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Full text of "Traité de matière médicale. 2. éd., rev., corr. et augm. de notes par P.H. Nysten"

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TRAITE 

DE 

MATIÈRE MÉDICALE, 

TOME SECOND. 



TRAITE 

DE 

MATIÈRE MÉDICALE, 

Par C. J. A. SGHWILGUÉ, 

Docteur- Médecin , de la Société de l'École de Méde- 
cine de Paris, Professeur de Matière Médicale et 
de JNosographie interne, 

SECONDE ÉDITION, 

ïîevue , corrigée et augmentée de notes par P. H. NYSTEN , 
Docteur en Médecine , Professeur de Matière Médicale , de 
la Société de i'Jtcole de Médecine de Paris, etc. 

TOME SECOND. 



A PARIS, 

Chez J. A. BROSSON, Libraire, rue Pierre-Sarrazin , u®. f;' 

1809. 



53 



1.2. 



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î^''i''%;îY CF "S^^' 





MATIERE MEDICALE. 

SUITE 

DE LA SECONDE PARTIE 

OU 

DE LA PHARMACOPEE CLINIQUE. 



Suite de l'ordre Des médications 

TONIQUES» 

§ \\. Application des toniques sur la surface cu^ 
tanée , ainsi que sur les tissus soucutanés qui 
sont dénudés accidentellement , et ecœitatiort 
tonique de ces organes. 

On applique les toniques sur la peau, soit pour 
exciter directement cet organe , soit afin de faire ab- 
sorber la substance médicamenteuse. On déteimine 
le premier effet, tantôt uniquement pour modifier 
Télat des propriétés vitales de l'organe cutané, tan* 
lot pour agir par contiguité ou par sympathie. Il 
existe des cas dans lesquels le ton de la peau est aug- 
menté en même temps que 1 absorption du médica- 
ment a lieu. 

L'excitation tonique de la peau présente des phé- 
nomènes variés ; elle est caractérisée tantôt par uu 
état de resserrement , d'aslriclion , tantôt par une 
II. I 



a PHARINIACOPEE 

augmenlalion de la chaleur , de la couleur , et par 
un léger picolement ; quelquefois elle ne tombe sous 
nos sens que par les modifications secondaires qui 
survicîinent dans le derme Ini-raème ou daus des or- 
canes plus ou moins éloignés: telle est, yoar exemple , 
la su})pression delà sueur atonique et d'hémorrha- 
gies passives des membranes muqueuses qui suitTap- 
])licatiou de l'eau froide sur la peau. L'excitation toni- 
que de Torgane culané et des tissus accidentellement 
dénudés peut survenir avec plus ou moins de promp- 
titude; elle peut être d'une durée et d'une intensité 
variées , et s'approcher plus ou moins de la rubé- 
faction. 

L'application des moyens toniques sur la peau et 
les tissus dénudés peut avoir lieu sous toutes les for- 
mes qnej'aiindiquees ailleurs;savoir,souscellesd'em- 
plâtre, de pâte, de cataplasme, d'onguent, de liniment , 
à l'état liquide, vaporeux et gazeux. La température 
des toniques peut être en équilibre avec celle de Tal- 
mosphère ; elle peut s'approcher de celle de l'orga- 
nisme ou de celle de la glace fondante. Ces deux 
températures augmentent l'intensité de leur action ; 
néanmoins le froid est susceptible de produire quel- 
ques effets particuliers, ainsi que je l'indiquerai bien- 
tôt. L'inllueuce de ces deux températures est telle, 
qu'on les emploie souvent seules pour relever le ton 
local et général. Les excipiens que j'ai indiqués ail- 
leuis peuvent convenir pour l'administration des to- 
niques; néanmoins, lorsqu'il est impossible d'aug- 
menter sultisarament les proportions des corps mé- 
dicamenteux , on peut les remplacer par des subs- 
tances qui sont susceptibles d'exciter légèrement: 



CLl]SriQUE» 3 

èels sont lie mélange de cire el de résine, le miel , le 
savon , Talcool , le vin , le vinaigre , les infusions ou 
décoctions amères et aromatiques. 

On ne détermine la dose des toniques que par leur 
degré de concentration; il faut en excepter l'opium, 
les raercuriaux , et en général les corps qui sont ab- 
sorbés, et qui peuvent déterminer des accidens pins 
ou moins graves. Les proportions dans lesquelles on 
étend les corps médicamenteux peuvent varier. Leur 
maximum d'action reconnoît pour terme, i". le point 
où la solution et la mixtion cessent d'être possibles 5 
2-. celui où le même corps, au lieu de produire 
l'excitation tonique , donne lieu à la rubéfaction , à 
Tescarre , ou devient susceptible de produire des ac- 
cidens plus ou moins graves par son absorption. Ce 
dernier point est plus difficile à déterminer que l'au- 
tre ; il exige beaucoup d'expériences cliniques com- 
paratives; il ne peut avoir de base constante , car il 
est subordonné au degré de susceptibilité de la peau , 
à la durée de l'application, à l'iiabitude , à l'état ac- 
tuel tant général que local de l'individu. Les expé- 
riences cliniques multipliées que j'ai tentées sous ce 
rapport m'ont convaincu qu'on ne peut obtenir que 
des résultats approximatifs. Ou s'est trop borné à 
n'employer les corps médicamenteux que dans un 
même degré de concentration ; je parle surtout de 
ceux qui, quelque concentrés qu'ils soient, ne peu- 
vent produire d'autre effet que l'excitai ion tonique. 
J'ai recbercbé leur maximum de solubilité el de mis- 
cibilité ; je l'ai indiqué en même temps que les pro- 
portions les plus usitées. Eu général , il ne faut pas 
trop s'arrêter à celles-ci ; leur détermination est très- 



4 PHARMACOPEE 

souvent duc au hasard, et elles varieut dans la plu- 
part des pharmacopées. 

Les substances qui doivent déterminer rexcitalioa 
Ionique peuvent être appliquées par simple apposi- 
tion, ou en friction, eu onction et en lotion. La pre- 
mière méthode est le plus fréquemment en usage 
lorsqu'on veut exciter la peau afin d'agir directement 
sur elle, ou atin d'opérer un effet contigu et sympa- 
thique. Le dernier mode est particulièrement usité 
lorsque le corps médicamenteux doit être absorbé. 
Lorsqu'on applique ces moyens d'une manière in- 
hérente, on les maintient à l'aide d'une pression 
convenable. L'observation prouve que la pression 
seule peut exciter le ton, tant de l'organe cutané que 
des tissus soujacens. 

La durée de l'application de ces moyens doit être 
subordonnée à la promptitude et à riiitensité plus 
ou moins grande de leur excitation tonique en par- 
ticulier, et de leur action en général. C'est ainsi que, 
par l'application momentanée de l'ammoniaque, des 
cantharides, etc. , convenablement étendues, on ob- 
tient une excitation tonique ; tandis qu'on donneroit 
lieu à l'inilammation , etc., si on les mainteuoit pen- 
dant un temps plus long. 

On applique ces moyens sur une étendue plus 
ou moins grande de la peau; c'est tantôt sur toute 
la surface cutanée, tantôt seulement sur une de ses 
régions. 11 est néanmoins des toniques qu'on ne 
peut mettre en contact qu'avec une étendue limi- 
tée de la peau. Ceux qu'on apj)lique sur une grande 
étendue sont ordinairement liquides et vaporeux; 
ils sont rarement en poudre : on Its administre le 



CLINIQUE» 5 

pîits souvent en bain , quelquefois en lotion ou en 
friction , etc. 

Le lieu d'application est facile à déterminer lors- 
qu'on veut agir directement sur la peaa ou sur des 
tissus contigus ; mais il n'en est pas de même lorsqu'il 
s'agit d'opérer un effet sympathique local ou général. 
Il faut alors appliquer les toniques sur la région de 
la peau qui sympathise plus particulièrement avec 
l'organe qu'on veut modifier. C'est ainsi que la peau 
du scrotum paroît sympathiser avec la cavité nasale; 
celle des membres supérieurs, de l'aisselle , des jam- 
bes avec les poumons; la peau des mamelles, des 
cuisses avec l'ntérus ; celle de la plante des pieds 
avec l'intestin ; la peau des parois abdominales avac 
l'estomac, etc. 

Lorsqu'il s'agit de faire absorber le médicament, 
il faut choisir les régions cutanées sur lesquelles 
l'absorption est la plus active, celles qui sont les plus 
douces au toucher, dont Tépidertri^ n'est point 
épaissi (si ce n'est lorsque le corps médicamenteux 
est très-irritant), celles où s'ouvrent particulière- 
ment les radicules lymphatiques qui traversent les 
glandes sur lesquelles on veut agir. On sait que les 
glandes lymphatiques soucutanées reçoivent leurs 
vaisseaux , non de la région de la peau qui les recou- 
vre, mais de régions plus éloignées. Lorsqu'on veut 
agir sur les glandes poplitées , on applique le médi- 
cament aux pieds et à la partie inférieure des jambes» 
Lorsqu'on veut exciter les glandes inguinales siv- -' 
ficielles, il faut l'appliquer au pied - ■■ '- l^'^^bc, à la 
cuisse, aux environs des haji^^'^^s ; si ce sont les glandes 
inguinales profondes, on l'applique à la partie interne 



6 PHARMACOPÉE 

des cuisses , aux organes génitaux. Lorsqu'on se 
propose d'exciier les glandes iliaques, ou l'appli' 
que aux membres intérieurs , dans les environs 
des hanches , sur le gland. Veut-on agir sur les 
glandes huméro-cuhilales , on applique le médica- 
mcnl au carpe et au métacarpe. Si ce sont les glandes 
axillaires, souscapulaircs et souclavières qu'on veut 
exciter, on rappli(jue au carpe, à l'avaut-bras , à 
l'épaule , aux régions antérieures et postérieures 
du thorax. Si ce sont les glandes trachéliennes, cervi- 
cales, etc., on l'applique à la nuque, au sommet de 
la tête. Lorsqu'on veut relever le ton des glandes 
souzigomatiques, parotidicnnes, maxillaires , soulin- 
guales, etc., on l'applique au nez, aux joues, aux 
lèvres. 

On favorise l'absorption à l'aide de lotions préala- 
bles , etc. si la peau est sèche , irritée ; et à l'aide 
de légères frictions, si elle est dans un état atoni- 
que. Dans tous les cas, il faut éviter de déterminer 
une irritation locale trop forte; à cet effet, on al- 
terne les régions cutanées sur lesquelles on applique 
le médicament, lorsque toutefois cela est possible; 
on enlève la couche provenant de l'application pré- 
cédente qui a resté sur la peau. C'est le soir et le 
matin (époques de la journée qui paroisseut plus 
propres à l'absorption) qu'on choisit particulière- 
ment pour l'application du médicament. On l'admi- 
nislre en bain , mais plus fréquemment en onction, 
"^ ! ^ "," substance médicamenteuse est très-facile à 
absorber et q^^.^ veuille préciser les proportions 
dans lesquelles son abso..,iion a lieu , il faut que 
la persoDiie elle même pratique les frictions; ou, si 



CLINIQUE. 7 

elles sont faites par une maiu étrangère , il est néces- 
saire que celle-ci soit enveloppée d'un gand de peau 
ou d'une vessie. 

Tous les corps médicamenteux ne paroissent point 
susceptibles d'être absorbés j beaucoup ne le sont 
que dans quelques-uns de leurs matériaux. Les exci- 
piens ordinaires paroissent convenir : M. Brera assure 
cependant avoir observé que l'absorption est plus 
lente, plus tardive, si on prend pour excipient 
toiit autre corps que la salive et le suc gastrique ; 
il assure avoir, chez certains individus, employé à 
grande dose l'opium étendu dans l'alcool et dans 
l'huile sans avoir obtenu d'effet ; taudis qu'il a été 
plus heureux dès qu'il s'est servi de la salive et du 
suc gastrique , quoiqu'il ait alors employé l'opium 
en moindre quantité. Il dit avoir observé celte diffé- 
rence lorsqu'il empîoyoit alternativement l'un et 
l'autre de ces excipiens sur le même individu. Rassure 
que 2 grammes (36 grains) d'oxyde mercuriel noir, 
étendus dans le suc gastrique, sont plus actifs que le 
double et le triple étendus dans l'axonge. D'après le 
même auteur, la graisse paroit moi ns propre à l'absorp- 
tion que les liquides aqueux albumineux. Le suc 
gastrique tient le premier rang parmi ceux-ci ; vien- 
nent ensuite la salive, le suc pancréatique , les lar- 
mes. Il dit que l'absorption est presque nulle ou très- 
légère lorsqu'on se sert de l'urine, de la sérosité, 
de la matière de la transpiration. Il conseille de pren- 
dre le suc gastrique chez les granivores , les carni- 
vores et de préférence chez l'homme. Il établit que 
la dose des substances qu'on fait absorber. doit être 
onze fois plus grande que celle des médicameus qu'on 



8 PHARMACOPÉE 

înlroduit dans l'estomac ; mais j'ai lait voir ailleurs 
jusqu'à quel point on peut , en zoonomie, se fier à de 
pareils résultats. 

La voie d'absorplion cutanée ne peut convenir 
que chez les individus qui ont la peau souple , per- 
méable, par exemple, chez les femmes, les enfans. 
Elle est indiquée lorsqu'on veut exercer une action 
générale ou locale sur les lymphatiques extérieurs , 
sur les organes situés peu prot'ondéraenl , par exem- 
ple, sur le tissu cellulaire général , sur l'appareil 
urinaire. Elle peut convenir lorsqu'un état de sus- 
ceptibilité excessive ou l'inaclion des organes gastri-» 
ques empêche l'introduction des médicamens dans 
reslomac. Elle ne peut convenir lorsque la sécheresse 
de la peau est très-grande, qu'il existe une débilité 
extrême des lymphatiques, etc. 

Le mode d'administration des moyens qu'on em- 
ploie comme toniques doit donc varier selon qu'ils 
doivent être absorbés ou non. Il diffère encore se- 
lon que l'on veut déterminer plus particulièrement 
J'astriction ou l'excitation de la circulation capillaire 
extérieure. Une température froide et la simple 
apposition favorisent la première ; les frictions et une 
température élevée sont préférables dans l'autre cas. 
En général , ce n'est point durant le travail de la di- 
gestion qu'il faut appliquer les excilans qui peuvent 
exercer une action locale ou générale très-marquée. 

L'appllcalion prolongée des substances qu'on em- 
ploie pour modifier le ton de l'organe cutané, peut 
devenir préjudiciable ; les unes peuvent occasionner 
l'érysipèle, des pustules, un état de sécheresse et de 
racornissement; elles peuvent altérer la couleur d^ 



CLINIQUE. g 

la peau , etc. ; d'autres peuvent, à la longue, être aÎ3- 
çorbées en quantité suffisante pour produire des ac- 
cidens variés : tels sont les oxydes et les sels de 
plomb. L'expérience journalière apprend aussi que 
ces corps cessent de produire rexcitaliou tonique, si 
on continue leur emploi pendant trop longtemps ; il 
faut savoir les remplacer par d'autres , et ne reve- 
nir à leur usage qu'après un intervalle plus ou moins 
grand. 

Pour exciter les tissus en question , on emploie en 
grande partie les mêmes substances que celles qu'on 
applique sur la surface muqueuse de l'estomac. Quel- 
ques préparations leur sont communes ; mais il eu est 
aussi qui sont particulières aux applications cutanées. 
D'ailleurs les préparations dont on fait usage ici con- 
viennent en grande partie pour les applications que 
nécessitent les autres surfaces muqueuses dont je n'ai 
point encore parlé : c'est même à cause de cela que 
je traite des applications cutanées avant de m'occuper 
de celles qu'on tente sur le gros intestin. Je suis 
en grande partie obligé de m'occuper de nouveau 
des substances dont j'ai déjà traité; je n'Indiquerai 
uéanmoins que les particularités qui sont propres 
aux applications dont il s'agit ici. 

Pression. 

On peut faire usage d'une pression régulière et 
étendue pour augmenter le ton de l'organe cutané 
et des tissus soujacensj on l'augmente successive- 
ment ; on se sert de bandes à cet effet. On connoît 
les malheureux effets d'une pression trop forte , trop 
\ong-lemps cQntinuée et trop peu étendue. 



lO PHARMACOPEE 

On a parliculiôremcnt recours à la pression dans 
les cas (l'oedème, de varices, d'ulcères aloniques et 
vaii(]aeux des membres inférieurs. 

Le massage est un aulre mode dépression momen- 
iaiiee qu'on exerce avec la main. Ou y a recours 
pour exciter le ton delà peau et des tissus soujacens. 

Frictions. 

On peut faire les frictions avec la main nue ou à 
l'aide de flanelle, de brosses , etc. On doit les prati- 
quer avec douceur et à des intervalles convenables ; 
ou les continue jusqu'à ce qu'on aperçoive que la 
peau commence à rougir. Les frictions excitent l'or- 
gane cutané et les tissus sonjacens , promptement et 
avec tous les degrés d'intensité. Elles augmentent la 
chaleur locale , elles y déterminent un peu de ron- 
geur et occasionnent la transpiration. Si on les a pra- 
tiquées avec trop de force ou pendant trop long- 
temps , elles peuvent occasionner un état fébrile. Si 
elles sont trop légères, elles produisent le chatouil- 
lement , etc. 

Les tissus de laine et de flanelle qu'on porte appli- 
qués immédiatement sur la peau, agissent comme 
les fiictions sèches, mais d'une manière plus douce. 

On fait usage de ces moyens pour favoriser l'exer- 
cice des fondions de l'organe cutané, par exemple, 
son exhalation et son absorption. Ou y a recours 
pour exciter les tissus soujacens, par exemple, dans 
l'œdème , dans l'anasarque , dans le rhumatisme chro- 
3il([ne , dans les paralysies locales, dans les affections 
chroniques des viscères abdominaux , dans celles des 
ai'ticulations , etc. 



CLINIQUE. II 

Chaleur. 

Pour que la chaleur puisse déterminer une aclioa 
excitante, il faut qu'elle soit plus élevée que la tem- 
pérature atmosphérique et que celle de l'organisme: 
telle est celle de 35 à 5o centigrades -j-o. On peut 
l'appliquer à l'aide d'intermèdes variés. Ceux dont on 
se sert le plus ordinairement sont les corps solides, le 
sable, diverses substances pulvérulentes, l'eauàrétat 
liquide, la vapeur aqueuse et l'air. Le choix de ces 
intermèdes u'est point indifférent; car ils moditieut 
plus ou moins Faction de la chaleur. Les uns ne con- 
viennent d'ailleurs que pour les applications locales. 

Corps solides. On se sert à cet effet de briques, et 
en général des corps qui sont reconnus être de mau- 
vais conducteurs du calorique ; à moins qu'on ne 
veuille les renouveler à mesure qu'ils se refroidis- 
sent , ou que l'excitation ne doive être que momen- 
tanée. C'est ainsi qu'on fait quelquefois usage de 
plaques métalliques et de linges secs. Ou a recours à 
ces intermèdes pour appliquer le calorique lorsqu'on 
veut agir par contiguité , par exemple, pour exciter 
les muscles dans le cas de rhumatismes chroniques, 
le conduit intestinal dans le cas de colique llatu- 
lente , etc. 

Sable et substances pu h^éru lentes. Ces moyens, 
sont plus rarement employés comme conducteurs du 
calorique lorsqu'il s*agit d'applications générales, que 
lorsqu'on veut obtenir un effet local. 

Le bain de sable général est usité dans les dépar- 
temens maritimes du midi delà France. Pour en faire 



12 PHARMACOPEE 

usage y.on se dépouille de ses vétemens; ou se recou- 
vre jusqu'au cou avec la surface du sable qui a élé 
échauffée par le soleil ; ou l'y maiutieut peudant quel- 
que temps ; ou renlève ensuite et on s'enveloppe 
dans des linges secs et chauds. La peau se turaélie et 
rougit légèrement; il survieut une sueur tellement 
abondante, qu'elle humecte souvent une couche de 
sable de l'cpaisscur de quatre doigls. 

Lorsque l'applicalion du sable doit être bornée à 
une petite étendue du corps , on remplit un sac de 
toile avec du sable lin ou avec tout autre corps pul- 
vérulent ; on le chauffe convenablement , et on le 
maintient appliqué jusqu'à ce qu'il soit refroidi : les 
phénomènes locaux sont analggues aux généraux 
que je viens d'indiquer. 

Les bains de sable, tant locaux que généraux, sont 
parlicuiièrcment employés lorsqu'on veut exciter les 
organes contigus, par exemple, dans les cas d'oe- 
dème, d'anasarque , de paralysie, de rhumatisme 
chronique, etc. 

EaiL à iéiat liquide. On peut l'appliquer sur 
toute retendue du corps ou seulement sur une de 
ses régions. On peut y plonger le corps ou en imbiber 
des compresses, et les appliquer soit en fomenta- 
lion, soit en lotion; ou peut enlin en saturer des 
substances pulpeuses , et les appliquer par simple 
apposition. 

Lorsqu'on veut l'appliquer sur toute l'étendue du 
corps , c'est ordinairement à l'état de baiîi. La prépa- 
ration de ce bain ne présente rien de particulier. Eu 
général ou ne doit y rester que momcntauément; 
on doit eu sortir dès que les yeux se gonileutel rou- 



CLINIQUE. l3 

gîssent , que la face est colorée , qu'il y a une pulsa- 
tion apparente aux veines frontales; il ne faut point 
attendre les tintemens d'oreilles, les vertiges, etc. Il 
faut, au sortir du bain, éviter le contact de l'air et 
s'essuyer avec des linges chauds. On se couche et on 
se couvre bien si on veut entretenir la sueur ; on se 
couvre légèrement et on ne se couche point lorsqu'on 
veut l'éviter. Lorsqu'on ne peut prendre le bain , 
on se contente quelquefois de faire des lotions sur 
les difféientes parties du corps avec des compresses 
qu'on a imbibées d'eau chaude. 

Les phénomènes qui se manifestent pendant qu'on 
séjourne dans le bain sont les suivans : la peau se 
goulle, se tuméfie, elle rougit; la chaleur cutanée 
augmente , la face est gontlée , les yeux sont sail- 
lans , le pouls est fiéf[uent, la chaleur géné:?^!e aug- 
mente , la respiration est difiicile et accélérée; ou 
éprouve de la soif, la peau se couvre de sueur. Si on 
reste dans le bain pendant Irop long-temps , il sur- 
vient des vertiges, de Toppression, des palpitations, 
un affoiblissement général, la syncope ou un état 
apoplectique. 

On a conseillé le bain chaud lorsqu'il s'agit de fa- 
voriser l'apparition de phlegmasies cutanées, telle 
que la variole qui est compliquée d'un état de débi- 
lité locale et générale , etc. On y a recours pour exci- 
ter les tissus soucutanés , par exemple , dans le rhu- 
matisme chronique , les paralysies locales , etc. 

On fait aussi usage des bains chauds partiels : tels 
sont les demi-bains, les pédiluves , les manuluves , 
etc. Lorsque la partie est encore plus limitée, on se 
coiilente d'appliquer des fomentations, des lotions. 



l4 PHARMACOPEE 

tics cataplasmes chauds. Les effets locaux sont anà-* 
logaes aux phénomènes généraux que je viens d'in- 
diquer. On y a recours pour agir sur une portion li- 
mitée de l'organe cutané ou des tissus soujacens, 
par exemple , lorsqu'il s'agit de rappeler une maladie 
de la peau ou des organes souculaués. Quelqi'.efois 
on en fait aussi usage pour opérer un effet sympa- 
thique. C'est ainsi que les pédiluves chauds sont fré- 
quemment employés pour favoriser l'éruption me;is- 
truelle, pour faire cesser des affections imminentes 
du cerveau, des poumons et du cœur. 

V apeur aqueuse. On l'applique sur toute l'e'len- 
due du corps , ou on la dirige plus particulièrement 
vers quelques régions. 

Pour faire usage du bain de vapeur général, on 
expose le corps entier , à l'exception de la lêle, dans 
un lieu clos rempli de vapeurs aqueuses élevées à la 
température indiquée. Lorsqu'il estimposslble de preu' 
dre ces bains dans des lieux disposés à cet effet , ou, 
peut les administrer de la manière suivante. On se 
déshabille; on se couvre lâchement, à l'exception de 
la tète, de deux ou trois couvertures de laine; on 
s'assied sur un petit banc ou sur le bord d'un esca- 
beau non empaillé. On pose sous ses pieds ou sous sa 
chaise et sous les couvertures, un grand vase de bois 
qu'on a rempli d'eau bouillante. On peut , selon les 
circonslances,remplacercelle-ci par un hectogramme 
(3 onces) environ d'alcool à 8-|-0 qu'on dépose dans un 
vase étroit et qu'on enllamme. Dès que la vaporisa- 
lion a lieu, on fait en sorte que la vapeur puisse s'é- 
tendre également en tous sens : il suffit a cet effet d'é- 
carter légèrement les couvertures du corps, en faisant 



CLINIQUE. l5 

des mouvemens avec les bras. Lorsque la vaporisa- 
tion cesse, on s'essuie prompte ment , et on se couche 
dans un lit convenablement écliauffé. 

Les phénomènes locaux et généraux du bain de 
vapeur sont très-analogues à ceux du bain aqueux , 
mais plus intenses et plus prompts; les accidens sont 
absolument les mêmes. On y a recours dans des cir- 
constances semblables et surtout dans les maladies 
cutanées invétérées, dans la syphilis qui a résisté aux 
mercuriaux et qui est accompagnée d'éruptions cu- 
tanées, de douleurs ostéocopes, etc., dans les rhu- 
matismes chroniques , les paralysies locales, etc. 

Lorsqu'on veut appliquer les vapeurs vers une 
partie , on les concentre en enveloppant la région 
cutanée vers laquelle on les dirige. On y a recours 
dans des circonstances analogues à celles qui exi- 
gent l'application locale de Feau chaude. 

Air. Cet intermède n'est usité que pour les ap- 
plications générales. Les moyens propres à élever 
la température au degré indiqué , consistent à 
échauffer fortement un lieu clos qu'on a disposé 
à cet effet. Une des dilférences que ce bain d'air 
( étuve sèche ) présente , c'est que ia tête est entiè- 
rement enveloppée par le fluide du bain ; tandis 
que cela n'a pas ordinairement lieu lorsqu'on fait 
usage des intermèdes précédeus. On supporte ce 
moyen plus difficilement. On éprouve d'abord des 
picotemens à la peau; celle-ci devient rouge; elle 
se gontle ; la transpiration et la températuie géné- 
rale augmentent ; on éprouve de la soif; la respira- 
tion et le pouls sont j-lus fréquens que dans l'élat 
ordinaire , etc. 



l6 PHARMACOPEE 

Ce moyeu est peu usité en Frauce : on l'emploîe 
dans les mêmes cas que les précédens. 

Chaleur et lumière» 

Pour faire agir la chaleur et la lumière sur les 
organes en question, on a recours aux rayons solaires 
ou à des corps incandescens. 

RayoTis solaires. On les dirige dans l'état dans 
lequel ils émanent du soleil, ou on les fait converger 
à l'aide d'un verre convexe. 

Ou se sert du premier moyen lorsqu'on veut agir 
sur une grande étendue , et qu'on ne veut détermi- 
ner qu'une action modérécé Les rayons solaires ex- 
citent d'une manière notable ; ils colorent la peau j 
ils peuvent déterminer rinllammation , non-seule- 
ment de l'organe cutané , mais encore des tissus 
soujacens, ainsi que les coups de soleil en présen- 
tent un exemple. On en fait pailicidièreracut usage 
dans les affections lentes du système lymphatique , 
dans les scrophules, dans l'auasarque , etc. 

Le moyen de déterminer l'excitation tonique , à 
l'aide des rayons solaires concentrés, consiste à don- 
ner au verre convexe un mouvement vibratoire ^ 
ainsi que Ta conseillé Lapeyre , et à ne le maintenir 
dans la même place que jusqu'à ce qu'on éprouve 
une chaleur vive. Il faut employer ce moyen avec 
prudence , car il peut détei miner l'escarre. On eu 
fait pai liculièrement usage dans les cas de suppura- 
tions aloniques. 

Corps en ignition. Lorsqu'on veut agir sur une 
grande étendue , on fait brûler des subslances pro- 



CLIÎfIQUE, 1-7 

près à dégager une grande Uamme , et ou y expose 
la partie qu'on veut exciter. Cette action est trèvS- 
analogue à celle que déterminent les rayons solaires. 
On y a recours dans des circonstances semblables , 
par exemple, dans des cas d'anasarque, de rliuma- 
tismes chroniques , de paralysies locales , etc. On 
s'en sert quelquefois pour exciter d'une manière 
générale dans le cas d'asphyxie par submersion » 
dans les iièvres adyuamiques , etc. 

Lorsqu'on veut agir sur une petite étendue , on 
se sert d'une plaque de fer incandescente , ou , 
d'après Faure , d'un charbon ardent. lie moyen 
d'en faire usage consiste à les approcher et à les 
éloigner alternativement de la partie qu'on veut ex* 
citer, afin de déterminer la sensation d'une chaleur 
forte sans racornir ni escariher. Faure a observé 
que la température de 3j à 5o centigrades -j- o suf- 
fisoit ordinairement ; cela est néanmoins subordonné , 
ainsi qu'il le dit lui-même , au degré de suscepti- 
bilité générale et locale. On peut aussi se servir 
d'une bougie ou d'une chandelle en combustion ; 
mais la direction de la flamme n'est pas assez cons- 
tante , et les expériences comparatives qu'a tentées 
Faure lui ont fait préférer le charbon ardent. Ce 
mode d'application de la chaleur est suivi d'une 
augmentation de la rougeur et de la chaleur locales ; 
les surfaces suppurantes exhalent d'abord une plus 
grande quantité de pusj celui-ci prend un carac- 
tère plus lié , plus consistant. Si on en continue 
l'application pendant quelque temps , la suppres- 
sion de la suppuration en est quelquefois la suite 
le même phénomène a lieu si la température du 
II. a 



I » 1> 11 A 11 M A C O P É E 

corps qu'on applique est trop élevée. On a emplo^^é 
ce moyen particulièrement dans dlfféreus cas de 
suppurations atoniques. 

FrolcL 

Pour déterminer le degré de froid qu'on emp-oie 
comme médicament, il Tant l'évaluer comparalive- 
ment à la température ori^anlque et à celle de l'at- 
mosphère. On l'emploie en i^énéral de o à6 et 12 + 0. 
On peut i'adminlslrer à l'aide d'intermèdes variés, 
l'appliquer sur toute l'étendue du corps , ou seule- 
ment sur une de ses régions. 

Lorsqu'on veut appliquer le froid sur toute l'éten- 
due de la peau, on a recours à l'intermède de l'eau. 
On ne fait pas ordinairement usage de la neige. On 
jie se sert point non plus de l'air atmosphérique; 
nous n'avons pas de moyens faciles pour refroidir à 
notre gré une certaine étendue de l'atmosphère. 
Il est convenable, avant d'entrer dans le bain , d'hu- 
mecter la tète avec de l'eau froide : ou n'y reste que 
pendant quelques minutes ; on s'essuie aussitôt. H 
est utile de faire de l'exercice immédiatement après. 
JLorsqu'ou a contracté l'habitude du bain froid, on 
])eut y rester pendant inie demi - heure environ. 
Lu général, il faut en sortir pendant que l'impres- 
sion générale qu'on éprouve est agréable, et avant 
que le deuxième frisson ait lieu. Le degré de froid 
doit varier selon la susccplibililé individuelle : plus 
celle-ci est grande, et plus le froid doit être léger. 

II en est de même de la durée du bain ; elle doit être 
iiW raison inverse du degré de susceptibilité. 



CLINIQUE* ig 

Lorsque rappllcation du froid doit être locale , ou 
a recours à des intermèdes variés. Tantôt on se sei t 
d'eau froide qu'on applique en fomentations, en lo*» 
tiens , en douche ou par aspersion. Tantôt on fait 
usage de la glace et de la neige ; on les applique eu 
frictions ou par simple apposition : dans ce dernier 
cas, on introduit la glace pilée et la neige dans uu 
sac de toile, et on les maintient jusqu'à ce qu'elles 
soient liquéfiées. Quelquefois on a recours au inu- 
riate de soude décrépité , au rauriate d'ammoniaque , 
au nitrate dépotasse, au muriate de chauK dessé- 
ché , etc. ; on humecte l'un ou l'autre de ces sels 
avec de l'eau, et on les applique aussitôt. On peut 
remplacer l'eau par de la neige ou de la glace. Ou 
obtient surtout un froid très- rigoureux en mêlant 
du rauriate de chaux desséché avec de la neige ou 
avec de la glace. MM. Fourcroy, Vauquelin et 
Guytou ont déterminé uu froid de 42 — o en mê- 
lant ce muriate de chaux avec le double de sou 
poids de neige. On peut aussi se servir de. l'éther sul- 
furique concentré : on l'applique en fomentations: 
on renouvelle les compresses à mesure qu'elles se 
dessèchent. 

Les phénomènes que le froid détermine varient 
selon son degré d'intensité, la durée de son appîica.. 
lion , riiahltude , la susceptibilité individuelle , l'état 
des forces; ils varient enfin selon que l'applicaliou 
est générale ou locale. Dans le premier cas , ou 
éprouve un sentiment de froid général ; la peau 
pâlit , se resserre , devient rugueuse (chair de poule); 
la transpiration et la sueur se suppriment; il y a 
tremblement général , diminution de la soif, aug- 



aO PHAIIMACOPEE 

mentation de la sëcrëlion du mucus Dasal et âe 
Vunue ; la respiration est courte et précipitée j le 
pouls est plus fréquent ou plus lent que dans l'état 
normal. Si on en cesse aussitôt l'application, la peau 
lie tarde pas à rougir. On éprouve un sentiment de 
chaleur et de cuisson général; la transpiration aug- 
mente , et tous les phénomènes de l'excitation géné- 
rale et cutanée se manifestent. Si l'application a 
duré trop long- temps, la peau prend une couleur 
rouge livide; à ces phénomènes succèdent l'engour- 
dissement , rassoupisseraent, TaffoiMissement des 
sens, la lenteur de la circulation, la gaiigrène et la 
mort. L'usage habituel et ])rolongé des bains froids 
durcit la peau. Lorsque l'application du froid est 
bornée à une région du corps , elle produit locale- 
ment les mêmes effets que le bain général. Si elle 
est continuée pendant trop long-temps , elle peut 
produire la gangrène. 

Le froid peut donc convenir soit pour déterminer 
Taslriction, soit pour occasionner une rubéfaction 
légèi e et momentanée , soit pour produire une ex- 
cil Mtion tonique modérée et ])eu sensible. Le mode 
d'administration doit varier dans chacun de ces cas. 
L'aslriclion est, toute chose d'ailleurs égale, d'au- 
tant plus promplement suivie de la rubéfaction ou 
de la gangrène, que le fioid est plus intense. Eu 
général, on ne doit appliquer le froid que momen- 
tanément, toutes les fois qu'on l'emploie pour ex- 
citer le ton. ÎSous venons de voir que , par son ap- 
plication prolongée , il peut produire la gangrène 
ot la sédation du système nerveux , ainsi que de 
l'appareil circulaloiie. Son usage imprudent petit 



CLINIQUE. 2î 

d'ailleurs facilement occasionuer des accidens ; il 
peut supprimer la tianspiratioD cutanée, la sueur, 
des héniorrhagies liabituelJes, etc. Il peut occasion- 
ner des liëmorrhagies , des catarrhes, la phlegmasie 
de différens organes , etc. 

On emploie en général le froid pour exciter les 
tissus soucutanés, par exemple, dans le cas d'œdé- 
matie , de rhumatisme chronique, de paralysie par- 
tielle , dans l'étranglement herniaire par engoue- 
ment. On y a recours pour exciter généralement 
dans les lièvres ailynamlques et ataxiques , dans la 
peste , dans l'asphyxie par submersion. On en fait 
usage pour déterminer une astriction sympathique 
dans les hémorrhagies passives du nez , des pou- 
mons , de l'utérus. En général , on l'administre dans 
les cas où la susceptibilité est excessive , comme 
dans ceux où elle est presque nulle. 

Il ne faut point y avoir recours pendant le tra- 
vail de la digestion, durant le cours de la menstrua- 
tion ; en un mot, toutes les fois qu'il existe quelque 
travail organique susceptible d'être supprimé , et 
dont la suppression peut devenir dangereuse. 

Electricité, 

On se sert, pour electrlser, de la machine élec- 
ti'ique, de l'électromoteur , et de la bouteille de 
Leyde. La machine éleclrique, surtout lorsqu'elle 
est jointe à la bouteille de Leyde, peut déterminer 
un plus grand nombre de modes d'excitations que 
l'éleciromoteur. C'est ainsi qu'avec la machine élec- 
4a ique , on peut éleclriscr par bain , par pointes ^ 



22 P H A E M A C O P !• E 

par ëriocelies et par commotions; tandis que l'élec- 
tromolcur nVsL j)roprc qu'à occasionner des com- 
liiolions qui tiennent Je milieu entre les élincelles 
ëleclriques et la commotion qu'on détermine avec la 
bouteille de Leyde. L'élcctiomoteur , à la vérité , a 
l'avantage de produire des commotions moins dou- 
loureuses , qui se succèdent avec toute la rapidité 
qu'on peut désirer, et qui vont en augmentant jus- 
qu'à une certaine période. Ses effets ne sont point 
subordonnés à l'état hygrométrique de J'atmosplière, 
comme ceux de la bouteille de Levde, etc., tandis 
que ceux-ci sont Irès-variables, tant dans leur in- 
tensité que dans leur prom])litude. Du reste, la 
machine électiique et la pile de Vol la , dont on se 
sert communément en qualité d'électromoteur , 
présentent quelques avantages et quelques inconvë ■ 
nieus réciproques sous le rapport de leur manipula- 
tion. La pile de Yolta est plus longue à monter; les 
disques qui la composent s'oxydent facilement , et 
nécessitent qu'on la démonte et qu'on la nettoie 
toutes les fois qu'on en a fait usage depuis quelque 
temps , et même pendant unt^ assez courte durée : 
on ne peut agir avec elle si la peau avec laquelle on 
la met en conlact n'est humectée et dépouillée de 
ses vêtemens. La machine électrique au contraire 
reste toujours dans le même état ; on peut électriser 
avec elle à travers les vêtemens. La pile galvanique 
en revanche est d'un transport plus facile et d'un 
])rix bien moins élevé. 

Le mode d'excitation qu'on délermîne par l'élec- 
Irisation est tel , qu'il porte quelquefois plus parlicu- 
Jièremcnl sur les propriétés vitales organiques , 



C L I IC I Q U Ee 2l3 

d'autres fois cgaiement sur celles-ci et sur les pro*- 
priëtés vitales animales, et dans quelques cas presque 
exclusivement sur celles-ci. Si je traite ici de la com- 
motion qu'on détermine avec la bouteille de Lcyde , 
c'est uniquement aBu de ne pas trop isoler ce mode 
d'ëlectrisalion des autres ; d'autant plus qu'il né- 
cessite une partie des mêmes précautions , et qu'on 
commence souvent par l'éleclrlsalion la plus douce, 
avant Je passer à celle qui excite plus fortement. 

Il en est de l'excitation électrique comme de 
toutes les autres. Ses effets secondaires sont quel- 
quefois momentanés ; d'autres fois ils sont si lents , 
qu'on les confond avec les cliangemens spontanés 
qui surviennent dans la marche des maladies : aussi 
€St-on souvent obligé d'en continuer i'iisage pendant 
îong-lemps. En général, ses effets ont une durée 
d'autant plus courte qu'ils sont plus intenses. Quel 
que soit le mode d'elecîrisation qu'on emploie , il 
est nécessaire de ne point fatiguer le malade , et 
de ne pas lui faire éprouver d'impression désa- 
gréable : aussi gradue -t- on la durée de chaque 
mode d'électrisation selon la susceptibilité iudivi- , 
^ duelle et selon l'habitude. 

On conçoit facilement que i'éleclrisation doit être 
nuisible toutes les fois qu'il existe \in état d'irrita- 
tion générale ou locale, par exemple , dans les cas 
d hémorrhagies actives , de pblegraasies aiguës , 
durant la menstruation régulière, chez les phthl- 
siques, etc. 

Electrisadon par hain. Le moyen de s'électriser 
par bain consiste à être isolé, et à communiquer 
avec le conducteur principal de la machine élec- 



24 PHARMACOPEE 

trique pendant qne celle-ci est en action. Ou éta- 
blit celte communication à l'aide d'une lige mé- 
tallique (i). 

Les pliénomèncs locaux du bain électrique sont 
moins évideus que les phénomènes généraux. Ceux- 
ci consistent dans l'augmentation de la fréquence du 
pouls, de la chaleur générale, de la transpiration, 
€l de la plupart des sécrétions et exhalations. C'est 
ainsi que la sécrétion de la salive, celle de 1 urine , 
du mucus intestinal , etc. sont augmentées. La pro- 
vocation de 1.1 menstruation en est quelquefois le 
résultat. L'eifet immédiat du bain électrique est 
€n raison de l'état de sécheresse atmosphérique, 
de l'étendue du conducteur, et de la rapidité avec 
laquelle on meut le globe ou le plateau de la ma- 
chine. Pour obtenir un effet marqué , il ne faut pas 
que la durée du bain soit trop courte ni trop 
longue : l'action est nulle dans le premier cas , et 
on éprouve souvent vdu malaise dans le second. On 
donne ordinairement à la première séance la durée 
d'une demi-heure environ , et cdle d'une heure 
aux séances suivantes. En général, le mode d'élec- 
Irlsation par bain est le plus doux; c'est ordinaire- 
ment par lui qu'on commence l'usage de l'excitation 
électrique. 

On a recours au bain électrique lorsqu'il convient 
d'exciter généralement , qu'on veut le faire d'une 



(i) Celle lijjo mt'lallirjtie a ordinairement le diamèlre de 4 
inilliraètres et nue longueur variée. Elle est courbée en forme 
d'arc à ses deux extrémités , et terminée de part et d'autre par 
M ne boule de même matière , du dinmètre de a à 3 centimètres . 



CLINIQUE. 25 

manière modérée, et qu'on veut favoriser en même 
temps la plupart des sécrétions et des exhala- 
tions. 

Electrisation par pointes. La pointe peut être 
de métal ou de bois; dans ce dernier cas, ou lui 
donne ordinairement la forme d'une olive d'un 
diamètre plus ou moins grand ; le bois qu'on em- 
ploie peut être plus ou moins sec ou humide ; ou 
peut être isolé ou non. Lorsqu'on est isolé , la 
pointe peut communiquer avec le conducteur prin- 
cipal ou avec la terre. Lorsqu'elle communique avec 
ie conducteur, on lui oppose une autre pointe non 
isolée qui est distante du corps de quelques centi- 
mètres. Lorsqu'on n'est point isolé , il est indispen- 
sable que la pointe communique avec le conducteur. 
Dans tous les cas , elle doit être distante du corps 
de l'espace de 2 à 4 centimètres. 

Les j)hénomènes immédiats sensibles consistent 
dans la sensation d'un vent frais qui approche plus 
ou moins de celle de l'étincelle. Cette sensation 
vDrie selon la nature do la pointe : c'est ainsi qu'elle 
ne paroît être qu'un souftle lorsque celle-ci est de 
métal. L'impression est presque nulle lorsque la 
pointe est de bois sec , tandis que si le bois est modé- 
rément humide, elle ressemble à l'impression qui 
résulte de la réunion de plusieurs pointes métal- 
liques ; elle est souvent presque insupportable 
lorsque le bois est très -humide. Rien ne prouve 
d'une manière positive que l'isolement y apporte 
d'autres différences que celles qui sont dues nu bain 
électrique. Lorsque , l'isolement ayant lieu , ou op- 
pose une autre pointe non isolée à celle qui commu- 



2G P H A p. M A C O P C E 

lïiqiiG avec le coniJirclciir, on iiiilacncc la direction 
de Texcilalion électrique. 

On emploie particulièrement ce mode d'excitation 
cleclriqne lorsqu'on veut agir sur des surfaces sup- 
purantes dénudées-^ par exemple , dans les cas d'en- 
f^eliires, d'ulcères alouiques , etc.; on y a recours 
dans les suppressions menstruelles par atonie. 

Elcctrisation par étincelles. Lorsqu'on se soumet 
à ce mode d'cleclrisalion , on peut être isolé ou non ; 
dans le premier cas, on approche du corps une 
substance anélectrique w^n isolée, et dans l'autre 
cas, une substance anélectrique isolée et communl- 
C[nnnt avec le conducteur de la machine électrique 
-en action (i). On tire des étinceiles sur la région 
cutanée qu'on veut exciter directement oii qui cor- 
respond par contiguité ou par sympathie avec l'or- 
gane sur lequel on veut agir. On peut modifier 
rinlensité de la scintillation o i approchant et en 
écartant successivement l'excitateur à des distances 
plus ou moins grandes et avec plus ou moins de 
promptitude. On le modifie en tirant un plus grand 
nom])re d'étincelles à la fois sur une petite étendue 
(à cet effet, on applique un morceau de laine sur 

(i) On se sert de \ excitateur pour tirer les étincelles. Cet 
insli liment consisle dans un fil niélalliquc dont une exlrémilé 
est cmoussée ei arrondie , ou en forme de boule, et dont l'aut^ 
•îst implantée dans un manche isolant. On lient cet instrument 
par son manche isolant. JiOrsrjue le fil métallique qui le compose 
ne doit pas être isolé, on le fait communiquer avec la terre à 
l'aidr, d'une chaîne métallicjue : celle même chaiue peut servir 
pour le faire communiquer avec le conducteur principal lors- 
que cela est uécessairc. 



CLINIQUE. 27 

la peau, et on promène par-dessus une sphère mé- 
tallique isolée ou non, selon que le corps lui-même 
est isolé ou non ). On peut la modifier en augmen- 
tant l'étendue des conducteurs et surtout leur lon- 
gueur , et en faisant mouvoir le globe ou le plateau 
électrique avec plus ou moins de promptitude. On 
peut ainsi facilement convertir la scintillation en 
commotion. 

Les phénomènes immédiats que détermine la 
scintillation électrique sont un sentiment de piqûre 
et de chaleur légère, et quelquefois de déchirement 
local ; il y a rougeur , quelquefois soulèvement et 
même scission de l'épiderme ou formation d'une 
vésicule inégale; on éprouve un sentiment de se- 
cousse et de contraction d'un ou de plusieurs mus- 
cles. Ces effets sont joints à ceux du bain électrique 
lorsqu'on est isolé ; ils sont en rapport avec l'inten- 
sité de la scintillation ; ils ne se continuent que peu 
de temps après l'opéralion , et ont entièrement dis- 
paru dans l'espace de douze à vingt-quatre heures. 
l-.es étincelles font éprouver une cuisson plus forte 
et plus continue lorsque le globe électrique est ré- 
sineux, que lorsqu'il est vitreux. En général, le 
sentiment de déchirement est plus fort et plus in- 
commode lorsque les étincelles sont petites, rou- 
geâtres , qu'elles approchent plus de la forme d'une 
pointe ou d'un petit dard que de celle d'une sphère. 
Or, ces phénomènes ont lieu ordinairement lorsque 
l'atmosphère est humide. Les étincelles qu'on tire 
à l'aide d'un corps sphérique sont plus grosses et 
plus douloureuses que celles qu'on excite avec un 
corps pointu et obtus. 



2^5 P II /> r. M A C O P li E 

Oïl voit {^4til(nicnl que l'excitation tonique par 
la scinlillalimi élechiquc , prescnle des phénomènes 
qui la raj)j»iochent cTun côté des médicalions phleg- 
masiqucs, et de l'autre des médicalious neiveiises : 
aussi ce moyen pent-il être ranimé dans chacun de 
ces ordres. IjOi^qu'on a recours à la scintillation 
électrique , on commence ])ar ne tirer d'abord 
cju'un petit nombre d'eliucclles ; on lait même quel- 
quefois précéder son usage de celui du bain élec- 
trique. C'est ainsi que procédoit M. Mauduyt. Il 
employoit d'abord ce dernier pendant trois à quatre 
jours ; il tiroit ensuite des étincelles pendant cinq à 
six minutes , et il augmentoit peu à peu leur durée 
chaque jour ; de celle manière , il parvenoit à en 
tirer pendant nn quart d'heure. 

Ou emploie la sciniillalion électrique pour exciter 
le ton des organes soucutanés, par exemple, dans 
des cas de rhumatisme chronique , d'œdérae, d'af- 
feclions lentes des glandes lymphatiques, etc. 

Elcctrisatlon pur coniinodoii avec Vélcctroino- 
ieui\ Pour exciter avec l'électromotcur, on se sert 
de la pile de Voila (i). On lait communiquer les 

(i) On coniposr la pile de Voila do la manière suivante : on 
prend \\x\ socle de bois du di.imclre d'un decinièlre ; on trace 
dans son cenlrc un cercle de 6 centimèlres de diamètre ; on y 
inscrit un triaui^le équiialéral , à chaque angle duquel on en- 
fonce une lige de verre de la hauleur de j à 4 décimètres envi- 
ron. On reçoit l'cxtrémilé supérieure de ces liges dans un cou- 
i-onnemenl en hois qui est ppirc par des trous corrcpondans à 
reuxdu socle. Cet appareil sert à maintenir un nonihreégal de 
«Usqucs de cuivre et de zinc, ainsi que des rondelles de draps 
«)u de carton. IjCS disques d'argent ou de cuivre, ainsi que ceux 



CLINIQUE. 29 

^etix extrémités de cet instrument avec la partie 
qu'on veut exciter. Cette communication peut se 
taire directement à l'aide des mains convenablement 
humectées , ou à l'aide de deux fils métalliques (i) , 
dont l'un est fixé à l'extrémité zinc , et l'autre à 
l'extrémité cuivre de la pile. Pour mieux appliquer 
ces fils sur la partie qui doit faire l'arc animal , ou 
les maintient, à l'aide d'une pince C-) ■> à la distance 



de zinc, sont larges de 4 à 5 centimètres, et épais de 2 à 5 mil- 
limctresj les rondelles de draps ou de carton ont un diamètre 
un peu plus pelit que les disques. 

Pour monter la pile de Volta , on fait dissoudre du muriale 
de soude ou du muf iate d'ammoniaque dans de l'eau tiède : ou 
en imbibe autant de rondelles de draps qu'on veut employer de 
«ouples métalliques. On dispose tous Its disques par couples, 
de manière que chaque disque de zinc se trouve sur un disque 
de cuivre ou d'argent. On place d'abord deux plaques de cuivre 
sur le socle , de manière que l'une occupe le centre et que l'autre 
avance un peu à droite. On place un disque de zinc sur celui 
de cuivre j puis une rondelle humectée , et ainsi de suite un dis- 
que de cuivre , puis un disque de zinc et une rondelle , etc. , 
jusqu'à ce qu'on ait un nombre d'étages convenable. Ou se 
borne ordinairement à quarante ou à cinquante couples. Si la 
charge devoit être très-1'orte, il seroit préférable de monter 
plusieurs piles modérément chargées , et de les faire communi- 
quer l'une avec l'autre ; sans cela le poids desdisques comprime 

les rondelles les plus inférieures, en exprime l'humidité , el 

s'oppose à l'action de la pile. 

(i ) Les deux fils sont de laiton ; ils sont de longueur variée , 

et aussi forts que peut le permettre la flexibililé dont ils ont 

lîesoin. Ils sont terminés d'un côté par un très-petit bouton, et 

de l'autre par un crochet. 

(a) Les places sont de cuivre ; elles sont isolées à une exiré* 



3o PIIARMACOPÉE 

nécessaire pour leur donner rextension convenable. 
Ou humecte préalablement, avec de l'eau salée , la 
peau qui doit servir de contact, si ce n'est lorscpie 
l'épiderme est délaciié. On fltit cesser une des com- 
munications après chaque commotion , et on la re- 
nouvelle avec plus ou moins de promptitude. 

Les phénomènes locaux et généraux qu'on déter- 
mine à l'aide de l'électromoteur sont très-analogues 
à ceux de la scintillation ; ils consistent dans une dou- 
leur locale semblable à celle qui est déterminée par 
une légère brûlure; la peau devient quelquefois 
rouge et se couvre de petites vésicules. Elle acquiert , 
dans quelques cas, une susceptibilité telle, qu'eile 
ne peut plus supporter le contact de cet excitant; il 
y a excitation générale des sécrétions et des exhala- 
lions, et surtout de la transpiration et delà sécrétion 
urinaire. Les muscles se contractent involontaire- 
ment ; les organes des sens et l'encéphale sont exci- 
tés. L'usage trop prolongé de ce moyeu débilite; cet 
effet se remarque surtout lorsqu'on soumet l'encé- 
phale, les sens et les muscles à l'action de la pile. 

L'intensité de ces phénomènes est en raison de 
plusieurs circonstances qu'il faut counoître. Elle est 
])lus grande si la peau est privée de son épidémie; 
la douleur est alois si forte , que peu de personnes 
peuvent la soutenir. Elle est d'autant plus grande," 
que le nombre de disques est plus consitlérable. 
Lorsque la pile esttrès-chari^ée,on observe quelque- 
fois que la commotion a lieu quoique la ])eau ne soit 

mile';, arrondies ;i l'au Ire , et munies tl'iiu anneau à l'a itle du- 
quel on psul les serj'er à h luanièic d'un porlc-croyou. 



C L I iV I Q U E, 3î 

pas humectée. Elle est d'autant plus grande, que le 
liquide qui imprègne les rondelles est ydus saturé et 
qu'il est d'une tenijocralure plus élevée ; ou peut à 
cet effet choisir les sels les plus soluhles ou saturer 
l'eau avec différentes substances salines. Sou inten- 
sité est plus grande si les poinls de contact sont plus 
étendus; c'est pour cela qu'on applique quelquefois 
des disques sur la peau, et qu'on plonge la maia en- 
ûère dans de Feau salée qui communique avec une 
des extrémités de la pi!e. L'intensiié de la commo- 
tion n'est pas en raison de l'élendue des dis({ues, ainsi 
qu'on seroit tenté de le croire, mais seulement en 
raison du nombre de couches, ainsi que l'ont obser- 
vé MM. Foiu^croy , Yauqueiin et Tbenard. La coin- 
tnotion présente aussi des différences sCiOn qu'elle 
est produite avec l'extrémité zinc ou avec l'extrémité 
cuivre; celles qui sont déterminées avec le pôle cui- 
vre (qui jouit de l'électricité résineuse) sont plus 
louloureuses, plus cuisantes que celles qu'on pro- 
luit avec le pôle zinc ( qui jouit de l'électricité vitrée). 
L'intensité des commotions est croissante depuis le 
noment où on charge la pile jusqu'à une certaine 
période, puis elle décroît d'une manière insensible , 
^t cesse enfin entièrem.ent. 

Les cas dans lesquels on se sert de l'électromoteur 
:)Our exciter l'organe cutané et les tissus soujacens 
;ont en grande partie les mêmes que ceux où on élec- 
rise par scintillation (i). 

(i) C'est dans quelques névroses , et principalement clans les 
laralysies locales qui ne dépendent pas d'une lésion du cerveau, 
jue l'action de l'appareil galvanique de Yolla est avanlagoiisp. 



32 PHARMACOPÉE 

KlectrlsaLion par coiiirnodon avec la bouteille de 
Lejde. Pour proilulre la comniolioii avec la boii- 
lellle de Leyde, on emploie ordinairement une jarre 
de la capacllë de 20 cenlimèlres carrés. Ou y adapte 
le régulateur de Làne (1), aliu de rendre les com- 

Son uliiité dans l'ainiMii-ose s'accorde parfailement avec la grande 
sensi])ilitc de rîrls au galvanisme , propriété que j'ai vue per- 
sslerchez l'homme quelque Uîmps aprcsla morl. Mais les effets 
qu'on a obtenus de ce moyen dans certains cas de surdité ne se 
s nit pas soutenus ; je l'ai employé sans aucune espèce de suc- 
cès dans une surdité accid''nlelle qui exisloil, à la vérité, depuis ^ 
longues années et avoit résisté à plusieurs autres tentatives. Le 
galvanisme a été quelquefois efficace dans l'aménorrhée ^raais ' 
comme il faut l'r.ppliquer directement à l'utérus ou aux. parties 
les plus voisines , la décence empêche d'en faire usage dans ce 
cas; cependant on pourroit l'essayer si la maladie étoit accom- 
pagnée d'accidens graves qu'onauroit l'espoir de faire cesser eu 
rappelant l'évacuation supprimée. Ce même moyen a été admi* 
nistré avec succès dans quelques tremblemens, et même dans 
certaines affections convulsives qui tenoient à un étal d'alonie 
du svslème musculaire ou d'une partie de ce svstème : dans ces 
différens cas, il n'agit que comme stimulant de la sensibilité et 
de la contractilité. Si ou avoit commencé par bien étudier ses 
effets physiologiques avant de l'appliquer à la théjapculique , 
on auroit moins exagéré son action , et on ne l'auroit pas pré- 
conisé dans une foule de circonstances où il n'est ludlement 
avantageux. Ne doit-on pas regarder comme entièrement hasar- 
dée l'assertion de M. Rossi , relativement à son efficacité dans 
riiydrophobie? Cela est d'autant plus probable que de plu- 
sieurs médecins de Tuiin qui ont vu le malade dont M. Rossi 
a publié l'observation , il est le seul qui lui ait trouvé ilcs 'sym- 
ptômes d'une hydrophobie commençante. 1*. Jl . N. 

(i) liC régulateur de Lânc consiste dans un liouton métalli- 
que i<:.olé, nussi volumineux et aussi élevé que le bouton qui 
.^01 1 de la jarre , et susceptible d'ctie plus ou moius rapproché 



CLINIQUE. 33 

ïMOlloQS égales entre elles. Lorsqu'on veiil berner la 
commotion à une partie , on se sert de deux ec- 
leurs (i) dont l'un communique avec l'armure in- 
terne de la jarre, et l'autre avec son armure ex.- 
tei^ne. 

L'intensité de la commotion est en raison de 
l'étendue des surfaces armées et du degré de tension 
électrique ( on mesure ce dernier état à l'aide de 
l'electromètre ). Il resuite de la qu'à étendue égale 
des surfaces armées, on pourra déterminer une com- 
motion plus ou moins forte , selon qu'on augmentera 
ou qu'on diminuera la tension électrique ; il résulte 
encore de là qu'à tension égale , on déterminera 
une commotion plus ou moins grande, selon que 
l'armature sera elle-même plus ou moins grande. 
Nonobstant cela , on observe que la tension étant la 
même, la commotion sera plus douloureuse si Far- 
mature est de peu d'étendue , que si son étendue est 
grande; dans ce dernier cas, elle approchera davan- 
tage de celle qui est produite parl'électromoteur. La 
force de la commotion varie encore seloti le diamètre 
des boules de décharge et, toutes choses d'ailleurs 
égales , selon que l'air est sec ou humide. Il est 
probable que la commotion présente quelques diffé- 
rences selon que le globe est vitreux ou résineux ; 



de ce dernier. Le degré de rapprochement et d'éloignement 
est gradué en millimètres; ceux-ci sont empreints sur la bran- 
che horizontale à l'extrémité de laquelle se trouve la boule en 
question. 

(i) Ces directeurs ne sont autre chose que les excitateurs 
dont j'ai parlé en traitant des étincelles électriques. 

ih 3 



34 P II A p. M A C O P E E 

mais 11 est difficile de le déterminer, à cause de l'in- 
tervalle qui existe entre chaque commotion. 

Le régulateur de Làne peut parfaitement convenir 
pour produire des commotions égales entre elles 
( les circonstances prises de l'état atmosphérique , 
du diamètre des boules de décharge , de l'étendue 
des armatures et de la tension électrique étant les 
mêmes). On commence d'abord par rechercher 
avec le régulateur quel est le degré de commotion 
qui est le plus en rapport avec la susceptibilité indi- 
viduelle, etc. ; ce point étant trouvé, on est sûr de 
déterminer toujours les mêmes commotions, si ou 
ne change pas la distance des deux boules de dé- 
charge. Cette distance varie de 2 à 20 millimè- 
Ires. 

Les effets de la commotion se rapprochent de ceux 
des fortes étincelles j ils paroissent surtout consister 
dans la contraction instantanée et involontaire d'uu 
nombre plus ou moins grand de muscles. Les pro- 
priétés vitales organiques de la peau paroissent moins 
être modifiées par la commotion que par la scintilla- 
tion électrique , et par la commotion qu'on détermine 
avec la pile de Voila, J'ai déjà fait voir que les com- 
motions produites avec la bouteille de Ley de diffèrent 
de celles ((u'on excite avec l'électromoteur , en ce 
qu'elles sont distantes les unes des autres par un plus 
grand intervalle. 

On n'excite point la commotion avec la bouteille 
de Leydc pour relever les propriétés vitales organi- 
ques de la peau et des tissus soujaccns; c'est plutôt 
pour agir sur les ])ropriélés vitales animales : aussi eu 
parlerai-je ailleurs. 



CLINIQUE. 55 

Douche. 

La (louche n'est autre chose qu'une coloniv^ li- 
quide^ou pulvérulente d'un diamètre déterminé, qui 
tombe d'une certaine hauteur sur une région du 
corps. Elle est composée de sable ou d'eau ; celle-ci 
peut être froide ou chaude, pure ou chargée de di- 
verses substances médicamenteuses. Son diamètre 
est de 2 à 3o millimètres et plus; sa hauteur d'un 
demi, d'un à 3 mètres et au-ileià. Elle peut être des- 
cendante , ascendante et latérale. 

On se sert pour doucher d'un vaisseau plus ou 
moins grand, percé à son fond par une ouverture 
ronde ; ce vase est destiné à contenir la matière de la 
douche ; il est ordinairement fixe lors({u'il a une 
grande étendue; dans l'autre cas on peut ie rem- 
placer par un seau qu'on élève et qu'o a Haisse à 
l'aide d'une corde et d'une poulie. Lorsqu ou veut 
donner plusieurs doucbes à la fois , on fait usage 
d'un tuyau de plomba direction horizontale , dont la 
face inférieure présente des trous qui sont plus ou 
moins distans les uns des autres. 

L'ouverture ronde qui se remarque à la partie 
inférieure de cesdifferens récipiens, sert à recevoir 
un tube de cuivre , de fer-blanc ou de cuir. Ce tube 
a une longueur et une largeur variées (celle-ci est 
ordinairement de 2 à 3o mlUimèlres) ; il est fermé 
inférieurement par uu robinet. On peut graduer le 
diamètre de la colonne de la douche en ouvrant 
plus ou moins ce dernier ; on peut aussi se servir à 
cet effet de tubes plus ou moins étroits qu'on fis.e 
au tube principal. 



36 phahmacopée 

La donclie, préparée ainsi que je viens de l'indi- 
quer, est descendante. Pour en avoir une qui soit 
ascendante , on adapte au tube principal un tuyau 
qui descend plus ou moins , se rend dans un vais- 
seau d'un diamètre varié , lequel est fermé de toute 
part, est rempli de la matière de la douche et se 
continue à sa surface supérieure en un tube analogue 
au précédent. La force de l'ascension est en raîsou 
de la hauteur du tuyau et du diamètre du vaisseau 
inférieur. Pour avoir une douche latérale , on fixe 
un tuyau de cuir au tube des douches descendante 
ou ascendante, et ou le dirige vers le lieu qu'on veut 
doucher. 

On peut doucher pendant un temps plus ou moins 
long ; celui qui s'y soumet peut être ou non dans un 
bain. La température de celui-ci peut être la même 
que celle de la douche, ou en différer. Enfin , on peut 
doucher au moment même oîi on entre dans le bain 
ou lorsqu'on en sort. 

Les phénomènes locaux et généraux de la douche 
varient selon un grand nombre de circonstances , et 
surtout selon sa durée , selon le diamètre et la hau- 
teur de la colonne , etc. Les effets les plus constans 
sont une sensation de douleur et de chaleur dans le 
lieu qu'on douche ; il y survient de la rougeur et 
une sueur locale, qui ne larde pas à devenir géné- 
rale. Les effets sympathiques varient selon le lieu 
douché : c'est ainsi que M. Esquirol assure avoir 
éprouvé tous les effets d'une commotion dans l'é- 
pigastre et dans riiypochondre droit, lorsque , pour 
étudier les effets de ce moyen curalif, il s'est douché 
lui-même le front et le verlexj il a vérifié ce fait 



CLINIQUE. 3/ 

sur la plupart des aliëDes qu'il a soumis à ce Iralte- 
ment. L'usage trop prolongé de la douche peut 
amener la débilité ; cet effet s'observe surtout rela- 
tivement à l'encéphale , lorsqu'on douche le vertex 
pendant trop long-temps. On voit facilement où il 
faut s'arrêter toutes les fois qu'on emploie ce moyeu 
pour exciter. 

On a recours à la douche moins pour exciter di- 
rectement la peau que pour opérer cet effet sur les 
organes contigus : c'est ainsi qu'on en fait usage dans 
différens cas d'œdéme, d'ankylose, dans les rhuma- 
tismes chroniques, dans les étranglemens herniaires 
par engouement, etc. 

Corps sucrés. 

On peut employer le sucre et le miel. On admi- 
nistre le premier à l'état pulvérulent et on en sau- 
poudre les surfaces suppurantes atouiques. On ap- 
plique le miel directement ou étendu dans de l'eau , 
dans du vin , etc. L'une et l'autre de ces substances 
excitent notablement les surfaces suppurantes, mais 
à un léger degré. 

Amers* 

Tous les amers peuvent également convenir. Les 
plus en usage sont les sommités de petite centaurée 
i^gentiana centauriwn ,\j. ),de fumeterre officinale 
{Jumaria officinalis , L.), le houblon {^humulus 
lupiilus , L. ), l'aloès, etc. On administre ordinaire- 
ment leur infusion et leur décoctioii aqueuses, et 



*oS PHARMACOPÉE 

quelquefois leur macération alcoolique. On les pré- 
parc dans des proportions plus grandes que lorsqu'il 
s'ai^ild'applicalion gastrique. Onles applique en bains, 
en lotions, en fomcnlal ions , etc. Leur action im- 
mdiale locale est peu évidente. On y a surtout re- 
cours dans les cas d'indainnialions et de suppurations 
chroniques et atoniques, dans les exanthèmes , etc. 
L'aloès irrite quelquefois le gros inteslin , par absorp- 
tion , lorsqu'on l'applique sur des tissus dénudés; il 
en est de même de la coloquinte {^cucuniis colocyn- 

thiS y L. ). 

Yannin et acide gaUique. 

On emploie particulièrement les racines de bistorte 
(^poligonuni Instorta , L. ), de tormentille {^torinen- 
lilla erecta , L.) , l'écorce de chêne ( qiiercus robur, 
L.), les galles, le cachou (^areca catliecu ,\-i.)y 
le brou de noix vert {^juglans regia, L. ), l'écorce 
de saule blanc {salir alba, L.) , celle de marronnier 
d'Inde ( œsculus hippocastanum _, L. ) , le quinquina 
rouge d'ocre , etc. 

On emploie ces différentes substances en poudre, 
sous forme ojiguentacée et à l'état liquide. Pour leur 
donner la forme d'onguent , on se sert de miel ou 
d'axonge. L'un et l'autre de ces excipiens peuvent 
doruier la cousislance onguentacée au double de leur 
poids de ces substances : on em])loie à cet effet celles- 
ci réduites en poudre , et on les mêle par trituration 
avec fun ou l'autre des intermèdes indiqués; les 
proportions ordinaires sont d'une à trois parties sur 
dix parties d'excipicul. Pour les administrera l'état 



CLINIQUE. S9 

liquide , on a recours à rinfusion ou a la dëcoclion , 
selon le degré de solubilité du tannin, et le degré de 
saturation qu'on veut avoir. C'est ainsi qu'on est 
obligé de recourir à l'ébuUition pour le cacbou , pour 
les racines de tormentille et de bistorte ; tandis que 
cela est inutile pour l'écorce de chêne , pour les 
galles , l'écorce de saule blanc, le brou de noix, l'é- 
corce de marronnier d'Inde,etc. Les proportions peu- 
vent varier àl'inlini; les plus ordinaires sont d'une 
à deux parties sur dix parties d'eau. 

Ces dif'férens moyens, lorsqu'ils ne sont pas trop 
étendus, produisent une astriction modérée; ils sup- 
priment quelquefois la suppuration. On les emploie 
surtout dans les cas d'atonie , d'oedème , de suppura- 
tion atonique , de tendance à la gangrène , etc. 

Quinquina» 

Le quinquina n'est indispensable que lorsqu'on 
veut agir par absorption ; dans la plupart des autres 
cas , ou peut le remplacer par les substances précé- 
dentes. On peut l'appliquer diiectement en poudre, 
ou sous la forme d'onguent , de liniment , etc. Le miel 
convient particulièrementcomme excipient lorsqu'on 
veut appliquer le quinquina sur les surfaces suppu- 
rantes. Dix parties de miel conservent la consistance 
onguentacëe avec deux parties de cette poudre. Pour 
donner au quinquina la forme de liniment , on l'é- 
tend dans une petite quantité de suc gastrique ou de 
salive, et quelquefois seulement dans de l'huile ou 
de l'axonge ; on n'en emploie que la quantité indis- 
pensable pour que les frictions n'irritent pas la peau. 



40 PHARMÀCOPl^E 

On fait aussi usai^e de la décoction aqueuse et de la 

macération alcoolique de quinquina : celle dernière 

est quelquefois employée en frictions pour agir par 

absorj)lion. 

L'action locale du quinquina est analogue à celle 
des substances précédentes ; on l'emploie dans les 
mêmes circonstances : on préfère le quinquina rouge 
d'ocre toutes les fois qu'il s'agit de déterminer un 
état d'astriction. 

On a souvent recours au quinquina pour agir par 
absorption. On l'administre alors de |>lusieurs ma- 
nières ; les uns , avec Py e , etc. , doublent les vètemens 
de cetie poudre; d'autres, avec Alexandre, en pré- 
parent une décoction aqueuse qu'ils administrent en 
pédiluve, etc. Le plus fréquemment on incorpore sa 
poudre dans quantité suffisante de suc gastrique, de 
salive , ou, à leur défaut, dans do l'huile ou dans de 
l'axonge , et on l'administre eu frictions avec les pré- 
cautions que j'ai indiquées plus haut. On cm])loie sa 
macération alcoolique aussi saturée que possible ; 
on l'applique en friction. Les doses comparatives de 
quinquina qu'il faut employer ne peuvent être éta- 
blies avec précision. On tente l'absorption du quin- 
quina surtout dans les (ièvres intermittentes rebelles. 
Dans tous IcSi^'J"^, il agit plus lentement par absorp- 
tion cutanée que lorsqu'on l'introduit parla bouche : 
aussi n'a-t-on jamais recours à ce mode d'application 
dans les fièvres intermittentes pernicieuses. Ce mode 
d'application convient plus particulièrement lorsque 
Je malade répugne à avaler celte écorce, lorsque 
l'estomac ne peut la supporter , et lorsque toutefois 
l'absorption cutanée est possible. 



clinique. 4^ 

Alcool. 

Ou l'emploie convenablement étendu, car l'alcool 
rectifié se volatilise avec trop de promptitude. Ou 
l'applique en fomentation ou en lotion. Il relève le 
tonde la peau et des tissus soujacens; il peut pro- 
duire un état d'astriction. Son application continuée 
peut durcir et racornir les organes, surtout ceux 
qui sont dénudés accidentellement. 

Ou l'emploie pour exciter localement et par con- 
tiguïté dans la première et la troisième période de 
l'entorse et de la contusion ; dans les ecchymoses 
scorbutiques , les engelures : on y a recours pour 
prévenir Térysipèle et la vésication que produit la 
brûlure. On en fait usage pour supprimer locale- 
ment les bémorrhagies , les suppurations excessives 
atoniques , ou pour faire cesser par sympathie les 
bémorrhagies des surfaces muqueuses. 

On préfère le vin rouge : on l'applique de la 
même manière que l'alcool. Son action en approche 
beaucoup. On y a surtout recours dans les cas d'en- 
torse , de contusion , d'ecchymose scorbutique. 



Élh 



lers* 



On emploie plus particulièrement l'éther sulfuri- 
que et l'éther acétique. On peut les administrer éten- 
dus dans l'alcool ou dans l'huile fixe. Ces mélanges 



42 PHARMACOPEE 

peuvent avoir lieu par agilalion et en tonte propor- 
tion. On les applique en frictions à l'aide du colon. 
Ils produisent d'aboi d un sentiment de froid , et 
CjLicIqucfois nn peu de routçeur locale suivie d'une 
ani2,mei)falion de transpiration dans la partie. On les 
emploie dans les mêmes cas que l'alcool, les huiles 
voialiiesjle camphre, etc. On les administre quel- 
quefois uniquement à cause du froid qu'ils produi- 
sent. 

Phosphore, 

On l'emploie particulièrement en solution e'thérëe 
et huileuse. Pour préparer l'huile phosphorëe , on 
fait séjourner une à deux parties de phosphore coupé 
menu dans cent parties d'huile fixe remplissant en- 
tièrement le ilacon qui les contient : la solution a 
lieu lentement. On applique l'éther et l'huile phos- 
phores en frictions à l'aide du coton. Leur action 
excitante est prompte, mais momentanée ; on les 
emploie dans les mêmes cas que les substances précé- 
dentes. 

Huiles 'volatiles. 

On emploie le plus ordinairement celles de téré- 
benthine , de lavande (^lavendula spica^h.), de 
muscade ( myristica mosdiata , Thunberg. ) , de gé- 
rolles {^eiigenia caryophyllata , Thunherq^.) ^ de 
marjolaine i^origanian majoranna , L. ), de rue 
i^ruia ^raveolens , L.), etc. 

On peut leur donner la forme d'onguent et de li- 
lîiment, ou les appliquer à l'état liquide. Elles pren- 
ueut la consistance onguentacée lorsqu'on en mêle 



CLINIQUE. 4^ 

trois parties avec deux parties de cire et une d'haie 
fixe , ou avec douze parties d'axonge. Elles prenneut 
celle de liiiiraent avec le double ou le triple de leur 
poids d'axonge ou de cérat. Elles peuvent se dissoudra 
dans l'alcool en toute proportion. Lesproportionsles 
plus usitées sont quatre parties de ces huiles sur dix 
d'intermède gras , et sur cent d'alcool. Ou applique 
l'onguent et le liniment en onction ou par apposition , 
et le solutum alcoolique seul ou étendu d'eau , ea 
ODClion ou en fomentation. On peut aussi faire usage 
du produit de leur solution dans l'eau et dans le vi- 
naigre; mais ces liquides en dissolvent une quantité 
infiniment petite. 

Les huiles volatiles peuvent déterminer une exci- 
tation tonique prompte; elles peuvent enflammer la 
peau si elles ne sont pas assez étendues , et si on les 
maintient appliquées pendant trop long-temps ; elles 
peuvent produire de la douleur sur les tissus dénudés. 
Il en est un grand nombre qui parleur absorption peu- 
vent agir sur des organes éloignés et sur tout l'orga- 
nisme. 

On peut employer les huiles volatiles dans la plu- 
part des cas où il convient d'exciter fortement , et 
où on n'a pas à craindre leur action générale ou 
locale par absorption : c'est ainsi qu'on y a recours 
particulièrement dans les cas d'affection atoniqi^e 
d'organes soucutanés , dans l'œdème , dans diffé- 
rens cas d'ankylose , dans la troisième période des 
contusions , de l'entorse , dans la paralysie partielle > 
le rhumatisme chronique, etc. Leur choix doit être 
déterminé d'après le goût et d'après la fortune des 
malades, ainsi que d'après des circonstances parti* 



44 PHAIlMACOP:éE 

cnlièrcs; car il en est dont le prix est Irès-ëlevé 
( riinllc de gérolle), d'autres dont l'odeur déplaît 
(l'huile volatile de téiébenthine ) , d'autres qui ir- 
ritent la vessie urinaire (l'huile précédeule) ,etc., etc. 

Camphre, 

On peut l'appliquer à Tétat pulvérulent , sous la 
forme d'emplâtre , d'onguent, de Uniment et à l'état 
liquide. 

Pour l'avoir à l'état pulvérulent , en solutions 
huileuse et alcoolique , ou suit absolument les pro- 
cédés que j'ai indiqués ailleurs ( tom. \^^ , pag. 340). 
Les proportions qu'on emploie pour préparer l'huile 
et l'alcool camphrés varient ; on peut en saturer ces 
liquides entièrement , ou employer des quantités 
moindres. C'est ainsi que le code de Paris contient 
deux sortes d'alcool camphré ; l'une est préparée 
avec de l'alcool à 10 4- o , et contient 0,01 à 0,01 5 
de camphre ; l'autre est composée avec de l'alcool 
à 25 + 0, et en contient o,o3. On les administre 
purs ou étendus dans de l'eau. On sait que l'addi- 
tion de ce liquide en précipite le cam]>hre dans 
quelques circonstances, ainsi que je l'ai déjà indiqué. 

Pour donner au camphre les formes onguentacée 
et emplastique , on se sert des intermèdes gras or- 
dinaires. 11 prend la consistance d'emplâtre lors» 
qu'on a mêlé six parties avec deux parties de cire 
et une d'huile, et celle d'onguent avec au moins 
la moitié de son poids d'axonge , de cérat , de 
beurre , etc. 11 sufiit de le réduire en poudre et 
de le triturer avec ces intermèdes pour lui donner 



CLINIQUE. 45 

les formes indiquées. On Télend dans de la salive et 
du suc gastrique , surtout lorsqu'il doit agir par ab- 
sorption ; il suffit à cet effet de le pulvériser et de 
le triturer ensuite avec l'un ou l'autre de ces liquides 
animaux. L'eau et le vinaigre le dissolvent en trop 
petite quantité pour pouvoir être employés comme 
dissolvans. 

Le camphre appliqué sur la peau saine n'y pro- 
duit d'abord aucun effet perceptible à nos sens; il 
ne paroît pas ordinairement l'enflammer quoiqu'on 
l'y maintienne appliqué pendant quelque temps j 
quelquefois cependant il produit un état érysipela- 
teux ou pustuleux. Lorsqu'on l'applique sur les 
tissus dénudés , il occasionne un sentiment de pico- 
tement et de la rougeur; du reste son action exci- 
tante locale est analogue à celle des huiles volatiles. 
11 peut agir par absorption et produire des ver- 
tiges , l'excitation de tout l'organisme ou seulement 
de quelques organes. 

On l'emploie pour exciter localement et par con- 
tiguité, par exemple, dans la variole gangreneuse, 
dans l'ecchymose scorbutique , la troisième période 
de l'entorse et des contusions ; dans les affections 
lentes des articulations, des mamelles, des testicules, 
des viscères abdominaux et des glandes lympha- 
tiques ; dans les suppurations atoniques qui tendent 
à la chronicité et à la gangrène. On y a recours pour 
agir généralement dans différens cas de maladies 
atoniques générales , surtout dans la lièvre ady- 
namique. 



/fi P II A R M A C O 1' É E 

Plantes aroTiiatiques* 

Toutes les plantes aromatiques peuvent être em- 
plo3'ées pour exciter l'organe cutané ou les tissas 
soujacens. On peut les choisir parmi les labiées , les 
ombellit'ères, les demi-tlosculeuses, les radiées, les 
crucifères , les alliacées , elc. 

On emploie plus fréquemment les racines d'an- 
née ( initia helcnium , L. ), de livèche {^llgiisticum 
Icvisticuni , L. ), de serpentaire de Virginie (^aris- 
tolochia serpentaria , L. ) , de valériane officinale 
(^q^aleriana ojficlnalis , L.), de raifort sauvage 
{^cochlearia aiinoracia , L. ) , les bulbes d'oignou 
(^alUinn cepa , L. ), d'ail i^alliimi saùviun , L, ), 
les sommités d'armoise ( arteinisia uulgaris , L. ) , 
d'absinthe ( arteinisia ahsïnthium , L. ) , de camo- 
mille vulgaire ( matricaria camomilla , L. ) , de 
sauge officinale {^sahda officinalis , L. ), de menthe 
crépue ( mentha crispa , L. ) , de beloine oflîcinale 
( hctonica officinalis ^ L. ) , de germandrée d'eau 
( teucrium scordium ^ L. ) , de rue ( ruta graveo- 
lens , L. ) , de sabine ( juniperus sahina , L. ) , 
les ileurs de sureau {samhucus nigra , L.) , etc. , elc. 

La plupart de ces substances peuvent être em- 
ployées à l'état pulvérulent, en sachet et en cala- 
piasrae ; il faut en excepter les crucifères et les 
alliacées. Toutes peuvent être administrées à l'état 
de pnlpe fiaîche. On peut extraire le suc de chacune 
d'elles. On peut faire usage de leur infusion aqueuse 
ou vineuse, el de leur eau distillée, de leurs macé- 
ralioas vineuse, acétique, alcoolique, et de leur 



CLINIQUE. 4-7 

eau spîritnense. On administre quelquefois leur in- 
fusion aqueuse à l'état de vapeur. On peut appli- 
quer la plupart d'entre elles sous formes em plas- 
tique et ouguentacée. 

Lorsque ces plantes sont à l'état pulvérulent, on 
les applique directement, ou on les incorpore dans 
un excipient mou , et surtout dans le miel. Pour en 
faire des sachets , on les dessèche , on les coupe 
menu , et on les introduit dans un sac de toile j on 
les applique ensuite sans ou après les avoir conve- 
nablement échauffées. Lorsqu'on veut les avoir à 
l'état pulpeux, on les prend fraîches, on les coupe 
menu, et on les contond jusqu'à ce qu'elles aient 
la consistance requise : c'est ainsi qu'on applique 
souvent la rue , les crucifères, etc.; quant aux: 
bulbes d'ail et d'oignon, on les fait cuire sous la 
cendre chaude jusqu'à ce qu'elles soient convena- 
blement ramollies. Pour avoir ces plantes à l'état de 
cataplasme, on fait cuire leur poudre avec une 
petite quantité d'eau , jusqu'à consistance conve- 
nable; mais ce procédé a l'inconvénient de volatiliser 
une partie de leur huile volatile. 

La préparation de leur infusion aqueuse , de leur 
macération alcoolique , et de leur eau spiritueuse , elc. 
est absolument la même que lorsqu'on les administre 
par la bouche , si ce n'est qu'on emploie les ingré- 
diens dans des proportions beaucoup plus grandes. 

Il existe quelques eaux spiritueuses composées 
dont on a fait un fréquent usage : telle est entre 
autres celle qu'on désigne communément sous le 
nom ai eau vulnéraire spiritiieuse. Le nombre de 
ses ingrédiens varie beaucoup selon les différentes 



48 PHARMACOPÉE 

pharmacopées. Le code de Paiis compose ce liquide 
avec quarante - trois substances ditféreules , dont 
plusieurs ne sont pas odorantes ; tandis que la phar- 
macopée de Berlin n'en emploie que six; savoir, les 
sommités de sauge ofdcinale , d'absinthe, de menthe 
poivrée , de rue, de romarin othcinal , les ileurs de 
lavande. Elle emploie chacune de ces substances à 
l'état frais et dans les proportions de cinq parties sur 
cent d'alcool à lo-f-o. Elle conseille de les distiller 
au bain -marie jusqu'à siccité. Ce liquide peut être 
remplacé par toute eau distillée aromatique simple , 
telle que celles de lavande, de romarin, de thym, 
de roses, etc. 

On peut préparer le vin aromatique par le mé- 
lange d'une eau spiritueuse quelconque avec du via 
rouge; on peut aussi le préparer par l'infusion di- 
recte et momentanée des plantes aromatiques sèches 
dans du vin rouge. 

Pour préparer le vinaigre aromatique , on peut 
recourir à la macération ou à la digestion : toute 
plante aromatique desséchée peut convenir. On 
entretient cette opération pendant un temps varié, 
selon la (juantilé d'ingrédiens qu'on a employée , et 
selon le degré de saturation que l'on recherche. 
Lorsqu'on veut couseiver le vinaigre aromatique, il 
est convenable d'y ajouter un peu d'alcool. Ou peut 
aussi distiller le vinaigre sur des substances végétales 
aromatiques desséchées. 

Il existe un vinaigre aromatique camphré très- 
usité , lequel est connu sous le nom de iniiaigre 
des quatre voleurs. Le code de Paris le prépare 
de la manière suivante : on prend vingt-quatre par- 



CLINIQUEi, 4g 

lies de sommilës d'absluthe , douze parties de fleurs 
de romarin officinal, douze parties de sommités de 
sauge officinale , douze parties de sommités de 
menthe officinale , douze parties de rue , seize par- 
ties de fleurs de lavande , deux parties de cannelle » 
deux parties de gérofle deux parties de muscade, 
deux parties de bulbe d'ail. On divise toutes ces sub- 
stances , et on les fait digérer à la chaleur solaire 
dans mille parties de bon vinaigre ; on eni relient la 
digestion jusqu'à ce que ce liquide soit bien odorant, 
c'eit à-dire pendant quinze jours environ. On passe 
avec expression , on filtre , et on y miile ensuite 
quatre parties de camphre dissous dan^ vingt fois 
sou poids d'alcool à 25 4. o. 

Il est quelques-unes de ces plantes qu'on fait di- 
gérer, à vaisseau clos , dans de l'axonge ou dans 
de l'huile : telles sont surtout celles dont l'odeur 
est très-fugace. 

Ces differens médicamens jouissent des mêmes 
propriétés que les huiles volatiles qui entrent dans 
leur composition : aussi les emploie-t-ou clans les 
mêmes cas. Il en est quelques-uns qui peuvent oc- 
casionner l'inflammation et la vésication , si on les 
emploie à l'état frais et non suffisamment étendus : 
telles sont les feuilles de sabiue, de rue, la racine 
de raifort sauvage. 

Sucs concrets féddbs. 

On les emploie tous ; tels sont surtout Tassa foe- 

tida , l'ammoniacum , le galbanum et le sagapénum. 

On peut les administrer sous les formes d'em- 

II. 4 



$0 PHARMACOPEE 

plàde, d'onguent, de Uniment, et à l'état liquide. 
On peut leur donner la forme d'emplâtre et d'on- 
î^uent par siin])le mixtion ou à l'aide de la digestion. 
Dans le premier cas , on les triture et on les mêle 
aussitôt avec les excipiens convenables. Ils prennent 
la consistance emplaslique si on en mêle six parties 
avec deux parties de cire et une d'huile j et ceUe 
d'onguent avec deux fois leur poids au moins d'axonge 
ou de cérat. On peut les ramollir à l'aide de quan- 
tité suffisante d'acide acétique ou de vinaigre très- 
concentré ; il suflit à cet effet de les réduire d'abord 
à l'état pulvérulent, et d'j ajouter ensuite successi- 
▼ement quantité suffisante de l'acide indiqué : cet 
intermède augmente leurs propriétés. Il ne faut pas 
avoir recours à la chaleur ( à moins que ce ne soit 
à vaisseau clos ); car elle détermine la vaporisalioa 
d'une grande partie de leur huile volatile. Lorsqu'on 
Teut recourir à la digestion , on emploie le procédé 
que j'ai indiqué pour les préparations analogues de 
l'opium. Les pro])ortions peuvent être d'une à deux 
parties de ces sucs sur dix parties d'excipient. Lors- 
qu'on veut administrer ces sucs à l'état liquide , on 
emploie particulièrement leur macération alcoolique: 
i'enai parlé ailleurs. On l'administre seule ou étendue 
dans de Thuile fixe. 

Les sucs concrets fétides n'exercent pas d'action 
notable sur la peau saine , même après une applica- 
tion long-temps continuée ; ils paroissent relever le 
Ion de cet organe et des tissus soujacens lorsqu'il 
est affoibli. Ils peuvent agir ])ar absorption sur les 
proj)rieles animales d'organes plus ou moins éloignés. 
Un les emploie comme toniques dans différentes af- 



CLINÎQUEh Sr 

fecfions de l'organe cutané : c'est ainsi qu'on a con- 
seillé d'appliquer sur la tête des teigneux de l'am* 
moniacum ramolli à l'aide du vinaigre, et de le 
maintenir appliqué pendant quarante jours. Mais 
rien ne prouve jusqu'ici sa supériorité sur les autres 
excitans communément employés en pareil cas. On 
fait plus particulièrement usage des sucs concret» 
féti<les pour exciter les organes soujacens , par 
exemple, dans les affections lentes des articulations, 
des mamelles, des testicules, du tissu cellulaire, 
des glandes lymphatiques , etc. Ils composent en 
grande partie l'emplâtre de Rustaing , que quelques 
médecins appliquent sur les mamelles des nouvelles 
accouchées qui ne veulent point allaiter, afin de 
prévenir les accidens qui pi>urroient survenir. On 
y a souvent recours pour agir sur les propriétés 
animales et sur la contractilité organique sensihle 
de tissus plus ou moins éloignés, par exemple , de 
l'estomac , de Pulérus , etc. ; mais ce n'est pas ici le 
lieu d'en parler. 

Térébenthines. 

On emploie celle de mélèze {pinus laryûc, L.) et 
de sapin {pinus picea, L.). On peut les appliquer 
sous formes d'onguent , de liniment, ou à l'élat li- 
quide. L'axonge , le jaune d'oeuf, le miel , etc. , peu- 
vent donner la consistance onguentacée j usqu'au dou- 
ble de leur poids de térébenthine; et l'huile fixe celle 
de liniment jusqu'à partie égale : l'alcool peut la dis- 
soudre en toute quantité. Les proportions les plus 
usitées sont deux à trois parties de térébenthine sur 
cent parties d'intermède. 



Sa PHARMACOPÉE 

Ces subslances excitent d'une manière marquée; 
elles peuvent produire l'inllammatlon si elles ne soiit 
pas assez étendues, ou si on les applique pendant 
trop long-temps. Leur odeur desagréable s'oppose 
quelquefois à leur emploi. Elles agissent par absorp- 
tion sur les organes urinaires , et communicjuent à 
l'urine l'odeur de violette. On les emploie particu- 
lièrement lorsqu'on veut relever le ton des surfaces 
suppurantes j on eu fait plus rarement usage lors- 
qu'on veut exciter généralement. 

L'onguent d'altbœa, le baume d'arcœus, le diges- 
tif simple ne sont que la térél>enthine étendue dans 
des intermèdes différcns et dans des proportions 
variées. 

Poix de Bourgogne. 

On l'emploie purifiée ; à cet effet on la liquéfie cf 
une douce chaleur et on la fait passer à travers une 
toile. On lui donne la forme onguentacée ou emplas- 
tique. La cire peut donner la consistance d'emplâtre 
à partie égale de poix de Bourgogne ; et l'axouge 
celle d'onguent à quatre fois son poids. Les propor- 
tions ordinaires sont les mêmes que pour la térében* 
thine. On prépare l'une et l'autre de ces formes à 
1 aide de la fusion à une douce chaleur. 

La poix de Bourgogne ainsi étendue excite légère- 
ment. Si on l'emploie seule et qu'on la maintienne 
appliquée pendant trop long-temps, elle peut occa- 
sionner la rubéfaction , mais seulement d'une ma- 
Dièi e très-lente. On l'emploie pour entretenir l'ex- 
cilalion des surfaces suppurantes ou des organes 
continus. 



CLINIQUE,' 55 

La poix noire, le galipot,rëlëmi, purifiés à l'ins- 
tar de la poix de Bourgogne, peuvent être adminis- 
trés d'une manière analogue et dans les mêmes cir- 
constances. L'onguent designé sous le nom de basi- 
licum ou de tetraphannacwn n'a pas d'au Ire pro- 
priété que chacune des substances qui le constituent , 
prise isolément. 

Opium* 

On peut l'administrer sous formes d'emplâtre , 
d'onguent, de Uniment, et à l'état liquide. On peut 
préparer les formes molles par simple mixtion ou à 
l'aide de la digestion. Dans le premier cas, on choisit 
de l'opium sec, on le réduit en poudre , et on le mêle 
par trituration avec l'intermède convenable. II prend 
la forme emplastique si on en mêle six parties avec 
deux parties de cire et une d'huile iixe, et celle d'on- 
guent avec deux fois son poids de cérat ou d'axonge : 
il prend celle de liuiment si on triture l'onguent 
opiatique avec le double d'huile environ. Dans le 
deuxième cas, c'est-à-dire lorsqu'on veut recourir à 
la digestion, on fait celle-ci au bain-marie et dans 
des vaisseaux de verre bien bouchés. Oa emploie 
l'opium divisé , et on choisit de l'axonge, du beurre 
et de l'huile qui ne soient pas rancesj on entretient 
l'opération pendant plusieurs jours; on passe avec 
expression, on purilie, et on dépose convenablement. 
Les proportions varient à l'infini : on peut prendre 
cinq à dix parties d'opium sur cent parties de l'iuler- 
irède. On peut conserver l'huile opiatique à l'état de 
liniment, ou y faire fondre de la cire et lui donner 
la coDsislance onguenlacée ou emplasliquc. Lors- 



54 PHARMACOPÉE 

rju'on veut employer ropium à Télat liquide , on le 
triture avec de l'eau froide ou tiède et dans des pro- . 
Tîortions déterminées; par exemple, une partie et 
plus sur mille parties d'eau. On peut remplacer ce 
suc concret par l'infusion des capsules de pavot {pa- 
•pm'er somniferum , L.). On fait aussi usage de l'al- 
cool opiatique dont j'ai parlé ailleurs; on l'applique 
seul ou étendu dans de l'huile (ixe ; par exemple, 
dans le double de son poids. Dans tous les cas , il 
faut empêcher que l'odeur d'opium ne frappe To- 
dorat et ne puisse ai^ir ainsi sur l'encéphale. 

L'opium appliqué de l'une des manières indiquées 
n'exerce pasd'aclion locale notable sur la peau saine; 
il n'en est pas de même lorsqu'on le met en contact 
avec cet organe malade ou avec des tissus accidentel- 
lement dénudés; il occasionne alors delà douleur et 
de la chaleur, surtout lorsqu'il y a un état d'irritation 
préexistant ; il peut favoriser la marche ou la sup- 
pression de la suppuration etde l'inilammation, selon 
que celles-ci sont dans un état tonique ou opposé, et 
selon qu'on l'emploie plus ou moins concentré; il fait 
souvent cesser les douleurs locales, surtout lors- 
qu'elles ne sont pas dépendantes d'une forte irrita- 
tion. 11 peut être absorbé, et produire l'excitation ou 
la sédation des fonctions de l'encéphale et du sys- 
tème nerveux en général. 

Ou rem[)loie pour exciter localement dans les 
phlegmasies aloni(|ues de la peau ou des tissus souja- 
cens. On voit évidemment qu'il existe des cas qui en 
contrc-indif-Mienl rusaiïe. Il est des circonstances dans 
les(juclleson applique l'opium sur la peau, alin d'agir 
par absorption; il faut alors élever sa température^ 



CLINIQUE. 55 

M. Brera assure que cette substance agit à dose beau- 
coup moindre , si on Téteud dans du suc gastrique ou 
dans de la salive, que dans de l'axonge ou dans ua 
autre corps gras. 

La dose de l'opium est en général difiiclle à détei- 
miner ; on a vu 4 grammes (un gros) et plus ne pas 
modifier notablement les fonctions encéphaliques; 
tandis que quelques centigrammes ( un grain) ont 
quelquefois produit le délire ou le sommeil. 

Herbes de ciguë (coniinn maculatum , \-i.Jf de 
belladone [ atropa belladona , \^, ) ,de jiisquiarne 
( hyosciamus niger , \-t* ) , de moreile f sola- 
nuni nigruirif L. J. 

On peut appliquer ces herbes sous forme molle 
et liquide. On peut les administrera l'état pulpeux : 
à cet effet , on les prend à l'état frais , on les coupe 
menu et on les contond convenablement. Pour leur 
donner la forme emplastique et onguentacée , on les 
réduit en poudre et on les mêle par trituration avec 
les Intermèdes convenables; on peut aussi recourir , 
à cet effet , à la digestion : on pratique celle-ci de la 
manière indiquée pour l'opium. On peut appliquer 
directement leur suc épaissi. Pour les emploj^er à l'état 
liquide, ou peut en exprimer le suc , ou les prendre 
desséchées et les faire infuser dans l'eau et à vaisseau 
clos : les proportions sont d'une à dix parties et plus 
sur cent parties d'eau. 

Ces substances, appliquées immédiatement sur la 
peau ,n'y exercent pas d'action notable; si on les y 
maintient pendant long - temps , elles produisent 



56 PHARMACOpiE 

quelquefois une légère inflammation pustuleuse ort 
érjsipëlateuse ; mais celle-ci peut provenir de l'exci- 
pient autant que du corps médicamenteux lui-même. 
Applicjuées sur le derme malade , ainsi que sur les 
tissus soucutanés accidentellement dénudés, elles 
modifient leur top ; elles peuvent diminuer les dou- 
leurs locales, surtout si elles ne sont pas le sym- 
ptôme d'une inflammation très-forte. Elles peuvent , 
par absorption , agir sur le système nerveux et le 
modifier à peu près comme l'opium. 

On les emploie plus particulièrement lorsqu'on 
veut exciter par contiguïté les glandes lymphatiques, 
ou d'autres organes soucutanés; par exemple, dans 
le cas de gonflement atonique plus ou moins rénitent 
des mamelles, des testicules, désarticulations, etc. 

Herhe de tabac Çnicotiana tabacum , L.J* 

On ne l'emploie pas ordinairement sous les formes 
d'emplâtre , d'onguent et de Uniment , mais à l'état 
liquide ; si on vouloit l'administrer sous les premières 
formes , il sufflroit de faire l'application des procédés 
que j'ai indiqués pour les substances précédentes. 
Pour l'administrer à l'état liquide , on fait usage de 
son infusion et de sa décoction aqueuse : les propor- 
tions ordinaires sont d'une à cinq parties et plus sur 
cent parties d'eau. On les applique en fomentations 
ou en lotions. On peut aussi employer la macératiou 
alcot^li(|ue dont j'ai parlé ailleurs. 

Les inédicamens préparés avec le tabac excilenl for- 
tement ; ils peuvenlproduire I inflammation; ils peu- 
vent, parabsorplion, exciter lesorganes rénaux , elc ,^ 



CLINIQUE. 57 

déterminer le vomissement , le délire, le narcotis- 
me , etc. Ces effets ont surtout lieu lorsqu'on met 
ces médicamens en contact avec des tissus dénudés. 
On y a recours dans des maladies cutanées variées , 
surtout dans la gale , la teigne , lorsque toutefois les 
phénomènes d'irritation ont disparu. 

liacine d'hellébore noir (lieïlehorus niger , Ij.J ; 
feuilles de dentelaire d' Europe {pliimbago Euro- 
pea y \^.)^ de clématite brûlante ( clemaLls intal- 
ha , h.J , de sabine (jiiniperus sabina , L. ) ; 
écorces de bois gentil ( daphne mezereum , L.J , 
de daphne laureola , L.; semences de poivre noir 
(piper nigrum , L" J ; euphorbe Ç euphorbia 
antiquorum , L.^. 

Ces différentes substances et toutes les parties des 
végétauxqui sont susceptibles d'enflammer, peuvent 
être employées pour exciter le ton de la peau et des 
tissus dénudés. 

On peut les appliquer en poudre sous la forma 
d'onguent, de liuiment, et à l'état liquide. Pour les 
appliquer à l'état pulvérulent , il faut les étendre 
préalablement dans une poudre inerte : cette forme 
est d'ailleurs peu usitée. Le plus souvent on leur 
donne la forme d'onguent. Il suffit , à cet effet , de 
les réduire en poudre et de les mêler, à l'aide de la 
Iriluralion , avec quantité suffisante d'un intermède 
mou. Les proportions les plus ordinaires sont une 
à deux parties pour dix parties d'excipient. On doit 
pr ^parer cet onguent par la voie de la digestion : à 
cet effet , on divise ces substances convenablement ; 
on les mêle avec de l'axcuge ou avec du beurre > 



68 PHARMACOPEE 

dans les proportions de o,i à 0,2 environ; on intro- 
duit ce mélange dans un vaisseau de verre clos ; on 
l'expose à la chaleur d'un bain-marie modérément 
échauffé ; on l'y laisse pendant vingt-quatre à qua- 
rante-huit heures environ ; on passe ensuite à tra- 
vers une toile claire ; on exprime et on laisse refroi- 
dir. On peut aussi entretenir la macération et la di- 
gestion dans rhuile fixe ; on emploie celle-ci à l'état 
de liniment, ou on la convertit eu masse plus ou moins 
consistante: il suffit d'y faire liquéfier une quantité 
plus ou moins grande de cire blanche ou jaune. 

On peut aussi administrer ces substances végétales 
à l'état liquide ; on a recours à l'intermède de l'eau , 
ou de l'alcool à lo+o. On applique ces liquides eu 
fomentations ou en lotions. 

L'administration de ces différens moyens exige 
beaucoup de prudence, surtout lorsqu'on les ap- 
plique sur des tissus qui sont dénudés accidentelle- 
ment; car les uns, telle que la racine d'hellébore 
noir, peuvent occasionner des coliques et la purga- 
tion,etc. Ces différentes substances peuventd'ailleurs 
enllaramer localement, si on ne les étend pasconve- 
iiablement,ou si on les maintient appliquées pendant 
long-temps. 

Ou a recours à ces moyens , convenablement ad- 
ministrés, ])Our exciter le derme dans plusieurs cas 
de maladies chroniques de la peau, telles que la 
gale , les dartres , etc. , pour exciter les tissus dé- 
nudés dans les cas d'inflammation et de suppuration 
atonique, de fougosités , etc. 



CLINIQUE. 59 

Canûiarides (meloe 'vesicatorius ,\i*^ lytia^vesl" 
catoria , Fabr.^. 

Leur tête, leurs ailes et leurs pattes, et en général 
tout le test , sont inertes : aussi les anciens leur eule- 
voient-ils la tête , les ailes et les paltes (i). 

On peut les appliquer sous les formes d'emplâtre, 
d'onguent , de liniment, et en solution partielle dans 
l'alcool. Pour leur donner la forme emplastique, il 
suffit de les réduire en poudre et de les triturer avec 
uu intermède emplastique quelconque, et surtout 
avec celui qui est composé de partie égale de cire , 
d'huile et de résine. Les proportions peuvent varier 
selon le degré d'excitation qu'on veut déterminer, et 
selon la rapidité avec laquelle elle doit avoir lieu : telle 
est une partie sur dix parties d'intermède. 

Pour leur donner la forme onguentacée , on les 
réduit en poudre et on les mêle par trituration avec 
l'axonge, le beurre ou le cérat. On peut aussi prépa- 
rer cet onguent par digestion : on suit les procédés 
que je viens d'indiquer pour les substances précé- 

(i) C'est spécialement clans la matière colorante verte que 
rôside le principe irritant des cantharides. Or cette substance 
prédomine dans les ailes supérieures ou élytres, dans le chape- 
ron qui recouvre la tète , et dans les autres parties écailleuses 
qui enveloppent les pattes, le thorax, etc. S'il falloit en consé- 
quence jeter quelques parties des cantharides, ce seroit celles 
qui ne sont pas colorées en vert; mais cette séparation, qui de- 
manderoit beaucoup de temps, seroit entièrement inutile, les 
parties les moins active- de ces insectes n'étant pas assez aboa- 
çlantes pour nuire à raction des autres, P. H, iV", 



So PHARMACOPEE 

dentés. Pour pre'j^arer le linimeiit , on fait macérer 
ou digérer les cautharides pulvérisées dans de Thuile 
fixe. Pour convertir cette huile cantharidée eu on- 
guent , il suffit , comme pour les substances précé- 
dentes, d'y faire fondre une quantité plus ou moins 
grande de cire blanche ou jaune. 

On prépare ordinairement la macération alcooli- 
que avec de l'aicool à lo-f-o. Les proportions varient 
selon la durée qu'on veut donner à l'opération , et 
selon la promptitude avec laquelle l'excitation doit 
avoir lieu : les plus ordinaires sont une à dix parties 
sur cent parties d'alcool. On l'apphque en fomenta- 
tion et en friction. 

Lescanlharidesexigentbeaucoupde prudence lors- 
qu'elles sont emy^loyées pour détermmer l'excilatioa 
tonique ; car elles peuvent enflammer et produire la 
vésication : aussi doit - on les étendre convenable- 
ment, et cesser leur application dès que les phéno- 
mènes de la rubéfaction commencent à se mani- 
fester. 

Un autre effet que produisent les canlharides et 
qui s'o])pose souvent à leur emploi , c'est l'incon- 
vénient qu'elles ont d'irriter secondairement le col 
de la vessie urinaire et d'y produire tous les phéno- 
mènes de rinllammalion : cet effet n'a cependant pas 
lieu chez tous les individus ; car sur cent à peine en 
est-il un qui l'éprouve. O.i a cru que le camphre pou- 
volt s'opposer à celte action des cantharide-. Pour 
m'en convaincre, j'ai choisi les individus qui éprou- 
voicnt les phénomènes en question ; j j leur al ap- 
pliqué le camphre conjointement avec les cauthari- 
des ( quelquefois en quantité égale ) ; et uonobs- 



CLINIQUE. 6l 

tant cela, les douleurs vesslcales et Tischurie se soat 
manifestées ; il me suffisoit d'eu suspendre l'appli- 
cation pour que ces effets cessassent presque instan- 
tanément. J'ai, en outre, obtenu les résultats sui- 
vans : les individus qui sont susceptibles d'éprouver 
ces accidens par l'usage des cantharides , ne le sont 
pas également à toutes les époques. J'ai vu plusieurs 
femmes n'en être affectées qu'à l'approche de la 
menstruation. Le plus souvent ou n'éprouve ces ac- 
cidens que lorsqu'on a continué l'usage des cantha- 
rides depuis quelques jours. La poudre de cantha- 
rides, exposée avec quantité suffisante d'eau à l'ac- 
tion de la chaleur , perd son odeur désagréable au 
bout d'un temps plus ou moins grand ; elle n'agit 
plus alors, ou que très-lentement, sur le col de la vessie 
urinalre. Les extraits aqueux et alcoolique présentent 
les mêmes phénomènes que la poudre si on les ex- 
pose pendant quelque temps au contact de l'air, ou 
si on les soumet à l'action continuée du calorique j 
mais ces substances perdent par là leur propriéié 
d'irriter le col de la vessie urinaire; elles cessent 
aussi en même temps d'exercer une action locale. 

Si les phénomènes de l'irritation vessicale se mani- 
festent , on doit aussitôt suspendre l'application des 
cantharides , et faire prendre des mucilagineux. 

Les cantharides ont été eu général peu usitées 
pour exciter simplement le derme et les tissus souja- 
ceus; c'est plutôt pour produire la rubéfaction, la 
vésication et la suppuration du derme. Elles peuvent 
être néanmoins employées dans la plupart des cas où 
on fait usage des autres excitans. 



62 P II A p.. M A C O P É K 

Oxygène. 

On l'applique rarement seul; le plus souvent c'est 
à l'aide de substances qui le conliennent en graude 
quantité et qui l'abandonnent facilement : tels sont 
l'oxyde de manganèse , l'oxyde de mercure louge , 
l'oxyde de plomb ronge, l'acide nitrique, l'acide 
murialique oxygéné , le muriate suroxygéné de po- 
tasse , etc. Mais l'action de ces différens corps est 
composée de celle de l'oxygène qu'ils contiennent, et 
de celle de la base à laquelle celui-ci est uni : aussi 
excitent- ils chacun avec des modifications parlicu- 
lières. On est parvenu depuis quelques années à sa- 
turer les corps gras d'oxygène. 

Axonge oxy gênée (pommade oxygénée). Les 
«leux procédés les plus en usage sont ceux de MM. 
Fourcroy et Alyon. 

D'après M. Fourcroy , on fait liquéfier cent par- 
ties d'axonec à un feu doux et dans un vaisseau de 
verre ou de porcelaine ; on y ajoute ensuite huit par- 
ties d'acide nitrique pur à 28 ou à 3o — o ; on agite le 
mélange avec un pilon de verre ou de porcelaine 
jusqu'à ce que le refroidissement soit complet; on fait 
ensuite fondre la masse dans trente parties d'eau de 
pluie ou de rivière \ on entrelient l'ebullition pendant 
une demi-heure , et on agite contituiellemcnt ; on 
laisse ensuite refroidir , puis on sépare l'axonge de 
l'eau , on la fait liquéfier de nouveau , et on la coule 
dans des vases de porcelaine ou de faïence. 

D'après M. Al von, on liquéfie cent parties d'axonge 
à une douce chale»r et dans un vaisseau de ven-e ; 
on y ajoute six parties d'acide nitrique ù 32 — o ; 



clinique: 63 

on agite le mélange , et on le laisse exposé à la cha- 
leur jusqu'à ce qu'il s'en dégage des bulles : on l'ea 
retire alors. Ce dégagement continue spontanément 
jusqu'à ce que tout l'acide nitrique soit décomposé. 
L'action excitante de l'axonge oxygénée ne peut 
être mise en doute. Si on maintient ce moyen ap- 
pliqué pendant quelque temps , surtout chez les 
personnes délicates , il peut produire un état éry- 
sipélateux ; il supprime quelquefois les siqipurations 
et les intlammations chroniques. On l'emploie parti- 
culièrement dans les maladies chroniques de la peau , 
Lelles que la gale, les dartres, la teigne, etc.; mais 
ses effets secondaires ne sont pas plus certains que 
ceux de la plupart des excitans ; l'habitude les an- 
nihile également , et les cas dans lesquels l'axonge 
oxygénée convient plus particulièrement ne sont 
pas assez déterminés. 

Soufre et composés sulfurés. 

On emploie le soufre , l'hydrogène sulfuré et 
les sulfures hydrogénés. 

Soufre, On préfère celui qui est sublimé ; on 
emploie néanmoins aussi , mais moins fréquem- 
ment , le soufre en canon , qu'on a soin de pulvé- 
riser finement. On administre le soufre ordinaire- 
ment sous la forme d'onguent, rarement sous celle 
d'emplâtre et de liniment. Il ne paroît pas exercer 
d'action notable à l'état emplaslique. Il est trop 
peu soluble dans l'huile pour qu'il puisse exercer 
quelque action à l'état de liniment. L'alcool et 
réllier le dissolvent aussi dans de trop petites pro- 



64 PHARMACOPEE 

portions pour qu'oD puisse les e:îi])Ioyer comme 
dissolvans. L'axoiige peut donner la cousistance on- 
gueulacee à partie égale , et même au - delà du 
double de son poids de soufre : il suffit de recourir 
à In trituration. Le jaune d'oeuf, le cérat, le beurre, 
doivent être préférés pour les personnes délicates : 
on les aromatise convenablement. 

Le sonfre, appliqué sous forme onguentacée , ne 
paroît pas exercer d'action notable sur la peau saine ; 
il irrite les surfaces enflammées , et supprime quel- 
quefois la suppuration et l'état phlegmasique. 

On en fait particulièrement usage dans le traite- 
ment de maladies cutanées variées , et surtout de 
la gale , notamment dans celle qui est récente et qui 
est occasionnée par la présence de Yacarus scabiei. 
On l'applique en friction : i25 grammes (4 onces) 
de soufre peu étendu , applicjués en trois ou quatre 
fois, suftiseut fréquemment dans ce dernier cas. 

Gaz hydrogène sulfuré. On l'applique à l'état 
liquide et à une température plus ou moins élevée. 
On peut préparer instantanément de l'eau bydro- 
sulfurée ; il suffit de mêler un sulfure alcalin ou 
calcaire avec de l'eau. Les proportions ordinaires 
sont une demi-partie à une partie sur mille ])arties 
d'eau ; on élève la température de 22 à 7 5 centi- 
grades -|- o. On administre ce liquide en bain général 
ou local et en doucbe. Il excite promptemenl ; mais 
il ne tarde pas à débiliter si on en continue ra])plica- 
tion pendant long-temps. Son administration exiga 
par conséquent la plus grande prudence, et l'on a 
des exemples de malheurs survenus par l'oubli de 
ces précaulion6t 



CLINIQUE. 6r> 

Oq fait particulièrement usage de l'hydrogène 
sulfuré et des sulfures hydrogénés pour exciier le 
derme dans différens cas d'exanthèmes , tels que la 
gale, les dartres, etc. ; on y a aussi fréquemment 
recours pour exciter les organes contigus , par 
exemple , les muscles, les glandes lymphatiques, etc., 
dans les cas de rhumatismes chroniques, d'afffîctions 
lentes des viscères abdominaux , et dans la syphilis 
invétérée , etc. 

Acidesk 

Acide sulfurique. On peut l'administrer sous 
formes molle et liquide. Pour lui donner la consis- 
tance molle , on peut se servir d'axonge ou de mieh 
Les proportions usitées sont une partie environ 
d'acide sulfurique à 66 — o sur dix parties d'axonge 
ou d'un autre excipient analogue. On triture d'abord 
l'axonge dans un mortier de verre, et on y ajoute 
successivement la quantité indiquée d'acide sulfu- 
rique. Cet onguent prend une couleur rose qu'il 
perd successivement par le contact de l'air. Lors- 
qu'on se sert de miel , on emploie ordinairement de 
l'acide sulfurique déjà affoibli. Lorsqu'on veut ad- 
ministrer cet acide à l'état liquide , on l'étend con* 
venablement dans l'eau. 

Cet acide , selon son degré d'extension et l'état 
actuel du tissu sur lequel on l'applique, peut occa- 
sionner l'astriction , une simple excitation tonique „ 
quelquefois la rubéfaction et même l'escarre, si on 
n'apporte pas beaucoup de prudence dans son admi- 
nistration. L'onguent sulfurique , préparé dans les 
II, 5 



6G PHARMACOPEE 

pioporllons que j'at Indiquées plus haut , JeLermine 
qiielquetois la rubefaclion. 

Ou l'emploie particulièrement pour amener le too 
(3e la peau et des organes soujacens à leur état nor- 
mal , dr»,ns le cas d'œdcme, de contusion, d'ecchy- 
ïïiosc scorbulique , elc. ; pour produire une astric- 
tion convenable, a{?n de supprimer localement des 
hémorrhagies de petits vaisseaux , ou sympathique- 
ment celle des membranes mucjueuses ; enfin on y 
a recours pour favoriser ou déterminer la suppres- 
sion de maladies culances cbroniques, comme des 
dartres, de la gale, de la teigne , et pour supprimer 
dès son début Terysipèle que produit la brûlure , 
les engelures, etc. 

Acide nitrique. On peut ra})pliquer sous forme 
ou"uentacée et à Télat liquide. Dans le premier cas , 
on i'élend dans du miel ou de Taxonge j mais il a 
rinconvénienî de se décomposer facilement par le 
simple mélange avec les excipiens. Si on veut l'ad- 
ministrer à rélat liquide, il faut rétendre dans quan- 
tité suffisante d'eau. 

Cet acide produit facilement rindammation et 
Vescarre. Quoique très-étendu, il peut jaunir l'épi- 
derme, surtout si on le laisse appliqué pendant 
^onc-lemps. Il ne produit pas d'astiicllon comme le 
sulfurique. C'est à cause de ces difiérens inconvé- 
iiiens qu'il est en général peu employé comme ex- 
citant cutané. 

Acide muriatiijuc. On peut l'administrer sous 
forme ongucnlacee et à Tétat liquide. 1/axonge ne 
sauroit convenir dans le premier cas ; car elle ne se 
mêle que difficilement avec cet acide : on lui préfère 



CLINIQUE, G7 

ïe miel. Les proportions doivent varier selon le 
degré de concentration de l'acide et la susceptibilité 
du tissu cutané ou snjipurant. Si on veut l'avoir à 
l'ëtat liquide , on l'elend dans quantité suffisante 
d'eau. 

Cet acide n'est pas suscepliMe de produire l'es- 
carre aussi fa ilement que les précédens; mais il 
peut enllammer s'il n'est pas assez étendu : il n'est 
guère propte à occasionner l'astriction. On rem- 
ploie pour amener l'organe cutané et les tissus sou- 
jacens à lenr ton normal, et ])onr su])primer diffé- 
rens cas de phlegmasies cutanées sans irritation très- 
grande, telles que la teigne, les dartres, etc., des 
ulcères Indolens, etc. 

Acide inmiatique oxygéné. On ne l'applique 
ordinairement qu à l'état liquide; à cet effet, on 
î'élend convenablement dans l'eau. Les pioportions 
ne peuvent être déterminées d'une manière absolue, 
car cet acide n'est pas toujours également concentré. 
On l'applique en fomentation , et on le maintient 
applique ])endant un temps plus ou moins long. Cet 
acide exerce une action plus intense que le précé- 
dent.U ne paroîl pas non plussusceptlblede produire 
l'astriction. On 1 emploie dans les mêmes cas que 
l'acide muriallqne. 

Acide carbonique. On peut l'administrer à l'état 
gazeux ou en solution aqueuse; on peut l'appliquer 
aussitôt ou d'une manière graduée. Pour l'employer 
à l'état gazeux , on en remplit une vessie qu'on dç- 
boucbe et qu'on comprime vis-à-vis la surface avec 
laquelle on veut mettre cet acide en contact. Oo 
peut aussi, lorsqu'il est impossible d'avoir cet acide 



GS PHARMACOPÉE 

à rélat gazeux, le dëg.'iger extcraporanémenl ; à cet 
tfl'et ou iiitioduif dans une boiiteil'e du caihonale 
de chaux concassé ou du carbonate de potasse du 
commerce; on y ajoute ensuite un acide quelconque , 
tel que le viuaii^re, le suc de citron , Tacide suif'u- 
rique , etc. ; on bouche dès que l'effervescence 
commence; on agite , on débouche alors la bou- 
teille à mesure qu'elle se remplit de gaz, et on dirige 
celui-ci vers la surface qu'on veut exciter. On peut 
encore opérer ce dégagement d'une manière plus 
lente et plus graduée. A cet effet , on mêle du car- 
bonate calcaire avec un acide ou un sel acidulé 
solide, tel que le lartrite acidulé de potasse, l'oxa- 
late acidulé de potasse , le sulfate acidulé de potasse , 
l'acide iartareux , etc. , et ou incorpore le tout dans 
un cataplasme ordinaire ; ou, si on n'a pas ces acides . 
sous la main, on fait un cataplasme ordinaire dans 
lequel on remplace l'eau pai- du vinaigre , et au 
moment de l'application on y mêle du caibonate 
de chaux pulvérisé. Pour avoir cet acide à l'état 
liquide , on suit le procédé que j'ai indiqué ail- 
leurs. On l'applique en fomentation , eu lotion ou 
en bain. 

Cet acide n'exerce qu'une action excitante peu 
intense et momentanée : aussi ne peut-il convenir 
dans le cas oîi il est nécessaire d'agir fortement. Si 
on l'a cru pendant quelque temps utile dans les 
cancers , c'est parce qu'on a supposé qu'il y agissoit 
comme il le fait sur les substances animales mortes 
dont il arrête ou ralentit la ])utréfaction. 11 est su- 
perllu ; au moins il ne préseule rien de particulier 
dans son action. 



CLINIQUE. 69 

Acide acétique. Ou peut employer cet acide 
plus ou moins concentré , on peut le remplacer par 
du bon vinaigre. On l'applique ordinairement à l'ëtat 
liquide et plus ou moins étendu d'eau ou de miel ; 
on l'applique en fomentation ou en lolion. I! exerce 
une action tonique simple et une astriction modé- 
rée. L'acide acétique concentré peut produire Tin- 
llamraation. On l'emploie dans les mêmes cas que 
l'acide sulfurique étendu. 

Acide citrique et suc de citron. Ou peut ap- 
pliquer cet acide plus ou moins étendu ; on l'ad- 
ministre ordinairement à l'état liquide ; il déter- 
mine une excitation tonique modérée ; on ne l'a pas 
encore vu produire l'inflammation ni l'astriction : 
aussi ne l'emploie-t-on que pour relever le ton des 
organes et des tissus soujacens suppurans ou non. 

Les autres acides végétaux ne sont point d'usage. 
Ou pourroit les employer si on n'étoit pas à même de 
se procurer les précédens : leur mode d'actiou est 
d'ailleurs moins connu. 

Acide henzoïque. 

On peut lui donner la forme de poudre, d'em^ 
plâtre , d'onguent et de liuiment ; on peut l'em- 
ployer en solution alcoolique. L'axonge , le jaune 
d'œuf , le miel, le cérat , l'huile peuvent recevoir 
une très-grande quantité de cet acide saivs perdre 
leur consislance d'onguent et de liniment. Ces dif- 
férentes mixtions et solutions peuvent avoir lieu 
instantanément et par simple trituration. 

Cet acide , convenablement étendu, excite le 



yo PPIARMACOPÉE 

derme et les lissiis dénudés accldentcllemctit, sans 
produire d Inllimrnation. On l'emploie raremeut 
pur. Le plus ordinairement ou fait us/^ge du sty- 
rax liquide (sur du Liquidanihar st^raciflua^\^.\ 

Styrax Uqui'le. 11 est fréquemment falsifié. On 
est souvent obligé de le purifier. On a recours à 
cet effet à J'alcool rectifie. Ce liquide dissout le 
baume , et laisse les substances hétérogènes ; on 
évapore l'alcool , et on obtient ainsi le stj'rax pur. 
Ou lui donne ordinairement la forme onguentacée. 
On peut l'administrer aussi sous celle d'emplâtre et 
de Uniment, et en solution dans l'alcool. On peut 
d'ailleurs l'appliquer tel qu'il nous vient par la voie 
du commerce ; car il a la consistance onguentacée : 
on peut aussi l'étendre dans partie égale ou dans 
le double de sou poids d'un intermède mou quel- 
conque , w\ que de miel , de jaune d'œuf , etc. Les 
proportions les plus généralement usitées sont une 
à trois parties de ce baume sur dix pari les d'iuler- 
mèJe. On prépare cette mixtiou extemporanément 
par trituration. 

On emploie ce baume particulièrement lorsqu'on 
veut exciter des suppurations atoniques, celles qui 
tendent à la gangrène , etc. 

Les autres baumes ne sont point usités. Le benjoin 
peul remplacer le styrax j l'acide benzoïque est d'ail- 
leurs plus convenable, et on peul lui donner le degré 
de concentralion qu'on désire. 

Sels acidulés. 

Parmi les sels acidulés , on n'emploie en général 
que le sulfate acide d'alumine et de potasse. 



CLIJSriQUE. rji 

Sulfate acide d'alumine et de potasse (alun). 
Ou peut l'employer en poudre , sous forme ouguen- 
tacée, ou à l'état liquide. L'axoiige et les autres exci- 
piens mous peuvent donner la consistance onguenta- 
cée jusqu'au double de leur poids de ce sel cristallin. 
Les proportions ordinaires de ce dernier sont une à 
trois parties sur dix parties d'intermède. 

On le dissout dans au moins vingt fois son poids 
d'eau : l'alun calciné ne s'y dissout pas entièrement. 
L'action de l'alun est très - analogue à celle de 
l'acide sulfurique étendu ; il ne paroît pas susceptible 
de produire l'inflammation; appliqué sur les sur- 
faces suppurantes, il y occasionne des picotemens, 
çà et là de petites pellicules blancbes, quelquefois 
une couenne générale , et dans quelques cas il sup- 
prime aussitôt la suppuration. On l'emploie dans les 
mêmes cas que l'acide sulfurique convenablement 
étendu. 

L'alun calciné perd, outre son eau de cristallisa- 
lion, un peu de son acide; il n'a pas par conséquent, 
sous ce dernier rapport, d'action beaucoup plus in- 
tense que l'alun cristallisé. 

Alcalis. 

Ou emploie rarement la potasse et la soude pour 
exciter l'organe cutané et les tissus soujacens ; si ou 
en fait usage, c'est plutôt à l'état de carbonate sur- 
saturé , et à l'état savonneux. 

Savon alcalin. On peut l'emyjloyer sous les for- 
mes d'emplâtre, d'onguent, do liniment, et à l'elat 
li(|uide. Peur lui donner la forme einpiastiquc , on le 



•^3 P H A R 51 A C O P E E 

çonpe menu ctoiilefaitllquëficràuncdoiicecdaleur 
soilaveclesavon (le |)loml),soltaveclacire résine :celle- 
ci peut donner la consislance emplastique à partie 
cgale de savon. Les proportions ordinaires sont une à 
doux partiesdesavon sur dix d'interinède.Cclemplâtre 
savonneux ne paroît pas avoir d'action diiïérenle de 
celle des intermèdes emplasliques en général. Pour 
donner au savon la forme onguentacée , il sufiil de le 
liquéfier à une douce chaleur avec de l'axonge ou 
ovec de Thuile fixe, ou mieux avec quantité suf- 
fisante d'alcool à 20 -(- o. L'axonge peut donner la 
consistance onguentacée à partie égale de savon , et 
l'huile celle de liniment à 0,2 de son poids. 

Lorsqu'on veut avoir le savon à l'état liquide , on 
le dissout dans l'eau ou dans l'alcool ; l'eau le dissout 
en toute proportion ; mais il fant qu'elle ne contienne 
pas de sels calcaires : aussi emploie-t-oii l'eau de pluie 
et de rivière. L'alcool à 25-1-0 peut en dissoudre 
partie égale à l'aide de la chaleur; mais ce solutum 
se concrète par le refroidissement. L'alcool à 2o-f-o 
pent en tenir en solution la moitié de son poids. 
Pour opérer celte solution, on coupe le savon menu 
et on l'expose , à vaisseau clos, à l'action d'une douce 
chaleur. Ce liquide est diaphane j il blanchit par l'ad- 
dition de l'eau. 

L'action excitante du savon est modérée : on l'em- 
ploie particulièrement dans difïéreus cas d'exanthè- 
mes , et j)our exciter ])ar conliguilé dans des cas d'en- 
torse , d'ecchymoses , ou dans les affections lentesdes 
articulations, etc. 

yîminoniaque. On l'emploie à l'élatliquidc étendue 
dans quanlilé suffisante d'çau, d'alcool ou d'huiki 



CLINIQUE. 70 

fixe. Peur mêler l'ammoniaque avec l'iiuile , on inlro- 
duit d'abord celle-ci dans une fiole à large goulot , et 
on y verse ensuite l'alcali; on bouche aussitôt et on 
agite convenablement. Les proportions ne peuvent 
être établies rigoureusement ; elles doivent varier 
selon la susceptibilité individuelle et selon la promp- 
titude avec laquelle on veut agir. Les proportions les 
plus ordinaires sont une partie d'ammoniaque sur 
dix parties d'huile. 

On peut aussi dégager l'ammoniaque successive- 
ment : on prend à cet effet une partie de muriate 
d'ammoniaque pulvérisé et trois parties de chaux, 
éteinte et réduite eu poudre; on mêle ces deux subs- 
tances et on les introduit aussitôt dans un sac de toile 
qu'on applique immédiatement après. Un litre de ce 
mélange pèse entre 5 et 6 hectogrammes : on peut 
l'appliquer seul ou l'étendre dans une quantité pkis 
ou moins grande de sable fin ou de plâtre, si toute- 
fois on veut obtenir une action pkis lente. On peut 
aussi étendre le mélange de muriate d'ammoniaque 
et de chaux dans un cataplasme ordinaire et l'appli- 
quer aussitôt. 

Lorsqu'on applique l'ammoniaque liquide et le 
Uniment ammoniacal, il ne faut les maintenir que 
momentanément et surveiller les effets qui se mani- 
festent, excepté dans les cas où cet alcali est très- 
étendu. On enlève le médicament dès qu'on aperçoit 
des traces de rubéfaction : sans cette précaution , on 
peut s'ex])oser à produire l'inflammation et l'escarre. 
L'ammoniaque convenablement étendue peut d'ail- 
leurs être appliquée par simple apposition ou en 
friction. 



74 P ÏI A R Z\I A C O P É E 

Son action excitante est prompte et intense. On y 
a recours dans diffërens cas de maladies chroniques 
de la peau, telles que la gale, les dartres; on cherche 
surtout à exciter les tissus soujaceus par son inter- 
mède : aussi Teraploie-t-on dans l'oedème, dans la 
Irolsième période de l'enlorse et de la contusion; 
dans différentes maladies lentes des muscles, des 
glandes lymphatiques, des articulations, des viscères 
abdominaux, des mamelles, etc.; on s'en sert aussi 
<]uelquefois pour exciter par contiguité le prolon- 
gement rachidien. 

Terres siibalcaVmes, 

On n'emploie que la chaux , et même que l'eau 
de chaux. 

Eau de chaux. On emploie l'eau de chaux direc- 
tement; quelquefois on l'étend préalahleraent dans 
de l'huile fixe : on forme ainsi un liniment calcaire. 
Les proportions sont variables; on prend frèquem- 
rnent trois à dix parties d'huile sur cent parties d'eau 
de chaux. 

L'eau de chaux est susceptible d'occasionner Tin- 
ilammation de l'organe cutané ; elle supjn-lme faci- 
lement les phlegmasies chroniques , la suppuration 
atoniqne ; elle s'oppose à la transpiration ; elle con- 
crète le pus. 11 est nécessaire de l'employer seule 
pour qu'elle produise un effet certain. On en fait 
usage dans diffërens cas de maladies cutanées chro- 
niques, telles que la gale, les dartres, etc., dans le 
début de l'érysipèle qu'occasionne la brûlure ; on 
l'emploie quelquefois pour exciter les surfaces sup- 
puraat es aloiiiqucs , etc. 



CLINIQUE. ^S 

Sels alcalins et: terreux. 

Les sels qui paroissent le plus convenables poiir 
«xciter sont les miirlales de soude , de chaux , de 
magnésie , d'ammoniaque , de baryte ; les nitrates de 
potasse, de chaux, de magnésie ; les carbonates neu- 
tres de potasse, de soude , d'ammoniaque ; les car- 
bonates sursaturés; le muriale de potasse suroxy- 
géné , etc. 

Ces différens sels peuvent être appliqués sous 
forme onguentacée ou en solution aqueuse. Ou leur 
donne la forme d'onguent en les trilurant avec de 
l'axonge ou avec du miel ; les proportions que j'ai 
le plus ordinairement employées sont une à deux 
parties sur dix parties d'intermède. On ne peut don- 
ner cette forme aux sels délitjuescens , tels que les 
muriates et nitrates de chaux et de magnésie, les 
carbonates siu^saturés ; on ne la donne pas non plus 
au muriate de potasse suroxygéué. On applique cet 
onguent par simple apposition ou en friction. Ou 
emploie quelquefois ces sels à l'élat pulpeux : à cet 
eftel on n'y ajoute que la quantité d'eau nécessaire 
pour en faire un magma; il taut eu excepter le nitrate 
de ])Otahse et le muriale de baryte. Fréquemment on 
les emploie en solution aqueuse ,«.aturée ou étendue ; 
on les apjlique alors cubain général, eu bain local, eu 
lotion , eu fomentation ou en douche. Ou remplace 
souvent les bains de mer par leur intermède; on fait; 
alors particulièrement usage des muriates de sonde 
et demagné.'ie: on emploie le premier dans les pro- 
portions de 0;Ci p et le deuxième dans cc-iles de o,oo5. 



i^G PHARMACOPÉE 

Les sels ainsi adminislrcis sont susccplibles d'exci- 
ter torlement le derme , et même de rcnllainmer ; 
le nitrate de potasse peut l'escarrifier s'il n'est pas 
assez étendu , et si on le laisse appliqué pendant long- 
temps. Ils produisent sur les surfaces snppurantcs 
une cuisson très-forte , de la chaleur et de la rou- 
geur. Us conviennent sous ces dltforens rapports 
lorsqu'il faut exciter fortement : aussi emplole-t-on 
les muriales de soude, d'ammoniaque, les carbonates 
alcalins dans diffërens cas de maladies cutanées chro- 
niques, telles que la gale, la teigne, les dartres qui 
ne présentent pas de phénomènes d'irritation locale. 
On les administre souvent avec avantage pour pré- 
venir Férj sipèle qui est l'effet de la briiline cl de la 
morsure des insectes , etc. On y a recours pour ex- 
citer par conliguité dans les première et dernièi'c 
périodes de l'entorse et de la contusion ; endn on 
pent les appliquer sur les surfaces suppurantes , 
lorsqu'il convient d'exciter fortement. 

Cojnposés arsenicaux. 

Les composés arsenicaux ne paroissent pas pré- 
senter de particularités dans leur mode d'excitation 
qui puissent en rendre l'usage avantageux ; ils peu- 
vent d'ailleurs occasionner facilement des accidens 
Irès-graves : aussi ne sont-ils yias ou que rarement 
administrés par les médecins prudens. Ceux de ces 
composés qu'on a plus particulièrement employés sont 
l'oxyde d'arsenic et l'oxyde d'arsenic sullure jaune. 

Oxyde iT arsenic ( arsenic blanc ). On l'a ])lus. 
particulièrement employé sous forme ougueulacée 



CLIIflQUE. 77 

<il à l'état liquide. Dans le premier cas, ou l'unit 
avec l'axonge ou le cérat dans les proportions de 
0,001 , o,oo5 à 0,01 environ. Pour l'avoir à l'état 
liquide , on le dissout ordinairement dans l'eau dans 
les proportions de 0,001 environ. 

L'actiou excitante de cet acide ainsi étendu est 
très-marquée ; on y a eu recours dans différens cas de 
suppurations aloniques et d'exanthèmes chroniques. 
L'action de cet acide paroît avoir lieu en même temps 
par absorption , et occasionner l'augmentation de la 
sécrétion urinaire , etc. ; aussi quelques Anglais ont- 
ils conseillé d'en faire des frictions sur la paume de 
la main dans différens cas d'hjdropisie. Mais je crois 
n'avoir pas besoin d'indiquer les dangers auxquels 
l'application imprudente de ce moyen peut exposer : 
le peu d'expérience que nous avons sur ses effets 
médicamenteux et sur le mode le plus convenable 
de l'administrer doit arrêter tout médecin prudent. 

Oocyde d'arsenic sulfuré j amie (ojpin, orpimenC), 
Ce composé est contenu dans quelques médicamens 
cutanés encore usités, tels que le baume vert, le 
collyre de Lanfranc, etc. : il étoit plus usité autre- 
fois. On peut l'administrer sous forme molle, et eu 
suspension dans l'eau. Dans le premier cas , on le 
ti^iture avec un intermède mou dans les proportions 
de 0,01 environ; dans le deuxième cas, on le réduit 
en poudre fine et on l'agite avec de l'eau dans les 
proportions de cinq à dix parties environ de cet 
oxyde sur mille parties d'eau. 

Cet oxyde , quoique moins dangereux dans ses 
effets , peut néanmoins déterminer des accidens 
graves s'il n'est pas assez étendu et si on en conti- 



rr8 PHARMACOPÉE 

nue renn]iloi pendant trop loiii^-lcmps. On en fait 
surtoul usage flans des ras île su pj)ni niions aloniqiies 
compliquées de longosiles , clans quelque, cas d'exan- 
thèmes chroniques. 

D'après les données que nous avons jusqu'ici sur 
racli<nv comparative des composés arsenicaux et des 
autres excilans, rien ne peut nous autoriser à les 
employer. 

Oxyde de manganèse. 

On peut l'administrer sous forme onguentacée ; 
Taxonge peut donner celte consistance jusqu'à cinq 
fois son poids de cet oxyde. Les proportions les plus 
usitées sont deux parties et demie à cinq parties sur 
dix parties d'excipient. 

Quelque concentré que soit ce corps, il ne paroît 
pas déterminer d'mdammalion; il supprime faclle- 
nient l'état phlegmasique et suppuratoire des tissus 
avec lesquels on le met en contact. On en fa't usage 
depuis quelques années dans les maladies chroniques 
de la peau , telles que la gale, les dartres, la teigne. 
M. T3enis Morelot, qui l'a particulièrement recom- 
mandé, ohserve que la gale disparoît moins promp- 
temenlpar son usage que ]iar celui du soufre et de 
l'onguent mercuriel citrin. Ce médecin l'a trouvé 
plus utile dans les dartres ulcérées que dans celles 
qui sont miliaires et écailleuses. 

Cojnposés andmoniaux» 

Les composés autimoniaux qu'on emploie jdiis 
parliculièremeut sont le suliurc d'antimoine et le lar- 



CLINIQUE, rjg 

Irile tle potasse antlmonlé. On n'a pas encore recher- 
ché quel est le mode d'action desdifférens oxydes. 

Sulfure d' antîjnoine (antimoine crii\ On ne peut 
l'appliquer que sous la forme onguentacée; l'a-xongs 
peutdouner, à l'aide delà trituration, la consistance 
onguentacée à cinq fois son poids de ce composé. 
L'action locale du sulfure d'antimoine n'est pas très- 
évidente. On l'a particulièrement employé en fric- 
tions daus différens cas d'exanthèmes : il est mainte- 
nant peu usité. 

Tarti'ÎLe de potasse antirnonié{tarLre stihié). Oa 
peut l'administrer sous forme molle et à l'état liquide. 
On peut lui donner la forme onguentacée à i'aide 
de la trituration avec du cérat. Les proportions les 
plus convenables paroissent être une à deux parties 
sur cent parties d'intermède. On convertit quelque- 
fois le tartrite de potasse antimonié en magma, en le 
délayant avec une petite quantité d'eau ou de salive. 
On emploie particulièrement ce dernier moyen lors- 
qu'on veut agir par absorption. 

Si on veut avoir ce sel à l'état liquide , il faut pren- 
dre au moins quatre-vingts fois son poids d'eau de ri- 
vière froide, et quarante parties d'eau bouillante. Oa 
peut appliquer ce liquide en bains, en fomentations, 
en lotions, etc. 

Lorsqu'on fait des frictions sur la peau avec le 
tartrite de potasse antimonié réduit en magma, on 
détermine fréquemment tous les phénomènes d'une 
excitation générale de cet organe, l'augfnentation de 
la transpiration, même la sueur, et quelquefois des 
nausées, le vomissement etlapurgatiou. Lorsque ce 
sel est étendu dans la quantité d'eau nécessaire pour 



8o PHARMACOPEE 

ba soliilion, el qu'où l'apjjlique sur l'ori^nne cutané ^ 
son action est lente et peu perce])lible à nos sens. 
Lorsqu'on veut rapj)ll((uer sur les surfaces suppu- 
rantes , a]irès l'avoli élenju dans les proportions de 
0,02, il produit de la chaleur, une douleur très- 
forte j il occasionne quelquefois l'inllaranialion des 
tissus soujacens, et peut même occasionner de petites 
escarres, ainsi que je l'ai observé plusieurs fois ; Tim* 
pression qu'il produit est telle , que beaucoup de per- 
sonnes ne peuvent en supporter le contact , même 
lorsqu'on l'a étendu dans cent fois son poids d'exci- 
pient et au-delà. Je n'ai jamais vu les malades, dont 
les surfaces suppurantes eioient eu contact avec ce 
sel, éprouver des nausées, des vomissemens, ni la 
diarrhée. 

On voit évidemment que Tadministration de ce 
sel exii^e de la prudence; il existe des cas qui peuvent 
en contre-indiquer l'usage , telle est une disposition 
morbide au vomissement. On doit l'employer parti- 
culièrement lorsqu'il s'agit d'exciter fortement le sys- 
tème cutané, et les tissus qui sont dénudés acciden- 
tellement. 

Oxydes et sels mercuriels. 

Oxyde de mercure noir. On peut lui donner la 
formé d'onguent ou celle d'emplâtre; il suffit à cet 
effet de le triturer dans des projwrtions déterminées 
avec un des intermèdes convenables. 

Le ]ilus ordinairement on prépare l'onguent mer- 
curiel noir en triturant le mercure coulant avec un 
intermède mou et surtout avec l'axouge. Pour faci- 



CLINIQUE» Bi 

îîter cette oxydation ou celte divisiou (ainsi que !e 
croient encore quelques chimisles) , on se sert d'un 
mortier de marbre à fond piat , et d'un pilon aplati 
înférieureraent. 

On triture le mercure avec une petite quantité 
de cet excipient; on continue la trituration jusqu'à 
Ce qu'en étendant ce mélange sur du papier non 
collé , on ne puisse plus y aperceiioir de globules 
mercuriels , même à l'aide de la loupe. On ajoute 
alors le reste de l'axonge, et on triture jusqu'à ce 
que le mélange soit parfait. On prépare cet onguent 
dans des proportions variées : telles sont i». deux: 
parties de mercure et une d'excipient ( onguent 
mercuriel noir double , p/f, de Lojidies ) ; 2°. par- 
ties égales de l'un et de l'autre ( onguent mercuriel 
noir double, code méd. de Paris ) ; 3*'. deux parties 
de mercure et trois d'excipient (onguent mercuriel 
noir à 0,4, ph. de Londres) -, 4°. une partie de 
mercure et deux d'excipient ( onguent mercuriel 
noir à o,3, ph. de Berlin ) ; 5*^. une partie de mer- 
cure et quatre d'excipient ( onguent mercuriel noir 
à 0,2 , ph. dEdimh» ) ; 6*^. une partie de mercure 
et neuf d'excipient ( onguent mercuriel noir à o,r , 
onguent gris ou napolitain du cod. méd, de Paris ( i ). 

(i) Pour décolorer le linge eles personnes qui se frottent 
avec cet oxyde , on peut l'ecourir au procédé indiqué par 
M. Vauqueiin. Il consiste à laver d'abord le linge avec de i'eau 
tenant en solution 0,02 de potasse et o,o3 de chaux; lorsque 
toute la graisse est enlevée, on plonge le linge dans de l'eau te- 
nant en solution 0,08 d'acide muriatique oxygéné le plus con- 
centré possible, et élevée à la température de \'i centigra- 
des -f-o. Ou l'y maintient pendant le temps convenable j orx 

II. 6 



^2 P H A R !^I A C O P Û f. 

Cet onguent est quelquefois sophistiqué avec des 
corps pulvéruleus noirs , tels que le charbon , le 
sulfure (l'autiiiioine, TarJoise, clc. 

Loisciu'oQ veut donner à Tonguent mercuriel noir 
la forme emplastique , il suffit de le triturer avec un 
mélange de deux parues de cire et d'une d'huile 
fixe , dans des proportions qu'on détermine : on 
peut aussi se servir de l'ougueut mercuriel noir 
qu'on triture avec partie égale de cire ou de cire- 
résine égale qu'où vient de liquélier. On prend un 
onguent plus ou moins chargé , selon que Templâlre 
doit l'être lui-même. Cet emplâtre peut remplacer 
celui qui est connu dans le code de Paris sous le nom 
de "vigo CLiTu merciuio. 

Si on veut avoir f oxyde de mercure noir à l'élat 
de suspension aqueuse, il sufdt de triturer du mu- 
riale de mercure doux avec de l'eau de chaux , oa 
du nitrate neutre de mercure avec de l'ammo- 
niaque. Les proportions employées par ÏNÏ. Swédiaur 
sont de quatre parties de muriale de mercure doux 
sur cent parties d'eau de chaux. 

L'oxyde de mercure noir n'est pas susceptible 
de produire l'inllammalion, à moins que son exci- 
pient ne soit rance. Sou action tonique sur la peau 



lave ensuite le linge dans do l'rau de fontaine; on le savonne, 
et si on veut le rendre bien blanc, on le plonge pendant quel- 
que temps dans de feau tenant en solution 0,0 1 d'acide sulfu- 
rique à G6 — o , ou quantité sufiisante d'acide sulfureux. Lors- 
qu'on se sert de vaisseau de bois neuf, il faut les décolorer au- 
paravant , à l'aide de l'acide muriuiique oxygéné; il faut en 
outre écarter toute substance ferrugineuse. 



CLINIQUE. 83 

n^cst pas très - évidente ; il produit facilement la 
salivation. 

On y a recours dans les cas d'cedême , de gonfle- 
ment indolent des glandes lymphatiques soucuta- 
iiées. On en fait surtout usage dans les cas de syphilis , 
d'hydrophobie : on l'applique alors en frictions. Si 
le malade ne peut se frotter lui-même , il est néces- 
saire que celui qui pratique les frictions se couvre 
la main d'un gant ; sans cela il absorbe lui-même 
une portion de cet oxyde, peut eu être incommodé, 
et laisse ignorer dans quelle quantité ce médicament 
a été absorbé par le malade. La dose partielle de cet 
oxyde varie selon les circonstances maladives ; elle 
est ordinairement d'uu à deux grammes. La dose 
générale nécessaire pour le traitement de la syphilis 
est de 5o à i5o grammes ( 14 gros à 5 onces ); celle 
qu'oiT emploie pour le traitement de l'hydropliobie 
est de 10 grammes qu'on applique en trois jours. 

Oxyde de mercure rouge ( précipité rouge )•, 
On emploie rarement sa poudre pure ; elle peut 
facilement escarrifier ; le plus ordinairement on i'ad- 
minislre sous formes onguentacée et emplastique : 
la trituration suflil. Les proportions ordinaires sont 
une à dix. parties sur cent parties d'excipient. Cet 
oxyde , appliqué seul , peu étendu , ou maintenu 
pendant long - temps lorsqu'il est sufiisammeut 
étendu , peut enflammer et escarrifier : aussi sou 
emploi exige - 1 - il beaucoup de prudence. Il est 
d'ailleurs également susceptible de produire le 
ptyalisme. 

On l'applique lorsqu'il s'agit d'exciter fortement , 
dans les cas de vieux ulcères locaux atoniques 



84 P H A K M A C O P J: £ 

avec fongosites , tle teigne , de gale ancienne , de. 

O.rj'c/e (le merciwe orangé. On peut l'adminis- 
trer sous forme molle ou en suspension aqueuse : 
dans le premier eas, on le triture dh-ectemeut avec 
du miel ou avec \\n autre intermède mou; les pro- 
portions peuvent être les mêmes que celles du pré- 
cédent. Lojsqu'on veut l'avoir en suspension aqueuse, 
on triture du muriale de mercure suroxydé avec de 
l'eau de chaux , on dépose le mélange dans un vase 
de verre clos, et on agite toutes les fois qu'on veut 
eu faire usage. Les ])roportions les plus ordinaires 
sont quatre parties de ce sel sur mille parties d'eau 
de chaux. Ce suspensum est désigné par le code de 
Paris sous le nom (VeaupJiagédéniqiie ; il a l'incon- 
vénient de varier dans ses proportions ( i). 

L'action de cet oxyde approche heaucoup de 
celle du précédent. On l'emploie dans les mêmes 
circonstances. 

Muriaùe de mercure doux. Ou doit choisir celui 
qui a été lavé et porphyrisé. On peut l'administrer 
sous forme onguenlacée : on le triture à cet effet 
avec du céral, de la salive ,du miel, etc. Le cérat 
et l'axouge donnent la consistance onguentacée à 



(i) L'oxyde tle mercure que M. Schuilr;né appelle orangé 
est (le l'oxyde de mercure aw maximum d'oxydation. Il est par 
conséquent oxydé au même deyré que l'oxyde de mercure 
rouge, dont il ne dilïrrc que par son extrême division. Lors- 
qu'on décompose le muriale de mercure suroxydé par l'eau de 
chaux pour l'aire de l'eau phagédénique, le précipité qui se 
forme n'est que de l'oxyde de mercure au maximum, qui est 
orange parce qu'il est cxlrùiucmeal divisé et qu'il cou- 
tienl de fcou. r. IIx JS. 



CLIWIQUE. 85 

trois fois leur poids de ce sel , et même au-delà. Les 
proporlions ordinaires sont une à deux parties sur 
dix parlies d'excipient. 

Ce sel n'est pas susceptible de produire l'inflam- 
mation de la surface cutauée ; son application sur les 
surfaces suppurantes est quelquefois douloureuse, 
surtout lorsqu'il est peu étendu. Il peut supprimer 
les inflammations et les suppurations chroniques. 11 
détermine facilement la salivation, surtout lorsqu'il 
est appliqué sur des surfaces ulcérées ou sur les 
membranes muqueuses. On l'applique pour exciter 
localement , ou pour agir par absorption , par 
exemple, dans le cas de syphilis. Il a un avantage 
sur l'oxyde noir , en ce qu'il n'est pas susceptible de 
noircir le linge; mais 11 occasionne plus facilement 
le plyalisme. On pratique ce's frictions comme celles 
de l'oxj'de de mercure uoir , sur la même région et 
avec les mêmes précautions. i5 grammes ( 4 gros) 
de ce sel suffisent pour le traitement de la syphilis 
récente , 40 à 5o grammes ( 10 à 14 gros ) pour 
celle qui est plus ancienne. 

Ou l'employolt beaucoup autrefois contre la gale. 
On en fait quelquefois usage pour faire dlsparoître 
les rousseurs et autres taches de la peau ; mais soa 
emploi continué peut devenir préjudiclaljle; on l'a 
vu produire le ptyaiisme, une haleine fétide, la 
carie des dents , etc. 

Murlate de mercure suroxydé ( sublimé coi^- 
rosif). On peut l'appliquer sous forme onguentacée 
ou à l'état liquide : dans tous les cas, il faut qu'il 
soit convenablement étendu. Les proportions em- 
ployées par Clriilo pour lui donner la forme ou- 



SG p H A n M A c o r É E 

£;uentncee sont une partie environ sur dix parties 

d'excipient. 

Ce sel peut, au degré d'extension que je viens 
d'indiquer , produire rinilammntiou et l'escarre : 
aussi Cirillo ne rap])liquoit-il qu'a la plante des pieds. 
Le cérat, l'axonge et le beurre peuvent être em- 
ployés pour lui donner la forme d'onguent. Pour 
«voir le muriale de mereure suroxydé à l'état li- 
quide, il faut le dissoudre dans de l'eau distillée, 
ainsi que je l'ai dit ailleurs. Les proportions le plus 
ordinaijx^nient employées sont deux à cinq parties et 
plus sur mille parties d'eau. On administre ce liquide 
en fomentations : Baume conseilloitde l'employer eu 
bain ; mais il altère facilement la peau , et on ne peut 
savoir dans quelle proportion il a été absorbé. 

Ce sel est susceptible d'entlammer et d'escarrifier; 
il peut d'ailleurs, par son absorption , déterminer fa- 
cilement tous les accidens de l'empoisonnement et 
une mort prompte. Il produit moins facilement la 
salivation que le précédent , et s'il l'occasionne, c'est 
à un degré plus léger. 11 excite facilement la sécré- 
tion urinaire et la transpiration. 

On n'en fait guère usage comme simple excitant : 
sonemjdoi exige trop de prudence. On l'em.ploie néan- 
moins pour exciter de vieux ulcères fongueux,pourvii 
qu'ils ne soient pas scorbutiques. On eu fait usage 
dans les cas d'ulcères sy])liililiques locaux, dans la 
teigne, et dans difierens cas d'exanthèmes sans irri- 
tation locale marquée. On y a aussi recours pour agir 
par absorption. La méthode de Cirillo n'a ])as encore 
été soumise à des essais assez répétés pour qu'on puisse 
condiire quels en sont les avantages. 



CLINIQUE. 87 

Onguent rnercuriel citrin. Pour le préparer, ou 
mêle huit parties de mercure et seize parties d'a- 
cide nitrique pur à dt'A — o. On expose ce mélange à 
une douce chaleur , on Ij maintient jusqu'à ce 
que le métal soit entièrement dissous, et on le mêle 
aussitôt par trituration avec cent parties d'axonge 
qu'on vient de liquéfier et qui est sur le point de se 
refroidir. L'axonge acquiert une couleur jaune, une 
consistance très ferme et dégage une odeur désa- 
gréable. 

Cet onguent est composé d'axonge oxygénée et 
d'oxyde de mercure : il suffit, pour s'en convaincre, 
de triturer de l'axonge o xygénée avec la potasse pure , 
de dissoudre ce savon dans de l'eau distillée, et de le 
mêler avec du nitrate neutre de mercure liquide; il 
se forme aussitôt un précipité cailleboteux et jaune, 
qui a toutes les propriétés de l'onguent indiqué. 

L'administration de ce moyen exige la plus grande 
prudence ; il peut facilement rubéfier la peau et pro- 
duire le ptyalisme : aussi doit-on l'étendre convena- 
blement, par exemple,' dans le double de son poids 
d'axonge , lorsqu'on en fait usage chez des personnes 
délicates. 

On l'emploie particulièrement dans les maladies 
cutanées chroniques, telles que la gale, les dartres; 
dans des cas de suppurations aloniques. Huit à douze 
frictions de 8 grammes ( 2 gros ) chaque suffisent 
fréquemment pour la guérison de la gale simple et 
récente. 



83 P II A K M A C O P É E 

Oocjdcs et sels de zinc. 

Ce sont l'oxyde blanc elle sulfate qu'on emploie 
plus parliculièrement. 

Ojcyde de zinc blanc {/leurs de zinc^. On peut 
radminlstrer sous forme ongnentacée et eu suspen- 
sion aqueuse. Pour lui donner la forme d'onguent , 
il suffit de le triturer avec du miel , de l'axonge ou. 
du ccrat : le miel peut donner la consistance ongnen- 
tacée à partie égale de cet oxyde. Lorsqu'on l'appli- 
que à l'elat de suspension , il suffit de l'agiter avec de 
l'eau : les proportions ne sont pas rigoureuses. 

Cet oxyde, quoique appliqué seul, n'est pas sus- 
ceptible d'enllammer; son action locale est peu évi- 
dente : aussi est-il rarement employé. 

SulfaLe de zinc ( intriol blanc ). On peut l'em- 
ployer sous forme ongucutaeée ou en solution 
aqueuse. On prépare l'onguent par trituration. Le 
cérat peut convenir : les proportions n'eu sont pas 
déterminées. J'ai vu plusieuis fois ce sel , élcndu 
dans les proportions de i,o, [)roduirc de la douleur , 
et augmenter l'état d'irritation des surfaces suj^pu- 
ranles. Lorsqu'on veut l'avoir à l'élat liquide, il faut 
employer l'eau distillée : il eu exige deux fois son 
poids pour s'\' dissoudre» 

L'action excitante de ce sel est très-marquée. S'il 
est pur ou peu étendu, et si on le maintient appliqué 
pendant long-temps , il peut enllammer. On l'emploie 
quehjuefois pour exciter le derme dans différens cas 
d'exanthèmes, dans les dartres , dans la gale, etc. 
On peut rcmjiloycr pour relever le ton des surfaces 



CLITfIQUE. 89 

suppurantes , et en général dans tous les cas qui né- 
cessilent clés excitans intenses. 

Oxydes et sels de plomb. 

On emploie particulièrement l'oxyde rouge , le 
carbonate et l'acétate. Les oxydes et sels de plomb 
en général présentent dans leur action des particu- 
larités qu'il est nécessaire de bien connoître. Lors- 
qu'ils sont concentrés , ils peuvent la plupart occa- 
sionner beaucoup de douleur', et même entlammer 
les surfaces suppuranles.Lorsqu'ils sont très-eteudus, 
ils produisent un senlimeot de fraîcheur locale; ils 
déterminent la suppression des phlegmasies, des sé- 
crétions et des exhalations des organes avec lesquels 
on les met en contact. Ils peuvent è^e absorbés et 
produire tons les phénomènes de la colique de plomb, 
des douleurs vagues dans les membres, des paraly- 
sies partielles. Leur application cutanée produit ce- 
pendant très-rarement cet effet ; on l'observe plus 
particulièrement lorsque ces composés sont en cou- 
tact avec des tissus dénudés accidentellement. Les 
exemples de ces accidens sont néanmoins assez 
rares. 

Oxyde de plovih îouge (^Tniniwn'). On ne l'admi- 
nistre pas ordinairement à l'état pulvérulent; le plus or- 
dinairement on lui donne les formes emplastique eton- 
guentacée: il sufht à cet effet dele triturcraveclesex- 
cipieos convenables. Les proportions les plus usitées 
sont une à deux parties sur dix parties d'intermède. 
On n'administre pas cet oxyde à l'état liquide ; ou 
ne pourroit que le suspendre dans l'eau. 11 est 



f)0 PHARMACOPEE 

susceptible d'eutlammcr lorsqu'il est seul ou peu 
étendu , et lorsqu'il est appliqué pendant trop long- 
temps. 

Oxytle de plomb demi-vitreux (^litharge^. Il 
ii'esl pas usité directement; on peut l'adminislrer de 
la même manière que l'oxyde précédeul. 

Carbonate de plomb (^céruse). On peut l'appli- 
quer en poudre et lui donner les formes d'emplâtre 
et d'onguent. 11 suffit, pour lui donner l'une et 
l'autre de ces deux dernières formes, de le triturer 
avec un intermède mou quelconque. Un mélange 
de deux parties de cire et d'une d'huile peut donner 
la consistance emplastique à une fois et demie son 
poids de ce sel , et l'axonge celle d'onguent à quatre 
fois son poids. Les proportions ordinaires sont une à 
quatre parties de ce sel sur dix parties d'excipient. 
On ne peut pas l'administrer à l'état liquide. 

Le carbonate de plomb ne paroit pas susceptible de 
produire l'inllammation , quoiqu'on l'applique seul ; 
du reste, son action est analogue à celle des autres 
composés de plomb : ou l'emploie dans les mêmes 
circonstaures. Il faut proscrire l'usage qu'on en fait 
pour saupoudrer l'érysipèle et les excoriations des 
eufins; car il n'a pas d'avantage marqué , et il peut 
produire des accidens graves. 

Acétate de plomb ( sel ou sucre de Saturne ). 
On peut l'administrer sous formes em])lastique et 
onguentacée, ainsi qu'à l'état liquide. Poiu- le con- 
vertir en emplâtre, il suffit de le triturer avec un mé- 
lange de deux ])arties de cire et une (riuiile , ou avec 
un mélange de cire et de résine. Pareil procédé est 
convenable lorsqu'on veut lui communiquer la forme 



CLINIQUE. qi 

d'onguent. Le cerat et l'axouge peuvent donner 
cette forme jusqu'au double de ieur poids de ce sel. 
Les proportions les plus ordinaires sont une partie 
sur dix parties d'excipient. Cet onguent ])eut rem- 
placer le cërat dit de Saturne ou de Goulard , qu'on 
prépare en agitant fortennent du cërat ordinaire avec 
de l'eau végëto-minérale : ses proportions peuvent 
être dëterminëes avecplus derigueur, et son mélange 
peut être plus intime. Lorsqu'on veut administrer 
ce séi à l'état liquide, on peut employer de l'eau 
ordinaire ou de l'eau distillée , selon que l'on veut 
obtenir un suspensum de sels de plomb ( eau vëgëto- 
miuërale ) , ou un solutum d'acétate de plomb. L'a- 
cétate de plomb du commerce ne se dissout jamais 
entièrement dans l'eau distillée; celle-ci paroît le sé- 
parer en une portion qui est acidulé et soluble dans 
l'eau , et en une autre qui est sursaturée de base. Ce 
solutum blaucbit par son mélange avec l'eau ordi- 
naire , et forme alors un liquide analogue à l'eau vé- 
gëto-minérale. On voit facilement qu'il est impossible 
de préciser par ces deux procédés la quantité de 
sels deplomb contenus sous un volume donnéd'eau : 
car si on emploie de l'eau ordinaire, la couleur sera, à 
quantité égale d'acétate de plomb, d'autant plus opale 
et laiteuse , qu'elle contiendra davantage de carbo- 
nates, de sulfates et de muriates alcalins et terreux 
en solution; et si on fait usage de l'eau distillée, on 
ne peut obtenir conslaramentun solutum d'une con- 
centration égale, puisque l'acétate de plomb du com- 
merce n'est pas toujoms composé de la même ma- 
nière. 

L'acétate de plomb, pur ou peu étendu, est sus- 



92 PHARMACOPEE 

ceplible d'occasionner beaucoup de chaleur et de 
douleur sur les surfoces suppurantes. ïrès-élendii, 
il agit comme les composés de plomb en général : il 
est même celui d'entre eux qu'on emploie le plus or- 
dinairement. 

Le vinaigre de Saturne , ou extrait de Goulard , 
n'est que l'acétate de plomb impur dissous dans un 
excès de vinaigre : on doit lui préférer l'acétate de 
plomb cristallisé. 

Savon de plomb. Que la couleur de ce composé 
soit blanche ou noire , sa composition n'eu est pas 
moins la même; la seule différence qu'il présente 
paroît consister dans l'état d'altéraiion que le leu a 
fait subir au corps gras avec lequel l'oxyde de plomb 
est uni. Il suffit , pour s'en convaincre, de mêler de 
l'acétate de plomb liquide avec le solutum aqueux 
du savon alcalin qu'oji a noirci par une fusion con- 
tinuée ; on obtient instantanément lui savon de 
plomb brun ou noir. Le savon de plomb l)lauc 
prend d'ailleurs la couleur noire , si on l'expose au 
feu pendant (juelquc temps. 

La couleur noire que l'action du fou a donnée 
au corps gras ne paroît pas modifier les propriétés 
médicales de ce savon , ainsi que je m'en suis con- 
vaincu par des expéiiences cliniques comparatives. 
IVéanmoins , on a multiplié les savons de plomb à 
l'inllui : c'est ainsi que le code de Paris contient l'em- 
plâtre noir, l'onguent de la mère, l'emplâtre diachy- 
lum, le diapalme, rem]>l.-ilre de minium, celui de 
céruse, celui de Nuremberg, l'album coclum, etc. 
Ces composés ne sont tous que le savon de plomb 
plus ou moins modifié ; un seul peut les remplacer 



CLINIQUE. 9.3 

tous : tel est celui que j'ai fait coniioître en traitant 
des intermèdes emplastiques (i). Si oa veut donner 
la forme onguentacée au savon de plomb, il suffit de 
le liquéfier à une douce chaleur, avec le double de 
son poids d'axonge. Ceux ({ui croient devon^ employer 
le savoD de plomb uoir (onguent de la mère) peu- 
vent le préparer instantanément en faisant fondre , 
à feu nu, le savon de plomb onguentacé ou emplas- 
tique jusqu'à ce qu'il ait la couleur désirée. On peut 
aussi le composer très-promptemeut, en exposant 
à une chaleur modérée cent parties d'axonge et qua- 
torze parties d'oxyde de plomb demi-vitreux finement 
pulvérisé ; on agite continuellement jusqu'à ce que 
l'oxyde soit entièrement liquéfié , et que le mélange 
ait contracté une couleur brune ; on augmente ou on 

(i) Il est bien vrai que les pliarmacope'es ont trop mulli- 
plié les composés emplastiques dans lesquels un ou plusieurs 
corps gras sont unis à une préparation de plomb. Mais c'est 
passer d'un extrême à l'autre que de vouloir les remplacer tous 
par un seul. L'état du corps gras, quipeulêtre plus ou moiusbri - 
lé , et certaines autres substancesque contiennent quelques- 
uns de ces topiques, modifient évidemment leur manière d'agir. 
L'emjdàtre diapa]me,par exemple, blanc comme il doit être, 
n'a rien d'irritant, parce que le corps gras n'y est pas bràlé; 
il agit spécialement en s'opposant à l'évaporalion de la transpi- 
ration de la surface cutanée sur laquelle il est appliqué; par 
conséquent il relàcbe et ramollit cette partie, et il joint à cela 
la propriété agglulinative, mais à un degré modère'. Il s'appli- 
que spécialement sur des surfaces non dénudées. L'onguent de 
la mère, au contraire , qui ne diffère essentiellement de l'em- 
plâtre diapalme que parce qu'il contient une plus grande pro- 
portion de substances graisseuses, et que ces substances y sont 
altérées par le feu, irrite par celte dernière raison au lieu de 



94 PHARMACOPEE 

dlmiQue les proporlious de l'axonge selon que ce 
composé doit avoir plus ou moins de mollesse. 

L'action locale du savon de plomb ne paroîlpas 
très -évidente si ou applique ce composé sur la peau; 
11 paroît se borner à préserver cet organe du contact 
de l'air, à y maintenir une douce température et à 
s'opposer à l'évaporaliou et à l'absorption de la ma- 
tière de la transpiration qui fait alors l'ofllce de bain. 
On ne l'emploie ])as lorsqu'il s'agit d'augmenter l'ac- 
tion tonique soit de la peau, soit des organes conti- 
gus : ausiù n'est-ce que comme annexe que je l'ai 
exposé ici. 



relâcher; il ne possède aucunement la propriété agglulinalive; 
il se liquciie à l'aide de la chaleur cutanée, et convient sous ces 
différens rapports pour favoriser la suppuration des tissus dé- 
nudés accidentellement. L'emplùtre diachylum simple difiere 
de l'cmpiàtre diapalme, sous le rapport de ses propriétés médi- 
cales , en ce qu'il est beaucoup plus agglutinatif , en raison du 
mucilage qu'il contient : aussi entre-l-il dans la composition de 
divers sparadraps dont on se sert pour réunir les plaies par pi*e- 
mière intention. L'emplâtre diachylum composé ou gommé, 
qui contient de plus que le diachylum simple plusieurs subs- 
tances résineuses et gommo-résineuses , est par cela même irri- 
tant, cl accélère presque toujours la terminaison par suppu- 
ration des tumeurs phiegmoneuses languissantes sur lesquelles 
on l'applique. Mais si les emplâtres dont je viens de parler pré- 
sentent un degré d'utilité qu'on ne peut, ce me senible , leur 
contester , on pourroit, sans le moindre inconvénient , suppri- 
mer les emplâtres de minium cl de cérusc, l'emplâtre noir et 
plusieurs autres. Onpourroilnièmo remplaccrun grandnombre 
d'emplâtres dans lesquels le plomb n'entre pas, par ceux que 
nous venons d'indiquer. P. II. N. 



CLINIQUE. g5 

Oxydes et sels de fer. 

On n'emploie pas ordinali ement le fer à l'état mé- 
tallique; quelquefois on fait usage de l'oxyde de fer 
rouge; mais les composés ferrugineux les plus usités 
sont le tarlrile de potasse et de fer, le carbonate aci- 
dulé de fer et le sulfate de fer. 

Oxyde de fer rouge. Lorsqu'on en fait usage , 
c'est ordinairement sous formes emplastique et on- 
guentacée. On lui donne l'une et l'autre de ces for- 
mes en le triturant avec des excipiens convenables. 
Les proportions ne sont pas rigoureuses. 

Tartrite de potasse et de fer. On se sert ordi- 
nairement de la variété qui est connue sous le nom. 
de houles de Mars ou de Nanci. On l'emploie à 
l'état liquide : il suffit à cet effet de laisser une de ces 
boules en contact avec l'eau jusqu'à ce que celle-ci 
soit assez colorée. On peut appliquer ceîte solution 
en bain , en fomentation > en lotion , en douche, etc. 
Le tartrite de potasse et de fer ainsi étendu excite 
d'une manière marquée les organes avec lesquels on 
le met en contact. Il n'est pas susceptible d'enllam- 
mer; mais il peut produire une légère astricliou. 
On l'emploie particulièrement dans les première et 
dernière périodes de l'entorse et de la contusion , 
dans l'ecchymose scorbutique et autre, dans l'œ- 
déme, etc. 

Carbonate acidulé de fer. On l'emploie en solu- 
tion aqueuse; on fait usage à cet effet des eaux fer- 
rugineuses acidulés, soit naturelles, soit artificielles. 
Ou prépave ces dernières de la manière que j'ai iuJi- 



g6 PHARMACOi^ÉE 

qiiëe ailleurs ( foin. I , pag. 276 ). On les applique en 
bain, eu lomenlalion , en loliou cl en douche. L'ac- 
lion de ce médicament est analogue à celle du précé- 
dent. On y a recours pour déterminer une acliou lo- 
cale ou conligué, ou enfin pour exciter tout l'orga- 
nisme. On l'emploie alors dans des circonstances ana- 
logues à celles où on le fait prendre intérieurement ; 
quelquefois on joint l'application cutanée à l'admi- 
uistralion interne. 

Sulfate de fer vert{yitriol vert). On peut l'ad- 
ministrer sous forme ongueutacée et à l'état liquide. 
On lui donne la forme d'onguent en le triturant avec 
un intermède mou; les pi'ojioitious les plus conve- 
nables ne sont pas encore déterminées. Lorsqu'on 
veut l'avoir à l'état liquide on se sert d'e^u de rivière : 
il en exige sept fois son poids pour se dissoudre. Ou 
doit faire cette solution exlemporanément^car le sul- 
fate de fer se précipite promptement à l'état de sul- 
fate de fer rouge. On peut appliquer cette solution 
en bain, en fomentation, en lotion et en douche. 

Le sulfate de fer vert est susceptible d'enllammer 
les tissus délicats , si on l'emploie pur et qu'on le 
maintienne a])pliqué pendant long-temps. Lorsqu'il 
est convenablement étendu, il peut j)roduire uneas- 
trictiou modérée. Il peut remplacer tous les autres 
composés ferrugineux. 

Oxydes et sels de cuivre* 

On emploie particulièrement l'oxyde brun, plus 

rarement l'oxyde de cuivre carbonate, et le sulfate. 

Oxyde de cuivre brun. On peut lui donner la 



CLINIQUE. gy 

forme emplaslique etongueutacée: cette dernière est 
la plus usitée ; on peut la préparer par simple tritu- 
ration. Le miel est plus particulièrement employé 
comme excipient ; il peut donner la consistance oa- 
guentacee à partie égale d'oxyde de cuivre vert. Les 
proportions les plus ordinaires sont une demie , une 
a trois parties sur dix parties de l'excipient. 

Cet oxyde seul ou très-concentré , ou même con- 
venablement étendu , mais appliqué pendant très- 
long-temps , peut produire l'inflammation : son ad- 
ministration exige par conséquent de la prudence. 
On n'en fait en général usage que pour agir locale- 
ment , et surtout pour exciter des suppurations ato- 
niques lorsqu'elles sont compliquées de fongosités. Il 
remplace l'onguent dit œgypt'uic. Cet oxymel cui- 
vreux a pour inconvénient de laisser trop facilement 
précipiter l'oxyde brun qu'il tient en suspension. 

Oxyde de cuivre carbonate {uerdet gris). Oa 
peut l'administrer de la même manière que l'oxyde 
précédent. Il passe d'ailleurs à l'état d'oxyde brun 
par l'exposition continuée à la cbaleur. 

Sulfate de cuivre ( "vitriol bleu ). On peut l'ad- 
ministrer sous forme onguentacée ; il suffit de le pul- 
vériser et de le mêler par trituration avec un inter- 
mède quelconque ( les proportions ne sont pas encore 
déterminées). On peut aussi l'employer en solulioa 
aqueuse : on prend à cet effet de l'eau distillée , 
et on le dissout dans au moins quatrcà sept fois son 
poids de ce liquide. On n'a pas encore observé son 
mode d'excitation tonique: appliqué seul il peut en- 
flammer et même escarritier. 



II. 



98 PHARMACOP E E 



RESUME. 



r^ons venons (le parcourir successivement les subs- 
tances qu'on applique sur la surface cutanée et sur 
les tissus dénudés accidentellement, dans rinlenlion 
dciesexciter : il est encore un grand nombre de corps 
susceptibles de produire des elfels analoi^ues; mais ou 
ne les emploie point, soit qu'ils n'aient aucun avan- 
taî^e évident, soit qu'on ait négligé jusqu'ici d'étudier 
leur mode d'aclion. Ces considérations m'ont porte à 
tenter une série de recherches cliniques sur cet objet ; 
mais elles ne sont pas encore assez avancées pour 
que je puisse me permettre d'en faire connoîlre le 
résultat. 

Autre chose est d'indiquer les corps qui sont sus- 
ceptibles d'exciter le ton des organes en question, et 
de faire connoîlre les différentes modilicalions (ju'ils 
présentent dans leur action: autre chose est de préten- 
dre qu'ils sont constamment nécessaires pour entre- 
tenir ou relever le ton de l'organe cutané et des lis- 
sus dénudés accidentellement. La chirurgie moderne 
a fait voir que les inllammations, les suppurations, et 
eu général les affections maladives des organes en 
question, ont une marche spontanée, que souvent 
elles tendent à la guérison, et qu'alors elles n'ont 
besoin du secours des toniques que lorsque leurs 
propriétés vitales sont trop affaissées , c'est-à dire que 
ce n'est qu'accidentellement qu'elles en requièrent 
l'emploi. La charpie suffit dans un grand nombre de 
cas, tant pour entretenir l'excitation convenable que 
jiQur absorber l'excédent du pus exhaléj et ce n'est 



CLINIQUE. y^ 

, fine lorsqu'elle cesse d'exciter convenablement qu'on 
la recouvre d'une couche de substances excitantes. 
La médecine de son côté a fait voir que l'érysipèle , 
la variole, la rotigeole, la scarlatine, etc., ne néces^ 
sitent pas ordinairement d'application topique. 

On n'a pas encore assez observé les modifications 
que les diftérentes substances dont j'ai parlé succes- 
sivement présentent dans leur action; néanmoins 
les notions que nous avons à cet égard peuvent 
nous éclairer dans l'indication d'un grand nombre 
de circonstances dans lesquelles on doit préférer les 
unes aux autres. 

Il ne s'agit point ici des cas dans lesquels on n'ap- 
plique des substances sur la peau que pour pouvoir 
les faire absorber, mais uniquement de ceux où le 
ton de cet organe est plus ou moins modifié. 

Excitation tonique sans phénomènes généraux 
évidens. 

Cette excitation peut avoir lieu avec plus ou moins 
de promptitude; elle peut présenter des modifica- 
tions particulières. 

Excitation tonique ordinaire* Lorsqu'on veut 
opérer cette excitation d'une manière lente et gra- 
duée, on fait particulièrement usage des amers, du 
quinquina, du tartrite de potasse et de fer, etc. : 
on emploie aussi quelquefois les plantes aromatiques, 
les substances astringentes , acides , etc. ; mais on les 
étend convenablement. 

Lorsqu'on veut obtenir un effet prompt ei in- 
kence, ou emploie l'eau froide, la glace, Talcool, 



100 PHARMACOPEE 

les acides, l'ammoniaque, les sels ammoniacaux, 
l'élher , les huiles volailles, le camphre, le produit 
(les solulloiis partielles concentrées Vies plantes aro- 
maliqties dans l'eau et dans l'alcool; l'opium, les can- 
iharides, etc. On n'ëtend ces substances qu'autant 
qu'il le faut poru^ qu'elles ne puissent pas produire 
rin{lammation. On unit souvent ces deux sortes de 
moyens lorsqu'on veut déterminer une excitatioa 
tout à la lois prompte, intense et durable, l^ors- 
qu'on veut exciter en même temps la circulation ca- 
pillaire de la peau ou celle des tissus dénudés, on 
emploie la graisse oxygénée, le soufre, les oxydes 
de manganèse, de mercure, de cuivre, de zinc; la 
chaux , les carbonates alcalins , l'ammoniaque et ses 
différens sels; les huiles volatiles, les acides muria- 
tiquc jsulfurique et acétique, etc. On y a fréquem- 
ment recours pour favoriser la suppression de mala- 
dies cutanéeschronlques , telle que celle de la gale , des 
dartres, de la teigne, etc., lorsque toutefois les sym- 
ptômes d'irritation locale sont dissipés ; mais ou sait 
quelle prudence exige le plus souvent l'emploi de 
ces moyens ; ou connoît les accidens funestes qui sue- 
«rèdent fréquemment à la suppression subite de ces 
affections. 

Lorsqu'on veut au contraire diminuer en même 
temps la circulation capillaire , on emploie plus par- 
ticulièrement les conq)osés de plomb convenable- 
ment étendus. 

Excitation avec astrictioji. On se sert à cet effet 
<le l'eau froide, de la glace , de la neige, des acides 
sulfurlque et acétique convenablement étendus, de 
l'ulun , de l'alcool , des sulfates de fer , de ziue , de 



CLIl^IQUE. lOt 

cuivre ; du laiîtiiu et des substances astringentes en 
général , telles que l'écorce de chêne , le brou de 
noix vert, les racines de tormentille, de bistorte, les 
ëcorces des différentes espèces de saules, de marron- 
nier d'Inde, etc. Toutes ces substances ne produisent 
pas l'aslriction avec la même intensité ; il est néan- 
moins difficile d'établir l'échelle de leur intensité re- 
lative d'action. Quelques-unes peuvent escarrifier 
(l'acide sulfurique), d'autres peuvent enflammer 
(l'acide acétique, l'alcool très -rectifié, les sulfates 
métalliques, etc. ) , d'autres peuvent à la longue ra- 
cornir (les acides indique's, l'alcool). Toutes ces subs- 
tances n'agissent pas non plus avec la même prompti- 
tude : les acides que je viens d'indiquer, l'alcool, 
la glace ont une action instantanée ; tandis que les 
substances végétales qui contiennent du tannin agis- 
sent avec beaucoup plus de lenteur. Celles-ci ne f-ont 
pas susceptibles d'opérer des effets sympathiques évi- 
deus; tandis que les acides, l'alcool, l'eau froide y 
sont très-convenables. Toutes ces substances ne pro- 
duisent pas l'astriclion de la même manière ; les aci- 
des indiqués, l'alcool, l'alun, le sulfate de zinc, 
convenablement étendus, diminuent en même temps 
la rougeur et la chaleur de la partie; tandis que 
ce même effet n'a pas lieu d'une manière évidente 
si on emploie les substances qui agissent par le tan- 
nin qu'elles contiennent. 

Comme ces différens corps peuvent déterminer 
d'autres effets outre l'astriction , il est nécessaire , 
lorsqu'on se propose uniquement de déterminer celle- 
ci , de les appliquer sous une température froide et 
jiar simple apposition. 



103 PHARMACOPEE 

Ou a cherché à produire l'aslriclion lanlôt pouï^ 
opérer un effet local , laulôt pour déterminer une 
pareille action sur les tissus contigus ou sur des or- 
i»anes plus ou moins éloignés qui sympathisent aveo 
Jla peau. Les circonstances locales qui en indiquent l'u- 
sage sont la sueur atonique excessive, la suppuration 
atonique très-abondante , l'hémorrhagie par la rup- 
ture de petits vaisseaux , la tendance à la gangrène. 
Les circonstances dans lesquelles on cherche à pro- 
duire Tastriction sur des organes contigus sont l'en- 
torse, la contusion, l'œdème, lorsque toutefois il 
n'existe pas de symptômes de phlegmasie. Ou se pro- 
pose de produire une astriction sympathique dans 
l'hémorrhagie des membranes muqueuses, etc.; 
on choisit alors les régions cutanées qui sont recon- 
nues syrapatliiser plus particulièrement avec l'or- 
gane affecté. 

Il n'existe pas de moyens qu'on puisse appeler 
antiseptiques, résolutifs, suppuratifs, dessiccatifs, etc., 
mais seulement des effets antiseptiques, rés(\lutifs, 
suppuratifs, dessiccatifs : la même substance peut le 
plus souvent produire l'un et l'autre de ces effets. 
T^éanmoins on a plus particulièrement employé les 
huiles volatiles, le camphre, les baumes, les subs- 
tances qui contiennent du tannin , le quinquina , les 
sels ammoniacaux, les acides sulfurique et acétique 
dans le cas de gangrène ; les oxydes métalliques , les 
acides étendus , l'eau de chaux , les carbonates alca- 
lins pour opérer la dessiccation ; les substances aro- 
matiques , le camphre pour déterminer la résolution. 

D'après nos données actuelles sur la marche des 
ïnaladics, peut-on être assuré d'avance de l'effet, 



CLINIQUE. Io3 

secondaire qu'on veut obtenir? Rien n'est plus varia- 
ble que les suppurations opérées par les prétendus 
suppuratifs , que la résolution déterminée par les 
résolutifs, etc. Oc sait maintenant que ce ne sont pas 
les corps qui empêchent le mieux la putréfaction 
des substances mortes qui s'opposent le plus à la gan- 
grène; et c'est cependant de là qu'on est parti pour 
créer les propriétés antiseptiques de l'acide carbo- 
nique, du suc gastrique. 

L'hypolhèse et le hasard ont en général souvent 
présidé.au choix des moyens qu'on emploie plus par- 
ticulièrement dans certains cas; et lorsque l'habitude 
d'en continuer rusas;e dans les mêmes circonstances 
s'est conservée depuis un temps très-long , on a été 
porté à croire qu'ils y sont plus particulièrement 
indiqués que d'autres. La marche expérimentale et 
les expériences cliniques comparatives peuvent seu- 
les décider ce point , et c'est à l'analyse approfondie 
des effets particuliers des corps médicamenteux à 
nous éclairer dans ce genre de recherches. 

11 est des circonstances qui doivent s'opposer à 
l'emploi de différentes substances médicamenteuses. 
C'est ainsi que lorsqu'on doit craindre d'entlammer 
le tissu qu'on cherche à exciter, il ne faut point em- 
ployer la térébenthine , les huiles volatiles pures , 
les cantharides, les acides, l'ammoniaque, les car- 
bonates alcalins, les muriates, le nitrate de potasse, 
la plupart des composés métalliques. Lorsqu'on doit 
craindre d'agir sur l'encéphale et sur le système ner- 
veux en général , il ne faut point employer l'opium, 
les feuilles de tabac , de ciguë , de belladone , de 
jusquiame, etc.j ou si on en fait us^ge, il faut les 



104 P H A R r»T A C O P E E 

étendre convenablement , les ap[)liqner à plusieurs 
reprises, et surtout empêcher qu'ils ne puisseut 
frapper l'odorat. 

Si on a à craindre d'irriter les organes urinaires, 
il ne faut point employer les térébenthines, les can- 
iharides. Si on doit craindre d'exciter le conduit in-- 
testinal , il faut rejeter l'aloès, la coloquinte, l'hel- 
lébore noir, etc. Si le vomissement pentèlre dange- 
reux, il ne faut pas faire usage du tartrite de potasse 
antimonié. Si l'on veut éviter la salivation, il faut 
proscrire l'emploi des mercuriaux, et surtout du 
muriate de mercure doux et de l'oxyde mercuriel 
noir , etc. ; ou il faut au moins apporter dans leur ad- 
ministration les prëcatuions que j'ai déjà plusieurs 
fois indiquées. 11 ne faudroit cependant pas s'imagi- 
ner que ces effets ont lieu toutes les fois qu'on ap- 
plique l'une ou l'autre de ces substances sur la peau 
ou sur les tissus souculauës ; car souvent ils ne se 
manifestent pas du lonl ; d'autres lois ils n'ont lieu 
que lorsqu'on en a continué l'usage pendant plus ou 
moins longtemps , ou lorsqu'on les a appliques de 
suite en trop grande quantité et trop concentrés. 

11 n'est pas toujours nécessaire , pour exciter le 
ton de l'organe cutané , de recourir aux a])j)lica- 
tions topique** : on détermine souvent le même effet 
avec plus de succès par l'usage interne des toniques. 
J'ai fait voir en traitant des excilans qu'on met eu 
coutactavecla surface muqueuse de l'estomac, quels 
sont ceux qu'on emploie plus particulièrement à cet 
effet. Souvent on a recours en même temps aux ap- 
plications cutanées et aux applications gastriques. 



CLINIQUE. lo5 

Eoccitation tonique avec phénomènes généraux. 

Il est des corps médicamenteux qu'on met en 
contact avec le tissu cutané, et qui souvent exercent 
une aclion plus grande sur les organes éloignés que 
sur la peau : aussi les ai-je en partie placés ici comme 
annexes, et parce que je nesavois quelle autre place 
leur destiner; ils agissent d'ailleurs évidemment sur 
l'organe cutané ; leur aclion est si générale qu'ils se~ 
roient également déplacés dans les autres ordres , et 
exigeroient pour ainsi dire d'être traités dans un or- 
dre à part. Tels sont les bains, la douche, les diffé- 
rens modes d'application de l'électricité , etc. 

Excitation ordinaire avec pJiénomènes géné- 
raux. Si on fait abstraction de ce qui paroit dépendre 
de l'absorption , il est peu de substances qui puissent 
déterminer ce mode de médication ; ou au moins elles 
ne sont pas encore connues. C'est uniquement parmi 
les corps qui excitent d'une manière prompte et in- 
tense qu'il me paroît qu'on pourra les trouver. 

Excitation avec astriciion. L'ex])érience journa- 
lière apprend que ce sont les acides sulfiuique et 
acétique convenablement étendus, l'eau froide et la 
glace, qui jouissent particulièrement de la propriété 
de déterminer l'astriction sur des organes éloignés. 

§ III. application des toniques sur la surface niU" 
queuse du gros intestin , ei excitation tonique 
de cet organe. 

On applique les toniques sur la surface muqueuse 
du grosintestin,soitipour relever le ton decet organe. 



I06 PHARMACOPEE 

soit pour produire cet effet sur des tissus contigns , 
soit pour exciter par sympathie ou par circulatiou 
des organes éloignes ou même tout l'organisme. 

C'est ordinairement à l'ëtat liquide , et rarement à 
celui de gaz, qu'on applique les toniques sur la stu- 
face muqueuse du gros intestin. On ne leur donne 
la forme molle que lorsque leur application doit se 
borner à la partie inférieure du rectum. On peut 
donner à ces excitans les mêmes températures qu'aux 
toniques qu'on met en contact avec les surfaces précé- 
dentes. On ne doit en général employer que des subs- 
tances dont le prix est peu élevé , à moins qu'elles ne 
doivent agir par absorption. Les excipiens (jue j'ai 
indiqués en traitant des formes des médlcamens 
qu'on met en contact avec la surface muqueuse du 
gros intestin , conviennent également pour l'adminis- 
trai ion des toniques. 

C'est en grande partie par le degré de concentra- 
tion qu'on dose les substances qu'on emploie pour 
exciter le gros intestin. Les ])roportions sont à peu 
près les mêmes que pour les applications cutanées, si 
ce n'est qu'on emploie ordinairement les plus foibles. 
C'est d'après le poids qu'on dose les substances qui 
paroissent devoir être absorbées. Plusieurs médecins, 
et notamment M. Hahn, croient que cette dose doit 
être le double et même le quadruple de celle de ces 
mêmes substances introduites pour la première fois 
dans l'estomac ; mais on sait qu'un résultat général 
de cette espèce ne peut être que vague, et doit souf- 
frir des exceptions infinies, non-seulement selon la 
susceptibilité individuelle, mais encotc selon les dlf- 
fércules substances médicamenteuses qu'on emploie* 



CLINIQUE. Ï07 

I] faut, pour l'application des toniques sur la sur- 
face muqueuse du gros intestin _, suivre les règles que 
j'ai indiquées ailleurs (tome I , page 235). Les toni- 
ques qu'on introduit dans le gros intestin sont en 
grande partie les mêmes que ceux qu'on applique sur 
la peau. 

Excitation tonique ordinaire. On emploie les 
amers, le quinquina, les ferrugineux, si l'acliou doit 
être lente et peu intense; les infusions aromatiques, 
la solution de sels ammoniacaux , la suspension des té- 
rébenthines j des sucs concrets fétides, du camphre, 
de l'opium, etc., lorsqu'il s'agit d'opérer une action 
plus prompte et plus intense. 

On y a recours dans des cas de catarrhe chronique 
de l'intestin , de la vessie urinaire ou de l'utérus, dans 
des cas de suppression menstruelle par atonie , etc. 

Excitation tonique «fec^wZr/cf/o^.Lorsqu'il s'agit 
d'injecter ces moyens profondément , on emploie le 
vinaigre, l'alun, l'acide sulfurique convenablement 
étendus ; on fait usage de la décoction aqueuse de 
tormentille, de bistorte , de cachou, etc. Si on veut 
agir sur les parties les plus extérieures du rectum , 
on mêle Talun, les galles, le cachou, etc. avec un corps 
gras dans des propoi lions plus ou moins grandes. 

On a recours aux premiers moyens dans les cas de 
catarrhe chronique de l'intestin, d'hémorrhagie pas- 
sive ;et aux deuxièmes dans les cas de tumeurs hé- 
morrhoïdaires indolentes plus ou moins volumi- 
neuses. Je ne répéterai pas avec quelle prudence il 
faut , dans ces différentes affections , se permettre 
de produire une astriclion propre à les supprimer. 



I08 PHARMACOPÉE 

§ I V. application des toniques sur la surface 
nwqueuse de la bouche et de la gorge , et exci- 
tation tonique de ces organes. 

On applique les toniques sur celte membrane, soit 
pour déterminer une excitation locale, soit pour 
opérer un pareil effet sur les tissus soujacens. Clare 
a choisi la surface muqueuse des joues et des gen- 
cives , ainsi que les lèvres , pour y faire abscrher le 
muriale de mercure doux. Ou n'a pas, que je sache , 
recherché quel parti on peut en tirer pour l'absorp- 
tion d'autres substances médicamenteuses. Les cir- 
constances ne m'ont pas encore permis de tenter 
de pareilles recherches. 

On peut appliquer les substances toniquessur toute 
l'étendue de la gorge , ou seulement sur un point de 
son étendue ; on peut les administrer sous toutes les 
formes que j'ai indiquées ailleurs (l.I., pages 190 
et 191 ) , et sous une température fioide ou chaude. 
On n'a pas besoin de déterminer avec beaucoup de 
précision les proportions dans lesquelles on emploie 
le corps médicamenteux et l'excipient ; car il suffit 
de rejeter le médicament dès qu'il commence à 
occasionner une chaleur et une douleur très-fortes. 

Il est peu de substances qui ne puissent exci- 
ter cette membrane; mais toutes ne le font pas de 
Ja même manière et n'agissent ])as également sur 
tous les yioinls : les unes excitent plus parlicullère- 
mcnt les gencives, d'autres le yialais , d'autres la gorge 
(l'acide l)enzoïque, l'ipécacuanha, l'euphorbe, la 
résine de jalap , les canlharidcs, etc. ). Les unes n'ont 



C L I K I Q U E. lOg 

d*abord aucune saveur ou en ont une douce, et 
manifestent bientôt après une saveur plus ou moins 
tenace (la racine de bryonne blanche) ; il eu est qui 
excitent la sécrétion du mucus de la bouche et de la 
salive , et qui déterminent une sensation de chaleur 
très-forte(le poivre , les gérofles, la racine de pyrè- 
tre, etc.) ; il en est d'autres qui opèrent une astric- 
tion notable (l'acide sulfurique, l'alun, les substances 
qui contiennent du tannin en général). Ces dernières 
substances paroissent occasionner à la longue la des- 
truction des dents, ainsi que M. Pérou l'a observé 
dans l'île de Timor. Plusieurs sont susceptibles d'en- 
ilammer et même d'escarriiier ; d'autres peuvent eu. 
outre ])roduire par leur absorption des accidens plus 
ou moins graves. Leur choix doit être subordonné 
aux différentes espèces d'excitation qu'on veut dé- 
terminer. 

Excitation tonique ordinaire de la surface rnU' 
queuse de la bouche et de la gorge. Lorsque cette 
excitation doit être modérée , ou peut se servir des 
substances amères et aromatiques : on peut aussi em- 
ployer les substances végétales astringentes convena- 
blement étendues. On peut les faire mâcher ou les 
employer à l'état liquide. 11 est indifférent laquelle 
de ces substances on choisisse ; néanmoins l'usage a 
plus particulièrement consacré la sauge officinale, la 
myrrhe, le cachou aromatisé et étendu de manière 
à ne pas avoir de saveur acerbe, le macis, la mus- 
cade, etc. Lorsqu'on veut exciter la luette, snrlout 
dans les cas de relâchement, on se sert de la poudre 
de semences de poivre noir, déracine de gingembre, 
de moutarde noire, de gérofles, etc. j ou l'éteuU 



irO l^HARMACOPliE 

siifQsammenl, ou l'applique dlrectemeutsur )a lilet- 
le, et on l'y maintient pendant quelques minutes. 
Lorsqu'on veut plus particulièrement exciter 
l'arrière - bouche , ou peut choisir l'acide ben- 
zoïque, l'ipëcacuanha, etc.; on les étend convena- 
blement et on les y retient pendant un temps suf- 
fisant. Je n'ai pas besoin de répéter quelles sont les 
substances qu'il convient d'employer , si on veut 
en même temps exciter la sécrétion muqueuse buc- 
cale. En général , tous les excitans dont j'ai parlé en 
traitant des applications gastriques peuvent convenir 
ici : c'est ainsi qu'on emploie quelquefois le carbo- 
nate et le muriate d'ammoniaque , etc. Il est quel- 
ques substances qui paroissent peu actives , et qui 
néanmoins opèrent souvent un effet notable dans 
des cas où d'autres corps plus actifs ont été em- 
ployés sans succès. Le borate sursaturé de soude 
(borax) nous en présente un exemple relativement 
aux aphthes; on dissout ce sel dans au moins cin- 
quante fois son poids d'eau , ou on l'incorpore dans 
du miel : celui-ci peut en tenir partie égale sans 
perdre sa consistance molle. Les j)roporlions fré- 
quemment employées sont de 0,2 de ce sel. 

Excitation avec asCriciion» On emploie particu- 
lièrement l'alun, le vinaigre et l'acide sulfuiique 
étendus de manière a avoir une saveur notablement 
acerbe, l'acétate de plomb, l'alcool à io4-o,les 
substances végétales astringentes pures ou peu éten- 
dues. Le choix de ces moyens varie selon les cir- 
constances : c'est ainsi que, pour déterminer une 
«striction modérée sur les gencives , on emploie de 
l'alcool affoibli, de l'espiit de cocLléaria ofliciual, la 



CLlJîflQUE. m 

.macération alcoolique de raifort sauvcige , etc. Lors, 
que les gencives sont fougueuses, saignantes, on ks 
touche avec des astriugens plus actifs : tels sont l'acide 
sulfarlque à lo — o, qu'on a préalablement mêlé 
avec le double de son poids de miel ; l'acide mi- 
riatique à 20 — o étendu également dans le double 
de sou poids de miel ; l'acide muriatique oxygéné 
convenablement affoibli ; les sulfates de zinc ou de 
cuivre dissous dans environ sept fois leur poids d'eau. 
On les applique à l'aide d'un pinceau et on lave la 
bouche immédiatement après. 

§ V. Application des toniques sur la surface mu' 
cjueuse de la cavité nasale , et excitation toni- 
que de cette membrane» 

On n'applique les toniques sur cette membrane 
que lorsqu'on veut agir directement sur elle ; le plus 
souvent même on ne fait aucune application, quoi- 
que cette membrane soit affectée de maladies atoni- 
ques. On n'a point recherché jusqu'ici quel parti on 
peut tirer de l'organe en question pour l'absorption 
des substances excitantes. 

On peut appliquer les toniques sur cette surface 
sous les formes et sous les températures que j'ai indi- 
<juées ailleurs (lom. I , page 189). 

Excitation tonique ordinaire. Lorsqu'on ne veut 
produire qu'une excitation tonique modérée, on a 
recours à des poudres amères et aromatiques. Néan- 
moins, comme les corps pidvérulens déterminent 
facilement l'éternueraent , on préfère les liquides 
aromatiques, la vapeur d'infusés aqueux analogue « 
Dans les cas d'ulcéraliou atonique des parties les 



112 PHARMACOPEE 

])Ilis extérieures (Je la eavité nasale, on emploie le# 
formes molles que j'ai indiquées pour les applica- 
tions cutanées. 

Excitation m^ec aslriction. On emploie le sulfate 
acide d'alumine triple, le vinaigre, l'acide sulFuri- 
que, etc. On étend ces substances de manière qu'elles 
aient une saveur acerbe; on les injecte à l'aide d'une 
seringue, ou on en imprègne de la cbarpie avec la- 
quelle on tamponne l'intérieur de la cavité nasale. On 
empêche la chute de cette dernière dans l'arrière- 
bouche à l'aide d'un tampon de charpie qu'on tient 
appliqué contre les arrières-narines. On se sert à cet 
ffïet de la sonde de Bellocf|. Par son intermède , on 
fait passer un Hl de la cavité nasale dans celle de la 
bouche. On llxe un tampon à l'extrémité de ce (il 
qui pénètre dans la cavité buccale, et on tire alors 
le fil par le nez comme si on vouloil le retirer. Lors- 
qu'il est suffisamment tendu, et qu'on est convaincu 
que le tampon est appliqué contre les arrières-na- 
rines , on remplit l'intérieur du nez de charpie et ou 
fixe le fil au dehors avec un petit sparadrap. Pour 
enlever ce tampon, il suffit d'inspirer fortement par 
le nez : on peut aussi y réussir en tirant par la bou- 
che un fil qu'on a préalablement fixé au tampon. Ou 
n'a recours à ces moyens f{ue dans les cas d'hémor- 
rhagies nasales abondantes f[ui no cèdent pas aux 
moyens ordinaires. 

Le plus souvent on se contente d'agir sympalhi- 
quement : à cet eftet on applique de l'eau fi oide , 
de l'eau vinaigrée autour du nez, au front , aux tem- 
pes, à la nncjue, aux é])auies, aux mains, au scro- 
tum, etc. : ce n'est que lorsque ces moyens sympa- 



CLINIQUE. Il3 

tîiiques sont iusuflisaus qu'on a recours aux moyens 
locaux. 

§ VI. application clés Ioniques sur la surface 
muqueuse des bronches , et excitation tonique 
de ï organe pulmonaire. 

Ce n'est en général que pour exciter directement 
l'organe pulmonaire qu'on fait inspirer les substances 
propres à déterminer l'excitation tonique; c'est ra- 
rement pour agir par absorption soit sur tout l'orga- 
nisme, soit sur quelques organes en particulier. Les 
excitans ne peuvent être introduits clans les bronches 
qu'à l'elat vaporeux et gazeux, et après avoir été 
convenablement étendus dans l'air de la respiration; 
ils ne sont pas par conséquent susceptibles d'un de- 
gré notable de concentration : aussi n'est-ce le plus 
souvent que d'une m.anière secondaire qu'on agit sur 
l'organe pulmonaire. 

Excitation directe de T organe pulmonaire» Pour 
la déterminer on fait respirer la vapeur de plantes 
aromatiques en infusion aqueuse , celle de l'alcool, 
du vinaigre, de l'acide acétique pyro-huileux (ou 
dégage celui-ci extemporanément par la combustion 
du sacre), de l'acide sulfureux (il suffit de brûler du 
soufre au contact de l'air pour le dégager ) , de l'acide 
benzoïque (on expose à cet effet le baume à une 
haute température, par exemple, sur des charbons 
ardens), de l'ammoniaque, de l'acide muriatique, 
de l'acide muriatique oxygéné , etc. Il est plusieurs 
de ces substances , et notamment les acides, qui peu- 
vent occasionner la touX;, et quelquefois même un 
II. « 



I l4 ' P H A E. M A C O l» É E 

craci l'menl de saut; : l'acide muriatiqne oxygéné peut 
occasionner im catarrhe plus ou moins intense. 

E.TcUcition secondaire de l'organe pulmonaire. 
C'est ordinairement avec la surface muqueuse de 
l'estomac qu'on met en contact les substances qui 
doivent exciter secondairement l'organe pulmouaire. 

II est quelques excitans que l'usage a consacrés dans 
cette circonstance : telles sont les Heurs de bouillon 
blanc ( verbascum thapsiis^ L. ), de violette odorante 
{viola odorata, L. ), de pied de chat {gnaphaliiim 
dioïcum , L.), les feuilles et les (leurs de tussilage 
{tussilago farfara, L. ), les feuilles de capillaire 
{adiantïimn capillus veneris , L.). On emploie ces 
différentes substances en infusion aqueuse ; on les 
édulcore avec du sucre ou du miel, et on les fait in- 
gérer à une température chaude. 

Lorsqu'on veut obtenir un effet plus intense, on 
fait ])lus particulièrement usage des feuilles d'hys- 
sopc officinale (/fjssopifs officinalis , L.) , de sauge 
officinale (jiîA^m officinalis , L. ), des Heurs d'ortie 
blanche {lamiinn album, L.), de sureau {sambu^ 
eus niirra , L.) de marrube {marruhimn njulî^are, 
L. ); des sommités de lierre terrestre {glecoma he- 
deracca , L.), de marjolaine {origanum majorant 
Jia, L.), de basilic (^ocymum hasilicum , L.), de 
camphrée de Montpellier {camphoros?na monspe- 
liaca , L. ), de véronique officinale {ueronica offi- 
cinalis , L.) ; des semences d'apis {pimpinella ani- 
sum, L. ) , de fenouil ( anethum fœnicuhim , L. ); 
des capsules d'anis étoile {illiciuni anisatum , L. ); 
des racines d'angélique {angelica archangclica, L.), 
d'aunée {Jnula helcnium , L.), etc. Ou emploie ce» 



CLINIQUE. Îl5 

différentes plantes en infusion et deia même manière 
que les précédentes. 

Outre ces substances , on fait quelquefois ingérer 
les baumes, et surtout celui de tolu ; le soufre, les 
sucs concrets fétides, et surtout Tammoniacum ; les 
sels ammoniacaux , et surtout l'acétate d'ammoniaque j 
les amers, tels que le lichen d'Islande, le quinqui- 
na, etc. 

Ou a préconisé les racines depolygala amer {poly- 
^ala amara, L. ), et de polygala sénéga (^polygaîa 
senega 3 L.); mais elles ne présentent pas de pro- 
priétés particulières qui soient bien démontrées; elles 
provoquent facilement le vomissement, et c'est peut- 
étresousce rapport qu'eilesontétéquelquefois utiles. 

On fait aussi un usage fréquent du bulbe de scille 
{scil/a rnaritima L.), et surtout de l'oxymel scilli- 
tique , de l'ipécacuanha , des oxydes d'antimoine 
bydro-sulfurés brun et orangé, etc. Ou les admi- 
nistre souvent de manière à ce qu'ils produisent des 
nausées et même des vomiturilions. 

Les racines d'arum tacheté (^arwn maculatum , 
L.) et d'iris de Florence (/m florendna , L,) ont 
aussi xîté employées pour exciter secondairement 
l'organe pulmonaire; mais elles ont l'inconvéïiient 
de varier à l'infini dans leur composition, d'être 
âcres, vénéneuses ou inertes, selon qu'elles sont 
fraîches ou desséchées, selon l'époque de leur ré- 
colte , le mode de dessiccation, le sol où elles ont 
crû, etc. Elles n'ont pas d'ailleurs d'action plus évi- 
dente que les substances précédentes; elles pro- 
duisent facilement le vomissement et la purgation. 
11 est en général difficile de déterminer, dans ua 



1 1 f > V II A R M A C O P E E 

grand uombre de cas, si les différentes subslanccs 
que je viens d'éimmérer exercent une action eTi- 
dente sur l'organe pulmonaire. On ne les emploie 
que lorsque ce dernier est malade , et l'observation 
journalière prouve que cet elat persiste souvent 
malgré leur emploi , et que souvent aussi il cède à 
la seule application des règles de l'hygiène. 

La rubéfaction et la vésication de la peau et sur- 
tout des cotés du thorax, du dos, des jambes, de 
l'intérieur des cuisses sont souvent employées pour 
exciter d'une manière secondaire le ton de l'oigane 
pulmonaire. 

Ou cherche en général à exciter le ton de l'organe 
])ulmoiiaire dans la troisième période du catarrhe 
aigu qui menace de passer à l'état chronique j dans 
la troisième période de la pneumonie , lorsque l'ex- 
pectoration n'a pas lieu convenablement; dans le 
catarrhe chronique qui est accompagné ou non de 
fièvre hectique , etc. 

Excltaùun (le V organe pulmonaire avec astric^ 
tion» C'est par des applications cutanées et gastri- 
ques qu'on cherche à déterminer cet effet : c'est ainsi 
qu'on applique des compresses d'eau froide ou de 
glace sur la poitrine, qu'on donne à l'intérieur de 
l'acide sulfurique et de l'alun convenablement éten- 
dus. 

§ VII. Application des toniques sur la membrane 
Tnwpicusc de Vœil , et excitation tonique de cet 
organe. 

On n'applique les toniques sur la conjonctive que 
lorsqu'on se [jroyoàc de rcxcilcrdireclemcnl, ou de 



C L I T^ I Q U E* 1Î7 

produire cet effet sur les tissus soujacens. On n'agit 
souvent sur elle que d'une manière secondaire , en 
excitant l'estomac de manière variée, en délermi- 
nant le vomissement , en produisant la rubéfaction 
et la vésicalion de la région mastoïdienne et de la 
nuque , en déterminant la suppuration du tissu cel- 
lulaire de la nuque , etc. 

On peut V appliquer les topiques sous formes puî- 
Térulente , molle , liquide et vaporeuse ( tome T , 
page 187). On peut les administrer sous une tempé- 
rature froide ou chaude : on est obligé de les em- 
ployer très-étendus comparativement à ceux qu'on 
applique sur les autres surfaces organiques. 

Les corps susceptibles d'exciter la conjonctive 
sont très-multipliés. On sait que la poussière et la 
fumée V déterminent de la douleur ; les corps en 
apparence les plus inertes peuvent même l'entlam- 
mer ; toutes les poudres indistinctement , même celle 
de gomme arabique et de sucre excitent cette mem- 
brane. Il n'en est pas de même des substances liquides 
et vaporeuses, car l'eau mucilagineuse, l'eau sucrée , 
celle qui tient eu dissolution du sulfate de soude, du 
phosphate de soude ne produisent pas d'effet notable 
sur elle. L'alcool , l'éther , les huiles volatiles, To- 
pium, le camphre, tous les sels métalliques, les 
acides, les alcalis, les muriates, les caibonates y oc- 
casionnent tous de la douleur et de la chaleur; ils 
peuvent même l'enflammer s'ils ne sont pas assez 
étendus ; et ce degré d'intensité varie et pour la plu- 
])art d'entre eux, et selon la susceptibilité indivi- 
duelle. Les amers appliqué* en solution saturée ne 
m'ont pas paru y déterminer de chaleur ni de dou- 



Il8 PHARMACOPÉE 

leur notables. Il n'en est pas de même des substances 
tannines appliquées en solution concentrée. Je vais 
indiquer celles de ces substances que l'usage a plus 
particulièrement consacrées. 

Kxcitation tonique ordinaire de la conjonctive. 
On se sert à cet effet de Teau froide , de l'alcool 
étendu d'eau, des eaux distillées aromatiques, des 
huiles volatiles, du camphre , convenablement éten- 
dus soit dans l'alcool , soit dans l'eau. Les eaux dis- 
tillées aromatiques que l'usage a plus particulière- 
ment consacrées sont celles de roses , de fenouil , etc 
On emploie particulièrement l'alcool opiatiquc con- 
venablement étendu ou la solution aqueuse de 0,00 1 
d'extrait aqueux d'opium. On peut faire usai^e de 
murlate d'ammoniaque, de muriate de soude, de tar- 
trite de potasse antimonié, etc., convenablement 
étendus. On emploie le muriate de mercure suroxydé 
dans le cas d'ophlbalmie sy]»hilitique. Lorsqu'on 
veut obtenir une excitation plus intense , on emploie 
les liquides precédens moins étendus. On fait aussi 
usage de i'éther , de l'ammoniaque (à cet effet il suf- 
fit d'exposer l'oeil à la vapeur de l'une et de l'autre 
de ces substances; et si on n'a pas d'ammoniaque 
toute extraite , on peut la dégager instantanément 
en triturant du muriate d'ammoniaque avec de la 
chaux et en approchant ce mélange de l'oeil ), de l'é- 
manation de l'ail , de l'oignon, vie. On y souflle quel- 
quefois des substances pulvérulentes solubles, telles 
que le sucre candi et la plupart des sels alcalins ou 
terreux que l'eau peut dissoudre. 

Lorsqu'on veut opéwcr une excitation très forte,, 
on iliit surtout usa;;e de l'oxyde de mercure ro'jge», 



CLINIQUE. lî^ 

de l'oxyde de fer rouge; on emploie ces subslances 
surtout pour exciter le bord ciliaire des paupières. 
On étend à cet effet l'oxyde mercuriel ronge dans 
vingt fois son poids d'axouge ; l'oxyde de fer rouge , 
celui de zinc peuvent être étendus eu toute propor- 
tion; ou peut aussi employer le sulfate de cuivre, 
celui de zinc en solution ou en mixtion plus ou 
moins saturées. En général , ou détermine ces pro- 
portions d'après la susceptibilité locale. On a quel- 
quefois recours à l'électrisation par pointes : on se 
sert à cet effet d'une pointe métallique, et quelque- 
fois même d'une pointe de bois qu'on tient»assez éloi- 
gnée pour qu'elle ne puisse pas occasionner d'étin- 
celles. Le sujet peut être isolé ou non : dans le pre- 
mier cas , on place , à l'opposé de la tête et à la dis- 
tance de deux centimètres environ des tégumens, 
une pointe non isolée. On éprouve un souftle léger; 
la conjonctive rougit plus ou moins ,et la sécrétion 
des larmes est augmentée. On a eu recours avec 
avantage à ce mode d'éiectrisationdans des cas d'opli- 
tbalmie clironique. 

Ou cherche à déterminer celte espèce d'excitation 
dans la troisième période de l'ophthalraie aiguë , dans 
l'ophthalmie chronique , dans l'imminence d'une 
oplilhalmie habituelle périodique, dans l'aîbugo, 
dans les ulcérations chroniques du bord ciliaire des 
paupières , etc. 

Kxcitatioii avec astriction. On emploie particu- 
lièrement l'alun , le sulfate de zinc, l'oxyde de cui\ re, 
la dissolution d'oxyde de cuivre dans l'ammioniaque 
étendue, l'acétate de plomb, les substances végétales 
astringentes en solution aqueuse, les acides hès' 



I20 PIIAIIMACOPEE 

éleiiJus. On doit graduer les proportions dans les- 
quelles on dissout ou on étend ces corps, d'après le 
degré de susceptibilité individuelle. Les proportions 
les plus ordinaires sont de o,oi à o,o5 d'alun , de o,o5 
d'acétate de plomb, de 0,0 1 à o,o5 de sulfate de zinc 
et de sulfate de fer. On prépare la dissolution d'oxyde 
de cuivre dans l'ammoniaque , en triturant une partie 
d'oxyde de cuivre carbonate avec trois parties d'am- 
moniaque, et ou étend le tout dans mille parties 
d'eau. 

On emploie ces moyens dans les mêmes casque les 
précédens, surtout au début d'opbthalmie habituelle, 
dans des ras d'opblhalmies chroniques, de varices 
du bord ciliaire des paupières et de la conjonctive 
elle-même. 

§ VIIL u^pplicûtion des toniques si/r la surface 
muqueuse du conduit auriculaire , et excitation 
tonique locale» 

Ce n'est aussi que pour agir localement ou par 
contiguïté qu'on applique les toniques sur celte sur- 
face. On les administre sous les formes que j'ai indi- 
quées ailleurs ( tome l , page 2 1 5 ). Les formes qui sont 
destinées aux applications cutanées peuvent parfaite- 
ment convenir ici. On peut aussi recourir à l'électri- 
salion par pointes: on procède de la manière que je 
viens d'indiquer pour l'électrisallon de la membrane 
muqueuse de fœil. 

Ce n'est en général que dans les catarrhes chroni- 
ques opiniâtres de la membrane muqueuse du con- 
duit auriculaire qu'on a recours ù ces moyens. Le 



CLITTIQUE. 121 

plus souvent même on les abandonne àenx-méraes, 
ou si on cherche à les faire cesser lorsqu'ils sont 
devenus habituels, c'est après avoir élabii un exuloire 
ailleurs. 

§ IX. application des Ioniques sur la surface mu- 
queuse de r urètre , et exciiation tonicjue do cet 
organe. 

On n'applique les toniques sur la surface muqueuse 
de l'urètre que lorsqu'on veut opérer une action lo- 
cale. On préfère même le plus souvent d'agir secon- 
dairement sur elle : on applique alors les excitans sur 
le pénis , au périné, ou on les introduit dans l'estomac 
ou dans le gros intestin. 

On administre les toniques à l'état liquidesous une 
température variée, et dans des proportions relatives 
au degré de susceptibilité locale (tome I , page 2i3). 

On n'a pas encore recherché de quelle manière 
les différens corps connus excitent localement celle 
membrane, lorsque toutefois on les a amenés au degré 
de division convenable. Je n'indiquerai donc que 
ceux qui ont été consacrés par l'usage. 

Excitation tonique ordinaire* On introduit rare- 
ment des excitans dans l'urètre pour produire ce 
mode d'excitation ; il faut en excepter les excitans 
mercuriels, par exemple, le solutum de 0,00 1 à 0,002 
de muriate de mercure suroxjdé, le suspeusum de 
0,07 à 02 , etc. de muriate de mercure doux. 

On fait quelquefois usage de l'éleclrisationetdela 
galvanisation ; il sufH^à cet effet d'introduire une tige 
métallique dans l'urètre. Si on a recours à l'électri- 



12.1 PHARMACOPEE 

sation , le malade doit être isolé et communiquer avec 
le conducteur principal de la machine en action : ou 
tire des étincelles de la sonde. Si on a recours à la 
galvanisation , on fait communiquer cette sonde al- 
ternativement avec un des pôles de la pile, tandis 
que Tautre pôle est en contact permanent avec une 
autre partie quelconque du corps. Ces deux modes 
d'excitation déterminent des douleurs vives. 

Ejccitation avec astriction. Ou emploie particu- 
lièrement l'alun, le sulfate de zinc, le sulfate de 
cuivre, l'acétate de plomb, l'oxyde de cuivre ammo- 
uiacé , l'alcool, le cachou , les galles. Les proportions 
les plus ordinaires sont les suivantes: o,o5 d'alun, 
0,0 1 de sulfate de zinc, 0,01 d'acétate de plomb, 
0,002 de sulfate de cuivre, 0,01 d'oxyde de cîiivre 
animoniacé , 0,01 de cachou, 0,02 de galles , l'alcool 
à lo+o. 

Ou a recours à ces moyens dans la troisième pé- 
riode du catarrhe aigu de l'urètre, dans le catarrhe 
chronique; on les emploie quelquefois dès l'imnii- 
ïience de cette maladie, afin de prévenir sa foimalion. 
Mais on sait quelle prudence exige ce mode de trai- 
tement. 

Lorsqu'on veut exciter par contiguiiéla membrane 
muqueuse en question, on a recours aux lotions, 
aux balnéations et aux douches locales faites avec 
l'eau froide ou chaude, avec l'alcool aqueux, avec 
des infusés aromatiques variés. On a quelquefois 
recours à la rubéfaction du périné. Les excitans qu'on 
introduit le plus fréquemment dans le conduit ali- 
mentaire sont les térébenthines de mélèïe et de co- 
pahu, etc. 



CLINIQUE, 123 

On a recours à ces difféiens moyens dans la (roi- 
SRimc période du catarrhe aigu de l'urètre qui tend 
à la chronicité, dans les catarrhes chroniques, etc. 

§ X. Application des toniques sur la surface mu- 
queuse du "vagin et de l'utérus , et excitation 
Conique d& ces organes. 

Ce n'est que pour agir localement ou par contiguïté 
qu'on applique des toniques sur la surface muqueuse 
du vagin et de l'utérus. Souvent même on n'agit que 
secondairement sur ces organes, et c'est soit avec la 
membrane muqueuse de l'estomac ou du gros intes- 
tin, soit avec la peau, qu'on met alors ces excitans 
en contact. Fréquemment on excite tout l'organisme, 
afin de faire participer ces organes à l'excitation 
générale. C'est ordinairement à l'état liquide, vapo- 
reux et gazeux qu'on applique les toniques sur les 
surfaces muqueuses du vagin et de l'utérus. On les 
injecte sous une température froide ou chaude, selon 
les circonstances particulières que j'ai déjà plusieurs 
fois indiquées. On ne k's applique sous forme molle 
fjue lorsqu'on veut exciter les parties les plus exté- 
rieures de cet appareil d'organes. Les exclpiens que 
j'ai indiqués pour les applications cutanées et uré- 
traies, etc., ])euvent également convenir ici: on les 
emploie dans des proportions à peu ])rès analogues. 

Excitation ordinaire de l' appareil génital de la 
femme. On applique rarement des médicamens to- 
piques sur la surface en question pour déterminer 
une excitation tonique lente; le plus souvent on les 
fait ingérer ou on les injecte dans le rectum. Les 



124 P H A R M A c o r r E 

snbslances qu'on introduit le plus fréquemment dans 
l'estomac pour obtenir cet effet sont les ferrugineux, 
le camphre , les feuilles et les fleurs d'absinlbe 
( nrleniisia ahsintliiuin , L. ) , d'armoise {^art.einisia 
inilgaris , L. ), de matricaire ordinaire {^matricaria 
jfarthenium , L.), de camomille romaine {anthémis 
nohills , L.)j la myrrhe, les sucs concrets fétides, 
et surtout l'assa-fœlida , le sagapënum, les sommités 
de rue ( nita f^raveolens ^ L. ) , les feuilles de sabine 
{^juniperns sabina , L. ), le safran {crocus sativiis , 
L.), l'aloès, les racines d'aristoloche ronde et Xon- 
s^ue (^arisLolochia longa et rotonda , L. ), la racine 
de garance {^ruhia tinctorinn ^ L.), etc. 

Ou peut injecter ces différentes substances dans le 
gros intestin. Ce sont les plus odorantes d'entre elles 
qu'on a]>])liquequelquefoissur la région supubienne; 
ce sont aussi celles-ci qu'on injecte dans le vagin ; le 
plus souvent même on se contente de diriger leur 
vapeur vers l'utérus. 

Parmi ces différentes substances il en est quelques- 
unes que la ])lupart des médecins regardent depuis 
long-temps comme inertes : telles sont les racines 
d'aristoloche; d'autres peuvent produire des accidens 
graves: telles sont les feuilles de sabine. 

Ou emploie quelquefois l'electrisation par pointes 
et la galvanisation. La manière d'electriser l'utérus est 
la suivante. La femme doit être isolée ; on approche, 
à la distance de 2 à 4 centimètres d'une région quel- 
conque du bassin, une pointe métallique isolée qui 
communique avec le conducteur principal de la nja- 
chine électrique; on place une autre pointe non iso- 
lée à l'opposiledcla première et à une distance egaîc 



CLINIQUE» 125 

de la peau. Celte ëleclrisatioa peut avoir lieu à tra- 
vers les vètemens. Lorsqu'on veut galvaniser , il est 
nécessaire que les deux pôles de la pile touchent di- 
rectement la peau à l'aide de leur conducteur , et 
que les points de contact soient humectes avec de 
l'eau salée. On applique ordinairement l'un de ces 
conducteurs à la région sacrée, et l'autre à la région 
supubiennej on peut aussi introduire une sonde mé- 
tallique plus ou moins profondément dans le vagin , 
et la faire communiquer avec le conducteur, qu'on 
applique ordinairement au pubis. On enlève et on 
rapproche alternativement le conducteur du pôle 
zinc ou du pôle cuivre , selon l'espèce de commotion 
qu'on veut produire, et quelquefois on déplace al- 
ternativement l'un et l'autre. La dénudation que 
nécessite la galvanisation la rend d'une application 
désagréable. On peut y remédier en faisant commu- 
niquer les deux pôles avec la plante des pieds qu'on , 
tient plongée dans de l'eau salée. L'excitation déter- 
minée a l'aide de l'un et de l'autre de ces moyens 
est prompte , mais aussi n'a-t-elle qu'une durée mo- 
mentanée. 

Ces différens moyens ne produisent pas plutôt 
lin effet qu'un autre. Leur action se borne à exciter 
le ton de l'organe utérin, et leurs effets doivent va- 
rier selon que telle ou telle fonction utérine est plus 
particulièrement lésée. C'est d'après cela qu'ils peu- 
vent provoquer ou supprimerl'écoulementdes mens- 
trues , occasionner l'écoulement des lochies, dimi- 
nuer ou supprimer le catarrhe chronique, faciliter 
le travail de l'accoucheme t, etc.; mais ils ne ])ro- 
çUiisent ces effets quç dans le cas où les maladies dont 



126 PHARMACOPÉE 

il s'asit sont dues à un elat de débilite. D'ailleurs 
d'aulies subslances Ioniques donnent souvcul lieuati 
même rësullat, et on a des exemples nombreux de 
l'inefficacité de la plupart de ces substances, même 
dans les cas qui paroissoient le plus en nécessiter Tu- 
sage. On sait d'ailleurs qu'une bonne nourriture, le 
coït modéré, l'exercice, la danse, les promenades eu 
voiture, les distractions, les affections morales agréa- 
bles ont suffi dans un grand nombre de circonstances 
pour déterminer ])lusieurs des effets en question. 

Les circonstances dans lesquelles on a recours à 
IVmploi des toniques sont les affections maladives 
dépendantes d'un état de débilité, sous quelque 
forme qu'elles se présentent et quelques fonctions 
utérines et vaginales qu'elles lèsent plus particuliè- 
rement. 

ExcUation des organes génilaiix avec astricdan. 
Pour déterminer ce mode d'excitation, on injecte 
dans l'intérieur du vagin de l'eau acidulée avec de 
l'alun, avec du vinaigre , avec l'acide sulfurique; on 
est quelquefois même obligé d'imprégner de la 
charpie avec l'une ou l'autre de ces substances, et 
puis d'en tamponner le vagin ; mais en général on n'a 
recours àcette application que lorsqu'on a vainement 
agi sur la membrane muqueuse de l'estomac, du gros 
intestin et sur la peau de la région supubienneet des 
cuisses, etc. Les substances qu'on emploie plus par- 
ticulièrement à l'intérieur sont l'alun et l'acide sulfu- 
rique. On fait pins rarement us.ige des substances vé- 
gétales astringentes, ou si on les emploie, c'est pres- 
que toujours coiijoiulement avec l'alun : c'est ainsi 
qu'on unit soit Iç sangdragOD, soit le cachou, soit le 



CLINIQUE. 127 

kino avec ce sel acide ; ce sont les mêmes substances 
qu'on injecte dans le rectum; l'eau froide et le vinai- 
gre , convenablement étendus , sont les liquides 
qu'on applique plus particulièrement sur la peau. 

Pourobtenir un effet local moins intense on injecte 
dans le vagin des substances analogues à celles que 
j'ai indiquées pour les injections urelralcs. 

C'est particulièrement dans lecalarrbe chronique, 
ou dans le passage du catarrhe aigu à l'état chroni- 
que, et dans les hémorrhagies utérines immodérées, 
qu'on y a recours. On sait en général quelle pru- 
dence exigent ces différentes suppressions. 

ORDRE DEUXIÈME. 

Médications phîegmasiqucs. 

Les médications phlegmasiques sont caractérisées 
par de la douleur, de la chaleur , et un gonflement 
plus ou moins grand; elles peuvent être plus ou 
moins intenses, avoir une durée variée, se terminer 
par résolution ou passer à l'état d'escarre ou de sup- 
puration. Elles se manifestent plus ou moins prompte- 
ment après rapplicalion de l'irritant. 

Ces phénomènes locaux peuvent être accompa- 
gnés de phénomènes généraux plus ou moins inten- 
ses, selon le siège el le degré d'irritation de la phleg- 
masle, ainsi que selon la susceptibilité individuellG. 
Il se manifeste fréquemment un état fébrile; les 
orgaues contigus et ceux qui sympathisent avec le 
tissu entlammé, sont plus ou moins affectés. 



laS P II A R M A C O P i, £ 

L'Inlkience locale, conligue et sympathique des 
iiieclicalious plilcgmasiques n'est pas constaute; elle 
est d'une durée variée, et n'est souvent que momeu- 
lauée. 

Tous les lissus ne sont pas également propres à de- 
venir le sicge d'une inllammation médicamenteuse. 
La peau et le tissu cellulaire soucutané sont les or- 
ganes qu'on enllamme plus particulièrement lors- 
qu'on veut agir d'une manière secondaire. On n'ir- 
lile les surfaces muqueuses du conduit auriculaire, 
de la gorge , de l'urelrc et du vagin , que lorsqu'on 
v(iut agir localement ou par contiguilé. On n'en- 
llamme la tunique séreuse des testicules que lors- 
qu'on veut déterminer le collement des parois de la 
poche qu'elle torme, et qu'on veut prévenir par là 
un nouvel épanchement. 

Les médications phlegmasiques sont indiquées , 

1°. Pour déleiininer de la douleur; 

z"^. Pour remplacer une phlegmasie locale directe 
ou conligué qui vient de se supprimer et qui a déter- 
miné des accidens variés, ou qui est menacée de déli- 
tescence ou de métastase; 

5". Pour favoriser le développement d'une phleg- 
masie critique ; 

4°. Pour déterminer l'adhésion de parties conti- 
guës; 

O^, Pour changer le mode d'inflammation d'un 

o 

organe , par exemple, de la peau , dans le cas de d .r- 
Ircs rebelles , etc. ; 

6". Pour prévenii- ou l'aire cesser l'état maladif 
d'un organe plus ou moins éloigné ; 

7". Pour provoquer un élal féhrile , etc. , etc. 



CLINIQUE. 129 

On emploie des moyens varies selon l'organe qu'on 
veut enflammer, selon le (ICj^ré d'Inflammation qu'on 
vent occasionner , selon la promptitude avec laquelle 
on veut agir, selon l'étendue que l'irritation doit 
avoir, etc. 

§ h^c Médications phlegmasiqiies de V organe 
cutané» 

Les médications phlegmasiques de l'organe cutané 
sont ordinairement érysipëlatcuses, plus rarement 
pustuleuses et maculaires. Les premières peuvent 
être accompagnées d'exhalation avec ou sans soulè- 
vement de l'épiderme; d'autres fois elles passent 
promptement à l'état d'escarre. 

Ces médications phlegmasiques présentent des va- 
riétés sons le rapport de la promptitude de leur 
invasion, sous celui de leur étendue, de leur inten- 
sité, de leur durée, elc. Elles peuvent occasioiiner 
des éruptions cutanées dans des parties plusou moins 
éloignées, provoquer la sueur, la soif, la constipa- 
tion. Un état féhrile les accompagne souvent, surtout 
lorsqu'elles ont beaucoup d'étendue, qu'elles sont 
très-intenses , et qu'elles ont leur siège dans des ré- 
gions où le derme est très-sensible. Les organes des 
sens, de l'entendement et de la locomotion sont ex-^ 
cités, les glandes lymphatiques voisines sont quel^ 
quefois tuméfiées, et les organes contigus, ou ceux 
qui sympathisent avec la région de la peau qui est 
enflammée , éprouvent des changemens plus ou 
moins marqués. Ces effets secondaires sont plus in- 
tenses si l'inflammation est suivie de la vésicalion ou 
u. 9 



l3û PHARMACOPÉE 

de i escar re. Il est des circonstances dans lesquelles 
on ne peut déterminer si les cliaugeraens qui sur- 
viennent dans la marche des maladies sont dus à Tin- 
Hammation elle-même, ou à l'exhalation quiia suit. 
On a recours aux médications phlegmasiques de 
la peau , 

1°. Pour produire de la douleur; 
2°. Pour retenir ou rappeler une phlegmasie cu- 
tanée qui est menacée de délitescence , ou qui vient 
de se supprimer , ])ar exemple, la variole , l'ér^si- 
pèle, etc. ; pour favoriser une éruption critique qui 
languit ; 

3°. Pour changer le mode d'irritation de différens 
exanthèmes , par exemple, des dartres, de la tei- 
gne, etc.; 

4°. Pour empêcher qu'une phlegmasie cutanée 
générale ne soit trop intense dans certaines régions : 
c'est ainsi qu'on ruhétie les membres inférieurs pour 
empêcher que l'éruption de la variole ne soit trop 
abondante à la face. 

5°. Pour exciter des organes contigus : c'est ainsi 
qu'on excite les parotides lorsqu'elles s'entlamment 
vers la lin des maladies aiguës et que leur phlegma- 
sie est menacée de délitescence; c'est ainsi qu'on ex- 
' cite quelquefois les glandes inguinales dans le bubon 
pestilentiel, les muscles dans les cas de paralysie lo- 
cale , de rhumatisme chronique , etc. 

G^. Pour prévenir la congestion dont est menacé 
un organe, par exemple , l'encéphale dans les fiè- 
vres ala\lcjues,les poumons dans la variole ; ou pour 
diriger celte congestion vers un organe : c'est ainsi 
qu'on rubelic quelquefois les membres inférieurs 



CLINIQUE. i5r 

pour faciliter ou provoquer rëcoulement menstruel. 

7^. Pour faire cesser des lésions d'organes plus 
ou moins éloignés : on procède quelquefois de cette 
manière dans les cas de coliques , de hoquet , d'odon* 
talgie, d'olalgie, de névralgie, de douleurs rhuma- 
tismales chroniques, de pleurodynie; c'est encore 
ainsi qu'on cherche quelquefois à supprimer des 
phlegmasies dès leur début, par exemple, la pleu- 
résie, la péritonite , etc. ; pour tarir des hémorrha- 
gies par exhalation. 

8". Pour produire une excitation générale, par 
exemple, dans la deuxième et la troisième périodes 
de lièvres adynamiques et ataxlques , etc. 

9"^. Pour exciter l'action du cœur, des poumons» 
de l'encéphale , par exemple , dans la syncope , l'as- 
phyxie , le coma , etc. 

Lorsqu'on veut supprimer ou diminuer la maladie 
locale d'un organe plus ou moins éloigné, il est sou- 
vent nécessaire de faire précéder la médication phleg- 
masique par l'usage des saignées veineuses ou capil- 
laires, selon qu'il y a lièvre, menace de congestion ^ 
plîlegmasie ou hémorrhagie de l'organe affecté. Ou 
en trouve facilement la raison, si on fait attentiou 
que les inflammations cutanées accélèrent la circu- 
lation générale et capillaire. 

Les médications en question ne peuvent convenir 
lorsqu'il y a un état fébrile très-intense ; en un mot , 
quand il existe une irritation générale très-forte, ou 
qu'il est dangereux, de troubler l'exercice d'une fonc- 
tion qui présente des intermissions , par exemple » 
durant le travail de la digestion , durant l'écoulé» 
meut menstruel ; lorsqu'il se forme une plîlegmasie. 



102 PHARMACOPEE 

une sécrétion ou une exlialaliou crllique , et qu'elles 
ont lieu convenablement, etc., elc. 

Le choix (le la réi^ion cnlanée qu'on doit cnllam- 
merest snborclonnë à rdTet local, continu ou sym- 
pathique qu'on veut produire. On ne sauroit être em- 
barrassé dans le choix lorsqu'il s'agit d'opérer un 
effet local ou conligu. 11 n'en est pas de même lors- 
qu'on vent agir sur un organe plus ou moins éloigné. 

Lorsqu'on veut exciter tout l'organisme, on .irrite 
la partie inlerne desmollels, des cuisses, des bras, 
la ])lanle des pieds, la région du rachis. Lorsqu'on 
veut agir sur l'encéphale, on irrite le derme chevelu, 
la nuque, la plante des pieds , la partie inlerne des 
cuisses, le rachis. Pour agir sur les yeux, on en- 
llamme la nuque, la région mastoïdienne, le Iragus. 
Pour agir sur le sens de l'ouïe , on irrite la région 
masloïdicnne. Pour exercer une action sur l'organe 
du goût, on irrite l'antérieur ou les parties latérales et 
supérieures du cou. Pour agir siu' les organes vocaux , 
on irrite à peu près les mêmes régions. Lorsqu'on 
veut agir sur les nerfs, on enflamme la peau (jui les 
recouvre directement. Pour exercer une inilueuco 
sur les muscles volontaires , on enOammc la peau 
qui les recouvre, ou celle qui répond aux nerfs 
qu'ils reçoivent. Lorsqu'on veut agir sur les pou- 
mons , on irrite les côtés du thorax, l'intervalle qui 
est entre les épaules, la partie interne des bias, 
l'aisselle, la partie interne des jambes et des cuisses, 
la ])lante des pieds. Pour agir sur la plupart des or- 
ganes abdominaux, on irrite les parois abdominales. 
Pour agir sur l'utérus, ou irrite les mamelles, la par- 
lie interne des cuisses, les mollets, la piaule des 



CLINIQUE. l33 

pieds. Pour agir sur la vessie urinaire, on irrite la rë- 
£^ion du sacrum et du périné. Pour agir sur rurèlre, 
on irrite le périné, les tégumens du pénis, etc., etc. 
Le choix de ces différentes régions n'est jamais 
indifférent. Lorsqu'on veut agir sjmpnthiquement 
sur un seul organe, on irrite des réglons pinson 
moins éloignées , selon que la maladie est à son dé- 
but, ou selon qu'elle existe depuis long-lemps j selon 
que c'est une inllamraation ou seulement une lésion 
de la sensibilité et de la contractilité animales : en 
général, on irrite la même moitié latérale du corps, 
lorsqiuc l'affeclion qu'on veut combattre est à son in- 
vasion. Si c'est une plilegmasie aiguë ou une bémor- 
rliagie active qui débute, on irrite des régions éloi- 
gnées ; ou si on détermine l'inllammalion de la peau 
la plus voisine , on a d'abord recours à l'emploi des 
saignées capillaires : on se comporte ainsi au début 
delà pleurésie, de la péritonite, etc. Si la maladie 
est chronique, ou si elle consiste uniquement dans 
une lésion des propriétés vitales animales, on irrite 
les régioDS cutanées les plus voisines : c'est ainsi qu'on 
procède dans l'ophthalmie chronique > dans la né- 
vralgie, etc. Si la maladie locale est l'effet d'une raé- 
lastase, et qu'elle soit encore à sou début, on irrite 
de préférence les réglons cutanées qui étoient primi- 
tivement affectées, ou celles qui sont les plus voi- 
sines de l'organe dont la maladie s'est suppi imée. Si 
l'affection locale est liée à un état de pléthore géné- 
rale, aune lièvre Inilammatoire, il faut faire pré- 
céder la saignée veineuse, lorsque toutefois elle est 
indiquée. 

li est un grand nombre de corps susceptibles d'en- 



l34 P H A K M À C O P li E 

ilammer îe derme; mais tous ces corps n'agissent pas 
(le la même manière, avec la même constance, avec 
la même promptitude. Il en est qui se bornent à 
produire la rubéfaction , d'autres qui déterminent 
facilement la vésioation, quelques-uns qui, selonleur 
degré de concentration et la durée de leur applica- 
tion, peuvent occasionner l'escarre; quelques autres 
peuvent êtrG en même temps absorbés et pioduire 
des effets variés sur des organes plus ou moins 
éloignés. Il en est dont on n'a pas encore étudié le 
mode de préparation et d'application le plus con- 
venable. Les corps dont on se sert le plus souvent 
pour enflammer le derme sont les suivans : 

1°. Moyens qui ne produisent que la rubéfaction. 

Frictions sèches. 

Ou les fait avec de la laine , de la flanelle , des 
brosses, etc. La rubéfaction qu'on détermine parce 
moyen est prompte et momentanée : on peut lui 
donner une étendue considérable. On emploie ce 
moyen particulièrement dans les cas de syncope , 
d'asphyxie, de paralysie, de rhumatisme chronique, 
de rachltis,etc. 

Frictions électriques et galvaniques. 

Pour faire usage des frictions électriques, on isole 
le sujet ou non. Dans le premier cas, on le frotte 
avec une brosse métallique non isolée; on se con- 
tente quelquefois d'appliquer un morceau d'étoffe 
sur la peau, et on promène par-dessus une sphère 



CLINIQUE. Io5 

métallique non isolée. Si le sujet n'est point isolé, 
on fait communiquer la brosse avec le conducteur 
principal. 

Lorsqu'on a recours aux frictions galvaniques, 
le sujet doit communiquer avec un des pôles de la 
pile de VoUa, pendant qu'on frotte la peau dénudée 
avec une brosse qui communique à l'autre pôle. 

L'inllammalion qu'on détermine à l'aide des fric- 
tions électriques et galvaniques est prompte , in- 
tense , et peut avoir l'étendue qu'on désire ; sa durée 
est courte : on y a recours dans des cas analogues 
aux précédens (i). 

(i) Lorsqu'on emploie les frictions électriques , il vaut mieux 
isoler le malade que le laisser en communication avec le 
réservoir commun. La main peut Irès-blen reraplacer la brosse 
de métal qu'indique M. Schwilgué.Au surplus, ces frictions, si 
elles avoient une action appréciable , exciteroient plutôt le sys- 
tème nerveux cérébral que la circulation capillaire de la peau , 
dont elles ne déterminent jamais par ellefi-mêmes l'inflamma- 
tion. Lorsqu'elles sont suivies de la rubéfdction, cet effet n'est 
dû qu'à l'action mécanique du corps qu'on a employé pour les 
faire. M. Geoffroy , médecin de l'HôleUDieu, en a fait usage 
pendant plus de trente jours consécutifs, chez un paralytique , 
sans occasionner aucun changement de couleur à la peau. Les 
muscles paralysés ont repris peu à peu une partie de leurs 
mouvemens j mais comme il est impossible d'employer les fric- 
tions électriques sans déterminer des étincelles, c'est exclusi- 
vement à celles-ci , et aux commotions que M. Geoffroy faisoit 
donner en même temps , que j'atlribue les effets obleaus 
P. H. N. 



l3G PHARMACOPÉE 

Ventouses sèches. 

Lorsqu'on vent enflammer avec les ventouses , ou 
se sert de petits vases de verre, larges à leur fond et 
étroits à leur ouverture. On commence par rarétier 
Fair qui est dans leur intérieur; à cet effet on y fixe 
un peu de coton ou de papier à l'aide de la cire, et 
on enflamme ces substances. Dès que la combustion 
a cessé , on appose l'ouverture de la ventouse sur la 
peau qu'on veut enflammer : on l'y laisse jusqu'à ce 
que l'effet soit obtenu. 11 suffit pour l'enlever, d'in- 
cliner le vase d'un côté afin d'y laisser entrer l'air at- 
mosphérique. On multiplie les ventouses selon l'é- 
tendue qu'on veut enflammer. 

Ce moyen ])roduit promptement une inflamma- 
tion peu douloureuse, peu étendue et de courte 
durée. 

On a recours aux ventouses sèches tantôt pour 
agir par coutiguité , tantôt pour opérer un effet sym- 
pathique dans des cas où la réaction ne doit ])as être 
générale, ])ar exemple, dans différentes affections 
des poumons, de l'utérus, etc. 

Huiles volatiles. 

On emploie particulièrement les huiles volatiles de 
lérebenlhine, de gérofle, de muscade. On les étend 
dans un inlermède mou ou }i(juidc, selon la forme 
sous l.iqiK.llc on veut les appliquer: c'est ainsi qu'on 
peutse servli (l'un mélange de deux ])arties de cire 
tl tViinL' d'huil'o fixe , de ccnil » de beurre, de jnuuo 



CLINIQUE. 107 

(l'oenf, triuiUe fixe, cl'alcoo]. Les proportions sout 
ordlualrement de 0,1 à 0,2. On les applique en fric- 
tions on par apposition ; dans tous les cas , on entre- 
lient l'application jusqu'à ce que la rubéfaction ait 
lieu. 

Térébenthines , 

Elles ne peuvent guère convenir, à cause de la dif- 
ficulté qu'on éprouve à les détacher de k peau ; 
elles irritent en même temps les organes uriuaires. 
Culien croit avoir observé qu'elles eullammeot plus 
promplement que riiuile volatile de térébenthine. 

Poix de Bourgogne. 

Il est nécessaire , pour pouvoir l'appliquer , de la 
ramollir préalablement : à cet effet on la plonae dans 
de l'eau chaude; on l'étend ensuite sur de la toile 
ou sur un morceau de peau , et on eu forme un spa- 
radrap d'une grandeur variée. Lorsqu'on veut dimi- 
nuer son adhésion au tissu cutané , il sufllt de la 
faire llqviéfier avec 0,1 à 0,2 de cire jaune : 011 
maintient cet emplâtre pendant trois ou quatre 
jours et plus. 

L'inllammation que ce moyen détermine survient 
lentement; elle est peu intense, peu douloureuse et 
de courte durée; elle est quelquefois accompagnée 
d'une exhalation séieuse abondante. Lorsqu'on veut 
entretenir cette ])hlegmasie,on applique un nouveau 
sparadrap soit sur le même lieu, soit sur les régions 
environnantes. 

La poix de Bourgogne n'agit pas toujours avec la 



l38 PHARMACOPEE 

même promptitude: celte variation depencl et de la sus- 
ceptibilité individuelle et de la qualité de cette poix, 
qui n'est pas toujours la même dans le commerce. 11 
seroit préférable sansdoute de prendre une huile vo- 
latile acre, et de l'étendre dans un mélange de deux 
parties de cire et d'une d'huile Hxe, sous des pro- 
portions déterminées. 

Poudre de gingembre { amomum zingiber , Lt.). 

On arrose cette poudre avec de l'alcool qu'on en- 
flam.me; on étend ensuite la pulpe restante sur de la 
toile et on l'applique aussitôt. 

La rubéfaction qu'on détermine avec ce moyen a 
lieu promptement , mais elle est de courte durée. Ce 
moyeu est usité en Allemagne; il n'est point connu 
eu France. 

2°. Corps qui peuvent occasionner une inflammation 
pustuleuse. 

Feuilles d' ortie fraîches (urtica urens , urtica dioica , L. J. 

On applique ces feuilles en flagellation. Elles en- 
flamment instantanément. Cette iullamraalion est 
maculaire et pustuleuse; elle est accompagnée de 
beaucoup de prurit , et dure pendant plusieurs 
jours. 

On emploie ce moyen plus particulièrement dans 
des cas de paralysie. 



CLINIQUE. 189 

Racine de dentelaire d'Europe (plumbago Europœa , L. J. 

On prend cette racine fraîche , on la coupe menu , 
et on la pile jusqu'à ce qu'elle soit réduite en pulpe; 
on V ajoute fréquemment un peu de muriale de 
soude pulvérisé;on la mêle ensuite avecde l'huiletixe 
bouillante; on agite, on exprime fortement à travers 
une toile claire , et on conserve le résidu dans un 
nouet de linge. Lorsqu'on veut enflammer le derme, 
on chauffe légèrement l'huile, et on l'applique en 
onction à l'aide du nouet dont je viens de parler; ou 
recouvre alors la peau d'une feuille de papier non 
collé , afin d'ahsoiber Flmile excédente. Ce procédé a 
été indiqué par M. Sumaire. Lorsqu'on n'a pas de 
ra' ioe fraîche , on peut la prendre desséchée et ré- 
duite en poudre : on la fait infuser de la même ma- 
nière dans de l'huile ou dans de l'axonge. C'est ainsi 
que les commissaires de la Société royale de Méde- 
cine ont procédé,, faute d'avoir de la racine fraîche. 
Ce moyen occasionne une inflammation pustu- 
leuse avec prurit, qui ne tarde pas à se dessécher. 
On l'a particulièrement conseillé pour le traitement 
de ia gale. MM. Jussieu , de Lalouetle , Jeanroy et 
Halle ont confirmé les résultats de MM. Sumaire et 
Bouteille. Ils ont vu cette inflammation pustuleuse 
disparoîlre en même temps que les boutons psori- 
ques. La durée du traitement est de trois à quatre 
frictions; il ne survient point d'accident, et la guéri- 
son est assurée. On n'a pas encore essayé le mode 
d'action de cette racine sur la peau saine ; aussi ue 



140 P H A R ST A C O P !• E 

])uis-jc pas m'étendve davanlagc à son ëgartl , et les 
circonstances ne m'ont pas encore permis de m'ea 
occuper d'une manière spéciale. 

3°. Corps susccpùhles de produire en inénic temps 
la vésicadon. 

Cantharides . 

On peut employer leur poudre et leur macéra- 
lion alcoolique. 

/*o«r//e. On pput l'appliquer seule , ou l'étendre 
dans un intermède mou ) dans le premier cas, on en 
saupoudre une couche f[ii'on a faite avec un inter- 
mède emplastique quelconque, avec de la pâle de 
froment, ou avec un cataplasme. Pour que celte 
couche puisse adhérer à la peau , il est nécessaire 
qu'elle déborde la poudre de l'espace de quelques 
millimètres. Dans le cas où on veut que la poudre 
soit étendue, on la triture avec dncérat, du jaune 
d'oeuf", du miel ou deux parties decire et une d'huile, 
im mélange de cire et de résine, de la pâle de froment, 
ou avec un cataplasme ordinaire, etc., selon qu'on 
veut l'appliquer sous les formes d'emplàue, d'on- 
|;uent, de pâle, ou sous celle decala|)lasmc. Les pro- 
])orlions peuvent varier, par exemple , de 0,2 à par- 
tie égale. Lorsqu'on veut apposer les cantharides, on 
lase d'abord la peau; on la froltc ensuite avec lui 
îingc rude ou avec du vinaigre jusqu'à ce qu'elle soit 
iouge( on recouvre quelquefois en raèmelem])s les 
cantharides d'une légère couche de vinaigre); on 
applique ensuite la poudre, et ou la maintient avec 



CLINIQUE. 141 

ratteiilloiî de ne pas serrer trop fortement. Lors- 
que la peau sur laquelle on veut appliquer la poudre 
de cantharides est légèrement entamée , et qu'on 
craint que celle-ci ne sy insinue, on conseille d'in- 
terposer une gaze entre la peau et le médicament. 

Les cantharides en poudre produisent la rubéfac- 
tion et lavésication avec plus ou moins de prompti- 
tude, selon la susceptibilité individuelle, selon leur 
qualité , selon qu'on les a privées ou non de leurs 
parties inertes, etc. , et selon qu'on a favorisé leur 
action ou non à l'aide de frictions préalables. 

Macération alcoolique des cantharides» Pour la 
préparer, on réduit ces insectes en poudre , et on les 
fait macérer ou digérer à vaisseau clos dans de l'a'- 
C(tol à lo -f-o, ou à25 -f- o, selon qu'on veut obte- 
nir une action plus ou moins prompte. On entretient 
la macération ou la digestion pendant un temps va- 
rie, selon la quantité de poudre qu'on a employée, 
et l'intensité d'action qu'on veut déterminer. Les 
proportions de la poudre peuvent varier de 0,01 à 
0,1 et plus. Le collège de Londres prend de l'alcool 
à lo -f- o, et 0,01 de cantharides; les codes d'Edim- 
bourg et de Genève 0,01 5. La pharmacopée de 
Prusse prend de l'alcool à 26 -f- o, et 0,04 de can- 
tharides; M. ParmentierO;Oi. Quelques pharmaco- 
pées masquent la couleur de ce médicament avec de 
la co("lienllle , et son odeur à l'aide de baies de geniè- 
vre. On fdtie dès que la saturation est suffisante. 

On applique la macération alcooiicjîie de caulha- 
rides en frictions ou en foaaentatious. Onfait les pre- 
mières à l'aide d'un i^ant . et on les continue jusqu'à 
ce que la rubofaction ait lieu ; si ou ne veut pas dé- 



IJ.2 PHARMACOPEE 

terminer la vëslcallou , il est nécessaire d'enlever soi- 
gneusement Talcool qui a resté sur la peau. Pour ap- 
pliquer ce médicament eu fomentations, on eu 
imbibe des compresses pliées en plusieurs doubles, 
et on les maintient jusqu'à ce que l'effet désiré soit 
obtenu. L'inflammation et la vésicatiou sont presque 
instantanées si l'alcool est très-saturé et rectifié, et 
surtout si on a employé de l'alcool élhéré , comme 
par exemple celui qui contient 0,26 de sou poids 
d'élher. C'est ce qu'avoit observé M. A ndry relati- 
vement à l'apposition de la teinture de cantharides 
de FuUer , qui est une macération éthéréo-alcoolique 
campbrée de 0,11 de canlliaridcs. 

Les cantharides peuvent convenir soit pour pro- 
duire la rubéfaction , soit pour occasionner la vésica- 
tiou. On préfère l'alcool canlharidé toutes les fois 
que l'action doit être prompte , étendue , et qu'on 
répugne à l'application de la poudre. On emploie la 
poudre étendue lorsqu'on veut obtenir une rubé- 
faction lente. On croit que l'addition du camphre ra- 
lentit l'action locale des cantharides. Cependant je 
me suis appliqué à la fois et sur le même bras de la 
poudre pure et de la poudre mêlée avec partie égale 
de camphre, et j'ai observé que ce dernier mélange 
a agi plus promptcmcnt que la poudre pure. Il ne 
paroit pas que les cantharides irritent la vessie uri- 
iiaire pendant qu'on les applique pour rubéfier ; cet 
effet n'a ordinaireme^it lieu que lorsqu'on s'en sert 
pour exciter la suppuration. Quelques médecins 
croient que ces insectes , en même temps qu'ils en- 
flamment la peau, exercent une action particulière 
sur le sang ; mais cela est loin d'être dcmoiilrê. 



CLINIQUE, 143 

Graines de moutarde ( sinapis nîgra , L, ) 

On fait usage de la moutarde pulvérisée. On peut 
l'appliquer sons la forme de pâte ou à l'état liquide ; 
dans le premier cas ou peut l'employer pure ou 
étendue dans partie égale, le double ou le triple 
de son poids de farine. On se sert ordinairement 
de vinaigre pour la réduire en pâte. -On prépare 
cette pâle exlemporauémeut, et on l'applique aussi- 
tôt. La moutarde qui est préparée pour l'usage de la 
table peut convenir lorsqu'on ne peut pas se pro- 
curer de moutarde en poudre. Lorsqu'on veut 
l'avoir à l'état liquide, on l'étend dans de l'eau: 
les proportions n'ont pas besoin d'être déterminées 
avec précision ; car on en cesse l'application dès 
que la rubéfaction a lieu. On en prépare ordinaire- 
ment des pédiluves. 

La moutarde détermine la rubéfaction avec plus 
ou moins de promptitude , selon qu'elle est pure ou 
étendue : elle occasionne quelquefois la vésication , 
mais moins fréquemment que les cantliarides. 

Bacine de raifort sauvage ( cochlearia armoracia jh. J. 

On l'emploie à l'état frais; car elle perd beaucoup 
de son activité par la dessiccation. On la réduit à l'é- 
tat pulpeux à l'aide de la râpe, et ou la mêle avec 
quantité suffisante de vinaigre. 

Le mode d'action de cette racine présente beau- 
coup d'analogie avec celui de la moutarde ; l'inilam- 



144 PHARMACOPÉE 

malion est plus prompte. On n'omj)lole rclte racine 
que loisqu'oii ne peut se procurer la substance pré- 
cédente. 

4^. Alojens susccptihlns d'occasionner la vésica^ 
lion et l'escarre» 

Chaleur, 

On peut l'appliquer à l'aide d'intermèdes variés ; 
le plus souvent on se sert de corps mous ou liquides: 
c'est ainsi qu'au rapport de Bai^livi , le pain, appl> 
que au sortir du four sur une réi^ion de la peau , de'- 
termine la rubéfaction et la vésication dans l'espace 
d'une deml-lieure. L'eau est rinterniède le plus en 
usage. On lui donne une tempe'rature approchant 
plus ou raolnsdu degré del'ébullition. On l'applique 
de différentes manières , selon que l'effet doit être 
borné ou non. Dans le premier cas, on se sert d'un 
tube de cuire d'un diamètre varié; on en applique 
une extrémité sur la peau , et on y introduit l'eau par 
l'autre. Callisen applique exaclemenl sur la jicauun 
cuir qui est percé dans son milieu par un trou plus 
ou moins graDd,etdont les bords sont disposés tle 
manière à laisser écouler l'eau sans qu'elle puisse 
toucher d'aulres parties que celles sur lesquelles ou 
veut agir; il y verse de l'eau bouillante pendant quel- 
ques secondes. Liorsque rinilaramaliou et Ja vésica- 
tion ne doivent ]kis être bornées, on applique l'eau 
en bain ou en douche; on eu iinbii)e des compresses, 
ou on applique un cataplasme échauffe convenable- 
ment. 



CLINIQUE. 145 

L'inflammation est d'autant plus prompte et plus 
intense que l'eau est plus chaude. Si on se sert d'eau 
bouillante, la vésication est instantanée : aussi ne doit- 
on l'appliquer que momentanément. On n'y a re- 
cours que dans les cas où l'action doit être très- 
prompte et qu'on ne peut se procurer d'autres 
moyens. 

Chaleur et lumière» 

On a recours aux procédés que j'ai indiqués à la 
page 16 de ce tome, si ce n'est qu'on entrelient 
l'application pendant plus long-temps et jusqu'à ce 
que la rubéfaction ait lieu. On se sert surtout de 
l'instrument escarrotique à forme nummulaire ou 
octogone, qu'on chauffe à blanc, et qu'on tient écarté 
à 10 ou i5 centimètres de la peau. Mais en général 
on a peu recours à ces moyens. 

Ammoniaque, 

Pour rendre l'ammoniaque propre à produire la 
rubéfaction et la vésication , on l'étend dans de l'eau 
ou dans de l'huile. Les proportions ordinaires sont 
une à deux parties d'ammoniaque sur dix parties 
d'intermède. On l'applique en friction ou en fomen- 
tation. On cesse son application dès que la rubéfac- 
tion a lieu ; sans cela on pourroit donner lieu à l'es- 
carrificalion. Elle enflamme avec plus ou moins de 
facilité, selon le degré de susceptibilité individuelle. 

Lorsqu'on emploie ce moyen au degré de concen- 
tration indiqué, on observe qu'il détermine la rubé- 
faction et la vésication avec promptitude. On y a 
spécialement recours lorsque celle-ci doit avoir une 
II. 10 



I^G PHARMACOPEE 

grande ëteudiie, el qu'elle doil être dëlerminée avec 
beaucoup de promplitude : c'est ainsi qu'on en fait 
particulièrement usage dans les fièvres adynamiques 
et ataxiques, dans le coma, dans lasynco]ie, dans 
l'asphjxie, la paralysie, le rhumatisme chronique, 
etc. 

5°. Corps dont on n'a pas encore assez éLudlé le 
mode d^ action , ni recherché le mode d' admlnls- 
tration lephis convenable , et qui peuvent déter" 
miner des accidcns graves. 



R 



enonciues. 



On a particulièrement employé la renoncule scé- 
lérate (r^a/iz/^zci^/z/^ sceL^ralus y L. ) , la petite douve 
(^ranunculus flamniula , L. ), la renoncule acre 
( ranuncuhis acris , L. ) , la renoncule bulbeuse 
( raiinnciilus hiilbosus , L. ) , la petite chélidoine 
Iraniuiculus ficaria ,\i. ^. 

Toutes ces j^lantes ne sont pas également acres ;la 
renoncule scélérate paroît tenir le premier rang , et 
la petite chélidoine le dernier. Toutes leurs parties 
ne sont pas également acres, au moins dans chacune 
d'elles : c'est ainsi que les feuilles et les fleurs de la 
petite chélidoine ne sont nullement âcies, tandis que 
la racine Test d'une manière marquée. L'opposé 
s'observe pour la renoncule scélérate : la racine est 
presque insij)ide, suitout à l'époque de la lloraison , 
tandis que les feuilles sont tiès acres, ainsi que la 
].artie de la tige qui est Li ])]us voisine des lleuis; les 
lîeurs non épanouies surpassent les autres parties en 
i.crclé. Ccrlaines jjarties sont quelquefois plus acres 



CLINIQUE, I^y 

à cêiiaines époques qu'à d'autres : c'est ainsi que 
lorsque la renoucule bulbeuse est tendre, toutes ses 
parties sont également acres; rnals à l'époque de lai 
floraison, les feuilles et les tleurs perdent de leur 
tjcreté , tandis que la racine devient acre au plus 
Laut dei^ré. 

O.i n'a pas encore étudié le meilleur mode d'ad- 
ministration de ces piaules. Les anciens les em~ 
ployoieut fraîches, et les réduisoient , à Taide de la 
contusion , à l'état de pulpe ; iîs les appliquaient sur 
la peau à l'aide d'un sparadrap troué à son centre, 
et lesrecouvroient d'un autre spara(])ap non trojîé: 
ils les maintenoient ainsi appliquées pendant deux 
heures environ. La dessiccation diminue de beau- 
coup leur activité. Si on les p?"end fraîches, et ou'on 
les maintienne applicjuées pendant trop iong-temps, 
*tlles peuvent produire des accidens graves; elles 
peuvent entamer le derme, produire ia gangrène, 
îesphacèîe, un état fébrile, des lésions variées du sys- 
tème nerveux, etc. Leur action ne se borne pas au 
lieu d'application; car les parties voisine^ sont pins 
ou moins tuméfiées. Ces substances employées dans 
l'état indiqué , paroissent agir plus promptcment que 
Icscantharides; la suppuration qui suit leur applica- 
tion se tarit plus difficilement que celle qu'o:î déter- 
mine avec les insectes precédens; elle entame quel- 
quefois le tissu cutané. On a vu la petite douve être 
sans action apparente pendant dix-huit heures, puis 
occasionner le sphacèle de tout un membre. La re- 
noncule petite cheliiloine paroît produire la vésica- 
tionplus lentement que la racine de renoncule bul- 
beuse; la suppuration qu'elle produit cesse plus fa* 



1^8 PIIA RMACOPÉE 

cilcincnl. Tels sont au moius les résultats qu'on peuc 
déduire des notions acquises jusqu'ici sur ces subs- 
tances. 

Euphorbe des marais (euphorbia palustris ,L,.) , euphorbe 
e'sule f euphorbia esula , L. ) , euphorbe re'veil-matin ( eU'- 
phorbia cypansiias , J-i. ) , euphorbe pe'plus ( euphorbia 
peplus, Li.J , euphorbe maritime (euphorbia paralias , L.J, 
etc. , etc. Suc épaissi d euphorbe des officines (euphorbia 
ojjlcinariim , Li.), 

Ces différens corps , appliqués seuls, ne détermi- 
nent pas des accidens moins graves que les renon- 
culacées. On n'a pas encore recherché quel est le 
mode d'administration le plus convenable pour qu'ils 
puissent servir comme rubéfians. 

Feuilles de sumac traçant ou ve'ne'neux ( rhus radicans vel 
toxicodendron , L.y. 

On n'a pas encore recherché quel est le moyen le 
pins convenable d'administrer ces feuilles. On a plu- 
sieurs laits accidentels qui peuvent faire conjecturer 
quel parti ou en pourra tirer : tels sont entre autres 
les cas cités par MM. Dufresnoy et Van Mons, d'in- 
ilammalions pustuleuses et prurigineuses très- inten- 
ses et très-étendues, sinvenues parle simple contact 
des feuilles de cet arbuste. 

Feuilles de clématite brûlante ( clematis vitalba , L,.J. 

On a encore peu étudié le mode d'ailministration 
le plus convenable do ces feuilles; on n'a que des 



CLINIQUE. l/,rj 

faits mal précises sur leur mode d'action; on sait seu' 
lemeut qu'elles produisent l'intlammation, la vésica- 
iion , des pustules, mais sans connoître les particula- 
rités de ces phénomènes. On les emploie de la 
manière suivante dans les environs d'Avignon, pour 
le traitement de la gale. On les choisit à l'état de fraî- 
cheur, on les coupe menu , on les contond et on les 
fait infuser dans de l'huile. Cette huile euilamme le 
derme et détermine même un état fébrile. 

Feuilles de clématite odorante { clematis Jîammula , L. ^ , 
de clématite droite (clematis recta , Li. J , de clématite à 
feuilles entières (clematis integrifolia, 1j. J, 

Elles paroissent exercer une action analogue. 

Feuilles d'anémone des bois (anémone nemorosa , L.^. 

Il paroît, d'après les notions que nous avons jus- 
qu'ici, que ces feuilles agissent d'une manière ana- 
logue auxrenonculacées. 

On n'a pas assez étudié jusqu'ici quel est le mode 
d'administration le plus convenable, ni quelles sont 
les particularités d'action du poivre {piper nignim , 
L. ) , des semences de staphisaigre ( delpliiniiun sta- 
phisagria ^ L. ) , de la racine de pyrètre ( achiUca 
pyretrum ^ L. ) , de celle de br^^oue ( hryonia alla , 
L. ) , des bulbes d'oignon ( olliinn cepa ^ L. ) , d'ail 
cultivé ( alliiim sati^'urn , L. ), de scille maritime 
( scilla maritlma ;, L. ), des feuilles de cresson alé- 
liois ( tJilaspi sati^'inn vel Icpidium sath'uni ^ L. ) , 
de rue ( rutu graveolens ^ L. ) , de poivre d'eau {po- 



lOO P H A E. JM A C O P E li 

lygonwn. Jiydropiper, L. ) , (ie mouron des cliamps 
( anagallis arvensis, L. ) , de cerfeuil sauvage (c7//C'- 
rophyllwn sylvestre , L. ), de chélldoinc oiiîciuale 
^chcJuloniinn m a jus , L. ) , de mancenllller véué- 
rieii \ ( Iiippomane inaiicinella ^ L. ) , etc. , etc. , etc. 

Plusieurs de ces plantes ne jouissent de la pro- 
.priéléd'en{lammer qu'à l'état de fraîchenr. 

INous manquons également d'expériences suffi- 
santes relativement à Taction enllaramante de plu- 
sieurs insectes de l'ordre des coléoptères , tels que 
les carabes, les cicindèles, les coccinèles, les mé- 
loës , les my labres , les scariles , etc. , etc. ( i ) 

GS. Corps qui enflamment la peau d'une manière 
spécifique. 

Les virus auxquels on a recours pour entlammer 
la peau sont le varioleux, le rubéolique, le psoriqne, 
le darlreux, le vaccin. On les applique par inocula- 
tion ; c'est-à-dire, ou les met directement en contact 
avec le derme dénué d'épiderme. 11 en est cepen- 
dant quelques-uns qu'on applique par simple appo- 
sition sur l'épiderme : tel est le virus psoriqne. 

On peut inoculer ces virus de deux manières dif- 
férentes. La première consiste à soulever légèrement 
l'épiderme, et à introduire le virus entre le derme 

(i) 11 est bien reconnu aujourd'hui que beaucoup d'insectes 
delà classe des cléoplcres , suitout parmi ceux qui ont des 
élylres vertes, produisent la rubéfaction et la vésicaliou ; raais. 
comme les canibariiles sont extrêmement communes, il serait^ 
inutile de les remplacer. P. JI. N. 



CLINIQUE. î5r 

€t lui ; on se sert à cet effet d'une lancette d'aciei* 
non rouUlée, de lancettes dorées, de lancettes d'i- 
voire, d'aiguilles particulières, et quelquefois d'ai- 
guilles à coudre. On prend le virus à l'état liquide, 
ou on le ramollit auparavant avec quantité suflisaute 
d'e au 

Le deuxième moyen consiste à détacher une éten- 
due plus ou moins grande de l'épiderme à l'aide de 
canlharides en poudre, et à mettre ensuite le virus 
en contact avec le derme : on applique celui-ci à l'é- 
tat sec ou humide, et quelquefois conjointement 
avec le (il, le coton, ou le linge sur lequel il s'est 
desséché. On recouvre le tout d'un sparadrap. Le 
mode précédent est en général préférable; ses effets 
sont plus prompts et plus sûrs. 

On a recours à l'inoculation de ces virus, tantôt 
pour rappeler certaines maladies cutanées qui se 
sont supjirimées et qui ont déterminé des accidens 
graves : c'est ainsi qu'on inocule quelquefois la gale 
et les dartres. Tantôt c'est j)Our rendre moins inten- 
ses les phénomènes d'une phîegmasie qui affecte 
tous les individus et qui est souvent très-dangereuse: 
c'est ainsi qu'on inoculoit la variole avant la décou- 
verte de la vaccine. C'est pour des raisons analogues 
qu'on avoit conseillé l'inoculation de la rougeole ; 
mais l'expérience n'a pas confirmé cette proposition. 
Tantôt enfin c'est pour prévenir la disposition que 
tout individu apporte à contracter certaines plilegma- 
sies cutanées : c'est ainsi que depuis la découverte 
de Jenner, on inocule la vaccine pour préserver de 
îa contagion varioîique. 

On voit facilement, d'après le peu que je viens de 



l52 P II A R M A C O P K E 

dire, que chacune de ces inllanimallons présente des 
caractères ])artlcu]iers , et qu'elles n'ont de commun 
que la voie par laquelle elles peuvent èUe déter- 
minées. 

R É s u M É. 

On doit emplo3^er des moyens variés, et les admi- 
nistrer de manière différente, selon qu'on se pro- 
jiose de déterminer la rubéfaction ou la vésicatiou ; 
selon l'étendue que l'une et l'autre doivent avoir, et 
selon la promptitude avec laquelle on doit les occa- 
sionner. Il n'est pas tonjours nécessaire de continuer 
l'application jusqu'à ce que les phénomènes de la 
rubéfaction et de la vésicatiou se développent, car 
ils peuveut se manifester après qu'on a enlevé l'irri- 
tant. L'application par friclion paroît déterminer la 
formation de pustules; du reste , il est nécessaire 
de tenter des expériences sur cet objet. 

Rubéfaction, Lorsqu'on veut la déterminer 
promptement et sur une jurande étendue, on a re- 
cours aux frictions sèches , électriques et galva- 
niques, à la ilagellalion, à l'exposition aux rayons 
solaires , à l'approche de corps incandescens. On 
emploie l'ammoniaque étendue dans l'eau ou dans 
l'huile , la macération alcoolique des cantharides : 
on les applique en frictions et on en enlève l'excé- 
dent. Lorsquela rubéfaction doit être moins prompte, 
et qu'elle doit être limitée, on fait usage de la poudre 
non étendue de moutarde, de celle de canlliarides. 
Eniin , lorsqu'elle ne doit avoir lieu que lentement, 
on mêle l'une ou l'autre de ces deux substances 
avec un intermède convenable et dans des propor- 



CLINIQUE. l53 

iioDS plus ou moins grandes , ou ou fait usage de la 
poix de Bourgogne, etc. 

Lorsqu'on craint de déterminer la vésication , ou 
préfère la moutarde aux cantharides. On préfère eu 
général la moutarde toutes les fois qu'on craint d'a- 
gir par absorption , soit sur tout l'organisme , soit 
particulièrement sur les organes urinaires. 

Vésication. Ses phénomènes ne diffèrent de ceux 
de la rubéfaction que par le soulèvement de l'épi- 
derme et l'accumulation de sérosité entre lui et le 
derme. Ce soulèvement de l'épiderme survient avec 
plus ou moins de promptitude et de facilité, selon le 
moyen qu'on emploie , selon la région cutanée qu'on 
choisit , et selon le degré de susceptibilité actuelle 
tant locale que générale. L'eau bouillante , l'ammo- 
niaque la produisent instantanément; la macération 
alcoolique de cantharides à 0,0 1 dans l'espace de 
quelques heures ; les cantharides en poudre dans 
l'espace de douze à vingt-quatre heures; la moutarde 
eu poudre beaucoup plus promptement. L'écorce 
de garou produit ordinairement plutôt l'érosion de 
l'épiderme que son soulèvement. Le derme cheve- 
lu n'est pas susceptible de vésication; il en est de 
même des régions dont l'épiderme est calleux. La 
vésication est plus prompte chez lesenfans, chez \qs. 
femmes que chez les adultes et les vieillards. Les ef- 
fets secondaires de la vésication sont très -analogues 
à ceux de la rubéfaction ; ils n'eu diffèrent que par 
plus d'intensité. 

Pour produire la vésication , on emyjloie particu- 
lièrement l'eau bouillante , l'ammoniaque étend»îe 
d'eau, la macération alcoolique des cantharides et 



io4 r H A R M A c o p :^ E 

hi j)()nJre de caiiliiarides pure. On préfère Ycmi 
l)Oiilll:i!ile et fammonjaque étendue lorsque la vési- 
oallon doit avoirlieu iiislautanément; la macération 
alcoolique de cantharidcs lorsqu'elle doit êtic 
prompte; la poudre de cantharides lorsque la promp- 
titude est inutile et que la vésicalion doit èlre limi- 
tée. A cet effet il faut étendre la poudre sur un spa- 
radrap ou sur une couche de pâte faite avec une 
farine quelconque, et non sur un cataplasme ; car 
celui-ci s'étend facilement ; la poudre peut s'en dé- 
tacher et déterminer des phlyctènes sur des régions 
plus ou moins éloignées. 

Loi'sque la vésicule est formée , on la perce , afia 
de donner issue au sérum épanché. Ou arrache l'é- 
piderme ou non , selon que Ton veut produire une 
îrrilalion plus ou moins forte. Dans tous les cas, ou 
recouvre la plaie avec une couche de beurre , de cé- 
rat, d'axonge récente, ou avec un sparadrap; on 
laisse ainsi sécher la plaie si on ne se propose pas d'y 
établir un travail suppuraloire. Si on veut irriter 
pendant plusieurs jours le derme ainsi dénudé, on 
])eut y appliquer le muriale de soude ou d'ammo- 
niaque, le tartrite de potasse antimonié convenable- 
ment étendus et sous forme onguentacée , l'onguent 
de garou , e(c. (Voyez ces formes dans le para- 
graphe des applications toniques sur la peau ). La 
jilaie devient rouge, douloureuse, et se dessèche' 
dans l'espace de quelques jours. 

Inflaininations pustuleuses. Ces inllammations 
sont -elles le résultat de l'application de certains 
corps, ou dépendent-elles uniquement du mode d'aj)- 
plication? C'est ce qu'il n'est pas encore facile d*f 



c L I îf I Q u p.. l55 

déterminer. En générai on n'a appliqué les fer.iiies 
de clématite brûlante {^cîeniatis vitaïba ^ L. ) et de 
denlelaire d'Europe ( plumhago europœa , L. ) 
qu'eu frictions ; on n'a pas recherché l'effet qu'elles 
produirolent par simple apposition. D'un autre côté, 
j'ai plusieurs fois déterminé des inflammations pus- 
tuleuses eu faisant des frictions avec la macérai ion 
alcoolique de cantharides, qu'on sait produire la 
rubefactiou et la vésicatiou. Quoi qu'il en soit, on 
n'a encore cherché jusqu'ici à déterminer des intlam- 
mations pustuleuses qu'avec les feuilles de dente- 
laire d'Europe et de clématite brûlante, ainsi qu'avtc 
celles d'ortie brûlante. Ce n'est même que dans la 
gale, et dans des rhumatismes chroniques, dans des 
paralysies , etc. , qu'on a cherché à déterminer ce 
mode d'inllammal ion. Tl reste encore une série de re- 
cherches à tenter sur cet objet. 

Inflammations "virulentes. Ce que j'en ai dit plus 
haut peut suffire. Je traiterai de la vaccine dans la 
troisième section de cet ouvrage. 



n^ 



§11. Médications pJdegmasiques du tissu cellu- 
laire soucutané. 

Les caractères et la marche des phlegmasies du 
tissu cellulaire soucutané sont connus; on sait qu'elles 
s'accompagnent souvent d'un état fébrile ; on sait 
qu'il survient quelquefois des phlegmons vers la fiu 
des fièvres adynamiques , etc. dans le cours des ma- 
ladies chroniques des poumons , et que leur appari- 
tion est souvenr accompagnée d'une diminution dans 
l'état des symptômes. Mais en général les sympa- 



l5(3 P H A 11 M A C O P É E 

tilles du tissu cellulaire sont encore peu connues; 
les effets secondaires de ses phlegmasles se manifestent 
plus lentement que ceux des inllammallons cuta- 
nées. D'ailleurs nous n'avons pas de moyens siirs 
pour produire les phlegmons ; et rarement dlvlse- 
l-ou le derme uniquement pour enflammer le tissu 
cellulaire sonjacent ; c'est presque toujours dausl'ln- 
ientlon d'y établir un travail suppuratoire, cl dans 
ce cas il est difficile de préciser si les effets vSympa- 
ihiques dépendent de riutlammatlon ou de la sup- 
puration de ce tissu. 

Lorsque le tissu cellulaire est accidentellement 
dénudé, on ne l'enflamme que lorsqu'on veut favo- 
riser son collement avec le derme qui le recouvre , 
lorsqu'on veut changer son mode d'irritation , qu'on 
veut rappeler l'inflammation dont 11 étolt affecté , et 
qui s'est terminée par délitescence ou par métastase, 
et enfin pour faciliter la suppuration d'ulcères cellu- 
laires qui sont dans un état d'atonie extrême. 

§ 1 II. Mcdicalions phlegmnsiques des membranes 

muqueuses» 

On n'enflamme que la membrane muqueuse du 
conduit auiicnlaire, celle de l'urètre, du vagin, de 
la gorge, et quelquefois celle de la vessie urlnairc. 
On ne délermlne ces phlegmasles que lorsqu'on vent 
rappeler une phlegmasie locale qui s'est supprimée : 
c'est ainsi qu'on enflamme les membranes iniKjueiT- 
ses du vagin et de l'urètre. On y a aussi recours pour 
agir par contiguité : c'est ainsi qu'on enflamme quc'- 
cjuefois la luette dans le relachcmenl de son tissu; 



CLINIQUE. l57 

la membrane muqueuse de la gorge daus le cas de 
paralysie du pharynx ; la membrane muqueuse de 
la vessie urinaire dans le cas de paralysie de cet or- 
gane. Ou n'ose pas déterminer un effet analogue sur 
toutes les surfaces muqueuses, etc. : le moyen cura- 
lif deviendroit souvent plus dangereux que la mala- 
die qu'on cherche à combattre. 

Ces phlegmasies sont caractérisées par de la rou- 
geur , de la chaleur et de la douleur j la sécrétion 
est supprimée ou diminuée et modiliée ; elle ne re- 
prend ses caractères ordinaires que lorsque l'inflam- 
malion a diminué. La durée de ces phlegmasies est 
quelquefois momentanée, et d'autres fois elle est 
analogue à celle des phlegmasies ordinaires de ces 
membranes. 

Les moyens propres à produire ces phlegmasies 
sont très-multipliés ; néanmoins on n'a encore essayé 
qu'un petit nombre d'entre eux. Pour enflammer la 
membrane muqueuse du conduit auriculaire , on a 
employé particulièrement le suc d'ail et celui d'oi- 
gnon. On a fait usage de la macération alcoolique de 
cantliarides pour enflammer la membrane muqueuse 
de la gorge ( ne seroit-il pas préférable d'employer la 
macération alcoolique d'euphorbe , et eu général les 
substances qu'on saij^ irriter plus paiticulièrement 
celte région ?) ; l'ammoniaque étendue pour enflam- 
mer les membranes muqueuses du vagin et de l'urè- 
tre j lescantharides pour enflammer celle de la vessie 
urinaire. Il seroit possible que les accidens fébriles 
qu'on détermine en introduisant une bulbe d'ail 
dans l'anus fussent le résultat d'une inflammation de 
celle de l'exlrcinilé inférieure du rectum. 



j53 pharmacopée 

Le mode d'application de ces moyens, et la dnréé 
pendant laqncllc on les maintient , sont snbordonnës 
îiu degié d'inflammation qn'on vent prodnire. Tl faut 
en outre avoir attention anx particularités que j'ai 
indiquées en traitant des formes de médicameus sous 
le rapport des surfaces sur lesquelles on les applique. 
Eu i^éuéral on emploie ces dilfdicns moyens conve- 
nablement étendus ; on les maintient ap])liqués jus- 
qu'à ce que l'eftet soit déterminé. 

Lorsqu'on veut enilammer la membrane mu- 
queuse de la vessie uiiuaiie, on est oblii^é de faire 
avaler les canlharidcs, ou de les injecter dans legros 
intestin; mais on sait quelle prudence exige un pa- 
reil moyen : on les lait avaler eu pilules ou en infu- 
sion émulsionnée. 

§ IV. Médications phlegmasiqiics de différens or- 
ganes glanduleux et des ganglions (^glandes) 
lymphatiques» 

On sait que les parotides , les glandes lymphatiques 
de l'aine, de l'aisselle, etc. s'enllamment quelquefois 
dans le cours et veis la fin de maladies aiguës, ]>ar 
exemple, dans la fièvre adyuamique et dans plu- 
sieurs de ses complications, etc. On sait que ces 
pblegmasies sont quelquefois accompagnées et sui- 
vies d'une diminution dans l'état des symptômes, et 
que d'autres fols ceux-ci j)ersévèrent dans le aième 
état, et même s'aggravent malgré l'inllanirnalion de 
ces organes. 11 résulte de là qu'où ue peut être sur de 
f icllilcr la marche des maladies en question en deler- 
n/maut leur inflammation : aussi se borne-t-on à l'en- 



CLINIQUE. 159 

tretenir lorsqu'elle paroît être critique , et à s'oppo- 
ser alors à sa délitescence et à sa métastase. Oi-, les 
moyens qu'il convient d'employer à cet effet va- 
lieut selon les circonstances particulières : c'est ainsi 
qu'on entlamme et qu'on escarrifie quelquefois le 
derme qui les recouvre , etc. 

§ V. Médications phlegmasiques des membranes 
séreuses. 

On ne détermine que Finllammation de la mem- 
brane séreuse du testicule. On y a recours pour favo- 
riser l'adhésion des parois de la cavité séreuse du 
scrolum Tuoe contre l'autre; cette inllammation n'est 
indiquée que dans les cas d'hydrocèle par épanclie- 
ment, lorsqu'après avoir donné issue au sérum, ou 
se propose de prévenir le retour de cette maladie.Ou 
se sert à cet effet d'alcool étendu, de carbonate de 
potasse en solution aqueuse, et plus souvent de vin 
rouge chaud. On injecte l'irriîant et on le maintient 
pendant quelques minutes; si la première injection 
ne suffit pas , on a recours à une deuxième et même 
à une troisième. On augmente l'activité de l'irritant 
en élevant davantage sa température, et, s'il est pos- 
sible, en l'employant plus concentré. On pompe, à 
l'aide de la seringue, tout le liquide qu'on a injecté, 
et on favorise cette inllammation en recouvrant le 
scrotum avec des compresses de vin rouge chaud. 
Si les phénomènes |)hlegmasiques sont trop intenses, 
on cherche à les ramener au degré d'irritation 
convenable à l'aide de l'eau tiède et des muclla<>i- 
lieux, etc. 



I Go PHARMACOPÉE 

Les inflammations qu'on détermine sur d'auli'es 
tissus ne sont pas de mon ressort. 

ORDRE TROISIÈME. 

Médications cscarrotiqucs. 

Les médicalions cscarrotiques se rapprochent 
beaucoup de l'ordre piécëdent : elles n'en diffèrent 
que par l'escarre qui succède à l'iullammalion. J'ai 
cependant cru devoir les envisager isolément, parce 
que l'escarre en elle-même est souvent l'objet essen- 
tiel , et qu'on procède alors différemment que lors- 
qu'elle est un effet accidentel. 

Ces médications ont la plus grande analogie avec 
la gangrène; elles présentent d'abord les phéno- 
mènes d'une inflammation plus ou moins intense; 
vienteusuite la formation d'une matière dense, sèche ; 
d'une couleur variée du blanc au noir, laquelle, par 
sa composition chimique, ne diffère pas essentielle- 
ment de l'organe dont elle faisoit partie, mais pré- 
sente des propriétés physiques très- différentes. Cette 
escarre varie en étendue, en épaisseur, en densité j 
elle peut être bornée ou non; elle se forme avec 
plus ou moins de rapidité, selon le moyen qu'on a 
employé, et selon la susceptibilité individuelle tant 
locale que générale. Les parties de l'organe qui en- 
vironnent immédiatement l'escarre et les tissus sou- 
jacens s'enllamment avec plus ou moins de rapidité . 
elles suppurent; l'escarre se détache insensiblement; 
elle se ramollit presque en totalité , et dégage une 
odeur fétide si on ne l'enlève pas. 



c L I N- I Q u E. i6r 

L*escarre ne présente pas toujours les caractères 
que je viens d'indiquer; elle a quelquefois la forme 
d'une pellicule rougeâtre, rarement noire, mince, 
laquelle se détache promptement et sans inflamma- 
tion notable des tissus ambians. C'est ce qui arrive 
lorsqu'on applique la poudre d'alun calciné sur une 
surfice suppurante; c'est encore ce qui a lieu lors- 
qu'on promène rapidement une plaque de fer in- 
candescente sur une surface analogue. Sans doute 
qu'on pourroit avec la plupart des escarrotiques pro- 
duire un pareil effet, si on les appliquoit très-con- 
centrés et momentanément : je l'ai souvent obtenu 
en appliquant ainsi les acides sulfurique , nitrique et 
murialique. 

La chute de l'escarre est un ouvrage de la nature. 
Les moyens qu'on y applique sont le plus souvent 
inutiles. Il suftit de préserver la partie du contact de 
l'air, par exemple, à l'aide d'un sparadrap , etc. Ce 
n'est que lorsque l'inflammation des parties environ- 
nantes n'est pas suffisante qu'on doit tâcher de 
l'augmenter à Taide des toniques. L'incision de l'es- 
carre peut favoriser et accélérer sa séparation. 

On peut déterminer les médications escarrotiques 
sur plusieurs tissus, tels que la peau, le tissu cellu- 
laire soucutané, les membranes muqueusesde l'oeil, 
des narines, delà bouche, de la gorge, de l'urètre; 
les os, les nerfs ,les vaisseaux sanguins, etc. 

On détermine l'escarre pour obtenir un effet lo- 
cal ou contigu et sympathique. Dans le premier cas, 
on se propose d'enlever une portion d'organe , soit 
parce que son tissu est malade, soit parce qu'on veut 
mettre à nu des organes sou jacens, soit parce qu'où 
II. II 



iSz PHARMACOPÉE 

•vent donner issue à des liquides qui sont épanchés 
imincdialemeut au-dessous ; c'est ainsi qu'on escar- 
rifie la peau pour ëlahlir la suppuration du tissu 
cellulaire soujacent, pour donner issue aux liquides 
contenus dans des kjsles; c'est ainsi qu'on escarrifie 
les tissus suppurans pour détruire les fongosités qui 
ont lieu à leur surface, etc.j c'est ainsi qu'on escar- 
rilie les brides qui , dans l'urètre , s'opposent à l'é- 
coulement de l'urine ; c'est ainsi qu'on escarriiie pour 
enlever des parties d'un organe cancéreux, d'un os 
affecté de carie humide. Dans l'autre cas , on se pro- 
pose de déterminer une douleur et une intlammation 
très-fortes , afin de produire un efiet contigu ou sym- 
pathique. On modifie les procédés dans chacun de 
ces cas. Les circonstances dans lesquelles on cherche 
h opérer un effet contigu et sympathique sont en 
grande partie les mêmes que celles où ou détermine 
les médications phlegmasiques. Le choix des régions 
qu'on escarrifie est établi sur les mêmes bases. 

Beaucoup de corps sont susceptibles de déterminer 
l'escarre; mais tous n'agissent pas de la même ma- 
nière; ils ne la produisent pas tous avec la même 
promptitude , la même intensité ; il n'est pas égale- 
ment nécessaire de borner l'action de tous; les uns 
peuvent, en même temps qu'ils escarrifieut, être 
absorbés et déterminer des accidens graves. Les corps 
dont il s'agit ont besoin d'être suffisamment concen- 
trés pour pouvoir agir comme escarrotiques; il faut 
en outre les maintenir appliqués pendant un temps 
convenable. Cette durée est d'ailleurs subordonnée 
au degré de susceptibilité du tissu: c'est ainsi que le 
ïuurialc d'autimoiue escarrifie inslantauéraent une 



CLINIQUE. l63 

surface muqueuse, taudis qu'il lui faut douze heures 
environ pour escarrifier le derme. Elle varie en 
outre selon les circonstances individuelles, etc. 

On emploie les escarrotiques sous formes solide, 
pulvérulente , molle et liquide. Ces formes sont sub- 
ordonnées aux propriétés chimiques des coVps, à la 
délicatesse des organes sur lesquels on veut agir, à la 
promptitude avec laquelle l'escarre doit avoir lieu; 
elles varient enfin selon que l'escarre doit être bor- 
née ou non. 

En général ces corps agissent plus lentement sous 
forme solide , mais on peut borner leur action avec 
plus de facilité. L'opposé s'observe pour les formes 
liquides. Les corps solides mais déliquescens pré- 
sentent les mêmes inconvéniens que les liquides, sans 
néanmoins agir aussi promptement qu'eux. Il est 
des corps qui peuvent prendre toutes ces formes, 
d'autres ne sont susceptibles d'en contracter qu'une 
ou plusieurs. Pour donner la consistance solide aux 
substances pulvérulentes, on se sert de mie de paia 
fraîche , et de quantité suffisante d'eau ; ou les pile 
pisqu'à ce que le mélange soit bien intime : ce mé- 
langedurcitetdevient cassantpar la dessiccation. Pour 
donner la consistance molle, on peut se servir des 
intermèdes emplasliques que j'ai désignés ailleurs. 
On donne en général a ces mélanges solides et mous 
l'apparence d'une semence d'avoine , d'une sphère , 
d'un cylindre, d'un oval , d'un cône , d'une surface 
plane ou piano-convexe. Leur forme doit en général 
■varier selon le lieu de l'insertion ou de rapplicalior. 
Pour donner la forme d'avoine , on convertit d'abord 
la masse en cylindre, et on la roule ensuite en près- 



1G4 PHARMACOPÉE 

sant sur ses deux extrémités : pour donner la form© 
conique , on ne presse que sur une des extrémités 
du cylindre. Il est des substances solides, telles que 
le nitrate d'argent Ibndu , auxquelles on donne ces 
formes en les roulant à l'aide d'un couteau. Les au- 
tres formes, telles que la forme sphériquc, la forme 
plane, la forme piano-convexe , etc., se préparent de 
la même manière que celles des l)ols , des pilules, de* 
pastilles, etc. Le mode d'appiicaliondes escarrotiques 
avéniformes, cylindriques et coniques, ne présente 
rien de particulier. On s'en sert le plus ordinaire- 
ment pour agrandir une ouverture fistuleiise , ou 
pour escarrider des parties y)rofondéraent situées et 
des tissus délicats tels que la conjonctive , etc. On a 
recours aux escarrotiques planiformes lorsqu'il s'a- 
git d'escarriûer des surfaces planes. Lorsqu'ils sont 
déliquescens, qu'on veut borner leur action et qu'ils 
agissent lentement, on les applique à l'aide d'un 
sparadrap troué à son centre , et on les recouvre d'ua 
iiulre sparadrap non percé ; ou fait en sorte qu'ils soient 
moins étendus que le diamètre du trou du sparadrap, 
€t on les maintient de manière cju'ils ne puissent pas 
changer de position. Lorsque l'escarrotique n'est 
point déliquescent , ou lorsqu'il est indifférent qu'il 
occasionne ou non une escarre trop étendue , il sufât 
de l'appliquer à l'aide d'un simple sparadrap. 

On applique les escarrotiques liquides de manière 
variée. S'ils doivent être maintenus pendant quelipie 
temps, on en imbibe une boulette de colon ou de 
cliarj)ie, et on les maintient appliqués à l'aide de 
deux sparadraps, dont celui (|ui est immédiatement 
appliqué sur la peau est troué. Si leur acLÎou est 



CLINIQUE, 165 

prompte, inslantanée, ou les applique à l'aule d'un 
pinceau. Ou prépare celui-ci avec une bandelette de 
îinge effilée et fixée à rextrémité d'une petite tige 
de bois. On égalise ce pinceau à son extrémité; on le 
trempe dans l'escarrolique liquide , on l'exprime 
légèrement, afin d'en enlever l'excédent, et on l'ap- 
plique jusqu'à ce que l'effet soit déterminé. Lors- 
que le tissu qu'on escarrifie est délicat , et qu'on 
doit craindre d'altérer les parties environnantes, on 
le lave immédiatement après avec de l'eau, du lait, 
ou avec un liquide mucilagineux quelconque : de 
celte manière on étend la portion excédente de l'es- 
carrotique qui pourroit séjourner, et on l'empêche 
d'enilammer, ou même d'escarrificr les parties voi- 
sines. 

1°. Corps qui ne peuvent -pas déterminer cVacci- 
défis par leur absorption. 

Feu. 

On peut l'appliquer à l'aide de plusieurs mojens 
différens, i°. à l'aide de corps incandescens , 2"^. à 
l'aide de substances en combustion, S"', à l'aide des 
rayons solaires convergcns. 

Corps incandescens. On a abandonné l'usage de 
l'eau et de l'huile bouillantes, de la cire et des ré- 
sines en fusion , parce qu'on ne peut maîtriser l'é- 
lendue de leur action. On ne se sert maintenant que 
de l'acier. Comme conducteur du calorique, il a l'a- 
vantage de pou*, oir être élevé à une très-haute tem- 
pérature sans se fondre, et de la conserver plus long- 
temps que beaucoup d'autres métaux. II s'écaille et 
s'oxyde moins facilement que L' fer. Ou peut facile» 



l66 PHARMACOPÉE 
meut recounoître sou degré de tempéi'alure : l'ol^- 
servatioH journalière appreud qu'il dcvieut d'abord 
ronge obscur., puis rouge cerise , ensuite rouge 
éclatant, et enfin rouge blanc. On donne à l'acier 
dont on se sert pour escarrifier , des formes variées. 
En général le manche doit être fait avec un corps 
qui soit mauvais conducteur du calorique ; il doit 
être assez long pour qu'on puisse le diriger et le 
manier sans s'exposer à être brûlé; l'extrémité escar- 
1 i(ianle doit être assez épaisse afin de pouvoir rester 
long-temps dans Fétat d'incandescence. Ces formes 
doiventêtreen rapport aveclasitualion etla conforma- 
tion des organes qu'on veut escarrifier. M. Percy réduit 
les formes générales aux suivantes : la forme cylin- 
drique ou de roseau , la forme conique , la forme 
cultellaire , la forme nummulaire et la forme octo- 
gone (i). Les formes particulières sont peu raulti- 
— . ■ — — — — — ■ — ' — ' ly 

(i) Forme cylindriqjie ou de roseau. L'extrcaiité escarri- 
fiante est cylindrique , longue de 5 centimolres , large de i5 
niillimèlres. Elle est susceptible d'atteindre les parties le plus 
profondement situées. 

Forme conique. L'extrémité escarrifîante a la forme d'urx 
cône tronque 5 son axe est long de 5 centimètres, sa base large 
de 2 cenllmèlres ; son sommet est obtus. Sa tige est courbée 
à angle droit à la dislance de 5 centimètres de la base. 

Forme cultellaire. L'extrémité escarrifîante a l'apparence 
d'une petite haclie; le dos est large d'un centimètre; le tran- 
chant forme le quart d'un cercle de 4 centimètres de rayon; il 
ne doit pas être trop aminci , sans cela il divise les tissus sur 
lesquels on l'appl que, et p'-rd trop rapidement sa température. 

Fonnr. numviulaire. I/extrémité escarriliante a l'apparence 
d'une plaque ronde ^ son diamètre est de 5 centimètres , sou 
«épaisseur d'uu cculimèlre. Soo centie donne naissance à uui? 



pliées ; elles sont subordonnées à la configuration des 
organes : telle est la forme de bec d'oiseau pour es* 
carritier les nerfs dentaires , celle de bec aplati \)our 
escarriiier les paupières, la forme concave pour es- 
carrlfier les tégumens et une portion de l'épaisseur 
des os du crâne. 

On chauffe l'acier à l'aide de charbons de bois dur, 
incandesceos. Pour déterminer à quelle température 
on emploie cet instrument, il faut le faire rougir à 
ÎDlanc, et le tenir ensuite hors du feu jusqu'à ce qu'il 

tige qui forme un angle obtus a la distance de 5 centimclres de 
sa base; de sorte que la lame forme un plan légèrement Incliné, 

Forme octogone. L'extrémité escarrifîante a la forme d'un 
carré long à angles tronqués; sa longueur est de 5 centimètres, 
sa largeur de 3 centimclres , son épaisseur d'un centimètre. La 
tige est disposée comme celle de la forme précédente. 

Le manche est de corne ou de bois dur, par exemple, d'ébène. 
On lui donne une forme oblongue à huit pans; sa longueur est 
d'un décimètre j il est surmonté par une demi-colonne d'acier 
longue de 6 centimètres, plus massive que la tige, ayant pour 
base une large mitte à recouvrement, du centre de laquelle 
descend une soie qui traverse le manche pour être rivée au 
bout sur une rosette. Cette demi-colonne est percée jusque près 
la mitte d'un conduit carré et équilatéral , afin d'éviter l'embar- 
ras de chercher le sens. Vis-à-vis le tiers supérieur de ce con- 
duit est placée ime vis de pression ,. laquelle présente une sur- 
face assez large pour être serrée et desserrée facilement. 

La lige doit être d'acier et tirée du même morceau que Téx- 
trémité escarrifianle. Son diamètre est d'un centimètre, et sa 
longueur totale de 3 décimètres. Elle est arrondie, excepté à 
l'extrémité qui doit être reçue dans le manche et qu'on nomme 
la cjucne. Celle-ci est longue de 5 centimètres ; elle forme 
nu parallélogramme d'un calibre proportionné au conduit da 
jaianche , qui doit la recevoir avec un peu d'aisance. 



ï68 PHARMACOPÉE 

ait repris la couleur cl ia tiBuperature qu'on rlesire. 
On l'api^lique transcurrermnent ( en ne faisant 
qu'efik'urer le tissu ) et par adhésion. On le presse 
pins ou moins fortement contre le tissu qu'on escar- 
rifie ; on a égard eu cela à la délicatesse de l'organe 
et à l'effet qu'on veut obtenir. Eu genéial il f;mt, 
d'après l'observation de M. Percy , l'appliquer irès^ 
cliaud et l'enlever avant qu'il cesse d'ëlre rouge. 
Appliqué de celte manière il est moins douloureux; 
il se détache facilement de l'escarre et ne l'entraîne 
point avec lui. Lorsqu'on cesse d'en faire usage, il 
est convenable de le plonger aussitôt dans de l'eau 
froide. On emploie des moyens varies pour borner 
son action latérale. Lorsqu'on se sert de la forme 
cylindrique , on fait usage d'une canule d'acier de 
l'épaisseur de deux millimètres environ, et on ne la 
maintient que momentanément, alin qu'elle ne puisse 
point se mettre en équilibre avec la température du 
conducteur. Lorsque la forme de l'acier est plane , 
on peut se servir de carton lissé , c'est-à-dire de car- 
ton épais de deux millimètres, bien battu, et poli à 
ses deux faces. On en coupe des bandes plus ou 
moins larges , auxquelles on donne la forme désirée 
en les ])liant convenablement , et on en entouiela 
lame de l'instrument. On les applique et on les main- 
tient convenablement. A défaut de carton on se sert 
de charpie et de linges humectés avec de l'eau pure 
ou avec de l'eau salée. La forme de l'instrument 
qu'on choisit doit être en rapport avec la confjgiu'a- 
tiou et la situation de la partie que l'on veut escar- 
rifier. 

On peut appliquer l'instrument aussitôt. S'il est 



CLINIQUE. 169 

planiforme, on peut l'exposer d'abord pendant quel- 
ques mlautesà la distance de plusieurs centimèlres 
de la partie. Cette manière objective de i'aj)pliquer 
est convenable lorsqu'on escarrifie pour déterminer 
de la douleur et de l'inilammation. Si ou se sert de 
l'iustruraent cultelIiforme,on marque d'abord avec 
de l'encre la direction qu'on veut donner à Tescarre. 
On ne doit pas croiser les ligues; l'instrument doit 
être chauffé au rouge le plus vif; il ne doit qu'ef- 
fleurer la peau, afin qu'il puisse parcourir toutes les 
lignes de suite, sans qu'on ait besoin de le chauf- 
fer de nouveau. Si l'escarre n'est pas assez profonde, 
ou peut repasser l'iustrument sur ces lignes; mais on 
doit éviter de diviser la peau ; car le recollement est 
souvent difficile. 

Il est des cas où il n'est pas nécessaire de préciser 
queile est la profondeur qu'on donne à l'escarre. 
Lorsqu'on escarrifie des parties gangreneuses, on 
reconnoît qu'on agit sur les parties saines à la dou- 
leur plus ou moins forte qu'on détermine. Lors- 
qu'on escarrifie des os caries, ce n'est que j)ar ap- 
proximation qu'on peut juger si ou a outre-passé on 
non l'étendue de la carie. 

L'escarre que détermine le feu appliqué à l'aide 
de l'acier incandescent se forme promptement ; elle 
s'étend un peu au-delà des parties sur lesquelles 
l'instrument est appliqué. La douleur qui l'accom- 
pagne n'est pas aussi forte qu'on seroil tenté de le 
croire; elle est d'autant moindre que l'instrument 
a une température plus élevée, et qu'on l'applique 
avec plus de promptitude. Il n'y a que le tissu cutané 
dont l'escarrificalion soit très-douioureusc ; le tissu 



PHARMACOPEE 170 

cellulaire soujacent, les glandes lyrapliatiques, les 
os, etc., ainsi que Ta expërimeuté M. Peicy , ue font 
point éprouver de doujeur très-forte. Les parties qui 
environnent l'escarre participent plus ou moins à 
rinflammation. 11 paroît que les liabitans des pays 
chauds, les vieillards, les eufans en bas âge, les 
femmes , les personnes qui ont beaucoup d'embon- 
point supportent l'application du feu plus facilement 
que d'autres. 

On a rarement recours au feu pour mettre à nu le 
lissu cellulaire soucutané, afin d'y établir un fonti- 
cule. On l'emploie pour convcTtir eu escarre le siège 
de Vaura epilepLica , les morsures d'animaux veni- 
meux et enragés, les pustules malignes, l'anthrax, les 
gangrènes et lés caries humides, les cancers, certaines 
tumeurs fongueuses et hémorrlioïdaires de l'anus. 

On en fait usage pour arrêter les héraorrhagies 
qui sont la suite de l'excision des tumeurs fougueuses, 
celles qui proviennent de vaisseaux placés entre des 
os cassés et déplacés, et que les moyens ordinaires 
ne peuvent arrêter. On y a recours pour faire cesser 
l'hémorrliagie des artères souliuguales, etc. 

Ou s'en sert pour convertir en escarre la peau 
saine , afin de déterminer un effet contigu ou sym- 
pathique. C'est ainsi qu'on brûle les légumcns et 
même une portion de l'épaisseur des os du crâue^ 
dans différens cas d'apoplexie , d'épilepsie , de cépha- 
lalgie chronique; les légumcns du rachis, dans des 
cas d'affections du prolongement rachidien et dans la 
carie vertébrale; la nuque, dans les alfeclions chro- 
niques des yeux et surtout dans l'amaurose^ le carti- 
lage de l'oreille , dans des cas de surdité , d'odonlal- 



CLINIQUE. lyi 

gie , elc. ; le cou, dans des resserremens spasmo- 
diques du pliar^-nx , du larynx, etc.; le thorax, 
dans la phlhlsie pulmonaire ; l'épigastre , dans des 
cas de hoquet, de vomlssemens convulslfs opi- 
niâtresj l'abdomen, dans des névroses, etc. de Tia- 
testin , de la vessie urinaire, de Tuléi us ; les articu- 
lations, dans différentes affections lentes, telles que 
les tumeurs blanches, les luxations consécutives, etc.; 
la plante ou le dos des pieds, dans des cas de 
goutte, etc.; la partie qui recouvre les nerfs, dans 
des névralgies opiniâtres , etc. ; celle qui recouvre 
les muscles, dans des rhumatismes chroniques , des 
paralysies locales , etc. ; la partie blessée , dans le té- 
tanos traumatique. On y a eu recours avec plus ou 
moins d'avantage dans différens cas d'hydropisies, 
telles que Tascite, l'auasarque, l'hydrocéphale, etc. 
Co7j)s en combustion (?7ioxa). On n'emploie les 
corps en combustion que pour produire u.ne escarre 
sur la peau. On peut se servir de substances variées : 
néanmoins les modernes font uniquement usage de 
coton. D'après Pouteau, on prépare le moxa de la 
manière suivante. Ou prend du coton en laine, ou 
l'enveloppe dans une bandelette de toile fine, large 
de 3 centimètres et longue de 8 centimètres , de ma- 
nière à lai donner la forme cylindrique. On serre le 
coton autant qu'il est possible ; on arrête la bande- 
lette par quelques points de lil , et on coupe le cylin- 
dre transversalement par la moitié , à l'aide d'un 
tranchant très-eftilé. Ce cylindre a ordinairement le 
diamètre de 3 centimètres et la hauteur de i5 milli- 
mètres. On l'appose par sa surface unie, et on favo- 
rise sou collemeut eu liumeclaut préalablement le 



iy2 PHARMACOPEE 

tissu sur lequel on l'applique. M. Percy conseille 
d'apporter quelques cbangemens à la préparation du 
moxa ; il a observé que le colon trop serré brûle dif- 
ficilement jusqu'en bas, et que la veulJition est in- 
sulïisanle pour obvier à cet incuuvénieul. 11 se sert 
d'un cylindre de carton un peu plus large que celui 
des fusées , et présentant à l'extrémité qu'on met en 
contact avec la peau deux petites entailles par les- 
quelles la fumée peut s'échapper; il introduit dans 
ce cylindre du coton nitré qu'il presse à peine ; il 
fait fixer ce tube avec les doigts ou en y adaptant 
deux oreilles ou anses de carton. 

Pour appliquer le moxa, on enflamme d'abord son 
extrémité supérieure ; on le place sur la peau dès 
que la combustion est établie, et on souflle à l'aide 
d'un écran ou d'un éventail pour l'entretenir. 

Le moxa enflamme d'abord ; il détermine ensuite 
une escarre qui ne s'étend jamais ou que très-rare- 
ment au-delà de l'épaisseur de la peau. La douleur 
n'est que momentanée ; la suppuration commence 
■vers le septième ou le huitième Jour. Les phénomènes 
généraux qui se manifestent lors de la rubéfaction 
du derme et lors de la formation de l'escarre sont 
ceux d'une réaction générale dont la durée varie 
selon l'état individuel. Le traitement de l'escarre ne 
présente rien de particulier. Si on croit devoir entre- 
tenir la suppuration , on a recours aux moyens que 
j'indique ailleurs. 

On se sert du moxa pour agir par contiguilé ou 
par sympathie : c'est ainsi qu'on y a recours dans des 
cas de névralgie, de rliumalisme chronique, de para- 
lysie locale, dans de» maladies de l'encéphale, du 



C L I K ^Q U E. lyS 

prolongement rachidien ,cles nerfs; dans les cas de 
tendance aux maladies organiques, par exemple , à 
la phthisie pulmonaire; dans les affections lentes des 
articulations , etc. On applique le moxa en nombre 
plus ou moins grand et à des intervalles plus ou moins 
éloigués. 

Piayons solaires converges à faide d'iifi verre 
convexe. On expose au soleil la partie qu'on veut 
convertir en escarre , et on maintient le verre ar- 
dent à la distance convenable jusqu'à ce que l'effet 
soit obtenu. On peut recourir aussi à ce moyen du- 
rant riiiver , si le soleil luit. Mais on ne peut en faire 
usage tous les jours ni à tous les iustans de la journée. 
On ne peut le maintenir appliqué pendant aussi long- 
temps qu'on le désire ni agir profondément. 

L'escarre qu'on détermine à l'aide de ce moyen 
a lieu presque instantanément. Elle est d'une éten- 
due limitée, blanche, ordinairement superlicielle 
et de la grandeur d'une lentille. Elle est accompagnée 
d'une douleur piquante et lancinante ; elle tombe 
facilement , et souvent dans l'espace de quelques 
lieures. 

De nos jours , on se sert rarement de ce moyen. 
On en fait usaee dans différens cas de cancer aux 
lèvres , etc. 

Acide sulfùrigue. 

On emploie cet acide à 66 — o ou en deçà, on l'ap- 
plique à l'aide d'un pinceau. Son action est instan- 
tanée; elle est douloureuse et peu susceptible d'être 
limitée : l'escarre est noire. Ou l'emploie particuliè- 
rement pour escarritler les pustules maJignes , etc. 



174 PHARMACOPEE 

Acide nitrique. 

On l'emploie ordlnalremet de 5o à lo — o; on 
l'applique à l'aide d'au pioceau. Son action est ins- 
tantanée; elle est douloureuse, peu susceptible d'être 
bornée : il produit une escarre jaune. On l'emploie 
dans les mêmes cas que le précédent. 

Acide muriatique. 

Oq l'emploie rarement pour produire l'escarre : 
son action sur la peau est très-lente. Il peut con- 
venir pour les surfaces muqueuses et cellulaires : 
on l'emploie à 3o — o ou plus étendu ; on l'appli- 
que de la même manière que les précédens. 

Acide muriatique oxygéné. 

On ne l'applique guère que pour brûler les sur- 
faces muqueuses et les tissus dénudés accidentelle- 
ment. On n'a pas encore assez étudié ses effets sous 
ce rapport. 

Muriate d'antimoine. 

Ou ne l'applique qu'à l'état liquide ; il suffit , pour 
l'avoir dans cet état , d'exposer ses cristaux au con- 
tactdel'air; ils prennent promptemeut laconsistance 
huileuse. L'eau distillée ne pourroit convenir pour 
liquéfier ce sel, car elle le précipite aussitôt sous 
une couleur blanche. On l'applique à l'aide d'un 
pinceau sur les surfaces muqueuses et cellulaires , 
cl à l'aide d'une boulette de charpie sur la surface 
cutanée. Il brûle instantanément les premiers tissus, 
n'aijit que leatement et peu profondément surla peau 



CLINIQUE^ lyS 

et délermine souvent beaucoup de douleur : Tes- 
cane qu'il produit est blanche. On a parliculière- 
ment recours à ce caustique pour délrulre des fon- 
gosilës,pour brûler les morsures d'animaux veni- 
meux et enragés. Ou l'emploie rarement pour mettre 
à nu le tissu cellulaire soucutaué. 

Ammoniaque liquide. 

Il la faut choisir concentrée; on l'applique à l'aide 
d'uu pinceau : elle agit promptement. On ne l'em- 
ploie guère que pour brûler les morsures d'animaux 
venimeux, les piqûres d'insectes, etc. 

Potasse et soude. 

Ces deux alcalis sont plus ou moins caustiques , 
selon leur degré de pureté; ils retiennent quelque- 
fois une quantité plus ou moins grande de chaux 
vive , et d'autres fois des proportions variées d'acide 
carbonique. On peut les employer à l'état solide ou 
liquide. Dans le premier cas on préfère la soude à 
îa potasse, en ce qu'elle est moins déliquescente et 
plus susceptible d'être limitée dans son action. C'est 
à l'état solide qu'on les emploie pour brûler la peau; 
on les applique à l'aide d'un sparadrap troué, et ou 
les recouvre d'un autre sparadrap non fenêtre. On 
examine l'appareil à plusieurs reprises, pour empê- 
cher qu'il se dérange. Ces alcalis n'agissent pas d'ail- 
leurs toujours avec le même degré de promptitude. 
L'escarre qu'ils produisent est blanche ou noire selon 
que leur contact a été plus ou moins long; elle a sou- 
vent plus d'étendue en largeur et en profondeur 
qu'on ne le désire. Les parties environ uantes sont 



I-jÔ PHARMACOPEE 

plus OU moins douloureuses et etitlammées. Lors- 
qu'on veut employer ces alcalis à l'état liquide , on 
les laisse se liquéfier à l'air, ou, ce qui vaut mieux, 
on les dissout dans de l'eau distillée jusqu'à ce qu'ils 
pèsent 1,25 environ. On les applique à l'aide d'un 
pinceau si on vent brûler des surfaces muqueuses 
et des tissus dénudés accideulellemenl; on en im- 
bibe une boulette de charpie lorsqu'on veut brûler 
la peau , et on introduit cette boule dans le trou d'un 
sparadrap fenêtre. Ces alcalis liquides, suffisamment 
concentrés , agissent plus promplement et avec 
moins de douleur que lorsqu'ils sont à l'état so- 
lide. 

Les alcalis solides conviennent pour produire une 
escarre sur la peau toutes les fois qu'on n'a pas be- 
soin de limiter l'étendue de l'escarre d'une ma- 
nière très précise, et qu'on veut en même temps 
enflammer les parties environnantes, par exemple, 
pour préparer des fonticules, pour donner issue au 
pus dans les suppurations lentes du lissu cellulaire 
souculané, des glandes lymphatiques, des parotides, 
eio. On emploie de préférence ces alcalis liquides 
suffisamment concentrés loisqu'on veut agir plus 
promplement, et brûler des tissus situés plus ou moins 
profondément. 

Chaux vive. 

Elle est peu em]il'>yée de nos jours comme es- 
carrotique : on n'a pas assez étudié les partie ulari- 
lés qu'elle présente sous ce rapport dans son ac- 
tion. On l'applique eu poudre, ou on en fait une 



CLINIQUE. 177 

pâte soit avec du savou, soit avec un autre^corps 
mou ( i). 

Alun calciné. 

La croûte que forme l'alun calciné lorsqu'on 
l'applique sur des surlaces suppurantes fongueuses, 
et qui se détache aussitôt sans inilammation ni sup- 
puration des tissus ambians,ne peut tout au plus 
eue comparée qu'à la pellicule escarroliquc dont 
j'ai parlé. Il suffit de saupoudrer l'ulcère avec de 
l'alun calcine; l'application est peu douloureuse. 
On y a recours pour détruire les fongosites, etc. 

Nitrate -d'argent Jhndu, 

On l'applique le plus ordinairement à l'état so- 
lide. On amincit plus ou moins l'extrémité du cy- 
lindre, selon l'étendue qu'on veut donner àrescane ; 
on l'humecte préalablement : il suffit de l'iinpliquer 
momentanément si on veut brûler les surfaces mu- 
queuses et les tissus dénudés. II agit instantanément. 
Si une seule application ne suffit point, on la re- 
nouvelle, après avoir préalablement absorbé (si cela 
est, nécessaire) l'humidité de la partie, à l'aide de 
papier non collé, etc. Lorsqu'on veut brûler le tissu 
cutané, il faut le maintenir appliqué pendant plu- 
sieurs heures : on se sert à cet effet du sparadrap. 

L'escarre qu'on détermine avec le nitrate d'ar- 
gent fondu est d'abord blanche, puis noire; elle est 
peu douloureuse ; elle n'a que l'étendue qu'on de- 

(1) La chaux vive a été quelquefois employée dans des cas 
de morsures d'animaux enragés. Quelques heures après son 
application , l'escarre se forme. JP. H, N. 

II. IZ 



lyB PHARMACOPEE 

sire : les parties environnantes ne sont ni doulou- 
reuses ni eullammëes. On emploie ce moyen poui* 
détiuire les chancres, les fongositës qui se déve- 
loppent sur des surfaces muqueuses et cellulaires, 
etc. : on s'en sert rarement pour meltreànule tissu 
cellulaire soucutané. 

2'^, Corps qui peuvent, par leur absorption , dé- 
tenniner des accidens gra^^es, 

Muriate de mercure sur oxydé. 

On peut l'employer sous formes pulvérulente , 
solide et molle : en poudre, on l'applique pur ou 
étendu dans un peu de sucre ou d'amidon. Lors- 
qu'on l'emploie sous forme solide , c'est à l'état de 
trochisques , dont on prépare la pâte avec de la 
rnie de pain fraîche et quantité suffisante d'eau dis- 
tillée. Le code de Paris en prépare de deux sortes : 
l'une contient o,3 de ce sel, et l'autre seulement 0,2. 
Pour faire distinguer l'une de l'autre, il colore la 
dernière à l'aide de 0,1 d'oxyde de plomb rouge. 
On donne ordinairement à cette pâte la forme de 
grains d'avoine : on s'en sert pour agrandir les ou- 
vertures fistule uses. Pour doimer à ce sel une con- 
sistance molle, on le mêle par trituration avec 0,2 , 
0,3 , etc. de cérat : on lui donne la forme qu'on 
désire. 

Cet escarrotique agit avec plus ou moins de 
promptitude selon son état de concentration ;il déter- 
mine de la douleur et occasionne l'inflammation des 
parties ambiantes. 11 forme une escarre blanche et 
«îl,enduc. Son application imprudente peut détermi-' 



CLINIQUE. 179 

ner des accidens graves , tels que des anxiétés , des 
convulsions, la fièvre, la salivation : elle a quelque- 
fois occasionné la mort. On ne doit y recourir qu'a- 
Tec la plus grande prudence. 

Oxyde d'arsenic ( arsenic blanc ), 

On peut Tadminislrer sous les mêmes formes que 
le sel précédent. En poudre , on peut l'appliquer 
pur , ou étendu dans neuf fois son poids de sucre , 
d'amidon ou de poudre de gomme arabique. On 
applique ce mélange à cet état , ou on le convertit 
à l'état de magma à l'aide d'une petite quantité d'eau. 
Pour lui donner la consistance solide ou molle , on 
le soumet aux mêmes préparations que 1 1 substance 
précédente. Son application est douloureuse ; elle 
est quelquefois suivie de douleurs générales, de 
convulbions, de vomissement, d'hémoptysie, de syn- 
cope , de paralysies , de consomption , de lièvre lente, 
etc. On l'emploie particulièrement dans les cancers 
locaux, surtout dans ceux de la face. On ne peut 
mettre en doute qu'il n'ait eu quelquefois du succès j 
mais il est souvent inefficace , et son emploi exige la 
plus grande prudence (i). 

I l I n 

(i) L'oxyde d'arsenic forme la base d'un escarrotique connu 
sous le nom de caustique de frère Corne , que l'on emploie 
evec succès dans les ulcères cancéreux de peu d'étendue , 
comme ceux de la face. CeUe préparation se faisoir ancienne- 
ment avec 0,20 d'oxyde d'arsenic ou arsenic blanc , 0,70 de 
sulfuro rouge de mercure ou cinabre , 0,06 de sang-dragon , 
et 0,04 de cendre de peau tannée. Le professeur Dubois, qui 
fait un grand usage de cette préparation , a supprimé avec rai- 
son la cendre de peau tannée, et après avoir essayé diverses 



aSo . PHARMACOPEE 

Carbonate de cuivre avec excès d'oxyde. 

On ne l'emploie guère comme escarrotique j on 
l'applique en poudre ou en onguent peu étendu. Ou 
n'a pas assez étudié son mode d'action (i); 

proportions des autres substances , il s'est arrêté aux suivantes , 
qui lui réussissent parfaitement: 

Pr. Sulfure rouge de mercure , 2 onces ou 16 parties. 

Sang-dragon i once ou 8 parties. 

Oxyde d'arsenic i gros ou une partie. 

On réduit ces substances séparément en poudre impalpable, 
et on les mélange ensuite très - exactement ; lorsqu'on veut 
s'en servir , on en prend une quantité proportionnée à l'éten- 
due de l'ulcère ; on en fait , au moyen d'un peu de salive , une 
pâle qu'on applique sur l'ulcère ^ lorsque les bords de celui-ci 
sont relevés et durs , on les ébarbe avec l'instrument tranchant 
avant de faire l'application. Cette pâte tient assez pour n'avoir 
pas besoin d'être contenue par un moyen particulier : M. Dup 
Jjois la recouvre ordinairement avec de la toile d'araignée. Oa 
la laisse tomber d'elle-même , et sa chute a lieu spontanément 
au bout de six à huit jours. On feroit une seconde application 
si l'aspect de l'ulcère la iaisolt juger utile , ou que le caustique 
fût tombé par accident. On panse ensuite avec du baume d'ar- 
cseusou une substance analogue jusqu'à la parfaite cicatrisation, 
^ui ne tarde pas à se faire ; et lorsque le sujet n'a pas la dialhèse 
cancéreuse , la maladie est entièrement détruite. M. Dubois 
n'emploie pas seulement ce moyen dans les ulcères cancéreux, 
de la face, il y a aussi quelquefois recours, avec succès , à la 
suite de l'extirpation de diverses tumeurs cancéreuses, pour 
les empêcher de repulluler. P. H. N. 

(i) Lecarljojiate decuivre avec excès d'oxyde constitue la par- 
tie active du baume vert de Metz que j'ai vu souvent employer 
avec succès par le professeur Boyer , pour ranimer l'action lan- 
}^uis«ante des chaires dans certaines plaies auciejanes , surtout 



CLINIQUE. i8r 

Oxyde de mercure rouge. 

Il est peu employé : ou l'applique en poudre ou 
en ougLient peu étendu. Son action particulière n'est 
pas assez connue j il détermine quelquefois la saliva^ 
tion(i). 

Nitrate acide de mercure. 

Ce sel n'a pas toujours le même degré de concen- 
tration; on l'applique à l'aide d'un pinceau. Son ac- 
tion est instantanée. L'escarre qu'il produit a une 
couleur rouge. Ce moyen est peu employé; il n'a 
pas d'avantage évident sur l'acide nitrique. 

lorsqu'elles avoient leur siège dans des parties dont le tissu cel- 
lulaire est lâche , et qu'elles menaçoient de dégénérer en ul- 
cères Gstuleux. P. H. N. 

(i) On forme , en triturant ensemble une partie d'oxyde da 
mercure rouge et !^o à 48 parties de cérat ou d'onguent rosat , 
une pommade que l'on emploie avec succès dans lesophlhalmies 
chroniques accompagnées de l'engorgement des glandes de 
Meihomius. La pommade de Desault , également très-efficace 
dans les mêmes affections, contient pour principaux ingrédiens 
de l'oxyde de mercure rouge et du muriate suroxygéné de 
mercure. Voici la formule de cette préparation. 

Fr. Oxyde de mercure rouge . . . '\ 

Oxyde de plomb demi-vitreux . \ de chaque i gios ou 6 parties. 

Alun calcine' , . . . , \ 

Muriate suroxygéne' de mercure . . I2 grains ou une partie. 

Porphyrisez et incorporez dans suffisante quantité de cérat 
pour donner au mélange la consistance de pommade. P. H. N, 



1^2 PHARMACOPEE 

RÉSUMÉ. 

On emploie lesescarroliqnes pour obtenir un effet 
local et pour agir par contiguilé ou par sympathie. 
Dans tous les cas, on peut agir avec plus ou moins de 
promptitude : ou peut limiter ou non l'étendue de 
l'escarre , etc. 

Escarrijication destinée à déternùner un effet 
local. Il n'est pas d'escarrotique qu'on ne puisse em- 
ployer à cet effet ; mais leur choix doit varier selon 
des circonstances particulières : c'est ainsi qu'on pré- 
fère le feu , l'acide sulfurique , l'acide nitrique , la 
potasse liquide , lorsqu'on veut exercer une action 
prompte , par exemple , pour brûler les pustules ma- 
lignes, les anthrax , les morsures d'animaux enragés. 
Ou emploie de préférence le nitrate d'argent fondu, 
le muriate d'antimoine liquide , l'alun calciné , lors- 
qu'on veut brûler des membranes muqueuses, et des 
lissus dénudés accidentellement. On préfère l'acier 
incandescent , et surtout la potasse ou la soude so- 
lide, lorsqu'il s'agit de brûler le dermealln démettre 
à nu le tissu cellulaire soucutané, ou d'autres or- 
ganes soujacens. On emploie plus particulièrement 
le muriate de mercure suroxydé sous la forme de 
grains c l'avoine , loi squ'il s'agit d'agrandir des ouver- 
tures iistuleuses; le feu, l'oxyde d'arsenic ponr dé- 
truire des cancers locaux, etc. On sait qne l'affec- 
tion cancérc.'Ufe ne fait que prendre plus d'intensité 
si on ne l'enlève pas entièrement. Le feu est l'agent 
qui détruit la peau le plus promjitement; viennent 
ensuite l'acide sulfurique concentré , l'acide nitiique 



CLINIQUE. l83 

à 3o — o , le nitrate acide de mercure , le uitrate 
d'argent fondu, les alcalis liquides concentrés, les 
alcalis à l'état solide , le muriate d'antimoine. Le feu 
appliqué à l'aide de l'acier incandescent ou à l'aide 
d'un c^ylindre de coton en combustion, et le uitrate 
<l'argeut fondu, produisent des escarres limitées. Si 
ou veut borner celles qu'on détermine avec les autres 
escarrotiques, on est obligé d'avoir recours aux pré- 
cautions que j'ai indiquées. On sait quelle prudence 
exige l'emploi du muriate de mercure suroxydé , 
ainsi que de l'oxyde d'arsenic , et les accidens qu'il 
peut occasionner. 

Escarrificatlon destinée à déterminer un effet 
continu ou sympathique» Ou préfère à cet effet les 
moyens qui agissent promptement, et qui détermi- 
nent en même temps une irritation notable : tel est le 
feu appliqué à l'aide de l'acier incandescent , à l'aide 
du coton en combustion ; telle est encore l'ammo- 
niaque. L'instrumentcultellaire , à l'aide duquel on dé- 
termine les escarres linéaires, a l'avantage de déter- 
miner beaucoup d'inilammalion. Celui qui est plani- 
forme offre aussi un avantage , en ce qu'on peut le 
présenter d'abord à quelque distance de la partie 
qu'on veut brûler. L'escarre qu'on produit avec le 
moxa est ordinairement moins profonde j elle a lieu 
aussi d'une manière plus lente. 

ORDRE QUATRIÈME. 

Médications atoniques. 

Les médications atoniques consistent dans une di- 
minution plus ou moins grande de l'état d'cxcita- 



184 PHARMACOPÉE 

lion fîes propriétés vitales orgauiques. Les pliéno- 
mènes qui les caractérisent penvent varier selon les 
Ibncllons particulières de l'organe et selon son état 
antérieur : c'est ainsi que les propriétés vitales peu- 
vent élre rappelées à leur élat normal si elles éloient 
trop exaltées , ou tomber dans un état d'affaisse- 
ment si on abuse des moyens atoniques. 

La médication atouique peut être bornée à l'or- 
gane qu'on met en contact avec les moyens destinés 
à cet effet; elle peut s'étendre par contiguïté, par 
continuité ou par sympathie , soit à quelque organe 
en particulier , soit à tout l'organisme ; elle peut se 
manifester plus ou moins promptement après l'em- 
ploi des moyens convenables ; elle peut existera des 
degrés variés, et avoir une durée plus ou moins 
longue ; elle peut cesser eu rétablissant l'organe dans 
son état ordinaire , ou en le plongeant dans un élat 
d'affaissement. L'influence de cette médication peut 
être nulle ou très-marquée , momentanée ou du- 
rable. L'observation nous fournit à l'inHui des exem- 
ples de ces variétés. 

Ou a recours aux médications atoniques , 

1**. Pour diminuer ou faire cesser un état d'exci- 
tation locale très-forte, par exemple, dans les cas de 
phiegmasie aiguë très -intense des membranes mu- 
queuses du conduit alimentaire ,de la peau, etc. ; 

2^. Pour déterminer un effet analogue par conti- 
guïté : c'est ainsi qu'on applique des mucilaglneux 
sur la peau dans le cas de phiegmasie algue du tissu 
cellulaire soujacent ; 

3^. Pour débiliter un organe par sympathie : 
c'est ainsi qu'on introduit les mucilaglneux dans 



CLINIQUE. l85 

restomac pour diminuer l'irritation pulmonaire ; 
4'^. Pour déterminer la dérivation ou la révnlsioa 
d'une affection maladive : c'est ainsi qu'on favorise 
quelquefois la menstruation à l'aide de vapeurs 
tièdes qu'on dirige vers l'utérus : c'est ainsi que, 
dans le cas de métastase goutteuse occasionnée par 
une irritation forte de l'articulation qui est affectée , 
on favorise le retour de la goutte à l'aide d'applica- 
tions mucilagineuses. 

11 est difficile d'exposer d'une manière précise 
quelles sont les espèces de maladies dans lesquelles 
il convient de recourir aux moyens atoniques. Leur 
emploi est subordonne aux variétés dépendantes du 
degré d'excitation ou d'affaissement des propriétés 
vitales. C'est ainsi qu'il est des fièvres angioténiques, 
desphlegmasies aiguës, des hémorrhagies actives qui 
n'en réclament presque pas l'usage, tandis que 
d'autres sont si intenses , qu'elles paurroieut mena- 
cer d'une fin funeste, si ou n'eraployoit les moyens 
atoniques. Dans tous les cas , il faut que ces moyens 
soient gradués d'après le degré d'irritation. C'est 
ainsi surtout que le médecin doit savoir conjecturer 
quel est le degré de force nécessaire pour que la 
maladie puisse se terminer heureusement. L'abus 
des moyens atoniques porte son influence uou-seu- 
lemeut sur l'organe avec lequel on les met en contact, 
mais encore sur tout l'organisme. 

Les circonstances principales qui nécessitent les 
médications atoniques sont les fièvres angioténiques, 
les plilegmasies aiguës, surtout lorsqu'elles sont à 
leur première période; les hémorrhagies actives, 
lorsque récoulcment du sang ne irodère pas Tirrila- 



l85 PHARMACOPl^E 

« 

tion ; rempoîsoiiîiement avecioflainmation et avec es- 
carre; l'irritation eatretenue par Ja présence de 
corps étrangers, par exemple, par des calculs uri- 
naires, etc. On y a souvent recours avec avantage 
lorsqu'il s'agit de rappeler des sécrétions ou des ex- 
halations, des maladies habituelles qui se sont sup- 
primées par l'effet d'une irritation locale très- forte. 
Elles opèrent souvent un soulagement manifeste dans 
des cas de névroses qui dépendent d'un état d'irri- 
tation des propriétés vitales organiques. On sait qu'il 
est des cas d'hydropisies où leur emploi devient né- 
cessaire. On ne peut donc pas dire que telle et telle 
affections appartiennent exclusivement aux maladies 
hypersthéniques ou aux maladies asthéniques, ainsi 
que l'avancent quelques modernes. 

On peut déterminer les médications atoniques à 
l'aide de moyens variés, dont les uns produisent cet 
effet directement, et d'antres d'une manière indi- 
recte. Le défaut d'exercice d'un organe le jette avec 
plus ou moins de promptitude dans un état dedéhlll- 
té. L'emploi trop long-temps continué désexcitant 
ordinaires, et l'usage d'excilans trop forts, débi- 
litent. Les sécrétions et les exhalations excessives af- 
foiblissent. On peut débiliter tout l'organisme, et 
par conséquent les organes en particulier, en dimi- 
nuant l'action du coeur, ainsi que celle de l'encé- 
phale. Mais 11 ne s'agit ici que des moyens qui 
diminuent le ton directement , et qui peuvent 
produire un effet analogue sur tous les oiganes eu 
particulier. 

Les substances dont on se sert pour déterminer 
les médications atoniques sont, i°, une température 



CLINIQUE. îBy 

LnmiJe de 20 à 34cenligrades -f o , 2". le maclîage , 
3". la gélallne , 4°» l'albumine , 5 '. les corps gras «on 
lances, 6°. les substances dans la composition des- 
tjuelles entrent plusieurs de ces matéiiaux,teîsque 
le jaune d'oeuf, le lait, etc. C'est ordinairement soiis 
formes molle , liquide et vaporeuse qu'on administre 
ces moyens ; on leur donne la températui-e tiède, si 
on en excepte les huiles, qu'on administre à la tem- 
përature ordinaire de l'atmosphère. 

On apphque ces moyens sur les mêmes surfaces 
que les toniques. On doit se conformer aux règles 
que j'ai établies en traitant de ces derniers. 11 faut en 
général les maintenir appliqués le plus long -temps 
possible. 

§ I^^. application des moyens atoniques sur la 
membrane muqueuse de V estomac , ainsi que de 
r intestin grêle ^ et médication atonique de ces 
orgaries. 

On applique les moyens atoniques sur la mem- 
brane muqueuse en question soit pour diminuer loca- 
lement le ton des organes gastriques , soit pour dé- 
terminer un pareil effet par contiguïté ou par sym- 
pathie. L'estomac est l'organe qu'on choisit le plus 
fréquemment pour produire un effet atoui que sym- 
p^alhique local ou général. 

On administre ces moyens sous forme molle ou 
liquide, selon qu'ils doivent plus ou moins séjourner 
dans la gorge et dans l'œsophage. On est souvent 
obligé de les aromatiser légèrement , afin qu'ils ne fa- 
tiguent pas l'estomac, surtout lorsque cet orgaue 



lî)3 PHARMACOPEE 

n'est point malade et lorsqu'il s'agit d'opérer un ef- 
fet secondaire. On les administre ordinairement sous 
une température tiède, surtout lorsqu'ils sont muci- 
Ingineux et gélatineux j il est néanmoins des cas où il 
convient de les administrer à la température de l'at- 
mosphère, par exemple, dans des cas d'hémorrha- 
gies actives. Plusieurs de cessubstancessont nutritives 
lorsqu'on les emploie eu grande quantité : tels sontles 
mucilages, les gelées animales et végétales, les huiles. 
Quelques-unes provoquent facilement le vomisse- 
ment: telles sont les huiles, l'eau tiède. D'autres oc- 
casionnent la constipation : telle est la gelée amilacée. 
On édulcore fréquemment ces médicamens ; mais le 
sucre doit être suffisamment étendu , sans cela il ex- 
cite et détermine dans la gorge et dans l'estomac un 
sentiment de sécheresse, d'âcrelé, d'ascescence. La 
plupart de ces substances prises en trop grande 
quantité peuvent occasionner l'indigestion ; leur 
usage continué entrave l'action de l'estomac. L'état 
d'embarras gastrique s'oppose nécessairement à leur 
emploi, puisqu'elles l'augmentent et le provoquent. 
Les circonstances dans lesquelles on introduit les 
mo}^ns atoniques dans le conduit alimentaire sont 
les suivantes : la première et la deuxième période des 
phlegmasies aiguës de la membrane muqueuse de la 
l>ouche,du pharynx , de i'oesopiiage , de l'estomac 
cl de l'intestin; l'empoisonnement avec inllarama- 
lion et escarre; la première et la deuxième période de 
la péritonite, de la pleurésie, du catarrhe aigu des 
bronches, delà pneumonie ; les inllammalions aiguës 
et les hémorrhagles actives de la plupart des organes ; 
et enfin tous les cas où le degré d'irritalioa des pro- 



CLINIQUE. i8g 

priétés vitales, en général ou en particulier, n'est pas 
en rapport avec celui qui est nécessaire pour que les 
maladies puissent parvenir à une terminaison heu- 
reuse. 

Eau tiède. 

Pour diminuer la tendance qu'elle a à provoquer 
le vomissement , on l'édulcore et on l'aromatise foi- 
blement. 

Mucilage. 

On peut employer le mucilage tout extrait , ou le 
retirer à mesure qu'on veut l'administrer. Dans le 
premier cas , on se sert de gomme arabique , etc. ; et 
dans le deuxième , des semences de lin usuel, de la 
racine de guimauve officinale , etc. 

Gomme arabique. On l'emploie rarement seule ; 
on l'édulcore ordinairement. On peut l'administrer 
sous la forme de pâte, sous celle de pastilles, ou eu 
solution aqueuse. J'ai exposé ailleurs (tome ler^ 
page 204 ) la manière dont on prépare la pâte de 
gomme arabique, qu'on désigne communément sous 
le nom de pâle de guimauve. La pâte de jujubes, 
de dattes, de réglisse, etc. n'en dil'fère qu'en ce qu'on 
remplace l'eau ou la décoction de guimauve offici- 
nale par une infusion de réglisse ou par la décoction 
de jujubes, de dattes , etc. Pour donner à la gomme 
arabique la forme de pastilles, on la réduit en 
poudre, on la pile avec partie égale d'amidon et de 
sucre et avec quantité suffisante d'eau; on l'aroma- 
tise avec l'eau distillée de Heurs d'oranger. Les pas- 
liJcsne se dessèchent pas sans l'addition de l'ami- 



PHARMACOPliE 

don , à moins qu'on n'emploie des prOpoi lions plus 
grandes de sucre. 

Pour avoir celle gomme à l'étal liquide , on la con- 
casse et on l'expose avec de l'eau à l'action de la cha- 
leur jusqu'à ce qu'elle soit dissoute j on peut aussi la 
réduire en poudre et la triturer à troideu y ajoutant 
successivement la quantité d'eau indiquée. Cent par- 
lies d'eau prennent une viscosité légère avec une à 
deux parties de gomme arabique; elles contractent 
une viscosité sh'upeuse avec vingt parties. On édul- 
core et on aromatise ce liquide convenablement. Ou 
peut le réduire à l'état sirupeux ; à cet effet , on dis- 
sout cinq parties de gomme arabique choisie dans 
cent parties d'eau; on passe à travers une élamine 
blanche; on y dissout ensuite deux cents parties de 
sucre blanc pulvérisé; on clarilie s'il est nécessaire , 
et on évapore jusqu'à consistance de 3o — o. On ad- 
ministre la solution aqueuse de gomme arabique par 
cuillerées ou par verres, selon qu'elle est plus ou 
moins concentrée. 

On fait usage de la gomme arabique pour dimi- 
nuer l'irritation locale de la gorge, de l'estomac et de 
l'intestin ; on y a surtout recours pour diminuer l'ir- 
ritation de l'organe pulmonairee. 

Semences de lin usuel ( Liiuun usUaùssunum , 
L. ). Pour en extraire le mucilage on les enferme 
entières dans un nouet de linge ,et on les lient plon- 
gées dans de l'eau froide ou dans de l'eau bouillante, 
jusqu'à ce que le liquide en soit suflisamment chargé : 
on edulcore convenablement. Ce mucilage est Ires-» 
pur. L'usage ne l'a guère accrédité que lorsqu'il s'a- 
git de dimiuucr rirrilaliou des organes uriuaires. 



CLINIQUE. igi 

Piocine de guimauve officinale ( ahhœa offici- 
nalis , L. ). On emploie cette racine privée de son 
épiderme. On peut l'administrer sons la forme de 
pastilles , ou en extraire le mucilage à l'aide de l'eau. 
Pour préparer des pastilles avec cette racine, on la 
réduit en poudre , et on la pile avec parties égales , 
le double ou le triple de son poids de sucre; on aro- 
matise ce mélange avec l'eau distillée de tleurs d'o- 
ranger , et on donne la consistance de pâte à l'aide 
de quantité suffisante de mucilage de gomme adra- 
gant. Lorsqu'on veut extraire son mucilage et l'ad- 
ministrer à l'état liquide , on peut employer cette ra- 
cine fraîche ou desséchée ( il faut en général trois 
quarts de moins dans ce dernier cas ) ; on la coupe 
menu et on la fait macérer , infuser ou bouillir lé- 
gèrement dans l'eau : une décoction prolongée rend 
ce liquide trop visqueux. Les proportions ne pré- 
sentent rien de rigoureux : ou prend ordinairement 
cinq parties environ pour cent parties d'eau. On 
édulcore ce liquide convenablement ; on l'admi- 
nistre par verres. On peut le convertir à l'état siru- 
peux : c'est ce qui constitue le sirop de guimauve 
simple, A cet effet on fait bouillir instantanément dix 
à douze parties de cette racine desséchée et privée 
de son épiderme dans cent parties d'eau j on passe à 
travers une étamine blanche , et on y fait dissoudre 
deux cents parties de sucre. On clarifie, s'il est néces- 
saire, et on fait cuire jusqu'à ce qu'il y ait formation 
de pellicule : ce sirop s'altère facilement. L'usage a 
accrédité cette racine dans les mêmes cas que la 
gomme arabique. 



IC;2 PHARMACOPEE 

Feuilles et fleurs de guimauve officinale {ahhœa 
officinal is , L. ), de mauve à Jeuilles rondes Ç?nal- 
va rotundifolia , h. ) , de mauve sauvage ( nialva 
sjlvestris , L. ). On les emploie uniquement pour 
en extraire le mucilage; on a recours à cet effet à la 
macéralion et à l'infusion dans' l'eau. Les propor- 
tions sont indifférentes : ou prend ordinairement 
cinq à dix parties sur cent parties d'eau. En général il 
faut plus de ces substances que de racine de gui- 
mauve ; car elles sont moins pourvues de mucilage : 
celui-ci y est aussi moins pur. On édulcore conve- 
nablemenl. L'usage a accrédité ces feuilles et ces 
Heurs dans les mêmes cas que la racine précédente. 

Hacine de consoude officinale ou de grande con- 
soude ( sympJùtum officinale , L,). On emploie cette 
racine privée de son écorce; elle a l'inconvénient de 
se colorer aussitôt au contact de l'air. On n'en fait 
guère usage que pour extraire son mucilage et pour 
l'administrer à l'état liquide. A cet effet ou enlève 
l'épiderme , on coupe la racine menu , et ou la fait 
macérer , infuser , ou bouillir légèrement dans de 
l'eau et dans un vaisseau qui ne soit pas de fer. Les 
proportions ne sont pas rigoureuses: on prend ordi- 
nairement deux à cinq parties de celte racine pour 
cent parties d'eau. On édulcore ce liquide convena- 
blement , et on l'administre par verres. On le con- 
vertit quelquefois à l'état sirupeux par le mémepro« 
cédé que la décoction aqueuse de guimauve. On ad- 
ministre ce sirop pur, ou étendu dans de l'eau ou dans 
un liquide mucilagineux. Il ne faudroit pas le con- 
fondre avec celui qu'on conserve dans quelques offi- 
cines sous le nom de sirop de consoude composé; 



CLINIQUE» Î93 

car ce dernier est préparé avec beaucoup de sub- 
stances qui contiennent du tannin. 

La solution aqueuse partielle de la racine de con- 
soude officinale coalient du tannin, outre le muci- 
lage visqueux. On l'emploie plus particulièrement 
dans les cas de catarrhe intestinal aign , lorsqu'il con- 
vient de produire en même temps une légère aslric- 
tion. Le sirop de consoude simple ne peut avoir 
d'action notable à la dose et aux degrés d'extension 
auxquelson l'emploie fréquemment. Quel effet peut 
produire ce sirop étendu dans trente fois son |>oids 
d'eau , et administré par verves à des interv'alley 
plus ou moins grands ? 

Matière amilacée. 

On se sert de l'amidon tout extrait, ou des sub- 
stances qui le contiennent en grande quantité, telles 
que les grains d'ors^e(hordeufn vulgare , hordeum 
distlchon , hordeum hexastlcon. , L. ) , d'avoine 
( avena sath>a ^ L. ) , de riz ( oriza sativa , L. ) , la 
pomme-de-lerre { solarium tiiberosum , L.) , les ra- 
cines d'orchis ( orchis mascula , orchis morio , or- 
chis ladfolia , orchis maciiLûta , orchis hifolia or- 
chis pyrainidaiis , L.), le sagou {cycascircinnalis ^ 
L. ) , le lichen d'Islande ( lichen Islandicus , L ) , etc. 
On peut employer la matière amilacée ordinaire , 
ou celle qui , par l'immersion dans l'eau bouillante 
et par la dessiccation , est devenue soluble à froid , 
celle en un mot qui a été convertie en salep. 

On peut employer l'amidon sous la forme de pas- 
tilles, à l'étal de gelée, sous la forme de looch ou 
en solution aqueuse étendue. Pour préparer les pas- 
II. i3* 



194 r H A R M A C O P E E 

tilles, il est prcfcrable de se servir de salep ; on le 
réduit en poudre , et on le pile avec partie égale ou 
le double de son poids de sucre et quantité sufii- 
santc d'eau ou de mucilage de gomme adragant , se* 
Ion que l'amidon est à l'état de salep ou non. On 
aromatise cette pâte avec l'eau distillée de fleurs 
d'oranger. 

Gelée. Pour donner à la matière amilacée la l'orme 
de gelée, on peut se servir de celle qui est à l'état 
de salep ou non. Dans ce dernier cas il faut entre- 
tenir la coction pendant plus long-temps, 

La gomme adragant entière ])eut former , avec 
dix à douze fois son poids d'eau froide, une gelée 
très-consistante et très-blanche; il suffit de l'expri- 
mer à travers une toile claire, de l'édulcorer et de 
l'aromatiser convenablement : elle n'est guère usité» 
sous ce rapport. 

Si on se sert d'amidon ordinaire, ou réduit eii 
salep pur, ou mêlé avec quelques autres matériaux 
( comme la farine d'orge , d'avoine , etc. ) , on l'em- 
ploie à l'état pulvérulent , et on le fait cuire avec 
un peu d'eau jusqu'à ce qu'il soit bien gonilé et 
transparent : dix parties d'eau suffisent ordinaire- 
ment pour une partie d'amidon. On passe cette gelée 
avec expression à travers une toile clau-e ; on l'édul- 
core avec la moitié, partie égale ou le double de son 
poids de sucre, et on l'aromatise convenablement. 

Lorsqu'on se sert de grains d'orge mondée , de 
riz ou d'avoine non pulvérisés , on les fait d'abord 
macérer dans l'eau; on les frotte ensuite avec un 
linge rude afin d'enlever les matières hétérogènes 
qui peuvent y adhérer; puis ou les fait cuire à une 



CLINIQUE. Ig5 

tlouce chaleur avec une petite quantité d'eau : ou 
entretient cette coction pendant sept à huit heures. 
Dès que ces semences sont suffisamment ramollies , 
on les passe avec expression à travers un tamis de 
crin, puis ou les ëdulcore et on les aromatise con- 
venablement. 

On peut préparer une gelée analogue avec de la 
mie de pain. On prend à cet effet des tranches de 
pain de froment desséchées au four ; on les fait ma- 
cérer dans de l'eau pendantsix heures environ ; puis 
on les presse dans un linge pour en séparer ce li- 
C|uide, et on les fait cuire à une douce chaleur avec 
une petite quantité d'eau ;ou entretient cette coctioa 
pendant sept à huit heures j on agile de temps ea 
temps, et on ajoute de l'eau à mesure qu'elle s'éva- 
pore. Lorsque la mie de pain est suffisamment ra- 
mollie, on la presse à travers un tamis de crin , puis 
ou l'édulcore et on l'aromatise convenablement. 

Si on fait usage de lichen d'Islande , on peut en 
extraire l'extractif et le tannin qu'il contient, en 
même temps que la matière amilacee, ou ne faire 
visage que de celle-ci. Dans ce dernier cas, on lave 
d'abord le lichen avec de l'eau froide jusqu'à ce que 
ce liquide cesse de se C'^iaer. Du reste on prépare 
celte gelée de la même manière que celle de se- 
mences d'orge. 

Looch. Pour préparer le looch, on ne se sert 
ordinairement que de la gomme adragant pulvé- 
risée. On la mêle à cet effet avec vingt fois son poids 
de sucre en poudre, et on y ajoute successivement 
cent fois son poids d'eau. On aromatise ce Kquido, 
convenablement. 



KjG PHARMACOPEE 

Boissons '"gélatineuses. Pour préparer Igs bois- 
sonsgclatiueuses,on fait plus particulièrement usage 
d'amidon pur, d'orge, de riz, d'avoine, entiers ou 
pulvérisés, de mie de pain, etc. : on ëdulcore ces 
liquides soit avec du sucre, soit avec un peu de ré- 
glisse , ainsi que je l'ai exposé dans l'art de formuler. 

Si on se sert d'amidon ou de farine d'orge, de riz , 
d'avoine, de pommes-de-terre, on fera cuire ces 
substances pulvérulentes avec quantité suîiisante 
d'eau, jusqu'à ce qu'elles aient la consistance de 
gelée; on les élend ensuite dans de l'eau. Cette 
gelée ainsi étendue, se précipite en partie,' et l'eau 
•ne conserve qu'un degré modéré de viscosité ; la pré- 
.cipilation paroit être d'autant plus prompte que la 
quantité d'eau est plus grande. 

Si on se sert de liiie de pain, on la fait cuire dans 
de l'eau jusqu'à ce qu'elle soit suitisammeut ramol- 
lie. Ce liquide lai&sc de- même précipiter une partie 
'de la gelée qu'il tient en solution *,•'"•" -"^ i •' • 

Si on emploie les sentences enlièrebïfë tiz,' d'a- 
voine, d'orge perlée et mondée, on fait- cuire ces 
substances avec un peu d'eau juscjivà- ce qu'elles 
soient ramollie^ efcqu'eifc&isoientstlse&i'jliblésd'étiie 
écrasëçs piu' la moîndr{*^\'^"^ssion ; on y Ajoute en- 
suite d'aurant plus- d-'-eau- que le liVjmde doit être 
moins visqueux. Ce liquide laisse aw$$i' jirécipiier 
UBe grande ];>Qvlie 'de lai g'eloe qu'il tient "en sohîtron. 
Si ou a 'employé de llorgo entière et de l'orge mon- 
dée, il tant i^ejetérlGTCoduitdes premières coctions 
jusqu'à ce qu'il cesse dcsfe colonl^ï sans cela onob* 
liendroit un médicament dificrent. 

Si ou cm['loie la racine de cliicndent (^triùicum 



CLINIQUE. jgy 

repens , ïu.J , on la inoiiJc, on l'écrase, on la coupe 
menu, on jette le produit de la première ëbullitiou , 
et on entretient ensuite li cocilon jusqvi'à ce que 
la racine soit convenablement ramollie et que l'eau 
soit visqueuse. Les proportions ne sont pas rigou- 
reuses: on emploie ordinairement cinq à dix parties 
pour cent parties d'eau. 

On suit un procédé analogue si on veutemployer 
le lichen d'Islande, etc» 

On peut employer indifféremment riine ou l'autre 
de ces boissons; néanmoins celles qui sont préparées 
avec l'amidon pur, avec le riz, ne contiennent pas ou 
que peu de mucoso-sucré; elles sont susceptibles 
d'occasionner la constipation, et sont, à cause de 
cela, employées dans les cas de catai:rhje intestinal 
qL]^'ou croit devoir combattre. 

Gelée animale. 

■ Lorsqu'on emploie la gélatine animale corame 
xnoyeo atonique, il faut préférer celle qui contient 
le moins d'extractif : c'i^st pour cela qu'on fait usage 
de la chair des animaux à viande blanche, tels que 
le veau, les grenouilles , t'tc. On n'emploie ordinai- 
rement cette substance qu'en soiatiou dans beau- 
coup d'eau, et rarement à l'état de gelée, parce 
qu'elle est trop nourrissante, La manière de pré-»- 
])arer*le bouillon esl trop connue pour que j'aiç 
besoin de l'exposer ici. On a surtout recours aux bouil- 
lons faits avec des viandes blanches lorsqu'on veut 
en même temps entretenir un état habituel d<î 
diarrhée. 



igS PHARMACOPEE 

Fetlt-lait. 

Lorsqu'on emploie le petit-lait comme moyen ato- 
riqiie, ou eviie le plus souvent qu'il soit acide : 
la quantité de sucre , de lait et de gélatine qu'il con- 
tient le rend aussi très-uonrrissaut. On le prépare 
de la manière suivante : on expose du lait à une 
douce chaleur; lorsqu'il est chaud, on le coagule 
eu y versant 0,00 1 enviion de son poid^ de présure , 
qu'on a préalablement étendue dans un peu d'eau. 
Beaucoup de substances jouissent de la propriété 
de cailler le lait : tels sont le sucre , le muqueux ^ 
l'amidou, etc. ; mais leur action est moins constante. 
Le caille-lait 'ydune Çga/lium uerum ,h.) ne jouit 
nullement de cette propriété, d'après l'observation 
de ]MM. Déyeux et Parmentier. Les acides coagulent 
le lait pur très promptement; OQ se sert surtout à 
cet effet du vinaigre et du tartrlte acidulé de pe- 
lasse ; mais il faut éviter de les employer en excès, 
6i on ne veut point que le petit-lait soit acide. Dès 
que le lait est coagulé, on le passe à travers une 
eiamine claire. Pour clarifier le petit-lait, on l'ex- 
pose de nouveau à l'actiou de la chaleur dans ua 
vaisseau propre; on y ajoute ensuite et on y mêle 
exactement du blanc d'œuf rendu écumeux par l'a- 
gitation avec un peu d'eau; on (iltre le liquide dès 
que la clarihca ion est achevée et pendant qu'il 
est encore chaud. Le petit-lait s'aigrit promptement; 
il produit une légère purgation. On l'emploie dans 
les mêmes cas que le bouilloa de viandes blanches^ 



CLINIQUE. igg 

Mue o s 0' sucrés. 

Les m ucoso sucrés qu'on emploie ordmairenient 
sont, 1°. les fruits doux, tels que les pruneaux, les 
raisins de caisse (^vitis uinifera , L.), les raisins de 
Corinthe (vitis apyrena ^ L. ), les figues (^ficits ca- 
rica, L.), les jujubes {rhamniis zyzyplius , L.^ zf' 
zyplius sînensis, Lmk. ) , les dattes {^phœnix clacti' 
ïifera, L.), les sebestes (^cordiamixa, L,), les sili- 
ques douces ou les fruits de caroubier commun-. 
{ceratonia siliqua , L.) , 2°. le miel, 3**. les racines 
de réglisse officinale et \\év\%'?>éQ{^glycyrrhiza glabrà, 
glycyrrhiza echinnata , L. ) _, la racine de polypode 
commun (^poJypodium Dulgare , L.), etc. 

Ces différentes substances sont nutritives; elles 
sont susceptibles de déterminer une excitation to- 
nique plus ou moins grande selon la quantité d'ex- 
tractif, etc. qu'elles contiennent; elles peuvent oc- 
casionner une légère purgalion. On voit donc évi- 
demment qu'elles ne sauroient convenir dans les cas 
où on doit combattre une irritation très-forte. 

Fruits doux* Les pruneaux peuvent les rem- 
placer tous. Les jujubes, et surtout les sebestes, 
sont quelquefois tellement desséchées qu^elles ne 
sont nullement douces. On peut se servir de ces 
fruits crus ; on peut les ramollir à l'aide de la coc- 
tion dans l'eau, et même les réduire à l'état pulpeux 
à l'aide de la coction et de la pression à travers un 
tamis ; on peut enfin faire usage de leur décoction 
aqueuse. Les proportions ne sont rien moins que 
rigoureuses. Beaucoup de médecins prescrivent à ia 



20O PHARMACOPEE 

fois plusieurs de ces fruits, ce qui est absolument 
inutile. 

Miel. Il faut prendre celui qui est blanc et qut 
n'est point sophistiqué; il ne faut pas l'exposer pen- 
dant long-temps à l'action de la chaleur, car il de- 
vient de plus en plus irritant. On peut le faire pren- 
dre seul ou le dissoudre dans de l'eau. 

Sucre de lait. Il est peu employé. 

Racine de réglisse. On peut la faire mâcher, ou 
employer son infusion aqueuse ; on ne doit entrete- 
nir rinfusion qu'instantanément ; sans cela l'eau dis- 
sout de l'cxtractif et devient de plus en y)lus exci- 
tante. On fait aussi usage de son extrait aqueux par 
macération ; on l'emploie seul , ou on lui donne la 
forme de pastilles en le mêlant avec des quantités 
plus ou moins grandes de sucre et de gomme ara- 
bique ou d'amidon. Les proportions employées par 
la ]iharmacopce d'Edimbourg sont partie égale d'ex- 
trait aqueux de réglisse et de gomme arabique, et 
le double de sucre. L'extrait de réglisse du com- 
merce (suc de réghsse) est plus ou moins acre; il 
est ordinairement brûlé, et contient souvent du 
cuivre; on ne doit employer que l'extrait qui a clé 
préparé par les piiarmaciens, ou du moins celui qui 
a été purifié. 

Piacine de polypode commun. On fait usage de 
son infusion aqueuse. Il est moins agréable que celui 
de réglisse. On rejette ordinairement le produit de lu 
première infusion. 

On peut aussi employer d'autres racines douces , 
telles que celles de \-\ixsii\.{hrassica napus, L.), de 
betteraves {beta riibra, L.), de carollcs {daiicus 



CLINIQUE. 20t 

carotta^ L.),elc. Guy ajoute du sucre si elles ne 
sont pas assez douces. On les fait cuire avec une 
(juatititë plus ou moins grande d'eau, et on emploie 
le produit de cette coction. 

Le mélange du sucre avec le muqueux ou avec le 
salep fournit le mucoso - sucré le plus convenable 
lorsqu'il s'agit de diminuer un état d'irritation sans 
déterminer la moindre excitation notable. 

Albumine. 

L'albumine est moins employée pour déterminer 
les médications atoniques que le mucilage et l'ami- 
do!î. Lorsqu'on veut en faire usage, on se sert parti- 
culièrement du blanc d'œuf; on ne l'administre 
qu'étendu dans de l'eau. A cet effet, on le triture 
avec quantité suffisante de sucre en poudre, et oa 
y ajoute successivement de l'eau froide ou de l'eau, 
bouillante. Les proportions ne sont pas rigoureuses. 
L'action de l'albumine n'est pas différente de celle 
de la gélatine et du mucilage. 

Huiles Jixes. 

Toutes les builes fixes, pourvu qu'elles ne soient 
pas rances, peuvent convenir. On emploie priucipa- 
Jemcnt les builes grasses , et parmi celles-ci on se sert 
de préférence de l'huile d'olives et de celle d'amandes. 
L'buile d'olives a l'avantage de rancir plus lentement 
que les autres. Celle d'amandes est plus agréable ; 
mais elle rancit trèspromyjtemeut; on remédie à cet 
inconvénient en l'extrayant à mesure qu'on veut 
l'employer. L'huile qu'on extrait des amandes 



202 PHARMACOPEE 

amères n'est point amère. On peut, dans des cas de 
nécessité , administrer toute buile iixe non rance 
qu'on a sous la main. 

On ])eut administrer les huiles fixes seules et par 
cuillerées ; néanmoins peu de personnes peuvent eu 
faire usage de cette manière. Le plus tréquemment 
on les suspend dans de l'eau édulcorée. J'ai fait voir 
ailleurs (tomel , page lôg ) que le jaune d'œuf, et 
après lui le blanc d'oeuf, sont les meilleurs inter- 
mèdes qu'on puisse employer à cet effet. On triture 
l'huile avec le jaune ou le blanc d'œuf etle sucre 
jusqu'à ce que le mélange soit intime; on y ajoute 
ensuite quantité suffisante d'eau : une partie de 
jaune d'oeuf peut rendre miscible deux à quatre par- 
tics d'huile fixe. J'ai essayé les difïérens moyens que 
les auteurs ont conseillés pour remplir le même ob- 
jet, et j'ai été loin d'obtenir les résultats qu'ils ont 
indiques. 

Les huiles fixes sont nutritives; elles sont suscep- 
tibles de provoquer le vomissement et de déterminer 
la purgailon si on les emploie en grande quantité. 
Elles ont l'inconvénient de rancir facilement, surtout 
dans les cas de phlegmasies des voles allmenlaires; 
elles irritent alors et déterminent des coliques. 
Elles présentent, sous ce rapport, un inconvénient 
que n'ont pas les mucilages, les gelées amilacées, 
etc. : sans cela elles conviendroient plus particuliè- 
rement lorsque la constipation est à craindre. 

Uaxonge , le beurre et les autres corps gras ana- 
logues ne sont guère d'usage. Pour les employer en 
quantité assez grande, il faudroit les liquéfier dans de 
l'eau tiède et les avaler aussitôt. Us sont d'ailleurs su- 



CLINIQUE. 2o3 

perfi'TS , et présentent les mêmes inconvénient que 
les huiles fixes. On ne fait pins usage de IV/J/yC'OcvVe 
on b'anc de haleine , ni du beurre de cacao : ils sont 
ordinairement rances , et ne jouissent pas de proprié» 
tés particulières. 

Jaune d'œvf. 

Le jaune d'oeuf contient une huile fixe unie à de 
î'alhumineet à une matière colorante jaune. On peut 
le faire avaler directement, ou l'étendre dans Teau 
sous la forme d'émulsiou. A cet effet on le triture 
avec du sucre , et on y ajoute successivement de l'eau 
bouillante. L'action de ce moyen est analogue à celle 
des substances précédentes. 

Emulsion, 

L'émulsion n'est qu'une huile fixe suspendue dans 
l'eau à l'aide de l'albumine végétale. On peut la pré- 
parer avec un grand nombre de semences : telles 
sont les amandes ( amygdalus communis , L. ), les 
semences de cucurbitacées , et surtout de melon (c«- 
cumis 7nelo,h. ), de concombre ( cncumis saùvus y 
L. ), de citrouille ( cucurbita citruHus , L. ), de 
courge ( cucurbita pepo , L. ) ; les semences de lin 
(^linum usitatissimum , L. ), les pignons {pinuspi- 
nea , L. ), les pistaches {^pistachia i)era , L. ), les 
semences de \)ou\y\er (^porLulaca oleracea , L. ), de 
lailue ( lactMca saliva y L. ), de chicorée sauvage 
{^cichorium intybus , L. ),de chicorée endive ( ci- 
chorium endiva , L. ), de chanvre cultivé {^canna-. 
his j^m-rt^ L.),etc. On em{ loie le pins ordinairement 
les amandes douces si l'emulsioa doit être blanche , 



204 PHARMACOPEE 

et les pistaches si elle doit élre verte. 11 faut choisir 
ces semeuces entières et Dullemcnt rances. 

On prépare rëmiilsion de la maDière siiivaute. On 
enlève d'abord le tégument propre des semences. 
Pour en priver les amandes, il sulfit de les plonger 
dans de l'eau bouillante pendant quelques minutes; 
la plus légère pression suffît alors pour la séparer. 
Lorsque ces semences sont dénudées, on les pile 
dans un mortier de marbre avec un pilou de bols, en 
y ajoutant aussitôt uue petite quantité d'eau. On con- 
tinue jusqu'à ce qu'elles soient réduites en uue pâle 
homogène. On y ajoute ensuite successivement une 
portion de l'eau. On passe avec expression à tra- 
vers une étamine blanche; on recueille ce qui reste 
sur le linge pour le piler avec le reste du liquide, et 
on exprime de nouveau. Les proportions sont une à 
vingt parties sur cent parties d'eau. On édulcore con- 
venablement. On convertit quehjuefois l'émuisionà 
l'état sirupeux; on emploie à cet effet celle qui est 
préparée avec 0,2 d'amandes ; on y fait dissoudre , 
au bain -marie et à vaisseau clos, le double de sou 
poids de sucre blanc pulvérisé. Lorsque le sirop est 
refroidi, on l'aromatise avec 0,01 environ d'eau dis- 
tillée de ileurs d'oranger, et on le dépose dans des 
bouteilles qu'on remplit entièrement. Ce sirop laisse 
séparer une substance blanche opaque qui surnage; 
mais il sufiil d'agiter pour l'unir de nouveau avec la 
portion qui occupe le fond. L'émulsion s'altère 
spontanément par le contact de l'air chaud ; aussii 
est-on obligé de la préparer à mesure qu'on veut, 
l'administrer. Elle se coagule par la chaleur et par 
les acides. 



CLINIQUE. 2o5 

L'ëmulsioli détermine un sentiment de fraîcheur 
dans l'estomac, et même dans tout le corps. Celle 
cjui est préparée avec les semences des cucurbita- 
cées paroît jouir de cette propriété à un plus haut 
degré. On emploie Temulsion particulièrement dans 
le cas d'hemorrhagies actives, dans l'état d'irrilatiou 
des organes urinaires et génitaux, etc. On l'emploie 
quelquefois comme intermède d'autres moyens 
proprçs à déterminer la médication atonique. 

Lait. 

il est indifférent de quel animal provient le lait 
qu'on emploie pour déterminer une médication ato- 
nique : ou l'administre alors rarement pur, mais 
étendu dans de i eau. Si on l'étend dans le triple ou 
îe quadruple de sou poids d'eau, il cesse de se coa- 
guler avec les acides; il est aussi alors plus facile- 
■me.'it supporte. Ou croit que l'eau de chaux jouit de 
3a même propriété : est ce parce qu'elle sature l'a- 
cide du lait , parce qu'elle précipite son phosphate 
de magnésie, ou parce qu'elle étend le lait de la 
même mauière que l'eau? On administre le lait à 
une température lied;:", et on j'édulcore convenable- 
rneut. Ou eu fail surtout usage dans les cas d'empoi- 
sonnement par lies substances susceptibles d'entlara- 
mer et d escarrifier. 

Quelquefois on unit plusieurs des moyens que 
j'aiexf)Oses ju.squ'ici : ICi est le iooch blanc du code 
medicanienlaire de Parijs. Poui- le préparer, on tri- 
ture une partie de poudre de gumme adragant avec 
vingt parties lie sucre, e. avcc trente parties d'huile 
d'amandes j des que le méiange ej>t exact,;ony ajoute 



2o6 PHARMACOPjéE 

successivement cent parties (.rémnlsiou , et on Taro- 
malise avec deux pailles d'eau distillée de tleurs d'o- 
ranger. On évalue ordinairement ces proporlious en 
g) ammes. Beaucoup de personnes ne peuvent sup- 
porter ce mélange, qui d'ailleurs ne paroît pas avoir 
d'avantage marque sur les moyens simples que j'ai 
indiques successivement. 

On aabaiidonné avec raison d'autres mélanges en- 
core plus défectueux, tels que le sirop de tortues 
composé , etc. 

§ II. Application des moyens atonlques sur la sur- 
face cuLanée , ainsi que sur les tissus dénudes ac» 
cidenteLlenient i et médication atonique de ces 
organes. 

Ou applique les moyens atoniques sur l'organe 
cutané pour agir directement, par contiguïté , ou 
par sympathie, et d'une manière générale ou lo- 
cale. C'est uniquement pour agir directement qu'on 
les applique sur les tissus dénudés accidentellement. 
On emploie ces moyens en vapeur , à l'état liquide 
et sous formes molles : on les administre à la tem- 
pérature de 26 à 35 centigrades -f. 0,011 à celle de 
l'atmosphère. On les applique sur toute l'étenduede 
la peau, ou seulement sur une région plus ou moins 
grande. On emploie les mêmes substances que pour 
déterminer les raéilications atoniques de l'estomac; 
mais leur mode de préparation varie. 

On détermine les médications atoniques de l'or- 
gane cutané pour combattre un élat de sécheresse 
et d'irrllatlon locale très- grande , pour rappeler la 
Uaaspira^iou <jui es^t ^upprisuée par cctlç même 



CLIÎTIQUE. 207 

cause, pour diminuer l'iutensité des symptômes des 
maladies cutanées chroniques , telles que la gale , 
les dartres, etc. En général, on y a moins recours 
dans les cas de phlegmasies cutanées aiguës. On sait 
que l'éryslpèle, que la variole, la rougeole , etc. 
peuvent se terminer sans applications topiques; 
celles-ci en entravent d'ailleurs fréquemment la 
marche , comme on l'ubserve surtout pour l'ér^'^si- 
pèle. Il n'en est pas de même dans les cas où des lis- 
sus dénudés sont très-irrités; on cherche alors à ra- 
mener l'excitation au degré nécessaire pour que la 
suppuration , la cicatrisation , etc. puissent avoir 
lieu convenablement. Ou détermine les médications 
aloniques , pour agir par contiguité , dans les cas de 
phlegmasies très-intenses des organes soucutaués, 
par exemple, du tissu cellulaire, des mamelles, 
des testicules , etc. On y a recours pour opérer un 
pareil effet par voie de sympathie : c'est ainsi que 
le bain tiède favorise quelquefois la digestion , 
amène le sommeil, fait cesser des spasmes, des con- 
vulsions, des douleurs, calme le délire, etc. Enfin 
on y a recours pour favoriser la dérivation d'une af- 
feclion morbide : c'est ainsi que , dans l'imminence 
de différentes affections comateuses, on applique 
de l'eau tiède sur les jambes, etc. , pendant qu'on 
applique des corps très-froids sur ie derme chevelu. 
L'emploi de ces moyens atoniques, trop long- 
temps continué, débilite non-seulement le lissu cu- 
tané , mais encore tout l'organisme. La peau cesse 
d'exercer ses fonctions avec la re'gularité nécessaire. 
Plusieurs de ces moyens peuvent même altérer à la 
longue le tissu du derme. En général , leur action 



2o8 PHARMACOPÉE 

est lente, et exige qu'on les maintienne appliques 

pendant quelque temps. 

Chaleur de 26 à 55 centigrades -\- o. 

On l'applique, par l'intermède de l'eau, sur toute 
retendue du corps, ou seulement sur une de ses 
régions , à l'état mou , liquide ou vaporeux. 

Pour l'appliquer sous forme molle, on se sert de 
pulpes végétales imbibées d'eau , qu'on élève à la 
température indiquée. Pour faire ces cataplasmes , 
on emploie de préférence des substances mucilagi- 
neuses, amilacées et huileuses : telles sont les se- 
mences de lin , les feuilles de mauve réduites en 
poudre, la mie de pain, la farine d'orge, de froment, 
etc. On fait cuire l'une ou l'autre de ces substances 
avec uue petite quantité d'eau et au milieu d'une 
agitation continuelle , jusqu'à ce qu'elles aient la con- 
sistance pulpeuse. On remplace quelquefois l'eau par 
une décoction mucilagineuse ou par du lait; mais ce 
dernier a pour inconvénient de s'aigrir facilement : 
ou laisse refroidir ces cataplasmes jusqu'à ce qu'ils 
aient la température qu'on désire. 

On applique l'eau liquide en fomentation ou en 
bain. Lorsqu'on l'emploie à l'état de vapeur, on la 
dirige et on la concentre vers la région sur laquelle 
elle doit agir. Dans tous les cas , il faut la renouveler 
dès qu'elle commence à approcher de la tempéra- 
ture du corps : il faut aussi qu'elle soit appliquée 
pendant quelque temps. Elle gonfle l'épiderme , di- 
minue la sécheresse (le la peau, rend celle-ci plus 
soujde, favorise la transpiration locale. Lorsqu'elle 
est appliquée eu bain général, elle diminue la fré- 



CLINIQUE. 309 

tjUende dû pouls et de la resplratloTi. Cette diminu- 
tion paroît d'autant plus grande, que l'immersion a 
été de lonsue durée. Le bain tiède répare les forces 
toutes les fois que la débilité est l'effet d'un excès de 
fatigue, et en un mot toutes les fois qu'elle dépend 
d'une irritaliou générale. 

Le bain tiède général convient lorsque la transpira- 
tion cutanée n'a point lieu par l'effet d'un état d'irrita- 
tion de la peau. On y a recours pour favoriser la 
sueur critique qui est entravée par la même cause. 
Ou en fait usage dans les maladies cutanées , lors- 
qu'elles sont accompagnées de beaucoup d'irritation: 
c'est ainsi qu'on l'emploie quelquefois dans la va- 
riole lorsqu'il y a sécheresse de la peau et fièvre in- 
tense, dans la gale , les dartres, lorsque la chaleur et 
le prurit sont très-marqués. On y a recours pour di- 
minuer l'irritation contiguë, et celle qui a lieu dans 
des organes qui sympathisent avec la peau. On en 
fait usage dans des fièvres inflammatoires , intenses , 
dans la péritonite, dans les phlegmasies aiguës des or- 
ganes géuitaus et uriuaires. Si on ne s'en sert pas 
dans les pleurésies et les pneumonies très -intenses , 
c'est peut-être parce que la pression qu'exerce le 
jjaiu gêne ordinairement les mouvemens respira- 
toires : du reste il pourroit convenir, en ce qu'il di- 
minue la fréquence de la respiration ; d'ailleurs on a 
plusieurs exemples de succès. On fait usage des bains 
tièdes dans différens cas d'affections dépendantes 
d'une irri'ation générale , tels que certaines né- 
vroses , certains troubles de la digestion , certaines 
suppressions des menstrues , quelques insomnies 
opiniâtres, etc., etc. 

II. 14 



210 P II A R M A C O P E £ 

Lebaîutièdelocalest employé dans les cas d'irrlta- 
lîonlocale et contigué très-grande : c'est ainsi qu'on a 
pliisienis fois calmé desdouleurs de goutte très-fortes, 
On y a recours pour agir sjmpathiqueraent : c'est 
ainsi que les pédlluves tièdes sont quelquefois usités 
pour favoriser l'écoulement menstruel, pour faire 
cesser différentes céphalalgies opiniâtres, pour em- 
pêcher la continence de la variole à la face , pour 
entraver une congestion imminente vers l'encéphale 
ou la poitrine, pour rappeler la goutte qui a été 
supprimée par l'effet de trop d'irritation locale, etc. 

Les bains de vapeurs tièdes, tant locaux que géné- 
raux, agissent plus promptement ; du reste ils déter- 
minent les mêmes effets que les bains tièdes. Ce sont 
surtout les pédlluves vaporeux tièdes qui ont fré- 
quemment diminué l'atrocité des douleurs goutteu- 
ses avec excitation locale très-marquée. 

Mucilage. 

On l'emploie sous la forme de cataplasme et à l'état 
liquide; on prépare les cataplasmes avec les sub- 
stances que j'ai énumérées et de la manière que je 
viens de décrire en parlant de l'application de la cha- 
leur sous forme molle. Les corps qu'on emploie 
plus particulièrement pour préparer des liquides 
mucilaglneux sont la racine de guimauve oflici- 
nale , les feuilles de mauve sauvage et de mauve à 
feuilles rondes, les semeiices de lin usuel, celles de 
coing (^pyriis cidonia , L. ), de pivoines mâle et 
femelle (^ pœonia niascula et Jemiiia , L. ) , de 
psylliuin {^plantago pSYlUmi^ y^^'\ Ou fait bouillir 
momentanément la racine de guimauve ; on fait lu- 



CLINIQUE. 2H 

fuser les feuilles de mauve , et ou fait macérer les 
semences. Les proporlious ue sont pas rigoureuses : 
ou prend ordinairement environ 0,0 1 de racine de 
guimauve, o,o5 de feuilles de mauve, 0,01 de se- 
mences de lin, 0,01 de semences de coing, 0,01 
de semences de psvllium, 0,01 de semences de pi- 
voine» Le mucilage qu'on extrait de ces dernières 
est moins pur que celui qu'on retire des substances 
pre'cédentes. C'est sous une température tiède qu'on 
applique ces mucilagineux, soit qu'on les emploie 
sous la forme de cataplasme ou à l'état liquide. 

L'action de ces moyens est analogue à celle de la 
chaleur tiède et humide : ou les appliqife dans les 
mêmes circonstances. 

Gélatine. 

Ou emploie à cet effet l'amidon pur , ou les farines 
d'orge , de seigle , de froment : rarement fait-on 
usage de la gélatine animale. On applique ces sub- 
stances sous la forme de cataplasme et à l'état liquide* 
On leur donne une température de 25 à 35 centi- 
grades-fo. On prépare les cataplasmes ainsi que je 
viens de l'indiquer en traitant de la chaleur humide , 
et les liquides de la même manière que lorsqu'on 
veut les introduire dans l'estomac. 

L'action de ces moyens est analogue à celle des 
précédeus : on y a recours dans les mêmes circons- 
tances. 

Corps gras. 

Leur choix est indifférent : il suffît qu'ils ne soient 
pas rances. Ou emploie néanmoins plus particulière- 



213 P H A 11 M A C O P ]^ E 

ment riiuilc d'olives, l'axonge, le beurre, le cerat. 
On peut mêler le beurre et l'axonge avec de l'eau ; 
on a recours à la trituration, et on la continue jus- 
qu'à ce que le mélange de l'eau ait lieu convenable- 
ment : le corps gras devient par là plus léger. 

On applique ces corps à la température ordinaire 
de l'atmosphère, eu mixtion ou par simpleapposition. 
Ils rendent la peau plus souple; ils diminuent l'irri- 
tation locale. Appliqués en frictions, ils favorisent la 
sécrétion urinaire et la transpiration ; ils produisent 
même une sueur très-abondante. Si on les maintient 
sur la peau pendant long-temps, ils rancissent et 
peuvent occasionner l'érysipèle. Leur application 
prolongée sur les surfaces suppurantes les rend pâles, 
llasques, y fait développer des fongosités; ils ne se 
dessèchent point sur la peau et ne s'y collent pas 
comme la gelée amilacée. Ils augmentent facilement 
l'irritation lorsqu'on les met en contact avec des ré- 
gions affectées d'érysipèle. On les applique sur les 
surfaces suppurantes lorsqu'il s'agit de diminuer l'ir- 
ritation locale portée à un trop haut degré , lors- 
qu'on veut supprimer un exutoire cutané, etc. 

Le lait , la crème y le jaune ^Vï'w/' peuvent être 
employés de la même manière et dans les mêmes cas 
que les substances précédentes. 

§ IIL Application des moyens atoniques snr la 
surface muqueuse du gros intestin, et médica- 
tion atonique de ce conduit. 

On applique les moyens atoniques sur la surface 
muqueuse du gros intestin pour agir localement , par 



CLINIQUE. 2l3 

contigaltë ou par sympathie. On les administre en 
vapeur ou à l'état liquide. 11 faut les injecter en pe- 
tite quantité à la fois , lorsqu'on les emploie de cette 
dernière manière. Ce n'est que sur les parties les 
plus extérieures de ce conduit qu'on les applique 
sous forme molle. Ou leur donne la température 
de ^5 à 35 centigrades-fo. On fait usage de toutes 
les substances que j'ai indiquées pour les applica- 
tions cutanées, etonles prépare delà même manière. 
On a recours à l'emploi des moyens atoniques 
dans le cas de constipation opiniâtre dépendant d'un 
état d'irritation locale. On en fait usage dans les 
phlegmasies muqueuses du conduit intestinal : on 
les administre alors à l'état de vapeur. On s'en sert 
lorsque les tumeurs bémorrhoïdaires sont enilam- 
jnées; on les applique alors aussi à l'état de vapeur 
ou sous forme molle. On les emploie dans la périto- 
nite, dans les pblegmasies aiguës de l'utérus, des 
reins, de la vessie urinaire, etc., enfin toutes les 
fois qu'on doit combattre une irritation générale. 

§ IV. Application des moyens atoniques sur la 
surface muqueuse de la bouche eu de la gorge , 
et médication atonique de cette cavité. 

Ce n'est que pour agir directement ou par con- 
tiguité qu'on applique les moyens atoniques sur la 
membrane muqueuse de la cavité buccale. On \qs 
administre sous formes molle, liquide et vaporeuse. 
On emploie les mêmes substances que celles qu'où 
introduit dans l'estomac, et on les prépare de la 
même manière. 



2 r4 PHARMACOPEE 

Si rirritation a son sië<;e sur les lèvres, on se sert 
d'un mélange de parties égales de cire et d'huile fixe 
qu'on colore avec de l'orcanelte. Si l'irritation ocr 
cupe rintérieui' de la bouche et de la gorge , et est 
d'une certaine étendue, on doit préférer adminis- 
trer ces moyens à l'état de vapeur ; car les liquides 
augmentent souvent l'irritation par leur poids et par 
le mouvement nécessaire pour la gargarisaiion. Si 
Firritalion estlocale , ou y applique les mucilagincux 
sous la forme de looch,ou on fait usage de pastilles 
qu'on conserve long-iemps dans la bouche. 

Ou a recours aux moyens atoniques dans les cas 
de sécheresse et de gerçure des lèvres, dans le ca- 
tarrhe ai"u de la coree, des tonsilles ou de la bouche 
elle-même, etc. 

§ V. y4ppîicatio?i des moyens aLonlques sur la sur- 
face muqueuse de la cavité na sale , eu médica- 
tion atonique de cette cavité. 

Ce n'est que pour agir directement qu'on intro- 
duit les moyens atoniques dans la cavité nasale. On 
les applique en vapeur, et rarement à l'état liquide ; 
on les emploie sous forme molle toutes les fois que 
l'affection qu'on veut combattre est peu étendue, 
et n'est pas située profondément. On les administre à 
la température indiquée. On fait usage des mêmes 
substances que pour les autres surfaces. 

On a recours à l'em j)loi de ces moyens dans la pre- 
mière ]iériode des coryza très-intenses. On en fait 
usage lorsque la sécrétion muqueuse est supprimée 
par l'effet d'une irritation très-forte. Ou les emploie 



CLINIQUE. 2l5 

pour favoriser luie hémorrliagie oasaie critique sup- 
primée par une cause analogue, etc. 

§ VI. Application des moyens atoniques sur la 
surface muqueuse de Vœil , et médication ato- 
nique de cet organe» 

On n'applique les moyens atoniques sur la con- 
jonctive que pour agir directement ou par conti- 
guité. On les administre eu vapeur, à l'état liquida 
ou sous forme molle. On emploie ordmairement les 
mucilages, la gelée amilacée, les fruits doux sucrés, 
et rarement les corps gras , si ce n'est lorsqu'on veut 
agir sur les parties les plus extérieures. On leur 
donne la tempérai ure de 20 à 5o centigrades -j-o. On 
applique le cataplasme entre deux linges, et on l'ap- 
pose sur les paupières : c'est de la même manière 
qu'on applique les fruits doux suffisamment ra^ 
mollis. 

On a recours aux moyens atoniques dans le cas 
d'irritation de l'organe de la vue et de la conjonctive, 
par exemple ,dans la première période del'opbtiial^ 
raie aiguë. Il faut éviter d'abuser de ces moyens, car 
on facliiteroil le passage de la maladie à l'état chro- 
nique. 

§ VII. Application des moyens atoniques sur les 
surfaces muqueuses du conduit auriculaire , de 
l'urètre et du vagin, et médication aionique 
de ces organes. 

Ce n'est que pour exercer une action locale di- 
recte ou contiguë qu'on applique les moyens ato- 



2dlG PHAllMACOP^E 

niques sur les surfaces en question. C'est à l'ëlat va- 
poreux , liquide et mou qu'où les introduit dans le 
conduit auriculaire. On emploie spécialement la va- 
peur aqueuse, les liquides mucilagineux et les 
huiles iixes. C'est à l'état liquide qu'on les introduit 
dans l'urètre: on emploie les mucilagineux. On pré- 
fère agir sur cette membrane par contiguïté, et ap- 
pliquer les moj'cns atoniques autour du pubis. Ou 
peut les mettre en contact avec la membrane mu- 
queuse du vagin, à l'état vaporeux, liquide et mouj 
on emploie surtout la chaleur de 25 à 35 centigrades 
-f- o et les mucilagineux. On se sert rarement des 
corps gras , si ce n'est lorsqu'on veut les appliquer 
sur les parties les ])lus extérieures : on préfère eu gé- 
néral les vapeurs tièdes aux injections. 

C'est dans la première période des phlegmasies ai- 
guës de ces différentes membranes et des organes 
soujaceus qu'on a recours aux mo^ eus en quesliou, 

SECONDE SECTION. 

MÉDICATTONS PARTICULIÈRES. 

ORDRE V. 

Médications particulières des fonctions du système 
neneux. 

J_jES médications de cet ordre consistent dans lamo- 
dilieallon de l'état de sensibilité et de la contractilité 
animales, aiusl que de la contractilité organique sen- 
sible. Elles ne déterminent pas un seid et unique 
effet : c'est ainsi qu'elles peuvent avoir pour objet 
de produire de la douleur ou de faire cesser celle 



CLINIQUE, 21 y 

qui existe; de mettre en jeu la conlractilité animale 
et organique sensible, ou de faire cesser nu étal de 
spasme et de convulsion ; d'exciter l'action des sens 
et les fonctions de l'entendement , ou d'occasionner 
ie sommei!. Elles peuvent intervertir, augmenter, 
diminuer ou anéantir l'état de susceptibilité et de 
mobilité; elles peuvent n'agir que sur un ou plu- 
sieurs nerfs, ou à la fois sur tout le système ner- 
veux. 

On seroit tenté de croire que c'est à l'aide de 
moyens différens qu'on parvient à produire ces di- 
vers effets; mais il n'en est pas ainsi : car la même 
substance peut , selon des circonstances souvent 
inappréciables 4 selon le degré de susceptibilité et de 
mobilité individuelles , selon la dose , le degré de 
concentration et le mode d'administration , selon la 
durée de l'application , selon l'habitude de sou 
usage , etc. , occasionner tantôt un effet et tantôt un 
autre , et même produire alternativement des états 
opposés. 

Les corps que l'observation et les expériences 
cliniques ont démontrés exercer le plus d'action sur 
les propriétés vitales dont il s'agit ici , sont l'opium , 
l'alcool , le camphre , les huiles volatiles , l'éiher , les 
végétaux de la famille des solanées , plusieurs de 
celle des ombellifères , etc., l'électricité , le galva- 
nisme, l'aimant, etc. Mais ces corps excitent en 
outre d'une manière notable la sensibilité organique 
et la contractilité organique insensible ; quelques- 
uns peuvent même eutlammer et escarrifier. Ces 
substances ne sont pas d'ailleurs les seules propres 
H modifier l'état de la sensibilité animale , de la cou- 



2 l3 P II A K M A C O 1> É E 

tiaclilité animale et de lacoulraclililé organique sen- 
sible. Les amers, le quinquina, le tannin, les ferru- 
gineux , etc. exercent souvent une action notable 
sur elles. On obtient même quelquefois avec eux des 
elfets que les substances indiquées plus haut ne 
pouvoient produire ; cela a lieu surtout dans les né- 
vroses habituelles qui paroissentélre entrelenuespar 
un excès de susceptibilité et de mobilité. Les subs- 
tances qui enflamment et escarrifient , peuvent aussi 
modifier avantageusement l'état des propriétés vi- 
tales eu question , si on les administre à petite dose 
et convenablem.ent étendues : c'est ainsi qu'on a em- 
ployé les oxydes et les sels de cuivre , de zinc , de 
de bismuth, d'argent, etc., la racine d'hellébore 
noir , etc. , dans des névroses rebelles. Enfin, les mé- 
dications phlcgmasiques , escarroliques et atoniques 
opèrent souvent , dans l'état des propriétés animales, 
des changemens que les médicamens désignés sous 
les noms vagues de caïmans y à^ anodins , à^anti' 
spasniodiques , etc. n'avoient pu produire. Cela ne 
doit point étonner, lorsqu'on fait attention que l'état 
des propriétés vitales animales et de k» contraclilité 
organique sensible , dépend souvent de celui de la 
sensibilité organique et de la contractilité organique 
insensible. 

On applique sur des surfaces variées les moyens 
physiques dont on se sert pour mettre en jeu cet ordre 
de médications.Lorsqu'on veut obtenir une actron gé- 
nérale , on les met ordinairement en contact avec la 
surfacemuqueusede l'estomac, avec celle du gros in- 
testin, avec celle des bronches ouaveclapeau. Lq;'S- 
qu'on veut déterminer une action locale directe, con- 



CLINIQUE. 219 

ligué OU sympathique, on les applique sur les organes 
eux-mêmes, sur les tissus les plus voisins , ou sur 
ceux qu'on sait correspondre syrapathiquementavec 
eux. 

Le mode de préparation de ces moyens ne diffère 
pas notablement de celui auquel on a recours lors- 
qu'on les emploie pour exciter le ton des organes. 
Mais il n'en est pas de même de leur mode d'admi- 
nistration ; car il exerce la plus grande influence sur 
leur action. Nonobstant cela, lorsqu'on emploie ces 
différentes substances, on n'est pas toujours assuré 
de l'effet particulier qu'on obtiendra : c'est ainsi 
qu'on excite quelquefois les fonctions de l'encé- 
phale, tandis qu'on vouloit provoquer le sommeil. 
L'habitude exerce d'ailleurs une influence très- 
grande à cet égard : car ces substances cessent de 
produire un effet notable si on n'augmente pas gra- 
duellement la dose à laquelle on les administre. D'ail- 
leurs, il est des circonstances dans lesquelles on ne se 
propose que d'introduire un changeaient, quel qu'il 
soit , dans l'état des propriétés qui sont le sujet de cet 
ordre de médications. 

Mais lee moyens pharmaceutiques ne sont pas les 
seuls dont on fasse usage pous agir sur le système ner- 
veux ; on a encore recours a des moj^ens qui sont du 
d(miaine de la physique particulière , de la morale et 
de l'idéologie. 

Electricité. La scintillation électrique , la commo- 
tion avec l'électromoteur, et celle avec la bouteille 
de Leydc, ont une action évidente snr le système 
nerveuxj elles peuvent exciter ou débiliter ces or- 
ganes, selou le degré de tension électrique, et selon 



220 PHARMACOPEE 

la durée de leur applicalioii : aussi peut-on les em- 
j)lovcr pour déterminer des effets opposés. 

Magnétisme minéral, L'aimaut a été employé 
pour agir sur le système nerveux; mais ses effets 
immédiats ne tombent pas sous nos seus ; nous ne 
voyons ordinairement que des effets locaux acciden- 
tels dépendant le plus souvent de la présence du mé- 
tal oxydé , etc. Les effets secondaires ne sont pas 
constans; le plus souvent ils sont lents et se confon- 
dent avec la marche spontanée si variable des mala- 
dies nerveuses. Les personnes qui nous ont çà et là 
laissé des observations sur les effets médicamenteux 
de ce moyen n'étoient pas médecins , ou ne caracléri- 
soient pas suffisamment les maladies. Il est à regretter 
que MM.Andry et Thouret n'aient pu établir leur re- 
cherches que sur ces faits épars, et qu'ils n'aient point 
été dans des circonstances favorables pour procéder 
eux - mêmes ( comme ils le désiroient ) à des expé- 
riences particulières, et y appliquer l'esprit d'analyse 
et de critique qui caractérise le mémoire qu'ils ont 
fait sur cet objet , et qui est inséré parmi ceux de la 
Société royale de médecine ; nous saurions mainte- 
nant jusqu'à quel point l'imagination exerce de l'in- 
lluence sur les phénomènes qui se manifestent après 
l'application de ce moyen. M. Pujol a vu plusieurs 
personnes très-susceptibles assurer qu'elles éprou- 
voient un soulagement notable dans leur souffrance 
après l'application de l'aimant , et avouer que ce 
soulagement étoit imaginaire dès que le médecin que 
je viens de citer eut déprécié ce moyen à leurs yeux, 
et leur eut fait voir le peu de confiance qu'il mérite. 
Ou sait depuis long-temps que les cffels de l'aimant 



CLINIQUE* :22î 

sur le système nerveux ne sont pas en rapport avec 
son degré de force. Pour parvenir à isoler les elTets 
que produit l'imagination , il auroit été convenable 
surtout de faire porter de simples plaques d'acier 
qu'on auroit dit aimantées, d'}' inspirer la plus grande 
confiance, et de comparer ces effets avec ceux qu'au- 
roient produits des plaques aimantées dont on auroit 
déprécié les propriétés médicales; il auroit suitout 
fallu employer alternativement , chez le même indi- 
vidu , des plaques aimantées et d'autres qui ne le 
fussent pas ( i). 

Perkiiiisnie. Les aiguilles (tracteurs) de Perkins 
se rapprochent parfaitement de l'aimant sous le rap- 
port de l'obscurité de leur action immédiate. Elles 
sont au nombre de deux , chacune d'un métal diffé- 
rent : leur longueur est d'un décimètre. Une de leurs 



(i) Voici la manière dont on procède à l'application de l'ai- 
mant. On en choisit de forme variée. On peut le promener à 
quelque distance de la peau , et lui donner des directions diffé- 
rentes , ou l'appliquer directement, et le maintenir dans ce con- 
tact médiat ou immédiat pendant un temps plus ou moins long. 
Lorsqu'on veut appliquer l'aimant Iranscurremment , on lui 
donne la forme de fer à cheval et de barre, selon que l'on veut 
diriger les deux pôles à la fois, ou seulement un des deux. Lors- 
qu'on veut appliquer l'aimant directement , et seulement pen- 
dant quelques momens , on se sert de barreaux simples ou com- 
posés de plusieurs lames, dont les dimensions sont proportion- 
nées à celles de la partie sur laquelle on veut l'appliquer. Ou 
dirige ordinairement le lieu d'application vers le pôle ami du 
globe. Lorsqu'on veut maintenir l'aimant appliqué pendant un 
certain temps, on donne des formes varices: voici les plus 
iisilées. La première est celle de petits barreaux détachés, longs 



222 PHARMACOPEE 

extrémités est arrondie et large de 7 milllmèlres, 
l'autre est pointue. Une de ces aiguilles est de cou- 
leur jaune , et ]i«roît composée de laiton ; l'autre est 
d'un blanc bleuâtre, et ne paroît être que de l'acier 
non aimanté. Les médecins de Copeubague se sont 
aussi servi d'aiguilles faites avec de l'argent , du bis- 
muth, du zinc, du cuivre, du plomb, de Tivoire , 
de l'ébèuej MM. Haygarth , Falconer et Smith en 
ont composé avec du fer garni de cire , avec de l'ar- 
doise y du bois , des os , etc. 

La manière de se servir de ces aiguilles consiste à 
frotter les parties affectées avec leur extrémité poin- 
tue, qu'où dirige ensuite vers d'autres parties à des 
distances plus ou moins grandes de celle qui est ma- 
lade. Quelquefois on ne fait que les rapprocher à 
quelque dislance de la peau, et d'autres fois on les y 
maintient appliquées. Au rapport de M. Abilgaard, 

(le 5 ceulimètres, larges d'un centimèlre, épais de 5 milli- 
nièires , cl du poids de doux grammes. Ou en fait usage pour 
former des bi'acelets , des jarretières , des colliers , des serre- 
tèles , etc. magnétiques. Les bracelets sont composés de cinq de 
ces pièces , les colliers de dix , les jarretières de douze. Le tout 
est recouvert d'une toile ou d'un velours noir. Ces pièces sont 
maintenues en position par quelques points de fd ou avec de* 
rubans; elles doivent être fixées de manière qu'elles ne puis- 
sent pas changer de place. La deuxième forme est celle de pla- 
ques ovales, planes, courbes, etc. On pose ces plaques à nu sur 
la peau : leur action est plus marquée que lorsqu'elles sont re- 
couvertes. Leur configuration particulière et leur grandeur 
doivent être subordonnées aux régions cutanées sur lesquelles 
on veut les appliquer. Comme elles s'oxydent facilement , il est 
convenable de les changer tous les deux ou trois mois , et de ne 
pas laisser d'intervalle entre les charges . 



CLINIQUE. 223 

la pointe des aigulUcsde Perkins a une saveur acide 
et métallique ; elle détermine une sorte de four- 
millement lorsqu'on l'approche de la joue. Mais les 
eflets secondaires des véritables aiguilles de Perkins 
ont varié selon les personnes qui eu ont fait usage : 
ils ont été nuls entre les mains de beaucoup de mé- 
decins, par exemple, de Bang, de Tode, etc. Les 
aiguilles préparées avec des os , de l'ardoise , ont 
produit, entre les mains de Haygarlli , de Smith, 
de Falconer, les mêmes effets secondaires que celles 
de Perkins. Ce n'est donc pas la nature particulière 
du métal employé par Peikins qui est la cause des 
effets en question, puisque le bois, les os( lorsque 
toutefois on leur donne une forme analogue) ea 
produisent de semblables. D'ailleurs, ces effets ne se 
manifestent que chez quelques individus, et seule- 
ment sous les yeux de quelques médecins. Et quels 
sont ces effets secondaires? ils consistent dans la dis- 
parition de brûlures, d'érysipèles, dans la cessation 
de douleurs de tête, de cou, de dos, de poitrine, 
d'estomac, de ventre, etc. On voit que ces assertions 
sont très-vagues ; la brûlure et l'érysipèle ont en effet 
une marche spontanée, et les douleurs ne sont autre 
chose que des symptômes d'affections très -variées. 
Peut- on donc, d'après le tableau des faits qu'on 
a recueillis jusqu'ici, ne pas être obligé de convenir 
que l'imagination a au moins la plus grande part dans 
la détermination de ces différens effets? 

Influence cleTiina^^lnaLion.Zc suis conduit natu- 
rellement à parler d'un moyen sans lequel beaucoup 
de raédicamensseroient absolument inertes. Ce moyen 
est l'intluence de l'imagination . Une multitude de 



3^4 PHARMACOPÉE 

corps tilts médicamenteux ne doivent être regardes 
que comme des intermèdes à l'aide desquels le mé- 
decin commande à rimagination , la dirige et la mo- 
difie à son gré. C'est sur elle qu'agissoientles baquets 
cL les altOLiclicmeus magnétiques de Mesmer (i); 
c'est elle que modifient souvent les aimans; c'est 
elle encore qu'inlluencent les aiguilles de Perkins. 
C'est en la maîtrisant que le fémur de crapaud re- 
commandé par Paracelse et par Vanhelmout, que le 
doigt de quelques individus calment l'odoutalgie par 
leur seule application sur les dents. 

C'est en agissant sur l'imagination que calment 
certains médicamens qu'on administre à trop petite 
dose pour pouvoir déterminer une action notable. La 
garnison de Breda ^ affectée du scorbut au plus haut 
degré , étoit sur le point de se livrer à l'euneml qui 
r.issiégeoit : le prince d'Orange lui envoie un médi- 
cament qu'il assure fortement être du plus haut prix 
et de la plus grande efficacité ; ou ne peut en donner 
que quelques gouttes à chaque malade , el néanmoins 
la guérison ne tarde pas à suivre. On connoîtles bons 
cifels que des médecins savent retirer de l'usage des 
pilules de raie de pain. West-ce pas pour infiuencer 
l'imagination qu'on change souvent la couleur, l'o- 
dcnr , la saveur , la consistaiîce , la forme el jusqu'à 
la dénomination des médicamens ? N'est-ce pas parce 



(i) J';ii reconnu , par des expérîeDces exactes, que le magné- 
lisme animal produit, sur quelques personnes irritables , plu- 
sieurs des effets physiologiques annoneés par les magnétiseurs ; 
mais je suis éloigné de vouloir en tirer aucune couséquenco 
sous le rapport de b thérapeutique. /'. //. N. 



CLINIQUE* 225 

que rimaginatlon est influencée ou non , que les mé« 
me3 moyens sont souvent actifs ou inertes dans des 
circonstances semblables , selon qu'ils sont adminis- 
trés par un jeune médecin ou par un vieillard ; par 
un homme inconnu, ou par celui qui jouit d'une haute 
réputation ; par un homme qui doute, ou par celui 
qui assure avec fermeté et conviction ; par un hom- 
me dont le physique est chétif et la voix grêle , ou 
par celui qui réunit à une belle voix une face persua* 
sive et un physique imposant? C'est parce que celui 
qui est en possession d'un secret lui attribue des pro- 
priétés merveilleuses , et en paroit convaincu , qu'il 
sait communiquer au malade crédule l'émotion qu'il 
éprouve , et opère quelquefois de grands effets. Mais 
ce secret est-il divulgué, sa composition est-elle con- 
nue, aussitôt le charme disparoît et avec lui tous les 
effets merveilleux. Malheur en général au malade 
que le doute et la réflexion privent de ce prestige 
salutaire. 

Passions, Il est un genre de moyens que le méde- 
cin moraliste sait seul administrer : je veux parler des 
passions. Mais que de difficulté ne présente pas l'art 
de les manier ! Leurs effets secondaires sont-ils asse^ 
constans pour qu'on puisse y recourir avec certitude, 
et sont-ils toujours assez avantageux pourqu'on puisse 
chercher à les déterminer sans crainte ? En géné- 
ral , toute passion extrême peut déterminer des effets 
pernicieux analogues. On a des exemples de morts 
subites occasionnées par une joie extrême , par une 
colère excessive , par une frayeur très- grande, par 
un mépris outré , etc. La même passion peut déter- 
miner des effets différens chex divers individus, et 
II. -f« 



226 PHARMACOPÉE 

souvent chez le même sujet à des époques variées. 
D'un antre côté , on volt souvent des passions diffé- 
rentes amener les iiièmes effets secondaires; ou a des 
exemples de manie, de convulsion, d'éjùlepsle pro- 
dijiles par la colère, la frayeur, une joie exces- 
sive , etc. 

L'action immédiate des passions peut être prompte 
ou lente , momentanée ou durable. Il en est de même 
de leurs effets secondaires : cela dépend de respèce 
de passion qu'on met en jeu , de son degré d'iiilen- 
sité , de la susceyitlbililé et de la mobilité individuelles. 
Touteschosesd'allleurs égales, ces effets sont ]ilus no- 
tables chez les sujets susceptibles et mobiles, qui joi- 
gnent le jugement à l'imaginalion. Jetons un coup 
d'oeil rapide sur les principaux effels des passions, 
afin de voir quelles ressources elles offrentà la science 
médicale. 

La joie vive excite le rire, elle porte à chanter , à 
danser, etc. , la circulation est accélérée , la respira- 
tion est plus ou moins gênée. Ces effels sont prompte- 
ment suivis d'une lassitude et d'une langueur profon- 
des , et quelquefois de lipothymie , de syncope , d'a- 
poplexie et de mort. La joie douce opère des effets 
plus lents : la circulation générale est plus facile , la 
respiration plus grande , plus régulière , les diges- 
tions sont aisées , les exhalations et les sécrétions sont 
augmentées , les fonctions de l'entendement pren- 
Dent tout l'essor dont elles sont susceptibles, les affec- 
tions morales sont douces et agréables. Les effets de 
la joie vive sont instantanés; ils peuvent être aussi 
préjudiciables qu'utiles; tandis que ceux de la joie 
douce sont plus leuts , plus coustaus et toujours 



CLINIQUE. 2^7 

avantageux. Aussi quelle ulilité la me lecine n'en le- 
tire-telle pas dans le trailemeul de riiypochondrle, 
de la mélancolie , dans dlifërenles paralysies! Quels 
effets ne produit pas la joie qui accompagne i'eii'u- 
sion da cœur d'un malheureux, dans le sein d'un ami î 
Quels effets ne produit pas celle que fait naître au 
moribond affecté de nostalgie l'espoir certain de ; es* 
piier promptemcnt sou air natal , elc. ! 

La colère peut se présenter sous deux aspects dif- 
férens : une face rouge, des yeux éiincelans, des mus- 
cles fortement contractés, une circulation accélérée, 
une respiration convulsive , une agitation extrême 
de l'entendement, une chaleur générale, tels sont 
les phénomènes qui la caractérisent. A ces effets peu- 
vent se joindre des héraorrhagies variées , soit sur les 
surfaces muqueuses, soit dans le tissu cutanéj la rup- 
ture des vaisseaux encéphaliques, une fièvre excessi- 
ve , etc. D'autres fois la face est pâle , la voix foible ; 
il y a un tremblement général, la respiration est gê- 
née, le pouls est petit , irrégulier j il survient des li- 
pothymies, des syncopes, etc. Dans ce cas on a vu 
survenir des maladies variées du système biliaire, des 
convulsions et la mort. On ne peut mettre en doute 
que la colère n'ait quelquefois guéri des paralysies , 
des convulsions , etc. ; mais que de chances défavora- 
bles ne court pas celui qui ose se servir d'un pareil 
moyen ! 

Dans la terreur, les battemens du cœur sont fré- 
quens et irréguliers, la respiration est entrecoupée; 
il survient quelquefois des lipothymies, des tremble- 
mens,la perte du mouvement, etc. On a vu des convul- 
sions, l'épilepsie, la manie, des héraorrhagies variées * 



238 PHARMACOPEE 

l'apoplexie , et une mort subile en élre les suites fâ- 
cheuses; taudis que cette passion, maniée par une 
main habile, a fait quelquefois disparoître pour tou- 
jours les convulsions , Tépilepsie , la mélancolie , etc. 
Une iille est attaquée de convnlsions périodiques 
dans l'hôpital de Harlem ; ses camarades en la voyant 
tombent successivement affectées de la même mala- 
die. B«)erbaave arrive ; il place des brasiers ardensau 
milieu d'eiles;il fait chauffer au blanc des instrumens 
de fer de toute espèce ; il ordonne qu'on découvre le 
bras de la première qui tombera en convulsion , et 
qu'on la brûle jusqu'aux osa la place qu'il indiquera: 
i'enfaut le pins foible tombe mort sur-le-champ, 
et les autres sont pour toujours guéris de cette affec- 
tion. 

La terreur, unie à l'étonnement , présente quel- 
ques particularités. L'oeil est fixe , la bouche est 
béante, la peau pâlej on éprouve un froid géné- 
ral; les traits de la face sont affaissés; il y a quel- 
quefois des vertiges et un état momentané de dé- 
lire ou de démence. 

Dans la frayeur la face pâlit, les lèvres devien- 
nent bleues; on est immobile ; la peau est resserrée, 
les cheveux sont hérissés; les battemens du cœur 
se ralentissent; ou éprouve un serrement dans la 
poitrine, etc. On a vu survenir des convulsions, 
i'épilepsie , la manie , la suppression des menstrues. 
IV'est-ce pas par la frayeur qu'on cherche à agir 
dans les bains de surprise dont on fait quelque- 
fois usage dans l'hydrophobie, dans la manie? mais 
avec quelle prudence ne doit-on pas recourir à ce 
moyeu î 



CLINIQUE, 229 

Dans la crainte le pouls est lent, la chaleur di- 
muiue; ou éprouve un serrement dans la poitrine 
et dans l'épigastrej on frissonne, ou tremble j les 
exhalations et les sécrétions se suppriment ou elles 
sont plus abondantes , et l'expulsion de l'urine et 
des matières fécales est alors involontaire. On a vu 
des paralysies, la manie, l'épilepsieet même la mort 
en être les suites fâcheuses. Ou sait qu'elle favorise 
les effets délétères de la contagion. On en a fait 
quelquefois usage avec plus ou moins de succès dans 
le traitement de la manie j mais il faut savoir l'allier 
avec l'estime et la justice. 

La tristesse peut agir avec plus ou moins de len- 
teur. Lorsque le chagrin est profond, il occasionne 
un sentiment de serrement, de plénitude, d'oppres- 
sion dans l'épigastre, la perte de l'appétit, la diffi- 
culté des digestions, un pouls lent et petit, une res- 
piration laborieuse et lente , des soupirs, des sanglots , 
le froid des extrémités, la pâleur de la face, une 
langueur générale, un défaut d'action de l'entende- 
ment, uneloignement pour tout mouvement et pour 
la société. Cet état est suivi et accompagné du ma- 
rasme , de la misanthropie, d'un état de stupeur et 
d'ivresse, d'un délire maniaque doux ou furieux, 
du penchant au suicide, et quelquefois d'une mort 
prompte. On voit facilement que cette passion a une 
action perturbatrice trop marquée pour qu'on puisse 
s'en servir fréquemment comme moyen curatif. 

Il est facile de voir avec quel degré de probabi- 
lité le médecin peut agir lorsqu*il se sert du moyen 
des passions. Le danger touche de près le succès : 
rarement on agit en vain. Il nan est pas ici c.omm^ 



25o PHARMACOPEE 

tle ces moyens qui, s'ils ne font pas de bien, sonk 
au moins incapables de faire du mal. Il faut surtout 
que les passions ({u'on excite soient en rapport avec 
l'âge, le sexe et le tempérament. 

Exercice des Jonctions de V entendement. Un 
autre genre de moyens se trouve dans la direction 
des fonctions de renlendemenl , des sens et de la 
locomotion. C'est ainsi qu'à l'aide de gilets de ré- 
pression qu'on serre plus ou moins, on s'oppose 
aux mouvemens tumultueux du furieux ; c'est ainsi 
qu'on place le maniaque dans un lieu frais, sombre 
et tranquille pour erapèciier toute action des corps 
extérieurs sur ses sens; c'est ainsi qu'on fait naître 
l'attention de l'imbécille en le forçant à des travaux 
mécaniques d'imitation ou de calcul ; c'est ainsi que, 
par un raisonnement persuasif ou par des faits sen- 
sibles, on cberche à mettre en défaut le raisonne- 
ment de l'aliéné, tandis que d'autres fois il paroît 
convenable de l'approuver ; c'est ainsi fjii'on répri- 
me l'imagination fougueuse du maniaque, en le for- 
çant à des travaux qui absorbent toute son atlenlion ; 
c'est ainsi qu'on combat la tendance du mélanco- 
lique à la réllexion continuelle, par les voyages, par 
les occuj)alions du jardinage , par la société de per- 
sonnes agréables, etc. El (picls effits ne produit-on 
pas lorsque, dans des maladies vaiiées, on sait con- 
centrer ou éparpiller à propos l'attention du malade! 

jMais que de difficultés ne présente pas l'emploi 
de ces différens moyens ! C'est dans Ks traités phi- 
losopbiques de M. Pinel sur la manie qu'il tant étu- 
dier l'art de s'en servir, et les circonstances où il esl 
nécessaire d'y recourir. 



CLINIQUE. 23l 

§ 1er. Médications pariiculières de V encéphale. 

Les changemens particuliers qu'on peut intro- 
duire dans l'elat des propriétés animales de rencé- 
phale sont l'excitation de ses diverses fonctions, et 
la suspension de leur exercice ou le sommeil. En 
traitant ailleurs des substances qui peuvent exercer 
une action particulière sur le système nerveux , j'ai 
fait voir que les unes peuvent occasionner une ex- 
citation modérée, le délire, la fureur, le sommeil 
ou le coma , selon la dose à laquelle on les admi- 
nistre, et selon lasusceplibilité individuelle , etc., etc. 
Ce sont ces mêmes corps qu'on emploie pour dé- 
terminer l'un et l'autre de ces effets. Mais on 
voit facilement que leur administration exige de la 
prudence et doit être modifiée selon l'effet particu- 
lier qu'on veut occasionner. Si on n'emploie pas 
toutes les substances qui, dans certaines circonstan- 
ces, agissent évidemment sur l'encépbale, c'est 
qu'on n'a pas assez d'expériences exactes pour sa- 
voir de quelle manière il faut diriger leur adminis- 
tration : c'est ainsi que la ciguë (^conium jnacida- 
tum , L.) , la belladone ( airopa helladonaf L. ) , la 
pomme épineuse {datara strainoniiun , L.)^ l'al- 
kekeuge {phjsalis alkekengi j L.) ^ la morelle noire 
{^solanwn nigriim , L. ) ^ le tabac (^nicotiana tabu" 
cum, L.), etc. sont peu employés sous ce rapport; tan- 
dis qu'on fait plus particulièrement usage de l'opium, 
du caraplire, de l'alcool, du café , etc. 

Quel que soit l'effet qu'on veuille déterminer,, 
©n applique ordinairement ces substances sur la sur- 



233 PHARMACOPEE 

face muqueuse de l'estomac, sur celle du gros in- 
testin et sur la peau. On a rarement recours à la voie 
de la respiration. 

1°, Excitation des fonctions de l' encéphale* 

L'excitation des fonctions de Tencéphale peut 
être portée à des degrés dlfférens, depuis l'état or- 
dinaire jusqu'à l'insomnie, au délire, à la fureur, 
aux convulsions et aux sj)asmes. Elle survient plus ou 
moins promplemeul après l'emploi de l'excitant. Elle 
est accompagnée et même précédée de l'augmenta- 
tion de la circulation, de la chaleur générale, de 
soif plus grande , et souvent d'une agitation de tout 
le corps. Elle n'est pas de longue durée ; elle passe 
fréquemment à un état de somnolence, d'abatte- 
ment, de lassitude , de sommeil, et quelquefois même 
a un état comateux , selon qu'elle a existé à un degré 
plus ou moins fort. 

L'iniluence de l'excitation des fonctions de l'en- 
céphale se manifeste particulièrement sur les fonc- 
tions des sens et de la locomotion; elle n'est que 
momentanée, ainsi que l'excitation elle-même. Tout 
l'organisme participe plus ou moins à cette inlluence. 

On ne peut pas toujours exciter l'encéphale avec 
Ta même facilité. Il est aussi des substances qui con- 
-viennent plus que d'autres à cet effet. On choisit de 
préférence celles qui occasionnent le moins facile- 
ment le sommeil. 

Ou cherche à exciter l'encéphale, i^. pour aug- 
menter l'activité des oj")ératious intellectuelles, des 
sfensations et de la locomotion j 2°. pour retirer l'en- 



CLINIQ UE. 2.33 

cëphale d'un ëtat de stupeur ou de coma plus ou 
moins profond; pour remédier à un élaide paralysie 
complète ou incomplète des organes des sensations 
et de la locomotion. Mais pour obtenir ces diffërens 
effets, il ne faut pas que l'état qu'on combat dé- 
pende d'une congestion sanguine ou d'une lésion de 
texture soit de l'encéphale, soit de la cavité qui le 
renferme, soit enfin d'organes avec lesquels il sym- 
pathise, etc. 

On peut agir directement et par circulation à 
l'aide du café', de l'alcool, de l'opium, etc., ou se- 
condairement par l'entremise des sens , etc. 

Moyens directs. 

Alcool à lo-f-o. On l'administre par la bouche 
et de la manière indiquée ailleurs (tomel^r, page 
333). On ne doit l'employer qu'en petite quanlilé à 
la fois de crainte d'occasionner le narcolisme. Dans 
nos climats on le préfère à l'opium, en ce qu'il 
provoque moins facilement le sommeil que ce 
dernier. 

Vins. On préfère les vins les plus alcooliques ; 
on les fait prendre par la bouche et de la manière 
indiquée à la page 335 du tome I^r. Leurs effets 
sont analogues à ceux de l'alcool , mais moins in- 
tenses ; on y a plus fréquemment recours. 

Café, On l'administre à l'état d'infusion aqueuse 
(lomel^r^ pnge2g8); ila l'avantage de ne pas provo- 
quer le sommeil. On l'emploie particulièrement pour 
exciter le travail intellectuel, pour faire cesser le 
laarcotisme, etc. On n'a pas encore étudié ses effets 



234 PHÀPcMACOPÉE 

secondaires dans les fièvres ataxiques cérébrales, 
dans les comala sans cause matérielie. 

Acide acétique. On l'administre convenablement 
étendu; on le llaire; on l'applique sur les tempes, 
sur le front , etc. Son action immédiate est peu con- 
nue; elle n'est pas notable dans l'état de sauté. Ce 
qu'où sait, c'est qu'il n'exerce pas d'action sédative 
sur rencéphalc. Ou l'emploie particulièrement dans 
le narcotisme tant délirant que comateux, dans dif- 
féreus cas de manie, etc. Ou n'a point encore étu- 
dié son action secondaire dans les fièvres ataxiques 
cérébrales, et dans les comata sans cause matérielle. 

Acide carbonique» On le fait ordinairement ava- 
ler en suspension dans l'eau ( tome I*^ "■, page 3g2). 
On sait que les eaux acidulés et les vins mousseux 
excitent modérément l'encépbale, et peuvent même 
déterminer uuc ivresse momentanée. Ou ne fait pas 
respirer ce gaz, parce qu'il délermiueroittrès promp- 
tement l'asphyxie narcotique. Il est en général peu 
employé pour exciler l'encéphale ; 11 n'a qu'une 
action momentanée, et ne présente pas d'avantage 
notable sur les autres moyens de cet ordre. 

Opium. Ou le met le plus ordinairement en con- 
tact avec la surface muqueuse de l'estomac, avec 
celle du gros intestin, et dans quelques cas avec la 
peau (tome 1^^, page 544, c't lonic II, pages 53 et 107). 
On ne doit l'employer qu'avec prudence; dans nos 
climats il produit j)lus facilement le narc'otisme que 
l'alcool. Il nnn est pas de même chez les Orien- 
taux, qui sont habitués à son usage, qui en ]>ren- 
nent de grandes doses, et chez lesquels il remplace 
le vin. J'ai tenté des expériences avec l'opium uni 



CI.INIQUE. 235 

au café et à l'acide acétique ; mais je ne les ai pas 
encore assez répétées pour pouvoir établir jusqu'à 
quel poiiit cette union peut empêcher ses effets sé- 
datifs. 

Camphre, On peut le faire avaler, l'injecter dans 
le gros intestin ou l'appliquer sur la peau (tome l^i", 
page 340, tome II, pages 44 et 107 ). Il paroît moins 
facilement provoquer le sommeil et le narcotisme 
que l'opium. On l'emploie dans les fièvres ataxi- 
ques , dans differens cas de névroses encéphali- 
ques, etc. 

Douche. Pour que la douche puisse exciter les 
fonctions encéphaliques, il est convenable qu'elle 
ne soit portée qu'à un léger degré; car si elle est 
trop forte et trop long-temps continuée , elle peut 
déterminer la sédation. Ou dirige la douche sur le 
Tertex ; on ne l'entretient que pendant quelques 
minutes. On y a quelquefois recours dans des cas 
de stupeur maniaque. 

Commotion a^^sc la houteïlle de L,eycle. On la 
dirige vers un des points du crâne ; elle doit être 
très-légère, et continuée seulement pendant quel- 
ques minutes. Si elle est trop forte ou trop long- 
temps continuée, elle peut occasionner le coma ou 
même la mort. Elle esi; peu employée. 

Commotion avec V électromoteur» On la diiige 
dans des sens differens de la tête, savoir du front à 
l'occiput , d'une tempe à l'autre, etc.j elle doit être 
foible , surtout dans le commencement, et elle ne 
doit être continuée que pendant quelques minutes, 
cai elle peut facilement occasionner la stupeur, etc. 
Sou action excitante n'est que momentauée , et les 



i36 PHARMACOPÉE 

individus affectés de manie avec stupeur ne lar- 
dent souvent pas à retomber dans leur premier 
état , et quelquefois dans une stupeur plus grande. 
On y a recours principalement dans des cas de dé- 
mence accidentelle, de manie avec stupeur. Ou n'a 
pas encore éîudié ses effets secondaires dans le 
narcolisme, l'apoplexie , et dans les différens co- 
mata idiop^^illiiques sans cause matérielle , dans les 
fièvres ataxiques cérébrales, elc. 

ScinLiUation électrique. Le sujet étant isolé , on 
tire des étincelles de différens points de la télc. 
Cette excitation est moins marquée que celle qu'on 
détermine par la commotion ; mais on a aussi moins 
d'accidens à craindre; elle n'est que momentanée. 
On l'emploie dans les mêmes cas que les moyens 
précédens. 

Moyens secondaires. 

Excitation des sens. Ou excite surtout les sens 
de l'odorat, de l'ouïe, de la vue et du toucher. 
Le chatouillement, l'odeur de l'ammoniaque , elc , 
des sons forts, une lumière vive excitent fortement 
l'encéphale , mais seulement d'une manière momen- 
tanée. On y a recours dans les comata^ dans les iiè- 
vres ataxiques cérébrales , etc. 

Rubéfaction cutanée. On enflamme surtout la 
plante des pieds, le rachis, la partie interne des 
jambes et des cuisses, le dos, la nuque, le derme 
chevelu. Le choix de ces régions doit varier selon 
que l'affection cérébrale est imminente, ou seloa 
qu'elle est établie, ainsi que je l'ai fait voir ailleurs. 
On emploie des moyens dont la promptitude d'ac- 



CLIICIQUE. 257 

ion est en rapport avec la promptitude d'effet 
jii'on veut déterminer. Il est peu d'affections dans 
esquelies on n'ait recours à ce moyen : tels sont 
es fièvres ataxiques cérébrales, l'apoplexie, lesdif- 
férens comata, quelques cas de narcotisme opi- 
niâtre, etc. 

Escarrijîcadoji cutanée* On escarrifie ordinaire- 
nent la peau qui correspond au rachls et à la 
auque, et le derme chevelu. On se sert à cet effet 
3e corps en combustion et quelquefois de l'acier 
ncandescent. L'action secondaire de ce moyen est 
plus intense et plus durable que celle de la rubé- 
faction cutanée : on y a recours dans des circons- 
:ances analogues, mais plus opiniâtres. On escarrifie 
quelquefois avec avantage dans Tépilepsie , dans 
'apoplexie : on se sert à c^t effet du moxa avec 
Pouteau , ou de l'acier incandescent avec Fabrice 
l'Aquapendente et M. Perc} ( i ). 

(i) On se sert à cet effet de rinstrument annulaire de Fa- 
brice d'Aquapendente et de Sculter , que M. Percj a perfec- 
tionné. Cet instrument est trcs-raassif. La cavité de sa portion 
mnulaire a 5 raillimclres de profondeur. De cette manière la 
route de la cavité commence à escarrifier la peau au moment 
où le limbe tranchant porte déjà sur l'os. On l'applique , chez 
les enfans , à la nuque et sur le milieu des pariétaux.On l'appli- 
que , chezles adultes, à l'endroit où les sutures frontale et sagit- 
tale se réunissent. Pour reconnoître l'endroit de ceUe réunion, 
on trace deux lignes, dont l'une sedirise du milieu d'une oreille 
au milieu de l'autre oreille, en passant par le sommet de la 
lèle, et dont l'autre part de la racine du nez et se porte à la 
nuque. On marque avec de l'encre le point d'intersection de 
ces deux lignes. Le sujet doit être assis par terre, la tête ap- 
pujéesur lapoilrine d'un aide ,et maintenue par les otaius de ce 



233 PHARMACOPEE 

2°. Sédatlon des fonctions de V encéphale. 

Le sommeil présente plusieurs variétés depuis la 
somnolence jusqu'à rafïection caroti(|ue.Il peutélre 
léger ou prolond, paisible ou agité j il peut élre 
plus ou moins analogue au sommeil ordinaire. Il 
survient plus on moins promptcment aj)rès l'em- 
ploi du somnifère, quelquefois immédiatement après, 
et d'autres fois seulement après plusieurs heures. 
Les circonstances individuelles, l'habitude et le 
mode d'administration exercent à cet égard une in- 
fluen e très-grande. Ce sommeil peut avoir été pré- 
cédé ou non d'agitation ou d'une légère ivresse ; le 
plus souvent il est précédé et accompagné de l'ac- 

dernier.Ses mains doivent être fixées par unaulrraide. L'opéra» 
teur debout, applique brusquement rinstrunieut, il le tourne sur 
son axe jusqu'à ce qu'il l'ait senti arrête par les 05 du crâne. 
Deux secondes sulfiscnt ordinairement h cet effet, si l'acier est 
incandescent : cette durée n'est pas assez longue pour que la 
chaleur puisse se propager à l'intérieur du crâne, ainsi que le 
prouvent les expériences que M. Percy a tentées sur des ani- 
maux. Par cette opération on cautérise les légumens et plu- 
sieurs lames des os, quelquefois jusqu'au diploé. La peau qui 
est comprise dans la concavité de la lame ne tarde pas à se sé- 
parer, et elle le fait quelquefois aussitôt. Les effets secondaires 
Je cette escarrificalion se manifestent quelquefois avant la sup- 
puration et l'exfolialion, mais le plus souvent après qu'elles se 
sont déclarées. On cite quelques exemples d'inflammation des 
méninges, suite de cette opération. Dehaën et Pouteau se sont 
beaucoup élevés contre cette application du feu -, mais M. Percj 
a démontré que l'cscarrification méthodique n'occasionne pas 
les accidens qu'on a tant redoutés. 



CLINIQUE. 2DQ 

célëration du pouls, de iutii^aieutalioD de la cha- 
leur générale, et même quelquefois d'une appa- 
rence de coni^eslion sanguine vers l'encéphale. Il 
a une durée variée ; rarement se prolonge-t-il au- 
delà de huit heures. Il peut être suivi du sentiment 
de bien-être qui succède au sommeil ordinaire , ou. 
d'un état de stupeur et d'accablement plus ou 
moins grand. 

L'iniluence de ce sommeil arîificiel sur les mala- 
dies idiopalhiques de l'encéphale , des sens , des 
nerfs, des organes vocaux et locomoteurs, et même 
sur celle de tons les autres organes , n'est que mo- 
mentanée; les accidcDS reparoissent souvent dès le 
réveil avec la même intensité qu'auparavant. Il 
existe néanmoins des circonstances dans lesquelles 
ii supprime la maladie, lorsque toutefois elle est de 
courte durée, et ne dépend point d'une lésion de 
texture. 

On cherche à provoquer le sommeil, i". pour 
rendre l'encéphale incapable de percevoir une d ju- 
leur très forte qu'on ne peut détruire, par exem- 
ple, les douleurs cancéreuses, ostéocopes, celles 
qui sont occasionnées par des calculs urinaires j 
2°. pour rendre l'encéphale moins sensible à la dou- 
leur produite par de grandes opérations chirurgi- 
cales; 3°. pour faire cesser un état de spasme et 
de convulsion soit encéphalique, soit seulement 
nerveuse, et qui n'a point de cause matérielle, lo- 
cale ou sympathique; par exemple, Je tétanos, 
l'hjdrophobie , la fureur maniaque portée à un 
trop haut degré; 4°. pour faire cesser un état d'in- 
somuie opiniâtre dépendant uniquement d'un excès 



2^0 PHAB. MACOPÉE 

de susceptibilité et de mobilité saus cause maté- 
rielle, locale ou sympatbiquc. 

Les moyens que nous avons pour provoquer le 
sommeil n'agissent pas tous d'une manière assez cons* 
tante pour qu'où puisse toujours les employer avec 
succès ; on a conservé ceux dont l'action est le moins 
variable. L'observation prouve d'ailleurs qu'on pro- 
voque le sommeil plus facilement chez les enfans, les 
femmes, les tempéramens nerveux très-susceptibles 
et très - mobiles , dans beaucoup de cas d'hystérie , 
d'épilepsie, d'hypochondrie, ainsi que chez les indi- 
vidus qui ne sont pas habitués à l'emploi de ces 
moyens; tandis qu'il est plus difficile d'y parvenir dans 
le tétanos , dans beaucoup de cas de délire maniaque , 
dansl'hydrophobie. Il faut employer l'hypuotique à 
très-forte dose , et souvent même ou le fait sans suc- 
cès ; tandis que cette même dose peut déterminer le 
narcotisme si ou continue à l'employer dès que les ac- 
cidens ont disparu. La plupart des moyens dont on se 
sert pour exciter l'encéphide peuvent également con- 
venir pour provoquer le sommeil ; il suffit d'en mo*- 
difier la dose et le mode d'administration. En général, 
la dose doit être plus grande; cela n'est pas cepen- 
dant sans exception , car on voit quelquefois de peti- 
tes doses produire le sommeil , et de grandes doses 
occasionner l'agitation: lecoutraire a néanmoins lieu 
plus fréquemment. Lorsqu'on a contracté l'usage de 
ces moyens , il faut , pour provoquer le sommeil , eu 
augmenter progressivement la dose; sans cela on ne 
fait que déterminer un état d'excitation , d'agitatiou 
et même d'insomnie , comme on l'observe chez les 
Oriealauj^;, 



CLIINTIQUE. 241 

On agit directement ]wr la voie de la circulation, 
ou d'une manière secondaire , pour provoquer le 
sommeil. 

Moyens directs» 

Opium. Il est l'hypnotique le plus employé dans 
nos climats ; on fait fréquemment usage de son ex- 
trait aqueux. On l'administre le plus ordinairement 
par la bouche ; quelquefois on l'injecte dans le gros 
intestin , et dans quelques cas on le fait absorber par 
la peau. Plusieurs médecins assurent que l'opium ap- 
pliqué en friction sur la peau produit plus constam- 
ment le sommeil que lorsqu'on le l'ait avaler. Lorry 
a néanmoins vu le délire et l'agitation suivre l'appli- 
cation de ce corps sur le derme, et M. Chrétien ea 
cite lui-même un cas dans son traité d'Iatroliptice. On 
administre l'opium brut , l'extrait aqueux et la solu- 
tion alcoolique sous les mêmes formes que lorsqu'on 
ïes emploie pour relever le ton des organes (tome 1er, 
page 344, tome 11, page 53 ) ; seulement on les étend 
davantage ; on choisit même quelquefois un inter- 
jnède mucilagineux, afin de diminuer leur action lo- 
cale. Il faut aussitôt faire prendre la dose entière : or 
celle-ci est de 5 centigrammes ( i grain) d'opium brut; 
et d'extrait aqueux pour les applications gastriques, 
de 10 à i5 centigrammes (2 à 3 grains) pour les ap- 
plications intestinales, de i5 à 20 (3 à4gï'ains) en- 
viron pour les applications cutanées. 

Quoique l'opium ne provoque pas constamment 

le sommeil, il est cependant celui des hypnotiques 

qui, convenablement administré, est le moins suscep- 

Uble de varier dans son action. Le sommeil qu'il occa- 

II. 16 



243 PHARMACOPÉE 

»ionne est souvenl précédé et accompagné (lel'accéîé- 
ralioii (îi! pouls ( i ), fie raiigmeiUation de la chaleur 
générale, et d'une menace de congé lion sangunie vers 
la^téfe. Cet hypnotique supj)rlme d'ailleui s la plupart 
des sécrétions et des exhalations , excepté la trans- 
])iratlon : ces pîirticaîantés sont qaekpiefols autant 
d'obstacles à son emploi. Lorsqu'd y a men-ïce de 
congestion cérébrale, et lorsque la susceplibililé et 
la mobilité sont très- grandes, ou doit préférer l'ex- 
trait aqueux et l'eaii d'opium distillée , si on ne veut 
];as s'exposer à produire le narcolisme. 

Camphre, On l'administre par la bouche , en injec- 
lion dans le gros intestin , et par absorption cutanée. 
( lome î^r , page 840 , tome II , page 44). Ou préfère 
un inîermède nMicil.ii»ineux. Ou doit l'administrer de 
suite à la dose d'un demi gramme à un gramme (9a 
18 grains) poiu' les applications gastriques, d'un à 
trois grammes ( 18 à 64 grains) pour les applicalions 
intcslinales, etde 5 à dix grammes (i |gros à 3 gros) 
lorsqu'on veut le faire absorber par la peau. 

(i) il csl exU^cmcnirnt rare que l'opium, quelle quo soil la 
forme sous laquelle ou l'ailminislre, dé'Leriiiine raccéiéialionclu 
pouls; il [iroduit seulement cet effet chez quelques personnes 
f^s'irèniemcnt nerveuses qne les remèdes les plus caïmans ir- 
rilenl. Si, dans l'examen des effets physiologiques des médica- 
ihens, on tenoit un compte rij^oureux des exceptions que pré- 
sentent ces constitutions ex traordijioires sur lesquelles les moyens 
lutdicaux ont une action toute différente de celle qu'ils exercent 
sur le plus grand nombre des individus , on ne pourroit établir 
aucun principe en matière médicale ; et en effet le bon pralicien 
fait, dans un grand nombre de circonstances, autant la méde- 
cine 'des individus que celle des maladies. (Vojez la note de la 
p:igc55i du lome 1^'.) P.H.N. 



CLINIQUE. 243 

La propriété qu'a le camphre de ralentir la circLi- 
lalioii en même temps qu'il provoque le sommeil, 
peut le rendre utile dans quelques cas; néanmoins il 
ne faut pas perdre de vue que ce ralentissement n'est 
qne momentané. Il faut éviter d'administrer cette 
substance en trop grande dose jcarj'ai fait voir ailleurs 
qu'elle peut occasionner la syncope, surtout lorsqu'on 
l'administre par la bouche. 

Alcool. On emploie rarement l'alcool pour pro- 
voquer le sommeil; car il l'occasionne moins facile- 
ment qne l'opium. Cependant il peut être utile chez 
des individus robustes ; c'est ainsi que Desault en a 
fait usage avec succès pour réduire une luxation dans 
laquelle lousles efforts de l'art avoient été inutiles. On 
a desexemples où l'opium n'a pas provoquéle sommeil 
qu'on a occasionné ensuite par l'usage de l'alcool. Il 
est inutile que je fasse connoîlre son mode d'adminis- 
tration , ni que j'expose les caractères de l'ivresse 
qu'il détermine. 

On sait que les vins très-alcooliques peuvent le rem* 
placer» 

Jusquianie noire ( hyosciamus niger , L. )» 
Quelques médecins ont conseillé de remplacer l'o- 
pium par la jusquiame , en ce que celle-ci ne sup- 
prime pas la sécrétion muqueuse de l'intestin comme 
le faitropium(i),Dureste onn'a pas encoreassez étu- 
dié ses effets particuliers ni le mode le plus convena- 
ble d'administration. 



(i ) Cullen a observé que la jusquiame occasionne plus facile- 
ment le délire , et que le sommeil qu'elle tlélermine est plus 
agile que celui qui est produit par l'opium. P. H. N. 



244 PHARMACOI'EE 

La ciguë officinale , la pomme épineuse , la bella- 
done ue sont polut employées pour provoquer le 
sommeil ; elles sont au moins superilues, et on n'a 
pas encore appris à diriger leur action hypnotique. 

Feuilles de digitale pourprée (digital is pu rpurea, 
L. J. Ou a quelquefois employé ces feuilles pour pro- 
voquer le sommeil. Leur action paroît se rapprocher 
de celle ducamphrc, eu ce qu'elles diminuent quel- 
quefois en même temps la l'requence du pouls et la 
chaleur générale. Ou les administre parliculièremeut 
par la bouche et sous les formes que j'ai indiquées 
ailleurs ( tome l^r^ P''^g^* 364 ). Ou n'a |>as encore ob- 
servé si on peut obtenir un etfet analogue en les in- 
jectant dans le gros intestin , et en les faisant absorber 
par la peau. Du reste nous n'avons pas encore assez 
de faits précis pour pouvoir nous servir avec suc- 
cès de ce moyen comme hypnotique. 

Douche. On en fait usage pour diminuer Tirrita- 
tion de l'encéphale, mais rarement pour provoquer 
le sommeil. On dirige la douche vers le vertex, et 
on en continue l'usage pendant un temps plus long 
que lorsqu'on veut exciter; cola est d'ailleurs subor- 
donné à la susceptibilité individuelle. Ou y a fré- 
quemment recours dans le cas de manie avec excita- 
lion très-marquée: une durée de quelques minutes 
suOitle plus ordinairement (i). 

(i) Les affasions d'eau fioiclc recommandées parles médecins 
anglais dans le traitement des fièvres essenliclles , malignes CË 
C(jnta{;ieuses , se rajiprocbent des douclies par leur manière 
d*ni;lr5 cependant, comme les affusions se l'ont sur nnc large 
suilaoe, qu'elles tom])enl comme en na|)pes et d'une hauteur 
mudércc , elles agissent moins par la percussion que les doucli^^ 



CLINIQUE. 245 

Commotion avec V électromoteur et avec la bou- 
teille de Leyâe. Ce moyen n'est pas usité pour jjro- 
voquer ]e sommeil ; il peut déterminer des accidens 
graves si on l'emploie avec la force et la durée néces- 
saires à cet effet. 

Froid, On connoît la propriété qu'a le froid 
prolongé d'occasionner l'assoupissement ; mais ce 
moyen porlé au degré convenable , et entretenu 
pendant la durée nécessaire pour provoquer le som- 



et semblent tenir le milieu enlre ces dernières et les bains tle 
surprise. On voit , par les observations du docteur Currie , pu- 
bîiées en 1798, qu'il essaya d'abord ce moyen avec succès dans 
«ne fièvre maligne contagieuse qui s'étoit manifestée à l'bôpital 
de L.verpool eu décembre 1787; qu'il fit , en ,^9.., d'autres 
essats beureux dans une fièvre des prisons qui régnoit alorsàLi. 
verpool. L'auteur assureen avoir aussi retiré de bons effets dans 
les fièvres scarlatines. C'est dès le premier ou le second lour de 
Ja maladie qu'il recommande spécialement ce^ affusions; ce- 
pendant, employées aux diverses périodes de la makulie , 'lors- 
que la cbaleur et la sécheresse de la peau sont considérables, 
elles calment toujours, suivant lui, les symptômes les plus 
v.olens. ïl faut que le malade n'ait ni frisson ni sueur. Le 
nioment le plus propre pour les employer est celui où le re^ 
doublement est dans sa force. On place le malade dans une es. 
pcce de baignoire , au-dessus de laquelle est suspendu un seau 
d eau qu on verse sur son corps : la tempéralur; de l'eau doit 
être de 7 à i5 degrés de îléauuwxr, sulvar.t la force des indi- 
vidus.Laffusion doit être brusqueet prompte; aussitôt après on 
essuie le malade avec des linges chauds, et on le transporte dans 
son ht: sur-le-champ le pouls se ralentit , la chaleur et la fièvre 
se calment, et le malade transpire abondamment. Depuis la pu- 
bl.calion des observations du docteur Currie, on a contiuué 
d eniployer les affusions d'eau froide en Angleterre; mais elles 
ont été très-rarement essayées en France. P, //, /f. 



246 PHARMACOPEE 

meil , peut dëterm'mer des accidens. INëanmoins on 
3'emj^îoie quelquefois pour diminuer l'excilalion de 
l'encéphale, par exemple, daus des cas de fureur 
maniaque. On applique à cet effet, sur la tète, de la 
neige et de la glace pilëes, ou un mélange suscep- 
tible de produire du fi-oid (tome II, page 18), 
M. Piuel en fait quelquefois usage dans le cas que je 
viens de citer. 

Moyens secondaires. 

Le sommeil que déterminent les bains généraux 
cliauds approche plus ou moins de l'état apoplecti- 
que. Ce moyen ne sauroit donc convenir que dans 
peu de circonstances. 

§ II. Médications particulières des organes des 

sens. 

On peut agir sur les organes des sens de la même 
manière que sur rencé))liale j on peut exciter ou sus- 
pendre leur action ; le même stimulus peut produire 
ces deux effets. On sait , par exemjilc , que le pas- 
sage subit d'un lieu très-sombre dans un milieu très* 
éclairé peut occasionner la cécité, qu'un son très-fort 
|)cut donner lleil à la surdité. 

lo. Excitation de l'action des sens* 

On excite les sens tantôt par rapport à eux , et 
tantôt pour exercer une action secondaire sur l'en- 
cé[)hale ou sur d'autres organes. Les effets secon- 
daires de l'excitalion des sens du toucher , de la vue, 
de l'ouic tt de l'odorat sur l'encéphale sont plus 



C L I N I Q U K. 247 

marques qne ceux de l'excltalion du goîit. Les sens 
du toucher et de l'odorat ont une in(îue:ice mar- 
quée sur le cœur et les ])oumons, ainsi qu'on i'oh- 
serve dans les cas d'asphyxie et de syncope. 

Les cil constances locales qui nécessitent cette mé- 
dication sont un élat de débilité et de tendance à ia 
paralysie. Les circonstances tirées de l'état de l'en- 
céphale , du coeur et des poumons sont les comata , 
la syncope, l'asphyxie. 

Lorsqu'on veut exciter l'action des sens, on se 
sert fréquemment de leurs excitans naturels : c'est 
ainsi qu'on approche de l'œil une lumière vive, 
qu'on tait entendre des sons plus ou moins torts ; 
la musique exerce suitout une intluence très- 
grande tant sur les fonctions intellectuelles et les 
passions, que sur la locomotion. Pour exciter l'or- 
gane de l'odorat , on fait renitler de l'acide acétique 
concentré , de l'ammoniaque pure , du carbonate 
d'ammoniaque pyro-huileux , de l'acide sulfureux , 
de l'acide muriatique oxygéné, des sucs concrets 
fétides, tels que l'ammoniacum, Tassa foetida, etc. 
Pour exciter l'organe du goût, on met la langue 
en contact avec du camphre , du poivre, du mu- 
riate de soude, et en général avec des corps très- 
«apides, mais qui ne soient pas susceptibles d'en- 
flammer promplement. En général ces excitans ^ 
s'ils agissent d'une manière trop intense, peuvent; 
déterminer rinlîammation des organes des sens, en 
naème temps que leur sédation , ou isolément. 

Le même corps extérieur ne produit pas chez 
tous les individus la même sensation : celle-ci 
est en général en rapport avec l'éducation que les 



248 PHARMACOPEE 

seus ont reçue, et avec leur degré de susceptibi- 
lité. La même sensation ne produit pas chez loua 
les individus une impression analogue , soit agréa- 
ble , soit pénible ; elle ne le fait pas non plus chez 
l' même sujet à des époques différentes. Les effets 
secondaires sont plutôt en rapport avec l'impression 
agréable ou pénible qu'avec Tespèce de sensation. 
IXéaiimoins ils varient encore (quoique l'impression 
agréable ou pénible soit la même) selon le degré 
d'intensité de la sensallon , selon la disposition ac- 
tuelle de l'individu, selon la délicatesse de l'organe 
des sens, selon l'éducation qu'il a reçue, selon sa 
suscejUlbillté; ils varient selon l'Age, le sexe, le cli- 
mat, le préjugé, l'imagination, le degré de suscep- 
tlbililé et de mobilité générales, selon l'état maladif, 
l'hablludc, etc., etc. On volt facilement, d'après 
cela, que lorsqu'on veut modKier l'organisme par 
l'entremise des sens , il faut envisager un grand 
nombre de rapports ; et que , quelque sagacité 
qu'on y apporte, ou ne peut avoir qu'une somme 
plus ou moins grande de probabilités. On ne peut 
jiier , par exemple , que la musique n'ait appalsé des 
douleurs de goutte, qu'elle n'ait quelquefois calmé 
la fureur maniaque, etc.; mais on ne peut se pro- 
mettre de pareils succès, quolcju'on ait recours au 
même moyen dans des clrconslances en ap])arence 
analogues. Ou observe la même chose relativement 
aux odeui'S. Il faut convenir cependant que les 
odeurs félidés, telles que celle de l'assafœtlda, plai- 
sent en général aux hvsléi iques, et font quelquefoisi 
cesser les affections spasmodiques qui constituent 
celle maladie 



CLINI QUE. 249 

On peul aussi agir sur les seus à l'aiJe de l'élec- 
tricité. Ou peut les électriser par pointe, par scin- 
tillation et par commotion. Celle-ci peut être déter- 
minée avec l'électromoteur ou avec la bouteille de 
Leyde. La manière d'aj)pliqner ces différeus modes 
d'électrisation ne diffère pas de celle que j'ai indi- 
quée en traitant de l'excitation de la membrane mu- 
queuse qui recouvre ces sens. Pour déterminer des 
commotions galvaniques dans l'œil , on met souvent 
à nu, au-dessus du sourcil , la branche palpébro- 
frontale du nerf orbito-frontal ; on se sert à cet effet 
de cautharides, et on y applique un des pôles de 
réiectromoteur, tandis que l'autre pôle commum- 
que avec une portion quelconque de la peau qu'on 
a humectée (i). Je n'ai pas besoin d'indiquer que si 
on veut déterminer des commotionsavec la bouteille 
de Leyde, soit dans l'oeil, soit dans l'oreille, il f sut 
le faire avec la plus grande prudence; car on a des 

(i) Je ne vois aucun avantage à établir la vésication au des- 
sus des sourcils pour faire agir le galvanisme sur l'œil. Une 
plaie au vi'^age , lors même qu'elle ne met à nu que le derme, 
est toujours Ircs-désagréabie; et si le malade se décide à l'ap- 
plication des cautharides sur celle partie, ce n'est que dans i' es- 
poir d'obtenir , par l'excitation des tissus mis à nu , un soula- 
gement qui ne pourroit pas avoir lieu sans celle condition. Or 
on détermine très-bien les commotions galvaniques dans l'œil 
sans aucune dénudation préalable ; et elles sont absolument les 
mêmes pour leurs elïets, que celles dans lesquelles ont lx»it agir 
les excitations sur des tissus dénudés. Pour cela il sufiit , l'œil 
étant fermé, d'exciter par un des pôles de la pile la partie de 
la paupière supérieure qui correspond au centre de cet organe, 
en même temps que la communication est établie entre l'aalrô 
pôle et la partie postérieure de la lète. J'. H, N, 



2 5o PHARMACOPEE 

exemples de cécité et de surdité qui en ont été la 
suite. C'est particulièrement dans des cas de paraly- 
sies complètes ou incomplètes de ces sens qu'on a 
eu recours à ce mode d'excilalion. On a peu d'exem- 
ples d'amauroses guéries par ce moyen ; il paroît cpie 
la surdité lui a j)lus souvent cédé ; mais il est di facile 
de déterminer quels sont les cas où on a le ])las de 
chances à rourir. On sait que ces affections dépen- 
dent souvent de lésion de texture de Tencépliale ou 
de l'organe de la vue. Les sensations que produit \\ - 
leclroraoleur varient selon le pôle dont 071 se sert pour 
exciter : c'est ainsi que le pôle zinc occasionne une 
saveur aigre, et le pôle cuivre une savear alcaline ; 
le pôle zinc produit une lueur bleue, et le pôle 
cuivre une lueur rouge ; le pôle zinc détermine dans 
l'oreille un ébranlement avec irradiation marquée, 
et le pôle cuivre une douleur pongilive; le pôle zinc 
produit dans l'organe de l'odorat une douleur lan- 
cinanle avec besoin d'élernuer,etle pôle cuivre une 
douleur pongilive. 

2^. Sédatlon de l'action des sens. 

Cet effet peul être porté à des degrés variés de- 
puis la simple suspension d'action jusqu'à la para- 
lysie. Oucherclie à la déterminer ou par rapport aux 
orgRuesdes sens, ou par rapport à rencéj)liale , ou 
cniin par rapport à tout l'organisme. On y a recours 
dans les cas d'inilammalion , de susceptibilité extrême 
de l'organe des sens , d'exaltation de l'encéphale, 
d'une lièvre très-intense , etc. 

Le moyen le plus simple, et en même temps le 



C L I îî" I Q U E. 25 r 

plus naturel, pourdëlerminer la sédation de racliou 
des SCDS, consiste dans rëloiguement de leurs exci- 
taus ordinaires : c'est ainsi qu'on place le sujet dans 
lin Jieu sombre, tranquille; qu'on l'eloigne de tout 
corps odorant ; qu'on ne lui donne que des sub- 
stances peu sapides, etc. On n'a pas encore expéri- 
menté si l'opium, le camphre, les huiles volatiles, 
l'ether, l'alcool , etc. , appliqués en grande quantité 
sur les organes des sens, peuvent diminuer leur sus- 
ceptibilité et les jeter dans une paralysie momenta- 
née. J'ai fait voir plus haut que l'action immodérée 
et trop long-temps continuée des excitans ordinaires 
peut les paralyser. Je viens de faire voir que la com- 
motion électrique a quelquefois déterminé des effets 
analogues. Mais on conçoit facilement combien est 
grand le danger qui accompagne l'emploi de ces 
moyens; ou peut facilement en conclure qu'il faut 
s'en tenir au simple éloiguement de leurs excitans 
ordinaires. 

§ ÏII. Médications nerveuses communes à un grand 
nombre d'organes. 

Ces médications consistent dans la déterminaiioa 
ou la sédation de la douleur, dans l'excitation de la 
contractilitë sensible des organes, ou dans la séda- 
tion des spasmes et des convulsions non encépha- 
liques. 

1°, Excitation de la douleur. 

Les effets directs, contigus et sympathiques que 
produit la douleur , la convertissent eu un moyen 



252 PHARMACOPEE 

medicaraeuteux. Elle peut occasionner et augmenter 
directiMTieiit rinilammalion et mêmf^ la gangrène ; 
elJe pcuiuetermlner, augmenter on faire cesser l'ir- 
rilalion des organes contigus. Son action sympathique 
est surtout évidente; elle excite l'action d 'S sens, les 
fonctions de i'en'endement, des muscics volontaires 
et de la voijt, rend la respiration diflicile et fré- 
quente , donne au pouls ai la fiéquence , de la pe- 
littrsse, de l'irrégularité; elle peut même suspendre 
l'action du cœur, ou la réveiller dans le cas de syn- 
cope. Par sa continuité, elle peut occasionner et en- 
tretenir un état de lièvre lente, altérer plus ou moins 
la digestion , les sécrétions , les exhalations, la nutri- 
tion ,ra]tsorption, etc. Son influence sur les fonctions 
que je viens d'indiquer est plus ou moins durable. 

On produit la douleur pour déterminer une exci- 
tation directe ; on en fait usage pour exciter des or- 
ganes contigus ou pour faire cesser un état doulou- 
reux, comme dans les cas de névralgie, d'odontalgie, 
de céphalalgie, etc. On y a recours pour réveiller 
l'action des sens, de rencé])hale, des organes locomo- 
teurs, de la voix , etc. , par exenjple, dans les para- 
lysies locales, dans les coma , etc. On s'en sert pour 
exciter l'action du coeur et des poumons dans les cas 
de syncope et d'asphyxie. 

La douleur, envisagée comme médicament, con- 
vient plus particulièrement auN.enfans,aux femmes, 
aux tempéramens nerveux très -susceptibles, aux 
hystériques, aux hypochondriaques,aux habitansdes 
climats modérés, etc. C'est la peau, l'origine des 
membranes muqueuses et les uerfsqu'on choisit pour 
devenir le siège delà douleur médicamenteuse, lors- 



CLIÎTIQUEo 2^3 

qa'on veut agir par couliguité ou par sympathie. 
Peu d'orgaues fout exceptlou lorsqu'il convieut d'a- 
gir direclemeut. 

Les moyeus qu'on emploie pour déterminer 
de la douleur produisent presque tous en même 
temps d'autres effets locaux, tels que l'inflammation 
et l'escarre; souvent même on n'enflamme et on 
ne cautérise que pour occasionner de la douleur. 

Douleur nerveuse. Pour exciter la douleur des 
nerfs, on a recours à la sciulilJation électrique et 
aux commotions avec l'électromoteur : on déter- 
mine celles-ci sur les régions cutanées qui recou- 
vrent directement les ramuscules nerveux qu'on veut 
exciter. Celle douleur présente quelques différences 
selon que le plateau électrique est vitreux on rési- 
neux, et selon qu'on se sert du pôle zinc ou du pôle 
cuivre de l'électromoteur. Les étincelles détermi- 
nent une cuisson plus forte et plus continue lorsque 
le globe ou le plateau électrique est résineux que 
lorsqu'il est vitreux; le sentiment de déchirement: 
est plus fort et plus incommode lorsqu'elles sont pe- 
tites, rougeâtres, qu'elles approchent davantage de 
]a forme d'une pointe ou d'un dard que de celle 
d'une sphère; lorsqu'on fait usage d'un excitateur 
dont l'extrémité est obtuse , que de celui qui se ter- 
mine en sphère. Les commotions qu'on détermine 
avec le pôle cuivre sont plus cuisantes, plus doulou- 
reuses que celles qu'on produit avec le pôle zinc. 
La scintillation électrique et la commotion avec l'é- 
lectromoteur sont accompagnées de convulsions par- 
tielles et d'une inflammation directe plus ou moins 
intense. 



254 PHARMACOPÉE 

Des sensations très-fortes peuvent aussi être cu-^ 
visagées comme des moyens propres à exciter de 
la douleur dans les organes des sens. 

JJ ouïe nr cutanée. Lorsqu'on veut déterminer de 
la (ioule(U' à la peau , on se sert de moyens variés : 
tels sont le pincement, le chatouillement, la rubé- 
faction et rescarrilicatioïi. Les deux premiers modes 
n'agissent que sur les propriétés vitales et animales 
de l'organe cutané, tandis que les deux autres affec- 
tent pluspartic\ilièrement les propriétés organiques. 
Pour produire le chatouillement , on choisit les ré- 
gions cutanéeslesplussensiblcs:telssontles aisselles, 
les aines, les côlés de la poitrine, la plante des 
]iieds. Tous lesindividusn'y sont pas également sen- 
sibles; il en est chez lesquels il peut occasionner la 
syncope, le vomissement, etc. Ce moyen peut re- 
tirer, au moins momentanément, Tencéphale de 
l'état de sommeil et de coma; il réveille souvent 
l'action du cœur dans la syncope. Ses effets secon- 
daires ont lieu aussitôt, mais ne sont que momen- 
tanés; pour qu'ils puissent être de quelque durée , 
il faut renouveler l'usage de ce moyen à des inter- 
•vallcs rapprochés. L'observation journalière ap- 
prend que le chatouillement et le piucemeat retirent 
plus facilement l'encéphale de l'état comateux que 
lie le font les sensations de l'ouïe et de la vue : 
l'habitude modifie d'ailleurs ses effets secondaires. Ce 
moyen peut convenir dans les fièvres ataxiques , dans 
les différentes affections comateuses, dans la syn- 
cope , dans l'asphyxie , et en général dans les cas 
qui nécessileuL une excitation prompte , mais ins--^ 
laulanéc. 



CLINIQUE. 255 

Lorsqu'on dëteimine lai iibëiactiondaiis rintention 
de produire de la douleur, ou clioisit les régions 
cutanées les plus sensibles, telles que la piaule des 
pieds, les lombes, le dos, etc. On n'applique les ir- 
rilans que jus ju'à ce que la rubéfaction ait lieu , et 
on enllamme ainsi successivement une étendue plus 
ou moins grande de l'organe cutané : on préfère 
les moyens propres à enilammer promptemeut une 
grande surface. C'cist uniquement pour produire 
de la douleur qu'on rubéfie dans les lièvres adyua- 
miques et ataxiques, dans la plupart des comata, 
dans l'asphyxie, dans la syncope, etc. 

Lorsqu'on cautérise pour occasionner de la dou- 
leur, on choisit également les régions 'de la peau 
les plus sensibles; ou préfère les moyens qui oc- 
casionnent beaucoup de douleur : tel est le feu 
qu'on applique à l'aide de corps incandescens ou 
eu combustion. Lorsqu'on se sert de l'acier rougi 
à blanc, ou l'applique d'abord d'une manière ob- 
jective ou transcurreute. 

Les incisions, les piqûres, l'application des sang- 
sues , peuvent aussi convenir pour provoquer de 
la douleur; mais on y a rarement recours. 

Douleurs des membranes muqueuses. Lorsqu'on 
veut déterminer de la douleur sur les surfaces mu- 
queuses , on choisit les régions les plus extérieures: 
c'est ainsi qu'on titille l'intérieur du nez , de l'urètre, 
du conduit auriculaire, etc. avec des corps étrangers 
ou avec des licjuiJes plus ou moins irritans. jMais on a 
encore peu fait usage de ce genre de moyens que 
Bichat avoit particulièrement conseillé. 

Douleur du tissu cellulaire soucutanc.On détcr- 



556 ' PHARMACOPÉE 

mine rarement de la douleur dans le tissu cellulaire 
soucutané. Néaumoins un des avantages du fonticule 
à se'ton sur le Ibntlcule à pois , paroît dépendre de ce 
que ses pansemens sont plus douloureux. 

2.0. Sédadon de la douleur» 

Si la douleur fait quelquefois l'office de médica- 
ment , elle est fréquemment une maladie qu'il faut 
comballre ; mais l'opium, l'éther , l'alcool , l'aimant, 
etc. sont loin de pouvoir la faire cesser dans tous les 
cas. Souvent ils l'augmentent ; presque toujours ils 
sont inefficaces lorsqu'elle dépend d'une cause maté- 
rielle directe ou sympathique.Nousn'avonsdoncpasde 
moyens spécifiques à cet effet. Nous sommes obligés 
au contraire de varier le traitement selon ses diffé- 
rences. Quelquefois on enlève la cause; d'autres fois 
on engourdit, on incise ou on escarrifie le nerf affecté 
et celui qui transmet la douleur. Quelquefois oa 
jette l'encéphale dans l'état de sommeil , afin de le 
rendre incapable de percevoir la douleur. Dansd'au* 
très cas on produit une très-forte douleur dans Je 
voisinage de la partie affectée. Il est des circonstances 
où il paroît convenable de recourir aux médications 
atoniqnes. On sait que la distraction, l'inllueucc de 
l'imagination , la musique, les voyages font souvent 
cesser des douleurs contre lesquelles tous les moyens 
pharmaceutiques avoient échoué. Concluons de là 
qu'il n'existe pas à^ anodins proprement dits, mais 
que la douleur doit être envisagée comme un sym- 
piome, et exige un traitement différent selon ses cau- 
ses , etc. 



CLINIQUE. 257 

3®. Excitation de la contractilité sensible y tant 
animale qu'organique. 

On met en jeu la contractilité sensible animale et 
Organique pour rejeter au dehors des substances con- 
tenues dans l'estomac, dans l'intestin , dans les bron- 
ches, dans la vessie urinaire et dans l'utérus , ou pour 
réagir sur tout l'organisme , ou enfin pour réveiller 
celte propriété lorsqu'elle est anéantie ou plus ou 
moins affoiblie. On voit d'après cela que l'éternue- 
Jnent, la toux, le vomissement , la contraction péris* 
tallique de l'intestin, sont en grande partie du ressort 
de cet ordre de médication. 

Les excitans dont on fait usage pour mettre en jeu 
cette contractilité varient presque autant que les or- 
ganes qu'on choisit à cet effet: c'est ainsi qu'on em- 
ploie le tartrite de potasse antimonié pour provo- 
quer le vomissement^ la racine de jalap,etc. , pour 
exciter la contraction péristaltique de l'intestin, etc. 
Tantôt on met l'excitant en contact avec la membrane 
muqueuse qui estcontiguë au tissu musculaire, tan- 
tôt avec une surface plus éloignée qui sympathise 
avec lui: c'est ainsi qu'on excite la membrane mu- 
queuse du nez pour produire l'éternuement. 11 existe 
néanmoins des excitans communs à beaucouj) d'or- 
ganes : tels sont l'électricité et le galvanisme. On s'en 
sert particulièrement pour faire contracter les mus- 
cles volontaires , la vessie urinaire , l'utérus, et pour 
mettre en jeu la respiration et la circulation lorsque 
J'action des poumons et celle du cœur sont suspen- 
dues. 

II. 17 



2j5 V H A R M A C O I» E E 

Pour ëlectriser les organes locomoteurs, on peitÉ 
recourir à la scintillallon , ou déterminer des commo- 
tions soit à l'aide de rélcctromoteur , soit à l'aide de 
la boutiMlle de Lcyde. Si on a recours à la bouteille 
de Leyde , on peut limiter la commotion à l'aide des 
deux directeurs dont j'ai parlé à la page 3o de ce tome. 
Lorsqu'on fait usage de l'ëlectromoleur, on met le 
nerf musculaire en contact médiat avec un des pôles 
de la pile , et les muscles eux-mêmes avec l'autre 
pôle : c'est ainsi que , pour galvaniser les muscles du 
bras , on fait communiquer un des pôles avec la main ^ 
l'autre avec le sommet du raclils. 

Pour galvaniser un membre abdominal, on fait 
communiquer un pôle avec le pied , et l'autre avec 
le baut du racbls* 

Pour galvaniser la bancbe,on fait communiquer 
celle-ci avec un pôle, et la région dorsale avec l'autre. 

Pour faire contracter la vessie urinaire, on intro- 
duit une sonde creuse de caoutcbouc dans sa cavité , 
et par son intermède une tige me'tallique : on fait 
communifjuer celle-ci avec un pôle , et la région lom- 
Liiire avec l'autre , etc. , etc. 

Pour exciter la contraction du coeur, on conseille 
défaire communiquer l'éplgastre avec un pôle , et la 
région du coeur avec l'autre. 

Pour mettre eu jeu la respiration , on fait égale- 
ment communiquer l'éplgastre avec un pôle, et le 
col , le voisinage de l'oreille ou le sommet du racbis 
avec l'autre , etc. 

Mais la contraction qu'on excite à l'aide des moyens 
que je viens d'indiquer n'est que momentanée , et les 
muscles se rclâcbcut immédiatement après. Ce reU- 



CLINIQUE. 259 

cîiemeiit est d'aïUaut plus grand que les contractions 
ont été plus fortes , et qu'elles ont été plus multipliées» 
Aussi l'électrisaliou ne produit • elle pas toujours 
dans la paralysie l'amélioration qu'on paroît être ea 
droit d'attendre d'un pareil moyen. Cette améliora- 
tion n'a souvent lieu qu'à la longue ; elle s'arrête 
quelquefois à un certain degré , quoiqu'on continue 
l'emploi de ce moyen : souvent elle n'est que raomen- 
lanéci Gela ne doit pas étonner ; la paralysie peut dé- 
pendre de causes si variées , elle peut coexister avec 
des états si différens , elle peut être portée à des de- 
grés si divers , qu'il est impossible qu'elle cède cons^ 
tamment au même moyen. Le plus souvent il s'agit 
moins de faire contracter l'organe que d'enlever les 
causes qui s'opposent à son action. Dès que celles-ci 
sont enlevées, l'organe se contracte de nouveau sous 
ses stimulus ordinaires. 

Une douleur vive, l'impression dufroid , sont aussi 
des moyens propres à faire contracter les organes j 
mais on peut leur appliquer ce que je viens de dire de 
î'électrisation* 

4°. Séclaùon de la conlractilité sensible, tant aîii- 
male qu'organique. 

On cherche rarement à paralyser la oontraclilité 
en question dans l'état de santé. Je n'ai pas besoin de 
parler de l'inlluence qu'a le repos prolongé sur l'af- 
foiblissement de la conlractilité. On sait qu'une com- 
pression circulaire méthodique s'oppose à la contrac- 
tion des organes: on en fait usage dans les fractures, 
dans quelques cas de luxation, etc. Ou sait que l'o- 



2tJo PHARMACOPÉE 

plum , le camphre , l'alcool appliqués en grande 
quaiultë sur des tissus contracliles , les jettent dans 
un éliit de paralysie momentanée. On peut obtenir un 
effet analogue à l'aide des huiles volatiles , du phos- 
phore et de la plupart des excitans propres à agir 
promptement et avec beaucoup d'intensité. Les ex- 
périences sur les animaux vivans démontrent avec 
quelle promptitude les différens sels neutres en solu- 
tion aqueuse affuiblissent la contractilité musculaire. 
J'ai en lieu de m'en convaincre par les expériences 
comparatives que j'ai tentées sur des grenouilles , 
dont je plongeois une cuisse dans de l'eau ordinaire 
et l'autre dans cette même eau saturée de substances 
salines, par exemple, de muriate de soude , de nitrate 
de potasse, de muriate d'ammoniaque^ etc. : la pre- 
mière conlinuoit de répondre au stimulus galvanique 
long-temps après l'autre. Mais en général cette para- 
lysie n'a pas lieu instantanément , même si on em- 
ploie de l'opium; la contractilité paroit d'abord le 
plus souvent exaltée. On sait aussi que des commo- 
tions électriques trop fortes et trop longtemps con- 
tinuées jettent le muscle dans un état de paralysie. 
Mais on clierche rarement à amortir la contractilité 
lorsque cette propriété est à l'état sain : l'iris est le 
seul organe qui fasse exception jusqu'ici. 

Pour déterminer la paralysie de l'iris, il suffît 
d'appliquer sur la conjonctive quelques gouttes d'un 
solutum aqueux de suc épaissi de belladone ou de 
jus(juiame. On peut aussi appliquer ce suc épaissi 
aux tempes, lorsque des circonstances locales empê- 
chent de le mettre directement en contact avec la 
conjonctive. La dilatation de la prunelle ne tarde pas 



CLINIQUE. 261 

à suivre , mais elle n'est pas de longue durée ( j ). On 
a recours à ce moyen dans le cas de rétrécissement 
récent de la pupille, sans adhésion au cristallin; lors- 
que! y a des taches sur la cornée et lorsque le centre 
du cristallin est opaque. Il est nécessaire , dans ces 
différens cas, de renouveler l'emploi de ce moyen 
toutes les fois qu'on veut faire usage de la vue pen- 
dant quelquesheures. Il existe une circonstance qui ne 
nécessite la paralysie de l'iris que momentanément ; 
c'est l'opération de la cataracte par extraction : la sor- 
tie du cristallin devient plus facile; mais il peut arri- 
ver que l'iris relâché tombe entre les bords de l'inci- 
sion faite à la cornée , ainsi que l'a observé M. De- 
mours (2 ), 

C'est le plus ordiûairement dans l'état de spasme 
et de convulsion qu'on cherche à déterminer la para- 
lysie momentanée des organes malades. Mais , par 
cela même que ces maladies peuvent reconnoilre des 
causes variées , qu'elles peuvent être locales , ou dé- 
pendantes de l'état de l'encéphale , il doit nécessaire- 
fnent résulter que les mêmes moyens ne doivent pas 
pouvoir constamment réussir: c'est en effet ce que 
l'observation et les expériences cliniques démontrent, 
11 n'existe donc pas de médicamens antlspasmodi' 



(1 ) La jusquiame agit pins folblement que la belladone ; leur 
action ne paralyse nullement la rétine ; mais l'eau distillée de 
laurier-cerise paroit avoir, en agissant sur l'iris, déterminé en 
même temps l'amaurose. P. H. N. 

(2) On a aussi recours à ce moyen pour établir le diagnostic 
des maladies du cristallin et de l'iris , par exemple , pour voir , 
i°. quelle est la qualité de la cataracle , oo, c', gUc est adhérente 
ou noa à l'iris. P. //. N. 



2b2 PHARMACOPEE 

(/ues proprement dits ( i ); mais le traitement des 
spasmes et des convulsions doit varier autant que 
leurs différences : c'est ainsi que l'opium , Téther, le 
camphre, les huiles volatiles, l'alcool, l'aimant, sont 
Joln de faire toujours cesser les spasmes et les convul- 
sions ; on ne peut même espérer quelque chose de leur 
emploi que lorsque ces mouvemens désordonnés nç 
dépendent point d'une cause matérielle soit locale , 
soit sympathique. On obtient même souvent des effets 
plus certains de l'emploi des amers, du quinquina, 
des ferrugineux , de l'inllammation et de l'escarrifi-' 
cation de parties plus ou moins éloignées, de l'appli- 
cation directe ou conliguë de moyens atoniques var 
ries , que de l'usage des prétendus antispasmodiques^, 
On a quelquefois exercé avec avantage une compres- 

(i) Je ne suis pas entièrement de l'avis de M. Schwiigué: 
de ce que les mitispasniodUjues ne produisent pas toujours 
l'effet qu'on en attend, il ne s'ensuit pas qu'on doive tct 
jeter cette expression. Il n'es^iste aucun médicament, mèmç 
parmi ceux dont les propriétés sont le moins variables , 
qui n'échouent quelquefois dpnsleur action; ceux qui stimulent 
spécialement les orcanes urinaircs n'augmentent pas toujours 
la sécrétion des uriuesj les mercuriaux ne guérissent pas toutes 
les maladies vénériennes, et on voit tous les jours des fièvres 
intermittentes résister à l'action du quinquina. On ne doit donc 
reconnoître aucun spécifique , si l'on prend ce mot dans toute la 
rigueur de l'acception qu'on lui a donnée ; cependanton ne peut 
pas se refuser à admettre des fébrifuges, des antisyphilitiques, 
des diurétiques, etc. Si l'on change le nom des mcdicamens anti- 
îipasmodiques, on n'en continuera pas i>*'iins de les regarder 
comme propres à calmer un grand nombre d'affections spas- 
modiques et convulsives, et à les considérer spécialement soyi. 
ce rapport. P. H. N. 



CLINIQUE. 263 

sion circulaire autour du «leiuijre atïeclc de S]>asme 
ou deconvulsiou. On est souvent obligé de détermi- 
ner la sédation de l'encéphale , afin de faire cesser les 
mouvemens désordonnés des organes locomoteurs. 
Lorsque le spasme et les convulsions ne dépendent 
point de l'état de l'encéphale, lorsqu'ils ne reconnois- 
sent pas de cause matérielle, soit locale, soit sympa- 
thique , et lorsqu'il n'y a pas d'irritation locale nota- 
ble , on obtient souvent de bons effets de l'emploi de 
l'éther, des huiles volatiles, de l'opium, etc. Il est 
des cas où certains excitans nerveux conviennent 
plus particulièrement que d'autres : c'est ainsi que les 
sucs concrets fétides font souvent cesser les convul- 
sions hystériques, tandis que le musc les augmente. 

ORDRE SIXIÈME. 

Médications particulières de la circulatioiu 

Les chaugemens qu'on peut déterminer dans la 
circulation sont l'augmentation ou la diminution de 
la fréquence du pouls et de la chaleur générale , 
l'évacuation du sang et la modification de la corn* 
})osition de ce liquide. 

§ 1er. Accélération de la circulation. 

L'accélération de la circulation est ordinairement 
liée à l'augmentation de la chaleur générale. Elle 
peut exister à des degrés variés , présenter des mo- 
difications sous le rapport de la force et du dévC" 
loppement du pouls. Sa durée est tantôt momeu- 



264 PHARMACOPÉE 

lanëe , tantôt plus ou moins longue. Cette accëlë- 
ration , portée à un haut degré , peut présenter le 
caractère de la fièvre inflammatoire; elle peut être, 
réunie à un état d'agitation cérébrale , de sommeil, et 
même de narcotismc , etc. 

C'est parmi les moyens dont on se sert pour dé- 
terminer les médications toniques qu'on choisit les 
excitans de la circulation; mais tous ne peuvent 
également convenir. Les huiles volatiles ,les plantes 
aromatiques , les baumes , les térébenthines , l'al- 
cool , l'élher , l'opium produisent cet effet d'une 
manière notable , mais seulement momentanément. 
Leur dose pour accélérer la circulation doit être 
grande, sans cependant outre-passer certaines bor- 
nes ; car sans cela on peut occasionner des acci- 
dens variés , et même quelquefois des effets tout 
différens do ceux qu'on recherche : c'est ainsi que 
]e camphre , donné à la fois à la dose d'un à plu- 
sieurs grammes , peut occasionner la syncope. Il 
est même des substances, telles que le camphre, 
qui paroissent d'abord ralentir le pouls, puis l'accé- 
lérer et augmenter la chaleur animale. L'accéléra- 
tion du pouls qu'on détermine à l'aide des moyens 
en question est soumise à beaucoup de variations, 
comme le ])rouvent les résultats souvent opposés 
qu'ont obtenus des observateurs et des expérimen- 
tateurs également dicnes de foi; elle est subordonnée 
à l'état actuel des organes circulatoires , à la dose , 
et au degré de concentration du médicament, etc. 
Parmi les moyens qu'on peut employer pour ex- 
citer la circulation, il en est qui peuvent jeter l'en- 
céphale dans un état de sédalion (l'opium, le cam- 



CLINIQUE. 265 

phre, réther, l'alcool, etc. )j d'autres qui Teulre- 
tieiiDcut daus un état analogue d'excitation (le café , 
plusieurs huiles volatiles , etc.) ; quelques-uns qui 
peuvent en mémo temps irriter certains organes : 
c'est ainsi que les lérëbeulhines irritent les voies 
urinaires. 

C'est avec la membrane muqueuse de l'estomac 
qu'on met le plus souvent ces excilans en contact ; 
quelquefois on les injecte dans le gros intestin. Il 
en est qu'on applique sur la peau : tels sont les 
JDains chauds généraux, l'exposition à la ilamme de 
corps en combustion ou aux rayons solaires, le baia 
électrique, les frictions sèches. On administre ces 
différens moyens de la même manière que pour ex- 
citer localement , si ce n'est qu'on les emploie à 
plus grande dose, à des intervalles plus rapprochés, 
et qu'on en continue l'application jusqu'à ce que 
la circulation soit accélérée d'une manière notable. 

Mais ce n'est pas seulement dans l'ordre des 
médications toniques qu'on choisit les moyens pro- 
pres à accélérer la circulation. Les médications 
j)hlegmaslques et escarroîiques sont très- souvent 
employées à cet effet : la rubéfaction cutanée est 
même un des plus puissans moyens dont on puisse 
faire usage, La promptitude et l'intensité d'actiou 
des irritans doit être en rapport avec la prompti- 
tude et l'intensité de l'effet qu'on veut obtenu' : 
aussi emploie-t-on des moyens variés dans la syn- 
cope et dans la lièvre adynamique. 

C'est lorsqu'il s'agit d'établir un effet notable 
qu'on enflamme de suite ou successivement une 
étendue plus ou moins grande de l'organe cutané ^ 



266 PHARMACOPÉE 

et qu'on choisit les régions de ce tissu qui sympa- 
thisent le plus avec les organes essentiels à la vie : 
telles sont la plante des pieds , la partie interne des 
jambes , des cuisses , la région dorsale , celle qui 
correspond au cœur, à l'épigastre , etc. 

Lorsqu'on fait usage des médications escarroli^ 
qucs pour exciter la circulation , on procède de la 
même manière que pour exciter les fonctions ner- 
veuses (page 287 de ce tome j. 

Enfin l'excitation des organes des sens , et sur- 
tout de celui de l'odorat , est fréquemment em- 
ployée pour exciter l'action du cœur, surtout lors- 
qu'elle est suspendue : c'est ainsi qu'on , fait ilnirer 
de l'ammoniaque, de l'acide acétique concentré, 
de l'acide sulfureux , de l'acide muriatique (tome 11, 
page 247 ). Ce moyen , si avantageux dans la 
syncope, pourroit aussi convenir dans les fièvres 
adynamiques, et dans d'autres circonstances dans 
Jesquelles l'action du cœur est notablement ralentie. 
On peut pratiquer de légères commotions dans la 
direction du cœur, à l'aide de l'électromoteur et 
de la bouteille de Lc3'de , lorsque l'action de cet 
organe est suspendue ou très-ralentie. On connoît 
J'influence d'une bonne nourriture, d'un exercice 
modéré, d'affections morales agréables, sur la cir- 
culation. 

Les circonstances dans lesquelles il convient de 
réveiller et d'accélérer la circulation sont toutes 
celles qui nécessitent une médication tonique gé- 
nérale , et en particulier les lipothymies, les syn- 
copes, etc.; mais on sait que la syncope n'exige pasi 
toujours des moyens aussi puissans, 



CLINIQUE. 267 

§11. T\.al ends sèment de la circulation, et d'uninu-^ 
tion de la chaleur générale» 

On peut produire cet effet à l'aide de plusieurs 
voies différentes ; i'"\ en évacuant une quantité 
plus ou moins grande de sang; 2°. en excitant des 
sécrétions et des exhalations abondantes ; 3°. eii 
diminuant progressivement la nourriture; 4"^. eii 
faisant usage de bains lièdes généraux , de repos , et 
de la plupart des moyens que j'ai fait counoîtredans 
l'ordre des médications aloniques; 5"^. enfin par 
l'emploi de certaines substances qui , introduites 
dans les voies alimentaires, et qui quelquefois mêraq 
appliquées sur la peau jouissent de la propriété 
spéciale de déterminer cet effet. 

Les corps qui , d'après les expériences cliniques y 
jouissent de cette propriété , sont l'eau et les dif- 
férentes boissons froides peu saturées , telles que 
l'eau vineuse légère, l'eau foiblement alcoolisée et 
éthérée; l'émulsion, surtout celle qui est préparée 
avec les semences de cucurbitacées; les infusions et 
décodions aqueuses étendues des substances extrac- 
tives, muqueuses et gélatineuses; les sels neutres j, 
et surtout le nitrate de potasse , le sulfate de ]K)- 
tasse ; les sels acidulés , tels que le tartrite aci- 
dulé de potasse , l'oxalate acidulé de potasse ; les 
acides convenablement étendus , le camphre , les 
feuilles de digitale pourprée , et même le bulbe de 
scille. La plupart de ces substances ne produi- 
sent les effets en question que lorsqu'elles sont 
^'tendues dans quantité suffisante d'eau» Or ce \>r 



268 r H A R M A C O P É E 

quide seul produit le plus ordlualrement les mêmes 
effets. En géuëral celte diminution de la fréquence 
du pouls et de la température animale n'est que mo- 
mealauée. Quoiqu'elle puisse avoir lieu dans la 
plupart des circonstances, il est cependant des cas 
maladifs qui nécessitent plus particulièrement l'em- 
ploi de l'un de ces moyens. Toutes ces substances 
n'agissent pas «l'ai Heurs tout à fait de la même ma- 
nière. Les sels neutres el acidulés, les acides, l'al- 
cool , le viu , convenablement étendus , excitent en 
même temps les fonctions digestives d'une manière 
modérée. Le camphre p'jii étendu iriite l'estomac ; 
à grande dose il peut produiie la syncope ; il exerce 
une action notable sur les systèmes nerveux ; la 
diminution de la circulation ne suit pas constam- 
ment son emjjloi ; elle est «Tuilleurs bientôt après 
suivie d'une arceieralion notable du pouls et d'une 
augmentation de la Cijaleur animale. Le nitrate de 
potasse (i) peut, à grande dose, occasionner du raal- 
cjise dans l'estomac ; il j)eiit même enllamnier et 
cautériser cet organe , et déterminer ainsi l'empoi- 
sonnement et la m')rt. Les feuilles de digitale pour- 
prée ne ralentissent pas constamment la circula- 

(i) On choisit le nitrate de potasse purifié. On peut l'admi- 
liistrer en poudre , sous la forme de pastilles , d'élecluaire , de 
pilules, cl en solution aqueuse plus ou moins concentrée. On 
administre sa poudre seule , ou mieux , étendue dans quatre ou 
neuf fois son poids de sucre. Pour lui donner la forme de pas- 
tilles, il suffit d(3 convertir ce mélange en pâle à l'aide de quan- 
tité suifisantc de miicila{>e de i^ommeadragant. On l'aromatise con- 
venablement. On lui donne la forme d'élecluaire à l'aide de trois 
parties environ de miel , ou du double de son poids de sirop. 



CLINIQUE. 269 

tîon. Cet effet, lorsqu'il a lieu, coexiste ordiuaire- 
meut avec un ëlat de dureté du pouls ; il est plus 
marqué lorsque le corps est dans une position ho- 
rizontale ; il peut exister à des degrés différens, 
aller même jusqu'à la syncope ; il dure plus ou 
moins long- temps, et succède souvent à des lésions 
fugaces de la vue, à des défaillances, etc.; il est 
suivi de l'accélération du pouls et de l'augmenta- 
tion de la chaleur générale» 

On voit évidemment que l'action sédative de ces 
différens corps est peu constante , légère et mo- 
mentanée; plusieurs excitent en même temps l'or- 
ganisme, tandis qu'il en est quelques-uns dont l'ac- 
tion sédative paroît être générale. Il est facile de 
conclure, d'après cela, qu'ils ne peuvent être que 
d'une utilité momentanée , et que tous ne sauroient 
être employés dans les mêmes cas. C'est ainsi que, 
dans les fièvres intlammatoires et gastriques , dans les 
phlegmasies aiguës , dans les hémorrhagies actives et 
dansleshémorrhagies traumatiques,on fait particuliè- 
rement prendre le nitrate de potasse, le tartrite acidulé 
de potasse, le vinaigre, le sucdeciiron. Bans les fièvres 
adynamiques légères , on emploie particulièrement 

Pour préparer les pilules, on le mêle avec partie égale ou le 
double de son poids de poudre de réglisse, et quantilé suffi- 
sante de miel. Pour l'administrer en solution concentrée , on en 
dissout ordinairement une demi-partie à trois parties dans cent 
parties d'eau édulcorée et aromatisée; et pour l'avoir en solu- 
tion étendue , une demi-partie à une partie pour mille parties 
d'eau édulcorée. On le fait prendre par cuillerées dans le pre- 
mier cas, et par verres dans le second. On remplace souyenS 
l'eau par l'émulsion. 



^2ji> P H A 11 M A C Ô P lé E 

J'acide suirmi(]ue, le vin, l'alcool , convenablement 
éleuJus. On fait prendre le sulfate acidulé d'alu-^ 
mine triple et l'acide sulfurique, dans les hémor- 
rbagies passives , ainsi que dans les liéniorrhagies 
traumatîqucs et, en un mot, lorsqu'il convient de 
réunir une légère astriction avec la diminution de 
la fréquence du pouls. On a fait usage de la digi- 
tale pourprée dans les lièvres hectiques qui accom- 
pagnent des suppurations abondantes , et surtout 
celle de Torgane pulmonaire , parce qu'on croit 
avoir aperçu que ce végétal diminue en même 
temps la tendance à la suppuration. Lorsqu'on veut 
diminuer la chaleur fébrile et la soif qui accompa- 
gnent les phlegmasies et les hémorrhagies pulmonai- 
res, on emploie de préférence l'infusion de réglisse 
et des corps doux en général , ainsi que le nitrate 
de potasse : on rejette les acides , parce qu'ils occa- 
sionnent souvent de la toux. Lorsqu'on est exposé 
à l'inlluence d'une haute température , et qu'on 
fait en même temps beaucoup d'exercice, on pré- 
fère le vin, l'alcool, l'eau vineuse et alcoolisée, a 
l'eau pure et aux eaux acidulées en général , sur- 
tout à celles qui le sont avec le vinaigre ; car l'ob' 
servation démontre que ces liquides favorisent et 
enlreliennent la transpiration , et ne produisent 
qu'un effet momentané. Lorsqu'on veut diminuer 
la fréquence du pouls et la chaleur dans les cas de 
])hlegmasies aiguës des organes urinaires, on pré- 
fère les boissons mucilaginenses , l'éinulsion cam- 
phrée , aux eaux salines el acidulés, parce que cel- 
les-ci peuvent irriter ces organes. Lorsqu'on veut 
diminuer la soif , la chaleur et la fréquence du 



CLINIQUE, S-^tl 

pouls qui accompagnent 1rs phîegmasies aiguës et 
les hémorrhagles actives des orgaues alimentaires, 
on préfère les eaux mucilagiueuses légèrement su- 
crées. Lorsqu'il est eu même temps dangereux ou 
impossible d'introduire des liquides dans l'intérieur 
de l'estomac, on se contente de faire fondre dans 
la bouche des pastilles d'acide, ou de nilrate de 
polasse, de faire mâcher des tranches d'orange, etc. 
Ou voit facilement , d'après ce que je viens de 
dire , que le choix de ces moyens doit être subor- 
donné aux circonstances particulières tirées de 
l'organe affecté , de l'espèce de la maladie , de la 
cause, etc., etc. 

Il est des idiosyncrasies et des circonstances par- 
ticulières de la vie dans lesquelles l'emploi des 
dlfférens moyens que je viens d'indiquer détermine 
divers accidens, tels que des coliques, etc. Leur 
abus ne peut que devenir préjudiciable , puisqu'ils 
portent atteinte aux fonctions dlgeslives , peuvent 
entraver la marche des maladies, etc. 

Ou fait peu d'usage maintenant des ligatures 
qu'on pratiquoit autrefois aux membres , afin de 
modifier le cours du sang dans dlfférens cas d'hé- 
morrhagies et de lièvres intermittentes. Kellle a 
conseillé l'application du tourniquet quelques mi- 
nutes avant le frisson de ces fièvres, afin d'inter- 
rompre le cours du sang dans les membres et de 
prévenir l'accès. 11 a vu la chaleur, l'anxiété et 
même la syncope survenir lorsqu'on conlinuoit l'ap- 
plication du tourniquet au-delà de six minutes. 
La proposition de Parry, qui consiste à com[)rimer 
des artères considérables pour prévenir l'attaque 



272 PHARMACOPlÊE 

de différentes névroses occasioniiëes par une con- 
gestion sangnine , n'a pas eu Tassenliment des 
praticiens : ce moyen ne sauroit être employé tvur 
toutes les artères ; il peut d'ailleurs déterminer dii- 
férens accidens. 

§ IIL Evacuation du sang. 

On peut évacuer du sang artériel , veineux et ca- 
pillaire. Je vais examiner successivement ces trois 
espèces d'évacuations sanguines. 

1". Evacuation du sangartérieL 

Pour évacuer du sang artériel , on a recours à la 
«action partielle de l'artère. Cette opération a été 
désignée sous le nom à^artériotomie ; mais elle ne 
peut être pratiquée que sur de petites branches 
qui présentent un point d'appui llxe. Elle ])ent être 
suivie d'accidens graves ; ses avantages sur la sai- 
gnée veineuse ne sont pas assez grands , ni dé- 
montrés par un assez grand nombre de faits , pour 
qu'on puisse être autorisé à en faire nn fréquent 
usage : aussi les modernes n'y ont-ils que très-ra- 
rement recours, et ceux qui l'emploient quelque- 
fois se bornent à l'ouverture de l'artère temporale. 
La section de cette artère a paru quelquefois utile 
dans des cas de céphalalgie très -forte, d'otalgie 
intense, de délire phlegmasique, d'apoplexie san- 
guine imminente, etc.; tandis qu'on avoit aupara- 
vant ouvert , sans succès, les veines du cou , du 
bras, du pied, etc. 



CLINIQUE. S.-j3 

2. EvaciiaUon du sang veineux k 

C'est aussi à Taide de la section qu'on donne issue 
&u saug velueux. Celte opérallon a elë nommée /?/z/e- 
hotouile. On ne la pratique que sur les velues les plus 
superlicielles : telles sont au cou les trachélo-soucu- 
Canées ( jugulaiies externes) ', au bras la radiale eu* 
^a/2ee(cepliarique) , la cubitale ciUanée (basilique), 
la médiane de V avant-bras ( médiane ) ; à la main , la 
radiale cutanée ( cépliallque ) , la cubitale cutanée 
(saJvalelle) ; au ])ied , la tibio-nialleolaire et \ix 
péronéo-malléoîaire ( grande et pelile sapLènes) ; 
dans la bouche , les souJiui^uales ( raniues ). 

Ce n'est pas ici le Heu d'exposer la manière dont 
la saignée doit èlre pratiquée , ni de faire connoîlre 
les accldens locaux qui peuvent l'accompagner: ces 
notions sont du ressort delà médecine opératoire. U 
me suffit d'indiquer que l'inflammation de la tunique 
interne des veines en a quelquefois été la suite. 

Les effets immédiats des saignées veineuses con-^ 
sîstent dans la diminution d'une quantité variée de la 
masse du sang. Peut-on admettre l'existence d'un 
point d'Irritation dans le lieu de la section? On est 
porté à cette opinion par la rapidité plus grande 
avec laquelle le sang s'écoule et par les phénomènes 
secondaires qui en sont le résultaté Les effets secon- 
daires de la saignée varient selon l'abondance du sang 
qui s'est écoulé, selon le degré d'ouverture de la 
veine , selon l'état maladif, et surtout selon le degré 
de susceptibilité individuelle. Si la saignée est petite, 
on n'observe souvent aucun changement notable 
II. 18 



2y4 1' H A R M A C O P E E 

dans l'organisme. Eq général le pouls perd de sa fré- 
quence et devient plus mou durant la saignée ; il faut 
en excepter le cas où sa petitesse dépend d'un excès, 
d'initalion , comme dans certains cas de pneumonie ; 
onlevoit souventalorsdevenir plus tort et plus grand. 
Ces effets secondaires sont, à évacuation égale , d'au- 
tant plus marqués , que la section de la veine est plus 
grande. On observe que plusieurs petites saignées ré- 
pétées ne produisent pas des effets aussi prompts ni 
aussi intenses qu'une seule saignée pratiquée avec 
une grande ouverture , fpioiqu'elles donnent issue à 
la même quantité de sang que celte dernière: aussi 
est-il des cas qui exigent une petite ouverture, et d'au- 
tres qui en nécessitent une grande. La syncope ac- 
compagne quelquefois la saignée ; mais elle est subor* 
donnée à la susceptilniité individuelle. 11 est des cir- 
constances dans lesquelles elle ne survient qu'après 
une évacuation très-grande, et d'autres où elle a lieu, 
tiuoiqu'on n'ait tire qu'une très-petite quantité de 
sang. Ce dernier cas se remarque surtout chez les in- 
divldusdélîcats, qui ne peuvent voir couler leur sang. 
On sait que des saignées excessives diminuent la cou- 
leur et la consistance du sang, altèrent la nutrition , 
débilitent toutes les fonctions et surtout la digestion. 
On sait qu'elles portent atteinte à l'elat de l'encé- 
phale et des nerfs, amènent la consomption et la fiè- 
vre hectique. 

La diminution de lafiéquence et de la dureté du 
pouls, ainsi (juedela température générale, n'est le 
])lus souvent que momenlanee. Si la cause continue 
à agir, on voit souvent les symptômes d'irritalion repa- 
roître avec plus ou moins d'intensité peu de temps 



CLINIQUE. 275 

après la saignée. En général la réparation du sang est 
très-prompte, et siou pouvoit ajouter foiàce que dit 
Dodarf à ce sujet, un hectogramme (5 onces) de sang 
peut se réparer en un jour. Quoi qu'il en soit , on ob- 
serve que les saignées répélé^'S favorisent le retour de 
la pléthore, et ne peuvent par conséq lent être qu'uu 
moyen palliatif dont l'habitudereud la réitération né- 
cessaire. 

Le choix de la veine est quelquefois indifférent , 
surtout lorsqu'il s'agit de diminuer une pléthore 
générale ; mais il n'en est pas de même lorsqu'on 
veut opérer un effet local : c'est ainsi , par exem* 
pie, qu'une saignée de pied peut favoriser l'écoule- 
ment menstruel , taudis qu'une saignée de bras peut 
le supprimer. Ce choix doit être établi sur les con- 
nexions sympathiques qui existent entre les diffé- 
rentes régions du corps et l'organe malade , ainsi 
que sur rancieuneté de la maladie. Si cel'e - ci n'est 
qu'imminente, ou si elle est périodique, on pré- 
fère les veines les plus éloignées; et si elle est con- 
firmée, on saigne les veines les plus voisines. Il faut 
néanmoins convenir que l'action sympathique des 
saignées est susceptible de beaucoup de variations : 
car on a souvent saigné du bras durant une mens- 
truation régulière sans la supprimer. 

Ce n'est pasd'aprèsle poids, ou d'après le volume du. 
sang évacué, qu'il faut évaluer les saignées, mais 
uniquement d'après leurs effets secondaires. Ces ef- 
fets doivent être examinés comparativement à l'àge, 
au sexe, aux circonstances actuelles, à la suscepti- 
bilité individuelle, et surtout aux variétés maladives. 
On ne peut rien dire sur la quantité pondérique 



276 PHARMACOPÉE 

(lu sang à évacuer. Et) général «ue saignée d'un hec* 
tograrame(3 onces) esL petite pour un adulte, et une 
saignée de sept hectogrammes (20 onces) liès-forte. - 
On ne peut pas encore jusqu'ici tirer une grande 
induction de l'état du sang. Toutes choses d'ailleurs 
égales, il varie selon la rapidité avec laquelle il s'est 
écoulé, selon l'impression morale du sujet, selon la 
température atmosphérique , etc. INéaumoins tout 
porte à croire qu'en l'examinant avec altention , 011 
pourra parvenir un jour à en tirer des notions plus 
ou moins précises. Je me propose de m'occuper de 
ce point avec toute l'attention qu'il nécessite. 

C'est dans le cas de pléthore que la saignée pa- 
roît plsis particulièrement indiquée; mais j'ai déjà 
lait voir qu'elle n'apporte qu'un soulagement mo- 
mentané ; il est préférable de combattre cette affec- 
tion par l'éJoignement de toutes les causes qui peu- 
vent la produire. On sait qu'un froid modéré , une 
nourriture a!)ondante et succulente, ledéfaut d'exer- 
cice, la suppression d'une hémorrhagie habituelle, 
la privation d'un membre en sont les causes les plus 
ordinaires ; elle est caractérisée par la rougeur de la 
peau, par le gonflement des vaisseaux sanguins les 
plus superficiels , par la dureté du pouls, une élé- 
vation incommode de la température animale , la 
tendance aux liémorrhagies, des douleurs vagues, etc. 
Ses phénomènes locaux, varient selon l'organe qui 
en est l'aboutissant : c'est ainsi que la somnolence , 
les vertiges, la rougeur des yeux et de la face, la 
pulsation très-forte des artères cephaliques (caro- 
tides), le gonflement outre mesure des veines du 
cou , accompagnent la menace de congestion san- 



CLIÏfIQUE. 277 

guîne vers l'encéphale ; c'est ainsi que la dyspnée, 
nne chaleur très-grande dans la poitiine, elc, indi- 
quent que l'appareil respiratoire est menacé ou at- 
teint d'une congestion sanguine, etc. 

Les maladies pléthoriques générales et locales 
qui indiquent l'usage de la saignée sont la fièvre ia- 
llammatoire, l'apoplexie sanguine, le coup de sang 
des poumons, la pneumonie, etc. Les hémorrhagies 
actives l'indiquent moins, parce que l'évacuation 
sajiguine qui les caractérise fait elle-même l'office 
de saignée. Quelles que soient les maladies plétho- 
riques qui nécessitent la saignée, on ne la pratique 
que dans leur première période, et on doit établir 
celle-ci non par le quantième de la maladie, mais 
par le degré d'intensité des symptômes. C'est ce de- 
gré d'intensité qui doit indiquer le nombre de sai- 
gnées qu'il faut pratiquer. On doit faire une grande 
ouverture lorsqu'il s'agit de suffoquer pour ainsi 
dire la maladie, comme dans certains cas d'apo- 
plexie , de pneumonie imminente , etc. Il existe 
beaucoup de fièvres augioténiques, de pneumo- 
nies , etc. dans lesquelles la saignée n'est pas né- 
cessaire. 

On a aussi recours aux saignées veineuses lors- 
qu'il paroît convenable de diminuer l'action du 
coeur ou des gros vaisseaux , par exemple , dans 
les cas de plaie, ou d'anévrysme du cœur ou de 
l'aorte , à l'approche de grandes opérations , etc. 
Ojien fait quelquefois usage lorsqu'on veutenilam- 
mer la peau pour déterminer un effet sympathi- 
que , et lorsqu'il seroit dangereux d'accélérer en 
même temps la circulation. 



2jS P rt A R M A C O P ]ê E 

En général on ne doit reconrir à la saignée qu'a- 
vec la pins grar.d ' prudence chez les eufans et les 
TielUards, ainsi tjue durant la convalescence de lon- 
gues maladies, elc. 

3". E\^acuadon du sang capillaire. 

On a recours à des moyens variés pour la pro- 
voquer; les uns consisLeiit dans la section des capil- 
laires, et les autres dans une excilatlon particulière 
de ces sortes de vaisseaux. Ceux-ci provoquent une 
véritable exhal.itlon ; ils imitent davanta^re les ef- 
forts de la nature ; mais leur action est loin d'être 
aussi constante que celle des précédcns. 

A. Par incision. 

Sangsues {Jiirudo medicinalis ^ L. ) (i). 

On choisit les sangsues qui habitent les eaux lim- 
pides ; car celles qui se trouvent dans les marais de- 
teiminenl facilement l'inllainmalion. On prend aussi 
de préférence celles qui sont longues de cinfj à dix 
centimètres, celles qui sont entièrement dégorgées 
et non noueuses. On les conserve dans de Teau 

(i) Carnet, genér Corps obiong , mutique , liès-contrat- 
lile, ajant les deux extrémilés susceptibles de se dilater en uit 
disque cliarnu qui se fixe, à l'aide de la succion , comme une 
ventouse 5 bouche triangulaire située sous rextrcniilé la plus 
mince. 

CaracC. spècrf.Ç oxAeyn- brune foncéej lignes longitudinales 
d'un jaune vcrdàlrc; sur les côics deux lignes longitudinales 
iaunes. 



CLI3TIQUE. 2~y 

cîalre et aërëe, J'iuie température moJérëe, qu'où 
chanije toutes les fois qu'elle se trouble. 

Ou sort les sancsues de Teaa uue heure au molus 
avant de les employer ; on iVotle d'abord la peau 
avec un linge sec jusqu'à ce qu'elle soit rouge, ou 
on y applique un peu de lait ou d'eau sucrée : ce 
dernier moyen est le seul convenable pour les 
membranes muqueuses. Ou applique les sangsues 
de manière variée ; le plus ordinairement on saisit 
leur extrémité la plus large à i'aide d'un linge sec, 
et on apy)ioche rextrémilé buccale de la partie à 
laquelle elle doit s'attacher. Quelquefois on intro- 
duit les sangsues dans un cornet de papier , ou dans 
un vase de verre, et on en applique l'ouverlore 
sur la parlie qu'on doit faire saigner, etc. D'autres 
fois on rouie une carte en cylindre autour d'une 
sangsue, on replie l'extrémité qui coiresj)ond à la 
queue, et on applique l'autre sur la partie à laquelle 
l'animal doit se fixer. Loefler se sert d'un cylindre 
d'os creux en dedans, et sépare dans toute sa lon- 
gueur en deux portions égales , qui se joignent 
exactement lorsqu'on les raj)j)roche; il y introduit 
la sangsue, et, pour maintenir les deux valves rap- 
prochées, il les fait entrer dans un cylindre qui 
est fermé à une de ses extrémités , et qui n'a que 
la moitié de la longiicur du précédent. Bruning- 
hausen se sert d'un tube de verre blanc , long de iS 
à 14 centimètres environ, large de 10 à i5 mil- 
limètres, ouvert à ses deux extrémités qui doivent 
être ])olies avec soin. Il y ajuste un piston qui i»iisse 
aisément dans toute la longueur (MM. Brcwer et 
Delaroche font percer ce pisLoii d'un [)ctit Iroii 



28o PHAR-MACOPifi 

])our cnlrcfCMir nue comniTinication avec l'air ex- 
téiicnr). II inf loiluil la sangsue dans ce tube, et ap^ 
pose aussilôl l'extrëmilé à laquelle répond la bou- 
che de l'animal. Si la sangsue n'avance pas, il la 
])Ousse avec le pislon ; il retourne le cylindre et 
transporte le piston à l'autre extrémité si l'animal 
change de position. Ce procédé paroît surtout con- 
venir , d'après l'auteur , lorsqu'on veut appliquer 
les sangsues aux yeux , aux gencives, etc. Le pre- 
Triier et le deuxième procédé sont les plus usités en 
France. 

Si les sangsues avoieut changé de place et s'étoient 
introduites dans l'intérieur des conduits muqucux qiii 
s'ouvrent au dehors, il faudroit aussitôt faire des in- 
jections avec une eau salée ou acidulé. Les sangsues 
tombent d'elles-mêmes dès qu'elles sont gorgées ; on 
peut favoriser et accélérer leur chute en les recou- 
vrant de sel , de tabac , de vinaigre , etc. : elles se dé- 
tachent et tombent aussitôt ; on peut aussi y parve- 
nir en les coupant en deux. 11 ne faut point les arra- 
cher; car on occasionneroit beaucoup de douleur. 
L'écoulement du sang s'arrête ordinairement de lui- 
même. S'il continue pendant trop long-temps, on peut 
l'airétcr à l'aide de la compression , de l'application 
d'agaric; et s'il est opiniàlre , à l'aide de ch.'U'ple 
iml)ibée d'un soin! um aqueux d'alun. On peut favo- 
riser et entretenir l'écoi dément en exposant la ])artie 
à la vaj»eur de l'eau liède. Il est diflicile d'évaluer la 
quanJile de saiig que (•ha(jue saup^sue tiie j elle varie 
à liufiiii ; on la croit de 3o grammes. 

Les sangsues font d'abord le vide^ puis elles prali- 
qucut trois incisions avec leurs dents ; leur morsure 



CLINIQUE. 2Sr 

est floiilourcnse; elle détermine quelquefois rinllam- 
malion. Ces animaux ont l'avantage de pouvoir être 
appliqués dans des endroits où l'instrument tranchant 
ne sauroit l'être ; mais ils ont l'inconvénient de ne pas 
toujours se fixer avec facilité ; ils ne tirent pas tou- 
jours la même quantité de sani^ ; on ne peut pas se les 
procurer dans tous les lieux, ni dans toutes les sai- 
sons. Lorsque les sangsues sont rares, on peut les 
faire servir plusieurs fois ; il suffit de les faire dégor- 
ger dans l'eau pure ou légèrement salée ; yiais on ob- 
serve qu'elles ne mordent plusavecla même facilité. 
L'hémorrhagie déterminée par lessangsues est pré- 
cédée de douleur, de chaleur, et d'engourdissement 
dans le lieu de la piqûre ; l'écoulement est plus ou 
moins abondant; il s'arrête avec plus ou moins de fa- 
cilité, et est quelquefois suivi d'uuétatérysipélateux. 

Scarifications. 

Les scarifications consistent dans de petites inci- 
sions qu'on pratique dans le tissu cutané , ou dans les 
membranes muqueuses les plus extérieures. On se 
sert , à cet effet , d'une lancette ou d'instrumens par- 
ticuliers à l'aide desquels on peutprati([uer plusieurs 
incisions à la fois: on fut plus parliculièrement usage 
de ces derniers en Allemagne. On choisit les régions où 
il n'y a pas d'os , de nerfs et de gros vaisseaux situés 
sup(;rfii.ieliement. On fait quelquefois prcéder leur 
usage de frictions locales, de bains chauds , de ven- 
touses. Ou les fait quelquefois suivre de l'application 
de ces dernières , ou de l'emploi de bains chauds. En 
général les scarifications sont moins usitées de nos 



^82 PHARMACOPÉE 

jours qu'elles ne l'eloient chez les auciens : on les 
remplace le plus ordinairement parles sangsues. 

L'hemorrhagie qu'elles déterminent est aussi ac- 
compagnée d'une irritation locale plus ou moins 
forte, qui passe quelquefois à l'état d'érysipèle ou 
«je phlegmon. 

L'évacuation du sang capillaire est , ainsi que nous 
venons de le voir , constamment accompagnée d'une 
irritation locale : aussi l'emploie-l-on, ou par rapport 
à l'hémorrhagle , ou par rapport à rirritallon , el sou- 
vent pour ces deux effets à la t'ois. Par cela même 
que celte évacuation a lieu dans le système capillai; e, 
ou la préfère aux saignées veineuses toutes les fois 
qu'on a à combattre une congestion du sang capil- 
laire, telle qu'une ])hlegmasle aiguë, une hemor- 
rhagle active, etc. On en fait usage soit pour agir 
directement, par contiguïté ou par sympathie. Lors- 
que ces affections locales sont accompagnées d'une 
])léthore générale, il est souvent nécessaire de faire 
])recéder l'usage de la saignée capillaire par celui de 
la saignée veineuse. On a des exemples où les pre- 
mières ont augmenté l'irrltallon locale lorsqu'on a, 
négligé la saignée générale , et même lorsqu'on y a 
eu recours , si toutefois l'état pléthorique s'est promp- 
lement renouvelé. 

Dans l'imminence des congestions de sang capil- 
laire on pratique la saignée locale, ou sur une partie 
eioiiinée qui sympathise avec le siège de l'affection, 
ou sur ia partie la plus voisine : c'est ainsi que, dans 
la pleurésie, on applique les sangsues sur le côté 
douloinenx , dans l'ophlhalmie aiguë à l'angle nasal 
de l'œil , dans riullummalion de rorcille à la région 



CLINIQUE. 283 

mastoïaienne , de. Cest surtout lorsqu'on pratique 
la saignée capillaire dans le voisinage du lieu alfecle, 
qu'il est souvent nécessaire de la faire précéder par 
l'usage d'une saignée générale. 

Les saigne _ s capillaires sont spécialement indi- 
quées lorsqu'il s'agit d'opéier la révulsion d'une hé- 
raorrhngit: par exhalation. On les pratique a!t)rs dans 
la région qui sj mpalhise avec le siège de i'Iiéinor- 
rhagie : c'est ainsi qu'on applique les sangsues aux 
mamelles dans les hémorrhaiiies exces.Nivea de l'ulé- 
rus; aux jambes et à l'anus dans les Lémoptysies. 
Les s lignées capillaires ne sont pas moins indiquées, 
pour rappeler des liémorrliagies babiluelies qui se 
sont suyjprimées , pour les favoriser lorsque l'eftort 
de la nature n'est pas suffisant; et enlin pour faire 
cesser les accidens qui résultent de leur suppres- 
sion ou de leur écoulement incomplet. C'est ainsi 
qu'on applique des sangsues à la vulve et à l'anus 
pour favoriser l'écoulement menstruel et bemor- 
rboïdale. 

B. Pa?' exhalation. 

Les moyens qu'on emploie pour provoquer celle 
évacuation de sang par exhalation sont loin d'exercer 
une action spéciale : leurs effets sont accidentels ; ils 
sont subordonnés h la cause qui a déterminé la sup- 
pression ou la rétention de l'hémorrhagie : c'est ainsi 
que l'aloès et le soufre ne peuvent que favoriser la 
tendance aux hémorrhoïdes, mais non la provo- 
quer : c'est ainsi que les feuilles d'absinthe, d'ar- 
moise ordinaire, de camomille vulgaire, le safran, 
les sucs concrets fétides, etc. , ne jouissent d'auîics 



234 PHARMACOPl^E 

])ropiiête<^ que de celle de relever les propriétés vi- 
tales de Fulérus. Il est néaumoiiis plusieurs sub- 
stances dont l'usage est plus particulièrement saivi 
d'iîémonhagies : c'est ainsi que l'emploi du soulVe, 
des térébenthines, des ferrugineux h grande dose, a 
quelquefois été suivi d'hémoptysie : c'est ainsi que 
I^iiuile volatile de genévrier commun, de mélèze , de 
sapin, iȔtc. , les cantharides ont quelquefois produit 
l'hématurie : c'est ainsi que l'usage continué de l'a- 
loès paroît amener les hémorrboides : c'est ainsi que 
l'euphorbe provoque facilement rbémorrbagic na- 
sale. Mais on voit aisément que l'hémorrliagie n'est 
dans plusieurs de ces cas qu'un symptôme d'une 
pliîegmasie très-intense. Il résulte '^ 1; ' -^e lorsqu'il 
s'agit de rétablir une liémorrhagie ... le qui est 

supprimée, il faut traiter cette suppression comme 
une maladie particulière, et varier son traitemeut 
d'après la cause de la maladie, d'après l'état actuel 
de l'organe et de l'organisme eu général , etc. 

Pro^'ocation de l'hémorrliagie nasale. Lors- 
qu'une bémorrhagie nasale habituelle est suppri- 
mée , ou îorsq'i'une bémorrhagie nasale critique n'a 
lieu que d'une manière Incomplète , il sufiit souvent 
de diriger des vapeurs aqueuses tièdes dans les na- 
rines , d'irriter mécaniquement la surface muqueuse 
de cette cavité, de faire de grands efforts pour se 
moucher , etc. On ]<eut aussi appliquer des sangsues 
au pourtour du nez. 

Provocaùofi de Vhéniorrhagle Intestinale, Lors- 
qu'une bémorrhagie intcslinalepériodique est suppri- 
mée ou n'a lieu que d'une manière incomplète, qu'elle 
déteriniae des accidcus plus ou moins graves , il faut ^ 



CLIJS'IQ UE. 2SÎ-> 

s'il existe une inllatlou iocaic, diriger des vapeurs 
tièdes vers l'iulestln rectum. S'il exisie un ctal de 
débilité locale , on a qneltjaetbis administré avec 
succès i'aloès , soit comme tonique , soit comme 
purgatif. Le mo^^en le plus sur dans tous les cas 
est de pratiquer une saignée capillaire au pourtour 
de l'anus : on y applique un nombre de sangsues pro- 
portionné à l'écoulement habituel. On peut se ser- 
vir à cet effet du procédé suivant : on fait coucher 
le sujet sur le dos et au bord du lit; on lui fait 
lléchir les cuisses et le bassin; on ictrodr.it dans 
l'anus une mèche de charpie ou de linge imbibé 
d'huile, de manière qu'on puisse la saisir facilement 
après l'application des sangsues. On met ensuite un 
nombre déterminé de ces animaux dans un petit 
verre dont on appose l'ouverture sur l'anus ; plu- 
sieurs sangsues mordent presque aussitôt , et les 
autres ne tardent pas à se hxer dès qu'il coule un 
peu de sang. 

Pro<^>ocaLion de V hémonhagie menstruelle. Tsml 
de causes peuvent retenir et supprimer cette hé- 
morrhagie, que rien n'est plus variable que les 
moyens propres à la provoquer. Tantôt il convient 
de diriger des vapeurs tièdes vers l'utérus , ou de 
faire usage des péililuves chauds, de pratiquer des 
frictions aux jambes et aux cuisses , de rubéiier la 
plante des pieds, les jambes, les cuisses, de prati- 
quer une saignée veineuse ou capillaire aux pieds; 
tantôt il faut combattre wn état spasmodique de 
l'utérus; quelqueft>is il faut exciter le Ion de ce 
viscère et de tout l'organisme à l'aide des amers , 
des ferrugineux, etc. (tome 11, page i23);d'auties 



285 V II A n M A C O P É E 

l'ois 11 suffit de faire usaricd'iîne bonne nourriture. 
Dans quelques c.is 11 faut débiliter. La dislraclion, 
les promenades en voilure, la danse, la cessation 
d'un cba<:^rln, le eoït réussissent souvent seuls. Cet 
écoulement re|)aroît quelquefois au moment où on 
s'y attend le moins, tandis qu'il avoit résisté à tous 
les moyens ])liarmacentiques. Dans les expériences 
que j'ai tentées sur les prétendus emménagogues , 
j'ai vu queiquetois toutes les femmes qui en falsoient 
usage ne pas être menstruées, tandis que ce ilux 
reparoissolt cbez celles qui étoient abandonnées 
aux seuls efforts de la nature. Plusieurs fois j'ai 
\u des femmes être menstruées la veille du jour où 
je mie proposois d'employer quelques médicaraeus: 
si j'avois commencé le traitement un jour plus tôt, 
quel triomphe aux yeux de la multitude, qui rai- 
sonne post hoc er^o projeter hoc ! On a observé 
que l'application des sangsues à la vulve est très- 
convenable lorsque recoulement ne survient pas 
spontanément : si elle ne peut pas constamment ré- 
tablir riiéraorrbagie ordinaire , elle j)eut au moins 
la remplacer. Pour retirer quelques effets des pré- 
tendus emménagogues (lorsque toutefois leur usage 
est Indiqué), 11 faut les employer vers l'époque 
ordinaire de la menstruation , les continuer pen- 
dant long-temps, allerner leur emploi et tavoriser 
leur action à l'aide de péilliuves chauds, de va- 
peurs chaudes dirige<s vers l'utérus. 

Les moyens propres à supj)rimer l'écoulement 
du sang artériel, veineux et capillaire, sont du 
ressort de la thérapeutique et non de la matière 
médicale. Les évacuations excessives sont des ma- 



c L I i^r I Q u E. 287 

ladics qui exigent des moyens subordonnés à leurs 
causes, à leur intensité, etc. 

§ IV. Modification de la composition du sang. 

Nous n'avons pas jusqu'ici assez de faits précis 
siu' les différentes modilications qu'on peut faire 
éprouver au sang et sur leur utilité. Presque tout 
ce qu'on a dit sur la dissolution et la coagulai ion 
de ce liquide est hypothétique; il en est de même 
de la plupart des opinions qu'on a avancées sur 
son âcrelé, son alcalinité, son acidité, etc. Ce se- 
roit cependant tomber dans un extrême non moins 
blâmable que de nier que le sang n'est aucune- 
meut modiiié par les différentes substances médi- 
camenteuses : beaucoup de faits prouvent le con- 
traire. Ou sait que l'emploi continué des ferrugi- 
neux augmente la consistance et la couleur du sang. 
On a vu les carbonates alcalins, administrés pen- 
dantquelque temps, modifier tellement ce liquide, que 
retiré des veines il ne se coaguloit pas, et qu'il per- 
doit cette qualité lorsqu'on suspendoit l'usage de 
ce moyeu pendant quelque temps. Mais en géné- 
ral les hommes vont toujoursd'un extrême àl'autre: 
d'abord on voit des choses qui ne tombent pas sous 
les sens ; apcrcolton qu'on est dans l'erreur, aus- 
sitôt on se refuse à admettre même les faits les 
plus sensibles. Cet objet doit être examiné de nou- 
veau ])ar un esprit expérimentateur qui ne se laisse 
influencer ni par ceux qui font des ap])lications 
chimiques prématurées à la science médicale, ni 
par les solidistes outrés qui se refusent à voir les 
altérations dont les liquides sont susceptibles. 



288 PHARMACOPEE 

ORDRE SEPTIÈME. 

Médications particulières de la respiraLion\ 

Les médicatioDS particulières de la respiration ont 
pour objet d'exciter cette fonclion, de la ralentir, 
de provoquer la toux et rëternuement. On y a re- 
cours soit ])oar agir uniquement sur les poumons , 
soit ])our modifier l'état actuel d'organes plus Ou 
moins importans à la vie. 

§ I^r. Accélération de la respiration. 

On reconnoît fiicllcment ce mode de mëdlcalioii 
dans l'étendue plus grande des y)béuomènes de 
l'inspiration et de l'expiration, dans la conversion 
plus prompte et plus ab«^ndante du sang noir eu 
sang rouge, etc. Ces effets ne sont ordinairement 
que momentanés et subordonnés à l'emploi des 
moyens dont on se sert; portés à un trop haut de- 
gré , ils peuvent délerminer rinflammation et même 
la gangrône des poumons; leur durée continuée 
peut accélérer le terme de la vie. 

On clierche à réveiller Faction pulmonaire lors- 
qu'elle est suspendue, comme dans l'aspbyxie; à 
l'accélérer lorsqu'elle se ralentit, comme cela a lieu 
dans différens cas de dj spnéc ; et lorsqu'on veut agir 
secondairement sur tout l'organisme, en rendant le 
sang plus excitanl. 

Les moyens dont on se sert peuvent être locaux 
ou sympat biques. Les ])remiers consistent dans l'aug- 
mcutalion des proportions du gaz oxygène. 



C t I N I <) U È. 28g 

Air pur. Il est démontré, par les expériences cbi- 
iniques comparatives de MM. BerllioUet, Hiimbold 
et Gay-Lussac , que l'air atmosphérique contient les 
mêmes proportions d'oxygène sous des latitudes et à 
des hauteurs très- variées. C'est ainsi que M. Gay- 
Lussac a trouvé l'air atmosphérique puisé à la hau- 
teur de 6 kilomètres et demi , absolument le même 
que celui qu'il avoit recueilli dans la cour d'entrée 
de l'Ecole polytechnique. Si l'atmosphère des lieux 
secs, froids et médiociement élevés, excite davan- 
tage la respiration, c'est probablement parce qu'elle 
est plus dense que celle des lieux bas; et ce n'est 
que d'une manière relative qu'on peutdire qu'elleest 
plus.x)xygénée. Il est des cas, comme dans l'asphyxie ^ 
où on est obligé d'injecter cet air dans les poumons: 
il est toujours préférable à l'air expiré qu'on in- 
suffle quelquefois dans les bronches des asphyxiés. 
Gaz oxygène. Lorsqu'on veut faire respirer le 
gaz oxygène , il faut d'abord avoir soin qu'il soit pur. 
M. Chaptal a démontré que le gaz oxygène retiré 
de l'oxyde de mercure rouge contient, à la tem- 
pérature ordinaire , d'un à 7 centigrammes de cet 
oxyde par litre , et cela en d'autant plus grande 
quantité , qu'on a eu recours à une chaleur plus 
lorte pour le retirer. Il a vu ce gaz occasionner la 
salivation. M. Fourcroy a vu le gaz oxygène qu'on, 
retire du nitrate de potasse occasionner la suffoca- 
tion , en ce qu'il avoit retenu de l'acide nilreux 5 
aussi conseille-l-îl de ne l'employer que lorsqu'on 
l'a bien lavé avec de l'eau, et surtout avec de l'eau 
de chaiïx : d'ailleurs on doit préférer celui qu'on a 
retiré de l'oxyde de manganèse. 

11. 19 



SO^ r It A R M A C P £ E 

Lorsqu'on vent s'élever graduellement à ITh^s- 
piratlon de ce gaz, on se contente d'abord d'en ver- 
ser une quantité plus ou moins grande dans l'at- 
mosphère ; on peut ensuite le faire respirer pur (i)* 
11 suffit , dans le premier cas , de verser directe- 
ment du gaz oxygène dans l'air , ou d'exposer à la 
lumière des feuilles qu'on arrose d'eau. La respira- 
tion devient par-là plus grande etplus fréquente; on 
éprouve un sentiment de chaleur qui de la poitrine se 
dirige dans les membres ; le pouls devient plus fort 
etplus fréquent; la face se colore ainsi que la con- 
jonctive; la peau est rouge et moite; il y a augmen- 
tation de la transpiration insensible et même sueur^ 
la soif est augmentée, les yeux sont saillans; les 
fonctions intellectuelles sont exaltées ; on éprouve 



(i) Outre l'appareil que j'ai indiqué page 190 du premier 
tome , on peut l'aire usage du suivant; on peut se le procurer 
par-tout. 11 est composé d'une vessie de porc convenablement 
lavée , à laquelle ou adapte le tube d'une plume ou d'une pipe 
à fumer. Lorsqu'on ne veut point retirer cet appareil de la 
bouche à choque expiration , on peut se servir de celui de Gir- 
tanner. Il est composé d'une plaque, de deux tubes , dont l'un 
est horizontal et l'autre vertical, et d'un ballon. I.a plaque a 
l'étendue convenable pour couvrir le nez et la bouche; elle est 
élastique et entourée d'un bourrelet de cuir; son centre est 
percé et fixé à une des extrémités du tube horizontal. Celui-ci, 
long de 27 centimètres, large de 1 centimètres, est coupé obli- 
quement à son autre extrémité qui est fixée au ballon, et il y est 
muni d'une soupape qui s'ouvre en dedans. Ce tube communi- 
que , à un tiers environ de cette extrémité, au tube perpendi- 
culaire; celui-ci est long de i5 centimètres, large de 1 centi- 
mètres; il est coupé obliquement h son extrémité libre , et il y 
e^t muni d'une soupape qui s'ouvre en dehors. • 



C t I N I Q U E* 2gt 

vm seolîmeut de bieii-étre*^ SI orî continue l'emploi 
de ce moyen , 11 peut survenir une fièvre in- 
flammatoire, l'inilammfition et la gangrène des pou- 
mons. 

Les observations que M. Fonrcroy a faifes et celles 
qu'il a recueillies sur les effets de l'inspiration de ce^ 
gaz dansdifferens cas de phthlsie pulmonaire , ont de* 
montré tju'on éprouve un soulagement dont la du- 
rée est de quelques jours, et auquel succède Texas- 
péralion des symptômes de la maladie, la suppression 
de rexpccloration , l'hémoptysie, etc. Ce redoiible- 
ment est plus ou moins long; elsi on cesse l'inspira* 
tion de ce gaz, la nlitîiisie reprend sa marche habituelle» 
On voit évidemment , d'après cela, que ce moyen 
ne sauroit convenir dans la troisième période de la 
phthisie pulmonaire, ni dans la première et dans la se- 
conde période de celle qui succède à la pneumonie, à 
l'hémoptysie , etc. Si on peut retirer un effet avanta- 
geux de l'inspiration de ce gaz , c'est , ainsi que le con- 
jecture M. Fourcroy, dans les scrophules , dans le 
rachltis, dans la chlorose , dans les hydropisies atoni- 
ques idiopalhiques, dans les affections lentes des pou- 
mons et même des viscères abdominaux, sans lésion 
de texture. On a conseillé l'inspiration de ce gaz pour 
rappeler à la vie les noyés, les asphyxiés avec suffo- 
cation, les nouveaux nés qui sont asphyxiés sans cause 
matérielle propre à s'opposer à l'entrée de l'air. On 
Ta aussi conseillée dans le traitement du scorbut, des 
fièvres adynamiques. Mais nous manquons encore 
jusqu'ici d'expériences assez multipliées et faites sans 
partialité , pour pouvoir préciser le degré d'utilité 
qu'on peut espérer de ce moyen, qui peut deve- 



^()2 PHARMACO?l^E 

wir pernicieux s'il n'est pas administré avec priidenee^r 
Il est un grand nombre de substances qui , intro- 
duites dans l'estomac, accélèrent la respiration secon- 
dairement ou par circulalion; tels sont les bulles 
volailles, les lérébenlbines , les baumes, les alliacées, 
et surtout le bulbe de scille, le soufre, l'ammonia- 
que , l'acétate ammoniacal , etc. Mais leur action est 
ordinairement lente , peu perceptible. Aussi falt-ou 
usage de moyens plus évideus lorsqu'il s'agit d'obte- 
nir un effet intense et prompt : c'est ainsi qu'on pro- 
voque les nausées, le vomissement, à l'aide de l'ipéca- 
cuauba , des oxydes d'antimoine liydro-sulfurés, brun 
et orangé , etc. Ou détermine la rubéfoction d'une 
étendue plus ou moins grande de la peau , et surtout 
des parties latérales du iborax , des membres infé- 
rieurs. On fait flairer de l'ammoniaque, de l'acide 
acétique concentré , etc. On provoque la toux , l'é- 
ternuement.On peut joindre ces derniers moyens 
aux premiers , surtout dans les cas d'asphyxies sans 
cause matérielle. Enfin quelquefois on excite l'action 
des agens de rinspiration en dirigeant de légères con> 
motions à trav^TS le thorax , à l'aide de l'électromo- 
teur oude la bouteille de Leyde. L'exercice du corps 
convient surtout pour accélérer la respiration. Quel- 
quefois on réunit tous ces moyens , comme dans cer- 
tains cas d'asphyxie; d'autres fois on ne fait usage que 
de l'inspiration d'un air pur ou du gaz oxygène } il est 
des cas oLi on se borne à l'administration des toniques 
qui parolssent réagir sur les poumons, ou on lait res- 
pirer leur vapeur : quelquefois on se borne à l'em- 
])loi des moyens sympathiques. Il est des espèces d'as- 
phyxies où il ne s'agit que d'enlever une cause maté- 



CLINIQUE. 295 

î'ielie qui obstrue le passai;e de IVir, comme on le 
voit quelquefois chez les nouveaux nés , chez ceux 
qui sont affectés de phlegmasie gutturale avec gonile- 
ment très-grand des tonsilies, chez ceux qui ont un 
corps étranger dans les voies aériennes , etc. : mais 
tous ces cas sont plus particulièrement du ressort de 
la thérapeutique* 

§ II. Ralentissement de la respiration et de la coU' 
version du sang noir en sang ronge. 

Les phénomènes du ralentissement de la respira- 
tion sont trop évideus pour que j'aie besoin de les 
énumérer. On conçoit aussi aisément quelles en se- 
roient les suites si on les entretenoit. Les maladies 
qui ont ce ralentissement pour caractère en présen- 
tent un exemple. On cherche à produire cet effet 
dans les phlegmasies aiguës des poumons, dans la pre- 
mière et la deuxième période de phlhisies pulmonai- 
res avec irritation locale , et en général dans les ma- 
ladies caractérisées par une irritation très-marquée , 
et surtout par l'activité plus grande de la respiration, 
et de la circulation. Pour ralentir les phénomènes 
respiratoires et la conversion du sang noir en sang 
ronge, on a parîiculièrement conseillé rinsj)iratiou 
du gaz azote , du gaz hydrogène et du gaz acide car- 
bonique. 

Gazazole. Nous manquons encore d'expériences 
assez exactes et assez multipliées pour pouvoir indi- 
quer de quelle utilité est l'inspiralion de ce gaz. On 
sait qu'il n'est point respirable. Ce n'est donc que con. 
jointenjent avec l'air atmosphérique qu'on doit l'em- 



^()4 PHARMACOPÉE 

ployer, et dans des pro|)orlions graduellement aug- 
mentées. 11 est d'ailleurs difficile d'avoir ce gaz pur 
et eu quantité suffisante. Celui qu'on relire par W 
procède de M. Bertnolk t , c'esl^à-dire , eu trailaui la 
chair musculaire avec de l'acide nitrique affoibli, 
peut contenir de l'acide uitreux s'il n'a pas été préala- 
blement lavé avec de l'eau de chaux; celui qu'où re- 
tiie de la combustion ]3ar le procédé de M. Marc con- 
lîient de l'acide carbonique et dilt'érentes matières 
emj)yreumatiques, si toutefois on ne l'a pas lavé 
avec de l'eau ou avec de l'eau de chaux. 

Ou fait inspirer ce gaz delà même manière que le 
précédent. Ses effets immédiats et secondaires n'ont 
pas encore été assez observés pour que je puisse les 
exposer ici. 

Gaz hydrogène. Le gaz hydrogène présente moins 
d'inconvénient que le gaz azote ; ou sait qu'il n'est 
pas aussldélétèrequelegaz acide carbonique , si loute« 
fois il est pur. M. Chaussier a démontré , par dej 
expériences faites sur des animaux , qu'il asphyxie 
lentement , et qu'il communique une teinte bleuâtre 
au sang, ainsi qu'à toutes les parties; tandis que le 
gaz hydrogène sulfuré asphyxie promptement , et 
colore le sang et les organes en noir. D'après le même 
])hysiologiste , le gaz hydrogène carboné asphyxie 
moins promptement que le gaz acide carbonique , et 
plus que le gazhydrogèue pur. Le sang et les organes 
conservent une teinte rouge. Nous manquons encore 
d'expériences assez multipliées pour pouvoir détermi- 
ner sou degré d'utilité. 

Graz acide carbonique. Il faut préférer celui qui 
% été obtenu à l'aide du feu ou à l'aide de l'acide sul- 



CLINIQUE. 295 

furique ; car celui qu'on exlralt à l'alue des acides ni- 
trique et inuriatique pcul retenir une quanlilé plus 
ou moins grande de ces acides. On le fait inspirer de 
la même manière que les précédens ; mais on ne l'em- 
ploie pas seul ; car il détermineroit aussitôt l'asphy- 
xie. M. Chaussier a démontré, par des expériences 
comparatives, qu'il asphyxie dans l'espace de quel- 
ques secondes au milieu d'efforts convulsifs ; que le 
sang est peu coagulé et de couleur obscure. Il ne 
faut pas confondre son action avec celle du gaz oxyde 
de carbone. Celui-ci asphyxie plus lentement , les 
muscles conservent plus long-temps leur contracti- 
lilé; le sang et tous les organes sont d'une couleur 
écarlale. Lorsqu'on veut respirer le gaz acide carbo- 
nique , on retend dans l'air atmosphérique dans les 
proportions de 0,08 environ. 

Au lieu de faiie respirer le gaz acide carbonique 
à l'aide de ces appareils toujours fatigans, on place le 
sujet dans un lieu dont l'atmosphère est plus chargée 
de ce gaz: c'est ainsi qu'on lui fait respirer l'air des éta- 
bles; on peut aussi se conlcnter d'exposer des feuilles 
fraîches dans un lieu clos , de les arroser fiéquem- 
ment, et de s'opposer à ce qu'elles soient frappées 
par les rayons solaires. 

Si on fait attention au malaise , à l'oppression qu'on 
éprouve en respirant l'air infecté par le rassemble- 
ment de beaucoup d'hommes , de beaucoup d'ani- 
maux , de beaucoup de végétaux en com!)ustion , ou 
doit concevoir facilement quelle prudence doit exiger 
l'inspiration du gaz acide carbonique. Selle l'a vue pro- 
duire l'hémoptysie,, et l'on sait qu'elle occasionne l'as- 
phyxie narcotique. Son inspiration ne présente pas 



S-f/o PHARMACOPE3Î 

(l'ailieiirs d'avantages assez grands pour qu'on doive 
s'exposer aux accidens qu'elle peut occasionner. 

Le plus ordinairement on se borne à faire respirer 
un air d'une température modérée, entretenue hu- 
mide par de l'eau en évaporalion. On foit inspirer des 
vapeurs lièdes , de l'éther , etc. A ces moyens ou joint 
une position horizontale , ou , si elle est inutile , on 
évite au moins tout exercice du corps qui puisse accé- 
lérer la respiration ; on garde le silence , on s'abstient 
surtout du chant , et on ne parle que le moins possib'e 
et à voix basse. On peut faire usage en même temps 
des bains tièdes ^ des boissons mucilagincuses, des 
cljstères analogues j enfin des saignées qu'on réitère 
«elon le besoin. 

§ III. Provocation de la toux. 

On sait que la toux consiste dans une succession, 
plus ou moins grande d'expirations courtes accompa- 
gnées seulementde l'éjection de substances r ntenucs 
dans le conduit aérien. Ces phénomènes sont quel- 
quefois accompagnés d'une difllculté très-grande de 
respirer, de mouvemens convulsifs, d'une conges- 
tion apparente vers la tête , etc. 

Ou provoque la toux pour favoriser la sortie de 
corps étrangers venus du dehors dans l'intérieur du 
conduit aérien , et surtout de substances liquides ; ou 
V a recours pour favoriser l'expectoration du mucus , 
des mucosités , des concrétions membraniformes , du 
pusqui sontaccumulés dansles voies aériennes, lors- 
que toutefois il n'y a pas d'irritation locale trop forte ^ 
v'est ainsi qu'on provoque la loux daps la deuxièngia 



CLINIQUE» 297 

pt troisième période du catarrhe aigu du larynx, 
des broncbes, etc. 

Les moyens les plus certains qu'on puisse em-? 
ployer pour provoquer la toux consistent dans l'ins- 
piration de vapeurs et de gaz irritans : tels sont Ta- 
cide acétique concentré , Tacide acétique pyro-liui- 
leiix , le vinaigre , l'acide muriatique , l'acide muria- 
lique oxygéné , l'acide' benzoïque , l'acide sulfu^ 
reux (1), et enfin la titillation mécanique de la glotte. 
Ces différens moyens excitent, outre la toux, la 
sécrétion muqueuse du conduit aérien. Quelques-^ 
uns , tels que les acides , occasionnent quelquefois 
l'hémorrhagie. La titillation mécanique ne provoqua 
la toux que momentanément , et la glolte ne tarde 
pas à s'y habituer. L'acide muriatique oxygéné 
entlamme non- seulement le conduit aérien, mais 
encore la gorge , la cavité nasale , la conjonctive , etc. 
On voit évidemment, d'après ce que je viens de 
dire relativement au mode d'action de ces diffé- 
rens moyens , qu'ils ne peuvent convenir lors- 
qu'il existe une irritation locale très- marquée, ou 
lorsqu'il est dangereux de la déterminer. 

S'il est des circonstances dans lesquelles on doit 
provoquer la toux , il en est aussi où on doit cher- 

( I ) J'ai indiqué , page 1 1 3 de ce tome , la manière de dégager 
c\teraporanément l'acide acétique pyro-huileux, l'acide sulfu- 
reux , l'acide benzoique. Quant à l'acide muriatique, on peut 
le dégager extemporanémt nt en versant de l'acide sulfurique 
sur du muriate de soude. Pour dégager l'acide muriatique oxy- 
géné, il suffit de mêler du muriate de soude avec un peu 
d'oxyde de manganèse , et d'y verser quantité suffisante d'à- 
♦►iùc sulfurique éleudu d'eau. 



29^ PHARMACOPÉE 

cher à l'appaiser; mais le même traitement ne saii- 
j'oit toujours convenir; il doit être snborclonne> aux 
causes qui la déterminent et qui reuLretienueut : 
c'est ainsi qu'on fait respirer des vapeurs aqueuses 
tièdes lorsqu'elle est entretenue par une iiiilamma- 
tion aiguë; de l'eiher sult'urique, des vapeurs opia- 
. liques, celles de plantes aromatiques, lorsqu'elle 
dépend d'une convulsion ou affeclion spasmodique. 

§ IV. Provocation de réternuement. 

L'éternuemcot est précédé d'un sentiment de titil- 
lation dans la cavité nasale; suit une inspiration pro- 
fonde , mais plus grande que dans l'état ordinaire; 
la tête est penchée en arrière, le thorax et l'abdomen 
prennent ])lus d'amplitude, la glotte est close; bien- 
tôt après le larynx s'ouvre, la tête s'incline eu avant, 
l'expiration devient forte et sonore. Ces elforts peu- 
vent être incom]>lets et plus ou moins multipliés; ils 
sont suivis d'un abattement momenl.uié, de l'aug- 
lïientation de la sécrétion du mucus nasa! et des lar- 
mes. L'eternuement peut présenter beaucoup de 
variétés, quant à la fa<Mrité et à la promjviiiude avec 
lesquelles \\ a lieu, quant au nond)re d'eiloi ts qtii le 
constituent , quant à son intensité , à ses effets secon- 
daires, etc.: c'est ainsi qu'on l'a vu produire des 
lîémorrhagies du nez, des bronches et de l'utérus, 
l'apoplexie, la récite, etc. ; iaire cesser des maladies 
invétérées de l'œil, de foreillc, du nez, de l'eucé- 
phalo, etc. 

On provoque réternuement dans pbisieurs cir- 
constances : i^'.pour mettre la respiration en jeu 



CLINIQUE. 299 

lorsqu'elle est suspendue ; 2°. nour favoriser la sor- 
tie de corps élrauj^ers introduits accidentellement 
dans rintérieur des voies aérieuues; '6°. pour occa- 
sionner une secousse générale, par exemple, dans 
l'invasion de maladies dangereuses qu'on doit cher- 
cher à supprimer aussitôt ; 4**. pour augmenter la 
sécrétion du mucus nasal et des larmes, ou pour fa- 
voriser l'excrelion du mucus amassé dans les sinus 
nasaux j 5°. pour réveiller l'action de l'encéphale, 
des sens, de l'utérus, etc. ; 6°. pour faire cesser un 
état convulsif ou spasmodique de i'appareil respira- 
toire. 

Il est beaucoup de cas qui doivent empêcher de 
provoquer l'eternuement, comme une hernie non 
réduite, une congestion sanguine vers la tête ou la 
pollrine; des phlegmasiesetdes hémorrhagies actives 
de l'encéphale, des poumons ou des viscères abdo- 
minaux j des anévrysmes du cœur ou de l'aorte, la 
gestation avec disposition à l'avorlement; des frac- 
tures, des hémorrhagies artérielles ou veineuses par 
rupture ; de grandes plaies qui nécessitent un repos 
absolu, etc. 

Ce n'est que par des moyens sympathiques qu'on 
peut jusqu'ici provoquer reternuemeut : c'est ainsi 
qu'on frappe l'oeil avec une lumière vive; mais c'est 
en excitant l'intérieur du nez qu'on le provoque le 
plus sûrement; car l'excitation de l'œil ne produit 
pas toujours cet effet. Les substances qui excitent Ja 
membrane muqueuse des narines ne sont pas toutes 
également convenables ; quelques-unes ne provo- 
quent jamais l'eternuement ; celles qui en sont sus- 
cepiibUs ne le font qu'autant que la membrane mu- 



3o(? PHARMACOPÉE 

quensc du nez n'est pas babil née à leur présence 5 
c'est ainsi que le tabac ne fait éterni'ier que ceux qui 
n'en usent pas liabituellement. 

Le nombre des corps susceptibles de provoquer 
l'eternuement est très-grand; mais tous n'agissent 
pas delà même manière. Les uns excitent foibiemeat 
la membrane muqueuse du nez, d'autres peuvent 
l'euilammcr, y déterminer une hémorrbagie ; les 
uns bornent leur action au lieu de leur ap])lication, 
tandis que d'antr;s peuvent l'e'tendre au loin ; quel- 
ques-uns en(in peuvent agir par absorption sur l'en- 
cépbale, et y dëlerminer uu état d'excitation ou de 
eëdation.On voit évidemment d'après cela, que rem- 
ploi de ces corps ne peut être indifférent. 

Parmi les moyens les moins actifs se trouvent le 
«ucre,les différentes espèces d'oiéo-saccbarum , la 
manne, les feuilles, les Heurs, les semences et les 
racines de plantes aromatiques, telles que des la- 
biées, des ombellifères, des radiées, des demi-llos- 
cnleuses, etc. Parmi les substances qui agissent plus 
fortement, se trouvent la plupart de celles qui sont 
susceptibles d'irriler les surfaces muqueuses : tels 
sont les carbonates al(;alins, le carbonate et le mu- 
riated'ammoniaque , lemuriatede soude ; les oxydes 
et les sels métalliques, comme ceux de cuivre, de 
zinc, de mercure, de fer , elc. ; la scille, le jalap , 
rhellébore noir et blanc, le slapbisaigre,lacévadille, 
l'asarum , le séné, le tabac, le poivre, les gérotles, 
la moutarde, le gingembre, etc. , etc. 

Quoique ces moyens soient très-mullijiliés , aiusi 
que jeun'en suis convaincu j>ar de nombreuses ex- 
pciicnccs compnraùves que j'ai tentées à cet elfet. 



CLINIQUE. 3oï 

rt quoiqu'on puisse les employer incliffëremmeut 
dans des cas de nécessité, il en est néanmoins quel- 
ques-uns que l'usage a plus parliculièremeut accré- 
dités : tels sont : 

Les feuilles d'asarum. (^asarum eiiropœinn], Ij.")', 

La racine d'hellébore blanc {ycratrum album, L.); 

Les feuilles de héioiuQ {^betonica officiiialis ,\-j^i 
de marum (^teucrium marum ,1j.), 
de marjolaine {^origamini majorant 
w« ^ L.); 

Les fleurs de muguet {^convallaria jnajaUs ^L,); 

Les feuilles de tabac {nicotiana tabacum^ L.), 
si toutefois on n'y est pas habitué. 

On doit rejeter l'euphorbe, en ce qu'il agit trop for- 
tement; il peut d'ailleurs occasionner l'inilamraalion 
du nez et l'épistaxis.Ou nefaitpas usage de l'ammonia- 
que, en ce qu'elle ne provoque pas Féternuemeut ^ 
d'une manière constante , et qu^appliquée imprudem- 
ment elle peut entlammer et cautériser la conjonctive, 
la membrane muqueuse du nez, etc. Lorsqu'on em- 
ploie les feuilles d'asarum et la racine d'hellébore 
blanc, on les étend ordinairemeut dans une poudre 
inerte ou dans un stern utatoire moins actif , par 
exemple, dans partie égale, le double de leur poids, 
et au-delà. On se sert le plus ordinairement, à cet 
effet , de la poudre de feuilles de marjolaine , de 
fleurs de muguet, de fleurs de lavande. 

C'est à l'état pulvérulent qu'on administre les 
sieruutaloires; il faut prendre garde de ne pas ins- 
pirer trop fortement, car la poudre peut pénétrer 
dans le conduit aérien ou dans l'estomac, et pro- 
duire des accidens varies. Quelques pharmacopées 



3o2 P H A n M A C O P ]é Ê 

contiennent des poudres sternutaloires composées ; 
mais elles sont iiuiiiles. Les quinze substances que 
la pharmacopée c'e Wirtemherg réunit produieent- 
elles des effets différens des poudres plus simples ? 
La poudre sternulatoire du code de Nancy con- 
contient cinq substances; celles des codes de Paris, 
de Londres et de Berlin quatre; celle du code d'E- 
dimbourg trois, et celle de Genève deux. La poudre 
sternutatoire de Saint- Ange est composée d'une par- 
tie de racine d'hellébore bianc et de vingt-quatre 
parties de feuilles d'asarum. 

L'éternuement peut devenir un véritable état 
maladif; il faut alors le combattre avec des moyen» 
proportionnes à la cause qui l'entretient. 

OB.DRE HUITIÈME. 

Modifications particulières des sécrétions et des 
exhalations» 

Ces modifications 'consistent dans l'aufimentalion - ' 
la diminution, la suyjpression des sécrétions et des 
exhalations. Il n'est pas toujours facile d'explorer 
ces changcmeus , surtout lorsqu'il ne s'agit que 
d'augmenter une sécréi ion ou une exhalation habi- 
tuelle ; mais il n'en est pas de même lorsque l'ex- 
halation ou la sécrétion qu'on produit est entière- 
ment artificielle. Elles ne sont pas constantes lors- 
que l'organe qu'on veut exciter est situé de manière 
quelesexcitaus ne peuvent être appliqués directement 
sur lui. Elles ne présentent pas de succession cons- 
tante dans leurs phénomènes. Leur durée est or- 
dinairement assujétie à ccHç de l'application des cjl- 



CLIIJfIQUE. So3 

cîtaus. Leur influence sur l'orgnuisme n'est pas tou- 
jours notable; leur excès occasionne un affulhlisse- 
ment gênerai dont les effets se manifestent d'abord 
dans les fonctions dii^estives. 

Plusieurs d'entre elles paroissent être propres à 
détruire la disposition à contracter certaines mala- 
dies contagieuses. Oo a fait cette observation rela- 
tivement à la suppuralioQ cutanée , à celle du tissu 
cellulaire, à la sueur , et même à la salivation ; mais 
on n'a pas encore fait de remarques analogues rela- 
tivement aux autres sécrétions et exbalalious. 

Les médications de cet ordre exercent surtout 
une iulluence très grande sur les exhalations et 
sur les sécrétions : c'est ainsi que la sueur peut 
remplacer les sécrétions muqueuses et uriiiaires : 
c'est ainsi que les sécrétions muqueuses peuvent 
remplacer la sueur : c'e>t ainsi surtout que ces dif- 
férentes médications paroissent exercer une in- 
fluence notable sur les exhalations des membranes 
séreuses , comme on l'observe dans beaucoup de 
cas d'hydropisies. Il est plusieurs de ces médica- 
tions ([ui déterminent des ])hénomènes sympathi- 
ques de conlractilité : telles sont la ])lupart des sé- 
erétious muqueuses. 

Il est facile de déduire de là une grande partie des 
circonstances qui nécessitent de recourir à cet ordre 
de médication : c'est ainsi qu'on les provoque 
pour détruire la disposition à la contagion , pour 
prévenir les accidens attachés à la suppression d'une 
exhalation ou d'une sécrétion qu'on veut cependant 
arrêter ; pour produire un état de dél)ilité générale , 
elc. On les provoque pour favoriser une exhalation 



OC4 PliAB-MACÔI^EË 

OU une sécrétion criiicpe , pour modifier convena- 
blement la composition d'une humeur séci'étée oïl 
exhalée. 

Ou emploie , pour provoquer ces médications ^ 
vme i^rande parlie des moyens que j'ai déjà exposés 
dans l'onh'e des médications toniques. Leur mode 
d'administration ne nécessite e plus souvent que des 
modifications accessoires, par exemple , de forme , 
de température, etc. 

Les particularités que les excitans présentent dans 
Jcur action déterminent le choix qu'on en doit faire: 
c'est ainsi que les amers , les ferrugineux, le tannin , 
l'aliin, ne conviennent pas en général pour provo- 
quer des sécrétions. Néanmoins plusieurs amers, 
et l'alun lui-même, augmentent quelquefois les sé- 
crétions muqueuses intestinales, si on les emploie à 
grande dose. L'opium supprime les sécrétions mu- 
queuses, tandis qu'il favorise et provoque la sueur* 
L'alun, l'acide sulfurique convenablement étendu 
suppriment ordinairement la sueur et provoquent la 
sécrétion urinaire. Lessels neutres les huiles volatiles, 
le camphre , etc. , excitent la sueur ou la sécrétion 
de l'urine selon les circonstances dans lesquelles on 
les administre. La suppuration cellulaire et les sécré- 
tions muqueuses peuvent être entretenues par tout 
corps inerte ; tandis que la suppuration cutanée né- 
cessite un excitant spécifique. Plusieurs des moyens 
qu'o?i emploie pour provoquer les sécrétions et les 
exhalations peuvent comy)liquer cette médication , 
en déterminant l'excitation ou la sédalion des fonc- 
tions intellectuelles, de la cijciilation , en détermi- 
nant lu vomissement , la purgalion , etc. Or ce sont 



CLINIQUE. 3o5 

ces notions qui nous dirigent dans le choix que nous 
devons faire de ces moyens. 

§ I^^. Médications des sécrétions muqueuses. 

Les modifications dont les sécrëlions muqueuses 
sont susceptibles consistent dans leur augmentation , 
leur diminution ou leur suppression. Nous n'avons 
pas , daus l'état actuel de nos counoissances , de carac- 
tères à l'aide desquels on puisse distinguer les sécré« 
tions des exhalations qui peuvent avoir lieu sur la 
surface des membranes muqueuses : aussi suis-je obli- 
gé de confondre ces deux ft^ctions sous la même dé- 
nomination. 

i^. Provocation des sécrétions muqueuses. 

La quantité de mucus sécrétée dans l'état de santé 
est si variable , qu'il est souvent difficile de savoir 
si on l'a augmentée ou non. Cette augmentation de 
sécrétion peut être accompagnée de celle des glan- 
des voisines, comme on eu voit un exemple dans 
la salivation, le larmoiement, etc. Elle peut être 
liée à un état d'intlammation , ou exister sans dou- 
leur , rougeur et chaleur locales. La matière sécré- 
tée ou exhalée se rapproche quelquefois beaucoup 
du pus du tissu cellulaire. D'autres fois elle n'est que 
visqueuse et plus ou moins diapliane ; souvent on voit 
à la fois ces deux variétés et dans toutes les propor- 
tions possibles. 

La durée de cette médication est le plus souvenS 
subordonnée à l'application des excitaus ; quelque- 



So6 PHAE.MACOFÉE 

fois cependant elle cesse d'avoir lieu, quoîqu^oo 
coDlinne l'emploi des mêmes moyens , et dans 
cjuelqiies cas elle se prolonge plus ou moins long- 
temps aprèsqu'on a cessé d'eu faire usage. 

L'excrétion muqueuse se fait souvent à l'aide de 
phénomènes particuliers : c'est ainsi que l'éternue- 
ment favorise l'expulsion du mucus nasal , la toux 
celle du mucus pulmonaire, le vomissement celle 
du mucus stomacal , la contraction périslaîtique de 
l'intestin celle du mucus intestinal , etc. Souvent 
on ne provoque la sécrétion muqueuse qne pour dé- 
terminer ces ditférens phéuomènes. 

L'augmentation de la sécrétion muqueuse ne 
produit pas toujours des phénomènes sympathiques 
très-évidens. Ses effets secondaires se manifestent 
davantage dans les organes voisins que dans ceux 
qui sont éloignés. Il faut eu excepter les cas où le 
llux est très-abondant; car il peut alors affoihlir 
considérablement, et il est quelquefois utile sous 
ce rapport. Il seroit possible qu'en entretenant uoe 
augmentation habituelle de la sécrétion muqueuse, 
on pût en retirer le même avantage pour se pré- 
server des épidémies pestilentielles, que des suppu- 
rations cutanée et cellulaire: on a vu la salivation 
produire cet effet , quoique cependant non cons- 
tamment. On provoque les sécrétions muqueuses 
pour rétablir celle d'une membrane de ce nom qur 
est habituellement abondante et qui vient de se 
supprimer; on les provoque pour remplacer une 
suppuration cutanée ou cellulaire qu'on veut sup- 
primer , ou pour prévenir la formation d'une affec- 
tion quelconque, soit de ces membranes, soit d'im 



autre organe. On choisit, à cet effet, les membra- 
îles muqueuses qui sympatliiseut plus particulière- 
ment avec l'organe sur lequel ou veut agir , et 
celles qu'on peut exciter avec le moius d'inconvé- 
nient. On les provoque pour déterminer , par con- 
tiguité ou par sympathie, les dlfférens phénomè- 
nes convulsifs qui accompagnent les sécrétions mu- 
queuses. On les provoque pour débiliter tout l'or- 
ganisme , et enfin pour prévenir la disposition à 
contracter certaines maladies épidémiquès. 

Il est peu de substances qui, mises en contact 
direct avec les surfaces muqueuses saines , ne puis- 
sent augmenter leur sécrétion. On sait que l'intro- 
duction d'une sonde dans les narines , dans les 
bronches , dans l'urètre , produit cet effet. Il ne 
faudroit cependant pas croire que tous les corps 
conviennent pour la provoquer. L'introduction des 
poudres d'angusture, de cachou , de quinquina, etc. 
dans les narines ne paroît pas augmenter le mucus 
nasal. Il est des substances qui provoquent la sé- 
crétion d'une membrane et non d'une autre : c'est 
ainsi que le suc de poirée ( beta viilgaris , L. ) 
augmente le mucus des narines et non celui de 
la bouche : il en est d'autres qui provoquent la 
sécrétion muqueuse de toutes les membranes de 
de ce nom. Parmi les corps qui «ont susceptibles de 
produire cet effet, les uns le font sans augmenter 
la chaleur locale , et sans que leur excès de dose 
ou de concentration puisse enflammer : tels sont 
plusieurs sels neutres alcalins et terreux. D'autres 
peuvent en même temps augmenter la chaleur , la 
rougeur , et même produire l'inflammation. Quel- 



3o8 PHARMACOPEE 

qucs-uns facilitent plus parliculièrcment lacoDtraC- 
tion que nécessite l'expulsion du mucus sëcrélë ; 
quelques-autres peuvent exciter, par absorption, 
tics organes plus ou moins éloii^ués, et produire 
des accidens graves. On voit évidemment, d'après 
cela , qu'on ne sauroit indifféremment employer 
ces différentes substances , et qu'il eu est même 
quelques-unes qu'on doit rejeter. 

L'habitude exerce sur l'action de ces excilans 
un-e influence très-grande ; elle rend leur stimulus 
indispensable, et les prive souvent de la faculté de 
déterminer les raouvemens convulsifs, conligus ou 
sympaibiques : c'est ainsi que le tabac cesse de pro- 
voquer l'éternuement chez ceux qui en fout uu 
usage habituel. 

Les excita ns propres à provoquer et à entretenii* 
les sécrétions muqueuses sonl contre-indiqués toutes 
les fois qu'il y a susceptibilité très-grande , phleg- 
masie aiguë et hémorrhagie active de ces membra- 
nes. Lorsque la sécrétion muqueuse est suj)primée 
par l'effet d'une inflammation locale ou d'une irri- 
tation trop grande , le meilleur moyen de la rétablir 
est de diminuer l'inflammation. 

L'habitude d'entretenir des sécrétions muqueuses 
abondantes les rend indi pensables : leur diminu- 
tion et leur suppression subites peuvent déterminer 
des accidens graves ; elles peuvent être suivies de 
la réapparition de la maladie qu'elles avoicut fuit 
cesser. 



CLINIQUE. 3o9 

Provocation de la sécrétion du mucus nasal. 

On provoque la sécrélion muqueuse des narines 
pour la rétablir lorsqu'elle languit ou qu'elle est 
supprimée , et lorsque cette diminution ou cetle 
suppression est suivie de céphalalgie , d'oplithal- 
mie , etc. Ou la provoque pour exciter l'éternue- 
ment , et enfin pour agir secondairement sur les 
organes voisins , par exemple , dans certains cas 
de céphalalgie, d'otalgie, d'odontalgie habituelles, 
de névralgie faciale , de catarrhe chronique de l'œil, 
du conduit auriculaire, de la gorge, du conduit aé- 
rien , «le. L'habitude de cette médication rend l'em- 
ploi des excitansmuqueux indispensable ; elle émousse 
le sans de l'odorat ; elle peut, chez quelques syphili- 
tiques faciliter la disposition à l'ulcération de la 
membrane muqueuse du nez et à la carie des os 
de cette cavité. Les excitans convenables perdent , 
par leur usage habituel, la propriété de provoquer 
l'éternuement , à moins qu'on ne les emploie en 
quantité plus grande. 

Les substances j^ropres à provoquer la sécrélion 
muqueuse du nez sont très-multlpliées. Les nom- 
breuses expériences comparatives que j'ai tentées 
sous ce rapport avec la plupart des corps de la nature, 
m'ont convaincu qu'il n'est pas nécessaire de se bor- 
ner à l'emploi des errhins qui sont indiqués dans les 
ouvrages de matière médicale. Parmi les substances 
propres a augmenter celte sécrétion , les unes occa- 
sionnent cet effet sans provoquer l'éternuement 
et sans menacer d'enllammer ; tels sont plusieurs 



3ïQ PHARMACOPEE 

sels neutres alcalins et terreux : par exemple , les sui» 
fates desouJe , de magnésie^ le phosphate de soude, 
etc. D'autres provoquent réternuement, mais seule- 
ment ies premières fois qu'on en fait usage , comme 
le sucre , la manne, les oleo-saccharum, la poudre 
de plantes simplement aromatiques : par exemple, 
celle de bétoine {betonica officinalis, L.), de sauge 
(sahna officinalis , L.), de lavande (^lavanduîa spi- 
ca y ]-j.),d''anis{pi7npifiella anisuin ^ L.) , de fenouil 
( anethwn fœniciilum ^ L. ) , d'impératoire ( impe- 
ratoiia ostruthium , L. ) , d'angelique ( angpUca 
archangelica , L. ) , etc. , etc. Quelques-unes peu- 
vent produire en même temps Tinilammation et 
mêmerhëmorrhagie : telssontreuphorbe,rheUébore 
blanc ( Deratrinn album , L. ) ,etc. ( Voyez tome II , 
pag. 3oo). D'autres peuvent agir par absorption sur 
des organes éloignés : c'est ainsi que le tabac (/z/*^ 
cotiana iabacum ^ L. ) peut occasionner des vertiges 
ii ceux qui ne sont pas habitués à son usage , à moins 
qu'on ne l'emploie en petite quantité et qu'on ne 
le rejette aussitôt à l'aide de l'eternuement. Ou voit 
même quelquefois ceux qui fout un usage habituel 
de tabac éprouver ces effets s'ils en prennent une 
plus grande quantité qu'à l'ordinaire. Le tabac oc- 
casionne quelquefois en outre des dyspepsies et d'au- 
tres symploraes gastriques. L'emploi abusif du tabac 
et d'autres plantes analogues peut affoibUr la mé- 
moire el produire un élat de stupeur plus ou moins 
grand; néanmoins ces affections-ci sont extrêmement 
rares. Si les errhins qu'on emploie sont susceptibles 
d'enllammer , il faut avoir soin de ne pas ks renifler 
avec îrop de force, de crainte qu'ils ne tombent dans 



CLINIQUE. 3n 

la gorge , le conduit aérien et l'estomac , ainsi que 
cela arrive quelquefois On doit rejeter les oxydes et 
les sels mercuriels , et surtout le muriate de mercure 
suroxydé ; ils peuvent occasionner trop d'accidens , 
et n'ont pas d'avantage marqué sur les autres excitans: 
il en est de même des oxydes et sels de plomb , de 
cuivre , etc. En général , le tabac est l'excitant qu'on 
emploie îe plus ordinairement , et il convient parfai- 
tement , à moins qu'on n'aperçoive qu'il détermine 
les accidens que j'ai exposés plus haut. 

Provocation de la séerédon muqueuse de l'œil et 
des larmes. 

On provoque rarement cette sécrétion. II n'est in- 
dispensable de l'exciter que lorsqu'une oplithalmie 
chronique s'est supprimée subitement et qu'elle a 
déterminé des accidens graves : il est même alors pré- 
férable de faire suppurer la peau ou le tissu cellu- 
laire soucutané. 

Les expériences comparatives que j'ai tentées sur 
la plupart des corps de la nature , et dont j'ai donné 
un résumé ailleurs , m'ont démontré que tous les 
corps , même les plus inertes, peuvent provoquer la 
sécrétion des larmes. Il est préférable de faire usage 
de ceux qui peuvent provoquer cet effet à l'état de 
vapeur ou de gaz : telles sont les émanations des bul- 
bes d'oignon , d'ail , de scille ; les vapeurs de l'ammo- 
niaque , de l'acide acétique pyro-huileux , de l'éther, 
de l'alcool , etc. J'ai exposé ailleurs la manière de dé- 
gager ces gaz exteraporauément ( tome 11 , page 1 13). 



3l2 î»HARMACOPElî 

Provocation de la sécrétion muqueuse du conduit 
auriculaire. 

On provoque la sécrétion muqueuse de ce contluît 
dans les cas où Ja suppression d'un calairhe habituel 
de cette parlie est suivie d'accidens; on la provoque 
aussi quelquefois dans dilTérentes maladies de l'or- 
gane de l'ouïe. 

On n'a pas encore recherché , par des expériences 
comparatives , qu'elles sont les substances qui exci- 
tent plus particulièrement la sécrétion muqueuse de 
ce conduit. 11 est présumable que ce sont les mêmes 
que celles qui provoquent la sécrétion du mucus na- 
sal : on les administre à l'état liquide et on les intro- 
duit à l'aide du colon qu'on eu a imbibé. 

Provocation de la sécrétion du mucus buccal et 
de la salive. 

On cherche à déterminer cette médication lors- 
qu'une salivation sympathique, critique ou métasta- 
tique languit ou est supprimée, comme le pt^/allsme 
qui survient da-js la deuxième période de la vaiiole 
confluente ; on y a recours pour ai^ir sur les organes 
Toislns , par exemple , dans les cas d'odontalgle , d'o- 
ialgie , de névralgie faciale, de céphalalgie, de ca- 
tarrhe habituel de l'oeil, du conduit auriculaire, de 
la gorge, du conduit aérien ; dans dlfférenlcs mala- 
dies locales de l'œil, de rf)rellle; dans le cas de torpeur 
«t de paralysie de la langue. On la provoque pour 
préserver de maladies contagieuses. Diemcrbroeck 



CLIÎfJQUP.. 3l3 

assure avoir observé que les personnes qui entrele- 
iiolent un jDtyalisrae habituel n'ëtoient point attaquées 
(le la peste j néanmoins Rivinal, Chenot, etc. n'ont 
point obtenu le même résultat. On cherche enfin à 
provoquer la sécrétion du mucus buccal dans le cas 
d'hjdrophobie. 

On peut déterminer la salivation à Taide de moyens 
topiques , ou par l'emploi de substances qu'on fait ab- 
sorber par différentes surfaces. Les mo} eus topiques 
propres à provoquer cette sécrétion sont très-mulli- 
pliés. Toute substance molieoudure,quoiqueinerte, 
qu'on introduit dans la bouche , et sur laquelle 
ou exerce la mastication , peut la déterminer : c'est 
ainsi qu'on emploie quelquefois de la cire seule ou. 
convenablement aromatisée , du mastic , des racines 
et des semences légèrement aromatiques. Quaiit aux 
substances qui ont été spécialement ap])elées sialago- 
gues , on peut les distinguer de la même manière que 
les errlîins ; en effet les unes provoquent la salivation 
sans déterminer de chaleur ni de douleur locales ; 
par exemple , plusieurs sels alcalins et terreux ; d'au- 
tres augmentent un peu la chaleur locale, mais sans 
qu'on ait d'inflammation à craindre; par exemple, 
la racine d'angélique officinale , etc. Il en est qui peu- 
vent enflammer : tels sont le poivre , le gingembi-e, 
les gérofles,la scille, le raifort, la moutarde, etc. ; le 
garou , l'arum, l'iris, le tabac. Parmi ces dernières 
substances il en est quelques-unes qui provoquent 
en même temps la sécrétion du mucus nasal et celle 
des larmes; tels sont la moutarde, le raifort: aussi 
peuvent-elles convenir lorsqu'on veut provoquer 
toutes ces sécrétions à la fois. 



5ï4 PHARMACOPEE 

Quoique beaucoup de substances soient suscepti- 
bles de provoquer la salivation , l'usage a néanmoins 
plus particulièrement consacré à cet effet les racines 
<le pyrètre ( anthémis pyretrum , L. ) , de ptarmique 
( achillea ptarrnica , L. ) : elles n'ont cependant au- 
cun avantage marqué sur les autres. On peut admi- 
nistrer ces substances sous formes molle , solide et à 
l'état de fumce. Il n'y a que les substances acres qu'on 
puisse employer à l'état liquide ; les autres seroieut 
sans action sous cette forme. C'est le tabac qu'on em- 
ploie plus particulièrement en fumée; les feuilles aro- 
matiques peuvent également être employées à cet 
état. En général les substances qu'on administre à l'é- 
tat de fumée agissent plus facilement sur les organes 
éloignés. Comme l'action des corps n'a lieu que 
successivement lorsqu'on les emploie sous forme 
molle ou solide, on se contente de les faire mâcher 
dans leur état ordinaire: c'est ainsi qu'on emploie des 
racines entières ou divisées grossièrement , des se- 
mences entières ; ou si on les réduit en poudre, c'est 
])our les incorporer dans de la cire ou dans un autre 
intermède mou. On ne les administre à l'état pulvé- 
rulent ou licpiiile que lorsque leur action doit être 
en même temps forte et prompte. On peut boi ner 
l'action de ces excitans à la surface muqueuse de la 
bouche , ou les faire agir également sur les glandes 
muqueuses de la gorge, de l'œsophage , de Teslomac, 
etc. : c'est ainsi qu'au rapport de M. Pérou , les liabi- 
tansdes régions équatoriales avalent le bétel, la chaux, 
etc. après les avoir mâchés. 

L'abus des siala^oiïues émousse à la longue Tor- 
gaue du goût, rend leur emploi presque iudlspea- 



CLINIQUE. 3l5 

«able , occasIoiiDe de la soif , rend la digestion pé- 
uible ; il peut occasionner la dys})epsie , Thypoclion- 
drie , la maigreur, etc. 

Les substances capables de produire la salivation 
par la voie de l'absorption sont les oxydes et sels 
mercuriels. Tous les composés mercuriaux ne pa- 
roissent pas également propres à la provoquer : c'est 
ainsi que Toxyde de mercure noir , le muriate de 
mercure doux l'occasionnent facilement ; tandis que 
le muriate de mercure suroxydé ne la provoque 
que beaucoup plus difficilement et à un moindre 
degré. Cette salivation est produite avec plus de 
promptitude si ou fait absorber ces composés mer- 
curiaux par la membrane muqueuse de la bouche 
que par la peau. Quelques faits paroissent faire 
croire que la salivation a lieu d'autant plus promp- 
lement que la région cutanée sur laquelle on appli«« 
que ces composés mercuriaux est plus voisine de 
l'appareil salivaire ; beaucoup d'autres faits parois- 
sent d'un autre côté rendre cette assertion trop géné- 
rale. J'ai fait voir ailleurs quels sontlescaractères de 
la salivation mercurielleet des accideiis qui peuvent 
l'accompagner et la suivre. On n'emploie plus mainte- 
nant les mercuriaux commesialagogues, ouon cher- 
che à produire seulement une très-légère salivation , 
afin d'être convaincu de l'action générale de ces 
composés. J'ai fait voir ailleurs quel est le traite- 
ment qui convient pour faire cesser la salivation 
mercurielle excessive. C'est probablement parce que 
l'hydrophobie est accompagnée d'un état de ptya- 
lisme , qu'on a pensé à employer les mercuriaux dans 
celtç maladie. Cependant, en parcourant les obscr«- 



3l6 PHARMACOPÉE 

valions dans lesquelles rhjcirophobic a disparu du- 
rant l'emploi lies fiictions mercurielles , on ne 
trouve pas qu'il y ait eu constamment salivation. 
Comme il est facile de provoquer le ptyaiisme à 
l'aide des excitans locaux , il est inutile et même 
inconvenant de recourir à l'emploi des merca - 
rianx , dont l'adminislralion ne peut jamais être in- 
différente. 

Loi^que la salivation est devenue excessive, on 
doit employer un traitement local relatif à l'élat 
d'iirilalion ou d« débilité dans lequel se trouve 
alors l'appareil salivaire; on doit chercher à pro- 
' voquer la sécrétion muqueuse d'une autre mem- 
brane de ce nom, par exemple, de celle de l'intes- 
tin , etc. La salivation mercurielle n'est pas suscep- 
tible d'autre traitement, car riiydrogèiie sulfuré ne 
jouit pas d'action spéciale à cet égard , ainsi que l'ont 
annoncé quelques médecins. 

Provocation de la sécrétion muqueuse gutturale» 

On ne provoque jusqu'ici la sécrétion de la mem- 
brane muqueuse de la goige que lorsque celte 
surface est affectée, et que la sécrétion est sup- 
primée par l'etïet de trop d'irritation. Ce cas 
rentre , d'après cela , dans le domaine de la théra- 
peutique, 

Provocation de la sécrétion muqueuse du conduit 
aérien. 

On ne provoque la sécrétion muqueuse du con- 
duit aérien que dans les cas de maladies locales , 
lorsque loutclois elle est supprimée par l'effet d'une 



CLINIQUE. Siy 

phlegmasie locale ou sympathique trop intense. 
On a recours à des moyens variés selon l'état par- 
ticulier de la membrane muqueuse des voies aérien- 
Des. On voit évidemment d'après cela que, pour 
faire cesser Tobstacle qui s'oppose au libre exer- 
cice de la sécrétion muqueuse de ce conduit , il 
faut quelquefois recourir aux médications atoni- 
ques, locales ou sympathiques, d'autres fois aux 
médications toniques, locales ou sympathiques, et 
aux médications phlegmasiques de la peau. Cet ob- 
jet est spécialement du ressort de la thérapeutique. 
Il n'est pas démontré que les prétendus expec- 
torans aient une action spéciale sur la membrane 
muqueuse en question j on ne les emploie de pré- 
férence que parce que l'usage les a pour ainsi dire 
consacrés à cet effet. Il paroît cependant que les 
moyens propres à exciter la sécrétion muqueuse 
de Testomac produisent un effet secondaire ana- 
logue sur la membrane muqueuse du conduit aérien , 
lorsque toutefois il n'existe pas d'irritation locale 
propre à les contre-indiquer. Les efforts du vomis- 
sement et de l'éternuement provoquent aussi la sé- 
crétion muqueuse des voies aériennes. L'application 
subite du froid sur la peau, surtout lorsqu'on est 
en sueur , détermine souvent un catarrhe des bron- 
ches; mais l'emploi de ce moyen est trop dange- 
reux pour qu'on ose y recourir. La présence d'une 
sonde dans le conduit aérien provoque abondam- 
ment la sécrétion des bronches ; c'est même ce qui 
s'ojîpose le plus souvent à son introduction. Il reste 
encore à étudier quels sont les corps vaporeux et 
{gazeux les plus propres à provocjuer cette sécrélion. 



3l8 PHAllMACOPÉS^ 

On sait , par exemple , que le gaz acide miirlallqiié 
oxygéné est susceptible de provoquer un catarrhe 
broiicliial. Tous les corps dont réoianatiou produit 
la toux déterminent un effet plus ou moins ana- 
logue. Mais l'action excitante de ces moyens ne peut 
convenir que lorsqu'un état d'atonie s'oppose à la 
sécrétion du mucus des bronches. 

Provocation de la sécrétion muqueuse gastrique. 

On provoque la sécre'tiou muqueuse de l'estomac 
pour agir localement dans le cas de catarrhe chro- 
nique habituel de cet organe ; on l'excite pour dé- 
terminer des nausées et le vomissement j on la pro- 
voque pour ygir secondairement, par exemple , dans 
le catarrhe chronique des bronches , dans la troi- 
sième période du catarrhe aigu, etc. 

Les substances qui paroissent plus particulière- 
ment convenir à cet effet sont Tipécacuanha , le 
tartrite de potasse antimonié, le bnlbe de scille, 
les oxydes d'antimoine hydro-sulfurés. Tous ces 
corps peuvent facilement occasionner des nausées, 
et même le vomissement , si on les emploie dans de 
certaiuesproporlions. Lorsqu'on en fait usage unique- 
ment dans l'intention de provoquer la sécrétion 
muqueuse , et qu'on veut éviter le vomissement , il 
faut les administrer très-élendus, et en petite quan- 
tité à la fois. Les pastilles préparées avec l'une ou 
l'autre de ces substances, les sirops composés avec 
le tartrite de potasse antimonié , l'ipécacuanha , 
ainsi qu'avec le bulbe de scille maritime ; la teinture 
d'ipécacuanha,lc suspensumaqueux des oxydesd'aa- 



CLIiriQÎJE. 3l9 

tïmoïne hydro-sulfuiés , sont les formes les plus 
usitées à cet effet. J'ai fait voir ailleurs la manière 
de les préparer. 

Provocation de la sécrétion muqueuse intestinale, 

La sécrétion muqueuse de l'intestin est une des mé- 
dications de cet ordre qu'on provoque le plus souveni 
soit pour agir localement , soit pour mettre en jeu , 
par contiguité , la contraction périslallique de l'iu- 
teslin , soit enfin pour agir secondairement sur des 
organes plus ou moins éloignés : c'est ainsi qu'on 
cherche à augmenter la sécrétion muqueuse intesti- 
nale lorsqu'on veut supprimer une sécrétion ou une 
exhalation habituelle quelconque , lorsqu'on veut 
supprimer un exanthème , lorsqu'on veut favoriser 
l'absorption du liquide des hjdropisies. 

Les moyens qui peuvent convenir pour piovoquei* 
la sécrétion du mucus intestinal présentent les mêmes 
différences que ceux que j'ai indiqués pour les sécré- 
tions muqueuses en général ; on emploie les mêmes 
substances que lorsqu'on veut déterminer la purga- 
tion. Je renvoie à cet article afin d'éviter toute répé- 
tition. Lorsqu'on veut provoquer la sécrétion du mu- 
cus intestinal sans exciter en même temps la contrac- 
tion péristaltique , il suffit d'employer les mêmes 
moyens plus étendus , et à dose plus petite. 

Provocation de la sécrétionmuqueuse du vagin et 
de l'utérus. 

On ne provoque jusqu'ici la sécrétion muqueuse 
de l'appareil génital de la femme que lorsqu'il s'agit 



320 PHARMACOPÉE 

iîe rappeler un catarrhe halDituel qui vient de se sup- 
primer , qui menace d'affecter des organes essentiels 
à la vie , ou dont la suppression est suivie de l'affec- 
tion d'autres organes. 

Quoiqu'on n'ait pas encore appliqué ici la marche 
expéiimenlale dont j'ai fait usage pour les autres sur- 
faces muqueuses , il est présumabie que les excitans 
dont j'ai parlé peuvent opérer un effet analogue. On 
sait que l'introduction d'un pessaire suffit pour occa- 
sionner un écoulement muqueux abondant; il est pré- 
férable dans tous les cas d'employer des substances 
qui ne peuvent enflammer ni cautériser , ou d'avoir 
soin de les étendre convenablement : c'est ainsi qu'on 
a quelquefois employé l'ammoniaque convenable- 
ment étendue. 

Provocation de la sécrétion muqueuse de l'urètre. 

Ce n'est également que pour rappeler un catarrhe 
urétral chronique, dont la suppression a été suivie 
d'accidens , qu'on a recours à ce mode de médication. 
Il n'est pas démontré par l'expérience si la provoca- 
tion de cette sécrétion peut être de quelque utilité 
dans différens cas d'affection de la vessie urinaireet 
des reins : on serolt tenté de le présumer par rap- 
port à la sympathie qui unit ces différens organes. 

L'introduction d une sonde dans l'urètre suffit 
constamment pour ojîérer celte médication; mais la 
membrane muqueuse s'y habitue facilement, et la 
sécrétion cesse d'être aussi abondante. L'injecliondu 
TÎrus syphilitique j^eut présenter des inconvéniens, 
d'autant plus que la plupart des corps dont j'ai fait 



CLINIQUE. 02 1 

mention , relativement aux autres sécrétions mu- 
queuses, peuvent convenir ici ; mais il faut les éten- 
dre suffisamment afin qu'ils ne puissent pas produire 
l'iuflammation. 

Provocation de la sécrétion muqueuse de la vessie 
urinaire. 

Le catarrhe chronique de la vessie urinaire pré^ 
sente des inconvéniens trop graves, pour qu'on cher- 
che à le provoquer dans l'intention d'exercer une ac- 
tion locale ou secondaire. 



2°. Provocation de la suppression des sécrétions 
muqueuses. 

On ne cherche à supprimer les sécrétions muqueu» 
ses que lorsqu'elles sont excessives , ou lorsque le 
ilux qu'on a provoqué cesse d'être nécessaire. Le pre- 
mier cas est du ressort de la thérapeutique ; ses 
moyens curalifs doivent être suhordonnés à ses cau- 
ses. Dans le deuxième cas , il suffit ordinairement de 
suspendre l'emploi de l'excitant, à moins qu'il n'ait 
déterminé des accidenS qu'il faille combattre. La sup- 
pression des sécrétions muqueuses peut avoir lieu 
spontanément ; elle peut céder aux médications toni- 
ques , (iirectes ou sympathiques , et surtout à celles 
qui sont caractérisées par une légère aslriclion. L'o- 
pium opère souvent des effets locnux qu'on n'avoit 
pu obtenir avec le tannin , l'acide sulfurique , l'alun , 
etc. D'autres fois cette suppression cède à des médi- 
cations phlegmasiques directes ou sympathiques. Les 
II. 21 



32Z P II A K M A C O 1' E E 

sccrelioiis muqueuses j)ersévèrcnt quelquefois mal- 
gré tous les moyens qu'on emploie; cel.i a lieu surtout 
lorsqu'elles sont entretenues par une cause maté- 
rielle directe , conliguë ou sjmpallilque. 

5 lï. Médications de V eochalation culanée. 

Les médications de l'exhalation cutanée consistent 
dans l'augmentation , la diminution , la sup])ression , 
et la moditicatiou de la matière de la trauspiratioQ 
insensible et de la sueur. 

1**. Provocation de la transpiration insensible et 
de la sueur. 

Il ne faut pas confondre l'augmentation de l'exha- 
lation cutanée avec la condensation et l'accumula- 
tion de son produit sur la peau. Ce dernier effet a 
lieu lorsqu'on met cet organe à l'abri du contact 
de l'air , par exemple, lorsqu'on le recouvre d'une 
couche eraplastique, d'une toile cirée , etc. La 
sueur ne paroît différer de la transpiiation insen- 
sible qu'en ce que son produit est plus abondant 
et dans un état de condensation. Il est difficile d'ap- 
précier rigoureusement la (juanlité de la transpira- 
tion et de la sueur. On le fait ordinairement d'une 
manière approximative , en examinant la quantité 
de linge quia été humectée. Le produit de l'exhala- 
tion culanee p<.ut présenter des modifications variées : 
il esl quelquefois acide ; on l'a vu purulent ; mais 
on connoît encore peu les circonstances qui sont 
le plus susceptibles de modilicr sa composition. 



CLINIQUE. 323 

La IranspircUiou insensible et la sueur peuvent 
être géuérales ou bornées à une région de la peau; 
elles peuvent être continues ou intermittentes ; elles 
peuvent avoir une durée variée. Ces différences 
dépendent autant des circonstances individuelles et 
hygiéniques que des moyens qu'on emploie. Il est 
des individus qui transpirent avec la plus grande 
facilité ; d'autres ne le font que très-difficilement. 
La disposition à la transpiration et à la sueur est 
encore subordonnée à l'âge, au sexe, aux tempé- 
ramens; eWe est plus grande en été, dans les pays 
chauds, vers la fin des accès des maladies intermit- 
tentes, etc. 11 est des heures* du jour où on sue 
plus facilement que dans d'autres. Quoique le 
sommeil ne soit pas incompatible avec la sueur , 
il ne lui est cependant pas favorable. L'exercice suf- 
fit seul pour provoquer l'exhalation culanée , sur- 
tout lorsqu'il est réuni aux circonstances précé- 
dentes. 

L'influence que la sueur exerce sur les autres 
fonctions n'est pas toujours très-évidente ; elle est 
subordonnée à des circonstances particulières sou- 
vent inappréciables. L'exhalation cutanée alterne 
avec les sécrétions muqueuse et urinaire. Son ap- 
paiitiou est quelquefois liée à la diminution ou à 
la disparition d'affections maladives. Lorsqu'elle 
est excessive , elle peut produire le même affoibiis- 
sèment que les exhalations et les sécrétions exces- 
sives en général. Il n'est pas facile de déterminer 
avec précision quelles sont les circonstances clini- 
ques qui réclament la sueur j les auteurs n'en ont 
parlé eu général que d'une manière très-vague; ils 



324 P H A 11 M A C O F É E 

ont souveut donné le nom de sudorifiques et de 
diaphorélicjucs aux moyens qu'ils emploient, lors 
même que ceux-ci ne provoquoient ni la sueur ni 
la tianspiralion insensible. En général on cherche 
à provoquer l'exhalation cutanée lorsqu'il s'agit de 
favoriser une sueur critique, de la rappeler si elle 
est supprimée. On y a recours pour prévenir ou 
supprimer, dès leur début ,les dilYérentes afïtctions 
provenant de la suppression de la transpiration in- 
eensible ou de la sueur. On la provoque pour agir 
sur des organes dont les fonctions alternent avec 
celles de la peau, ])ar exemple , sur les voies uri- 
naireset sur les membranes muqueuses. On l'excite 
pour prévenir ou pour supprimer , dès leur début, 
différentes maladies contagieuses. 

On peut, pour provoquer la sueur, agir directe- 
ment sur la peau, ou mettre les sudorifiques en 
contact avec la surface muqueuse des voies alimeu- 
laires. 

Moyens locaux. 

Ces moyens sont une température élevée , des 
frictions faites avec des substances liquides, et sur- 
tout avec l'huile. Seuls ils suffisent pour provoquer 
la sueur. L'un d'entre eux est nécessaire pour favo- 
riser l'action sudorifique des moyens qu'on introduit 
dans les voies alimentaires. 

Le bain de sable n'est usité que dans les dépar- 
temens maritimes du midi de la France. Les bains 
aqueux tièdes et chauds sont fréquemment em- 
ployés: on a soin, au sortir du bain, de se cou- 
cher dans un lit bien couvert. Le Ixiin d'air chaiid 



CLIÎTIQUE. 32$ 

(étLive sèclie) nVst poiut usité en France sous ce 
rapport. Les frictions sèches doivent être faites mo- 
dérément, sans cela elles produisent un effet op- 
posé. Il en est de même des frictions glaciales. L'huile 
est une des substances qu'on emploie surtout dans 
certains cas pour pratiquer des frictions. Pour faire 
les frictions huileuses , on choisit de l'huile Hxe noa 
rance ; on l'emploie tiède et en quantité plus ou 
moins grande, selon l'étendue de la région qu'on 
veut frotter. On pratique ces iVicùons avec une 
éponge propre et aussi proraptement que possible. 
On place le sujet dans une atmosphèie, échauffée 
et tranquille. Ces frictions sont ordinairement sui« 
vies d'une sueur abondante mais peu durable. On 
peut renouveler la friction dès que la sueur a cessé, 
et après avoir préalablemeuL essuyé la peau avec 
un linge sec et chaud. On a employé ce moyen 
particulièrement dans l'imminence de la peste , ainsi 
que l'a observé ]\L Desgenelles (i). On pratique 
encore des frictions avec d'autres substances exci- 
tantes : c'est ainsi qu'on emploie quelquefois à cet 
effet le tartrite de potasse antimonié réduit en pâte 
à l'aide de quantité suffisante d'eau; mais ce moyen 
occasionne souvent une phlegmasie cutanée et la 
diurèse. 



( I ) On a aussi eu recours aux friclions huileuses clans le début 
de la ficvrc jaune. Mais les expériences n'ont pas élé assez mul- 
tipliées pour permettre de. prononcer sur le degré d'aclioa 
de ce moyen, F. H. N. 



3a6 PHARMACOPÉE 

Moyens secondaires. 

A Texceplion des amers , des substances végétales 
astringentes et des fi?rrugineax , presque tous les 
corps que j'ai indiqués dans l'ordre des médications 
toniques peuvent lorsqu'ils sont administrés dans des 
circonstances particulières) provoquer la transpira- 
tion insensible et la sueur. Voici ceux que l'usage a 
plus])aiticnlièrcraent accrédités: les racines de salse- 
pareille {smiinx sarsaparilia , L. ) , de squine (^sini- 
lax china , L. ) , de carice des sables ( carex arena- 
ria , L , ) , de bardane ( arctium lappa ;, L. ) , de ser- 
pentaire de Vij'ginie {cirislolochia seipentaria , L. ) , 
de conliayerva (^dorstenia contrayerva , L. ) , d'a- 
corus calanius {^aconis calamus ^ L. ) , d'acorus vrai 
{acorus vents , L. ) , d'année ( inula helenium , L.), 
de dompte-venin {asclepias "vince-toxicwn , L. ); 
le bois de sassafras ( laurus sassafras , L. ) , de ge- 
névrier commun {^juniperus communis , L.), de 
gaïac (^guoyacum officinale , L.) ; les tiges de douce- 
amère ( solanuni <hilcamara , L.) ; l'écorce de can- 
nelle ( /auras cinamominn , L. ) ; les feuilles de 
sauge (^mh'ia ojJlciriaJis , L. ) ; les fleurs de romarin 
{^rosmarinus ojjicinalis , L.) , de lavande (Aiiyï/z- 
tîiila-spica , L. )-, à^hysso^{-hyssopus officinal is ^ 
L.), de mélisse (rnelissa ofjicinalis , L.), de ger- 
niandiée d'eau i^teucrium scordiinn , L. ) , de cha- 
maedrys {teucriuni chamœdrjs , L. ) , de marum 
{teucriiim maruni , L. ); les gérolles , les fleurs 
d'œillet des jardins ( diantlius carrophjlliis , L.-), 
Jcs fleurs de sureau ( sambucus nii^ra ^ L. ) , les 



CLINIQUE. 827 

fleurs de coquelicot {^papaver rliœas , L. ) ; les se- 
mences (les omlDellifères, les huiles volatiles , le cam- 
phre , l'opium , le musc , l'alcool , Tëther, l'ammo- 
niaque , les sels ammoniacaux , les sels neutres al- 
calins et terreux , les composés aniimoniaux , etc. 

J'omets de parler de beaucoup de substances main» 
tenant abandonnées , et sur l'action sudorilique 
desquelles nous n'avons pas de notions exactes , tels 
que l'oxyde d'antimoine blanc (antimoine diaphoré- 
lique ) , la plupart des substances animales, surtout^ 
les vipères , etc. 

L'action de ces différentes substances est loin d'être 
constante ; on pouiroit môme dire que ce n'est qu'ac- 
cidentellement qu'elles excitent l'exhalation cutanée; 
car elles peuvent provoquer la diurèse , la sueur, 
ou n'occasionner ni l'une ni l'antre, selon la manière 
dont on les administre. Leur effet sudorilique est le 
plus souvent dépendant de l'état actuel des propriétés 
\itales. Sous ce rapport les moyens atoniques peu- 
vent provoquer la sueur dans beaucoup de cas : cela 
a effectivement lieu toutes les fois que la suppression 
delà transpiration insensible est l'effet de l'irrilatioa 
générale ou de celle de l'organe cutané j tandis que 
tous les toniques conviennent lorsqu'un état de débi- 
lité s'oppose à l'exercice do l'exhalation de la peau. 
Mais il ne s'agit ici que des moyens qui , dans l'état or- 
dinaire , peuvent provoquer soit la transpiration in- 
sensible , soit la sueur. Or, à la rigueur , il n'est pas 
de substances qui méritent le nom de sudoriHques et 
de diaphoréliques: c'est uniquement en réun:ssant 
les circonstances que je vais indiquer, qu'on peut 
provoquer cette médication d'urKi manière secoa- 



5zo V H A K M A C O V i E 

tlaire. Oji n'a pas encore déterminé quelles sont les 
suhslances qui ( les rirconslances hji^iéuiques étant 
les mêmes ) prédominent les unes sur les autres sous 
le rapport de leur action sudorilîque. J'ai tenté des 
expériences comparatives à cet égard ; mais il est très- 
ditllciie d'obtenir des résultats constans. J'ai recher- 
rlié aussi quelle est l'intlnence de la forme et du 
mode d'administration sur l'aclion sudoritique. Je 
suis encore loin d'avoir assez multiplié ces reclierches 
pour pouvoir en faire connoître les résultats; mais 
tout porte à croire qu'une température élevée et 
une forme liquide exercent la plus grande influence. 
Les conditions nécessaires pour provoquer la trans- 
piration insensible et la sueur sont les suivantes, i**. 
Le sujet doit être placé dans une température éle- 
\ée, dont l'air ne soit pas renouvelé j il d,oit être bien 
couvert, mais cepeiKlant seulement autant qu'il le 
faut pour ne pas éprouver de malaise ni un excès 
de cbaleur : dans ce cas on doit enlever de ses cou- 
vertures par degrés. 2°. 11 doit garder le repos. 3-. Il 
doit prendre les excitans à l'état liquide et sous une 
température élevée. Quelquefois on se borne à lui 
donner de l'eau chaude convenablement édulcoree, 
ou un autre liquide plus agréable et élevé à la 
même température ( le lait, l'cmulsion de jaune 
d'oeuf, etc.). On a vu néanmoins (et les anciens nous 
en présentent un exemple ) de l'eau froide avalée 
en grande quantité pendant qu'on rempiissoit les 
deux conditions précédentes, provoquer une sueur 
abondante j mais de nos jours on fait rarement usage 
de cette méthode. On reste dans l'état que je viens 
d'indiquer pendant un temps plus ou moins long ^ so* 



CLINIQUE. 329 

Ion riutensité d'effet qu'on veut obtenir. Lorsque le 
linge est humecté , on le renouvelle par d'autre linge 
sec qu'on a élevé à une température approchant de 
celle du corps. 11 ne iaut point imiter la pratique du 
vulgaire , laquelle consiste à changer le linge hu- 
mecté par du lingequia déjàservi etquiest par consé- 
quent imbibe des exhalaisons animales. Lorsqu'on 
veut arrêter la sueur, on diminue successivement le 
nombre des couvertures ; on essuie tout le corps avec 
du linge sec , et on le couvre convenablement. Il faut, 
au sortir du bain, éviter l'air froid, et surtout les 
vicissitudes atmosphériques. 

Parmi les substances qu'on administre pour pro- 
voquer la transpiration insensible et la sueur , il en 
est qui occasionnent plus particulièrement des nau- 
sées, d'autres qui excitent la circulation d'une ma- 
nière notable. 

Nausées et Domiburitions» Elles sont ordinaire- 
ment accompagnées de l'augmentation de d'exhala- 
tion cutanée : aussi y a-l-ou souvent recours. A cet 
effet on emploie particulièrement l'ipécacuaulia , le 
lartrite dépotasse antimonié, le buibe de scille, les 
oxydes d'antimoine hydro-sulfurés et l'eau tiède. 
On les administre de la manière indiquée dans l'ordre 
des médications particulières de la digestion. 

Excitation de la circulation. On la provoque 
surtout à l'aide de l'ammoniaque, des sels ammo- 
niacaux, de l'acide sulfureux , des huiles volailles, 
des plantes de la famille des labiées, des crucifères, 
des llosculeuses, des ombeliifères , de l'élher, de 
l'opium , du vin , du camphre , etc. Parmi ces moyens 
les unssont volalilset agissent d'une manièrepromptc; 



33o PHARMACOPÉE 

telles sont les snbstauces que je viens d'indiquer; 
d'autres nullemenL volatils sont plus ou moins irri- 
tans ; leissoiit le boisetrexlraclo-résinedegaiac,etc. 
Quelques-uns peuvent déterminer la sedalion de 
l'encéphale , tels que l'opium , l'alcool , le cam- 
phre, etc. 

Il est des substances à l'aide desquelles on pro- 
voque la sueur qui n'augmentent pas notablement 
la ciiculatiou, et paroissent même la diminuer : tels 
sont les acides, les sels neutres alcalins et terreux 
suffisamment étendus, et surtout le vinaigre, le ni- 
irale de potasse, etc. 

Enfin il est des substances dont on se sert pour 
provoquer la sueur qui ne paroissent pas avoir 
d'action immédiate notable , à moins qu'elles ne 
soient très-concentrées : telles sont les racines de 
salsepareille , de squine,de bardane. 

On a souvent réuni ])lusieurs substances pour 
provoquer la sueur ; mais on s'est rarement élevé 
à la composition de ces mélanges à l'aide d'expé- 
riences comparatives. Celui de <h'S mélanges qui est le 
y)lus en usage porte le nom de Dover. Il est composé 
d'une partie d'Opium, de huit parties de sulfate de 
potasse, et d'une partie de tarlrite de potasse anli- 
monié ou d'ipécacuanha ; il contient donc o,i d'o- 
pium , et autant d'ipécacuanha ou de tartrite de po- 
tasse anlimonié; il est ordinairement à l'état pulvé- 
rulent. On l'administre en suspension dans un peu 
d'eau , et le plus souvent sous la forme de pilu- 
les (i). On s'abstient de boire jiisqu'à ce que la 

m • • • ' • ■ — ■ I ■■ ^ .1. » ... .. ■■■--,- ■ ■ ■ — , , ^.i. ■— ■ ■— 

(i) La poudic de Dover a eu autrefois , en Angleterre , unô 



CLINIQUE. 33l 

snenr commence à avoir lieu; on administre en- 
suite un liquide chaud à petite dose et à des inter- 
valles rapprochés. On se comporte du reste ainsi 
que je l'ai exposé plus haut. 

Si on a égard aux particularités que présente 
l'action des substances qu'on emploie pour provo- 
quer la sueur, on voit évidemment que le choix 
n'eu est pas toujours indifférent. Les corps qui aug- 
mentent la circulation peuvent convenir dans cer- 
tains cas; tandis qu'il en est d'autres où il faut leur 
préférer ceux qui n'augmentent pas notablement 
la fréquence du pouls. Il n'est pas toujours pos- 
sible de se servir d'opium ni des substances qui 
sont susceptibles de provoquer des nausées et le 
vomissement, etc. 

2°. TDiininudon et suppression de l'exhalation 
cutanée. 

Ce n'est que lorsque la transpiration insensible et 
la sueur sont devenues excessives qu'on cherche à 
jes diminuer et à les supprimer ; or les moyens qu'il 
convient d'employer à cet effet doivent varier comme 
Jes causes de cet état morbide: ils sont donc du res- 
sort de la thérapeutique (i). 

Jurande célébrité contre la goutte vague , c'est-à-tlire celle qui 
se porte sur quelque viscèi e. Ce qui paroit le plus positif, c'est 
qu'elle est un des meilleurs diaphoréliques. On la donne à la 
dose de 56 grains ( i grammes ) et plus. P. H. N. 

(i) Les moyens que l'on peut mellreen usage pourdiminuer 
l.'i transpiration insensible et la sueur sont les circonstances 
opposées à celles qui favorisent leur augmentation , les boissons 



332 P II A il M A C O P L E 



S''. Modification du produit de V exhalation 
cutanée, 

La matière de la transpiration insensible et de la 
sueur est encore liop peu connue pour qu'on puisse 
indiquer les moyens de la modifier ; il paroîl cepen- 
dant qu'elle contient quelquefois des acides, de Thy- 
drogèuc sulfuré, etc., lorsqu'on fait prendre des 
acides et du soufre , etc. Ce point est un de ceux, qui 
méritent de fixer particulièrement rallenlion des ex- 
périmentateurs : je me propose de m'en occuper dès 
que les circonstances me le permettront. 

§ IIÏ. Médications de la sécrétion urinaire. 

Les médications dont la sécrétion urinaire est sus- 
ceptible consistent dans l'nui^mentation et dans la di- 
minution de l'urine sécrétée, ainsi que dans les chan- 
gemens introduits dans la composition de ce liquide. 

i*^. Provocation de la sécrétion urinaire. 

Il est difiicile d'indiquer d'une manière précise si 
la sécrétion luinaire est augmentée ; car ce liquide 
varie en quantité, selon une infinité de circonstances, 
et on ne peut pas toujours conclure avec certitude si 
son augmentation dépend ou non des moyens qu'eu 
a employés. D'ailleurs , pour annoncer que la sécré- 

froides, les boissons acidulées, le vin , l'alcool , les diurcliques. 
Dans les pays équatoriaux , on emploie les éplces , le piment, 
le b^itel. P. U. N. 



c L I H I Q u r:. 333 

lion urinaire est plus abondante, il faut que l'urine 
conserve en même temps son degré de concentra- 
tion ; car il est d'observation que les liquides qu'on 
prend en grande quanlilé sortent en grande partie et 
peu de temps après qu'ils ont été avales , soit par les 
voies urinalres, soit par la peau. Rien n'est plus diffi- 
cile àfaire que d'entreprendre une série d'expériences 
desquelles on puisse déduire quelque résultat po- 
sitif relativement à la détermination des moyens pro- 
pres à augmenter la sécrétion urinaire. Alexandre a 
chercbéà éclairer ce point par une série d'expériences 
tentées sur lui - même. 11 a recberclié quelle est la 
quantité d'urine qu'il excrétoit dans un temps égal, 
savoir, depuis neuf heures du matin jusqu'à deux 
lieures après midi, tandis qu'il buvoit la même quan- 
tité du même liquide, saturé successivement de sub- 
stances différentes et à des doses variées. Les corps 
qu'il a examinés sont le carbonate de potasse, le ni- 
trate de potasse, le sulfate de potasse , le lartrite aci- 
dulé de potasse, le carbonate de magnésie, l'huile 
volatile de térébenthine, l'alcool nitrique , la teinture 
de cantharides, les feuilles de busserole ou raisin 
d'ours, le thé, la racine de bardane , le gruau, la 
petite bière, le lait récem.ment tiré, le petit-lait de 
vache, le ponch acide. Mais il n'a pas répété ces ex- 
périences;il a oublié d'établir préalablement le terme 
moyen de la quantité d'urine qu'il excrète dans l'es- 
pace de temps indiqué; il a omis de noter les circons- 
tances hygiéniques dans lesquelles il setrouvoit, etc.: 
aussi nepeut-on pastirerde conséquences rigoureuses 
deson travail. J'ai commencé une série derecherches 
analogues sur moi même. J'ai d'abord établi , par des 



334 PHARMACOPÉE 

observalions multipliées, le terme moyen de l*urine 
excrétée dans un temj3S donné (toutes les circons- 
tances Iiyi^iéuiqnes étant les mêmes); j'ai recherché 
ensuite jusqu'à quel point la quantité et la composi- 
tion de ce liquide sont modifiées par rinlroduclioa 
dans l'estomac d'unequantité déterminée d'eau pure, 
puis d'eau chargée successivement de corps difCe- 
rens et dans des proportions d'abord analogues, puis 
différentes. J'ai examiné ,sous ce rapport, la plupart 
des corps de la nature, et j'ai recherché jusqu'à quel 
point leur dose , leurs degrés de concentration et 
leurs formes modifient leur action diiu^étique. Je ne 
puis encore me permettre de pul^lier les résultais de 
ce travail ; mais tout porte à croire que la sécrétion 
uriuaire est considérablement modifiée par les cir- 
constances individuelles et hygiéniques; que, par 
conséquent , elle n'est pas toujours en raison du 
moyen qu'on emploie, ni de la dose à laquelle on l'ad. 
ministre ; enfin que la forme liquide et la tempéra- 
ture froide sont les circonstances qui favorisent le 
mieux l'action diurétique des bubstances dont on se 
sert. On n'est pas étonne, d'après cela, si tant de corps 
ont été successivement conseillés et employés comme 
diurétiques, et si les résultats obtenus par quel- 
ques médecins n'ont pu être constamment con- 
firmés par d'autres. 

Ce n'est pas ici le lieu d'exposer toutes les cir- 
constances hygiéniques qui peuvent modifier la sé- 
crétion urinaire. L'urine est, toutes choses d ailleurs 
égales, sécrétée eu plus grande quantité dans les 
climats et les saisons froides, lorsque l'humidité est 
jointe à rabaissement de température ; elle est aug- 



CLINIQUE, S35 

rnenlée parles bains, les boissons, les clystères 
aqueux, ejc. ; elle est climiDuée par la sueur ex- 
cessive. Il existe beaucoup de circonstances diffi- 
ciles à apprécier, qui, dans l'état de santé, donnent 
à ce liquide les qualités de l'urine morbide. Pour 
juger de l'action diurétique des corps, il faut les 
examiner dans l'état de santé , et surtout lorsque 
les reins ne sont atteints d'aucune maladie ; car si 
l'action de ces derniers est suspendue par l'effet de 
rinflammation, il n'y a pas de doute que les muci- 
lages ne la favorisent en enlevant l'obstacle. 11 ne 
suffit pas non plus que l'urine soit modifiée dans 
sa couleur ou dans son odeur pour qu'on puisse 
regarder comme diurétiques les substances qui ont 
produit cet effet; car la rbubarbe et la casse co- 
lorent l'urine , et cependant ne favorisent pas sa 
sécrétion. 

Celte médication est donc peu constante ; son in- 
vasion peut avoir lieu immédiatement après l'appli- 
cation des excitans j sa durée, ordinairement courte, 
varie à l'infinie. 

L'influence que l'augmentation de la se'crétion uri- 
naire exerce sur les autres fonctions n'est pas tou- 
jours facile à reconnoître. Elle est ordinairement dé- 
pendante des circonstances actuelles. La sécrétiou 
uriuaire alterne avec la transpiration j lorsqu'elle est 
excessive, elle produit des effets analogues à ceux 
qu'occasionnent la plupart des sécrétions et des ex- 
halations excessives. 

Ou cherche à provoquer la sécrétion minaire , 
1 ^ . lorsqu'elle a l'habitude d'augmenter à des périodes 
constantes , que cette augmentation n'a point lieu aux 



336 PHARMACOPÉE 

époaues détenninées, el o» casionne ou menace (î« 
produire desaccidens variés ; 2^. lorsque la sécrétion 
tirinaire peut être regardée comme critique , et 
qu'elle n'a pas lieu convenablement ; 3°. lorsqu'on 
veut diminuer un état de transpiration excessive; 
4". lorsqu'on vent exercer une action sur le système 
Ij'mpathique , etc. ; maison risque de se tromper en 
concluant que les moyens qu'on emploie quelquefois 
avec succès dans les liydropisies ne sont utiles qu'en 
augmentant la sécrétion de l'urine ; ils exercent évi- 
demment une ad ion générale , el l'augmentation de 
la sécrétion urinaire peut i'ort bien n'être qu'un co- 
effet deladimluutionou de la cessation de l'état mor- 
bide général. 

On doit proscrire les moyens diurétiques dans le» 
cas de néphrite aiguë, de calculs urlnaires ; on ne 
doit y recourir qu'avec prudence dans le cas de 
goutte , et en général toutes les fois qu'on doit crain- 
dre de troubler l'irritation d'un autre organe, et sur- 
tout lorsqu'elle est susceptible de métastase sur les 
organes urinaires. Toutes les substances qu'on em- 
ploie poXir augmenter la sécrétion de l'urine n'exer- 
cent pas une action également constante. Quelques- 
unes déterminent plntôt une irritation de la mem- 
brane muqueuse de la vessie urinaire qu'elles ne pro- 
voquent réellement la sécrétion de l'urine. Il en est 
qui augmentent en même temps la fréquence du 
pouls , la chaleur cénérale ; tandis que d'autres 
agissent d'une manière opposée. Plusieurs peuvent 
même enflammer les surfaces sur lesquelles on les 
applique. Un grand nombre ])eut exciter localement 
des organes éloignés , el compliquer par conséquent 



ctiiriQtJË* 337 

îeur action diurétique. Toutes, ou au moins la plu- 
part, peuvent, au lieu fie la diurèse, favoriser la 
transpiration cutanée , si on les administre avec des 
modificalions particulières. En un mot, les moyens 
qu'on emploie comme diurétiques sont des excitans 
généraux qui paroi sseul exercer en même temps une 
action notable sur les reins. Nous avons vu que la 
plupart des excitans généraux augmentent à des de- 
grés variés la sécrétion urinaire. Et ne s'est-on pas 
souvent laissé induire en erreur en attribuant à leur 
action diurétique ce qui étoit un effet de leur action 
générale ? 

On peut appliquer sur des surfaces différentes les 
moyens qu'on emploie pour exciter la sécrétion uri- 
naire. On les met particulièrement en contact avec 
la surface muqueuse deTestomac , du gros intestin , 
ainsi qu'avec l'organe cutané. Le plus fréquem- 
ment on les administre par la bouche : dans ce dernier 
cas on les fait prendre à l'état liquide et sous une 
température peu élevée. Il faut en même temps que 
l'extérieur du corps ne soit pas exposé à une haute 
température ; sans cette précaution ,,on détcrmineroit 
souvent l'augmentation de l'exhalation cutanée. 
Lorsque ces substances sont susceptibles d'occasion- 
ner des nausées et le vomissement , on a observé que 
ces effets nuisent à leur aciion diurétique; or les unes 
les produisent plus facilement à l'état liquide , et 
d'autres sous la forme de poudre : aussi est-on obligé 
pour s'y opposer de les aromatiser ou de les unir à 
un peu d'opium. Lorsqu'on veut mettre les diuré- 
tiques en contact avec la surface muqueuse du c^vos 
intestin, il est convenable de les administrer à l'état 

lU 23 



338 PHARMACOPEE 

liquide et d'avoir égard aux considérations que Je 
viens de faire. Si on veut les appliquer sur la peau , 
on les adniiuistre en bains ou en frictions. Comme les 
bains aqueux augmentent la sécrétion urinaire, Ils 
peuvent convenir pour l'administration des diuréti- 
ques. Rarement cependant on applique ces derniers 
de cette manière; le plus odinairement on le fait à 
l'aide de frictions, et on se sert de l'inlermède de 
raxonge,de l'alcool ou de la salive. Il est indifférent 
sur quelle région cutanée on pratique ces friclious , 
pourvu qu'on choisisse celles qui abondent en I3 m- 
j)haliques. 11 n'est pas encore démontré si tous les 
corps qu'on emploie comme diurétiques peuvent 
également être appliqués sur la peau : c'est ainsi 
qu'on fait des frictions avec le bulbe de scillc, les 
iéuiilcîs de digitale pourprée, etuon avec le nitrate de 
potasse et le tartrite acidulé de potasse. Si on appli- 
quoit ces derniers sur la surface cutanée , ce seroit 
plutôt à l'état liquide et en bains. On croit avoir ob- 
servé que l'action diurétique est moins constante si 
les moyens destinés à produire cet effet sont appli- 
qués sur Torg-ine cutané , que s'ils le sont sur la sur- 
face muqueuse du conduit alimentaire. 

L'habitude modifie aussi l'aclion diurétique des 
substances employées à cet effet; 11 y a même cela 
de particulier, que tel moyen qui, appliqué sur la 
surface muqueuse gastrique, cesse d'exciter la sé- 
crétion urinaire, produit souvent cet effet avec 
plus ou moins d'intensité si on le met en contact 
avec une autre surface. 

Je ne vais exposer successivement que les sub- 
stances qui sont plus particulicremcut accréditées 
coaune diurétiques. 



CLINIQUE* 339 

Corps susceptibles de déterminer V inflaminaiion 
des organes urinaircs , d'augmejiter la fré - 
quence du pouls , la chaleur générale , et d'o- 
pérer en même temps une excitation notable 
sur d'autres organes. 

Baies de genévrier commun (jujiiperus com" 
munis , L.). On préfère leur iiifusioa aqueuse et 
leur huile volatile ; on administre ordinairement 
l'infusion par la bouche j l'huile volatile peut être 
donnée par la bouche , en lavemens et en frictions î 
leur dose 11e présente rien de particulier (Voyez 
tome lei", page 3i5, la manière de les administrer)* 
On sait que ces médicamens communiquent à l'u* 
rine une odeur de violette , et qu'ils peuvent enflam- 
mer les ori^anes urinaires. 

Térébenthines. On les applique sur les trois sur- 
faces que je viens d'indiquer. J'ai exposé ailleurs 
leur mode d'administration (tome I^^, page 3x3 i 
tome II, page 5i ). Leur action est très-analogue à 
celle des baies de genévrier commun. 

Feuilles de tabac {nicotiana tabacum , L.), On 
les applique sur les surfaces gastrique , intestinale 
et cutanée ; leur préparation est la même que celle 
que j'ai exposée ailleurs (tome I^r^page 36o ; tome II, 
page 56). Néanmoins oa fait plus particulièrement 
usage de leur infusion aqueuse et de leur macéra- 
tion alcoolique. Lorsqu'on fait prendre ces médica- 
mens , on a observé (jue leur action diurétique n'a 
point lieu s'ils produisent des nausées et le vomisse- 
ment. Cette action est d'ailleurs fréquemment corn- 



S/jO PHARMACOPÉE 

pliqiiëc de la sëJa'ioii des fouctions intellectuelles. 
On a à craindie l'i^'llammation de la sm fnre sur 
laquelle on applique ces medicameus : aussi exigent- 
ils beaucoup de ])rudence. 

Bulbe de scille (scilla maridma , L. ). On peut 
l'appliquer sur les trois surfaces que je viens d'in- 
diquer. Ou fait particulièrement prendre l'oxymel 
ou le sirop de vinaigre s« illitique ; sa dose ne pré- 
sente rien de particulier. L'aduiini^lratiou de la 
poudre occasionne trop fariiemeni des na.îsées, à 
moins qu'on ne l'aromatise ou qu'on ne l'unisse à 
de l'cpiura. On croit que le vinaigre scilliliqne est 
plus propre à produire l'adion diuietique ({ ne l'al- 
cool ou le vin scillitique. Pour les aj)plications cu- 
tanées, on emploie ordinairement la ])oudre récem- 
ment préparée, délayée da-is ww peu de salive, 
d'huile ou d'axonge. Ce médicament est un de ceux 
qui sont le plus propres à opérer la diurèse : in- 
troduit dans l'estomac , il occasionne tacilement des 
nausées et le vomis'îement ; il peut eidl muner la 
suilace muqueuse des voies aliment;;ires, cl même 
la peau s'il est à l'état Irais : il excite en même 
temps la sécrétion muqueuse des bronches. Il paroît 
asii^/netiler le ton dx^. tout le sjsJème lymphatifpîe ; 
dans quelques cas 11 dim'uuc la chaU-ur generaie 
et rî.lof^lit l*' pouls. Son cmpl<.! impiu lenl a qtiel- 
quefois déterminé l'i dl'immallon el l'hcîuorrhagie 
des organes inioaires. Lorsqu'on mai-^qne de selle 
on peut faire nsagc d"s alliacées et dts cj-ucilt'! es 
d'^nt j'ai déjà parlé à l'article des médications to- 
uiques. 

Le bulbe de colchique d'automne (^colchicam 



CLINIQUE. 841 

autiiinnaJe , L.) ne mérite pas d'élre em|)loyë ; 
il n'a jDas d'avantage sur la scille; il peut occasion- 
ner les mêmes accidens qu'elle , et est moins cons- 
tant dans son action. 

CantJiarides. Sur quelque surface qu'on appli- 
que ces insecies,ils sont moins propres a augmenter 
la sécrétion de l'urine, qu'à irriter la membrane 
muqueuse de la vessie urinaire : aussi ne doit-on 
pas les employer comme diure'liques , d'autant plus 
que leur usage exige la plus grande prudence. 

Il est encore un grand nombre de substances qu'on 
fait prendre, dans l'intenhon d'augmenter la sécré- 
tion urinaire ; mais leur action est trop peu évidente 
pour qu'on puisse s'en servir. II paroît même que 
c'estau liqnide dans lequelonles administre qu'il faut 
attribuer l'augmentation de l'urine qui suit leur ad-^ 
miiiistralion ; en effet, ce liquide présente alors tous 
les caractères de l'urine de boisson. Les corps qui se 
rapportent ici sont les suivans : les racines de ga- 
rance ( rubia tlnclorum , L. ) , dache ( apiwii gra- 
veolens , L. ) , de persil {^apiiimpetroselinurn , L.), 
d'asperge (^asparagus officinalls , L. ) , de fenouil 
{^anetumfœnicuhnn, L. ) , de pissenlit ( taraxa- 
cum dens leonis vel leonf:odon taraoc.icnin , L.), de 
chausse-lrape ( centaurca calcitrapa , L. ) , de 
dompte-venin (^asclepias vince-toxicimi , L. ), d*ai*- 
rête-bœuf (onomj spinosa, L. , ononis antiqiiormn^ 
L., ononis arveitsis , L. ), de pareira brava (^cissain- 
pelos pareyra ^ L.), de chardon Roland ( eryn- 
giimi campeslre , L. ) , de fraisier ( fragaria Dcsca, 
L.), de \ïv cche (^ ligusticiim le^nsticnm , L. ); les 
baies, les (leurs et la racine de houx commun ou 



342 PHARMÀCOPiéE 

petit houx ( ilex aquifoliuin , L. ) , les fruits et Te- 
corce de câprier épineux ( capparis spinosa , L. ) , 
]es feuilles d'oseille' (77/7?ze.T acetosa , L.), d'oseille 
ronde ( rumex scutatus , L. ) , l'ecorce de bouleau 
blanc ( betida aïba , L.) , le bois de queniquier né- 
phrétique i^giiilanâina moringa , L.), l'herbe deher- 
niole ou turqnette (^hcrniaria glahra , L.)^ les fruits 
d'alkekenge {phy salis alkekengi ^ L. ) , etc. , etc. 

Corps susceptibles de diminuer la fréquence du 
pouls , la chaleur générale , et d'irriter ou non 
les surfaces sur lesquelles on les applique. 

Feuilles de digitale pourprée (^digitalis purpu^ 
rea, L.). On peut les appliquer sur les surfaces 
gastrique , intestinale et cutanée. Lorsqu'on veut 
les faire prendre par la bouche , on préfère la ma- 
cération alcoolique ; car la poudre occasionne trop 
facilement des nausées et le vomissement. Ou ac- 
compagne son usage de celui de boissons aqueuses 
abondantes. Lorsqu'on choisit la peau pour le siège 
d'application, on emploie leur poudre ou leur ma- 
cération alcoolique, et on les administre en frictions. 
Les doses ne différent pas dans l'un et l'autre cas de 
celles que j'ai indiquées dans l'ordre des médica- 
tions toniques (tome l^^^ page 364). 11 faut se rap- 
peler que l'action diurétique de ces feuilles n'a lieu 
qu'autant qu'elles ne produisent ni des nausées ni 
des vomissemens : leur usage exige beaucoup de 
prudence. 

Nitrate de potasse. On l'ndmÎDislre particulièie- 
incni [iar la bouche, et surtout en solution dans une 



CLINIQUE. 34.3 

grande quaiillté d'eau. La dose est d'un à cinq gram- 
mes (18 à go grains); on remplace quelquefois 
l'eau simple par une eau mucilagineuse ou emul- 
sionnée. 

L'aclion diurétique de ce sel est une des plus 
conslanles. J'ai exposé ailleurs (tome II , page 268 ) 
les accidens qui peuvent accompagner sou usage 
imprudent. 

Les feuilles de bourrache (^borrago offic'ina- 
lis , L.) , de buglosse ( anchusa officinalis , L. , an- 
chusa itaJica , Relzius), de Yà^^Q\.-À\VG[parietaria of- 
ficinalis , L. ) _, ne paroissent agir comme diurétiques 
que par le nitrate de potasse qu'elles contiennent. 
On préfère à cet effet ces plantes lorsqu'elles sout 
âgées et qu'elles croissent le long des murs. Ou 
les administre par la bouche; on fait usage de leur 
suc, de leur infusion et de leur décoction aqueuse. 
Leur dose n'a pas besoin d'être déterminée rigou- 
reusement. 

Acétate de potasse. On l'administre ordinaire- 
ment par la bouche et à l'état liquide (tome lei- , 
page 4o5). Sa dose est d'un à cinq grammes (18 
à 90 grains). L'action diurétique de ce sel est no- 
table ; elle peut être rem])lacée par la purgation si 
on outrepasse de beaucoup la dose indiquée ; quel- 
quefois il y a coïncidence de la purgation et de la 
diurèse. Venel conseille de ne pas administrer ce 
sel à très -haute dose , puisqu'il peut déterminer 
des picotemens daus le thorax , et l'hémoptysie. 

Tartrite acidulé de potasse. On l'administre par- 
ticulièrement par la bouche et dissous dans une 
grande quantité d'eau. Sa dose, comme diurétique. 



o44 PHARMACOPEE 

esl de 5 à 10 grammes ( i t à 5 gros). Oa l'augmente 
si elle n'esl pas sufGsaDîe; ou la diminue si elle de- 
termiue la purgatioii. 

Les vins abondant en t^rtrite acidulé de potasse, 
surtout les vins tartareux blancs , tels que les vins 
du Rhin, etc., peuvent convenir sous le même rap- 
port. 

Sels neutres alcalins et terreux^ Il n'est pas de 
sel neutre alcalin et terreux qui , administré à petite 
dose et dissous dans une grande quantité d'eau , ne 
paisse occasionner l'action diurétique : tels sont les 
carbonates de potasse et de soude , les sulfates dépo- 
tasse , de soude, de magnésie, les muriatcs de po- 
tasse , etc. Le muriate de baryte jouit de la même 
propriéléj maison sait combien son administration 
exige de prndeuce. On donne ces sels de la manière 
indiquée ailleurs, et dans les proportions d'une à cinq 
parties sur mille parties d'eau (tome 1«^, page 401). 

Les cloportes (^oniscus asellus , L. et Fabricius ), 
qu'on emplo^'oit beaucoup autrefois, et dont Tusage 
est abandonné de nos jours , ne paroissent agir comme 
diurétiques que par les sels qu'ils contiennent. Leur 
action diuréti(jue n'est pas assez marquée poiu' qu'on 
doive recourir à un médicament aussi dégoûtant. On 
se bcrvoit plus pnrliculièrcment de leur suc et du 
produit de leur macération dans le vin. La dose n'é- 
toit pas rigoureuse; elle étoit d'un à plusieurs gram- 
mes ( 1 8 à 3G grains et plus). 

Acides étendus d'eau. Tous les acides sufiisam- 
menl étendus peuvent convenir(lomeIcr,pag.384). 
On emploie particulièrement les acides nitrique , mu- 
rialique, acétique, carbonique, etc. , les vins blancs 
ïGOUsseux j etc. 



CLINIQUE. 3^5 

Les sels acidulés étendus d'eau agissent de la 
même manière que les acides. 

Alcool étendu d'eau. Son action diurétique est 
anaJoiTue à celle des substances précédentes. 

D'après ce que je viens d'exposer , ou peut con- 
clure facilement qu'il n'est pas indifférent d'employer 
l'un ou l'autre des moyens indiqués. Le nitrate de po- 
tasse et les autres sels conviennent plus particulière- 
ment lorsqu'on doit diminuer la chaleur générale; le 
muriate de haiyle, les feuilles de digitale pourprée 
lorsqu'on veut exciter le système lymphatique , les 
térébenthines, l'huile volatile de baies de genévrier 
commun lorsqu'on doit exciter généralement et aug- 
menter la chaleur générale , etc. ; les scilliliques lors- 
qu'il s'agit de faciliter la sécrétion muqueuse des 
bronches, etc., etc. On peut aisément conclure que 
le bulbe descille, les feuilles de digitale pourprée et 
celles de tabac ne peuvent convenir lorsqu'il est 
nuisible de provoquer des nausées et le vomissement ; 
le tabac, lorsqu'on doit craindre d'exciter l'encé- 
phale; les térébenthines, lesscililtiques, lorsqu'il y a 
disposition à l'hémoptysie , etc. 

2J^. Di/ninution de la sécrétion urinaire. 

On ne se propose de diminuer la sécrétion uri- 
naire que dans des cas où elle est excessive et que la 
composition de l'urine est altérée; l'un et l'autre de 
ces états sont évidemment maladifs; ils sont par con- 
séquent du ressort de la thérapeutique, et non de 
celui de la matière médicale. 



346 PHARMACOPÉE 

3°. Modification du produit do la sécrétion 
urinaire. 

On se propose de modifier la composition de l'u- 
rine toutes les fois que, la sécrétion n'étant pas altérée, 
on veut diminuer sa propriété irritante, ou la rendre 
susceptible de dissoudre les concrétions qui se sont 
formées accidentellement dans rinterieur des voies 
urinaires. 

C'est à l'aide de boissons aqueuses, mucilaf^ineuses 
et émidsionnées qu'on produit le premier eflél ; celte 
indication a surtout lieu dans le cas de phjcgraasie 
aiguë et d'hémorrhai^ie active des organes qui com- 
posent l'appareil urinaire. 

Lorsqu'il s'agit de favoriser la dissolution des cal- 
culs urinaires, on a conseillé de saturer l'uiine avec 
des substances acides ou alcalines, selon l'espèce de 
calcul urinaire. Les acides, et surtout lacide mnria- 
lique, ont été recommandés pour dissoudre les cal- 
culs de phosphate ue chaux, de ])hosphate ammo- 
uiaco-magnésien et d'oxalale calcaire; les carbonates 
de potasse et de soude pour dissoudre ceux d'acide 
uriqne et d'urate d'ammoniaque. On étend ces corps 
liquides dans une quantité d'eau si grande qu ils ne 
puisseiit affecter la surface muqueuse des voies ali- 
mentaires. Mais avons-nous jusqu'ici des signes cer- 
tains pour reconnrîlre l'espèce de calcul urinaire que 
contient la vessie ? MM. Fourcroy et Vauquelin ont 
démontré (|u'ils sont souvent formés de couches de 
matériaux immédiats variés. D'un autre côté l'expc- 
rieuce clinique n'a pas encore fait couuoitre si les 



CLINIQUE, S47 

moyens indiqués plus haut peuvent produire l'effet 
de.siré. C'est à des recherches ultérieures, tentées sans 
partialité, à démontrer ce qu'on doit attendre de ce 
genre de moyens. 

§ II. Médications de la suppuration cutanée» 

Pour provoquer la suppuration cutanée, on dé- 
termine préalablement la vésicatiou ou l'usure de 
l'épiderme. Cette exhalation purulente présente des 
différences, selon qu'on a eu recours à l'un ou à 
l'autre de ces moyens. 

1°. Suppuration cutanée aç'ec ablation de l'épi- 
derme {yésicatoire suppurant^. 

Ce mode de suppuration présente les caractères 
suivaus : la surface du derme est rouge, granulée, 
plus ou moins douloureuse; le produit de l'exha- 
lation est d'a'oord liquide et diaphane , puis il de- 
vient opaque, blanc jaunâtre, consistant, et pré- 
sente tous les caractères du pus du tissu cellulaire. 
Cette suppuration peut offrir des variétés à l'iu- 
fini, selon sa quantité, selon la facilité avec la- 
quelle elle se laisse entretenir, et selon la durée 
dont elle est susceptible. Elle peut déterminer l'u- 
sure du derme j elle peut passer à l'état de gan- 
grène , surtout dans les fièvres adynamlques et 
ataxiques. Il peut se développer à sa surface des 
tubercules rouges , pédicules ou sessiles. Les ré- 
glons ambiantes sont quelquefois affectées d'inflam- 
mation pustuleuse, et les ganglions (glandes) lym- 



34-8 PHARMACOPEE 

j)hatiques voisins lutnéfiës et etillammés. Les effels 
secoudaires de la suppuraliou cutanée sont peu in- 
tenses dès fju'il n'exisie j-lus que le degré d'iî.flam- 
maliou nécessaire pour l\ntrelieu de rexlialatlon. 
On provofjue la suppuration cutanée ])our en- 
tretenir une irritation peu intense, mais duraî^le, 
sur une partie quelconque de la peau, ])<uu' rem- 
placer uiiC maladie cutanée qui veut se supprimer, 
un ulcère qui s'est desséché. On l'excite pour favo- 
riser la guéi'ison d'un catarrhe aigu qui tend à la 
chronicité, pour l'aire cesser un catarrhe chroni- 
que, une heraorrhogie hahituelîe, etc. On la pro- 
voque pour s'op|>oser au développement d'une ma- 
ladie interne provenant de la suppression soit d'un 
ulcère culajié ou cellulaire, .soit de la transpiration, 
ou d'une j hlegmasie cutanée, etc. On y a recours 
pour préserver des maladies é})idémiques et conta- 
gieuses , ou des affections qui surviennent plus par- 
ticulièrement à une certaine période de la vie. L'ob- 
seivalion démontre que des individus chez lesquels 
on a cnlreîenu une suppuration habituelle , soit de 
]a peau, soit (hi tissu cellulaire soucutané, n'ont 
pas contracté la peste, la lièvre jaune et d'autres 
maladies epiîémiques. Ou parvient quelquefois à 
prévenir par ce moyen les accidens qui accompa- 
gnent et Huivc;it la cessation des menstrues. 

La suppression subite de la suppuration cutanée 
qu'on a entreSenue lepuis long-temps, peut devenir 
dangeretisc : aussi convient-il de la suppiimer gra- 
du.llemer.t , et de provoquer en même temps la sé- 
crétion muqu^ isc <le l'uiicstin. 

Tous les coi ps susceptibles d'exciter ne peuvent 



CLINIQUE, 5^Q 

entretenir la suppuration cutanée : j'ai teulé de nom- 
breuses expéi ieiices comparatives à cet égard. Pour 
obtenir des résultats aussi certains que la nature de 
la science le y)ermet , j'ai essayé successivement la 
plupart des corps de la nature; j'ai élevé préalable- 
ment Ja surface suppurante à un degré modéré d'ir- 
ritation ; et aiin de pouvoir comparer leur action , 
j'ai constamment ap]>liqiié, sur uiie des moitiés de 
la plaie , un mélange composé avec l'axonge récente, 
et o,i de S'»n poids de cantharides récemment pul- 
vérisées. J'ai apj)liqué les différens corps que je 
vouloib essayer , tantôt sous des degrés égaux de con- 
centration , tantôt sous des degrés différens. Je les 
étendois constamment dans de l'axonge récente , et 
sous des proportions déterminées. Ces expériences, 
longues et pénibles, m'ont fourni les résultats sui- 
vans. Les cantharides (i) sont l'excitant à l'ai Je du- 
quel on peut entreteuir la suppuration pendant le 
plus long espace de temps. L'euphorbe, l'écorce 
des différentes espèces de daphné ,les huiles volatile^, 
les térébenthines , la poix de Bourgogne sont loin de 
pouvoir remplacer les cantharides; elles n'entre- 
tiennent la suppurationque pendant quelques jours ; 
elles s'opposent au développement des granulosités. 
La ])lupart des sels neutres, alcalins et terreux, et 
surtout les muriates de soude , d'ammoniaque , le ni- 
trate de potasse, le carbonate de potasse , de sonde 
et d'ammoniaque, exercent uneaction très an?îlo£;ue 

(i) Je n'ai pu encore examiner comparativement les insectes 
tle l'ordre ôes coléop'ères qui , par leur action inflaramanie, se 
rapprochent des cantharides. Cela m'auroit appris s'ils irritent 
aussi secondairement la vessie urinaire. 



35ô PIIARMACOPiéîi: 

à celle du i^aroii. Le larliile de potasse anlimonîéj 
ëlendu dans ciuquaute à cent fois son poids d'axonge ^ 
est quelquefois susceptible d'entretenir la supjiura- 
liou ; mais il ne le fait pas d'une manière aussi cons- 
tante que Icscantharides, et il occasionne d'ailleurs des 
douleurs souvent insupportables. La plupart des au- 
tres corps de la nature n'empêchent pas le prompt af- 
faissement des granulositës et la dessiccation complète. 
Mais les cantbarides, ainsi que je l'ai fait voir ail- 
leurs ( t. 11, p. 69) , présentent un inconvénient: 
elles irritent la vessie urinaire chez certains individus. 
J'ai observé que le camphre ne s'oppose pas à cette 
action ; et pour m'en convaincre, j'ai choisi des in- 
dividus chez lesquels Icscantharides opéroient l'effet 
eu question; j'ai vu en outre que cette action est» 
toute chose d'ailleurs égale, d'autant moins marquée, 
que les cantharides ont été davantage privées de leur 
odeur vireuse ; mais ces insectes perdent en même 
temps parla la propriété d'entretenir la suppuration. 
8i les cantharides produisent l'inilammation de la 
vessie urinaire, il faut aussitôt en suspendre l'emploi 
et recourir à des boissons gélatineuses. On peut faire 
usage de l'onguent de cantharides préparé par simple 
mélange , ou de celui qui résulte de la digestion : 
on peut prendre pour intermède l'axonge, le beurre 
ou le cérat. J'ai indiqué à la page 60 de ce tome 
les procédés qu'il convient de suivre pour la prépa- 
ration de ces différens onguens. Si les proportions 
de 0,1 sont trop irritantes, on étend l'onguent dans 
du beurre, du cérat ou de l'axonge , et ou jnend 
ces dernières en quantité plus ou moins ^jrande » 
selon qu'on veut augmenter ou diminuer l'irritation» 



CLINIQUE. 35l 

On ne doii employer le garou ( tome II, page 67) , 
le muriate de soude , le muriate d'ammoniaque, le 
tartrlte de pelasse aDtimonié, que lorsqu'il s'agit 
moins de faire suppurer que d'occasionner beau- 
coup d'irritation. 

La commotion avec l'électromoteur ne sauroit 
convenir , quoiqu'elle ait été conseillée dans ces 
derniers temps. On n'a pas toujours cet instrument 
à sa disposition ; il est long à monter , et le produit 
de la suppuration qu'il provoque est liquide , ténu, 
diaphane et acre , ainsi que M. Humboldt l'a dé- 
montré. 

Lorsqu'on veut supprimer cette suppuration , on 
diminue progressivement la quantité de caathari- 
dcs. Si l'inflammation est trop forte, on suspend 
]'a])plicalion de cet excitant et on fait usage de corps 
gras non rances , ou d'un cataplasme tiède ; il suffit 
souvent de diminuer la proportion des cantharides. 
Lorsqu'il s'est développé des tubercules ])édiculés , 
on peut, s'ils sont trop grands, les couper à l'aide 
des ciseaux : l'hémorrhagie est presque nulle et 
cède à l'application de la charpie. S'il y a tendance 
à la gangrène , on fait usage des moyens toniques 
que j'ai indiqués ailleurs. 

2°. Suppuration cutanée avec érosion de l épi- 
derme ( exutoire , Le Pioy ). 

Cette suppu'-ation consiste dans l'exhalation d'un 
liquide clair, limpile, plus ou moins approchant 
de l'état purulent, laquelle a lieu sur le derme, et 
est accompagnée d'une irritation locale ainsi que de 



352 PHAE.MACOPÉE 

rérosion de l'éoiderme. Ses eifels secondaires sont 
analogues à ceux de la suppuration vësicatoriale , 
mais moins intenses. On la provoque dans des cir- 
constances analogues ; on lui donne une étendue 
varice, depuis celle de deux centimètres jusqu'à 
celle de plusieurs décimètres. On n'a pas encore 
recherché quels sont les différeus corps susceptibles 
de la ]»rovoquer. J'ai commencé une série d'expé- 
riences comparalives à cet égard ; mais elles ne sont 
pas encore assez multipliées pour que je puisse en 
faire connoître les résultats : je ne vais exposer 
que les moyens usités jusqu'ici. Le premier est celui 
de Le Pioy j on s'en sert lorsqu'on ne veut provo(juer 
qu'une suppuration peu étendue. Le deuxième est 
celui indiqué par M. Wauters; il convient lorsqu'on 
vent faire suppurer une grande surface. 

Exntoire de Le Roy. On se sert de l'écorce de 
garou {^clapline gnùUuin, L,). D'après les expé- 
riences comparatives de Rumpel , faites sur le même 
sujet, l'écorce de bois gentil (^daphneinezereuin,\j.^ 
agit beaucoup plus promptement que celle de garou. 
On préfère cette écorcc fraîche; néanmoins elle 
conserve assez d'action lorsqu'elle est desséchée. 
Pour s'en servir, on choisit des tiges du diamètre de 
cinq millimètres environ, et dont fécorce soit lisse; 
on en coupe un morceau delà longueur de quinze 
millimètres environ ; on le fiit tremper dans du vi- 
naigre ou dans de l'eau tiède pendant environ luie 
demi-heure, afin de le ramollir convenablement; oa 
sépare ensuite l'écorce du bois à l'aide d'un canif. 
Si l'écorce est déjà séparée, ainsi qu'on la trouve 
souvent dans le commerce, il suffit d'en couper un 



fcLÎNlQÎJEi 353 

hiorceau carré qui ait la longueur indiquée , et de 
îe faire tremper pendant quelques momens daus du 
vinaigre ou de l'eau tiède. On aj3plique la surfece 
interne de cette écorce sur la peau, qu'on a préala- 
blement frottée avec du vinaigre , et on la maintient 
appliquée convenablement. C'est le lieu d'insertioa 
du muscle sous-acromio- humerai (delloide) qu'on 
choisit ordinairement à cet effet : on l'applique ra- 
rement aux mollets ; elle y détermine plus de dou- 
leur et les pansemens sont plus difficiles. Ou éprouve 
un prurit et un sentiment de cuisson dans le lieu 
de Tapplicatiou. La vésicalion ne survient que trèS' 
rarement» ou ce sont de petites vésicules isolées : 
répiderme est le plus ordinairement usé. Cet effet 
a lieu en vingt-quatre heures, quelquefois seule- 
ment en quarante-huit heures ou beaucoup plus 
tard , par exemple , dans l'espace de quinze jours. 
On applique une nouvelle écorce et on renouvelle 
cette application matin et soir , jusqu'à ce que l'u- 
sure de l'épiderme ait lieu; on continue ensuite à 
panser tous les jours avec la même écorce ou avec 
les feuilles de lierre {hedera hélix , L.), de plan- 
lain {plantago major ^ L.),depoirée {heta duI- 
garis , L.), de choux i^brassica oleracea , L.)j 
et on coupe ces feuiiles de la grandeur de la plaie, 
afin de ne pas l'augmenter. La plaie est rouge , l'é- 
coulement est séreux et plusou moins abondant; il a 
rarement le caractère purulent. On transporté 
quelquefois cette médication d'un endroit daus uu 
autre. 

Le garou n'a pas une action constante ; il n'agit 
pas toujours avec la même promptitude; quelque- 



354 PHARMACOPÉ E 

fois il occasionne la vésicaliou , ru<.ure de l*épï- 
derme, tandis que, dans d autres cas, 11 ne produit 
pas même la rubéfacliou, ou il ne le fait qu'après 
avoir été a|)p iqué pend int quinze jours ou un mois» 
Il adhère q elqucfois tellement à la peau , qu'il est 
presque impossible de l'en délaclier. Les érup- 
tions variées qu'il produit dépendent de l'état indi- 
viduel. 

Ce moyen n'est convenable que lorsqu'il s'agit 
de n'opérer qu'une suppuration lente et peu éten- 
due ; il est peu usité de nos jours ; on l'emploie quel- 
quefois dans des cas de catarrhe auriculaire , d'oph- 
ihalmie , de catarrhe pulmonaire chronique; en un 
mot , lorisqu'il convient d'opérer des effets secon- 
daires, lents et peu intenses. 

Eocutoire indiqué par M, Tf^auters. Pour le pré' 
parer on prend cinq parties d'ollban pulvérisé, trois 
parties de semences de poivrier noir ( piper nlgrum, 
L. ) pulvérisées , trois parties de muriate de soude 
décrépité et pulvérisé , cinquante jiarties de savocs 
raclé; on fait di;;,érerce méian<:5e dans cincpiante par- 
ties d'alcool à 25 -f o. On eotrelienl la digestion pen- 
dant douze heures environ, ou jusqu'à ce que le savon 
soit fondu ; on fait cuire |',endant quelques minutes , 
et on agite avec une spatule jusquà consistance on- 
guentacée ; on retire ce mélange du feu et ou l'agite 
jusqu'à refroidissement. 

On étend cet onguent sur de la toile ; on en f'»it une 
couche de l'épaisseur de deux miili.nènes enviion 
pour les ])remières applications , et moins ej itisse 
pour les applications suivanles. On renouvelle le 
pausemeut toutes les vingt-quatre heui'es. 



CLINIQUE* 355 

Ce moyen produit du prurit et de la rougeur au 
deuxième ou troisième jour > il survient ensuite du 
tjonflement , qui augmente progressivement jus- 
qu'au cinquième ou sixième jour , ou plus tard cliez 
les sujets dont la peau est dure. L'épiderme est en 
grande partie usé ; il s'écoule une sérosité souvent 
très-abondante. L'inflammation est bornée au lieu 
d'application. Le gonflement et la rougeur peuvent 
exister à un très-baut degré , sans qu'il en résulte ce» 
pendant d'accidens. On peut diminuer l'inflamraatioa 
à l'aide de cataplasmes tièdes. L'action de ce moyen 
n'est pas constante ; il est des individus cbez lesquels 
il ne produit pas de rougeur. L'exsudation , au lieu 
d'être abondante, est quelquefois lente et modique. 
Tels sont au moins les résultats obtenus par M. Wau= 
ters ; il en a fait usage surtout dans des cas de rbu- 
malisme chronique et de névralgie. 

§ Y, Médications de la suppuration du tissu cellu' 
laire soucutané. 

Lorsqu'on veut faire suppurer le tissu cellulaire 
soucutané , et qu'il n'est point dénudé accidentelle- 
ment , on est obligé de diviser ou de détruire préala» 
blement la peau qui le recouvre. 

La suppuration du tissu cellulaire soucutané né 
présente beaucoup d'irritation que les premiers jours 
qu'on a mis ce tissu à nu j ces phénomènes sont plus 
intenses si on a cautérisé la peau qui le recouvre, 
que si on l'a divisée. La suppuration ne se manifeste 
que le troisième ouïe quatrième jour: elle survient 
plus lentement lorsque la peau a été cautérisée. Elle 
est eu raison de la propriété excitante des moyens 



356 PHARMACOPEE 

qu'on emploie pour rentretenir : le fonticule àsétoa 
suppure plus abondamment que Je fonticule à pois 3 
et ce dernier suppure d'autant plus, (ju'ou l'entre- 
tient avec un pins grand nombre de pois , et qu'on 
remplace les globules inertes par des substances sus- 
ceptibles d'irriter. La durée de la suppuration du 
tissu cellulaire soucutané est subordonnée à celle de 
l'application de l'excitant : il ariive néanmoins quel- 
ques circonstances où la suppuration tarit , quoi- 
qu'on continue d'employer les excitans ordinaires ; 
on est alors obligé de faire usage de substances plus 
irritantes. Le frisson des fièvres intermittentes, les 
fièvres continues intenses, des plilegmasies, des indi* 
gestions, des embarras gastriques , despnrgalions,des 
affections morales vives peuvent diminuerlasuppura- 
tion , l'altérer ou la supp'rimer. Sa suppression subite 
peut occasionner des accidens; elle peut déterminer 
des affections variées des organes gastrique, pulmo- 
naire et encépbalique ; les maladies locales que la 
suppuration cellulaire avoit supprimées , peuvent 
reparoître. 

La suppuration du tissu cellulaire soucutané 
peut s'accompagner d'accidens locaux variés, tels 
que de fongosités, de callosités, etc. Ses phénomè- 
nes généraux et sympathiques sont en général lents 
et peu intenses; souvent ils ne tombent pas sous les 
sens ; ils sont plus évidens dans le fonticule à sétoa 
que dans le fonticule à pois. 

On provoque la suppuration du lîssu cellulaire 
soucutané pour faire cesser des maladies locales 
chroniques d'organes voisins , ou de tissus liés 
sympathiquement avec la région du tissu cellulaire 



CLINIQUE, S5y 

qu'on enflamme, par exemple , l'oplithalmie chro- 
uique, la paralysie du prolongement rachidien, la 
stupeur qui succède à l'apoplexie, l'ëpilepsie sans 
cause matérielle, etc. On la provoque pour s'op- 
poser au développement de maladies organiques , 
par exemple, de la phtliisie pulmonaire. On y a re- 
cours pour prévenir les maladies locales qui sur- 
Tiennent à certaines époques de la vie, ou qui suc- 
cèdent à la suppression d'autres maladies, par exem- 
ple _, de la goutte, des dartres, d'ulcères habituels, etc. 
On l'exc'ite poui fixer certaines maladies locales 
qui changent souvent de siège , par exemple , la goutte, 
les dartres. On la provoque pow préserver de ma- 
ladies épidémiques et contagieuses, par exemple, de 
la peste, de la fièvre jaune, etc. Il faut dans ce der- 
nier cas, que le fonticule soit établi avant qu'on s'ex- 
pose à la contagion. 

Tout corps étranger peut servir pour entretenir 
la suppuration du tissu cellulaire soucutané, et ce 
n'est que lorsque leur stimulus ae peut plus suf- 
fir, qu'on a recours à des substances irritantes. On 
peut établir la suppuration sur des régions variées 
du tissu cellulaire soucutané. Si ce tissu est dénudé 
accidentellement, on peut choisir le lieu de la dé- 
iiudation pour être le siège de la suppuration : le 
plus ordinairement on a égard au temps pendant 
lequel on veut l'entretenir. Si la suppuration doit 
être momentanée , on doit préférer les régions où 
ce tissu avoisine le plus les organes affectés, ou sym 
pathise le mieux avec eux. Mais nous manquons eu 
Gore de données suffisantes pour ])ouvoir indiquer 
<|ueUes sont les régious qui sympathisent avec IqIi 



358 PHARMACOPÉE 

OU tel organe. Dans tons les cas on choisit les ré-. 
gions où ce tissu est très-abondant j on évite celles 
où se trouvent de gros vaisseaux, des i>erfs, des, 
tendons et des os presque à nu. Lorsque la suppu- 
ration doit être habituelle, on établit le fouticule 
plus particulièrement dans certaines régions , selon 
qu'on l'entretient à l'aide d'un séton ou à l'aide 
de corps sphériques , ainsi que je vais Tindiquer 
bientôt. 

Fonticule à pois (cautère). 

On suit des procédés variés pour établir le fou- 
ticule à pois, selon que le tissu cellulaire est déjà 
dénudé ou non : dans ce dernier cas , on le met à 
découvert à l'aide de l'incision ou à l'aide de la cau- 
térisation. 

Pour pratiquer l'incision , on se sert du bistouri 
ou de la lancelle; dès que l'incision est achevée, 
on introduit une boulette de charpie entre les bords , 
et on maintient le tout à l'aide de compresses et de 
bandes ; on lève l'appareil le troisième ou le qua- 
trième jour, c'est-à dire, dès que la suppuration 
commence à s'établir _, et on remplace la charpie 
par des corps durs et sphériques. 

Lorsqu'on veut mettre le tissu cellulaire à nu à 
l'aide de la cautérisation du derme , on peut se 
servir d'escarrotiqucs variés. De nos jours on em- 
ploie rarement le feu : si on vouloit en faire usage, 
on choisiroit l'instrument à forme nuramulaire. Le 
plus ordinairement on se sert de la potasse ou de 1^ 
soude pure; plus rarement du muriate d'antimoine 
ç^ ^i\ nitrate d'argent. On a recours aux procéd.ç^ 



CLIN-IQUB. 359 

que j'ai indiqués dans l'ordre des médlcalions escar- 
rotiqnes. 

Il existe encore plusieurs manières de mettre le 
lissLi cellulaire à nu; mais elles sont trop défectueu- 
ses pour pouvoir être conseillées : c'est ainsi que 
quelques praticiens déterminent d'abord la ve'sication; 
ils enlèvent la vésicule et appliquent ensuite un glo- 
Jjule d'oxyde de enivre vert étendu dans quantité 
suffisante de cire; ils le maintiennent à l'aide d'un 
sparadrap , d'une compresse et d'une bande. Ce 
moyen réussit quelquefois, mais non constamment; 
il est d'ailleurs très-douloureux. D'autres praticiens 
remplacent ce globule emplastique d'oxyde de cui- 
vre vert par un pois ordinaire : le fonticule est plus 
susceptible de changer de place par ce procédé que 
par tout autre. 

On favorise le détachement de l'escarre de la ma- 
nière que j'ai indiquée ailleurs. Dès qu'elle est enle- 
vée, que la cavité est formée et que la suppuration 
est bien établie , on entretient celle-ci à l'aide de pe- 
tits globules de cire , d'ivoire, d'os, ou à l'aide de 
pois (^pisuînsat.wum , L. ). Si des substances suscep- 
tibles d'irriter sont nécessaires, on fait usage de petites 
oraui^es desséchées, de globules de racine d'iris de 
Florence , ou de daphné. On peut aussi préparer 
des globules avec diverses substances irritantes qu'on 
incorpore dans quantité suffisante d'un intermède 
emplastique. On ne sauroit employer indifférem- 
ment tout irritant, car plusieurs peuvent être en 
partie absorbés et irriter des organes éloignés : tel 
est l'hellébore noir , etc. Au lieu de faire usage d'ir- 
ritans auxquels on donne la forme spherique, ou 



36o PHARMACOPEE 

peut entourer le pois ordinaire avec une couche d'u^ 
onguent irritant. Pour maintenir le pois on le traverse 
par un fil qu'on fixe à l'aide d\in sparadrap; ou I9 
recouvre avec un morceau de toile ou de papier spa- 
yadrapë , ou avec une fouille de lierre commun ( he- 
dera hélix , L. ). On maintient le tout à l'aide de 
compresses et de tours de bandes dont on dirige les 
circulaires tantôt de dedans en dehors, et tantôt dans 
le sens opposé, afin d'empêcher, autant que possH 
ble, la déviation du fonticule. Pour éviter toute pres- 
sion douloureuse , on recouvre l'appareil d'une pla- 
que de corne , de cuivre, d'argent , de fer-blanc , de 
caoutchouc, etc.; on la place au-dessus des com- 
presses , dans une poche pratiquée dans un bandage 
convenable qui contient le tout. On renouvelle les 
pansemens tontes les six , douze ou vingt-quatre 
heures, selon l'abondance de la suppuration. Pour 
favoriser la sortie du pois, à chaque pansement, il 
suffit de tirer le fil qui le traverse ,ou , si on n'en fait 
pas usage, de presser légèrement sur les parties laté- 
ï^ales du fonticule. Le nombre de pois à employer 
doit être en rapport avec l'étendue du fonticule. S'il 
se développe des fongosités à la circonférence de cet 
ulcère , on les détruit à l'aide du nitrate d'argent 
fondu , ou avec le muriale d'antimoine liquide. Si 
rintlammatinn est très-considérable et qu'elle s'ac- 
compagne d'un état erysipélateux , on a recours à 
l'emploi des cataplasmes tièdes , du cérat et d'autres 
moyens atoniques. Il est des individus chez lesquels 
le fonticule ne sauroit être établi dans certaines ré- 
gions du corps sans produire beaucoup de douleur: 
^n est alovs obligé de le changer de place. Lorsau'ora, 



clinique' 56 ï 

veut supprimer un fonticule , on diminue suceessivc» 
ment le nombre des pois , et on provoque en même 
temps la sécrétion muqueuse de l'inleslin, etc. 

On établit le fonticule à pois (lorsqu'il doit être 
habituel) au bras, à la jambe et à la cuisse : ou choi-^ 
$it au bras l'espace que les muscles sous acromio- 
huméral (deltoïde) et scapulo - radial ( biceps) 
laissent entre eux. Lorsqu'il est indifférent de choisir 
l'un ou l'autre , il est préférable d'établir le fonticule 
au bras gauche , à cause de la gêne et de la débilité 
qu'il occasionne, Lorsqu'on l'établit à la jambe , ou 
choisit l'espace qui se trouve entre les tendons du bi- 
fémoro-calcanien ( jumeau interne) et le tendon de 
l'ilio prétibial (couturier), c'est-à-dire, à trois ou 
quatre travers de doigt au-dessous du genou et vers 
la partie antérieure. Lorsqu'on veut l'établir à la 
cuisse, on le fait à la dépression qui existe à la partie 
interne de la cuisse , très-près du genou. 

Fonticule à set on ( set on). 

Pour établir le fonticule à séton , on a besoiu 
d'une bandelette de toile pins ou moins longue , ef- 
filée à ses deax bords, et d'une Ia?^geur propor- 
tionnée à celle du fonticule. On divise d'abord le 
derme et on l'isole du tissu cellulaire soujnceiit. Ou 
se sert, à cet effet, d'un bistouri ou d'une aiguille 
aplatie , pointue , tranchante à une extrémité , et 
percée à l'autre d'une ouverture propre à recevoir 
|a bandelette. 

On établit le fonticnle à séton de la manière sui- 
vante : on rase d'abord la peau , si elle est recouverte 
^ç poils ; on fait ensuite aux tégumens uu pli de la, 



363 PHARMACOPÉE 

hiiiileiir d'un travers de doigt; l'opérateur fixe une 
des exlreiiiitës de ce pli et l'aide l'autre ; on traverse 
la base de ce pli par la larae du bistouri ou par Tai- 
fiuille dont je viens de pai 1er. Lorsque la division est 
faite et qu'on s'est servi du bistouri, on fait traverser 
la bandelette à l'aide d'un siylet boutonné ; dans 
l'autre cas, c'est à l'aide de l'aii^uile : il suffit de l'in- 
troduire dans son extrémité fenétree. Une extrémité 
de la bandelette (séton) doit dépasser l'ouverture 
correspondante de quelques centimètres j on roule 
mollement l'autre bout, qui est plus long, et on le 
fixe d'une manière convenable. On couvre la plaie de 
charpie, et on maintient le tout avec une compresse 
et une bande. On lève l'appareil dès que la suppu- 
ration est établie, c'est-à-dire, dans l'espace de trois 
à quatre jours. Le pansement consiste à retirer la por- 
tion de bandelette qui se trouve entre la peau et le 
tissu cellulaire soucutané et à y introduire une nou- 
\ellc |)ortion. Pour occasionner le moins de douleur 
possible, on enduit la nouvelle portion avec du cérat; 
on coupe celle qui a été retirée , et on recouvre le 
tout d'un plumaceau enduit d'un corps gras. On re- 
nouvelle les pansemons toutes les douze ou vingt- 
quatre li( ures.Si l'individu est Irès-delicat, on se con- 
tente quelquefois de laver les deux bords de la divi- 
sion avec de l'eau tiède, et on ne change le séton que 
tous It's trois 0!i quatie jours. On doit, durant le pan- 
sement , iiuUnci- le siège du séton de manière à favo- 
ris, r récouleracnt du pus. Si le sujet est impatient, 
indocile, s'il est affecté de délire , ou si c'est un en- 
fa. it , il est convenable de coudre ensemble les deux 
extrémités du selon ou de lier les mains du malade* 



CLINIQUE.' 363 

Lorsque loule la bandelelte a été successivement 
employée, on y fixe une nouvelle soit à l'aide 
d'une épingle , ou mieux à l'aide de quelques 
points de fil. 11 suffit, pour supprimer le foniicule, 
de cesser d'introduire la bandelette. Si l'intlam- 
mation est trop intense, on recouvre le tout d'ua 
cataplasme tiède ; si au contraire l'irritation n'est pas 
assez forte, on enduit la bandelette avec un onguent 
excitant. Les pansemens doivent être faits avecméua^ 
geraent ; sans cela la peau qui recouvre le tissu cel- 
lulaire dénudé s'use, s'enflamme et se divise. Les 
pansemens sont moins douloureux lorsque les bords 
de l'incision sont très-étendus : en général ils le sont 
plus que ceux du fonticule à pois. 

C'est particulièrement à la nuque, entre la pre^ 
niière et la deuxième vertèbre cervicale, ou entre 
celle-ci et la troisième, qu'on établit le fonticule à 
séton qu'on veut entretenir pendant long-temps. La 
plupart des régions conviennent pour les fonticules 
qu'on n'entretient que momentanément. On établit 
ce fonticule à la nuque particulièrement dans les ma- 
ladies chroniques locales des organes de la tête , et 
surtout dans les ophthalmies chroniques rebelles. 

§ Vï. Médications de la sécrétion du lait. 

Les médications qui sont relatives à la sécrétion à\\ 
lait consistent à l'augmenter, à la diminuer, à la pré- 
venir ; à favoriser l'excrétion du lait et à modifier sa 
composition. 



364 PHARMACOPEE 

I ". Provocation et augmentation de la sécrétion 
du lait. 

On croyoit autrefois qu'il exisloitdes moyens pliar- 
maceuliques propres à provoquer et à augmenter la 
sécrétion du lait , et on les désignoit sous le nom de 
galactophores ; mais si on veut partir de faits précis » 
on estobli.^é d'avouer que jusqu'ici nous manquons 
de notions suflisantes ; car les propriétés galacto- 
phores que quelques médecins attribuent aux se- 
mences de fenouil {^anethum fœniculmn , L.), d'anis 
{pimpinella anisitm.^ L. ), etc. ne sont rien moins 
que démontrées par des faits assez multipliés ( i )• 
Toutes les fois que la sécrétion n'a pas lieu d'une 
manière convenable , elle devient du ressort de la 
thérapeutique, et exige des moyens subordonnés à 
la cause qui la ralentit ou qui s'y oppose. 

S°. Piétention et suppressioTi de la sécrétion du 

lait. 

A t on des moyens spécifiques pour retenir et 
pour supprimer la sécrétion du lait? Si nous ne voU' 
]ons exposer rigoureusement que Tétat actuel de 
nos connoissances , nous sommes obliges d'avouer 
que nous n'avons ici que des moyens généraux ana- 

(i) La succion est un des moyens les plus efficaces. II est 
des femmes chez lesquelles ce seul moyen détermine la sécré- 
tion du lait, même hors du temps qui suit l'accouchement. 
Celte provocation peut convenir, 1°. lorsque la sécrétion n'a 
pas Heu convenablement , ^1°. lorsque , immédiatement après 
racroiichoment , on veut agir secondairement sur l'utérus qui 
est menacé d'affection particulière. P. H. N, 



CLÏÎfiQUE» 365 

îogues à ceux dont nous dous servons pour suppri- 
mer d'autres sécrétions et d'autres exhalations : 
c'est ainsi qu'on éloigne toute titillation du mamelonf 
qu'on provoque et qu'on augmente la sécrétion mu- 
queuse de l'intestin , et la transpiration insensible ou 
la sueur, en même temps qu'on diminue la quantité 
de nourriture. L'ensemble bien coordonné de ces 
mo3'ens suffit le plus souvent. L'usage a jusqu'ici 
plus particulièrement accrédité certains corps , et 
surtout le sulfate de potasse et le carbonate neutre 
de potasse ; rien ne prouve cependant d'une ma- 
nière rigoureuse qu'ils conviennent plus particuliè- 
rement que d'autres. On les administre ordinaire- 
ment par la bouche , à petite dose et très-étendus* 
La dose du sulfate de potasse est d'uu demi-gramme 
à un gramme (g à 18 grains) et plus; celle du car- 
bonate neutre d'un à plusieurs grammes ( 18 à 36 
grains et plus). Le petit- lait est fréquemment 
employé pour excipient. Il entre aussi dans la com- 
position d'un purgatif empyrique qu'on emploie dans 
le même cas , et qui est connu sous le nom de petit' 
lait de Vf^eisse. Voici lesingrédiens et les proportions 
indiqués par l'auteur: quatre parties de gousses de 
séné , autant de sulfate de magnésie , deux parties de 
sommités fleuries de millepertuis ( hypericum perfo- 
ratinn , L. ) , autant de fleurs de caille-lait jaune 
{^gallium Derum , L. ) , et autant de fleurs de sureau 
{^saiiihucus nigra , L.). Ou fait infuser pendant 
douze heures dans mille parties de petit-lait clarifiée 
La dose est d'un demi-litre pris en deux fois à peu de 
distance l'une de l'autre. Je m'abstiens de toute ré- 
llexion sur l'avantage qu'on peut retu'er de ce moyen^ 



365 l*lîARMACOi>EÈ 

je rabaudoune aux nombreux amateurs des prétërii 
dus spécifiques. Je n'aualyserai pas non plus les effets 
avantageux qu'on doit attendre de la décoction 
aqueuse de la racine de canne de Provence {arundo 
donax , L. ) , etc. 

On ne se borne pas à faire prendre les substances 
que je viens d'indiquer, on en applique aussi sur les 
mamelles: telles sont les feuilles fraîches de poirée 
( heta Dulgaris , L. ) , de cerfeuil ( scanâix cerefo* 
liiini , L.), les sucs concrets félidés, le camphre , etc» 
L'emplâtre de Rustaing vanlé par quelques médecins 
dans cette circonstance est en grande partie composé 
des corps que je viens d'indiquer ainsi que d'aloès* 
Mais est-il aussi facile qu'on le croit de juger de l'effi-» 
cacité de ce moyen ? Toutes les femmes qui n'allai- 
tent pas éprouvent-elles des accidens aux mamelles? 
Et d'ailleurs n'associe -t -on pas ordinairement ce 
topique aux révulsifs dont j'ai parlé plus haut ? 
Parce que les femmes dont on recouvre le seia 
avec ce mélange emplaslique n'éprouvent pas d'acci» 
deus locaux, peut-on rigoureusement en attribuer la 
cause à ce topique? Cette application produit quel- 
quefois un état érysipélateux ou pustuleux de la 
peau qui recouvre les mamelles* 

3^ . Excrétion du lait accumulé dans les mamelles é 

Lorsque le lait est accumulé en trop grande quan- 
tité , et que par son séjour il menace de produu c des 
accidens, on a recours à la succion, ou on fait usage 
du syphon si connu sous ce rapport. 



CLINIQUE. 36-^ 

4®. Modification de la composition du lait. 

On modifie la composition du lait afin de le rendre . 
médicamenteux pour le nourrisson et pour les indi- 
vidus qui font usage de la diète laiteuse. MM. Deyeux 
et Parmentler ont démontré , par des expériences 
chimiques comparatives , combien le lait de femme 
est susceptible de varier selon les affections morales. On 
sait que l'administration des purgatifs rend le lait de la 
nourrice purgatif j que les oxydes et sels mercuriels 
lui communiquent par absorption la propriété de dé- 
terminer chez le nourrisson les effets qulls produi- 
sent directement , etc. Il reste encore une suite de 
recherches à faire sur les différentes substances mé- 
dicamenteuses susceptibles de communiquer au lait 
leurs propriétés médicales. MM. Deyeux et Parmeu- 
licr ont ouvert la voie à ces recherches; il ne s'agi- 
roitque de les multiplier. Je m'enserois déjà occupé 
si j'avois été dans des circonstances favorables. 

\ 
§ VII. Médications de la sécrétion du sperme» 

On convient maintenant qu'il n'existe pas de 
moyens pharmaceutiques propres à provoquer spé- 
ciHquement la sécrétion du sperme. Il paroît que la 
chair de poisson et Talbumine sont , comme sub- 
stances nutritives, celles qui favorisent le mieux cette 
sécrétion. Rien ne prouve que le camphre et la ra- 
cine de nénuphar (^njTnphœa alha , L.) la dimi- 
nuent. Cette sécrétion rentre dans le domaine de la 
thérapeutique, dès que son stimulus ordinaire ne 
sufiil plus pour la provoquer et i'entreleulr. 



36Ô ?HARMAC01*EÈ 

§ VIÏI. Médications de la sécrétion de la hiléh 

Nous n'avons pas de moyens spécifiques pour mo- 
difier la sécrétion de la bile ; la digestion est son sti- 
mulus ordinaire j les nausées et le vomissement la 
provoquent; il paroît en être de même de quelques 
amers et surtout de la rhubarbe. On sait quelle in- 
fluence la colère exerce sur ellcé Enfin on connoît 
l'action que la morsure de la vipère a sur le système 
biliaire. 

Lorsque la sécrétion de ce liquide est immodérée j 
on a souvent recours au vomissement ou à la purga- 
tion pour lui donner issue , selon qu'elle tend alors 
à être excrétée par telle ou telle voie. En général on 
ne modifie la sécrétion biliaire que lorsqu'elle est al-* 
léi éc : or ces différens cas sont plutôt du ressort de 
la thérapeutique que de celui delà matière médicale^ 

ORDRE NEUVIÈME. 

Médications -particulières des fonctions digestives* 

Les médications de cet ordre consistent à provo- 
quer le vomissement , et à déterminer la purgation^ 

§ 1er. Vomissement, 

Le vomissement consiste à rejeter par la bouche 
les matières contenues dans l'estomac, et à détermi- 
ner une secousse générale plus ou moins marquée.- 
Ses phénomènes locaux sont d'abord desaûxietés^ 



CLINIQUE. 369 

tla sentiment pénible de contraction de reslornac, 
des nausées, puis enfin rëjcction par la bouche des 
matières préalablement co itenues dans ce viscère, 
et de celles qui s y sont amassées par l'effet de l'exci- 
tant. Le produit du vomissement varie en qna uité et 
en nature , selon différentes circ9n«;tances indivi- 
duelles. Il peut consister uniquement dans les liquides 
que le malade a avalés , être composé de mucosités 
plus ou moins filantes et tloconnenses, pures ou mé- 
langées, incolores ou de couleur variée depuis le 
jaune -vert jusqu'au noir, insipiJes ou araères, 
acres, etc. Il peut être uniquement composé de ma- 
tières alimentaires pins ou mollis altérées, ou le sub- 
stances vénéneuses. Le iiqulJe biliaire n'est pas ordi- 
nairement rejeté dans les premiers efCorls, mils seu- 
lement dans les vomissemens siiivans. Ces différentes 
substances peuvent d'ailleurs se succéder ou prédo- 
miner les unes sur les autres de ma.iière variée. 

Le vomissement survient plus ou moins prompte- 
ment après l'application des excilans convenables. Il 
peut être plus ou moins facile , selon le tem|)érament 
particulier de l'estomac : or cet organe diffèie sous 
ce rapport , chez la plupart des individus, selon l'âge, 
le sexe, le tempérament générai , les saisons, les 
climats, l'état ma adif, etc. Le vomissement survient 
en général plus facilement chez les enfaris, et chez 
les femmes surtout durant la gesfaliou; il est facile 
dans l'embarras gastrique; il devient difficile lors- 
que !e diaphragme et les musclesabdomlnaux n'exer- 
cent qu'une action foible ; il est souvent très-difliclle 
et quelquefois même impossible dans l'apoplexie et 
le narcotisme. 



II. 



24 



Ô-JO P H A R M A C O P 1- E 

Le nombre des vi»iuissemens est ordinairement 
de cinq à six. Ils sont séparés les uns des autres par 
un in'ervalle plus ou moins i^i and. L'estomac peut 
leutrcr dans son état ordinaire après la cessatiou 
du vomissement: la fonction digestive est quelque- 
lois alors troublée, mais seulement d'une manière 
momentanée , et elle a lieu ensuite avec ])lus d'ac- 
tivité. La réitération trop fréq lente du vomissement, 
ou l'intensité trop i^rande de ses phénomènes , peut 
affoiblir considérablement l'organe digestif , au point 
de l'empêcher de retenir les substances qu'on y in- 
troduit. 

Les phénomènes locaux du vomissement n'exis- 
tent pas toujours isolément ; ils peuvent s'accompa- 
gner d'un trouble généial plus ou moins manifeste. 
Ces phénomènes généraux varient selon les diffé- 
rentes périodes de la médication vomitive. Peu de 
temps avant l'éjection des matières contenues dans 
l'estomac, la face pâlit , le pouls devient petit , iné- 
ii;al ; on éprouve un sentiment générai de froid et 
de mal-aise; la peau se sèche ainsi que les snppu- 
j-alions cutanées et celUdaires superllcielles. Ces phé- 
nomènes changent dès que l'éjection a lieu ; la face 
se gonlle et se colore, le pouls devient fréquent et 
plein, lu chaleur générale s'élève , la sécrétion des 
jnembranes muqueuses supérieures augmente, la 
j)eau se couvre de s.'.eur, les org-rjes locomoteurs 
entrent dans un éîal de ccnlraclion. I^cs phénomènes 
généraux qui succèdent au vomissement varient 
selon qu'il a été plus ou moins intense j ils peuvent 
consister dans le relourdes fonctions à leur état or- 
dinaire, ou dans une débilité plus ou moins grande. 



Outre que les pliénomèues généraux du vomii- 
semeut peuvent varier en intensité , ils sont encore 
eusceptibles de modifications particulières, selon 
l'état de l'organisme en général , ou celui de quelques 
organes en particulier : c'est ainsi qu'on a vu le vo- 
missement accompagné ou suivi d'affections coma- 
teuses, d'hémorrhagies pulmonaires ou utérines, 
d'étranglemens herniaires , etc. L'avorteraeut eu a 
quelquefois été la suite, tandis que la gestation n'en 
éprouve le plus souvent aucune atteinte. Le vomis- 
sement a quelquefois suffoqué , presque instantané- 
ment, des maladies adynamiques , taudis qu'il a 
d'autres fois fait passer des fièvres gastriques ou des 
phlegmasies simples à l'état d'adyuamie. On cite des 
exemples de rupture des muscles sterno- pubiens, etc» 
Ou voit facilement qu'on ne sauroit mettre en doute 
î'iniluence secondaire du vomissement , tant sur 
J'organisme en général, que sur quelques organes 
en particulier; mais ou voit aussi que l'effet de cette 
înlluence peut et doit varier selon les circonstances 
particulières. Cette inlluence n'est que momenta- 
née ; et comme on ne sauroit réitérer souvent le 
vomissement sans danger , il résulte qu'on ne peut 
y recourir pour agir secondairement que lorsqu'une 
excitation momentanée peut suffire. 

On provoque le vomissement pour déterminer 
un effet local ou général : dans le premier cas, 
c'est ou pour rejeter ce qui est contenu dans l'es- 
tomac, ou pour mettre en jeu la contraclilité or- 
ganique sensible de ce viscère ; dans l'autre cas , c'est 
tantôt pour mettre en action des organes éloignés , 
m tantôt poui^ faire cesser une maladie dont ils son t 



372 PHAR.MA COP:éE 

affectés. Il est des cas ou il est indifférent d'opérer 
ou non une secousse générale; il en est d'autres 
où celle-ci peut devenir dangereuse; il en est enlia 
où elle est s;dutaire. Le vomissement est contre-in- 
dique dans le cas d'inflammation et de lésion de 
texture de l'eslomac. 

Il est un grand nombre de substances à l'aide 
destjMcdes on peut provoquer le vomissement. Il 
esl |)eu de corps qui ne soient susceptibles de le 
faire, au moins dans quelques circonstances. Mais 
la plupart d'entre eux ne le provoquent qu'acci- 
dentellement. Les uns ne le font que lorsqu'on les 
emploie à grande dose, par exemple, les amers , le 
tannin , les ferrugineux , l'alun, les (losculeuses aro- 
matiques. D'autres peuvent facilement occasionner 
rinllammation et le narcolisme; quelques aulres 
produisent en même temps la purgation. Aussi n'a- 
t-on choisi qu'un très-petit nombre d'enlre eux. 
Parmi cescorpsil en est quelques-autres qui peuvent 
provoquer le vomissement quoique appliqués ea 
friction sur la peau ; mais ils le font à la vérité d'une 
manière moins conslanle. Quelques-autres le provo- 
quent aussi , quoiqu'on les mette en contact avec la 
membrane muqueuse du gros intestin. On a con- 
servé le ta: irite de potasse antimonie, l'ipécacuanha 
et le sulfiile de zinc. 

On peut provoquer le vomissement eu distendant 
l'estomac ; on peut le déterminer sympalhiquement 
eu lililiant la hudie, en faisant des frictions circu- 
la; «'es à l'epigastre , etc. On sait que le chatouille- 
ment, le roniîs du vaisseau, la vue d'objets dégoù- 
taas l'occasiounent chez beaucoup d'individus ; on 



CLINIQUE» 37.3 

sait que certaines odeurs désagréables, certaines 
affections morales peuvent aussi le provoquer. 

On est quelquefois obligé de faire précéder le vo- 
missement par des préparations particulières : c'est 
ainsi qu'à l'aide de saignées veineuse et capillaire > 
ou fait cesser une pléthore générale et locale ; c'est 
ainsi qu'on réduit une hernie , ou qu'on la maintient 
convenablement. 

Les boissons aqueuses qu'on fait prendre avant 
l'administration du vomitif ne sont pas toujours ri- 
goureusement nécessaires; car le vomissement peut 
avoir lieu sans leur intermède; il est d'ailleurs beau- 
coup de circonstances qui ne permettent pas de re- 
courir à leur emploi. On administre le vomitif ordi- 
nairement lors delà vacuité de l'estomac, et particu- 
lièrement le matin ; néanmoins on peut y recourir à 
toutes les époques de la journée lorsque des cir- 
constances pressantes l'indiquent , par exemple y dans 
l'empoisonnement ,. dans l'imminence de l'apoplexie 
et du croup aigu, dans l'indigestion, etc. 

On facilite l'action du vomitif à l'aide de boissons 
abondantes» On emploie à cet effet de l'eau tiède ou 
une infusion légèrement arrière et arom.alique, telle 
que celle de camomille vulgaire, de camomille ro- 
maine, de chardon béni, etc., etc. Cullen conseille 
d'administrer une cuillerée à café de moutarde 
étendue dans de l'eau tiède, lorsqu'on veut provo- 
quer le vomissement avec beaucoup de promptitude.. 
On ne doit faii^ prendre ces liquides qu'au moment 
où les nausées et les envies de vomir se déclarent; 
sans cela on s'oppose au vomissement et on provo- 
que q^uelq^uefois la purgatiou. Eu général Feau tièd« 



3j4 PHARMACOPÉE 

suffit. On fait prendre les boissons tièdes en quan- 
tité moindre lorsqu'on veut donner essor aux phé- 
nomènes généraux. 

Lorsque le vomissement a cessé , on doit éviter de 
fatiguer l'estomac par des alimeus difficiles à digé- 
rer : on n'en prend que graduellement. Si le vomisse- 
ment devient opiniâtre , sans qu'il existe cependant 
de symptômes de phlegraasie locale , ou emploie des 
moyens variés. On a conseillé les corps gras , l'étlier, 
l'extrait aqueux d'opium, les sucs concrets fétides , 
en un mot la plupart des substances qui peuvent 
produire la sédation de la contractilité organique 
sensible. On les fait prendre sous les formes et aux. 
doses indiquées ailleurs, ou on les applique sur 
l'épigastre. Ces moyens sont quelquefois inefficaces, 
taudis qu'on obtient des effels avantageux du quin- 
quina, des amers, et surtout de la rhubarbe et du 
Colombo. J'ai cherché à déterminer le degré d'utilité 
de ce dernier ; à cet effet je l'ai administré au moment 
où les efforts du vomissement provoqués par le tar- 
Irite de potasse antiraonié et par l'ipécacuanha éfoient 
très-marqués; j'ai fait prendre de l'eau tiède immédia- 
tement après , et nonobstant cela j'ai vu fréquem- 
ment, mais non constamment, le vomissement s'arrê- 
ter. J'ai souvent administré le Colombo en même 
temps que le tartrite de potasse anlimonié'et que l'i- 
pécacuanha; malgré cela le vomissement survenoit 
presque toujours, mais d'une manière plus lente et 
moins intense. Jecontinue encore ces expériences, et je 
ne me ]iermeUraid'en tirer des résultats que lorsque 
je les aurai suffisamment multipliées. On peut con- 
jecturer jusqu'ici que le Colombo entrave , au moins. 



CLINIQUE. 875 

dans quelques cas , l'action des vomitifs ordinaires. 
On fait souvent usage du gaz acide carbonique : on 
a vu des vomissemeus opiniâtres qui ont résisté à la 
plupart des moyens indiqués , et qui ont cédé à l'ac- 
tion de cet acide. Le mode d'administration est le 
même que celui que j'ai indiqué page 892 du tome 
premier. Il arrive quelquefois cependant que ces dif- 
féi eus moyens sontinsuffisans; ou est alors obligé d'é- 
tablir une médication phlegmasique ou escarrotique 
sur l'épigastre , ou de provoquer la sécrétion mu- 
queuse et la contraction péristallique du gros intestin. 
Lorsque le vomitif a détermine l'inllaramation de 
la membrane muqueuse de l'estomac, on a recours 
aux moyens de l'ordre des médications atoniques. 

Pour provoquer le vomissement, on agit le plus 
souvent directement sur l'estomac. Quoique plu- 
sieurs substances puissent produire cet elfet lorsqu'on 
les met en contact avec la peau ou avec la surface 
muqueuse du gros intestin, elles le font d'une ma- 
nière trop inconstante pour qu'on y ait recours ; elles 
agissent d'ailleurs sur tout l'organisme. On ne suit pas 
non pins l'exemple de Rohler , qui introduisit 3o cen- 
tigrammes (6 grains) de tartrlte de potasse anlimonié 
dans la veine du bras d'un homme qu'élrangloit un 
tendon de bœuf qui s'éloit arrêté dans la gorge. On 
administre les vomitifs à l'état liquide, soit en solution 
ou en suspension aqueuse. Lorsqu'on veut maîtriser 
convenablement leur action , on les administrée de 
petites doses qu'on répète fréquemment jusqu'à ce 
que l'effet désiré soit obtenu. Cela est surtout néces- 
saire chez les individus dont l'estomac est très-suscep- 
tible. Voici les moyens les plus usités» 



Sj6 PHARMACOPÉE 

Tartiite de potasse anthnonié. On clioisit ccîuî 
qui présente les caraclèi es que j'ai indiqués; on le 
fait dissoudre dans cent ou dans mille fois son poids 
et au-delà d'eau disliiloe , ou au moins d'eau de li- 
Tière : c'est ainsi qu'où eu dissout 5 centigrammes 
(i grain) dans un à deux hectogrammes (3 à 6 onces) 
d'eau pureou convenahlemcnt édulcoréej on en fait 
prendre d'abord un cinquième environ, et au bout 
d'un quart d'heure une autre portion, jusqu'à ce 
que le vomissement ait lieu d'une manière conve- 
nable. Lorsque le vomissement esttrès-difiîclieà pro- 
voquer, M. Huleland conseille de faire usage du 
mélange d'une pariiede ce sel et de dix- neuf parties 
d'amidon. Chaqi'e gramme ( i8 grains) de cette pou- 
dre contient 5 cenligramm(s( i grain ) de ta ri rite de 
potasse anlimoniéj on fait prendre , d'après l ,i, celte 
dose en une fuis. J'ai souvent administré un cenii- 
gramme(^ de grain )de ce sel ainsi étendu en suspen- 
sion dans un peu d'eau ;il m'a fallu renouveler deux 
à trois fois cette dose pour provoquer des vomisse- 
mens. Ceux ci m'ont paru plus i iteuses (jue dans les- 
cas ordinaires, sans doute parce (jue ce sel nétoit 
élendii que dans vingt parties, au lieu de l'élre dans, 
mille fois son poids et au-deià<^ 

On n'emploie le tari rite de potasse antimonié à l'é- 
lat de pastilles que lorsqu'on veut plus particulière- 
ment provoquer des nausées. Le sirop préparé avec 
ce sel n'est u.-^ilé que pour les enfans. On a<l ministre 
ces deux formes graduillement, de même que les 
précédentes. L'union du tartrite de potasse antimo- 
nié avec le tannin, tels que le cachou et le kino^ 
s'oppose à sou action vomitive , ainsi que je m'en suis 



CLINIQUE. 377 

convaincu. On sait depuis longtemps que le qnin- 
quinaopère un effet aualogue. l/ailition du Colombo 
paroît l'entraver, ainsi que je l'ai iridiqné plus haut; 
celle de la rhubarbe ne m'a pas paru Ja modifier; je 
n'ai pas observé que l'opium l'anmliilàt constam- 
ment , etc. 

La dose à laquelle on administre ce sel pour pro- 
voquer le vomissement chez les adultes est de 5 à 10 
ceiiligrammes ( I à 2 grains). Elle doit néanmoins 
beaucoup varier selon le degré de susceptibilité lo- 
cale ; elle est insuffisante pour quelques-uns, tandis 
que pour d'autres elle peut occasionner des accidens, 
G'està cause de cela qu'il est préférable d'avoir égard 
à son degré de concentration , et de ne l'administrer 
qu'à de petits intervalles pisqu'à ce que l'effet soit 
obicuu.Si les proportions ordinaires ne suffisent pas, 
il ne faut s'élever à des proportions plus grandes qu'a* 
vec beaucoup de prudence; car elles peuvent occa- 
sionner rinflammalion ou des phénomènes convulsifs 
de tout le tube intestinal. 

L'action vomitive de ce sel est très-intense; elle est 
prompte; les efforts du vomissement se succèdent 
pendant un temps assez long. Cette action vomitive 
est quelquefois accompagnée de la purgation; d'au- 
tres foiselleest même remplacée par elle, surtout si ce 
sel est trop étendu. Seseffets peuvent, aumême degré 
de concentration et à dose égale , être nuls , légers ou 
intenses , selon la susceptibilité individuelle , et sur- 
tout selon celle de l'estomac. Le lartrite de potasse 
aniimonié peut produire l'inllammatiou ou des con- 
vulsions du conduit alimentaire , si on ne l'administre 
pas avec prudence; il peut même convertir l'estomac 



378 PHARMACOPEE 

en escarre et délerminer l'empoisonnement. Loi's- 
qu'il est convenablement administré, il est le vomitif 
qu'on peut manier avecle plus de facilité; sa saveur 
nV'sl nullement 'lc3)i*réable, son odfur est nulle, sa 
couleur esl blanche. Il convient également et lorsque 
la secousse générale est nécessaire , et lorsqu'elle doit 
être évitée, et lorsqu'on ne veut provoquer que des 
nausées. J'ai fait connoître les moyens qu'il faut em- 
ployer dans le cas où ce sel auroit déterminé des acci- 
dens. 

Ipécacuanha, 11 faut employer de préférence la 
racine de calicocca ipécacuanha : on l'aciministre à 
l'état pulvérulent et en suspension dans un peu d'eau. 
On emploie aussi quelquefois ses pastilles , son sirop, 
et sa macération alcoolique (tome 1'^, page 440 )ou 
aqueuse; mais c'est plus particulièrement lorsqu'on 
lie veut provoquer que des nausées. La dose de la 
poudre est de ao centigrammes à un gramme (4 r ^ 
18 grains). On a observJ qu'un excès de dose, par 
exemple, 2 gi arames ( 56 grains), n 3 détermine pas 
d'effet beaucoup plus intense qu'un demi-gramme 
à un gramme (9 à 18 grains ) : 5o centigrammes (6 
grains) suftiseul souvent. 

L'action vomitive de cette racine est assez cons- 
tante; quelquefois cependant elle est accompagnée 
delà purgalion, et même remplacée par elle. Elle 
est modérée et ordinairement sans secousse générale 
notable; elle est moins soutenue que celle du sel pré- 
«édenl ; les effoits de vomissement qu'elle provoque 
sont moifîs nombreux ; on n'a pas à craindre d in- 
flammation de sou emploi imprudent : ses effets ne 
sont pas en rapport avec sa dose. 



C L I X I Q U Ei 37f) 

L'ipécacnanha peut convenir comme vomitif tou- 
tes les fois qu'on ne counoît pas le degré de suscepti- 
bilité individuelle , lorsqu'on doit éviter de détermi- 
ne, une secousse générale , et lorsqu'il ne convient 
pas de provoquer un vomissement soutenu. Comme 
il détermine moins souvent la purgation que le tar- 
trite de potasse antimonié , il peut aussi être employé 
dans les cas où l'effet purgatif doit être évité. 

Racines de ^violette canine ( xnola canina _, L .) , 
€t de 'violette odorante ( viola odoraCa , L. ). Les 
expériences cliniques de MM. Coste , Willemet et 
INiemeyer démontrent que ces racines sont , comme 
vomitifs , très-inférieures à celle de calicocca ipéca- 
cuanba ; elles provoquent le vomissement d'une ma- 
nière plus inconstante ; elles produisent des elforls 
moins soutenus, moins réitérés; elles déterminent 
facilement la purgation ; elles ont besoin d'être ad- 
ministrées à plus grande dose , et sont plus désagréa- 
bles à prendre. MM. Coste et Willemet ont vu deux 
à quatre grammes ( 7 gros à i gros ) de racine de vio- 
lette odorante en poudre provoquer trois vomisse» 
mens et cinq à six selles. M. INiemeyer a vu un 
demi-gramme à un gramme (9a 18 grains ) de racine 
de violette canine en poudre produire chez douze in- 
dividus un vomissement et cinq à six selles , et quel- 
quefois ne provoquer que la purgation* Leur décoc- 
tion aqueuse est encore plus inconstante : aussi ces 
racines ne méritent - elles pas d'être employées 
comme vomitifs. 

Feuilles et racines iFasanim ( asariim europœum , 
L.). Il faut choisir cette plante récollée dès le com- 
mencement du printemps ou vers l'automne; elle 



o8o PHARMACOPEE 

s'altère facilement ; ses propriétés paroissent varier 
selon son exposition , l'époque de sa récolte , son an- 
cienneté , etc. C'est peut-être à cela qu'il faut rap- 
porter les variétés qu'elle présente dans san action 
vomitive. On emploie la racine plus souvent que les 
feuilles. On administre la première eu poudre, et 
celles-ci à l'état d'infusion aqueuse : la dose de la 
poudre est de 25 centigrammes , d'un demi-gramme 
à un gramme (4 |, g à 18 grains) et plus. Au rapport 
de Culleu , l'action vomitive de cette racine n'est point 
en raison de sa dose. Pour préparer l'infusion aqueuse 
des feuilles , on prend un quart de gramme à uu 
demi-gramme (4739 grains) pour un décilitre 
( 3 onces) d'eau. 

L'action vomitive de la racine d'asarum d'Europe 
paroît présenter quelque analogie avec celle de l'ipé- 
cacuanba ; néanmoins elle est moins constante ; elle 
est plus souvent accompagnée de la purgation , ou 
remplacée par elle. La saveur et l'odeur de celte ra- 
cine sont d'ailleurs désagréables. L'action vomitive 
de l'infusion aqueue de.^ feuilles paroît encore moins 
conslanle: aussi n'eraplo;e-t-on ce raoyen que lors- 
qu'on ne peut se procnrer d'autres vomitifs. 

Bulbe de scille {^scilla maridnia , L. ). On em- 
ploie ]aiemcntsapoiidre;le plus ordinuireraent c'est 
l'oxymt'l scillitique ou le siroj) de vin;)igre soillitiquc 
La dose de ce médicîjmènt est variable ; son action est 
inconstante et n'a aucun avantage sur celle de l'ipé- 
cacuanba. 

SiilfcUe (le zinc. On emploie fjuelquef'^is ce sel à. 
la dose d'ui quart de gramme , d'un demi-gramme à 
un gramme (-fl; (jà iti grains), eu soluliou daaS: 



CLIK-IQUE. 38l 

quantité suffisante d'eau ; il n'a aucun avantage sur 
le tarliile de potasse antimonié , si ce n'est qu'il pa- 
roît provoquer le vomissement avec plus de promp- 
titude que lui : aussi l'emploie-t -on quelquefois dans 
le cas de lésion cérébrale déterminée par l'introduc- 
tion des narcotiques dans l'estomac. 

Les vomitifs sont en général les moyens qu'on a le 
plus souvent employés seuls : néanmoins quelques 
médecins unissent fréquemment le tartrite de potasse 
antimonié avec l'ipécacuanlia. Je doute qu'ils puissent; 
se rendre raison des motifs qui les portent a faire ce 
mélange ; d'ailleurs rien n'en démontre la nécessité. 
On ne conserve pas de vomitifs composés dans les offi- 
cines. Ai-je besoin de faire voir combien se trompent 
ceux qui administrent à la fois un vomitif et un séda- 
tif? car si le vomitif agit d'abord , il fait rejeter le sé- 
datif, et rend l'action de ce dernier nulle ;si le séda- 
tif agit le premier, il peut annihiler l'action de l'autre. 
Or , il en est de même de la plupart des moyens 
qu'on mêle au vomitif, dans l'intention de pro- 
voquer plusieurs médications à la fois. 

Moyens mécaniques. Ces moyens consistent dans 
la distentiou outre mesure de l'estomac. On se sert à 
cet effet de l'eau tiède ; elle fait vomir sans provo- 
quer de secousses générales, et sans déterminer d'ir- 
ritation locale : aussi l'emploie-t- on lorsqu'on doit 
craindre de produire une irritation générale et lo- 
cale , et surtout lorsqu'on doit delà} er en même 
temps des substances irritantes contenues dans l'es- 
tomac, par exemple, dans le cas d'empoisonnement 
avec inflammation de ce viscère. On l'associe ordi- 
nairement aux vomitifs précédens , afin de faciliter 



3r>2 pHAPvMACOpiE 

leur aclion , et de la rendre moins pénible et moins 
fatigante. 

Moyens sympatJiiques» Les moyens sympotLiques 
dont on fait usage sont la titillation de la luette et les 
frictions circulaires à l'épigastre , mais surtout la ])re- 
mière. Seule, elle suffit souventj elle favorise tou- 
jours l'action du vomitif direct : elie convient sur- 
tout lorsqu'il s'agit de provoquer le vomissement 
sans introduire de substances dans l'estomac, comme 
dans beaucoup de cas d'indigestion avec plénitude 
entière de cet organe. 

RÉSUMÉ. 



Je vais indiquer successivement les diftérentea 
modifications pratiques dont le vomissement est sus- 
cejilible. 

Nausées et 'vomituritlons. Ou provoque les nau- 
sées et les vomituritionsavec les moyens déjà énon- 
cés, et surtout avec Tipecacuanha, la scille, et avec 
le tartrile de potasse antimonié. On administre ces 
«substances à de petites doses fréquemment répétées, 
et sans faire suivre leur usage de l'administration de 
boissons aqueuses tièdes. Lorsqu'on se sert d'ipéca- 
cuanba,on ledonne en pastilles ou en sirop, etquel- 
cjuefois à l'état de macération alcoolique. On peut 
employer les pastille^de tarlrite dépotasse antimonié 
très- étendu, ou sa solution aqueuse dont on fait 
prendre une cuillerée à café dedistance en distance , 
et enfin son sirop. Si on fait usage de la scille, on 
peut administrer ses paslillcsou souoxyme]; l'oxyde 
d'antimoine bydro-sulfurebrun peut être administré 



e L I ir I Q u E. 383 

en poudre étendue dani du sucre, eu pastilles, ou 
en suspensiim aqueux. 

On provoque les nausées pour relever et exciter 
l'aclion digestlve, pourexciter la sueur, Tapparition 
des phlegmasies cutanées; on les provoque poi r 
aider l'expectoration , par exemple, dans le catarrhe 
chronique du larynx, des bronches j dans la troi- 
sième période du catarrhe aigu , dans la coquelu- 
che , etc. On y a recours dans des cas d'hémoptysie 
passive , de méuorrhagie , dans les affections lentes 
des organes abdominaux. 

Vomissement sans secousse notable. On pré- 
fère, pour le provoquer, de recourir à l'usage de Fi- 
pécacuanha ; ou , si on se sert de tartrite de potasse 
antimonié, il faut le dissoudre dans les proportions 
indiquées plus haut, et employer à cet effet un li- 
quide mucilagineux et sucré : il faut faire boire abon- 
damment dès que le vomissement a lieu. Avant de 
recourir au tartrite de potasse antimonié pour provo- 
quer cette espèce de vomissement, il faut bien con- 
noître les degrés de susceptibilité de l'estomac; sans 
cela on pourroit donner lieu aux phénomènes géné- 
raux , quelques précantionsqu'on prît d'ailleurs pour 
les éviter. L'administration de l'eau tiède et la titilla- 
lion di' larynx peuvent sufiire. On provoque ce vo- 
missement t(jules les fois qu'il ne faut agir que loca- 
lement, et lorsqu'une secousse générale peut deve- 
nir nuisible , par exemple, dans les fièvres inflam- 
matoires et adynaraiqu(îs très- intenses , dans le» 
phlegmasies aiguës très-fortes d'organes essentiels à 
]a vie, dans les cas d'hemorrhagies actives, de hernie 
non ou mal maintenue, dans l'état de gestation, etc. 



384 PHARMACOPEE 

Les circonstances locales qui inJiqiienl cette es* 
pèce de vomissement sont Tembai ras gastrique , 
l'indigestiou el l'empoisonnement : les moyens va- 
rient selon ces differens cas. Dans l'embarras gas- 
trique on emploie le tartrite de jiotasse aiilimonié 
ou l'ipécacuauha j leur choix dépend moins de l'ëlat 
maladif que de la susceptibilité individuelle et de 
la maladie complicanle. Dans le cas d'indigestion , 
on emploie des mo} eus variés, selon que l'estomac 
est gorgé ou non d'alimens. Dans le premier cas, 
il est préférable de recourir à la titillation de la 
luette et du pharynx; car si on emploie le tartrite 
de potasse antimonié en trop petite quantité , il est 
sans effet, et si on le donne à trop grande dose, il 
peut déterminer des accidens graves. Ce sel convient 
au contraire lorsque l'estomac ne contient que peu 
de matières alimentaires. 

Dans l'empoisonnement , il faut rechercher si 
la membrane muqueuse de l'estomac est eiiilammée 
et même cautérisée ou non : dans ce cas , il faut 
anssiipt faire prendre de l'eau tiède en grande quan- 
tité et titiller la luette. Si Tinllammation n'existe pas 
encore et que le poison agisse lentement, on peut 
de suite recourir au tartrite de potasse antimonié 
ou au sulfate de zinc. Il en est de même -orsque 
l'cmpoisoimement existe sans Tinllammation de l'es- 
ioiïiac, mais avec des phénomènes narcotiques. 

Vaiuisscnient a^'ec secousse générale. Pour pro- 
voquer celte espèce de vomissement, on a recours 
au tartrite de potasse antimonié ; on l'administre peu 
élendo, < I on ne donne que peu d'eau tiède. Lors- 
qu'on ne peut se j)rocurcr ce sel, on emploie quel- 



e 1 î N I Q u E. 385 

quefois la racine d'hellébore noir , la seconde ëcorce 
de sureau noir , Therhe de gratiole ofiicinale ; mais 
leur action moins constante est accompagnée de la 
purgation. 

On provoque cette espèce de vomissement dans 
l'imminence d'affections graves, par exemple, de 
l'angine gutturale avec gonflement des tonsilles, du, 
croup , du catarrhe suffocant , de Tapoplexie incom- 
plète sans menace de congestion sauguiue vers la 
tête; on l'excite dans differens cas d'hémorrhagies 
pulmonaire et utérine , sans qu'il y ait excès d'irri- 
tation ou d'atonie. On la provoque pour favoriser 
l'éruption de phlegmasies cutanées , pour faciliter 
la sortie de corps étrangers contenus dans la tra- 
chée-artère et dans le larynx, pour supprimer les 
accès de fièvres intermittentes „ les attaques de dif- 
férentes névroses , par exemple, de manie, d'épi- 
lepsie , etc. Lorsqu'on veut provoquer le vomisse- 
ment pour combattre une fièvre intermittente , on 
administre le vomitif une heure avant l'accès ou 
y ers la fin du frisson. 

Cette espèce de vomissement est contre - indi- 
quée toutes les fois qu'il y a irritation ou débilité 
générale très-grande, lorsqu'une hernie n'est pas 
maintenue : elle est contre-indiquée durant la mens- 
truation , dans l'imminence de congestion sanguine 
vers l'encéphale, dans l'anévrysme du cœur et de 
l'aorte , etc. 

§ II. Purgation* 

La purgation consiste dans l'éjection , par l'anus , 
des matières contenues daias le eouduit alimentaire , 



386 PHARMACOPÉE 

dans raugmculalioii de la sécrélioii du mncns intes- 
tinal , dans la contraction pérlslahique de l'inieslin, 
et dans un trouble général plus ou moins grand. 

Les phénomènes locaux de la purgalion peuvent 
être accompagnés de borborygmes , de coliques ^ de 
ténesmes ; la chaleur de l'inteslui peut être augmen- 
tée. L'estomac et l'appareil billaue peuvent partici- 
per à celte excitation : de-là un sentiment de pesan- 
teur dans l'épigaslre, la perte d'appétit, ime douleur 
que détermine la pression qu'on exerce à l'épigastre, 
des nausées et même le vomissement. L'excrétion bi- 
liaire peut être augmentée. Le produit des premières 
déjections alvines est ordinairement composé de ma- 
tières slercoralesj survient ensuite un liquide vis- 
queux et filant , ou plus ou moins liquide et ténu , 
incolore ou de couleur variée du jaune au vert et 
même au brun foncé. Les dernières déjections ne 
contiennent que les boissons. 

Ces phénomènes peuvent succéder , avec plus 
ou moins de promptitude, à l'emploi des excltans ; ils 
peuvent se développer avec plus ou moins de facilité, 
selon le tempérament parlicuiler de l'intestin. Or, 
celui-ci varie en susceplibllilé selon l'âge, le sexe, 
le tempérament général , les saisons , les climats , 
l'élat maladif, et il est souvent indépendant de toutes 
ces circonstances. 

Ils durent ordinairemefnt de six à sept heures. Ils 
cessent en rétablissant le conduit intestinal dans son 
étal ordinaire , ou sont suivis d'un élat de constipa- 
lion ou de diarrhée plus ou moins opmlâlre. L'abus 
des purgatlons peut suitout délerminer l'un ou l'au- 
Ue de ces effets , el même la lienlerie. 



tCLÏNIQUE» 3^-^ 

Les phénomènes locaux de celte médication ii'exis« 
tent pas toujours seuls; ils peuvent être accompa- 
gnés d'une lésion plus ou moins marquée dans 
l'exercice des autres fonctions. Les phénomènes gé- 
néraux varient selon les différentes périodes de la pur- 
gation. Lorsque les coliques se manifestent, le pouls 
est fréquent , petit , inégal , et même intermittent ; 
ou éprouve un sentiment de froid général J il y a sup- 
pression , diminution ou au moins altération du pro- 
duit des sécrétions et des exhalations de la peau , du 
tissu cellulaire soucutané et des membranes mu- 
queuses supérieures. Il y a quelquefois absorption 
subite du sérum épanché dans les cavités splanchni- 
qnes. Les sensations sont obtuses etfoibles; il y a pro- 
pension au sommeil , incapacité à l'exercice des fonc- 
tions intellectuelles , lassitude , abattement général j 
les traits de la face sont affaissés, etc. Vers la fin de 
îa purgation la sécrétion urinaire augmente , le pouls 
f éprend son état ordinaire ^ les sécrétions et les exha- 
lations des organes éloignés recommencent; la débi- 
lité générale cesse , ou si les phénomènes généraux 
ont été trop intenses , il peut survenir un état ady- 
ïiamique. 

On provoque la purgation pour n'opérer qu'un 
effet local , ou pour provoquer un trouble général. 
Dans le premier cas c'est pour favoriser la sortie des 
matières contenues dans l'intestin , pour combattre 
un embarras intestinal , une constipation , etc. Dans 
l'autre , c'est pour agir secondairement sur l'encé- 
phale et sur les organes locomoteurs , sur les mem* 
branes séreuses, sur l'estomac, etc. Ou a en vu tan- 
tôt la sécrétion muqueuse , tantôt la contraction pé- 



388 PHARMACOPÉE 

rlstallique , tanlol réjeclion des matières contenues 
dans le tube intestinal. Les moyens doivent nécessai- 
rement varier dans ces dlflérens cas. La purgalion est. 
contre-indiquée dans les phlegmasies aiguës, les hé- 
raorrhagies actives et les lésions de texture de Tintes- 
lin j ou , si elle est nécessaire , ce n'est que pour 
donner issue aux matières stercorales qui par leur 
présence peuvent augmenter l'irritation existante. Il 
est des cas où l'action secondaire de la purgalion peut 
être à redouter ; cela a lieu surtout durant le cours 
de phlegmasies , de sécrétions ou d'exhalations qu'on 
doit respecter ; par exemple , durant les plilegmasies 
pulmonaires , durant la sueur et la sécrétion criti- 
que de l'urine, durant une menstruation régulière , 
etc. Il ne faudroit cependant pas croire que la sup- 
pression de ces affections en est un effet constant ; 
car la menstruation persévère souvent malgré les 
j)urgalions drastiques ,etc; mais ces exceptions n'em- 
péclient pas que le contraire n'ait fréquemment lieu. 
On peut provoquer cette médication à l'aide d'ex- 
citans directs, à l'aide de moyens sympathiques , 
ou par des moyens mécaniques. Le nombre des sul> 
stances susceptibles de provoquer directement la pur- 
gation est très-grand. A la rigueur il u'est pas de 
corps qui ne puisse la déterminer , pourvu qu'on 
l'administre à dose sufiisante. Parmi ces substances, 
toutes n'agissent pas avec la même constance, ne sont 
pas d'une administration également facile. Les unes 
ont besoin d'être administrées en grande quantité ; 
d'autres peuvent , même à très-petite dose, occasion- 
ner des accidens locaux ou généraux très-graves , 
tels que l'iullc^maliou , le narcolisme , l'empoisottr 



CLINIQUE. 3S9 

nement. C'est en partie pour la première raison 
qu'on n'emploie point les amers , les térébenlliines , 
le soufre , l'alun, les substances végétales aromati- 
ques; et c'est pour la seconde qu'on fait peu usage 
des sels métalliques, des végétaux acres, etc. 

Quelques-unes de ces substances peuvent provo- 
quer la purgalion , lors même qu'on les met en cou- 
tact avec la peau ou avec le tissu cellulaire soucutané. 
Toutes produisent un effet plus ou moins analogue , 
soit qu'on les introduise dans Testomac , ou qu'on les 
injecte dans le gros intestin. Les unes affectent en 
même temps l'estomac , tandis que d'autres ne pa- 
roissent pas porter atteinte à l'exercice de ses fonc- 
tions , quoiqu'on les introduise dans sa cavité ; il en 
est même qui , administrées de cette manière , ne pa* 
roissent agir que sur le gros intestin. Quelques-unes 
paroissent plus particulièrement exciter la sécrétion 
biliaire , d'autres la sécrétion muqueuse , quelques- 
unes l'exhalation muqueuse , et quelques autres la 
circulation capillaire , etc. On ne peut nier que l'ima- 
gination exerce souvent une intlueuce notable sur 
l'action des purgatifs. On a vu des substances nulle- 
ment douées de ces propriétés , produire cependant 
cet effet chez des sujets auxquels on avoit fait croire 
qu'on leur adminislroit un purgatif, et a)ice versa. 
On sait que certaines odeurs désagréables, que la 
frayeur, que le refroidissement subit de la peau , et 
suitout de la plante des pieds et de l'abdomen, que 
les frictions des parois abdominales produisent sou- 
vent une action purgative. En général on a peu re- 
cours aux moyens sympathiques pour provoquer 
cette médication. On fait plus particulièrement usage 



3go PHARMACOPÉE 

des excitans directs. On applique rarement ceirx-Cî 
en fiiction cutanée j leur action est moins conslante; 
d'ailleurs elle ne peut avoir lieu chez tous les indi- 
vidus , et elle fait participer tout l'organisme à cet 
état d'irritation, qui souvent doit être purement lo- 
cale : ce mode d'application ne paroît pas d'ailleurs 
convenir pour toutes les substances. Il est donc pré- 
férable d'introduire direclement les purgatifs dans 
le conduit intestinal. On les fait prendre en lavement 
lorsqu'on veut plus particulièrement agir sur le gros 
intestin, et lorsque le sujet ne peut avaler, ou qu'il 
a une répugnance invincible pour ces moyens, ou 
enfin lorsque l'estomac est malade. On les introduit 
par la bouche, soit qu'on veuille agir sur Tinleslin 
grêle ou sur le gros intestin, mais particulièrement 
lorsque l'intestin grêle doit être le sié^e de la pur- 
gation. 

Lorsqu'on administre les purgatifs par la bouche, 
on fait souvent précéder leur emploi par un traite- 
ment préliminaire : c'est ainsi qu'on fait usage de 
boissons abondantes légèrement purgatives. Mais 
ces moyens ne sont pas toujours nécessaires, si ce 
n'est lorsqu'on veut combattre une constipation opi- 
niâtre, lorsque la purgation n'est pas subitement 
indiquée et qu'elle est difficile à provoquer. On em- 
ploie à cet effet du bouillon de veau, du bouillon 
aux herbes, du petit-lait, etc. , ou des sels neutres ou 
acidides, tel que le tartrite acidulé de potasse, qu'on 
dissout dans cent fois environ leur poids d'eau, de 
bouillon ou de petit-lait , etc. On choisit le moment 
de vacuité de l'estomac pour administrer le pur- 
gatif. Ou s'abstient doue à cet effet de toute nour- 



CLINIQUE. Sgi 

rîture douze heures envlrou avant : mais il y a beau- 
coup de circonstances dans lesquelles cette précau- 
tion est inutile. On choisit ordinairement le matin, 
parce que la digestion est achevée à celte époque: 
cependant lorsque l'action du médicament est lente, 
on préfère l'administrer le soir. On administre les 
purgatifs sous des formes variées qu'on peut su- 
bordonner au goût du malade, aux propriétés parti- 
culières du médicament et à la promplitude avec 
laqielle on veut agir. 

On doit masquer, autant que possible , l'odeur et 
la saveur désagréables des purgatifs; c'est pour y 
parvenir qu'on leur donne la forme de pilules, de 
bols, et qu'on les administre sous le moins de vo- 
lume possible lorsqu'on est obligé delesfaire prendre 
à l'état liquide. On prend souvent pour intermèdes 
des substances propres à agir elles-mêmes comme 
purgatifs, telles que le petit-lait , le miol, la pulpe 
de pruneaux , l'eau de pruneaux, de tamarin, de 
casse, etc. L'addition des aromatiques a l'avantage 
de s'opposer h ce que le médicament ne soit pas 
rejeté par le vomissement , lorsque l'estomac est 
doué d'une susceptibilité extrême. Sydenliam faisoit 
prendre un peu d'opium avant d'administrer un pur- 
gatif. Si on ne veut pas sentirla saveur et l'odeur dé- 
sagréables du médicament, il suffit de laver la bouche 
immédiatement avant avec de Taîrool étendu d'eau, et 
de boucher les narines. On peut laver de nouveau 
la bouche avec du vinaigre , ou mâcher un corps 
douxet aromatique immédiatement après avoir avalé 
le médicament. Une position verticale et un léger 
«xercice s'opposent également à ce qu'on ne le re- 



^92 ppiarmacopée 

jette par le vomlssemeut. Mais on conçoit que de 
pareilles prëeaiitious ne sont nécessaiies que pour 
les individus très-susceptibles , et lorsque lepurgalit- 
M une odeur et une saveur très-désaçréables. On ad- 
ministre ce médicament en une ou en plusieurs fois, 
selon que son action est plus ou moins constante , 
selon qu'elle est plus ou moins proportionnée à la 
dose et selon l'intensité d'effet qu'on veut obtenir. 
On ne doit pas s'endormir durant l'action du pur- 
gatif, si ce n'est lorsqu'elle est ou très-intense ou 
Irès-lente. On doit rester pendant ce travail dans 
une température douce , se soumettre à la diète et 
éviter tout exercice immodéré. On facilite l'action 
du purgatif à l'aide de boissons aqueuses, de liquides 
gélatineux , mucilagineux, sucrés et même acidulés^ 
tels que les bouillons, l'eau d'orge, une infusion 
aromatique légère , le petit-lait , la limonade , etc. 
La température de ces liquides est souvent indif- 
férente : si on en excepte les boissons acidulés , on 
les administre tièdes. On ne commence à prendre 
de ces boissons qu'au moment où les coliques et le 
besoin d'aller à la selle se déclarent. On les em- 
ploie en quantité plus grande si l'action doit être 
lente et locale que dans le cas opposé. 

Lorsque l'action du purgatif est nulle ou trop 
îen.'e, il faut en administrer une nouvelle quantité 
à moindre dose quelaprenùère fois, ou faire prendre 
un sel neutre dissous dans l'eau ou dans un liquide 
légèrement purgatif. Si l'action du médicament est 
trop intense, on a recours aux boissons aqueuses ,^ 
mucilagiieuses , g^dalineuses ou sucrées, aux boui^^- 
louS| au lait étendu d'çau , çtc. 



C L I N- I Q U E.' 3q3 

Lorsque la puri^atioo est terminée et qu'il suc- 
cède un état de débilité, on a recours au vin ou à 
d'autres toniques analogues. S'il survenoit une sus- 
ceptibilité et une mobilité très-grandes, il faudroit 
recourir à l'emploi de l'extrait aqueux d'opium, de 
l'étber ou d'autres moyens semblables. Ou passe 
graduellement au régime de vie ordinaire, surtout 
lorsque la purgation a été intense, et que ses phé- 
nomènes ont eu leur siège dans l'estomac et l'in- 
testin grêle. 

Lorsqu'on introduit les purgatifs dans le gros in- 
testin , on ij'a pas besoin de traitement préliminaire ; 
il suffit d'évacuer préalablement les matières sterco- 
rales amassées dans le rectum et le colon, afin de favo- 
riser l'action du médicament. Ou lui donne le plus 
ordinairement la forme liquide ; on ue l'administre 
à l'état de suppositoire que lorsqu'on veut plus par- 
ticulièrement exciter le rectum, et lorsqu'il s'agit 
de combattre une constipation opiniâtre. On faifc 
prendre le lavement sous le moins de volume pos- 
sible , afin qu'il ne soit pas rejeté aussitôt. J'ai fait 
voir ailleurs ce qu'on doit penser des formes ga- 
zenses sous lesquelles on administre quelquefois les 
puri^alifs. Enfin on peut provoquer la purgation 
chez le nourrisson en administrant des purgatifs à 
la nourrice. On n'a pas encore recberclie jusqu'ici 
si le lait peut se charger de l'action de tous les pur- 
gatifs; mais on sait qu'il contracte les propriétés du 
séné, de la rhubarbe, du jalap, etc. 

Lorsqu'on veut purger durant le cours des ma- 
ladies, on choisit Tintermission ou la rémission; on 
pe le fait poiut lorsqu'il se déclare quelque effort 



3)4 PHARMACOPléE 

critique. Les saisons sont indifférentes : on évite seii- 

lemenl nue chaleur et un froid excessifs. 

Je vais examiner successivement les moyens doui 
on se sert pour provoquer cette médication. 

I**. Substances qui sont nutritives en totalité ou 
en partie i^ qui, convenablement administrées ^ 
peuvent provoquer la purgalion sans détermi^ 
ner de douleur ni de chaleur locale , sans oc-* 
casionner de phéno?nèjies sympathiques évi" 
dens , qui n'agissent qu'à grande dose , et qut 
ne peuvent occasionner d' inflammation , à 
moins qu elles ne soient altérées ou sophisti- 
quées. 

Ce sont les huiles fixes, les corps mucilagineux 
et sucrés. 

Huiles fixes. 

On emploie plus particulièrement celles d'olives^ 
d'amandes et de ricin. Cette dernière n'est pas tou- 
jours préparée avec le même soin ; elle contient 
souvent une matière susce])lible d'irriter; elle est 
fréquemment sophistiquée. Lors(|u'elie est parfaite- 
ment pure, elle ne paroît avoir aucun avantage sur 
les autres huiles lixes; rien au moins ne le démontre 
jusqu'ici. On doit choisir ces huiles nullement ran- 
ces; on les introduit par la bouche ou par l'anus. Ou 
les emploie puresou étendues dans de l'eau (tome II, 
page 2oi); leur dose varie de lo à loo grammes 
(3 gros à 3 7 onces) et au-delà. Elles répugnent à 
beaucoup de personnes. Elles rancissent facilement 
dans les voies digestives, et occasionnent alors des^ 



C L î 5T I Q ÎT E; SgS 

coliques et des flatuosités ; à grande dose elles peu- 
vent provoquer le vomissement. On n'y a que ra- 
rement recours; d'autres substances peuvent opérer 
le même effet sans présenter le même inconvénient 
qu'elles. 

Gélatine, 

On emploie particulièrement les bouillons de veau, 
de poulet, de grenouilles, etc. On les fait prendre 
à grande dose ; leur action purgative est très-foible ; 
aussi est-ce moins pour purger que pour favoriser 
une purgatioa qu'on en fait usage. 

Petit-lait. On le prépare de la manière indi-. 
quée page 198 de ce tome. On l'administre par 
verres, qu'on renouvelle à des intervalles plus ou 
moins éloignés. Ou l'emploie souvent comme véhi-^ 
cule de purgatifs plus actifs. Son action est lente et 
peu intense : on l'emploie plutôt pour disposer à 
cette médication, ou pour favoriser l'action d'autres 
purgatifs, que pour provoquer cet effet lui-même., 

Corps sucrés. 

Le sucre pur ne paroit pas jouir d'une action 
purgative notable ; il n'en est pas de même lors- 
qu'il est uni à d'autres matériaux immédiats, tels 
que le muqueux , l'extractif , des matières odo- 
rantes, etc. 

Miel. On l'introduit par la bouche ou par l'anus. 
Dans le premier cas , on choisit celui qui est blanc, 
et on l'administre directement ou étendu dans de 
l'eau : sa dose est d'un à plusieurs hectogrammes , 
(3 à 6 onces). Dans le deuxième cas , on se sert de 



oqG PHAR.MACOP:éE 

miel jaune, et on le délaye préalablement dans quan- 
tité suIfisanJe d'eau et sous des proportions plus ou 
moins grandes. 

Le miel employé à petiîe dose ne produit pas 
d'effet purgatif notable j ii est même souvent inac- 
llf à celle de 2 à 3 hectogrammes (6 à i2 onces). U 
occasionne ficilement des ilatuosités et des coliques; 
il participe quelquefois aux propriétés des plantes 
sur lesquelles il a été cueilli. On lit dans les Ephé- 
mérides des Curieux de la nature l'observation d'inie 
fille uarcotisée par le miel. Xénoplion, dans l'iiis- 
toire de la retraite des Dix-Mille , parle d'un cbolé- 
ramorbus avec délire dont les soldats furent affec- 
tés pendant deux jours près de Trébisonde , après 
avoir mangé beaucoup de miel. Mais ces effets sont 
si rares dans nos climats, qu'à peine on en cite des 
exemples. Le miel seul est peu employé comme 
purgatif, si ce n'est lorsqu'on veut déterminer un 
effet léger sur le gros intestin. 

Manne. On l'administre le plus ordinairement 
par la bouche ; on préfère la manne en larmes et 
eu sorte. On doit rejeter la manne grasse ; elle est 
impure et contient souvent des drasli([ues. On la 
donne rarement dans son élal solide ; on la dissout 
le plus ordinairement dans l'eau. Son odeur nau- 
séabonde est moins marquée si l'on fait cette solu- 
tion à froid et par trituration , que lorsqu'on a re- 
cours à l'iulermède de la chaleur. Quatre parties 
d'eau suffisent ordinairement pour en dissoudre une 
de manne : on passe le liquide à travers une toile 
afin de séparer les corps étrangers que la manne 
contient. On peut remplacer l'eau par une émulslou 



CLINIQUE. 3gj 

ou par du lait ,el aromaliser ce solutum avec un peu 
d'eau distillée de fleurs d'oranijrer. La dose de la 
manne est de 3o à 60 grammes ( i à 2 oices) et au- 
delà : on peut sans inconvénient en l'aire prendre 
une beaucoup plus forte. 

Sou action puigative est douce , sans colique ; elle 
consiste ordinairement dans cinq à six selles; elle 
occasionne quelquefois des llatuosités et des borbo- 
lygmes. Lorsqu'elle est sophistiquée, elle déter- 
mine des accideus variés, selon les substances aux- 
quelles elle est unie. De la manne que j'avoîs ex- 
posée pendant plusieurs jours à la chaleur du bain- 
marie bouillant, et qui avoiten grande partie perdu 
sonodeur, étoit aussi purgative qu'auparavant. L'eau 
distillée ne produisit pas d'effet notable chez le 
même individu que la manne ainsi privée de son 
odeur avoit purgé; elle ne provoqua pas non plus 
celte médication chez d'autres individus. 

Fruits doux acidulés. 

Les fruits doux acidulés paroissent plus suscep- 
tibles d'agir comme légers pur^^atifs, que ceux, qui 
n'ont pas de saveur aigrelette. Ils paroissent jouir 
de cette propriété à un degré plus marqué lors- 
qu'ils sont frais que lorsqu'ils sont desséchés , à 
moins qu'on ne les fasse cuire pour les convertir 
à l'état pulpeux. Leur dose n'est rien moins que 
rigoureuse : leur action purgative est très -légère; 
elle est peu constante : ils ne peuvent guère con- 
venir que lorsqu'il s'agit de combattre uu état de 
constipation. 



3g8 PHARMACOPEB 

Pruneaux. Ce sont les fruits doux qu'on em* 
ploie le plus fréquemment; on les fait cuire avec 
un peu d'eau , et on s'en sert à titre d'alimens. On 
extrait leur pulpe en les passant à travers le tamis 
après les avoir ramollis par Ja coction ; on y ajoute 
du sucre s'ils ne sont pas assez doux , et on les 
aromatise convenablement. Leur décoction aqueuse 
(eau el jus) n'est employée que pour servir d'in- 
termède à d'autres purgatifs. Les pruneaux peuvent 
remplacer la plupart des corps extracto -sucrés, et 
surtout la casse» 

Casse ( cassia fistula , L. ). On choisit la casse 
qui n'a pas fermenté , et qui n'a point été sophisti- 
quée. Ou extrait sa pulpe extemporanément ; à cet 
effet on contond légèrement une des sutures longi- 
tudinales de la gousse ; celle-ci se sépare en deux , et 
on en ratisse l'intérieur à l'aide d'une spatule» 
Pour en séparer les noyaux , il suffit de la passer à 
travers un tamis. La gousse fournit ordinairement la 
moitié de son poids de parenchyme en noyaux, et 
celui-ci la moitié de son poids de pulpe. On peut ad- 
ministrer la pulpe de casse directement, ou la mêler 
avec partie égale de sucre, et l'aromatiser convena- 
blement; à cet effet, on l'expose à une douce cha- 
leur avec le sucre et une petite quantité d'eau ; on 
agite continuellement jusqu'à consistance d'elec- 
tuaire; on retire alors le mélange du feu ; on le laisse 
refroidir, et on y ajoute un peu d'eau distillée de 
Heurs d'oranger; c'est laçasse cuite du code de Paris. 
Comme la pulpe de casse occasionne facilement des 
coliques , on préfère souvent son extrait aqueux. 
Pour préparer celui-ci ou fait macéier le parcuchyrae 



CLlKIQtJE. 599 

clans l'eau, et o:i évapore le produ'l : cet extrait 
C3nstilue les 0,26 de ia pulpe. v)ii l'administre de la 
même manière que cette dernièi e , ou en solution 
aqueuse: sa dose n'est pas rii^oureuse. 

La dose de la pulpe de casse est de 20 à 100 gram- 
ines(6 gros à 4onces). Son action purgative estlégère, 
très-lente. La casse ne commence à agir que six heures 
après son administration : aussi radministre-l-on or- 
dinairement le soir. Elle occasionne facilement des 
ilatuosités , desborborygmes. L'urine contracte une 
couleur brunâtre , d'après l'observation de Sennert. 
La casse n'a aucun avantage sur les pruneaux ; elle 
est exotique, souventaltèrëe et sophistiquée : la décoc- 
tion aqueuse de ses valves estacerbe et non purgative. 
Tamarin ( tamarindus indica , L. ). On peut , 
en grande partie, rapporter au tamarin ce que je 
viens de dire de la casse , d'autant plus qu'il est déjà 
séparé de sa gousse, qu'il contient souvent du cuivre, 
et qu'il est fréquemment sophistiqué. Pour se con- 
vaincre s'il contient du cuivre, on le chauffe dans un 
vaisseau de porcelaine , et on l'agite avec une spa- 
tule de fer : le cuivre recouvre la spatule ; on peut; 
même l'enlever entièrement de cette manière. On 
emploie la pulpe de tamarin , son extrait aqueux et 
son infiision aqueuse. On prépare la pulpe et l'extrait 
aqueux de la même manière que les analogues de la 
casse. Pour préparer le solutum aqueux partiel , on 
traite le tamarin dans un vaisseau de porcelaine ou 
d'étain avec de l'eau tiède ; on passe ce liquide 
à travers une étamine. Les proportions ordinaires 
sont de cinq à dix parties de tamarin sur cent par- 
ties d'eau. On l'administre par verres j on Tem- 



400 PHARMACOPEB 

ploie quelquefois comme véhicule d'autres purgatifs» 
L'action purgative du tamarin est lente , peu in- 
tense; elle n'est pas suivie de constipation. On rqm- 
placeroit ce parenchyme avautageusemeut en mêlant 
du tartrite acidulé de potasse avec des propor- 
tions variées de pulpe de pruneaux. On pourroit 
mieux graduer la dose de ce mélange , et on seroit 
plus assuré de ses effets. 

2°. Substances non nutriLlves , qui ne sont pur ga^ 
tU'es qu'à grande dose , ne produisent pas de 
constipation subséquente , ne sont pas suscepti' 
blés de produire de chaleur ni de douleur loca- 
les , à moins qu'il ny ait cntamure ou phlegma- 
sie , qui déterminent un sentiment de fraîcheur 
générale , et provoquent la sécrétion urinaire» 

Ce sont les sels alcalins et terreux, acidulés et 
neutres. Quoique la plupart des sels jouissent de pro- 
priétés analogues, on n'emploie cependant qu'un petit 
nombre d'entre eux. On choisit à cet effet ceux qui 
sont les plus communs, ceux dont l' extraction ou la 
composition est la plus facile , dont la saveur est la 
moins désagréable , (jui sont le plus solubles dans 
l'eau et le moins susceptibles d'occasionner des acci- 
dens. Les sulfates et les tartrites fournissent jusqu'ici 
le plus grand nombre de sels purgatifs ; les nitrates 
et les murlates ne sont guère employés. Les premiers 
peuvent occasionner l'inilammation , etc. , à la dose 
nécessaire pour produire un effet purgatif; les ma- 
riâtes augmentent la chaleur locale et générale. Les 
carbonates et les acétates sont aussii peu employés. 



€Lî!TIQUE. ^Qt 

On iie fait usnge que du phos];hate de soude. Les 
sels à base d\immoniaque et de baryte ne sont point 
usités j les premiers conviennent mieux pour déter- 
miner l'excitation tonique, et les autres sont véné- 
neux à trop petite dose. 

On emploie les sels à Vé\a\ liquide ; il paroît que 
Faddilion d'une grande quantité d'eau favorise leur 
action purgative. On peut rem placer l'eau par des li- 
quides légèrement purgatifs, tels que le pL-til-iait , 
les bouillons, le jus de pruneaux , etc. 

On n'administre sous forme molle que ceux qui 
sont peu solubies dans l'eau, par exemple, le tartrité 
acidnle de potasse* Les sels sont désagréables à pren- 
dre , surtout lorsque leur saveur salée n'est pas fran- 
che ; l'addition du sucre ne la masque pas assez ; elle! 
paroît même la rendre plus désagréable. 

On introduit ces sels par la bouche ou par l'anus. 
La dose de la plupart d'entrfe eux est à peu près la 
même. Il est difdcile de déterminer si plusieurs pur- 
gent à moindre dose que d'autres; car en employant; 
le même sel chez le même individu en quantité dif- 
férente , je n'ai pas toujours observé que l'action fût 
proportionnée à la dose. J'ai , pendant trois jours , 
administré au même individu des doses différentes 
de sulfate de soude cristallin dissous dans cinq fois 
son poids d'eau : le premier jour 60 grammes ( 2 
onces) produisirent trois selles, le lendemain 3o 
grammes (i once) cinq selles, et le troisième jour 
î 5 grammes ( 4 gros ) cinq selles. Lorsque , pendant 
plusieurs jours de suite ou à des intervalles plus 
grands, j'ai administré ce corps à la même personne 
eu égale quantité et dissous dans des proportions ana- 

II. 2Ô 



4oiî PHARMACOPEE 

logiies, jeiî'ai jamais pu provoquer constammeul une 
]iiiri;alion égaltnieiil intense. J'ai oblcnu des lésul- 
tats analogues avec la plupait des sels neutres, et 
notamment avec le sulf.ile de magnésie , le [fliosphate 
de soude , le tarlrile de potasse et de soude , Je lar- 
Irite acidulé de potasse, etc. J'ai vu le plus souvent 5 
à lo grammes ( i ^ à 3 g»'os) de ces sels être sans ac- 
tion purgative notable. Leur dose ordinaire est de i5 
à 5o grammes (4 gros à i once) : un excès de dose 
ne pareil pas être dangereux. Employés à trop pe- 
tites doses , surtout lorsqu'ils sont étendus , ils aug- 
mentent la sécré'son urniaire ou la transpiiation in- 
sensible. On emploie les sels de préférence lorsqu'on 
veutf)U?ger dans les maladies fébriles, dans les pbleg- 
masies aiguës ( excepte lorsqu'elles atfectçnt l'intestin 
ou l'estomac), lorsqu'on veut entretenir un sen- 
linjcnt de fraîcheur générale , et loi^qu'il s'agit 
moins de provoquer des phénomènes généraux 
que d'exciter la sécrétion ou l'exhalation des surfaces 
muqueuses. 

Les sels les plus usités sont le sulfate de soude , le 
sulfate de magnésie, le phosphate de soude, le tai'- 
trile de potasse et de soude , le tarlrite acidulé de 
j)0tasse,le sulfate de potasse, elle tartritede potasse. 

Sulfate de soude. II faut faire attention s'il est 
efileuri ou crislalliu: dans le premier cas il perd la 
moitié de son poids d'éau de cristallisation; il exige 
le double d'eau pour se dissoudre, et agit aussi d'une 
manière ])lus intense. On emploie ce sel ordirialre- 
ment en solution aqueuse ; il est soluble dans cinq 
fois son poids d'eau froide lorsqu'il est à l'état cris- 
tallin ; il a une saveur peu desagréable ; il est d'ua 



CLINIQUE» 4ô3 

prix modique; il est un des sels les plus employés. 
Ou doit diminuer sa dose de moitié lorsqu'il est ef- 
iHeuri. Il est un de ceux qu'on emploie le plus sou- 
vent en cljslère. Sa dose est alors de 5o à ioo gram- 
mes ( 1 j à 3 onces ) et au-delà. 

Sulfate de magnésie. On l'emploie en solution 
aqueuse ; il exige partie égale d'eau froide pour se 
dissoudre ; il a une saveur amère ; il est d'un prix 
plus élevé que le précédent. Il ne paroît rien présen- 
ter de particulier dans son action. 

Phosphate de soude» On l'emploie de la même 
manière que les précédens. Si ou veut avoir sa solu- 
tion incolore , il faut prendre de l'eau distillée: elle 
est blanchâlre dans tout autre cas. Il estsoluhle dans 
quatre fois son poids d'eau froide. Sa saveur salée 
franche le fait rechercher depuis quelques années ; 
il est d'un prix plus élevé que les précédens. 

Tartrite dépotasse et de soude. On l'emploie en 
solution aqueuse. 11 exige deux fois son poids d'eau 
froide pour se dissoudre. Sa saveur salée franche le 
rend un purgatif agréable. 

Tartrite acidulé dépotasse. Son peu de solubilité 
force à l'employer en suspension dans un peu d'eau, 
ou sous la forme de bols et d'élcctuaire à l'aide de 
quantité suffisante de miel ou de pulpe de pruneaux. 
Si on veut avoir ce sel en solution , il faut le mêler à 
o,i de son poids d'acide boracique. Il se dissout alors 
dans sept fois son poids d'eau bouillante. On le mêle 
à l'acide boracique à l'aide de la trituration , ou mieux 
à l'aide du procédé suivant : on expose une partie d'a- 
cide boracique avec le double de son poids d'eau, dans 
un vaisseau de faïence, à l'action d'une légère clialeur. 



4Q4 PHARMACOPEE 

Lorsque l'eau est Irès-chaudc , on y ajoulc successi- 
vement neuf pailles de larlrile acidulé de pelasse pul- 
vérisé ; on aj^ite continuellement jnsqu'à siccllé; ou 
pulvérise alors le mélange et on le passe à travers uu 
tamis de soie très-fin. 

Ce sel agit comme les précédens* On l'emploie 
dans des cas analogues* 

Sulfate de potasse. On l'administre de la manière 
indiquée page 40G du tome l^i". 11 est moins usité 
comme purgatif que les précédons, si ce n'est lors- 
qu'on veut supprimer la sécrétion du lait , ou com- 
battre les accidensqui en sont le résulta-. Rien ne dé- 
montre cependant qu'il ait sous ce rapport un avan- 
tage sur les autres sels. 

Tartrite de potasse. Ou l'emploie eu solution 
aqueuse ; il se dissout dans deux fols et demie son 
poids dVau froide. Sa saveur est désagréable. Son ac- 
tion ne présente rien de parliculier : aussi est-il peu 
em])lové. 

Mtiriate de soude. Il n'est usité qu'en clystère. 
On rinjecte étendu dans de l'eau. Son action ne pré- 
sente rien de parliculier. 

Eaitx jninérales salines. Ce ne sont que les sels 
précédens dissous dans une grande quanlité d'eau , 
et surtout le sulfate de magnésie , celui de soude, etc. 
Leur action ne présente rien de particulier. On peut 
les remplacer eu dissolvant l'un ou l'autre des sel» 
indiqués dans des proportions déterminées. 



CLINIQUE. 4oa 

3^. Substances qui sont susceptihles d'irriter, de 
déterminer de la chaleur , des douleurs in- 
testinales , de provoqjicr des nausées , le tjo- 
. missement , d'occasionner une constipation sub- 
séquente y de donner lieu, aux phénomènes gé- 
néraux de la purgation , et qui pcu\'ent j, à l'é" 
tat de concentration , déterminer Vinflamma^ 
tion de la membrafie muqueuse du conduit ali" 
mentaire. 

Ces substances sont très-mullipliëes ; elles doivent 
leur action à des matériaux immédiats variés , tels 
que des alcalis , des oxydes et sels métalliques , des 
résines, des huiles volatiles, de l'extractif ,etc.Tous 
les corps susceplibJes d'enllammer les organes peu- 
vent produire la purgation s'ils sont convenable- 
ment étendus. Une différence dans la dose et dans 
le degré de concentration occasionne ici des diffé- 
rences notables dans le degré d'action. Les formes 
sous lesquelles on administre ces substances sont en 
grande partie subordonnées à leurs propriétés par- 
ticulières. C'est surtout lorsqu'on fait usage de ces 
purgatifs qu'il faut avoir égard à l'idiosyncrasie du 
conduit intestinal. On ohrerve (jue, toute chose d'ail- 
leurs égale, les enfaiis les supportent mieux que les 
adultes, les ternpéramens lymphatiques mieux que 
les tempéramens nerveux , et suitout que ceux qui 
sont caractérisés par un excès de susceptibilité; ce 
sont ces substances qu'il est -souvent convenable 
d'administrer gradueliemcnl, suri ont lorsqu'on ne 
iianuoît pas le degré de suscopiibilite du cyuduit 



4oG PHARMACOPEE 

iateslîrial. Elles conviennent pins porlicuHèreraent 
comme pnrgalifs îorsqn'il faut déterminer une ac- 
tion locale 1res - marquée , lorsqu'on veut agii' 
d'une manière générale, on lorsqu'on n'a pas à 
redouter les phénomènes généraux de la purgation. 

Je vais successivement exposer les diftérentc^ sub- 
stances de ce genre que l'usage a plus particulière- 
ment accréditées, 

F\.acme de jalap {^convohndus jalapa , L.J. Ou 
n'administre guère celte racine que par la bouche ; ou 
emploie sa poudre ou son extrait alcoolique pré- 
paré avec l'alcool à 25+o. On suspend ordinaire- 
ment sa poudre dans un peu d'eau, de lait, d'émul- 
sion, d'alcool affoibli, elc*; ou on lui donne la 
forme de pilules à l'aide de quantité snffisanle de 
miel. La dose de la poudre de jalap est d'un demi, 
d'un à deux grammes (9*18 à 36 grains)* 

L'extrait alcoolique de jalap forme les 0,08 en- 
viron de la racine; il faut avoir soin cjii'il ne soit 
l^as sophistiqué. On peut l'administrera l'état pulvéru- 
lent et étendu dans quatre à neuffois son poids de su- 
cre ou d'nn oîéo-saccharum ; on peut lui donner la 
forme de pilules avec particégaledejioudre inerte et 
quantité suffisante de sirop oude miel ; on peut lui don- 
ner la forme d'élecluaire à l'a*' le départie égale d'une 
noudrearoraatique et dix-huit fois son poids de miel ou 
rie pulpe de pruneaux. On jieut aussil'adminislrer en 
suspension aqueuse : à cet effet, on le triture avec 
■vingt parties de sucre et on l'éteud successivement 
dans ceit parties d'eau ou d'éraulsion aromatisée; 
on peut favoiiser sn suspension à l'aide d'une demi- 
partie de])ouiire de gomme adragant. On peut obtenir 



CLINIQUE. 407 

lin siispensum plus homogène , en dissolvant d'a- 
bord cet extrait dans cinq fois son poids d'alcool 
à 25+0, et en mêlant ensuite ce solutura avec de 
l'eau, qu'on ajoute en une fois et noiT succesvsive- 
ment. Cet extrait n'est pas eulièi ement soluble dans 
l'aicool à 10 -f-o; celui-ci ne ]>aroît lui enlever que 
de l'cxtraclif ; 11 acquiert néanmoins par là la pro- 
priété de purger; tandis que la résine, qui refuse de 
s'y dissoudre, ne paroît plus être purgative, ainsi 
que me le font présumer quelques expériences cli- 
niques que j'ai tentées à cet effet. L'alcool à lo-f-o 
peut donc convenir : il est en effet usité chez les 
Lahilans de la campagne. 

Quelques médecins allemands, et notamment les 
auteurs de la pharmacopée de B 'rlln, unissent l'ex» 
trait alcoolique de jalap avec du savon de soude 
pur; ils prennent, à cet effet, partie égale de l'un 
et de l'autre et quantité suffisante d'alcool à 25-f-o; 
ils font dissoudre ce mélange à une légère chaleur, 
le réduisent, par l'évaporation , à consistance de 
cire. Ce mélange est dissohibie dans six fois son 
poids d'eau ; on peut l'administrer sous la forme 
pikdaire avec quantité suffisante de poudre inerte, 
ou eu solution aqueuse. La dose de l'extrait alcoo-. 
lique de jalap est d'un demi-gramme à un gramme, 
(97 à 18 grains). ^ 

Le jalap, administré à petite dose et Irès-étendu, 
provoque une purgation sans coliques ni phéno- 
mènes généraux notables : à grande dose il peut 
occasionner les unes et les autres. Son action est 
assez prompte ; elle est accompngnée de chaleur 
plus ou moins grande dans l'intestin ; elle n'est pas 



4o8 r W A B. M A C Q P E E 

accompagnée de vomisjeraent , quoiqu'elle Iroubîe 
Vactiou de l'estomac; elle n'est pas suivie de coiisli- 
palion. L'extrait alcoolique de jalap peut détermi- 
ner les mêmes effets que la racine ; il est susceptible 
d'occasionner l'inilammalion , si ou l'administre en 
trop grande dose ou trop peu étendu. Il agit d'une 
manière plus constante que la racine, dont les ma- 
tériaux ne sont pas toujours dans les mêmes propor- 
tions. J'ai souvent administré l'extrait alcoolique de 
jalap à la dose d'un demi-gramme (g grains) , soit 
sous la forme de pilules, soit en suspension dans 
cent et dans deux cents fois son poids d'eau, sans 
provoquerde coliques ni de trouble général notable. 
Il est un des purgatifs qui méritent le plus d'être 
emplo^^és fréquemment : en effet, on peut l'admi- 
nistrer sous peu de volume; on peut facilement 
masquer sa saveur; son action est conslante.il peut 
convenir et loisqu'on veut provoquer une purga- 
tion sans phénomènes généraux, et lorsqu'on veut 
déterminer un trouble général. 

Feuilles de casse se né ( cassia senna , L. ) et de 
casse lancéolée {cassia acutifoliaf Lmk.), On préfère 
en général les feuilles de cette dernière espèce (séné 
de la pallbe) : on les emploie rarement en susbtance : 
leur trop grand volume les rend désagréables k 
prendre. 4 grammes et demi ( 80 grains ) occupent 
à peu près la capacité d'un centilitre. On administre 
cependant quelquefois leur poudre sous la forme 
d'ékctuairc; on la mêle alors avec la moitié de sou 
poids d'une pondre aromatique, par exemple, de 
coriandre , d'anis , etc. , et sept fois son poids de miel 
OU de pulpe de pruneaux : cet élecluairecoulieut o, 3 



CLiîfiQUi:. 409 

(Je poirJre de sëne. Il faut choisir celle pondre 
récemment préparée, car elle s'altère faciiemeat 
à l'air humide. Sa dose estd'uu demi, d'un, de deux à 
plusieurs grammes (9, 18, 36 grains à i gi'os). 

Le plus souvent on ialt usage de la macération ou de 
l'infusion aqueuse de séné. L'infusion doit être pra- 
tiquée à vaisseau clos. Pour rendre ce liquide plus 
agréable , on l'aromatise , par exemple, avec de l'é- 
çorce d'orange , des semences d'anis , etc. , et on y 
ajoute un peu d'acide végétal , tels que d'acide tar- 
tareux, de suc de cilron, de vinaigre, etc. Les feuilles 
et la racine de scrophulaire aquaik\ue {scrophu/aria 
aquatica , L. ) no peuvent, en aucune manière, 
corriger la saveur desagréable du séné, ainsi qu'on 
]'a annoncé. La dose de ces feuilles pour une infu« 
sion ou une macération aqueuse est de 5 à dix gram- 
ines (17 gros à 5 gros) sur un à deux hectogrammes 
( 5 à 6 onces) d'eau. J'en ai plusieurs fois administré 
un gramme ( 18 grains) en infusion dans un hecto- 
granime d'eau sans obtenir d'effet notable j deux 
grammes (36 grains) u'agissoieut que foiblement ; 
6 grammes ( i-î- gros) ont fréquemment provoqué 
cinq à sept selles. Les feuilles de casse séné ( séné 
d'Italie ) doivent être administrées à plus forte dose, 
\olci de quelle manière on peut composer une infu- 
sion de séné acidulé et aromatisé : on prend 5 gram- 
mes ( i^ gros) de séné , 2 à 4 grammes (3G grains à i 
gros ) d'écorce de cilron , 4 grammes ( i gros ) de 
.suc de citron et un hectogramme (3 onces) d'eau; ou 
5 grammes de séné , un gramme de semences de co- 
riandre , un gramme de tartrit«^ acidulé dépotasse 
t*t un heclo^vaniîViC d'eau, 



4T0 PHARMACOPEE 

La décoction aqueuse de séné n'est point nsiiée ; 
elle détermine des coUrj^es sans provoquer beau- 
coup de selles: Textini' aqueux est dans le même 
cas ; il est mémo moins actif que la décoclion. La 
macération alcoolique contenue dans les pharma- 
copées de Londres, d'Ecliraljouri:i; et de Genève, 
a pour inconvénient qu'il faut administrer en même 
temps une Irop grande quantité d'alcool. Les pétioles 
de séné n'occasionnent pas plus de coliques que les 
feuilles. J'ai j^lusieurs fois administré à la même per- 
sonne alternativement des feuilles privées de leurs 
pétioles et les pétioles seuls, sans apercevoir d'effet 
différentiel; leur composition chimique paroît d'ail- 
leurs la même, ainsi que M. Bouilion-Lagrange l'a 
démontré. 

Lorsqu'on veut administrer le séné par Taniis on 
a recours à l'infusion saturée , par exemple , à celle 
qui a été préparée avec o,i de ces feuilles. 

Le séné administré par la bouche et de la manière 
indiquée plus haut , trouble plus ou moins la diges- 
tion ; il provoque quelquefois des nausées et le vo- 
missement. Son odeur suffit pour purger certains in- 
dividus ; négnmoins son eau distillée, que j'ai admi- 
nistrée plusieurs fois , n'a déterminé qu'une purga- 
tion légère. Son action purgative est caractérisée par 
un sentiment de chaleur dans l'estomac , par quel- 
ques coliques et des ilatuosités; les déjections alvines 
ont fréquemment une couleur jaune. Si on donne 
ces feuilles à petites doses, elles purgent sans occa- 
sionner de coliques. Leur artion purgative n'est pas 
ordinairement suivie de constipation. 

Les feuilles de séné fournissent un des purgatifs 



C L I N I Q XT P,' 4ïl 

Jes plus usités, surtout dans le cas d'eniiDarras in- 
testinal et lorsqu'on n'a pas à craiiidre de pro- 
voquer un trouble général. On les fait prendre 
moins pour occasionner ce dernier effet; on les ad- 
ministre alors plus fréquemment en clyslère : c'est 
ainsi qu'on y a recours dans des cas d'apoplexie im- 
minente , etc. 

Gousses (^follicules) de casse séné et de casse 
lancéolée. On les administre de la même manière 
que les feuilles ; elles paroisserht jouir des mêmes 
propriétés , mais à un moindre degré. Elles sont 
moins usitées. 

Piacine de rhr/harhe ondée et. palmée ( rlierim 
OTidulatimi et paJmati/in^ L. ), On ne l'administre 
pas souvent à l'état pulvérulent à cause de son vo- 
lume. 5 grammes occupent à peu près la capacité 
d'un centilitre. On peut l'administrer sous la forme de 
bols ou d'électuaire à Taide de quantité sufHsanle de 
miel ou de pulpe de pruneaux. Sa dose est de 2 à ^ 
giammes (36 grains à i gros). On emploie le pins 
fréquemment son infusion aqueuse, La dose est de 
5 à lo grammes ( i ^ à .3 ^î^'^^) ^"i' "^^ 3 deux hecto- 
grammes ( .3 à 6 onces ) d'eau. Lorsqu'on veut admi- 
nistrer ce liquide aux enfans , on peut le convertir h. 
l'état suMipeux. 11 s»if(il de préparer une infusion 
avec o,t de rhubarbe , et d'y faire dissoudre, à 
vaisseau clos et à une douce chaleur, le double de 
son poids de sucre blanc pulvérisé. On l'administre 
par cuillerée jusqu'à ce que l'effet purgatif soit dé- 
terminé. La rhubarbe indigène peut , lorsqu'elle est 
parvenue à l'âge de cinq à six ans , remplao^r la ihn- 
barbe exotique , ainsi qu'il résulte des expériences. 



j^.[Z r II A R M A C O P E E 

riiinïi(iiics romparalives de M. Clarion. M. PIiicl 
l'emploie (jneJcjiiefois à l'hospice de la Salpêlrlère , 
et il en oblieiit des effets analogues. 

L'action ])uri^ativo de la rliuljarbe esl lente; elle 
a lieu sans coliques, ou seulenienl avec des douleurs 
intestinales légères , à moins qu'elle ne soit employée 
à grande dose. Elle est ordinairement suivie de cous- 
li nation ; c'est pour prévenir cet effet qu'on l'iniiL à 
des sels neutres. Si on l'emploie à trop petite dose , 
elle occasionne quelquefois la constipation au lieu 
de provoquer la purgatlon. Les déjections alvines ont 
une couleur jaune. L'urine contracte fréquemment 
une couleur analogue vers la fm de la purgation. Le 
lait devient quelquefois jaunâtre et amer. La purga- 
tion provoquée par larhubaibe ne produit ])as ordi- 
nairement de troublegenéral notable; elle n'est point 
suivie de l'affoiblissement propre à ce genre de médi- 
cation. La digestion n'est point troublée; elle est 
même favorisée. 

11 (Si facile de voir quels sont les cas dans les(juels 
la rhubarbe doit êhe préférée aux autres purgatifs : 
savoli' , toutes les fois qu'où veut provoquer luu: pur- 
gatlon ordinaire sans déterminer de troublegenéral, 
sans afloiblir le sujet , ni produire de sentiment de 
Iraîi^heur locale et générale, lorsqu'on ne doit pas 
troubler l'action de l'estomac, et lorsque la consti- 
pation subséquente est utile ou indifférente , etc. 

Aloès soccotrin. On l'adralnistre sous les formes 
que j'ai indiqiiées l^nge 248 du tome lp»éOi) ])eut 
.'lUssi lui donner la forme d'élerluaire ; à cet eifet on 
le mêle avec im (juarl de son ])olds de ])ou(lre aro- 
matique, jiar exemple, de cannelle, et on y ajouly 



CLINIQUE, 4.î3 

(jna're parties clc'nici ou de pulj>e de pruneaux. Cet 
élecluaiic contient 0,2 de son poids d'aloès. La dose 
de l'aloès , comme purgatif, est d'un demi-gramme à 
un gramme ( g à 18 grains ); on le prend le soir avant 
de se coucher, à c;mse de la lenteur de ses effets. Son 
action purgative n'est pas proj)ortionnelle à sa dose; 
car , à celle de 20 centigrammes ( 4 } grains), il pro- 
duit, cliez certains individus du même âge et du 
même sexe ^ des effets aussi intenses que chez d'au- 
tres à celle d'un gramme (18 grains). Les expériences 
chimiques et cliniques que j'ai (entées m'ont démon- 
tré que le jiroduil de la solution aqueuse est aussi 
purgatif que le solutum et l'extrait alcoolique. 

L'action purgative de l'aloès est lente , accom- 
pagnée de chaleur dans l'intestin ^ les déjections aî- 
vines ue commencent à avoir heu qu'après resjîaco 
de douze heures et au-delà; il J a quelquefois des 
coliques , surtout lorsque les selles sont liquides. Les 
déjections alvines sont en général peu abondantes efe 
solides. Cette action purgative est ordinairement sui- 
vie de constipation ; elle ne paroît s'exercer que dans 
le gros intestin. L'usage imprudent et trop long-temps 
continué de l'aloès a quelquefois déterminé des hé- 
morrhoïdes, la strangurie, des hémorrhagies uté- 
rines variées, surtout à l'époque de la cessation des 
menstrues. L'aloès ne trouble pas l'aclion digestive; 
il paroît même la favoriser; il n'occasionne pas l'abat- 
tement si ordinaire aux purgations : il faut cepen- 
dant en excepter le cas où il produit un trouble gé- 
néral notable. 

On voit d'après cela qu'il existe quelques traits 
de ressemblance eiilrc l'action piu'galivc de l'aloès 



4 ï 4 1* II -^ R M A C O 1> É E 

et celle de la lîmharbe. L'aloès «e peut convenu* 
comme purgalit' loisqu'il s'agit de provoquer une 
])uri^allon piouiplc , loisqu'il y a des héraorrhoidcs 
douloureuses, eic. 11 est plus pariiculièrement in- 
liiqué lorsqu'on veut agir sur le gros intestin ou 
sur les organes conligus , lorsqu'on ne veut faire 
cesser qu'une constipation momentanée, lorsqu'on 
veut favoriser eu même temps récoulement he- 
morrhoidai ou menstruel retenu ou supprimé par 
un état d'atonie locale, lorsqu'on ne craint point 
d'occasiomier un trouble général, etc. 

Baies de nerprun cathartiqiie {j^liarnnus cathare 
tiens ,\^.^.0w emploie rarement ces baies dessé- 
chées et à l'état pulvérulent; elles n'en sont guère 
susceptibles. On fait plus particulièrement usage de 
leur suc liquide ou épaissi (rob). Le plus ordinaire- 
ment on convertit cesucàTetat sirupeux. ]M. Deycux 
a démontié qu'il f \ut préférer le suc fermenté. J'ai 
observé que si l'on traite avec de l'alcool le coagu- 
lum qui se forme dans le suc non fermenté qu'on 
expose à la cliaieur,on en extrait une matière ex- 
traclive oxygénée qui , administrée à la dose d'un 
demi-gramme (9 grains), détermine une purgatiou 
avec trouble général. Les expériences cliimico-cli- 
iiiqucs que j ai tentées donnent donc des résultats 
semblables à ceux qu'avoit obtenus Î^L Deyeux. 
Pour convertir ce suc fei-menté à l'état sirupeux, 
on y fait dissoudre partie égale de sou poids de sucre 
blanc pulvérisé. Ce sirop a une couleur rouge; on 
le distingue aisément par là de celui qui est préparé 
avec le suc non fermenté, et dont la couleur est 
verte. Ce siro}) varie beaucoup dans les officines ; il 



CLINIQUE. 4l5 

diffère selon qu'il a elë préparé avec des baies plus 
ou moins mures, selon que le suc a fermenté ou non, 
selon la proportion du sucre qu'on a employé. 
Lorsqu'on n'a pas de sirop de nerprun , on peut le 
préparer, avec _M. Parmenlier, en prenant une par- 
tie de suc épaissi de nerprun (rob) et quatre parties 
de sirop simple. On chauffe ce mélange , et on le 
passe à travers une étamine. Ce sirop contient o,2de 
suc énaissi. La dose du sirop de nerprun est de 5 à 3o 
grammes ( i \ gros à une once) et au-delà. On Tad- 
ministre étendu dans de l'eau ou dans un liquide 
muciiagineux. Ou peut aussi l'administrer par cuil- 
lerée, qu'on renouvelle à des intervalles rappro- 
chés jusqu'à ce que l'effet soit obtenu. Ce mo:le 
est surtout convenable lorsqu'on ne connoît ni la 
manière dont il a été préparé, ni le degré de sus- 
ceptibilité individuelle. On pourroit faire dessécher 
les baies de nerprun, les faire macérer dans de l'al- 
cool à 25+0 , et employer leur extrait alcoolique 
de la même manière que celui de jalap. On l'ad- 
ministreroit sous les mêmes formes. J'ai eu recours 
à ce moyen, et j'ai obtenu des effets plus compara- 
tifs qu'avec le suc épaissi ou réduit en sirop. 

Les baies de nerprun , administrées de la manière 
indiquée plus haut provoquent une purgation irès- 
iulense avec coliques , déjections alvines liquides 
et trouble général. Elles occasionnent un sentiment 
de chaleur acre dans la gorge, l'œsophage et l'esto- 
mac; elles provoquent la soif et troublent la diges- 
tion. Elles peuvent déterminer l'intlammation de la 
membrane muqueuse des voies alimentaires : aussi 
couseille-t-on d'administrer beaucoup de boissons 



4i6 p n A Fv M A c o r É È 

mucilaglneiiscs durant celle purgalion. Sydanham 
faisoit ]))cndre un potage au riz iinmëdialement 
après l'adininislralion de ce purgalif. La sécrétion 
urlnaire j)aroil augmentée, surtout lorsque les phé- 
nomènes locaux commencent à se dissiper. 

Ce purgalif est ijarlicullèremcnt indiqué lors- 
qu'on veut produire un trovdjle général très-intense, 
par exemple, dans le cas d'hydropisle, etc. 

GuUe. On l'administre à l'état pulvérulent et 
étendue dans dix-neuf fois son poids de sucre ou 
d'un oléo-saccharum. On peut lui donner la forme 
pilulaire avec le double de son poids de poudre 
inerte et quantité suffisante de sirop. On peut l'ad- 
ministrer en suspension dans de l'eau sucrée cl aro- 
matisée, par exemple, dans mille fois son poids et au- 
delà. Pour opérer celte suspension, on irilure la 
gutte seule ou avec du sucie , et on y ajoute succes- 
sivement la quantité d'eau indiquée. Quelquefois on 
la suspend dans du sirop, dans un jaune d'oeuf sucrée 
dans du mucilage de gomme adragant , etc. La dose 
de la gnlte est de lo à 5o centigrammes (2 à 9 
grains). On n'emj)loie pas sa résine; ouassure qu'elle 
agit avec liop de violence. 

La gutte provoque la purgalion avec beaucoup 
de promptitude et d'intensité; mais cet effet pur- 
gatif est peu diu^ablc; il est ordinairement précétié 
de nausées et de vomissement; il est accompagné 
de coliques, d'un trouble général très-marqué, et, 
vers la fin, d'une augmentation notable de la sécré- 
tion urlnairc. La gnllc , employée à grande dose, 
peut occasionner rinllammalion de la membrane 
muqueuse du conduit alimentaire. D'après Geof-* 



CLINIQUE» 4l'7 

froy, la gntte provoque peu de vomisseitient lors- 
qu'on remploie à la dose de lo à 20 centigrammes 
(2 à 5 grains) et très-etendue ; à 20 centigrammes 
(5 grains) elle occasionne de la douleur dans l'es- 
lomac, et si on en continue l'usage pendant plu- 
sieurs jours , le vomissement n'a point lieu : à I4 
dose de 20 à 5o centigrammes ( 5 à g grains) elle 
excite ordinairement le vomissement. Le même au- 
teur assure qu'elle provoque le vomissement avec 
plus de facilité lorsqu'on l'administre sons la forme 
de pilules qu'en suspension dans l'eau. Néanmoins 
j'ai plusieurs fois vu le contraire des assertions de 
Geoffroy. Gnllen préfère administrer la gutte à pe- 
tite dose à la fois, qu'il répète à des itilervalies peu 
éloignés jusqu'à ce que la purgation ait lieu con- 
venablement. On emploie la guite comme purgatif 
dans le même cas que le nerprun, et lorsqu'on 
veut ex.citer une action locale très-intense , par 
exemple , dans le cas de tœnia; on y a rarement re- 
cours pour n'opérer qu'un effet local. 

Gratiole officinale (^gratiola officinalis , L.). On 
emploie sa poudre et son infusion aqueuse. On 
donne à la première les formes de bols et d'electuaire 
à l'aide de quantité suffisante de miel ou de pulpe de 
pruneaux ;on l'administre aussi en suspension dans un 
peu d'eau :sa dose est d'un demi-gramme à un gram- 
me (9 à id grains). On prépare la macération et l'in- 
fusion aqueuse avec un à doux grammes( î8 à 36 
grains) de la plante sur un à deux hectogrammes(3 
à 6 onces) d'eau. 

Les médicamens préparés avec la gratiole offici- 
nale provoquent une purgation qui est précédée de 
II. 27 



/jiS PHARMACOPÉE 

nausées et de vomissemens ; elle est accompp.ijne'e 
de eoliques, derangmentation de la lerapératiire de 
l'intestin et d'un trouble géuéral notable. La gralioJe 
officinale peut occasionner l'indaminalion du con- 
duit alimentaire. M. G. Roux a vu le narrolisuie pro- 
duit par son usage imprudent j il Ta combattu avec 
succès à l'aide des acides végétaux. 

L'action purgative de la gratiole officinale se 
rapproche beaucoup de celle de la gulte ; elle peut 
être emploj^ée dans les mêmes circonstances : on 
peut s'en servir lorsqu'on veut provoquer en même 
temps le vomissement et la purgation, et lorsque les 
phénomènes généraux sont indifférensou nécessaires. 
Elle est usitée chez les habitans des campagnes , qui 
sont d'un tempérament robuste. Son emploi exige de 
la prudence; il seroit préférable de ne l'administrer 
que graduellement. 

Il est encore quelques substances végétales qu'on 
emploie quelquefois comme purgatifs, et dont 
l'action se rapproche de celle de lagutte : telles sont 
les racines d'hellébore noir {helleboriis niger, L.) , 
d'iris d'Allemagne à l'état frais {iris germanica ylj.)^ 
de bryone {bryonia alha , L.), la deuxième écorce 
de sureau {sainhucus nigia , L.) , les feuilles de la 
même plante et de VK\îih\G{sainhuciis ehuliis ,\j.) , 
les tleurs de violette tricolore {viola tricolor^ L. ), 
l'herbe de soldauelle ( cojivohulns soldanella , 
L,),elc.; mais l'action de ces différentes sub- 
stances est moins constante que celle des médica- 
ment, dont je viens de tiailer; on a moins apj)ro- 
Ibndi leur mode d'administration le plus conve- 
uable; elles ne présentent pas de particularité no- 



CLINiQÛEi 4iîJ 

tablé dans leur action : aussi n'y a- ton recours que 
lorsqu'on est dans l'impossibilité de s'en procurel^ 
d'autres. 

Voici celles qu'on emploie plus particulièrement 
alors : 

Raciite d'hnlîéhore noir. On àdrtiiaislre sa pou- 
dre en suspension ou sous la forme de pilules et de 
bols : sa dose est d'un quart de gramme, d'un demi- 
gramme à un gramme (47, 9 a 18 grains). On ein- 
ploie son extrait aqueux sous la forme de pilules , à 
la dose d'un demi-gramme à un gramme (9 a iti 
grains). Il paroît que cette racine perd de sesproprié^ 
tés par l'évaporation , car l'extrait est moins actif que 
la poudre. 

Deuxième écorce de sureau noir. On en extrait 
le suc si elle est fraîche, et on l'administre à la dose 
de 25 à 100 grammes (6 gros à 3 onces) étendu 
dans de l'eau. Lorsqu'elle est sèche, on fait usage de: 
son infusion ou de sa décoction aqueuse. La dose est 
de i5 à 3o grammes (4 gi'os à i once) sur 5 hecto- 
grammes (3 onces) d'eau. En général ces doses sont 
maldétermmées. 

Lorsqu'on veut déterminer une purgation mo- 
dérée, et qu'on n'a point d'excitant plus actif, ou 
peut employer les pétales de roses à cent feuilles 
( rosa centifolia , L. ) , de roses musf(uées ( rosa 
Tnoschata ;, L. ) , les Heurs et les feuilles de pêcher 
( amygdalus persica , L.) , les Heurs de prunier épi- 
neux ou prunellier (^prunus spinosa j L. ). On admi- 
nistre leur infusion qu'on prépare à vaisseau clos ; 
on n'emploie que des proportions approximatives. 
On conserve dans les ofiicines le sirop de fleurs de 



4-0 PHARMACOPEE 

pêcher. On le pri^pare avec rinfiision salurée Je» 
ileurs , et quelquefois des feuilles de cet arbre , el ou 
y fait dissoudre , à vaisseau clos , le double de sou 
poids de suc pulvérisé. Ou se contente quelquefois 
de faire infuser ces Heurs ou ces feuilles dans uu sirop 
ordinaire. On administre ces moyens à de petilejj 
doses qu'on renouvelle jusqu'à ce que l'action pur- 
gative soit déterminée. 

Outre ces substances, il en est encore quelques-unes 
qu'on emploie pour déterminer cette médication : ce 
sont le soufre, le muriaie de mercure doux et le 
lartrite de potasse autiraouié. 

Soufre sublimée Ou emj)loie celui qui a été lavé ; 
on l'administre sons les formes de bols et d'électuaire 
(t. l'^^îp. 414)-'^» dose ebt de 2 à 4giammes(36 giains 
à I gros) et pins. Un excès de dose ne paroît pas dé- 
terminer d'effet plus intense. Son action purgative est 
lente, peu intense; elle a ordinairement lieu sans 
coliques, et sans qu'on éprouve de sentiment de cha- 
leur dans le conduit alimentaire. Elle ne paroît avoir 
lieu que dans legros intestin. L'odeurdesagréable que 
le soufre communique à l'haleine et son volume em- 
pêchent souvent d'y avoir recours. 11 est peu usité. 

Muriate de mercure doux. On doit choisir celui 
qui ne contient pas de muriate de mercure suroxydé; 
on l'administre sous les formes indiquées page 42U 
du tome I^^, ga dose , comme purgatif, est d'un 
demi gramme à un gramme (9318 gjains ). Son ac- 
tion purgative est lente ,peu intense et infidèle. J'ai 
souvent administré un gramme de ce sel plusieurs 
jours de suite sans obtenir d'effet notable : aussi est-il 
rarement employé seul comme purgatif. 



eLiwiQUE. 421 

Tartrite de potasse anl'iinonié* On l'administre 
par la bouche ou en injection clans le gros intestin. 
Dans le premier cas , il tant l'étendre préalablement 
dans une grande quantité d'eau pure ou d'un liquide 
mucilagineux, gélatineux, tel que de petit-lait, de 
bouillon , de jus de pruneaux , d'eau de casse , etc. , 
par exemple , dans les proportions de dix mille fois 
son poids : on l'administre par verres de distance en 
distance. Lorsqu'on le destine à être injecté dans le 
gros intestin , on l'emploie moins étendu que dans le 
premier cas, ïl faut rejeter les vins d'antimoine clairs 
et troubles; ils ne sont rien moins que comparatifs ; 
ils varient se'on l'espèce de vin qu'on a employé et 
selon la durée de la macération. Les pharmacopées 
d'Edimbourg , de Londres et de Berlin ont rejeté les 
vins antimoniés préparés par digestion ; elles les com- 
posent en dissolvant directement du tartrite de po- 
tasse antimonié dans du vin. Les codes d Edimboura: 
et de Berlin emploient quatre parties de ce sel pour 
mille parties de vin , et celui de Londres huit parties; 
mais ces vms sont absolument inutiles ; ils n'ont d'ail- 
leurs aucun avantage sur le solulum aqueux de ce 
sel. 

Le tartrite dépotasse antimonié, administré très- 
étendu , peut provoquer la pui^gation sans occa- 
sionner de colique ni de trouble genéial ; il peut 
provoquer le vomissement chez les individus très- 
susceptibles. Il a l'avantage de ne point avoir de sa- 
veiir ni d'odeur désagréables: c'est un moyen qu'on 
emploie fréquemment comme purgatif dans les fiè- 
vres et les phlegmasies lorsqu'il s'agit de combattre 
uuc constipatiou opiiiiàtre. On emploie ce sel ea la- 



-i^ii-1 PilARMACOPJiE 

yementsurloul pour provoquer un Iroubje général, 
par exem];lo, dans les cas d'apoplexie et d'autres af- 
fections imminentes qu'on cherche à su])prlmer. 

Il existe encore des substances employées autre- 
fois à litre vie purgatifs , et qui sont mainlennnt inu- 
sitées. Parmi ces corps les uns sont presque inaclifs ; 
teis sont les semences de violette odorante ( uiola 
odorata ^ L. ) , de carlhame {^carihamas tinctoiiuSj, 
L.), la racine de polypode commun {^polypodiinn 
n.ndgare , L.) , l'herbe de cuscute surthym {citscuia 
epithyinum , L.) , les myrobolans cmblics (phyllan- 
Ù/its emhlica , L. ), chébulius, indiens, J)ellirics et 
cilrins. D'autres ont une action évidente ; mais ils 
n'ont aacuii avantage sur les moyens déjà exposés , 
el présentent plus ou moins d'inconvéniens : telle» 
sont les substances suivantes : 

La racine de rhubarbe rhapontic {ihewn rhapoii' 
iLciini , L.). Celte substance exotique se rapproche , 
par sa nature » de la rhubarbe ondée et palme'e ; mais 
elle agit plus foibiemcnl qu'elle , el exige le double 
de la dose. 

Les racines d'iris hcrmodalc {^ins Luherosa , L.) , 
de lurbith ( coiivahulus Luipcthuni , L. ) , de mé - 
choacan {comohu/us nieclioacanna ? ). Ces trois 
racines exotiques se rapprochent de celle de jalap ; 
mais elles agissent d'une manière plus folhle ,el sont 
moins constantes qu'elle dans leur action. 

Le Ix>let de melèse (U)lctas lai tels , M. ) , connu 
dans les ofticincs sous le nom d'agaric blanc. Il n'agit 
qu'à grande dose el sous Ijeaucoup de volume j il 
ircxerce qu'une aclioa foiblc et provoque fi\cilement 
des nausées elle vomissement. 



(CLINIQUE. 425 

La scammoiicc ( suc épaissi de plusieurs plantes 
et uotammeiit du com'ohndus scmnmonia , L. ). 
Elle est Irès-souvent sophistiquée , et exerce une ac- 
tion analogue à celle du jalap, sans avoir d'avantage 
sur lui. On Tadrainistre de la même manière et à la 
même dose que l'extrait alcoolique de jaîap ; ou doit 
surtout rejeter les composés connus autrefois sous 
les uoms de dlacrèdes sulfuré ,g}ycyrrhisé, cydo' 
nié , qu'on a bannis avec raison des officines. 

La racine d'artbauila , ou de pain de pourceau 
( cyclamen europœuni , L. ). Elle agit lentement et 
d'une manière inconstante ; elle peut occasionner 
une purgation très-intense , et même enilamnier ia 
gorge et le conduit intestinal. 

L'élalérium, suc épaissi du concombre sauvage 
(^momordica elateriiiin , L. ). 11 n'est pas toujours 
préparé de la même manière, et est, d'après cela , 
infidèle ; il peut provoquer une purgation violente 
avec vomissement, coliques et trouble général. Oii 
l'employoit autrefoissous la forme pilulaire, à la dose 
de 10 à 5o centigrammes ( 2 à g grains ), particuliè- 
rement dans le cas d'bydropisie. 

La coloquinte {cucumis colocynLlds , L.).Ce fruit 
est d'une saveur amère très-désagréable ; il est volu- 
mineux , très-difficile à pulvériser , à moins qu'on ne 
le dessèche préalablement à l'aide du mucilage de 
gomme adragant ; mais il contient alors ce dernier dans 
des proportions si variables, qu'on ne peut détermi- 
ner sa dose avec précision. Cette substance agit d'une 
manière analogue à la gutte : on ne peut la donner 
quGsousforme de pilulcs.Sa dose est d'un demi, d'un 
a deux grammes (9, \^ à 36 grains); on l'injecte 



/,24 rHARMACOPjÉE 

dans le gros intestin à Télat de décoction aqnenso, et 
on pré])are celte dernière avec deux à cinq parîies 
pour cent parties d'eau. 

La racine de bryone blanche ou dioïqne ( hryo- 
nia alha , L. , bryonia dioïca , Jacq.). Elle exerce 
une action peu constante , provoque en même temps 
le vomissement ; du reste elle se rapproche un peu 
du jalap lorsqu'elle est desséchée. Oi) administre sa 
poudre et son extrait alcoolique de la même manière 
et aux mêmes doses que les analogues du jalap. On a 
quelquefois recours à l'infusion , surtout pour Tin- 
jecter dans le gros intestin : la solubilité assez mar- 
quée de sa résine dans l'eau permet ce mode de pré- 
paration ; les proportions» sont de cinq à quinze par- 
ties sur cent parties d'eau. 

L\isage a pendant long temps consacré l'associa- 
lion de purgalifs différens par leur mode d'action : 
c'est ainsi qu'on unit fréquemment des substances 
qui appartiennent à chacune des divisions précédentes» 
Les associations les plus ordinaires sont celles de la 
îYianue, d'un sel neutre ou acidulé et des feuilles de 
i-éné ; on y ajoute quelquefois encore la racme de rhu- 
barbe ondée ou palmée , et d'autres fois on remplace 
ie séné par cette dernière ou par la racine de jalap. 
On assure qu'en associant ainsi ces différens purgatifs, 
*yik produit eu même temps les particularités qui ap- 
■partiennent àchacun d'eux , et on n'est pas obligé de 
les employer lousà si haute dose. Depuis que j'ai tenté 
de comparer entre elles les purgations qu'on pi ovo- 
quc avec une seule substance et avec ces substances 
réunies deux à deux, trois à trois , etc., et prises tantôt 
dans une même division et tantôt dans des divisions 



CLINIQUE. 425 

difTerenles , par exemple , dans la preniière et Jaus 
la deuxième , dans celle-ci et dans la troisième , dans 
la première et dans la troisième , ou dans toutes ces 
divisions à la fois , je suis porté à croire que le plus 
souvent rien ne prouve la nécessité de ces associations. 
Cullen avoit déjà fait voir combien il est peu co:ive- 
iiabie d'unir l'aloès au jalap ou au séné ; car si on se 
propose d'obtenir une purgalion prompte , l'aloès est 
superflu , et si on ne veut que combattre une cons- 
tipation et n'agir que lentement, le jalap est mutile. 
S'il est des cas qui peuvent autoriser l'union des pur- 
gatifs, c'est, ainsi que l'observe M. Gondret, lors- 
que des substances agissent plusparticulièrementsur 
tel ou tel tissu constitutif du conduit ahmentaire , et 
qu'on veut à la fois agir sur toutes ces parties. Mais 
nous n'avons encore que des soupçons sur ces actions 
spécifiques , et il faut plus de recherches qu'on n'ea 
a faites jusqu'ici pour les mettre hors de doute : c'est 
en admettant ce qui est encore à démontrer, qu'on 
peut unir les sels au séné ou à la rhubarbe, etc. 

Si les associations magistrales extemporanées sont 
le phis souvent inutiles, à plus forte raison, doit-il 
en être de même de celles qu'on conserve dans les 
officines et qui reconnoissent l'autorité des pharma- 
copées. Si on compare les difiérens codes entre eus 
sous ce rapport, on observe qu'à mesure qu'ils se 
sont réformés , ils en ont diminue le nombre et ont 
simplifie la composition de ceux qu'ils ont cru devoir 
conserver: c'est ainsi que le code de Wiiiemberg ré- 
duit à un simple electuaire de séné aromatisé ceUû 
qui est connu sous le noai de lénilif, et qui, dans la 
pharmaco|)ec de Paris, contient dix ueiif subslaaces 



4^0 1' H A R M A C O P É E 

diCfërentcs. Les purgnlii's compliqués qui se trouvent 
dans le code de Paris , ont surtout pour inconvénient 
de contenir beaucoup de substances rejetées depuis 
long-teraps de la pratique médicale ; il suffit pour 
s'en convaincre de lire les formules de la confection 
himiech , du diaphœnicuni , du henedicta laxativa, 
de Vopiate mésentérique , des Lahletics de citro et 
diacarthami , des pilules fétides majeures , du si- 
rop de roses pcUes , etc. , etc. L'électualre léiiilirpeiit 
se réduire en un élecluaire de séné aromatise ; le 
diapruuum solutivum, en un électuaire d'extrait al- 
coolique de jalap ; l'jjiera picra, en un élecluaire d'a- 
]oès aromatisé; le catlioiicum double, en un élecluaire 
préparé avec du séné , de la rhubarbe et du lartrite 
acidulé de potasse, etc. Toutes ces associations doi- 
vent donc nécessairement disparoîlre de la nouvelle 
édition du code pharmaceutique de la France , et 
rentrer dans le domaine des formules extemporanées 
que le praticien peut varier et modifier à sou gré. 



Î\É 



E s U M E. 



Les différentes purgations peuvent ne point être 
accompagnées de ])ljénomènes généraux ou occasion- 
ner un trou!)le général notable ; elles peuvent se bor- 
ner à une portion de Tintestin ou s'étendie à tout le 
conduit intestinal ; elles peuvent être liées ou non au 
trouble de l'aclion de l'estomac; elles peuvent con- 
sister ])lus particulièrement dans une sécrétion mu- 
queuse ou une exlialation séreuse nolable , dans 
une sécrétion plus abondante de la bile , dans un état 
d'irritation très-marquée de l'appareil capillaire de 
ce conduit, ctdaniune cxciuuion delà contraclililé 



CLINIQUE. 427 

musculaire de l'intestin : de-là des circonstances où 
il convient plus particulièrement de déterminer tel 
ou tel mode de purgation. 

Plirgadon sans phénomènes généraux notables 
( purgatlon minorative ). 

On provoque cette purgation dans le cas de consti- 
pation opiniâtre, dans l'embarras intestinal, et lors- 
qu'il j a des vers dans l'intestin : on peut faire pren- 
dre les excitans convenables, ou les injecter dans le 
gros intestin. Les moyens à employer varient selon 
les cas que je viens d'indiquer , et surtout selon l'e- 
lat particulier de l'intestin et des organes contigus , 
ainsi que de tout l'organisme. 11 faut choisir lessubstan- 
ces les moins susceptibles d'irriter s'il y a susceptibi- 
lité très-grande de l'intestin , ou s'il y a irritation de 
ce conduit, ondes organes voisins, ou de tout l'orga- 
nisme, et qu'on doit craindre de l'augmenter; en un 
n70t , s'il est dangereux de réagir en aucune manière 
sur tout l'organisme, comme dans le cas de fièvres 
très-intenses , des fièvres adyuamiques , etc. C'est 
ainsi qu'on fait prendre la manne , les fruits doux aci» 
dulés , les huiles fixes non rances ; c'est ainsi qu'on 
injecte dans finteslin de l'huile fixe, du miel, et 
quelquefois le miel de mercuriale (on le prépare eu 
mêlant le suc des feuilles de mercurialis annua, L. 
avec partie égale de miel, et évaporant le tout jus- 
qu'à consistance sirupeuse ). Lorsqu'une légère irri- 
tation locale ou contiguë est indiftéreute ou inutile , 
on peut employer le séné, le jalap , la rhubarbe, l'a- 
ioès;on les ctend convenablement, et on fait prendre 



428 PHARMACOPEE 

beaucoup Je liquide : ou fail aussi usage des sels , des 
mucoso-siicrés. On choisit ceux qui convienuent ie 
mieux au goût , à l'âge, à la fortune du malade, al 
à la promptitude avec laquelle on veut agir. L'aloès 
suffit lorsqu'on ne veut que favoriser l'excrétion habi- 
tuelle des déjections alvines : la rhubarbe peut con- 
venir dans la même circonstance. Dans le cas de cons- 
tipation , on se borne souvent à l'emploi d'alimens 
mucoso sucrés , à l'usage des clystères aqueux sim- 
ples ou failsavecun solutum salin ; il suffit souvent 
d'introduire un corps dur cylindrique ou conique 
dans le rectum , et de l'y maintenir pendant quelque 
temyis. Il suffit quelquefois d'ap])liquer des corps 
froids sur l'abdomen , à la plante des pieds, de faire; 
des frictions sur les parois abdominales. Mais la cons- 
tipation est quelquefois tellement opiniâtre , les ma- 
tières fécales sont tellement amassées et endurcies , 
qu'on ïst oblige de les extraire à l'aide de moyens mé- 
caniques. 

Dans le cas d'embarras intestinal , on peut em- 
ployer la ])lupart des substances que j'ai indiquées , 
telles que les mucoso sucrés , les sels et les corps 
plus ou moins susceptibles d'endammer. Le choix 
doit varier selon les circonstances de localité, l'état 
individuel et la maladie; il suffit d'étendre conve- 
nablement ceux qui peuvent irriter et provoquer uu 
trouble général, de les employer à moindre dose , 
et de faire prendre en même tem[)S des boissons 
abondantes. On les introduit le plus ordinairement 
par la bouche; rarement les fait-on absorber, si ce 
n'est dans des cas particuliers : ou ne les injecte piis. 
souvent dans le gros iutcslia. 



CLINIQUE. 429 

Dans les cas (l'atïeclions vciniuieiises, on emploie 

des moyens variés, selon qn'on a à craindre ou non 

d'irriter l'intestin , et selon l'espèce de vers qu'où 

veut expulser : j'en parlerai ailleurs. 

L'aloès, le soufre, conviennent plus particulière- 
ment lorsqu'on veut agir sur le gros intestin ;hi rh - 
barbe et Taloès lorsqu'on ne vent pas troubler iac- 
tion digestive ; les sels, et surtout le tartrileacididede 
potasse, lorsqu'on veut entretenir un sentiment de 
fraîcheur locale et générale. On emploie plus parti- 
culièrement les mucoso-sucres lorsqu'on ne veut (pie 
favoriser l'expulsion des matières fécales; les sels, 
lorsqu'on veut provoquer la sécrétion muqueuse , 
et peut-être l'exhalation séieuse de l'intestin; le jaiap, 
le séné , etc. , lorsqu'on veut exciter la circulation 
capillaire de l'intestin , et mettre en jeu sa contrac- 
lilité musculaire ; le séné, peut-être, lorsqu'on veut 
exciter l'action de l'appareil biliaire. 

Lorsqu'on veut purger des enfans, on emploie 
plus particulièrement le sirop de lleurs ou de feuil- 
les de pêcher, le sirop de rhubarbe, la manne dis- 
soute dans une émulsion ou dans du lait, la pulpe 
sucrée de pruneaux, de casse, les pastilles de mu- 
riate de mercure doux , le §uspensum d'extrait al- 
coolique de jalap dans un mucilage sucré ; et si c'est 
un nourrisson, on purge sa nourrice avec du séné 
ou avec de la rhubarbe. Si les personnes qu'on veut 
purger ont une répugnance pour les substances 
nauséabondes, on fait usage de l'extrait alcoolique 
de jalap suspendu dans une émulsion sucrée, delà 
manne dissoute dans une émulsion ou dans du lait , 
de la pulpe de casse sucrée : on aromatise ces diffé- 



43o î' M A R M A C O I' 1* E 

rens moyens avec l'eau dislillée de (leurs d'oran- 
ger , ou ou fait usage du phosphate de soude en 
sohitiou dans l'eau. La répugnance pour tout ce 
<jui porte le nom de purgatif, quoique ni l'odeur 
ni la saveur ne soient désagréahles, est quelquefois 
telle qu'on est obligé d'administrer ces moyens sans 
prévenir le malade des propriétés puigatives du mé- 
dicament ^ ou qu'il est nécessaire de les fnire ab- 
sorber par la peau : on emploie alors plus particu- 
lièrement le jalap, la scammonée , la rhubarbe. 
L'habitant robuste des campagnes fait surtout usage - 
des sels neutres, de la rhubarbe, du séné, du jalap ; 
il emploie souvent le produit de la macération de 
l'extrait alcoolique de jalap dans de l'alcool à 8 ou 
lo-fo. Enfin dans des cas de nécessité, ou emploie 
les feuilles de sureau noir, de sureau hièble j la 
deuxième écorce de sureau noir, les pétales de 
rose musquée , etc. On sait que les médicamens pré- 
parés avec le sureau peuvent facilement provoquer 
une purgatiou avec irritation locale et trouble gé- 
néral. 

PurgaUon avec phénomènes généraux notables 
{jjurgation drastique). 

Ou provoque cette espèce de purgalion lorsqu'on 
veut agir secondairement sur un organe éloigné ou 
sur tout l'organisme j par exemple , dans le cas d'a- 
jioplexie imminente, dans le début du croup, de 
l'angine tonsiliaire qui gène la respiration j dans 
ras]>byxie, dans les hydropisics atoniqucs , idicpa- 
ihiques, et même dans des cas d'hydropisies sympa- 



CLINIQUE, 45i 

îluques, ainsi que dans des dyspnées chroniques 
liahilnelles , pour produire un soulagement mo- 
mentané ; on la provocjue lorsqu'on veut prévenir 
ou supprimer une affection cutanée. 

Ou opère plus particulièrement sur le gros in- 
teslin dans l'imminence du croup , de l'apoplexie , 
de l'angine tonsiliaire, des névroses encéphali([ues 
variées, dans l'asphyxie, etc. On agit sur tout le 
conduit intestinal dans les hydropisies, et lors- 
qu'on veut supprimer ou prévenir une affection 
cutanée. 

Les moyens qu'on emploie plus particulièrement 
en clystère sont le solulum de tartrite de potasse 
anlimouié, l'infusion concentrée de séné, de colo- 
quinte, l'infusion et la décoction aqueuse de tabac, 
l'infusion aqueuse de bryone,le suspensum aqueux 
de gutte, le suspensum de térébenthine, le solutum 
aqueux de muriate de soude. On administre plus 
particulièrement par la bouche l'extrait alcoolique 
de jalap, le nerprun; et (si on ne craint pas les ef- 
fets du vomissement) la gulle, la gratiole, l'hel- 
lébore , la deuxième écorce de sureau , etc. On ad- 
ministre ces subslauces à plus liante dose que lors- 
qu'on ne veut déterminer qu'un effet local ; on 
les étend moins, et on fait prendre moins de liquide 
mucilagineux. 

Si l'emploi Imprudent de ces moyens avoit occa- 
sionné un état d'inllammation , il faudroit recou- 
rir à l'usage des boissons mucilagineuses et aqueuses 
abondantes. 



432 P II A R M A C O P É E 

Vurgadon avec 'vomissement. 

La naîure nous présente des substances qui pro* 
voqiieiil CM même temps la purgcûion et le vomis- 
sement, et, à la iii^ueur, il est peu de vomitifs qui 
ne puissent devenir puri^atifs, et "vice versd. Les 
suljslauees qui jouissent de cette propriété d'une 
manière pins marquée, sont la ^nUe, les leuillesde 
i»ratiole oÛioinale, la racine d'hellébore noir, la 
deuxième écorec de sureau noir, les feuilles et les 
baies de sureau noir et de sureau bièble , la racine 
de brjone à l'état frais, etc. L'ait compose <piel- 
quefois ces moyens de toutes pièces, en méJatit le 
tartrile de potasse antimonié avec les sels neutres 
ou avec le jalap, le séné, etc. Le tartrite de potasse 
antimonié seul ])eut d'ailleurs produire l'une et 
l'antre de ces médicationsj il suffit de faire faire 
des liquides i^éiatineux au moment où on veut 
convertir sou action vomitive en une action pur- 
t^ative. 

Cette espèce de médication composée est quelque- 
fois indiquée, surtout lorsqu'il s'agit d'opérer une 
secousse générale très-manifeste, comme dans l'im» 
niinenccducroup,de certains cas d'apoplexie (lors- 
que toutefois il n'y é )>as de (îontre-indication) ,dans 
les Iiydropisies , etc. Elle peut être indiquée, lors* 
qu'il existe un embarras gastrique joint à l'emfjarras 
intestinal ; on peut y recourir dans des cas de nar- 
cotismc sans inflammation des organes alimentai- 
res, etc. 



CLINIQUE, 433 

ORDRE DIXIÈME. 

Médications particulières de la fonction de la 
génération. 

Les changemens mullipliés qui surviennent dans 
Torganisme a i'epoqiie de la puberté, et 1 examea 
comj.aratif du piiheie et du cbàire, demoalreut 
d'uiie manière bien évidente Tintluence que le dé- 
veloppement dej» organes génitaux exeive sur tout 
l'organisme. On connoit entre autres son inllueiice 
sur la respiration, sur la voixel sur la barbe. L'exer- 
cice delà fonction de la génération u'exeice j>as n e 
inlluonce moindre sur nos organes. On connoit les 
eftets d'uue continence prolongée et contraire aux 
vues de la nature; on sait qu'outre les accidens lo- 
caux, tels que l'impuissance, le priaj)isme , le sper- 
matocèIe,etc. , elle peut occasionner l'hyslerie, l'by- 
pocbondrie , la nymphomanie, etc. L'abus daus 
l'exercice de cette fonction est surtout remarquable 
par les accidens qu'il traîne après lui. On sait que 
les lésions des digestions, que le marasme, l'a ffoi- 
blissement des sens, la perte de la mémoire, l'idio- 
lisme , les convulsions, l'épilepsie, l'hypocbondrie , 
la mélancolie, etc. eu sont quelquefois les suites: 
mais il n'est pas de mon objet de les détailler. 

On conçoit facilement, d'après ce que je viens 
d'indifpier, que l'exercice modéré de la fonction de 
la géneiaiion ))eut convenir pour la guérison de 
différentes maladies^ et cela toutes les fois qu'elles 
paroissent liées à uu état decoulinencc et à une exci- 
II. 28 



434 PHARMACOPÉE 

lalion prononcée des ojganes génitaux. L'iiystéiîc 

en offre des exemples très-mulli plies. 

Mais avons-nous des moyens pharmaceutiques 
spécifiques pour exciter à la fonction de la généra- 
lion, ou pour diminuer le penchant excessif aux 
•i)laisirs de Tamour? Rien ne le démontre jusqu'ici. 
INous ne pouvons en général agir qu'en relevant 
ou diminuant le ton des organes génitaux , et qu'en 
approchant ou éloignant le stimulus naturel de cette 
fonction : c'est ainsi que la ruhéfaction de la peau 
ries régions voisines, que l'irrilalion de la membrane 
muqueuse de l'urètre, ne sont utiles qu'en rele- 
vant par contiguité le ton des organes de la généra- 
tion. Les cantharides ne paroissent agir qu'en en- 
llammanl la membrane muqueuse de la vessie et de 
l'urètre. L'opium, le musc, l'ambre, le ginseng, et 
toutes les substances aromatiques dont les Orientaux 
fout un si grand usage, excifent tout l'organisme et 
notamment l'imagination. Mais l'érection qui en est 
la suite est bien différente de celle qui est provoquée 
par le stimulus natiu-el ; elle est souvent doulou- 
reuse , et s'op])ose même quelquefois à rexercice 
de cette fonction. 

Nous n'avons pas de moyens spécifiques plus cer- 
tains pour calmer l'ardeur irrésistible aux plaisirs de 
l'amour. Les ])ains tièdcs généraux et locaux , les 
Ijoissous et les clystères aqueux , le nitrate de po- 
tasse , etc., n'agissent qu'en diminuant le ton géné- 
ral. 11 est même quelques substances sur l'action sé- 
dative particulière desquelles nous n'avons rien de 
précis: tels sont le camphre , la rue ( riiia gravco- 
lenSy L. ) , la lacinc de nénuphar {jiympliœa alba^ 



C L I îf I Q U E. 435 

H.,), etc. Oa sait d'alllears que ces moyens, si on n'a 
recours à la distraction, et si on n'éloigne tout ce qui 
peut provoquer le besoin vénérien , et même tout ce 
q!Ù peut en rappeler le souvenir , sont en général 
inefficaces» 

D'ailleurs les anomalies de la 'Fonction de la géné- 
ralion peuvent dépeudre de l'iniluence de l'imagi- 
nation ; elles peuvent être déterminées par l'abus 
des plaisirs de l'amour, par une continence forcée, 
par un état d'inflimmaùon des organes génitaux ou 
des tissus voisins, par une lésion congéu'laie de tex- 
ture > etc. Ne voit on pas facilement, d'après cela , 
qu'elles sont absolument du ressort de la thérapeu- 
tique ? 

TROISIÈME SECTION. 

MÉDICATIONS SPÉCIFIQUES, 

JLjes médications que je range dans cette section ont 
pour objet dedelrnire des causes raorbifiques maté- 
rielles , soit qu'elles existent hors de nous , soit 
qu'elles se soient introduites dans nos organes , soit 
enfin qu'elles s'y soient developj)ees. 

On peut ranger loutts ces médications en trois or- 
dres: le premier comprend les moyens propres à de- 
truh'C les miasmes contenus dans les circiinifusa,\GS 
applicata et les infesta ; le second s'v_»rcnj,c des 
moyens propres à détruire une disposition organique 
spécifique à contracter la contagion de certains virus; 
le troisième traite des moyens propres à détruire les 
corps morbillques introduits et développés dans nos 
organes. 



436 PHARMACOPÉE 

ORDRE PREMIER. 

Jïlqyens propres à clébruire les miasmes contenus 
dans les circumt'usa, les applicata et les ingesla. 

M. Guyton-Morveau a fait coniioîlre plusieurs 
propriétés des émanations résullaiites de corps eu 
putréfaction ; voici quelles sont les principales. Ces 
émanations ont une odeur fétide , elles ne changent 
point la couleur du fernambouc, des pétales de mau- 
ve, du curcuma, du sirop de violette , si ce n'est 
lorsqu'on les a brassées avec de l'eau de chaux. Elles 
se mêlent avec l'eau , et lui communiquent leur 
odeur. Elles précipitent en noir avec le nitrate d'ar- 
gent, le nitrate de mercure , l'acétate de plomb ; eu 
hruii avec le nitrate de cuivre : elles troublent le sul- 
fure de chaux , sans apparence de précipité noir ou. 
brun et sans dégagement d'ammoniaque; elles ne 
précipitent point en blanc avec le sulfate de zinc ; 
elles ne changent point la couleur de l'oxyde brua 
de plomb , de Toxyde noir de manganèse , de l'oxyde 
blanc de zinc , etc. Elles ne perdent pas leur odeur 
fétide , mais forment un ]irécipilé blanc de carbonate 
calcaire avec de l'eau de chaux. Elles perdent leur 
odeur par leur mélange avec les acides sulfurique , 
sulfureux , nitrique , muriatique , muriatique oxy- 
céné , avec l'acide acétique concentré , avec l'acide 
acétique pyro-huileux, avec le vinaigre, mais non 
avec l'acide benzoique , ni avec le produit de la déto- 
nalion du n'irate de potasse , de la poudre à canon , 
de la combustion des baumes, des résines , des sub- 



CLINIQUE. 487 

slances végétales aromatiques , rù avec celui de la àé- 
composition du vinaigre sur des corps ccmbustihîes 
élevés à une haute température. Elles la perdent foi- 
blement par les lotions faites aveck vinaigre aroma- 
tique, etc. 

Il résulte évidemment décela que c'est parmi les 
acides qu'on doit trouver les moyens les plus con- 
venables pour détruire les émanations putrides : 
or, les recherches comparatives de M. Guiton- 
Morveau lui ont donné les résultats - pratiques 
suivans. 

L'eau froide ne peut qu'entrarocr les émanations 
putrides sans les détruire. L'eau de chaux ne peut con- 
venir que pour absorber l'acide carbonique qu'elles 
contiennent. Les résines, les baumes, et en gé- 
néral toutes les substances aromatiques en fumiga- 
tion ne font que masquer ces émanations sans les 
détruire. Les feux allumés ne font que les disperser : 
ils peuvent devenir dangereux en les étendant dans 
d'autres lieux où elles n'existoient point. Le vinaigre 
qu'on décompose , le nitrate de potasse qu'on fiïit 
détoner, la poudre à canon dont ou opère l'explo- 
sion ne les détruisent point. 

Le vinaigre convient pour les corps infectés qu'on 
y plonge ou qu'on peut laisser avec lui ; sa vapeur 
est trop peu expansible, même à l'aide de la cha- 
leur, pour pouvoir être employée avec avantage, 
même dans la chambre la plus petite. L'acide ace- 
tique pyro huileux exerce une action analogue à 
celle du vinaigre; il est plus expansible, mais ses 
effets ne sont pas en rapport avec son expansion. 
L'acide acétique concentré agit plus prompte- 



458 PHARMACOPEE 

meut, d'iiue manière pins intense ; mais son aciroii 
ne s'étend pas au loin. 

L'aciJe sulfuriquc, même concentré, paroît moins, 
agir sur les émanations putrides que les acides sui- 
vans; sa fixité rem])êclie d'ailleurs d'être appliqué- 
à l'état de vapeur. 

L'acide sulfureux à l'état gazeux atténue les éma- 
nations, mais ne les détruit qu'à une petite dislance: 
il provoque la toux. Il peut convenir lorsqu'il s'agit 
de désinfecter les vètemens,les marchandises que 
l'on craint peu d'altérer , ou lorsqu'on veu^ opérer 
un effet analogue sur un air slagiiant dans un liea 
fermé non couvert, comme les petites cours des 
hôpitaux durant la luiit. Pour se servir de ce moyeu 
on introduit du soufre en poudre , avec une mèche 
au milieu, dans un vase de terre et on l'allume. Ou 
peut obtenir un effel plus ])iompt, plus étendu et 
plus intense, en mêlant préalablement le soufre avec, 
le triple de son poids de nitralre de potasse^ 

Le gaz acide nilreux n'agit qu'en enlevant l'oxy- 
gcne atmosphérique; il occasionne la toux el la 
s ul focal ion. 

L'acide nitrique en vapeïTr n'est pas suscepti!)le 
de beaucoup d'expansion ; il se condense promple- 
menl ; il n'augmente pas, a nsi qu'on l'a cru, les 
proportions du gaz oxygène de l'almosphère. 11 a 
une action notable sur les émanations putrides; il 
n'excite qu'un peu de toux; mais il ne convient 
que pour désinfecter des lieux peu espacés. Pour 
le dt'g.'iger on se sert de nilrale de potasse et d'acide 
sulfurique pur: on peut le vajwriser à chaud et à 
froid. La vapeur dégagée à chaud est d'abord plus 



CLINIQUE. 489 

abondaule , p]us expausilile ; mais elle s'accompagne 
fréquemment de gaz nitreux , surtout si les matières 
employées ne sont pas pures, si la chaleur est trop 
forte, si la dose est trop grande et si la vapeur ren- 
contre des substances métalliques. La vapeur dé- 
gagée à froid est moins exj)ansible; elle se con- 
dense plus promptement; mais elle ne s'accom- 
piigne pas de gaz ultreux; elle n'irrite pas les voies 
respiratoires : elle est donc préférable à celle qu'on 
dégage à chaud. Pour obtenir cette vapeur acide , 
on prend un vase de verre, de porcelaine, ou de 
poterie cuite en grès; on y verse de l'acide sulfuri- 
que pur non noirci , pesant 66 — o ou 1,7 (i), et ou 
y ajoute successivement une égale quantité de ni- 
trate de potasse pur pulvérisé; on agile avec une ba- 
guette de verre. On peut laisser cet appareil en 
repos ou le promener; on peut le multiplier lors- 
qu'on veut obtenir un efFet plus étendu. On ferme 
les issues avant de faire ce mélange, et on les 
ouvre dès que la condensation est opérée (2). Ou 
réitère ces vaporisations selon le besoin et à des in- 



(i) Pour plus de commodité, on peut doser cet acide par 
son volume ; un centilitre de verre peut convenir. Il su fût de 
se rappeler que l'acide sulfurique concentré esta l'eau distillée 
comme 1,7 est à 1,0. 

(2) Lorsqu'on fait les fumigations acides en général dans un 
lieu inhabité, on peut employer des quantités plus grandes, 
multiplier les appareils, ou verser aussitôt toute la dose de 
l'acide. On tient les issues exactement fermées pendant .six, 
douze à vingt-quatre heures. On enlève les substances suscep- 
tibles de s'oxyder. 



44o PHARMACOPEE 

tervalles pins ou moins éloignes. 40 grammes (ro ^ 
gros) de l'une el de raulre de ces snbslances suiii- 
senl ponr une chambre de iod mètres cubes ou de 
25 à 3o mètres sur chaque dimension. Si la chambre 
est plus grande, il faut multiplier les appareils,, 
mais non augmenter la dose indiquée, crainte de dé- 
gager des vapeurs d'acide nitreux. 

L'acide muriatiqne fournit un gaz permanent à la 
température à laquelle l'acide nitrique se condense ; 
il est très- expansible ; il ne provoque qu'un peu de 
toux j ses effets dcsinfectans sont prompts, intenses 
et étendus. La manipulation est commode et peu dis- 
pendieuse. On emploie du muriate de soude et de 
l'acide sulfurique : on n'a pas besoin de les choisir 
dans un grand état de pureté; on n'a pas besoin de 
déterminer rigoureusement les proportions, à moins 
qu'on ne veuille y po»'ter des vues d'économie. Oa 
peut dégager ce gaz à froid et à chaud ; il est toujours 
le même, et son dégagement continue plus long- 
temjis que celui de l'acide précédent. On prend en 
général quatre parties d'acide sulfurique à 66 — o 
sur cinq parties de muriate de soude pulvérisé : on 
verse d'abord l'acidt' dans un vase de verre ou de 
terre cuite en grès, et on y ajoute successivement 
le sel : on agite le mélange' avec une baguette de 
verre. 40 gmmmes ( 10 \ j,ros) d'acide sulfurique et 
5o grammes ( i îgros) de muriate de soude suffisent 
pum- une chambre de 100 mètres cubes; on double 
ou 011 iiijilc ia dose eu raison de l'étendue plus grande 
de )'es| .'icc ici me. On peut laisser i'appareil en repos, 
ou le pr( mener ; dans ce dernier cas, on se sert d'un 
réchaud contenant de la hruist ; on y place l'appareii 



CLINIQUE. 44-1 

(par exemple, nn creuset de Hesse), et on verse 
l'acide successivement sur le sel. 

L'acide muriatlqie oxygéné est celii des acides 
qui détruit ces émanations le plus com] L^tement et 
le plus promptement ; i! est très-expansihle. Il pro- 
voque la toux ; mais il n'opère pas d'autres accidens , 
si toutefois il n'e<^t pas trop concentré. Pour le déga- 
ger on se sert de cinq parties de muriate de soude , 
d'une partie d'oxyde de manganèse pur , de deux 
parties d'eau et de trois parties d'acide sulfurique à 
66 — o. On réduit l'oxyde et le sel en poudre, on les 
mêle; on introduit ce mélange dans une capsuie de 
verre, de porcelaine ou de poterie dure; on y ajoute 
l'eau successivement et on y verse l'acide en une fois 
ou à plusieurs reprises, selon qu'on veut obtenir 
un effet plus ou moins intense. On laisse cet appareil 
en repos , ou on le promène. On peut dégager ce gaz 
de manière à l'avoir toujours en expansion : il sufiit 
à cet effet de prendre un tlacon de la capacité de trois 
centilitres , d'y introduire quatre grammes d'oxyde 
de manganèse grossièrement pulvérisé , et de rem- 
plir les deux tiers du flacon avec de l'acide nitro-mu- 
riatique (on compose cet acide en mêlant partie égale 
d'acide nitrique pur et d'acide muriatique ). On bou- 
che le llacon; il s'en dégage du gaz acide muriatique 
oxygéné toutes les fois qu'on le débouche. Lorsqu'on 
n'a pas d'acide nilro-muriatique , on parvient au 
même résultat en mêlant de l'oxyde de manganèse 
avec le double de son poids de muriate de soude et 
en y versant de l'acide nitiique : ce dégagement se 
continue pendant plusieurs mois , et même pendant 
plusieurs années. On peut porter ces llacous sur soi ; 



442 PHARMACOPEE 

oa eu prépare avec des étuis qui s'opposent à ce qxxû 
le bouchon ne sorte spontanément. 

Pour désinfecter une chambre de loo mètres cubes 
on prend 40 grammes (107 gi'os) de muriate de 
soude , 8 grammes ( 2 gros ) d'o iyde , 16 grammes 
(_{. gros) d'eau et 24 grammes (6 gros) d'acide sult'u- 
riqne. Cette dose doit d'ailleurs varier selon le degré 
d'infection , selon que la cause est momentauée ou. 
toujours croissante , etc. 

L'expérience médicale a démontré l'utilité des fu- 
migations acides pour détruire les émanations putri- 
des , dout M. Guyion-Morveau a le premier fait 
usage en 1773. Les faits sont consignés dans le Traité 
des moyens de désinfecter l'air publié par ce chi- 
miste; c'est de là que j'ai extrait ce que je viens de 
dire sur cette matière. 

Mais ces moyens conviennent-ils également pour 
détruire la cause occasionnelle de la fièvre jaune» 
Celle cause matérielle n'a pas encore pu èlre sou- 
mise à l'analyse chimique comme les émanations pu- 
trides ; néanmoins ou a quelques faits authentiques 
qui font présumer que les mêmes moyens peuvent 
la détruire. Ces faits ont surtout été recueillis par 
MM. JamesGrigor, Gueralto, Gimbernat, Miguel 
Cabanellas, Miguel Alphonse de Rosas, Célédonio , 
Goncer, elc. ; ils sont consignés daus l'ouvrage que 
je viens de citer. Il en résulte que la mortalité et le 
nombre des conlagies dlininuoient notablement dans 
les quartiers où on avoit recours aux fumigations aci- 
des. M. Cabanellas fit même une expérience sur sa 
pro|)re personne; il prit la redingotle dans laquelle 
$on confpcre Sarrais veuoit de mourir affecte de la 



C L I N ï Q TT E, 4yS 

fièvre janne ; il l'exposa à la vapeur de l'acide snlfii- 
reux et de Tacide iiiuique, l'etendit ensuite sur sou 
lit, se coucha par-dessus, la porta appliquée sur ia 
peau , sortit avec elle au soleil , et la donna à uumeii' 
diant, qui continua à ia porle»' , sans que ni Puu ni 
J'aulrc aient été affectes de la fièvre jaune (i). 

Les fumigations peuvent-elles également convenir 
pour détruire le virus pestilentiel ? Jusqu'ici nous 
n'avons pas d'expériences directes; mais l'analogie 
nous porte à conjecturer que les mêmes moyens 
pourront être d'une grande utilité. Il est d'ailieurs 
démontré que l'immersion des objets infectés dans le 
vinaigre les prive de la propriété de communiquer 
la contagion. Que ne doit pas faire, d'après cela , l'a- 
cide muriatique oxygéné, dont l'action est beau- 
coup plus intense ? Et ne doit^on pas faire des vœux 



(i) Les résultats dont on vient de rendre compte ont été 
obtenus spécialement àSéville et à Saint-Lucar de Barameda, 
en 1 800 ; mais les fumigations acides n'y ont été employées qu'en 
novembre , c'est-à-dire , lorsque l'épidémie avoit perdu toute 
sa force, et que la fraîcheur de l'atmosphère avoit presqu'en- 
licrement dissipé le danger de la contagion : de manière qu'on 
a pu attribuer à ces fumigations des avantages qui n'éioient dus 
qu'à la constitution almosphérique : ce qui vient à l'appui do 
cette opinion , c'est que les fumigations acides auxquelles ou 
eut recours , pendant l'épidémie de i8o5 et de 1 804 , dans beau- 
coup demaisonsdeCadix,deMalaga,deCarthagènc,etc., ne ga- 
rantirent nullement de la maladie. M. Cabanellas omplo) a , à la 
vérité , ce moyen en i8o4 ,avec une a[)parcncc do succès, dan» 
un lazaret établi près de Carlhagène. Il observe qu'il y mourut: 
moins de malades que dans les hôpitaux de l'intérieur do !a 
ville j et qu'aucun infirmier n'y fut atteint, de la maladie. Ma»i 



4i4 PHARMACOPEE 

pour que ces moyens soient introduits dans les laza- 
rets ? 

Des expériences chimiques et cliniques ont paru 
démontrer que le pus variolique, que le vaccin, 
que le pus psorique, le s^^philitique , etc. cessent de 
communiquer les maladies dont ils sont les produits» 
dès qu'on les met en contact avec l'acide muriatique 
oxj^géné , quoiqu'on les inocule après à la manière 
accoutumée. 

ORDRE DEUXIÈME. 

Moyens ptopres à déti^uirè la disposition oTga- 
nique spécifique à contracter la contagion de 
certaines maladies. 

Il ne s'agit ici que des moyens qui préservent 

si la morlalité a élc moins considérable dans le lazaret, il conle- 
xioil aussi beaucoup moins de malades que les hôpitaux, de Car- 
thagcne. D'un autre côté , cet établissement consistoit dans un 
certain nombre de tent-s dressées sur une hauteur , où l'on 
respiroit un air bien moins altéré que celui des hôpitaux ordi- 
naires. Quant à la préservation des infirmiers du lazaret , elle ne 
présenteroit rien d'étonnant, quand même on n'auroit pas 
fait usage de fumigations, puisque les maisons isolées elles 
villagesdeseuvirons de Carlhagène ont été entièrement exempts 
de la contagion. C'étoit donc dans l'intérieur de la ville, et 
lorsque l'épidémie faisoit de grands ravages, que M. Cabanellas 
auroit dû faire ses expériences. Mais on conçoit très-bien que , 
malgré la grande cfticatilé des fumigations acides pour désin- 
fecter des vèlemens , des meubles , ou des espaces très-cir- 
conscrits, elles ne peuvent guère être employées avec succès 
lorsque l'air de toute une ville est infecté. jP. H, N. 



CLINIQUE, 445 

d'une manière spécliique de la contagion de certains 
virus. 

§ I^^. Spécifique pour présenter de la variole» 

Ce spécifique est la vaccine. Sa propriété préser- 
vative est démontrée, en ce que les individus vaccinés 
ne contractent la variole ui par inoculation , ni par 
cohabitation avec des sujets affectés de la variole , 
ni par l'iiabitaliou au milieu d'épirlémies varioliques. 
La vaccine ne paroiL entièrement jouir de cette 
propriété que lorsque la période d'irritalion a dis- 
paru , et que le fluide vaccin cesse d'êli e visqueux , 
et de pouvoir communiquer la vraie vaccine. 

La vaccine n'est point contagieuse par simple con* 
tact et par voie d'épidémie; elle ne l'est que par 
l'application du fluide vaccin sur la peau dénuée 
d'épiderme ( quelques expériences fout présumer 
que la croûte vaccinale jouit de la même propriété). 
JLe fluide de la vaccine ( vaccin ) ne jouit de la pro- 
priété de communiquer cette aftection et de préser- 
ver de la variole que lorsqu'il est limpide et uis- 
queux. 11 présente ce dernier camctère lorsqu'il 
a une couleur brillante argentée , lorsqu'il sort avec 
lenteur, qu'il prend une forme globuleuse sur le 
bouton qu'on vient de piquer, lorsqu'il Hle entre les 
doigts comme un sirop , qu'il se détache difficilement 
de la lancette et de la plaque de verre, lorsqu'il se 
dessèche promptement à l'air sous la forme d'un en- 
duit gommeux , lorsqu'il rend roides les fils sur les- 
quels il se dessèche, et qu'il s'en détache en écailles 
de consistance et d'un aspect vitrés j enfin lorsqu'il 



446 PHARMACOPlÊE 

se mêle (lifficilcmcnt au sang. Le vaccin présente ce 
caraclèie durant la période d'irritation, c'est à -dire, 
du troisième au cinquième jour de cette période; il 
le perd après celle époque. Le contact de la lutnlère , 
delà chaleur, de l'air almosj)Iiérique et de tous les 
corps oxygënei. lui font perdre la projnlèté de com- 
muniquer la vraie vaccine; il ne produit alors qu'une 
pustulenoupréservative.On volt évidemment d'après 
cela qu'il est préférable d'employer le vaccin au 
moment même où on l'extrait de la pustule. Il serolt 
utile à cet effet d'entretenir toujours des pustules 
vaccinales soit sur l'homme , soit sur des animaux; 
mais cela est souvent impossihic. 

\olci les caractères principaux de la vaccine ( i )• 



(1) 11 ne faut pas confondre la vraie vaccine avec la vaccine 
bâtarde. Voici les caractères de celle-ci 5 il en est deux, variétés. 

i'« variété. Cause. Inoculation de la vaccine chez des indi- 
vidus qui ont eu la variole. Elle est susceptible de se commu- 
niquer par insertion. 

Caract. Dès le d(!uxième et le troisième jour, inflammation 
de la piqûre; formation d'une vésicule Irrégulière, quelquefois 
pointue , le plus souvent ronde, de couleur jaune , à bords 
aplatis, inégaux , non gonflés, contenant une matière peu abon- 
dante, d'un jaune limpide; apparition non constante de l'aréole, 
laquelle est ordinairement moins étendue que celle de la vraie 
vaccine, dure aussi long-temps, mais paroil plus tôt qu'elle; 
a])sence du gonflement souculanéet de l'induraliou circonscrite 
qui fait la base de la tumeur vaccinale. Durant ce travail , senti- 
ment de prurit insupportable, douleur aux. aisselles, <pielque- 
fois gonflement des glandes subaxillaires, céphalalgie, accès 
irrégulier de lièvre. Marche rapide de la période d'inflanmia- 
lini , et surtout de celle de la dessiccation. Vers le septième ou 
huitième jour, formation d'une croi\le analogue à celle delà 



CLINIQUE. 44-7 

Dès que riusertioii vient d'avoir lieu , il se forme 

tout autour de la piqûre un cercle superficiel d'uu 

rouge peu foncé, du diamètre d'un à deux ccji imè- 

très , lequel disparoit presque immédiatement ar.rès ; 

la piqûre se gDuile légejement, rougit et ne larde pas 

à s'affaisser. Nul phénomène uotahle ne se raanifviste 

depuis cette époque jusqu'au troisième ou quatrième 

jour; c'est alors que finit la période d'inertie, et que 

commence celle d'intlammation. A cette époque 1 1 

cicatricule s'élève et rougit. Le cinquième elie preriJ 

une couleur plus intense et la forme d'omhilic; ii y 

a un léger prurit. Le sixième l'intensité Je la couleur 

diminue ,1e bourrelet circulaire s'élargit et augmente; 

il s'entoure d'un cercle rouge d'uu millimètre de 

diamètre. Le septième le bourrelet s'aplatit et devient 

argenté. Le huitième il s'élargit, segoulle et devient 

vraie vaccine , mais moins large , moins épaisse , ce laissaut pas 
de cicatrice, mais seulement une tache. 

•2* variété. Causes. Inoculation avec des lancettes oxydées, 
avec des fils, avec un instrument mal effiié, peu pointu, ou à 
l'aide de piqûres profondes et avec du vaccin purulent ou non 
suffisamment délayé. 

C iravt. Dès le jour même , ou le lendemain , inflammation 
et suintement purulentaux bordscleia plaie. Le deuxième jour, 
diminution de la rougeur , épiderme plus saillant que la veille, 
légère aréole. Du deuxième au troisième jour, formation d'una 
pustule élevée en pointe qui se crève et laisse écouler un pus 
opaque, jaunàlie ; formation d'une croûte jaune, mollasse, 
plaie , qvii tombe le cinquième ou le sixième jour , se renouvelle 
fréquemment et est quelquefois suivie d'un ulcère profond- 
continuation de l'aréole irrégulière, avec gonflement et dureté, 
qui disparoit successivement ,sans laisser sur la peau les petites 
«cailles qui succèdent à l'aréole dans la vraie vaccine. 



^48 P II A Pc M A C O 1> É E 

d'un blanc grisâtre; la dépression centrale se fonce 
eu couleur, ou conserve une teinte analogue à celle 
du bourrelet ; le cercle rouge s'étend, et perd de sa 
couleur. Le neuvième le bourrelet augmente d'éten- 
due ; le cercle rouge (aréole) prend une teinte rose 
uniforme et s'étend; on éprouve une chaleur mor- 
dlcante ; il survient quelquefois un mouvement 
fébrile, de la douleur dans les ganglions (glandes ) 
axlllalres, des pandlculatlons, des bàlllemens, rare- 
ment des nausées et le vomlsscmenl. Il ne survient 
pas de changement notable le onzième jour : si on 
ouvre alors la pustule il en sort de petites gouttes 
d'une humeur limpide qui se succèdent. Le dou- 
zième jour commence la période de dessiccation; la 
dépression centrale se convertit en croûte , l'humeur 
du bourrelet se trouble et devient opaque ; l'aréole 
pâlit, la tumeur vaccinale diminue d'étendue, l'épi- 
derme s'écaille. Le Irelzlème le bourrelet jaunit et se 
rétrécit : si on le pique , il donne en une seule fois 
issue au liquide purulent qu'il contient. Le quator- 
zième la croûte jaunit et durcit, l'aréole diminue. 
Du quatorzième au vinglième la croûte prend de 
plus en plus de consistance ; elle tombe du vingt- 
quatrième au vingt-septième jour , et laisse à nu une 
cicatrice profonde. 

La marche de la vaccine est en général constante 
et régulière : elle détermine rarement des accidens 
locaux. Elle peut occasionner un ulcère ou un éry- 
sipèlc simple et phlegmoneux dans le Heu de l'inser- 
tion , et le gonflement inilammatoire des glandes 
lvm| hallques voisines. Cette affection jieut diminuer 
avec l'aiéole , persister ou même au^meuler après la 



CLINIQUE. 4^g 

disparition de celle-ci. En général ces accideus sont 
moins fréquens, et surtout moins intenses, lorsqu'on 
se sert du vaccin pris sur l'homme que du cowpox, 
ou de celui qui est pris sur le pis de la vache j ils sont 
moins marques lorsque l'insertion est superficielle 
que lorsqu'elle est profonde. 

La vaccine peut produire ( mais cela n'a lieu que 
très-rarement ) l'affection d'une étendue plus ou 
moins grande du derme : tels sont le perapliygus , la 
miJiaire,el même une éruption vaccinale. Celte der- 
nière est le plus souvent l'effet d'une inoculation ac- 
cidentelle occasionnée par l'égratignure d'abord de 
la pustule, puis de différentes parties de la peau. 
Les épidémies de maladies cutanées peuvent compli- 
quer accidentellement la vaccine avec la rougeole , 
la scarlatine, la variolette , et même avec la variole ; 
mais cette dernière n'en est susceptible que dans 
les dix ou douze premiers jours environ de l'érup- 
tion de la vaccine. La coïncidence de ces affections 
avec la vaccine ne contrarie la marche d'aucune 
d'entre elles. On observe que lorsque la variole se 
développe en même temps que la vaccine, ou dans 
les premiers jours de l'éruption de celle-ci , elle fait 
quelquefois prendre à la pustule vaccinale les carac- 
tères varioleux. On voit même dans quelques cas la 
pustule vaccinale conserver ses caractères spécifiques 
jusqu'au huitième ou neuvième jour de la variole , 
€t se convertir ensuite subitement en un ulcère va- 
rioleux. Le plus ordinairement la vaccine diminue 
l'intensité de la variole , surtout' lorsque celle-ci ne 
se déclare que le sixième ou septième jour de l'érup- 
tion vaccinale. 

H. 29 



45o P H A R MA C O P E E 

La vaccine n'enlrave l'exercice d'aucune fonclîoity 
pas même de la denliliou et de la geslaliou ; elle n'en- 
trave pas non j)lus la marche des maladies coïnci- 
denles. Elle paroil quelquefois favoriser leur cura- 
lion. Elle n'entraîne après elle l'affecliou d'aucun 
syslème d'ori^auc, pas même de l'ori^aue cutané et 
du tissu cellulaire soujacent. 

Tout âge, tout sexe, tout tempérament, toutes 
les races d'hommes, toutes les saisons paroissent 
également propres à l'inoculation de la vaccine. 11 
paroît cependant qu'il est quelques circonstances 
individuelles momentanées ou durables qui ne per- 
mettent pas le développement de la vaccine inoculée. 
Les individus qui ont eu préalablement la vaccine 
ou la variole sont le plus ordinairement incapables 
de la contracter. Un état de sécheresse et de rigidité 
trop grandes de la peau s'oppose souvent au succès 
delà vaccination.il en est de même d'un état de mol- 
lesse trop grande de cet organe ; aussi la réussite de 
cette inoculation est-elle plus constante (pielques 
mois après la naissance qu'immédiatement après. Du 
reste la marche de la vaccine est d'autant moins ac* 
compagnéc de trouble que l'individu est plus jeune. 
L'abaissement très-grand de la température atmo- 
sphérique paroît ralentir sa marche , et son éléva- 
tion l'accélérer. La vaccine en passant d'un sujet à 
l'antre se reproduit sans éprouver d'altération : l'af- 
fection simultanée de la gfde, etc., n'y apporte au- 
cune modification. 

Les avantages de la vaccine sur la variole inoculée 
consistent donc: en ce qu'elle est purement locale , 
q'i'elle se borne au lieu de l'inoculation , que sa 



CLINIQUE. Zpi 

marche est régulière^ qu'elle n'exposa à aucune 
difformilë, qu'elle ne produit jamais de iriaîadie iu- 
quiétaiitc; , qu'elle exerce même une inlluence salu- 
taire sur l'organisme; qu'aucuûe circonstance de 
la vie ne contre-indiqae sou inoculation , qu'elle ne 
Se propage que par insertion , qu'elle ne peut pas 
par conséquent exposer les personnes qui touchent 
5oit le vacciné, soit ses vêtemens, à être affectées de 
la même maladie. 

On peut conserver le vaccin à l'élat frais et des- 
séché. Pour le couserver à l'état frais, on ouvre la 
pustule par une uicision circulaire , de manière à 
diviser le plus grand nombre de cellules ; ou j ajjpli- 
que ensuite un peu de coton , et on l'y presse avec 
la lame de la lancette. Lorsque le cotou est bien 
imbibé, on le dépose dans la fossette pratiquée sur 
une plaque de cristal ; on recouvre le tout d'une 
autre plaque unie de la même grandeur; on lute 
leurs bords en y promenant de la cire qui découle 
d'une bougie allumée. Lorsqu'on n'a pas de plaque 
de verre creusée en fossette, on peut y pratiquer 
une cavité à l'aide d'un peu de cire; on la recouvre 
de même que la précédente. Ce moyen est peu 
employé; il faut beaucoup de temps pour impré- 
gner le coton, et on perd beaucoup de vaccin (i). 

Lorsqu'on veut conserver le vaccin à l'état sec , 

(i) Le meilleur procédé pour conserver le vaccin à l'état 
liquide est celui qui a élé imaginé par M. Bretonneau , ancien 
élève del'É^^ole de Médecine de Paris , et chirurgien à Chenon- 
ceaux , département d'Indre-ét-Loire. Ce praticien prend un 
tube capillaire de verre ouvert aux deux bouts, en applique 
tine cxtrcmilé, en le tenant horizoulalement, sur la gouiieletle 



452 PHARMACOPEE 

OQ le faltdessL'clier soit eulrc deux plaques de verre, 
soit sur la lame d'uuc lancette non oxydable , soit 
sur des fils. Dans tous les cas il faut le mettre à l'a- 
bri du contact de l'air et de la lumière, ainsi que 
d'une température excessive. On peut se servir de 
deux plaques de verres plats ou en losselle : les verres 
plats sont ordinairement carrés, larges de deux à trois 
centimètres; ils doivent être lisses et polis. On appli- 
que l'un d'entre eus. par son milieu sur une pustule 
vaccinale qu'on a préalablement piquée dans toute 
son étendue j on l'y maintient jusqu'à ce qu'il aitreçu 
une gouttelette de vaccin; on applique alors l'autre 
verre de la même manière sur la pustule. Lors- 
que les deux plaques sont chargées , on les ap- 
pose l'une sur l'autre par leur surfa^-e humectée , 
ou réunit leurs bords à l'aide de cire liquédée , et 
ou les enveloppe dans du papier coloré. Ce moyeu 
est prompt , l'acile , peu cuùlcux ; mais il force 
quelquefois à recourir à unescconde vaccination. 
Lorsqu'on veut se servir de jilaques de verre eu 
fossette , il faut que la cavité ne soit pratiquée que 
dans l'une des plaques, et qu'elle ait assez, de capa- 
cité pour contenir tout le liquide d'une jnistule or- 
dinaire. Les plaques peuvent être lisses ou dépolies: 
on préfère ces dernières en ce qu'elles s'apposent 
plus intimement l'une contre l'autre, et permettent 

qui sort cl'im boulon -vaccin qu'il vient d'ouvrir; le liquide 
moule à l'instant dans le tube, et quand il est rtnipli, M. Brc- 
tonncau en scelle les deux extrémités avec de la cire à cacheter. 
Le coniilé centrale de vaccine a adopte ce procf^dé qu'on a mo- 
difié en Taisant un petit reullcment au milieu de chaque lub» 
capillaire. P. //. N. 



CLINIQUE. 453 

moinsTaccès de l'air. Oi recaeiile d'abord le'vacclti; 
onle dépose daDS la fossette à i'aîded'un cure-oreiîie, 
en faisant en sorte que ce liquide déborde un peu ; 
ou y appose ensuite la plaque qui est plaue, après 
l'avoir préalablement promenée sur la pustule; on 
les unît comme dans le cas précédent; 11 faut avoir 
soin qil'il ne reste pas d'air dans la fossette. Ce moyen 
n'a jamais manqué son effet. 

Lorsqu'on veut conserver le vaccin sur des lan- 
cettes, il faut préférer Celles qui ne sont pas sus- 
ceptibles de s'oxj'der : aussi emploie -t-on des lan- 
cettes dont la lame est dorée , d'écallle ou d'ivoire. 
Pour charger lès lancettes de vaccin, on ouvre avec 
elles une puslute; la pointe se recouvre aussitôt 
d'une goutte de ce liquide. On 'doit em^oêcber que 
la lame ne touche la châsse; à cet effet on tourne 
une pelite bande de papier autour de son extrémité 
fixe , Ou ferme ensuite la lancette. Ou peut aussi in- 
troduire l'extrémité raousse de la lame dans un bou- 
chon de liège qu'on a enfoncé dans le couvercle 
d'un éiui,et plonger rexlrémité tranchante dans 
l'autre portion de l'étui. 

On a rarement recours au fil pour conserver le 
Taccin. Lorsqu'on veut s'en servir, on réunit trois 
à quatre bouts de ill un peu cotonneux, on les ap- 
plique à ]ilusieurs reprises sur une pustule vacci» 
nale dont on a préalablement divisé les cellules. 
Lorsqu'ils en sont bien imbibés, on les introduit- 
dans un liacon plein de gaz hydrogène ou de gaz 
azote sec, ou dans un tube de verre étroit, dont on 
cachette aussitôt les deux extrémités , ou que l'on 
ferme à la- lampe derémailleuF , afiiv de raréfier raii" 



■^54 T îf A--TI M A C O I' L E 

conleiiadans son iulérieur ; on renferme ensuite 
ce Ittbe dans un tuyau de plume ou dans un élui. 
On a icjclé avec raison l'inoculalion de la vaccine 
par Yé^iicalion et jiar incision; on n'a recours qn'^ 
celle qu'on. pji'atique par piqûre. A cet effet on peut 
s,ç,^c;rv;ir d'une laucelte non oxydée , d'une aigiiiUe 
d'or aplatie et cannelée à sa pointe, ou endn d'une 
aiguille à coudre ordinaire. L'habitude et les cir- 
constances dans lesquelles on se trouve doivent dé- 
cider du choix de l'instrument. La piqûre doit être 
supcrlicielle , peu étendue, et le moins possible ac- 
compagnée d'irritation et d'écoulement de sang. 
Ou pratique ordinairement l'inoculalion à la partie 
externe et supérieure du bras; mais ce lieu n'est 
pas de ligueur. On fait deux à trois piqûres afin 
d'être plus certain de la réussite de l'une ou de 
l'antre ; on pratique deux piqûres à chaque bras. 
Il faut en général d'autant moins les multiplier que 
l'individu est plus foible. Il faut laisser un inter- 
valle de quatre tiavers de doigt environ entre cha 
çi^ne d'elles , alin de prévenir la réunion des 
aréoles et de pouvoir facilement charger les verres 
plats. 

. Pour inoculer le vaccin , on en charge d'abord l'un 
ou l'autre des instruniens que je viens d'indiquer. 
Lorsque le vaccin est frais, il est facile de l'appliquer 
sur l'inslrument. Lorsqu'il est desséché, il faut le 
délayer préalablement avec un peu d'eau froide ou 
tiède , ou mcme avec de la salive , jusqu'à ce qu'il ait 
la consistance de mucilage et qu'on n'y rencontre 
plus de granulation. Si le vaccin a été conserve' entre 
deux plaques de verre , on le ramollit sur le verrQ 



C L I X I Q XJ E. 455 

lui-même. Sll a été desséché sur dcslils, sur du linge 
ou sur une lancette , on l'IiumecLe de la mèaie ma- 
nière , et on le détache dès qu'il a la consistance et 
riiomogénéilé nécessaires. 

Lorsque la pointe de l'instrument piquant est 
chargée de vaccin frais ou ramolli, l'opéraîeur tend 
la peau avec la main gauche ; il lient l'instrument 
dans sa main droite , et l'introduit entre l'epiderme 
et le derme en suivant une direction horizontale, jus- 
qu'à ce qu'il soit légèrement leiut de sang. li appose 
ensuite le pouce de la main gauche sur la piqûre , 
laisse séjourner l'instrument pendant un instant , 
l'agite légèrement, et le retire en appuyant avec le 
doigt sur le lieu de la piqûre comme pour l'y essitjer. 
Si ou se sert de l'aiguille à coudre, le procédé est en- 
core plus simple : ou l'introduit horizontalement 
entre l'epiderme et le derme; Tinserliou a lieu sans 
effusion de sang et sans la momdre douleur. 

On n'a pas besoin de recouvrir le lieu do l'inocu- 
latiou ; on le laisse au contact de l'air jusqu'à ce que 
les piqûres soient desséchées : on évite de porter des 
manches d'un tissu trop gros, de laisser les piqûres 
en contact avec de la laiue , d'avoir le bras trop serré, 
etc ; on empêche l'enfant de graller ; on évite , en 
un mot, tout ce qui peut produire une Irritation lo- 
cale. Si le tissu cutané est trop sec avant la vaccina- 
tion , on le ramollit à l'aide d'un cataplasme tiède; s'il 
est trop mou , on y pratique de légères frictions. 
L'écoulement du sang , lors de la piqûre , ne s'op- 
pose pas toujours au succès delà vaccination. C'est 
dans le rapport du comité central de vaccine de Paris 
et dans l'ouvrage intitulé : B.ecJierches historiques: 



456 PHATIMÀ COP^E 

et médicales sur la F~accine , de M. Hnsson , qu'il 
faut chercher des détails ultérieurs ; c'est là que j'ai 
puise les faits que je viens d'exposer. 

oplDre troisième. 

Moyens propres à détruire les corps morhifirptcs 
introdùiis ou développés dans nos organes. 

Les causes morbifiques matérielles introduites 
dans nos organes oa appliquées à leur surface , sont 
le virus syphiliiiqVii;', le virus rabiéiqnc, les poisons, 
les :norsares d'animaux venimeux , etc. Celles qui 
s'y développent sont les vers intestinaux, les calculs 
'urinaires et biliaires , là dégénérescence acide et 11a- 
tulenledu conduit alimentaire. 

Je vais examiner successivement celles de ces 
causes matérielles morbifiques contre lesquelles nous 
avons des moyens spécifiques. 

§ V^. Spécifiques du i)irus syphilitique. 

Il paroît que ( malgré les recherches qu'où a faites 
sur difterens végétaux et surtjout sur les "moyens oxy- 
génés) ce sont les oxydes et sels mercuriels qui , dans 
les climats modérés, combattent et détruisent le plus 
constamment la syphilis : mais peuvent-ils être regar- 
dés comme spécifiques ? Il faudroit pour cela qu'ils 
pussent ég.ilement convenir dans tous les climats et 
dans loulcs les circonstances, ainsi que dans toutes 
les variétés sous lesquelles cette maladie se présente : 
or , c'est ce qui n'a pas lieu. 

Les composés mercuriels les plus usités pour com- 
Lallrc la syphilis, sont l'oxyde de mercure iioir, le mu- 



CLINIQUE. 457 

n'aie de mercure doux et le muriate de mercure sur- 
oxydé. On les administie sur la surface muqueuse de 
l'estomac, sur la surface cutanée, sur la surface 
muqueuse dn gros intestin , et enfin sur la surface 
muqueuse des gencives et des joues. Les formes sous 
lesquelles on les applique sont les mêmes que celles 
que j'ai indiquées ailleurs (tomele^, p. 420, tome II, 
page 80 ). Ou prépare le sujet à l'emploi de ces 
moyens à l'aide de bains tièdes généraux ; on fait 
même usage de ceux-ci durant le traitement. Lors- 
qu'il y a embarras gastrique ou intestinal, on déter- 
mine préalablement le vomissement ou la purgaliou. 
On a recours aux saignées s'il y a pléthore : l'usage 
a accrédité la purgation après le traitement mercu- 
riel. Dès que la salivation se manifeste , on suspend 
ou on diminue la dose du composé mercuriel dont 
on fait usage. 11 faut continuer l'emploi de ces moyens 
quelque temps après que les accidens ont disparu ; 
saûs cela ils ne tardent souvent pas à reparoître. 

Uox')(Ie de mercure /loirest administré en fric- 
tions o|^ par la bouche. Dans le premier cas, on l'c- 
lend ordinairement dans partie égale d'axonge ou 
d'un corps gras quelconque. On pratique les frictions 
à la partie interne des jambes, des cuisses et des bras; 
on choisit à cet effet le moment du coucher. On les 
pratique avec 4 grammes ( i gros*) d'onguent, et on 
frotte doucement et])endant une demi-heure à une 
heure: le sujet lui-même doit, autant que possible, 
pratiquer ces frictions. On couvre les parties avec un 
linge ou avec une feuille de papier. On fait ces fric- 
lions alternativement sur des régions différentes , et 
après avoir préalablement bien nettoyé la partie. On 



4^S P il A R M A C O r G E 

laisse entre chaque rrlclionuiilulervalle d'un à deux 
jours. Après cinq à six frictions , s'il ne se dëvelop)^.e 
])as d'acciiiens, on peut en augmenter la dose du 
double. Le nombre des frictions pour les affections 
des parties molies est de 3o à 35 , et de 5o à 70 pour 
celles des parties dures. En général , il faut de 5o à 
i5o grammes (i once 5 gros à 5 onces) de cet oxyde 
pour la lolalilé du traitement. Ces iiiclions ont pour 
inconvénient de noircir le linge , de divulguer la 
maladie , de ne pas exercer une action constante et 
proportionnée à la dose. 

Lorsqu'on l'emploie par la bouche , c'est sous la 
forme de poudre , de pilules ou de pastilles. On en 
donne d'abord 2 centigrammes ( y de grain), et on 
augmente tous les jours de deux centigrammes , 
jusqu'à 26 centigrammes (4^ grains ). L'effet est à 
peu près le même que dans le cas précédent. On en 
fait surtout usage chez les individus délicats , dont 
les poumons sont raeuacés d'hémoptysie , etc. 

Le jnuriate de mercure suroxydé est employé 
par la bouche , en lavement , et en frictions à la piaule 
des pieds : on ne l'applique plus en bains. On le 
donne par la bouche sous la forme de pilides et eu 
solution dans l'eau distillée. On l'administre d'abord 
à la dose d'un centigramme ( | de grain) convena- 
blement élendu , et on s'élève graduellement à celle 
de deux centigrammes ( \ de graia )» à kupicile on 
s'arrête. On y associe l'usage de boissons niucilag;- 
neuses. Un à deux grammes ( 18 à 36 grains) sufii- 
sent ordinairement pour les syphilis les ])lus invété- 
rées. Ce moyeîi peut délerminer des accidcns s'il 
n'est pas admiuibtré avec prudence; du reste il pro- 



CLINIQUE. 459 

'oque rarement la salivation. Sou administration est 
acile et prompte ; elle peut avoir lieu secrètement, 
-ia syphilis ilisparoît promplement par l'emploi de 
;e moyen; mais elle 1 eparoît facilement si on n'eu 
lontiuue pas l'usage pendant quelque temps. On a 
incore peu fait usage de l'application de ce sel eu 
riclion à la plante des pieds. Ce mode d'admiuistra- 
ion nécessite de noiveaux essais. Cirillo l'étend dans 
nviron neuf fois son poids d'un intermède gras; il 
uit des frictions de 4 grammes (2 gros) chaque; il 
'élève jusqu'à 6 grammes ( i gros ) , et non au-delà 
le 8 grammes (ij gros). Ce sel injecté dans le gros in- 
estin à l'état de solution aqueuse étendue peut, au 
apport de M. Vaientin , produire les mêmes effets 
[ue lorsqu'on l'introduit dans l'estomac. Ce sel ne 
leut convenir chez les individus dont les poumons 
Qnt disposés à l'hémopt} sie , ou sont affectés de tu- 
lercules , etc. On peut l'administrer durant la ges- 
ation. On peut en faire usage chez les enfans sevrés : 
'est ainsi qu'aux enfaus d'un ïi trois ans ou en fait 
>rendre2 34 milligrammes (-^ à^r ^^ g^'^^")» ^^ ^ 
eux de cinq à six ans, de 4 à 8 milligrammes (-— à -^ 
le grains). 

Le murlate de mercure doux peut être employé 
lar la bouche , en frictions cutanées et en frictions 
ur les gencives et les lèvres. Dans le premier cas on 
administre en pastilles ou en pilules. On en fait 
irendre 10 à 20 centigrammes (234 grains) ; on 
limmue la dose dès que la salivation se manifeste. 
jorsqu'oQ veut l'appliquer en frictions sur l'organe 
utané , on l'étend dans quatre fois son poids de cérat 
lanc. La dose pariieile de cet onguent est de 8 à 12 



4Go I' PI A R M A C O PÉE 

grammes ( 2 à 3 gios). Il faut en général izo gram- 
mes (5 gros) pour les syphilis récentes, et 40 à 
5o grammes ( 10 à i3 gros) pour celles qui sont 
invétérées. Lorsqu'on veut en faire des frictions 
sur les gencives , on l'élendclans un peu d'eau ou de 
mucilage. La dose partielle est dé 10 à 20 centi- 
grammes (234 grains ). Le muriate de mercure 
doux provoque facilement la salivation ; il n'agit pas 
d'une manière constante, ou ne produft qu'une amé- 
]ioralion peu durable. Il convient particulièrement 
dans les aifeclions syphilitiques locales. 

On est quelquefois oblige d'unir les mercuriaux 
à d'autres moyens , par exemple , à l'opium , etc. 

Quelques tentatives paroissent faire conjecturer 
que les lotions du pénis et de la membrane muqueuse 
de l'urètre avec de l'acide murialique oxygéné, ou. 
avec un muriate alcalin surox^géné , préviennent les 
acridens qui sont la suite d'un commerce impur j mais^ 
on est encore loin de pouvoir regarder cet effet 
comme démontré. 

§11. Spécifiques du i.yiiiis rahiéiqiic^ 

Jusqu'ici on ne connoît pas de spécifique du viru* 
rabiéique. On a quelque proba])Hité qu'en appliquant 
de l'acide rauriatique oxygéné ou des muriates alca-; 
lins suroxygénés sur le lieu du la morsure peu de 
temps après qu'elle a eu lieu , on pourroit , en dé- 
truisant ce virus, prévenir les accidens diiplorablcs. 
qu'il occasionne. Le moyen qui jusqu'ici réussit le 
mieux pour prévenir l'effet de cette terrible affec- 
tion , c'est la cautéi'isalion de la partie mordue. Les 
substances dont l'adiuinislialion par la bouche a été- 



CLINIQUE, 4G1 

quelquefois suivie d'une amélioration ou (Vaue di- 
minution successive des symptômes , ont toujours été 
employées conjointement avec la cautérisation, et ne 
peuvent être regardées comme spëciiiqncs ; leur em- 
ploi n'a pas toujours été suivi de la guérison. C'est 
dans le mémoire de M. Audry qu'il faut lire la liste 
de tous les moyens qui ont été tour à tour conseillés. 
On n'a pas fliit en France d'expériences sur la lacine 
d'atropa belladona, que Mœuch a tant préconisée 
eu Allemagne. 

§ HT. Spécifiques cont/e le venin de la vipère. 

Nous n'avons pas d'autres moyens que ceux que 
j'ai indiqués pour le virus rabieique, c'est-à dire la 
cautérisation de la partie mordue. L'ammoniafjue a 
élé plus particulièrement accréditée à cet effet. 

§ IV. Spécifiques contre la piqûre de sangsues et 

de dif/érens insectes. 

Lorsque des sangsues ont mordu à la peau , ou ont 
pénétré dans un conduit muqueux, et produisent 
unehémorrhagie, il sufllt d'injecler un liquide salin 
ou acide daiîs la cavité qui les contient, ou d'en ap- 
pliquer immédiatement sur elles si elles adhèrent à 
la peau. 

Les piqûres de tarentule {aranea Utrcntula _, L.), 
de scorpion {scorpio rnfiis cteuropœus , L.), celles 
d'abeille {^ajùs melUfica , L.), de guêpe ( ojcspa 
Q)ulgaris) , de frelon {uespa crabro) , de cousin 
( culex pulicaris eipipiens ;, L. ) , etc. n'exigent pas 



4>^^ PHARMACOPÉE 

de moyens spécifiques, mais un (raileraent subor-» 
doinié au degré particulier d'irritalion. Ou sait que 
rapplicalion d'alcool , de vinaigre» de sels alcalins ^et 
surtout de muiiates de soude et d'ammoniaque , d'a- 
cétate de plomb , de sulfate de fer , etc. peuvent jiré* 
venir le développement de la phlegmasie locale qui 
en est quelquefois la suite , comme elle le fait dans la 
plupart des cas d'immiuÊnce de phlegraasies cutanées 
par cause externe. 

Le pou des cheveux (^pediculus humanus, L.) et 
le pou du pubis (^pediculus pubis , L. ) nécessitent 
quelquefois (ju'on emploie des moyens propres à 
les détruire. On sait que leur destruction est quel- 
cjuefols suivie d'accidens; on sait aussi que les moyens 
de propreté suffisent fréquemment pour les expulser. 
Néanmoins il est des cas qui nécessitent qu'on em- 
])loie des moyens directs. Les substances les plus 
usitées à cet effet sont l'oxyde de mercure noir, 
l'oxyde de mercure rouge , le muriate de mercure 
doux, la poudre de semences de staphisaigre , de 
cévadille , d'ache , de feuilles de tabac , etc. et en un 
mot de toutes les sid^stances susceptibles d'irriter. 
Mais l'emploi de ces moyens n'est pas toujours inno- 
cent. On a vu les mercuriaux occasionner le ptyalis- 
me, les semences de cévadille ])rovo(juer le délire, 
des convulsions ; les feuilles de tabac déterminer le 
narcotisme. En général l'usage de ces substances doit 
être rejeté ou au moins n'avoir lieu qu'avec les plus 
grands ménagemens toutes les fois que le derme est 
ulcéré. On les applique à l'état pulvérulent ou sous 
forme onguentacée. Ce sont plus ])articuliérement les 
semences dont je viens de parler qu'on applique en 



CLIiflQUE. 4^'? 

pniî;lre. Quant aux inercariaux, on leur donne le 
plus ordinairement ia forme onguentacée. Voici les 
proportions les plus usitées : pour dix parties d'a- 
xonge , de beurre ou de cërat blanc aromatisé , on 
prend cinq à dix parties d'oxyde de mercure noir, 
ou trois parties soit d'oxyde de mercure rouge , soit 
de muriate de mercure doux. Oa applique quelque- 
fois les feuilles de tabac à l'état liquide et en infusion 
ou décoction aqueuse. 

§ V. Spécifiques contre V empoisonnemenU 

' ISous n'avons point de spécifiques contre l'empoi- 
sonnement. Les réactifs q.ue la chimie nous fournit 
ne peuvent convenir que lorsqu'on peut les adminis- 
trer immédiatement après l'application du poison j 
ils ajoutent souvent à l'irritation. Les expériences 
que MM. Casimir Renault et Drouard on faites sur 
des animaux qu'ils ont empoisonnés avec Je l'oxyde 
d'arsenic et des oxydes et sels de cuivre , le mettent 
hors de doute. 

Dans le cas d'empoisonnement par les acides, l'eau ,- 
Les boissons raucilagineuses , le lait coupé , etc. , sont 
les meilleurs moyens; ils délayent l'acide , l'empêchent 
d'enflammer et d'escarrifier , eu même temps qu'ils 
diminuent l'irritation. La magnésie pure qu'on a con- 
seillée dans ce cas a pour inconvénient d'être très- 
volumineuse, et on ne sait jamais si on en administre 
suffisamment. Le sel qui résulte de sa combinaison 
avec l'acide est plus ou moins irritant; néanmoins 
elle est , parmi les prétendus neutralisans , celle qui 
peuL-le. mieux convenir Les moyens délaj^ans peu^ 



464 PHARMACOPÉE 

vent être employés dans les empolsonnemeus parles 
alcalis, et sont bien préférables aux acides, même 
trèsétendas. M. Casimir Renault a démontré Cjue 
dans rempoisonnemcnt par l'oxyde d'arsenic, les 
sulfures hydrogénés , quoique mêlés avec cet acide 
ou administrés peu de temps après lui, ne détruisent 
pas ses eftéls délétères ; ils nt les aflbiblissent pas 
même , puisque le nouveau comj)Osé tue aussi promp- 
leracutelmême j)luspromplement que l'acide seul. 11 
a fait voir que l'hydrogène sulfuré forme , avec l'oxyde 
d'arsenic liquide, un composé qui peut être introduit 
impnnemeni dans l'estomac, même à des doses très- 
fortes ; mais 11 n'en est pas de même lorsque cet oxyde 
est à l'état pulvéruienL, et malheureusement c'est 
presque toujours dans ce dernier état qu'il est em- 
ployé comme poison. M. Drouard n'a pas été plus 
heureux dans les expériences qu'il a tentées sur les 
chiens en les empoisonnant avec de l'oxyde de cuivre 
carbonate , et leur faisant prendre immédiatement 
après des sulfures hydrogénés. Le gaz hy^drogène sul- 
furé n'est pas non plus l'antidote des oxydes et sels 
mercuriels, comme quelques médecins l'ont indiqué. 
Dans l'empoisonnement par les oxydes et sels de 
plomb , connu sous le nom de colique de ])lomb, ou 
conuoît l'us;ige avantageux qu'on retire de la purga- 
liou drastique et même du vomissement. Cela n'é- 
tonne pas, puisque c'est la contractilité musculaire 
du conduit îilimenlaire qui est alors ])lus ])arilculiè- 
rement affectée. La decoclion aqueuse deqiinquina 
cousellléeparM. BerthoUet dans les cas d'empoison- 
nement p;n- le larlrile de potasse antimoulé , ne sau- 
roit convenir qu'autant qu'on l'administre immédiar 



CLINIQUE, 4GS 

tement après ce dernier : or les boissons mucilagi* 
neases suffisent le plus ordinairement. 

En général il faut rechercher, dans rempoisonne=>- 
ment, si la surface muqueuse du conduit alimentaire 
est enflammée et cautérisée. Dans ce cas , ce sont 
l'eau tiède , les boissons mucilagineuses , gélatineuses 
qu'il faut aussitôt employer et en quantité suffisante» 
Le même traitement convient si les poisons produi- 
sent le même effet avec plus de lenteur, comme on 
l'observe pour les alcalis caustiques, difféi'cns oxydes 
métalliques, etc. Le vomissement qu'on provoque 
avec le tartrile de potasse antimonié a ordinairement 
lieu d'une manière trop lente et augmente l'irrita- 
tion, tandis que l'eau tiède et la titillation du larynx: 
opèrent le même effet, sans ajouter à l'irritation déj.'i 
existante. 

Les acides, et surtout le vinaigre, exercent une 
action notable dans l'empoisonnement narcotique , 
surtout lorsqu'il n'est pas compliqué de l'inflamma- 
tion de l'estomac. On connoît l'usage avantagent' 
qu'on en retire dans le narcotisme déterminé parTo" 
j)ium, par la ciguë officinale, etc. L'acide inuria- 
lique oxygéné et les muriates alcalins suroxygénés 
qui, par leur mélange avec l'opium, etc., privent 
celui-ci de son action sur le cei veau , pourroient 
peut - être également convenir : il est à présumer 
qu'ils exerceroient une action plus intense. Mais, eii 
général, le voraissemetit convient, non-seulement 
dès les premiers momens pour rejeter les matières 
contenues dans l'estomac , mais même quand les 
svmplômes narcotiques existent déjà. 

Il n'est pas démontré que le carbonate dépotasse 
II. 3o 



4CG PHARMACOPÉE 

soit raiiùdote de l'eau distillée de laurier-cerise. J'ai 
fait voir ailleurs que le camphre ne s'oppose pas à 
l'action des cantharides sur la vessie urinaire. 

§ IV. Spécifiques contre les vers intestinaux. 

Avons-nous des spécifiques contre les vers intes- 
tinaux? Rien n'est plus difficile à déterminer que le 
point dont il s'agit ici. Les expériences faites sur ceux 
qui ont été expulsés du conduit alimentaire dc sont 
pas toujours très-concluantes. Ces animaux périssent 
eu général peu de temps après leur sortie ; il est par 
conséquent difficile d'indiquer si leur mort est spon- 
tanée ou le résultat des moyens employés. L'expul- 
sion qui suit l'introduction des raédicamens dans le 
conduit alimentaire ne présente pas moins de va- 
riétés , car elle est souvent spontanée ; il est peu de 
substances à l'administration desquelles elle n'ait suc- 
cédé, tandis que d'autres fois elle résiste aux corps 
les ])lus actifs. Parmi les moyens que l'expérience 
médicale a plus particulièrement accrédités, les uns 
agissent en provoquant la purgation , et d'autres 
paroisseut ne faire qu'exciter le ton des organes avec 
lesquels on les met en contact. On ne sait pas encore 
si quelques-uns agissent spécifiquement sur ces 
animaux. Il n'est pas bien démonlré non plus si les 
différentes espèces d'entre eux exigent des moyens 
particuliers. Les substances à l'aide desquelles on 
combat les ténias sont souvent employées pour 
détruire les ascarides loml)ricoides et vermiculaires. 
Il est des substances qu'on administre plus particu- 
lièremeut pour faire périr les ascarides vermiculaires , 



CLINIQUE* 46^ 

et d'autres pour délraire les ascarides lombricoïdeSi 
On ne s'occupe en général que des vers intestinaux 
qui habitent le conduit alimentaire* 

Le choix des moyens qu'on emploie pour provo- 
quer la purgàtion doit être subordonné au degré 
d'irritation du conduit intestinal. C'est pour cela 
qu'on emploie quelquefois les huiles fixes , d'autres 
fois les sels neutres, dans quelques cas la racine de 
jalap, la gutte, etc* L'huile de ricin ( riciniis corn- 
munis , L. ) a été particulièrement préconisée j il n'est 
pas cependant facile de démontrer qu'elle ait une 
supériorité notable sur l'huile d'olive et d'amande; 
elle est d'ailleurs souvent rance et sophistiquée. Le 
choix des moyens qu'on désigne plus particulière- 
ment sous le nom d'anthelmintiques ou de vermi- 
fuges, est subordonné à l'espèce de ver, au degré 
d'irritation locale et aux lésions sympathiques. On 
associe souvent plusieurs anthelminliques , quoi- 
qu'on n'ait pas toujours à cet égard des raisons déter- 
minantes bien notables. 

On entreprend ordinairement le traitement an- 
thelminlique à l'époque à laquelle les accidens 
vermineux se manifestent et se renouvellent : il faut 
en excepter les cas où il existe des symptômes d'une 
phlegmasie intestinale ou d'une fièvre très-intense* 
Il est des médecins qui attendent le déclin de la lune 
pour agir. C'est ordinairement le matin qu'on choisit 
pour ce traitement; quelquefois on provoque la pur- 
gation la veille du jour auquel on administre l'anthel- 
raintique ; souvent on administre le purgatif quel- 
ques heures après celui-ci ; enfin quelquefois on 
continue l'usage du vermifuge pendant quelques 



4()3 P II A R Bl A C O P É lî 

jours, puis on interpose un purgatif : de - là des 
méthodes différentes. En général, il vaut mieux in- 
terposer l'usage du purgatif et du vermifuge que les 
employer en même temps. On est souvent obligé 
d'en continuer l'usage pendant plusieurs jours, et 
même de renouveler leur emploi à des intervalles 
plus ou moins éloignés. Durant ce traitement on 
proscrit les alimens farineux, le pain frais , etc. 

On peut administrer les anlheîmintiques par la 
bouche, par lavement ou par absorption cutanée. 
On les introduit par la bouche ou par l'anus , selon 
que les vers occupent plus particulièrement l'es- 
tomac ou le gros intestin : quelquefois on les admi- 
nistre à la fois par la bouche et par l'anus ; car si on 
les introduit dans le gros intestin , les vers se réfu- 
gient vers l'estomac , et vice versa. L'effet est 
moins certain lorsqu'on a recours à l'absorption 
cutanée. 

Je n'ai pas besoin d'indiquer que ce traitement 
n'est que palliatif, quelque succès qu'il puisse avoir 
d'ailleurs, à moins qu'on ne cherche, à l'aide de 
l'application convenable des règles de l'hygiène , 
à remédier à l'état de débilité de l'organisme en 
général , et du conduit alimentaire en particulier. 

Je vais exposer les moyens qu'on emploie plus 
particulièrement comme anthelmintlques. 

Kau froide. On s'en sert quelquefois avec avan- 
tage pour expulser des ténias. 

Soufre, On l'emploie sous les formes que j'ai in- 
diquées ailleurs : on en farit surtout usage pour l'ex- 
pulsion des ascaridf's lombricoïdes et vermiculaires. 
Les sulfures hydrogénés, les hydro-sulfures et l'hy- 



CLIIflQUE, 4^ 

drogène sulfure peuvent être essayés dans les mêmes 
cas : il seroit possible que leur action fut pins mar- 
quée ; mais on connoît la prudence avec laquelle il 
faut les administrer. 

Acides et alcalis. Il ne paroît pas , que je sache 
qu'on ait fait usage des acides pour combatt)e les 
vers intestinaux; il en est de même des alcalis et 
surtout de l'ammoniaque. 11 est cependant probable 
que les acides nitrique et muriatique oxygéné , ainsi 
que l'ammoniaque , doivent au moins égaler les autres 
moyens qu'on emploie en pareil cas. 

Sels alcalins. On a surtout employé le muriale 
de baryte , le muriate de soude et le muriate d'am- 
moniaque. On les administre par la bouche ou par 
l'anus, et surtout en solution aqueuse : la dose et 
le degré de concentralion ne diffèrent pas de ceux 
que j'ai indiqués ailleurs. Il paroît que leur usage a 
quelquefois été suivi de l'expulsion de vers de dif- 
férens genres , et surtout d'ascarides lombricoides. 
On n'a pas essayé les autres sels , et surtout l'alun, 
les carbonates de potasse, de soude et d'ammonia- 
que. 

Poudre d'ëtain. On doit choisir l'élain le plus 
pur; on préfère, sous ce rapport , celui qui vient 
d'Angleterre. Quelques médecins croient que l'étaiii 
limé est préférable à celui qui est granule , tandis 
que d'autres emploient plus particulièrement ce 
dernier. On l'administre par la bouche et sous la 
forme de bols ou d'élecluaire , à l'aide d'un peu de 
poudre aromatique et de quantité suffisante de miel 
ou de sirop. Sa dose est d'un à 3o grammes ( i8 grains 
à i once ) : un excès de dose n'est pas nuisible, Son 



470 PHARMACOPEE 

action anlhelmiulique n'est pas plus constante que 
celle des autres: on croit devoir l'attribuer à une ac- 
tion mécanique. Son administration a quelquefois 
été suivie de l'expulsion de ténias armés et inermes , 
ainsi que d'ascarides lombricoïdes. 

Pourfre de fer. L'expulsion de ténias et d'ascari- 
des lombricoïdes a quelquefois suivi son administra- 
tion. 11 paroît que cette poudre agit comme la précé- 
dente et en excitant le ton du conduit alimentaire; 
ou l'administre de la même manière et à des doses 
analogues. 

Sulfate de fer t vert. Boerhaave l'employoit en so- 
lution dans cent fois son poids d'eau , et il faisoit 
prendre 5 hectogrammes ( i livre) de ce solutum à 
des intervalles peu éloignes et à jeun : son usage a 
été suivi de l'expulsion de ténias très-longs. On ad- 
ministre d'ailleurs ce sel sous toutes les formes que 
j'ai indiquées ailleurs et à des doses analogues. 

Décoction aqueuse de inercure coulant. Il a été 
souvent employé pour expulser des vers intestinaux j 
la sortie de ces animaux a quelquefois suivi sou ad- 
ministration. Rien ne démontre cependant jusqu'ici 
fjue le mercure perde de son poids durant cette dé- 
coction, pendant quelque temjis qu'on l'enlretienue. 

Oxyde de niercui e Jioir,On l'emploie souvent par 
la bouche et sous la forme de poudre, étendu dans 
partie égale ou dans le double de son poids de sucre, 
sous celle de pastilles et de ])ilules : sa dose est de2iS 
à 5o centigrammes (47 à 9 grains). On s'en sort surtout 
pour combattre les ascarides lombricoïdes. 

Muriate de mercure doux. On l'administre par la 
l)0uche, et quelquefois eu suppositoire. Dans le pre- 



C L I K I QUE. ùfjt 

mier cas , c'est sous la forme de poudre sucrée dont 
on recouvre le pain des enfans , sous celles de pas- 
tilles et de pilules. On y a surtout recours dans les 
cas d'ascarides vermiculaires et lombricoïdes. On n*a 
pas essayé , que je sache , lemuriate de mercure sur- 
oxydé , ni les autres mélaux , oxydes et sels métalli- 
ques. 

Amers. Les expériences de Rédi ne démontrent 
pas que les amers soient les vérilables poisons des 
vers intestinaux. On les emploie à l'état liquide et 
on les introduit par la bouche et par l'anus , de la 
manière indiquée ailleurs. On lésa surtout employés 
pour détruire les ascarides lombricoïdes. 

Substances qui contiennent du tannin. Elles 
ont été quelquefois employées pour expulser les as- 
carides lombricoïdes. On fait surtout usage des feuilles 
et du drupe de la pulpe verte de noyer {juglans 
regia , L.). On les administre sous les formes et aux 
doses indiquées ailleurs. 

Camphre. Il a été souvent employé pour expulser 
les ascarides lombricoïdes, et sou emploi paroît avoir 
été fréquemment suivi de leur destruction ; on l'ad- 
ministre par la bouche et par l'anus , et surtout sous 
forme liquide. La dose et le mode de préparation ne 
diffèrent pas de ce que j'en ai dit ailleurs. 

Huile Dolatile pyro -bitumineuse (^hulle de "pé- 
troJé), On l'administre par la bouche et par l'anus, et 
quelquefois on fait avec elle des frictions sur l'abdo- 
men. Ou la donne par la bouche à la dose d'un demi- 
gramme à un gramme ( g à lo grains) étendue dans 
de l'eau sucrée. Son usage a quelquefois été suivi de 
l'expulsion de ténias. 



4j V, IMl A H M A C O P Ë E 

Subsla/iccs aromatiques fétides. Les pins em- 
ployées sont les bulbes d'ail cultivé^ et d'oignon » 
l'assa-fcilida , le sagapénum , l'opoponax j la racine 
de valériane, les soraniités d'absintbc , de tanaisie, 
de camomille vulgaire; les semences de plusieurs es- 
pèces d'armoises, el notamment celles d'armoise ordi- 
naire ( les semences; clna ou contra qui paroissen*^ 
appartenir au même genre , n'ont aucun avantage 
sui' les scmeucesdes espèces connues; elles sont d'ail- 
leurs exotiques et souvent sophistiquées ), celles de 
tanaisie et celles d'anserine anthelmintique {cheno^- 
podium anihelminticum , L.). Ou les administre 
par la bouche et par l'anus sous les formes et aux 
doses que j'ai iiKliquéas ailleurs. On donne souvent 
aux semences la forme de dragées , ou on les intro- 
duit dans de petits gâteaux loi^qu'on veut les ad- 
ministrer aux eufans. Ou emploie ces substances 
particulièrement contre les ascarides lombricoïdes. 

Herbe de spigelie anthelmintique {spigelia an^ 
thelmia , L.). Elle est peu usitée en France ; on l'ad' 
ministre en poudre et sous la forme de bols ou d'élec- 
tuaire à la dose d'un à plusieurs grammes ( i8 à 36 
grains et plus). On emploie son infusion aqueuse; 
on la prépare avec une à quatre parties de cette 
plante coupée menu sur cent parties d'eau ; on en 
fait prendre un à deux hectogrammes ( 3 à 6 onces ) 
à des intervalles plus ou moins éloignés. Il paroît 
qu'un excès de dose peut provoquer le vomissement 
et la purgalion, et occasionner des lésions fugaces de 
la vue. On l'emploie particulièrement pour détruire 
les ascarides lombricoïdes. 

Varec v erm ifug e ( fucus helmintltochorton ^ Dç 



CLINIQUE. 475 

la Tourelle ) , commiinémeut mousse de Corse. On 
J'emploie parla bouche. On fait usage de sa pouure, 
et on peut l'administrer directement , sous la forme 
de bols et d'électnaire, enveloppée dans de petits 
gâteaux , ou en suspension dans du lait , dans une 
émulsion sucrée , elc. : sa dose est d'un à 10 gram- 
mes ( 18 grains à 3 gros ). Ou prépare son infusion 
aqueuse à vaisseau clos et avec 5, 10, i5 à 20 gram- 
mes ( I gros 18 grains , 2 \ gros à 5 gros ) sur un à 
deux hectogrammes (3 à 6 onces) d'eau. Ou peut éten- 
dre ce liquide dans du lait et l'édulcorer convenable- 
ment. On convertit quelque fois cette infusiou très- 
saturée à l'état sirupeux ; il suftît d'y dissoudre , à 
vaisseau clos , le double de son poids de sucre blanc 
pulvérisé. Sa gelée est peu usitée ; pour la préparer 
on fait cuire une partie de ce fucus purifié dans 
quinze à vingt parties d'eau jusqu'à ce qu'il ne reste 
plus que cinq parties de liquide environ ; on passe en- 
suite avec expression; on laisse reposer ; on décante, 
el on y ajoute autant de sucre blanc pulvérisé qu'on 
a employé de fucus; on le fait dissoudre et on coule. 
On administre cette gelée par cuillerée. L'odeur et 
la saveur de ce médicament sont désagréables ; il est 
d'ailleurs fréquemment sophistiqué : un excès de 
dose ne peut cire nuisible. On l'emploie surtout pour 
combattre les ascarides lombricoïdes. On en continue 
l'usage pendant plusieurs jours. 

CoralHiie officinale ( coralUna officinalis , L. ). 
Elle est moins impure que la substance précédente; 
malgré cela elle est moins usitée qu'elle. On l'admi- 
pistre ordinairement à l'état pulvérulent et de la 
T«ême manière que le fucus helminlhochorton. Sa 



474 PHARMACOPEE 

dose est d'iui à f|uatre grammes ( 18 grains à 1 gros ) 
et plus. On remjiloie dans les mêmes cas que la sub- 
stance précédente. 

Semences et capsules de cévadille ( veratrwn 
sahaclUla , Ret/ius). On l'emploie particulièrement 
à l'état pulvérulent , directement ou sous la forme 
de bols : dans le premier cas , on l'étend dans partie 
égale de sucre aromatisé. Sa dose est d'un demi, d'un 
à deux grammes ( g, 18 à 36 grains). On accompa- 
gne son usage de celui de boissons mucilaglneuses. 
Ce moyen exige de la prudence ; il peut déterminer 
rinllammation et provoquer le vomissement. On 
em[)loie ces semences pour combattre des ascarides 
lombricoïdes et vermlculaires , ainsi que des ténias. 
Herzius dit avoir expulsé par son moyen le ténia cu- 
curbitain. 

Racine de fougère mâle ( polypodluin Jillx 
mas , L. ). 11 faut choisir celle qui a été récollée 
en automne. On emploie sa poudre à la dose de 10 à 
1 6 grammes (2^34 gros ) ; on l'administre directe- 
ment et en suspension dans un peu d'eau , ou sous 
la forme de bols et d'élcctuaire. On emploie moins 
souvent son infusion et sa décoction aqueuse ; on les 
prépare dans la proportion d'une partie sur dix par- 
lies d'eaii. On y a souvent recours pour expulser le 
ténia large : on s'en est servi quelquefois pour expul- 
ser des ténias armés et des ascarides lombricoïdes. 
On est obligé d'en continuer l'usage pendant plu- 
sieurs jours , et de provoquer la purgation quelques 
Leures ou quelques jours après. C'est celle racine 
qui fait la base du moyen anlbelminlique connu 
«0118 le nom dy ÏNouffer. 



CLINIQUE. 47^ 

Suc de papayer commun {^carica papaya , L.). 
On radministre ordiuairement en suspension dans 
de l'eau et à l'état d'émulsion; il suffit, s'il est liquide, 
de l'agiter avec de l'eau , et s'il est épaissi , de le tri- 
turer , en ajoutant successivement la quantité d'eau 
convenable. La dose n'est pas rigoureuse ; elle varie 
de deux à plusieurs grammes ( 33 grains à i gros et 
plus). Il paroît d'ailleurs que ses propriétés dispa- 
roissent par la dessiccation. Les expériences qu'on a 
faites en France avec ce suc épaissi n'ont eu aucun 
résultat favorable. 

EcoTce de geoffroye de Surinam, ( geoffroya 
Siirinamensis , M.). Elle n'est guère usitée en France. 
On l'administre par la bouche et par l'anus. On em- 
ploie rarement sa poudre ; on l'administre directe- 
ment, ou sous la forme de pilules et d'électuaire ; 
sa dose est d'un à plusieurs grammes (i8 à 36 grains 
et plus ). On prépare son infusion aqueuse avec une 
partie de cette écorce coupée menu sur dix parties 
d'eau ; on l'édulcore convenablement : la dose en est 
de 20 grammes à 2 hectogrammes ( 5 gros à 6 onces) 
et au-delà. On emploie l'extrait aqueux sous forme 
pulvérulente, étendu dans partie égale de sucrej sous 
celle de pilules , ou en solution aqueuse : sa dose est 
d'un demi-gramme à un gramme ( 9 à 18 grains ) et 
au-delà. On fait usage de sa décoction aqueuse saturée 
lorsqu'on veut l'injecter dans le gros intestin. L'u- 
sage de celte écorce a été plus particulièrement suivi 
de la destruction et de l'expulsion des ascarides lom- 
bricoïdes et vermiculaires , quelquefois de celle du 
lénia. Cette écorce occasionne quelquefois le vomis- 
sement, la purgalion, et excite la sécrétion muqueuse 



476 PHARMACOPÉE 

de l'intestin. Elle tlëleimine quelquefois la slran- 
gurie. 

AlcooL On n'a pas , que je sache , essayé l'alcool 
pour combattre les vers intestinaux. 

Ether siûjurique. Ou peut l'administrer par la 
Louche ou en lavement, et soifs les formes que j'ai 
indiquées ailleurs. M. Bourdier l'ëtend , à la dose de 
4 grammes (i fijros), dans un hectogramme (3 onces) 
d'eau ou de décoction aqueuse de fougère raâlc ; 
quelques minutes après, il injecte pareil médicament 
dans le gros intestin. Il fait prendre, une heure après, 
60 grammes ( 2 onces) d'huile de ricin. Sur quatorze 
individus affectés du ténia, sept ont guéri en trois 
jours , quatre out nécessité qu'on renouvelât l'em- 
ploi de ce moyen , et trois y ont résisté. 

On trouve différens mélanges authelmintiques 
dans plusieurs pharmacopées ; mais ils ne méritent 
aucune attention particulière, 

RÉSUMÉ. 

Ou a plus particulièrement employé certaines sub- 
stances pour détruire et expulser telle et telle espèce 
de vers intestinaux. ; on les a mêlées de manière va- 
riée ; on a Interposé difféiemment l'usage des ])ur- 
gatlfs : de-là les difïéreutes méthodes de traitement 
anthelminlique. Je n'examinerai pas eu détail ces 
différentes méthodes ; elles sont susceptibles de tou- 
tes les combinaisons possibles , et doivent être subor- 
données aux circonstances particulières ; je vais seu- 
lement grouper les moyens qu'on emploie de pré- 
férence pour expulser chaque espèce de ver intes- 
tinal en particulier. 



CLINIQUE. 4-^ 

Ascarides Denniciiîaires, Comme iJs oat leur 
siège dans le reclum, on injecte souvent les anthel- 
mintiques dans le gros iuteslin , et ou les introduit 
à l'état de suppositoire. Ou se sert à cet effet d'eau de 
chaux , d'aloès , de coloquinte, de cévadille, d'ail, etc. 
Quelquefois ou les administre par la bouche : ou 
emploie alors plus particulièrement Taloès , le mu- 
riale de mercure doux, le soufre, les alHacées. 

Ascarides lombricoïdes. Ou introduit l'anthel- 
minlique par la bouche et par l'anus, ou seule- 
ment par une de ces voies. Les moyens les plus usités 
sont la décoction aqueuse de mercure , le muriale de 
mercure doux , le contra , le varec vermifuge , la 
coralliue officinale , le camphre , les substances aro- 
matiques fétides, la cévadille, le drupe vert et les 
feuilles de noyer. 

TricocépJiale sans pareil. On ne le combat pas 
à l'aide de moyens particuliers. 

Ténias» Les ténias armés (ténia cucurbitain ou 
ver solitaire , et le ténia commun ) sont plus difficiles 
à détruire que ceux qui sont inermes (ténia large). 
11 est beaucoup de substances qui ue paroissent effi- 
caces que contre les ténias inermes. On introduit 
parla bouche et par l'anus les moyens propres à les 
combattre. Les substances les plus usitées sont la ra- 
cine de fougère maie, les semences de cévadille, la 
poudre d'étain , l'éther sulfurique. 

Les moyens purgatifs doivent varier selon le degré 
de susceptibilité de l'intestin : voilà pourquoi les 
huiles sont indiquées dans quelques cas , tandis 
que d'autres fois il faut recourir à la racine de jalap , 
à la gulte , etc. 



478 P II A II M A C O P K E 

§ VII. Dissolvans des calculs urlnalreSé 

Les recherches chimiques rauUipliées de MM* 
Fourcroy el Vauquelia sur les calculs urinaires ont 
démontre combien peu de coofiauce méritent la 
plupart des moyens qui ont été conseillés jusqu'ici. 
La détermination de la composition de ces calculs 
leur a fait voir que le même corps ne sauroit con- 
venir pour toutes les espèces; mais qu'il faut tantôt 
employer des liqueurs acides et tantôt des liqueurs 
alcalines. Je vais exposer le précis des conséquences 
pratiques établies par l'auteur du système des coa- 
lîoissances chimiques. 

Nous n'avons pas encore de caractères extérieurs 
propres à indiquer quelle est la composition du 
calcul contenu dans la vessie urinaire , et à faire 
connoître s'il est simple, ou composé de couches 
différentes. Il faut , pour parvenir à celte fin , se 
rappeler que les calculs d'acide urique sont les plus 
frequens, et qu'ils sont au moins dans la propor- 
tion d'un tiers; il faut avoir égard à l'absence des 
matériaux immédiats de l'urine ou à leur diminution 
notable , à la nature des graviers antécédemment 
rejetés, et à celle des calculs extraits d'autres indi- 
vidus de la même famille ; il faut enfin examiner les 
liquides alcalins et acides convenablement étendus 
qu'on aura injectés et maintenus pendant quelques 
minutes dans la vessie urinaire vide. L'eau alcaline 
forme avec les acides légers un précipité blanc, si 
elle contient de l'acide urique. L'eau acidulée pré- 
cipite en blanc avec la potasse ainsi qu'avec l'ammo- 



CLINIQUE. ^jg 

Iliaque , si elle contient des phosphates calcaire et 
magnésien. L'état trouble de Turine rejetée, et l'oxa- 
late de chaux trouvé dans le précipité qu'elle 
forme, indiquent la présence de calculs d'oxalate 
calcaire. 

M. Fourcroy conseille de combattre les calculs 
d'acide iirique et d'urate d'ammoniaque par des in- 
jections de potasse ou de soude pure dissoute dans 
une quantité telle d'eau distillée , qu'elle puisse être 
facilement maintenue dans la bouche et même être 
avalée. La vessie urinaire les supporte sans éprouver 
de douleur ni de sensation particulière j mais leur 
action est lente. Ce chimiste conseille de combattre 
les calculs de phosphate de chaux et de magnésie 
avec de l'acide nitrique ou de l'acide muriatique 
assez étendu d'eau pour imiter une limonade, et 
pour n'être guère plus acre que l'urine elle-même. 
( INe seroit-il pas convenable de rendre préalable- 
ment l'eau distillée visqueuse, à l'aide de o,r à 0,2 
de son poids de gomme arabique pure , ou à l'aide 
de graines de lin?) Quelque étendu que soit cepen- 
dant l'acide muriatique, il est moins facilement sup- 
porté par la vessie urinaire que l'alcali ; il excite le 
besoin d'uriner ^ et provoque une contraction spas- 
modique de cet organe qui ne permet pas de l'y 
laisser séjourner long-temps. L'acide nitrique très- 
étendu , ou les carbonates alcalins en solution 
aqueuse étendue , sont indiqués pour dissoudre les 
calculs d'oxalate calcaire ; mais ils ne peuvent agir 
que très-lentement. Ahn que ces liquides et surtout 
l'alcali ne soient pas altérés par l'urine, et ne devien- 
nent par là incapables d'agir sur le calcul , il faut 



480 PlIARMACOPLE 

préalablement donner issue à rurluc conlemie , et 
laver la cavité de cet organe avec de l'eau tiède. 
Pour empêcher que l'urine qui coule constamment 
par les uretères n'altère l'alcali injecté, il faut faire 
j>reiidre en même temps des boissons alcalines très- 
éleudues. Les liqueurs alcalines qu'on injecte dans 
la vessie urinaire , oulre leur altérabilité très- 
grande , ont encore rincouvéuient de laisser déposer 
des flocons qui remplissent les yeux de la sonde, et 
s'opposent à la sortie de l'urine. Cet effet n'a point 
lieu lorsqu'on fait usage des liqueurs acidulés. 11 
faut injecter ces liquides à la température de 25 
centigrades -f-o. L'appareil nécessaire à cet effet 
consiste dans une sonde de caoutchouc et dans une 
seringue d'étain. On pratique d'abord trois à quatre 
injections ])ar jour , puis sept à huit ; on les maintient 
dans la vessie urinaire d'abord pendant un quart 
d'heure , et on peut graduellement parvenir à les 
y laisser pendant une heure. Il est convenable de 
laver la vessie avec de l'eau tiède après chaque in- 
jection. La solution de ces calculs ne peut être que 
lente ,et exige beaucoup de patience de la part du 
malade. 

C'est à des expériences multipliées , faites avec 
prudence et impartialité, qu'il appartient de déter- 
miner ce que nous pouvons attendre ici des secours 
de la chimie. 

§ VIll. Dissoh'ans des calculs biliaires. 

On s'est long - temps occupé à rechercher des 
dissolvans des concrétions biliaires; mais tout ce 



CLINIQUE. 4Cî 

qu'on a leuté avant de déterminer la nataie de ces 
calculs a du nécessairement être inexact. Aussi a-t- 
on indiqué successivement des moyens variés , tels 
c[ue les alcalis purs , les carbonates alcalins , les 
sels ammoniacaux , l'eau de chaux , l'acétate de 
potasse , l'alcool nitrique , les différens extraits 
amers , etc. 

Les expériences de Poulletier de la Salle et de 
M. Fourcroy ont démontré que ces calculs sont eu 
général composés isolément ou en même temps 
d'adipocire et de bile épaissie. Ou a observé qu'ils 
se dissolvent au moins eu partie dans l'éther et 
dans les huiles volatiles : et c'est probablement ce 
qui a porté Durande à faire pi^ndre un mélange de 
trois parties d'éther suliurique et de deux parties 
d'huile volatile de térébenthine. On a observé de- 
puis que l'éther seul détermine le même effet, et 
qu'il est d'ailleurs moins désagréable à prendre : 
aussi se borne t-on maintenant à l'étendre dans du 
jaune d'oeuf. Mais on est loin de pouvoir appliquer 
ici la marche rigoureuse indiquée par M. Fourcroy 
pour les dissolvans des calculs urinaires. On ne 
peut le plus souvent déterminer avec certitude s'il 
y a des calculs biliaires dans la vésicule. Ces calculs 
existent très - souvent sans occasionner le moindre 
trouble dans Texercice des fonctions. La douleur 
et les autres symptômes qui accompagnent quel- 
quefois leur présence , peuvent reconnoître toute 
une autre cause. On ne peut déterminer le nombre, 
ni l'espèce parltculière de ces calculs. On ne peut 
examiner le produit de leur solution ; carde ce que 
les déjections alvines ont une couleur jaune et imc 
Hé 5i 



4^2 P II A R M A C O P É 2 

consistance poisseuse, peut - on conclure qu'elles 
contiennent ces calculs en solution? On ne peut in- 
troduire ces dissolvans directement dans la vésicule 
biliaire. Toute la conséquence qu'on peut donc tirer 
de l'effet de l'élher, c'est que son administration est 
quelquefois suivie et accompagnée de la cessation des 
douleurs et des sensations pénibles périodiques qui 
ont leur siège dans Thypocbondre droit et l'épi- 
gastre. 

§ IX. NeuLralîsans de l'acide qui se forme quel- 
quefois dans Vestomacm 

Cet acide paroît être de l'acide acétique. Sa for- 
mation accompagne un état de débilité et de lésion 
de texture de l'estomac. Elle est plus fréquenta 
dans l'enfance et dans certains tempéramcns. Il 
est certains alimens , et surtout le sucre , qui pa- 
roissenty disposer. 

On a multiplié à l'infini le nombre des substances 
propres à neutraliser cet acide : c'est ainsi qu'on 
a employé les concrétions (yeux) d'écrevisses , la 
nacre de perles, les coquilles d'oeuf , les valves 
d'huître , etc. Mais on sait maintenant que toutes 
ces substances ne sont que du carbonate calcaire. 
On a fait usage de l'eau de chaux , des carbonates de 
potasse et de soude , du carbonate de magnésie , et 
enfin de la mngnésie pure. 

Le carbonali" de chaux est presque généralement 
abandonne dej uis qu'on connoît la magnésie ; il n'a 
aucun avantage sur elle , et dégage d'ailleurs de l'a- 
cide carbonique dans l'estomac. L'eau de cbaux ne 



CLiKiQÛE* 4(33 

côuùent que 0,00 1 de son poids de celte terre 
subalcaline , et est d'ailleurs dlffîcîlemeut supportée* 
Les carbonates de potasse , de soude et de magnésie 
présentent les mêmes inconvéniens que celui de 
chaux. 

Le neutralisant le plus convenable est la magné- 
sie pure , c'est-à-dire celle qui est entièrement pri- 
vée d'acide carbonique* On la fait prendre en sus- 
pension dans un liquide non acide qu'on peut édul- 
corer et aromatiser. Ou l'administre quelquefois à 
l'état de pastilles j on la mêle à cet effet avec la moitié 
de son poids de sucre et quantité s nfiisantede muci- 
lage de gomme adragant , et on l'aromatise convena- 
blement ; ces pastilles attirent l'acide carbonique de 
l'atmosphère. La dose n*en est pas rigoureuse : elle 
est d'un demi-gramme à un gramme (g à 18 grains); 
on la renouvelle à des intervalles plus ou moins rap-^ 
proches. 

Il ne faut pas perdre de vue que ces neutralisans 
ne peuvent être que palliatifs , et n'exercent qu'un 
effet momentané. Il convient plus particulièrement 
de combattre l'état de restomac qui permet cette 
acétitication : ce cas devient donc du ressort de la 
thérapeutique* 

§ X. Neutralisans de la matière des flatn usités i 

Les gaz qui produisent les phénomènes connus 
sous le nom de llatuosités, sont en général le gaz 
acide carbonique et quelquefois le gaz hydrogène 
carboné et même sulfuré : Ces deux derniers parois- 
sent se dégager plus particulièrement dans les digcs 



464 PHARMACOPEE 

lions pénibles. On sait que le dégagement des gn/ 
intestinaux a surtout lieu dans le gros intestin , qu'il 
accompagne toutes les digestions ; on sait que quel- 
ques aliraens y disposent. INIais les llatuosilës recon- 
noissent surtout pour cause un état particulier de 
débilité du conduit alimentaire , comme ou l'observe 
dans rhypochondrie. 

De ce que les gaz ne sont pas toujours les mêmes, 
il résulte que les mêmes neutralisans ne sauroieut 
toujours convenir. L'eau de chaux, et la magnésie 
paroissent être les moyens les plus propres pour 
saturer l'acide carbonique. On n'a pas encore essayé 
jusqu'à quel point la poudre de charbon pourroic 
convenir pour absorber ces gaz. Mais il en est de 
l'action de ces neutralisans comme de celle de l'acide 
qui se forme dans l'estomac, elle ne peut être que 
palliative et que momentanée. Aussi c'est plus par- 
ticulièrement en rétablissant le ton du conduit ali- 
mentaire qu'on combat les flatuosités. On sait que 
l'éther sulfurique, que les huiles volatiles de se- 
mences des ombellit'ères et svutout de celles d'a- 
nis, de fenouil, de coriandre cultivé, de carvi , 
de cumin , sont plus particulièrement usités dans 
cette circonstance. Les moyens doivent en général 
vaiior selon l'affection particulière du conduit intes- 
tinal : cet état est donc encore du ressort de la thé- 
rapeutique. 

§ XI. Moyens propres à enlever Vendait phosphalo- 
calcaire qui recouvre les dénis» 

Je ne parlerai pas ici des moyens proj^es à eu* 
lever Tenduit phosphalo-calcaire qui adhère aux 



CLINIQUE. 485 

tlenls ; ils sont en général mécaniques. Les poudres 
seules pourroienl être de mon ressort ; elles por- 
tent le nom de dentifrices» On choisit en géné- 
ral celles cjui sont arides , insipides , inodores ou 
d'une odeur agréable , et insolubles ou peu solubles 
dans l'eau ; par exemple, le corail, le tartrite acidulé 
de potasse , l'alumine , le charbon , etc. Pour colorer 
en rouge celles de ces poudres qui sont incolores, il 
suffit de les mêler avec un peu de poudre de sang- 
dragon ou d'alumine carminée ( lacque rouge fine 
des peintres); on les aromatise avec des substances 
variées; par exemple, avec quelques gouttes d'une 
huile volatile , telle que celle de bergamote ; ou avec 
une poudre végétale aromatique, telle que celle de 
myrrhe , d'iris de Florence, de cannelle, de gérolles, 
etc. On applique la poudre dentifrice directement à 
l'aide de brosses ou d'épongés; quelquefois aussi on 
la convertit à l'état d'électuaire à l'aide de quantité 
suffisante de sirop ou de miel , et on l'applique de la 
même manière. On peut lui donner la consistance de 
pastilles et la forme cylindrique ; il suffit de la mêler 
avec quantité suffisante de mucilage dégomme adra- 
gant et de rouler cette pâte en cylindre : ces cylin- 
dres paslillaires peuvent être appliqués sans l'in- 
termède de brosses et d'épongés. 

Ou fait rarement usage des moyens propres à dis- 
soudre l'enduit phosphato-calcaire , par exemple des 
acides étendus , car ils attaquent en même temps 
l'émail des dents. 



460 FHARMACOFilî 

§ XII. Illoyens propres à déterminer l^^'é^'ulsion 
de^ poils. 

Il est des circonstances dans lesquelles il parott 
convenable de déterminer l'évulsion des poils. Oa 
emploie des moyens particuliers lorsqu'on veut en 
une seule fois arracher ceux qui couvrent une grande 
étendue. Parmi ces moyens , les uns agissent chimi- 
quement sur leur tissu et le détruisent j mais ils 
irritent et enflamment en même temps la peau , 
peuvent même être absorbés et déterminent alors 
des accidens graves : tels sont l'oxyde d'arsenic, la 
chaux , etc. ; d'autres adhèrent fortement aux poils 
et ne peuvent être enlevés sans les arracher : telle 
est la poix. Pour que celle-ci puisse déterminer cet 
effet, il est nécessaire qu'elle se dessèche sur la peau 
et sur les poils. Or, si on l'applique pure ou étendue 
dans des corps gras , elle est absolument sans effet, 
ainsi que me l'ont démontré les expériences com- 
paratives que j'ai tentées. Il n'en est pas de même 
lorsqu'on l'étend dans de la pâte de froment ou dans 
un cataplasme. Pour préparer la pâte de poix , on 
fait d'abord une pâle avec la farine en question et 
quantité suffisante de vinaigre ; on la triture avec la 
poix à l'état de fusion , par exemple, dans les propor- 
tions de la moitié de son poids ou de partie égale. Pour 
composer le cataplasme de poix, on prépare d'abord 
une gelée avec la farine indiquée ci-dessus et quan- 
tité suffisante de vinaigre , et on la mêle toute 
chaude avec deux à trois parties de poix à l'état de 
fusiçD ; on continue l'agitation jusqu'à ce que le mé- 



CLINIQUE. 487 

lange soit bien intime. Ces formes doivent être pré- 
parées extemporanément : on peut se servir de poix 
de Bourgogne. Pour faire usage de la pâte ou du ca- 
taplasme de poix , on l'étend sur une toile forte , 
d'un tissu clair (il faut préalablement raser la partie) ; 
on l'applique exactement sur la peau ; ou l'y laisse 
pendant quelques jours , et on l'enlève ensuite par 
un seul effort et en une seule fois. Plusieurs appli- 
cations successives sont nécessaires pour l'évulsioa 
totale des poils. Ce moyen douloureux est quelque- 
Ibis employé pour le traitement de la teigne faveuse. 



FI^^ 



TABLE 

Pes Matières contenues dans le second 
Volume. 



Suite de la SECONDE PARTIE. 



S 



UITE DES MEDTCAT ION S TONIQUES , 

page I 

§11. Application des toniques sur la surface cu- 
tanée , ainsi que sur les tissus soucutanés qui 
sont dénudés accidenLellement , et excitation 
tonique de ces organes , ibiJ, 

Alcool, 4' 

Excitation tonique sans phénomènes généraux 
évidens , gc) 

Excitation tonique aiec phénomènes généraux , 

io5 

§ III. Application des toniques sur la surface mu- 
queuse du gros intestin , et excitation tonique 
de cet organe , ibid, 

§ IV. Application des toniques sur la surface 
inuqueuse de la bouche et de la gorge y et exci- 
tation tonique de ces organes , 108 

§ V. Application des toniques sur la surface mu- 
queuse de la cavité nasale , et excitation toni- 
que de cette membrane , m 

^ VI. Application des toniques sur la surface 
muqueuse des bronches , et excitation tonique 
de l'organe pulmonaire , U 3 



TABLE DliS MATIÈRES. 4^9 

§ VIL Application des toniques sur la membrane 
muqueuse de Vœil , et excitation tonique de cet 
ori^ane , P^g^ ii6 

§ VIII. Application des toniques sur la surface 
muqueuse du conduit auriculaire , et excitation 
tonique locale , i20 

§ IX. Application des toniques sur la surf ace mu- 
queuse de l'urètre , et excitation tonique de cet 
organe , 1 2 r 

§ X. Application des toniques sur la surface mu- 
queuse du "vagin et de V utérus , et excitation 
tonique de ces organes , i23 

Ordre II. Médications phlegmasiques , 127 

§ I^i". Médications phlegmasiques de V organe CU' 
tané , 129 

1°. Moyens qui ne produisait que la rubéfac- 
tion , i34 
2". Corps qui pem>ent occasionner une inflam- 
mation pustuleuse , i38 
3". Cojps susceptibles de produire en même 
temps la vésication , 140 
4°. Moyens susceptibles d'occasionner la 'vési- 
cation et l'escarre , iL^l^ 
5°. Corps dont on na pas encore assez étudié 
le mode d' action ^ ni recherché le mode d ad- 
ministration le plus convenable , et qui peu- 
vent déterminer des accidens graines , 146 
G°. Corps qui enflamment la peau d'une ma- 
nière spécifujue , 1 5o 
§ II. Médications phlegmasiques du tissu cellu- 
laire soucutané f j55 
§ m. Médications phlegmaiirucs des membranes 



>J.gO TABLE 

muqueuses , P^g^ '^^ 

§ IV. Médications plegmasiques de différens or- 
ganes glanduleux et des ganglions { glandes) 
lympJiatiques , 1 58 

§ V. Médications phlegmasiques des membranes 
séreuses, 169 

Ordre III. Médications escarrotiques , 1 60 

1°. Corps qui ne peuvent pas déterminer d'ac- 

cidens par leur absorption , i65 

3°. Corps qui peuvent , par leur absorption , 

déterminer des accidens graves , 178 

Ordre IV. Médications atoniques , i83 

§ 1er. Application des moyens atoniques sur la 
membrane muqueuse de l'estomac , ainsi que de 
V intestin grêle , et médication atonique de ces 
organes , i 87 

§ II. Application des moyens atoniques sur la sur- 
face cutanée , ainsi que sur les tissus dénudés 
accidentellement , et médication atonique de ces 
organes , 206 

§ III. Application des moyens atoniques sur la 
surface muqueuse du gros intestin , et médica- 
tion atonique de ce conduit , 212 

§ IV. Application des moyens atoniques sur la 
surface muqueuse de la boucJie et de la gorge , 
et médication atonique de cette cavité , 2i3 

§ V. Application des moyens atoniques sur la sur- 
face muqueuse de la cavité nasale , et médica- 
tion atonique de cette cavité , 2 1 4 

§ Vï. Application des moyens atoniques sur la 
surface muqueuse de V œil , et médication ato- 



DES MATIÈRES. 49' 

nique de cet organe , P^g^ 2i5 

§ VIT. Application des moyens atoniques sur les 
surfaces muqueuses du conduit auriculaire , de 
l'urètre et du Dagiîi , . et médication atonique de 
ces organes ^ ibid, 

île SECTION. Médications particulières , 216 

Ordre V, Médications particulières des fonctions 
du système nerveux , ibid, 

§ 1er. Médications particulières de l'encéphale , 

23r 
lo. Excitation des fondions de l'encéphale, 

2°. Sédation des fonctions de l'encéphale j 288 

§ II. Médications particulières des organes des 
sens , 246 

1°. Excitation de V action des sens , ibid. 

2°. Se dation de l'action des sens, 260 

§ III. Médications nerveuses communes à un 
grand nornhre d'organes , 25 1 

1°. Excitation de la douleur , ibid. 

2°. Sédation de la douleur , 266 

3°. Excitation de la contracdlité sensible , tant 
animale qu organique , 2t)j 

4°. Sédation de la coniractilité sensible, tant 
animale qu'organique , 25q 

Ordre VI. Médications particulières de la circu- 
lation f 263 

§ 1er. Accélération de la circulation , ibid. 

§ II. Pudentissement de la circulation , et diminu" 
tion de la chaleur générale , 267 

§ m. Evacuation du sang , 275 



49» TABLE 

1°. Evacuation (lu sang artériel y P^g^ 272 

a°. Evacuation du sang 'veineux , 278 

3°. E^'acuation du sang capillaire , 278 

A. Par incision, ibid. 

B. Par exhalation , 283 
§ IV. Modification de la composition du sang ^ 

287 

Ordre VII. Médications particulières de la respi- 
ration , 288 

§ I^*". Accélération de ta respiration., ibid. 

§ II. Ralentis s emejit de la respiration et de la 
conversion du sang noir en sang rouge , 2g3 
§ 111. Provocation de la toux , 296 

5 IV. Provocation de l'éternuenient , 298 

Ordre VIII. Modifications particulières des sécré- 
tions et des exhalations , 3o2 

§ I«r, Médications des sécrétions muqueuses , 

3o5 
1°. Provocation des sécrétions muqueuses ,'\h\6.. 
Provocation de la sécrétion du mucus na- 
sal , 3o9 
Provocation de la sécrétion muqueuse de 
l'œil et des larmes , 3i i 
Provocation de la sécrétion muqueuse du 
conduit auriculaire , 3 1 2 
Provocation de la sécrétion du mucus hue* 
cal et de la salive , ibid. 
Provocation de la sécrétion muqueuse gut- 
turale ^ 3 16 



DES MATIÈP..ES. 4g3 

Provocation de la sécrétion muqueuse du 
conduit aérien , P^gc 3i6 

Provocation de la sécrétion muqueuse gaS' 
trique^ 3i8 

Provocation de la sécrétion muqueuse intes- 
tinale 3 3 19 
Provocation de la sécrétion muqueuse du 
Dagin et de V utérus , ibid. 
Provocation de la sécrétion muqueuse de 
l'urètre , 32 o 
Provocation de la sécrétion muqueuse de 
la "vessie urinaire , 2>2. i 
2°. Provocation de la suppression des sécrétions 
muqueuses , 32 1 
§ II. Médications de V eouhaJation cutanée , 322 
1**. Provocation de la transpiration insensible 
et de la sueur , ibid. 
Moyens locaux , 824 
Moyens secondaires , 826 
3*. Diminution et suppression de l'exhalation 
cutanée^ 33 i 
3°. Modification du produit de l'exhalation 
cutanée , 332 
§ III. Médications de la sécrétion urinaire ^ ibid. 
1^. Provocation de la sécrétion urinaire, ibid. 
Corps susceptibles de déterniiner V inflammation 
des organes urinaircs , d'augmenter la fré- 
quence du pouls , la chaleur générale , et d'o- 
pérer en même temps une excitation notable 
sur d'a^ttres organes , 33q 
Corps susceptibles de diminuer la fréquence du 
pouls ^ la chaleur générale, et d'irriter ou fion 



494 T A B L B 

les surfaces sur lesquelles on les applique i'^*Z\% 
20. Diminution de la sécrétion urinaire , 345 
3". Modification du produit de la sécrétion uri- 
77 a ire , 84^ 

J5 IV. Médications de la suppuration cutanée , 347 
1°. Suppuration cutanée avec ablation de Vépi* 
derme {vésicatoire suppurant^ , ibid. 

2°. Suppuration cutanée a^^ec éj'osion de V épi- 
démie ( exutoire Le Pioy ) , 35 1 
§ V. Médications de la suppuration du tissu cellu- 
laire soucutané f 355 
Fonticule à pois (^cautères^ , 358 
Fonticide à se ton ( se ton ) , 36 r 
§ VI. Médications delà sécrétiondu lait , 363 
I®. Provocation et augmentation de la sécré- 
tion du lait , 364 
2®. P\étention et suppression de la sécrétion du 
lait, ibid. 
3*. Excrétion du lait accumulé dans les ma- 
melles , 366 
4*^. Modification de la compositiondu lait y 367 
§ Vil. Médications de la sécrétion du sperme , 

ibid. 
§ VIIL Médications île la sécrétion de la bile, 368 
Ordre IX. Médications particulières des fonctions 
digtfstives , ibid. 

5 l^*". V^oniissement , ibid. 

§ II. Purçntion , 385 

1°. Suh s Lances qui sont nutritives en totalité ou 
en partie , qui , convenablement adminis- 
trées , peuvent provoquer la purgation 
sans déterminer de douleur ni de chaleièr 



15 £ s MATIERES. 4q5 

locale , sans occasionner de phénomènes 
sympathiques évidens, qui n agissent qu  
grande dose , et qui ne peuvent occasion- 
ner d'inflammation , à moins qu elles ne 
soient altérées ou sophistiquées , page 3g4 
2*^. Substances non nutritives , qui ne sont pur- 
gatives quà grande dose , ne produisent 
pas de constipation subséquente , ne sont 
pas susceptibles de produire de chaleur 
ni de douleur locales, à moins qu il n'y 
ait entamure ou pJdegmasie , qui détermi- 
nent un sentiment de fraîcheur générale , 
et provoquent la sécrétion urinaire , 400 
3*. Substances qui sont susceptibles d irriter , 
de déterminer de la chaleur , des douleurs 
intestinales , de provoquer des nausées, le 
vomissement , cV occasionner une constipa^ 
tion subséquente , de donner lieu aux phé- 
nomènes généraux de la purgatlouy et 
qui peuvent , à l'état de concentration, 
déterminer V inflammation de la mem- 
brane muqueuse du conduit alimentaire , 

4o5 

Purgation sans phénomènes généraux notables > 
Çpurgation minorative) , 4^7 

Purgation avec phénomènes généraux notables 
(purgatif! drastique ) , 480 

Purgation avec vomissement ^ 482 

Ordre X. Médications particulières de la Jonc- 
don de la génération , 433 

ÏUe SECTION. Médications spécifiques , 433 



49^ TABLE 

Ordre 1er. Moyens propres à détruire les miastries 
contenus dans les circumfusa, les applicata et les 
ingesta-j P^gc 4^^ 

Ordre II. Moyens propres à détruire la disposi- 
tion organique spécifique à contracter la con- 
tagion de certaines maladies , 444 
§ [er. Spécifique pour préserver de la variole , 445 
Ordre III. Moyens propres à détruire les corps 
morhifiques introduits ou développés dans nos 
organes , 466 
5 1er. Spécifiques du ^virus syphilitique , ibid« 
§11. Spécifiques du "virus rahiéique , /^^o 
§ III. Spécifiques contre le ^venin de la vipère , 

461 
§ IV. Spécifiques contre la piqûre de sangsues 
et de différens insectes , ibid. 

S V. Spécifiques contre l'empoisonnement , /^G'd 
% W. Spécifiques contre les vers intestinaux , ùfiÇ» 
% VII. Dissolvans des calculs urinaires , 4?^ 
§ VIII. Dissolvans des calculs biliaires , 480 

§ IX. Neutralisans de l'acide qui se forme quel-* 
quefois dans l'estomac , 482 

§ X. Neutralisans de la matière des flatuosités , 

483 

§ XI. Moyens propres à enlever C enduit phos" 

phato-calcaire qui recouvre les dents , 484 

§ XII. Moyens propres à déterminer l'évulsion 

des poils , 486 

Fia (le la Table tlu second Volume. 



''m 



ABLE 



ALPHABÉTIQUE ET SYWONYMIQUE. 



Les chiffres romains indiquent le tome , et les chiffres arabes 

la page. 



.^ Bi E s picea. Tome I , 

payes 49 et 5o. 
^hies taxifolia. Ibid. 
Absinthe.I, 81,290; II, 124, 

472. 
Acerbes. I, 265; II, 58. 
Acétate d'ammoniaque. I, 17, 

077; II, 292, 527. 
Acétate de plomb. 1 , 24 , 4^ i ; 

II , 90 , 46a. 
Acétate de potasse, I, 17, 

4o5; II, 345. 
j4cetosa^ -voyez oseille. 
Acetosella^ I, 599. 
AceLiim y v. vinaigre. 
Acides. I, 5, 584; ^I» 65, io5, 

107,110, 112, 175,268, 

544, 4^6, 4t>3 , 4^9- 
Acideacétique.I, 6, 170,594; 

11,69,254,297,544,457, 

465. 
Acide acétique pyro-4iuileux. 

I, 596; II, 113, •?97. 
Acide aérien , v. acide carbo- 
nique. 

Acide arsénieux, v. oxyde 

d'arsenic. 
Acide benzoïque. 1,7, 522; 

II, 69,297. 

Acide boracique. I, 5; II, 
4o3. 

11. 



Acide carbonique. I, 5, 592; 
II, 67,254,294, 344,375. 

Acide crayeux , -v. acide car- 
bonique. - 

Acide marin , v. acide muria- 
tique. 

Acide marin déphîogistiqué , 
î'. acide murialiqueoxygéné. 

Acide muriatique. I, S, 391 ; 
II , €)€> ^ ^i I 5 1 13 , 174 » 
247» 297,544,440. 

Acide muriatique oxygéné. I, 
5 , 392 ; II , 67 , 1 1 ( j 1 1 3 , 
174, 176, 297, 441,460, 
465. 

Acidenitreux.il, 458. 

Acide nitrique. I, 4 j 390; II, 
6{î, 174, 544, 458, 479. 

Acide oxalique. I, 6 , 59g; II, 
267 , 544. 

Acide phosphoreux. I, 573. 

Acide phosphorique. 1,5, 392. 

Acide prussique. 1, 568. _ 

Acide sédatif, v. acide bora- 
cique. 

Acide succinique. 1,321. 

Acide sulfureux. 1 , 4 ; H , 1 1 3* 

297- 
Acide sulfurique. I, 5, 4^^» 
487; 11,65, 107 , 109, 110, 
112, 126, 175, 267. 

32 



49^ 

Acide tarlareux. I, G, 4^*o j 
II, 2G7, 544. 

Aeide tlix vinaigre, v. acide 
acétique. 

Acide \ ilriolique , v. acide siU- 
furique. 

Acidulé oxalique, v. oxalalc 
acidulé de potasse. 

Acidide tartareux , v. tartrite 
acidulé de potasse. 

jdconituin iiapelliis. I , 5'jf). 

Aconis calarnns. I, 67 , 5o5 j 
II, ù'iij. 

Acoriis verus. II , 526, 

Adiantinn capillus veneris, 
II, 114. 

Adipocire. I, 56; II, 2o5, 212. 

Adoucissans.il, 187. 

Agariciis jnnscariiis. I, 44^- 

Agaric blanc. II, 422. 

jfigmnonia eupatoria. 1 , 275. 

Aigremoine. Ibid. 

Ail. I, 7'i, 507; II, 46. 

Ainiaul. Il , 2io. 

Air déphlogisliqué,i'. gaz oxy- 
gène. 

Air fixe , z". gaz acide carbo- 
nique. 

Air inflammable, v. gaz by- 
drogène. 

Air pblogisliqué, v. gaz azote. 

Air vital, nj. gaz oxygène. 

Albumine. I, 57, 160, i85; 

II, 20I. 

Alcalis. I, 8, 579; II, 71, 
175, 469. 

Alcalis aérés doux , v. carbo- 
nates alcalins. 

Alciili fixe de lartre,i'. potasse. 

Alcalilixe minerai, v. soude. 

Alcali volatil,?^, ammoniaque. 

Alcali volatil concret , v. Car- 
bonate d'ammoniaque. 

Alcali volatil fluor, -v. ammo- 
niaque. 



T A E L K 



Alcool. I, 61 , 167, 553; II, 
41 , «17 , ii2, 255, 245, 
264,268, 527, 55o, 544, 
462,476. 

Alléluia. 1 , 598. 

Alliiun cepa , Allinm sati- 
vuni. I, 72, 507; II, 46, 
«49» '57, 540, 472. 

Alliuiii ascalonicum , Allinm 
Jistulosiim , Allitnn schœ~ 
noprasum , Alliiim scoro- 
doprasutn. I , 5o8. 

Aloès, I, 56, 248; II, 37, 
285, 41 5, 4_77, 

Altérans. 1 , 25o, 

Alt/iœu officinalis. I, 65, -9, 
95 ; II, 192 , 210. 

Aluine , V. absintbe. 

Alnnieii, v. sulfate acidulé d'a- 
lumine triple. 

Alun. Ibid. 

Araandes.'I , io4;IIj 2o3. 

Amandes amères. I, 570. 

Ambre. II, 434* 

Ambre jaune , v. succin. 

Amers. I , 240 ; 11 ^ 57 , 
471. 

Amidon. 1,57; II, 193. 

Amilacé. Ibid. 

Ammoniaque. I, 9, 574 ; II> 72, 
118, 145, 157, 175,247, 
327, 52;.), 461 , 469. 

Amini major. 1 , 295. 

Amoininn cardaniommn. I, 
529. 

^-Piiradisi. Ibid. 

— Zi/igibf.r.YWnS. II, i58. 

Amrgdalœ ,')\ amandes. 

Ainygdaius cotnmuiiis. 1, 1 04. 

Amygdalns persica. 1 , 94 » 
568, 571 ; II, 4» 9. 

Ancliusa itulica. H, 545. 

— Officinalis. Ibid. 

Anémone neinorosa. II , 1 49* 

— PnUensis, 1 , 44^* 



AXrHASÎiTiQîJE 



AnetJinm fœniciilian , v. fe- 
nouil. 
' — gra^eolens. 1 , 295. 
u^ngetica archungulica. 1,65, 
290; Il , 114, 5 10, 

Angélique. //-«/ri. 

^ngiislura.\^ ']/\-, 247. 

Anis tloux , V. fenouil. 

Anis étoile , v. badiane. 

Anis ordinaire. 1, îo6, 295 j 
II, 114,484. 

Anodins. II, 256. 

Anserine. I , a-jS 

Antlieniis nohilis , V. camo- 
mille romaine. 

jifitliemis pyretrum , v. py- 
rèlre. 

Anthelminliques. II, 467. 

Antidotes. 11, 465. 

Antimoine cru, v-. sulfure d'an- 
timoine. 

Antimoniaux.1, 19, 452; II, 78. 

Antispasmodiques.il, 261. 

Aplirodisiaques.il, 455. 

u4piiun graveolens. 1 , 295 ) 
11,541. 

— Petroselinum , -y. persil . 

Apoplilegmatisans, v. errhins 
et sialagogues. 

Apozèmes. 1, 208. 

yiipiila alha, v, murîate de 
mercure doux. 

Arbousier , v. raisin d'ours. 

^rbutiis iiva iirsi. Ibid. 

j4rcannm daplicatiun , voy\ 
sulfate de potasse. 

Ai'cliaugélique , v. bouillon 
blanc et angélique. 

yUctiiini lappa, v. bardane. 

Aréomètres. 1 , 1 46. 

Argentine. I, 275. 

Aristoloche. II, 124. 

^4ristoloclna lo?jga et rotiin- 
da. Ibid. 

A rmo ise. 1 ,82, 290; 11 , 1 •j>^,^'}2. 



499- 

Arnica. I, 95, 291. 
ylryiicà /nontaua. Ihià. 
Arrète-bœuf. II, 54 1- 
Arsenic et ses composés. 1 , 4^7} 

11,76. 
Art de formuler. ï, iSg. 
Anemisia absuitldiim , voy\ 

absinthe. 

— Vulgaris , v. armoise. 
Arum. H , 1 15. 

Arum mactdatian. Ibid. 

Arundo dontix. 1 , 44^ » ^^ î 
366. 

-^Plfagmites. Ibid. 

Asariim europœuin , v. ca- 
baret. 

Asclepias vince-toxïcum. II, 
526. 

Aseili , V. cloportes. 

Asparagus ofjiciiicdis , voy, 
asperges. 

Asperges (racine d'). II, 54i. 

Aspic j V. lavande. 

Assa dulcis , v. benjoin. 

Assa fœtida. I , 5 1 , 5 1 1 ; 
II, 49, ii5, 124, 247, 
472. 

Asthme convulsif. 11 , 299. 

Astriction de la surface buc- 
cale. II, 110. 

— cutanée. II, 100. 

— gastrique. I, 442. 

— gutturale. Il , 100. 

— intestinale. II , 107, 

— nasale. II, 112. 

— oculaire. Il , 119. 

— pulmonaire. II , ii6. 

— urétrale. Il , 122, 

— utérine. 11, 126. 
Astringens. 1 , 45i , 452 , 4^5; 

11 , I05 , 107 , I 10 , M2, 
116, 119, 122 , 126. 

Atoniques. Il , i85. 
Atropa beiludona , i\ ]>ella- 
done. 



50O TABLE 

Atropa mandragora , 7>orez Avoine. I , io3; II, igô, iqh- 

mandragore. Axonge. I, 47 ^ 182; II, ao'2. 

Année. I, 55, 291; II, 4(>» '^i?. , 4^5. 

ii4. SiO. Azole , 7'. gaz azote. 

yiuruntiiini , v. orange. 

B. 

Badiane. I, loi , cqS; II, i i4- Beurre d'antimoine, v.muriale 
Baipsde genièvre. 1, 101 , 5i 5; d'antimoine liquide. 

11,45, 559. Beurre de cacao. 1,47 5 II» "202. 

Baicsdenerprun.I, I02jll,4i4- Bicie. I , 162. 

Bains. I,i8ô. Bile de bœuf épaissie. I , a5i. 

— chauds. II , 112. Bislorle. I , Gq, 270J 11,58. 

— éleclriques. II, 21. Bitume. I , 522. 

— froids, il , 18. Blanc de baleine , v. adipocire. 

— de sable. II, 524. Blanc de lard , v. nitrate sur- 

— tièdes. II , 209. saturé de bismuth. 

— de vapeur. Il, 14. Bois gentil, v. gaiou. 
Balaustes, ('.fleurs de grenadins. — néphrétique. II, 542. 
Barbotine , v. citia. —saint, v. gaiac. 
Bardane. 1 , 75 , 45o;II,526. — deSurinam,i».quassiaamer. 
Bases salifiables. 1 , 7. Boissons. I, 2o(). 
Basilic.1,85,289; H, 40, 1 14- Bols.I, 79(3. 

Basi/iciim. Il , 53. ^ o/etus lan'cïs, l'.av^ar'ichhnc. 

Baumes. 1,52, 323; 11,69,70. Borate sursaturé de soude. I, 

Baume decopahu, t. copahu. i4 ; II, iio. 

— du Pérou. I, 53 . 523. Borax. lôid. 

— de Tolu. lùid.W, 11 5. Borragu ofjicinolis , voyez 
Beccabuuga. I, 307. bourracbe. 

Béchiqups. II, 199. Boucage anis, x». ania. 

Belledame , r. belladone. Bouillon, Il , 197. 

Belladone. I, 90 , 357 j ^ï> ^^» ^""'''on blanc. 1, 95 ; II , 114. 

. 260,451. Boule de mars, i\ tartrite de 
Benjoin. 1 , 53 , 523. potasse et de fer. 

Benoite. I, 65, 262. Boule de Nanci. IbùL 

Benzoë, v. benjoin. Bouleau biùnc'écor. de).II,343. 

Jleui. nibra , ij. poirée. Bourrache. Il, 543. 

Bétoinc. ÎI , 5oi , 5 10. Jjrass/ca napus. ]], 200. 

— d'eau ,z».scrcphulaireaqua- Brou de noix vert. I , 275; II, 

lique. 58,471- 

BJtonica ofjicinitlis ^ t. bé- Br\one. II , i J9 , t\î.\. 

toine. Jiryoniti alba. Jbid. 

/'elle , -j». poirée. Buglosse. Il , 545. 

Jipiirrf. 1 , 47 , 182; 11,202, Buis. 1,448- 

S12 , 465. Jiuxiis sejnpervirens. Ihid. 



ALPHABETIQUE. 



iîOT 



c. 

Cabaret. I, 67, go ;II. 501,579. 
Cachou. 1 , 56, 2675 II, 58, 

109 , 1^2 , 19.5. 

Cadruie des fourneaux , voyez 

oxyde de zinc. 
Café. I, 298 ; II , 255, 255. 
Caille- lait. J , 2^5; II, 198, 

565. 
-Calamine*, v. o\yde de ïinc. 

Calamiis aromaliciis. 1 , 67 , 
5o5. 

Calculsbiliaires.il, 480. 

— urinaires. II, 478. 

Caïmans , x\ sédatifs. 

Calomélas, v. muriate de mer- 
cure doux. 

Calorique. 1 , 254 ; II , 1 1 , 1 44» 
i65, 189 , 208. 

Camomille romaine. I, 85, 
291; il, 40, 124, 575,472. 

Camomille ordinaire, lùid. 

Camphre. 1 , 58 , 54o j II , 44 » 
255, 242, 268, 52g, 47 •• 

Camphrée de Montpellier. II, 
114. 

CmupJiornsma Monspellia- 
ca. Ihid. 

Cannelle. I, 77 ,524; II, 320. 

Cannelle blanche. 1 , 3i6. 

Canne de Provence. 1 , 448- 

Caniharides. I, 109; II, Sg , 
i4o , i55 , 541 , 349, 4^6' 

Capillaire. II, 114. 

Capparis spinosa , i'. capprier. 

Capprier. II, 542. 

Carbonate d'ammoniaque. I , 
i5,575,j II , 75, 529, 469. 

Carbonate d'ammoniaque pyro- 
huileux, I, 577 ; II , 247- 

Carbonate de chaux. I, 14 ; H» 
68, 482. 

— de fer. 1,25, 27G. 

—-acidulé de fer. 1,276511, 95. 



Carbonate de magnésie. I, 1 5; 

II, 482. 
— ■ de plomb. 1 , 24 ; II , go. 

— de potasse. 1 , 1 4 , 582 \ II , 
7 1 , 544 , 465 , 469. 

— de .-ou de. ïbid. 
Cardamine pratensis , voyez 

cresson éléj^ant. 
Cardamome grand. I, 329. 

— petit. lUid. 

Cardinis benedictus , voyez 

chardon béni. 
Carex arenaria, I, 447» 449? 

Il, 526. 
Carica , v. figues. 
Carminatifs. II , 485. 
Carthamus tinctorius.W , 422 . 
Caithusianoruni pidvis ,voy. 

oxyde d'antimoine bydro- 

sulfuré brun. 
Canim carvi , v. carvî. 
Carvi. 1 , 1 06 , 295 ; II , 485. 
Caryophyllata , v, benoite. 
Car} opJiy lias aromaticus , v. 

gérofles. 
Cascarille 1 , 76, 5a6. 
Casse. I, 97; II, 199, 398. 
Cassiajistula , v. casse. 
Cassia lanceolata , v. séné-. 
Cassia lignea. 1 , 326. 
Cassia se/ina , v. séné. 
Cassia soliUiva , ik casse^ 
Castoréum. I,6o, 55i. 
Cataplasmes. I, 184. 
Citapntia major , v. ricin. 
— miiior , îJ. euphorbe. 
Cathartiqiies. II , 4^0. 
Catbéré tiques , voy. escarro- 

liques. 
Caustiques , ?;. escarrotiques. 
Caustique de fr. Côme. Il, 17^.- 
Cautcresî(,fer à ). II , \ Q^^ 
Cault're,^ , v. foalicules». 



boz 



T A h L E 



Ceiitmirea calcilrapa , voy. 

clianssp-lrape. 
— . be.ii.t'dictd , ?'. chardon béni. 
Ceniaurée ;^peiiLe). 1 , bo , 24^ J 
JI, 57. 

Ccnùauiinui minus. Ibid. 

CefJa , voxez oignon. 

'C '>a , To\ . cire. 

Cérai.J , i8i. 

— de Ga.ien, ou cérat simple. 

I, i8i; il, 2i2,4<33. 
- — do (ioulard. H , 91. 
— ■ de Saturne. Jl^ii/. 

Cr''folium , !>. cerfeuil. 
Cerfeuil. 1 , 2t)5. 
Cerfeuil sauvage. Il, i5o. 
Ccruse , V. ca*"bonale de plomb. 
Ccvadille. I , io5 5 II , 474« 
C.liacrille , v. cascarille. 
Cliœrffuiinin , v. cerfeuil. 
Chaleur , v. caioriqiie. 
Chalibé , v. ferrugineux. 

Chiunœdrys. 1 , 84 , "-iB»); II , 

Chamtepitys. I, 84 1 ^89. 
Chain urès , v. scordiuni. 
Charbon. II, i%. 
Chardon l)éijl. 1 , 80 , 240. 
Chardon-Kolaiul. II, 34l. 
Chau.sse-ii-ipc. Ihid, 
Chaux. 1,8, '.87); II, 74, 176. 
Chaux nit^lallicpies, v. oxvdes 

mélalli<|u(\«. 
Chêne ( ëeorce de). I, 275 j 

II , 58. 
Chêne ( pelil ), -y. ch,nnaulrys. 
Chenopoduim aniliehninilii- 

ciim. il , 47'*' 
Cliicorée sanvaue. I , tS. 
Chiendent. J , (>j ; iJ , 19^. 
( lùna , V. Sf]iiiiic. 
CInroniii ccnt.iurltim , l'oyez 

petite centaurée. 
Chou marin, toj f>3jscddauei!e. 
Ciboule. I, 5oB. 



Ciohorcnm inùybùs , voy. chi- 
corée. 

Ciguë, V. conùun 7?iaciitatiini' 

Cina. I5 107; II , 472. 

Cinchona , v. quinquina. 

Cinnabre, v. oxyde de mer- 
cure sulfuré rouge. 

Cinnuniomum , v. cannelle. 

Cire. I, 58- 

Cissanipelos parelra , v. pa- 
reira brava. 

Citron. 1 , 98 , 296 , 097. 

Citriis aurantiiun , 71. orange. 

— limonia , v. limon. 

— nie, die a , v. citron. 
C/ematis.]] , 148, i40' 
Cloportes. Il , 544- 

Clous de gérofles , r. gérofles. 

CLutia ehuheria , voyez cas- 
carille. 
Clystères. I, an. 

Coccinidiiirn , v, garou. 
Cochléaria. 1 ,88, 5o5; II, 4&. 

— qtficinalis. Ibid. 

« — annoj acia , voyez raifort 

sauvage. 
Coffca arabica , v. cafë. 
Coing. 1,99, 106, 400. 
Colcliicinn antiirn/iale , voy. 

colchique. 
Colchique. II, 54o. 
CoIcholar,i'. oxyde de ferbrun. 
Colle de poissoai. I, 4o« 
Collyres.!, i88. 
Colophane. J , 5o. 
Coloquinte, I, 102, 44^? ^^ ♦ 

4-2 J, 477- 
Colombo. 1 , 68 , i\i) ; H, 574. 
Concentration ( degré-s de ). I , 

i4f. 
Concombre sauvage. II , 4^3. 
Crmfeclions, v. élcctuaires. 
C «tiiinn jnacidatnni. 1 , 8q , 

5V, ; 11,55, 4C5. 
Conserves, v. élecluaires. 



AL PH À B 

Consolida major ^ v. grande 

consoutle. 
Consoucle(grande).I,65jII, 1 92. 
Contra , v. cina. 
Contrayerva. 1 , 3o2 ; II , 526. 
Contrav allaria niajalis , voy. 

muguel. 
ConvoU'ulns jalappa, voyez 

jalap, 
~ niechoacanna , v. méehoa- 

can. 

— scarmnonea , toy. scaru- 
monée. 

— soldanella , v. sokîanelle. 

— turpetlumi , v. turbilb yé- 
gétal. 

Copahu. I, 48, 5i5. 
Copaifera qfjicinalis ^ voyez 

copahu. 
Coquelicot. I, gl, 282 ; II , o'iô. 
Coralliaa ofjlcinalis . 1 , 1 09 ; 

II , 475. 
CoraUiiia corsîca , v. mousse 

de Corse. 
Coralline officinale. 1, 109; II, 

470. 
Cordia mixa , v. sebestes. 
Coriandre. I, 106, 293. 



i T I Q U E. 5oS 

Corlandriun sativurn.l. 106, 

293. 
Corne de cerf. II , 197. 
Couleuvre , ?'. bryone. 
Couperose blanche , v. sulfate 

de zinc. 

— bleue , V. sulfate de cuivre. 

— verte, v. sulfate de fer. 
Craie, t. carbonate de chaux. 
Crème de tartre,?;, tartrite aci- 
dulé de potasse. 

Cresson alénois. 1 , 88 , 3o5 ^ 
11,46. 

— élégant , l^id. 

— de fontaine. lèid. 
Cristaux de tartre , 7k tartrîte 

acidulé de potasse. 

Crocus sativiis , v. safran. 

Crolon cascarille ,v. cascarille. 

Oucifères. I, 5o5. 

Cncutnis colocyntlds , v. colo- 
quinte. 

Cucurbitacêes ( graines )i I » 
io5 ; II » 267. 

Cumin. I , 106 , 293. 

Curcjirna. I , i85. 

Cdsciita epitJiynium. II , 422. 

Cyclamen europceiun. II, 425. 



JDapîine g?iidium , v, garou. 
— laureola. Ibid. 
■ — mezereutn. Ibid. 
Datura stramonùim , voyez 

pomme épineuse. 
Dattes. ], 97; 11,199. 
Daucus carotta. II , 200. 
Décoction , décoctum , I , 

162. 
Delpfnniuni stapJiysagria , v. 

stapliysaigre. 
Dent de lion , v. pissenlit. 
Dents ( opération ). II, 484- 
Dentelaire. II, i55. 
Désinfeciana,!!, 456« 



Dîacrède, v, scammonée. 
Diachylum , v. emplâtre de 

plomb. 
Diacode ( sirop ) , v. opium et 

sirop. 
Diapliorétiques. II , 026. 
Diaprii/nini. I, 426. 
Diascordium. 1 , 544' 
Digestion. 1 , 162. 
Digitale pourprée. I, 89, 564 J 

11, 244» '^^7 » ^42. 
Dissolution. 1 , 160. 
Distillation. I, 162. 
Distillé Immédiat. 1 , 284. 
Djurélir|ues. II , 558^ 



5o4 TABLE 

Dorstenia contrnyerva , voj 

co/Urayerva. 
Dosps. 1 , 139. 

Douiplp- venin. II, 52G , ?)4i. 

Doiic(vamèic.l,go,56(;I],3i<3. Dryuiis JVinLerî. 1 , ôaG. 
Doiiclies. 1 , 18G; II, 55 , 255, Dulcamara , j'. douce-amcre. 

244. 



Douleurs [ '^loyens de les pro- ' 
voquer). ' i , -25 1 . (Moyens île 
les iippaiser). II , ^50. 

Dropaces , t). vésicatoires. 



E. 



Eau.I, iG5 , 4^3. 

— acidulés. 1 , 2g , SgS; II, 68. 

— bouillante. 11, 144. 

— chaude. H , 12. 

— ferrugineuses. 1 , 34 ? '^76 ; 
11,95. 

— de fleuve. 1 , 28. 

— de fontaine. I/nd. 

— forte , V. acide nitrique. 
— • froide, 1 1 , 468. 

— de goudron. 1 , 096. 

— Iiydro- sulfureuses. I, 55, 
4m; 11,64. 

— de marais. 1 , 28. 

— de mer. 1 , 29 ; II , yS. 

— niercurielle. If , 181. 

— minérales. 1 , 28. 

— de neige. I/fïd. 

— phagédénique. Il , 84. 

— de pluie. 1 , 28. 

— de puits. I/ncJ. 

-— de Rabel , ou alcool sulfiir. 
1 , 586. 

— de rivière. 1 , 28. 

— r('gole,7^neidi'nilro-niuriat. 

— saliiies.1 , 5i , 4o5 j II, ^S. 

— de source. I , -.8. 

— spirilueuses, v. alcools dis- 
tillés, ou distillés alcooliq. 

— sullureuses, ?> eaux hvdro- 
s M Mu reuses. 

— tièdn. II, 189, 208, 58 1 , 
465. 

■ — végélo- minérale. II, 91. 

— de vie ou alcool ^ 10», v. 
alcool. 



Eccoprotiques, r. purgatifs, 
tclegnia , v. looch, 

— solide , V. tablette. 
Ecorces.I , -^5. 
Elateriura. II , 4'25« 
Elecluaires. I , i (p. 
Electricité. II , 2 1 , 119, 1 20 , 

121, 1 24 > 1 54 , '-^55 , 256 , 

245 , 249, 255. 
Eleclromoteur ou pile de Vol la. 

II , 22 , 28. 
Elémi. I, 5o; II, 255. 

Icosaechaniiri , v oleosac- 
kanini. 
Elixirs, 7'. alcools, et teintures 

alcooliques. 
Ellébore blanc. I , 70, 44^ î 

IJ, 57 , Soi , 3io. 

— noir. I, 70, 446; II, 57, 
5oi , 4'9- 

End)rocation. I , i85. 
Emélo- calbartiques. II, 452. 
Emétiques. W^ l\'i.\ . 
Emménagogues. Il , 125, 285. 
Emoliicns. 11 , i85. 
Emplâtres. 1 , 177. 
Enipoi.sonnemei;s. II , 465. 
Emuisions. II , 2o5. 
Jinula canipano , v. auncc. 
Epilotiques. II, 486. 
Epispastiques t. rubélians et 

vésirans. 
Epilliini. II, 4^2. 
Errbiiis, 11 , Sog. 
Kryiif^iuni campestre , voyez 

churdon-HolaïuL 



ALPHABETIQUE. 



5o5 



Escarrotiques. TI , i6o. 

Espèces. 1, i53. 

Esprit alcalin , v. aminoniaque. 

— de Mindérérus, ro/. acétate 
d'amnjoniaque. 

— denitie, c. acide nitrique. 

— de nitre dulcifié , r. alcool 
nitrique. 

— de sel , foy. acide muria- 
tique. 



Elher. J, 6i, 17g, 537 5 '^1 4'» 
•25.1, 2O5 , 296 , 529, 476. 

— acélique. 1, 41 , ^2, ^"JÔ. 

— sulfurique. lâid. 
Etliiops martial , t'oj'. oxyde de 

ter noir. 

— per se , v. oxyde de mercure 
noir. 

Eiigeiùa cary ophyllata , voy. 
gérofles. 



— ■ de sel dulcifié, voy. alcool Eupliorbe. I, 57 j II, 57, i48. 



muriatique. 

— devin, v. alcool à iS^et 
au-delà. 

•— de vitriol, v. acide sulfuri- 
que étendu d'eau. 

Esquine , v. squine. 

Essences, c. alcools et teintures 
alcooliques. 

Elain. I , 25j II , 4G9. 

Eternuement(moyendeIe pro- 
voquer). II , 298. 



Exhalations (moyens de les pro- 
voquer). Il , 5o-3. 
Excitans. I , ii\ ; Il , i. 
Expeclorans.il, 11 5, 5 16. 
Exlraclifs. I , Sg. 

— oxygéné. 1 , 40- 
Extraits. I , i54. 

— de Saturne, voy. acétate de 
plomb. 

Exuloires. II , 55 1. 



F. 



Farine. J, 18 r. 

Fécule, V. arailacé. 

Fenouil. I, 107,293^X1, 11 4, 

5 10, 541 , 364- 
Fer. 1 ,24 , 276 ; II , gS. 
FeiTugineux , «'. fer. 
l'^erida asso fcelida, voy. assa 

fœlida. 
Feu. II, 16, i65. 
Feuilles. 1 , 78. 
Fiel de bœuf. I, sSi. 
Fiel de terre, v. fumeterre. 
Figues. I ,975 II, 199, 
* Flaluosités ( moyens pour les 

combattre ). II , 483. 
llagellalion. II , i38. 
Flambe , v. iris d'Allemagne. 
Fleurs. 1 , 93. 
Fleurs de benjoin , voy. acide 

benzoïque. 
Fleurs de grenadin. I, 96. 



Fleurs de sel ammoniac mar- 
tial , V. muriate de fer am- 
moniacal. 

Fleurs de soufre , v. soufre 
sublimé. 

Fleurs de zinc, v. oxvde de 
zinc sublimé. 

Foie de soufre, v. sulfures al- 
calins. 

Follicules de séné, II, 411. 

Formes des médicamens. I , 

l52. 

Fomentations. I, 186, 
Fonticules. II, 358, 5Gi. 
Fougère mâle. 1,72; II , 474* 
Fumeterre. I, 80, 249 J II, 

37. 
Fraisier ( racine de). II, i54. 
Froid. T ,235; II, 18,245. 
Frictions sèches. II ,^ 10, 54^ •> 

5jt5. 



5o6 TABLE 

Frictions nleclriques. II , i54. Frictions glaciales. II, 19, SaS- 

— galvaniques, ibid. 

G. 

Gaïac. I, 56, 78, 44^ » II « 326. Glycyrrhizaglabra ç». réglisse. 

Galactopliores.il, 564. <— echînnata.lh\i\. 

Galhanum. I j 5i , 5ii; II, Gnaphalùun dioicum , voyez 

49 , 1 15. pied de chat. 

Galiote , v. benoîte. Gomnics. 1 , 44. 

Galles. 1,271; II, 58, 122. Gomme adrai;ant.I, ii4) i57, 

Garance. II , \-if\ , 54i. 201 , 2o5 j II, 194. 

Garou. I, 78,445 ; 11, 57, 552. — ammoniaque. I, 5i , 5iij 

Gaz acide suUurcux. 1 , 4 i ii , II , 49 ^ » 1 5. 

Ii5, 297. — arabique. I, 44^ ^57 , ao4; 

— azote. II , 2g5. II, 189. 

— hépatique , v. gaz hydro- — gHtte , c. gulte. 
gène sulfuré. — kino , {'oyez kino. 

»— hydrogène. 1,2; II , 29:1.. — résines fétides. 1 , 5o , 5i i ; 

— sulfuré. I , xxxij ,10,410; II , 49 ? 247 , 248 , 472. 

II , 64 , 294 , 4^4 •> 4^8. — du Sénégal , v. gomme ai'a» 

Gaz oxygène. 1 , i, bique. 

Gélatine. 1 , 4^ , 2o5 ; II, 197 , Goudron. 1 , 596. 

2 11, 585. Gousses de séné. II , 4 1 ' • 

Génération (sa médication ). Graines.!, lOJ. 

II, 435. — de lin, c. lin. 

Genièvre (baies de). I, 101, Graisse. I, 47 , 182 ; II, 2ii. 

5 1 5 ; II , 46 5 557. Gf atnen , v. chiendent. 

Gentiana Intea , v. gentiane. Gratiola oJJlcinaLis y voyez 

Gentiane. I, 67 , 244 j '1} ^7. gratiole. 

GeoffroiedeSurinara.il, 475. Gratiole. I, 91 , 44^ '■)^^ 4'7- 

Germaudrée , v. scordiutn, Grenade ( Heurs et écorce de). 

Gérolles. 1 , 95 , 327. 1 , 96 , 100 , 275.. 

Genm iirbaniirn , v. benoite. Grenouilles. II , 197. 

Gingembre. 1, 029; II, i58. Gruau. I, io5j II, igj, 194» 

Ginseng. II , 434. '95- 

Olace. J , 255; II, 18. Gutte. 1 , 57 ; II, 4i^- 

(iland. 1 , 275. Guimauvc.1 , 65 , 79 , 93; II, 

Glecomahederacea,v>\\(ivvG 192 , 210. 

terrestre. / GiUiœfera verax 1 , 57. 

H. 

Jlcniatoxyloii campechia- Hellébore noir, v. ellébore 

ninn ( bois de campètrhe ). noir. 

JJe.dara Iiclix. 11 , 555 , jOo. Jlellcbonis niger. Ibid. 

Hellébore blanc, v. ellébore Helininthoconon , r. mousse 

blanc. de Corse. 



A L P H A B 

Hematagogues. Il , 285. 
Hémorrli^yie nasale ( moyens 

de la provoquer ). II, 459. 
Hcruorriioides ( mcyens de les 

provoquer). II, 284. 
Herbe à élernuer , v. ptar- 

mlque. 
— aux puces, ♦'. ■psyllium. 
îlcrmodaltes. II , 422. 
Uordeiim , c. orge. 
Houblon.!, 349; II) 317. 
Houx( petit ). II , 342. 
Huile animale de Dippel. I, 

0/9. 
Huile- cire (cérat mou). I, 182; 

II , 212. 
Huile d'amandes. I, 4i > 4^ > 

II, 201 , 394, 467. 
Huile d'olive. I , 4^ ? 4^? i85; 

II, 201 , 212 , 394 , 4^7- 
Huile de ricin. I, 4t>j II, 394, 

Huile de vitriol , v. acide sul- 
fuiique concentré. 



É T I Q U E. 5o7 

Huiles essentielles, v. huiles 
volatiles. 

Huiles fîies. 1 , 4i ? 4^ > ^^9 » 
II , 201 , 212 , 325, 094. 

Huiles grasses. Ibid. 

Huile pyrozoonique. I, 3ig. 

Huiles volatiles. I, 4^ > 47» 
282 ;1I, 42, i36,2b2, 264, 
327. 

Huile Tolatile pyro -bitumi- 
neuse. I, 32o;II,47ï- 

HiiTtiidiis lupulus , V. houblon.- 

Hydrogène. 1 , 2 ; II , 294^ 

Hydrogène sulfuré. I , xxxlj , 

10, 4ioj II, 64,294,464, 

468. 
Hydi'omel. II, 199. 
Hydro-sulfure d'ammoniaque. 

l, 10. 
Hyosciamus niger , v. ]us- 

quiame. 
Hyssope. 1 , 84, 289 j II , 46 , 

1 14 } 3^6. 
Hyssopus officinalis . Ibid. 



I. 



JlUcinni anisatiiTTi j voy. ba- 
diane. 
Imagination ( son influence ). 

Il , 223. 
Impératoire. I, 66 , 293. 
Impe.ratoj-ia ostlirutmm. Ibid. 
Infusions, infusum. 1 , 162. 
latermèdes. 1 , 1 52. 



Inuîa heleniiim, v. année. 
Ipécacuanha. I, 70, 44''î ^^* 

ii5 , 078, 582 , 335. 
Iris d'Allemagne. II , 4lS* 
Iris ger?nanica. Ibid. 
Iris de Florence. II, 11 5. 
Ins tiiberosa , v. turbith. 
Ivetle , V. chamcepitys. 



J. 

Jalap. ï, 71 ; II, 4^6. Juleps. I, 208. 

Jaune d'œuf. I, iSg, i85, 196; Juniperns communis ,v. geniè* 

JI, 2o5. vre. 

Jujubes. 1 , 97 ; H , 197. — sabina , c, sabinc, 
Jiiglans regiu , v. brou de 

nois. vert. 



So8 



TABLE 



Keempferia rotiinda , v. zé- Kino. I, Sg, 268. 

doai re . K ramena triandra , v. ratan- 

Kermc's minéral, v. oxyde d'an- hia. 

timoine hydro-sulfuré brun. 



L. 



Lait.II,io5. 

Laminm album. I, 95, 289; 

II, I 14. 
Lapatliiim aciUinn. 1 , 45o, 
•— saii^uineiun. Ibid. 



Ligusticum levistîcuni , v. Uvè* 

che. 
Liliurn convalluin, v. muguet. 
— de Paracelse, c. alcool de po- 
tasse. 
Lauréole. 1,78, 445 j II , 57 , Limaille d'étain , v. élain pul- 

55ri. vérisé. 

Laurier-cerise. I, 568; 11,466. — de fer, v. fer pulvérisé. 
Lauriis cinnatnoîniwi , v. can- liimonade. I , ^Qo. 

nelle. Lin. I, lo/jf^ll, 190,210. 

— sassafras , v, sassafras. Linctns , r. looch. 

Lavande. 1,84 ,-'-89; H ,46, Linimcnt. I , i85. 

526. Liniim iisilatissiminn , v. lin. 

Lavemens. I, 211. Liqiddambar styracijlua, v. 

Lavendiila s pic 1 ,v. lavande. styrax. 



Laxatifs. II, 594. 

Lemit/)ocorio;i , v. mousse de 
Corse. 

Jjepidiinfi sativum , v. cres- 
son alénois. 

Leontadon taraxacum, v. pis- 
senlit. 

Lessive des savonniers. II , x']^). 

Lichen d'Islande. 1^79; II , 
195,195,197. 

Lichen islandicus. Ibid. 



Jaiquiriùa , v. réglisse. 
Liqueur minérale anodine 
d'Hoffmann, i'. alcool élhé- 
ré. 
Litharge, v. oxyde d'antimoine 

demi-vitreux. 
Livèche.I, ^iS ^ 293; II, 4^ > 

1 1 5,541. 
Looch. 1 , 2o5 ; II , igS. 
'jotions. 1 , 186. 
Lumière. II, i6. 



Lierre à cautère. II , 555 , 56o. Lythontriplics. II , 478. 

— terrestre. J , 85 , 289; II, Lythrwn salie aria , v.stiWcyi' 

114. re. 
IJgnuin sanctnm , v. gaiac. 

M. 

Macération, maceratnm, I, Magistère de soufre, i'. soufre 



maceratnm, 
1 6 1 . 

Macis. 1, 101 , 517. 

Magistère de bismuth , ('. ni- 
trate sursature de bismuth. 



précipite. 
Magnésie. 1,7; II, 482. 
Magnésie calcinée , 1 , 7 ; II , 

482. 



A LP HA U E T I Q U E. 



Magnésid douce, v. carbonate 

de magnésie. 
Magnétisme minéral. II , 220. 
Alajorau/iay v. marjolaine. 
Malva roticndijblia ^ v. mau- 
ve. 
' — silvestris. Ibid. 
Mancenilier. Il, 149- 
Manganèse, v. osvde de man- 

gauèse. 
Manger des dieux, v. assa foe- 

tida, 
Maniguetle , v. amomumpa- 

raclisi. 
Manne. 1 , 54; H, 096. 
Marjolaine. 1, 85 , 86 , 2895 ^t 

42,114. 
Marum. II, 520. 
Marronnier d'Inde. 1, 264; ITj 

ûB. 
Marrube. 1,85, 289 ; II , 114. 
Mars, t'. fer. 
Massage. II, 10. 
Masticatoires. I, 191 ; II, 5 1 3. 
Matériaus. immédiats etraédiats 

des corps organisés. 1,56. 
Matière médicale json sujet, son 

objet, son but, ses moyens, 

etc. I, XV. 
Matricaire. I, 85, 291; II, 

124. 
Matncaria chamomilla , v. 

camomille ordinaire. 

— parùheniutn , v. matricaire. 
Mauve. I, 79J II, 192 , 210. 
^^lechoacan. II , 422. 
Médicamens. I, 120; leurs 

préparations. I , iSg. 
Médications aloniques. II, i85. 

— communes. I, 221. 

— en général. 1 , 1 1 1 . 

— en particulier. 1 , 221. 

— escarrotiques. Il, 160. 

— particulières. II , 216. 

— pldegmasiques.il, 1 29. 



5o9 

Médicationsspécifiques. Il,435* 

— toniques. I, 221. 
MeLampodium , v. ellébore 

noir. 

Mélanges. I, i5o, 157. 

Méloë , V. cantbarides et scara- 
bées. 

Melissa officitialis , v. mélis- 
se. 

Mélisse. I, 85, 289; II, 46, 
526. 

MénagogueSjP'.emménagogues, 

Menstrues ( moyens de les pro- 
voquer ) , voyez emméoa- 
gogues. 

Menti la crispa , ç'. menthe. 

— piperita , v. menthe poi- 
vrée. 

— pidegimn , v. pouillot. 
Menthe. 1 , 86 , 289 ; Il , 46. 

— poivrée. I, 86 , 289. 
Ményanthe , ('. trèfle d'eau. 
Menyanthes trifoliata , v. trè- 
fle d'eau. 

Mercure. ï , 2 1 . 

Mercure doux, v. murïale de 

mercure doux. 
Mercure éteint , v. oxyde de 

mercure noir. 
Mercure iiitrcux, v. nitrate de 

mercure. 
Mercuresolubled'Kahnemann, 

V. oxyde de mercure noir. 
Mercuriale, il, 437' 
NLerciirialis anniia. Ibid. 
Mcrcuriaux. I ^ 420 ; II , 80. 
NLcssreiLin ^ v. garou. 
Métaux. I, 18. 
Miel. ï, 55, 194, 207 ; II, 58, 

200 ,395. 
Miel mercurial. II, 427. 
Millefeuille. 1 , 82 , 291. 
Millepèdcs, 7;. cloportes. 
Minium , v. oxyde de plomb 

rouge. 



fîlO TABLE 

Minoralifs. II, agi, 4-27. 
Mixture , t. poliv>ii. 
Molène, }'. bouillon blanc. 
Morelle. I, 89, 56 1 ; 11, 55. 
Mort-chien, 1'. colchique. 
AIosc/ii/s , V. musc. 
Mouron , JI, i5o. 
Mousse de Corse. 1,9^5 11,475. 
Moutarde. I, 108, 004 5 II, 4t>, 

145,373. 
Moxa. II, i6i. 

Mucilage. I, i85; II, 189,210. 
Muguet, il, 5oi. 
]\luqueux. 1 , 44- 
Muii.'ite d'ammoniaque. 1 , 1 5 , 

078; 11, 75,529, 544,549, 

Muriate d'antimoine. I , -lo; II, 

174. 
Muriate de baryte. 1,12, 407 j 

II, 75, 544 ,'449, 469. 

N 

Napel. 1 , 559. 

Naphaijîores) v. fleurs d'o- 
ranges. 

Naphle, V. élher. 

Naiéolisme. II , 465. 

Narcotiques. II. 241- 

Nasturcium aqnaiiciivt^ v, 
cresson de fontaine. 

— Horteiise,v. cresson alcnois. 

Kalron ou Natrum, v. soude 
et carbonate de soude. 

Nausées ( moyen de les provo- 
quer et leur utilité ). 1 1 , 1 1 5, 
529, 582. 

Navet du diable , v. bryone. 

Nèiles. 1 , 401. 

Nénuphar. Il, 567. 

Nerfs (leur médic). II, 216. 

Nerprun.!, io2jII,4»4- 

Nruiralisans de l'acide de l'es- 
tom;tc. Il , 482; des ilatuosi- 
tés , II , 4S3. 



Muriate de cbaux. I, i5, 4o5- 

Muriate de mercure corrosif. I, 

22, 428 j 11,85, 178, 458. 

Muriate de mercure doux. I, 

22,426; 11,84, 4^1, 459» 

465,470. 
Muriate de mercure suroxydé 

ou suroxygéné , v. muriate 

mercuriel corrosif. 
Muriate dépotasse, 1 , 4^3; II , 

75, 544. 
Muriate de soude. I, i5 , 4o5 ^ 

11,75,349,404,469. 
Muriate suroxygéné dépotasse. 

1, i5, 4o4; 11,75. 

Musc. 1 , 6i , 529. 
Muscade. 1 , 108, 527. 
Musique. II, 248. 
Myrobolans. 11,422. 
Myrrhe. 1 , 58, 55-2; II, 124. 



Nicotiana tahaciim, î'. tabac. 

Nicotiane. Ibid. 

JSihil ulôiim , V. oxyde de zync 

sublimé. 
Nitrate d'argent fondu, I, 27 , 

.39; II» I77- 

Nitrate de merc. I, 21; II, 181. 

Nitiate de potasse. I, 12; II, 
268,542,449. 

Nitrate sursaturé de bismuth. 
I, 19,440. 

Nitre lixé par le cbarbon , v. 
carbonate sursaturé de po- 
tasse. 

Nitre vitriolé , v. sulfate de po- 
tasse. 

Noirprun,r. Nerprun. 

Noix de galles, v. galles. 

— muscades , v. muscades. 

Noix (brou de). 1,275; 11,58. 

Nomenclature. I, xxix, xl, i5i. 

Nymphéa, v. nénuphar. 



ALPHABETIQUE» 

o. 



5iï 



Ocymuni basilicum , v. basi- 

lie. 
Odeurs; leur influence sur les 

propriétés médicales. I, \^[^. 
Odorat ( ses médications ). Il, 

247 , 25l. 
OEufs ( blanc d' ). I, iSg ,i85; 

II, 201. 

— ( jaune d* ). I , ihid. II, 

205. 

Oignon. I, 72, 5o8 ; II, 46, 

157. 
Oleos accharnin, 1 , 285. 
Oliban. II, 554. 
Olives ( bulle d' ).1 , 46, i85; 

II , 201 ,212, 5g4. 
Ombellifères aromatiques. I , 

292. 
Onguens. I, 182. 
Onguent cegyptiac. H, 97. 

— citrin. II , 87. 

— de la Mère. II , gS. 

— napolitain. II, 81. 
Opiat, V. électuaire. 
Opium. I, 59, 544 î ^ •> ^^» 

254, 241 , 206,260, 55o. 
Opopauax.I, 52, 3i I ; 11,49» 

124,247,472. 
Orange ( fleurs ). I, 94 , 298. 

— (fruits). 1,99, 597. 

— ( écorce). I, loi , 296. 
Oi'anger ( feuilles ). I,8i , 297. 

,Orcliis. 1 , 64 ; II , 1 95. 
Oreille d'bomme. x». cabaret. 
Orge.l, 104 5 II, 195. 
Orgeat ( sirop d' ). Il , 2o4« 
Origan. I, 85, 289. 
O riganuTu jiiajorannayV .xxidiY' 
jolaine. 



On'ganum, vnlgare , v. origan* 

Orpiment. II, 77. 

Ortie blanclie. 1 , gS , 289 ; II , 

114. 
Ortie brûlante. II, i58. 
Oryzasativa, v. riz. 
Oseille. I, 599; H, 542. 
Oxalate acidulé de potasse. I, 

16 , 599; II, 2G8, 344' 
Oxalique , v. acide oxalique. 
Oxyde d'antimoine hydro- 

sulfuré brun. I, 19, 4^5; 

II, 1 15, 529, 582. 
• — orangé. Ibid. 
Oxyde d'arsenic. I, 18, 4^7 î 

II, 76, 176- 

— sulfuré jaune. II , 77. 
Oxyde de bismutb , 7\ nitrate 

sursaturé de bismuth. 

Oxyde de cuivre carbonate, ou 
carbonate de cuivre avec ex- 
cès d'oxyde. 1 , 27 , 4i5 ; II, 
97, 180. 

Oxyde de cuivre vert, voyez 
oxyde de cuivre carbonate. 

Oxyde de fer brun ou rouge. 
1,25,276; II, 95, 119. 

— noir. I, 25, 276. 

Oxyde de manganèse. 1, 19- 

11,78,289,441. 
Oxyde de mercure rouge. I, 

21 ; II, 78, 1 19, 181. 
Oxyde de mercure noir. Ibid. 
Oxyde de plomb demi-vitreux. 

i'»79; 11,90. 

Oxyde de plomb rouge. Ibid. 
Oxyde de zinc sublimé. I, a5, 

4iB;II,8S, 218. 
Oxygène, i-. gaz oxygène. 



^13 



T A B L K 



P. 

Pain de pourcf au. Il , 4'i3. Pélrole. I , dî'X. 

Palma Christi , v. ricin. Phagédénique ( eau ). II, 84* 

J*alrna ^arlnaria ,r\ sagovi. Piiarmacologie. 1 , i. 

Panacée mercurielle, v. niuria- Pharmacopée clinique. 1 , 1 1 1 
te drunercure doux. 

Papaver rliceas , v. coque- 
licot. 

PujJiiver somnïferum , voyez 
opi'jra et pavot. 



Phellandriuni aijuaticnm. I, 

9-95. 
Phosphate de soude. I , i4 » 

4o3 ; II, 4o5. 
Phosphore. !,->., 'h']-i ; Il , 4^* 



Paraivbie de l'iris ( moyens de l*hu , t. valériane. 



la provoquer). II, 260. 

Parégorique , v. sédatif. 

Pareira brava. 11 , 541. 

Pariétaire. Il, 543. 

P arietaria ofjicitialis. Tbid. 

Partheiiinin , v. matricaire. 

Pas-d'àne, ou tussilage. II, 1 lf^. 

Passerage , ^'. cresson de fon- 
taine. 

Passiila , V. raisin de caisse et 
de Corinthe. 

Pastilles. I , -200. 

Pastinaca opopanax, i'. opo- 
panax. 

Pàte.I, i8o. 

Pâle gélatino-sucrée. I, cioô. 

Pâte gomnjo-sucrée. 1 , 204. 



Physalis aikekengi. II , 542. 
Pied-de-chat. Il , 1 14- 
Pied-de-veau, v. arum macu' 

latuni. 
Pierre calcaire , v. carbonate 

de chaux. 
Pierre à cautère, '^). potasse 

caustique. 
Pierre infernale, v. nitrate 

d'argent fondu. 
Pignons. I , io5 j II , 2o5. 
Pilules. I, 198. 
Pineoli , v. pignons. 
PiniLS abies , v. abies. 
Piper ciibebes ,v . poivre. 
Piper nignnn , v. poivre. 
Pissenlit. II, 54'- 
Pistache. I, io5 ; II, 2o5. 



Patience. 1 , 75. 

Pécher ( fleurs et feuilles). I , Pistaciu vera.lh'vX. 

94 ,568. Pivoine. Il, 210. 

Pectoraux. II, 1 14. Planta go cynops et psyllinm, 

Perkinisme. Il , l'H. y. psyllinm. 

Perte de sang , v. hémovrhagie. Plantain des montagnes , 'v. ar- 

Pérou,7> baume du Pérou. nica. 

Persd. I , •.>.95; H , 54». Plaire, v. sulfate de chaux. 

Peruvianus cortex ,7). quin- Plomb ( composés de ). 1,24; 



quma. 
Pèse-liqueur. I, 146. 
Pèlasile , v. pas-d àne. 
Petite centaurée , v. centaurée. 
Petit chêne , T. chnnicedrys. 
Petit houx. Il , 542. 
Petit lait. II, 19B, SgS. 



II , 89. ( Emanations ). I , et 
que!(piefois gaz azote. 

Plnrnbdgo Enropœa , v. den- 
lel.iiiT. 

Poils f leur évulsion ). II , 48G. 

Pois à ibnticule. 11 , 558. 

Poisons. 11, 4ti3. 



ALPHABETIQUE 

Polree. II , 553. 
Poivre blanc et noir. I, loi , 
028; II, ,57. 

— d'eau. II , 149. 
Poix. I, 49; II, 52, 157. 

— grasse cie Bourgogne, v. 
poix. 

— résine , ou galipot. lùùi. 
Poljgala amer. I, 68j II, 1 15. 

— senega. II , 1 15 



5i5 



— de Virginie. Il/iJ. 



Poudre de Dover. II,35o. 
— de Saint- James. I, 453. 
I^ouliol. î , 289. j^'. T 

Poumons ( leur eseitatÎQny.fïf/ 

1 13. ' , ■„. - 

PrcLsimn alhiun , c. niarruîje. 
Précipité blanc, v. muriate de 

mercure doux ; c'est souvent 

un muriate ammoniaco-mer- 

curiel. ' ' 

Précipité rougè,t'.' oxyde da 

hiercure roucrc. 



Polypode. i ^()\-^\\ ^100. 

PolypodiuuijilixinaSfV.îaw- — ;^ô/' j^. Ibid. . • 

gère mâle. Présure. Il , 198. ,," 

Polypodium viilgare , v. poly- Pression. II , 9. 

pode. Pru/ia daniascena , f. pru-. 

Pommades. I, 182. neaux. 

— oxygénée. II , G2. — QaLlica.W^\A. 

Pomme épineuse. I, 363; II, Pruneaux. 1 , 98 ; II, 199» 

55, 23 1, •244* ^9^- 

Fompholix , V, oxyde de zinc Piunelles. II, 419 



sublime. 
Poncb. 1 , 387 , 3g8. 
Porreau. 1 , 3o8. 
Potasse. I, 8, 58oi II, 71, 

175 ,478. 
— caustique. Ibid. 
PotentUla reptans. 1 , 275. 
Potentille. Ihid. 



Prunus laurocdrusus. 1 , 568. 
— j/j/V/oj^z, ç'. prunelles, 
Psycotria emetica , v. ipéca»' 

cuanba. 
Psidii cortex , v. punica gra- 

nat.um. 
Psyllùim. 1 , 106; II , 210. 
Ptannica. II , 5i4. 
PuLegium , v. pouiiot. 



Potions. 1 , 208. 

Poudres. I, 176, 188, 189, Pulpes.I,i55 

191 , 192, Purgatifs, II , 394. 

— d'algarot, i^. oxyde d'autl- Purgation. II , 585. 
moine blanc. Pyrètre. II, 149, 3 14. 

— des Cbarti'cux , v. oxyde Pyrus cidaniu , v.coXn^, 
d'antlm. liydro - suif. brun. 



Quassia amer. 1 , 74 ■. 246. Quinquina. I, 74 , ^52 j II, 3^, 

■ — simaraba , v. simaroiiba. 1 07 ,218. 

Queniquier, v. bois uéplirét. Quintessence , v. alcool. 



ir. 



23 



Su 



T A B L 



R. 



Racines. 1 ,65. 

Raifort sainni^e. I , n i ^ 5o4 ; 
• 11,46, 145. 
Raisins de (loiinthe. 1 , 98 j II, 

.'99- 
Raisin d'ours. I, o.n^. 

Ranonctilus , v. Renoncule. 



Rh^um nndulatuni , t>. rhu« 

barbe. 
Rheum palmatum. îbicl. 
Rliii])arbe. 1, 68, 25o j II , 4n- 
RI1US radicans. I, 44^» H» 
14B. 

^ .•»,.«, ,. i,. .„^..vv.i«.. RhiiS'toxicodendron. Ibîtl. 

Raphanus ^\'. raifort sauvage. Ricin. 1 , 46, 108; II, 094. 
Ratafia , ou solution alcooiiijue 4^7- 

édulcorée avec ^ô à ^ <ie Ris. 1 , 104 j II, 193. 
son poids de sucre. Kiz. lind. 

Ratanliia. I ^ 269. Rob de nerprun , i', nerprun. 

Recis<; , v. benoîte. Rocambole. 1 , 5o8. 

Réglisse. 1 , 64 , U07 ; II , 199. Romarin. I, 86 , 289; II , 526. 
Régule d'antimoine, v. anti- Rosa centifolia ,v.iose. 

moine pur. Rosa gallica , v. rose de Pro» 

Relâclians , i\ atoniques. vins. 

Renoncules. Il , 57 , 146. Rose. 1 , 94 ; H , 4i9- 

Résine. 1 , 4'-*- Rose de Provins. 1 , 96 , 272. 

Résine élastique , ou caout- Roseau aromatique , v. cala- 

cbouc. mus aromaticas. 

Résine de gaiac, v. gaiac. Roseau à balais. 1 , 4 i8. 

— de jalap , v. jalap. Rosmarinus officinalis , v. ro- 
Résolutifs. 1 , 2'22. marin. 

Respiration ( ses médications ). Rouille de fer, v. carbon.de fer. 

II , 288. Rubéfaction. Il , 1 29. 

Rhamiius cathardcits , v. ner- Rubéfians. II , i34. 

prun. Riihiii tinciorinn , V garance. 

Rhanmus ziziphus^ voyez ju- Rue. 1 , 5i8 ; H , 4^ » 4^ ♦ i^4» 

jubés. i49- 

-Rbaponlic. II , 422. Rura grave.olcns. Ibid. 

Rheum Rhaponticum, Ibid. RiUa liortensis .\\^\\. 

S. 

Sahadilla,v.cé.\^i:\\\^. Safran astringent, r. oxydo 
Sabine.l,5i7;II,4f3, 124. de fer brun. 

Safran. 1 , 90 , 552 ; II , i ^4 » Sagapénum. 1 , 52 , 3i i j 
285. 49» »*^4,247,47^- 

— des Indes , ou curcuma. I , Sagou. 1 , 45 ; •! , ig^- 
ï85. Saignée , 11 , 272 ,273. 

de mars apéritif , v. carbo- Sainbois. 1 , 78 , 44^ i ^^ » ^7 ♦ 

iiate de fer, 55i. 



ir, 



A L P H A B É 

Salep. 1 , 64 ; II, 195. 
.Salicaire. I, 275. 
Salie aria. Ibid. 
Salivans , v . sialagogues. 
Salix alba. 1 , 2(J4 ; H , 58. 
— fr agi lis. Ibid. 

— pentaiidja. Ibid. 

— 'vitellina. Ibid. 
Salivation. II , 5 12. 
Salpêtre , v. nitrate de potasse. 
Salsepareille. I, 72 , 449 3 ^^ > 

326. 
Sahda officinalis , v. sauge. 
Sambiiciis ebulus^ r. yèble. 

— nigra , v. sureau. 
Sancturn lignum , v. gatac. 
Sang ( ses médications , son 

évacuation, etc. ). II , 272 , 

■273 , 278, 287. 
Sangdragon. 1 , 58 , 268. 
Sangsues. II, 454? 46'* 
Santoline , v. cina. 
Saponaire. 1 , 448* 
Saponaria officinalis. Ibid. 
Sarsaparillu , v. salsepareille. 
Sassafras. 1, 77 5 II, 020. 
Saturne, r. plomb. 
Satyrùnn , w Salep. 
Sauge. I, 87, 289; 11,46,11 4} 

326. 
Saule, V. Salix alba. 
Saviue, t'. Sabine. 
Savon. I , J 85 , 58o ; îl , 7 1 . 
— de plomb. I, 1 78 ; II , 92. 
Scammouée. 1 , 57 ; II , 4^5. 
Scarrification. II , 281 . 
Scilla maritima . v. scille. 
Scille. I, 72, 5o8; il, 4^1 1 '5, 

1^7, 267, 540, oSo, 5B2. 
Scorditnn.X., 289-, 11 , 4t>, 526. 
Scropbulaire. 11,4'>9- 
Scrophidaria atjiiaiica. Ibid. 
Sebesies, 1 , 98 ; II , 199. 
Sécrétions ( moyen de les pro- 
Yoquer ).ll, 002. 



TIQUE. 5l5 

Sédatifs. Il, 258, 25o, 25G ^ 

454. 
Sel d'absintbe^ ('.carbonate de 

potasse. 

— d'Alembrolh, v. muriate 
ammoniaco-mercuriel. 

— ammoniac , {'.muriate d'am» 
moniaque. 

— d'Angleterre, ^'. carbonate 
d'ammoniaque. 

— de benjoin , v. acide ben- 
zoique. 

— de canal, t'. sulfate de mag- 
nésie. 

— catbartique amer, v. sulfate 
de magnésie. 

— de colcolbar, v. sulfate de 
fer. 

— commun, v. muriate de 
soude. 

— digestif, V. muriate de po> 
tasse. 

— de Duobus, v. sulfate de 
potasse. 

— d'Epsom anglais, v. sulfate 
de magnésie 

— d'Epsom de Lorraine , v. 
sulfate de soude. 

— essentiel de tartre, v, acide 
tartareux. 

— fébrifuge de Sylvius, v. 
muriate de potasse. 

— fixe d'ammoniaque, v. mu- 
riate de cbaux. 

•— fixe de vitriol , v. sulfate de 
fer. 

— deGlauber, v. sulfate de 
soude. 

— de la Garaye, »•. extraits 
secs par macération. 

— de lait, v. sucre de lait. 

— marin, voyez, muriate de 
soude. 

— marin calcaire , v. muriate 
Je chaux. 



;iG 



TABLE 



Sol (l'oseille , V. oxalale acidulé 

cil' pOlilSM*. 

— polycliresle, v. lartrile de 
po Lasse el dt; .soude, 

— df pruiK^lle, i'. nitrale mêlé 
de suliaie de potasse. 

— de la Uoclielle, ^'. larlrile 
de potasse el de soude. 

— de Salurne, v. acétate de 
plomb. 

— sédatif, ('. acide boracique. 

— de Sedlitz, t'.suUate de mag- 
nésie. 

•^ de sejgnette, v. tarlrite de 
potasse et de soude. 

— de soude, r. carbonate de 
soude, 

— de succin , c. acide succi- 
ni(jue. 

— de tartre, i'. carbonate de 
potasse. 

— végétal, t'. tarlrite de po- 
tasse, 

— volatil d'Angleterre, e. car- 
bonate d'aiumoniaque. 

Sels alcalins et terreux.. I, 1 1. 
Sels essentiels des végétaux, v. 

extraits secs 
Scléniie. i-. sulfate de ebaux. 
Seiiien contra , \>. cina. 
Senicnline, e. cina. 
Semences , I, io5. 
Scfi/iti , V. séné. 
Séné. 1 , 90 5 11 , 408. 
Seneeka. 11 , 1 1 J. 
Senéga. Jl^sd. 
Sénevé, e. n)0u larde. 
Senne , v. séné. 
Sens (leurs médications). II, 

Serpentaire de Virginie. I ,t»0, 

J0.2-, II , 46, 59.0, 
Ser[i<>Iet. 1 , 87, 289. 
Se ton. II, '[)(!> i. 
Sialagojjues. II, Z\^. 



Sief. 1, 188. ^ 

Silique égyptienne, v. casse. 
Silique douce, v. sébestes, 
Simarouba. I, "JD, 240. 
Suiapis nigra , v. moutarde. 
Sinapisme. 1 1 , 1 45. 
Sirops. 1, 1 56, 166, [94. 
diacode , v. opium. 
Smilax china , v. r.quine. 
Stnilax sarsapanlla^ y. salse- 
pareille. 
Soucbet lies Indes ou curcuma. 

I, i85. 
Solaniini dulcainara , v. dou- 

ce-anière. 
Solaniim nigrnm , c. morelle. 
SolaJiJijn scandeiis , e. douce- 

amère. 
Soldanella- , f. soldanelle. 
Soldanelle. II, l\\%. 
Solution , solutum, I, iGo. 
Solution minérale de Fowler. 

1,457. 
Solutions acétiques I, 170. 
alcooliques. I , i63. 
aqueuses. î , i«)5. 
éiliérées. 1 , i6f). 
buiieuses, Ihid. 
vineuses, I , i(J2. 
Soude. 1,9, 58o; II , 72, 175, 

47-<)- 
Soufre. I ,'2, 410, 4«4 5^1»*'% 

1 15, jio, 4(J8. 
Soufre doré d'antimoine, c. 
oxvde d'anlinjoine bvdro- 
suliiun'^ t)rangé. 
Spécifiques ( médications ). Il, 

455. 
Spenaaceti , e. adipocire. 
Spermatopées. II , 507. 
Sperme ( ni('dication de sa sé- 
crétion ). ll'id. 
Sprc, V. lavaiule. 
Spigclia aiiilii'ltn'uj . lT,47'i' 
iSpiiia cervi/ia ^ v. nerprun. 



A L PH A B 

Spiritueux , v. alcooliques. 

Spiritus , v. esprit. 

Squille, V. scille. 

Squine. 1,72, 4495 ÎI» "^"i-Q. 

Slaphisaiqre. 1, 108; 11,57, 
149,462. 

Slernutatoires. II , 292. 

Slimiilaiis , V. excitans. 

Stihiiim , V. antiinoine. 

Scorax cahniiita. I, 53. 

Stomachiques, ou toniques de 
l'estomac, I, 45i. 

St.ramo?iium , v. pomme épi- 
neuse. 

Slupéfians, «^. sédatifs. 

Styptiques, n). aslringens. 

Styrax. I, 55 5 II , 70. 

Sublimé corrosif, v. muriate 
de mercure corrosif. 

Sublimé doux , v. muriate de 
mercure doux. 

Sucs épaissis. 1 , 1 54- 

Sucs exprimés. I, i55. 

Sucs d'herbes. Ibid. 

Succin. I, 52'2. 

Succinate d'ammouiaque pyro- 
huileux. I, 577. 

Succns Japoniciis , i'. cachou. 

Sucre. I , 4'2 , «9» , igS , 201 , 
2o5 , ao4 , •xo'] ; II , 07 , 
118, 199. 

Sucre de lait. II , 200. 

Sucre de salurue , v. acétate de 
plomb. 

Siicrés ( corps ). 1 , 54 , 64 , 97; 
JI, J99, 595. 

Sudoritiques, il, 525. 

Sueur (sa médication). II , 522. 

Sulfate acidulé d'alumine triple. 
ï , 13, 388 j II, 71 , 107 , 

ï lO , 1 12 , n6, I 19, 122 , 

126, 177. 
Salfate de cuivre. î , 27 , 4i5 ; 

li. 97> 1J9, 12», 000,404. 



É T I Q U t. 517 

Sulfate de cuivre ammoniacé. 

1,27 ,417. 
Sulfate de fer. 1 , 26 , 277 5 XI, 

9(3,470. 
Sulfate de magnésie. I, n,4o3; 

II , 75 , 344 9 4<'3. 
Sulfate de potasse. 1 , 1 1 , A^^î 

11,365, 404. 
Sulfate de soude. 1 , 1 1 , 4o3 » 

II, 344, 4o5. 

Sulfate de zinc. î, 29,4^0; 

II, 88 , 119, 122. 
Sulfite sulfuré de soude. I, 12, 

4i3. 
Sulfure d'antimoine. I, 19, 

.336; II, 79, 327. 
Sulfure de potasse. 1, 10 ,4^3, 

422; II, 65, 464,468. 
Sulfure de magnésie. I, 10 , 

4i3. 
Suppuratifs. II , 347 » ^^' ' 

355. 
Suppositoires. I, 210. 
Sureau ( fleurs de ).I, g4 , 2905 

II , 46 » i ^4» 326. 

Sureau (deuxième écorce de ). 

I,78jII,4'9- . 
Surlaccs d'application des mé- 

dicaraens ). 1 , 1 75 ; auricu- 
laire , 2 1 5; bronchique , 190; 
buccale, ilnd.'^ cellulaire, 
2i5; cutanée, 176; gastri- 
que, 192; gutturale, 1915 
intestinale, 210; nasale, 189; 
oculaire., 187; urétrale,2i3; 
utérine, 214 ; vaginale, z'^zV/. 
véslcale , 2i3. 

Suspensions. I, i56, 

Sj injjhitum officinale. Ij 63 ; 
Il , 192. 

Syrops , V. sirops. 

Sys'aubrhmi nastnrtium _, v. 
cresson de fontaine. 



5i8 



A li 

T. 



L E 



Tabac. I, 89, 36o; II, 56, Teinture acre de tartre , t, al- 



149» 23t , 339,217, 465. 
Tableiics. 1 , 2o3. 
Tafliai in. 1 , 99 ; Il , 399. 
l'amarindus , tainarinus ,ta~ 

tnarindus indiens ^ v. tama- 
rin. 
Taniarisc. I , ii65- 
Tanacetimi vulgare , f^. tanai- 

sie. 
Tanaisie. I, 82, 107, 290; 

li , 46,472- 
Tanésie. Ih'd. 
Tdraxacmn , v. pissenlit. 
Tai'tre , v. tartrile acidulé de 

potosse. 
Tartre chalibé, v, tartrile de 

potasse et de fer. 



cool de potasse. 

Température ( son influence , 
et instrumens pour la mesu- 
rer }. I , i5i. 

Térébentbines. 1 , 47> 3i3 ; II, 
5i , i37, 339, 43i. 

Terra Tnerita ou curcuyna. ï , 
i83. 

Terra Japonica , v. cacbou. 

Terre de Japon , v. cachou. 

Teire douce de vitriol , v. oxy- 
de de ter brun. 

Terre i'oiiée de tartre , v. acéta- 
te de potasse. 

Terre pesante saline, v. muria- 
te de baryte. 

Terres subalcalines. 1,7. 



Ta'tre émétique, v. tartrile de Terrile. v. lierre terrestre 



potasse anlimonié, 

Ta'tre martial soluble , V. tar- 
trile de potasse et de fer. 

Tarlre soluble, ^'. tartrile de 
potasse. 

'Jarlre slibié, <•, tartrile de po- 
tasse anlimonié. 

Tartre tartarisé , v. tartrile de 
potasse. 



létradynames. I, 5o5. 
Teucrimn chaniœdris , v. cha- 
mcedris. 

— chutnœpicys , v. chamxpi- 
tys. 

— marum , v. marnm. 

— scordiiim , v. scoruiiim, 
Tbée , ou thé. 1 , 29g. 

Thea bohea et veridis , i'. ibé. 



Tartre vitriolé , v. sulfate de Thcrébeulhine , v, térébeulhi- 



poiasse. 
Tartrile acidulé de potasse. I , 

16, 4o3;lI, 2t>7, 343, 4o3. 
Tartrile de potasse. 1 , 16, 4o3; 

11,404. 
Tartrile de polasse anlimonié. 
I, 20, 434; II, 79, 33o, 
35o , 362 , 383 , 4'-*'' 



Thermomètre. I, \\ii. 
Tlieohroina cacao , v. cacao 

et beurre de cacao. 
Thériaque. I , iDO, 544- 
T/daspi sativurn , v. cresson 

alénois. 
Thym, I,87,s>.89;ll. 46. 



Tartrile de polassf et de fer. I, Thimclée, v. garou. 

26, 2"7 ; IJ , 95. Thymus serpilluin , %'. serpol- 
Taririte de polasse et de soude. Ici. 

1,17, 4o3 • II , 4o3. — vulgaris , c. thym. 



'JVinturcs 
liques. 



V. Solutions alcoo- 



Tiltui eiirupœa , v. tilleul. 
Tilleul, I, 2<jtJ; II, '217. 



ALI'HABliTIQUE 



619 

Trèfle aigu , v. oseille. 
Trèfle d'eau. 1 , 80 , 248. 
TrifoLimn aijuaticiim , v. trè- 
fle d'eau. 
Trifoliiimjibrùiuw. Ibid. 
Tiiticwn repeiis^v. cbiendenL 
Trocliisques , v. pastilles. 
Troolanel , v, garou. 



Tithymaîe , v. euphorbe. 
Tolu , V, baume de Tolu. 
Toluifsra halsatnwn. Ibid. 
Toniques. 1 ,221. 
Torinentilla erecCa, v. tor- 

nientille. 
Tormentille. I, 69 , 270 ; II , 

38. 
Toux (moyen de la provoquer). Tue-chien , v. colchique 

II , 296. Turpitb végélal. II , 422. 

Toxicodendron , v. rhus radi- Turquelte, II , ùl^l. 

cans. ' Tussilage. II , 114. 

Tragacantha , v. adragant. Tussilago farfaT'a. Ibid. 

Transpiration ( moyen de la Tuthie , v. oxyde de zinc. 

provoquer ). II. 322. 

u. 



XJnguentUTH , r. onguent. TJrtica urens. II, i38. 

Urine (moyen de provoquer \}vûcdX\Q\\. Ibid. 

et de modifier sa sécrétion). Utérus ( son excitation). II 

11,552. 125. 

TJrtica dioica. II , i56. Uva iirsi. 1 , 274. 



V. 



Vaccine. II, 445. 

Vaisseaux. 1 , 171. 

J^aleria?ia ofjficinalîs . 1 , 66. 
Soi j 11,46. 

— phu. I, 67 , 5oi. 

Vanille. I, 102, 164. 

Ventouse sèche. II, i56. 

J^eratriLin album, v. ellébore 
blanc. 

yerbascum thapsus , v. bouil- 
lon blanc. 

Verdet , v. oxyde de cuivre 
vert. 

J^erofiica beccabunga, v. bec- 
cabunga. 

Verjus. I, 4oi. 

Vermifuges. II , 466. 

Vers intestinaux. Ibid. 

Vert-de-gris , v. oxyde de cui- 
vre vert. 



Vésicans,«', vésication» 
Vésication. II, i53. 
Vésicatoires. II, i4o. 
•— suppurans. II , 347. 
Vif-argent , v. mercure. 
Vigne blanche , v. bryone. 
Vin. I, 162 , 555; II , 4i>255, 

265, 529, 344' 

Vinaigre. 1 , 162 , 170 , 594 ; 

II , 69 , 297 , 55o , 544 , 

465. 
Vinaigre de saturne y v. acétate 

de plomb liquide. 
Wintera alba , ou écorce dc 

Winter. 1 , 326. 
Viola canina. II , 379. 
Viola odorata , v. violette. 
Viola tricolor. II , 418. 
Violette ( racine ). II , 379. 
— ( fleurs}.!, 95^; Il , 114. 



520 TABLE ALPHABÉTIQUE. 

VlptM'G ( moven pour prévenir Vitriol bleu , v. sulfale tie cui* 

les effets de sa morsure ). II, vre. 

4.61 . ' — de cuivre, v. sulfale de cui- 
Virus rabicique ( spécifiques vre. 

du ). II , 460. — de zinc , f . sulf.ite de zinc. 

Virus svpliilitique ( spécifiques Votiiisseraent. II, 7)68. 

du ).'ll , 456. Vomitifs. IJ , 3-6. 

Vitriol blauc, f. sulfate de zinc. Vomiluritions.il, 58'i. 



Yèble. II , 4 ' 9. Yvette , v. chamœpytis. 

Yeux d'écrevisse. II , 482. 

z. 

Zédoaire. I , Sig. Zizyphus sinensù ^ v. juju' 

Zinc f composé de ). I, 25, 
4i8;ll,b8. 



FIN DE LA TABLE ALPHADETIQUE. 



R3 Schwilgué, Charles Joseph 

153 Antoine 

34. Traité de matière médicale 

I8O9 2. éd,, rev., corr, et augm, 

t,2 

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