dont procifede rauteor dgois 
r^tude de chaque pouvoir. — Pos^ le bnt que Ton se propose 
dws ce Trait^ des Pouvoirs, les deux questions importanles 
sont v^ritablement celles-ci : Telpouvoir est-il l^gitime ; quello 
est son ^tendue ? Mais pour bien comprendre r^tendue d^un 
pouvoir, il est n^cessaire d*en connaitre rorigine ; de plas, noiis 
n'^udlons pasle pouvoir in dbstracto, nous avons besoin de 
savoir en qui il' reside ; les titres qui divisent naturellemeiit la ] 
mati6re, sont donc les suivants : De la L6gitimit6 ou deVExis- 
tence du Pouvoir ; De rElendue du Pouvoir, demier litre 
qui se subdivise ainsi : ^tendue quant a rObjet, quan( au Sujet, 
quant a la pur6e ; car un pouvoir a 6videmmen( plus ou moins 
d'extension, selon que la sphfere de ses attributions est plus 6u 
molns vaste , selon qu'il peut commander^ un plus ou moiiis 
grand nombre desujets, selon que la dur^e de sa possession, 
de son exercice par le sujet, nc renconlre point ou rencohtre 
des limites. Toutes les fois que Vauteur traitera d'un pouvoir, 
nou5 trouYerqns donc ses matiferes group6es r6gulierement au- 
tour des titres ci-6nonc6s. Constatons le par ex. pour le 
^^, Pouvoir Ecclesiaslique. Premiereroent, de VExisteme de cc 

|i pouvoir : L'EgIise esl vraiment inveslie d'un pouvoir legislatif, 

|;' — De VOrigine de ce pouvoir : Celle origine est immediatement 

11' divine.^Du Sujeten qui il reside : il s'agit de d^erininer, qui 

U 



LXXXI 

es( df^sitaire dii Potivetr on de la Jaridfoiion Eiccl^iasiiqne. 
Or, la Juridietion ^tant conc^^e inuDedtaietnent par Dieu a' 
ceriaines p^rsonne», ayec facuK^ poar celtes-^ d'invesiir eltes-' 
m^nes d'auires persotine^ d^une pariie de cefte jundiction, 
OB pent avoir la Juridieiion et de droit Divin et de droit £e- 
cl^siastiqae; Or, 1« <Qui a jtiridiciiott de- droH Divin? II est 
cerlaiir: ijae la Juridlction du Souverain^Poittife sur TEgliseest 
dedroitdivin; que la Juridiciion, dilns fEgtise, des Qercs it^^ 
rieiifft saiiL Ev^ques est de droit ptirement Ecclesiasiiqiie; 11 est 
controyers^, entreles UItramontain& et lesGalMcans, si la Juri* 
didion des Ev^ques et des GondlesGen^raux est de droii divin. 
^•QiHaf joridiction de dFoit £cel6siastlque , soit juricBction^or- 
dimaire, soit di§}egu£e?€eite question estdadom^neduDroit- 
Canon ; L'auleur ne feit que p0ser les principes^-^ Etendue du 
poiwoir eod^siastiqae: l^ qumta rxnjet: Quelsactesde jori^ 
dicti<m peoTent esei^ep le Soaverain«P<«tife et le Ccmcile G6^ 
neral ani anPape, soit enmati^e de prescnptions preprement 
ditesy soit en m^ii^re de p^nalit^ ^ soit enmati^re dedispense ? 
^qmnt m Sujet : a queUes p^rsonnes ont droitdecommander 
le Sott veraio^PonUfe et le (k^dle G^n^I ? 3» quant d la dMrde: 
quand FEg^ise a-t-elle^ 6t^ jnvesiie de son pouvoir I^g^glatif, et 
combien doit durer en ejle ce pQuvoir ? Quand commence & r^ 
sidet le pqavoir dans un Soqverain-Poniife ei dans un Goncile 

^fenfera\, eiquand cesse-t-il? 
Nous armons an second tilre : iDes Rapports entre les diffe^ 

rerUs p&mnn,— Les Rapports a exppser sont des rapporisdo 

dfipendance. L'auieur, pour les d6iermiifer, pose ct r6soui les 
quesiions ^uivaaies : Quels rapporls de dcpendance exisient 
entre lc Pouvoir Divin et le Pouvoir Humain ?.^.. entre les Pou- 
voirs Eccl^siasiique eiCivil?.... enire les diffferents d6positaires 
du Pouvoir ]^ccl6siasliquc?.... entre les diff6renis d6positaires 
du Poevoir Civil ? 

Ainsi sonl 6iudi6s les Pouvoirs, et en eux-memes,. et dans 
leurs rapports. Apr^sque laloia^i^ de la sorie cpnsid6r6e dans 
sa cause, il reste ^ Fexaminer en elle-m6me. Or, ily a plu- 
sieurs especes de lois ; il y en a d'auiani d'esp(ices, quc Aoua 
avons coiistat6 d'esp6ces de pouvoirs ; et par cela m6me les 
lois peavei^t 6tre cpnsid6r6es d'une maniere absolue d'abord, 
pnis dansles rapporis qu'elles ont enifelles. 



tXXXIf 

Des Lou ao premier poiat de vue, c^esl^A-dtre, cansid^reeM 
almelument.'^ La preou^re que^Uon ^ se poser sur toote kN, sur 
leslois eng^Q^ral, comsie sur chaqtie loi particuli^, est eette 
de l'£xi9(ence de la loi ; e^est la questiou suppos^e par les aulreft, 
celle qui se pr^sente tont d'abord dansrordrelogique* — Quaiid 
il a 6t6niontr6 qu*uneloi existe, il footrexposer.Or, qoe com- 
prend son exposiCion? Nous le tr^uverons en aaaiyBant ce qoe 
renferme la notion mtoe de Loi» U&e loi est avant tout une 
r^le morale ; la destinalion premttos de ia ku est de tracer 
unedirectionmoralealayolonl^ ; on doit donc ^mmencer pttr 
exposerrobjet mimede la loi, ee qo^ellepreserit. Slais ily a i 
distingoer dans cet objet quelqoe chose de priocipal, le ibnd 
m6me de la ciiose prescrite ; et aossi qoelque chose d^aeces- 
soire, les cire<mstances ; circonstances qui sont le plus soo- 
vent de mode, de temps, de lieu. Ainsi, raodMioh de la Messe 
est prescritepar onelot! r<^et en loinnntoe, la choae pfaief- 
pale en soi est Tacte m^me d*auditioit; mait le Idgisbiteor peot 
prescrire uncertain RMNie d*aoditioil, exiger cette aodition de la 
messe k tel jour d^sign^, dans tel lieu, etc. ; ce sont les cir- 
constances de rdbjct. — Cette r&glemoraie, objet de laloi; esf 
impos^e k nne volont6 libre ; de la un nooveau titre danisrex- 
ItosiH<m, doSajetde laloi. — Elle lui est impos^e ptrta volont^ 
du I6gislateur, volont^ quipeot avoirplos oumoins d^inlensil^, 
c'est-a^dire, obliger le sujet sous peine de p6ch6 mortel, oo seo- 
l^mentsous peine de p6ch6 vtoiel; deUle tro.isi^e titre: de 
rintensit^. — La loi est 6tudi6e ainsi, dans tout cc qu'elle a d'in- 
trins^que : il est une demi6re qoestion, qoestion extrinsdqoe, 
celle de la dur6e : Quand commence la loi ? La loi peot-elle 
cesser, et comment ? Tels sont donc les titres qui se pr^sentent : 
Existence de la loi ; Ohjet de la k>l, soit en. lui-m^me , soit 
dans sescirconstances; Sujet; Intettsite; BnrSe, 

Cette dtvision de l'auteur revient soovent dans sa thtologie; 
nous Fy retrouvohs toutes lesfois qu^ils^^agitd^exposeruneloi: 
et le lecteur, en parcourant la Morale Speciale, pourra s'assu- 
rer que toujours toutcs les questions a traitcr sur un pr^epte 
quelconquc, trouvent naturellement place dans ce cadre simple 
otloj<ique. 

On vojtfaciicmeiil, d\ipr6s cct aporcu, qudlc doit 6tfc' la 




LXXXIif 

dwposiyon du Traite des Lois ; noiis ne nous airr^lerong donc 
p<mi( k i*analyser dans ehacnne de ses parties. 

Apr^s tes lois, r^les ext^rieures de racle humain, vient 1a 

Comnefwey rfegle ini^rieare. — . Qu'€sl-ce <jue la Conscienoe ? 

Judmtfm de licita^ tel illidtaie facti partwularis ponendi vel 

positi ab iHo qui jt^icat, Le but du Traite de la Gonscience est 

d^exposer, comment ce jugement pratique qui constitue essai- 

tieDeffient la conscience fait regle pour les actes humain». ^n 

qaoi eOQsisteradonc ce Trait^? A enum^rer lesdifT^rentes sortes 

de ^ements pratiques^ par lesquels on prononce que tel acle 

aposer oa d6j4 pos6 est licite ou itlicite; A montrer ensuite: 

sroa peui suivre iel jqgement de consciehce qoi nous pr^- 

seirte une aotloit «<^ame permise ; si Ton est tenu de suivre tel 

jageopieni de conseienee quinous presente un fdt commepr.os- 

crii par iHie loL Or, poor trouver en premier lieu les diS(§rented 

esptees 4^ conseieiicej9) rauteur examine, k ious le^ points die 

vue principaux^ ce qoe peut Hre un jugement de eotiscience. 

Sons le rappori de laconformit^ ^ jugemeni 4 son objet, on 

dislingue la cmiscience droite , ci la conscience erroiiee 

qui peui 6ire elle-m^me mndUe, invineihle, Sous le rapporl 

des ntotife qui appment le jugement, on divise la conscience 

«tt «OBseiencec^mne, soit absolumeiit, soit moralement, et en 

eoiisc;VeDcei?ic€7t£Zine; celle-ci & son tour se subdivise ainsi: 

conscienceti^^ prolHMe, probMe,. plus prohaUe, moins proba- 

bky dautem. Seus le rapport de la reglc qu'elle trace, la cons- 

cieace peut hix^ precepti^e, conseHlantc^ permimve. Enfm, au 

poinf de vae de la s^curit^ qd^ello donne, la eonscience est : 

stlre, plus sure^ perplexe, non perplexe, — Les differenles sor- 

tes de consciences ainsi obtenues ^ dans la seconde parlie du 

Trait^ pn pose ei r6sout, vts-a-vis chacune d'elles, les ques- 

lions dnoncees plns haut. 

L'acie humain ei ses r^gles eiant ainsi 6iudies en eux-m^mcs, 
il restc a traiter Des Rapporis de Vacte hjumain avec la loi. Es- 
quissoBS a grands traits cette maliere qui termine la Morale 
Generale. 

Dcs rapports de FActe humain avec la loi derivent : la Mo- 
raril6 deTacte httmain,-^sonM^rite et son Dem6rite, — IcRap- 
port de Tacte humain avecla fin demiere dc rhoBim«. 



Premi^emeiit, Jk la Uoraliie de VActehtmam. On la coa- 
sidfere BUCcessivemeDt en gen&a\ et dan» ses eep^es^ — Sovis le 
premier titrc, an se demande ; Les actes humains sont-ils sus- 
eeptibles de moratit^? D^odi se tire la maralit^ des acles hu- 
mains? Tout acte humain rev^t-il une mor^t6, en d'aatrcs 
termes, y a-t*il des actes indiff6rents? — Sous le secoiid iitre, 
an 6tudie par ordre la double Moralil6 Materielle et Fornielle 
^Mi faut distinguer dans les acteshumains ; et sur chacune dc 
ces moralit^s, Tauteur traite. Des Gonditions requi^^es pour 
telle mocaUt^ , de la Distinction sp6cifique ; de la Di^tinction nu- 
m^rique et de rintensit^ des acles moraux. 

Des rapports de Tacte humain avec la loi d^rivenl en second 
licu, avons-nous dit,le Merite eile D^m^rile 4e VActe t^unwin, 
II y a A tralter dans cette partie : !<> de Tacte m^ritoire : or il 
en a ^t^ parl6 d6ji aaTraitife de la Grice; 2» de Tacte d^m^ii- 
toire: Uhonune peut-il d^m^riter etpar quels actesf Quellcs 
sonl les cons^quenoes de Tacte d^m^ritoire ; 3<^ de racte iadif' 
fferent, sous le rappori du m6rite et du d6m6rile : L'honime 
pose-t-U de ces actes, et quand ? Quels en sont les r^sullats? 

Enfin ics rapports de Tacte humain avec la fin dernidre de 
rhomme sed^duisent de ce qui pr^oMe et peuvent se r^sumer 
ainsi : TActe m^ritoire est moyen direct pour la fin surnatu- 
relle de rhomme.; Tacte indiff^rent au point de vue du m6ri(e 
et du dem^rite est sans rapport direct avec la fin derni jre dc^ 
rhomme. 

Ainsi se termine la Morale G6n6rale. Nous en avons di( assez 
pour faire comprendre la marche de Tauteur; les qucstions de 
d^tail sontceUes qui se trouvent ordinairement dans une theo-; 
logie dassique 616mentaire. 

II. HORALE SPEGIALE, 



^ 



BES LOIS DlVmSS QUI FIXENT LES DEVOIRS DE L HOMME. 

Lois 6]&n£rales : Devoin de Vhomme 

Vis-a-vis Dieu;—vU-d-vU Luir-mSme: —vit-d-^is le Prochain. 

Low sp*ciALB8: Devoirs^iociauif^-^J^evoitadepMiii^y^^t^»—^^^^^^^ 

PQHtim tran^itoire. 

Le travail du (heologien , dans cette partie de la (heologie , 



\ LXXXV 

\ ti^est pasnKHJis Vasie id tttOiiis (MMnpliqc^ qiie dansla Jktgwa- 
^' ^ liquespdciale. II faut qu^il traite suceessivemeat, et en pariiea- 
^^ : lier, de ioutes l^ lais morales, au moyen desqueltes Dieu^irige 
^ ia voloiii<& de rhomme au bien.ei fait r6atiser ce bien a son ac-^ 
^^' I livit^. Nous avons vu i^auteur grouper ious les dogmes aulour 
^^^^i d'an centre natorel ; ne faire de toul rexpos^dogmaiique que 
^^^'^;; le d6velopp«metti r^g^itier d^une seuleid^e, mais id6e princi- 
'^^"i |)ale et so^veraine^ idee intiniinent feconde: une organisation 
*®"1 de m^me^ence va lier €«ire dles toutes les lois morales; ei 
^\ nousdev^iits au iecteur deluiiraeer toot d^abord ce p!an, d*ttti 
"^^"'1 (raH non Miierr€H»pu. 

I Toute lot est.fond^e sur des rapports ; pour arriver donc, par 
jcow Yj^jg d'analysei k classerdaiis lear ordre nalureiles fois divines 
^*^"*" qui bbligentl^homme, il laut partir des rapports qoe peui sou- 
^" I tet rr rhj&mitie, les ^tudicr^iidameBtalemeat, et yoir quand ces 
1^1^'' rappOris soiii voulus de Dieu, et par eons6queni devienneni 
\^^^f oldigatQHres». Or, plvmi ees rapports, il en est d'afoord de g^n6^ 
^^ \ rdiux^ qui soni eommunsa tiaus les hommes ; d^auires sont sp6* 
^^^\ <*iaux,iei£te regardent quecertaines personnes, certaines classes 
^- \ d'lu»niBes d^t^mla^es. De l^ une divi^on premiere dam les 
"^ loisdivines: Lois G6n6rslles, — loi* Sp^ciales, 
^^^ ' Toui hommi^ esi en rapport moral avec Dieu, avec Lui-mtoe, 
»^^' vi^ \ft Prodiain. Les Lois oIu^&ales impos6es par Dieu a 
cril^ riiomi!v«i «e diviseni donc ainsi : Lois g6n6rales qui fis^eut 

e ^ les devoirs de Vhomme vis-a-vis Dieu;— vis-i-vis Lui- 

\ m6me ; -^. . . ... vis-i^-^vis Id Prochain. 

<^ Fretni^rement^ Bes Devoirs de VHomme vis-a-vis Dvexj- 

^^ L'Homme esi ime cr6alure faite a rimage de IMcu ; de la entre 

•^ Dieu et rhomme desrapporis de similiiude ei des rapporis de 

(liff§rence ; rapports qui nous expliquent toutes les obligations 

. <L rhomme vis-a-vis Dieii, comme il r6suliera du d6velop- 

pemeni suivani. 

Dieu esi a kii-Eraeme sa fm ; en d'autres termes la fm de Dieu 
cst la possess^ii de faii-mtoe. Par soii Intelligence ifitinie, il 
§epos8^e sonvevainemeni en tani que Y6rii6 absolue ; par sa 
VoloBi^ infinie,. Mse poss^de pleinemeni eomme Souveratn 
j ^^ Bien : Et Dieu s'aime en tani que Blen le b6atifiani souverai- 
nenieal; H s^aime en tant quc Bicn absolu. 

8* 



^l 



LXXXVi 

Oc^ l'hoaime fett i rimage de Dieo ,-« aus^ Dten poor fin ; 
rq)poF( de simifitudet d'o6 d^rive on prefmcr pr6cepte ftm-^ 
damentai pour rhonune, a savoir: VObUgatim de tendrs a 
Dieu comme a sa fin^ en d^aotres termes, de rappcrt^r «as 
aetes a Bteii. — Dieu en faisant rhomme a son image , lui a 
donn^ UBointeUigeBce capable de saisir Dieu, une intettigenee 
qni tend ik DieUt y^rit^absolue; d'oii rohligation pour l'homme 
de s*attacher a Dieu, en tant qu^il est la V^rit^ mtoe ; Pfe'-- 
cepte de la Foi* -^Dicu aussi a dou6 rhemme d'une voloftt^, 
volont^ foile a Timage de la volont6 divine , qui est capable de 
saisir Dieu, Sonverain Bien, et qui tend k Cettc possession de 
Dieo. EtThomme peutaimerDieu, d'{d>ord comme Bicn leb^- 
tiftant ; de U le Prdcepte de VEsperance: puis comme bien ab- 
solu , d'oii le Precepte de la Charit^, - 

Mais rhomme, outreces rapporls da sfmilitude, a un lap- 
port de diff^ence essenticHe avec Dieu, Dieu est a $e, soo- 
verainement ind^pendant : rhonune est cr6ature, d^pehiiant de 
de Dieu dans tont son ^tre ; de la Ife Pr^cepte de Religion qoi 
obiige rhottmie arecon&aitre, par eertains actes , le Souveraln 
Domaine de Dieu sur }ui : pr^eepte de Religion qdi ^qnivaot a 
autant de sous-pr^epjtes qu'ii y a d'actesprincipaor dereU^n 
preserits par la loi diviRe. Ory il est des actes de religion qui 
ebligent al>solument :^(fora^oH,iVi^e; ilen csld^anlfes (pi 
oblifent hypotli^tiquentcnt : Penitence, Accomplissement du 
Vwn, B^leg relatives au 5ermen^— Et ce culte imquel Thomx 
me est tenu vis-^-vis Dieu, ne doitpas ttre puremeni int^riear, 
l'homme, Espritet Corps, membre d^une soci^t^ , doit mahi- 
fester pat le Culte eocterie%fr ses dcnttments int^rieurs d*adera- 
tion pour Dicu. — Etir^$unt6 donc, Thomme a^avec Dieu des 
rapporls4e similitudeetdesrapportsdedifF^rence; etTanalyse 
de cesrapports nous a foumi l'explication, la classitlcation logi- 
que des prfeceptes qui nous obligent vis^-vis Dieu^ 

Mais tiwate loi a sa pattie pvohibitive oo negative ; par eela 
m^me qu^elle preserit un acte, elle, d^fend fomissionde te 
m^me acte, elle interdit Tacie qui lut est oppos6. Aprfes avoir 
e\pos6 la partie pr^ceptive d'une foi) il y a donclieu de traiter 
des p6ch6s.-oppos6s a cetlfe loi, quand sous ce titrc dolvent-se 
presenler de nouvcHes questions int6ressantes qui Hff troaven 



LXXXVII 

^ pas> stir ioits les potnts une soltitfon saffidanl^^ daifs la pre- 

I «d^re fiartie. €*esl ce qae foU Fautear a la ^e de to«9 hss 

thtologieng, pour lespr^ceptes de la Foi, de r£sp6rawse- et* de 
R^gis»i« . 

Exposons 1» Le» P^chh opposes m preeepte de la Foi. En g6- 

B^ral^-est p^h^ dire^temeat oppos^au pr^epie de la foi, ia 

B^ation de la foi< La n^gation ou priyation de la foi, dans une 

p^rsDnliejqiii n'ajamaisLppofess6 ie>Ch£istianisnae, a'est le p^- 

ch^ d^Infideliie'^ ia n^gation de touleJa foi, dans une personne 

<pia inrQfess^ le Xhristianisme, c'est le pech6 d^Apostctsie; la 

n^tion d'uBe ou de piuiHeurs v6rit6s de foi caifaolique, dans 

m ehr6tien, c'est VHtrem. — :.29 PeeMs oppos;es m pr^cepte de 

fEsp4r(Bmce : ^Presomptim ,. quaiMi on esp^re d^une n^i^re 

d6sordon1Dt6e^ Desespoir, qmnd on d6sesp6re. 

, ^ Peches. opposesM^ Religion. Ils sont moitiples ; l*autenr les 

cjasse d'^<^'^s id6es suivantes; Rendre un cuitc aDieu, cVst 

parjiaroles ou par actions rendre gloire'^ Dieu, proclamer ses 

attdimU. li y anra done p6ch6 coitU-e la Relrgion, toutes les fois 

^!oji pro^rera une parole, qu'on posera un fait ou ni^me une 

emissioa d^acie^ d'oi)i r^sulie une injure pour Dieu. Or, toute 

parole iDJurieuse a Dieu, sdt imm^diatementy e'est^-dire, in- 

iiirieuse. d Dieu m^me ; soii mMiatement^ c^est^^^-^e, ii^u- 

T^use k uue. personae ou k une chose, qui ont des rapports 

^VKAV»aYecDien, constitue le p6ch6 de BUtspheme propremeni 

^t;— \]at?aVe$i ii)jarieax^Di«u,quand il peut se Iruduirfe par 

uneJQmMdeinjiirieHse a Dieu. 11 estinjHrieux k Dieu imm6dia- 

tejnent. od ni^diaiemeni, sdon que la formule.lt laqu6I|e i 

6qmysai\ esr( jiyarieuse a Dieu directement, ou bien & une per- 

sonne. ou chose CQaisacr6es^ Dieu. Si Ton^veut savoir de coms 

Men de maitfeEes .un (ait peut ^e injuHeuK^ Dieu, sous le 

preo^ef poiiit ie yue, il fautrechercher de Combien de mani^re- 

laformule 41aqU€aie il 6quivaut, peut 6lre eller-m6me iiqurieuse 

k Dieu insm^iatement. Or, cette formule peut renfermer nne 

injure poBP Dieu; ou parce qu^elle suppose une fausse qua- 

Ki6 en Dieu;de la les p6«b68 suivanls eontre la Religion: 

Gutlevain, Culte fmas P4irjitre; ou parce qu*elle exprlme la 

B^gatioo ou ledoute sur une dcs perfcctions divihes: Heresie^ 

TentnUio^n de JHeu ; ou parce <|u'ello assimilc la cr6ature i 



Dieu: Id&latriey IHvmation et Vaine Ohtgrmnee. EDftHy ecHis* 
liluent nne injure m^diate contre Dien : le SactiUffe^ qai esC I» 
violalion, le traitement indigne d'ime chose saiate ; la Simonie, 
qui rabaisse les choses sainles au niveau des choses tempo« 
relles ; en troisitoe lieo, la Violationdu Vceu, 

Telles sont les lois divines gto^ralesoMigeant l*hoiiiiiie yis-* 
a-vis Dieu. 

L'Homme, en second lieu) a des Bemirs tn>*a-t9M Xtct- 
me'me, qui lui sont impos^s immifediatement par Dieu. 

Image de Dieu, membre d^on corps dofit J6sus-Chri9t est le 
chcf, destin^ k proeurer la gloire^ de Dieu par la vision intak 
tive, it doit s'aimer et s'aimer d'un amoiB- r^gl^. ^ L^homme 
est & la fois dme et corps ; entre l'4me et le corps , il y a des 
rapports ^tablts de Dieu vrapportt d'union; de la robligation 
pour Iliomme de respecter cette radon, de ne rien &h-e qoi la 
brise, de rentretemr : rapports de dependance; obtigatlonL poar 
rtiomme de soumettre la partie infMeure 4 la partie «ap6- 
ricttre: rapports de developpement ; ^ligaction pour rhomme 
de ne pas d^velopper Fune des deux vies eorpordle et qHri-' 
tuelle, aux d^peiis de Tautre ; mais de lcs d^velopper «ottfor-^ 
m^ment a Tordre; . - 

Sous le tttre des P^ches oppoeiis k ces pr^cepies, il y a liea 
de traiter sp^daiement de rAmoor desordonn^ de ^mme 
pour lui-m^e, duquel amoor d^sordonn^d^riventlQgi<piemeni 
lej» Pebh^ CapitaaK.-£» effet» rhomme peut s^aimer d'u& 
amour. d^sordoun^, et dans son ^ime, et dans ses sen», et dans 
les Hchesdes, ce qai nous donne: YOrgueitU « af^etitus inor'* 
dmatus -propri« exoellentiae; » la (roKrmamft^e, « appetitits 
ioordmatos cibi etpotiks ; » ]a iMxure^ « appeUtus inordhiatas 
rei Yenere»; » laParme « £astidiom et negligentia rerum qu» 
suntex praBcepto, jpropter laborem et molesiiam ipsis ad|ano- 
(am; » VAvaricei « appetitus inordlnatas bonoram teinpora- 
liuni. » De plus, rhonuoe peat s'aimer teltement p^c dessus 
toul, se faire a un tel^int centre de tout> qu*!! regarde lehi^n 
des autres comme nne privaitiem de bien pour lui, coinme soii 
mal, et leurmal wmme son Irien; delarj5«we. EHOoylliom- 
me peut s'aimer d*UHe mnfii^re d^ordonn^, en ce sens qwMl 
roi)ousse d'une maniere d^sordonn6e tout ce qui fait obstacle 4 
scii egoisme, ct c'csl la lc p6ch6 de CoUre. 



LXXXIX 

L*homiii^ ii'est poiai seul dans le monde ; il y renc<mlr&d€8 
dtres moraux qai eomEtte luioai Dieu pour fm, qui spnt ses pro-* 
cfaes; entre ces dtres et lui it y a certalns rapports yoqIus d& 
Dieu, ce qui constitue une Bouvelle classe de devoirs : Bewnrs 
de Vhomme vis-d-vis U pbochaux. Quels sont cesdevoirs? 

BieU) en donnant fli cliaque homme une^n, en le plat^ant sur 
la terre au miiieu d^autres ^tres semblaMes a lui, pour y pasdefr 
nn temps d^^preuTe , a mis a sa disposttion un certain nombre 
de moyeiis qui doivent lui procurer robtention de sa iRn. ydu« 
lasA Sa fin eteons6quemmenl le perfectionnement de Fhoihmey 
tl yeni permafnemment pour lui la libre possession de oe» 
moyenB ; de l^ d^riye 4e droit de rfaomme sur lul-m^me, sur 
ses faGUh^s, sur certaias biens distincts de sa personne ; et 
eons^queimnent, la Loide Jmtice, qui defend a rh«)mme^e tIo- 
ler le droit de son «embiable, qui Toblige k restituer ee droit 
quandil a ei6 yio}^. 

• Mais ce ne sont^ que de» rapports n^gaiifs de Tlibmmea 

1'honHne; ei cependiauai rhomme est notro ptochain. bnage de 

Dieu, membre avec nous d'un m^me cerps dont J6sQS-€hrist 

est le chef, destin^ k procurer comme nous la gloire de Dieu 

par la vision intuitive, il nous est vraiment proche ; nbus som- 

wes tenasde l'aimer parlam^me loi de Qiarit^ qm nous ohlige 

^L aLimer Dieu ei a nous aimer nous-m^mes. De- 14 les rapports 

p^iUI» de rhomme avec rhomme qqi constitueni Isl Loi^ 

CAarire'.— Aimer rhomme, c'est vouloir sonbien, c'esi se eom- 

plaire dans son bien ; Tamour de Thomme pour Thomme dott 

donc Mre d'abord inte'rieur, Mais, si nous sommes tenus de 

voulofr le bien de rhommejiious sommes ienus de le r^aliser, 

soildan8l*<)rdre spirituelj soil dans Tordre temporel, toates les 

lois quenoire prochain estdans le besoin, et que rienne nous 

4fepeD6e.de le secourir; De la ces pr^ceples d6riv6s: Dela 

€orreciion fraternelle ,De VAiimdm, 

' Seront P^cMs oppos^s a la Charit^ pour ie prochain, la 

Maine tkt prochain d-abord; puis tout acte ext^rieur par le- 

quel nous proourons le m«il du prochain, dans qudkiu^ordire 

qiie ce sOil ; sp^ciatement, le Scdndale, la Cooperaldon au mal 

du prochfiin. 

Nous counaissbns loutes les* lois gen^rales qui soni: imposees 



imsiediAleuieiit a rhommc ^v son Gr^aleiir. II reste a expo- 
sor \e& LoisSpecialei, eti d'au(res termes lefl DevoirsSp^ciaux 
qui obligent eerlaius hommes. L'Auteur les claase ainsi : De* 
voir« Sociaux ; — Devoirs de Position Fixe; — Devoirs de Po- 
Bition Transitoire. i 

Leti Devoirs Sociaux ' se subdmseal, d^apr^ ies id^essui- 
vantes.^11 y a Iroissoci^t^svoulues deJ)ieu, Idi Soeiete DmneS" 
iiquep laSocieleEcclesiastique, la Societe Cimle. 

£t dans chacune de ces aoci6t6s, de m6me qu'il y a deux 
personnes principales, le Pouvoir et le Sujet; ilfeut distingtter 
deux classes d^ohhgations, celles du Pouvoir et.ceUesdu Sujet: 
Aittsi, dans la sociele de famille par ex., nous obtenons les 
devoirs suivants : Vevoirs des Veres et Meres, vis-a-vis teurs 
eufunU, et cntr'eux ; devoirs des Unfanis visna-vis leurs peres 
et mvres, Des devoirs analogues se rattachent aux deox autres 
societes. 

Les Devoirs de PosUion Fixe resultent ordinairement cl'un 
quasi-conlrat ; teis sont par ex. les fonclions de M^decin, 
dVivocal, etc, 

Les Devoirs d^ Position TransUoire sont «eux du Ttoioin, 
de rAccus6, elc. 

Teiie est celte classification de toutes les lois divines qui 
ubligent rhomme: le lecteur,*si notre analyse n'esl pas trop 
imparfaile, aura rcconnu facilcment que la maniere de proc6- 
der dc raoteur le ^uil parlout, qiie c'esl fqujours la m6me 
marchc, simple, logique, fondameutale. 

Nous ne nous arr6tcrons point a analyser la maniere dont 
Tauteur traite de chacune de ces lois en particulier; dans la 
partie preceptive, il suit toojours la marche traceb au Trait^ 
des Lois ; c'est-a-dire, <[u'apr^s avoir prouv6 rExistence do la 
loi, il Texpose successivemcnt : quant a r0bjet,5oit cn lui- 
meme, soit dans ses circonstauces; quant au Sujet et quant k 
ITntensite. — Dans la partie negative , il se demande sur les 
Peches oppos6s au pr^ccpte : Tel fail, tel acle, sont-ils peches? 
Quelle estTespece du p6che? Quelle en est rintensit^. 

De loules les lois ci-enonc<^es , cellc qui exigeait le jjIus de 
dcvoloppemenl est la Ijoi de Jmlice. Elle compose cn elTet un 



XCI 

de^ Trai(6s les plos importanls de la tli^ologie moiiale. Csquis* 
sons rapidement le tad)ieaii de ce Trait6 tel que noas le trou« 
vons dans rautenr. 

L.a Loi de lustice d^rive du Droit. An titre « Loi de Justice a 
Vaateiir substitue donc celui-ci : Du Droit et de ses Conse''- 
q^temees : (itre qui nous montre , en t^te du Traite , group^es 
et r^umes en soi , les deux grandes id^es qui vont amener tout 
le d^veloppement. La matiere se divise natureYlement en deux 
parties : Du Broit ; — Des Gons^quences du Droit. 

Premi^rement, Du Droit* On peut eonsid^er le droit sous 
deox points de vue : en gen^ral, dans ses e^^oes. DansT^tude 
d» Droit SN GfiNi^AL , rauteur traite succes»Lvement des Gon- 
ditioaS) — ^De r£Yistenee,^et des Propri^t^s du droit. 

Dans la seconde division « Des DroUs bn particuueb » il 

parle d'sdK>rd des DroUs ^IH^Uy d'ot%derivent n^essairement 

tout antre droit ; puis il 6tudie les Droits de VBomme. Or jons 

les droits de Thomme ^tant de concession divine , la division 

premi^re 6tablie entre eux est celle^ci: Ddls Droits de conees- 

sioa divine immediate ; --' Des Droits de coQcession mediate* 

Qaels sont, en premier lieu , les droits eonc6d6s immediate- 

ment ^ rhomme par Dieu? L^auteur les clfisse ainsi: Droilsde 

VHotame — sur sa Yie etsesFacuU^s ; — sur le Prodnit de ses 

taeuiUs;.^^ \es choses qui ne sont pas le produit de ses fa- 

cnltte. Or^lss droits de THomme sur les choses qui ne soiit 

pas le pwoSmi de ses facult^s sont eux-mdmes multiples. D 

faat disf/nguer: lo le droit sur les Choses Spirituelles ; ^ le droit 

sur les Chases CorporeUes: et relativement aux choses coipordles, 

il y a : 1 . les droits de rfndi vidu, droi t d^Occupation^ droit d'Usu- 

frait,droif de Pl>Dpri6t6;2.1e droitdeHaut Domainedu pouvoir 

soit Gvil 8(Ai Eccl^siastiqQe. Tels sont les. difil^rents droits de 

concession divine immediate, dont Fauteur 6tablit la 16gitimit6 

et expose T^endue. 

Les droits de concession m6diate d^rivent eux^m^mes on dn 
Gontrat, ou de la Loi ; de l^ une premi^e subdivision. -^ La 
premi^re classe de droits forme on Trait^ a part, celni des 
Gontrat».— Quant aux Droits conc^des par la IM, ils sofit de 
deux sortes : les droits conc6d6t par la Loi CivUe, les droits 

9 



XCil 

eonaMte pm l^ Lai Eceyiiastique; ei ron arrive enftaile^chaP- 
qiie esp^ de drohs conc^d^, soit par laloi ciyile: DroU» 
d^adminisiration, d^usnfrait etc; soit par la loi Ecel^astiqae : 
4iiisi,le droit Gonc6d6 parle Goncordat aux possesseurs debieiis 
eecldsiastiqoes, etc. 

Les diff6rents droits ^tant expos^s de la sorte dans la pre— 
initee partie da Trait^, on ^ta^e dans la seconde les Conse'" 
^uences 4u dnAU Or, il faut distingner les Gons6quences Pre- 
mi^res, lesqaelles ne sont autre ehose que la loi de juslice dan^ 
sa forme g^n^rale;— les Gons6quences Secondes, c^est-^-dire, 
les applications de la loi de justice aux dlffferents droits, ea 
d*autres termes, les diff(ferenie8 esp^es d*injnstices, 

Premi^ement, Des Cons^uenm PaEitifeRES, oviDelaLoide 
Jmiice, Deux parties dans cette loi : une partie prohibitwe^ 
robUgHition de nepas violer le droit d^autrai; une partie pr4eep^ 
iive^ roUigaUon de restituer ce droit, quand il a 6t6 16s^.— ' 
L^auteur nous semble avoir expos^, d'une mani^re remarquable 
de justesse et de etart^, les principe» de justice.En g^n^ral, il 
«'fl^plique principalement, danssa th^ologiemorale, aformuler 
les principes d*unemaniire logiqae, a montrer tool ce qu*iJ» 
s'en0&rment> & faire pres^niir ce qui en d^riye.Toaten les ap* 
pliqaani k des cas sp^ciaax, autant quecela est reqmsponT en 
4oniier une inteUigence claire ei compl^te, 11 juge plus impor* 
taU de s'appesaniir sor lesprincipes, qne sur les ^pplications 
de d^lall. Upe th^ogie morale n*est poini en effei un Dic* 
.lionnaire de cas de conscience, j^^solui^-on d^ns an coqrs 
de th^ologie mille cas de conscienoe «ur teQe mati^re donn^e, 
ie premier qui se pr^seniera av pn&tredans le mimst^repourra 
rey^ une circonstanee sp^ciale, qui eu fera un cas pra- 
iiqne essentiellement disiinct dQ ious ceux qu'il avait 6ludi6s ; 
ei s'il ne possfede pdni ses principes a fond, s^il ne comprend 
pas comme ils doiveni ^tre combin^s, dans certains cas, pour 
amener k nne solution juste, ses d^cisions «eront souvent .d6- 
fectueuses. Mais si, ao contraire, il a vraimeni la science des 
principes, rapplication k en faire aux cas ordinaires ne remba- 
rassera poini et sera habituellemeai jusie. 

L'auteur, pour ^tudier d'uae maai^recoa\plete lesdeux.par- 



XCIIl 

Ues dii j^rl^ceple, |^Q$e ei Tfkmd vis-a-f \i9 chacane d*eUe& les 
qqeslions qu^il traiie ordina&ement sar tDuie esp^ce de loi. — 
Mpnir(Hisau lecteur commenices titreis am^nent naturellement 
toutes les mati^res int^ressantes des deux. pr^ceptes« 

Premi^ement, Article ProhiUUf, — Existence du prtoepte : 

Onprouve qu'il est d^fendua l'homme, de l^ser les.droits de 

soa semblable. — Objet du pr6cepte : Que d^fend le precepte? 

a Onuiia et sok facta conditionibus injustiti» stricta^ vestita^ 

sive Laedatur jus proximi in bonis possessis «ive laedatur jus m 

bonis speratis.» Dela, comme explication de cette propositiofi^: 

QaeHes sont les conditions de Finjiistice stricte vis-a-vis les 

hiens poss^d^s?...» vis-i-visJes biens esp^r6s?-r- Swjet dupre- 

ceple : Sont soumis au pr6cepte ious les faommes. — Intemite : 

L'injustice est-eUe d^fendue sous peine de p^h6 moriel, ou 

seulemeat sous peipe de pj6ch6 v^niel ? 

Secondemeni, Article Pr6ceptif, ou dela Restitutim, -^ Eccii- 

tence du pr^cepte : L'homme est-il tend de restituer a ralson 

d'une injustice stricte? Question qui se subdivise en autani de 

sous-questions qu'il y a d'esp^ees d^inju^tices ; cons^quemment: 

£sl-il ienu d^ restituer, a raisQU d'une injustice purement for* 

meUe?....purementmaterielIe?..,. mat6iieUe et formelle^^pr^ 

venir (possession debonnefoi)?.... mat6rielle et formelle i r^- 

^ww f^ossession de mauvaise foi)? — Objet dn pr6cepte, e» 

lui-m^ : A. quoi oblige le precepte ? a la r^paration du dom- 

mage. Objeldan^ ^es circonstances : Gombien fant-il restitueist 

Aqai? Qoand? Oii ?-Aux d^pens de qui? Aux p6rils de qui? 

chacane de ces circonstances est d^velopp^e par ordre ; lcs 

denx premi^res questions sout ceUes qui am^(ient le plus de 

d^veloppements, comme le lecteiir peut le pr^voir. Telle est 

robligation de restituer : elle peut cesser, pose certaines causes 

qui dispensent ; il faut donc pourtraiter coa^lfetemenl der<rt)jet 

du pr^cepte, exposer les causes qui dispenseni de la reslitution. 

— Les deux derniers titres « tlu Sujet du pr6cepte, et d^ son 

Intensit^, am^nentdes questionsfacilementpr^vues. 

Tels soat les Princ^ea directs qai constituentla loi dejuf^tice. 
Mais dans les cas de doute, il faut de pLns des principes auxi- 
liaires pour savoir qui poss^de, dola liberi^ ou ie la loi? sans 
doute ou trouVe ces» prineipes expos^s substantieUement dans le 



/N 



/. 



XCIV 

Trait6 de la Conscience ; tnais Tapplieation de «eftprmcipesai» 
cas de jostice 6tani aussi importantc que parfois compUquto, 
Fauteur en traite sous un tilre subsidiaire : Des Principes RefU^ 
xe$ en mati^re de justice. — II expose donc d*abord avee m6* 
thode les principaux cas de doute qui peuyent se pr^senter, et 
d6iermine dans chaque cas, Qui possMe, de la libert^ ou de la loi. 

Les Cons6quences premi^res du droti ^tant ainsi 6tadi^8, 
Fauieur passe aux Cons^qnences Secondes, ou Corollaires de la 
loi de justice ; en d'autres iermes, il traiie des diff6renies E$- 
pices dHnjustices. 

Or, une injusiice peui diffgrer d^une aulre « ratione vel facli 
l»dentis, vel objecti Issi. » De U cette division principale : 
« De Speciebus injustitis ex naturd facti deductis; — De Spe- 
elebus injustitiae ex ohjecto lcesionis deduciis. » 

An poini de vue de la nature du faii injusie : il faui disiinguer 
la Cause Directe, la Cause Occasionnelle, la Cause N6gaiive. 
La Cimse Directe peui-^tre elle-mdme, immediate : Yol, D^ten^ 
tibn , Damnification ; m^iate: Conunandementj Conseil, Faits 
^ivalents ; instrumentale. -^ Au poinl de vue de la nature de 
robjei Us^ : il y anra autani dMnjustices diffgrentes, gn*il y a 
d'esp^es de biens k T^gard desquels on peui-dtre injuste vis- 
i-vis le prochaln. Or, on peut I6ser le prochain i^ daus les 
Biens SpirituelSy spii inirins^ues, soit extrlnsfequcs ;-4an8 lcs 
biens spirfiuels intrim^ques ; par ioui acte qui lui enl^ve le 
Sbre exercice deses facult^s, specialement par la Crainie ei par 
la Coaction ;-^dans les biens spirituels extrinseques ; par iout 
acte qui le prive de la v^rii^, sp^cialemenl par le Mensonge et 
par la Yiolation du Secrei ; par toui acte qui d^truii ou di- 
minue la r6putation du prochain. On peut I^ser le prochain ^ 
dans les Biens Corporels ^soii intrins^ques soit exirins^ues ; — 
dans les biens corporels intrinsdques : « per Homicidium, Stru- 
prum, Adulterium ; » — dans les biens corporels extrinseques : 
par tout acte qui l&se dans les biens de fortune, soit Tindivida, 
soii la soci^t^. 

Snr chacun des faits ci-6nonc6s Fauteur se dcniande : Tel 
acie esl-il injuste, et oblige-i-il k restilution? — Dans l'hypo- 
ih^e affirmative, que faut-il resiiiuer ? 

Une fols qu'ou a trait6 ainSi des Consequences Premiferes et 



xcv 

fle9 GoosiqBieotes SecoBdes du I>roU, apr^B avoir p«rl6 aapdh 
rayant da Droit lui-inime, la Loi de Justioe est ^Uidi^e d*uiie 
jDaniere compl^, i^ sod vrai poiut de vue logique. Nouster- 
minercms l^ notre amalyse de la Morale; ce qui a 6i& dit snffit 
poor JnitieT le lecteur au genre de cette thtologie* 



LeB IjOiB Morales eomposent avec les I^ois Dogmatiques toiite 
rExposition th6ologique, puisque les Lois Ecol^siastiques sont 
VQVk)eC du Drpit-^Ganon. N^moins il est certains Pr^eptes 
Ecd^sijastiques que Ton a i^habitude de trouyer dans toute 
Moio^e, sayoir : ceux qui concement les Diraanches et FMe«, 
Jaloi de rOfficeDivin, le Pr^eptjBduJe^hieet derAbstip^Hce. 
Cest par leur exposition que se termine Touyrage. Ces lois 
n'6iapt autre chose que Tapplication, le mode d'obseryationde 
ceriaines loisdiyines, rauteur rappdantces lois, djspose danf 
le m^me ordre les pri^ceptes eccl^siastiques qui leur correspon- 
4en(. 



leUe e&l eette th^ologie dont la publication nous a paru deyoir 
dlre uiae au Clerg^, et spfecialement aux S6minaires. EHe con^ 
tribuera, boqs Fesp^rons, a enlretenir et d^velopper dans nos 
^les le gqtii pour les bonnes et fortes 6tudes th^logiques. 

Le lecleara pule yoir, il y a danscet ouyrage biendesqua- 
hi^ qui noos paraissent pr^cieuses. On y rencontre une puis- 
sante organisation d^ensemble, et unem^thode de d^tail sim- 
ple, uniforme, logique. L*esprit, en suiyant la marche de 
Tauteur, s^accoulume k ^tudier toujours le fond des questions , 
a les p^n^er dans ee qu'elles ont de plus intrins^ue; les 
parttes de la science ne yiennent pas se fixer isol^ment dans 
rintelligence, sans liens qui les raitachent, sans rapports qui 
les nnissent,, sans centre qui les groupe. L'auteur nous place , 
dfcs lc eommencemeot, d un yaste point de vue, d'oi)i il d^roule 
succcssiyement sous nos yeuxtout ie tableau de lath^olofie. 



XCVI 

£i noiM voyoDs apparattre, k mi hai^ degr^ dam tm latlean 
runil^ et rharmonie qut loiit la beantft d*otte doctrine^ le ca- 
chet de la seience. Cette mani^e de proc^der, onle con^t, 
doit fivoriser beaacoap la clart^ d^exposition, et contribuer 
puissamraent k rendre subsUmtielles lesid^d*nnaoteur. Aos- 
si, pouvons nous le dire, de l^aveu de tous ceux qui Tont en- ^ 
tendtt oo lu, lHonsieur Fraignibr est, avant tout, clair et subs- 
tantiel dans son exposition. 

Le lecteur aura remarqu^ : que Tauteur airae k ^^appesantir 
sur lesd^monstrations en rapport avec les besoins du temps , 
avec les id^es de rEpoque ; quMI ne n^glige aueuneoccasion de 
montrer tout ce qne comprend la science th^ologiqae, eom- 
bien est vaste son objet , A quelles hauteurs elle &*elfeve et 
comme elle domine toutes les autres sciences. Lors m^ine 
qu'il ne peut d^vclopper toujours les id^es substantielies et 
fifecondes qui se pr6sentent pour com(46ter sa Ih^ , du moins 
il les r6sume ; ii trace k i'^l^ve un canevas bien ordonnd , 
que des ^todes post^ieores rempliront avec froil. 

Et cette th^ologie dontnous rendons compte , elle n'esf point 
k r^tat d*essai, comme th^ologie classique ; c'est celle qa*a 
toujours profess^e Fauteur, la perfectionnant chaque ann^e 
d'apr^s les id^es nouveiles quMI acqu^rait, d'aprfes son exp^- 
rience de Tenseignement; c'est bien le genre de rEcoledeS^- 
Thomas,c'estbienlam^thode scolastique, sauf les terminologies 
qui seraient obscures aiyourd'hui. 



Quant a rOrthodoxie d'enaeignement , nous qui avons 
v^cu avec rauteur et qui connaissons ses doctrines, nous 
pubtions son cours avec une enti^e confiance eu son or- 
thodove. De peur cependant qull ne ki soit dcfaapp6 quelque 
erreur involontaire, en traitant ainsi toutrensemble des ques- 
tions th^ologiques, nous nous empressons ded^elarer, conune 
il raurait fait lui-mdme, que nous soumettous en toute humilite 
son ouvrage k r£glise Catholique, dont ila toujours ^t^ren£uit 
d^voue ; en particulier a la Sainte Eglise Romaine,.mer.e et mai- 



XCVII 

tresse de loutes les Eglise§,a cette Chaire de Pierre ou siifege 
Celoi qui a re^u de I^sus-Christ la mission de confinner ses 
Irdres dans la Foi. 



•XiV'' 



ERRATA. 



Pagina. LineA. 

4 10 Theologia revelata est ; scientia religionis natch 
ralis etc.,2e^eTheologiareyelata est: scientia reli- 
gionis revelats , seu manifestatione extem^ Dei 
transmissae«Theologianaturalis est, jaxta multos: 
scientid religionis naturalis y seu religionis , quae 
solA ratione etc* 
19 11 Post: ratio inductiva realitatem subjectivam et 
objectivam , generalitatem que legum nataraB ; 
omissd propoiitione iequenti^ lege immediati: ra- 
tio absohita realitatem sobjectivam et objectivam, 
generalitatem, necessitatem principiorum absolu- 
tonim. 

81, lege sft. 

potest, lege possont. 

neturale, l^e naturale. 

naturala, lege naturale. 

historiae, lege historid. 

deducta, lege deductas. 

deprumptum, lege depromptum. 

De, kge Dei. 

Apologetici, lege Apologists. 

suppositii, kge supposititii. 

eommenticia, lege commentitia. 

occnrant, lege occurrant. 

vigenti, lege viginti. 

i2.,le^6§3. 

intendimus agere. De statu etc, lege intendimus 
agere de statu etc. 

la mineure qui unit ces trois propositions , lege 
la mineure qai unit ces deux proposittons. 

du bien relatifs, lege du bien relatif. 

da Bien absolus, lege du Bien absolu. 



33 


21 


53 


1 


%i 


23 


ib. 


21 


93 


15 


109 


10 


177 


29 


190 


17 


195 


7 


198 


13 


m 


24 


209 


7 


m 


7 


252 


23 


253 


10 


279 


35 


281 


25 


ib. 


26 



Viiimi 


. Unci 


299 


3 


323 ' 


34 


332 


30 


3*1 


24 


366 


24 


37* 


3 


373 


26 


382 


9 



. plns avili que chcz 1a brulc , lcge plus avili qoe 
dans la brute. 

%2.,lege II. 

13., lege llh 

surtout dans leurs doctrines , lege surtoai dans 
leurs parlies. 

librorum qus, lege librorum qui. 

propbeias, lege prophetias. 

coelio, lege coelo. 

nsque ad annum 65 aut 66, legeusqae ad aimum 
95 aut %. 

ne peut i6re, lege ne peut dtre. ' 
Alia errata, quae propter editormn absentiam obrepseruni, 
lector emendabit. 



m ^ 



THEOLOGIA 

OOGHiTICA Ef HORALIS. 



NOnONES VRMyiJE. 

§ l. Dbfinitiones. — Tlreologia, juxta vim nominift, 
est: « SciBftTiA DEDfio. 3 

Aqoibusdam definitur: < Scibntia RfiLi^ioiKts. » 

Definiitane& pr8adieta& untim Hlemque objeGtQm os- 
(eodunt sub d^plici respectu, quod facil^ constdbit ex 
earum explicatione. 

In du^u s defimtionibus» tbeologia dieitur scimtia. 

SdLentia autem iu genere est : coUeetio veritatum ex 
^mfApii^ deduclarum , €t dispositione mturali eoor- 
dmalorum. — Tria proinde requimniuT ad con^tituea- 
dam fcientiafo:: Principia et QmolmiQnes , qua& sunt 
quasi tmteria ; Coordinatio materise , qum est qua«i 
forMa $Cf6ntttB. 

Principia autem gunt veritates aut judicia — prima' 
ria^ ide^t » ab fdtis judieiis uOn deducta ; — certa, non 
certitudloe idfalr laiHuiz), sed abjectiv&« quibu9pro^ 
nuotialur absque erraudi 'fon&idme, non solum aUri- 
butum ideato eotirenire aut non cQnvenire subjeeto 
ideali, sed ettam attributuin reaje convenireaut noti 
eonv^ire subjteeto reali; — fscundai id est> €« qui- 
bus yel quorum ope productmiur judicia seemi<kria.. 

i 



— 2 — 

Conclusiones sunl: judicia ex(>rineipiis<]€ilucta. 

Goordinatioesl:dispositioycri(a(um seeuQdum rela- 
tiooeses carum natur^ fluentes. 

ScieDtta triplex dislingui potest isSricle dieia, qus^ 
procedit a principiis evidentibus ; late dicla^ quie pro • 
cedit ex principiis certis quidem^ sed non evidentibus; 
mixtaj quse procedit partim k principiis evidentibus, 
partim a principiis cerlis tanlum. — Theologia est scien- 
tiarnixtay ut constabitcxinfr& diccndis. 

Qu8e sequuntur designant objectum scientiae theolo- 
ficee. 

Juxta primam definitionem , objectom Iheologtas est 
Decs. 

Deus autem la theoIogi& consideratur quoaid Exis- 
ientiam, Proprietates et Attributa. — Atlribula ezami- 
nantur in se, in actu. — In actu: stye adintrd^ seu in 
Trinitate ; sive adextra^ seu in Crealione, Conserva- 
tione, Providentift in ordine tiim iHrturaU, tiim super- 
naturali. — Providentiam in wdioe BUpernatfiraU %xer- 
cct Deus, destinando hominem ad finem silpemaiura- 
lem, iifum adjuvando et dirigenda ad hunc finem^-^ 
Dirigitur homo medio iegum tpsiimpositarum, sive 
immediate h Deo, sive mediate per potestates ^ivmitus 
ordinatas. 

Proinde vcritates theologieae suut, aliae sp^eulaiivmj 
quae credenda proponunt ; alifie practite&^ qu» traduni 
praecepta viven^di, imposila inim^diat^ uDeo, m^ediati 
e potestatibus divinitus OFdinatrs. ■*— llnd6 objectum 
tbfeologise potest dividi ift tres partes: dogmati(km sci- 
licet, quee credenda docet ; moralefin^^ qufle leges im«ie- 
^liat^ divinas tradil; ti' diseiplinarefn^ quje leges eecie- 



— o — 

siastica^ expowit. (|J^plie^tio legum. civUiuma «^d ^Hani 
9cie«iia*n pertinet:) .^ 

' Juxta secQndam d^fiioiiionem , objeeium theoiogi^ 
est Relmho. 

Religio autem esr ^oUceiio iegum a Deoirnpo«^taf um. 
Deus aotem imposuit homini» — ■ iiUettecHii, verita£e« 
eredendas, seu dograata; — yoluntati,immediate,leges 
oteej^v^ndasb seti leges morales ; mediaie, praescriptio- 
nes eccteslastieas- , - ,. 

Und^ videre est seeimdam de(iaitionempriOri;^qui- 
valere. - 

Goli^eti^ le^m dogmati(^arum , morntium.^et dis€i>< 
plinarium tippellatur ift^%ta ; quiaper leges^ praedictas 
honHnes cdm Deo ^ Angeiis v bomines' inter se r^K- 
gimtnr in ^empore , sira^l el ad unitatem. flelernam 
conducuniur. 

RerigaRtdr in tempore per teges dogmatieas: Fide- 

\e& enim vffttoi^es eredunt easdem veritates, quasDeus 

eom^Tt^li^it^ q.uas Aogeli etbeatiinttMtive videot.-^ 

Perlegnni^raies: quse; tcstante Christo, in eharitate 

fc^mantur,Beus, qui charitas est, vult botoua>*pi^o- 

pfium, />ofliimomnium Aagelorum et homtnum; An- 

gelus vuU bonum Dei, oiBiniam Angeiotmaxethomiaum; 

fidel«6 vult bonum Dei, omniumAiT-getoramjc^ homi- 

num.Per charitatem pfoind^ «no&^estamor, €mmtm 

etanima ma, — Perlcges diseiplinapes : Determinarit 

enim modum observationis^ leguiao dfvinarumrt>roino- 

vent earum exsectttioftetti, concurrunt proinde suo 

modo ad uniiatem spirtiualem. 

Ald seternam UAitatem ^Jonducuattfr : Siquideni..pei- 
legttm obserVation^tri homo m&rettrr yitani seKJrnai», 
in qiu\ Deus eril omnia m omnihus. 






_ 4 — 

fix diclis facild concludkur duarum definilionufn 
unam eamdemque esse subsUntiam sub diversis ta- 
men respeetibus. Prima oslendit unitatem objceli ; se- 
cunda, parles objecti conslitulivas. 

Ultimam admtllimas, quia nobis videlur magls ac- 
commodala i&xpositioni verrlaium iheologicaruai* 

§ 3. Si»EGiES. — Theologia varie dividilur, proul eon- 
sideralur ratione originis, — objecli, — melho4i. 

/. Ratione Originie.—^Esl revelala, naluraliselmixta. 

Theologia revelata esl : « Seienlia rehgionis palura- 
lis, seu reiigionis, quse sol^ ralione el abstractlt reve- 
latione cognosci potesl. » — Juxta alios vero, notip 
preedicia religionis naluralis, ac proinde theologise na- 
luralis rejicienda esl| quia rcligio a sol4 revelatipne, 
non ver6 b ralione originem habet, nec habere pol^st. 
— Cum autem inter veritates revelatas, qiiaBdan] sint 
accommodalse ralioni pcr sodelalem eduGa(«)<heo]iQgia 
naluralis definiri potesl: « Seienlia religioais , qu^ 
noliones revelalae per ralionem solam probuntur, ^ol- 
vufltur.el eoordinantur. » — MuH^ probabiliorem esse 
banc ultunam notionem r^ligionls ^l iheologi;»; natu- 
ralis ex infra dieendis eonslabil. 

Tbeologia mixta esl : € ,Seiciuia religionis* gu^ veci- 
lates revelato probanlur simul ct revelalio»is auclori- 
taleei ralione. » 

Ad iheologiam mixlam perlinent pr«)sentia iheolo- 
giflB ^lementa, ~ Sunt enira parllm naluralia. Siqoi- 
dem adhibemus ralionem ad probandan), ^Jonfirn^an- 
damque exislenliaro rovelaiionis in gcnere; et^ in 
quaestionibus parlicularibus, adjungimus probaliones 



"1 



— 8 — 

et raiiione deduefas probatioaibus ex revelatiene ma- 
naatibus. -^ QyoStd ^mpliarem partem^ suntrevebCa. 
Siquidemy esce{^ qtis&slione de Exisienlid Rev^liQ-^ 
niSf ornnes» proposiiiones reTelalione dedueuitlur ec 
probaTHur. ' 

//. Raliime Objectu — TheoTogra est dogmQtica,.iii0- 
ralisy disoipli£aris^ ut supra explieavi&ms; 

Ilie sdiun agitiir de theologia Dogmaticd et MoraH; 
qaia p^ts D%$^iplinarit^ quamvispart^mi»0raleHi qoasi 
cojnpLeat» est objectam scientiee speeiaMsy seiUcet scien- 
lia^ Juris canonicf. 

///. BcUi6ne Meihodi. — Ttieologia e^ faistoriea^ vel 
logica. Posterior est posiitva» vel seholastiea.. 

Theologis^ e$i bistoriea; cmn veritates theologieas 

exponit juiLtr ordmem chronologieum ; hgieay ciim ve- 

ritate»exponitjuxta ordinemidearum*-^ Logiea autem 

estpo^f^ii^a, si veritates expooit modo oFatorio;. seho- 

lasttea ver6, si modo dialectieo^ id est, per strietas de- 

^tu\\oncs, divisiones, et argumentationes syUogisticas. 

In pr«^entibt>s ekmenlis utimur roelhoilo historico- 

lofficd, in pane dogmatrcd ; puri logicd verd, in parte 

momlL — Methodum logicam adhibemus sub formH 

dioleclicuy quae magis accommodatur expositioni verita - 

i\m stibsfantiaUy et efrorum reTutationi^ ut constat ex 

ipsius naturli et usu doctorum. 

§ 5. DiviSK). — Theologiam dividimusinduas partes^ 
quariun prior scrutatur fontes, seu Loca iheologica ; 
posierior expontt veritates e locis deductas. 

Setentia enimtn locissuisquasi involvitur, et t locis 
evolvitur. 



In locM involvitur : Sie, qua^stiones ponendae invol- 
Yuntur in notione soientioe ; — princtpifl, in rationeei 
auctoritate ; — conclasiones^ objcctiv^^ ia prineipiis ; 
subjedivd, infacultate logrca; — ordo^ objectiv^, iii 
veritatibus ordinandis ; subjeetive, in facultate meibo- 
dici. 

E locis evolvitor : Sic scientia eonstituitqr — per 
cxposttionem quaestionum ; — pcr earum solmionem 
mcdio prineipiorum ex quibus dcducutHur condusio- 
nes; — per coordinationem praccedentiumeleraento- 
rum. 

Duo sunt ergo consideranda in stsdio scienti^e, Lom 
sciUcei, et'iKrpo«(/o scientice. 

Cttm autem scientia h principiis ad conclusiones, h 
causis ad effectus procedat, dlccndumde Locrs primo, 
deExposilione secundo loco. 



y 



DELOCIS 

THEOLOGICIS 



■#i ^'3>a> 



Loca Theologica, ul saprk indLcavimus, siint foritc» 
cx quibus depromuntur elenienla iheologise. " 

Triplicis generis sunt, sciRcct: Loea — Principio' 
rutn^ — €onclusionu7n,--'Methodi, 

De tribus generibusseorsimtractandum; etdequo- 

libet loco speciah' k theologis assignalo quaerendum: 

1« Utrtim foeus assignfirtus «it locus proprie dictus; 

"l^ln hypothesiaffirmativ^, utrum habeat funciiones iu 

scieni\^theologic4, et quaenara sint? 



=3>€Q0CSSw 



PRIMA PARS. 

DE LOCIS 
PRINCIPIORUM 



Decem k theologis numerantur principiorum loca , 
qu» ad tres species prsecipuas reduci potsunt : loea 
scilicet iVafura/ta; loca 5iipema(i(ralfa; loca partim 
naturalia, partira snpernaUiraliay sen Mixta. 

Decem numerantur, ordine sequenti: i<>Serip(ura 
sacra, — 2» Tradilioy — 5« Fides Ecclesise Calholicae» — 
4* GonciUumQEcumenicum, — K» S. Pontifex, ~6o 
Aactoritas collectiva Patrum et Doctorum, — 7® Rscio 
individualisScripturam el Traditionem inlerpre^ans, — 
8« Ratio naluralis, — 9® Auctoritas philosophorura,-- 
10<> Historia humana. 

Theologi prsedicta loca admittunt, quia cx his fonti- 
bus hauriunt principia ad exponendas probandasque 
verilates theolo^icas. 

Ad (res species reduci possunt. 

Ad primam reducuntur: Ratio naturalis, ut evidens 
est; — Auctoritas Philosophorum» quae nihil aliud est 
quhm testtmonium collectivum rationis naturalis phi* 
losophorum de aliquft veritate; — ob earodem ratio- 
nem, Auctoritas Patrum et Doctorum, quando de rebus 
pfailosophicis disserunt ; — Historia humana , quse 
nihil aliud est quam testimonium collectivum percep- 
tionis sensuum testium de aliquo facto. 



— 9 ^ 

Adsecundam specieroredudcuplur: Scriptura etTrk- 
ditioy sive sumptaa iiidependcnter abinterpretatione per 
Ecclesiamy quand6 nimirum earum sensus est clarus 
et apertus ; sive interpretatda e| pxplicatae per auctorita- 
tem infallibtlem Ecclestse^ scilicet, per ipsius fidem, per 
Concilium QEk^umesicuoi , per Ecelesisin» dispersamj, 
por S. Pontificem. 

Ad tertiam speciem reducuntor : Scriptura et Tradi^ 
uo obscurae et interpretataa per rationem individualem, 
per Patres et Doctores. Ultima haec locorum spectes 
dicitur mixtay quia concurrunt ex un|i parte Scriptura 
et Traditio, elementum supernaturale ; ex alteri parte, 
ratio iadividiia aut eollectiva Patrum et Doctorum» ele- 
mentum naturale. 

Cnd^, sub litulo de Loeis Principiorim dicendum: 
i^ de Locis Naturalibus principiorum, seu de Ratione; 
2^ de LocisSupernaluralibus, seu de Revelalione ; 5® 
de Locis Mixtis. 

Deftatiooe prim6; quia, in prdine scientifico , seu 

iheologico, existcntia elvalorrevelalionisprobanlurper 

principia ralionis.— Dicimus : « in ordine scientifico. n 

Nam in ordine fidei existentia et valor revelationis ni- 

iuntur ultim6 auctoritate Dei revelantis, ut explicabi 

mus ubi de Fide. 



SECTIO I. 

DB LOdS 

(dB &ATIONE.) 



QUiESTlO PRIMA. 

VTWU RATiO SIT LOCCS TONaPIOKUM P&OPRlfc DICTUS? 

Perhanevocem « Ralio », hic intelligimos colkcUo- 
nem facultatum inteliectualiumhomiois; exceptisfaeut 
iatibus logic^ et methodick , quae eYidcoter primpia 
suggerere non possunt; exceptis etiam faeultate ^bs- 
tractiv& et aliis similibus, quae potius formam vertolis 
quam veritatem ipsam preebent, 

Qudestio proposita considerari potest, vel de ratione 
/ncUvidudf vel dc rationc Colleciivd. 

ARTICUHJS I. 

DiB wuLTtwm nmwwmmjk. 

Sepositis facuUatibus logicli et methodic&y abstrac- 
tiv4, elc., facultates heminis ad duasclasses reduci pos- 
sunt, scilicet: l^ facultates quibus homo cognoscit 
verilates parliculares, seu facta; 2' facultatcs quibus 
eognoscil vcrilates generales. 



— 11 — 

Sttb priori dasse comprehenduntur : — (aciiltate» 
qoibus homo aequirU eognitioneiD fa^torum interno* 
rum, sciKcet : GoMeieniia^ %\ faota sint actualia ; M^- 
moriaySi sint prseterita ; -^ facultas per qnam bomo 
aequirrt cognilionem Cactoruni externorum > scilicetj 
Perceptio smsuum^ 

Sub posteriori classe comprehenduntor : Raiio in- 
ductiva, per quam homo cognoseit leges natursa ; Ra- 
iio absoluta per quam cognoscit veritates necessarias 
ctgenerales. 

Undd qusesiio posita de ratione lodividua sequenti 
sequivalet : Ulr^m eonseientia , memoria , percepiio 
sensuum^ ratio inductiva, ratio absoluUn sintlo^aprin' 
cipiorum proprii dicta? 

Cumautem principia, sint veritates — primarket — 

objeetive certasy — feoundae, qu^rendum : 1« Utriim fa- 

euUates praadictae su^erant veritates primarias ; 2^ 

Utrum verttates primariae k faeuUatibus suggest® sint 

\eT\\;aies objective eerC8& ; — Z^ Utriim sint Ceeundse'! 

g. 1. Vtrtm facoiutef pr««ictflB tiigiieraiit vcrftntM 
prluiaiiaft r 

fiesp. Quaedam sunt certa, qua^dam controversa. 

Certura est <;onscientiamy memoriam^ perceptionem 
sensuum, rationem sive indnetivam, sive ahsotutam» 
modovsitper societait^m educata^ suggerere veritates 
prtmarias. 

Prob. Res ita est, si facuUates praedjetae objeetum 
saum mentf proponant per modum testimonii ; im6 si 
nofi possint itlud proponere per modum argumenta- 
tionis. Al<}ui, 



-^ 12 — 

I. Faculiates prfledlclae objcclum suum mcnri propo- 
nunt per modum teslimonii : 

Hoc verum est 1« tlc Conscicnti^ : Non probal enini 
taie factum actualitcr in anim^ exislere, sed simpnci- 
ler testalur factum, el credit mens. 

2^ Item de Memori^ : Non argumentatur ad probaa- 
dora objectum suum . sed simpliciter tcstatur tale fac- 
him internum antei exslicisse in anim^, cum retattone, 
vel absque relatione facii interni ad factum externuni 
proeteritum^ et acquieseit mens. 

3<> Ilem de Perceplione sensuum : Con^ientia im- 
pressiones sensuum experiiur; stalim sponttfned et abs- 
que ratiocinio, perceptio sensuura affirmat praasentiam 
corporis, et aequiescit raens. 

i^ Item de Ralione inductiva : Per sensuum per(rep- 
tionem eonstat de modo existendi et agendi cbmmun/ 
quibusdam objectis naturae . Statim, et absque ratioci' 
t)io, ralio indtictiva affirmat generalitatem islius modi 
exislentioe, aut aclionis, quamvis concipiat rem posse 
alio modo existere aul operari ; seu, quod idem e^t, af- 
firmat legem naturae. Sic, observdto in raultis casibus 
lapsu corporum, mens sponte exurgit ad legem gene- 
ralem atfractionis, ete. 

8<> Item de Bationeabsolut^ : Conscientia et perceptio 
sensuum mchti testanturfacta inierna et externa. Sta- 
tim, et absque ratiocinio, ratio absoluta affirmat pro- 
positiones generales etnecessarias. Sic, posit& observa* 
tione phaenomenorum internorom aut externoruin, 
ratio sporile concludit ad ex*istentiam sabstantise sub 
apparcntiis observatis ; el ultimdad affirmalioncm gc 
neralcm et nccessariam : « non cst phsenoracnon absque 



stibst^ntr^; * Ex successione fectorum mens concludU 
causaKtatemfaeli pr^eedeiitis rdativiB ad factum siAf-' 
seqaenS) ci «Uim6 ad affirmationem generafem et ne- 
cessariam: « nullus esse potest effectus absque catisA. » 
Omries propesitiones praedictae clare apparent homim 
mQ(ium operatipnum iiUellectualidm in animo suo cir- 
cuoispicienti. 

II. Im6 facuhates prsedictae non possunt objectum 
suum proponere per modum argumentationis: 

Constat 1» de factis internis actualibus aulpcseteritis. 

Siquidem inipossibiJe esl assignare principium ex quo 

deduei possintfacta interna., siye actualia, si-vepraeterita, 

2« IteiBde realitate corporumj Equidem ex impres- 

sionibus quas patitur anima^ y. ^. ex sensationibus^ 

bcne eoncludilur existcnlia causae externae harum im- 

pressioQum. Corporalis aulem natura hujus causse im^ 

mediate concludenda non videtur. Spiritualis enim 

causa, V. g. Deus, posset absque corporum intermedio 

pT?feA\cias iinpressiones in animA produccre, 

5» Itemde generalitate legum naturaB. Equidcm ge- 
ntYa//tas legum naturae occasione observationis exter- 
nse coneipitnr; attamen ex factis observalis legilim^ 
coucludi non potest. Ex un^ enim parte, facta observata 
sunt quoad numerum maxim^ limilata ; ex alteri autem 
parte leges sunt generales, seu extenduntur ad omnia 
loca eltempora. Porro non Ucct concludere aparticu* 
lari ad generale. 

i^ Item de generalitate et necessitate prindpibrum 
absolutorum: Equidem Ista prineipia dccasione facto- 
rumparticolariumet conirngeniium mente concipiun- 
tur;expf8edictisver6facti$ legitimc concludinequeunt. 



— 14 - 

Facta cnim observata suntpauca etcontingentia ; prin- 
cipta auieinsQpt generalia ei necessaria. Porro k par- 
ticulari et contingenti ad generale et neeessarittoi non 
valei coneiusio. 

Contrdvertilur autem utriim ratio virtute propriAf 
ct omni seposit^ educattone» valeat veritates primarias 
suggerere. 

De hkc qusestione disputant inter se philosoplii. — 
Plures afHrmant, quiaralioni inest vis quaedam evoly- 
tionis spontaneae. — Multi ver6 negant vis hujos exis- 
tentiam ; aflirmantque, et nos cum ipsis affirmamtrs , 
rationis evolutionem pendere essentialrter ab eduea- 
tioue» et ultimd a revelaiioue vel k medio supernaturaJi 
aBquivalenti ; und6 ratio non potest per se el seposit^ 
educatione verilates primarias suggerere. 

!• Ppo. Rationis evolutio pendet essenticUiter ab 
educatione: 

Prsemittendum : Ratiohominisest primumin poien- 
ti& ; id est, bomo nascitur cum facultate radicali et non- 
dum evolutli abstrahendi, et per abstraclionem assur- 
gendi adcorporum genera etspecies, percipiendi entia 
spiritualiay judicandi, ratiocinandi , coordinandi ; uno 
verbo, percipiendi et affirmandi relationes rerum. 
Nascitur cum facultate radicali praedictas cognitiones 
per memoriam conservandi* — Ratio evolvitur, ciim 
prsedictse facultates a potentia ad actum transeunt. — 
Quo posito, 

Prob. Rationis evolutio pendet ab educatione, si ex 
unk parte homo qon possit absque yerbo ( le langage ) 
abstrabere, percipere entia spiritualiai judicare, ratio- 



— IJJ — 

cinari, coordirtare €t preedictas cogmtion^s in mefnoril^ 
retinere ; si ex aUer^ parte homo soIumiBodd per edu* 
cationem ver&um acquirere possit. AtqQi, 

1> p» Homo non potest oporationes de quibus supr^ 
absque verbo exercere; 

HoceoDstat l^ testimonio eorum qui praesunt edu* 
catiomsurdorum-mutorum. Geaf&ralit^ epim affirmanl 
alumnos suo&) aotequ^m eorum ratioperverbuin illu- 
minata fuerit, actuum prsedictorum esse incapaees. 

Constat 9<> t^stimonio ^urdorum-mutorum. Plures 
eoim iclem eonfessi sunl » postqulim eorum ratio per 
verbum educata. fuit. 

Constat S^testimooio conscientias. Gonscientia enim 

untcuique testatiir se non posse eogitare de rebus spi- 

ritoalibus, seu quae imaginibus reprsesentari nequeunt^ 

nisi auxiliaptQ verbo interiusconcepto, Und^ sic : homo 

Bon potest prsedictai operatioues absqueverbo exerce- 

re, aiad earum exerojtium necessarisa sint eogitationes, 

«{)&?& imagine reprcesentari nequeunt. Alqui 4ioc est 

e^rtum — dt ideis abstraetis etgeneralibus» saltem qua- 

t^iras generales sunt ; — ; de ideli entium spiritualium; 

— de jpdiciq , de ralipctnio> de coordinatione ; judi- 

ciqm enini^ ratiocinium et coordinatio sijpponunt ideas 

reUtioiium, porro relationes per imaginem reprsesen- 

tari non possunt ; ~ de memoriA cogitationom prsece- 

dentium ; per memoriam enim revocatur cogitatio 

pritts concepta» proind^, si cogilatiQnefli prsedietse sub 

form& imaginis coneipi, k pari sub e&dem formlL revo- 

cari nequeunt. 

2« p. Homo solummodo per educationem verbum 
aequirere potest : 



•^ 16 — 

Vera proposilio, si inventio \erbi sit impossibiWs 
homiui sibi derelicto. Atqui res i\k est* 

Nam lo Ex dictig, homo privatus vefbo non potest 
entia spiritualia pereipere, abstraherC) cognitiones spi- 
rituales memori^ retinere. Ergo non potest verbiH& 
invenire, si verbi inventio supponat in inventore ideas 
spirituales, facultatem abstrab^ndi, simulque facaha- 
tem retinendi memori& ideas spirituales et abstraetas. 
Porro inventio verbi — supponitl. ideas spiritiiales: 
Facto cnim constat in omni idiomaie existere noihifla 
emium et qualitatumspiritualium, verbum sabstanfi- 
vum (fe verbe subsivLntif) exprimens rdationem ihter 
substantiam et qualitatem, prsepositioMs et eonjuaeliO' 
nes queeexprimuntrelationes prop^ innumerfts inier 
ebjeeta. Porro inventor verbi hon potuil pr^drd^M 
fdeas exprimere, quiri prrus eas concepeHt. Aliuiide /«- 
ventio verbi sdpponit cognitioneih relatiooij intcr We- 
am etverbum, iriter ideas hominum; siquidem inven- 
tor creat verbum ad idearum expressionem e1 comr 
monicatibnfem. — Supponit 2. faeultatemabstrafaendit 
Siquidem, ad creandum verbum, inventor debtlit abfe- 
trahere substffnCiam ab attrrbutis , attributa alia ab 
aliis, res ^ relatidnibus suis; oum in omni idiomate 
existantverba distincla ad designahdum siibstaottam ab 
Ottributis separatam, atrributa separata 2i substaDtili 
^U4, relatiimes separatas ab objectis interqQffi^islinil* 
— Supponit 3. faoultatem retinendi memori&idead spi- 
riluales: Nam , siverbl inventor priasiwenta obUvis* 
citur, impossibllis estidiomatis crealio, lit evidehs est. 
2<» Sivcrbumfuiisset invenlum, vel in socletate , vel 
extra socielatem. Alqui, 



- 17 - 

. i« Noo p^lDit- inveniri in iocietate : Soeieta« enim 
su|^oDit offieia abiMimibtts admim et oogntta, suf^o- 
nit eommunieaiionem inter membra. Porro absque 
verbo ofiicianon possunt cognosci, commantcatio inter 
membra societalis est impossibilis. Societas protndi 
supfpoBit necessaridverbum» verbum proind^ non po- 
tuit iaveniri in societatei 

S.rioii potuitjnveniri extra toeietatem: Invc^io 
ciHm verbi supponit i^ventorem ; in- inventore» inge^ 
nttim doctrin& valeos» motivum sufficietts ; eKrainve&' 
torem» discipuios quibus iavCTtionem snm commu- 
nieare possit, medium communicationis sufficiens inter 
inveniorem et discipulos. Porro ettra societatem non 
possunt existere — Inventor: siquidem soctetas^ esl 
eonditio existeotisB et conservationis indivtdui ; — In 
inveotore, bgenium doctrtn& valens: experientia enim 
conslat bominis ingenium in soeictatesyivaticorumtor^ 
]peicere) a foriibri exira societatem non posset doetrinlr 
N^Vere-, -^ Motivum sufiieiens : homines enim extra 
soctet«t;eiii solitariam vitam agentes, mutuli commum- 
oatione non iAdigerent ; — Discipuli : ob rationem 
.praeeedenlem; bondnes enim, alii ab aliis separati, 
mutus^ communieationls necessitatem et eonimoda non 
percipientes^ k difiicillimo idiomatis studio naturaliter 
aversarentur ; — Medium communicationis sufficiens : 
si quod foret, maxiine signa naluralia, v. g. gestui^ 
damores inarticulati^ ete. ; porro boc raedium, suffi^ 
cieiis quidem ad animse sensifs modo vago sigaiftc^n- 
dos, ideas determinatas exprimere non potest, nisi pri&s 
factA eonventione» quiB&supponitverbumjam inyenlHm. 
3<> Gonfirmatur proposkio factis. Seihper enim bo- 



— !8 — 

minefl ajQdiendi usu naturaliter earenles, aui viuim 
segregem k nativitaie agenies, faeultate ioqueo4i pri- 
vanlar. 

11« Ppo. Redimis ewluiio uUimb pendei drewla- 
tioney vel a medio supernatuntH mqtHvalenH. 

Proh. Actoatis evoIu4io rationis pendet ab edu^a- 
tioney seu manifestatione verbi per quod excitantur 
idese ; ergo a pari rationis proio-parentum evolutio pe- 
pendit k maoifestatione verbi* Cum autem verimm 
proto^parentibus per homtnes traasmitti.Qoa polait, 
illud neecs8ari6 accq>erunt a Deo, madiaoie revela* 
tiooe immediat^ aut mediati^ ProindS ralionia evolutio 
immedial^ ab educaiione h.umaiift, etuHim6. k revela- 
tione primitivft pendei. , ^ 

Dicimus : « a r«velatione.vel k medio «equivalenti« « 
Deuaenim potuit aetione immediat&, et absque medio 
v«rbi, intetiigentiam hominis illuminare, itiulinvefi- 
tio Terbi fuerit deind^ homini possibilisv Porro taUs 
aciio, ot evidens est, estsupernaturalis; siquidemde'- 
roga^t legibus gseneralihus, ex quibus pendet homm^ 
edueatio. ^quivalei revelalioni; nam proto-pareotum 
educatio oritor a Deo immediale, sive eorum ratio evo« 
luta fuerit per revelationem» sive per illjuminaiiouem 
iiier6 internam. v 



l 3. iJtram Yerttate» prUoarlae k facaUatlbtti» ludlvidiMdllNis tii0- 
0e$t» ftliu objeedv^ eertve f 

iie^p. Omoes veriiaies prim^riae 4 facuttatibus ipdir 
vidualibus suggestae suni, quibusdameonditionibuspo^ 
sitis^ objectiv* cert^^ . . 

QuaBproposiuoprobandaetexpUcaBtla. . 



-^ 19 ~ 

Prabaihms Direeiw.^PrQL /. Ex ipso ftctUtaittm 
Cestifnofiio..— Vera eu prapositio^ si H facuHat^iiidi-. 
vidaali» affirfiaent recilitatem objecli sm; si 2» vftbr 
hujujs affirmatioais in dttWumfevocari nequeal. Atqut, 

t* p. Eaeiritaies ittdiijduales affirmaat reaHtatem 
objec^i^siri : iloa feeto.caBsUa. Sie.comcienlia agrrinat 
retvliiatefia:faetorum ioternorumpr^entium ; meiaiorta; 
realilatem faetorum iiueriiorum pliBleritorura ; per- 
eeptio sensuum realilatem sui^ectivam- et ^bjeetimfi. 
a<>rp<>rtiai; ratiivindttetiva reaiilatem sttbjectiyam el 
objediiyam ^ geiMsralitalemqtte legum naturae; ralia. 
abeohita reaiitfftem subje^clivam «t objectivam , geaef. 
Falitalemque ieguin naturae; ratfo absolula realitdtem 
a^aiqectlvamet.flbjeotivain, «enepaiitatem, neeessitatem 
ptincipiwum absaltttorura. . 

)*j9^. YdloF bttjtts^affirmationisin dubium revoeari 
f\ou ^fiAesii Si nem^pS quod dui^iciiii admtti posset, vei de 
N^WeaKrmatiouis omnium faouHalum, vel de valore 

aifiriuatUmf&qttaramdam. Porr^jneutrum admrttipotest.^ 

J<» Inadmlssibileest dubium de valore ajBTirmationfis- 

omnJum /acuftallim / Siquidem tale dubiuHi logice con- 

duch ad scepticismum univergfalem, qtii repugnat hu- 

manae naturae. ' 

floc dubittmlbgice conducirad scepticismuril uni- 
vcrsaletn : 1<> Facto conrstirt ffffirmalibnes ppsedictas in 
mente producere convictiooem naturBe^invincibHem. 
Porro dubium de valore hujusmodi affirmatibnis con- 
Jucit direct^ ad sci^plidsmum universalem. Quia *;> 
si dubise surit aflirmalioncs qusD producunt convfetiOr 
"cmfiaturao }n\inoiWk)m, naturaiiumana cjuasi neces- 



— 20 — 

sario devovetur dtibJo, nihilque eerto afnmHire (lotesl. 
Quia 2.9 81 dubifie sunt affirmationes quae producunt 
oonvictionem naturae imrincibitem, k fortiori afihrma- 
tiones quae produouht convietionem' vinclbilem ; de 
omnibus proind^ dubitandum. — 2<» Si in dubiuni re-* 
vocari possunt affirmationes omnium facuHatuai, ergo 
in dubium revocanda est afitrmQtio conscientias de rea- 
Utate £aetorum intcrnorum. Porro, si admittatur legi- 
timitas bujos dubii, i«nposstbitis est omnis cerlitudo 
objectiva; mcns enim veritatem objectivam non attin- 
git imtiiediat^, beni ver6 mediante affiirmatione cons- 
cientiaerdefactis internis. Sic, afilrmatradereatitate bbjee- 
tiv&succedit impressimii aut idese interi6s per eonscien>- 
tiam perecpt^» Proind^» si dubia sit affirmotio consdeh- 
tiae» indtviduofitimpossibilts ownis certitudoobjl&ctiva. 
Scepljeismus universaUs repugnat naturas bumanse, 
tim ratione sut, tam ra tione conseetari#riN» : — Bc- 
pugnat rotione sui : Hoeconstat i . testimomo conseieii- 
tice/ Gonstat 2. uoiversalitete fide^ et impoSsibiltoLie 
dtibii universaUs« Nulius enim ii credendo abstinere 
poiest; ipsitaetseepticifidemsuam manifeslant per ser* 
mones et actiornes» imo per tbesira suam. Affirmiint 
enimf expUcite omnia esse dubia ; implicitd^ oinnia jtu- 
dicia inctusa in bac affirmaUone, v. g. humanum in^ 
teUectunx existere et inquircre de cerlitudine^ rationes 
milirare in gratiam solutionis affirmativse ct n^^ativsBv 
raiiones esse insufficientes, etc., ete. Ergo scepticismUs 
repugqat •naturse humanae ratione sui. — Repugnat ra- 
lione consectariormn : N^am l^ siomnia sunt dubiai^ in- 
tcHectus humantis ab omni afiirmatione abstioere 
debet» voluotas nuUnm babet finem certum ; proinde 



- 31 - 

nulttim moiiyiim firmMm determindlioflts, n.olliim xne-r 

(Uam ad fiaem^ceriam. Inde neGess9Fi6 lapguesoil in* 

teileelds et Yoluojatis aciivkas, menli humaDae OAtu- 

raliSy et per qxiam sojam ad perfejCtioaem sibi eoiiye;- 

nientem pervenire potcst. % Si omnia sunt^dubia, ergo 

ab homtDibjcis legitim^. rejici pos&unt oprmes veritates 

quibus quasi fundamento nitllur societas : tex justitiae^ 

per quarn conservatur homini sua libertas et groprieias; 

iex eharitaiis^ per quam homines spiritualiter uni^untur 

et ordinantur a4, bonum publicum et privatRm ;^ lejc 

obediealia^y^ per quani ordo in societate consiituitu^y 

conseryalur» simuIqAie pjpocuratur legis justitiapL et clm- 

riutis observatio. Prpinde, posito scepticismb univer- 

sali, legiiime de^trui potest societas » quK}e (anoen est 

conditio necessaria existentise, coi)$er\'a.tiofiis ei per- 

(ectionishominissubrespectu physico, inteUeeiuaK et 

morali. Ergo seepticismusumversalis repugnatnalurde 

l^umaQse ratiQnecpuseetariorum.- 

^ laadmissibiie esi eiiam dubium de valore aflirr 

maiioms euiusiibet facuUatis in individuo. Nam ^ icx 

stipra diclii, rejiciendum esi dubium de vaiore at 

firfim(iaflfs omnium faeullatum coUeelive smppta- 

rum, quiQ esi im.possibile et r^pugnans naturae hju- 

manae,. frgoli parirejici^ndum esl dubium djB valore 

affirrQationis cujttslibet faeultatis^ si hpe dubium^ sU 

iiQppssibile ei Tepugnans naturae hiimanae. Pojcro rc$ 

ita est. SiC} impossibile est et repugnans anturee humjsn^ 

dubtum de factis internis acmatibus ei praeteritis, du- 

biom de exiatentiA eorporum» dubium de exi$tenti& eX 

generatiiate legum nalur^f dubiumi de exi&teniili,.gesfle- 

ralitaie, ftecessiitate ei obiectiviiate prineipiorum abso- 

•utorum. 



— 22 — 

Prob.lL Ex tesiimonlo rallonis coll^ctivae.^ — Oitmes 
bomines affirniant ^'alorem ebjeetiviino faeuhatiitn in- 
dividualitrm ; in^nus cntmab omnibus haberetur bomo 
qui dubitaret de valore objeetivo faeultatum 6uarum. 
Ergo admitiendud est valor isie, si eertum sit tesltmd- 
nfum rationis coHcctivre ; porro rem il& esse infrS pro- 
babimus. 

Pro6, tlL Ex consectariis opinionis adversariorura. 
— Vel enlm advcrsarii rejiciunt valorem omniuni fa- 
cultatum ; vel untus, aut quarumdam tanlum. 

1® Si rejiciant valorem omnium faeultatum ; jam 
nulla est certitudo naturalis. Si qua cnim foret cerlihirfo 
naturalis, vcl orirelurex raiionc particulari, vel ex ra- 
tione collecliv^. Porro, 

Non potest oriri ex raiione partixjulari : ut pakJt ex 
hypothesi. 

Non ex ralione collectivft : Siquidcm ejtis vafor pro 
individuo pendet a valore ralionis individuae. RMionis 
enim coHectiv»e testimonium non potest certiitttfmem 
utilem crefrre in individuo, nisi individuo constet de 
existenii^, de valore, de identiftcatione et permaftentiA 
teistimonii. — Atqui eertitudo existentiae teslimonii ra- 
tionis coHectivae pendet I. ex valore objeetivo percep- 
tioiiis sensutfm,per quam affirmatur^xistenfia testium 
et testimonir; pendetS. ex valore rationis induclivse; 
sicnim dti^bise sint l^ges nattirae per rationem induc- 
tivam offirmatae, dubise siinl Icges quibu^ regitur eoiri- 
munieatio idearum inter homlnes, dubia proinde com- 
municaftio, ac proinde tcsfimonium.— -Certitudo vaJofis 
testimonii pender a valore rationis absolutaej quaesofo 
potest affirmare cl variis testimoniis applicaresigtia dis- 



— 23 -^ 

tioctm iniervemm.et Jil8ain.T^ Gertitada ideotffica- 
ttcmts te$(iHionii i^eodet k valore eans^ntise, per qoam 
solftm mms indivt^i verit^tem objectivam^itingit^ tit 
snprii iostendimiis.^ Certitudo permanenitaB testimonii 
p€[Qiiet'a val^re memoriser ut evidens esi« Proimfd» 
negato valore vel unius facoltatis individute, negator 
logiee valor rationis coHeeiivae. 

Porronemoex adversarti& negare potesl certitudi^ 
nemnaturalem. , 

30 Si adversalrti rejieiani valor^n ^d unius faedta- 
tis iaiKfiri4ualts; sequentia deducuntur eoroUaria : . 

Eo ipso rejtcttur vah^ rs^i[HHs eolteetiv^. Siquidem 
ejas valor.pe8<let,a'VaIore ^mnium facuUalnm indt^h- 
dualiuaiy ut Sifpri ostendimus^ - 

Insuper, negato valore rationis^ collcctiva&i si rejlci^ 

tur valor eonscientise ; dubia fiunt f»eta interna a^tualia 

qu8& eonstttuuot mundum internum, et ultim6 mtmdus 

exteraussite materialis, sive spirituali^. Natn supra 

^^ietij&mi» ceciitudinem veritatis objeclivie supponere 

ceniiuA\nem IkctoriiminlerRorum*. 

Si rejici^uif valor memorise ; cvanescit certitudo ftic- 
loriifn ioteriiJbrnm prse^ritorum. Evanescit certitudo 
identilatis person^Iis ; eiim, semioto hominum tesumo- 
nio, innotes^e poiest per solam menftoriam^ quse fao- 
mini individuo testatur subjectum impressionnm et 
aetionum priBteritorum idem fuisse a6 subjectum im- 
pressiQiHim el aetioitum aetualium quas sibi aitribuit. 
Evancscit certitudo r^spoi*5»bHilalis. personalis.-Nam, 
si dubia ait idenlita& personafo, dubii^m.est julrttm ac- 
tto.prQetm*ita attribtienda sit persanse actuaU, 

Si rojieiatiir valor..objec*ivas, pcreeptionls sensuum, 
jam dubilandum est de renlitate mundi corporalis. 



— 24 — 

St rejieiaiur vaIorob}eetiva8 ratieflU induclWaB ; -An- 
biae sanllegea natttrse ; dubiee preindi prsBvism even- 
tuum nalaralium^ ciifn ejua eertitttdo nitattir staiBii^ 
tate certft iegunt nattrraliuro ; dubiae sunt etiam seteiE'- 
tijB Baturales, tendunt enim ad investigationeni leguni 
naturalium. 

Si rejiciatur vaior objectivua rationis absoliftae ; eo 
ipso dubia evadunt omnia qu» observatroneimiiiediat^ 
couscientise aut perceptionis sensuum.non eognoscon' 
4ur,9cilicet: — in mundo interno» substanttalltas am* 
msB» ejus proprietates ; ^in mundo externQ, substat^ 
tialitas corporum, vires quibus moventur ; — mBodos 
spif itualis universus, omflea relationes inter emia -sive 
corporalia, sive spiritualia. Hae^ enim omnia per solam 
rationem absolutam attingi possuat. 

Porronemo non videt absurditatem praecedentitim 
conclusionum. 

ProbcUio Indmeta. — Ex dietis, facuitates iodivi- 
duales invincibiliter affirmdnt realitatem objedi suV* 
Negatio hujus valoris repugnat naturse huuianae; proind^ 
admii^da est veritas objoctiva rationis individuee^ niii 
argumeotis tavineibilibus impugnetut. Porro invinei- 
iulia non sunt adversariorum argumenta; quod ex 
eorum exposiiioae ei rcfulatione facile consiabtt. 

Adversarii tria praeeipud ob/iciuni. 

CAjic. lo Probari non polest falsitas sceptieismi/efgo 
nee vcrilas dogmatismi ; proinde homo ab omni affif- 
maiione rationabiliter abstinere debet. 

Resp. Equidem falsitas sceplicismi, prolnd^ veritas 
dogmatismi argumentis directis legilime probarinon 
potest. Pmbatio enim ^pponit prmcipiumr eerttsn ; si 



— 25 — 

aulemprincipiUm raiiocinii sit certum, jam supponitur 
quseslio, scilicct falsum esse scepticismam.universalem. 
Inde tamen non sequitur admittendura esse scepiicis- 
mum univer^alem. Est impossibilis et repugnans ra- 
tioni humanse, sive individuae, sive collectivse. Quse 
consideratio est motivum sufiiciqns homini sensato ad 
rejrciendum dubiuni universale et admittendum dog- 
raatjsmum. 

Objic. 2<> Facultas queelibet non potest eognosoere, 
ac proinde affirmare realitatem objectt de quo testa^ 
tur, nisi objeetum illud immediat^ cognoverit; porro 
nulla facultasy exeept^ conscienti&^ cognoscit imme- 
dialc ohjectum suum. 

' Resp. Objeetio fals5 supponit ad certitudinem objec- 

tivam rcquiri cognitionera immediaiam, qualis existit 

in cognitione subjectiv^ factorum intemorum per cons- 

cientiam. In ista enim cognitione identificatur objec- 

tam et subjectum. Si-quidem objectum est conscientia 

op^\eniis facta interna experitur, subjectum est cons- 

eieniia qutiienus facta praedicta cognoscit ; proinde, si 

verom sitpfmcipiumpositum, nulla certiludo esse pb 

tesi absqfue identificatione subjecti cum ohjecto. Porro 

rejictendum est hoc principium. Conducil enim Iogrc6 

ad Egoismum, seu quod idem est, ad PantheismiTm 

subjeclivum ; vel ad Panlheismum objecllvum. 

Vel enim adversariirejicrunt identificationem mentis 
humianse cum objectis realibus, vel eam admillunt.— 
Si rejiciant : Jam nulla existil cerlitudo de objeclis ex- 
ternis, cum cx hypolhesi certitudo exigat identificatio- 
nem suhjecti cum objecto. Unde conscientia cum factis 
ipsi inhterentibus est sola realitas admissibilis ; quas 

2 



— 26 — 

affirfnalio nihil aliud est qnkm Egoismus et Pantheis- 
mus subjectivus, ut evidens est. — Siadxnittant identi- 
ficationem subjecti eognitionis cum objecto reali : Jam 
unaqueeque mens identiCcatur cum omnibus objeclis 
eognoscibilibus, et omnia objecta cognoscibilia sunt 
eadem interse, ciim sinteadem uni tertio, scilicet menti ^ 
humana3. Porro hsec conclusjio nihil aliud est, quam 
Pantheismus objectivus, ut evidens est. 

Hic autem Pantheismus varias induitformas pro na- 
tur^ objectorum a philosopbis admissorum. — Si ob- 
jectum admissum sit corpus solum, Pantheismus est 
malerialista. — Si sit spiritus solus, Pantheismus est 
spiritualista. — 9i objeetum admissum sit materia si- 
mul et spiritus, Pantheismus est simul materialisla el 
spiritualista. — Si, rejectli corporis et spiritus existen- 
tiareali, admittatur existentia idesesohus^Pantfaeismns 
est idealisia. 

Porro nemo non videt, et infra ostendemus, quan- 
tum Egoismus et Pantheismus subjectivus, PaniWiv 
mus objectivus cum variis suisformis, repugnetrationi 
humanse. Falsum est proinde principium unde fluunt 
hujusmodi corollaria. 

Jm6 certitudo objectiva non exigit cognitionem im- 
mediatam in sensu latiori, scilicet^ cognitionem quae 
producaturin anima mediantetanttim lumine int^r ob- 
jectum etmentem. Ahoquin, cum, uaens objecla externa 
non videat immediate, sed tanttim medianlibus ima- 
ginibus et ideis, si visio immediata ad cerlitudinem ob- 
jeclivam exigeretur, de omnibus reaUtatibus externis 
foretdubitandum. 

Proindfiadccrtitudinem objeciivam in mejite crean- 



— 27 — 

damsufficit teslimonium lcgiiirnumdereatilateobjecli. 
Porro quaelibel facuTtas individualis leslatur legilimede 
realitate objocii sui, ul supra probavimus. 

Objic, 5<> Fallibile est testimonium facultatum indi- 
\idualium, dubiae sunt proinde earum affirmationes. 

Resp. Ex eo qu6d fallibilesit testimoniumfacullatum^ 
inde sequitur tantum mentem posse errare, si impru'- 
denler et absque examine prsevio testimonium earum 
sequatur. Sed minirae concludi potest per eas impossi- 
bilem esse cerdtudinis acquisitionem. 

EXPLICATIO. 

Diximus: « affirmationes facultatum esse objective 
eeriSiS quibusdam conditionibus posilis. » Proinde, ad 
explicationem proposiiionis ^ quserendum : Qurniam 
sint conditiones requisitoB ut affirmationes facultatum 
individualium sint certw ? 

Resp. Quinque requirunlur et sufficiunt. 

\^ Requirilur ut facultales non sini viiiatae. Secus,- 
catum leslimonium esset dubium, ut evidens est. 

2* Requiritur ut objectum testimonii sit per faculta- 
le^/mmediate aut mediate observabile. AUoquin faciiU 
iates non possent observare verilalem objecti, ac pro- 
indedeillo certe leslari. — Dicimus: « immediat^ aut 
raedial^ observabUe. » Conscientia enim et memoria 
possunt observare immediate objectum suum , scilieet 
facta interna ; aliae autem facultates, mediantibus tan* 
tum imaginibus et ideis, quia objectum est menti ex- 
ternum. 

30 Requiritur ut facullates objectum attenld dbser- 
vaverint. Secus, affirmatio essettemeraria,necproinde 
testimonium sufficientem haberet auclorilatem. 



— 28 — 

i*" Requiritur ui aiBrnifitio invincibilis de realitau 
objectiv& rei oriatur ex observatione. Hsec est enim 
ultima ratio certitudinis a facultatibus individuis creatse. 

50 Tandem si, positis conditiouibus prsecedentibjus, 
quod supersit dubium, homo conferat testimonium 
facultatum suarum cum testimonio facultatum alioruoi 
hominum. 

S^fBciunt prsedictse conditiones. His enim positis, 
tut6 aifirmari potest repraesentationem veram objecti 
realis esse cum subjectOy seu mente, identificatam; 
porro in b^c identificatione absque formidinc afiirmat^ 
sita estcertitudo objectiva. 

g 3. fJtrOiii verlUtes prlmarlae «ugflestK ft facaltaUlias Indlvlduf» 
Blnt fecandieY 

Resp. Veritates primarise suggestae a facuIcaHbus 
individuis sunt fecundse. 

Prob. Res iih est, si intellectus humanus liis princi- 
piis instructus possit acquirere in limitibus raviom 
humanae assignatis scientiam enlium individuaUum, 
relalionum inter ea existentium; scientiam entium 
collectivorum, relationuminter ea existentium ; ultimo 
scientiam universi. 

Atqui, mens potest acquirere : 

1® Scientiam enlium individualium , scilicet: — 
Scieniiam sui : Per conscientiam enim et memoriam 
cognoscit facta interna ; per rationem absolutam con- 
cludit substantialitatem sui, seu animam, proprietates 
animse, v,g. unitatem, identitatem permanentem, spi- 
ritualitalem, etc. — Scientiam corporum: Perconscien- 
tiam cognoscit impressiones medio corporum produc- 



— 29 — 

tas > peree^tk) sensauni spontanee affirmat realitatem^ 
corporum ; ratio absoluta ex quibusdam mottbus cor- 
porum coDcludit existentiam et proprietates virium 
corpori inaitarum; ratio inductiva cognoscit leges his 
viribus impositas ; tandemque ratio absoluta assurgit 
ad causas generales per quas producuntur omnia 
fflundi physici phaenomcna. — Scientiam Dei: Ex 
cog^niiionesui et mundi corporei homo per principia 
rationis afosolutseassurgit ad existetitiam Dei, ad ejus 
proprtetates^et aCiributa. 

2* Scientiam rdalionum inter entia individualia exis- 
tentiiim : Ratio enim absoluta inter objecta prius cog- 
nita sponte affir-mat quasdam existere relationes : sic 
praecipue, relationes similitudinis etdifferentise, subor- 
dinationis et coordiiiationis entium ad finem; 

30 Scientiam entium collectivorum, qu8& consiituun- 

lur per relationes entium: Sic genera et species cog- 

noscnntur per relatianes^ similitudinis el differeniiae; 

co^oacunlur persdn8& morales, v. g. societates, per 

relaiiones dependentise inter personas, et omnium co^ 

ordinationein ad bonum publicum; systemata entium 

corporeorttin, per dependentiam intercausas etrelalio- 

nem ad finem unum. 

4<>Scienliam relationuminter entia coHectiva: Esedem 
enim per ratianem affirmantur relationes inler entia 
collecliva, qu«esunt interentia individualk. Sic, affir- 
matur subordlnatio etcoordinatioentiumcollectivorum 
ad constituenda systemata rerum progressivd al- 
tiora. 

8« Scienliam uuiversi: Constiluitur enim idea uni- 
versl per subardinalionem omnium systematum , et 



— 30 — 

eorum coordinationem ad unum finem, scilicet, Glo^ 
riam Dei perbonum universaleentium. 



ARTICULUS H. 
DB RilTIOMB COULBmril. 

Ralio coUectiva est ratio (facuUates inieUecliuiles) 
conaiderata quatenus inest eoUectioni bominum. 

Ralio coUectiva potest testari de iisdemquse affirmai 
raiio individua. Proind^ testimonium ejus est hiiioricum 
vel doctrinale, prout testatur de factis, vel de veritaCi- 
bu3 (principiis aut legibus) gencraUbus. 

Queerilur : Utrum ratio collectiva dici possitin sensu 
suprd definito locus principiorum^i 

Tribus quaestionibus particularibus sequival^t haac 
quaastio generalis^ scUicet: 1» Utrum ratio coUectiva 
possU suggerere veritates primarias ; 2^ Utrum verita- 
tes a ratione colleclivli suggeslae sint objeclivc cetl« ', 
3o Utriim sint fecundse? 

g. 1. vtrtkm raUo collectiva posslt snggercrc veritates primariasT 

Resp. Ralio coUecliva potest suggerere veritates pri- 
marias. 

Hoc facto constat. Sic eoUeclio hominum saepc af- 
firmatper modum testimonii^ non vero argumentatio- 
nis, facta interna actualia aut praeterita , omnibus ia- 
dividuis coUecUonis communia ; facla externa actualia 
et prseterita; veritates generales (legcs naturee, principia 
ralionis absoluta) ete, etc; mod6 tamen, si agalur de 
yeritalibus generalibus, ralio sil per cducalioncm so- 



— 31 — 

eblem et uUiin6 per revelationeiD cdueata, ut suprii 
diximos de Raiiom individud. 

§ 2. iJtrtikin verltateft A raUone coUectlvA saggegtae, sint oli|ccttv« 
cert» 7 

iZe^p. Ventates a ratione eoUectiva suggestae sunt, 
positis quibusdam eonditionibus^ objectiye cerlae. 
Quae propositio probanda^ est et explicanda. 
Probalio. . * 

JVera propositio, si 1® ralio eoUeclrva affirmet veri^ 
tatem objectivam rerum de quibus testatur ; si 2<» 
de valwe hujus affirmationis^ rationabiliter dubitari 
non possit. Pprro , 

l^^Batio eollectiva affirmat veritatem objeetivam re- 
rum de quibus 4estatur : Hoc facto constat. Sic afilrmat 
realitatem factorum internorum^ ei objectivitatem ex- 
ternornm; existentiam, geiieraUtateni et objectivitatem 
legumnaturse; existeBtiam^ generaUtatem, necessitatem 
elob)«eUvitatem principioru^m absolutorum. 

2^ Be valore testimonii rationis eoUectivae rationa- 
biliter dubilvl jQon potest : 

IVam i. /a^to constat tefttimanium rationis eoUectivde 
in menie produeere,^ positis. conditiombus debitis, con- 
victiojiem invincibilem. Porro de valjore hujusmodi 
testimonii dubitarinon .potestyquin ratio logice indu- 
catiur ad sccpticismum imiversidcm nalurae human^ 
impossibilem et repugnant^m ^^ Xit supra probavimus 
ubi de Certitudine rationis individuce. 

% Si dubiuni foret testimonium rationis coUectivde , 
vel testimonium doctrinale^vel testimoniumhisloricum; 
porro neulrum dici potest. — Non testimonium doctri- 



— 52 — 

Dale : Nam, si ttubium adaiitti potest de valore ob^ec- 
tivo testimonii rationis cplleetivsD, a fortiori adniiUe&*> 
dum est de valore testimonii rationis individuse ; nuWa 
proind^possibilisestcertitudo naturalis de veritatibus 
generalibus ; quod homini sanae mentis repugnat. — 
Non teslimonium historieum : Admisso enim dubio de 
valore testimonii historici, homopoteatin dubium ha- 
bere omnia facta quorum non fuittestis ; omnemhisto- 
riaVn et tradiiionem, quae narrat facta loco et tempore 
distantia ; omnes titulos jurium, ac proinde omnia jura ; 
omnes instituliones sociales , acproinde omneoi ordt- 
nem socictatis; omnes leges sociales posiiivas,. proinde, 
omnes obligationcs his legibus respondeutes; omnia 
faeta quibus probatur revelatio, ac proinde omnes re- 
ligiones positivas. Porro nemo non videt quanlum haec 
omnia repugnent naturae humanae. 

Eoeptkatio. 

Diximus in propositione : « veritates a ralione coUc«- 
tiva suggestae sunt objective certee, posilis qmhmdm^ 
eonditionibus. » Unde, 

Quaer. Quwnam condiliones requiranlur ^ ut constet 
de veritate objeetivd testimonii rationis collectivcB T 

Resp. Teslimontum potestesse immediatum aut mc- 
diatum. — Est immediatum, $i prsebeatur abets quibus 
factum aut vcritasprimolocoinnotuit; mediatumyetb, 
si testimonium primorttm testium (1) per testea uilcrr 
medios fueril iransmissum. 

(I) Auctor, in decursu quaeslionis praesentis et sequentium, indis- 
criminafim uUtur Mc voce « leslis^, sive agatur de {(Uto quod 
corporis, sive de verUaiiB quae intellectfts oculis percipilw. Semns 
hujus votis, coneisioni maxime favenlis, sat ckire determinalur ex 
eontextu . 



— 35 — 

/. 5« tesimonitm sit inm^diatum: Ut reairias ob-. 
jeeiiva lesiimonii raiionis conecliv» eerto aSlrmari 
possit> tria requiruntor etsufficiunt^ scilicet: lote^tt- 
moniumsii clarum et concordans; 2^ constet de con- 
victione; 3<> consletde legUimitateconvictionis testium. 

Condiliones prsedictsp requirunlur: 

1 o Testimonium sit clarum: idest, absque obscu^ 
rite autambiguitatedatum. AUoquin dublus esset sen- 
su» testimonii perquod cognoscitur faetum aut ventas; 
dubiuin proindeforelfactum autveritas. — Testimonium 
sit concordans : Si enim testes sufiicienter numerosi alio- 
rum affirmalioni contradicerent, eo ipso destrueretur 
valor testiroonii. 

2® Constet de oonvletione testium :. Testimonium 
eoim ceriitudinem generare non potest, nisi testes ipsi 
sinlconvieti de vcritate ^orum quae affirmant , ut evi- 
dens est. , 

ludicatur autem de convictione testium ex prineipiis 
s^wtiAibus : 1 . Nulla in testibus convielio affirmari 

poiesl,s\i%sUmonium sit dubitativum,.-— 2. Si tcstimo- 

nium si affirmativum, praeSAimilur conv|ctio, nisi con- 
trdnum coBsteL — 3. C«rta est, si testes sint numerosi, 
nec aUa ipsis utititas ex mendacio sit percipiendaj; 
numerosa enim hominum coUectio non mentitur abs* 
que motivo. — 4. Certissima est convictio, si testes nu- 
merosi idem alfirmanles sint diversi ratione , indole , 
educatione, pr8ejudiciis,.cupiditatibus, et^,; et prjfeser- 
tim, si testimonium^pponatur prdejudiciis , cupiditati- 
bus, etc. Posilis enim praBdictiscircumstanliis, impos- 
sibilis est testium conspiratio ad mendacium. 

3« Constet de legitimitate convictionis : Nam, sicon 



— 34 — 

V]cUo (estium sit illcgitima, vei etiam dubiis lcgitima, 
eorum lcstimonium certitudinem producere non po- 
test, utevidens est. 

Porro, irt constet dc legitimilate convictionis,^ecesse 
est 1 . ut facuUatcs testium non sint vitiatde ; 2. t>bjectum 
sit a testibus observabile ; 3. fuerit altente observatum 
ik teslibus ; ul constat ex dictis ubi de Certitudine ra- 
iionis individuw. — Facultates autem testium censentur 
non vitiatte, si testes suut numerosi. Siquiden^ ratio- 
nabiliter supponi non potest senstis multorum testium 
esse simul sub eodem rcspectu viliatos. — Objedtum 
censetur a testibus observabiie vel non, pro natur^ rei 
observandae el capacitate testium. Sic, verttates scien- 
ttficse a solis dociis sunt observabiies ; speeialiter facla 
sensibilia ab omnibus, etiam indt)ctis, sunt observa- 
bilia.— Objectum censetur attent^ observattim, si re- 
pugoet praejudiciis, cupiditatibus testium, prassertkn 
si testes sinl numerosi. Homines enim lemere et in- 
consideralenon admittunt facta et veritates praeiudkws 
et cupiditatibus opposita. 

Cbnditiones prsedictae sufBciunt ad certitudinem ob- 
jectivam tcsiimonii rationis collectivae. Hls enimcondi- 
tionibus positis, inter objecium et subjectum de veri- 
tate abjecti informandum adest intermedium certum, 
scilicct, canvietio legitima lestium per testimonium 
clarum transmissa. 

//. Sf testimonmm sit mediatum : Ut constet de va- 
lore objcctivo testiraonii, requii^ilur ct sufficit testinio- 
nium de authenlieitale, de integpitate substantiali tes- 
timonii,de veracitate primorum le^lium, praecitatis oon- 
dilionibus vestitum: 



— 58 — 

Rcquiritur 1<> testimoiuum de aiUAenliciiate testtmo* 
niL Testimonium estautheiuiqum, si primi tesles fuerint 
facto co»vii Haee concUtio est necessaria. Siquidem 
objecti veritas p«r testimonium cognoscitur; testimo- 
nium autcm non potest esse certum, nisi primi (estes 
fuerinl facto coaevi. Soli enim testes coaevi poluerunt 
factum cert6 cognoscere et transmittere. . 

Requiritur 2» testimoniiim de iniegrilate substantiali. 
Substantialiter integrum est te^timonium, si non fuerit 
quoad substantiam,.quanivis forte quo4d circumstan- 
tias accidentaks adulteratunit. Unde, si tesiimonium si( 
substantialiter adult^atum, jam non est quo&d subs» 
tantiam testimonium manans k testibus faeti^ proinde 
non est certum. 

Requiritur 3® teslimonium. de veracilate primorum 
testium. Siqutdem tota certitudo testimonii actualis ni- 
titur affirmatione primorum testium. 

Kequiritur i^ ut tcstimonia prsedicta vestiantur con- 

<i\v\oii\Y>us in primli. responsione prsecitatis. Siquidem 

conditionespTOcitatae necessariae sunt ad valorem les- 

timoDn, ut supra probavimus. 

Su/Bciant conditiones prapdictse. Probalis enim au- 
thenlicitate et integritate testimonii, constat narratio- 
oem facti quo&d substantiam . oriri a testibus faeto 
coaevis. Probata insuper veracitate testium facto coae- 
vorum, patei veritas testimonii mediati, ac proinde 
veritas e}us objecti. 

N^tanela. l^ Pro testibus habjemus in propositionibu^ 
praecedentibus, non solum eos qui factum positive af- 
firmant ; sed etiam eos qui tacent de facto eoruni prae- 
judiciis et cupiditalibus opposito, quod cognoverunt et 



— 36 — 

verilicarc potnerunt. His enim condiuonibus posiiis, \ . 
sHentium aequivalet testimonlo positivo ; certo enim 
reclam&ssent testes negativi, si falsam habuissent affir- 
mationem (eslium positivorum; 9. conslat de convic- 
tione testiuniy ob eamdcm rationem ; 3. constat de 
legiiimitate convictionis ; supponimus enim objectam 
testimonii potuisse k tesiibus negativis verificari^ et 
objcctum fuisse attent^ observatum, ciim oppositum sit 
prsejudiciis etcnpiditatibus. 

9<^ Testimonium mcdiatum transmitti potest per 
traditionem oralem, per historiam, autper monumenta 
medio inscriptionum aut traditione interpretata. In 
qu&Irbet hypothesi, certitudo pendet ab autltenticitate, 
integritate et veracitate testimonii. Ad probandam vero 
autbenticitatem testimonii perhistoriam aut monumen- 
tum transmissiy non requiritur ut historia et taooU' 
menta sint in se facto co^va, suflicit ut mdilio iraoS' 
niissa per ista media sit authentica. 

3^ Quae diximus de valore testimoniiapplicaTidasunl 
tesiimonio hislorico et docirinali. — Teslimonio hisio- 
rico:hoc evidens esl. — -Tesiimonio doctrinali, . sivc 
immediato^ sive mediato. Immediato : si enim auctor 
testimonii immediati sit convictus legitime de veritate 
quam afllrmat, certa probatur veritas per talera affir- 
mationem. Mediato: nam, si constet iesttmonium ac- 
luale esse authehlicum, integrum, et prfmum testcm 
fuisse de veritate quam affirmat legitime convictum , 
eo ipso probalur veritas leslimonii aetualis ct veritas 
doclrinee. 



— 37 — 

2 s. vtrfian veritate» ^ftgefttAper testtmoDliiiiiratloiilft coiieetlir» 
sint feciuidn T 

. Resp. Yeriiates suggest^ per t^stitnonium rationi^ 
ooilectivse suntfecundae. 

Prob. Fecundsesunt yeritates suggestae a ratione in- 
dividu^, 2r pari veritates suggest^ k ratione collectivli; 
esedem sunt enim veritates ab utr^que r^tione snggestse. 

Excipiuntur quidem facta interna^ quae solummodd 
per et>nseientiam et memoriam possunt innoteseerein*' 
diviciuo qui ea experitur ; et facta externa loco et tem- 
pore distantia, qxxBS per testimonium rationis colIectiv8& 
solius eognosoi possunt ab individuo qui non fuit eorum 
testis iramediatus. Sed nullius est momenti ista diffe* 
rentia quoad quaestionem actuarem> ut evidens est. 

COROLLARIA. 

CoROL. h Ex supra dietis de /{a^zon^/ sequiturpercep- 

iionem verltatum generalium, seilicet, legum naturae et 

fTiiKupiorum absolutorum, pendere ab educatione so- 

ciaWel uUimd a revelatione ; certitudUiem vero objec- 

tivain earuia veritatum in meate uaturaliter produci 

primdpet testimonium rationi^ colleclivse / cui sppntd 

61 neceifsario adfaaBret mens humana; secundd per 

testimomum rationis individuoe, quae per^ediicationem 

iUuminiata^ auctoritate sibi propria generat in ihente 

certitudinem a certitudine testimonii rationi» colleclhce 

dUtinctam. 

CoROL. II. Scquilur etiam refulatio philosophorum » 
— qui negant omnera certitudinem, — qui negant va- 
lorem rationis individuse , admittendo solum valorcm 

3 



— 58 — 

ralionis eonecUvtey — qui negaot valoreoi raUonia coUec- 
(ivee, admittendo solum valorem rationti individase. 

/. RefUlatio earum qui negani wnnem eertiiudinem. 

Sic argumentantur : Gertitudo probari non poleat, 
proindd rejicienda est. (Itii Sceptici,) 

Porro faba raUo. Equidem cerutudo non poteal pro- 
bari direct^ absque suppositione quaasUonis. Sed ind^ 
non aequitur eam esse rqiciendam. ScepUcismus enim 
universalis impossibilis est, et repugnat naturse huma- 
nae^ ratione sul» raUone consectariorum erga indivi« 
dttum el societatem, ut suprk probavimus. 

//. RefijUalio philosophorum gui neganl vahrem ra-. 
iionis pariiculariSf admiiienilo sohm valorem raiionit 
•eoUeciiviB. (lik D. de Lamennais.) 

Saepdy inquity ratio parUcularis errat, ergo dubim 
suntomnes illius affirmaUones , ergo certitudo ex to^- 
Umonio rationis coUectivse tantummodd oriri p&test . 

Porro falsa hsec argumentaUo. Equideai nrtio indi- 
vidua ssepd errat. Sed indi sequitur Aantum eam non 
esse infallibilem ; non sequitur ver& ipsius affirmatio- 
nes dubias esse» si coexistantoondiUones supri expositse. 
AUoquin dubium evaderet tesUmonitim raUoniscoIIec^ 
Uvap, cum ejus valor pendeat pro individuo 4 valore ra- 
tionis indivtduse, ut suprli ostendimus; proinddque 
ratio induceretur in dubium universale de veritatibus 
ijiituralibus. — Aliund^, si rejiciendus sit valor rationis 
indivtduae quia non est infatlibilis; k pari rejiciendus 
st valor raUonis coUectivae , saepd enim erravit, v. g. 
admisit idololatriam, admisit immobilitatem solis, etc. 

///. Refklalio philosophorum qui negant valorem ra- 
.iioniscollectivoe, admittendo valoremrationisindividua^. 



— 39 _ 

Omnes bujus categoris& phtlosbpHi negaht valorem 
rationis coUectivae^ Quidam insupcr negant valorem 
qoaramdam facuhatum individualiiim. 

Porro l^^omnes errant, rejieiendo valorem rationis 
collectivse. — 2® Insuper in atium errofem inciduntqui 
rejiciunt valorem quarumdam faeultatum. 

I. Omoes errant rejiciendo valorem ratiotiis eoUectivas'. 

Sicratioeinantur: Ratio collecti^^a sspi errat , ergo 
ipsiufl testimonium est dubium , proind^ certitodo ex 
solA ratione iildiVidQl oriri potest. Ha^ est summa ar- 
gamentationisquA nititur dubium metfaodicum CorfeWty 
quod dubium Ifidividaalislee omnes rebtis pfailosophi- 
eis serio poste^ applicaverunt. 

Porro falsumargumentum. Erratequidemaliquand6 

ratio collectiva; unumautem ind^ concludendnm/sci- 

licet, rationem collectivam non esse infallibilem. Minim6 

vcr6 seqaitur qus testimonium esse dubium ciim coe- 

listant omnes conditiones supra ennmeratae. Si enim 

d^V\um ftit testtmoniom rationis collectiv», ii fortiori 

tes\iiii«mum ralionis individuee ; admittendus prbindi 

seepttcismus untversalis de veritatibus naturalibus, 

quod impossibile est et repugnahsnatarse. 

II, Insuper in alium errorem incidunt qui rejiciunt 
vaforem quarumdam facultatum individuaSum. 

Sub istA classe quatuor prsecipua systemata sant 
examinaBda. 

Sffstema Kant el Ficht. — Kant et Fieht negant valo-^ 
rem omniumfacultatum, except4conscienti6 et ratione 
praetic&« Perralionem practfeam intelligunt rationem 
absolutam, quatenus testatur de veritatibns moralibus 
necessariis. 



— 40 — 

Sic argumentaQtur : Gertitude supponit cognitioQem 
immediatam objecli per subjectum , proinde ideHtifi- 
cationem subjecti cum objecto. Porro conscieniaa sola 
cognoscit immedtat^ objectum suum, sola proinde inter 
facultatesspeculativasaffirmarepotest realitatem objecti 
sui cum plen4 certitudine, — Niliilominus ratio practica 
probat realitatem libertatis , allerius yits, existentiae 
Dei. Praescribit enim officia necessaria immediat^ co- 
gniUi. Atqui offieia supponunt libertntem; adimpletio 
officiorum supponit vitam cBternamjCiimisUk adimple- 
tio non possit esse perfecta iu vit4 prsesenti, cum aKun- 
d^ mereatur remunerationem quae non obtiaetur ia 
vitA prsesenti ; vita aeterna suppooit Deum remunera' 
torem^ cum homo non possit, necii se, nec a creaturik 
remunerationem sufficientem accipere. 

Porro rejiciendum est systema Kant. Siquidem fd- 
sum est principium quo nititur; absurda sunt ejus 
consectaria ; illogjcum est. 

l® Falsum esi principiumj scilicet^ ccrtitudincm sup- 
ponere cognitionem immediatam. Hotno enim invinci- 
biliter et absque errandi formidine afiirmat multa 
quse non cognoscit immediatd» v. g. facta loco.et tem- 
pore distantia« 

2® Falsa sunt consectaria : JVam , si valeat opinio 
Kantiana , rejiciens valorem perceptionis sensuum , 
rationis inductivse et absolutae ; ergo speculative dubi- 
tandum est — de existentij mundi corporum ; siqui- 
dem, negato valore rationis colieetiyae , certitudo de 
existentili corporum ex testimonio perceptionis sensuum 
solo certe cognosci potest; — de legibus naturse, quae 
ratione inductiv^ cognoscuntur;— de viribus quibus 



— 41 — 

moventur eorpora ; de mundt) ^piriiuum j dfe ipsintet 
existenti^ Dei ; de relationibu» enlium ; irad apimaau- 
bitare debet de subslanlialitate suk; cum hcec oinnia 
soWrationc absoluii atlingi possint. Proind^ universa- 
litas rerum reduciiur ad imagines, ideas, et earum 
relationes existeutes in eonscieiiliAnon substantiaK; 

H»c omnia faletur Kant, Addit Ficht mundum idca- 
lem suprft delineatum ex ipslimet conscientii spont^ 
exurgere. Undc systeflHi Kant et Fiditmerit6 appel- 
laiuv Pa7Uhe%$mus-ego%8(a. Porro nemo non videl 
quantiim haec otmh sint absurda et nalurae r^pugnan* 
tia. 

3<^ niogieum est: Realitatem negatam sub respectu 
speeuktivo reaediCcare conBntur per rationem prac- 
tican», sed illogic^. Idem enim est valor rationis specu- 
lativae ct practicae, ciimpriucipia utriusque sint aequa- 
liter generalia, necessiria, el necessitantia ad affirman- 
dum realitatem objeeti sui. Proinde valor rationis 
pmiicae non pbtest admittj, rejdcti) valofe rationis 
speculaiiv». 

Systeim ScheHing el Hegel. — Admittunt conditio- 
nem ceriitudinis a Kant positam, scilicet, identificatio- 
nem stib/ecticumobjecto, admittunt insuper possiWli- 
tatem certittidinis objectivde. Objeetum cognoscibiie 
appeflatur natura k SclrelKng , idea ab Hegel; 
identiScatur proinde subjectum , seu mens humana, 
cum rraturA, vel cuifn idei. Cura autem naturaet idea 
compfehendarit umversalitatera reruilfi , tinicum end 
uuiversalc eXistit. — Ens ilhid unicum progrediendo 
evolvitur. Concipitur eriim primd quHfei germen, ex 
^uo omnta" swccessive emerg«*re debent. In 'priocfpio 



— 41 — 

pfodueUsuccessivi varta natuneregoa, io quibu» d\^ 
iHigui po;i6uni objeeium^ id est, res materialiter consi- j 
derata , et iubjecium , seu idea« aut lex juxUi quaoi { 
formatur et coordinaiur. — Objectum in natur^ pr«* | 
valet ; idea quidem existit» aed.non est reflexa* Deind^» l 
per progreasiones succeasiv^ perfectiorea germen at- | 
surgit ad produclionem intelligctttise humanse , in qua 
aubjectum preevalet; in bomine eoim idcafit reflexa. 
iQtelUgentia humana ipsa per legem progressfts eonti- 
nui regitur, et indefinit^ perficitur« Sic ens unicum » 
seu DeuS) indesinenter prosequitur perfeetionem pun« 
qu^m obtinendam. — Und^ systema Scheiling et H^el 
appeliari potest Panthei$mu$'Obje€tivui'-progre9sivus. 

Porro liujus systematis ruioosa sunt fundaaienta) 
absurda consectaria. 

1* Ruinosa sunt fundameota : Systema enim nJiifur 
bocprincipio jam refutato : « Nulla certitudoessepocest 
absque identiflcatione subjecti cum objecto. • 

i"* Absurda eonsectaria: Si enim, ut vuU sysUixia, 
omnia entia ex substantili unius enlis emergant pro* 
gr^ssiv^; — Ergo 1. objeetiv^ fabae sunt dtstlnctiones, 
differentiae et oppositiones inter entia ; — Eigo 3. ne- 
ganda est individualitas et libertas bomiuis ^ cum cjus 
suli^tantia et acUio jam non sit substanlia et actto indi- 
viduai bene ver6 substantia et actia entis universalis; 
— Ergo 3. negandum est discrimen inler bonum et 
malupa, omnes enim actionesab ente uqiversali proce- 
dont, et proindd suot bonae; -^ Ergo 4. neganda est 
moralilas aetionum humanarum, moralitas enim sup- 
ponit libertatem ct discrimen inler lionum et malum ; 
— Ergo.5. rejicienda est altera vita; destructft enim 



— 45 -. 

pmseati bomints formd, hOfninis substaniin in ens 
universale absQrbetur ; — Ergo 6. em unieuaif seu 
Peus^ est ens coecunoh et impersonale usqueduin peir 

evidutionem iid produetionein humanitafts perveaerit; 

eosneeessaridimperfectumy cum perpetu^ tendat ad 

peffe<|tionem nunqulim obtinendiim. — Pofra neme 

B«ii videt quantwn haee eonsectatia coutrHdicaQl ra- 

uoiii imKyidoaet^ c^IectrvsB« 

Nota. Systemata sequenCia admittunt possibiKlatem 

cognkioius obj^ctim absque ideotificattbite subjeett 

cum ob|ecto« 
SystemaBerkky ei e&rtm qui^ negato mtore ra^io- 

nis coUectivWf simul rejieiunt valorem perc^tibnis 

sensuumf ae proindi eorporum. 
Sic argumentatur Berkley : Existentia corporum non 

pdiest probari pei' principia rationis ; ergo ^ubia est. 

Porro fatea bsee arganoentatio, etrepugnans conclu*^ 
slo» — Falsa argumehtatio: Equidem existentia corpo- 
tMin lion potest probari per principia rationis, utsuprk 
vidtmtts. Sed inde non sequilur eam esse rejiciendam^ 
Affirmatur enim existentia eorporum per perceptionem 
sensuum, cujus testimonium invincibililer iimentehur 

fflanfi admiititur. — Repugnat conclusio: Ut evfdensest*. 
Sjfstema eorum qui^ negato valore rationis eolleetiimt 

simul rejidunt mtoremrationis induetivce et absolutce^^ 
HAc rationenituntur, scilicel : Prineipk rattonis nibill 

dliud suBt qulim judicia generalia ex observatione per 

tbsiraetionem deducta, proihdd nullum valorem ob-* 

jeetivum habent (Itlt Sensualistfie et MaterialistiB.) 
Porro hujus syslematis Msa sutit prinoipia et oorol- 

larta. 



• 



— 44 — 

' i<> FaUa sunt pHncipia : SiqiHdem observatio est 
condilio sine quA principia non cognoscerentnr. Sed k 
f actis observatis non dedacuntar» nee deduci possunt. 
Facta enim observata sunt pauca numer^ et eontiB- 
gentia ; princfpia autem rationis inductivae suDt gene- 
ralia, principia rationis absolutaei sutA insoper neces- 
saria. Proindd principia rationis inductivse et absolutee 
non deducuntur ex observatione per ratiociaium ; 
oriuntur ergo ex ipsius testimonio rationis. Ratio aotem 
afiirmat eoram objectivitatem, eui invincibiliter adhae- 
ret mens humana. Admittendus ergo liorum princi- 
prorum valor objeetivus, aut deomnibos dubitandiim. 

^o Falsa sont consectaria : Vel adversarii rejieiumy 
vel admittunt valorem objectivum perceptionis sen- 
suum. 

Si rejiciant hune valorem : Gonducantur ad Egok- 
mum. Si qua enim extra mentem existeret realiiBs, vel 
corpora, vel spiritus. Atqui, — Non corpora : cum ad- 
versarii negent valorem objectivum perceptionis scb- 
suum, per quam solam realitas eorponim cognosci 
potest. — Non spiritus : Res enim spirituales solommodo 
possunt probari per rationem absolutam, cujus adver- 
sarii rejiciunt valorem. Proind^ universalitas rerumre- 
ducitur ad ideas mentis ; im6 substantialitas mentis 
dubia est, si principia absoluta non sint objectivS certa, 
utsupr^ diximus (Itk Hume.) 

Porro jam vidimus quantum Egof smus repugnct na- 
turee humanae. 

Si admittant valorem objectivum pereeplionis sen- 
suum: Indueuntur ad JHaterialismum ; cum res spiri- 
tuales per principia absolula sola probari possint* Porr6 



— 45 — 

fdx MaterialismD sequitur 1<» negalio omnis substamt» 
spifitualisy specialiter Dei, proinde religionjs ; — Sequi- 
tur 2<>negatio libertatis; nam, si anima sit eorporea, 
movetur modo corporum, id cst fataliter ; — Sequitur 
So negatio alterius vitae ; nami si anima sit corporea, 
per mortem dissolvitur ; — Sequitur i^ negatio mora- 
Jitatifl. Moralitas enim supponit libertatdkn. Aliund^ kh 
aystemate Haterialislarum nihil prseter corpora est': 
reale. Principia moralia sunt ergo merae abstractiones- 
Quilara vim habentes ad eoercendas concupiseentias. 
Taodem» si.anima sit materialis, si nulla sit altera vita^ 
ejus officium unicum est utin cupiditatibus se effundat; 
— Sequitur H^ negatio juris ; negat4 enim obligatlone» 
eo ipso jus negatur, cum haec duosint correlativa; — 
Sequitur 6^ homines in statu belli perpetud constiluile- 
gitim^. Si enim nullasintjura^ nullae obligationes^ bo- 
miaes passipnibus indulgere possunt et debent, omnia 
ftibi jucunda et utilia legitim^ambire possunt». ind^ op- 
^^Uones et bella;— Sequitur ?<> despotisnium necesjsa- 
rium esfte et legiiimum. Giim enim bellum sit generis 
bumani destrueiivum» necessaria est vis ad finem bello 
imponffldum; porro vis ista nullum Jus habens, nuliit 
subjecta obligationibus, conslituitdespotismum absolu* 
tissiffium. 



^M 



QUiESTIO SECUNDA. 

i TBtJM KATio (giv0 tn^ividm, sive coUectiva) habeat FUNcnoNift 

JN THEOLOGU , ET QUASNAM HABSAT? 

De quaestione praesenti, quaedam sunt cerfa, quae- 
dam conlroversa. 

Gerta. 

l^ dertum est, et ab omnibus admissum rationcfAEr 
collectivam generis humani testari de existentid relf'* 
gionis. — Item certum est rationem individuam posse 
cert6 cognoscere hoc testimonium per sensuura per^ 
ceptionem et rationem inductivam ; posse eognitionem 
religionis sibi identificare per conscientiam, conservdre 
per memoriam. Ex un^ enim partCi perceptio sensuum' 
ratio inductiva, conscientia et memoria faabent valo- 
rem objectivum ; ex alterA parte, facuttates prsedictas 
applicari possuntveritatibus iheologicis, sicat et aliis 
veritatibus, ul evidens est. 

2» Cerlum est bas functiones rationis essc necessa- 
rias scientiae theologicse. Alioquin individuo cert6 cons- 
tare non posset de veritatibus theologicis , ut suprk 
exposuimus, probando certitudinem testimonii ralionis 
colleclivse pendere k valore objectlvo facultatum indi- 
vidualium. 

COWTROVERSA. 

Cpntrovertitur autem !<> utrum ratio invcnerit, aut 
possit invenire objectum theologise , id est, veritates 
religiosas, seu dogmata et veritates morales; 2« utrum 
in hypothesi negalivA, possit probare verilates religio- 
sas revelatas per principia sibi propria, et quasnam 
vcritates. 



M 



— 47 — 

{ 1. vtr&ai ratto lttdlvM«a et coUectlvn verltatc» relltlota» 
lovenerlty aat ppsslt Invenlre r 

Affirmant Deistae. Adnoittunt enim reUgionem pri^ 
mitivam bunuinitati fiiisse naturalem, seu ex^ facuttati- 
btis humanis sponte natam, hominemque individuum 
posse ad cognitionem religionis naturalis pervenireper 
fa4;ultales indivtduales» seposil6 educatione soeiati et 
reveiatione primitiva. 

Caitiolici autem omnes rejiciunt Deistarum opinio- 
nein de religionc naturalt. 

Quoad eiislcntiam hujus religionis, omnes eam ne- 
gant ; affimMmt enim religionem primitivam ex Tcvela- 
tioncfuisseortam. 

Quaad possibilitatem religionis naturalis , inter se 

dissentiunt. — MuUi affirmant iliius possibilitatem, iu 

eo sensu qu^d homo, vi faeukatum suarum ei sepo- 

siWl revelatione per educationem socialem transmissA, 

poasuad cdgnitioncm religionis naturdlis assurgere. 

— Alii, quorum bpinio nobis videtUT muh6 probabi- 

Iior, negani possibilitatem religionis naturalts; asse- 

rentes cogn/tionem religionis etiam naturahs pendere 

pro /ndividuoab educatione sociali, el pro humanitate 

^ revelalione divin^. Quibus positis, 

Resp. Cognitio veritatum religiosarum pendetneces- 
8ari6 pro indiyiduo ab cducatione; proinde pro individuo 
in sta(u actuali non polest existere religio naturalis in 
sensu Deistarum. Pependit necessarioproto-parentibus 
a revelaiione, proinde religio primitiya non fuit nec^ 
potuii esse naturalis in sensu Deistarum. 
Pro6,p6rpaH.CagnilioYeritatunareIigiosaruropendet 



— 48 — 

necessarid pro individuo ab educatione: Verilales eDim 
reiigiosee, seu dogmata et veriistes morales, per iaiagi- 
nes percipi non possunt ; ergo, ex ante^ dictis, earum 
perceplio pendet k verbo. Fossessio autem verbi, cum 
verbum ab individuo inveniri non possit, pendet ab 
educatione sociali ; ergo cognitio veritatum religiosa- 
rum pendet necessarid ab educatione. Proind^ pro in- 
dividuo in slatu actuali non potest existere religio na- 
luralis in sensu Deistarum. 

Pependit protorparentibiis k revelatione : Siquidem 
proto-parentes, non ab aliis hominibusy sed asolo Deo 
immediatd aut mediatd potuerunt accipere verbumt 
quod est conditio necessaria perceptionis veritatujn re» 
ligiosarum. Ergo religio primitiva non fuit» nec potuit 
esse naturalis in sensu Deistarum. Respatetex antece- 
dentibuB* 

Confirm. Infr& videbimus rationem oon poimsse 
conservare veritatem divinitus revelataro, k forliori non 
poiuit eam iovenire. Insnper probabitur per rationes 
ex teslimoniis et factis deductas religiooom primitivam 
fuisserevelalam. 

8 2. vtrdni » jioaone veritatniii rctfgiosaniiii per revclaUoMtBi m- 
«cptnta^ raUo ims^t vcrltms r«lt||ioMM protoare p«r prtndpl* 
slbl pi*opria; et «uasBMii verltates.T 

Justa quosdam, veritales religiosae per rationem pro- 
bari non possunt; 3ed earum certitudo nititur solo Dei 
testitnonio, quod perfidem acceptalur. 

Juxta JD. de Lamennais^ veritates religiosse possuni 
wprobari lanlummodd per testimonium gencris humanr,^^ 

Juxla ffermes f Yeritatcs religiosfiB possunt probari 
tantumtnodo per rationera individualem practicam. 



-^ i» - 

Contm baec systemta» qtm tu&rmtk S. Ponlifice 
improfoata aut GODdenmatay Apologtatae catholiei affir» 
iDant^ saltem impiieite per seripta : i^ theologum po^se 
per principia rationi propria probare plnrea veritates 
revelatas; 2^ tbeologum posse; et, si rem habeat cum 
adversariis negaotibus diyinitatem Sertpturae ei Tradi-: 
tionisy debere probare ScriptufamperFationemsoIam» 
Traditionem per rationemsimuIetSeripluram; S^^^praB- 
dictis probatjonibus concurrere rationem individualeESi 
eum omnibus faeuUaiibas suiSy simulque rationemxoU 
lectivam. 

Cum illis qud&stiani propositae reapoad^mus per pro* 
posiliones sequenies : 

Propos»tioI. Tkealogus poiest pfir principi^ ralioni 

propria probare plures verilaies revelalas. . , 

Prob. Veritates primariae auggestse a ratione partieur 

lari ei eollectivd sunt, pasitis quibusdam cpnditionibus, 

objectiv^ certae, ili supra vidimus. Proind^ plures ye- 

Tivue^ revelatae possunt probari per principta ratioDi 

propria, si muitas Yeritates dogmatic^ ei morales sini 

affirmationes primaris^ ratianis, aut conelusiones ex bis 

a/Sfmatiooibus legitim^ deducias. Atqui res ith esU Sie 

dogQi#de extstenti^ Det legitimededucitur mediopria* 

cipiicausalitatiis, positis existenti&y moiu ^ dispositipoe 

maodi. Idem dieendum de ipuliis Dei aitributis ^de 

subsiautialilate/spiritualitate, libcrtate^ immorialitale 

^niaue. Sic» discrimen inter bouum ^ malum, quod edi 

^'^fitatum moralium quasi fundamentum, immediaH^ 

^pparet evidens rationi. Officia bominis erga Deum 

dart dedutiilitur cx naturA Dei et hominis, qualis per * 

^ationem cognoscipotesi; offieia hominis erga seipsam 



— iJO — 

cl alioi clare dedueuiitur ex boniinis essenti^ per ra- 
tionetn notA; etc., ete. Insuper multae expreedietis ve^ 
ritatibus immediatd et certd affirmantur k ratione col- 
lectivd. 

Corol. Ergo eiislit collectio veritatum dogmatioarum 
et moralium, quse potest appellari ReUgio ncUuraUs, 
ob duplicem ralionem ; quia in naturi^ rerum funda- 
tur; quia per faeultates naturales probatur. 

Propositio II. Tkeologus potest ; el^ sirem hctbeai 
ciim adversariis neganlibus divinitatem Scripiurm et 
Traditionis, debet probare Scripturam per rationem 
solam, Traditionem per radonem simul ei Seripiuram. 

Prob. Potest : Hoc patebit ex infrii dicendis sub ti- 
tulo de Revelalione. Adbibebimusenim sola argumenta 
ex ratione deducta ad probQndam divinitatem Scriptu- 
rse ; argumenta ver6 ex rationc simul et Seripturi^ de- 
ducta ad probandam divinitatem Traditionig. 

Debet : Res ith est; si 1 . preedictser ventates probari 
debeanl adversariis eas rejicientibus ; si 2. Scriptuva 
per rationem, Traditto per rationem et Scripturam tan- 
tummodd probari possint.^lquiy 

1o Divinitas S<»*ipturae et Traditionis probari debent 
adversariis qui eas rejieiunt : Alioquin erga eo$ sup- 
primenda est theologia supernaturalis. Principia enim 
theologise ^upernaturalis primarid continentur in Scri- 
ptur4 el Tradilione; ergo, si dubia sit diviniUs Scri- 
plur«B cl Traditibnis, dubia esl origo divina principio- 
rtim ex bis fontibus dcduclorum; ergo supprimcnda 
est erga lales adversarios theologia revelata. 

2«^ Divinilas Scripturae per solam rationem probari 
potcst : Nam 1 . duplici tantum raedio probari potest, 



vel per rationera vef per revdatlonem: Probanda est 
ergo per r^tionem, si nequeat probari per revelalionem/ 
Aiqui, nori potest probari per revelalionem in ScriplHr^ 
contentam, alioquin suppbnefetur qua&stio; noft pei' 
revelatioriem ki Tradilione eontentam , siqoidem e^m 
Tradhionis valor probetur Seripturlj simul el ratione, 
in hujusmddl argumentatiorre supponeretur etiam quce- 
9iio. — 3. Rei controversae probatio deduci potesttan- 
lummod6 ek prrneipiis h disputantifous communiter 
admissis; porro inter Deistaim et eum qoiadmiitit re- 
velalioneni, communia esse possunt sola principia ex 
ratione dedutjta, ' 

Divinitas Tradilionis scienlifio^ polest probari tan- 
turnmodfrper raiionein simul et Scripturaiii : Si aliud 
existerel probationis principrum , nriaxim^ auetOritns 
aivina Ecclesiae ; atqui ho<j dici non potest', siqurdern 
aucloritas divina Ecclesi^ scientifie^ probatur per ra- 
tfonem, Scriptdram etTraditionem. 

Kcimus: « sirem babeat cum adversariisSeripturag 
el Tradiiioms di^nitatem negantibus. » Si enim theor 
logos rera habeat com hominc qui divinitaterri Scrip- 
tar» aut Trarfitionis adniittat, potest abstinere a pro- 
batione harum veritatum. — Si adversarius, admissA 
^iviftitate Scriplurae, rejiciat Traditionenfi, probacrda 
estdivinitas Traditionis ratione et Scriptur^. Probatil 
autem Scriptur4 et Traditione^ probetur divirritas et 
^uctoritas Ecclesise, et ex valore Iiorum fontium theo-^ 
^iaiii supernaturalem dedaeat. 

Nola. Ind^minime concludcndum fldem niti ratioue. 

Hiccnim non agiturdefide, seddescienliSTheoIogitA. 

PRot^iTio- III. Prcedictis probationibus concurruni 



— M — 

talio individua eum suis facuUaiibuSy simul ei rati» 
eoUecHva. 

!• CoQcurril Contcientia : Mens enim argumentari 
non potesty nisi eert6 cognoscat principia ex quibu^ 
eonclttsiones dedticit; porro ista principia per solam 
eoDseientiftnr nienti eert6 inootescere possunt. — In 
multis qusestionibus particularibus mens supponit fac- 
ta interna, qu» conscientift sol4 cognosei possunt. Sic, 
eoncludttur mentis substantialitas ex factis internis eert& 
cognitis; eonduditur ejus spiritualitas ex aimpliciiate 
eperattonum suarum^ qu« per solam conscientiam cons- 
tare potest; coneluditur ejus iibertas ex testimonio 
sensilks intimi, seu conscienti». Etc. 

30 Gon^urrit Memoria : Argumentatio supponit me- 
moriam. Mens enim legitimd concjudere non potest, 
nisi simul percipiat antecedentia et consequeosproba- 
UoniSy simulque relationes quibus propostiiones inter 
se aonnecluntur; quod supponit memoriani. ArgumeQtar 
specialia ss^d nituntur factts aut veritatibus anUk ae- 
quisitis et per memoriam ad mentem revocatis. Etc. 

30 Concurrit Perceptio «ensuum : Omnia enim facta 
et verltates per testimonium rationis coliecttvse cogoita 
supponunt perceptionem sensuum » per quam aolam 
aaquiri potestcogoitio testimonii.— Certitudo factorum 
quibus nititur revelationis certitudo , v. g. niiracuraj 
aupponunt eertitudinem valoris perceptionis sensuum. 
tastium quijprimi affirm&r^nt facta, et eorum qui narra- 
tionem primam h generatione ad generationes scquen- 
tes transmiserunt. Etc. 

4® Concurrit Ratio inductiva : Probatio existenti» 
Pei per mundi dispositionem supponiteognitionem le- 



-- 53 — 

gtim naturse, quse per inducttonem solain eognosci po« 
lest. — Ad probandam veritatem rcvelalionis per mira- 
cula, probandum est factum in probationem adduetum 
esse miraculosum, derogare legibuB naturse; quod 
supponit cognitiortem harum legum,qu8e per rationem 
inducttvam solam acquiritur. Etc. 

So Concurrit Ratio absoluta : Est enim necessaria io 
theologift naturali , ad probandam existentiam entium 
et relationum quae observatione immediaUk apprehendi 
non possunt. Item inlheologili supematurati , ad evol- 
vendas veritatesrevelatas. Etc. 

a^ Concurrit Ratio coU^ctiva : Siquidem per ejus 
testimonium multse prbbantur veritates dogmatrcse et 
morales ; probantur facta q^uibus nttitttr probatio revela- 
lionis, Etc. 

Undd facili^ dedueitur ulilitad, imdet nedessitas ra- 

lionis individualis et eollectivae ad expdsitionem sciea- 

Uficam Retigionis, t^m naturalis, tum revelatee ; et mo- 

ti^ra propter quod de Ratione primo loco dixima». 

COROLLARU. 

Ex proposiiionibus siipp^ expositis sequitur refutatio 
eorum, — qoi negant Veritates religio86s posse probari 
perralionem; — qui affirmant istas veritates probarr 
posse per solumgenerishumani lesiimonium ; — quiaf- 
firrnantillasprobaripossc perrationempracttcam solam. 
• Horum systemalum falsitas jam sufiicienter apparet ex 
anieii diclis. Possonl insuper refutari per rationes uni- 
cuique speciales. 

'. SifHema eorum qui neganl 'i^eriiates retigiosas 
V^s^e prob^i perr^tionem. 



— 54 — 

Triplici ratlooe niiuatttr, scilicet: i^ AuetoriUft ra- 
(ioois insufficiens esi ad creandam eeriijludinecD. i^ Ve- 
riiates religiosae suni objecium fidei ; porro ildes nili- 
tiir auctoritate divi&A , nou ver6 bumani. S^ Si ratio 
possei diviniiatem Seriptursa ei Tradiiionis prabare , 
initium fidei essei k ratione, non ver6 k grati^^ quod 
Semi-pelagianum est. 

Porro falsa suni hujus syatematis priaeipia et eoosec- 
lari»,. 

l^Falsaaantpriocipia : 1*^: Supri eaimprobavimus 
teslimonium rationis individuae et collectivse habere 
aucioritatem sufficientem ad creandam eertiiudiom in 
mente. — 3^"^: Equidem veritaies religios^e, quaieniis 
suni objecium fidei » aucioritate divin4 admiiiuiitur; 
quateni!ks autem suni objectum scientise ibeologicseji 
possuAt probari raiione^ ut suprii indicavimus. — 5^: 
Ex eo qudd per raiionem probeiur diviniias Scripturie 
et TcfldiiioniSy non sequilur iniiium fidei esse k raiioae. 
Siquidem probatio veritatum isiarum est prsBambv&um 
fidei erga eos qui fidem non habenty non ver6 initium 
fidei ; adheesio enim veritatibus revelatis , nixa argu- 
mentis ex ratione deductis fion est fides divina, sed 
potius adh«3sio seientifiea. Fides incipii existere ciim 
mena, auxiliogratiae adjuia^ adhserei veritaiibus revela- 
tis ei per Ecclesiam propositis, propier tesiimonium 
divinum infinite verax. 

2« Falsa sum consectaria : Nam, si veraa siut ass^T- 
tiones adversariorum;^Ergo 1. nulk exrstit certitudo'' 
absque fide, cum raiio non babeat auctoriiatem suflB- 
^niem ad produceHdam certitudincm; ergonulla exis- 
tit certitudo in infidelibus, incredulis et hweticis. •— 



— »8 >-. 

Er^o 2. reli^lp veira ii religiohe fa]s& <}istingiii. nequit^ 
Si eoim disiin|;ui po&set, vel ratione, vel seosu {lesen- 
timeni). Non ratione : (Xtm eius^testinionittm slt (}itbium. 
Non sensiL : Sensds enim varius est in diversis homini* 
bus ; varius in eodem homine, pro dtversitate cireum* 
stantiarum ; varius eliam qup&d iAteositatem ; noii est 
eiigo eriterium unum> £rmum ; proinde in^qffieiens esi 
ad distmetionem religionis faJsae^ver^. Si autem uul^ 
lumsit medium certe distinguendi religionem verann^ 
fals&, omnes admittends^^ vel omaes rejiciendse sunt , 
nulla estenimratio unamabis prjBeferendi> — Erga 3. 
iouiilis est omnis dissertatio tbeologiea deveritate reli-' 
gioni3 Ghristianse; inutilis est omnis cpotroversia cum 
infidelibuset incredulis. — Porrp, nemo non videt 
quantum haec omnia sint falsa^ pr^i EocIesieB et theo- 
logarum sent^iuise opposita. 

//. Skfstema D. de Lamennaie. 

Sic argumentatur D. de Lamennais : Ratio universa- 
lis 9o\a est infaltibiiia > sola proind^ potest existentiaoi 
religiomft probare^ religionem veram distinguere. 

Porro htt]us systematis principium est falsum^ cilii- 
$ee(ada suat etiam falsa , imd contradietoria qptniom 
ipsius D. de Lamennais. 

i^ Priocipium falsum : SupFk enim ostendimus eer- 
titudinem teslimonil rationis collettivae pendere pro 
individuo k certiludine facultalum iodividoaUum ; 
proinde» negato valore rationif individuae, rejioiendum 
Stk valorem testimonri rationis coUectivse. Ergt fals6 
asseritur ratiooem coUectiyam splam certitudiaem cre- 
are. 

2'^ Consectaria falsa : Si enim admiilatur principium; 



— »6 — 

-^Ergo 1. dubia est refigra Gachorica , im6 reKgio 
Gbrisliana, cum religtoni Gatliolicfls et Glirisltaase eoa- 
tradicant homines prep^ innumeri ; — Ergo 2. reji- 
ciendse soot omnes veritates religiosee, prseter extslen- 
liam Dei, providentiam divinam , dtstioctionem inter 
bonum et malum , vitam aeternam. Haec fatetur nunc 
D. de Lamennais ; et istse conclusiones ravera sequun- 
lur ex tpsius principio » cum veriiates prsedietae solae 
a<lmiltantur ab omnibus hominibus. — Im6 rejieiendse 
sunt notiones positivffi de veritaUbus prsecedentibus; 
cum de attribuiis diviniSf de modo agendi provtdenliSy 
de bono et malo in speeie, de naturi alterius vitse dis- 
sentianthomines. Religioproinddad ideas vacuas rediioi- 
tur. Porroyhaec omnia essefaisa ex dicendis constabit. 

5^ Gonsectaria eoiMradictoria opinioni ipstus D« de 
Lamennais. Principia enim systematis . sui posuil eo 
tempore quo se GathoKeum profitebatur. 

///. Sytiema Hertnei. 

Haac affirmat Hermes: Ad cortsliluendam tolide* 
scientiam theologicam, theologus debel prim6 de om- 
nilms, etiamde faetiskconseientiliaffirmatis, dubitare, 
ut possit doetrinam theologicam ope rationis resedi' 
ficare. 

Ratio autem duplex est, specukuim scilicet» et;»ra^- 
tica. Speculativa versatur circa veritates speculativas^ 
seu ad praximj;ion deducendas; practiea ver6 circa ve- 
ritates practicas, seuhominum offieia. 

Bati^ speculativa nullas potest menti prs&bere verna- 
tes objectiv^ certas.Siquidem judicium non potestesse 
objecliv6 certum, nisi cerla sil ipsius conformitas cum 
objecto; ut aulem cerla sil menti haec conformitas, re- 



— 57 ~ 

quiritui; i . ut objecium cognitionis immedifil^ infltial 

in fnenlem, alvQquifi dobia casel objecli existenlra; 2* 

ul repraesentatio objecli per mentem nonadulteretur , 

secus dubta esset conformitas judrcii cum objecto; 3* 

ut inens possil certo cognoscere hanc confofraitatejn 

judicii cumobjeclo; alioquin judicia possent quidcm 

esse vera, sed noi> fopent certa, ciim menti certo non 

eonsiarel de veritate. Atqui 1 ; mens non cognoscit im<» 

mediale objecta ; apprehendit. enim res corporj&as per 

imagines , res spijrituales per idea^. 2. Duhium esl 

uirum repraesentdtio objecli per subjectum, seu men- 

tem, adulter^tur. 3. Mens.nonpotesit eert^ cognoseere 

conforaiitalem objecti cum subjecto ^ . quamyi^ hBec 

conforimtas ^upponeretur existens: Siquidem de h^<5 

coufornirtate posse^ tantum constare per tesUmonium 

rationis objeeium cum facultate compavantis, ad . dete^ 

Sendum utfum ti^ duo.ooncordent, n«e ne. Porro 

haec comparatto fieri oon poteat, eum i^tio non aitinv 

%«x o^ectum ; non polest fieri certO, cum d)mparatio 

fieret per rationem, cujus \alor est dubiys, Uo.de 

ratio speciiativa Jion poiest suggefere YerLtaiesobjec- 

iiv6 certas; proind^ ex ejus teslimouio oritur tantum 

fides sabjectiva. 

Rstiie^ suggerit modo certo et.obtlgalorio honoinif 
officia ; prbinde ipsi prsescribit omnia media necessacia 
ftd obs^rvandam legem impositam; homo proinde 
debet admittere res externas eti«n»que facta pra&terUa^ 
^ieorum iBdes necessaria sit ad implenda officia pre&s-^ 
cripta.DubiuniautemmaTietutrumTeB etfacla exietDa, 
ad observandam legem naiuralem admissa, siot in se et 
objeciivi certa. 



— 58 — 

Porro rejiciendum esl hoc sydtema. Siquidem e^t 
scepticumy anti^catholieum , rationi et logicae oppo- 
aitum. 

io Est scepticuih : Siquidem ex dubio priiks posito 
Htrmes non potest assurgere ad eertitudinem objecti- 
Tam. Si qua enim fbretcerlitodoobjectiva, orirctur vel 
k ratione speeulativll , vel k ratiooe praciic^. — Nona 
ratione 8peculativ&: Ex ips^ enim oritur tantiim fides 
tttfajectiv»} quae, juita systema, non potest, ad veritatem 
objeciivam conducere. — Non it ratione practie4 : Ex 
e^ enkn oritur quidem admissio veritaiis objectivsB , 
non aotem certKudo objectiva* 

3« Est anti^atholicum : Nam 1. juxta systemay qui- 
Irbet homo> etiam GathoKcus, xiebet, antequim proce- 
dat ad rededificationem veritatum religiosarum , pi4m6 
de fais omnibus seri6 dubitare. Porro prs&dictura du- 
bium ex parte €hri«tifiniy qui per Baptismum fidem in- 
fi£9am aceepity est actus apostaticus. — 2. iuxtasystema, 
certiludo dbjeetiva factorum ex solk ratione pra<^ck ori-- 
Uir. PorrOy ex supr^ dictis » certitudo practica deter- 
minat quidem ad admissionem factorum, non verd pf o- 
duciteorum veram certitudinem iu se; ergo dubiasunt 
objectiv^ omnia facia. Atqui faaecassertio est anti^chris* 
ttana. Ghrfstiaoismus enim continetur in revelationis 
&ct09 quod innameris aliis factis nititur, scilicet mira- 
eults. Proindidubiaest Ghristianismi veritas objectiva, 
cum dubia sint objeciit^ faeta quibus nititur. — 3. Si 
fadorum admtssio sil necessaria tantum ratione adim- 
pietionis officioruni k ralione practic^impositoram, fac- 
ta iu ScriptUFis narrata rejici possunt abiis qui aliunde 
habent motiva suffieieniia ad observationem legum 



— 59 — 

prsedifitarani. Porrd Imc omiiia »unt evidenter religioni 
Catholi^ee opposita. 

3« Gontradicit rauoni: Systema enim supponit ra- 
lionem praeticam per se, et independenter h Supremo 
Legislatore, officia prsescribere. Porro haec supposi^o 
cgntradicit rationi , cum obligatio hominiimposita sup- 
^onat necessarid legislatorem faomini superiorem. Ad- 
loitti quidem possunt officia per ralionem practicam 
Aomine Dei transmissa, non ver6 officia h ratione im- 
posita. 

Contradicit logicee : Nam i. ex \xn& parte Hermes in 

operibus tendit ad probationem firmam et strictam re- 

ligionis Catholicee; ex alter& parte, ad fundandam cons- 

truction^m^ ponit principia scepticismum universalem 

generantia^ quod evidentercontradictorium acproind^ 

illogieum est. 2. Ex un^ parte negat valorera objecti^ 

vum rationis speculativse; ex altera parte admittit , non 

qui^em certiludinem objectivam , sed quamdam vim 

o\>)eciivam in ratione practic&. Porro hoc eSi contra- 

diclonum', ratio enim practica et speculativa inter se 

non differuni; sunt una eademque ralio sub duptici res- 

peciu eonsideraia. Utogicum est ergo, rcjecto valore 

objectivoraiionjsspcculalivse, admittere valorem objec- 

iivum rationis praetica?. 



SEGTIO II. 

» 

DB LOGIS 
ISVPJBIIMATVRAIiIllVS. 

(dE REYELATIONE.) 



Sub Utulo prsescnti « de revelatione » priino loco 
disserenduni de Scripturft et Traditione ; siquidem 
homines in statu actuali cxistentes non possunt reve- 
lationem divinam attingere immediate, sed tantum me- 
diat^ per monumenta in quibus revelatio includilur.— 
Cum autem Deus iustituerit Media supernaturaiia , uc 
revelatio inter homines integra servaretur, yerusque re- 
vejalionis sensus hominibus proponeretur ; secundo 
locp tractandumde Mediis supernaturalibus aDeoms- 
tilutis ad conservandam, inlerpretandam cxplicandam- 
que revelationem in ScriplurAetTradilionecontenlam. 

Und6 scclio praesens in jjuas disputationes dividitur. 
— Et sub quolibet tituh) ppnendae et solvendse sunt 
qusestiones generales: i"" Ulriim locus assignatus sit 
locus principiorum revelatorum propri^ dictus; 2® 
Utrum habeat, et quasnam habeatfunctione^ in scien- 
Xik theologic^. 



DISPUtATIO I. 

1 MRmvRA m TRJummom. 



QUiESTIO PRIMA. 

UTAUli SCIIPTIJmA BTTIUBITIO SIMT LO€A PRINCIPIOBUM 
HEVELAtORUlI? 

Haec quseslio tribas seqiiivalet, scilicet : i^ uiriim 
existat revelatio» aut exislant revelationes divinae; 2<> 
utrum revelalio, aut revelationes divinaey contineantur 
in Scripturi et Traditione ; 3'' utriim Scriptura et Tra- 
ditio revelationem divinam includentes eo ipso dici pos- 
sint loca principiorum revelatorum? — Evidenter enim 
Scriptura et Traditio sunt loca principiorum revelato- 
rum» st existat revektioy si revelatio existens continea- 
turin Scripturiet Tradidone, sl Seriptura e( Traditio 
revelalionem includ^ntes. eo ipso habeant omnes pro- 
prielaies loco principiorUm revelatorum necessarias. E 
contratio patet Scriptuiram et Traditionem non esse 
Ipca principiofumrevelatorum, sinalla existat.reveIatio; 
aut si revelatio existens non contitieatur in Scripturliaut 
Tradttione; aut si Scriptura et Traditio , etiam revela- 
tionem continentes, non habeant proprietates loco prin-^ 
cipiorum essentiales. 

Praedictarumqusestionumsolutioni prsemktendae sunt 
notiones 1® de naturli ; 2<^ de possibilitate ; 3® de notis 
revelationis. 



— 62 — 
NOTIONES PRiEVliE. 

AaTIGULUS I. 
De ivatorA Revclatlonto. 

Revelatio^ prout hic accipitur est : manifeslatio dog- 
matum et of/iciorum d Deo supernaturaliter facia. 

Manifestatio : id est, veritatum communicalio. 

Dogmatum et o/Jiciorum : Equidem Deus posset re- 
velare verilates mere scientiflcas ; sed faclo constal om- 
nes veritates k Deo revelatas esse dogmaticas, seu fide 
tenendas, vel practicas, seu impanentes officia volun- 
tati. 

A Deo supernaturaUterfactacDens^summdivefiiSiS^ 
potest veritatem homini eommunicare duplici modo, 
scilicet, naturaliter etsupernaturaliter; — Naturaliter : 
per sola media naturalia ; y. g. per testimonium homi- 
»um, per objecta naturalia quorum mens acquiril cog- 
nitionera mediantibus facultatibus naturalibus •, — Su- 
pernaturaliter : id est, actione Dei extraordinariSi, quae 
potestesse inlerna^ si v>. g. Deus immediatS et absque 
strepjtu verborum menlem hominis illuminet; vel 
externa, si v. g* Deus doceat bomines mediante verbo. 
Porro jcommunicatio veritatis tunc dicitur tantum rcue- 
latiOf cum fit supernaturaliter. 

-ARTICOLUS H. 
Dc POMtbUltatc Rcvclatloiito. 

Tria quaeruntur : !<> Utrum Deus possit revelare ; 2« 
Quomodd ; Z^ Quales veritales possit revelare? 



— 63 — 

ProemiUendum. — Possibilitas revelalionis supponil: 
Ex parle Dei : Ejusexistcntiam, ulevirlcns est;intel- 
ligentiam, ciim revelalio sii manifcstatio vcritatis, qu» 
inteiligenti^ solft cognosci potest ; sapientiam, revdatio 
enim est medium -manifestandi hominibus finem et 
media ad finem ; porro sapienti^ est ordinare entia 
ad finem et instituere media ad assequendum fines pro^ 
positos; poteiitiam, perquamsolam subministrari pos- 
sunt media communicationis. 

Ex parte hominis : intelligentiam, seciis revehtib non 
possett5ogrtosci et fieret iniitilis; libertatcm, siquidcm 
per revelationem Detts manifestat ofilcia voluntati im- 
posila, porro oflicia supponunt libertatem. 

Has omnes veritates in prsesenti-qusesiione nonexpo- 
nimus, tum quia supponimus eas probatas in cursu 
philosophise, tum quiaillas infra probabimus in theo- 
logiSi dogmaticA. Qoibus positis , 

M quaest. superins positas, scilicet : Utrum Deus 

possii...; quomodd...; quales veritates possit revetare^i 

Aesp. Deus potest revelare hominibus^ ininiediate 

vel mediaie, dogmala et officia naturalia , mysteria et 

officia posilivd. 

Probatio tHrecta^ per parr. 

Deus potest revelare hominibus : Nam 1® ut Deus 
possiirevelaretiominibus,duorequiruniuretsuffi«iunt, 
scilicet : ex parte Dei, ut veritatem cognoscat, et habeat 
«iedia manifestandi veritatem cognitam; ex parte ho- 
"iinisjUi manifestalionem divinampbssitaccipere.Porro 
Deus, quatentis^infinile Intelligens, veritatcmcognoscit; 
^^ quatenus Omnipotens, hQbet media veritatem co- 
iJ^Uam manifestandi. Homo, quateniis intelligens, po- 



— 64 - 

test maiufestationein divinam eicipere« — 2<> Honoio po- 
test cogitationes suas aliis hominibus manifestare ; ergo 
k fortiori Deus potest veritates sibi eognitas hominibus 
communicare. — Z^ Infri probabimus revelationem 
existere, k fortiori possibilis est. — 4« Omnes popuU 
admiserunt existentiam» k fortiori possibilitatem reve- 
lationis. 

Potest revelare immediat^ aut mediat£:(Deus tm* 
mediat^ revelat, cilim manifestat veritatem homtni abs- 
que intermedio; mediati verd, si veritatem maoifes- 
tatam per intermedium tn^nsmittat.) Deus polest reve* 
lare immediat^ : patet ex supr& dictis. — Potest revelare 
mediat^ : Res ilb est, si revelatio immediata possit per 
media certa transmilti; porro potest transmitti, v. g. 
per testimoniura hominum, cujus ceriitudinem sfiprli 
probavimus, per societatem divinitus institutam ad 
transmittendam conservandamque revelationem^ 

Potest revelare dogmata et officia naturalia, mysteria 
el officia positiva : Deus qnim potest manifeslare Uomi- 
nibus per revelationem opinia dogmata et ofScia, quse 
poiest hominibus imponere. -^ Atqui 1® potest, 
ira6 debet hominibus imponere fidem dogmatum 
naturalium, id est, quae rationi accommodantur. — 
3<> Potest et debet praescribere officia naturalia, seu 
qu8e deducuntur ex natur^Deiet hominis.« — 3<> Polest 
prsescrihere fidem mysteriorum, et veritatum quarum 
comprehensio superat captum mentis humanae. Res ita 
est, si Deus multas cognoscat yeritates, quds superanl 
captuni mentis humanae ; si possit earum fidem ab ho- 
minibus exigere. Porro evidensest Deum, cujus intcl- 
Icclus est infinitus , multa cognosccre. quae superant 



— 65 — 

caplum limitatura inlellectus humani. Deus patest ea* 
rufn veritatum fidem exigere, ut homo possil intell^cttis 
sui submissionem erga Deum manifesiare. — k^ Deus 
potest imponere officia positiva, seu officia quse non se- 
quntur necessarid ex Aatur^Deiethominis. Deus enim, 
ut patet, Supremus hominum Dominus, potest illis imr 
ponere omnia offieia utilia. Porro officia posiiiva pos- 
sunt esse uliiia, seilicet, ad promovendam et ad perfti- 
ciendam observationem legum naturalium« 

Probatio Ihdirecla, 

Ex dictis constal proposilionem nostram possidere^, 
et quidem cum validis tiiutis ; admillenda est proinde, 
nisi validiofibusimpugnelur argumentis. Pdrro infirma 
sunt adversariorum argumenta, quod ex eorum expo- 
sirione et refutalione constabft. 

Objic. i^ Revelalionera in genere esse impossibilem . 

Nam 1. non possuraus intelligere modum revelationis. 

^. B^us concessit homini rationem, ut ips^ duce co- 

gnosceTeiea quae credenda etagenda sunt; ergo inu- 

tilis, ac ][yroind6 Impossibilis est revelalio. 3. Si Deus 

revelaref, exigeret fidem veritatibus revelatis, proinde 

usum TBtionis profaiberet ; proind^ sibi eontradicerer, 

siquidem rationem eoncessit ut homo ek utatur. 

Jtesp. Ad l""': 1. Ratio multos cognoscit raodos re- 
velationis possibiles. Sic> Deus potest forraam hunianam 
induere et homines alloqui ; potest mentem illuminare 
per revelationem, per visiones, etc. 2. Licet ratio igno- 
raret modum possibilem revelationis, inde non seque- 
returrevelationem esseimpossibitem; Deus enim potest 
facere raulta quorum ignoramus modum. 

Ad 2"":EquidemDeu8Conccssithominirationem, ut 



— 66 — 

per eam cogDOscat doginalaetofBcia. Sed indd nonse- 
quitur revelationein esse inuUlem. Siquidem 1« ralvo 
sibi derelicta non potest invenire religionem naturalem, 
ut snpvk probavimus ; k fortiori cognoscere mysteria 
et officia positiva, qusB Deus potest et vult homini im- 
ponere. 3. Veritates, etiamper rationemevolutamcog- 
noscibiles, perrevelationemacqttiruntur modo breviori, 
perfectiori et certiori , ut evidens est , et infri expoDe- 
mus. 

Ad 3"" : Rever^ Deus, positft revelatione , exigeret fi- 
dem veritatibus revelatis; sed non ideo prohiberet 
usum rationis. Siquidem homo debet uti ratione ad 
probandam revelationem ; potest uti ratione ad eooi- 
prehensionem veritatum revelatarum quae eaptui bu- 
mano accommodantur ; rever^ utitur subjiciendo intel* 
lectum suum Summse Dei veracitati ; rttioDeoi €Qim 
offenderet agendi ratio contrarta. 

Objic. 2^ Revelationem moijis^tam non csse reveW- 
tionem propri^ dictam ; veritas enim in revtlalionetne' 
diat^ accipitur ab bominibusy non autem ^Deo. 

Besp. Ex eo qu6d revelatio mediata per homines ac- 
cipiatur, non ind6 sequitur eam non esse revelatioaein 
propri^ dictam. Supponimusenim veritates ab homioi- 
nibus acc^ptatas k Deo fuisse immediatd manifestatas, 
etper testimpnium certum absque adulieratione traf^- 
missaa. 

Objic. 3« Fides mysteriorum k Deq prsecipi non po- 
test. Nam 1 . mysteria sunt mera verborum combinatie 
sensu vacua. 2. Mysteria demonstrari non possunt. 3, 
Sunt contra ratiooem. 4. Sunt ad praxim reKgiosain 
inutilia. 



— 67 -^ 

/tesp. Ad 1"™ : Equidem ratio non cognoscil perfede 

sensum verborum quibus exprimitur mysteriumi nec 

vitlet evidenter relationes inter verba existentes. Sed 

inde non sequitiir mysteria esse combinationem ver* 

borum ^ensu vacuam, Siquidem ratio aliquo modo eog- 

( noseit seasuni terminorum propositionis dogmaticae f 

f et^ nixa auctoritate revelationis, potest certd alBrmare 

r veritatem relationum^ quas io propositione afBrmaatur. 

Ad ^"^ : Equidem iDysteriorum veritas non potest 
demonstrari intrinsec^, quia demonstratio ir^trinse^a 
supponit evidentiam v^ritatum demonstrandarum. Sed 
possunt demonstrari extrinsece ; potest eoim probari 
mysteriafuisse a Deo revelata, ac proinde esse certa, 
cum auctoritas divfiia sit infallibilis. 

Ad 3*^; Hysteria quid^ sunt supra rationem, <>(im 
ratio per se ipsam mysteria cognoseer^ et cognila 
comprebendere non possit. Non sunt ver6 contra ra- 
iVonem. Ram 1. sunt revelata ; ergo rationi Supremag 
eraformia, necproindd contra rationem. 3. Eatantiim 
dici possuQt contra ratiooem, quse contradietoria sunt ; 
porro mysterin ncm sunt contfadictoria, ut eonslabit ex 
soluiione objectioQum quse ab increduKs proponuntur 
conlra mysteria. 

Ad 4"°" : Falsum eit mysteria esse inutilia ad praxim 
religiosam. Siquidem 1 . per fidem mysteriorum exerce- 
tur et manifestatur humilitas rationis, ejus submissio 
erga auctoritatem Dei revelantis. 2. Mysteria fidei, v. g. 
mysterium Incarnationis , possunt excitare voluntatem 
humanam ad omnes virtutes cbristiaoas, v« g. ad cha- 
ritatem» humilitatem, obediepti^mi etc^ etc. 

Objic. 4? Officia positiva non ppssunt imponi i Deo. 



— 68 — 

Inutiliter enimrestringuntlibertatemhomiQiSy cumnon 
sint irecessaria ad bonestam vitae institutioneni. 

Resp. Fatemur libertatem hominis restringi per of- 
ficia positiva; fatemur etiam leges pbsitivas non esse 
dl)soIut6 necessarias ad honestam vit^ institutionem , 
ad boc enim sufficeret perfecta observatio officiorum 
naturalium. Inde autem non scquitur inutilia esse otR- 
cia positiva; quia, determinando tempus, modum et 
«lias observationis legum naturalium circumstantias, 
promovent et perficiunt earum observalionem. 

ARTICVLUS ni. 
m iwotls ncvclattoiiii. 

Per nolas revelationis bic intclligimus signa quibus 
cognosci potest utfum aliqua doctpina sit revelara, vel 
non. UndedupIicisgeBerisdistinguuntur : sklisBpositivce^ 
ex quibus concludi potest doctrinam esse dlvinam; 
aluie negalivce^ ex quibus concludi potest dDclrinaoi 
non esse divinauK 

Deaoiis revclationis duo qufiemntur : !<> utrum exis- 
tant notse revelationis ; 2« in hypothesi atfirmaliv&» 
qusenam sint? 

§ t. UtriinLescislant notce repelationisl. 

Resp. Existunt notse revelationis, 

Proh. /. Si non existerent notae revelationis , ejus 
cxistentia nori posset probari, nec proindA rationabili- 
ter admitti. Revelatio esset proinde inutilis, proinde 
impossibilis; quod falBum est exanteS dietis. , 

Prob. It; Si non cxistant nol8& revelationis, ergore- 



— 6Q — 

velaiiones vewe a f^tlsisdisUngui mn possunt; ergonuU 
lum existere potest motivum unain prae aliis eUgendi ; 
ergo omnes doctrinde quae aflSrmantur revelatee squb 
jure anmes admitiendde aul rej^endse sunt. Porro mens 
non potest indiscriminatim admittere omnes doctrinal 
quae affirmantur revektae^ cum isint inter se contradict(^ 
riae; necpotest^as indiscriminatim. rejicere, secus se 
exponeretpericulo rejiciendi doctrinam realiter revela- 
tam. 

Prob. III. £x dicendis inqiifiestione sequehti consta- 
bit existere notas revelationis posltivas et negativas. 

§ 2. Qcenamsint notw revelationut 

Resp. Pfotse revelationis adduas c^asses reduct pos* 
sunt: pofitivas scilicet, et. negatrvas. Sub :ulri(}ue 
classe^ tres speciesisomprehehduntur, quse sequentibus 
denominationibusdesignari possunt: testimonium dtvi- 
num, — teitimonium humanum^ •— testimonium ipdu$ 
doctrince. 

De tribus speciebus ulriusquc ciassi^ seor^im di<5en- 
dum. 

PoNCTUM I. De Notis Positivis. 
li De let timonio itlTlno. 

Per istasyoces « testimonium divinum » designamus 
prophetias et rniracula, qu» sunt testijDonia D^i im- 
plicita de divinitate alicujus doctriniSe, — Sunt testimonla 
Dei : Propbetia enim esl actus intelligentiee et volun- 
tatis divinse^ miraculum est actus potentie et volun- 
tatis divinae.— Testimonia de divinitate alicujus doc- 
trinae: Supponimus enim prophetias factas, et miracula 



— 70 — 

op^rala ad probandatn veritatem aut divlmtatem doc- 
trinae; aequivalent ergo testimonio Dei de divinitate 
doctrinae. 

Ad exponendum possibilttatem et valorem duplieis 
hujud testimonii divini, dicendum l^' de Prophei4& , ^^ 
de Miraculo; et sub utroque titulo quserendum de 
pos&ibilitate, de vi probativft. 

/. De Prophetid. 

Prophetia est iprosdietiq eertaalicujus e\>entu8 fuCUri, 
qui ex naiuralibm causis pr^videri nonpotest.—Vrsd' 
dictio ccrta: sic distinguitur ^merisconjecturisproba- 
bilibus , vel preedictionibus temerariis ; — Eventds 
fuluri : sic distinguitur & coghitione eventdis prseteriti, 
vel preesentia ; — Qui ex naturalibus Cdusis prsevideri 
non potesi : sic distibguitur a prsevisionibas pbpico- 
rum, medicorum, politicorum, etc. 

Quaest. 1« Utrum prophetia sit po8Sih\\\%\ 

JResp. Prophetia cst possibilis. 

Prob, /. Res ilk est , si I>eus cogaoscat ab «terno 
eventus futuros qui a creaturis praevideri nequeunt ; si 
possit hos eventtts manifestare hominibus ; si homi- 
nes possint excipere hanc manifestationem. Porro l^ 
Deus cognoscil ab selerno omnes eventus futuros qui 
a creaturis prsevideri nequeunt,— Cognoswt ab eeterno 
omnes eventus futuros : Siquidem omnes habenl rea- 
Htatem futuram, ergo sunt cognoscibiles , ergo cogniti 
a Deo, cujusinlelligentiaestinfinita. Aliund^, si omnes 
eventus futuros Deus ab aeterno non eognosceret, ergo 
ebrum cogmlionem decdrsu temporum acquireret. 
Proindd inlclligentia diviua siMJcessiv^ per cogniiiones 



— 71 — 

novas perficerelttrj quodrepugnat^ naim intelHgentia i»- 
finitaoibiLpotesC dcq^iirereyalijoquin aate aqq^iisitiDdtem 
DOD fuissel infinita.^Prsedicti eventus^ a creaturis prse- 
videri nequeunt : Eventus enim naturae, qui peodent ii 
combinatione intricatissiaiA viriunv et legum natJtkriBB r 
facta Dei et hominu{n.libera,-nonpossunt cartopraevt^ 
deri» nee ab homine, nec ab Angelis, nee a dsemone* 
— go Deus potest .manifestare eognitionem eventuum 
quos cognoseit, et 5^ homo potest bane manifesta* 
tionem exQipere: Haee duo eonstant ex dietis supra , ubi 
de PossibiUlate revela^onis. 

Prob. //. Omioes populi admiserunt eiistentiam , a 
foFtiori po^sibilitatem prophetiae. 

Prob. III. Infta probabimus veras exstuisse pro- 
phetias.; a fortiori prophetise sunt possibilesi 

Qu^st. 2* Viriim proph^ia habeai vim probandi 
divinitatem alicujus doptrince^ 

Resp. Prophelia habetvim probandi divinitatemali- 

ou^usdoctrinae^modo con&let: !• wm futuram ante 

eventuia iuiss^e modo affirmativo f rodauQtiatam eum 

eircumstamiis quarum numerus et natnra. removeant. 

suspicioDem ide coneordanti& fortuiti pnedictionis eum 

eveatu ; S^ eventum verificaium, auicertdveriScandum 

esse cum oiHnibus suis circumstantiis ; S^ Beium esse 

auetorem prophetiae ; 4^ prophetiamhabere nelationem 

cum doctrin^. 

Probatio Direeta tfQsiik eondi4ionibus pr«dictis , 
propbetia habet vim probandi divinitalem doelrinse. Se- 
posit^verd.veI un^ ex isti^ conditionibus, non habelvim. 

Ip Ppsitis ^ondilionibus prsedictis , pro^phetia habet 
vim probandi : Nam 1 . positis condilionib*is supra eny- 



— 75 — 

meraUsy confslal prophetiam k Deo eniissaiD faisse ai 
probftndani divtAitaiem doelrinse; proindi consiaiDeuiu 
implieilileslaride divinitate doclrine; certa esl proin* 
d^dtvinitas doclrinse, cum Deps de falso leslari noo 
possil. — 9. Homines propeosione universaHy coDstanu 
el ineluclabiii impdiunlur ad admillendam divinitalem 
doclrinss in cujus gratiam mililanl prophetiae propric 
dicUe. Porro propensio universalis, constans et inelac- 
labilis, nonpolest in errorem indueere hominem. Si- 
qutdem hsBc propensio k nalurJi hominis soU, ae proin- 
d£ k solo DeOy hominis creatorey potesl oriri ; proiode, 
si deeiperel propensio, Deus ipse deciperel homineni , 
quod impossibile esl. — 3. Omnes populi religionem 
suam probav^unl per prophetias ; erge admiserunt vim 
probativam prophetise, proind^ admittenda est. 

9^ Seposttft vel unA ex conditionibus ^rmdictis, pro- 
phetia non habet vim probativam : 

El I. SeposilA prim& conditione: Si enim dubium 
sit utriim res fueril modo affirmativo anie evenlum 
prsenimtiata , vel utrum eventus praenuntiaius possit 
forluiid concordare cum praedidione ; jam dubia est 
origo divina prophetise , ciim prophetia divina debeat 
esse affirmaliva et eoneordare cum eventu ex prsevisione 
divin^, non ver6 forluito casu. Porro, si pr4>phetia non 
cert6 habeat originem divinam » nihii probare potest ; 
Siquidem tota vis probativa prophetiae in eo jaeet qu6d 
propbetia sequivaleat testimonio Dei implicito cirea di- 
vinilatem doctrinse. 

3. SepositA secundft conditione : Si entm dubia sit: 
verificatio prophetise cum omnibus circumstantiis pree- 
nuntiatis^ eo ipso dubia est prophelise divinitas , siqui- 



— n — 

dem propbetia certa divirKi verificarelur'; dubia est 
proinde ejus vis prob^itiva, otsupr^ diximus. 

Duofocta prsBdrcta , scilicet, prceauntiatio et verifi- 
catio aciualk, probdri possunt iisfdem mediis quibus 
probantur alia faeta. Verificatio /a/uro potest probarl 
per miraculum, per prophetiatti jam verificatam ; modo 
miraculutti aiit proplietia jam verificata adducaturin pro» 
batiaoem prophetiae verificanda?. 

5, Eepositk terti^ conditioiie, id est, si non conslet 
de origme divln^ propheliae : Prophetia nihil probat; 
siquidem visprobativa prophetiee supponitejus originem 
divinamy ui jam diximus. 

Probatur autem origo divina prophetiae sequenti- 
busnotis. 

Praesumilur divinilas : 1 . Si vierftas doctriniee, in cujus 
gratiam exstant prophetiee, aliund^ probetur; diabolus 
enim non oensetnr agere in gratiam veritatis ; 2. Et, 
quamvis essel dubia, si propheliis in ejus gratiam fac- 
tis non contradicant ali« propheliae. — Non solum au- 
tem prseaumeretur, sed certa esset divinitas prophetiae, 
si prophetia superaret captum omnis intellectus creali, 
trt iofradfeeinus. 

Certd affirnMri potest divinitas pTrophctiarum : 1. Si 
proljheiiae faai)eant pro objeclo preeriunttalionemmira- 
cuIoi*iim ; eum enim miraculum pendeat 4 volunlate 
liberi Dei, non potest praecognosci, nisi per prsediclio- 
netn divinam. 2. Si eventus praedicti pendieant a volun- 
taie entis liberli; vel k causis naturalibus ita numerosis 
et eomplicatis, ut eorum prsevisio evidenter superct 
CBptum intellectus humani aul diaboKci. S. Si prbphe- 
li«e sint numerosiores vel splendidiores, qu&m prophe- 

■ 3 



i 



— 74 — 

tioe editae in graliam doetFiaee coRtrs^drotori^e, Nam,9i 
fmnt propbeli^ in gratiam duplicis doctriiiBe contra* 
dictoriae, ratio inclinQt ad affirmandam veritatem doc- 
trinse in cujus gratiam exstant prophetiae numerosiorei 
et splcndidiores, proind^ Deus induceret homines ia 
errorem, si posteriores non essent divjn^. 

i. Sepo$it& quart^ conditione, seilicet, si nofi conslet 
de relatione propbetiae cum doctria^ : Prophetia nibil 
probat. Yeritas enim doctrinde <iedueitur ex proplietiii; 
proind^ divinitas prophetiae debet esse quasi anteeedeos 
argumenti es quo concluditur divinitas doctrince. Porro 
legiiimitas argumenti supponit necessari6 relationem 
inter antecedens et consequens. — Relatioautem infer 
propbetiam et divinitatem doctrinse potest probari per 
dcclarationem propbetaj, per circumstaniias. 

Probatio Indirecta. Possidet propositio nosirst devi 
probativA propbelise; ergo admittenda est; nisi giw 
falsitas validissimis rationibus impugnetur. Porroinva- 
lidae sunt adversariorum obJectitMies , ut ex intrk dt* 
cendis confitabit^ 

Sequentia objioiunt adversarii: Apud gentiles multa 
edita sunt vaticinia, specialiter Sibyllarum carroinace- 
leberrima non solura apud paganos , sed etiamapud 
Patres Ecclesiee. Porro tamen exliis propheliis concladi 
non potest religionem paganorum fuisse divinam; 
proindo prophetia nonpotest probaredivimtatemalicu* 
jus doclrinse, 

liesp. Ex eo qu6d prophetiae infldelium non valeant 
probarc divinilatem Paganismi, nibilinde sequitur con^ 
tranbstram propositionem. Nulluiti enim citari'|)otest 
i>pu(1 paganos valicinium vcslitum omnibus conditio- 



. -- 7S — 

nibus quas requirimus in ppoplielid, ut Imbeal vitil 
probativam. Nam 1 * quiedaro pagaRortrni valicmia sUnt 
hisloFici^ incerl». 2.- Mulia fuepunt arabigua, ii^ ui/ 
quidquid accideret^ prsediclum fuisse videretur. 3; 
PJuriunci verificatio non probatur. 4. Origodivina aUo- 
rum non constat. Quddd^m enim explicari possunt per 
praBvisiones humanas ; alise per fraudes dsRmonum, 
qui possunt preedieere maln quorum futuri sunt aucio* 
res» manvfestare in quodam locoeventus quiineodem 
quasi momento aeeidunt in altli remotisusim^ regione, 
ex prsesentibuscofijiceresul^ sagaeitate quaedam pro^i- 
ma ftilura. S. Itec vatitinia non flefoant ad probandam 
veritatem Paganismi; et, si ad hunc finem ordinata 
fuisseDt^ eoipso falsitas eprum concludi posset. Ex utid 
enim parte, religio paganorum cert6 falsa probatur ; 
cx altera parte diabolus solus polest edere j)rophetias 
apparentesingratiara^rrorrs, v 

Specialiter deoraculis Sibyllinis. — Resp. loSaUem 

dubia esl authenticjtas oraculorum SibyUinorum nune 

cxisiemium in bibliotbeca Palrum. Ex histori4 em'm 

^onstat aotiqaQs Sibyllarum libros, quos Romani tan* 

quam sacrQ$-iD€apitoIioservabant, centum<;irciterante 

(Sirisliiin annis fuisse flammis consumptos. Mrssi sunt 

quldemii senatu Itomano legatiin Asiam, Afrieam, ^i^ 

cUiam^ eto., qui^a quae tunc ferebanlur Sibyilina ear^ 

miaaeoUigerent; at hujus coUectionis apndRomanorum 

docHissimos nunquatn^agna fuit auctoritas; neque ex 

ilia quidquam ad nos pervenit, praeter fragmenta quyb 

apud Plutarcbum aljosque auctoresreperiuntur. Quod 

verdattinetcoUectionem illam SibyUinorum carminum> 

oclo libris contentam quae in bibUothccA Patrnm repcr 



— 76 — 

ritur, non una est de illius valore opinio. Muki arbi- 
trantur hos libros k Cbristiano fuisae editos anno Christi 
138; alii autem sentiunt hos iibros esse authenticos ei 
veras continere prophetias. Ex Patribus cos cit&runt 
Justinus, Athenagoras , Theophilus Antioeh^nus, Lac^ 
tantius et alii. Unde videre est dubiam esse illorum 
auctoritatem. 

2<> Etiam admissalibrorumSibyllinorumauctoritaie, 
nihil sequitur eontra nos. Equtdem, in hke hypoihesi, 
prophetia oriri potest ab auctore gentili. id non ne- 
garaus, imo a0irmdmus« ciim Balaamgentilis verasedi- 
di^rit prophetiasdepopulo is^afilitico. Sed ind^mtnim^ 
concludendum prophetiam non posse probare divinita-* 
tem doctrinse ineujus gratiam fit. > 

//. De Miraculo. 

Miraculum^ prout accipiiur, est: facHm sensibile He^ 
rogans ttrdini physico aut mordli in ca«u pcrrttcutan. 
T^aetum sensibile : Equidem Deus potest opetariBti- 
racula sensibus non obvia ; sed, cum lalia fa^ta ne- 
queant cept6 probari, ac proinde adduci in gratiam 
divinitatis alieujus doctrinda, omittenda sunt in quses- 
tione actttali» — Derogans ordini physico aut morali : 
Facta enim producuntur. per vires. Deus aiitem vires 
dirigit per leges, id est, per regulas generales, deter- 
minantes modum existendi et agendi virium. Colleciio 
auiemlegum/quatenusordinantar ad bonum entium, 
appellatur ordo. Oixlo autem duplex est , physicus ei 
moralis. Perlegesordinis pbysioi reguiitur corpora, pcr 
lcges ordinis-moralis reguntur mentes humatise. Gufrt 
autemistae legesnon sint necessarise, Dqus, earum ios- 



— 77 — 

titutor, potcsl Htis derogare ', id est, eas suspendere , 

el producere imfnediatc vel mediat^ effeclus naturSt 

sua oppositoseffectihus consu^tid. Actio derogans legi- 

bus» seu ordini, esi actiomiractdosa ; effectus produe- 

tus est mimctUum. -^ In casu particulari : Siquidem, 

qaand6 miraculum fit, nonsuspendunturomnesleges, 

sed una tantum; non suspenditur lex- quoad omnes 

effectus suos, sed quoad casum particularem tantiim. 

Miracula sunt : alia ordimsphysiciy id est, derogantia 

le^ibus ordinis physiei, v. g. resurrectio mortut ; alia 

ordinis moralis^ seu derogantia legibus ardinis mora- 

lis^ V. g. constantia martyrum, quae eootradicit legibus 

consuetis quibus regitur mens humana, et supponk 

intervenlum Dei* 

Quaest. 1* Utrum miraculum sitpossibile f 

Resp. Miraculum est possibile. 

Probationes^ Directce, — Prob. I. Miraculum est pos- 

iibUe,&i I>eus poasit suspendere leges naturee et pro- 

dueere immediate aut mediate effectum uatur^ su& 

opposUum effectibus consuetis. Porro 1. Deus potest 

stfspendereleges naturae : nam liber^eas instituit, ergo 

libere eas sijftpendere potest. 2. Potest prodiieere im^ 

mediMe aut mediate effectum natur^ su^ oppositum 

effectibus consuetis : siquidem Deus est Omnipotens. 

Prob. 11. Omnes populi admiserunt realitatem mt- 

raaulopum, li fortiori eoruui possibilitatem. 

Prob. IIL Vera exstltissc miracula constabit ex infra 
dicendis ; ergo a foriiori sunt possibUia . 

Probaiip Indirecta. Possidet propositio , proind^ 
admiueada est^ nisi falsa probetur argumentis validis- 
simis,; porro intlrma sunl adversar4orum argumeat».. 



i 



— 78 — 

Objic. Miraculuiii 694 impossibilc. Nam l^ legesna- 
turx sunt ipsamet decreta Dei imroutabilia, proiDde 
leges sunt immutabiies, proind^ miraculum est impos- 
sibile. — jt^ Deus sibi contradiceret operando miraea^ 
lum; ex un& enim parte, veliet legem; ex alterli parte, 
ipsi derogando eam non vellet. — 3<> Miraeulum argue- 
ret in Deo ignorantiam, vel impotentiam, vel incons- 
tanliam et iosipientiam ; ignorantiam quidem, si non 
praevidit exceptionem faeiendam; impotentiam, si, 
exceptionem praevidens, non potuit institaere legem 
quae exceptione non indigeat ; inconstantiam aut insipi' 
entiam, si, post pr^visionem exceptionis et institatio- 
nem legis generalis, ipsi deroget permiraculum. 

Resp. Ad !"•" : Decreta divina non mutantuf per 
miraculura. Deus enim ab a&terno instituit leges gene 
rales, simulquc derogationes futuras; in tejnpore, 
eventus coiisueti reguntur legibus generaiibus, et mi- 
racula, seu derogationes, producuntur per eausas a 
Deo praeslatutas ab aeterno. Proind^ decreta dmua 
non mutantur per miraculum. 

Ad 2"" : Deus sibi non contradicit operando miracu- 
lum. Contradiclio enim supponeret Deum velle et non 
velle simul effectus eonsuetos legum naturse. Porro 
ilales volitiones contradictoriffi non existunt in Deo, 
quandO Deus patrat miraculum ; suspendit enim legem 
consuelam, qu« pro casu particulari desinit existere, 
et ejus loco subrogatur voluntas particularis. 

Ad 3"" : Deus praevidit exceptionem futuram legum 
quas instiluit. Potuissetcasum exeeptum subjicerelegi 
generali, voluit tamen exeeptionem. Non aotem ideo 
arguendus est inconjstantiit, eum instituerit ab a^erno 



— 7& — 

leges&imul el derogaUanes, ct decr^ia seterna exsequa- 
tur in temporc qualia ab seterno lata fuerunt J Nec inst 
pienUi; siquidem, deeernendo exeeptfones futuras , 
Sibi pxop[Osuit fiaem sapimti^ su^ dignura, scilieet, 
probatiQnen^ religionis cujus observationem praeserip» 
lurus erat hotttinibus. 

Qu^U 2» Ufy-Am miraeuium possit probare dHvini^ 
Mem aUcujus docirinoe ? 

Resp^ Miraeulum probat divinitatem doctrin^ , modo 
constet : io d^ veritate biistorie^ facti, ^^ de ejusorl-^ 
gine divinii, 3^ de ejus rdatione cum doctrin^ pro- 
band^* 

Probutio Directa. Positis conditionibus assignatis, 
inirdculum probat divinitatem doetrinse ; secus» non 
probat. 

l^ Positis conditionibus assignatis , miraculum pro*- 
bat divinitatem doctrinae : Nam 1 . conditionibus positis, 
eonstat Deum patrare miraculum ad probandam divi^ 
falalem doctrin^a, proindS testari implicite de divinitate' 
dociriQae, proind^ divinam esse. doctrinam jn cujusf- 
gratiam faclum est miraeulum, cum Deus non possit 
de finJiso teslari. 2. Yeritas propositionis probatur ex 
{Hropeos/one innat&Jiomini, ut supraubi de Propketid. 
3* Omnes populi religionem suam eonfirm&runt mira- 
eulis, pLroind6.admiserunt vim probativam miraculo* 
runu 

2o Sepositis eonditionibus assignatis, mfraculum noa 
probaii;: 

Et 1. seposita prim^ cojKiitione, sdlicet, si uon 
eonatet de veritate historic4 facti : Miraculum enim 
oon potest prabare divinitatem doctrinse, nisi constet. 



— 80 — 

de ejus origiQe divinft ; miraculum autem noa potest 
probari opus divinum» nisi prius probata faerit eju$ 
veritas historica. 

Porro, veritas bistorica miracuJi iisdem argumeolis 
nititurquibusveritashistoricacujuslibet facti historici^ 
scilicet, testimonio immediato, vel mediato* 

2. Seposit^ secundA condittone, scilicet, si non cons- 
tet de origine divin^ miraculi : Ide6 enim miraculuni 
probat divinitatem dpctrinse, quia saquivalet testimonio 
divino ; porro non «equivaleret teslimonio divino, si 
non oriretur a Deo. 

Ad probandam autem briginem divinam miraculiy 
ostendendum est miraculum non ortri k caus^ naturali, 
a caus^ human^, a causft diaboIic&. — Probatur mira- 
culum non habere causam naturalem, si natura facli 
producti opponatur natura factorum consuetorum. Pa* 
tct enim eamdem causam non posse in iisdem cireums' 
f antiis prbducere effectus naturft suk opposilos. — Pro- 
batur eausam facti non esse humanam , si oslendalar 
faetum produetum excedere capacitatem humanam in 
se, aut quoad modum producliouis. Sic, v. g. resur- 
reclio mortui-evidenter excedit vires humanas in se ; 
sanatio caeci, paralytici, etc, subita et absqtie reme- 
diis, excedit capacitatem hominis quoad modum ope- 
rationis^. — Praesumitur causam miraculi«non esse dia- 
bolicam, si 1. doctrina, in cujus gratiam fitmiraculum, 
probetur aliund^ vera ; si 2. nulla exstent miracula con- 
tradictoria. — Probatur causam miraculi esse divinam, 
si 1. miraculum fuerit longe antea prsedictum; si 2. 
miraculum sit primi generis^ seu excedens capae«tatem 
ciijuslibel ereaturae; si 3. miracula sint nuraerosiora 



^ 81 ~ 

el splendidiora niirapulis palratis in gratii^m doctriode 
contfadic(orise> Hsec omnsa constant ex dictis supra, 
nbi de Prophetid. — Diabolicum roeril6 censeretur rai- 
racuiuDn ridieulum , bonis moribus oppositum in se, 
vel in circumslantits ; miraculum veritati ccrtae contra^ 
dictorium. 

3. Seposil& terti^ conditione, scilicet, si non consteC 
de relatione inter miraculum et doetrinam ^ Miraculum 
nibilprobat, ut evidens est ex dictisubilfe Prophetid. 

ProbaUo IncRrecta. Possidet propositio^ ergo admit- 
tenda est, nisi argumentis certis contradictoria probe- 
tur; porro, nediim certa,^im6infirina suntadversario^ 
rum £^rgum^enta« 

Objic, iP Verilas historica miracuU non potest pro- 
bari. Nam 1. effectussupernaturalis nonpotestprobari 
per testimonium bominum^ 2. Certum est, ex co.nslan- 
ti^legum naturalium, miraculum non evenisse; proinde 
e^us exi^tentja non potest probari per testimonium hor 
m\iium. 

Aesp.Xd 1"«: Duo sunt distkiguenda in miraculoy 
scilicet, faetum quatenus est apprehensibile per sensus, 
ei factum quatenus est productum per eausas superna- 
turales. — Sub priori respectu, factum potesl dici ne- 
tttrale^ et probari eodem modo quo factum naturala, 
Sic, V. g. ad demonstrandafn resurreclionenpi Ld^ari, 
sufiieit prpbare ipsius mortem let vitam ppst msortem ; 
porro heec duo sunt fecta naturalia. — Supernaturalitas 
aulem facti non probatur pertestimonuim; sed, posito 
facto, cpncluditur per rationem. Ratio enim cognoscit 
leges naturaa ; cum legibus <;omparaUfacta ; ex compa- 
ratione apparet naturam faetimiraculosi esse oppositam 



— 82 — 

natura faclorum consuetorum ; undi raiio concludit 
miraculum non oriri h caus^ nalurali. Item, ex com^- 
rationc facti cum capacitate hominis et diaboH, con- 
cludit causam miraculi non csse humanam, nec diabo* 
licam. Si autem cause miraculi non stt naturalis, 
humana, aut diabolica, ergo est divina. 

Ad S""" : Ex constanii^ legum naturae falso concludi- 
tur miraculum uou existere. Siquidem Deus potesi 
derogare I^ibus eonsuetis. Porro, si Deuspossit dero- 
gare, factum derogationis potest probari pertestimo- 
nium bumanum. 

Objic. i^ Non potest constare de origine divink mi^ 
racttU. Nam 1. non cognoscimus omnes effecCcrs*pos- 
sibiles legum naturse» potestatis diabolicas; non pos- 
sumus ergo affirmare miracuium non oriri ex eacr^a 
naturali aut diabolic^. 3. Specialiter, quidam bominea 
ope magnetismi animalis operantur muKa slupenda 
miraculi speciem habentia. 3. Miraculum, juxta ahha- 
tem Houieville^ non oritur ex causi divin^, beneNcr6cx 
legibus naturae incognitis. 

Resp. Ad !■": Equidem non possumus delerrainare 
modo certo Ihnitem virium pbysicarum, pot^statis dia- 
bolicse ; indi^ sequitur tantum dubium esse in quibos- 
dam casibus utrum factum stupendum sit miraculura 
nec ne. Sed falso concluditur rationem nunqulim possc 
certd pronunliare tale faclum esse miraculum. Sic, certo 
scimus nullum medicum solius vduntatis nutu posse 
quempiam ihflrmum sanare , mortuum jam quatriduo 
defunctum el foetentem ad vitam revocare, quia ccrlo 
eognoscimus h«c omnia et his similia excedere vires 
naturales. Uem cerlo affirmamus bujusmodi prodigia 



-• 83 — 

non proilnei a diabolo in favoFem crroris; alibquin 
dieendoni foret bomined in errorem induci per Deum 
ipsuni, ui supra probayimus. 

Ad 2""* : 1 » Quidam scriptores admittunt in magne* 

tismo animali vim medieam* Geherarliter verd negatur 

a doctis, sive impiis, sive catholicis existentia prodigio- 

ruRQ quee magnctismo attribuuiHur. Pauci inter catbo- 

licos, horum factorum existentiam admiltentes^ negani 

eorum originem naturalem, adirmantqne talia prodigia 

esse diabolica. Und^, cum dubise sint factorum allato- 

ruia existentia etnatura, objectio deducta ex illis factrs 

est nulla.— 2. Iramensum est discrimen inter miracula 

quibus aitilur rcligio Mosaica et Ghri^tiana, elprodigia 

magnetismo attribula. Heec enim in quibusdam sana- 

tionibus SBquivocis coDsistunt. Inter illa verd^ non solum 

numerantur sanationes certissimse, sed etiam resurrec- 

iiones mortuorum, conversio^quse in vinum in liuptiis 

Caiue^ nutritio quinque miUium bominum quinT|ue pa- 

B\b\is et duobus piscibas, ambulatio super aquas, etc. 

M S'»» : 1 . Temeraria est opinio abbatis Heutevilk 

cirea caasam iniraculorum. NuII^ enim solid^ ratione 

Milur. Imd conlradicloria rationi videtur. Nam, si vera 

sit opinio praedicta, admittendse sunl in ordine physico 

vires el legesinter sc contradictdrise , quod d^fficile 

conciliatujcum sapienti^divini. — 9. SuppositA veritale 

opinionis abbatis Houteville^ sua manet miraculo vis 

probaiiva. In e^ quidem Iiypolhesi, mtraculum in se 

non haberet causam divinam, sed naturaletn. Giimau- 

lem causa naturalis miraculi sitocculla, ncc possit na- 

turaUter eognosci per thaumoturgum, necessaria e«t 

inters'ef>tio Dci ad acquircndam cognitionem caus» 



— 84 — 

miraculi futuri. Porro Iidec interveolio divina eaEndem 
vim probativam babet ae ipsa produelio miraeuli per 
Deum. 

Objk. 3o Multa miracula facta fuerunt in gratiam 
Paganismi, proinde miraculum noo probat diviaitatem 
doctrioffi. 

Resp. l)l argumen(um valcat, miracula in objectione 
designata deberent esse certa quoiid veritatem histori- 
cam et quoiid originem divinam; deberent esse oert6 
facta ad probandam doctrinae divinitatem. Porro^ inter 
miracula in probationem falsarum religionum allata, 
pleraquesunt falsa» aut ineerta, Eaquae sunt historic^ 
certa non habent originem divinam certam ; omnia 
enim explicari possunt, vel per causas naturales , vel 
per fraudem hominum, vel per operationem dtabo//- 
eam^ Tan4em haec prodigia non sunt facta ad probaa- 
dam divinitatem religioni:$ fals«e. Yel» si quaedam ad 
hunc finem ordlnata sunt, eo ipsp negari potest eorum 
origo divina. Deus enim errqrem approbare non po- 
test; porro Paganismum esse erroneumex;solli ratione 
cqnstat. 

H. Oe Tcstlmoiilo lituiiano. 

Quaer. UlrUm 4mnitas doctritm pos$U probari 
per testimomum htmanuml 

Resp. Diviniias doelrinae potest probari» aut saltem 
confirmari, per testimoQium humanumy sive indivi- 
duum, siveeollectivum. 

Prob, Resila est, si \^ testiraonium bumanum, po* 
^itis quibusdam conditionibus, possk eerlitudinem in 
menle generare; si,2» facultates rationis indiyiduae e^ 



-^ 8« — 

CoUe€iivdepossintverUatibusreIigionis applieari. Porr<f 
hsec doo constant ex probatis. Sic, v. g. eredibiliasunt 
testimonium generis huoiaiii et philosophorum afitr^ 
niafUium religionefli primjtivam esse revelatam; testi- 
monium Moysis affirmantis se a Deo esse missum , 
proind^ divinam esse suam doctrinam; testrmonium 
Giiristi affirmantis suam divinitatem ; testimoniuin doc*^ 
(orum et philosophorum societatis Christianae affirman- 
tiunrdivinam esse religionera €hristianam, etc.;quod 
infra evoivemus. 

IH. oe TeBtJUnonto Ipslasmet doctrtns^. 

. Quaer. Utriim divinitas doetrinw possit probari per 
(estimoniwn ipsiusmet doctrince ? 

Resp. Dlvinitas doctrinse potest probari aut sarltem 
conQrmari per testimonium implieitum ipsiusmet doc- 
trin^ ; si nempe doclrina tales proprietates habeat, ut 
ejus inventio non possit explicari jier faculiates huma- 

n«i$. Si enim doctrina non poluerit inveniri ratione hu- 

man&, ergo neeessari6 revelata est. 

flsec probatio potest dici deducta ex lestimonio ip- 
siasmet doclrinae. Nara doctrina manifeitat exeellentiani 
suam^ seu lestatur de excellenli^ sua; et raiio ex hoc 
testimonio deducit ejus divinitalem. 

Observ, Diximus in duabus propositionibus supra 
expositis : « divinitatem doctrinae probari, vel saltem 
confirmari per teslimonium humanum, per testimo- 
nium ipsiusmel doctrinae. » Valor enim harum proba- 
tionum, generaliter loquendo, est inferior valori pro- 
bationis deductae ex testimonio divino. Unde ssepe est 
potitts confii:matio"quam probatiostricla. 



— 86 — 

PuNCTUM II. De NoUs NegaUvis. 

Dcduci possunt, sicut notae positivae, ex testimonio 
Dei, — ex testimonio hominis, — ex testimonio ipsius^ 
metdoctrinse. 

/. Ex testimonio Dei :Si nemp6 fianl prophetise, aut 
miracula divina, ad probandam falsitalem alicujus 
doclrinoe. Prophetiae enini et miracula supposita sequi- 
valerent testimonio implicito de falsitate doclrinae. Porro 
testimonium Dei non potest esse erroneum. 

//. Ex teslimonio humano : Propler raliones expositas 
uhi deNotispositivis. Sic, falsilas idololatrise, Judaismi 
actualis, Mahumelismi, etc, polest probari per testimo • 
nium doctorum. 

///. Ex testimonio ipsiusmet doctrinw: scilicet, — i^ 
81 doelrina contradicat evidenler ralioni , vei quoad 
dogmata, vel quo^d praescriptiones naturales; — 2« 
si doclrina sibimetipsi conlradicat; — 5® si doclrma 
posterior contradicat quoiid dogmata et praescriptiones 
naturales doctrinfle priori certo revelalae. Nam, in tribus 
casibus praedictis , si divina esset doctrina , Deus sibi- 
metipsi contradiceret, quod impossibile est.— Dicimus 
in ultimSi propositione : « quoad dogmata et praescrip- 
iiones natm-ttles. » Nam legespositivse, quse temporum 
et personarum circumstantiis accommodatae fuerunt, 
possunt in alias, mutatis circumstantiis, mutari. Volun- 
tati enim posilivse Dei alia, absque contradiclione ex 
parte Dei, succedere potest. — 4o Tandem divina re- 
pulari non potest doclrina, cujus divinitas argumeniis 
validis probari nequir. 



— 87 — 

Explicatis Dotionibus praeviis de rcvelatione, fiolven- 
dse sunt tres qusestiones superiiis propositae» scilieet : 
lo utriim existat revelatio, aut existant revelationes 
divinse , 2^ utriini revelatio, aut revelationes divinse 
contineantur in Scriptur^et Traditione ; 3p utriim Scrip- 
tura et Traditio revelationem divinam includentes eo 
ipso dicipossintloca principiorum revelatorum? 

I^ PARS l^ QUiEST. 

ttRUM EXISTAt i(EVELATlO, AUT EXISTANT REYELATIOXES DIVlNiE ? 

Resp. Triplex admUienda estrevelatio divina^ scili' 
cet: revelatio Jieligionis PrimitivcBj Mosatcce et Chri»- 
tiance^ prwter quae nulla fuit nee fulttra est. 
Vnde qilintuplex prepositio probanda : 
1® Religio Prifflitiva est revelata ; 
2« Item Religio Mosaicd ; 
3^ Iteai Religio Ghristiana ; 
4<»Praeter tres religiones praeeitatas nulla Tuitdivi- 
jiilus revelata ; . 
S<> IHolU in futurum revelanda est. 



PROPOSITIO I. 

REUGIO PRimTrVA FUIT RETELATA. 

Religio Prunitiva est: complexio dogmatum et officio- 
rum, quae Deus ab initio hominibus imposuit. 



— 88 — 

H\OBATIO V GEIVERIS. 
Bx Tcsanionlo Dcl. 

Vera proposiiio nostra, si \<^ Genesis testetur reve- 
lationem religionis primitivae; 2<» testimonium Gene- 
seos sii divinum. Atqui, 

1« Genesis testalur revelaiionem religionis primitivse: 
Haec leguntur in Genesi^cap. !, 27: m Et creavii Deus 
hominem ad imaginem suam. . . . Benedixiique illis Deus 
et aii: crescile et muUiplicamini, et replete terram ei 
subjicite eam, » Cap. 2, 15 : € Tulit ergo Dominus 
Deus hominemy et posuit eum in Paradiso voluptatis^ 
ut operareturet custodiret illum. Prcecepitque ei dicens: 
Ex omni Ugno paradisi comede : deligno auiem scien- 
iia: boni et maU ne comedas , in quocumque enim die 
comederis exeo^ morte morieris. » Ibid. v. 21; « /w- 
misit ergo Dominus Deus soporem in Achm: eumque 
obdormissety tulit unam de costis ejus^ et repk^it car- 
nem pro ed. Etcedificavit Dominus Deuscostam^ qmm 
tuterat de Adam , in muUerem: et adduxit eam ad 
Adam. Dixitque Adam: hoc nunc os ex ossibtis meis, 
et caro de carne med.... Quamobrem reUnquet homo 
patrem suum et matremy et adhcerebit uxori suce: ei 
et erunt duo in carne und. » — In verbis cilatis, Deus, 
prohibendo prolo-parenlibus ne comederenl de ligno 
scienliae boni et mali, implicite revelal sequenlia dog- 
mata: suam existentiam, auctorilaiem, discrimen inler 
bonum et malum, libertalem hominis, ipsius immor- 
talitatem. — Infra, manifestat creationem mulieri^, 
unitalem generis humani , instilutionem malrimonii, 
litulum proprietalis gencrig humani in res creatas. — 



— 89 — 

Item imponit imniediat^ praeceptum speciale de non 
inanducando fructu ligni seientise boni cimali ; praectpit 
homini ut custodiatParadisom etoperetur. — Mandat 
ut crescant et multiplicentur ; proinde ipsi impoiiit 
legem matrimonii, obligatioiies mutuas spjonsorum 
« relinquet homo, etc. » et officia erga pueros ; maCri^ 
monium enim instituitur ul genus humanum crescat 
cl multiplicetur, quod supponit obligationem genera* 
tionis et. eoQservattonis infaatium. 

Unde sie : Religio est collectio dogmatum et officio- 
rum ; porro, juxta verba Geneseos supra cilala, Deus 
r^yelavU et imposuit prota-parenlib^s dogmata et offi- 
cia. Erga Genesis testatur de revelatione reltgionis 
primitivse. 

^o Testimonium Geneseos est testtmonium divinum i 

Inspiratio enim ei divinitas Geneseos est dogma reli- 

gionis tiim Mosalcde, tum Cbristianse. Proind^ testimo- 

nium Geneseos est divinura, si divtna sii religio Mosaica 

dCViristiana; porrorem ita esse infra constabit. 

PROBATIO W GENERIS. 
mx vesttmaiiio liaiiiaiio. 

Orjginem divinam Religionis Primitivae affirmant 
tradi(t0 omnttnn populorum, testlmonium philosopho- 
rum prsestanttssimorum (1). Ergo admittenda est reve- 

(1) Traditions des peuples f) 

{*) Les traditions citees sous ee titre et ceDes <jm \e lecteur trouYera «ux pa£res 8111-- 
>antes, ont ^t^ puis^s dans plusteurs duvrages qui les preseatent phis d^eloppees et 
«ccompagndes de beaucoup d^autres. Nous indiquerQns en particdier : Euai mr 1'Ifir- 
di/fdrencet Tom. III et IV; ^tudes philefophiques sur le Christianieme, par M. Ni- 
f olas ; Ridemption du genre humain anrnnci par le* traditiont, Schmilt; Annale* 
de philosophie chr6tienne ; etc. 



--. 90 — 

laiio priinitiva, si prsDdictorum testimouioriirQ valor iit 
dubium revocari noo possit. Porro non potest in du? 

Juifs» ^ Tout ie monde sait que le fait de la r^A^latiou est U 
premicr de leur histoire. 

Chaldiens. — Les Chald^ens croyaieot qu'aw commencement un 
Dieu Oannis, tBStruisii les bomroes sur l^origine des choaes etleur 
donna des lois. Bdrose cite par Georges le SynceUe, p 28. 

Perm- — Ormuzd dfes Torigine manifeste sa loi au premier hom- 
me et lui dit : Sois soumis. ZenA-Ave$ta* 

Indous. D^aprfes les Uvres indiens VichnOQ parU aux premters 
hommes et se fil coonattre k eux. 

Chinois. — Dans les temps primitifs , disent les ChinoiSi le fleuve 
L6 produisit les Dieux qui r^gi^rent toutes choses et ^tablirent sur 
la terre un ordre admirabie. P. («aubil^ k ia fin de la Traduetitm 
du Chou-King, 

Egypliens. — SeloB la tradition Egyptienn» conserv^e par Plu- 
tarque {sur Isis), Osiris rdgna sur la terre, donna des lois aux 
Egyptiens et leur apprit k honorer les Dimix. 

Grecs. — Platon, Pausanlas, GaUtmaque et Orpb^ attestenf que 
telle 6tait la croyance des Grecs. 

Scandinaves, — On lit dans VEdda : les Dieux cr^drent rhomme 
et le firent si savant qu*il pouvait r^pondre k tout. 

M€3incains,'—h^ r^gne de Quet-Zal-Koat ^tait V4ge A'ot des 
peuples ; il fut le^gislateur. Traditions extraites des ouvrages de M. 
de Humboldt. Annales de philosQphie chretienne, V^ serie, T. IV, 
p. 19. 

P^uviens. — Garcilasso de la V^ dit ia m^me chose des P^ru- 
viens : Deux fils du soleil in^truisirent imm^diatement les hommes, 
teur donn^ent des lois et le culte divin. 

^umges de VAmerique. ^ lis croient en g^n^ral, dit Lopez de 
Gomara, que.Ie Gcand-Esprit . s'entrelenait famili^rement avecle 
premier homme et la premi^re femme , et qu*il leur donna des lois 
k observer. 

D'apr(js Leland, savant anglais : « Les moralistes du premier ^g* 
ne raisonnaient pas comme lesndtressur les, principes de la morale. 
L'autorit6 leur servait <le philosophie, et la tradition ^tait leur uni- 
que argument* IIs debitaient les maximes les plus importantes , 
commd des^ le?ons qu'ils avaient re^ues d« leurs pferes , et ceux-ci 
de leurs pr6decesscurs, en reraontant hinsijusqu*au premier homme 



— 91 — 

bium revocari ; pr^sumptio enim stat pro valore tes-r 
timonit hominis iadividui, a forliori pro valor^ testi» 

a qiu Dieu les avait faii coonattre. Et cette croyance est food^e su^ 
d'ancieimes traditions. » Voir, Demonslralions EvangUiqueSy Edit. 
Migne, T. VII, p. 4037. 

«e La -plulosQphie traditionnene , qui s'appuyait sur la doctrine 
primitive transmise des p^resaux en£ants, me parait avoir sub^iste, 
dit Burnet, jusqu'k la guerre de Troie. » Tb. Burnet, ArcheBolog. 
pMlos. Lib. I, c. 6. 

« La moraje des sages de la (Mae\ dit un liistorien, avait pour 
origine une ancienne tradition qui remontait jusqu'^ des temps re- 
cules, oti les sciences et ia pliilosopMe n'avaient pas encore fait de 
grands progr^s... II en ^tait de m^me des anciens sages cbez les 
Perses, les Babylonieus, les Bactriens, les Indiens, etc. » Navarette, 
Hisloire de la Chine. 

Les peuples recouraient k la traditjonpourlessolutionsreligieuses; 
donc ils ne regardaient pas la raison comme juge comp^tent ; donc 
ils supposaient k ces v^rit^s religieuses une origine divine. 

11, Temoignages des philosophes. 

Ancm^»*''Sacrale : Les aneiens meilleurs que nOus et plus rap- 
proch^s des Dieux nous ont transmis par tradition les sublimes con* 
naissances qu'ils tenaient d'eux. Plat. Phileb. Oper, T. IV p. 219. 
1£d\x. Bipont. 

PlcUon: « 11 faut ajouter foisans raisonner aux croyances an- 
ciennes ^ Qons ont^t^ tr.ansmises toucbant les v^ri(^ reUgieuses, 
parceqae \es premiers hommes sortis imm^dia^ment de Dieu ont 
dft parfaitemeDt le connattre comme leur p^re , et qu'on doit les 
en croire cooime ses fils. » Plato. Tim, oper. T. IX p. 524. 

Arislote parlaut d'une tradition alter^e dit : « Si, rejetant tout le 
fesie, <Hi prend uniquement ce qu'il y a de premier, on regardera 
Jostement cette croyance comme divine.; c'est l^ le dogme patemel^ 
ou c# qoi etait cru par les premiers hommes. » Metaphysic. Lib. 
XII, c, 7. 

Ciceron: « La loi des douze tables ordonne de s'en tenir aux 
croyances anciehnes ; et cela, parceque l*antiqiiit^ est prfes de Dieu, 
et qu'uii& telle religion est garantie par une tradition divine. » De 
Legib. Lib. II, c. 8. 

JUodemes, — Les philosophes chr^liens les plus ^mments Tad- 
metlent unauimement. - 



— 92 — 

monii generalis» donec de cjus fakitate eonstet vel 
raltone, vel auetoritate. Atqui, — testimonia praedicla 
non possunt impugnari ratione: testimonium enim 
historicum ratione impugnari non potest, nisi factum 
narratum sit absurdum, vel testimonium contradicto- 
rium; attamen neutrum dici potest tn easu prsesenti. 
— Non possunt impugnari auctoritatc : Siquidem, ad 
dcstruendumperauctoritatem valorem lestimonii citati, 
ipsi opponendum foret testrmonium aequalis ponderis 
negans revelationem primitivam, vel teslimonium suf» 
ficicns ad probandam nullitalem testimonii allati; atqui 
neutrum fiert potest. 

MOBATIO III» GENERIS. 
Ex Te$4foionfo seu ex nacura tpslnsniet reilgtonl» priiniicfvff. 

Prob, /. Religio Primiliva fuit k Deo revc/al», si dor 
fucrit ab homine inventa, porro non fuit inventa. 

Quia l^ Si fuisset inventa» vel ab homine sib\ dere- 
lictb, vel ab homine per revelationem munito principiis 
rationis. Atqui, — Non fuit inventa ab homine sibi dere- 
licto; Homo enim sibi derelictus ad veritates religiosas 
non valeret assurgere , ntsi per principia rationis% 
Proinde sibi dereliclus rctigionem invenire non potuit, 
si absque revelatione, praedicta rationis principia eog- 
noscere non potuerit ; porro rem it^ esse suprA proba- 
vimus. — Non fuitinventa ab bomineper revelatibnem 
munito principiis rationis : In illA enim hypothesi , 
Deus, ad manifestandum haminireligionem, ipsi reve-^ 
laret prim6 principia rationis, ut eorum ope et post 
longum tempus posset veritates religiosas detegere ; 



— 93 — 

quod repugnat ipsius sapientiae el bonitati , cum reve- 
Jalio immediata sit in se simplicior et humani intcllec- 
tus imbeeillitaii n^agisaccommodata. 

Quia 2^81 religio abhomine in^enta fuissel, artibus 
\it8emaleriali necessariisetulilibus posteriorappareret. 
In inventionibus enim horao procedit a materiali ad 
spiriluale^a facili ad difScilius ; proinde ab artibus me^ 
cbanicis ad religionem ascendisset. Porro boc contra- 
dicit historiae populorura ; religio euim omnes arlium 
inventiones prseeedit, im6 apparet apud populos artihus 
moraliter necessariis destitutos. 

Quia 30 Si religio inyenta.fuisset, homines gradaUm 
a felichismo ad idololatriam , ab idoloiatri^ ad mo- 
noiheismum processissent,^ ut volunt Progressisia\ 
Porro econtra ex religionum hislarise constol religionem 
occidisse a monQthei$mo ad adorationem spirltuum, 
ab adt>ratione spirituum ad idololatriam e^ fetichis'- 
mum (1). 

(l) \a pTcmi^rc forme. religieuse f ut lemonolh6isme;<elaresult« 
des tradiUoBs suivantes : 

€kine. — Vauleur du llvre intitul6, Mqrale de Confucius , cfui 

parait avoir soigneusement .^tudie Tfiiistoire de la Gtiine, assure , 

« que les C^inois (tepuis 1'origtne ju3qu*au tesips dc Confu- 

cins, D'oiit pas ete idol&tres, qu*ils n^ont ador^ que le cr^ateur de 

rUni vers qu41s appelaient, Xan-ti, auquei le troisieme empereur 

Hoam-Ti Mtit un t^mple. » Morale de Confucius, Avertissem. p. IS. 

Egypte. — . Originairement , dit Lucien, les Egyptiens n^avaient 

point de statues dans leurs temples. Luc. de Dea Syr. 

. Grecs. — D'apr^ H^rodote ( lib II, n., 9) le culte se coosersa 

pur de ridoUtrie chez les GarLens, les Lydiens, les Arcadiens et lcs 

Pelagiens, jusqu'^.c& qu'ils adoptassent les diviqites Egyptienues. 

Romains. — D'apr^s Varron, ils n'eurent pendant plusde ceBt- 

soixante-dix aas aueuue image dos Dieux, et ceuxqui introduisirent 

Vusage dcs idoles ^taJjlirent un^ crceur inconnue auparavant, S. Aug. 

CUede IHeu,iy, 



— 94 — 

Prob. IL Omnes rdigfones sequcntia conlinent 4og- 
mata, quo&d formam aduUerata, scilicet : d<>gma lapstis 
hominis, ejus reparationis, vis piacularis sacrifieio in- 
hecrentis (l). Proind^ admittenda est revelatio primi- 

Les habitants de rAm^rique, de la Perse et de rinde ne rendaieDt 
originalreitteDt de culte qu'au seul vrai Dieu. 

Tous les savants modernes qul ont etudi^ les premi^res traditions 
des peuples attestent unanimcment cette verit6. On peut citer Vol- 
taire, Leland, Vabb^ Mignot. 

BoliogbroclLe s'exprime ainsi : « La doctrine d^un Dieu, nn, de 
rimmortalite de r&me,et d'un ^talfulur de recompens^s et de chft- 
timents parait se perdre dans lcs tcn^bres de Tantiquit^. Elle pre- 
chde tottt ce que nous savons de certain ; d6$ que nous commen^ns 
Ik d^brouiUer le chaos de Thistoire ancienne , nous trouvons cette 
croyance ^tablie de la maniere la plus solide dans Tesprit des pre- 
mieres nations que nous connnaissons. » T. V, p. 277. Edit. in-4o, 

(1) /. Dogme de la Chute. 

Juifs» -^ c A llieure oii le scrpent s^iosinua dans Vmtimd^ d'Eve, 
il jeta en elle une souiUure qui iafecta ses «nfauts. » TaJmud» 

Japon. — La tradition nous repr^seute aussi le serpent ligu^ 
contre le Cr^teur, et, quand on y reprdsente la creaUon , on etn- 
ploie la figure d'un gros arbre autour duquel se roule un borrMe 
serpentNoel, Cosmogonie, Japon. 

Chine. — « Le dragon Tchi-Ieou , dont le nom s^acrit avec des 
caract^res qai signiflent Femrne et Serpent (tii I^auteur de la r<5voIte 
de rhomme. Celui-ci vonlut disputer du wai et du foux, et ces dis- 
putesbaunirentla raisoneterneI1e.il aima trop les objets terrestres, 
de U les parssions, de Ik tous les crimes, de I^ enfin tOus 4es maux. 
Ramsay, Discours sur la mytholagie , 146. 
' Inde. — Les livres Indous parlent d'un serpent nororae Kaly, qoi 
a caus^ ii la cr^ation de si grands maux, qu^il faut rincaroation de 
Vichnou pour les r^parer* II est repr^sent^ moitie femme, moiti6 
serpent. (Dubois T. 3, part. 3, p 435.) Le premier homme, Adima, 
et la premifere femme Pacrita (vie) sont d^abord dans rinnocencc ; 
ils se corrompent, lesenfants deviennent ensuite plus m^chants que 
lenrs pferes. 

Perse. -- « Meschia et Mei^ian<^, d^abord pnrs et «oumis k Or- 
nuizd; Ahriman }aloux les aborda sous la forme d^tane couleuvre, 



^ 95 — 

tiva, si prsBdictorum ^dogmalum uftiversalitas soW rc- 
velalionedivin^ expHcari po$sit. Atquij 

lo ExpUisari 'potest per revelationem divinam : Si 

leur ppeSenta des frufts, leur pcrsuada qu^l ^tait Fauteur de toute 
chose. Leur nature fut corroiupue et eette corruption infecta loute 
leur post^rit^. » Vendidat^Sade, p. 505, 428. 

Egyple, — « Typbon repp6sent«'qttelquefois sous la forme d'un cro- 
codile, d'autres fois sous la forbie;d'un serpenl monte sur des pieds, 
ftTec de& aites aux i&paules et exbalant la fureur, fit par son envie 
plusieurs mauyaises cboses ; et, ayant pais tout en combustion, il 
remplit -de manx et de mis^res la raer et la terre. » Plutarque, sur 
Jmy Trad. d^Amyot, nomb, XLVil. 

Mangdts, — «■ NOs premiersi parents vh-ettt bientdt s ■echapper 
par leur fiute toutes les f^licitess qui avaient jusqu^alors erabelU leur 
existence. A la surface du sol croissait la piante du Scbim6e, blanclie 
et dottcc comme le sucre ; son aspect s^duisit un bomme qui en 
mangea et lout fftrconSomm^. » Benjamin Bergman analys^ par A. 
F. Ozanam. 

Greess — Pandore est constitu^e d^positaire d*une bolte. EHe en- 

freini par euriosit^ la d^feaise k eile faite de l*ouYfir ; tous les maux 

soneBt de la boUe^ Depuis ce temps, dit H^siode , mille calamit^s 

ertent panni les faumains, la terre est teraplie de maux. Hesiode, 

Lc» tro^atro; et le$ jour^^ v: 47 et suiv. 

B'apTesPlaton, la nature et les facultes de l*homrac ont M cor^ 
rompues dans son chef dfes sa naissance. Plat. Tim., Phced, oper. 
T. f, p. i07,Edit, Bipont. 

Bome, ~ D'apres (iceron, r^me humaine est une ^tiiicelte divine 
ensevelie sous des d^ombres. L*homme , dii-il ailleurs, cst n6 dans 
Ja mishre, ponr expier quelque' ^and crime commis dans une vi^ 
sup^rieure. Horlensitis, 

• Scan^naves.^Ldk, prindipe du mal,sousla formc d'un <5norme 
serpentqtti tnveloppe le monde et lepen^tre de son vonin. Edda. -» 
introd. A Vhistoire du Danemark, par M. Mallet. 

Scylhes. — Ils se disent descendre d'une femme serpent. 

IHeocicains, — Cihua-Cobua, qui veut dire femme au serpent, est 
la mfere de notre cbair. Elle est toujours representee etf rapport 
a\*ec un grand serpent. M. de Humboldt, Vues des Cordilihres et 
monumenls de TAmenque, 1. 1, p. 257 et 274. 

Cet accord de tous tes anciens petiples lest reeonnu par Voliairo 



enimDcos hominibus primitivis hsec dogmata revelavii; 
per tradilionem Patriarcbarum u&que ad diluvium trans* 
missa sunt ; et, tempore dispersionis , in omnem ter- 

lui-ro^mc : « La croyance que rhomme e$t dechu ei d^gen6r6, dit- 
il, se trouve cbes tous les anciens peuples. » Btsai sur les mtBurs-y 
chap. 4. 

//. Dogme dc la HehabiUtation. 

Juifs, -^ Us attendent encore le Messie, ainsi qne les SamarhaMs 
qui repr^seatent les dix tribus dlsrael separ^ deptiis 1000 am 
avant i -C- 

« La doctriae de Fd ou Boudha adopi^e par le peupie en Ghine , 
au Thibet, k la Cochinchine, au Tpng-King, dans le Toyaome de Siam, 
hi Ceylan, au Japon, enseigne qu'un Dieu doit saaver le genre. hu- 
main en satisfaisant au Oieu suprdrae pour les p^^ des hommes« » 
Huet, QwBst, Alnetanw, L. II, c. 14. 

Chine. — Confucius dit qu'un Saint doit ftlrc cnvoy6 du cie),qu'il 
saura toutes ehoses, et quUl aura tout pouvoir au Ciel et sur )a 
terre. Mordle de Confucitis, p. 196. 

Indes» — Les Indiens admettent une incaniatioff de Viciinoa pow 
r^parer le mal caus^ par Kaly ou le Grand-Serpent. Dans h Bava- 
gadam il est dit que Vichnou s'est renferm^ dans ie sein d*ane fem- 
mc pour sauver runivers. Son but est de purger )a tertcdesgeante 
et des tyrans, et de remettre en vigueur la pratiqoe dcs vofias el 
de poser un firein a la mdchancet^ des liommes. 

Perse, — Mithras {parole elemelle) dont.le nom est « Je suis, » 
est m^diateur entre Orjmuzd et Ahpiman ; il combat pour ie premier 
contre le second ; m^diateur entre Ormuzd et les honimes, ii re^oit 
tes ordres du premier et gouverne les horames confl^s a ses soios. 
Anquetil-Duperron^ Hiem. de 1'Academie des Jnscriplions, T* LXI, 
p.298. . . ' 

Arabes, — Ils attendaient un Uberateur qui devait sauv<&r tous 
les peuples« Boulainvilliers, Vie de Mahomety L 11, p- 191. 

jEflryp^e. — Un descendant d'Isis nomm<i Orus terrassa Typhon 
{prindpe dumaJ). U ne tua pas enti^rement Typhon, mais i) lui 
dta la force, voulant que ce combat demeurftt. Plutarque , sur Isis 
^( 0«/ri«, Trad. d'Amyot, nomb. XLIV, XXV. 

Grke — D-apres la legende de Prom^th^e, qu'on retrouve da»8 
Eschyle et Hesiode,il ose se faite 6gal ^ Dieu, il est condamn^Siun 
supplice sSbmx ; il conserve resp^rancc d'un lit>drateuF, La feimne 



— 97 — 

ram per societatum inslitotores asporla(a , decursu 
tcmporum adullerata fuerant, manente tamen eorum 
substanlia. 

' lo partage avec lui ceUe double destinee. C*est d^elte et d'eUe seule 
que doil provenir ce commun Liberateur. Cest de iafemme rendue 
feconde sans aucune atteinte port^e ^ sa virginite, par laseule vertu 
de Dieu, que doit venir au monde cet enfant qui sera ainsi Dieu et 
homme, il desarmera la justice de son p6re irrit^ contre 1'hommo 
ct terrassera Tantique serpent qui fut l'auteur des maux de Prom^- 
thee. £tud€sphilo9. sur le ChristianUine, L. II, chap, 4. 

D^apr^s Platon, « k moins qu*il ne plaise k Dieu de nous envoyer 
quelqu^un pour nous instruire de sa part, n^esperez pas r^ussir ja- 
mais dans ledessein de r^former les hommes.» ApoU Socrat. 

Bome. — La Sibylle, Virgile, Su^tone , Tacite que nous citerons 
ailleurs, (art. des proph6ties) prouvent Tattente du mediateur chez 
les Romains- 

Gaule. — Les Dniides adoraient Isis ou la Vierge de laquelle un 
fils ^tait atteadu. EUas Schedius, De dns Germanis, can. 13 n. 
346. F > 1 

On atrottveen l«33 h Chftlons-sur-Marne, ^ur Pemplacement d'un 
tcmple paien Finscription suivante: « Virgini paHiurcB, Druides. » 
AnnaUa dephilos. ehret. T. VIl, p. 328. 

Scondinflwte.-- Thor, le premier-n^ des enfants d^Odin , livre un 
combatauGrand^erpentMigder; U le terrasse , mais laisse lui- 
radme la vic dans sa victoire ; puis tout est consomme. Le Maltre 
Souveram mct fin aux desordres et etablit les sacr^s destins qui 
duperont toujours. Traditions 5cand«na«;e«,faisantappendicekrwi- 
wge ; mionaUsme et Tradition, de M. Riambourg. 

Neuveaur-Mor^e. — D^aprfes le baron deHumboldl, despeintures 
Mexjcames presentent une couleuvre panachee , regardee comnie lo 
genie du mal, mise en pi^ces par le Grand-Esprit , qui parait 6tre 
Co?SJ"t?I^^^^^^ ^"'*^"*' ^'' Mithrasdes Pcrses. Vue des 
Suivant le m6me airteur, on y trouve dans plusicurs rituels la 
fignredun animal inconnu perc^ de dards, symbole de rinnocence 
souffi-ante, d'aprfes des traditions qui se sont conserv6es iusqu'i nos 
J4Jurs. H>id. T. I, p 251. 

VoUaire, Volney, Boulanger admcttent la gen^ralitd de la croyanco 
auMediateur. 

6 



— 98 - 

2<> Per solam reveiationem divinam, universalkfts 
praeilictorum dogmatum potest cxplieari : SeposU^ enku 
revelatione primitiv^ , duplex tantum origo potest as^ 
signari prdedictis dogmatibus, ratiosciliccty vel univer-- 
salis diffusio religionis Mosaicse. Porro neuirum dici 
potest. 

1. Pncdicta dogmata non oriunlur a ratione : Homk- 

Ts' . B. La pratique du SacTifice , la croyaoce k sa valetir impliqiie 
les dcuxdogmes de lachute et dc la rehabilitation. 

///. Dogme de la Vertu expiatrice du sang» 

Aucune Dation, dit le comtc de Maistre, D'a doute quMI y eftt 
dans l'eflfusion du sang une vertu expiatrice. Lliistoire ne pr^sente 
sur ce poinl ancune dissonance. Ce fail est admis par tous les 6ru- 
dits. Non-seulemcnt les peuples ont imnioI6 des animaux, mais en- 
core les sacrificcs humains ont ^te offerts chez tous les peufies : 
dans la Chlne, rinde, la Pevse, la Chaldee, l*Egypte, la Grfece, h Car- 
thage, k Rome , chez les Gaulois , les GcrmaiDS , les Scytbes , aiosi 
qu'en Am^rique. De plus, cinq conditions se sont presque toujours 
. rencontr6es dans le sacrifice: 1» que la victime M autre que le 
coupable et payAt pour lui ; 2o que cette victime, ou embl^matique- 
ment, ou reellement flit aussi innocente que possib\e; S^ qu*e\\e 
ftlt aussi humaine que possible (hommc ou animal domeslique) ; 
40 que \e sacrtftce fut sanglant et que son efficacit^ (tii attach^ ^ 
reffusion du sang ; 5« qu*une partie de la victime fitlt consum^e par 
le feu, el Pautre partie mang6c par les sacrificateurs et par le peu- 
ple. 

Aux saerifices nous pourrious ajouter les cepemomes espi^toires 
par lesquelles une multitude de peuples pr^tendaient purifier les 
enfants nouveaux-nc^s. 

De toute anliquit^, dit Maimonide, les Saheens purifiaient par le 
.feu leurs enfanls nouveaux-nes, persuades que sans cela ils mour* 
raient. More Nevoch, part. III, cap. 37, p. 449. 

Le Baptdme, dit Voltaire, est commun k toutes les ancienncs na- 
tions de rOrient. Remarques sur Vhist, gmer. § 11, p. 41. 

M. de Humboldt, en rapportant les cer^monies des Mexicainsice 
sujct , ajoute : « Celtc ci^jrcmonie rappelle des usages dont Torigine 
j)arait se perdrc dans une haute antiquit<^. Vues des CordiliereSf 
T 1, p. 225. 



— 99 — 

nes quidem ductt ratioru) sponte consentiunt in admit- 
tendis veritatibus primo intuilu evidentibus; minime 
autem consentiunt quoad veritates obscuras, et k fortiori 
quokd veritates primo intuitu rationi repugnantes. Por- 
ro rationi primo intuitu repugnant dogma lapsus gene- 
ris humani per peceatum primi parentis, dogma re- 
demptionis per merita unius hominis, dogma vaIori« 
piacuiaris sanguinis effusioni annexi» ut ex^ideuB est« 

2. Horum- dogmatum universalitas non oritur ex 
diffusione generali religionis Mosaicse : Vel enim ad- 
versarii admittunt divinitatem religionis Mosaicae, vel 
non. 

Si prius : Eo ipso debent admittere revelationera pri- 
mitivam, cum revelatio primitiva sit dogma religionis 
Mosaicae ; et causam habemu^. 

Si post^rius : Duo ineludit explicatio allata, scilicet, 
inventionem prseeedentium dogmatum a natione ju- 
daick, et eorum diffusionem in omnes gentes^. Atqui, 

\u\enlio dogmatum ex parte Judaeorum repugnat : 
ftam\.pr8edicta dogmataprimointuitu apparentrationi 
repugnaniia. 2. Sanctilali et bonitati divinse repugnat 
omnes omnmm populorum religiones niti dogmalibufi 
aTbitrariVs. Porro, si dogmata de quibus loquimur 
oriantur ex religione Mosaicli aliund^nonrevelatl^, om- 
nes religiones nituntur dogmatibus absurdis. Ex una 
enim parte dogmata lapsus, reparationis, vis piacularis 
sacrificii, sunt quasi fundamentum religionum ; siqui- 
dem ex his dogmatibus oriuntur spes hominum, prse- 
cipua eorum oilicia , officium expiationis , necessitas 
sacrificii , fidei et spei in Mediatorem , etc. Ex aiterli 
parte haec dogmata essent arbitraria; nullp enim roo- 



— 100 — 

(ivoprobarclureorumverkas; non revelatione quidem, 
ex bypothesi ; non ratione^ nedum enim nitantur ra« 
tione» econtr^ rationi videntur opposita. 

Bepugnat etiam diffusio in omnes gentes : hsec enim 
dogmata vigebant apud populos qut nuUum habuerunt 
commercium cum Hebraeis; v. g. apud Americanos. 
Diffusioni aliunddobstitissenthostilitateset intolerantia 
religiosa aliorum populorum. 

Prob. III. Admittenda est revelalio rdigionis primi- 
(ivse^ si 1<^ Deus debuerit primis hominibus imponere 
ac proinde manifestare religionem ; si i^ solummodo 
pcr revelationem potuerit ipsis communicare religio- 
nem. Atqui» 

l^ Deus debuit prirois hominibus religionero impo- 
nere : Hsec propositio inhk probabitur ubi deLegenO' 
turalu — Debuit proinde manifcstarc religionero ; Re- 
ligio euim non potest observari, quin co|[noseatBr ; ncc 
potest cognosci» quin manifestetur. 

2o SoIumrood6 pcr revelationem religio mamleslari 
potest: Si quod foret aliud medium, maxime rationis 
investigatio ; porro hoc falsum est. Siquidem perccptio 
iilearum supponit revelationem, ut suprii probavimus 
ubi de Ratione, Eliamsi admitteretur possibiliias inve- 
niendi religionem per investigationem rationis y hoe 
medium non esset aptum. Medium enlm religionem 
cognoscendi debet esse universale , cum reUgionis ob- 
scrvatiosit omnibus praecepta; certum, cum religio non 
possit esse obligatoria, nisi sit certa. Atqui investigatio 
religionis per rationem non esset medium universale: 
quia 1. supponit capacitatem qu& privanlur plerique 
\ lomines ; quia 2. supponit investigationem longam et 

i 



a 



-- 101 — 

difficilem, qu& permulti fuisseat amoti necessitate rei 
familiaris^ pigriti^, etc; quia 3. per iilud medium ho- 
mines non nisi post longum tempus veritates rcligiosas 
detegere potuissent, proinde homines primitivi religio- 
nis cognitione privati fuissen(. Non esset medium quoad 
plerasque veritates certum : Hoc constat hominum cr- 
roribus el contradictionibus philosopborum circa veri-^ 
tates ipsius reli^onis «laturalis* 



PBOPOSITIO II; 

ASLIGIO M09AICA FUIT DIVlNITtS REVELATA. 

PR/EMITTENDA. 

Cum divinitasreligionis Mosaicse speciaKlcr probelur 

ger prophetias et miracula in V. Testamento ac praici- 

VVife in Pentateucho relala ; in anlecessum probanda est 

Veniaietichi caeterorumque Y. Testamenti Ilbrorum 

auctoriias historica, Unde, 

ARTICULUS r. 
JPentatettcbus hcbet auctoritataii blBtorteam certam. 

Sub nomine Penlaleuchi comprehenduntur quinquc 
Veteris Teslamenli libri Moysi assignati, scilicet : Gene- 
sis, Exodus, Leviticus, Numeri, el Deuteronomium. 

In propositione actuali affirmamus tantiim veritatem 
bistoricam Pentateuchi ; tacemus ergo de inspiraiione, 
de revelatione, de verilate dogmalicA librorum Moysis. 



~ 102 — 

PROBATIO DIREGTA. 

Pentateuchus habet auctoritatem historieain certam, 
si sit authenticuS) integer, verax, ut supra probavimus, 
ubi deRatione. Atqui, 

8 i. Mntateaditti est AiiUieiitlcii»^ 

id est, Pentateochus est opos Hojm. 

Prob. /. Testimonio Christi. — kpud Marc. 12, 26, 
sic ait Christus : < De morluis autem qubd resurgant^ 
non legistis in libro Moysis. • Ergo Ghristus testatur 
Pentateuchum esse libruni Moysis. Proinde certa cst 
Pentaleuchi auctorilas, si Ghristus sit a Deo missus et 
Deus ipse; porro rcm it^ esse infra oslendemus. 

Prob. II. Testimonio populorum. — Ad probaodam 
veritatem alicujus facti, sufficit — ut existat iestimo' 
nium clarum et concordans de verilat^ facti, — ut 
conslet de convictione» — de legilimilale conviclionis 
leslium. Porro, 

l^ Authenticitalem Peniateuchi clar^ et unanimiter 
teslantur : 

Judaei omnes, ut constat ex traditione, cujus origo 
assignari non potest ; ex Veteris Testamenti libris, qui 
omnes supponunt et testantur Pentateuchum esse ge-^ 
nuinum opus Moysis, et quorum valorem historicum 
admittunt Judsei (1). Idem testanlur traditiones Tal- 
mudicae. 

Josephus, cujus haec sunt verba : « Infiniti libri non 

(1) Be h^c materia, vid. inter alios D. Glaire, Introduclion a 
l'Jt:crUure SainlCyT, m, p. i4 et seq. 



-^ 103 — 

sunl apudnos discordantes el sibimelrepugnantes ; sed 
solummodo viginii dtio habentes temporis totius des- 
criptionem^ quorumjust4 fides admitiitur. Horumquin- 
que sunt Moseosy qui nativitates continent et humance 
gonerationis tradiiionem usque ad ejus mortem » (1). 

Cum Judseis eonsentiunt Samarilani. Etsi Juddeis in- 
fensissimi , semper tamen admiserunt Pentateuchum 
ut genuinum opus Moysis y quamvis repudiaverint cae- 
teros libros recentiores Judaeorum. 

Ghristiani, de quorum fide circa qusstionem prsesen- 
tem nuUi sensato dubium esse potest. 

Mabumetani, ut constat ex Alcorano. 

Idem testanlur multi scriptores pagani ^ quorum 
fragmenta nobis servarunt Justinus martyr, Clemens 
Alexandrinus, Eusebius et alii (2).^ 

Im6 CelsuS) Porpbyrius, Julianus, religionis Chris- 
tianaa hostes infensissimi , nunqulim impugnaverunt 
authenticitatera Pentateuchi, eam proindS tacite admi- 
WTunl. 

^^ Constat de convictione testium prsecitatorum. 

Si eminlestes praedicti non fuissent convicti de au- 
tfaenticitaie Pentateucbi,ergofuerunt impostores^tcstati 
suntenimie veritate facti quod falsum aut dubium 
habuerunt. Porrohaec criminatio absurda est. Siquidem 
nuIM ratione valid^ nititur. Im6 est absurda ; repugnat 
enim testes innumeros, nationci indole, moribus, prae- 
judiciis^ cupiditatibus inter se oppositos» vcl sponte, vel 
post conspirationem unanimiter consentire ad assc* 
rendum factum falsum, aut saltem dubium. 

(l) Joseph, Contra Appion* Lib. I, § 8. 

[^) Vid. Huetium, Dmon^rr. Evang, Prop. IV,cap. 2. 



— 104 - 

^^ Condlat de legilimitate convietionis lesllum. 

Quia i^ stat pra^sumplio in gratiam sinceritatis it%- 
Yium, doncc contrarium conslet ; porro non constat. 

Quia 2^ ccrld conslal de legilimitate convictionh 
lestium, si 1. corum facultates hon sint vitialae^, si 2> 
factum sit lobservabiie ; si 3. factum ftierit attent^ ob- 
servatum. Alqui> 

1 . Facultates testium noti eranl vhiatse, quoad facf nm 
dequo agitur : Absurda essct hypothesis contraria. 

2. Factumest observabilei Hoc enim eratunicuique 
generationi observandum> Bcilicet, utrum suo tempore 
Pcntateuchus fuerit suppositus , seu falsb Moysi attri- 
fcatus. Nam, si Pentateuchus null^ generatione durante 
fu^it suppositus, scquitur necessari6eum csse aulhen- 
licum. Porro factum supposltionis facile potuit obser- 
vari k prim4 generatione et k generationibus subse- 
quenlibus. — A primA generatione: Moysis enim 
cosetanei non potuerunt ignorare utrim Moyses ipsis 
imposuerit et per scripla transmiserit leges BaV\oms 
SU8B conslitulivas, sive sub rcspectu religioso, sivc sub 
respectu civili. Aliunde , si quod ipsis superfuisset 
dubium, absque ull^ difficultate Moysen ipsum potue- 
runt inierrogare ulrum fueril auctor Pcntateuchi, nec 
ne. — Factum supposilionis poluit observari a genera- 
tionibus Moysen subsequentibus : Ad detegendam enim 
imposturam, sufficiebat inquirere ulrum generalio 
prajcedens Pentateuchum cognoverit et Moysi altribuc- 
rit; si enim generatio prsecedens Pentateuchum non 
cognovcrit, aut Moysi non altribuerit, eo ipso patet 
hunc librum non esse aulhenticum. Porro talis inqui- 
sitio facilis fuit cuique generationi , ciim generatioxies 



— 105 — 

prseccdentes vivant cum generaliontbus sequenlibus, 
eC cum eis quasi concatenentur. 

3. Factum fnit atlenld observatnm. — A Judaeis 

quidem ; Pentateucfaus enim continct leges religiosaSf 

domesticas et eiviles nationis judaicae; valoristarum 

Icgum pendebat Judaeis k cognitione lcgislatoris qui 

eas imposuerat ; proinde qudestio authenticitatis Penta- 

teuehi erat maximi mbmenti pro natione judaic^ ^ fuit 

proind^ attenteexaminata. — A Cfaristianis debuit at- 

teht^ observari: Cum enim Pentateuchus sit quasi fun<^ 

damentum religionis Cfaristiande , primorum (Idelium 

praejudiciis et cupiditatibus oppositse, de veritate Chris- 

lianismi , ac proinde de authenticitate Pentateuchi 

inquirere debuerunt, etrevera inquisiverunt, utconstat 

seriptis Patrum. < — Qudestionem etiam authenticitatis 

negligere non debuerunt hostes religionis Judalcse et 

Chri&tianse: $1 enim poluissent dubiam reddere au« 

^Vienlicitatcm Pentateuchi, eo ipso infirmabant proba- 

^mtm Mosaismiet Christianismi, quorum divinitatem 

omm conatu destruere tentabant. 

Confimatur probatio precedens ex natur^ ipsius 
Pentateuchi. In Pentateucho enim apparent eharacteres 
qui, facile explicabiles in hypothesi authenticitatis, in 
hypothesi contrari^ explicari nequeunt. 

Etenim l® anctor Pentateuchi apprim6 cognoscit geo- 
graphiam, mores et leges Arabiee et ^Egypti. 2® Hc- 
braeus apparet; lingua enim hebrseli scripsit; populi 
jttdaici ritus,Ieges, consuetudines, historiam minuta- 
Om delineat. S<> Ardenti studio ad observalionem legis 
Hebraeorum videtur accen$us, praesertim in Deutero- 
nomio. 4<* Ipsius sapientia manifestatur in legibus po- 



— 106 — 

puto hcbraico impositis, in conncxione legum cum 
factis, iu molivis propositis ad promovendam eorum 
obscrvalionem. H^ Maximis occupaiionibus apparet 
impeditus; ex un^ enim parte plura saepius iterat et 
longius narrat quam deceret scriptorem politum et lu- 
culentum; ex alterl^ parte constat ipsius libris ejus 
peritia in artc scribendi. 6'> Perfeci^ cognoscit vitam 
Moysis, cujus singulas enarrat actiones. 7^ Antiquissi- 
musest. Siquidem nullae adsunt in Pentateucho formse 
loquendi novse, quse occurrunt in aliis Scripturee libris; 
econtr^ plures sunt voces in Pentateucho usurpatse, 
qute posterioribus aetatibus exolev^runt. Auctor narrat 
primitivorum hominum simplicem vitaB rationem, me- 
morateorura hospiialitatem, convivia, vestes , altaria , 
sncrificia, etc, qualia describuntur in libris Homeriet 
Hesiodi. SoTandem eo lemporescripsit*quo constitU" 
tus est populus hebraeus. Leges enim Hebraeorum ita 
sunt numeros8e, itSi minutatiro expositse, ul pcr iradi- 
tionem oralem solamnon potuerini transmiiu;pro\nde 
ab initio debuerunt mandari libro, qui absque ratione 
eiconlra rationem afBrmarctur alius aPenlateucho. 

Porro characteres praedictiomnes conveniunt Moysi> 
Bulli alii scriptori rationabilitcr assignari possunt, ut 
cvidens est. 

I S. PeniatcHcluu cst Xntcger< 

seu', Don est essentialitcr adnlteratus. . 

Prob. Integrilatem Pentateuchi affirmant Jud^ei, Sa- 
maritani, Christiani, hostes infensissimi Judaeorum et 
Christianorum ; — affirmantcum conviction6, — cttm 
conviclione legitimi. 



— 107 — 

Cl l*' quidem integritatem Pentateuchi aflirmant iii' 
dsei» Samaritani, Christiani : CredunC enim libros Moyf 
sis essequoad omnes partes divijios«— Ailirmanthosk 
tes infensissimi Judseorum et Cbristianorum : Celsus, 
PorphyriuS) Juhanus neg4runt quidem veracitatem 
Pentateuchi, nanquam ver6 ejus integritatem. 

2o Te^tes praedicti affirmant cum convictione : Secus, 
dicendum foret hos testes esse impostores» quod gra- 
tuitum est, quod impossibile est» ut supr^ probavimus, 
ubi de Authenticitate. 

5^ Clonstat convictionem testium esse legilimam : 
Nam facultates testium non sunt vitiatae, factum erat 
observabile» fuit attenlS observalum. 

1. Facultates testium non sunt vitiatdD : Haec enina 
stippositio fieri non potest absque absurditate. 

S. Factum integritatis erat observabile : Integritas 
nihil aliud est quam absentia adulterationis ; proinde 
faelHmJntegritatis (acile fuitobservabile/siPentateuchus 
udulierari non potuerit insci^ natione. Atqui res ita est, 
eum ludeai omnes, ut constatexsequentjbus, notitiam 
Jiabuermi factorum in Pentateucho narratorum. Pen- 
tateuchus enim erat fundaraentum religionis et socie- 
tatisy tum domesiicde., tiim publicse. Exemplar Penta- 
teuch/primitivuminarc^mcIudebatur.Quolibetsepten- 
nio ejus lectio fieri debebat coram populo. Quilibet 
rex populi israeliiici cum propria maou transcribere 
tenebatur. Multa in natione judaica existebant monu- 
menta commemorativa factorum in Pentateucho nar- 
ratorum, specialiter festa et caeremoniae rcligiosae. Sic, 
festum azy morum, agni paschalis ritus, primogenitorum 
omniuLtB redem|>lio^ eonsecratio icvilarum loco primo- 



— 108 — 

geiiitorum» clar^ significabaot iDterfectos fuissCiXgyp- 
liorum primogeoitos, populum Israel ab tst^ plaga im- 
munem reliquisse iEgyptum cubi festinatione. Tabulae 
legis in arc4 seryatae usque ad captivitatem Babylonis 
res ad montem Sinai gestas confirmabant. Mcnsura 
mannse in arc& reposita populum eibo de coelo delapso 
per quadraginta annos alitum fuisse docebat. Virga 
Aaron induta foliis et tbidem reposita confirmatum a 
Deo sacerdotium Aaroni ejusque posteris ostendebat. 
Laminse aureae altari affixse levitarum cum Gore, Dathan 
et Abironrebellantium interitum designabant. Scrpens 
seneus, qui servatus est usque ad Ezechiae tempora, 
aliam partem Pentateuchi confirmabat. Unoverbo om- 
nia facta in Pentateucbo relata vid monumentorum 
transmittebantur. Porro facillimum est detegere adul- 
terationem libri cujus facta sunt ab omnibus membris 
nationis numerosae notissima, ut evidenscs(. 

3. Faetum integritatis fuit atlente observatum a Ju- 
daeis et Samaritanis : Res it& est^ si Hebrsei aUente 'm^ 
vigilare debuerunt et reipsii invigilaverunt librorum 
Moysis integrilati. — Debuerunt invigilarc: lum quia 
Pentateuchus erat opus Moysis, quem Israelitas omnes 
veneralissimd colebant ratione missionis ejus diviose ad 
cofistituendam dirigendaraque nationem hebraicam ; 
tum quia Pentateuchus erat fundamentum religioDisci 
societatis judalcde ; tum quia Pentateuchus a Judaeis ut 
liber divinus, seu a Deo inspiratus habebatiir. — Re- 
vera invigiiaverunt : Testatur enim Philo Judaeos fuisse 
legi suae ita addiotos, ut mortem potius subire malue- 
rint quim legem suam infringere. Idem testatur Jose- 
phus, et fal6ntur Porphyritts el Galianus. Eo usque in- 



— 109 — 

(egrUati librorunr suorum inyigilaverunt Judsei, ut cu- 
josque libri lilteras nunieraverint, imo computaveriut 
qiiotieseadeni.Utlera in quolibet libro eontineatur. 

Factirm integritatis Pentateuchi debuit observari in- 
super a Ghristianis : Isti enun credunt Pentateuchum 
esse librum aDeo inspiratum et religionis suae funda- 
roeotum; — Ab lK)stibus Judaismi et Cbristianismi : 
Probando enim adulteraiionem Pentateuchi, eo ipso 
destruxissent probationes religionisJudaicaeexprophe" 
tiis et miraculis Moysis deducta. 

Confirm. l^ Pentateuchus non potuit adulterari, nisi 
a Judaeis» vel consentientibus Judasis, ut patet ex suprh 
expositis. Porro hoe dici non potest.. Si enim Judaei 
adulterationi eoncurrissent , in Pentateucho delevis- 
sent , aut delere eurassent facta nationi suse injuriosa, 
leges observatu diOicillimas et po&nis gra^issimis san- 
citas. 2^In Pentateucho omnia strict^ concatenantur, 
4eges, ritus-cum factis; facta naturalia ci^m supernatu- 
taWbus. Porro ista rerum concatenatio probabilissime 
ncm e\\steret , si Pentateuchus adulteratiis fuisset. 

S 3. i^entateaclmft est irerAx, 

Mu, Tera sunt facta in Pentatcucho relata. 

Observ. Cum veracitas Gencseos specialibus argii- 
mcntis probanda sit, primo loco referimus testimonia 
in gratiam ca&terorum Pentateuchi librorutn ; qu^tcs- 
limooia, licet non in totum, nihilomi^us quoad partem 
veracitati Geneseos propugnandae jam conyeniunt. 

I. ProbatiM* veracitasExodi, Levitici» Deuteronomii. 

Ptoh. I. TesUmomo Moy^m. — Moyses narrat facia 
Peotateuchi qum convictione Iegitim<^, 

7 



— 110 — 

1« Moyscs narrat facta Pcnlatcuchi : dupliei modo, 
scilicel per Pcntalcuchum ipsufn, pcr monumenta ab 
ipso instiluta ad pcrpetuandam memoriam prsedictoruni 
faciorum. — Per Pentaleuchum : ProbatA enim Penta- 
leuchi aiilhcnticitate, constal Moysen esse hujus libri 
auctorcm ; ab ipso proind^ narrari facta in Pentateucho 
inclusa. — Per monumenta: Constat enim ex dictisin 
probalione integritatis Pentateuchi , k Moyse instituta 
fUisse monumenta commemorativa factorum popuH «- 
ra^Iilici, quae suo modo hsec facta transmittunt. 

^o Moyscs narral facla Pentateuchi cum convictione : 
Nam, si Moyses praedicta facta narr&sset absque con- 
viclione, ergo fuisset impostor. Porro hoc dici non po- 
lesL Siquidem 1 - hsec incriminatio nullA ratione niii* 
tur. — 2» Cbntradicit characteribus sinceritatis in Moysa 
el Penlalcucho relucentibus. In Moyse enlm constanter 
apparel eximius morum candor, egregia in Deum pie- 
tas, studium \irluiis constans, admirandaingcnuitasin 
confitendis suis suorumqueerroribuset vitiis,infcTen- 
dis ingrati populi sui conlradictionibus summa patientia 
ei charitas.Moyses nunqu^im \itiis hominum blanditur, 
nunquam hominum favorem aucupatur ; sed gravissi- 
mas leges imponit hominibus durse eervicis , iisque rc- 
bellionem, impietatem ssepiiis etdure exprobrat, Nar»- 
rat sensibilia et puWiea, non vero obscura et privata. 
T^mlonge abomni propria commodo alienusest, ut, 
propriis filiis in levitarum plebe relictis , Aaron saeer- 
dolem et Josue ducem populi conslituerit. Slylus 
Pentateuchi est simplex, ilk ut ansam prsebuerit ojuhis 
dbjectionibus quibus Moyscs obyiare faeil^ potufsset. 
Porro hcec omnia , ut evidens cst , removeni vci niini- 
mam fraudis suspicionem. 



— 111 — 

5o Conviclio Moysis fuiilegitima : Ipsia« enim facul- 
tdtesnon «rant vitiatae, Iioc constat ex sapientidi elsu- 
blimitate Pehtateuchi. — ^^Facta narrata eranC k Moyse 
observabilia ; erant enim in se sensibilia ac patentia , 
horumque Moyses fuit aut auctor aut tesiis. — Fuerunt 
k Moyse sufficienter examinata; ade6 enitii erant sen- 
sibus obvia,. ut primointuitu eorum testes apprim^ ea 
cognoscere potuerinl. 

Prob.IL TesiimdnioHebrteoruifnMoysieocBtaneorum, 
— l^ Hebreei Moysis coaetanei implich^ testantur d« 
verftate factorum in Pentateticho narralorum. Siqui- 
dem admiseriint leg^m Mosaicam ; atqui legem Mo^ 
saicam cupiditatrbus suis et praejudiciis oppositam nonr 
admisiss6nt, si ejus divinilatemnonagnovissent. Porro 
divinitatem legis Mosaicae non credidissent, si pro cer- 
tis non habuissent facta in Pentateucho relata quibus. 
«iiilur divinitas doclrlnse et legum Moysis. Proinde 

^dmissio religionis MosaicoB aequivalet testimonio im*^ 

pWciio de veritate factorum Pcntaleuchi. 

2*fliebr«i testantur cum conviciione : Nam 4 . secus 

essem impostores, quod gratuitd ct contra omnem ra- 

tionem affirmaretur, ul suprk ostendimus.— -2. Legem 
Mosaicaffl difficillimam et omnibus eupiditatibus oppo- 
silam cert6 non observ&ssent , si de veritate factorum * 
qnibns nititur persuasi non fuissent. 

SoConvictio prsedictorum testium cstlegitima: Nam 
1. testium faoultates non possunt supponi vitiatae^ 
siquidem testes erant numerosissimi. — 2. Facta 
crant testibus observabilia ; ex un^ enim parte facta 
in Pentateucho n^rata sunt sensibus obvia, patentia ;; 
ex alteri parte,testeseran( numerosissimi.— 3. Facta 



— 112 — 

fuerunt ob^ervaU ; siquidem erant extraordinaria , 
proinde examenpromoventia. Aliund^ his factis nititur 
religio preejudiciis et cupiditatibus ppposita, 

Confirmatur veracitas Moysis et Judseorum tpsi cose- 
taneorum per testimonium Judseorum posteriorum , 
Samaritanoruro, Ghristianorum. Siquidem testes prae- 
dicti veracitatem Moysis et ipsius cofletaneorum exami- 
nare potuerunt , rever^ examinjirunt et post examen 
affirmArunt. — Examinare potuerunt : Hsec enim erat 
quaestio : utrum testimonium Moysis et ipsius coseta- 
neorum vestitum fuerit omnibus conditionibus requi- 
silis ad creandam eertiludinem ? Porro heec qusestio non 
superat captum hominum prudenti^ communi praedi- 
torum ; et inter testes praecitatos multi prudentift supe- 
riori insignes fuerunt, v. g. Scriptores sacri ioter Ja* 
daeos, et SS. Palreset Apologistse inter Chrislianos. — 
Revera examin&runt: Nam 1* vcracilas Moysis et Ju- 
daeorum factis Pentateuchi coaevorum erai factum gra- 
vissimum pro Judseis, siquidem ex veracitate prsedic- 
torum tcstium pendebat divinita^ reh*gionis Mosaic^ 
oppositae cupiditatibus Judseorum ct praesertim eorum 
inclinationi ad idololalriam ; pro Samarilants , posit^ 
enim veracitate Pentoteuchi, sequebatur eos essc scbis- 
^ maticos et extra viam salutis ; pro Cbristianis primo- 
rum sseculorum, negatli enim veracitate Pentateuchi , 
falsa erat religio Christiana praejudiciiset cupiditatibus 
opposita. 2. Ex scriptis Patrum et Apologistarum Chris- 
lianorum probatur quaBslionem de veracitate seduld 
fuisse examinatarn. — Post examen aflirmlirunt: De 
affirmatione posilivli Judseorum, Samaritanorum, Chris^ 
tianorum nemo dubitat, 



— 113 — 

IL Probaluf veracitas Geneseos. 

Prob. Testim. Moysis et Jndceorum. — Veraeitatetn 
Geneseos affirniant Moyses et Judaei^ cum convictiome, 
cum convictione legitimli. 

1<^Moyses et Ju(toiaffirmant...:Hoc consiat exdictis. 

2<> Affirmant cum convictione : Et 1 . Moyses : hlc 
valent rationes jam soperius allatae. Imo, si Moyses 
falsa referre intendisset, slultissimus impostor foret di* 
cendus. Recentem enim mundo adscribit originem^ 
diim eaeteraram nationum auctores remolissimam illi 
antiquitatem assignant. Auctores testesque factorum in 
Genesi relatorum desigriat proavos rsra^litici populi 
paternarum traditionum observautissimi ; innumeris 
proinde contradictionibus absque ratione ulU dedisset 
causam, si in errorcm inducere voluissel. Porro ex dic- 
tis repugnat ista stultitise et imposturse incriminatio. — 
2. Judaei affirmant cum convietione : Librum enim Ge« 
neseos, sicut elcseleros Petitateuchi, pro revelato tenent. 

5<> Affirmant cum convictione legilimli: Nam 1. fa- 

cu\Ukies testium non erant vitiatse ; constatex dictis. — 

2. Pacia erant observabilia : Sufficiebat enim inquirere 

Otrum auctores testesque factorum , quos in Genesi 

dcsignat Moyses , realiter exstitissent ; utrum prsedicti 

eadem quae Moyses narravissent ; utrum eorum testi- 

monia fuissentiide digna. Porrodehishauddifficile ve- 

ritns acquiri poterat. Vel enim facta per traditionem 

fuerant transmissa, vel non. In priori casu sufficiebat 

perpendere valorem hujus traditionis, quod facillimum 

crat, cum ex ips§ narratione Moysis inter ipsum etAda- 

mum quinque tanlum intercesserant hominum gene- 

rationes: Moyses viderat Caalh avum suum, Caath au- 



— 114 — 

lcm Jacob, Jacob cognoverat Abrahamum » Abraham 
Scmum» iste MalUusalem , qui ipse viderat Adamum. 
Inposteriori easu, traditione sileute» eo ipso eoiistabat 
de falsitate narrationis mosaicse; ciim facta tanii mo* 
menti, si fuisseot vera , in oblivionem tam cit6 cadere 
non poluissenl. — 3. Facta fuernnt observata : Siqui- 
dem erant maximi momentiy tum Moysi, ium ipsis Ju- 
deeis; cum in Genesi referanlur ortgines generis bu- 
moni, primordia gcotis hebraicee, reh^gionis Mosaicae 
institutio, tiiuli juris Haebrasorum adpossessionem terra 
Chanaan, promissiones de Redemptore futuroexeorum 
nationenascituro. 

Confirmatur veracilas Gcneseos per scientias , tra- 
ditiones et hisloriam (1). 

PAOBATIO INOIRECTA. 

Si dubia foret aucloritas historica Peotaieucljii ma- 
xim^ ratione objectionum ab adversariis propositarum; 
{^orro invalidae sunt. 

Objjc. I. Auctoritas Pentaleuchi pendet ab ejus au- 
thenticitate, integritale, veracitate ; porro Pentateuchus 
non cst authenticus, integer, verax. 

Resp. Maj. argumenti falemur, min. vero negamus. 

Min. sic probant per partes : 

Dicunt l^ : Pentateuchus non est authenticus, Nam 

1. tempore Moysis scriptura alphabetica ignotaerat. — 

2. In Pentateucho narratur mors Moysis. — 3. In Pen- 

(i) Cum istius confirmationis «xpositione in locopraesenti relatse 
«rdo materiaD interruptione longiori inhiberetnr, eam remittimas ad 
eafrfm Toliuninili Vid Apprnd. 



— 1!5 — 

(aleucho jDOuHa sunt memh, v. g. designantur bca 
deaignatiOBtbus ignoiis tcmpore Maysis. 

Ji, Ad !"""•* 1« Cadmiis qui litteras ad Graecos trans- 
tulit MoysiB eoa&vas fnit. — ^. Gra4is sdltem aiseritiir 
ieripturam alpbabeiicam fuisse tgnatam tempore Moy» 
sis. Authentieitas vero Pentateueht ratiombus validi^ 
probatur ; und^^ nediini ex faeto ohjecto negari possit 
Pentateuebi authenliettas^ econtraex probationibus au» 
thentieitatis ^onoludi pote&t seripturam alphai)eticaai 
tempore Moysis fuisse notam. 

Ad2"*": Ex eo.qu6d in Pentateiicha narretur mors 

Moysis, nihil contra nos;hoc emmfactum potest faciNr 

explieari admiss^ authentieitate Pentateuchi- Supponi 

potest Moysi revelatas fuisse mortem suam el morti^ 

eireumstauttas* 3. Probabilius narratio mortis l^^a- 

toris Hebreeorum ab initio libri Josue translata est ad 

finem Deuteronomii ut compieta foret Moysis historia. 

Hoe aiitein admisso, equidem narratio mortis ^foysis k 

^^^«^ ipso scripta non fuisset , sed nibil ind^ eontra. 

««leTasPentafeuchi partes. 

AdS'^^: 1. Samaritani, SS. Patres, Celsus, Porphy-^ 
nus, Julianus, aptiores ad saue judicanduiu de prsB- 
dictis difficultatibus, de iis tamen tacuerunt ^ ergo de 
iis mhil conchidendufli. —^2. Menda Penlateuchi pos- 
i^At explieari, alia per incuriam eorum qui Ubros trana- 
cripserunt; aiia, specialiter nomina loeorum (empor^ 
Moysis inusitata, pcr translationem in textum ^mnota-* 
ttonum iQ margtnibiis appositarum a4 intelligentianA 
tcxtAs. 

Bknmt 2^: Pentateuehus Mnesi iniegery aut saltem 
dubia ejui integrita». Nam 1 . in lib. lY Reg. c. 22, et ia 



— 116 — 

lib. II Paral. c. 34 legitur Helciam saeerdotem vola'' 
men legis reperisse in domo Domini, et ad ilKus lec* 
tionem, regem Josiam,.Pontifi€em ei universumpopu- 
lum obstupuisse tanquiim de re novft et inaudii^. ^ 
Lib. IVEsdr. c. 14. narratur omnia legis exeroplam 
incendio Jerosolymitano periisse. — t. Idem liberte»- 
tatur libros sacros ex integro ab Esdr& fuisse restitutos. 
Ex lib. I Machab. c. 1, v. 59, tempore persecution» 
Antiocfai omnes libri sacri combusti sunt. Ex tribus fac- 
tis citatis sequitur lempore Josise et Antiocht perpau* 
cissima Pentateuchi exstitisseexemplaria;proinde Pen- 
tateuchum poluisse facile adulterari. — 3. Magna est in 
exemplaribus discordantia ; in specie, sub respeetu 
chronologise differunt exemplaria hebraica , samari- 
lana et LXX Interpretum. — 4. SS. Patres accusani 
Judieos interpolalion^s Scripturae sacrae. 

R. Adl"*":l. QuoSid factum Helciae , stupor Josi^ 
et populi non probat Pentateuchum fuisse ignolum. In 
temploenim inventum fuerat ipsius Moysis aulogra- 
plium, et probabilius Deuteronomium quod ad latos 
Arcae positum fueral a Moy^e. Probabilissimum esl 
Josiam commotum fuisse aspectu iJim venerandi auto- 
graphi, et ide6 verbis legis et comminationibtis ex vo- 
lumine recitatis altenliorem mentem praebuisse. U^ 
enim ait lib. II Paral.34, 21 : « Magnus furor Domini 
siiUavit super fioSy eb qudd Jion nuslodierint (no« ait : 
eo qubd non noverint) patres nostri verba Domini» »— - 
^uoJid narrationem libri IV fedrae, isie liber nullius esi 
auctoritaiis. — Quoad combustionem librorum subAn- 
tioeho, id unum narrat lib. I Mach. «acroslibrot con- 
qiiisitos fui&se et combustos dim invenirenlur . 



- 117 - 

^> Qudmvis in circamstanttH citaiis mulia peri^riat 
librorum sacrorum exeraplaria, non sequicur multa 
iu>n su^rfuisse. PeQlal^uchus enfm eral unicuslegum 
codex juxia quem jus populo dividebatur et saera qr- 
dtnabantur; proinde cum maximl^ cur^ eonservari 
^ebuit k Judaeis fidelibus qui nunquam defui^re in na- 
tione. Israetitar om . 

3. Eliamsi permuka exemplaria periissent^ memQria 
factorum in eo narratorum in naiione sedebat^ et obs^ 
titisset adulterationi essentiali. 

Ad 2"»: 1 . Liber IV fisdrae, ut supri diximus^ nuT^ 
lius estaoetorltatis. 

2. Dskniel in histori^ Susannee» e. 13, v. JS^ad62, sup- 

ponit Judaeos habuisse Pentateuchum. tempore captivi^ 

tatis Babylonicse. Libri I et 11 Esdrae, qui auctpriiateii(i 

certam habent, supponunt existentiam Pentateiu^hi. 

Sic lib. I, c. 6, V. 18: « £l Ucduerunt (post redilum. 

ex captivitate) sacerdot^s in ordinibussma ei kvitas in^ 

vicihus suis super opera^ Dei in JermaUmy sieutscrfp'- 

Uim es( m libro Moysis, » Lib. lU c. 8, v, 1 : • £i 

dixet^mi Esdroe^ scribw ul afferr^l librum legis Moym 

qmm prmeperai Dominus Israeli. » Eodem iibro q. 

f 3y V. i ^ *In die (xuiem illo keium est in wlumine 

Moysis audiehte popula. ».Porro, si J-iidsei habuerlnt 

Pentateuchum tempore captivilatis^ ^i Esdras supponat 

ipsius «xistentiam , ab Esdr4 qon fuil m integro res- 

litutum. 

5. Onmes tibri V. Te^amemi supponunt Pentateu- 
chum ; facta, doclrinam et leges Moysis referunt. Ergo, 
si Esdras Pentateuchum ex integro reslituisset> simul 
emendare debuissetomnes libro» V. testamenti, 



— H8 — 

ita tit frausapparere non potuerit, quod diffietUimuni 
eral. 

i. Saroaritani PeDtateuchum ab Esiri restitutuoi 
non accepissent k Judseis quibus erant infensissimi, 
proind^ Pentateucbus Samaritanorum a Pentateucho 
Judseorom difTerret, quod falsum est. 

5. Etiamsi EsdrasPentateucbum restituisset, ejusin- 
tegritas essentialis conservari potuisset i siquidemy ut 
supra diximus, hujus librisubstantia in memori4 natio- 
nis judaicse vivebat. 

Ad S""" : Equidem adsunt quaedam varietates inter 
Pentateuchi exemplaria ; sed nihil eontra oos. Siqui- 
dcm varietates objectae sunt mer^ accidentales. Sic in 
specie, diversitas cfaronologiae substanliam factorum 
non afficit. 

Ad 4"°": 1. SS. Patresnon accusant JudsBos qnddaate 
Ghristum sacros codices violaverint. — 2. Inlerpa/alio 
h Patribus Judaeis objecta interpretationeai respicit po- 
liiis qubm textum. Sic Justinus (1), id solum con<|ue- 
rhur quddLXXinlerpretes Scripluramrecteinlerprelati 
fuerint, Judsei ver6 aliier interpretari aggrcderenlur. 
— 3. Si SS. Patres Judaeos accusftrunt aliquam inter* 
polatjonem tentlisse, boc respicit tantjtm unam aut alte- 
ram vocem, vel ad summum paucos versiculos. 

Dicunl ti^: Pentatcuchus nan est verax. Hujus libri 
vcrackatem impugnant adversdrii multis rationibus , 
quarum refutatio potius pertinet ad interprctes Scrip*- 
turde quam ad theologos. Quasdam tantum referi- 
mus. 

Vl)lastin. Dia\, cum Tryphm.n. 7t. 



-^ 119 — 

i* Obj. Historia eossva lacet de miraeuHs in Penta* 
teueharelatis. 

Hedp. 1. Mulii scriptores veteres locuii sumdemira- 
culis k Moyse relaits, ui videre esi apud Josephum^ 
Eusebium ei Huelium (t). —2. Etiamsi veleres iace- 
renl, nihilconcladi possei. Paucissima enim supersunt 
veierum fragmenta* — Aliunde hoc argumeniura est 
mer^ negativum. 

3^. Obj, Moyses niuUa narrai incredibilia, scilieet: 
f . Abrahamum cum Irecentis decem et ocio vernacults 
quinque reges percussisse {Gen. 44,); 2. Uxorem 
Lotliversam essein staiuam salis (fftieif. 19, 34etseq.); 
3. Abrahamum circumcisionem a Deo accepisse, ddm 
econtrli constei Hcbrseos eam Bccepisse ab ^gyptiis 
{ibid. 17, 10.); 4. OmniaiEgyptrorumanimantiaperiisse 
in quinili plag^ {Exod, 9, 6.); per septimam plagam 
periisse m omni (errA JEgypli cuncla quce fuerunl m 
«grw, ab homine usque ad jumenium (ibid. 9, 25); 
Vosihanc plagam Pharaonem insecutum fuisse Israeli- 

^&s eum magno equitatu ei sexeentis curribus {ibid. 

l*>7e\ seq.). Porro hsecomnia eonciliari non possunt. 

a* Anronm intra unius diei spatium viiulum ex auro 

conttisse, Moysen autem bune vitulum in pulverem 
eonvertisseeipotum dedissepopuloisra^iitico {ibid. 32). 
Porro, unde tania auri copia ; quomodd inlra tam breve 
teinpus vitulus conflari ; qu4 arte aurum potabile fieri. 
potuit? 6. Moyses narrai terram promissam fuisse fera- 
eifisimarn ; porro sterilis est. 
Resp. In genere: Licei explicari non possent quae 

(i) VU. Hnet. De^Mmlr. Evantf. Prop. 4, 



— IJO — 

iacredults iocredibiiia videntur, mtnimi conciudendum 
ea esse falsa, proind^ rejicienda. Suf&ciienim uifac- 
lorum prsedictorum impoMibilUas probari non possil; 
porro adversarti nunqu&m probarunl eorum impossibi- 
Ittatem. 

In 8pecie>ad 1'*'°: Haud difScild explicatur vieloria 
Abrahae. Nam 1. regibus percussis nnmerosus nonerat 
exercitus, isli enim vix unius aut alterius urbis princi- 
pes erant. — 2. Abraham eos aggreditor nocte cum 
magn4 perili^. ^ 3. Cdeterum non repugnal admitterc 
pretectionem Dei specialem: « Benediclus Deus excel' 
Mus^ quo prolegente hostes in tHanibus luis sunt... » 
Gen. U, 20. 

Ad2""': Etiamsifaclum uxorisLothsii miraculpsum, 
non repugnat ; el Moyses illud itii referl ul clard appa* 
real intervenlio divina. Hoe nobis sufficil; lacemus 
proind^ de causis naluraiibus quibus plures interpre- 
(es illud explicar e ^gressi sunt. Hanc stdtuam salis 
sttis temporibus adbuc exislisse testatur )osepb (i). 

Ad 3*"»: Gratuito asseritur Hebreeos accepisse t\t- 
oumoisionem ob /Egyptits (2). 

Adi""": Gontradictio non adesi in narraiione Moysis. 
Haec enim verba « omnia animantin » inlelligenda suni 
de iis omnibus quae in agtis deprehensa sunt, uon ver6 
de animanlibus quae in urbibus vel domibus erani , 
proiii colligilur ex versu 3 prsecedenii. Dici etiam 
potestvoeem « omne »non semper designare omnia et 
singula individua, scd interdum solummod6 multa^ io^ 

(1) Joseph Ant. Jud. Lib. I, cap. il. 

(2) Vid. LcKres de quelqu«s Juifs^ T. 11, p.362, mi et sq. Edil. 
I81S. 



lerduin mukd ex^mmgenere, quodetidmin ea»u dato 
locum habere potest^ sicut in Matth. 4, ,23 de Gbristo 
dicitur : « Sanans omnem languorem », et in Act. 40, 
12, ubi agitur de linteo quod vidit Petrus, « in quo 
trant omnia quadrupcdia terrce •> id est, quadrupedia 
omnis gener is. Htneperpcr5m quaerunt ihcreduli und^, 
mortuis cuuctis animantibus, Pharaoni t^m numerosus 
equiiaius, quo fugiiivOs BebraBOs persecutus est, resi- 
duus fuerit. 

Ad 5"": Tanlsemolis non erat vilulusquianlepopu' 
lum gestari debebat, ut ad iHum conflandum satis abun^ 
danter nonfuerint jnauresaureee uxorum fiUorumque 
etfitiarumlsrael. — In Pentateucho non legitur Aaro* 
nem huhc vitulum conflAsse intra unius diei spatium. 
— Moyses, iEgyptiorom arte peritus , potuit aurum in 
pulverem resolutum et aquiae mixtum potabile efBcere. 
Hoc/ateri non abnuunt piures docti chimicae artis, inter 
quosS/aA/, SenaCy ut videre est apud Guinie (1). 

Ad 6**" : t. Ex eo qu6d tempore preesenti sterilis sil 

tem promissionis, illogice concladitur eam tempore 

Moysisnon fuisse fertileiA. Haec minor fertiliias nofi 

debet adscribi naturaesoli, sed aliis causis extiinsecis^, 

specialiter defectui culturse. Piurimi viatores, quorum 

testimonia refert BuUel (2), fatentur Judaeam etiamnum 

idoneam esse ferendis uberrimis fructibus. -^ 2. De 

prisiinlk fertilitate Palestinaemulta, prseter auctoritatem 

Moysis, ha]}enlus veterum testimonia (3). — 3. Aliundd 

(1) Lettres de quelqtm Jwifs, T. I, p. 100 el s<i. 

(2) BSponses erUiques^ T. I. 

(5) Sic, F. Josepb, qui in libro Contra Appionem refert testimo- 
mum Hecatei, coitanei Alexandri magni; Tacit. AnnaU L. Sl;t^iiM. 
Bist. mt., L. V, cap. 14; Ammian. MarcdKn., ctc. 



Pateatioae feriililas gai probalur ex iminensA homiiiiini 
Oiultiiudine quae in regione ikm arctis limitibus an- 
f ustatA continebatur. 

OaiiG. II. Pentateuchus est collectio mytkorum^ ergo 
non habet auctoritatem historicam certam» 

Mythus est narratioqufledam, orali tradiiionetrans- 
missa/ cui per lapsum temporis, vi imaginativ^ popu- 
lorum admirabilia proclivium, adjonctae sunt ficliones 
varise. — Mytbus dicitur historicmy philosophicus aot 
mixlus, prout ejus objectum^ seu res quam ficlio invol- 
vit, est factum proprie dictum, idea, aut factum simul 
et idea. 

Adversarii sequenlibus rationibus nituntur: l«My- 
thus ad originem nationum necessari6 reperitur. Pri^ 
mitus enim homines k sylvestri vit^ mod6 progressi, 
ad subtiles contemplationesnondum exerdiati, vix ul- 
lius rei cogitationem percipcre poterapt, nisi eorum 
quaesub sensus cadebant. Sermo quo ulebanturhorai- 
nes priores, adhuc parum elaboratus et locuplelalus, 
ne his quidem paucis notionibus quae tunc insldebani 
animis par erat ct satis idoneus. Yis ingeniorOm, ad 
imagines et figuras adhibendas conversa , mythos ne-- 
cessari6 induxit. Ergo Pentateuchus in q^uo generis bu- 
mani populique israe^iiici exordia referuntur mytho» 
necessario continere debet. 

2o Apud omnes populos reperiuntur mythi, qui sub- 
stanlialiter iidem sunt ac narrationes Moysis; ergo nar- 
rationes Moysis sunt eliam mythicae. 

3» Abundant in Pentatcueho allegoriaB morales, iit 
conslat ex inlerpretalionibus allegoricis Patrum ; abun- 



— J25 — 

dafK^sicut fi> inythts paganorum, portenta etmir»bi- 
Ita ; ergo. 

40 Diversae causae Pentateuchi mythicae fictioni faver^ 
debuerunt; longius scilicetintervallum inter eventus et 
lempus quo facta scriptis mandari incoeperunt; inopi^i 
verborum in linguH heforaicA ; tgnorantia causarum; 
ergo. 

5® Interpretatio mylhica melius favet dignitati Hforo- 
TUfli Moysts ; facta enim in Pentateircho relata slricl^ et 
in sensu litterali interpretata ssepius essent ridicula et 
absurda. 

Resp. l^ Systema adversariorum est falsum ; ^^ male 
probatur. 

i^ Falsum est adversariorum systema : 

1 . In primaevis Ecclesiae sseculis, el dum florerent 
Alexandrini^ mytbicis interpretationibus addictissuni, 
auetoritatem historieam Pentateuchi admiserunt plures 
Christiapi prius gentiles philosophi , mythologiee gen- 
uum admodum periti. Porro hoc iestimonium maximi 

pouderis multd prsestat syatemalibus recentiorum im^ 
piorum. 

2. PicUones mytliicae prius involvunt veritates reti* 
giosa;^ ei poste^ faeta bistorica« Porro myibus non re- 
per if ur in religione Hebrseorum, ut clar^ apparebit ex 
hujns religionis exposittone. 

3. In mythicis commentis, subobscure el ambigue 
destgnantur personae, narrantur eventus; tempora et 
loea modo eerto e^ fixo non determinantur ; faeta inter 
ate minime connectuntur ; prodtgia frequentissima ap« 
parent primdevts populorum setatibus, sensim rariora 
.fiuni appropinqaantibuBbistoricistemporibusy demiim 



omnind ee»tant tplendescente hislorili ; praedicta por* 
tenta nullo motivo rationabili niluntur. Econtrii in Pen- 
lateucho clari defioiuotur personae» eventu», tempora 
€t loca ; facta inter se cohsercnt ; prodigia rar6 apparenl 
reruin primordiis , erebriora autem fiunt labentibus 
iseculis, abundant temporibus historicis, semper ni- 
Cuntur causis legitimis. 

^^ Mal6 probatur adversariorum systema : 
Ad 1*"' : Ratio aHata tiiiitutr falso supposito. Adver- 
aarii enim supponunt horainem k sylveslri vili ad civi- 
lcm fuisse progrcssum, ejusque facultates per se et in- 
dependenter ab omni revelatione fuisse eyolutas. Porro 
bujus bypothesis falsitas sat dar^ constat ex historift el 
anteil dictis. 

Ad i^ : i , Ex eo qu6d mythus rcperiatur apud csb- 
leras gentes, non sequilur Penlateucbum, tn quo ge- 
oeris humani populique israelitici exordia referBotar, 
nihil aliud esse quiim collectio mythoruin. Gens enim 
bebrsea poiuit ab errore prseservari per proVidentiam 
Dei specialem. Imo historiil constat et infrk videbitur 
hanc providentiam reips^ exstitisse in gratiam nationb 
judaicae. — 2. Ideniitas quae dctegitur inler traditiones 
gentiies ctquasdam Pentatcuchi partes potest explicari 
partim per revdationem primitivam, parUm perrela- 
tiones quas Hebrsei cum gcntibus habuerunt. Veritate* 
enim quas Deus proto-pareniibus communtcaverat et 
facta prim^ria hisloria9 humanse foemnt integr^ irans^ 
missa in prim^ societate. Post confosjonem linguarum 
etdispersioncm generishumani, duces^popoloromapud 
diversas regiones asportArunt pr^dictas cogfiitioncs,^ 
quas sensim adulter&runt faomines, tic6i icd>a|tantiam 



— 123 — 

V^fitatum et faelorum retitientes. Quoad veritates poste- 
rtores, eas a JFudaeis r&ceperunl qusedam Bationes , et 
fietioDibus involverunt. Inde eonfarmitas substantialis. 

i ' Ad 5"*": Ex eo qudd diverssB partes Pentateuchi in 

' senaii allegorieo^ pluribus Patribus et Doctoribus in- 

terpretatse fuertut, fai&d concluditur Qmnia in Pentateu- 
cho^se meras aHegorias iBorales. Siquidem Patres^^ 
Doclores qui mysticis Scripturse sensibus inqiiirendis 
se dabant semper et primo lodo admiserunt sensum 

I litteralem. Adversarii autem, qui in Pentateucho meras 

tantummodo allegorias agnoscunt, hunc sensum gra- 

^ tuitd et absque ralione ullli rejiciunt. — Quoad raiTa- 

cula in Pentateucho relala, adversarii deberent pro- 
bare naifaculcrf um impossibililatem ut legitime possent , 
asserere myihicam csse omnem narrationem in quli 
referunluf miracula. Porro non probant, et eontra 
eos superius probavimus possibiiitatem miraculorum^ 
Miund^ 6X dietis constat miracula Pentateuehi non posse 
«k^similari mythis paganorutti. 

\44um . 1 Adversarii ignorant quanlo tempore facta 

Peniateuchi pcr solam trudicionem orakm fuerint trans* 

missa ; an non maturius qu&m asserunt fuerint scrip- 

turaemandala. — 2. Facla transmittenda eranl quoiid 

numerumpaucissima, optime cognita etdefinita, mult6 

iengior eratbominum vita primsevis setalibus qu&m 

aevis se<|ueniibus. Hincfacta haud difficilim^ potuerunt 

per traditionem oralem integrd transmitti. — S.Speciali 

providentia Deus invigilabat integrse factorum et doc- 

trinae conservationl. 

Quo^d objectionis partem deductam cit inopifli ver- 
borum et ignoranlift causaruai> fatemur equidem pr»- 



— 126 — 

dteUi9Causa9 myihorum fictiooi coiieurrere posse;ad* 
versarii autem minimd probaDt eat retpsii colicurrisse 
in caau dalo. Gfl^terum gratuitam eorum asaertionem 
impugnant characteres inirioseci narrationis mosaicae. 
Ad 5**"" : Fals6 asserunt adversarii inlerpretaiionem 
mythicam meliiis favere dignitati librorum Moysis. 
Econtr^, admisso tali systemate, Scripiura sacra mytiiis- 
tarum arbilrio derelicta brevl in derisum et eenteroptum 
labesceret, aut omnind destrueretur. 

ABTICULUS II. 
CMtcrl ▼. « ettamcntf Mlirl liaftent auetorltatcm Mstortcui ccrttm. 

Nota. Rem summatun absolvemus» tndicantes um- 
lum hujus demonstrationis \iamy. et notantes quae ad 
scopum nostrum proprius pertinent. Reliqua remitii* 
mus ad crilicos sacros. Agere non inteDdimus de /i- 
bris deutero-ccmonicis (1); sed tantum de illis qti 
semper, tum k Judaeis, tum k Christianis, divim habiti 
sunt. — Quo posiio» asserimus: 

Libris qui in canone Judworum continentur^ $peeia- 

(i). Camnici dicuntar UbFi, qui ii«d tantdm quokd se, se<l 
ctiam qaokd nos habentur sacri et Deo afflante scripti, idedque in 
Canone Scripturarum recensentur. — De CanoHe Hehrmonm non 
eadem esl inter doctos sententia ; probabiliiis, unicus fiiit.— ProUh 
canonici vocantur libri de quorum divinitate milhmi unqu^ inter 
Catholicos fuit dubuim ; deutero^anonici autem, libri de quorum 
divinitate etiam infer Ortliodoxos allquandd dubitabatur. Vld. Theol. 
Wirceburg. De ScripturA Sacrd. T. I, D. 1, 

De libris deu(eroH:anonicis non agimus , qoia eonun auctpritat* 
non indigemus ad scopumnostrum, etquia discussio qusstionum ad 
hos libros spectantium limites pnesentium notionum «xced«ret. 
Aliiwd^ «orum aucioritas ^ivina attbl probabitur. 



— 127 — 

Uter PropheUcis^non mmor qud;n% Pentateueho debeiut 
fides. 

Nam 1» in N. Teslamenlo, cujus ancloritag lofri 
probabitur, frequenter mentio est , non tanttim de 
Pentateucbo, sed etiam de cseterislibris, paucis excep- 
tis.— Christus speeialiter doctrinam et dicta sua non 
semcl comprobat teslimonio Scripturarum , id es(; li- 
brorum qui in canpne Judeeorum tunc inserti erant , 
aC videre est apud tuc'. 24,27; Joan. 5, 39.— DeScrip- 
ttira tn genere Paulos ait, 2Tim. 2: « Omnis Scrip- 
ixira divinitus inspirata utilis est ad do€endum..,y^ — 
Librarum praedictorum auctoritas divina est degma 
religionis Ghristianae, cujus divinitas inferius probabi- 
lur per argumenta prorsus independentia k quaestion^ 
praesenti. 

2p Authentieita^ (saltem in sensu lato), mtegritas, 
veracitas horum librorum afRrmantur k Judseis cum 

couvicUane legitimA. — Quae propositioncs iisdiem pro- 

Wi possent argumentis quibus probalur aucloritas 

Peniaveuchi(l). 
5° Confirmatur testiraonium Judseorum testimonio 

Ciirici/anorura. 

i^ Coofir/nari eliam posset aucloritas librorum prsB- 
dictorum per characteres tpsis inlriasecos. 

Specialiter, de libris Propheiicis d^nie oninia probaii- 
dum prophetias quaain istis libris continentur anlerio- 

(1; Vid. Huetium, Demomlr, Evangel VTO^>l\y post cap. 14, d0 
LHn-o Josue et rcliquis; Baston^. quaest. i . scbol ; LUMrmaon) T. L 
P 1 cap i, art. 2, 



— !28 — 

res €806 Cikrtsio. Porro iioc consial ex argumentig 
sequeniibiis: 

l^ Libri propheiiei in eanone Judaeoruai tempore 
Cbrislijam coniinebaniur. 

i^ A LXX Inierprclibus in linguam graecam irans- 
lati fueraniducenlisjametquinquagintaante Chrisium 
annis. 

Z^ Sipropheiiae quae Ciirisium spectamipsi anierio* 
rcs non fuerini, crgo supposiise fueruni vivenie aut 
moriuo Christo. Porro hoc absurdum. Vel enim oon- 
(iciie fuissenia discipulis Christi, vela Judseis. Si prius, 
reciam&ssent Judsei Christianse docirinaehostes infensis- 
simi. Posierius item non potesi admitii ; repugnai eniffl 
Judaeos divinam missionem Christi non agnoscentes 
confixisse prophetias quse de ipso t^m clare v^ticioan' 
lun— Aliundelibrospropiieiicos non fuisseadu/<era(os 
conslat ex consensu omnium exempiarium quae UHo 
terrarum orbe in Jtideeorum et Chrislianorum manibus 
versaniur(l). 

CoROL. Ex dtctis sequitur auctoritaiem librorum Y. 
Testamenti niti probationibus quae numero etpondere 

(1) De auctoritate librorum V. Testamenti et praeisipu^ Pentateu- 
ciii, vid. Duvoisin, VautorUe des livres de Moyse etablie ei defendui 
tanlre le$ incridules; Bergier, Traitidela Religion; Giaire, IntrO' 
duction d VEcrUure Sainie; Liebermann, Instiiuiiones TheoUh 
ifiC(Bj T. I; etc. — Speciatim de reftitatione objectionum, vid. Biiliet, 
Beponses aux difflmUes des incridules contre divers endroils des 
Livres saints; Gu^nde, Leitres de quelques Juifs; Weith, Scriptura 
S€icra contra incredulos propugnata, in Gursu compkto Script. • 
edit. Migne, t. IV.; etc. — De Mytbistarum systcmaie, vid. Ufter 
€Xi9n,Annalesdephil. chrH. Ui» s^r. T. tV, VI, VII. 



— 129 — 

multo prastanl illts qiitbus nilitur auctorrtts eujusltbet 
liistorise humande. Ulorum ergo testimonium in dubium 
revocari non potest, quili iQducaturscepticisnius histoo 
ricus et subinde scepticismus umversalis. 



Nunc prdbanda est Il^ propositro^ scilicct : « ReHgic 
MosaHea fttit divinilus revelata. » 

PROBATIQNES V GENERIS- 
Bx VMttqiOiilo dlTlBO. 

Prob, /. Revelatio religipnis Mosaicse est dogma re^- 
ligionis Chrislians^. Ergo religio Mosaica est cert6 re- 
velata, si Chrislianismus sit ipsie revelatus; porrarcm 
ukesse infra probabilur. 

Pfo5. //. Per ProphetiaSs — Pcntateuchus continet 

ftopWias vestitas omnibus conditionibus requisitis nd 

proWi\4amdivinita(em religionis Mosalcse. 

I. PeoUuuchus coniinet prophetias : 

Moyses pr«nuntiavit: plagas itegypli(l);transilum per 

Mare Rufarum{2); mannam quam Deus quotidi^ dc 

cobIo praestjturus eral filiis Israel (3); interilum €ore, 

Dathan et Abiron (4). Dlvinis mandatis parere populo 

nolenli prsedixit nullum Judaeorum, qui vigesimum 

jam attigeratannum, terram promissam visurum essc, 

(i) Exod. 8, 10; 9, 19, »» elc; tO, i, etc. 

(8) Ibid. 14, 15. 

(5) Ibid. 16, 6 et soq. 

(4) Ntim. 16, 5. 



— 130 — 

ex^ptis Galeb et Josue (1). Innumeras spopondii be- 
nedietiones Judaeis, si pcrmanBerint m obsemndis 
Domini prseeeptis : pax eril in finibus eorum, benedieti 
erunt in eivitate etin agro, corruent coramipsis inimici 
corum, etc.; dirasautem, si mandata custodire ne- 
glexerint, annuntiatcalamitates: inducentur supereos, 
super terram et greges maledictiones Domini , traden- 
tur in manus inimicorum suorum , dispergentur per 
omnia regna terrae, etc(2). Praedixit terram annosexto 
daturam fructus trium annorum , ad supplendum re- 
quietioni anni septimi, quo duranle nec agros sercre 
nec vineas putare Judeei debebant (3). Omnium autem 
cefleberrimum est illud vaticiniom , quod refertur in 
Deuler. 18, 15 : < Prophetam degenle tud et de fratri- 
hustuissicut me, suscitabit tibi Dominus Deus tuus: 
ipsum audies. » 

H. Praedictiones superiiis allatse sunt verae prop/ie- 
tiseet cert6 probant divinitatem reltgionis Mosaleae. 

1® Res ante eventum fueruiit prsenwiiiaiae modo af- 
firmativo et cum ejusmodi circumstantiis quod vemo- 
vcAtur suspicio de concordanti^ forluiti praediclionis 
cum eventu : Narratione Pentateuchi jet ipsi prophe- 
liarum expositione constat. 

2® Verificatae fuerunt cum oranibus circumstBntiis : 
Hoc coaslal quoad alias ex ipso Pentateucho ; quokd 
alia5,ex ceeleris Y* Teslamenti libris; quoad uhimam, 
ex N. Testamento, ut aliunde infra videbitur. 

(4)Num 14. 

(2) Levit. 26 et Deiitcr. 28. 

(5) Levit. 25. 



— iSl — 

5« Veus esi aaetor prsedictiiruin propfaetiaruni : f , 
Hoc tesiatar Moyses , cujus testimonii legitimitas.sal 
elare probatur ejus «inceritate cordis et ingeDii subli- 
mitate. — 3. PreedictioQes praadictfle sunt quoiid origi-> 
nem divinee^ si non possint attribui prsevisioni hunianflsr 
aut diabolicae inspirationi. Porro neutrum dici potest; 
Plures enim habent pro objecto pr(Bnuntiationcm mira- 
culorum ; proinde, cum miracula pendeanti voluhlafe 
liberft Dei, non polucrunt cognosci nisi per praedictio- 
nem divinam.— Eventus praenuntiati non pendebantfc 
causis naturalibus physicis aut moralibus, proindd 
^b homine prsevideri non poterant. — rDoctrina Mosalca 
aliunde probatur vera ; ergo prsedictiones quae militanf 
in gratiamejusdivinserevelationisnon possuntattribui 
inspirationi diabolicsei 

i^ Adest relatio inter prophetias ei doctrinam ; id 

est, prophetiae prsBcitatse editse fuerunt ad probandam 

4'mnam missionem Moysis : Nam 1. Moyses in Penla- 

tmVvose dicit i Deo ifnissum ; narral quo modo Deus 

ipsum e\egeritet posuerit ad docendum regendumque 

populumisrael(t); doctrinam et leges semper profert 

innomineDei; unde ex circumslantiis clar^ apparet 

oronia Moysis opera supernaturalia ab ipso adducta 

fuissein probationem divinae missionis suse; ergo el 

prophetise ab ipso editae. — 2. Ex narralione Moysis 

aliunde evidenter constat illum haec onf)nia preenun- 

ti^sse ad conOrmandam coram filiis Israel auctoritatem 

ipsi a Deo concessam. 

£rgo prophetise superiiis allatse probant Moysen k 

(f) Eirad. 5, S et seq. 



— 132 — 

Deo foisse missum.--^ Ergo ullerius probant diviaam 
esse doetrinafn et legtslattonem k Moyse, ralione suae 
missionisdivinsey traditam; homBnaienim essenon po- 
test doetrina h Moyse quateniis kgislatore et doctore 
drvinittLis misso transmissa. 

Prob. IIL Per Miracula. — In Pentateucho referun- 
tur miraeula vestita omnibus conditionibus requisitis 
ad probandam divinitatcm religionis Mosaicae. 

I. In Pentateucho, referuntur miracula a Moyse ipso 
aiit occasioneejus divinae missionis patrata : 

Sic, inter caetera referri possunt : virga Moysis in co- 
lubrum versa (1) ; deccm plagae in i£gyptum seevien- 
tes (2) ; columna nubis quae per diem, et columna ignis 
quce per noctem dux erat ilineris filiis Israel (3) ; tran- 
silns Maris Rubri sicco pede , aqui statite quasi murus 
k dextr^ Hebraeorum et laevli; submersio totius exer- 
cit^s Pharaonis (4) ; aquae de Mara in dulcedinem ^ 

versse (S) ; manna de caelo pluens, et omnes hujus pro- < 

digii circumstantiae (6); aqua fluens de petr& virg^ ^ 

Moysispercuss& (7); promulgatio Icgis in monte Sina (8); •? 

horrendus Core et socioruminteritus (9) ; virga Aaronrs i 

'.{ 

(1) Bxod. 4, 2 el sq. 3 

(J) Ibid. 7 et sq. 

(5) Ibid. 13, 2r * 
(4) Ibid. 14, 16 et sq. ^ 
(5;ibid. 15, 23etsq. 

(6) Ibid. 15. ^ 

(7) Ibid. 17, 2 et sq. ' 

(8) Ibid. 19. 
^9) KHin. 16. 



— 133 — 

qu» ex duoilecim in taberiiaculo reposilis sola fl<>. 
ruii (I); etc.;eie. 

II. Quae prodigia sunt vera niiraeula, el cerlo pro- 
bant divinitalem religionis Mosalcse : 

\* CoDstat de veriiate factorum : Hoc sequitur cx 
tficiis de veracitate Pentaleuchi superius probatA. 

*> Constat de eorum origine divini : 1 . Testatur ipse 
Moysessehaec universa facere vi potenliae sibi& Deo 
coucess».— 2. Prsdicta prodigia non oriuntur k causis 
natoralibtts, k caus& humanA, vel diabolicA. — Non i cau- 
sis oalaralibus : Evidenter enim opponuntur naturte 
fiicloruii] quse in ejusmodi circumstanliis producuntur. 
— NonacausA humanA: Excedunt enim eapacilatem 
hominisnaturalero.— Non k causft diabolicA: Wura 
enim sunt primi generis, v. g. transitus Maris Rubri, 
promulgaiiolegis ia monteSina. Numerosiora et splen- 
didiora sunt qu^m prodigia oontradictoria patraia ab 
iCIgyptiorum maleficisqui divinam potentiam agnoscere 
eteonfiteri demijm coacti suot (2). Aliund^ doctrina in 
cujus gratiam fuerunt facta cupiditatibiis hominum con- 
tradicit, cuhum dsemonum abhorret ; porro diabolus 
non censetur agere in gratiam veritalis, praesertim modo 
tiim mirabili et constanti. 

3*» Constat de eorum relalione cum doclrio^ proban- 
dA : Miraculaet signa se operari ad probandam divinani 
missionem suam frequentissimi teslatus est Moyscs ; 
specialiter in Num. 16, 28, occasione seditionis conira 
eum k Core et sociis concitatee : « In hoc scietis qubd 

(1) Num. 47. 
\%) fixod. 8, \%. 



— 134 — 

DominuB miseril me ut facerem universa quw eemilisy 
ei non ex proprio ea corde protulerim. » 

Ergo pcr miracula Moysis probatur ejus dtvina rois- 
sio ; et ul(im6 divinitas doetrinse et lcgislationis ab ipso 
n nomine Dei promulgatae. 

PROBATIONES 11« GENERIS. 
mx feftttin^iila kamMio. 

. Prob. /. Testimonio Moysis. — Innumcrisin Penta* 
tcuchi locis affirmat Moysee doctrinam et leges quas 
proponit esse divinitus revelatas. Moysen ver6 com con- 
victione et cum convietione legitim^ testari sat clare 
constat ex antek dictis. 

Prob. //. Testimonio Doctorum. — Unanimt orc 
Doctores ingenio et scicntift proectarissimi» tumapud 
Judseos^ tum ^pud Christianos, affirmdnint et nune 
affirmant religioncm Mosaicam fuisse divmitiiis rcvela* 
tam. Quse proposiiio probalionc non ind\gel, aliienlift 
pondere et numero testium. Aliund^ ad demtmstran- 
dum bujus testimonii valorem afferri possent omnos 
xationes toties jam allatae. 

PROBATIONES IIIv G^NERIS (1) . 
•Cx vestfinoiito tpfttoft doetrtiiae. 

Hoc genus demonstrationis duplicem includit pro- 
bationem : aliam scilicet ex doctrinse cxcellentid , al- 

(1) Citm religionis ttim Mosaicse/ liim Christianae probationes inirin- 
seca$ auctor exposuerit gallico sermone ^ utpotfe magis accommo- 
4ato huic demonstrationis generi^ indicato istarum probationuHi 
^rgnmento^ eas.referimus sub formd ipsis ab anctare ifiditik 



— 135 — 

tcram verd ex vi supernatwali ipsi inhaerenti dedu«'' 
tain. 

fo Excellens est religia^ seu doeirfna et legislatid» 
k Moyse nomine Dei proposita. Hocclareapparet, siv6 
preedicta religio eonsideretur absolule, id est , si per- 
pendahtur ejus characteres intrinseci ; sive consideretur 
relativ^, id est, si cum illa comparentur religiopri- 
noitiva ac prsecipue antiquorum populorum doctrinse. 
— Prsedicta excellentia non potest explicari per revela- 
lionem primilivam, neque per rationem hiimanam. — 
Ergo supponit originem divinam immediatam religionis 
Mosaicae. 

2® Doctrina et legislatio Moysis integra pcr quin- 
decim saecula servata est, lic^t innumeris adultera- 
tionum obnoxiaperieulis. — Speciali providentiA super- 
natarali gubernata est natio israelitica et hane proiec- 
tionem divinam meruit per professionem religionis Mo< 
«aicae. — Porro hsec omnia supponunl rehgioncm 
Mosaicam fuisse divinilus revelatam. 

1« PREUVE. 

Excellefice de la Doctrine et de la Legidation de Moy^e. 

Pour d^yelopper cette preuve il faut 1« expo9er sommaire* 
tiient la doctrine el la l^gislation de Moyse; 2° en faire rcssortir 
rexcellence ; 3« montrer que cette excellence prouve une ori- 
gine divine. 

S 1 Expose sommalre de la doctrine et de la legislation de Mojse. 

I. DOCTRINE, 

Po^ma^i^ue,— Dieu: rEtr« par exeeHenee, «ni<iae , ^ternei» 



-^ 136 — 

ioul-paissant, qui ue peut ^tre repr^senl^ sous foraie f ensible ; 
la saintet^, la juslice, la bont^ par essence (1). 

£n dehors de Dieu : des crteturcs produites par set attri- 
buts, et dont il est le sonyerain Seigneor (2). 

£n t6tede la cr6ation: TAnge dont rcxistence est suppos^ 
dans plusieurs passages du Pentateuque. (Un Cheriibin est pla- 
c6 k la p6r(e du Paradisapr&s Texpulsion derhomme p^cheur. 
*~Un ange apparait ik Agar dans deux circonstances. — Abra- 
ham dit k son iatendant qoe l'Ange de Dien raccompagnera.— 
Un Ange apparait 4 Jacob, k Moyse dans le boisson ardenl) (3). 

Cr^ation du monde en six jours (4). 

Sixi^me jour , formation du corps de rhomme ; cr6a(ion de 
Bon dme & Timagc et k la ressemUance de Dieu ; sa liberte, 
son immortalit^ (5). 

Repos du septi^me jour (6). 

Instilution du mariage^ base de la soci6t6 (7). 

Chute, promesse d'un r^dempteur (8). 

Yocation d'Abraham: concession divine faite a ce patri- 
arche et isa pos(6rit6 de la terre de Chanaan pour y formcr 1« 
peuple privil6gi6 de Dieu , destin^ a trananettre inkictes le» 
.doctrines religieuses et a donner naissance au r^parateur fu- 
tur (9). 

JJ/ora^c.—L'homme, cr^ature de Dieu, doit k son souxeTain 
Seigneur Thommage de ce qu'il est et de ce qu'il possfede: — 



(!) Exod. 3, U. — Deut. 4, 39; 6, 4; 3i, 39. — Exod. 15, 18. 
Deut. 52, 40 — Gen. 17, 1. --Deut.4, 12, 13, 16. — Levit. 11,44. 
— Deut 32, 4. -- Exod. 22, 27. Deut. 4, 31. 

(2) Gen. 1. — Exod. 13, 2. Deut. 10, 14. . 

(5) Gen. 3, 24. — Ibid. 16, 7; 21, 17, 19. — tbld. 24, 7. — Ibid. 
31, H. — Exod. 3, 2. (Act. 7, 30) 

(4) Gen. 1. 

(3) Gen. 1, 27; 2, 7. — Ibid. 2, 16, 17. Deut. 30, 1«, !•. 

(6) Gen. 2,2. 

(7) Gen. 2, 24. 

(8) Gen. 3; 6. — Ibid. 3, 15; 49, 10; etc. 
. (0) Gen. 12, 1; 17, «. 



— 157 — 

tN^cheur, fl esl soutuis a rexpiation ; — Image de Dieu, il doit 
reproduire dans sa conduilc priv6e la saintet^ de Dieu, et dans 
ses rapports avec ses semblables la justice , la bont^ , la mis^- 
ricorde que Dieu manifeste a son ^gard ; — Etre social , il doit 
respect el ob^issanceau pouvoir ou a la patemite, raison d'^tro 
de toute socl^t6 (1). 

En cett^ vie Fhomme sera r6compens6 ou puni seton ses 
<euvres, enlui-m^me ou dans sa post^rit^ (2). 

A la yie pr^sente succedera uneautrevie, (suppos6e comme 
croyance du peuple h6breu dans plusieurs passages du Pen* 
tateuque) od lajuslicc divine cxercera tous ses droils.— D'aprfes 
la Gen^se, Fdme de Thommc est un souffle divln. Laviedes 
animaux estpuremenl physique. — Abraham, Jacob, Moyse, 
Aaroo, dont les restes sont s6par6s de ceux de leurs ancetres, 
expirent avec la confiance que la mbrt les r^unira k leur peu- 
ple. — La yie nVst pour Jacob qu*un p^l6rinage ; la mort poQr 
Abraham n'est^'un sommeil (3). 

n; LfiGISLATlO^'. 

On esl h^breir par droit de naissance. ^ La circoncision est 

«^g^ des miUes le huiU^me jour, sous peine d*6tre extermin6 

^ people. — Les ^trangers habitant la Palestine peuvent , en 

^«vaniia ctrconcislon, se faire naturaKser aprfes quelqui^s 

|[6ii6ratioiis (4). 

l^ l^gislatiott a son origine el ia r^gle dans Tes pr4ficipes 
dogmatiques el moraux : — elle d^taille et sancttonneles droit» 
ei les d^woirs desmmbtes de la natiou h^braique. 

(i) Gen. i, 27. Exod. 13,. -2. Num. 3, 13; 16, 22. — Exod. 29, 30, 
Levit. 16. — Ibid. 11, U; 20, 26. ^ Ibid. 19, 9, 11, 35, 36. Deut.. 
25, 13.— Exod. ^9, 12. Levit. 19, 5. Deut. 17. 
(2; Geo. 4, 7; 18, 25. Exod. 20, 5. Deut. 28. 
(3^ Gen. 15, 15; 23, 8; 35, 29; 47, 9, 30; 49, 9. Exod. 3, 6. 
Matb, 2^,3.1); 32,32. Num. 23, 10. Deul. 7, 9* — Gen.1,20, U; % 
7, --Ibid; 25^8; 37, 35; 47, 9; 49, 32.' Deut. 31, t6.. 

{k)Gm. 17, 10 et seq. Levit. 12, 3. — Gen. 3i, 15, 16, Exod. 12, 
48. Deut. 33, 8. 



— 1S8 — 

Elle est renfenn^e sous les titres oa cwtes saiTants: i^Code 
Religieax^ ou lois c^r^monielles ; 2p Gode Indiyidfiel ; 3« Code 
Domestique ; 4» Gode PoUtique et Administratif ; 5« Code P^oal 
elJudiciaire. 

I. Gode Religietit* 

Le eulte est rexpressiondudo^e et des devoirs de la nation 
et de findiyida yis-^*yis de Dieu. 

U Sanctuaire (lieu sacr^).— La terre appartient au Seigneur: 
)a nation doit le proclamer en constroisant on sanctoaire des- 
iin^ aux actes poblics du culte. Ge sanctuaire sera unique 
comme Dieu IniHaitoe. Dans ses parties il symboUsera ]a cens- 
titatioB th^ocratiqae da peuple h^hpeu. ^ Dansle Saint des 
Saints sera placto l'Arche d'A)liance ; au-dessus, deux Cgures d« 
Gh^ruhins sur lesqaels Dieo repose et manifeste sa pr^nce 
d^une manifere sensible ; dans TintMeary la loi fondamentale ds 
la nation, expression de la yolont^ divine. Le Grand-Prd(re, 
iricaire de Dieu aapr^s de la nation juive , peot seul y p^ndtrer, 
et racore une seule fois dans Fann^e au jour dela Grande-£x- 
piation.— Dans le Saint: la lable des pains de propoBitioa, le 
chandelier d'or k sept branches, L'antel des parftm». Les pr^ 
Ires seuls peuyent y p^n^trer pour y exercer les foncUons dc 
leur ministiret -^ Daiis le Parvis : antel du saerifice snr \e- 
quel OB entretient xm fea perp^ud, bassin d'airain. GeUeaesi 
accessible aox simples I^vites et a ceox qai viennent offinr ob 
sacrifice (1). . 

2o Jemjp< MLcris (fMes).-— Le temps appartient vaa SeigDeur 
comme laterre; la nation doitleproclaiuer par la sanelificaUon 
de chaque jour, par la sanctification sp^ciale de certains jours. 

Ghaqae joor : La semaine est comm^mopaliye de la creation* 
Pour sanctifier chaqae joar: sacrifice le soir et le matin accom- 
pagn6 d'une offrande et d'une libation; la victime esl un 
agneau (2). 

(l) Gen. U,n. Exod. 25, 8. Deut 12, 15. — IHd. 25, 10, 18, 
21,^2. — Exod. 30, 10. Levit. 16, 2; 12, 34.— Exod. 25; 26; 50. 
Num. 18, 7. — Exod. 27; 50; 40. Lev. 5, 2. Nom. 8, 24; 18, 2. 

{^) Exod. 29, 58. Levit.28. 



— 159 — 

Chaque semaiue : Le sabbal en nkemoirc du repoa de Dieu 
apres Ja crealioD ; cessaUon de, tout Irayail pour les homiue» 
et pour les animaux ; sacrifice quotidien et en outre $acrific« 
extraordinaire de deux agneaux; renouvellement des pains de 
proposition (1). 

Chaque mois : N6om^iiies , premier jour du mois; saenficfi 
particulier; travail permis (2)* 

Chaque anp^e: 1. Mois sabbatique; premier jour du septitee 
moisy vrai jour de fi&te; afostention dutravail moins rigoureuse 
qu'au jour du sabbat.— 2.PAques, en memoire de la sortie d'£- 
gypte. Agneau paschal dans chaque famille; scpt jours de f^e ; 
des azymes pendant tout x;e temps ; repos pour le premier et 
septi^me jour ; sacrifice extraordinaire ; gerbe de la nouvette 
moisson d'orge offerte dans le sanctuaire — 3. Pentec6te , cin- 
quante jours apr^s P^qqes, en m^oire de la promulgation de 
la loi. Sacrifice exlraordinaire, comme pour la f^te 4e P4ques ; 
ofTrande de deux pains de fleur de farine de froment, premices 
de la moisson prochaine.-^. F^te des Tabemacles, en m^inpire 
de la vie nomade du d^sert. Les H^breux doivent habiter «ept 
jours sons des tentes; sacrifice extraordinaire ; 1q premier et le 
sepli^me jour seuls consacr^s au repos. •— Dans les trois f^tes 
dont nous venons de parler, tous les mMes ^g^s de douze ans 
soni oblig6s de se r^unir autour du sanctuaire ; repas solennels 
auxqufela as«islcnl ies pauvres et les ^trangers. — 5. Grand jour 
dcsE\pktjonsde^lia6 a la purification des p6ch6s. Vrai sabbal, 
jeilnc, cQnlrULou ; sacrifice offert par le Grand-Pr^tre pour lui, 
sa ramJJIe etlepuui)le;^tr^e du Grand-Pr^tre dans le Saint 
des Sainis pour je purifier par le sang de la victime; boiic 6mis- 
saire ; peu(-^trc sai rifice de la vache rousse , do^t les cendres 
etafcnt ffcstiiu'^(?s a lapurificationdes souillures contract6es dans 
les fan^railles (3). 

(i) Exod. 20, 8 etseq; 30, 43 et seq. Deut. 5, ii. — Num. 28, 9. 
— Levit. 24, 8. 
(2)Num. 28,11. 
(3) Levit. 23, U. Num. 29. i.— Exod. 12. Lev. 23, 5 Num 9, 

10. Deut. 16, i — Exod^ 23, 16, Levit. 23,15. Deut. 16, 9. — Levit. 
23, 34, 39. Nom. 29, 12. Deut.l6, 13. — llxod- 23, 17. Deut. 16, 

11, 16.— Lcvit. 16; 23, 27. Num. 19, 1; 29, 7. 



— 140 — 

T oas tet sept ant i Ann6e tabbatiqae ; fepot de ragrii^tillurt; 
lecture de la loi cn pr^sence de tout le peupl^ riuni autoar du 
sanctuaire (1). 

Tousles cinquanteans; Ann^e jubilaire (^). 

Sout le rapport religieux ces fMet exprimalent le domaiUe 
de Dieu sur la tcrre et ses produits ; elles ^vaient auSsi des ri- 
suUats civils et poliliques dont nous parlerons plus bas. 
^ 3« Penonnes consdcHes h Dieu. — Tribu de Levi. La nation 
b^bralque apparticnt k Dieu d^une mani^re sp6ciale. En t^- 
nioignage de cetle v^rit^ Dieu se r^serve une Iribu' entrt 
lifes tteize qui composent le peuple ; c*est la tribu de L6vi a Ja- 
quelle ilconfie les actesdu cuUepublic. La vie des I^vites ett 
consacr^e au service de Dieu; ils ne doivent point culliver la 
terre , et pour cela ils n'en reQoivent point dans le partage ; 
«eulement quarante huit villes leur sont donn^es pour habi- 
tation. Dieu pourvoit d leur subsistance par lesdimet, les dons 
etIesofFrandes(3]. 

Trois classes dans cette Iribu, distingu^es par leur rang et 
leurs fonctions. 

1^« Glasse. L^vites. — Ils sont I^vUes par naisaance^ aucutm 
cons^cration n'est exig^e; servent de trenle A cinguante ans, sont 
charg^s de la garde du temple et de la pr^paraUon feloign^e du 
sacritice (4). 

2™e Glasse. Pr^tres. — Les pr^tres doivent 6lre de la famille 
d*Aaron, sains de r^putation , de naissance I^gitime , exempis 
de d(&fauts corporels. IIs doivent avant d'entrer en fbnction 
prfesenter une offrande. Leurs fonctions sont les c6r6nioniesdu 
cnlte, en particulier roblation dusacriOce ,)esjugementssar les 
impuret^s I^gales. IIs ne doivent 6pouser qu'une femme d^ 
de moeurs irr^prochables (5). 

(1) Exod. 23, 10. LevU. 23, 1. — Deut. 31, IQ. 

(2) LevU. 25, 8. ^ 

(3) Exod. 19,3. Deut. 7, 6. — Nnm. 3, 6j 18;— Ibid. 33 Deut* 
8, 9; 18, 1. 

(4) Num. 3, 14; 4; 8. ; 

(3) Exod. 29, r, LevU. 2«, 6 et 5e<i,— Tbid. 1; 2; 3; 4; 12; 15.— 
Ibid. 21, 7. 



— lil — 

i"»* Cla^e. Gjpand-Pr^lre^ — SounBS^ auxcoiHlilioiis et not 
devoirs du pr^lre, 11 doit en outre Stre de la famille d'£l^zar. 
A Itti appartient radn)iniMration g^nerale du sanctuaire et 
du eulte ; seul il peut entrer dans le Saint des Saints* II r^poiid 
aunom du Seigneur au moyen de l'llrim et du XJiummim, dU 
Rational. II fonclionne en personne au grand jour des JBxpia- 
tions (1). 

4« Pratiqnes religieusei. —-Vhomjm doit k Dieu :— un hom- 
mage de pur^et^, parceque Dieu estsaint; — un hommaged'a<^ 
doration^ en saquaUt^ decreature; — unhommage4'expiattoii, 
parcequ'il est p^cheur ; — un hommage de supplication et ds 
reconnaissance^ parcequ'^ chaque iiistaiit il abesoin dn secours 
de Dieu et en rcQoit des Menfaits (2). 

L'Hebreu doit aecomplir ces deyoirs par les pratiques reh- 
gieuses que ToA peut ranger sousdeux classes: 1. les sacrifices; 
2« le»pratiques personneHes. 

V^ Glasse. Sacrifices.r-^I^es sacrifices ne peuvent s^oflnr qqe 
dansle temple. Ils sont puhlics ou particuU^S} sanglants ou 
non sanglants (3). 

Sangiants: — On peut offrir le mouton, Tesp^ boyine , la 

ch^vre, la colombe ; ja^ais rhomme. La victime doit 6tre pure 

el sans tache. -^ On a]^elle le sacrifice: holocauste, s^il est 

offeU pour rccoiiiiitrtre la grandeur et lesouverain domaine de 

Dieu; mmficc pour le pech^, sll a pour fin d*expier le p^ch6 , 

ou tfeffacer qucl([ue impuret^ l^gale ; sacrifice pacifiquej Iqts- 

' gH*on sc proposc doblenir une grdce 4e Dieu, ou de le remer- 

cier d'une ^iee rec"e. Dans rholocauste, la victime esthTJklee 

toute en/jere ; tiam le sacrifice pour le p^cbe on briile la par- 

tiegrasse, iereste estpourlepr^tre; danslessacrifices pacifiques, 

on brHtle egalement la partie ^rasse; T^piaule et la ppitrine ap- 

partiennent au pr^tre, le reste a celui qui offre la victime. — 

(i) Levit. i; 6; 2r. Num. 25, 10. — Levit. 16. — Exod. t8, 50 
(1. Reg. 25, 9).^Levit. 16. 

(2) Levit. il, 44; 20, 26. — Deul. 10, 12, 20.— L«Tit 5, 8; «, 6; 
17, 11. — Deut. » 

(3) L«vit. 17. 



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3.'.!* 



— IM ~ 

Toojour» 1« iang itait offert di Dfea oa r^pandn «u pied d«r»i-i 

t€l(l). 

NonBanglants:— Lessacnflces non aanglants consistaient e& 
oArandes de fleur de farine de frbmenlf dliaile d^olive, dcs 
pr^micesdes fruils; ou en libation de vin. — EUes sont pa- 
bliques ou priv^es ; elles accompagnent les faolocaustes et les 
sacrifices pacifiques, jamais le sacrifice pour le p6ch6 (2). 

L*offrande la plus remarquable est cdle des premiers n^s, ea 
m^moire de la conservation des premiers n6s hibreux dans la 
dixi^me plaie d*£gypte. L^enfont offert se rachetait pour cinq 
iicles (3). 

9"* Glasse. Pratiques personnelles. — En signe de pureti 
sont d^fendus : tousles usages superstitieux et idoUtriques pra- 
tiqu^s par les peuples environnants , toutes les choses capaMes 
d*alt^er la puret^ l^gale (A), 

L*impuret6 provientidu corps loi-mSme, v. g. l^pre,etc.; 
dv contact de personnes ou de choses impnres; de Pusage d'ime 
Mourriture tmpure. Sent impurs les qoachtip^des qui n*ont pas 
le pied fendu et ne ruminent pas, les poissons qui n*ont pas de 
aageioires et d*6caiUes, les oiseaux camivores, les repUleSy ra- 
nima} mort de lui-m^me ou d^hir^ par une Mte carnassifere; 
dans lesanimaux purs, la graisse et le sang(5]. 

Celui qui est impur doit 8'abstenir de certaincs praliquesTft- 
Ifgienses, souvent du commerce de ses semblables , se purificr 
par;des ablutions, des sacrifices (6). 

Gommeactes d*expiation sont prescrits: la confession des 
pdch^s en cerlaines circonstances ; un jeftne solennel dansVan- 

n^e ; le jei!kne recommand^ en tout temps (T). 

< 

(1) Levifc. 1, U; 22, 18. Deut. 12, M^ Levit. 6, 9.— IbW. 4, 8; 
6, 25; 7,-^ Ibid* 3; 7, 29.— Ibid. 1, 5, 11; 4, 7, 34. 

(2) Levit. 2; 3, 10, M; 6,14; 7, 28. 

(5) Exod. 13, 12. LeviL 27, 26. Num. 3, 46; 18, 13. 

(4) Levil. 19, 26; 18, 24. Deut. 12, 30.— Leyit. 15, 31. 

(3) Levit. 13; 14.~Ibid. 3, 2; 11, 31; 13. Nwn. 19, H. Levil. 7,^ 
23; 11; 17, 10. Deut 14, 3, 21. 

(6) Levit. 12; 13; 14; 13^. 

(7) Levit. 16, 21. Nura. S, 7.-Uvit. », 27.— Nttoi. 30, 14. 



— 143 — 

Conime acte$ de religion sont reeommaudes : \m voeax ; le» 
absUnences volontaires ; leNazar^al, pour l'ob$ervalion duqnely 
longue chevelure, privation de toute boisson enivp«uite (1). 

II. Code Individuel. ' 

!• Respectpour sm-fn^ne, — La loi de saintete «xige de Hs- 
raeHte : qu'il ^vite les d^sordres eontre naiure, la prostitution, 
les occasioBS m^me de rimpudicit^ , les bms saer^, les d^gni- 
semenls de sexe; qne les pr^res eux-m^mes dans rexercice 
de leurs fonction$ usent des pr^utions de la plus s^v^re mo- 
deslie(2}. 

^Respect du droit 4'mtrm Ous.ti<^).~Gomme cons^quence 
dekloide justice, la loi oblige k respecter le droit, a le r^-- 
parer(3). 

Dans la terre dlsra^ les distinctions reli^enses et adminis- 
tratives mises k p^, la loi ne reconnaH que de^ Q&breux el 
des 6traHgers; et sous ces deux cat^gories deux classes , les 
hoiames libres, les esclaves. -^Les droits des uns et des auites 
o&t pouF objet la personne, les choses. 

H^breux (Ubres). — ^ L'H^breu de condition libce s'appar- 
Hent k lui-m^me. — A lui seul la propri6t6 fonci^re dans la 
^ne d'IsraSI. Sa propri^t^ est inalitoable, le .propri^laire .en 
P^QlDDbaiimQins cMer rusufruit ; mais la loi lui r^serveeti^ ses 
procbesberiliers le droit de retrait pendant toute raM^ation , 
et le droil de retour k la premifere ann^e jubilairc (4). 

£(rangep» ^hces).— Les ^trangers peuvent voyager etm^me 
se^xer dans ]at<Hrre dlsrael, pourvu qa'tls s'eJ)stiennent de 
tout ac(4B:d'idoMirie;. acqil^r des habitations dans les vilLes^ y 
favele ccmiiBeree, y cultiver lesarts* La loi prot^eleursper- 
«onnes et Jeurs biens (S^). 

(i) Levit. 27, Num. 30--^bid. 6. 

(i) Levil. 11, 43, 44. Beut. 4, 9,— Levil. 18, .19.-- Deut. t2, 22; 
23, 17.— Ibid. 7, 5; 12, 3.- Ibid. 22, 5.— Exod. 28, 42. 

(3) Exod, 20, IS; 22. 

(4) Levit. 2S. Ntim. 26, 52. 

(5) Exod. 22,21; 23,9. Levit. 18, 20; 24il6.J)eHt M , 19; 29,11. 



— IH — 

L^^trans^er^^est ineorpor6 \ la nation et aeqniert le droit de 
eitoyen, t*il accepte les dogmes et les lois des H^bireux et se 
goomet A la circoncision (1). 

H^brenx (esclayes).-— La libert^ de TH^brea est inali^nable. 
— Plusieors causes peuvent lui enlever la libre disposition de 
loi-mdme poar an temps d^termui^. Ces caoses sont : la vente 
eoBsentie par lui-m^me ; la vente judiciaire , s*il ne peat r^pa- 
rer on vol qa'il - a comrais ; la yente d^on enfant faiie par uu 
p6re rMuit i Textr^me indigence (2). 

Le seryiteur h^reo recouyre sa libert6 : st son maitre loi a 
crey^ un oeil oo cass6 une dent ; l^galement k la septidme an- 
n^, si le maitre est fa^brea, & moing que le servitear ne con- 
sente & servir plus longtemps, dans ce cas le mattre peut Tac- 
qu^rir jusqu'au jubil^; aussitdt apr^s le rachat , sile maitre est 
^tranger. En tout cas, si resdaye a ^pous^ one 6trang^re, Faf- 
franchtssement de resclaye ne profite ni a r^oose ni aux en- 
fents. L*esclave est pay6d*ayance (3). 

Etranger^ (esclaves).— L*6lranger devient esclave par acqw- 
sition et par droit de guerre. Les enfents sobisseol ia emi&- 
tion de leur p^. — L*esclaye qoi yient d'un fSiys ^nger 
devient libre sur le sol h^reo (4). 

£n eons^quence de ces droits , la toi dMend: les atienlai» 
contre la persontie et la inropri^t* ; lliomicide dTane personne 
libre oa d*un esciave, sans droit d^asile, except^ dans les yilles 
de refuge pour fhoniioide proav6 mvc^tidre ; la vidence et 
tes maavaistraitements ; le plagiat; le viol et la sMaction; les 
deplacements de bomes ; le vol des efTets mobiliers ; lesfaux 
poids et les fausses mesures ; rinfid^ltt^ datis les d^pdts ; Tdp^ 
propriation des choses troav6es ; les imprudenees et les n60i- 
gences qui peuvent ^tre pr^jucGciables a aotrui dans isa per- 
sonneetdans ses hiens. Toute violation de Iapropri6t6 oblige 

(1) 6en. 54. Exod. 12, 44, 48. Deut.23, 7. 

(2) Exod. 21.— Levlt. 25,39.-- Exod. 22, 3-— Ibid. 2J, 7. 

(3) Exod.21, 26, 27.-*Ibid. 21, 2et seq. Levit 23, 10. — IWd. 
25, 48.~^Exod. 21,4. 

(4) Levit. 2S, 44,45.— Deut. 21, 10 — Ibid. 25, 15. 



— U8 — 

k !in& t^paratkm piFaportioiiii6e au dommagc et ^u degr6 de 
culpahilit^ (!}• 

^ CharUe\ — Poor pratiquer la diarit^ Flsra^Iite doit : ^touf- 
fer tout «entiment de haine et de vengeance ; oublier ies iiijares; 
ahttpr soB concitoyen, fH^il m^meson ennemi, lui rendreser-^ . 
vice et IbI prdter ce dont il a besoin (iladr(tit d'exiger un gage, 
mais.il ne peut le cfaoisir lui-mem^i ni aecepter nn objet de 
premiere n6cessi(^}; user d^une bienveillance toute particulr^re 
Yis-a-yis des malheureux tels quele sourd, 1'aveugle^ le voya- 
geur, la veuve^ rorpHelin, r^tranger^ lepauvre et reselave (cc 
dernier a droit au repos du sabbat, aux (estins religieux des so- 
lcnnitesy et-, &*il est circimcis, a la manducation de ragneau 
paschal ; .a» produit spontan^ de la terre dans Fann^e sabba^- 
iique]. L^^Isra^lite doit mtoe, pour eiitretenir et d^velopper 
dans son iime les senthnents de bienveillance, user de douceHf 
wers tes animaux (2). 

III. Code Domestique. 

Le mariage Ifegitime est rorigine divinementinstitu^edupre* 
mier lien social ou de la famille (3). 

Sout interdits les manages avecles Chanan6ens. -— Sont in- 
iet^ls les mariages entrc les Isra^lites, parents ou alli^s , aux 
degT^ fixuvanls J 1. entre ascendants ou descendants; 2. entre^ 
beau-pliTe etbelle-fille, beau-fils el beUe-m^re; 3. entre frfere 
et 80eur,beau-frere et belle-sfleur, (ri^anmoins le frfere peul 
^pouser la veuve de son frfere raort sans enCant , c'est mdme le 



(i) Kxod. 21, 15; 22,1. — Ibid.JK), 13; 21, 15, U, 20. Deuf.l9, 
— Exod., 21, 18. LevU. 18, 19. — Exod, 21, 16. — U)id. 22, 16. 
Deut, 22, 22. — Ibid. 19, 14.— Exod.22. — Ibid 23, 13. r-Le*1t. 
6, 2 — Ibid. 6, 3, --.Exod. 21, 28; 22, 6, 10. — Ibid. 22. 

(2) Levit. 19,17. — Exod. 22, 25; 25, 4, 5. DeuU 15, 7; 22,1; 
24, 6. — Exod. 12,44; 20, 10; 23, 12. — Levil. 19, 9, 14; 25, 5* 
Deut. 12, 18; 16, H; 24, 15; 2<J, 12; 27, 18. — Exod. 23, 12. Deut. 
22, 6, 7; 25, 4. 

(3) Gcn. 2, 21. . 

9 



— f 4G — 

voe« d% la loi); 4. enlre le oevea el U tante eootti^fQiiii oo 

alU^ (1). , 

La fiUe isra^lite, $i elle est Mrili^, iie peot ^ponser fB*«B t 

Jeane homiiie de sa tiiba. — La femme r^pvdite ne pent ^ ii 

reprisepar le premier mariy ai eUe en a 6poQ86 un aa^ aprte i 

8on renYoi.— La polygamie eat permise. ^Le mari domie aa 
ptre de sa fatare ^poase one somme doot la valeor n*est pmnt 
d^termin^, sans qoeeelai-ci soit oblig6 de foomir une doti i^ 

aa fiUe (2). i, 

L*anit6 et la bonne administration de la fomUIe rfesoUent des ^ 

•droits et des devoirs des membres qai la composent. 

Le mari est le repr^sentanl de Dieo daos la flMiiiUe ; k loi 
apparUent la direction des personnes, la propri^t^ des bieos.-* { 

La iUle e$t soastraite a raatorit6 paterneUe par le inariage;le | 

fils reste soumis m6me aprte ie mariage et la majorit^. — Le ' ! 

mari peat r^pudier son 6pouse pour quelque d^aot qaH aara 
trouv6 en elle, en lui donnant par 6crit Tacte dudivorce; desx 
cas excepf6s : si la femme avait 6t6 s^doiie par lui avani, oa 
xalomni^e dans son honneur aprds le mariage. (3). 

Le p6re peut: livrer aux juges son enfant incorrigilile pourle 
laire condamner a mort; le consacrcr par voeaau ^rvice du ta- 
bernacle; le vendre comme esclave dansle casd^une pressante 
n6cessit6,avec facuU6 de rachat poar une sonime modiqxie \^V 

Tous les membres de la famiUe doivent au chef Tespeci, 
' ob^issancc et amour. — Les 6poux se doivent mutueUemeui \a 
fidMit^ coQjugale. Le mari doit traiter comme 6pouse la femrae 
libre ou esclave avec laquelie il a conlract^, respecter sa vie » 
s^abstenir de tout soup^on et accusation injurieuse k son hon- 
neur (5). 

(1) Exod. 24, 16. Deui. 7, 3. — LevH. 18, 20. Deut. 25, 75. 
{%) Num. 56/ 6. — Deut. 24, 4. — Gen. 29; 30. — Deut. 47, 17; 
21, 15. — Gen.29,18, 30; 34, 12. Exod.22, 17. 

(3) Gen. 5, 16; 24, 1, 35; 31, 17; 58, 24. Exod 4, 20; ti, JL 
Num. 30, 6, 9, 14. -- Gen. 2, 24; 21, 14; ^ 38, 24r, 42, 8. — 
Deut.22, 14; 24, 1. . 

(4) Deut. 21, 18. — Levit. 27, 2- — Exod. 21, 7. 

(5) Gen. 3, 16. Exod. 20, 12. — Ibid. 20, 14 Deut, 22, 22.— 
Jlxod. 21, 9,10. Deut. 32, 13. 



I 



— 147 — 

Lep^re doit respecter la vie de s<m enfent^ et ne peut, wm 
sous aucuu pr^texte, Texposer ou le luer; il doit luiproeurerla 
nourriture, rentretien, les sotns n^cessairesii saconseryati<Mi: 
la surveillance, la correctioH, ri6dueation et la coimaissanee des 
dogmes, de la morale et de la loi (1 ) . 

La fiemkille comme telle se perp^tue par les lois derh6r^dit^. 
— Les enfants succ^dent au p^e a Texclusion de tont autre; 
lesfils excluent les filles. L'ain6 a une double portion. — A d4f 
fout d'enfants succ^dent ; le fr^e, roncle palemel ; au d^faut 
dece dernier le plus proche parentdu cdt^ paternd (2). 

IV. €ode Politique el Administratif, 

1» Consiitutim.-—\]n certain nombre de famiiles forment una 
tribu. — La tribn est une par le sang : tousles membres de la 
mSme tribu descendent dum^me palriarche;-r-parleterritoire: 
chaqne trihu a re^u dans la terre de Ghanaan une portion dont 
les limites sont fix6eset determiB^espar la magistrature (3)* 

Les magistrats de Ja tribu sont; le chefdela tribu, les chefs 
desfamilles, les juges, les ^crivains ou grefiiers,lesI^Yites.Ccs 
magistrats^ appel^s anciem ^taieat ^ectifs, lesl^vites exeept^. 
A. eux appartient radministration de la tribu ; ils Texereent 
^iffi des assembl^es dont la juridiction s'6tend a une localite 
linAi^oa k toute la tribu, suiyant que Tassembl^e rjdunit les 
ancieD& d^une localit^ seulement ou de toute la tribu (4). 

La tribu gfere ses propres afiaires. Les difTiferents entre. les ' 
tribus se Yident par eonciliation, arbitrage et m^me par voie 
des armes. les tribus peuyent faire des alliances entre elles. 

(i) Gen. \, 28. Deut.21, 18. Ps. 105, 57. IsaT. 57, 5. — 1 Reg. 
3, 15, 3 Reg. f, 6. EccK. 30, 42. — Exod. 10, 2; 12, 26^; 13, 14. 
Deuu 4,9; 6, 7, 20; 41, 19; 52, 46. 

(2) Gen. 15, 2, 5. — Num. 27, 8. — Dcut 21, 17. — Nutu. 27, 6 
etseq. 

(5) Gen. 49, 28. Num. 1; 26. — Gen. 46; 49, 28. Num. 26, — 
IMd 54. 

(4) Num. 1, 4; 32, 28. Deut. 16, 18; 17, 9; 29, 10. — Exod. 3, 
16; 18, 28. Num. 3, 11; 11, 16. Deut, 21, 2. Jud. 20, 11. 



— 148 — 

EUes M surveillent muluelleinent relaUvemcnl a robs^rvation 
delaloi(i). 

LtB tribufl ne fontqu^une nation. Les liens qul uni«sci|t ce$ r«- 
pobliqiies particuU^res ponr en faire un 6tat (M^ratif sont Tu- 
nit6 de sang, toutes reconnaissent Jacob pour p6re ; runit^ de 
but, qui est deconserver purs les principes de la reljgion, pr6- 
parer la venne duMessie; runit^ de reUgton; l^unit^ de pou- 
voir (2). 

Dieu est le souverain de la naUon par nature et par le eboix 
unanime du peuple. U r^unit i'autorit^ civUe et reUgiense; lui 
seul fait la loi. -— Les enfants de L^i sont ses officiers ct sei 
gardes, le tabemacle son palais. La il expUque ses lois , donne 
ses ordres, d6cide de la paix ou de la guerre , r^compense ou 
punit son peuple selon ses oeuvres. — Sous J6hova , un chef 
(Jnge, PonUfe ou Roi), son Ueutenant , son vice-roi, gouveme 
suivant ses lois. 11 commande la nation dans la guerre, il Ta 
juge pendanl la paix. Son autorit^ n'est ni despoUque ni arbi- 
traire ; un s^nat form^ des membres les plus disUngu^s de 
tontes les tribus lui sert de conseil; d^ms les aifoires impor- 
fantes il decide, le chef ei6cute (3). 

^ L^gUlation.—Dieu^ cn tant que pouvoir cirii, apr^ s*^tre 
occup^ des indivldns, des familles et des tribns, pourvoit: a ta 
santede son peuple, par ses lois hygi^iques et sanilaue&vi^ 
son bien-^tre, par ses lois 6conomiques ; & sa Ibrce , par ses 
lois militaires ; a ses rapports avec les autres nations , par le 
droit des gcns. 

Mesures hygi^niques. — D est d^feudu de manger des ani- 



(1) Jos. 16, 15. Jud. 1, 2-2, 27, 33. 1 Reg. 2, i.— Jud. 20. — 
Ibid. i, i, 3; A, 10; 7, 23.~Jos. 22, 10. Jud. 20. 

(2) Nuia. 2«, 31, 65; 35. Deut. 29, 13. Jud^ 20. -^ Num. 34. Jos. 
13; 14; 15; 16; 17; 19 — Gen, 46; 49.— Ibid. 22, 17; 28, 14. Deut. 
4, 1 et scq.; 7, 12; 1«, 15 — Dcut. 1, 1; 27, 9. 

(3) Deut. 29, 10 — Exod. 19,5, 6, 7; 24, 8 Levit 20,26. Jos. 
24, 16. — Exod. 20; 31. Levit. 24, lO^ti^. — Num 5; 8, 13.— 
Exod.25, 12; 33, 7. Num. 16, 20; 23, 4,7 Deirt. 31, 14. — Exod. 
3; 17,9; 18, 13. Num. 27, 13. Deut. 17, 14. Jos 1; 3, 7. Jud 3.— 
Exod 19,7; U, 31. Num. JO, 2, 4; 11, 16. Deul. 17, 8. 



— 149 —. 

mmx impurs, la gr^lisse, lc sang, les aiMmaiix i^Qffoques, mdr (s 
de maladic ou d^chir^i? pai* d'au(res animaax ; est d^fendu le 
contact des cadavres. — Sont prescrits: des pr^cautions s6- 
vferescontt-ela l^pre des personnes, des maisons, desv^tements, 
^t contre d'autres maladies; la proprete; lo repos el \a gaiet^ 
dans les solenniles reiigieuses (1)* 

Lois 6conomiques.— Pour accomplir sa mission, le peupl« d« 
Bieu doit s'isoler des autres peuples ; il faut rattaeher au sal 
de la patric, en faire un peuple ligrieutteur. Comme moyen de 
dfevelopper ragriculture, la loi etablit la division et Vinali^na- 
bilitife des propriet^s. EUe defend : de travailler la- terre dans 
Tann^e sabbatique ; de mettre dans uu m^me charap diff6rentes 
sortes de graines ; de couperles arbres fruitiers, mfime enpays , 
ennemi ; de recueiHir pour soi le fruit d'un arbre avant la cin- 
qui^e ann^e; de forcerceltti qni aplant^ unevigneauservice 
militaire et aux Iravaux pubtics avant la premierc r^colte ; d'af- 
fdiblir la vrgueur dcs animaux , d'en alf^rer les esp^ces, de les 
fturcharger de travail; le repos du sabbat est 6tabli en partie 
cn leur faveur (2). 

Lois militaires.— Tout ciloyen est soldat devtngtaetnquante 

ans. — Sont exemptes pour un an : ceux qui ont bAti une mai- 

Bon qu'ils n'ont point habit^e ; ceux qui out plant^ une vignc 

et qnirfen ont poini reeueillile fruil: ceux qui ont pris unc 

epouseetqui u^ont point encore habite avec elle. II est permis 

iceux qtti ont le coeur timide de se relireravant le combat. — Ij» 

propret^la plus s^vere et les bonnes mo&urs doivent regnec 

dans le camp.— Avant d'entrer en pays ennemi le g^n^aldoit 

s'entourer des lumi^res et des pr^cautions n^cessaires pour ne 

point compromettre son arm^e. Le militaire ne ddt se per- 

wettre aucun degAtdans la terre dcs citoyens ou des allies(3). 

fl) Levit. 3, 17; II; il, lO. — Ibid. 17, 15 — Ibid. 11, 39. Nom. 
19, 11. ^ Levit. 13; li, 54, 3o; 15.— Ibid* 11, 31, 52; 15 34,Num. 
^ 7. Deut. 23, 13. — Exod. 20, 10; 23, 12. Deut. 16, IK 

(2) Levit.25, 23. Nain. 26, 52. — Levit. 25, 1 etseq.—ibid. 19, 
19. Deut. 22, 9. — Ibid. 20, 19. — Lovit. 19^ 23.— Deut. 20, 6. — 
I^vit. j9, 19; 22, 24.Exod. 25, 12. 

(5) Num. 1; u. ^- Deut. 20, 5 et seq.; 2i, S. — Ihid. 25. 9 «I 



— 150 — 

Droit de» gens. — Les rappor(s du peuple de Dieu avec les 
autres ^tats se rdglent par les priucipcs suivauts : 

Guerre d'eYtermination contre les Chanaii^ens;conlre lesAina:> 
Iteites ctles Madianitesen punition deleurconduileyis-a-Tisdeft 
U^breux dans le d^rL Avec les Moabites et les Ammonites, 
point de guerre aggressive ; mais aussi point d*alliance. Oubli 
des sentiments hostiles manifcst^ par les Idom^ens et les 
Egypliens. Avec les autres pesples, alliance tol^r6e (1). 

Les n^gociations sefont par lemoyend'ambassadeurs dont 1« 
caraciere est sacr6« Les trait^s sont inviolables, La declara* 
tion de guerre doit 6tre motiv^e par des raisons couformes a 
la justice (2). 

Tout deg^ inutile est interdit. — Avanl de commencer le 
si6ge d'une ville on doii faire des offres de paix aux habitants. 
S'ils acceptent, ils dcviennent tribulaires et sujets de la nation; 
s*ils refusent, il est permis de passcr au fil de r6p6e tous ceux 
qui portent les armes. II est d^fendu au soldat d'6pouser une 
eaptive avant un mois, pendant lequel elle fera le deuil de «a 
patrie et de sa famille.— L'arm6e doit se purifier avant de ren- 
trer au camp (3). 

V. Code PenaU 

Peuvent 6tre impos6es arisraSlite les peinessuivanles: 1. 
peine capitale (lapidation , glaive, feu); 2. peine de retranche- 
ment (probablement mort civile); 3. chAtiments eorporels, coups 
de bdtoH ou de verge, ils ne peuvent exc6der quarante ; 4. ta- 
lion, qui peut etre remplac6 par la composition^ excepte pour 
le eas d'homicide; 5. sacrifice expiatoirej silafaute n'6tait 
point punie par la soei6t6 (4). 



ii 



seq — Num. 13; ai,52. Jos. 2, 2; 6, 25; 1, 2. Jod, 18, 2. — Num. 
20, 17;21,22, — Deut.2,4- 
(4) Num, 23, 17. Deut. 7, 1;20, 17; 23, 17. — Ibid. 2, »; 23, 5. 

— !bid.23, 7. 

i^) Num. 20, 14; 21, 2K Jos. 9, 19. 

(3) Deul. 20> 10, 19; 21, il. Num. 31, 19. 

(4) Levil. 20, 27; 21, 9. Num. 15, 35; 25, 5. Levit. 15, 19* Num. 
12, 14 — Deut. 25, 3. -Exod. 21, 23. Levit.24, 47. Num. 55, 51. 

— Levit. 4, 27. 



— 181 — 

Left crimes pimis {)ar la loi sont : 

Lesattentais contre Dieu.— Sont punis dc mort: FidoUtre; 
«i c'esiiane vlile qui s^eet rendue coupable , elle devient ana- 
lliibijie, ses hdl>itant$ soui pa$s^ au fii de T^p^e, elle est r6* 
4uite .en cendre ; celui qui engage a TidoUtrie ; celui qui 
cgcerce les arts occidtes pratiqu^d che» les idoUtres, y. g. leB 
«orcelleries; le faax prophibte; celui qui yiole le sabbat. La 
peine du reiranehment est inflig^e a une muliiiude d^infrac^ 
tionsi laloi (1). 

Lesaitentais contre les mceurs. — Teine de mort pour les 
crimes contre naiure^ l'adult^re, certains incestes , la prosiiiu- 
tion exerc^e par la fiile d^un pr^ire, le viol d'une fianc6e; la 
fianc^e elle-in^me est mise k mort, si elle a c6d^ sans r^sis- 
tance. Retraschemeni contre les ^poux qui n'observent pas 
les pr^ceptes de puret^. Le s^ducieiir est oblig6 d^^pouser la 
personne s6duiie, k moins que le pfere ne refuse de la lui don- 
ner; dans ee dernier cas ilpaiera cinquanie sicles (2). 

Les atteniais conire les personnes. — Peine de mort: contre 
|e plagiat, rhomicide voloniaire, L'homicide par imprudence 
esi bblig6 de s*exiler dans une ville de refiige jusqu'^ la mort 
du Grand-Pr6ire. Talion , ou compensaiion, pour les coups, 
blessures, eic. — Le faux i^moin subit la peine a laquelle son 
f^Tix l^moignage exposait son prochain (3). 

Les altentats contre la propri6i6.— IIs sont punis sur la pro- 
pri^t^ du eoupable. Si robjei esi relrouv6 intact entre les mains^ 
du voleur, celui-ci restituera le double de robjei vol6. Si le- 
voleur a pris nn aniraal domesiique et qu^il Taii iu6 on vendu^ 
3 restituera quaire pi^ces pour chaque pi^ce de m^me b^tait 
et ciaq pour un boeuf. Si le voleur ne peui restiiuer, il est r6- 
duit en servitude, et le prix de son Iravail sert a acquiiier sa 

(1) Exod. 22, 20. LevH. 20, 2. Deut. 13.— Levit. 20.6, 27.Deut. 
€8, 10 — Deut. 13, 1; 18, 20. — ^xod. 31, 14. — Levlt. 11, 40; 

12, 40; 15, 2, 7, 8, 10, 19; 17, 13. 

^2) LevU. 18; 20, 10 et seq.; 21, 9. Deut. 22, 22, 23. — Levit. 

13, 24. — Exod. 22, IB. Deut. 22, 29. 

(3) Exod. 21, lO.Deut. 24, 17. — Exod 21, 12 — Deut 19, 4- 
— Exod. 21, 24 ctseq. — Deut. 19, 1«. 



— i52 - 

dclte. Pris en flagrant delit, le iroleurdeniiit peut 6(re tirt (1). 
Les attenUts conlre rantorit^. — £st puni de mort : renfant 
qtti frappe son p^re oa sa ra^re ; celai qai prononce contre enx 
des imprteationsoo des parc^etoatrageantes. Celui qai ies m4- 
prise sera maadit dans les anath^mes poblics. — La r^bellion 
c(»i(re la senlence du juge supr^me est punie de inort. L'of- 
fcnse contre les aatorit6s est punie par un chAtimeiit eorpo- 
rei (-2). 



i 



VI. Gode Judiciaire. 

Les peiues et compensations pr^c^dentes ne sont executoires 
qu'en vertu d'une sentence 16gitime de raulorit^ jadiciaire. 
Dans toutes les vilies sont inslitu^s des juges dont la juridic- 
tion s'e(end aux lieux environnants. De ces juges on peut ap- 
pcler au chef de FEtatet au Grand-Prdtre.— Lesjuges doiyent 
conserver leur ind^pendance, surtout ne pas recevoir de pre- 
scnts (3). 

La proc6durc est soumise aux r^gles suivantes : 

Les jugements se rendent aux portes des villes, lemalin(4). 

Dans les causes capitales, la sentence et i'ex^culfon ne peu- 
vent avoir lieu le m^me jour. 

L'accus6, ou toule autre personne en son nom, pcul d6(endr« 
sa cause. L'aveu du eoupable n*est point contre lui une preuvfe 
•peremptoire ; pour robtenir onne peut cmployer la torlure. 

Pour condamner dans les causes criminelles, il faul deu? 
t^moins qui afiirment sous serment avoir vu le crime. Dans 
les causes civiles un seul temoin sufflt (5). 

L'ex^cution dans les causes criminelles suit de pr^s ](a sen- 
ience. Si le coupable n^est condamn6 qu'^ des coi^s, il lei 
rcgoit imm6diatement en pr^sence des juges. Le» temoins 

(1) Exod. ^2, 1, 2, 5, 4. 

(2) Exod. 21, 15. Levit. 20, 9. Dcut. 2i, 18; 27, 1(1*— Ibid. 17, 
12. 

(3) Deut. i, 15, 17; la, 18; 17, 8. 

(4) Deut. 16, 18; 17, 8; 21, 19; 22, 15; 2^, 7. Jer. U, 12. 
(5 Levit 5, 1. Deut. 17,6; 19, 15. 



— 153 — 

jellent la lureiiii^re pierre dans la lapidalioB* Le t»>HpaIile eofl^ 
damn^ pourhomicide est lirr^ aux pareata dfr- mof t poor toa 

€X^CUt6 (t). 

3 % ExceHism:» de la doctrine et de la l^gislatiao UosaKtiues. 

Pour faire ressortir rexcellence de la doctrine et de ta l^gis- 
laiion de Moyse, demani^re a donner base a la conclusion finale 
du raisonnement, il faut l» les consid^rer absolumenl; 2^ les 
comparer a la doctrine primitivement rey^L6e;3^ les comparer 
aux doctrines religieuses, morales et soeiales de raniiqmte. 

/• Doetrine et UgislcUiQn d6 Xoyse consideries absolument*. 

DOCTBINE. 

1)>octrxne dbgmatique. — On y remarque P un caract^re dr 
verite: Les dogmes sur Dieu, sur lacr^ation^ sur lliomme sont 
conformes anx id6es les plus pures et les plus ^ey6es de la 
raison d6yelopp6e par le Christianisme. — Ceux de la cbute et 
de la r^demption, qui sont myst^rieux, sont prouy^s par le 
conseniement uniyersel des peuples, comme nous Fayons mon- 
Ir^. — Celui de la yocation dUyinedu peuple h^breu mbiiy^par 
la sagesse ^yine, qui deyait se choisir un peuple pour conser- 
yer la purel^ de la doctrine religieuse, est ^tabli, abstraction 
fydte de touteaalre preuye, par la proyidence sp^ciale de Diea. 
sar le peaple dlsra^I. 

2^ Un carac(6re de science surprenant pour r^quezXes^ 
d^lails de Ja cr^ation du monde renferment, de Tayea de plu- 
sieurs sayanls distingu^s, les r^sultats les plus ayancds des re- 
cberches physiques et gSoIogiques des tempsmodemes, comme 
nons le dirons plusloin (2). 

3^ Un caract^re d*utUit^ praiique: II foumit arhomme la 
connaissance de tous les dtres ayec lesquels il doU «ntrer en 

(1) Niim. 2S$. Jos. 7, 22.-Deut. 2»„2, 3. - Ibid. 17, 7. .- Ibifl; 
19, 12. 

(2) Vid. Append. 



~ 154 — 

rapport. — II engendre par voie de coBs^enee la mofide ki 
plas pure. — U lui e<NBimunique par le dogme de rimmortaliii 
une force puissanie sur la volont^. — II pr6serve resprit hu« 
main: du polyth^isme et des erreurs qui s'y ratlachent, par se» 
enseignements sur roait^ etles perfeetions de Dieu; do philo- 
sophisme, dissolvant de toute doctrine, par sa force degmati- 
que ; sp^cialement, du materialisme, par le dogme dela spiritua- 
lit^ de Dieu et de V&me humaine ; du panth^isme, par celui de 
la creation ; du dualisme , par celui de rorigine du mal. — II 
communique au peuple h^breu, parle dogme national de sa vo- 
cation divine, le principe d'6nergie n^essaire pour raccompli^ 
sement de sa mission. 

Doctrine morale. — Ses caract^res pi^incipaniL sont: i^ uri 
caract^re d^uniU avec le dogme , puisque la morale en est la 
cons6quence. 

2o Un caract^re de verite: Une av/BC le dogme, la morale 
participe 4 sa terite. 

3^ Un caracldre d'utilite: Elle manifeste sous des formcs 
pr^cises Fensemble des devoirs de Fhomme comme Mre reli^ 
gieux, moral , social ; cons^quemment elle pose /e iype de \a 
perfection individuelle, la base et la rfegle d« (oole bonne 16- 
gislation. 

AfGISLATION. 

Ses caract6res les plus remarqu^Ies sont : la sponianeit^, la 
vcril6, la sagesse. 

1*^' Caractfere. SpontaneHte : La i^gislation des H^breux n'esl 
pas roeuvre du temps ; elle a recu dfes le principe tout aon d6ve- 
loppemenl et sa perfeclion. Cest un fait constal6 par le Penta- 
teuque. 

2™« Caracl^re. Verite: EDe n*est alt^r^e par aucune erreuf, 
inalgr^ la multiiude de ses prescriptions. 

On a reproch^ ala loi de Mbyse, eomme fausses etimmorales : 
1° ses dispositions sur Tesclavage. 

K. A la v6rite elles sont moins parfaites que les principcs de 
Iibert6 conlenus dans rEvangik ; mais il serail faux de dire 
qu'elies sonl opposees au droil naturel. — D*abord Tesclavage 



l^r rHebreii n-eCaH quela domesUeiletemporaire (eHe ^a^^lle 

existe aiT}ourd'liui. Quaat a resclavage de l'6tranger, le mailFe 

ii'ayant passur resdave droit4e yieetde mort, et ^ant oblig^ 

de lui fourair les cboses n^cessaires k la vie, resctavage 6tait 

une domestieit^ perp6tueUe doiit le til«e 6tliit le coQBeatement 

libre de resclave, ou le <koit de guerre , ou la naissanc^. Qr 

rien d!in|uste dams ces trois tttres. — Le consentement : L'hoj«me 

ayanidroit a i-usage de ses facuR6s peut le cMer, m^^me a per-- 

p^iuit^; — La guevre : Le vaiaqneur a droit de punir rinjaste 

agresseur, de prendre des precautions contre une nouyeUe at- 

-taque; or, pour ebt^trir ces Uas, laseryiUide est un ifioyen 

moins repugnant que la mort, resuUat ordinaire de la guerre. 

^La naissance: Dans les soci^t^s lesmieux r^gl^es, sous Tem- 

pire des loisr les phw justes, les parents tranamettent a leurs 

eDfants les consequences de leur iufortune, de leurs eontrats ^ 

de iears fautes ; or, resclavage de naissance ue dtflere pas es- 

senlieUement deces fkits, o^ persoau& ne voit d'injustice* 

On objecle 2« ses disposilions sur k polygamie* 

K. A la yerU^ la polygailiHe est moins convenable qUe la mo- 

nogmnie > 1'^gaUt^ est moins partaite entre les ^oux puisque 

ia femme se donne eDiierement k son mari, qui ne sedonn^ 

que partiellement a son 6pouse« EUe rend plus diUiciie la paix, 

la beime administralion de la famille et labonne ^ducation des 

'eafants.Mais^etle n'estpas opposeo au striel droit naturel : car 

rinegalit^ est consentie par F^pouse; et les flns prineipales du 

mariage qui sont !a procr^ation et rMocation des enfants peu- 

▼ent 6tre obtenaes par ie mariage meme poly^amc. 

On objecte 3» scs disposiUons sur le- divorce, 

R. A la yerit6 le mariage avec facult^ fle divorce esi moins 

convenable que le mariage indissoiublc. L'egalit6 est moins 

parfaite, puisque l^ mari a droit de r6pudiaiion , droii qui est 

refuse a i^^epouse. Le mariage pouvant ^tre dissous, runion des 

c(0urs est moins intime et moins durabie ; les enfants spnt sou- 

mis d la chance d'une 6dacation moins parfaite. Neanmoijisie 

diYOrce n'est pas of^pos^ au strict droit natur^I pourles raisons 

prec^dente». 

On objeetei^ les rapports ^tablis par la ioi cntre le peuple 



— 150 — 

dlsrafel el l«f aulres peaples, surtoui ceox qu^elle voue a Fa- 
naUitaie. 

R. Moyse dans sa l^gislation agii au nom de Dieu : Dieo a- 
t-il pu ^tablir ces rapports ? telle esi la question ik rtooodrt. 
Or cela n^est pas doutoMX. Voulant se choiur un peuple parti- 
culier, oblig^ par cons^quent de lui atsigner un territoire , il 
pouvait Itti livrer celui des Chanan^ens, de plus vouer leun 
personnes k ranalh^me en punilion de leurs crimes. Par eetto 
coneession le people dlsra^l acqu^rait contre ies Chanan^ns 
un droit de guerre r^gl^ d'abord par lavolont^divine^eBsuite 
par le droit des gens suivi par ces peuples ; or poor eu 
loute guerre, ^tait une guerre d^extermination. 

On objecte 5<> la dnret^ des peines, spMalement la peine de 
mort pronoBc^ contre les crimes pnrement religieux ; et la 
peine du talion, dit-on, inspire et autorise la vengeance. 

R. La rigueur des peines prouve la s^v^rit^ et non riDJos- 
tice du l^gislateur. Les crimes religieux dans le gouvemefflenl 
th^ocratique des H^breux 6t^ent des altentats coolre le Sou- 
verain, des crimes d'^tat. — Le lalion, devant ^tre appUqad j»r 
les juges et nou par les partieuliers, ^tait une peines^v<^iiuus 
juste , et qui n'autorisait nuUement les peines particuli^res. 

3me Garaci^re. Sagnse: La l^gislalion de Moyse manifeste U 
profonde sagesse du i^gislateur. 

Ses prescriptions tendent a la perfection et au bonbeur de 
rindividu et de la soci616. 

Ses imperfections nteessit^s par le but de la soci6l6, par les 
circonstances de temps, de lieu, de personnes soni att^iuites 
autant que le permettent les r^gles de la pmdence. 

La preuve de cette proposition s'6tablit par Fexamen des 
dlff6rents codes de la l^slalion Mosalque. 

Code Religieux.-^i^ Avantages : 1. 11 {M:6vieBt IVbilniire et 
cons^nemment le d^sordre dans Taccomi^sementdes devoirs 
religieux par ses prescriptions d^U^es» pr^cises et rigour 
reusement obligatoires. 2. II pourvoit k raccon^ss^nent de 
tous les devoirs religieux , nationaux , individuels de puret^ , 
d'adoration, d^expiatioii, de snpplication, de reconnaissanee. 3. 
II y pourvoit en prcscrivant des actes qui expriment la cons^- 



_ i57 — 

cratiOD a Dieu de riiidividu et de la iiati<m eotiere daos leur 
^re, leor action,^ leur lieu, leur temps, et sous les formes les 
plus ^oergiques (le saerifice dans lequel une victime substitu^ 
a rhommeest immol^e et comme aD^antiepourhonorm^Dieu.) 
4v U rappelle au peuple h^breu les dogmes fondamentaux 
qull suppose ou qu'il symbotise (eipstence de Dieu , son sou- 
verain domatne, cfaute de rhomme , rMempteur futur, con&ti- 
tution b^braique, etc.],les principaux bienfaitsdelaprovidence 
(cr6ation, par Finstitution du sabbat et de toutesles f&tes.qui se 
r^ouvellent i^poque septennaire; sortie d'£gypte, parlafdte 
de Pdques, etc); elle engage par cons^quent k 8'attacher uni- 
quement a Dieu. 

2» Imperfections : Ona reproche au culte Itfosalque : sa gros- 
si^ret^, ses d^tails minutieux, le nombre de ses prescriptiona 
legaies, etc. 

R. £t d'abord ceculte ^tant pr^paratoireii un culte plus parfait 
devait par sa nature meme 6tre moins parfait. £n outre, m^me 
par ses defauts , ii 6tait plns accomod^ an caract^re et aux 
moeurs des H^breux grossiers et superstitieux ; plus propre 
endoignant ce peuple des autres peuples , k le conserver 
dans ia puret6 de doctrine et de moeurs n^cessaire k Faccom- 
pUssemcnt de sa, mission. 

Code Indimdtieh— 1» Avanta^es: 1. Jl rattache les droils de 

rhomme a Dieu et par la les sanctifie et les afTermit. 2. Ses 

disposilions sur les droits du citoyen h^breu sont capables de 

cr^er et de d^velopper en lui les sentiments de dignit^ moraie 

eide noble iod^pendance. 3. Les Qbligatipnsqu'il impose, n'^ 

iani gue des appUcations de la loi natureile aux diir<^renls faits 

humains, 6clairerhommesur led^tail de ses devoirs et l'aide 

a r^iser dans sa conduite priv6e et dans ses rapports avec ses 

semblables le type de perfection propos^ par la moraie. 

2o ImperfecUon: li admet Fesclavagje. 

R. Mais d'abord en le supprimant Moyse eut contrari6 les 

pN^^s, int^r^ts, mosurs sociaies et priv6e& de tous les peu- 

ples de rantiquit^ et des Hd[)reux en pariiculier. Sur cc point 

U n^est point Qppos^ au droit natutel , ce que doit ^viter un 

sage l^gislateur. Moyse rediiit rcsclavage a ladomesticit^tem- 



-^ !S8 — 

|)Oraire pour l*H6breu, perpetuelle pour r^lranger ; el adotfcK 
sitigulieremenl le sort de reselave par lcs lois qui le lui garan^ 
tissent, par les obligatioRS de diarit^ et de bienfoisance qn^il 
impose au maftre^ son ^gdrd* 

Code Domestique.^i'' Avantages: 1. Les emp^cliements dd 
mariage garantissent les mccurs domestiques, en enlevant aux 
parents et aux alli6s Tespoir d'une nnion 16gitime. Ils 6tendent 
les rapports de bon accord et d'affection entre lcs familles, 
procure a T^tat une population saine de corps et d'esprit en 
forcantrH^breu is^allier aune famille etrang^re. 2. II assied 
le pouvoir domestique sur Tautoril^ divine, sa v^ritable bas^, 
le forlifie en le coneentrant entre les mains du pere. 3. II poun- 
vmt ala perp6tuite des famitles el des tribus , cons^quemment 
a lastabilit6 et^ la force de T^tat par ses lois sur rh6r6dit6. 

^ ImperfecttOHS : II exag^re la puissance maritale par le droit 
de polygamie et de divorce; le pouvoir du p6re, par la facult^ 
de vendre son enfant, de Tengagcr au scrviee du tabemacle. 

' K. l.D'abordMoyse par une legislatlon contraire eit contrcdit 
les moeurspolitiques, sociales de tous lespeuples deVsnliquiU , 

specialementdes H^breux. 2. Lalbrce dupouvoirdomestiqae 
esl une n^cessit^ chez les peuples grossiers. 3. Le pouvoir do- 

m^stique est contenu dansdejustes limilesparse& oblVgalions 

>is-a*vis de l*6pouse ct de Tenfant. 

Code PolUiqiie et Administratif. —1*» Avanlages: i. II pr6- 
vient le despotisme et ranarchie. — Le despotisme : par la loi 
divine qui limite et domine toutes les autorit^s ; par le principe 
d'61ection auquel sont soumisle^ anciens, les 16vites exceptes; 
par le balancement des autorit^s ^t des induences (rinfluence 
purement religieuse du 16vite est balanc^e par celle des chefs 
de famille et du chef de tribu qui sont propri^taires ; celle da 
chcf de Tetat par celle du s6nat qui lui sert de conseil) ; paf le 
droit qu'ont les tribus de g^rer leurs propres affairies; par r6- 
galit6 des familles et des tribus dev«nt Dieu et devant la loi ; 
par rinali^nabilite des heritages qui rend impossiblo raccumu* 
lation des propriM^ ; par la defensede rudurte, obstacle a rop- 
pression du pauvre par le riche : -^ L'anarchie: par le carac- 
tere respectablc des autoiMt^s appclocs a gouverHor (le chef 



— m — 

9e (fibu, les chefs de famille resument enleur pefsoiin^te pm* 
Voif, 8iv^6fife chez resH6breux, des patriarches etdesp^es de 
famille. Le chef de r^tat rcpr^sente Dieu dans Vordre temporel, 
le Grand-Prigtre est son vicaire dans Tordre spiritu^); par leur 
subordination hierarchique qui donneaux autorit6s superieures 
le droit de ramener au devoirles autorit^s Inf^rieures qui s'en 
ecarteraient.. 

.2. Par ses tois sanilaires, il pourvoit a la sant^ cle h nation 
entiere en interdisant sous la sanction de la religion les cauSe^ 
capabfes d'y porter atteinte« — Par ses lois deonomique^ , il at- 
tache lafamille au sol de la patrie; il slimule son activit^ et 
son industrie en lui assurant la possession de sa propri^t^; il 
assure les resultats du travail en d^fendant ce qui pourrait y 
metlre obstacle. — Par ses lois militaires, il pr^ose ai la garde 
dupays une armeeforte, bien disciplin6ej et personnellement 
'iBt6ress6e d le d^fendre. Ces lois n^admettent que dcs excep- 
tions motfv^e» par la bienveillance la plus delicate et la crainti^ 
d*afraiblif le courage militaire. — Le droit des gcns, a part sen 
dispositions rigoureuses vis-a-vis de quelques peuples dont 
nous avon^ parl^^ r^gle dans rensemble de ses dispositions les 
rapports intemationaux avec toute la justice et I^humanit^ pos- 

sibles en pareille matiere. 
2o Imperfcction : Ilparait liraiter outre me&ure la libert6 

individuelte en r^glant par voie administrative une mtiltitude 

ded6lailshygi^niques et ^conomiques qui devraient ^rereser- 

ySs a la volont6 des particuliers. 

R. Des dispositionsdu genre de celles qui font la matiere dc 
ce reproche se retrouvent dans tous les codes de rOrient. Elles 
sont dans tes moeurs ihdividuelles et sociales des Orientaux. 
Elles avaient uneimportance sociale plusgrande cheicespew- 
ples que ehez nous , soit a raison du climat qu'il^ habitaient , 
soit parceque la legislation ^tait le seul moyen, ou au moins le 
plus efficace pour leur donner les regles n^cessaires sur ces 
differeiits objels et cn procurer Fobservation. 

Codc Penal etJudiciairc—i^ Avanlages : 1. La s6veri(6 des 
peincs appropriees aux mceurs grossiferes du peuple garantit 
Vobsiervation de la loi et la s6curit6 pubMque. 2. II donue aiix 



J 



Jages desr^tei poiir proporlioaner ave« justicela puidliomaiUL 
crimes et aux d^its. L'organisaiioii Judiciaire, les r^les de^ 
procMure donneuid la naiion touies les garaniies de josiiee el 
d^impartialit^ n^cessaires dans TadmiBistraiion delajustice» 

^ ImperfeciioDs : Nous avons parU ailleurs des reprodies 
•dress^au code ptoal. 

//* Doctrine tt UgUlaiion de MoysB comparki <tiix enuigne^ 
menis de la r^Halion primilive* 

Si l'on compare la doctrine el la 16gislaiion Mosaiqaes aux &t- 
seignements de la r^vdation primitiveY eUespr4senteni les ca« 
raci^res suivants: 
1<» Ideniii^ quant ila doctrine dogmatique el morale» 
2» Diff6rence profonde, en ce que la r^v^Iaiion primiiive ne 
coniieni aucune applicaiion oa du moins des applications peu 
nombreuses aux rapports religieui, moraux ei sociaux ; tandis 
que la r6v61a(ion de Moyse r^gle, sous ces rapports^ la con* 
duite des individus ei d^ la naiion juive dans ses plus minu- 
tieux d^tails. 

///. Doctrine el Ugislation de Moyse comparees aux docfrines et 
aux Ugislations antiques. 

Si Ton compare la doctrine et la Idgislaiion Mosatquesaux 
docirines ei aux legislations aniiqoes y elles pr^senteni les ea- 
ract^res suivants : 

loldenlit^ d^origine: Sous les diff6rences ei m6me sous les 
oppositions nombreuses, on relrouve des similiiudes qui ma« 
nifestcnt une origine commune; similitudes qui devienneniplus^ 
^videnies encore, si Ton suit k travers les si^cles les d^grada- 
tions progressives de la doclrine. 

2f> Diff^rences profondes : Bans la dpctrine et la %isIatio& 
de Moyse, conservation parfaile de la doctrine primitive ; har- 
monie compl^ie entre les dogmes et la morale , entre la mo- 
raleetta 16gislation; spontan6il6 dans le d6velqppement , et 
malgrife cela, absence d'erreur dans les d6tails nombreux don- 
n^s par Moyse sur les devoirs religieux, moraux ei sociaux; 
sagesse surprenante manifest^e par la perfection absolue et 
relative de ses prescripiions. 



— 161 — 

hans le« doctrines el les legisTations payenniBS de rantlqtiit^y 

on g^6ral caract^res opp6s6S: Alt6ration des dogmes priinitifs, 

Dans la religion, polylh^isme et d^gradaiion de ioates les per- 

fcctions divines. Dans la philosophie, mal6f ialisme, diialisine> 

panth6isift:e, scepCiCisme avec tdutes leurs eons6quences. Rda- 

livement a la notion de Dieti, de Thomme , dii monde , alt6raw 

lion des principes morattx en eax-m6mes et dans leur applica- 

Cion a la religion, a la morale, et aux v6rit6s sociales. Oubli de 

Dieu et de son culte, bu bien culte ridieul, impur, crnel (sacrifices 

htiniains). Injustice etcruaut6 dans les rapports indinduels et 

sociaux autoris6efl par la religion^ la philosophie,Ia I6gisIation, 

IiB droit des gens ;. despotisme partout* Dans les rapports indi- 

viduels, droit d*usure exerc6 par le riche sur lepauvre. Dafts 

la famille, droit devieetdemOrtdup6re surr6pouse,renfant^ 

l'esclave, qain^estpour lui qu^une chose, dont il peut uscr et 

abuser de la mani6re la plus cruelle et la plus immorale ; toos 

les droits des membres de la familie absoii)6s par ceux du dhef 

quila dirige. Dansr6tat, en Orient, pouvoir souverain sans 

rfegleset sans limites, la persbnne et la ptopri6t6 des sujets 

sans gafantie conlre le caprice du monarque ; en Occrdenl, 

memes d6sordrcs malgr6 les apparences contraires, constitutton 

Tepublicairie , libert6 seulement pour les principaux citoyens) 

despolisme vis-a-vis des classes inf6rieures et vis-^-vis des na- 

iions vahicues. — Les pointsde morale et de l^gislation conswr- 

v6s purs, en desharmonie compl6te avec les dogmes. — Pro- 

gression marqu6e dans le d6veloppement des instiftutions et ded 

lois, — A c^t6de pr6ceples et de pr6cauti6ns sages el utiles, 

d^aufres pr6cepte» et d*autres prescriptions insens6es et nui- 

sibles. 

§ 5. Cette excelleace de la doctrlDe et de la I6gishlioQ MosaSques. 
suppose une origine divine sp6ciale. 

Pour6tahiir cette proposition il suffit de monCrer que cette 
exccUence ne peut s^expliquer ni p»r la r6v6Iation primitive , 
ni par la puissance de la raison. 

l*£lle n*a pas pour cause la rev61ation primitive: 1. Celte 
expIicatioQ suppose la conservation de la r6v61ation primitive 



— 162 — 

daoB toute son iot^grk^ etsa puret^; chose difficile & cdncevoir 
8«ns tto seconrs sp^eial de Diea, paisqae mtoe dbs T^poque de 
Moyse cetter6v61ationaYait ^t^ profond^tnent alt^r6e chei tous 
les peuples aveclesqaels Moyse et les H6breux pouvaient avoir 
des rapports. 2. Lar6v61ation primitive, iisapposer qu^eUe edt 
M cOBserv^e intacte, expliquerait la puret^ de la doctrinedog- 
matique et morale, mais ne rendrait pss raison de la parfec- 
tion de la l^gislation. 

Stf^ EUe n'a point pour cause la puissance de la raison : Dans 
cetle hypothfese, les doctrines et 16gislatioBS antiques devraient 
^re b^ucoup plas par£sdtes quc la doetrineet la l^gislation de 
Moyse, puisque les philosophes et les l^gislateurs de Tantiquit^ 
de beaucoup post^rieors k Moyse auraient 6t6 dans des eondi- 
tions pltts favorabies que lui pour perfectionner leurs doctrines 
et leurs l^gislations. Car en premier lieu , k partir de Moyse 
jttsqu'a r^poque de Tenseignement des philosophes et I6gis- 
lateors antiqoes, Tesprit humain , du moins d'apr6s le syst^me 
des adversaires, avait acquis de la force et de T^tendue. Eu 
eeeond lieu, le temps est pour les oeuvres humaines une con- 
dition de perfeetion qui manquait a la doctrine et a la Ugisla- 
iion de Moyse d6velopp6es spontan6ment,'ei qui MtpossM^e 
par les doctrines et les i^gislations de rantiquit^ dont le d^- 
veloppement a 6t6 progressif. Donc les doctrines el IfegislaUons 
ancienne8.6taientdans des conditions de perfection beaucoup 
plus favorables que la doctrine et la l^gislation de Moyse. Ch:, 
malgr^ cela, nos aitt6c6dents prouvent que la doctrine et la 
l^gislation MosaKquesremportentdebeaucoup sur les doctrines 
et les 16gis]ations antiques; donc elles ne sont pas comme ceUes- 
ci leproduit de la raison: d^ailleur^ eUesne peuvent pas s'ex- 
pliquer par la r6v61ation primitive ; donc la doclrine et la 16- 
gislalion de Moy$«i ont une origine divine sp^ciale. 



^ 165 — 
II. PREUVE. 

Force surnaturelle inhh^enle a la loi Mosaique. 

l. Force de conservation. 

lo Que la loi Mosaique ait 6t^dou^e d'une force de con§cr- 
vatiQii, les faits le pFonvent; car il est constant qu'elle a diri- 
g^ le peuple h^breu pendant quinze si^cles s^ms avoir subi la 
inoindre ali^ralion. 

2« Gette force de copservatiQn est sumaturelle. Gar, abanr 

donii^e a ses forces naturelles de conservation, elie e6t 6t^ in- 

&jlliblement alt6rj6e : D'abord le temps toot seul, ind^pendam- 

meni de ioute auire cause .a produit des alt^rations ei des 

changemeuis dans la l^gislaiion de tous les peuples , mdme de 

ceux doni la dur^e ne peui pas ^ire compar^e k celle du peu-* 

fie de Dieu» — En aecond lieu, la 16gislation Mosaique a subi 

Finfluence d'une multitude de causes capables de ralt^rer: 

rinfluence des passions, des moeurs grossi^re» et des penchanis 

idoldtnquesde la naiionjuive; rinfluencedes r^volutions inti- 

rieureS) des p6riodes d'anarchie etde d6sordres sociaux du temps 

^es Juges ei de la s^paration des dix iribus; raciion corruptrice 

dea mauvais princes si nombreux qui oni occup^ le trdne de 

Judas el d'lsrael, joinie k celle des naiions voisines idoldtres et 

corrompues ; rinfluence des guerres exi^rieures avec les Assy- 

riens, les Syriens et les Egypitens ; Tinfluence de la capiivil* 

chez les Assyriens idoMires ; riufluence de la pers^cution des 

rois de SyTie,successeurs d*Alexandre ; rinfluence de la philo- 

sophie grecque qui s*esi introduite ehez les Juifs daus ies der- 

niers iemps de la r6publique* 

IL Protectien surnaturelle m^rit^e au peuple liebreu par 1% 
professioii de la loiMosaique. 

Pour develDpper ce raisonnemeni, il faul montrer 1* que le 
peuplejuif a 6t6 dirig6 par une providence surnaturelle ;2o que 
cette providence sumaiurelle a ei pour cause la pfofessioo 
de la loi Mosaiqae. 



— 164 — 

1« Le peuple juif a ^te dirig6 par une providence spe- 
ciale. 

Cela se prouve 1. par la persuasion du pcuple juif; 2. 
par les connaissances prophetiqucs qui lui ont el^ communi- 
qu^es ; 3. par une multitude d'6v^ncmenl8 heureux et ra^me 
malheurcui dans lesquels on nc peut m^connattre unc aclion 
surnaturelle de Dieu. 

1. Persuasioo des Jaifs.— Les Juifs ont toujours cru que Diea 
dirigeail leur natkm par ' une providence sumalurelle. Ils oiit 
pouss^ m<^me leur confiance jusqu'a Texcds. Au temps dn 
si^ge de J^usalem par les Assyriens , ils ne porent se persoar- 
der que la ville scrait prise , queique cet ^v6uement lcur fOt 
annonc6 par le prophete J^r6mie. Le mSme faK se reproduisit 
lors du si»ge de la ville sainte par les Romains; J^rusalem, 
selon eux, ne pouvait 6tre prise , parcequ*elle poss^dait dans 
8on enceintc le teraple du Seigneur. Or cette confiancesoppose 
le fait d'une providence sp6ciale et surnatoreUe. ♦ 

2. Gonnaissances prophdtiqnes. — Dicu a communique aux 
Juifs des predictions sur le sort de leur nation; sur ceiui des 
nations 6trangeres ; sur la vemie et les ceuvres du Messie, 6v6- 
nemcnt principal dc Ililstoire de rhumamt6.--Ces pr^dictions 
sont de v6ritables proph6ties. 

Pr6dictions sur leur sort : par rUrim et le Thummim^ Comuke 
on le voit dans les livres du Pentaleuquc, de Josu^ , des Juges 
et des Rois (1) : — par le ministere des Patnarches, de Moyse, 
des Proph6tes. L'occupatiou et la division de la terre de Cha- 
naan est annonc^e par Ahraham, Isaac, Jacob, Joseph , Moyse 
(2). L'idolAtrie du penple h^breu, les malheurs qui en Idrait 
la punition, leur relour a Dieu, leur d61ivrance apr^s leur con- 
> ersion sont annonc^s par Moyse et par Josu6 (3). L'^lablisse- 
ment de la royaul^ est prMit par Moyse, ainsi que la divisioa 
du royaume, la captivit^, la dispersion du peuple (♦). Speciale- 

(I) Exod. 2«, 50. Num. 27, 21- Jos. 9, 14. Jud. i7, 5; .18, 14. 
1 tteg; 29, 9; 30, 7. 
(2)Gen. 12, 7; 26, 2; 28, 13; 49; SO Dcut 19, 1; 27,8; 33, 

(3) Deut. 31; 52, Jos 23, 12. 

(4) Deut. 17, 14, 



— 16S — 

ment lacaplivft^est anooiicec.par 0^6e, c. 3; par Amos, <?. 5; 
par Habacifc, c. 1 ; par Sophonie, c, 1; par Isale; par J^r^ie, 
c. 15; parEz^chiel, c. 12.Non seulementle falt de lacaptivite, 
mais ses cjrconstance^ sont annonc^es ; ies Juifs serout emme- 
nes captifs par les Babyloniens (Is, Jerem.); Iacaptivit6 ne du- 
rera que soixante-etrdix ana (Jer. Dan.); als relQurneront dans 
la terre dlsrael (i) ;Isaie, c. 44, deux«ents ans avant revfenc- 
ment nomme Cyrus eomme le/liberateur des Juifs. La ttd^il^ 
des Juif» apc^s la captivU6 est pr^dttc par Isale, c^ 44 ; 43 ; 49« 
elc; par Ez6chiel, c. 36; 48; par Jer6mie, c. 46, 27. Les cala- 
Hiit^s des Juifs, iear^pers^utions par Antiochu8,etc., sont an- 
nonc^ par Zacharie, e. 4; par Daniel, c. 7et 8. 

Pr^ctions sor le scHrt des peuples environnants : ia destrucr 
tion de Ninive et de Tempire Assyrien est pr^dite par Nahum^ 
c. 3, parSophonie^ c. 2; la destruction d^ Tyr par Ezeehiel^ c. 
26; 27; 28, par Joel, c. 3, par Amos, c. 1 : les ^v^nements dn 
royaame d'£gypte par Es^chiel^ e,29 etsuiy., par Jec^mie, c. 
43 ; la destroction de F^pire de Babylone par Isaie, c. 13; 14; 
21, par Habacuc, c. .2, par J^remie, c. 51: les ^v^nements des 
empires Perse, Grec,^ Romaln par Daniel^ c* 7 et 8. 

Pr^dictions sur le Messie : Nous les d^velopperons plns tard. 

Ges pr6dictions sont de veritables: propheties. Pour r^tablir 
il faui montrer 1. par la chronologie, qu'elles ont prdc^de Te- 
vfenement; 2.'par la logique etlebon sens , qu'elles sont alfir- 
matives el suffisamment circonstanciees ; 3. parrhistoire , que 
r^v^nem^nt correspond a la predictipn ; 4. par les priDcipcs 
fli«ologiques posespr^C^demment que ces pr6dictions ne peu^ 
vent 6'expliqoer que par rintervention divine. Tpus ces deve- 
k^pements trop longs, ppur trouver place dansnotre trail^, sont 
rotbjet 4'une etude plns approfondie des livres prophetiques^, 

3. Ev^nements dn peuple juif, — Pour^tablir celte parlie de 
la prenve, il sufiit de monlrer que la conduite du peuple he^ 
breu pr6sente des ^^ements extraordinaire^s; que ces 6v6- 
nements soni miraculeux. 

La conduite du peuple h6breu pr^sente des evdnements e\- 
traordinahres. Ainsi,Ie passagedu Joupdain; la prise de J^richo; 

(I) OS. 14; Amos.Micb. Soplion. Jereni 31; 50;. 51 Ezecli, 26, 



— 166 — 

la d^fiiite des Chanan^ens pr^ de Gabaon; le soleil arr^le 
dans sa couKe par Josu^ ; la voeatioh samatiireHe des Juges 
destin^s k d^livrer le penple h^bren ; le prodige de la r^coUe 
plos abondante la sixi^me ann^e ; les ealamitds qae F Arche 
procure anx niilistins ; les marqaes sensibles de la pr^nce 
de Diea dans le temple de Salomon apr^s sa cons^ration ; les 
prodiges d^EIie et dTIys^e ; la destrnction de l*arm^ Assy- 
rienne k la prifere d'£z6chia8 ; les enfents dans la foumaise, au 
temps dela eaptivifi deBabylone; les calamit^s da peuple hd- 
brea, son oppression et sa d^livrance li^ invariablement k 
sa fid^lit^ oa i sa d^ob^issance &la loi de IMeu, etc., etc. (1). 
Ges 6vtoements sont miracaleax : (appliqaer ;& ces faits les 
r^es exprim^es plas haat pour constater le earacttoe miraca- 
leux d*un fait). 
y ^ Gette providence snmatarelle aeo poar cause la prdlession 

de la loiMosalque: 

1 . Les proph^ties donn^es aax H^breax sar le sort de lear 
liation avaient poor but, comme il est facile de s'en conraiiicre 
en les examinant, de les engager k pratiqaer leur loi; celles 
relatives au Messie, de leur donner les moyens de remplir /a 
mission qui leur avait ^t^ donn^e en tant quepeuple deDieu, 
de pr^parer les voies m Messie ; celles relatives aux ev^e- 
ments des nations ^trangferes, de donner de la valeur auxprfe- 
cMentes, de coniirmer ce dogme de la religion Mosalque que 
Dieu condursait tous les 6v6nements. 

2. Les 6venements miraculeux tendent, comme il est 6videiit, 
d donner au peuple hdbreu des moyens et des motifs de pra- 
tiquer la loi MOsaTque etdele rappeler k sen observation. 

Doncle peuple h^breu a Hh dirig^ par une providenee sar- 
naiurelle speciale, providence qui a eu pour cause la profession 
de la loi MosaYque.— Depltts la loj Mosaique a 6t6 dou^e d'onc 
force de conservation snraaturelle. Donc la^ divinit^ de son 
origine est ]firouv6e par la force divine sp^ciale inherente a 
cette loi. 

(1) Jos, 3.-^ Ibid. 6.— Ibid. 10, 13.— iud. 5; i; 6; 10; 11; 13. 
1 Reg. 1. — Exod. 16, 5; 22, 29. Levit. 25, 21.— 1 Rcg. b; 6. — 
3 Rcg. 8*— Ibid. 17 et seq.— Isa. 37.— Dan. 3. — J«d. 2- 



_ 167 — 
PROPOSITIO IIL 

REUGIO CHBISTUNA FUIT DIYIMTUS RETELATA. 



PRiEMITTENDA. 

Antequam hujus propositionis demonstrationem ag- 
grediamur in anleeessum probanda est auctoritas hi«- 
toriea librorum N. Testamentj. Iliam enim auctoritatem 
bistoricam demonstratio Christianismi necessari6 sup- 
ponit; cum perlibros N. Teslamenti constel de adim- 
pletione prophetiarum quaa Gbrlstum prasnuntiabanX; 
ciim in lihris prsedictis referantur miracula C^risti, ex- 
ponatur Divini Legislaloris doctrina, narrentur effectus 
plurrmi quos ab initio produxit prsedicatip et observatio 
Christianse doctrinse. Unxlc, 

PRO^OSITIO. 
lAM M. TeitameiRi halieiit anetorltatem liisioHcaiit eertam. 

flfomine librorum N. Testamenli designamus : qua- 
tuor Evan^elia , Actus Apostolorum , Epislolas Aposto- 
Ii<?8s. 

In proposittone actuali afiirmamus tantum auctori- 
tatem historicam^ tacemus proinde de laspiratione, de 
Revelalione, de yerilale dogmalicli prsedictorum libro- 
rum. Quo posito, 

Auctorilatem historicam N« Testamenti probamus 
dir€cl6, indirecte. 



— 168 — 

PROBATIONBS DIRCCTiE (1). 

Libri N. Testamenli habeiit auctoritatem bistoricam 
certam, si sint authentici, — integri, — veraces. Atqui, 

l i. MlHi if. TcstamcnU timt jLallWBacL 

Prob. I. Ex TesUmonio. — Autbenticitas librorum 
N. Testamcntt afBrmatur, — cum convictione, — cura 
coovictione legitimii. 

1« Ppo. Aflirmatur Autbenticitas librorum N. Testa- 
menti : 

/. Affirmatur AuthenticilcLS EvangeHorum — abom- 
nibus Gatho]ieis, ab Hasreticis, k Judaeis , ab ipsis Pa- 
^ ganis. 

Ǥ' l"" Afiirmatur ab dmnibus Catholicis : 

€um citra controvcrsiam sit Gatholicos k tertio sae- 
culo clar^ et constanter testari de Authenticitate Evan- 
geliorum ; sufficiet adducere testimonia secundi et pn- 
mi saeeuU setatis Cbristiaode. 

Testimonia secundi saeculi. 

Origenes , qui scribebat ineunte tertio sseculo , sic 
habel, in Matlh. lib. i: « Sieut ex traditionenceepi de 
qualmr Evangeliis qum sola in universd Dei Ecclesid 

(1) De auctoritate librorom N. TestamenU, vid. inter alios : Hou« 
teviile, HeUgion Chretienne prouvee par les fail$ ; La Luzeme , 
Disserlations sur la ReUgion; Duvoisiu, Demonstralion Svange- 
' lique; Lieherms^n, tmlitul. TheoL; V. Verretke, Pratect* TheoU; 
[ D* Glaire, Introduction d VEcrHure Sainte, T. V et VH etc. — 

^ Speciatim, de testimonio Pagauorum consul. Huet, Vemonstr. 

^ Evang.; P. Colonia, La Religion Chretienne autorisee par U te^ 

^! moignage des anciens auteurs payens ; BuUet, Histoirede Petahlis- 

,11 semmU du Chrisliamsme, Etc. 

i 



— 169 — 

qitm ^ub cmio esi vitra eontraversiamadmittuntttr. Pri- 
mum sciUeet Evangelium scriptum e$t a Mattkmo.i.^ 
etalibi, inLue., Homil. 1 : « MaUhmm et Marcus ^ et 
Joannes, et Lucasmn suni conati scribere^ sedspiritu 
sancta pleni scripserunt Evangelia. » 

S* Ir^qeeusi Tnartyrio coronatus anno 203^ inlib« 5. 
contrahaeres. cap. 1 : « Matthmusin Hebrmis ipsorum 
lingmi scripturam edidit Evangeliii citm Petrus. et Pau- . 
lus evangelisarmt et fundarent Ecclesiam. Post vero 
horum excessumy Marcus discipulus et interpres Pe.tri 
et ipse qum Petro annuntiata erant per scripta noMs 
tracUdit. Et Lucas autem sectator Pauli quod ab ilh 
prmdicabatur Evangelium in tibro eondidit. PosteAct 
Joannes discipulus Domini , qui et supra pectus ejus 
reeumbebaty et ipse edidit Evangelium , Ephesi Asim 
commorans. » 

TeftuUianus, in lib. i. contra Marcion. cap.2: 

« Constituimus in primis Evangelicum instrumentum 

Afoslolos auctores habere^ quibus hoc munus Evangelii 

promulgandi ab ipso Domino sit impositum^ sie Apos^ 

tolicos vxros^ nontamen solos sed cum Apostoliset post 

Apostolos... Deniqui nobis fidem ex Apostolis Joannes 

et MaUhmus insinu^nt^ ex Apostolicis LucasetMargm 

tnstaurant. » Addit paul6 post, cap. 5, Evangelium 

Lucse stare ab initio editionis suae non solum apud eccle- 

sias Apostolicas, sed apud universas quse illis de socie- 

iate sacramentorum confoederantur et camdem auctori. 

iatetn ecclesiarum Apostolieafum ceeteris quoque pa* 

trocinari Evangeliis. 

Clemensy qui Alexandrinis preeerat an. 189, plurimn 
pnsslnn affert loca Scripturae quae dieit excerih cx 



~ 170 — 

EMimgdio secQndtim Lucam, vel secuQdum Maltlimimy 
ete. Vid« v. g. Strom. lib. 1, lib. 3. 

Theophylu8> Antiochiae Episcopus, circn aa. 180, rn 
lib. ad Autol. plures Evangelii textus fideliter refert, isl4 
locutione praemissft : In his Joann^s it& dicens ; vel ilU: 
Vox Evangclica prcecipiL.. Evangelium inqtiii. Vid. 
X. g. lib. % n. 13, 22; lib. 3, n. 13, 14. Equidem 
Theophylus oihil excerpit ex Evangelio secuodum Har- 
Gum. Testaturv^ro S.Hieronymusse legissesubTbeo* 
phyli nomioe Commentaria in Evang€liuni$ id est, in 
quatuor Evangelistas « juxta modura loquendi SS. Pa* 
trura. 

S^ Justinu^, martyr an. 167, Dial. cum Trypb. a. 
104 ad fiQem : « In commentariis , quos ah ejus Apos- 
toli^ eorumqae discipulis scriptos dico , proditwn esi 
sudorenif veluli gtUtas sangtiinis... » Et in Apolog. f» 
n. G6 : « Nam Aposloli in commentariis suis, qwe vo- 
^antur Evangelia, itd sibi manddssd Je&m. iradide- 
runt..^ » Agnoscit ergo EvangeHa quae scripta fueruni 
ab Api»stoIis eoruraque Discipulis. In pluribus etiam 
operum suorum locis, speciatim in Apolog. 1 , ssepius 
refert sermones Domiui, ct citationes istae textui Evaa- 
^cUstarum pmnino consentiunt. 

S. Polycarpus, Joannis Apostoli discipulus, marlyr 
circa amnum 166, in ep* ad Philip. n. 2,7, etc. plura 
rcferl excerpta ex Malthfleo, Marco etLuc^. Equidem in 
ejus operibus mentio non fit de Evangelio sccundum 
Joanncm; sed adest citatio quaedam de prim^i huju» 
Aposloli epistol^ quae, juxta crilicos omnes , ejusdera 
^st auotorisac Evangelium Joannis. 

P|pias , Ilierapolilanus episcopus, qui florebat circa 



— 171 — 

anaam 118, opas scripsit cui tttulus: Expositio imma^ 
mimDormnij etcojus fragmenta refertEusebius. TesUi- 
iuraiilcra Papiris sequentia se audivisse ex ore JotEnaiis 
presbyteri qui in numero discipulorum Domini habe^ 
batur : « Marcm qui fuii interpres Petri qwBCumqne 
ienebat memorid scrip^it quidem aecural^ , $ed lamen 
non 40 ordine quo erant d Domino dicta , factave... 
ifatthceus sermone hebraico Evangeliumde Christi ora- 
culis et rebus geslis conscripsit; quod plani quisqne 
utpoterat interpreiatus est. » Euseb., Hist. eccles;lib. 
3, cap. 59, 
Testiraonia primi saeculi. 

1 . Ex testimoniis superius allalis sequitur authenti- 
ehatem Evangeliorum fuisse admissam labente secundo 
fiBCuIo Anthiochiae^ Alexandriae, in Asi^ minori , Car^ 
Ihaginiet inGalliis; uno verbo, apud omnes ecclesias 
ab AtH>stoIis immediale aut mediatd ftmdatas. Ergv 
pr^dicta authenttcitas j^m admittebaiur in primo s^- 
cti\o. Hoc evidens est nobis qui testimonia secundi «ae- 
cuU ut legitima habemus. Hoc quoque evid^ens est^ 
eliara ia adversariorum systemate. Siquidem , si fraus 
irrepsisset, non potuisset apud omnes Ghristianos pree- 
sertim ciVca rem tanli momenti praeValere , nisi longo 
intervenient« temporis intervallo. Proind^ ex eo qu^d 
omnes ecclesise labente secundo saecu4o proauthenlici« 
ienuerinl libros Evangeliorum , necessarid conciudtm- 
dum GhFistianos primi sdeculi hane authentieitatem jSim 
«ignovisse* 

2. S. Ignatius, qui an. Id7 raartyrii palmam obli- 
nuit, S. Glemens Romanus Pontifex, juxta alios ante 
M. 81^ juxta aliojsan. 97,. S. Barnabas cn^t» an.» ^^ 



— 172 - 

inortuus» id epistolis perpaucis quos ab illis teDemus, 
ex Scripturd referunt te;ctus admodiiin conforoies 
lextui Evangelistarum ; ac proindd, lic^t non indicato 
librorura et auctorum nomine , implicit^ saltem tes- 
Cantur de Evangeliorum authenlicitate in lato sensu. 

S. Ignatius, in ep. ad Ephes. n. 14 : « Manifesta etl 
arborex fructu ejus, » (Maltb. 12, 33, Luc. 6, 44). In 
iBp. ad Smyrn. n. 14: « Gognovi vos... pleni persua* 
sos Dominum nostrum natum ex Yirgine, baptisatum a 
Joanne ; tU impleretur ab eo omnia justitia. • (Matth. 
3, 15). Et in ep. ad Polycarpum, n. 3 : « Prudem esto 
sieiit serpens in omnibus . ei simplex ui cotumba. » 
(Matth. 10, 16.) 

S» Clemens, inep. 1, n. 13: « Praecipui memores 
sermonum Domini... Sic enim dixit : Miseremini etmi' 
sericordiam consequamini. Dimitlite et dimittetur vobis. 
Sicul faciiisj itd vobis fiet... Qud mensurd mtieminiy 
>^j^ in edmensurabilurvobis. » (Luc. 6, 31.) Etia ekdem 

Ij ep. n.46: « Recordamini verborum Jesu Domiai nos- 

j j tri : Vce homini illi : bonum erai ei si nalus non /wtswt, 

qudm ut unum ex meis electis scandalisarei. Melius 
eral ei ut mota circumponeretury et in mare demerge- 
retury quam ui unum de pusillis meis semdaHsaret, » 
(Matth. i8, 6,Marc. 9, 41. Luc. 17, 2.) 

S. Barnabas, in ep. n. 4: < Juxta <}uod scriptum 
est : Multi enim sunt vocaiiy pauci verb electi. » (Mal|h. 
Ji 22, 14.)lbid. n. 5: • Elegit (Jesus) homines omal 

*! peccato iniquiores, ut ostenderet qu^d non venit vocars 

II justos, sedpeccatoresadpcenitentiam.T» (MaUh.9, 15.) 

'.'^^ ibid. n. 19 : « Omni petentite tribue. » (Luc. 6, 50.) 

«^^ 3. Inilio libri Actuum sequentia leguntur : « Primum 



— 175 — 

qnickm sBrmQnm; feci flfe omniftw*, oTfwopfnle, qm 
eoepit Je$U8 faeer&ei doeere^ usqud indiem qua prveci^ 
fiefis ApostoUs per Spiritum sanctumy quos elegit^ as- 
sumptusesL xi Unde sic: Suppositli audienticilete Hbri 
Actttum, qaam adversarii generaliter admittunt et qusfe 
alfundii tnferius probabitur, ex boc textu condudi po- 
ircst autbenticitas Evangelii secundiim Lticam» Auctor 
eftiin libri Actuum asserit se primum sermonem fecisse 
de factis ei serraonibns- Ghristi ; porro primum hune 
^ermonem nibil aliu4 esee quitm Evangelium Lucs& ad- 
geriptum,. sequenlibus eonstat. 1. In hoe EvangehV^ 
«icut in sermone de quo loquiturLucas, narralio^art^t» 
qu€B ccepiiJesus fac&re ^rcfocer^ ordiuatur tisque ad 
A^eensionem. 3. Actus Apost. et Evangelimi sunt soii 
lifori qui Theophilo scribantur. 3v Bx bquendi form& 
clare apparet ^ fatentibus eritieis, unum eumdemque 
esse utriusque Uhri auctofem. Aliund^ liber Acluum, 
ut patet,. est continuatio Evangelii. 

Bx dictis concludendum: Eyangelia primaetis al> 

Ecdesiae temporihus extitisse; — prsedicita EvangeliB 

esse eadem, aut saliem de numero eorum^ qus& nune 

recjpiuniur; ciim textus, quos SS. P&tres referum 

utpote e Seriptur(k excerplos , reperiantut omnes in 

libris Evangeliorum ; — proindeEvangelia csseafuthen- 

tica in sensu lato; — proinde et in sensu stricto, alio- 

quin explicari non possct traditio conslans quli IitM:t > 

quatuor Evangeliorum sub nomine ftft^Hhari , MBrei » 

Lucae et Joannis circumferunlur. 

2o AuthenticiJas Evangeliorum aJQSrmalur ab Ifere- 
ticis. 



I 



— 174 — 

TatiantiSy priiig S. Justiai discipiilus» matikvit equi* 
dem sermones Evangelii et fiiGta quee centradiedamnt 
suae doctrineey nullum autem movit dubium circa Evan- 
f cliorum aulhenticitatem. Testibus Eusebio^ Epiphanio 
et Theodoreto^ scripsit opus , cui titulus : Dialesaarony 
idest, seeundiim quatuort in quo exponebatur eum 
ordine et concordantift series textunm Evangelio- 
rum (1). In oratione ad Greeeos haec adhibet v^rba 
JoanniSy cap. \: * Ei tenebrcs eam non comprthende- 
rim/...» etpauld post hsdc alia: « Omnia per ipsim 
fdeta sunty et aine ip$o factum est nihil. » (3). 

Marcion^ an. liS, admitlebat authenticitatem E^^ao- 
geliorum antequlim in haeresim lapsus foark. Etiamqtte 
post lapsum non negabat quidem preedictam autbenti- 
eitatem ; vebementiiis autem exprobrabat qu6d in suis 
Evangeliis Matthseus, Marcus et Joannes admisetnsseiii 
ea quae sunt legalia Salvatoris verbis» Solcioi refinuit 
Evangelium secundiim Lucam (3). 

Yaleniiniani» itji appellati a Yalentino an* 140, qua- 
tuor admittebant Evangelia, prae aliis quidem habentes 
Evaiogelinm Joannis (4). Heracleo unu& e Valentini dis- 
dipulis edidit commentarium in Joannem, eujus frag- 
p^menta multa refert Origenes, et in quoduo exMatthaeo 
ardducuntur loca (5). Ptolemaetis, alter assecla ejusdcm 

(1) Ettseb. mst. Eccles.y lib. 4, eap. 29; Ei«ph. Hmv». XLVl ; 
Tli^od. lib. i. HoMretic. fabuLy cap. 20. 

(2) Justin. Oper. Lutetiae, 1656. pag. 152, 158. 

(3) Iren. Contra hares,, lib. 3, cap. 27; Terlul. Adv. Marcion.y 
Hb. 4, cap. 4, 5. 

(4)Iren. Contrd fmres.^ lib. 1, cap. 1^8, 8; Ub.3, cap. 11. 
(5) Clem. Alex., Strom* lib. 4, cap.9. 



— 175 - 

ha^reslarckse, in ep. dd Fior. ptura eUam depromit ex 
Matths&o et Joanne (t). 

50 Authenticitas aflirmatur (saltem implicite) k 
Judseis. 

Nunquam enim accus^runt Christianos doctrinam 
suam e Ijbris apopryphis hausisse. 

i^ Affirmatur ab ipsis Paganis: 

Celsu^, quisUb Adriano imperatore floruit^ advers&d 
Christianos scripsit opus {Sertna verax) etijlis molta 
fragmenta refert Origenes^ Porro Celsus nullum un- 
qu^m movil dubiam de authenticttate Evangeliorum. 
Im6 plura eilari possent hUjus philosophi loea, qus^ 
evfdeatef suppoiiunt eum praBdietos libros cognovisse; 
sermonesDomini profert; multa objiett faeta qusedicrt 
Se legissc ift Scripturis nostris, etquse reaKter in Evan- 
geliis contiaentur. 

Hanc etiam authenticitatem nunquam impugtlftrunl 
Porphyrius et Juliaous , qui scrtpserunt unus tertio ^ 
alterquarto sseculo. SpeciaUter Julianus varia Christi 
dicta elgestaexLuc^, Matthseo vel Joanne «xscribit, ut 
yidere est apud S. Cyrillum Alexandrinum ; edicto ve- 
tuerat ne Christian^i lilterarum studtopoetarumque lec- 
tioni incumberent: « j^an/, inquiebat, epist. 24, lu- 
camque et Matthmm in comeniihus GcUilworum 
^xponant. » 

//. Affirmatw authentieitas Actutm Apostohrum. 
t<> Ab omnibus CathoUcis: 

(t)Epiph.,//<we«. XXXIII. 



— 17« — 

Ciim cert6 eoostei ex Bosebio, Hi$t. Bool., Ufi. t^et 
4, Aelus Apostolorum k quarto saecul^fblife geDenaliter 
in Eeclesi^ receptos, afferre suffickt t^rimofua ftm* 
cedenlium aetatum. 

1. In operibus Orig^nis, S. Ireneei, TertuHitiliii, Qe- 
mentisAIexandrini, etc.,saepiii8 reperiuntur teitus ei^ 
cerpti ex libroquem Tertullianus vocat : Acta ApostoUcat 
Apostolorum acta , Instrumentmn actorumf Commen'- 
tarius Lncoe (1); qui textus omnin6 conseotiufit textui 
Actuum nuDC apu4 Gatholicos recepto, 

Insuper Patres prsdicli cxpresseaffirraantD. Lucam 
auctorem esse libri Actuum. — S. Irenaeus, conlr.hceres. 
lib» 3^ cap. 13, haec habet: « Si quis igitur ctiUgenter 
ex Actibus ApostolorumscrHtetur^,.. Sieest eonsonans, 
et velut eadem Idm Pauli annunHaliat qudm etLucas de 
Aposiolis teslificatio, • Et» cap. 14 : « Quoniam auiem 
is Lucas inseparabilis fuit a Paulo, et cooperarius ejus 
in EvangeliOy ipse facU manifestum , non glorians^ sed 
ab ipsd compulsus veritate... Et reliqua amnxi^ ex or- 
dinecum Paulorefert,omni diligentid de^nonsirans A 
locay et civilates, et quantitatem dierum... Omnibns 
hiscum adessetLueas, diligenter conscripsit ea.*.* — 
Ciemens Alexandrinus , in fragmcnt.: c Sicui Lucas 
quoque, etAclus Apos!olorum slj/lo es^ecuius agnosserety 
et Pauli ad /lebrc^os interpretatus epistolam^..^{%^ 

2. Quoad Patres primi saeculi , in eorum qbidem 
operibus repcriuntur loca quae videatorexcerpta ex li- 
bro Actuum ; cum autem sat clara et expressa non sint 

{i) Tert. Advers. Marcion., lib. 5^ cap. 9, 5» 
(2) Cleoi. Alex, Fragm, AdumhratiQnei in priorem D. Pttri 
episl. pag:.' 1007^ edit. J. PettiM'. 



— 177 — 

at exillts pmbaUo dcduer queat , «a omiliimus. Admis- 
som autem fuisse h primo sseculo libri Actuum authen> 
tieitatem concludi poteat ex testimoniis seeundi et tertji 
s(eculi eodem ratiocinio superiiisaUato ubi de Autfaen- 
ticitate Evangelioriim. 

3. Admissdi autthenticitate Episiolarum D. Pauli, in^ 
rerius aliunde proband^ »- prdedictse Epistolae implicite 
testantur de authenticitate Actuum. In isto enim libro 
gesta D. Pauli narrantur cum eircumstantiis ita minu- 
lis et veritate relueentibus, ut dar^ appareat, fatenti^ 
bus tpsisnv^ severioribus criticis , praedictum librum 
conscribi non potuisse» nisi ab auctore qui peregrina- 
tionum et laborum D. Pauli particeps addietissimtfSr 
que comes fuerit. Porro D. Lueam fidelemPauli socium 
exstitisse istius Epistolis im6 ef traditione constat. 

2^ Autheniicitas Aetuum afBrmatur ab bostibtis in-* 
fen&issimis Ecclesiae. - 

HtBretici, Judiei et Pagani ^ histori^ teste , nui>qtfam 
negkrtfnt authenticitatem Actuum, quamvis hujus li- 
bri rejecerint aucloritatem doctrinalem. — Nunc eliam 
criticiralionalistae etmaxime lemerarii, vix audent prae- 
dictam authenticitatem in dubium revocare* 

///. Affirmatar atUhenticitas Epistolarum Apjosto- 
larum. 

Ad probandam revelationis Ghristianse divinitatem 
necessaria quidem non est auctoritas Epistolarum qude 
Apostolisadscribuntur; cum autem in argumento prae- 
cedenti attulerimus testimonium ex Epistolis D. Pauli 
deprumptum^ nunc de earum authenticitate dicendum. 
Brevitatis causli tacemus de caeteris Aposlolorum Epis- 
toli» et de libris deuteroHBanonicis. Quo posito. 



—•178 — 

(• AuUienticiuis Bpistolarum D. Pauti atftriiMlttr A 
omnibas Catholicis, 

Testimonia referinras a (crtio ssecuto, ol» nBKkfMrfi 
superius indicalam. 

Tcrtullianus, equidcm adscribit S. BafmiinB crpfldto^ 
lamad Ilebra^os; frequenti8sim£auteminoperibQs suis 
usurpat ex cseteris episiolis D. Pauli textus q.tt08 eitat 
sub nomine bujus Apostoli. 

Clemens Alexandrinus multa etiam profert ex Epis* 
tolis D. Pauli, excepti epistol4 ad Pbilemonem; texti- 
busquc excerptis ssepius praemittit nomen Apo^loli^ Iiac 
voce designans D. Paulum^ ut constal ex diversis Stro- 
matum locis, specialiter ex illo lib. S in quo , citatis 
quibusdam versibus eptstolae i ad Cor., explieit^ nomi- 
natur sanclus Apostolus Panlus. 

Item S. Theophylus , Athenagoras , S. Justitias et 
Paires Aposlolici non rar6 adhibent verba D. Pauli. 

Hermias, in Deris. gentil.sicincipit: € Paulus, beor 
ius ApostoluSy ad Cormthios scribens dicit...i^ SequuH' 
lur verfoa quaedam epistolse 1 adCor. 3, 19 (1). 

S^ Polycarpus, adPhiIip.3: < HeBcfratres^nmyqudd 
mihi arroffem^ scribavdbis de juslitid: sed quia vos 
provocdstis me. Neque enim ego , neque alius mei «- 
milis assequi pote^t beati etgloriosi Pauli sapientiam: 
quiy cum essel apud vos in conspectu hominum quilunc 
vivebanty porfecte ac firmiter docuit verbum veritatis , 
qui et absens vobis scripsit episiolas. » 

S. Clemens, in ep. ad Cor. n. 47: « SumHe, fnqtiit, 



.1) Hermias, in Derisiane geniiliumf ad calcem Q[>er. S. Jnstiiii,, 
edit. Lulatisp, 165(5 



I 



— 179 — 

episUlatH B. Pauli Apostoli. Quid primum vobis in 
principio Evangelii scripsii ? Profecto in Spiritu advos 
Uileras dedit de seipso, et Cepha^ et Apollo ; quia etiam 
tum diversuin shidia scissieratis.* 

IpsiusB. Petri testimoniurh adduci potest. Sicloqui- 
lur iri 2 ep. 3, 13: « EtDomini nostri tonganimitatmt^ 
mbjUem arbitremini : sicul et charissimus frater noster 
Paulus settundum datam sibi sapientiam scripsit vobis, 
sicut elin onmibus ^istolis, hquens in eis de his : in 
quibtessunt quwdam difficilin intetlectu, quce indocti 
et instabiks depravant, sieut et coeteiras Scripturas, ad 
suamipsorumperditionem. » 

3^ Affirijiatur ab hosiibus infensi&simis Ecclesise. 

Lieet Epistolarum D. Pauli audoritatera doctrinalem 
igeMraliter oon receperint , Chpistianorum adversarii 
miliquam ueglkl*unt earum (et saltem proto-canoniea- 
rom) autheoticitatem. 

Ergo in secundo et primo soeculq, sicut in a3vis pos- 
terioribus, admiliebalur autbenticitas librarum N. Tes- 
tami^nti. 

II* Ppo. Prsdicta aulhenJicitas affirniatur cum con- 
Yiclione. 

Nam 1» Standum est pro conviclione teslium donec 
de contrario constet; porronon conslat.-- 2<* Silestes 
praedictinonfuerintconyicti, ergo dicendisunt impos- 
lares. Porro impostorcs dici nequeunt 1 . CaUioIiei : 
erant enim valde numerosi, ae mulii inter eos in^enio 
et sanclitale prseclarissimi; 2. nee Catholicorumadver- 
Tersarii; c(im.^contra istorum maxime interCuissctmi- 



— 180 — 

nuerc auctoritalem librorum quibus nitiiur rcUgio; 
Christiana. 






III* Ppo. Affirmatur cum conviction^ IegitiiD& : 
Nam 1® legitima reputauda est testium convictio 
usquedum eontrarium probetur; porro non probalur. 
3<> Teatium facultatcs non erant vitiatae, factum po- 
tuil observari, fuit attcnt^ observatum. Ergo. — 1. Fa- 
cultatcs non erant vitiatae: Absurda esset bypothesia 
contraria» aitento num^ro testiumy ingenio etdoctrini 
multorum e tcstibus. — 2. Factum potuit obscrvari 
k generatione coaetane^ et k generationibua &ubsequ6a- 
tibus. A generatione co8etane4: Ipsi enim sijfficiebat 
inquirereutrum talis liberexstiterit, ettaliauctori fue- 
rtt adscriptus ; quod facillimum erat. A geoera(ia0i> 
bus subsequentibus: Hoc enim crat factum emlibei 
generationi observandum, scilicet » uiriiffk generatio 
praecedens libros N. Testamenti cognoverlt et legUime 
talibus auctoribus attribuerit; quod etiam haud difii- 
cile constare poterat, cum generatioues alise cum aliis 
vivant ei inter se quasi concatenentur. — 3. Fuit at- 
tente observatum : Siquidem quaestio de authenticitate 
N. Testamenti imximi erat momenti liim Catholicis , 
tiim eorum adversariis. — Galholicis: Ciim enim T<. 
Testamentumsitnorma fidei, actuumr6gula,fundamen^ 
tum religionis Christianae, Catholicorum magnopcre 
referebat inquirere utrum libri praedicti conscripti 
fMissent ab ApostoUs et discipulis Chriati. — GathoHco- 
rum adversariis : Ipsis enira intererat quam maxime mi- 
nuere auctoritatem N. Testamenti ad impugnandam 
faciliusque evertendam Catholicam fldem. 



— 181 ^ 

Prob. II. Libri N. Testamenti sunt authentici, sinon 

potuerint esse conficli. Porro res iti est. Si nempe 

Fuissent conficti , vel durante vit4, vel post mortem 

Apostolorum. Atqui neulrum admitti potest. — Non 

prius : Repugnal enim Apostolos Ecclesise summA cun^ 

invigllantes passos fuisse ut impius impostor eorum auc- 

toritateabuteretur. — Non posterius: Pariterenim re- 

pugnat omnes Ecclesias ab Apostolis fundatas, simul et 

Haerelicos acPaganos recepisse libros N. Testamenti ut 

opus genuinum Apostolorum et discipulorum Christi, 

si praedicti libri reipsJi fuissent conficti posl Apostolo- 

rum mortem. 

^ Proh. IIL Apparent in N. Testamento characteres 
intrinseci ex quibus certo concludi potest hos libros ab 
Apostoh*s el discipulis Chrisli fuisse eonscriptos. 

Siquidera, si libriN. Testamenli fuissent fraude con- 

ficti, juxta regulas artis criticae, fraus deprehenderetur 

sequentibus notis : 1« Scriptores apocryphi summatim 

et modogeneralifactanarr^ssent. 2« Res etiam essen- 

tjales eodem modo subind^ non retulisseni; in varios 

errores incidissent circa locorum situs et historiam 

coaevam. 5» Difficillim^ locutiones et scribendi genus 

iXk potuissent aetati, ingenio et moribus Apostolorum 

aptari, ut omninO impossibile fueril suspicari auctores 

ingenio et moribus diversos ab Apostolis quales per 

traditionem designantur. 

Porro econtrk: lo In N- Testamento facta cum mi- 
nutissimis personarum, locorum et temporum circumsr 
tantiis referuntur. 

11 



— 182 — 

3o Nedum adversarii contFadietiones essentiales os- 
tenderint, ne potuerunt quidem detegere aliqutd con- 
tradictorium in minutis earumdem rerum narrationibus, 
quamvis k diversis auctoribus, diverso ordine ac tem- 
pore conscriptis. Magis acmagis constat ex recentiori- 
bus critieorum inventis mirabilem adesse in libris N. 
Testamenti concordantiam cum geographi^ et historid 
setatis apostolicse. Nihil referunt auctores quod non 
pland consonet cum illo tempore; nihil quod non ex- 
hibeat mores receptos, formam regiminis, leges, cse- 
remonias/sectas Judseorum, etc. 

Z^ Scribendi forma ipsaque facta narrata denuntiant 
in auctoribus ingenium, cfaaracteres et tempus quae 
traditio Apostolicis scriptoribus assignat. — Lingua et 
stylus manifest^ ostendunt auctores natione Judaeos, 
Licet enim graeco scripserint idiomate, hebraisniis 
abundat eorum dictio ; similitudines etallusiones e ju- 
daicis consuetudinibus ac mqribus saepius ducunt. — 
Si Paulum et Lucam excipias, sermonis simpVicllaa 
prodit auctores indoctos , nulla human^ eruditione et 
litteratur&expolitos, quales Aposlolos reverk fuisse tra- 
ditione constat. — Proprius cujusque Apostoli charac- 
ter in quolibet N. Testamenti libro quasi expressus 
apparet: Joannes eximid flagrat charitate, sublimi prse- 
cellil doctrinl^ ; Petri perspicitur nativa ingenuitas , 
iunctaque cun)i summ& humilitate auctoritas ; zelo ve- 
hementi nec non et ingenio agnoscitur Apostolus gen- 
lium ; etc. — Facta narrata denuntiant setatem : Stc 
omnes Evangelistae prophetiam Christi de proximo 
urbis Jerosolymae excidib referunt, excepto Joanne qui 
Evangelium scripsit Jim impletS prsedictione, In Acti- 



%~ 183 — 

bus Apostotorum historia Pauli usque ad primum cjus 
in urbem Romam adventum deducitur, quod probat 
hunclibrum editum fuisse ante Pauli a primisvinculis 
solutionem. Etc^ — Narratio ordinatur ad flnem quem 
Apostolos sibi proposuisse traditur : Sicv. g. Matlha&us 
prse caeteris refert prophetias in Christo adimpleta»; 
hsec enim erant apud Judseos, quos Apostolus specialiter 
intendebaty vaUdiora argumenta ad probandam divinam 
missionem Salvatoris. Joannes potissimiim sermonem 
^ habet de divinitate Christi ad confutandos haereticos 

8ui temporis qui hoc dogma rejiciebant. Ergo. 

S 9. Ubrl nr, Testameiitl smit integrl. 

Prob. I. Ex Testimonio. — Integritatem librorum 
N. Testamenti aiBrmant Catholici eorumque adversarii 
cum convictione legitim^. 

\^ Integritatem affirmant Catholici : Siquidem quo-» 
Vts tempore habuerunt N. Testamentum ut librum 
quo^domnes partesdivinum, utfundamentum feligio- 
nis sv\8e; unde sat clare constat Catholicos omnes illius 
integritalem fuisse professos. — Affirmant etiam (saltem 
implicit^ per silentium) quamplurimi Catholieorom 
adversarii, qui nullum unquam mov^re dubium de li- 
hrorum N. Testamenti integritate. 

2® Affirmant cum convictione: — Catholkii: Siquir 
t dem fide divin^ credunt libros N. Testamenti essc 
^ quoad omnes partes inspiratos ; insuper multi ex illis 
si. rnortem oppetere non dubit^runt ne sacri codices in 
^ nianus infidelium venirent: quse omnia firmissimam 
ji orguunt convictionem. — Adversarii: Nihil enim omi- 
d ^erqnt ad infirmandaip Christianam fidem ; proindc dq 



i 



— 184 — 

libris quibus nititur fides Christiana non siluissent » si 
de illorum integritate non fuissent convicti. 

3<» Affirmant cum convictione legitimli : Nam i . Stat 
prsesumptio in gratiam convictionis legitimae donec 
contrarium constet. — 2« Gert6 constatde convietione 
legitimli testium. Siquidem» 

Facultates testiumnon erant vitiatae: Absurda esset 
hypothesis contraria. 

Factum potuit observari, id est, facil^ detecta fuisset 
quaevis adullcratio substantialis : Ciim enim libri N. 
Testamenti a fidelibus haberentur ut opus Apostolorum 
et discipidorum Ghristi, ut fundamentum religionis 
Christianae ; cum publiee intra coetus Ecclesiae legeren- 
tur ; ciim Scripturarum studio continuo doctores incum - 
berenty ac de illis sive cum paganis , sive cum haereti- 
cis disceptarent, Scripturarum exemplaria neeessano 
in multorum manibus versabantur.y ac doctrina et 
facta N. Testamenli omnium roemoria relinebanlur. 
Proind^y si quaedam adulteratio irrepsissel,faci\Vimetuis- 
setdetecta sive a Chrislianis^ sive abeorum adversariis. 

Factum fuit attente observatum: Nam 1. Factum de 
quo agitur maximi erat momenti tiim Catholicis, tum 
eorum adversariis. — 2. Calholicos omni tempore sin- 
gularem suis libris exhibuisse reverentiam, ac proindd 
eorum integrilati summoper^ invigilasse, ex pluribus 
ac specialiter ex sequentibus factis constat : Sseviente 
Decii et Diocl^tiani persecutione , cum cruciurentur 
Chrisliani ut vi tormentorum adducerentur ad tcaden- 
dum libros saeros quos, ut aiebautpagani, tiG?oran/&s 
legebatUf plurimi martyres maluerunt mori, quam illos 
tradere ; et qui metu tormentorum victi libros tradide- 



~ m — 

raniy prohrasolradiiorum nomine d^&ign^i , iionnisi 
post longse pceoitentiae labores ad comrounionem ee- 
elesiasUcaiu adjnoiUebantur. Gum quidam Triphyllius, 
coram pluribu^ episcopis ad populum concionem ha- 
bens, pro voce grabatum^ quae in Evangelio legitur, 
aUeram qusa elegantior videbatur^ubstituisset, Spyri- 
don rei novitatem ferre npn potuit, et quamvis mutatio 
levis appareat eum tamian publice redarguendumesse 
censuit (1). S. Hieronymus a Damasio Pap^ rogatus 
ut codices sacros in tatinamlinguam transferret, hune 
laborem prius enix^ deprecatus esl. iLpius labor^ in- 
quiebat, sed pericutosa prcesumptio.,. quis enim doc- 
tu8 pariter vet indoctus^ cum in manus volumen as- 
sumpserity et d sativd quam semel imbibit viderit dis- 
crepare quod lectitat, non stalbn erumpat in vocem , 
me fatsarium^ me ctamitans esse sacrilegum^ qui au^ 
deam atiquidinveteribus tibris addere ^ mutare^ cor- 
rigere? » (2)Posterius autem, hoc opere peracto , cum 
apud ecclesias diffusa fuerit versio a S. Hieronymo 
edita, ad hunc patrem S, Augustinut scripsit de recla- 
mationibus occasione versionis isiius exortis : quidam 
Episcopus, narrabat,limens ne derelinqueretur k grege 
suo, propter perturbationem excitatam ob hane lec- 
tionem, sc retraclare conatus est (3); et ipse (Augus- 
tinus) eh non utitur, ne tanqudm novum atiquid pro^ 
ferentes magno scandalo perturbemus plebesChristi(i)^ 
Ergo. 

Prob. II. Lrbri N. Teslamenti sunt inlegri si quovis 

(i) Sozoim. HUt. Eeelf lib. i, cap. i\. 

(2) S Hieron. Pmf* in quat. Bvang. 

(3) S. Aug, Epist. LXXI 

(4) S. Aug. Epist. LXXXII. 



— 186 — 

tempore impossibilts fuertt eorum aduiteratio. i^ul 
res it& est. A primaevis enim temporibus exemplaria li- 
broram N. Testamenli erant lat^ diffusa, tum apudCa- 
tholieos , tiim apud haeretieos. Proind^ , si qusedaoi 
aduheratio ex aUerutr& parte atteotata fuisset , eam 
facil^ detexiss^nt vel ha^retiei vel Gatholieii innumerje- 
que exortse fuissent reelamationes^ quse ab initio obsti* 
tissent imposturae propagationi. 

Prob. ///. Siogulae N. Testamenti partes inter te 
plan^ coneordant; omnia exemplariap omnes versiones^ 
saltem in rerum substanti^, inter se consentanea sunt^ 
ut testantur criliei severiores, v. g. Rich. Simon , Mil« 
liU8(i); nulla deprehenditur essentialis variatio ioter 
Evangeliorum textus ionumerasque citationes qu» in 
scriplis ac commentariis Patrum reperiuntur.Imd in N* 
Testamento imponuntur leges sive dogmaticce sne mo- 

(i) Les trMite mille varianies rassembl^es par IfiU dans soa ^ 
tlon du N. Testament, et les soiiAnta milte au moins <pie d^aulrtA 
ent recaeUlies depuis» ne cbai^ent rien 4 la substance duteiU; 
tous les critiques en conyiennent. H n'est pas de. livre profane d« 
m6mc volume que le N. Testament, quelque correct qu'on le sup- 
pose, qui n^olOQre le double de leeons dtffdrentes » si on Teiamind 
ayftc le scrupule et la s^v^rit^ que Ten a mise pour les ^rits des 
Apdtres et des Evang^listes. En effiet, les critiques qui se sont oc- 
cup^ de recuelllir les variantes du N. testament ont tenu compte 
dela ffloindre diff6rencedans la prononciation des mots, dans Tem- 
ploi de Tesprit doux ou rude^ dans celui de Tarticle d^terminatiC, 
dans Tordre et la position des mots, bien que le sens des mots et 
des phrases rest^t toujours le m6me. Et encore, pour obtenir ces 
I6g^res variations» on ne s'est pas boni6 k conf^rer les manuscrits 
du texte, mais on~ a aussi consultd toutes les anciennes versions et 
toutes les citations qui se trouvent dans les duv?ag^ des P^res 
compos^s k diiS§rentes ^poques pendant cinq cents ans* Vid. D» 
Glaire, Introd. A VEcrit, S. T. V, scct. 5, c. 6. 



;« 



1 



— 187 — 

rales» eupidiMibus ao sensibus bumaais omni&6 repug* 
nantes^ Haec autem omniamiiumS explicari queunt, si 
<»)di«es sacri quorumdam imposiorum fraude substan- 
iialiter adulterati fuerint. 

gtwUiiri IV. 'muancmt soniTcraM* 

Observ. Hic non agimus de veritate doctrinali » sed 
tantum de veracitate bistoric^. 

Hsec est ergo propositio probanda, scilicet: Jn libris 
N. Testamentireferuntur facta qualiter se habuerunt, 
exponitur doctrina qmliter A Domino ei Apostolis 
praedicata fuit. 

Prob. /. Ex Testim. — Affirmatur veracitas N, Tes- 
lamenti cum convictione legitim&. 

l«jE). AfBrmatur veracitas : 

Ab ipsis auctoribus librorum. Hoe evidens est. 

Ab omnibus Gatholicis. Habent enim libros N. Tes- 
lamenti ut divinitus inspiratos, ac proindc summ^ ve- 
races. 

Ab HaBreticfe. Quidain redarguemntequidemApos^ 
tolos utpotd corruptores dQctrinsQ Ghristi, de factis au- 
lem et speeiatim de miraculis non moverunt dubium. 
Haeresifous insuper quibusdam suum fuit Evange- 
lium proprium, et in his Evangeliis admittebanturple-* 
raque facta Evangelii nostri. 

A Juddeis. !<> Si factum resurrectionis apparitiones- 
que Ghristi redivivi excipias , non probatur Judseos 
caetera N. Testamenli facta ut falsa rejecisse. — 2® De 
miraculis inspecie, cert6 constat Judsos illa agnovisse 
saltem utprodigia quorum divinam origincm negabant. 



— 188 — 

Sic in Matth. 13, 24, Marc. 3, 39, Luc. 11, U, legHur 
ludasos miracttla Christi attribuisse Beelzebub pria- 
cipi diemoniorum. Ex Talmudo , JesiiB secum extulU ex 
jEgypto aries magicas.,, quibus mirabilia faciebal et 
inducebat plebem ad credendum qmd ex proprid vtr- 
tute faciebat{l). In hisloriis vitse Jesu a Judaeis exco- 
gitatis narratur Christum miracula patr&sse, etiam re- 
surrectionem mortuorum, per virtutem nominis Jeho- 
vah quam sacrileg^ subripuerat ^ Sancio Sanetorum 
(3). Maimonides inter Judaeos doctus dicit miracula 
Chriiti probare ipsum non esse Messiam , eo quod a 
Messili non patrari debebant miraeula (3). — 3® Pr»- 
clarum adest testimonium Josephi, qui in lib. 18 An- 
tiq. jud. cap. 4, haec habet : « Puit aulem hoctempore 
Jesus vir sapiens : si tamenvirum illum oportet dicere. 
Erat enim mirabilium operum effeclor, magister homi- 
num qui vera libenter amplectuntur, El pturimos qui- 
dem ey: Judc^is, pturimos ctiam ex gentibus ad se per- 
Iraxit. Hic erat Christus : citmque eum a primoribus 
genlis suce accusatum Pilatus ad crucem damndssety 
abeo diligendo non abstiterunt qui primum ccsperant. 
Nam post tertium diem redivivus ipsis npparmt : cHm 
divini vates hcec, aliaque qu&m plurima admiranda 
deeo preedixissent.Nequead hunc diem defecil deno- 
minatum ab eo Christianorum genus. » (4). 

(4) Tract. Schabtat, fol. 104, apud Bullet, p. 7»; 

(2) Bullet^ ia eodem loco. 

(3) Curs. tompl. Script. sacr., T, IV, col. CXXI, ad finem. 

(4) N^irunt plures authenUcitatem textds JosepW.— CriUei qui- 
dam recentiores Germaniffi versioni prsecitatae substilueruntsequen- 
lew : « FuU auiem hoc tempore Jeius, vir sapien»; erat enfm 



— 189 — 

A Paga^a. l^ Testim. Annal. Roman. Piuribus ex 
auetoribusY speciatim ex S. JustinoetTertuUiano, eons^ 
lat acta sub Pontio Pilato fuisse redacta et ad Romanos 



miraMlium opertm effector. EtpHf^s quidmex Judaii, plu^ 
rimos etium ex gentibus ad se pertraxiU CHmque eum A prima- 
ribus gentis sum accusatum Pihatus ad crucem damndsset^ ab eo 
diUgendo non abstiterunt qui primHm ccsperani: neque ad hano 
diem defidt denominaUum ab eo ChrisHanorum genus. » Etiam 
in istft Tersione^ per quam miDmtur.quid^m vis probativa iexUls, 
retinetur testimonium de miraculis Ghristi. 

Gontra bmnes authenticitatem prioris texttls probamus argumento 
sequenti: Praedictd auUienticitas validis rationibus nixa, iufimi pon- 
deris objectlonibusimpujipiatur. 

1« Authenticitas prioris textfts validis rationibus nititur ; 

1. Josepfaus cert6 cognoscebat gesta Ghristi^ ac in Antiquitatil)U9 
suis eo magis de Jesu verba habere debuit, qvto ipse laudat joan- 
itein Baptistam (lib, 18^ cap. 7), et Jacobum, «piscopum Hierosoly- 
mitanum^ quem sic designat: frater Jesu qui dicitur Christus, 
(lib. 20, cap. 8). 

Reperitinr textus in omnibus codicibus, sive calamo exaratis> siv^ 
typis impressis; ad summum«xcipiendasuntqu«damexemplaria h«- 
braSca^ h quibus haec Yerba k Judaeis rasa fuisse vehemens suspicio 
esl. 

3. Eusebius, Dm, Ernng. lib. 4, al Bist, eccU lib. 1, cap. 11. 
ut legitimum habet Josephi testimonium. Post Gusebium illod refe- 
runt Hieronymus in CataU Script, eccl,; Isidorus Pelusiota , lib. A, 
epist. 225; Rufinus, Hist, Eccks. Euseb*; Sophronius , Catalog, S, 
Hieron. in ling. ^raec. vers. * 

4. AuthenUcitas hujus text<is h celeberrimis recentiorum tempo- 
rum criticis admittitur. (Videri possunt in opere 0. Ghassay^ Le 
Christ et VEvangile^ Allemagne, II, «ap- 5> art. 7.) 

2o Infimi p<mderis ol^ectiouibus impugnatur : 

Obj. i , Repugnat Josephum scriptorem judaJicum t^m laudabi- 
liter dixisse de Ghristo. 

Resp, Judicio doctorum qui vitam et scripta auctoris judaici per- 
scrutati sunt, Josepjius non apparet doctrinae MosaYcae addictissimus. 
Sozomenus, hiU,eecU lib. 1, iilum designat quasi fluctuantem inter 
judaicam «t christianam doctrinam. Alixmd^ vjderi potcst illum pariter 



— 190 — 

missa, in quibus habebatur relado de vitA, mtracuHs, 
passione et morte Ghristi. S. Justinud, in apolog. t ad 
Anton. imper.y n. 35 ad 48, postquiim dixerit k pro- 
phetis prsenuntiatum fuisse Christnm omnes morbos 
curaturum, mortuos suscitaturumy ac posieik in cruce 
moriturum, addit: « Quce quidem ab ea faeta esscy ex 
'confeclis sub P. Pilato actis discere poteslis. » Tertul- 
lianuSy apologet. adv. gent. n. 21, summatim relatis 
Chrisli gestis, adjungil : « Ea omnia super Christo Pi- 
latuSf et ipse^ jdm pro sud conscientid christianus^ 
Casari lunc Tiberio nunUavit. » ^ 2<> Pagani ad- 
mittebant miracula Christi, ea autem attribuebant 
arti magicse. Hoc constat ex scriptis a S. Xustino et Ar- 
nobio specialiter editis ad refellendam istam pagano- 
rum explicalionem. Celsus loquens dc Jesu, euin dicH 
magum. Idem in alio loco Christianos irrideos ait : 
c Credidistis ipsum esse De Filixmy quid cUmdos et 
cwcos sanavit (l). y^ Jesus^ inquit Julianus» nihtl 
operatus est memoratu dignum^ nisi quis putel inter 

laudare Joannem Baptlstam praecursorem Ghristi et Jacobum episr- 
copum Hierosolymitanum. 

Obj, 2. Si Josephus talia de Ghrkto scripsisset , certd agnovisset 
miracula Ghristi ejusque doctrioam amplexus fuisset. 

Resp. Non rarum fit homines de Ghristianismi veritate interiiis 
convictos in infidelitate nihilomiuiis permanere. 

Obj. 3. Si retineatur textus in narratione Josephi , verba subse- 
quentia cum praecedentibus minim^ connectuntur^ und^ manifest^ 
apparet testimonium laudatum fuisse interpolatuln. 

Mesp, Fatemur equidem verba praecitata cum contextu non omnine 
conntcti. Similia autem frequenter deprehenduntur in opere Jos«- 
phi^ qui ssep^saepitis ordinem temporis solummodd attendit; atqui 
temporis ordo servatur in k>co circa quem controversia versatur. 

(1) Orig. eontra Cels, lib. i, n. 71 ; tt Kb. %y n. 4S. 



— 191 — 

maxima es$e opera claudos et ccstoi integriiaii resii^ 
iuere, et dmmonio correptos adjuvare in vicis Beihsaitdd 
et Bethanid (1). » Hierocles agnoseil miracula Chrisli, 
quamvis contendat ea non exeedis^e vires ainici deo- 
rum ; quod probat exemplo ApoHonii Thyanse (2). — 
30 Specialiler de tenebris el lerrae molu quse facta sunt 
momento morlis Chrisli : Phlego, grsecus scriptor se- 
eundi saeculi, haec habet, olympiad. 20^ : ^ Quarto au- 
tem anno duceniesimce secundte otympiadis , magna 
et excellens inter omncs quce ante eam acciderant de* 
fectio solis facta ; dies hord sextd ita in tenebrosam 
noctem versus ut stellce visce sint, terrmque motus ih 
Bithynid Nicece urbismidtas cedessubverterit. » Eadem 
refert Thalus, grsecns scriptor primi saeculi, in hist. 
syriac. lib. 3. Quse testimonia confirmantur annatium 
imperii testimonio quod revocant Teftullianus et S. 
Lucianus ^ntioehenus. Tertul. Apolog. cap.- 21 : 
« Eodem momento dies^ medium orbem signante sole 
suhducta est... Deliquium putaverunt quiid quoque 
super Christo prcedicatum non scierunty et tamen eum 
mundicasum relatuminarchivisvestris habetis. » S. 
Lueian. apudRitfin. Hist. eccles. lib. 9, cap. 6: c Re- 
quirite in annalibus vestris; invenietis temporibus Pi- 
latiy Christo patientej fugafo sole, interruptum tenebris 
diem. » 

2» p. Affirmatur cum conviclione : 

1° Contrarium non probatur. 

2» Apostoli, Christianieorumqueadversariinon pos- 
sunt dici imposlores. Ergo. 

(1) S. Cyril. mntra JuUan, Ub. 6. 

(2) Vid. BuUel, p. 107, 108. 



— 192 — 

Apostoli : 1 . Candor et simplicitas» quae in eorum 
modo scribendi primo intuitu apparent, imposturae 
suspicionem refellunt. Sic, nulla in eorum libris elo« 
quenlio^ affectatio» nulla eorum qusB narrant exaggera- 
tio. Suam ipsi levitatein et invidtam , suos errores^ 
lapsus, eseterosque defectus, ut fidem, amorem alias- 
que virtutes seque commemorant. In variis de eodem 
facto narrationibus secum pugnare videntur, ssepius^ 
que apud eos deprehenduntur obscura» quse multis ob- 
jectionibus ansam prsebent, et quse ab ipsis aliundd 
facillime vitari potuissent^ Porro impostores ita certd 
non scribunty nec itkscribendo decipere possent. — 3. 
In Apostoiorum actibus et scriptis elucet sapientia, quae 
homines Insanad mentis non denotat. Porro tamen, si 
fallere iniendissent^ insensatissimi hominum forent di^ 
cendi. Omnibus enim auxiliis ac mediis humanis dea" 
titutiy ut sensibilia, publicaet recentia proposuissent 
facta omnino falsa, prsedictaque facta, quibiis miebalur 
religio cupiditatibus qu&m maxim^ repugnans» ab om« 
nibus admitti et assensu interno teueri voluissent ; 
quody ut patet, maximam in ipsis insaniaqi arguisset. 
— 3. Apostoli doctrinam sanctam et illibatam praedi- 
cftrunt, vitam sanctissimam et doctrinae su^ coasenta- 
iieam egerunt, aded ut ne minimum quidem vitium in 
tUis redarguerint Ecclesiae hostes infensissimi. Porro 
taraen, in adversariorum bypothesi , scelestissimi om- 
nium forent dicendi ; attentftssent enim homines in er*- 
rorem coHJicere circa religionem , rem scilieet pra^ 
omhibus gravissimam. — ^ 4« Apostoli amplexi sunt et 
coluerunt doctrinam Christi, licet cupiditatibus ac prse- 
judiciiasuis oppositam ; innumerossusceperuntlabores 



— 193 — 

^<i illaai prsedicandam ; contum^tiaSy cruciaius, mottenai 
deaiqud subierunty ut ejus yeritati testimonium redde- 
rent. Ergo. 

Gliristiani : 1 . Te^teg sunt numerosissimi. ^ 2. De-^ 
relictis religione Mosatc^ vel cultu deojum^ amplexi 
sunt doctrinam Ghristi, lic^t ex adverso pugnantibus ' 
muhis prsejudiciis oppositis. Plurimi tormenta pas^i 
sunt ad propugnandam fidem christianam. Ergo. 

Ghristianorum adversarii : Siquidem, admissis factis 
evangelicis, suo detrimento favebant causae catholicee. 

3*p. Legitimam fuisse testium convictionem proba^ 
tur argumentis toti^s jam allatis» quae inloco prsesenti^ 
paucis mutatis, adhibere faeillimum erit. 

Prob. II. Historia evangelica non potuit ab impos^ 
tore confici, ergo summd vera est. 

!!^on potuit ab impostore cbiifici, nec tempore Apos^ 

tolorura, neque subsequenlibus aevis. — Non tempore 

AposlolOtrum : Siquidem ex un^ parte facta de quibus 

agebatuf omnibus erant maximi momenti ; positiSi enim 

eorum veritate, ab omnibus, sive Jud^is, sive Paganis, 

suscipienda erat sub pcenft infelicitatis seternae religio 

nova, prsejudiciis, sensibus, et cupiditatibus adversa, 

labores, serumnas et cruces in Mc vitll promittens. 

Preedicta proind^ facta attentionem populorum movere 

^ebuerunt. Ex alter^ autem parte , ctiim ista facta pro- £ 

ponerentttr utrecentia, sensibilia et publica , si fuis- l 

sent falsa , impostura per inquisitionem facillim^ detecta ^ 

et ab inilio deleta fuisset. — Neque subsequentibus | 

sevis : Siquidem , attenia rci gravriate , homines per- | 

r 

r 



— 194 — 

scrutaii fuissent Iraditiones, adiissent historiara coeeta- 
neam ; stlente autem bis(ori& , eo ipso constitisset de 
falsitate factorum ; facta enim t^m magni momeBti, | 

sensibilia et publiea, in oblivionem tkm cit6 venire non 
potuissent. 

Prob. III. Apparent in histori& evangelic^ cbarac* 
teres veritalis, unitatis, sanctitatis ac sublimitalis » qui 
manifest^ arguunt originem divinam istius libri. 11« | 

lud asserere sufliciat; cuilibet sincerft mente Evange^ i 

lium pcrlegenti propositionis nostrae veritas clara et 
aperta videbitur. (1)- 

ConoLLARiuM. Ex dictis sequitur librosN. Teslamenti 
majora prae se ferre veritatis , integritatis et autbenti- 
citatisargumenta^quam altera qusevis historia humana; 
eorum proind^ auctoritatcm historicam in dubium re- 
vocari non posse, quin inducaturscepiicismus hislori- 
cus, ac subindS scepticismus universalis , nalurse hu- 
manae omnin6 repugnans tum r&tione sui, tiim ralione 
consectariorum , ut supr^ probavimus in sect. I, ubi 
de Ratione, 



(4) Haud ambiguumad confirmandam propositionem nostram afferri 
potest testimoDium J.-J. Rousseau, Emilefl, -4: t Dirons-nous que 
ITiistoire de Ffivangile esl invent^e k plaisir? Mon ami, ce n'est pas 
ainsi qu'on invente, et les faits de Socrate, dont personne ne doute^ 
sont moins attest^s que ceux de J^sus-*Gbrist. Au fond, c'est recu- 
ter la diilicultd sans la detruire. II serait plus inconcevable que plu- 
sieurs bommes d*accord eussent fabriqu6ce livre, qu*ilnerestqu'un 
seul ait fdurni le sujet. Jamais des auteurs juife n'eusseiit tfouv^ ni 
ce ton ni cette morale, et rEvangile a des caract^res de \&rli6 s^ 
grands, si frappantfiO si parfaitement inimitables, qu« Tinventeur 
en serait plus etonnant que le h^ros.» 



— 198 — 

PROBATIO IN0IREGTA. . 

AHctoritas historica N. Testanienli vaHdis rationibus 
gravissrmisque testimoniis probata, mrnimi valoris ob- 
jeclionibus impugnatur; ergo. 

Omni modo prsecedentium aetatum rmpii sacrorttm 
Evangeliorum aueloritatem eruere conali sunt; illam' 
autem summ^ cum laude vindicdrunt Apologetici et 
Inlerpretes sacri, ad quorum opera remitlimus cosqui 
de hdc qu£cfstionie ampliora drscere appeterent. " 

Nunc prsecipu^ conrutandum habemus recentius 
systemay ad quod caeterorum systemata reduci queunty 
systema scilicet Doct. Strauss^ quod apud nos k Ger- 
mauid initio prseseatis saeculi traBdlatum est. 

Sic resiinii potest novum istud et impium systema r 
historia evangelica nihil aliud est quam mythus histo- 
rieuset philosophiaus^ null^ proinde gaudere dehet 
auctoritate. 

Hisloria evangeUca est mythus hisloricus. Ad quod 
explicandum D. Strauss sequenjtem texit historiam (1): 
Jesus^ nalione Judseus, vir pius, ingenio quidem prse- 
clarus, sed fanaticus, die quadam arbitratus est se esse 
Messiam, Hebraeis promissumet a Prophetis praenun- 
tiatum. Nov» doctrinae prsedicator faclus, ad se popu- 
los vocat, sibi diseipulos adjungit. Concitat^ autem 
contra eum ira PbariseeQrum, quorum superbiam et 

(!) Vid. fusiiis inter aUa : Tholttck. Essai sur la crMbtlite de 
VHistoire J^vangelique^ iu gallic. serm. translat. k D. dc Valrogcr; 
D Ghassay, Le J5' Strauss et ses adversaires, in T. XVHI. Dem. 
J?t)an(f.iD.MigBe edit.; Le Ghrist et r^vangite, Aliemagne, Part. 
I et n. 



— m — 

hypocrisim vebemens exprobrator sfiepiits repreheade' 
raty supremo supplicio damnaUis, crudeli morte pleeti- 
tur. Post Christi mortem Apostoli doctrinam ejus pra&- 
dicant, ejus vitae narrant eventus , novam constituunt 
societatem, et ipai k vit& cedunt, nihil de Jesu 3crip- 
tum relinquentes. Acliones et doctrina Jesu longo tem- 
poris spatio per solam traditionem oraiem fueritnt 
transmissae. Intere&, faventibus etdiscipulorum numero 
in dies crescente, et fanatic& eorum admiratione , his- 
toria Jesu innumeris amplificata fuit commeotis et ex- 
«rnata prodigiis tiim ex Y.Testamento, tjim ex traditione 
judaic& assumptifl (i).Yita Christi talibus involuta fictio- 



(1) LliistoiTe do \at oaissance de J^us a'est qu^me i^anion de 
mythes cr^ dans ie biit d*appuyer certaines opinioos pr^coDgaes 
sur le Messie. Comme on croyaft qu*il devait descendre de Da?id^ 
on lui fabriqua deux g6n^alogies. (Vid. Strauss, Vie de Jisus^ tra* 
duct. Littr^» sect, i, e. 2.) — Un orade mai compris d'Isale a\ait 
fait croire que le Sauveur naitrait d'une vierge ; de \k le mytbe de 
la conception merveilleuse de J^us. (Ihid, sec/. 1, c. 3.) — J^s 
nait k Bethl^em pour accomplir un oracle de Mich4e. {Ibid, sect. 2. 
c. 4.) --^L^adoraUon des bergers estunmythe bucolique. {Itid.) Etc. 

Les mirades de J^sus soot ^lement autant de mythes. Qn at- 
tendait du Messie des merveiUes ; la traditlon en attribua k J^sus 
pour ne pas lemettre au dessous de Moyse et des autres proph^tes. 
Amsi: Le Baptdme de J^suspar Jean Baptisteestun lait historique; 
fnais comme U ^tait humiliant pour lui , la tradition Ta relev^ par 
une infinit^ de circonstances merveilteuses. {Ibid. secU 2, c. 2.) — 
La Tentation est un autre mythe form^ de traits empmntes k TAn- 
cien Testament, — Le nombre douze que Ton dit ^tre celui des 
Apdtres est mythiqne, il rappelle les douze tribus d*Israel. (Ibid. 
sect. 2, c. 5.) — La Transfiguration est un mythe tir6 de TExode. 
{Ibid. sect. 2, c. 10.) Etc. 

Jesus n'a pas predit ses souffrances et sa mort. {Ibid. sect. 3, 
c. 1.) — Les angoiases du Jardin des Olives ont 6i6 imagin^es pour 
repaudre un inter^t proph<5tiquc sur les derniers moments dc Jesus^ 



— 197 — 

nibus, circa rioedium seeundi ssecu^ti scripiis mandata, 
prodiil sub nomine Apostolorum , sive quia praeeipui 
ehar^cteres et actus Christi ab Apostolis (raditi fuerant, 
sive ut hsec scripta majori pondcre poUerent et majori 
cum flde reciperentur. Diide hisloria evangelica nibil 
aliud est quam myihus hisloricus. 

Imd et mythtis philosophkus : Sub myihicis com- 
mentis qaifous adornatur vita Christi , express^ et in- 
volutee fuerunt idese dogmaticse quas tunc insidebanl 
animis de humanitate. Qusecumque in Evangelio de 
Jesu referuMursunt vera de humanitate ; Christus ipse 
nihil aliud est qu&m flgura^ symbolum humanitatrs (i). 



{Ibid. sect. 3, c. 3.) — Presque tout est mytbique dans le r^clt de 
la moFt. du Ghrist; tout eela o^t6 invent^ pour simuier l^accom- 
plisseinent des proph^ties. jjbid. sect 3^ c. 3 et i.) — La Resur- 
rectioB et rAscension oe sont pas plus historiques. {Ibid. stct. 3^ 
c. ictS.) 

(1) Ad intelligentiam hujus figmenti pantheistici, In quo verus 
aigQoscitur HegelUanse jphilosophiae discipulus, ipsa verba Doct. 
Strauss exponere non abs re erit. Haec autem habentur in T. 1, ope- 
ris superiis citali: « Le sujet des attributs que l'figlise donna au 
Gbrist est, au lieu d'un individu ^ une idee^ mais une id6e r6elle, 
et non une tdee sans r^alit^ k U fa^on de E.ant. Placdes dans un 
individu^ dans un Dieu-homme, les propriet^s et les fonctions que 
r^Iise donne au Christse contredisent; dans Tid^e de Fe^pece elles. 
concordent. L'huraanit6 est la reunion des deux natures, le Dieu 
fait homme, Tinfini descendu k la condition finie, et l^teprit fini 
qui.se souvient de sOn infinit^. Elle esl Venfant de ta Mere visible 
et du Pere invisiblCy deTespritet de ia natur^; elleest le thauma- 
lurgey car dans le cours dc rbistoire bumaine, Tesprit maltrise dd 
plus en plus compl^tement la nature^ au-dedans comme au-debors 
de rhomme, et celle-ci> en face de lui. descend au r6le de la ma- 
ti^re inertf sur laquelle s'exerce son activite. L*humanite cst Vim- 
peccable ; car la marche de son d^veloppement est irr^prochable ; 
la souillur^ no s'atttcbe jamais qu'^ rindividu : elle n'att«iot p«& 



— m^ 

Systema D« Strauss sequentibtts pracipudratioaibus^ 
niiitur* 

l^ Mythica fictio historiaa evangeliciB fuit possibilis , 
im6 probabilis est. — Fuit possibilis: Siquidcm, ui 
eert6 constet de authenticitate alicujus libri, requiritur 
testimonium alicujus oculati testis qui auctorem vide- 
rit librum scribentem, vel alicujus testis auriti qui au- 
dierit auctorem asserentem talem librum k se fuisse 
scriptum (1), Cum aulem nnllum aUerulrius generis 
afferriqueattestimonium in gratiam Evangelicae narra- 
tionis, ista narratio pro authentica haberi non potest;. 
libri proind^ qui sub nomine Apostolorum cireumfe^ 
runlur, sunt suppositii, et post aelatem Apostoiorum 
reverJi editi fuerunt; proindS facta in prsedicUs libris 
relata tntra quoddam temporis spatium per solam tra- 
ditionem oralem fuerunt transmissa ; mytbica pwindd 
commenta factis admisceri omnin6 possibile faiu — 



t^espfece et son histoire. L^httfnftDit^ estcelui qui meuH^ rt$$wciU 
ei monte au eiel; car, pour elle, du rejet de sa naturalit^ procM» 
uue Tie spirituelle de plus en plus haute ; et du re]et du fini ^ui la 
borne comme esprit individuel^ national et plan^taire proc^de son 
unit6 avec resprit infini du ciel. Elc. 

« Laliaisonapparente de ce fond Si la personne et k rbistoire d^un 
individu ne tient qu'auz raisons subjectives suivantes, savoir :loGet 
individu, par sa personnalit^ et ses destin6es^futl'occasiond*6IeYer 
te jToiui jn6<tu^ la conscience universelle ; 2« L'intelHgence du monde 
ancien et du peuple dans tous les temps^ n*est capable de concetoir 
l*id6e de rhumanit^ que sous la forme concrfete d'un individu.... 
De m^me que le dieude Platon forma le mondeen couCemplant les 
id^eSy ainsi la soci^t^ chr^tienne, en tra^aht Timage de son Christ 
i^ Vocca^ion de la personne et des destin^s de J^sus, a euen vue, 
Ik son insu^ Tid^e de rbumanit^ dansson rapport aTec la divinit^.i» 

^l) Vid. Tholnck. superi<ls indicatun, cap. 4^ { 1 et 3, 



— 199 -^ 

I11I6 probabilis e$t: F^cto eDiin eonstat evenius per 
traditionem oralem transmissos semper amplifieari, in^ 
numerisque eireumstantiis omnin6 felsis exornatos 
adulterari. 

2« Mythicam esse vitam Jesu non solim pfobabile^ 
sed etiam certum est. Siquidem 1 . Omnes religtones 
raythicis fictionibus nituntur; 3. Apparent in histort^ 
evangelie& omoes eharacteres narrationis mythieae* In 
ips4 enim, sicutin mythicis eommentis, sagpissimd et 
absque ratione oceurrunt portenta et miracula ; non 
rar6 deprehenduntur eontradietiones^ Heroes mythtei 
grandia et inordinata loquuntur; it^ in Evangelio 
sermones quos habuisse eensentur qu«edam person» 
exuberantem produnt animi elationem ab ipsarum in- 
doleet statu prorsus alienam, Vi. g. Zacharias in cant» 
BenedicitUf Maria in eant. MagmficaU Mythica com- 
menta expressas exhibent opiniones quae apud populoa 
vulgabantur aetate quft ficta fuerunt ; \ik et Evangelium> 
in quo v% g. frequenter mentio est deMessift et de omni- 
busad personam et aetusMessise spectantibus. 

3<» Sermones quos, ex EvangeUo, Ghristus habuisse 
Iraditur, ab ipso reverk prolati non fuerunt. ProUxio- 
res enim suni ut Apostoli omnia magistri verba excipere 
ae retinere potuerint. AUund6 eadem deprehenditur 
dicendi forma et in sermonibus Christi k Joanne rela- 
lis, et in epistolis huic Apostolo adscriptis; und^ evi« 
denter eonstat hos sermones k Joanne fuisse posleriori 
tempore exaratos, ipsis proind^ nullus eoncedi potest 
valor historicus. 

Porro 1® Syslema D. Strauss falsum est in sej H^fal- 
ais rationibus nititur. 



— 200 — 

I. Syatema D. Strauss fakum est in le. 

Pr, L Si admiltanlur D. ^lrauss prineipia , fialio, 
eharacteres el diffusto mythi evangelici nequ^unl ex- 
plieari, 

El lofietiomythi evangelici non potest expHcari: 
Nam fictio cujuslibet mylhi Iria neeejisari6 supponit , 
scilieet 1. causam, seu invenlores; 3. in invenloribus, 
ideas quas mythus exprimere el involvere debet ; 3* 
lempus sufBciens ul mythica ficlio perfieialur. Porro 
1. in hypolhesi D. Strauss, mylhicae ficlioni vitse Jesu 
causa assignari non potest : Qontendil equidem adver- 
sarius noster mythnm evangelicum inlra •ocieiateiB 
christianam fuisse confictum. iuxlaaulemhu|Qs syste^ 
matis principia, inejtplicabilis esl exislealia societatis 
christianse. Sienim, utasseritD. Strauss, lanqu^ 9^- 
surda rejieienda sint omnia mtracula, si nuUa propb&' 
ti8& vis probativa inhaerere possit, ac proinde si aallis 
exfraordiftariis signis probata et confirmata fueritmissio 
Ghristi,quomod6 constitulafueritpreedictasQCiela&l quh 
busmediis iotfideles, natiotie,intiole^prsejudiciistnterse 
lam diversi, adductifuerint ad derelioquendumpatern» 
religionis cultum^ suscipiendamque doelrinam uovam 
cupiditatibus plan^ adversami labores ac cruciatusio hkc 
\iik proarittentem? — Quoad 2"°*: Ommnd repttgnal 
Christiauos prima&vse aetatis quamplurimum rudes et 
iUiteralos philosophicas excogitationes intendisse, quas 
ipsis graluit6 adscribil D. Strauss. AUund^ inferiiis vi- 
debilur Christianoshujuslemporis h cultu deorum vel 
Judalsmo nuper conversos non poluisse iovenire acsub 
mythicis commenlis exprimere doctrinam dogmaticam 
et preecepla raoralia qu® in Evangelio proponunlur. — 



— 801 — 

Quo^d 3"**) seilieet, tempus: Judicio erlUcorum my* 
ihologicde artisperitoruro, mythu»\ tautam amplitudi^ 
nem et extensionem habens quantam evangelica nar- 
ratioy nonnisi post longum tempus , trecenios clrciter 
annos, perfici poluisset. Dnde , cum mythus evange- 
licus y juxta Strauss , solummod^ post Apostolorum 
mortem,id estlabenteprimo sseculo, initium habuerit» 
vix labente quarto saeculo apparere debuisset quaie 
nunc apud nos circumfertur. Erangelia autem jam 
secundo, im6 priori saeculo exstitissequalia nunereci* 
piuntur-y firmissimistestimoniisconstat , ut supra pro-i- 
bavimus. 

Item 2<^ cfaaraeteres nequeunt explieati: Historili 
evangelica, sisit mythica , prse se ferre debet omnes 
characteres quibus in genere dignoscitur mythus; imd, 
eiim mythus exhibeat opinionesetideasauctorumaeta- 
tisque coeetaneaB, prae se ferre debet speciales noias 
quibus deprehendatur mythus a Paganis et Judaeis 
conficius. Atqui 1 . Evangelio mlnime competunt notse 
generales mytbi. Hoc manifestum apparet, mod6 
paulnm inter se conferanlur narrationes quse in ca* 
Dontcis et illae quse inapocryphis Evangeliis habentur. 
— ^Ah'ttnd6 in mythis, ut jam supr^ dictum est, pleraque 
suntcommenticia, personee^everitus, descriptionesloco^ 
rum, etc; facta interse non coheerent, ssepiasnon con- 
cordant cum histori^cosetane&;,minim^dere etabsque 
ullo rationabili motivo abundant mirabiKa. Econtra in 
Evangelio prodigia parcius apparent ; sic , viia Ghrisii 
communis et simplex, per triginta annos penitiis obscu- 
ra, Jesuscumhumilibus gradittir, rudes suni discipuli, 
etc. Miraeulaaut^m, quand6patrantur,5emperfiuntob 



— 202 ~ 

laorfabiles cauaas, vel propter motivum charitatis, vel ad 
probandam missionem divinam €hristi . Si levissima quae- 
dam excipias quse secom pugnare videnturi de quibus 
ftliundft infriisermo erit, omnia in Evangelio inter se con* 
sentanea sunt, omniaque» fatentibus severioribus cri- 
ticiSy plan^ concordant cum geographili , historilL et 
ebronologili hujusce temporis. — 2« Nedtim reperiantur 
in Evangelio vel minima ex qutbus deprehendatur my- 
dius k Paganis et Judeeis confictus, econtr^ Evangeliiim 
talibus prasfulget characteribus qui banc hypothesim 
prorsus impossibilem esse demonstrant. Et 1. histo- 
riam evangelicam k Paganis non fuisse confictamy du* 
bium esse non posset cailibet homini sensu communi 
penitus non destituto , et sincerl^ mente comparanti 
dogmaticam doctrinam sanctissimamque morum djsci^ 
plinam qua^ in Evangelio traduntur » cum absttrdii 
theok)gift| obscoanis ac inhumanis ritibus , i/npurisque 
Paganorum prssceptis. 2. Item, si perpend^ntur Evan* 
geMi cfaaracteres, haud minus clare constat hisloriam 
evangelicam h Judseis non fuisse conflctam. Siquidem, 
ex Evangeiio, Ghristus est Deus homo factus^ de virgine 
conceptus; Ghristus pauper et obscurus io stabulo 
nascitur, per triginta ahnos suisignotus humHem agit 
vitam, rudes et indoctos sibi discipulos eligit; vietu, 
faabitu et sermone simplex, simplices , egcnos el in- 
firmosprae omnibus diligit, eorumqueeuram ardentius 
aroplectitur ; poenitentiam , humilitatem , sui abnega- 
iionem frequentissime commendat; virginatem lau- 
dibus extoUit, matrimonium declarat indissolubile^ 
interrogaptibus Judaeis respondet : regnum suum non 
esse de hoc muudo , Gaesari reddenda quee sunt CaBsari j 



~m — 

nuDtiat Patrem adorandum in spiritu etvcritate, cul* 
tumquemosaicum abrogandum f ore ; omnes omniuni 
gentium hoknines ad se et ad regnum suum convocat ; 
opprobriis saturatur» demum inter latrones cruciiixus 
spiritum tradit. Porro uemo non videt quautum ista , 
multaque alia quse in Evangelio de Jesu narrantur, 
discrepaverint ab opinionibiis apud Judaeos setate Apos- 
tolici communiter receptis de persbn^ , dotibus Hes- 
sise ventdri, etdeomnibus a Messi4 venturoperficiendis. 
Er^o. 

Item Z^ diffusio mythi evangelici explicari non po* 
test r Ad illam eiiim explicandam supponendum forei 
hunc mythum, per sotam traditionem oralem trans- 
missum, propagatum fuisse in sseculo boiiis artibus ao 
litteris carente» et apud populos minime politos, ore-* 
dulos, ad superstitionem proelives, simulque omnes 
cultus tolerantes et de novae doclrinde seetatoribus si- 
cut et de aliis sectis parum curantes. Porro hsec omnia 
sunt falsa. Et 1. fals6 asseritur historiam vitee Jesu 
longo tempore per solam traditionem oralem fuisse 
transmissam. Econtri gravissimis testimoniis constat 
doetrinam et gesta Ghristi pauT6 post ejas mortem scrip- 
tisfuisse mandata. Hanc quidem testimoniorum auc* 
toritatem D. Strauss declinare molitur, sed perperam, 
vanissimisque argumentis ut infra videbitur. 2. Dici 
etiam nequit narrationem cvangelicam propagatam 
fuisse in sseculo carentebonis artibus ac litteris, illam- 
que diffusionem hominumignorantidee^setribuendam: 
Siquidem hisee temporibus ad splendoris etglorise fas- 
tigium vcnerat imperium Romanumy litterseque et 
iirtes maximo in honore babebantur. Istis tamen tem- 



poribiis novse religionis nuntii, non tantiim apud bar* 
barorum gentes et in remotis terrae angulis, sed 
palam et in prsecipuis orbis politi civitatibus Christum 
praBdic&runt ; Antiochise , Tarsi, Mileti, Ephesi, 
Pergame, Athenis » Alexandriae , Carthagioiy RomsB, 
philosophorum etdoctorum examini doctrina Crucifixi 
oblata est » nec horum subtilitatem et malevolentiam 
metuit ; imd plures litteris et eruditione cseteris philo- 
sophis minime cedentes, quales Justinus^ IrenaeuSy Ar- 
nobius, Alhenagoras, Origenes, Tertullianus , hujus 
doctrinse divinitatem agnoscere et ad eam transgredi 
nondubitftruRt. — Nec dici potest homines hujussetatis 
credulos et ad superstitionem proclives exstitisse. His* 
torift quidem constat innumeras propedeorumturmas 
paganorum delubra quasi invasisse ; historia autem si- 
mul testatur culium deorum in derisum apud ipsos 
paganos iisdem temporibuscecidisse, scepticismufflque 
sive dedogmate, sivede disciplinft morum, in imperio 
romano tunc prsevaluisse. — Nec (quod contradiclo- 
rium videtur^ et und^ tamen apparet veritas virlusque 
divina religionis christianae), dici potest homines hujus 
aetatis dediffiisionemythievangelici sicut de aliisdoc- 
trinis minime curlisse: Facto enim constat omnimodas 
oppugnatipnes gravissimasque persecutiones ehristia- 
nae relfgipni ab initio obstitissci Irri^ionibus et caluni' 
niis philosophi) tormentis ^c cruciatibus imperatores 
per trecentos annos hujus doctrinae seclatores irama- 
nissim^ perseculi sunt, Christianumquenomenpenitiis 
delere conatisunt. Attamen superatis principum potes- 
late, tyrannorum minis, maglstratuum saevitiSi» pbilo- 
aophorum subtiliiate , sacerdotum invidi^^ populorum 



— m — 

rabie, crevit religio nova ; urbes, caslella, mumcipia, 
distra, tribus, decurias, palalium, senaluni, forumquc 
replevit, per orbem denique universum celerriroe dil- 
fusa est. 

Pi\ IL Absurda sunt hujus systematis consectaria ; 
crgo. 

l<>Systema suum adstruere, et vitam Cbristi ad 
nieram fictioncm reducere D. Strauss non potuit, nisi, 
rejectis bistorisB factis quam maxime exploratis ae pei^s^- 
peciis , in eorum locum substituendo imaginaria sui 
intellectus inventa. Porro, e^dem adhibitd methodo , 
nulla est illustrium virorum vita, queB ad valoremsim' 
plicis mytht reduci non posset; ac subinde , cum in vi- 
roram illustrium y\ik quasi resumantur astatis coseta- 
neae praecipui cventus, juxta eamdem methodum , ut 
raythica posset haberi queevis historia: quod evidentcr 
inducit scepticismum historicum universalem. 

2»ytta Christi, qualis in Evangelio refertur, est fac^ 

tum sensibile, publicum ; sane maximi momenti pro 

Chrislianis; factum quod, altent^ rei gravitate, fuit exa • 

minatum et ponderatum cum severiori ac diligentiori 

euri quam quodlibet aliudfactum. lllud autem recepit 

et constantissimc pro vero tenuit universa Christiano^ 

rumsocietas, omnium eerte societatum religiosarum 

numerosissima et tot viris ingenio et doctrin4 conspicuis 

eeleberrima. Proindii, si, ut contendit Strauss, vita 

Jesu sit merum commentum , eo ipso dicendum est so- 

cietatem numerosissimam ae prseclarissimam, postsc- 

rium examen admisisse puerilis eetatis deliramenta, 

vanas fictiones pro faclis vcris , scnsibilibds ac publicis 

habuisse, ac sibi aequo animo durissimum imposuissc 

12 



— 20« ~ 

jugum religionitf novie prsedictis factis inrnixm , reli'^ 
gionisy inquani, praejudiciis ac cupiditalibus humaui» 
omnind advcrsse ; quod summ^ absurdum^ 

30 Subita et extraordinaria immutatio quaeiu cultu, 
moribusy publicisque popuiorum institutis per praedi- 
cationem religionis Christianae operata est: idololatriae: 
exstinetio et introductio purissimi «c sanetissimi cul- 
Xiis t \n familili major mansuetudo nK)rum, servilutis 
abolitio, in civitatibus supremae potestatis benigna tem- 
peratio, iirter civitates jus geatiiim raagis humanum ; 
bsec omnia, fatentibus ipsismet Gbristianae religionis 
hostibus infensissimisy ar^uunt in Christianismo virtu- 
tem quamdani extraordinariam^humanis vifibus mul- 
16 preestantiorem. Christiana autem r^^Iigio supponil 
Christum, et in Christo virtutera etiam minimeiiatura- 
lem; ergo non Christum, qualis a D. Strauss efBogUur; 
ergo non Christum purum hominem, simplicem pbilo- 
sophum ; ergo non Chrislum merum symbolumhuma- 
nitatis. 

II. Systema D.Strauss falsis rationibus nititur. 

^bj. 1« De authenticitate Evangeliorum cert6 noa 
eonstat ; siquidcm {nullum potest afferri testimonium 
sive oculati testis qui auctores viderit Evangelia scri- 
bentes, sive testis aurili qui eos audierit asserentes 
Evangeliaii sefuisse seripla. Ergo.... 

Resp.l.lXsiiio allata falso nilitur prineipip, scilicet 
iftuthentieitatem probai*! non posse nisi per teslimonium. 
oculati aut auriti testis. Ab oqanibus autem admittitur» 
utsupra vidimus, ubi de Ralione collectivdy ad certitu- 
dinem de aulhenticitale cujusdam facti in genere re- 
<|uiri etsufficereteslimonium legiiimum quod per con- 



— 207 — 

iinuam el legtiimam seriem teslium reettirat ad setatem 
faclo coa^taneam, In specie, liber habendus est au- 
theniicus in lato sensu, quand6 testes fide digni afflr- 
mant librum prabcitatuin exstilisse in aitate quk vixit 
«uctor cui adscribilur ; babendus est autbenticus in 
sensn strtcto , <iu<nnd6 testes fide digni , seu <cum 
legitini& convictione, afiirmant takm librum sem- 
pcr adscriptum fuisse lali auctori* Und6 fals6 con- 
cluditur supposititiam esse narrationem evangeli- 
cam f historiam vitse Jesu longo lemporis spatio per 
sohm traditionem oralem fuisse transmissam, pos- 
sibilemque, im6 probabilem fuisse hujus bistoriae my- 
Hiicam" fictionem. — 2« Uc^t daretur vitam doctri- 
namque Jesu per traditionem solam quodam temports 
spatio fuisse transmissam, non ind^ sequitur historiam 
vUae Jesupotuisse adulterari ac probabilius fuisse my- 
thicis commentis adulteratam. Sive enim perpendantur 
eharactercs in<rinseci evangelicffi narraii<mfs, V. g. re- 
«^Mm gravilos^ doctrince novitas , ejus oppositio cura 
prsejudiciis ideisque universaliter receptis ; sive at- 
tendantur circumstantise extrin^ecae , v. g, aetos qu^ 
pcrvulgata esldoclrina Christi, indolcs ac mores popu- 
ionim apud quos difl^usa esC, contradictiones ac perse- 
cutfones quibus ab initio fuit obnoxia ; manifesle cons- 
lat mythicam adulterationem vilae Ji;su, etiam pcr tra- 
ditionem Iransmissde, fuisseomnin6impossibiIem. 

Obf. 2<> Historia evangelica esl cert6 mythicii. Nam 
1. omnes religiones nilunlur raythicis commentis. 2. 
In evangelie^ narralione deprehenduntur omnes cha- 
racteres mythici figmenti. 

Ad !■■: Jtesp. FaU6 asseritur omnes in gcnerc re- 



— 208 — 

ligiones mythicis niU commenlis. 1 . Myliiicae non lunt 
religioncs qtiarum dogmata et praBcepta ab iniiio consi- 
gnata fucrunt in scriptis ac monumentis publicis« 
Eventus etdoctrina bisce tradita scriptis, (ixaetdefinita, 
scrvantur acmtnimcaut saltem perdiflicillime mytbicis 
intcrpolationibus aduiterari queunt. Talcsautem exsiiie- 
runt religio mosaica etreligio cliristiana, quas vix ab ini- 
tio scripturse demandatas fuisse traditionc constat. — % 
Mythica ctiam reputari non potest religio quas, lic^t per 
traditionem transmissa, intra easdem diifunditur cir- 
eumstantias quales occurrerunt temporc pr^icationis 
Evangclicee. 

Ad 2*"" ; liegp. Ralionibus jam superiiis allafis con- 
ftitataest objectio. Nunc spcciales superaddi possunt 
srofotiones ad quamlibetobjectionispartem. 

i^ In Evangelio, •sicut in mylhis, abundan^ pro* 
digia, 

R. Gontraomnem rationcm D. Strauss negat possi- 
bilitatem miraculorum. Vid. quae diximus, ub\ dePo«- 
sibilitale miraculi. 

2« In Evangelio, sicul in mythis , abundant contra- 
dietiones. 

R. 1 . Plurima ex his quae judicio D. Strauss sibi con- 
(radicentia videntur, minim^ secum pugnant. Sic {ivan- 
gelistas non eadem facla , vel eadem sed non codcm 
modoreferre,varielas,noncontradictioesl. — 2. Quaru- 
plurimae contradictiones quns impii recenliorum 8Bta- 
itim ad infirmandam Evangeliorum auctoritatem dete- 
gcrc conati sunt, et qoas D. Strauss istorum vestigiis 
inhierens ad fulciendum suum systema de novo in 
lacem cdidrt, jam multotics cxplicatoe fucrunt ab intcr- 



— m — 

prclibus saciis. BrcAilalis causa no^am islarum difB- 
euhalum soluiionem omiuimus.— 3. Lic^tinconcilian- 
dis Evangdislarum narralionibus qujBdam renianerent 
obscura, nil inde legitime concludendum. Cum enim 
alia lemporum illorum monumenta desint, cum usus , 
mores et instiluta aetatis Apostolicse a nostris longissime 
distent, quidmirum si qusedam occurant explicatu dif- 
fieilia ? AliundS praedicta obscuritas eirca circiunstan- 
tias Hier^ aecidentales vergatur ; veritas proiiide fae* 
torum. eo minus infirmatur quo, attentli de cseCeris 
Evangelistarum accuratli yeracitate, preesumptM in 
eorum gratiamstare debeat. — 4.Datoetiam, quod non 
damus, Evangelistas secum aliquand6 reipsa pugnare^ 
cum istae eontradictiones versentur tantum circa meras 
circumstantias accidentales, integra manet auctoritas 
evangelicae narrationis quoad facta de quibus nuila 
unquam difficultas orta est, im6 et quo^d substantiam 

faclorum de quibus adversarii dubia movent. 

3® Sermones quos habuisse censenlur queedam per- 

sonae exuberantem produnt animi clationem ab ipsa- 

rum indole et statu prorsus alienam. 
R. 1. Ingenere stylus N, Testamenti qu^m roaxime 

fiimpiex est, etab omni fuco, superfluisque ornamenlis 
omnin6 vacuus. *— 2. Probari non potest dietam ser- 
monum elationem , quse in rarioribus locis apparet, 
non consentaneam esse cum indole personarum k 
qjLiibus isii sermones proferuntur, nec congruere cum 
ckcumstantiis et personarum statu ; cum hsec omtiJa 
non pland cognoscantur, — 3, Haud repugnat admittere 
praedictas personas fuissedivinitus inspiratas. — i. Ut 
c\ facto allato logied concludi possit mythicam esse 



— 210 - 

nQrralioriem cvangclicnm^ nnteaprobandum forcl vcra- 
ulriUcin hisloricam nunqiiiim posse sociari cum ilicendi 
form6 oliqiiand^ niDgnifir;!, cum diciionc Hli(]uond(j 
suhtimi ; quodccrlu non probatur, 

4* In Evangelio sa^piusmcniio est dc praecf[)uis opi- 
nionibiis qu;e apud JudnE^os pervulgabanlur fclale 
ChmtL 

R, J, Eodcm raiiocinio concludendum foret mythi' 
cam esse omacm Instoriam, cum nulla exslet Jnstonfl 
inquAmcntio non fiat dc pnecipuis opinionibiis ftpud 
populos communiter receplis in JClate eo[rtanea-~2. 
Mcnltoncm in EvDugelio fieri de Mcs£i«\ et de omnihus 
ad pcrsonametaclus Messiac speetantibus, omnin6 ne^ 
ccsse fuJtj et res alilcr sc tiabere non poluiljCumClir/s- 
lus sit ipscMessias Judteis ac gcntibus pramissnf;| eum 
vita Jesu nihil oliud sitquam adimpletio onmium quix^ 
de Messia venturo proenuntiata fucrani. 

Obj\ 30 Scrmoncs Chrisii nulljk gaudent auc\orUMe 
hislorica. Nam 1. prolixiorcs sunt quam ut discipuU 
oninia Chrislivcrba memori«i rctincre potucrint* 2* Ea- 
dcm deprebendilur dicendi forma in Episiolis Joannis 
Aposlolj el in sermonibnsquos idem Apostolusiu Evan- 
gelio suorefert suh nomine Cbristi. 

\d l*^^ Resp- t- Ordrnarie sermoncs Cbrisli proli- 
xiores non siint, — 2. Audicnles, numcro multi, rcli- 
gioso et ottento animo vcrha Domini suscipiehant; 
discipuliproinde senTioncs Clirisli f=ummatim mcmoriA 
ictinerc ac poslc,^ referre potuerunt. Ilaud eliani im- 
possihile fuit diseipulos scriptisdcjnandAsse dictos scr- 
moncs vix ah ore CfirisLi prolalos. — 3. Ex principiis 
calbolicis, Dcus speciali auxilio adfuit auctorihus saeriSf 



— 211 -^ 

iUi ul inlcr scribcndiim crrare ct falsa proferrc mininie 
poiuerunl. 

Ad 2"*" Resp, 1 . Pr»dicla slyli simililudo, quae in 
Epistolis Joannis ct in sermonibus Christi ab codetii 
Apostolorelalis depreheiwlilur, ad summum probaret 
Joahnem Evangelistam in conseribendis sermonihus 
Donriini, propriamacsibi peculiarem relinuisse dicendi 
forinnm, servatA tantftm substantia rerum. — 2. Hoe 
ctiam non pland deducitiir ex allarta similitudiiie. Si- 
qnidera diei potest B. Joannem, qui cum Christo vixerat 
intinfiae dilectionis vinculo conjunctus, quasr imbulum 
fuisse scrmonibus Domini illiusque loquendi farm^ 
sublimi simul ct simpUci, ac postca camdcm diacndi 
foi^mam in proprris scriptis adhibuisse. 



Nunc probanda est HI» propositio, scilicet: « Reli- 
gio Christiana fuit divinilUs revelala, * 
Probatur direete, indirecte. 

PROBATIONES DIRECTjE. 
PROB.liGEN. 
. Ex TegfUiioiilA Aivlno« 
I. 

Prob. per Prophelias. 

Triplicis gencris prophdtiae afferri possunt ad pro- 
bandam revelalionem divinam religionis Christianae, 
scilicel: ). prophctieeante Chrisluni , 2. prophelite ab 
ipso Christo, 3. pTophctiae post Chrislum cdilse. 



— 212 — 

S \, DeProphetii* anleChristum edilis. 

Arguin. Tempore advcntus Chrisli existebant valici- 
iiia de Messi^ venturo; de hujus Messies ortu et nativi- 
late; de ejus indole prsecipuisque dotibus; de ejas pas- 
sfoneac morte; de ejus missione, deopcribus quibus 
hanc missionem confirmaturus eral et de effectibus ex 
operibus Messise subseeuturis. — Prdedicta vaticioiain 
Christo et in solo Ciiristo fueruntcompleta. — Prsedicta 
vaticinia sunt veror prophetise. — Ergo cert6 probanl 
Christum fuissever^ k Deomissum (I); veramproind^ 
ac divinam esse religionem quam Ghristus k Deo missus 
hominibus revclavit. 

Quaelibet parsargumenti seorslm probanda. 

1« Ppo. — Te)npore advenlus Christi existebani vati- 
cinia.... 

Quae proposilio probatur per valicinia f. ex V. Tes- 
tamento, 3. extraditionibusjudaieis, 3. extraditionibus 
paganorum deprompta. 

/. De vaticiniis ex V. Testamento depromplis, 

Nala. Probationem noslrain sic ordinamus : i. cita- 
tis textibus, 3. demonstramus hos textus de Messia esse 
intelligendos, et 3. in his textibus mentionem haberi 
deomnibus eircumstantiis enuntiatis. 

In V. Testamento referuntur vaticinia quibus prae- 
nuntiabatur : 

Mis^S ventnrus. 

Ex textibus inferius citandis clar^ constabit k pro« 
phelis V. Teslamenli pr^untiatum fuisse Messiam , 

(i) Hoc sufficit ad scopum nostrum. Alibi prababitur divloltas 
Clunsli. 



— 213 — 

scu Quemddin acl libcranilos hoTntncs a Dco cxlraordi- 
narie miuendun). 

I Ortds ac nativitatis circuinslanliae. 

Messias naseilurirs est : ex mulicre; ^ seinine Abra- 
hae, Isaac! , Jacobi ; ex slirpe David ; ex virgine ; in 
Beihlehem; slante adhua sccundo templo; lempore 
<]uo sceptrum erat a Jud4 auferendum* 

lo Nasciturus ex muliere; Gen. 5, 15 ; « Inimkilias 
ponam inter te et mulierem , et semem tuim elsemen il- 

j^ lius (mujieris) : ipsa (hebr . ipsum) conterei eaput luum. » 

£x semine Abrahee , Isaaci , Jacobi : Gen. 22, 18. 

I Deus Abraham sic alloquitur.-^ c El benedicentur in se- 

' mine tuo omnes qentesterras, » Vid. etiam Gen. 2G, 4«, 

et28, 14. 

Ex slirpe David : Ps, 88, 36 et sq. « Semeljuravi in 
sanctomcOy si David mentiar: semen ejus in mternum 

} manebit. Et thronus ejus sicut sol in conspectumeoy et 

sicullunaperfecta in celernum:et testis in caslo fide- 
iis. » Isa. 1 1 , 1 ct sq. « Et egredietur virga de radice 

' Jesse el flos de radice ejus ascendet, . . /n die illd , radix 

JessCy qui slat ifi signum pQpulbrum^ ipsum genles rfe*- 
precabuntur, et erit sepukhrum ejus gloriosum. » Je- 
rem. 23, 5 ct6. « Eccedies veniuntf dicit Dominus^ et 

i suscitabo Davld gerinen justumy.ei regnabit reac et 

saptens erit^ etfacieljudicium et justitiam in terrd. In 
diebus illis salvabitur Juda^ et Israel habitabit confi- 
denter: et Iwc est nomenquodvoeabunl eum Dominus 
(Irebr, Jehovah) j^stus mster, » 

Ex vitgine: Isa. 7, tO^t sq. « Et adjecitlDominus 
loqui ad Acha^j dicens\ Peh tibi signum a Domino 



— 214 — 

Deo tuo.... Propter hoe dabit Dominus ipsevobis sig" 
nwn. Ecce virgo concipieif et pariet fiUum^ etvocabilur 
nomeii ejus Emmanucl. » 

In Bothlehem: Mich. 5,3etsq. < Ettu Bethlehem 
Ephrata... ex te mihi egredietur qui sitDominalor in 
IsraH, et egressus ejns abinilio ddiebus celerniialis... 
etpascet infortitudine Domini... Nunc mcynifieabilur 
usque ad terminos terrce, et erit iste pax. » 

Stinte adhue secuudo templo : Agg. 2, 7 et sq.« i4(/- 
hnc unum modicum est , et ego commotebo coelum el 
terram ei mare el aridam. Et movebo omnes gentes, et 
veniet desideralus eunctis genlibuSj et imptebo domum 
isiam glorid, dicit Dominusexercituum... Magna erit 
gloria domus istius novissimce plus qudm primce, et in 
loio islo dabopacem...* Malach. 3, 1. • Ecceego mitto 
Angelummettmy et prceparabilviam antefaciemmeam, 
et stalim veniet ad templum suum dominaior quem vos 
qucsritis, et Angelus testamenti quem vos vultis. Ecce 
venitf dieil Dominus exereituum. » 

Tempore quo seeptrum erat k Judk auferendum : 
Gen. 49, 8 etsq. « Judaje laudabunt fratres tui...Non 
auferetursceplrumdeJuda, etduxde fem^resjus, do- 
nec venial qui mittcndus est, el ipse erit sxpeclatio 
gentium. » 

2° Textus praeeitati de MessiA intelligi debent : Si- 
quidemde solo Messi^ dtci potest: oonteret caput ser- 
pentis, id est delebit peccatum et effectus peccati; in 
illo bcnedicentur omnes genles terrae; in seternum 
manebit; ihronus ejus sicut sol splendebit; crit sicut 
«ignura populis, ipsumque gentes deprecabuntur ; ler- 
ram judieabil; salutem afferet Judas et facem Israel ; 



-- 21S — 

Dominu^ (Jehovah) , Eiittmanuel (Deus nobiseum) no- 
men ejus ; egressus e|U8 h diebus aeternitatis ; paseei 
Isrdel in fortitudine Domini ; magnificabitur usque ad 
terminos terrae et erit iste pax ; veniet desideratus cunc- 
tisgentibus; implebit templum glari^, Dominus tem- 
pli. Solus Messias potest appellari: Dominator q^uem 
quaerebant, Angelus testamenti quem volebant JudBei ; 
Qui mittefidus est, Expectatio gentium. 

3<» In textibus mentio habetur de omnibus ctrcums- 

^ tantiis enuntialis: Hoc evidens ac nemtni dubium est 

i quoad omnes ciroumstantias, duabus exeeplis, scilicet: 

1 . Messiam nasciturum ex virgine, 2. adventufum tem- 

I pore quo sceplrum erit k Jud4 auferendum. Porro, 

Quoad 1"°, texluslsaiae in nostro sensu interprelan- 
dus est. Nam 1 . Yox hebraica Aaa/ma designat virginem 
summ^ excellentem, juxta versiones Chaldaicas^ Syria- 

^ cas, juxta etiam LXX Interpretes et S. Hieroriymum. 

S.Isaias eventum praenuntiat miraeulosum, dabU Do- 
minm s%gnum\ eventus autem non potest esse miracu- 

^ losus, nisi vox virgo aceipiatur in sensu proprio et 

stricto. 

Quo^d 2"°^, valet etiam interpretatio textAs \i nobis 
allata,. si per verbum hebrakum Schebel dcsignelur 
scegirum^ insigne potestatis. Atqui 1. in boc sensu vcr- 
bum illud acceperunt LXX Interpretes , paraphraslae 
Ghaldaici, Symmachus et alii. 2. Non potest dcsignare 
virgam castigalionis , seu aiQictionis , nt volunt cum 
Maimonide Judaei recentiorcs. Hunc enim sensum ex- 
cludunt anteccdentia et consequentia , in quibus om- 
nia fausta praenuntiantur. Aliunde vcrbum schebet nun- 
quam dcsignat virgam castigationis, nisi ubi adjunctft 
est alia vox, ut virga irce, virga ferrea, elc. 



— 216 - 

Messiae indolcs ac praccipuae dotes. 

Mcssias eril: sanctus, mansuetus , Iiumilis , inglo- 
rius. 

i» Sanctus : Isa. 7. « Et vacabilur nomen ejus Em- 
manucL » Ex Malach. erit Dominus templi. A Daniele 
sic designalur « Sanetus sanclorum. » 

Mansuetus: Is.4.2, 1 etsq. ^ Ecceservu» meusi sUs- 
cipiam eum : electus meus, eomplacuit sibi in illo anima 
mea : dedi spirilum meum super eum , judicium gcnlL 
bus proferei, Non clamabil, neque accipiet personam , 
nec audietur vox ejus foris. Calamum quassatum non 
conteretf et Unum fumigans non extinguet: in veriiaie 
educet judicium. Non erit tristis , neque iurbulentus , 
donecponat in ierrd judicium: et legem ejm insulee 
expeclabunt. » 

Humiliset inglorius : Is. 51!, 14 et 15. « Sicut obsiu- 
puerunt super te multi, sic inglorius erit inter viros 
aspeclus ejus, et forma ejus inter /ilios hominum. Isie 
asperget genies mtdtas , super ipsum continebunt reges 
ossuum. » 

2« Textus praecitati intelligi debent de Messik : Si- 
quidem ille, de quo mentio est, voeabitur Emmanuel , 
hahebit templum,'dicilur Sanctus sanctorum; iniUo 
sibi compIacuitDominus; judicium gentibus proferet; 
legem ejus insulae, genles, exspeclabunt ; super eum 
obslupebunt nationes, et reges continebunt os suum. 

3® !n his texlibus mentio habetur de circumstantiis 
enuniiatis : Hoc clarc conslat. 



CircuffistantisD passionis ac mortis Messiae. 

OcoidetuT Messias cirea trigesiiniun tertium aut quaf « 
tum annum sDtatis novae ; ante mortem trigmphales 
suscep.turus est honores ; mortem Hbenter passurus 
est propter iniq.uttates hominum; hsec mors eriteruenta 
et probrosa ; sepulchrum Messiae gioriosum erit. 

l^Messias occidendus est cirea annum trigesimum 
tertium aut quartum setatis novse: Dan. 9, 24 ad fin» 
< Septiiaginta hebdomade^ abbreviatw suht super po- 
pulum tuum , et super urbem sanciam tuam^ tit con* 
summetur prcevaricatiOf ei finem aeeipiat peccalum^ 
et delealur iniquitasy e( adducatur justitia sempiternay 
et impleatur visioy et prophetiay et ungatur Sanctus 
sanctorum. Scito ergo, et animadverte: Ab exitu ser- 
moniSy ut iterum cedificetur Jerusakm^ usqudad Ckris- 
tum ducem, hebdqmades sepiem, et hebdomades sexa- 
gintaduce eruut: et rursummdificabitur plateay ei muri 
in angustia temporum^ et post hebdomades sexaginta 
duas occufetur Christus : e( non erit ejus populus , qui 
eum negaturus est. Et civitatmn ei saneiuarium dissi- 
pabit populus eum duce venturo : et finis ejus vasHias^ 
et post finem belli statuta desolatio. Confirmabit autem 
pactum muUis hebdomadauna; et in dimidio hebdoma- 
dis deficiet hostia et sacrificium: et erii in tempto abo* 
minatio desolationis : et usque ad consummiationem ei 
finem perseverabit desolatio. » 

Ante mortem triumphales suscepturus est bonores: 
Zach. 9, 9.« Exulta satisy fiiia Sion; jubilay filia Jeru- 
salem: Ecce rex tuus veniet tibi justuSy et salvator : 
ipse pauper^ et ascendens superasinam ^ et super pul^ 

13 



— 218 — 

lum filium asinw..: et loqueturpacem gentibus^ ei po^ 
testas ejus & mari usque ad mare^ et a fluminibus us- 
qu^adfines terrce. » 

Mortem libenter passurits est propter iniquitates ho* 
minum: Is. 53, 15 ad fin. et K3 in extenso. « Ecce in" 
telliget servus meuSy exaltabitur^ et elevabitur^ et su- 
bUnUs erit valdi. Sicut obstupuerunt super te multi , 
sic inglorius erit inter viros aspectus ejusy et fbrma 
ejusinter filios hominum. Iste asperget genles multaSf 
superipsum continebuni reges os suum : quia quibus 
non estnarratum de eOy viderunt ; et qui non audic- 
runty contemplatisunt... Et ascendet sicul virgultum 
eoram eo, et sicut radix deterrdsitientiTnon esispecies 
eiy neque decor: et vidtmus eum, et non erat aspectusy 
et desideravimus eum: despectum , et novissimum vi^ . 
rorum, virum dolorum , et scientcm infirmitatem : ei 
quasi absconditus vultus ejus et despectus , undi nee 
reputahimus eum. Verd languores nostros ipse tulit^ et 
dolores nostros ipse portavit: et nos putavimus eum 
quasi leprosum, et pereussum d Deo et humiliatum. Ipse 
autemvulneratus est propter iniquilates nostras, anri- 
tus est propter scelera nostra : discipUna paeis noslrm 
super eum , et livore ejus sanati sumus. Omnes nos 
quasi oves erravimus, unusquisque in viam suam de- 
eUnavit: et posuit Dominusin eo iniquitatem omnium 
nostriJkm. Oblatus estquia ipse voluit, et non aperuit os 
suum: sicut ovis ad oecisionem ducetWj et quasi ag^ 
nus coram tondente se obmutescet, et non aperiet os 
suum. De angustid^ etde judicio sublatus est: genera- 
Honem ejus quis enarrabit ? quia abscissus est de ierrd 
viventium : propler scelus populi mei percussieum. Et 



— 519 — 

dabit impiQspro sepuUurd^ el divilem pro morte sud : 
ed qudd iniquilatem non fecerit^ neque dolus fuerit in 
ore ejus. Et Dominus toluit conterere eum m infirmi'- 
tate: si posuerit pro peceato animam suam^ videbit se- 
men longcevum et voluntds Domini in manu ejus diri-^ 
getur. Prd eo qudd laboravit amma ejus^ videbit et 
aaturabitur:in scientid sudjusiificabit ipsejusius servus 
nieus multos, et iniquitates eorum ipse portabit. Ideb 
dispertiamei plurimos^ et fortium dividet spoliaypro 
eoqubdtradiditin mortemanimam suam^ et cum sce- 
leratis reputatus est: et ipse peccata multorum tuUt , 
et pro transgressoribus rogavit. » 

Mors Messiae erit cruenta et probrosa : Ad qaod ex<- 
plicandum sequentes ejus passionis acmortis circums* 
tantiae referri possunt. — Debet a discipulo et j^mico 
tradi inimicis : Ps. S4, 1 3 et sq. t Si inimicus meus ma^ 
ledixisset mihiy Bustinuissem utiqui. Etsiis^ quioderat 
tne, super me magna locutus fuisset ; abscondissem mo 
forsilanabeo. Tu verb homo unanimis^ dux meus^el 
nolusmevks: qui simul mecum dulces capiebas cibos: 
in domo Dei ambulavimus cum consensu. » — Debet 
triginta argenieis vendi: Zach. 11, 12. « Et dppende^ 
runi mercedem Meam triginta argenleos. Et dixit Do* 
minusadmc: Projice illud ad statuarium, decorum 
pretium, quo appretiatus sum ab eis. Et tuti triginta 
argenteosy etprojeci illos indomum Domini adstatua- 
rtum. » — Praenuntiatur borrendus traditoris exilus: 
Ps. 108. « Constitue super eumpeceatorem: et diabo- 
lussteta dextris ejus. Cum judicatur, exeat candem' 
hatus: et oratioejiis fiat in peccatum. Fiant dies ejus 
pduci : et episcopatum cjxis accipiat alter, Fiant filli 



— 220 — 

ejua orphani: el uxor ejus vidua. » — Messias debet 
& suis derelinqui : Zach. 13,7. « Percute pastorem ^ 
et dispergentur oves: et convertam manum meam 
adparvulos. * — A falsis testibus accusari: Ps. 26, 
12. « iVe tradideris me in animas tribulantium me: 
quoniam insurrexerunt in me testes iniqui , et men- 
tita est iniquitas sibi, » — Opprobriis ac contuine- 
liis saturari : Ps. 21, 8. « Omnes videntes me^ derise" 
runt me : locuti sunt labiis^ el moverunt caput. Spe- 
ravit inDomino, eripiat eum: salvum faciat eum, 
qioniamvult eum. » — Flagellis perculi, conspui: Is. 
50, 6. c Corpus meum dedi perculientibus , et genas 
meas vellentibus: faciem meamnon averti ab increpan- 
tibusy etconspuentibus in me- » — Veslimenta dividen- 
tur el super vestem sors mitlctur: Ps. 21,17.« Quo- 
niam circumdederunt me canes multi : concilium ma- 
Ugnantium obsedit me.... Ipsi consideraverunt ei ins' 
pexerunt me: Diviserunt sibi vestimenta mea^ et super 
vestem meam miserunt sortem. » — Messias felle et 
aceto potabitur: Ps. 68,22. « Et dederunt in escam 
meam fet : et insiti med potaverunt me aceto. » — Pe- 
des ac manus clavis, latus lancea perfodientur : Ps. 21, 
18» « Foderunt manus measetpedesmeos: dinumerave- 
runtomnia ossa mea. » Zach. 12, 10. « Aspicient ad 
me^ quem confixerunt. » 

Sepulchrum Mes&iae gloriosum erit : Is. 11, 10. 
« In die illd, radix Jesse, qui stat in signum populo- 
rum, ipsum gentes deprecabunlur, et erit sepulchrum 
ejus gloriosum. » 

2<> Textus prsecitali intelligi debent de Messia : Si- 
quidem solus Messias potest appellari sanctus sancto- 



— 22i - ' 

rum, Christus, dux , per quem finem accipiet pecca* 
tum, delebitur iniquitas et adducetur justttia sem- 
piterna. De solo Messi^ dici potest : veniet Rex, justus, 
Salvator; loquetur pacem gentibus et potestas ejus k 
iDari usque ad mare; abstergeC gentes multas , su'^ 
per ipsum continebunt reges os snum; livore ejus 
sanabuntur homines ; elc. — Quoad prophetias in 
quibus enarrantur omnes circumstantiae passionis ac 
mortis Messise, hos explicite et absque ull^ reclama- 
tione vindic^runt ApostoIradprobandum€farrstum esse 
Messiam, illos eliam ssepiiis usurpavit ipse Christus; 
unde constat praedictos textus de Messi^ venturo fuisse 
eommuniter interpretatos. — Qud^d textum in quo 
prscnuntiatur gloriosa sepultura , ex antecedentibus 
patet hunc textum ad Messiam esse referendum. 

3» In his textibus mentio habetur de omnibus cir- 
cumstantiis enuntiatis : Si primam excipias, omnesalise 
nullaexplicatione indigent, etexplicit^ perhibentur in 
variciniisaliatis. 

Nunc, quoad textum Danielis, in illo prsenuntiatup 
Messiam occidendum esseintratrigesimum tertiumaut 
quarlunxselalis nova3. 

Dicit enini propheta Christum occidr debere post 
hebdomades septem etsexaginta duas ab exitu sermo- 
nis ut iterum sediBcctur Jerusalem, ac proinde in sep- 
tuagesimA hebdomad&. Inferius addil : in dimidio heb- 
domadis deficiet hostia et sacrificium; quse, juxla men- 
lem prophetae , mortem Messiae subsecutura sunt. 
Ergo^ ex Daniele, Christus occidi dcbel in medio sep- 
tuagesimse hebdomadis ab exilu sermonis ut iterum 
aedificelur Jerusalenu 



— Ji2 — 

Quo posito , ut assignari queat tnnus defiBitua ivt 
quo Mesaias occidendus est, ioquirendum habemus 1 ^ 
quomodd computandse sint hebdomades de quibu» 
propbeta loquitur, 2. quo tempore exierit edictum ut 
SBdificetur Jerusalem. 

PorrOy quobd V^, propheta loquitur de hebdoma^- 
dibus amiorum. Siquidem agi non potest nec de heb- 
domadibus dierum» nec de bebdomadibus sseculo^ 
rum. — Non de hebdomadibus dierum: Sequerctur 
enim ex istH interpretatione urbem sedificandam fuisse 
post septem hebdomades, id est, post 49 dies ;seque- 
returetiam civitatemet sanctuarium dissipata fuisse post 
aexaginta duas hebdomades, seu,post 434 dies ; quae 
flunt evidenter falsa. — Nec de bebdomadibus saecu-* 
lorum : Nam 1 . nunquiim in V. Testamento reperitur 
iste modus computandi. 2<In hypothesi contrari^, urbs 
aoIummod6 post 49 ssecula aedificata^ post 434 ssecula 
fuisset eruenda ; quod contradicit historise. Ergo Mes- 
sias occidendus erat post 69 hebdomadas id esi, post 
483 annos ab exitu sermonis utsedificetur Jerusalem. 

Quokd 2''°': Edictum, de quo agilur, exiit vigesimo 
anno regni Artaxerxis, anno 300 Romse foodatse, juxta 
chronologiam vulg6assignatam. Exieruntquidemedic- 
ta k Cyro(l JF«rfr.l.)et Dario(/feirf.6.)j etiamque pri- 
mum ab Artaxerxe (1 Esdr,7.), non autem ut eedifi^ 
carentur platea et muri Jerusalem, sed tantiim tem-^ 
plum. Propheta loquitur ergo de secundo edieto dato 
ab Artaxerxe ad reeedificandam urbem (2£ddr. 1 et2). 
Ergo Christus occidendus erat in medio septuagesimae 
hebdomadis ah anno 300, id est circa annum 786 Ro- 
m» fundalse; ergo inter annum 33 et 34 setatis novae^ 



— 223 — 

siquidem ab annoRoinee fuodatae usque ad setatem m- 
vaiu 753 aiini per chronologiam assignantur. 

Missio Messiae venturi^ opera quibus eam conGrmaturns est. 

Mess^ias venlurus est ad erudiendos ae regendos 
homines; missionem suam confirmabit permiracula. 

lo Venturus est ad erudiendos aeregendos bomines : 
Deut. 18, 18. « Propheiam suscitabo eis demediofm- 
irum suorum nmilem tui : et ponam verba mea in ore 
ejuSf loquelurque ad eos omnia qum proicepero ilU. 
Qui autem verba ejus, quas loquetur in nomine meo , 
otudire noluerit, ego ultor existam. » Ps. 2, 6 et seq. 
« £go autem constitutus sum rex ab eo super Sion mon- 
iem sanciimejusy preedicans prceceptum ejus. Dominus 
diodt ad me: Filius meus es tu^ ego hodii genui te. 
Postula a me^ etdabo tibigentes hcereditatem tuam,,et 
possessionem iuam terminos ierrtje. ? Is. 49,6. tEcce 
dedi te in lucem geniium^ ut sis salus mea usque ad 
exiremum terrw.* 

Missionem suam confirmaturus est per miracula : Is. 
35, ietseq. « Dicile pusiUanimis: Conforiaminiy el 
noliic iimere : vcce Deus vester ultionem adduceireWi* 
butionis. Deus ipse venietf el salvabit vo^^ Tune ape- 
rientur oculi coecorum^ el aures surdorum patebuni. 
Tunc saliet sicui cervus elaudus et aperta erit lingua 
mutorum. » 

Inter miracula Messite, speeialiter praenuntiata fuc- 
runtejns Rcsurrectio: Ps. 15,9 el seq. « Propterhoe 
iesiaium estcor metim, ei exultavit lingna mea; insuper 
ei caro mea requiescei in spe. Quoniam non derelinr 
ques animam meamininferno: nec dabissanclum tuum 



— 224 — 

videre corruptionem. » — Ejtis Aseensio: Ps. 109^ 1. 
« Dixit Dominus Domino meo : Sede d dexlris meis. » 
— Effuaio donorum Spiritus Sancti : Joel, 2, 28 et sq. 
« Et erii post limc: Effundam spiritum meum sxiper 
omnem carnem : et prophetabunt filii vestri , et filice 
vestrcB: senes vestri somnia somniabunty et jiwenes 
vestri visiones videbunt. Sed et super servos meos et 
ancillas in diebus illis effundam spiritum meum. Et 
dabe procHgia in ccelo et in terrd, » 

2<* Textus pFaecitali intelligi debcnt de Messilt : Si- 
, quidem de solo Messift dici poterat : suscitandus est 
propheta similis Moysi, ad loquenduro verba Domim ; 
Filius Dei unigenilus constiluendus est a Deo rexsuper 
Sion ad prsedicnndum praeceptum ejus, dabuntur ipsi 
gentes in hsereditatem ct in possessionem termini ter- 
r8e; erit lux gcnlium; Deus ipse veniet et salvabit. — 
Quoidvaticiniade resurreciione, aseensione, effusione 
Spiritus Sancti, ea explicit^ et absqueuIU rectamatione 
laudaverunt Apostoli utpote Messiam spectanlia ; quod 
probat praedictos textus fuissc per traditionem de Mes- 
sia interpretatos. 

3° In his textibus mentio est de omnibus circums- 
tantiis enunliatis : Hoc patet. 

Effactus «ubsecttturi ex missione et operibus Messi». 

Conversio mundi, abrogatio legis Mosaicse, regnum 
spirituale Messise . 

Conversio mundi : Ps, 21 , 28 et sq. « Reminiscentur 
et convertentur ad Dominum universi fines terrce. Et 
adorabunt in conspectu ejus univ^ersce familicegentium. 
Quonicm Domini est regnum: et ipse dominabitur gen- 



— 223 — 

iium. » Is. 66, 18 etsq. ^ Ego aulem opera corum, et 
eogUcUiones eorum^ venio ut congregem eum omniius 
genlibus et linguis : et venient et videbunt gloriam 
meam* Etponam in eis sig;%umt et mittam^x eis qui 
salvaUfuerinty adgentes inmme,in AfricamyeiLydiam 
tencknies sagittam ; in Italiam et Grceeiamy ad insulas 
hngiy adeos qm non audierufU de m«, etnonviderunt 
ghriam meam, Efannuntiabunt giorimn meam genti^ 
bus. Et adducent amnes frafres vestros de^mciis ffen- 
tibus dofium Domino^ in equis, et in quadrigis ei in 
leetiSf et in mulis^ ei in carrueiSy ad montemsanctmi 
meum Jeruisalem^ cUcit Dominm^ quomoda si infarani 
fiUi Israel niunus in vase mundo in domum.Domini* 
Eiassumam exeisin sacerdotesiei levitas^ dicitlDa^ 
minus. » Jerem. 16, 19 et sq; ^ Domine foriitudo^m^ 
ei robur meumf ei refugium meum indie tributaiionis.^ 
ad le gentesvenient ab extremis terrm ei diceni: Veri 
mendacium possederunt patres nosiri^ vanitaiemy quee 
eis nonprofuit. Numquid faciet sibi homo deos, et ipsi 
non sunt cfii f Idcircd ecce ego ostendam eis per vicem 
hanCy oBimiom eismanum meamf et virtutem m/cam ; 
ei scienl guia nomen mihi Dominus. » Ex bis moifesle^' 
sequi(urfeIjgtonem fievam prcedieaodam^ esse» omnes-- 
quegente^adhaiie retigioaem fore eonv^^nda^ 

Abrogalio legis Mosalcde : Jerem. 51^, 51 . c Ecce dies 
venientfdicit Dominus: et feriam demui hrael et do- 
muiJudafoedus novum: Non secundumpactumy quod 
pepigicum pettribtis eorum, in die qudapprehendima^ 
num corum, ut educcrem cos dc tcrra Mgypli^ pacium 
quod irrilum fecenmt, et ego dominatus sum eorum, 
dicit Domimis, Sed hoe eril pactum, quod feriam cum 



— 22G — 

domo Israel pott diesiilos^ dieit Dominm: Dabo legem 
meam in via^ceribus eorum^ et in corde eorum scribam 
eam: Ef ero eis in Deumy et ipsi erunt mihi in j^opu- 
lum. * Malach. i, 10. ^NoneBtmihi voluntas in vobis^ 
dicit Dominus exercituum ; et munm non suscipiam de 
manu vestrd. Ab ortuenim solis usque adjoccasum, 
magnum esi nomen meum in gentibus: et in omni loco 
sacrificaturf et offertur nominimeo obtaiiomunda: quia 
magnumest nomen meum in gentibus^ dicit Dominus 
exercitmm. » Und^ nova lex, novuni sacrificium subs- 
litueoda suntlegi sacrificiisque judaicis ; ista proindfe 
snnt abroganda. 

Regnum sptrituale Messi^ : Messiam futurfrm csscr 
Regem elard pranuhtiatur in vaticinMssuperius eitatis. 
— Regnum autem Messise. intelligendum esse non 4e 
regno teoiporali sed de regno spirituali > sequentibus 
consfat: i. GbaraeteresJi prophetis annuntiati minim^ 
eompetunt regi temporali ; sic, Messies delebit peccxi- 
lum, annumiai)it legem Doniini, pacificus et maQsuetus, 
pauper ct humilis ^rit^ contumelii^ opprobriisque sa- 
turabitur, etc^. 2. Ex propbetis, Messias erit^xspectatio 
gentinm, abjicielur etoccidetura Judseis. Porro prse- 
dieti cbaracteres congruere nequeunt regi temporaU 
quiomnes gentes modo consuefo subditione su^ re- 
dacturus esset. Non exspectandus agentibus, sed.po- 
tius metuendus dici deberet. In summa veneratione 
eum habuissent Judseiy quorum imperio Omnia regna 
subegisset. Eorum aliunde lormentis ac suppMciis scse 
suhtraxisset vi potentidB suse. 



— 227 — 

//. De iradi({onibus judaicis Messiam pranuntiantibus. ^ 

Tempore adventilis Chrisli, tradilionibus Judaeorum 
prsnuntiabator Messias eum prsecipuis eharacleribus 
quibus designatur Ui prophetiis V« Testamenti. 

JL Tempore adventus Ghristi, traditiones judaicse 
praenuntiabant Messiam. 

1» Ab.omnibus admittitur Judeeos omni tempore 
Messiam exspectasse; hunc Messiam tempore Ghrisli 
exspectabant, nunc etiam in exspectatione perseverant. 

2<> Imo dici potest Ghristum advenisse eo tempore 
quo juxta eonstantem Judaeorum traditionem Messias 
adventurus existimabatur. Quodpatet ex sequentibus : 
Herodes occidi jusserat pmDes pueros tenerse aetatis, ut 
Messias in communi csede mactatus k regno Israel ar- 
ceretur (1). Ipse Herodes habebatur ut Messias ab He- 
rodianprum $ect4. Neminem latet Vespasianum et 
Titum titulo Messiae h Josepho fuisse decoratos. Idem 
Joseptu^, de bellojud. 1.6, scribit Judseos spe et opi* 
nlone Messiae mox venturi incitatos fuisse ad rebel- 
lionem adversus Romanos. Quidam seditiosus» nomine 
Barchochebas (filius stellce)^ hisce temporibus Judseos 
coQcitavit, ^multosque secum traxit , praedicans se esse 
Messiam^ seustellam ortani ex Jacob, juxta illud Num. 
24. « Orietur stellaex Jacob. » Legitur apud Grotium 
lib. 3, c. 14, Nehumiam magistrum Hebraeum , qui 
annis quinquaginta Ghristum praecessit, aperte jam tiim 
dixisse non posse ultra illos quinquaginta annos pro- 
trahi tempus Messiae a Daniele significatum. Testan- 

(I) Idem factiioi testatur Macrob. SaiurnaL, Ub. 2. 



— 2i8 — 

tur TalmudislsD Judoeos generaliter exspecta\isse Mes- 
siani tempore quo apparuit Christus; quod teslimonium 
maximi ponderisest in rede quahic agilur. 

11. Traditionibus judaicis prsenuntiabatur Messias 
cum prsecipuis characteribus qui in V. Testamento de- 
signantur. 

l^ Doctores Judsei Christo anteriores eodenr modo 
quo nunc Christiani interpretabantur plerosque pro- 
phetarum textus de Messi^l venturo , ut videre est in 
eorum commentariis. 

2® Christus ad probandum Judaeis se esse Messiam, 
Apostoli ad probandam divinam missionem Christi, 
obsque praevi^ discussione, nec dissentientibus JudaeiSy 
laudabant testimonia Prophetarum quae supertus retu- 
limus. Christus proinde el Apostoli supponebant prae- 
eipuos characteres Messide , in Prophetaruni \aimniis 
signiiicatos> fuisse generaliter k Judaeis receptos, ac 
pland conformes opinioni communique doctorum ira- 
ditioni; alioquin eorum argumentatio omni fundamento 
caruisset; Chf istus et Apostoli insipientissimS egissent, 
quod repugnat. — ^ Judsei qui retigionem Christianam 
omplexi sunt, ex praedictis characleribus agnoverunt 
Christum eumque pro vero MessiA habuerunt. Cum 
outem prophetarum vaticinia adChristumreferebantur 
ai)sque prsevi^ argumentatione , ind6 condudendum 
Judaeos spirituales per traditiones suas edoctos fuisse 
de characteribus quos verus Messias prae se ferre debc;- 
bat. Alioquin dicendum foret istos Judaeos, sanae ira- 
dilionis edoctos, quJim maximamdeceptionem libentcr 
fuisse passos, religionemque praejudicijs suis oppositam 
suscepisse fals6 ctgratuito ognoscentcs ihChristo cha- 



— 229 — 

racteres veri Messtae ; quod repugnat. — GaFnalefl aoCem 
Judaei, ac prsecipu^ Pharissei, Ghristi el Apostolorum 
hostes infensissimi, non disceptltrunt de hoc funda* 
mento prsedicationis Christi et. Apostolorum^ lic^t ar- 
gumentatione praevili non demonstrato. Unde eonclu- 
dendum prsedictos Judaeos illud admittere fuisse eoac- 
tos vi prophetiarum et traditionum. Siquidem, si cha- 
racteres quibus Christus pro Messi^ vero agnoscendus 
proponebatur reipsa non concordlissent cum nolis per 
traditionem assignatis, certo Pharisset Christum et Apos- 
tolos imposturse arguissent, eorumque doctrinam con- 
futassent. 

30 Characteresy quibus agnoscendus erat Messias, 
sunt alii gloriosi, alii probrosi. Omnes auteni isti cha- 
racteres admissi fuerunt de Messili h Judeeis spiritua- 
libusy eliamquea muUis carnalibus Judseis. — Spiritua- 
les Judseos admisisse de Messili omnes characteres 
assignatos, patet ex dictis. — Quolid Judseos camaleSy 
faclo constat eos semperde Messi^ intellexisse prophe- 
tias quibus prsenuntiabantur characteres gloriosi. In 
eo tantdm k Judaeis spirilualibus dissentiebant, qu6d 
illas prophetias de glori^ mer^ temperali interpreta- 
rentur.Deprophetiis ver6 praenuntiantibus charactercs 
probrpsos, multi etiam iiiter eos, vim prophetiarum er 
traditionum cluderc non valentes , illas intcllcxerunt 
de Messi^^ ; cum autem omnes prophetias io scnsu ma- 
teriali et carnali intcrpretatas inter se conciliare non 
posscnt, duplicemfixerunt Mcssiam: unum scilicetcui 
characlercs gloriosi , alterum verd cui characteres 
probrosi compctere debebanl . 



— 230 — 

W. Db tradiHonitnu Paganorum Messiam prcBnuntianiitus» 

Tempore advenlils Ghristiy etiamapud Paganos cir- 
cumferebantur opiniones de Messi^ venluro et de 
quibusdam 6 eircumstanliis superius indicatis. 

I. Apud Paganos circuroferebantur opiniones de 
Messi^ venturo : 

Sub lilulo de Revelatione , Primitivd jhm plura re- 
tulimus testimonia quibus probatur baec gentium 
exspectalio. De Ikm universali -gentium opinione se- 
quentia scriblt Volney : « Les tradilions sacries et my- 
ihologiques des temps anterieurs avaient repandu dans 
toute lAsie la croyance d'un grand Mediateur qui de- 
vait venir, d*un Juge final^ d^un Sauveur futur^ Roiy 
DieUf Conquirant, Legislateur^ qui ramenerait fdge 
d'or sur la terre^ et delivrerait les hommes de fempire 
du mal» (1). Ilem Boulanger, successivd reyocaiis 
nationibus quae Messiam exspectabarit^ addit: « Enfiny il 
n*y a eu aucun peuple qui n^ait eu son expectaiive de 
cetteespece » (2). 

II. In istis Paganorum traditionibus designabantur, 
modo tamen obscuriori, quaedam c circumstantiis jam 
iQ V. Testamenlo traditionibusque judaicis praenun- 
tiatis de Messi^ ; scilicet, tempus quo Messias erat ad- 
venturus, locus und^ oriturus erat/cruenlum Messiae 
sacrificium. 

1° Tempus : Circa annum 65 oetatis Christianae, dux 
imperii Sinensis, Mim-li, ad Occidentem misit legatos 

(1) Volney, Les Ruincs, p. 228. 

(2) Boulanger, Recherches sur VongiiK du dcspolisme oricn tah 
sccl 10, p. 116. 



— 231 — 

ad q^deiteadam Sanetum (I). Ex Acadefni^Calciiltensi/ 
iuitio aetalis Giiristianae apud Indos reperla fuit traditio 
qu8e prsenuntiabat Messiam hoc tempore adveniuruni. 
Sueloniusin Vespasiano, cap.i, habet : « Percrebueral 
Oriejite tolo vetus et constans opinio esse in fatis, ut 
eo tempore Judced profecti rerum potirentur. p Eadem 
habetin Nerone, cap. 40. Tacilus, bist. lib. 5, scribit: 
*t Pluribus persuasio inerat , anUquis sacerdolum lit- 
ieris conlineri, eo tempore fore ut valesceret OrienSj 
profeclique Judced rerum potirentur, » Videri etiatn 
possunt Ecloga i Virgilii, et lib. 2Giceronis deDivina- 
ttone, in quibus hujus rumoris clarissima sunt in- 
dicia* ' 

2<* Locus: Judeei existimabant Messixim apud eaS 
nasciturum. Populi Orientalesdicebant illum oriturum. 
ex Occidenle; Occidentales vero Messiam ex Oriente 
adventurum credebant. — Hoc etiam confessi sunt 
hosles religionis Christianae. « Ceiait de temps imme' 
monai, ait Vollaire, unemaxime ehez les Indiens et les 
Chinois que le Sage viendrait de VOccident. UEurop^au 
contraire disait que le Sage viendrait de rOrieni » (2). 
Jaxta Boulanger, « rOrient pburrail etre appeU le pdle 
detespirance de toutes les nations » (3). 

3^ Cruentum Messise sacrificium: Ex traditionibiis 
populorum, mediatorfuturus inter Deum et homines 
debebat esse victima humana, sancta, in locum tolius 
humani generis substituta , cruenta, cujus sacrificii 

(1) Vid. Sehmitt , La Bisdemplion annoneee par les tradilions, 
Chine, § 6; et «m. 

(2) Voltaire, Additions a VHisloire gMrate, 

(3) Boulangcr> Antiq. devoitee par ses usagcs, T. H, I. 4, c. 3. 



liomideft per eommunionem participare debebant. 
Quae omnia prsefigtarabant sacrificia apud omn§s po- 
pulos usitala. 

• 2* Ppo. — Prceddcta vaticinia in Christo et in solo 
Christo fuerunt completa. 

I. In Clirislo ruerunt completa : 

Ex libris N. Testamenti , quorum auctoritas histo- 
rica , ut supr^ probavimus, in dubium revocari non 
potest, cons^tat pleraque de Messi& venturo prasnuntiata 
Ghristo Domino plan^ convenire ac in ipsofuisse adim* 
pleta. 

' Plures quidem sunt circumstantiee h prophetis de 
MessiA praenuntiatfle , de quarum adimpLetione tacent 
libri N. Testamenti, quales istae : Messias adventurus 
est stante adhuc secundo templo , tempore quo scep- 
trum erat k Judji auferendum , ad voeem Mess/as con- 
vertentur gentes, abroganda erit lex Mosaica^ Messias^ 
reghaturus est. Historili autem constat lUas etiam pro- 
plietias de (llhristo verificatas fuisse. 

1 . Ghristus in mundum venit, stante adhuc secundo 
lemplo; Templumin quo praesentatus est Jesus, in quo 
docuit et miracula edidit eratsecundum, seu templum 
^Zorobabelexstructum. Gontenduntquidem adversarii 
iempIumiUud Zorobabelicum dirutumfuisseab Herode, 
templumqu*c temporeGhristi existensnon secundum fuis- 
se, sed tertium. Facto autem constat templum veius ab 
Herode intra octo annorum spatium successive et pcr 
partes soluminodo fuisse instauratum, amplificatum et 
cxornalum. Herodem novum templum non exstruxisso 
probatur ipsorum teslimonio Judaeorum, quinunquam 
mcminorunt fcrlii tcmpli; duo tanttim agnoscuni , 



— m — 

iinum scilieet ^ Salomone, aUerunt)^ Zorobabel ddiu- 
ficaiuno^ cl in Talmude aliisque seriptis eonsianter as- 
severant secundum a Romanis fuisse eversum. Ha^^ 
secundi templi eversio evenit anno 71 selatis Chris* 
tiaose. 

2. Sceptrum a Jud^ non fuit ablatum usque ad tem- 
pora Ghristi; ejus autem tempore potestatem amiserat 
Judas : Quod probatur ipsamet judaicse nationis his^ 
tori^. 

Tempbre Judicum , in omnibus tribubus Israet^ ae 
proinde in tribu Juda, eranl duces proprii. Item scep- 
trum fuft in tribu Juda tempore Regum; omnes enim 
principesquinationi Judaeorum prsefuerunt, si Snul ex- 
cipias, oriebantur ex famili^David, proinde ex Juda. Et 
successio regum ex stirpe David elard apparet conti- 
nuala Usquead caplivitatem Babylonis. Etiam illocap- 
tivitatis tempore tribus Juda retinuit sceptrum, seu jus 
vivendi secundiim leges sibi proprias , ut liquet ex 
hislori^ Susannae, Daniel. 15, el libro Esther, c. 16, 
ubi Judaei dicuntur juslis utentes legibus. lEadera ei- 
vilis potestas, eadem facultas suis legibus suisque ma* 
gistraiibus utendi , sotut^ captivitate permansit. Haee 
tribus fere sola in patriam regressa est , ac propri6 
constifuit eorpus judaieae nationis; (hlnc nomen /«- 
ckece toti regioni inditum fuit). Judsei ex captivilate 
reduces successive facti sunttributarii regum Persarum, 
et, post mortem Alexandri raagni, regum Syriae etiEgyp* 
ti. Illud autemintra temporis spatium proprias sibi le- 
ges, propriamque regimtnis forraam obtinuerunt quara 
post capliviiatem instituerant. Haec regiminis forraa 
(rtiam sub Asmonseisducibus nriansil; nampppulus eqs 



— 254 — 

libere sibi duces elegtt, et rerum pti^blicarum adminis* 
tratio semper ad senatura et populum poiissimum per- 
iinebat, ut constat ex Josepbo, de BeK jud., 1. 1, e. 1 , 
etexlibris Machabaeorum. Judaeli sub ditione Roma- 
norumredacU, senalus ac principum auctoriias adhuc 
quodam temporis spatio servata est; deiu successiv^ 
magis magisque attritae sunt res Judseorun^y^ fatctoque 
eonstat potestatem apud eos penUtiS' deCeeisse tempore 
quo Christus d vivis sublatus est. Anlea Judaei semper 
gavisi fuerant jure vitse^ ac necis in proprios cives ; ill4 
autem aetate jus^vitse^ ac mHsi» amiserant , eiim, addu- 
eentes Ghrislum ad tribunal Pilati, ipsi confessi fue- 
rint : nobis non tieei inierpfCere ^t^m^tiam. Joan. 18^ 
31 . Deoutm propheiia supremam adimpletionem con- 
secuta est paul6 post mortem Cbristi, quand6 Judaeiy 
sub Tito imperatore , civitale dirut4 » omni domimo 
spoliatiy nec regemnecprincipem habentes> per (otum 
orbem miserrinae dispersi sunt. 

?. Apertecomplelumest in Qiristo illud propUela- 
rum vaticinium de vocatione et conyersione genlium 
ad veraereligioniscognitioneni. Histori^ teste, vixcon- 
aummato crucis sacrificio, religio Chrisli celerrime la- 
tdque diffusa est. Primaevis jltm temporibus Paulus ad 
Rom. scribebat ^ « ^des "vestra annuntialurin universo 
mtindo. » Hane rapidam Christianse doctrinse propaga- 
tionem unanimi ore testantur auctores eeclesiastici , 
etianKjuescriptores ethnici. Praedietura aliunde vati- 
cinium quotidi^ in mundo adimpletur. . 

4. De (empore mortem €hristi subsequente com- 
pleta sunt vaticinia quibus praenuntiata fuerat abro* 
gatio Jegis Mosaicae. Fatcntibusjpsismet Judsei^i mag- 



- m — 

num conciiiDm y quod synedrium vocabant , annis 
}hm quadraginta ante civitatis Hicrosolymitanae exci- 
diuin^ proinde circa tempora mortis Ghristi, sotutum 
fuit (1). Templunfi eversum est anno 71 a&talis novae. 
Ab ill^s pene temporibus ita confusfe sunt Judseorum 
familiae^ ut qu^ tribu quisque oriundus ^it agnoscere 
sit prorsiis impossibiIe« Ergo lex Mosaic& fuit abrogata^ 
Siquidem l.societas religiosajam non existit ubi deest 
auctoritas ad regendam societatem necessaria. 2. De- 
leto Hierosolymitano templo extra quod offerre sacri- 
ficiaoon licebat, tribubus ita confusis ut agnosci non 
possit tribus Levi cui soK competebant sacerdolalia 
munera; cess^runtsacrificia^ omninoque Mo^alci cultiis 
observatio impossibilis evenit. 

5. In Ghristo completa sunt vati^inia de regno spi- 
rituali Messise venturi : Ipse eriim Ghristus^ omnes gen- 
tes imperio suo «ubjecit, diffuso per totuih orbemEvan^ 
gelio f Ecclesi^ sub ipso capite ex omnibus undiqu^ 
populis congregatai. Hoc spirituale Cbristi regnunri pro- 
clamam omnes fidclesi omnesque populi qui a deeem 
et octo saeculis, in e&dem fide e&demque Eeclesili una- 
nimes, doelrinam et religionem Ghristi professi sunt ac 
profitentur. Imo dici polest hujus prophetiee adimple- 
tionem jkm ab ipsisniet hostibus Cbristi quasi signifi- 
catam fuisse, quand6 crucifixi patibulo titulum impo^ 
suerunt : Jesus Nazarenus Rex Judceorum. 

II. Prophetaruni vaticiuia in solo Ghristo compteta 
sunt : 

(!) Vid. 0. Dracb, de VSdrmonie eiUre VEgUse ei lOr Synaio- 
ffue,!. I, p. 115, ubi tesliinonia Talmudi refert de cessatione sa- 
eerdotalium munerum apud Judaeos. 



— 236 ~ 

Siquidem nullus praster Christum assignari potest 
cui eonveniant omnia de Messi^ venturo preenuntiata. 
Si quis enim alius posset assignariy vel natio judalca, 
vel quidam anterioraut posterior Christo. Atqui, 

1. Natiojudaiea evidentcr non pr» se fcrl eharae- 
lcresqui de Messi^ fuerant praenuntiati. 3. Facto etiam 
constatnullum ante Christum in se complevisse omnia 
prophetarum vaticinia. 3. Item nulli post Christum 
omnes Messiae charactcres convcnire possunt. Haud 
difficile enim perspicitur omnes qui tiiulo Messi8& fue- 
runtdecorati,quaIes Vespasianus, Titus, Barchochcbas, 
et alii, nihil de Messiae notis nisi nomen habuisse. i. 
Legitim^ ae cert^ aflirmari potest nullum fore in pos- 
terum cui conveniant charactercs citati. Siquidem io 
tiniverso orbe completa est exspectatio gentium. Nunc 
populusjuda\'cus, solus inter omnes, in qukdstm Mes- 
slae ex^peotatione perseverat; ea autem ipsa Judseorum, 
et saltem doctorum, spes ita debili^ est et incerta, m 
nomine spei vix appellari qtieat. Aliundd nunc impos- 
sibilis evenit adimpletio omnium quse de Messi^ praa* 
nuntiaia fuerant, et quse nos in Christo Jesu adimpleta 
eonfitemur ac credimus. 

3* Ppo. — PrcBdicta vaticinia sunt perw propheiice. 

A^ Res fuerunt anteeventum praenunliatae : 1. Om- 
nia enim vaticinia superius allata reperiuntur in ver- 
sione LXX Interpretum, quae 250 circiter annis ante 
Christum edita est. 2. Libri in quibus referuntur sunt 
proto-canonici ; canon auteni Hebraeorum jim multo 
ante Christutm tempore faerat confectus. 3* Ipsimet 
JudaBiadmittuntlaudatas prophetias Cbristo anteriores 



— 25^ — 

cxslitisse. — Res fuierunt praenuntiata& modo affirfim- 
tivo, et cunoi ejusmodi cireumstantiis <]u6d removeatur 
suspicio de concordanti^ fortuit^ prsedictionum cum 
eventu : Earum expositione constat. 

2<* Vaticiniaverific2itafuerun(cum omnibuscircums- 
tantiis : In pr^ecedenti propositione probatum est. 

30 Deus est auctor istarum prsediciionum: Si- 
quidom istae praedictioncs non possunt attribur pra^ 
visioni humano)» nec diabolicae Inspirationi» Quod 
constat rat. gm. 1. Quaedam e vaticiniis prs6citaUs 
habent pro objecto prsenuntiationem niiraculorum ; v. 
g. prsenuntiata fuerunt miracula Messiae , ejus resur^ 
rectio et ascensio , eifusio donorum Spiritus S., Porro 
anteaprobavimus, ubi de Prophetid, originem talium 
praedictionum posse cert6 affirmari divinam ; miracu^ 
lum enim 9 cum pendeat a voluntate liberli Dei , non 
potest prsecognosci nisi per revelationem divjnam. 2. 
Yaiicinia prsecitata, saltem si sumantur in globo , sunt 
primi generis, id est, prsevisio tot et talium evcnluuoi 
mamfesie excedit capacitatem cujuslibet crcaturae. 
— Constat etiam ra/. spec. 1. Eventus preenuniiati non 
potuerunt ab hominibus praevideri ; cum non pepen- 
derint k eausis naturalibus sive physicis sive moralibus. 
Aliunde eo magis impossibile fuit hos eventus ab homi- 
ne praevideri, quo praedictiones editse fuerint a pju^ 
ribusprophctis, temporibusque inter se longe diversis. 
2. Praedictiones istse non possunt attribui diabo^icae 
inspirationt, cum doctrina in cujus grdtiam exstaut sit 
dese sanctissima. 

CoticL Efgo propbetiee citatae certo probant Christum 
esse Messiam verum, veram proinde ac divinam esse 



I 



— 558 — 

doetrinainc|uani€fari9iU8Messias vcrus hominibus re- 
vdavit. 

i S. De Propketiis ab ipso Chrislo ediiis. 

f Argum. Christus plura praedixit de seipso, de disci- 

:i pulis, de excidio urbis Jerusalem et eversione templi. 

> — Omnes islae praedictiones fueruut adimpletae» — Om- 

i. nessuntverae prophetiae. — Ergo certo probant Cbrii- 

v^ tum esse ver^ k Deo niissum ; religionem proinde ab 

jf! ipso revelatam esse divinam. 

j !• Ppo. — Chr%$fu$ plura prmdixit de seipso^ de 

discipulis^... 

De seipso : scilicet , qu6d deberet tradi Judseis et 
% gentibusy multa pati, crucifigi^ ac triduo post mortem 

1 resurgere: Matth. 20, 18 et 19. « Ecce ascefidimus Je- 

^ rosoh/mam^ et Filius hominis tradeiur Principibus 

1 Sacerdotum et Scribis^ et condemnabunt eum morte, Et 

^ tradent eum gentibus ad illudendum etllagellandum, 

I et crudfigendum ; et tertid dieresurget. » Eadem videri 

possunt apud Marc. 10, etLuc. 18. Hsec autem vaticiaia, 
ac prsesertlm iliud de futurlk post triduum resurrec- 
§: tione» Juddeis ignota non fuisse constat ex iUis quae 

% Pbarisaei ac Principes Sacerdotum ad Pilatum post 

;;■ Christi moFtem dixerunt : « /)oimne, recordati sumus 

^ quia seductor ilte dixit adhuc vivens: Post tres dies 

'::ii resurgam. » Matth. 27. 

>| Dediscipulis: Praedixit prodiiionem Judae: Matth. 

I 2&, 21 et sq. « Et edentibus iliis^ dixit (Jesus): Amen 

'"!:. dico vobis quia unus vestrum me traditurus est. . . Et ait: 

^>^ qui intingit mecum manum in paropsidci Jiic me tra- 

% ife^.. Respondens autem quitradidit eum, dixit^Num- 



^. 



— 239 — 

yuid ego sum^ RabbifAitilii: Tndixisti.* Vid. eiiam 
Joan. 13, 21 et 26. — Pradixit trinum Petri lapsum, 
Mattb. 26,34. « Ait illi (Jesusi): Amen dico tibi^ qma 
inhdc noctey antequam gallus cantet^ ter me negubis.* 
^Prsedixit Spiriius S» in diseipulos effusionem et ad- 
mirabiles ejus effectus : Act. Ap. 1,8.« Aecipietis vir^ 
tutem supervenientis Spiritus Sancti in vos^ et eritis 
tnihi testes inJerusalemj etin omniJudcedet Samarid^ 
etusque ad ultimumterrce. » 

De urbis Jenisalem excidio et eversione templi: 
Pfsenufltiavit 1 . signa hunc eventum antecessura : erunt 
pseudo-messide,fames, pestilentise, terrae motus, signa 
inc(elo;2. circumstantiashujusexcidii: fietatitequ&m 
gcneratio praetereat, exitus erit horrendus ae prae om- 
nibus lamentabilis, urbs k gentibus calcabitur ; 3. ea 
qasesubsecutura sunt: Judsei dispergentur, cadent in 
ore gladii et capiivi dueentur, alii pseudo^prophelae et 
falsi messia surgent. Luc. 19, 41 et sq. m Et ut appro- 
pxnquamtj videns civitatemy flevit super t7tom, rft- 
cens:... quia venient dies in te: et circumdabunt te 
inimici iuivaUo ; et eircumdabunt te : et coangustabunt 
$€ undiqui; Et ad lerram prosternent te et filios tuos 
qui in te sunt^ et non relinquent in te lapidem super 
lapidem; eo qudd non cognoveris tempus visitationis 
tuce. » Mallh. 24, 1 ad 18. « £^ egressus Jesus de tem- 
plo ibat. Et accesseiunt discipuli ejus^ ut ostenderent 
ei cedificationes templi. Ipse autem respondens dixit 
itlis : Videtis hcec omnia ? Amen^ dico vobis, non reHn- 
quetur hic lapis super lapidem qui non destruatur. 
Sedente autem eo super montem Oliveti^ accesserunt ad 
eum discipuli secretby dicentes: dic nobis^ quandd hac 



- m - 

i?ratt«?... Et reBpondemJestiSy dixiteis: Vidctene quis 
vos seducal ; mtdti enim venient in nomine meo, dieen- 
tes: Ego sum Christus , et multos seducent, Audituri 
enim estisprceliaetopinionesprwliorum. Videtenetur' 
bemini; oportet enim hcec fieri, sed nondum esl finis. 
Consurget enim gens in gentem et regnum inregnum; et 
eruntpestilentim^elfames^ et terrcemotusper loca^ Hcec 
autemomnia initia sunt dolorum. » Luc. 21, 11 etsq. 
« Et terrcemotus magni eruntper loca^ etpestHeniicSy 
et [ameSj terroresque de coelo, et signa magna erunt. 
Sed ante hcec omnia injicient $)obis manus sucts, et 
persequentur^ tradentes insynagogas et custodias, tra^ 
hentes ad reges et prmides, propter nomen meum.^* 
Cim autem videritis cireumdari ab exercitu Jerusalemy 
tunc scitote quia appropinquavit desolalio ejus, Tunc 
qui in Judced sunt fugiant ad nwntes^ ei qui in medio 
ejus discedant; et qui in regionibus non intrent in 
eam. Quia dies ultionis hi sunt^ ut impleaniur omnia 
quce seripta sunt. Vce autem prcegnanlibus et nutrien- 
tibus in illis diebus! erit eniwr pressura magna supeT 
terratn, et ira populo huic. Et cadent in oregladii: et 
captivi ducentur in omnes gentes, et Jerusalem cakor 
bitur a gentibus: donec impleantur lempora nationum. » 
Matlh. 24, 54. « Amen dico vobis:quia non prceteribit 
generatio hcec donec omnia fiant. » 

2« Ppo. — Omnes istce pra^dicliones fuerunt adim* 
pletce. , 

Qup^d praedictiones Chrisli de seipso et dediscipulis 
suis, eas fuisse adimpletas conslat ex libris N. festa- 
menti, et scriptoribus ecclesiasticis» 



Quoid priedictioRCs Gfaristi de cxcidio wbis et tem^ 
pli/ex ips4 Josephi hisloria alitsque ethnii^oruni tes^ 
tinooDiis, harum adiinpletio demonstratur. 

De signis Jerusalem excidtum aotecessuris : Ghris^ 
tus prsedixerat 1 . venturos plures impostores qui spo 
vanll vietoriarumplebem deludereat. Josephiis autem^ 
referlimpostores et magoa eo tempore turbasin solitu^ 
dineadse (raxisse, dicentes se eis ostensuros manifesta 
prodigia et signa. Talis erat Theudas» qui ingentieni 
fnultitudinemsibi adjunxit, pollicitus se aquas Jordanrs. 
divisurum (1); talts pseudo-propheta i£gyptius qui 
triginta millia homimimsibiadjunxerat, quorummaxi* 
ma parsa Romanis deleta est (2), Multos aliog aumerat 
idem auclor. — Christus pra&dixerat 2. praeUa ct opi' 
niones prselioFum, Narrat autem Josephus seditiones 
exortas esse . Cae^arese , Ptolemaide , Tyri , Damasci , 
Alexandrise, €tc« . Exarserunt etiam in imperio romano 
bella civilia Galb», Othonis et Vitellii : istis quoquc 
temporibus imperiuto infest4runt barbari, — Cbristus 
praenuntiaverat 3. famem , pestilentias , terree motus 
per loea. Josephus autem , de bel. jud. I. 6, c. 27, 
(radit tiim gr^em tunc fuisse famem, ut homines ad 
extrema compulerit ; refert etiam, 1. 7, c. 23, peslilen-» 
tiam qu£e hanc famem comitata est, In 1. 4, c. 17, deseriV. 
bit tempestatemet mugitus tremefactde telluris quse tcm^ 
poreillo evenenmt. lisdem etiam temporibus contigere 
terrae motus ili Cret&^.Ghio, Samo, Golossi , Laodicose, 
etc. — Ch.ristus pr^sdixerat 4« terroresde eoelo el signa 

(4)'Jas€ph, Aniiq. Jud. L 20, c. 2, 
(2) Mem, 4» Bello Jud. 1.2, c. 25- 

14 



~ 242 — 

magna. Josepbtis aatem , 1. 7, c. 31, seribit: lunc in 
coelo visa esse sidus ensis formam imitatum, coroe* 
tam urbi per annum imegrum imminentemy <}onspectas 
acics et currus; tant^ subit6 iuce collctstraium fuisse 
templum nocte in festo «zymorum , ut per mediam 
horam dies viderelur; aeream lempli januam, cui mo- 
wndae vix pares erant vigenli viri, sponl^ patuissc; 
audilam in templo voeem dar^ auribus insonantem : 
€xecmiuSy€X€amus, Quoe omnia k Tacito confirmantur, 
hist. I. 5, c. 13: • Evenerunt prodigia^ inquit, quce 
neque hosliiSy neque votis piare fas habet gens supers- 
titioni obnoxia;viseeper ecelum coneurrere acies, ru- 
iilantiacnrmaet subitd nubiumigne collucere templum' 
expansm delubri fores^ et aiuiita major humand vox^ 
exe€deredeos^...T» 

De eversione templi et excidio urbis : Narrat Jose- 
phus Tittim omnem industriam contuiisse ad servah- 
dum templum; dixerat iste se invitis Judaeis illad 
-ser^'aturum, veluerat ne milites quidquam in templum 
auderent, et ignem ut emicuit maximis cum periculis 
exstinguere eonatus est. — De templo et urbe prse- 
dixerat Clmst»s non relinquendum esse lapidem super 
lapidem. De templo autem Eieazar, apud Josepb. 1. 7, 
c. 34, affirmat diruta atque effossa ipsa templl funda • 
menta. Maimonides traditpostea templi solum aratro 
versum fuisse k Turno Rufo. Et de urbe Josephus, L 7, 
c. 1 : « lUi qui urbem destruxerunt^ cequdrunl tiniver- 
sum urbis circuitum, utnulla remanserintindiciay ex 
quibus aecedentes possent agnoscere urbem ibi anted 
/Uisse. » Denu6 miraculis confirmata est veritas prse- 
dictionis Christi de templo, tempore Julidoi, quando 



_ 243 — 

irapius islje imperator templam reslaurara com Judseis 
aggressus est^ud inficiandum vcritatem prophetiseCIiris- 
ti. Tunc, u\ traditAram, Marcellinus, scriptorpaganus 
JuliaoQ coaevus, 1, 23, c. 1 : « Cim rei fortiler instaret 
Alipius, juvaretque provinciw rector^ rn^ituendi globi 
flammarum prope fUndamenlacrebrisadsuUibus erum- 
'penteSyfec4re locrnn exuslis aliquQ4ies operantibus m- 
accessum: hocque modoelemento destinatiiis repellente^ 
aessavii inceptum. » Ead^m testantur, inler Judseps , 
Rab* Gedallia-BeBTJoseph-Gekaia ; inter Christianos, 
SS. Ambros., Joan^.Chryspst., Greg. Nazian. ; igsi 
consentiunt impii, inter quos Gibbon. 

De circumstanliis hujus exeidii : Preedixerat Christus 
1 . g^fteratioeem non prselerituram. dooec omnia hsec 
fiani. fixeidinm autem Jerusalem evienrt anno 71 ee- 
tatis ChristiaDse, 37 eirdter annis a praedictione facta. 
--- Pra&nuntiaverat 2. «rbera a gcntibus tjateandam. 
ierusalea» autem h Homanis deleta esl» — PrdedixjeraEt 
3. tunc fore iribulaiionem magnam , ajc ^ies ullioRis 
diviaae. Quicumque aulem historiaiti Jo&ephi perlege* 
rit, haec imelliget perieeti.adimpleta* fpse Josepfaus, 
proem. par. 4, testalur: « Omnium post condita scecula 
res adversce, si cum m cenferantur quce JudtJBis conti- 
geruni^ longi ubiis mperarividentur.» Divinam uhto- 
oem noB tantum Josephus, sed et Titus agaovit ; cum 
enimfinitimse gentes 6b vieiorian»ipsi coronas ofierreni, 
eas tespuit dieens." se talium operum non esse aiiclo- 
r^, sed &€o contra Judeeod iracundia^a dem^^nstrantt 
mamis suas praebuisse. 

De his quse subsecutura erant : Praedixerat Chris- 
tus; « Cadentinore gladii^ et captivi ducenturinomnes 



yonics. » Ex Josepho autem, obsidionis tcmpore, tiim 
gladio, tiim fame perierunt undedes eentena millia ; 
capta ver6 ae vendita oonaginta septem millia. Quibus 
siadjungantur illi qui ante^ j&m in hoc bello occubue- 
l*ant, summa erit 1 , 337^ 490. Posteb, Adriani tempori- 
busy post ingentem Judseorum ciademy residui per 
universum orbem dispersi sunt^ — Alios etiam pseudo- 
incssias post e^ccidium futuros praedixerat Ghristus. Haec 
autem 9d litteram adimpleta sunt» preserlim Adriani 
temporibus in Barchocheb^» quo duce Judeei rursus 

h rebeliantes h Romanis opressi sunt (1). 

|| 

;\; S* Ppo. — OfHnes 9Uni vertb propheUcBi 

^ <*" Res fuerunt ante eventum prcenontiatee^ : Gonstat 

^ ^x ipsismei N. Testamehti librist quorqm iniegritatem 

Ni tic veracitatem superius probavihfius. — Fueroui prsif- 

1] tioxittatse itiodo affirmativo et cum circum^ntiis qud- 

|; l*uin species et numerufl( omnem remotent suspieionem 

% de coocordantili fariuit& prd&dictionis cum eventu ipa- 

:r^l tet ipsarum prsedictionum examine^ 
2« PreedJctiones fdenuit Verificatie : suprit probdtum 

$1 , est. - . 

'1 3« Deus est attctoristarcrm praedictionum : Siquidem 

!;| noo possuAt attribui praevisioni htimahse aut diaboIicsB 

4 inspirationi. (Hic redeunt rationes superius allatae, ubi 

';i dePropheiiis ante€kristum edUis,) 

4<> Preediciiones ista fuerunt edit€& ad probandam 

l^ divinam missionemGbristi: l^ Ex ipsA ^vangelistarum 

y narratione constat Jesum per totumvitsesud&apaiium 

[^; (4) VW. Hioocke, T. II, part. % art. % l \, iprop. 3. 

''3 ' . • ' 






— m — . 

unum prtecipue ialendi«se, scilreet homines ad Religio- 
nem suam adducere, et ad hunc finem ordin^sse om- 
nia opera sua supematuralia; proiod^ et prophetias quas 
edidit. 2. Speciaiitery ad resurreclionem sudm» tan- 
qu^m ad certum divinse missionis suse testimonium , 
adhuc vivens appellavit, quand6 , . Pharisa^is signum 
petentibus, jesus respondit: n Signimnon dabitur ge- 
neralioni huic; nisi signum Jonce propheke..,ii Maith. 
13, 38 et sq. Item praedietionesGhristi deurbi» ettem- 
pli eversione, de futura Judseorum dispersione ,/at) 
ipso editae fuerunt in probationem divinae iegalionis 
suse, ut dar^ eonspicitur ex istis: «, Si cognovisse» et 
tu, el quidem in hdc dieiud quce ad pacem iibi. . . » Luc. 
i9,43etsq. yid. etiamMatth^ 23. 

ComL Ergo cert6 probant Christum fuisse vere a 
Deo missuin. Ergo divina est Religio quam Christus k 
Patre missus hpminibus reveiavit. 

\Z. De ProphetHs postChrifti tempora ediiis. 

Alcmporibus Chrisli innumersB propemodum in Ec- 
clesi^ Calholic^ editae sunt k Sanctis viris prophetiae, 
quaepossenieiiamafferri ad propugnandam divinitatem 
Religionis Cbristianae. Cum autemhujusgenerisprophe- 
tiarum expositio tractatus noslri limites excederet, praj- 
senlem materiam absolvimus, notantes tantiim eodem 
raodo circa istas prophetias esse procedendum, ut ar- 
gumentuni ex illis deduci quedt in gratiam Religionis 
Chrtstiante, quo de ceeteris raliocinium habetur. 



— 24« — 

IL 

Pro6. per Miratuia. 

Dicendum l^ de iniraetilis Chriisti et Apo^toloruiil, 
3^ gpecialiter demiraculo resurrectionis, 3^ de mira- 
cu|isppst Ghristi ApostQlorumqcie tempora editis. 

i i* De Mirofiulis Chri^i et ApoMtblorum'* 

In N. Testamento multa narrontur prodigia tum 5 
GbristOy tum ab Apostolis pairata* — De Chrislo imer 
alia in Evangelio traditiar : ^um aqUam in vinum 
Verttsse (/oan. 2); st^per aquas dmbuilissief mari et 
Ventis Imperftsse (^awA. 14. Luc. 8); non scmelpancs 
multiplic&sse in alimentn mullorilm miilium {Matth. 
i4etl5); omnis gen^ris morbos ac languores soio nutu 
iae verbo san&sse; mortuos suscitdsse , filidm scilicet 
Unicam yidum Naim (Lue. 7), filiam Jwi prioeipis 
feyns^og» (ikUth. % et LazarUm h fiethaoi^ (Joan. 
11),-— De Apostplis seqiientia in Act. Ap. referutiVur : 
admirabilis eorum immutaiio, quandd super eos des- 
cendit Spiritujs S.^ pluribus camitafhtibus prodigiis 
{Avt.^ 2); voce Petri Ananias et Saphira morte percussi 
(Act. S); Petrus per Angelum ^ carcere eductus (Act, 
12); Pa^uli conversio, mirabileshujus eventus circum- 
Staat]^ (Act, 9); Barjesu k Paulo excaecatus {Act. 13). 
Per manUs Apostolorum fiunt signa et prodigia : si^ 
Petrus et Joannes sanant claudum k nativitate juxta 
portam speciosam templi (Act. 3); Lyddee paralyticum 
^neam sanat, el in Joppe Tabltham defunctam suscitat 
Petrus {Act. 9); inTroa^le Paulus Eutychen ad vitam 
reVocat (Act. 20.) etc. 



— 247 — 

Quibus posilis, sicraiiocinnmur : I.Facta praeeitaYd 
SQiit Iiistorrc^ cerla, 2. sunl vei-n miracula, 3. fiierunl 
edita in tedtimdnium divinse legalionis Christi. Ergo 
eert6 probant Ghristom fuisse vere a Deo missutn, 
Chrisiianam proindd religionem esse divinitus r^ve"- 
latam. 

1® Facta praecitala sunt historie^ certa : 

Omnia enim referuntur inlibris N. Testtimenti, quo- 
rum auctoritas historica legitime in dubium revocnri 
non potest« 

2® Sunl vera miracula : 

Natil f . omnia sunt exira eommuncm rcrum ordi- 
nem,elinter ea plura sunt primi generis, v. g. resur- 
reeliones mortuorum. 2. NuUa exstant miracula in gra^ 
tiaaidQetrinseeontradictorise. 3. Nulla, prdeterdiviham> 
eausa prsedictis factis potestassignarj. Non causa natu- 
ralis: Siquidem facta de quibus agttur manife^tS op- 
ponuhtur nalureBfactorum qiiae in iisdem circumsiantiis 
producuntur. Noncausahumana : Siquidem pluracvi- 
denier excedunt vires humanas in se, v. g. resurrectib- 
nes tnortuorum. Quohd sanationes inflrmorum , multas 
quidem homo potest operari vi artis medica^ ; modus 
autem quo Christus et Apostoli segrotos sanftrunt pror- 
sus etiam excedit omnem capacitatem humanam. Nee 
eausa diabolica : Fuerunt enim edita in gratiam doc- 
trinse danctissimse, ab auctore sanctissimo, qui daemonia 
ejiciebat eorumque quotidi^ delebat invperium. 

3<> Edita fuerunt in testimonium divii^o) missionis 
Chriisii : 

Gbristttm miracula edidisse ad probandam suam 
mtssionem, im6 et divinitQtem, scquentibus constai : 



— 248 ~ 

Joan. 10» 23 ei sq. Ambulante Jesu in templo, < cir- 
cumdederuni eum Judwi et dicebanl eii quousque ant^ 
mamnostram toilis^ si tu es Christus, dic nobispaldm. 
Respondit eis Jesus : Loquor vobis , et non credilis^ 
opera, qum ego faeio in nomine Palris mei , hwc tes- 
timonium perhibent de me. » Et v. 37 : « Si non.facio 
opera Patris mei^ nolite credere mihi, Si autem faeio, 
et si mihinonvultis credere^ operibus credile, ut cog- 
noscatis et credatis quia Pater in me est^ et ego in 
Patre. > Alter^ vice Jesus respondit, Joan. K^ 36: 
« Opera quce dedit mihi Pater ut perficiam ea^ ipsa 
opera quos ego facio , testimonium perhibent de wie, 
quia Paler misitme. • Eadem explieite noi^ semel de- 
claravit Cliristus tempore quo miracula patrabat ; v. g. 
quand6 Lazarum ^ mortuis suscitavit. 

Apostolos etiam miracula edidisse ad probandam 
diviaam Ghristi legationem constat 1 . et circu/nstan- 
tiis ; ad boc enim erant ordinata missio omniaque 
opera Apostolorum, scilicet ad prcedicandam dlvlaila- 
tem Ghristi et ad propagandam ejus religioncm. Cons- 
tat 2. ex pluribus Apostolorum verbis, quibus isti ex- 
plicit^ deelarant se miracula palrare in nomine Ghristi; 
gic, Act. 4, 10, iamedio concilii sacerdolum et princi- 
pum interrogotus Pelrus dixit : « Notum sit omnibus 
vobiSf et omni plebi Israel: quia innomine Domini 
nostri Jesu Christi Nazareni, quem vos crucifixislis, 
quem Deus suscitavit d mortuis, in hoc iste aslat coram 
vobissanus. p. — Ergo... 

§ 2. /M Miraculo Resurredionii Chrisii. 

Juxla libros sacros Christus morluus esJ, lcrlia dic 



■^ 249 ^ 

tipsurrexit, hiuUisqiie rediirivus appnruit. Ergo iVmm 
est missio Chrisli, divina proind^ ejus doctrind. 

Pmbatio permifaculum^ utsupr^ridiHitrs» tria sup** 
ponity scilicet : 1 . prodigitlm esse historiCia certum, 2* 
esse eertd mirdcuk>sumj 3. fuisse editum iti confir'- 
mationem doctrinse. Girca miraeuium de q\io afitur 
tria b€ec constant ex rationibu^ }am superius allatis^ 
Ubi de MiraculiB Chrisli in genere. Nunc speclafiter 
exponi possunt rationes, quibus 1. adstruitur certitu<}o 
bistorica hujus facli, 3. ostenditur relatio inter miracth 
lum etdivinam missionem Christi probandam. Undi6« 

1. Hidioric^ certun^ est Christum post mortem sur^' 
rcxisse: 

Constat testimoniis de^tiorumi^alorf dubia legtlimd 
moveri nequeunt; aliis verbis^ factum istud affirmatur 
cum conVictione legttiml^i 

1® AfBrrtjatur faclum ; 

Et li moriem Gliristi affirm^funtt Apostoli ; eenturiio 
et quv cum eo erant cuslodlcrites Jesura (1); roilites, 
qui videntcs Je^m jSim mortuum non fregeruni ejus 
crura (9y, Klalus, qui corpus Christi Joseph solum*^ 
modddonavit, postqulim k eenturione cognovit J^um 
obiisse (S); Judaei) qui corpus in scptilchro deposilum 
militibus cuslodieniura tradiderunt(4.). 

2. Christum post mortem redivivum surrexisse afflr- 
Baarunt: sanctse mulieres, Apostoli, di»cipuHEmmaus> 
deniqu^ pfures quim quingenti «lii discipull. — r Judsei 
qiiidem prdedlctam resurreclionem riegarc attent^runt, 



(I) Matlh.ST, 84; — (Sj Joaa 19, ^. — 5j Marc 13, 41* — 
(*) MaitK. 27, e^. 



— m — 

diceQtes Apostolosnoctu venisse et corpus Cbristi fuisse 
furatos. Ista autem Juddeoruoi alkgatto vanuin fqlt 
effugium, etnobis aequivalet tesUmonio quam maxtme 
afiirmativo. Siquidem 1 . Judaei non pptuerunt bonli fide 
credere corpus Christi ab Apostolis fuisse sublatum. 
Ingens enim lapis sepulchrum oceludebat, huic Roma- 
DOfiim sigillum fuerat appositum. Istius sepulchrlcus- 
lodiae praepositE fuerant milites Bomani^ strielae disci- 
plinoe assueti ; unde jam verisimiliter supponi nequii 
emnes simul dormiisse omnesque oflicio suo defujsse, 
prseserUm in re quae ommnm curiositatem movere de^ 
bebat et quse a Judeeis multtim ipsis commendata fuerat. 
Ex alter^ parte, si attendantur omnes cireumstantiae, 
manifeste conspicitur Aposlolos frangere sigillum, in^ 
gentem revolvere lapidem, linteamina quibus involu- 
tum fuerat corpus detrabere, illudque Christi corpua 
auferre minime potuisse brevi momento et absque 
gtrepitUi ei quin saltem e miliiibus quidam eVigiUren- 
tur. Altund^, si dormierint milites» quomod^ furlma 
detexerunt Judaei ? Quis eis nuntiavit corpus k sepul- 
chro fuisse sublatum? Non solum autem Judsei tali 
«upposito fidem adjungere non pptuerunt *r constat 
eeontrk 2. Judseoshuic fabulse non credidisse.Si enim 
fabulosum essenou cognovissent furtum ab ipsis ex- 
eogitatum^ si corporis Christi raptus in earum suspi- 
eionem venisset, sane ciistodes qui suo defuerant oITicio 
poenli pleeti curassent^ Apostolosque suppUciis adegis- 
iieatut eorpus ablatumdemonstraretur, Attamen^ mi- 
litum culpa inulta relicta est, in auctores fraudis non 
injectae sunt manus, obmutuerunt Scribae et Pharissei 
totumque Synedrium quand6 paul6 postek resurrec- 



— m — 

tionem Ghrisli palam aBnunti&runt ApostoK » et isti 
Apostoli in ipsS Hterosolym^ apud ipso^ Judseos Sdem 
irivenire potuerimf. Und^ coneludendum Juds&osc^uses- 
tionem ampMus morere et faetum elucidare noluisse y 
ne res evid«nttor fieret et de resurrectionis Chris^ti 
veritate eonvineerentur. 

2oTeslespraecitatos fuis^e convictos constat ex iom- 
nibus characleribus sineeritatis et veracilatis, quos in 
Apostolis consociari supr^ dcmonstravrmus. 

3<> Haec teslium convictio fuit legitima : Siquidem 1 . 
Eoruni facultates non erant vitiatse; absurdar esset hy- 
p^thesis contraria , attenlo teistium numero , attenti 
specialiter sapientift quse in Apostolorum scriptidelucei. 
— St Testes potucrunt factum obscrvare : Et quldem, 
Christi mortem potuisse observari patet, spectatis pa$- 
sionis ac sepulturae circumstantiis. Item ei faetum re^ 
surrectionis fuit observafoile : Christus enim visus esl 
sunctis mulieribus ; visus est ApostoHs , non seorsim 
tantiim, sed cnm simul essent adunati^ non un^ aut 
altcra vicc, sed pluries, et fbris, et in domo, et in civir 
tat^, et txirst ©ivilatem ; visus est plusqultm quingentis 
discipulis; suis, uno verbo, prcebuU seipsummvufnin 
muliisargumentiSf per dies quadraginta, apparens ei$ 
ei loquens deregno Dei. Act. 1,3. — 3. Reveri factum 
observ^runt: Nam 1 . factum illud maximi crat momenii. 
2. Ex Evangelio constat Apostolos et discipulos ad in- 
credulitatem fuisse proclives; sic v. g. prius tlelira- 
menta reputirunt quae ipsis tle Christo redivivo nun- 
tiaverunl mulieres, Luc. 24, H,- paul6 rafr& apud 
eumdem Evangelistam simifia narrantur dc discipulis 
Emmaus. Ergo Apostoli, antequSm factum resurrec- 



— 253 — 

tfonis admiserinti de iUo altentd inquirere debui^runt. 
Reverii obf erv&runt : Cfaristu» enini ad depeUendam 
eonim incredulitateni eum ipsts debuii coUoqui, ma- 
nus pedesque pertractando^ exbibere, cumeia ma&du* 
eare, Luc 94| 38. Thomas, qui^ non erat cum diseipulis 
quand6 venit Jesus, noluit credere nisi \iso Domino; 
vidit, et eoofessus est, Joan. 20, 24 et sq. Demiun oin- 
nes ApostoU et discipuU^ priiJis increduU, postea firmitcr 
crediderunt, Jesumque de mortuis redivivum constan- 
tidsimdpraedicftruni. Ergo concludendum est Aposfo/os 
faotum observ^sse, et post serium examen fuisse plaa^ 
convictos. — Ergo factum resurrecUonis historice cer* 
tisstmum est. 

11. lUud miraculum iatim^ connccU cum divio^ niis- 
sione GbrisU, quam maximo cum pondere confimat, 
speoialiter deducitur et his quie Ghristus Judae/s signum 
petentibua respondit: « Gmeralio mala et adaUera 
rignum qucerit : ei signum nondabUurei, nisi sigttum 
JoncB prapheUB. Sicui enim fuit Jonas in vmlre ceti 
iribus diebug et tribus noclibus: sicerit Filius homim 
in eorde terrm tribusdiebus ettribusnoetibm. » Matlbr 
12,58.-^Ergo,.. 

§ 2. Z>e MiraculU post Chrisd Apostolorumq^ lempora editis. 

Apud seriptores eccIesiasUcos innumera referunlHr 
miracula ab setate ChrisU palrata k Sanclis viris, quo' 
rum memoriam rceoUl Ecclesia CalhoUea, quales inier 
alios multos ohm exstit^reS.Gregorius Thaumaturgius 
S. Martinus, et recentioribus («vis S. Franciscus Xavc- 
rjus. Ex istis miraculis novsB.deduci qucunt probatio' 
nes in graljam reh*giams Chri^llanop, moilo constti 



— 255 — 

praedicta prodigfa pollereomnibusconditionibus reqni- 
sitis/id est, ex un& parte, esse bistorice certa, certo 
miraculosa, et ex aller^ parte, fuisse edita in testimo- 
nium religionis Christianae. — Horum expositionem 
omittimusy ob eamdem rationem quam superiusattuli- 
mus, ubi de Prophetm post tempora Christi editis. 

Argumentis hucusqud adhibitis novtim adnectimus, 
qaod dedocimus ^ex facto a decem et octo saBcuHs per- 
severanteetinquo simul apparent supernaturales pro- 
phetise et miracttli cli^racteres : intendiihus agere. 

J)€ Statu prwsenti Judmorum, 

Post eversionem iirbis Hierosolymitanaeet ab ineunte 

sakem s^ecundo sseculp aetatis Ghristianae , Jodaei, pa- 

trio solo extorres, sine sede fix4, sineduce ac prineipe, 

,per lotum terrarum orbem dis|)ersi subsrstunt. Quam- 

vis tot apud populos moribus , institutis legibusque 

Inier se longd diversos dtffusi confundantur; quam- 

vls infdicem protrahartt vitam , ' in opprobrium et 

proverbidm facti cunctig gentibus; nihilomicms, a eae- 

teris geniibus omni tempore fuerunt distincti, nun^c 

etiam dignoscuntur sequentibus praeeipu^ notis : perti- 

n^ci^ scilicet (\uk Messiam venturum exspectanl , re!i- 

' gios4 verieratione qua V. Testamenti ac preecipu^ pro- 

phetarura libros servant ac luentur, odio quo pro- 

- sequuntur religionem Christianam^ arctissim& constan- 

ti^ quk post Iegts~^sade excidiuit) huiclegiadhaereseunt. 

Porro de illo Judaeorum stalu sic ratioeinari licet: 

\^ HoefactuminehiditaliquidBupernaturale: Sicfui- 

dem 1 . in eo manifest^ apparent adimpleta prophe- 

13 



* — «4 — 

(aram ei Gbrisli vaticinia de futur^ jadaicae nationis 
dispersione et obcsecalione ; specialitery de dispersione, 
illud Danielis 9, 26: « Occidetur Chrislus ^ et non 
erilejuspopulus^ quieum negaturus est. Et civitatem 
et sanctuariwn dissipabit populus cum duce ventur^: 
elfims ejus vastitas^ etpost finem belli statuta desola- 
Ho. » Et illud Cbristi, apud Luc. 21, 24: * Et cadent 
in ore gladii: etcaptivi ducentur in omnes gentes^ et 
Jerusalem ealeabitur a gentibus; donee impleantur 
iempora natipnum, » De Judsorum obcseeatione^ il- 
lud Is. 29, 9 ad 15: « Obstupesdte et admiramini^ 
fluctuate et vacillate : inebriamini et non d vino : mo^ 
veminif et non ab ebrietate. Quoniam miscuit vobis 
Dominus spiritum soporis^ claudet oculos vestrosy 
prophetas et prineipes vestros qui vident visiones ope- 
rieU Et erit vobis visio. otnniMm sicut verba librisignali, 
quemciim dederint scienti litteras,dice^t: lege isium, 
et respondebit: Nonpossum, signatus est enim. Et datus 
est Hber nescienti litteras^ diceturque ei: lege^ etrespon- 
debit: nescio liUera^.^. Ideb ecoe ego addam ut admi-- 
rationem faciam populo huic miraculo grandi et stu- 
pendq: peribii enim sapientia d sapientibus ejus, et 
intellech^s prudentittm ejus abscondetur. » — 3. Nisi 
specialis admillatur interventio divina, explicari nequit 
quomodd Jtiddei, a decem etocta saeculis tot procellis 
agitatiytotet t^m diversos inter p^pulos dispersi, cons- 
taati^sim^ potuerint retfnere signa propriosqHe cbarae- 
teres quibushfiec infelixnatio inter omnes alias discer-- 
iiittir.' — 3« Judaeorum induratioacca^lerdBcalamitates 
qu» eorum in Gbri&tura sae^iiiam sub&ecutae snnt, 
primo intuitu apparent tanquam effectus iraeundide 



— 955 — 

Dei erga totam iiaiionem ailimplenlis iltas ingrati populi 
deprecationes: « Sanguisejus super nos et super filios 
nostros* » 

2^ Hic JucUeorum stat^s evidentissimum perhibet tes- 
timonium ingratlam religionis Chrislianae. Siquidem 1 . 
in Seripturis.V. Testamenti Judaeorum calamitates prae- 
nuntiatae fuerant utpole subsecuturse occisionem Christi 
et n^ationem ejus divinaemissionis: •noneritejuspopU" 
lusquieum negaturus est. » Eadem et propter eamdem 
eausam praedixerat ipse Christus. — 2. In nuUumaliud 
seetus .f nisi in illud quod admiserunt Judaei crucifi* 
gentes Jesum eumque pro Messi^ vero recipere renuen- 
tes, potest refundi tam diuturna, universalis etacerba 
calamitas. 

Tandem Judsei per totum orbem subsistcntes, legis 
ac Hbrorum suorum reliogissimi cultores, testes sunt 
et testes certe omni exceptione majores autheniicitalis 
et integritatis sacrorum V. Testamenti librorum, in 
qoibas continentur simul et Dei providentis dispensa- 
liones ad religionem Christianam prseviae, et vaticinia 
ex quibus eruitur divina nostrae religionis origo. 

PROB. W GEN. 
Bx TesUmoiilB liQiiiaiio. 

Prob.I. Teslim. Christt, Si attendaturconditio vitae, 
si perpendantur characteres Cbristiy qualis in terris 
visus est^et apud homines conversalus est, solum ip- 
sius testimonium preebet argumentum flde summopere 
dignum in gratiam religionisquam bominibus revelavit. 

Christus non semcl, sed saepius et constanter, (urn 



— 456 — 

coram discipulis, ttim coram muUitudine Judseorum, 
tiim coram tribunalibus asseruit et testatus est se 6sse 
k Deo missum, se esse Filium Dei, divinam esse doe- 
trinamsuam. Constatex multis Evangeliorum locis. — 
Ergo vel divina est legatio et doctrina Ghristi ; vel 
dicendum est Christum fuisse fanaticum qui se k Deo 
inspiratum fals6 eredidit, aut impostorem qui divinam 
missionem mentitus est ut homines deciperet. Porro 
duplicem hanc blasphemiam apert^ rcfeliunt charaete- 
res Christi. 

1. Et primam certb refellunt summa sapientia , exi- 
miaque prudentia quae in omnibus ejus actibus et 
diciis constanlerelucent, Paucis verbis rem absolvere 
cogimur: sincerA autem mente perpendantur aclus 
sermonesque Salvatoris, quales in Evangelio descri- 
buntur^ in bis san^nihil reperietur praecipili lemeritate 
actum, nihil inconsideratc aut incohserenter dictum^ 
nihil quod rectam offendatrationem, nihil qnodmenlis 
infirmae et inconslanlis prodat pertorbationem. Perse- 
verans animi moderatio, humilitas summos devitans 
honores, patientia durissimos vincens eruciatus, fana- 
ticum etinsensatum san^ non arguunt. Sed quid ihm 
impio supposito detinemur? Doctrinse Christi sublimi- 
tas, admirabilis ille complexus dogmatum et legum , 
quae celeberriraorum philosophorum inventis quam 
maxime praeslant, non humanam sed divinam auctoris 
sapientiam alt^proclamant. 

2. Haud minus imposturae quJjm fanatici erroris sus- 
picionem cum fastidio repellit mens, non dicopia, iscd 
tantisper sensataetattenta. Voluntas fallendi, fatcntur 
omnes, subesse non polest cum veri pietateerga Deum, 



— 287 — 

eOm sinoerli erga proximuin eharitate v ctim stimiii& 

vitsBimegrilatc. Porranefnimen latet quantum egregm 

toto vitds su^ decursu Chrislus dederit omniam speci* 

mina virtutum,. Ejiituit in eo ferventissima in Deum 

pietas:omniaadDeigIoriamreferebat; ubiq.ue de regixo 

Deipromovendo sollieitus, ejus cibus, utaiebat^ erat fa- 

cere voiuntatem Patris; orationi semper intenlus, ubique^ 

de Deo loquebatur, ubique nomen Dei et s^cra maxime 

reVerebatur. Jam quee propter homines feeerit ineredi- 

bile est. Quot non lulit labores atl erudiendos rudes , 

sanandos infirmos, revocandos a sceleribus improbos l 

Quanta in ejtts convictu suavjlasl Qunnta ergapaupe- 

res cl peccatore^ benignita&! Omnes fraterno anaore 

prosequiCur, pro omnibus^ oraty etiamque pro inimicis 

et inlerfeetoribus in cruce pendens veniam precatur* 

Ad hdBC accedebat admirabilis vitae integritas. Tam in 

aperto eratfjuspuritas, ut omnem adversariorum su^ 

peraveril invidiam. Ab omnibus perversis ^ffectibus^ 

ab omni rerum temporaUum cupiditate liber, in nulU 

re propriis commodis serviisse deprehenditur. Denipai 

adoecisionem 4uctus, tanquim ovis obmuteseens st^tit,. 

et/siquasinterpatiendumedidit voces, pietatem arden- 

lissimamque ebaritatem spirabant. Ergo Christus non. 

potuit mire consilium homines in errorem conjiciendi. 

— ^lmd, siimpostorispartes agere intendisset, quis noo 

videal eum stultissimum lunc exstitisse impostorem? 

Destitutus enim omnibus adjumentis quibusapud ho- 

niines eoneiliatur auclorita^, scilicet nobilitategeneris,. 

dignitate, opibus,^ potenti^, etc, voluisset omnium ii- 

dem et adorationem aucupare, omnesque ad religionem 

novam eupiditatibus ac proejudiciis oppositam addu- 



— 258 — 

cerc; quod cvidcnter maximam ex parte impostoris 
argueret dementiam. Haneautem dtoUitide etrmpostu* 
ra3 suspicionem, quam apert6 refeUunt characteres sa- 
pientiae et sanctitatis in Ghristo relucenf^s , ipsimct 
impiissimi movere non audent. Ergo summd verum 
est testimonium Christi ; ergo, ut ipse asserit, verusest 
Dei legatus, verus Filius Dei; ergo divina est religio 
Christiana (1). 

Prob. II. Testim, AposL Certtim est, exlibris N- Tcs- 
tamehti, specialiter ex libro Actuum, Apostolos cons- 
tanter se gessisse tanqubm Cbristi legatos, et doctrinam 
quam ubique preedicftrunt tradidisse tanqu^m divinam 
et k Jesa Ghtisto Dei Filto revciatam. lilad Apostolorum 
testimofrium dedivinli legatrone et doctrinli Chrtsti fidem 
maxim^ mereri probatur omnibus rationibus jlrni sir* 
perius allatis, ubi de AuctorUate Ubrorum N. T. Dicia 
resumentes, sie argumentamur: Attentli conditione 
vitse Apostolorum, qui cum Christo fuerant conversailit 
ipsius sermones susceperant, testes exstiterant omiiium 
ejus operum et miractilorum, constat Apostolospotuisse 
inquirerede hoc facto, scilicctutrum legatio Saivatoris 
prse se tulerrt notas missionis divinae. AttentA eonvic- 
tione etanimi alacritate qul^, post raortem Christi, prae- 
dicti Apostoli, priiis trepidanles el in fideinfirmf, prae- 
dicationis Evangelicae posteii susceperunt opus , opus 
videlicet cujus diflicultates et pericula non ignorabant; 
constat eos fuisse planfi persuasos de divtnilate doctri- 
nae Gbristi. Attentis prudentift, moderatioDe et sapientilk 



(i; Vid IIoock^^T. II, parl. 2, art. 2, § i, prop. 4; Duvoisin, IW- 
mon$tr, Evang.y cliap. 5. 



_ 289 — 

qme in eorum actibus et scriptis elacent, constat eos 
nan faisse fanaticd errore d^lusos circa personam el 
doctrinam Christi. Deraum, attentis virtutibus quarum 
spleadore fulget eorum vita, v. g. corum in promovend& 
Det glorili studio, eorum contemptii omnis tweni 
Itfcri, eorumerga fideles charitate et sollicitudine, eo- 
rum in tolerandis laboribus constanti^ , in sustinendii 
^rumnis patienitift, in suffercnda morte gaudio et for- 
titudine; haitd minus clar^ conspicitur Apostolos ab 
oraiii homines in errorem conjiciendi intenttone fuisse 
prorsiis alienos. Ergo» 

Prob^, Testim. Zlocforum. Omnibus sseculisabaetate 

Christi quam plurimi fbruerunt Doctores^ ingenio el 

«cienti^ prseclarissimi, qui, re diligentissim^ perpen$li, 

ananimi ore professi sunl divinitatem Saivatoris et re}i* 

gionis ab Ipso revelatd&. Tot et t^m inclytorum Docto^ 

rum coDsensus maximi ponderis efformat argumentum 

in gratiam religionis nostrae ; et^ nisi penitus exuatur 

sensuscommunisetanteponantursuperbse rationis ca- 

villationes/ obsequium huic testimonio denegarl noa 

potesi. 

PROB, Iir GEN. 

Bx TefttUnonlo Ip»lii9 doctriiiaD« 

I. 

Prob. deducta ex Characleribus fntrihsecisii). 

Doctrina Ghristiana, utpatet ex ipsius examine, du- 
plieis generis characteribus poUet: l^ excellens esiin 

(l) Vid. Notam, pag. 131. 



— 260 — 

SQ, id csty plane, perfectd ct in gradu plo3 quam mt- 
ficienti saiisfacit omnibus hominis neeessitatibus sub 
respectu intelligentiaB, cordis et activitatis ; 2* supra- 
excellehs est, ut itk dicam, in eo sensu 1. quod perfec- 
tione intrinsec4 multd praecellat cseteris omnibus doc-: 
Irinis, sivereligiosis, sive philosopbicis; 2»qu6dplursr 
praebeataccidentalia commoda^ quse exdoctrin4 etiam^^ 
excellenti stricl^ requiri neque^nt. — ^^PraedicticharaC' 
tercsmanifest^produnt originem divioam immediatam 
hujus doctrinsB. Ergo. . , 

1'ePREUVE. 

Car0Uitires partieuUers de la Daetrine Chr^tienne. 

Pour prouver la v6rit6 du Christianisme par ses caracieres 
iBtrins^ques , il faut: i^ exposer sommairement la Doctrine 
Chr^tienne; 2« en faire ressorlir les caracl^res; S^prouverque 
ces caract^res supposent uoe origiQe divine. 



1«"« PABTiE. 

EXPOS^ SOUMAIRB DE LA DOGTRINB CBBETIBNNB. 

La Doctrine chr^tienne d6veloppe dogmatiquemeutrid^e de 
DiEu. Elle le consid^re : en Lui-mdme ; dans ses Propri6t6s ; 
dans ses Attributs. 

Dieu consid6r6 en Lui-m^me. — La Doclrine chr^lienne en- 
sague qu'il exisle nn fetre N6cessaire, Infini, appeI6 Deku. 

Dieu consid^r^ dans ses Propri^t^s, — La Doctrine chr6- 
tienne enseigne que Dieu est Un, Unique, Ind^pendant, Im- 
muable, Eternel, Immense. 

Dieu eonsid6r6 dans ses Atirihuts. — JElle les envisage 1® 
en eux-mSmes ; 2o en actes. 

1« Attributs en eux-m&mes : Dieu possMe intelHgence, Vo- 
lont6 libro , Puissance iufinie ; par cons^quent Personnalite 
infinie. 



II? AUritmls in oe^ti; ad iDhra, adextri* 

J. Ad Entrd: Gomme ems^qaeoce^ de ce qai prdcfede; en 
Diea : u&e premi^re persoane iaflnie , appel^e P6re, dont la 
Faisoh demi^re e^t la n^essite d'etre. Cette premi^re persoane 
ea se connaissant elle-m^me engendre ane seconde personne 
^ale aa Ptee, appelte Fils oa Yeiiie. Be Famoar matael du 
P^e et daFils proc^de ane troisi^me persomie ^gale au: P^e 
ei an Fik^appel^e Saint-Esprit. De maai^re qa'en Dieu ii y a 
trois personnes dansane substance onique. Ges trois personnes 
joniss^tdi^an bonheur 6ternel et parfait, r^sultant de leurcoa- 
Balssance etde leur amoar motuel. Finaleinent, comme cons6- 
qaenee de ces ant6c6dents, Dieu esl T^tre lafini, Absolu, la 
V^6, la Beaut^ et Ut Bont6 infinie et absolue. 

//• AdExtrd: Dieu manifeste ses attributs ad extrd par ses 
actes relatifs aux crtotures,actes accomplis ayant, pendaat et 
sptbs letemps. 

1. Amnt le Temp$.^ Dieu pose sa gloireext6riearecomme 
fin de ses oeuyres, le bouheur des ^tres qui la procureroM 
comme cons^quence de cette fin. II d6or6te la cr6ation d'6tres 
eapsd)les de procurer sa gloire ; ^tres aaxquels il doanera une 
desiination particuli^re, une nature, des lois et des secours 
appropri^s k ees fonctions. 

S. Pendant le Temps. -*- Llaction de- Dieu a pour objet :. 
rangevlanatare; rbomme. 

En ex^cution de soa d^cret ^ternel: 
(Ange.) Dieu cr^e les anges, ^tres purement spirituels, im'- 
mort^ls ei faits pour la yision intuitiye. l\ les destine k oon* 
naltre Dieu samatttrellement, k Taimer librement et dleseryir, 
sp6cialement eomme ministres dansle gouyernement de la na- 
imre ei des hommes indiyidueUement ou coOectiyemeni pris. 
U les doue de focult^s &amaturalis6es : intelligence ^ libert^ ,• 
paisswce. Illeur trace les lois qu'ils doiyeai suiyre; leur assi- 
gne les secours doqt ils ont besoin pour remi^ir leur destina'^ 
tion. 11 les somnei a une ^reuve qui fixera d6finitiyemeni 
leur sori pour r^ternit^ : les uns demeureni fid^Ies , et en 
r^ompense Dieu leur assore pour r^teruit^ la jouissance de 
lui-mdme ; les auires succombent, et en punition Dieu les con- 
damne aux peincs ^teraelles- Depuis ce momenl, les premiers 



— 2«2 — 

coatinueni de remplir les fonction« que Dieu leur avait ddn- 
n^es en les cr^ant, et de pkis s^oppQsent k ri&flaenee Baal- 
faisante des seconds qui , deyenQs par leur pech^ enn^raits de 
tout bien, sont constamment occup^s ii introdaire le d^sordre 
dans la nature et l'humanit6. 

(Nature,) Dieu cr^e le monde physique , compo&6 d'6tres 
priv^s d'intelligence et de libert^. 11 les destme a se prSier un 
secours mutuel, a servir rhomme : dans son corps, «n lui pro- 
curant le n6cessaire, Tutile, ragpr^able ; dans son ^e, en hu 
manifestant rexisience et les perfections de Dieu. Pour les ren- 
dre capables d'accomplir leur destinalion, il donne a ehaque 
^tre une nature, 4es propri^i^s, des lois^ particuli^res ; il U» 
coordonne les uns^ux autres, et fiaalemeni a rhomme ; impj-ime 
dans chacun d>eux et dans leur ensemble des vestiges de ses 
perfeclions. 

(Homme.) L'enseignement du Gbristianisme sur Tactioii 
temporaire de Dieu vis-a*vis de rhomme est relatif 1« a la 
Cr^atlon et a r^preuve, 2« a la R^paration. 

1« CrffaHon, J5|>rmti^.— Dieucr^rhommc,6tremixte,cojn' 
pos^ d*un corps et d'une ime immortelle faite pour ia ymon 
intuilive. II le destine 4 connaitre, aimeret servirsoncr^atcur 
librement etsurnaturellcmenl ; a concourir aubjen de ses sem- 
blablcs; 9 dominer et diriger la nature inferieure; a spinlua- 
liser, k surnaturaJiser m6me les hqmmages des cr^atuces pri- 
v6es dlntelligence. ^ 

, Pour qu'il puisse remplir ce.tte destination : il le cr6e a son 
image et ressemblance ; c'est-a-dtre, inteHigent, libre et ca- 
pable d'action; il le cr6e sociable; lui donne le domaino dc 
fait ^t de droit sur les choses sublunaires ; le .surnaUiralise par 
le^don de la grAce sanctifiante , k laquelle e&t attach^ Ic droit 
a la vision intuiiiye ; a ce don principal il ^ioute surnaturellO' 
ment les suivants:rexemptiond'ignorance, d'errctir, de con- 
cupiscence, de douleurs, de.maladies, rimmorialite, et leplace 
dans le Paradjs, lieu de delices. II dirige ses facultes par de^ 
lois qui.fixent ses devoirs religieux, sociaux et individuiJls i ^* 
lui assure^Ies grAces necessaires pour accomplir ces lojs, ei 
inslttue lesmoyens pourles obtenir. II 6tabltt ruml6 physique 
du g^nre humain,en formant Eve d'une c6ie d'Adam>ei epins-. 



— 265 — 

{Huftnt le mariag^e ; VmM morale, en constUuant Adam repri^* 
sentaut de I'hiimanit^ enti^re. Cettehumanit^, il la soumet dan» 
la personne d^Adam a une 6preuve dont les r^sultats seront- 
peur Adam et le genre humain qu'ilTepr6sente, dans le casde 
fidelit6,laconservatioa, et dans le cas de chClte, laperte des 
avantages pr^cMents. Adam succombe, etpar ce fait, lui et sa 
deseendance devtennent coupablcs aux yeux de Dieu, entach^St 
d*une souillure permanente > ennemis de Dieu , esclaves.du 
d^mon,. etperdent la grace sanctifiante avec tous les avantages 
surnaturelsqui.lui etaient annex^. 

2f> ReparatioH, — Dieu la pr^pare et raecomplit. 

Dieula pri^are : — Dieu rannonce anos premiers parents , 
en renouvelle la promesse aux Patriarches, se choisit un peu- 
ple particulier pour la U-ansmettre intacte, et dians ce peuple 
soscite des prophetes pour la d6velopper, 

Dieu Taccomplit: — D6termin6 uniquement par sa mis^i- 
corde a riparer rhomme d^chu, Dieu, dans cette oeuvre, a pour 
but de rendre a rhumanii^ les principaux avantages que lui 
avaitenlev^slep^ch^ originel^ et de T^lever en meme tempsa 
une union ^vec lui-m6me plus 6troite que celle de T^tat pri- 
mitif. *— La re^isalion de- ce dessein supposant, d^apr^s le plan 
libre de Dieu , Tunion perspnnelle de la .cr6alure a Tune des 
personnes divines , la seconde personne de la Sainte Trinit^ 
sHncamepar rop^ation du Saint-Esprit dans le sein de la 
Tres-Sainie Vierge Marie, et devient le Mediateur. — Pouv 
rendre rhumamt6 capable de receveir les effets de sa^.r^para- 
tion et dy conijourir avec lui , pour Telever a nne union plus 
dtroite avec Dieu , Jesus-Christ , le Verbe Incam^ , s^unit le^ 
angeset les hommes d^une mani^re intime, en se constituant 
leur diefet leur repr6sentant.]De cet acte r^siiltent Tunion de 
(Otts les faomines en un seul corps, et la r6versibilit6 entre tous 
les membres des merites de chacun. 

Pour faire r^ntrer en. grlke rhumanit^ coupable , 11 offre a 
Dieu par ses soulfrances etsa passion iine satisiaction surabon-' 
danle et universelle; il perp^tue son sacrifice unique par rins- 
titution du sacrifice de rautel; — Pour rendre k l'homme ses 
droits ala vie ^ternelle et aux secours ni5cessaires poiir Tobte- 
nir, il acquiert par toute&ses actions des m^rites iniinis doui 



— 264 — 

ille fera particjpant. — Ponr gn^ir la plaie de rignoraoce ei 
de rcrreur, lai rappelcr la loi primitive, l'6(endFe et Faceom- 
moder k son 6tat actuel , it lui trace une r^gle de condnite, 
en lui manifestant par ses cxemples et ses discours la loi Evan- 
g^Kque, )oi de renoncement et de d6vouement surnaturels; 
renoncement etd^vouement manifest^s: vis-a-vis de Dieu, par 
la foi , l'esperance , la chartt^, Fadoration qu^exprime surtoat 
le sacrifice ; vls-a-vis de lui-mtoie , par rhumilit^ , la chas- 
tet^ et !a mortification, le d^tachement des richesses et la cha- 
rit^; vis-&-vis de son prochain, par la justtce, la charit^ et les 
devoirs hi^rarchiques. — Pour fliire entrer Fhomme en com- 
munication de ses m^rites et des secours n^cessaires a robser- 
vatlon de la loi, il lui influe la gr^ce habituelle et actueHe, 
quelquefois imm^diatement, le plus soavent par des moyens 
institu^s k cet eifet , moyens qui sont, k des degr^s differents 
d^efRcacit^ : la pri^e, le sacrifice, les sept sacrements reconniis 
par rEglise. — Pour perp^tuer son oeuvre, il fonde s6n Bgiise 
qa'il doue d*ind6f8ctibilit6 dans sa croyance, et institue poar 
Tenseigner et la diriger le sacerdoce qa'tl constitue hiterdii* 
quement: au corps ^piscopal il communique rauton7^ doeiri" 
naleet I6gislative , universeUe dans le S. Pontife et dans FEglise 
r^unie ou dispers^e, UmitSe dans les Ev^ues individaeliemeBi 
pris ; autorit^ doctrinale inf^UihU dans le S. Pontife et datis 
FEglise universelle assembl^e ou dispers^e. Aa sacerdoce il 
donne le pouvoir d*ofRrirIe i^acritice qa'il a institu^, et d^admi- 
nistrer les sacrcments qu1I a ^tablis. — Enfin , il lui as8or6 
rexistence et la eontinoatioh de ses poavoirs josqu^d la coiisom- 
mation des si^les. . 

3. AprH le Temp$. — Actes relatifii: k chaque individo de 
Fhumanit^ ; a rensemble des 6tres cr66s. ^ 

lo Actes relatifs k chaquc individu de Fhumanit^ : — Aprte 
la mort de chaque homme, Dieu porte une sentence qui fSixe 
son sort suivant ses m^rites ou ses d^^ited: sort qui 
est pour les uns la jouissance imm^diate dn bonfaeur ^tern^^ 
pour d*autres la dbamnation ^temelle , pour une troisitoe 
classe un 6tat prbvisoire d'cxplation. 

2»^Acles relatifs a renscmble des ^trcs cp66s : — A Ja fi« 
dcfc (cmps, I>!cn nncantit ou au moins transformc runtvcrs 



— S6S — 

pliyB]({tie; ressaflcite les morts, J6sii9-€hrisl promulgife ei re^ 
noviyelle dans un jugement g^n^al ia sentence^ qai fixe le sort 
^iertiel des anges et des hommes. II rextoute, et poar cela ^ 
resserre d*une part ses rapports avec les dus, qui ayec lui, eo 
lui ei par lui oiTrent a Dieu un culte ^ternel , Bieu les b^atilie 
par la communication de son propre bonheur ; d'une autre part, 
il punit ^ternellement les damn^s , anges et hommes , par la 
«^paralion de sa soci^t6, parle ver rongeur et le tourment du 
feu. 

11« PARTlC. 

CARACTERES DE LA DOCTRINE CHR^TIEJlNE. 

Ced caracidres peayeni se r6uair dans ces deux formules : 
fo la Doctrine chr^tienne esi Ea;cHknte ; .2p la Doctdne chr^- 
iienne e»l Stfr-^axeUente, . . , . 

Ea^plic^ La doctrine ehr^tienne est exceUente ^ c'est-i-dire 
qu'elle atieint parfaitement son but, son objet; en d'autres 
termes, est en parlaite harmonie ayec lesbesoios qu^elle doii 
satisfaire. 

La doetriae chr^tiOTne esi swr-^xcellenU en deax sens : en 
ce sens 1«> qa*elle esi sap^rieure en perfection k toute dqtre 
doclriae reUgiease^i toate doctrine philosophiqqe ; 2oqu'elle. 
procure a Vhomme des ayanlages qu'on ne peui pas exiger 
d*ane doctnne religiease, m^me excellente» 

fer dAHACTfeRE. — La Doctrine Chreiierine est Excellente . 

Une doctriHe religieuse a des rapports ayec toutes les facul-. 
(68 hiHuaines; 4 rintelligence elle manifesie le yrai; 4 la yo- 
loni^, en taat que faculi6 d'aimer, elle montre le bien; k la 
yoloni^, en lani qne capable d'aciion, cons6quemment aossi a 
ractivit^ exi6rieure, elle donne des motifs de yertuet irace les 
r^gles £1 suiyre pour la pratiquer. Une doctrine est donc bonne 
qaaud elle atleint toutes ces fins d'une mani^re satisfaisante ; 
elle eat exeellente qaand elle les atteiut parfaitement. Or, la 
doctrine chr^icnne ofTre satisfaction parfaiie aux besoins de 
rinteUigence , aux besoins de la yelont^ en tant que faculte 
d'aimer et en tant que facull^ d'agir. Donc. 



— 2fi6 — 

S 1. La DoctrineGbi^iienne donne satisfaction parfMie aux besoina 
de Vlntelligence. 

A rinlelligence de l'honime il faut une connaissance de 
fiieu certaine, compleie, claire, eternelle. — Donc 11 faul une 
doctrine rcligieuse gui , sans 6tre d^mentie par les faits, s'at- 
tribue une valeur sup^rieure k toute discussion ; qui d6yeloppe 
Tid^e de Bieu d*une manifere compl^te, claire, et qui promette 
la vision de Dieu pour r^ternit^. — Or, la doctrinc chr^tiense 
possMe 6minemment toutes ces propri6t6s. 

D'o6 trois propositions a d^velopper. 

1'« Prop. — A Vintelligence de Fhomme il faut une counais- 
sance de Dieu r^sumant les caractferes pr^cit^s. 

II faut une connaissance de Dieu : L'homttie a besoiil de se 
eonnaitrelni-m6me, de connaitre les dtres avec lesquels il sou- 
tient des rapports, ces rapports eux m^mes et tes cons^quences 
qiki en d^rivent ; or ces connaissances impliquent la notion dc 
Dieu ; on peut m^me dire qu'elles y sont toutes comprises. 
Donc. — Que Thomme ait besoin dese eoimaitre, de coBnailre 
les ^tres , cela se d6duit 1® d'un d6sir invincibie, inn^ que 
rhomme a de poss6der cette coniraissance ; 2« da devoir impos6 
a rintelligence d'6clairer et de diriger la volont^, d^voir dont 
raccomplissement suppose les connaiss)mcespr6cit6es, puisque 
rhomme doSt agir d'aprfes sa propre natiire et ccBe des 6lres 
avec lesquels il soutient desrapporls. — Ces connaissances im- 
pliquent la notion de Dieu; puisque les principaux rapporls de 
rhomme sont ceuxqu'il soutientavec Dieu. — EUes sont m6me 
toutes r6sumees dans la notion de Dieu; carlliomnie et les aa- 
tres 6tres n'ont tellenature, telle destination, lels rapports, telles 
lois, tels moyens, teHe ftn, que parce que Dieu les a cr66s tels. 
D'ailleurs rexpos6 de la doctrine chr^tienne donn6 pr6c6dem- 
ment prouve la v6rit6 de cetle affirmation. — Donc il faut a 
rintelligeuce de rhomme une coiinaissance de Dieu. 

Cette connaissance doit r6unir les caraet6res indiqu6s : Au- 
trement elle seraitincapable de satisfaii-e les d6sirs de rhomiiie. 
qui dans toutes ses connaissances aspire ala v6rit6, k la certi- 
tude, k la lpI6nitude, a la clart6, etqui, surtout en mati^re reli- 
gieuse, aspire auncconnaissance 6ternelle. Autrement, en »e- 



— 2G7 — 

eond Heii, eiie serait iiK^apablc de fournlr a rinlelligence I^sl 
lami^resn^cessaires poar ^lairerdson toOr eldiriger lavolont6. 

2« Prop. — Donc il lui faut une doctrine religieuse r^unis-' 
sant les condrtions que nous avons indiqu^es. 

II lui faut une doctrine religieuse: i^ Nous venons de voir 
qa-ii foutarintelligence une connaissance de Dieu; mais Tin- 
ielligence humaine n'etant pas sur la terre en rapport imni6r 
diat avec Diea, donc il lui faut un intermediaire, ou une doc- 
trine religieuse. ^ Tous les hommes ont Tid^e de Dieu ; or il 
est impossibte qulls poss^dent la notion de Dieu sans exprimer 
sur son existence, sa nature, ses rapports, des^jugeroejftis positifs 
oa n^gatifs, sans avoir par consequent une . doctrine religieuse. 
Les faits d'ailleurs conGrment cette necessit^ ; chcz tous les 
peaples on a trouv6 et on trouve une doctrine religieuse posi- 
tive, plus ou mpins vraie ou fausse^ hes incredales m^mes, 
peut-on dire, ont une dootrine religleuse , mais doctrine n^ga^ 
live. Donc a IMntelligence de Fhomme e»i aecessaire une doc- 
trine religieuse. 

Cette doctrine doit r^anir les conditions pr^it^es: 1° Cetie 
doctrine doit s*attri]>ue^, sans etre d6mentie par les faits , une 
valeur qui la mette au defisus de toute discussion. Elle doit s'at- 
tribuet une valeur qui lamette au dessusde toute discussion: 
autreiaenteUese reconnaitrait incertaine, se livrerait a la dis-- 
cuss]on,paTcongequent aralteration^alad^strucyon* Saosetre 
d^mentie par les laits : dans rhypoth^se contraire elle ser^t 
sans valettr. 

2« EUe doit 6tre complete. Celte qualit6 ne peut pas se pren- 
dre dansun scns abselu, mais dans un sens relatif, accommodd- 
a Tetat d'epreuve oCi rhomme se trouve plac6 sur la tcrre. La 
proposition signiOe donc que ITiomme doit avoir une doctrine 
religieuse qui lui enseigne tout ce qui lui est necessaire pour 
obtenir sa fin : reduitea ces limites, la proposition est evidente. 
3° £Ile doit 6tre elaire. Cette propositioa encore ne peut se 
prendre que dans on sens relatif. La doctrine doit ^tre claire 
dans ce sens 1. que ses enseignements doivent etre accessribles 
aux intelligences les moins cultivees ; carautrement cetteclasse 
qui forme laniassedu genre humain serait jpriv6e des conoais- 



— 968 — 

iaaces n^eessaires k i'obleitUoB de sa fin; 2. dans ce ftens.que 
la raison ne doit apercevoir aucune contradiction entre les 
(ermes de ses proposttions, entre ses propositions eiles-m^mes, 
entre ses propositions etles r^alit^s ext^rieures constat^es par 
la raison et Fexp^rience ; autrement la fausset^ de cette doc- 
trine serait prouv^e. 

4^ BUe doit promettre la vision de Bieu pour r^temtt^. €ar 
la connaissance de la v6rit^ est une d«s condilions essenti^les 
du bonheur parfait auquel Thomme aspire pour I^^tetnit^. 

3« Prop. — Or, la doctrine chr^Uenne poss^de ^nunemment 
toutes ces qualit6s. i 

i«» QUALiT^. Elle s'attribue, sans Stre d^mentie par les feils^ 
une valeur qui la place au dessus de toute discussioo. 

EUe s'attribue une valeur.... : £n effet eUe compte au nom- 
bredesesdogmes les plus fondamentanx: eelui de la divinit6 
desonauteur, celuiderinstitution diviaeet de ^'ind^fectihilit^ 
de rEgUse qui la professe, celui de TinsUtuUon divflie et de 
rinfaillibiUt6 du minist^re charg6 de la transmetlre. Sa vaieor 
est donc permanemment celle d'un e doctrine di\ine. EUe se 
place doncdans rintelUgenceaudesais de toutediseassWn. 

Gette pr6tention n'est jamais d^menUe par les faits : — Pow 
d^mentir par des faits son orjgine.divine, il faudrait oonsiater 
des erreurs dans spn enseignement ; pour d^enUr rind^fec- 
tibUtt^ dela soci^t6 qui la professeet rinfaillibilit^ derautorit6 
qui la transmet, il faudrait constater des variations dans son ius- 
toire; or TincrMuIe n'a janiais pu constaier ni^rreurdansson 
enseignement, ni variation dans son histoire. 

2« QUALiT^. La Doctrine chretienne est cOMPLfeTE. 

/. EUeestcomplete d m degre suf^mt,'--En effet s^s don- 
ndes pnrnitives surDieu^ surThomme, sur les autres ^tresde 
la cr^ation^ sur leurs rapports respectife, sur les cons^uences 
deces rapports, sont assez explicites et developp^es pour don- 
ner k lliomme les coimaissancesn^cessaires a robiention de sa' 
fm. 

IL Elh est compUlt ann dcgr^ plm qw suffismtn — Car ses^ 



— 2G9. — 

princlpes oiit engendr^ par voie de cons^quence, et sans rien^ 
perdire de leur f6condit6, les v6ril6s dogmatiques , morales et 
sociales, contenues soitdanslesactes des Conciles,soitdanslQ9 
codes des nations civilisees, soit encore dans les 6crits des SS. 
Pferes, des Itieologiens, des Philosophes, des Moralistes, des. 
Jurisconsultes et des Publicistes. 

^QVkLirt. La f>ocirUie cbretieniie est cxaibe. 

Elle esi claireaun degr^ sufQsant,— a un degr6 plus que suf- 
fisant. 

AVant d'entrer dans le d^Veloppement de cette proposition, 
il est n^cessaire de poser quelques observations sur la clart^. 

Une doctrine vraie est un ensemble de propositions r^duites 
a runil^ par de» rapports nati|rels. Sa clart^ consiste dans sa 
visibilit^ pour rintelljgence. Ell« peut varier quant a T^tendue, 
quaiit au mode, et quant a l-intensitig. — Quant k T^tendue : 
L'inlelDgence peut voir les parties de la doctrine, leurs rap- 
ports ; et dans ces deuxobjets, troischo^espeuyentetre percepr 
tibles ; le sens des formules qui expriment la doetrine , leur 
possibilite n6gative et positive, leur unit^. — Quant au mode^ 
La visibilit6 peut ^tre directe ou inl6rieure , r6flexe ou ext6- 
rieure. EUe est directe ou interieure, quand Tobjet poss^de en 
lui-m&me une fevidence imm^diate pu d^ductive. Elle est r6- 
flexe ou exi^rieure , quand Tobjet invisible en lui^mdme est 
rendtt vistt)\e par ses rapports avec des F6alit6s eonstat^es par 
la raison ou Fexp^ience. — Quant au degr6 : La visibilit6 peut 
6ir^ plus 00 moins 6clataute, ce qui rend rpbjel probable a 
difii^rents degr^s ou certain. 

Cela pQ&^f nous disons : 

/. La Doctrine chn'tierme est €laire cl wn degre suffisemt. 

Pour le prouver, il sufflt de montrer 1<* qu'elle est accessible 
aux intelligences les moins cuHiv^es ; 2« que les propositions 
qoi la compoBent ont une possibilit^ n6gative, c^est-A^-dire ne 
sont point en ccMitrad&eUon dans leurs termes, ne sont con^tra- 
dictoiFes ni \e» unes avec Les. autres, ni avee les r^alit^ ext^- 
rieures constat^s par la raison et rexp^rience. 

1" La Doctrine ehr6tienne est accessible aax intelKgenccs Iw 



— J70 — 

moins cultiv^es : Gar les v^ril6s qa'elle enseigne, qvoique su- 
blimes en elles-m^mes, sont analogues aux v^rit^s ies plug g6- 
n^ralement connues, aux faits les plus ordinaires^De^plus, les 
termes dont elle les revdt appartiennent pour la plopart au 
langage commun ; et si quelquefois , pours'exprimer d^unema- 
ni^re plusconcise etphis exacte,elle est forc6e d'employer des 
exprattions scientifiques, ces expressions penyent encore dtre 
facilement ramen^es k une forme aceessible au vulgaire. Ces 
assertions, suifisamment claires par elles-m^mes, ^tablissenl 
Botre proposition qui d^ailleurs est prouv^e par la facilit^ ayec 
1 aqnelle les intelligences les moins cultiv^es , le peupte , les 
enfants, les sanvages m^me con^oivent et admeitent !a doc- 
trine chr^tienne. 

2» La Doctrine chr^tlemre nc renferme aocune contradiction 
intrins6qne ou extrins^e : Pour voir des contradictions dans 
ies Mystfrres du Ghristianisme, il faut alt^rer ou les termes oa 
les rapports des termes des formules. Gette assertion est proa- 
v6e parTexamen des objections des incr^dules. Les Myst^es 
sont donc simplement incompr6hensibles , el noii coDtradic- 
toires. G6s consid^rations g6n6rales, donl la jusfesse est d^- 
montr6e dans les trait^sparticuliers, seront confirm^es plas bas 
par Texposition des harmonies qui existent entre les MysVfetes 
chrigtiens et les r^alitds constat6es par la raison et Texp^rience. 

IL EUe est claire a un degrS plus que mffi$anL 

€ar l'» sa partie rationnelle est ^vidente intrins^quemcnt. 2» 
L^obscurit^ de sa partie supra-rationneUe est att^nu^e par la 
lumi^e extrins^e de la raison et de rexperience. 3<> Lcs 
rapports qui eonstituent Tunit^ de la doctrine chr^ti^nne sont 
^vidents. 

1« P. La parUe rationndlle de la Boctrine chr^tienne est i^vidente 
intrins^quement, 

Sont ^vidents immMiatement les premiecs priBcipes de la 
r^uson et les d<mn^es imm^ates de robservation. Sont ^vi- 
dentes m6diatement leseonelusions clairement d^nites de ces 
principes. Donc la partie ratioonelle de la doctrine ehr^tienne 
est ^vidente in(rins^quement,8i ellese compose de principc!» 



— J71 — 

ralionnels, de faits constat^s par robservation Imm^diate^ et de 
condusions clairement dMaites de ces deax sources. Or 11 en 
est ainsi : rexposi^ suiyant le proave. 

Cet expos6) poor 6tre complet, deyrait d^abord pr^seiiter 
toutes lesv^rit^s dela doctrine, pnis les preuves decesy6rit6s 
fournies par la raison et robseryation. Mais les premidres 
^lant djb}k pos^es prec^demmeht , noas noas bomerons ici a 
ieur mettre en regard, sdivant Tordre de leur expesition, les 
coosid^rations d^daites de la raison et de Fobseryation qoi 
les dtablissent. 

Sar Dieu consid^r^ en LuUm^me : la logiqae conclut qu*!! 
existe un £tre n^cessaire, infini, ou an Dieu. Car, d'un cdtd, 
la raison affirme que ie contingent et le fini supposent le n^- 
eessaire et l*infini ; de l'autre, Fobseryaiion et la raison atte»- 
tent qu*il existe des 6tres contingents et finis. 

Sur Diea consid^e dans ses Proprietifs : k logiqae conctuC 
de son ass^it^ qu'il esilndependant; car ta raison affirme que 
Ttoe a se tient toat de lui-mdme. — De Yinfinit^ , la logiqoe 
conclut : qu'il est £/n, car la radscm affirme que dansrbypoth^e 
contraire il ue serait point infini, 6tant compos6 de partiesli- 
mit^es en elles-m^mes , et qaant k leur nombre ; qa*il est 
Unique, car la raison affirme que si la pl^nitude de T^tre est 
parlagfee par deux ou plusieurs indiyidualit^s, aucane n^est in- 
finie ; qa'il est Immuable dans ses perfections et ses d^rets : 
dans ses perfections , car la raison affirme qa'un 6tre qui ac- 
quiert ou perd des perfections ou des degr^s de perfection, ne 
poss^de pas ^ternellement la pltoitude de T^re, n'esf pas infini; 
dans ses d^crets, carla raisonaffirme qu*un ^trequi change de 
r^solntion n*est pas idfini, puisqu'il est ignorant ou l^er; qu*U 
esi£Htmel et Ipimense, carla raiion affirme quNm ^tre limit^ 
quant au temps, quant & Tespace, n^est pas infini. 

Sur Dieu consid6r6 dans ses Attributs: la logiqae conclui 
collectiyement : qu'il poss^de intelligence, volontd, Ixbert^p 
puissance et cons^quemmeni personnalite, Car la raison affirme 
que rinfinit^ , caraclere primitif de Dieu, implique toute per- 
fection, et sp^cialementintelligence; yolonl6, etc; quela conlin- 
genceet Vordre du monde constat6sparrexp6rience, la mutabi- 
lite descslois prouy^epar les miractes, supposent dans sacause 



— 272 — 

inielligence , volont^ , libert^, ptiissance, personnalit6; que 
rhomme ne peut avoir re^u rintislligenee, la volont^, la libert^, 
la puissance, la personnalit^ que d'Mne cau^e poss^dant elle- 
m6me ces atlributs. — £n particulier elle conclut : que Diea 
est Intelligent, car la raisonaffirme que les v6rit6s sp6culative$ 
et pratiques, n^cessaires, universelles, constat6es par robserva- 
tiondansl'inteliigcncehumaine supposent comn^e sujet primitif 
une inlelligence n^cessaire dont elles soient la modification; 
que Dieu possMe une Fo/on^e librey car la raison afiirme que la 
destinationnaturelle des v6rit6s pratiques, dontrexistencedam 
rintelligence divine ^ 616 constat6e pr6c6derament, esl de diri- 
ger la volont6 et la libert6 ; que Dieu poss6de le Pouw)ir le- 
gislatif, car la raison atfirme que la soci6t6 est n6eessaire^ 
rhomme, que les lois sont n6cessaires a la soci6t6, que les lois 
ne se peuvent expliquer que par un pouvoir 16gislatif, que le 
pouvoir 16gislatif ne se peut expliquer que par Dieu. Elle con- 
clut a Vlnfinite de tous ses attributs, car la raison afSrme que 
Dieii6tantessen(iellement iniini, toutes ses perfections doivent 
6tre elles-m6mes infinies. 

. Sur les attributs de Dieu consid6r6s in aetu adintrd:la 
logique conclut : que Dieu est^ qu'il se connait el s'aimc infini- 
mentde toute 6ternit6 ; car la raison affirme qu'en Dieu Vasr 
s6it6, rintelligence, la volont6 ne sonl pas infinies, si elles sonl 
4 r6tat desimple puissance; que, pour avoir ce caract6re, elle» 
dpivent passer en acte. — Sur le bonheur de Dieu, la logique 
conclut qu'il est infini; car la raison affirme que le bonheur 
n'6tant que la satisfaction compl6te des facult6s, il est n6ces- 
sairement inGui en Dieu dout riutelligence infinie connait infi- 
niment la v6rit6 inGnie, dont la volont6 infinie jouit inGniment 
du bien infini. 

Des v6rit6s 6tablies jusqulci, la logique conchit avec la doc- 
trine chr6tienne que Dieu est rfitre, le Vrai, le Beau, le Bien 
absolu, inGni; car la.raison afiirme que FinGni, . caractfere 
primitif de Dieu, n'est que la pl6nitude de r6tre ; que le vrai 
n'est que r6tre dans ses rapports avec rintelligence ; le beaoj 
r6tre dans ses rapporls avec la senslbilit6 esth6tique; le bien, 
r6lre en tant que pouvant 6tre poss6d6 par la facult6 d'aimer, 
r6alis6 par la faculf6 d'agir. 



— 573 — 

Siir les manifesfations extrinseques des altributs diyins cdtf ' 
sich6r6s en g6n6ral : la raison affirme que la substance des 6tres 
physiqueset de lliomme, dont Fexistence et les propri^t^s sout 
constat^es par robservation, est r6elle, distincte de la subs- 
tance diyine, contingente. — EUe esl reeWe: autrement il fau- 
draif nier la valeur du t^moignage des sens qui nous aiteste les 
r6a!it6s physiques, la valeur de la raison qui de ces principes 
conclut n6cessairement a reiislence de TJiomme ; admettre le 
scepticismeuniversel, ccj qui est absurde etrepugne ala nature. 
— EUe est distinctede la substance divine : aulrement la subs- 
tance divine est compos^e, divisible, limit6epar consequenl, 
impersonneUe dans la portiou d*elle-m6me qui compose la ma- 
tifere, entacli6e de d6sordre physique et moral ; il faudrait en- 
core dire que rhomme est uneportion de Dieu, sanspersonna- 
lildpropre, sans liberl6, sans lois, sans avenir personnel; toutes 
choses absurdes. — EHe est canHn^en/e : autrement tous les 
fetres rfe lacr^alion ne peuvent pas^tre couqus non existants, Us 
sont infinis,ind6pehdants, uns, immuables, 6ternels, immenses; 
la cr6ation tout enti6re n'esl qu'un seul 6tre dou6 d'une intel- 
ligence, d*ane voiont^, d*une Iibert6, d'une puissance, d'une 
personnalit^ inihue : cons^quences s^surdes. De M, la logique 
conclut 4° que le monde a 6t6 Cr6e par Dieu ; car sa substance 
felant reelle, distincte de la substance divine, contingente, soh 
exisicnce ne peut s'expliquer qne par la cr6ation. 

Elle conclni 2° que la cr6ation a 616 preced6e d'un decret qui 
a determin^ iouted les oeuvres que Dieti devait aceomplir dans 
Je temps et apr^sle temps, car la raison afllrme qu'il serait 
jndigne de la isagesse de Dieu d'agir sans pland6termin6; que 
ce d^cret est 6ternel, parce que rind6terminatton siippos^-mt 
ignorance ou faiblesse dans la volont^ est incopipatil)ie 
avec la souveraine perfection; 3*^ que Dieu dans ce plan s'est 
pos6 pour fin principale sa propre gloire, car la raison affirmc 
qu'unacte dont lacr^ature seraitlafindemiere serait indigne de 
lasagesse diviiie; qu*il s'est propos^ pourfinsecondaire laper- 
fectiou et le bonheur des cr6atures, carla raison affirme qile la 
pcrfection et par coiis^qaent le bonheur des cr6atures r6suUc 
de robtention de leur fin ; ¥ que dahscedecret6temel, Dieu 
a delermine la destination sp^ciale, 1a rtature, la fin, lcs secours 



— 974 — 

qa'il destinait aux Mres qa'il se proposait de cr^er , car la raisoii 
affinne qae la conduite contraire est indigne de sa sagesse. 

Sar la manifestalion extrins^que des attributsdiYinsconside- 
r6e dans ses rapports avec les 6lres particuliers. 

Belativement aux €trei physiques: L^observation scientifi- 
que constate daas ces ^tres: une nature; des lois et des forces 
capables de produire le bien des individus qqi composent le 
monde physique ; des rapports au moyen desquels chaque indi- 
vidu peut concourir k la perfection du tout , au bien physiqae 
de rhomme ; des perfections de d^tail et d'en^emble , qui m- 
nifestent la puissance, la sagesse et la bonte de Dieu. Be la, la 
logique conclut: !<> quela nature, les lois, les forces> les rap- 
porls du monde physique ont Dieu pour auteur, car la raisoii 
affirme, comme il a H^ dit plus haut, que Dien est Cr^atear 
universel ; 2f* que la nalure, les lois, )es forces et les rapporls 
sont destin^s a procurer le bien des individus , du tout , de 
Thomme soasle rapport physiqueetmoral; carla raisonaffinne 
que Dieu , sagesse infinie , proportionne toujours la fin au 
moyen. 

Relati vement k Vhomme : L^observation unie a h rajson cons- 
tate qu'il est intelligent, libre, actif, immortei, soeM. La lo- 
giqoe conclut : i^ qa'il tieut toutes ces perfections de Dieu, son 
auteur ; 2f^ qa'ii est destin^ de Dieu k connaltre , aimet scnx 
cr6ateur dans le temps et r^ternit^, a travatller k son propTe 
bienet a celui de ses semblables soos le rapport . intellectael, 
moral et physique; car la raison affir me que pour les inteHigences 
comme pour les corps, Dieu proportionne les fins a la nalure 
et aux facaltes des dtres; 3© qu'il a le^a de Dieu le droUde 
disposer de lui-mtoe et des choses cr^6es ; qu'ii a re^ uBe 
loi qui luiprescril: par rapporta Dieu, adhesion anx v^riles 
qu'il lui maniieste, esp^rance du bien qu'il lui promet, amour 
souverainde sesperfections infinies, adoration manifesl6e pa^ 
un culte int^rieujr, ext^rieur et public; par rapport a iui-m^mc, 
an amour dirig^ par la raison ; par rapport a ses semi^lables, 
respect de leurs personnes etde leurs droits,amouretsecours, 
soumissiona Tordre hi^rarchique quir^gitla soci6t6,,.et ob^is- 
sance aux devoirs qni en r^sultent ; car la raison ai&rme que 
ces droits el ces devoirs 6tant n^cessairespour conduirerhommc 



— 275 — 

«a fin, il repugrierait a la sagesse de Dieu, qai doit propor- 
tiojmer les moyens a la fin, de ne pas les lui donner ; 4« qu'il 
aera recorapens6 ou puni dans une autre vie, proportionnelle- 
ment a ses m6rites ou a ses d^m^rites ; car la raison unie a 
1'obserTation constate qu'on ne trouve point en ce monde la 
juste proportion entre la r^corapenseetla vertu, lapunition et 
le vice , proportion exigee eependant rigoureuseraent par la 
jttstic^ divine. 

2« P. L*obscurit6 de la partie supra-rationnelle est atl^nu^e par 
la lumi^re extrins^que de la Faison et de robservaticm. 

Cette proposition suppose que la. partie supra-rationnelie est 
ob^cure intrins^quement ; que robscurit^ intrinsdque d'une 
v^rit^ peut ^tre att^nu^e par les donn^es de robservation et 4e 
la raison. Elle aliirme qu'en fait Tobscurit^ de cette partie 
supra-rationnelle est att^nu^e par cesdeux moyens. D'oii trois 
propositions a prouver. 

/0 Ld pariie supra-raiionnelle est ohscure intrimequemerU. 

Nous appelons partie sopra-rationnelle : les dograes !<> de la 

Trinit^ ; ^ de la Cr^ation en g^neral ; 3° sp^cialeraent de la 

cr^ationdes Anges; 4^ les dograes suivants relatifs aFborarae: 

la sumaturalite de son ^tat priraitif , son ^tat de chute , son 

^tat de r^paration, son 6(at futur. Or tous ces dograes sout 

obscuTs intrinsequeraent a difierenls degres. En effet, pour 

qu^une vferitfe poss^de une clart6 intrinsfeque compl6te, il faut 

qa'elle soii comprebensible dans sa nature, 6vidente ou di6-^ 

montrable quant a sa possibilit6 , a sa r^lite. Donc sout 

obscvffs intrinseqoement les dograes sus-raentionn6s, si aucun 

d*eax ne possMe toutes ces conditions d'ane parfaite clar(6. 

Or aucnn d'eux ne l€s possfede corapleleraent. Aucun d'eux 

n^est eorapletem^nt et intrins^quement compr^hensible dans 

sa nature, aucun n'est 6vident intrins^quement. La plupart sont 

ind6monlrab1esquant k l^ur possibilite ou quant aleur r6alit6, ou 

&ousces deux rapports. 

Ainai la r^alit^, la possibilit6 m6me de la trinit6 de per- 
sonnes dans runit^ de substance ne peut 6lre d^duite avec 
rigueur et dart^ d'aucun principe de la raisonet de rexp6rience. 
I-a creatiou des Anges et les dogmes relatifs aux ditTferents 



— 276 — 

^lais de rhomme, 6tant des faits positifs en dehors de l^expje- 
rietice, ne peuvent 6tre constat^s dans leur existence ni par la 
raison ni par robservation. — Lapuissance de la raison se bome, 
relativement k ces dogmes, k conslater indirectement la v^ 
lit^, et parcons^quent la possibilit6 de la cr^ation en g6n.eral 
par les absurdil^s r^sultantde Thypoth^se contraire ; la possibi^ 
lit^ de la cr6ation des Anges, a supposer que Ton attribu^ a 
Dieu la facult^ cr^atrice; la possibilit^ de quelque»-uns ies 
acies particulters employ^s comme moyens pour la r^parAtitm 
de rhumanit6. 

2^ VobBCwriU intrimSque d'une verite peut ^re attdfiuee 
par la lumiere extrimeque de Vobservation et dela raison, 

L'obscurit6 d'une v6rit6 renferme trois dcgres: elle peut 
6tre, comme nous avous vu, incompr^hensible dans sa nature, 
ind^montrable quant a sa possibilii^, indemontrable quant a la 
r^lit^. Or ces trois degres d'obscurit6 peuvent dtre aft^nu^s. 

LMncompr^hensibilit^ peut ^tre att^nn^e par les analogies 
<Je la v6rit6 obscure avec les fails de Fobservation. Caf H e&t 
certain qae les faits de rob^ervation consider^s en eitXTmemes 
sont plus saisissables et plus clairs que les v6rit6« de V.ordfe 
j)urement rationnel ; que les v6rit6s purement rationnelles out 
leurs analogies dans Tordre des fajts; que par coiis^Q^exiUa 
v6rit6 pure peut, quant k ses ^l^ments et a leurs rappdcl^, elfe 
represent^e par les faits , incarn&e dans les faits. Cette in- 
carnation fixe la verit6 pure, la rend plus facile a contempler , 
ajouteala simple lumiere de la raison la lumi^re plus saisissa- 
bie de rexp6rience, att6nue par cons^quent robsciirit^ intrin- 
se<p}e qui enveloppe la v6rii6 pure. 

L'obscurite qui enveloppe la possibilit^, la r^alite d*une jpro- 
posilion.ind6montrabIe peut 6lre attenu^e par les donn6es dc 
Texp^rience etde laraison. Sous lerapport de la possibilit^ et 
de la realitd, il y a obscurile complete dans une proposUron, 
lorsque ces deux pointsne peuvent etre^tablis par aucun pro- 
c6d6. II y a clart6 compljfete, quand elle peut Slre rigoureuse- 
ment demontr^e. II y apar cons6quent demi-jour ou att^nualion 
de robscuritg compl^te, lorsque des donnees de FobservatioH 
et de la raison la logique peut tirer des preuves plus ou moiu» 
pr&bablcs de la r6alit6 ou dela possibilit6. — Or il est des cas 



^^m 



— 277 — 

Grti lA preove proLabie esl pdssible : celui oii la raison et Texpc- 
rience ne fournissent pour ^tablir la proposilion que des prin- 
cfpds priv^s de r^Vidence rigoureuse ei^ig^e parld demonstra- 
tion; celui otx le principe 6(ant ^vident, la conclusion n'a pas 
wec le principe un rapport assez clair pour participer pleinc- 
ment k son ^vidence et a sa certitude. 

S^Defaify robscuriteintrinseque des verites supra-rationnelUs 
e$t attenuee par les donnees de la raison et de Vobservation» 

D*apr&s cequipr6c^de, pour etablir cette proposition il suflii 
de montrer que ces v6rit^s ont des analogues dans les faits 
'de Fobservation , sont conflrm^es quant a leur possibUite et a 
leur realite d!\ine mani^re plusou moins probable p&r la raison 
et rexp^rience, Or ces deuxchoses sontcertainesquantaux ve- 
rit^s supra-rationneUes consid6rees engen6raX et enp&rticulier* 

V^rit^ supra-ratioimenes considerSes en g^n^ral. 

- AfuUogies. — Ges v6rit6s ont des analogies dans les faits de 
robsenratioQ. En effet, les vMt^s supra-rationadled sont 
•marqiito aaxcarael^e» «aiyants r ellessont incompr^faensibles 
dans leurnatiire, certai^ et en m^me temps in6videiiteg et 
liKUpmiraliles jjitrins^qiiemeat* Or tes carael^res analogues 
«e trooveiii, s^par6s ou r^unis, dans des yMtsts qai, de Kaveu 
de tonl le monde^ ne ^nt point sapra-rationBelles. Aini»i rexi&* 
teoce de la mati^re , de la force, de la vie , de rhomme , de 
Bieu, n^est naUement ^doatense poilr rintelligence ; cep^idant 
fiBleiligimce igBore profondifeme^t la natore intime de la nka^ 
d^re» de la foree, de la vie , de Time, da rappoii qui onit 
rAme an corps,,de la substance et des perfections divines, de 
•toate ehosfi. Ainsi les fiiil^ de rhistoice possfedent, quand ils 
^nt refrdtas de toutes les conditions exigtes par one eritiqoe 
s^vire, la certitade la fdas incontestable ; et cependant \\$ nt 
-aont ni ^vidents en eax-m^mes, m dtoiontraMes par Tobser- 
vaUonetia radsan^ Ainsi aneraultitade de vMt^s scientifiqnes 
den^Hient, par le tdmoigoage des savants, eertaines pour left 
igiior»its; etcependant ceux-ci ne peuvent ni en comprendre 
la natare, ni en voir F^vidence, ni em saisir la d^monstrafion. 
X-homme mdnie le plas developp^ soas le rapporfinteHectuel 

16 



— 278 — 
esi aux v^rR6t 8apra-raUoiineUe& d^ la doctriiie cfar^eoBe ce 
qae rignorant estaax y^ril^s scientifiques, il les admetsans les 
comprendre , et ne les constate pas autremeat qoe par le t^- 
moignage. 

Preuves prohdlfles de la Possibilit^. *— La doctrine chr^ttenne 
peat contenir des 61^ments sapra-rationnels ou incompr^hen- 
siUes 9 ind^montrables. Cetle proposition, que nous avoos 
prouv^ pr6c6demment d*une manitoe certaine, en montrant 
que Dieu peut r6v6ler des mysUres, faire des institutions posi- 
tives, est confirm6e par les faits que noos venons d^exposer. 
Car, si les connaissances profanes, qui oal le fini pour objet, 
contiennent des 616ments incompr^hensibles et ind^ontrables^ 
t forliofi ladoctrine religieoseqoi a pour objetrinfioi* 

Be laTl^alit^. — II est probable que la doctrine religiease 
renferme de foit des ^l^ments supra-rationnels. 

La doctrine religieuse doit enseigner k rhomme toat ce qoi 
lui est moralement n^cessaire deconnaitrepoor diriger sacon- 
duite. Poor diriger sa condoite U faot qu*il cooaaisse Hon-seale» 
ment engto^ral, mais encore en particoliersa fin,: sesrapporls 
arec Bieu, avec lui*m6me, avecles autres hommesy avec latuh 
tore^ses moyens, sen avenir. Or ^otes ees choses, d^pendant 
jdausce qo^eUes ont de sp^eial de la volont^ positive de lAea, ne 
4f»euvent 6tre connoes ni par r^vidence , ni par la d^monl&kft- 
tion, mais seolement par la r6v6Iation oo titoioignage divin. 
Ainsi Fhommexne peot connaltre que par la rdvtiation si safin 
est simplement nalurelle oo si elle est somaiareUe ; si Dieo 
veot 6tre honor^ par tel juoyen particolier oo par tel aotre; 
quel est le degr^ de ses obligations vis-a-vis du prochain et de 
lui-m6me, de ses droUs snr^ nature^, si Dieu veot lui accorder 
des secours pour aceomplir ses obligations imm^diatement ^ 
jn^diaAeinent, et, dans cette derni^e hypolhtee, qnelssontces 
«Qoyens; si ses p^eh^s sont r^missibles ou non; si la r^eoin- 
pense et la punition de Tautre vie.sont ^temelles oq tempo- 
raires, etc., ete.Doncil est aumoins probable qoe la doetrlne 
religieuse contient des 6I6ments supra-^ationnels.- 

V6rit^s supra-rationnelles consider^es en parliculier. 

Dogme de laTrinit^. — Analogiee, Le dogmede laTrinitd a 



ts' 

9- 

n 



— 27» — 

<fe&ftiiafog^e» dmis la ntttiife, dans rfaomme, dsois le m<(md0 
ang^Mitte^ 

Bans la Bature^ — Le corps en gto6ral manifesle rimit6 
triaaire: daits ses dimeiisionst tout corps r6anit dansson imit^ 
trois dimensions, longaeur, l^geur^profondeor. — Bans se» 
(ormes: triangle,cerele,spliere. Triangleiiigureprimitiveretune, 
renfermani trois cd(6s ettrois^uigles parfaitement' dlstincts dsois 
tout triangle, ei qui sont parfaitement ^gaui^ d^sle trtangfa 
6quil£^6ral. C^cle: expansion d'un point actif dans ie sen» 
de la surface, otirondistingue trois r^lii^s, le eentre, ia cir- 
conf6r^Bce et ies^ rayons qui oiiissent le centre k la circonf6«^ 
rence;. re^it^s en. quelque sorte i^ales, car la: longueur du 
rayonest toBJours proportionnto li nntensit6 du centrei etia 
circoqf^rence a la^^ longueik des cayons* Sph^et (forme des 
globes etdeleurs.toanations ott Atmosph^e) expansion d'aa 
point actifdanstoas lessens,.otirondisti&gue leeentre, la snr- 
Cace^ ies r$^onsquilesuttis$ent, rMii^ proportionneUes entr*- 
«Ues» -^ Dans sa natttre iniime: tout corpfi organique ou inor- 
pni.qtterqaeU^ q^e s(»ent Is^nature de ses ^l^jnernts et ses di* 
mensions, implic[|ie dans scm unit6 des ^l^ments qui le consti- 
tiieat, nne tome qui les d^termlne , une forcequi anit ses 
parties.Le soleil, astrecentral denotre^ sysC^me^contient trdis 
r^Ut^.distincies rMuitesiiruait^, le giohe lui-m^e, la lur 
mi^reella cfaaleurquien ^manent. L*univers lui-m^me, dans ses 
systfemesparticnliers, dans son ensemble, n'est qn'une r^union 
d'dfres rMuils. a runit6 par ces rapports g^nferaux: cause^ 
moyeB, effef, 

Dans rimehumaiBe^ — Sioalacensid^re dansson expreS'* 
siOB^ en trouve: dans le mot, Uidifee, le soo, les rapports qui les 
onissent; dansles propositioRS,^Iesubstaatif ou T^tre, raitribut 
on la forme de Tdtre^ie rapportqui les umi ou ie verbe ; dans 
le syllogisme, fbrme pure du raisonnement, trpis termes , le 
grand terme,„ le petit termey le moyeft itecme qui les unit^ 
trois^ propositionsy la miajeure, la eoncinsion, lamiueure qui 
unii ces- trois propo^ition» exici^mes; dans> la figure prin^ 
cipale du style (comparaison, m^taphore], td^e , image , 
rappori entre ees deux termes^ — Si on la; consid^e dans 
«es actes int^rieurs:, on disiingue: dans la connaissance que 



— 280 -r 

] amc a d*e2^-ai^e, Irois MoienU, le moi objet, le moi con* 
naissant, leurs rapports ; dana Taete d'amour de soi-Bt^me, le 
mot ^im^, le mol aimaol , leurs.rapports ; entre les deux acte# 
prineipaax, la cennaissance et l'amoar, un ordre qui reproduii 
celoides personnes divines^ Tamour sopposantlaeoBnaissa&ce^ 
celie-ci supposant T^tre ; dans chacun de ces terraes^ persoima* 
\M untque se repro^isant trols fois, Vkme sait qu'elle est^ 
qtt*elle se connait, qu^elle aime. — ^i on la consid^e dans ses 
actes dontrobjet est ext^rieur, il y a trinit^ dans runil6: datis 
les actes d'intelligence et d*amour, objet, sii|et et rapport entre 
cesdeux termes ; dans ses inanifestations^^ ext^rieures de rordre 
moral^ Tacte impfiqne la loi, la liberte enacte, leurs rapports; 
dans Tordre physiqne, Tacte implique la cansaUi^ hemaine, tes 
moyens> reffet.— Si on la considfere dans ses ^l^ents esseo- 
tiels, on y trouye, comme dans Dieo , T^tre y Tintelligence, la 
Tc^ntife» — Si on la eonsid^ dans ses rapports, on la trouye. 
eomme ^l^ment dans (tiffi&renles unii^ complexesrou soci6(6s 
qiii tootes reproduisent la trinit6 dans rmlit6. Amsl, soos !e 
rapport temporel, Time est en soci^6 aYee le corps, les 
iadividus sont en rapport social entr'eox dans la famille^ les 
familles sont en rapport social entr>lles daus l^Etat. Soos le 
rappott spintuel , les io^Kvidus, tes familtes, les coTporaUons, 
en particuHer les paroisdes» sont en rapport soeisd entr^eux 
dans le dioe^; les dioe^ses sont en rapport ^oeial entr*eox 
dans r£gli8euniverselle;r£glise esten rapport socialaveeDieo 
parJ^us-Christ.Cessod6t^ reprodoisenttootesJa triBit^.Dan» 
chacune , trcos personnes morales distinctesconsiituentrunit6 
sociale: pouvoir, ministre, s^jet, qoi prennent des nomspar- 
liculiera suivant la soci^ti ^ laqoelle on applique ces d^omi- 
nalions g^n^ales. Ainsi poor la soci^t^ de riime avec le coips, 
Ame, organes etobjetsextMeors;aittsi p^e, m^e, enffflcitdans 
la familie; pouvoir souverfito, ministre» sujet pour la soci6t6 
poiitiqne; Ev^e, pr6tres, fid^les dans le dioefese; Souverain 
Pontife, Ev^ques, OdMes dams TEglise universelle; Dteu, J^sos- 
Chrj8t,,£glise universelle dans la soci6t6 qoi rattache imra^* 
diatement rhomme A Dieo^ 

Dans le monde Ang^fiqoe: — La th6ologie noos moi»tdre 
tfois hi^rarchies, dont chacune contient tcois ordres, et chaque 
ordrc (rois cat6gories sociales. 



~ 581 — 

PtmmprobahlM dela PossibUiU^deh RMU6. — La Tai* 
sonetl^obseryaton dicmfieiitdes preQVes probables des yMt6s 
sttiTatttes : il y a ^ Dieu irois r^alit^s distinctes; ces r^alit^s 
«oa4 des >ers<Maaes diyines; elles ont entr*eUes les rapport» 
exprun^ dans le dogme catboliquede la Trinit^. 

l^^r^alitdsdistiactessontenDieu: £n effet, lodanslapro» 
|)Ositi(m pr^cedente noQs avohs vu <][ue Dieu^ant infinl, ii est 
paria-m^ii^e TMre, la connaissance, ramoureii°acte infim.2^Iia 
IriBit^ dand runit6 est la loi de Tetre et de la tie, la k>i 4e 
Fordre et du beau^ du I»ea er66. Donc cette ioi a son proto- 
typedansrinteliigence divine, son arch^type dans rfltrediyin. 
— ^La Trinit^ dmis rumt^ est la loi ou la condition ubiverselle 
de r^tre cr^, car nous avons vu que toutes les cr^atures qia* 
nifestentdans leur 6tre et lettr viela irinit^ dans runit^ ; la loi de 
rordre,car Tordren^est querensend)led^s rapportsnatureis tfes 
dtred, orpartout,dans la cr6ation,la multiplicit^ estr6(hiite a I^ 
nitdpar une friplicit6 de rapports; la loi du boati, car le beau 
&'est que Tordre mahif^st^ daus unei f6rme seosible ; la loi du 
bien, car le bien est piour r^tre le r^i^taide-sesrappdrts hatu* 
rels. Doncla Trinit^ a sonprototype dans rintefiigence diyine; 
oar Ih cr6ation n*6st que la r6alisatiion de Tid^al contenu dans 
rintelligetic^ divine. Donc la Trinild a soa archetype en Dieu ; 
car 1. Vid^al de la cr^ature n'est que la repr^scntation dn de- 
gtt de shnifitttde qu'elle peut avoir avee Dieu-; 2. le r^tif 
sapposantralraolu;, la trinit6 dauis Funite oe peut 6tre4a loi de 
r6tre,ttoFordre, dul>Bau,^u biearelati&^ saos ^re-Ia loi do 
r£tre, de rOrdre, du Beau^ dn Bien absolus ou deDiett« 

€esr(6fltit^ sont des personnes: Cette proposition ^yidente 
pour riiQe d^eiks, ceUe appel6e P^ par le dogoke cathoiique, 
•»t entrevueavee-quelqaes probabilit^ pour les d^ux antres, 
pour les. m^ons suivanies: i^ L'Int^Iig€fnce et la Volont* de 
Dfehsont aofives, inftniment actives; done f6condes et ihfim-* 
mkit f^condes, puisqtie la f^condit^: est le plos haut degr^ de 
ractiyit^..DonceIIesprodaisent des r^it^s personnettes,^ infi- 
fties; d'oetif resuUe qu^en Dleu v outre ie Pfere, it existe une 
seconde personne produite- par la connaissaace quMl a de lui^ 
m^me, une troisifeme personne produite par ramour mutuel 
des detii autrte. 2» La vie m acte esl Y>out ua ^re rensemble 



_ 283 — 

de ses ralalioDs; le bonheur poar T^tre rtoiKede lapedifselion 
de se»r«pper|s, c^est-^-dire de laperfecUon des.ienaes de ses 
relalionSy de learintiaiit^. DoncenDieu ii existe des relations 
iaflaiaient parfaites et infininieat b^tifiantes^ puisque sa vie et 
sonbonheursont infinis. Or les rapports les plus parf^its eties 
plus b^fiants ne peuvent ^ire ni des rapports s<^taires de 
Dieu ayec lui-in6me, ni des rapports n^essaires avec la cr6a- 
ture, qui d*ailleurs, dans celte supposition^ deviendrait ii6ces- 
saire, partie essentielle de Dieu ; ces rapports soot donc des 
rapports entre personnes infinies; donc les trois r^altt6s di- 
>ine8 scmt des personnes. 

Ces Irois personnes ont enlr^elles les rapports exprtiB^par 
le dogme caliiolique : Parmi ces trois persoanes , il ea est me 
qui est innascible, autrement U faudrait nier r^treD^ssaiie, 
admettre leprogrdsa rinfiiri. Ses faeult^s 6tant &4cessaireaieiil 
cn aete, il produit parson intdligence une image^parfaite de 
lui^mdinei une personne ^gale a lui. Ces deux. personn^, en 
possession d*aae volonti^ infinie, s^amssent n^oessairemeBl 
entr'elles paruRao^our infini dontle r^ultat est Tamoar mGai 
personnifi^ II exisie donc en Dieu une premi^re pefsoBae, h 
P^e, une seconde personne engendr^ par j« premi^re, le 
Fils» une troisi^me personne r^sultani de ramoaT xsfaim\ du 
Pdre et da Fils, le Saint-Esprit. 

Dogme de laCr^ation en g6n6ral. •— Anaioffie&^ I^e mouye* 
«ient qommttniqa^ au.corps par la volont^ est un &it d^esp^ 
rience. CelaR n'est potnt aae sie(i|de transmissaon de mouvc'- 
ment, poisqac la volont^ est immobile ; c'est donc ane et^^on. 

Pr. probables de la Possibilit^. — La voKrnt^ de rhwime est 
cf^tqice, a fortiori la v<^^ de Dieu. La poissdaee est ^a-fa- 
^ult^ de produire; (a toute poissance esi donc dans ritifini la 
faculi^ de prodaire toot ce qu*eUe veut;.de c>r6er par ooas6- 
qaent> k mmm qa*on ne montre quele passage da n6ania T^tre 
est impossible, ce qai n'a iamais 6t^ 4>jouv6. De ceile. preuve 
il suiique lacreation n'est point inconcevable, mats seufoment 
ineon^r6heasible, inimagmabt^. — De la Re^alit^: LardaUt^ de 
la.cr^ation se pronve par les raisons indirecles que nous avons 
etides pr6ciMemment. ^. ^ 

Anges.-^ Ancdc^ies, Les donn^s de la foi et de laih^ologic 



k 



k 



— 283 — 

^r les atkges 6nt des rappopts avec la Trinlle, avec le mond^ 
moral, avec le monde physiqae* La V^fH^ de eeite propositto& 
rtsallera de rexpos6 8«ivan( : 

Avet la Triiiil^ : La Trinil^ est une hi6rarchie compos^ de 
trois personnes inflnies, li^es entr^elles pard^ rapports vivanis,- 
paisque leFils re^^oit du P^re, et le Saint-Esprit recoit du P^re 
et du Fils la nature et la vie diyine ; li^es aux Stres infi^rieurs, 
la Trittit^ 4tant le principede tout6tre et de tout bien cri^, — 
Le raonde ang^lfque, d'apr^sla foi et la^^oTogie, est un en^ 
secBMe d'etres purement spirifuels, divis6s en trois bi^rarchies, 
dontcfaacaneesisulidivlst&e en trois ordres, qui eux-*mdmes se 
sabdiviseni en trois elas^es ; ^tres unls entr'eux par desrapports 
vivJaBts qui en lient touies les pafties, puisque la premiere fai6^ 
rarcfaie influe a la seconde ei eeile~ei a la troisieme, le premier 
ordredechaque ht^archie ausecbnd ei c^i-ci au tToisi^me^ 
Ve premter terme de qfaa<|ue ordre au seeond et celui-ci au 
tT«)isitoe, himi^re, amour ei dh^ection; 6tres li^ aux cr^&aiures 
iiifiMeiires par de» rapports vivants, pui^que Diea les emplote 
comme interm6diasres dans la dicection du monde moral et 
pfaysique. 

Avec le mondemoral: Le monde moral est un ensemble 

d'homraes divis^s en fai^lrarcfaies on soci6i6s qui soni TEglise, 

V£lat el la femille : soci^t^ compos^es efaacmie de trois per« 

sonnes sociaiesy pouvoir , miiiistre , sujet ; ensenjble li^ dans 

ioutes scs partiea par des rapports vivants , puisque r£glis,e 

eommuttique a l'£tai ei d la famitle lumi^re sumatar^IIe et di- 

rection rao^ale, puisque r£tat dans les limites de ises attrfbu- 

tkms coBifflaaiquei k famille Inmi^e ei direetion temporelle, 

paisque dan» cfaSKiae soci^6 le pouvoir delaire, dirige le mi^ 

mstre> quiason tour ^claire et iHrige les sujets; ensemMe li6 au 

monde pi^sique pardes rapports vivants, puisque rhumanit6 

a recusurle monde physiquean pouvoirde domination et de 

direelion qa'elle exerceen faisant «ervir d somi^ge les Mres 

qui le composent^ les lois qui le dirigeni. 

Aveele monde physique: Le mcoide physiqiae est rcnsem- 
bl€ des ^res privds. d'intellig©Bce ei de libertfe^ sous-divise^ 
en trois r§gnes4 regnes animal, v6g6tal, min^ral, d(mt chacuB 
sse sous-divtse en groapes inf6rieurs tmis par des rapporls 



— 284 — 

Tiyants qai en Itent loate» \es parties, pnisqae le rdgttettiimal 
domine les deux r^gnea inftrieureet les Cait senlr k ses beseiDa, 
ptiis^pie le r^gne v6g61al domine k son tonr le r^gne ntin^ral et 
le fait servir A ses besoins, paisqoe les indi^diis forment ime 
ehafne continue oiSi ehaque anneau est a la fois, mais sous dif- 
ftrenis rapports, eause, moyen, effet. 

Fr. prohablei de la Possibilit^.— ^Ue estd^montr^ si Ton 
ateet qoe Bieu puisse cr6er ; car, ^ Dieu a la lacult^ decreer, 
elle est infinie, il peut cons^quemment par rapport aux intel^ 
ligences puTes ee qull a fait ponr les corps et les iuteUigences 
«ixtes, les cr6er, ies lier en(r'eUes et aox autres criaiures. 

De la R^Iit^. — II exiate nne loi universellja^ eonttnmt^, 
«Pii^rarcliie, d^liarmonie; donc il faut ad^iettre la 4octriiie 
th^ologique sur les anges, si on ne peut re^eter leur existeflce 
etleurs degrds reiaUfe de perfection sans bHserla loi deco&ti- 
BUit^, rejeier leur» rapports yiyants sans briser laloi d*ht6rar- 
efaie , ^tablir entr*eux des rapports antres que cenx indiqii^s 
pr^c^demment wna briser la loi d*hannonle. Gr il en est ainsi, 
donc. 

Pour d^velopper ce raisonnement, sont aprouyer/e^^wrfre 
propositionssuiVantes : 1« II existe une loi univ^seUe de con- 
tmuit6 , d*hi6rarchie et d'harmonie ; 2» nler rexhlencfc d«^ 
anges et leurs d^^ relatffs deperfection, c'est briser \a \o\ de 
eontinuit^ ; 3« mer Ieur« rapports vivBnts, c'est briser la loi 
d'hi^rarchie ; 4^ ^tablir entr'eux d*autres rapports, c'estbfi8cr 
la loi d'harmonie. - 

l» B exisle une loi universelle de continirit^, d'hi^carehie 
et d^harmonie: Cest la loi de Tdtre et la lotde rinl^genee. 
(Laloi der6tre,c*est^-^re nn feit g^neral qui doraine toiisles 
feitsparticuliers; la loi de rinlelKgence ,. c>st-&«dire ^ue ces 
tr^is principes s*imposent a eile pour la diriger daas ses op*- 
rations.) — 1» Cest la loi de T^lre, ou de l'<dqet 4e la seience : 
En effel, d'aprfes ce qui vient d'4tre dit sur les analogies,; 1. la 
Gontinuite existe jus(pi'A rhomme incluisivement dans les toes 
cr66s qui tous sont plac^s sur ime ^cbeUe de perfiection ascen- 
dante; si elle n'existe pas^n Dieo^ c'est qu*elle est impossible^ 
dans une trinit^ de personnes inflmes, el par eons^queflt 6gales; 
2. ia hi^rarchie existe comme condilion de la vie dims le monde 



c 



— 288 — 

divin^ dans les indiVidfis, dans les groupes, et daos reBsenible 
du monde i^ysique ei do monde moral, 0(1 iout est li^ i>ar des. 
rapports vivants; 3. il exisle harmonte on eorrespondance de 
constitotion entre les individus, entre les individns et les gRMipeii 
d*6tres, enfre lesgroupesd^^tres et lesmondes, entre lesindivi- 
dos, les grottpes, les mondes cr^set Dieu qui estrarch^type oni:- 
versel. — 2f^ C^est la loide Tintelligence, ou du snjetdelascience: 
L*inteUigence manifeste en effet: laloi de continuit^ qui la do- 
mioe, dans ses in vesligationssnr les ^tres, dans la coprdination de 
ses d^uclions; la loi tl'fai^rarcliie, en interrogeant chaque ^tre ' 
sur sa cause, ses moyens, ses effets, en tachant de lier 
entr'eax ees raf^ortspour recomtposer id^alement la chatne des 
' ^tres; ialoi d'harmonie , en la recberchant entre les objels de. 
ses 6tudes. — D^ailleurs ces trois principes sont domin^s par 
^ la loi plu^ haute de runit6. Cest un lait que la raison, lacult^> 
* la pkis hautede rinteUigence, est domin^e elle-m6me par la Ipi . 
de runit^ qa^elle impose a son toar aux facult^ secondaireSf 
et par elles a leurs actes. Or la loi decontiniiit^ n*e$t que la bi 
d*unit6 impos^e k la multipficite des dtres gradu^ en perfee- 
Uon pouren former une chaine unique el sans solution. La loi 
hi^rarchiqtte est aussi la loi d'unit6 impos6e k la maltiplicit6y 
pufsque son but est, dans le monde physique et dans le monde 
moTaA, de groqper les individualitto semblables ou raq[^roch^s 
par leur naiare autoor d'an centre principal destin6 k leur com*^ 
nianiqoer par des moyens 6tablis, k cet effet , avec runit6 de 
corps et de vie,les avantages qui en r6sultent. La loi d'harmo- 
n^ n'est ^ieore elie-mtoe qoe Tu^ite de iype, de rapports» 
de iois 4B^)os6e aux individus et aux diff6ren.ts systfemes qa'ils 
forment par leur union« 

2<> Aejetar Fexistencedes Anges etleurs degr6s relatifs deper- 
fectiOn, e-est briser la loi de continait6 : Gar les deux cat^gories 
exirdmes de la raison sont : au sommet, Dieu ou la pI6nitude 
de r£tr&; au degr6 extr6me, le n6ant, Poor eombler rinter- 
vaUe, ii faut d*abord trois r6alit6s : une qui tienne au n6aiit , 
une qni tienne a Dien, one qui lie ces deox extr6mes; puis« 
enlre rexir6me le plus rapproch^ du n6ani et le moyen tennet. 
des degr6s ascensionoets qoi les lient; pois enfin, entre Tex- 
tr^me soperieor et ie moyen ierme, des degrds d^croissaats qui 



~ 886 — 

hs uQiMeQt entr^eax, de numitoe qne les ^ftres dans lenr en- 
seoible fomienl nne progression descendante et continoe, si 
Tonpartde Dien pour arriver auntoit, uneprogression ascen- 
daate et continue, si Ton part dn n6ant pour aboutir a Dieu. Or, 
snpprimer les Anges et leurs degr^s de perfeclion, c^est arr^ter 
brusquement la progressbn ascendante et continue conunen- 
c^ dans la nature et continu^e par rhomme jusqu'A la nature 
ang^Uque. 

30 Nier les rapports vivants entre les Anges ,.c'est bfiser la 
hi6carcliie: Car elle consiste dans l*ensenible( de ees rapporls 
vivants. 

A» Etablir entr*enx d'autres rapports^ c^estiiriser rbariuonie 
des ^tres : Gar nous avons vu qu^il existe dans le monde phy- 
sique etle monde moral desra^portsde continuit6; dans Diea, 
entre Dieu et la creation , ^tre le monde moral et le monde 
physique, des rapporls vivants, analog^es 4 ceui que la doctrine 
catholiqueenseigne exister danstemonde ang61ique» L'harmo* 
nie serait donc bris^e , si les mtoies rapports de oonUnuUe et 
d'hi6rarchien'existaient pas dans ie raonde au^^ljqae. 

Dogmes relalifs aux ^tats sumaturels de rhojDrae. — Xes 
tots sumalurels de fhomme dependent de ses rapports avec 
le principe de vie sumaturelle qui doit ranimer. Ces rapports 
peuvent^tre exprim^s dansles propositions snivanles: Lana- 
ture hnmaine est surnaturalis^e dans Adam; alt^r^e ; transmise 
avec son alt^ation par Adam ; porifi^e par Jfesus-Christ ; divi- 
nis^e personnellement en J6sus-Christ , qui pour rendre k 
lliumanit^ la vie surnaturelle, pour rdlever k un degr^ sup6- 
rieura eehii qu-elle avait et»AcUm> s'anit a-elle en se consti- 
tuant son chef ; cr^e et organise le ministtoe aposteUque. au- 
quel il confie sa doctrine, son autorit^, ses lois, ses sacrements, 
fionsacrifice.Offert k rindivido parTEglise, ce prin£ipe,s*il est 
accept^, lui coramunique la vie divine, lui donne la capacit^ de 
mdriter surnaturellement, etle rendrdigne delavieeternelle^; s'il 
est re}et6j rhommereste priv6 de la vie divine ou laperd, et par 
cons^quent est incapable de m^riter et de poss^der la vie 
Mernelle; si de plus ce refus est libre, il rendlliomme pas- 
iible de peines ^ternelles. 

Anaiogiei, Les faits pr^cedents sont analognes aux lois iui- 



' — 287 — 

vies par Bieu dans rordre hat»rel, an^ogues par cohs^qtieilit 
aux faits naturels qui en d^pehdeht, 

1® Surnaturalisation de rhomme. — Dans Tordre naturel , 
Dieu, pour faire progresser tin 6tre en perfection, le p6n^tre 
d^nn principe sup^rieur de niouyement et de vie, quiens'un!s- 
sant alui 6I^ve sa destination, sa nature, sOh pouvoir, ses lois, 
ses actes a im de^6 plus haut que celui qu'il occupait. -^ 
Ainsi par^naturela mati^re est incrte etpassive, Dieulap6n6- 
tre desforces physiques et chimiques. Par cette union, k ma-* 
ii^re est^lev^e dans sadestihation^ dans sa nature ; elle devient 
active, soumise aux lois de la force qui produit en elle des 
mouvements d'attractiou, d*expansion, de composition, de d^ 
«ompbsitibn, de cristallisation, dont elle ^tait incapable hai- 
tureliement. Ainsi la niati^re est 6Iev6e au dessus de* ^ 
'Condition haturelle. — Par nature, les forees cfahniques et ](ihy- 
siques sont inf6rieures 4 la vie v6g6tative. Dieu uiiit la force 
v^g^tative aux forees physiques et ohimiques. Par cettenhioni, 
celle^i sont 61ev6es dans leur destinatidh, dans leur nalure; 
a leuractivit^, a leurs lois propres s'ajoutent Taetivit^ et la loi 
propre du principe sup^rieur qiii les domihe. Unies entr*elles, 
ces forces et ces lois produisent dans la mati^re, en outre des 
mouvemehts physiques et chimiques, d^s mouvements d'orga- 
nisalicya, denutrition et de reproduction dbnt elles eussent 6t6 
par e\les-m^mes incapables. Ainsi la mati^re p6n6tr^e seule- 
«neiit par les forces physiques et cfaimiques est 61ev6e au des- 
ms de sa condition naturelle. — La vie v6g6tative est ihfferieure 
a la vie ahimale. Dieu unit ia vie animale a la vie v6g6tative. 
Par cette union le v6g6tal est 61ev6 dans sa destihation, dans 
sa nature; soh activil^, ses lois propres sont domin6es par le 
pouvoir etles loisde la vieanimale. Delar6union de ces pou- 
voirs et de ces lois r^sultent dans r§tre, en outre des mouve- 
ments indiqu^s plus haut, les mouvements d'organisation, de 
nutrition, de reproduction propres a ranimal, et les mouve- 
ments spontan^s dirig^spar rinstinct. Ainsi par son union avec 
la vie animale le v6g6tal est 61ev6 au dessus de sa condition 
naturelle. — La vie dnimale est inferieure a la vie hutnaine. 
Dieu unit la vie humaine k la vie animale.Par cette union , 
ranimal est ^lev^ dans sa desUnation, dans sa aature ; son ac-^ 



— 288 — 

tivUeel 0es lois sont dooiin^es par les facaUes et les lois dela 
vie hamaine.De la r^union de ces lois et de cesfacalt^r^sidtent, 
outre les moavemeuts de la vie animale , ies actes proprea de 
rhomme : ceax de Fintdligenee et de la libert^, et la direclion 
desmoavements animaux par les lois de la raison et de la mo- 
ralit^. Ainsi par son anion avec la vie humaine, la vie aniraale 
est ^lev^ aa dessus de sa condition natarelle. — La nature 
hmnaine abandonnte a elle-m^me est: quant a son ^me^ inca- 
,pMe de m^riter et de poss^der la vie ^temelle , sujette a 
rignojrance, k rerreor^ a la concupiscence, a la douleur ; quant 
k son corps, priv6e da domaine de fait sur les cr^atures Infi^ 
rieures, soumise a la maladie, k la mort. Dieu communiqaeil 
rhomme la grkee sanctifiante, prindpe de vie sop^riegre^ tonte 
vie er6^; khk grdcesanctifianteilajoutelespr^rogatives oppo- 
s6es aux d^fouts naturds de rhumanit6. Par cette unioD 
rhomme est surnaturaiis^ dans sa destination, dans sa nature^ 
dans ses fac^It^s, dans ses lois , dans ses actes qai , par Tin- 
fluence de la gr^ce, peavent deveilir m6ritoires de la vie ^ter^ 
nelle. De «cette unionr6suIte en outre rexemptiond%norance, 
d'erreur,de concupiscence, de douleur^^e maladiei de morL 
Ainsi par le don de la gr4ce sanctifiante Fhomme est suma- 
turalis^, ou 6Iev6 au dessus de sa condition natareUe. 

2° D6gradation de rhumanil^. — A chaque 6tre correspoud 
on ideal dans rinteUigence divine. La perfection de V^tre 
ponsiste dans la realisation de Fid^al; la r^sation de lideal 
suppose raction r6guli^re des principes qui pr^sident au deve- 
loppement de l-etre. Cette action ne pouvant fttre regulito 
qa'autant que Ti^tre estsoumis aux conditions d'o(i elle d^pend, 
H s'alt^re, se d^grade,» s*il n*y est pas soomis. Atnsi le erist<>} 
dont les elements ne sont pas purs, ou bien qui est troidjl^datv; 
sa cristallisation , ne pr^ente que des formes anormales. Le 
v6g6tal ou ranimal auquel onsoustrait la ohaleur, rair^ la nour- 
riture , languit ct meurt; celui a qui on soustrait la lumierc, 
0'6tiole; ceux qui sont gdnes dans leur d6veloppemeat , se 
d^forpient; la branche et les membres dep^rissent et meareni 
quandon les soustraita Taction du principe vital, en brisant les 
rapports qui les unissent k loi. LHntelligence et la Iibert6 mo- 
rale de renfant demeurenjt dans robscurite ei Tinaction^ si om 



^ 289 — 

1« soustcaii a^issitot ^pr^ saiiaissaace a raction de la seciele 
i^cessaire a soi^ d6veloppement;,il tombe dans rerreur et dao» 
le vice^ s'U subit rinfluence, d'une maavaise Mucation. La ^o- 
jcv^i^ tombe^ dans je 4esordre , si les principes sociaux soat 
altercs , si les. vertus sociales sont remplac^es par les vice» 
oppos^. ^ Ainsi.de rhomme sumaturalis6* Uni surnalurelle- 
n^cnt a Dieu , rideal a r^alisi^r pour lui etait de se maintenjr 
4ans ce rapporl ^troit avec son Crcateur par la cpnservation dc 
la grslee sanctiitante. Son deyoir ^tait pour cela de se soumettre 
aux pr^ceptes , k robservation desquels Dieu avait attach6 ia 
conservatipn dc cette ^rAce* Adam desob6ii; il sonille son 
tkm^y ji perd la grScesaEctiiiante^ etavecelletousles avautages 
4116 Dieu y av§it anuexes^ De la son alt^ration , sa degrada- 
tion* 

.3<* TraB^issio& de la nature humaine 4ans son ^tatdc d6- 
<^a.dation a. la posteril^ d'Adam. — Le g6n6re est semUablo an 
^en^ratear; telle ost la loi laplus fondamentale de la genera- 
tioB. Aki^i^ dans le r^ne Vjeg^tal^ le gen^e reproduit le lypie 
jerespieee^ lcs accidents produits ca lui par raction proIong(^e 
desr circo^^tances ext^rleures.^ comme celles de la chaleur, de 
la lami^re, 4e la composition chimique du terrain^ de la cul- 
tare. Ainsiv dans le r6gne animalt m^es phpnomenes» et en 
.^BtTele g6ner6 porte dans son tustinct rempreinte des habi- 
.tiides <pHOQt 6t^ cr66cspar redncatiou dans la race et la varieti^ 
A laqoeUe U «j^rticnt» Daos le genre humali», renfiant re^oit 
de ses parenls les caracteres analogcies aux pr6c6dents. De 
plus, ii Jear ressiemhle sous le rs^port de rintellig^ce, du ca" 
faci6ref dea dtapositions morales; il subit les eon^cquencca 
heurcuscsoamalheureusesdeleiirs ^ciions morales, comme 
ia saat6 oaia mala4ie, rhonneur oule d6shonneur, la richessj^ 
oii la paovrete. Dan&la vte sociale, une g6neration corrompue 
tinansmet a celle qui la^suit «es err^urs^ se$ vices, et ses mis6res. 
En Dien IuiH[n6me la loi se v6r»fie: le P6re engendre un 
Fils^lii lul-n»dnQre, le P6re et le Fils communiqoent s^ 
^Saiai-Espril, parvoiede s{»ratiio^, la nature divine lelle qu'il» 
la pessedeBt. — De m6me> dans |e fait surnafurcl qui noun 
4>ecupe, Adj»n dsech» transmet a sa poslerite avec la nature 



— m — 

humaKie sa faalc eitoas les r^idtats qa*eUe a pHHfail» eii lai : 
privalion de la grdce sandifiante, tache perm^nente, iifioiitie 
de Diea, d^pendance da d^mon , soaniissioB k rignorance, k 
f crrear , k la concupiscenee , k la donlear, & la BMladie, k ta 
mort, pcrte da domaine de fait sar la cr6ation. 

4<» Rdparation par J^sQS-Christ. — L^hamanit^ prtv6&de la 
gr^ce sanctifiante, s^par^e de Diea par le peche» ressemble a 
^ nn organisme priv^ de vie, parce qae son rapport normal avec 
mn centre vital a M6 rompa. Or, la premi^re h>i de l*art de 
ga6rir est de combattre, poor le d^tniire, le principe de la ma- 
ladie ipar m remfede oa ane force contraire, parce qno, si Ton 
d^troit le principe de 1a maladie, on rend la norraaUt^ k rorgaHe, 
par tii A ses fonciions, par la a ses rapporta avec ^n centre ds 
vie. Ainsi dans le r^gne animad, et m^me dans le r^iie y^- 
tal, on gu^rit les maladies par exag^ration des proprieles vi- 
lales, aa moyen des atoiii^es; les maladies par diraiaationdes 
propri^t^s vitales , aa moyen des tomqoes ; les maladieB par 
I^^on de rapports et iaterruption de continaitd, en aidaat le 
principe vital k r6tabiirces rapports et cetle continojt^y coBdi- 
tion dela^nt^ des organes. Ainsi, ddns TonlreiDteliec^aei et 
<moral, on.combat rerrear par la v6ril6, la iaiblesse Ai vice par 
les etforts de la verta. Bans fordre social en g6n^ni , ^ ga^ 
i rit la soeiet^ corrompae en oppesant aux th^ories antl-sociates 
les doctrines soclales, en Tamenaiit le pouvoir et les sajets aia 
: babitodes conformesii ces doCtrines. Ainsi encore poar r6ta- 
r blir seHs rapperts sociaax qo*etle a bris&s par la r6voIte, la pro- 
;viBceoala vffle coapabie if Incaitaedansunreprdsentantagr^able 
. aa prince qa'eUe a offi^^ pear Inl ofi^ir one sati^aciioa ca- 
pal^e de l^ fl6chir« — De mtoe, poiir r^parer ,et go^iir rhama- 
Hlt^, il feut d^truire le p^ch^, principe de sa matedie. Poar 
dfttruh^ le p^cfa^, ii faut de la part de riuraiaait^, k moinsque 
Dieu ne c6de les drolts de sa jostiee, anacte de pr6l<&reace de 
DieA a la er^atore, etd^ob^ssance inftnie, poisqae le p^ch^est 
tm acte depr6r&renee de la er^atore ^Diea, et de d6sob6issance 
k rfiire infini. Poor que Iliumanit^ devienne eapable decesactes, 
i\ fant qa'nne personne dlTine^^incame, et que cette persoonc 
k la fois Dieueithomme seconstitneTepr^ntant del*hamanit^< 
Le Verbe s'mmme et Be eomtitue repr^entant de Vh^mmUe, 



— 291 — 

En ci^le qualite, i^^^ie Ta pr^f6reiicc que rh6mme k hilt de 
la cr6a(Hre & Dieu, par one vie d^hQmiiit^, de pauvretd, de 
moriHicatibit, expression de son d^tachemetit de l^i-m^m^ et 
de la cr^atore ; paT une vie tbut enti^re codsacr^e ^ des aetes 
'glorieux & son P6re, expression de son d6vouement entier k Dieu. 
Enfin, il expie lad^soMissance de l*homme psLt son ob^issance 
cnli^re aux volonids de son Vhre. Par ceite expiation oiferte ^ 
Dieu pour les p^clies de rhumamt^, lep^ch^ est d^truit; l-hoimn^ 
est r6par^, il reeottvre la grAee sanetifiante, il est r^tabli dans 
'ses rapports normaux airec Dti^, pburvu que les nM^rites de la 
satiiifaction de X6sus^htist hii soientappliqu^, Seul^men^pour 
rappeler k Iliomme r^lat de d^gradation d'oti 11 l^a tirjfe, Die« 
lui laisse les mis^resintellectueiles, morales et physi^ues^ apa* 
iiage naturel de rhumanii^/ dont elle ^tait exempte en Adam 
par les dons surnaturels annex^s k ia grdce sanctifiahte* 

$0 Pour rendre k rhuxnanit6 la vie soniatureBe, poor P^Iever 
d un degr6 sup^rieur k celui qu^eHe avait en Adam^ J^us- 
Chrisl s^unit rhuihanitd, en se eonstltuant sOn chef. -^ En 
principe, comme nous Tavons dit aiHears en d*autres termes^ 
TMre priv6 de vle acqaiert cette propri^l^ par sen nnion^ un 
centre vital. L'^(re en possessioti de la vie aoqniert, p^ son 
nnien a un centfe sup6rieur, une nobfesse qui se liiesnre par 
llniimU^ de 'ses rapports arec son cenfre imm^at, par la no- 
blesse du eenlre sup6rieur auquel tient le centre imm^diat, et 
par rhiiinnti des r^pports qui unisseni ces deux centres. 
Ainsi hs ^ldments inorgaiiiqnes se Y6g6tatisent, Ior8qa*ils sont 
assfmll^s par la plante; la matiere v6g6tale 8'animaMse, lors-* 
qu*elle est assimit^e parl^animal; les mati^e» v^gf^tales et 
animales s'humanisent, lorsqu^elles sont assimil6es par rhomme. 
Ainsi la lumi^re, le son, et toutes I6s autres killueneies de la 
nature se. spiritoatisetit lorsqa'elles ont 616 assimil^es par la 
isensibilli^. Ainsi f ^tranger participe k Iff vie d^nne sod6t6, 
lorsqu^eHe se Test assimil6par la naturalisa^. L'eniiobli8se« 
ment de rstren^exige m6me po^ toujours son assimif laiibn par 
im centre sup^rieur, il peut r6sulter derapportsplus ifioign^s^. 
Ainsi le (lls est iHnstr6 par la gioire de son p6re ; Thomme 
d'une condition inf6rieure s^honore d'une Irioble aHiance ; le 
domestiqne, des sei-vices qo^ fend * nn mattre 6Iev6 en 



i 



;l 



W^ 



— m 



f cKgaii6. L€8 chasGB eUes-mtoes pariteipeiit^ii fin certauii degre, 

i a la digfiiti de leur propriitaire : ainsi Fon attache* le p)os grand 

.1 prix aox objets qni onl 'et6 k rosage d'un komme disiingo^ par 

i $et position, ses ialents, ses vertns ; ainsi» on professe onres- 

ll peet religieox pour les instnunents du eolte , le& restes nBani- 

j mts de rhomme Saint. — De m^me Jesns^Chrisl par rinisar- 

> natlon est devenu le seol centre de la vie. surnaturelle. Pour 

la conunoniquer i Fhomme, il s'unii rhumanit^ , en faisant 
de toQs les hommes un' eorps doni U s'6taU^ le olief. Getle 
"J! utiion avec J^sus-Ghrrsl, la plus intimeqoe rpn puisse concefoir 

i) enire des ^tresqni eonserveni leur personnalite, nous ratlache 

^ de Ja manitoe la plos ^troHe a ia divinii^^ cenlre priaiiiif de la 

^ vie sunniureUe, pnisqne notre ebef lui esi uni personndlemeoL 

j|: AJnsi rhomanit^ esixelev^e, divinis6e,par J^sns-Christ. Ainsi 

dans Tordre sumaiurel, eUe«si plap^e a un degr6 superieur a 
eehiiqu^eUe ocGnpaii dans Adam qui n'avait pas avec pieu des 
^j rapportsaossiinlimes^ 

';'^ 6« J^aus-Chrisi organise lc miuisl^re Apostolique. — le 

i| Verbe ne s'est inearnd, Jesus-Christ »e s^est uni a rbumaml^ 

')^ qoe pour la gu^rir et la divioiseF eu lul eomm^gqan^ ia vie 

'} sttma^urelle doAt il est ie. centre« -r Pans Tordre naiarel^ la 

^ vie se oommnuique ^erarchiquement; eUe se transvael par \e 

'^l ceaire k un premier ierme qui la iransmel a un seeQnd , el ^i 

josqu^aa p^ttuUi^me qui hk irsmsmet ^u dernier. P^apres cela , 



^ la communicati^ de la vie^ Qoosid^r^e en gen^r»!, impHque 

.tt iine' cause tfui en est le centre, des mpyens qni soni les iennes 

1; inlomSdiaire^ enire le cenire ei le dernier lerme ; les moyens 

^- e«x*-mdme$ sontorganises hi^rarchiquemeni, pui^qne chaqiie 

^^ (erme reooit ia vie «Pun ^nt<|cedQnt pour la transmettre au 

i? iermcquile.soit. Cetle ioi, dont noas avons montre pr^cc- 

l^ demroent rapplication a rordre g6n6ral de J*univcrs, sp^ciale- 

[^ meni i rordre social, se. reproduit ^galemenl dans les orgi- 
nismes pariiculiers. Ainsi dans le . vegj&tal, Ifi suc npurrieier esl 

• absorh6 par lesracines, iransmis par eUes aux viiisse^^ux char- 

:• gfe de le ppTjler dans les feuilles , pii il rcgoit pqr raclion de 

;j Tair.et dc la iumiere des moditicalions neeessaires .4.Ja nu- 

j ti^Uon de la planle, puis revient.par une majrche retrograde sc 

-! distcibuer a toutes. lc^ part.iies, et lesuourrir en s^assimilaol a 



— S93 — 

elles. ^ Atnsi danste rdgne an^mal, daiis rhomme par eatem^ 
pte, pour les fonetions de nntriUon; les organes de la dk^stieii 
translormeoi successivement les matteres alimenlair^s : en 
diymo, le ebyme en chyle. Acet ^tat il esirabsorbo par les 
vaisseaal lymj^tlqoes, par eux vers^ dans le» veines; uni au 
«aAg veineux, il estrapport^ aa corarqoi le renvoie aux pou^ 
iftions diarg^s de le vivtOer ; ramen^ au coeur, il est paf -iui 
poass6 dans les artires, par les artftres transmis aux vaisfieaux 
capilktires qui le communi^uent aux di0i6ren(es.parties4ar«e 
Fassimilient Repris dans les organes par les eaLtr6mites du 
syst&itoe Veineux, lorsque ses propri6t6s vivifiantea sont epui:^ 
s^es, il recommeiice, pendant la vie entii&re da llndividu ^M 
' sMe des oiV^ratlons que nous vencHid de ddcrire» Dans la vie 
derelatio^:*dii eerveau partent les nerfe qui cn se raHkidant 
aboolisseni A la p^riphMe du corps, dont ils constitucni les 
cinq sens par leinrs diiff6rentes uocttikfl^onsb Uis en r^ppop^i 
avec les corps ext^neors, ils en re^oivent des impr«s$ioas qui 
iransmises par lesfibres neryeusesjusqtt^aa eervedu>.y devieu- 
nent poor i^dme occasioii d^ sensations. Si ceUo- e^LCitaUon 
vitale d4leraHB& la volont^ ar^agir sur lesobjets qui roni 
caus^e, pofir ex^cuier ces r^solutions, par un acte iocompr^-^ 
lieBsible » ia raigon elle met^en Boioavcnient le fUiide netveux, 
Ife iTaniisinel par les fibees nerveoses ammuscles^ qui contract<&^ 
parsonBcUon eommaniqueni aa syst^me osseax^ et par lui 
MtX' meabces du^orps, les naoavemeols r6sol|is par.la',voLofiti&. 
-^ Poar la reproduction des ^tres, Dieo a disiingu(b les ^<^«S;$ 
et lesa or^anisds hi^rehiqoemeat. ^^ Aiii^iy parioot. bi^i^r- 
ehie^e fonctions.et d^organes-^^Dem^me poorla tfaasmission 
de la vJe satnaiurelle ^- J^sus-Chtist. a itabli enfire lui ei tes 
hmnmes ie ininist^e apostoliqoe^ oo FEglise son epouse, qui 
la re^oit immMiatmeot ite lui pour la transmellre aux dd^s. 
i^ plos^ eiitl^e les membres qukcomposeni co minisl^re, il a 
reproMt T^rdre ht^arcbiqoe^ poisqoe ie ^ouverain PoniiCe, 
les Ev^qoes, les Pr^tres, les ministres Iall6iieqrs qoisoat.les 
monbres-^d» ce miBist^e, sooi lies entr^eax far des rapports 
de d^endance qoe nous avons indiqo^ aill^uvs* . 

70 J^sasrChrisi oommunique au minisi^re ApostoliqoQ sa loi, 
i^ poissance , sos sacremeats , soa sacrifico. — Lc, nunisU^re 



~ 594 ^ 

aposloliqoe ^iMk pour trwam»lfTt iittqu'^ 1« coiis^Mia&ation 
des BiMe8 la vie «orQalurelle arhwiaoil^^ doii dire iraorYa de 
toas le» poovoirs n^essaires 4 racGomptissemeat de ceUe iiii&' 
aon. — 'Dtnsrordre naiorely aprib« avoir cre^ leapren^ers re-: 
pr^sentantades eaptees aninialeaei v^g^tales, aprte ayelr er^e 
Adara et Sve, Dieu donne k tous ce9 dtres ia laeoli^ 4» se re-^ 
produire eide eoQuauiMiQer avec leur nature les iois .qek la 
dirigent, le pouvoir de se d^velopp^ progressivemf^ dans 
oertainea limiies particuU^res a chaque esp^e. II lee jpla^ 
daas le monde q^ renfenne 4ea aliments , des remM^^ des 
moyens ded^fenae, des insiromeots d^aetion iqppropri^s ^uaot 
a leor nature ei quani a lewfonne aox bes^Hos des^tres er^. 
Sp^ciatemeni, ayanier^^ ThiMiune socij^» tl ^tablii le mariage, 
origine dek Dmilie, ^ltoent elie-mtoe de ttote seei6i6« Poor 
eonstiiner la soci6(6, ii la soumei a Fordre hi^arcluquequi en 
estla con^(m essentielie, et pour perp^tuer l^ordre.^lii^na^r 
ehique, 11 i6iablitla commnnieatioH des poovoirs qm e» fsi la 
hase.-^ Aiosi, dans Toidre «umatuxel, aprte avoir cw^^ et or^ 
^nis^ le ministfere iqmstoUipie, pour qu^il puisse; irausmel^r^ 
la vie suniatureUe, Jesus-GtirisiloicQminttniquelaracoll^ d^en* 
gendrerles hommes & la vie sttrnaturdie par ie -llapiiime) de.. 
leur initmer ia M de eetie vie par sei? enseignements, de $^ 
curer T(d)8ervaiion de eelte Mpar ses p«6eeptes. ^our tjpt \e. 
minist6re puisse d^velopper» nourrir, gu6rir, proi^ger la \ie 
dlvine on lui«mtee ei dttis le fid&le, poor qjae Tliomme puisse 
oflHr a Diett un eolte digne a la ibis de ceUii 4 qqi il esi «Siert 
et de celoi qai rofire, J^sus-Christ^ les plaee dans ua monde 
jurnaturel ^oi renferme des moyens capahtes dlobtenlr toutes 
ees fins, ei«n eoofte radnrinktraiion au miaist^reapostcdtque* 
Ainsi ce dernier peui fortifier ei developper ia vie.diviiie du 
dir^tien par la Gonfirmation, 4a oourrir par i^idiment divin .de 
rEocharistie, la gu^rk* de ses maladies par la Ptaitenee, la 
proi^ger par rEstrtoe-OnctioB eonire les atlafoes dkig^ 
contr*elle h rarticledela mort Ainsi pour ^nrii Dienen soii 
nom et au nom des fiddles im eulte foStd d^adocatioa ^ d'Aetioiis 
degrAees, de propitiationetd^impMration, leminkt^ealepou» 
voir d*offHr le sacnftce non sanglani du corps ei du suig de 
J^sns-Ghrist. Ainsi, pour sanctifier la soei^t^ danesa soorcet' 



— 295 — 

le minisl^re peui b^iur ronioa eOBjagale par le Hariagev . 
Pour la perp6tuer ju&qu'a la fia des teo^, il peut communi- . 
quer le» poavoirs ecci^siastiques par rOrdre et rinstituUoB ca- 
uoniqQe. £t les moyeiis pr^cedeats destiii6s a transmeitre f 
d^velopper^ nourrir> g«^rir,prot^er et perp^uer la vie surr 
natiirell0 dans 1'humaniti^ a pratiquer son acte par ei^cdleace^ 
sont accoQunodes a la nature de lltOBinie chr6tien. €ar d*un 
cdlA, le eiu-^tien est fme yie divine incarn^e dans des Organes 
eorperels, et d^cin «utjre le saerement esl une force davine 
iacarnto dans des^^m^tssensibles^ 

Offevi a rindi^idu par T^glise, eepnncipe^fi^ilest acceptd, le 

reud capable dejQsMe sQraaturel et digne dela Yie^te]meUe. — 

£n g^nite*ai, tout principede vie a ime activit^ spi&ciale qo'!! com-- 

ttttniqtte aioe<p]ilHie8ta6simil6.Unprincipedevieestaneeause 

denioavement. Puisqu*il existe des mouvements Y^g^tati&^ani- 

uaux, kiwaains, easenlieUeniait distincts les unades aattes, M 

eii$te daus Tori^ natttfel trois classesdTe principes vivants^ tayant. 

cbaeonune aDtivlt^*8p6eiale; et chacandeeesprincipesgi&n^attx^ 

euprodhiuwitdes effet»diffi6rentftdaiis4esdiffl^rent^ esp^es, ma* 

oifeste^aatanl.de prifMipes sp^eiauiL q|i*il y a d'esp^es v^tolea . 

elaslmales. Or ai s^assiinllant «n 6tre,cl»cttn depe&prindpes $p^ 

ciaaxhii^icmmoniquela csq^eit6 sp^^atoqutleeonstitue. Ainsi 

lenmi^T^^iniil^l laplaiae devienl papid)le desjietesde la vie 

v^^tative. Aiiisrea est-A duv^^tal assimili^a rammal, du v6^ 

g^ et deranimal assimil^s a rhomme, des individos assimil^ 

a lasoeMl^ l^ m^mey dan& la vie sttrnatarelle^ le fid^le uni 

a J^sus^^jstv participapl a la vic divine par le moyen de- 

i'£sii8e, 4eyient, dans les limites de sa naiure^ capable des 

acles prppressde eette vie, II peut en J6sus-Ch]cist, et par J^sus- 

Christ, OQiBiaitr& ei aimer Dieu sumaturellemeni par la foi, 

i^esp^ranceetlacliant^, faire des actes sttmatorels et m^ritoices 

<Je la vic 6ternelle, et, ie iemps de son ^preuve achev^, voir^ 

DieuiiUuiiiYemeni, s'uair4 luipar ramourbeatifique,i»riiciper 

caunmot k son bonheur infini, tant que durera scm uaion avec 

J68uMIhrist^c'esi-a-dire, pendant l'«eniit6. 

Le refu» derecevoirle principe de vie djvine laisse rhomme. 
a soa incapacii^ natureUe de produire des actes surnaturels 
ei Bi^iioires en cctte vie , de poss^der Dieu dans r^ternit<&; il ie 



— 2% — 

r^nd m^me (fignd dc peines ^emeties, ^il est voloiitaire et libfe. 
En g^n^ral, pour parliciper k I^ctivH^ spteiaie tfun prineipe de 
vie, un 6tre doit lui avoir 6t6 et lui demeQrer uni. Ainsi ie 
min^al reste dansrimpofssibitildde produire les actesde la rie 
Y^getative tant quMl n*est pas ^simil^ k la platfte.' II eii est de 
in^me du v^gi&tal par rapport ila vie animale, dn v6g6t2det de 
i^animalparrapport & lavie faumaine, de T^tranger par rapport k 
la soci^t^ dans laquelle il tt'a pas ^t^ admis otr dcmt it a cesse de faire 
partie. Ainsi te v^tal, fanimal, Fhomme, le citoyen retombeQt 
dansrimpnlssancedeprodnirelesactesdelaviev6g6taIe,animale, 
hamaine, sociaIe,8*ilsmeurent, en d^antrestermes si le prineipede 
vie qui les animait lcs abandonne ; et cctte incapacitfe dure autaaf 
quela s6p)airation elle-m6nte. De m^me dans rordre sumatun^, 
11iommcs6parddaprincipe de vie snrnaturelle, ne peut feireen 
cemonde desactesmMtoires et snmaturels, nepentdains TaiHre 
vie ^-oirDieyi intnitivement, s*unir&hn par ramonr btottii^iiej en 
un mot participer ason bonheur inltni; et eette incapacit^ dnre aa» 
tantquela s^paration elle-mtoie, e'est-d>-dire pendant V&ernit^. 
Deplus sicette s^paration de la vie divine esttibreef voimtaire, 
eRe dcvicnt un crime punissable pendant l^Hernit^, piilsgae' 
Iliomme a voulu sa s6para(ion deDieu pendant7Mennl6«Q«iant 
au\ fidMcs donl I\mion avec Xesus^hrist n^est point assei fekM\e 
auTnomc^ldeIamorl,iIsdoivent, avant^ejonirdeDieu, exf^er 
pardespeines temporaires les fautesqui metient ob^taele a cetle 
union parfaite. 

Freuves probahles de la Possibitltfi des differents ^tats de 
l^homme.— Ramcnds^learplussimpleexpression, les faitsexpo- 
g6s pr^c6demnient s6 r6duisentaux suivants: Dieu a unife vie sur- 
naturelledflaviehumaine; cette union a ^t^ bris^e par !a liberi^; 
raltiration qui en est r6sult6e est transmisepar g6iil&ration ; lors- 
que cctte alt^ration est libre, elle est ch^iee par despeines 6tcr- 
uefles. Or tous ces faits sont pessibles. 

1<> Dleu a pu surnatnraliser la vie humaine: La raison le 
prouvc; car elle nous dit que Dieu est tout pulssant. L^obser- 
vation le prouve ; car si Dieu, comme noas Tavons vu , a pu 
dira^rordre naturel ^lerer les fitres au desstis de ^eurcomli- 
tion, de m^me il a pu les fairc passer de Tordre naturel a 
rordre sumaturel. 



^ GeUe q^^ peut 6tre brisi&e par i^ liberi^: Pr. life riiise&^ 

Le doQ de la vie suniatareUe^ m^me^ aveq faeuit^ d'y reneiici^, 

ne' cotttredii m la bont^, ni ia sagesse divines; la b.ont6 : oar». 

m^m^dans eeile hypojtti^sey le-donde k yie siimatureilje de» 

Bpeureiiiaiqpf ^iable,piiis<][ue d'abord les avantagies ^*il proeure . 

SL fhoDiHae p^uvent ^tre iaqBenient eonserv^Sy piiisqtt*en second- 

Uen ceite fiMmlie r^dant rhomme arbitrede sa.propre, des- 

tia^e) leK^Batitue dans «a. ^tai plu^ honorabie ; ni la sagessai^^. 

car la positioa faite a rhomme prociire k s<m cr^a^ew uq$ 

g^etre pUis di^ede im. Pr. d'cii&em» Dans l*<Hrdre D^iurel,. 

tous^lesdoiiseiMu^^ a rhonune spnisc^etp^ 4 alm^, a paci pefir 

veni-ils l^dtre dans l*ordre surnatareL 

> '^ L'alt^ation qui resi^ de cet abds peot^re iransmiQe 

parlag^^atioift: Pr^ de raisoi^ Geiteiraiismission^ esi une^QA-» 

s^uenee de l^aiiit6m«nrale^ Te^p^fCe lM^»aine, «Ale ei^idoB^ 

possible^ si cetie finii6 esiette^m^ftme possible; or elie TesL 

£n effei leB «faftnces «i^i»t«igeQ$es de ceite histituiion ^taienl 

beancoQp plus probafoles qne les- chances dtovantag4iisse$;. 

pni^uel. tptft gariiBitissaii la fid4til6 d'Adam, les qiialites ^mi^ 

nentes doni Dieii l^ati doQ^> soa ini^rdi pactieulier ei cetni 

de sapost^tt^; piitsqae2. aiix maii& r^suliani du p6eh6> Dieu^ 

dans son il6o8et ^temel avait pr^par^ un R^dempteur qm com- 

peosaui snrabiMfulammeni pour Bieu ei pour rhumami^ le mi^' 

de la ckrte. Pr. d'observ< Nous avons vn dans les analogies 

prdpos^es ane unii^ semblable et m^me tr^sHrappfoeh^e de 

«efie qoi nons pceuper^lsdylie^ eiUre fos diffi&renis ^res vivants^ 

sarlout euire lepdreeile&enfantsw 

A^ Dieu peui punirpar desFpeiiies^tenielles cei» qul re^eiteai . 
le pnaeipe snrnatwel ; Gela ne r^pvgne ni 4 sa beni^f nl4.sa 
sagesse/ni 4 ss( jusiicei A sa boni^: Dieu peui infligi^aii p^ 
€kmt iitiepeme eiernelle, s*ila pur^tablir conm&e sapetioii de- 
ses lois ^ans eompromeitre sa'b<9it^; or cela lui 6iaii possible. 
Carle soriikit^ r^mme, quoiqa^hnpliquaiii l^ chance d$ la 
dfilmBation ^ternette, ne laisse pas, de ki 6tre tri^-avj^ageus^ 
puisque ceiie chauee esi pkis qu*^uivalefiuneni^;ompens4epar 
la promessedela vie diiem^e d^ne pari, et de Tautrepar ia 
ttfoeri6 d*6viter eetie peine^ par la mumpiicit^ et la puissamee 
des moyens qa'i] possMe pour s'e& pr^emr. A sa J^ce: 



— M8 — 

car d'drie pnrt, 1a faate a punir est l>)ffense d'un i&ire infini, et 
inOnimeat Iib6ral envers Flioinme; d« rautre, lliami&e se 
foit llbrement son sort, palsqa^en p^liant, il connalt ce a quoi 
ir8'eicpose. A sa sagessetpoisqae ces peines sont en eette Tie 
an moyen n^cessaire poar d^erminer Fhomme k obseirer la 
Ibidivine; paisque dans raatre elles manifesteront la jostice 
de Diea, et par \k contribueront k sa gloire. Pr. d'obsenr. On 
objecte principalement A cette thtee la disproportlon qoi existe 
enlre la dur6e de la fonte et celle du ckAtiment. Or l^ faits de 
robserVation d^lruisent cette d^ction» puisqoetdote pemone 
sens^e reconnatt h la sotM<b ledroitde punir por la mort im 
crime d*un instant. 

Pr. prob. de la R^alit^des dogntesrelatifsaair^tats sarnat»- 
rels de rhomme.^Poor 6taMir notre prenve, noos divisons ce» 
dbgmes en deux parties : la p^mi^e contcaiant la sornatoralf* 
sation de rfaomme, sa chute, sa r6paration, sa divinlsation par 
J^as-Ghrist; dans la seconde noos pla^ns too» les autres 
dogmes. 

Sarnatoralisatioii de l*homme : Dieo en cr^ant I%omaie s^esi 
propos^ pour but principsd sa glolre , poor but «econdaire ia 
perfeetion et le bonheur de Iliomme. Sa sagesse et sa bont6 
dbt donc dik rineliner k choisir entre led ^tsT oli^ ponva\t 
placer Fhomme, celoi oti il dev»t prooorBr h son cr^nr one 
glcnre phis <6levi6e, parvenir a une perfeetidn et A on bonheur 
pliis grands, done le plaeer dans un 6tat siirmitorel , si cet ^tat 
r^iinitcesavs^ge». Or rhomiiie samataralis^ est cs^able: 
de glorifier son cr^ateur d^ne mam^re plus parfalte que 
rhomme abandonn^ k ses facult^s sin^^lement naturelles, p^s- 
que la valeur des actes d*on dtre crott avec sa dlgtiit^; d^ac- 
qu^ir ane perfection ei un bonheur plus gfauds^ puisqae la 
perfecllon et 1e bonheurde rhomme qui croisseiit en propor- 
lion de ses rapports avec Diea, doivent Mre phis grand^daiis 
rhoii^me rendo capablede^a vistonintuitrveet de ramourfo^a- 
Ufique, qiie dans rhomme Imss^ a soii iiieapacit& tiatorelfe de 
ce& deux acles parfeits. — D^aprfes la doctrine chr^ienne, range 
6st surnalUFalis^, donc la toi de continutt^ etige ki soniatara-> 
Ifsation de fhomme el de la nature dans rhommcet par 
rhomrae. ... 



• Ghiiie de riHHiiiiae : LUnstkicl aBimal cst,. cbcx la plupfrl de» 

hi»ame#<atmiidoi|Qte a lear^ {is^pires farces^ plus puissaiii que 

la eoQseieaee ; chei^ ^uelqiies hommesy plus aviU qoe che^ ,la 

hrate. C!«M un fait.prouy^ par les mfleuvs et par les e^^s des 

stkttvag^ des harbar^s^ des payens, d*une muUitude de chre- 

tlens m^me^qui se.soQt.8oustraUs a riDflueQce et au^ lois du 

Christiamsme. Doqc il y a eu d^cheance, si cette iuferiorile de 

la canocieaee ,^i cetairilissemQQt des peQchants Qalurels de 

l!hanKne,Qe peuyeQt ^tre soq 6tat primitif ; or cela Qe peut pas 

s!admeUre« ..£« eCfet 1. ouroQ.siippose 1 homme^surQaturalisi^^ 

ott Qoei- Daosla prmi^e.hypoth^s^, uq tel degred'avilissemeQt 

pafatt incon^iliahl» avec le dou du principci.surQalurel , p^r 

coiis<^iieQt,oppost&l^la8age^se diviae. DaQS la seconde.hypo- 

ihtoey d'm cdt6^ Diea.aQrait doQQ^ a rhpmme, uq($ (|q de. Is 

qqgQe li^&peQdrait la glojre.de Dieuyla.perfectioa et leboQheuf 

de rh(»mme sur la terre: de Tautre, il loi aurait doQQ^ une 

natQre qui impUqverait . plos d*obstacles qiie de moyefis 

ppnF r<^teatioa decette fia, ce quix^pagae ^ la fois 4 la sagesse 

et i Ui^ boQt^de Dii^. 2. La aature primitive de l^aiige, la oa- 

tufe dtti. ^e^ priv^ dUntelUgeace et de libert^ ae reafermeot 

aQCQQ obstacte iat^deur k robteatiQQ de leur fia ; .doac pour que 

la \o\ de fiOO^Quit^ soit o^servee, il faut que lanalur^ prii^ittv 

deVhomme, ^tre mterm^diaire entre ces deux extr^mes, n'im- 

plique aucun obstacle iat^rieur a roblentiou de sa fiu. Or ellc 

en ifflpUqoarait, et de tr^s-puissants, si eUe avait 616 cr66e 

daas i*6tat qii eUe se trouve actuellemeat. 

K^jparatioQ de rhomme par rincaroation de Jesus-Christ et sou 
um'^ arhuniffliit^.— ^st probable la r^paralioade rhomme: Car^ 
si^Ue n>yait pas eu Ueu^rhommesecait dweur6,peQd£^tr6ter-> 
nite dans T^tat dep^efa^, 4e souiUure, de privatipa dc la gr^ 
sapcUfiante,. d*incapacU6 pour les ceuvres suEQaturelles et.|)ctQr 
>a visipa intoilJYe, de d^peadaQixe du d6moQ oh LVfdacele 
I^ch6 da. premier.homme. Or c^la parait F^piigBer & la^g^ss^s 
de Diea^.puisque lafiaqull ^"estpropps^e daas la. cr^atipa^ sa. 
gloire, la perfectJioQ et le boahear de rhopnae p|ir la. visioa 
latuitive, Qe^ poiirrait 6tr^.r6aUs6e ; a.sa bent^, puisque rhoiome 
<^re6 4 spQ ioiage ei ressemblaace^ digae. par .cette oonsjd^ration 
de la mis6ri<jorde4i3 Pieu, aUraU 6t6 laissddaos un 6tat d.Q de- 



— 500 — 

fTadaUon elde mis^Memene.— &t pr<rfiable liiY^parabOB par 
J6MiM3tfffot, car rincmatioa donne «&• satisDietkm infiaie ii 
Iftjittticeel 41a saiatetft delNea. EUe masifi»ted'aiie maai^re 
parftdte sa paisaanoe , poia^ par rincamatiMi Bieo wMak i 
ronit^ personnelle rinflni et lefini; aa iMHit^ «a ce qae Diea 
se donne lui^6me k llieBime peor le r^iiarer; sa aagesfte, 
d'al>ord ce moyen de rtpara^n est le plog paiilBlt que l*on 
pttiMecoBcevolr, en ontre il eat en hatmonie parfidle avec le 
bat de la cr^tion, poisqo*!! proeiffeA Diea daas le lemps et 
dans r^lerait^, de lapart de J^s-Gbriet ane ^ire inliiye, de 
ia part des aages et des honunes ane gleire diTinMe par lear 
OBion avec J^sas^Ghrist lear ckef, et k rhommele pU» hni 
degr^ de petfection et de bonhear aaqad il paisao pr6lendre« 
Or ces avaatages,impossibles daastoat aatre aodede r^pan» 
lioii, rendeut probable la d^terminatiOQ de Biea po«r ia rdpa- 
ratfOQ par J^suB-Christ. ^ 

Dela pr(^>abiUI6de la r^taratiOn par J6sas«43toisi aait ceUe 
des aaires dogmes relatilis aux 6iats de rh(»nme. Car les ^l^ 
divins qu*its expriment eoatles^cons^ttences nafafallesddbiil 
qae J6sus-€brist s*est prepos6 dans roeuvre deia ripaiatioa* 
Cela r^sttlle de ranalogie qiue noos avonsmoBlr^e ealie tes ades 
et les kiis soivies par la Proi^cteaee daas sea op^ratkms* 

3« P. Les rapports qui constituent Tunit^ de U doctrine chriHieime 
sont evidents, 

Les rapports quiconstituent runit^d^ttneddctrine sokil:ceui 
qui uBissent les proposttions dans les parfies qui Isl composetttt 
ceux qui unissent les parties eatr*ettes, ceux qul uBJsaeBt rea-^ 
sembie des pariies A la fia do la doctriBo. Or ees ifilfiftre&tfi rap- 
ports existent ^videBunent d jhis ia dOctriBe cfaritteiiiie. 

1» Ilexiste desrapports ^videBts entre les dlff§reBtes propo^ 
sitioits qvA cinaposent ckacune 4e ses parges : Dans ia ddctrine 
chff&ti«ane on peut distiiigtter: la partie dognrn^usy qoi est 
eHe--mdme ^ ratioaaella ou supra-^vationBelle, et la partie pr€h 
Hque. Or i: sontliitosentr^dlfts les propoeitio&s qai composent 
la partie.dogmaiique raUonnaiie, -ear toutes se d^dulseat de ce 
prindpedelaiaison: « UnmksenUi^4*^ftt»fim8s^fio$efmemt^» 
mfinie» parle moyen de principes secoadaires qui nc sont que 



~ 301 — 

le d^ail dii pciQcip& s^oml. 2..Soii( Hifees eitlr'<dto les protKr« ^ 

sitleitedela paftie dosmnUque supra^ratiomielle. Dans cetie 

parde le dogme centfal est le dagme de la B^dempiion. A lni 

se rattaobeBteeimiieantdc^daDi»: ledogmedelaTrtii|i6,paree 

qne la RMe9SptieQe*est op^^ parie Fils dp ^b^ kwara^par 

rofi^tleii da SaiUi^Esprit dana Je aeia de la Bimiheorease: 

Yierge Alane; il «xiste daoQ eit Bieo trois persenaee , P^re» 

Flte et^ SMfit-^Ssprttr ledogme du p^h6 origiilel, imisqae dV 

prte c^i <te la R4demptloii| le Fib^ de Btea s^est tnfiarli^ pour , 

r^parer FiHsmanit^ d^lme pax la fotite d^Aten: ao dogme dn 

p6€^6 QrigiBel4cii^iii6me, tieiti le dogme dbs Anges^ puisqtie 

Aihefti ei£ve soat iomb^s poor arolr saccoiKd>6 & hi ie&taiioii 

d*an ange dteliu. Au dogme de la r^paraiion se raiiacheni par 

Yote de cons^qmmce, eomme noos Tavons cKt prdc^demment, 

ceiSK 4}oi le«iiyeiil (kas l^expos^ qae noos ayOss donn^ de la 

dpetrine dtr^eime. B* Seiii li^ies entr'eUes les pn^osifieiis de 

ia partie morale. Lea^ lois divines presolveitt les detohrs de 

rh^mepar rapport d Dien, par rappert A rhdiame. Or, ioos 

ces dfevolrs ae d6dfii8eiii des rapporis de sia^tade ^^xl^onibnv 

de^MSfcreiiee de l*ho«nieaTec IMeu. £n efi^t,rhorame ^tant 

serablable eltani h IHea, doii rimiier dans ses acte^ ; eons^aem- 

nieni,pQiBqaeBiea se connalty s^ttine commehien bMifiani, 

comme bien absolo, rhomme doti conoaitre Dieo par la Mf 

Taimer comme^son bi^propre par Fespferance, raimer coranie 

Inefi ahsohi p^ la charit^. L- homme 6tant la cr(totare d%n' 

Biea $s^ qoi ne peut ravofr er^6 que»poar sa gloire^ doit 

recoanaftre.lasooverainei^ de son crtoteurett-lionorerpar ao' 

colte (i^ de ioi^ T<ds sont les devotra de tliomme par rap- 

port k pimi^GewL qm nous ebligeni vis«&-vi8 de rhomme, et 

qai se r^daisent i la diarlt^ i la Jnstice el aox devmrs r^ol- 

tant de ' rordre ht^rarehiqoe de la sod4t6 , Be dMuiseoi des 

devoirs enversBieu. Eneffet, Iltomme oblig6 d^airaer Bieu est 

P2ar4ji m^me ablfg6 d*aimer et de respe^er en lui-mtoe el 

en ses seniblal^ Fhumafiit^ li4e A Bieu' par des rapports 6irdts 

desiiiillitadeetd*aaioB. L*hoa»aeobttg6d'idiner rh^manit^dans 

sessendilables est (d>1ig6de s*inierdlre vts-^vis d^eax toalaete 

qui leor sera^ prtfijadieiabiefen d^mfres^tenaes, esl oblig^de 

rc^cter lcurs drcnts, d^observer la toi ^ jastice. B^sitaire 



~ 503 — 

de rautorit^divinepottr prociirerd'iio«liianitre8pteiale lebien 
de la MdM, le pouYoir deii A ses 8o|elt, en ccnis^iteiiee de ia 
loi de charit^y amoor el clKroctioii sp^iale. Ra droil de la part 4« 
808 sujeto : k m amoiir spdcial, A raisoa de 80» rapporta plos 
^troiU avec Dieii : A rob6iMiice, d^ttbord parce quil Feprtoente 
Dien doBt loi» le» hoaunesdoivent raBonnaltrela sDnTeraineU 
parrob^is8ance,en8econd iiea, paree que cefle ob^issanceest 
la eondition dtt inen de la sociM^ qoo rhomme est oblig^ de 
procarer en TertQ dela loi de charit^ De ee8 devoi^ g^mbnax 
qnitoianent d*an seal prineipe,8ed6daisentparvoie decoos^* 
qneoces tootos les obligations partionli^es de rhonuae. 

2» Ilexiste des rapports qni lient les diifi^nte8 parties de ia 
doctrine: En effet la partierationnelledeladoctriBeclir^mie 
trouve sond^eloppement, son compl^nieiit, dan» la partii^ su- 
pm-vationneUe. La partiedogmatiqae<la&8 8on ensemfale en-* 
gendre par voie de co&s^aence ia partie mofide. Elles oat 
donc entr'elles dearapports qni enfont nn ioat* 

3^ Ilexiste desrapports^yidents enirerensemble desparties 
de la doctrine etla fin qa^elle se proposei Le hukmalareld-aM 
doetrine reltgieuse est de foamir Irrhomme tes conaaissaBces 
sttffisantes poar le diriger^ sa fia. Pow oi^a , il fani ^'(fie ha 
fassc connaitre : sa fin, c^est ivident ; ies moyens poia ^ l^" 
venir, sans q«ei la connaissance de laiiBluiserait inaliie; sou 
anteur, car sa fin et les moyens pour y parvenir d^nd<»ii de 
I Weor de son ^tre. Or toaa les cnseigncmenls de hi doctrine 
4^tn&tieBne tendeiit k noes dooner ane coonaissanpe 8nflSs8m' 
fnent compl^e de Dieu, eri^teor de Fbmnme^de la fin & la- 
quelle il le desiine, d^s moyens qu*ii lui a foamispouf le con- 
duire h cette fin. €ela est ^videni pottr celai qui exmnane avec 
quelque attention rekpos^que noas AVJonsdonn6. 

4« QVxint, La Doctrine cbr6lienae pro.net la Vision de Dieu 
. pour relernile. 

darelle enseigne qoe rhomme, jpar sa cooperetion libre i 
la grAtie dtvine, <^^iieiit la visien iniuitive (W Dieu pendvrt r^&ler» 
niie. 

Des d^eloppements •que nens avonsdonn^sU soit donc quc 
la docirine chr6tienne satisfait parlaiiemea^.aBX besoins reii- 
gicQx tic rintelligcncc humaine. 



— 503 - 

§ % La DoetiiDe clireliexme satisfaii pariaitcmcut aux besoiDS 
du C<mr, 

• Deax ieiitmienig domiBeQt le cc^ttr d» rhonnne : la vraiiH» 

dii mal, le ddsir ila benheQr pour-le temps el p<»«r y^terBit6. 

JHmc il faot i^ rfaomme ime doctriiie d<»t les enseigii^aaeBts 

pr^vieQnentoaatttoiient rimpression da mal, et lui assnrent 

fa possessionda vMtalile bien ponr le temps etpoar r^temiti. 

Gr le Ciiristianisme:altmt parfeitement ees deax bats: 

I. Mi prMmimaii^mKl^mpressiBndufML 

Le iBtal esl la crainie de la privatioB oa la privaticm r6eUe 

d*fui bien, ^il est poor rhomme en cette vie deax esp^s do^ 

^ bietts : eeax de Tordre natarel, ceax de I*OTdre samatarel. ▲ 

^ la preny^re classe appartiehaent les richesses, la r^putation^le 

commerce des personnes aoxqaelles l%orame tient par les 

I liens du sang oa de ramiti^, 1a saat^, la vie. A la seeonde elasse 

se rattachenti'egp6ranced*anbonhear ^temel dans l^aotre vie, 

\a pessession des moyensqaipeovent noas y conduire. Gons^ 

({aemment poor Iliomme deax esp6ces de maux: maux de 

Tordre natarel, pao^et^^ diffamation, s^paration oil mort des 

peTtonaes^Mres k soncmr, maladie, mort; maux de 1*ordre 

samaiBT^V cratnte de perdre ies biens ^teroels. Or la doctrtne 

chr^tiemie oppose k ces difltereBts maiR des remMes capaldea 

\ de Ies-pr6veitif oa d'en att<fcnaer IMmpressiim. 

I £n effbt i. Aux mafcix de rordre tioltiret efld oppose: se» 

I Mseignements sor le nt6knt des bi^s tempords, si capid>les de 

, prodttjre le d^taehement et par £k de pr^venir la crainte 

excesslve de I(js perdre, d^^attenner la pcine tfcn «^ priv6 

,t <^<t de fes avoir perdus ; ses enseignemenCs sar la sanetifi- 

cation, la divinisation radme en J^as-dmst-de la pamvcetA^ 

delliQniiiiatlon, de la souflTrance et de la mort, dogmes si ca- 

l^ pables de tr^affiformer rhorrearnaturellede rhomme poar teus 

ces ma«x en nol^ ^molation de les soafiHr k Timitalion de 

Kf ^^•iiB-Chrisl, son IMea et.son dief; ses enseignements sor te 

■jf mMte sp^ial attach^ aaxvSoaflVanees» dogme » capable de. 

foire envisager les afflictions comme on bien inappr^oiable, 

( paisqae ces maax passagers peaveat. nous obtenir, dans r^ler*. 

f» nil^, la participation au boaheur de Dieu m^me. ^ Poar eai- 



~ 304 - 

mer la doulcar resuUaiit dc la perte despeFsonned qMi noos soul 
ch^res, «t\ degmes pr^c^dents elle ajoutei celui de Tiitaor- 
tafit6 de TAme, qui donne k rhonune resp^raaee de se F^unir 
iA&Mi dahs nne vie meiUeve aux persoiiiieB g«'il regreUe; 
celni de la eominanion des Samta,^ qu» Ini aasnre hi pos^biiii^ 
de eomnoiiiqner enoore avec ellea par des prlilees etp^ ^des 
services r^lproques* 

2. A lacfainle de pevdre les biens turmiurek par le p^hi&,.]a 
doctrine catholique <Hq>ose: le dogm6 de la bon^ de Bfea, si 
souvenl r6p^6 et symbofis^ ^'one mani^^ tenvlniBte -dafis 
rfcritare; cehiidela gr&ce, de la rtoisst^n das p6eh^s dms 
le sacrement dePtoitence, dognMblraeapabtesie fkire naitre 
la coiiiance dans Ttme du p^heur, de hi censerrer et de iol 
donner une nou velle inlensit^ dai» T^me dn joate. 

//• JU CkrUtiamifne ti^Bi^e a Vkamme ia fmseisic»d» 
veritdble bonheur paur le tvthipe et pour V^ierm^. 

Le bonheor poor Vime est la jouissanoe rf&sidlaiit de so» 
union ayec le bisn; il crofta pcoportion delaperfediiottiioi^Jeji 
poss6d6, de la nature ^t de rintlmit^ du rapport fi^ uoHyimen 
ce bien. Dela i^soit que le boi^ur parM eoiisiste poiir 
Fiuam&e dansraniott imm^dilrte avecDieu par v(ne4*amMSi^ 
proque.— Ilteit 1. umon djc Ttee avee Dieii:|iaisqaeIdij0&mV 
est l^bien parfoit et absohi, senl capdlble (ie rassa^ier le dft^r 
de bonheur infiaiqui teurmente le emor de rhomine^-^4Hvil ^- 
qnecelCeaniensoit iimn&dialetcar plas les^rappottssc^^tFailSi 
plus la jouissance est-grand^« Ainsi ne suffiraii pas ay> hoi^eBr 
derhomme son «nto« avec an bien eonsidihr^. d'«Qe aiaai^re 
abstraiie coimnele bien Mkil. 11 fant 4 son dme «m^ien r^^ 
et persoBnel ; ainsi encore ne saffiraii pas 4 son eemtvm 
uMon m^ine per^nelle avee un Dieu ^leign^ , il lui ia»t vn 
Dieu prfesent^ un Dleu Iritknd avec €equel tl t>uisse entM' e» 
rapport r6el, — IT faut 3. que 1- union de rteie aveo Pieu sV 
p*re psr voie d*am<Hir p6c^oque. II tant amonr: ear de tous 
les modiSs d^unioii de r^me avee itne iiersoime, raatoar^ 
le phis foiatiflanU Cette pmposition t^rouv^e p^ le l^ 66i 
confirm^e par l»raison, s««toift enee^ut^iioenie liiesjniW^ 
de Piftme avec Dten ; car la persoone qoi aime , Jonissant du 
boiiheur de la personne aimto autant et plus que desdnpropre 



— m — 

boi^^r, r^nien par Voie d^ainQiir eutfe Vkat% el Bieu estle 
moyegB delaire partlciper /le «(eur 4e rhomme «lu bpultettr 
iiitoi de DleuiBtoe. II (aut r^ipr^cil^: «ar ramour gaiis. 
r6oiproeiti esi pour te eisar de rhomme ie tai^rraent l^ . plu^, 
cruel. 

Or. le Gbri9tiaiii$n|Q euseigEie ^r^atiyemeQi a^ Jemp» et.a 
retemit^: la possyMUt^^de runion imm64ia(e de rSme a^eo 
IHeii;ia pQssibilit^pourr^ed'aimerIMeu,Ia r^it^ de ramour 
iiifiiuc^ Dieu pour rheimme> la pos»i>iiit^ pour J'dme d-cpatrer 
^ ra^port r^oi ayee Dieu. ; 

Pour le temps.-— 1. Fossibilit^de i!umoaimm^ate/de T^ine 

avec Dieu: Car ^ d'^pr^ ia doctrine chr6liemie, Dieu esl per- 

sotinellement pr6sent dans la nature toat enti^re ; il honore 

d^ime^r^Bce sp^eialel*4mederhomoie justjB.; le Saint-Esprit 

r^idiQisikpoftr son.iemple{ le Y^he Inoarn^ se r«si unie de 

lamani^la^ihismtime; il en^a;foii un de ses mefi^re^.tilUii 

infif^.eontimi^lemeajl-sa.vio, ei parlaii l^l^ve a la filiatioa 

(Mvine; il veul^trct^on ccffnpagQoii suv la t^rrejusqu'a laeou- 

s^WiiaUo» dea slfectes en dmearant,$0us iesesp^s ^ucha* 

rbtiqiies; &^ sous celt^forme ^ U veut 4tre immol(& phaque, 

jeur eous :^s yenx au sjont sacriSce de rat^l , et p^u^trer 

daos^ plus ifitime de^ substance par la c<m»nufiion . 

' % ^09^%9fitt& pour riime d^aimerDieu: L'amom^^e Diini^st 

mm seiilemeiilpermis par le Chmtianisme, mais recommaQd§, 

enMarag^rpar ies motits ies plus pmssants , prescrit>m toe sous 

les pdnes les plus terriMes. P#ur nous en £aire prodimre les 

aoles^ Dieu, d^apr^ le dogme ehr^^en, c<»Bmunique ar^me nou 

seuleraent la eliarit^ infuse , mais encore leseconrspuissant de 

)a grtce actudle; ^ . , - . 

3. R^lit^ de ramour infini de Dieu pour i'homme : Le dogme 
de rampur in&ni de IMeu pour rhomme ensdguife explicitement 
par la religi<m ^iiretienne , est de- phts la .cojBSj^ueBce n^ces- 
saire desTap|>otlB du cr^teuravec sa cr^ature; c'est par 
aniour que^Dleu a €r66 Fhomme^ qull V& surnaturalis^; c^e^- 
par amour quo J^fesns-QiTist.ra rachet^ apt^ sa chute par ri*- 
gnomiaie et la «souffrance , qu*il s*unit a lui de la mam^e ia pius 
itttime, comme^ nous Tavons dit prteMemmeBt. 
. 4. Posstbdit^ de ra|^rt rfeel enk-» Ttoie et Dieo^ Drun cdt^ 



— 306 — 

rbomme- se doime a Diea par la pn^iqiie de$ tetolr^ ^ ^[MtoijBL- 
tomeiit pBr4e eutte ; II peiit eoiivener a^ee Dieo par bi (Nr^re* 
De Faulre cM^, ]^u k wu tour ge do^e ^ Tlioiimue par W grdee 
imm^diate, por lea sacremeats^ et spMalementpar ia^nimu- 
nion. 

Pendanl r^ternil^ .-^Leftrapporta^d^amonrdeTdme aVe^ Dien, 
ai Mroits pendant le tempd, deviendront eneore pfof iatim^ pen- 
dant r6temil^:dan6 le del/Dleasera toul ett toas; Taniofifr lepluB 
parfidl unira les hommes i Dieu , les bommes ^ntr'^ , de ma- 
ni^ k rendre cliaeun parttcipant du boidieur cte Dieti et du 
bo^eur de 4ous ses sembld^tes. " ^ 

S 3. Le €l)milanisme satisfaii aux besoins de yAjclivUe huQiaiiie. 

L'acUvit^ esiuitelbrcedestlfi6»A pMfse# rordredaBssesi^ 
posttiens et daos ses aetes. D>mj^ part, la fin dernl^ deflM^- 
vii^ liumaiae 6tant 4%oiiorer et de servir JKeu en lal-^mdme et 
dans rbumanil^, I*erdre c^msid^r^^nBSes loisleB f^sfottdb^ 
meiitales consiste dans' les dii|Ms^ons de reBoncement k wi- 
m^me, de d^vouement d Dieu et k V\xmfam^^da\%^dBmimF 
expression^des r^gles s^es; D^autrepart, rbdmiBepfOO- 
vant pat sa eondoite et par «es erreors moraleaiqullnepessMe 
poittt instiQjOlfvement le degr^ de rcnoneement , de d^ve.ueiiie9&t) 
d&conQaissance morale qui lui est n^essatre pQura^ktwQOUts 
suivant les r^les de f or^e j il £aiut 4 son aetiviteunedoctrkie 
«|ui lui inspire r^f^giesi^Ssante^our^ever sea ^sposiHeflS 
^ ia hauleiu' de ce^uble senlmieni dereii(mcem€»it et de d^ voue- 
weid; qui hd enseijg^e de pla» uae^.riigle s^e' et sofQsaitoeat 
d^taJUee pour diriger tona see actes . ^^ 

Or la doctrjne chr^tienne offre satisfoction parlkite A ees deux 
besoins de 1'aeiivit^ bumaine • 

i« Efte inspire le renosc^nent: Wtn efiet , ie chr6Uen « sous 
peiiie de renoncer k ce titre , est obligp6 de cceSre avec iaeeftvlc- 
tion la plus prc^iMide qoe r^golsme est le ph» grand mal de 
rhomme, paree qti*il est oppos6 jtlalin^e Dieu^s^eat proposto 
en le er^ant, p$Qreequ'ii a perdu le promier homme et dans le 
premier homme toute sa post6rit6 , parce qu!il est la raison de 
lous les crimes et de toutes les iauies ^ui ont d^ ^tre.expi^ par 
les hmnjymtions ^t^ souffmnees d'un B&^ y parce ^3 notis 



— 507 — 

met en opposiU^ $ivecl'esprU de l^us-<lhrisi, dmi noiB de^' 

vons dtreaoiBi^s cependant, puisquenou» «onimes scs raembres, 

parce qa'il expose rhoniiBe a des peines 6i«rneUe8 dans Tantre 

vie.-— Elleinspire led^vonement envers Dienf Carle chr^tiendoii 

croire en outre qqe le devouement t Dieu est une vertu ndces- 

saire k rhomme, parce qu'il a 6t6 cr^ ponr travailTer k la gloire 

de Dleu , parce qu*en devenant chr^tien H a 6t6 incorpor^ k 

J^su9-€hrist dont resprit manirest6 par sa doctrine et ses' exem- 

ples est d^vonement et sacrifke , parce (^ue cette disposition 

est la racine de tputes les yertus^ chr6ttennes , paree que les 

actes qu*eHe aura inspir^s aFhomme seront r^mpetis6s dans 

reteriiit^ par laparticipationaii bonheurde Dieu roi&me. — Elle 

inspire Id d^youement envers I'hommet Car le fid^le doit croire 

encore que 1% devouement qui le consacre k Dieu roblige de^ 

m^mevis-a-visde rhumanit^ enti^re, parce que rhomme a 6t6 ^ 

cr^ a rimage et a la ressemblance de Dieu^ parce queparson 

union avec J6sus-Christ, il est devenu le membre d\m Dfeu- - 

Homme, le fils adoptif de Bieu , le fr^rede tous ses sembkMes. . 

Or il est ^vident que la foi h tousces dogmes est capable d*iaspi-» 

rera la yolont^ humaine Te^rit de renoneemeat et lle d^veae- 

ment au degr6 le plus 6nergique.. — Pour atigmenter eneore sa 

toTce moralc , en rappuyant sur lapuissanee divine dle-indme, 

lechr^en djdit croireque J^sus-Christ lui comimunique d^one 

manifere infuse ks vettus de foi, d'esp6rance et de eharit^; lui . 

inilue sa force divine par la comnuihicdtion incessante de la 

fiT^ce, par la vcrtu inthuQ du sacrifice qu'il a mstiiu^, par lc» 

sacrements, spfeiadement par I^Eucharistie qni rmilt de la laa* 

nidre h pius mtime a sa perso&ne divine. 

^ ia doctrine dir6tleiine enseigoe k rhomme tiBe t^s^ sdre 
et sttffisamment ddt^H^ pour dirigev ses actei : En efi^et U 
perfedJOB dee lois religieodes, moraled et sociales da Cbrrstia^ 
nisme, ^videale poiirtoat esprit s^ieax, esi imov^ eneore 
par ies ttooignages qul leur sout rmdus par toiite l^homme» 
de booiie foi, par les emiemis mtoes les pU» a«to*ft^s de ses. 
dograes. ' 

11« CAiucTj^RB. ,— Xa tkictrini ChrSiienne est Sur-escellente, 

Comme aous Pftvonsanaoiic^, la do«triae chr^Boe- est 
«ur-excellente ea deux seus. 



— 508^ 

I 1 . EHe esl plus parfaite que toutcs \es autres ^oelrikes religleuses 
et philosophiqac». 

Lc8 doetrines religleuseB distiactes du Christianisme peuvent 
se ranger soos les cat^gories saivautes ; le Paganisme^qmal' 
t^e ie dogme de Dieu, en le transformant en Panth^isme, en 
Dualisme, en Polylh6isme, qui lui-m^me adore ou les esprils, 
ou les astres (aslrolatrie ), ou les grandcs forces de la nature 
(naturalisme), ou les ^tres particuliers quila composent^feli- 
chisme), ou Thomme (anthropolatrie); le Judaisme modem, 
et le Mahm/6tUfne. 

Les sysl^mes philosophiques consld6ri6s dans^ lears jconcia- 
sions derni^res se r^duisent: au Scepticisme; aa Pantheum^ 
qoi est loi-mdme ou mat^rialiste, ou id^aliste, oa ^goiste, ou 
ecclectiqoe, comme nous le dirons plus loin. 

Or le Christianisme est plus parfait que les doctrines sus- 
mentionnj6es, car il poss^e un ensemble d^avantages dont sont 
priV^es les doctrines anti-chr^tiennes. 
. En effet^ dans la th^se pr6c6dente, apr^$ avolr moDfr^^'une 
doeirlne pour satisfaire aux besoins religieux de VmleUigence 
i/oiir sansdtre d^mentie par les faits, s'attribuer oneYaleur qui 
k mette au dessos de toote discussion, dolt ^Ue complHe et 
clairc^, doit promettre la vue de Dieu poor i^etemV^; qu'^i^e 
doctrine, poor satisfaire aux besoins du cceur, doit pr6vemr ou 
att^auer rimpressioa do mal, assurer la possession do v6rilable 
bien pour le temps et pour r^temit^ ; qa*uiie doctrine, poar 
saiisfaire aui^ besoins de raetivit6 , doit inspirer a la volpat^ 
r^nergie suffisante pour se renoncer et se d^vouer, enseiper 
a rhomme une r^gle pour dtriger ses actes ; nousavpiispfouY^ 
qoe la doetrine chretlenne poss^de ^mioemmeBt toutes ces 
prOpri^t6s, d'o(t noas av<ms concla son excelleiice. Or aocone 
des doctrines anti-chr6tiennes ne poss^de renseadde de ces 



l^ Auca^e »e peut s'attribuer une yalear qui la place ao dessos 
de toute discussion. 

Et d'abord sont priv^es de cet avantage les doctrines reli- 
gieuses : — ' te Paganisme, quelle que soit s^ forme : En effet, 
oetie vaicirr suppose denx choses, one originc divit^ > et on 



~m — 

in©ycn infarlliWe de iransiBtssion. Orle Paganisme ne pcnt »'al- 

tribuer aucmie de ces pr^rogatiTCs, car rhistoire montre qvi^ii 

n'est qne l'all^i*ation progresslvis d'une religion ant^riettre plys 

parfait^ ; la raison signale dans ^- enseignements des.erreuts 

grossito^tce qut prouve 6videmm©nt qu'il n^est ni <r^.v^l6 de 

Dieuynitransmispar uneautoril6infaillible.-~Le Judaismje moh 

deme : A la v6rit6, il a 4^6 r^v^l^ de I^eay)^<iu'^ J^sus-Chrisiil 

a et^ tran wis par une autorit^ infailUhle ; mais lesfgiits pronveot 

que ceiie autorite a cess^ d'exisier depjiis la vBnue du Mes$ie. 

— LeMaltom^lisme: D'2*ordsa preteiition a une origine di- 

vine est sans pceuves. Car eUe n'est ^tablie/niparles miraclefi^ 

ni par les proph^ties, UahoBiet lui-mime avoue .qu'il n'en a 

point £ail; ni par r^LceUence 4e sa. doetrine qqi est tres-infi^- 

rieure a ceUe du Christianisme ; ni par laXorce divine ^manifes- 

tee dans sa propagation, qui nlest doe qu'a la violence, comme 

sonhistoire le proave. C^tte pr6tentioii est d'ailleurs rMut^ 

par les errenrs ccmtenucs dans le €oran. £n second lieu, son 

histoirfe montre encore que ced%q;ui so gontattrihnele pouvoir 

d'enseiga«r et dfe transmettfe tc Cpran^ ont vari^ 4ans Leui?s 

.^ipHcalions^ etmitpronvepar 14 lcur failUbilit^. 

Lea syst^mes philo^ophiqiies ne possedipnt pas plus que ks 
Teli^ion» auti-chr^ticnnes une valeur iadiseutable. Carl..i]sae 
«'aVUiWenl pcnnt cette vateur, 2. lls ne peuvent se rattribner 
sans remer teur origine qui est nn acte dlnd^pendance vis^a- 
vis de la religion et de Vauterite. S.^ tear jipuveaute, lejurs er- 
reurs, leurs contradictions et lcurs variations redameraient 
confrec^te prMention. 

2« AucuBedoctrineanti«chr6tienne n*est aussi eompl^te que 
le Christianisme.L 

Sous.ce rapporl, le Christianisme remporte et par sa partie 
rationaelle, et j)ar sa partiesupra-rationneIle« — Par sa partie 
! i^ationnelle : II reunit tousles enseignenients de la Religion Pri- 
'fiitive cohserv<&s seulement partiellement diais les aulres doc- 
^ ^cioes; il nerejeUe qqe l^s alt^ralions qu'elles qnt fait subiF*a 
ia EeligionPrimitive.. De toutes les docirlnes distinctes; dii 
, Christianisme, le Judaisme est la plus parfaite ; or le ChHsti^- 
I aisme est plus coeipkt q«e le Judatsme. Ainsi» parexemple, il 
j, c<m)inande d'une mani^re plus compl^le rabp6gation, le m^ris 



~ 5fO ^ 

deg riehesseg, Ui piir^te do «Blir; U >d^vdoppe 1« procepk 
de lacharit^ donn^ dans l'AncleRQe lol en r^lettdant expliei- 
lenDient anx 61ranger8, anx ennemis, anx pers^aleurs; il sup- 
prinie l*esclaTage, la polygamie, le divorce, etc— Far sapartie 
sapra-raiionnelle, dont QOtta avons prouv6 rexc^Ience, ruCilite, 
la cottforraH^ aux lofo de la raison et do rexp^riencet, la doc- 
tfifte dir^tienne est supMeure a ta philosophie, <^ rejette de 
droit tout eodetgnementsupra^^iennelv supMeure aox reli- 
gions anti^chr^tlennes; supMeure au Mosaisnie^ parce qneJe 
dogme supra-rationnel de la religion nosalque est beaneoap 
moins d^elopp6, bQaocoup moins profond qae eehii duGhri»- 
tianisme, parce que le Christianisrae enseigneetpr«»nve tarea- 
-lisation du dogme de la R6deniption, dogme cenlral de la partie 
supra^rationneUe des deux religions, tandfs que lea Jtufs mo- 
demes 8'obstinent contre lotite raison k altendre encofe le 
Messie, aoquel ils attribiient laiuissionparemeBi temporefiecie 
reeonslituer leornationalit^; sup^rleureau FagaQisme, dohtles 
dogmes supra-ratioimels, simplementproplii^iquesetfigxirdtifs 
comme ceux du Judalime, sont tp^s^^rieors it ceax<i sous 
le rapport de r^tendde et de la profondeur; sup^ieore ao 
Mahom^tisme, car de la partle supra-rationa^ da Christia- 
nasme il a retraneh^ les deux prindpaux dogmes, ce\a\ de la 
Trinit^) cehiideta divinil^deJesus^Ghrist^etl^rsnonikbteuses 



^ AucuQe doctrine anft-chr^tienne n*est aus^ elaire qoeI« 
.Christi«Bi«ne. 

Nous avons raonlr^ que la partie ralionnf^ du ChriStianisiDe 
est 6vidente; que sa partie supra^rationnelle est coitf()rnie 
aox donn^es de la raison et de rexperience ; qise toutes le^ pa^ 
ties de ladocferine sont li6es par des rapporld ^videfi^* ^^ 
con^aire, lesdoetrines anli-chr^tiennes centienitent:des foo^^ 
t^s et des contradiettons. 

i. Des faussetis: — Doctrines phifosopbiques, Elles «e r*- 
duisent^ eommo nous ravons dit, ao Scepticisme et ao P^' 
theismc, dont nous avons montr6 rabs^rditd dane la SecU l 
denotre Traltd* 

Boctrin^es religieuses. l^^gani^ne : 1. il est ou patitb^^ ^^ 
doaliste^ 6u poIyth6iste. Or le Panth^isftie est aussi ahsarrf« 



■w 



~3H >— 

en r«Hgfonqa'«n philoiopkie. Le Dndlisme dtoiiU rtuut^de 
VfAre necessiuref son infinil^, parce qoe 8*ii existe deux ^tres 
n^essairesjDppos^s, aacmne peni ^lre infiniqiiant k, sa snbs- 
faiiee et qoanl k sa paissjmee; Ot d^truit en principe la liberte 
hamai.ne, puisque la w)ont6 dans ce sysi^me^st d6termin6e 
fafalement tantdt par le principe du bien, taat.6t par le prin* 
eipe dtt tnal ; il d^troit cons^aemnient ln merale qoi suppose 
la libierte. Le Polyth^isme ali^re ronit^» riofiait^deDieu, pius 
encore que le Bualisme; il d6truit Fanit^ da genre humain en 
Taitachant rorigine des bommesa des dieux natiQnaux; de.fait 
il d^lrait le dogme de la liberl^humaiae^ en^enseignant qiie 
les homines sont soumis^ a la faialite, tl pose psir CQosequent 
un principe destructenr de touie obligation ; de fait» il abaisse 
la morale au sensualisme; W maieriidise et afiaiblii le dogme 
de l'ioftmorta]ii6* 2. Le Pdganisme dans ioules ses branches 
nie encore la saintei^ de Dieo, eniui attribuanl.tous les viees, 
en prescrivani dommemoyen de rhoaoirer des cer^monies.et 
des S2ictifices impnrs ei ciliels. 3. Aux errcur^ pr^cMentes com- 
mmies a ioos les enAie» payens, chaque religion en i^oute une 
infinit6 d'autres qui lai sont particali^esi 

lodalsme : A toates^ les imperfeciions de la loi anctenne il 
aieule les rftvories da Talmud. 

MahomMisme : Le Goran a conserv^ en les augmentant ioutes 

les impeTtections de rAncienne ioi, indiqu6es pr^c^demment; 

il enselgnelefaialisme; il mat^rialise le dogme de Fimmorta- 

lit^ de Tiime, en promciiant aux ^us comme r6compense de 

leors bonnes QBuvres les jouissances lcs plos sensueHes et les 

•pius impures; il alt^e Icsenseignements d^Beligions pairiar- 

chale, ja|dje^ueeichr6tiemie, qu'jl 6'est appropri^ eny ajoulant 

des circqnsiances. des faits, dcs pratiques pu6riles et ridicules* 

2. Des coniradictions : Les doctrines anti-chr^iiemies soni 

contradictoires a elles-mdmes; rincoh^rence, les eontrddiclions 

sont les caracteres Ics plus saiUants du Paganisme, duTahnud, 

dtt Corau, de la Philosophie. 

4o Ancune doctrine anti-chr6ticnne ne salisfait aussi parfaite- 
meiit que le Chrisiianisme aux bcsoins du coeur et de raclivit6 
<Ie rhonmie. 
Car l'enseignemen( du Christianismc combat tous les d6fauts 



— 5U — 

de» autros dectrineft consid^r^ dnns lours rapports avec le 
roMiret raetivit^; il r^unil toos leors avantages; a ces avantages 
ilenajoute ungrandnonibred^atres.-^ncoraiMit lesd^aotsdes 
autres doclrines : II combat le Scepticisme qni 6ie k Tame toule 
consolation, loutejouissance poreen cette vie,toaie e^>iraQce 
en Tautre , toute toergie , toote r^gle morale ; le Fatalismc 
admis, commenoos l*avons dit,parle PanthMsme,le Dttadismc. 
le Paganisme, le Mahom6tisrae, dogme qui en soumettaat 
rhomme k une force aveugle lui enl^ve toute securite ooa(re 
le malhenr, tooteoonsolationdans ses aflUctions, toaie ^nergie, 
loate r^le morale. 11 combat la tendanco sensodlie du Faga- 
nisrae, duMahomelisme, de la Philosophie, qui, en dec^radan^ 
«t enamollissant les racBurs et les caract^s, Me a F4me toate 
jeuissance pure, tonte 6nergie dans le malheur et Tadversile, 
loute dignit^ dans la condiute. -^ II r^unit les avaHiages des 
autresdoctrines: €ar one doclrine infloe sur le coeor et FacU- 
vit6 de rhomme par la v6rit6 de ses enseignements ;. or le 
Christianismecontient, comme nous l*avons dK, tout ce qu'ilya 
de vraietdepur dansles autres doctrines.— A ces avanls^es U 
en ajoute une inOnit^ d^autres. Dece que nousarons ditpoar 
tnontrerrinfluencedu Ghrisliarosme sor le cffioretractivii^ do 
lliomme, il suit que son excellencesous ee rappocl asasourcc 
principale dans les dogmes sopra-ralionnels qu'elle protesse 

4 rexclusioh de toute ai:|[tre doctrine. 

5 2. La Doctrinc chrelienDe procure a rhomme des avanta^es qu'on 
ne peut pasexiger.d'une doctrine religieusCj,' m^me exceUenie. 

Le Christianisme est excellent par cela mSme qu'il offre sa- 
tisfaclion parfaite aux bcsoins de r^e, poisque tel estsoa 
bot. I! esl donc sur-excellenl, si a cet avantage principal il «" 
ajoute d^aotres d^iin ordre secondaire ; or il en est ainsi. Garil 
contribue plus puissamment que toute autre doclrin^ au d^ve- 
ioppement phrlosophique, ao boiitieur tempord de rindivi^ 
et de la soci^te qui acceptent et r^altsent ses cnseigiieineHt^, 
au projjrfes arlistiqoe. 



— Sf3 — 

I. Le Christianismc (cathoUque, le seui verilahle, cpmme noy^s le 
prouveroru au tilre de VSglise) contribue puissamment au 
ddveloppement philosopliiq^ue, 

C^te proposkidn pettt^reproavde apHoH et d poiWiori. 
Pr. & priori. Le C^ristlanisiae, pour le catholique, se r^ttmfe 
dans renseigDement de TEglise* Orraatorit^ de rfigiiseest 
pottr le philosoplie qui Taccepte iine soarce deprincipes, et une 
rSgle sup^rieare en soi a la simple raison, sans 6tre moins 
philosophiqae qa'e]ie« 

€etle preuve suppose i^ qull £aiat au philosophe iwe source 
de principes et une rfegle; 2^ que rautorit^ de l^Eglise est k la 
fois une soorce de prindpes et une r^le ; 9» elle affirme 1« 
qae rauioriti de rEglise consid^ee comme sourceet r^Ie <fe 
v^riti est supdrieure ^ sei a la pur^ raisen, 2. que cette auitcH- 
rit^ n*efit pas moins pldlosophique que la simple raisbh; 

lofi fetttau philosopheune sourcede principeset uner^Ie: 

— Une souree de principes : LMntelligence hummne dans ses 

d^eloppements est sonfflisei la loi de d6duction ; or la digduc- 

tion sappose des principes (v^ritto premi^res, certaineB et f6V 

eotides),et les principes eax-m^mes stt[^M>sent une sourcequi 

les toarnisse. — Cne r^gle: Garilest protiv^ par les falts que la 

n&son peal s^^garer daos les conchisions qu^elle fire despriR- 

cipes lespUis certains; il M larat dcfne une garantie <»Ofltre ses 

erreors, oa ane rdigle s^re pour disdngtter les eondusions 

vraies des conelttflioBs fanssesr, les- conclosions doutenses des 

coQchisions eertalnes. 

SlP L'aQtoTit6 de rEglise Ibomit atei philosopHe ^ol radmel 
une sotttce de prmdpes, et des r&gles de d^ttetlbn: — Une 
sourcede principes: Ileslimpossy^le^ la phHosophie de con- 
tredire eette proposition, sans se nier elleHaafme; car, de son 
avea, la doctrine cfardtienne eoniie^ot toates led v^it^ qat 
*servent de hase anx d^uetions philosoi^iques. -^ Des rfegles : 
Elles se r^uisent aux suivantes: !• Llnteiligeiice doit rejeter 
cequi estoppos^irEcriture et aIaTradition,4 renseignemeht 
de TEglise et k rend^gnement 4h6olQgique universel. iL 
Elle doit admettre toot cequi est conforme aux donn^ de ces 

18 



~ 314 — 

lroiAao(orite8.3.£lledoit regarder oomme opinioB libre iou(e 
proposUion dont ropposition ou la conformil^ a ces trois 
auloril^ etit doulense. 

3« L^Eglise consid^rte comme soorce et r^gle de vMte est 
snpMeorc cn soS A la pnFeraison: — €eUe 8op6riorit6 se ma- 
nifesle dans la mMhode qa>Ue en^^loie, dans la certUode, 
dans la r6con.1ii6 des principes qa'elle roornit. Sous ces trois 
rapporls elle p^osside les ayantages de la raison; eUe en aioa(« 
d^iotres qoi lai sont propres. 

1. Sap6rioril6 dans laM^thode. £n effet rEglise» en proc6- 
dant dansson enseignement parvoie d^autoriid, n*exi^& pas du 
lld^e one foi aveogle; elle demande que chacun e^iamine, sui- 
Tant sa port^e, les titres qiM ^tablissent s(m aotorit^ ; elle enr 
eoorage les intelligences sap^ieores i scniter ses ensei- 
gnements dans le bat de les ^dairer , de les pr^uyer , de ies 
enchatner, de les d^velopper parles principes rationnels, i 
propeser, A d^fendre ler^ultal de lcors recberches, tant qtt'il 
n'est pas pronT^ qo'il contredit rorlbodoiue. La m^thode em- 
ploy^e par rEglise a done toos les avantages de Ja m^ode 
pnrement rationnelle oo philosophiqae. 

A ces avantages elle j^ote les soivantsrEHeiueBage /e 
lemps et les forees de rintelligence, paisqa*il esV heancoup 
]da8 facdle 4'jy[>profiDndir ane docirine donn^ poor la comr 
prendrexet se ridentifier, qo^ de la cr^r par voie de recherche; 
idle «oastrait les principQS sur les qoels repose la doctrine a la 
discos»on« k raR6ratioB« ao doote, k la n^gation; elle r^k et 
affcrmit raetivit6 intellectaelle dans son travail de d^veloppe- 
mentdes prindpes, de coordination des ^li&ments de la «cience: 
avantages auxquels ne peutpr^ndre laphilosophie pureme&t 
raiionneUe, p.oisqa'enisplanjt rhomme dela traditioii etderao* 
torit6, en proclamant Tind^pendance absoloe de sa raison, ^e^le 
force Acrter ses docirines, elle Uvre ses doclrines a la diseus^ 
sion qoi est poor elle ledissolvant le plus aetif, eUe abaadcma 
•l*inteliigence sans r^leii toutes ses erreors, a toutesses ineer- 
ititudes. 

2.Siqi6riorit6 ddns la valeinr des prlncipes. En effet TEglise 
reconnott la valeur de la.raison; . elle perracH^ elle conseille 
d'employcr scspnncipes k ^lairer, k, confirmer, i coordonncr, 



— 3IS* 

ad6TeIop{>er spn enseigaeiKiciit : eeljai-ei a d<)ac toate ktva* 
leur de la doctrine ratiQnuelle. 

Cet enseignement a de plus celle qne lui communique Taato- 

rit^ de rBgUse, autorit&tr^s-imposante/m^me au point de vue 

purenient philosophique, par raatiquiti&, i^ divinit^, Vinunu- 

tabilil^ de la doeirine qu'0Ue prolesse, par la valeur ioieUectuelle 

de ceuxqui Toni adopl0e.;^Pai:rantiquit^^ ladivinit^, rimmutar 

bilit^ do la doctrine qu'eUe pr ofesse : II est prouv^ par rhisioir^e 

eipar 1% rai^n qu'une R^v^Lition primitive, contenant en gecsie 

ies verit6s profess^es actueUement par PEglise oatholique a^6 

donn^e par Dieu au preniier homme ; que les verites ensejgQ^es 

par cet|epreraidrer^v^ation,oni^t6tran8arises sans aUeraiion 

par les patdarefaies ei leUrposi^rit^ ;. que ce^ Vi^4&& ont recn 

des d^v^oppemeHts successifs p^r lemoye&de nouvellea cpmr 

munications drnnes, sp&cialemeui par les r^v^latione^ mosalque 

et chr^tienne ; q)ie le Mosatsme a ^t^ iransQus intacijUiaqQta 

J^sus^Clirisi; que le Christiani^me n*a point .61^ alt^^ |usqu'a 

nosjours parFEglise. B^odilsniiqueladocirine ehr6iieiiR&i. 

renaonie a la crdaiiou de Fhonime, % qu,'elle a une ori^uie 

divine, 3. quele seul changemeni a signaler dans sob hist<4rp 

esi c^ d'an d^elopp^eni suecessif ^ voie de r^v4Iation ; 

consib^mment qu'eUe esi immuable qiia^i a sa subsianee^-f-r 

^ \a\ateur iniellecluelle. de cepx quiront adf>pU^ei La divi-> 

nit^ da Chn&iianism^, du Mosaisme et de la ReUgion p^milive 

a ^t^ profess^ jusquMci par la sqci6t^chri&tienne, de U>utes le»^ 

soci^ la plus>clair6e , eL dans ceiie socl4t6. par ious le» 

savanis qui se soni acqois ont^nom dans rhistoire de l^ science* 

Or il est ^vldeni qiie laprjofession d'une doj&irine, divine dans 

sQn originevtnali^r^e dsina sa transmission diepuis Ijorigiiievdu 

iponde jusqu'a rcpoque actuelle, adopt^e par r6Iite de& iiitei- 

ligences humaines, doii conciliera renseignement deVEglii^, 

m^me au poini de vue purement philosoplugue, une tr^s4iaute 

avtqrit^ dpcirinale, a laqueUe ne peut pr^iendre laphilosophie 

rationalisiec En efiTet, compgr^e a la Religion, la phUosophie 

rationalisie est r6cenie; ce Xaii prouv4) par rhistoire esi 

d'aUletirsune.cons6quence de sa Q!^re,:.6taai pac son essence 

ni^me une s^araiioi^ enmaii^re docirinale de I^ ifadition ei 

de rauiorit^ religiease^ eUe eat jft^cessairemeut post^ricttre k 



— 51& — 

ceRe-ci; EJIe est piirement Immaine ; c'est une cons^neiice de 
•• qui vient d'6tre dit ; c^est de plus, siiivant elle , son titre le 
phn glorieux. EHe n'est point immaable ; rhistoire dn rationa- 
Hnne n*e8t qne l'expoB6 des yariations , des luttes des 6eoles 
qnHa produites; variations et lultes 16gitimes, si Ton part da 
principe d*ind6pend«Dce pos^ par la pfailosophie. Elle n'a pas 
poor elleratttorit^ du g6nie ; car rhistoire prouve encore que 
toute^poqnede philosoplilepurement rationaIistear6t6 pr6c^> 
dte par une autre ^poque traditlonatiste dont la doctrine ^tait 
plutMev^,p1U8 claire, plussolide et plusriche datis ses d^ve- 
loppements. 

3.SupMorit6parla ffrcondit^des prtncipes.Commenousravons'' 
dit, l^ienseignement de rEglise rcnferme tous les principes ra* 
Uonnels, aussi f<feconds dans la philosophie catholique que dans 
ie ralioiudisine. EHe renferme en outre les prtncipes sapra- 
rationn^ qde nous avons indiqufis dans nos d^velopp^n^ents 
prMdents y principes qai possMent, eomme nous te raontre- 
roiia>pIus tard^ une fifecondit^ propre qui ne peul appartenir qa'a 
elle, pufsque la raison ne peut attelndre aux y^rit^ supra- 
lattonneHes. 

¥ La m«tbode eathofique del^^autorit^ est adsn ptttosophique 
que la m^ode ratibnaliste. Nous avons montr^dans\aptopo- 
dtion prde^ente que rautorit^ catholique enseigne tous \es 
prineipes ratiomiels, qu^^elle achnet la raison humakie comme 
un auxiOaire capable dC^lairer , de prouver , de d^velopper^ 
d*organise'r ses propres enseignements. Lam6thode catholique 
cst don6 aussi philosophicpie que la m^thode purement ration'- 
nelle, k moins que Ton ne soutieime qu^une y^nt^, quoique 
^vidente et certaine pour la raison, cesse d*6tre philosophique 
parce qu'elle n*a point 6t6 d6couverte par la raison seole, parce 
qia*auiL preuves purement rationnelles s'a)oute rautorit^i du t^ 
iHoignage leplus imposant; ce qui est absurde. 

Nota, II est m^me unsens dans lequel on peut dife que la 
mdthbde catholique est plus philosophique que 1a m^thode ra- 
tionaliste. £n effet , par rensemble dn trait6 qiie nons d6ye- 
loppons, il sera pfottv6 que !a doctrine chr^tienne est divine, 
que TEglise a re^n divinement le don dlnfaillihilit^ pour la 
transmettre. Les v^rit^s m^mesupra-rationnelles cnseign^es 



par F^lise <mt dom amyeux. da la raisoii eUe-«a^nQ^ ane m'- 
i leur siip6rieure a ses propres dotin^es. En outre, nous prou-r 
I verons plus bas <iue ce6 v6rites ont une fi6eondit6 ppopre ; dqnc 
t oa pent les appeler v6rit6s ptulosophiqaes, si cette d^nomina- 
i tion petit etre appUquee a toule v^rit^ certaine et fSconde^ 
; qu^ejle sottcon^trise ou non par la laison. Or eelte loam^re dsi 
i voirji|ura!t tr^~raisonnable. Ep effet) .1. par^pMoeoj^^ no» 
I adversaires entendeat la science p£^r excellenGe. Siuvaiii eoxy 
(f 1 'excellence de la pbilosophie se tire detla grandew de scm obj/^i 
i qui.est Dien, llhomine et la naiture; de la certitude de ses priie 
fii cipes r^ultant de teur conformit^ a l&rpison ; de son r^sultat^ 

qiiil e^ l'e%plicatloik certaine de son objet, aa moyen des prin- 
ii cipes quellepose; Or les v^dtes supra^rationn^lles^ss^enit 
f ^ineo^meat lous ces avantages :. ellea^ ont le va6m^ objet qa^ 
(' la philosophie ; eUes ppssedent unei cerlitude . auesi- grande » e|t 
( en un sens plus grande m^aie<|ae les priiicipf^s plulQSophiqaeB^ 
f une certitode «ussi acceptable par la icaison, p£n&<iue la diyinit^ 
' (lu ChrjsUaoisme e$t prauvee par la raison delaniani^ee la.plaft 

saligCaisftate ; elie^ possMent une fi&cendit6 pKopce ^. comma 

noi^ le verrofts plus bas. 2. De rav^u deseavants enx-m^mes^ 

p^r qu'oqe v6rit^ P^^iuie rang -dans la «cienee, ii n>st pas^ 

n^cessaire qu^elle soit constat^e par laraison po ro}>servatioi^ 

U siiif^ci^*eUe 0xpUqae dUmemani^re satistaisan.te les faits dpnl 

s^occupela science. AinsiraUraclion est regard^e comme une 

1 v6ril6 emineinmciil scientifique, quQiqu*eIie «e soit ni ^v^idente^ 

I ai proavee par 1 'exp^rieace, parce qu'efte eoncoart 4 expliquer 

I totis/esphenomfbnes aslronomiqiies* Oa peot donc en prenant 

{ i'exj)ression dans ua sens 61ey6^ appeler philosepbiqaes les 

i dogmes sapr^rationnel9^puisqa'ils e^ptiquentparfaitement une. 

i mulUtude de faits inexpticables par la raison seole. Si celaest^ 

) on pcut concliire qae la doctrine c}ir6ti(^ne est pla$ philosa-* 

, phique^ue le rationalisme» poisqa^elle contient un plosgrand. 

nombre dc.v6rit6s scientifiques. 
Pr. apostexion* La philosophie cfaf^Ueiine remporte mt>.i<t 

rationali^me parsa v6rit6^.par son.ttnit^,;par sa fj6epndit6, 
l^ Par sia veritS, Car les ^eoles.rationalistes ont natuveHe- 

ment produil des systfemes faux, doiit la philosophie chr6- 

tienne s'est constamment pr6serv6e par raatoril^ et le dogme 

thrclien. 



— 518 — 

1. £t d^abord le ratioiuAlsnie n*a produit qtie des syst^iBcs 
tox: 

Les qaestions priticipales de la philosoplile se raliacheiit au 
BDJet, k robjet de cette science. «— RelativeiAeiit aa st^t , 
daix questions pemrent ^tre propds^es : 1« L^esprit kmuain 
«•t-^il desmoyens de parvenir certainementilaYMt^; 2odans 
la suppQsitiea de rexistence de ces moyens, qnds sont-iis? 
Snr la premi^re qoestion les rationalistes se diyisent. Les uns 
r^pondeot: « rinteUigence Immaine ne pent parvenir a la ter- 
titiide. » Ge sont les sc^ptiqiies. D*antres admettent ropbion 
contraire, ce sont les dogmatiqoes. Qoant k la deaxi^nie qbes- 
lion, tonsles dogmatiqm 8*aceordeBt irejeter raotoiit^ eoiBBiie 
moyen philoo<^que de parvehir k la v^rit^. Ils se diviseiit 
lorsquMl s*agit de d^terminerpositivement le vMtaMe moyen 
de certitttdeu Cest la sensation seule, disent Iob sensaaUstes; 
e'est la raison seule, disent les id^dfistes ; c'est la eonscicncey 
disent les^golstes; c'estFensend>le de cesmoyeos^ ditunequa- 
tri^meclasse de philosopfaes que Fon peut appders^cr^istes. 
--^Relfttivem^nt a roh}et dela philosophie,<mpeutpos6rqBa<re 
questions prineipales : 1* Existe-t-il qoelque drase de r^!; 
^ le tM se bonie*t-il anx ph^nomtoesyoa dotf^adiiiettre la 
snbstance; 3<> danscette demi^e soppoi^tion, existe-VWune ou 
plutlears substances ; 4* queBe est la nature de la finhsVsnte 
ou des siihstances existantes? A la premi6re;qaestion, les scep- 
liqtiesr6pondent : il est douteux s^ilexiste quelque choselier^el; 
les dogmatiqoeB au ccmtraire afflrmentla r6alit6, A ladeuxitoe 
question les ^olstes r^pondent : 11 n*exi8tequedes|^^nom&nes; 
suivant lesid^stes,!^ sensuahstes, les syncr^tistes, il existe 
des r^alit^s substatttielles. A latroislteequestion toutesles 
^coles T^pondent ; ib n'existe qu^one seule substance , les ap- 
pareneescontraures sont troinpeuses. A laqaatriitaie qoestion 
les id^istes r^pondent: la sob^ance unique est spiiitaelle; 
les sensualistes : elle est mat^rielie; les syncr^stes: elie est 
k la fois spirituelle et mat^rlelle»— Tels sont les syst^snes aux- 
quels oiit abouti et devaient aSMnitlr les 6coies raUonallstes. 

QueIes6eoles rationalistes aient abouli a ce rdsultat , This- 
toire le prouve. 
Ou-elics aient dA y aboutir, on peut rexpliquer ^(irisi: — 4" 



— 319 — 

Quant aax erreurs relatiyes ao sojet: L^homme peot 6ire 

en rapport ayee trois genres de r^it^ : liii-m^me, les intelHgeii- 

ces qni lni sont extrins^es^ les corps. Diea Ini a donn6trois 

principaux moyens de connaitre : la cotiscience poar les ph^* 

nom^nes int^riears, la raison poar les principes absolus au 

moyen desquels il connait les r6alit6s inobseryables, sp^ciale- 

ment les substances spiritaelles, la perception des sens poar. 

les corps. L^intelligence hamaine ^ant limit^e peut d*abord se 

pr^occuperexclusiyementdela yaIeard*undecesmoyensde con- 

naltre.Sicelaarriye, elle tombe ou dans Tid^alisme, oa dans le 

sensualisme, ou dans r^goisme, suiyant que lemoyenadopt^ est 

' ou la raison, ou la sensation, ou la conscience. Des discussions 

qui naissent de ce$ difierents syst6mes, Tesprit est naturelle- 

ment conduit au scepticisme, sll se pr^occupe des raisons par 

lesquelles chaque sy^teme combat ses deux antagonistes ; au 

8yncr6iisme, s*il se pr6occupe des raisous positiyes qui 6ta* 

Uissent la yaleur de chacun de ces moyens. — 2« Quant aux 

erreors relatiyes k robjet de la philosephie, elles ne sont qoe 

la cons^aence des erreurs pr^c^dentes oa des erreurs sttr 

le snj^et. £n effet le sceptique de ses principes sur les moyens 

de connaftre doit conelnre au doate «ur toote r^it^. L*6go'iste, 

qui ii'admet que la conscience, doit eonclure que ses pens^es 

el 'se» ph^Qom^nes int6rieurs sont les seulcs r^l^s, puisque 

les r6alil6s ext6rieures, 6t6 le tdmoignage, ne peuyent 6tre 

coQstat^s qae par la raison, 8*il s*agit des r^Ii(6s spiritnelles, 

OQ par Jes sens, s*il s'agit des corps. Les id^alistes, les sen- 

sualistes, lcs syncr^tisies ne peuyent admettrc la cr^ation, 

d^iabdrd parce qu^elle est incompr^hensible et par \k mSme 

inadmissible d'apr6s le rationalisme qui rejette ce qu'il ne peut 

comprendre; ensuite, parce qu*aucun des moyens de connais- 

sanee admis par eux ne peut foumir d'une mani^re certaine 

ui^me rid6e de sa possibilii^, puisque rintelligence ne peut 

constater entre les faits int^rieurs reconnus par la conscience 

qae des rapports de succession, entre les faits ext6rieurs re- 

c(mnus par les sens que des rapports de succession et d*6- 

yolation, en(re leprincipeet ses cons^uences que desr£^pofts 

dc dMuction, rapports tous essentiellement distincts du rap- 

port dc cr^atiott. La pUissance de la raison relativcment a 



— 320 — 

ee paint dc doclrine se bom3, lorsqu*il csl etabii par Taa- 
lorit6y k connriner sa v6rit6 par des preuves probables. 
Or, la cr^alion iii6e, il suil qu^il n^exrste r^ellement qu^une 
seule substance divine dont toutes les aulres ne sont que 
des modifications ou dcs ^volutions. Or cettc substance 
unique doit £lre spirituelle pour Tid^anste» c^r rid^e 6(ant 
le rapport de rintclligence avec Tesprit, il ne peoi ad- 
meltre que dcs r6alites spirituclles; elle doit dtre corporel/e 
ponr le sensuallste, car la scnsation 61ant le rapport entre Tin- 
telligence et le corps, le scnsualiste doit rejeter toule realll^ 
distincte du corps; el!e est k la (bis spirituelle et mat^rielle 
p9ur le syncr^tiste qui admet a la fois Hd^e, la scnsation et la 
conscience. 

De ce qui pr6cMe if suit que le rationalisme a abouCi, el 
naturellement devait aboufir au sceplicisme , au pantli6isme, 
ou h r^goisme, terme moycn enlre les deux premieres erreurs, 
puisque d*un cdt6 il implique le doute sur les r6ali(6s extd- 
rtenres, et que de Tautre il absorbc toute r6alit6 dans le moi. 

2. La philbsopbie chr6(ienne s'est constamment pr6sen'ee,. 
et par ses principes 6lait n6cessairement pr6servee de loates 
ces crreurs : 

Elle s'esl pr6serv6e : Cest un fait qu'ct!e a toujours admis 
les moyens de connaitre suivants : le (6moignage dmn, mnV 
fest6 parFEcrilure Sainle et laTradition mlerpr6t6csparrEglisc*,. 
rautorit6 humaine: les moyens indtviduels admit par la philoso- 
phie, la raison, la perception des sens, la conscience; qu'cUe 
a loujours rejel6 le scepticismo, le pan(h6isme, r6goisme. 

EHe a 616 pr6serv6e par ses principes i<^ des erreurs sur le 
sujet de la connaissance : Cal* elle admet renseignement de 
TEglise comme source et regle de ses d6vcIoppcments. Or 
rEgHse se proclamant aulorH6 infaillible pour transmctlre et 
expliquer la R6v61ation contenue dans rEcriture etla Tradition, 
ne peut sans se nier eire-m6me rejeter la R6v61alion, FEcri- 
(«re, laTradifion el son infaillibilit6. La R6v61alion 6tant on 
fait reposant lui-mftme sur d'antres faits, les miracles el les 
proph6lie9, transmis par rEcrtture el par la Tradition, rEglise 
ncpcutadmettre IaR6v6tation ctlesmonuments qui la contien- 
ncnt, sans rcconnaKrc la valeurdu tcmoignagc des homraes, 



— m — 

seal moyra de cdnataier les faiU. La valetir du t6moignag« 

sdpposant cdte de la perception des setis des t^oins du 

fait, TEglise ne prat admBttre la certitade do t^moignage sans 

reconnaitre celle des sens dtkment appliqo^. Le t^moignage 

pouvant ^Cre faux, il n*est certain qu^autant qu'ii est critiqu^ 

par la raison, de \k la n6cessit6 d'admettre la valeur de cette 

facult^. La v6rit6ne pouvant §tre sttbjecliv6e que par la Con- 

scirace> rEglise ne peut admetlre la valeur^et rutifit^ des 

moyens pr^c^dents, saus y jbindre celle de la conscience. La 

pliiiosoplde chr^tienne esl donc pr6serv6e de$ erreurs philoso- 

phiques sur le sujet de la connais^ance par le principe fonda- 

mental qu'elle admet. — 29 Quantauxerreursrelatived^robjet: 

elle est pr6serv6e^ du seepticisme ei de T^goisme, par la valeur 

qu^elle donne aux moyens de connaitre, cit6s pr^c6demment. 

Elle est pr^serv6e du panth^isme 1 • par le dogme de la cr6ation 

libre du inonde'enseign6positivement par le Ghristianisme, 2. 

par le dogme de la Trinit^. En effet , deux choses seulement 

sont n^cessaires k Dieu , la perfection et le bonheur infmi ; 

or pour iposs6der ces deux propriet^s, la cr6ation n*est pas 

n^cessaire, puisque d'apr^s le dogme de la Trinit^ Dieu les 

Vrouve essenliellementen lui-m^me; si la crdation n*est point 

ii^essaiTe, elle est eontingente; si elle est contingenle, la 

sttbslan^e cr^^e est elle-m^me contingen(e et par la distincte 

de la sobstance divine. 

^ Par 3on unite. £n effet, comme nous Tavons dit pr^6- 
dmmenlj Thistoire de la philosophie n*est que Texpos^ de U 
cooCradiction intrins^ue de ses systtoes, de ses variations, 
et des luttes entre les ^coles qu*elle a produites; tandis que la 
philosophie chr^tienne pr^nte dans son histoire k la foisum^^ 
de doctrine, et varieU dans les poihts devoe, dans les explica- 
iHHis, dans les preuves, dans la coordination des v6rit6squ'elle 
enseigne, en on mot unit6 vivante. 

3« Par sa ficmditi. £n effet elle explique Dieu et la cr^atioa 
d*ane mani^re plus completeetplus satisfaisante que le rationa- 
lisme. 

£lle explique Dieu: D*abord les d^veloppements que nous 
avons donn^s pourprouverla clart6 de la doctrine chrfitienne, 
ont 6tabli que les enseignements rationnels du Christianisme 



— S2a — 

sHr Dieu sont ea parfiiiie ^nformili avec la raison. De ploe, le 
C^risUanisine d^veloppe la nolion de Dieu.; par te dogme de 
la Trinii^y quinous r6vMele secret de la vie divine^ nous ex- 
ptique sa liberld , et introduil la diversitd daqs rnnite sans 
delruire riufinitd ; par tous les dogmes relatifs aux acles divius 
dans Tordre surnaturel, qui manifestent d'une mani^e plus 
parfaiie q,ue les oeuvres purement uatureUes sa. bont^y. sa jus- 
tice, sa sagesse et sa puissance. 

EUe explique la cr^ation : les probl6mes g6n^raux, les pro- 
bl^mes sp^ciaux du moi^de moral , di^ monde pbysique.— Le monde 
engen^ra]:son existence,.sa destinaiioD^ son inf6riorit^ vis-a-\is 
de Dieu,. par Tacte cr^ateur; le caract^re trinaire de ioutes ies 
crealures, Tordre et le bien du monde physique et moral, par 
la (rinitc pcrsonnelle de Dieu qui acr^^ Tunivers par s^ sagesse, 
sa bont^ ei sa puissance; le d^sordre et le mal du mQnde.phy- 
sique et moral, par lep^che originel, ou par Fabus de laliberte 
humaine.— Si*6cialemeni elle expliquele monde moral: lliomrne 
dans sa nature et dans son Instoire. Dans sa nature:Elle expiique 
la spiritualit^ de son 4me, le nombre et la perfection de ses fa- 
cuU^s, son immortalii^, par le dogme de sa cr^ation aVmage 
et k fa ressemblance de Dieu, par celui de son ^levation k V^tat 
surnaturel; son ignorance, seserreursprofondes,Vab\eclionde 
ses penchanls, la contradiclion de scs tendances, sa mis^rccQS- 
porelle, la mort, p ar la chuie du premier homme. Dans son his- 
toire: Elle explique rortgine du langage par la r6v61alionprimitive; 
lasimilitude cntre les langues ei les traditions de tous lespeoples, 
par runitife de la f^mille humaiue avant la dispersion; les diif6- 
rences profondes enlre les langues, la dispersion des hommes, 
par ie miracle de la tour de Babel; lcs diff^rences entre les 
traditions des peuples, leur alteration profonde chez tous les 
peuples, except^.chez les H^breux, par les Crreurs et la cor- 
roption r^sullant du p6ch6 originel. A rincarnation, dogme 
central du Christianisme, elle rattache corame ant6e6denls el 
pr^paralion rhisioire dcs peuples anciens, la puret^ des Ira- 
ditions du peuple de Dieu, les pr6dictions et les conriaissances 
samatureUes de ses prophetes, le caractfere symbolique de aes 
grands hommes et de son culte, les diff^rents 6Iemeilts de son 
hisloire, le m^lange des pcupies, la formation, la succcssion, 



— 3i3 — 

les rdpporU des emfxires eiitr''eiiit el avec le peuple de Diea. 

Au m^me dogme elte rattKche €0>mme ci^ns^quence les faits. 

i prtneipaax de lliisioire modertie, la perfection dogmatiqae et 

morale da cfaristianisme, son action prodigieuse sur le monde 

payen, la sublimit^ des vertas qu*il inspire, la civilisation ad- 

inirable qa'il a cr6ee, sa conservaiion miraculeuse, malgre 

les attaqucs sans nombre dont il a 6te Tobjet, la pr66minenee^ 

des nations chretiennes sur les nations payennes, ' r^leyation 

ou la d^ch^ance des nations «hretienhes k proportion qa*ei]es 

t se rapprochent ou tqa*eties s^^loigneiii des principes du chri»- 

y tianisme.-— finlin elle n*est poini ^trang^re aux sciences nalu- 

, relles. Ainsi elle explique les theses g^logiques, par fhisloire 

de 1a cr6atien et da deluge; la possibilti^ des theories modernes 

» sur la lumi^e, par la creation de la lumi^re avant le spleii; 

f rimproductibllit^ des ^es erganis^s par les forces purement 

; phy^iques et chlmiques, la conslance et l'inali6rabtiiu& des es* 

, pdces, par rhistoire de la Genese qui raconte qu'au commen- 

cemenl Dieu a cr66 les 6tres brganis6s, leur a donn6 la facuII6 

de se reproduire, les a divfs6s en esptees; les rapports de 

centinuit6, d*hi6ra'rchie; dliaTmonie qui gouvement a la foisfe 

monde et JlnieUigence hamaine dans ses invesligalions sur 

\^ nature, par ranit6 et la sagesse de Dieu qut a di) se mani- 

festerdansla cr6ation par ces caracl^res, et particulieremeht 

dans Vame humaihe cr66ea son image, et destin6e k connaltre' 

Dieu parla nature 

La pfailosophie chr6lienne eicplique donc Dieu et la cr6ation. 

Ses expiicalions sont plas completes et plus parfaites que 

eehes du rationalisme: Gar un grand nombre de scs explica- 

tions d6pendent des dogmes supra-rationnels; elles sont inter- 

dites au rationalismc qui est oblig6 de les sitpprhner ou de 

leur substitner'd'autres explications arbitraires et beaucoup 

inoins satisfaisanies pottr la raison que celles qui sont donn6es 

par ta doctrino chr6fienne, 

§ 1S. La Dociriae chr^tienne influe sur le bonbeur temporcl dc 
rbumauite. 

Pr, (kpriori. Poar le montrer, il suffii d*6tabliri l«^e les 
doctrittCs religieases ct philosophiques inflaent sur Id honheur 



— 31* — 

ou le m^IUeur de Itiiuiuimt^; ^. qne rinfluence doctrmale du 
Ghristiaiusme esi la pios ayantageii^e. 

/. Les Doctrines r^igieu$e$ et phHoeojfhiqtites ivfitient $ur le 
banheur oa lemalhmir de Vhumanite: . 

Gar d'uae parlil esl de fait que les acUons des hommes sont 
r^gl^ea et determin^s par leurs prtncipes ; de Fautre, il existe 
des principesdontlescons^quences conduiseut ao bien, et des 
principes dont les cons^uences conduisent au mal de la soci^te, 
m^me sous le rapport temporel. Gette allirmation sera proavee 
par Lesd^tailsdonn^splus batf. 

IL Vlnfluenct doctrinale \a pluz avantagtniee est celle du 
Chrietianisme» 

La v^rit^ de cetteproposilion r^sultera des affirmations sui- 
vantes : 1« tousles enseignements moqiux et sodstux du Ghris- 
lianisme conduisent h des coBS^quences utites k rhumanit^ ; 
2^ les enseignements moraux et sociaux opposes k ceux du 
Ghristianisme conduisent k des cons^quences nuisfliles k l^bu- 
.manit^; dfi les enseignements mixtes sont utiies k Humani(6 
|»ar la partie qu^ils enq>runtent au Ghristianisme; Us M soni 
nuisibles par.la partie qu'ils empruatent aux ^tnaes op- 
pos^es. 

J. Les enseignements moraux et sociaux du Chnstiamsme 
conduisent k d^s cons6quences utilesla rhumanit^. 

Ges enseignements peuvent se r^duire aux iermes suivanls: 
II existe «ne loi divine, transmise avant J^s-Ghristpar laTra- 
ditipn patriarehaie et par le Hosalsme, apr^ Ji&sus-Ghrist par 
rjBglise; sanctloun^e par des peines et des r^compenses <^r- 
n^ies; obligeant rhomme a respecler et k aimer Dieu eti lui- 
m^me et d^ns tous ses. semhlables, a luiob^ir dans la personne 
de c^ux A qui fl a confi^ son autoTiti§. 

Orcette formule implique cinq^l^ments d'une utilit6 iacon- 
testabiepour le bonheur de rhumanit6; l.Ies lois elies^m^mes, 
2. leur motif, 3. leiir auteiir, 4. leur in»yen de transmissipD, 
5. leur sanctioB. 

i^ Utiltt^ des lois elles-m^mes. — Ges lois, si efies sdni obl^- 
v^, procurent k rindividn, k la fiimille, k la seci^t^ pnbliqQe 
lea avantages lesplus pr^ienx. 
., Ariiidividu: Par le devoir de se respecter soi-mtaie, il ^t 



— 325 — 

garanti de ia tyrannie de scspropres passions, sp^cialemcnl de 
laparesse; cons6queinmenl il est exempt des troubleft.qu'eIlea 
causent, des maladies qn^elles engendrent, de la pauvret^ qur 
cte est lasnite. Dela loi qui obligeau respect de ses semblables 
ou de la loi de justice, rindividu re^oit une garantie de res- 
pect pour sa personne, poor salibert^, poursespropri6i6si La 
loi de charit^ lui «assure de la part de ses semblable» aide et 
assistance dans toua ses besoins. La loi d'ob6issauce en crtont 
la soci^t6 met k son servlce la justiice et tai fotce sociale, et par 
la garantit teus las avantagas qu^ re^oit des lois precefdentes 
contre lesattaques iiijustes auxquelles ils peuvent dtre expos^s. 
De sa fidelit^a observer ces loisr6suUent pour lui Testime, Taf- 
fection ]de aes semblables, la satisfactiQn des instincts les plus 
nobles de sa naturel 

A la famille : Elle doit rexistence i Ia~ loi d'ob^issance. En 

effet 9 point d^unite ou de soci6t^ domestique sans pouvoir 

domestique, ppint de pouvoir ^omestique sans devoir de 

le respeeter etdc lui obeir. — L'influence de la loi qui oblige 

Vhomme a se respecter lui^mSme , appliquee a la familU, 

a pour cons^quence la moraiit^ de ses merobres, ei tous les 

avantages qu'elle engendre, aciivtl^, dignit^, richesse, bien- 

Ure.— Les lois de justice et de charit^, appliqu^es avcc la p er- 

tecUonqueleur a donn^e le Ghristianisme, procurcnt des avan- 

tages int^rieurs et ext^rieurs. Dans Tint^ricur de la famille : la 

lcMdajuslicepr^vient rinfid61i(6 eonjugale; d6lruil le despolisme 

en olatti an pfere dc famille la facult^ de polygamie et de divorce 

aiientatoire aux droits de la femme, en lui enlevant fe pouvoir 

de disposer arbitrairement de la personne, de la libert^, des 

biens de son ^pousQ, de ses eulants , de ses servileurs ; elle 

prot^e par cons^quentla fail^esse contre la force,en opposant le 

droitaux passions serviesparla force brute. Au p^re elle assur^ 

lapleinejouissance des droits qui r^sultent de sa positiondansla 

iamille. La loi de charite a pour cons^quences raccomplis^emen 

d^vou^ des devoirs de la paiernit^, les soins des ch^fs #c la fa. 

mille pour la conservation et le d^veloppement phyFique, pour 

r^ducation morale, pour rinstrudion de leurs enfauls el dc s 

servileurs qu'il8 eraploient ; le d^vouement entier de chaqi\e 

mcmbre au bicn g6n6ral dcla soci6l6 domesti- ue el au bien 

19 



— 326 — 

parlicuUer de chaque personne qui ea fail parlie. De la : garanlie 
poar chacan dea secoors de tousdansseabesains, uiiR^niorale 
de la famiUe, satisiactioB donn6e aux sentiments bienveiUants 
qui tendent k rapprocher par une affection mutueUe les per- 
sonnesunies par les Uens dusang. A rext^rieur : laloi dejasUce 
oblige toute famille k res/pecler l^existence, la libert6 et les 
droits de toule autre famUIe, queUe que soit rinf^riorit^ de sa 
posiUon. La loi de charit6 oMige les famille» comme ies indi- 
vidus k s*aimer, k se secourir mutueUement. De robservation 
deceslois rdsuUent: garantie des droits de la famille, anit^mo- 
rale des famiUes entr^eUes, salisfaction plus large donn6e aux 
«entimenls sympatiques de l*hamanit6. Laloid^ob^ssance ^le* 
v6e d*un degr6 quant k aon ^tendue, en cr6ant le pouvoir pu- 
blic, procure aux fainnies et aux individus la garantie des 
^vantages qui r^sultent des lois qui les r^gissent. 

A la soci6t6 publique : EUe est cr6^, comme la femUle, par 
la loi d*ob6issance.^De robservaUon des lois de moraUt^, de 
justice, de charit6, les nations reUrent tous les avantages que 
ces lois procurent ^rindividu el k la famUIe. Arintdrieor: ga- 
raniie conire le despotisme et I^anarchie, qui nesont qae la 
violaUon de la loi chr^tieone en tant qu^elle ip^gle les rapports 
muluels du pouvoir et des sujets ; protection assur^ k chaque 
ciloyen cbntre toute aggression injuste de la part desesconci- 
loyens ; ordre, aciivitS, s6cnrit6, prosperit6 nationale. De l^ : 
patriotisme, ou nnit6 morale de tous les citoyens ; cons6quem- 
ment, force sociale. A rext6rieur, les prineipes chr6tiens in- 
troduits dans le droit des gcns am6nent k leur suite: justiceet 
bonne foi dansles trait6s; s6curit6 contre les guerres injustes; 
humanit6 dans les proc6d6s mutuels des parties beUig6raates, 
avant, pendant, et apres la guerre, lorsqu'eUe est devenue n6- 
cessaire ; UBit6 morale du genre humain par les rapports d^af* 
fection, de bonne harmonie, de secours mutuels. 

Des d6tails que lious veaons de donner, il suil que le Ghris- 
tianisme par ses doctfines morales et sociales est utile k Thu- 
manit6. 

2o Le Chrisiianisme estutilepar les moUfs qu'fl proipose pouF 
engager k robservation de ses lois. — ^Gar le motif religieux, 
qui noas fait consid6rer Dieu dans Fhomme, ajoute k la force 



-^ 327 — 

des atitres mo(if9, qull n- exclut pas, celle du sentimenl religieux, 
de lous les sentiments le plus universel et le plns pur, et par . 
la ie plns capable d^^lever la mtorsdit^, le plus puissant enfm 
sur le coenr de rhomme. 

^ Le Ghristianisme est ntile par sa doctrine sur Tauteur de 
ses lois. — L*utilil6 de la loi di^pend de sonobservation, celle- 
ci d^pend en grande partie de son autorit^, rautorit6 delaloi 
d6pend de celle dul^gislateurqui Fimpose. Or, d'apr6s les en-* 
seignemenls de TEglise, les lois chr^tiennes ^manent de Tau- 
tont^ la pltts haute, la phis respectable, de rautorit^ de Dieu 
qui, ensa qualit^ de cr^ateur infiniment joste, peut prescrire 
l^gltimement & rhomme tout ce qu'il veut. 

4* II est ntile par sa doctrine sur les moyens de transmetire 

les lois. — Eh effetrautorit^delaloisupposenonseulementcelle. 

du l^gislateur; ellesttppose de plus la cerlitude que la Ioin'apas 

H& alt^r^epar lemofendesthi^&Iatransmettre, carledoutesur 

ce point d^truirait la valeur obligatoire de la loi, puisqu^on ne 

peut 6tre obFig^ A robseryer qu'aotant qu^on est certain qu^elie 

est roeuyre d'on I6gislateur qui a droit de Fimposer et qu'elle 

n'est point alt6r6e. Or sur ce point encore la doctrine ehr^- 

iientie domfieTes garanties les phis satisfaisanies, puisque ses lois 

motales et sociales nous sont transmises par la tradition pa- 

triarchale el le Mosafsme avant J6sus-Ghrist, et par r£gli$e 

depuis J^sns-Ghrist, auiorit6s qui, consid^rees mdme humai- 

nemenf, sont de tontes les antorit^ les plus respectafoles et 

les plas iniposantes, comme nons Tavons dit pr6c6demment. 

5» II est utile par sa doctrine sur la sanction de ses lois.^ 
£n effet, pos6 la nature de rhomme, la senle consid^ration 
dn devoir est insuffisante pour le determiner aux actes qui 
r^pngnetit a ses iendances : a toute loi il faut une sanction ca- 
pable de d6terminer Fhomme ase faire violence. Orla doctrine 
chr^tienne nous fournit cette sanction, puisqu^elle enseigne 
que lonle infraction grave aux lois qn'elle propose sera punie 
par des peines 6ternelles, que leur observation sera r^compen-. 
s^e par la jouissance ^ternelle du bonheur de Dieu. 

£n r6sum^, le Ghristianisme propose une I^gislaiion morale 
et sociale dont robservation est^mincmmentutilearhumanite. 
II foiirnit a la volont^ les inotifs les plus puissants i>our la 



— 328 — 

d^terniiiier48econfoniier & Bes lois, par ses enseignements sur 
leur antenr^ sur les motifs, sur les moyens de transmission et 
Bur la sanction. U contribue doneau bien tempord de rhumaoiie. 

II. Les enseignements moraux et sociaux oppos^s k ceux du 
ChristJanisme, sont nuisibles k la soci^t^. 

Dans la question actuelle on peut contredire les enseigDe- 
ments duChristianisme: en niant totidement les principes mo- 
ranx et«ociaux ; en les niant partiellement ; en niant leurs motifs, 
leur origine, la comp6tence de TEglise comme moyen de les 
transmettre, lenr sanction dans Fautre vie. Or toutes ces d6- 
galions sont nuisibles k Thumanit^. 

!• Est nuisible la n^gation totale des principes moraux et so- 
ciaux : Car nier ces principes], c'est d^truire toute moralil«, 
toute justice, tout d6vouement, toute ob^issance, tout pouvoir. 
Ox d6truire la moralil6, c'est livrer l'homme dans sa conduile 
priv6e k la brutalit^ de ses passions, alFaiblir ses £gicultes 
intellectuelles, pervertir ses senliments g^n^reux, lui ravir les 
satisfactions pures quMls procurent, lui enlever la tranquillif^, 
la sant^, Tactivit^, le bien-6tre, la dignit6. D^traire kt hi de 
juslice, e'est 6ter k rindividu toute s6curit6 poor sa persoDDe, 
sa libert^, ses biens ; c^est, en livrant les hommes a leurs con- 
Yoitises, les armer les uns contre lesautres,lesGonsUULeTdans 
ua ^tat de gnerre permanent dont le r^sultat fmalsefaiUa des- 
truction compl^te du genre humain. D^tniire (out d^vooemeDf, 
c^estenfermer chaque homme dans son ^go1[sme,lepriverdesse^ 
vices de ses semblables, le livrer k lamis^re, ala mort.D^traire 
leslois de jusiice, de charit^, d^ob^issance, c'est d^iruire lacon- 
dition de tout lien social entre les hommes, an^antir la soci^te 
domestique, la soci6t^ publique ; c'est r^daire les assoeialions 
homaines k de purs faits, les abandonner a rint6rieur a Tanar- 
chie, au despolisme, reduire Tesprit de famille et le patriotisme 
k un ^goisme farouche ; c'esl a Text^rieur les engager a dcs 
hostilit^s incessanies avec les soci^t^s voi^ineSj k des repre- 
saillescruelles; c*est cons^quemmentd^truirejen elles toute se- 
curit^, toute acHvit^, toute prosp6rit6 «ociale ; c'est en un mol 
r^duir^ rhumanit^ a un etat inf^rieur a la barbarie. 

2o Est nuisible la n^gaiion partielle de ces principes : car 1. 
de la preuve pr6c^dente il suit que la n^ation de. cfaacun des 



k 



— 329 — 

prittcipes naoraux et sociaux du christianisme a des consequen- 
ces sp6ciales nuisibles a rhumauit^. 2. Lavaleur dereosemble 
de ces principes repose sur les m^mes bases» qui sont la sou- 
verainete de Dieu, 1'autoril^ doctrinale du corps qui les trans- 
met ; la n^gation d'nn seul de ces principes entraine donc la 
negation logique et, par Faciion du temps,lan6gationr6eUe de 
tous les autres. ^ 

30 Est nuisible la n^gation des motifs religieux de nos de- 
volrs ; «ar elie supprkne tous les avantages qui en r^sultent. 

4^ Est nuisible la n^gation de Forigine divine des devoirs 
humains: En efiretcette n6gation implique celle du pouvoir lui- 
mdme, car Dieu, en sa qualit^de cr^ateur, ayant surses oeuvres 
un droit essentiel et univerael, tout titre d^autorit^ sur Thomme 
doit avoir une origme divine imm^diate ou m^diate ; elle im- 
plique eelle du devoir, car sans poavoir le devoir est inexpli- 
cable. 

&>£st nuisible la n^gation de la compMence de la tradition 
et de FEglise comme moyens de transmission : Gar nier ces 
moyens , c'est nier Fa[utorit6 humaine la plus haute, c'est nier 
cons^qoemment toute autorit^, c'est ne reconnaitre en mati^e 
morale que la comp^tence de la raison particuli6re : opinioa 
qiaii,eQUvrant les doctrines morales et sodales a la discussion, 
leuT ^te \ear autorH6, leur caract^re obUgatoire, les livre sans 
d^fense a TaU^ration, ^la n^gation. 

6ȣst nuisiblelan^gation de la sanction 6ternelle:Gette n^- 
gaticm dte aux lois morales et seciales la force qu'elles puisent 
daos cette sanction, de toutes la plus puissailte, la seule applir 
cable aux faits cach^s. 

III. Les enseignements moraax et sociauxmixtes sont utilies 
^ rhamanit^parlapartie qulls empruutent au Ghristianisme; ils 
lai sont nuisibles par la partie qu*ils emprunteht aux doctrines 
oppos^es. 

Gette proposition est une cons^quence ^vidente des th^ses 
pr^dentes. Ainsi les religions paiennes ^taient utiles a rho- 
manit6par leurs eBseignements sur Torigine divineties lois, sur 
leur sanction dans Tautre vie; elles lui ^taient nuisibles par 
leur tmmoralit^. Ainsi les doctrines des philosophes spiritoa- 
listes sont utiles &IlMimanit6 par leur tendanee morale; elles lui 



— 350 — 

sont nuisibles par rexalUlion de rorgaeH, et parlenrs autres er- 
rears anti-chr^tieiuies, etc, etc.Toate» ces doctrines mixtessonl 
DoisibleB k rhamanit^, non senlement par les principes faux 
qa*ellesconliennent, mais encore parcequ*en posant des prin- 
cipesHiax, elles conduisent k la n^gation de loas les principes 
raoraox et sociaax, comme nous 1'aToas dit prec6demment. 

Pr. d pasteriori. Poor ^tablir notre proposition par les faits, 
il suffitde montrer qu'ily aeudepuis le Cfaristianisme am^lio- 
rationdanslacondition de rhamanit^, et qaecelle am61ioratioD 
est due aux doctrines du Christianismei 

1. 11 y a eu, depuis le Christianisme, am^lioration dans la 
condition de rhumanit^. 

l^Dans ia condition des individas.— Chez les nations paien- 
nes, roubli de la dignitd de Fhomrae et de ses drmts, rabseoce 
d^humanit^ se manifestaient : par rimmoralit!^ et laeruaut^des 
moeurs, tol6r^es par la loi et Topinion publique, autoris^spar 
la conduite des 16gislateurs, des gouvemants, des philosopbes, 
par Texemple m^me des dieux; par Tesclavage, qui abaissait 
les individus nombreux appartenant k cette cat^gorie sociaJe a 
la condition de pures choses ; par Tabsence d'acfes el d^iasUlu^ 
iions debienfalsance, capables de venir en aideaox souffrences 
et aux mis^es de Fhumanit^, si nombreuses aceVle^^^e. 
— Chez les nations chretiennes an contraire, la conscieace 
publique, en prescrivant la dteence des moBurs, emp^^cheViin' 
moralit6 de se produire au grand jour. L'opinion et laloi mettenl 
obstacle k la craaut^ en d^&fendant k rhomme de«e faire justice 
4 lui-mtoie.L'esclavage a disparu de toutesles soci^ti^soi^reS' 
prit chr6tien a pu se d^velopper sans obstacles. La charil6 in- 
dividuelle et sociale a multipli^ k rinfini et mulUplie encore 
chaque jour les secours et les instilutions destin^s a soiilager 
loutes les misferes intellectuelles, physiques et morales de 
rhumanit^. 

2» Dans les rapports domesliques. t- Le paganisme avait 
constitu6 le despoUsme dans la famille ; il reconnaissait a 
rhomme le droit d'acheter son ^pouse, de disposer arbitraire- 
ment de safortune, de lui donner des rivales par la polygamie et le 
coneubinage, de lui ravir sa libert^ pour s^assurer de sa fid6Ut^t 
de lui 6ter toute consid^ration, (oule influence sur la famillc 



— 53! — 

par ia posiUon iaf^rieare qai lai ^tait faiCe, de la renvoyer de 
sa maison, de la s6parer de ses enfanls, aprfes ravoir d^shono- 
r6e en brisant le lien conjagal qai Tanissait a elle. La femHie, 
dans le paganisme, n'6tait donc pour rhomme qa'an vil instra* 
ment de plaisirs; de \k le m6pris de T^poase et de la mfere, 
comme noas venons de le dire ; de Id a plus forte raison le m6- 
pris de la yirginit6 et de la \idait6. Le p^re de famille, che» 
les paiens, absorbait tous les droits de son enfant; il pouvait 
vendre sa libert^, Texposer, lui donner la mort ; il devait m^mc, 
chez quelques peuples, le taer quand il 6taH mal conform^. 
Aussi le mari et le p^re n'6tant qa'un despote poor son 6poa5e 
et ses enfants, cenx-ci 6taient naturellemeot dans des rapports 
dlniiiiiti6, ou au moins dlndifffercnce vis-ili-vis du chef de la 
famille. — Ghez les nations chr^tiennes, le despotisme a dis-* 
paru de la lamiUe; la femme a recouvr^ sa libert^, sa personna- 
lit^ ; la polygamie et le divorce ont 6t6 abolis ; lafemme ^ouse, 
la fenune m^ire, la femme veuveont^t^ affranchies des caprioes 
de rhomme ; la virginit^ a obtenu les hommages des nations 
chr6tiennes; et Tenfant, m6me difforme, estdevenu dans la 
famille une personne sacr^e', capable de poss6der des droits 
pToptes dont le p^re n*est que le tateur. £n d6traisant le des- 
polisme domestique, Tesprit chr^tiena fait disparattre sescon- 
sfeqaences. A la crainte, ce lien de la famiile anlique, ili a sab- 
slitufe Tamoor conjugal, Tamour patemel, Tamour fllial, Tamour 
fraternel, quinnissent les memhres de la famille par des rap- 
ports de confiance, d^affection et de secours mntnels.. 

3» Dans les rapports politiques. — Chez les Orientaux, te 
systime des castes condamnait les diffferentes classes k Timmo- 
bilil^ sociale; le despotisme soumettait la fortnne, lalibert^, la 
vie mdme des sujets aax caprices da monarque. Ghez les peu- 
ples d*Occident , plas libres en apparence, la personnaIit6 du 
fi^jet itait absorb^e par rfitat, qai pouvait exiger du citoyen 
ie sacrifice de tous ses droits; consdquemment, despotisme du 
POQvoir, cach^ mtoe sous la forme r^pnblicaine. DeUi, d^saf- 
fection des sujets pourle pouvoir, dupouvoir pour les sujets , 
^yrannie, obtissance forc^e,factions, r6voItes, attentats d la vie 
des tyrans. — Le droit cfar^tien a bris6 le syst6me des castes, 
ct les distinctions infranchissables et injustes qui en r^suUaieat,. 



— 532 — 

cn proclamaut I*cgali(e dct» borames deTant Dieu et devani U 
loi. II a au^anti le despotisuM» eu reconnaissant k rindivida 
desdroits propres, dont le pouvoir ne peut disposer arbiiraire- 
uient, bien que le sujet soil quelquefois oblig^ d'en faire le 
sacrifiee k la soci^t^. II a limit6 le pouvoir du souyerain, en pro- 
damani robligalion oii il esi dc travailler au bien du people. 
JDela, respect pour la majest^ souverame, confianee ei afTection 
mutuelle eutre le pouvoir et les sujeis , r^voltes et r&gicides 
moitts fr6quents que dans rantiquit^. 

4^ Dans les rapports iniemationaux. — Dans raniiquit^, ces 
rapports ^taientencorefond^ sur le despotisrae ei rinjustice. 
L*emploi de la ruse, rinfid^lit^ dans les trait^s, les guerres io- 
justes, les eonqu^tes aii>itraires ^laient justifi^es , glorifiees 
ra^me, torsquVlles ^taient sanciionn^es par le suee^s. Le yain- 
queur pouvait disposer de la vie du vaincu ; Tesclayage n'6lait 
qu'une mis6ricordieuse application de ce droit. — Au contrairCt 
le droit des geins adrais par les nations chr^iienQes prescril le 
respect des conveniions, interdit toute guerre eitOHteconqaSte 
injuste , et taxe de barbarie tout acte d'hosiili(;6 r^proar^ par 
r^quii^ ei rhumanit^. 

I|. L'amdioration de la condition bumaine est dae k Via- • 
flueuce du Christianisme. 

Car i^ le Paganisme, dans raniiquU^, le Mahom6Usmevdai^& 
les teraps raodernes, n'ont jamds rienproduil qui approche de 
la perfection de la civilisalion chr6iie.nne. 2« CeAte .civilisalion 
n'e&t que la r^lisation par les faits de la doctrine chr6tieane. 
3o Les faits prouveni que la civilisation baisse ei tend a labaf' 
barie chez les peuples qui abandonnent ou alt^reni le Chris- 
tianisme. 

§ 3. La Doctrine chpetienneconiribue plas puissammeut que tontc 
autre doclrine au progr^s artisiique. 

Pr. La Doctrine chr^tienne remporte sur iouie auire doc- 
trine sous le rapport de Tid^al et du syst6me d^eKpression ar- 
tistique. Donc. 

Cette raison suppose 1. que les 616ments ariisiiques sont 
ridt^al et rexpression ; 2. que ces eldmenis proc^deni de la 
doctrine *, 3. eUe affirme que la doctrine chrelienne remportc 



— 333 — 

i^ui' toutes les autres doctrines #0U« le rap{M)ri de i'id^l ct de 
rexpression artistique. 

I. Les d^meuts artistiques sout Tid^al et rexpression. 

Pour expliquer etprouvercetteproposition, il^uffitde com- 
parer Fart et la science. De ce rapprochement r6suUent des 
similitudes et des diff6rences. 

Sinulitttdes l'' de but: L'art et la science tendent a agirsur 
r^e. — it^De moyens : Tous deux, pour at(eindre Tame, qui 
dans r^tat aetuel est envelopp^e et servie par 4es organes, sont 
^blig^s 1. de se servir de signes 6l6mentaires , enveloppant 
80US une forme sensible un 6I6ment spirituel seul capable 
d'atteindre T^me et de la modiOer ; 2. d'unir ces signes d^- - 
mentaires, pour en former des propositions deslin^es. a expri- 
mer leurs j^ugemenls, d'unir ces propositions pour d^velopper 
le sujet qu'ils ont h traiter. 

Diff<6rences t'» de hut: Gelui de la screnee est d*^lairer 

rinteUigence, en lui montrant le vrai ; celui de l-art estdo pro- 

duiretdans T^me le sentiment esfh^Hque,. en lui montrjmt 

80«8 une forme sensible le beau ou Tid^L.^ 2<>' De moyen$: 

Pour commum'quer le vrai, le savant enveloppe son id^e du . 

mot qui en devient la forme sensible ; il x^uuit les mots pour 

toTmeT \a proposition, expression de ses jugemenis; il unit 

les propofiiiions pour formeFle discours destin^ k d^velopper 

Qn fait ou une v6rit6 sous ses difi<6reBt& rapports. Pour mon- 

trer le beau d'une maniibre sensible, et par ee moyen pro- 

duire dansr^e le sentiment esth6tique, Tartiste ehoisit les 

caract^res ^l^mentaires qui manifestentnaturellementles idees 

et les sentiments qu^il veut exprimer. £n unissant ees carae - 

teres, il cr^e une expression complexe k Timage de l^idi^al qu-il 

s*est form^ ; enfin en groupant ses expressions il compose ce 

que ToD peut appeler un discours artistique pour d^velopper 

ua sujet donn^. — La science n'a qn'uii moyen d^expression^ le 

mot parld<Hl6crit. L*art en possMe plusieurs, qui peuvent se 

ranger sous deux classes: les uns qui parlent k la vue, ce sout 

Uarebitecture, la seulpture, la peinture; les autres qui parient 

k Toufe , cesont les sons inarticuli^s ou la musique, les sons ar- 

'lieul^s employ^ par la poesie. Dest a remarquer cependant 1 . 

qcieia po^ie se sert des mots, non pour expriroer des id6es 






— *ir>4 — 

ab^lraiteSj ce qai Ja cDurmidrait avec la sdence, mais pourre- 
Ir^cer a 1 imagiDatioii les ByniLoles du beati^ seule expression 
firtblique ; % que 1a pot^sie tinpose auit moU les regles de la 
mesure, de rharmonle, de raccenlualioD, de la rime dans cer^ 
laioes langues,qiudoimeal aii discours le caract^re de la rau- 
fciique. 

IL Les M^ments arli^llqucs proctdenl de la doclrine. 

D'abord l'ideal eitprime par l'arl procede immediatemeul de 
la doctrine : Le mol ideal peut d^signer deux choses : 1<> Tid^e 
ileraeUe et parfaite qui a acrvi d'archctype a la cr6alioD des 
^lres, 2^ ridce de rarliste qui sert de typc a la cr^ation arli.^' 
lique, Or le bul supr6me de Tarl est, k La v^rit^, de reprodutre 
Tideal primilif, mais de hli il ne reproduii que rid^l form^ 
dansresprit de rarliste parla doctrine qu'i) adople, 

Cd i^econd Ucu, 1a langue artibtique procHe mediateineDf de 
ja doclrine: £n efTct, rarlemploie deuxcsp^ces <le 6)gnes: 1. 
k,'i signe» naturcls, ainsi nomm^s parce qu'il& sont empruutes 
a la nature; cc sont tes manireslations gensibles produiie^ par 
les forces agissanl sous rjidluence de I ideal, lcs realiUs aea^ 
jiibles analogues aux ideaux que Tarli^te veul c^^pfimer; ce^ 
s^ignes ^laut loujours iurerieurs ^ TideaU leur pcrCecUou eiige 
uue Iransformaliou, une id^allBation ; 2, Jes sigues avlificielsi 
ijuit comme lcur nomriudique, sonl de purcs crialioufl de 
rarti&te* 

De ce qui pr^cMe, il mli que Ja fonnalion de 1a langue ar- 
li^lique implique Irais op^raUons principales: le choiit dessignes 
nalureb, leur tranbforraation, 1a cr6alion des signes arlificiels. 
Or rideal seul peu( prSsider k ces troisacles; car ilesl ^videat 
que, pour ihoi&ir , perfecUonncr , el crcer une e^ipression, Jl 
faut po^sedcr preidablcmcnl Tideo a exprimer. 

Hl. L^idenl cbrelieu et rexpression qu'il cngendre, sonl su- 
p^rfeurs aux ^letncnts arlistiques de loulc auire doctrinei 

i">p. Lid^al chretien csl superleur ^ celui de loute aulre 
doclrine; 

En effet rartisle peul demander soa id^al : aux religions 
dihtincies du Chribllanisme ; aux philosophies puremenl hu- 
mainea; kim tai&on purill^e par le Chmlianisme, qu'on peut ap- 
peler saifie raieon ; aux dogmes cbretien^, II sera donc prouv^ 




— 333 — 

que rid^ebr^tienest sup^rieur a tout aatre^si ron montre 1. 
que Vid&sl dela saine raison surpasse celui des religions dis- 
Unctes du Ghristianisme/celui des philosophies purement hu* 
maines ; 2. qu*il le piurifie ; 3. qu'il est surpass^ par Tid^al 
chr^tien. Or ces trois ajQQnnations sont certaines. 

i^ L'id6al dela saine raison surpasse eelui des religions dis- 
tinctes du Ghristiaiusme , et celui des philosophies purement 
humaines : Gar nous avons prouv^ dans la proposition pr^c^- 

I dente que la perfection de Tid^l d^pend de la perfection de la 
doctrine. Or la sup^riorit^ de la saine raison sur la philosophie 
pnrement humaine r^sulte de ce que nous avons dit dans la 
question pr6c6dente ; la sup^riorit^ de cette mtoe vaison sur 
les religions distinctes du Ghristianisme est la cons^quence de 
Fexamen anquel nous Favons soumis dan& la premi^e ques- 
tion. Be \k suit comme cons6quence la sup^riorit^ de rid^4^ 
la saine raison sqr celui de la philosophie purement humaine 
et des religions distinctes du Ghristianisme. 

2o L*id6al de la saine raison purifie celui des religions dis- 

tincles du Ghristianisme el eeloi de la philosopbie purement 

humaine: Gar Fartiste, sous rinflueuce de Tid^l de la saine 

ralson , doit retrancher les types qui sont oppos^s aux id^es 

saines , et dans ceux qu*il conserve , les oaracl^res qui leur 

t r^pugnent. U ne peut plus admettre dans ses conceptions ces 

types et ces caract^res que comme contrastes capablesde faire 

I ressorUr son propre id^al. Par la ^videmment est puriiS6 Yi- 

deaJ des religions distinctes du Ghristianisme, et celui des phL- 

^ losophies purement humaines. - . 

^ 3« L*id^al dn dogme chr^tien est sup^rieur k celui de la 

^ saine raison : Gette proposition est la conclusion ^vidente des 

affirmations suivantes : le dogme chretien ^l^ve Hd^alde Dieu, 

, ji foumi par la raison; il cr6e Tidial de Fange, celuL de rHomme- 
Dieo; il divinise celui de rhumanitd; il multiplie cet id6al di- 

^ yin]s6, en le divisant en une multitude de types secondaires 
qui le montrent sous ses differentes (aces ; il met entre tous les 

^ id^aux pr6c6dents rharmonLe la plus parfaite. 

^ 1. Le dogme cfaretien ^I6ve le type de Dieu : Gar au dogoie 

lif de Dieu^ persomie unique, le Ghristianisme substitue le dogme 

^ de la Trinitd; or le Dieu cn Irois personnes est plus parfaitque 



i 



— 336 — 

lc Dieu perdonne aniqtte. £n efiet la Trinil^ implique la fe- 
condit^derintelligence el de laTolont^ divine; de ceileffeeon- 
dit^ suit la reproduction de la nature et des perfeclions de 
Dieu sous.des caract^res parlicaliers ; cons^quemment en Diea 
une vari6t6 de personnes qui n^altferent en rien son iinit^ et 
soninfinit^. De cetteTrinit^depersonnes infinies r^sullentdans 
la nature divine : des rapports intrins^ques personnels, partaits, 
dontrensemble constitue l*arch6type del*ordre; rapporlshi^ar- 
chiques dans la procession despersonnes divines, typeabsoki de 
toute hi^rarchie dans la cr^tion ; rapports de sabordination, 
cons^quence de la hi^rarchie, moifis cependant rimperfectioB 
qui r^ulle dela subordination dansles cr^atures, parce que les 
pcrsonnes sont ^gales ; rapperts de subordination, typeafosOla 
de ceux qui existent entre les 6tres cr^^s ; rapports de coor- 
dination, ou de tendance de chaque personne k la perfection, 
k la gloire int^rieure, au bonheur du tout, type absolu des rap- 
4 ports mutuels de coordination des cr^atures entr^elles, des 

i cr^atures vis-i-vis de Dieu ; rapports d^unit^ parfaite par n- 

I dentU^ de substance, de perfectiou, d^opdration, /ype absola 
,^ de toute union entre les cr^atures ; rapports d'igaUt6 entre les 

II personnes sous le rapport de la perfection , unis k nne ^ff^ 
'^l rence dans les propri6t6s qui caractMsent chaqne petsonn^ , 
J\ type absoln de toute comparaisoh, de toute 6galit6 , de ioute 
\ similitude, de toute diff6rence, de toute analogie enlre les in- 
s- dividualit6s et les groupes cr^^s ; rapports enfin desquels r6- 
? sulte pour Dieu une perfection, unevie, unegIoire,un bonheur 
, ■; marqu^s aux caractdres de la r^alit^ la plQs absolue. Or ii est 
;{, 6vident que toutes lesperfections que nousVenons ded^taiHer 
■^ sopposent la Trinit^, et ne peuvent convenir au Dieu solitaire 

'*■ de la raison. Ledogme chr6tlen ^l^ve donc rid6al de,Diea. 

• i^ 2. Le dogme chr^tien ajoute aux iddaux foomis par la ralson: 

1. rid^alde TAnge, id^al parfait en son gcnre, parce qu'ii 

reprodnit dans one nature purement spirituelle Timage de rdtre, 

A des perfections, des rapports et des op^rations divines, c^mme 

) nousTavons montr^aitteurs; 2. Tid^al dnChrist, dans lequd 

i Fhomme par sonunionper^nnelle avec leTerbe, esi divinise 

V dans sanature, scs facultds, ses scntiments, ses aetes, ses 

" m^riles. 



— 357 — 

3. Le dogme chrelien diviiri8& Tiddal faumain fourfii par la 
raison: Gar le Chrisl ^tant, d-apr^s la doolrine chr^tiemie, le 
chef de rhumanit^, toas les hommes unis intimement k loi, 
participant a sa yie divine, doivent reprodnire dans toute leur 
personne sa sainlet^. 

4. Le dogme chr6tien multiplierid^alhumaindivinis^: Car, 
dan» toutes les positions sociales, domestiques, politiques et 
religieuses,dans toutesles sitaalions oa le place la Providence, 
le chr^iien doit imiter Jesus^hdst. De M une multitode de 
types secondaires de saintet^ , d^riv6s du type primitif de 
rHomnae*Dieu ; au dessus de tous, celui de la Vierge, M6re de 
Dieu; ^ un rang secondaire celui de TApdtre, du Martyr, du 
Pontife, etc, le type ennnmot de toutes les formes qu'impose 
k la saintet6 la diff6rence des sexes, des positions sociales, des 
situations. 

5. Entre tous ces id^ux existe rharmonie la pUis parfaite : 
Gar Dieu, arch^type de toute beaute, est reproduit dans le 
monde ang^iique et dans le monde hamain ; J^sus-Christ, type 
divinise de rhumanit^ , est reproduit soub ses caract^res g6n6- 
mx dans le chr^tien en g6n6ral, d*ane manidre plus saillante 
ei ftous des rapports sp6ciaux dans les saints particuliets, les 

ordres relVgieux, etc. 

2*p. Le systfeme d'expression artistique engendr^ parrid^al 
ehr6(ien est n^ssairement sup6rieur a celui de toute autre 
doctrine. 

Cette sup^riorit^ doit se roanifester : par I^ nombre de ses 
signeg, par lear puret^ morale, par leur v6rit* et leur id6alitd. 
1? Par le nombre des- signes: Car 1. TaTt chr6tien [peut 
recueillir et feire servir k ses usages tous les signes de Tart 
antique qui r^unissent les conditions de v6rit6 et de puret* 
^ morale. 2. Les id6aax <&tant plus norabreux que dans toate autre 
•. doctrine, ractivit^ de Timagination doit produire uu plusgrand 
^ nombre de signes pour les exprimer. 3. L^faistoire dogmatiqiie 
du Christianisme, Thistoire eccl^iastique , les 16gendes popu- 
laires racontant une infinit^ de faits dans lesqaels ces person- 
nages id^aux sont ihtervenus, rimagination pouvant d^aillears 
dans les limites du vraisemblable varier leurs sitoations, Tart 
doitchercher pour chacun de ces faits etde ces siluations de» 



— 338 — 

expresfliotis capables de les rendre. 4< Les aioiiumeiit& de la 
lill^rature sacr^e conlieniieiit uae muUUude de symboles natu- 
rels explieitement appHqu^ ou trte-facilement appticables aux 
personnages id6aux du Ghristianisme. 5. Ces monuments met- 
tent surla voie d'une explication figur6equi nous fait entrevoir 
dans les personnages de rAncienrTestament, dansleurs actions, 
dans laloi du peuple H^breu, dansles c6r6monies de son calte, 
dans les ^v^nements de &on histoire, des symboies repr^n- 
tant les personnages, le culte, les 6v6nements dela ioi nouveile) 
des allusions k la position, anx devoirs de rhomme sur la 
terre, k ses esp^rances ^tcrneUes. 

^ Par ia puret6 morale de ses signes : Gar la puret6, la mo- 
ralit6, la gravit^ du Christianisme doit bannir k tout jamais de 
sa langue artistique toute expression ind^cente, immorale, 
I6g6re. 

3« Par la v6rit6 et rid6alit6 de ses signes : Car dans l*art, 
comme dans la science, Tid^e cherche k se cr6er une expression 
qoilui corresponde le plus exaclement possible. L'jd^ ciir^- 
tien 6lant le plus vrai , ie. plu» parfait, doit tendre, et par ses 
efforts doit parvenir k un langage qui porte rempreinte de sa 
v6rit6 et de son id^alit^. 

m* PARTIE. 

L*EXGBLLENGE ET LA SUR-EXGELLENCE DU GHRISTUNISME 9UPP0SENT UNB ORIGINI 
DIVINE IMMfiDIATE. 

Cette proposition enimplique deux autres: !<> les caract^res 
intrins^ques de la doctrine chr^tienne supposent une origine 
divine; 2o cette origine divine est imm^diate. 

Pour compreudre la diff(6rence entre ces deux propositioDS, 
il faut renuurquer qu'une doctrine peut venir de Dieu inmedia- 
tement, c^est-i-dire par voie de r6v61ation, ou mediatement^ 
c'est-4-dire par la raison. Dans la premifere proposiUon nous 
•ffirmons en g6n6ral Forigine divine du Chrisaanisme; dans la 
seconde, sa r^v^lation. 

y* Prop.— Lee caraetiruifUrinsiques supposent une origine 
divine, Cette proposilion sera prouv6e, si Ton 6lablit 1» qu'il 
exisle unereiigion divine; 2« si Fon prouve par les caracleres 



— 339 — 

d^erxeeheiice et de sur-excellence du Christianisme qu'il estcette 
religion divine. Or 
/* Jl existe une religian divine. 

Nous l'avons prouv^ pr^c^demment dans la question de la 
Religian primUive !<> parla raison, en mcmtrant que Dieu peut 
imposer aux hommes, et que de fait il leur impose n^cessaire* 
ment la pratique de certaines lois , la croyanJce de certains 
dogmes; car la religion n'est qu'un ensemble de lois dont Tob- 
servation, de dogmesdontlacroyancesontprescrites parDieu; 
2o par l'autorit^, en rappelant que cbaque peuple a admis et 
pratiqu 6 unereligion dontil attribuait Forigine k Dieu« 

A ces deux preuves nous pouvons en ajouter une troisi^e, 

d^duitede ce que nousavons dit pr^c^demment. £neffet,nous 

avons ])rouv6 qull exiaie dans rintelligence , dans le coeur et 

datis r activit6 de rhomme des besoins qui ne peuvent Hxe 

satisfaiis que par une doctrine religieuse. Donc il existe une 

religtoo divine; autrement ilfaudraitdirequeDieu, apr^sayoir 

d^pos^ dans T^me humainedes besoins imp^rieux, lui refuse 

lesmoyens d^Ies satisfaire : proposition oppos^e a la sagesse et 

^labont^ de Dieu, proposition contredite par fexp^rience qui 

uoxismontre partout dans la nature a cdt6 du bespin le moyen 

de le salisfaire. 

//. VexceUervoeet lasur-excellenee du Chriitianismeprouvent 
quHl esi cette religion divine y. dont nous venons d'6tabUr 
rexistenee. 

/'* Pr. De ce que uons avons dit il suit que la vraie rdigion 
doit satisfaire aux besoins de rintelligence, du coeur et de Tac- 
tivil^ humaine. Donc le Ghristianisme est cette religion divine, 
s'il satisfait d'une mani^re non seulemenlsuifisante, mais encore 
excellente et sur-excellente a ces li^soins, si seulil y satisfoit. 
Or ces deux propositions ont 6it prouv6es dans la these pr^ 
c^dente. 

J8« Pr. L'effet doit porter Tempreinte des qualit6s d» la 
caase ; la religion divine doit donc manifester les attributs 
divins. Le Ghristianisme est donc seul la religion divine, s'il 
exprime parfaitement, si seol parmi toules les doclrines il ex- 
prime les perfections de Dieu. Or ces deux choses sontcertaines. 
i"* U exprtm^ les> perfections de Dieu. — JEn effet dans nos 



— 340 — 

developpemenls nous avons montr6 que Dieu csi r£lre, la 
V6rit6v laBontd^ la fieaut^ absolae et infinie; qa*0 est an, 
unique, immuable, universel. Donc la doclrine chrdtiemie ev 
prime lea perfections divines, si elle manifeste ces caractferes 
d*infimt6»dev6rit^9 debont^, debeaut^, d^unit^» d'iinicit6, d^unir 
ver8alit6,d*immutabilit6, correspondantsauxattribatsde Bieo; 
or la v6rit6 de cette proposition compleiie r^olte de nos 
d^veloppements pric6dents. 

Ellemanifeste un caracl^e dHnfinitd dans ses rayst^es qoi 
sont tons ineompr^n^bles, dont la plupart sont desmanifestar 
tions de la sagesse, de la l>ont6 et dela puissance divine. 
. EUe manifeste un caractdre de vMU en eUe^mteie ei dam 
ses effets. — £n eUe-m^me : Deux pariies dans la doctnne 
chr^tienne, la parUe raUonnelle et la partie supra-raUonnelle. 
Or nous avoiismontr6 en premier lieo quesa partie raUonnelle 
est confirmte^par les premiers principes de la raison, dont on ne 
peat eontester la valeur sans iomber dans le scepUcisme. Noas 
avons montr^ en secoad lieu que la parfie sopra-rationaeiie 
possMe toutes les garanUes de v^rii6 possibles ea cetie ma- 
iidre, puisqu*eUe ne renferme aucune contradietioiiinlrifis^ae 
;et estrins^ue, et qu^elle est d^aiUeurs harmoniqae aax.\oV9 de 
Tobservation et de la raison qui sont les seuls criierium indW 
vidnels du vrai. — Dans ses^fijets: Gar nous avons proav^ 
qu*aa moyen des principes qu^elie pose, la philosophie cbr^- 
Uenne explique lesprobl^mesprincipauxsurDieu,sqr rhomme 
.'el sor lanaiore de la mani^re la plus saUsfaisanle poar rintei' 
ligence. 

EUe manifeftte un caract^rede hont^, an dle-mdme eidao» 
ses effets. -r- En elle-m^e: Car nous avons prouv6 qne ses 
lois religteuses, morales «t sociales s<mt capables de prtfdaire 
le bien de Tindividu, de la soci^t^ ; 'qa^^yies soni confimnes a 
ceUes de la conscienceproclam^sparlaraisonhamaine^lev6e 
k flon plus havt degr6 de d^veloppement. -r- IMina ses effeis- 
Gar noits^von» monlr^ rinfluence de ses lois i ami&Morer la 
condiUon de rindiviiUt, de la femiUe, der^lat el de rhumanile. 

Elle manifeste nn caradlkre de lmut4, — En ^yeH»4me : Gar 
nous avens 6tabU que Pidtol chrifeUen , que le syst^me d^ex- 
pression quMl engcndre sont plus parfaits que Tid^l el qae le 



— 541 — 

sysf^med^expressioade tontedutredoctrine. — Dansses,effeis: 
Potrr s*en conyaincre , il snffit de comparer les (Bayves pro- 
duites par Tart chr^tien avec celtes qui sont produites sous 
rinfluence de toute autre doctrine . 

£lle manifeste un caract^re d^unite', d*immuialnliU, d*uni€ite\ 

d^tmiversatite. — D^nnit^: Ifous ayons prouv^ que tout dansle 

Chrfstianisme est li6 par les rapports les plus rfgoureux: les 

affinnations dans les parties, les^parties entr*eUes, rensemble 

des partiea onle tout aubut de ladoctrine. DUmmutabilit^ ; 

Noos a^^ons dit, et Ililstotre prouve que le Ghristianisme re- 

monte k rorigine des choses, que Sion histolre ne manifeste 

ancune contradiction dans ses doctriBed profess^s aux diff6- 

renles ^poques, mais seulement un d^veloppement progres^f 

pap^ Toie de r^y^lation. D^unicit^ et d^universalit^ : Cat leChrift- 

tianisme se proelame religion uniqae, exclusive et universelle. 

2<» Le Ghristianlsme seul possMe les caract^res pr^c6dents. 

Lapreuve de;cettepropo6itionr6sulte encore de nos d^velop- 

pements ant^rieurs. Gar nous avons montr^ sommairement que 

les doctrines antlHshr^tiennes sont fausses, nuisibles, infiniment 

iuferieures au Ghristianisme sous le rapport du beau, incoh^ 

Tentes et contradictoires en elles-m^mes et dans leurs d^velop- 

pements ; qu^elles sont multiples et parliculi^res, puisque ces 

religions ^ient nationales, et que les doctrines phllosophiques 

^laienl r^serv^es aux initi^s, surtout dans leurs doctrines fon- 

damenfales. 

Observatiim. On pourrait grouper les ^l^ments des preuves 
pr^cMentes de mani^re a en faire ressorttr une d6mo&stration 
identique pour le fond aux deux premi^res, mais qui endiffi^ 
rerait quant & la forme. On pourraH dire : Dieu ^tant la Y^ril^ 
premi^re^ souree de toute v6rit^, le Ghristianisme est divin 
dans le sensde notre premi^re prqposition, s'il est vrai; or sa 
v6rit6 peut 6tre prouv^e par les ^l^ments pr^c^dents , directe- 
mentetindirectement. Directemmty i^ par saclart6,son unit6, 
son incompatibilit^ avec toute autre doctrineoppos^e, sontmi- 
versalit^ : propri6t^ qui sont les caract^res propres de la v6rit6; 
^ par sa bont^, manifest^e par la satisfoetion qu'il offre aux 
besoins religieux, moraux et sociaux de rhumanit^: car lebi«ii 
g^n^ral derhamanil^ ne peutr^sulter quc dovraiappliqudanx 



— 342 — 

tiealli» et am rapports de rhomnie, aatremenl il fottdrait dire 
qoe la Providence condait rhumanit^ aa bien par rerteor ; 9» 
par sa beant^: car le beaa n*est qae le yrai et le bien consid^r^ 
dans leurs rapports avec le sentiment. — Jndtrectem^n t,park 
fauBset^ de toutes les aatres doctrines religieuses. £n effet, si 
les autres doctrines sont feusses, donc le Ghristianisme est vrai, 
autranent i1 faudrait nicr toule v6ritd reli^euse, n^gation 
feusse, puisqu^ette est opposto aux id^es et aux seniiraents de 
rindividu etdu genre humain entier, puisqu*elle implique celle 
de la valeur des moyens individuels et sociaux de s*assurer de 
la v6rit6, et conduit par cons6quentau seeptioisme universel. 
5* Pr, Le Christianisme est divin dans le sens de notre pre- 
mitee proposition, si sa doctrineest vraie; or elle est vraie, 
et dans sa partierationneUe, etdanssa partie supra-rationnelle. 
Dans sa partie ralionnelle: nous Tavons prouv6 et les adver- 
•saires Tadmettent. 

' Dans sa partie supra^rationnelle : £n effet 1« noos avons 
6tabli , d'one mani^re tr6s-probable , rexistence de dogmes 
supra-rationnels dans la religion divine; d*utte vaamdte eer- 
taine, laconvenanceparfaite des myst^res cfar6liens, rinconve- 
nance et la fausset^ des mystfcres anti-chr^tiens: d^od rfesuUe 
me preuve au moins trfes-probable de la v6rit6 de la parUe 
supra-rationnelte du Christianisme. 2^ La beaut^ et la bont^ 
du Ghristianisme, qui sont, comme nous Tavons dit, des preuves 
desa v6rit6, r^snltent principalement, commeon peut le voirpar 
ndsd^veloppements, delapartie supra-rationneile du Chrislia- 
nisme,etenprouventpar cons^quent la v^ril6. 3« Toutes lesreli- 
gionsexistantescontiennent anepartiesupra-rationnelle; ondoit 
donc admettre Texistence des myst^res dans la vraie religion 
sous peine de rejeter la valeur du sens commun ; or, conune 
flous venons de le dire , de lous les myst^res reMgieux , les 
myst^es chr6tlens sont les seuls admissibles. 4oDans la thfese 
guivanle nous prouverons la t6v6Iation, et cons^queminent la 
div!nil6et la v^it6 de la partie supra-rationnelle du Christiah 
nisme par des preuves ind^pendantes de sa v6rit6 rationnelle. 
11« ^Top.-^L'originedivine du Christianisme estimm^iate, 
m en d*aatres termes, U Christianisme est revey. 
Nous ^tablissons cetle thfese par trois genres de preuvcs : 



— 345 — 

1a premi^re classe suppose la verit6 de ren&emble des vMtes 
.chr^tiennes prouvees pr^cedemment; la deuxi^me ■ classe ne 
^ppose que la v6ril6 de la morale admisepar tous ; la troisidme 
classe fait compl^tement abstraction de la v^rit^ du Christia- 
nisme. 

/. Pr, (qui suppose la v6rit6 de l*ensemhle ded ^^rit^s chr^- 
tiennes). 6n doitadmettre la r6^v61ation du ChristiaBisme, si on 
ne peut la rejeter sans tomber dans le faux : or cela est certain. 
"En effet 

' 1« Si le Christianisi^e n'a pas une origine divineimm^diate, 
donc il est fondamentalement fanx, puisque son dogme prin- 
cipal, celui de sa r6Y61ation est erron^ ; or nous avons prouA*^ 
sa vMt^ dans la proposition pr^c^dente. 

^ Si le Christianisme n'est point r6v61^, donc ses dogmes 
supra-rationnels sont faux ,ou d^couverts^ par la raison. Or de 
ces deux affirmations, la premi^e contreditlapropositionpr6- 
c6dente; la seconde est absurde, puisque ces dogmes 6tant 
supra-rationnels, ne peuvent 4tk*e ni d^uverts ni mtoe pron- 
v^s par la raison. 

30 Si le Christianisme n'est pas r^v^l^, donc il est dans son 
«osemble le produitdelaraisonhamaine. Orcelaest impossibje 
danB lasQpposition qu'il soit vrai. Car 1. rhistoire des religions 
anti-chrMiennes, des seetes anti-catholiques et des 6cole$ phi- 
iosopjuques montre que teutes ont aU6r6 la v^riti6 religieuse, 
ce qui prouve rimpossibilit^ morale oti elles.6taient de la con- 
server, et ^ plus forte raison de la d^couvrir* 2. Le Christia^ 
nisme suppose des connaissances trop vasteg, trop profondes 
sur Dieu, Thomme et la nature , pour qu'il soit possible de 
supposer qu'il est le produit de rintelligence humaine natu^ 
reDemenl si bom^e. 

4<> Si le Christianisrae n*est pas r4§v61^, donc il D'est qu'ui^ 
th^rie philosophique dont la valeur intrins^qne peut ^re 
contest^e. Or notis avons prottv^ qu*ane religiou divine doit 
poss^der une autorit^ sup^rieure -a teale discussion^ 

5«^ Puisqu'on suppose la v6rit6 et la divinit^ du Christianisme, 
on ne peut rejeter son origine divine imm^diate sans sootenir 
que la religion v6ritable n'est pas r6v^I6e. Or cette proposition 
contredit le sens commun , puisque tous les peuples, corarae 



— 344 — 

nous 1'avoii8 prouv6, oat admis la r6v6|[ation de leur retigioD. 

//. Pr. (qui suppose seulement la v6rit6 de la morale chre- 
tienne). i^ La morale chr6tienne cst vraie , 2^ elle ne peut 
avoir 6t6 d^couverte humainemeni ; donc elle est r6v616e ; donc 
Bon auteur J6su$-Ghrist est envo>'6 divin ; donc les dogmes 
qu*il a enseignto sont rdv^lto ; donc finalcment l^ensemble de 
la doctrine qui eomprend les dogmes et la morale de Jesus- 
Christ est r^v^l^. 

Les cons6quences de ce raisonnement ^tant ^videntes, le 
premier ant^c^dent, ou la v^rit^ de la morale chr^tienne, 
ayant 6t6 prouv^ pr6c^demment,il suffit d'6tablir le second an- 
tte6dent,c'est-&-dire rimpossibilit6 ded^couvrirhomainement 
la morale chr^tienne. Or eette proposition peut 6tre prouv^e 
de deux mani^res: 

i» L*homme, dont la conscience est pkinement di^velopp^e 
parrenseignement mori^l du Ghristianisme, tend etsouvent par- 
vientaaU6rerlapuret6desprincipesqui ront^clair^. L*homme, 
dont le d^veloppement moral 8*est op^r^ sous rinfluence de 
principes contraires a ceux du Ghristianisme, se livre, sans en 
soupQonner la malice, & des aclions oppos^es au droit naturel^ 
dont lenombreet la gravit^ croissent aproportiondekfausset^ 
de la doctrine morale qui a pr^sid^ k son 6ducation. Les fails 
pr^c^dents conduisent par eux-m^mes a conclure quelamorale 
n*est point ^crite dans. lecoeur de rhomme d*une. mani^re lisible 
naturellement et ineffa^able, que Thomme par coas^ent priv^ 
d^6du<^ation ignorerait compldtement les principes moraux. 
Done ie genre humain n'a pas pu par lui-mtoe d^couvrir une 
morale m6me imparfaite , a plus forte raison n'a-t-il point pu 
d^couvrir ia morale chr6tienne. 

^ L*homme naturellement inclin^ k T^golsme rj&pugpe k 
resprit desacrifiee; donc abandonn6 4 lui-m^me il dirigera sa 
conduite par les-principes deF^goilsme, et sera incapable d'in- 
venter la morale du sacrifice. Qr nous avons montr6 que la mo- 
rale chr^tienne repose essentieUement sur Tespritde sacrifice; 
.elle ne peutdonc avoir 6(6 d6couv.erte humainement, elleest 
donc r6v616e. 

///. Pr, (qui fait compl6tement abstraction de la v6rit6 du 
Christianisme ). Le Ghristianisme remonte au commencement 



— 345 — 

dii monde, ei s'est d^velopp^ dans le courani des si^cles. 
Notre th^se sar sa rev61ation sera donc etabHe, si nous prou- 
Yons qull a 6t6 r6v616 dans le principe» et quil s^est developp^ 
par voie de r6v61ation. Or : 

lo II a 616 r6vel6 dans le principe : Nous avons montr^ pr6- 
c^demment qu'il existe une r6v61alion primitive, contenani en 
germe les dogmes chr^tiens, specialement celui de la Rddemp- 
tion, dogme central du Ghristianisme. 

2® U 8'esl d6veiopp6 par voie der6v61ation: Autremcni son 

^volalion serait le produit de rinielligence humaine abandon- 

n6e aelle-m6me. Or on ne peui admettre ceite supposition; 

car rhistoire des religions paiennes , des h6r6sie8, des seictes 

philosopjiiques, prottve Tincoh^rence, les variations, les contra- 

diciions de iout d^veloppement docirinal op6r6 par voie pure- 

meni raiionnelle. La religion chr^tienne devraii donc , dans 

lliypolh6se qde nous combaitons, pr^senter les m^mes ca- 

raci^res, avec d'autant plus d'intensit6 que la dur^e de soa 

d^veloppement remonle au commencemeni di^ monde, que les 

personnes quiy auraienie(mlribu6 soni plus diff^rentes entr'eUes 

parlecaract^re, les maeurs, la irempe d'esprii, la position so- 

clale. Or, loin de manifesier ces d^fauts, le Ghrisiianisme pre- 

senle Vunit6 la plns parfaiie en lui-m6me ei dans ioutes les 

6poques de son hisioire consid6r6e8 isol6meni ei dans leurs 

rapporls ; sp6cialement la critique la plus s6v6re n*a pu encore 

constater la moindre opposition r^elle enire les livres sainis 

cbmpos6s cependant par environ quaranie auieurs diff^renis. 

Donc le Ghristianisme ne s'esi point d6velopp6 raiionnelieroent, 

mais par voie de r6v61ation. 

II. 

Prob. deducla ex virlule inheerenli doctrince. 

Histori&constai 1 . reKgionem Christiaoam paul6 post 
selatem Christi per universum orbem fuisse celerri- 
me diflTusam; 2<> mirabiles conversionis effectus in 
hominum moribus hujus rcligionis praedicalioncm 



— 346 — 

fuisse subseculos ; S® doctrinam Christi integram ab 
initio usque adnos fuisse conservatam in ver& sempcr- 
que firm& Ecclesi4 CathoHc^i, praedictamqu^ doctri- 
nam omnibus temporibus eosdem mirabiles saactitatis 
fructus fecisse quos pfioribus saeculis productos noti- 
mus (1). — Pbrro hsec omnia supernaturalem sappo- 
nunt virtutem doctrinse inhaerentem , ac proindi^ pro- 
bant divinam Chrislianse religionis originem. 

Et 1® celerrima diffusio religionis Cbristianae sup- 
ponit virtutem divinam...: Siquidem , omnibus cir- 
cumslantiis perpensis, nulli causae naturali adscribi 
potest tkm stupeodus effectus. Hsec enim sunt natura- 
les causse quse ordinarie alicujus doctrin^ propaga- 
tioni favere queunt, scilicet : vel ipsius doctrinae natura, 
si nemp^ doctrina sit ingenio bominumque propens/V 
nibus accommodala ; vel praedicanlium persona, videlieet 
si prsedicantes emineantscientiae aut ortus inclytlfama; 
vel circumstanlifiBy v. g. si doctrina disserainetur apud 
populos rudes et illiteratos; vel media adbibita, v. g. 
si scienlift et arle, si pofenlium auctoritatc aiit vi, si 
divitiarum aut honorum spe ad doctrinam adducantur 
populi. Praedietis causis faciUime explicalur omnium 
errorum propagatio. Chrisliana autem religio non 
solum humanis omnino caruit subsidiis, sed etiam om- 
nia ex humanis habuit quam maxime sibi contraria. 
Ipsiuspropagationi ipsa obstiiit natura doclrinae , quae 
dogmata proponebat rationi notionibusque recepiis 
valde repugnantia, quae imponebat preecepta austera, 

(1) Vid. ^Julicl, Ifist. de Velablissement du Christianisme:dc La 
Luzerne, 5« dissert. sur la ReKgion ; Duvoisin, Demonslr, Evang.y 
c. 8 j Hooeke, P. Perrone^ Balmes, etc. • 



— 347 — 

cupiditalibos omnibus beUumindicentiay quo^eultores. 
suos objictebat cominuDi caeteropum infamioe et exe- 
crationi. Obstitit persona praedicantium^ virorum nem,- 
p^ rudium , Judseorum » piscatorum ; virorum sine 
litteris^ potenti2i autdivltiis; virorum quorum una elo- 
quentia verbum crucis simpliciterexponere, una pru- 
deniia injurias patienter sustinerCy una spes temporalis 
praponenda ignominias et supplicia promittere. Obsti- 
terunt Judaorum perGdia,pbiiosophorum subtilitatesy 
rbetorum irrisiones , principum edicta , tyrannorum 
immanitateSy sacerdotum invidia, populorumque su^ 
perstitiones. Hinc t^m celerrima doctrinae Christi pro* 
pagatio divinse virtuti referenda est, nisidicatureffectum 
pr8e omnibus stupendum, levissimse omnium causde» 
innumeris majoribus ex adverso pugnantihus causis, 
esse tribuendum ; quod ipsum omni miraculo majus 
habendura est. 

^o Yirtutem eliam supematuralem doctrinse inhaef 
rentem supponuDt mirabilet conversioniseffectus qui 
doetriDaB Christianee praedicationem subsecuti sunt : Si- 
quiefem, si ex mk parteattendatursetasqu&praedicata 
estlexevangelica, omnium sand eetatum flagitiosissimay 
si attendatur in qukm infimum corruptionis ac infamiae 
gradum devenerint omnium conditionum bomines (i); 
si ex alterji parte perpendatur quam difficile sit vel 
unius hominis mores immutare, et ex flagitioso ver^ 
probum acsanctum efiicere ; manifest^ eonstabit omnes 
causas naturales valde impares esse ad explicandam 
t^m subitaitn^ universalemque mutationcm. Quod ncc 

(1. Vid inter csetera opus D. de Champagny, Tahkm du monde 
romain sous les premiers empereurs 



— 348 — 

sapicntiae praeceptis philosophi, nec legibus ei edietis 
principes unqu^m eiBcere potuerunt, id eSecit doctrina 
CSruciflxi» non tantiim in uno vel alioy non tantiini io 
puerulifl ac rudibus, non tantum in quodam terrse aa- 
guloy sed in muUitudine, sed in potcntibus ac doctiis, 
sed ubique terrarum. 

Z^ Nist adnriltatur virtus divina, minime eliam cxpli- 
cari queunt conservalio doctrinae Ghristi et ipsius 
Ecclesise stabilitas : Nulla enim humana doetrina, doc- 
trinae Ghristianse comparata, tot adulterationuni caasis 
unquam exstiiit obnoxia. Nulla unqu&m institulio aut 
societas humana, Gatholicse societali comparata, tot 
vicissitudines perpessa est, tot procellis fuit agitata. 
Attamen omncs humanae doctrinae cit6 fuerunt aduhe- 
ratae, citd nunc etiam adulterantur: sola Chrtsti doc- 
trina , licM superbae rationi bmnibusque pravis cupi- 
ditatibus adversa, illibata et integerrima permansu. 
Omnes institutiones humanae, Kcet poteniissimis auxi- 
liis fultae , continu6 corruunt aui iqKnutantur ; so\a 
Ecclesia Christiy lic^t ad intra fraudibiis haereticbrutn, 
scliismaticoruro perfidi^» ipsorum Ghristianorum igno-^ 
rantift et corruptione dilacerata, licet ad extrk barba- 
rorum incursionibus , tyrannorum saevitiis, civilium 
potestatum molitionibus impugnata, stat inconcussaet 
firma. Tandem in ist^ societate constantissim^ et per- 
severanter producti fuerunt iidem sanctiiicationis effec- 
tus quos in prioribus saeculis productos novimus» et 
qui, utprobatum est, supernaturalem produnt doctri^ 
naevirtutem. 



— uo — 

PREUVE INDIRECJE. 

L^origine imtnediatement divine de la revelation chr^liennc, 
etablie par des preuves solides et rigoureuses, possede, el avee 
dcs titres 16gitimes. Donc elle doit ^lre admise, ^ moins que 
les adversaires ne uous opposent des preuves certaines et jcott- 
vaincantes du contraire. Or les objections des adversaires sont 
sans valeur ; donc. 

Poar d^velopper completement la mineure, il faudrait e\- 
poser et r^futer, chacnne en particulier , les objections qui 
tendent djrectement a nier rorigtne divine du Ghristianisme et 
qui voudraient ainsi ne faire de la doctrine chr^tieune qu*un 
prodvit naturel de resprit humain.. Nous donnerons seulement 
ici les principaux systeraes d'attaque oppos6s par les incr6- 
dules «odernes , avec la marche a suivre pour les r^futer. 
L'expos6 de chaque objection en particulier et sa r^futatton 
sp^ciale nous conduiraient trop loin. D*aiIIeurs la r6futation 
dedetail est facile,une fois donn^s et bien compris les priu- 
cipes g6u^raux quidirigent dans la r^ponse aux difficull^, 

Les objections de rincr6du1i(6 contemporaine les plus im* . 
poTlaiites a menlionner reviennent a quatre principales ; nous 
\es exposons et refutons successivement : 

Premiire dbjection, L'esprit humaiu , cn se d6veIoppant au 
seii) dei*humauit6 d^aprte des lois n6cessaires et progressives, 
a produit naturellcment le Christianisme , aussi bieu que lcs 
autres religions; en d'autres termes, le Christiimisme est un 
r6sultat de la loi du progr6s, c*est une pbase du d6veloppement, 
humanitaire. 

Rep, L'objection des adversaires repose tout enti^re sur ce 
principc : rhumanil6, sous le rapport religieux, comme sous 
lesautres rapports, se d6veloppe sponlan6ment, d'apres des 
lois n6cessaires et d'une tnani^e progressive. Or !<> ce priii- 
cipe n'est point prouv6 ; 2« il est faux et en Iui-m6me et dans 
scs cons6quence8. 
L Le principedes adversaires ne repose sur aucune preuve : 
£n effet, ou ce principe cst pr6sent6 par les adversaires 
comme une suite, un corollaire obli^6 du panlbeisme, el sp^'» 

20 






— 5B0 — 

ciilemcnt du paiKh^isme h6g^licn ; ou il est conQu et pos^ ea 
dehors de tout panth^isme. 

Oans la premi^re hypoth^se, non seulement il est affinn^ 
aans preuves, mais de plus il participe ft toute la fansseti de 
oette doctrine impie et snbversiYe autant qu^absurde, qui d^- 
tmit Dieu, nie la personnalit^ humaine et effaee tonte dbtinG- 
tion morale entre le bien et le maL 

Dans la seconde hypoth^, les adversaires ne penvrat ^- 
blir leur principepar aucune preuve sp^ciale : ni par ranaiogie, 
ni par les instincts de rhuraanit^, ni par les faits ; ce que nous 
d^montrons : 

1« Le principe des adversaires ne pent point 8'^tablir par 
analogie. 

Et d^abord la preuve d*analogie , Mt-elte donn^e* l^gitiiBe- 
Aient, n*a jamais la valeur d*une d^monstratioa rigourease; 
elle sert seulenM^nt k montrer la convenance de tel point de 
doctrine, k Jeter un demi-jour sur ce qn'il peot avoir d'obscur 
inftriaS^quement, k conclure d'une mani^re plus ou moins pro- 
bable&sav^rit^. 

Mais nous n^accordons pas que les adversaires puissent ap- 
puyer sur Fanalogie leur th^orie du progr^s humanitaire, tefle 
qu*ils la congoivenl et que nous Tavons r^sum6e. — i. Daas 
rhumanit^, diront-ils, Findividu crott e( se d^veloppe progres- 
sivement; teHe doit 6tre aussi la loi de Thumanit^ elle-m^me. 
Or c'est la pour eux un fondement sans valeur. II est faux de 
dire qne rindividu aille toujours se perfectionnant ; il a sa 
p^riode de dj^croissance comme sa phase de developpeiment; 
son d^veloppement n*est point spoatan6,iI ne se fait pasii6ces- 
sairement. — 2. L*histoire de Tesprit humain , ajoutent-ils , 
nous mpntre dans les syst^mes de doctrine pliilosophique ou 
rdigieuse toutes les phases suecessives d'un progrfes r^gulier; 
donc on peut prouver par analogie que le progrfes humanitaire 
est uneloi n^cessaire. Or 1. il est faux que Thistoire fid61e de 
Fesprit humain nous pr^senteainsilessystfemes philosophiques 
et religieux pris dans leur ensemble en progrfes continu. 2. 
Quoiqu'un systfeme particulier de doctrine philosophiqne ou 
religieuse aurait eu toutes les phases successives d'un progrfes 
r^gnlier^ les adversaires ne peuvent pas en d^duire par ana- 



— 381 — 

iogie le progr^s humaiiitaire ; la base dHnduction est dans ce 
cas ^videmment trop ^troite pour une couclasion aussi knrge; 
le ph^om^ne remarqu6 est particulier et tient a des cireons- 
(ances sp^ciales, il serait t^m^raire d'inf6rer de \k k une loi. 

2f^ Les adversaires ne peuvent pas s*appuyer, pour prouver 
lear principe, sur les insUHCts de liiumanit^. 

L'humanit^ disent-ils, a par instinct le besoin d*un progris 

ind6&ii ; donc eile doit n6cessairement r^aliser ce progr^ et 

par ses propres forces. — £t d'abord, ce besoin de perfec- 

tionnement et de progr^s, dont parlent les adversaires , n'est 

poiat senti proprement par rhumanlt^, ^tre purement abstrait, 

mais bieu par les individus qui la constituent ; il est l^gitime 

^ dans IMndividu , en tant qu'aspiration vers sa fin telle qu*i^e 

[ est YOttlue de Dieu ; Dieu doit foumir k Thomme les tnoyens 

de le satisfaire, anssi nous a-t-il dbnn^ dans la R6v^lat)on 

chr^tienne une doctrine qui contribue sup6rieurement k la per- 

[ fectiou et au bonheur de Thomme ; mais c'est en vain que da 

cebesoin de progr^s les adversaires concluent k oa d^velop- 

pement spontanS et ne'ce$8aire dans rhumanit^. D^aillenrs eu 

pla^t leur progr^s imaginaire dans rhumanit^ en g6!i6rM, 

ils ne satisfont pas rinstinct deFindividu, qui avant toat ^ouve 

pour soi ee besoin de peifectionnement. 

^ Les adversaires ne peuvent pas prouver leur principe par 

^ lesfaits. 

^ Quand ils veulent v^rifler leur th^orie par les faits, c*est 

' (ODjours en r^tr^cissant Thistoire k leur point de vue : soit 

^ qu*ils prennent une nation partieuli^re pour toute rhamaBit6; 

soit qu*ils personnifient gratuitementrhomanit^ dans one suite 
de personnages qui n'ont pas mission de la repr^senter ; soit 
qu*ils donnent pour le mouvement inteUectuel de toute Vhxb- 
maQil& le d6veloppement particulier d'une doctrine sp6ciale. 
"^La vraie religion, il est vrai, nous offre dans ses troispha- 
ses a|iceessives, phase primitive, phase mosafque, phase chr6- 
tienne, unexemple remarquable 4e d6veloppement progres- 
sif et suivi ; mais celam^me renverse la th6orie des adversi^es 
et est inexpHcable dans leur systtoie.D^aprto euxeneffet, Thu- 
manit^ toute enti^e devrait spontan^ment progresser. Or ce 
Mosalsme qui nous pr^senle un d^veloppement^ des tradi- 



— 552 — 



i 



Vmm primJlivcfi, occupuil uiin loulc petile portion du f;lt)be; 
pi^nduiU qu1l conscr\ail puri^ tc dagme et la morale, TEgyple 
cl Ja ChalU6e devenaient ^ c6l6 dc lui le ccnlre de ridolaLne ; 
foiit te reste du monde 6lait plong^ dans rerreur et la corrup^ 
Iron. Lc Chrlstianisme, qui e&t venu developpcr ct eomple- 
tcr le MosaI«;me , n'a point et6 uu mouvement g^neral de ThU' 
manil^ ; d'aulrcs religtons sc partagenl le re^ile du glohe^ el 
Bous leur innncnGC des r^^ions immcnacs demeurenl stalion- 
mircs el ne progressent imllement, ni au point de yuc reli- 
l^ieuXf ni soui ic rapport moral et social ; le ChrislianLsme qui 
ditlerc fondcimcntalcmcnt de ces reii^ions, el dont la doctrine 
est immuablc, contritjue scul au progr^s complet des nalions 
comme de l*individu« 

En r6&um6 donc, le principe des adversaires ii^si nallemcnl 
prouv^, ni par TanaJogie, ni par lcs instincls de rhumauifer ijl 
par tes fails. 

n. Le pi incipe des advcrsaircs cst famt^ soit en lui-m^mc, 
ioit dans ses cons6quenccs. 

Ce principe suppose i^ que rhomme s'cst d^velopp^ 5pon^-r7- 
n^menL — Or les faits nous prouvcnt quc pour rindivjdu il n'y 
a potntde d^veloppement spontime ; que, sans rcducaUon,^"ms 
la parolc , les idees spiriluelles nc sont point e:icilces dan& 
Ihommc, ou dumoins n'arnvent pasen luia Telat de percep- 
lion. Cest un Tait deconscience aussi bicn quc d'expcriencc- 

2" D*apr(is ce principe, rhuraanile par ses propres forces a 
loujours dd progrefiser dans sa raarche ^ travers Ics sifecles; 
cons^quemment , sous le rapporl rcligieux d*abord, les hom- 
mes ont coramcnc6 par le fctichisme pour s^elevcr de degr^ 
cn degres jusqu^au pur Iheismc, clc; sousle rapport socialjisi 
ontd6bute par Tetat sauvagepour arrivcr par voie ascensioa- 
nelle jusqu^a la civilisation 1a plus avanc^e. — Or les faits et 
rhistoire d^mentent cclle Iheone. En effel i^ Les Cradilions 
g^n^rales de^ peuples placent au dcbut m^me dc rhistoire de 
rhomme T^ge d'or de rhumanilc , ct lc font suivre d'une d^- 
cheance commnnej universelte. % La Gen^se , ce monument 
bisloriquc lc plus rcspcctab!e ct le plus anliquc, dont lcs 
soienccs raodemcs^ a mesurc qu'elles avancent, ne font quc 
conrutneT la v^racil^ , la Cen^se nous monlre la religiiHi 



— 383 — 

decroissant et s*alt6raut progressivement au milieu des uations 
jusqu*^ la yenue de J6sus-Ghrist. Cet enseignement de la Ge- 
n^se est confirm6 par les traditions des peuples, comme nous 
ravdns montr6 au titre de la Rdigim JPrimitive ; 11 est d&- 
montr^ historiqnement dans piusieurs ouyrages des pllrs 
coDseiencieux , entr'autres celui-ci : Nouvelle Demons^lration 
Evingelique y ou La Rev^lation prouv^e par le Paganisme^i). 
Leland ^tablit dans ce c^l^bre ouvrage: que Piddl&trie et 
la coiTuption sont ali^es en progressant; que les peuples 
les plus polic6s ^taient souvent ceux dont • la religion et la 
morale ^laieni les plus corrompues ; que les philosophes n*ont 
rien pu pour arr4ter le mal. L'i&ittde dn monde Romain , 
sous lespremiers empereurs, nous montre que la sbci6t6 an- 
eienne, k F^poque od parut le Ghristianisme, pr6sentait le plus 
triste aspect au triple polnt de vue religieux, moral et s^ial, 
aussi bien qu'au pointde vue philosophiquie (2). 3. Nous avons 
sous les yeux des nations importantes formant une grande par- 
iie derhumanii^, et quidepuisdes si^lesneprogressentnulle- 
ment; c*est presquetout unmoude,la Ghine, rind^, etc.4. Les 
nations sauvages, pour qui les 6tudie, ne sont atitre ehose que 
delrisies d(&bris depeuples d^chus. L'arch6ologie du Nouveau- 
Monde a oonstai^ dans plusieurs des contr6es habit^es aujour- 
d^hui par des peuplades barbares, des traces nombreuses d^une 
an^que civilisation. Donc T^tat saavage est un 6tat de d^gra- 
dalion dans rhumanit^, et non le point de d6part de ia civiK- 
sation. 

3«D'aprfes le principe des adversaires, unereligion doit^re 
plus parfaite qu*une autre par cela m^m^ qu^elie vient 
apr^s elle dans Tordre des temps. Or, le Boudhlsme est pos- 
t^riear de beaucoup au Mosalsme; est-il plus parfait? Le 
Mahomdtisme a partt six si^cles apr^s le Ghristianisme ; Tem- 
porte-t-il sur la teligion de J6sus-Ghrist? elc. 



(4) Yoir ]es Demonsiratiom EvangeliqueSf publi^espar M. Migne; 
Tome VII. . 

(2) Voir: Tableau du JHonde Romain sous lespremiers empereurs, 
par SL !e 0»« Franz de Champagny. 



— zu — 

V Lcs adversaires [Nirlapt du d^veloppcmenl necessaire et 
sponlan^ de l'humanit6 sous le rapport religieux ^comme sous 
les. autres rapports, sont conduits logiquement k jnstifier 
toute religioD, A absoudre tout grand syst^me de doctrine; rer- 
reur n^est plus nulle part, c'est seulement une forme incom- 
pletedela v^rit^; les princtpes n'ont plus d^tmmutabilit^ et 
sont soumis k un progrto ind^fini, etc; cons^quences ^idem- 
ment inadmissibles. 

Donc, en r^sum^, le principe des adversaires non seuleraeiKt 
n*est pas prouv6, mais de plus il est faux , soit en lui-m^me, 
soit dans ses cons^quences (i). 

Detixiime objectian, Le Giristianisme n'est qu'un syncr6tisme 
habilement faitde tous lessyst^mes philosophiques etreligieux 
qui se parUgeaient le mondean temps deJ.-G.et des Apdtres; 
ce qui le prouve ^videmment, ce sont les points nombreux 
de ressemblance frappante qu'ii offre dans plusieurs de ses 
parties avec les doctrines contemporaiues. 

TroisUme ohjection, Le Ghristianisme est le ddveloppemeut 
d'un syst6me philosophique ou religieux special..(L7flcr^dii/i7d 
moderne aassign^ tour-a-tour comme originedu Oiristianisme 
la philosaphie de rinde, de TEgypte, de laPerse^lesdoclTmes 
desEss^nicns, leN6o-PIatonisme, etc. — Gomme robjectionpt^- 
c^ente, celle^ci est appuy^e sur certains points de conformit^ 
entre le Ghristianisme et tel systfeme sp6cial de philo^opbie ou 
de religion.) 

Rep, lo Le systfeme des adversaires est mal prouv^ ; 2f^ il 
est faux en lui-mSme. 
. L Le sysl^me des adversaires est mal prouv^ : 

£n df^i leur mani^re de raisonner n'est point rigoureuse ; 
de plus elle est illogique. 

l» La maniere de raisonner des adversaires n'est point ri- 
goureuse : Gar 1. la conformit^ qu'ils pretendent trouver en(r« 
le Ghristianisme et certaines doctrines de Tantiquit^ savante, 

' (1) Voir sur toute celte maliere : Riarabourg , Du Raiionalime 
ei de la Tradiiion ; M. Maret, Essai sur le Paniheisme, ch. 6 ; M. 
de Valroger^ Rludei criiiques sur le Raiionalisme eontcmporain , 
pas.si»i, etc. 



— 3SB — 

cst toDJCHirs exag^r^e par eux; les dogmcs chretiens pr6^en- 
tent souvent une diff^rence profonde etradicale avec les poiiits 
anciens de doctrine qu'on voudrait rapprocher d'eux, Nous le 
montrerons dans la suite de cet ouvrage pour le dogme de k 
Trinit^ en particulier ; des auteurs contemporains qiie nous ti^ 
terons plusbas, leddmontrentsolEdementpourplusieors points 
object^s. 2. Admtt-on cette conformit6, et mSme au degr6 r6- 
clam^ par les adversaires, la cohclusion qults en tirent n'est 
point rigoureuse. Pour qu^elle le fikt, il faudrait qu'6videmment 
on ne ptit expliquer la conformite en question quVn supposant 
le Ghristianisme d6riv^ de ces doctrines. Or elle peut tr6s-foien 
s'expliquer autrement ; le Ghristianisme est un d^veloppement 
diviB de la r6v6Ia(ion primitive ; il nous presente conserv^es et 
d6velopp6es toutes les v6rites primordiales dont Dieu ^claira 
rorigine du monde (cela r^sulte de th^ses pr6c6demment prou- 
v6es). Cette r6v61ation primitive s'est maintenue plus ou moins 
alt6r6e chez les nations paiennes , et c'est elle qui a servide 
foase aux travaux des philosophes. II est donc naturel et 
raisonnafole d'admettre que la r6v61ation chr6tienne doit pr6- 
senter d'une manifere elaire et d6velox>p6e certains points pri- 
moTdiaux qni apparaissent dans les fausses religionsetles sys- 
t^mes phUosophiques de Tantiquit^. L^ oti Ton trouve une 
conformit^ frappante avec le Ghristianisme , le dogme primitif 
a ^l^ tiddlement conserve ; la oCi la conformit^ est ind^cise et 
partielle, il y a en conservation moins fid^le, alt^ration. 

2» La mani^re de raisonner des adversaires est illogique: IIs 
reulentquela doctrine chr6tienne, od Ton trouve tant d*unit6 
et un si rigoureux enchainement, qui forme un tout si harmo- 
nique et si complet, soit emprunt^e a des syst^mes contradic^ 
toires; et cela, k eause d'une certdine conformit6 que pr^sen- 
tent avec elle quelques points peu nomforeux de ces syst^mes, 
souvent ofoscors, isol^s , sans lien logique avec le reste de la 
doctrine. Or cette mani^re de raisonnerest^videmment iUogi- 
que. Giir en partantde ces donn^es on est au conlraire tout na- 
tarellement ccmduit k supposer que les doctrines primitive et 
mosaique, od la pkipart des points sur lesquels se fonde Tofo- 
jcction se troovent reunis en un seul corps, sont la source a la*- 
qiielle ont puis6 les fausses religions et les syst6mes de philo- 



^ 



— 556 — 

fiophie. D'afHeurs rhistoire primitive dee peuples ei rhisloise 
du peuple Juif dans ses rapports avec les nations fovoriseia 
cette explication, elles la fovorisent autant et plus qii^eUes ne 
fevorisent celle des adversaires; et c*est ce qne doivent an 
moins avouer cem-ci, s*ilsne veulent pM reconnaltre qu'elles 
la conflrmenl rigoureusement. 

II. Le syst^me des adversares est faux en lui-m^me : 

En effetyou les adversaires pr^tendent quela doctrine chri- 
tienne est due aux travaux inteUectuels de J.-G. et des Apd- 
tres qui, empruntant les id^es de leur temps, les auraient fon- 
dues ensemble, d^velopptes et complM^es ; ou bien ils soii- 
tiennent que le dogme s*est form^ soccessivement apr^s les 
Ap6tres, pendant les trois premiers si^cles. Or ces deux hy- 
pothfeses sont 6galement fausses et inadmissibles. 

1« La premi^re hypotii^e est fausse. Gar 1. U est consUnt 
par la vie du Sauveur et sa mani^re d*enseigner, conmie Hassi 
par la vie et la mani^red'enseigner des Ap6tres, que la doclrine 
chr6lienne n'a pas^t6 une 61ucubration pfailosophique d^apr^ies 
sysl6mes du temps. 2. A leur ^poque, lapfaUosophje et les re- 
Ugions palennes ^taient tomb^s & uoLtel point de d^gradation, 
que la conception d'un corps de doctrine aussi partaii (pift \e 
Ghrislianisme serait inexplicable humainement. 3. Les ^\ea 
philosopfaiques contemporaines et les iausses religions, lom de 
reconnaitre leurs principes dans ceux de la nouveUe doctrine^ 
ont trouv^ entre ceux-ci et les leurs une opposition telle, que 
d^s rorigine et pendant trois sifedes le Gfaristianisme a 6td de 
leur part Fobjetde la faaine la plus implaeable et des pers^ca- 
tions les plus crueUes. 

2o La seconde faypotfa^se est^galement feusse , en d^autres 
termes,le Gfaristianlsme ne 8'estpasform6 successivement penr 
dant les trois premiers si^cles de rEglise* £n effet 1. Uest cons- 
tant que tons Les dogmes sur lesquels raisonnent nos adveiv 
saires sont contenus d6j4 dans TEcriture, dont nous avons 
pronv6raatorit6, et dans la Tradition de la primitiYe Eg^se; 
la formule dogmatique seule a ^ih ^bor^e, maia rien de 
substantiel n*est venu s*iyoater aux dogmes dans la suite des 
temps. 2. La constitution fai6rarchique de TEglise , ses senti- 
ments de r^pulsion pour la pfailosopfaie paienne, son attache- 



— 3S7 — 

ment si profond a la doctrine Apostolique, lout ddmontre ^u^ 
cette formation successive du Ghristianisme par addition et. 
transformation, par mixtion avec les doctrines philosopMques 
n*aurait pas pu avoir lieu (1). 

Quatrieme objectim» La morale £vang61ique, em partiealier, 
a e(6 emprunt^e au Stoieisme ; ses rapports de conformit^ avec 
la doctrine stoicienne telle que nousi la repr6seuteni les 6cri- 
vains et les philosophes contemporains de J^sus-Ghrist ^ et 
spdcialement S6n^que, en font sufiisamment foi. 

Rep. l^ Les poinls de morale stoicienne qui ont une con- 
formit^ avec la morale chr^Uenne sont peunombreux; et ceux- 
la mdme pr^senient des difTgrences essentielles ei profOBdes. 
Donc \a conclusion des adversaires est sahs fondement. 

2» Les adversaires , pour 6tablir la eonformit^ sur laquelle 

ils s'appaient, puisent la morale stoicienne , non dans les au- 

teurs ant6rieurs k J^sns-Ghrist, mais dans S6n^que , qui vivait 

a Kome pendant que St-Paul y pr^chaii dans les fers et que le 

Christianisme faisaitdes conqu^tes jusque dans la maison desGi^ 

sars ; dans Epict^te et Marc-Aur61e, qui vinrent encore apr^s, 

a une 6poqae oCi le Ghristianisme ei sa morale ^taient parfai- 

lemeut connus etcommen^ient m6me a p^n^trer dans la con- 

scieace publique. Or, dirons-nous aux adversaires avec plu- 

sieurs autears c616bre$ de notre temps ei des autres si^cles 

chr^dens: Ge Stoicisme que vous nous opposez, non seulemeni 

ia Religjou chretienne ne lui a pas emprunt^ ses principales 

id^es morales , mm Iui-m6me doii a rinfluence du Ghrialia* 

nisme sa sup6riorit6 morale sur Tancien Stoicisme et sur les 

autres philosophies. Gar d'abord la morale 6vang61ique, 6tant 

parfaitement conforme au dogme chr^tien ei en d6conlani na- 

turellement, il esi logique de liii donner la m6me origine qu'au 

dogme. Or le dogme chr^iien esi roppos6 de la m6taphysique 

sto7cieane. Ensuite il seraii facile de raontrer direciemeni avec 

le secours d'6crivains de notre dge, que la sup6riorit6 de 

(1) Voir pour la refutatlon de cette objection : M. Tabbe Gbassay, 
Le Chrisl etVEvangile. Histoire critique des syslemes rationaliiles 
contemporains sur les oHgines de la Rev^kxtion chrelienne , hsi 
France. 



— 558 — 

morale praliqueda Nto^Stoicisme est due priiidpalemeniaViii- 
fluence du ChristiaDisme. Pour cela on prouverait successive- 
ment que le N^o-Stolctsme n'a pu puiser cette 8up6rieni6 dans 
les id6es dominantes du sifecle oCi il parut , non plus que dans 
la philosophie de cette 6poque; qn'il a pu tr^s-facilement 
8'inspirer du Christianisme ; que de fait le Ghristianisme Ini a 
fiiit sentir son inauence (i). 

Plusieurs des r^ponses apport^es aux deux objections pr^- 
cidentes 8*appliqaent ^galemeni 4 cello-ci^ Le lecleor y snp- 
pliera focilment. 

Riponse generaU mx quatre objectioMi Les raisons desad- 
versaires eussent-elles de la vaLeur (et nous avons prov^ le 
contraire), ^Ues ^tabliraient uniquemeni que le GhrisiiaDisme 
aurait pu absolument 6lre produit parTesprit humaiD,sansrin- 
iervention imm^iate de Dieu. Or, qu'il ait pu ou non ^ire in- 
veni^ par Tesprit humain, nous avons prouv^ rigoureuseffient, 
par des arguments ind^pendants de cettequestiondepossibilit^ 
absolue, que defiait la doctrine chr^tienne est onedocirine r^- 
T616e, que rorigine du Ghristianisme estimmifediatemeiil divJne. 
Donc, 4 tous ^gards, lesobjections des adversaireff n'ouipasde 
foree conire notre th^se. Donc il faut admettre rorigine imm&* 
diatement divine de la Religion chr6tienne. 

PROPOSITIO IV. 

PRJfiTEB TRES RSttGIONBS PRiECmTiS, MUIXA FOrr DIVINITU9 
RfiVELATA. 

Siquidem^ prseier reHgioa^s preeciiataSy omnes alise 
sunl: vcl Paganismus, vel Judaismus, vel Mafaumetis- 
mus. Porro ex supri diclis, in /. Proh.intrinsec&^ 
constai istas dpctrinas non fuisse divinitus revelatas ac 

(i) Voir sur le Christianisme et le Stoicisme : MM. Troplong, /n- 
fiuence du Chrisiianisme surla Ligislatiim; le G^» de Ghampagny, 
Tableau du monde Romain sous les premiers empereurs, liv. IV ; 
Chassay^ ouvrage citd, ch. 3, art. ^, etc. 



— 389 — 

non posse divinam sibi vindicare originem. Contradi- 
cunt enim qxxokd plura religioni eerl6 revelatse, plura- 
queapud eas reperiuntur falsa et sanse ralioni mani- 
fesie repugnantia. 

PROPOSITIO V. 

NULLA Df FUTITBUH RBVELANDA EST. 

Dixit enim Gbristus Apostolis suis^ Malth. 24, 14: 
c Prcedicabitur hoc Evangelium regni in universo or- 
be.^ . et tunc veniet consummatio. » Et, post resurrec- 
tionem, eos mittens, Matth. 28, 19: « Docete^ inquit, 
omnes gentes.^. Et ecceego vobiscum sum omnibus die- 
bus^, usque ad consummationem soeculi, » Und^ Chris- 
tiana doctrina omnibus temporibus et locis, universas 
creaturae, usque ad consummationem saeculi praedi- 
candaest; ergo. 



II» PARS I*^ QUiEST. 

VTBUM RKVELATIONES PEACrTATJS CONTINEANTUE IN SCEIPTUEA 
BT TRADITIONE? 

Resp. Reveiatio Primitiva fuit ante Moysen persolam 
traditionem transmlssa. Revelatio Mosaica conlinebatur 
in Scriptur^ V. Testamenti et in Traditione judaicft. 
Revelatio Ghristiana continetur in Scriptur^ tum V. tum 
N. Testamenti^ et in Traditione ehristianli. 

Antequam singulas probemus responsionis partes, 
quaedam preemittenda sunt 1 . de natura et divisione 
Traditionis, 2. de natur(^ ct divisionc Scripturae. 



— 360 — 
PRiEMlTTENDA. 

ARTICULUS I. 
Dc Baturft cc «IviftoM TrattUonlt. 

Ilaac vox traditio po(est accipi in duplici sensu. 

Late sumpta designat : communicationem alicujus ve- 
ritalis aut instittttionis ab uno alteri factam. In lioc 
sensu inteIiecta,vox (ra£<t7to pariter congruit Tradicioni 
proprid dicts, et Scripturse sacrae, quae ipsa est Irans- 
missio doctrinsB divinae per scripturani inspiratam. 

Stricti sumpta designat : notitiam sacram , seu ad 
religionem pertinentem, transmissam permedium dis- 
tinctum a Scripturd divinitiis inspiratd. — Dicimus 
mediuoi dislinctum a Scriptur^ divinitiis inspiratd; 
non autem distincturp ab omni scriptur^. Siquidem 
traditio, qualis communiter accipitur, non est necessa- 
ri6 et omni tempore oralis; sed primitus vivi voee ab 
auctore proposita, ac successiv^ quasidc aure in aureiu 
ad posteros perducta, decursu temporis in nionumen- 
tis scriptis consignata aliquando servatur. — Diversis 
autera mediis transmiiluntur tradiiiones sacrae. Sub 
lege naturae, sola media cognitaerant : traditio oralis (1), 
cseremonise cuUus, fors5n quaDdam monunienta. Sub 
lege Mosaica, eadem crant media , quibus addi queunt 



(1) Vox traditio indiscriminatim usurpatur, sive ad designandam 
ipsam rem traditam, ut iu ilfis Apostoli 2 ad Thessal. 2, 14; « tenete 
traditiones.,.^; sive ad designandum mediumquo res traditur, trans- 
mittitur, ut in istis Conc. Trid. docenUs, Sess. 4 io decret. de Can. 
Script. « omnem salularem veritcUem et disciplinam contineri in 
libris scriptis et sine scripto iraditionibus,,.^> Tunc sensus deter- 
ininandtts est ex contextu. 



361 — 



qu«dam scripta. Sub lege,€h«stia«a, b«c meiksaat' 
traditio oraJis ecclesiarum particularkim ; seripta Pa' 
trum,Doctonim ct tbeologorum; wta Concib'oruih ' 
sive geBcralium, sive pa«iouJarium; liturgiae, aue 
cultAs ac praecipu^sacrificii et sacramentonim c*re 
monias eippnunt,; bistorise ecclesiastic«,'acta martv- 

r«m ; diveraa etiflto monamenta , V. g. inscriptiones 
pictBrse, aedes toerae, sculpiilia, numismata , «te 

2» Tra^tio vari6 dividitur, proiilconstderaiur sub 

Mtipaeobjeelt.dwmar mdogmatkm, momlem 
dvic^lttmrem,^toui res tradita peftinctad fidem, more» 
aut disciplinam. , 

Ratione onj,mi»;^ividitUT' in rf,t;i«am iSLhumanam 

Tk °?^^'r * ^^' sive immediald. sive mediati, v^ 

abhominibus. -Sub l^e CbristianA, traditiones hu- 

«tfao«diVidtotur ii, apomUeaSi qu« fueruntpropositae 

^b Apostolis, nonquidemSpiritu.S. dictante l&quenti- 

bus; et maicr* ecek»ia9tifiai, quae sive ab Ecelesidrum. 

prassiAftus, sive ipsis consentleniibus k ftdelibu^ intro- 

duct» fuerunt. -^ Apud auctores, traditio divina ali- 

quaodfr dicitur aponlolica m divino-apostoliea , quia 

atnpso Christo prolata, per Apostolps ftiii transmi^, 

«ui quui«missafuit ab ijMts Ap,08toli9.Spiritu S. dictante 

toqueiDtibus. 

,ARTICDtUS U. 
: . »» BMv* M lUvigipiie «erittnine. 

i» Scripturasiicra definiri pptest: coMectio librorum 
<livinit6s iftspiratorom, q«os ut taks recepit auetoritas 



21 



I 



I 



— 3G2 — 

competens, id est, apud Judaeos SjrDagoga, apad Ghris' 
iianos Ecclesia Gatholica. 

In sensu sirioto, Scriptura sacra est: Verbum Dei, 
ipso aSIante scriptum et cootentum in libris qut dicun* 
Uiraacri. 

Explic, — Dicimus : « verbumDei ipso affianie Bcrip- 
tum. » In qtwnam autem sensu Scriptura sacra dici pos- 
sit verbum Dei^ ipso afflantescriptumf 

De ilU quaestione diveraee inter Catholicos adsQni 
controversifla^quarum exposiltonem et discussionem re^ 
mittimus ad Hermeneuticam sacram (1). Gominuniori 
theologorum sententiaa inhaerentes » sequentia tantiim 
notabimus. 

Deus triplici modo scriptoris aacri mentem afficere 
potesti viddicet: assistentid, inspiratione, revelattone. 
Assistentia speciale est Spiritfts S. auxilium, guo 6t ut 
auctor nultumy sive io rebus scribendiSy sifi? in modo 
«cribendi» defectum aut errorem commiUere (\uea\. 
Inspiratioesi interior quidam molus, quo Deus scrip- 
forem impellit ad scfibendum et ipsi suggerit deleetuni 
eorum quae vult ut ab eo scribantur. Revelatio inspi- 
ralioni isuperaddit rei ante^ igoolse manifestationem 
divinitus factam. Quo posito» 

Besp, UtScriptura dici possitverbum Dei, ipso afflante 
ficriptum, requiritur et suiBcit ut Deus auctores sacros 



(i) Vid. fusitis: Curs. complet. Script. S. ^ D. BGgne edit. T. IV. 
De AuetoTitate Scriptnrm S. cap. 3; Tbeol. WHrceburg. De ScNpt, 
sacrdy T. I, disp. i> c.I , art. 3; Bible de Vence, Ducours prelimi- 
naire sur la diviniiiU $s mintes Ecriiures ; Janssims, Bermeneut* 
sacr^ C.3; D.Glaire>f)iC H^yciion aux livres 4eirA. etduN. Teit,^ 
T. I,c.3; etc. 



— 363 — 

impulerit ad scriben<jlui|>; eis speeialilar suggesserit res, 
seu sententias et veritates scriptis eonsignandas, auxi- 
lioque spceiali eos direxerit ne inter scribendum erra- 
rent. 

Proindd 1 . hon sufBcit ut libros, postqu^m humano 

spiritu fuerint scrrpti, Deus approbav^rit. 9. Non suffi- 

cit ut Spiritus S. auctores saeros inter scribendum di- 

rexerit ne defectus commrtterent. 3. Non requiritur ut 

revelatione propri^ dictft Deus auetoribus sacris mant^ 

festayeritea quaeper media ordinaria cognoscere pote- 

rantyid est, quaa velocuIisTiderant, vel exalienis scrip- 

lis didicerant. Revelatio propri^ dicta soliimmodd nece&-. 

saria fuit quo&d veritates quaruih auctores non pote- 

rantnotitiam habere per inedia humana, v. g. quokd 

prophetias, mysteria, dogmata^ quss nondum fueranl 

revelata. 4. Non requiritur ut Deus singula verba et 

styVi modum speciaiiter suggesserit. 

^ Scriptura saera in duas partes dividitur» scilicet» 
\etus el Novum Testamentum. Prius comprehendit 
offlnes libros divinitjis inspiratos ante Ghristum ; pos^ 
teriusautem complectitur librosqui post resurrectionem 
Cbristi fueruntscripti. 

Canoniei dicunlur libri, quos auctoritas competens 
divinitus inspiralos declaravit, ideoque inseruit in ca- 
noDc, seu eatalogo Scripturaruin. 

Adsuotetiam alise divisiones librorum sacrorum ra- 
tione auctoritatis aut materiae. Sed de his tacemus, quee 
ad CursusScripturseS. polius quam ad nostrum scopum 
pertinent. — Quibus positis, 



— 366 — 

iies nuiic eKponemus , argumenfum indirectafn remk- 
lentes ubi de iibris N. T. agetur. 

Prob. L Libri \. T., ut supr^ probavimus » babenl 
auctoriiatem bisUHrieam eertam. Porro plures horuRi 
librorum auctores testantur se jussu Dei scrtbere. Sio, 
in Exod. 17, 14: « Dixit (hminus' ad Moysen: Seribe 
hoc ob fnonimentum in libro^ » Yid.etiam Deuter. 31, 
19. Narrat Isaias, 8, 1 : « Dixil Dominusy adme: su- 
me libi Ubrum grandem, et scribe in eo. • ti, c^ 30, 8: 
€ Scribe ei super buxum , et in libro diUgenter exara 
iUud. > Similiter ad leremiam, 30, % dick Dorainus : 
c Scribe tibi omnia verba qua locutm sum adte in 0- 
bro. » Ad Ezechielem , 24, 1» factum est verbuRi Do- 
mini : ^Scribe tibi nomen diei hujus.El dices: haee dicii 
Dominus. » Eadem leguntur e* 43, ll^ apad hunc 
Pfophetam , et apud Habacuc ,3.3. ToturB Ubrum 
suum it^ scripsisse innuit Daniel, 12, 4. Ergo» cum 
jussus inspirationem probet, concludendum esisaUem 
quasdam YrT. partes fuisse Deo* insgirante seriplas. 

Equidem allata testimonta quasdam tantum speetant 
y. T. partes. Ea autem quae de quibusdaiii parlibuii^ 
dicuntur ad omnes extendi debere eoncluditur ex cons- 
lanti Synagogaa et Jiidaeorom persuasione eirca divi- 
nam inspirationem omnium libronim qu% m «anone 
4U0 fuerant insertiv 

Prbb*U. ludaeos seinper tenuisse prp sacrisiet di- 
vinis omnes libros in suo canone receplos ^oqueQtibus 
^onstat^lo Hulhinvunqukm discrimen librorum s3Uo- 
rum admisemnt, omnesqiie pari veneratione prose- 
cuti sunt, ut patet ex I. Machab. 12^ 9, ubi Jonatha& 
dicUse solatio habere mnctosMbtoiy qui sunt in ma- 



i 



— 3^7 — 

nibus HQSiris. 3<^ Chrisius ei Apostoli io s^ cum Judaeis 
argumenteodi ratioae ^enoper supponunt ut legitioiam 
hane Judteorum fidem de divin^ Itbrorum suorum 
insptratione^ 3^ De ili& universali persua&ione gentis 
sttse teMatur Josephusy in lib. 1 contr. Appion. Agens 
eoim de libris bi&tairieis Jud^ortHn^ ait : « eos nonnisi 
d prepbeiis scriptos esBe, quivetustissima facta ex di* 
vmd revelutione ^ s%i veri^ lemporis acta sineeritate 
summd seripserunt. » Dein subjungit c« Apud nos ne^ 
quoiqiidminnumerabUisM librorwn multitudo dissen- 
tieniium oAque inter se pugnantium : sedduo dunfami 
et viginti liiri, totius prixteriLitemporishistoriamcom'^ 
pkctentiBs, qni meritd creduntur divini. , . Quantd porro 
veneraiione libros nostros prosequamur, reipsd appa- 
ret. Cumenim tot smaula efftuap&rint^ nemo adkuc nec 
adjteere quidquam iUis, necdemerej nee commutare aw- 
8usfuit;sedomnibusnobisstatimabipsonascendi ex- 
ordio hQcinsitum et innatum est^ Deiut hoec esse prw- 
cepta eredamusy iisdemque constanter adha^escamus^ 
et earum causd, si opus fuerit, Hbenti$stmd mortem 
perferamm^ » Haud minus clara et expliciia referri 
possent testimonia ex Philone, j^udaico scriptore , de- 
sumpta. 4<^Tandem diversa loc^ utriQsque Talmudis, 
diversaqqe Rabbinorum testimonia indubt^ probant 
divinam inspirationem totiusScripturae Judaeorumfuis- 
se apud eos ariiculum fidei fundamenialem» 

Prjob.UI. JltateChrisii» Judeei prosacris eidivinitus 
inspiraiis ienebant amnes lihros in suo canone recep- 
ioSvPorro, nedum Christus et Apostolicommunem hane 
Ju(}^aruH^ fid^m infieiari atteniaverint^, eam econira 
dlctis eiargumentandi raiioneeonfirmarunt. SaBpissim^ 



— 368 — 

Cliristus, atl probonilann divlnam missidnem suam, re- 
vocat ad Scripturas io genere, quales in* noaAibQs Ju- 
(teorum versabantur. Sic, apud Joan. 5, 39 : « Scru- 
iamini icriptttrag^ quia vosputatis in ipsisviiam wter- 
nam habere : et illw sunt quce testimomum perhibent 
de me. » Frequenter Scriptararum tesiinK>niis dicta 
sua confirmat; v. g. apud.Ma(tb.99, 43: « Quamodo 
ergo tkmd in spiritu voeai etm Dominum , dicens: 
Dixit Dominus Domino ineo... » (1). Loquens de tot4 
Scriptur^, eiplicit^ testatur, Matlh. 5, 1& •loia unum, 
aut unus apex non prceteribit d lege , donec onmia 
fiant.* Et, apnd Joann <0, 35 : « NmpotestsolviScrip' 
tura.» Yid. etiam Luc.' 16,17. — Exemplo Domini, ip- 
sitts Apostoli ScrJpturariHn testimoniasaBpitisusurpant. 
Sic, Act. 1, 16: « Oporiet^ ait Petrus, impleri Scrip- 
iuram, quam prasdixit SpiritusS* per os David...» (2). 
D. Paulus Scripturas in genere vocat sancias^ eloquia 
£)ei (3). In ep. ad Hebr. 3, 7, referens verba Psalmia- 
tsB; his praemit^it: *Sicui dicit Spiriiu» ^anctus.^^T^iX' 
4em in2 ad Tim. 5, 15, explrcitd docet : omnem Scrip- 
turam esse diviniti^ inspiratam (i). Idem coneludi 

(1) Yid. Matth. H, 13; i5, 5t6; t»,2-6; 26, 54, M«€. 7, »-15. 
Luc. 18, 31 ; 24, 27 ; 24, 44-46. Joaii. 10, 34-36. 

(2) Vid. etiam Act. 3, 18-23; 28, 23-23. Jacob -1, 10-12; 2, 1-4, 
otc. Jiid. 1, 11-16. Etc. 

(3) Rom, 1,2; 3,2. 

(4) In vuigata Tersione l^itar : n Omnis sertpfwra divinitw ins- 
pirata utilis esi ad docendum..^ In textu autem graeco fertur : 
« Omnis scriplura divinilus inspirata et utilis (subaudito verbo 
esl) ad docendum...^ Text^ graeco conseiJUuBl antiqua \u1gata el 
versiones orientales. Huncaltund^ textumin nostro sensu intetiigvnt 
SS. Patres.— Apostobim in ho< texlu loq^ii de toia SQriptur& V. T. 



^ S6Q — 

potedt ex iatw Potri, 2-^p. i, 20 : f Qmnis praphetia 
Seripttifw proprid interpretatione non fit: non mini 
voluntaiekwnanu^ll^taeHaliquanclq Prophetia^ sed 
Spiritu samQio- inspirante loeuii svnt saneli Deihomi^ 
nes^ » Ergo* 

Obj, Ex isiia, aiui>t ratiQnaU&t^, inioim& seqaitur 
Ghristui».^^t Apastolos esiyidein Scriptaris ori^inem et 
auctoritatem tribuijsse quain ipsis attribuit Synagoga. 
Argumenta qu8& Ghristus et Apostoli desumebant & 

, Scripturis, earum supponentes divinam inspirationem » 

fortasse nihil aliud erant quson argum^nta (u^Aommcm. 

^ Jtesp. l"" Gratuila est adversariorum a^sertio. Siqui- 

dem non proHtur Gbristum et Apostolos in sulicum Jur 

^ dseis ag^di ratione hanc aidhibuisse argumentationis 

^ Cormanct. S^ Falsa est. Siquidem i&ta hypothesis con- 

tradicit eharacteri Salvatoris ct Apostolorum. Gbristus 
enim testimonia. ScFipturarum usurpavit, non solum 
corkm Judseis, sed etiam coramdiscipulis suis^quandd 

^ futuros doctrijise su^ praedicatores edocebat. Apostoli 

^ Scripturarum auctoritate praedicationem suam confir- 

' niarunt, non solum cor^m Judseis, sed ettam coram^ 

gentibus. Proinde , si Gbristus et Apostoli de divin& 

.1 Scripturarum origine non fuissent inierius convicti» 

cum nullo modo appareat eos argumentatione ad ho- 

' minem usos fuisse» Gbristus Apostolos suos dece- 

pisset, Christus et Apostpli Judaeos in falsa opinione 

. eoofirm^ssent , pmn^sque Christianps in e&dem fals^ 

^" ^ noa.de qul9u;umque scriptur& in genere, con<jludJtur ex avaece- 

^ denUbus verbis: « Quia ab infantiA sa€ra$ liUeras nostiy qua (e 



leS 



possurH inslrueread salut€m»y> 



— 370 — 

persoasione aiictoritatesu^traxissetit. Quod repugnat. 
Prob. IV. Di^vina iuspiratio librorum V. T. proto- 
canonicorum simul et deutero^sanoDicorum probatur 
etiam TraditioneetauctoritateEeclesiseCathoricae. Sed, 
cum isteeprobationes communes sint ad propugnandam 
Scripturae utriusque Testamenti divinwi inspiratioiiemy 
earum expositionem omitlimus in loco praesenli. 

il.Revelatlo ■oMlca eoBttii«k«tar ettam ln Trodlttoiie JMaieA. 

Prob. I. Judseis nota fu^re : dtvina librorum V. T. 
inspiralio, remedium peecati originalis in gratiam fe- 
minarum, et masculorum qut ante octavum k nativi* 
tate diem moriebantur, etc. Porro prsedictas vcritates 
non eognoscebant Scriptur^ sacr^ , quse de illis tacet; 
ergo per Traditionem harum notitiam habebant. Ergo 
apud Judseos erant Traditiones sacrse. 

/Vo6. //. Deuter. 32, 7 : « Memenio dierum an(i' 
quormny cogita gener€Uiones singulas : interroga pa- 
(rem (uum el annunliabit /ffci, tnajores tuos e( diceni 
tibi, » A Moyse , nomine Dei, jubentur filii b patribus 
discere rairabiiia quae fecit Dominus ih iUis; ergo apud 
Judaeos Traditio medium erat ad transmittendas veri- 
tates revelatas. Idem concluditur ex illis Job. 8, 8: 
•Interroga generationem prisdnamy e( dHigen(er inves- 
(iga pa(rummemoriam.9 Ei Ps. 23, 1 : « Deus duribus 
nostris audivimus, pa(res nm(ri aimundaverunt no- 
iis, » EtPs. 77, 3-: « Quantaaudivimuse( eognovimus 
ea : et patres nostri narraverunt nobis. Non sunt oc- 
mltata d filiis eorum^ in generationeattcrd: narrantes 
laudes Domini, et virtules ejus , et mirabilia ejns quce 
fecit, » 



^ 



- 571 -^ 

A-o6. ///. Ex losepho, Anliq- jud. lib. 15, c. lO; 
Pfaarissei popaiom docebant doctrinam religiosam, quae 
in tege script^ non continebatur, sed quse ad eos per* 
Venerat per traditionem confinuam k majortbus oriun:'* 
dam. Judeeos semper admisisse, prseter legem scrip- 
tam, 7^^6m ora/m^ cohstat etiam multts Talmudistarum 
testimoniis (1). 

Prob, IV. Plures Ecclesise Patres, inter quos S. Hi- 
]arius(2), docent Judseos prdster Scripturam sacrain. 
Traditiones divinas habulsse. 

PROPOSITIO m. 

UYBI.ATIO CaBISTUNA GOMTINBTUR IN SCRIPTUBIS T. BT N. T.,^ 
8IMUL ET IN TaABmONE. 

Quse propositio triplicem comprehendit seorsHn pro^ 
bandamr 

1. coDttnetor lii flcrlydiria V. T^ 

Ex mk enim parte,per praedicationem novae reiigio- 
nis Ghristus non abrogavit legem Mosaicam quoiid dog- 
mata et prsecepta moralia ; sed tantfim eam perfecit et 
complevit, ita ut, si dicere fas est, Religio Christiana 
nihil aliud est quam evolutio prsecedentium revelatio- 
num per novam revelationem facta. Ex alter^ parte, 
Iranslato Testamento, minime soluta est auctoritas Scri- 
pturse V. T. 

(1) De tradiiioDe apud Judaeos \ld. opus D. Dracb, Harmanie 
enlre VEglise et la Synagogite. T. I, pag. 125 el seq. 

(2) S. Hilar. Tract. in 11 Ps. 



— 57^ — 

II. coottnetar to (icrlptiirto n. if. 

Observ. Ex sol^ auctoritate historic4 librorum N. T^ 
deduci potest probatio propositioois nostrse, eodem rar 
tiQcinio superius adhibito ubi de Scriplurd V, T. Chri- 
stus enim, ut superius probatum est, fuit ver^ &Deo 
missus ; quatenus k Deo missus et Deus ipse , novaqi 
doctrinam hominibusrevelavit ; Apostoli & Christo missi 
doctrinam Domini consign^runtin libris ; isti |ibri suot 
veraces, id est» iniliis referuntur facta qualiter se ha^ 
bnerunt et doctrina qualiter a Domino praBdleata fuit; 
isti libri sunt intejpri, id est ad nos pervenerunt abs- 
que \k\\k essentiali adulteratione. Ergo in istis libris 
continetur divina revelatio Christi, 

Im6 cogniiio certa totius Religionis Christianee non 
pendet absolute a divinitale etcerl^ cognitione dmnsa 
originis Scripturarum. Positli enim divina iostitutione 
et infallibilitate Ecclesise CathoIicaB, ad quamproban- 
dam sufficit auctoritas historica Scripturae sacrSB, toUus 
Christianse Religionis eogniiio certa et infallibilis ha- 
beri posset. 

Ut autem plani demnnstretur auctoritas medii k Deo 
instituti ad transmissionem Revelationis Christianse , 
Seripturse N* T. nunc probanda est origo impiediate 
divina, seu inspiratio. Sit ergo : 

SCWPTURA N. T. EST DIVINITCS INSPIHATA. 

Divina inspiralio ScriptursB N. T. probari potest di- 
recte, indirect^. 

Prob. DireetcB. 

Not. lo Sacri scriptores N. T. nuspiam lcstantur sc 



^ 373 — 

Oixmia di^yjailiis ^eripsisse. Solus auetor Apooalypsts, E. 
Ja£iBnes refert se k Deo aeeepisse mandaium visioiies 
et prophetas diyiBitiis traditas conscribendi, Apoe. 1)11: 
« Fui in spiriiu inDominicd die, el cmdivi post me vo- 
cem magnam..^ dicenti$: quodvide»^ scribe in libro,..9 
' 2? Adsunt in libris N. T. diversi textps» quibas pro* 
batOr Aposiolos^ ad prsedicandiim Evangelium missos» 
faisseSpiriluSaneto plenos; sic loan. 14, 1 7: c In vobis 
etii (Spiritqs veritaiis) et in vobis manebii » Ibid. v, 
26 r « Paracletus Spiritus^quem mittetPater... illevo» 
deceffit omnia^ elsuggerei vohis omnia qumeumque di- 
scero vobis. » Adsunt et alii textu^, quibus testantur A- 
postoli 36 loqui verba Dei ; qualia sunt hsec D. Pauli 
in 1 ad Cof. 2, 13 : « Loquimur^ non in doctis humancB 
sapienii<B verbis^ sed in dqetrind spiritus. » Et iUa eju^- 
dem, 1 Tbess. 2, 13 : Ciimaccepissetis d nobisverhum 
mditus Deit accepistis illud^ non ui verbum hominisr 
sed^ sieut estveri^ verbum Dei. » ipx islis auteiK) et si- 
miNbus texiibus concludrtur quidem Apostolos in do- 
cendo fuisse infallibiles, Deo inspirante fuisse locutos, 
non pptuisse errar^ in doctrin^ Ghristi tum viv&.yoeer 
tum scriplis tradendli ; npn yerostficte concluditur Nr 
T. scfiptores fulsse in ottninibus scribendis divinitus in* 
spiratos. Gravissimas tantdm prse^umptione&ynonauteili 
eerUssimas probatione&hujus divina&inspirationes sup- 
peditani texlus prsRci^ti aiiique similes. 

Certa et indubia ingratiam diviQeinspirationis Scrip* 
turse ^m N. tum V . T. desumuntur argumenta ex tradi- 
tione» fid^e et dedsionibus Ec^Ie&iae Catholicae. 

Prob. /. innumera Patrum omnium satatum referri 
possent testimonia ^d probandum dogma de divin^ 



— 374 — 

inspiratione Scripturaram utriusqaeTestamenti.Seqii- 
e:itta oilare sufficiet Sseculo I. S. ClemensRein.y ep. 1 
ad Gor.y Scripiuras in genere vocat sanctaif eas dicit 
oraeula S. Spiriliai quce nihil injustum, nihil falsum 
continere possunt ; affirmat epistolam D» Pauli ad €o- 
rinthios m apiritu esse scriptam. — Saec. II. S. Poly- 
earpus, ep. ad Eph. Seripturas sanctas vocat, et inter 
eas allegat epistoiam D. Pauli ad eosdem Ephesios 
scriptam. S. Justinus» Apol. ^^ait: « Non prophetis, 
sed Spiritui S. ac Dei verbo tribuenda esse , qttce ilH 
loquuntur.9 S. Dionysius Corinth. apud Euseb. 4, 23 
Tocat Scripiuras Domini. S. Irenseusy contra ba^res. t. 
1 , c. 46y 47, docet Scripturam credi debere, ed quod sit 
verbum Dei et Spiritus ejus. In 1. 9^e. 47, scribit: 
€ Scripturm quidem perfeetw sunt, quippi A verbo Dei 
et Spiritu ejus dictatce. » Clemens Alex. in Psedag. ait: 
« os Domini et S. Spiritum omnia locutum esse qucs 
SS. litterce doceni. » — Saec. III. Origenes, l. ^ conlr. 
Cel8« dicit: « Judwos et Christianos convenire in hoCt 
qudd saneti libri divino Spiritu scripti sunt, » In com- 
ment. in Luc.f rsefat. doeet quatnorEvangelistasscrip- 
sisse k S. Spiritu inspiratos. S. Gregorius Neocsesar. 
serm. 2 in annunt. B. Y. inquit: « Per sanctorum 
Prophetarum et Apostolorumlinguam Dominmnoster 
loquUur... quanddporro Evangelium legiturvelApoS' 
toUcumj non libro aUendas aut lectori^ sed Deo d ccelio 
loquenti. » — Saec. IV. S. Athanasius, in exposit. Psalm. 
deelarat: utriusque Testamenti Ubros integros dicUmU 
(vel inspirante) S. Spiriiu scripios fuisse. S. Gregofios 
Nyssen. Orat, 6 cont. Eunom. ait : « Quiiecumque sacra 
Scriptura dixit, Spiriius S. sunt effata.9 



— 57S — 

Prob. II. Inferiiis^ per argumenla quae suppouunC 
laDtum auetoritatem historicam sacrae Scripturae, pro- 
babittir Ecclesiam Gathalicamesse indefectibileminfide, 
Ministerium catholicum esse infallibilem in definiendis 
qucestionibus ad deposilum fldei pertinentibus. Porro 
dogma de divinH inspiratione Scripturarum utriusque 
Testamenti semper tenuit Ecclesia CathoHca , ut cons- 
tat \ . ex testimoniis praecitatis; ut constat 2. ex univer- 
sali eteontFnuli praxi ejusdem Ecclesise, quae Scrrptu- 
ram semper tanquam librum divinum adhibuit, tum 
ad instituendos fideles in ver^ Gbristi doctrin^, tum ad 
confutandos hsereticos , et quse omnem Scripturarum 
corruptionem ut hseresim et injuriam Spiritui S. illatam 
semper abhorruit. — Hanc universalem et perpetuam 
Ecclesiae fidem solemni definitione confirmavtt €onei- 
lium Trid. sess. 4, in decret. deeanon. Script. « Sacro- 
ianctd et mcumenica synodus. . . orlhodoxorum Patrum 
exempla secuta^ omnes lihros\ tim veteris^ tim novi 
Tesiamentif ciimutriusque Deussitauctor... pari pie- 
tatis affectu ac reverentid suscipit et veneratur. » Et 
addito iibrorum sacrorum canone decernit: « 5t quis 
autem libros ipsos inlegros; eum omnibus suis partibusy 
proikt in Ecclesid Catholicd legi consueverunt , et in 
veteri vulgatd editione latind habentur, pro sacris et 
canbnicis non susceperit^anaikema sit. » 

CoROL. Ex istis probationibus concludendum divinam 
inspirationem extendi non sdum ad ea quse in Scrip- 
turis sacris pertinent ad fidem et mores , sed etiam ad 
omnia quse in paginis sacrts confinentur : Qmeeumque 
enim scr^asimtj adnostramdocirinam scriptd sunt. 
Roro.!t$, 4. 



— 376 — 

Prob. Indirecia. 

Dogma de divin^ inspiratiafie Seriplararuai iiirius- 
qtte Teslanienti , validis argumentis nixum possidef. 
Ratienibus minimi ponderis impugnaltir.. Ergo admii- 
tendum est* 

Prseeipuas tantiim adversariorum objectiones expo- 
nemus. 

Objiciunt 1® testimonia allata in gratiam divinae ins- 
pirationis Seriptur^rum non valent^ siquidem inspira- 
tio estfaclum internum occuItQm, quod non poluMob- 
servari» 

Resp. In&piratio est factum internum et occultuin 
quod non potuit a fidelibus observari immediate. Conc. 
Quod non potuit observari alio modo. Neg. Auctores 
enim sacri potuerunt scire utrum afflante Spiritu S. 
scripserioty et de hoc facto interno testari pQmiae ei 
auctoritateDeiipsos inspirantis; vel alii virUaticlV divi- 
nitus su^tati, quales apud Judseos Prophetse, potue- 
' rant supernaturali revelatione cognoscere divinai^ ins- 
pirationem lii)rorum quormn non erarH auetores, ac 
de illo facto ipsis revelato testari. Quo posito^ yeritas 
dequ&bic agitur probari poterat eodem modo quo 
probatur qusvis alia veritas revelata. Ut ^utem assensus 
(idei prsedictde veritati praestftretur, sufQciebat inqui- 
rere utrum auctores» veltestesveritatisprse se tulerinl 
nptas missionis divinae ei Jutrum teslati fuerint utpole 
a Deo missidedivin&Iibrorum inspiratione. Ergo fac- 
tum potttil pbservari. Illud autem fuisse observatum 
eoneluditur^ ex un& p^rte, ex gravitate.qusestionis ; 
cx aUerA parte, ex constanli el universalfy tum Ju- 



— 577 — 

daeorum, luin Chmlianarum fide circa di^inam Gri- 
ginem saerorom librorum. 

Obj, 2® Omnes populi quosdam libros habent quos 
pro sacris tenenl et niaxima eum reverenlili t«enlurj 
sic apud indos citari possurit libri Veda elEzour-Veda, 
apud Sinenses quinque Kings, apud MahumetanoB Al- 
coranus, ete. Istiautem libri non sunt divinitus ins- 
pirati. Ergo a pari ex fide JudSBoriim et GhristtanoFum 
concludinon potest libros utriusque Testamentifuisi^ 
divinrtas inspiratos. 

Resp. Fals6concIuditur ex facto allatoidem sentien- 
duTiiessede libris sacris Chrislianorum , sicut ei de 
libris Gentium. Legitima enim est cotivictio priorum 
de divinli Scripturarum inspiratione, dum econtrli pro- 
bari nequeat legittmitas persuasiohis posterionim. Ju* 
dsei credidef un t et Gbrisliani credunt libros suos fuisse 
divinitds inspiratos^ quia hostibros ut sacvos et divinos 
receperunt ab aucloribus qni missionem divinamsuam 
probavefant per prophetias et miracula* Econtr^ nul- 
libi constat utlas prophelmd^ ulta mfh*acula eerta un- 
quam edita fuisse, sive ab ipsis scriptoribus / sive ab 
aliis, adprobandam dkhiam origtnem ItbfOrum 6en- 
tium. Imd faotis donstat scriptores i^tdrum lH>rorufn 
velimpostores exstitisse, vel falso nomine Prophelafum 
fufssedecoratos apud popufos rudes, cmiQl0& , omni- 
biisquesuperstiti6nrbusdedito&. In istis 6entium libris 
abqndant errores, contFaiUctiones, absurdaet impura 
dogmata. t)emiimvener&tio qfuA Gentttes.et^Mahumetani 
libros suos sefvant aetuentiir solnmraodd explieari po- 
test per tgnorantiam horut» popnlorum, per naturam 
doctrinae copiditatibas et preejudrciisaccommodatge.Heec 



— 578 — 

autem dici nequeunt de libris sacris €1irisciaaorom , 
qui nonnisi posi serium examen in canone ScriptiH 
rarum fuerunt recepliy de quorum origine et aucio- 
rilate omnibus setatibus seduld inquisitum est , et qui 
nihilnisi sanctumy illibatum acdivinttm contineiH, ut 
superiiis probavimus. 

Obj. 50 Deus non potuit inspirare auctores Scrip- 
lurae. Siqutdcm 1 . in eorum libris oceurrunt minuta et 
inutiiia; 3. leguntur scandoiosa; v. g. hlasphemigei 
mendacia, maledictiones ; 3. deprehendunlur crrores 
et contradictioucs. 

Ae^p. Adl"': Omnia in Scriptudsnonquidem sunt 
ejusdem momenti ; nihil autem m islis inutHe dtci po- 
lest. Quis enim asserere audeat se perfecte cognoscere 
sensum Djomini, et quo consilio omnia scrlpta fuerint ? 
AJIunde, quse possunt videri minuta et levia, utilUatem 
desumunt ex inlim^ cum aliis rebus connexione. 

Ad 2^ : Mendacia ^ blaspheovise ^ quse in ScripVuns 
0ccurrunty non sunt ipsum verbum Dei, in eo sensu 
quod Deus haec oinni^ suggesserit personis a quibus 
ftierunt prolata^ Sunt autem verbum Dei in> iUo sensu 
quddaucloresUbroiruminspirati fuerint, quando scrip- 
lis mand^runt ea quse dicla aut faeta fuerant. Impre- 
cationes, quae frequenter aut in Psalmis aiU in aliis 
SeHptqr^e locis leguntar, non sunt maledicta proprid 
sumpta, ^ed adffionitiones vehementiorcs ex charitate 
et zelo ad mialorum emendationem prolatse, vel impen- 
dentium calamitatum praedi(Hiones; Hebraeis enim fa- 
miliaris erat usus imperativum aut cptativum adhi- 
bendimodum pro futuro tempore et vicissim. 

Ad 3"*: Hucusqu6 adversarii non potueruat modo 



-^ 579 — 

certo et indubio {)robare qusd^m falsa in ScriptQrij^ 
sacris eontineri. Quo&d eontradictiones quas in.nostris 
Hbris detegere canati sunt, mere apparentes sunt^ u( 
problirunt doctores et criticessacri,etutquotidi6cons- 
tat ex novis eruditorum inventis. 

iti. Mrvelftflo CliiisttaBa •tlam eoBtliittiir Itf «radtUolie. 

iVb^ Divin^ Tradilionis necessitatem^t auctoritatem 
negant Pseada-refortm^ti, dpeentes omnia ad fidem et 
mores nec^^s^m in Scripturis epntineri » neque aliam 
in E0plesi4 doctrinam tradi et aodiri debere quiim pu- 
rum Dei verbum» boe eMy Scripturam S* 

Gontra eos Traditionis, auetoritatena prpbamus du- 
ftliot ai^fiimeotoruai geoere, seilie^t, i^ argum. ad ha-r 
nunemt i^ Brf^um* dir^etis. 

l.Argaim. ad hominem, 

\* Crediint Pseudo-reformati libros^^ quos ut cano- 
tiicos reGipiunt, fui^Si^ divinitus inspiratos, infantlun^ 
baptisma esse validum, item valeris baptisma ^b ha&re- 
4j€is colktum» etc. Porra iamm bm in.S^ripltiiris mi* 
nim^ leguiitur» soliusque TradiUoms auxilio no^ 
fuere, . 

2°» Si Traditifo n<m est medium k Deo insiitutum 
ftd revelatiouis trauflmissionem t EiaximA» ut volunjt 
Pseudo-Teformatij quia Traditio estyerbum mere hu^ 
Bdammi, Porro t^uien ^uls principiis coguntur agnosr 
cere verbum Dei fuisse per TraditioDiem transmissum^ 
.Siquidemcum Catbolicis creduat Ecclesiam veram funr 
dari in verbo I>ei, hanc Ecclesiam a primA Pentecoste 
^H^t^se ; it^m aduHttunt verbum Dei non ab iniuo > 



— 580 — ' 

sed pluribus annis post Ecclesiam constitutam , scriplis 
fuisse mandatum. Ergo debent etiam admittere tradi^ 
Uonem non esse verbirai mer^ hQmanumv 

//. Proh. Directw^ 

Prob. I. Ratione. !• Antequim doctrijoa airisti fue- 
rit libris consignata, Traditio unicum erat medium quo 
transmittebatur revelatto Chrisliana. Ergoet postcons* 
crtpta Evangelia eadem perroadetTraditionis auctaritas, 
nisi dicatur eam defecisse vel posttiv^ voluntate Christi, 
vel ips& rerum natur^. Porroneutrum dici potest. Non 
prius: nullibi enim mentio est de qu&dam positiv4 v<>- 
luntate Christi traditionem aforoganlrs. — Nou poste- 
rius : Si rerum naturft dcleta fuisset Traditionis auc^ 
toritas, maxim^, ut volunt Pseudo-refoi^ti,quiaTfa- 
ditiofuisset adulterata. Atquii. hoc non probalur. 3. 
Impossibilis fuit divinarum tradilionum adulteratto. 
Histori& enim teste, Ecclesia fuit ab exordio coasUiuVa 
sub form& hierarchic^; Ecclesia uuiversalis^ multas 
comprehendebat soci^ates , seu ecclesias partieulares , 
in unum quidem eorpus coadunatas per uaitatem fi- 
deiet subjeetionem potestati ^upremaj ; pastores etfi- 
deles semper invigil^runt ut intactum servaretur de- 
posilum fidei ; fer^ ab initio qusedam disseQsionum 
fomenta exstiterunt Orientalem inter et Occidentalem 
Ecelesiam; abinitio- exstiterunt h«ereses et sabismata: 
quibus perpensis, impossibile fuil Traditiones divinas 
essentialiter adullerari ; k qu4libet enim parte exorta 
fbisset adulteratio, adulterationis propagalioni ofostiUs- 
sent reclamationcs cteterarmm partium. 

2* Eedesia Gatholica pro revelatis lenel veritaies 



— 381 — 

qaea non eoii^iaentur in Scriptur^ sacr^ : $ic , pra&ter 
supra eitatas, perpetuam B« Martse virginitatem, septe- 
narium Sacramentorum numerum/invoea:tionem Sanc- 
torum, cultum sacrarum imaginum^ etc. Has veritales 
tenet utpote per Traditionem transmissas. Ergo admit- 
tenda est Traditionis auctoritag , si legitimum sit Ec* 
clesiae teatimonium de divina prdedictarum veritatum 
Qrigine. Porro res ita est. Siquidem ex un^ parte, dici 
non potest omnes Ghristianos prioris eetatis fuisse in- 
sensatos, universamque Gatholicorum societatem im- 
postoribus omni tempore fuisse conflatam. Ex aUer^ 
parte^ primseva Ghristianorum generatio potuit inqui* 
rere utrum Christus aut Apostoli veritates praedictas 
tradiderint, item subsequentes generationes potuerunt 
cognoscere utrum praecedens Gatholicorum generatio 
pro revelatis easdem verifates tenuerit. Tandem quas- 
cnmque generationes seduI6 de prsedictis veritatibus 
iaquisiyjsse concluditur ex ipsk natur^ veritatum, quas 
ad depositum fidei pertinentes omnibus erant maximi 
joomenti » simul et ex universali constantique Gatho- 
licorum fide de divin^ earum origine. 

S« Si Traditio non esset medium a Deo institutum 
ad revelationis transmissionem» Ghristus ex un4 parte 
Apostolis imposuissetprseceptum libros sacrosscriben- 
di aatequltm prsedicationis opus aggrederentur, Apos- 
toli ex alterH parte credidissrent sui ante omnia offi- 
cii esse ut doctrinam Ghristi scriptis consignarent , 
Soripturamque transferrent in varias linguas ad usum 
hationum apud quas Evangelium erant prsedicaluri. 
Porro mti ii^ se habuerunt Ghristus et Apostoli. Unum 
mandavit Ghristus : « euntes, docete omnes gentes... 



— m — 

pnedieaie Evangelium. . »Omnes ApostoU Eccleshs fan» 
d&runt, inter eos autem pauei libros edideruiit. Ipsimet 
Apostoli et discipuli Christi qui scripta reliquerunt^ 
priiis viv& vocepraedic&runt Evangeliam, doctrinamqiie 
et gesta Ghristi scripturse mand&runt elapsis ab Eede- 
sift fundatA jam pluribus annis, cjim, faistori& teste, om^ 
nes N. Testamenti partes conscriptas fuerint intra tem«^' 
porisspatium decurrensab anno6aut7po8tpa8sionem 
Christi usque ad annum 65 aut 66 d^tatis Ghristianee. 
Im6, ut histori& eliam constat, circumstantiis acciden- 
talibus ad scribendum inducti fuerunt auctores N. T. 
SiCy Evangeliumscripserunt: Matthaeu?, ad confutandos 
Judseos qui negabant Ghristum esse Messiam ; MareuSy 
compulsus precibus Romanorum, qui eum enixe ora'- 
verant ut doctrinae Petri, quam auditu ^acceperant^ 
scriptum aliquod monumentum apud se rdinqueret 
(1); Lucas, quia viderat multos temer^ ac ifflprucfenter 
aggressois fuisse narrationem eorum quee non perfect^ 
noverant (3). Joannem, scribit Eusebius, usque adex- 
tremam senectutem sine ull^ scripturSi Evangelium prae* 
dic&sse (3); et addit Hieronymus eum tandem ab Bpis* 
copis Asiae compulsum fuisseEvangelium scribere prop- 
ter Ebionitarum haeresim tunc exorientem (4). Episto-' 
tam ad Romanos scripsit Pauius propter dissensiones 
inter Judaeos et Pagahos nuper conversos ortas de jus- 
tiiiSy quam priores propter opera legis, posteriores 
vcr6 propter vlrtutes suas morales sibi concessam 
jaclilabanl. Primam ad *Corinthios item scripsit occa- 



(!) Euseb. Hisl. EccU, Ub. H, c. 16. — (1) Idem^ Hb. 111, c. 2i, 
— (5) n)idem. — (4) S. Hleron. In lib. de Script. ectlesiasU 



— 385 — 

sione conteniionum et scandalorum qua&inter fide* 
les evenerant. De omnibus aliis N. Testamenti par- 
tibus similia referri possent. — Nullam unqu^m 
Scripturae versionem ediderunt Apostoli; pleraeque 
N. Testamenti versiones longo tempore post Apos- 
lolorum mortem edilae fuerunt. — Tandem refert S. 
Irenseusy lib. 3, c. i, adhucsuo tempore fuisse gentes 
aliquas ehrislianas, qusesolisTraditionibus/sineScrtp- 
turA, oplim^ viverent. Ergo» 

Prob. IL Script. 1« Omnia doctrinse Christi capita 
transmitti debent, juxtaillud praeceptum Domini Apos- 
tolos mittentis, Matth. 28, 18: « Emte$ docete omne$ 
gentes..^ docentes eos servare omnia qucecumque man" 
davi vobis. » Porro non omnia in Scripturis con- 
tinentur , ut concluditur ex istis Joan. 31, 25: 
« Sunt autem el alia multa quce fecit Jesus , qwe si 
seribantur per singulaf nec ipsum arbitrbr mundum 
eaipere posse eos qui seribendi sunt libros.» ei ex illis 
AeL 1,3: « Quibus (Apotolis) e4 preebuii (Jesus) seip^ 
sum mvum post passionem suam in multis argumentis 
perdks quadraginta apparens eis et loquens de regno 
Dei. » Ergo Seriptura non esi unicus fons revelatianls; 
proiiHi^ admittenda est et Traditio. 

^ Haee, ^n 2 ad Thessel. 2, 14, habet D. Paulus : 
« ItuquefratreSf state et tenete traditiones , quas didi- 
cistiSf sive per sermonem^ sive per epistolam nostram. » 
Hinc palei, ait S. Ghrysostomus, homil. i, in hanc 
episi., t|uod non omnia per epistolam tradiderunt 
Apostoli, sed multa etiam sine litteris ; e&dem ver6 fide 
dtgnasunt tiim illa qukm ista. — Idem Paulus Timo- 
iheum adbortatur ut in traditft sibi doctrin^ pcrma- 



— 3S4 — 

neat , eamque traBftmiitai fidetibus hominibus qui sint 
idonei el alios docere^ 2Tim. 1, 13: « Formam habe 
i(»norum verborum: qtUB& me audisli infide... Bonum 
depositum cuBtodi. > Et, c. 2, 2 : Qwb audisH d meper 
mulioe 4est€8^ hoee commenda fidelibus hominibuSf qm 
idonei erunt et alios docere. . . » Er|;o . 

Prob. IIL Testim. PP. Utram Traditio sit medium 
& Deo institutum ad revelattonis traDsmissionem , nec 
ne? controversia, ut patet, versatur circa factam,quod 
sicut et ceelera facta testimoniis probandum est.Porro 
legitim^, seu cum legitim^ convictionede hoc factp 
testantur SS. Patres. Ergo. 

EtloTraditionem esse medium k Deo institutiiin ad 
revelationts transmissionem testantur SS. Patres : du- 
pUeimodo, scilicet !<> explieit^ per scripta » 2® impli- 
citd per suam cum hfiereticis agendi rationem. 

1. Explicitd per scripta.— De S.Ignatio refert Euse- 
biUBy hist. eccl. 1. 3, c. 37, « Cum perAsiam su6 cua* 
tedid duceretur^ sinffularum nihilominus ciDttatum , 
quds ingrederetur^ Ecclesias sermonibus et cphoria' 
Honibussuis confirmans... hortatus est ^ ut Apostolo' 
rwn Traditionibus tenaciter inhcererent. > — . S. Poly- 
carpus, in ep. ad Philip., eos hortatur ut rejiciant va; 
nitates et falsas novatorum doctrinas . ct addlt : « Ad 
traditum nobis ab initio sermqnem revertamur. » — 
Papias, Hierapolrtanus episcopus, qui cum discipulis 
Apostolorum conversatusfuerat, haec de se testimonium 
habet> (apud Euseb. hist. I. 3, c. 39}: < Quodsiquis 
interdimmihi occurrebat qui cum Senioribus versatus 
fmsset, tx 00 curiose sciscitabar qucenam essent Senio- 
rnm dieta : qidd Andreas , quid Petrus , quid Philip' 



— 383 — 

pus, quid ThomaSy quid Jacobus, quid iamms ^q^d 
MaUfHBUSy qUid cwteri Domni disctpuli dicere soiHf 
essenL.^Neque enimex librorum leetione (antafn me 
utiitiatem eapere posse emstimabam , quantmn ex 
haminum adhuc superstitumviv4voce.* — S* Ireoseus^ 
contra hsefes. h 3> c. i : « Quid autem, si neque Apos-. 
' ioli quidem Scripturas rHiqmsseni nobis, nonneopor- 
iebatordinem s^qui Tradiiionis^ quam tradiderunt iis 
' quibus committebant Ecctesias? Cui ordinationi ass6n- 
' tiunt multce gentes barbarorumy qui Ckristum credmi, 
' sinee^Hdet alramento scriptam habentes per Spiri- 
tum Sanctum in eordibus salutem^ et veterem Tradi- 
tiemefA eustodicntes. » — Cleraens Alex. ^troRi. 1. 4 1. 
^ c Homo Dei esse et Domino fidelis esse desiit, quind.T. 
i versus ecclesiaslicmn recalcidravit Traditionem , et Hn 
humaiiarum hcereseon desiliit opiniones. » — i Tertul* 
lianus, in itb« de Goron. mil. e« 4, relatis pluribus 
imiiiutifl quae apud Ghristianos vigebant, addit: « Si 
legem expostules, scriptam nuUam imenies; Traditio 
^ iibi prcB^ndetur mctrixy consuetudo eonfirmuirix Hfi^ 
^ des observatrix. » Idem in lib.. de Prfescript. c. 21 ; 
)} « Quidpresdicaverint Apostoli^ id est\ quid Ulis ChriiUus 
f revelaveritf et hic prmcribam non aliter probari de- 
c bere^ nisiper easdem Eeetesias, qum ipsi Apostoli con-i 
y dkierunt^ ipsi eisprcBdicando , tAm vivd , quod aiunl ^ 
$ voee, qudm per epistolas posteA. » Et, e* 38 : « Qmd 
i apttd mMtos unum invenitur, non est ertaium , sed 
i tradiium. Audeai ergo aliquis dicere ittos errdsse qui 
» trcuiiderunt^ » ~Origeiies,^.Gofnment. 29, in Mattfa: 
^ m jffceretids^reder^non debemus^ nee eonre d primd et 
\ ecclesiasticA Traditione , nec aliter &tedere^ nisi que^ 

n 



— 586 — 

fnadmodim per Muece$9ionem Eeeleeim Dei tradide- 
runlnobtB. » — S. Stephanus, qui sedemPetri teoebftt 
aD.SS7, dirimens qumtionem de vaHdttate fiaptismi 
ab beereticis coUati , scribit : « Nihil iwiovetur, nisi 
qwd trotfiltim eet. » Quamplurtma praedictissuperaddi 
poBsentaliatestimonia, tttra ex anctoribus cit^tis, tam 
ex aUts Patribus excerpta ; sed ista suffieiunt: 

2. Implicit^ per suam cura heereticis agendi ratio- 
nem : Argumenta Traditionis adbibebant Patres et Gon- 
dtia cantra haereticos, eo ipso proind^ affirmabantTra- 
ditionem esse fontem revelationis. Speciatlmi^ testantc 
TheodoretOy hist. eccL 1. l,e. 8, Patres Goncilii Nicseni 
Arianorum subtilitates confut^nt, et per Scrfptiirse 
sacr» doctrinam, et per testimonia Patrnra, seu fidem 
Ecclesiae ab Apostolis usque ad sua tempora Crans- 
missam. 

^ SS. Patres cum convicUone et coavictione legi- 
timji testari: probatur rationibus generalibuft lolV^s 
adbibitis, quse novum pondus desumunt ex ipso tmpU- 
ctto assensu hsereticorum contra quos SS. Patres Tra- 
ditionis aucteritatem usurpabant^ ■ ^ . 

Prob. IV. Infertiis probabimus (per arguraenta qu» 
minim6 dependent ii qusestione praesenti) Ecclesiam 
Catbolicam non posse errare in fide.Porro Conc. Trid. 
8686.4, declaravit doctrinam Gliristianam eontineriy non 
fioliim in librisscripliis sed etsine scripto TraditionibuSf 
^qwB iprius Christioreab ApostoUs aceepiai ^ aut ah 
ipsisApostotiSf Spiritu Sancto diciante,quasiper ma- 
nus traditcs :ad nos usque pervenerunt; etTmque ana- 
thema dixit qui Traditiones prwdictas sciens et pru- 
dens contempserit. 



\ 






— 387 — 
Itf* PARS P^ QUiEST. 

rTBUM BO IPSO SinUFTCKA ET TRADITIO DICI POSglNT LOCA PKma- 
PIORUM REYEULTORUM? 

RjBSP. Affirm. Siquidem juxta definitioneinjortncrpit^ 
principia revelatasunt:yeritates revelatae^primariae, ob- 
jectiv* certse, fecundse. Porro veritates, quse tiim in 
Scripturis, ttim inTraditione coiitinentur, sunt: i^te- 
velakBf ut ex dictisconslat ; 3<^pri»nart£9,/siquidem har 
bentur per modum testimonii^ non autem vi& deduc-- 
tipnis ; 3^ objectivi certw , sunt enim ipsum verbum 
Deiy suiim^ veracis ; 4« fecundce^ siquidem d Scripturft 
ei Traditione depromuntur plerseque veritates , quae 
per se aut per suas condusipnes constituunt scientiam 
ibeologicam. 

Munc ergo absoluta est prima qusestio, scilicet: utrum 
Scriptura etTraditiosintloca principiorum revelatorum. 



QUvESTlO SECUNDA. 

tTBim •CftlPTVRA BT TEADITIO BABBAIIT FIJIfCnONES DT TBBO1J06U, 
ET QUA8NA1I BABBANT? 

8 %. vtram hftbcAiit ftmetlovM...T 

Re9p. Affirm. Patet, tum ex dictis de Scriptur^ ec 
Traditione,tuinexip8i>defini(ionetheologiae« qu9B nihil 
aliud est qu^m ipsa scientia Religionis. 

Hsee qutestio triplici sequivalet :\^ utrum in Scripfuri^ 
et Tradicione contineatur solutio omnium qusestionum 
quse eirca Religionem oriri possunt ; ^ utrum ad so- 
luiionem omnium qusestionum Scriptura et Traditia 
solae sufficiant ; 5<> qnonam valore gaudeant soliitiones 
h Scriptur& et Trndttione depromptse. 

!• Qusest. Utrim m Scripturdet Tradiiianeeontmea' 
tur soltUio omnium qucestionum. . .? 

Resp. In Scripturiket Traditione continetur, siveex- 
plicit^, sive impltcit^, solutio omnium quaestionum qu« 
eirca Religionem moveri possunt. Siquidem ex an^ par 
te Deus hominibus revelavit omnia ad eornm salutem 
necessaria aut utilia, seu tolius religionis compkxuni; 
ex alterft parte, revelatio divina eontinetur rn Seriptur4 
et Traditione. 

2« Qusest. Utri)im Scriptura el Tradiiio de se mffi- 
eiant..? 

ttesp. Scriptura et Traditio per se non suflSciunt 
solse. Siquidem existunt seripturse verse et seripturse 
falsse, traditiones veraeet traditiones falsse ; item, etiam 
in ScripturiSyVelTraditwnibusveris, plurima suntobs- 



~ 389 — 

cnra, vet (anliun implicite, seapermodiiinpuripriaci^ 
piiv iaclusa. Requiritur profadetiuxiliiim alterius medii 
s«bsidiariiv ut Scriptarae et Traditiones verse k lalsis 
dtscefiH possi&t» ut clarus et genuinus habeatur Scrip- 
turae et Traditionis sensus, ut ea quae^ subobseur^ et 
implicite in fontibusistis continentur, evolvaotur et ex? 
plicentur. 

3« Qua^st. Qmnam mlore gaudeant solutiones 4* 
ScriptuTis et TtadiHoM depromfteb f ^ 

Resp. \^ Quandd soluiiones depromuntur i^ Scrip* 
turis eanonicis, Traditionibtisque v^is» quand6 stmul' 
Seripturaa verTraditiofiis sensus est clarus et api^rtu^»: 
soluiio est certa et irrefragabilis^; quia Seript^ura et 
vera Tradiuo sunt ipsum verbum Dei. 2^ Quand6< 
econtr^ ScripturaeauiTradilionissensus noACst clarus 
et explicittts, solutiu est certa^ probabilis^ aut dubia^. 
proitt media quibus sensu» determinatui* sunt certa ^ 
plus miniisve probabilia. 

De bis dicetur, sive sub titulis sequentibus^sive ubi 
de Fide. 

Ha^c est ergo summa totius disputationis primsr: 
Divinitus revelatee sunt ReHgiones Primitiva, Mosaka» 
Christiana, praeter quas nulla fuit revelata et nuUa in 
futurum revelanda est. Revelatio Primitiva fuit per tra- 
ditionem oralem transmissa 'r Mosaica continebatur in 
Scripturis V. T. et Tradiiione Judaiclt ; Christiana con- 
tinetur in Scripturis utriusque Testamenti> et in Tradi- 
tione Ghristian^. — Scripturde utriusque Testamenti^ 
et Traditio eoipsodicipossunt loca principiorum reve^ 
klorum. In his fontibus continetur explicite aut impli* 



ciUb totius Religionis revelale&complexQs.^ Gam^utem 
Serlptum et Traditioiied vere per se non semper pos- 
sint k falsis dhtingui ; cfim in Seripturb et Traditio- 
nibusveris doctrinft revelatA 8«plu9 proponatnr modo 
subobscuro vel non sttis explicitOv Seriptura et Tradi^ 
tio de se non sufficiunt solse ad perfectam Religionis 
cogniiionem. Huie insufficientisB providit Deua« In Qm- 
nibua enim Religionis slattbos^ ae praecipu^ sub lege 
Ciiristianft, hominibus coneessit qusdam media subsi- 
diaria qtiorum ope vera doctrina discerneretur, eoo^er- 
varetur, interpretaretur et evolveretur. De mediis istis 
ad fines prsBcitatos divinitiis institutis, ac prsesertim de 
Boclesift Christi , nunc traetandum in Disputaiioiirse- 
quenti. 



— 391 — 

APPENDIX. 



eONFiRMATION DE LA GEKilUSB PAR U8 SCIENW, VES THADITION^ 
BT L^HISTOms (1). 

Observ. priUnUn. i^ Les sources iadiqu^es foonussent deux e^ 
pfeces de donn^es ; les unes ^nt en apparence opposees aa r^cit de 
Hoyse^ lesautres le conflrment. Deux choses donc k faire: 1. r^futei^ 
les donndes oppos^es au r^it de Moyse , %, exposer celles qui le 
confirfltent. 

2« Quant ^ la yaleur de ces contfrmations : 1. elles ont d'abord 
celle de ia prewe ipdirecte ou de la rigfiitation. 2. Etles on< la t»- 
leur d'un argument ad Iiominem^ pwsqu^eHes.sont emprunt^s aux 
sources m6mes d*o<k les incr^dules tirent leurs objections, sources 
que ces deroierssupposeQt par 1^-mtoe s(tres« 3i. Les eonfirmafions 
de la seience ont une valeur directe etpositive pour ceuji qui n'ont 
ibi qa^ea elie. Pour nous^ ettes ont une ferce probabiey proportionn^ 
aHiiii4rite des savants qui les fonmissent, k la valearscientifiqae de» 
ib^oties dont elles sont d^duites. 4. Les confirmations fomrnies par 
ia tcadition et l*l^istoire ont une f<Mrce probative (r^s-g^nde «n fsH 
veur du r^cit de Moyse. P'«bord le fond des faits se rq[>roduisaiit 
dans toutes les traditions y ceUe»H;i remontent k ime ^poque ante^ 
rieure h la dispersion ; on ne peut cons^uemment les rejeter sans 
contredire la tradition de la soci^t^ primitive et da genre bumain*^ 
Quant k la forme, ceile dn r^cit de Moyse pr^sentant un caract^re 
raisonnable et bistoriQue^ tandis que celle des autres est d^rai- 
sonnable et mytbologique » on ne peut^ sans beurter le i>on sens» 
besiler h pr^<§rer la premi^e. Cela pos^« 

Les fiiits racont^ par Moyse sont relati&, les uns k Yhistoire 4u 
globe^ ies autresli e«i<^ de Vkumanite, 



(i) GohsuKerfitur cette malidre: W le Card. Wiseman, Diseoursiwlu rappwts 
entre to ScUnee tt la Raiifien rivdUe; Gun. compl. Script. S. kl>, Migiie, ^. 
T. III. Annotatuma a la GerUse; M Marcel de Serres, CosmogonU de Moyse; M. 
Godefroy, La Cosmogonie et laMvilation ;U.li. D. Feurmont, Annales univer- 
selle» ; M. Nicolas, Btudes philosophiques sur le Christianisme, T. I ; AnnaUs rfc 
philosophii chr^tiennfi^ pasilm; etc. 



~ m — 

La premi^e comprend l'histolre 1 . de U cr^tioii^ i. d« d^uge. 

Les ftits reiatiCs \ l^histoire derhumanit^ peuvent se grottper sous 
les titret suivsnts : 1. de nos premiers parmits , 1, des gi6n6ratioiis 
ant6<IUttvieunes, 3. de No^ et de sa famille, 4. des g^n^rations post- 
dilnviennes, sp^cialement de la tour de Babel. 

§ I. f AITS MEUTirS ▲ L^mSTOIRE DtJ GLOMT. 
1. creftllon.^ 

La Gen^ raconte : !<> le fidt primitif de la cr^ation, 2« le com- 
pf&ment de ce fait, ou l'organisation du monde. 3o Par les iadica- 
tions cbronologiques qu'elle fournit, elle assigne T^poque.de ce fait. 

Gommo nous l'avons annoncig, 1. nous r^Aitons les objections, 3. 
nous donnons les oonfirmations. 

/. BifUtatian de$ objeetiang. 

1' Fait primltif de la Cr^ion. 

Obj. Dliprto le r^eit de la Gen^se , le monde a ^ cr^ dans le- 
sens rigoureux dn terme. CarMoyse, pour exprimercepremier «cte 
de Dieu, se sert du mot haray qui signifle tirer- de fien, tandis<{u'lf 
•mploie le mot OMa, lorsqu^il veutseulBmentexprimerVimngemjeBt 
des parties. La tradition confirme ce sens: la m^redes^Mac^bees 
dit k sonjeone fits ; c le vous conjure de regarder le ciel et la terre, 
et- tout ce qu'ils renferment^ et de bien comprendre que Piea les t 
faits de rien. » Telle est d'ailieurs rmterpriStation oommune des 
commentateurs. Or la cr^tion prqprement dite est une absurdit^, 
ear de rien rien ne peut ^tre' prodvit. 

Rep, L'axiome ol^ect^ est vrai en ce sens qoe le rien ne peut 
t^re substance de riea. n est faux en ce sens qu'une pulssance in- 
finie ne puisse produire des ^tres r^ls sans.substance pr^lable. A 
la v^rii^ notre imagination ne peut se repr^senter eette op6ration ; 
mais notre raison d'abord ne pedt pas en affirmer L'impossibitild. 
Beplus^en r^fldchissant ses propres operations, elleentrevoit dams 
plusieurs de ses faits une esp6ce de cr^ation. Ainsi Tartiste pose 
son id^ dans la mati^e sor laquelle il op^re; le sup^eur par aon 
commandement imprime une direction k la xolont^ aux mouve- 
ments de ses subordonnds. De \k elle conclut dans Dieu la facultr 
crdatrice ; car, si rhomme peut cr6er des modifications^ Dieu peut 
cr^ des substances ; conclnsion qui devient p^remptoire par les- 
absurdit^s r^sultant du systeme contrairc. 



— zm -^ 

2« Orgaoisation du mende. 

N. B. Les r^ponses suivantes soDt iQd^endantes de tout syst^me 
cosmogonique. 

i'e obj, D'aprfes Moyse, la terre existe avant le soleil ; pr cela est 
impossible, car la terrene peutpas se sontenir dans i^on orbite sans 
rattr^ction da soleil. 

RSp. k la maj, D^apr^s Moyse, la Cerre exisie a^ant le so)aiI : 
— k r^at luDiineax^ cek est vrai ; sans le soleil comme centre 
d^attractibn, c'est faux. D'abord rien dans le texte ne le prouTe, car 
le soleil peut avoirexiJst^ comme centre d'attraction , sans exister 
encore comme asCre lumineux ; le texte dit senlement au y. 14 : 
^ fiatU luminaria in firmamento mti, et dans ce verset la Gen^s^ 
emploie le mot a««a, disposer^ arranger, cc qui suppose une cr^a- 
' tion, une existence ant^rieure. 

A Isi min, L'objeetion suppose qne le soleil et les autres as^res 
ii'exi»tdientpas;la terre ne parconrait donc pas son orbite, et, dans 
cette bypoth^se, elle se soutenait immuable dans Tespace par ik 
m^me qu^elle n'$tait pas attiri^e. 
f 2« Obj, D'apr^s Moyse, la lami^re est ere^e avant le soieil; oi' 

cela est impossible. 

RSp* La mineore est £ausse, soit que Ton admette le systtoe de 

Y&manation^ soitqueron admette celui des vibrations. Dans la pre-' 

iDl^re bypoth^se on peut dire que Dieu avait er66 d^abord la ma- 

^ ti^e ]ufliiine«se ^ qui ne fut r^unie en corps lumineux qu'au qua«- 

^ tri^me jour. Dans le second syst&me, h lumi&re quant k son existence 

I est ind^pendante du soleil^ ant^rieure au soleil ; elle peut donc avoir 

I ^t^ cre^e avant lui. A la v^rit^, pour qu'elle devienne Sensible^ il 

est n^cessaire qu*elle soit mise en fiibralion, et I^ cause la plu^ 

gen^rale de ce fait est rabtion du soleil ; mais Dien a pu produire 

cet effet par sa volcml^ imm^diate ou par une cause physique iib* 

conDue et distincte du soleil. 

3« Obj; D*apr6s Moyse , les plantes ont exist^ avant le soleil ; or 
le soleil est n^cessaire aux plantes. 

H^. A la mineure on peut r^pondre : Cest la lumi^re et non 
le soleily qui est n^cessaire aux plantes ; donc cettes-ci ont pu exis-^ 
ter Avant le soIeH, si la himl^re existait et pouvait ^tre mise en 
viJtH^tiOn par un autre moyen que par le soleil. Qr on peut admet- 
tre ces supposilions d^aprfes ce qui » H€ dit dans la r^ponse pr&- 
cedente. 



— 594 — 

i« (Ht/. Moyse compU tcois jours avant U cr^atkm du soleU, car 
par Jour dans le sens propre on entend rmterfalle d'une r^volutioa 
apparente du soleil autour de la terre. 

B^p. i^ D*apr^s quelques g^logues, le mot h^breu traduit dans 
la Vulgate par dies peut sigDifier ipoqu$ indeterminee. 2» Moyse 
peut appeler jour l*espace de S4 heures, quoiqu*il ne soit pas mar- 
qu^ par une r^volution solaire. So Dieu a pu par des moyens que 
Qous ignorons donner ^ la terre son mouvement de rotation sur eUe- 
ra^me, et ^ la lumi^re le mouvement de vibration n^cessaire pour 
devenir sensible ; or, dans cette liypoth^se, les trois premiers jours 
dela Gen^ eussent^t^ desjoursv^ritables^ quoique le soleil n'efit 
point exist^* 

5« Obj. Dans la Gen^on lit: Fiat/irmamentutnin medio aquo- 
rum, ce qui suppose un ciel solide: absurdit^. 

Rep. Plusieurs interpr^tes, en partant de la racine hebralque du 
mot traduit dans la Vulgate par firmamentum , pensent qu*ii fau- 
drait au contraire expanfWHy ce qui indiquirait la formation de 
ratniosph^re appel^e cwlum , parce qu'elle s'^tend au-dessus de la 
terre, et q«*elle est le tableau sur lequel se projette ie sAeX ou les 
astres^ elle divise les eaux sup^rieures et inf<6rieures, car elie con- 
tient des vapeurs aqueuset. 

6« Obj. On lit encore, v. 16 : Fecitque Deui luminaria magnor..* 
luminare majus^ ut praesset diei, et luminare minut ut prcDcsset 
noc(t; e( stellas.Ce texte et son d^veloppement fournissent maili^ 
i plusieurs objections. 

io Le soleil et la lune sont ^aux quant 4 lia grandeur, sout plitS 
grands que les dtoiles ; or cela est faux. 

R. Moyse ne parie pas d'une grandeur absolue , mais d*une gran- 
deur apparente, d*une grandeur jugi^e d*apr^ ses eflfets ; or sous cd 
rapport sa proposition est exacte. 

^o Moyse suppose que la lune est crc^^e pour ^clairer la nuit ; ce 
qui est faux , car le temps de clart^ cst beaucoup moindre que la 
somme des nuits> 

R. Moyse ne dit pas que la lune ^claire toutesles nuits, et pen- 
dant tbute la dur^e des nuits ; il se bome k dire que la lune 6ciaire 
la terre pendant la nuit, cequi est vrai. 

30 Moyse dit, oudu moins suppos6, que le soleil^ la lune et les. 
^tmles sont cr^s pour la terre ; proposition f^usse quant k toutes 
ses pariies. Le sol^l ddaire les autres planaes qui sOnt habit^. 
Sa masse est incomparablement plus considerable que celle de Ul 



— 3«5 — 

terre ,. et ne peut avoir 6t6 cr6^e poar dle. La lune rend poti cle 
services k la terre ; et les ^toiles moins encore. 

B. Moyse ne dit pas que ces astres aient ^6 cr^^s liniquemeiit 
poiiF la ttrre ; il fait entendre seulement que )e but ou Pim des buts 
de leur cr^ation esl l'utilit4 de la terre. Or de fait leur existence 
est utile k la terve , et rimpertance de eette utilit^ est clairement 
iadiqu^e dans la Gen^se : eUe cite d'abord le soleil, ensuite !a lune, 
eten dernier lieu lesetoiles.-^Personnenepeutnierl^utilit^etm^me 
la necessit^ du soleil relativement k la terre. ^ De ce que le soleit . 
est utile aux autres plan^es, il ne suit pas qu*il ne soit en rien n6- 
cessaire k la terre» que rutOit^ de la terre ne sott pas une dei fins 
de sa cr^tion; il ne sult jntoe pas que le but [»*incipal desa cr^tion 
ne soit Vavantage qull p^cure k la terte.— D*abord, ^en juger d^ 
prfes les donn^es de la science^ la lune a'est pas habitte puisqu^elle 
D'a point d'atmosph^rej 11 est douteux si les autres astres sont ha- 
bit^. £a tout cas leurshabitantsne sont pas des bommes au moias 
semblables knous ; les conditions physiques et physiologiques ne le 
permettraient pas.—i.amasse du soldl eompar^e k celle de laterre 
ne prouve pas davantage; L^importance des Mres ne s*iestime point 
par teur masse ; ainst rhorame baA>itaiit de la terre poss^de par soa 
&me spirituelle et immortelle une valeur sup^rieureJi celle de totts 
les ^tres corpor^ — Qnant k lalune^ elle ^claire une partie des nults, 
divise et mesure le temps ; elle produit les mar^es , et par \k con-^ 
tribue Jfla salubrit^ des eaux de la mer ; ehe dirige les na^gateurs. 
—Les ^les dirigent les navigateurs; ellesattenueatrobseuntddes 
BQlts; leur importance vis^-yis de la terre est bien moindre, aussl 
5ont*ellesplae^es au troisi^me rang; 

3* Epoque de ia creaiion. - . 

On peut opposer ^ ce point de la doctrine mosatque des olyec- 
tions tirees de la g^ologie et de la chronologio. Ces demiferes de- 
varit trouver place allleur? , nous traitohs seulement ici des objeo^ 
tions g^ologiques. 

OM' D'aprfes les doan6es chronologiques de Moyse, lacr(Sation du 
monde remonle k 6 ou 8000 ans au plus; or cetinlerva^ledetemps 
est trop court pour expliquer les falts g^ologiques. 

lo La croAte soflde de la terre se compose de diffiSrentes cou- 
ches h^t^rogfenes entre elles, d'6paisseur varilible, qui se Sftcclsdent 
dans un ordre Sipeu prfes r^guUer; k feces parallMes, quelquefois 



_ S»6 -- < 

faorliontales « d^aotTOS fols ^rticales, le phis sonTeat obfiqai» i 
iniorizon, qui toutes reposent snr une roehe crystsUme q«e Tob 
nDmme grtnit. Daos ces dlTerses eonches on trouve des fos&iles, 
c*est«4Hdire des d4l>ris v^^Unx et animaux 4clielontt6s et groupes 
diiprto rordre dela perfecaon croissante de Torguiisation, dont la 
plns grande partie appartient li des genres tout k Csit perdus.I)u 
paraU^ttsme des oouches et de la disposition de Taxe des debris 
qu'eUes rec^lent, on doit eonclure qu^elles oiit M primitivemeot ho- 
rizontales. De leur horizentalit^ on peut «onclure <ju'elles mt des 
mati^res de s^dtment, ou form^ auseindHinliqiude. Dela position 
fertiede et obUque ii l'horicon de la plupart des couches, ii suit 
qQ'ellea ont 6t6 relevto i difll^rentes ^poques par une fbrce d*une 
puissance ^nornie* De ce que dans elfaque terrain on ne trouve 
guibre que la meme esp^ee de fossiles dont les genres sont perdus^ 
on pent conelure li une suitede r^yolutions qui ont boulevers^ lc 
gk>be k des ^poques tr^s^loign^es les unes desautres. — Or sii k 
huit miUe ans sont loin de suffire k rexpUcation des fiiiU ^ooQc^s 
dans les conclusions pr^cMentes ; d'autant moihs qu^6tant tous des 
fiiits de /ormatiott Us ontdft, d'apr^s le r^it de Moyse^ pi:6c^er la 
creatiiOB de rhomme et s'aceompUr dans les six premlers jours da 
i^existence dii monde. 

. 2o A mesure qne Ton descend dans rhkt^rieur de b (erre la cha- 
leur aagmente. D'aprto des caleuls fond^, reau doii %tre klaUtn- 
p^ture de r^uUitioB k moins de trois^uarts de Ueuede profoQ4e\ir; 
les roches» li la cbaleur rouge, 4 moins de trotsUeues. La terre ev- 
tl^e ^ Fexceptlon dhme %^ couche est donc k F^tat de la« 
incandescente. Gette chaleur inteme ne pent pas avolr pour cause 
I*action du s<4eU, qui ne p6nMre qu'di une profondeur tr^s-peu cos- 
sid^rable, puisque la temp6rature des puits et des caves est ^ pe« 
pr^s constante en toute saison. Done la terre ^tait d'abord une msisse 
Uquide et incandescente ( telle est rexptication dn renflepaeot de U 
terre k r^uateur, des tremblements de terre, des volcans, des sou- 
l^vements et des d^pressions de terrains, des eaux thermales ); i> 
surface du globe s'est fig^ par le rayonnement dans Fespace ; or ce 
ref^oidissement suppose ua temps d'une durte immense. 

Rep. lo Pour r^pondre h robjection d^ite des couches de la 
terre , et concilier ces faits avec la Gen^ , on a invent^ plusieurs 
syst&mes. Les principaux sopt les suivants: 

Premier syst^me. — Les couches g^ologiques et tons lears acees- 
soires ont ^te produits par la volont^ immediate de Dieu. 



— 3"9"7 — 

A la verke'cette'hypeth^e est absolameiit possible. Mais, en Fa- 
dbpta^nt, od esl cfblig^ d*admettre queDieu a cc^^ de^ appaceaibGS 
de Mts qui ji^aaraient Jamais eu lieu^ ce ({Oi se conciUe «mal.avec 
ridSe que l*6n'doit se forhrer de sa sag8sse.^Aufisi ce premtep ^9- 
t^me est-il gi§n^a1em«ni rejet^. .;. 

Second isyst^raev «-* &'apr^s au second syst^me, les formations 
g^ologiques et renfouissement des fossiles seraient le produH du 
d^luge, . 

G^tie th^brie e^ reiet^ parce que 1. efie suppose que les eaux 

du d^Iuge ont pu dissoudre toutes ■las.mati&res.qni rec^leiit:die8 

fossile^. Or eela n'est pas possibl» liatarellement ^ car : les ^ucbes. 

g^lbgiques se composent de rodies in^ttaquabl^ ^ar Keaaetjdfune. 

gro^seur ^norme. $» Si TeiLu a^ait ag| omnmte disipolyant.svK.ees 

ibati^res' pierreuses^ ette e(tt agi de mihae sur l^ fossiles qHty.daaa 

(iette bypbth^, ne seraient pas conteBjuSi d«».le& eouehosf san» aJr 

t^rations. 5. Les eoaehe» ne seraient pasd^une compcsitioa hoiiPK>^ 

g6ne, mais un m^lange de toutes les substances divildes pat yeau. 

4. Siirtbut les fossUes seraient mdI48.daiis Ie& coiklies eomme ilfr 

Ntaient sur la terre; or c^estnm ^ eonstant qu^ii etiste des distioet^ 

tions entre les genresde fossiles.5. Le&d4pdts se sont prodnits aYec^ 

calme etlbnteur,. car une loule de coqcdllages y ont eonserv^ieiirs 

poiales et leurs ar6les les plu& d^licates, ee qul ii'liUFait pas l!eu si 

Venfouassemenf desfossfles^t proAiii par ie d^Ioge. 6..II exiite uii 

grand noftibre de banes de sei gemme dont F^teindae est eireoBSGBite; 

tasi inei^licable par le dehige ; ear reap» pour. 44poser oe imI, edt ^ 

^tre sorsatur^e, et dans eette hypo^h^ la pr4^laillo& se sevail 

Me sur toute la snrfaee du gk^e. T. L» ooiiH>a»iMfl<>ii des fo»- 

siles' prottve que les d^pdts se sont infm^» 'taiildt dsma rea» 

salie, tantdt dan9 Teau douoe, fait InetpHcable par» le diluge. ^ It 

existe une foule de bancsredress^s^qui forent'(Fabord horisoniimx, 

comxae ie pro^ve leur parall^Iisme^ Si ieur' stratlficalllDii^ est du& ani 

d^luge, leur redressement serait r<Bu^ de r^volutioas pDSt^euresv 

el ces rttvolutions seiraient ^ormes, nombreuses ^td'i§poq^esdiffi^ 

rentes ; or ii n^y a aucune traee de ee» r^volutioifs^ dan» rUsK^ 

post-diluvienne. 9. n existe souvent dans les vall^es form^es par le 

redfessement des bancs, des couches horizontales <^ contiennent 

des fossiles ; donc, pour expliquer ce^ d^pdts par le d^luge, il ^tir 

dtoM supposer «pie pttida&t ie pea de mm quii les eaux diluyienn^s 

couvrirent la tefre> eUes attaqu^nt lesroche9> lesplu^dures kplua 

2J 



— m — 

de mille pieds de prQfbndeiir , les rMuiaireat k ViM de Kmeii, les 
laisi^reiitse pr6clplter; que oes d^ta event le temps de se dmdr 
80IIS l'eeo, ^*il8 ftirent redresste ensuite, pois enfin qne d^smres 
d^pAts se fermtont li plosieurs reprises dans les Tslldes prodnites 
par les redressements ant^rieurs : oe qui est absurde. Aussi cesys- 
t^me est-U g^^ralement abandannd. Les savants ent ^t^ coDduits 
au soiTant. 

Troisi^me systfeme.— Lessix Jours de laGen^ sont desp^riodes 
ind^rmin^ i^moins chacune d^une cr^on particuli^e, et (er- 
mlnte par une r^Tdution qui a d^truit et enseveK au sein des r(H 
ohen les y^toux et les animaux exlstanto. La cr^tion est le «uatn, 
In destruction le i(dr de chaqne Jour gte^que. 

Les raisons apport^ en preuves de^ cette th^rie sont que 1. 
eile peut se concilier ayee les £aits g^ologiques ; 2. considdr^e ea 
elle-mtaie elle ne contredit pas i^Ecriture ; 3« dans ses d^tails elle 
conflrme la narration de Moyse, ^ en est jle oommentair^ scien- 
tifique. — i» EUe peut se concilier STec les fiaits gdoiogiques: 
puisqne, la dur^ des p^riodes n^^tant pas d^termin^ , on pent 
lenr donner toate r^tendue exigte pour rexpHcation des faits. — 
f9 GonsidMe m eUentt^me, elle ne contredit polnt la Clen^, La 
seoie objection qu'on poisse lui opposer, c'est qu^eUe tradoit le 
mot die$ par ^o^tie. Or cetto traduction peut se Jasti&er. D'abord 
le mot h^breu tradoit par^c^ifr a le sens depMode, de duc^ arbV* 
tndre dans plnsteurs passages de rfitriture (1) : dans le L&viliqae, 
2S,S9Jottr au phuiel signifie ami^; dans lob i^, %!%, ausingt^ 
II gigmfie la vie enti^re de Fhonune ; dans laGen^ eUe-m^me 2,4^ 
Moyse v^pitule PoMivre de la cr^ation en ees termes: c telles oot 
^ les gto6rations des ^tres au jour oii Dieu cr^ le ciei et U 
tecre > et dans ce passag^, /our signifie ri6unioa <ies sixjours ds la 
cr^Uon. £n second lieu, les trois premiers jours ne ^ontpoiot des 
lOurB ordinaireSy poisqoe le soleil n'eiistait pas ; on peut donc e&- 
tendre ces jours et les soivants dans le sens de pMode* En troi- 
sitae lieu , S. Augostin alBrme dans plusieurs endroits . que les 
Joors de la Gen^ djfif^rent des jours orduiaires (Sij.—ZP Pans ses 

(1) cPourpea qneroB soit ven^dansmude de r&critttre saiete, dit S.Augu»- 
« tin, <m sait que c^est «a eoutume de se servir du mot jour pour celui de tempS' > 
He dvit. Xtei, 1. 20, e. 11. « Ches les Orientaux, remarque Bailly, le mot que dous 
« rendous par ^our a une sigmfloation prknitive que donne exacteHieat le tem» 
« chaiddeBfafV, r^wriiifion. > Hitt. de IVieli^nofirie indUnne, p. 403. 

(t)S. Aug.JDf G§n€i.a4lUt$r, 1. 4, c. 18, c. 9S [et 87. Bossuet dit aussi : «Dm» 



— 899 — 

d^il9> ia Ibtoie des ^poques conftrmd la narraUon de Moyse , em 
€st le coDUBeDlaire seientifiqiie , pnisque ^ comme nous le verro&s 
I^tts bas, les fossiles suiv^t dans lenr ^ltelonnement l'ordre des 
er^^tiotts in<yqu^s par Bfoyse. 

Ge syst^me avait trouv^ foveur aupr^s des savants et de la plu*- 
parC des catholiques ; il a ^t^ viveffient combattu dans les derniers 
temps et remplace ehez plusieurs apologistes par un quatri^me sys- 
t6me que nou» allons exposer« 

Qufttritoe syst^me.— Les £»it^ g^legiques se sonl accomplis 

danaune p^riode {ntermMaire entre la premi^re cr^ation indiqu^e 

au ^emier veirset de ia Qen^e, et le premier joitr de la cr^ationy 

ou plutdt de la r^organisationdu monde actuel d^taill^e par Moyse. 

Les partisans de ce syst^el^^tablissent sur lesraiiKMis ^ivantes^ 

Le troisi^me syftt^me-, de tous ceux ctui ont ^t^ propos^s pour con- 

ciiier la Genlse avec ta science ie inoins d^rai&onnable, deft cepen>- 

dant 6tre re}et6 , parce que !<> cohsid^r^ en tui^m^mfe , il contredH 

fEeritiire^^o con8idi§rd dans sea pr^tentions et ses d^taHs, il est 

opposi aux faits. Donc II i^it tei substituei^ nne autre th^orie, qul' 

dearteoes inconvMents et/s'il est possible, toutes les difficult^s. 

C^ tel est le qttatri^mO' syst^me qne nous propoions. — i^ Le 8ys*> 

t^6 des jour» p^Hodes contredU i^Ecri^ure 1 1 • Le mot h^breu tra- 

doil par /otir ne signifie^o^u^ que dans les cas od le contette 

d^enBlBe clairement c&sens'; or Hen he Tindique dans le r^cit de 

la GF^tion. 2. Ghaquejour dela or4fation a soir etmatiR^ cequi ne 

peut coBvefiir qn'^ des }ourd proprement dits. 3. Vous travaillerez 

pendant six Jours, dit Moyse aux Israelites , et vous vous reposeres. 

iesepti^e, parce que ie Seigneur a fait le eid et la terre en slk 

jonis et s'est repos^ le septi^me. Le mot Jotff dans la premi^ 

partie de ce passage doit s'entendre dans le sens propre , ii dott 

avoir le m^me sens dans la secondepartie. — 2o Gonsid^ dansses. 

pr^ieiitioBs et ses d^ls, fe k^oisi^me systtoe est opposeaux faits: 

Sa pr^eiUion est de donner le coE^mentaire scientifique de la nar-- 

ration de Moyse sur \at cr^tion^ or elle est mal fond^e. i. Dans 

cette th^orie^ cbaque p^iode est termin^par nnetmmense r^vo- 

lution d^ign^e dans le texte par le mot imperK Gette interpr^*- 

tioi] est fausse : d*abord dans les deur premiers jours rien n*etait a 

deiruire ; ensuite le sixidme jour, ou rhomme fut cred, n^a «te clos 

« apres awir faif dC^nbord comme !♦ temi du nionde, en avoulu faipc rorncment avcc 
« six differMiU progrift qtfil a voutu appcler sijt jours, y El&v. sur les six jours. 



— 40© — 

ptr anMie T^vohiUon, puuqoe rhomiae el les anUDaiti oreesa 
eette ^poqve Mbalsteia efecofie. S. On relcoave dans des couches 
Mpdrievret des foaeUea qui se renoentrent dans ites oovcbes iDf6- 
rienres, fidt inexplicable dans rhypoth^ des r^tobitions snocesr 
sites d« globe, k molns qne Ton sdmette une cr^sUon no«?eUe , 
snpposiUoo sans fondement. 3. Dsns Is tiitorie des jovrs p6riodeB, 
It couche fossilif^re lafi6riettro, pour oonoorder «Ye« ler^citde 
Moyse, ne devrait cootenir qae des fossiles vi^teui ; cepeBdaot 
oUerenforme desddbris d^animsux.— 3» Le qaatritee aysttoe n'68t 
oppoo^ ni aai faits, ni ^ la Gen^ Car Hoyse ne donnant tQCiD 
d^tail sur la p^riode assign^ daas ce systtee auz fonnations g^ 
logiques, ii ne peut phis y atoir entre la acieaee et io Xieiiitee ni 
concordance, ni opposiUon. 

Aucun dos quatre sjrst^mes proc^mment oxpos^ n*6Unt rogsrd^ 
oomme fa^t^rodoxe^ lo cboiz eutre eux ne peut ^tie d^tennin^ qoe 
par des coosid^raUons sGieatiiques.">- fixamtnto sous co point de 
tue les deux premitees th^ries pafaissent insoutenables.^XtVivaO' 
iage dtt qoatritoe syst^sne sur ie troisifeme est de. d6gagsr com- 
pl&tement ki Gea^ dessysttoes gMogiques» et parlii deJsmettre 
k Tabri des oi^iections qui pourraieot sufgir de la tli/forie nou* 
veUe« — Le tr(»si^me, s'il pouvait d^truire les olQectiois qui iui som 
faites, foumirait non seulement une r^ponse p4rempU>iiQ aox oh)ee- 
tions de^ riocr^dulit^ , mais eaoure ime confirmaUoa do. tkit da 
l|oyaeparlasQience,et une preuve de son iospuration, GarMoyso«q« 
sQnement n^avait fait aacune ^tude g6oiogique, n'auratt passanslest' 
co^rs divia foi^mui^ d^uneoiani^re aufisl juste et aussi pii^cise le r^ 
tat detoutes le^ observatipns ai de tautesiesd6couter(esmodeni6S« 
Or les partisans des p^riodes r^poadent au re^«che qql leor est 
fait d'alt^rer la Gan^ en traduisant diei pvt periode^ qee Uoy» 
lui-m6ine dans rhistoire de la or^aUon emploieie mot iour dans ce 
sens ; que, vu la concor dance des faits g^ologiques atec hi Geo^i 
on doit la regarder comme rexpression mdme deoes iaits , et con- 
^ttomment traduire dies par pMode^ d*a«Unt plus que ce mot 
pent al>$oIument admettre ce sens; que la traducUoa de di^par 
pemd^ une fo|s jusUfi^, tnan^ et vesperi doivent n^cessairement 
se u*aduiro par eomineneemerU et fin ; que le rapprocbement f^ 
p((r Moyse ^ntre los jours de la cr^ation et les jours ordinaires m 
prouve wo, car les jours ordinaires peuvent 6lre comm^moratJ/i> 
dcs jours i)et'iodc$ malgre leur difference. A la deuxifeme s^ie d^ob- 
jecliops les parlisans de la iroisi^mc Ui^orie peuventn»pOOdre: <J«<* 



~ 401 — 

la tFadtt<;tifHi de ^j^^ paM*eva)s«<lia« &^est pas une n^oessiM ab^ 
solue du syst^me» que ce «iQt signifie seuleiPeQt temiQalsoii d*UQe 
p^riode de ^^ation & la(|ueUe succ^e une vautre «^, tenniiiai^OB 
qui ne doU prendre le sens.de r^volutlonque lOKsque tes faits 
g^ologiques exigent ce seus; que, m^me dans ce demior ^, la 
r^ToItttion peut avoir 6pargn6 des individus p!ac6s dans des cir- 
eons^tances particati^res^ appartenant aux classes d^truites , ce qui 
expliqu&leur r^parition dans les couches sup^rieures ; que Moyse 
dtoivant ites jottrs , g^i^qae»s par grandes masses a ptt tafare let 
cr^tions animales de ia prmi^e p^ode fosi^e^ puisque dans la 
premi^ conehe fessilif^e ies v^^aux 1'emport^t de beaueoup 
sur lesanimanx ; d'aille«rs par rensendble des d^tails du rdeit on 
voit que les ^>tres se sont succdd^ en raison direote de la eompli- 
c^onde tour organiaation^ donc, en parlantdela cinqui^e ^poque 
de la cr^tiondes poissons, des reptiles, il suppose ddj^ Fexistenco 
des aniwattx in^rieurs en organisation» 

9» A Vabieetim dMoite du f^u ceniral on rdpond; 1. Le fait de 

l^aagmentatien progressive dela cbaiettr kmesure que l'ons'enfonce 

vers le centre de la terre est certain ; mais (m a tort d'(m d^duire 

d'nne mani^re aussi affirmative rexistenee dn feu eenlral^ car ce 

fait povrrait avoir nne autre eaose inoonnue. On peut rext^liqn^ 

par les combiaaiaons cbimiques qui s'op^rent dans les coueiies su-t 

perficidies du gk>be , et qui expliqueralent les tremblements de 

tem, les ^lcans, et^. Le renflement de la terre k F^ateur dan» 

cette bypotbi^se s^expliquerait par ie ramoUissementdela superficie 

de Ja terre op^r^ par les eaux dont eUe ^U4t impr^gn^e primitlve*- 

mentj eomme> le raconte Moyae^ On peut ajouter que la liquiditd int^ 

t^rieure de la terre^onnerait lieu k une immense mar^ de lave 

qui eontiBudlement disloquerait^ ou tout au moins secouerait la 

crolite dn globe, oe dont il n^y a pas la moindre apparence. 2. Ad-< 

mtt-Oft m&me le feu centifed, on ne peut rien en conelure contre 

la CSen^. Gar onpettt dire en premier lieu cpie ie feu oeatral, lel 

qa'il r^ultedes faits cit^s, est de. cr^tion primitive. On peutmtoe 

ajonter avec plusieurs savants, sans contredire la Gen^se , que la 

Uquidit6 actneUe du centre de la terre se rattacbe k un ^tat ant6^ 

rieur^ o^ ses ^l^ments se trouvaient k l'^tat gaz^iforme ; car te qua-^ 

tri&me.syst^me , as^ignant aux faits geologiques une ^poque primi^ 

tive sur laqneUe Hoyse ne donne aucun d^tail, laisse toute liberte 

aux suppositions scientifiques. Le syst^me des ^poques, tel qu'Uest 

eptendu par quelques savanls , adraet le fait^ el comme donn^e 



— m — 

liiblk|tte, et comme donn^ sdentiflque , cGncoTdSknte d*aprte les 
eipUctUons que nous eiposerons plus has. 

Des d^veloppements pr^o^dents ^it cette conclusion flnale : ni 
les coudies de r^corce du globe , ni le feu cemrsl ne <;ontre<fisene 
lei^UdeMoyse. 

//• Confirmations par la science et Us tradUions. 

Les rScits traditionnels sur 1a cr^tion du monde ^tsnt renms 
dsns les m^mes (eites s^rec ceai qut sont relatlft k la cr^titm d« 
rhomme, nous les traiterons ious ce second tiiare. 

Nous avotts dit que Moyse raconte i. la cr^ation en eUe-minie, 
3. l'organisation du monde, 3. l'6poq»e de ia er^tion. 

Sur ee demier point la science se tait 

Sur le l«r ppittt, la philosophie , qu6iqn'eUe ne puisse pas i'ex- 
pliquer parfaitement , confirme le Mi de la cr^ition en moDtrant 
i'al)surdit^ des systdmes qui la combattent. -<- K moins de tombep 
dans PEl^atlsme, qui nie toute distinction entre Dieu et les autres 
6tres» systtoe dont Tabsurdit^ est palpable > on ne peut admetlre 
sur Forigine des choses querone de ces trois supposltions : {. 
les ^tres distfocts de Dieu oot M cr^ ;2. leur substance n'est que 
la substance divineelle-m^me mise par Bieu audeliors de loJ-ffl^Bie 
(syst^me d^^anation); 5; Tass^it^ de la substance des ^s cr^. 
Or les deui demi^s explications sont prouv^es fausses par Veurs 
eons^quenees. D^abord le syst^me de r^manatien, substanUdiement 
identique au pantb^me , en prodt^ toutes les cons^ences qne 
nousavons exposees en partie pllis haut. De Tass^it^ ^ ^tre^ dis- 
tuicts de Dieu r^ulteraient llmpossibilit^ de les concevoir non 
existants, leur souveraine perfection , leur imrautabilit^ , leur ifidi- 
visibilit^t etc.; cons^quences dont la fausset^ est prouv^ par les 
faits. 

Surle 2epoint, c^est^^ndire sur Torgaulsation do monde, la science 
fournit des eonfirmations de d^tail ind^pendantes des syst^mes. 
cosmog^niques et geog^niques ; elle en d^duit de oes syst^mes. 

-Confirmation» ind^endantes des syst^s cosmoQmiques. 

jo Moyse dit que la lumiere a exist^ avant le soleil.— La science 
admet comme beaucoup plus probable le syst^me des vibrations de 
la lumicre, qui donae h ce fluide une existence indepcndante du 
soleii el dc tout autre agenl desline a le mellre en mpuyenieut. 



— 405 — * . 

£Ue condut eette tU^orie des exfi^ieiiees dans lcsqaelles ia ren-» 
contre de deux rayons lumineux produit des ten6brea au lieu de 
donner une pius vive lumi^re , comme cela aurait n^cessairement 
lieu dans la th^rie de T^manation. 

2« La 6en^ pour d^signer la lumi^re emploie une expression 
qpi peut se traduire par cetteautre lum4ere-^lorique, ce mot d^si- 
gnant k la fois lumi^re et feu, Or ridentitd de ces deux agents est 
rogaid^e^sinon comme.certainey du moins comme tr^probable par 
des savants tr^s-disting^^. Elle peut se conclure de l^exp^rienee 
dans laqueUe on rappi^ocbe dans le yide les fils conducteurs d^une 
forte pile .munis cbacun d'un c6ne de cbarbon ; il se produit alors 
Bse lumi^e tr6s-vive , un feu tr^s-ardent , quoique les cdnes dt 
ebarbop n'entrent point en ignition. Ce fait prouve que la r^uaion 
du fluide ^leetrtque positif et n^tif produit himi^e, chaleur et 
s(i^iae.magn^tisme,.puisque ce.foyer de lumi^re et de chaleur agit 
sur la bouaso^e; d!oii r^sulte Tidentit^ probable des quatre fluides. 

50 R T^sulte de la narration de Moyse qH'au commencement la 
tcrre 4tait vide^ qu'elle ne servait d^hal^itatipn k aucun ^tre orga- 
Bis^.—La g^ognosie eonstate qu'une fois parvenu aux terrains pri« 
initi& on ne rencontre aucun d^bris OTganique. 

40 Moyse aifirme que Dieu a produit les dtres organis^ par un 

acte particulier de sa voloute^ qu^il les a d^s le principe divisigs en 

esp^es.^De son c6t^ la science prouve la n^cessit^ d'uDe op^ra- 

tion particttUfere pour prodiure Vorganisation. Gar i. si les forces 

physiques et chimiques avaient seules produit les 6tres organis^s, 

eHes poss^deraient encore qette facult^ Or le contraire est ^tabli 

par l^xp^rience, pmsque les mati^res ori^ques, leur dLsposition^ 

rorganisation en un mot et la vie ne naissent jamais spontan^ment, 

mais ne peuvent toe que le produit d'6tres organis^s et vivants; 

puisque les forces pbysiques et cbimiqiies ne peuvent m6me repro- 

duire uae organisation avec les mati^res encore organis^es d*un 

corps pr^c^ent. 2. Les ph^nomtoes de la vie sont r^gls par des 

lois toutes differentes de celles qui dirigent les forces physiques et 

cbimiques. 3. Bien loin qu'it y ait identite entre ces forces, au cen" 

traire elles se combattent.— La science prouve la n^essit^ des es- 

p^es primitives. Gar 1. il existe une multitude d'esp^es organi- 

s^es. Ge fait ne peut s'expHquer qu^en supposant que toutes les 

esp^ces sont primitives, ou bien par la production d'esp^ces nou- 

velles op^r^es par la transmutation d'une ou de quelques especes 

geulement. Or cette transmutation est «•^'v^csible : tWe ne pourrait 



«e^ produire <|ae par les Uiflttmce» ext^riiMres , ou inr le ctoise- 
ment des esp^ces ; er Fexp^rience proove que la preim^ eaose 
doane skmplemeiit des miMs , qae la seconde produit senle- 
ment des m^tis priv^ de la fticult^ de se reproduire, otf dn moins 
qvi ae se reprodoisetti pas ind^niment. 9« La oon^iaraison des es- 
ptees ecluelles avee les monies d'aninunix cowert^e^ en Egypte 
prottve leur immutabilit^ pendant rintervalle tr^ong qui s'est 
6eoul6 depttis la premi^ ^oque de l^istoire ^gyptientte JusqQ^k 
notre temps. 5. 8i les esptos pottTaient cbaDger et progresser, les 
dtres imm^diatement iafl&rtettrs k lliomme pounraient acqoSrir le 
caraet^ Immain. La possibilit^ de cette tTansmutaiion est nitaie 
!• Iral poursoiTi par les partisaDs du ayst^me. Or cela est impos* 
sibie : ear, sous le rapport des fiftcult^ intettectuelles^ il y a eDtre 
eelles de Hiommeeirinstinct de la bmte un abtme infrancliissable. 
La brute esl priv^ de la Iteult^ de pereevoir les id^e» ritionD^es 
el morales, de g^n^Iiser ies id^s sensii>les, indvde de la libert^ 
morale, et iocapable de s'dlever par rMucation k ces fticult^ ; <a\ 
ses acHoBS Bi6me les pius ^tonnantes ne sont pas le r^soltat de I'^- 
dncation, delHmitation el de I^exp^rience , elles Sont ez^at^es 
sous rempire d^une impuMoa aTeugle^ toi^ours de la m^e ma- 
Mte, sans dlre pr^c^to de la pr^vision ni de lcor r^IlaC nf 
de leur tttilit^. L^homme posa^de les caract^es oi^s^s. 

ijonfirmatioiu par les s^Umei eoimogeniqucs^el geogeniqwn* 

N. 6. En exposant le Syst^me suivant^ nousn'en acceptons pas b 
responsabilit^; notre but unique est de constater que la science ac- 
tueHe est loin d'Mre bostile au r^cit de Moyse. 

Interpr^t^par la sci^ce , 

Moyse enseigne : La science affirme : 

lH*dttier jour^ 

Au commencement,Dieu La mati^re premi^re de tous les globes 

crda lamati^re premi5re a ^t^ d'abord k ua ^tat extr^me de dif' 

du ciel el de la lerre ; fusion. Les n^buleuses^ que les savanis 

cette mati^re ^tait invl- regardent comme des mdndes ^ T^tat de 

sible et incompos6e. formation, sont compos^es de cette ma- 

Les t^n^bres etaient k tifere primitive, gazeuse. Get ^tat est d^ail- 

la surface de cet abtme. leurs exig^ pour expliquw les combinai^ 

L'espritdeI>ieu,ouragent sons cbimiques d'iine multitude de ma' 



coordoBiiateur de la crea» 
tioD> se-portaii k ta sur- 
face des eaux^ c'eslrk-HUre 
de la mati^ k F^tat ga- 
zeox.-^Dieu dit : Qiie la 
lumi^ se produise. . Et 
la lomi^re fiit; et Dieu 
i^it qiie la luini&re ^tait 
bomie.-^uisi ftit dosoir 
au matin le premier jour 
(^qoe). 



Dieu diti Qu'il y ait 

faisatU ferme au oentre 

des eaux , et que o^e 

force divise les eaux 

.d'avec les eaux. Et Dieu 

flt le firmament ( ce qui 

a la pro{»ri^t^ de faire 

ferme); et il s^para les 

eaux qui fiirent dessous 

en firmament de celies 

qui furent dessus en fir^ 

mament. — £t il fi^t fait 

ainsi, et Dieu donna au 

resultat de 1'op^ration du 

firmament lenom de eiel. 

— Et du soir au matin fut 

le seeond jour (^poque). 

A cette premi^re don- 

nee la Sagesse ajoute^ 

Prov. 8, 27 : J'assistais k 

la pr^paration des cieux,^ 

quand Dieu divisait les 

eaux de rabimeen abtmes 

distincts, quand i1 les sou- 

inettait ^ une loi invaria- 



— 405 — 

titees qui composent le glol>e. 

La matilrefut donc d'abord.k un 6tat 
obscnr^ment cfaaud. Mais le calorique 
rayonnant d'aprte ses lo|s dut se porter 
k la surfaoe de la masse gazeose et y pro* 
dttire chaleur et lumi^e^ pmsque ces denx 
ageots SQBt identiques. Moyse a pu appe- 
ler cette atmospfa^ luminense e«^*t d^ 
Bieu, ou coordmmateurdelamati^rcles 
fluides caiorifiques,-^lectriques etmagn^ 
tiques ^tant kla fois idmtiques entr'eux» 
etoauses pbysiques de toutes les compo- 
•sitions et d^compositions de la mati^re. 

Secohd jot»; 

Non seulement Dieu avait soumis la 
mati^re ^ raction du calorique, mais en- 
core k celie de rattraction. De plus U 
avait imprim^ k la masse nn naouTement 
rapide de rotation sur elie-m^me. D'apr^s 
ces donn^es, h mesure que le calorique, 
prlacipe d'expan$ion, raybnnait au dehors, 
l'attraction devait concentrer la masse, 
augmenter son mouvement de rota- 
tion, produire k son ^quateur une fbrce 
centrifuge plus rapide, y d^rminer la 
fonttationd'unemultitude d'anneaux com- 
poses de cette mati^re en mouvement. 
Ges anneaux se refroidissant progressi- 
vement durent se briser en diff<^rentes 
fractions qui, en vertudeslois de Tattrac- 
tion, durentse r^unir chacune autour d'un 
centre et former des n^buleuses. En se 
brisant, ces i^agments d'anneaux durent 
prendre un mouvement de rotation sur 
eux-m^mes dirig^ dans le sens de celui 
de la masse principale, parce qne la par- 
ti^ sup^rieure possedait une quantit^ de 
mouvement plusgrande que la partie in- 
fi^rieure. Ces nebuleuses tournant sur 
24 



-. _ 406 — 

bleet leor commt^iqintt ^eMitaies devieoiieBt des ceDtres ae- 
1111 moQveneiiigyntoke. coDdaires o^ se reprodaisont en petit le» 
Qitandd prwparabcU^etB' ph^ooin^iies de ia masse totale. EHe» 
lo$ aderamj quanddcer- poss^nt k leur auiice uDe ]itme8ph^re 
eertA kge ei gyro va^ ^ectriquelomineiise et caiorifique. EUes 
iabai abffuoe* prodaisent des anneaoi qui, enx-^&mes 

se brisenl et forment des glol>es de troH 
titae ordr«, o« i^an^teB, qoi k leor tour peovent reproduire k m 
degr^ inf(6rieur ies pii^mtae» de ia masse, former des aoneaux 
doni la firactiott donne naissaoce aux sateiUtes. En un mot, eltaiqtte 
n^buleose s'organise en syst^e. Tefie est i^origine de celui dont 
la terre foit partie. Gette tb^orie explique le mouvement diculaire 
des ^toiles binaires, le mouvement des plajQ^stes autour du soleil, 
des satellites antoor des pian&tes dont elles d^pendent, ranoeau de 
Satuine et sou mouvement, la direction uniforme du mouvemeolde 
tous ces globes, le peo (f^oignement de leur orbile relativemeol 
k I'^qnateor du glotife dont ils d^pendent, le mouvement g^o^nl 
des ^tolles, la concentration des corps c^lestes dansles r^ionsraih 
proch^es de F^ateur g^n^rai. — La terre dans cette premidre 
formation ne poss^it encore rien qui la distinguftt speciaieffleat 
des autres globes, aussi n'est-^le d^ign^e dans la Gen^ que par 
cette expression gen^rale i eaux q^i fUrerU deseom eu fimtameni. 
ir est & remarquer que la tlt^rie pr^c^ente de U formaUoift de 
notre plan^te n'a pas pour cons^quence n^cessaire Vexlstence do 
fen central. La tb^rie du refroidissement des gaz prouve au cat 
traire qtt'il est le r^sultac de la pression qui va en augmentanl^ 
partir de la superficie dans la direction du centre, que par cous^' 
quent le centre doit possMer beaucoup moins de calorique que les 
couches superflcielles. Par )k pent 6tre expliquee raugmentatioD 
progressive de la cbaleur k mesure que Ton s*enfonce dans Tecoree 
du globe, sans que Ton soit autoris^ k en conchire rexistence dufeo 
central.Les &its attribuds k cettecause trouvent leur expUeation dam 
leis combinaisons dumiques qui s^op^rent k la jonction des coucbes 
oxid^es et non oxid^s par rinfiltration des liquides. A cette cause od 
peut ajouter l'6iectricit6 d^velopp^e par la superposition des couches 
duglobedont la composition h^t^rog^ne forme une esptee de pii^' 

Troisi^ lour. 

Dieu dit : Que toutes La sur&ce dela terre, par lecaloriqn? 
les eaux qui sont sous le qu^elle d^gagedit, teoait k T^tat de va^ 



— 467 



ciel se rasseoibleiit en un 
seul lieu, que r^I^ment 
aride apparaisse. — Le 
eommandement s'ex^eute 
et Dieu appelle Taride 
terrei et les amias des 
eaux mers. 



peur une multitude de substances, spd- 
eialement Teau. Le ref^oidissement de la 
crotite terrestre am^ne la condensatiori 
de ces vapeurs qulse repandent sur toute 
la surface du globe. Aussi la science 
gdologique constate que les terrains 
stratifi^ sont d'une formation plus uni- 
forme fet plus g^n^i^ale k mesure que les 
assises appartiennent^ des depdts plns anciens, et que les tCrrains 
primitife ont St^ couverts d^une mer unique et ne contiennent aiK- 
cun d^bris organique. L'eau eh filtrant au-dessous des couches su- 
perficielles,' y rencontre des masses de m^taux tr^&oxidables ; il 
s'opi&re des combinaisons cbimlques qui produisent des foyers tr^s-* 
ar(tents,des amas devapeurs tr^s-puissantes qui soul^vent les con- 
ftnents et les montagnes aux^uelles la g^ologie assigne ime erigine 
ign^, et force les e^ux k seretirer dans les bassins form^s par ces 
divers' soul^vemerits. 

Actuellement la terre «ortle de Teau 
est en possessi^n de toutes les (ionditions 
n^cessaires au d^veloppement de la v6- 
g^tation fi sa surface. II est vrai que le 
soleil ne peut encore lui fournlr chaleur 
et lumi^re ; le passage de T^tat gazeux h 
P^tat solide exigeant un temps propor- 
tionnel k la masse, son atmospb^re est 
tenue encore h une grande distanco de 
son globe ^ mais la terre parcourt son 
ori)ite k fint^rieur de cette pellicule lu- 
mineuse. Si ^ cette ^poque elle est plus rapproch^e de cette atmos^ 
ph^re qu*elle est maintenant rapproch^e du soleil, T^tendue de la 
surface occup^e par renvdoppe lumineuse diminue proportionnelle- 
ment son actlvit6. Aussi les differentes espfeces' de v^gtoux, dont la 
reproduelion ne peut s'expliquer par les lois purement physiques et 
chimiques quiont domin6 le globe jusqu'k cette 6poque, naissent de la 
terre fScond^e par laparole toute puissante de Dieu. — La g^ogno- 
sie confirme k la Ibis le fait de la cr^ation des v^g^tauz et de lenr 
d^veloppement sous rhifluence de ratmosph^re solaire sup6rieure 
encore k la terre, en constatant dans la premi^ couche fossilif^re 
des d^bris de v^taux qut s^^tendent )usqu'au pdle. II est vrai que , 



Dieu dit ensuite: Que la 
terre produise de Pheri^e 
verte qui porte de la 
graine, et des arbres frui- 
liers, qui portent du fruit 
ebSLeun selbn son esp^ce, 
et qui rCnferment leur 
semence en eux-m^mes 
ponr se reprbduiresur la 
terre. Etcelasefit ainsi. 



— 408 — ^ 

•M fossUcs toBt m61^s dft ddoris amnttux dont Moyse ne p&rift pas; 
Huiis nous avons r^pondu pr6c^einmeBt k l'obiection qui nattdeoe 
fait. 

Qtt&tri^jonr. 

Diett dit : Que des 14 masse du soleil se concentre^ m 
tofps lumineux soient atmosphfere se rap|voche de lui pro- 
fiiits dans le flrmament gressivement et tend k M donner For- 
dtt ciel^afinqne s^parant gaoisation d^finitiTequiyL possMe actaelr 
le jottrdeiannit.ils serrr lement. La terre contenue dans cette 
Tent designespourmai^ atmospb^re et ^M&e k uhe distance 
quer le temps, les iours, rapproch^e du plan de 1'^quateur solaire 
lesann^es.— Dieufitdone peut en sortir sans subir d^s^ratioQ. 
deux grands corps lumi-r I^es taclies ^normes que Fon remarqae 
neuXf.. et ies ^tojilest fr^quemment surtout k r^qnateur solaire 
prouvent que son enyeloppe tomineitfi 
peut ^tre bris^e dansson^tactuel.Apittsforte raison a-4-eUepii 
Sttbiv ces aceidents k i'^que oti son atmospb^e, beaucoup plu& 
6tei\dueet parcons^uentbeaucoupmoios dense, de^s'accumuler 
principal^eut vers le^ p<Ues. A partir de cette ^poque Je soleil a 
ptt s^parer pour. la terre le jo/ur de hi nuit , noarquer les jours et 
les anm^es. — De ia ^^orie pr^c(&dente U suii qae le soleil doit 
6tre un globe. sQUde envelopp^ de deux atmosph^res qui sout , b 
premi^re, plus rapprocbee du soleil, t^n^breuse ; la.seconde , svp- 
port^ par la pi^o^dente, lummeuse et cons^einment, ^leetrijv^ 
Cette conchision, et par l^ m6me les principes pr^e^dents dont i^ 
^stla dednction^ se trou\ent justifi^s par ranalogie et par les £uts. 
Les observations t^esGoplques dirigSes sur les n^bulenses plan^ 
taires oonsiatent qa'elles son^ environn^ d^une atmos^b^re lumi- 
neuse ; dirig6es sur le. soleil, eUes font entrevoir son globe solide 
li trayers spn atmosph&re inferieure, lorsque les. nuages lummei& 
qui forment son enveloppe se trouvent ^art^s. Les observatioB! 
prouvent d'an cjdt^ qae la huni^e ^man^ d*un gaz en incandes' 
cense n*est pas. polaris^; il a 6t6 reconnu d'autre part que la la- 
mi^re du soleil ne jouit pas des propri^t^s de la polarisation. Les 
aurores boreales qui agissent si puissamment sur la boiussole , ei 
par Ik accusent une aelion ^lectro-magp^qtte, s^e^liquent par les 
eourants ^lectriques. Leur produit, insufiSsanl; pour oouvrir la sur- 
face de Tatmosph^e, est reCoul^par le mouvementde rotation vers 
l«s pdliM en irertu des lois qui pr^sident k la distribution de T^Iec- 



— 409 — 

tricitd& 1« surface df^s globes; dlevee ^ des hauteurs que Ton peut 
regarder comme les derni^res limites de 1'atmosph^re^ cette ^^lec- 
tricit^ projette alors ia plus vive lumi^re.— La similitude des effets 
indique la similitude des causes ; et puisque les aurores bor^ales 
sont produites par les eourants ^lectriqoes, on doit pr^sumer que 
l^tmosph^re sup^rieure du soleil s'explique par la m^me cause» La 
diflRSrence dlntensit^ des eflfets est le r^sultat de la diflKrence 6nor^ 
medans la masse des deiix globes. Bans rezpMence cit^e plus Iiaut 
de la recompositipn dans le vide du fluide positif et du fluide n4- 
gatif de la pile, il se produit une lumi^e et une chaleur que Ton 
ne peut comparer qu'k celle du soleil. — Enfinle sOleil et les pla- 
n^teft Q'ayant form^ dans rorigine qu'une m^me masse^ on est con- 
dait par les lois de la gravitation k admettre une augmentation de^ 
densit^ dahs les plan^tes proportionnelle h leur distance du solei) 
qui en est le centre. Gette induction confirm^e par la scieiice pousse 
k cette demi^re cons^qnence que le soleil doit 6tre le globe le plus 
dense. Or les calculs astronomiques constatent que sa densit^ 
n'est 4 peu pr^ que le quart de la densit^ de la terre> ce qui 
ne peut s'expllquer que dans la th^orie tci admise. Oti peut dire 
que dans le calcul de la densit^ dusoleil on n*a pas d^diiit de son 
Yolume les deux atmosph^res tr6s-^tendue$ dont la densit^ ne peut 
se comparer k celle du noyau, 

Ginqnieoie et sijudme jooi^. 

Au cmqui^me, Dieu 3i du ciel nous redescendons sur la 

cr^ les grands poissous terre pour suivre le d^veloppement de 

et tous les animaux qui rorganisation , apr^s les prenfiers ter- 

ont vie et mouvement rains fossilif^res qni repr^sentent prin» 

(dana les eaux). Les eaux cipalement la premi^re cr^ation v^g^tale, 

les ppoduisirent cl^acua dont noua avons d^k parl^, on rencontre 

selon son esp^, k partir dn terrain p^n^en jusqu^au ter< 

sain cr^tac^ des poissons ^norm^, de& j 

U cr^a ensulte aii&S3i reptiles des plus grandes dimensions j 

tous >es oiseaux^ chaoun m^I^ avec des y^g^taux et des coquil^ ( 

selon ^a esp^e, ' lages< Dans le terraui cr^tac^ inf^rieur \ 

apparaissent les oiseaux. -r- PlQs haut [ 

Au sixi^e, Dieuiit les dans le terrain parisien jusqu^aux allu- } 

lidtes (sauvages) de la vions anciennes inclusivement on trouve f 

terre selon leurs esp^ces, des animaux terrestres dont les uns ap- ! 

Ifis animaux (domesti- partiennent a des esp^ces perducset les. f 



— 410 — 

quM ) €t tou8 ceuz qui autres se rappFQchent des espfeees ac« 
rampentsttrlaterre^cha- tuelles ou leur soiit identiques. Tous ces 
cun selon son esp^ce* fossiles, soit qulls fassent panie du r^ne 

v^^tai» soit qu'ils d^peodent du r&gne 

Jlcria ensuite lliom- animalse succ^dentsuivant ime progres* 

«le k son image et res- sion ascendante d'organisation. Enlin on 

jiemhiance. retrouve dans lesalluvions modernes des 

osseraents bumains et des debris dePin- 

dustrie humaine, 
Telle est en abr4g6 la cosmogooie scientifique dont les ^l^ments 
emprunt^s aux savants les plus distingu^s, Cuvier, Amp^re, Laplace, 
Arago, ont ^t^ recueillis et coordonn^ par plusieurs auteurs , sp^ 
cialement par MM, Godefroy et Marcel de Serre& dans deux ou- 
vrages intitul^s, Cosmogonie 4e Moysey dont nous avons pr^sent^ 
ranalysesuccincte dans re;ipos6 qui pr^c^de^ 

II. oeiage. 

On peut d^uire des objections et des confirmaiions de la science 
et des traditions pour les raisons indiqu^es au Utre de Ui Creation. 
Notts nous bomons k consid^er le d^luge au point de vue de ia 
science. 

Les principaux points affirm^s par Moyse sur le d^luge sont 1 . 
son existence, 2. ses circonstances, 3. sa date. 

/, Befuiation des objections, 

1" Existence du deluge. 

La ^ience n'oppose rien de serieux k I'existence du d^liige. 
S* Girconstancee do dflage^ 

1» 0(i/.D'apr^s Moyse^ leseaux du d^luge se sont^lev^es de quiake 
coud^s au-dessus des plus ' hautes montagnes ; ce qni est impos- 
sible,car toutesles eaux cr^es n^eussent point suffi pour produire 
ciet efifet. 

JR^, Pour rSpondre 2i 1'objection, on a attribu^ les eaux du d^ 
}uge k la queue d'une comfete , k des mar^ extraordinaires, au 
cfaangement de Taxe dela terre, k la suspension du mouvement de 
ia terre par le cboc d^une eom^ , k des soulfevements de terrain, 
^ celui des Andes en particulier. -^ Quoique Bieu , pour punir ies 
bommes^ ait pu employer desmoyens-naturels,on doit r^ter toutds 
pes hypoth^ses , car elles se eoncilieut diffidlemenl les unes aveo 



— 411 — 

les faits, 1C9 autres avec le r6cit de Moyse* Cest sans raison qucT 
Fon affirme que l'eaii cr^^e ne suffit potnt k rexpUcation du d^luge^ 
11 en existe k rinterieur dela terre, dans lamer^dansratmospb^re, 
des quantit^s que Ton n'a jamais calcul6es ; Dieu a pu les r^unir, 
et ensuite les r^pandre par une action miractileuse^ Ff!it-oA m^me 
obMg^ de recourir h une cr^alion, cette supposition ne ri6pugne pas 
k la puissance divine. 

2« Obj. Ce pa^age : Arcum meum ponam in Tiubibus , et erii 
siffnum fwderis inter ine et inter terramy Gen. 9, i3, contientou 
une fausset^ , ou une absurdit^ ; une fausset^ ; s'H suppose qtie la 
pluie ne tombait point avant le d6lttge ; une absurdite , s'il veut 
dire que Dieu ait donn^ de sa promesse un signe aussi ordlnaire 
que rarc-en-ciel. 

Rep. On peut supposer qn'i9iYant le d61uge il iie pletfvait point,' 
ou seulement pendant la nuit. Dans la premi^e supposition Teau 
B^cessaire aux plantes leur etlt ^t^ fournie par de^ ros^es' abon-^ 
dantes. — Une cbose commune et semarqoable k ia fois peut ^tre 
prise en gage et en souvenir d'iine promesse faite. 

3* D8te dn d^lnge. 

i^ Ob}> Le sol de TEgypte est le prodnit des alluyions du Nil. 
Les pierr<es granitiques employ^esk la construction de la catb^drale' 
de Limoges ne sont altSrees qu^k une profondeur de treize milli- 
m^tres^ tandis que les roches gf^nitiques d-oti elles ont ^t^ tir^es- 
sant alt6r6es k une profondeur de deux mMres. — Les laves de 
divers volcans sont superpos^es par couebes qui alternent en grand 
nomlHre avec de» couches de terre v6getale ; au-dessus de Pompelfo 
OB eu compte quatre, au-dessous au moins sept. •— Ge qui suppose 
au d^Iuge une antiquit^ plus haute que eelle assign^e par Moyse. 

Rip. On peut admettre que les causes qui ont produit les efTets 
sur lesquels est appuy^e l^objectioh ont agi avant le d^Iuge. 

Aux faits object^s on peut Mpondre: lo Rien ne prouve que le 
terrain de TEgypte est le produit des alluvious du Nil, el non de 
cr^ation primitive. 2o II est de fait que les pierres travaill^es s'al- 
t^rent bien plus difficilement que les pierres brutes. II est possible 
qulmm^atement apr^s le d^luge les causes d^sagr^geantes aient 
^t^ plus puissantes. La condusion d^duite dii peu d'alt6ration des 
plerres qui aitrent dans la eonstruction de la cath^di^le d^ Limoge» 
comparativement h celle des roeh^s dont elles sont extraites p^che 
parsa base#5o D'un c6t6 la pr^sence de quatre couches de laves au^ 



— 412- 

tlessas <le Pomptia dMruite peodant le r^e de Tnjan prouteqtte U 
formation de cbacmie d*elles n^eiige pas m temps fort long. D'autre 
part les ^ruptioos votcaDiques ne revenant pas k des ^poques fiies, 
00 peut supposer sept ^ruptions rapprocl^^es par le temps : les cou- 
ehes interm^diaires de terre v^^Ule s^expUquent par la graQde 
quantit^ de cendres rejet^s par le volcao, par la fa^ile alteration 
de la lave , unies aux causes ordinalres qni proiiuisent rhumiis. 

J« Obj. II existe des arbres qui , Ji en iuger par le nombre de 
leurs couclies concentriques, ont de cinq k sept mille aD$.OD conoatt 
au moins deux faits de ce genre. 

Mip* L^objection suppose que l'on peut toiqours juger de i'^^ 
d^onarbre par le nombre des coucbes concentriques. La r^le,^ 
pour nos climats, est fausse pour le elimat intertroplcal auquel sont 
emprnnt^ les fiiits cit^s.— n est possible quc les arbres cU6s daw 
robjection remontent liune ^poque ant^rieure au d6lugc, remontent 
& la cr^ation ra^me. 

3« oy. L'homme existait au temps du d^lugc ; on ii'acepeDdaBi 
pas encore d^ouvert de d^ris humains de cette epoqu«» ^ ^^ 
montre que le d^luge dont on trouve ia preuve sur le globe re- 
monte k une epoque ant^rieure k ce!le assign^e par la Genhe. 

Rep. Pbisieurs g^ologues pr^tendent avoir trouv^ dans te terww 
appel^ dilttvi^ des ossements humains , des d6bris de Viodttstlie 
humaine qui appartiennent.par consequent k la population au 
dihivienne* — On peut supposer que la populationhumainc^tw^ P 
nombreuse et habitait rOrient, oii jusqu'ici on a falt peu de recbe^ 
ches geologiques.-— On peut suppos^r que les .cadavres hunttatos ^^ 
terieurs au d61ugebrftl^s ou enfouis ont ^l6 compl^tcment detrwJSf 
que les hommes existants au moment du d^Iuge » oblfe6s 
fuir sur les montagnes, ont et^ a^eints par les eaux du catady*"^^ 
k ces hauleurs oti ils s'etaient retir6s, transpori^s par ellcs et 
pos6s k nu sur le terrain oii ils ont subi une alt^ration compi^ ♦ 
puissamment pr^par^e par l'action dissolvante de reau... 

//. Confirmations, 

i* Existence du deluge. 

Elle est conilrm^e par les vallees de d^nudation ; les blocs erra- 
tiques ; les amas de sables, de g^Iets,tle coquiUages ; pa^ 'f ^.^ 
imprim^es 3i la surfece des rochers ; par des amas d$ ^^.^^- 
maax trouv^s da»s les r^ions du Nord; par les cavcrnes oss"* 
par les br^bcs osseuses* 



— 413' — 

Val4ees dedenuddlion: vall^es que ron reconnalt avok ^te ereu-^ 
s^s dans )a inasse dfis plateaux ^leves par rexacte correspoudanee 
des couches stratifi6es des deux cdtes de la vall^e et dont la forma- 
tion ne peutpas ^tre attribu^e aux courants d'eau actuels puis- 
qu^^Ues sottt s^ches. 

BlQCS erratiques ; fragnients quelquefois ^novines de rochers qu&, 
ron rencontre isol^s ou gronp^s dans les plaines et Jusque sur la 
cr^te des montagnes de I'ancien ei du noiiveau continent , k de^ 
distaiices trfes^grandes) et souveot s^par^s par des vSiU^es profondes, 
et m^me desbras de mer, des cbaliies de montagnes qui seules ont^ 
pu les fourni^. On peut signaler comme faks analogues les d^dts 
iinmenses de sables marins, et de galecs dans lesquels sont enfbuis' 
des ooquilh^es d*eau douce et d'eau sal^ qui couvrent la stnface 
des continenist 

Stries : espfeces de sUlons, d'orni6t*es creus^es dans les rochers 
par Vaction d*un corps k la fois dur et pesant* 

Amas de d^bris antmaux : On trouve dmis les te^ralns menbies 
de plusieurs pays une foule de debris d^a^nimaux cong^n^res aux 
ii6tresy teUement serr^s et multipU^s, qu'ils pr6sentent Timage d^une 
iniiinettse et subite destruction. Specialement dans U Qord de l'an- 
cieB. et du nouveau monde on trouve dans des terrains glac^s des 
milUer^ d'el^pbants , de rhinoceros , de bnffles , animaux qiii ne vi- 
vent point dans ces r^gions. l^aUas d^crit un rhinoc^ros trouv^ en- 
cote entier avec sa peau et ses poils. 

Cavemes ossifjferes : tl existe un grand nombre de cavemes ayant 
des ouvertures lat^ales, souvent inaccessibles^ rempUes de produits 
d'aUuvions, oil Ton trouve m^l4s eiisemble des coquUlagei» , des os 
de tigres^ de lions , d^elepbants, de rhinpc^ros , d'purs^ de bOBufs , 
de chevaux et d^autres herbivores ; circonstances dont la r^union 
ecarte la supposition que ces cavernes aient servi de repaires ^ ces 
animaux simultanement , puisque leurs moeurs sont incompatibles. 
Au moins daus Fhypoth^se contraire les ossements des herbivores 
seraient beauc^up plus nombreux que ceux des carnivores;or dans 
]a cdl^bre grotte de GaUenreuth, en Bavi^re, sur centossements U 
y en avait quatre-vingt^sept d^ours. 

Br^hes osseuses : ossements brls^s , appartenant k diff(5rents 
animaux, r^unis par uh gluten, et trouves quelquefois k des hau^ 
teurs consid6rabIes. 

Ges pr^liminaires poses, on peut dire que les faits d^crits prec^ 
demment ne sont pas le r^snliat dcs eauses qui ont prodnit los 

!25 



— 414 — 

Muchea profondes; lls sc manlfesient h Ja superflcic du gtobect 
98 portentles cawictferes d^aBcperturbatlon vlrtenteqne n^Milpoini 
cene^cl.Oii ne peut donc les expUquer que par un cataclysme pra»- 
mt , miWertel , ^iolent , dont r^poque wUliTement anx cm^i^ 
inttrtenre» est r6cente, caractferes qui tous convienncBt au deiuge, 
et dontla r^nlon ne peut fetre attribu^ek aneun antre feit coniru. 
2*Circon8Unces.du deluge. 

!• Unifmalil^. La plujpart des fails eit6s pr6c6demiaent se ma- 
BifeBtenl wr toute la surfoee du globe. Les Wocs erraliq«es , les 
eoquiHages, les, cavemes ossifferes, les brfecbes osseuses se rewjoft- 
trent k des banteursieUes que,. si Teau y est parvenuer dapr^ te^ 
lols de rbydrostatiqtte, elle a dd. cou vrir la terre enti^e. 

» Rapidit^. Sans cette cirConstance on ne concevrail v^& » con- 
servation des animaux ^quatoriaux irouv^? dans lcs regipns septe^ 
trtonales ; si leur s^jour dans i^eau eftt ;^t6 prolong^, V«ti{W disw*- 
vante dtif reau les eOt infailliblenient d^truits* 

3* Dirte ds DAitg»: 

11 est dans la nature plusieurs faits doirt fei progrcssioft est sou-- 
mise k des lois constat^es par les observations des savants, etqw 
peuvent cons^quemment devenir <tes chronomfetres "*^^* 
sont: ia croissance du terreau, produit du d<5trituS *es waiieT 
animales Cl v^g^tales, ma6 avec celui des roches pulvei^lenies ^ 
constituent la terre franche ; les tourWferes, dont la i»*^^Y^^ 
qu'une masse v^g^ale spongieuse non d^compbs^e sur laqu 
croissent rapidement rautxes v6g6taux; les talus des mpMagnes, ^^ 
sultaut.de ralt^ration des roches par les causes atmdsph^riqu^. 
dunes, montagnes de sable marin, qut s^avanceiit ^"^ ^^^*^L 
des terfes; les moralnes, accumulation de d^tritus iu pi6d des^^ 
€iers;les atterrissements des fleiives, ou extension desterres a ^^ 
bouchure des fleuv^s, produilc par les mati&^es que chamen 
eaux;lesstallactiqueset les stallagmites ,. inmtrations pierreu 
des grottes ; les montagnes form^es par les polypes ; ^^^*» - * ^jj, 
La coiiclusion des calculs op6r6s sur ' ces donn^es eSt que ^^ 
actuel de nos continenls n'est pas tr6s-ancien. « Je peijse ^^"^^ 
« Cuvier avec MM. Deluc et Doloinieux, que , sUl y a quelque c ^^^ 
« de constat6 en geologie, c'est quela surface de notre globe a ^^^^ 
« victime d'une grande et subite revolution , dont la date ne p^^ 
« remonter att-del2i de cinq ou six mllle ans. » DisCouts <«»' 
B^olutions du Glohe, p. 280 et US. 



— 415 — 

§ II. rilTS «BLATlFi A L^BISTOIRiC DE L^HOMUE. 

tes priDcipaux faits relatifs & rhlstoire de I^hdmme peuvent si 
rauger sous les titres suivants : 1. Gr^ation , Stat primittf, chute ; 
2. Histoire antediluvienne ; 5. No^ et le d^Iuge ; 4. Post^rit^ d# 
No6. , 

I. €r«aciop, «tat prlintaf; cimte. 

La cr^tion de rhomme n*ayant donnd lieu k aucune ol^oction 
sciientifique , nous noos bornerons k la dtatioii des traditions fau- 
DUkines confirinatiye» du r^eit de Moyse. Maiisi attparavant nous don- 
nerbns; jcotkuDO nous l'avons annonc^, ies coDflefflations de traditions 
relatives k la cr^ation du moade (!)• 

Cria^on du mond^, 

, ., Ir Mode deJftCreation. 

Hioyse. O^^on d'ima maU^e premifere 4u cieil et de ta tarra 
l>af Dieu. Gettei. mati^re prekni^re est ntanis^t f^acua. T6iiH)re& 
fisprit de I^ port^ sur les eaaix« A la voix de Dieu;, erganisations 
fiucoet6ive5.\En premior lieu, apparition de ia iumi^re. 
Ce r^eitde Moyse estconfirm^ par le^ traditions suivantes : 
Phkiiekm, — Eus^ (Pripaf. Evmg., 1. 1 ) nous a eona«v4 
defr fragmeBts de SanclMmiaton sur leur cosmogonie. « Princi)» de 
rnnivers. Air t^n41>reux et spiritueux. Chaos plein de coufiision et 
sans elarte. Get esprtt produit mob , m^lange aqueux ^ principe de 
toules les cr^atnres^» 

Chaldkns. ^ B^rose (apud Alex. Poiihist.) parle d^tine ^poquo 
oii l'univers ^tait plong^ dans les eaux et les t^u^bres^ ^poque pri* 
miHve oiit i'on vit naltre des monstres d'uii aspect ^fiTroyable, 

liwl6^-^L'^l^ent primitif, i*eao, prit la forme d'tm oeuf donti^ex-* 
tension gradiielle forma la voftte des cieux. Parmi les IndienSy les 
Gentoux expliquent ainsi la cr^ation : Discorde et confosion dans 
la mati^re premi^re , cr64e par Dieu. Dieu en triomphe. A sou 
ordre Brabma , le creat^ur, latsse flotter son esprit sur rabtme du 
cbaos; Vichnou, le conservateur, m^tambrphos^ en sangUerv tip« 
avee se» d^fenses murto (la terre) du sein du cbaos. Th. Perrin, 
Orig. des dieux, T. I. 

Chinois, ^ L'eau est le premier priBcipe des 6(res , ia forme de 

{i)\iii. AmudiBt unvoertetUiy par|f.-D. Fourmont, 1% i* et 5* tabltMix; An» 
nales defh%l990phU chHHenne, pas^im. 



— 416 — 

caix-ci es( due k U coiobiiiaison cl^ portioDs de mattfere flottant 
coufus^ment djms rimmense iluide du chaos. M^* de VAcad. des 
/n*crip(., T.XV,32. 

Japonais. — Un (Buf enfermant le monde flottait primifiYeineDt 
sur la surface des eaux. 

Egupte,-^ Selon Diodore de Siciie, ant^eurement k la cr6atioii, 
le cielet la terre ne formaient qu*un bizarre chaos. Ils se s^parent, 
et les parties diverses prennent un arrangement sp^cial , selon ieur 
pesantenr sp^cifique* 

Grice.^ D^apr^s Orph^e (apud Euseb. et Soid.)«Diea cree l'e- 
ther, ou le ciel, qui reste d'afoord t^n^breux; lalumi^re dissipa bien- 
tdt ces t^nfebres. Suivant H^siode , un ^tre sup^rieur^ Dtegor-t 
gon, fit jaillir le monde du chaos , lequel chaos ^tait n^ des te- 
n^bres. Les potos font de l'Oc^an le p^e cominun des dieux et 
des hommes. Thal^s Mge cette cro^ance en syst^e de pbysi<iw 
kNrsqu^il consid^e Teau comme le principe de toute chose. ' 

itaUe.-^ Suirant la cosmogonie des Latins, teUe que nons l^a f»t 
coniialtre Ovide, au oommencement du i^ Uwe de ses Jf<ttafnor" 
phoses : € avant la formation de tout c&<|ue nous voyoos, toat ^tait 
dans le chaos, masse grossifere informe» m^lange confbs d*^MnieDts 
qui se combattent. Les t^n^es r^naiemt ; tont ^tait confondu , 
jusqu'4 ce qu^un Dieu termina tous ces consbats, d^rouiUa le chaos, 
assura k chaque ^ltoent sa place. » 

Les anciens peuples du nord de l'Europe, les noirs de VAfipiqne; 
les sauvages de FAm^ricpie s^accordent en certain nombre k atifr 
buer la cr^ation et i'arrangement du monde k une puissance supe- 
rieure. 

L'opinion g^n^rale de rantiquit^ tenait en faveup de la priorit« 
de la nuit sur le jour. Suivant les Grecs la Nuit est la d^esse anti- 
que^ fatniee du jour . 

^** Epoqae de la cr^tipp. 

Moyse. — - Suivant la Gen^e , le monde ftit cr64en six epoques. 
Luiaii^re, s^paraUo^i des eaux d'avecles eaux; apparition de laterre; 
v6g6ta(ix; astres; reptiles, oiseaux> poissons; autrcs animauX' 
l^homme. 

Phinicie.^ D^apr^ Sanchoniaton, il y eut d'abord des aDimaux 
sans sentiment qui en engendrferent d'inteUigents et contemplaieur!» 
des cieux. II les fait produire de mob, le principe aquenx* 

Perse. — Dans le Boun-Dehesch, qu'on regarde comme un ^*^' 



— ilt ^ 

ment des liVres de Zoroastre (Hyde, Relig, Vet, Persarum, p. 64), 
nous voyoDS six epoques dans ta cr^ation , mais dont rensemble ne 
forme qu'une ann^e, Voici l^brdre des ereations : ciel, eaux, terre, 
^egdtaux, animaux^ bomme. 

Etrusques.—De mille en miHe ans Dieu aurait cr66 lescieux et la 
terre, 1e firmamenf, la mer et les eaux , le soleil ct les astrcs , le& 
animaux/rhomme (Apud Suidam). 

liCs Gufebres celfebrent six fStesen l*hOnneur des six temps de la 
cr^ation. 

Enfin la division de la semaine en septjours, qui seretrouve chez 
presque tous les peuples avec le repos et quelquefois avec la sanc- 
tification du septi^me, dont nous allons parler, est un monument 
yivant du souvenir universel des ^poques de la cr^ation. 
3° Repos du ^eptidme jour. 

Moyse^ — Dieu avait acheve (a creation en «ix epoques; alors il se 
reposa de son ceuvre sacree le septi^me jour et le. b6nit. Cest pour 
perp^tuer la memoire de ce repos que fut institu^e la f&te du 
sabbat. 

Or tous les peuples, ou presque tous, ont adopt^ la division heb-r 
domadaire etla plupart ont eu le septi^me jour consacrd au repos 
et ^ la pri^re.. 

Pt. g^D.: Suivant Jos^phe (Contra App., lib. 11 ad fin.), il y a ^ 
pelne une natlon/ tant chez les Grees que chez les barbares, qui 
D^observe une f^te septenaire. -« Philoi^ confirmant ce t^moignage 
^oute que partout ce jour ^tait consider^ comme devaut rappeler 
la naiasance du monde {De opif. imndi)^ -^ l.aplace a proelame 
cette v6rit6. Systeme du monde, p. 18, 19. 

Pr. 8peciales.:Perses,— Ils celfebient chaqne annee.six ffetescom- 
m^moratives des six jours de la cr^ation. Burnet, Dif. de la ReliQ,^ 
T. l.,p. 259, 

ChaldeenSt Syriens et autres peuples de rOrient. lls ont un sept-. 
i^me jour consacre au vepos et k la pri^, 

Grecs, — ^H^iode et Hom^re appellentlesepti^me jour jour saini* 
(Burnet^ Def. de la Relig., T. 1, p. 259).— Gallimaque et Linus don-^ 
nent la raison de cette d^nomination , en disant que ce ftit en ce 
jour que se termina roeuvre de la er^aiiom 

CreationdeVhomme» 

Moyse. — Tous les hommes desce^dent d'uD premier et m^me 
pere, Adam, d^une m^me m^re, Eve, lesquels furent crces de Dieu, 



— 418 — 

Dieii forma leur corpsde terre, ilcrea leur ftmedeson souffledivin. 

T^moignage g^n,: Dans beaacoup de laugues le mot Adam (de 
rb^breu Adamath, iane) s^est conserve sans trop d'aUeratioQ 
avec la signlflcation de hamme. Format, et develop. du lang. des 
hommei, par M. J. Azals; 

Temoignages sp^ciaux: PhhUdens.— Le premier homrae etla 
premi^re femme naquirent du vent, Kolpia {quolrphi^, en li6breo, 
la veix de la bouclie duSeigneur), etde sa femmeBaau(en h6breu 
Boou, terre). Fourmont, R^fl. crit, T., 1, ch. 5. 

ChaldkeM,-^ La tradltion chald^enne suppose que Belcreale 
premier homme en unissant l'intelUgence ^ ia matiferei Hle crea 
de son propre sang et de celui d'autres dieux iaf6rieurs,Hi6l6^tt 
terre. 

/lufef. -^D^aprte le V^dam, le premierhomme futAdima(»«ffn«ttr), 
et la premifere femme PacriU (i?t>, Evc signifle aussi yie). SeloD 
le ShaHer des Brahmes, le premier homme,Pourous, aossltdt qui 
fijt sorti de la terre, fut anim6 de la vie par Dieu et re§ttt de ses 
maiins une compagne, Parcouti. 

/opon.- Le taureau, qui d'un coup de come fitjaiUirte monde 
de r.iuf primitif, cr^a 1'homme de son sduille tont-puissaat 

iVa*c/ic]g.— Cougo-pol-chill fe^ohnal^homtfie d*argileet swrfws° 
son oeuvre inanim^ pour lui communiquer la vie. Journo^ econoro- 
Juiiletl752. a t m' 

Jtt^a?«cain<.— Premier homme et premifere femme cr66s de te , 
d'euxprovient toutle genre humaui. ' . 

(?re€*.— Suivant Z6rion, Arch^laas, Parm&iide; Diogfene, Lacfrce, ^ 
genre humain a 6t6 lir6 du limon. Diog., Laerce, rieideZeno 
et Parmenide. 

Latins.— D^aprfes Ovide, 1'homme fut anito^ d^tin souiBe ovn^' 

forme des plus pures parties de i*6ther. ..^^^ 

>ira6e«.— Selonune traditionmahometane, trois angesrecoei ^ 

sept poignees de terre, ette est port^ en Arabie et pelrte par ^^ 
Dieu s'en sert pour former i*homme. Hist. iinit^., trad. derAng 
T. 1. 

Etat primitif de Vhomme. 

Moyse. — Justice origiadle» Paradb twestre arrose de «I** 
fleuves. Arbre de vie. , * 

Perm.— Meschia et Meschian^, d'abord purs, soumis k Ormtt 
leur auteur. Vendidas-Sadac, p. ^, 4iB. 



— 419 — 

Indiem.-^kge foriiin^ de Jnstice efl de d^lices, Crilra (Giiignaiit, 
nelig.de VatUiq., Lib. i, p. 61).— Dans )eiif Choream : arbre dont 
tes flrfiits diviiis conHnnnlqiient l^kHinonaUt^ ef ufi serpeni nomin^ 
Cheien. 

CAi^yoij.— Dans les temps primitife^ selon les iivres sacr^s de |a 
Ghine , ia nalure prodttisaii tovt abondamikient «ans oitiuire ; le 
ciBor de l'homme ^taitpur et n^^talt pas port^ m mai. D^apr^cpneW 
cpie& ancien» auleurs Gbindis, sur la montagne de Koueqi-sun esl 
piant^ un jardin myst^rieux o(i se trouve 1'arbre de Pinunorullt^ et 
dontun animal r^ieste d^feud Tentr^e (P. Pr6mwe, Select.veitigia)^ 

Mexicains.—he rfegne de Quet-zal-coat est leur fige d'or. Oiseaiii 
au briliant plumage, moissons dor^es, paix et bohfaeur. Be Hnm* 
bolt, Vue des Cordilieres, T*i, pag. 235. 

Madecasses. — Lenr paradis terrestre est dans le soleil ou 1a iune. 
Jardin rempll de fhiits d^lideux^ arros6 par quati^e rivi^s. Hist, 
gen. des voya^es* Edit. io^A^f l, Xl)< 

Grecsei Romainsr^ Fabie du jardiii des He^6rides (en he^breu , 
arbre au paradis^ etz-pardh)* Une de ces pommes jet^e par fa dis- 
corde troubte la paix des noces de P^e (Baou terre). Bur un m^ 
dailleo d^Antonin^ k la bibliotb^que du roi ,. est repr^sent^ le jardin 
4es He^p^ides' : arbre qui porte des frmts d'or^ grand serpent au* 
tour 4e rartM^e, pr§s de cet arbre trois Hesp^rides; Hercuie cueillc^ 
les irammes. 

0B connait leur 3lge d'or plac6 sous ler^gvie de SatnrUe. Hesiode,^ 
Horace, Virgile, Ovide Tont cbant^. 

Seandinaves. — Tradition de Tarbre de vie dans ieur Drasil \ 
firfene gigantesque qui couvre le monde eiilier ; sous rune de ses- 
racines conle la fontaioe de science^ sous une auire est cach^ le 
serpent Nydhoginr. Jfd^. 

Chuie origineUe. 
Nons ayons vu pr6c6demment Taccord des tradKions* sur ce taiC 
et ses circonstances principales« " 

H. fitik^allons imt«iltia¥fenike«. 

Les points les plus remarquables de la uarratlon de Moyse sur 
eetto^poque sont : la long^vit^ dee patriarebes, la stat«n*e g^n^ 
tesque de quelques bommes ; le nombre des g^nerationsr ant^dilu-^ 
viennes. 

/. Ohjections. — Les lois connues de la natiire ue permettent pa^ 



— 420 — 

ti^admelire la long^vit<^des anoiens patriarches, la iaiUe giganiesque 
tttirlbude k qnelques hommes. 

Jldf». A la ir« pari. La dur^e de la vie humaine n'est pas limit^e 
par eHe-m6me k certains iermes ; elle d^pend d'une multitude de 
cireon8tances,T«g.dtt climat, de la nourriiure, del'atmosphferey etc., 
qui peavent la modifter ind^finiment, Aussi depuis 1'^re historique 
la dur^ moyenne de la vie est loin d^^re uuiforme. D'aprte Plu- 
tarque (1) les anciens Ethiopiens ^taient vieux k trente ans, tandis 
que les Bretons parvenaient k cent vingi ans. H esi naturel de pen- 
ser que le climat, la composition de ratmosph^re» la qualit^ nutri- 
iive des v^^taux et une infinit^ d'autres circonstances qui influent 
puissammeni sur la durde de la vie humaine out 6i& chang^ k Ve- 
poque du d^luge. 

A la 2»« part. D'aprte quelqnes commeniateurs , le mot h^breu 
traduit daus la vulgate par giganles signifie hommes fdrti et vio- 
lenU, — La proportion des v^^taux et des animaux d^pend ^ 
conditions lexi^rieures, comme le prouve rexp^rience. II est inaipos- 
fiible d*^tabiir que ces condiUons n'^taient pas favorables au gigan- 
tisme avant le d^luge.— De nombreux exemples prouvent la possi- 
bilit^ du gigantisme* En pariiculier Pusio et SecundiUa,favoris (1'Ad- 
guste, ^taieni deux g^nts dont les squeleties avaient ^ au rapport 
de Ptine, une longueur ^quivalente k neuf pieds fran^ (%). Dan& 
r^poque actuelle et dans les mSmes r^gions il existe des nains el 
des hommes d'une taiUe d^mesur^e. Gette diff(6rence de taiUe entre 
des hommes vivani dans les m^mes conditions etablit ^videmmenr 
la possibUit^ d'une diffl§rence semblable enire les hommes ant^di- 
luviens et nous, puisque les conditions sont loin d*6tre I^s m^mes. 

//. Con/lma(t'on«.~lo Loug^yit6 des patriarcbes* L'hi$torien Jos6- 
phe s'exprime ainsi sur ce poiut: « Tous ceux qui ont ^crtt rhistoire, 
ff tant des Grecs que des autres nations , rendent t^moignage de 
«c cc que je dis ; car Man^ton qui a ^cril l'histoire des Egypliens, 
« B^rose qni nous a laiss^ ceHe des Chald^ens, Mocus, Hesticus et 
« Hierome TEgyptien, qui ont ftcrit celle des Phrygiens, disent 
« aussi la m^me chose. Et H^siodCj H^cat^e, Acusilas, Hellanique, 



(1) Plut. De- placito phUoi. U 5, &, 30. 
{%)Annales dephilosophie chrit., i" eArie, T. VIII, pag. 448. 
En 1719 on decouvrit pr^ de Salisbury,^ en Angleterre, un squeHte qui n^anit 
l>fts molng dc neuf pieds quatre poucee de longiieur. Hermen. sacr.^ T. I, p. 872. 



— 421 — 

« Ephore et Nicolas, rapportent tous q«e ces liommes vivaient 
« jusqu'^ mille ans ((). » II est ^ remarquer que rfiige de pubertc 
est k la dur^e de la vie des patriarches dans le mftme rapport quUt 
existe actuellement. Car la dur^e de la vie humaine est d*enviroii 
sept fois celle de 1'ftge de puberte. Si donc rftge de puberte ^tait 
alors cent trente ans, la dur^e totale de la vie devait ^tre neuf cent 
dix ans. 

2o Stature gigantesque de quelque/s hommes^ — La Bible raconte 
qu'^ cette epoque il exista desg^nts.Quelquesinterpr^tcs entendent 
par l^ des hommes m^ehants et violents ; mais g6n^ralement on 
interpr^te ce p^ssage dans le sens d'hommes d'une stature gigan- 
tesque, ce cjui est confirm^ p^r les tradilions. ^ 

Chine, — Lesgeants doi^t Thi-Ieou est le chef avaient le corps dV 
Tiimal ^ la tfete de cuivre et le front de fer. Thi-leou est rorigine des 
r6vojites et des trompcries* 

Inde. — Les Pouranas parlent de plusieurs audacieux g^^nts qui , 
ayaut subjugue toute la terre, voulwent s'emparer du royaume de» 
cieux. Le plus ijedoutatle d^eptre «uX 6tait Bali que yichnou flit 
repeutir de sou prgueil eu le pr^cipitautrdans lea enfers. 

Greci. — Apollodore nous repr^s^nte les Titans; enfants dc la terrc. 
comme des g^nts d'une force invincible qui tent^rcu( d*escalfider 
les ciieux.. . 

AmericainSs^^h^ pkij^art des peuples dcrAmerique parl^nt d^une. 
race de g^ants qui k une ^poque reeuMe d^sol^rent le mpnde par. 
/eurs rava^es- 

Z^ Nombre des g^n^ralions antediluviennes. — Moyse dit que le 
deluge a ^t^ pr^c^d^ de dix gen^rations.Or ce recit est. eoufifme 
par l^histoire. V plney, qui ne saurait 6tre suspect en cette mali^re, 
s'exprime ainsi : « Berose, qui vivait prfes de trois «iecles avant 
« J.-C., d^crit avec les plus grands d^taiU lcjs circoustances du dcr 
« luge de Xisutbrus, qui fut le dixi^me roi, cpmme Noe 1& dixieme 
« patriarche. B6rose et Abyd^me, d'accord avec Moysc> placent dix 
« gen^rations ayant 1e d^luge. L^ Indiens remplissent les temps. 
«[ ant^rieiurs au d^luge par dix avatas (incarnations de Vichnou) 
« qui r^pondeot aux dix rois et aux dix patriarches ai>t^diluviens* 
« Sanchoniaton parle de dix g^n^rations de dieux ou demi-dieui^ 



(\) Josdphe, Hist. des Juifs, I 1, c. 3. Au temoignage de Josephe etdes autorilds 
qii'il cit« on peut encore joindrA c^ui de Varron (ctte paf Lactance, i. 7, c. 48)j d« 
Valere-Maxime, 1. 8, c. de SenectUte. 

96. 



— 422 — 

« places enire Urtnus et la race pr^sente des mortels. Les Arabes 
c et les Tartares ont ^galement conserv^ le souTen&r de dii %h^ 

< ratlooi ; et de eonoert, quolque s^par^ par d*immenses disUnces, 
« ils donnent k plusieurs des patriarches ant^diluvieQS, aussi bien 

< qu'! leurs successeurs immddiats , les m^mes noms qulls ont 

< dans la Gen^. » (1). 

' m. Moe ec ac» enfaiitt. 

Ao ttOffl de Nod se rattachent dans le r^it Blbliquc : ses dtar- 
ches pour sauver du d^Iuge sa personne , ses enfants , les esp^es 
aiiimales ; la destruction du genre humaio, k rexception de No^ et 
sa (iimille ; la populatlon du globe renouvelee par Sem, GhaDi et 
laphet, et cons^uemment ruuit^ de Tesp^ce humaine (^tablie dei^ 
par Tunit^ du premier couple ; la date de ces ^v^nements. 

L Refuialion dei obfecUons, 

i^ OV. No* n'a pas pu recueillir tdus Ics Mres h pr^server* 
d^luge; il n"a pas pu faute d'espace les renfermer daBsrarche. 

Bip. k la i" part. Rien ne prouve que No^ ait recudlli les v^ 
taox, ainsi que les animaux qui Tivent dans Teau et les aD&Daux 
ovipares dont les oett& peuvent se vivifier par dcs causes pBremeDt 
pby8iqae8.-*-Des autres esp^ces, il suffisait que No^ introdofelt dans 
rarehe les espfeces proprement dites et non les vari^t^s. Ainsl, dc 
1*^^ canine ilsuffisait de conserver le cblen du bcrger,souAe 
unlque^ suffisant, d^aprte BufTon» k la reprodnctton de toutcsles 
vari^t^s de respfece.— Les animaux pouvaient fitre assex pea dis- 
stoln^s, et No^ a eu cent ans pour tous ces pr^paratifs. 0'aiHeai« 
sl rintervention miraculeiise est n^essaire, elle ne r^pugne pas. 

A la 9». La seconde difficuU^ est singuli^rement att^nu^e \^ 
la r6ponse pr^^dehte. — Un savantmarin, le vice-amiral Th^venard, 
affirme que Tarche ^tait d^un tiers plus vaste qu'il ne fallait poo^ 
eontenir tr^ais^ment la famiHe de Nod, les animaux et ies vivreS' 

*» O^. L'Am^rique 4tait pcupl^e k T^poque de sa dtouverte; 
et il est inkpossible que cette popHlatioD descende de No^*^ 

H^. L^objection suppose que rAm^rique n'a pu ^^^^\^^^l 
filit n'a eu de Gommunieation avec l*^ncien continent qu*4 
poquede sad^couverte; supposRioo feusse dan^ sesdeux parties. 
La temp^ a pi^porter des vausseaux sur le nouveau continent. tes 

{i) Volnty, BeehBrehn9urVmitHreAneienn€,r. l, p. ifl,if^, ^'T^- 



— 425 — 

{^euples navigateursy tels qiie les Vh^niclens et les Cartbaginois, ouit 
pu y abofder 4ans leurs toyages de d^couvertes.— L'Asieet rAm^ 
rique sont s6pa'r^es par le d^troitdeB^hringquin'a que treizeiieues 
de distance dans l^eitdroit le plus resserr6, et qui est couvert de 
glaces en hiver. Flusieurs sdvants pr^tendent que ces. deux conti- 
Dcnts unis primitivement ont 6t^ s^par^s par un tremblement de 
tei*re. 2. Le fait de la communication eutre les deux continents est 
rendu vraisembfable parla similitude des races^ des moeurs et d,es 
usages entre les habitants des deux cdt6s du detroit de B^hring, 
par t^dentit^ 6&s foss|Ies superficiels au nord des deux continents. 
— Les rapports 6tonnantS entfe les deux produits des arts d'£)gypte 
et ceux du Hexique, etc^ font soup^onuer que H civilisation ddcou- 
verte dans ce dernier pa^s a sa source dans I'ancien cohtineut ({). 
11 a ^t^ constat^ r^etiOiment qiie les IsUndals avaie&t ^tabli des 
colouies daiis le GroSnland dfes le 10« si6cI6 (2J. 

^e Obj, It existe entre les hommes des di^rences inconcffiables 
avec l*unit6 d'origine. 

Jffep. L'assertkm est fausse. 1 . On peut expliquer les diffi^renees 

entre les hommes par ractioii de catises actuellement agissantes ; 

car ces differences ne constituent point des esp^ces diflft^rentes. Le 

e^LTact^re le plus saillant et le ^Ius profond qui distingue Tesp^ce 

b\im^e des esp^ces purement animaies, c'est la raison et la libert^ 

morak; orce caractfere se tronve cliez tou^ leshommes. Toutes les 

races humaines en s'uni;ssant donnent desindividus dou^s d*Mne f^ 

con(fit^ continue; elles ne constituent donc qu*une esp^ce, puisque la 

fi^condtt^coiitindeest, d'apr^s les naturalistes, le caract^re de ru<- 

nttd^ et rinfi^conditS ou iaf^condit^ born^e de^ rejetonS) celui de la 

pluralit^^ dese^p^ces unies. Les diff<grences des hommes entre eux 

ne sont dbhc que des vari^t^s transmises permanenmient par ge- 

neratiph. Ces caract^res qui constituent les i^aces sont pris de l^ 

forme dela t^te ou de la couleur de la peau, des cheveux et de 

ri ris. Or ces differences ne sont pas inconeiliables avec Tunite d*o- 

rigice. — Dans le rfegne veg^tal rinftiience du sol , de la chaleur, de 

la himi^re, de l'atmosph^re, dela^ culture, produit des vari^t^sper- 

nianentes qui font meconnaltre i'idcntit6 des esp^es. Le r6gne 

animal pr^sente le m^me ph^nom&ne. Les eonditions climat^riques, 

la nourriture, la domesticit^ divisent dans un temps assez court les 



(1) AnnaUs de philoiophie chrdtienne, 4'* seri«, T. I, p. f53, 233, 305, T. III, 
p. 179, 30«. — (2)/&irf., 1" «iJrie, T. Xin,r.77. 



( 

— 4J4 -^ 

esp^s animales en races aussL et plus profoudeiueQt tranchees 
eutre elles que les races bumaines sous le rapport du p^iage, de U 
conforaiation de la t^te et mtoe du corps entier. Les diff&reDtes 
races humaines renferment aussi cbacune des types parUculiers qui 
distinguent d'une mani^re perm^nente les families, ies DatioDS sous 
le rapport de la couleur et de la conformation de la tfete. — Q^fil" 
quefois la g6n6ration transmet des Tari6t6s plus etrangesquecelles 
qui formenl ies races : dans certaines familles les enfants naisseAt 
avec des doigts surnum^raires ; pendant trois g^^rations les mem- 
bres d'uue m^me famille sont n&le corps couvertdc verruesgrosses 
comme de |a ficelle et d'un pouce et demi de long. Des nations en- 
tiferes, dont Tidentit^ d*origine n'est pas douteuse, pr6sentent\es 
caractferesde races diflferentes; ainsi les Abyssps.et ungrandnom- 
bre d'Indiens qui appartiennent k la race blanche ressemblent aur 
Q^res au moins pour la couleu^ (i), — Des faits pr6a6den|s il ^ 
que lec caract^es des races bumaines peuyent s'0xpUquer par^ 
causes actuellement agissantes quoique inconnues, ^ Quelqttes &>- 
turalistes se croient au(orl^ par les faits 5 attribuer le^ dif^rences 
de couleur au climat, k la nourriture, au genre de vie, et celle de 
la form^ de la t^te auz difTereats degr^^ de civiU$atioD« 

2. On peutsupposer quo les conditionsd^existence 6taiattwssit6t 
aprte le d^Iuge Jjien differentes de ce qu*elies sont dans les t«mps 
actuels, ce qui sufSrait pour detruire la PF^tendue inconciUabilit* 
des races avec Tunit^ d'origine, 

4e ojfj, La cbrpnologie, les pbservations, les eonnaissances elte 
ihonuments astronomiques contiennent ou suppo^ent des datesan- 
t^fieures k celles du r^cit biblique sur le d^luge et la dispersioa 
des bommes. \ 

Rep. L^assertiou est fausse quant k toutes ses parties (SO;. 

Consid6r6s sous le rapport de la cltronologie, les peuples peu^^"^' 
fetre diyis^s en quatre cat^gorles. 

L^ li^econlient les peuples qui n*ontaucune chronologie ancienne. 
ce sontles peuples du nord de rAsie et de l'Eurppe, derArabie.d* 
rAfrique (rEgypta et Cartbage ejcept^es), de rAm^rique et ^ 
rOc^nie. 

(!) Voir Mgr. Wiscman, Discours sur ks rapporls cntrc Uk saieMC ct la '■^'' 
gion riliiUe, 3* dl 4* discours. 

(f) Mgr. Wi»eraan, ?• et 8« diicours ; Curs. comp. Script. S. T. 111, k%ii(A. geolo^; 
A laGerUse; Annales de phUosophi& chrdt., 1" serie, T. I,p. 377, T.H»?*' 
T. 111, p. 168, 282. 



— 425 — 

La 2« comprenci les peuples qui ont une cbroiK^ogie aocieDne 
qoi n^^telnt pas l'epoque bibUqu», ces peuples sont: les Ph^niciens, 
plusieurs peuples de l*Asie Mineure, en particulier les colonies 
grecques, dont les premi^res dates certaiites remontent au 11« ou 
12« siMe, les Carthaglnois au 9«, les Homains au milieu du 8«, 
le Japon au 7^ la Georgie au 5«, rArmenie, rAngleterre , la Gaule, 
FEspagne au 2e. 

A la 5« cat^gorie se rattachent les Grecs dont la preral6re dat» 
rembnte k Jlgyalee, roi de Sicyone (2126), et les peuples qui tou-» 
chent de plus pr^s aux dates bibliques. 

Dans. Ia4« categorie, a laquelle appartieniient les peuples qui ex-r 
cMent les dates de Moyse, doivent 6tpe ranges les Ghinois, le§ In^ 
diens, les Ghald^ens^ les Egyptiens. 

Or aucune de ces dates ne contredit s^rieusement la chroiiologi^ 
de la Gentee, . , 

Cela est ^vident pour les trois premi^es cat^ories. Gar lesSep- 
tante, dont onpeut admeltre la chronologie, font remonter le d^luge 
k 5000 ou 5100 ans^ et la dispersioa k 2600; le teiUe h^reu et la 
Yulgate^ le.deluge k 2530 et la dispersion ^ 2230 ans ayant J.-^.,. - 
dates aut^rii6ures>^ celles des p0uples eu question. 

Quant ^ la A» categorie , on peut affirmer que toutes les dates 
contenues ou suppos^es par rbistoire de c^s peuples etqui excddent 
j£S limites assign^es par Moyse, ou sont iabuleuses , ou du moins 
peuvent sans violence dtre ramen^es aux proportions bibliques. 
C'est ce que nous allons prouver par le d^tail, 

Chinois, — !<> Une premi^re^re toute mythologiqne assigne 81000 
ans aux r^gnes de trois Augustes ;. vient ensuite le premier empe^ 
reur Fo-hi (5478). Or cette. date est rejetee par Confucius qui com- 
mence Thistoire de la Cbine par Yao (2557); de la jusqu*au d^luge, 
suivant les Septante, il y a environ 700 anSf On pourrait dire peut- 
^tre av^c quelques critiques que Forhi es^ Noe dont le rfegne a 
commenc^avant5478^ puisquUl est n^ 500 ansav^nt le d^luge; que, 
pendant son r^gne et celui d6«es successeurs imm6diat,s> la natiou 
chinoise aurait et^ compos^e de tri^us sans lien spcial, qui auraient 
6t6 t^uniesen soci^t^ r^gulifere par Yao en 2557, 

2o Des Qbservations astronomiques on ne peut rien conclure. La 
premi^re remonte ^ 2459, epoque incertaine d'apr&s Gonfucius, elle 
est d^ailleurs post-diluvienne et m^me post^rieure h ladispersion. 

Indiem, — lolls admettentquatre ^poques dansladureedu ihonde; 
la premiere de 1;728,0P0 an$ ; la secondede 1, 298^000 ans; la troi-^ 



— 426 — 

si^me &t 843^000 ans ; tla qustritoe remonte k 5101 ans avaDi J.-C.. 
^poqne remarquable par sa coKncidence avec T^poque assigD^e au 
d^loge par les Septante :— D^apr^s les crltiques, la premifere ^poqoe 
certaine de lliistoire indienne ne remonte qa'au i^ si^Ie avant 
J.-C. 

9^ Des ohsertatiOBS et des connatssances astroDomiques ou oe 
peut rien conclure. Bailly avait admis d'abord comme fait des ob- 
serf ations astronomiqttes poss^d^es par les Brabmes , et qui d^ter: 
minaient la position relative des astres k r^poqne du d^luge; ce 
qui donnerait k rastronomie indienne une origine antMetire i la 
dafe bO^Kque du d^luge. Mais^ v^rification faite par le moyen ta 
caleul r^roactif, il d^utrit que ces positions 6taient faussemeDt 
iudiqu^es; d'o^ il conclut qu'elles <§tai3ut dnes k des calculs r^tro- 
aotifs mat ex^utiSs. 

inst, Les Brabmes poss^dent des m^bodes de calcnrpour \& 
^lipses trfes^xactes dont ils ont perdu la clet ce qul suppese uoe 
origine tr^s-ancienne. 

Bi6p. D'abord^fansse eons^quence: ces formules ne portanraocoiie 
date peuventremonterkdea tempsanciens, naais conciliablesavecla 
Bible.— Quoique leur inVeutton exigerait une date aut^diluvieDne , 
on peut supposer, et cela est admis par quelques savants/ qu'e\le& 
sont les d^bris de la science ant^rieure au d^iuge. — D'aprfes Cu- 
vler, la science astronomique des Indiens ne remonte qu*i 7W ans 
avant J.-C. 

CAaWwfw.— i» Leur chronologie contient d*abord la date de la 
cr^tion. EUe remonte k 45^,000 auset, seloh quelques-uns , ^ 
4,S2(>,036 ans rempHs par la vie de dix bommes, ce qui est 6vi- 
demment de !a chronologie nulle.— La date post-diluvienne la plus 
anoienne, suivabt Ct^sias, remonte h 1760 ansavant J.-C. 

2« Callisth^ne, neveu d'Aristote , qui accomp^gnait Alexandre dans 
ses expMxtions/passe pour a^volr envoy6 k son oncle des observa- 
tions a^ronomiques qui remontent k i905^ns ;or cenombre ajout^ 
k 554, 6poqtie de Penvoi, donne pour ^poque de robservation le 
cbilfre 2257.— Blais d'abordIe faitestcontest^ et improuvable, Vou- 
vrage oir Aristote aurait pu en parle^ 6tant perdu. Stippos&t-on \o 
fait vrai, cette date est postSrieure eneore de trois sifedes k la dis- 
persio^. 

On dii; e»idorc que les Cliald^ens poss^daicnt la p^riode du Saros 
dc 225 mois lunaires, qui ram^ne la lune a la m^me position dt Ve- 
gard de ses nauds, de son p^rigde et du soleil ; connaissance qui 



— 427 — 

sujHpose de longues observations. — ^ M^is d'abord l'origine de cette 
d^cottverte n'a pas de date » et Ton p^ut supposer facliement que 
l€s temps post-diluviens suffisent pour Texpliquer. Qn peut Sttppo-r 
ser encore qu'elle est un d^bris de la soience ant^diluvienne ii la- 
queUe fnSme on pourrait supposer une origine r^v^l^e. 

Eg^tiem.^ !<> La date la plus ^lev^e est extraite de la vieille 
chronique, elle compte 36526 ans du commencement de la monar- 
cliie h J«-C.y 54000 ans pour le r^gne des dieux et des demi-dieux, 
2^ pour ler^gne des hoQimes. -^R. En supprimfint la premi^re 
partie^ qui ^videmment esi mythpbgiqtt^, cette date n'a rien d'op- 
pos^ k celle de Moyse. 

20 H^rodote compte 12000 ans dppuls U^nh^ k J.-^.; Man^thon 

et Diodore de Sicile en comptent 6000.— R. 1. t^es dat^s de Man^-r 

thon h partir de la dix-huiti^me dynasUe qui remonte k 1830 ans 

,; avant J.-0. sont admissibles, car elles sont ordinair^ent d^acoord 

avec les noms des princes indiqu^s dans les hiscriptions .M^rpgly- 

f . pMques des monuments.S. Ce premier point except^^ leur t^moir 

ji gnage estsans autorit^; Us ne s'accordent pas entre eux.JDeM^n^ 

k S^Sostris H^rodote eompte 532 rois, tahdis qne Diodore de Si^ile 

^ en admct seulement 78. De S^so^tris k Cambyse ont r^^^sur rE> 

/ gypte ISrois, d'aprfes H^rodote , et 46 d^aprfes Man^thon; ce qui 

accuse ou rinlid^Iit^ des pr^tres qui les ont r^nseign^., ou celle des 

auteurs qui nous ont tvansmis leurs r^cits, II est constant que les 

archiyes ^yptiennes fiireht enlev^es par Ochus, ce qui fend tr^ 

.,^ incertaines les l^istoires compos^es depuis cet ^venement. 3« Les 

dynasties de Man^thon peuvent se concilier avec la c^ronologie de 

Moyse par la supposition possible et tr^s-probable que I^s dynasties 

ant^rieures k la 18^ eoll^t^rales en.r^^lite, ont et^ rang^es par les 

'f historiens et spMalement par Manethon dans un ordre direct el 

^> successif* Partout on voit d^^abord de petits etats s^^tabllr. sur diP^ 

^ f<6rents points duglobe, et les grands empires ne $e former que par 

^^ leur fil^on subi^quente. Les dynasties ^gyptiennes sont d^signees 

par des noms de ville» ; ainsi Ton dit les dynasties Thynites, Mem* 

*^1 phites, Th^bauies; ce qui suppose plutdt des royaumes s^par^ 

' V qne des famiHes originaires de telle ville. Men^s figure dans les 

'^l listes comme premier roi Thebain et premiqr roi de This , ce qui 

se congoit si Ton suppose que ce nom de ville designait le si^ge du 

-'^^ royaume^ et reste incompr^hensible s'il d^signait le lieu d'origine i 

car le m6me roi a pu commander k deux villes^mais.il ne peut nal-^ 

irc dans deux villes. Man^thon lui-m^me, cU^ par Jos^phe, dit 



<j? 



i 



— 428 — ( 

qiie les rol« pastmrft rest&rent 5il ans en Egypte, rtaU «nsMiie 
les rois de la Tb^baide et des autres contr^ *de rEgypi^ les ch»- 
st^rent du pays. 

30 Des connalssances et des m6numeDts astronomiques on a- tit6 
Jes objections suivantes : 

1»*. Les Egyptiensconnaissaiefitl^ann^ solalre 365 fOors 4/4, ce 
qui suppose de longues observations. 

R. On peut expllquer le fait , sans recdurirli une 6poque wt6- 
diluvienne. La longueur de Tann^e se d^termine par le retourdft 
snleil ^ un polnt, une ^toile y. g. d*oii il 6tail parti. Une preniifere 
observatlon peut avoir flx6 la dur^e de Tann^e ^ 36^ joufs;enpar=- 
lant de cette base, une seconde observation coutlnu^ependafitcent 
ans, par exemple, constatera facilement line errfeur de ^W^ "^ 
retard dans la marche supposee dir soleil, eireuf qui rqpaii^ffw 
400 ans donne 1/4 de jour & a]outer k chaque ann^e do^ la »<^ti- 
gueur est alors d^termin^ k 563 jours 1/4. Or il est ^vldent q«f 
)es observations ont pn se faire k partii^ de r^poque diUivienne. Ai 
besoin on potirrait encore Toir dans cette connaissance utie tradi- 
tion ant^diluvienne. 

2«. Lcs Egyptiens ont coiintt dhs ranri^e^OO, d'apr^ Man'^tftoB, 
la p^ode Sothiaque qui ramfene aprfes 1461 ans la coincidence * 
rann6e sacr6e de 565 jours avec Vann6e civile de 363 jours 1/ * 
p^riodc qui suppose 1461 ans d*observatiens > nombre qui aiont^ ^ 
2800 donne une dale ant^diluvienne. 

R. Nous avons dit et prouv6 que l*historien Man^tbbn est loiti d( 
tneriter une confiance absolue , d*autant moins dans le cas actuei 
qu'H6rodote, si exaet dans ses d^tails , ne parle pas de cette con 
naissance dans ce qu*il a dit des Egyptiens.— 11 est faux que la d^ 
terminatioii dela p^riode Sothiaque exige une observation de 1-^^ 
ails ; on peut ia determiner, lofSqu'une fois on connait la differenr 
de Tannee vagu^ou sacr6e avec rann6e r^elle , difiference q«i P^| 
^.tre obtenue par des observations continu^es pendant cent nns 
tnoins, ce qui conduirait k ^900, ^poque qui rie pr6c6de pas la c. s'^" 
diluvienne.— On peut dire enfm que cette connaissance est un dr^ 
bris des coBnaissances aniediluviennes. ^ ^^ 

3e. QuBlques-uns des noms donn^ aux signes du zodlaqi ''' 
telatifs aux mouvements du soleil, V.g. l'Ecrevisse, le Carucorl 
indiqnent la r^trogradation du soleil aux solstices, et la Balan 
regalit^ des joups et des ntiits Si r^quinoxe. Les aiitres noms se\ 
bient se rapporter h l^agriculture et au cKmat dn peupk chez heq' 



— 420 — 

lc zodbque a pris naissant^e. Le Gaprlcorne ou la ch^rre paraU 
mieux plaoe au point lc plus elev^ de la course du soleil qu'^ sou 
point le plus bas. Dans cette position qui remonte k 15000 ans, la 
DalaBce ^tait ^ Tequinoxe du prinienips et les constellations du 
zodiaque avaient des rapports fi^ppants avec le climat d'Egypte et 
avec son agricultare. Donc la formation du zodiaque remonte k 
15000 ans. 

R. Laplace r^poud : Tous ces rapports subsisteraient encore si 

les constellations du zodiaque, au Ueu d^avoir 6t& nomm^es d'apr^s 

leur lever avec le soleil ou le comraencement du jour^ Teussent ^te 

d'apr^s leur lever k rentree de la nuit ; i^ par exemple, le lever de 

la Balance ^ ce moment eCLt tndique le commencement du prin- 

(emps. L'origine du zodiaque, qui ne remonterait alors qu*^ 2500 

Sios avant notre fere, s^accorde beaucoup mieux que la pr^c^dente 

jirec ce que nous savons de Tantiquite des sciences et sp6cialement 

de Tastronomie. On peut ajouter que la seconde supposition est 

plus probafole qne la premi^re, car il est plus facile d*observer le 

lever d'une plan^te k renir^ de la nuit que d'observer son lever 

h^liaque. — L'objection suppose que notre zodiaque est d*origine 

(^gyptieiine; ,or il est prouv^ actuellement qu'il a une origioe 

grecquc. 

^. Lors de Texp^dition d'Egypte , les Fran^ais trouv^rent dans 
ies temples de Denderah et d*Esn4 des repr^sentations zodiacales 
jfai playalent Ifisolstice k des points tr6s<-eloign^s de celui qu'il oc- 
npe acttielleinent. A Denderah ce point de division se trouvait 
pis le Gaacer^ ^ Esne dans le Lion. De ces suppositions quelques 
hvants out conclu pour ie zodiaque de Denderafa k une date de 
p)00 ans et pour cclui d^Esnig k une dat^ de 7000 ans. 
H, A cette objection on peut r^pondre: 1. Elle suppose comme 
Vnnecs neccssaires que les deux zodiaques marquent les points 
Isticiaux, ce que l'on ne peut adraettre ; car dass cette hypoth6se 
( Egypti^ns auraieut connu la pr^cession des ^quinoxes , piiisque 
I deux points sont rapport^s k des constellations difftlrentes dans 
(cfeux zodiaques, or il est constant que les Egyptiens ont ignor^ 
pcession des ^quiuoxes. 2. Une caisse de momie rapportee de 
>£; en 1824 apprend par une inscription grecque qu'elle est 
a i*' ne bomme mort la 19« ann^e de Trajan ; elfe contient ua 
laque* semblable k celui de Denderah , qui n'offre pas k eonp 
le poiiit solsticial k Tepoque od on Ta peint. 3. Champollion 
n\e qu*9Ucun monument Egypticn ne remonte au-delk de 2200 

27 



— 430 — 

aTaut J.^. 4. On pcut lire dans le temple de Deudcrab que le por- 
tique odestcontenu le zodiaque a ^t^ ^rig^ en i*lionneurdeTib^re. 
Le temple d'Esn6 a une colonne sculpt^ dans le syle du zodiaque 
qui est liuprte; or une inscripUoB tr^s-Usible alteste que cet 
ouvtage est de la 10» ann^ d'Antonin. 5. 11 est convenu panni les 
satants<iue ces sortes de repr^ntatiens sontde pures tlite 
astrologiques. 

U. Con/irmations par la science et les tradilioni, 

Parml les quatre faits qui se rattachent au nom de No^ rm seul 
peut ^tre conftrm^ par la icience. Cest celni de la popidatidn do 
globe renouvel^e par.les en&nts de ^o^, oa plntdt la cons^qaence 
de ce fkit, l^unit^ de Pesp^ Iramaiiie. 

1« En effet le r^eton de deux individus bnmains est indi&fiinmeut 
f^cond, quelle qiie soit la race des parents> ce qui estie CJffaci^te 
rde Tunite d*esp^ce. 

2o Queiques savattt& sijoutent: De m^me qne No^ avait trois filSi 
-de m&me (d'apr^s GuVier) Tesp^ce bumaine renferme trois races 
principales : la Caucasienne ou blancbe, la MongoUque ou jaune , 
VEtbiopienne oa noire. A ees trois races , Blumenbach en sgoute 
deux : rAm^ricaine, intermediaire entre la Gaucasienne et la Mon- 
gole; la race Malaye, intermediaire entre la Gaucasieniie etrEthio- 
,))tenne. Les classifications de ce demier savant sont fbnd^es prin- 
cipalement sur la conformation du cr§ne et de Tos malaire ou de 
'ia pommette. La Caucasique se distingue par la beaut^ de Tovale 
4iue forme la t^teet le peu de saillie des pommettes, si l'on regarde 
le crdne v«rticalement; ta Mongolique, par la depression du front, 
ia sailUe des pommettes^ la. protub^rance de lam&choire superieure; 
rEtfaiopienne^ par la forte compression lat^rale de la partle ant^- 
rieure du cr&ney.d^oti r^uUent ia saillie des pommelles> hien 
qu^elles soient aplattes, le prolongemept de la partie inf^rieure 
du visage de mani^re k lalsser apercevoir la m&choire superieure 
et les deuts. L'Am4ricaine el laMalaye ont des caract^res moins 
pr^cis» et semblent des moyens termes entre les extrtoes qu'e\]es 
lienl k la- race Gaueasique consid6r^e comme cenlre. 

3oDe mi^me qu'il n'existe que trois races principales, de mfifflc 
jusqu^ici la Knguistique n^a d^couvert que trois grands groupcs dc 
langues :le groupe Semitique, legroupe Indo-Germanique,.lesIan- 
gues monosyllgbiques ; ou bien, d'apr^s de Humboldt et Balbi , les 
angnes simples» par flexion, par agglotination* Nouvelle conOrma- 
tion du r^cit de Moyse , d*apr(js quelqiies auteurs. 



{ 



I 



— 431 — 

Traditions. — Jfays^, Deluge universel pour punir ies crimes de 
la lerre. No^ seul sauv^ dans rairche avec sa famille^ Circonslances: 
Gorl)cau, colombe Mcb6s. Noe plante la vigne. 

Joseptie, Antiq, jud. Liv. 1, e.5:.« Tous ceux qui ont ecrit, 
leur histoire ont fait mention du d^luge et de 1'arche. » 

La verite Iiistorique du deluge est admise par les Syriens, Arme- 
niens^Mad^a&ses, Br^siliens, ChipiouyanSr 

Chaldeem.-^iBerose, Uv.3)..Noe enseigaarastronomieaux Arm6- 
niens ; ceux-ci conservferent avec vdn^ration. ies pEemiers ceps de 
vigne plantes par lui. Suivant la traditlon chald^enne, conservde 
pardes fragments de Berose rapportes, d*aprfes Alex. Poliliistor^ par 
Georges le Syncelle, Chronos apparaU li Xisutrus.(!e 10« roi), Fui 
commandede construire un vaiseeaQ pour liu, ses parents et amis, 
lesoiseaux etlesammaux. Quand ils-soat e»tres, lat^rre est inpndee;, 
les eaux dtmtnuant , il 14che quelques oiseaux qui reviennent, lin* 
troisi^e fois ils ne reparaissent plus ; l'arclie s^arF&te sur une 
montague. 

P^r|/flfte»w.— M^ailles frapp^s en Phonneur de Septime-S6vfere, 
dePertinax, Philippe- l'Arabe, portant sur le revers: un corbeau, 
une colombe et une arche, et ausst le nom de No(^. lUrcher^. de 
Arcd Noe (1). 

Ferses. — Eaux pendant trente jours et trente nuits^ la terre en 
est inond^e k la hauteur d'un homme ; toute cette eau fut ensuite 
renferm^e (Zeiid-Avesta, 2«» part.) Les Persaus nomment encorc 
Celde iVoela montagne d'Arm^nie ou Us croient que 1'archp s*ar- 
r6ta. Chardin, Voy. en Perse, T. 44. 

Jndiens, — Un g^ant derobe les V^das ^ BriAma livr^ au som^ 
meil» HerL(Vichnou),.le conservateur,.prit la forme dtun petit.ppis^ 
son qui grossit d'un man&re prodigieuse ; il apparut ^ m saint^ror 
Satyavrata> lui dit quedans sept jours tont p^rira sui>merge par 
Tocean , mais qu'un vaisseau conduit par lui s'arr6tera pour le re- 
cevoir. Les choses ayant eu lieu comme Tavait pr^dit Vichnou , 
Satyavrata monta dans le vaisseau. avee les sept rlchis , et y mit 
toutes sortesde plantes. Ilaborda apr&s un grand nombre^^ann^ 
Bur le mont Hunavali (Extrait de sir William Jones, Reeh. asitU.t T. 1).. 

Chinois. — Plusieurs critiques frapp^s des rapports qui existent 
«nire Fo-ki et Noe ent cru voir le second dans le premier. Les 

(1) knmUtde philosophie chrit., 1" serie, T. I, p.34C,T. V, p. 466, T. VIIT, 
P- 144. 




— 4S2 — 

dnnales de la Cbine parlent d*uii imiiiense delogc atrrive fisin 3!00 
STant J.-C. (Klaprotli, Asia Pdlyglot.) Apr^s ie d^luge^ dit le Gbou- 
King, ia cfaair des animaux fut }ointe k celle des poissons. 

Scandinavei, — Le geant Ymus ayant 6i& tu^, i1 eoula tant de 
sang de ses blessures, que le genre humain fut sitbmerg^. Belge- 
mer et sa famille fbrent les seuls qili se sauvferent dans une barque. 
Edda, 4« fable ; Rubbek, De Atlanticdy T. I, c. 5, p. 96. 

Mexieains^ — Hexique inondd , 1e pr&tre Tezpi dans une ardie 
atec sa familte et un grand nonifare (Panimaut. La fin da dekige 
est annonc^ par nn colibri Iftch^. qui reparalt avec une petite bnui- 
che d*arbre. De Humboldt, CordiliheSy T. 2. 

Peruviens. — Tous les P^ruviens, cxcepte un petit nombie qQi 
se retirdrent dans descaverncs, engloutis par un delnge. Deux chiens 
qu*ils 14cbeut et qui reviennent souiil^^ de fange leur annonccDt 
que les eaux du d^uge se sont abaiss^s. (Lopes deGomara.> 

Cuba. — Arche qui sert de retraite ^ toute une famllle pendant le 
d61ug£ ; colombe qui rapporte une branche de verdure. 

Arabes. — Un de leors anciens proverbes compare au corbeau de 
No6 lesgens qui se font attendre. (Grammaire d*£rpinius, p. 11.) 

JSgyptiens. — Quelques critiques voient No^ dans M^n^ , dont le 
nom signifie ^tement repos; entre leurs vies se trouvent des ana- 
logies frappantes. Suivant les ptiilosophes d'Egypte interroges par 
Solon^ un d^luge envoy^ duciel cltangca 1a face de 1a terre et 
an^antit les monuments historiques anldrieurs. Platon, In Tim. 

Grecs. — Detuge de Deuealion et d*0gyg6s , pour punir les crimes 
de la terre ; seule famille conserv^e dans une grande arcbe, en re- 
compense de sa pi^^ ; retour d^une cotombe qui annonce ie retrait 
deseaox. Lucien, De Ded Syr.\ Piutarque, M)e solertia aninuyrum. 

Plusieurs critiques croient volr Noe dans le Satume deS Grecs 
et dans le Janus des Lattns. La doulMe £ace de ce dernier repre- 
-sentcrait les deux Jiges dont it a ete le contemporain» Aussiune 
m^daille tr^fttique , dont parle Ovide dans ses Fastes, repr^- 
sentait d*un c6t^ la double foce de Janus, de t*autre une arche fiot- 
tanle(l\ 

Quant k la date assign^e par Moyse, ette concorde avec plusieurs 
tiraditions, et surtout avec celle des Indiens d*apr^s laquetle l*<^poque 
actuelle commence en 310 f> ceHe des Gbinois dont la datc dihi<- 
vienne est 5100. 

(<) M. Nico1»s, Etuies philesophique», T. 1, 1. 2, c. 5. 



^ 433 — 

IT. Ci^naratlon» poftt-Airuvfenne», . 

Le fait le phis ft>appant est cdui de 1a tour de^ Babel , placee dans 
Fa plaine de Sennaar, autoar de latpielle se groupe ane soci6t^ unie 
d'abordpar le langage, divis^e ensuite par le iractionnement violent 
de cette langue unique. Et 1k les tribus issues dies enfants de Noe 
dcviennent, en cons^quence de ce folt, le noyau des dififi^rentes na- 
tions de la terre. 

Objeclions. — II existe sur laterre une multitudede langues telle^ 
ment trancb^es entre eltes qu*il est impos^ible de les suppbser den 
riv^es d*une langue primitive unlque comme Tindique Hoyse. 

H^. Le miracle de la confusion des langues , tel quHlest ra- 
cont^ par Moyse, est possible k la puissance de Dieu ; II convient ^ 
sa sagesse, qui a voolu forcer les bommes k se disperser et par \k 
mettre obstacle^ roenvre orgueilteuse qu'il8 avaient entreprise. li 
ii'y a donc aucune raison pour ce ca» papticulier de suspecier la 
veraciti^ de Moyse. Or ce miracle suppos^^ on concUie naturelle^ 
ment Panite primitive du langage avec les diff^rences actuelles». 

Les linguistes tendent progressivement k 4a preuve sdentilique^ 
de ce fait de ia Gea&se. Efiray^s d'abord par les diffi^rences de 
langues^ ils ni^rent tout rapport entre eUes.Ensuite pour decouvrir 
s'il existait entre elles des ^imtUtade9> on les examina sous le rap--^ 
port lexique. Dans ce but on composa des listes de mots exprimant 
dans tputes les langues connues les id^es les plus usuelles; on fit 
|a m6me comparaison sur les fbrmes grammaticales. Le resullat de 
cette etude faite sur> un> grand nombre de langues fut d'abord d'e- 
tablir entre les Fangues, ^n appareuce les plus di£^rentes, des simi- 
litudes lexiques et grammaticales qui les rapprocbaient. Ces grou- 
pes, en s'^tendant progressivement, permirent de ranger les lan*- 
gues dc rancien continept, celles de l'Afrique except^es, sous diffe- 
rents r^gnes^ dont les principaux sont cepx indiques pr^c^^demment, 
qui divisent ces langues en semitiques , indo-germaniques , mono; 
syllabiques^ ou bien en Fangues simples> par flexion, par agglutiuaT 
tion. €ette methode^ appUquee en m&me temps aux langues afri- 
caine et americaine, a produit dej^ des resultals qui en promettent 
dc plus satisfaisants encorc. — En comparant ensuite les groupes 
precedents, on a decouvert entre eux des analogies lexiques qui 
ont pcrmis anx linguistes les plus distingues de conclurc a Ve^is- 
tcncc d'unc languc primitive actuellcment perdne h laquelle ils se 
rattachcnt. Balbi^ dont lcs generalisjitions et lcs conclusions porlcnt 



lecacbet de la prudcBce la pltis s^fijre, dil dans sob AHateihM- 
praphique, pl. I : « Ju8qu'2i pr^nt aocrni monumeBt soit hisU)- 
4 rique, ftoit astronmnique n'a pn prouver que les lifres de Moyse 
• ftiMrit foox ; mais au contraire Ut soot d'accord de la mani^e 

< la plns remarqnabte avec les r^ultaU obtenns par le» plus saTants 

< pbilologues et les plus profonds g^omfetres. » Plos bas: « Ghose 
« remarquable, noos trouvons jostemeot dans l'ancien monde , 06 
« Moyse nous reprdsente l'origine des soci6t6s et le berceau de 
•« tous les peuples de la terre, les trois elasses essenUeUementdif- 

< f<6reiites auxqudles le c6l^re baron de Humboldt pense qn'on 

< peutr^dttire les formes grammaticales de i'^tonnante vamte 
« des idiomes connns. b Ces classes sont celles qoi ditisent