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TRAITE
DE
MATIÈRE MÉDICALE,
TOME SECOND.
TRAITE
DE
MATIÈRE MÉDICALE,
Par C. J. A. SGHWILGUÉ,
Docteur- Médecin , de la Société de l'École de Méde-
cine de Paris, Professeur de Matière Médicale et
de JNosographie interne,
SECONDE ÉDITION,
ïîevue , corrigée et augmentée de notes par P. H. NYSTEN ,
Docteur en Médecine , Professeur de Matière Médicale , de
la Société de i'Jtcole de Médecine de Paris, etc.
TOME SECOND.
A PARIS,
Chez J. A. BROSSON, Libraire, rue Pierre-Sarrazin , u®. f;'
1809.
53
1.2.
^\BB-rt;.^-^
2j ibob
î^''i''%;îY CF "S^^'
MATIERE MEDICALE.
SUITE
DE LA SECONDE PARTIE
OU
DE LA PHARMACOPEE CLINIQUE.
Suite de l'ordre Des médications
TONIQUES»
§ \\. Application des toniques sur la surface cu^
tanée , ainsi que sur les tissus soucutanés qui
sont dénudés accidentellement , et ecœitatiort
tonique de ces organes.
On applique les toniques sur la peau, soit pour
exciter directement cet organe , soit afin de faire ab-
sorber la substance médicamenteuse. On déteimine
le premier effet, tantôt uniquement pour modifier
Télat des propriétés vitales de l'organe cutané, tan*
lot pour agir par contiguité ou par sympathie. Il
existe des cas dans lesquels le ton de la peau est aug-
menté en même temps que 1 absorption du médica-
ment a lieu.
L'excitation tonique de la peau présente des phé-
nomènes variés ; elle est caractérisée tantôt par uu
état de resserrement , d'aslriclion , tantôt par une
II. I
a PHARINIACOPEE
augmenlalion de la chaleur , de la couleur , et par
un léger picolement ; quelquefois elle ne tombe sous
nos sens que par les modifications secondaires qui
survicîinent dans le derme Ini-raème ou daus des or-
canes plus ou moins éloignés: telle est, yoar exemple ,
la su})pression delà sueur atonique et d'hémorrha-
gies passives des membranes muqueuses qui suitTap-
])licatiou de l'eau froide sur la peau. L'excitation toni-
que de Torgane culané et des tissus accidentellement
dénudés peut survenir avec plus ou moins de promp-
titude; elle peut être d'une durée et d'une intensité
variées , et s'approcher plus ou moins de la rubé-
faction.
L'application des moyens toniques sur la peau et
les tissus dénudés peut avoir lieu sous toutes les for-
mes qnej'aiindiquees ailleurs;savoir,souscellesd'em-
plâtre, de pâte, de cataplasme, d'onguent, de liniment ,
à l'état liquide, vaporeux et gazeux. La température
des toniques peut être en équilibre avec celle de Tal-
mosphère ; elle peut s'approcher de celle de l'orga-
nisme ou de celle de la glace fondante. Ces deux
températures augmentent l'intensité de leur action ;
néanmoins le froid est susceptible de produire quel-
ques effets particuliers, ainsi que je l'indiquerai bien-
tôt. L'inllueuce de ces deux températures est telle,
qu'on les emploie souvent seules pour relever le ton
local et général. Les excipiens que j'ai indiqués ail-
leuis peuvent convenir pour l'administration des to-
niques; néanmoins, lorsqu'il est impossible d'aug-
menter sultisarament les proportions des corps mé-
dicamenteux , on peut les remplacer par des subs-
tances qui sont susceptibles d'exciter légèrement:
CLl]SriQUE» 3
èels sont lie mélange de cire el de résine, le miel , le
savon , Talcool , le vin , le vinaigre , les infusions ou
décoctions amères et aromatiques.
On ne détermine la dose des toniques que par leur
degré de concentration; il faut en excepter l'opium,
les raercuriaux , et en général les corps qui sont ab-
sorbés, et qui peuvent déterminer des accidens pins
ou moins graves. Les proportions dans lesquelles on
étend les corps médicamenteux peuvent varier. Leur
maximum d'action reconnoît pour terme, i". le point
où la solution et la mixtion cessent d'être possibles 5
2-. celui où le même corps, au lieu de produire
l'excitation tonique , donne lieu à la rubéfaction , à
Tescarre , ou devient susceptible de produire des ac-
cidens plus ou moins graves par son absorption. Ce
dernier point est plus difficile à déterminer que l'au-
tre ; il exige beaucoup d'expériences cliniques com-
paratives; il ne peut avoir de base constante , car il
est subordonné au degré de susceptibilité de la peau ,
à la durée de l'application, à l'iiabitude , à l'état ac-
tuel tant général que local de l'individu. Les expé-
riences cliniques multipliées que j'ai tentées sous ce
rapport m'ont convaincu qu'on ne peut obtenir que
des résultats approximatifs. Ou s'est trop borné à
n'employer les corps médicamenteux que dans un
même degré de concentration ; je parle surtout de
ceux qui, quelque concentrés qu'ils soient, ne peu-
vent produire d'autre effet que l'excitai ion tonique.
J'ai recbercbé leur maximum de solubilité el de mis-
cibilité ; je l'ai indiqué en même temps que les pro-
portions les plus usitées. Eu général , il ne faut pas
trop s'arrêter à celles-ci ; leur détermination est très-
4 PHARMACOPEE
souvent duc au hasard, et elles varieut dans la plu-
part des pharmacopées.
Les substances qui doivent déterminer rexcitalioa
Ionique peuvent être appliquées par simple apposi-
tion, ou en friction, eu onction et en lotion. La pre-
mière méthode est le plus fréquemment en usage
lorsqu'on veut exciter la peau afin d'agir directement
sur elle, ou atin d'opérer un effet contigu et sympa-
thique. Le dernier mode est particulièrement usité
lorsque le corps médicamenteux doit être absorbé.
Lorsqu'on applique ces moyens d'une manière in-
hérente, on les maintient à l'aide d'une pression
convenable. L'observation prouve que la pression
seule peut exciter le ton, tant de l'organe cutané que
des tissus soujacens.
La durée de l'application de ces moyens doit être
subordonnée à la promptitude et à riiitensité plus
ou moins grande de leur excitation tonique en par-
ticulier, et de leur action en général. C'est ainsi que,
par l'application momentanée de l'ammoniaque, des
cantharides, etc. , convenablement étendues, on ob-
tient une excitation tonique ; tandis qu'on donneroit
lieu à l'inilammation , etc., si on les mainteuoit pen-
dant un temps plus long.
On applique ces moyens sur une étendue plus
ou moins grande de la peau; c'est tantôt sur toute
la surface cutanée, tantôt seulement sur une de ses
régions. 11 est néanmoins des toniques qu'on ne
peut mettre en contact qu'avec une étendue limi-
tée de la peau. Ceux qu'on apj)lique sur une grande
étendue sont ordinairement liquides et vaporeux;
ils sont rarement en poudre : on Its administre le
CLINIQUE» 5
pîits souvent en bain , quelquefois en lotion ou en
friction , etc.
Le lieu d'application est facile à déterminer lors-
qu'on veut agir directement sur la peaa ou sur des
tissus contigus ; mais il n'en est pas de même lorsqu'il
s'agit d'opérer un effet sympathique local ou général.
Il faut alors appliquer les toniques sur la région de
la peau qui sympathise plus particulièrement avec
l'organe qu'on veut modifier. C'est ainsi que la peau
du scrotum paroît sympathiser avec la cavité nasale;
celle des membres supérieurs, de l'aisselle , des jam-
bes avec les poumons; la peau des mamelles, des
cuisses avec l'ntérus ; celle de la plante des pieds
avec l'intestin ; la peau des parois abdominales avac
l'estomac, etc.
Lorsqu'il s'agit de faire absorber le médicament,
il faut choisir les régions cutanées sur lesquelles
l'absorption est la plus active, celles qui sont les plus
douces au toucher, dont Tépidertri^ n'est point
épaissi (si ce n'est lorsque le corps médicamenteux
est très-irritant), celles où s'ouvrent particulière-
ment les radicules lymphatiques qui traversent les
glandes sur lesquelles on veut agir. On sait que les
glandes lymphatiques soucutanées reçoivent leurs
vaisseaux , non de la région de la peau qui les recou-
vre, mais de régions plus éloignées. Lorsqu'on veut
agir sur les glandes poplitées , on applique le médi-
cament aux pieds et à la partie inférieure des jambes»
Lorsqu'on veut exciter les glandes inguinales siv- -'
ficielles, il faut l'appliquer au pied - ■■ '- l^'^^bc, à la
cuisse, aux environs des haji^^'^^s ; si ce sont les glandes
inguinales profondes, on l'applique à la partie interne
6 PHARMACOPÉE
des cuisses , aux organes génitaux. Lorsqu'on se
propose d'exciier les glandes iliaques, ou l'appli'
que aux membres intérieurs , dans les environs
des hanches , sur le gland. Veut-on agir sur les
glandes huméro-cuhilales , on applique le médica-
mcnl au carpe et au métacarpe. Si ce sont les glandes
axillaires, souscapulaircs et souclavières qu'on veut
exciter, on rappli(jue au carpe, à l'avaut-bras , à
l'épaule , aux régions antérieures et postérieures
du thorax. Si ce sont les glandes trachéliennes, cervi-
cales, etc., on l'applique à la nuque, au sommet de
la tête. Lorsqu'on veut relever le ton des glandes
souzigomatiques, parotidicnnes, maxillaires , soulin-
guales, etc., on l'applique au nez, aux joues, aux
lèvres.
On favorise l'absorption à l'aide de lotions préala-
bles , etc. si la peau est sèche , irritée ; et à l'aide
de légères frictions, si elle est dans un état atoni-
que. Dans tous les cas, il faut éviter de déterminer
une irritation locale trop forte; à cet effet, on al-
terne les régions cutanées sur lesquelles on applique
le médicament, lorsque toutefois cela est possible;
on enlève la couche provenant de l'application pré-
cédente qui a resté sur la peau. C'est le soir et le
matin (époques de la journée qui paroisseut plus
propres à l'absorption) qu'on choisit particulière-
ment pour l'application du médicament. On l'admi-
nislre en bain , mais plus fréquemment en onction,
"^ ! ^ "," substance médicamenteuse est très-facile à
absorber et q^^.^ veuille préciser les proportions
dans lesquelles son abso..,iion a lieu , il faut que
la persoDiie elle même pratique les frictions; ou, si
CLINIQUE. 7
elles sont faites par une maiu étrangère , il est néces-
saire que celle-ci soit enveloppée d'un gand de peau
ou d'une vessie.
Tous les corps médicamenteux ne paroissent point
susceptibles d'être absorbés j beaucoup ne le sont
que dans quelques-uns de leurs matériaux. Les exci-
piens ordinaires paroissent convenir : M. Brera assure
cependant avoir observé que l'absorption est plus
lente, plus tardive, si on prend pour excipient
toiit autre corps que la salive et le suc gastrique ;
il assure avoir, chez certains individus, employé à
grande dose l'opium étendu dans l'alcool et dans
l'huile sans avoir obtenu d'effet ; taudis qu'il a été
plus heureux dès qu'il s'est servi de la salive et du
suc gastrique , quoiqu'il ait alors employé l'opium
en moindre quantité. Il dit avoir observé celte diffé-
rence lorsqu'il empîoyoit alternativement l'un et
l'autre de ces excipiens sur le même individu. Rassure
que 2 grammes (36 grains) d'oxyde mercuriel noir,
étendus dans le suc gastrique, sont plus actifs que le
double et le triple étendus dans l'axonge. D'après le
même auteur, la graisse paroit moi ns propre à l'absorp-
tion que les liquides aqueux albumineux. Le suc
gastrique tient le premier rang parmi ceux-ci ; vien-
nent ensuite la salive, le suc pancréatique , les lar-
mes. Il dit que l'absorption est presque nulle ou très-
légère lorsqu'on se sert de l'urine, de la sérosité,
de la matière de la transpiration. Il conseille de pren-
dre le suc gastrique chez les granivores , les carni-
vores et de préférence chez l'homme. Il établit que
la dose des substances qu'on fait absorber. doit être
onze fois plus grande que celle des médicameus qu'on
8 PHARMACOPÉE
înlroduit dans l'estomac ; mais j'ai lait voir ailleurs
jusqu'à quel point on peut , en zoonomie, se fier à de
pareils résultats.
La voie d'absorplion cutanée ne peut convenir
que chez les individus qui ont la peau souple , per-
méable, par exemple, chez les femmes, les enfans.
Elle est indiquée lorsqu'on veut exercer une action
générale ou locale sur les lymphatiques extérieurs ,
sur les organes situés peu prot'ondéraenl , par exem-
ple, sur le tissu cellulaire général , sur l'appareil
urinaire. Elle peut convenir lorsqu'un état de sus-
ceptibilité excessive ou l'inaclion des organes gastri-»
ques empêche l'introduction des médicamens dans
reslomac. Elle ne peut convenir lorsque la sécheresse
de la peau est très-grande, qu'il existe une débilité
extrême des lymphatiques, etc.
Le mode d'administration des moyens qu'on em-
ploie comme toniques doit donc varier selon qu'ils
doivent être absorbés ou non. Il diffère encore se-
lon que l'on veut déterminer plus particulièrement
J'astriction ou l'excitation de la circulation capillaire
extérieure. Une température froide et la simple
apposition favorisent la première ; les frictions et une
température élevée sont préférables dans l'autre cas.
En général , ce n'est point durant le travail de la di-
gestion qu'il faut appliquer les excilans qui peuvent
exercer une action locale ou générale très-marquée.
L'appllcalion prolongée des substances qu'on em-
ploie pour modifier le ton de l'organe cutané, peut
devenir préjudiciable ; les unes peuvent occasionner
l'érysipèle, des pustules, un état de sécheresse et de
racornissement; elles peuvent altérer la couleur d^
CLINIQUE. g
la peau , etc. ; d'autres peuvent, à la longue, être aÎ3-
çorbées en quantité suffisante pour produire des ac-
cidens variés : tels sont les oxydes et les sels de
plomb. L'expérience journalière apprend aussi que
ces corps cessent de produire rexcitaliou tonique, si
on continue leur emploi pendant trop longtemps ; il
faut savoir les remplacer par d'autres , et ne reve-
nir à leur usage qu'après un intervalle plus ou moins
grand.
Pour exciter les tissus en question , on emploie en
grande partie les mêmes substances que celles qu'on
applique sur la surface muqueuse de l'estomac. Quel-
ques préparations leur sont communes ; mais il eu est
aussi qui sont particulières aux applications cutanées.
D'ailleurs les préparations dont on fait usage ici con-
viennent en grande partie pour les applications que
nécessitent les autres surfaces muqueuses dont je n'ai
point encore parlé : c'est même à cause de cela que
je traite des applications cutanées avant de m'occuper
de celles qu'on tente sur le gros intestin. Je suis
en grande partie obligé de m'occuper de nouveau
des substances dont j'ai déjà traité; je n'Indiquerai
uéanmoins que les particularités qui sont propres
aux applications dont il s'agit ici.
Pression.
On peut faire usage d'une pression régulière et
étendue pour augmenter le ton de l'organe cutané
et des tissus soujacensj on l'augmente successive-
ment ; on se sert de bandes à cet effet. On connoît
les malheureux effets d'une pression trop forte , trop
\ong-lemps cQntinuée et trop peu étendue.
lO PHARMACOPEE
On a parliculiôremcnt recours à la pression dans
les cas (l'oedème, de varices, d'ulcères aloniques et
vaii(]aeux des membres inférieurs.
Le massage est un aulre mode dépression momen-
iaiiee qu'on exerce avec la main. Ou y a recours
pour exciter le ton delà peau et des tissus soujacens.
Frictions.
On peut faire les frictions avec la main nue ou à
l'aide de flanelle, de brosses , etc. On doit les prati-
quer avec douceur et à des intervalles convenables ;
ou les continue jusqu'à ce qu'on aperçoive que la
peau commence à rougir. Les frictions excitent l'or-
gane cutané et les tissus sonjacens , promptement et
avec tous les degrés d'intensité. Elles augmentent la
chaleur locale , elles y déterminent un peu de ron-
geur et occasionnent la transpiration. Si on les a pra-
tiquées avec trop de force ou pendant trop long-
temps , elles peuvent occasionner un état fébrile. Si
elles sont trop légères, elles produisent le chatouil-
lement , etc.
Les tissus de laine et de flanelle qu'on porte appli-
qués immédiatement sur la peau, agissent comme
les fiictions sèches, mais d'une manière plus douce.
On fait usage de ces moyens pour favoriser l'exer-
cice des fondions de l'organe cutané, par exemple,
son exhalation et son absorption. Ou y a recours
pour exciter les tissus soujacens, par exemple, dans
l'œdème , dans l'anasarque , dans le rhumatisme chro-
3il([ne , dans les paralysies locales, dans les affections
chroniques des viscères abdominaux , dans celles des
ai'ticulations , etc.
CLINIQUE. II
Chaleur.
Pour que la chaleur puisse déterminer une aclioa
excitante, il faut qu'elle soit plus élevée que la tem-
pérature atmosphérique et que celle de l'organisme:
telle est celle de 35 à 5o centigrades -j-o. On peut
l'appliquer à l'aide d'intermèdes variés. Ceux dont on
se sert le plus ordinairement sont les corps solides, le
sable, diverses substances pulvérulentes, l'eauàrétat
liquide, la vapeur aqueuse et l'air. Le choix de ces
intermèdes u'est point indifférent; car ils moditieut
plus ou moins Faction de la chaleur. Les uns ne con-
viennent d'ailleurs que pour les applications locales.
Corps solides. On se sert à cet effet de briques, et
en général des corps qui sont reconnus être de mau-
vais conducteurs du calorique ; à moins qu'on ne
veuille les renouveler à mesure qu'ils se refroidis-
sent , ou que l'excitation ne doive être que momen-
tanée. C'est ainsi qu'on fait quelquefois usage de
plaques métalliques et de linges secs. Ou a recours à
ces intermèdes pour appliquer le calorique lorsqu'on
veut agir par contiguité , par exemple, pour exciter
les muscles dans le cas de rhumatismes chroniques,
le conduit intestinal dans le cas de colique llatu-
lente , etc.
Sable et substances pu h^éru lentes. Ces moyens,
sont plus rarement employés comme conducteurs du
calorique lorsqu'il s*agit d'applications générales, que
lorsqu'on veut obtenir un effet local.
Le bain de sable général est usité dans les dépar-
temens maritimes du midi delà France. Pour en faire
12 PHARMACOPEE
usage y.on se dépouille de ses vétemens; ou se recou-
vre jusqu'au cou avec la surface du sable qui a élé
échauffée par le soleil ; ou l'y maiutieut peudant quel-
que temps ; ou renlève ensuite et on s'enveloppe
dans des linges secs et chauds. La peau se turaélie et
rougit légèrement; il survieut une sueur tellement
abondante, qu'elle humecte souvent une couche de
sable de l'cpaisscur de quatre doigls.
Lorsque l'applicalion du sable doit être bornée à
une petite étendue du corps , on remplit un sac de
toile avec du sable lin ou avec tout autre corps pul-
vérulent ; on le chauffe convenablement , et on le
maintient appliqué jusqu'à ce qu'il soit refroidi : les
phénomènes locaux sont analggues aux généraux
que je viens d'indiquer.
Les bains de sable, tant locaux que généraux, sont
parlicuiièrcment employés lorsqu'on veut exciter les
organes contigus, par exemple, dans les cas d'oe-
dème, d'anasarque , de paralysie, de rhumatisme
chronique, etc.
EaiL à iéiat liquide. On peut l'appliquer sur
toute retendue du corps ou seulement sur une de
ses régions. On peut y plonger le corps ou en imbiber
des compresses, et les appliquer soit en fomenta-
lion, soit en lotion; ou peut enlin en saturer des
substances pulpeuses , et les appliquer par simple
apposition.
Lorsqu'on veut l'appliquer sur toute l'étendue du
corps , c'est ordinairement à l'état de baiîi. La prépa-
ration de ce bain ne présente rien de particulier. Eu
général ou ne doit y rester que momcntauément;
on doit eu sortir dès que les yeux se gonileutel rou-
CLINIQUE. l3
gîssent , que la face est colorée , qu'il y a une pulsa-
tion apparente aux veines frontales; il ne faut point
attendre les tintemens d'oreilles, les vertiges, etc. Il
faut, au sortir du bain, éviter le contact de l'air et
s'essuyer avec des linges chauds. On se couche et on
se couvre bien si on veut entretenir la sueur ; on se
couvre légèrement et on ne se couche point lorsqu'on
veut l'éviter. Lorsqu'on ne peut prendre le bain ,
on se contente quelquefois de faire des lotions sur
les difféientes parties du corps avec des compresses
qu'on a imbibées d'eau chaude.
Les phénomènes qui se manifestent pendant qu'on
séjourne dans le bain sont les suivans : la peau se
goulle, se tuméfie, elle rougit; la chaleur cutanée
augmente , la face est gontlée , les yeux sont sail-
lans , le pouls est fiéf[uent, la chaleur géné:?^!e aug-
mente , la respiration est difiicile et accélérée; ou
éprouve de la soif, la peau se couvre de sueur. Si on
reste dans le bain pendant Irop long-temps , il sur-
vient des vertiges, de Toppression, des palpitations,
un affoiblissement général, la syncope ou un état
apoplectique.
On a conseillé le bain chaud lorsqu'il s'agit de fa-
voriser l'apparition de phlegmasies cutanées, telle
que la variole qui est compliquée d'un état de débi-
lité locale et générale , etc. On y a recours pour exci-
ter les tissus soucutanés , par exemple , dans le rhu-
matisme chronique , les paralysies locales , etc.
On fait aussi usage des bains chauds partiels : tels
sont les demi-bains, les pédiluves , les manuluves ,
etc. Lorsque la partie est encore plus limitée, on se
coiilente d'appliquer des fomentations, des lotions.
l4 PHARMACOPEE
tics cataplasmes chauds. Les effets locaux sont anà-*
logaes aux phénomènes généraux que je viens d'in-
diquer. On y a recours pour agir sur une portion li-
mitée de l'organe cutané ou des tissus soujacens,
par exemple , lorsqu'il s'agit de rappeler une maladie
de la peau ou des organes souculaués. Quelqi'.efois
on en fait aussi usage pour opérer un effet sympa-
thique. C'est ainsi que les pédiluves chauds sont fré-
quemment employés pour favoriser l'éruption me;is-
truelle, pour faire cesser des affections imminentes
du cerveau, des poumons et du cœur.
V apeur aqueuse. On l'applique sur toute l'e'len-
due du corps , ou on la dirige plus particulièrement
vers quelques régions.
Pour faire usage du bain de vapeur général, on
expose le corps entier , à l'exception de la lêle, dans
un lieu clos rempli de vapeurs aqueuses élevées à la
température indiquée. Lorsqu'il estimposslble de preu'
dre ces bains dans des lieux disposés à cet effet , ou,
peut les administrer de la manière suivante. On se
déshabille; on se couvre lâchement, à l'exception de
la tète, de deux ou trois couvertures de laine; on
s'assied sur un petit banc ou sur le bord d'un esca-
beau non empaillé. On pose sous ses pieds ou sous sa
chaise et sous les couvertures, un grand vase de bois
qu'on a rempli d'eau bouillante. On peut , selon les
circonslances,remplacercelle-ci par un hectogramme
(3 onces) environ d'alcool à 8-|-0 qu'on dépose dans un
vase étroit et qu'on enllamme. Dès que la vaporisa-
lion a lieu, on fait en sorte que la vapeur puisse s'é-
tendre également en tous sens : il suffit a cet effet d'é-
carter légèrement les couvertures du corps, en faisant
CLINIQUE. l5
des mouvemens avec les bras. Lorsque la vaporisa-
tion cesse, on s'essuie prompte ment , et on se couche
dans un lit convenablement écliauffé.
Les phénomènes locaux et généraux du bain de
vapeur sont très-analogues à ceux du bain aqueux ,
mais plus intenses et plus prompts; les accidens sont
absolument les mêmes. On y a recours dans des cir-
constances semblables et surtout dans les maladies
cutanées invétérées, dans la syphilis qui a résisté aux
mercuriaux et qui est accompagnée d'éruptions cu-
tanées, de douleurs ostéocopes, etc., dans les rhu-
matismes chroniques , les paralysies locales, etc.
Lorsqu'on veut appliquer les vapeurs vers une
partie , on les concentre en enveloppant la région
cutanée vers laquelle on les dirige. On y a recours
dans des circonstances analogues à celles qui exi-
gent l'application locale de Feau chaude.
Air. Cet intermède n'est usité que pour les ap-
plications générales. Les moyens propres à élever
la température au degré indiqué , consistent à
échauffer fortement un lieu clos qu'on a disposé
à cet effet. Une des dilférences que ce bain d'air
( étuve sèche ) présente , c'est que ia tête est entiè-
rement enveloppée par le fluide du bain ; tandis
que cela n'a pas ordinairement lieu lorsqu'on fait
usage des intermèdes précédeus. On supporte ce
moyen plus difficilement. On éprouve d'abord des
picotemens à la peau; celle-ci devient rouge; elle
se gontle ; la transpiration et la températuie géné-
rale augmentent ; on éprouve de la soif; la respira-
tion et le pouls sont j-lus fréquens que dans l'élat
ordinaire , etc.
l6 PHARMACOPEE
Ce moyeu est peu usité en Frauce : on l'emploîe
dans les mêmes cas que les précédens.
Chaleur et lumière»
Pour faire agir la chaleur et la lumière sur les
organes en question, on a recours aux rayons solaires
ou à des corps incandescens.
RayoTis solaires. On les dirige dans l'état dans
lequel ils émanent du soleil, ou on les fait converger
à l'aide d'un verre convexe.
Ou se sert du premier moyen lorsqu'on veut agir
sur une grande étendue , et qu'on ne veut détermi-
ner qu'une action modérécé Les rayons solaires ex-
citent d'une manière notable ; ils colorent la peau j
ils peuvent déterminer rinllammation , non-seule-
ment de l'organe cutané , mais encore des tissus
soujacens, ainsi que les coups de soleil en présen-
tent un exemple. On en fait pailicidièreracut usage
dans les affections lentes du système lymphatique ,
dans les scrophules, dans l'auasarque , etc.
Le moyen de déterminer l'excitation tonique , à
l'aide des rayons solaires concentrés, consiste à don-
ner au verre convexe un mouvement vibratoire ^
ainsi que Ta conseillé Lapeyre , et à ne le maintenir
dans la même place que jusqu'à ce qu'on éprouve
une chaleur vive. Il faut employer ce moyen avec
prudence , car il peut détei miner l'escarre. On eu
fait pai liculièrement usage dans les cas de suppura-
tions aloniques.
Corps en ignition. Lorsqu'on veut agir sur une
grande étendue , on fait brûler des subslances pro-
CLIÎfIQUE, 1-7
près à dégager une grande Uamme , et ou y expose
la partie qu'on veut exciter. Cette action est trèvS-
analogue à celle que déterminent les rayons solaires.
On y a recours dans des circonstances semblables ,
par exemple, dans des cas d'anasarque, de rliuma-
tismes chroniques , de paralysies locales , etc. On
s'en sert quelquefois pour exciter d'une manière
générale dans le cas d'asphyxie par submersion »
dans les iièvres adyuamiques , etc.
Lorsqu'on veut agir sur une petite étendue , on
se sert d'une plaque de fer incandescente , ou ,
d'après Faure , d'un charbon ardent. lie moyen
d'en faire usage consiste à les approcher et à les
éloigner alternativement de la partie qu'on veut ex*
citer, afin de déterminer la sensation d'une chaleur
forte sans racornir ni escariher. Faure a observé
que la température de 3j à 5o centigrades -j- o suf-
fisoit ordinairement ; cela est néanmoins subordonné ,
ainsi qu'il le dit lui-même , au degré de suscepti-
bilité générale et locale. On peut aussi se servir
d'une bougie ou d'une chandelle en combustion ;
mais la direction de la flamme n'est pas assez cons-
tante , et les expériences comparatives qu'a tentées
Faure lui ont fait préférer le charbon ardent. Ce
mode d'application de la chaleur est suivi d'une
augmentation de la rougeur et de la chaleur locales ;
les surfaces suppurantes exhalent d'abord une plus
grande quantité de pusj celui-ci prend un carac-
tère plus lié , plus consistant. Si on en continue
l'application pendant quelque temps , la suppres-
sion de la suppuration en est quelquefois la suite
le même phénomène a lieu si la température du
II. a
I » 1> 11 A 11 M A C O P É E
corps qu'on applique est trop élevée. On a emplo^^é
ce moyen particulièrement dans dlfféreus cas de
suppurations atoniques.
FrolcL
Pour déterminer le degré de froid qu'on emp-oie
comme médicament, il Tant l'évaluer comparalive-
ment à la température ori^anlque et à celle de l'at-
mosphère. On l'emploie en i^énéral de o à6 et 12 + 0.
On peut i'adminlslrer à l'aide d'intermèdes variés,
l'appliquer sur toute l'étendue du corps , ou seule-
ment sur une de ses régions.
Lorsqu'on veut appliquer le froid sur toute l'éten-
due de la peau, on a recours à l'intermède de l'eau.
On ne fait pas ordinairement usage de la neige. On
jie se sert point non plus de l'air atmosphérique;
nous n'avons pas de moyens faciles pour refroidir à
notre gré une certaine étendue de l'atmosphère.
Il est convenable, avant d'entrer dans le bain , d'hu-
mecter la tète avec de l'eau froide : ou n'y reste que
pendant quelques minutes ; on s'essuie aussitôt. H
est utile de faire de l'exercice immédiatement après.
JLorsqu'ou a contracté l'habitude du bain froid, on
])eut y rester pendant inie demi - heure environ.
Lu général, il faut en sortir pendant que l'impres-
sion générale qu'on éprouve est agréable, et avant
que le deuxième frisson ait lieu. Le degré de froid
doit varier selon la susccplibililé individuelle : plus
celle-ci est grande, et plus le froid doit être léger.
II en est de même de la durée du bain ; elle doit être
iiW raison inverse du degré de susceptibilité.
CLINIQUE* ig
Lorsque rappllcation du froid doit être locale , ou
a recours à des intermèdes variés. Tantôt on se sei t
d'eau froide qu'on applique en fomentations, en lo*»
tiens , en douche ou par aspersion. Tantôt on fait
usage de la glace et de la neige ; on les applique eu
frictions ou par simple apposition : dans ce dernier
cas, on introduit la glace pilée et la neige dans uu
sac de toile, et on les maintient jusqu'à ce qu'elles
soient liquéfiées. Quelquefois on a recours au inu-
riate de soude décrépité , au rauriate d'ammoniaque ,
au nitrate dépotasse, au muriate de chauK dessé-
ché , etc. ; on humecte l'un ou l'autre de ces sels
avec de l'eau, et on les applique aussitôt. On peut
remplacer l'eau par de la neige ou de la glace. Ou
obtient surtout un froid très- rigoureux en mêlant
du rauriate de chaux desséché avec de la neige ou
avec de la glace. MM. Fourcroy, Vauquelin et
Guytou ont déterminé uu froid de 42 — o en mê-
lant ce muriate de chaux avec le double de sou
poids de neige. On peut aussi se servir de. l'éther sul-
furique concentré : on l'applique en fomentations:
on renouvelle les compresses à mesure qu'elles se
dessèchent.
Les phénomènes que le froid détermine varient
selon son degré d'intensité, la durée de son appîica..
lion , riiahltude , la susceptibilité individuelle , l'état
des forces; ils varient enfin selon que l'applicaliou
est générale ou locale. Dans le premier cas , ou
éprouve un sentiment de froid général ; la peau
pâlit , se resserre , devient rugueuse (chair de poule);
la transpiration et la sueur se suppriment; il y a
tremblement général , diminution de la soif, aug-
aO PHAIIMACOPEE
mentation de la sëcrëlion du mucus Dasal et âe
Vunue ; la respiration est courte et précipitée j le
pouls est plus fréquent ou plus lent que dans l'état
normal. Si on en cesse aussitôt l'application, la peau
lie tarde pas à rougir. On éprouve un sentiment de
chaleur et de cuisson général; la transpiration aug-
mente , et tous les phénomènes de l'excitation géné-
rale et cutanée se manifestent. Si l'application a
duré trop long- temps, la peau prend une couleur
rouge livide; à ces phénomènes succèdent l'engour-
dissement , rassoupisseraent, TaffoiMissement des
sens, la lenteur de la circulation, la gaiigrène et la
mort. L'usage habituel et ])rolongé des bains froids
durcit la peau. Lorsque l'application du froid est
bornée à une région du corps , elle produit locale-
ment les mêmes effets que le bain général. Si elle
est continuée pendant trop long-temps , elle peut
produire la gangrène.
Le froid peut donc convenir soit pour déterminer
Taslriction, soit pour occasionner une rubéfaction
légèi e et momentanée , soit pour produire une ex-
cil Mtion tonique modérée et ])eu sensible. Le mode
d'administration doit varier dans chacun de ces cas.
L'aslriclion est, toute chose d'ailleurs égale, d'au-
tant plus promplement suivie de la rubéfaction ou
de la gangrène, que le fioid est plus intense. Eu
général, on ne doit appliquer le froid que momen-
tanément, toutes les fois qu'on l'emploie pour ex-
citer le ton. ÎSous venons de voir que , par son ap-
plication prolongée , il peut produire la gangrène
ot la sédation du système nerveux , ainsi que de
l'appareil circulaloiie. Son usage imprudent petit
CLINIQUE. 2î
d'ailleurs facilement occasionuer des accidens ; il
peut supprimer la tianspiratioD cutanée, la sueur,
des héniorrhagies liabituelJes, etc. Il peut occasion-
ner des liëmorrhagies , des catarrhes, la phlegmasie
de différens organes , etc.
On emploie en général le froid pour exciter les
tissus soucutanés, par exemple, dans le cas d'œdé-
matie , de rhumatisme chronique, de paralysie par-
tielle , dans l'étranglement herniaire par engoue-
ment. On y a recours pour exciter généralement
dans les lièvres ailynamlques et ataxiques , dans la
peste , dans l'asphyxie par submersion. On en fait
usage pour déterminer une astriction sympathique
dans les hémorrhagies passives du nez , des pou-
mons , de l'utérus. En général , on l'administre dans
les cas où la susceptibilité est excessive , comme
dans ceux où elle est presque nulle.
Il ne faut point y avoir recours pendant le tra-
vail de la digestion, durant le cours de la menstrua-
tion ; en un mot, toutes les fois qu'il existe quelque
travail organique susceptible d'être supprimé , et
dont la suppression peut devenir dangereuse.
Electricité,
On se sert, pour electrlser, de la machine élec-
ti'ique, de l'électromoteur , et de la bouteille de
Leyde. La machine éleclrique, surtout lorsqu'elle
est jointe à la bouteille de Leyde, peut déterminer
un plus grand nombre de modes d'excitations que
l'éleciromoteur. C'est ainsi qu'avec la machine élec-
4a ique , on peut éleclriscr par bain , par pointes ^
22 P H A E M A C O P !• E
par ëriocelies et par commotions; tandis que l'élec-
tromolcur nVsL j)roprc qu'à occasionner des com-
liiolions qui tiennent Je milieu entre les élincelles
ëleclriques et la commotion qu'on détermine avec la
bouteille de Leyde. L'élcctiomoteur , à la vérité , a
l'avantage de produire des commotions moins dou-
loureuses , qui se succèdent avec toute la rapidité
qu'on peut désirer, et qui vont en augmentant jus-
qu'à une certaine période. Ses effets ne sont point
subordonnés à l'état hygrométrique de J'atmosplière,
comme ceux de la bouteille de Levde, etc., tandis
que ceux-ci sont Irès-variables, tant dans leur in-
tensité que dans leur prom])litude. Du reste, la
machine électiique et la pile de Vol la , dont on se
sert communément en qualité d'électromoteur ,
présentent quelques avantages et quelques inconvë ■
nieus réciproques sous le rapport de leur manipula-
tion. La pile de Yolta est plus longue à monter; les
disques qui la composent s'oxydent facilement , et
nécessitent qu'on la démonte et qu'on la nettoie
toutes les fois qu'on en a fait usage depuis quelque
temps , et même pendant unt^ assez courte durée :
on ne peut agir avec elle si la peau avec laquelle on
la met en conlact n'est humectée et dépouillée de
ses vêtemens. La machine électrique au contraire
reste toujours dans le même état ; on peut électriser
avec elle à travers les vêtemens. La pile galvanique
en revanche est d'un transport plus facile et d'un
])rix bien moins élevé.
Le mode d'excitation qu'on délermîne par l'élec-
Irisation est tel , qu'il porte quelquefois plus parlicu-
Jièremcnl sur les propriétés vitales organiques ,
C L I IC I Q U Ee 2l3
d'autres fois cgaiement sur celles-ci et sur les pro*-
priëtés vitales animales, et dans quelques cas presque
exclusivement sur celles-ci. Si je traite ici de la com-
motion qu'on détermine avec la bouteille de Lcyde ,
c'est uniquement aBu de ne pas trop isoler ce mode
d'ëlectrisalion des autres ; d'autant plus qu'il né-
cessite une partie des mêmes précautions , et qu'on
commence souvent par l'éleclrlsalion la plus douce,
avant Je passer à celle qui excite plus fortement.
Il en est de l'excitation électrique comme de
toutes les autres. Ses effets secondaires sont quel-
quefois momentanés ; d'autres fois ils sont si lents ,
qu'on les confond avec les cliangemens spontanés
qui surviennent dans la marche des maladies : aussi
€St-on souvent obligé d'en continuer i'iisage pendant
îong-lemps. En général, ses effets ont une durée
d'autant plus courte qu'ils sont plus intenses. Quel
que soit le mode d'elecîrisation qu'on emploie , il
est nécessaire de ne point fatiguer le malade , et
de ne pas lui faire éprouver d'impression désa-
gréable : aussi gradue -t- on la durée de chaque
mode d'électrisation selon la susceptibilité iudivi- ,
^ duelle et selon l'habitude.
On conçoit facilement que i'éleclrisation doit être
nuisible toutes les fois qu'il existe \in état d'irrita-
tion générale ou locale, par exemple , dans les cas
d hémorrhagies actives , de pblegraasies aiguës ,
durant la menstruation régulière, chez les phthl-
siques, etc.
Electrisadon par hain. Le moyen de s'électriser
par bain consiste à être isolé, et à communiquer
avec le conducteur principal de la machine élec-
24 PHARMACOPEE
trique pendant qne celle-ci est en action. Ou éta-
blit celte communication à l'aide d'une lige mé-
tallique (i).
Les pliénomèncs locaux du bain électrique sont
moins évideus que les phénomènes généraux. Ceux-
ci consistent dans l'augmentation de la fréquence du
pouls, de la chaleur générale, de la transpiration,
€l de la plupart des sécrétions et exhalations. C'est
ainsi que la sécrétion de la salive, celle de 1 urine ,
du mucus intestinal , etc. sont augmentées. La pro-
vocation de 1.1 menstruation en est quelquefois le
résultat. L'eifet immédiat du bain électrique est
€n raison de l'état de sécheresse atmosphérique,
de l'étendue du conducteur, et de la rapidité avec
laquelle on meut le globe ou le plateau de la ma-
chine. Pour obtenir un effet marqué , il ne faut pas
que la durée du bain soit trop courte ni trop
longue : l'action est nulle dans le premier cas , et
on éprouve souvent vdu malaise dans le second. On
donne ordinairement à la première séance la durée
d'une demi-heure environ , et cdle d'une heure
aux séances suivantes. En général, le mode d'élec-
Irlsation par bain est le plus doux; c'est ordinaire-
ment par lui qu'on commence l'usage de l'excitation
électrique.
On a recours au bain électrique lorsqu'il convient
d'exciter généralement , qu'on veut le faire d'une
(i) Celle lijjo mt'lallirjtie a ordinairement le diamèlre de 4
inilliraètres et nue longueur variée. Elle est courbée en forme
d'arc à ses deux extrémités , et terminée de part et d'autre par
M ne boule de même matière , du dinmètre de a à 3 centimètres .
CLINIQUE. 25
manière modérée, et qu'on veut favoriser en même
temps la plupart des sécrétions et des exhala-
tions.
Electrisation par pointes. La pointe peut être
de métal ou de bois; dans ce dernier cas, ou lui
donne ordinairement la forme d'une olive d'un
diamètre plus ou moins grand ; le bois qu'on em-
ploie peut être plus ou moins sec ou humide ; ou
peut être isolé ou non. Lorsqu'on est isolé , la
pointe peut communiquer avec le conducteur prin-
cipal ou avec la terre. Lorsqu'elle communique avec
ie conducteur, on lui oppose une autre pointe non
isolée qui est distante du corps de quelques centi-
mètres. Lorsqu'on n'est point isolé , il est indispen-
sable que la pointe communique avec le conducteur.
Dans tous les cas , elle doit être distante du corps
de l'espace de 2 à 4 centimètres.
Les j)hénomènes immédiats sensibles consistent
dans la sensation d'un vent frais qui approche plus
ou moins de celle de l'étincelle. Cette sensation
vDrie selon la nature do la pointe : c'est ainsi qu'elle
ne paroît être qu'un souftle lorsque celle-ci est de
métal. L'impression est presque nulle lorsque la
pointe est de bois sec , tandis que si le bois est modé-
rément humide, elle ressemble à l'impression qui
résulte de la réunion de plusieurs pointes métal-
liques ; elle est souvent presque insupportable
lorsque le bois est très -humide. Rien ne prouve
d'une manière positive que l'isolement y apporte
d'autres différences que celles qui sont dues nu bain
électrique. Lorsque , l'isolement ayant lieu , ou op-
pose une autre pointe non isolée à celle qui commu-
2G P H A p. M A C O P C E
lïiqiiG avec le coniJirclciir, on iiiilacncc la direction
de Texcilalion électrique.
On emploie particulièrement ce mode d'excitation
cleclriqne lorsqu'on veut agir sur des surfaces sup-
purantes dénudées-^ par exemple , dans les cas d'en-
f^eliires, d'ulcères alouiques , etc.; on y a recours
dans les suppressions menstruelles par atonie.
Elcctrisation par étincelles. Lorsqu'on se soumet
à ce mode d'cleclrisalion , on peut être isolé ou non ;
dans le premier cas, on approche du corps une
substance anélectrique w^n isolée, et dans l'autre
cas, une substance anélectrique isolée et communl-
C[nnnt avec le conducteur de la machine électrique
-en action (i). On tire des étinceiles sur la région
cutanée qu'on veut exciter directement oii qui cor-
respond par contiguité ou par sympathie avec l'or-
gane sur lequel on veut agir. On peut modifier
rinlensité de la scintillation o i approchant et en
écartant successivement l'excitateur à des distances
plus ou moins grandes et avec plus ou moins de
promptitude. On le modifie en tirant un plus grand
nom])re d'étincelles à la fois sur une petite étendue
(à cet effet, on applique un morceau de laine sur
(i) On se sert de \ excitateur pour tirer les étincelles. Cet
insli liment consisle dans un fil niélalliquc dont une exlrémilé
est cmoussée ei arrondie , ou en forme de boule, et dont l'aut^
•îst implantée dans un manche isolant. On lient cet instrument
par son manche isolant. JiOrsrjue le fil métallique qui le compose
ne doit pas être isolé, on le fait communiquer avec la terre à
l'aidr, d'une chaîne métallicjue : celle même chaiue peut servir
pour le faire communiquer avec le conducteur principal lors-
que cela est uécessairc.
CLINIQUE. 27
la peau, et on promène par-dessus une sphère mé-
tallique isolée ou non, selon que le corps lui-même
est isolé ou non ). On peut la modifier en augmen-
tant l'étendue des conducteurs et surtout leur lon-
gueur , et en faisant mouvoir le globe ou le plateau
électrique avec plus ou moins de promptitude. On
peut ainsi facilement convertir la scintillation en
commotion.
Les phénomènes immédiats que détermine la
scintillation électrique sont un sentiment de piqûre
et de chaleur légère, et quelquefois de déchirement
local ; il y a rougeur , quelquefois soulèvement et
même scission de l'épiderme ou formation d'une
vésicule inégale; on éprouve un sentiment de se-
cousse et de contraction d'un ou de plusieurs mus-
cles. Ces effets sont joints à ceux du bain électrique
lorsqu'on est isolé ; ils sont en rapport avec l'inten-
sité de la scintillation ; ils ne se continuent que peu
de temps après l'opéralion , et ont entièrement dis-
paru dans l'espace de douze à vingt-quatre heures.
l-.es étincelles font éprouver une cuisson plus forte
et plus continue lorsque le globe électrique est ré-
sineux, que lorsqu'il est vitreux. En général, le
sentiment de déchirement est plus fort et plus in-
commode lorsque les étincelles sont petites, rou-
geâtres , qu'elles approchent plus de la forme d'une
pointe ou d'un petit dard que de celle d'une sphère.
Or, ces phénomènes ont lieu ordinairement lorsque
l'atmosphère est humide. Les étincelles qu'on tire
à l'aide d'un corps sphérique sont plus grosses et
plus douloureuses que celles qu'on excite avec un
corps pointu et obtus.
2^5 P II /> r. M A C O P li E
Oïl voit {^4til(nicnl que l'excitation tonique par
la scinlillalimi élechiquc , prescnle des phénomènes
qui la raj)j»iochent cTun côté des médicalions phleg-
masiqucs, et de l'autre des médicalious neiveiises :
aussi ce moyen pent-il être ranimé dans chacun de
ces ordres. IjOi^qu'on a recours à la scintillation
électrique , on commence ])ar ne tirer d'abord
cju'un petit nombre d'eliucclles ; on lait même quel-
quefois précéder son usage de celui du bain élec-
trique. C'est ainsi que procédoit M. Mauduyt. Il
employoit d'abord ce dernier pendant trois à quatre
jours ; il tiroit ensuite des étincelles pendant cinq à
six minutes , et il augmentoit peu à peu leur durée
chaque jour ; de celle manière , il parvenoit à en
tirer pendant nn quart d'heure.
Ou emploie la sciniillalion électrique pour exciter
le ton des organes soucutanés, par exemple, dans
des cas de rhumatisme chronique , d'œdérae, d'af-
feclions lentes des glandes lymphatiques, etc.
Elcctrisatlon pur coniinodoii avec Vélcctroino-
ieui\ Pour exciter avec l'électromotcur, on se sert
de la pile de Voila (i). On lait communiquer les
(i) On coniposr la pile de Voila do la manière suivante : on
prend \\x\ socle de bois du di.imclre d'un decinièlre ; on trace
dans son cenlrc un cercle de 6 centimèlres de diamètre ; on y
inscrit un triaui^le équiialéral , à chaque angle duquel on en-
fonce une lige de verre de la hauleur de j à 4 décimètres envi-
ron. On reçoit l'cxtrémilé supérieure de ces liges dans un cou-
i-onnemenl en hois qui est ppirc par des trous corrcpondans à
reuxdu socle. Cet appareil sert à maintenir un nonihreégal de
«Usqucs de cuivre et de zinc, ainsi que des rondelles de draps
«)u de carton. IjCS disques d'argent ou de cuivre, ainsi que ceux
CLINIQUE. 29
^etix extrémités de cet instrument avec la partie
qu'on veut exciter. Cette communication peut se
taire directement à l'aide des mains convenablement
humectées , ou à l'aide de deux fils métalliques (i) ,
dont l'un est fixé à l'extrémité zinc , et l'autre à
l'extrémité cuivre de la pile. Pour mieux appliquer
ces fils sur la partie qui doit faire l'arc animal , ou
les maintient, à l'aide d'une pince C-) ■> à la distance
de zinc, sont larges de 4 à 5 centimètres, et épais de 2 à 5 mil-
limctresj les rondelles de draps ou de carton ont un diamètre
un peu plus pelit que les disques.
Pour monter la pile de Volta , on fait dissoudre du muriale
de soude ou du muf iate d'ammoniaque dans de l'eau tiède : ou
en imbibe autant de rondelles de draps qu'on veut employer de
«ouples métalliques. On dispose tous Its disques par couples,
de manière que chaque disque de zinc se trouve sur un disque
de cuivre ou d'argent. On place d'abord deux plaques de cuivre
sur le socle , de manière que l'une occupe le centre et que l'autre
avance un peu à droite. On place un disque de zinc sur celui
de cuivre j puis une rondelle humectée , et ainsi de suite un dis-
que de cuivre , puis un disque de zinc et une rondelle , etc. ,
jusqu'à ce qu'on ait un nombre d'étages convenable. Ou se
borne ordinairement à quarante ou à cinquante couples. Si la
charge devoit être très-1'orte, il seroit préférable de monter
plusieurs piles modérément chargées , et de les faire communi-
quer l'une avec l'autre ; sans cela le poids desdisques comprime
les rondelles les plus inférieures, en exprime l'humidité , el
s'oppose à l'action de la pile.
(i ) Les deux fils sont de laiton ; ils sont de longueur variée ,
et aussi forts que peut le permettre la flexibililé dont ils ont
lîesoin. Ils sont terminés d'un côté par un très-petit bouton, et
de l'autre par un crochet.
(a) Les places sont de cuivre ; elles sont isolées à une exiré*
3o PIIARMACOPÉE
nécessaire pour leur donner rextension convenable.
Ou humecte préalablement, avec de l'eau salée , la
peau qui doit servir de contact, si ce n'est lorscpie
l'épiderme est délaciié. On fltit cesser une des com-
munications après chaque commotion , et on la re-
nouvelle avec plus ou moins de promptitude.
Les phénomènes locaux et généraux qu'on déter-
mine à l'aide de l'électromoteur sont très-analogues
à ceux de la scintillation ; ils consistent dans une dou-
leur locale semblable à celle qui est déterminée par
une légère brûlure; la peau devient quelquefois
rouge et se couvre de petites vésicules. Elle acquiert ,
dans quelques cas, une susceptibilité telle, qu'eile
ne peut plus supporter le contact de cet excitant; il
y a excitation générale des sécrétions et des exhala-
lions, et surtout de la transpiration et delà sécrétion
urinaire. Les muscles se contractent involontaire-
ment ; les organes des sens et l'encéphale sont exci-
tés. L'usage trop prolongé de ce moyeu débilite; cet
effet se remarque surtout lorsqu'on soumet l'encé-
phale, les sens et les muscles à l'action de la pile.
L'intensité de ces phénomènes est en raison de
plusieurs circonstances qu'il faut counoître. Elle est
])lus grande si la peau est privée de son épidémie;
la douleur est alois si forte , que peu de personnes
peuvent la soutenir. Elle est d'autant plus grande,"
que le nombre de disques est plus consitlérable.
Lorsque la pile esttrès-chari^ée,on observe quelque-
fois que la commotion a lieu quoique la ])eau ne soit
mile';, arrondies ;i l'au Ire , et munies tl'iiu anneau à l'a itle du-
quel on psul les serj'er à h luanièic d'un porlc-croyou.
C L I iV I Q U E, 3î
pas humectée. Elle est d'autant plus grande, que le
liquide qui imprègne les rondelles est ydus saturé et
qu'il est d'une tenijocralure plus élevée ; ou peut à
cet effet choisir les sels les plus soluhles ou saturer
l'eau avec différentes substances salines. Sou inten-
sité est plus grande si les poinls de contact sont plus
étendus; c'est pour cela qu'on applique quelquefois
des disques sur la peau, et qu'on plonge la maia en-
ûère dans de Feau salée qui communique avec une
des extrémités de la pi!e. L'intensiié de la commo-
tion n'est pas en raison de l'élendue des dis({ues, ainsi
qu'on seroit tenté de le croire, mais seulement en
raison du nombre de couches, ainsi que l'ont obser-
vé MM. Foiu^croy , Yauqueiin et Tbenard. La coin-
tnotion présente aussi des différences sCiOn qu'elle
est produite avec l'extrémité zinc ou avec l'extrémité
cuivre; celles qui sont déterminées avec le pôle cui-
vre (qui jouit de l'électricité résineuse) sont plus
louloureuses, plus cuisantes que celles qu'on pro-
luit avec le pôle zinc ( qui jouit de l'électricité vitrée).
L'intensité des commotions est croissante depuis le
noment où on charge la pile jusqu'à une certaine
période, puis elle décroît d'une manière insensible ,
^t cesse enfin entièrem.ent.
Les cas dans lesquels on se sert de l'électromoteur
:)Our exciter l'organe cutané et les tissus soujacens
;ont en grande partie les mêmes que ceux où on élec-
rise par scintillation (i).
(i) C'est dans quelques névroses , et principalement clans les
laralysies locales qui ne dépendent pas d'une lésion du cerveau,
jue l'action de l'appareil galvanique de Yolla est avanlagoiisp.
32 PHARMACOPÉE
KlectrlsaLion par coiiirnodon avec la bouteille de
Lejde. Pour proilulre la comniolioii avec la boii-
lellle de Leyde, on emploie ordinairement une jarre
de la capacllë de 20 cenlimèlres carrés. Ou y adapte
le régulateur de Làne (1), aliu de rendre les com-
Son uliiité dans l'ainiMii-ose s'accorde parfailement avec la grande
sensi])ilitc de rîrls au galvanisme , propriété que j'ai vue per-
sslerchez l'homme quelque Uîmps aprcsla morl. Mais les effets
qu'on a obtenus de ce moyen dans certains cas de surdité ne se
s nit pas soutenus ; je l'ai employé sans aucune espèce de suc-
cès dans une surdité accid''nlelle qui exisloil, à la vérité, depuis ^
longues années et avoit résisté à plusieurs autres tentatives. Le
galvanisme a été quelquefois efficace dans l'aménorrhée ^raais '
comme il faut l'r.ppliquer directement à l'utérus ou aux. parties
les plus voisines , la décence empêche d'en faire usage dans ce
cas; cependant on pourroit l'essayer si la maladie étoit accom-
pagnée d'accidens graves qu'onauroit l'espoir de faire cesser eu
rappelant l'évacuation supprimée. Ce même moyen a été admi*
nistré avec succès dans quelques tremblemens, et même dans
certaines affections convulsives qui tenoient à un étal d'alonie
du svslème musculaire ou d'une partie de ce svstème : dans ces
différens cas, il n'agit que comme stimulant de la sensibilité et
de la contractilité. Si ou avoit commencé par bien étudier ses
effets physiologiques avant de l'appliquer à la théjapculique ,
on auroit moins exagéré son action , et on ne l'auroit pas pré-
conisé dans une foule de circonstances où il n'est ludlement
avantageux. Ne doit-on pas regarder comme entièrement hasar-
dée l'assertion de M. Rossi , relativement à son efficacité dans
riiydrophobie? Cela est d'autant plus probable que de plu-
sieurs médecins de Tuiin qui ont vu le malade dont M. Rossi
a publié l'observation , il est le seul qui lui ait trouvé ilcs 'sym-
ptômes d'une hydrophobie commençante. 1*. Jl . N.
(i) liC régulateur de Lânc consiste dans un liouton métalli-
que i<:.olé, nussi volumineux et aussi élevé que le bouton qui
.^01 1 de la jarre , et susceptible d'ctie plus ou moius rapproché
CLINIQUE. 33
ïMOlloQS égales entre elles. Lorsqu'on veiil berner la
commotion à une partie , on se sert de deux ec-
leurs (i) dont l'un communique avec l'armure in-
terne de la jarre, et l'autre avec son armure ex.-
tei^ne.
L'intensité de la commotion est en raison de
l'étendue des surfaces armées et du degré de tension
électrique ( on mesure ce dernier état à l'aide de
l'electromètre ). Il resuite de la qu'à étendue égale
des surfaces armées, on pourra déterminer une com-
motion plus ou moins forte , selon qu'on augmentera
ou qu'on diminuera la tension électrique ; il résulte
encore de là qu'à tension égale , on déterminera
une commotion plus ou moins grande, selon que
l'armature sera elle-même plus ou moins grande.
Nonobstant cela , on observe que la tension étant la
même, la commotion sera plus douloureuse si Far-
mature est de peu d'étendue , que si son étendue est
grande; dans ce dernier cas, elle approchera davan-
tage de celle qui est produite parl'électromoteur. La
force de la commotion varie encore seloti le diamètre
des boules de décharge et, toutes choses d'ailleurs
égales , selon que l'air est sec ou humide. Il est
probable que la commotion présente quelques diffé-
rences selon que le globe est vitreux ou résineux ;
de ce dernier. Le degré de rapprochement et d'éloignement
est gradué en millimètres; ceux-ci sont empreints sur la bran-
che horizontale à l'extrémité de laquelle se trouve la boule en
question.
(i) Ces directeurs ne sont autre chose que les excitateurs
dont j'ai parlé en traitant des étincelles électriques.
ih 3
34 P II A p. M A C O P E E
mais 11 est difficile de le déterminer, à cause de l'in-
tervalle qui existe entre chaque commotion.
Le régulateur de Làne peut parfaitement convenir
pour produire des commotions égales entre elles
( les circonstances prises de l'état atmosphérique ,
du diamètre des boules de décharge , de l'étendue
des armatures et de la tension électrique étant les
mêmes). On commence d'abord par rechercher
avec le régulateur quel est le degré de commotion
qui est le plus en rapport avec la susceptibilité indi-
viduelle, etc. ; ce point étant trouvé, on est sûr de
déterminer toujours les mêmes commotions, si ou
ne change pas la distance des deux boules de dé-
charge. Cette distance varie de 2 à 20 millimè-
Ires.
Les effets de la commotion se rapprochent de ceux
des fortes étincelles j ils paroissent surtout consister
dans la contraction instantanée et involontaire d'uu
nombre plus ou moins grand de muscles. Les pro-
priétés vitales organiques de la peau paroissent moins
être modifiées par la commotion que par la scintilla-
tion électrique , et par la commotion qu'on détermine
avec la pile de Voila, J'ai déjà fait voir que les com-
motions produites avec la bouteille de Ley de diffèrent
de celles ((u'on excite avec l'électromoteur , en ce
qu'elles sont distantes les unes des autres par un plus
grand intervalle.
On n'excite point la commotion avec la bouteille
de Leydc pour relever les propriétés vitales organi-
ques de la peau et des tissus soujaccns; c'est plutôt
pour agir sur les ])ropriélés vitales animales : aussi eu
parlerai-je ailleurs.
CLINIQUE. 55
Douche.
La (louche n'est autre chose qu'une coloniv^ li-
quide^ou pulvérulente d'un diamètre déterminé, qui
tombe d'une certaine hauteur sur une région du
corps. Elle est composée de sable ou d'eau ; celle-ci
peut être froide ou chaude, pure ou chargée de di-
verses substances médicamenteuses. Son diamètre
est de 2 à 3o millimètres et plus; sa hauteur d'un
demi, d'un à 3 mètres et au-ileià. Elle peut être des-
cendante , ascendante et latérale.
On se sert pour doucher d'un vaisseau plus ou
moins grand, percé à son fond par une ouverture
ronde ; ce vase est destiné à contenir la matière de la
douche ; il est ordinairement fixe lors({u'il a une
grande étendue; dans l'autre cas on peut ie rem-
placer par un seau qu'on élève et qu'o a Haisse à
l'aide d'une corde et d'une poulie. Lorsqu ou veut
donner plusieurs doucbes à la fois , on fait usage
d'un tuyau de plomba direction horizontale , dont la
face inférieure présente des trous qui sont plus ou
moins distans les uns des autres.
L'ouverture ronde qui se remarque à la partie
inférieure de cesdifferens récipiens, sert à recevoir
un tube de cuivre , de fer-blanc ou de cuir. Ce tube
a une longueur et une largeur variées (celle-ci est
ordinairement de 2 à 3o mlUimèlres) ; il est fermé
inférieurement par uu robinet. On peut graduer le
diamètre de la colonne de la douche en ouvrant
plus ou moins ce dernier ; on peut aussi se servir à
cet effet de tubes plus ou moins étroits qu'on fis.e
au tube principal.
36 phahmacopée
La donclie, préparée ainsi que je viens de l'indi-
quer, est descendante. Pour en avoir une qui soit
ascendante , on adapte au tube principal un tuyau
qui descend plus ou moins , se rend dans un vais-
seau d'un diamètre varié , lequel est fermé de toute
part, est rempli de la matière de la douche et se
continue à sa surface supérieure en un tube analogue
au précédent. La force de l'ascension est en raîsou
de la hauteur du tuyau et du diamètre du vaisseau
inférieur. Pour avoir une douche latérale , on fixe
un tuyau de cuir au tube des douches descendante
ou ascendante, et ou le dirige vers le lieu qu'on veut
doucher.
On peut doucher pendant un temps plus ou moins
long ; celui qui s'y soumet peut être ou non dans un
bain. La température de celui-ci peut être la même
que celle de la douche, ou en différer. Enfin , on peut
doucher au moment même oîi on entre dans le bain
ou lorsqu'on en sort.
Les phénomènes locaux et généraux de la douche
varient selon un grand nombre de circonstances , et
surtout selon sa durée , selon le diamètre et la hau-
teur de la colonne , etc. Les effets les plus constans
sont une sensation de douleur et de chaleur dans le
lieu qu'on douche ; il y survient de la rougeur et
une sueur locale, qui ne larde pas à devenir géné-
rale. Les effets sympathiques varient selon le lieu
douché : c'est ainsi que M. Esquirol assure avoir
éprouvé tous les effets d'une commotion dans l'é-
pigastre et dans riiypochondre droit, lorsque , pour
étudier les effets de ce moyen curalif, il s'est douché
lui-même le front et le verlexj il a vérifié ce fait
CLINIQUE. 3/
sur la plupart des aliëDes qu'il a soumis à ce Iralte-
ment. L'usage trop prolongé de la douche peut
amener la débilité ; cet effet s'observe surtout rela-
tivement à l'encéphale , lorsqu'on douche le vertex
pendant trop long-temps. On voit facilement où il
faut s'arrêter toutes les fois qu'on emploie ce moyeu
pour exciter.
On a recours à la douche moins pour exciter di-
rectement la peau que pour opérer cet effet sur les
organes contigus : c'est ainsi qu'on en fait usage dans
différens cas d'œdéme, d'ankylose, dans les rhuma-
tismes chroniques, dans les étranglemens herniaires
par engouement, etc.
Corps sucrés.
On peut employer le sucre et le miel. On admi-
nistre le premier à l'état pulvérulent et on en sau-
poudre les surfaces suppurantes atouiques. On ap-
plique le miel directement ou étendu dans de l'eau ,
dans du vin , etc. L'une et l'autre de ces substances
excitent notablement les surfaces suppurantes, mais
à un léger degré.
Amers*
Tous les amers peuvent également convenir. Les
plus en usage sont les sommités de petite centaurée
i^gentiana centauriwn ,\j. ),de fumeterre officinale
{Jumaria officinalis , L.), le houblon {^humulus
lupiilus , L. ), l'aloès, etc. On administre ordinaire-
ment leur infusion et leur décoctioii aqueuses, et
*oS PHARMACOPÉE
quelquefois leur macération alcoolique. On les pré-
parc dans des proportions plus grandes que lorsqu'il
s'ai^ild'applicalion gastrique. Onles applique en bains,
en lotions, en fomcnlal ions , etc. Leur action im-
m diale locale est peu évidente. On y a surtout re-
cours dans les cas d'indainnialions et de suppurations
chroniques et atoniques, dans les exanthèmes , etc.
L'aloès irrite quelquefois le gros inteslin , par absorp-
tion , lorsqu'on l'applique sur des tissus dénudés; il
en est de même de la coloquinte {^cucuniis colocyn-
thiS y L. ).
Yannin et acide gaUique.
On emploie particulièrement les racines de bistorte
(^poligonuni Instorta , L. ), de tormentille {^torinen-
lilla erecta , L.) , l'écorce de chêne ( qiiercus robur,
L.), les galles, le cachou (^areca catliecu ,\-i.)y
le brou de noix vert {^juglans regia, L. ), l'écorce
de saule blanc {salir alba, L.) , celle de marronnier
d'Inde ( œsculus hippocastanum _, L. ) , le quinquina
rouge d'ocre , etc.
On emploie ces différentes substances en poudre,
sous forme ojiguentacée et à l'état liquide. Pour leur
donner la forme d'onguent , on se sert de miel ou
d'axonge. L'un et l'autre de ces excipiens peuvent
doruier la cousislance onguentacée au double de leur
poids de ces substances : on em])loie à cet effet celles-
ci réduites en poudre , et on les mêle par trituration
avec fun ou l'autre des intermèdes indiqués; les
proportions ordinaires sont d'une à trois parties sur
dix parties d'excipicul. Pour les administrera l'état
CLINIQUE. S9
liquide , on a recours à rinfusion ou a la dëcoclion ,
selon le degré de solubilité du tannin, et le degré de
saturation qu'on veut avoir. C'est ainsi qu'on est
obligé de recourir à l'ébuUition pour le cacbou , pour
les racines de tormentille et de bistorte ; tandis que
cela est inutile pour l'écorce de chêne , pour les
galles , l'écorce de saule blanc, le brou de noix, l'é-
corce de marronnier d'Inde,etc. Les proportions peu-
vent varier àl'inlini; les plus ordinaires sont d'une
à deux parties sur dix parties d'eau.
Ces dif'férens moyens, lorsqu'ils ne sont pas trop
étendus, produisent une astriction modérée; ils sup-
priment quelquefois la suppuration. On les emploie
surtout dans les cas d'atonie , d'oedème , de suppura-
tion atonique , de tendance à la gangrène , etc.
Quinquina»
Le quinquina n'est indispensable que lorsqu'on
veut agir par absorption ; dans la plupart des autres
cas , ou peut le remplacer par les substances précé-
dentes. On peut l'appliquer diiectement en poudre,
ou sous la forme d'onguent , de liniment , etc. Le miel
convient particulièrementcomme excipient lorsqu'on
veut appliquer le quinquina sur les surfaces suppu-
rantes. Dix parties de miel conservent la consistance
onguentacëe avec deux parties de cette poudre. Pour
donner au quinquina la forme de liniment , on l'é-
tend dans une petite quantité de suc gastrique ou de
salive, et quelquefois seulement dans de l'huile ou
de l'axonge ; on n'en emploie que la quantité indis-
pensable pour que les frictions n'irritent pas la peau.
40 PHARMÀCOPl^E
On fait aussi usai^e de la décoction aqueuse et de la
macération alcoolique de quinquina : celle dernière
est quelquefois employée en frictions pour agir par
absorj)lion.
L'action locale du quinquina est analogue à celle
des substances précédentes ; on l'emploie dans les
mêmes circonstances : on préfère le quinquina rouge
d'ocre toutes les fois qu'il s'agit de déterminer un
état d'astriction.
On a souvent recours au quinquina pour agir par
absorption. On l'administre alors de |>lusieurs ma-
nières ; les uns , avec Py e , etc. , doublent les vètemens
de cetie poudre; d'autres, avec Alexandre, en pré-
parent une décoction aqueuse qu'ils administrent en
pédiluve, etc. Le plus fréquemment on incorpore sa
poudre dans quantité suffisante de suc gastrique, de
salive , ou, à leur défaut, dans do l'huile ou dans de
l'axonge , et on l'administre eu frictions avec les pré-
cautions que j'ai indiquées plus haut. On cm])loie sa
macération alcoolique aussi saturée que possible ;
on l'applique en friction. Les doses comparatives de
quinquina qu'il faut employer ne peuvent être éta-
blies avec précision. On tente l'absorption du quin-
quina surtout dans les (ièvres intermittentes rebelles.
Dans tous IcSi^'J"^, il agit plus lentement par absorp-
tion cutanée que lorsqu'on l'introduit parla bouche :
aussi n'a-t-on jamais recours à ce mode d'application
dans les fièvres intermittentes pernicieuses. Ce mode
d'application convient plus particulièrement lorsque
Je malade répugne à avaler celte écorce, lorsque
l'estomac ne peut la supporter , et lorsque toutefois
l'absorption cutanée est possible.
clinique. 4^
Alcool.
Ou l'emploie convenablement étendu, car l'alcool
rectifié se volatilise avec trop de promptitude. Ou
l'applique en fomentation ou en lotion. Il relève le
tonde la peau et des tissus soujacens; il peut pro-
duire un état d'astriction. Son application continuée
peut durcir et racornir les organes, surtout ceux
qui sont dénudés accidentellement.
Ou l'emploie pour exciter localement et par con-
tiguïté dans la première et la troisième période de
l'entorse et de la contusion ; dans les ecchymoses
scorbutiques , les engelures : on y a recours pour
prévenir Térysipèle et la vésication que produit la
brûlure. On en fait usage pour supprimer locale-
ment les bémorrhagies , les suppurations excessives
atoniques , ou pour faire cesser par sympathie les
bémorrhagies des surfaces muqueuses.
On préfère le vin rouge : on l'applique de la
même manière que l'alcool. Son action en approche
beaucoup. On y a surtout recours dans les cas d'en-
torse , de contusion , d'ecchymose scorbutique.
Élh
lers*
On emploie plus particulièrement l'éther sulfuri-
que et l'éther acétique. On peut les administrer éten-
dus dans l'alcool ou dans l'huile fixe. Ces mélanges
42 PHARMACOPEE
peuvent avoir lieu par agilalion et en tonte propor-
tion. On les applique en frictions à l'aide du colon.
Ils produisent d'aboi d un sentiment de froid , et
CjLicIqucfois nn peu de routçeur locale suivie d'une
ani2,mei)falion de transpiration dans la partie. On les
emploie dans les mêmes cas que l'alcool, les huiles
voialiiesjle camphre, etc. On les administre quel-
quefois uniquement à cause du froid qu'ils produi-
sent.
Phosphore,
On l'emploie particulièrement en solution e'thérëe
et huileuse. Pour préparer l'huile phosphorëe , on
fait séjourner une à deux parties de phosphore coupé
menu dans cent parties d'huile fixe remplissant en-
tièrement le ilacon qui les contient : la solution a
lieu lentement. On applique l'éther et l'huile phos-
phores en frictions à l'aide du coton. Leur action
excitante est prompte, mais momentanée ; on les
emploie dans les mêmes cas que les substances précé-
dentes.
Huiles 'volatiles.
On emploie le plus ordinairement celles de téré-
benthine , de lavande (^lavendula spica^h.), de
muscade ( myristica mosdiata , Thunberg. ) , de gé-
rolles {^eiigenia caryophyllata , Thunherq^.) ^ de
marjolaine i^origanian majoranna , L. ), de rue
i^ruia ^raveolens , L.), etc.
On peut leur donner la forme d'onguent et de li-
lîiment, ou les appliquer à l'état liquide. Elles pren-
ueut la consistance onguentacée lorsqu'on en mêle
CLINIQUE. 4^
trois parties avec deux parties de cire et une d'haie
fixe , ou avec douze parties d'axonge. Elles prenneut
celle de liiiiraent avec le double ou le triple de leur
poids d'axonge ou de cérat. Elles peuvent se dissoudra
dans l'alcool en toute proportion. Lesproportionsles
plus usitées sont quatre parties de ces huiles sur dix
d'intermède gras , et sur cent d'alcool. Ou applique
l'onguent et le liniment en onction ou par apposition ,
et le solutum alcoolique seul ou étendu d'eau , ea
ODClion ou en fomentation. On peut aussi faire usage
du produit de leur solution dans l'eau et dans le vi-
naigre; mais ces liquides en dissolvent une quantité
infiniment petite.
Les huiles volatiles peuvent déterminer une exci-
tation tonique prompte; elles peuvent enflammer la
peau si elles ne sont pas assez étendues , et si on les
maintient appliquées pendant trop long-temps ; elles
peuvent produire de la douleur sur les tissus dénudés.
Il en est un grand nombre qui parleur absorption peu-
vent agir sur des organes éloignés et sur tout l'orga-
nisme.
On peut employer les huiles volatiles dans la plu-
part des cas où il convient d'exciter fortement , et
où on n'a pas à craindre leur action générale ou
locale par absorption : c'est ainsi qu'on y a recours
particulièrement dans les cas d'affection atoniqi^e
d'organes soucutanés , dans l'œdème , dans diffé-
rens cas d'ankylose , dans la troisième période des
contusions , de l'entorse , dans la paralysie partielle >
le rhumatisme chronique, etc. Leur choix doit être
déterminé d'après le goût et d'après la fortune des
malades, ainsi que d'après des circonstances parti*
44 PHAIlMACOP:éE
cnlièrcs; car il en est dont le prix est Irès-ëlevé
( riinllc de gérolle), d'autres dont l'odeur déplaît
(l'huile volatile de téiébenthine ) , d'autres qui ir-
ritent la vessie urinaire (l'huile précédeule) ,etc., etc.
Camphre,
On peut l'appliquer à Tétat pulvérulent , sous la
forme d'emplâtre , d'onguent, de Uniment et à l'état
liquide.
Pour l'avoir à l'état pulvérulent , en solutions
huileuse et alcoolique , ou suit absolument les pro-
cédés que j'ai indiqués ailleurs ( tom. \^^ , pag. 340).
Les proportions qu'on emploie pour préparer l'huile
et l'alcool camphrés varient ; on peut en saturer ces
liquides entièrement , ou employer des quantités
moindres. C'est ainsi que le code de Paris contient
deux sortes d'alcool camphré ; l'une est préparée
avec de l'alcool à 10 4- o , et contient 0,01 à 0,01 5
de camphre ; l'autre est composée avec de l'alcool
à 25 + 0, et en contient o,o3. On les administre
purs ou étendus dans de l'eau. On sait que l'addi-
tion de ce liquide en précipite le cam]>hre dans
quelques circonstances, ainsi que je l'ai déjà indiqué.
Pour donner au camphre les formes onguentacée
et emplastique , on se sert des intermèdes gras or-
dinaires. 11 prend la consistance d'emplâtre lors»
qu'on a mêlé six parties avec deux parties de cire
et une d'huile, et celle d'onguent avec au moins
la moitié de son poids d'axonge , de cérat , de
beurre , etc. 11 sufiit de le réduire en poudre et
de le triturer avec ces intermèdes pour lui donner
CLINIQUE. 45
les formes indiquées. On Télend dans de la salive et
du suc gastrique , surtout lorsqu'il doit agir par ab-
sorption ; il suffit à cet effet de le pulvériser et de
le triturer ensuite avec l'un ou l'autre de ces liquides
animaux. L'eau et le vinaigre le dissolvent en trop
petite quantité pour pouvoir être employés comme
dissolvans.
Le camphre appliqué sur la peau saine n'y pro-
duit d'abord aucun effet perceptible à nos sens; il
ne paroît pas ordinairement l'enflammer quoiqu'on
l'y maintienne appliqué pendant quelque temps j
quelquefois cependant il produit un état érysipela-
teux ou pustuleux. Lorsqu'on l'applique sur les
tissus dénudés , il occasionne un sentiment de pico-
tement et de la rougeur; du reste son action exci-
tante locale est analogue à celle des huiles volatiles.
11 peut agir par absorption et produire des ver-
tiges , l'excitation de tout l'organisme ou seulement
de quelques organes.
On l'emploie pour exciter localement et par con-
tiguité, par exemple, dans la variole gangreneuse,
dans l'ecchymose scorbutique , la troisième période
de l'entorse et des contusions ; dans les affections
lentes des articulations, des mamelles, des testicules,
des viscères abdominaux et des glandes lympha-
tiques ; dans les suppurations atoniques qui tendent
à la chronicité et à la gangrène. On y a recours pour
agir généralement dans différens cas de maladies
atoniques générales , surtout dans la lièvre ady-
namique.
/fi P II A R M A C O 1' É E
Plantes aroTiiatiques*
Toutes les plantes aromatiques peuvent être em-
plo3'ées pour exciter l'organe cutané ou les tissas
soujacens. On peut les choisir parmi les labiées , les
ombellit'ères, les demi-tlosculeuses, les radiées, les
crucifères , les alliacées , elc.
On emploie plus fréquemment les racines d'an-
née ( initia helcnium , L. ), de livèche {^llgiisticum
Icvisticuni , L. ), de serpentaire de Virginie (^aris-
tolochia serpentaria , L. ) , de valériane officinale
(^q^aleriana ojficlnalis , L.), de raifort sauvage
{^cochlearia aiinoracia , L. ) , les bulbes d'oignou
(^alUinn cepa , L. ), d'ail i^alliimi saùviun , L, ),
les sommités d'armoise ( arteinisia uulgaris , L. ) ,
d'absinthe ( arteinisia ahsïnthium , L. ) , de camo-
mille vulgaire ( matricaria camomilla , L. ) , de
sauge officinale {^sahda officinalis , L. ), de menthe
crépue ( mentha crispa , L. ) , de beloine oflîcinale
( hctonica officinalis ^ L. ) , de germandrée d'eau
( teucrium scordium ^ L. ) , de rue ( ruta graveo-
lens , L. ) , de sabine ( juniperus sahina , L. ) ,
les ileurs de sureau {samhucus nigra , L.) , etc. , elc.
La plupart de ces substances peuvent être em-
ployées à l'état pulvérulent, en sachet et en cala-
piasrae ; il faut en excepter les crucifères et les
alliacées. Toutes peuvent être administrées à l'état
de pnlpe fiaîche. On peut extraire le suc de chacune
d'elles. On peut faire usage de leur infusion aqueuse
ou vineuse, el de leur eau distillée, de leurs macé-
ralioas vineuse, acétique, alcoolique, et de leur
CLINIQUE. 4-7
eau spîritnense. On administre quelquefois leur in-
fusion aqueuse à l'état de vapeur. On peut appli-
quer la plupart d'entre elles sous formes em plas-
tique et ouguentacée.
Lorsque ces plantes sont à l'état pulvérulent, on
les applique directement, ou on les incorpore dans
un excipient mou , et surtout dans le miel. Pour en
faire des sachets , on les dessèche , on les coupe
menu , et on les introduit dans un sac de toile j on
les applique ensuite sans ou après les avoir conve-
nablement échauffées. Lorsqu'on veut les avoir à
l'état pulpeux, on les prend fraîches, on les coupe
menu, et on les contond jusqu'à ce qu'elles aient
la consistance requise : c'est ainsi qu'on applique
souvent la rue , les crucifères, etc.; quant aux:
bulbes d'ail et d'oignon, on les fait cuire sous la
cendre chaude jusqu'à ce qu'elles soient convena-
blement ramollies. Pour avoir ces plantes à l'état de
cataplasme, on fait cuire leur poudre avec une
petite quantité d'eau , jusqu'à consistance conve-
nable; mais ce procédé a l'inconvénient de volatiliser
une partie de leur huile volatile.
La préparation de leur infusion aqueuse , de leur
macération alcoolique , et de leur eau spiritueuse , elc.
est absolument la même que lorsqu'on les administre
par la bouche , si ce n'est qu'on emploie les ingré-
diens dans des proportions beaucoup plus grandes.
Il existe quelques eaux spiritueuses composées
dont on a fait un fréquent usage : telle est entre
autres celle qu'on désigne communément sous le
nom ai eau vulnéraire spiritiieuse. Le nombre de
ses ingrédiens varie beaucoup selon les différentes
48 PHARMACOPÉE
pharmacopées. Le code de Paiis compose ce liquide
avec quarante - trois substances ditféreules , dont
plusieurs ne sont pas odorantes ; tandis que la phar-
macopée de Berlin n'en emploie que six; savoir, les
sommités de sauge ofdcinale , d'absinthe, de menthe
poivrée , de rue, de romarin othcinal , les ileurs de
lavande. Elle emploie chacune de ces substances à
l'état frais et dans les proportions de cinq parties sur
cent d'alcool à lo-f-o. Elle conseille de les distiller
au bain -marie jusqu'à siccité. Ce liquide peut être
remplacé par toute eau distillée aromatique simple ,
telle que celles de lavande, de romarin, de thym,
de roses, etc.
On peut préparer le vin aromatique par le mé-
lange d'une eau spiritueuse quelconque avec du via
rouge; on peut aussi le préparer par l'infusion di-
recte et momentanée des plantes aromatiques sèches
dans du vin rouge.
Pour préparer le vinaigre aromatique , on peut
recourir à la macération ou à la digestion : toute
plante aromatique desséchée peut convenir. On
entretient cette opération pendant un temps varié,
selon la (juantilé d'ingrédiens qu'on a employée , et
selon le degré de saturation que l'on recherche.
Lorsqu'on veut couseiver le vinaigre aromatique, il
est convenable d'y ajouter un peu d'alcool. Ou peut
aussi distiller le vinaigre sur des substances végétales
aromatiques desséchées.
Il existe un vinaigre aromatique camphré très-
usité , lequel est connu sous le nom de iniiaigre
des quatre voleurs. Le code de Paris le prépare
de la manière suivante : on prend vingt-quatre par-
CLINIQUEi, 4g
lies de sommilës d'absluthe , douze parties de fleurs
de romarin officinal, douze parties de sommités de
sauge officinale , douze parties de sommités de
menthe officinale , douze parties de rue , seize par-
ties de fleurs de lavande , deux parties de cannelle »
deux parties de gérofle deux parties de muscade,
deux parties de bulbe d'ail. On divise toutes ces sub-
stances , et on les fait digérer à la chaleur solaire
dans mille parties de bon vinaigre ; on eni relient la
digestion jusqu'à ce que ce liquide soit bien odorant,
c'eit à-dire pendant quinze jours environ. On passe
avec expression , on filtre , et on y miile ensuite
quatre parties de camphre dissous dan^ vingt fois
sou poids d'alcool à 25 4. o.
Il est quelques-unes de ces plantes qu'on fait di-
gérer, à vaisseau clos , dans de l'axonge ou dans
de l'huile : telles sont surtout celles dont l'odeur
est très-fugace.
Ces differens médicamens jouissent des mêmes
propriétés que les huiles volatiles qui entrent dans
leur composition : aussi les emploie-t-ou clans les
mêmes cas. Il en est quelques-uns qui peuvent oc-
casionner l'inflammation et la vésication , si on les
emploie à l'état frais et non suffisamment étendus :
telles sont les feuilles de sabiue, de rue, la racine
de raifort sauvage.
Sucs concrets féddbs.
On les emploie tous ; tels sont surtout Tassa foe-
tida , l'ammoniacum , le galbanum et le sagapénum.
On peut les administrer sous les formes d'em-
II. 4
$0 PHARMACOPEE
plàde, d'onguent, de Uniment, et à l'état liquide.
On peut leur donner la forme d'emplâtre et d'on-
î^uent par siin])le mixtion ou à l'aide de la digestion.
Dans le premier cas , on les triture et on les mêle
aussitôt avec les excipiens convenables. Ils prennent
la consistance emplaslique si on en mêle six parties
avec deux parties de cire et une d'huile j et ceUe
d'onguent avec deux fois leur poids au moins d'axonge
ou de cérat. On peut les ramollir à l'aide de quan-
tité suffisante d'acide acétique ou de vinaigre très-
concentré ; il suflit à cet effet de les réduire d'abord
à l'état pulvérulent, et d'j ajouter ensuite successi-
▼ement quantité suffisante de l'acide indiqué : cet
intermède augmente leurs propriétés. Il ne faut pas
avoir recours à la chaleur ( à moins que ce ne soit
à vaisseau clos ); car elle détermine la vaporisalioa
d'une grande partie de leur huile volatile. Lorsqu'on
Teut recourir à la digestion , on emploie le procédé
que j'ai indiqué pour les préparations analogues de
l'opium. Les pro])ortions peuvent être d'une à deux
parties de ces sucs sur dix parties d'excipient. Lors-
qu'on veut administrer ces sucs à l'état liquide , on
emploie particulièrement leur macération alcoolique:
i'enai parlé ailleurs. On l'administre seule ou étendue
dans de Thuile fixe.
Les sucs concrets fétides n'exercent pas d'action
notable sur la peau saine , même après une applica-
tion long-temps continuée ; ils paroissent relever le
Ion de cet organe et des tissus soujacens lorsqu'il
est affoibli. Ils peuvent agir ])ar absorption sur les
proj)rieles animales d'organes plus ou moins éloignés.
Un les emploie comme toniques dans différentes af-
CLINÎQUEh Sr
fecfions de l'organe cutané : c'est ainsi qu'on a con-
seillé d'appliquer sur la tête des teigneux de l'am*
moniacum ramolli à l'aide du vinaigre, et de le
maintenir appliqué pendant quarante jours. Mais
rien ne prouve jusqu'ici sa supériorité sur les autres
excitans communément employés en pareil cas. On
fait plus particulièrement usage des sucs concret»
féti<les pour exciter les organes soujacens , par
exemple, dans les affections lentes des articulations,
des mamelles, des testicules, du tissu cellulaire,
des glandes lymphatiques , etc. Ils composent en
grande partie l'emplâtre de Rustaing , que quelques
médecins appliquent sur les mamelles des nouvelles
accouchées qui ne veulent point allaiter, afin de
prévenir les accidens qui pi>urroient survenir. On
y a souvent recours pour agir sur les propriétés
animales et sur la contractilité organique sensihle
de tissus plus ou moins éloignés, par exemple , de
l'estomac , de Pulérus , etc. ; mais ce n'est pas ici le
lieu d'en parler.
Térébenthines.
On emploie celle de mélèze {pinus laryûc, L.) et
de sapin {pinus picea, L.). On peut les appliquer
sous formes d'onguent , de liniment, ou à l'élat li-
quide. L'axonge , le jaune d'oeuf, le miel , etc. , peu-
vent donner la consistance onguentacée j usqu'au dou-
ble de leur poids de térébenthine; et l'huile fixe celle
de liniment jusqu'à partie égale : l'alcool peut la dis-
soudre en toute quantité. Les proportions les plus
usitées sont deux à trois parties de térébenthine sur
cent parties d'intermède.
Sa PHARMACOPÉE
Ces subslances excitent d'une manière marquée;
elles peuvent produire l'inllammatlon si elles ne soiit
pas assez étendues, ou si on les applique pendant
trop long-temps. Leur odeur desagréable s'oppose
quelquefois à leur emploi. Elles agissent par absorp-
tion sur les organes urinaires , et communicjuent à
l'urine l'odeur de violette. On les emploie particu-
lièrement lorsqu'on veut relever le ton des surfaces
suppurantes j on eu fait plus rarement usage lors-
qu'on veut exciter généralement.
L'onguent d'altbœa, le baume d'arcœus, le diges-
tif simple ne sont que la térél>enthine étendue dans
des intermèdes différcns et dans des proportions
variées.
Poix de Bourgogne.
On l'emploie purifiée ; à cet effet on la liquéfie cf
une douce chaleur et on la fait passer à travers une
toile. On lui donne la forme onguentacée ou emplas-
tique. La cire peut donner la consistance d'emplâtre
à partie égale de poix de Bourgogne ; et l'axouge
celle d'onguent à quatre fois son poids. Les propor-
tions ordinaires sont les mêmes que pour la térében*
thine. On prépare l'une et l'autre de ces formes à
1 aide de la fusion à une douce chaleur.
La poix de Bourgogne ainsi étendue excite légère-
ment. Si on l'emploie seule et qu'on la maintienne
appliquée pendant trop long-temps, elle peut occa-
sionner la rubéfaction , mais seulement d'une ma-
Dièi e très-lente. On l'emploie pour entretenir l'ex-
cilalion des surfaces suppurantes ou des organes
continus.
CLINIQUE,' 55
La poix noire, le galipot,rëlëmi, purifiés à l'ins-
tar de la poix de Bourgogne, peuvent être adminis-
trés d'une manière analogue et dans les mêmes cir-
constances. L'onguent designé sous le nom de basi-
licum ou de tetraphannacwn n'a pas d'au Ire pro-
priété que chacune des substances qui le constituent ,
prise isolément.
Opium*
On peut l'administrer sous formes d'emplâtre ,
d'onguent, de Uniment, et à l'état liquide. On peut
préparer les formes molles par simple mixtion ou à
l'aide de la digestion. Dans le premier cas, on choisit
de l'opium sec, on le réduit en poudre , et on le mêle
par trituration avec l'intermède convenable. II prend
la forme emplastique si on en mêle six parties avec
deux parties de cire et une d'huile iixe, et celle d'on-
guent avec deux fois son poids de cérat ou d'axonge :
il prend celle de liuiment si on triture l'onguent
opiatique avec le double d'huile environ. Dans le
deuxième cas, c'est-à-dire lorsqu'on veut recourir à
la digestion, on fait celle-ci au bain-marie et dans
des vaisseaux de verre bien bouchés. Oa emploie
l'opium divisé , et on choisit de l'axonge, du beurre
et de l'huile qui ne soient pas rancesj on entretient
l'opération pendant plusieurs jours; on passe avec
expression, on purilie, et on dépose convenablement.
Les proportions varient à l'infini : on peut prendre
cinq à dix parties d'opium sur cent parties de l'iuler-
irède. On peut conserver l'huile opiatique à l'état de
liniment, ou y faire fondre de la cire et lui donner
la coDsislance onguenlacée ou emplasliquc. Lors-
54 PHARMACOPÉE
rju'on veut employer ropium à Télat liquide , on le
triture avec de l'eau froide ou tiède et dans des pro- .
Tîortions déterminées; par exemple, une partie et
plus sur mille parties d'eau. On peut remplacer ce
suc concret par l'infusion des capsules de pavot {pa-
•pm'er somniferum , L.). On fait aussi usage de l'al-
cool opiatique dont j'ai parlé ailleurs; on l'applique
seul ou étendu dans de l'huile (ixe ; par exemple,
dans le double de son poids. Dans tous les cas , il
faut empêcher que l'odeur d'opium ne frappe To-
dorat et ne puisse ai^ir ainsi sur l'encéphale.
L'opium appliqué de l'une des manières indiquées
n'exerce pasd'aclion locale notable sur la peau saine;
il n'en est pas de même lorsqu'on le met en contact
avec cet organe malade ou avec des tissus accidentel-
lement dénudés; il occasionne alors delà douleur et
de la chaleur, surtout lorsqu'il y a un état d'irritation
préexistant ; il peut favoriser la marche ou la sup-
pression de la suppuration etde l'inilammation, selon
que celles-ci sont dans un état tonique ou opposé, et
selon qu'on l'emploie plus ou moins concentré; il fait
souvent cesser les douleurs locales, surtout lors-
qu'elles ne sont pas dépendantes d'une forte irrita-
tion. 11 peut être absorbé, et produire l'excitation ou
la sédation des fonctions de l'encéphale et du sys-
tème nerveux en général.
Ou rem[)loie pour exciter localement dans les
phlegmasies aloni(|ues de la peau ou des tissus souja-
cens. On voit évidemment qu'il existe des cas qui en
contrc-indif-Mienl rusaiïe. Il est des circonstances dans
les(juclleson applique l'opium sur la peau, alin d'agir
par absorption; il faut alors élever sa température^
CLINIQUE. 55
M. Brera assure que cette substance agit à dose beau-
coup moindre , si on Téteud dans du suc gastrique ou
dans de la salive, que dans de l'axonge ou dans ua
autre corps gras.
La dose de l'opium est en général difiiclle à détei-
miner ; on a vu 4 grammes (un gros) et plus ne pas
modifier notablement les fonctions encéphaliques;
tandis que quelques centigrammes ( un grain) ont
quelquefois produit le délire ou le sommeil.
Herbes de ciguë (coniinn maculatum , \-i.Jf de
belladone [ atropa belladona , \^, ) ,de jiisquiarne
( hyosciamus niger , \-t* ) , de moreile f sola-
nuni nigruirif L. J.
On peut appliquer ces herbes sous forme molle
et liquide. On peut les administrera l'état pulpeux :
à cet effet , on les prend à l'état frais , on les coupe
menu et on les contond convenablement. Pour leur
donner la forme emplastique et onguentacée , on les
réduit en poudre et on les mêle par trituration avec
les Intermèdes convenables; on peut aussi recourir ,
à cet effet , à la digestion : on pratique celle-ci de la
manière indiquée pour l'opium. On peut appliquer
directement leur suc épaissi. Pour les emploj^er à l'état
liquide, ou peut en exprimer le suc , ou les prendre
desséchées et les faire infuser dans l'eau et à vaisseau
clos : les proportions sont d'une à dix parties et plus
sur cent parties d'eau.
Ces substances, appliquées immédiatement sur la
peau ,n'y exercent pas d'action notable; si on les y
maintient pendant long - temps , elles produisent
56 PHARMACOpiE
quelquefois une légère inflammation pustuleuse ort
érjsipëlateuse ; mais celle-ci peut provenir de l'exci-
pient autant que du corps médicamenteux lui-même.
Applicjuées sur le derme malade , ainsi que sur les
tissus soucutanés accidentellement dénudés, elles
modifient leur top ; elles peuvent diminuer les dou-
leurs locales, surtout si elles ne sont pas le sym-
ptôme d'une inflammation très-forte. Elles peuvent ,
par absorption , agir sur le système nerveux et le
modifier à peu près comme l'opium.
On les emploie plus particulièrement lorsqu'on
veut exciter par contiguïté les glandes lymphatiques,
ou d'autres organes soucutanés; par exemple, dans
le cas de gonflement atonique plus ou moins rénitent
des mamelles, des testicules, désarticulations, etc.
Herhe de tabac Çnicotiana tabacum , L.J*
On ne l'emploie pas ordinairement sous les formes
d'emplâtre , d'onguent et de Uniment , mais à l'état
liquide ; si on vouloit l'administrer sous les premières
formes , il sufflroit de faire l'application des procédés
que j'ai indiqués pour les substances précédentes.
Pour l'administrer à l'état liquide , on fait usage de
son infusion et de sa décoction aqueuse : les propor-
tions ordinaires sont d'une à cinq parties et plus sur
cent parties d'eau. On les applique en fomentations
ou en lotions. On peut aussi employer la macératiou
alcot^li(|ue dont j'ai parlé ailleurs.
Les inédicamens préparés avec le tabac excilenl for-
tement ; ils peuvenlproduire I inflammation; ils peu-
vent, parabsorplion, exciter lesorganes rénaux , elc ,^
CLINIQUE. 57
déterminer le vomissement , le délire, le narcotis-
me , etc. Ces effets ont surtout lieu lorsqu'on met
ces médicamens en contact avec des tissus dénudés.
On y a recours dans des maladies cutanées variées ,
surtout dans la gale , la teigne , lorsque toutefois les
phénomènes d'irritation ont disparu.
liacine d'hellébore noir (lieïlehorus niger , Ij.J ;
feuilles de dentelaire d' Europe {pliimbago Euro-
pea y \^.)^ de clématite brûlante ( clemaLls intal-
ha , h.J , de sabine (jiiniperus sabina , L. ) ;
écorces de bois gentil ( daphne mezereum , L.J ,
de daphne laureola , L.; semences de poivre noir
(piper nigrum , L" J ; euphorbe Ç euphorbia
antiquorum , L.^.
Ces différentes substances et toutes les parties des
végétauxqui sont susceptibles d'enflammer, peuvent
être employées pour exciter le ton de la peau et des
tissus dénudés.
On peut les appliquer en poudre sous la forma
d'onguent, de liuiment, et à l'état liquide. Pour les
appliquer à l'état pulvérulent , il faut les étendre
préalablement dans une poudre inerte : cette forme
est d'ailleurs peu usitée. Le plus souvent on leur
donne la forme d'onguent. Il suffit , à cet effet , de
les réduire en poudre et de les mêler, à l'aide de la
Iriluralion , avec quantité suffisante d'un intermède
mou. Les proportions les plus ordinaires sont une
à deux parties pour dix parties d'excipient. On doit
pr ^parer cet onguent par la voie de la digestion : à
cet effet , on divise ces substances convenablement ;
on les mêle avec de l'axcuge ou avec du beurre >
68 PHARMACOPEE
dans les proportions de o,i à 0,2 environ; on intro-
duit ce mélange dans un vaisseau de verre clos ; on
l'expose à la chaleur d'un bain-marie modérément
échauffé ; on l'y laisse pendant vingt-quatre à qua-
rante-huit heures environ ; on passe ensuite à tra-
vers une toile claire ; on exprime et on laisse refroi-
dir. On peut aussi entretenir la macération et la di-
gestion dans rhuile fixe ; on emploie celle-ci à l'état
de liniment, ou on la convertit eu masse plus ou moins
consistante: il suffit d'y faire liquéfier une quantité
plus ou moins grande de cire blanche ou jaune.
On peut aussi administrer ces substances végétales
à l'état liquide ; on a recours à l'intermède de l'eau ,
ou de l'alcool à lo+o. On applique ces liquides eu
fomentations ou en lotions.
L'administration de ces différens moyens exige
beaucoup de prudence, surtout lorsqu'on les ap-
plique sur des tissus qui sont dénudés accidentelle-
ment; car les uns, telle que la racine d'hellébore
noir, peuvent occasionner des coliques et la purga-
tion,etc. Ces différentes substances peuventd'ailleurs
enllaramer localement, si on ne les étend pasconve-
iiablement,ou si on les maintient appliquées pendant
long-temps.
Ou a recours à ces moyens , convenablement ad-
ministrés, ])Our exciter le derme dans plusieurs cas
de maladies chroniques de la peau, telles que la
gale , les dartres , etc. , pour exciter les tissus dé-
nudés dans les cas d'inflammation et de suppuration
atonique, de fougosités , etc.
CLINIQUE. 59
Canûiarides (meloe 'vesicatorius ,\i*^ lytia^vesl"
catoria , Fabr.^.
Leur tête, leurs ailes et leurs pattes, et en général
tout le test , sont inertes : aussi les anciens leur eule-
voient-ils la tête , les ailes et les paltes (i).
On peut les appliquer sous les formes d'emplâtre,
d'onguent , de liniment, et en solution partielle dans
l'alcool. Pour leur donner la forme emplastique, il
suffit de les réduire en poudre et de les triturer avec
uu intermède emplastique quelconque, et surtout
avec celui qui est composé de partie égale de cire ,
d'huile et de résine. Les proportions peuvent varier
selon le degré d'excitation qu'on veut déterminer, et
selon la rapidité avec laquelle elle doit avoir lieu : telle
est une partie sur dix parties d'intermède.
Pour leur donner la forme onguentacée , on les
réduit en poudre et on les mêle par trituration avec
l'axonge, le beurre ou le cérat. On peut aussi prépa-
rer cet onguent par digestion : on suit les procédés
que je viens d'indiquer pour les substances précé-
(i) C'est spécialement clans la matière colorante verte que
rôside le principe irritant des cantharides. Or cette substance
prédomine dans les ailes supérieures ou élytres, dans le chape-
ron qui recouvre la tète , et dans les autres parties écailleuses
qui enveloppent les pattes, le thorax, etc. S'il falloit en consé-
quence jeter quelques parties des cantharides, ce seroit celles
qui ne sont pas colorées en vert; mais cette séparation, qui de-
manderoit beaucoup de temps, seroit entièrement inutile, les
parties les moins active- de ces insectes n'étant pas assez aboa-
çlantes pour nuire à raction des autres, P. H, iV",
So PHARMACOPEE
dentés. Pour pre'j^arer le linimeiit , on fait macérer
ou digérer les cautharides pulvérisées dans de Thuile
fixe. Pour convertir cette huile cantharidée eu on-
guent , il suffit , comme pour les substances précé-
dentes, d'y faire fondre une quantité plus ou moins
grande de cire blanche ou jaune.
On prépare ordinairement la macération alcooli-
que avec de l'aicool à lo-f-o. Les proportions varient
selon la durée qu'on veut donner à l'opération , et
selon la promptitude avec laquelle l'excitation doit
avoir lieu : les plus ordinaires sont une à dix parties
sur cent parties d'alcool. On l'apphque en fomenta-
tion et en friction.
Lescanlharidesexigentbeaucoupde prudence lors-
qu'elles sont emy^loyées pour détermmer l'excilatioa
tonique ; car elles peuvent enflammer et produire la
vésication : aussi doit - on les étendre convenable-
ment, et cesser leur application dès que les phéno-
mènes de la rubéfaction commencent à se mani-
fester.
Un autre effet que produisent les canlharides et
qui s'o])pose souvent à leur emploi , c'est l'incon-
vénient qu'elles ont d'irriter secondairement le col
de la vessie urinaire et d'y produire tous les phéno-
mènes de rinllammalion : cet effet n'a cependant pas
lieu chez tous les individus ; car sur cent à peine en
est-il un qui l'éprouve. O.i a cru que le camphre pou-
volt s'opposer à celte action des cantharide-. Pour
m'en convaincre, j'ai choisi les individus qui éprou-
voicnt les phénomènes en question ; j j leur al ap-
pliqué le camphre conjointement avec les cauthari-
des ( quelquefois en quantité égale ) ; et uonobs-
CLINIQUE. 6l
tant cela, les douleurs vesslcales et Tischurie se soat
manifestées ; il me suffisoit d'eu suspendre l'appli-
cation pour que ces effets cessassent presque instan-
tanément. J'ai, en outre, obtenu les résultats sui-
vans : les individus qui sont susceptibles d'éprouver
ces accidens par l'usage des cantharides , ne le sont
pas également à toutes les époques. J'ai vu plusieurs
femmes n'en être affectées qu'à l'approche de la
menstruation. Le plus souvent ou n'éprouve ces ac-
cidens que lorsqu'on a continué l'usage des cantha-
rides depuis quelques jours. La poudre de cantha-
rides, exposée avec quantité suffisante d'eau à l'ac-
tion de la chaleur , perd son odeur désagréable au
bout d'un temps plus ou moins grand ; elle n'agit
plus alors, ou que très-lentement, sur le col de la vessie
urinalre. Les extraits aqueux et alcoolique présentent
les mêmes phénomènes que la poudre si on les ex-
pose pendant quelque temps au contact de l'air, ou
si on les soumet à l'action continuée du calorique j
mais ces substances perdent par là leur propriéié
d'irriter le col de la vessie urinaire; elles cessent
aussi en même temps d'exercer une action locale.
Si les phénomènes de l'irritation vessicale se mani-
festent , on doit aussitôt suspendre l'application des
cantharides , et faire prendre des mucilagineux.
Les cantharides ont été eu général peu usitées
pour exciter simplement le derme et les tissus souja-
ceus; c'est plutôt pour produire la rubéfaction, la
vésication et la suppuration du derme. Elles peuvent
être néanmoins employées dans la plupart des cas où
on fait usage des autres excitans.
62 P II A p.. M A C O P É K
Oxygène.
On l'applique rarement seul; le plus souvent c'est
à l'aide de substances qui le conliennent en graude
quantité et qui l'abandonnent facilement : tels sont
l'oxyde de manganèse , l'oxyde de mercure louge ,
l'oxyde de plomb ronge, l'acide nitrique, l'acide
murialique oxygéné , le muriate suroxygéné de po-
tasse , etc. Mais l'action de ces différens corps est
composée de celle de l'oxygène qu'ils contiennent, et
de celle de la base à laquelle celui-ci est uni : aussi
excitent- ils chacun avec des modifications parlicu-
lières. On est parvenu depuis quelques années à sa-
turer les corps gras d'oxygène.
Axonge oxy gênée (pommade oxygénée). Les
«leux procédés les plus en usage sont ceux de MM.
Fourcroy et Alyon.
D'après M. Fourcroy , on fait liquéfier cent par-
ties d'axonec à un feu doux et dans un vaisseau de
verre ou de porcelaine ; on y ajoute ensuite huit par-
ties d'acide nitrique pur à 28 ou à 3o — o ; on agite le
mélange avec un pilon de verre ou de porcelaine
jusqu'à ce que le refroidissement soit complet; on fait
ensuite fondre la masse dans trente parties d'eau de
pluie ou de rivière \ on entrelient l'ebullition pendant
une demi-heure , et on agite contituiellemcnt ; on
laisse ensuite refroidir , puis on sépare l'axonge de
l'eau , on la fait liquéfier de nouveau , et on la coule
dans des vases de porcelaine ou de faïence.
D'après M. Al von, on liquéfie cent parties d'axonge
à une douce chale»r et dans un vaisseau de ven-e ;
on y ajoute six parties d'acide nitrique ù 32 — o ;
clinique: 63
on agite le mélange , et on le laisse exposé à la cha-
leur jusqu'à ce qu'il s'en dégage des bulles : on l'ea
retire alors. Ce dégagement continue spontanément
jusqu'à ce que tout l'acide nitrique soit décomposé.
L'action excitante de l'axonge oxygénée ne peut
être mise en doute. Si on maintient ce moyen ap-
pliqué pendant quelque temps , surtout chez les
personnes délicates , il peut produire un état éry-
sipélateux ; il supprime quelquefois les siqipurations
et les intlammations chroniques. On l'emploie parti-
culièrement dans les maladies chroniques de la peau ,
Lelles que la gale, les dartres, la teigne, etc.; mais
ses effets secondaires ne sont pas plus certains que
ceux de la plupart des excitans ; l'habitude les an-
nihile également , et les cas dans lesquels l'axonge
oxygénée convient plus particulièrement ne sont
pas assez déterminés.
Soufre et composés sulfurés.
On emploie le soufre , l'hydrogène sulfuré et
les sulfures hydrogénés.
Soufre, On préfère celui qui est sublimé ; on
emploie néanmoins aussi , mais moins fréquem-
ment , le soufre en canon , qu'on a soin de pulvé-
riser finement. On administre le soufre ordinaire-
ment sous la forme d'onguent, rarement sous celle
d'emplâtre et de liniment. Il ne paroît pas exercer
d'action notable à l'état emplaslique. Il est trop
peu soluble dans l'huile pour qu'il puisse exercer
quelque action à l'état de liniment. L'alcool et
réllier le dissolvent aussi dans de trop petites pro-
64 PHARMACOPEE
portions pour qu'oD puisse les e:îi])Ioyer comme
dissolvans. L'axoiige peut donner la cousistance on-
gueulacee à partie égale , et même au - delà du
double de son poids de soufre : il suffit de recourir
à In trituration. Le jaune d'oeuf, le cérat, le beurre,
doivent être préférés pour les personnes délicates :
on les aromatise convenablement.
Le sonfre, appliqué sous forme onguentacée , ne
paroît pas exercer d'action notable sur la peau saine ;
il irrite les surfaces enflammées , et supprime quel-
quefois la suppuration et l'état phlegmasique.
On en fait particulièrement usage dans le traite-
ment de maladies cutanées variées , et surtout de
la gale , notamment dans celle qui est récente et qui
est occasionnée par la présence de Yacarus scabiei.
On l'applique en friction : i25 grammes (4 onces)
de soufre peu étendu , applicjués en trois ou quatre
fois, suftiseut fréquemment dans ce dernier cas.
Gaz hydrogène sulfuré. On l'applique à l'état
liquide et à une température plus ou moins élevée.
On peut préparer instantanément de l'eau bydro-
sulfurée ; il suffit de mêler un sulfure alcalin ou
calcaire avec de l'eau. Les proportions ordinaires
sont une demi-partie à une partie sur mille ])arties
d'eau ; on élève la température de 22 à 7 5 centi-
grades -|- o. On administre ce liquide en bain général
ou local et en doucbe. Il excite promptemenl ; mais
il ne tarde pas à débiliter si on en continue ra])plica-
tion pendant long-temps. Son administration exiga
par conséquent la plus grande prudence, et l'on a
des exemples de malheurs survenus par l'oubli de
ces précaulion6t
CLINIQUE. 6r>
Oq fait particulièrement usage de l'hydrogène
sulfuré et des sulfures hydrogénés pour exciier le
derme dans différens cas d'exanthèmes , tels que la
gale, les dartres, etc. ; on y a aussi fréquemment
recours pour exciter les organes contigus , par
exemple , les muscles, les glandes lymphatiques, etc.,
dans les cas de rhumatismes chroniques, d'afffîctions
lentes des viscères abdominaux , et dans la syphilis
invétérée , etc.
Acidesk
Acide sulfurique. On peut l'administrer sous
formes molle et liquide. Pour lui donner la consis-
tance molle , on peut se servir d'axonge ou de mieh
Les proportions usitées sont une partie environ
d'acide sulfurique à 66 — o sur dix parties d'axonge
ou d'un autre excipient analogue. On triture d'abord
l'axonge dans un mortier de verre, et on y ajoute
successivement la quantité indiquée d'acide sulfu-
rique. Cet onguent prend une couleur rose qu'il
perd successivement par le contact de l'air. Lors-
qu'on se sert de miel , on emploie ordinairement de
l'acide sulfurique déjà affoibli. Lorsqu'on veut ad-
ministrer cet acide à l'état liquide , on l'étend con*
venablement dans l'eau.
Cet acide , selon son degré d'extension et l'état
actuel du tissu sur lequel on l'applique, peut occa-
sionner l'astriction , une simple excitation tonique „
quelquefois la rubéfaction et même l'escarre, si on
n'apporte pas beaucoup de prudence dans son admi-
nistration. L'onguent sulfurique , préparé dans les
II, 5
6G PHARMACOPEE
pioporllons que j'at Indiquées plus haut , JeLermine
qiielquetois la rubefaclion.
Ou l'emploie particulièrement pour amener le too
(3e la peau et des organes soujacens à leur état nor-
mal , dr»,ns le cas d'œdcme, de contusion, d'ecchy-
ïïiosc scorbulique , elc. ; pour produire une astric-
tion convenable, a{?n de supprimer localement des
hémorrhagies de petits vaisseaux , ou sympathique-
ment celle des membranes mucjueuses ; enfin on y
a recours pour favoriser ou déterminer la suppres-
sion de maladies culances cbroniques, comme des
dartres, de la gale, de la teigne , et pour supprimer
dès son début Terysipèle que produit la brûlure ,
les engelures, etc.
Acide nitrique. On peut ra})pliquer sous forme
ou"uentacée et à Télat liquide. Dans le premier cas ,
on i'élend dans du miel ou de Taxonge j mais il a
rinconvénienî de se décomposer facilement par le
simple mélange avec les excipiens. Si on veut l'ad-
ministrer à rélat liquide, il faut rétendre dans quan-
tité suffisante d'eau.
Cet acide produit facilement rindammation et
Vescarre. Quoique très-étendu, il peut jaunir l'épi-
derme, surtout si on le laisse appliqué pendant
^onc-lemps. Il ne produit pas d'astiicllon comme le
sulfurique. C'est à cause de ces difiérens inconvé-
iiiens qu'il est en général peu employé comme ex-
citant cutané.
Acide muriatiijuc. On peut l'administrer sous
forme ongucnlacee et à Tétat liquide. 1/axonge ne
sauroit convenir dans le premier cas ; car elle ne se
mêle que difficilement avec cet acide : on lui préfère
CLINIQUE, G7
ïe miel. Les proportions doivent varier selon le
degré de concentration de l'acide et la susceptibilité
du tissu cutané ou snjipurant. Si on veut l'avoir à
l'ëtat liquide , on l'elend dans quantité suffisante
d'eau.
Cet acide n'est pas suscepliMe de produire l'es-
carre aussi fa ilement que les précédens; mais il
peut enllammer s'il n'est pas assez étendu : il n'est
guère propte à occasionner l'astriction. On rem-
ploie pour amener l'organe cutané et les tissus sou-
jacens à lenr ton normal, et ])onr su])primer diffé-
rens cas de phlegmasies cutanées sans irritation très-
grande, telles que la teigne, les dartres, etc., des
ulcères Indolens, etc.
Acide inmiatique oxygéné. On ne l'applique
ordinairement qu à l'état liquide; à cet effet, on
î'élend convenablement dans l'eau. Les pioportions
ne peuvent être déterminées d'une manière absolue,
car cet acide n'est pas toujours également concentré.
On l'applique en fomentation , et on le maintient
applique ])endant un temps plus ou moins long. Cet
acide exerce une action plus intense que le précé-
dent.U ne paroîl pas non plussusceptlblede produire
l'astriction. On 1 emploie dans les mêmes cas que
l'acide muriallqne.
Acide carbonique. On peut l'administrer à l'état
gazeux ou en solution aqueuse; on peut l'appliquer
aussitôt ou d'une manière graduée. Pour l'employer
à l'état gazeux , on en remplit une vessie qu'on dç-
boucbe et qu'on comprime vis-à-vis la surface avec
laquelle on veut mettre cet acide en contact. Oo
peut aussi, lorsqu'il est impossible d'avoir cet acide
GS PHARMACOPÉE
à rélat gazeux, le dëg.'iger extcraporanémenl ; à cet
tfl'et ou iiitioduif dans une boiiteil'e du caihonale
de chaux concassé ou du carbonate de potasse du
commerce; on y ajoute ensuite un acide quelconque ,
tel que le viuaii^re, le suc de citron , Tacide suif'u-
rique , etc. ; on bouche dès que l'effervescence
commence; on agite , on débouche alors la bou-
teille à mesure qu'elle se remplit de gaz, et on dirige
celui-ci vers la surface qu'on veut exciter. On peut
encore opérer ce dégagement d'une manière plus
lente et plus graduée. A cet effet , on mêle du car-
bonate calcaire avec un acide ou un sel acidulé
solide, tel que le lartrite acidulé de potasse, l'oxa-
late acidulé de potasse , le sulfate acidulé de potasse ,
l'acide iartareux , etc. , et ou incorpore le tout dans
un cataplasme ordinaire ; ou, si on n'a pas ces acides .
sous la main, on fait un cataplasme ordinaire dans
lequel on remplace l'eau pai- du vinaigre , et au
moment de l'application on y mêle du caibonate
de chaux pulvérisé. Pour avoir cet acide à l'état
liquide , on suit le procédé que j'ai indiqué ail-
leurs. On l'applique en fomentation , eu lotion ou
en bain.
Cet acide n'exerce qu'une action excitante peu
intense et momentanée : aussi ne peut-il convenir
dans le cas oîi il est nécessaire d'agir fortement. Si
on l'a cru pendant quelque temps utile dans les
cancers , c'est parce qu'on a supposé qu'il y agissoit
comme il le fait sur les substances animales mortes
dont il arrête ou ralentit la ])utréfaction. 11 est su-
perllu ; au moins il ne préseule rien de particulier
dans son action.
CLINIQUE. 69
Acide acétique. Ou peut employer cet acide
plus ou moins concentré , on peut le remplacer par
du bon vinaigre. On l'applique ordinairement à l'ëtat
liquide et plus ou moins étendu d'eau ou de miel ;
on l'applique en fomentation ou en lolion. I! exerce
une action tonique simple et une astriction modé-
rée. L'acide acétique concentré peut produire Tin-
llamraation. On l'emploie dans les mêmes cas que
l'acide sulfurique étendu.
Acide citrique et suc de citron. Ou peut ap-
pliquer cet acide plus ou moins étendu ; on l'ad-
ministre ordinairement à l'état liquide ; il déter-
mine une excitation tonique modérée ; on ne l'a pas
encore vu produire l'inflammation ni l'astriction :
aussi ne l'emploie-t-on que pour relever le ton des
organes et des tissus soujacens suppurans ou non.
Les autres acides végétaux ne sont point d'usage.
Ou pourroit les employer si on n'étoit pas à même de
se procurer les précédens : leur mode d'actiou est
d'ailleurs moins connu.
Acide henzoïque.
On peut lui donner la forme de poudre, d'em^
plâtre , d'onguent et de liuiment ; on peut l'em-
ployer en solution alcoolique. L'axonge , le jaune
d'œuf , le miel, le cérat , l'huile peuvent recevoir
une très-grande quantité de cet acide saivs perdre
leur consislance d'onguent et de liniment. Ces dif-
férentes mixtions et solutions peuvent avoir lieu
instantanément et par simple trituration.
Cet acide , convenablement étendu, excite le
yo PPIARMACOPÉE
derme et les lissiis dénudés accldentcllemctit, sans
produire d Inllimrnation. On l'emploie raremeut
pur. Le plus ordinairement ou fait us/^ge du sty-
rax liquide (sur du Liquidanihar st^raciflua^\^.\
Styrax Uqui'le. 11 est fréquemment falsifié. On
est souvent obligé de le purifier. On a recours à
cet effet à J'alcool rectifie. Ce liquide dissout le
baume , et laisse les substances hétérogènes ; on
évapore l'alcool , et on obtient ainsi le stj'rax pur.
Ou lui donne ordinairement la forme onguentacée.
On peut l'administrer aussi sous celle d'emplâtre et
de Uniment, et en solution dans l'alcool. On peut
d'ailleurs l'appliquer tel qu'il nous vient par la voie
du commerce ; car il a la consistance onguentacée :
on peut aussi l'étendre dans partie égale ou dans
le double de sou poids d'un intermède mou quel-
conque , w\ que de miel , de jaune d'œuf , etc. Les
proportions les plus généralement usitées sont une
à trois parties de ce baume sur dix pari les d'iuler-
mèJe. On prépare cette mixtiou extemporanément
par trituration.
On emploie ce baume particulièrement lorsqu'on
veut exciter des suppurations atoniques, celles qui
tendent à la gangrène , etc.
Les autres baumes ne sont point usités. Le benjoin
peul remplacer le styrax j l'acide benzoïque est d'ail-
leurs plus convenable, et on peul lui donner le degré
de concentralion qu'on désire.
Sels acidulés.
Parmi les sels acidulés , on n'emploie en général
que le sulfate acide d'alumine et de potasse.
CLIJSriQUE. rji
Sulfate acide d'alumine et de potasse (alun).
Ou peut l'employer en poudre , sous forme ouguen-
tacée, ou à l'état liquide. L'axoiige et les autres exci-
piens mous peuvent donner la consistance onguenta-
cée jusqu'au double de leur poids de ce sel cristallin.
Les proportions ordinaires de ce dernier sont une à
trois parties sur dix parties d'intermède.
On le dissout dans au moins vingt fois son poids
d'eau : l'alun calciné ne s'y dissout pas entièrement.
L'action de l'alun est très - analogue à celle de
l'acide sulfurique étendu ; il ne paroît pas susceptible
de produire l'inflammation; appliqué sur les sur-
faces suppurantes, il y occasionne des picotemens,
çà et là de petites pellicules blancbes, quelquefois
une couenne générale , et dans quelques cas il sup-
prime aussitôt la suppuration. On l'emploie dans les
mêmes cas que l'acide sulfurique convenablement
étendu.
L'alun calciné perd, outre son eau de cristallisa-
lion, un peu de son acide; il n'a pas par conséquent,
sous ce dernier rapport, d'action beaucoup plus in-
tense que l'alun cristallisé.
Alcalis.
Ou emploie rarement la potasse et la soude pour
exciter l'organe cutané et les tissus soujacens ; si ou
en fait usage, c'est plutôt à l'état de carbonate sur-
saturé , et à l'état savonneux.
Savon alcalin. On peut l'emyjloyer sous les for-
mes d'emplâtre, d'onguent, do liniment, et à l'elat
li(|uide. Peur lui donner la forme einpiastiquc , on le
•^3 P H A R 51 A C O P E E
çonpe menu ctoiilefaitllquëficràuncdoiicecdaleur
soilaveclesavon (le |)loml),soltaveclacire résine :celle-
ci peut donner la consislance emplastique à partie
cgale de savon. Les proportions ordinaires sont une à
doux partiesdesavon sur dix d'interinède.Cclemplâtre
savonneux ne paroît pas avoir d'action diiïérenle de
celle des intermèdes emplasliques en général. Pour
donner au savon la forme onguentacée , il sufiil de le
liquéfier à une douce chaleur avec de l'axonge ou
ovec de Thuile fixe, ou mieux avec quantité suf-
fisante d'alcool à 20 -(- o. L'axonge peut donner la
consistance onguentacée à partie égale de savon , et
l'huile celle de liniment à 0,2 de son poids.
Lorsqu'on veut avoir le savon à l'état liquide , on
le dissout dans l'eau ou dans l'alcool ; l'eau le dissout
en toute proportion ; mais il fant qu'elle ne contienne
pas de sels calcaires : aussi emploie-t-oii l'eau de pluie
et de rivière. L'alcool à 25-1-0 peut en dissoudre
partie égale à l'aide de la chaleur; mais ce solutum
se concrète par le refroidissement. L'alcool à 2o-f-o
pent en tenir en solution la moitié de son poids.
Pour opérer celte solution, on coupe le savon menu
et on l'expose , à vaisseau clos, à l'action d'une douce
chaleur. Ce liquide est diaphane j il blanchit par l'ad-
dition de l'eau.
L'action excitante du savon est modérée : on l'em-
ploie particulièrement dans difïéreus cas d'exanthè-
mes , et j)our exciter ])ar conliguilé dans des cas d'en-
torse , d'ecchymoses , ou dans les affections lentesdes
articulations, etc.
yîminoniaque. On l'emploie à l'élatliquidc étendue
dans quanlilé suffisante d'çau, d'alcool ou d'huiki
CLINIQUE. 70
fixe. Peur mêler l'ammoniaque avec l'iiuile , on inlro-
duit d'abord celle-ci dans une fiole à large goulot , et
on y verse ensuite l'alcali; on bouche aussitôt et on
agite convenablement. Les proportions ne peuvent
être établies rigoureusement ; elles doivent varier
selon la susceptibilité individuelle et selon la promp-
titude avec laquelle on veut agir. Les proportions les
plus ordinaires sont une partie d'ammoniaque sur
dix parties d'huile.
On peut aussi dégager l'ammoniaque successive-
ment : on prend à cet effet une partie de muriate
d'ammoniaque pulvérisé et trois parties de chaux,
éteinte et réduite eu poudre; on mêle ces deux subs-
tances et on les introduit aussitôt dans un sac de toile
qu'on applique immédiatement après. Un litre de ce
mélange pèse entre 5 et 6 hectogrammes : on peut
l'appliquer seul ou l'étendre dans une quantité pkis
ou moins grande de sable fin ou de plâtre, si toute-
fois on veut obtenir une action pkis lente. On peut
aussi étendre le mélange de muriate d'ammoniaque
et de chaux dans un cataplasme ordinaire et l'appli-
quer aussitôt.
Lorsqu'on applique l'ammoniaque liquide et le
Uniment ammoniacal, il ne faut les maintenir que
momentanément et surveiller les effets qui se mani-
festent, excepté dans les cas où cet alcali est très-
étendu. On enlève le médicament dès qu'on aperçoit
des traces de rubéfaction : sans cette précaution , on
peut s'ex])oser à produire l'inflammation et l'escarre.
L'ammoniaque convenablement étendue peut d'ail-
leurs être appliquée par simple apposition ou en
friction.
74 P ÏI A R Z\I A C O P É E
Son action excitante est prompte et intense. On y
a recours dans diffërens cas de maladies chroniques
de la peau, telles que la gale, les dartres; on cherche
surtout à exciter les tissus soujaceus par son inter-
mède : aussi Teraploie-t-on dans l'oedème, dans la
Irolsième période de l'enlorse et de la contusion;
dans différentes maladies lentes des muscles, des
glandes lymphatiques, des articulations, des viscères
abdominaux, des mamelles, etc.; on s'en sert aussi
<]uelquefois pour exciter par contiguité le prolon-
gement rachidien.
Terres siibalcaVmes,
On n'emploie que la chaux , et même que l'eau
de chaux.
Eau de chaux. On emploie l'eau de chaux direc-
tement; quelquefois on l'étend préalahleraent dans
de l'huile fixe : on forme ainsi un liniment calcaire.
Les proportions sont variables; on prend frèquem-
rnent trois à dix parties d'huile sur cent parties d'eau
de chaux.
L'eau de chaux est susceptible d'occasionner Tin-
ilammation de l'organe cutané ; elle supjn-lme faci-
lement les phlegmasies chroniques , la suppuration
atoniqne ; elle s'oppose à la transpiration ; elle con-
crète le pus. 11 est nécessaire de l'employer seule
pour qu'elle produise un effet certain. On en fait
usage dans diffërens cas de maladies cutanées chro-
niques, telles que la gale, les dartres, etc., dans le
début de l'érysipèle qu'occasionne la brûlure ; on
l'emploie quelquefois pour exciter les surfaces sup-
puraat es aloiiiqucs , etc.
CLINIQUE. ^S
Sels alcalins et: terreux.
Les sels qui paroissent le plus convenables poiir
«xciter sont les miirlales de soude , de chaux , de
magnésie , d'ammoniaque , de baryte ; les nitrates de
potasse, de chaux, de magnésie ; les carbonates neu-
tres de potasse, de soude , d'ammoniaque ; les car-
bonates sursaturés; le muriale de potasse suroxy-
géné , etc.
Ces différens sels peuvent être appliqués sous
forme onguentacée ou en solution aqueuse. Ou leur
donne la forme d'onguent en les trilurant avec de
l'axonge ou avec du miel ; les proportions que j'ai
le plus ordinairement employées sont une à deux
parties sur dix parties d'intermède. On ne peut don-
ner cette forme aux sels délitjuescens , tels que les
muriates et nitrates de chaux et de magnésie, les
carbonates siu^saturés ; on ne la donne pas non plus
au muriate de potasse suroxygéué. On applique cet
onguent par simple apposition ou en friction. Ou
emploie quelquefois ces sels à l'élat pulpeux : à cet
eftel on n'y ajoute que la quantité d'eau nécessaire
pour en faire un magma; il taut eu excepter le nitrate
de ])Otahse et le muriale de baryte. Fréquemment on
les emploie en solution aqueuse ,«.aturée ou étendue ;
on les apjlique alors cubain général, eu bain local, eu
lotion , eu fomentation ou en douche. Ou remplace
souvent les bains de mer par leur intermède; on fait;
alors particulièrement usage des muriates de sonde
et demagné.'ie: on emploie le premier dans les pro-
portions de 0;Ci p et le deuxième dans cc-iles de o,oo5.
i^G PHARMACOPÉE
Les sels ainsi adminislrcis sont susccplibles d'exci-
ter torlement le derme , et même de rcnllainmer ;
le nitrate de potasse peut l'escarrifier s'il n'est pas
assez étendu , et si on le laisse appliqué pendant long-
temps. Ils produisent sur les surfaces snppurantcs
une cuisson très-forte , de la chaleur et de la rou-
geur. Us conviennent sous ces dltforens rapports
lorsqu'il faut exciter fortement : aussi emplole-t-on
les muriales de soude, d'ammoniaque, les carbonates
alcalins dans diffërens cas de maladies cutanées chro-
niques, telles que la gale, la teigne, les dartres qui
ne présentent pas de phénomènes d'irritation locale.
On les administre souvent avec avantage pour pré-
venir Férj sipèle qui est l'effet de la briiline cl de la
morsure des insectes , etc. On y a recours pour ex-
citer par conliguité dans les première et dernièi'c
périodes de l'entorse et de la contusion ; endn on
pent les appliquer sur les surfaces suppurantes ,
lorsqu'il convient d'exciter fortement.
Cojnposés arsenicaux.
Les composés arsenicaux ne paroissent pas pré-
senter de particularités dans leur mode d'excitation
qui puissent en rendre l'usage avantageux ; ils peu-
vent d'ailleurs occasionner facilement des accidens
Irès-graves : aussi ne sont-ils yias ou que rarement
administrés par les médecins prudens. Ceux de ces
composés qu'on a plus particulièrement employés sont
l'oxyde d'arsenic et l'oxyde d'arsenic sullure jaune.
Oxyde iT arsenic ( arsenic blanc ). On l'a ])lus.
particulièrement employé sous forme ougueulacée
CLIIflQUE. 77
<il à l'état liquide. Dans le premier cas, ou l'unit
avec l'axonge ou le cérat dans les proportions de
0,001 , o,oo5 à 0,01 environ. Pour l'avoir à l'état
liquide , on le dissout ordinairement dans l'eau dans
les proportions de 0,001 environ.
L'actiou excitante de cet acide ainsi étendu est
très-marquée ; on y a eu recours dans différens cas de
suppurations aloniques et d'exanthèmes chroniques.
L'action de cet acide paroît avoir lieu en même temps
par absorption , et occasionner l'augmentation de la
sécrétion urinaire , etc. ; aussi quelques Anglais ont-
ils conseillé d'en faire des frictions sur la paume de
la main dans différens cas d'hjdropisie. Mais je crois
n'avoir pas besoin d'indiquer les dangers auxquels
l'application imprudente de ce moyen peut exposer :
le peu d'expérience que nous avons sur ses effets
médicamenteux et sur le mode le plus convenable
de l'administrer doit arrêter tout médecin prudent.
Oocyde d'arsenic sulfuré j amie (ojpin, orpimenC),
Ce composé est contenu dans quelques médicamens
cutanés encore usités, tels que le baume vert, le
collyre de Lanfranc, etc. : il étoit plus usité autre-
fois. On peut l'administrer sous forme molle, et eu
suspension dans l'eau. Dans le premier cas , on le
ti^iture avec un intermède mou dans les proportions
de 0,01 environ; dans le deuxième cas, on le réduit
en poudre fine et on l'agite avec de l'eau dans les
proportions de cinq à dix parties environ de cet
oxyde sur mille parties d'eau.
Cet oxyde , quoique moins dangereux dans ses
effets , peut néanmoins déterminer des accidens
graves s'il n'est pas assez étendu et si on en conti-
rr8 PHARMACOPÉE
nue renn]iloi pendant trop loiii^-lcmps. On en fait
surtoul usage flans des ras île su pj)ni niions aloniqiies
compliquées de longosiles , clans quelque, cas d'exan-
thèmes chroniques.
D'après les données que nous avons jusqu'ici sur
racli<nv comparative des composés arsenicaux et des
autres excilans, rien ne peut nous autoriser à les
employer.
Oxyde de manganèse.
On peut l'administrer sous forme onguentacée ;
Taxonge peut donner celte consistance jusqu'à cinq
fois son poids de cet oxyde. Les proportions les plus
usitées sont deux parties et demie à cinq parties sur
dix parties d'excipient.
Quelque concentré que soit ce corps, il ne paroît
pas déterminer d'mdammalion; il supprime faclle-
nient l'état phlegmasique et suppuratoire des tissus
avec lesquels on le met en contact. On en fa't usage
depuis quelques années dans les maladies chroniques
de la peau , telles que la gale, les dartres, la teigne.
M. T3enis Morelot, qui l'a particulièrement recom-
mandé, ohserve que la gale disparoît moins promp-
temenlpar son usage que ]iar celui du soufre et de
l'onguent mercuriel citrin. Ce médecin l'a trouvé
plus utile dans les dartres ulcérées que dans celles
qui sont miliaires et écailleuses.
Cojnposés andmoniaux»
Les composés autimoniaux qu'on emploie jdiis
parliculièremeut sont le suliurc d'antimoine et le lar-
CLINIQUE, rjg
Irile tle potasse antlmonlé. On n'a pas encore recher-
ché quel est le mode d'action desdifférens oxydes.
Sulfure d' antîjnoine (antimoine crii\ On ne peut
l'appliquer que sous la forme onguentacée; l'a-xongs
peutdouner, à l'aide delà trituration, la consistance
onguentacée à cinq fois son poids de ce composé.
L'action locale du sulfure d'antimoine n'est pas très-
évidente. On l'a particulièrement employé en fric-
tions daus différens cas d'exanthèmes : il est mainte-
nant peu usité.
Tarti'ÎLe de potasse antirnonié{tarLre stihié). Oa
peut l'administrer sous forme molle et à l'état liquide.
On peut lui donner la forme onguentacée à i'aide
de la trituration avec du cérat. Les proportions les
plus convenables paroissent être une à deux parties
sur cent parties d'intermède. On convertit quelque-
fois le tartrite de potasse antimonié en magma, en le
délayant avec une petite quantité d'eau ou de salive.
On emploie particulièrement ce dernier moyen lors-
qu'on veut agir par absorption.
Si on veut avoir ce sel à l'état liquide , il faut pren-
dre au moins quatre-vingts fois son poids d'eau de ri-
vière froide, et quarante parties d'eau bouillante. Oa
peut appliquer ce liquide en bains, en fomentations,
en lotions, etc.
Lorsqu'on fait des frictions sur la peau avec le
tartrite de potasse antimonié réduit en magma, on
détermine fréquemment tous les phénomènes d'une
excitation générale de cet organe, l'augfnentation de
la transpiration, même la sueur, et quelquefois des
nausées, le vomissement etlapurgatiou. Lorsque ce
sel est étendu dans la quantité d'eau nécessaire pour
8o PHARMACOPEE
ba soliilion, el qu'où l'apjjlique sur l'ori^nne cutané ^
son action est lente et peu perce])lible à nos sens.
Lorsqu'on veut rapj)ll((uer sur les surfaces suppu-
rantes , a]irès l'avoli élenju dans les proportions de
0,02, il produit de la chaleur, une douleur très-
forte j il occasionne quelquefois l'inllaranialion des
tissus soujacens, et peut même occasionner de petites
escarres, ainsi que je l'ai observé plusieurs fois ; Tim*
pression qu'il produit est telle , que beaucoup de per-
sonnes ne peuvent en supporter le contact , même
lorsqu'on l'a étendu dans cent fois son poids d'exci-
pient et au-delà. Je n'ai jamais vu les malades, dont
les surfaces suppurantes eioient eu contact avec ce
sel, éprouver des nausées, des vomissemens, ni la
diarrhée.
On voit évidemment que Tadministration de ce
sel exii^e de la prudence; il existe des cas qui peuvent
en contre-indiquer l'usage , telle est une disposition
morbide au vomissement. On doit l'employer parti-
culièrement lorsqu'il s'agit d'exciter fortement le sys-
tème cutané, et les tissus qui sont dénudés acciden-
tellement.
Oxydes et sels mercuriels.
Oxyde de mercure noir. On peut lui donner la
formé d'onguent ou celle d'emplâtre; il suffit à cet
effet de le triturer dans des projwrtions déterminées
avec un des intermèdes convenables.
Le ]ilus ordinairement on prépare l'onguent mer-
curiel noir en triturant le mercure coulant avec un
intermède mou et surtout avec l'axouge. Pour faci-
CLINIQUE» Bi
îîter cette oxydation ou celte divisiou (ainsi que !e
croient encore quelques chimisles) , on se sert d'un
mortier de marbre à fond piat , et d'un pilon aplati
înférieureraent.
On triture le mercure avec une petite quantité
de cet excipient; on continue la trituration jusqu'à
Ce qu'en étendant ce mélange sur du papier non
collé , on ne puisse plus y aperceiioir de globules
mercuriels , même à l'aide de la loupe. On ajoute
alors le reste de l'axonge, et on triture jusqu'à ce
que le mélange soit parfait. On prépare cet onguent
dans des proportions variées : telles sont i». deux:
parties de mercure et une d'excipient ( onguent
mercuriel noir double , p/f, de Lojidies ) ; 2°. par-
ties égales de l'un et de l'autre ( onguent mercuriel
noir double, code méd. de Paris ) ; 3*'. deux parties
de mercure et trois d'excipient (onguent mercuriel
noir à 0,4, ph. de Londres) -, 4°. une partie de
mercure et deux d'excipient ( onguent mercuriel
noir à o,3, ph. de Berlin ) ; 5*^. une partie de mer-
cure et quatre d'excipient ( onguent mercuriel noir
à 0,2 , ph. dEdimh» ) ; 6*^. une partie de mercure
et neuf d'excipient ( onguent mercuriel noir à o,r ,
onguent gris ou napolitain du cod. méd, de Paris ( i ).
(i) Pour décolorer le linge eles personnes qui se frottent
avec cet oxyde , on peut l'ecourir au procédé indiqué par
M. Vauqueiin. Il consiste à laver d'abord le linge avec de i'eau
tenant en solution 0,02 de potasse et o,o3 de chaux; lorsque
toute la graisse est enlevée, on plonge le linge dans de l'eau te-
nant en solution 0,08 d'acide muriatique oxygéné le plus con-
centré possible, et élevée à la température de \'i centigra-
des -f-o. Ou l'y maintient pendant le temps convenable j orx
II. 6
^2 P H A R !^I A C O P Û f.
Cet onguent est quelquefois sophistiqué avec des
corps pulvéruleus noirs , tels que le charbon , le
sulfure (l'autiiiioine, TarJoise, clc.
Loisciu'oQ veut donner à Tonguent mercuriel noir
la forme emplastique , il suffit de le triturer avec un
mélange de deux parues de cire et d'une d'huile
fixe , dans des proportions qu'on détermine : on
peut aussi se servir de l'ougueut mercuriel noir
qu'on triture avec partie égale de cire ou de cire-
résine égale qu'où vient de liquélier. On prend un
onguent plus ou moins chargé , selon que Templâlre
doit l'être lui-même. Cet emplâtre peut remplacer
celui qui est connu dans le code de Paris sous le nom
de "vigo CLiTu merciuio.
Si on veut avoir f oxyde de mercure noir à l'élat
de suspension aqueuse, il sufdt de triturer du mu-
riale de mercure doux avec de l'eau de chaux , oa
du nitrate neutre de mercure avec de l'ammo-
niaque. Les proportions employées par ÏNÏ. Swédiaur
sont de quatre parties de muriale de mercure doux
sur cent parties d'eau de chaux.
L'oxyde de mercure noir n'est pas susceptible
de produire l'inllammalion, à moins que son exci-
pient ne soit rance. Sou action tonique sur la peau
lave ensuite le linge dans do l'rau de fontaine; on le savonne,
et si on veut le rendre bien blanc, on le plonge pendant quel-
que temps dans de feau tenant en solution 0,0 1 d'acide sulfu-
rique à G6 — o , ou quantité sufiisante d'acide sulfureux. Lors-
qu'on se sert de vaisseau de bois neuf, il faut les décolorer au-
paravant , à l'aide de l'acide muriuiique oxygéné; il faut en
outre écarter toute substance ferrugineuse.
CLINIQUE. 83
n^cst pas très - évidente ; il produit facilement la
salivation.
On y a recours dans les cas d'cedême , de gonfle-
ment indolent des glandes lymphatiques soucuta-
iiées. On en fait surtout usage dans les cas de syphilis ,
d'hydrophobie : on l'applique alors en frictions. Si
le malade ne peut se frotter lui-même , il est néces-
saire que celui qui pratique les frictions se couvre
la main d'un gant ; sans cela il absorbe lui-même
une portion de cet oxyde, peut eu être incommodé,
et laisse ignorer dans quelle quantité ce médicament
a été absorbé par le malade. La dose partielle de cet
oxyde varie selon les circonstances maladives ; elle
est ordinairement d'uu à deux grammes. La dose
générale nécessaire pour le traitement de la syphilis
est de 5o à i5o grammes ( 14 gros à 5 onces ); celle
qu'oiT emploie pour le traitement de l'hydropliobie
est de 10 grammes qu'on applique en trois jours.
Oxyde de mercure rouge ( précipité rouge )•,
On emploie rarement sa poudre pure ; elle peut
facilement escarrifier ; le plus ordinairement on i'ad-
minislre sous formes onguentacée et emplastique :
la trituration suflil. Les proportions ordinaires sont
une à dix. parties sur cent parties d'excipient. Cet
oxyde , appliqué seul , peu étendu , ou maintenu
pendant long - temps lorsqu'il est sufiisammeut
étendu , peut enflammer et escarrifier : aussi sou
emploi exige - 1 - il beaucoup de prudence. Il est
d'ailleurs également susceptible de produire le
ptyalisme.
On l'applique lorsqu'il s'agit d'exciter fortement ,
dans les cas de vieux ulcères locaux atoniques
84 P H A K M A C O P J: £
avec fongosites , tle teigne , de gale ancienne , de.
O.rj'c/e (le merciwe orangé. On peut l'adminis-
trer sous forme molle ou en suspension aqueuse :
dans le premier eas, on le triture dh-ectemeut avec
du miel ou avec \\n autre intermède mou; les pro-
portions peuvent être les mêmes que celles du pré-
cédent. Lojsqu'on veut l'avoir en suspension aqueuse,
on triture du muriale de mercure suroxydé avec de
l'eau de chaux , on dépose le mélange dans un vase
de verre clos, et on agite toutes les fois qu'on veut
eu faire usage. Les ])roportions les plus ordinaires
sont quatre parties de ce sel sur mille parties d'eau
de chaux. Ce suspensum est désigné par le code de
Paris sous le nom (VeaupJiagédéniqiie ; il a l'incon-
vénient de varier dans ses proportions ( i).
L'action de cet oxyde approche heaucoup de
celle du précédent. On l'emploie dans les mêmes
circonstances.
Muriaùe de mercure doux. Ou doit choisir celui
qui a été lavé et porphyrisé. On peut l'administrer
sous forme onguenlacée : on le triture à cet effet
avec du céral, de la salive ,du miel, etc. Le cérat
et l'axouge donnent la consistance onguentacée à
(i) L'oxyde tle mercure que M. Schuilr;né appelle orangé
est (le l'oxyde de mercure aw maximum d'oxydation. Il est par
conséquent oxydé au même deyré que l'oxyde de mercure
rouge, dont il ne dilïrrc que par son extrême division. Lors-
qu'on décompose le muriale de mercure suroxydé par l'eau de
chaux pour l'aire de l'eau phagédénique, le précipité qui se
forme n'est que de l'oxyde de mercure au maximum, qui est
orange parce qu'il est cxlrùiucmeal divisé et qu'il cou-
tienl de fcou. r. IIx JS.
CLIWIQUE. 85
trois fois leur poids de ce sel , et même au-delà. Les
proporlions ordinaires sont une à deux parties sur
dix parlies d'excipient.
Ce sel n'est pas susceptible de produire l'inflam-
mation de la surface cutauée ; son application sur les
surfaces suppurantes est quelquefois douloureuse,
surtout lorsqu'il est peu étendu. Il peut supprimer
les inflammations et les suppurations chroniques. 11
détermine facilement la salivation, surtout lorsqu'il
est appliqué sur des surfaces ulcérées ou sur les
membranes muqueuses. On l'applique pour exciter
localement , ou pour agir par absorption , par
exemple, dans le cas de syphilis. Il a un avantage
sur l'oxyde noir , en ce qu'il n'est pas susceptible de
noircir le linge; mais 11 occasionne plus facilement
le plyalisme. On pratique ce's frictions comme celles
de l'oxj'de de mercure uoir , sur la même région et
avec les mêmes précautions. i5 grammes ( 4 gros)
de ce sel suffisent pour le traitement de la syphilis
récente , 40 à 5o grammes ( 10 à 14 gros ) pour
celle qui est plus ancienne.
Ou l'employolt beaucoup autrefois contre la gale.
On en fait quelquefois usage pour faire dlsparoître
les rousseurs et autres taches de la peau ; mais soa
emploi continué peut devenir préjudiclaljle; on l'a
vu produire le ptyaiisme, une haleine fétide, la
carie des dents , etc.
Murlate de mercure suroxydé ( sublimé coi^-
rosif). On peut l'appliquer sous forme onguentacée
ou à l'état liquide : dans tous les cas, il faut qu'il
soit convenablement étendu. Les proportions em-
ployées par Clriilo pour lui donner la forme ou-
SG p H A n M A c o r É E
£;uentncee sont une partie environ sur dix parties
d'excipient.
Ce sel peut, au degré d'extension que je viens
d'indiquer , produire rinilammntiou et l'escarre :
aussi Cirillo ne rap])liquoit-il qu'a la plante des pieds.
Le cérat, l'axonge et le beurre peuvent être em-
ployés pour lui donner la forme d'onguent. Pour
«voir le muriale de mereure suroxydé à l'état li-
quide, il faut le dissoudre dans de l'eau distillée,
ainsi que je l'ai dit ailleurs. Les proportions le plus
ordinaijx^nient employées sont deux à cinq parties et
plus sur mille parties d'eau. On administre ce liquide
en fomentations : Baume conseilloitde l'employer eu
bain ; mais il altère facilement la peau , et on ne peut
savoir dans quelle proportion il a été absorbé.
Ce sel est susceptible d'entlammer et d'escarrifier;
il peut d'ailleurs, par son absorption , déterminer fa-
cilement tous les accidens de l'empoisonnement et
une mort prompte. Il produit moins facilement la
salivation que le précédent , et s'il l'occasionne, c'est
à un degré plus léger. 11 excite facilement la sécré-
tion urinaire et la transpiration.
On n'en fait guère usage comme simple excitant :
sonemjdoi exige trop de prudence. On l'em.ploie néan-
moins pour exciter de vieux ulcères fongueux,pourvii
qu'ils ne soient pas scorbutiques. On eu fait usage
dans les cas d'ulcères sy])liililiques locaux, dans la
teigne, et dans difierens cas d'exanthèmes sans irri-
tation locale marquée. On y a aussi recours pour agir
par absorption. La méthode de Cirillo n'a ])as encore
été soumise à des essais assez répétés pour qu'on puisse
condiire quels en sont les avantages.
CLINIQUE. 87
Onguent rnercuriel citrin. Pour le préparer, ou
mêle huit parties de mercure et seize parties d'a-
cide nitrique pur à dt'A — o. On expose ce mélange à
une douce chaleur , on Ij maintient jusqu'à ce
que le métal soit entièrement dissous, et on le mêle
aussitôt par trituration avec cent parties d'axonge
qu'on vient de liquéfier et qui est sur le point de se
refroidir. L'axonge acquiert une couleur jaune, une
consistance très ferme et dégage une odeur désa-
gréable.
Cet onguent est composé d'axonge oxygénée et
d'oxyde de mercure : il suffit, pour s'en convaincre,
de triturer de l'axonge o xygénée avec la potasse pure ,
de dissoudre ce savon dans de l'eau distillée, et de le
mêler avec du nitrate neutre de mercure liquide; il
se forme aussitôt un précipité cailleboteux et jaune,
qui a toutes les propriétés de l'onguent indiqué.
L'administration de ce moyen exige la plus grande
prudence ; il peut facilement rubéfier la peau et pro-
duire le ptyalisme : aussi doit-on l'étendre convena-
blement, par exemple,' dans le double de son poids
d'axonge , lorsqu'on en fait usage chez des personnes
délicates.
On l'emploie particulièrement dans les maladies
cutanées chroniques, telles que la gale, les dartres;
dans des cas de suppurations aloniques. Huit à douze
frictions de 8 grammes ( 2 gros ) chaque suffisent
fréquemment pour la guérison de la gale simple et
récente.
83 P II A K M A C O P É E
Oocjdcs et sels de zinc.
Ce sont l'oxyde blanc elle sulfate qu'on emploie
plus parliculièrement.
Ojcyde de zinc blanc {/leurs de zinc^. On peut
radminlstrer sous forme ongnentacée et eu suspen-
sion aqueuse. Pour lui donner la forme d'onguent ,
il suffit de le triturer avec du miel , de l'axonge ou.
du ccrat : le miel peut donner la consistance ongnen-
tacée à partie égale de cet oxyde. Lorsqu'on l'appli-
que à l'elat de suspension , il suffit de l'agiter avec de
l'eau : les proportions ne sont pas rigoureuses.
Cet oxyde, quoique appliqué seul, n'est pas sus-
ceptible d'enllammer; son action locale est peu évi-
dente : aussi est-il rarement employé.
SulfaLe de zinc ( intriol blanc ). On peut l'em-
ployer sous forme ongucutaeée ou en solution
aqueuse. On prépare l'onguent par trituration. Le
cérat peut convenir : les proportions n'eu sont pas
déterminées. J'ai vu plusieuis fois ce sel , élcndu
dans les proportions de i,o, [)roduirc de la douleur ,
et augmenter l'état d'irritation des surfaces suj^pu-
ranles. Lorsqu'on veut l'avoir à l'élat liquide, il faut
employer l'eau distillée : il eu exige deux fois son
poids pour s'\' dissoudre»
L'action excitante de ce sel est très-marquée. S'il
est pur ou peu étendu, et si on le maintient appliqué
pendant long-temps , il peut enllammer. On l'emploie
quehjuefois pour exciter le derme dans différens cas
d'exanthèmes, dans les dartres , dans la gale, etc.
On peut rcmjiloycr pour relever le ton des surfaces
CLITfIQUE. 89
suppurantes , et en général dans tous les cas qui né-
cessilent clés excitans intenses.
Oxydes et sels de plomb.
On emploie particulièrement l'oxyde rouge , le
carbonate et l'acétate. Les oxydes et sels de plomb
en général présentent dans leur action des particu-
larités qu'il est nécessaire de bien connoître. Lors-
qu'ils sont concentrés , ils peuvent la plupart occa-
sionner beaucoup de douleur', et même entlammer
les surfaces suppuranles.Lorsqu'ils sont très-eteudus,
ils produisent un senlimeot de fraîcheur locale; ils
déterminent la suppression des phlegmasies, des sé-
crétions et des exhalations des organes avec lesquels
on les met en contact. Ils peuvent è^e absorbés et
produire tons les phénomènes de la colique de plomb,
des douleurs vagues dans les membres, des paraly-
sies partielles. Leur application cutanée produit ce-
pendant très-rarement cet effet ; on l'observe plus
particulièrement lorsque ces composés sont en cou-
tact avec des tissus dénudés accidentellement. Les
exemples de ces accidens sont néanmoins assez
rares.
Oxyde de plovih îouge (^Tniniwn'). On ne l'admi-
nistre pas ordinairement à l'état pulvérulent; le plus or-
dinairement on lui donne les formes emplastique eton-
guentacée: il sufht à cet effet dele triturcraveclesex-
cipieos convenables. Les proportions les plus usitées
sont une à deux parties sur dix parties d'intermède.
On n'administre pas cet oxyde à l'état liquide ; ou
ne pourroit que le suspendre dans l'eau. 11 est
f)0 PHARMACOPEE
susceptible d'eutlammcr lorsqu'il est seul ou peu
étendu , et lorsqu'il est appliqué pendant trop long-
temps.
Oxytle de plomb demi-vitreux (^litharge^. Il
ii'esl pas usité directement; on peut l'adminislrer de
la même manière que l'oxyde précédeul.
Carbonate de plomb (^céruse). On peut l'appli-
quer en poudre et lui donner les formes d'emplâtre
et d'onguent. 11 suffit, pour lui donner l'une et
l'autre de ces deux dernières formes, de le triturer
avec un intermède mou quelconque. Un mélange
de deux parties de cire et d'une d'huile peut donner
la consistance emplastique à une fois et demie son
poids de ce sel , et l'axonge celle d'onguent à quatre
fois son poids. Les proportions ordinaires sont une à
quatre parties de ce sel sur dix parties d'excipient.
On ne peut pas l'administrer à l'état liquide.
Le carbonate de plomb ne paroit pas susceptible de
produire l'inllammation , quoiqu'on l'applique seul ;
du reste, son action est analogue à celle des autres
composés de plomb : ou l'emploie dans les mêmes
circonstaures. Il faut proscrire l'usage qu'on en fait
pour saupoudrer l'érysipèle et les excoriations des
eufins; car il n'a pas d'avantage marqué , et il peut
produire des accidens graves.
Acétate de plomb ( sel ou sucre de Saturne ).
On peut l'administrer sous formes em])lastique et
onguentacée, ainsi qu'à l'état liquide. Poiu- le con-
vertir en emplâtre, il suffit de le triturer avec un mé-
lange de deux ])arties de cire et une (riuiile , ou avec
un mélange de cire et de résine. Pareil procédé est
convenable lorsqu'on veut lui communiquer la forme
CLINIQUE. qi
d'onguent. Le cerat et l'axouge peuvent donner
cette forme jusqu'au double de ieur poids de ce sel.
Les proportions les plus ordinaires sont une partie
sur dix parties d'excipient. Cet onguent ])eut rem-
placer le cërat dit de Saturne ou de Goulard , qu'on
prépare en agitant fortennent du cërat ordinaire avec
de l'eau végëto-minérale : ses proportions peuvent
être dëterminëes avecplus derigueur, et son mélange
peut être plus intime. Lorsqu'on veut administrer
ce séi à l'état liquide, on peut employer de l'eau
ordinaire ou de l'eau distillée , selon que l'on veut
obtenir un suspensum de sels de plomb ( eau vëgëto-
miuërale ) , ou un solutum d'acétate de plomb. L'a-
cétate de plomb du commerce ne se dissout jamais
entièrement dans l'eau distillée; celle-ci paroît le sé-
parer en une portion qui est acidulé et soluble dans
l'eau , et en une autre qui est sursaturée de base. Ce
solutum blaucbit par son mélange avec l'eau ordi-
naire , et forme alors un liquide analogue à l'eau vé-
gëto-minérale. On voit facilement qu'il est impossible
de préciser par ces deux procédés la quantité de
sels deplomb contenus sous un volume donnéd'eau :
car si on emploie de l'eau ordinaire, la couleur sera, à
quantité égale d'acétate de plomb, d'autant plus opale
et laiteuse , qu'elle contiendra davantage de carbo-
nates, de sulfates et de muriates alcalins et terreux
en solution; et si on fait usage de l'eau distillée, on
ne peut obtenir conslaramentun solutum d'une con-
centration égale, puisque l'acétate de plomb du com-
merce n'est pas toujoms composé de la même ma-
nière.
L'acétate de plomb, pur ou peu étendu, est sus-
92 PHARMACOPEE
ceplible d'occasionner beaucoup de chaleur et de
douleur sur les surfoces suppurantes. ïrès-élendii,
il agit comme les composés de plomb en général : il
est même celui d'entre eux qu'on emploie le plus or-
dinairement.
Le vinaigre de Saturne , ou extrait de Goulard ,
n'est que l'acétate de plomb impur dissous dans un
excès de vinaigre : on doit lui préférer l'acétate de
plomb cristallisé.
Savon de plomb. Que la couleur de ce composé
soit blanche ou noire , sa composition n'eu est pas
moins la même; la seule différence qu'il présente
paroît consister dans l'état d'altéraiion que le leu a
fait subir au corps gras avec lequel l'oxyde de plomb
est uni. Il suffit , pour s'en convaincre, de mêler de
l'acétate de plomb liquide avec le solutum aqueux
du savon alcalin qu'oji a noirci par une fusion con-
tinuée ; on obtient instantanément lui savon de
plomb brun ou noir. Le savon de plomb l)lauc
prend d'ailleurs la couleur noire , si on l'expose au
feu pendant (juelquc temps.
La couleur noire que l'action du fou a donnée
au corps gras ne paroît pas modifier les propriétés
médicales de ce savon , ainsi que je m'en suis con-
vaincu par des expéiiences cliniques comparatives.
IVéanmoins , on a multiplié les savons de plomb à
l'inllui : c'est ainsi que le code de Paris contient l'em-
plâtre noir, l'onguent de la mère, l'emplâtre diachy-
lum, le diapalme, rem]>l.-ilre de minium, celui de
céruse, celui de Nuremberg, l'album coclum, etc.
Ces composés ne sont tous que le savon de plomb
plus ou moins modifié ; un seul peut les remplacer
CLINIQUE. 9.3
tous : tel est celui que j'ai fait coniioître en traitant
des intermèdes emplastiques (i). Si oa veut donner
la forme onguentacée au savon de plomb, il suffit de
le liquéfier à une douce chaleur, avec le double de
son poids d'axonge. Ceux ({ui croient devon^ employer
le savoD de plomb uoir (onguent de la mère) peu-
vent le préparer instantanément en faisant fondre ,
à feu nu, le savon de plomb onguentacé ou emplas-
tique jusqu'à ce qu'il ait la couleur désirée. On peut
aussi le composer très-promptemeut, en exposant
à une chaleur modérée cent parties d'axonge et qua-
torze parties d'oxyde de plomb demi-vitreux finement
pulvérisé ; on agite continuellement jusqu'à ce que
l'oxyde soit entièrement liquéfié , et que le mélange
ait contracté une couleur brune ; on augmente ou on
(i) Il est bien vrai que les pliarmacope'es ont trop mulli-
plié les composés emplastiques dans lesquels un ou plusieurs
corps gras sont unis à une préparation de plomb. Mais c'est
passer d'un extrême à l'autre que de vouloir les remplacer tous
par un seul. L'état du corps gras, quipeulêtre plus ou moiusbri -
lé , et certaines autres substancesque contiennent quelques-
uns de ces topiques, modifient évidemment leur manière d'agir.
L'emjdàtre diapa]me,par exemple, blanc comme il doit être,
n'a rien d'irritant, parce que le corps gras n'y est pas bràlé;
il agit spécialement en s'opposant à l'évaporalion de la transpi-
ration de la surface cutanée sur laquelle il est appliqué; par
conséquent il relàcbe et ramollit cette partie, et il joint à cela
la propriété agglulinative, mais à un degré modère'. Il s'appli-
que spécialement sur des surfaces non dénudées. L'onguent de
la mère, au contraire , qui ne diffère essentiellement de l'em-
plâtre diapalme que parce qu'il contient une plus grande pro-
portion de substances graisseuses, et que ces substances y sont
altérées par le feu, irrite par celte dernière raison au lieu de
94 PHARMACOPEE
dlmiQue les proporlious de l'axonge selon que ce
composé doit avoir plus ou moins de mollesse.
L'action locale du savon de plomb ne paroîlpas
très -évidente si ou applique ce composé sur la peau;
11 paroît se borner à préserver cet organe du contact
de l'air, à y maintenir une douce température et à
s'opposer à l'évaporaliou et à l'absorption de la ma-
tière de la transpiration qui fait alors l'ofllce de bain.
On ne l'emploie ])as lorsqu'il s'agit d'augmenter l'ac-
tion tonique soit de la peau, soit des organes conti-
gus : ausiù n'est-ce que comme annexe que je l'ai
exposé ici.
relâcher; il ne possède aucunement la propriété agglulinalive;
il se liquciie à l'aide de la chaleur cutanée, et convient sous ces
différens rapports pour favoriser la suppuration des tissus dé-
nudés accidentellement. L'emplùtre diachylum simple difiere
de l'cmpiàtre diapalme, sous le rapport de ses propriétés médi-
cales , en ce qu'il est beaucoup plus agglutinatif , en raison du
mucilage qu'il contient : aussi entre-l-il dans la composition de
divers sparadraps dont on se sert pour réunir les plaies par pi*e-
mière intention. L'emplâtre diachylum composé ou gommé,
qui contient de plus que le diachylum simple plusieurs subs-
tances résineuses et gommo-résineuses , est par cela même irri-
tant, cl accélère presque toujours la terminaison par suppu-
ration des tumeurs phiegmoneuses languissantes sur lesquelles
on l'applique. Mais si les emplâtres dont je viens de parler pré-
sentent un degré d'utilité qu'on ne peut, ce me senible , leur
contester , on pourroit, sans le moindre inconvénient , suppri-
mer les emplâtres de minium cl de cérusc, l'emplâtre noir et
plusieurs autres. Onpourroilnièmo remplaccrun grandnombre
d'emplâtres dans lesquels le plomb n'entre pas, par ceux que
nous venons d'indiquer. P. II. N.
CLINIQUE. g5
Oxydes et sels de fer.
On n'emploie pas ordinali ement le fer à l'état mé-
tallique; quelquefois on fait usage de l'oxyde de fer
rouge; mais les composés ferrugineux les plus usités
sont le tarlrile de potasse et de fer, le carbonate aci-
dulé de fer et le sulfate de fer.
Oxyde de fer rouge. Lorsqu'on en fait usage ,
c'est ordinairement sous formes emplastique et on-
guentacée. On lui donne l'une et l'autre de ces for-
mes en le triturant avec des excipiens convenables.
Les proportions ne sont pas rigoureuses.
Tartrite de potasse et de fer. On se sert ordi-
nairement de la variété qui est connue sous le nom.
de houles de Mars ou de Nanci. On l'emploie à
l'état liquide : il suffit à cet effet de laisser une de ces
boules en contact avec l'eau jusqu'à ce que celle-ci
soit assez colorée. On peut appliquer ceîte solution
en bain , en fomentation > en lotion , en douche, etc.
Le tartrite de potasse et de fer ainsi étendu excite
d'une manière marquée les organes avec lesquels on
le met en contact. Il n'est pas susceptible d'enllam-
mer; mais il peut produire une légère astricliou.
On l'emploie particulièrement dans les première et
dernière périodes de l'entorse et de la contusion ,
dans l'ecchymose scorbutique et autre, dans l'œ-
déme, etc.
Carbonate acidulé de fer. On l'emploie en solu-
tion aqueuse; on fait usage à cet effet des eaux fer-
rugineuses acidulés, soit naturelles, soit artificielles.
Ou prépave ces dernières de la manière que j'ai iuJi-
g6 PHARMACOi^ÉE
qiiëe ailleurs ( foin. I , pag. 276 ). On les applique en
bain, eu lomenlalion , en loliou cl en douche. L'ac-
lion de ce médicament est analogue à celle du précé-
dent. On y a recours pour déterminer une acliou lo-
cale ou conligué, ou enfin pour exciter tout l'orga-
nisme. On l'emploie alors dans des circonstances ana-
logues à celles où on le fait prendre intérieurement ;
quelquefois on joint l'application cutanée à l'admi-
uistralion interne.
Sulfate de fer vert{yitriol vert). On peut l'ad-
ministrer sous forme ongueutacée et à l'état liquide.
On lui donne la forme d'onguent en le triturant avec
un intermède mou; les pi'ojioitious les plus conve-
nables ne sont pas encore déterminées. Lorsqu'on
veut l'avoir à l'état liquide on se sert d'e^u de rivière :
il en exige sept fois son poids pour se dissoudre. Ou
doit faire cette solution exlemporanément^car le sul-
fate de fer se précipite promptement à l'état de sul-
fate de fer rouge. On peut appliquer cette solution
en bain, en fomentation, en lotion et en douche.
Le sulfate de fer vert est susceptible d'enllammer
les tissus délicats , si on l'emploie pur et qu'on le
maintienne a])pliqué pendant long-temps. Lorsqu'il
est convenablement étendu, il peut j)roduire uneas-
trictiou modérée. Il peut remplacer tous les autres
composés ferrugineux.
Oxydes et sels de cuivre*
On emploie particulièrement l'oxyde brun, plus
rarement l'oxyde de cuivre carbonate, et le sulfate.
Oxyde de cuivre brun. On peut lui donner la
CLINIQUE. gy
forme emplaslique etongueutacée: cette dernière est
la plus usitée ; on peut la préparer par simple tritu-
ration. Le miel est plus particulièrement employé
comme excipient ; il peut donner la consistance oa-
guentacee à partie égale d'oxyde de cuivre vert. Les
proportions les plus ordinaires sont une demie , une
a trois parties sur dix parties de l'excipient.
Cet oxyde seul ou très-concentré , ou même con-
venablement étendu , mais appliqué pendant très-
long-temps , peut produire l'inflammation : son ad-
ministration exige par conséquent de la prudence.
On n'en fait en général usage que pour agir locale-
ment , et surtout pour exciter des suppurations ato-
niques lorsqu'elles sont compliquées de fongosités. Il
remplace l'onguent dit œgypt'uic. Cet oxymel cui-
vreux a pour inconvénient de laisser trop facilement
précipiter l'oxyde brun qu'il tient en suspension.
Oxyde de cuivre carbonate {uerdet gris). Oa
peut l'administrer de la même manière que l'oxyde
précédent. Il passe d'ailleurs à l'état d'oxyde brun
par l'exposition continuée à la cbaleur.
Sulfate de cuivre ( "vitriol bleu ). On peut l'ad-
ministrer sous forme onguentacée ; il suffit de le pul-
vériser et de le mêler par trituration avec un inter-
mède quelconque ( les proportions ne sont pas encore
déterminées). On peut aussi l'employer en solulioa
aqueuse : on prend à cet effet de l'eau distillée ,
et on le dissout dans au moins quatrcà sept fois son
poids de ce liquide. On n'a pas encore observé son
mode d'excitation tonique: appliqué seul il peut en-
flammer et même escarritier.
II.
98 PHARMACOP E E
RESUME.
r^ons venons (le parcourir successivement les subs-
tances qu'on applique sur la surface cutanée et sur
les tissus dénudés accidentellement, dans rinlenlion
dciesexciter : il est encore un grand nombre de corps
susceptibles de produire des elfels analoi^ues; mais ou
ne les emploie point, soit qu'ils n'aient aucun avan-
taî^e évident, soit qu'on ait négligé jusqu'ici d'étudier
leur mode d'aclion. Ces considérations m'ont porte à
tenter une série de recherches cliniques sur cet objet ;
mais elles ne sont pas encore assez avancées pour
que je puisse me permettre d'en faire connoîlre le
résultat.
Autre chose est d'indiquer les corps qui sont sus-
ceptibles d'exciter le ton des organes en question, et
de faire connoîlre les différentes modilicalions (ju'ils
présentent dans leur action: autre chose est de préten-
dre qu'ils sont constamment nécessaires pour entre-
tenir ou relever le ton de l'organe cutané et des lis-
sus dénudés accidentellement. La chirurgie moderne
a fait voir que les inllammations, les suppurations, et
eu général les affections maladives des organes en
question, ont une marche spontanée, que souvent
elles tendent à la guérison, et qu'alors elles n'ont
besoin du secours des toniques que lorsque leurs
propriétés vitales sont trop affaissées , c'est-à dire que
ce n'est qu'accidentellement qu'elles en requièrent
l'emploi. La charpie suffit dans un grand nombre de
cas, tant pour entretenir l'excitation convenable que
jiQur absorber l'excédent du pus exhaléj et ce n'est
CLINIQUE. y^
, fine lorsqu'elle cesse d'exciter convenablement qu'on
la recouvre d'une couche de substances excitantes.
La médecine de son côté a fait voir que l'érysipèle ,
la variole, la rotigeole, la scarlatine, etc., ne néces^
sitent pas ordinairement d'application topique.
On n'a pas encore assez observé les modifications
que les diftérentes substances dont j'ai parlé succes-
sivement présentent dans leur action; néanmoins
les notions que nous avons à cet égard peuvent
nous éclairer dans l'indication d'un grand nombre
de circonstances dans lesquelles on doit préférer les
unes aux autres.
Il ne s'agit point ici des cas dans lesquels on n'ap-
plique des substances sur la peau que pour pouvoir
les faire absorber, mais uniquement de ceux où le
ton de cet organe est plus ou moins modifié.
Excitation tonique sans phénomènes généraux
évidens.
Cette excitation peut avoir lieu avec plus ou moins
de promptitude; elle peut présenter des modifica-
tions particulières.
Excitation tonique ordinaire* Lorsqu'on veut
opérer cette excitation d'une manière lente et gra-
duée, on fait particulièrement usage des amers, du
quinquina, du tartrite de potasse et de fer, etc. :
on emploie aussi quelquefois les plantes aromatiques,
les substances astringentes , acides , etc. ; mais on les
étend convenablement.
Lorsqu'on veut obtenir un effet prompt ei in-
kence, ou emploie l'eau froide, la glace, Talcool,
100 PHARMACOPEE
les acides, l'ammoniaque, les sels ammoniacaux,
l'élher , les huiles volailles, le camphre, le produit
(les solulloiis partielles concentrées Vies plantes aro-
maliqties dans l'eau et dans l'alcool; l'opium, les can-
iharides, etc. On n'ëtend ces substances qu'autant
qu'il le faut poru^ qu'elles ne puissent pas produire
rin{lammation. On unit souvent ces deux sortes de
moyens lorsqu'on veut déterminer une excitatioa
tout à la lois prompte, intense et durable, l^ors-
qu'on veut exciter en même temps la circulation ca-
pillaire de la peau ou celle des tissus dénudés, on
emploie la graisse oxygénée, le soufre, les oxydes
de manganèse, de mercure, de cuivre, de zinc; la
chaux , les carbonates alcalins , l'ammoniaque et ses
différens sels; les huiles volatiles, les acides muria-
tiquc jsulfurique et acétique, etc. On y a fréquem-
ment recours pour favoriser la suppression de mala-
dies cutanéeschronlques , telle que celle de la gale , des
dartres, de la teigne, etc., lorsque toutefois les sym-
ptômes d'irritation locale sont dissipés ; mais ou sait
quelle prudence exige le plus souvent l'emploi de
ces moyens ; ou connoît les accidens funestes qui sue-
«rèdent fréquemment à la suppression subite de ces
affections.
Lorsqu'on veut au contraire diminuer en même
temps la circulation capillaire , on emploie plus par-
ticulièrement les conq)osés de plomb convenable-
ment étendus.
Excitation avec astrictioji. On se sert à cet effet
<le l'eau froide, de la glace , de la neige, des acides
sulfurlque et acétique convenablement étendus, de
l'ulun , de l'alcool , des sulfates de fer , de ziue , de
CLIl^IQUE. lOt
cuivre ; du laiîtiiu et des substances astringentes en
général , telles que l'écorce de chêne , le brou de
noix vert, les racines de tormentille, de bistorte, les
ëcorces des différentes espèces de saules, de marron-
nier d'Inde, etc. Toutes ces substances ne produisent
pas l'aslriction avec la même intensité ; il est néan-
moins difficile d'établir l'échelle de leur intensité re-
lative d'action. Quelques-unes peuvent escarrifier
(l'acide sulfurique), d'autres peuvent enflammer
(l'acide acétique, l'alcool très -rectifié, les sulfates
métalliques, etc. ) , d'autres peuvent à la longue ra-
cornir (les acides indique's, l'alcool). Toutes ces subs-
tances n'agissent pas non plus avec la même prompti-
tude : les acides que je viens d'indiquer, l'alcool,
la glace ont une action instantanée ; tandis que les
substances végétales qui contiennent du tannin agis-
sent avec beaucoup plus de lenteur. Celles-ci ne f-ont
pas susceptibles d'opérer des effets sympathiques évi-
deus; tandis que les acides, l'alcool, l'eau froide y
sont très-convenables. Toutes ces substances ne pro-
duisent pas l'astriclion de la même manière ; les aci-
des indiqués, l'alcool, l'alun, le sulfate de zinc,
convenablement étendus, diminuent en même temps
la rougeur et la chaleur de la partie; tandis que
ce même effet n'a pas lieu d'une manière évidente
si on emploie les substances qui agissent par le tan-
nin qu'elles contiennent.
Comme ces différens corps peuvent déterminer
d'autres effets outre l'astriction , il est nécessaire ,
lorsqu'on se propose uniquement de déterminer celle-
ci , de les appliquer sous une température froide et
jiar simple apposition.
103 PHARMACOPEE
Ou a cherché à produire l'aslriclion lanlôt pouï^
opérer un effet local , laulôt pour déterminer une
pareille action sur les tissus contigus ou sur des or-
i»anes plus ou moins éloignés qui sympathisent aveo
Jla peau. Les circonstances locales qui en indiquent l'u-
sage sont la sueur atonique excessive, la suppuration
atonique très-abondante , l'hémorrhagie par la rup-
ture de petits vaisseaux , la tendance à la gangrène.
Les circonstances dans lesquelles on cherche à pro-
duire Tastriction sur des organes contigus sont l'en-
torse, la contusion, l'œdème, lorsque toutefois il
n'existe pas de symptômes de phlegmasie. Ou se pro-
pose de produire une astriction sympathique dans
l'hémorrhagie des membranes muqueuses, etc.;
on choisit alors les régions cutanées qui sont recon-
nues syrapatliiser plus particulièrement avec l'or-
gane affecté.
Il n'existe pas de moyens qu'on puisse appeler
antiseptiques, résolutifs, suppuratifs, dessiccatifs, etc.,
mais seulement des effets antiseptiques, rés(\lutifs,
suppuratifs, dessiccatifs : la même substance peut le
plus souvent produire l'un et l'autre de ces effets.
T^éanmoins on a plus particulièrement employé les
huiles volatiles, le camphre, les baumes, les subs-
tances qui contiennent du tannin , le quinquina , les
sels ammoniacaux, les acides sulfurique et acétique
dans le cas de gangrène ; les oxydes métalliques , les
acides étendus , l'eau de chaux , les carbonates alca-
lins pour opérer la dessiccation ; les substances aro-
matiques , le camphre pour déterminer la résolution.
D'après nos données actuelles sur la marche des
ïnaladics, peut-on être assuré d'avance de l'effet,
CLINIQUE. Io3
secondaire qu'on veut obtenir? Rien n'est plus varia-
ble que les suppurations opérées par les prétendus
suppuratifs , que la résolution déterminée par les
résolutifs, etc. Oc sait maintenant que ce ne sont pas
les corps qui empêchent le mieux la putréfaction
des substances mortes qui s'opposent le plus à la gan-
grène; et c'est cependant de là qu'on est parti pour
créer les propriétés antiseptiques de l'acide carbo-
nique, du suc gastrique.
L'hypolhèse et le hasard ont en général souvent
présidé.au choix des moyens qu'on emploie plus par-
ticulièrement dans certains cas; et lorsque l'habitude
d'en continuer rusas;e dans les mêmes circonstances
s'est conservée depuis un temps très-long , on a été
porté à croire qu'ils y sont plus particulièrement
indiqués que d'autres. La marche expérimentale et
les expériences cliniques comparatives peuvent seu-
les décider ce point , et c'est à l'analyse approfondie
des effets particuliers des corps médicamenteux à
nous éclairer dans ce genre de recherches.
11 est des circonstances qui doivent s'opposer à
l'emploi de différentes substances médicamenteuses.
C'est ainsi que lorsqu'on doit craindre d'entlammer
le tissu qu'on cherche à exciter, il ne faut point em-
ployer la térébenthine , les huiles volatiles pures ,
les cantharides, les acides, l'ammoniaque, les car-
bonates alcalins, les muriates, le nitrate de potasse,
la plupart des composés métalliques. Lorsqu'on doit
craindre d'agir sur l'encéphale et sur le système ner-
veux en général , il ne faut point employer l'opium,
les feuilles de tabac , de ciguë , de belladone , de
jusquiame, etc.j ou si on en fait us^ge, il faut les
104 P H A R r»T A C O P E E
étendre convenablement , les ap[)liqner à plusieurs
reprises, et surtout empêcher qu'ils ne puisseut
frapper l'odorat.
Si on a à craindre d'irriter les organes urinaires,
il ne faut point employer les térébenthines, les can-
iharides. Si on doit craindre d'exciter le conduit in--
testinal , il faut rejeter l'aloès, la coloquinte, l'hel-
lébore noir, etc. Si le vomissement pentèlre dange-
reux, il ne faut pas faire usage du tartrite de potasse
antimonié. Si l'on veut éviter la salivation, il faut
proscrire l'emploi des mercuriaux, et surtout du
muriate de mercure doux et de l'oxyde mercuriel
noir , etc. ; ou il faut au moins apporter dans leur ad-
ministration les prëcatuions que j'ai déjà plusieurs
fois indiquées. 11 ne faudroit cependant pas s'imagi-
ner que ces effets ont lieu toutes les fois qu'on ap-
plique l'une ou l'autre de ces substances sur la peau
ou sur les tissus souculauës ; car souvent ils ne se
manifestent pas du lonl ; d'autres lois ils n'ont lieu
que lorsqu'on en a continué l'usage pendant plus ou
moins longtemps , ou lorsqu'on les a appliques de
suite en trop grande quantité et trop concentrés.
11 n'est pas toujours nécessaire , pour exciter le
ton de l'organe cutané , de recourir aux a])j)lica-
tions topique** : on détermine souvent le même effet
avec plus de succès par l'usage interne des toniques.
J'ai fait voir en traitant des excilans qu'on met eu
coutactavecla surface muqueuse de l'estomac, quels
sont ceux qu'on emploie plus particulièrement à cet
effet. Souvent on a recours en même temps aux ap-
plications cutanées et aux applications gastriques.
CLINIQUE. lo5
Eoccitation tonique avec phénomènes généraux.
Il est des corps médicamenteux qu'on met en
contact avec le tissu cutané, et qui souvent exercent
une aclion plus grande sur les organes éloignés que
sur la peau : aussi les ai-je en partie placés ici comme
annexes, et parce que je nesavois quelle autre place
leur destiner; ils agissent d'ailleurs évidemment sur
l'organe cutané ; leur aclion est si générale qu'ils se~
roient également déplacés dans les autres ordres , et
exigeroient pour ainsi dire d'être traités dans un or-
dre à part. Tels sont les bains, la douche, les diffé-
rens modes d'application de l'électricité , etc.
Excitation ordinaire avec pJiénomènes géné-
raux. Si on fait abstraction de ce qui paroit dépendre
de l'absorption , il est peu de substances qui puissent
déterminer ce mode de médication ; ou au moins elles
ne sont pas encore connues. C'est uniquement parmi
les corps qui excitent d'une manière prompte et in-
tense qu'il me paroît qu'on pourra les trouver.
Excitation avec astriciion. L'ex])érience journa-
lière apprend que ce sont les acides sulfiuique et
acétique convenablement étendus, l'eau froide et la
glace, qui jouissent particulièrement de la propriété
de déterminer l'astriction sur des organes éloignés.
§ III. application des toniques sur la surface niU"
queuse du gros intestin , ei excitation tonique
de cet organe.
On applique les toniques sur la surface muqueuse
du grosintestin,soitipour relever le ton decet organe.
I06 PHARMACOPEE
soit pour produire cet effet sur des tissus contigns ,
soit pour exciter par sympathie ou par circulatiou
des organes éloignes ou même tout l'organisme.
C'est ordinairement à l'ëtat liquide , et rarement à
celui de gaz, qu'on applique les toniques sur la stu-
face muqueuse du gros intestin. On ne leur donne
la forme molle que lorsque leur application doit se
borner à la partie inférieure du rectum. On peut
donner à ces excitans les mêmes températures qu'aux
toniques qu'on met en contact avec les surfaces précé-
dentes. On ne doit en général employer que des subs-
tances dont le prix est peu élevé , à moins qu'elles ne
doivent agir par absorption. Les excipiens (jue j'ai
indiqués en traitant des formes des médlcamens
qu'on met en contact avec la surface muqueuse du
gros intestin , conviennent également pour l'adminis-
trai ion des toniques.
C'est en grande partie par le degré de concentra-
tion qu'on dose les substances qu'on emploie pour
exciter le gros intestin. Les ])roportions sont à peu
près les mêmes que pour les applications cutanées, si
ce n'est qu'on emploie ordinairement les plus foibles.
C'est d'après le poids qu'on dose les substances qui
paroissent devoir être absorbées. Plusieurs médecins,
et notamment M. Hahn, croient que cette dose doit
être le double et même le quadruple de celle de ces
mêmes substances introduites pour la première fois
dans l'estomac ; mais on sait qu'un résultat général
de cette espèce ne peut être que vague, et doit souf-
frir des exceptions infinies, non-seulement selon la
susceptibilité individuelle, mais encotc selon les dlf-
fércules substances médicamenteuses qu'on emploie*
CLINIQUE. Ï07
I] faut, pour l'application des toniques sur la sur-
face muqueuse du gros intestin _, suivre les règles que
j'ai indiquées ailleurs (tome I , page 235). Les toni-
ques qu'on introduit dans le gros intestin sont en
grande partie les mêmes que ceux qu'on applique sur
la peau.
Excitation tonique ordinaire. On emploie les
amers, le quinquina, les ferrugineux, si l'acliou doit
être lente et peu intense; les infusions aromatiques,
la solution de sels ammoniacaux , la suspension des té-
rébenthines j des sucs concrets fétides, du camphre,
de l'opium, etc., lorsqu'il s'agit d'opérer une action
plus prompte et plus intense.
On y a recours dans des cas de catarrhe chronique
de l'intestin , de la vessie urinaire ou de l'utérus, dans
des cas de suppression menstruelle par atonie , etc.
Excitation tonique «fec^wZr/cf/o^.Lorsqu'il s'agit
d'injecter ces moyens profondément , on emploie le
vinaigre, l'alun, l'acide sulfurique convenablement
étendus ; on fait usage de la décoction aqueuse de
tormentille, de bistorte , de cachou, etc. Si on veut
agir sur les parties les plus extérieures du rectum ,
on mêle Talun, les galles, le cachou, etc. avec un corps
gras dans des propoi lions plus ou moins grandes.
On a recours aux premiers moyens dans les cas de
catarrhe chronique de l'intestin, d'hémorrhagie pas-
sive ;et aux deuxièmes dans les cas de tumeurs hé-
morrhoïdaires indolentes plus ou moins volumi-
neuses. Je ne répéterai pas avec quelle prudence il
faut , dans ces différentes affections , se permettre
de produire une astriclion propre à les supprimer.
I08 PHARMACOPÉE
§ I V. application des toniques sur la surface
nwqueuse de la bouche et de la gorge , et exci-
tation tonique de ces organes.
On applique les toniques sur celte membrane, soit
pour déterminer une excitation locale, soit pour
opérer un pareil effet sur les tissus soujacens. Clare
a choisi la surface muqueuse des joues et des gen-
cives , ainsi que les lèvres , pour y faire abscrher le
muriale de mercure doux. Ou n'a pas, que je sache ,
recherché quel parti on peut en tirer pour l'absorp-
tion d'autres substances médicamenteuses. Les cir-
constances ne m'ont pas encore permis de tenter
de pareilles recherches.
On peut appliquer les substances toniquessur toute
l'étendue de la gorge , ou seulement sur un point de
son étendue ; on peut les administrer sous toutes les
formes que j'ai indiquées ailleurs (l.I., pages 190
et 191 ) , et sous une température fioide ou chaude.
On n'a pas besoin de déterminer avec beaucoup de
précision les proportions dans lesquelles on emploie
le corps médicamenteux et l'excipient ; car il suffit
de rejeter le médicament dès qu'il commence à
occasionner une chaleur et une douleur très-fortes.
Il est peu de substances qui ne puissent exci-
ter cette membrane; mais toutes ne le font pas de
Ja même manière et n'agissent ])as également sur
tous les yioinls : les unes excitent plus parlicullère-
mcnt les gencives, d'autres le yialais , d'autres la gorge
(l'acide l)enzoïque, l'ipécacuanha, l'euphorbe, la
résine de jalap , les canlharidcs, etc. ). Les unes n'ont
C L I K I Q U E. lOg
d*abord aucune saveur ou en ont une douce, et
manifestent bientôt après une saveur plus ou moins
tenace (la racine de bryonne blanche) ; il eu est qui
excitent la sécrétion du mucus de la bouche et de la
salive , et qui déterminent une sensation de chaleur
très-forte(le poivre , les gérofles, la racine de pyrè-
tre, etc.) ; il en est d'autres qui opèrent une astric-
tion notable (l'acide sulfurique, l'alun, les substances
qui contiennent du tannin en général). Ces dernières
substances paroissent occasionner à la longue la des-
truction des dents, ainsi que M. Pérou l'a observé
dans l'île de Timor. Plusieurs sont susceptibles d'en-
ilammer et même d'escarriiier ; d'autres peuvent eu.
outre ])roduire par leur absorption des accidens plus
ou moins graves. Leur choix doit être subordonné
aux différentes espèces d'excitation qu'on veut dé-
terminer.
Excitation tonique ordinaire de la surface rnU'
queuse de la bouche et de la gorge. Lorsque cette
excitation doit être modérée , ou peut se servir des
substances amères et aromatiques : on peut aussi em-
ployer les substances végétales astringentes convena-
blement étendues. On peut les faire mâcher ou les
employer à l'état liquide. 11 est indifférent laquelle
de ces substances on choisisse ; néanmoins l'usage a
plus particulièrement consacré la sauge officinale, la
myrrhe, le cachou aromatisé et étendu de manière
à ne pas avoir de saveur acerbe, le macis, la mus-
cade, etc. Lorsqu'on veut exciter la luette, snrlout
dans les cas de relâchement, on se sert de la poudre
de semences de poivre noir, déracine de gingembre,
de moutarde noire, de gérofles, etc. j ou l'éteuU
irO l^HARMACOPliE
siifQsammenl, ou l'applique dlrectemeutsur )a lilet-
le, et on l'y maintient pendant quelques minutes.
Lorsqu'on veut plus particulièrement exciter
l'arrière - bouche , ou peut choisir l'acide ben-
zoïque, l'ipëcacuanha, etc.; on les étend convena-
blement et on les y retient pendant un temps suf-
fisant. Je n'ai pas besoin de répéter quelles sont les
substances qu'il convient d'employer , si on veut
en même temps exciter la sécrétion muqueuse buc-
cale. En général , tous les excitans dont j'ai parlé en
traitant des applications gastriques peuvent convenir
ici : c'est ainsi qu'on emploie quelquefois le carbo-
nate et le muriate d'ammoniaque , etc. Il est quel-
ques substances qui paroissent peu actives , et qui
néanmoins opèrent souvent un effet notable dans
des cas où d'autres corps plus actifs ont été em-
ployés sans succès. Le borate sursaturé de soude
(borax) nous en présente un exemple relativement
aux aphthes; on dissout ce sel dans au moins cin-
quante fois son poids d'eau , ou on l'incorpore dans
du miel : celui-ci peut en tenir partie égale sans
perdre sa consistance molle. Les j)roporlions fré-
quemment employées sont de 0,2 de ce sel.
Excitation avec asCriciion» On emploie particu-
lièrement l'alun, le vinaigre et l'acide sulfuiique
étendus de manière a avoir une saveur notablement
acerbe, l'acétate de plomb, l'alcool à io4-o,les
substances végétales astringentes pures ou peu éten-
dues. Le choix de ces moyens varie selon les cir-
constances : c'est ainsi que, pour déterminer une
«striction modérée sur les gencives , on emploie de
l'alcool affoibli, de l'espiit de cocLléaria ofliciual, la
CLlJîflQUE. m
.macération alcoolique de raifort sauvcige , etc. Lors,
que les gencives sont fougueuses, saignantes, on ks
touche avec des astriugens plus actifs : tels sont l'acide
sulfarlque à lo — o, qu'on a préalablement mêlé
avec le double de son poids de miel ; l'acide mi-
riatique à 20 — o étendu également dans le double
de sou poids de miel ; l'acide muriatique oxygéné
convenablement affoibli ; les sulfates de zinc ou de
cuivre dissous dans environ sept fois leur poids d'eau.
On les applique à l'aide d'un pinceau et on lave la
bouche immédiatement après.
§ V. Application des toniques sur la surface mu'
cjueuse de la cavité nasale , et excitation toni-
que de cette membrane»
On n'applique les toniques sur cette membrane
que lorsqu'on veut agir directement sur elle ; le plus
souvent même on ne fait aucune application, quoi-
que cette membrane soit affectée de maladies atoni-
ques. On n'a point recherché jusqu'ici quel parti on
peut tirer de l'organe en question pour l'absorption
des substances excitantes.
On peut appliquer les toniques sur cette surface
sous les formes et sous les températures que j'ai indi-
<juées ailleurs (lom. I , page 189).
Excitation tonique ordinaire. Lorsqu'on ne veut
produire qu'une excitation tonique modérée, on a
recours à des poudres amères et aromatiques. Néan-
moins, comme les corps pidvérulens déterminent
facilement l'éternueraent , on préfère les liquides
aromatiques, la vapeur d'infusés aqueux analogue «
Dans les cas d'ulcéraliou atonique des parties les
112 PHARMACOPEE
])Ilis extérieures (Je la eavité nasale, on emploie le#
formes molles que j'ai indiquées pour les applica-
tions cutanées.
Excitation m^ec aslriction. On emploie le sulfate
acide d'alumine triple, le vinaigre, l'acide sulFuri-
que, etc. On étend ces substances de manière qu'elles
aient une saveur acerbe; on les injecte à l'aide d'une
seringue, ou on en imprègne de la cbarpie avec la-
quelle on tamponne l'intérieur de la cavité nasale. On
empêche la chute de cette dernière dans l'arrière-
bouche à l'aide d'un tampon de charpie qu'on tient
appliqué contre les arrières-narines. On se sert à cet
ffïet de la sonde de Bellocf|. Par son intermède , on
fait passer un Hl de la cavité nasale dans celle de la
bouche. On llxe un tampon à l'extrémité de ce (il
qui pénètre dans la cavité buccale, et on tire alors
le fil par le nez comme si on vouloil le retirer. Lors-
qu'il est suffisamment tendu, et qu'on est convaincu
que le tampon est appliqué contre les arrières-na-
rines , on remplit l'intérieur du nez de charpie et ou
fixe le fil au dehors avec un petit sparadrap. Pour
enlever ce tampon, il suffit d'inspirer fortement par
le nez : on peut aussi y réussir en tirant par la bou-
che un fil qu'on a préalablement fixé au tampon. Ou
n'a recours à ces moyens f{ue dans les cas d'hémor-
rhagies nasales abondantes f[ui no cèdent pas aux
moyens ordinaires.
Le plus souvent on se contente d'agir sympalhi-
quement : à cet eftet on applique de l'eau fi oide ,
de l'eau vinaigrée autour du nez, au front , aux tem-
pes, à la nncjue, aux é])auies, aux mains, au scro-
tum, etc. : ce n'est que lorsque ces moyens sympa-
CLINIQUE. Il3
tîiiques sont iusuflisaus qu'on a recours aux moyens
locaux.
§ VI. application clés Ioniques sur la surface
muqueuse des bronches , et excitation tonique
de ï organe pulmonaire.
Ce n'est en général que pour exciter directement
l'organe pulmonaire qu'on fait inspirer les substances
propres à déterminer l'excitation tonique; c'est ra-
rement pour agir par absorption soit sur tout l'orga-
nisme, soit sur quelques organes en particulier. Les
excitans ne peuvent être introduits clans les bronches
qu'à l'elat vaporeux et gazeux, et après avoir été
convenablement étendus dans l'air de la respiration;
ils ne sont pas par conséquent susceptibles d'un de-
gré notable de concentration : aussi n'est-ce le plus
souvent que d'une m.anière secondaire qu'on agit sur
l'organe pulmonaire.
Excitation directe de T organe pulmonaire» Pour
la déterminer on fait respirer la vapeur de plantes
aromatiques en infusion aqueuse , celle de l'alcool,
du vinaigre, de l'acide acétique pyro-huileux (ou
dégage celui-ci extemporanément par la combustion
du sacre), de l'acide sulfureux (il suffit de brûler du
soufre au contact de l'air pour le dégager ) , de l'acide
benzoïque (on expose à cet effet le baume à une
haute température, par exemple, sur des charbons
ardens), de l'ammoniaque, de l'acide muriatique,
de l'acide muriatique oxygéné , etc. Il est plusieurs
de ces substances , et notamment les acides, qui peu-
vent occasionner la touX;, et quelquefois même un
II. «
I l4 ' P H A E. M A C O l» É E
craci l'menl de saut; : l'acide muriatiqne oxygéné peut
occasionner im catarrhe plus ou moins intense.
E.TcUcition secondaire de l'organe pulmonaire.
C'est ordinairement avec la surface muqueuse de
l'estomac qu'on met en contact les substances qui
doivent exciter secondairement l'organe pulmouaire.
II est quelques excitans que l'usage a consacrés dans
cette circonstance : telles sont les Heurs de bouillon
blanc ( verbascum thapsiis^ L. ), de violette odorante
{viola odorata, L. ), de pied de chat {gnaphaliiim
dioïcum , L.), les feuilles et les (leurs de tussilage
{tussilago farfara, L. ), les feuilles de capillaire
{adiantïimn capillus veneris , L.). On emploie ces
différentes substances en infusion aqueuse ; on les
édulcore avec du sucre ou du miel, et on les fait in-
gérer à une température chaude.
Lorsqu'on veut obtenir un effet plus intense, on
fait ])lus particulièrement usage des feuilles d'hys-
sopc officinale (/fjssopifs officinalis , L.) , de sauge
officinale (jiîA^m officinalis , L. ), des Heurs d'ortie
blanche {lamiinn album, L.), de sureau {sambu^
eus niirra , L.) de marrube {marruhimn njulî^are,
L. ); des sommités de lierre terrestre {glecoma he-
deracca , L.), de marjolaine {origanum majorant
Jia, L.), de basilic (^ocymum hasilicum , L.), de
camphrée de Montpellier {camphoros?na monspe-
liaca , L. ), de véronique officinale {ueronica offi-
cinalis , L.) ; des semences d'apis {pimpinella ani-
sum, L. ) , de fenouil ( anethum fœnicuhim , L. );
des capsules d'anis étoile {illiciuni anisatum , L. );
des racines d'angélique {angelica archangclica, L.),
d'aunée {Jnula helcnium , L.), etc. Ou emploie ce»
CLINIQUE. Îl5
différentes plantes en infusion et deia même manière
que les précédentes.
Outre ces substances , on fait quelquefois ingérer
les baumes, et surtout celui de tolu ; le soufre, les
sucs concrets fétides, et surtout Tammoniacum ; les
sels ammoniacaux , et surtout l'acétate d'ammoniaque j
les amers, tels que le lichen d'Islande, le quinqui-
na, etc.
Ou a préconisé les racines depolygala amer {poly-
^ala amara, L. ), et de polygala sénéga (^polygaîa
senega 3 L.); mais elles ne présentent pas de pro-
priétés particulières qui soient bien démontrées; elles
provoquent facilement le vomissement, et c'est peut-
étresousce rapport qu'eilesontétéquelquefois utiles.
On fait aussi un usage fréquent du bulbe de scille
{scil/a rnaritima L.), et surtout de l'oxymel scilli-
tique , de l'ipécacuanha , des oxydes d'antimoine
bydro-sulfurés brun et orangé, etc. Ou les admi-
nistre souvent de manière à ce qu'ils produisent des
nausées et même des vomiturilions.
Les racines d'arum tacheté (^arwn maculatum ,
L.) et d'iris de Florence (/m florendna , L,) ont
aussi xîté employées pour exciter secondairement
l'organe pulmonaire; mais elles ont l'inconvéïiient
de varier à l'infini dans leur composition, d'être
âcres, vénéneuses ou inertes, selon qu'elles sont
fraîches ou desséchées, selon l'époque de leur ré-
colte , le mode de dessiccation, le sol où elles ont
crû, etc. Elles n'ont pas d'ailleurs d'action plus évi-
dente que les substances précédentes; elles pro-
duisent facilement le vomissement et la purgation.
11 est en général difficile de déterminer, dans ua
1 1 f > V II A R M A C O P E E
grand uombre de cas, si les différentes subslanccs
que je viens d'éimmérer exercent une action eTi-
dente sur l'organe pulmonaire. On ne les emploie
que lorsque ce dernier est malade , et l'observation
journalière prouve que cet elat persiste souvent
malgré leur emploi , et que souvent aussi il cède à
la seule application des règles de l'hygiène.
La rubéfaction et la vésication de la peau et sur-
tout des cotés du thorax, du dos, des jambes, de
l'intérieur des cuisses sont souvent employées pour
exciter d'une manière secondaire le ton de l'oigane
pulmonaire.
Ou cherche en général à exciter le ton de l'organe
])ulmoiiaire dans la troisième période du catarrhe
aigu qui menace de passer à l'état chronique j dans
la troisième période de la pneumonie , lorsque l'ex-
pectoration n'a pas lieu convenablement; dans le
catarrhe chronique qui est accompagné ou non de
fièvre hectique , etc.
Excltaùun (le V organe pulmonaire avec astric^
tion» C'est par des applications cutanées et gastri-
ques qu'on cherche à déterminer cet effet : c'est ainsi
qu'on applique des compresses d'eau froide ou de
glace sur la poitrine, qu'on donne à l'intérieur de
l'acide sulfurique et de l'alun convenablement éten-
dus.
§ VII. Application des toniques sur la membrane
Tnwpicusc de Vœil , et excitation tonique de cet
organe.
On n'applique les toniques sur la conjonctive que
lorsqu'on se [jroyoàc de rcxcilcrdireclemcnl, ou de
C L I T^ I Q U E* 1Î7
produire cet effet sur les tissus soujacens. On n'agit
souvent sur elle que d'une manière secondaire , en
excitant l'estomac de manière variée, en délermi-
nant le vomissement , en produisant la rubéfaction
et la vésicalion de la région mastoïdienne et de la
nuque , en déterminant la suppuration du tissu cel-
lulaire de la nuque , etc.
On peut V appliquer les topiques sous formes puî-
Térulente , molle , liquide et vaporeuse ( tome T ,
page 187). On peut les administrer sous une tempé-
rature froide ou chaude : on est obligé de les em-
ployer très-étendus comparativement à ceux qu'on
applique sur les autres surfaces organiques.
Les corps susceptibles d'exciter la conjonctive
sont très-multipliés. On sait que la poussière et la
fumée V déterminent de la douleur ; les corps en
apparence les plus inertes peuvent même l'entlam-
mer ; toutes les poudres indistinctement , même celle
de gomme arabique et de sucre excitent cette mem-
brane. Il n'en est pas de même des substances liquides
et vaporeuses, car l'eau mucilagineuse, l'eau sucrée ,
celle qui tient eu dissolution du sulfate de soude, du
phosphate de soude ne produisent pas d'effet notable
sur elle. L'alcool , l'éther , les huiles volatiles, To-
pium, le camphre, tous les sels métalliques, les
acides, les alcalis, les muriates, les caibonates y oc-
casionnent tous de la douleur et de la chaleur; ils
peuvent même l'enflammer s'ils ne sont pas assez
étendus ; et ce degré d'intensité varie et pour la plu-
])art d'entre eux, et selon la susceptibilité indivi-
duelle. Les amers appliqué* en solution saturée ne
m'ont pas paru y déterminer de chaleur ni de dou-
Il8 PHARMACOPÉE
leur notables. Il n'en est pas de même des substances
tannines appliquées en solution concentrée. Je vais
indiquer celles de ces substances que l'usage a plus
particulièrement consacrées.
Kxcitation tonique ordinaire de la conjonctive.
On se sert à cet effet de Teau froide , de l'alcool
étendu d'eau, des eaux distillées aromatiques, des
huiles volatiles, du camphre , convenablement éten-
dus soit dans l'alcool , soit dans l'eau. Les eaux dis-
tillées aromatiques que l'usage a plus particulière-
ment consacrées sont celles de roses , de fenouil , etc
On emploie particulièrement l'alcool opiatiquc con-
venablement étendu ou la solution aqueuse de 0,00 1
d'extrait aqueux d'opium. On peut faire usai^e de
murlate d'ammoniaque, de muriate de soude, de tar-
trite de potasse antimonié, etc., convenablement
étendus. On emploie le muriate de mercure suroxydé
dans le cas d'ophlbalmie sy]»hilitique. Lorsqu'on
veut obtenir une excitation plus intense , on emploie
les liquides precédens moins étendus. On fait aussi
usage de i'éther , de l'ammoniaque (à cet effet il suf-
fit d'exposer l'oeil à la vapeur de l'une et de l'autre
de ces substances; et si on n'a pas d'ammoniaque
toute extraite , on peut la dégager instantanément
en triturant du muriate d'ammoniaque avec de la
chaux et en approchant ce mélange de l'oeil ), de l'é-
manation de l'ail , de l'oignon, vie. On y souflle quel-
quefois des substances pulvérulentes solubles, telles
que le sucre candi et la plupart des sels alcalins ou
terreux que l'eau peut dissoudre.
Lorsqu'on veut opéwcr une excitation très forte,,
on iliit surtout usa;;e de l'oxyde de mercure ro'jge»,
CLINIQUE. lî^
de l'oxyde de fer rouge; on emploie ces subslances
surtout pour exciter le bord ciliaire des paupières.
On étend à cet effet l'oxyde mercuriel ronge dans
vingt fois son poids d'axouge ; l'oxyde de fer rouge ,
celui de zinc peuvent être étendus eu toute propor-
tion; ou peut aussi employer le sulfate de cuivre,
celui de zinc en solution ou en mixtion plus ou
moins saturées. En général , ou détermine ces pro-
portions d'après la susceptibilité locale. On a quel-
quefois recours à l'électrisation par pointes : on se
sert à cet effet d'une pointe métallique, et quelque-
fois même d'une pointe de bois qu'on tient»assez éloi-
gnée pour qu'elle ne puisse pas occasionner d'étin-
celles. Le sujet peut être isolé ou non : dans le pre-
mier cas , on place , à l'opposé de la tête et à la dis-
tance de deux centimètres environ des tégumens,
une pointe non isolée. On éprouve un souftle léger;
la conjonctive rougit plus ou moins ,et la sécrétion
des larmes est augmentée. On a eu recours avec
avantage à ce mode d'éiectrisationdans des cas d'opli-
tbalmie clironique.
Ou cherche à déterminer celte espèce d'excitation
dans la troisième période de l'ophthalraie aiguë , dans
l'ophthalmie chronique , dans l'imminence d'une
oplilhalmie habituelle périodique, dans l'aîbugo,
dans les ulcérations chroniques du bord ciliaire des
paupières , etc.
Kxcitatioii avec astriction. On emploie particu-
lièrement l'alun , le sulfate de zinc, l'oxyde de cui\ re,
la dissolution d'oxyde de cuivre dans l'ammioniaque
étendue, l'acétate de plomb, les substances végétales
astringentes en solution aqueuse, les acides hès'
I20 PIIAIIMACOPEE
éleiiJus. On doit graduer les proportions dans les-
quelles on dissout ou on étend ces corps, d'après le
degré de susceptibilité individuelle. Les proportions
les plus ordinaires sont de o,oi à o,o5 d'alun , de o,o5
d'acétate de plomb, de 0,0 1 à o,o5 de sulfate de zinc
et de sulfate de fer. On prépare la dissolution d'oxyde
de cuivre dans l'ammoniaque , en triturant une partie
d'oxyde de cuivre carbonate avec trois parties d'am-
moniaque, et ou étend le tout dans mille parties
d'eau.
On emploie ces moyens dans les mêmes casque les
précédens, surtout au début d'opbthalmie habituelle,
dans des ras d'opblhalmies chroniques, de varices
du bord ciliaire des paupières et de la conjonctive
elle-même.
§ VIIL u^pplicûtion des toniques si/r la surface
muqueuse du conduit auriculaire , et excitation
tonique locale»
Ce n'est aussi que pour agir localement ou par
contiguïté qu'on applique les toniques sur celte sur-
face. On les administre sous les formes que j'ai indi-
quées ailleurs ( tome l , page 2 1 5 ). Les formes qui sont
destinées aux applications cutanées peuvent parfaite-
ment convenir ici. On peut aussi recourir à l'électri-
salion par pointes: on procède de la manière que je
viens d'indiquer pour l'électrisallon de la membrane
muqueuse de fœil.
Ce n'est en général que dans les catarrhes chroni-
ques opiniâtres de la membrane muqueuse du con-
duit auriculaire qu'on a recours ù ces moyens. Le
CLITTIQUE. 121
plus souvent même on les abandonne àenx-méraes,
ou si on cherche à les faire cesser lorsqu'ils sont
devenus habituels, c'est après avoir élabii un exuloire
ailleurs.
§ IX. application des Ioniques sur la surface mu-
queuse de r urètre , et exciiation tonicjue do cet
organe.
On n'applique les toniques sur la surface muqueuse
de l'urètre que lorsqu'on veut opérer une action lo-
cale. On préfère même le plus souvent d'agir secon-
dairement sur elle : on applique alors les excitans sur
le pénis , au périné, ou on les introduit dans l'estomac
ou dans le gros intestin.
On administre les toniques à l'état liquidesous une
température variée, et dans des proportions relatives
au degré de susceptibilité locale (tome I , page 2i3).
On n'a pas encore recherché de quelle manière
les différens corps connus excitent localement celle
membrane, lorsque toutefois on les a amenés au degré
de division convenable. Je n'indiquerai donc que
ceux qui ont été consacrés par l'usage.
Excitation tonique ordinaire* On introduit rare-
ment des excitans dans l'urètre pour produire ce
mode d'excitation ; il faut en excepter les excitans
mercuriels, par exemple, le solutum de 0,00 1 à 0,002
de muriate de mercure suroxjdé, le suspeusum de
0,07 à 02 , etc. de muriate de mercure doux.
On fait quelquefois usage de l'éleclrisationetdela
galvanisation ; il sufH^à cet effet d'introduire une tige
métallique dans l'urètre. Si on a recours à l'électri-
12.1 PHARMACOPEE
sation , le malade doit être isolé et communiquer avec
le conducteur principal de la machine en action : ou
tire des étincelles de la sonde. Si on a recours à la
galvanisation , on fait communiquer cette sonde al-
ternativement avec un des pôles de la pile, tandis
que Tautre pôle est en contact permanent avec une
autre partie quelconque du corps. Ces deux modes
d'excitation déterminent des douleurs vives.
Ejccitation avec astriction. Ou emploie particu-
lièrement l'alun, le sulfate de zinc, le sulfate de
cuivre, l'acétate de plomb, l'oxyde de cuivre ammo-
uiacé , l'alcool, le cachou , les galles. Les proportions
les plus ordinaires sont les suivantes: o,o5 d'alun,
0,0 1 de sulfate de zinc, 0,01 d'acétate de plomb,
0,002 de sulfate de cuivre, 0,01 d'oxyde de cîiivre
animoniacé , 0,01 de cachou, 0,02 de galles , l'alcool
à lo+o.
Ou a recours à ces moyens dans la troisième pé-
riode du catarrhe aigu de l'urètre, dans le catarrhe
chronique; on les emploie quelquefois dès l'imnii-
ïience de cette maladie, afin de prévenir sa foimalion.
Mais on sait quelle prudence exige ce mode de trai-
tement.
Lorsqu'on veut exciter par contiguiiéla membrane
muqueuse en question, on a recours aux lotions,
aux balnéations et aux douches locales faites avec
l'eau froide ou chaude, avec l'alcool aqueux, avec
des infusés aromatiques variés. On a quelquefois
recours à la rubéfaction du périné. Les excitans qu'on
introduit le plus fréquemment dans le conduit ali-
mentaire sont les térébenthines de mélèïe et de co-
pahu, etc.
CLINIQUE, 123
On a recours à ces difféiens moyens dans la (roi-
SRimc période du catarrhe aigu de l'urètre qui tend
à la chronicité, dans les catarrhes chroniques, etc.
§ X. Application des toniques sur la surface mu-
queuse du "vagin et de l'utérus , et excitation
Conique d& ces organes.
Ce n'est que pour agir localement ou par contiguïté
qu'on applique des toniques sur la surface muqueuse
du vagin et de l'utérus. Souvent même on n'agit que
secondairement sur ces organes, et c'est soit avec la
membrane muqueuse de l'estomac ou du gros intes-
tin, soit avec la peau, qu'on met alors ces excitans
en contact. Fréquemment on excite tout l'organisme,
afin de faire participer ces organes à l'excitation
générale. C'est ordinairement à l'état liquide, vapo-
reux et gazeux qu'on applique les toniques sur les
surfaces muqueuses du vagin et de l'utérus. On les
injecte sous une température froide ou chaude, selon
les circonstances particulières que j'ai déjà plusieurs
fois indiquées. On ne k's applique sous forme molle
fjue lorsqu'on veut exciter les parties les plus exté-
rieures de cet appareil d'organes. Les exclpiens que
j'ai indiqués pour les applications cutanées et uré-
traies, etc., ])euvent également convenir ici: on les
emploie dans des proportions à peu ])rès analogues.
Excitation ordinaire de l' appareil génital de la
femme. On applique rarement des médicamens to-
piques sur la surface en question pour déterminer
une excitation tonique lente; le plus souvent on les
fait ingérer ou on les injecte dans le rectum. Les
124 P H A R M A c o r r E
snbslances qu'on introduit le plus fréquemment dans
l'estomac pour obtenir cet effet sont les ferrugineux,
le camphre , les feuilles et les fleurs d'absinlbe
( nrleniisia ahsintliiuin , L. ) , d'armoise {^art.einisia
inilgaris , L. ), de matricaire ordinaire {^matricaria
jfarthenium , L.), de camomille romaine {anthémis
nohills , L.)j la myrrhe, les sucs concrets fétides,
et surtout l'assa-fœlida , le sagapënum, les sommités
de rue ( nita f^raveolens ^ L. ) , les feuilles de sabine
{^juniperns sabina , L. ), le safran {crocus sativiis ,
L.), l'aloès, les racines d'aristoloche ronde et Xon-
s^ue (^arisLolochia longa et rotonda , L. ), la racine
de garance {^ruhia tinctorinn ^ L.), etc.
Ou peut injecter ces différentes substances dans le
gros intestin. Ce sont les plus odorantes d'entre elles
qu'on a]>])liquequelquefoissur la région supubienne;
ce sont aussi celles-ci qu'on injecte dans le vagin ; le
plus souvent même on se contente de diriger leur
vapeur vers l'utérus.
Parmi ces différentes substances il en est quelques-
unes que la ])lupart des médecins regardent depuis
long-temps comme inertes : telles sont les racines
d'aristoloche; d'autres peuvent produire des accidens
graves: telles sont les feuilles de sabine.
Ou emploie quelquefois l'electrisation par pointes
et la galvanisation. La manière d'electriser l'utérus est
la suivante. La femme doit être isolée ; on approche,
à la distance de 2 à 4 centimètres d'une région quel-
conque du bassin, une pointe métallique isolée qui
communique avec le conducteur principal de la nja-
chine électrique; on place une autre pointe non iso-
lée à l'opposiledcla première et à une distance egaîc
CLINIQUE» 125
de la peau. Celte ëleclrisatioa peut avoir lieu à tra-
vers les vètemens. Lorsqu'on veut galvaniser , il est
nécessaire que les deux pôles de la pile touchent di-
rectement la peau à l'aide de leur conducteur , et
que les points de contact soient humectes avec de
l'eau salée. On applique ordinairement l'un de ces
conducteurs à la région sacrée, et l'autre à la région
supubiennej on peut aussi introduire une sonde mé-
tallique plus ou moins profondément dans le vagin ,
et la faire communiquer avec le conducteur, qu'on
applique ordinairement au pubis. On enlève et on
rapproche alternativement le conducteur du pôle
zinc ou du pôle cuivre , selon l'espèce de commotion
qu'on veut produire, et quelquefois on déplace al-
ternativement l'un et l'autre. La dénudation que
nécessite la galvanisation la rend d'une application
désagréable. On peut y remédier en faisant commu-
niquer les deux pôles avec la plante des pieds qu'on ,
tient plongée dans de l'eau salée. L'excitation déter-
minée a l'aide de l'un et de l'autre de ces moyens
est prompte , mais aussi n'a-t-elle qu'une durée mo-
mentanée.
Ces différens moyens ne produisent pas plutôt
lin effet qu'un autre. Leur action se borne à exciter
le ton de l'organe utérin, et leurs effets doivent va-
rier selon que telle ou telle fonction utérine est plus
particulièrement lésée. C'est d'après cela qu'ils peu-
vent provoquer ou supprimerl'écoulementdes mens-
trues , occasionner l'écoulement des lochies, dimi-
nuer ou supprimer le catarrhe chronique, faciliter
le travail de l'accoucheme t, etc.; mais ils ne ])ro-
çUiisent ces effets quç dans le cas où les maladies dont
126 PHARMACOPÉE
il s'asit sont dues à un elat de débilite. D'ailleurs
d'aulies subslances Ioniques donnent souvcul lieuati
même rësullat, et on a des exemples nombreux de
l'inefficacité de la plupart de ces substances, même
dans les cas qui paroissoient le plus en nécessiter Tu-
sage. On sait d'ailleurs qu'une bonne nourriture, le
coït modéré, l'exercice, la danse, les promenades eu
voiture, les distractions, les affections morales agréa-
bles ont suffi dans un grand nombre de circonstances
pour déterminer ])lusieurs des effets en question.
Les circonstances dans lesquelles on a recours à
IVmploi des toniques sont les affections maladives
dépendantes d'un état de débilité, sous quelque
forme qu'elles se présentent et quelques fonctions
utérines et vaginales qu'elles lèsent plus particuliè-
rement.
ExcUation des organes génilaiix avec astricdan.
Pour déterminer ce mode d'excitation, on injecte
dans l'intérieur du vagin de l'eau acidulée avec de
l'alun, avec du vinaigre , avec l'acide sulfurique; on
est quelquefois même obligé d'imprégner de la
charpie avec l'une ou l'autre de ces substances, et
puis d'en tamponner le vagin ; mais en général on n'a
recours àcette application que lorsqu'on a vainement
agi sur la membrane muqueuse de l'estomac, du gros
intestin et sur la peau de la région supubienneet des
cuisses, etc. Les substances qu'on emploie plus par-
ticulièrement à l'intérieur sont l'alun et l'acide sulfu-
rique. On fait pins rarement us.ige des substances vé-
gétales astringentes, ou si on les emploie, c'est pres-
que toujours coiijoiulement avec l'alun : c'est ainsi
qu'on unit soit Iç sangdragOD, soit le cachou, soit le
CLINIQUE. 127
kino avec ce sel acide ; ce sont les mêmes substances
qu'on injecte dans le rectum; l'eau froide et le vinai-
gre , convenablement étendus , sont les liquides
qu'on applique plus particulièrement sur la peau.
Pourobtenir un effet local moins intense on injecte
dans le vagin des substances analogues à celles que
j'ai indiquées pour les injections urelralcs.
C'est particulièrement dans lecalarrbe chronique,
ou dans le passage du catarrhe aigu à l'état chroni-
que, et dans les hémorrhagies utérines immodérées,
qu'on y a recours. On sait en général quelle pru-
dence exigent ces différentes suppressions.
ORDRE DEUXIÈME.
Médications phîegmasiqucs.
Les médications phlegmasiques sont caractérisées
par de la douleur, de la chaleur , et un gonflement
plus ou moins grand; elles peuvent être plus ou
moins intenses, avoir une durée variée, se terminer
par résolution ou passer à l'état d'escarre ou de sup-
puration. Elles se manifestent plus ou moins prompte-
ment après rapplicalion de l'irritant.
Ces phénomènes locaux peuvent être accompa-
gnés de phénomènes généraux plus ou moins inten-
ses, selon le siège el le degré d'irritation de la phleg-
masle, ainsi que selon la susceptibilité individuellG.
Il se manifeste fréquemment un état fébrile; les
orgaues contigus et ceux qui sympathisent avec le
tissu entlammé, sont plus ou moins affectés.
laS P II A R M A C O P i, £
L'Inlkience locale, conligue et sympathique des
iiieclicalious plilcgmasiques n'est pas constaute; elle
est d'une durée variée, et n'est souvent que momeu-
lauée.
Tous les lissus ne sont pas également propres à de-
venir le sicge d'une inllammation médicamenteuse.
La peau et le tissu cellulaire soucutané sont les or-
ganes qu'on enllamme plus particulièrement lors-
qu'on veut agir d'une manière secondaire. On n'ir-
lile les surfaces muqueuses du conduit auriculaire,
de la gorge , de l'urelrc et du vagin , que lorsqu'on
v(iut agir localement ou par contiguilé. On n'en-
llamme la tunique séreuse des testicules que lors-
qu'on veut déterminer le collement des parois de la
poche qu'elle torme, et qu'on veut prévenir par là
un nouvel épanchement.
Les médications phlegmasiques sont indiquées ,
1°. Pour déleiininer de la douleur;
z"^. Pour remplacer une phlegmasie locale directe
ou conligué qui vient de se supprimer et qui a déter-
miné des accidens variés, ou qui est menacée de déli-
tescence ou de métastase;
5". Pour favoriser le développement d'une phleg-
masie critique ;
4°. Pour déterminer l'adhésion de parties conti-
guës;
O^, Pour changer le mode d'inflammation d'un
o
organe , par exemple, de la peau , dans le cas de d .r-
Ircs rebelles , etc. ;
6". Pour prévenii- ou l'aire cesser l'état maladif
d'un organe plus ou moins éloigné ;
7". Pour provoquer un élal féhrile , etc. , etc.
CLINIQUE. 129
On emploie des moyens varies selon l'organe qu'on
veut enflammer, selon le (ICj^ré d'Inflammation qu'on
vent occasionner , selon la promptitude avec laquelle
on veut agir, selon l'étendue que l'irritation doit
avoir, etc.
§ h^c Médications phlegmasiqiies de V organe
cutané»
Les médications phlegmasiques de l'organe cutané
sont ordinairement érysipëlatcuses, plus rarement
pustuleuses et maculaires. Les premières peuvent
être accompagnées d'exhalation avec ou sans soulè-
vement de l'épiderme; d'autres fois elles passent
promptement à l'état d'escarre.
Ces médications phlegmasiques présentent des va-
riétés sons le rapport de la promptitude de leur
invasion, sous celui de leur étendue, de leur inten-
sité, de leur durée, elc. Elles peuvent occasioiiner
des éruptions cutanées dans des parties plusou moins
éloignées, provoquer la sueur, la soif, la constipa-
tion. Un état féhrile les accompagne souvent, surtout
lorsqu'elles ont beaucoup d'étendue, qu'elles sont
très-intenses , et qu'elles ont leur siège dans des ré-
gions où le derme est très-sensible. Les organes des
sens, de l'entendement et de la locomotion sont ex-^
cités, les glandes lymphatiques voisines sont quel^
quefois tuméfiées, et les organes contigus, ou ceux
qui sympathisent avec la région de la peau qui est
enflammée , éprouvent des changemens plus ou
moins marqués. Ces effets secondaires sont plus in-
tenses si l'inflammation est suivie de la vésicalion ou
u. 9
l3û PHARMACOPÉE
de i escar re. Il est des circonstances dans lesquelles
on ne peut déterminer si les cliaugeraens qui sur-
viennent dans la marche des maladies sont dus à Tin-
Hammation elle-même, ou à l'exhalation quiia suit.
On a recours aux médications phlegmasiques de
la peau ,
1°. Pour produire de la douleur;
2°. Pour retenir ou rappeler une phlegmasie cu-
tanée qui est menacée de délitescence , ou qui vient
de se supprimer , ])ar exemple, la variole , l'ér^si-
pèle, etc. ; pour favoriser une éruption critique qui
languit ;
3°. Pour changer le mode d'irritation de différens
exanthèmes , par exemple, des dartres, de la tei-
gne, etc.;
4°. Pour empêcher qu'une phlegmasie cutanée
générale ne soit trop intense dans certaines régions :
c'est ainsi qu'on ruhétie les membres inférieurs pour
empêcher que l'éruption de la variole ne soit trop
abondante à la face.
5°. Pour exciter des organes contigus : c'est ainsi
qu'on excite les parotides lorsqu'elles s'entlamment
vers la lin des maladies aiguës et que leur phlegma-
sie est menacée de délitescence; c'est ainsi qu'on ex-
' cite quelquefois les glandes inguinales dans le bubon
pestilentiel, les muscles dans les cas de paralysie lo-
cale , de rhumatisme chronique , etc.
G^. Pour prévenir la congestion dont est menacé
un organe, par exemple , l'encéphale dans les fiè-
vres ala\lcjues,les poumons dans la variole ; ou pour
diriger celte congestion vers un organe : c'est ainsi
qu'on rubelic quelquefois les membres inférieurs
CLINIQUE. i5r
pour faciliter ou provoquer rëcoulement menstruel.
7^. Pour faire cesser des lésions d'organes plus
ou moins éloignés : on procède quelquefois de cette
manière dans les cas de coliques , de hoquet , d'odon*
talgie, d'olalgie, de névralgie, de douleurs rhuma-
tismales chroniques, de pleurodynie; c'est encore
ainsi qu'on cherche quelquefois à supprimer des
phlegmasies dès leur début, par exemple, la pleu-
résie, la péritonite , etc. ; pour tarir des hémorrha-
gies par exhalation.
8". Pour produire une excitation générale, par
exemple, dans la deuxième et la troisième périodes
de lièvres adynamiques et ataxlques , etc.
9"^. Pour exciter l'action du cœur, des poumons»
de l'encéphale , par exemple , dans la syncope , l'as-
phyxie , le coma , etc.
Lorsqu'on veut supprimer ou diminuer la maladie
locale d'un organe plus ou moins éloigné, il est sou-
vent nécessaire de faire précéder la médication phleg-
masique par l'usage des saignées veineuses ou capil-
laires, selon qu'il y a lièvre, menace de congestion ^
plîlegmasie ou hémorrhagie de l'organe affecté. Ou
en trouve facilement la raison, si on fait attentiou
que les inflammations cutanées accélèrent la circu-
lation générale et capillaire.
Les médications en question ne peuvent convenir
lorsqu'il y a un état fébrile très-intense ; en un mot ,
quand il existe une irritation générale très-forte, ou
qu'il est dangereux, de troubler l'exercice d'une fonc-
tion qui présente des intermissions , par exemple »
durant le travail de la digestion , durant l'écoulé»
meut menstruel ; lorsqu'il se forme une plîlegmasie.
102 PHARMACOPEE
une sécrétion ou une exlialaliou crllique , et qu'elles
ont lieu convenablement, etc., elc.
Le choix (le la réi^ion cnlanée qu'on doit cnllam-
merest snborclonnë à rdTet local, continu ou sym-
pathique qu'on veut produire. On ne sauroit être em-
barrassé dans le choix lorsqu'il s'agit d'opérer un
effet local ou conligu. 11 n'en est pas de même lors-
qu'on vent agir sur un organe plus ou moins éloigné.
Lorsqu'on veut exciter tout l'organisme, on .irrite
la partie inlerne desmollels, des cuisses, des bras,
la ])lanle des pieds, la région du rachis. Lorsqu'on
veut agir sur l'encéphale, on irrite le derme chevelu,
la nuque, la plante des pieds , la partie inlerne des
cuisses, le rachis. Pour agir sur les yeux, on en-
llamme la nuque, la région mastoïdienne, le Iragus.
Pour agir sur le sens de l'ouïe , on irrite la région
masloïdicnne. Pour exercer une action sur l'organe
du goût, on irrite l'antérieur ou les parties latérales et
supérieures du cou. Pour agir siu' les organes vocaux ,
on irrite à peu près les mêmes régions. Lorsqu'on
veut agir sur les nerfs, on enflamme la peau (jui les
recouvre directement. Pour exercer une inilueuco
sur les muscles volontaires , on enOammc la peau
qui les recouvre, ou celle qui répond aux nerfs
qu'ils reçoivent. Lorsqu'on veut agir sur les pou-
mons , on irrite les côtés du thorax, l'intervalle qui
est entre les épaules, la partie interne des bias,
l'aisselle, la partie interne des jambes et des cuisses,
la ])lante des pieds. Pour agir sur la plupart des or-
ganes abdominaux, on irrite les parois abdominales.
Pour agir sur l'utérus, ou irrite les mamelles, la par-
lie interne des cuisses, les mollets, la piaule des
CLINIQUE. l33
pieds. Pour agir sur la vessie urinaire, on irrite la rë-
£^ion du sacrum et du périné. Pour agir sur rurèlre,
on irrite le périné, les tégumens du pénis, etc., etc.
Le choix de ces différentes régions n'est jamais
indifférent. Lorsqu'on veut agir sjmpnthiquement
sur un seul organe, on irrite des réglons pinson
moins éloignées , selon que la maladie est à son dé-
but, ou selon qu'elle existe depuis long-lemps j selon
que c'est une inllamraation ou seulement une lésion
de la sensibilité et de la contractilité animales : en
général, on irrite la même moitié latérale du corps,
lorsqiuc l'affeclion qu'on veut combattre est à son in-
vasion. Si c'est une plilegmasie aiguë ou une bémor-
rliagie active qui débute, on irrite des régions éloi-
gnées ; ou si on détermine l'inllammalion de la peau
la plus voisine , on a d'abord recours à l'emploi des
saignées capillaires : on se comporte ainsi au début
delà pleurésie, de la péritonite, etc. Si la maladie
est chronique, ou si elle consiste uniquement dans
une lésion des propriétés vitales animales, on irrite
les régioDS cutanées les plus voisines : c'est ainsi qu'on
procède dans l'ophthalmie chronique > dans la né-
vralgie, etc. Si la maladie locale est l'effet d'une raé-
lastase, et qu'elle soit encore à sou début, on irrite
de préférence les réglons cutanées qui étoient primi-
tivement affectées, ou celles qui sont les plus voi-
sines de l'organe dont la maladie s'est suppi imée. Si
l'affection locale est liée à un état de pléthore géné-
rale, aune lièvre Inilammatoire, il faut faire pré-
céder la saignée veineuse, lorsque toutefois elle est
indiquée.
li est un grand nombre de corps susceptibles d'en-
l34 P H A K M À C O P li E
ilammer îe derme; mais tous ces corps n'agissent pas
(le la même manière, avec la même constance, avec
la même promptitude. Il en est qui se bornent à
produire la rubéfaction , d'autres qui déterminent
facilement la vésioation, quelques-uns qui, selonleur
degré de concentration et la durée de leur applica-
tion, peuvent occasionner l'escarre; quelques autres
peuvent êtrG en même temps absorbés et pioduire
des effets variés sur des organes plus ou moins
éloignés. Il en est dont on n'a pas encore étudié le
mode de préparation et d'application le plus con-
venable. Les corps dont on se sert le plus souvent
pour enflammer le derme sont les suivans :
1°. Moyens qui ne produisent que la rubéfaction.
Frictions sèches.
Ou les fait avec de la laine , de la flanelle , des
brosses, etc. La rubéfaction qu'on détermine parce
moyen est prompte et momentanée : on peut lui
donner une étendue considérable. On emploie ce
moyen particulièrement dans les cas de syncope ,
d'asphyxie, de paralysie, de rhumatisme chronique,
de rachltis,etc.
Frictions électriques et galvaniques.
Pour faire usage des frictions électriques, on isole
le sujet ou non. Dans le premier cas, on le frotte
avec une brosse métallique non isolée; on se con-
tente quelquefois d'appliquer un morceau d'étoffe
sur la peau, et on promène par-dessus une sphère
CLINIQUE. Io5
métallique non isolée. Si le sujet n'est point isolé,
on fait communiquer la brosse avec le conducteur
principal.
Lorsqu'on a recours aux frictions galvaniques,
le sujet doit communiquer avec un des pôles de la
pile de VoUa, pendant qu'on frotte la peau dénudée
avec une brosse qui communique à l'autre pôle.
L'inllammalion qu'on détermine à l'aide des fric-
tions électriques et galvaniques est prompte , in-
tense , et peut avoir l'étendue qu'on désire ; sa durée
est courte : on y a recours dans des cas analogues
aux précédens (i).
(i) Lorsqu'on emploie les frictions électriques , il vaut mieux
isoler le malade que le laisser en communication avec le
réservoir commun. La main peut Irès-blen reraplacer la brosse
de métal qu'indique M. Schwilgué.Au surplus, ces frictions, si
elles avoient une action appréciable , exciteroient plutôt le sys-
tème nerveux cérébral que la circulation capillaire de la peau ,
dont elles ne déterminent jamais par ellefi-mêmes l'inflamma-
tion. Lorsqu'elles sont suivies de la rubéfdction, cet effet n'est
dû qu'à l'action mécanique du corps qu'on a employé pour les
faire. M. Geoffroy , médecin de l'HôleUDieu, en a fait usage
pendant plus de trente jours consécutifs, chez un paralytique ,
sans occasionner aucun changement de couleur à la peau. Les
muscles paralysés ont repris peu à peu une partie de leurs
mouvemens j mais comme il est impossible d'employer les fric-
tions électriques sans déterminer des étincelles, c'est exclusi-
vement à celles-ci , et aux commotions que M. Geoffroy faisoit
donner en même temps , que j'atlribue les effets obleaus
P. H. N.
l3G PHARMACOPÉE
Ventouses sèches.
Lorsqu'on vent enflammer avec les ventouses , ou
se sert de petits vases de verre, larges à leur fond et
étroits à leur ouverture. On commence par rarétier
Fair qui est dans leur intérieur; à cet effet on y fixe
un peu de coton ou de papier à l'aide de la cire, et
on enflamme ces substances. Dès que la combustion
a cessé , on appose l'ouverture de la ventouse sur la
peau qu'on veut enflammer : on l'y laisse jusqu'à ce
que l'effet soit obtenu. 11 suffit pour l'enlever, d'in-
cliner le vase d'un côté afin d'y laisser entrer l'air at-
mosphérique. On multiplie les ventouses selon l'é-
tendue qu'on veut enflammer.
Ce moyen ])roduit promptement une inflamma-
tion peu douloureuse, peu étendue et de courte
durée.
On a recours aux ventouses sèches tantôt pour
agir par coutiguité , tantôt pour opérer un effet sym-
pathique dans des cas où la réaction ne doit ])as être
générale, ])ar exemple, dans différentes affections
des poumons, de l'utérus, etc.
Huiles volatiles.
On emploie particulièrement les huiles volatiles de
lérebenlhine, de gérofle, de muscade. On les étend
dans un inlermède mou ou }i(juidc, selon la forme
sous l.iqiK.llc on veut les appliquer: c'est ainsi qu'on
peutse servli (l'un mélange de deux ])arties de cire
tl tViinL' d'huil'o fixe , de ccnil » de beurre, de jnuuo
CLINIQUE. 107
(l'oenf, triuiUe fixe, cl'alcoo]. Les proportions sout
ordlualrement de 0,1 à 0,2. On les applique en fric-
tions on par apposition ; dans tous les cas , on entre-
lient l'application jusqu'à ce que la rubéfaction ait
lieu.
Térébenthines ,
Elles ne peuvent guère convenir, à cause de la dif-
ficulté qu'on éprouve à les détacher de k peau ;
elles irritent en même temps les organes uriuaires.
Culien croit avoir observé qu'elles eullammeot plus
promplement que riiuile volatile de térébenthine.
Poix de Bourgogne.
Il est nécessaire , pour pouvoir l'appliquer , de la
ramollir préalablement : à cet effet on la plonae dans
de l'eau chaude; on l'étend ensuite sur de la toile
ou sur un morceau de peau , et on eu forme un spa-
radrap d'une grandeur variée. Lorsqu'on veut dimi-
nuer son adhésion au tissu cutané , il sufllt de la
faire llqviéfier avec 0,1 à 0,2 de cire jaune : 011
maintient cet emplâtre pendant trois ou quatre
jours et plus.
L'inllammation que ce moyen détermine survient
lentement; elle est peu intense, peu douloureuse et
de courte durée; elle est quelquefois accompagnée
d'une exhalation séieuse abondante. Lorsqu'on veut
entretenir cette ])hlegmasie,on applique un nouveau
sparadrap soit sur le même lieu, soit sur les régions
environnantes.
La poix de Bourgogne n'agit pas toujours avec la
l38 PHARMACOPEE
même promptitude: celte variation depencl et de la sus-
ceptibilité individuelle et de la qualité de cette poix,
qui n'est pas toujours la même dans le commerce. 11
seroit préférable sansdoute de prendre une huile vo-
latile acre, et de l'étendre dans un mélange de deux
parties de cire et d'une d'huile Hxe, sous des pro-
portions déterminées.
Poudre de gingembre { amomum zingiber , Lt.).
On arrose cette poudre avec de l'alcool qu'on en-
flam.me; on étend ensuite la pulpe restante sur de la
toile et on l'applique aussitôt.
La rubéfaction qu'on détermine avec ce moyen a
lieu promptement , mais elle est de courte durée. Ce
moyeu est usité en Allemagne; il n'est point connu
eu France.
2°. Corps qui peuvent occasionner une inflammation
pustuleuse.
Feuilles d' ortie fraîches (urtica urens , urtica dioica , L. J.
On applique ces feuilles en flagellation. Elles en-
flamment instantanément. Cette iullamraalion est
maculaire et pustuleuse; elle est accompagnée de
beaucoup de prurit , et dure pendant plusieurs
jours.
On emploie ce moyen plus particulièrement dans
des cas de paralysie.
CLINIQUE. 189
Racine de dentelaire d'Europe (plumbago Europœa , L. J.
On prend cette racine fraîche , on la coupe menu ,
et on la pile jusqu'à ce qu'elle soit réduite en pulpe;
on V ajoute fréquemment un peu de muriale de
soude pulvérisé;on la mêle ensuite avecde l'huiletixe
bouillante; on agite, on exprime fortement à travers
une toile claire , et on conserve le résidu dans un
nouet de linge. Lorsqu'on veut enflammer le derme,
on chauffe légèrement l'huile, et on l'applique en
onction à l'aide du nouet dont je viens de parler; ou
recouvre alors la peau d'une feuille de papier non
collé , afin d'ahsoiber Flmile excédente. Ce procédé a
été indiqué par M. Sumaire. Lorsqu'on n'a pas de
ra' ioe fraîche , on peut la prendre desséchée et ré-
duite en poudre : on la fait infuser de la même ma-
nière dans de l'huile ou dans de l'axonge. C'est ainsi
que les commissaires de la Société royale de Méde-
cine ont procédé,, faute d'avoir de la racine fraîche.
Ce moyen occasionne une inflammation pustu-
leuse avec prurit, qui ne tarde pas à se dessécher.
On l'a particulièrement conseillé pour le traitement
de ia gale. MM. Jussieu , de Lalouetle , Jeanroy et
Halle ont confirmé les résultats de MM. Sumaire et
Bouteille. Ils ont vu cette inflammation pustuleuse
disparoîlre en même temps que les boutons psori-
ques. La durée du traitement est de trois à quatre
frictions; il ne survient point d'accident, et la guéri-
son est assurée. On n'a pas encore essayé le mode
d'action de cette racine sur la peau saine ; aussi ue
140 P H A R ST A C O P !• E
])uis-jc pas m'étendve davanlagc à son ëgartl , et les
circonstances ne m'ont pas encore permis de m'ea
occuper d'une manière spéciale.
3°. Corps susccpùhles de produire en inénic temps
la vésicadon.
Cantharides .
On peut employer leur poudre et leur macéra-
lion alcoolique.
/*o«r//e. On pput l'appliquer seule , ou l'étendre
dans un intermède mou ) dans le premier cas, on en
saupoudre une couche f[ii'on a faite avec un inter-
mède emplastique quelconque, avec de la pâle de
froment, ou avec un cataplasme. Pour que celte
couche puisse adhérer à la peau , il est nécessaire
qu'elle déborde la poudre de l'espace de quelques
millimètres. Dans le cas où on veut que la poudre
soit étendue, on la triture avec dncérat, du jaune
d'oeuf", du miel ou deux parties decire et une d'huile,
im mélange de cire et de résine, de la pâle de froment,
ou avec un cataplasme ordinaire, etc., selon qu'on
veut l'appliquer sous les formes d'emplàue, d'on-
|;uent, de pâle, ou sous celle decala|)lasmc. Les pro-
])orlions peuvent varier, par exemple , de 0,2 à par-
tie égale. Lorsqu'on veut apposer les cantharides, on
lase d'abord la peau; on la froltc ensuite avec lui
îingc rude ou avec du vinaigre jusqu'à ce qu'elle soit
iouge( on recouvre quelquefois en raèmelem])s les
cantharides d'une légère couche de vinaigre); on
applique ensuite la poudre, et ou la maintient avec
CLINIQUE. 141
ratteiilloiî de ne pas serrer trop fortement. Lors-
que la peau sur laquelle on veut appliquer la poudre
de cantharides est légèrement entamée , et qu'on
craint que celle-ci ne sy insinue, on conseille d'in-
terposer une gaze entre la peau et le médicament.
Les cantharides en poudre produisent la rubéfac-
tion et lavésication avec plus ou moins de prompti-
tude, selon la susceptibilité individuelle, selon leur
qualité , selon qu'on les a privées ou non de leurs
parties inertes, etc. , et selon qu'on a favorisé leur
action ou non à l'aide de frictions préalables.
Macération alcoolique des cantharides» Pour la
préparer, on réduit ces insectes en poudre , et on les
fait macérer ou digérer à vaisseau clos dans de l'a'-
C(tol à lo -f-o, ou à25 -f- o, selon qu'on veut obte-
nir une action plus ou moins prompte. On entretient
la macération ou la digestion pendant un temps va-
rie, selon la quantité de poudre qu'on a employée,
et l'intensité d'action qu'on veut déterminer. Les
proportions de la poudre peuvent varier de 0,01 à
0,1 et plus. Le collège de Londres prend de l'alcool
à lo -f- o, et 0,01 de cantharides; les codes d'Edim-
bourg et de Genève 0,01 5. La pharmacopée de
Prusse prend de l'alcool à 26 -f- o, et 0,04 de can-
tharides; M. ParmentierO;Oi. Quelques pharmaco-
pées masquent la couleur de ce médicament avec de
la co("lienllle , et son odeur à l'aide de baies de geniè-
vre. On fdtie dès que la saturation est suffisante.
On applique la macération alcooiicjîie de caulha-
rides en frictions ou en foaaentatious. Onfait les pre-
mières à l'aide d'un i^ant . et on les continue jusqu'à
ce que la rubofaction ait lieu ; si ou ne veut pas dé-
IJ.2 PHARMACOPEE
terminer la vëslcallou , il est nécessaire d'enlever soi-
gneusement Talcool qui a resté sur la peau. Pour ap-
pliquer ce médicament eu fomentations, on eu
imbibe des compresses pliées en plusieurs doubles,
et on les maintient jusqu'à ce que l'effet désiré soit
obtenu. L'inflammation et la vésicatiou sont presque
instantanées si l'alcool est très-saturé et rectifié, et
surtout si on a employé de l'alcool élhéré , comme
par exemple celui qui contient 0,26 de sou poids
d'élher. C'est ce qu'avoit observé M. A ndry relati-
vement à l'apposition de la teinture de cantharides
de FuUer , qui est une macération éthéréo-alcoolique
campbrée de 0,11 de canlliaridcs.
Les cantharides peuvent convenir soit pour pro-
duire la rubéfaction , soit pour occasionner la vésica-
tiou. On préfère l'alcool canlharidé toutes les fois
que l'action doit être prompte , étendue , et qu'on
répugne à l'application de la poudre. On emploie la
poudre étendue lorsqu'on veut obtenir une rubé-
faction lente. On croit que l'addition du camphre ra-
lentit l'action locale des cantharides. Cependant je
me suis appliqué à la fois et sur le même bras de la
poudre pure et de la poudre mêlée avec partie égale
de camphre, et j'ai observé que ce dernier mélange
a agi plus promptcmcnt que la poudre pure. Il ne
paroit pas que les cantharides irritent la vessie uri-
iiaire pendant qu'on les applique pour rubéfier ; cet
effet n'a ordinaireme^it lieu que lorsqu'on s'en sert
pour exciter la suppuration. Quelques médecins
croient que ces insectes , en même temps qu'ils en-
flamment la peau, exercent une action particulière
sur le sang ; mais cela est loin d'être dcmoiilrê.
CLINIQUE, 143
Graines de moutarde ( sinapis nîgra , L, )
On fait usage de la moutarde pulvérisée. On peut
l'appliquer sons la forme de pâte ou à l'état liquide ;
dans le premier cas ou peut l'employer pure ou
étendue dans partie égale, le double ou le triple
de son poids de farine. On se sert ordinairement
de vinaigre pour la réduire en pâte. -On prépare
cette pâle exlemporauémeut, et on l'applique aussi-
tôt. La moutarde qui est préparée pour l'usage de la
table peut convenir lorsqu'on ne peut pas se pro-
curer de moutarde en poudre. Lorsqu'on veut
l'avoir à l'état liquide, on l'étend dans de l'eau:
les proportions n'ont pas besoin d'être déterminées
avec précision ; car on en cesse l'application dès
que la rubéfaction a lieu. On en prépare ordinaire-
ment des pédiluves.
La moutarde détermine la rubéfaction avec plus
ou moins de promptitude , selon qu'elle est pure ou
étendue : elle occasionne quelquefois la vésication ,
mais moins fréquemment que les cantliarides.
Bacine de raifort sauvage ( cochlearia armoracia jh. J.
On l'emploie à l'état frais; car elle perd beaucoup
de son activité par la dessiccation. On la réduit à l'é-
tat pulpeux à l'aide de la râpe, et ou la mêle avec
quantité suffisante de vinaigre.
Le mode d'action de cette racine présente beau-
coup d'analogie avec celui de la moutarde ; l'inilam-
144 PHARMACOPÉE
malion est plus prompte. On n'omj)lole rclte racine
que loisqu'oii ne peut se procurer la substance pré-
cédente.
4^. Alojens susccptihlns d'occasionner la vésica^
lion et l'escarre»
Chaleur,
On peut l'appliquer à l'aide d'intermèdes variés ;
le plus souvent on se sert de corps mous ou liquides:
c'est ainsi qu'au rapport de Bai^livi , le pain, appl>
que au sortir du four sur une réi^ion de la peau , de'-
termine la rubéfaction et la vésication dans l'espace
d'une deml-lieure. L'eau est rinterniède le plus en
usage. On lui donne une tempe'rature approchant
plus ou raolnsdu degré del'ébullition. On l'applique
de différentes manières , selon que l'effet doit être
borné ou non. Dans le premier cas, on se sert d'un
tube de cuire d'un diamètre varié; on en applique
une extrémité sur la peau , et on y introduit l'eau par
l'autre. Callisen applique exaclemenl sur la jicauun
cuir qui est percé dans son milieu par un trou plus
ou moins graDd,etdont les bords sont disposés tle
manière à laisser écouler l'eau sans qu'elle puisse
toucher d'aulres parties que celles sur lesquelles ou
veut agir; il y verse de l'eau bouillante pendant quel-
ques secondes. Liorsque rinilaramaliou et Ja vésica-
tion ne doivent ]kis être bornées, on applique l'eau
en bain ou en douche; on eu iinbii)e des compresses,
ou on applique un cataplasme échauffe convenable-
ment.
CLINIQUE. 145
L'inflammation est d'autant plus prompte et plus
intense que l'eau est plus chaude. Si on se sert d'eau
bouillante, la vésication est instantanée : aussi ne doit-
on l'appliquer que momentanément. On n'y a re-
cours que dans les cas où l'action doit être très-
prompte et qu'on ne peut se procurer d'autres
moyens.
Chaleur et lumière»
On a recours aux procédés que j'ai indiqués à la
page 16 de ce tome, si ce n'est qu'on entrelient
l'application pendant plus long-temps et jusqu'à ce
que la rubéfaction ait lieu. On se sert surtout de
l'instrument escarrotique à forme nummulaire ou
octogone, qu'on chauffe à blanc, et qu'on tient écarté
à 10 ou i5 centimètres de la peau. Mais en général
on a peu recours à ces moyens.
Ammoniaque,
Pour rendre l'ammoniaque propre à produire la
rubéfaction et la vésication , on l'étend dans de l'eau
ou dans de l'huile. Les proportions ordinaires sont
une à deux parties d'ammoniaque sur dix parties
d'intermède. On l'applique en friction ou en fomen-
tation. On cesse son application dès que la rubéfac-
tion a lieu ; sans cela on pourroit donner lieu à l'es-
carrificalion. Elle enflamme avec plus ou moins de
facilité, selon le degré de susceptibilité individuelle.
Lorsqu'on emploie ce moyen au degré de concen-
tration indiqué, on observe qu'il détermine la rubé-
faction et la vésication avec promptitude. On y a
spécialement recours lorsque celle-ci doit avoir une
II. 10
I^G PHARMACOPEE
grande ëteudiie, el qu'elle doil être dëlerminée avec
beaucoup de promplitude : c'est ainsi qu'on en fait
particulièrement usage dans les fièvres adynamiques
et ataxiques, dans le coma, dans lasynco]ie, dans
l'asphjxie, la paralysie, le rhumatisme chronique,
etc.
5°. Corps dont on n'a pas encore assez éLudlé le
mode d^ action , ni recherché le mode d' admlnls-
tration lephis convenable , et qui peuvent déter"
miner des accidcns graves.
R
enonciues.
On a particulièrement employé la renoncule scé-
lérate (r^a/iz/^zci^/z/^ sceL^ralus y L. ) , la petite douve
(^ranunculus flamniula , L. ), la renoncule acre
( ranuncuhis acris , L. ) , la renoncule bulbeuse
( raiinnciilus hiilbosus , L. ) , la petite chélidoine
Iraniuiculus ficaria ,\i. ^.
Toutes ces j^lantes ne sont pas également acres ;la
renoncule scélérate paroît tenir le premier rang , et
la petite chélidoine le dernier. Toutes leurs parties
ne sont pas également acres, au moins dans chacune
d'elles : c'est ainsi que les feuilles et les fleurs de la
petite chélidoine ne sont nullement âcies, tandis que
la racine Test d'une manière marquée. L'opposé
s'observe pour la renoncule scélérate : la racine est
presque insij)ide, suitout à l'époque de la lloraison ,
tandis que les feuilles sont tiès acres, ainsi que la
].artie de la tige qui est Li ])]us voisine des lleuis; les
lîeurs non épanouies surpassent les autres parties en
i.crclé. Ccrlaines jjarties sont quelquefois plus acres
CLINIQUE, I^y
à cêiiaines époques qu'à d'autres : c'est ainsi que
lorsque la renoucule bulbeuse est tendre, toutes ses
parties sont également acres; rnals à l'époque de lai
floraison, les feuilles et les tleurs perdent de leur
tjcreté , tandis que la racine devient acre au plus
Laut dei^ré.
O.i n'a pas encore étudié le meilleur mode d'ad-
ministration de ces piaules. Les anciens les em~
ployoieut fraîches, et les réduisoient , à Taide de la
contusion , à l'état de pulpe ; iîs les appliquaient sur
la peau à l'aide d'un sparadrap troué à son centre,
et lesrecouvroient d'un autre spara(])ap non trojîé:
ils les maintenoient ainsi appliquées pendant deux
heures environ. La dessiccation diminue de beau-
coup leur activité. Si on les p?"end fraîches, et ou'on
les maintienne applicjuées pendant trop iong-temps,
*tlles peuvent produire des accidens graves; elles
peuvent entamer le derme, produire ia gangrène,
îesphacèîe, un état fébrile, des lésions variées du sys-
tème nerveux, etc. Leur action ne se borne pas au
lieu d'application; car les parties voisine^ sont pins
ou moins tuméfiées. Ces substances employées dans
l'état indiqué , paroissent agir plus promptcment que
Icscantharides; la suppuration qui suit leur applica-
tion se tarit plus difficilement que celle qu'o:î déter-
mine avec les insectes precédens; elle entame quel-
quefois le tissu cutané. On a vu la petite douve être
sans action apparente pendant dix-huit heures, puis
occasionner le sphacèle de tout un membre. La re-
noncule petite cheliiloine paroît produire la vésica-
tionplus lentement que la racine de renoncule bul-
beuse; la suppuration qu'elle produit cesse plus fa*
1^8 PIIA RMACOPÉE
cilcincnl. Tels sont au moius les résultats qu'on peuc
déduire des notions acquises jusqu'ici sur ces subs-
tances.
Euphorbe des marais (euphorbia palustris ,L,.) , euphorbe
e'sule f euphorbia esula , L. ) , euphorbe re'veil-matin ( eU'-
phorbia cypansiias , J-i. ) , euphorbe pe'plus ( euphorbia
peplus, Li.J , euphorbe maritime (euphorbia paralias , L.J,
etc. , etc. Suc épaissi d euphorbe des officines (euphorbia
ojjlcinariim , Li.),
Ces différens corps , appliqués seuls, ne détermi-
nent pas des accidens moins graves que les renon-
culacées. On n'a pas encore recherché quel est le
mode d'administration le plus convenable pour qu'ils
puissent servir comme rubéfians.
Feuilles de sumac traçant ou ve'ne'neux ( rhus radicans vel
toxicodendron , L.y.
On n'a pas encore recherché quel est le moyen le
pins convenable d'administrer ces feuilles. On a plu-
sieurs laits accidentels qui peuvent faire conjecturer
quel parti ou en pourra tirer : tels sont entre autres
les cas cités par MM. Dufresnoy et Van Mons, d'in-
ilammalions pustuleuses et prurigineuses très- inten-
ses et très-étendues, sinvenues parle simple contact
des feuilles de cet arbuste.
Feuilles de clématite brûlante ( clematis vitalba , L,.J.
On a encore peu étudié le mode d'ailministration
le plus convenable do ces feuilles; on n'a que des
CLINIQUE. l/,rj
faits mal précises sur leur mode d'action; on sait seu'
lemeut qu'elles produisent l'intlammation, la vésica-
iion , des pustules, mais sans connoître les particula-
rités de ces phénomènes. On les emploie de la
manière suivante dans les environs d'Avignon, pour
le traitement de la gale. On les choisit à l'état de fraî-
cheur, on les coupe menu , on les contond et on les
fait infuser dans de l'huile. Cette huile euilamme le
derme et détermine même un état fébrile.
Feuilles de clématite odorante { clematis Jîammula , L. ^ ,
de clématite droite (clematis recta , Li. J , de clématite à
feuilles entières (clematis integrifolia, 1j. J,
Elles paroissent exercer une action analogue.
Feuilles d'anémone des bois (anémone nemorosa , L.^.
Il paroît, d'après les notions que nous avons jus-
qu'ici, que ces feuilles agissent d'une manière ana-
logue auxrenonculacées.
On n'a pas assez étudié jusqu'ici quel est le mode
d'administration le plus convenable, ni quelles sont
les particularités d'action du poivre {piper nignim ,
L. ) , des semences de staphisaigre ( delpliiniiun sta-
phisagria ^ L. ) , de la racine de pyrètre ( achiUca
pyretrum ^ L. ) , de celle de br^^oue ( hryonia alla ,
L. ) , des bulbes d'oignon ( olliinn cepa ^ L. ) , d'ail
cultivé ( alliiim sati^'urn , L. ), de scille maritime
( scilla maritlma ;, L. ), des feuilles de cresson alé-
liois ( tJilaspi sati^'inn vel Icpidium sath'uni ^ L. ) ,
de rue ( rutu graveolens ^ L. ) , de poivre d'eau {po-
lOO P H A E. JM A C O P E li
lygonwn. Jiydropiper, L. ) , (ie mouron des cliamps
( anagallis arvensis, L. ) , de cerfeuil sauvage (c7//C'-
rophyllwn sylvestre , L. ), de chélldoinc oiiîciuale
^chcJuloniinn m a jus , L. ) , de mancenllller véué-
rieii \ ( Iiippomane inaiicinella ^ L. ) , etc. , etc. , etc.
Plusieurs de ces plantes ne jouissent de la pro-
.priéléd'en{lammer qu'à l'état de fraîchenr.
INous manquons également d'expériences suffi-
santes relativement à Taction enllaramante de plu-
sieurs insectes de l'ordre des coléoptères , tels que
les carabes, les cicindèles, les coccinèles, les mé-
loës , les my labres , les scariles , etc. , etc. ( i )
GS. Corps qui enflamment la peau d'une manière
spécifique.
Les virus auxquels on a recours pour entlammer
la peau sont le varioleux, le rubéolique, le psoriqne,
le darlreux, le vaccin. On les applique par inocula-
tion ; c'est-à-dire, ou les met directement en contact
avec le derme dénué d'épiderme. 11 en est cepen-
dant quelques-uns qu'on applique par simple appo-
sition sur l'épiderme : tel est le virus psoriqne.
On peut inoculer ces virus de deux manières dif-
férentes. La première consiste à soulever légèrement
l'épiderme, et à introduire le virus entre le derme
(i) 11 est bien reconnu aujourd'hui que beaucoup d'insectes
delà classe des cléoplcres , suitout parmi ceux qui ont des
élylres vertes, produisent la rubéfaction et la vésicaliou ; raais.
comme les canibariiles sont extrêmement communes, il serait^
inutile de les remplacer. P. JI. N.
CLINIQUE. î5r
€t lui ; on se sert à cet effet d'une lancette d'aciei*
non rouUlée, de lancettes dorées, de lancettes d'i-
voire, d'aiguilles particulières, et quelquefois d'ai-
guilles à coudre. On prend le virus à l'état liquide,
ou on le ramollit auparavant avec quantité suflisaute
d'e au
Le deuxième moyen consiste à détacher une éten-
due plus ou moins grande de l'épiderme à l'aide de
canlharides en poudre, et à mettre ensuite le virus
en contact avec le derme : on applique celui-ci à l'é-
tat sec ou humide, et quelquefois conjointement
avec le (il, le coton, ou le linge sur lequel il s'est
desséché. On recouvre le tout d'un sparadrap. Le
mode précédent est en général préférable; ses effets
sont plus prompts et plus sûrs.
On a recours à l'inoculation de ces virus, tantôt
pour rappeler certaines maladies cutanées qui se
sont supjirimées et qui ont déterminé des accidens
graves : c'est ainsi qu'on inocule quelquefois la gale
et les dartres. Tantôt c'est j)Our rendre moins inten-
ses les phénomènes d'une phîegmasie qui affecte
tous les individus et qui est souvent très-dangereuse:
c'est ainsi qu'on inoculoit la variole avant la décou-
verte de la vaccine. C'est pour des raisons analogues
qu'on avoit conseillé l'inoculation de la rougeole ;
mais l'expérience n'a pas confirmé cette proposition.
Tantôt enfin c'est pour prévenir la disposition que
tout individu apporte à contracter certaines plilegma-
sies cutanées : c'est ainsi que depuis la découverte
de Jenner, on inocule la vaccine pour préserver de
îa contagion varioîique.
On voit facilement, d'après le peu que je viens de
l52 P II A R M A C O P K E
dire, que chacune de ces inllanimallons présente des
caractères ])artlcu]iers , et qu'elles n'ont de commun
que la voie par laquelle elles peuvent èUe déter-
minées.
R É s u M É.
On doit emplo3^er des moyens variés, et les admi-
nistrer de manière différente, selon qu'on se pro-
jiose de déterminer la rubéfaction ou la vésicatiou ;
selon l'étendue que l'une et l'autre doivent avoir, et
selon la promptitude avec laquelle on doit les occa-
sionner. Il n'est pas tonjours nécessaire de continuer
l'application jusqu'à ce que les phénomènes de la
rubéfaction et de la vésicatiou se développent, car
ils peuveut se manifester après qu'on a enlevé l'irri-
tant. L'application par friclion paroît déterminer la
formation de pustules; du reste , il est nécessaire
de tenter des expériences sur cet objet.
Rubéfaction, Lorsqu'on veut la déterminer
promptement et sur une jurande étendue, on a re-
cours aux frictions sèches , électriques et galva-
niques, à la ilagellalion, à l'exposition aux rayons
solaires , à l'approche de corps incandescens. On
emploie l'ammoniaque étendue dans l'eau ou dans
l'huile , la macération alcoolique des cantharides :
on les applique en frictions et on en enlève l'excé-
dent. Lorsquela rubéfaction doit être moins prompte,
et qu'elle doit être limitée, on fait usage de la poudre
non étendue de moutarde, de celle de canlliarides.
Eniin , lorsqu'elle ne doit avoir lieu que lentement,
on mêle l'une ou l'autre de ces deux substances
avec un intermède convenable et dans des propor-
CLINIQUE. l53
iioDS plus ou moins grandes , ou ou fait usage de la
poix de Bourgogne, etc.
Lorsqu'on craint de déterminer la vésication , ou
préfère la moutarde aux cantharides. On préfère eu
général la moutarde toutes les fois qu'on craint d'a-
gir par absorption , soit sur tout l'organisme , soit
particulièrement sur les organes urinaires.
Vésication. Ses phénomènes ne diffèrent de ceux
de la rubéfaction que par le soulèvement de l'épi-
derme et l'accumulation de sérosité entre lui et le
derme. Ce soulèvement de l'épiderme survient avec
plus ou moins de promptitude et de facilité, selon le
moyen qu'on emploie , selon la région cutanée qu'on
choisit , et selon le degré de susceptibilité actuelle
tant locale que générale. L'eau bouillante , l'ammo-
niaque la produisent instantanément; la macération
alcoolique de cantharides à 0,0 1 dans l'espace de
quelques heures ; les cantharides en poudre dans
l'espace de douze à vingt-quatre heures; la moutarde
eu poudre beaucoup plus promptement. L'écorce
de garou produit ordinairement plutôt l'érosion de
l'épiderme que son soulèvement. Le derme cheve-
lu n'est pas susceptible de vésication; il en est de
même des régions dont l'épiderme est calleux. La
vésication est plus prompte chez lesenfans, chez \qs.
femmes que chez les adultes et les vieillards. Les ef-
fets secondaires de la vésication sont très -analogues
à ceux de la rubéfaction ; ils n'eu diffèrent que par
plus d'intensité.
Pour produire la vésication , on emyjloie particu-
lièrement l'eau bouillante , l'ammoniaque étend»îe
d'eau, la macération alcoolique des cantharides et
io4 r H A R M A c o p :^ E
hi j)()nJre de caiiliiarides pure. On préfère Ycmi
l)Oiilll:i!ile et fammonjaque étendue lorsque la vési-
oallon doit avoirlieu iiislautanément; la macération
alcoolique de cantharidcs lorsqu'elle doit êtic
prompte; la poudre de cantharides lorsque la promp-
titude est inutile et que la vésicalion doit èlre limi-
tée. A cet effet il faut étendre la poudre sur un spa-
radrap ou sur une couche de pâte faite avec une
farine quelconque, et non sur un cataplasme ; car
celui-ci s'étend facilement ; la poudre peut s'en dé-
tacher et déterminer des phlyctènes sur des régions
plus ou moins éloignées.
Loi'sque la vésicule est formée , on la perce , afia
de donner issue au sérum épanché. Ou arrache l'é-
piderme ou non , selon que Ton veut produire une
îrrilalion plus ou moins forte. Dans tous les cas, ou
recouvre la plaie avec une couche de beurre , de cé-
rat, d'axonge récente, ou avec un sparadrap; on
laisse ainsi sécher la plaie si on ne se propose pas d'y
établir un travail suppuraloire. Si on veut irriter
pendant plusieurs jours le derme ainsi dénudé, on
])eut y appliquer le muriale de soude ou d'ammo-
niaque, le tartrite de potasse antimonié convenable-
ment étendus et sous forme onguentacée , l'onguent
de garou , e(c. (Voyez ces formes dans le para-
graphe des applications toniques sur la peau ). La
jilaie devient rouge, douloureuse, et se dessèche'
dans l'espace de quelques jours.
Inflaininations pustuleuses. Ces inllammations
sont -elles le résultat de l'application de certains
corps, ou dépendent-elles uniquement du mode d'aj)-
plication? C'est ce qu'il n'est pas encore facile d*f
c L I îf I Q u p.. l55
déterminer. En générai on n'a appliqué les fer.iiies
de clématite brûlante {^cîeniatis vitaïba ^ L. ) et de
denlelaire d'Europe ( plumhago europœa , L. )
qu'eu frictions ; on n'a pas recherché l'effet qu'elles
produirolent par simple apposition. D'un autre côté,
j'ai plusieurs fois déterminé des inflammations pus-
tuleuses eu faisant des frictions avec la macérai ion
alcoolique de cantharides, qu'on sait produire la
rubefactiou et la vésicatiou. Quoi qu'il en soit, on
n'a encore cherché jusqu'ici à déterminer des intlam-
mations pustuleuses qu'avec les feuilles de dente-
laire d'Europe et de clématite brûlante, ainsi qu'avtc
celles d'ortie brûlante. Ce n'est même que dans la
gale, et dans des rhumatismes chroniques, dans des
paralysies , etc. , qu'on a cherché à déterminer ce
mode d'inllammal ion. Tl reste encore une série de re-
cherches à tenter sur cet objet.
Inflammations "virulentes. Ce que j'en ai dit plus
haut peut suffire. Je traiterai de la vaccine dans la
troisième section de cet ouvrage.
n^
§11. Médications pJdegmasiques du tissu cellu-
laire soucutané.
Les caractères et la marche des phlegmasies du
tissu cellulaire soucutané sont connus; on sait qu'elles
s'accompagnent souvent d'un état fébrile ; on sait
qu'il survient quelquefois des phlegmons vers la fiu
des fièvres adynamiques , etc. dans le cours des ma-
ladies chroniques des poumons , et que leur appari-
tion est souvenr accompagnée d'une diminution dans
l'état des symptômes. Mais en général les sympa-
l5(3 P H A 11 M A C O P É E
tilles du tissu cellulaire sont encore peu connues;
les effets secondaires de ses phlegmasles se manifestent
plus lentement que ceux des inllammallons cuta-
nées. D'ailleurs nous n'avons pas de moyens siirs
pour produire les phlegmons ; et rarement dlvlse-
l-ou le derme uniquement pour enflammer le tissu
cellulaire sonjacent ; c'est presque toujours dausl'ln-
ientlon d'y établir un travail suppuratoire, cl dans
ce cas il est difficile de préciser si les effets vSympa-
ihiques dépendent de riutlammatlon ou de la sup-
puration de ce tissu.
Lorsque le tissu cellulaire est accidentellement
dénudé, on ne l'enflamme que lorsqu'on veut favo-
riser son collement avec le derme qui le recouvre ,
lorsqu'on veut changer son mode d'irritation , qu'on
veut rappeler l'inflammation dont 11 étolt affecté , et
qui s'est terminée par délitescence ou par métastase,
et enfin pour faciliter la suppuration d'ulcères cellu-
laires qui sont dans un état d'atonie extrême.
§ 1 II. Mcdicalions phlegmnsiques des membranes
muqueuses»
On n'enflamme que la membrane muqueuse du
conduit auiicnlaire, celle de l'urètre, du vagin, de
la gorge, et quelquefois celle de la vessie urlnairc.
On ne délermlne ces phlegmasles que lorsqu'on vent
rappeler une phlegmasie locale qui s'est supprimée :
c'est ainsi qu'on enflamme les membranes iniKjueiT-
ses du vagin et de l'urètre. On y a aussi recours pour
agir par contiguité : c'est ainsi qu'on enflamme quc'-
cjuefois la luette dans le relachcmenl de son tissu;
CLINIQUE. l57
la membrane muqueuse de la gorge daus le cas de
paralysie du pharynx ; la membrane muqueuse de
la vessie urinaire dans le cas de paralysie de cet or-
gane. Ou n'ose pas déterminer un effet analogue sur
toutes les surfaces muqueuses, etc. : le moyen cura-
lif deviendroit souvent plus dangereux que la mala-
die qu'on cherche à combattre.
Ces phlegmasies sont caractérisées par de la rou-
geur , de la chaleur et de la douleur j la sécrétion
est supprimée ou diminuée et modiliée ; elle ne re-
prend ses caractères ordinaires que lorsque l'inflam-
malion a diminué. La durée de ces phlegmasies est
quelquefois momentanée, et d'autres fois elle est
analogue à celle des phlegmasies ordinaires de ces
membranes.
Les moyens propres à produire ces phlegmasies
sont très-multipliés ; néanmoins on n'a encore essayé
qu'un petit nombre d'entre eux. Pour enflammer la
membrane muqueuse du conduit auriculaire , on a
employé particulièrement le suc d'ail et celui d'oi-
gnon. On a fait usage de la macération alcoolique de
cantliarides pour enflammer la membrane muqueuse
de la gorge ( ne seroit-il pas préférable d'employer la
macération alcoolique d'euphorbe , et eu général les
substances qu'on saij^ irriter plus paiticulièrement
celte région ?) ; l'ammoniaque étendue pour enflam-
mer les membranes muqueuses du vagin et de l'urè-
tre j lescantharides pour enflammer celle de la vessie
urinaire. Il seroit possible que les accidens fébriles
qu'on détermine en introduisant une bulbe d'ail
dans l'anus fussent le résultat d'une inflammation de
celle de l'exlrcinilé inférieure du rectum.
j53 pharmacopée
Le mode d'application de ces moyens, et la dnréé
pendant laqncllc on les maintient , sont snbordonnës
îiu degié d'inflammation qn'on vent prodnire. Tl faut
en outre avoir attention anx particularités que j'ai
indiquées en traitant des formes de médicameus sous
le rapport des surfaces sur lesquelles on les applique.
Eu i^éuéral on emploie ces dilfdicns moyens conve-
nablement étendus ; on les maintient ap])liqués jus-
qu'à ce que l'eftet soit déterminé.
Lorsqu'on veut enilammer la membrane mu-
queuse de la vessie uiiuaiie, on est oblii^é de faire
avaler les canlharidcs, ou de les injecter dans legros
intestin; mais on sait quelle prudence exige un pa-
reil moyen : on les lait avaler eu pilules ou en infu-
sion émulsionnée.
§ IV. Médications phlegmasiqiics de différens or-
ganes glanduleux et des ganglions (^glandes)
lymphatiques»
On sait que les parotides , les glandes lymphatiques
de l'aine, de l'aisselle, etc. s'enllamment quelquefois
dans le cours et veis la fin de maladies aiguës, ]>ar
exemple, dans la fièvre adyuamique et dans plu-
sieurs de ses complications, etc. On sait que ces
pblegmasies sont quelquefois accompagnées et sui-
vies d'une diminution dans l'état des symptômes, et
que d'autres fols ceux-ci j)ersévèrent dans le aième
état, et même s'aggravent malgré l'inllanirnalion de
ces organes. 11 résulte de là qu'où ue peut être sur de
f icllilcr la marche des maladies en question en deler-
n/maut leur inflammation : aussi se borne-t-on à l'en-
CLINIQUE. 159
tretenir lorsqu'elle paroît être critique , et à s'oppo-
ser alors à sa délitescence et à sa métastase. Oi-, les
moyens qu'il convient d'employer à cet effet va-
lieut selon les circonstances particulières : c'est ainsi
qu'on entlamme et qu'on escarrifie quelquefois le
derme qui les recouvre , etc.
§ V. Médications phlegmasiques des membranes
séreuses.
On ne détermine que Finllammation de la mem-
brane séreuse du testicule. On y a recours pour favo-
riser l'adhésion des parois de la cavité séreuse du
scrolum Tuoe contre l'autre; cette inllammation n'est
indiquée que dans les cas d'hydrocèle par épanclie-
ment, lorsqu'après avoir donné issue au sérum, ou
se propose de prévenir le retour de cette maladie.Ou
se sert à cet effet d'alcool étendu, de carbonate de
potasse en solution aqueuse, et plus souvent de vin
rouge chaud. On injecte l'irriîant et on le maintient
pendant quelques minutes; si la première injection
ne suffit pas , on a recours à une deuxième et même
à une troisième. On augmente l'activité de l'irritant
en élevant davantage sa température, et, s'il est pos-
sible, en l'employant plus concentré. On pompe, à
l'aide de la seringue, tout le liquide qu'on a injecté,
et on favorise cette inllammation en recouvrant le
scrotum avec des compresses de vin rouge chaud.
Si les phénomènes |)hlegmasiques sont trop intenses,
on cherche à les ramener au degré d'irritation
convenable à l'aide de l'eau tiède et des muclla<>i-
lieux, etc.
I Go PHARMACOPÉE
Les inflammations qu'on détermine sur d'auli'es
tissus ne sont pas de mon ressort.
ORDRE TROISIÈME.
Médications cscarrotiqucs.
Les médicalions cscarrotiques se rapprochent
beaucoup de l'ordre piécëdent : elles n'en diffèrent
que par l'escarre qui succède à l'iullammalion. J'ai
cependant cru devoir les envisager isolément, parce
que l'escarre en elle-même est souvent l'objet essen-
tiel , et qu'on procède alors différemment que lors-
qu'elle est un effet accidentel.
Ces médications ont la plus grande analogie avec
la gangrène; elles présentent d'abord les phéno-
mènes d'une inflammation plus ou moins intense;
vienteusuite la formation d'une matière dense, sèche ;
d'une couleur variée du blanc au noir, laquelle, par
sa composition chimique, ne diffère pas essentielle-
ment de l'organe dont elle faisoit partie, mais pré-
sente des propriétés physiques très- différentes. Cette
escarre varie en étendue, en épaisseur, en densité j
elle peut être bornée ou non; elle se forme avec
plus ou moins de rapidité, selon le moyen qu'on a
employé, et selon la susceptibilité individuelle tant
locale que générale. Les parties de l'organe qui en-
vironnent immédiatement l'escarre et les tissus sou-
jacens s'enllamment avec plus ou moins de rapidité .
elles suppurent; l'escarre se détache insensiblement;
elle se ramollit presque en totalité , et dégage une
odeur fétide si on ne l'enlève pas.
c L I N- I Q u E. i6r
L*escarre ne présente pas toujours les caractères
que je viens d'indiquer; elle a quelquefois la forme
d'une pellicule rougeâtre, rarement noire, mince,
laquelle se détache promptement et sans inflamma-
tion notable des tissus ambians. C'est ce qui arrive
lorsqu'on applique la poudre d'alun calciné sur une
surfice suppurante; c'est encore ce qui a lieu lors-
qu'on promène rapidement une plaque de fer in-
candescente sur une surface analogue. Sans doute
qu'on pourroit avec la plupart des escarrotiques pro-
duire un pareil effet, si on les appliquoit très-con-
centrés et momentanément : je l'ai souvent obtenu
en appliquant ainsi les acides sulfurique , nitrique et
murialique.
La chute de l'escarre est un ouvrage de la nature.
Les moyens qu'on y applique sont le plus souvent
inutiles. Il suftit de préserver la partie du contact de
l'air, par exemple, à l'aide d'un sparadrap , etc. Ce
n'est que lorsque l'inflammation des parties environ-
nantes n'est pas suffisante qu'on doit tâcher de
l'augmenter à Taide des toniques. L'incision de l'es-
carre peut favoriser et accélérer sa séparation.
On peut déterminer les médications escarrotiques
sur plusieurs tissus, tels que la peau, le tissu cellu-
laire soucutané, les membranes muqueusesde l'oeil,
des narines, delà bouche, de la gorge, de l'urètre;
les os, les nerfs ,les vaisseaux sanguins, etc.
On détermine l'escarre pour obtenir un effet lo-
cal ou contigu et sympathique. Dans le premier cas,
on se propose d'enlever une portion d'organe , soit
parce que son tissu est malade, soit parce qu'on veut
mettre à nu des organes sou jacens, soit parce qu'où
II. II
iSz PHARMACOPÉE
•vent donner issue à des liquides qui sont épanchés
imincdialemeut au-dessous ; c'est ainsi qu'on escar-
rifie la peau pour ëlahlir la suppuration du tissu
cellulaire soujacent, pour donner issue aux liquides
contenus dans des kjsles; c'est ainsi qu'on escarrifie
les tissus suppurans pour détruire les fongosités qui
ont lieu à leur surface, etc.j c'est ainsi qu'on escar-
rilie les brides qui , dans l'urètre , s'opposent à l'é-
coulement de l'urine ; c'est ainsi qu'on escarriiie pour
enlever des parties d'un organe cancéreux, d'un os
affecté de carie humide. Dans l'autre cas , on se pro-
pose de déterminer une douleur et une intlammation
très-fortes , afin de produire un efiet contigu ou sym-
pathique. On modifie les procédés dans chacun de
ces cas. Les circonstances dans lesquelles on cherche
h opérer un effet contigu et sympathique sont en
grande partie les mêmes que celles où ou détermine
les médications phlegmasiques. Le choix des régions
qu'on escarrifie est établi sur les mêmes bases.
Beaucoup de corps sont susceptibles de déterminer
l'escarre; mais tous n'agissent pas de la même ma-
nière; ils ne la produisent pas tous avec la même
promptitude , la même intensité ; il n'est pas égale-
ment nécessaire de borner l'action de tous; les uns
peuvent, en même temps qu'ils escarrifieut, être
absorbés et déterminer des accidens graves. Les corps
dont il s'agit ont besoin d'être suffisamment concen-
trés pour pouvoir agir comme escarrotiques; il faut
en outre les maintenir appliqués pendant un temps
convenable. Cette durée est d'ailleurs subordonnée
au degré de susceptibilité du tissu: c'est ainsi que le
ïuurialc d'autimoiue escarrifie inslantauéraent une
CLINIQUE. l63
surface muqueuse, taudis qu'il lui faut douze heures
environ pour escarrifier le derme. Elle varie en
outre selon les circonstances individuelles, etc.
On emploie les escarrotiques sous formes solide,
pulvérulente , molle et liquide. Ces formes sont sub-
ordonnées aux propriétés chimiques des coVps, à la
délicatesse des organes sur lesquels on veut agir, à la
promptitude avec laquelle l'escarre doit avoir lieu;
elles varient enfin selon que l'escarre doit être bor-
née ou non.
En général ces corps agissent plus lentement sous
forme solide , mais on peut borner leur action avec
plus de facilité. L'opposé s'observe pour les formes
liquides. Les corps solides mais déliquescens pré-
sentent les mêmes inconvéniens que les liquides, sans
néanmoins agir aussi promptement qu'eux. Il est
des corps qui peuvent prendre toutes ces formes,
d'autres ne sont susceptibles d'en contracter qu'une
ou plusieurs. Pour donner la consistance solide aux
substances pulvérulentes, on se sert de mie de paia
fraîche , et de quantité suffisante d'eau ; ou les pile
pisqu'à ce que le mélange soit bien intime : ce mé-
langedurcitetdevient cassantpar la dessiccation. Pour
donner la consistance molle, on peut se servir des
intermèdes emplasliques que j'ai désignés ailleurs.
On donne en général a ces mélanges solides et mous
l'apparence d'une semence d'avoine , d'une sphère ,
d'un cylindre, d'un oval , d'un cône , d'une surface
plane ou piano-convexe. Leur forme doit en général
■varier selon le lieu de l'insertion ou de rapplicalior.
Pour donner la forme d'avoine , on convertit d'abord
la masse en cylindre, et on la roule ensuite en près-
1G4 PHARMACOPÉE
sant sur ses deux extrémités : pour donner la form©
conique , on ne presse que sur une des extrémités
du cylindre. Il est des substances solides, telles que
le nitrate d'argent Ibndu , auxquelles on donne ces
formes en les roulant à l'aide d'un couteau. Les au-
tres formes, telles que la forme sphériquc, la forme
plane, la forme piano-convexe , etc., se préparent de
la même manière que celles des l)ols , des pilules, de*
pastilles, etc. Le mode d'appiicaliondes escarrotiques
avéniformes, cylindriques et coniques, ne présente
rien de particulier. On s'en sert le plus ordinaire-
ment pour agrandir une ouverture fistuleiise , ou
pour escarrider des parties y)rofondéraent situées et
des tissus délicats tels que la conjonctive , etc. On a
recours aux escarrotiques planiformes lorsqu'il s'a-
git d'escarriûer des surfaces planes. Lorsqu'ils sont
déliquescens, qu'on veut borner leur action et qu'ils
agissent lentement, on les applique à l'aide d'un
sparadrap troué à son centre , et on les recouvre d'ua
iiulre sparadrap non percé ; ou fait en sorte qu'ils soient
moins étendus que le diamètre du trou du sparadrap,
€t on les maintient de manière cju'ils ne puissent pas
changer de position. Lorsque l'escarrotique n'est
point déliquescent , ou lorsqu'il est indifférent qu'il
occasionne ou non une escarre trop étendue , il sufât
de l'appliquer à l'aide d'un simple sparadrap.
On applique les escarrotiques liquides de manière
variée. S'ils doivent être maintenus pendant quelipie
temps, on en imbibe une boulette de colon ou de
cliarj)ie, et on les maintient appliqués à l'aide de
deux sparadraps, dont celui (|ui est immédiatement
appliqué sur la peau est troué. Si leur acLÎou est
CLINIQUE, 165
prompte, inslantanée, ou les applique à l'aule d'un
pinceau. Ou prépare celui-ci avec une bandelette de
îinge effilée et fixée à rextrémité d'une petite tige
de bois. On égalise ce pinceau à son extrémité; on le
trempe dans l'escarrolique liquide , on l'exprime
légèrement, afin d'en enlever l'excédent, et on l'ap-
plique jusqu'à ce que l'effet soit déterminé. Lors-
que le tissu qu'on escarrifie est délicat , et qu'on
doit craindre d'altérer les parties environnantes, on
le lave immédiatement après avec de l'eau, du lait,
ou avec un liquide mucilagineux quelconque : de
celte manière on étend la portion excédente de l'es-
carrotique qui pourroit séjourner, et on l'empêche
d'enilammer, ou même d'escarrificr les parties voi-
sines.
1°. Corps qui ne peuvent -pas déterminer cVacci-
défis par leur absorption.
Feu.
On peut l'appliquer à l'aide de plusieurs mojens
différens, i°. à l'aide de corps incandescens , 2"^. à
l'aide de substances en combustion, S"', à l'aide des
rayons solaires convergcns.
Corps incandescens. On a abandonné l'usage de
l'eau et de l'huile bouillantes, de la cire et des ré-
sines en fusion , parce qu'on ne peut maîtriser l'é-
lendue de leur action. On ne se sert maintenant que
de l'acier. Comme conducteur du calorique, il a l'a-
vantage de pou*, oir être élevé à une très-haute tem-
pérature sans se fondre, et de la conserver plus long-
temps que beaucoup d'autres métaux. II s'écaille et
s'oxyde moins facilement que L' fer. Ou peut facile»
l66 PHARMACOPÉE
meut recounoître sou degré de tempéi'alure : l'ol^-
servatioH journalière appreud qu'il dcvieut d'abord
ronge obscur., puis rouge cerise , ensuite rouge
éclatant, et enfin rouge blanc. On donne à l'acier
dont on se sert pour escarrifier , des formes variées.
En général le manche doit être fait avec un corps
qui soit mauvais conducteur du calorique ; il doit
être assez long pour qu'on puisse le diriger et le
manier sans s'exposer à être brûlé; l'extrémité escar-
1 i(ianle doit être assez épaisse afin de pouvoir rester
long-temps dans Fétat d'incandescence. Ces formes
doiventêtreen rapport aveclasitualion etla conforma-
tion des organes qu'on veut escarrifier. M. Percy réduit
les formes générales aux suivantes : la forme cylin-
drique ou de roseau , la forme conique , la forme
cultellaire , la forme nummulaire et la forme octo-
gone (i). Les formes particulières sont peu raulti-
— . ■ — — — — — ■ — ' — ' ly
(i) Forme cylindriqjie ou de roseau. L'extrcaiité escarri-
fiante est cylindrique , longue de 5 centimolres , large de i5
niillimèlres. Elle est susceptible d'atteindre les parties le plus
profondement situées.
Forme conique. L'extrémité escarrifîante a la forme d'urx
cône tronque 5 son axe est long de 5 centimètres, sa base large
de 2 cenllmèlres ; son sommet est obtus. Sa tige est courbée
à angle droit à la dislance de 5 centimètres de la base.
Forme cultellaire. L'extrémité escarrifîante a l'apparence
d'une petite haclie; le dos est large d'un centimètre; le tran-
chant forme le quart d'un cercle de 4 centimètres de rayon; il
ne doit pas être trop aminci , sans cela il divise les tissus sur
lesquels on l'appl que, et p'-rd trop rapidement sa température.
Fonnr. numviulaire. I/extrémité escarriliante a l'apparence
d'une plaque ronde ^ son diamètre est de 5 centimètres , sou
«épaisseur d'uu cculimèlre. Soo centie donne naissance à uui?
pliées ; elles sont subordonnées à la configuration des
organes : telle est la forme de bec d'oiseau pour es*
carritier les nerfs dentaires , celle de bec aplati \)our
escarriiier les paupières, la forme concave pour es-
carrlfier les tégumens et une portion de l'épaisseur
des os du crâne.
On chauffe l'acier à l'aide de charbons de bois dur,
incandesceos. Pour déterminer à quelle température
on emploie cet instrument, il faut le faire rougir à
ÎDlanc, et le tenir ensuite hors du feu jusqu'à ce qu'il
tige qui forme un angle obtus a la distance de 5 centimclres de
sa base; de sorte que la lame forme un plan légèrement Incliné,
Forme octogone. L'extrémité escarrifîante a la forme d'un
carré long à angles tronqués; sa longueur est de 5 centimètres,
sa largeur de 3 centimclres , son épaisseur d'un centimètre. La
tige est disposée comme celle de la forme précédente.
Le manche est de corne ou de bois dur, par exemple, d'ébène.
On lui donne une forme oblongue à huit pans; sa longueur est
d'un décimètre j il est surmonté par une demi-colonne d'acier
longue de 6 centimètres, plus massive que la tige, ayant pour
base une large mitte à recouvrement, du centre de laquelle
descend une soie qui traverse le manche pour être rivée au
bout sur une rosette. Cette demi-colonne est percée jusque près
la mitte d'un conduit carré et équilatéral , afin d'éviter l'embar-
ras de chercher le sens. Vis-à-vis le tiers supérieur de ce con-
duit est placée ime vis de pression ,. laquelle présente une sur-
face assez large pour être serrée et desserrée facilement.
La lige doit être d'acier et tirée du même morceau que Téx-
trémité escarrifianle. Son diamètre est d'un centimètre, et sa
longueur totale de 3 décimètres. Elle est arrondie, excepté à
l'extrémité qui doit être reçue dans le manche et qu'on nomme
la cjucne. Celle-ci est longue de 5 centimètres ; elle forme
nu parallélogramme d'un calibre proportionné au conduit da
jaianche , qui doit la recevoir avec un peu d'aisance.
ï68 PHARMACOPÉE
ait repris la couleur cl ia tiBuperature qu'on rlesire.
On l'api^lique transcurrermnent ( en ne faisant
qu'efik'urer le tissu ) et par adhésion. On le presse
pins ou moins fortement contre le tissu qu'on escar-
rifie ; on a égard eu cela à la délicatesse de l'organe
et à l'effet qu'on veut obtenir. Eu genéial il f;mt,
d'après l'observation de M. Percy , l'appliquer irès^
cliaud et l'enlever avant qu'il cesse d'ëlre rouge.
Appliqué de celte manière il est moins douloureux;
il se détache facilement de l'escarre et ne l'entraîne
point avec lui. Lorsqu'on cesse d'en faire usage, il
est convenable de le plonger aussitôt dans de l'eau
froide. On emploie des moyens varies pour borner
son action latérale. Lorsqu'on se sert de la forme
cylindrique , on fait usage d'une canule d'acier de
l'épaisseur de deux millimètres environ, et on ne la
maintient que momentanément, alin qu'elle ne puisse
point se mettre en équilibre avec la température du
conducteur. Lorsque la forme de l'acier est plane ,
on peut se servir de carton lissé , c'est-à-dire de car-
ton épais de deux millimètres, bien battu, et poli à
ses deux faces. On en coupe des bandes plus ou
moins larges , auxquelles on donne la forme désirée
en les ])liant convenablement , et on en entouiela
lame de l'instrument. On les applique et on les main-
tient convenablement. A défaut de carton on se sert
de charpie et de linges humectés avec de l'eau pure
ou avec de l'eau salée. La forme de l'instrument
qu'on choisit doit être en rapport avec la confjgiu'a-
tiou et la situation de la partie que l'on veut escar-
rifier.
On peut appliquer l'instrument aussitôt. S'il est
CLINIQUE. 169
planiforme, on peut l'exposer d'abord pendant quel-
ques mlautesà la distance de plusieurs centimèlres
de la partie. Cette manière objective de i'aj)pliquer
est convenable lorsqu'on escarrifie pour déterminer
de la douleur et de l'inilammation. Si ou se sert de
l'iustruraent cultelIiforme,on marque d'abord avec
de l'encre la direction qu'on veut donner à Tescarre.
On ne doit pas croiser les ligues; l'instrument doit
être chauffé au rouge le plus vif; il ne doit qu'ef-
fleurer la peau, afin qu'il puisse parcourir toutes les
lignes de suite, sans qu'on ait besoin de le chauf-
fer de nouveau. Si l'escarre n'est pas assez profonde,
ou peut repasser l'iustrument sur ces lignes; mais on
doit éviter de diviser la peau ; car le recollement est
souvent difficile.
Il est des cas où il n'est pas nécessaire de préciser
queile est la profondeur qu'on donne à l'escarre.
Lorsqu'on escarrifie des parties gangreneuses, on
reconnoît qu'on agit sur les parties saines à la dou-
leur plus ou moins forte qu'on détermine. Lors-
qu'on escarrifie des os caries, ce n'est que j)ar ap-
proximation qu'on peut juger si ou a outre-passé on
non l'étendue de la carie.
L'escarre que détermine le feu appliqué à l'aide
de l'acier incandescent se forme promptement ; elle
s'étend un peu au-delà des parties sur lesquelles
l'instrument est appliqué. La douleur qui l'accom-
pagne n'est pas aussi forte qu'on seroil tenté de le
croire; elle est d'autant moindre que l'instrument
a une température plus élevée, et qu'on l'applique
avec plus de promptitude. Il n'y a que le tissu cutané
dont l'escarrificalion soit très-douioureusc ; le tissu
PHARMACOPEE 170
cellulaire soujacent, les glandes lyrapliatiques, les
os, etc., ainsi que Ta expërimeuté M. Peicy , ue font
point éprouver de doujeur très-forte. Les parties qui
environnent l'escarre participent plus ou moins à
rinflammation. 11 paroît que les liabitans des pays
chauds, les vieillards, les eufans en bas âge, les
femmes , les personnes qui ont beaucoup d'embon-
point supportent l'application du feu plus facilement
que d'autres.
On a rarement recours au feu pour mettre à nu le
lissu cellulaire soucutané, afin d'y établir un fonti-
cule. On l'emploie pour convcTtir eu escarre le siège
de Vaura epilepLica , les morsures d'animaux veni-
meux et enragés, les pustules malignes, l'anthrax, les
gangrènes et lés caries humides, les cancers, certaines
tumeurs fongueuses et hémorrlioïdaires de l'anus.
On en fait usage pour arrêter les héraorrhagies
qui sont la suite de l'excision des tumeurs fougueuses,
celles qui proviennent de vaisseaux placés entre des
os cassés et déplacés, et que les moyens ordinaires
ne peuvent arrêter. On y a recours pour faire cesser
l'hémorrliagie des artères souliuguales, etc.
Ou s'en sert pour convertir en escarre la peau
saine , afin de déterminer un effet contigu ou sym-
pathique. C'est ainsi qu'on brûle les légumcns et
même une portion de l'épaisseur des os du crâue^
dans différens cas d'apoplexie , d'épilepsie , de cépha-
lalgie chronique; les légumcns du rachis, dans des
cas d'affections du prolongement rachidien et dans la
carie vertébrale; la nuque, dans les alfeclions chro-
niques des yeux et surtout dans l'amaurose^ le carti-
lage de l'oreille , dans des cas de surdité , d'odonlal-
CLINIQUE. lyi
gie , elc. ; le cou, dans des resserremens spasmo-
diques du pliar^-nx , du larynx, etc.; le thorax,
dans la phlhlsie pulmonaire ; l'épigastre , dans des
cas de hoquet, de vomlssemens convulslfs opi-
niâtresj l'abdomen, dans des névroses, etc. de Tia-
testin , de la vessie urinaire, de Tuléi us ; les articu-
lations, dans différentes affections lentes, telles que
les tumeurs blanches, les luxations consécutives, etc.;
la plante ou le dos des pieds, dans des cas de
goutte, etc.; la partie qui recouvre les nerfs, dans
des névralgies opiniâtres , etc. ; celle qui recouvre
les muscles, dans des rhumatismes chroniques , des
paralysies locales , etc. ; la partie blessée , dans le té-
tanos traumatique. On y a eu recours avec plus ou
moins d'avantage dans différens cas d'hydropisies,
telles que Tascite, l'auasarque, l'hydrocéphale, etc.
Co7j)s en combustion (?7ioxa). On n'emploie les
corps en combustion que pour produire u.ne escarre
sur la peau. On peut se servir de substances variées :
néanmoins les modernes font uniquement usage de
coton. D'après Pouteau, on prépare le moxa de la
manière suivante. Ou prend du coton en laine, ou
l'enveloppe dans une bandelette de toile fine, large
de 3 centimètres et longue de 8 centimètres , de ma-
nière à lai donner la forme cylindrique. On serre le
coton autant qu'il est possible ; on arrête la bande-
lette par quelques points de lil , et on coupe le cylin-
dre transversalement par la moitié , à l'aide d'un
tranchant très-eftilé. Ce cylindre a ordinairement le
diamètre de 3 centimètres et la hauteur de i5 milli-
mètres. On l'appose par sa surface unie, et on favo-
rise sou collemeut eu liumeclaut préalablement le
iy2 PHARMACOPEE
tissu sur lequel on l'applique. M. Percy conseille
d'apporter quelques cbangemens à la préparation du
moxa ; il a observé que le colon trop serré brûle dif-
ficilement jusqu'en bas, et que la veulJition est in-
sulïisanle pour obvier à cet incuuvénieul. 11 se sert
d'un cylindre de carton un peu plus large que celui
des fusées , et présentant à l'extrémité qu'on met en
contact avec la peau deux petites entailles par les-
quelles la fumée peut s'échapper; il introduit dans
ce cylindre du coton nitré qu'il presse à peine ; il
fait fixer ce tube avec les doigts ou en y adaptant
deux oreilles ou anses de carton.
Pour appliquer le moxa, on enflamme d'abord son
extrémité supérieure ; on le place sur la peau dès
que la combustion est établie, et on souflle à l'aide
d'un écran ou d'un éventail pour l'entretenir.
Le moxa enflamme d'abord ; il détermine ensuite
une escarre qui ne s'étend jamais ou que très-rare-
ment au-delà de l'épaisseur de la peau. La douleur
n'est que momentanée ; la suppuration commence
■vers le septième ou le huitième Jour. Les phénomènes
généraux qui se manifestent lors de la rubéfaction
du derme et lors de la formation de l'escarre sont
ceux d'une réaction générale dont la durée varie
selon l'état individuel. Le traitement de l'escarre ne
présente rien de particulier. Si on croit devoir entre-
tenir la suppuration , on a recours aux moyens que
j'indique ailleurs.
On se sert du moxa pour agir par contiguilé ou
par sympathie : c'est ainsi qu'on y a recours dans des
cas de névralgie, de rliumalisme chronique, de para-
lysie locale, dans de» maladies de l'encéphale, du
C L I K ^Q U E. lyS
prolongement rachidien ,cles nerfs; dans les cas de
tendance aux maladies organiques, par exemple , à
la phthisie pulmonaire; dans les affections lentes des
articulations , etc. On applique le moxa en nombre
plus ou moins grand et à des intervalles plus ou moins
éloigués.
Piayons solaires converges à faide d'iifi verre
convexe. On expose au soleil la partie qu'on veut
convertir en escarre , et on maintient le verre ar-
dent à la distance convenable jusqu'à ce que l'effet
soit obtenu. On peut recourir aussi à ce moyen du-
rant riiiver , si le soleil luit. Mais on ne peut en faire
usage tous les jours ni à tous les iustans de la journée.
On ne peut le maintenir appliqué pendant aussi long-
temps qu'on le désire ni agir profondément.
L'escarre qu'on détermine à l'aide de ce moyen
a lieu presque instantanément. Elle est d'une éten-
due limitée, blanche, ordinairement superlicielle
et de la grandeur d'une lentille. Elle est accompagnée
d'une douleur piquante et lancinante ; elle tombe
facilement , et souvent dans l'espace de quelques
lieures.
De nos jours , on se sert rarement de ce moyen.
On en fait usaee dans différens cas de cancer aux
lèvres , etc.
Acide sulfùrigue.
On emploie cet acide à 66 — o ou en deçà, on l'ap-
plique à l'aide d'un pinceau. Son action est instan-
tanée; elle est douloureuse et peu susceptible d'être
limitée : l'escarre est noire. Ou l'emploie particuliè-
rement pour escarritler les pustules maJignes , etc.
174 PHARMACOPEE
Acide nitrique.
On l'emploie ordlnalremet de 5o à lo — o; on
l'applique à l'aide d'au pioceau. Son action est ins-
tantanée; elle est douloureuse, peu susceptible d'être
bornée : il produit une escarre jaune. On l'emploie
dans les mêmes cas que le précédent.
Acide muriatique.
Oq l'emploie rarement pour produire l'escarre :
son action sur la peau est très-lente. Il peut con-
venir pour les surfaces muqueuses et cellulaires :
on l'emploie à 3o — o ou plus étendu ; on l'appli-
que de la même manière que les précédens.
Acide muriatique oxygéné.
On ne l'applique guère que pour brûler les sur-
faces muqueuses et les tissus dénudés accidentelle-
ment. On n'a pas encore assez étudié ses effets sous
ce rapport.
Muriate d'antimoine.
Ou ne l'applique qu'à l'état liquide ; il suffit , pour
l'avoir dans cet état , d'exposer ses cristaux au con-
tactdel'air; ils prennent promptemeut laconsistance
huileuse. L'eau distillée ne pourroit convenir pour
liquéfier ce sel, car elle le précipite aussitôt sous
une couleur blanche. On l'applique à l'aide d'un
pinceau sur les surfaces muqueuses et cellulaires ,
cl à l'aide d'une boulette de charpie sur la surface
cutanée. Il brûle instantanément les premiers tissus,
n'aijit que leatement et peu profondément surla peau
CLINIQUE^ lyS
et délermine souvent beaucoup de douleur : Tes-
cane qu'il produit est blanche. On a parliculière-
ment recours à ce caustique pour délrulre des fon-
gosilës,pour brûler les morsures d'animaux veni-
meux et enragés. Ou l'emploie rarement pour mettre
à nu le tissu cellulaire soucutaué.
Ammoniaque liquide.
Il la faut choisir concentrée; on l'applique à l'aide
d'uu pinceau : elle agit promptement. On ne l'em-
ploie guère que pour brûler les morsures d'animaux
venimeux, les piqûres d'insectes, etc.
Potasse et soude.
Ces deux alcalis sont plus ou moins caustiques ,
selon leur degré de pureté; ils retiennent quelque-
fois une quantité plus ou moins grande de chaux
vive , et d'autres fois des proportions variées d'acide
carbonique. On peut les employer à l'état solide ou
liquide. Dans le premier cas on préfère la soude à
îa potasse, en ce qu'elle est moins déliquescente et
plus susceptible d'être limitée dans son action. C'est
à l'état solide qu'on les emploie pour brûler la peau;
on les applique à l'aide d'un sparadrap troué, et ou
les recouvre d'un autre sparadrap non fenêtre. On
examine l'appareil à plusieurs reprises, pour empê-
cher qu'il se dérange. Ces alcalis n'agissent pas d'ail-
leurs toujours avec le même degré de promptitude.
L'escarre qu'ils produisent est blanche ou noire selon
que leur contact a été plus ou moins long; elle a sou-
vent plus d'étendue en largeur et en profondeur
qu'on ne le désire. Les parties environ uantes sont
I-jÔ PHARMACOPEE
plus OU moins douloureuses et etitlammées. Lors-
qu'on veut employer ces alcalis à l'état liquide , on
les laisse se liquéfier à l'air, ou, ce qui vaut mieux,
on les dissout dans de l'eau distillée jusqu'à ce qu'ils
pèsent 1,25 environ. On les applique à l'aide d'un
pinceau si on vent brûler des surfaces muqueuses
et des tissus dénudés accideulellemenl; on en im-
bibe une boulette de charpie lorsqu'on veut brûler
la peau , et on introduit cette boule dans le trou d'un
sparadrap fenêtre. Ces alcalis liquides, suffisamment
concentrés , agissent plus promplement et avec
moins de douleur que lorsqu'ils sont à l'état so-
lide.
Les alcalis solides conviennent pour produire une
escarre sur la peau toutes les fois qu'on n'a pas be-
soin de limiter l'étendue de l'escarre d'une ma-
nière très précise, et qu'on veut en même temps
enflammer les parties environnantes, par exemple,
pour préparer des fonticules, pour donner issue au
pus dans les suppurations lentes du lissu cellulaire
souculané, des glandes lymphatiques, des parotides,
eio. On emploie de préférence ces alcalis liquides
suffisamment concentrés loisqu'on veut agir plus
promplement, et brûler des tissus situés plus ou moins
profondément.
Chaux vive.
Elle est peu em]il'>yée de nos jours comme es-
carrotique : on n'a pas assez étudié les partie ulari-
lés qu'elle présente sous ce rapport dans son ac-
tion. On l'applique eu poudre, ou on en fait une
CLINIQUE. 177
pâte soit avec du savou, soit avec un autre^corps
mou ( i).
Alun calciné.
La croûte que forme l'alun calciné lorsqu'on
l'applique sur des surlaces suppurantes fongueuses,
et qui se détache aussitôt sans inilammation ni sup-
puration des tissus ambians,ne peut tout au plus
eue comparée qu'à la pellicule escarroliquc dont
j'ai parlé. Il suffit de saupoudrer l'ulcère avec de
l'alun calcine; l'application est peu douloureuse.
On y a recours pour détruire les fongosites, etc.
Nitrate -d'argent Jhndu,
On l'applique le plus ordinairement à l'état so-
lide. On amincit plus ou moins l'extrémité du cy-
lindre, selon l'étendue qu'on veut donner àrescane ;
on l'humecte préalablement : il suffit de l'iinpliquer
momentanément si on veut brûler les surfaces mu-
queuses et les tissus dénudés. II agit instantanément.
Si une seule application ne suffit point, on la re-
nouvelle, après avoir préalablement absorbé (si cela
est, nécessaire) l'humidité de la partie, à l'aide de
papier non collé, etc. Lorsqu'on veut brûler le tissu
cutané, il faut le maintenir appliqué pendant plu-
sieurs heures : on se sert à cet effet du sparadrap.
L'escarre qu'on détermine avec le nitrate d'ar-
gent fondu est d'abord blanche, puis noire; elle est
peu douloureuse ; elle n'a que l'étendue qu'on de-
(1) La chaux vive a été quelquefois employée dans des cas
de morsures d'animaux enragés. Quelques heures après son
application , l'escarre se forme. JP. H, N.
II. IZ
lyB PHARMACOPEE
sire : les parties environnantes ne sont ni doulou-
reuses ni eullammëes. On emploie ce moyen poui*
détiuire les chancres, les fongositës qui se déve-
loppent sur des surfaces muqueuses et cellulaires,
etc. : on s'en sert rarement pour meltreànule tissu
cellulaire soucutané.
2'^, Corps qui peuvent, par leur absorption , dé-
tenniner des accidens gra^^es,
Muriate de mercure sur oxydé.
On peut l'employer sous formes pulvérulente ,
solide et molle : en poudre, on l'applique pur ou
étendu dans un peu de sucre ou d'amidon. Lors-
qu'on l'emploie sous forme solide , c'est à l'état de
trochisques , dont on prépare la pâte avec de la
rnie de pain fraîche et quantité suffisante d'eau dis-
tillée. Le code de Paris en prépare de deux sortes :
l'une contient o,3 de ce sel, et l'autre seulement 0,2.
Pour faire distinguer l'une de l'autre, il colore la
dernière à l'aide de 0,1 d'oxyde de plomb rouge.
On donne ordinairement à cette pâte la forme de
grains d'avoine : on s'en sert pour agrandir les ou-
vertures fistule uses. Pour doimer à ce sel une con-
sistance molle, on le mêle par trituration avec 0,2 ,
0,3 , etc. de cérat : on lui donne la forme qu'on
désire.
Cet escarrotique agit avec plus ou moins de
promptitude selon son état de concentration ;il déter-
mine de la douleur et occasionne l'inflammation des
parties ambiantes. 11 forme une escarre blanche et
«îl,enduc. Son application imprudente peut détermi-'
CLINIQUE. 179
ner des accidens graves , tels que des anxiétés , des
convulsions, la fièvre, la salivation : elle a quelque-
fois occasionné la mort. On ne doit y recourir qu'a-
Tec la plus grande prudence.
Oxyde d'arsenic ( arsenic blanc ),
On peut Tadminislrer sous les mêmes formes que
le sel précédent. En poudre , on peut l'appliquer
pur , ou étendu dans neuf fois son poids de sucre ,
d'amidon ou de poudre de gomme arabique. On
applique ce mélange à cet état , ou on le convertit
à l'état de magma à l'aide d'une petite quantité d'eau.
Pour lui donner la consistance solide ou molle , on
le soumet aux mêmes préparations que 1 1 substance
précédente. Son application est douloureuse ; elle
est quelquefois suivie de douleurs générales, de
convulbions, de vomissement, d'hémoptysie, de syn-
cope , de paralysies , de consomption , de lièvre lente,
etc. On l'emploie particulièrement dans les cancers
locaux, surtout dans ceux de la face. On ne peut
mettre en doute qu'il n'ait eu quelquefois du succès j
mais il est souvent inefficace , et son emploi exige la
plus grande prudence (i).
I l I n
(i) L'oxyde d'arsenic forme la base d'un escarrotique connu
sous le nom de caustique de frère Corne , que l'on emploie
evec succès dans les ulcères cancéreux de peu d'étendue ,
comme ceux de la face. CeUe préparation se faisoir ancienne-
ment avec 0,20 d'oxyde d'arsenic ou arsenic blanc , 0,70 de
sulfuro rouge de mercure ou cinabre , 0,06 de sang-dragon ,
et 0,04 de cendre de peau tannée. Le professeur Dubois, qui
fait un grand usage de cette préparation , a supprimé avec rai-
son la cendre de peau tannée, et après avoir essayé diverses
aSo . PHARMACOPEE
Carbonate de cuivre avec excès d'oxyde.
On ne l'emploie guère comme escarrotique j on
l'applique en poudre ou en onguent peu étendu. Ou
n'a pas assez étudié son mode d'action (i);
proportions des autres substances , il s'est arrêté aux suivantes ,
qui lui réussissent parfaitement:
Pr. Sulfure rouge de mercure , 2 onces ou 16 parties.
Sang-dragon i once ou 8 parties.
Oxyde d'arsenic i gros ou une partie.
On réduit ces substances séparément en poudre impalpable,
et on les mélange ensuite très - exactement ; lorsqu'on veut
s'en servir , on en prend une quantité proportionnée à l'éten-
due de l'ulcère ; on en fait , au moyen d'un peu de salive , une
pâle qu'on applique sur l'ulcère ^ lorsque les bords de celui-ci
sont relevés et durs , on les ébarbe avec l'instrument tranchant
avant de faire l'application. Cette pâte tient assez pour n'avoir
pas besoin d'être contenue par un moyen particulier : M. Dup
Jjois la recouvre ordinairement avec de la toile d'araignée. Oa
la laisse tomber d'elle-même , et sa chute a lieu spontanément
au bout de six à huit jours. On feroit une seconde application
si l'aspect de l'ulcère la iaisolt juger utile , ou que le caustique
fût tombé par accident. On panse ensuite avec du baume d'ar-
cseusou une substance analogue jusqu'à la parfaite cicatrisation,
^ui ne tarde pas à se faire ; et lorsque le sujet n'a pas la dialhèse
cancéreuse , la maladie est entièrement détruite. M. Dubois
n'emploie pas seulement ce moyen dans les ulcères cancéreux,
de la face, il y a aussi quelquefois recours, avec succès , à la
suite de l'extirpation de diverses tumeurs cancéreuses, pour
les empêcher de repulluler. P. H. N.
(i) Lecarljojiate decuivre avec excès d'oxyde constitue la par-
tie active du baume vert de Metz que j'ai vu souvent employer
avec succès par le professeur Boyer , pour ranimer l'action lan-
}^uis«ante des chaires dans certaines plaies auciejanes , surtout
CLINIQUE. i8r
Oxyde de mercure rouge.
Il est peu employé : ou l'applique en poudre ou
en ougLient peu étendu. Son action particulière n'est
pas assez connue j il détermine quelquefois la saliva^
tion(i).
Nitrate acide de mercure.
Ce sel n'a pas toujours le même degré de concen-
tration; on l'applique à l'aide d'un pinceau. Son ac-
tion est instantanée. L'escarre qu'il produit a une
couleur rouge. Ce moyen est peu employé; il n'a
pas d'avantage évident sur l'acide nitrique.
lorsqu'elles avoient leur siège dans des parties dont le tissu cel-
lulaire est lâche , et qu'elles menaçoient de dégénérer en ul-
cères Gstuleux. P. H. N.
(i) On forme , en triturant ensemble une partie d'oxyde da
mercure rouge et !^o à 48 parties de cérat ou d'onguent rosat ,
une pommade que l'on emploie avec succès dans lesophlhalmies
chroniques accompagnées de l'engorgement des glandes de
Meihomius. La pommade de Desault , également très-efficace
dans les mêmes affections, contient pour principaux ingrédiens
de l'oxyde de mercure rouge et du muriate suroxygéné de
mercure. Voici la formule de cette préparation.
Fr. Oxyde de mercure rouge . . . '\
Oxyde de plomb demi-vitreux . \ de chaque i gios ou 6 parties.
Alun calcine' , . . . , \
Muriate suroxygéne' de mercure . . I2 grains ou une partie.
Porphyrisez et incorporez dans suffisante quantité de cérat
pour donner au mélange la consistance de pommade. P. H. N,
1^2 PHARMACOPEE
RÉSUMÉ.
On emploie lesescarroliqnes pour obtenir un effet
local et pour agir par contiguilé ou par sympathie.
Dans tous les cas, on peut agir avec plus ou moins de
promptitude : ou peut limiter ou non l'étendue de
l'escarre , etc.
Escarrijication destinée à déternùner un effet
local. Il n'est pas d'escarrotique qu'on ne puisse em-
ployer à cet effet ; mais leur choix doit varier selon
des circonstances particulières : c'est ainsi qu'on pré-
fère le feu , l'acide sulfurique , l'acide nitrique , la
potasse liquide , lorsqu'on veut exercer une action
prompte , par exemple , pour brûler les pustules ma-
lignes, les anthrax , les morsures d'animaux enragés.
Ou emploie de préférence le nitrate d'argent fondu,
le muriate d'antimoine liquide , l'alun calciné , lors-
qu'on veut brûler des membranes muqueuses, et des
lissus dénudés accidentellement. On préfère l'acier
incandescent , et surtout la potasse ou la soude so-
lide, lorsqu'il s'agit de brûler le dermealln démettre
à nu le tissu cellulaire soucutané, ou d'autres or-
ganes soujacens. On emploie plus particulièrement
le muriate de mercure suroxydé sous la forme de
grains c l'avoine , loi squ'il s'agit d'agrandir des ouver-
tures iistuleuses; le feu, l'oxyde d'arsenic ponr dé-
truire des cancers locaux, etc. On sait qne l'affec-
tion cancérc.'Ufe ne fait que prendre plus d'intensité
si on ne l'enlève pas entièrement. Le feu est l'agent
qui détruit la peau le plus promjitement; viennent
ensuite l'acide sulfurique concentré , l'acide nitiique
CLINIQUE. l83
à 3o — o , le nitrate acide de mercure , le uitrate
d'argent fondu, les alcalis liquides concentrés, les
alcalis à l'état solide , le muriate d'antimoine. Le feu
appliqué à l'aide de l'acier incandescent ou à l'aide
d'un c^ylindre de coton en combustion, et le uitrate
<l'argeut fondu, produisent des escarres limitées. Si
ou veut borner celles qu'on détermine avec les autres
escarrotiques, on est obligé d'avoir recours aux pré-
cautions que j'ai indiquées. On sait quelle prudence
exige l'emploi du muriate de mercure suroxydé ,
ainsi que de l'oxyde d'arsenic , et les accidens qu'il
peut occasionner.
Escarrificatlon destinée à déterminer un effet
continu ou sympathique» Ou préfère à cet effet les
moyens qui agissent promptement, et qui détermi-
nent en même temps une irritation notable : tel est le
feu appliqué à l'aide de l'acier incandescent , à l'aide
du coton en combustion ; telle est encore l'ammo-
niaque. L'instrumentcultellaire , à l'aide duquel on dé-
termine les escarres linéaires, a l'avantage de déter-
miner beaucoup d'inilammalion. Celui qui est plani-
forme offre aussi un avantage , en ce qu'on peut le
présenter d'abord à quelque distance de la partie
qu'on veut brûler. L'escarre qu'on produit avec le
moxa est ordinairement moins profonde j elle a lieu
aussi d'une manière plus lente.
ORDRE QUATRIÈME.
Médications atoniques.
Les médications atoniques consistent dans une di-
minution plus ou moins grande de l'état d'cxcita-
184 PHARMACOPÉE
lion fîes propriétés vitales orgauiques. Les pliéno-
mènes qui les caractérisent penvent varier selon les
Ibncllons particulières de l'organe et selon son état
antérieur : c'est ainsi que les propriétés vitales peu-
vent élre rappelées à leur élat normal si elles éloient
trop exaltées , ou tomber dans un état d'affaisse-
ment si on abuse des moyens atoniques.
La médication atouique peut être bornée à l'or-
gane qu'on met en contact avec les moyens destinés
à cet effet; elle peut s'étendre par contiguïté, par
continuité ou par sympathie , soit à quelque organe
en particulier , soit à tout l'organisme ; elle peut se
manifester plus ou moins promptement après l'em-
ploi des moyens convenables ; elle peut existera des
degrés variés, et avoir une durée plus ou moins
longue ; elle peut cesser eu rétablissant l'organe dans
son état ordinaire , ou en le plongeant dans un élat
d'affaissement. L'influence de cette médication peut
être nulle ou très-marquée , momentanée ou du-
rable. L'observation nous fournit à l'inHui des exem-
ples de ces variétés.
Ou a recours aux médications atoniques ,
1**. Pour diminuer ou faire cesser un état d'exci-
tation locale très-forte, par exemple, dans les cas de
phiegmasie aiguë très -intense des membranes mu-
queuses du conduit alimentaire ,de la peau, etc. ;
2^. Pour déterminer un effet analogue par conti-
guïté : c'est ainsi qu'on applique des mucilaglneux
sur la peau dans le cas de phiegmasie algue du tissu
cellulaire soujacent ;
3^. Pour débiliter un organe par sympathie :
c'est ainsi qu'on introduit les mucilaglneux dans
CLINIQUE. l85
restomac pour diminuer l'irritation pulmonaire ;
4'^. Pour déterminer la dérivation ou la révnlsioa
d'une affection maladive : c'est ainsi qu'on favorise
quelquefois la menstruation à l'aide de vapeurs
tièdes qu'on dirige vers l'utérus : c'est ainsi que,
dans le cas de métastase goutteuse occasionnée par
une irritation forte de l'articulation qui est affectée ,
on favorise le retour de la goutte à l'aide d'applica-
tions mucilagineuses.
11 est difficile d'exposer d'une manière précise
quelles sont les espèces de maladies dans lesquelles
il convient de recourir aux moyens atoniques. Leur
emploi est subordonne aux variétés dépendantes du
degré d'excitation ou d'affaissement des propriétés
vitales. C'est ainsi qu'il est des fièvres angioténiques,
desphlegmasies aiguës, des hémorrhagies actives qui
n'en réclament presque pas l'usage, tandis que
d'autres sont si intenses , qu'elles paurroieut mena-
cer d'une fin funeste, si ou n'eraployoit les moyens
atoniques. Dans tous les cas , il faut que ces moyens
soient gradués d'après le degré d'irritation. C'est
ainsi surtout que le médecin doit savoir conjecturer
quel est le degré de force nécessaire pour que la
maladie puisse se terminer heureusement. L'abus
des moyens atoniques porte son influence uou-seu-
lemeut sur l'organe avec lequel on les met en contact,
mais encore sur tout l'organisme.
Les circonstances principales qui nécessitent les
médications atoniques sont les fièvres angioténiques,
les plilegmasies aiguës, surtout lorsqu'elles sont à
leur première période; les hémorrhagies actives,
lorsque récoulcment du sang ne irodère pas Tirrila-
l85 PHARMACOPl^E
«
tion ; rempoîsoiiîiement avecioflainmation et avec es-
carre; l'irritation eatretenue par Ja présence de
corps étrangers, par exemple, par des calculs uri-
naires, etc. On y a souvent recours avec avantage
lorsqu'il s'agit de rappeler des sécrétions ou des ex-
halations, des maladies habituelles qui se sont sup-
primées par l'effet d'une irritation locale très- forte.
Elles opèrent souvent un soulagement manifeste dans
des cas de névroses qui dépendent d'un état d'irri-
tation des propriétés vitales organiques. On sait qu'il
est des cas d'hydropisies où leur emploi devient né-
cessaire. On ne peut donc pas dire que telle et telle
affections appartiennent exclusivement aux maladies
hypersthéniques ou aux maladies asthéniques, ainsi
que l'avancent quelques modernes.
On peut déterminer les médications atoniques à
l'aide de moyens variés, dont les uns produisent cet
effet directement, et d'antres d'une manière indi-
recte. Le défaut d'exercice d'un organe le jette avec
plus ou moins de promptitude dans un état dedéhlll-
té. L'emploi trop long-temps continué désexcitant
ordinaires, et l'usage d'excilans trop forts, débi-
litent. Les sécrétions et les exhalations excessives af-
foiblissent. On peut débiliter tout l'organisme, et
par conséquent les organes en particulier, en dimi-
nuant l'action du coeur, ainsi que celle de l'encé-
phale. Mais 11 ne s'agit ici que des moyens qui
diminuent le ton directement , et qui peuvent
produire un effet analogue sur tous les oiganes eu
particulier.
Les substances dont on se sert pour déterminer
les médications atoniques sont, i°, une température
CLINIQUE. îBy
LnmiJe de 20 à 34cenligrades -f o , 2". le maclîage ,
3". la gélallne , 4°» l'albumine , 5 '. les corps gras «on
lances, 6°. les substances dans la composition des-
tjuelles entrent plusieurs de ces matéiiaux,teîsque
le jaune d'oeuf, le lait, etc. C'est ordinairement soiis
formes molle , liquide et vaporeuse qu'on administre
ces moyens ; on leur donne la températui-e tiède, si
on en excepte les huiles, qu'on administre à la tem-
përature ordinaire de l'atmosphère.
On apphque ces moyens sur les mêmes surfaces
que les toniques. On doit se conformer aux règles
que j'ai établies en traitant de ces derniers. 11 faut en
général les maintenir appliqués le plus long -temps
possible.
§ I^^. application des moyens atoniques sur la
membrane muqueuse de V estomac , ainsi que de
r intestin grêle ^ et médication atonique de ces
orgaries.
On applique les moyens atoniques sur la mem-
brane muqueuse en question soit pour diminuer loca-
lement le ton des organes gastriques , soit pour dé-
terminer un pareil effet par contiguïté ou par sym-
pathie. L'estomac est l'organe qu'on choisit le plus
fréquemment pour produire un effet atoui que sym-
p^alhique local ou général.
On administre ces moyens sous forme molle ou
liquide, selon qu'ils doivent plus ou moins séjourner
dans la gorge et dans l'œsophage. On est souvent
obligé de les aromatiser légèrement , afin qu'ils ne fa-
tiguent pas l'estomac, surtout lorsque cet orgaue
lî)3 PHARMACOPEE
n'est point malade et lorsqu'il s'agit d'opérer un ef-
fet secondaire. On les administre ordinairement sous
une température tiède, surtout lorsqu'ils sont muci-
Ingineux et gélatineux j il est néanmoins des cas où il
convient de les administrer à la température de l'at-
mosphère, par exemple, dans des cas d'hémorrha-
gies actives. Plusieurs de cessubstancessont nutritives
lorsqu'on les emploie eu grande quantité : tels sontles
mucilages, les gelées animales et végétales, les huiles.
Quelques-unes provoquent facilement le vomisse-
ment: telles sont les huiles, l'eau tiède. D'autres oc-
casionnent la constipation : telle est la gelée amilacée.
On édulcore fréquemment ces médicamens ; mais le
sucre doit être suffisamment étendu , sans cela il ex-
cite et détermine dans la gorge et dans l'estomac un
sentiment de sécheresse, d'âcrelé, d'ascescence. La
plupart de ces substances prises en trop grande
quantité peuvent occasionner l'indigestion ; leur
usage continué entrave l'action de l'estomac. L'état
d'embarras gastrique s'oppose nécessairement à leur
emploi, puisqu'elles l'augmentent et le provoquent.
Les circonstances dans lesquelles on introduit les
mo}^ns atoniques dans le conduit alimentaire sont
les suivantes : la première et la deuxième période des
phlegmasies aiguës de la membrane muqueuse de la
l>ouche,du pharynx , de i'oesopiiage , de l'estomac
cl de l'intestin; l'empoisonnement avec inllarama-
lion et escarre; la première et la deuxième période de
la péritonite, de la pleurésie, du catarrhe aigu des
bronches, delà pneumonie ; les inllammalions aiguës
et les hémorrhagles actives de la plupart des organes ;
et enfin tous les cas où le degré d'irritalioa des pro-
CLINIQUE. i8g
priétés vitales, en général ou en particulier, n'est pas
en rapport avec celui qui est nécessaire pour que les
maladies puissent parvenir à une terminaison heu-
reuse.
Eau tiède.
Pour diminuer la tendance qu'elle a à provoquer
le vomissement , on l'édulcore et on l'aromatise foi-
blement.
Mucilage.
On peut employer le mucilage tout extrait , ou le
retirer à mesure qu'on veut l'administrer. Dans le
premier cas , on se sert de gomme arabique , etc. ; et
dans le deuxième , des semences de lin usuel, de la
racine de guimauve officinale , etc.
Gomme arabique. On l'emploie rarement seule ;
on l'édulcore ordinairement. On peut l'administrer
sous la forme de pâte, sous celle de pastilles, ou eu
solution aqueuse. J'ai exposé ailleurs (tome ler^
page 204 ) la manière dont on prépare la pâte de
gomme arabique, qu'on désigne communément sous
le nom de pâle de guimauve. La pâte de jujubes,
de dattes, de réglisse, etc. n'en dil'fère qu'en ce qu'on
remplace l'eau ou la décoction de guimauve offici-
nale par une infusion de réglisse ou par la décoction
de jujubes, de dattes , etc. Pour donner à la gomme
arabique la forme de pastilles, on la réduit en
poudre, on la pile avec partie égale d'amidon et de
sucre et avec quantité suffisante d'eau; on l'aroma-
tise avec l'eau distillée de Heurs d'oranger. Les pas-
liJcsne se dessèchent pas sans l'addition de l'ami-
PHARMACOPliE
don , à moins qu'on n'emploie des prOpoi lions plus
grandes de sucre.
Pour avoir celle gomme à l'étal liquide , on la con-
casse et on l'expose avec de l'eau à l'action de la cha-
leur jusqu'à ce qu'elle soit dissoute j on peut aussi la
réduire en poudre et la triturer à troideu y ajoutant
successivement la quantité d'eau indiquée. Cent par-
lies d'eau prennent une viscosité légère avec une à
deux parties de gomme arabique; elles contractent
une viscosité sh'upeuse avec vingt parties. On édul-
core et on aromatise ce liquide convenablement. Ou
peut le réduire à l'état sirupeux ; à cet effet , on dis-
sout cinq parties de gomme arabique choisie dans
cent parties d'eau; on passe à travers une élamine
blanche; on y dissout ensuite deux cents parties de
sucre blanc pulvérisé; on clarilie s'il est nécessaire ,
et on évapore jusqu'à consistance de 3o — o. On ad-
ministre la solution aqueuse de gomme arabique par
cuillerées ou par verres, selon qu'elle est plus ou
moins concentrée.
On fait usage de la gomme arabique pour dimi-
nuer l'irritation locale de la gorge, de l'estomac et de
l'intestin ; on y a surtout recours pour diminuer l'ir-
ritation de l'organe pulmonairee.
Semences de lin usuel ( Liiuun usUaùssunum ,
L. ). Pour en extraire le mucilage on les enferme
entières dans un nouet de linge ,et on les lient plon-
gées dans de l'eau froide ou dans de l'eau bouillante,
jusqu'à ce que le liquide en soit suflisamment chargé :
on edulcore convenablement. Ce mucilage est Ires-»
pur. L'usage ne l'a guère accrédité que lorsqu'il s'a-
git de dimiuucr rirrilaliou des organes uriuaires.
CLINIQUE. igi
Piocine de guimauve officinale ( ahhœa offici-
nalis , L. ). On emploie cette racine privée de son
épiderme. On peut l'administrer sons la forme de
pastilles , ou en extraire le mucilage à l'aide de l'eau.
Pour préparer des pastilles avec cette racine, on la
réduit en poudre , et on la pile avec parties égales ,
le double ou le triple de son poids de sucre; on aro-
matise ce mélange avec l'eau distillée de tleurs d'o-
ranger , et on donne la consistance de pâte à l'aide
de quantité suffisante de mucilage de gomme adra-
gant. Lorsqu'on veut extraire son mucilage et l'ad-
ministrer à l'état liquide , on peut employer cette ra-
cine fraîche ou desséchée ( il faut en général trois
quarts de moins dans ce dernier cas ) ; on la coupe
menu et on la fait macérer , infuser ou bouillir lé-
gèrement dans l'eau : une décoction prolongée rend
ce liquide trop visqueux. Les proportions ne pré-
sentent rien de rigoureux : ou prend ordinairement
cinq parties environ pour cent parties d'eau. On
édulcore ce liquide convenablement ; on l'admi-
nistre par verres. On peut le convertir à l'état siru-
peux : c'est ce qui constitue le sirop de guimauve
simple, A cet effet on fait bouillir instantanément dix
à douze parties de cette racine desséchée et privée
de son épiderme dans cent parties d'eau j on passe à
travers une étamine blanche , et on y fait dissoudre
deux cents parties de sucre. On clarifie, s'il est néces-
saire, et on fait cuire jusqu'à ce qu'il y ait formation
de pellicule : ce sirop s'altère facilement. L'usage a
accrédité cette racine dans les mêmes cas que la
gomme arabique.
IC;2 PHARMACOPEE
Feuilles et fleurs de guimauve officinale {ahhœa
officinal is , L. ), de mauve à Jeuilles rondes Ç?nal-
va rotundifolia , h. ) , de mauve sauvage ( nialva
sjlvestris , L. ). On les emploie uniquement pour
en extraire le mucilage; on a recours à cet effet à la
macéralion et à l'infusion dans' l'eau. Les propor-
tions sont indifférentes : ou prend ordinairement
cinq à dix parties sur cent parties d'eau. En général il
faut plus de ces substances que de racine de gui-
mauve ; car elles sont moins pourvues de mucilage :
celui-ci y est aussi moins pur. On édulcore conve-
nablemenl. L'usage a accrédité ces feuilles et ces
Heurs dans les mêmes cas que la racine précédente.
Hacine de consoude officinale ou de grande con-
soude ( sympJùtum officinale , L,). On emploie cette
racine privée de son écorce; elle a l'inconvénient de
se colorer aussitôt au contact de l'air. On n'en fait
guère usage que pour extraire son mucilage et pour
l'administrer à l'état liquide. A cet effet ou enlève
l'épiderme , on coupe la racine menu , et ou la fait
macérer , infuser , ou bouillir légèrement dans de
l'eau et dans un vaisseau qui ne soit pas de fer. Les
proportions ne sont pas rigoureuses: on prend ordi-
nairement deux à cinq parties de celte racine pour
cent parties d'eau. On édulcore ce liquide convena-
blement , et on l'administre par verres. On le con-
vertit quelquefois à l'état sirupeux par le mémepro«
cédé que la décoction aqueuse de guimauve. On ad-
ministre ce sirop pur, ou étendu dans de l'eau ou dans
un liquide mucilagineux. Il ne faudroit pas le con-
fondre avec celui qu'on conserve dans quelques offi-
cines sous le nom de sirop de consoude composé;
CLINIQUE» Î93
car ce dernier est préparé avec beaucoup de sub-
stances qui contiennent du tannin.
La solution aqueuse partielle de la racine de con-
soude officinale coalient du tannin, outre le muci-
lage visqueux. On l'emploie plus particulièrement
dans les cas de catarrhe intestinal aign , lorsqu'il con-
vient de produire en même temps une légère aslric-
tion. Le sirop de consoude simple ne peut avoir
d'action notable à la dose et aux degrés d'extension
auxquelson l'emploie fréquemment. Quel effet peut
produire ce sirop étendu dans trente fois son |>oids
d'eau , et administré par verves à des interv'alley
plus ou moins grands ?
Matière amilacée.
On se sert de l'amidon tout extrait, ou des sub-
stances qui le contiennent en grande quantité, telles
que les grains d'ors^e(hordeufn vulgare , hordeum
distlchon , hordeum hexastlcon. , L. ) , d'avoine
( avena sath>a ^ L. ) , de riz ( oriza sativa , L. ) , la
pomme-de-lerre { solarium tiiberosum , L.) , les ra-
cines d'orchis ( orchis mascula , orchis morio , or-
chis ladfolia , orchis maciiLûta , orchis hifolia or-
chis pyrainidaiis , L.), le sagou {cycascircinnalis ^
L. ) , le lichen d'Islande ( lichen Islandicus , L ) , etc.
On peut employer la matière amilacée ordinaire ,
ou celle qui , par l'immersion dans l'eau bouillante
et par la dessiccation , est devenue soluble à froid ,
celle en un mot qui a été convertie en salep.
On peut employer l'amidon sous la forme de pas-
tilles, à l'étal de gelée, sous la forme de looch ou
en solution aqueuse étendue. Pour préparer les pas-
II. i3*
194 r H A R M A C O P E E
tilles, il est prcfcrable de se servir de salep ; on le
réduit en poudre , et on le pile avec partie égale ou
le double de son poids de sucre et quantité sufii-
santc d'eau ou de mucilage de gomme adragant , se*
Ion que l'amidon est à l'état de salep ou non. On
aromatise cette pâte avec l'eau distillée de fleurs
d'oranger.
Gelée. Pour donner à la matière amilacée la l'orme
de gelée, on peut se servir de celle qui est à l'état
de salep ou non. Dans ce dernier cas il faut entre-
tenir la coction pendant plus long-temps,
La gomme adragant entière ])eut former , avec
dix à douze fois son poids d'eau froide, une gelée
très-consistante et très-blanche; il suffit de l'expri-
mer à travers une toile claire, de l'édulcorer et de
l'aromatiser convenablement : elle n'est guère usité»
sous ce rapport.
Si on se sert d'amidon ordinaire, ou réduit eii
salep pur, ou mêlé avec quelques autres matériaux
( comme la farine d'orge , d'avoine , etc. ) , on l'em-
ploie à l'état pulvérulent , et on le fait cuire avec
un peu d'eau jusqu'à ce qu'il soit bien gonilé et
transparent : dix parties d'eau suffisent ordinaire-
ment pour une partie d'amidon. On passe cette gelée
avec expression à travers une toile clau-e ; on l'édul-
core avec la moitié, partie égale ou le double de son
poids de sucre, et on l'aromatise convenablement.
Lorsqu'on se sert de grains d'orge mondée , de
riz ou d'avoine non pulvérisés , on les fait d'abord
macérer dans l'eau; on les frotte ensuite avec un
linge rude afin d'enlever les matières hétérogènes
qui peuvent y adhérer; puis ou les fait cuire à une
CLINIQUE. Ig5
tlouce chaleur avec une petite quantité d'eau : ou
entretient cette coction pendant sept à huit heures.
Dès que ces semences sont suffisamment ramollies ,
on les passe avec expression à travers un tamis de
crin, puis ou les ëdulcore et on les aromatise con-
venablement.
On peut préparer une gelée analogue avec de la
mie de pain. On prend à cet effet des tranches de
pain de froment desséchées au four ; on les fait ma-
cérer dans de l'eau pendantsix heures environ ; puis
on les presse dans un linge pour en séparer ce li-
C|uide, et on les fait cuire à une douce chaleur avec
une petite quantité d'eau ;ou entretient cette coctioa
pendant sept à huit heures j on agile de temps ea
temps, et on ajoute de l'eau à mesure qu'elle s'éva-
pore. Lorsque la mie de pain est suffisamment ra-
mollie, on la presse à travers un tamis de crin , puis
ou l'édulcore et on l'aromatise convenablement.
Si on fait usage de lichen d'Islande , on peut en
extraire l'extractif et le tannin qu'il contient, en
même temps que la matière amilacee, ou ne faire
visage que de celle-ci. Dans ce dernier cas, on lave
d'abord le lichen avec de l'eau froide jusqu'à ce que
ce liquide cesse de se C'^iaer. Du reste on prépare
celte gelée de la même manière que celle de se-
mences d'orge.
Looch. Pour préparer le looch, on ne se sert
ordinairement que de la gomme adragant pulvé-
risée. On la mêle à cet effet avec vingt fois son poids
de sucre en poudre, et on y ajoute successivement
cent fois son poids d'eau. On aromatise ce Kquido,
convenablement.
KjG PHARMACOPEE
Boissons '"gélatineuses. Pour préparer Igs bois-
sonsgclatiueuses,on fait plus particulièrement usage
d'amidon pur, d'orge, de riz, d'avoine, entiers ou
pulvérisés, de mie de pain, etc. : on ëdulcore ces
liquides soit avec du sucre, soit avec un peu de ré-
glisse , ainsi que je l'ai exposé dans l'art de formuler.
Si on se sert d'amidon ou de farine d'orge, de riz ,
d'avoine, de pommes-de-terre, on fera cuire ces
substances pulvérulentes avec quantité suîiisante
d'eau, jusqu'à ce qu'elles aient la consistance de
gelée; on les élend ensuite dans de l'eau. Cette
gelée ainsi étendue, se précipite en partie,' et l'eau
•ne conserve qu'un degré modéré de viscosité ; la pré-
.cipilation paroit être d'autant plus prompte que la
quantité d'eau est plus grande.
Si on se sert de liiie de pain, on la fait cuire dans
de l'eau jusqu'à ce qu'elle soit suitisammeut ramol-
lie. Ce liquide lai&sc de- même précipiter une partie
'de la gelée qu'il tient en solution *,•'"•" -"^ i •' •
Si on emploie les sentences enlièrebïfë tiz,' d'a-
voine, d'orge perlée et mondée, on fait- cuire ces
substances avec un peu d'eau juscjivà- ce qu'elles
soient ramollie^ efcqu'eifc&isoientstlse&i'jliblésd'étiie
écrasëçs piu' la moîndr{*^\'^"^ssion ; on y Ajoute en-
suite d'aurant plus- d-'-eau- que le liVjmde doit être
moins visqueux. Ce liquide laisse aw$$i' jirécipiier
UBe grande ];>Qvlie 'de lai g'eloe qu'il tient "en sohîtron.
Si ou a 'employé de llorgo entière et de l'orge mon-
dée, il tant i^ejetérlGTCoduitdes premières coctions
jusqu'à ce qu'il cesse dcsfe colonl^ï sans cela onob*
liendroit un médicament dificrent.
Si ou cm['loie la racine de cliicndent (^triùicum
CLINIQUE. jgy
repens , ïu.J , on la inoiiJc, on l'écrase, on la coupe
menu, on jette le produit de la première ëbullitiou ,
et on entretient ensuite li cocilon jusqvi'à ce que
la racine soit convenablement ramollie et que l'eau
soit visqueuse. Les proportions ne sont pas rigou-
reuses: on emploie ordinairement cinq à dix parties
pour cent parties d'eau.
On suit un procédé analogue si on veutemployer
le lichen d'Islande, etc»
On peut employer indifféremment riine ou l'autre
de ces boissons; néanmoins celles qui sont préparées
avec l'amidon pur, avec le riz, ne contiennent pas ou
que peu de mucoso-sucré; elles sont susceptibles
d'occasionner la constipation, et sont, à cause de
cela, employées dans les cas de catai:rhje intestinal
qL]^'ou croit devoir combattre.
Gelée animale.
■ Lorsqu'on emploie la gélatine animale corame
xnoyeo atonique, il faut préférer celle qui contient
le moins d'extractif : c'i^st pour cela qu'on fait usage
de la chair des animaux à viande blanche, tels que
le veau, les grenouilles , t'tc. On n'emploie ordinai-
rement cette substance qu'en soiatiou dans beau-
coup d'eau, et rarement à l'état de gelée, parce
qu'elle est trop nourrissante, La manière de pré-»-
])arer*le bouillon esl trop connue pour que j'aiç
besoin de l'exposer ici. On a surtout recours aux bouil-
lons faits avec des viandes blanches lorsqu'on veut
en même temps entretenir un état habituel d<î
diarrhée.
igS PHARMACOPEE
Fetlt-lait.
Lorsqu'on emploie le petit-lait comme moyen ato-
riqiie, ou eviie le plus souvent qu'il soit acide :
la quantité de sucre , de lait et de gélatine qu'il con-
tient le rend aussi très-uonrrissaut. On le prépare
de la manière suivante : on expose du lait à une
douce chaleur; lorsqu'il est chaud, on le coagule
eu y versant 0,00 1 enviion de son poid^ de présure ,
qu'on a préalablement étendue dans un peu d'eau.
Beaucoup de substances jouissent de la propriété
de cailler le lait : tels sont le sucre , le muqueux ^
l'amidou, etc. ; mais leur action est moins constante.
Le caille-lait 'ydune Çga/lium uerum ,h.) ne jouit
nullement de cette propriété, d'après l'observation
de ]MM. Déyeux et Parmentier. Les acides coagulent
le lait pur très promptement; OQ se sert surtout à
cet effet du vinaigre et du tartrlte acidulé de pe-
lasse ; mais il faut éviter de les employer en excès,
6i on ne veut point que le petit-lait soit acide. Dès
que le lait est coagulé, on le passe à travers une
eiamine claire. Pour clarifier le petit-lait, on l'ex-
pose de nouveau à l'actiou de la chaleur dans ua
vaisseau propre; on y ajoute ensuite et on y mêle
exactement du blanc d'œuf rendu écumeux par l'a-
gitation avec un peu d'eau; on (iltre le liquide dès
que la clarihca ion est achevée et pendant qu'il
est encore chaud. Le petit-lait s'aigrit promptement;
il produit une légère purgation. On l'emploie dans
les mêmes cas que le bouilloa de viandes blanches^
CLINIQUE. igg
Mue o s 0' sucrés.
Les m ucoso sucrés qu'on emploie ordmairenient
sont, 1°. les fruits doux, tels que les pruneaux, les
raisins de caisse (^vitis uinifera , L.), les raisins de
Corinthe (vitis apyrena ^ L. ), les figues (^ficits ca-
rica, L.), les jujubes {rhamniis zyzyplius , L.^ zf'
zyplius sînensis, Lmk. ) , les dattes {^phœnix clacti'
ïifera, L.), les sebestes (^cordiamixa, L,), les sili-
ques douces ou les fruits de caroubier commun-.
{ceratonia siliqua , L.) , 2°. le miel, 3**. les racines
de réglisse officinale et \\év\%'?>éQ{^glycyrrhiza glabrà,
glycyrrhiza echinnata , L. ) _, la racine de polypode
commun (^poJypodium Dulgare , L.), etc.
Ces différentes substances sont nutritives; elles
sont susceptibles de déterminer une excitation to-
nique plus ou moins grande selon la quantité d'ex-
tractif, etc. qu'elles contiennent; elles peuvent oc-
casionner une légère purgalion. On voit donc évi-
demment qu'elles ne sauroient convenir dans les cas
où on doit combattre une irritation très-forte.
Fruits doux* Les pruneaux peuvent les rem-
placer tous. Les jujubes, et surtout les sebestes,
sont quelquefois tellement desséchées qu^elles ne
sont nullement douces. On peut se servir de ces
fruits crus ; on peut les ramollir à l'aide de la coc-
tion dans l'eau, et même les réduire à l'état pulpeux
à l'aide de la coction et de la pression à travers un
tamis ; on peut enfin faire usage de leur décoction
aqueuse. Les proportions ne sont rien moins que
rigoureuses. Beaucoup de médecins prescrivent à ia
20O PHARMACOPEE
fois plusieurs de ces fruits, ce qui est absolument
inutile.
Miel. Il faut prendre celui qui est blanc et qut
n'est point sophistiqué; il ne faut pas l'exposer pen-
dant long-temps à l'action de la chaleur, car il de-
vient de plus en plus irritant. On peut le faire pren-
dre seul ou le dissoudre dans de l'eau.
Sucre de lait. Il est peu employé.
Racine de réglisse. On peut la faire mâcher, ou
employer son infusion aqueuse ; on ne doit entrete-
nir rinfusion qu'instantanément ; sans cela l'eau dis-
sout de l'cxtractif et devient de plus en y)lus exci-
tante. On fait aussi usage de son extrait aqueux par
macération ; on l'emploie seul , ou on lui donne la
forme de pastilles en le mêlant avec des quantités
plus ou moins grandes de sucre et de gomme ara-
bique ou d'amidon. Les proportions employées par
la ]iharmacopce d'Edimbourg sont partie égale d'ex-
trait aqueux de réglisse et de gomme arabique, et
le double de sucre. L'extrait de réglisse du com-
merce (suc de réghsse) est plus ou moins acre; il
est ordinairement brûlé, et contient souvent du
cuivre; on ne doit employer que l'extrait qui a clé
préparé par les piiarmaciens, ou du moins celui qui
a été purifié.
Piacine de polypode commun. On fait usage de
son infusion aqueuse. Il est moins agréable que celui
de réglisse. On rejette ordinairement le produit de lu
première infusion.
On peut aussi employer d'autres racines douces ,
telles que celles de \-\ixsii\.{hrassica napus, L.), de
betteraves {beta riibra, L.), de carollcs {daiicus
CLINIQUE. 20t
carotta^ L.),elc. Guy ajoute du sucre si elles ne
sont pas assez douces. On les fait cuire avec une
(juatititë plus ou moins grande d'eau, et on emploie
le produit de cette coction.
Le mélange du sucre avec le muqueux ou avec le
salep fournit le mucoso - sucré le plus convenable
lorsqu'il s'agit de diminuer un état d'irritation sans
déterminer la moindre excitation notable.
Albumine.
L'albumine est moins employée pour déterminer
les médications atoniques que le mucilage et l'ami-
do!î. Lorsqu'on veut en faire usage, on se sert parti-
culièrement du blanc d'œuf; on ne l'administre
qu'étendu dans de l'eau. A cet effet, on le triture
avec quantité suffisante de sucre en poudre, et oa
y ajoute successivement de l'eau froide ou de l'eau,
bouillante. Les proportions ne sont pas rigoureuses.
L'action de l'albumine n'est pas différente de celle
de la gélatine et du mucilage.
Huiles Jixes.
Toutes les builes fixes, pourvu qu'elles ne soient
pas rances, peuvent convenir. On emploie priucipa-
Jemcnt les builes grasses , et parmi celles-ci on se sert
de préférence de l'huile d'olives et de celle d'amandes.
L'buile d'olives a l'avantage de rancir plus lentement
que les autres. Celle d'amandes est plus agréable ;
mais elle rancit trèspromyjtemeut; on remédie à cet
inconvénient en l'extrayant à mesure qu'on veut
l'employer. L'huile qu'on extrait des amandes
202 PHARMACOPEE
amères n'est point amère. On peut, dans des cas de
nécessité , administrer toute buile iixe non rance
qu'on a sous la main.
On ])eut administrer les huiles fixes seules et par
cuillerées ; néanmoins peu de personnes peuvent eu
faire usage de cette manière. Le plus tréquemment
on les suspend dans de l'eau édulcorée. J'ai fait voir
ailleurs (tomel , page lôg ) que le jaune d'œuf, et
après lui le blanc d'oeuf, sont les meilleurs inter-
mèdes qu'on puisse employer à cet effet. On triture
l'huile avec le jaune ou le blanc d'œuf etle sucre
jusqu'à ce que le mélange soit intime; on y ajoute
ensuite quantité suffisante d'eau : une partie de
jaune d'oeuf peut rendre miscible deux à quatre par-
tics d'huile fixe. J'ai essayé les difïérens moyens que
les auteurs ont conseillés pour remplir le même ob-
jet, et j'ai été loin d'obtenir les résultats qu'ils ont
indiques.
Les huiles fixes sont nutritives; elles sont suscep-
tibles de provoquer le vomissement et de déterminer
la purgailon si on les emploie en grande quantité.
Elles ont l'inconvénient de rancir facilement, surtout
dans les cas de phlegmasies des voles allmenlaires;
elles irritent alors et déterminent des coliques.
Elles présentent, sous ce rapport, un inconvénient
que n'ont pas les mucilages, les gelées amilacées,
etc. : sans cela elles conviendroient plus particuliè-
rement lorsque la constipation est à craindre.
Uaxonge , le beurre et les autres corps gras ana-
logues ne sont guère d'usage. Pour les employer en
quantité assez grande, il faudroit les liquéfier dans de
l'eau tiède et les avaler aussitôt. Us sont d'ailleurs su-
CLINIQUE. 2o3
perfi'TS , et présentent les mêmes inconvénient que
les huiles fixes. On ne fait pins usage de IV/J/yC'OcvVe
on b'anc de haleine , ni du beurre de cacao : ils sont
ordinairement rances , et ne jouissent pas de proprié»
tés particulières.
Jaune d'œvf.
Le jaune d'oeuf contient une huile fixe unie à de
î'alhumineet à une matière colorante jaune. On peut
le faire avaler directement, ou l'étendre dans Teau
sous la forme d'émulsiou. A cet effet on le triture
avec du sucre , et on y ajoute successivement de l'eau
bouillante. L'action de ce moyen est analogue à celle
des substances précédentes.
Emulsion,
L'émulsion n'est qu'une huile fixe suspendue dans
l'eau à l'aide de l'albumine végétale. On peut la pré-
parer avec un grand nombre de semences : telles
sont les amandes ( amygdalus communis , L. ), les
semences de cucurbitacées , et surtout de melon (c«-
cumis 7nelo,h. ), de concombre ( cncumis saùvus y
L. ), de citrouille ( cucurbita citruHus , L. ), de
courge ( cucurbita pepo , L. ) ; les semences de lin
(^linum usitatissimum , L. ), les pignons {pinuspi-
nea , L. ), les pistaches {^pistachia i)era , L. ), les
semences de \)ou\y\er (^porLulaca oleracea , L. ), de
lailue ( lactMca saliva y L. ), de chicorée sauvage
{^cichorium intybus , L. ),de chicorée endive ( ci-
chorium endiva , L. ), de chanvre cultivé {^canna-.
his j^m-rt^ L.),etc. On em{ loie le pins ordinairement
les amandes douces si l'emulsioa doit être blanche ,
204 PHARMACOPEE
et les pistaches si elle doit élre verte. 11 faut choisir
ces semeuces entières et Dullemcnt rances.
On prépare rëmiilsion de la maDière siiivaute. On
enlève d'abord le tégument propre des semences.
Pour en priver les amandes, il sulfit de les plonger
dans de l'eau bouillante pendant quelques minutes;
la plus légère pression suffît alors pour la séparer.
Lorsque ces semences sont dénudées, on les pile
dans un mortier de marbre avec un pilou de bols, en
y ajoutant aussitôt uue petite quantité d'eau. On con-
tinue jusqu'à ce qu'elles soient réduites en uue pâle
homogène. On y ajoute ensuite successivement une
portion de l'eau. On passe avec expression à tra-
vers une étamine blanche; on recueille ce qui reste
sur le linge pour le piler avec le reste du liquide, et
on exprime de nouveau. Les proportions sont une à
vingt parties sur cent parties d'eau. On édulcore con-
venablement. On convertit quehjuefois l'émuisionà
l'état sirupeux; on emploie à cet effet celle qui est
préparée avec 0,2 d'amandes ; on y fait dissoudre ,
au bain -marie et à vaisseau clos, le double de sou
poids de sucre blanc pulvérisé. Lorsque le sirop est
refroidi, on l'aromatise avec 0,01 environ d'eau dis-
tillée de ileurs d'oranger, et on le dépose dans des
bouteilles qu'on remplit entièrement. Ce sirop laisse
séparer une substance blanche opaque qui surnage;
mais il sufiil d'agiter pour l'unir de nouveau avec la
portion qui occupe le fond. L'émulsion s'altère
spontanément par le contact de l'air chaud ; aussii
est-on obligé de la préparer à mesure qu'on veut,
l'administrer. Elle se coagule par la chaleur et par
les acides.
CLINIQUE. 2o5
L'ëmulsioli détermine un sentiment de fraîcheur
dans l'estomac, et même dans tout le corps. Celle
cjui est préparée avec les semences des cucurbita-
cées paroît jouir de cette propriété à un plus haut
degré. On emploie Temulsion particulièrement dans
le cas d'hemorrhagies actives, dans l'état d'irrilatiou
des organes urinaires et génitaux, etc. On l'emploie
quelquefois comme intermède d'autres moyens
proprçs à déterminer la médication atonique.
Lait.
il est indifférent de quel animal provient le lait
qu'on emploie pour déterminer une médication ato-
nique : ou l'administre alors rarement pur, mais
étendu dans de i eau. Si on l'étend dans le triple ou
îe quadruple de sou poids d'eau, il cesse de se coa-
guler avec les acides; il est aussi alors plus facile-
■me.'it supporte. Ou croit que l'eau de chaux jouit de
3a même propriété : est ce parce qu'elle sature l'a-
cide du lait , parce qu'elle précipite son phosphate
de magnésie, ou parce qu'elle étend le lait de la
même mauière que l'eau? On administre le lait à
une température lied;:", et on j'édulcore convenable-
rneut. Ou eu fail surtout usage dans les cas d'empoi-
sonnement par lies substances susceptibles d'entlara-
mer et d escarrifier.
Quelquefois on unit plusieurs des moyens que
j'aiexf)Oses ju.squ'ici : ICi est le iooch blanc du code
medicanienlaire de Parijs. Poui- le préparer, on tri-
ture une partie de poudre de gumme adragant avec
vingt parties lie sucre, e. avcc trente parties d'huile
d'amandes j des que le méiange ej>t exact,;ony ajoute
2o6 PHARMACOPjéE
successivement cent parties (.rémnlsiou , et on Taro-
malise avec deux pailles d'eau distillée de tleurs d'o-
ranger. On évalue ordinairement ces proporlious en
g) ammes. Beaucoup de personnes ne peuvent sup-
porter ce mélange, qui d'ailleurs ne paroît pas avoir
d'avantage marque sur les moyens simples que j'ai
indiques successivement.
On aabaiidonné avec raison d'autres mélanges en-
core plus défectueux, tels que le sirop de tortues
composé , etc.
§ II. Application des moyens atonlques sur la sur-
face cuLanée , ainsi que sur les tissus dénudes ac»
cidenteLlenient i et médication atonique de ces
organes.
Ou applique les moyens atoniques sur l'organe
cutané pour agir directement, par contiguïté , ou
par sympathie, et d'une manière générale ou lo-
cale. C'est uniquement pour agir directement qu'on
les applique sur les tissus dénudés accidentellement.
On emploie ces moyens en vapeur , à l'état liquide
et sous formes molles : on les administre à la tem-
pérature de 26 à 35 centigrades -f. 0,011 à celle de
l'atmosphère. On les applique sur toute l'étenduede
la peau, ou seulement sur une région plus ou moins
grande. On emploie les mêmes substances que pour
déterminer les raéilications atoniques de l'estomac;
mais leur mode de préparation varie.
On détermine les médications atoniques de l'or-
gane cutané pour combattre un élat de sécheresse
et d'irrllatlon locale très- grande , pour rappeler la
Uaaspira^iou <jui es^t ^upprisuée par cctlç même
CLIÎTIQUE. 207
cause, pour diminuer l'iutensité des symptômes des
maladies cutanées chroniques , telles que la gale ,
les dartres, etc. En général, on y a moins recours
dans les cas de phlegmasies cutanées aiguës. On sait
que l'éryslpèle, que la variole, la rougeole , etc.
peuvent se terminer sans applications topiques;
celles-ci en entravent d'ailleurs fréquemment la
marche , comme on l'ubserve surtout pour l'ér^'^si-
pèle. Il n'en est pas de même dans les cas où des lis-
sus dénudés sont très-irrités; on cherche alors à ra-
mener l'excitation au degré nécessaire pour que la
suppuration , la cicatrisation , etc. puissent avoir
lieu convenablement. Ou détermine les médications
aloniques , pour agir par contiguité , dans les cas de
phlegmasies très-intenses des organes soucutaués,
par exemple, du tissu cellulaire, des mamelles,
des testicules , etc. On y a recours pour opérer un
pareil effet par voie de sympathie : c'est ainsi que
le bain tiède favorise quelquefois la digestion ,
amène le sommeil, fait cesser des spasmes, des con-
vulsions, des douleurs, calme le délire, etc. Enfin
on y a recours pour favoriser la dérivation d'une af-
feclion morbide : c'est ainsi que , dans l'imminence
de différentes affections comateuses, on applique
de l'eau tiède sur les jambes, etc. , pendant qu'on
applique des corps très-froids sur ie derme chevelu.
L'emploi de ces moyens atoniques, trop long-
temps continué, débilite non-seulement le lissu cu-
tané , mais encore tout l'organisme. La peau cesse
d'exercer ses fonctions avec la re'gularité nécessaire.
Plusieurs de ces moyens peuvent même altérer à la
longue le tissu du derme. En général , leur action
2o8 PHARMACOPÉE
est lente, et exige qu'on les maintienne appliques
pendant quelque temps.
Chaleur de 26 à 55 centigrades -\- o.
On l'applique, par l'intermède de l'eau, sur toute
retendue du corps, ou seulement sur une de ses
régions , à l'état mou , liquide ou vaporeux.
Pour l'appliquer sous forme molle, on se sert de
pulpes végétales imbibées d'eau , qu'on élève à la
température indiquée. Pour faire ces cataplasmes ,
on emploie de préférence des substances mucilagi-
neuses, amilacées et huileuses : telles sont les se-
mences de lin , les feuilles de mauve réduites en
poudre, la mie de pain, la farine d'orge, de froment,
etc. On fait cuire l'une ou l'autre de ces substances
avec uue petite quantité d'eau et au milieu d'une
agitation continuelle , jusqu'à ce qu'elles aient la con-
sistance pulpeuse. On remplace quelquefois l'eau par
une décoction mucilagineuse ou par du lait; mais ce
dernier a pour inconvénient de s'aigrir facilement :
ou laisse refroidir ces cataplasmes jusqu'à ce qu'ils
aient la température qu'on désire.
On applique l'eau liquide en fomentation ou en
bain. Lorsqu'on l'emploie à l'état de vapeur, on la
dirige et on la concentre vers la région sur laquelle
elle doit agir. Dans tous les cas , il faut la renouveler
dès qu'elle commence à approcher de la tempéra-
ture du corps : il faut aussi qu'elle soit appliquée
pendant quelque temps. Elle gonfle l'épiderme , di-
minue la sécheresse (le la peau, rend celle-ci plus
soujde, favorise la transpiration locale. Lorsqu'elle
est appliquée eu bain général, elle diminue la fré-
CLINIQUE. 309
tjUende dû pouls et de la resplratloTi. Cette diminu-
tion paroît d'autant plus grande, que l'immersion a
été de lonsue durée. Le bain tiède répare les forces
toutes les fois que la débilité est l'effet d'un excès de
fatigue, et en un mot toutes les fois qu'elle dépend
d'une irritaliou générale.
Le bain tiède général convient lorsque la transpira-
tion cutanée n'a point lieu par l'effet d'un état d'irrita-
tion de la peau. On y a recours pour favoriser la
sueur critique qui est entravée par la même cause.
Ou en fait usage dans les maladies cutanées , lors-
qu'elles sont accompagnées de beaucoup d'irritation:
c'est ainsi qu'on l'emploie quelquefois dans la va-
riole lorsqu'il y a sécheresse de la peau et fièvre in-
tense, dans la gale , les dartres, lorsque la chaleur et
le prurit sont très-marqués. On y a recours pour di-
minuer l'irritation contiguë, et celle qui a lieu dans
des organes qui sympathisent avec la peau. On en
fait usage dans des fièvres inflammatoires , intenses ,
dans la péritonite, dans les phlegmasies aiguës des or-
ganes géuitaus et uriuaires. Si on ne s'en sert pas
dans les pleurésies et les pneumonies très -intenses ,
c'est peut-être parce que la pression qu'exerce le
jjaiu gêne ordinairement les mouvemens respira-
toires : du reste il pourroit convenir, en ce qu'il di-
minue la fréquence de la respiration ; d'ailleurs on a
plusieurs exemples de succès. On fait usage des bains
tièdes dans différens cas d'affections dépendantes
d'une irri'ation générale , tels que certaines né-
vroses , certains troubles de la digestion , certaines
suppressions des menstrues , quelques insomnies
opiniâtres, etc., etc.
II. 14
210 P II A R M A C O P E £
Lebaîutièdelocalest employé dans les cas d'irrlta-
lîonlocale et contigué très-grande : c'est ainsi qu'on a
pliisienis fois calmé desdouleurs de goutte très-fortes,
On y a recours pour agir sjmpathiqueraent : c'est
ainsi que les pédlluves tièdes sont quelquefois usités
pour favoriser l'écoulement menstruel, pour faire
cesser différentes céphalalgies opiniâtres, pour em-
pêcher la continence de la variole à la face , pour
entraver une congestion imminente vers l'encéphale
ou la poitrine, pour rappeler la goutte qui a été
supprimée par l'effet de trop d'irritation locale, etc.
Les bains de vapeurs tièdes, tant locaux que géné-
raux, agissent plus promptement ; du reste ils déter-
minent les mêmes effets que les bains tièdes. Ce sont
surtout les pédlluves vaporeux tièdes qui ont fré-
quemment diminué l'atrocité des douleurs goutteu-
ses avec excitation locale très-marquée.
Mucilage.
On l'emploie sous la forme de cataplasme et à l'état
liquide; on prépare les cataplasmes avec les sub-
stances que j'ai énumérées et de la manière que je
viens de décrire en parlant de l'application de la cha-
leur sous forme molle. Les corps qu'on emploie
plus particulièrement pour préparer des liquides
mucilaglneux sont la racine de guimauve oflici-
nale , les feuilles de mauve sauvage et de mauve à
feuilles rondes, les semeiices de lin usuel, celles de
coing (^pyriis cidonia , L. ), de pivoines mâle et
femelle (^ pœonia niascula et Jemiiia , L. ) , de
psylliuin {^plantago pSYlUmi^ y^^'\ Ou fait bouillir
momentanément la racine de guimauve ; on fait lu-
CLINIQUE. 2H
fuser les feuilles de mauve , et ou fait macérer les
semences. Les proporlious ue sont pas rigoureuses :
ou prend ordinairement environ 0,0 1 de racine de
guimauve, o,o5 de feuilles de mauve, 0,01 de se-
mences de lin, 0,01 de semences de coing, 0,01
de semences de psvllium, 0,01 de semences de pi-
voine» Le mucilage qu'on extrait de ces dernières
est moins pur que celui qu'on retire des substances
pre'cédentes. C'est sous une température tiède qu'on
applique ces mucilagineux, soit qu'on les emploie
sous la forme de cataplasme ou à l'état liquide.
L'action de ces moyens est analogue à celle de la
chaleur tiède et humide : ou les appliqife dans les
mêmes circonstances.
Gélatine.
Ou emploie à cet effet l'amidon pur , ou les farines
d'orge , de seigle , de froment : rarement fait-on
usage de la gélatine animale. On applique ces sub-
stances sous la forme de cataplasme et à l'état liquide*
On leur donne une température de 25 à 35 centi-
grades-fo. On prépare les cataplasmes ainsi que je
viens de l'indiquer en traitant de la chaleur humide ,
et les liquides de la même manière que lorsqu'on
veut les introduire dans l'estomac.
L'action de ces moyens est analogue à celle des
précédeus : on y a recours dans les mêmes circons-
tances.
Corps gras.
Leur choix est indifférent : il suffît qu'ils ne soient
pas rances. Ou emploie néanmoins plus particulière-
213 P H A 11 M A C O P ]^ E
ment riiuilc d'olives, l'axonge, le beurre, le cerat.
On peut mêler le beurre et l'axonge avec de l'eau ;
on a recours à la trituration, et on la continue jus-
qu'à ce que le mélange de l'eau ait lieu convenable-
ment : le corps gras devient par là plus léger.
On applique ces corps à la température ordinaire
de l'atmosphère, eu mixtion ou par simpleapposition.
Ils rendent la peau plus souple; ils diminuent l'irri-
tation locale. Appliqués en frictions, ils favorisent la
sécrétion urinaire et la transpiration ; ils produisent
même une sueur très-abondante. Si on les maintient
sur la peau pendant long-temps, ils rancissent et
peuvent occasionner l'érysipèle. Leur application
prolongée sur les surfaces suppurantes les rend pâles,
llasques, y fait développer des fongosités; ils ne se
dessèchent point sur la peau et ne s'y collent pas
comme la gelée amilacée. Ils augmentent facilement
l'irritation lorsqu'on les met en contact avec des ré-
gions affectées d'érysipèle. On les applique sur les
surfaces suppurantes lorsqu'il s'agit de diminuer l'ir-
ritation locale portée à un trop haut degré , lors-
qu'on veut supprimer un exutoire cutané, etc.
Le lait , la crème y le jaune ^Vï'w/' peuvent être
employés de la même manière et dans les mêmes cas
que les substances précédentes.
§ IIL Application des moyens atoniques snr la
surface muqueuse du gros intestin, et médica-
tion atonique de ce conduit.
On applique les moyens atoniques sur la surface
muqueuse du gros intestin pour agir localement , par
CLINIQUE. 2l3
contigaltë ou par sympathie. On les administre en
vapeur ou à l'état liquide. 11 faut les injecter en pe-
tite quantité à la fois , lorsqu'on les emploie de cette
dernière manière. Ce n'est que sur les parties les
plus extérieures de ce conduit qu'on les applique
sous forme molle. Ou leur donne la température
de ^5 à 35 centigrades-fo. On fait usage de toutes
les substances que j'ai indiquées pour les applica-
tions cutanées, etonles prépare delà même manière.
On a recours à l'emploi des moyens atoniques
dans le cas de constipation opiniâtre dépendant d'un
état d'irritation locale. On en fait usage dans les
phlegmasies muqueuses du conduit intestinal : on
les administre alors à l'état de vapeur. On s'en sert
lorsque les tumeurs bémorrhoïdaires sont enilam-
jnées; on les applique alors aussi à l'état de vapeur
ou sous forme molle. On les emploie dans la périto-
nite, dans les pblegmasies aiguës de l'utérus, des
reins, de la vessie urinaire, etc., enfin toutes les
fois qu'on doit combattre une irritation générale.
§ IV. Application des moyens atoniques sur la
surface muqueuse de la bouche eu de la gorge ,
et médication atonique de cette cavité.
Ce n'est que pour agir directement ou par con-
tiguité qu'on applique les moyens atoniques sur la
membrane muqueuse de la cavité buccale. On \qs
administre sous formes molle, liquide et vaporeuse.
On emploie les mêmes substances que celles qu'où
introduit dans l'estomac, et on les prépare de la
même manière.
2 r4 PHARMACOPEE
Si rirritation a son sië<;e sur les lèvres, on se sert
d'un mélange de parties égales de cire et d'huile fixe
qu'on colore avec de l'orcanelte. Si l'irritation ocr
cupe rintérieui' de la bouche et de la gorge , et est
d'une certaine étendue, on doit préférer adminis-
trer ces moyens à l'état de vapeur ; car les liquides
augmentent souvent l'irritation par leur poids et par
le mouvement nécessaire pour la gargarisaiion. Si
Firritalion estlocale , ou y applique les mucilagincux
sous la forme de looch,ou on fait usage de pastilles
qu'on conserve long-iemps dans la bouche.
Ou a recours aux moyens atoniques dans les cas
de sécheresse et de gerçure des lèvres, dans le ca-
tarrhe ai"u de la coree, des tonsilles ou de la bouche
elle-même, etc.
§ V. y4ppîicatio?i des moyens aLonlques sur la sur-
face muqueuse de la cavité na sale , eu médica-
tion atonique de cette cavité.
Ce n'est que pour agir directement qu'on intro-
duit les moyens atoniques dans la cavité nasale. On
les applique en vapeur, et rarement à l'état liquide ;
on les emploie sous forme molle toutes les fois que
l'affection qu'on veut combattre est peu étendue,
et n'est pas située profondément. On les administre à
la température indiquée. On fait usage des mêmes
substances que pour les autres surfaces.
On a recours à l'em j)loi de ces moyens dans la pre-
mière ]iériode des coryza très-intenses. On en fait
usage lorsque la sécrétion muqueuse est supprimée
par l'effet d'une irritation très-forte. Ou les emploie
CLINIQUE. 2l5
pour favoriser luie hémorrliagie oasaie critique sup-
primée par une cause analogue, etc.
§ VI. Application des moyens atoniques sur la
surface muqueuse de Vœil , et médication ato-
nique de cet organe»
On n'applique les moyens atoniques sur la con-
jonctive que pour agir directement ou par conti-
guité. On les administre eu vapeur, à l'état liquida
ou sous forme molle. On emploie ordmairement les
mucilages, la gelée amilacée, les fruits doux sucrés,
et rarement les corps gras , si ce n'est lorsqu'on veut
agir sur les parties les plus extérieures. On leur
donne la tempérai ure de 20 à 5o centigrades -j-o. On
applique le cataplasme entre deux linges, et on l'ap-
pose sur les paupières : c'est de la même manière
qu'on applique les fruits doux suffisamment ra^
mollis.
On a recours aux moyens atoniques dans le cas
d'irritation de l'organe de la vue et de la conjonctive,
par exemple ,dans la première période del'opbtiial^
raie aiguë. Il faut éviter d'abuser de ces moyens, car
on facliiteroil le passage de la maladie à l'état chro-
nique.
§ VII. Application des moyens atoniques sur les
surfaces muqueuses du conduit auriculaire , de
l'urètre et du vagin, et médication aionique
de ces organes.
Ce n'est que pour exercer une action locale di-
recte ou contiguë qu'on applique les moyens ato-
2dlG PHAllMACOP^E
niques sur les surfaces en question. C'est à l'ëlat va-
poreux , liquide et mou qu'où les introduit dans le
conduit auriculaire. On emploie spécialement la va-
peur aqueuse, les liquides mucilagineux et les
huiles iixes. C'est à l'état liquide qu'on les introduit
dans l'urètre: on emploie les mucilagineux. On pré-
fère agir sur cette membrane par contiguïté, et ap-
pliquer les moj'cns atoniques autour du pubis. Ou
peut les mettre en contact avec la membrane mu-
queuse du vagin, à l'état vaporeux, liquide et mouj
on emploie surtout la chaleur de 25 à 35 centigrades
-f- o et les mucilagineux. On se sert rarement des
corps gras , si ce n'est lorsqu'on veut les appliquer
sur les parties les ])lus extérieures : on préfère eu gé-
néral les vapeurs tièdes aux injections.
C'est dans la première période des phlegmasies ai-
guës de ces différentes membranes et des organes
soujaceus qu'on a recours aux mo^ eus en quesliou,
SECONDE SECTION.
MÉDICATTONS PARTICULIÈRES.
ORDRE V.
Médications particulières des fonctions du système
neneux.
J_jES médications de cet ordre consistent dans lamo-
dilieallon de l'état de sensibilité et de la contractilité
animales, aiusl que de la contractilité organique sen-
sible. Elles ne déterminent pas un seid et unique
effet : c'est ainsi qu'elles peuvent avoir pour objet
de produire de la douleur ou de faire cesser celle
CLINIQUE, 21 y
qui existe; de mettre en jeu la conlractilité animale
et organique sensible, ou de faire cesser nu étal de
spasme et de convulsion ; d'exciter l'action des sens
et les fonctions de l'entendement , ou d'occasionner
ie sommei!. Elles peuvent intervertir, augmenter,
diminuer ou anéantir l'état de susceptibilité et de
mobilité; elles peuvent n'agir que sur un ou plu-
sieurs nerfs, ou à la fois sur tout le système ner-
veux.
On seroit tenté de croire que c'est à l'aide de
moyens différens qu'on parvient à produire ces di-
vers effets; mais il n'en est pas ainsi : car la même
substance peut , selon des circonstances souvent
inappréciables 4 selon le degré de susceptibilité et de
mobilité individuelles , selon la dose , le degré de
concentration et le mode d'administration , selon la
durée de l'application , selon l'habitude de sou
usage , etc. , occasionner tantôt un effet et tantôt un
autre , et même produire alternativement des états
opposés.
Les corps que l'observation et les expériences
cliniques ont démontrés exercer le plus d'action sur
les propriétés vitales dont il s'agit ici , sont l'opium ,
l'alcool , le camphre , les huiles volatiles , l'éiher , les
végétaux de la famille des solanées , plusieurs de
celle des ombellifères , etc., l'électricité , le galva-
nisme, l'aimant, etc. Mais ces corps excitent en
outre d'une manière notable la sensibilité organique
et la contractilité organique insensible ; quelques-
uns peuvent même eutlammer et escarrifier. Ces
substances ne sont pas d'ailleurs les seules propres
H modifier l'état de la sensibilité animale , de la cou-
2 l3 P II A K M A C O 1> É E
tiaclilité animale et de lacoulraclililé organique sen-
sible. Les amers, le quinquina, le tannin, les ferru-
gineux , etc. exercent souvent une action notable
sur elles. On obtient même quelquefois avec eux des
elfets que les substances indiquées plus haut ne
pouvoient produire ; cela a lieu surtout dans les né-
vroses habituelles qui paroissentélre entrelenuespar
un excès de susceptibilité et de mobilité. Les subs-
tances qui enflamment et escarrifient , peuvent aussi
modifier avantageusement l'état des propriétés vi-
tales eu question , si on les administre à petite dose
et convenablem.ent étendues : c'est ainsi qu'on a em-
ployé les oxydes et les sels de cuivre , de zinc , de
de bismuth, d'argent, etc., la racine d'hellébore
noir , etc. , dans des névroses rebelles. Enfin, les mé-
dications phlcgmasiques , escarroliques et atoniques
opèrent souvent , dans l'état des propriétés animales,
des changemens que les médicamens désignés sous
les noms vagues de caïmans y à^ anodins , à^anti'
spasniodiques , etc. n'avoient pu produire. Cela ne
doit point étonner, lorsqu'on fait attention que l'état
des propriétés vitales animales et de k» contraclilité
organique sensible , dépend souvent de celui de la
sensibilité organique et de la contractilité organique
insensible.
On applique sur des surfaces variées les moyens
physiques dont on se sert pour mettre en jeu cet ordre
de médications.Lorsqu'on veut obtenir une actron gé-
nérale , on les met ordinairement en contact avec la
surfacemuqueusede l'estomac, avec celle du gros in-
testin, avec celle des bronches ouaveclapeau. Lq;'S-
qu'on veut déterminer une action locale directe, con-
CLINIQUE. 219
ligué OU sympathique, on les applique sur les organes
eux-mêmes, sur les tissus les plus voisins , ou sur
ceux qu'on sait correspondre syrapathiquementavec
eux.
Le mode de préparation de ces moyens ne diffère
pas notablement de celui auquel on a recours lors-
qu'on les emploie pour exciter le ton des organes.
Mais il n'en est pas de même de leur mode d'admi-
nistration ; car il exerce la plus grande influence sur
leur action. Nonobstant cela, lorsqu'on emploie ces
différentes substances, on n'est pas toujours assuré
de l'effet particulier qu'on obtiendra : c'est ainsi
qu'on excite quelquefois les fonctions de l'encé-
phale, tandis qu'on vouloit provoquer le sommeil.
L'habitude exerce d'ailleurs une influence très-
grande à cet égard : car ces substances cessent de
produire un effet notable si on n'augmente pas gra-
duellement la dose à laquelle on les administre. D'ail-
leurs, il est des circonstances dans lesquelles on ne se
propose que d'introduire un changeaient, quel qu'il
soit , dans l'état des propriétés qui sont le sujet de cet
ordre de médications.
Mais lee moyens pharmaceutiques ne sont pas les
seuls dont on fasse usage pous agir sur le système ner-
veux ; on a encore recours a des moj^ens qui sont du
d(miaine de la physique particulière , de la morale et
de l'idéologie.
Electricité. La scintillation électrique , la commo-
tion avec l'électromoteur, et celle avec la bouteille
de Leydc, ont une action évidente snr le système
nerveuxj elles peuvent exciter ou débiliter ces or-
ganes, selou le degré de tension électrique, et selon
220 PHARMACOPEE
la durée de leur applicalioii : aussi peut-on les em-
j)lovcr pour déterminer des effets opposés.
Magnétisme minéral, L'aimaut a été employé
pour agir sur le système nerveux; mais ses effets
immédiats ne tombent pas sous nos seus ; nous ne
voyons ordinairement que des effets locaux acciden-
tels dépendant le plus souvent de la présence du mé-
tal oxydé , etc. Les effets secondaires ne sont pas
constans; le plus souvent ils sont lents et se confon-
dent avec la marche spontanée si variable des mala-
dies nerveuses. Les personnes qui nous ont çà et là
laissé des observations sur les effets médicamenteux
de ce moyen n'étoient pas médecins , ou ne caracléri-
soient pas suffisamment les maladies. Il est à regretter
que MM.Andry et Thouret n'aient pu établir leur re-
cherches que sur ces faits épars, et qu'ils n'aient point
été dans des circonstances favorables pour procéder
eux - mêmes ( comme ils le désiroient ) à des expé-
riences particulières, et y appliquer l'esprit d'analyse
et de critique qui caractérise le mémoire qu'ils ont
fait sur cet objet , et qui est inséré parmi ceux de la
Société royale de médecine ; nous saurions mainte-
nant jusqu'à quel point l'imagination exerce de l'in-
lluence sur les phénomènes qui se manifestent après
l'application de ce moyen. M. Pujol a vu plusieurs
personnes très-susceptibles assurer qu'elles éprou-
voient un soulagement notable dans leur souffrance
après l'application de l'aimant , et avouer que ce
soulagement étoit imaginaire dès que le médecin que
je viens de citer eut déprécié ce moyen à leurs yeux,
et leur eut fait voir le peu de confiance qu'il mérite.
Ou sait depuis long-temps que les cffels de l'aimant
CLINIQUE* :22î
sur le système nerveux ne sont pas en rapport avec
son degré de force. Pour parvenir à isoler les elTets
que produit l'imagination , il auroit été convenable
surtout de faire porter de simples plaques d'acier
qu'on auroit dit aimantées, d'}' inspirer la plus grande
confiance, et de comparer ces effets avec ceux qu'au-
roient produits des plaques aimantées dont on auroit
déprécié les propriétés médicales; il auroit suitout
fallu employer alternativement , chez le même indi-
vidu , des plaques aimantées et d'autres qui ne le
fussent pas ( i).
Perkiiiisnie. Les aiguilles (tracteurs) de Perkins
se rapprochent parfaitement de l'aimant sous le rap-
port de l'obscurité de leur action immédiate. Elles
sont au nombre de deux , chacune d'un métal diffé-
rent : leur longueur est d'un décimètre. Une de leurs
(i) Voici la manière dont on procède à l'application de l'ai-
mant. On en choisit de forme variée. On peut le promener à
quelque distance de la peau , et lui donner des directions diffé-
rentes , ou l'appliquer directement, et le maintenir dans ce con-
tact médiat ou immédiat pendant un temps plus ou moins long.
Lorsqu'on veut appliquer l'aimant Iranscurremment , on lui
donne la forme de fer à cheval et de barre, selon que l'on veut
diriger les deux pôles à la fois, ou seulement un des deux. Lors-
qu'on veut appliquer l'aimant directement , et seulement pen-
dant quelques momens , on se sert de barreaux simples ou com-
posés de plusieurs lames, dont les dimensions sont proportion-
nées à celles de la partie sur laquelle on veut l'appliquer. Ou
dirige ordinairement le lieu d'application vers le pôle ami du
globe. Lorsqu'on veut maintenir l'aimant appliqué pendant un
certain temps, on donne des formes varices: voici les plus
iisilées. La première est celle de petits barreaux détachés, longs
222 PHARMACOPEE
extrémités est arrondie et large de 7 milllmèlres,
l'autre est pointue. Une de ces aiguilles est de cou-
leur jaune , et ]i«roît composée de laiton ; l'autre est
d'un blanc bleuâtre, et ne paroît être que de l'acier
non aimanté. Les médecins de Copeubague se sont
aussi servi d'aiguilles faites avec de l'argent , du bis-
muth, du zinc, du cuivre, du plomb, de Tivoire ,
de l'ébèuej MM. Haygarth , Falconer et Smith en
ont composé avec du fer garni de cire , avec de l'ar-
doise y du bois , des os , etc.
La manière de se servir de ces aiguilles consiste à
frotter les parties affectées avec leur extrémité poin-
tue, qu'où dirige ensuite vers d'autres parties à des
distances plus ou moins grandes de celle qui est ma-
lade. Quelquefois on ne fait que les rapprocher à
quelque dislance de la peau, et d'autres fois on les y
maintient appliquées. Au rapport de M. Abilgaard,
(le 5 ceulimètres, larges d'un centimèlre, épais de 5 milli-
nièires , cl du poids de doux grammes. Ou en fait usage pour
former des bi'acelets , des jarretières , des colliers , des serre-
tèles , etc. magnétiques. Les bracelets sont composés de cinq de
ces pièces , les colliers de dix , les jarretières de douze. Le tout
est recouvert d'une toile ou d'un velours noir. Ces pièces sont
maintenues en position par quelques points de fd ou avec de*
rubans; elles doivent être fixées de manière qu'elles ne puis-
sent pas changer de place. La deuxième forme est celle de pla-
ques ovales, planes, courbes, etc. On pose ces plaques à nu sur
la peau : leur action est plus marquée que lorsqu'elles sont re-
couvertes. Leur configuration particulière et leur grandeur
doivent être subordonnées aux régions cutanées sur lesquelles
on veut les appliquer. Comme elles s'oxydent facilement , il est
convenable de les changer tous les deux ou trois mois , et de ne
pas laisser d'intervalle entre les charges .
CLINIQUE. 223
la pointe des aigulUcsde Perkins a une saveur acide
et métallique ; elle détermine une sorte de four-
millement lorsqu'on l'approche de la joue. Mais les
eflets secondaires des véritables aiguilles de Perkins
ont varié selon les personnes qui eu ont fait usage :
ils ont été nuls entre les mains de beaucoup de mé-
decins, par exemple, de Bang, de Tode, etc. Les
aiguilles préparées avec des os , de l'ardoise , ont
produit, entre les mains de Haygarlli , de Smith,
de Falconer, les mêmes effets secondaires que celles
de Perkins. Ce n'est donc pas la nature particulière
du métal employé par Peikins qui est la cause des
effets en question, puisque le bois, les os( lorsque
toutefois on leur donne une forme analogue) ea
produisent de semblables. D'ailleurs, ces effets ne se
manifestent que chez quelques individus, et seule-
ment sous les yeux de quelques médecins. Et quels
sont ces effets secondaires? ils consistent dans la dis-
parition de brûlures, d'érysipèles, dans la cessation
de douleurs de tête, de cou, de dos, de poitrine,
d'estomac, de ventre, etc. On voit que ces assertions
sont très-vagues ; la brûlure et l'érysipèle ont en effet
une marche spontanée, et les douleurs ne sont autre
chose que des symptômes d'affections très -variées.
Peut- on donc, d'après le tableau des faits qu'on
a recueillis jusqu'ici, ne pas être obligé de convenir
que l'imagination a au moins la plus grande part dans
la détermination de ces différens effets?
Influence cleTiina^^lnaLion.Zc suis conduit natu-
rellement à parler d'un moyen sans lequel beaucoup
de raédicamensseroient absolument inertes. Ce moyen
est l'intluence de l'imagination . Une multitude de
3^4 PHARMACOPÉE
corps tilts médicamenteux ne doivent être regardes
que comme des intermèdes à l'aide desquels le mé-
decin commande à rimagination , la dirige et la mo-
difie à son gré. C'est sur elle qu'agissoientles baquets
cL les altOLiclicmeus magnétiques de Mesmer (i);
c'est elle que modifient souvent les aimans; c'est
elle encore qu'inlluencent les aiguilles de Perkins.
C'est en la maîtrisant que le fémur de crapaud re-
commandé par Paracelse et par Vanhelmout, que le
doigt de quelques individus calment l'odoutalgie par
leur seule application sur les dents.
C'est en agissant sur l'imagination que calment
certains médicamens qu'on administre à trop petite
dose pour pouvoir déterminer une action notable. La
garnison de Breda ^ affectée du scorbut au plus haut
degré , étoit sur le point de se livrer à l'euneml qui
r.issiégeoit : le prince d'Orange lui envoie un médi-
cament qu'il assure fortement être du plus haut prix
et de la plus grande efficacité ; ou ne peut en donner
que quelques gouttes à chaque malade , el néanmoins
la guérison ne tarde pas à suivre. On connoîtles bons
cifels que des médecins savent retirer de l'usage des
pilules de raie de pain. West-ce pas pour infiuencer
l'imagination qu'on change souvent la couleur, l'o-
dcnr , la saveur , la consistaiîce , la forme el jusqu'à
la dénomination des médicamens ? N'est-ce pas parce
(i) J';ii reconnu , par des expérîeDces exactes, que le magné-
lisme animal produit, sur quelques personnes irritables , plu-
sieurs des effets physiologiques annoneés par les magnétiseurs ;
mais je suis éloigné de vouloir en tirer aucune couséquenco
sous le rapport de b thérapeutique. /'. //. N.
CLINIQUE* 225
que rimaginatlon est influencée ou non , que les mé«
me3 moyens sont souvent actifs ou inertes dans des
circonstances semblables , selon qu'ils sont adminis-
trés par un jeune médecin ou par un vieillard ; par
un homme inconnu, ou par celui qui jouit d'une haute
réputation ; par un homme qui doute, ou par celui
qui assure avec fermeté et conviction ; par un hom-
me dont le physique est chétif et la voix grêle , ou
par celui qui réunit à une belle voix une face persua*
sive et un physique imposant? C'est parce que celui
qui est en possession d'un secret lui attribue des pro-
priétés merveilleuses , et en paroit convaincu , qu'il
sait communiquer au malade crédule l'émotion qu'il
éprouve , et opère quelquefois de grands effets. Mais
ce secret est-il divulgué, sa composition est-elle con-
nue, aussitôt le charme disparoît et avec lui tous les
effets merveilleux. Malheur en général au malade
que le doute et la réflexion privent de ce prestige
salutaire.
Passions, Il est un genre de moyens que le méde-
cin moraliste sait seul administrer : je veux parler des
passions. Mais que de difficulté ne présente pas l'art
de les manier ! Leurs effets secondaires sont-ils asse^
constans pour qu'on puisse y recourir avec certitude,
et sont-ils toujours assez avantageux pourqu'on puisse
chercher à les déterminer sans crainte ? En géné-
ral , toute passion extrême peut déterminer des effets
pernicieux analogues. On a des exemples de morts
subites occasionnées par une joie extrême , par une
colère excessive , par une frayeur très- grande, par
un mépris outré , etc. La même passion peut déter-
miner des effets différens chex divers individus, et
II. -f«
226 PHARMACOPÉE
souvent chez le même sujet à des époques variées.
D'un antre côté , on volt souvent des passions diffé-
rentes amener les iiièmes effets secondaires; ou a des
exemples de manie, de convulsion, d'éjùlepsle pro-
dijiles par la colère, la frayeur, une joie exces-
sive , etc.
L'action immédiate des passions peut être prompte
ou lente , momentanée ou durable. Il en est de même
de leurs effets secondaires : cela dépend de respèce
de passion qu'on met en jeu , de son degré d'iiilen-
sité , de la susceyitlbililé et de la mobilité individuelles.
Touteschosesd'allleurs égales, ces effets sont ]ilus no-
tables chez les sujets susceptibles et mobiles, qui joi-
gnent le jugement à l'imaginalion. Jetons un coup
d'oeil rapide sur les principaux effels des passions,
afin de voir quelles ressources elles offrentà la science
médicale.
La joie vive excite le rire, elle porte à chanter , à
danser, etc. , la circulation est accélérée , la respira-
tion est plus ou moins gênée. Ces effels sont prompte-
ment suivis d'une lassitude et d'une langueur profon-
des , et quelquefois de lipothymie , de syncope , d'a-
poplexie et de mort. La joie douce opère des effets
plus lents : la circulation générale est plus facile , la
respiration plus grande , plus régulière , les diges-
tions sont aisées , les exhalations et les sécrétions sont
augmentées , les fonctions de l'entendement pren-
Dent tout l'essor dont elles sont susceptibles, les affec-
tions morales sont douces et agréables. Les effets de
la joie vive sont instantanés; ils peuvent être aussi
préjudiciables qu'utiles; tandis que ceux de la joie
douce sont plus leuts , plus coustaus et toujours
CLINIQUE. 2^7
avantageux. Aussi quelle ulilité la me lecine n'en le-
tire-telle pas dans le trailemeul de riiypochondrle,
de la mélancolie , dans dlifërenles paralysies! Quels
effets ne produit pas la joie qui accompagne i'eii'u-
sion da cœur d'un malheureux, dans le sein d'un ami î
Quels effets ne produit pas celle que fait naître au
moribond affecté de nostalgie l'espoir certain de ; es*
piier promptemcnt sou air natal , elc. !
La colère peut se présenter sous deux aspects dif-
férens : une face rouge, des yeux éiincelans, des mus-
cles fortement contractés, une circulation accélérée,
une respiration convulsive , une agitation extrême
de l'entendement, une chaleur générale, tels sont
les phénomènes qui la caractérisent. A ces effets peu-
vent se joindre des héraorrhagies variées , soit sur les
surfaces muqueuses, soit dans le tissu cutanéj la rup-
ture des vaisseaux encéphaliques, une fièvre excessi-
ve , etc. D'autres fois la face est pâle , la voix foible ;
il y a un tremblement général, la respiration est gê-
née, le pouls est petit , irrégulier j il survient des li-
pothymies, des syncopes, etc. Dans ce cas on a vu
survenir des maladies variées du système biliaire, des
convulsions et la mort. On ne peut mettre en doute
que la colère n'ait quelquefois guéri des paralysies ,
des convulsions , etc. ; mais que de chances défavora-
bles ne court pas celui qui ose se servir d'un pareil
moyen !
Dans la terreur, les battemens du cœur sont fré-
quens et irréguliers, la respiration est entrecoupée;
il survient quelquefois des lipothymies, des tremble-
mens,la perte du mouvement, etc. On a vu des convul-
sions, l'épilepsie, la manie, des héraorrhagies variées *
238 PHARMACOPEE
l'apoplexie , et une mort subile en élre les suites fâ-
cheuses; taudis que cette passion, maniée par une
main habile, a fait quelquefois disparoître pour tou-
jours les convulsions , Tépilepsie , la mélancolie , etc.
Une iille est attaquée de convnlsions périodiques
dans l'hôpital de Harlem ; ses camarades en la voyant
tombent successivement affectées de la même mala-
die. B«)erbaave arrive ; il place des brasiers ardensau
milieu d'eiles;il fait chauffer au blanc des instrumens
de fer de toute espèce ; il ordonne qu'on découvre le
bras de la première qui tombera en convulsion , et
qu'on la brûle jusqu'aux osa la place qu'il indiquera:
i'enfaut le pins foible tombe mort sur-le-champ,
et les autres sont pour toujours guéris de cette affec-
tion.
La terreur, unie à l'étonnement , présente quel-
ques particularités. L'oeil est fixe , la bouche est
béante, la peau pâlej on éprouve un froid géné-
ral; les traits de la face sont affaissés; il y a quel-
quefois des vertiges et un état momentané de dé-
lire ou de démence.
Dans la frayeur la face pâlit, les lèvres devien-
nent bleues; on est immobile ; la peau est resserrée,
les cheveux sont hérissés; les battemens du cœur
se ralentissent; ou éprouve un serrement dans la
poitrine, etc. On a vu survenir des convulsions,
i'épilepsie , la manie , la suppression des menstrues.
IV'est-ce pas par la frayeur qu'on cherche à agir
dans les bains de surprise dont on fait quelque-
fois usage dans l'hydrophobie, dans la manie? mais
avec quelle prudence ne doit-on pas recourir à ce
moyeu î
CLINIQUE, 229
Dans la crainte le pouls est lent, la chaleur di-
muiue; ou éprouve un serrement dans la poitrine
et dans l'épigastrej on frissonne, ou tremble j les
exhalations et les sécrétions se suppriment ou elles
sont plus abondantes , et l'expulsion de l'urine et
des matières fécales est alors involontaire. On a vu
des paralysies, la manie, l'épilepsieet même la mort
en être les suites fâcheuses. Ou sait qu'elle favorise
les effets délétères de la contagion. On en a fait
quelquefois usage avec plus ou moins de succès dans
le traitement de la manie j mais il faut savoir l'allier
avec l'estime et la justice.
La tristesse peut agir avec plus ou moins de len-
teur. Lorsque le chagrin est profond, il occasionne
un sentiment de serrement, de plénitude, d'oppres-
sion dans l'épigastre, la perte de l'appétit, la diffi-
culté des digestions, un pouls lent et petit, une res-
piration laborieuse et lente , des soupirs, des sanglots ,
le froid des extrémités, la pâleur de la face, une
langueur générale, un défaut d'action de l'entende-
ment, uneloignement pour tout mouvement et pour
la société. Cet état est suivi et accompagné du ma-
rasme , de la misanthropie, d'un état de stupeur et
d'ivresse, d'un délire maniaque doux ou furieux,
du penchant au suicide, et quelquefois d'une mort
prompte. On voit facilement que cette passion a une
action perturbatrice trop marquée pour qu'on puisse
s'en servir fréquemment comme moyen curatif.
Il est facile de voir avec quel degré de probabi-
lité le médecin peut agir lorsqu*il se sert du moyen
des passions. Le danger touche de près le succès :
rarement on agit en vain. Il nan est pas ici c.omm^
25o PHARMACOPEE
tle ces moyens qui, s'ils ne font pas de bien, sonk
au moins incapables de faire du mal. Il faut surtout
que les passions ({u'on excite soient en rapport avec
l'âge, le sexe et le tempérament.
Exercice des Jonctions de V entendement. Un
autre genre de moyens se trouve dans la direction
des fonctions de renlendemenl , des sens et de la
locomotion. C'est ainsi qu'à l'aide de gilets de ré-
pression qu'on serre plus ou moins, on s'oppose
aux mouvemens tumultueux du furieux ; c'est ainsi
qu'on place le maniaque dans un lieu frais, sombre
et tranquille pour erapèciier toute action des corps
extérieurs sur ses sens; c'est ainsi qu'on fait naître
l'attention de l'imbécille en le forçant à des travaux
mécaniques d'imitation ou de calcul ; c'est ainsi que,
par un raisonnement persuasif ou par des faits sen-
sibles, on cberche à mettre en défaut le raisonne-
ment de l'aliéné, tandis que d'autres fois il paroît
convenable de l'approuver ; c'est ainsi fjii'on répri-
me l'imagination fougueuse du maniaque, en le for-
çant à des travaux qui absorbent toute son atlenlion ;
c'est ainsi qu'on combat la tendance du mélanco-
lique à la réllexion continuelle, par les voyages, par
les occuj)alions du jardinage , par la société de per-
sonnes agréables, etc. El (picls effits ne produit-on
pas lorsque, dans des maladies vaiiées, on sait con-
centrer ou éparpiller à propos l'attention du malade!
jMais que de difficultés ne présente pas l'emploi
de ces différens moyens ! C'est dans Ks traités phi-
losopbiques de M. Pinel sur la manie qu'il tant étu-
dier l'art de s'en servir, et les circonstances où il esl
nécessaire d'y recourir.
CLINIQUE. 23l
§ 1er. Médications pariiculières de V encéphale.
Les changemens particuliers qu'on peut intro-
duire dans l'elat des propriétés animales de rencé-
phale sont l'excitation de ses diverses fonctions, et
la suspension de leur exercice ou le sommeil. En
traitant ailleurs des substances qui peuvent exercer
une action particulière sur le système nerveux , j'ai
fait voir que les unes peuvent occasionner une ex-
citation modérée, le délire, la fureur, le sommeil
ou le coma , selon la dose à laquelle on les admi-
nistre, et selon lasusceplibilité individuelle , etc., etc.
Ce sont ces mêmes corps qu'on emploie pour dé-
terminer l'un et l'autre de ces effets. Mais on
voit facilement que leur administration exige de la
prudence et doit être modifiée selon l'effet particu-
lier qu'on veut occasionner. Si on n'emploie pas
toutes les substances qui, dans certaines circonstan-
ces, agissent évidemment sur l'encépbale, c'est
qu'on n'a pas assez d'expériences exactes pour sa-
voir de quelle manière il faut diriger leur adminis-
tration : c'est ainsi que la ciguë (^conium jnacida-
tum , L.) , la belladone ( airopa helladonaf L. ) , la
pomme épineuse {datara strainoniiun , L.)^ l'al-
kekeuge {phjsalis alkekengi j L.) ^ la morelle noire
{^solanwn nigriim , L. ) ^ le tabac (^nicotiana tabu"
cum, L.), etc. sont peu employés sous ce rapport; tan-
dis qu'on fait plus particulièrement usage de l'opium,
du caraplire, de l'alcool, du café , etc.
Quel que soit l'effet qu'on veuille déterminer,,
©n applique ordinairement ces substances sur la sur-
233 PHARMACOPEE
face muqueuse de l'estomac, sur celle du gros in-
testin et sur la peau. On a rarement recours à la voie
de la respiration.
1°, Excitation des fonctions de l' encéphale*
L'excitation des fonctions de Tencéphale peut
être portée à des degrés dlfférens, depuis l'état or-
dinaire jusqu'à l'insomnie, au délire, à la fureur,
aux convulsions et aux sj)asmes. Elle survient plus ou
moins promplemeul après l'emploi de l'excitant. Elle
est accompagnée et même précédée de l'augmenta-
tion de la circulation, de la chaleur générale, de
soif plus grande , et souvent d'une agitation de tout
le corps. Elle n'est pas de longue durée ; elle passe
fréquemment à un état de somnolence, d'abatte-
ment, de lassitude , de sommeil, et quelquefois même
a un état comateux , selon qu'elle a existé à un degré
plus ou moins fort.
L'iniluence de l'excitation des fonctions de l'en-
céphale se manifeste particulièrement sur les fonc-
tions des sens et de la locomotion; elle n'est que
momentanée, ainsi que l'excitation elle-même. Tout
l'organisme participe plus ou moins à cette inlluence.
On ne peut pas toujours exciter l'encéphale avec
Ta même facilité. Il est aussi des substances qui con-
-viennent plus que d'autres à cet effet. On choisit de
préférence celles qui occasionnent le moins facile-
ment le sommeil.
Ou cherche à exciter l'encéphale, i^. pour aug-
menter l'activité des oj")ératious intellectuelles, des
sfensations et de la locomotion j 2°. pour retirer l'en-
CLINIQ UE. 2.33
cëphale d'un ëtat de stupeur ou de coma plus ou
moins profond; pour remédier à un élaide paralysie
complète ou incomplète des organes des sensations
et de la locomotion. Mais pour obtenir ces diffërens
effets, il ne faut pas que l'état qu'on combat dé-
pende d'une congestion sanguine ou d'une lésion de
texture soit de l'encéphale, soit de la cavité qui le
renferme, soit enfin d'organes avec lesquels il sym-
pathise, etc.
On peut agir directement et par circulation à
l'aide du café', de l'alcool, de l'opium, etc., ou se-
condairement par l'entremise des sens , etc.
Moyens directs.
Alcool à lo-f-o. On l'administre par la bouche
et de la manière indiquée ailleurs (tomel^r, page
333). On ne doit l'employer qu'en petite quanlilé à
la fois de crainte d'occasionner le narcolisme. Dans
nos climats on le préfère à l'opium, en ce qu'il
provoque moins facilement le sommeil que ce
dernier.
Vins. On préfère les vins les plus alcooliques ;
on les fait prendre par la bouche et de la manière
indiquée à la page 335 du tome I^r. Leurs effets
sont analogues à ceux de l'alcool , mais moins in-
tenses ; on y a plus fréquemment recours.
Café, On l'administre à l'état d'infusion aqueuse
(lomel^r^ pnge2g8); ila l'avantage de ne pas provo-
quer le sommeil. On l'emploie particulièrement pour
exciter le travail intellectuel, pour faire cesser le
laarcotisme, etc. On n'a pas encore étudié ses effets
234 PHÀPcMACOPÉE
secondaires dans les fièvres ataxiques cérébrales,
dans les comala sans cause matérielie.
Acide acétique. On l'administre convenablement
étendu; on le llaire; on l'applique sur les tempes,
sur le front , etc. Son action immédiate est peu con-
nue; elle n'est pas notable dans l'état de sauté. Ce
qu'où sait, c'est qu'il n'exerce pas d'action sédative
sur rencéphalc. Ou l'emploie particulièrement dans
le narcotisme tant délirant que comateux, dans dif-
féreus cas de manie, etc. Ou n'a point encore étu-
dié son action secondaire dans les fièvres ataxiques
cérébrales, et dans les comata sans cause matérielle.
Acide carbonique» On le fait ordinairement ava-
ler en suspension dans l'eau ( tome I*^ "■, page 3g2).
On sait que les eaux acidulés et les vins mousseux
excitent modérément l'encépbale, et peuvent même
déterminer uuc ivresse momentanée. Ou ne fait pas
respirer ce gaz, parce qu'il délermiueroittrès promp-
tement l'asphyxie narcotique. Il est en général peu
employé pour exciler l'encéphale ; 11 n'a qu'une
action momentanée, et ne présente pas d'avantage
notable sur les autres moyens de cet ordre.
Opium. Ou le met le plus ordinairement en con-
tact avec la surface muqueuse de l'estomac, avec
celle du gros intestin, et dans quelques cas avec la
peau (tome 1^^, page 544, c't lonic II, pages 53 et 107).
On ne doit l'employer qu'avec prudence; dans nos
climats il produit j)lus facilement le narc'otisme que
l'alcool. Il nnn est pas de même chez les Orien-
taux, qui sont habitués à son usage, qui en ]>ren-
nent de grandes doses, et chez lesquels il remplace
le vin. J'ai tenté des expériences avec l'opium uni
CI.INIQUE. 235
au café et à l'acide acétique ; mais je ne les ai pas
encore assez répétées pour pouvoir établir jusqu'à
quel poiiit cette union peut empêcher ses effets sé-
datifs.
Camphre, On peut le faire avaler, l'injecter dans
le gros intestin ou l'appliquer sur la peau (tome l^i",
page 340, tome II, pages 44 et 107 ). Il paroît moins
facilement provoquer le sommeil et le narcotisme
que l'opium. On l'emploie dans les fièvres ataxi-
ques , dans differens cas de névroses encéphali-
ques, etc.
Douche. Pour que la douche puisse exciter les
fonctions encéphaliques, il est convenable qu'elle
ne soit portée qu'à un léger degré; car si elle est
trop forte et trop long-temps continuée , elle peut
déterminer la sédation. Ou dirige la douche sur le
Tertex ; on ne l'entretient que pendant quelques
minutes. On y a quelquefois recours dans des cas
de stupeur maniaque.
Commotion a^^sc la houteïlle de L,eycle. On la
dirige vers un des points du crâne ; elle doit être
très-légère, et continuée seulement pendant quel-
ques minutes. Si elle est trop forte ou trop long-
temps continuée, elle peut occasionner le coma ou
même la mort. Elle esi; peu employée.
Commotion avec V électromoteur» On la diiige
dans des sens differens de la tête, savoir du front à
l'occiput , d'une tempe à l'autre, etc.j elle doit être
foible , surtout dans le commencement, et elle ne
doit être continuée que pendant quelques minutes,
cai elle peut facilement occasionner la stupeur, etc.
Sou action excitante n'est que momentauée , et les
i36 PHARMACOPÉE
individus affectés de manie avec stupeur ne lar-
dent souvent pas à retomber dans leur premier
état , et quelquefois dans une stupeur plus grande.
On y a recours principalement dans des cas de dé-
mence accidentelle, de manie avec stupeur. Ou n'a
pas encore éîudié ses effets secondaires dans le
narcolisme, l'apoplexie , et dans les différens co-
mata idiop^^illiiques sans cause matérielle , dans les
fièvres ataxiques cérébrales, elc.
ScinLiUation électrique. Le sujet étant isolé , on
tire des étincelles de différens points de la télc.
Cette excitation est moins marquée que celle qu'on
détermine par la commotion ; mais on a aussi moins
d'accidens à craindre; elle n'est que momentanée.
On l'emploie dans les mêmes cas que les moyens
précédens.
Moyens secondaires.
Excitation des sens. Ou excite surtout les sens
de l'odorat, de l'ouïe, de la vue et du toucher.
Le chatouillement, l'odeur de l'ammoniaque , elc ,
des sons forts, une lumière vive excitent fortement
l'encéphale , mais seulement d'une manière momen-
tanée. On y a recours dans les comata^ dans les iiè-
vres ataxiques cérébrales , etc.
Rubéfaction cutanée. On enflamme surtout la
plante des pieds, le rachis, la partie interne des
jambes et des cuisses, le dos, la nuque, le derme
chevelu. Le choix de ces régions doit varier selon
que l'affection cérébrale est imminente, ou seloa
qu'elle est établie, ainsi que je l'ai fait voir ailleurs.
On emploie des moyens dont la promptitude d'ac-
CLIICIQUE. 257
ion est en rapport avec la promptitude d'effet
jii'on veut déterminer. Il est peu d'affections dans
esquelies on n'ait recours à ce moyen : tels sont
es fièvres ataxiques cérébrales, l'apoplexie, lesdif-
férens comata, quelques cas de narcotisme opi-
niâtre, etc.
Escarrijîcadoji cutanée* On escarrifie ordinaire-
nent la peau qui correspond au rachls et à la
auque, et le derme chevelu. On se sert à cet effet
3e corps en combustion et quelquefois de l'acier
ncandescent. L'action secondaire de ce moyen est
plus intense et plus durable que celle de la rubé-
faction cutanée : on y a recours dans des circons-
:ances analogues, mais plus opiniâtres. On escarrifie
quelquefois avec avantage dans Tépilepsie , dans
'apoplexie : on se sert à c^t effet du moxa avec
Pouteau , ou de l'acier incandescent avec Fabrice
l'Aquapendente et M. Perc} ( i ).
(i) On se sert à cet effet de rinstrument annulaire de Fa-
brice d'Aquapendente et de Sculter , que M. Percj a perfec-
tionné. Cet instrument est trcs-raassif. La cavité de sa portion
mnulaire a 5 raillimclres de profondeur. De cette manière la
route de la cavité commence à escarrifier la peau au moment
où le limbe tranchant porte déjà sur l'os. On l'applique , chez
les enfans , à la nuque et sur le milieu des pariétaux.On l'appli-
que , chezles adultes, à l'endroit où les sutures frontale et sagit-
tale se réunissent. Pour reconnoître l'endroit de ceUe réunion,
on trace deux lignes, dont l'une sedirise du milieu d'une oreille
au milieu de l'autre oreille, en passant par le sommet de la
lèle, et dont l'autre part de la racine du nez et se porte à la
nuque. On marque avec de l'encre le point d'intersection de
ces deux lignes. Le sujet doit être assis par terre, la tête ap-
pujéesur lapoilrine d'un aide ,et maintenue par les otaius de ce
233 PHARMACOPEE
2°. Sédatlon des fonctions de V encéphale.
Le sommeil présente plusieurs variétés depuis la
somnolence jusqu'à rafïection caroti(|ue.Il peutélre
léger ou prolond, paisible ou agité j il peut élre
plus ou moins analogue au sommeil ordinaire. Il
survient plus on moins promptcment aj)rès l'em-
ploi du somnifère, quelquefois immédiatement après,
et d'autres fois seulement après plusieurs heures.
Les circonstances individuelles, l'habitude et le
mode d'administration exercent à cet égard une in-
fluen e très-grande. Ce sommeil peut avoir été pré-
cédé ou non d'agitation ou d'une légère ivresse ; le
plus souvent il est précédé et accompagné de l'ac-
dernier.Ses mains doivent être fixées par unaulrraide. L'opéra»
teur debout, applique brusquement rinstrunieut, il le tourne sur
son axe jusqu'à ce qu'il l'ait senti arrête par les 05 du crâne.
Deux secondes sulfiscnt ordinairement h cet effet, si l'acier est
incandescent : cette durée n'est pas assez longue pour que la
chaleur puisse se propager à l'intérieur du crâne, ainsi que le
prouvent les expériences que M. Percy a tentées sur des ani-
maux. Par cette opération on cautérise les légumens et plu-
sieurs lames des os, quelquefois jusqu'au diploé. La peau qui
est comprise dans la concavité de la lame ne tarde pas à se sé-
parer, et elle le fait quelquefois aussitôt. Les effets secondaires
Je cette escarrificalion se manifestent quelquefois avant la sup-
puration et l'exfolialion, mais le plus souvent après qu'elles se
sont déclarées. On cite quelques exemples d'inflammation des
méninges, suite de cette opération. Dehaën et Pouteau se sont
beaucoup élevés contre cette application du feu -, mais M. Percj
a démontré que l'cscarrification méthodique n'occasionne pas
les accidens qu'on a tant redoutés.
CLINIQUE. 2DQ
célëration du pouls, de iutii^aieutalioD de la cha-
leur générale, et même quelquefois d'une appa-
rence de coni^eslion sanguine vers l'encéphale. Il
a une durée variée ; rarement se prolonge-t-il au-
delà de huit heures. Il peut être suivi du sentiment
de bien-être qui succède au sommeil ordinaire , ou.
d'un état de stupeur et d'accablement plus ou
moins grand.
L'iniluence de ce sommeil arîificiel sur les mala-
dies idiopalhiques de l'encéphale , des sens , des
nerfs, des organes vocaux et locomoteurs, et même
sur celle de tons les autres organes , n'est que mo-
mentanée; les accidcDS reparoissent souvent dès le
réveil avec la même intensité qu'auparavant. Il
existe néanmoins des circonstances dans lesquelles
ii supprime la maladie, lorsque toutefois elle est de
courte durée, et ne dépend point d'une lésion de
texture.
On cherche à provoquer le sommeil, i". pour
rendre l'encéphale incapable de percevoir une d ju-
leur très forte qu'on ne peut détruire, par exem-
ple, les douleurs cancéreuses, ostéocopes, celles
qui sont occasionnées par des calculs urinaires j
2°. pour rendre l'encéphale moins sensible à la dou-
leur produite par de grandes opérations chirurgi-
cales; 3°. pour faire cesser un état de spasme et
de convulsion soit encéphalique, soit seulement
nerveuse, et qui n'a point de cause matérielle, lo-
cale ou sympathique; par exemple, Je tétanos,
l'hjdrophobie , la fureur maniaque portée à un
trop haut degré; 4°. pour faire cesser un état d'in-
somuie opiniâtre dépendant uniquement d'un excès
2^0 PHAB. MACOPÉE
de susceptibilité et de mobilité saus cause maté-
rielle, locale ou sympatbiquc.
Les moyens que nous avons pour provoquer le
sommeil n'agissent pas tous d'une manière assez cons*
tante pour qu'où puisse toujours les employer avec
succès ; on a conservé ceux dont l'action est le moins
variable. L'observation prouve d'ailleurs qu'on pro-
voque le sommeil plus facilement chez les enfans, les
femmes, les tempéramens nerveux très-susceptibles
et très - mobiles , dans beaucoup de cas d'hystérie ,
d'épilepsie, d'hypochondrie, ainsi que chez les indi-
vidus qui ne sont pas habitués à l'emploi de ces
moyens; tandis qu'il est plus difficile d'y parvenir dans
le tétanos , dans beaucoup de cas de délire maniaque ,
dansl'hydrophobie. Il faut employer l'hypuotique à
très-forte dose , et souvent même ou le fait sans suc-
cès ; tandis que cette même dose peut déterminer le
narcotisme si ou continue à l'employer dès que les ac-
cidens ont disparu. La plupart des moyens dont on se
sert pour exciter l'encéphide peuvent également con-
venir pour provoquer le sommeil ; il suffit d'en mo*-
difier la dose et le mode d'administration. En général,
la dose doit être plus grande; cela n'est pas cepen-
dant sans exception , car on voit quelquefois de peti-
tes doses produire le sommeil , et de grandes doses
occasionner l'agitation: lecoutraire a néanmoins lieu
plus fréquemment. Lorsqu'on a contracté l'usage de
ces moyens , il faut , pour provoquer le sommeil , eu
augmenter progressivement la dose; sans cela on ne
fait que déterminer un état d'excitation , d'agitatiou
et même d'insomnie , comme on l'observe chez les
Oriealauj^;,
CLIINTIQUE. 241
On agit directement ]wr la voie de la circulation,
ou d'une manière secondaire , pour provoquer le
sommeil.
Moyens directs»
Opium. Il est l'hypnotique le plus employé dans
nos climats ; on fait fréquemment usage de son ex-
trait aqueux. On l'administre le plus ordinairement
par la bouche ; quelquefois on l'injecte dans le gros
intestin , et dans quelques cas on le fait absorber par
la peau. Plusieurs médecins assurent que l'opium ap-
pliqué en friction sur la peau produit plus constam-
ment le sommeil que lorsqu'on le l'ait avaler. Lorry
a néanmoins vu le délire et l'agitation suivre l'appli-
cation de ce corps sur le derme, et M. Chrétien ea
cite lui-même un cas dans son traité d'Iatroliptice. On
administre l'opium brut , l'extrait aqueux et la solu-
tion alcoolique sous les mêmes formes que lorsqu'on
ïes emploie pour relever le ton des organes (tome 1er,
page 344, tome 11, page 53 ) ; seulement on les étend
davantage ; on choisit même quelquefois un inter-
jnède mucilagineux, afin de diminuer leur action lo-
cale. Il faut aussitôt faire prendre la dose entière : or
celle-ci est de 5 centigrammes ( i grain) d'opium brut;
et d'extrait aqueux pour les applications gastriques,
de 10 à i5 centigrammes (2 à 3 grains) pour les ap-
plications intestinales, de i5 à 20 (3 à4gï'ains) en-
viron pour les applications cutanées.
Quoique l'opium ne provoque pas constamment
le sommeil, il est cependant celui des hypnotiques
qui, convenablement administré, est le moins suscep-
Uble de varier dans son action. Le sommeil qu'il occa-
II. 16
243 PHARMACOPÉE
»ionne est souvenl précédé et accompagné (lel'accéîé-
ralioii (îi! pouls ( i ), fie raiigmeiUation de la chaleur
générale, et d'une menace de congé lion sangunie vers
la^téfe. Cet hypnotique supj)rlme d'ailleui s la plupart
des sécrétions et des exhalations , excepté la trans-
])iratlon : ces pîirticaîantés sont qaekpiefols autant
d'obstacles à son emploi. Lorsqu'd y a men-ïce de
congestion cérébrale, et lorsque la susceplibililé et
la mobilité sont très- grandes, ou doit préférer l'ex-
trait aqueux et l'eaii d'opium distillée , si on ne veut
];as s'exposer à produire le narcolisme.
Camphre, On l'administre par la bouche , en injec-
lion dans le gros intestin , et par absorption cutanée.
( lome î^r , page 840 , tome II , page 44). Ou préfère
un inîermède nMicil.ii»ineux. Ou doit l'administrer de
suite à la dose d'un demi gramme à un gramme (9a
18 grains) poiu' les applications gastriques, d'un à
trois grammes ( 18 à 64 grains) pour les applicalions
intcslinales, etde 5 à dix grammes (i |gros à 3 gros)
lorsqu'on veut le faire absorber par la peau.
(i) il csl exU^cmcnirnt rare que l'opium, quelle quo soil la
forme sous laquelle ou l'ailminislre, dé'Leriiiine raccéiéialionclu
pouls; il [iroduit seulement cet effet chez quelques personnes
f^s'irèniemcnt nerveuses qne les remèdes les plus caïmans ir-
rilenl. Si, dans l'examen des effets physiologiques des médica-
ihens, on tenoit un compte rij^oureux des exceptions que pré-
sentent ces constitutions ex traordijioires sur lesquelles les moyens
lutdicaux ont une action toute différente de celle qu'ils exercent
sur le plus grand nombre des individus , on ne pourroit établir
aucun principe en matière médicale ; et en effet le bon pralicien
fait, dans un grand nombre de circonstances, autant la méde-
cine 'des individus que celle des maladies. (Vojez la note de la
p:igc55i du lome 1^'.) P.H.N.
CLINIQUE. 243
La propriété qu'a le camphre de ralentir la circLi-
lalioii en même temps qu'il provoque le sommeil,
peut le rendre utile dans quelques cas; néanmoins il
ne faut pas perdre de vue que ce ralentissement n'est
qne momentané. Il faut éviter d'administrer cette
substance en trop grande dose jcarj'ai fait voir ailleurs
qu'elle peut occasionner la syncope, surtout lorsqu'on
l'administre par la bouche.
Alcool. On emploie rarement l'alcool pour pro-
voquer le sommeil; car il l'occasionne moins facile-
ment qne l'opium. Cependant il peut être utile chez
des individus robustes ; c'est ainsi que Desault en a
fait usage avec succès pour réduire une luxation dans
laquelle lousles efforts de l'art avoient été inutiles. On
a desexemples où l'opium n'a pas provoquéle sommeil
qu'on a occasionné ensuite par l'usage de l'alcool. Il
est inutile que je fasse connoîlre son mode d'adminis-
tration , ni que j'expose les caractères de l'ivresse
qu'il détermine.
On sait que les vins très-alcooliques peuvent le rem*
placer»
Jusquianie noire ( hyosciamus niger , L. )»
Quelques médecins ont conseillé de remplacer l'o-
pium par la jusquiame , en ce que celle-ci ne sup-
prime pas la sécrétion muqueuse de l'intestin comme
le faitropium(i),Dureste onn'a pas encoreassez étu-
dié ses effets particuliers ni le mode le plus convena-
ble d'administration.
(i ) Cullen a observé que la jusquiame occasionne plus facile-
ment le délire , et que le sommeil qu'elle tlélermine est plus
agile que celui qui est produit par l'opium. P. H. N.
244 PHARMACOI'EE
La ciguë officinale , la pomme épineuse , la bella-
done ue sont polut employées pour provoquer le
sommeil ; elles sont au moins superilues, et on n'a
pas encore appris à diriger leur action hypnotique.
Feuilles de digitale pourprée (digital is pu rpurea,
L. J. Ou a quelquefois employé ces feuilles pour pro-
voquer le sommeil. Leur action paroît se rapprocher
de celle ducamphrc, eu ce qu'elles diminuent quel-
quefois en même temps la l'requence du pouls et la
chaleur générale. Ou les administre parliculièremeut
par la bouche et sous les formes que j'ai indiquées
ailleurs ( tome l^r^ P''^g^* 364 ). Ou n'a |>as encore ob-
servé si on peut obtenir un etfet analogue en les in-
jectant dans le gros intestin , et en les faisant absorber
par la peau. Du reste nous n'avons pas encore assez
de faits précis pour pouvoir nous servir avec suc-
cès de ce moyen comme hypnotique.
Douche. On en fait usage pour diminuer Tirrita-
tion de l'encéphale, mais rarement pour provoquer
le sommeil. On dirige la douche vers le vertex, et
on en continue l'usage pendant un temps plus long
que lorsqu'on veut exciter; cola est d'ailleurs subor-
donné à la susceptibilité individuelle. Ou y a fré-
quemment recours dans le cas de manie avec excita-
lion très-marquée: une durée de quelques minutes
suOitle plus ordinairement (i).
(i) Les affasions d'eau fioiclc recommandées parles médecins
anglais dans le traitement des fièvres essenliclles , malignes CË
C(jnta{;ieuses , se rajiprocbent des douclies par leur manière
d*ni;lr5 cependant, comme les affusions se l'ont sur nnc large
suilaoe, qu'elles tom])enl comme en na|)pes et d'une hauteur
mudércc , elles agissent moins par la percussion que les doucli^^
CLINIQUE. 245
Commotion avec V électromoteur et avec la bou-
teille de Leyâe. Ce moyen n'est pas usité pour jjro-
voquer ]e sommeil ; il peut déterminer des accidens
graves si on l'emploie avec la force et la durée néces-
saires à cet effet.
Froid, On connoît la propriété qu'a le froid
prolongé d'occasionner l'assoupissement ; mais ce
moyen porlé au degré convenable , et entretenu
pendant la durée nécessaire pour provoquer le som-
et semblent tenir le milieu enlre ces dernières et les bains tle
surprise. On voit , par les observations du docteur Currie , pu-
bîiées en 1798, qu'il essaya d'abord ce moyen avec succès dans
«ne fièvre maligne contagieuse qui s'étoit manifestée à l'bôpital
de L.verpool eu décembre 1787; qu'il fit , en ,^9.., d'autres
essats beureux dans une fièvre des prisons qui régnoit alorsàLi.
verpool. L'auteur assureen avoir aussi retiré de bons effets dans
les fièvres scarlatines. C'est dès le premier ou le second lour de
Ja maladie qu'il recommande spécialement ce^ affusions; ce-
pendant, employées aux diverses périodes de la makulie , 'lors-
que la cbaleur et la sécheresse de la peau sont considérables,
elles calment toujours, suivant lui, les symptômes les plus
v.olens. ïl faut que le malade n'ait ni frisson ni sueur. Le
nioment le plus propre pour les employer est celui où le re^
doublement est dans sa force. On place le malade dans une es.
pcce de baignoire , au-dessus de laquelle est suspendu un seau
d eau qu on verse sur son corps : la tempéralur; de l'eau doit
être de 7 à i5 degrés de îléauuwxr, sulvar.t la force des indi-
vidus.Laffusion doit être brusqueet prompte; aussitôt après on
essuie le malade avec des linges chauds, et on le transporte dans
son ht: sur-le-champ le pouls se ralentit , la chaleur et la fièvre
se calment, et le malade transpire abondamment. Depuis la pu-
bl.calion des observations du docteur Currie, on a contiuué
d eniployer les affusions d'eau froide en Angleterre; mais elles
ont été très-rarement essayées en France. P, //, /f.
246 PHARMACOPEE
meil , peut dëterm'mer des accidens. INëanmoins on
3'emj^îoie quelquefois pour diminuer l'excilalion de
l'encéphale, par exemple, daus des cas de fureur
maniaque. On applique à cet effet, sur la tète, de la
neige et de la glace pilëes, ou un mélange suscep-
tible de produire du fi-oid (tome II, page 18),
M. Piuel en fait quelquefois usage dans le cas que je
viens de citer.
Moyens secondaires.
Le sommeil que déterminent les bains généraux
cliauds approche plus ou moins de l'état apoplecti-
que. Ce moyen ne sauroit donc convenir que dans
peu de circonstances.
§ II. Médications particulières des organes des
sens.
On peut agir sur les organes des sens de la même
manière que sur rencé))liale j on peut exciter ou sus-
pendre leur action ; le même stimulus peut produire
ces deux effets. On sait , par exemjilc , que le pas-
sage subit d'un lieu très-sombre dans un milieu très*
éclairé peut occasionner la cécité, qu'un son très-fort
|)cut donner lleil à la surdité.
lo. Excitation de l'action des sens*
On excite les sens tantôt par rapport à eux , et
tantôt pour exercer une action secondaire sur l'en-
cé[)hale ou sur d'autres organes. Les effets secon-
daires de l'excitalion des sens du toucher , de la vue,
de l'ouic tt de l'odorat sur l'encéphale sont plus
C L I N I Q U K. 247
marques qne ceux de l'excltalion du goîit. Les sens
du toucher et de l'odorat ont une in(îue:ice mar-
quée sur le cœur et les ])oumons, ainsi qu'on i'oh-
serve dans les cas d'asphyxie et de syncope.
Les cil constances locales qui nécessitent cette mé-
dication sont un élat de débilité et de tendance à ia
paralysie. Les circonstances tirées de l'état de l'en-
céphale , du coeur et des poumons sont les comata ,
la syncope, l'asphyxie.
Lorsqu'on veut exciter l'action des sens, on se
sert fréquemment de leurs excitans naturels : c'est
ainsi qu'on approche de l'œil une lumière vive,
qu'on tait entendre des sons plus ou moins torts ;
la musique exerce suitout une intluence très-
grande tant sur les fonctions intellectuelles et les
passions, que sur la locomotion. Pour exciter l'or-
gane de l'odorat , on fait renitler de l'acide acétique
concentré , de l'ammoniaque pure , du carbonate
d'ammoniaque pyro-huileux , de l'acide sulfureux ,
de l'acide muriatique oxygéné, des sucs concrets
fétides, tels que l'ammoniacum, Tassa foetida, etc.
Pour exciter l'organe du goût, on met la langue
en contact avec du camphre , du poivre, du mu-
riate de soude, et en général avec des corps très-
«apides, mais qui ne soient pas susceptibles d'en-
flammer promplement. En général ces excitans ^
s'ils agissent d'une manière trop intense, peuvent;
déterminer rinlîammation des organes des sens, en
naème temps que leur sédation , ou isolément.
Le même corps extérieur ne produit pas chez
tous les individus la même sensation : celle-ci
est en général en rapport avec l'éducation que les
248 PHARMACOPEE
seus ont reçue, et avec leur degré de susceptibi-
lité. La même sensation ne produit pas chez loua
les individus une impression analogue , soit agréa-
ble , soit pénible ; elle ne le fait pas non plus chez
l' même sujet à des époques différentes. Les effets
secondaires sont plutôt en rapport avec l'impression
agréable ou pénible qu'avec Tespèce de sensation.
IXéaiimoins ils varient encore (quoique l'impression
agréable ou pénible soit la même) selon le degré
d'intensité de la sensallon , selon la disposition ac-
tuelle de l'individu, selon la délicatesse de l'organe
des sens, selon l'éducation qu'il a reçue, selon sa
suscejUlbillté; ils varient selon l'Age, le sexe, le cli-
mat, le préjugé, l'imagination, le degré de suscep-
tlbililé et de mobilité générales, selon l'état maladif,
l'hablludc, etc., etc. On volt facilement, d'après
cela, que lorsqu'on veut modKier l'organisme par
l'entremise des sens , il faut envisager un grand
nombre de rapports ; et que , quelque sagacité
qu'on y apporte, ou ne peut avoir qu'une somme
plus ou moins grande de probabilités. On ne peut
jiier , par exemple , que la musique n'ait appalsé des
douleurs de goutte, qu'elle n'ait quelquefois calmé
la fureur maniaque, etc.; mais on ne peut se pro-
mettre de pareils succès, quolcju'on ait recours au
même moyen dans des clrconslances en ap])arence
analogues. Ou observe la même chose relativement
aux odeui'S. Il faut convenir cependant que les
odeurs félidés, telles que celle de l'assafœtlda, plai-
sent en général aux hvsléi iques, et font quelquefoisi
cesser les affections spasmodiques qui constituent
celle maladie
CLINI QUE. 249
On peul aussi agir sur les seus à l'aiJe de l'élec-
tricité. Ou peut les électriser par pointe, par scin-
tillation et par commotion. Celle-ci peut être déter-
minée avec l'électromoteur ou avec la bouteille de
Leyde. La manière d'aj)pliqner ces différeus modes
d'électrisation ne diffère pas de celle que j'ai indi-
quée en traitant de l'excitation de la membrane mu-
queuse qui recouvre ces sens. Pour déterminer des
commotions galvaniques dans l'œil , on met souvent
à nu, au-dessus du sourcil , la branche palpébro-
frontale du nerf orbito-frontal ; on se sert à cet effet
de cautharides, et on y applique un des pôles de
réiectromoteur, tandis que l'autre pôle commum-
que avec une portion quelconque de la peau qu'on
a humectée (i). Je n'ai pas besoin d'indiquer que si
on veut déterminer des commotionsavec la bouteille
de Leyde, soit dans l'oeil, soit dans l'oreille, il f sut
le faire avec la plus grande prudence; car on a des
(i) Je ne vois aucun avantage à établir la vésication au des-
sus des sourcils pour faire agir le galvanisme sur l'œil. Une
plaie au vi'^age , lors même qu'elle ne met à nu que le derme,
est toujours Ircs-désagréabie; et si le malade se décide à l'ap-
plication des cautharides sur celle partie, ce n'est que dans i' es-
poir d'obtenir , par l'excitation des tissus mis à nu , un soula-
gement qui ne pourroit pas avoir lieu sans celle condition. Or
on détermine très-bien les commotions galvaniques dans l'œil
sans aucune dénudation préalable ; et elles sont absolument les
mêmes pour leurs elïets, que celles dans lesquelles ont lx»it agir
les excitations sur des tissus dénudés. Pour cela il sufiit , l'œil
étant fermé, d'exciter par un des pôles de la pile la partie de
la paupière supérieure qui correspond au centre de cet organe,
en même temps que la communication est établie entre l'aalrô
pôle et la partie postérieure de la lète. J'. H, N,
2 5o PHARMACOPEE
exemples de cécité et de surdité qui en ont été la
suite. C'est particulièrement dans des cas de paraly-
sies complètes ou incomplètes de ces sens qu'on a
eu recours à ce mode d'excilalion. On a peu d'exem-
ples d'amauroses guéries par ce moyen ; il paroît cpie
la surdité lui a j)lus souvent cédé ; mais il est di facile
de déterminer quels sont les cas où on a le ])las de
chances à rourir. On sait que ces affections dépen-
dent souvent de lésion de texture de Tencépliale ou
de l'organe de la vue. Les sensations que produit \\ -
leclroraoleur varient selon le pôle dont 071 se sert pour
exciter : c'est ainsi que le pôle zinc occasionne une
saveur aigre, et le pôle cuivre une savear alcaline ;
le pôle zinc produit une lueur bleue, et le pôle
cuivre une lueur rouge ; le pôle zinc détermine dans
l'oreille un ébranlement avec irradiation marquée,
et le pôle cuivre une douleur pongilive; le pôle zinc
produit dans l'organe de l'odorat une douleur lan-
cinanle avec besoin d'élernuer,etle pôle cuivre une
douleur pongilive.
2^. Sédatlon de l'action des sens.
Cet effet peul être porté à des degrés variés de-
puis la simple suspension d'action jusqu'à la para-
lysie. Oucherclie à la déterminer ou par rapport aux
orgRuesdes sens, ou par rapport à rencéj)liale , ou
cniin par rapport à tout l'organisme. On y a recours
dans les cas d'inilammalion , de susceptibilité extrême
de l'organe des sens , d'exaltation de l'encéphale,
d'une lièvre très-intense , etc.
Le moyen le plus simple, et en même temps le
C L I îî" I Q U E. 25 r
plus naturel, pourdëlerminer la sédation de racliou
des SCDS, consiste dans rëloiguement de leurs exci-
taus ordinaires : c'est ainsi qu'on place le sujet dans
lin Jieu sombre, tranquille; qu'on l'eloigne de tout
corps odorant ; qu'on ne lui donne que des sub-
stances peu sapides, etc. On n'a pas encore expéri-
menté si l'opium, le camphre, les huiles volatiles,
l'ether, l'alcool , etc. , appliqués en grande quantité
sur les organes des sens, peuvent diminuer leur sus-
ceptibilité et les jeter dans une paralysie momenta-
née. J'ai fait voir plus haut que l'action immodérée
et trop long-temps continuée des excitans ordinaires
peut les paralyser. Je viens de faire voir que la com-
motion électrique a quelquefois déterminé des effets
analogues. Mais on conçoit facilement combien est
grand le danger qui accompagne l'emploi de ces
moyens; ou peut facilement en conclure qu'il faut
s'en tenir au simple éloiguement de leurs excitans
ordinaires.
§ ÏII. Médications nerveuses communes à un grand
nombre d'organes.
Ces médications consistent dans la déterminaiioa
ou la sédation de la douleur, dans l'excitation de la
contractilitë sensible des organes, ou dans la séda-
tion des spasmes et des convulsions non encépha-
liques.
1°, Excitation de la douleur.
Les effets directs, contigus et sympathiques que
produit la douleur , la convertissent eu un moyen
252 PHARMACOPEE
medicaraeuteux. Elle peut occasionner et augmenter
directiMTieiit rinilammalion et mêmf^ la gangrène ;
elJe pcuiuetermlner, augmenter on faire cesser l'ir-
rilalion des organes contigus. Son action sympathique
est surtout évidente; elle excite l'action d 'S sens, les
fonctions de i'en'endement, des muscics volontaires
et de la voijt, rend la respiration diflicile et fré-
quente , donne au pouls ai la fiéquence , de la pe-
littrsse, de l'irrégularité; elle peut même suspendre
l'action du cœur, ou la réveiller dans le cas de syn-
cope. Par sa continuité, elle peut occasionner et en-
tretenir un état de lièvre lente, altérer plus ou moins
la digestion , les sécrétions , les exhalations, la nutri-
tion ,ra]tsorption, etc. Son influence sur les fonctions
que je viens d'indiquer est plus ou moins durable.
On produit la douleur pour déterminer une exci-
tation directe ; on en fait usage pour exciter des or-
ganes contigus ou pour faire cesser un état doulou-
reux, comme dans les cas de névralgie, d'odontalgie,
de céphalalgie, etc. On y a recours pour réveiller
l'action des sens, de rencé])hale, des organes locomo-
teurs, de la voix , etc. , par exenjple, dans les para-
lysies locales, dans les coma , etc. On s'en sert pour
exciter l'action du coeur et des poumons dans les cas
de syncope et d'asphyxie.
La douleur, envisagée comme médicament, con-
vient plus particulièrement auN.enfans,aux femmes,
aux tempéramens nerveux très -susceptibles, aux
hystériques, aux hypochondriaques,aux habitansdes
climats modérés, etc. C'est la peau, l'origine des
membranes muqueuses et les uerfsqu'on choisit pour
devenir le siège delà douleur médicamenteuse, lors-
CLIÎTIQUEo 2^3
qa'on veut agir par couliguité ou par sympathie.
Peu d'orgaues fout exceptlou lorsqu'il convieut d'a-
gir direclemeut.
Les moyeus qu'on emploie pour déterminer
de la douleur produisent presque tous en même
temps d'autres effets locaux, tels que l'inflammation
et l'escarre; souvent même on n'enflamme et on
ne cautérise que pour occasionner de la douleur.
Douleur nerveuse. Pour exciter la douleur des
nerfs, on a recours à la sciulilJation électrique et
aux commotions avec l'électromoteur : on déter-
mine celles-ci sur les régions cutanées qui recou-
vrent directement les ramuscules nerveux qu'on veut
exciter. Celle douleur présente quelques différences
selon que le plateau électrique est vitreux on rési-
neux, et selon qu'on se sert du pôle zinc ou du pôle
cuivre de l'électromoteur. Les étincelles détermi-
nent une cuisson plus forte et plus continue lorsque
le globe ou le plateau électrique est résineux que
lorsqu'il est vitreux; le sentiment de déchirement:
est plus fort et plus incommode lorsqu'elles sont pe-
tites, rougeâtres, qu'elles approchent davantage de
]a forme d'une pointe ou d'un dard que de celle
d'une sphère; lorsqu'on fait usage d'un excitateur
dont l'extrémité est obtuse , que de celui qui se ter-
mine en sphère. Les commotions qu'on détermine
avec le pôle cuivre sont plus cuisantes, plus doulou-
reuses que celles qu'on produit avec le pôle zinc.
La scintillation électrique et la commotion avec l'é-
lectromoteur sont accompagnées de convulsions par-
tielles et d'une inflammation directe plus ou moins
intense.
254 PHARMACOPÉE
Des sensations très-fortes peuvent aussi être cu-^
visagées comme des moyens propres à exciter de
la douleur dans les organes des sens.
JJ ouïe nr cutanée. Lorsqu'on veut déterminer de
la (ioule(U' à la peau , on se sert de moyens variés :
tels sont le pincement, le chatouillement, la rubé-
faction et rescarrilicatioïi. Les deux premiers modes
n'agissent que sur les propriétés vitales et animales
de l'organe cutané, tandis que les deux autres affec-
tent pluspartic\ilièrement les propriétés organiques.
Pour produire le chatouillement , on choisit les ré-
gions cutanéeslesplussensiblcs:telssontles aisselles,
les aines, les côlés de la poitrine, la plante des
]iieds. Tous lesindividusn'y sont pas également sen-
sibles; il en est chez lesquels il peut occasionner la
syncope, le vomissement, etc. Ce moyen peut re-
tirer, au moins momentanément, Tencéphale de
l'état de sommeil et de coma; il réveille souvent
l'action du cœur dans la syncope. Ses effets secon-
daires ont lieu aussitôt, mais ne sont que momen-
tanés; pour qu'ils puissent être de quelque durée ,
il faut renouveler l'usage de ce moyen à des inter-
•vallcs rapprochés. L'observation journalière ap-
prend que le chatouillement et le piucemeat retirent
plus facilement l'encéphale de l'état comateux que
lie le font les sensations de l'ouïe et de la vue :
l'habitude modifie d'ailleurs ses effets secondaires. Ce
moyen peut convenir dans les fièvres ataxiques , dans
les différentes affections comateuses, dans la syn-
cope , dans l'asphyxie , et en général dans les cas
qui nécessileuL une excitation prompte , mais ins--^
laulanéc.
CLINIQUE. 255
Lorsqu'on dëteimine lai iibëiactiondaiis rintention
de produire de la douleur, ou clioisit les régions
cutanées les plus sensibles, telles que la piaule des
pieds, les lombes, le dos, etc. On n'applique les ir-
rilans que jus ju'à ce que la rubéfaction ait lieu , et
on enllamme ainsi successivement une étendue plus
ou moins grande de l'organe cutané : on préfère
les moyens propres à enilammer promptemeut une
grande surface. C'cist uniquement pour produire
de la douleur qu'on rubéfie dans les lièvres adyua-
miques et ataxiques, dans la plupart des comata,
dans l'asphyxie, dans la syncope, etc.
Lorsqu'on cautérise pour occasionner de la dou-
leur, on choisit également les régions 'de la peau
les plus sensibles; ou préfère les moyens qui oc-
casionnent beaucoup de douleur : tel est le feu
qu'on applique à l'aide de corps incandescens ou
eu combustion. Lorsqu'on se sert de l'acier rougi
à blanc, ou l'applique d'abord d'une manière ob-
jective ou transcurreute.
Les incisions, les piqûres, l'application des sang-
sues , peuvent aussi convenir pour provoquer de
la douleur; mais on y a rarement recours.
Douleurs des membranes muqueuses. Lorsqu'on
veut déterminer de la douleur sur les surfaces mu-
queuses , on choisit les régions les plus extérieures:
c'est ainsi qu'on titille l'intérieur du nez , de l'urètre,
du conduit auriculaire, etc. avec des corps étrangers
ou avec des licjuiJes plus ou moins irritans. jMais on a
encore peu fait usage de ce genre de moyens que
Bichat avoit particulièrement conseillé.
Douleur du tissu cellulaire soucutanc.On détcr-
556 ' PHARMACOPÉE
mine rarement de la douleur dans le tissu cellulaire
soucutané. Néaumoins un des avantages du fonticule
à se'ton sur le Ibntlcule à pois , paroît dépendre de ce
que ses pansemens sont plus douloureux.
2.0. Sédadon de la douleur»
Si la douleur fait quelquefois l'office de médica-
ment , elle est fréquemment une maladie qu'il faut
comballre ; mais l'opium, l'éther , l'alcool , l'aimant,
etc. sont loin de pouvoir la faire cesser dans tous les
cas. Souvent ils l'augmentent ; presque toujours ils
sont inefficaces lorsqu'elle dépend d'une cause maté-
rielle directe ou sympathique.Nousn'avonsdoncpasde
moyens spécifiques à cet effet. Nous sommes obligés
au contraire de varier le traitement selon ses diffé-
rences. Quelquefois on enlève la cause; d'autres fois
on engourdit, on incise ou on escarrifie le nerf affecté
et celui qui transmet la douleur. Quelquefois oa
jette l'encéphale dans l'état de sommeil , afin de le
rendre incapable de percevoir la douleur. Dansd'au*
très cas on produit une très-forte douleur dans Je
voisinage de la partie affectée. Il est des circonstances
où il paroît convenable de recourir aux médications
atoniqnes. On sait que la distraction, l'inllueucc de
l'imagination , la musique, les voyages font souvent
cesser des douleurs contre lesquelles tous les moyens
pharmaceutiques avoient échoué. Concluons de là
qu'il n'existe pas à^ anodins proprement dits, mais
que la douleur doit être envisagée comme un sym-
piome, et exige un traitement différent selon ses cau-
ses , etc.
CLINIQUE. 257
3®. Excitation de la contractilité sensible y tant
animale qu'organique.
On met en jeu la contractilité sensible animale et
Organique pour rejeter au dehors des substances con-
tenues dans l'estomac, dans l'intestin , dans les bron-
ches, dans la vessie urinaire et dans l'utérus , ou pour
réagir sur tout l'organisme , ou enfin pour réveiller
celte propriété lorsqu'elle est anéantie ou plus ou
moins affoiblie. On voit d'après cela que l'éternue-
Jnent, la toux, le vomissement , la contraction péris*
tallique de l'intestin, sont en grande partie du ressort
de cet ordre de médication.
Les excitans dont on fait usage pour mettre en jeu
cette contractilité varient presque autant que les or-
ganes qu'on choisit à cet effet: c'est ainsi qu'on em-
ploie le tartrite de potasse antimonié pour provo-
quer le vomissement^ la racine de jalap,etc. , pour
exciter la contraction péristaltique de l'intestin, etc.
Tantôt on met l'excitant en contact avec la membrane
muqueuse qui estcontiguë au tissu musculaire, tan-
tôt avec une surface plus éloignée qui sympathise
avec lui: c'est ainsi qu'on excite la membrane mu-
queuse du nez pour produire l'éternuement. 11 existe
néanmoins des excitans communs à beaucouj) d'or-
ganes : tels sont l'électricité et le galvanisme. On s'en
sert particulièrement pour faire contracter les mus-
cles volontaires , la vessie urinaire , l'utérus, et pour
mettre en jeu la respiration et la circulation lorsque
J'action des poumons et celle du cœur sont suspen-
dues.
II. 17
2j5 V H A R M A C O I» E E
Pour ëlectriser les organes locomoteurs, on peitÉ
recourir à la scintillallon , ou déterminer des commo-
tions soit à l'aide de rélcctromoteur , soit à l'aide de
la boutiMlle de Lcyde. Si on a recours à la bouteille
de Leyde , on peut limiter la commotion à l'aide des
deux directeurs dont j'ai parlé à la page 3o de ce tome.
Lorsqu'on fait usage de l'ëlectromoleur, on met le
nerf musculaire en contact médiat avec un des pôles
de la pile , et les muscles eux-mêmes avec l'autre
pôle : c'est ainsi que , pour galvaniser les muscles du
bras , on fait communiquer un des pôles avec la main ^
l'autre avec le sommet du raclils.
Pour galvaniser un membre abdominal, on fait
communiquer un pôle avec le pied , et l'autre avec
le baut du racbls*
Pour galvaniser la bancbe,on fait communiquer
celle-ci avec un pôle, et la région dorsale avec l'autre.
Pour faire contracter la vessie urinaire, on intro-
duit une sonde creuse de caoutcbouc dans sa cavité ,
et par son intermède une tige me'tallique : on fait
communifjuer celle-ci avec un pôle , et la région lom-
Liiire avec l'autre , etc. , etc.
Pour exciter la contraction du coeur, on conseille
défaire communiquer l'éplgastre avec un pôle , et la
région du coeur avec l'autre.
Pour mettre eu jeu la respiration , on fait égale-
ment communiquer l'éplgastre avec un pôle, et le
col , le voisinage de l'oreille ou le sommet du racbis
avec l'autre , etc.
Mais la contraction qu'on excite à l'aide des moyens
que je viens d'indiquer n'est que momentanée , et les
muscles se rclâcbcut immédiatement après. Ce reU-
CLINIQUE. 259
cîiemeiit est d'aïUaut plus grand que les contractions
ont été plus fortes , et qu'elles ont été plus multipliées»
Aussi l'électrisaliou ne produit • elle pas toujours
dans la paralysie l'amélioration qu'on paroît être ea
droit d'attendre d'un pareil moyen. Cette améliora-
tion n'a souvent lieu qu'à la longue ; elle s'arrête
quelquefois à un certain degré , quoiqu'on continue
l'emploi de ce moyen : souvent elle n'est que raomen-
lanéci Gela ne doit pas étonner ; la paralysie peut dé-
pendre de causes si variées , elle peut coexister avec
des états si différens , elle peut être portée à des de-
grés si divers , qu'il est impossible qu'elle cède cons^
tamment au même moyen. Le plus souvent il s'agit
moins de faire contracter l'organe que d'enlever les
causes qui s'opposent à son action. Dès que celles-ci
sont enlevées, l'organe se contracte de nouveau sous
ses stimulus ordinaires.
Une douleur vive, l'impression dufroid , sont aussi
des moyens propres à faire contracter les organes j
mais on peut leur appliquer ce que je viens de dire de
î'électrisation*
4°. Séclaùon de la conlractilité sensible, tant aîii-
male qu'organique.
On cherche rarement à paralyser la oontraclilité
en question dans l'état de santé. Je n'ai pas besoin de
parler de l'inlluence qu'a le repos prolongé sur l'af-
foiblissement de la conlractilité. On sait qu'une com-
pression circulaire méthodique s'oppose à la contrac-
tion des organes: on en fait usage dans les fractures,
dans quelques cas de luxation, etc. Ou sait que l'o-
2tJo PHARMACOPÉE
plum , le camphre , l'alcool appliqués en grande
quaiultë sur des tissus contracliles , les jettent dans
un éliit de paralysie momentanée. On peut obtenir un
effet analogue à l'aide des huiles volatiles , du phos-
phore et de la plupart des excitans propres à agir
promptement et avec beaucoup d'intensité. Les ex-
périences sur les animaux vivans démontrent avec
quelle promptitude les différens sels neutres en solu-
tion aqueuse affuiblissent la contractilité musculaire.
J'ai en lieu de m'en convaincre par les expériences
comparatives que j'ai tentées sur des grenouilles ,
dont je plongeois une cuisse dans de l'eau ordinaire
et l'autre dans cette même eau saturée de substances
salines, par exemple, de muriate de soude , de nitrate
de potasse, de muriate d'ammoniaque^ etc. : la pre-
mière conlinuoit de répondre au stimulus galvanique
long-temps après l'autre. Mais en général cette para-
lysie n'a pas lieu instantanément , même si on em-
ploie de l'opium; la contractilité paroit d'abord le
plus souvent exaltée. On sait aussi que des commo-
tions électriques trop fortes et trop longtemps con-
tinuées jettent le muscle dans un état de paralysie.
Mais on clierche rarement à amortir la contractilité
lorsque cette propriété est à l'état sain : l'iris est le
seul organe qui fasse exception jusqu'ici.
Pour déterminer la paralysie de l'iris, il suffît
d'appliquer sur la conjonctive quelques gouttes d'un
solutum aqueux de suc épaissi de belladone ou de
jus(juiame. On peut aussi appliquer ce suc épaissi
aux tempes, lorsque des circonstances locales empê-
chent de le mettre directement en contact avec la
conjonctive. La dilatation de la prunelle ne tarde pas
CLINIQUE. 261
à suivre , mais elle n'est pas de longue durée ( j ). On
a recours à ce moyen dans le cas de rétrécissement
récent de la pupille, sans adhésion au cristallin; lors-
que! y a des taches sur la cornée et lorsque le centre
du cristallin est opaque. Il est nécessaire , dans ces
différens cas, de renouveler l'emploi de ce moyen
toutes les fois qu'on veut faire usage de la vue pen-
dant quelquesheures. Il existe une circonstance qui ne
nécessite la paralysie de l'iris que momentanément ;
c'est l'opération de la cataracte par extraction : la sor-
tie du cristallin devient plus facile; mais il peut arri-
ver que l'iris relâché tombe entre les bords de l'inci-
sion faite à la cornée , ainsi que l'a observé M. De-
mours (2 ),
C'est le plus ordiûairement dans l'état de spasme
et de convulsion qu'on cherche à déterminer la para-
lysie momentanée des organes malades. Mais , par
cela même que ces maladies peuvent reconnoilre des
causes variées , qu'elles peuvent être locales , ou dé-
pendantes de l'état de l'encéphale , il doit nécessaire-
fnent résulter que les mêmes moyens ne doivent pas
pouvoir constamment réussir: c'est en effet ce que
l'observation et les expériences cliniques démontrent,
11 n'existe donc pas de médicamens antlspasmodi'
(1 ) La jusquiame agit pins folblement que la belladone ; leur
action ne paralyse nullement la rétine ; mais l'eau distillée de
laurier-cerise paroit avoir, en agissant sur l'iris, déterminé en
même temps l'amaurose. P. H. N.
(2) On a aussi recours à ce moyen pour établir le diagnostic
des maladies du cristallin et de l'iris , par exemple , pour voir ,
i°. quelle est la qualité de la cataracle , oo, c', gUc est adhérente
ou noa à l'iris. P. //. N.
2b2 PHARMACOPEE
(/ues proprement dits ( i ); mais le traitement des
spasmes et des convulsions doit varier autant que
leurs différences : c'est ainsi que l'opium , Téther, le
camphre, les huiles volatiles, l'alcool, l'aimant, sont
Joln de faire toujours cesser les spasmes et les convul-
sions ; on ne peut même espérer quelque chose de leur
emploi que lorsque ces mouvemens désordonnés nç
dépendent point d'une cause matérielle soit locale ,
soit sympathique. On obtient même souvent des effets
plus certains de l'emploi des amers, du quinquina,
des ferrugineux , de l'inllammation et de l'escarrifi-'
cation de parties plus ou moins éloignées, de l'appli-
cation directe ou conliguë de moyens atoniques var
ries , que de l'usage des prétendus antispasmodiques^,
On a quelquefois exercé avec avantage une compres-
(i) Je ne suis pas entièrement de l'avis de M. Schwiigué:
de ce que les mitispasniodUjues ne produisent pas toujours
l'effet qu'on en attend, il ne s'ensuit pas qu'on doive tct
jeter cette expression. Il n'es^iste aucun médicament, mèmç
parmi ceux dont les propriétés sont le moins variables ,
qui n'échouent quelquefois dpnsleur action; ceux qui stimulent
spécialement les orcanes urinaircs n'augmentent pas toujours
la sécrétion des uriuesj les mercuriaux ne guérissent pas toutes
les maladies vénériennes, et on voit tous les jours des fièvres
intermittentes résister à l'action du quinquina. On ne doit donc
reconnoître aucun spécifique , si l'on prend ce mot dans toute la
rigueur de l'acception qu'on lui a donnée ; cependanton ne peut
pas se refuser à admettre des fébrifuges, des antisyphilitiques,
des diurétiques, etc. Si l'on change le nom des mcdicamens anti-
îipasmodiques, on n'en continuera pas i>*'iins de les regarder
comme propres à calmer un grand nombre d'affections spas-
modiques et convulsives, et à les considérer spécialement soyi.
ce rapport. P. H. N.
CLINIQUE. 263
sion circulaire autour du «leiuijre atïeclc de S]>asme
ou deconvulsiou. On est souvent obligé de détermi-
ner la sédation de l'encéphale , afin de faire cesser les
mouvemens désordonnés des organes locomoteurs.
Lorsque le spasme et les convulsions ne dépendent
point de l'état de l'encéphale, lorsqu'ils ne reconnois-
sent pas de cause matérielle, soit locale, soit sympa-
thique , et lorsqu'il n'y a pas d'irritation locale nota-
ble , on obtient souvent de bons effets de l'emploi de
l'éther, des huiles volatiles, de l'opium, etc. Il est
des cas où certains excitans nerveux conviennent
plus particulièrement que d'autres : c'est ainsi que les
sucs concrets fétides font souvent cesser les convul-
sions hystériques, tandis que le musc les augmente.
ORDRE SIXIÈME.
Médications particulières de la circulatioiu
Les chaugemens qu'on peut déterminer dans la
circulation sont l'augmentation ou la diminution de
la fréquence du pouls et de la chaleur générale ,
l'évacuation du sang et la modification de la corn*
})osition de ce liquide.
§ 1er. Accélération de la circulation.
L'accélération de la circulation est ordinairement
liée à l'augmentation de la chaleur générale. Elle
peut exister à des degrés variés , présenter des mo-
difications sous le rapport de la force et du dévC"
loppement du pouls. Sa durée est tantôt momeu-
264 PHARMACOPÉE
lanëe , tantôt plus ou moins longue. Cette accëlë-
ration , portée à un haut degré , peut présenter le
caractère de la fièvre inflammatoire; elle peut être,
réunie à un état d'agitation cérébrale , de sommeil, et
même de narcotismc , etc.
C'est parmi les moyens dont on se sert pour dé-
terminer les médications toniques qu'on choisit les
excitans de la circulation; mais tous ne peuvent
également convenir. Les huiles volatiles ,les plantes
aromatiques , les baumes , les térébenthines , l'al-
cool , l'élher , l'opium produisent cet effet d'une
manière notable , mais seulement momentanément.
Leur dose pour accélérer la circulation doit être
grande, sans cependant outre-passer certaines bor-
nes ; car sans cela on peut occasionner des acci-
dens variés , et même quelquefois des effets tout
différens do ceux qu'on recherche : c'est ainsi que
]e camphre , donné à la fois à la dose d'un à plu-
sieurs grammes , peut occasionner la syncope. Il
est même des substances, telles que le camphre,
qui paroissent d'abord ralentir le pouls, puis l'accé-
lérer et augmenter la chaleur animale. L'accéléra-
tion du pouls qu'on détermine à l'aide des moyens
en question est soumise à beaucoup de variations,
comme le ])rouvent les résultats souvent opposés
qu'ont obtenus des observateurs et des expérimen-
tateurs également dicnes de foi; elle est subordonnée
à l'état actuel des organes circulatoires , à la dose ,
et au degré de concentration du médicament, etc.
Parmi les moyens qu'on peut employer pour ex-
citer la circulation, il en est qui peuvent jeter l'en-
céphale dans un état de sédalion (l'opium, le cam-
CLINIQUE. 265
phre, réther, l'alcool, etc. )j d'autres qui Teulre-
tieiiDcut daus un état analogue d'excitation (le café ,
plusieurs huiles volatiles , etc.) ; quelques-uns qui
peuvent en mémo temps irriter certains organes :
c'est ainsi que les lérëbeulhines irritent les voies
urinaires.
C'est avec la membrane muqueuse de l'estomac
qu'on met le plus souvent ces excilans en contact ;
quelquefois on les injecte dans le gros intestin. Il
en est qu'on applique sur la peau : tels sont les
JDains chauds généraux, l'exposition à la ilamme de
corps en combustion ou aux rayons solaires, le baia
électrique, les frictions sèches. On administre ces
différens moyens de la même manière que pour ex-
citer localement , si ce n'est qu'on les emploie à
plus grande dose, à des intervalles plus rapprochés,
et qu'on en continue l'application jusqu'à ce que
la circulation soit accélérée d'une manière notable.
Mais ce n'est pas seulement dans l'ordre des
médications toniques qu'on choisit les moyens pro-
pres à accélérer la circulation. Les médications
j)hlegmaslques et escarroîiques sont très- souvent
employées à cet effet : la rubéfaction cutanée est
même un des plus puissans moyens dont on puisse
faire usage, La promptitude et l'intensité d'actiou
des irritans doit être en rapport avec la prompti-
tude et l'intensité de l'effet qu'on veut obtenu' :
aussi emploie-t-on des moyens variés dans la syn-
cope et dans la lièvre adynamique.
C'est lorsqu'il s'agit d'établir un effet notable
qu'on enflamme de suite ou successivement une
étendue plus ou moins grande de l'organe cutané ^
266 PHARMACOPÉE
et qu'on choisit les régions de ce tissu qui sympa-
thisent le plus avec les organes essentiels à la vie :
telles sont la plante des pieds , la partie interne des
jambes , des cuisses , la région dorsale , celle qui
correspond au cœur, à l'épigastre , etc.
Lorsqu'on fait usage des médications escarroli^
qucs pour exciter la circulation , on procède de la
même manière que pour exciter les fonctions ner-
veuses (page 287 de ce tome j.
Enfin l'excitation des organes des sens , et sur-
tout de celui de l'odorat , est fréquemment em-
ployée pour exciter l'action du cœur, surtout lors-
qu'elle est suspendue : c'est ainsi qu'on , fait ilnirer
de l'ammoniaque, de l'acide acétique concentré,
de l'acide sulfureux , de l'acide muriatique (tome 11,
page 247 ). Ce moyen , si avantageux dans la
syncope, pourroit aussi convenir dans les fièvres
adynamiques, et dans d'autres circonstances dans
Jesquelles l'action du cœur est notablement ralentie.
On peut pratiquer de légères commotions dans la
direction du cœur, à l'aide de l'électromoteur et
de la bouteille de Lc3'de , lorsque l'action de cet
organe est suspendue ou très-ralentie. On connoît
J'influence d'une bonne nourriture, d'un exercice
modéré, d'affections morales agréables, sur la cir-
culation.
Les circonstances dans lesquelles il convient de
réveiller et d'accélérer la circulation sont toutes
celles qui nécessitent une médication tonique gé-
nérale , et en particulier les lipothymies, les syn-
copes, etc.; mais on sait que la syncope n'exige pasi
toujours des moyens aussi puissans,
CLINIQUE. 267
§11. T\.al ends sèment de la circulation, et d'uninu-^
tion de la chaleur générale»
On peut produire cet effet à l'aide de plusieurs
voies différentes ; i'"\ en évacuant une quantité
plus ou moins grande de sang; 2°. en excitant des
sécrétions et des exhalations abondantes ; 3°. eii
diminuant progressivement la nourriture; 4"^. eii
faisant usage de bains lièdes généraux , de repos , et
de la plupart des moyens que j'ai fait counoîtredans
l'ordre des médications aloniques; 5"^. enfin par
l'emploi de certaines substances qui , introduites
dans les voies alimentaires, et qui quelquefois mêraq
appliquées sur la peau jouissent de la propriété
spéciale de déterminer cet effet.
Les corps qui , d'après les expériences cliniques y
jouissent de cette propriété , sont l'eau et les dif-
férentes boissons froides peu saturées , telles que
l'eau vineuse légère, l'eau foiblement alcoolisée et
éthérée; l'émulsion, surtout celle qui est préparée
avec les semences de cucurbitacées; les infusions et
décodions aqueuses étendues des substances extrac-
tives, muqueuses et gélatineuses; les sels neutres j,
et surtout le nitrate de potasse , le sulfate de ]K)-
tasse ; les sels acidulés , tels que le tartrite aci-
dulé de potasse , l'oxalate acidulé de potasse ; les
acides convenablement étendus , le camphre , les
feuilles de digitale pourprée , et même le bulbe de
scille. La plupart de ces substances ne produi-
sent les effets en question que lorsqu'elles sont
^'tendues dans quantité suffisante d'eau» Or ce \>r
268 r H A R M A C O P É E
quide seul produit le plus ordlualrement les mêmes
effets. En géuëral celte diminution de la fréquence
du pouls et de la température animale n'est que mo-
mealauée. Quoiqu'elle puisse avoir lieu dans la
plupart des circonstances, il est cependant des cas
maladifs qui nécessitent plus particulièrement l'em-
ploi de l'un de ces moyens. Toutes ces substances
n'agissent pas «l'ai Heurs tout à fait de la même ma-
nière. Les sels neutres el acidulés, les acides, l'al-
cool , le viu , convenablement étendus , excitent en
même temps les fonctions digestives d'une manière
modérée. Le camphre p'jii étendu iriite l'estomac ;
à grande dose il peut produiie la syncope ; il exerce
une action notable sur les systèmes nerveux ; la
diminution de la circulation ne suit pas constam-
ment son emjjloi ; elle est «Tuilleurs bientôt après
suivie d'une arceieralion notable du pouls et d'une
augmentation de la Cijaleur animale. Le nitrate de
potasse (i) peut, à grande dose, occasionner du raal-
cjise dans l'estomac ; il j)eiit même enllamnier et
cautériser cet organe , et déterminer ainsi l'empoi-
sonnement et la m')rt. Les feuilles de digitale pour-
prée ne ralentissent pas constamment la circula-
(i) On choisit le nitrate de potasse purifié. On peut l'admi-
liistrer en poudre , sous la forme de pastilles , d'élecluaire , de
pilules, cl en solution aqueuse plus ou moins concentrée. On
administre sa poudre seule , ou mieux , étendue dans quatre ou
neuf fois son poids de sucre. Pour lui donner la forme de pas-
tilles, il suffit d(3 convertir ce mélange en pâle à l'aide de quan-
tité suifisantc de miicila{>e de i^ommeadragant. On l'aromatise con-
venablement. On lui donne la forme d'élecluaire à l'aide de trois
parties environ de miel , ou du double de son poids de sirop.
CLINIQUE. 269
tîon. Cet effet, lorsqu'il a lieu, coexiste ordiuaire-
meut avec un ëlat de dureté du pouls ; il est plus
marqué lorsque le corps est dans une position ho-
rizontale ; il peut exister à des degrés différens,
aller même jusqu'à la syncope ; il dure plus ou
moins long- temps, et succède souvent à des lésions
fugaces de la vue, à des défaillances, etc.; il est
suivi de l'accélération du pouls et de l'augmenta-
tion de la chaleur générale»
On voit évidemment que l'action sédative de ces
différens corps est peu constante , légère et mo-
mentanée; plusieurs excitent en même temps l'or-
ganisme, tandis qu'il en est quelques-uns dont l'ac-
tion sédative paroît être générale. Il est facile de
conclure, d'après cela, qu'ils ne peuvent être que
d'une utilité momentanée , et que tous ne sauroient
être employés dans les mêmes cas. C'est ainsi que,
dans les fièvres intlammatoires et gastriques , dans les
phlegmasies aiguës , dans les hémorrhagies actives et
dansleshémorrhagies traumatiques,on fait particuliè-
rement prendre le nitrate de potasse, le tartrite acidulé
de potasse, le vinaigre, le sucdeciiron. Bans les fièvres
adynamiques légères , on emploie particulièrement
Pour préparer les pilules, on le mêle avec partie égale ou le
double de son poids de poudre de réglisse, et quantilé suffi-
sante de miel. Pour l'administrer en solution concentrée , on en
dissout ordinairement une demi-partie à trois parties dans cent
parties d'eau édulcorée et aromatisée; et pour l'avoir en solu-
tion étendue , une demi-partie à une partie pour mille parties
d'eau édulcorée. On le fait prendre par cuillerées dans le pre-
mier cas, et par verres dans le second. On remplace souyenS
l'eau par l'émulsion.
^2ji> P H A 11 M A C Ô P lé E
J'acide suirmi(]ue, le vin, l'alcool , convenablement
éleuJus. On fait prendre le sulfate acidulé d'alu-^
mine triple et l'acide sulfurique, dans les hémor-
rbagies passives , ainsi que dans les liéniorrhagies
traumatîqucs et, en un mot, lorsqu'il convient de
réunir une légère astriction avec la diminution de
la fréquence du pouls. On a fait usage de la digi-
tale pourprée dans les lièvres hectiques qui accom-
pagnent des suppurations abondantes , et surtout
celle de Torgane pulmonaire , parce qu'on croit
avoir aperçu que ce végétal diminue en même
temps la tendance à la suppuration. Lorsqu'on veut
diminuer la chaleur fébrile et la soif qui accompa-
gnent les phlegmasies et les hémorrhagies pulmonai-
res, on emploie de préférence l'infusion de réglisse
et des corps doux en général , ainsi que le nitrate
de potasse : on rejette les acides , parce qu'ils occa-
sionnent souvent de la toux. Lorsqu'on est exposé
à l'inlluence d'une haute température , et qu'on
fait en même temps beaucoup d'exercice, on pré-
fère le vin, l'alcool, l'eau vineuse et alcoolisée, a
l'eau pure et aux eaux acidulées en général , sur-
tout à celles qui le sont avec le vinaigre ; car l'ob'
servation démontre que ces liquides favorisent et
enlreliennent la transpiration , et ne produisent
qu'un effet momentané. Lorsqu'on veut diminuer
la fréquence du pouls et la chaleur dans les cas de
])hlegmasies aiguës des organes urinaires, on pré-
fère les boissons mucilaginenses , l'éinulsion cam-
phrée , aux eaux salines el acidulés, parce que cel-
les-ci peuvent irriter ces organes. Lorsqu'on veut
diminuer la soif , la chaleur et la fréquence du
CLINIQUE, S-^tl
pouls qui accompagnent 1rs phîegmasies aiguës et
les hémorrhagles actives des orgaues alimentaires,
on préfère les eaux mucilagiueuses légèrement su-
crées. Lorsqu'il est eu même temps dangereux ou
impossible d'introduire des liquides dans l'intérieur
de l'estomac, on se contente de faire fondre dans
la bouche des pastilles d'acide, ou de nilrate de
polasse, de faire mâcher des tranches d'orange, etc.
Ou voit facilement , d'après ce que je viens de
dire , que le choix de ces moyens doit être subor-
donné aux circonstances particulières tirées de
l'organe affecté , de l'espèce de la maladie , de la
cause, etc., etc.
Il est des idiosyncrasies et des circonstances par-
ticulières de la vie dans lesquelles l'emploi des
dlfférens moyens que je viens d'indiquer détermine
divers accidens, tels que des coliques, etc. Leur
abus ne peut que devenir préjudiciable , puisqu'ils
portent atteinte aux fonctions dlgeslives , peuvent
entraver la marche des maladies, etc.
Ou fait peu d'usage maintenant des ligatures
qu'on pratiquoit autrefois aux membres , afin de
modifier le cours du sang dans dlfférens cas d'hé-
morrhagies et de lièvres intermittentes. Kellle a
conseillé l'application du tourniquet quelques mi-
nutes avant le frisson de ces fièvres, afin d'inter-
rompre le cours du sang dans les membres et de
prévenir l'accès. 11 a vu la chaleur, l'anxiété et
même la syncope survenir lorsqu'on conlinuoit l'ap-
plication du tourniquet au-delà de six minutes.
La proposition de Parry, qui consiste à com[)rimer
des artères considérables pour prévenir l'attaque
272 PHARMACOPlÊE
de différentes névroses occasioniiëes par une con-
gestion sangnine , n'a pas eu Tassenliment des
praticiens : ce moyen ne sauroit être employé tvur
toutes les artères ; il peut d'ailleurs déterminer dii-
férens accidens.
§ IIL Evacuation du sang.
On peut évacuer du sang artériel , veineux et ca-
pillaire. Je vais examiner successivement ces trois
espèces d'évacuations sanguines.
1". Evacuation du sangartérieL
Pour évacuer du sang artériel , on a recours à la
«action partielle de l'artère. Cette opération a été
désignée sous le nom à^artériotomie ; mais elle ne
peut être pratiquée que sur de petites branches
qui présentent un point d'appui llxe. Elle ])ent être
suivie d'accidens graves ; ses avantages sur la sai-
gnée veineuse ne sont pas assez grands , ni dé-
montrés par un assez grand nombre de faits , pour
qu'on puisse être autorisé à en faire nn fréquent
usage : aussi les modernes n'y ont-ils que très-ra-
rement recours, et ceux qui l'emploient quelque-
fois se bornent à l'ouverture de l'artère temporale.
La section de cette artère a paru quelquefois utile
dans des cas de céphalalgie très -forte, d'otalgie
intense, de délire phlegmasique, d'apoplexie san-
guine imminente, etc.; tandis qu'on avoit aupara-
vant ouvert , sans succès, les veines du cou , du
bras, du pied, etc.
CLINIQUE. S.-j3
2. EvaciiaUon du sang veineux k
C'est aussi à Taide de la section qu'on donne issue
&u saug velueux. Celte opérallon a elë nommée /?/z/e-
hotouile. On ne la pratique que sur les velues les plus
superlicielles : telles sont au cou les trachélo-soucu-
Canées ( jugulaiies externes) ', au bras la radiale eu*
^a/2ee(cepliarique) , la cubitale ciUanée (basilique),
la médiane de V avant-bras ( médiane ) ; à la main , la
radiale cutanée ( cépliallque ) , la cubitale cutanée
(saJvalelle) ; au ])ied , la tibio-nialleolaire et \ix
péronéo-malléoîaire ( grande et pelile sapLènes) ;
dans la bouche , les souJiui^uales ( raniues ).
Ce n'est pas ici le Heu d'exposer la manière dont
la saignée doit èlre pratiquée , ni de faire connoîlre
les accldens locaux qui peuvent l'accompagner: ces
notions sont du ressort delà médecine opératoire. U
me suffit d'indiquer que l'inflammation de la tunique
interne des veines en a quelquefois été la suite.
Les effets immédiats des saignées veineuses con-^
sîstent dans la diminution d'une quantité variée de la
masse du sang. Peut-on admettre l'existence d'un
point d'Irritation dans le lieu de la section? On est
porté à cette opinion par la rapidité plus grande
avec laquelle le sang s'écoule et par les phénomènes
secondaires qui en sont le résultaté Les effets secon-
daires de la saignée varient selon l'abondance du sang
qui s'est écoulé, selon le degré d'ouverture de la
veine , selon l'état maladif, et surtout selon le degré
de susceptibilité individuelle. Si la saignée est petite,
on n'observe souvent aucun changement notable
II. 18
2y4 1' H A R M A C O P E E
dans l'organisme. Eq général le pouls perd de sa fré-
quence et devient plus mou durant la saignée ; il faut
en excepter le cas où sa petitesse dépend d'un excès,
d'initalion , comme dans certains cas de pneumonie ;
onlevoit souventalorsdevenir plus tort et plus grand.
Ces effets secondaires sont, à évacuation égale , d'au-
tant plus marqués , que la section de la veine est plus
grande. On observe que plusieurs petites saignées ré-
pétées ne produisent pas des effets aussi prompts ni
aussi intenses qu'une seule saignée pratiquée avec
une grande ouverture , fpioiqu'elles donnent issue à
la même quantité de sang que celte dernière: aussi
est-il des cas qui exigent une petite ouverture, et d'au-
tres qui en nécessitent une grande. La syncope ac-
compagne quelquefois la saignée ; mais elle est subor*
donnée à la susceptilniité individuelle. 11 est des cir-
constances dans lesquelles elle ne survient qu'après
une évacuation très-grande, et d'autres où elle a lieu,
tiuoiqu'on n'ait tire qu'une très-petite quantité de
sang. Ce dernier cas se remarque surtout chez les in-
divldusdélîcats, qui ne peuvent voir couler leur sang.
On sait que des saignées excessives diminuent la cou-
leur et la consistance du sang, altèrent la nutrition ,
débilitent toutes les fonctions et surtout la digestion.
On sait qu'elles portent atteinte à l'elat de l'encé-
phale et des nerfs, amènent la consomption et la fiè-
vre hectique.
La diminution de lafiéquence et de la dureté du
pouls, ainsi (juedela température générale, n'est le
])lus souvent que momenlanee. Si la cause continue
à agir, on voit souvent les symptômes d'irritalion repa-
roître avec plus ou moins d'intensité peu de temps
CLINIQUE. 275
après la saignée. En général la réparation du sang est
très-prompte, et siou pouvoit ajouter foiàce que dit
Dodarf à ce sujet, un hectogramme (5 onces) de sang
peut se réparer en un jour. Quoi qu'il en soit , on ob-
serve que les saignées répélé^'S favorisent le retour de
la pléthore, et ne peuvent par conséq lent être qu'uu
moyen palliatif dont l'habitudereud la réitération né-
cessaire.
Le choix de la veine est quelquefois indifférent ,
surtout lorsqu'il s'agit de diminuer une pléthore
générale ; mais il n'en est pas de même lorsqu'on
veut opérer un effet local : c'est ainsi , par exem*
pie, qu'une saignée de pied peut favoriser l'écoule-
ment menstruel , taudis qu'une saignée de bras peut
le supprimer. Ce choix doit être établi sur les con-
nexions sympathiques qui existent entre les diffé-
rentes régions du corps et l'organe malade , ainsi
que sur rancieuneté de la maladie. Si cel'e - ci n'est
qu'imminente, ou si elle est périodique, on pré-
fère les veines les plus éloignées; et si elle est con-
firmée, on saigne les veines les plus voisines. Il faut
néanmoins convenir que l'action sympathique des
saignées est susceptible de beaucoup de variations :
car on a souvent saigné du bras durant une mens-
truation régulière sans la supprimer.
Ce n'est pasd'aprèsle poids, ou d'après le volume du.
sang évacué, qu'il faut évaluer les saignées, mais
uniquement d'après leurs effets secondaires. Ces ef-
fets doivent être examinés comparativement à l'àge,
au sexe, aux circonstances actuelles, à la suscepti-
bilité individuelle, et surtout aux variétés maladives.
On ne peut rien dire sur la quantité pondérique
276 PHARMACOPÉE
(lu sang à évacuer. Et) général «ue saignée d'un hec*
tograrame(3 onces) esL petite pour un adulte, et une
saignée de sept hectogrammes (20 onces) liès-forte. -
On ne peut pas encore jusqu'ici tirer une grande
induction de l'état du sang. Toutes choses d'ailleurs
égales, il varie selon la rapidité avec laquelle il s'est
écoulé, selon l'impression morale du sujet, selon la
température atmosphérique , etc. INéaumoins tout
porte à croire qu'en l'examinant avec altention , 011
pourra parvenir un jour à en tirer des notions plus
ou moins précises. Je me propose de m'occuper de
ce point avec toute l'attention qu'il nécessite.
C'est dans le cas de pléthore que la saignée pa-
roît plsis particulièrement indiquée; mais j'ai déjà
lait voir qu'elle n'apporte qu'un soulagement mo-
mentané ; il est préférable de combattre cette affec-
tion par l'éJoignement de toutes les causes qui peu-
vent la produire. On sait qu'un froid modéré , une
nourriture a!)ondante et succulente, ledéfaut d'exer-
cice, la suppression d'une hémorrhagie habituelle,
la privation d'un membre en sont les causes les plus
ordinaires ; elle est caractérisée par la rougeur de la
peau, par le gonflement des vaisseaux sanguins les
plus superficiels , par la dureté du pouls, une élé-
vation incommode de la température animale , la
tendance aux liémorrhagies, des douleurs vagues, etc.
Ses phénomènes locaux, varient selon l'organe qui
en est l'aboutissant : c'est ainsi que la somnolence ,
les vertiges, la rougeur des yeux et de la face, la
pulsation très-forte des artères cephaliques (caro-
tides), le gonflement outre mesure des veines du
cou , accompagnent la menace de congestion san-
CLIÏfIQUE. 277
guîne vers l'encéphale ; c'est ainsi que la dyspnée,
nne chaleur très-grande dans la poitiine, elc, indi-
quent que l'appareil respiratoire est menacé ou at-
teint d'une congestion sanguine, etc.
Les maladies pléthoriques générales et locales
qui indiquent l'usage de la saignée sont la fièvre ia-
llammatoire, l'apoplexie sanguine, le coup de sang
des poumons, la pneumonie, etc. Les hémorrhagies
actives l'indiquent moins, parce que l'évacuation
sajiguine qui les caractérise fait elle-même l'office
de saignée. Quelles que soient les maladies plétho-
riques qui nécessitent la saignée, on ne la pratique
que dans leur première période, et on doit établir
celle-ci non par le quantième de la maladie, mais
par le degré d'intensité des symptômes. C'est ce de-
gré d'intensité qui doit indiquer le nombre de sai-
gnées qu'il faut pratiquer. On doit faire une grande
ouverture lorsqu'il s'agit de suffoquer pour ainsi
dire la maladie, comme dans certains cas d'apo-
plexie , de pneumonie imminente , etc. Il existe
beaucoup de fièvres augioténiques, de pneumo-
nies , etc. dans lesquelles la saignée n'est pas né-
cessaire.
On a aussi recours aux saignées veineuses lors-
qu'il paroît convenable de diminuer l'action du
coeur ou des gros vaisseaux , par exemple , dans
les cas de plaie, ou d'anévrysme du cœur ou de
l'aorte , à l'approche de grandes opérations , etc.
Ojien fait quelquefois usage lorsqu'on veutenilam-
mer la peau pour déterminer un effet sympathi-
que , et lorsqu'il seroit dangereux d'accélérer en
même temps la circulation.
2jS P rt A R M A C O P ]ê E
En général on ne doit reconrir à la saignée qu'a-
vec la pins grar.d ' prudence chez les eufans et les
TielUards, ainsi tjue durant la convalescence de lon-
gues maladies, elc.
3". E\^acuadon du sang capillaire.
On a recours à des moyens variés pour la pro-
voquer; les uns consisLeiit dans la section des capil-
laires, et les autres dans une excilatlon particulière
de ces sortes de vaisseaux. Ceux-ci provoquent une
véritable exhal.itlon ; ils imitent davanta^re les ef-
forts de la nature ; mais leur action est loin d'être
aussi constante que celle des précédcns.
A. Par incision.
Sangsues {Jiirudo medicinalis ^ L. ) (i).
On choisit les sangsues qui habitent les eaux lim-
pides ; car celles qui se trouvent dans les marais de-
teiminenl facilement l'inllainmalion. On prend aussi
de préférence celles qui sont longues de cinfj à dix
centimètres, celles qui sont entièrement dégorgées
et non noueuses. On les conserve dans de Teau
(i) Carnet, genér Corps obiong , mutique , liès-contrat-
lile, ajant les deux extrémilés susceptibles de se dilater en uit
disque cliarnu qui se fixe, à l'aide de la succion , comme une
ventouse 5 bouche triangulaire située sous rextrcniilé la plus
mince.
CaracC. spècrf.Ç oxAeyn- brune foncéej lignes longitudinales
d'un jaune vcrdàlrc; sur les côics deux lignes longitudinales
iaunes.
CLI3TIQUE. 2~y
cîalre et aërëe, J'iuie température moJérëe, qu'où
chanije toutes les fois qu'elle se trouble.
Ou sort les sancsues de Teaa uue heure au molus
avant de les employer ; on iVotle d'abord la peau
avec un linge sec jusqu'à ce qu'elle soit rouge, ou
on y applique un peu de lait ou d'eau sucrée : ce
dernier moyen est le seul convenable pour les
membranes muqueuses. Ou applique les sangsues
de manière variée ; le plus ordinairement on saisit
leur extrémité la plus large à i'aide d'un linge sec,
et on apy)ioche rextrémilé buccale de la partie à
laquelle elle doit s'attacher. Quelquefois on intro-
duit les sangsues dans un cornet de papier , ou dans
un vase de verre, et on en applique l'ouverlore
sur la parlie qu'on doit faire saigner, etc. D'autres
fois on rouie une carte en cylindre autour d'une
sangsue, on replie l'extrémité qui coiresj)ond à la
queue, et on applique l'autre sur la partie à laquelle
l'animal doit se fixer. Loefler se sert d'un cylindre
d'os creux en dedans, et sépare dans toute sa lon-
gueur en deux portions égales , qui se joignent
exactement lorsqu'on les raj)j)roche; il y introduit
la sangsue, et, pour maintenir les deux valves rap-
prochées, il les fait entrer dans un cylindre qui
est fermé à une de ses extrémités , et qui n'a que
la moitié de la longiicur du précédent. Bruning-
hausen se sert d'un tube de verre blanc , long de iS
à 14 centimètres environ, large de 10 à i5 mil-
limètres, ouvert à ses deux extrémités qui doivent
être ])olies avec soin. Il y ajuste un piston qui i»iisse
aisément dans toute la longueur (MM. Brcwer et
Delaroche font percer ce pisLoii d'un [)ctit Iroii
28o PHAR-MACOPifi
])our cnlrcfCMir nue comniTinication avec l'air ex-
téiicnr). II inf loiluil la sangsue dans ce tube, et ap^
pose aussilôl l'extrëmilé à laquelle répond la bou-
che de l'animal. Si la sangsue n'avance pas, il la
])Ousse avec le pislon ; il retourne le cylindre et
transporte le piston à l'autre extrémité si l'animal
change de position. Ce procédé paroît surtout con-
venir , d'après l'auteur , lorsqu'on veut appliquer
les sangsues aux yeux , aux gencives, etc. Le pre-
Triier et le deuxième procédé sont les plus usités en
France.
Si les sangsues avoieut changé de place et s'étoient
introduites dans l'intérieur des conduits muqucux qiii
s'ouvrent au dehors, il faudroit aussitôt faire des in-
jections avec une eau salée ou acidulé. Les sangsues
tombent d'elles-mêmes dès qu'elles sont gorgées ; on
peut favoriser et accélérer leur chute en les recou-
vrant de sel , de tabac , de vinaigre , etc. : elles se dé-
tachent et tombent aussitôt ; on peut aussi y parve-
nir en les coupant en deux. 11 ne faut point les arra-
cher; car on occasionneroit beaucoup de douleur.
L'écoulement du sang s'arrête ordinairement de lui-
même. S'il continue pendant trop long-temps, on peut
l'airétcr à l'aide de la compression , de l'application
d'agaric; et s'il est opiniàlre , à l'aide de ch.'U'ple
iml)ibée d'un soin! um aqueux d'alun. On peut favo-
riser et entretenir l'écoi dément en exposant la ])artie
à la vaj»eur de l'eau liède. Il est diflicile d'évaluer la
quanJile de saiig que (•ha(jue saup^sue tiie j elle varie
à liufiiii ; on la croit de 3o grammes.
Les sangsues font d'abord le vide^ puis elles prali-
qucut trois incisions avec leurs dents ; leur morsure
CLINIQUE. 2Sr
est floiilourcnse; elle détermine quelquefois rinllam-
malion. Ces animaux ont l'avantage de pouvoir être
appliqués dans des endroits où l'instrument tranchant
ne sauroit l'être ; mais ils ont l'inconvénient de ne pas
toujours se fixer avec facilité ; ils ne tirent pas tou-
jours la même quantité de sani^ ; on ne peut pas se les
procurer dans tous les lieux, ni dans toutes les sai-
sons. Lorsque les sangsues sont rares, on peut les
faire servir plusieurs fois ; il suffit de les faire dégor-
ger dans l'eau pure ou légèrement salée ; yiais on ob-
serve qu'elles ne mordent plusavecla même facilité.
L'hémorrhagie déterminée par lessangsues est pré-
cédée de douleur, de chaleur, et d'engourdissement
dans le lieu de la piqûre ; l'écoulement est plus ou
moins abondant; il s'arrête avec plus ou moins de fa-
cilité, et est quelquefois suivi d'uuétatérysipélateux.
Scarifications.
Les scarifications consistent dans de petites inci-
sions qu'on pratique dans le tissu cutané , ou dans les
membranes muqueuses les plus extérieures. On se
sert , à cet effet , d'une lancette ou d'instrumens par-
ticuliers à l'aide desquels on peutprati([uer plusieurs
incisions à la fois: on fut plus parliculièrement usage
de ces derniers en Allemagne. On choisit les régions où
il n'y a pas d'os , de nerfs et de gros vaisseaux situés
sup(;rfii.ieliement. On fait quelquefois pr céder leur
usage de frictions locales, de bains chauds , de ven-
touses. Ou les fait quelquefois suivre de l'application
de ces dernières , ou de l'emploi de bains chauds. En
général les scarifications sont moins usitées de nos
^82 PHARMACOPÉE
jours qu'elles ne l'eloient chez les auciens : on les
remplace le plus ordinairement parles sangsues.
L'hemorrhagie qu'elles déterminent est aussi ac-
compagnée d'une irritation locale plus ou moins
forte, qui passe quelquefois à l'état d'érysipèle ou
«je phlegmon.
L'évacuation du sang capillaire est , ainsi que nous
venons de le voir , constamment accompagnée d'une
irritation locale : aussi l'emploie-l-on, ou par rapport
à l'hémorrhagle , ou par rapport à rirritallon , el sou-
vent pour ces deux effets à la t'ois. Par cela même
que celte évacuation a lieu dans le système capillai; e,
ou la préfère aux saignées veineuses toutes les fois
qu'on a à combattre une congestion du sang capil-
laire, telle qu'une ])hlegmasle aiguë, une hemor-
rhagle active, etc. On en fait usage soit pour agir
directement, par contiguïté ou par sympathie. Lors-
que ces affections locales sont accompagnées d'une
])léthore générale, il est souvent nécessaire de faire
])recéder l'usage de la saignée capillaire par celui de
la saignée veineuse. On a des exemples où les pre-
mières ont augmenté l'irrltallon locale lorsqu'on a,
négligé la saignée générale , et même lorsqu'on y a
eu recours , si toutefois l'état pléthorique s'est promp-
lement renouvelé.
Dans l'imminence des congestions de sang capil-
laire on pratique la saignée locale, ou sur une partie
eioiiinée qui sympathise avec le siège de l'affection,
ou sur ia partie la plus voisine : c'est ainsi que, dans
la pleurésie, on applique les sangsues sur le côté
douloinenx , dans l'ophlhalmie aiguë à l'angle nasal
de l'œil , dans riullummalion de rorcille à la région
CLINIQUE. 283
mastoïaienne , de. Cest surtout lorsqu'on pratique
la saignée capillaire dans le voisinage du lieu alfecle,
qu'il est souvent nécessaire de la faire précéder par
l'usage d'une saignée générale.
Les saigne _ s capillaires sont spécialement indi-
quées lorsqu'il s'agit d'opéier la révulsion d'une hé-
raorrhngit: par exhalation. On les pratique a!t)rs dans
la région qui sj mpalhise avec le siège de i'Iiéinor-
rhagie : c'est ainsi qu'on applique les sangsues aux
mamelles dans les hémorrhaiiies exces.Nivea de l'ulé-
rus; aux jambes et à l'anus dans les Lémoptysies.
Les s lignées capillaires ne sont pas moins indiquées,
pour rappeler des liémorrliagies babiluelies qui se
sont suyjprimées , pour les favoriser lorsque l'eftort
de la nature n'est pas suffisant; et enlin pour faire
cesser les accidens qui résultent de leur suppres-
sion ou de leur écoulement incomplet. C'est ainsi
qu'on applique des sangsues à la vulve et à l'anus
pour favoriser l'écoulement menstruel et bemor-
rboïdale.
B. Pa?' exhalation.
Les moyens qu'on emploie pour provoquer celle
évacuation de sang par exhalation sont loin d'exercer
une action spéciale : leurs effets sont accidentels ; ils
sont subordonnés h la cause qui a déterminé la sup-
pression ou la rétention de l'hémorrhagie : c'est ainsi
que l'aloès et le soufre ne peuvent que favoriser la
tendance aux hémorrhoïdes, mais non la provo-
quer : c'est ainsi que les feuilles d'absinthe, d'ar-
moise ordinaire, de camomille vulgaire, le safran,
les sucs concrets fétides, etc. , ne jouissent d'auîics
234 PHARMACOPl^E
])ropiiête<^ que de celle de relever les propriétés vi-
tales de Fulérus. Il est néaumoiiis plusieurs sub-
stances dont l'usage est plus particulièrement saivi
d'iîémonhagies : c'est ainsi que l'emploi du soulVe,
des térébenthines, des ferrugineux h grande dose, a
quelquefois été suivi d'hémoptysie : c'est ainsi que
I^iiuile volatile de genévrier commun, de mélèze , de
sapin, iȔtc. , les cantharides ont quelquefois produit
l'hématurie : c'est ainsi que l'usage continué de l'a-
loès paroît amener les hémorrboides : c'est ainsi que
l'euphorbe provoque facilement rbémorrbagic na-
sale. Mais on voit aisément que l'hémorrliagie n'est
dans plusieurs de ces cas qu'un symptôme d'une
pliîegmasie très-intense. Il résulte '^ 1; ' -^e lorsqu'il
s'agit de rétablir une liémorrhagie ... le qui est
supprimée, il faut traiter cette suppression comme
une maladie particulière, et varier son traitemeut
d'après la cause de la maladie, d'après l'état actuel
de l'organe et de l'organisme eu général , etc.
Pro^'ocation de l'hémorrliagie nasale. Lors-
qu'une bémorrhagie nasale habituelle est suppri-
mée , ou îorsq'i'une bémorrhagie nasale critique n'a
lieu que d'une manière Incomplète , il sufiit souvent
de diriger des vapeurs aqueuses tièdes dans les na-
rines , d'irriter mécaniquement la surface muqueuse
de cette cavité, de faire de grands efforts pour se
moucher , etc. On ]<eut aussi appliquer des sangsues
au pourtour du nez.
Provocaùofi de Vhéniorrhagle Intestinale, Lors-
qu'une bémorrhagie intcslinalepériodique est suppri-
mée ou n'a lieu que d'une manière incomplète, qu'elle
déteriniae des accidcus plus ou moins graves , il faut ^
CLIJS'IQ UE. 2SÎ->
s'il existe une inllatlou iocaic, diriger des vapeurs
tièdes vers l'iulestln rectum. S'il exisie un ctal de
débilité locale , on a qneltjaetbis administré avec
succès i'aloès , soit comme tonique , soit comme
purgatif. Le mo^^en le plus sur dans tous les cas
est de pratiquer une saignée capillaire au pourtour
de l'anus : on y applique un nombre de sangsues pro-
portionné à l'écoulement habituel. On peut se ser-
vir à cet effet du procédé suivant : on fait coucher
le sujet sur le dos et au bord du lit; on lui fait
lléchir les cuisses et le bassin; on ictrodr.it dans
l'anus une mèche de charpie ou de linge imbibé
d'huile, de manière qu'on puisse la saisir facilement
après l'application des sangsues. On met ensuite un
nombre déterminé de ces animaux dans un petit
verre dont on appose l'ouverture sur l'anus ; plu-
sieurs sangsues mordent presque aussitôt , et les
autres ne tardent pas à se hxer dès qu'il coule un
peu de sang.
Pro<^>ocaLion de V hémonhagie menstruelle. Tsml
de causes peuvent retenir et supprimer cette hé-
morrhagie, que rien n'est plus variable que les
moyens propres à la provoquer. Tantôt il convient
de diriger des vapeurs tièdes vers l'utérus , ou de
faire usage des péililuves chauds, de pratiquer des
frictions aux jambes et aux cuisses , de rubéiier la
plante des pieds, les jambes, les cuisses, de prati-
quer une saignée veineuse ou capillaire aux pieds;
tantôt il faut combattre wn état spasmodique de
l'utérus; quelqueft>is il faut exciter le Ion de ce
viscère et de tout l'organisme à l'aide des amers ,
des ferrugineux, etc. (tome 11, page i23);d'auties
285 V II A n M A C O P É E
l'ois 11 suffit de faire usaricd'iîne bonne nourriture.
Dans quelques c.is 11 faut débiliter. La dislraclion,
les promenades en voilure, la danse, la cessation
d'un cba<:^rln, le eoït réussissent souvent seuls. Cet
écoulement re|)aroît quelquefois au moment où on
s'y attend le moins, tandis qu'il avoit résisté à tous
les moyens ])liarmacentiques. Dans les expériences
que j'ai tentées sur les prétendus emménagogues ,
j'ai vu queiquetois toutes les femmes qui en falsoient
usage ne pas être menstruées, tandis que ce ilux
reparoissolt cbez celles qui étoient abandonnées
aux seuls efforts de la nature. Plusieurs fois j'ai
\u des femmes être menstruées la veille du jour où
je mie proposois d'employer quelques médicaraeus:
si j'avois commencé le traitement un jour plus tôt,
quel triomphe aux yeux de la multitude, qui rai-
sonne post hoc er^o projeter hoc ! On a observé
que l'application des sangsues à la vulve est très-
convenable lorsque recoulement ne survient pas
spontanément : si elle ne peut pas constamment ré-
tablir riiéraorrbagie ordinaire , elle j)eut au moins
la remplacer. Pour retirer quelques effets des pré-
tendus emménagogues (lorsque toutefois leur usage
est Indiqué), 11 faut les employer vers l'époque
ordinaire de la menstruation , les continuer pen-
dant long-temps, allerner leur emploi et tavoriser
leur action à l'aide de péilliuves chauds, de va-
peurs chaudes dirige<s vers l'utérus.
Les moyens propres à supj)rimer l'écoulement
du sang artériel, veineux et capillaire, sont du
ressort de la thérapeutique et non de la matière
médicale. Les évacuations excessives sont des ma-
c L I i^r I Q u E. 287
ladics qui exigent des moyens subordonnés à leurs
causes, à leur intensité, etc.
§ IV. Modification de la composition du sang.
Nous n'avons pas jusqu'ici assez de faits précis
siu' les différentes modilications qu'on peut faire
éprouver au sang et sur leur utilité. Presque tout
ce qu'on a dit sur la dissolution et la coagulai ion
de ce liquide est hypothétique; il en est de même
de la plupart des opinions qu'on a avancées sur
son âcrelé, son alcalinité, son acidité, etc. Ce se-
roit cependant tomber dans un extrême non moins
blâmable que de nier que le sang n'est aucune-
meut modiiié par les différentes substances médi-
camenteuses : beaucoup de faits prouvent le con-
traire. Ou sait que l'emploi continué des ferrugi-
neux augmente la consistance et la couleur du sang.
On a vu les carbonates alcalins, administrés pen-
dantquelque temps, modifier tellement ce liquide, que
retiré des veines il ne se coaguloit pas, et qu'il per-
doit cette qualité lorsqu'on suspendoit l'usage de
ce moyeu pendant quelque temps. Mais en géné-
ral les hommes vont toujoursd'un extrême àl'autre:
d'abord on voit des choses qui ne tombent pas sous
les sens ; apcrcolton qu'on est dans l'erreur, aus-
sitôt on se refuse à admettre même les faits les
plus sensibles. Cet objet doit être examiné de nou-
veau ])ar un esprit expérimentateur qui ne se laisse
influencer ni par ceux qui font des ap])lications
chimiques prématurées à la science médicale, ni
par les solidistes outrés qui se refusent à voir les
altérations dont les liquides sont susceptibles.
288 PHARMACOPEE
ORDRE SEPTIÈME.
Médications particulières de la respiraLion\
Les médicatioDS particulières de la respiration ont
pour objet d'exciter cette fonclion, de la ralentir,
de provoquer la toux et rëternuement. On y a re-
cours soit ])oar agir uniquement sur les poumons ,
soit ])our modifier l'état actuel d'organes plus Ou
moins importans à la vie.
§ I^r. Accélération de la respiration.
On reconnoît fiicllcment ce mode de mëdlcalioii
dans l'étendue plus grande des y)béuomènes de
l'inspiration et de l'expiration, dans la conversion
plus prompte et plus ab«^ndante du sang noir eu
sang rouge, etc. Ces effets ne sont ordinairement
que momentanés et subordonnés à l'emploi des
moyens dont on se sert; portés à un trop haut de-
gré , ils peuvent délerminer rinflammation et même
la gangrône des poumons; leur durée continuée
peut accélérer le terme de la vie.
On clierche à réveiller Faction pulmonaire lors-
qu'elle est suspendue, comme dans l'aspbyxie; à
l'accélérer lorsqu'elle se ralentit, comme cela a lieu
dans différens cas de dj spnéc ; et lorsqu'on veut agir
secondairement sur tout l'organisme, en rendant le
sang plus excitanl.
Les moyens dont on se sert peuvent être locaux
ou sympat biques. Les ])remiers consistent dans l'aug-
mcutalion des proportions du gaz oxygène.
C t I N I <) U È. 28g
Air pur. Il est démontré, par les expériences cbi-
iniques comparatives de MM. BerllioUet, Hiimbold
et Gay-Lussac , que l'air atmosphérique contient les
mêmes proportions d'oxygène sous des latitudes et à
des hauteurs très- variées. C'est ainsi que M. Gay-
Lussac a trouvé l'air atmosphérique puisé à la hau-
teur de 6 kilomètres et demi , absolument le même
que celui qu'il avoit recueilli dans la cour d'entrée
de l'Ecole polytechnique. Si l'atmosphère des lieux
secs, froids et médiociement élevés, excite davan-
tage la respiration, c'est probablement parce qu'elle
est plus dense que celle des lieux bas; et ce n'est
que d'une manière relative qu'on peutdire qu'elleest
plus.x)xygénée. Il est des cas, comme dans l'asphyxie ^
où on est obligé d'injecter cet air dans les poumons:
il est toujours préférable à l'air expiré qu'on in-
suffle quelquefois dans les bronches des asphyxiés.
Gaz oxygène. Lorsqu'on veut faire respirer le
gaz oxygène , il faut d'abord avoir soin qu'il soit pur.
M. Chaptal a démontré que le gaz oxygène retiré
de l'oxyde de mercure rouge contient, à la tem-
pérature ordinaire , d'un à 7 centigrammes de cet
oxyde par litre , et cela en d'autant plus grande
quantité , qu'on a eu recours à une chaleur plus
lorte pour le retirer. Il a vu ce gaz occasionner la
salivation. M. Fourcroy a vu le gaz oxygène qu'on,
retire du nitrate de potasse occasionner la suffoca-
tion , en ce qu'il avoit retenu de l'acide nilreux 5
aussi conseille-l-îl de ne l'employer que lorsqu'on
l'a bien lavé avec de l'eau, et surtout avec de l'eau
de chaiïx : d'ailleurs on doit préférer celui qu'on a
retiré de l'oxyde de manganèse.
11. 19
SO^ r It A R M A C P £ E
Lorsqu'on vent s'élever graduellement à ITh^s-
piratlon de ce gaz, on se contente d'abord d'en ver-
ser une quantité plus ou moins grande dans l'at-
mosphère ; on peut ensuite le faire respirer pur (i)*
11 suffit , dans le premier cas , de verser directe-
ment du gaz oxygène dans l'air , ou d'exposer à la
lumière des feuilles qu'on arrose d'eau. La respira-
tion devient par-là plus grande etplus fréquente; on
éprouve un sentiment de chaleur qui de la poitrine se
dirige dans les membres ; le pouls devient plus fort
etplus fréquent; la face se colore ainsi que la con-
jonctive; la peau est rouge et moite; il y a augmen-
tation de la transpiration insensible et même sueur^
la soif est augmentée, les yeux sont saillans; les
fonctions intellectuelles sont exaltées ; on éprouve
(i) Outre l'appareil que j'ai indiqué page 190 du premier
tome , on peut l'aire usage du suivant; on peut se le procurer
par-tout. 11 est composé d'une vessie de porc convenablement
lavée , à laquelle ou adapte le tube d'une plume ou d'une pipe
à fumer. Lorsqu'on ne veut point retirer cet appareil de la
bouche à choque expiration , on peut se servir de celui de Gir-
tanner. Il est composé d'une plaque, de deux tubes , dont l'un
est horizontal et l'autre vertical, et d'un ballon. I.a plaque a
l'étendue convenable pour couvrir le nez et la bouche; elle est
élastique et entourée d'un bourrelet de cuir; son centre est
percé et fixé à une des extrémités du tube horizontal. Celui-ci,
long de 27 centimètres, large de 1 centimètres, est coupé obli-
quement à son autre extrémité qui est fixée au ballon, et il y est
muni d'une soupape qui s'ouvre en dedans. Ce tube communi-
que , à un tiers environ de cette extrémité, au tube perpendi-
culaire; celui-ci est long de i5 centimètres, large de 1 centi-
mètres; il est coupé obliquement h son extrémité libre , et il y
e^t muni d'une soupape qui s'ouvre en dehors. •
C t I N I Q U E* 2gt
vm seolîmeut de bieii-étre*^ SI orî continue l'emploi
de ce moyen , 11 peut survenir une fièvre in-
flammatoire, l'inilammfition et la gangrène des pou-
mons.
Les observations que M. Fonrcroy a faifes et celles
qu'il a recueillies sur les effets de l'inspiration de ce^
gaz dansdifferens cas de phthlsie pulmonaire , ont de*
montré tju'on éprouve un soulagement dont la du-
rée est de quelques jours, et auquel succède Texas-
péralion des symptômes de la maladie, la suppression
de rexpccloration , l'hémoptysie, etc. Ce redoiible-
ment est plus ou moins long; elsi on cesse l'inspira*
tion de ce gaz, la nlitîiisie reprend sa marche habituelle»
On voit évidemment , d'après cela, que ce moyen
ne sauroit convenir dans la troisième période de la
phthisie pulmonaire, ni dans la première et dans la se-
conde période de celle qui succède à la pneumonie, à
l'hémoptysie , etc. Si on peut retirer un effet avanta-
geux de l'inspiration de ce gaz , c'est , ainsi que le con-
jecture M. Fourcroy, dans les scrophules , dans le
rachltis, dans la chlorose , dans les hydropisies atoni-
ques idiopalhiques, dans les affections lentes des pou-
mons et même des viscères abdominaux, sans lésion
de texture. On a conseillé l'inspiration de ce gaz pour
rappeler à la vie les noyés, les asphyxiés avec suffo-
cation, les nouveaux nés qui sont asphyxiés sans cause
matérielle propre à s'opposer à l'entrée de l'air. On
Ta aussi conseillée dans le traitement du scorbut, des
fièvres adynamiques. Mais nous manquons encore
jusqu'ici d'expériences assez multipliées et faites sans
partialité , pour pouvoir préciser le degré d'utilité
qu'on peut espérer de ce moyen, qui peut deve-
^()2 PHARMACO?l^E
wir pernicieux s'il n'est pas administré avec priidenee^r
Il est un grand nombre de substances qui , intro-
duites dans l'estomac, accélèrent la respiration secon-
dairement ou par circulalion; tels sont les bulles
volailles, les lérébenlbines , les baumes, les alliacées,
et surtout le bulbe de scille, le soufre, l'ammonia-
que , l'acétate ammoniacal , etc. Mais leur action est
ordinairement lente , peu perceptible. Aussi falt-ou
usage de moyens plus évideus lorsqu'il s'agit d'obte-
nir un effet intense et prompt : c'est ainsi qu'on pro-
voque les nausées, le vomissement, à l'aide de l'ipéca-
cuauba , des oxydes d'antimoine liydro-sulfurés, brun
et orangé , etc. Ou détermine la rubéfoction d'une
étendue plus ou moins grande de la peau , et surtout
des parties latérales du iborax , des membres infé-
rieurs. On fait flairer de l'ammoniaque, de l'acide
acétique concentré , etc. On provoque la toux , l'é-
ternuement.On peut joindre ces derniers moyens
aux premiers , surtout dans les cas d'asphyxies sans
cause matérielle. Enfin quelquefois on excite l'action
des agens de rinspiration en dirigeant de légères con>
motions à trav^TS le thorax , à l'aide de l'électromo-
teur oude la bouteille de Leyde. L'exercice du corps
convient surtout pour accélérer la respiration. Quel-
quefois on réunit tous ces moyens , comme dans cer-
tains cas d'asphyxie; d'autres fois on ne fait usage que
de l'inspiration d'un air pur ou du gaz oxygène } il est
des cas oLi on se borne à l'administration des toniques
qui parolssent réagir sur les poumons, ou on lait res-
pirer leur vapeur : quelquefois on se borne à l'em-
])loi des moyens sympathiques. Il est des espèces d'as-
phyxies où il ne s'agit que d'enlever une cause maté-
CLINIQUE. 295
î'ielie qui obstrue le passai;e de IVir, comme on le
voit quelquefois chez les nouveaux nés , chez ceux
qui sont affectés de phlegmasie gutturale avec gonile-
ment très-grand des tonsilies, chez ceux qui ont un
corps étranger dans les voies aériennes , etc. : mais
tous ces cas sont plus particulièrement du ressort de
la thérapeutique*
§ II. Ralentissement de la respiration et de la coU'
version du sang noir en sang ronge.
Les phénomènes du ralentissement de la respira-
tion sont trop évideus pour que j'aie besoin de les
énumérer. On conçoit aussi aisément quelles en se-
roient les suites si on les entretenoit. Les maladies
qui ont ce ralentissement pour caractère en présen-
tent un exemple. On cherche à produire cet effet
dans les phlegmasies aiguës des poumons, dans la pre-
mière et la deuxième période de phlhisies pulmonai-
res avec irritation locale , et en général dans les ma-
ladies caractérisées par une irritation très-marquée ,
et surtout par l'activité plus grande de la respiration,
et de la circulation. Pour ralentir les phénomènes
respiratoires et la conversion du sang noir en sang
ronge, on a parîiculièrement conseillé rinsj)iratiou
du gaz azote , du gaz hydrogène et du gaz acide car-
bonique.
Gazazole. Nous manquons encore d'expériences
assez exactes et assez multipliées pour pouvoir indi-
quer de quelle utilité est l'inspiralion de ce gaz. On
sait qu'il n'est point respirable. Ce n'est donc que con.
jointenjent avec l'air atmosphérique qu'on doit l'em-
^()4 PHARMACOPÉE
ployer, et dans des pro|)orlions graduellement aug-
mentées. 11 est d'ailleurs difficile d'avoir ce gaz pur
et eu quantité suffisante. Celui qu'on relire par W
procède de M. Bertnolk t , c'esl^à-dire , eu trailaui la
chair musculaire avec de l'acide nitrique affoibli,
peut contenir de l'acide uitreux s'il n'a pas été préala-
blement lavé avec de l'eau de chaux; celui qu'où re-
tiie de la combustion ]3ar le procédé de M. Marc con-
lîient de l'acide carbonique et dilt'érentes matières
emj)yreumatiques, si toutefois on ne l'a pas lavé
avec de l'eau ou avec de l'eau de chaux.
Ou fait inspirer ce gaz delà même manière que le
précédent. Ses effets immédiats et secondaires n'ont
pas encore été assez observés pour que je puisse les
exposer ici.
Gaz hydrogène. Le gaz hydrogène présente moins
d'inconvénient que le gaz azote ; ou sait qu'il n'est
pas aussldélétèrequelegaz acide carbonique , si loute«
fois il est pur. M. Chaussier a démontré , par dej
expériences faites sur des animaux , qu'il asphyxie
lentement , et qu'il communique une teinte bleuâtre
au sang, ainsi qu'à toutes les parties; tandis que le
gaz hydrogène sulfuré asphyxie promptement , et
colore le sang et les organes en noir. D'après le même
])hysiologiste , le gaz hydrogène carboné asphyxie
moins promptement que le gaz acide carbonique , et
plus que le gazhydrogèue pur. Le sang et les organes
conservent une teinte rouge. Nous manquons encore
d'expériences assez multipliées pour pouvoir détermi-
ner sou degré d'utilité.
Graz acide carbonique. Il faut préférer celui qui
% été obtenu à l'aide du feu ou à l'aide de l'acide sul-
CLINIQUE. 295
furique ; car celui qu'on exlralt à l'alue des acides ni-
trique et inuriatique pcul retenir une quanlilé plus
ou moins grande de ces acides. On le fait inspirer de
la même manière que les précédens ; mais on ne l'em-
ploie pas seul ; car il détermineroit aussitôt l'asphy-
xie. M. Chaussier a démontré, par des expériences
comparatives, qu'il asphyxie dans l'espace de quel-
ques secondes au milieu d'efforts convulsifs ; que le
sang est peu coagulé et de couleur obscure. Il ne
faut pas confondre son action avec celle du gaz oxyde
de carbone. Celui-ci asphyxie plus lentement , les
muscles conservent plus long-temps leur contracti-
lilé; le sang et tous les organes sont d'une couleur
écarlale. Lorsqu'on veut respirer le gaz acide carbo-
nique , on retend dans l'air atmosphérique dans les
proportions de 0,08 environ.
Au lieu de faiie respirer le gaz acide carbonique
à l'aide de ces appareils toujours fatigans, on place le
sujet dans un lieu dont l'atmosphère est plus chargée
de ce gaz: c'est ainsi qu'on lui fait respirer l'air des éta-
bles; on peut aussi se conlcnter d'exposer des feuilles
fraîches dans un lieu clos , de les arroser fiéquem-
ment, et de s'opposer à ce qu'elles soient frappées
par les rayons solaires.
Si on fait attention au malaise , à l'oppression qu'on
éprouve en respirant l'air infecté par le rassemble-
ment de beaucoup d'hommes , de beaucoup d'ani-
maux , de beaucoup de végétaux en com!)ustion , ou
doit concevoir facilement quelle prudence doit exiger
l'inspiration du gaz acide carbonique. Selle l'a vue pro-
duire l'hémoptysie,, et l'on sait qu'elle occasionne l'as-
phyxie narcotique. Son inspiration ne présente pas
S-f/o PHARMACOPE3Î
(l'ailieiirs d'avantages assez grands pour qu'on doive
s'exposer aux accidens qu'elle peut occasionner.
Le plus ordinairement on se borne à faire respirer
un air d'une température modérée, entretenue hu-
mide par de l'eau en évaporalion. On foit inspirer des
vapeurs lièdes , de l'éther , etc. A ces moyens ou joint
une position horizontale , ou , si elle est inutile , on
évite au moins tout exercice du corps qui puisse accé-
lérer la respiration ; on garde le silence , on s'abstient
surtout du chant , et on ne parle que le moins possib'e
et à voix basse. On peut faire usage en même temps
des bains tièdes ^ des boissons mucilagincuses, des
cljstères analogues j enfin des saignées qu'on réitère
«elon le besoin.
§ III. Provocation de la toux.
On sait que la toux consiste dans une succession,
plus ou moins grande d'expirations courtes accompa-
gnées seulementde l'éjection de substances r ntenucs
dans le conduit aérien. Ces phénomènes sont quel-
quefois accompagnés d'une difllculté très-grande de
respirer, de mouvemens convulsifs, d'une conges-
tion apparente vers la tête , etc.
Ou provoque la toux pour favoriser la sortie de
corps étrangers venus du dehors dans l'intérieur du
conduit aérien , et surtout de substances liquides ; ou
V a recours pour favoriser l'expectoration du mucus ,
des mucosités , des concrétions membraniformes , du
pusqui sontaccumulés dansles voies aériennes, lors-
que toutefois il n'y a pas d'irritation locale trop forte ^
v'est ainsi qu'on provoque la loux daps la deuxièngia
CLINIQUE» 297
pt troisième période du catarrhe aigu du larynx,
des broncbes, etc.
Les moyens les plus certains qu'on puisse em-?
ployer pour provoquer la toux consistent dans l'ins-
piration de vapeurs et de gaz irritans : tels sont Ta-
cide acétique concentré , Tacide acétique pyro-liui-
leiix , le vinaigre , l'acide muriatique , l'acide muria-
lique oxygéné , l'acide' benzoïque , l'acide sulfu^
reux (1), et enfin la titillation mécanique de la glotte.
Ces différens moyens excitent, outre la toux, la
sécrétion muqueuse du conduit aérien. Quelques-^
uns , tels que les acides , occasionnent quelquefois
l'hémorrhagie. La titillation mécanique ne provoqua
la toux que momentanément , et la glolte ne tarde
pas à s'y habituer. L'acide muriatique oxygéné
entlamme non- seulement le conduit aérien, mais
encore la gorge , la cavité nasale , la conjonctive , etc.
On voit évidemment, d'après ce que je viens de
dire relativement au mode d'action de ces diffé-
rens moyens , qu'ils ne peuvent convenir lors-
qu'il existe une irritation locale très- marquée, ou
lorsqu'il est dangereux de la déterminer.
S'il est des circonstances dans lesquelles on doit
provoquer la toux , il en est aussi où on doit cher-
( I ) J'ai indiqué , page 1 1 3 de ce tome , la manière de dégager
c\teraporanément l'acide acétique pyro-huileux, l'acide sulfu-
reux , l'acide benzoique. Quant à l'acide muriatique, on peut
le dégager extemporanémt nt en versant de l'acide sulfurique
sur du muriate de soude. Pour dégager l'acide muriatique oxy-
géné, il suffit de mêler du muriate de soude avec un peu
d'oxyde de manganèse , et d'y verser quantité suffisante d'à-
♦►iùc sulfurique éleudu d'eau.
29^ PHARMACOPÉE
cher à l'appaiser; mais le même traitement ne saii-
j'oit toujours convenir; il doit être snborclonne> aux
causes qui la déterminent et qui reuLretienueut :
c'est ainsi qu'on fait respirer des vapeurs aqueuses
tièdes lorsqu'elle est entretenue par une iiiilamma-
tion aiguë; de l'eiher sult'urique, des vapeurs opia-
. liques, celles de plantes aromatiques, lorsqu'elle
dépend d'une convulsion ou affeclion spasmodique.
§ IV. Provocation de réternuement.
L'éternuemcot est précédé d'un sentiment de titil-
lation dans la cavité nasale; suit une inspiration pro-
fonde , mais plus grande que dans l'état ordinaire;
la tête est penchée en arrière, le thorax et l'abdomen
prennent ])lus d'amplitude, la glotte est close; bien-
tôt après le larynx s'ouvre, la tête s'incline eu avant,
l'expiration devient forte et sonore. Ces elforts peu-
vent être incom]>lets et plus ou moins multipliés; ils
sont suivis d'un abattement momenl.uié, de l'aug-
lïientation de la sécrétion du mucus nasa! et des lar-
mes. L'eternuement peut présenter beaucoup de
variétés, quant à la fa<Mrité et à la promjviiiude avec
lesquelles \\ a lieu, quant au nond)re d'eiloi ts qtii le
constituent , quant à son intensité , à ses effets secon-
daires, etc.: c'est ainsi qu'on l'a vu produire des
lîémorrhagies du nez, des bronches et de l'utérus,
l'apoplexie, la récite, etc. ; iaire cesser des maladies
invétérées de l'œil, de foreillc, du nez, de l'eucé-
phalo, etc.
On provoque réternuement dans pbisieurs cir-
constances : i^'.pour mettre la respiration en jeu
CLINIQUE. 299
lorsqu'elle est suspendue ; 2°. nour favoriser la sor-
tie de corps élrauj^ers introduits accidentellement
dans rintérieur des voies aérieuues; '6°. pour occa-
sionner une secousse générale, par exemple, dans
l'invasion de maladies dangereuses qu'on doit cher-
cher à supprimer aussitôt ; 4**. pour augmenter la
sécrétion du mucus nasal et des larmes, ou pour fa-
voriser l'excrelion du mucus amassé dans les sinus
nasaux j 5°. pour réveiller l'action de l'encéphale,
des sens, de l'utérus, etc. ; 6°. pour faire cesser un
état convulsif ou spasmodique de i'appareil respira-
toire.
Il est beaucoup de cas qui doivent empêcher de
provoquer l'eternuement, comme une hernie non
réduite, une congestion sanguine vers la tête ou la
pollrine; des phlegmasiesetdes hémorrhagies actives
de l'encéphale, des poumons ou des viscères abdo-
minaux j des anévrysmes du cœur ou de l'aorte, la
gestation avec disposition à l'avorlement; des frac-
tures, des hémorrhagies artérielles ou veineuses par
rupture ; de grandes plaies qui nécessitent un repos
absolu, etc.
Ce n'est que par des moyens sympathiques qu'on
peut jusqu'ici provoquer reternuemeut : c'est ainsi
qu'on frappe l'oeil avec une lumière vive; mais c'est
en excitant l'intérieur du nez qu'on le provoque le
plus sûrement; car l'excitation de l'œil ne produit
pas toujours cet effet. Les substances qui excitent Ja
membrane muqueuse des narines ne sont pas toutes
également convenables ; quelques-unes ne provo-
quent jamais l'eternuement ; celles qui en sont sus-
cepiibUs ne le font qu'autant que la membrane mu-
3o(? PHARMACOPÉE
quensc du nez n'est pas babil née à leur présence 5
c'est ainsi que le tabac ne fait éterni'ier que ceux qui
n'en usent pas liabituellement.
Le nombre des corps susceptibles de provoquer
l'eternuement est très-grand; mais tous n'agissent
pas delà même manière. Les uns excitent foibiemeat
la membrane muqueuse du nez, d'autres peuvent
l'euilammcr, y déterminer une hémorrbagie ; les
uns bornent leur action au lieu de leur ap])lication,
tandis que d'antr;s peuvent l'e'tendre au loin ; quel-
ques-uns en(in peuvent agir par absorption sur l'en-
cépbale, et y dëlerminer uu état d'excitation ou de
eëdation.On voit évidemment d'après cela, que rem-
ploi de ces corps ne peut être indifférent.
Parmi les moyens les moins actifs se trouvent le
«ucre,les différentes espèces d'oiéo-saccbarum , la
manne, les feuilles, les Heurs, les semences et les
racines de plantes aromatiques, telles que des la-
biées, des ombellifères, des radiées, des demi-llos-
cnleuses, etc. Parmi les substances qui agissent plus
fortement, se trouvent la plupart de celles qui sont
susceptibles d'irriler les surfaces muqueuses : tels
sont les carbonates al(;alins, le carbonate et le mu-
riated'ammoniaque , lemuriatede soude ; les oxydes
et les sels métalliques, comme ceux de cuivre, de
zinc, de mercure, de fer , elc. ; la scille, le jalap ,
rhellébore noir et blanc, le slapbisaigre,lacévadille,
l'asarum , le séné, le tabac, le poivre, les gérotles,
la moutarde, le gingembre, etc. , etc.
Quoique ces moyens soient très-mullijiliés , aiusi
que jeun'en suis convaincu j>ar de nombreuses ex-
pciicnccs compnraùves que j'ai tentées à cet elfet.
CLINIQUE. 3oï
rt quoiqu'on puisse les employer incliffëremmeut
dans des cas de nécessité, il en est néanmoins quel-
ques-uns que l'usage a plus parliculièremeut accré-
dités : tels sont :
Les feuilles d'asarum. (^asarum eiiropœinn], Ij.")',
La racine d'hellébore blanc {ycratrum album, L.);
Les feuilles de héioiuQ {^betonica officiiialis ,\-j^i
de marum (^teucrium marum ,1j.),
de marjolaine {^origamini majorant
w« ^ L.);
Les fleurs de muguet {^convallaria jnajaUs ^L,);
Les feuilles de tabac {nicotiana tabacum^ L.),
si toutefois on n'y est pas habitué.
On doit rejeter l'euphorbe, en ce qu'il agit trop for-
tement; il peut d'ailleurs occasionner l'inilamraalion
du nez et l'épistaxis.Ou nefaitpas usage de l'ammonia-
que, en ce qu'elle ne provoque pas Féternuemeut ^
d'une manière constante , et qu^appliquée imprudem-
ment elle peut entlammer et cautériser la conjonctive,
la membrane muqueuse du nez, etc. Lorsqu'on em-
ploie les feuilles d'asarum et la racine d'hellébore
blanc, on les étend ordinairemeut dans une poudre
inerte ou dans un stern utatoire moins actif , par
exemple, dans partie égale, le double de leur poids,
et au-delà. On se sert le plus ordinairement, à cet
effet , de la poudre de feuilles de marjolaine , de
fleurs de muguet, de fleurs de lavande.
C'est à l'état pulvérulent qu'on administre les
sieruutaloires; il faut prendre garde de ne pas ins-
pirer trop fortement, car la poudre peut pénétrer
dans le conduit aérien ou dans l'estomac, et pro-
duire des accidens varies. Quelques pharmacopées
3o2 P H A n M A C O P ]é Ê
contiennent des poudres sternutaloires composées ;
mais elles sont iiuiiiles. Les quinze substances que
la pharmacopée c'e Wirtemherg réunit produieent-
elles des effets différens des poudres plus simples ?
La poudre sternulatoire du code de Nancy con-
contient cinq substances; celles des codes de Paris,
de Londres et de Berlin quatre; celle du code d'E-
dimbourg trois, et celle de Genève deux. La poudre
sternutatoire de Saint- Ange est composée d'une par-
tie de racine d'hellébore bianc et de vingt-quatre
parties de feuilles d'asarum.
L'éternuement peut devenir un véritable état
maladif; il faut alors le combattre avec des moyen»
proportionnes à la cause qui l'entretient.
OB.DRE HUITIÈME.
Modifications particulières des sécrétions et des
exhalations»
Ces modifications 'consistent dans l'aufimentalion - '
la diminution, la suyjpression des sécrétions et des
exhalations. Il n'est pas toujours facile d'explorer
ces changcmeus , surtout lorsqu'il ne s'agit que
d'augmenter une sécréi ion ou une exhalation habi-
tuelle ; mais il n'en est pas de même lorsque l'ex-
halation ou la sécrétion qu'on produit est entière-
ment artificielle. Elles ne sont pas constantes lors-
que l'organe qu'on veut exciter est situé de manière
quelesexcitaus ne peuvent être appliqués directement
sur lui. Elles ne présentent pas de succession cons-
tante dans leurs phénomènes. Leur durée est or-
dinairement assujétie à ccHç de l'application des cjl-
CLIIJfIQUE. So3
cîtaus. Leur influence sur l'orgnuisme n'est pas tou-
jours notable; leur excès occasionne un affulhlisse-
ment gênerai dont les effets se manifestent d'abord
dans les fonctions dii^estives.
Plusieurs d'entre elles paroissent être propres à
détruire la disposition à contracter certaines mala-
dies contagieuses. Oo a fait cette observation rela-
tivement à la suppuralioQ cutanée , à celle du tissu
cellulaire, à la sueur , et même à la salivation ; mais
on n'a pas encore fait de remarques analogues rela-
tivement aux autres sécrétions et exbalalious.
Les médications de cet ordre exercent surtout
une iulluence très grande sur les exhalations et
sur les sécrétions : c'est ainsi que la sueur peut
remplacer les sécrétions muqueuses et uriiiaires :
c'est ainsi que les sécrétions muqueuses peuvent
remplacer la sueur : c'e>t ainsi surtout que ces dif-
férentes médications paroissent exercer une in-
fluence notable sur les exhalations des membranes
séreuses , comme on l'observe dans beaucoup de
cas d'hydropisies. Il est plusieurs de ces médica-
tions ([ui déterminent des ])hénomènes sympathi-
ques de conlractilité : telles sont la ])lupart des sé-
erétious muqueuses.
Il est facile de déduire de là une grande partie des
circonstances qui nécessitent de recourir à cet ordre
de médication : c'est ainsi qu'on les provoque
pour détruire la disposition à la contagion , pour
prévenir les accidens attachés à la suppression d'une
exhalation ou d'une sécrétion qu'on veut cependant
arrêter ; pour produire un état de dél)ilité générale ,
elc. On les provoque pour favoriser une exhalation
OC4 PliAB-MACÔI^EË
OU une sécrétion criiicpe , pour modifier convena-
blement la composition d'une humeur séci'étée oïl
exhalée.
Ou emploie , pour provoquer ces médications ^
vme i^rande parlie des moyens que j'ai déjà exposés
dans l'onh'e des médications toniques. Leur mode
d'administration ne nécessite e plus souvent que des
modifications accessoires, par exemple , de forme ,
de température, etc.
Les particularités que les excitans présentent dans
Jcur action déterminent le choix qu'on en doit faire:
c'est ainsi que les amers , les ferrugineux, le tannin ,
l'aliin, ne conviennent pas en général pour provo-
quer des sécrétions. Néanmoins plusieurs amers,
et l'alun lui-même, augmentent quelquefois les sé-
crétions muqueuses intestinales, si on les emploie à
grande dose. L'opium supprime les sécrétions mu-
queuses, tandis qu'il favorise et provoque la sueur*
L'alun, l'acide sulfurique convenablement étendu
suppriment ordinairement la sueur et provoquent la
sécrétion urinaire. Lessels neutres les huiles volatiles,
le camphre , etc. , excitent la sueur ou la sécrétion
de l'urine selon les circonstances dans lesquelles on
les administre. La suppuration cellulaire et les sécré-
tions muqueuses peuvent être entretenues par tout
corps inerte ; tandis que la suppuration cutanée né-
cessite un excitant spécifique. Plusieurs des moyens
qu'o?i emploie pour provoquer les sécrétions et les
exhalations peuvent comy)liquer cette médication ,
en déterminant l'excitation ou la sédalion des fonc-
tions intellectuelles, de la cijciilation , en détermi-
nant lu vomissement , la purgalion , etc. Or ce sont
CLINIQUE. 3o5
ces notions qui nous dirigent dans le choix que nous
devons faire de ces moyens.
§ I^^. Médications des sécrétions muqueuses.
Les modifications dont les sécrëlions muqueuses
sont susceptibles consistent dans leur augmentation ,
leur diminution ou leur suppression. Nous n'avons
pas , daus l'état actuel de nos counoissances , de carac-
tères à l'aide desquels on puisse distinguer les sécré«
tions des exhalations qui peuvent avoir lieu sur la
surface des membranes muqueuses : aussi suis-je obli-
gé de confondre ces deux ft^ctions sous la même dé-
nomination.
i^. Provocation des sécrétions muqueuses.
La quantité de mucus sécrétée dans l'état de santé
est si variable , qu'il est souvent difficile de savoir
si on l'a augmentée ou non. Cette augmentation de
sécrétion peut être accompagnée de celle des glan-
des voisines, comme on eu voit un exemple dans
la salivation, le larmoiement, etc. Elle peut être
liée à un état d'intlammation , ou exister sans dou-
leur , rougeur et chaleur locales. La matière sécré-
tée ou exhalée se rapproche quelquefois beaucoup
du pus du tissu cellulaire. D'autres fois elle n'est que
visqueuse et plus ou moins diapliane ; souvent on voit
à la fois ces deux variétés et dans toutes les propor-
tions possibles.
La durée de cette médication est le plus souvenS
subordonnée à l'application des excitaus ; quelque-
So6 PHAE.MACOFÉE
fois cependant elle cesse d'avoir lieu, quoîqu^oo
coDlinne l'emploi des mêmes moyens , et dans
cjuelqiies cas elle se prolonge plus ou moins long-
temps aprèsqu'on a cessé d'eu faire usage.
L'excrétion muqueuse se fait souvent à l'aide de
phénomènes particuliers : c'est ainsi que l'éternue-
ment favorise l'expulsion du mucus nasal , la toux
celle du mucus pulmonaire, le vomissement celle
du mucus stomacal , la contraction périslaîtique de
l'intestin celle du mucus intestinal , etc. Souvent
on ne provoque la sécrétion muqueuse qne pour dé-
terminer ces ditférens phéuomènes.
L'augmentation de la sécrétion muqueuse ne
produit pas toujours des phénomènes sympathiques
très-évidens. Ses effets secondaires se manifestent
davantage dans les organes voisins que dans ceux
qui sont éloignés. Il faut eu excepter les cas où le
llux est très-abondant; car il peut alors affoihlir
considérablement, et il est quelquefois utile sous
ce rapport. Il seroit possible qu'en entretenant uoe
augmentation habituelle de la sécrétion muqueuse,
on pût en retirer le même avantage pour se pré-
server des épidémies pestilentielles, que des suppu-
rations cutanée et cellulaire: on a vu la salivation
produire cet effet , quoique cependant non cons-
tamment. On provoque les sécrétions muqueuses
pour rétablir celle d'une membrane de ce nom qur
est habituellement abondante et qui vient de se
supprimer; on les provoque pour remplacer une
suppuration cutanée ou cellulaire qu'on veut sup-
primer , ou pour prévenir la formation d'une affec-
tion quelconque, soit de ces membranes, soit d'im
autre organe. On choisit, à cet effet, les membra-
îles muqueuses qui sympatliiseut plus particulière-
ment avec l'organe sur lequel ou veut agir , et
celles qu'on peut exciter avec le moius d'inconvé-
nient. On les provoque pour déterminer , par con-
tiguité ou par sympathie, les dlfférens phénomè-
nes convulsifs qui accompagnent les sécrétions mu-
queuses. On les provoque pour débiliter tout l'or-
ganisme , et enfin pour prévenir la disposition à
contracter certaines maladies épidémiquès.
Il est peu de substances qui, mises en contact
direct avec les surfaces muqueuses saines , ne puis-
sent augmenter leur sécrétion. On sait que l'intro-
duction d'une sonde dans les narines , dans les
bronches , dans l'urètre , produit cet effet. Il ne
faudroit cependant pas croire que tous les corps
conviennent pour la provoquer. L'introduction des
poudres d'angusture, de cachou , de quinquina, etc.
dans les narines ne paroît pas augmenter le mucus
nasal. Il est des substances qui provoquent la sé-
crétion d'une membrane et non d'une autre : c'est
ainsi que le suc de poirée ( beta viilgaris , L. )
augmente le mucus des narines et non celui de
la bouche : il en est d'autres qui provoquent la
sécrétion muqueuse de toutes les membranes de
de ce nom. Parmi les corps qui «ont susceptibles de
produire cet effet, les uns le font sans augmenter
la chaleur locale , et sans que leur excès de dose
ou de concentration puisse enflammer : tels sont
plusieurs sels neutres alcalins et terreux. D'autres
peuvent en même temps augmenter la chaleur , la
rougeur , et même produire l'inflammation. Quel-
3o8 PHARMACOPEE
qucs-uns facilitent plus parliculièrcment lacoDtraC-
tion que nécessite l'expulsion du mucus sëcrélë ;
quelques-autres peuvent exciter, par absorption,
tics organes plus ou moins éloii^ués, et produire
des accidens graves. On voit évidemment, d'après
cela , qu'on ne sauroit indifféremment employer
ces différentes substances , et qu'il eu est même
quelques-unes qu'on doit rejeter.
L'habitude exerce sur l'action de ces excilans
un-e influence très-grande ; elle rend leur stimulus
indispensable, et les prive souvent de la faculté de
déterminer les raouvemens convulsifs, conligus ou
sympaibiques : c'est ainsi que le tabac cesse de pro-
voquer l'éternuement chez ceux qui en fout uu
usage habituel.
Les excita ns propres à provoquer et à entretenii*
les sécrétions muqueuses sonl contre-indiqués toutes
les fois qu'il y a susceptibilité très-grande , phleg-
masie aiguë et hémorrhagie active de ces membra-
nes. Lorsque la sécrétion muqueuse est suj)primée
par l'effet d'une inflammation locale ou d'une irri-
tation trop grande , le meilleur moyen de la rétablir
est de diminuer l'inflammation.
L'habitude d'entretenir des sécrétions muqueuses
abondantes les rend indi pensables : leur diminu-
tion et leur suppression subites peuvent déterminer
des accidens graves ; elles peuvent être suivies de
la réapparition de la maladie qu'elles avoicut fuit
cesser.
CLINIQUE. 3o9
Provocation de la sécrétion du mucus nasal.
On provoque la sécrélion muqueuse des narines
pour la rétablir lorsqu'elle languit ou qu'elle est
supprimée , et lorsque cette diminution ou cetle
suppression est suivie de céphalalgie , d'oplithal-
mie , etc. Ou la provoque pour exciter l'éternue-
ment , et enfin pour agir secondairement sur les
organes voisins , par exemple , dans certains cas
de céphalalgie, d'otalgie, d'odontalgie habituelles,
de névralgie faciale , de catarrhe chronique de l'œil,
du conduit auriculaire, de la gorge, du conduit aé-
rien , «le. L'habitude de cette médication rend l'em-
ploi des excitansmuqueux indispensable ; elle émousse
le sans de l'odorat ; elle peut, chez quelques syphili-
tiques faciliter la disposition à l'ulcération de la
membrane muqueuse du nez et à la carie des os
de cette cavité. Les excitans convenables perdent ,
par leur usage habituel, la propriété de provoquer
l'éternuement , à moins qu'on ne les emploie en
quantité plus grande.
Les substances j^ropres à provoquer la sécrélion
muqueuse du nez sont très-multlpliées. Les nom-
breuses expériences comparatives que j'ai tentées
sous ce rapport avec la plupart des corps de la nature,
m'ont convaincu qu'il n'est pas nécessaire de se bor-
ner à l'emploi des errhins qui sont indiqués dans les
ouvrages de matière médicale. Parmi les substances
propres a augmenter celte sécrétion , les unes occa-
sionnent cet effet sans provoquer l'éternuement
et sans menacer d'enllammer ; tels sont plusieurs
3ïQ PHARMACOPEE
sels neutres alcalins et terreux : par exemple , les sui»
fates desouJe , de magnésie^ le phosphate de soude,
etc. D'autres provoquent réternuement, mais seule-
ment ies premières fois qu'on en fait usage , comme
le sucre , la manne, les oleo-saccharum, la poudre
de plantes simplement aromatiques : par exemple,
celle de bétoine {betonica officinalis, L.), de sauge
(sahna officinalis , L.), de lavande (^lavanduîa spi-
ca y ]-j.),d''anis{pi7npifiella anisuin ^ L.) , de fenouil
( anethwn fœniciilum ^ L. ) , d'impératoire ( impe-
ratoiia ostruthium , L. ) , d'angelique ( angpUca
archangelica , L. ) , etc. , etc. Quelques-unes peu-
vent produire en même temps Tinilammation et
mêmerhëmorrhagie : telssontreuphorbe,rheUébore
blanc ( Deratrinn album , L. ) ,etc. ( Voyez tome II ,
pag. 3oo). D'autres peuvent agir par absorption sur
des organes éloignés : c'est ainsi que le tabac (/z/*^
cotiana iabacum ^ L. ) peut occasionner des vertiges
ii ceux qui ne sont pas habitués à son usage , à moins
qu'on ne l'emploie en petite quantité et qu'on ne
le rejette aussitôt à l'aide de l'eternuement. Ou voit
même quelquefois ceux qui fout un usage habituel
de tabac éprouver ces effets s'ils en prennent une
plus grande quantité qu'à l'ordinaire. Le tabac oc-
casionne quelquefois en outre des dyspepsies et d'au-
tres symploraes gastriques. L'emploi abusif du tabac
et d'autres plantes analogues peut affoibUr la mé-
moire el produire un élat de stupeur plus ou moins
grand; néanmoins ces affections-ci sont extrêmement
rares. Si les errhins qu'on emploie sont susceptibles
d'enllammer , il faut avoir soin de ne pas ks renifler
avec îrop de force, de crainte qu'ils ne tombent dans
CLINIQUE. 3n
la gorge , le conduit aérien et l'estomac , ainsi que
cela arrive quelquefois On doit rejeter les oxydes et
les sels mercuriels , et surtout le muriate de mercure
suroxydé ; ils peuvent occasionner trop d'accidens ,
et n'ont pas d'avantage marqué sur les autres excitans:
il en est de même des oxydes et sels de plomb , de
cuivre , etc. En général , le tabac est l'excitant qu'on
emploie îe plus ordinairement , et il convient parfai-
tement , à moins qu'on n'aperçoive qu'il détermine
les accidens que j'ai exposés plus haut.
Provocation de la séerédon muqueuse de l'œil et
des larmes.
On provoque rarement cette sécrétion. II n'est in-
dispensable de l'exciter que lorsqu'une oplithalmie
chronique s'est supprimée subitement et qu'elle a
déterminé des accidens graves : il est même alors pré-
férable de faire suppurer la peau ou le tissu cellu-
laire soucutané.
Les expériences comparatives que j'ai tentées sur
la plupart des corps de la nature , et dont j'ai donné
un résumé ailleurs , m'ont démontré que tous les
corps , même les plus inertes, peuvent provoquer la
sécrétion des larmes. Il est préférable de faire usage
de ceux qui peuvent provoquer cet effet à l'état de
vapeur ou de gaz : telles sont les émanations des bul-
bes d'oignon , d'ail , de scille ; les vapeurs de l'ammo-
niaque , de l'acide acétique pyro-huileux , de l'éther,
de l'alcool , etc. J'ai exposé ailleurs la manière de dé-
gager ces gaz exteraporauément ( tome 11 , page 1 13).
3l2 î»HARMACOPElî
Provocation de la sécrétion muqueuse du conduit
auriculaire.
On provoque la sécrétion muqueuse de ce contluît
dans les cas où Ja suppression d'un calairhe habituel
de cette parlie est suivie d'accidens; on la provoque
aussi quelquefois dans dilTérentes maladies de l'or-
gane de l'ouïe.
On n'a pas encore recherché , par des expériences
comparatives , qu'elles sont les substances qui exci-
tent plus particulièrement la sécrétion muqueuse de
ce conduit. 11 est présumable que ce sont les mêmes
que celles qui provoquent la sécrétion du mucus na-
sal : on les administre à l'état liquide et on les intro-
duit à l'aide du colon qu'on eu a imbibé.
Provocation de la sécrétion du mucus buccal et
de la salive.
On cherche à déterminer cette médication lors-
qu'une salivation sympathique, critique ou métasta-
tique languit ou est supprimée, comme le pt^/allsme
qui survient da-js la deuxième période de la vaiiole
confluente ; on y a recours pour ai^ir sur les organes
Toislns , par exemple , dans les cas d'odontalgle , d'o-
ialgie , de névralgie faciale, de céphalalgie, de ca-
tarrhe habituel de l'oeil, du conduit auriculaire, de
la gorge, du conduit aérien ; dans dlfférenlcs mala-
dies locales de l'œil, de rf)rellle; dans le cas de torpeur
«t de paralysie de la langue. On la provoque pour
préserver de maladies contagieuses. Diemcrbroeck
CLIÎfJQUP.. 3l3
assure avoir observé que les personnes qui entrele-
iiolent un jDtyalisrae habituel n'ëtoient point attaquées
(le la peste j néanmoins Rivinal, Chenot, etc. n'ont
point obtenu le même résultat. On cherche enfin à
provoquer la sécrétion du mucus buccal dans le cas
d'hjdrophobie.
On peut déterminer la salivation à Taide de moyens
topiques , ou par l'emploi de substances qu'on fait ab-
sorber par différentes surfaces. Les mo} eus topiques
propres à provoquer cette sécrétion sont très-mulli-
pliés. Toute substance molieoudure,quoiqueinerte,
qu'on introduit dans la bouche , et sur laquelle
ou exerce la mastication , peut la déterminer : c'est
ainsi qu'on emploie quelquefois de la cire seule ou.
convenablement aromatisée , du mastic , des racines
et des semences légèrement aromatiques. Quaiit aux
substances qui ont été spécialement ap])elées sialago-
gues , on peut les distinguer de la même manière que
les errlîins ; en effet les unes provoquent la salivation
sans déterminer de chaleur ni de douleur locales ;
par exemple , plusieurs sels alcalins et terreux ; d'au-
tres augmentent un peu la chaleur locale, mais sans
qu'on ait d'inflammation à craindre; par exemple,
la racine d'angélique officinale , etc. Il en est qui peu-
vent enflammer : tels sont le poivre , le gingembi-e,
les gérofles,la scille, le raifort, la moutarde, etc. ; le
garou , l'arum, l'iris, le tabac. Parmi ces dernières
substances il en est quelques-unes qui provoquent
en même temps la sécrétion du mucus nasal et celle
des larmes; tels sont la moutarde, le raifort: aussi
peuvent-elles convenir lorsqu'on veut provoquer
toutes ces sécrétions à la fois.
5ï4 PHARMACOPEE
Quoique beaucoup de substances soient suscepti-
bles de provoquer la salivation , l'usage a néanmoins
plus particulièrement consacré à cet effet les racines
<le pyrètre ( anthémis pyretrum , L. ) , de ptarmique
( achillea ptarrnica , L. ) : elles n'ont cependant au-
cun avantage marqué sur les autres. On peut admi-
nistrer ces substances sous formes molle , solide et à
l'état de fumce. Il n'y a que les substances acres qu'on
puisse employer à l'état liquide ; les autres seroieut
sans action sous cette forme. C'est le tabac qu'on em-
ploie plus particulièrement en fumée; les feuilles aro-
matiques peuvent également être employées à cet
état. En général les substances qu'on administre à l'é-
tat de fumée agissent plus facilement sur les organes
éloignés. Comme l'action des corps n'a lieu que
successivement lorsqu'on les emploie sous forme
molle ou solide, on se contente de les faire mâcher
dans leur état ordinaire: c'est ainsi qu'on emploie des
racines entières ou divisées grossièrement , des se-
mences entières ; ou si on les réduit en poudre, c'est
])our les incorporer dans de la cire ou dans un autre
intermède mou. On ne les administre à l'état pulvé-
rulent ou licpiiile que lorsque leur action doit être
en même temps forte et prompte. On peut boi ner
l'action de ces excitans à la surface muqueuse de la
bouche , ou les faire agir également sur les glandes
muqueuses de la gorge, de l'œsophage , de Teslomac,
etc. : c'est ainsi qu'au rapport de M. Pérou , les liabi-
tansdes régions équatoriales avalent le bétel, la chaux,
etc. après les avoir mâchés.
L'abus des siala^oiïues émousse à la longue Tor-
gaue du goût, rend leur emploi presque iudlspea-
CLINIQUE. 3l5
«able , occasIoiiDe de la soif , rend la digestion pé-
uible ; il peut occasionner la dys})epsie , Thypoclion-
drie , la maigreur, etc.
Les substances capables de produire la salivation
par la voie de l'absorption sont les oxydes et sels
mercuriels. Tous les composés mercuriaux ne pa-
roissent pas également propres à la provoquer : c'est
ainsi que Toxyde de mercure noir , le muriate de
mercure doux l'occasionnent facilement ; tandis que
le muriate de mercure suroxydé ne la provoque
que beaucoup plus difficilement et à un moindre
degré. Cette salivation est produite avec plus de
promptitude si ou fait absorber ces composés mer-
curiaux par la membrane muqueuse de la bouche
que par la peau. Quelques faits paroissent faire
croire que la salivation a lieu d'autant plus promp-
lement que la région cutanée sur laquelle on appli««
que ces composés mercuriaux est plus voisine de
l'appareil salivaire ; beaucoup d'autres faits parois-
sent d'un autre côté rendre cette assertion trop géné-
rale. J'ai fait voir ailleurs quels sontlescaractères de
la salivation mercurielleet des accideiis qui peuvent
l'accompagner et la suivre. On n'emploie plus mainte-
nant les mercuriaux commesialagogues, ouon cher-
che à produire seulement une très-légère salivation ,
afin d'être convaincu de l'action générale de ces
composés. J'ai fait voir ailleurs quel est le traite-
ment qui convient pour faire cesser la salivation
mercurielle excessive. C'est probablement parce que
l'hydrophobie est accompagnée d'un état de ptya-
lisme , qu'on a pensé à employer les mercuriaux dans
celtç maladie. Cependant, en parcourant les obscr«-
3l6 PHARMACOPÉE
valions dans lesquelles rhjcirophobic a disparu du-
rant l'emploi lies fiictions mercurielles , on ne
trouve pas qu'il y ait eu constamment salivation.
Comme il est facile de provoquer le ptyaiisme à
l'aide des excitans locaux , il est inutile et même
inconvenant de recourir à l'emploi des merca -
rianx , dont l'adminislralion ne peut jamais être in-
différente.
Loi^que la salivation est devenue excessive, on
doit employer un traitement local relatif à l'élat
d'iirilalion ou d« débilité dans lequel se trouve
alors l'appareil salivaire; on doit chercher à pro-
' voquer la sécrétion muqueuse d'une autre mem-
brane de ce nom, par exemple, de celle de l'intes-
tin , etc. La salivation mercurielle n'est pas suscep-
tible d'autre traitement, car riiydrogèiie sulfuré ne
jouit pas d'action spéciale à cet égard , ainsi que l'ont
annoncé quelques médecins.
Provocation de la sécrétion muqueuse gutturale»
On ne provoque jusqu'ici la sécrétion de la mem-
brane muqueuse de la goige que lorsque celte
surface est affectée, et que la sécrétion est sup-
primée par l'etïet de trop d'irritation. Ce cas
rentre , d'après cela , dans le domaine de la théra-
peutique,
Provocation de la sécrétion muqueuse du conduit
aérien.
On ne provoque la sécrétion muqueuse du con-
duit aérien que dans les cas de maladies locales ,
lorsque loutclois elle est supprimée par l'effet d'une
CLINIQUE. Siy
phlegmasie locale ou sympathique trop intense.
On a recours à des moyens variés selon l'état par-
ticulier de la membrane muqueuse des voies aérien-
Des. On voit évidemment d'après cela que, pour
faire cesser Tobstacle qui s'oppose au libre exer-
cice de la sécrétion muqueuse de ce conduit , il
faut quelquefois recourir aux médications atoni-
ques, locales ou sympathiques, d'autres fois aux
médications toniques, locales ou sympathiques, et
aux médications phlegmasiques de la peau. Cet ob-
jet est spécialement du ressort de la thérapeutique.
Il n'est pas démontré que les prétendus expec-
torans aient une action spéciale sur la membrane
muqueuse en question j on ne les emploie de pré-
férence que parce que l'usage les a pour ainsi dire
consacrés à cet effet. Il paroît cependant que les
moyens propres à exciter la sécrétion muqueuse
de Testomac produisent un effet secondaire ana-
logue sur la membrane muqueuse du conduit aérien ,
lorsque toutefois il n'existe pas d'irritation locale
propre à les contre-indiquer. Les efforts du vomis-
sement et de l'éternuement provoquent aussi la sé-
crétion muqueuse des voies aériennes. L'application
subite du froid sur la peau, surtout lorsqu'on est
en sueur , détermine souvent un catarrhe des bron-
ches; mais l'emploi de ce moyen est trop dange-
reux pour qu'on ose y recourir. La présence d'une
sonde dans le conduit aérien provoque abondam-
ment la sécrétion des bronches ; c'est même ce qui
s'ojîpose le plus souvent à son introduction. Il reste
encore à étudier quels sont les corps vaporeux et
{gazeux les plus propres à provocjuer cette sécrélion.
3l8 PHAllMACOPÉS^
On sait , par exemple , que le gaz acide miirlallqiié
oxygéné est susceptible de provoquer un catarrhe
broiicliial. Tous les corps dont réoianatiou produit
la toux déterminent un effet plus ou moins ana-
logue. Mais l'action excitante de ces moyens ne peut
convenir que lorsqu'un état d'atonie s'oppose à la
sécrétion du mucus des bronches.
Provocation de la sécrétion muqueuse gastrique.
On provoque la sécre'tiou muqueuse de l'estomac
pour agir localement dans le cas de catarrhe chro-
nique habituel de cet organe ; on l'excite pour dé-
terminer des nausées et le vomissement j on la pro-
voque pour ygir secondairement, par exemple , dans
le catarrhe chronique des bronches , dans la troi-
sième période du catarrhe aigu, etc.
Les substances qui paroissent plus particulière-
ment convenir à cet effet sont Tipécacuanha , le
tartrite de potasse antimonié, le bnlbe de scille,
les oxydes d'antimoine hydro-sulfurés. Tous ces
corps peuvent facilement occasionner des nausées,
et même le vomissement , si on les emploie dans de
certaiuesproporlions. Lorsqu'on en fait usage unique-
ment dans l'intention de provoquer la sécrétion
muqueuse , et qu'on veut éviter le vomissement , il
faut les administrer très-élendus, et en petite quan-
tité à la fois. Les pastilles préparées avec l'une ou
l'autre de ces substances, les sirops composés avec
le tartrite de potasse antimonié , l'ipécacuanha ,
ainsi qu'avec le bulbe de scille maritime ; la teinture
d'ipécacuanha,lc suspensumaqueux des oxydesd'aa-
CLIiriQÎJE. 3l9
tïmoïne hydro-sulfuiés , sont les formes les plus
usitées à cet effet. J'ai fait voir ailleurs la manière
de les préparer.
Provocation de la sécrétion muqueuse intestinale,
La sécrétion muqueuse de l'intestin est une des mé-
dications de cet ordre qu'on provoque le plus souveni
soit pour agir localement , soit pour mettre en jeu ,
par contiguité , la contraction périslallique de l'iu-
teslin , soit enfin pour agir secondairement sur des
organes plus ou moins éloignés : c'est ainsi qu'on
cherche à augmenter la sécrétion muqueuse intesti-
nale lorsqu'on veut supprimer une sécrétion ou une
exhalation habituelle quelconque , lorsqu'on veut
supprimer un exanthème , lorsqu'on veut favoriser
l'absorption du liquide des hjdropisies.
Les moyens qui peuvent convenir pour piovoquei*
la sécrétion du mucus intestinal présentent les mêmes
différences que ceux que j'ai indiqués pour les sécré-
tions muqueuses en général ; on emploie les mêmes
substances que lorsqu'on veut déterminer la purga-
tion. Je renvoie à cet article afin d'éviter toute répé-
tition. Lorsqu'on veut provoquer la sécrétion du mu-
cus intestinal sans exciter en même temps la contrac-
tion péristaltique , il suffit d'employer les mêmes
moyens plus étendus , et à dose plus petite.
Provocation de la sécrétionmuqueuse du vagin et
de l'utérus.
On ne provoque jusqu'ici la sécrétion muqueuse
de l'appareil génital de la femme que lorsqu'il s'agit
320 PHARMACOPÉE
iîe rappeler un catarrhe halDituel qui vient de se sup-
primer , qui menace d'affecter des organes essentiels
à la vie , ou dont la suppression est suivie de l'affec-
tion d'autres organes.
Quoiqu'on n'ait pas encore appliqué ici la marche
expéiimenlale dont j'ai fait usage pour les autres sur-
faces muqueuses , il est présumabie que les excitans
dont j'ai parlé peuvent opérer un effet analogue. On
sait que l'introduction d'un pessaire suffit pour occa-
sionner un écoulement muqueux abondant; il est pré-
férable dans tous les cas d'employer des substances
qui ne peuvent enflammer ni cautériser , ou d'avoir
soin de les étendre convenablement : c'est ainsi qu'on
a quelquefois employé l'ammoniaque convenable-
ment étendue.
Provocation de la sécrétion muqueuse de l'urètre.
Ce n'est également que pour rappeler un catarrhe
urétral chronique, dont la suppression a été suivie
d'accidens , qu'on a recours à ce mode de médication.
Il n'est pas démontré par l'expérience si la provoca-
tion de cette sécrétion peut être de quelque utilité
dans différens cas d'affection de la vessie urinaireet
des reins : on serolt tenté de le présumer par rap-
port à la sympathie qui unit ces différens organes.
L'introduction d une sonde dans l'urètre suffit
constamment pour ojîérer celte médication; mais la
membrane muqueuse s'y habitue facilement, et la
sécrétion cesse d'être aussi abondante. L'injecliondu
TÎrus syphilitique j^eut présenter des inconvéniens,
d'autant plus que la plupart des corps dont j'ai fait
CLINIQUE. 02 1
mention , relativement aux autres sécrétions mu-
queuses, peuvent convenir ici ; mais il faut les éten-
dre suffisamment afin qu'ils ne puissent pas produire
l'iuflammation.
Provocation de la sécrétion muqueuse de la vessie
urinaire.
Le catarrhe chronique de la vessie urinaire pré^
sente des inconvéniens trop graves, pour qu'on cher-
che à le provoquer dans l'intention d'exercer une ac-
tion locale ou secondaire.
2°. Provocation de la suppression des sécrétions
muqueuses.
On ne cherche à supprimer les sécrétions muqueu»
ses que lorsqu'elles sont excessives , ou lorsque le
ilux qu'on a provoqué cesse d'être nécessaire. Le pre-
mier cas est du ressort de la thérapeutique ; ses
moyens curalifs doivent être suhordonnés à ses cau-
ses. Dans le deuxième cas , il suffit ordinairement de
suspendre l'emploi de l'excitant, à moins qu'il n'ait
déterminé des accidenS qu'il faille combattre. La sup-
pression des sécrétions muqueuses peut avoir lieu
spontanément ; elle peut céder aux médications toni-
ques , (iirectes ou sympathiques , et surtout à celles
qui sont caractérisées par une légère aslriclion. L'o-
pium opère souvent des effets locnux qu'on n'avoit
pu obtenir avec le tannin , l'acide sulfurique , l'alun ,
etc. D'autres fois cette suppression cède à des médi-
cations phlegmasiques directes ou sympathiques. Les
II. 21
32Z P II A K M A C O 1' E E
sccrelioiis muqueuses j)ersévèrcnt quelquefois mal-
gré tous les moyens qu'on emploie; cel.i a lieu surtout
lorsqu'elles sont entretenues par une cause maté-
rielle directe , conliguë ou sjmpallilque.
5 lï. Médications de V eochalation culanée.
Les médications de l'exhalation cutanée consistent
dans l'augmentation , la diminution , la sup])ression ,
et la moditicatiou de la matière de la trauspiratioQ
insensible et de la sueur.
1**. Provocation de la transpiration insensible et
de la sueur.
Il ne faut pas confondre l'augmentation de l'exha-
lation cutanée avec la condensation et l'accumula-
tion de son produit sur la peau. Ce dernier effet a
lieu lorsqu'on met cet organe à l'abri du contact
de l'air , par exemple, lorsqu'on le recouvre d'une
couche eraplastique, d'une toile cirée , etc. La
sueur ne paroît différer de la transpiiation insen-
sible qu'en ce que son produit est plus abondant
et dans un état de condensation. Il est difficile d'ap-
précier rigoureusement la (juanlité de la transpira-
tion et de la sueur. On le fait ordinairement d'une
manière approximative , en examinant la quantité
de linge quia été humectée. Le produit de l'exhala-
tion culanee p<.ut présenter des modifications variées :
il esl quelquefois acide ; on l'a vu purulent ; mais
on connoît encore peu les circonstances qui sont
le plus susceptibles de modilicr sa composition.
CLINIQUE. 323
La IranspircUiou insensible et la sueur peuvent
être géuérales ou bornées à une région de la peau;
elles peuvent être continues ou intermittentes ; elles
peuvent avoir une durée variée. Ces différences
dépendent autant des circonstances individuelles et
hygiéniques que des moyens qu'on emploie. Il est
des individus qui transpirent avec la plus grande
facilité ; d'autres ne le font que très-difficilement.
La disposition à la transpiration et à la sueur est
encore subordonnée à l'âge, au sexe, aux tempé-
ramens; eWe est plus grande en été, dans les pays
chauds, vers la fin des accès des maladies intermit-
tentes, etc. 11 est des heures* du jour où on sue
plus facilement que dans d'autres. Quoique le
sommeil ne soit pas incompatible avec la sueur ,
il ne lui est cependant pas favorable. L'exercice suf-
fit seul pour provoquer l'exhalation culanée , sur-
tout lorsqu'il est réuni aux circonstances précé-
dentes.
L'influence que la sueur exerce sur les autres
fonctions n'est pas toujours très-évidente ; elle est
subordonnée à des circonstances particulières sou-
vent inappréciables. L'exhalation cutanée alterne
avec les sécrétions muqueuse et urinaire. Son ap-
paiitiou est quelquefois liée à la diminution ou à
la disparition d'affections maladives. Lorsqu'elle
est excessive , elle peut produire le même affoibiis-
sèment que les exhalations et les sécrétions exces-
sives en général. Il n'est pas facile de déterminer
avec précision quelles sont les circonstances clini-
ques qui réclament la sueur j les auteurs n'en ont
parlé eu général que d'une manière très-vague; ils
324 P H A 11 M A C O F É E
ont souveut donné le nom de sudorifiques et de
diaphorélicjucs aux moyens qu'ils emploient, lors
même que ceux-ci ne provoquoient ni la sueur ni
la tianspiralion insensible. En général on cherche
à provoquer l'exhalation cutanée lorsqu'il s'agit de
favoriser une sueur critique, de la rappeler si elle
est supprimée. On y a recours pour prévenir ou
supprimer, dès leur début ,les dilYérentes afïtctions
provenant de la suppression de la transpiration in-
eensible ou de la sueur. On la provoque pour agir
sur des organes dont les fonctions alternent avec
celles de la peau, ])ar exemple , sur les voies uri-
naireset sur les membranes muqueuses. On l'excite
pour prévenir ou pour supprimer , dès leur début,
différentes maladies contagieuses.
On peut, pour provoquer la sueur, agir directe-
ment sur la peau, ou mettre les sudorifiques en
contact avec la surface muqueuse des voies alimeu-
laires.
Moyens locaux.
Ces moyens sont une température élevée , des
frictions faites avec des substances liquides, et sur-
tout avec l'huile. Seuls ils suffisent pour provoquer
la sueur. L'un d'entre eux est nécessaire pour favo-
riser l'action sudorifique des moyens qu'on introduit
dans les voies alimentaires.
Le bain de sable n'est usité que dans les dépar-
temens maritimes du midi de la France. Les bains
aqueux tièdes et chauds sont fréquemment em-
ployés: on a soin, au sortir du bain, de se cou-
cher dans un lit bien couvert. Le Ixiin d'air chaiid
CLIÎTIQUE. 32$
(étLive sèclie) nVst poiut usité en France sous ce
rapport. Les frictions sèches doivent être faites mo-
dérément, sans cela elles produisent un effet op-
posé. Il en est de même des frictions glaciales. L'huile
est une des substances qu'on emploie surtout dans
certains cas pour pratiquer des frictions. Pour faire
les frictions huileuses , on choisit de l'huile Hxe noa
rance ; on l'emploie tiède et en quantité plus ou
moins grande, selon l'étendue de la région qu'on
veut frotter. On pratique ces iVicùons avec une
éponge propre et aussi proraptement que possible.
On place le sujet dans une atmosphèie, échauffée
et tranquille. Ces frictions sont ordinairement sui«
vies d'une sueur abondante mais peu durable. On
peut renouveler la friction dès que la sueur a cessé,
et après avoir préalablemeuL essuyé la peau avec
un linge sec et chaud. On a employé ce moyen
particulièrement dans l'imminence de la peste , ainsi
que l'a observé ]\L Desgenelles (i). On pratique
encore des frictions avec d'autres substances exci-
tantes : c'est ainsi qu'on emploie quelquefois à cet
effet le tartrite de potasse antimonié réduit en pâte
à l'aide de quantité suffisante d'eau; mais ce moyen
occasionne souvent une phlegmasie cutanée et la
diurèse.
( I ) On a aussi eu recours aux friclions huileuses clans le début
de la ficvrc jaune. Mais les expériences n'ont pas élé assez mul-
tipliées pour permettre de. prononcer sur le degré d'aclioa
de ce moyen, F. H. N.
3a6 PHARMACOPÉE
Moyens secondaires.
A Texceplion des amers , des substances végétales
astringentes et des fi?rrugineax , presque tous les
corps que j'ai indiqués dans l'ordre des médications
toniques peuvent lorsqu'ils sont administrés dans des
circonstances particulières) provoquer la transpira-
tion insensible et la sueur. Voici ceux que l'usage a
plus])aiticnlièrcraent accrédités: les racines de salse-
pareille {smiinx sarsaparilia , L. ) , de squine (^sini-
lax china , L. ) , de carice des sables ( carex arena-
ria , L , ) , de bardane ( arctium lappa ;, L. ) , de ser-
pentaire de Vij'ginie {cirislolochia seipentaria , L. ) ,
de conliayerva (^dorstenia contrayerva , L. ) , d'a-
corus calanius {^aconis calamus ^ L. ) , d'acorus vrai
{acorus vents , L. ) , d'année ( inula helenium , L.),
de dompte-venin {asclepias "vince-toxicwn , L. );
le bois de sassafras ( laurus sassafras , L. ) , de ge-
névrier commun {^juniperus communis , L.), de
gaïac (^guoyacum officinale , L.) ; les tiges de douce-
amère ( solanuni <hilcamara , L.) ; l'écorce de can-
nelle ( /auras cinamominn , L. ) ; les feuilles de
sauge (^mh'ia ojJlciriaJis , L. ) ; les fleurs de romarin
{^rosmarinus ojjicinalis , L.) , de lavande (Aiiyï/z-
tîiila-spica , L. )-, à^hysso^{-hyssopus officinal is ^
L.), de mélisse (rnelissa ofjicinalis , L.), de ger-
niandiée d'eau i^teucrium scordiinn , L. ) , de cha-
maedrys {teucriuni chamœdrjs , L. ) , de marum
{teucriiim maruni , L. ); les gérolles , les fleurs
d'œillet des jardins ( diantlius carrophjlliis , L.-),
Jcs fleurs de sureau ( sambucus nii^ra ^ L. ) , les
CLINIQUE. 827
fleurs de coquelicot {^papaver rliœas , L. ) ; les se-
mences (les omlDellifères, les huiles volatiles , le cam-
phre , l'opium , le musc , l'alcool , Tëther, l'ammo-
niaque , les sels ammoniacaux , les sels neutres al-
calins et terreux , les composés aniimoniaux , etc.
J'omets de parler de beaucoup de substances main»
tenant abandonnées , et sur l'action sudorilique
desquelles nous n'avons pas de notions exactes , tels
que l'oxyde d'antimoine blanc (antimoine diaphoré-
lique ) , la plupart des substances animales, surtout^
les vipères , etc.
L'action de ces différentes substances est loin d'être
constante ; on pouiroit môme dire que ce n'est qu'ac-
cidentellement qu'elles excitent l'exhalation cutanée;
car elles peuvent provoquer la diurèse , la sueur,
ou n'occasionner ni l'une ni l'antre, selon la manière
dont on les administre. Leur effet sudorilique est le
plus souvent dépendant de l'état actuel des propriétés
\itales. Sous ce rapport les moyens atoniques peu-
vent provoquer la sueur dans beaucoup de cas : cela
a effectivement lieu toutes les fois que la suppression
delà transpiration insensible est l'effet de l'irrilatioa
générale ou de celle de l'organe cutané j tandis que
tous les toniques conviennent lorsqu'un état de débi-
lité s'oppose à l'exercice do l'exhalation de la peau.
Mais il ne s'agit ici que des moyens qui , dans l'état or-
dinaire , peuvent provoquer soit la transpiration in-
sensible , soit la sueur. Or, à la rigueur , il n'est pas
de substances qui méritent le nom de sudoriHques et
de diaphoréliques: c'est uniquement en réun:ssant
les circonstances que je vais indiquer, qu'on peut
provoquer cette médication d'urKi manière secoa-
5zo V H A K M A C O V i E
tlaire. Oji n'a pas encore déterminé quelles sont les
suhslances qui ( les rirconslances hji^iéuiques étant
les mêmes ) prédominent les unes sur les autres sous
le rapport de leur action sudorilîque. J'ai tenté des
expériences comparatives à cet égard ; mais il est très-
ditllciie d'obtenir des résultats constans. J'ai recher-
rlié aussi quelle est l'intlnence de la forme et du
mode d'administration sur l'aclion sudoritique. Je
suis encore loin d'avoir assez multiplié ces reclierches
pour pouvoir en faire connoître les résultats; mais
tout porte à croire qu'une température élevée et
une forme liquide exercent la plus grande influence.
Les conditions nécessaires pour provoquer la trans-
piration insensible et la sueur sont les suivantes, i**.
Le sujet doit être placé dans une température éle-
\ée, dont l'air ne soit pas renouvelé j il d,oit être bien
couvert, mais cepeiKlant seulement autant qu'il le
faut pour ne pas éprouver de malaise ni un excès
de cbaleur : dans ce cas on doit enlever de ses cou-
vertures par degrés. 2°. 11 doit garder le repos. 3-. Il
doit prendre les excitans à l'état liquide et sous une
température élevée. Quelquefois on se borne à lui
donner de l'eau chaude convenablement édulcoree,
ou un autre liquide plus agréable et élevé à la
même température ( le lait, l'cmulsion de jaune
d'oeuf, etc.). On a vu néanmoins (et les anciens nous
en présentent un exemple ) de l'eau froide avalée
en grande quantité pendant qu'on rempiissoit les
deux conditions précédentes, provoquer une sueur
abondante j mais de nos jours on fait rarement usage
de cette méthode. On reste dans l'état que je viens
d'indiquer pendant un temps plus ou moins long ^ so*
CLINIQUE. 329
Ion riutensité d'effet qu'on veut obtenir. Lorsque le
linge est humecté , on le renouvelle par d'autre linge
sec qu'on a élevé à une température approchant de
celle du corps. 11 ne iaut point imiter la pratique du
vulgaire , laquelle consiste à changer le linge hu-
mecté par du lingequia déjàservi etquiest par consé-
quent imbibe des exhalaisons animales. Lorsqu'on
veut arrêter la sueur, on diminue successivement le
nombre des couvertures ; on essuie tout le corps avec
du linge sec , et on le couvre convenablement. Il faut,
au sortir du bain, éviter l'air froid, et surtout les
vicissitudes atmosphériques.
Parmi les substances qu'on administre pour pro-
voquer la transpiration insensible et la sueur , il en
est qui occasionnent plus particulièrement des nau-
sées, d'autres qui excitent la circulation d'une ma-
nière notable.
Nausées et Domiburitions» Elles sont ordinaire-
ment accompagnées de l'augmentation de d'exhala-
tion cutanée : aussi y a-l-ou souvent recours. A cet
effet on emploie particulièrement l'ipécacuaulia , le
lartrite dépotasse antimonié, le buibe de scille, les
oxydes d'antimoine hydro-sulfurés et l'eau tiède.
On les administre de la manière indiquée dans l'ordre
des médications particulières de la digestion.
Excitation de la circulation. On la provoque
surtout à l'aide de l'ammoniaque, des sels ammo-
niacaux, de l'acide sulfureux , des huiles volailles,
des plantes de la famille des labiées, des crucifères,
des llosculeuses, des ombeliifères , de l'élher, de
l'opium , du vin , du camphre , etc. Parmi ces moyens
les unssont volalilset agissent d'une manièrepromptc;
33o PHARMACOPÉE
telles sont les snbstauces que je viens d'indiquer;
d'autres nullemenL volatils sont plus ou moins irri-
tans ; leissoiit le boisetrexlraclo-résinedegaiac,etc.
Quelques-uns peuvent déterminer la sedalion de
l'encéphale , tels que l'opium , l'alcool , le cam-
phre, etc.
Il est des substances à l'aide desquelles on pro-
voque la sueur qui n'augmentent pas notablement
la ciiculatiou, et paroissent même la diminuer : tels
sont les acides, les sels neutres alcalins et terreux
suffisamment étendus, et surtout le vinaigre, le ni-
irale de potasse, etc.
Enfin il est des substances dont on se sert pour
provoquer la sueur qui ne paroissent pas avoir
d'action immédiate notable , à moins qu'elles ne
soient très-concentrées : telles sont les racines de
salsepareille , de squine,de bardane.
On a souvent réuni ])lusieurs substances pour
provoquer la sueur ; mais on s'est rarement élevé
à la composition de ces mélanges à l'aide d'expé-
riences comparatives. Celui de <h'S mélanges qui est le
y)lus en usage porte le nom de Dover. Il est composé
d'une partie d'Opium, de huit parties de sulfate de
potasse, et d'une partie de tarlrite de potasse anli-
monié ou d'ipécacuanha ; il contient donc o,i d'o-
pium , et autant d'ipécacuanha ou de tartrite de po-
tasse anlimonié; il est ordinairement à l'état pulvé-
rulent. On l'administre en suspension dans un peu
d'eau , et le plus souvent sous la forme de pilu-
les (i). On s'abstient de boire jiisqu'à ce que la
m • • • ' • ■ — ■ I ■■ ^ .1. » ... .. ■■■--,- ■ ■ ■ — , , ^.i. ■— ■ ■—
(i) La poudic de Dover a eu autrefois , en Angleterre , unô
CLINIQUE. 33l
snenr commence à avoir lieu; on administre en-
suite un liquide chaud à petite dose et à des inter-
valles rapprochés. On se comporte du reste ainsi
que je l'ai exposé plus haut.
Si on a égard aux particularités que présente
l'action des substances qu'on emploie pour provo-
quer la sueur, on voit évidemment que le choix
n'eu est pas toujours indifférent. Les corps qui aug-
mentent la circulation peuvent convenir dans cer-
tains cas; tandis qu'il en est d'autres où il faut leur
préférer ceux qui n'augmentent pas notablement
la fréquence du pouls. Il n'est pas toujours pos-
sible de se servir d'opium ni des substances qui
sont susceptibles de provoquer des nausées et le
vomissement, etc.
2°. TDiininudon et suppression de l'exhalation
cutanée.
Ce n'est que lorsque la transpiration insensible et
la sueur sont devenues excessives qu'on cherche à
jes diminuer et à les supprimer ; or les moyens qu'il
convient d'employer à cet effet doivent varier comme
Jes causes de cet état morbide: ils sont donc du res-
sort de la thérapeutique (i).
Jurande célébrité contre la goutte vague , c'est-à-tlire celle qui
se porte sur quelque viscèi e. Ce qui paroit le plus positif, c'est
qu'elle est un des meilleurs diaphoréliques. On la donne à la
dose de 56 grains ( i grammes ) et plus. P. H. N.
(i) Les moyens que l'on peut mellreen usage pourdiminuer
l.'i transpiration insensible et la sueur sont les circonstances
opposées à celles qui favorisent leur augmentation , les boissons
332 P II A il M A C O P L E
S''. Modification du produit de V exhalation
cutanée,
La matière de la transpiration insensible et de la
sueur est encore liop peu connue pour qu'on puisse
indiquer les moyens de la modifier ; il paroîl cepen-
dant qu'elle contient quelquefois des acides, de Thy-
drogèuc sulfuré, etc., lorsqu'on fait prendre des
acides et du soufre , etc. Ce point est un de ceux, qui
méritent de fixer particulièrement rallenlion des ex-
périmentateurs : je me propose de m'en occuper dès
que les circonstances me le permettront.
§ IIÏ. Médications de la sécrétion urinaire.
Les médications dont la sécrétion urinaire est sus-
ceptible consistent dans l'nui^mentation et dans la di-
minution de l'urine sécrétée, ainsi que dans les chan-
gemens introduits dans la composition de ce liquide.
i*^. Provocation de la sécrétion urinaire.
Il est difiicile d'indiquer d'une manière précise si
la sécrétion luinaire est augmentée ; car ce liquide
varie en quantité, selon une infinité de circonstances,
et on ne peut pas toujours conclure avec certitude si
son augmentation dépend ou non des moyens qu'eu
a employés. D'ailleurs , pour annoncer que la sécré-
froides, les boissons acidulées, le vin , l'alcool , les diurcliques.
Dans les pays équatoriaux , on emploie les éplces , le piment,
le b^itel. P. U. N.
c L I H I Q u r:. 333
lion urinaire est plus abondante, il faut que l'urine
conserve en même temps son degré de concentra-
tion ; car il est d'observation que les liquides qu'on
prend en grande quanlilé sortent en grande partie et
peu de temps après qu'ils ont été avales , soit par les
voies urinalres, soit par la peau. Rien n'est plus diffi-
cile àfaire que d'entreprendre une série d'expériences
desquelles on puisse déduire quelque résultat po-
sitif relativement à la détermination des moyens pro-
pres à augmenter la sécrétion urinaire. Alexandre a
chercbéà éclairer ce point par une série d'expériences
tentées sur lui - même. 11 a recberclié quelle est la
quantité d'urine qu'il excrétoit dans un temps égal,
savoir, depuis neuf heures du matin jusqu'à deux
lieures après midi, tandis qu'il buvoit la même quan-
tité du même liquide, saturé successivement de sub-
stances différentes et à des doses variées. Les corps
qu'il a examinés sont le carbonate de potasse, le ni-
trate de potasse, le sulfate de potasse , le lartrite aci-
dulé de potasse, le carbonate de magnésie, l'huile
volatile de térébenthine, l'alcool nitrique , la teinture
de cantharides, les feuilles de busserole ou raisin
d'ours, le thé, la racine de bardane , le gruau, la
petite bière, le lait récem.ment tiré, le petit-lait de
vache, le ponch acide. Mais il n'a pas répété ces ex-
périences;il a oublié d'établir préalablement le terme
moyen de la quantité d'urine qu'il excrète dans l'es-
pace de temps indiqué; il a omis de noter les circons-
tances hygiéniques dans lesquelles il setrouvoit, etc.:
aussi nepeut-on pastirerde conséquences rigoureuses
deson travail. J'ai commencé une série derecherches
analogues sur moi même. J'ai d'abord établi , par des
334 PHARMACOPÉE
observalions multipliées, le terme moyen de l*urine
excrétée dans un temj3S donné (toutes les circons-
tances Iiyi^iéuiqnes étant les mêmes); j'ai recherché
ensuite jusqu'à quel point la quantité et la composi-
tion de ce liquide sont modifiées par rinlroduclioa
dans l'estomac d'unequantité déterminée d'eau pure,
puis d'eau chargée successivement de corps difCe-
rens et dans des proportions d'abord analogues, puis
différentes. J'ai examiné ,sous ce rapport, la plupart
des corps de la nature, et j'ai recherché jusqu'à quel
point leur dose , leurs degrés de concentration et
leurs formes modifient leur action diiu^étique. Je ne
puis encore me permettre de pul^lier les résultais de
ce travail ; mais tout porte à croire que la sécrétion
uriuaire est considérablement modifiée par les cir-
constances individuelles et hygiéniques; que, par
conséquent , elle n'est pas toujours en raison du
moyen qu'on emploie, ni de la dose à laquelle on l'ad.
ministre ; enfin que la forme liquide et la tempéra-
ture froide sont les circonstances qui favorisent le
mieux l'action diurétique des bubstances dont on se
sert. On n'est pas étonne, d'après cela, si tant de corps
ont été successivement conseillés et employés comme
diurétiques, et si les résultats obtenus par quel-
ques médecins n'ont pu être constamment con-
firmés par d'autres.
Ce n'est pas ici le lieu d'exposer toutes les cir-
constances hygiéniques qui peuvent modifier la sé-
crétion urinaire. L'urine est, toutes choses d ailleurs
égales, sécrétée eu plus grande quantité dans les
climats et les saisons froides, lorsque l'humidité est
jointe à rabaissement de température ; elle est aug-
CLINIQUE, S35
rnenlée parles bains, les boissons, les clystères
aqueux, ejc. ; elle est climiDuée par la sueur ex-
cessive. Il existe beaucoup de circonstances diffi-
ciles à apprécier, qui, dans l'état de santé, donnent
à ce liquide les qualités de l'urine morbide. Pour
juger de l'action diurétique des corps, il faut les
examiner dans l'état de santé , et surtout lorsque
les reins ne sont atteints d'aucune maladie ; car si
l'action de ces derniers est suspendue par l'effet de
rinflammation, il n'y a pas de doute que les muci-
lages ne la favorisent en enlevant l'obstacle. 11 ne
suffit pas non plus que l'urine soit modifiée dans
sa couleur ou dans son odeur pour qu'on puisse
regarder comme diurétiques les substances qui ont
produit cet effet; car la rbubarbe et la casse co-
lorent l'urine , et cependant ne favorisent pas sa
sécrétion.
Celte médication est donc peu constante ; son in-
vasion peut avoir lieu immédiatement après l'appli-
cation des excitans j sa durée, ordinairement courte,
varie à l'infinie.
L'influence que l'augmentation de la se'crétion uri-
naire exerce sur les autres fonctions n'est pas tou-
jours facile à reconnoître. Elle est ordinairement dé-
pendante des circonstances actuelles. La sécrétiou
uriuaire alterne avec la transpiration j lorsqu'elle est
excessive, elle produit des effets analogues à ceux
qu'occasionnent la plupart des sécrétions et des ex-
halations excessives.
Ou cherche à provoquer la sécrétion minaire ,
1 ^ . lorsqu'elle a l'habitude d'augmenter à des périodes
constantes , que cette augmentation n'a point lieu aux
336 PHARMACOPÉE
époaues détenninées, el o» casionne ou menace (î«
produire desaccidens variés ; 2^. lorsque la sécrétion
tirinaire peut être regardée comme critique , et
qu'elle n'a pas lieu convenablement ; 3°. lorsqu'on
veut diminuer un état de transpiration excessive;
4". lorsqu'on vent exercer une action sur le système
Ij'mpathique , etc. ; maison risque de se tromper en
concluant que les moyens qu'on emploie quelquefois
avec succès dans les liydropisies ne sont utiles qu'en
augmentant la sécrétion de l'urine ; ils exercent évi-
demment une ad ion générale , el l'augmentation de
la sécrétion urinaire peut i'ort bien n'être qu'un co-
effet deladimluutionou de la cessation de l'état mor-
bide général.
On doit proscrire les moyens diurétiques dans le»
cas de néphrite aiguë, de calculs urlnaires ; on ne
doit y recourir qu'avec prudence dans le cas de
goutte , et en général toutes les fois qu'on doit crain-
dre de troubler l'irritation d'un autre organe, et sur-
tout lorsqu'elle est susceptible de métastase sur les
organes urinaires. Toutes les substances qu'on em-
ploie poXir augmenter la sécrétion de l'urine n'exer-
cent pas une action également constante. Quelques-
unes déterminent plntôt une irritation de la mem-
brane muqueuse de la vessie urinaire qu'elles ne pro-
voquent réellement la sécrétion de l'urine. Il en est
qui augmentent en même temps la fréquence du
pouls , la chaleur cénérale ; tandis que d'autres
agissent d'une manière opposée. Plusieurs peuvent
même enflammer les surfaces sur lesquelles on les
applique. Un grand nombre ])eut exciter localement
des organes éloignés , el compliquer par conséquent
ctiiriQtJË* 337
îeur action diurétique. Toutes, ou au moins la plu-
part, peuvent, au lieu fie la diurèse, favoriser la
transpiration cutanée , si on les administre avec des
modificalions particulières. En un mot, les moyens
qu'on emploie comme diurétiques sont des excitans
généraux qui paroi sseul exercer en même temps une
action notable sur les reins. Nous avons vu que la
plupart des excitans généraux augmentent à des de-
grés variés la sécrétion urinaire. Et ne s'est-on pas
souvent laissé induire en erreur en attribuant à leur
action diurétique ce qui étoit un effet de leur action
générale ?
On peut appliquer sur des surfaces différentes les
moyens qu'on emploie pour exciter la sécrétion uri-
naire. On les met particulièrement en contact avec
la surface muqueuse deTestomac , du gros intestin ,
ainsi qu'avec l'organe cutané. Le plus fréquem-
ment on les administre par la bouche : dans ce dernier
cas on les fait prendre à l'état liquide et sous une
température peu élevée. Il faut en même temps que
l'extérieur du corps ne soit pas exposé à une haute
température ; sans cette précaution ,,on détcrmineroit
souvent l'augmentation de l'exhalation cutanée.
Lorsque ces substances sont susceptibles d'occasion-
ner des nausées et le vomissement , on a observé que
ces effets nuisent à leur aciion diurétique; or les unes
les produisent plus facilement à l'état liquide , et
d'autres sous la forme de poudre : aussi est-on obligé
pour s'y opposer de les aromatiser ou de les unir à
un peu d'opium. Lorsqu'on veut mettre les diuré-
tiques en contact avec la surface muqueuse du c^vos
intestin, il est convenable de les administrer à l'état
lU 23
338 PHARMACOPEE
liquide et d'avoir égard aux considérations que Je
viens de faire. Si on veut les appliquer sur la peau ,
on les adniiuistre en bains ou en frictions. Comme les
bains aqueux augmentent la sécrétion urinaire, Ils
peuvent convenir pour l'administration des diuréti-
ques. Rarement cependant on applique ces derniers
de cette manière; le plus odinairement on le fait à
l'aide de frictions, et on se sert de l'inlermède de
raxonge,de l'alcool ou de la salive. Il est indifférent
sur quelle région cutanée on pratique ces friclious ,
pourvu qu'on choisisse celles qui abondent en I3 m-
j)haliques. 11 n'est pas encore démontré si tous les
corps qu'on emploie comme diurétiques peuvent
également être appliqués sur la peau : c'est ainsi
qu'on fait des frictions avec le bulbe de scillc, les
iéuiilcîs de digitale pourprée, etuon avec le nitrate de
potasse et le tartrite acidulé de potasse. Si on appli-
quoit ces derniers sur la surface cutanée , ce seroit
plutôt à l'état liquide et en bains. On croit avoir ob-
servé que l'action diurétique est moins constante si
les moyens destinés à produire cet effet sont appli-
qués sur Torg-ine cutané , que s'ils le sont sur la sur-
face muqueuse du conduit alimentaire.
L'habitude modifie aussi l'aclion diurétique des
substances employées à cet effet; 11 y a même cela
de particulier, que tel moyen qui, appliqué sur la
surface muqueuse gastrique, cesse d'exciter la sé-
crétion urinaire, produit souvent cet effet avec
plus ou moins d'intensité si on le met en contact
avec une autre surface.
Je ne vais exposer successivement que les sub-
stances qui sont plus particulicremcut accréditées
coaune diurétiques.
CLINIQUE* 339
Corps susceptibles de déterminer V inflaminaiion
des organes urinaircs , d'augmejiter la fré -
quence du pouls , la chaleur générale , et d'o-
pérer en même temps une excitation notable
sur d'autres organes.
Baies de genévrier commun (jujiiperus com"
munis , L.). On préfère leur iiifusioa aqueuse et
leur huile volatile ; on administre ordinairement
l'infusion par la bouche j l'huile volatile peut être
donnée par la bouche , en lavemens et en frictions î
leur dose 11e présente rien de particulier (Voyez
tome lei", page 3i5, la manière de les administrer)*
On sait que ces médicamens communiquent à l'u*
rine une odeur de violette , et qu'ils peuvent enflam-
mer les ori^anes urinaires.
Térébenthines. On les applique sur les trois sur-
faces que je viens d'indiquer. J'ai exposé ailleurs
leur mode d'administration (tome I^^, page 3x3 i
tome II, page 5i ). Leur action est très-analogue à
celle des baies de genévrier commun.
Feuilles de tabac {nicotiana tabacum , L.), On
les applique sur les surfaces gastrique , intestinale
et cutanée ; leur préparation est la même que celle
que j'ai exposée ailleurs (tome I^r^page 36o ; tome II,
page 56). Néanmoins oa fait plus particulièrement
usage de leur infusion aqueuse et de leur macéra-
tion alcoolique. Lorsqu'on fait prendre ces médica-
mens , on a observé (jue leur action diurétique n'a
point lieu s'ils produisent des nausées et le vomisse-
ment. Cette action est d'ailleurs fréquemment corn-
S/jO PHARMACOPÉE
pliqiiëc de la sëJa'ioii des fouctions intellectuelles.
On a à craindie l'i^'llammation de la sm fnre sur
laquelle on applique ces medicameus : aussi exigent-
ils beaucoup de ])rudence.
Bulbe de scille (scilla maridma , L. ). On peut
l'appliquer sur les trois surfaces que je viens d'in-
diquer. Ou fait particulièrement prendre l'oxymel
ou le sirop de vinaigre s« illitique ; sa dose ne pré-
sente rien de particulier. L'aduiini^lratiou de la
poudre occasionne trop fariiemeni des na.îsées, à
moins qu'on ne l'aromatise ou qu'on ne l'unisse à
de l'cpiura. On croit que le vinaigre scilliliqne est
plus propre à produire l'adion diuietique ({ ne l'al-
cool ou le vin scillitique. Pour les aj)plications cu-
tanées, on emploie ordinairement la ])oudre récem-
ment préparée, délayée da-is ww peu de salive,
d'huile ou d'axonge. Ce médicament est un de ceux
qui sont le plus propres à opérer la diurèse : in-
troduit dans l'estomac , il occasionne tacilement des
nausées et le vomis'îement ; il peut eidl muner la
suilace muqueuse des voies aliment;;ires, cl même
la peau s'il est à l'état Irais : il excite en même
temps la sécrétion muqueuse des bronches. Il paroît
asii^/netiler le ton dx^. tout le sjsJème lymphatifpîe ;
dans quelques cas 11 dim'uuc la chaU-ur generaie
et rî.lof^lit l*' pouls. Son cmpl<.! impiu lenl a qtiel-
quefois déterminé l'i dl'immallon el l'hcîuorrhagie
des organes inioaires. Lorsqu'on mai-^qne de selle
on peut faire nsagc d"s alliacées et dts cj-ucilt'! es
d'^nt j'ai déjà parlé à l'article des médications to-
uiques.
Le bulbe de colchique d'automne (^colchicam
CLINIQUE. 841
autiiinnaJe , L.) ne mérite pas d'élre em|)loyë ;
il n'a jDas d'avantage sur la scille; il peut occasion-
ner les mêmes accidens qu'elle , et est moins cons-
tant dans son action.
CantJiarides. Sur quelque surface qu'on appli-
que ces insecies,ils sont moins propres a augmenter
la sécrétion de l'urine, qu'à irriter la membrane
muqueuse de la vessie urinaire : aussi ne doit-on
pas les employer comme diure'liques , d'autant plus
que leur usage exige la plus grande prudence.
Il est encore un grand nombre de substances qu'on
fait prendre, dans l'intenhon d'augmenter la sécré-
tion urinaire ; mais leur action est trop peu évidente
pour qu'on puisse s'en servir. II paroît même que
c'estau liqnide dans lequelonles administre qu'il faut
attribuer l'augmentation de l'urine qui suit leur ad-^
miiiistralion ; en effet, ce liquide présente alors tous
les caractères de l'urine de boisson. Les corps qui se
rapportent ici sont les suivans : les racines de ga-
rance ( rubia tlnclorum , L. ) , dache ( apiwii gra-
veolens , L. ) , de persil {^apiiimpetroselinurn , L.),
d'asperge (^asparagus officinalls , L. ) , de fenouil
{^anetumfœnicuhnn, L. ) , de pissenlit ( taraxa-
cum dens leonis vel leonf:odon taraoc.icnin , L.), de
chausse-lrape ( centaurca calcitrapa , L. ) , de
dompte-venin (^asclepias vince-toxicimi , L. ), d*ai*-
rête-bœuf (onomj spinosa, L. , ononis antiqiiormn^
L., ononis arveitsis , L. ), de pareira brava (^cissain-
pelos pareyra ^ L.), de chardon Roland ( eryn-
giimi campeslre , L. ) , de fraisier ( fragaria Dcsca,
L.), de \ïv cche (^ ligusticiim le^nsticnm , L. ); les
baies, les (leurs et la racine de houx commun ou
342 PHARMÀCOPiéE
petit houx ( ilex aquifoliuin , L. ) , les fruits et Te-
corce de câprier épineux ( capparis spinosa , L. ) ,
]es feuilles d'oseille' (77/7?ze.T acetosa , L.), d'oseille
ronde ( rumex scutatus , L. ) , l'ecorce de bouleau
blanc ( betida aïba , L.) , le bois de queniquier né-
phrétique i^giiilanâina moringa , L.), l'herbe deher-
niole ou turqnette (^hcrniaria glahra , L.)^ les fruits
d'alkekenge {phy salis alkekengi ^ L. ) , etc. , etc.
Corps susceptibles de diminuer la fréquence du
pouls , la chaleur générale , et d'irriter ou non
les surfaces sur lesquelles on les applique.
Feuilles de digitale pourprée (^digitalis purpu^
rea, L.). On peut les appliquer sur les surfaces
gastrique , intestinale et cutanée. Lorsqu'on veut
les faire prendre par la bouche , on préfère la ma-
cération alcoolique ; car la poudre occasionne trop
facilement des nausées et le vomissement. Ou ac-
compagne son usage de celui de boissons aqueuses
abondantes. Lorsqu'on choisit la peau pour le siège
d'application, on emploie leur poudre ou leur ma-
cération alcoolique, et on les administre en frictions.
Les doses ne différent pas dans l'un et l'autre cas de
celles que j'ai indiquées dans l'ordre des médica-
tions toniques (tome l^^^ page 364). 11 faut se rap-
peler que l'action diurétique de ces feuilles n'a lieu
qu'autant qu'elles ne produisent ni des nausées ni
des vomissemens : leur usage exige beaucoup de
prudence.
Nitrate de potasse. On l'ndmÎDislre particulièie-
incni [iar la bouche, et surtout en solution dans une
CLINIQUE. 34.3
grande quaiillté d'eau. La dose est d'un à cinq gram-
mes (18 à go grains); on remplace quelquefois
l'eau simple par une eau mucilagineuse ou emul-
sionnée.
L'aclion diurétique de ce sel est une des plus
conslanles. J'ai exposé ailleurs (tome II , page 268 )
les accidens qui peuvent accompagner sou usage
imprudent.
Les feuilles de bourrache (^borrago offic'ina-
lis , L.) , de buglosse ( anchusa officinalis , L. , an-
chusa itaJica , Relzius), de Yà^^Q\.-À\VG[parietaria of-
ficinalis , L. ) _, ne paroissent agir comme diurétiques
que par le nitrate de potasse qu'elles contiennent.
On préfère à cet effet ces plantes lorsqu'elles sout
âgées et qu'elles croissent le long des murs. Ou
les administre par la bouche; on fait usage de leur
suc, de leur infusion et de leur décoction aqueuse.
Leur dose n'a pas besoin d'être déterminée rigou-
reusement.
Acétate de potasse. On l'administre ordinaire-
ment par la bouche et à l'état liquide (tome lei- ,
page 4o5). Sa dose est d'un à cinq grammes (18
à 90 grains). L'action diurétique de ce sel est no-
table ; elle peut être rem])lacée par la purgation si
on outrepasse de beaucoup la dose indiquée ; quel-
quefois il y a coïncidence de la purgation et de la
diurèse. Venel conseille de ne pas administrer ce
sel à très -haute dose , puisqu'il peut déterminer
des picotemens daus le thorax , et l'hémoptysie.
Tartrite acidulé de potasse. On l'administre par-
ticulièrement par la bouche et dissous dans une
grande quantité d'eau. Sa dose, comme diurétique.
o44 PHARMACOPEE
esl de 5 à 10 grammes ( i t à 5 gros). Oa l'augmente
si elle n'esl pas sufGsaDîe; ou la diminue si elle de-
termiue la purgatioii.
Les vins abondant en t^rtrite acidulé de potasse,
surtout les vins tartareux blancs , tels que les vins
du Rhin, etc., peuvent convenir sous le même rap-
port.
Sels neutres alcalins et terreux^ Il n'est pas de
sel neutre alcalin et terreux qui , administré à petite
dose et dissous dans une grande quantité d'eau , ne
paisse occasionner l'action diurétique : tels sont les
carbonates de potasse et de soude , les sulfates dépo-
tasse , de soude, de magnésie, les muriatcs de po-
tasse , etc. Le muriate de baryte jouit de la même
propriéléj maison sait combien son administration
exige de prndeuce. On donne ces sels de la manière
indiquée ailleurs, et dans les proportions d'une à cinq
parties sur mille parties d'eau (tome 1«^, page 401).
Les cloportes (^oniscus asellus , L. et Fabricius ),
qu'on emplo^'oit beaucoup autrefois, et dont Tusage
est abandonné de nos jours , ne paroissent agir comme
diurétiques que par les sels qu'ils contiennent. Leur
action diuréti(jue n'est pas assez marquée poiu' qu'on
doive recourir à un médicament aussi dégoûtant. On
se bcrvoit plus pnrliculièrcment de leur suc et du
produit de leur macération dans le vin. La dose n'é-
toit pas rigoureuse; elle étoit d'un à plusieurs gram-
mes ( 1 8 à 3G grains et plus).
Acides étendus d'eau. Tous les acides sufiisam-
menl étendus peuvent convenir(lomeIcr,pag.384).
On emploie particulièrement les acides nitrique , mu-
rialique, acétique, carbonique, etc. , les vins blancs
ïGOUsseux j etc.
CLINIQUE. 3^5
Les sels acidulés étendus d'eau agissent de la
même manière que les acides.
Alcool étendu d'eau. Son action diurétique est
anaJoiTue à celle des substances précédentes.
D'après ce que je viens d'exposer , ou peut con-
clure facilement qu'il n'est pas indifférent d'employer
l'un ou l'autre des moyens indiqués. Le nitrate de po-
tasse et les autres sels conviennent plus particulière-
ment lorsqu'on doit diminuer la chaleur générale; le
muriate de haiyle, les feuilles de digitale pourprée
lorsqu'on veut exciter le système lymphatique , les
térébenthines, l'huile volatile de baies de genévrier
commun lorsqu'on doit exciter généralement et aug-
menter la chaleur générale , etc. ; les scilliliques lors-
qu'il s'agit de faciliter la sécrétion muqueuse des
bronches, etc., etc. On peut aisément conclure que
le bulbe descille, les feuilles de digitale pourprée et
celles de tabac ne peuvent convenir lorsqu'il est
nuisible de provoquer des nausées et le vomissement ;
le tabac, lorsqu'on doit craindre d'exciter l'encé-
phale; les térébenthines, lesscililtiques, lorsqu'il y a
disposition à l'hémoptysie , etc.
2J^. Di/ninution de la sécrétion urinaire.
On ne se propose de diminuer la sécrétion uri-
naire que dans des cas où elle est excessive et que la
composition de l'urine est altérée; l'un et l'autre de
ces états sont évidemment maladifs; ils sont par con-
séquent du ressort de la thérapeutique, et non de
celui de la matière médicale.
346 PHARMACOPÉE
3°. Modification du produit do la sécrétion
urinaire.
On se propose de modifier la composition de l'u-
rine toutes les fois que, la sécrétion n'étant pas altérée,
on veut diminuer sa propriété irritante, ou la rendre
susceptible de dissoudre les concrétions qui se sont
formées accidentellement dans rinterieur des voies
urinaires.
C'est à l'aide de boissons aqueuses, mucilaf^ineuses
et émidsionnées qu'on produit le premier eflél ; celte
indication a surtout lieu dans le cas de phjcgraasie
aiguë et d'hémorrhai^ie active des organes qui com-
posent l'appareil urinaire.
Lorsqu'il s'agit de favoriser la dissolution des cal-
culs urinaires, on a conseillé de saturer l'uiine avec
des substances acides ou alcalines, selon l'espèce de
calcul urinaire. Les acides, et surtout lacide mnria-
lique, ont été recommandés pour dissoudre les cal-
culs de phosphate ue chaux, de ])hosphate ammo-
uiaco-magnésien et d'oxalale calcaire; les carbonates
de potasse et de soude pour dissoudre ceux d'acide
uriqne et d'urate d'ammoniaque. On étend ces corps
liquides dans une quantité d'eau si grande qu ils ne
puisseiit affecter la surface muqueuse des voies ali-
mentaires. Mais avons-nous jusqu'ici des signes cer-
tains pour reconnrîlre l'espèce de calcul urinaire que
contient la vessie ? MM. Fourcroy et Vauquelin ont
démontré (|u'ils sont souvent formés de couches de
matériaux immédiats variés. D'un autre côté l'expc-
rieuce clinique n'a pas encore fait couuoitre si les
CLINIQUE, S47
moyens indiqués plus haut peuvent produire l'effet
de.siré. C'est à des recherches ultérieures, tentées sans
partialité, à démontrer ce qu'on doit attendre de ce
genre de moyens.
§ II. Médications de la suppuration cutanée»
Pour provoquer la suppuration cutanée, on dé-
termine préalablement la vésicatiou ou l'usure de
l'épiderme. Cette exhalation purulente présente des
différences, selon qu'on a eu recours à l'un ou à
l'autre de ces moyens.
1°. Suppuration cutanée aç'ec ablation de l'épi-
derme {yésicatoire suppurant^.
Ce mode de suppuration présente les caractères
suivaus : la surface du derme est rouge, granulée,
plus ou moins douloureuse; le produit de l'exha-
lation est d'a'oord liquide et diaphane , puis il de-
vient opaque, blanc jaunâtre, consistant, et pré-
sente tous les caractères du pus du tissu cellulaire.
Cette suppuration peut offrir des variétés à l'iu-
fini, selon sa quantité, selon la facilité avec la-
quelle elle se laisse entretenir, et selon la durée
dont elle est susceptible. Elle peut déterminer l'u-
sure du derme j elle peut passer à l'état de gan-
grène , surtout dans les fièvres adynamlques et
ataxiques. Il peut se développer à sa surface des
tubercules rouges , pédicules ou sessiles. Les ré-
glons ambiantes sont quelquefois affectées d'inflam-
mation pustuleuse, et les ganglions (glandes) lym-
34-8 PHARMACOPEE
j)hatiques voisins lutnéfiës et etillammés. Les effels
secoudaires de la suppuraliou cutanée sont peu in-
tenses dès fju'il n'exisie j-lus que le degré d'iî.flam-
maliou nécessaire pour l\ntrelieu de rexlialatlon.
On provofjue la suppuration cutanée ])our en-
tretenir une irritation peu intense, mais duraî^le,
sur une partie quelconque de la peau, ])<uu' rem-
placer uiiC maladie cutanée qui veut se supprimer,
un ulcère qui s'est desséché. On l'excite pour favo-
riser la guéi'ison d'un catarrhe aigu qui tend à la
chronicité, pour l'aire cesser un catarrhe chroni-
que, une heraorrhogie hahituelîe, etc. On la pro-
voque pour s'op|>oser au développement d'une ma-
ladie interne provenant de la suppression soit d'un
ulcère culajié ou cellulaire, .soit de la transpiration,
ou d'une j hlegmasie cutanée, etc. On y a recours
pour préserver des maladies é})idémiques et conta-
gieuses , ou des affections qui surviennent plus par-
ticulièrement à une certaine période de la vie. L'ob-
seivalion démontre que des individus chez lesquels
on a cnlreîenu une suppuration habituelle , soit de
]a peau, soit (hi tissu cellulaire soucutané, n'ont
pas contracté la peste, la lièvre jaune et d'autres
maladies epiîémiques. Ou parvient quelquefois à
prévenir par ce moyen les accidens qui accompa-
gnent et Huivc;it la cessation des menstrues.
La suppression subite de la suppuration cutanée
qu'on a entreSenue lepuis long-temps, peut devenir
dangeretisc : aussi convient-il de la suppiimer gra-
du.llemer.t , et de provoquer en même temps la sé-
crétion muqu^ isc <le l'uiicstin.
Tous les coi ps susceptibles d'exciter ne peuvent
CLINIQUE, 5^Q
entretenir la suppuration cutanée : j'ai teulé de nom-
breuses expéi ieiices comparatives à cet égard. Pour
obtenir des résultats aussi certains que la nature de
la science le y)ermet , j'ai essayé successivement la
plupart des corps de la nature; j'ai élevé préalable-
ment Ja surface suppurante à un degré modéré d'ir-
ritation ; et aiin de pouvoir comparer leur action ,
j'ai constamment ap]>liqiié, sur uiie des moitiés de
la plaie , un mélange composé avec l'axonge récente,
et o,i de S'»n poids de cantharides récemment pul-
vérisées. J'ai apj)liqué les différens corps que je
vouloib essayer , tantôt sous des degrés égaux de con-
centration , tantôt sous des degrés différens. Je les
étendois constamment dans de l'axonge récente , et
sous des proportions déterminées. Ces expériences,
longues et pénibles, m'ont fourni les résultats sui-
vans. Les cantharides (i) sont l'excitant à l'ai Je du-
quel on peut entreteuir la suppuration pendant le
plus long espace de temps. L'euphorbe, l'écorce
des différentes espèces de daphné ,les huiles volatile^,
les térébenthines , la poix de Bourgogne sont loin de
pouvoir remplacer les cantharides; elles n'entre-
tiennent la suppurationque pendant quelques jours ;
elles s'opposent au développement des granulosités.
La ])lupart des sels neutres, alcalins et terreux, et
surtout les muriates de soude , d'ammoniaque , le ni-
trate de potasse, le carbonate de potasse , de sonde
et d'ammoniaque, exercent uneaction très an?îlo£;ue
(i) Je n'ai pu encore examiner comparativement les insectes
tle l'ordre ôes coléop'ères qui , par leur action inflaramanie, se
rapprochent des cantharides. Cela m'auroit appris s'ils irritent
aussi secondairement la vessie urinaire.
35ô PIIARMACOPiéîi:
à celle du i^aroii. Le larliile de potasse anlimonîéj
ëlendu dans ciuquaute à cent fois son poids d'axonge ^
est quelquefois susceptible d'entretenir la supjiura-
liou ; mais il ne le fait pas d'une manière aussi cons-
tante que Icscantharides, et il occasionne d'ailleurs des
douleurs souvent insupportables. La plupart des au-
tres corps de la nature n'empêchent pas le prompt af-
faissement des granulositës et la dessiccation complète.
Mais les cantbarides, ainsi que je l'ai fait voir ail-
leurs ( t. 11, p. 69) , présentent un inconvénient:
elles irritent la vessie urinaire chez certains individus.
J'ai observé que le camphre ne s'oppose pas à cette
action ; et pour m'en convaincre, j'ai choisi des in-
dividus chez lesquels Icscantharides opéroient l'effet
eu question; j'ai vu en outre que cette action est»
toute chose d'ailleurs égale, d'autant moins marquée,
que les cantharides ont été davantage privées de leur
odeur vireuse ; mais ces insectes perdent en même
temps parla la propriété d'entretenir la suppuration.
8i les cantharides produisent l'inilammation de la
vessie urinaire, il faut aussitôt en suspendre l'emploi
et recourir à des boissons gélatineuses. On peut faire
usage de l'onguent de cantharides préparé par simple
mélange , ou de celui qui résulte de la digestion :
on peut prendre pour intermède l'axonge, le beurre
ou le cérat. J'ai indiqué à la page 60 de ce tome
les procédés qu'il convient de suivre pour la prépa-
ration de ces différens onguens. Si les proportions
de 0,1 sont trop irritantes, on étend l'onguent dans
du beurre, du cérat ou de l'axonge , et ou jnend
ces dernières en quantité plus ou moins ^jrande »
selon qu'on veut augmenter ou diminuer l'irritation»
CLINIQUE. 35l
On ne doii employer le garou ( tome II, page 67) ,
le muriate de soude , le muriate d'ammoniaque, le
tartrlte de pelasse aDtimonié, que lorsqu'il s'agit
moins de faire suppurer que d'occasionner beau-
coup d'irritation.
La commotion avec l'électromoteur ne sauroit
convenir , quoiqu'elle ait été conseillée dans ces
derniers temps. On n'a pas toujours cet instrument
à sa disposition ; il est long à monter , et le produit
de la suppuration qu'il provoque est liquide , ténu,
diaphane et acre , ainsi que M. Humboldt l'a dé-
montré.
Lorsqu'on veut supprimer cette suppuration , on
diminue progressivement la quantité de caathari-
dcs. Si l'inflammation est trop forte, on suspend
]'a])plicalion de cet excitant et on fait usage de corps
gras non rances , ou d'un cataplasme tiède ; il suffit
souvent de diminuer la proportion des cantharides.
Lorsqu'il s'est développé des tubercules ])édiculés ,
on peut, s'ils sont trop grands, les couper à l'aide
des ciseaux : l'hémorrhagie est presque nulle et
cède à l'application de la charpie. S'il y a tendance
à la gangrène , on fait usage des moyens toniques
que j'ai indiqués ailleurs.
2°. Suppuration cutanée avec érosion de l épi-
derme ( exutoire , Le Pioy ).
Cette suppu'-ation consiste dans l'exhalation d'un
liquide clair, limpile, plus ou moins approchant
de l'état purulent, laquelle a lieu sur le derme, et
est accompagnée d'une irritation locale ainsi que de
352 PHAE.MACOPÉE
rérosion de l'éoiderme. Ses eifels secondaires sont
analogues à ceux de la suppuration vësicatoriale ,
mais moins intenses. On la provoque dans des cir-
constances analogues ; on lui donne une étendue
varice, depuis celle de deux centimètres jusqu'à
celle de plusieurs décimètres. On n'a pas encore
recherché quels sont les différeus corps susceptibles
de la ]»rovoquer. J'ai commencé une série d'expé-
riences comparalives à cet égard ; mais elles ne sont
pas encore assez multipliées pour que je puisse en
faire connoître les résultats : je ne vais exposer
que les moyens usités jusqu'ici. Le premier est celui
de Le Pioy j on s'en sert lorsqu'on ne veut provo(juer
qu'une suppuration peu étendue. Le deuxième est
celui indiqué par M. Wauters; il convient lorsqu'on
vent faire suppurer une grande surface.
Exntoire de Le Roy. On se sert de l'écorce de
garou {^clapline gnùUuin, L,). D'après les expé-
riences comparatives de Rumpel , faites sur le même
sujet, l'écorce de bois gentil (^daphneinezereuin,\j.^
agit beaucoup plus promptement que celle de garou.
On préfère cette écorcc fraîche; néanmoins elle
conserve assez d'action lorsqu'elle est desséchée.
Pour s'en servir, on choisit des tiges du diamètre de
cinq millimètres environ, et dont fécorce soit lisse;
on en coupe un morceau delà longueur de quinze
millimètres environ ; on le fiit tremper dans du vi-
naigre ou dans de l'eau tiède pendant environ luie
demi-heure, afin de le ramollir convenablement; oa
sépare ensuite l'écorce du bois à l'aide d'un canif.
Si l'écorce est déjà séparée, ainsi qu'on la trouve
souvent dans le commerce, il suffit d'en couper un
fcLÎNlQÎJEi 353
hiorceau carré qui ait la longueur indiquée , et de
îe faire tremper pendant quelques momens daus du
vinaigre ou de l'eau tiède. On aj3plique la surfece
interne de cette écorce sur la peau, qu'on a préala-
blement frottée avec du vinaigre , et on la maintient
appliquée convenablement. C'est le lieu d'insertioa
du muscle sous-acromio- humerai (delloide) qu'on
choisit ordinairement à cet effet : on l'applique ra-
rement aux mollets ; elle y détermine plus de dou-
leur et les pansemens sont plus difficiles. Ou éprouve
un prurit et un sentiment de cuisson dans le lieu
de Tapplicatiou. La vésicalion ne survient que trèS'
rarement» ou ce sont de petites vésicules isolées :
répiderme est le plus ordinairement usé. Cet effet
a lieu en vingt-quatre heures, quelquefois seule-
ment en quarante-huit heures ou beaucoup plus
tard , par exemple , dans l'espace de quinze jours.
On applique une nouvelle écorce et on renouvelle
cette application matin et soir , jusqu'à ce que l'u-
sure de l'épiderme ait lieu; on continue ensuite à
panser tous les jours avec la même écorce ou avec
les feuilles de lierre {hedera hélix , L.), de plan-
lain {plantago major ^ L.),depoirée {heta duI-
garis , L.), de choux i^brassica oleracea , L.)j
et on coupe ces feuiiles de la grandeur de la plaie,
afin de ne pas l'augmenter. La plaie est rouge , l'é-
coulement est séreux et plusou moins abondant; il a
rarement le caractère purulent. On transporté
quelquefois cette médication d'un endroit daus uu
autre.
Le garou n'a pas une action constante ; il n'agit
pas toujours avec la même promptitude; quelque-
354 PHARMACOPÉ E
fois il occasionne la vésicaliou , ru<.ure de l*épï-
derme, tandis que, dans d autres cas, 11 ne produit
pas même la rubéfacliou, ou il ne le fait qu'après
avoir été a|)p iqué pend int quinze jours ou un mois»
Il adhère q elqucfois tellement à la peau , qu'il est
presque impossible de l'en délaclier. Les érup-
tions variées qu'il produit dépendent de l'état indi-
viduel.
Ce moyen n'est convenable que lorsqu'il s'agit
de n'opérer qu'une suppuration lente et peu éten-
due ; il est peu usité de nos jours ; on l'emploie quel-
quefois dans des cas de catarrhe auriculaire , d'oph-
ihalmie , de catarrhe pulmonaire chronique; en un
mot , lorisqu'il convient d'opérer des effets secon-
daires, lents et peu intenses.
Eocutoire indiqué par M, Tf^auters. Pour le pré'
parer on prend cinq parties d'ollban pulvérisé, trois
parties de semences de poivrier noir ( piper nlgrum,
L. ) pulvérisées , trois parties de muriate de soude
décrépité et pulvérisé , cinquante jiarties de savocs
raclé; on fait di;;,érerce méian<:5e dans cincpiante par-
ties d'alcool à 25 -f o. On eotrelienl la digestion pen-
dant douze heures environ, ou jusqu'à ce que le savon
soit fondu ; on fait cuire |',endant quelques minutes ,
et on agite avec une spatule jusquà consistance on-
guentacée ; on retire ce mélange du feu et ou l'agite
jusqu'à refroidissement.
On étend cet onguent sur de la toile ; on en f'»it une
couche de l'épaisseur de deux miili.nènes enviion
pour les ])remières applications , et moins ej itisse
pour les applications suivanles. On renouvelle le
pausemeut toutes les vingt-quatre heui'es.
CLINIQUE* 355
Ce moyen produit du prurit et de la rougeur au
deuxième ou troisième jour > il survient ensuite du
tjonflement , qui augmente progressivement jus-
qu'au cinquième ou sixième jour , ou plus tard cliez
les sujets dont la peau est dure. L'épiderme est en
grande partie usé ; il s'écoule une sérosité souvent
très-abondante. L'inflammation est bornée au lieu
d'application. Le gonflement et la rougeur peuvent
exister à un très-baut degré , sans qu'il en résulte ce»
pendant d'accidens. On peut diminuer l'inflamraatioa
à l'aide de cataplasmes tièdes. L'action de ce moyen
n'est pas constante ; il est des individus cbez lesquels
il ne produit pas de rougeur. L'exsudation , au lieu
d'être abondante, est quelquefois lente et modique.
Tels sont au moins les résultats obtenus par M. Wau=
ters ; il en a fait usage surtout dans des cas de rbu-
malisme chronique et de névralgie.
§ Y, Médications de la suppuration du tissu cellu'
laire soucutané.
Lorsqu'on veut faire suppurer le tissu cellulaire
soucutané , et qu'il n'est point dénudé accidentelle-
ment , on est obligé de diviser ou de détruire préala»
blement la peau qui le recouvre.
La suppuration du tissu cellulaire soucutané né
présente beaucoup d'irritation que les premiers jours
qu'on a mis ce tissu à nu j ces phénomènes sont plus
intenses si on a cautérisé la peau qui le recouvre,
que si on l'a divisée. La suppuration ne se manifeste
que le troisième ouïe quatrième jour: elle survient
plus lentement lorsque la peau a été cautérisée. Elle
est eu raison de la propriété excitante des moyens
356 PHARMACOPEE
qu'on emploie pour rentretenir : le fonticule àsétoa
suppure plus abondamment que Je fonticule à pois 3
et ce dernier suppure d'autant plus, (ju'ou l'entre-
tient avec un pins grand nombre de pois , et qu'on
remplace les globules inertes par des substances sus-
ceptibles d'irriter. La durée de la suppuration du
tissu cellulaire soucutané est subordonnée à celle de
l'application de l'excitant : il ariive néanmoins quel-
ques circonstances où la suppuration tarit , quoi-
qu'on continue d'employer les excitans ordinaires ;
on est alors obligé de faire usage de substances plus
irritantes. Le frisson des fièvres intermittentes, les
fièvres continues intenses, des plilegmasies, des indi*
gestions, des embarras gastriques , despnrgalions,des
affections morales vives peuvent diminuerlasuppura-
tion , l'altérer ou la supp'rimer. Sa suppression subite
peut occasionner des accidens; elle peut déterminer
des affections variées des organes gastrique, pulmo-
naire et encépbalique ; les maladies locales que la
suppuration cellulaire avoit supprimées , peuvent
reparoître.
La suppuration du tissu cellulaire soucutané
peut s'accompagner d'accidens locaux variés, tels
que de fongosités, de callosités, etc. Ses phénomè-
nes généraux et sympathiques sont en général lents
et peu intenses; souvent ils ne tombent pas sous les
sens ; ils sont plus évidens dans le fonticule à sétoa
que dans le fonticule à pois.
On provoque la suppuration du lîssu cellulaire
soucutané pour faire cesser des maladies locales
chroniques d'organes voisins , ou de tissus liés
sympathiquement avec la région du tissu cellulaire
CLINIQUE, S5y
qu'on enflamme, par exemple , l'oplithalmie chro-
uique, la paralysie du prolongement rachidien, la
stupeur qui succède à l'apoplexie, l'ëpilepsie sans
cause matérielle, etc. On la provoque pour s'op-
poser au développement de maladies organiques ,
par exemple, de la phtliisie pulmonaire. On y a re-
cours pour prévenir les maladies locales qui sur-
Tiennent à certaines époques de la vie, ou qui suc-
cèdent à la suppression d'autres maladies, par exem-
ple _, de la goutte, des dartres, d'ulcères habituels, etc.
On l'exc'ite poui fixer certaines maladies locales
qui changent souvent de siège , par exemple , la goutte,
les dartres. On la provoque pow préserver de ma-
ladies épidémiques et contagieuses, par exemple, de
la peste, de la fièvre jaune, etc. Il faut dans ce der-
nier cas, que le fonticule soit établi avant qu'on s'ex-
pose à la contagion.
Tout corps étranger peut servir pour entretenir
la suppuration du tissu cellulaire soucutané, et ce
n'est que lorsque leur stimulus ae peut plus suf-
fir, qu'on a recours à des substances irritantes. On
peut établir la suppuration sur des régions variées
du tissu cellulaire soucutané. Si ce tissu est dénudé
accidentellement, on peut choisir le lieu de la dé-
iiudation pour être le siège de la suppuration : le
plus ordinairement on a égard au temps pendant
lequel on veut l'entretenir. Si la suppuration doit
être momentanée , on doit préférer les régions où
ce tissu avoisine le plus les organes affectés, ou sym
pathise le mieux avec eux. Mais nous manquons eu
Gore de données suffisantes pour ])ouvoir indiquer
<|ueUes sont les régious qui sympathisent avec IqIi
358 PHARMACOPÉE
OU tel organe. Dans tons les cas on choisit les ré-.
gions où ce tissu est très-abondant j on évite celles
où se trouvent de gros vaisseaux, des i>erfs, des,
tendons et des os presque à nu. Lorsque la suppu-
ration doit être habituelle, on établit le fouticule
plus particulièrement dans certaines régions , selon
qu'on l'entretient à l'aide d'un séton ou à l'aide
de corps sphériques , ainsi que je vais Tindiquer
bientôt.
Fonticule à pois (cautère).
On suit des procédés variés pour établir le fou-
ticule à pois, selon que le tissu cellulaire est déjà
dénudé ou non : dans ce dernier cas , on le met à
découvert à l'aide de l'incision ou à l'aide de la cau-
térisation.
Pour pratiquer l'incision , on se sert du bistouri
ou de la lancelle; dès que l'incision est achevée,
on introduit une boulette de charpie entre les bords ,
et on maintient le tout à l'aide de compresses et de
bandes ; on lève l'appareil le troisième ou le qua-
trième jour, c'est-à dire, dès que la suppuration
commence à s'établir _, et on remplace la charpie
par des corps durs et sphériques.
Lorsqu'on veut mettre le tissu cellulaire à nu à
l'aide de la cautérisation du derme , on peut se
servir d'escarrotiqucs variés. De nos jours on em-
ploie rarement le feu : si on vouloit en faire usage,
on choisiroit l'instrument à forme nuramulaire. Le
plus ordinairement on se sert de la potasse ou de 1^
soude pure; plus rarement du muriate d'antimoine
ç^ ^i\ nitrate d'argent. On a recours aux procéd.ç^
CLIN-IQUB. 359
que j'ai indiqués dans l'ordre des médlcalions escar-
rotiqnes.
Il existe encore plusieurs manières de mettre le
lissLi cellulaire à nu; mais elles sont trop défectueu-
ses pour pouvoir être conseillées : c'est ainsi que
quelques praticiens déterminent d'abord la ve'sication;
ils enlèvent la vésicule et appliquent ensuite un glo-
Jjule d'oxyde de enivre vert étendu dans quantité
suffisante de cire; ils le maintiennent à l'aide d'un
sparadrap , d'une compresse et d'une bande. Ce
moyen réussit quelquefois, mais non constamment;
il est d'ailleurs très-douloureux. D'autres praticiens
remplacent ce globule emplastique d'oxyde de cui-
vre vert par un pois ordinaire : le fonticule est plus
susceptible de changer de place par ce procédé que
par tout autre.
On favorise le détachement de l'escarre de la ma-
nière que j'ai indiquée ailleurs. Dès qu'elle est enle-
vée, que la cavité est formée et que la suppuration
est bien établie , on entretient celle-ci à l'aide de pe-
tits globules de cire , d'ivoire, d'os, ou à l'aide de
pois (^pisuînsat.wum , L. ). Si des substances suscep-
tibles d'irriter sont nécessaires, on fait usage de petites
oraui^es desséchées, de globules de racine d'iris de
Florence , ou de daphné. On peut aussi préparer
des globules avec diverses substances irritantes qu'on
incorpore dans quantité suffisante d'un intermède
emplastique. On ne sauroit employer indifférem-
ment tout irritant, car plusieurs peuvent être en
partie absorbés et irriter des organes éloignés : tel
est l'hellébore noir , etc. Au lieu de faire usage d'ir-
ritans auxquels on donne la forme spherique, ou
36o PHARMACOPEE
peut entourer le pois ordinaire avec une couche d'u^
onguent irritant. Pour maintenir le pois on le traverse
par un fil qu'on fixe à l'aide d\in sparadrap; ou I9
recouvre avec un morceau de toile ou de papier spa-
yadrapë , ou avec une fouille de lierre commun ( he-
dera hélix , L. ). On maintient le tout à l'aide de
compresses et de tours de bandes dont on dirige les
circulaires tantôt de dedans en dehors, et tantôt dans
le sens opposé, afin d'empêcher, autant que possH
ble, la déviation du fonticule. Pour éviter toute pres-
sion douloureuse , on recouvre l'appareil d'une pla-
que de corne , de cuivre, d'argent , de fer-blanc , de
caoutchouc, etc.; on la place au-dessus des com-
presses , dans une poche pratiquée dans un bandage
convenable qui contient le tout. On renouvelle les
pansemens tontes les six , douze ou vingt-quatre
heures, selon l'abondance de la suppuration. Pour
favoriser la sortie du pois, à chaque pansement, il
suffit de tirer le fil qui le traverse ,ou , si on n'en fait
pas usage, de presser légèrement sur les parties laté-
ï^ales du fonticule. Le nombre de pois à employer
doit être en rapport avec l'étendue du fonticule. S'il
se développe des fongosités à la circonférence de cet
ulcère , on les détruit à l'aide du nitrate d'argent
fondu , ou avec le muriale d'antimoine liquide. Si
rintlammatinn est très-considérable et qu'elle s'ac-
compagne d'un état erysipélateux , on a recours à
l'emploi des cataplasmes tièdes , du cérat et d'autres
moyens atoniques. Il est des individus chez lesquels
le fonticule ne sauroit être établi dans certaines ré-
gions du corps sans produire beaucoup de douleur:
^n est alovs obligé de le changer de place. Lorsau'ora,
clinique' 56 ï
veut supprimer un fonticule , on diminue suceessivc»
ment le nombre des pois , et on provoque en même
temps la sécrétion muqueuse de l'inleslin, etc.
On établit le fonticule à pois (lorsqu'il doit être
habituel) au bras, à la jambe et à la cuisse : ou choi-^
$it au bras l'espace que les muscles sous acromio-
huméral (deltoïde) et scapulo - radial ( biceps)
laissent entre eux. Lorsqu'il est indifférent de choisir
l'un ou l'autre , il est préférable d'établir le fonticule
au bras gauche , à cause de la gêne et de la débilité
qu'il occasionne, Lorsqu'on l'établit à la jambe , ou
choisit l'espace qui se trouve entre les tendons du bi-
fémoro-calcanien ( jumeau interne) et le tendon de
l'ilio prétibial (couturier), c'est-à-dire, à trois ou
quatre travers de doigt au-dessous du genou et vers
la partie antérieure. Lorsqu'on veut l'établir à la
cuisse, on le fait à la dépression qui existe à la partie
interne de la cuisse , très-près du genou.
Fonticule à set on ( set on).
Pour établir le fonticule à séton , on a besoiu
d'une bandelette de toile pins ou moins longue , ef-
filée à ses deax bords, et d'une Ia?^geur propor-
tionnée à celle du fonticule. On divise d'abord le
derme et on l'isole du tissu cellulaire soujnceiit. Ou
se sert, à cet effet, d'un bistouri ou d'une aiguille
aplatie , pointue , tranchante à une extrémité , et
percée à l'autre d'une ouverture propre à recevoir
|a bandelette.
On établit le fonticnle à séton de la manière sui-
vante : on rase d'abord la peau , si elle est recouverte
^ç poils ; on fait ensuite aux tégumens uu pli de la,
363 PHARMACOPÉE
hiiiileiir d'un travers de doigt; l'opérateur fixe une
des exlreiiiitës de ce pli et l'aide l'autre ; on traverse
la base de ce pli par la larae du bistouri ou par Tai-
fiuille dont je viens de pai 1er. Lorsque la division est
faite et qu'on s'est servi du bistouri, on fait traverser
la bandelette à l'aide d'un siylet boutonné ; dans
l'autre cas, c'est à l'aide de l'aii^uile : il suffit de l'in-
troduire dans son extrémité fenétree. Une extrémité
de la bandelette (séton) doit dépasser l'ouverture
correspondante de quelques centimètres j on roule
mollement l'autre bout, qui est plus long, et on le
fixe d'une manière convenable. On couvre la plaie de
charpie, et on maintient le tout avec une compresse
et une bande. On lève l'appareil dès que la suppu-
ration est établie, c'est-à-dire, dans l'espace de trois
à quatre jours. Le pansement consiste à retirer la por-
tion de bandelette qui se trouve entre la peau et le
tissu cellulaire soucutané et à y introduire une nou-
\ellc |)ortion. Pour occasionner le moins de douleur
possible, on enduit la nouvelle portion avec du cérat;
on coupe celle qui a été retirée , et on recouvre le
tout d'un plumaceau enduit d'un corps gras. On re-
nouvelle les pansemons toutes les douze ou vingt-
quatre li( ures.Si l'individu est Irès-delicat, on se con-
tente quelquefois de laver les deux bords de la divi-
sion avec de l'eau tiède, et on ne change le séton que
tous It's trois 0!i quatie jours. On doit, durant le pan-
sement , iiuUnci- le siège du séton de manière à favo-
ris, r récouleracnt du pus. Si le sujet est impatient,
indocile, s'il est affecté de délire , ou si c'est un en-
fa. it , il est convenable de coudre ensemble les deux
extrémités du selon ou de lier les mains du malade*
CLINIQUE.' 363
Lorsque loule la bandelelte a été successivement
employée, on y fixe une nouvelle soit à l'aide
d'une épingle , ou mieux à l'aide de quelques
points de fil. 11 suffit, pour supprimer le foniicule,
de cesser d'introduire la bandelette. Si l'intlam-
mation est trop intense, on recouvre le tout d'ua
cataplasme tiède ; si au contraire l'irritation n'est pas
assez forte, on enduit la bandelette avec un onguent
excitant. Les pansemens doivent être faits avecméua^
geraent ; sans cela la peau qui recouvre le tissu cel-
lulaire dénudé s'use, s'enflamme et se divise. Les
pansemens sont moins douloureux lorsque les bords
de l'incision sont très-étendus : en général ils le sont
plus que ceux du fonticule à pois.
C'est particulièrement à la nuque, entre la pre^
niière et la deuxième vertèbre cervicale, ou entre
celle-ci et la troisième, qu'on établit le fonticule à
séton qu'on veut entretenir pendant long-temps. La
plupart des régions conviennent pour les fonticules
qu'on n'entretient que momentanément. On établit
ce fonticule à la nuque particulièrement dans les ma-
ladies chroniques locales des organes de la tête , et
surtout dans les ophthalmies chroniques rebelles.
§ Vï. Médications de la sécrétion du lait.
Les médications qui sont relatives à la sécrétion à\\
lait consistent à l'augmenter, à la diminuer, à la pré-
venir ; à favoriser l'excrétion du lait et à modifier sa
composition.
364 PHARMACOPEE
I ". Provocation et augmentation de la sécrétion
du lait.
On croyoit autrefois qu'il exisloitdes moyens pliar-
maceuliques propres à provoquer et à augmenter la
sécrétion du lait , et on les désignoit sous le nom de
galactophores ; mais si on veut partir de faits précis »
on estobli.^é d'avouer que jusqu'ici nous manquons
de notions suflisantes ; car les propriétés galacto-
phores que quelques médecins attribuent aux se-
mences de fenouil {^anethum fœniculmn , L.), d'anis
{pimpinella anisitm.^ L. ), etc. ne sont rien moins
que démontrées par des faits assez multipliés ( i )•
Toutes les fois que la sécrétion n'a pas lieu d'une
manière convenable , elle devient du ressort de la
thérapeutique, et exige des moyens subordonnés à
la cause qui la ralentit ou qui s'y oppose.
S°. Piétention et suppressioTi de la sécrétion du
lait.
A t on des moyens spécifiques pour retenir et
pour supprimer la sécrétion du lait? Si nous ne voU'
]ons exposer rigoureusement que Tétat actuel de
nos connoissances , nous sommes obliges d'avouer
que nous n'avons ici que des moyens généraux ana-
(i) La succion est un des moyens les plus efficaces. II est
des femmes chez lesquelles ce seul moyen détermine la sécré-
tion du lait, même hors du temps qui suit l'accouchement.
Celte provocation peut convenir, 1°. lorsque la sécrétion n'a
pas Heu convenablement , ^1°. lorsque , immédiatement après
racroiichoment , on veut agir secondairement sur l'utérus qui
est menacé d'affection particulière. P. H. N,
CLÏÎfiQUE» 365
îogues à ceux dont nous dous servons pour suppri-
mer d'autres sécrétions et d'autres exhalations :
c'est ainsi qu'on éloigne toute titillation du mamelonf
qu'on provoque et qu'on augmente la sécrétion mu-
queuse de l'intestin , et la transpiration insensible ou
la sueur, en même temps qu'on diminue la quantité
de nourriture. L'ensemble bien coordonné de ces
mo3'ens suffit le plus souvent. L'usage a jusqu'ici
plus particulièrement accrédité certains corps , et
surtout le sulfate de potasse et le carbonate neutre
de potasse ; rien ne prouve cependant d'une ma-
nière rigoureuse qu'ils conviennent plus particuliè-
rement que d'autres. On les administre ordinaire-
ment par la bouche , à petite dose et très-étendus*
La dose du sulfate de potasse est d'uu demi-gramme
à un gramme (g à 18 grains) et plus; celle du car-
bonate neutre d'un à plusieurs grammes ( 18 à 36
grains et plus). Le petit- lait est fréquemment
employé pour excipient. Il entre aussi dans la com-
position d'un purgatif empyrique qu'on emploie dans
le même cas , et qui est connu sous le nom de petit'
lait de Vf^eisse. Voici lesingrédiens et les proportions
indiqués par l'auteur: quatre parties de gousses de
séné , autant de sulfate de magnésie , deux parties de
sommités fleuries de millepertuis ( hypericum perfo-
ratinn , L. ) , autant de fleurs de caille-lait jaune
{^gallium Derum , L. ) , et autant de fleurs de sureau
{^saiiihucus nigra , L.). Ou fait infuser pendant
douze heures dans mille parties de petit-lait clarifiée
La dose est d'un demi-litre pris en deux fois à peu de
distance l'une de l'autre. Je m'abstiens de toute ré-
llexion sur l'avantage qu'on peut retu'er de ce moyen^
365 l*lîARMACOi>EÈ
je rabaudoune aux nombreux amateurs des prétërii
dus spécifiques. Je n'aualyserai pas non plus les effets
avantageux qu'on doit attendre de la décoction
aqueuse de la racine de canne de Provence {arundo
donax , L. ) , etc.
On ne se borne pas à faire prendre les substances
que je viens d'indiquer, on en applique aussi sur les
mamelles: telles sont les feuilles fraîches de poirée
( heta Dulgaris , L. ) , de cerfeuil ( scanâix cerefo*
liiini , L.), les sucs concrets félidés, le camphre , etc»
L'emplâtre de Rustaing vanlé par quelques médecins
dans cette circonstance est en grande partie composé
des corps que je viens d'indiquer ainsi que d'aloès*
Mais est-il aussi facile qu'on le croit de juger de l'effi-»
cacité de ce moyen ? Toutes les femmes qui n'allai-
tent pas éprouvent-elles des accidens aux mamelles?
Et d'ailleurs n'associe -t -on pas ordinairement ce
topique aux révulsifs dont j'ai parlé plus haut ?
Parce que les femmes dont on recouvre le seia
avec ce mélange emplaslique n'éprouvent pas d'acci»
deus locaux, peut-on rigoureusement en attribuer la
cause à ce topique? Cette application produit quel-
quefois un état érysipélateux ou pustuleux de la
peau qui recouvre les mamelles*
3^ . Excrétion du lait accumulé dans les mamelles é
Lorsque le lait est accumulé en trop grande quan-
tité , et que par son séjour il menace de produu c des
accidens, on a recours à la succion, ou on fait usage
du syphon si connu sous ce rapport.
CLINIQUE. 36-^
4®. Modification de la composition du lait.
On modifie la composition du lait afin de le rendre .
médicamenteux pour le nourrisson et pour les indi-
vidus qui font usage de la diète laiteuse. MM. Deyeux
et Parmentler ont démontré , par des expériences
chimiques comparatives , combien le lait de femme
est susceptible de varier selon les affections morales. On
sait que l'administration des purgatifs rend le lait de la
nourrice purgatif j que les oxydes et sels mercuriels
lui communiquent par absorption la propriété de dé-
terminer chez le nourrisson les effets qulls produi-
sent directement , etc. Il reste encore une suite de
recherches à faire sur les différentes substances mé-
dicamenteuses susceptibles de communiquer au lait
leurs propriétés médicales. MM. Deyeux et Parmeu-
licr ont ouvert la voie à ces recherches; il ne s'agi-
roitque de les multiplier. Je m'enserois déjà occupé
si j'avois été dans des circonstances favorables.
\
§ VII. Médications de la sécrétion du sperme»
On convient maintenant qu'il n'existe pas de
moyens pharmaceutiques propres à provoquer spé-
ciHquement la sécrétion du sperme. Il paroît que la
chair de poisson et Talbumine sont , comme sub-
stances nutritives, celles qui favorisent le mieux cette
sécrétion. Rien ne prouve que le camphre et la ra-
cine de nénuphar (^njTnphœa alha , L.) la dimi-
nuent. Cette sécrétion rentre dans le domaine de la
thérapeutique, dès que son stimulus ordinaire ne
sufiil plus pour la provoquer et i'entreleulr.
36Ô ?HARMAC01*EÈ
§ VIÏI. Médications de la sécrétion de la hiléh
Nous n'avons pas de moyens spécifiques pour mo-
difier la sécrétion de la bile ; la digestion est son sti-
mulus ordinaire j les nausées et le vomissement la
provoquent; il paroît en être de même de quelques
amers et surtout de la rhubarbe. On sait quelle in-
fluence la colère exerce sur ellcé Enfin on connoît
l'action que la morsure de la vipère a sur le système
biliaire.
Lorsque la sécrétion de ce liquide est immodérée j
on a souvent recours au vomissement ou à la purga-
tion pour lui donner issue , selon qu'elle tend alors
à être excrétée par telle ou telle voie. En général on
ne modifie la sécrétion biliaire que lorsqu'elle est al-*
léi éc : or ces différens cas sont plutôt du ressort de
la thérapeutique que de celui delà matière médicale^
ORDRE NEUVIÈME.
Médications -particulières des fonctions digestives*
Les médications de cet ordre consistent à provo-
quer le vomissement , et à déterminer la purgation^
§ 1er. Vomissement,
Le vomissement consiste à rejeter par la bouche
les matières contenues dans l'estomac, et à détermi-
ner une secousse générale plus ou moins marquée.-
Ses phénomènes locaux sont d'abord desaûxietés^
CLINIQUE. 369
tla sentiment pénible de contraction de reslornac,
des nausées, puis enfin rëjcction par la bouche des
matières préalablement co itenues dans ce viscère,
et de celles qui s y sont amassées par l'effet de l'exci-
tant. Le produit du vomissement varie en qna uité et
en nature , selon différentes circ9n«;tances indivi-
duelles. Il peut consister uniquement dans les liquides
que le malade a avalés , être composé de mucosités
plus ou moins filantes et tloconnenses, pures ou mé-
langées, incolores ou de couleur variée depuis le
jaune -vert jusqu'au noir, insipiJes ou araères,
acres, etc. Il peut être uniquement composé de ma-
tières alimentaires pins ou mollis altérées, ou le sub-
stances vénéneuses. Le iiqulJe biliaire n'est pas ordi-
nairement rejeté dans les premiers efCorls, mils seu-
lement dans les vomissemens siiivans. Ces différentes
substances peuvent d'ailleurs se succéder ou prédo-
miner les unes sur les autres de ma.iière variée.
Le vomissement survient plus ou moins prompte-
ment après l'application des excilans convenables. Il
peut être plus ou moins facile , selon le tem|)érament
particulier de l'estomac : or cet organe diffèie sous
ce rapport , chez la plupart des individus, selon l'âge,
le sexe, le tempérament générai , les saisons, les
climats, l'état ma adif, etc. Le vomissement survient
en général plus facilement chez les enfaris, et chez
les femmes surtout durant la gesfaliou; il est facile
dans l'embarras gastrique; il devient difficile lors-
que !e diaphragme et les musclesabdomlnaux n'exer-
cent qu'une action foible ; il est souvent très-difliclle
et quelquefois même impossible dans l'apoplexie et
le narcotisme.
II.
24
Ô-JO P H A R M A C O P 1- E
Le nombre des vi»iuissemens est ordinairement
de cinq à six. Ils sont séparés les uns des autres par
un in'ervalle plus ou moins i^i and. L'estomac peut
leutrcr dans son état ordinaire après la cessatiou
du vomissement: la fonction digestive est quelque-
lois alors troublée, mais seulement d'une manière
momentanée , et elle a lieu ensuite avec ])lus d'ac-
tivité. La réitération trop fréq lente du vomissement,
ou l'intensité trop i^rande de ses phénomènes , peut
affoiblir considérablement l'organe digestif , au point
de l'empêcher de retenir les substances qu'on y in-
troduit.
Les phénomènes locaux du vomissement n'exis-
tent pas toujours isolément ; ils peuvent s'accompa-
gner d'un trouble généial plus ou moins manifeste.
Ces phénomènes généraux varient selon les diffé-
rentes périodes de la médication vomitive. Peu de
temps avant l'éjection des matières contenues dans
l'estomac, la face pâlit , le pouls devient petit , iné-
ii;al ; on éprouve un sentiment générai de froid et
de mal-aise; la peau se sèche ainsi que les snppu-
j-alions cutanées et celUdaires superllcielles. Ces phé-
nomènes changent dès que l'éjection a lieu ; la face
se gonlle et se colore, le pouls devient fréquent et
plein, lu chaleur générale s'élève , la sécrétion des
jnembranes muqueuses supérieures augmente, la
j)eau se couvre de s.'.eur, les org-rjes locomoteurs
entrent dans un éîal de ccnlraclion. I^cs phénomènes
généraux qui succèdent au vomissement varient
selon qu'il a été plus ou moins intense j ils peuvent
consister dans le relourdes fonctions à leur état or-
dinaire, ou dans une débilité plus ou moins grande.
Outre que les pliénomèues généraux du vomii-
semeut peuvent varier en intensité , ils sont encore
eusceptibles de modifications particulières, selon
l'état de l'organisme en général , ou celui de quelques
organes en particulier : c'est ainsi qu'on a vu le vo-
missement accompagné ou suivi d'affections coma-
teuses, d'hémorrhagies pulmonaires ou utérines,
d'étranglemens herniaires , etc. L'avorteraeut eu a
quelquefois été la suite, tandis que la gestation n'en
éprouve le plus souvent aucune atteinte. Le vomis-
sement a quelquefois suffoqué , presque instantané-
ment, des maladies adynamiques , taudis qu'il a
d'autres fois fait passer des fièvres gastriques ou des
phlegmasies simples à l'état d'adyuamie. On cite des
exemples de rupture des muscles sterno- pubiens, etc»
Ou voit facilement qu'on ne sauroit mettre en doute
î'iniluence secondaire du vomissement , tant sur
J'organisme en général, que sur quelques organes
en particulier; mais ou voit aussi que l'effet de cette
înlluence peut et doit varier selon les circonstances
particulières. Cette inlluence n'est que momenta-
née ; et comme on ne sauroit réitérer souvent le
vomissement sans danger , il résulte qu'on ne peut
y recourir pour agir secondairement que lorsqu'une
excitation momentanée peut suffire.
On provoque le vomissement pour déterminer
un effet local ou général : dans le premier cas,
c'est ou pour rejeter ce qui est contenu dans l'es-
tomac, ou pour mettre en jeu la contraclilité or-
ganique sensible de ce viscère ; dans l'autre cas , c'est
tantôt pour mettre en action des organes éloignés ,
m tantôt poui^ faire cesser une maladie dont ils son t
372 PHAR.MA COP:éE
affectés. Il est des cas ou il est indifférent d'opérer
ou non une secousse générale; il en est d'autres
où celle-ci peut devenir dangereuse; il en est enlia
où elle est s;dutaire. Le vomissement est contre-in-
dique dans le cas d'inflammation et de lésion de
texture de l'eslomac.
Il est un grand nombre de substances à l'aide
destjMcdes on peut provoquer le vomissement. Il
esl |)eu de corps qui ne soient susceptibles de le
faire, au moins dans quelques circonstances. Mais
la plupart d'entre eux ne le provoquent qu'acci-
dentellement. Les uns ne le font que lorsqu'on les
emploie à grande dose, par exemple, les amers , le
tannin , les ferrugineux , l'alun, les (losculeuses aro-
matiques. D'autres peuvent facilement occasionner
rinllammation et le narcolisme; quelques aulres
produisent en même temps la purgation. Aussi n'a-
t-on choisi qu'un très-petit nombre d'enlre eux.
Parmi cescorpsil en est quelques-autres qui peuvent
provoquer le vomissement quoique appliqués ea
friction sur la peau ; mais ils le font à la vérité d'une
manière moins conslanle. Quelques-autres le provo-
quent aussi , quoiqu'on les mette en contact avec la
membrane muqueuse du gros intestin. On a con-
servé le ta: irite de potasse antimonie, l'ipécacuanha
et le sulfiile de zinc.
On peut provoquer le vomissement eu distendant
l'estomac ; on peut le déterminer sympalhiquement
eu lililiant la hudie, en faisant des frictions circu-
la; «'es à l'epigastre , etc. On sait que le chatouille-
ment, le roniîs du vaisseau, la vue d'objets dégoù-
taas l'occasiounent chez beaucoup d'individus ; on
CLINIQUE» 37.3
sait que certaines odeurs désagréables, certaines
affections morales peuvent aussi le provoquer.
On est quelquefois obligé de faire précéder le vo-
missement par des préparations particulières : c'est
ainsi qu'à l'aide de saignées veineuse et capillaire >
ou fait cesser une pléthore générale et locale ; c'est
ainsi qu'on réduit une hernie , ou qu'on la maintient
convenablement.
Les boissons aqueuses qu'on fait prendre avant
l'administration du vomitif ne sont pas toujours ri-
goureusement nécessaires; car le vomissement peut
avoir lieu sans leur intermède; il est d'ailleurs beau-
coup de circonstances qui ne permettent pas de re-
courir à leur emploi. On administre le vomitif ordi-
nairement lors delà vacuité de l'estomac, et particu-
lièrement le matin ; néanmoins on peut y recourir à
toutes les époques de la journée lorsque des cir-
constances pressantes l'indiquent , par exemple y dans
l'empoisonnement ,. dans l'imminence de l'apoplexie
et du croup aigu, dans l'indigestion, etc.
On facilite l'action du vomitif à l'aide de boissons
abondantes» On emploie à cet effet de l'eau tiède ou
une infusion légèrement arrière et arom.alique, telle
que celle de camomille vulgaire, de camomille ro-
maine, de chardon béni, etc., etc. Cullen conseille
d'administrer une cuillerée à café de moutarde
étendue dans de l'eau tiède, lorsqu'on veut provo-
quer le vomissement avec beaucoup de promptitude..
On ne doit faii^ prendre ces liquides qu'au moment
où les nausées et les envies de vomir se déclarent;
sans cela on s'oppose au vomissement et on provo-
que q^uelq^uefois la purgatiou. Eu général Feau tièd«
3j4 PHARMACOPÉE
suffit. On fait prendre les boissons tièdes en quan-
tité moindre lorsqu'on veut donner essor aux phé-
nomènes généraux.
Lorsque le vomissement a cessé , on doit éviter de
fatiguer l'estomac par des alimeus difficiles à digé-
rer : on n'en prend que graduellement. Si le vomisse-
ment devient opiniâtre , sans qu'il existe cependant
de symptômes de phlegraasie locale , ou emploie des
moyens variés. On a conseillé les corps gras , l'étlier,
l'extrait aqueux d'opium, les sucs concrets fétides ,
en un mot la plupart des substances qui peuvent
produire la sédation de la contractilité organique
sensible. On les fait prendre sous les formes et aux.
doses indiquées ailleurs, ou on les applique sur
l'épigastre. Ces moyens sont quelquefois inefficaces,
taudis qu'on obtient des effels avantageux du quin-
quina, des amers, et surtout de la rhubarbe et du
Colombo. J'ai cherché à déterminer le degré d'utilité
de ce dernier ; à cet effet je l'ai administré au moment
où les efforts du vomissement provoqués par le tar-
Irite de potasse antiraonié et par l'ipécacuanha éfoient
très-marqués; j'ai fait prendre de l'eau tiède immédia-
tement après , et nonobstant cela j'ai vu fréquem-
ment, mais non constamment, le vomissement s'arrê-
ter. J'ai souvent administré le Colombo en même
temps que le tartrite de potasse anlimonié'et que l'i-
pécacuanha; malgré cela le vomissement survenoit
presque toujours, mais d'une manière plus lente et
moins intense. Jecontinue encore ces expériences, et je
ne me ]iermeUraid'en tirer des résultats que lorsque
je les aurai suffisamment multipliées. On peut con-
jecturer jusqu'ici que le Colombo entrave , au moins.
CLINIQUE. 875
dans quelques cas , l'action des vomitifs ordinaires.
On fait souvent usage du gaz acide carbonique : on
a vu des vomissemeus opiniâtres qui ont résisté à la
plupart des moyens indiqués , et qui ont cédé à l'ac-
tion de cet acide. Le mode d'administration est le
même que celui que j'ai indiqué page 892 du tome
premier. Il arrive quelquefois cependant que ces dif-
féi eus moyens sontinsuffisans; ou est alors obligé d'é-
tablir une médication phlegmasique ou escarrotique
sur l'épigastre , ou de provoquer la sécrétion mu-
queuse et la contraction péristallique du gros intestin.
Lorsque le vomitif a détermine l'inllaramation de
la membrane muqueuse de l'estomac, on a recours
aux moyens de l'ordre des médications atoniques.
Pour provoquer le vomissement, on agit le plus
souvent directement sur l'estomac. Quoique plu-
sieurs substances puissent produire cet elfet lorsqu'on
les met en contact avec la peau ou avec la surface
muqueuse du gros intestin, elles le font d'une ma-
nière trop inconstante pour qu'on y ait recours ; elles
agissent d'ailleurs sur tout l'organisme. On ne suit pas
non pins l'exemple de Rohler , qui introduisit 3o cen-
tigrammes (6 grains) de tartrlte de potasse anlimonié
dans la veine du bras d'un homme qu'élrangloit un
tendon de bœuf qui s'éloit arrêté dans la gorge. On
administre les vomitifs à l'état liquide, soit en solution
ou en suspension aqueuse. Lorsqu'on veut maîtriser
convenablement leur action , on les administrée de
petites doses qu'on répète fréquemment jusqu'à ce
que l'effet désiré soit obtenu. Cela est surtout néces-
saire chez les individus dont l'estomac est très-suscep-
tible. Voici les moyens les plus usités»
Sj6 PHARMACOPÉE
Tartiite de potasse anthnonié. On clioisit ccîuî
qui présente les caraclèi es que j'ai indiqués; on le
fait dissoudre dans cent ou dans mille fois son poids
et au-delà d'eau disliiloe , ou au moins d'eau de li-
Tière : c'est ainsi qu'où eu dissout 5 centigrammes
(i grain) dans un à deux hectogrammes (3 à 6 onces)
d'eau pureou convenahlemcnt édulcoréej on en fait
prendre d'abord un cinquième environ, et au bout
d'un quart d'heure une autre portion, jusqu'à ce
que le vomissement ait lieu d'une manière conve-
nable. Lorsque le vomissement esttrès-difiîclieà pro-
voquer, M. Huleland conseille de faire usage du
mélange d'une pariiede ce sel et de dix- neuf parties
d'amidon. Chaqi'e gramme ( i8 grains) de cette pou-
dre contient 5 cenligramm(s( i grain ) de ta ri rite de
potasse anlimoniéj on fait prendre , d'après l ,i, celte
dose en une fuis. J'ai souvent administré un cenii-
gramme(^ de grain )de ce sel ainsi étendu en suspen-
sion dans un peu d'eau ;il m'a fallu renouveler deux
à trois fois cette dose pour provoquer des vomisse-
mens. Ceux ci m'ont paru plus i iteuses (jue dans les-
cas ordinaires, sans doute parce (jue ce sel nétoit
élendii que dans vingt parties, au lieu de l'élre dans,
mille fois son poids et au-deià<^
On n'emploie le tari rite de potasse antimonié à l'é-
lat de pastilles que lorsqu'on veut plus particulière-
ment provoquer des nausées. Le sirop préparé avec
ce sel n'est u.-^ilé que pour les enfans. On a<l ministre
ces deux formes graduillement, de même que les
précédentes. L'union du tartrite de potasse antimo-
nié avec le tannin, tels que le cachou et le kino^
s'oppose à sou action vomitive , ainsi que je m'en suis
CLINIQUE. 377
convaincu. On sait depuis longtemps que le qnin-
quinaopère un effet aualogue. l/ailition du Colombo
paroît l'entraver, ainsi que je l'ai iridiqné plus haut;
celle de la rhubarbe ne m'a pas paru Ja modifier; je
n'ai pas observé que l'opium l'anmliilàt constam-
ment , etc.
La dose à laquelle on administre ce sel pour pro-
voquer le vomissement chez les adultes est de 5 à 10
ceiiligrammes ( I à 2 grains). Elle doit néanmoins
beaucoup varier selon le degré de susceptibilité lo-
cale ; elle est insuffisante pour quelques-uns, tandis
que pour d'autres elle peut occasionner des accidens,
G'està cause de cela qu'il est préférable d'avoir égard
à son degré de concentration , et de ne l'administrer
qu'à de petits intervalles pisqu'à ce que l'effet soit
obicuu.Si les proportions ordinaires ne suffisent pas,
il ne faut s'élever à des proportions plus grandes qu'a*
vec beaucoup de prudence; car elles peuvent occa-
sionner rinflammalion ou des phénomènes convulsifs
de tout le tube intestinal.
L'action vomitive de ce sel est très-intense; elle est
prompte; les efforts du vomissement se succèdent
pendant un temps assez long. Cette action vomitive
est quelquefois accompagnée de la purgation; d'au-
tres foiselleest même remplacée par elle, surtout si ce
sel est trop étendu. Seseffets peuvent, aumême degré
de concentration et à dose égale , être nuls , légers ou
intenses , selon la susceptibilité individuelle , et sur-
tout selon celle de l'estomac. Le lartrite de potasse
aniimonié peut produire l'inllammatiou ou des con-
vulsions du conduit alimentaire , si on ne l'administre
pas avec prudence; il peut même convertir l'estomac
378 PHARMACOPEE
en escarre et délerminer l'empoisonnement. Loi's-
qu'il est convenablement administré, il est le vomitif
qu'on peut manier avecle plus de facilité; sa saveur
nV'sl nullement 'lc3)i*réable, son odfur est nulle, sa
couleur esl blanche. Il convient également et lorsque
la secousse générale est nécessaire , et lorsqu'elle doit
être évitée, et lorsqu'on ne veut provoquer que des
nausées. J'ai fait connoître les moyens qu'il faut em-
ployer dans le cas où ce sel auroit déterminé des acci-
dens.
Ipécacuanha, 11 faut employer de préférence la
racine de calicocca ipécacuanha : on l'aciministre à
l'état pulvérulent et en suspension dans un peu d'eau.
On emploie aussi quelquefois ses pastilles , son sirop,
et sa macération alcoolique (tome 1'^, page 440 )ou
aqueuse; mais c'est plus particulièrement lorsqu'on
lie veut provoquer que des nausées. La dose de la
poudre est de ao centigrammes à un gramme (4 r ^
18 grains). On a observJ qu'un excès de dose, par
exemple, 2 gi arames ( 56 grains), n 3 détermine pas
d'effet beaucoup plus intense qu'un demi-gramme
à un gramme (9 à 18 grains ) : 5o centigrammes (6
grains) suftiseul souvent.
L'action vomitive de cette racine est assez cons-
tante; quelquefois cependant elle est accompagnée
delà purgalion, et même remplacée par elle. Elle
est modérée et ordinairement sans secousse générale
notable; elle est moins soutenue que celle du sel pré-
«édenl ; les effoits de vomissement qu'elle provoque
sont moifîs nombreux ; on n'a pas à craindre d in-
flammation de sou emploi imprudent : ses effets ne
sont pas en rapport avec sa dose.
C L I X I Q U Ei 37f)
L'ipécacnanha peut convenir comme vomitif tou-
tes les fois qu'on ne counoît pas le degré de suscepti-
bilité individuelle , lorsqu'on doit éviter de détermi-
ne, une secousse générale , et lorsqu'il ne convient
pas de provoquer un vomissement soutenu. Comme
il détermine moins souvent la purgation que le tar-
trite de potasse antimonié , il peut aussi être employé
dans les cas où l'effet purgatif doit être évité.
Racines de ^violette canine ( xnola canina _, L .) ,
€t de 'violette odorante ( viola odoraCa , L. ). Les
expériences cliniques de MM. Coste , Willemet et
INiemeyer démontrent que ces racines sont , comme
vomitifs , très-inférieures à celle de calicocca ipéca-
cuanba ; elles provoquent le vomissement d'une ma-
nière plus inconstante ; elles produisent des elforls
moins soutenus, moins réitérés; elles déterminent
facilement la purgation ; elles ont besoin d'être ad-
ministrées à plus grande dose , et sont plus désagréa-
bles à prendre. MM. Coste et Willemet ont vu deux
à quatre grammes ( 7 gros à i gros ) de racine de vio-
lette odorante en poudre provoquer trois vomisse»
mens et cinq à six selles. M. INiemeyer a vu un
demi-gramme à un gramme (9a 18 grains ) de racine
de violette canine en poudre produire chez douze in-
dividus un vomissement et cinq à six selles , et quel-
quefois ne provoquer que la purgation* Leur décoc-
tion aqueuse est encore plus inconstante : aussi ces
racines ne méritent - elles pas d'être employées
comme vomitifs.
Feuilles et racines iFasanim ( asariim europœum ,
L.). Il faut choisir cette plante récollée dès le com-
mencement du printemps ou vers l'automne; elle
o8o PHARMACOPEE
s'altère facilement ; ses propriétés paroissent varier
selon son exposition , l'époque de sa récolte , son an-
cienneté , etc. C'est peut-être à cela qu'il faut rap-
porter les variétés qu'elle présente dans san action
vomitive. On emploie la racine plus souvent que les
feuilles. On administre la première eu poudre, et
celles-ci à l'état d'infusion aqueuse : la dose de la
poudre est de 25 centigrammes , d'un demi-gramme
à un gramme (4 |, g à 18 grains) et plus. Au rapport
de Culleu , l'action vomitive de cette racine n'est point
en raison de sa dose. Pour préparer l'infusion aqueuse
des feuilles , on prend un quart de gramme à uu
demi-gramme (4739 grains) pour un décilitre
( 3 onces) d'eau.
L'action vomitive de la racine d'asarum d'Europe
paroît présenter quelque analogie avec celle de l'ipé-
cacuanba ; néanmoins elle est moins constante ; elle
est plus souvent accompagnée de la purgation , ou
remplacée par elle. La saveur et l'odeur de celte ra-
cine sont d'ailleurs désagréables. L'action vomitive
de l'infusion aqueue de.^ feuilles paroît encore moins
conslanle: aussi n'eraplo;e-t-on ce raoyen que lors-
qu'on ne peut se procnrer d'autres vomitifs.
Bulbe de scille {^scilla maridnia , L. ). On em-
ploie ]aiemcntsapoiidre;le plus ordinuireraent c'est
l'oxymt'l scillitique ou le siroj) de vin;)igre soillitiquc
La dose de ce médicîjmènt est variable ; son action est
inconstante et n'a aucun avantage sur celle de l'ipé-
cacuanba.
SiilfcUe (le zinc. On emploie fjuelquef'^is ce sel à.
la dose d'ui quart de gramme , d'un demi-gramme à
un gramme (-fl; (jà iti grains), eu soluliou daaS:
CLIK-IQUE. 38l
quantité suffisante d'eau ; il n'a aucun avantage sur
le tarliile de potasse antimonié , si ce n'est qu'il pa-
roît provoquer le vomissement avec plus de promp-
titude que lui : aussi l'emploie-t -on quelquefois dans
le cas de lésion cérébrale déterminée par l'introduc-
tion des narcotiques dans l'estomac.
Les vomitifs sont en général les moyens qu'on a le
plus souvent employés seuls : néanmoins quelques
médecins unissent fréquemment le tartrite de potasse
antimonié avec l'ipécacuanlia. Je doute qu'ils puissent;
se rendre raison des motifs qui les portent a faire ce
mélange ; d'ailleurs rien n'en démontre la nécessité.
On ne conserve pas de vomitifs composés dans les offi-
cines. Ai-je besoin de faire voir combien se trompent
ceux qui administrent à la fois un vomitif et un séda-
tif? car si le vomitif agit d'abord , il fait rejeter le sé-
datif, et rend l'action de ce dernier nulle ;si le séda-
tif agit le premier, il peut annihiler l'action de l'autre.
Or , il en est de même de la plupart des moyens
qu'on mêle au vomitif, dans l'intention de pro-
voquer plusieurs médications à la fois.
Moyens mécaniques. Ces moyens consistent dans
la distentiou outre mesure de l'estomac. On se sert à
cet effet de l'eau tiède ; elle fait vomir sans provo-
quer de secousses générales, et sans déterminer d'ir-
ritation locale : aussi l'emploie-t- on lorsqu'on doit
craindre de produire une irritation générale et lo-
cale , et surtout lorsqu'on doit delà} er en même
temps des substances irritantes contenues dans l'es-
tomac, par exemple, dans le cas d'empoisonnement
avec inflammation de ce viscère. On l'associe ordi-
nairement aux vomitifs précédens , afin de faciliter
3r>2 pHAPvMACOpiE
leur aclion , et de la rendre moins pénible et moins
fatigante.
Moyens sympatJiiques» Les moyens sympotLiques
dont on fait usage sont la titillation de la luette et les
frictions circulaires à l'épigastre , mais surtout la ])re-
mière. Seule, elle suffit souventj elle favorise tou-
jours l'action du vomitif direct : elie convient sur-
tout lorsqu'il s'agit de provoquer le vomissement
sans introduire de substances dans l'estomac, comme
dans beaucoup de cas d'indigestion avec plénitude
entière de cet organe.
RÉSUMÉ.
Je vais indiquer successivement les diftérentea
modifications pratiques dont le vomissement est sus-
cejilible.
Nausées et 'vomituritlons. Ou provoque les nau-
sées et les vomituritionsavec les moyens déjà énon-
cés, et surtout avec Tipecacuanha, la scille, et avec
le tartrile de potasse antimonié. On administre ces
«substances à de petites doses fréquemment répétées,
et sans faire suivre leur usage de l'administration de
boissons aqueuses tièdes. Lorsqu'on se sert d'ipéca-
cuanba,on ledonne en pastilles ou en sirop, etquel-
cjuefois à l'état de macération alcoolique. On peut
employer les pastille^de tarlrite dépotasse antimonié
très- étendu, ou sa solution aqueuse dont on fait
prendre une cuillerée à café dedistance en distance ,
et enfin son sirop. Si on fait usage de la scille, on
peut administrer ses paslillcsou souoxyme]; l'oxyde
d'antimoine bydro-sulfurebrun peut être administré
e L I ir I Q u E. 383
en poudre étendue dani du sucre, eu pastilles, ou
en suspensiim aqueux.
On provoque les nausées pour relever et exciter
l'aclion digestlve, pourexciter la sueur, Tapparition
des phlegmasies cutanées; on les provoque poi r
aider l'expectoration , par exemple, dans le catarrhe
chronique du larynx, des bronches j dans la troi-
sième période du catarrhe aigu , dans la coquelu-
che , etc. On y a recours dans des cas d'hémoptysie
passive , de méuorrhagie , dans les affections lentes
des organes abdominaux.
Vomissement sans secousse notable. On pré-
fère, pour le provoquer, de recourir à l'usage de Fi-
pécacuanha ; ou , si on se sert de tartrite de potasse
antimonié, il faut le dissoudre dans les proportions
indiquées plus haut, et employer à cet effet un li-
quide mucilagineux et sucré : il faut faire boire abon-
damment dès que le vomissement a lieu. Avant de
recourir au tartrite de potasse antimonié pour provo-
quer cette espèce de vomissement, il faut bien con-
noître les degrés de susceptibilité de l'estomac; sans
cela on pourroit donner lieu aux phénomènes géné-
raux , quelques précantionsqu'on prît d'ailleurs pour
les éviter. L'administration de l'eau tiède et la titilla-
lion di' larynx peuvent sufiire. On provoque ce vo-
missement t(jules les fois qu'il ne faut agir que loca-
lement, et lorsqu'une secousse générale peut deve-
nir nuisible , par exemple, dans les fièvres inflam-
matoires et adynaraiqu(îs très- intenses , dans le»
phlegmasies aiguës très-fortes d'organes essentiels à
]a vie, dans les cas d'hemorrhagies actives, de hernie
non ou mal maintenue, dans l'état de gestation, etc.
384 PHARMACOPEE
Les circonstances locales qui inJiqiienl cette es*
pèce de vomissement sont Tembai ras gastrique ,
l'indigestiou el l'empoisonnement : les moyens va-
rient selon ces differens cas. Dans l'embarras gas-
trique on emploie le tartrite de jiotasse aiilimonié
ou l'ipécacuauha j leur choix dépend moins de l'ëlat
maladif que de la susceptibilité individuelle et de
la maladie complicanle. Dans le cas d'indigestion ,
on emploie des mo} eus variés, selon que l'estomac
est gorgé ou non d'alimens. Dans le premier cas,
il est préférable de recourir à la titillation de la
luette et du pharynx; car si on emploie le tartrite
de potasse antimonié en trop petite quantité , il est
sans effet, et si on le donne à trop grande dose, il
peut déterminer des accidens graves. Ce sel convient
au contraire lorsque l'estomac ne contient que peu
de matières alimentaires.
Dans l'empoisonnement , il faut rechercher si
la membrane muqueuse de l'estomac est eiiilammée
et même cautérisée ou non : dans ce cas , il faut
anssiipt faire prendre de l'eau tiède en grande quan-
tité et titiller la luette. Si Tinllammation n'existe pas
encore et que le poison agisse lentement, on peut
de suite recourir au tartrite de potasse antimonié
ou au sulfate de zinc. Il en est de même -orsque
l'cmpoisoimement existe sans Tinllammation de l'es-
ioiïiac, mais avec des phénomènes narcotiques.
Vaiuisscnient a^'ec secousse générale. Pour pro-
voquer celte espèce de vomissement, on a recours
au tartrite de potasse antimonié ; on l'administre peu
élendo, < I on ne donne que peu d'eau tiède. Lors-
qu'on ne peut se j)rocurcr ce sel, on emploie quel-
e 1 î N I Q u E. 385
quefois la racine d'hellébore noir , la seconde ëcorce
de sureau noir , Therhe de gratiole ofiicinale ; mais
leur action moins constante est accompagnée de la
purgation.
On provoque cette espèce de vomissement dans
l'imminence d'affections graves, par exemple, de
l'angine gutturale avec gonflement des tonsilles, du,
croup , du catarrhe suffocant , de Tapoplexie incom-
plète sans menace de congestion sauguiue vers la
tête; on l'excite dans differens cas d'hémorrhagies
pulmonaire et utérine , sans qu'il y ait excès d'irri-
tation ou d'atonie. On la provoque pour favoriser
l'éruption de phlegmasies cutanées , pour faciliter
la sortie de corps étrangers contenus dans la tra-
chée-artère et dans le larynx, pour supprimer les
accès de fièvres intermittentes „ les attaques de dif-
férentes névroses , par exemple, de manie, d'épi-
lepsie , etc. Lorsqu'on veut provoquer le vomisse-
ment pour combattre une fièvre intermittente , on
administre le vomitif une heure avant l'accès ou
y ers la fin du frisson.
Cette espèce de vomissement est contre - indi-
quée toutes les fois qu'il y a irritation ou débilité
générale très-grande, lorsqu'une hernie n'est pas
maintenue : elle est contre-indiquée durant la mens-
truation , dans l'imminence de congestion sanguine
vers l'encéphale, dans l'anévrysme du cœur et de
l'aorte , etc.
§ II. Purgation*
La purgation consiste dans l'éjection , par l'anus ,
des matières contenues daias le eouduit alimentaire ,
386 PHARMACOPÉE
dans raugmculalioii de la sécrélioii du mncns intes-
tinal , dans la contraction pérlslahique de l'inieslin,
et dans un trouble général plus ou moins grand.
Les phénomènes locaux de la purgalion peuvent
être accompagnés de borborygmes , de coliques ^ de
ténesmes ; la chaleur de l'inteslui peut être augmen-
tée. L'estomac et l'appareil billaue peuvent partici-
per à celte excitation : de-là un sentiment de pesan-
teur dans l'épigaslre, la perte d'appétit, ime douleur
que détermine la pression qu'on exerce à l'épigastre,
des nausées et même le vomissement. L'excrétion bi-
liaire peut être augmentée. Le produit des premières
déjections alvines est ordinairement composé de ma-
tières slercoralesj survient ensuite un liquide vis-
queux et filant , ou plus ou moins liquide et ténu ,
incolore ou de couleur variée du jaune au vert et
même au brun foncé. Les dernières déjections ne
contiennent que les boissons.
Ces phénomènes peuvent succéder , avec plus
ou moins de promptitude, à l'emploi des excltans ; ils
peuvent se développer avec plus ou moins de facilité,
selon le tempérament parlicuiler de l'intestin. Or,
celui-ci varie en susceplibllilé selon l'âge, le sexe,
le tempérament général , les saisons , les climats ,
l'élat maladif, et il est souvent indépendant de toutes
ces circonstances.
Ils durent ordinairemefnt de six à sept heures. Ils
cessent en rétablissant le conduit intestinal dans son
étal ordinaire , ou sont suivis d'un élat de constipa-
lion ou de diarrhée plus ou moins opmlâlre. L'abus
des purgatlons peut suitout délerminer l'un ou l'au-
Ue de ces effets , el même la lienlerie.
tCLÏNIQUE» 3^-^
Les phénomènes locaux de celte médication ii'exis«
tent pas toujours seuls; ils peuvent être accompa-
gnés d'une lésion plus ou moins marquée dans
l'exercice des autres fonctions. Les phénomènes gé-
néraux varient selon les différentes périodes de la pur-
gation. Lorsque les coliques se manifestent, le pouls
est fréquent , petit , inégal , et même intermittent ;
ou éprouve un sentiment de froid général J il y a sup-
pression , diminution ou au moins altération du pro-
duit des sécrétions et des exhalations de la peau , du
tissu cellulaire soucutané et des membranes mu-
queuses supérieures. Il y a quelquefois absorption
subite du sérum épanché dans les cavités splanchni-
qnes. Les sensations sont obtuses etfoibles; il y a pro-
pension au sommeil , incapacité à l'exercice des fonc-
tions intellectuelles , lassitude , abattement général j
les traits de la face sont affaissés, etc. Vers la fin de
îa purgation la sécrétion urinaire augmente , le pouls
f éprend son état ordinaire ^ les sécrétions et les exha-
lations des organes éloignés recommencent; la débi-
lité générale cesse , ou si les phénomènes généraux
ont été trop intenses , il peut survenir un état ady-
ïiamique.
On provoque la purgation pour n'opérer qu'un
effet local , ou pour provoquer un trouble général.
Dans le premier cas c'est pour favoriser la sortie des
matières contenues dans l'intestin , pour combattre
un embarras intestinal , une constipation , etc. Dans
l'autre , c'est pour agir secondairement sur l'encé-
phale et sur les organes locomoteurs , sur les mem*
branes séreuses, sur l'estomac, etc. Ou a en vu tan-
tôt la sécrétion muqueuse , tantôt la contraction pé-
388 PHARMACOPÉE
rlstallique , tanlol réjeclion des matières contenues
dans le tube intestinal. Les moyens doivent nécessai-
rement varier dans ces dlflérens cas. La purgalion est.
contre-indiquée dans les phlegmasies aiguës, les hé-
raorrhagies actives et les lésions de texture de Tintes-
lin j ou , si elle est nécessaire , ce n'est que pour
donner issue aux matières stercorales qui par leur
présence peuvent augmenter l'irritation existante. Il
est des cas où l'action secondaire de la purgalion peut
être à redouter ; cela a lieu surtout durant le cours
de phlegmasies , de sécrétions ou d'exhalations qu'on
doit respecter ; par exemple , durant les plilegmasies
pulmonaires , durant la sueur et la sécrétion criti-
que de l'urine, durant une menstruation régulière ,
etc. Il ne faudroit cependant pas croire que la sup-
pression de ces affections en est un effet constant ;
car la menstruation persévère souvent malgré les
j)urgalions drastiques ,etc; mais ces exceptions n'em-
péclient pas que le contraire n'ait fréquemment lieu.
On peut provoquer cette médication à l'aide d'ex-
citans directs, à l'aide de moyens sympathiques ,
ou par des moyens mécaniques. Le nombre des sul>
stances susceptibles de provoquer directement la pur-
gation est très-grand. A la rigueur il u'est pas de
corps qui ne puisse la déterminer , pourvu qu'on
l'administre à dose sufiisante. Parmi ces substances,
toutes n'agissent pas avec la même constance, ne sont
pas d'une administration également facile. Les unes
ont besoin d'être administrées en grande quantité ;
d'autres peuvent , même à très-petite dose, occasion-
ner des accidens locaux ou généraux très-graves ,
tels que l'iullc^maliou , le narcolisme , l'empoisottr
CLINIQUE. 3S9
nement. C'est en partie pour la première raison
qu'on n'emploie point les amers , les térébenlliines ,
le soufre , l'alun, les substances végétales aromati-
ques; et c'est pour la seconde qu'on fait peu usage
des sels métalliques, des végétaux acres, etc.
Quelques-unes de ces substances peuvent provo-
quer la purgalion , lors même qu'on les met en cou-
tact avec la peau ou avec le tissu cellulaire soucutané.
Toutes produisent un effet plus ou moins analogue ,
soit qu'on les introduise dans Testomac , ou qu'on les
injecte dans le gros intestin. Les unes affectent en
même temps l'estomac , tandis que d'autres ne pa-
roissent pas porter atteinte à l'exercice de ses fonc-
tions , quoiqu'on les introduise dans sa cavité ; il en
est même qui , administrées de cette manière , ne pa*
roissent agir que sur le gros intestin. Quelques-unes
paroissent plus particulièrement exciter la sécrétion
biliaire , d'autres la sécrétion muqueuse , quelques-
unes l'exhalation muqueuse , et quelques autres la
circulation capillaire , etc. On ne peut nier que l'ima-
gination exerce souvent une intlueuce notable sur
l'action des purgatifs. On a vu des substances nulle-
ment douées de ces propriétés , produire cependant
cet effet chez des sujets auxquels on avoit fait croire
qu'on leur adminislroit un purgatif, et a)ice versa.
On sait que certaines odeurs désagréables, que la
frayeur, que le refroidissement subit de la peau , et
suitout de la plante des pieds et de l'abdomen, que
les frictions des parois abdominales produisent sou-
vent une action purgative. En général on a peu re-
cours aux moyens sympathiques pour provoquer
cette médication. On fait plus particulièrement usage
3go PHARMACOPÉE
des excitans directs. On applique rarement ceirx-Cî
en fiiction cutanée j leur action est moins conslante;
d'ailleurs elle ne peut avoir lieu chez tous les indi-
vidus , et elle fait participer tout l'organisme à cet
état d'irritation, qui souvent doit être purement lo-
cale : ce mode d'application ne paroît pas d'ailleurs
convenir pour toutes les substances. Il est donc pré-
férable d'introduire direclement les purgatifs dans
le conduit intestinal. On les fait prendre en lavement
lorsqu'on veut plus particulièrement agir sur le gros
intestin, et lorsque le sujet ne peut avaler, ou qu'il
a une répugnance invincible pour ces moyens, ou
enfin lorsque l'estomac est malade. On les introduit
par la bouche, soit qu'on veuille agir sur Tinleslin
grêle ou sur le gros intestin, mais particulièrement
lorsque l'intestin grêle doit être le sié^e de la pur-
gation.
Lorsqu'on administre les purgatifs par la bouche,
on fait souvent précéder leur emploi par un traite-
ment préliminaire : c'est ainsi qu'on fait usage de
boissons abondantes légèrement purgatives. Mais
ces moyens ne sont pas toujours nécessaires, si ce
n'est lorsqu'on veut combattre une constipation opi-
niâtre, lorsque la purgation n'est pas subitement
indiquée et qu'elle est difficile à provoquer. On em-
ploie à cet effet du bouillon de veau, du bouillon
aux herbes, du petit-lait, etc. , ou des sels neutres ou
acidides, tel que le tartrite acidulé de potasse, qu'on
dissout dans cent fois environ leur poids d'eau, de
bouillon ou de petit-lait , etc. On choisit le moment
de vacuité de l'estomac pour administrer le pur-
gatif. Ou s'abstient doue à cet effet de toute nour-
CLINIQUE. Sgi
rîture douze heures envlrou avant : mais il y a beau-
coup de circonstances dans lesquelles cette précau-
tion est inutile. On choisit ordinairement le matin,
parce que la digestion est achevée à celte époque:
cependant lorsque l'action du médicament est lente,
on préfère l'administrer le soir. On administre les
purgatifs sous des formes variées qu'on peut su-
bordonner au goût du malade, aux propriétés parti-
culières du médicament et à la promplitude avec
laqielle on veut agir.
On doit masquer, autant que possible , l'odeur et
la saveur désagréables des purgatifs; c'est pour y
parvenir qu'on leur donne la forme de pilules, de
bols, et qu'on les administre sous le moins de vo-
lume possible lorsqu'on est obligé delesfaire prendre
à l'état liquide. On prend souvent pour intermèdes
des substances propres à agir elles-mêmes comme
purgatifs, telles que le petit-lait , le miol, la pulpe
de pruneaux , l'eau de pruneaux, de tamarin, de
casse, etc. L'addition des aromatiques a l'avantage
de s'opposer h ce que le médicament ne soit pas
rejeté par le vomissement , lorsque l'estomac est
doué d'une susceptibilité extrême. Sydenliam faisoit
prendre un peu d'opium avant d'administrer un pur-
gatif. Si on ne veut pas sentirla saveur et l'odeur dé-
sagréables du médicament, il suffit de laver la bouche
immédiatement avant avec de Taîrool étendu d'eau, et
de boucher les narines. On peut laver de nouveau
la bouche avec du vinaigre , ou mâcher un corps
douxet aromatique immédiatement après avoir avalé
le médicament. Une position verticale et un léger
«xercice s'opposent également à ce qu'on ne le re-
^92 ppiarmacopée
jette par le vomlssemeut. Mais on conçoit que de
pareilles prëeaiitious ne sont nécessaiies que pour
les individus très-susceptibles , et lorsque lepurgalit-
M une odeur et une saveur très-désaçréables. On ad-
ministre ce médicament en une ou en plusieurs fois,
selon que son action est plus ou moins constante ,
selon qu'elle est plus ou moins proportionnée à la
dose et selon l'intensité d'effet qu'on veut obtenir.
On ne doit pas s'endormir durant l'action du pur-
gatif, si ce n'est lorsqu'elle est ou très-intense ou
Irès-lente. On doit rester pendant ce travail dans
une température douce , se soumettre à la diète et
éviter tout exercice immodéré. On facilite l'action
du purgatif à l'aide de boissons aqueuses, de liquides
gélatineux , mucilagineux, sucrés et même acidulés^
tels que les bouillons, l'eau d'orge, une infusion
aromatique légère , le petit-lait , la limonade , etc.
La température de ces liquides est souvent indif-
férente : si on en excepte les boissons acidulés , on
les administre tièdes. On ne commence à prendre
de ces boissons qu'au moment où les coliques et le
besoin d'aller à la selle se déclarent. On les em-
ploie en quantité plus grande si l'action doit être
lente et locale que dans le cas opposé.
Lorsque l'action du purgatif est nulle ou trop
îen.'e, il faut en administrer une nouvelle quantité
à moindre dose quelaprenùère fois, ou faire prendre
un sel neutre dissous dans l'eau ou dans un liquide
légèrement purgatif. Si l'action du médicament est
trop intense, on a recours aux boissons aqueuses ,^
mucilagiieuses , g^dalineuses ou sucrées, aux boui^^-
louS| au lait étendu d'çau , çtc.
C L I N- I Q U E.' 3q3
Lorsque la puri^atioo est terminée et qu'il suc-
cède un état de débilité, on a recours au vin ou à
d'autres toniques analogues. S'il survenoit une sus-
ceptibilité et une mobilité très-grandes, il faudroit
recourir à l'emploi de l'extrait aqueux d'opium, de
l'étber ou d'autres moyens semblables. Ou passe
graduellement au régime de vie ordinaire, surtout
lorsque la purgation a été intense, et que ses phé-
nomènes ont eu leur siège dans l'estomac et l'in-
testin grêle.
Lorsqu'on introduit les purgatifs dans le gros in-
testin , on ij'a pas besoin de traitement préliminaire ;
il suffit d'évacuer préalablement les matières sterco-
rales amassées dans le rectum et le colon, afin de favo-
riser l'action du médicament. Ou lui donne le plus
ordinairement la forme liquide ; on ue l'administre
à l'état de suppositoire que lorsqu'on veut plus par-
ticulièrement exciter le rectum, et lorsqu'il s'agit
de combattre une constipation opiniâtre. On faifc
prendre le lavement sous le moins de volume pos-
sible , afin qu'il ne soit pas rejeté aussitôt. J'ai fait
voir ailleurs ce qu'on doit penser des formes ga-
zenses sous lesquelles on administre quelquefois les
puri^alifs. Enfin on peut provoquer la purgation
chez le nourrisson en administrant des purgatifs à
la nourrice. On n'a pas encore recberclie jusqu'ici
si le lait peut se charger de l'action de tous les pur-
gatifs; mais on sait qu'il contracte les propriétés du
séné, de la rhubarbe, du jalap, etc.
Lorsqu'on veut purger durant le cours des ma-
ladies, on choisit Tintermission ou la rémission; on
pe le fait poiut lorsqu'il se déclare quelque effort
3)4 PHARMACOPléE
critique. Les saisons sont indifférentes : on évite seii-
lemenl nue chaleur et un froid excessifs.
Je vais examiner successivement les moyens doui
on se sert pour provoquer cette médication.
I**. Substances qui sont nutritives en totalité ou
en partie i^ qui, convenablement administrées ^
peuvent provoquer la purgalion sans détermi^
ner de douleur ni de chaleur locale , sans oc-*
casionner de phéno?nèjies sympathiques évi"
dens , qui n'agissent qu'à grande dose , et qut
ne peuvent occasionner d' inflammation , à
moins qu elles ne soient altérées ou sophisti-
quées.
Ce sont les huiles fixes, les corps mucilagineux
et sucrés.
Huiles fixes.
On emploie plus particulièrement celles d'olives^
d'amandes et de ricin. Cette dernière n'est pas tou-
jours préparée avec le même soin ; elle contient
souvent une matière susce])lible d'irriter; elle est
fréquemment sophistiquée. Lors(|u'elie est parfaite-
ment pure, elle ne paroît avoir aucun avantage sur
les autres huiles lixes; rien au moins ne le démontre
jusqu'ici. On doit choisir ces huiles nullement ran-
ces; on les introduit par la bouche ou par l'anus. Ou
les emploie puresou étendues dans de l'eau (tome II,
page 2oi); leur dose varie de lo à loo grammes
(3 gros à 3 7 onces) et au-delà. Elles répugnent à
beaucoup de personnes. Elles rancissent facilement
dans les voies digestives, et occasionnent alors des^
C L î 5T I Q ÎT E; SgS
coliques et des flatuosités ; à grande dose elles peu-
vent provoquer le vomissement. On n'y a que ra-
rement recours; d'autres substances peuvent opérer
le même effet sans présenter le même inconvénient
qu'elles.
Gélatine,
On emploie particulièrement les bouillons de veau,
de poulet, de grenouilles, etc. On les fait prendre
à grande dose ; leur action purgative est très-foible ;
aussi est-ce moins pour purger que pour favoriser
une purgatioa qu'on en fait usage.
Petit-lait. On le prépare de la manière indi-.
quée page 198 de ce tome. On l'administre par
verres, qu'on renouvelle à des intervalles plus ou
moins éloignés. Ou l'emploie souvent comme véhi-^
cule de purgatifs plus actifs. Son action est lente et
peu intense : on l'emploie plutôt pour disposer à
cette médication, ou pour favoriser l'action d'autres
purgatifs, que pour provoquer cet effet lui-même.,
Corps sucrés.
Le sucre pur ne paroit pas jouir d'une action
purgative notable ; il n'en est pas de même lors-
qu'il est uni à d'autres matériaux immédiats, tels
que le muqueux , l'extractif , des matières odo-
rantes, etc.
Miel. On l'introduit par la bouche ou par l'anus.
Dans le premier cas , on choisit celui qui est blanc,
et on l'administre directement ou étendu dans de
l'eau : sa dose est d'un à plusieurs hectogrammes ,
(3 à 6 onces). Dans le deuxième cas , on se sert de
oqG PHAR.MACOP:éE
miel jaune, et on le délaye préalablement dans quan-
tité suIfisanJe d'eau et sous des proportions plus ou
moins grandes.
Le miel employé à petiîe dose ne produit pas
d'effet purgatif notable j ii est même souvent inac-
llf à celle de 2 à 3 hectogrammes (6 à i2 onces). U
occasionne ficilement des ilatuosités et des coliques;
il participe quelquefois aux propriétés des plantes
sur lesquelles il a été cueilli. On lit dans les Ephé-
mérides des Curieux de la nature l'observation d'inie
fille uarcotisée par le miel. Xénoplion, dans l'iiis-
toire de la retraite des Dix-Mille , parle d'un cbolé-
ramorbus avec délire dont les soldats furent affec-
tés pendant deux jours près de Trébisonde , après
avoir mangé beaucoup de miel. Mais ces effets sont
si rares dans nos climats, qu'à peine on en cite des
exemples. Le miel seul est peu employé comme
purgatif, si ce n'est lorsqu'on veut déterminer un
effet léger sur le gros intestin.
Manne. On l'administre le plus ordinairement
par la bouche ; on préfère la manne en larmes et
eu sorte. On doit rejeter la manne grasse ; elle est
impure et contient souvent des drasli([ues. On la
donne rarement dans son élal solide ; on la dissout
le plus ordinairement dans l'eau. Son odeur nau-
séabonde est moins marquée si l'on fait cette solu-
tion à froid et par trituration , que lorsqu'on a re-
cours à l'iulermède de la chaleur. Quatre parties
d'eau suffisent ordinairement pour en dissoudre une
de manne : on passe le liquide à travers une toile
afin de séparer les corps étrangers que la manne
contient. On peut remplacer l'eau par une émulslou
CLINIQUE. 3gj
ou par du lait ,el aromaliser ce solutum avec un peu
d'eau distillée de fleurs d'oranijrer. La dose de la
manne est de 3o à 60 grammes ( i à 2 oices) et au-
delà : on peut sans inconvénient en l'aire prendre
une beaucoup plus forte.
Sou action puigative est douce , sans colique ; elle
consiste ordinairement dans cinq à six selles; elle
occasionne quelquefois des llatuosités et des borbo-
lygmes. Lorsqu'elle est sophistiquée, elle déter-
mine des accideus variés, selon les substances aux-
quelles elle est unie. De la manne que j'avoîs ex-
posée pendant plusieurs jours à la chaleur du bain-
marie bouillant, et qui avoiten grande partie perdu
sonodeur, étoit aussi purgative qu'auparavant. L'eau
distillée ne produisit pas d'effet notable chez le
même individu que la manne ainsi privée de son
odeur avoit purgé; elle ne provoqua pas non plus
celte médication chez d'autres individus.
Fruits doux acidulés.
Les fruits doux acidulés paroissent plus suscep-
tibles d'agir comme légers pur^^atifs, que ceux, qui
n'ont pas de saveur aigrelette. Ils paroissent jouir
de cette propriété à un degré plus marqué lors-
qu'ils sont frais que lorsqu'ils sont desséchés , à
moins qu'on ne les fasse cuire pour les convertir
à l'état pulpeux. Leur dose n'est rien moins que
rigoureuse : leur action purgative est très -légère;
elle est peu constante : ils ne peuvent guère con-
venir que lorsqu'il s'agit de combattre uu état de
constipation.
3g8 PHARMACOPEB
Pruneaux. Ce sont les fruits doux qu'on em*
ploie le plus fréquemment; on les fait cuire avec
un peu d'eau , et on s'en sert à titre d'alimens. On
extrait leur pulpe en les passant à travers le tamis
après les avoir ramollis par Ja coction ; on y ajoute
du sucre s'ils ne sont pas assez doux , et on les
aromatise convenablement. Leur décoction aqueuse
(eau el jus) n'est employée que pour servir d'in-
termède à d'autres purgatifs. Les pruneaux peuvent
remplacer la plupart des corps extracto -sucrés, et
surtout la casse»
Casse ( cassia fistula , L. ). On choisit la casse
qui n'a pas fermenté , et qui n'a point été sophisti-
quée. Ou extrait sa pulpe extemporanément ; à cet
effet on contond légèrement une des sutures longi-
tudinales de la gousse ; celle-ci se sépare en deux , et
on en ratisse l'intérieur à l'aide d'une spatule»
Pour en séparer les noyaux , il suffit de la passer à
travers un tamis. La gousse fournit ordinairement la
moitié de son poids de parenchyme en noyaux, et
celui-ci la moitié de son poids de pulpe. On peut ad-
ministrer la pulpe de casse directement, ou la mêler
avec partie égale de sucre, et l'aromatiser convena-
blement; à cet effet, on l'expose à une douce cha-
leur avec le sucre et une petite quantité d'eau ; on
agite continuellement jusqu'à consistance d'elec-
tuaire; on retire alors le mélange du feu ; on le laisse
refroidir, et on y ajoute un peu d'eau distillée de
Heurs d'oranger; c'est laçasse cuite du code de Paris.
Comme la pulpe de casse occasionne facilement des
coliques , on préfère souvent son extrait aqueux.
Pour préparer celui-ci ou fait macéier le parcuchyrae
CLlKIQtJE. 599
clans l'eau, et o:i évapore le produ'l : cet extrait
C3nstilue les 0,26 de ia pulpe. v)ii l'administre de la
même manière que cette dernièi e , ou en solution
aqueuse: sa dose n'est pas rii^oureuse.
La dose de la pulpe de casse est de 20 à 100 gram-
ines(6 gros à 4onces). Son action purgative estlégère,
très-lente. La casse ne commence à agir que six heures
après son administration : aussi radministre-l-on or-
dinairement le soir. Elle occasionne facilement des
ilatuosités , desborborygmes. L'urine contracte une
couleur brunâtre , d'après l'observation de Sennert.
La casse n'a aucun avantage sur les pruneaux ; elle
est exotique, souventaltèrëe et sophistiquée : la décoc-
tion aqueuse de ses valves estacerbe et non purgative.
Tamarin ( tamarindus indica , L. ). On peut ,
en grande partie, rapporter au tamarin ce que je
viens de dire de la casse , d'autant plus qu'il est déjà
séparé de sa gousse, qu'il contient souvent du cuivre,
et qu'il est fréquemment sophistiqué. Pour se con-
vaincre s'il contient du cuivre, on le chauffe dans un
vaisseau de porcelaine , et on l'agite avec une spa-
tule de fer : le cuivre recouvre la spatule ; on peut;
même l'enlever entièrement de cette manière. On
emploie la pulpe de tamarin , son extrait aqueux et
son infiision aqueuse. On prépare la pulpe et l'extrait
aqueux de la même manière que les analogues de la
casse. Pour préparer le solutum aqueux partiel , on
traite le tamarin dans un vaisseau de porcelaine ou
d'étain avec de l'eau tiède ; on passe ce liquide
à travers une étamine. Les proportions ordinaires
sont de cinq à dix parties de tamarin sur cent par-
ties d'eau. On l'administre par verres j on Tem-
400 PHARMACOPEB
ploie quelquefois comme véhicule d'autres purgatifs»
L'action purgative du tamarin est lente , peu in-
tense; elle n'est pas suivie de constipation. On rqm-
placeroit ce parenchyme avautageusemeut en mêlant
du tartrite acidulé de potasse avec des propor-
tions variées de pulpe de pruneaux. On pourroit
mieux graduer la dose de ce mélange , et on seroit
plus assuré de ses effets.
2°. Substances non nutriLlves , qui ne sont pur ga^
tU'es qu'à grande dose , ne produisent pas de
constipation subséquente , ne sont pas suscepti'
blés de produire de chaleur ni de douleur loca-
les , à moins qu'il ny ait cntamure ou phlegma-
sie , qui déterminent un sentiment de fraîcheur
générale , et provoquent la sécrétion urinaire»
Ce sont les sels alcalins et terreux, acidulés et
neutres. Quoique la plupart des sels jouissent de pro-
priétés analogues, on n'emploie cependant qu'un petit
nombre d'entre eux. On choisit à cet effet ceux qui
sont les plus communs, ceux dont l' extraction ou la
composition est la plus facile , dont la saveur est la
moins désagréable , (jui sont le plus solubles dans
l'eau et le moins susceptibles d'occasionner des acci-
dens. Les sulfates et les tartrites fournissent jusqu'ici
le plus grand nombre de sels purgatifs ; les nitrates
et les murlates ne sont guère employés. Les premiers
peuvent occasionner l'inilammation , etc. , à la dose
nécessaire pour produire un effet purgatif; les ma-
riâtes augmentent la chaleur locale et générale. Les
carbonates et les acétates sont aussii peu employés.
€Lî!TIQUE. ^Qt
On iie fait usnge que du phos];hate de soude. Les
sels à base d\immoniaque et de baryte ne sont point
usités j les premiers conviennent mieux pour déter-
miner l'excitation tonique, et les autres sont véné-
neux à trop petite dose.
On emploie les sels à Vé\a\ liquide ; il paroît que
Faddilion d'une grande quantité d'eau favorise leur
action purgative. On peut rem placer l'eau par des li-
quides légèrement purgatifs, tels que le pL-til-iait ,
les bouillons, le jus de pruneaux , etc.
On n'administre sous forme molle que ceux qui
sont peu solubies dans l'eau, par exemple, le tartrité
acidnle de potasse* Les sels sont désagréables à pren-
dre , surtout lorsque leur saveur salée n'est pas fran-
che ; l'addition du sucre ne la masque pas assez ; elle!
paroît même la rendre plus désagréable.
On introduit ces sels par la bouche ou par l'anus.
La dose de la plupart d'entrfe eux est à peu près la
même. Il est difdcile de déterminer si plusieurs pur-
gent à moindre dose que d'autres; car en employant;
le même sel chez le même individu en quantité dif-
férente , je n'ai pas toujours observé que l'action fût
proportionnée à la dose. J'ai , pendant trois jours ,
administré au même individu des doses différentes
de sulfate de soude cristallin dissous dans cinq fois
son poids d'eau : le premier jour 60 grammes ( 2
onces) produisirent trois selles, le lendemain 3o
grammes (i once) cinq selles, et le troisième jour
î 5 grammes ( 4 gros ) cinq selles. Lorsque , pendant
plusieurs jours de suite ou à des intervalles plus
grands, j'ai administré ce corps à la même personne
eu égale quantité et dissous dans des proportions ana-
II. 2Ô
4oiî PHARMACOPEE
logiies, jeiî'ai jamais pu provoquer constammeul une
]iiiri;alion égaltnieiil intense. J'ai oblcnu des lésul-
tats analogues avec la plupait des sels neutres, et
notamment avec le sulf.ile de magnésie , le [fliosphate
de soude , le tarlrile de potasse et de soude , Je lar-
Irite acidulé de potasse, etc. J'ai vu le plus souvent 5
à lo grammes ( i ^ à 3 g»'os) de ces sels être sans ac-
tion purgative notable. Leur dose ordinaire est de i5
à 5o grammes (4 gros à i once) : un excès de dose
ne pareil pas être dangereux. Employés à trop pe-
tites doses , surtout lorsqu'ils sont étendus , ils aug-
mentent la sécré'son urniaire ou la transpiiation in-
sensible. On emploie les sels de préférence lorsqu'on
veutf)U?ger dans les maladies fébriles, dans les pbleg-
masies aiguës ( excepte lorsqu'elles atfectçnt l'intestin
ou l'estomac), lorsqu'on veut entretenir un sen-
linjcnt de fraîcheur générale , et loi^qu'il s'agit
moins de provoquer des phénomènes généraux
que d'exciter la sécrétion ou l'exhalation des surfaces
muqueuses.
Les sels les plus usités sont le sulfate de soude , le
sulfate de magnésie, le phosphate de soude, le tai'-
trile de potasse et de soude , le tarlrite acidulé de
j)0tasse,le sulfate de potasse, elle tartritede potasse.
Sulfate de soude. II faut faire attention s'il est
efileuri ou crislalliu: dans le premier cas il perd la
moitié de son poids d'éau de cristallisation; il exige
le double d'eau pour se dissoudre, et agit aussi d'une
manière ])lus intense. On emploie ce sel ordirialre-
ment en solution aqueuse ; il est soluble dans cinq
fois son poids d'eau froide lorsqu'il est à l'état cris-
tallin ; il a une saveur peu desagréable ; il est d'ua
CLINIQUE» 4ô3
prix modique; il est un des sels les plus employés.
Ou doit diminuer sa dose de moitié lorsqu'il est ef-
iHeuri. Il est un de ceux qu'on emploie le plus sou-
vent en cljslère. Sa dose est alors de 5o à ioo gram-
mes ( 1 j à 3 onces ) et au-delà.
Sulfate de magnésie. On l'emploie en solution
aqueuse ; il exige partie égale d'eau froide pour se
dissoudre ; il a une saveur amère ; il est d'un prix
plus élevé que le précédent. Il ne paroît rien présen-
ter de particulier dans son action.
Phosphate de soude» On l'emploie de la même
manière que les précédens. Si ou veut avoir sa solu-
tion incolore , il faut prendre de l'eau distillée: elle
est blanchâlre dans tout autre cas. Il estsoluhle dans
quatre fois son poids d'eau froide. Sa saveur salée
franche le fait rechercher depuis quelques années ;
il est d'un prix plus élevé que les précédens.
Tartrite dépotasse et de soude. On l'emploie en
solution aqueuse. 11 exige deux fois son poids d'eau
froide pour se dissoudre. Sa saveur salée franche le
rend un purgatif agréable.
Tartrite acidulé dépotasse. Son peu de solubilité
force à l'employer en suspension dans un peu d'eau,
ou sous la forme de bols et d'élcctuaire à l'aide de
quantité suffisante de miel ou de pulpe de pruneaux.
Si on veut avoir ce sel en solution , il faut le mêler à
o,i de son poids d'acide boracique. Il se dissout alors
dans sept fois son poids d'eau bouillante. On le mêle
à l'acide boracique à l'aide de la trituration , ou mieux
à l'aide du procédé suivant : on expose une partie d'a-
cide boracique avec le double de son poids d'eau, dans
un vaisseau de faïence, à l'action d'une légère clialeur.
4Q4 PHARMACOPEE
Lorsque l'eau est Irès-chaudc , on y ajoulc successi-
vement neuf pailles de larlrile acidulé de pelasse pul-
vérisé ; on aj^ite continuellement jnsqu'à siccllé; ou
pulvérise alors le mélange et on le passe à travers uu
tamis de soie très-fin.
Ce sel agit comme les précédens* On l'emploie
dans des cas analogues*
Sulfate de potasse. On l'administre de la manière
indiquée page 40G du tome l^i". 11 est moins usité
comme purgatif que les précédons, si ce n'est lors-
qu'on veut supprimer la sécrétion du lait , ou com-
battre les accidensqui en sont le résulta-. Rien ne dé-
montre cependant qu'il ait sous ce rapport un avan-
tage sur les autres sels.
Tartrite de potasse. Ou l'emploie eu solution
aqueuse ; il se dissout dans deux fols et demie son
poids dVau froide. Sa saveur est désagréable. Son ac-
tion ne présente rien de parliculier : aussi est-il peu
em])lové.
Mtiriate de soude. Il n'est usité qu'en clystère.
On rinjecte étendu dans de l'eau. Son action ne pré-
sente rien de parliculier.
Eaitx jninérales salines. Ce ne sont que les sels
précédens dissous dans une grande quanlité d'eau ,
et surtout le sulfate de magnésie , celui de soude, etc.
Leur action ne présente rien de particulier. On peut
les remplacer eu dissolvant l'un ou l'autre des sel»
indiqués dans des proportions déterminées.
CLINIQUE. 4oa
3^. Substances qui sont susceptihles d'irriter, de
déterminer de la chaleur , des douleurs in-
testinales , de provoqjicr des nausées , le tjo-
. missement , d'occasionner une constipation sub-
séquente y de donner lieu, aux phénomènes gé-
néraux de la purgation , et qui pcu\'ent j, à l'é"
tat de concentration , déterminer Vinflamma^
tion de la membrafie muqueuse du conduit ali"
mentaire.
Ces substances sont très-mullipliëes ; elles doivent
leur action à des matériaux immédiats variés , tels
que des alcalis , des oxydes et sels métalliques , des
résines, des huiles volatiles, de l'extractif ,etc.Tous
les corps susceplibJes d'enllammer les organes peu-
vent produire la purgation s'ils sont convenable-
ment étendus. Une différence dans la dose et dans
le degré de concentration occasionne ici des diffé-
rences notables dans le degré d'action. Les formes
sous lesquelles on administre ces substances sont en
grande partie subordonnées à leurs propriétés par-
ticulières. C'est surtout lorsqu'on fait usage de ces
purgatifs qu'il faut avoir égard à l'idiosyncrasie du
conduit intestinal. On ohrerve (jue, toute chose d'ail-
leurs égale, les enfaiis les supportent mieux que les
adultes, les ternpéramens lymphatiques mieux que
les tempéramens nerveux , et suitout que ceux qui
sont caractérisés par un excès de susceptibilité; ce
sont ces substances qu'il est -souvent convenable
d'administrer gradueliemcnl, suri ont lorsqu'on ne
iianuoît pas le degré de suscopiibilite du cyuduit
4oG PHARMACOPEE
iateslîrial. Elles conviennent pins porlicuHèreraent
comme pnrgalifs îorsqn'il faut déterminer une ac-
tion locale 1res - marquée , lorsqu'on veut agii'
d'une manière générale, on lorsqu'on n'a pas à
redouter les phénomènes généraux de la purgation.
Je vais successivement exposer les diftérentc^ sub-
stances de ce genre que l'usage a plus particulière-
ment accréditées,
F\.acme de jalap {^convohndus jalapa , L.J. Ou
n'administre guère celte racine que par la bouche ; ou
emploie sa poudre ou son extrait alcoolique pré-
paré avec l'alcool à 25+o. On suspend ordinaire-
ment sa poudre dans un peu d'eau, de lait, d'émul-
sion, d'alcool affoibli, elc*; ou on lui donne la
forme de pilules à l'aide de quantité snffisanle de
miel. La dose de la poudre de jalap est d'un demi,
d'un à deux grammes (9*18 à 36 grains)*
L'extrait alcoolique de jalap forme les 0,08 en-
viron de la racine; il faut avoir soin cjii'il ne soit
l^as sophistiqué. On peut l'administrera l'état pulvéru-
lent et étendu dans quatre à neuffois son poids de su-
cre ou d'nn oîéo-saccharum ; on peut lui donner la
forme de pilules avec particégaledejioudre inerte et
quantité suffisante de sirop oude miel ; on peut lui don-
ner la forme d'élecluaire à l'a*' le départie égale d'une
noudrearoraatique et dix-huit fois son poids de miel ou
rie pulpe de pruneaux. On jieut aussil'adminislrer en
suspension aqueuse : à cet effet, on le triture avec
■vingt parties de sucre et on l'éteud successivement
dans ceit parties d'eau ou d'éraulsion aromatisée;
on peut favoiiser sn suspension à l'aide d'une demi-
partie de])ouiire de gomme adragant. On peut obtenir
CLINIQUE. 407
lin siispensum plus homogène , en dissolvant d'a-
bord cet extrait dans cinq fois son poids d'alcool
à 25+0, et en mêlant ensuite ce solutura avec de
l'eau, qu'on ajoute en une fois et noiT succesvsive-
ment. Cet extrait n'est pas eulièi ement soluble dans
l'aicool à 10 -f-o; celui-ci ne ]>aroît lui enlever que
de l'cxtraclif ; 11 acquiert néanmoins par là la pro-
priété de purger; tandis que la résine, qui refuse de
s'y dissoudre, ne paroît plus être purgative, ainsi
que me le font présumer quelques expériences cli-
niques que j'ai tentées à cet effet. L'alcool à lo-f-o
peut donc convenir : il est en effet usité chez les
Lahilans de la campagne.
Quelques médecins allemands, et notamment les
auteurs de la pharmacopée de B 'rlln, unissent l'ex»
trait alcoolique de jalap avec du savon de soude
pur; ils prennent, à cet effet, partie égale de l'un
et de l'autre et quantité suffisante d'alcool à 25-f-o;
ils font dissoudre ce mélange à une légère chaleur,
le réduisent, par l'évaporation , à consistance de
cire. Ce mélange est dissohibie dans six fois son
poids d'eau ; on peut l'administrer sous la forme
pikdaire avec quantité suffisante de poudre inerte,
ou eu solution aqueuse. La dose de l'extrait alcoo-.
lique de jalap est d'un demi-gramme à un gramme,
(97 à 18 grains). ^
Le jalap, administré à petite dose et Irès-étendu,
provoque une purgation sans coliques ni phéno-
mènes généraux notables : à grande dose il peut
occasionner les unes et les autres. Son action est
assez prompte ; elle est accompngnée de chaleur
plus ou moins grande dans l'intestin ; elle n'est pas
4o8 r W A B. M A C Q P E E
accompagnée de vomisjeraent , quoiqu'elle Iroubîe
Vactiou de l'estomac; elle n'est pas suivie de coiisli-
palion. L'extrait alcoolique de jalap peut détermi-
ner les mêmes effets que la racine ; il est susceptible
d'occasionner l'inilammalion , si ou l'administre en
trop grande dose ou trop peu étendu. Il agit d'une
manière plus constante que la racine, dont les ma-
tériaux ne sont pas toujours dans les mêmes propor-
tions. J'ai souvent administré l'extrait alcoolique de
jalap à la dose d'un demi-gramme (g grains) , soit
sous la forme de pilules, soit en suspension dans
cent et dans deux cents fois son poids d'eau, sans
provoquerde coliques ni de trouble général notable.
Il est un des purgatifs qui méritent le plus d'être
emplo^^és fréquemment : en effet, on peut l'admi-
nistrer sous peu de volume; on peut facilement
masquer sa saveur; son action est conslante.il peut
convenir et loisqu'on veut provoquer une purga-
tion sans phénomènes généraux, et lorsqu'on veut
déterminer un trouble général.
Feuilles de casse se né ( cassia senna , L. ) et de
casse lancéolée {cassia acutifoliaf Lmk.), On préfère
en général les feuilles de cette dernière espèce (séné
de la pallbe) : on les emploie rarement en susbtance :
leur trop grand volume les rend désagréables k
prendre. 4 grammes et demi ( 80 grains ) occupent
à peu près la capacité d'un centilitre. On administre
cependant quelquefois leur poudre sous la forme
d'ékctuairc; on la mêle alors avec la moitié de sou
poids d'une pondre aromatique, par exemple, de
coriandre , d'anis , etc. , et sept fois son poids de miel
OU de pulpe de pruneaux : cet élecluairecoulieut o, 3
CLiîfiQUi:. 409
(Je poirJre de sëne. Il faut choisir celle pondre
récemment préparée, car elle s'altère faciiemeat
à l'air humide. Sa dose estd'uu demi, d'un, de deux à
plusieurs grammes (9, 18, 36 grains à i gi'os).
Le plus souvent on ialt usage de la macération ou de
l'infusion aqueuse de séné. L'infusion doit être pra-
tiquée à vaisseau clos. Pour rendre ce liquide plus
agréable , on l'aromatise , par exemple, avec de l'é-
çorce d'orange , des semences d'anis , etc. , et on y
ajoute un peu d'acide végétal , tels que d'acide tar-
tareux, de suc de cilron, de vinaigre, etc. Les feuilles
et la racine de scrophulaire aquaik\ue {scrophu/aria
aquatica , L. ) no peuvent, en aucune manière,
corriger la saveur desagréable du séné, ainsi qu'on
]'a annoncé. La dose de ces feuilles pour une infu«
sion ou une macération aqueuse est de 5 à dix gram-
ines (17 gros à 5 gros) sur un à deux hectogrammes
( 5 à 6 onces) d'eau. J'en ai plusieurs fois administré
un gramme ( 18 grains) en infusion dans un hecto-
granime d'eau sans obtenir d'effet notable j deux
grammes (36 grains) u'agissoieut que foiblement ;
6 grammes ( i-î- gros) ont fréquemment provoqué
cinq à sept selles. Les feuilles de casse séné ( séné
d'Italie ) doivent être administrées à plus forte dose,
\olci de quelle manière on peut composer une infu-
sion de séné acidulé et aromatisé : on prend 5 gram-
mes ( i^ gros) de séné , 2 à 4 grammes (3G grains à i
gros ) d'écorce de cilron , 4 grammes ( i gros ) de
.suc de citron et un hectogramme (3 onces) d'eau; ou
5 grammes de séné , un gramme de semences de co-
riandre , un gramme de tartrit«^ acidulé dépotasse
t*t un heclo^vaniîViC d'eau,
4T0 PHARMACOPEE
La décoction aqueuse de séné n'est point nsiiée ;
elle détermine des coUrj^es sans provoquer beau-
coup de selles: Textini' aqueux est dans le même
cas ; il est mémo moins actif que la décoclion. La
macération alcoolique contenue dans les pharma-
copées de Londres, d'Ecliraljouri:i; et de Genève,
a pour inconvénient qu'il faut administrer en même
temps une Irop grande quantité d'alcool. Les pétioles
de séné n'occasionnent pas plus de coliques que les
feuilles. J'ai j^lusieurs fois administré à la même per-
sonne alternativement des feuilles privées de leurs
pétioles et les pétioles seuls, sans apercevoir d'effet
différentiel; leur composition chimique paroît d'ail-
leurs la même, ainsi que M. Bouilion-Lagrange l'a
démontré.
Lorsqu'on veut administrer le séné par Taniis on
a recours à l'infusion saturée , par exemple , à celle
qui a été préparée avec o,i de ces feuilles.
Le séné administré par la bouche et de la manière
indiquée plus haut , trouble plus ou moins la diges-
tion ; il provoque quelquefois des nausées et le vo-
missement. Son odeur suffit pour purger certains in-
dividus ; négnmoins son eau distillée, que j'ai admi-
nistrée plusieurs fois , n'a déterminé qu'une purga-
tion légère. Son action purgative est caractérisée par
un sentiment de chaleur dans l'estomac , par quel-
ques coliques et des ilatuosités; les déjections alvines
ont fréquemment une couleur jaune. Si on donne
ces feuilles à petites doses, elles purgent sans occa-
sionner de coliques. Leur artion purgative n'est pas
ordinairement suivie de constipation.
Les feuilles de séné fournissent un des purgatifs
C L I N I Q XT P,' 4ïl
Jes plus usités, surtout dans le cas d'eniiDarras in-
testinal et lorsqu'on n'a pas à craiiidre de pro-
voquer un trouble général. On les fait prendre
moins pour occasionner ce dernier effet; on les ad-
ministre alors plus fréquemment en clyslère : c'est
ainsi qu'on y a recours dans des cas d'apoplexie im-
minente , etc.
Gousses (^follicules) de casse séné et de casse
lancéolée. On les administre de la même manière
que les feuilles ; elles paroisserht jouir des mêmes
propriétés , mais à un moindre degré. Elles sont
moins usitées.
Piacine de rhr/harhe ondée et. palmée ( rlierim
OTidulatimi et paJmati/in^ L. ), On ne l'administre
pas souvent à l'état pulvérulent à cause de son vo-
lume. 5 grammes occupent à peu près la capacité
d'un centilitre. On peut l'administrer sous la forme de
bols ou d'électuaire à Taide de quantité sufHsanle de
miel ou de pulpe de pruneaux. Sa dose est de 2 à ^
giammes (36 grains à i gros). On emploie le pins
fréquemment son infusion aqueuse, La dose est de
5 à lo grammes ( i ^ à .3 ^î^'^^) ^"i' "^^ 3 deux hecto-
grammes ( .3 à 6 onces ) d'eau. Lorsqu'on veut admi-
nistrer ce liquide aux enfans , on peut le convertir h.
l'état suMipeux. 11 s»if(il de préparer une infusion
avec o,t de rhubarbe , et d'y faire dissoudre, à
vaisseau clos et à une douce chaleur, le double de
son poids de sucre blanc pulvérisé. On l'administre
par cuillerée jusqu'à ce que l'effet purgatif soit dé-
terminé. La rhubarbe indigène peut , lorsqu'elle est
parvenue à l'âge de cinq à six ans , remplao^r la ihn-
barbe exotique , ainsi qu'il résulte des expériences.
j^.[Z r II A R M A C O P E E
riiinïi(iiics romparalives de M. Clarion. M. PIiicl
l'emploie (jneJcjiiefois à l'hospice de la Salpêlrlère ,
et il en oblieiit des effets analogues.
L'action ])uri^ativo de la rliuljarbe esl lente; elle
a lieu sans coliques, ou seulenienl avec des douleurs
intestinales légères , à moins qu'elle ne soit employée
à grande dose. Elle est ordinairement suivie de cous-
li nation ; c'est pour prévenir cet effet qu'on l'iniiL à
des sels neutres. Si on l'emploie à trop petite dose ,
elle occasionne quelquefois la constipation au lieu
de provoquer la purgatlon. Les déjections alvines ont
une couleur jaune. L'urine contracte fréquemment
une couleur analogue vers la fm de la purgation. Le
lait devient quelquefois jaunâtre et amer. La purga-
tion provoquée par larhubaibe ne produit ])as ordi-
nairement de troublegenéral notable; elle n'est point
suivie de l'affoiblissement propre à ce genre de médi-
cation. La digestion n'est point troublée; elle est
même favorisée.
11 (Si facile de voir quels sont les cas dans les(juels
la rhubarbe doit êhe préférée aux autres purgatifs :
savoli' , toutes les fois qu'où veut provoquer luu: pur-
gatlon ordinaire sans déterminer de troublegenéral,
sans afloiblir le sujet , ni produire de sentiment de
Iraîi^heur locale et générale, lorsqu'on ne doit pas
troubler l'action de l'estomac, et lorsque la consti-
pation subséquente est utile ou indifférente , etc.
Aloès soccotrin. On l'adralnistre sous les formes
que j'ai indiqiiées l^nge 248 du tome lp»éOi) ])eut
.'lUssi lui donner la forme d'élerluaire ; à cet eifet on
le mêle avec im (juarl de son ])olds de ])ou(lre aro-
matique, jiar exemple, de cannelle, et on y ajouly
CLINIQUE, 4.î3
(jna're parties clc'nici ou de pulj>e de pruneaux. Cet
élecluaiic contient 0,2 de son poids d'aloès. La dose
de l'aloès , comme purgatif, est d'un demi-gramme à
un gramme ( g à 18 grains ); on le prend le soir avant
de se coucher, à c;mse de la lenteur de ses effets. Son
action purgative n'est pas proj)ortionnelle à sa dose;
car , à celle de 20 centigrammes ( 4 } grains), il pro-
duit, cliez certains individus du même âge et du
même sexe ^ des effets aussi intenses que chez d'au-
tres à celle d'un gramme (18 grains). Les expériences
chimiques et cliniques que j'ai (entées m'ont démon-
tré que le jiroduil de la solution aqueuse est aussi
purgatif que le solutum et l'extrait alcoolique.
L'action purgative de l'aloès est lente , accom-
pagnée de chaleur dans l'intestin ^ les déjections aî-
vines ue commencent à avoir heu qu'après resjîaco
de douze heures et au-delà; il J a quelquefois des
coliques , surtout lorsque les selles sont liquides. Les
déjections alvines sont en général peu abondantes efe
solides. Cette action purgative est ordinairement sui-
vie de constipation ; elle ne paroît s'exercer que dans
le gros intestin. L'usage imprudent et trop long-temps
continué de l'aloès a quelquefois déterminé des hé-
morrhoïdes, la strangurie, des hémorrhagies uté-
rines variées, surtout à l'époque de la cessation des
menstrues. L'aloès ne trouble pas l'aclion digestive;
il paroît même la favoriser; il n'occasionne pas l'abat-
tement si ordinaire aux purgations : il faut cepen-
dant en excepter le cas où il produit un trouble gé-
néral notable.
On voit d'après cela qu'il existe quelques traits
de ressemblance eiilrc l'action piu'galivc de l'aloès
4 ï 4 1* II -^ R M A C O 1> É E
et celle de la lîmharbe. L'aloès «e peut convenu*
comme purgalit' loisqu'il s'agit de provoquer une
])uri^allon piouiplc , loisqu'il y a des héraorrhoidcs
douloureuses, eic. 11 est plus pariiculièrement in-
liiqué lorsqu'on veut agir sur le gros intestin ou
sur les organes conligus , lorsqu'on ne veut faire
cesser qu'une constipation momentanée, lorsqu'on
veut favoriser eu même temps récoulement he-
morrhoidai ou menstruel retenu ou supprimé par
un état d'atonie locale, lorsqu'on ne craint point
d'occasiomier un trouble général, etc.
Baies de nerprun cathartiqiie {j^liarnnus cathare
tiens ,\^.^.0w emploie rarement ces baies dessé-
chées et à l'état pulvérulent; elles n'en sont guère
susceptibles. On fait plus particulièrement usage de
leur suc liquide ou épaissi (rob). Le plus ordinaire-
ment on convertit cesucàTetat sirupeux. ]M. Deycux
a démontié qu'il f \ut préférer le suc fermenté. J'ai
observé que si l'on traite avec de l'alcool le coagu-
lum qui se forme dans le suc non fermenté qu'on
expose à la cliaieur,on en extrait une matière ex-
traclive oxygénée qui , administrée à la dose d'un
demi-gramme (9 grains), détermine une purgatiou
avec trouble général. Les expériences cliimico-cli-
iiiqucs que j ai tentées donnent donc des résultats
semblables à ceux qu'avoit obtenus Î^L Deyeux.
Pour convertir ce suc fei-menté à l'état sirupeux,
on y fait dissoudre partie égale de sou poids de sucre
blanc pulvérisé. Ce sirop a une couleur rouge; on
le distingue aisément par là de celui qui est préparé
avec le suc non fermenté, et dont la couleur est
verte. Ce siro}) varie beaucoup dans les officines ; il
CLINIQUE. 4l5
diffère selon qu'il a elë préparé avec des baies plus
ou moins mures, selon que le suc a fermenté ou non,
selon la proportion du sucre qu'on a employé.
Lorsqu'on n'a pas de sirop de nerprun , on peut le
préparer, avec _M. Parmenlier, en prenant une par-
tie de suc épaissi de nerprun (rob) et quatre parties
de sirop simple. On chauffe ce mélange , et on le
passe à travers une étamine. Ce sirop contient o,2de
suc énaissi. La dose du sirop de nerprun est de 5 à 3o
grammes ( i \ gros à une once) et au-delà. On Tad-
ministre étendu dans de l'eau ou dans un liquide
muciiagineux. Ou peut aussi l'administrer par cuil-
lerée, qu'on renouvelle à des intervalles rappro-
chés jusqu'à ce que l'effet soit obtenu. Ce mo:le
est surtout convenable lorsqu'on ne connoît ni la
manière dont il a été préparé, ni le degré de sus-
ceptibilité individuelle. On pourroit faire dessécher
les baies de nerprun, les faire macérer dans de l'al-
cool à 25+0 , et employer leur extrait alcoolique
de la même manière que celui de jalap. On l'ad-
ministreroit sous les mêmes formes. J'ai eu recours
à ce moyen, et j'ai obtenu des effets plus compara-
tifs qu'avec le suc épaissi ou réduit en sirop.
Les baies de nerprun , administrées de la manière
indiquée plus haut provoquent une purgation irès-
iulense avec coliques , déjections alvines liquides
et trouble général. Elles occasionnent un sentiment
de chaleur acre dans la gorge, l'œsophage et l'esto-
mac; elles provoquent la soif et troublent la diges-
tion. Elles peuvent déterminer l'intlammation de la
membrane muqueuse des voies alimentaires : aussi
couseille-t-on d'administrer beaucoup de boissons
4i6 p n A Fv M A c o r É È
mucilaglneiiscs durant celle purgalion. Sydanham
faisoit ]))cndre un potage au riz iinmëdialement
après l'adininislralion de ce purgalif. La sécrétion
urlnaire j)aroil augmentée, surtout lorsque les phé-
nomènes locaux commencent à se dissiper.
Ce purgalif est ijarlicullèremcnt indiqué lors-
qu'on veut produire un trovdjle général très-intense,
par exemple, dans le cas d'hydropisle, etc.
GuUe. On l'administre à l'état pulvérulent et
étendue dans dix-neuf fois son poids de sucre ou
d'un oléo-saccharum. On peut lui donner la forme
pilulaire avec le double de son poids de poudre
inerte et quantité suffisante de sirop. On peut l'ad-
ministrer en suspension dans de l'eau sucrée cl aro-
matisée, par exemple, dans mille fois son poids et au-
delà. Pour opérer celte suspension, on irilure la
gutte seule ou avec du sucie , et on y ajoute succes-
sivement la quantité d'eau indiquée. Quelquefois on
la suspend dans du sirop, dans un jaune d'oeuf sucrée
dans du mucilage de gomme adragant , etc. La dose
de la gnlte est de lo à 5o centigrammes (2 à 9
grains). On n'emj)loie pas sa résine; ouassure qu'elle
agit avec liop de violence.
La gutte provoque la purgalion avec beaucoup
de promptitude et d'intensité; mais cet effet pur-
gatif est peu diu^ablc; il est ordinairement précétié
de nausées et de vomissement; il est accompagné
de coliques, d'un trouble général très-marqué, et,
vers la fin, d'une augmentation notable de la sécré-
tion urlnairc. La gnllc , employée à grande dose,
peut occasionner rinllammalion de la membrane
muqueuse du conduit alimentaire. D'après Geof-*
CLINIQUE» 4l'7
froy, la gntte provoque peu de vomisseitient lors-
qu'on remploie à la dose de lo à 20 centigrammes
(2 à 5 grains) et très-etendue ; à 20 centigrammes
(5 grains) elle occasionne de la douleur dans l'es-
lomac, et si on en continue l'usage pendant plu-
sieurs jours , le vomissement n'a point lieu : à I4
dose de 20 à 5o centigrammes ( 5 à g grains) elle
excite ordinairement le vomissement. Le même au-
teur assure qu'elle provoque le vomissement avec
plus de facilité lorsqu'on l'administre sons la forme
de pilules qu'en suspension dans l'eau. Néanmoins
j'ai plusieurs fois vu le contraire des assertions de
Geoffroy. Gnllen préfère administrer la gutte à pe-
tite dose à la fois, qu'il répète à des itilervalies peu
éloignés jusqu'à ce que la purgation ait lieu con-
venablement. On emploie la guite comme purgatif
dans le même cas que le nerprun, et lorsqu'on
veut ex.citer une action locale très-intense , par
exemple , dans le cas de tœnia; on y a rarement re-
cours pour n'opérer qu'un effet local.
Gratiole officinale (^gratiola officinalis , L.). On
emploie sa poudre et son infusion aqueuse. On
donne à la première les formes de bols et d'electuaire
à l'aide de quantité suffisante de miel ou de pulpe de
pruneaux ;on l'administre aussi en suspension dans un
peu d'eau :sa dose est d'un demi-gramme à un gram-
me (9 à id grains). On prépare la macération et l'in-
fusion aqueuse avec un à doux grammes( î8 à 36
grains) de la plante sur un à deux hectogrammes(3
à 6 onces) d'eau.
Les médicamens préparés avec la gratiole offici-
nale provoquent une purgation qui est précédée de
II. 27
/jiS PHARMACOPÉE
nausées et de vomissemens ; elle est accompp.ijne'e
de eoliques, derangmentation de la lerapératiire de
l'intestin et d'un trouble géuéral notable. La gralioJe
officinale peut occasionner l'indaminalion du con-
duit alimentaire. M. G. Roux a vu le narrolisuie pro-
duit par son usage imprudent j il Ta combattu avec
succès à l'aide des acides végétaux.
L'action purgative de la gratiole officinale se
rapproche beaucoup de celle de la gulte ; elle peut
être emploj^ée dans les mêmes circonstances : on
peut s'en servir lorsqu'on veut provoquer en même
temps le vomissement et la purgation, et lorsque les
phénomènes généraux sont indifférensou nécessaires.
Elle est usitée chez les habitans des campagnes , qui
sont d'un tempérament robuste. Son emploi exige de
la prudence; il seroit préférable de ne l'administrer
que graduellement.
Il est encore quelques substances végétales qu'on
emploie quelquefois comme purgatifs, et dont
l'action se rapproche de celle de lagutte : telles sont
les racines d'hellébore noir {helleboriis niger, L.) ,
d'iris d'Allemagne à l'état frais {iris germanica ylj.)^
de bryone {bryonia alha , L.), la deuxième écorce
de sureau {sainhucus nigia , L.) , les feuilles de la
même plante et de VK\îih\G{sainhuciis ehuliis ,\j.) ,
les tleurs de violette tricolore {viola tricolor^ L. ),
l'herbe de soldauelle ( cojivohulns soldanella ,
L,),elc.; mais l'action de ces différentes sub-
stances est moins constante que celle des médica-
ment, dont je viens de tiailer; on a moins apj)ro-
Ibndi leur mode d'administration le plus conve-
uable; elles ne présentent pas de particularité no-
CLINiQÛEi 4iîJ
tablé dans leur action : aussi n'y a- ton recours que
lorsqu'on est dans l'impossibilité de s'en procurel^
d'autres.
Voici celles qu'on emploie plus particulièrement
alors :
Raciite d'hnlîéhore noir. On àdrtiiaislre sa pou-
dre en suspension ou sous la forme de pilules et de
bols : sa dose est d'un quart de gramme, d'un demi-
gramme à un gramme (47, 9 a 18 grains). On ein-
ploie son extrait aqueux sous la forme de pilules , à
la dose d'un demi-gramme à un gramme (9 a iti
grains). Il paroît que cette racine perd de sesproprié^
tés par l'évaporation , car l'extrait est moins actif que
la poudre.
Deuxième écorce de sureau noir. On en extrait
le suc si elle est fraîche, et on l'administre à la dose
de 25 à 100 grammes (6 gros à 3 onces) étendu
dans de l'eau. Lorsqu'elle est sèche, on fait usage de:
son infusion ou de sa décoction aqueuse. La dose est
de i5 à 3o grammes (4 gi'os à i once) sur 5 hecto-
grammes (3 onces) d'eau. En général ces doses sont
maldétermmées.
Lorsqu'on veut déterminer une purgation mo-
dérée, et qu'on n'a point d'excitant plus actif, ou
peut employer les pétales de roses à cent feuilles
( rosa centifolia , L. ) , de roses musf(uées ( rosa
Tnoschata ;, L. ) , les Heurs et les feuilles de pêcher
( amygdalus persica , L.) , les Heurs de prunier épi-
neux ou prunellier (^prunus spinosa j L. ). On admi-
nistre leur infusion qu'on prépare à vaisseau clos ;
on n'emploie que des proportions approximatives.
On conserve dans les ofiicines le sirop de fleurs de
4-0 PHARMACOPEE
pêcher. On le pri^pare avec rinfiision salurée Je»
ileurs , et quelquefois des feuilles de cet arbre , el ou
y fait dissoudre , à vaisseau clos , le double de sou
poids de suc pulvérisé. Ou se contente quelquefois
de faire infuser ces Heurs ou ces feuilles dans uu sirop
ordinaire. On administre ces moyens à de petilejj
doses qu'on renouvelle jusqu'à ce que l'action pur-
gative soit déterminée.
Outre ces substances, il en est encore quelques-unes
qu'on emploie pour déterminer cette médication : ce
sont le soufre, le muriaie de mercure doux et le
lartrite de potasse autiraouié.
Soufre sublimée Ou emj)loie celui qui a été lavé ;
on l'administre sons les formes de bols et d'électuaire
(t. l'^^îp. 414)-'^» dose ebt de 2 à 4giammes(36 giains
à I gros) et pins. Un excès de dose ne paroît pas dé-
terminer d'effet plus intense. Son action purgative est
lente, peu intense; elle a ordinairement lieu sans
coliques, et sans qu'on éprouve de sentiment de cha-
leur dans le conduit alimentaire. Elle ne paroît avoir
lieu que dans legros intestin. L'odeurdesagréable que
le soufre communique à l'haleine et son volume em-
pêchent souvent d'y avoir recours. 11 est peu usité.
Muriate de mercure doux. On doit choisir celui
qui ne contient pas de muriate de mercure suroxydé;
on l'administre sous les formes indiquées page 42U
du tome I^^, ga dose , comme purgatif, est d'un
demi gramme à un gramme (9318 gjains ). Son ac-
tion purgative est lente ,peu intense et infidèle. J'ai
souvent administré un gramme de ce sel plusieurs
jours de suite sans obtenir d'effet notable : aussi est-il
rarement employé seul comme purgatif.
eLiwiQUE. 421
Tartrite de potasse anl'iinonié* On l'administre
par la bouche ou en injection clans le gros intestin.
Dans le premier cas , il tant l'étendre préalablement
dans une grande quantité d'eau pure ou d'un liquide
mucilagineux, gélatineux, tel que de petit-lait, de
bouillon , de jus de pruneaux , d'eau de casse , etc. ,
par exemple , dans les proportions de dix mille fois
son poids : on l'administre par verres de distance en
distance. Lorsqu'on le destine à être injecté dans le
gros intestin , on l'emploie moins étendu que dans le
premier cas, ïl faut rejeter les vins d'antimoine clairs
et troubles; ils ne sont rien moins que comparatifs ;
ils varient se'on l'espèce de vin qu'on a employé et
selon la durée de la macération. Les pharmacopées
d'Edimbourg , de Londres et de Berlin ont rejeté les
vins antimoniés préparés par digestion ; elles les com-
posent en dissolvant directement du tartrite de po-
tasse antimonié dans du vin. Les codes d Edimboura:
et de Berlin emploient quatre parties de ce sel pour
mille parties de vin , et celui de Londres huit parties;
mais ces vms sont absolument inutiles ; ils n'ont d'ail-
leurs aucun avantage sur le solulum aqueux de ce
sel.
Le tartrite dépotasse antimonié, administré très-
étendu , peut provoquer la pui^gation sans occa-
sionner de colique ni de trouble genéial ; il peut
provoquer le vomissement chez les individus très-
susceptibles. Il a l'avantage de ne point avoir de sa-
veiir ni d'odeur désagréables: c'est un moyen qu'on
emploie fréquemment comme purgatif dans les fiè-
vres et les phlegmasies lorsqu'il s'agit de combattre
uuc constipatiou opiiiiàtre. On emploie ce sel ea la-
-i^ii-1 PilARMACOPJiE
yementsurloul pour provoquer un Iroubje général,
par exem];lo, dans les cas d'apoplexie et d'autres af-
fections imminentes qu'on cherche à su])prlmer.
Il existe encore des substances employées autre-
fois à litre vie purgatifs , et qui sont mainlennnt inu-
sitées. Parmi ces corps les uns sont presque inaclifs ;
teis sont les semences de violette odorante ( uiola
odorata ^ L. ) , de carlhame {^carihamas tinctoiiuSj,
L.), la racine de polypode commun {^polypodiinn
n.ndgare , L.) , l'herbe de cuscute surthym {citscuia
epithyinum , L.) , les myrobolans cmblics (phyllan-
Ù/its emhlica , L. ), chébulius, indiens, J)ellirics et
cilrins. D'autres ont une action évidente ; mais ils
n'ont aacuii avantage sur les moyens déjà exposés ,
el présentent plus ou moins d'inconvéniens : telle»
sont les substances suivantes :
La racine de rhubarbe rhapontic {ihewn rhapoii'
iLciini , L.). Celte substance exotique se rapproche ,
par sa nature » de la rhubarbe ondée et palme'e ; mais
elle agit plus foibiemcnl qu'elle , el exige le double
de la dose.
Les racines d'iris hcrmodalc {^ins Luherosa , L.) ,
de lurbith ( coiivahulus Luipcthuni , L. ) , de mé -
choacan {comohu/us nieclioacanna ? ). Ces trois
racines exotiques se rapprochent de celle de jalap ;
mais elles agissent d'une manière plus folhle ,el sont
moins constantes qu'elle dans leur action.
Le Ix>let de melèse (U)lctas lai tels , M. ) , connu
dans les ofticincs sous le nom d'agaric blanc. Il n'agit
qu'à grande dose el sous Ijeaucoup de volume j il
ircxerce qu'une aclioa foiblc et provoque fi\cilement
des nausées elle vomissement.
(CLINIQUE. 425
La scammoiicc ( suc épaissi de plusieurs plantes
et uotammeiit du com'ohndus scmnmonia , L. ).
Elle est Irès-souvent sophistiquée , et exerce une ac-
tion analogue à celle du jalap, sans avoir d'avantage
sur lui. On Tadrainistre de la même manière et à la
même dose que l'extrait alcoolique de jaîap ; ou doit
surtout rejeter les composés connus autrefois sous
les uoms de dlacrèdes sulfuré ,g}ycyrrhisé, cydo'
nié , qu'on a bannis avec raison des officines.
La racine d'artbauila , ou de pain de pourceau
( cyclamen europœuni , L. ). Elle agit lentement et
d'une manière inconstante ; elle peut occasionner
une purgation très-intense , et même enilamnier ia
gorge et le conduit intestinal.
L'élalérium, suc épaissi du concombre sauvage
(^momordica elateriiiin , L. ). 11 n'est pas toujours
préparé de la même manière, et est, d'après cela ,
infidèle ; il peut provoquer une purgation violente
avec vomissement, coliques et trouble général. Oii
l'employoit autrefoissous la forme pilulaire, à la dose
de 10 à 5o centigrammes ( 2 à g grains ), particuliè-
rement dans le cas d'bydropisie.
La coloquinte {cucumis colocynLlds , L.).Ce fruit
est d'une saveur amère très-désagréable ; il est volu-
mineux , très-difficile à pulvériser , à moins qu'on ne
le dessèche préalablement à l'aide du mucilage de
gomme adragant ; mais il contient alors ce dernier dans
des proportions si variables, qu'on ne peut détermi-
ner sa dose avec précision. Cette substance agit d'une
manière analogue à la gutte : on ne peut la donner
quGsousforme de pilulcs.Sa dose est d'un demi, d'un
a deux grammes (9, \^ à 36 grains); on l'injecte
/,24 rHARMACOPjÉE
dans le gros intestin à Télat de décoction aqnenso, et
on pré])are celte dernière avec deux à cinq parîies
pour cent parties d'eau.
La racine de bryone blanche ou dioïqne ( hryo-
nia alha , L. , bryonia dioïca , Jacq.). Elle exerce
une action peu constante , provoque en même temps
le vomissement ; du reste elle se rapproche un peu
du jalap lorsqu'elle est desséchée. Oi) administre sa
poudre et son extrait alcoolique de la même manière
et aux mêmes doses que les analogues du jalap. On a
quelquefois recours à l'infusion , surtout pour Tin-
jecter dans le gros intestin : la solubilité assez mar-
quée de sa résine dans l'eau permet ce mode de pré-
paration ; les proportions» sont de cinq à quinze par-
ties sur cent parties d'eau.
L\isage a pendant long temps consacré l'associa-
lion de purgalifs différens par leur mode d'action :
c'est ainsi qu'on unit fréquemment des substances
qui appartiennent à chacune des divisions précédentes»
Les associations les plus ordinaires sont celles de la
îYianue, d'un sel neutre ou acidulé et des feuilles de
i-éné ; on y ajoute quelquefois encore la racme de rhu-
barbe ondée ou palmée , et d'autres fois on remplace
ie séné par cette dernière ou par la racine de jalap.
On assure qu'en associant ainsi ces différens purgatifs,
*yik produit eu même temps les particularités qui ap-
■partiennent àchacun d'eux , et on n'est pas obligé de
les employer lousà si haute dose. Depuis que j'ai tenté
de comparer entre elles les purgations qu'on pi ovo-
quc avec une seule substance et avec ces substances
réunies deux à deux, trois à trois , etc., et prises tantôt
dans une même division et tantôt dans des divisions
CLINIQUE. 425
difTerenles , par exemple , dans la preniière et Jaus
la deuxième , dans celle-ci et dans la troisième , dans
la première et dans la troisième , ou dans toutes ces
divisions à la fois , je suis porté à croire que le plus
souvent rien ne prouve la nécessité de ces associations.
Cullen avoit déjà fait voir combien il est peu co:ive-
iiabie d'unir l'aloès au jalap ou au séné ; car si on se
propose d'obtenir une purgalion prompte , l'aloès est
superflu , et si on ne veut que combattre une cons-
tipation et n'agir que lentement, le jalap est mutile.
S'il est des cas qui peuvent autoriser l'union des pur-
gatifs, c'est, ainsi que l'observe M. Gondret, lors-
que des substances agissent plusparticulièrementsur
tel ou tel tissu constitutif du conduit ahmentaire , et
qu'on veut à la fois agir sur toutes ces parties. Mais
nous n'avons encore que des soupçons sur ces actions
spécifiques , et il faut plus de recherches qu'on n'ea
a faites jusqu'ici pour les mettre hors de doute : c'est
en admettant ce qui est encore à démontrer, qu'on
peut unir les sels au séné ou à la rhubarbe, etc.
Si les associations magistrales extemporanées sont
le phis souvent inutiles, à plus forte raison, doit-il
en être de même de celles qu'on conserve dans les
officines et qui reconnoissent l'autorité des pharma-
copées. Si on compare les difiérens codes entre eus
sous ce rapport, on observe qu'à mesure qu'ils se
sont réformés , ils en ont diminue le nombre et ont
simplifie la composition de ceux qu'ils ont cru devoir
conserver: c'est ainsi que le code de Wiiiemberg ré-
duit à un simple electuaire de séné aromatisé ceUû
qui est connu sous le noai de lénilif, et qui, dans la
pharmaco|)ec de Paris, contient dix ueiif subslaaces
4^0 1' H A R M A C O P É E
diCfërentcs. Les purgnlii's compliqués qui se trouvent
dans le code de Paris , ont surtout pour inconvénient
de contenir beaucoup de substances rejetées depuis
long-teraps de la pratique médicale ; il suffit pour
s'en convaincre de lire les formules de la confection
himiech , du diaphœnicuni , du henedicta laxativa,
de Vopiate mésentérique , des Lahletics de citro et
diacarthami , des pilules fétides majeures , du si-
rop de roses pcUes , etc. , etc. L'électualre léiiilirpeiit
se réduire en un élecluaire de séné aromatise ; le
diapruuum solutivum, en un électuaire d'extrait al-
coolique de jalap ; l'jjiera picra, en un élecluaire d'a-
]oès aromatisé; le catlioiicum double, en un élecluaire
préparé avec du séné , de la rhubarbe et du lartrite
acidulé de potasse, etc. Toutes ces associations doi-
vent donc nécessairement disparoîlre de la nouvelle
édition du code pharmaceutique de la France , et
rentrer dans le domaine des formules extemporanées
que le praticien peut varier et modifier à sou gré.
Î\É
E s U M E.
Les différentes purgations peuvent ne point être
accompagnées de ])ljénomènes généraux ou occasion-
ner un trou!)le général notable ; elles peuvent se bor-
ner à une portion de Tintestin ou s'étendie à tout le
conduit intestinal ; elles peuvent être liées ou non au
trouble de l'aclion de l'estomac; elles peuvent con-
sister ])lus particulièrement dans une sécrétion mu-
queuse ou une exlialation séreuse nolable , dans
une sécrétion plus abondante de la bile , dans un état
d'irritation très-marquée de l'appareil capillaire de
ce conduit, ctdaniune cxciuuion delà contraclililé
CLINIQUE. 427
musculaire de l'intestin : de-là des circonstances où
il convient plus particulièrement de déterminer tel
ou tel mode de purgation.
Plirgadon sans phénomènes généraux notables
( purgatlon minorative ).
On provoque cette purgation dans le cas de consti-
pation opiniâtre, dans l'embarras intestinal, et lors-
qu'il j a des vers dans l'intestin : on peut faire pren-
dre les excitans convenables, ou les injecter dans le
gros intestin. Les moyens à employer varient selon
les cas que je viens d'indiquer , et surtout selon l'e-
lat particulier de l'intestin et des organes contigus ,
ainsi que de tout l'organisme. 11 faut choisir lessubstan-
ces les moins susceptibles d'irriter s'il y a susceptibi-
lité très-grande de l'intestin , ou s'il y a irritation de
ce conduit, ondes organes voisins, ou de tout l'orga-
nisme, et qu'on doit craindre de l'augmenter; en un
n70t , s'il est dangereux de réagir en aucune manière
sur tout l'organisme, comme dans le cas de fièvres
très-intenses , des fièvres adyuamiques , etc. C'est
ainsi qu'on fait prendre la manne , les fruits doux aci»
dulés , les huiles fixes non rances ; c'est ainsi qu'on
injecte dans finteslin de l'huile fixe, du miel, et
quelquefois le miel de mercuriale (on le prépare eu
mêlant le suc des feuilles de mercurialis annua, L.
avec partie égale de miel, et évaporant le tout jus-
qu'à consistance sirupeuse ). Lorsqu'une légère irri-
tation locale ou contiguë est indiftéreute ou inutile ,
on peut employer le séné, le jalap , la rhubarbe, l'a-
ioès;on les ctend convenablement, et on fait prendre
428 PHARMACOPEE
beaucoup Je liquide : ou fail aussi usage des sels , des
mucoso-siicrés. On choisit ceux qui convienuent ie
mieux au goût , à l'âge, à la fortune du malade, al
à la promptitude avec laquelle on veut agir. L'aloès
suffit lorsqu'on ne veut que favoriser l'excrétion habi-
tuelle des déjections alvines : la rhubarbe peut con-
venir dans la même circonstance. Dans le cas de cons-
tipation , on se borne souvent à l'emploi d'alimens
mucoso sucrés , à l'usage des clystères aqueux sim-
ples ou failsavecun solutum salin ; il suffit souvent
d'introduire un corps dur cylindrique ou conique
dans le rectum , et de l'y maintenir pendant quelque
temyis. Il suffit quelquefois d'ap])liquer des corps
froids sur l'abdomen , à la plante des pieds, de faire;
des frictions sur les parois abdominales. Mais la cons-
tipation est quelquefois tellement opiniâtre , les ma-
tières fécales sont tellement amassées et endurcies ,
qu'on ïst oblige de les extraire à l'aide de moyens mé-
caniques.
Dans le cas d'embarras intestinal , on peut em-
ployer la ])lupart des substances que j'ai indiquées ,
telles que les mucoso sucrés , les sels et les corps
plus ou moins susceptibles d'endammer. Le choix
doit varier selon les circonstances de localité, l'état
individuel et la maladie; il suffit d'étendre conve-
nablement ceux qui peuvent irriter et provoquer uu
trouble général, de les employer à moindre dose ,
et de faire prendre en même tem[)S des boissons
abondantes. On les introduit le plus ordinairement
par la bouche; rarement les fait-on absorber, si ce
n'est dans des cas particuliers : ou ne les injecte piis.
souvent dans le gros iutcslia.
CLINIQUE. 429
Dans les cas (l'atïeclions vciniuieiises, on emploie
des moyens variés, selon qn'on a à craindre ou non
d'irriter l'intestin , et selon l'espèce de vers qu'où
veut expulser : j'en parlerai ailleurs.
L'aloès, le soufre, conviennent plus particulière-
ment lorsqu'on veut agir sur le gros intestin ;hi rh -
barbe et Taloès lorsqu'on ne vent pas troubler iac-
tion digestive ; les sels, et surtout le tartrileacididede
potasse, lorsqu'on veut entretenir un sentiment de
fraîcheur locale et générale. On emploie plus parti-
culièrement les mucoso-sucres lorsqu'on ne veut (pie
favoriser l'expulsion des matières fécales; les sels,
lorsqu'on veut provoquer la sécrétion muqueuse ,
et peut-être l'exhalation séieuse de l'intestin; le jaiap,
le séné , etc. , lorsqu'on veut exciter la circulation
capillaire de l'intestin , et mettre en jeu sa contrac-
lilité musculaire ; le séné, peut-être, lorsqu'on veut
exciter l'action de l'appareil biliaire.
Lorsqu'on veut purger des enfans, on emploie
plus particulièrement le sirop de lleurs ou de feuil-
les de pêcher, le sirop de rhubarbe, la manne dis-
soute dans une émulsion ou dans du lait, la pulpe
sucrée de pruneaux, de casse, les pastilles de mu-
riate de mercure doux , le §uspensum d'extrait al-
coolique de jalap dans un mucilage sucré ; et si c'est
un nourrisson, on purge sa nourrice avec du séné
ou avec de la rhubarbe. Si les personnes qu'on veut
purger ont une répugnance pour les substances
nauséabondes, on fait usage de l'extrait alcoolique
de jalap suspendu dans une émulsion sucrée, delà
manne dissoute dans une émulsion ou dans du lait ,
de la pulpe de casse sucrée : on aromatise ces diffé-
43o î' M A R M A C O I' 1* E
rens moyens avec l'eau dislillée de (leurs d'oran-
ger , ou ou fait usage du phosphate de soude en
sohitiou dans l'eau. La répugnance pour tout ce
<jui porte le nom de purgatif, quoique ni l'odeur
ni la saveur ne soient désagréahles, est quelquefois
telle qu'on est obligé d'administrer ces moyens sans
prévenir le malade des propriétés puigatives du mé-
dicament ^ ou qu'il est nécessaire de les fnire ab-
sorber par la peau : on emploie alors plus particu-
lièrement le jalap, la scammonée , la rhubarbe.
L'habitant robuste des campagnes fait surtout usage -
des sels neutres, de la rhubarbe, du séné, du jalap ;
il emploie souvent le produit de la macération de
l'extrait alcoolique de jalap dans de l'alcool à 8 ou
lo-fo. Enfin dans des cas de nécessité, ou emploie
les feuilles de sureau noir, de sureau hièble j la
deuxième écorce de sureau noir, les pétales de
rose musquée , etc. On sait que les médicamens pré-
parés avec le sureau peuvent facilement provoquer
une purgatiou avec irritation locale et trouble gé-
néral.
PurgaUon avec phénomènes généraux notables
{jjurgation drastique).
Ou provoque cette espèce de purgalion lorsqu'on
veut agir secondairement sur un organe éloigné ou
sur tout l'organisme j par exemple , dans le cas d'a-
jioplexie imminente, dans le début du croup, de
l'angine tonsiliaire qui gène la respiration j dans
ras]>byxie, dans les hydropisics atoniqucs , idicpa-
ihiques, et même dans des cas d'hydropisies sympa-
CLINIQUE, 45i
îluques, ainsi que dans des dyspnées chroniques
liahilnelles , pour produire un soulagement mo-
mentané ; on la provocjue lorsqu'on veut prévenir
ou supprimer une affection cutanée.
Ou opère plus particulièrement sur le gros in-
teslin dans l'imminence du croup , de l'apoplexie ,
de l'angine tonsiliaire, des névroses encéphali([ues
variées, dans l'asphyxie, etc. On agit sur tout le
conduit intestinal dans les hydropisies, et lors-
qu'on veut supprimer ou prévenir une affection
cutanée.
Les moyens qu'on emploie plus particulièrement
en clystère sont le solulum de tartrite de potasse
anlimouié, l'infusion concentrée de séné, de colo-
quinte, l'infusion et la décoction aqueuse de tabac,
l'infusion aqueuse de bryone,le suspensum aqueux
de gutte, le suspensum de térébenthine, le solutum
aqueux de muriate de soude. On administre plus
particulièrement par la bouche l'extrait alcoolique
de jalap, le nerprun; et (si on ne craint pas les ef-
fets du vomissement) la gulle, la gratiole, l'hel-
lébore , la deuxième écorce de sureau , etc. On ad-
ministre ces subslauces à plus liante dose que lors-
qu'on ne veut déterminer qu'un effet local ; on
les étend moins, et on fait prendre moins de liquide
mucilagineux.
Si l'emploi Imprudent de ces moyens avoit occa-
sionné un état d'inllammation , il faudroit recou-
rir à l'usage des boissons mucilagineuses et aqueuses
abondantes.
432 P II A R M A C O P É E
Vurgadon avec 'vomissement.
La naîure nous présente des substances qui pro*
voqiieiil CM même temps la purgcûion et le vomis-
sement, et, à la iii^ueur, il est peu de vomitifs qui
ne puissent devenir puri^atifs, et "vice versd. Les
suljslauees qui jouissent de cette propriété d'une
manière pins marquée, sont la ^nUe, les leuillesde
i»ratiole oÛioinale, la racine d'hellébore noir, la
deuxième écorec de sureau noir, les feuilles et les
baies de sureau noir et de sureau bièble , la racine
de brjone à l'état frais, etc. L'ait compose <piel-
quefois ces moyens de toutes pièces, en méJatit le
tartrile de potasse antimonié avec les sels neutres
ou avec le jalap, le séné, etc. Le tartrite de potasse
antimonié seul ])eut d'ailleurs produire l'une et
l'antre de ces médicationsj il suffit de faire faire
des liquides i^éiatineux au moment où on veut
convertir sou action vomitive en une action pur-
t^ative.
Cette espèce de médication composée est quelque-
fois indiquée, surtout lorsqu'il s'agit d'opérer une
secousse générale très-manifeste, comme dans l'im»
niinenccducroup,de certains cas d'apoplexie (lors-
que toutefois il n'y é )>as de (îontre-indication) ,dans
les Iiydropisies , etc. Elle peut être indiquée, lors*
qu'il existe un embarras gastrique joint à l'emfjarras
intestinal ; on peut y recourir dans des cas de nar-
cotismc sans inflammation des organes alimentai-
res, etc.
CLINIQUE, 433
ORDRE DIXIÈME.
Médications particulières de la fonction de la
génération.
Les changemens mullipliés qui surviennent dans
Torganisme a i'epoqiie de la puberté, et 1 examea
comj.aratif du piiheie et du cbàire, demoalreut
d'uiie manière bien évidente Tintluence que le dé-
veloppement dej» organes génitaux exeive sur tout
l'organisme. On connoit entre autres son inllueiice
sur la respiration, sur la voixel sur la barbe. L'exer-
cice delà fonction de la génération u'exeice j>as n e
inlluonce moindre sur nos organes. On connoit les
eftets d'uue continence prolongée et contraire aux
vues de la nature; on sait qu'outre les accidens lo-
caux, tels que l'impuissance, le priaj)isme , le sper-
matocèIe,etc. , elle peut occasionner l'hyslerie, l'by-
pocbondrie , la nymphomanie, etc. L'abus daus
l'exercice de cette fonction est surtout remarquable
par les accidens qu'il traîne après lui. On sait que
les lésions des digestions, que le marasme, l'a ffoi-
blissement des sens, la perte de la mémoire, l'idio-
lisme , les convulsions, l'épilepsie, l'hypocbondrie ,
la mélancolie, etc. eu sont quelquefois les suites:
mais il n'est pas de mon objet de les détailler.
On conçoit facilement, d'après ce que je viens
d'indifpier, que l'exercice modéré de la fonction de
la géneiaiion ))eut convenir pour la guérison de
différentes maladies^ et cela toutes les fois qu'elles
paroissent liées à uu état decoulinencc et à une exci-
II. 28
434 PHARMACOPÉE
lalion prononcée des ojganes génitaux. L'iiystéiîc
en offre des exemples très-mulli plies.
Mais avons-nous des moyens pharmaceutiques
spécifiques pour exciter à la fonction de la généra-
lion, ou pour diminuer le penchant excessif aux
•i)laisirs de Tamour? Rien ne le démontre jusqu'ici.
INous ne pouvons en général agir qu'en relevant
ou diminuant le ton des organes génitaux , et qu'en
approchant ou éloignant le stimulus naturel de cette
fonction : c'est ainsi que la ruhéfaction de la peau
ries régions voisines, que l'irrilalion de la membrane
muqueuse de l'urètre, ne sont utiles qu'en rele-
vant par contiguité le ton des organes de la généra-
tion. Les cantharides ne paroissent agir qu'en en-
llammanl la membrane muqueuse de la vessie et de
l'urètre. L'opium, le musc, l'ambre, le ginseng, et
toutes les substances aromatiques dont les Orientaux
fout un si grand usage, excifent tout l'organisme et
notamment l'imagination. Mais l'érection qui en est
la suite est bien différente de celle qui est provoquée
par le stimulus natiu-el ; elle est souvent doulou-
reuse , et s'op])ose même quelquefois à rexercice
de cette fonction.
Nous n'avons pas de moyens spécifiques plus cer-
tains pour calmer l'ardeur irrésistible aux plaisirs de
l'amour. Les ])ains tièdcs généraux et locaux , les
Ijoissous et les clystères aqueux , le nitrate de po-
tasse , etc., n'agissent qu'en diminuant le ton géné-
ral. 11 est même quelques substances sur l'action sé-
dative particulière desquelles nous n'avons rien de
précis: tels sont le camphre , la rue ( riiia gravco-
lenSy L. ) , la lacinc de nénuphar {jiympliœa alba^
C L I îf I Q U E. 435
H.,), etc. Oa sait d'alllears que ces moyens, si on n'a
recours à la distraction, et si on n'éloigne tout ce qui
peut provoquer le besoin vénérien , et même tout ce
q!Ù peut en rappeler le souvenir , sont en général
inefficaces»
D'ailleurs les anomalies de la 'Fonction de la géné-
ralion peuvent dépeudre de l'iniluence de l'imagi-
nation ; elles peuvent être déterminées par l'abus
des plaisirs de l'amour, par une continence forcée,
par un état d'inflimmaùon des organes génitaux ou
des tissus voisins, par une lésion congéu'laie de tex-
ture > etc. Ne voit on pas facilement, d'après cela ,
qu'elles sont absolument du ressort de la thérapeu-
tique ?
TROISIÈME SECTION.
MÉDICATIONS SPÉCIFIQUES,
JLjes médications que je range dans cette section ont
pour objet dedelrnire des causes raorbifiques maté-
rielles , soit qu'elles existent hors de nous , soit
qu'elles se soient introduites dans nos organes , soit
enfin qu'elles s'y soient developj)ees.
On peut ranger loutts ces médications en trois or-
dres: le premier comprend les moyens propres à de-
truh'C les miasmes contenus dans les circiinifusa,\GS
applicata et les infesta ; le second s'v_»rcnj,c des
moyens propres à détruire une disposition organique
spécifique à contracter la contagion de certains virus;
le troisième traite des moyens propres à détruire les
corps morbillques introduits et développés dans nos
organes.
436 PHARMACOPÉE
ORDRE PREMIER.
Jïlqyens propres à clébruire les miasmes contenus
dans les circumt'usa, les applicata et les ingesla.
M. Guyton-Morveau a fait coniioîlre plusieurs
propriétés des émanations résullaiites de corps eu
putréfaction ; voici quelles sont les principales. Ces
émanations ont une odeur fétide , elles ne changent
point la couleur du fernambouc, des pétales de mau-
ve, du curcuma, du sirop de violette , si ce n'est
lorsqu'on les a brassées avec de l'eau de chaux. Elles
se mêlent avec l'eau , et lui communiquent leur
odeur. Elles précipitent en noir avec le nitrate d'ar-
gent, le nitrate de mercure , l'acétate de plomb ; eu
hruii avec le nitrate de cuivre : elles troublent le sul-
fure de chaux , sans apparence de précipité noir ou.
brun et sans dégagement d'ammoniaque; elles ne
précipitent point en blanc avec le sulfate de zinc ;
elles ne changent point la couleur de l'oxyde brua
de plomb , de Toxyde noir de manganèse , de l'oxyde
blanc de zinc , etc. Elles ne perdent pas leur odeur
fétide , mais forment un ]irécipilé blanc de carbonate
calcaire avec de l'eau de chaux. Elles perdent leur
odeur par leur mélange avec les acides sulfurique ,
sulfureux , nitrique , muriatique , muriatique oxy-
céné , avec l'acide acétique concentré , avec l'acide
acétique pyro-huileux, avec le vinaigre, mais non
avec l'acide benzoique , ni avec le produit de la déto-
nalion du n'irate de potasse , de la poudre à canon ,
de la combustion des baumes, des résines , des sub-
CLINIQUE. 487
slances végétales aromatiques , rù avec celui de la àé-
composition du vinaigre sur des corps ccmbustihîes
élevés à une haute température. Elles la perdent foi-
blement par les lotions faites aveck vinaigre aroma-
tique, etc.
Il résulte évidemment décela que c'est parmi les
acides qu'on doit trouver les moyens les plus con-
venables pour détruire les émanations putrides :
or, les recherches comparatives de M. Guiton-
Morveau lui ont donné les résultats - pratiques
suivans.
L'eau froide ne peut qu'entrarocr les émanations
putrides sans les détruire. L'eau de chaux ne peut con-
venir que pour absorber l'acide carbonique qu'elles
contiennent. Les résines, les baumes, et en gé-
néral toutes les substances aromatiques en fumiga-
tion ne font que masquer ces émanations sans les
détruire. Les feux allumés ne font que les disperser :
ils peuvent devenir dangereux en les étendant dans
d'autres lieux où elles n'existoient point. Le vinaigre
qu'on décompose , le nitrate de potasse qu'on fiïit
détoner, la poudre à canon dont ou opère l'explo-
sion ne les détruisent point.
Le vinaigre convient pour les corps infectés qu'on
y plonge ou qu'on peut laisser avec lui ; sa vapeur
est trop peu expansible, même à l'aide de la cha-
leur, pour pouvoir être employée avec avantage,
même dans la chambre la plus petite. L'acide ace-
tique pyro huileux exerce une action analogue à
celle du vinaigre; il est plus expansible, mais ses
effets ne sont pas en rapport avec son expansion.
L'acide acétique concentré agit plus prompte-
458 PHARMACOPEE
meut, d'iiue manière pins intense ; mais son aciroii
ne s'étend pas au loin.
L'aciJe sulfuriquc, même concentré, paroît moins,
agir sur les émanations putrides que les acides sui-
vans; sa fixité rem])êclie d'ailleurs d'être appliqué-
à l'état de vapeur.
L'acide sulfureux à l'état gazeux atténue les éma-
nations, mais ne les détruit qu'à une petite dislance:
il provoque la toux. Il peut convenir lorsqu'il s'agit
de désinfecter les vètemens,les marchandises que
l'on craint peu d'altérer , ou lorsqu'on veu^ opérer
un effet analogue sur un air slagiiant dans un liea
fermé non couvert, comme les petites cours des
hôpitaux durant la luiit. Pour se servir de ce moyeu
on introduit du soufre en poudre , avec une mèche
au milieu, dans un vase de terre et on l'allume. Ou
peut obtenir un effel plus ])iompt, plus étendu et
plus intense, en mêlant préalablement le soufre avec,
le triple de son poids de nitralre de potasse^
Le gaz acide nilreux n'agit qu'en enlevant l'oxy-
gcne atmosphérique; il occasionne la toux el la
s ul focal ion.
L'acide nitrique en vapeïTr n'est pas suscepti!)le
de beaucoup d'expansion ; il se condense promple-
menl ; il n'augmente pas, a nsi qu'on l'a cru, les
proportions du gaz oxygène de l'almosphère. 11 a
une action notable sur les émanations putrides; il
n'excite qu'un peu de toux; mais il ne convient
que pour désinfecter des lieux peu espacés. Pour
le dt'g.'iger on se sert de nilrale de potasse et d'acide
sulfurique pur: on peut le vajwriser à chaud et à
froid. La vapeur dégagée à chaud est d'abord plus
CLINIQUE. 489
abondaule , p]us expausilile ; mais elle s'accompagne
fréquemment de gaz nitreux , surtout si les matières
employées ne sont pas pures, si la chaleur est trop
forte, si la dose est trop grande et si la vapeur ren-
contre des substances métalliques. La vapeur dé-
gagée à froid est moins exj)ansible; elle se con-
dense plus promptement; mais elle ne s'accom-
piigne pas de gaz ultreux; elle n'irrite pas les voies
respiratoires : elle est donc préférable à celle qu'on
dégage à chaud. Pour obtenir cette vapeur acide ,
on prend un vase de verre, de porcelaine, ou de
poterie cuite en grès; on y verse de l'acide sulfuri-
que pur non noirci , pesant 66 — o ou 1,7 (i), et ou
y ajoute successivement une égale quantité de ni-
trate de potasse pur pulvérisé; on agile avec une ba-
guette de verre. On peut laisser cet appareil en
repos ou le promener; on peut le multiplier lors-
qu'on veut obtenir un efFet plus étendu. On ferme
les issues avant de faire ce mélange, et on les
ouvre dès que la condensation est opérée (2). Ou
réitère ces vaporisations selon le besoin et à des in-
(i) Pour plus de commodité, on peut doser cet acide par
son volume ; un centilitre de verre peut convenir. Il su fût de
se rappeler que l'acide sulfurique concentré esta l'eau distillée
comme 1,7 est à 1,0.
(2) Lorsqu'on fait les fumigations acides en général dans un
lieu inhabité, on peut employer des quantités plus grandes,
multiplier les appareils, ou verser aussitôt toute la dose de
l'acide. On tient les issues exactement fermées pendant .six,
douze à vingt-quatre heures. On enlève les substances suscep-
tibles de s'oxyder.
44o PHARMACOPEE
tervalles pins ou moins éloignes. 40 grammes (ro ^
gros) de l'une el de raulre de ces snbslances suiii-
senl ponr une chambre de iod mètres cubes ou de
25 à 3o mètres sur chaque dimension. Si la chambre
est plus grande, il faut multiplier les appareils,,
mais non augmenter la dose indiquée, crainte de dé-
gager des vapeurs d'acide nitreux.
L'acide muriatiqne fournit un gaz permanent à la
température à laquelle l'acide nitrique se condense ;
il est très- expansible ; il ne provoque qu'un peu de
toux j ses effets dcsinfectans sont prompts, intenses
et étendus. La manipulation est commode et peu dis-
pendieuse. On emploie du muriate de soude et de
l'acide sulfurique : on n'a pas besoin de les choisir
dans un grand état de pureté; on n'a pas besoin de
déterminer rigoureusement les proportions, à moins
qu'on ne veuille y po»'ter des vues d'économie. Oa
peut dégager ce gaz à froid et à chaud ; il est toujours
le même, et son dégagement continue plus long-
temjis que celui de l'acide précédent. On prend en
général quatre parties d'acide sulfurique à 66 — o
sur cinq parties de muriate de soude pulvérisé : on
verse d'abord l'acidt' dans un vase de verre ou de
terre cuite en grès, et on y ajoute successivement
le sel : on agite le mélange' avec une baguette de
verre. 40 gmmmes ( 10 \ j,ros) d'acide sulfurique et
5o grammes ( i îgros) de muriate de soude suffisent
pum- une chambre de 100 mètres cubes; on double
ou 011 iiijilc ia dose eu raison de l'étendue plus grande
de )'es| .'icc ici me. On peut laisser i'appareil en repos,
ou le pr( mener ; dans ce dernier cas, on se sert d'un
réchaud contenant de la hruist ; on y place l'appareii
CLINIQUE. 44-1
(par exemple, nn creuset de Hesse), et on verse
l'acide successivement sur le sel.
L'acide muriatlqie oxygéné est celii des acides
qui détruit ces émanations le plus com] L^tement et
le plus promptement ; i! est très-expansihle. Il pro-
voque la toux ; mais il n'opère pas d'autres accidens ,
si toutefois il n'e<^t pas trop concentré. Pour le déga-
ger on se sert de cinq parties de muriate de soude ,
d'une partie d'oxyde de manganèse pur , de deux
parties d'eau et de trois parties d'acide sulfurique à
66 — o. On réduit l'oxyde et le sel en poudre, on les
mêle; on introduit ce mélange dans une capsuie de
verre, de porcelaine ou de poterie dure; on y ajoute
l'eau successivement et on y verse l'acide en une fois
ou à plusieurs reprises, selon qu'on veut obtenir
un effet plus ou moins intense. On laisse cet appareil
en repos , ou on le promène. On peut dégager ce gaz
de manière à l'avoir toujours en expansion : il sufiit
à cet effet de prendre un tlacon de la capacité de trois
centilitres , d'y introduire quatre grammes d'oxyde
de manganèse grossièrement pulvérisé , et de rem-
plir les deux tiers du flacon avec de l'acide nitro-mu-
riatique (on compose cet acide en mêlant partie égale
d'acide nitrique pur et d'acide muriatique ). On bou-
che le llacon; il s'en dégage du gaz acide muriatique
oxygéné toutes les fois qu'on le débouche. Lorsqu'on
n'a pas d'acide nilro-muriatique , on parvient au
même résultat en mêlant de l'oxyde de manganèse
avec le double de son poids de muriate de soude et
en y versant de l'acide nitiique : ce dégagement se
continue pendant plusieurs mois , et même pendant
plusieurs années. On peut porter ces llacous sur soi ;
442 PHARMACOPEE
oa eu prépare avec des étuis qui s'opposent à ce qxxû
le bouchon ne sorte spontanément.
Pour désinfecter une chambre de loo mètres cubes
on prend 40 grammes (107 gi'os) de muriate de
soude , 8 grammes ( 2 gros ) d'o iyde , 16 grammes
(_{. gros) d'eau et 24 grammes (6 gros) d'acide sult'u-
riqne. Cette dose doit d'ailleurs varier selon le degré
d'infection , selon que la cause est momentauée ou.
toujours croissante , etc.
L'expérience médicale a démontré l'utilité des fu-
migations acides pour détruire les émanations putri-
des , dout M. Guyion-Morveau a le premier fait
usage en 1773. Les faits sont consignés dans le Traité
des moyens de désinfecter l'air publié par ce chi-
miste; c'est de là que j'ai extrait ce que je viens de
dire sur cette matière.
Mais ces moyens conviennent-ils également pour
détruire la cause occasionnelle de la fièvre jaune»
Celle cause matérielle n'a pas encore pu èlre sou-
mise à l'analyse chimique comme les émanations pu-
trides ; néanmoins ou a quelques faits authentiques
qui font présumer que les mêmes moyens peuvent
la détruire. Ces faits ont surtout été recueillis par
MM. JamesGrigor, Gueralto, Gimbernat, Miguel
Cabanellas, Miguel Alphonse de Rosas, Célédonio ,
Goncer, elc. ; ils sont consignés daus l'ouvrage que
je viens de citer. Il en résulte que la mortalité et le
nombre des conlagies dlininuoient notablement dans
les quartiers où on avoit recours aux fumigations aci-
des. M. Cabanellas fit même une expérience sur sa
pro|)re personne; il prit la redingotle dans laquelle
$on confpcre Sarrais veuoit de mourir affecte de la
C L I N ï Q TT E, 4yS
fièvre janne ; il l'exposa à la vapeur de l'acide snlfii-
reux et de Tacide iiiuique, l'etendit ensuite sur sou
lit, se coucha par-dessus, la porta appliquée sur ia
peau , sortit avec elle au soleil , et la donna à uumeii'
diant, qui continua à ia porle»' , sans que ni Puu ni
J'aulrc aient été affectes de la fièvre jaune (i).
Les fumigations peuvent-elles également convenir
pour détruire le virus pestilentiel ? Jusqu'ici nous
n'avons pas d'expériences directes; mais l'analogie
nous porte à conjecturer que les mêmes moyens
pourront être d'une grande utilité. Il est d'ailieurs
démontré que l'immersion des objets infectés dans le
vinaigre les prive de la propriété de communiquer
la contagion. Que ne doit pas faire, d'après cela , l'a-
cide muriatique oxygéné, dont l'action est beau-
coup plus intense ? Et ne doit^on pas faire des vœux
(i) Les résultats dont on vient de rendre compte ont été
obtenus spécialement àSéville et à Saint-Lucar de Barameda,
en 1 800 ; mais les fumigations acides n'y ont été employées qu'en
novembre , c'est-à-dire , lorsque l'épidémie avoit perdu toute
sa force, et que la fraîcheur de l'atmosphère avoit presqu'en-
licrement dissipé le danger de la contagion : de manière qu'on
a pu attribuer à ces fumigations des avantages qui n'éioient dus
qu'à la constitution almosphérique : ce qui vient à l'appui do
cette opinion , c'est que les fumigations acides auxquelles ou
eut recours , pendant l'épidémie de i8o5 et de 1 804 , dans beau-
coup demaisonsdeCadix,deMalaga,deCarthagènc,etc., ne ga-
rantirent nullement de la maladie. M. Cabanellas omplo) a , à la
vérité , ce moyen en i8o4 ,avec une a[)parcncc do succès, dan»
un lazaret établi près de Carlhagène. Il observe qu'il y mourut:
moins de malades que dans les hôpitaux de l'intérieur do !a
ville j et qu'aucun infirmier n'y fut atteint, de la maladie. Ma»i
4i4 PHARMACOPEE
pour que ces moyens soient introduits dans les laza-
rets ?
Des expériences chimiques et cliniques ont paru
démontrer que le pus variolique, que le vaccin,
que le pus psorique, le s^^philitique , etc. cessent de
communiquer les maladies dont ils sont les produits»
dès qu'on les met en contact avec l'acide muriatique
oxj^géné , quoiqu'on les inocule après à la manière
accoutumée.
ORDRE DEUXIÈME.
Moyens ptopres à déti^uirè la disposition oTga-
nique spécifique à contracter la contagion de
certaines maladies.
Il ne s'agit ici que des moyens qui préservent
si la morlalité a élc moins considérable dans le lazaret, il conle-
xioil aussi beaucoup moins de malades que les hôpitaux, de Car-
thagcne. D'un autre côté , cet établissement consistoit dans un
certain nombre de tent-s dressées sur une hauteur , où l'on
respiroit un air bien moins altéré que celui des hôpitaux ordi-
naires. Quant à la préservation des infirmiers du lazaret , elle ne
présenteroit rien d'étonnant, quand même on n'auroit pas
fait usage de fumigations, puisque les maisons isolées elles
villagesdeseuvirons de Carlhagène ont été entièrement exempts
de la contagion. C'étoit donc dans l'intérieur de la ville, et
lorsque l'épidémie faisoit de grands ravages, que M. Cabanellas
auroit dû faire ses expériences. Mais on conçoit très-bien que ,
malgré la grande cfticatilé des fumigations acides pour désin-
fecter des vèlemens , des meubles , ou des espaces très-cir-
conscrits, elles ne peuvent guère être employées avec succès
lorsque l'air de toute une ville est infecté. jP. H, N.
CLINIQUE, 445
d'une manière spécliique de la contagion de certains
virus.
§ I^^. Spécifique pour présenter de la variole»
Ce spécifique est la vaccine. Sa propriété préser-
vative est démontrée, en ce que les individus vaccinés
ne contractent la variole ui par inoculation , ni par
cohabitation avec des sujets affectés de la variole ,
ni par l'iiabitaliou au milieu d'épirlémies varioliques.
La vaccine ne paroiL entièrement jouir de cette
propriété que lorsque la période d'irritalion a dis-
paru , et que le fluide vaccin cesse d'êli e visqueux ,
et de pouvoir communiquer la vraie vaccine.
La vaccine n'est point contagieuse par simple con*
tact et par voie d'épidémie; elle ne l'est que par
l'application du fluide vaccin sur la peau dénuée
d'épiderme ( quelques expériences fout présumer
que la croûte vaccinale jouit de la même propriété).
JLe fluide de la vaccine ( vaccin ) ne jouit de la pro-
priété de communiquer cette aftection et de préser-
ver de la variole que lorsqu'il est limpide et uis-
queux. 11 présente ce dernier camctère lorsqu'il
a une couleur brillante argentée , lorsqu'il sort avec
lenteur, qu'il prend une forme globuleuse sur le
bouton qu'on vient de piquer, lorsqu'il Hle entre les
doigts comme un sirop , qu'il se détache difficilement
de la lancette et de la plaque de verre, lorsqu'il se
dessèche promptement à l'air sous la forme d'un en-
duit gommeux , lorsqu'il rend roides les fils sur les-
quels il se dessèche, et qu'il s'en détache en écailles
de consistance et d'un aspect vitrés j enfin lorsqu'il
446 PHARMACOPlÊE
se mêle (lifficilcmcnt au sang. Le vaccin présente ce
caraclèie durant la période d'irritation, c'est à -dire,
du troisième au cinquième jour de cette période; il
le perd après celle époque. Le contact de la lutnlère ,
delà chaleur, de l'air almosj)Iiérique et de tous les
corps oxygënei. lui font perdre la projnlèté de com-
muniquer la vraie vaccine; il ne produit alors qu'une
pustulenoupréservative.On volt évidemment d'après
cela qu'il est préférable d'employer le vaccin au
moment même où on l'extrait de la pustule. Il serolt
utile à cet effet d'entretenir toujours des pustules
vaccinales soit sur l'homme , soit sur des animaux;
mais cela est souvent impossihic.
\olci les caractères principaux de la vaccine ( i )•
(1) 11 ne faut pas confondre la vraie vaccine avec la vaccine
bâtarde. Voici les caractères de celle-ci 5 il en est deux, variétés.
i'« variété. Cause. Inoculation de la vaccine chez des indi-
vidus qui ont eu la variole. Elle est susceptible de se commu-
niquer par insertion.
Caract. Dès le d(!uxième et le troisième jour, inflammation
de la piqûre; formation d'une vésicule Irrégulière, quelquefois
pointue , le plus souvent ronde, de couleur jaune , à bords
aplatis, inégaux , non gonflés, contenant une matière peu abon-
dante, d'un jaune limpide; apparition non constante de l'aréole,
laquelle est ordinairement moins étendue que celle de la vraie
vaccine, dure aussi long-temps, mais paroil plus tôt qu'elle;
a])sence du gonflement souculanéet de l'induraliou circonscrite
qui fait la base de la tumeur vaccinale. Durant ce travail , senti-
ment de prurit insupportable, douleur aux. aisselles, <pielque-
fois gonflement des glandes subaxillaires, céphalalgie, accès
irrégulier de lièvre. Marche rapide de la période d'inflanmia-
lini , et surtout de celle de la dessiccation. Vers le septième ou
huitième jour, formation d'une croi\le analogue à celle delà
CLINIQUE. 44-7
Dès que riusertioii vient d'avoir lieu , il se forme
tout autour de la piqûre un cercle superficiel d'uu
rouge peu foncé, du diamètre d'un à deux ccji imè-
très , lequel disparoit presque immédiatement ar.rès ;
la piqûre se gDuile légejement, rougit et ne larde pas
à s'affaisser. Nul phénomène uotahle ne se raanifviste
depuis cette époque jusqu'au troisième ou quatrième
jour; c'est alors que finit la période d'inertie, et que
commence celle d'intlammation. A cette époque 1 1
cicatricule s'élève et rougit. Le cinquième elie preriJ
une couleur plus intense et la forme d'omhilic; ii y
a un léger prurit. Le sixième l'intensité Je la couleur
diminue ,1e bourrelet circulaire s'élargit et augmente;
il s'entoure d'un cercle rouge d'uu millimètre de
diamètre. Le septième le bourrelet s'aplatit et devient
argenté. Le huitième il s'élargit, segoulle et devient
vraie vaccine , mais moins large , moins épaisse , ce laissaut pas
de cicatrice, mais seulement une tache.
•2* variété. Causes. Inoculation avec des lancettes oxydées,
avec des fils, avec un instrument mal effiié, peu pointu, ou à
l'aide de piqûres profondes et avec du vaccin purulent ou non
suffisamment délayé.
C iravt. Dès le jour même , ou le lendemain , inflammation
et suintement purulentaux bordscleia plaie. Le deuxième jour,
diminution de la rougeur , épiderme plus saillant que la veille,
légère aréole. Du deuxième au troisième jour, formation d'una
pustule élevée en pointe qui se crève et laisse écouler un pus
opaque, jaunàlie ; formation d'une croûte jaune, mollasse,
plaie , qvii tombe le cinquième ou le sixième jour , se renouvelle
fréquemment et est quelquefois suivie d'un ulcère profond-
continuation de l'aréole irrégulière, avec gonflement et dureté,
qui disparoit successivement ,sans laisser sur la peau les petites
«cailles qui succèdent à l'aréole dans la vraie vaccine.
^48 P II A Pc M A C O 1> É E
d'un blanc grisâtre; la dépression centrale se fonce
eu couleur, ou conserve une teinte analogue à celle
du bourrelet ; le cercle rouge s'étend, et perd de sa
couleur. Le neuvième le bourrelet augmente d'éten-
due ; le cercle rouge (aréole) prend une teinte rose
uniforme et s'étend; on éprouve une chaleur mor-
dlcante ; il survient quelquefois un mouvement
fébrile, de la douleur dans les ganglions (glandes )
axlllalres, des pandlculatlons, des bàlllemens, rare-
ment des nausées et le vomlsscmenl. Il ne survient
pas de changement notable le onzième jour : si on
ouvre alors la pustule il en sort de petites gouttes
d'une humeur limpide qui se succèdent. Le dou-
zième jour commence la période de dessiccation; la
dépression centrale se convertit en croûte , l'humeur
du bourrelet se trouble et devient opaque ; l'aréole
pâlit, la tumeur vaccinale diminue d'étendue, l'épi-
derme s'écaille. Le Irelzlème le bourrelet jaunit et se
rétrécit : si on le pique , il donne en une seule fois
issue au liquide purulent qu'il contient. Le quator-
zième la croûte jaunit et durcit, l'aréole diminue.
Du quatorzième au vinglième la croûte prend de
plus en plus de consistance ; elle tombe du vingt-
quatrième au vingt-septième jour , et laisse à nu une
cicatrice profonde.
La marche de la vaccine est en général constante
et régulière : elle détermine rarement des accidens
locaux. Elle peut occasionner un ulcère ou un éry-
sipèlc simple et phlegmoneux dans le Heu de l'inser-
tion , et le gonflement inilammatoire des glandes
lvm| hallques voisines. Cette affection jieut diminuer
avec l'aiéole , persister ou même au^meuler après la
CLINIQUE. 4^g
disparition de celle-ci. En général ces accideus sont
moins fréquens, et surtout moins intenses, lorsqu'on
se sert du vaccin pris sur l'homme que du cowpox,
ou de celui qui est pris sur le pis de la vache j ils sont
moins marques lorsque l'insertion est superficielle
que lorsqu'elle est profonde.
La vaccine peut produire ( mais cela n'a lieu que
très-rarement ) l'affection d'une étendue plus ou
moins grande du derme : tels sont le perapliygus , la
miJiaire,el même une éruption vaccinale. Celte der-
nière est le plus souvent l'effet d'une inoculation ac-
cidentelle occasionnée par l'égratignure d'abord de
la pustule, puis de différentes parties de la peau.
Les épidémies de maladies cutanées peuvent compli-
quer accidentellement la vaccine avec la rougeole ,
la scarlatine, la variolette , et même avec la variole ;
mais cette dernière n'en est susceptible que dans
les dix ou douze premiers jours environ de l'érup-
tion de la vaccine. La coïncidence de ces affections
avec la vaccine ne contrarie la marche d'aucune
d'entre elles. On observe que lorsque la variole se
développe en même temps que la vaccine, ou dans
les premiers jours de l'éruption de celle-ci , elle fait
quelquefois prendre à la pustule vaccinale les carac-
tères varioleux. On voit même dans quelques cas la
pustule vaccinale conserver ses caractères spécifiques
jusqu'au huitième ou neuvième jour de la variole ,
€t se convertir ensuite subitement en un ulcère va-
rioleux. Le plus ordinairement la vaccine diminue
l'intensité de la variole , surtout' lorsque celle-ci ne
se déclare que le sixième ou septième jour de l'érup-
tion vaccinale.
H. 29
45o P H A R MA C O P E E
La vaccine n'enlrave l'exercice d'aucune fonclîoity
pas même de la denliliou et de la geslaliou ; elle n'en-
trave pas non j)lus la marche des maladies coïnci-
denles. Elle paroil quelquefois favoriser leur cura-
lion. Elle n'entraîne après elle l'affecliou d'aucun
syslème d'ori^auc, pas même de l'ori^aue cutané et
du tissu cellulaire soujacent.
Tout âge, tout sexe, tout tempérament, toutes
les races d'hommes, toutes les saisons paroissent
également propres à l'inoculation de la vaccine. 11
paroît cependant qu'il est quelques circonstances
individuelles momentanées ou durables qui ne per-
mettent pas le développement de la vaccine inoculée.
Les individus qui ont eu préalablement la vaccine
ou la variole sont le plus ordinairement incapables
de la contracter. Un état de sécheresse et de rigidité
trop grandes de la peau s'oppose souvent au succès
delà vaccination.il en est de même d'un état de mol-
lesse trop grande de cet organe ; aussi la réussite de
cette inoculation est-elle plus constante (pielques
mois après la naissance qu'immédiatement après. Du
reste la marche de la vaccine est d'autant moins ac*
compagnéc de trouble que l'individu est plus jeune.
L'abaissement très-grand de la température atmo-
sphérique paroît ralentir sa marche , et son éléva-
tion l'accélérer. La vaccine en passant d'un sujet à
l'antre se reproduit sans éprouver d'altération : l'af-
fection simultanée de la gfde, etc., n'y apporte au-
cune modification.
Les avantages de la vaccine sur la variole inoculée
consistent donc: en ce qu'elle est purement locale ,
q'i'elle se borne au lieu de l'inoculation , que sa
CLINIQUE. Zpi
marche est régulière^ qu'elle n'exposa à aucune
difformilë, qu'elle ne produit jamais de iriaîadie iu-
quiétaiitc; , qu'elle exerce même une inlluence salu-
taire sur l'organisme; qu'aucuûe circonstance de
la vie ne contre-indiqae sou inoculation , qu'elle ne
Se propage que par insertion , qu'elle ne peut pas
par conséquent exposer les personnes qui touchent
5oit le vacciné, soit ses vêtemens, à être affectées de
la même maladie.
On peut conserver le vaccin à l'élat frais et des-
séché. Pour le couserver à l'état frais, on ouvre la
pustule par une uicision circulaire , de manière à
diviser le plus grand nombre de cellules ; ou j ajjpli-
que ensuite un peu de coton , et on l'y presse avec
la lame de la lancette. Lorsque le cotou est bien
imbibé, on le dépose dans la fossette pratiquée sur
une plaque de cristal ; on recouvre le tout d'une
autre plaque unie de la même grandeur; on lute
leurs bords en y promenant de la cire qui découle
d'une bougie allumée. Lorsqu'on n'a pas de plaque
de verre creusée en fossette, on peut y pratiquer
une cavité à l'aide d'un peu de cire; on la recouvre
de même que la précédente. Ce moyen est peu
employé; il faut beaucoup de temps pour impré-
gner le coton, et on perd beaucoup de vaccin (i).
Lorsqu'on veut conserver le vaccin à l'état sec ,
(i) Le meilleur procédé pour conserver le vaccin à l'état
liquide est celui qui a élé imaginé par M. Bretonneau , ancien
élève del'É^^ole de Médecine de Paris , et chirurgien à Chenon-
ceaux , département d'Indre-ét-Loire. Ce praticien prend un
tube capillaire de verre ouvert aux deux bouts, en applique
tine cxtrcmilé, en le tenant horizoulalement, sur la gouiieletle
452 PHARMACOPEE
OQ le faltdessL'clier soit eulrc deux plaques de verre,
soit sur la lame d'uuc lancette non oxydable , soit
sur des fils. Dans tous les cas il faut le mettre à l'a-
bri du contact de l'air et de la lumière, ainsi que
d'une température excessive. On peut se servir de
deux plaques de verres plats ou en losselle : les verres
plats sont ordinairement carrés, larges de deux à trois
centimètres; ils doivent être lisses et polis. On appli-
que l'un d'entre eus. par son milieu sur une pustule
vaccinale qu'on a préalablement piquée dans toute
son étendue j on l'y maintient jusqu'à ce qu'il aitreçu
une gouttelette de vaccin; on applique alors l'autre
verre de la même manière sur la pustule. Lors-
que les deux plaques sont chargées , on les ap-
pose l'une sur l'autre par leur surfa^-e humectée ,
ou réunit leurs bords à l'aide de cire liquédée , et
ou les enveloppe dans du papier coloré. Ce moyeu
est prompt , l'acile , peu cuùlcux ; mais il force
quelquefois à recourir à unescconde vaccination.
Lorsqu'on veut se servir de jilaques de verre eu
fossette , il faut que la cavité ne soit pratiquée que
dans l'une des plaques, et qu'elle ait assez, de capa-
cité pour contenir tout le liquide d'une jnistule or-
dinaire. Les plaques peuvent être lisses ou dépolies:
on préfère ces dernières en ce qu'elles s'apposent
plus intimement l'une contre l'autre, et permettent
qui sort cl'im boulon -vaccin qu'il vient d'ouvrir; le liquide
moule à l'instant dans le tube, et quand il est rtnipli, M. Brc-
tonncau en scelle les deux extrémités avec de la cire à cacheter.
Le coniilé centrale de vaccine a adopte ce procf^dé qu'on a mo-
difié en Taisant un petit reullcment au milieu de chaque lub»
capillaire. P. //. N.
CLINIQUE. 453
moinsTaccès de l'air. Oi recaeiile d'abord le'vacclti;
onle dépose daDS la fossette à i'aîded'un cure-oreiîie,
en faisant en sorte que ce liquide déborde un peu ;
ou y appose ensuite la plaque qui est plaue, après
l'avoir préalablement promenée sur la pustule; on
les unît comme dans le cas précédent; 11 faut avoir
soin qil'il ne reste pas d'air dans la fossette. Ce moyen
n'a jamais manqué son effet.
Lorsqu'on veut conserver le vaccin sur des lan-
cettes, il faut préférer Celles qui ne sont pas sus-
ceptibles de s'oxj'der : aussi emploie -t-on des lan-
cettes dont la lame est dorée , d'écallle ou d'ivoire.
Pour charger lès lancettes de vaccin, on ouvre avec
elles une puslute; la pointe se recouvre aussitôt
d'une goutte de ce liquide. On 'doit em^oêcber que
la lame ne touche la châsse; à cet effet on tourne
une pelite bande de papier autour de son extrémité
fixe , Ou ferme ensuite la lancette. Ou peut aussi in-
troduire l'extrémité raousse de la lame dans un bou-
chon de liège qu'on a enfoncé dans le couvercle
d'un éiui,et plonger rexlrémité tranchante dans
l'autre portion de l'étui.
On a rarement recours au fil pour conserver le
Taccin. Lorsqu'on veut s'en servir, on réunit trois
à quatre bouts de ill un peu cotonneux, on les ap-
plique à ]ilusieurs reprises sur une pustule vacci»
nale dont on a préalablement divisé les cellules.
Lorsqu'ils en sont bien imbibés, on les introduit-
dans un liacon plein de gaz hydrogène ou de gaz
azote sec, ou dans un tube de verre étroit, dont on
cachette aussitôt les deux extrémités , ou que l'on
ferme à la- lampe derémailleuF , afiiv de raréfier raii"
■^54 T îf A--TI M A C O I' L E
conleiiadans son iulérieur ; on renferme ensuite
ce Ittbe dans un tuyau de plume ou dans un élui.
On a icjclé avec raison l'inoculalion de la vaccine
par Yé^iicalion et jiar incision; on n'a recours qn'^
celle qu'on. pji'atique par piqûre. A cet effet on peut
s,ç,^c;rv;ir d'une laucelte non oxydée , d'une aigiiiUe
d'or aplatie et cannelée à sa pointe, ou endn d'une
aiguille à coudre ordinaire. L'habitude et les cir-
constances dans lesquelles on se trouve doivent dé-
cider du choix de l'instrument. La piqûre doit être
supcrlicielle , peu étendue, et le moins possible ac-
compagnée d'irritation et d'écoulement de sang.
Ou pratique ordinairement l'inoculalion à la partie
externe et supérieure du bras; mais ce lieu n'est
pas de ligueur. On fait deux à trois piqûres afin
d'être plus certain de la réussite de l'une ou de
l'antre ; on pratique deux piqûres à chaque bras.
Il faut en général d'autant moins les multiplier que
l'individu est plus foible. Il faut laisser un inter-
valle de quatre tiavers de doigt environ entre cha
çi^ne d'elles , alin de prévenir la réunion des
aréoles et de pouvoir facilement charger les verres
plats.
. Pour inoculer le vaccin , on en charge d'abord l'un
ou l'autre des instruniens que je viens d'indiquer.
Lorsque le vaccin est frais, il est facile de l'appliquer
sur l'inslrument. Lorsqu'il est desséché, il faut le
délayer préalablement avec un peu d'eau froide ou
tiède , ou mcme avec de la salive , jusqu'à ce qu'il ait
la consistance de mucilage et qu'on n'y rencontre
plus de granulation. Si le vaccin a été conserve' entre
deux plaques de verre , on le ramollit sur le verrQ
C L I X I Q XJ E. 455
lui-même. Sll a été desséché sur dcslils, sur du linge
ou sur une lancette , on l'IiumecLe de la mèaie ma-
nière , et on le détache dès qu'il a la consistance et
riiomogénéilé nécessaires.
Lorsque la pointe de l'instrument piquant est
chargée de vaccin frais ou ramolli, l'opéraîeur tend
la peau avec la main gauche ; il lient l'instrument
dans sa main droite , et l'introduit entre l'epiderme
et le derme en suivant une direction horizontale, jus-
qu'à ce qu'il soit légèrement leiut de sang. li appose
ensuite le pouce de la main gauche sur la piqûre ,
laisse séjourner l'instrument pendant un instant ,
l'agite légèrement, et le retire en appuyant avec le
doigt sur le lieu de la piqûre comme pour l'y essitjer.
Si ou se sert de l'aiguille à coudre, le procédé est en-
core plus simple : ou l'introduit horizontalement
entre l'epiderme et le derme; Tinserliou a lieu sans
effusion de sang et sans la momdre douleur.
On n'a pas besoin de recouvrir le lieu do l'inocu-
latiou ; on le laisse au contact de l'air jusqu'à ce que
les piqûres soient desséchées : on évite de porter des
manches d'un tissu trop gros, de laisser les piqûres
en contact avec de la laiue , d'avoir le bras trop serré,
etc ; on empêche l'enfant de graller ; on évite , en
un mot, tout ce qui peut produire une Irritation lo-
cale. Si le tissu cutané est trop sec avant la vaccina-
tion , on le ramollit à l'aide d'un cataplasme tiède; s'il
est trop mou , on y pratique de légères frictions.
L'écoulement du sang , lors de la piqûre , ne s'op-
pose pas toujours au succès delà vaccination. C'est
dans le rapport du comité central de vaccine de Paris
et dans l'ouvrage intitulé : B.ecJierches historiques:
456 PHATIMÀ COP^E
et médicales sur la F~accine , de M. Hnsson , qu'il
faut chercher des détails ultérieurs ; c'est là que j'ai
puise les faits que je viens d'exposer.
oplDre troisième.
Moyens propres à détruire les corps morhifirptcs
introdùiis ou développés dans nos organes.
Les causes morbifiques matérielles introduites
dans nos organes oa appliquées à leur surface , sont
le virus syphiliiiqVii;', le virus rabiéiqnc, les poisons,
les :norsares d'animaux venimeux , etc. Celles qui
s'y développent sont les vers intestinaux, les calculs
'urinaires et biliaires , là dégénérescence acide et 11a-
tulenledu conduit alimentaire.
Je vais examiner successivement celles de ces
causes matérielles morbifiques contre lesquelles nous
avons des moyens spécifiques.
§ V^. Spécifiques du i)irus syphilitique.
Il paroît que ( malgré les recherches qu'où a faites
sur difterens végétaux et surtjout sur les "moyens oxy-
génés) ce sont les oxydes et sels mercuriels qui , dans
les climats modérés, combattent et détruisent le plus
constamment la syphilis : mais peuvent-ils être regar-
dés comme spécifiques ? Il faudroit pour cela qu'ils
pussent ég.ilement convenir dans tous les climats et
dans loulcs les circonstances, ainsi que dans toutes
les variétés sous lesquelles cette maladie se présente :
or , c'est ce qui n'a pas lieu.
Les composés mercuriels les plus usités pour com-
Lallrc la syphilis, sont l'oxyde de mercure iioir, le mu-
CLINIQUE. 457
n'aie de mercure doux et le muriate de mercure sur-
oxydé. On les administie sur la surface muqueuse de
l'estomac, sur la surface cutanée, sur la surface
muqueuse dn gros intestin , et enfin sur la surface
muqueuse des gencives et des joues. Les formes sous
lesquelles on les applique sont les mêmes que celles
que j'ai indiquées ailleurs (tomele^, p. 420, tome II,
page 80 ). Ou prépare le sujet à l'emploi de ces
moyens à l'aide de bains tièdes généraux ; on fait
même usage de ceux-ci durant le traitement. Lors-
qu'il y a embarras gastrique ou intestinal, on déter-
mine préalablement le vomissement ou la purgaliou.
On a recours aux saignées s'il y a pléthore : l'usage
a accrédité la purgation après le traitement mercu-
riel. Dès que la salivation se manifeste , on suspend
ou on diminue la dose du composé mercuriel dont
on fait usage. 11 faut continuer l'emploi de ces moyens
quelque temps après que les accidens ont disparu ;
saûs cela ils ne tardent souvent pas à reparoître.
Uox')(Ie de mercure /loirest administré en fric-
tions o|^ par la bouche. Dans le premier cas, on l'c-
lend ordinairement dans partie égale d'axonge ou
d'un corps gras quelconque. On pratique les frictions
à la partie interne des jambes, des cuisses et des bras;
on choisit à cet effet le moment du coucher. On les
pratique avec 4 grammes ( i gros*) d'onguent, et on
frotte doucement et])endant une demi-heure à une
heure: le sujet lui-même doit, autant que possible,
pratiquer ces frictions. On couvre les parties avec un
linge ou avec une feuille de papier. On fait ces fric-
lions alternativement sur des régions différentes , et
après avoir préalablement bien nettoyé la partie. On
4^S P il A R M A C O r G E
laisse entre chaque rrlclionuiilulervalle d'un à deux
jours. Après cinq à six frictions , s'il ne se dëvelop)^.e
])as d'acciiiens, on peut en augmenter la dose du
double. Le nombre des frictions pour les affections
des parties molies est de 3o à 35 , et de 5o à 70 pour
celles des parties dures. En général , il faut de 5o à
i5o grammes (i once 5 gros à 5 onces) de cet oxyde
pour la lolalilé du traitement. Ces iiiclions ont pour
inconvénient de noircir le linge , de divulguer la
maladie , de ne pas exercer une action constante et
proportionnée à la dose.
Lorsqu'on l'emploie par la bouche , c'est sous la
forme de poudre , de pilules ou de pastilles. On en
donne d'abord 2 centigrammes ( y de grain), et on
augmente tous les jours de deux centigrammes ,
jusqu'à 26 centigrammes (4^ grains ). L'effet est à
peu près le même que dans le cas précédent. On en
fait surtout usage chez les individus délicats , dont
les poumons sont raeuacés d'hémoptysie , etc.
Le jnuriate de mercure suroxydé est employé
par la bouche , en lavement , et en frictions à la piaule
des pieds : on ne l'applique plus en bains. On le
donne par la bouche sous la forme de pilides et eu
solution dans l'eau distillée. On l'administre d'abord
à la dose d'un centigramme ( | de grain) convena-
blement élendu , et on s'élève graduellement à celle
de deux centigrammes ( \ de graia )» à kupicile on
s'arrête. On y associe l'usage de boissons niucilag;-
neuses. Un à deux grammes ( 18 à 36 grains) sufii-
sent ordinairement pour les syphilis les ])lus invété-
rées. Ce moyeîi peut délerminer des accidcns s'il
n'est pas admiuibtré avec prudence; du reste il pro-
CLINIQUE. 459
'oque rarement la salivation. Sou administration est
acile et prompte ; elle peut avoir lieu secrètement,
-ia syphilis ilisparoît promplement par l'emploi de
;e moyen; mais elle 1 eparoît facilement si on n'eu
lontiuue pas l'usage pendant quelque temps. On a
incore peu fait usage de l'application de ce sel eu
riclion à la plante des pieds. Ce mode d'admiuistra-
ion nécessite de noiveaux essais. Cirillo l'étend dans
nviron neuf fois son poids d'un intermède gras; il
uit des frictions de 4 grammes (2 gros) chaque; il
'élève jusqu'à 6 grammes ( i gros ) , et non au-delà
le 8 grammes (ij gros). Ce sel injecté dans le gros in-
estin à l'état de solution aqueuse étendue peut, au
apport de M. Vaientin , produire les mêmes effets
[ue lorsqu'on l'introduit dans l'estomac. Ce sel ne
leut convenir chez les individus dont les poumons
Qnt disposés à l'hémopt} sie , ou sont affectés de tu-
lercules , etc. On peut l'administrer durant la ges-
ation. On peut en faire usage chez les enfans sevrés :
'est ainsi qu'aux enfaus d'un ïi trois ans ou en fait
>rendre2 34 milligrammes (-^ à^r ^^ g^'^^")» ^^ ^
eux de cinq à six ans, de 4 à 8 milligrammes (-— à -^
le grains).
Le murlate de mercure doux peut être employé
lar la bouche , en frictions cutanées et en frictions
ur les gencives et les lèvres. Dans le premier cas on
administre en pastilles ou en pilules. On en fait
irendre 10 à 20 centigrammes (234 grains) ; on
limmue la dose dès que la salivation se manifeste.
jorsqu'oQ veut l'appliquer en frictions sur l'organe
utané , on l'étend dans quatre fois son poids de cérat
lanc. La dose pariieile de cet onguent est de 8 à 12
4Go I' PI A R M A C O PÉE
grammes ( 2 à 3 gios). Il faut en général izo gram-
mes (5 gros) pour les syphilis récentes, et 40 à
5o grammes ( 10 à i3 gros) pour celles qui sont
invétérées. Lorsqu'on veut en faire des frictions
sur les gencives , on l'élendclans un peu d'eau ou de
mucilage. La dose partielle est dé 10 à 20 centi-
grammes (234 grains ). Le muriate de mercure
doux provoque facilement la salivation ; il n'agit pas
d'une manière constante, ou ne produft qu'une amé-
]ioralion peu durable. Il convient particulièrement
dans les aifeclions syphilitiques locales.
On est quelquefois oblige d'unir les mercuriaux
à d'autres moyens , par exemple , à l'opium , etc.
Quelques tentatives paroissent faire conjecturer
que les lotions du pénis et de la membrane muqueuse
de l'urètre avec de l'acide murialique oxygéné, ou.
avec un muriate alcalin surox^géné , préviennent les
acridens qui sont la suite d'un commerce impur j mais^
on est encore loin de pouvoir regarder cet effet
comme démontré.
§11. Spécifiques du i.yiiiis rahiéiqiic^
Jusqu'ici on ne connoît pas de spécifique du viru*
rabiéique. On a quelque proba])Hité qu'en appliquant
de l'acide rauriatique oxygéné ou des muriates alca-;
lins suroxygénés sur le lieu du la morsure peu de
temps après qu'elle a eu lieu , on pourroit , en dé-
truisant ce virus, prévenir les accidens diiplorablcs.
qu'il occasionne. Le moyen qui jusqu'ici réussit le
mieux pour prévenir l'effet de cette terrible affec-
tion , c'est la cautéi'isalion de la partie mordue. Les
substances dont l'adiuinislialion par la bouche a été-
CLINIQUE, 4G1
quelquefois suivie d'une amélioration ou (Vaue di-
minution successive des symptômes , ont toujours été
employées conjointement avec la cautérisation, et ne
peuvent être regardées comme spëciiiqncs ; leur em-
ploi n'a pas toujours été suivi de la guérison. C'est
dans le mémoire de M. Audry qu'il faut lire la liste
de tous les moyens qui ont été tour à tour conseillés.
On n'a pas fliit en France d'expériences sur la lacine
d'atropa belladona, que Mœuch a tant préconisée
eu Allemagne.
§ HT. Spécifiques cont/e le venin de la vipère.
Nous n'avons pas d'autres moyens que ceux que
j'ai indiqués pour le virus rabieique, c'est-à dire la
cautérisation de la partie mordue. L'ammoniafjue a
élé plus particulièrement accréditée à cet effet.
§ IV. Spécifiques contre la piqûre de sangsues et
de dif/érens insectes.
Lorsque des sangsues ont mordu à la peau , ou ont
pénétré dans un conduit muqueux, et produisent
unehémorrhagie, il sufllt d'injecler un liquide salin
ou acide daiîs la cavité qui les contient, ou d'en ap-
pliquer immédiatement sur elles si elles adhèrent à
la peau.
Les piqûres de tarentule {aranea Utrcntula _, L.),
de scorpion {scorpio rnfiis cteuropœus , L.), celles
d'abeille {^ajùs melUfica , L.), de guêpe ( ojcspa
Q)ulgaris) , de frelon {uespa crabro) , de cousin
( culex pulicaris eipipiens ;, L. ) , etc. n'exigent pas
4>^^ PHARMACOPÉE
de moyens spécifiques, mais un (raileraent subor-»
doinié au degré particulier d'irritalion. Ou sait que
rapplicalion d'alcool , de vinaigre» de sels alcalins ^et
surtout de muiiates de soude et d'ammoniaque , d'a-
cétate de plomb , de sulfate de fer , etc. peuvent jiré*
venir le développement de la phlegmasie locale qui
en est quelquefois la suite , comme elle le fait dans la
plupart des cas d'immiuÊnce de phlegraasies cutanées
par cause externe.
Le pou des cheveux (^pediculus humanus, L.) et
le pou du pubis (^pediculus pubis , L. ) nécessitent
quelquefois (ju'on emploie des moyens propres à
les détruire. On sait que leur destruction est quel-
cjuefols suivie d'accidens; on sait aussi que les moyens
de propreté suffisent fréquemment pour les expulser.
Néanmoins il est des cas qui nécessitent qu'on em-
])loie des moyens directs. Les substances les plus
usitées à cet effet sont l'oxyde de mercure noir,
l'oxyde de mercure rouge , le muriate de mercure
doux, la poudre de semences de staphisaigre , de
cévadille , d'ache , de feuilles de tabac , etc. et en un
mot de toutes les sid^stances susceptibles d'irriter.
Mais l'emploi de ces moyens n'est pas toujours inno-
cent. On a vu les mercuriaux occasionner le ptyalis-
me, les semences de cévadille ])rovo(juer le délire,
des convulsions ; les feuilles de tabac déterminer le
narcotisme. En général l'usage de ces substances doit
être rejeté ou au moins n'avoir lieu qu'avec les plus
grands ménagemens toutes les fois que le derme est
ulcéré. On les applique à l'état pulvérulent ou sous
forme onguentacée. Ce sont plus ])articuliérement les
semences dont je viens de parler qu'on applique en
CLIiflQUE. 4^'?
pniî;lre. Quant aux inercariaux, on leur donne le
plus ordinairement ia forme onguentacée. Voici les
proportions les plus usitées : pour dix parties d'a-
xonge , de beurre ou de cërat blanc aromatisé , on
prend cinq à dix parties d'oxyde de mercure noir,
ou trois parties soit d'oxyde de mercure rouge , soit
de muriate de mercure doux. Oa applique quelque-
fois les feuilles de tabac à l'état liquide et en infusion
ou décoction aqueuse.
§ V. Spécifiques contre V empoisonnemenU
' ISous n'avons point de spécifiques contre l'empoi-
sonnement. Les réactifs q.ue la chimie nous fournit
ne peuvent convenir que lorsqu'on peut les adminis-
trer immédiatement après l'application du poison j
ils ajoutent souvent à l'irritation. Les expériences
que MM. Casimir Renault et Drouard on faites sur
des animaux qu'ils ont empoisonnés avec Je l'oxyde
d'arsenic et des oxydes et sels de cuivre , le mettent
hors de doute.
Dans le cas d'empoisonnement par les acides, l'eau ,-
Les boissons raucilagineuses , le lait coupé , etc. , sont
les meilleurs moyens; ils délayent l'acide , l'empêchent
d'enflammer et d'escarrifier , eu même temps qu'ils
diminuent l'irritation. La magnésie pure qu'on a con-
seillée dans ce cas a pour inconvénient d'être très-
volumineuse, et on ne sait jamais si on en administre
suffisamment. Le sel qui résulte de sa combinaison
avec l'acide est plus ou moins irritant; néanmoins
elle est , parmi les prétendus neutralisans , celle qui
peuL-le. mieux convenir Les moyens délaj^ans peu^
464 PHARMACOPÉE
vent être employés dans les empolsonnemeus parles
alcalis, et sont bien préférables aux acides, même
trèsétendas. M. Casimir Renault a démontré Cjue
dans rempoisonnemcnt par l'oxyde d'arsenic, les
sulfures hydrogénés , quoique mêlés avec cet acide
ou administrés peu de temps après lui, ne détruisent
pas ses eftéls délétères ; ils nt les aflbiblissent pas
même , puisque le nouveau comj)Osé tue aussi promp-
leracutelmême j)luspromplement que l'acide seul. 11
a fait voir que l'hydrogène sulfuré forme , avec l'oxyde
d'arsenic liquide, un composé qui peut être introduit
impnnemeni dans l'estomac, même à des doses très-
fortes ; mais 11 n'en est pas de même lorsque cet oxyde
est à l'état pulvéruienL, et malheureusement c'est
presque toujours dans ce dernier état qu'il est em-
ployé comme poison. M. Drouard n'a pas été plus
heureux dans les expériences qu'il a tentées sur les
chiens en les empoisonnant avec de l'oxyde de cuivre
carbonate , et leur faisant prendre immédiatement
après des sulfures hydrogénés. Le gaz hy^drogène sul-
furé n'est pas non plus l'antidote des oxydes et sels
mercuriels, comme quelques médecins l'ont indiqué.
Dans l'empoisonnement par les oxydes et sels de
plomb , connu sous le nom de colique de ])lomb, ou
conuoît l'us;ige avantageux qu'on retire de la purga-
liou drastique et même du vomissement. Cela n'é-
tonne pas, puisque c'est la contractilité musculaire
du conduit îilimenlaire qui est alors ])lus ])arilculiè-
rement affectée. La decoclion aqueuse deqiinquina
cousellléeparM. BerthoUet dans les cas d'empoison-
nement p;n- le larlrile de potasse antimoulé , ne sau-
roit convenir qu'autant qu'on l'administre immédiar
CLINIQUE, 4GS
tement après ce dernier : or les boissons mucilagi*
neases suffisent le plus ordinairement.
En général il faut rechercher, dans rempoisonne=>-
ment, si la surface muqueuse du conduit alimentaire
est enflammée et cautérisée. Dans ce cas , ce sont
l'eau tiède , les boissons mucilagineuses , gélatineuses
qu'il faut aussitôt employer et en quantité suffisante»
Le même traitement convient si les poisons produi-
sent le même effet avec plus de lenteur, comme on
l'observe pour les alcalis caustiques, difféi'cns oxydes
métalliques, etc. Le vomissement qu'on provoque
avec le tartrile de potasse antimonié a ordinairement
lieu d'une manière trop lente et augmente l'irrita-
tion, tandis que l'eau tiède et la titillation du larynx:
opèrent le même effet, sans ajouter à l'irritation déj.'i
existante.
Les acides, et surtout le vinaigre, exercent une
action notable dans l'empoisonnement narcotique ,
surtout lorsqu'il n'est pas compliqué de l'inflamma-
tion de l'estomac. On connoît l'usage avantagent'
qu'on en retire dans le narcotisme déterminé parTo"
j)ium, par la ciguë officinale, etc. L'acide inuria-
lique oxygéné et les muriates alcalins suroxygénés
qui, par leur mélange avec l'opium, etc., privent
celui-ci de son action sur le cei veau , pourroient
peut - être également convenir : il est à présumer
qu'ils exerceroient une action plus intense. Mais, eii
général, le voraissemetit convient, non-seulement
dès les premiers momens pour rejeter les matières
contenues dans l'estomac , mais même quand les
svmplômes narcotiques existent déjà.
Il n'est pas démontré que le carbonate dépotasse
II. 3o
4CG PHARMACOPÉE
soit raiiùdote de l'eau distillée de laurier-cerise. J'ai
fait voir ailleurs que le camphre ne s'oppose pas à
l'action des cantharides sur la vessie urinaire.
§ IV. Spécifiques contre les vers intestinaux.
Avons-nous des spécifiques contre les vers intes-
tinaux? Rien n'est plus difficile à déterminer que le
point dont il s'agit ici. Les expériences faites sur ceux
qui ont été expulsés du conduit alimentaire dc sont
pas toujours très-concluantes. Ces animaux périssent
eu général peu de temps après leur sortie ; il est par
conséquent difficile d'indiquer si leur mort est spon-
tanée ou le résultat des moyens employés. L'expul-
sion qui suit l'introduction des raédicamens dans le
conduit alimentaire ne présente pas moins de va-
riétés , car elle est souvent spontanée ; il est peu de
substances à l'administration desquelles elle n'ait suc-
cédé, tandis que d'autres fois elle résiste aux corps
les ])lus actifs. Parmi les moyens que l'expérience
médicale a plus particulièrement accrédités, les uns
agissent en provoquant la purgation , et d'autres
paroisseut ne faire qu'exciter le ton des organes avec
lesquels on les met en contact. On ne sait pas encore
si quelques-uns agissent spécifiquement sur ces
animaux. Il n'est pas bien démonlré non plus si les
différentes espèces d'entre eux exigent des moyens
particuliers. Les substances à l'aide desquelles on
combat les ténias sont souvent employées pour
détruire les ascarides loml)ricoides et vermiculaires.
Il est des substances qu'on administre plus particu-
lièremeut pour faire périr les ascarides vermiculaires ,
CLINIQUE* 46^
et d'autres pour délraire les ascarides lombricoïdeSi
On ne s'occupe en général que des vers intestinaux
qui habitent le conduit alimentaire*
Le choix des moyens qu'on emploie pour provo-
quer la purgàtion doit être subordonné au degré
d'irritation du conduit intestinal. C'est pour cela
qu'on emploie quelquefois les huiles fixes , d'autres
fois les sels neutres, dans quelques cas la racine de
jalap, la gutte, etc* L'huile de ricin ( riciniis corn-
munis , L. ) a été particulièrement préconisée j il n'est
pas cependant facile de démontrer qu'elle ait une
supériorité notable sur l'huile d'olive et d'amande;
elle est d'ailleurs souvent rance et sophistiquée. Le
choix des moyens qu'on désigne plus particulière-
ment sous le nom d'anthelmintiques ou de vermi-
fuges, est subordonné à l'espèce de ver, au degré
d'irritation locale et aux lésions sympathiques. On
associe souvent plusieurs anthelminliques , quoi-
qu'on n'ait pas toujours à cet égard des raisons déter-
minantes bien notables.
On entreprend ordinairement le traitement an-
thelminlique à l'époque à laquelle les accidens
vermineux se manifestent et se renouvellent : il faut
en excepter les cas où il existe des symptômes d'une
phlegmasie intestinale ou d'une fièvre très-intense*
Il est des médecins qui attendent le déclin de la lune
pour agir. C'est ordinairement le matin qu'on choisit
pour ce traitement; quelquefois on provoque la pur-
gation la veille du jour auquel on administre l'anthel-
raintique ; souvent on administre le purgatif quel-
ques heures après celui-ci ; enfin quelquefois on
continue l'usage du vermifuge pendant quelques
4()3 P II A R Bl A C O P É lî
jours, puis on interpose un purgatif : de - là des
méthodes différentes. En général, il vaut mieux in-
terposer l'usage du purgatif et du vermifuge que les
employer en même temps. On est souvent obligé
d'en continuer l'usage pendant plusieurs jours, et
même de renouveler leur emploi à des intervalles
plus ou moins éloignés. Durant ce traitement on
proscrit les alimens farineux, le pain frais , etc.
On peut administrer les anlheîmintiques par la
bouche, par lavement ou par absorption cutanée.
On les introduit par la bouche ou par l'anus , selon
que les vers occupent plus particulièrement l'es-
tomac ou le gros intestin : quelquefois on les admi-
nistre à la fois par la bouche et par l'anus ; car si on
les introduit dans le gros intestin , les vers se réfu-
gient vers l'estomac , et vice versa. L'effet est
moins certain lorsqu'on a recours à l'absorption
cutanée.
Je n'ai pas besoin d'indiquer que ce traitement
n'est que palliatif, quelque succès qu'il puisse avoir
d'ailleurs, à moins qu'on ne cherche, à l'aide de
l'application convenable des règles de l'hygiène ,
à remédier à l'état de débilité de l'organisme en
général , et du conduit alimentaire en particulier.
Je vais exposer les moyens qu'on emploie plus
particulièrement comme anthelmintlques.
Kau froide. On s'en sert quelquefois avec avan-
tage pour expulser des ténias.
Soufre, On l'emploie sous les formes que j'ai in-
diquées ailleurs : on en farit surtout usage pour l'ex-
pulsion des ascaridf's lombricoïdes et vermiculaires.
Les sulfures hydrogénés, les hydro-sulfures et l'hy-
CLIIflQUE, 4^
drogène sulfure peuvent être essayés dans les mêmes
cas : il seroit possible que leur action fut pins mar-
quée ; mais on connoît la prudence avec laquelle il
faut les administrer.
Acides et alcalis. Il ne paroît pas , que je sache
qu'on ait fait usage des acides pour combatt)e les
vers intestinaux; il en est de même des alcalis et
surtout de l'ammoniaque. 11 est cependant probable
que les acides nitrique et muriatique oxygéné , ainsi
que l'ammoniaque , doivent au moins égaler les autres
moyens qu'on emploie en pareil cas.
Sels alcalins. On a surtout employé le muriale
de baryte , le muriate de soude et le muriate d'am-
moniaque. On les administre par la bouche ou par
l'anus, et surtout en solution aqueuse : la dose et
le degré de concentralion ne diffèrent pas de ceux
que j'ai indiqués ailleurs. Il paroît que leur usage a
quelquefois été suivi de l'expulsion de vers de dif-
férens genres , et surtout d'ascarides lombricoides.
On n'a pas essayé les autres sels , et surtout l'alun,
les carbonates de potasse, de soude et d'ammonia-
que.
Poudre d'ëtain. On doit choisir l'élain le plus
pur; on préfère, sous ce rapport , celui qui vient
d'Angleterre. Quelques médecins croient que l'étaiii
limé est préférable à celui qui est granule , tandis
que d'autres emploient plus particulièrement ce
dernier. On l'administre par la bouche et sous la
forme de bols ou d'élecluaire , à l'aide d'un peu de
poudre aromatique et de quantité suffisante de miel
ou de sirop. Sa dose est d'un à 3o grammes ( i8 grains
à i once ) : un excès de dose n'est pas nuisible, Son
470 PHARMACOPEE
action anlhelmiulique n'est pas plus constante que
celle des autres: on croit devoir l'attribuer à une ac-
tion mécanique. Son administration a quelquefois
été suivie de l'expulsion de ténias armés et inermes ,
ainsi que d'ascarides lombricoïdes.
Pourfre de fer. L'expulsion de ténias et d'ascari-
des lombricoïdes a quelquefois suivi son administra-
tion. 11 paroît que cette poudre agit comme la précé-
dente et en excitant le ton du conduit alimentaire;
ou l'administre de la même manière et à des doses
analogues.
Sulfate de fer t vert. Boerhaave l'employoit en so-
lution dans cent fois son poids d'eau , et il faisoit
prendre 5 hectogrammes ( i livre) de ce solutum à
des intervalles peu éloignes et à jeun : son usage a
été suivi de l'expulsion de ténias très-longs. On ad-
ministre d'ailleurs ce sel sous toutes les formes que
j'ai indiquées ailleurs et à des doses analogues.
Décoction aqueuse de inercure coulant. Il a été
souvent employé pour expulser des vers intestinaux j
la sortie de ces animaux a quelquefois suivi sou ad-
ministration. Rien ne démontre cependant jusqu'ici
fjue le mercure perde de son poids durant cette dé-
coction, pendant quelque temjis qu'on l'enlretienue.
Oxyde de niercui e Jioir,On l'emploie souvent par
la bouche et sous la forme de poudre, étendu dans
partie égale ou dans le double de son poids de sucre,
sous celle de pastilles et de ])ilules : sa dose est de2iS
à 5o centigrammes (47 à 9 grains). On s'en sort surtout
pour combattre les ascarides lombricoïdes.
Muriate de mercure doux. On l'administre par la
l)0uche, et quelquefois eu suppositoire. Dans le pre-
C L I K I QUE. ùfjt
mier cas , c'est sous la forme de poudre sucrée dont
on recouvre le pain des enfans , sous celles de pas-
tilles et de pilules. On y a surtout recours dans les
cas d'ascarides vermiculaires et lombricoïdes. On n*a
pas essayé , que je sache , lemuriate de mercure sur-
oxydé , ni les autres mélaux , oxydes et sels métalli-
ques.
Amers. Les expériences de Rédi ne démontrent
pas que les amers soient les vérilables poisons des
vers intestinaux. On les emploie à l'état liquide et
on les introduit par la bouche et par l'anus , de la
manière indiquée ailleurs. On lésa surtout employés
pour détruire les ascarides lombricoïdes.
Substances qui contiennent du tannin. Elles
ont été quelquefois employées pour expulser les as-
carides lombricoïdes. On fait surtout usage des feuilles
et du drupe de la pulpe verte de noyer {juglans
regia , L.). On les administre sous les formes et aux
doses indiquées ailleurs.
Camphre. Il a été souvent employé pour expulser
les ascarides lombricoïdes, et sou emploi paroît avoir
été fréquemment suivi de leur destruction ; on l'ad-
ministre par la bouche et par l'anus , et surtout sous
forme liquide. La dose et le mode de préparation ne
diffèrent pas de ce que j'en ai dit ailleurs.
Huile Dolatile pyro -bitumineuse (^hulle de "pé-
troJé), On l'administre par la bouche et par l'anus, et
quelquefois on fait avec elle des frictions sur l'abdo-
men. Ou la donne par la bouche à la dose d'un demi-
gramme à un gramme ( g à lo grains) étendue dans
de l'eau sucrée. Son usage a quelquefois été suivi de
l'expulsion de ténias.
4j V, IMl A H M A C O P Ë E
Subsla/iccs aromatiques fétides. Les pins em-
ployées sont les bulbes d'ail cultivé^ et d'oignon »
l'assa-fcilida , le sagapénum , l'opoponax j la racine
de valériane, les soraniités d'absintbc , de tanaisie,
de camomille vulgaire; les semences de plusieurs es-
pèces d'armoises, el notamment celles d'armoise ordi-
naire ( les semences; clna ou contra qui paroissen*^
appartenir au même genre , n'ont aucun avantage
sui' les scmeucesdes espèces connues; elles sont d'ail-
leurs exotiques et souvent sophistiquées ), celles de
tanaisie et celles d'anserine anthelmintique {cheno^-
podium anihelminticum , L.). Ou les administre
par la bouche et par l'anus sous les formes et aux
doses que j'ai iiKliquéas ailleurs. On donne souvent
aux semences la forme de dragées , ou on les intro-
duit dans de petits gâteaux loi^qu'on veut les ad-
ministrer aux eufans. Ou emploie ces substances
particulièrement contre les ascarides lombricoïdes.
Herbe de spigelie anthelmintique {spigelia an^
thelmia , L.). Elle est peu usitée en France ; on l'ad'
ministre en poudre et sous la forme de bols ou d'élec-
tuaire à la dose d'un à plusieurs grammes ( i8 à 36
grains et plus). On emploie son infusion aqueuse;
on la prépare avec une à quatre parties de cette
plante coupée menu sur cent parties d'eau ; on en
fait prendre un à deux hectogrammes ( 3 à 6 onces )
à des intervalles plus ou moins éloignés. Il paroît
qu'un excès de dose peut provoquer le vomissement
et la purgalion, et occasionner des lésions fugaces de
la vue. On l'emploie particulièrement pour détruire
les ascarides lombricoïdes.
Varec v erm ifug e ( fucus helmintltochorton ^ Dç
CLINIQUE. 475
la Tourelle ) , commiinémeut mousse de Corse. On
J'emploie parla bouche. On fait usage de sa pouure,
et on peut l'administrer directement , sous la forme
de bols et d'électnaire, enveloppée dans de petits
gâteaux , ou en suspension dans du lait , dans une
émulsion sucrée , elc. : sa dose est d'un à 10 gram-
mes ( 18 grains à 3 gros ). Ou prépare son infusion
aqueuse à vaisseau clos et avec 5, 10, i5 à 20 gram-
mes ( I gros 18 grains , 2 \ gros à 5 gros ) sur un à
deux hectogrammes (3 à 6 onces) d'eau. Ou peut éten-
dre ce liquide dans du lait et l'édulcorer convenable-
ment. On convertit quelque fois cette infusiou très-
saturée à l'état sirupeux ; il suftît d'y dissoudre , à
vaisseau clos , le double de son poids de sucre blanc
pulvérisé. Sa gelée est peu usitée ; pour la préparer
on fait cuire une partie de ce fucus purifié dans
quinze à vingt parties d'eau jusqu'à ce qu'il ne reste
plus que cinq parties de liquide environ ; on passe en-
suite avec expression; on laisse reposer ; on décante,
el on y ajoute autant de sucre blanc pulvérisé qu'on
a employé de fucus; on le fait dissoudre et on coule.
On administre cette gelée par cuillerée. L'odeur et
la saveur de ce médicament sont désagréables ; il est
d'ailleurs fréquemment sophistiqué : un excès de
dose ne peut cire nuisible. On l'emploie surtout pour
combattre les ascarides lombricoïdes. On en continue
l'usage pendant plusieurs jours.
CoralHiie officinale ( coralUna officinalis , L. ).
Elle est moins impure que la substance précédente;
malgré cela elle est moins usitée qu'elle. On l'admi-
pistre ordinairement à l'état pulvérulent et de la
T«ême manière que le fucus helminlhochorton. Sa
474 PHARMACOPEE
dose est d'iui à f|uatre grammes ( 18 grains à 1 gros )
et plus. On remjiloie dans les mêmes cas que la sub-
stance précédente.
Semences et capsules de cévadille ( veratrwn
sahaclUla , Ret/ius). On l'emploie particulièrement
à l'état pulvérulent , directement ou sous la forme
de bols : dans le premier cas , on l'étend dans partie
égale de sucre aromatisé. Sa dose est d'un demi, d'un
à deux grammes ( g, 18 à 36 grains). On accompa-
gne son usage de celui de boissons mucilaglneuses.
Ce moyen exige de la prudence ; il peut déterminer
rinllammation et provoquer le vomissement. On
em[)loie ces semences pour combattre des ascarides
lombricoïdes et vermlculaires , ainsi que des ténias.
Herzius dit avoir expulsé par son moyen le ténia cu-
curbitain.
Racine de fougère mâle ( polypodluin Jillx
mas , L. ). 11 faut choisir celle qui a été récollée
en automne. On emploie sa poudre à la dose de 10 à
1 6 grammes (2^34 gros ) ; on l'administre directe-
ment et en suspension dans un peu d'eau , ou sous
la forme de bols et d'élcctuaire. On emploie moins
souvent son infusion et sa décoction aqueuse ; on les
prépare dans la proportion d'une partie sur dix par-
lies d'eaii. On y a souvent recours pour expulser le
ténia large : on s'en est servi quelquefois pour expul-
ser des ténias armés et des ascarides lombricoïdes.
On est obligé d'en continuer l'usage pendant plu-
sieurs jours , et de provoquer la purgation quelques
Leures ou quelques jours après. C'est celle racine
qui fait la base du moyen anlbelminlique connu
«0118 le nom dy ÏNouffer.
CLINIQUE. 47^
Suc de papayer commun {^carica papaya , L.).
On radministre ordiuairement en suspension dans
de l'eau et à l'état d'émulsion; il suffit, s'il est liquide,
de l'agiter avec de l'eau , et s'il est épaissi , de le tri-
turer , en ajoutant successivement la quantité d'eau
convenable. La dose n'est pas rigoureuse ; elle varie
de deux à plusieurs grammes ( 33 grains à i gros et
plus). Il paroît d'ailleurs que ses propriétés dispa-
roissent par la dessiccation. Les expériences qu'on a
faites en France avec ce suc épaissi n'ont eu aucun
résultat favorable.
EcoTce de geoffroye de Surinam, ( geoffroya
Siirinamensis , M.). Elle n'est guère usitée en France.
On l'administre par la bouche et par l'anus. On em-
ploie rarement sa poudre ; on l'administre directe-
ment, ou sous la forme de pilules et d'électuaire ;
sa dose est d'un à plusieurs grammes (i8 à 36 grains
et plus ). On prépare son infusion aqueuse avec une
partie de cette écorce coupée menu sur dix parties
d'eau ; on l'édulcore convenablement : la dose en est
de 20 grammes à 2 hectogrammes ( 5 gros à 6 onces)
et au-delà. On emploie l'extrait aqueux sous forme
pulvérulente, étendu dans partie égale de sucrej sous
celle de pilules , ou en solution aqueuse : sa dose est
d'un demi-gramme à un gramme ( 9 à 18 grains ) et
au-delà. On fait usage de sa décoction aqueuse saturée
lorsqu'on veut l'injecter dans le gros intestin. L'u-
sage de celte écorce a été plus particulièrement suivi
de la destruction et de l'expulsion des ascarides lom-
bricoïdes et vermiculaires , quelquefois de celle du
lénia. Cette écorce occasionne quelquefois le vomis-
sement, la purgalion, et excite la sécrétion muqueuse
476 PHARMACOPÉE
de l'intestin. Elle tlëleimine quelquefois la slran-
gurie.
AlcooL On n'a pas , que je sache , essayé l'alcool
pour combattre les vers intestinaux.
Ether siûjurique. Ou peut l'administrer par la
Louche ou en lavement, et soifs les formes que j'ai
indiquées ailleurs. M. Bourdier l'ëtend , à la dose de
4 grammes (i fijros), dans un hectogramme (3 onces)
d'eau ou de décoction aqueuse de fougère raâlc ;
quelques minutes après, il injecte pareil médicament
dans le gros intestin. Il fait prendre, une heure après,
60 grammes ( 2 onces) d'huile de ricin. Sur quatorze
individus affectés du ténia, sept ont guéri en trois
jours , quatre out nécessité qu'on renouvelât l'em-
ploi de ce moyen , et trois y ont résisté.
On trouve différens mélanges authelmintiques
dans plusieurs pharmacopées ; mais ils ne méritent
aucune attention particulière,
RÉSUMÉ.
Ou a plus particulièrement employé certaines sub-
stances pour détruire et expulser telle et telle espèce
de vers intestinaux. ; on les a mêlées de manière va-
riée ; on a Interposé difféiemment l'usage des ])ur-
gatlfs : de-là les difïéreutes méthodes de traitement
anthelminlique. Je n'examinerai pas eu détail ces
différentes méthodes ; elles sont susceptibles de tou-
tes les combinaisons possibles , et doivent être subor-
données aux circonstances particulières ; je vais seu-
lement grouper les moyens qu'on emploie de pré-
férence pour expulser chaque espèce de ver intes-
tinal en particulier.
CLINIQUE. 4-^
Ascarides Denniciiîaires, Comme iJs oat leur
siège dans le reclum, on injecte souvent les anthel-
mintiques dans le gros iuteslin , et ou les introduit
à l'état de suppositoire. Ou se sert à cet effet d'eau de
chaux , d'aloès , de coloquinte, de cévadille, d'ail, etc.
Quelquefois ou les administre par la bouche : ou
emploie alors plus particulièrement Taloès , le mu-
riale de mercure doux, le soufre, les alHacées.
Ascarides lombricoïdes. Ou introduit l'anthel-
minlique par la bouche et par l'anus, ou seule-
ment par une de ces voies. Les moyens les plus usités
sont la décoction aqueuse de mercure , le muriale de
mercure doux , le contra , le varec vermifuge , la
coralliue officinale , le camphre , les substances aro-
matiques fétides, la cévadille, le drupe vert et les
feuilles de noyer.
TricocépJiale sans pareil. On ne le combat pas
à l'aide de moyens particuliers.
Ténias» Les ténias armés (ténia cucurbitain ou
ver solitaire , et le ténia commun ) sont plus difficiles
à détruire que ceux qui sont inermes (ténia large).
11 est beaucoup de substances qui ue paroissent effi-
caces que contre les ténias inermes. On introduit
parla bouche et par l'anus les moyens propres à les
combattre. Les substances les plus usitées sont la ra-
cine de fougère maie, les semences de cévadille, la
poudre d'étain , l'éther sulfurique.
Les moyens purgatifs doivent varier selon le degré
de susceptibilité de l'intestin : voilà pourquoi les
huiles sont indiquées dans quelques cas , tandis
que d'autres fois il faut recourir à la racine de jalap ,
à la gulte , etc.
478 P II A II M A C O P K E
§ VII. Dissolvans des calculs urlnalreSé
Les recherches chimiques rauUipliées de MM*
Fourcroy el Vauquelia sur les calculs urinaires ont
démontre combien peu de coofiauce méritent la
plupart des moyens qui ont été conseillés jusqu'ici.
La détermination de la composition de ces calculs
leur a fait voir que le même corps ne sauroit con-
venir pour toutes les espèces; mais qu'il faut tantôt
employer des liqueurs acides et tantôt des liqueurs
alcalines. Je vais exposer le précis des conséquences
pratiques établies par l'auteur du système des coa-
lîoissances chimiques.
Nous n'avons pas encore de caractères extérieurs
propres à indiquer quelle est la composition du
calcul contenu dans la vessie urinaire , et à faire
connoître s'il est simple, ou composé de couches
différentes. Il faut , pour parvenir à celte fin , se
rappeler que les calculs d'acide urique sont les plus
frequens, et qu'ils sont au moins dans la propor-
tion d'un tiers; il faut avoir égard à l'absence des
matériaux immédiats de l'urine ou à leur diminution
notable , à la nature des graviers antécédemment
rejetés, et à celle des calculs extraits d'autres indi-
vidus de la même famille ; il faut enfin examiner les
liquides alcalins et acides convenablement étendus
qu'on aura injectés et maintenus pendant quelques
minutes dans la vessie urinaire vide. L'eau alcaline
forme avec les acides légers un précipité blanc, si
elle contient de l'acide urique. L'eau acidulée pré-
cipite en blanc avec la potasse ainsi qu'avec l'ammo-
CLINIQUE. ^jg
Iliaque , si elle contient des phosphates calcaire et
magnésien. L'état trouble de Turine rejetée, et l'oxa-
late de chaux trouvé dans le précipité qu'elle
forme, indiquent la présence de calculs d'oxalate
calcaire.
M. Fourcroy conseille de combattre les calculs
d'acide iirique et d'urate d'ammoniaque par des in-
jections de potasse ou de soude pure dissoute dans
une quantité telle d'eau distillée , qu'elle puisse être
facilement maintenue dans la bouche et même être
avalée. La vessie urinaire les supporte sans éprouver
de douleur ni de sensation particulière j mais leur
action est lente. Ce chimiste conseille de combattre
les calculs de phosphate de chaux et de magnésie
avec de l'acide nitrique ou de l'acide muriatique
assez étendu d'eau pour imiter une limonade, et
pour n'être guère plus acre que l'urine elle-même.
( INe seroit-il pas convenable de rendre préalable-
ment l'eau distillée visqueuse, à l'aide de o,r à 0,2
de son poids de gomme arabique pure , ou à l'aide
de graines de lin?) Quelque étendu que soit cepen-
dant l'acide muriatique, il est moins facilement sup-
porté par la vessie urinaire que l'alcali ; il excite le
besoin d'uriner ^ et provoque une contraction spas-
modique de cet organe qui ne permet pas de l'y
laisser séjourner long-temps. L'acide nitrique très-
étendu , ou les carbonates alcalins en solution
aqueuse étendue , sont indiqués pour dissoudre les
calculs d'oxalate calcaire ; mais ils ne peuvent agir
que très-lentement. Ahn que ces liquides et surtout
l'alcali ne soient pas altérés par l'urine, et ne devien-
nent par là incapables d'agir sur le calcul , il faut
480 PlIARMACOPLE
préalablement donner issue à rurluc conlemie , et
laver la cavité de cet organe avec de l'eau tiède.
Pour empêcher que l'urine qui coule constamment
par les uretères n'altère l'alcali injecté, il faut faire
j>reiidre en même temps des boissons alcalines très-
éleudues. Les liqueurs alcalines qu'on injecte dans
la vessie urinaire , oulre leur altérabilité très-
grande , ont encore rincouvéuient de laisser déposer
des flocons qui remplissent les yeux de la sonde, et
s'opposent à la sortie de l'urine. Cet effet n'a point
lieu lorsqu'on fait usage des liqueurs acidulés. 11
faut injecter ces liquides à la température de 25
centigrades -f-o. L'appareil nécessaire à cet effet
consiste dans une sonde de caoutchouc et dans une
seringue d'étain. On pratique d'abord trois à quatre
injections ])ar jour , puis sept à huit ; on les maintient
dans la vessie urinaire d'abord pendant un quart
d'heure , et on peut graduellement parvenir à les
y laisser pendant une heure. Il est convenable de
laver la vessie avec de l'eau tiède après chaque in-
jection. La solution de ces calculs ne peut être que
lente ,et exige beaucoup de patience de la part du
malade.
C'est à des expériences multipliées , faites avec
prudence et impartialité, qu'il appartient de déter-
miner ce que nous pouvons attendre ici des secours
de la chimie.
§ VIll. Dissoh'ans des calculs biliaires.
On s'est long - temps occupé à rechercher des
dissolvans des concrétions biliaires; mais tout ce
CLINIQUE. 4Cî
qu'on a leuté avant de déterminer la nataie de ces
calculs a du nécessairement être inexact. Aussi a-t-
on indiqué successivement des moyens variés , tels
c[ue les alcalis purs , les carbonates alcalins , les
sels ammoniacaux , l'eau de chaux , l'acétate de
potasse , l'alcool nitrique , les différens extraits
amers , etc.
Les expériences de Poulletier de la Salle et de
M. Fourcroy ont démontré que ces calculs sont eu
général composés isolément ou en même temps
d'adipocire et de bile épaissie. Ou a observé qu'ils
se dissolvent au moins eu partie dans l'éther et
dans les huiles volatiles : et c'est probablement ce
qui a porté Durande à faire pi^ndre un mélange de
trois parties d'éther suliurique et de deux parties
d'huile volatile de térébenthine. On a observé de-
puis que l'éther seul détermine le même effet, et
qu'il est d'ailleurs moins désagréable à prendre :
aussi se borne t-on maintenant à l'étendre dans du
jaune d'oeuf. Mais on est loin de pouvoir appliquer
ici la marche rigoureuse indiquée par M. Fourcroy
pour les dissolvans des calculs urinaires. On ne
peut le plus souvent déterminer avec certitude s'il
y a des calculs biliaires dans la vésicule. Ces calculs
existent très - souvent sans occasionner le moindre
trouble dans Texercice des fonctions. La douleur
et les autres symptômes qui accompagnent quel-
quefois leur présence , peuvent reconnoître toute
une autre cause. On ne peut déterminer le nombre,
ni l'espèce parltculière de ces calculs. On ne peut
examiner le produit de leur solution ; carde ce que
les déjections alvines ont une couleur jaune et imc
Hé 5i
4^2 P II A R M A C O P É 2
consistance poisseuse, peut - on conclure qu'elles
contiennent ces calculs en solution? On ne peut in-
troduire ces dissolvans directement dans la vésicule
biliaire. Toute la conséquence qu'on peut donc tirer
de l'effet de l'élher, c'est que son administration est
quelquefois suivie et accompagnée de la cessation des
douleurs et des sensations pénibles périodiques qui
ont leur siège dans Thypocbondre droit et l'épi-
gastre.
§ IX. NeuLralîsans de l'acide qui se forme quel-
quefois dans Vestomacm
Cet acide paroît être de l'acide acétique. Sa for-
mation accompagne un état de débilité et de lésion
de texture de l'estomac. Elle est plus fréquenta
dans l'enfance et dans certains tempéramcns. Il
est certains alimens , et surtout le sucre , qui pa-
roissenty disposer.
On a multiplié à l'infini le nombre des substances
propres à neutraliser cet acide : c'est ainsi qu'on
a employé les concrétions (yeux) d'écrevisses , la
nacre de perles, les coquilles d'oeuf , les valves
d'huître , etc. Mais on sait maintenant que toutes
ces substances ne sont que du carbonate calcaire.
On a fait usage de l'eau de chaux , des carbonates de
potasse et de soude , du carbonate de magnésie , et
enfin de la mngnésie pure.
Le carbonali" de chaux est presque généralement
abandonne dej uis qu'on connoît la magnésie ; il n'a
aucun avantage sur elle , et dégage d'ailleurs de l'a-
cide carbonique dans l'estomac. L'eau de cbaux ne
CLiKiQÛE* 4(33
côuùent que 0,00 1 de son poids de celte terre
subalcaline , et est d'ailleurs dlffîcîlemeut supportée*
Les carbonates de potasse , de soude et de magnésie
présentent les mêmes inconvéniens que celui de
chaux.
Le neutralisant le plus convenable est la magné-
sie pure , c'est-à-dire celle qui est entièrement pri-
vée d'acide carbonique* On la fait prendre en sus-
pension dans un liquide non acide qu'on peut édul-
corer et aromatiser. Ou l'administre quelquefois à
l'état de pastilles j on la mêle à cet effet avec la moitié
de son poids de sucre et quantité s nfiisantede muci-
lage de gomme adragant , et on l'aromatise convena-
blement ; ces pastilles attirent l'acide carbonique de
l'atmosphère. La dose n*en est pas rigoureuse : elle
est d'un demi-gramme à un gramme (g à 18 grains);
on la renouvelle à des intervalles plus ou moins rap-^
proches.
Il ne faut pas perdre de vue que ces neutralisans
ne peuvent être que palliatifs , et n'exercent qu'un
effet momentané. Il convient plus particulièrement
de combattre l'état de restomac qui permet cette
acétitication : ce cas devient donc du ressort de la
thérapeutique*
§ X. Neutralisans de la matière des flatn usités i
Les gaz qui produisent les phénomènes connus
sous le nom de llatuosités, sont en général le gaz
acide carbonique et quelquefois le gaz hydrogène
carboné et même sulfuré : Ces deux derniers parois-
sent se dégager plus particulièrement dans les digcs
464 PHARMACOPEE
lions pénibles. On sait que le dégagement des gn/
intestinaux a surtout lieu dans le gros intestin , qu'il
accompagne toutes les digestions ; on sait que quel-
ques aliraens y disposent. INIais les llatuosilës recon-
noissent surtout pour cause un état particulier de
débilité du conduit alimentaire , comme ou l'observe
dans rhypochondrie.
De ce que les gaz ne sont pas toujours les mêmes,
il résulte que les mêmes neutralisans ne sauroieut
toujours convenir. L'eau de chaux, et la magnésie
paroissent être les moyens les plus propres pour
saturer l'acide carbonique. On n'a pas encore essayé
jusqu'à quel point la poudre de charbon pourroic
convenir pour absorber ces gaz. Mais il en est de
l'action de ces neutralisans comme de celle de l'acide
qui se forme dans l'estomac, elle ne peut être que
palliative et que momentanée. Aussi c'est plus par-
ticulièrement en rétablissant le ton du conduit ali-
mentaire qu'on combat les flatuosités. On sait que
l'éther sulfurique, que les huiles volatiles de se-
mences des ombellit'ères et svutout de celles d'a-
nis, de fenouil, de coriandre cultivé, de carvi ,
de cumin , sont plus particulièrement usités dans
cette circonstance. Les moyens doivent en général
vaiior selon l'affection particulière du conduit intes-
tinal : cet état est donc encore du ressort de la thé-
rapeutique.
§ XI. Moyens propres à enlever Vendait phosphalo-
calcaire qui recouvre les dénis»
Je ne parlerai pas ici des moyens proj^es à eu*
lever Tenduit phosphalo-calcaire qui adhère aux
CLINIQUE. 485
tlenls ; ils sont en général mécaniques. Les poudres
seules pourroienl être de mon ressort ; elles por-
tent le nom de dentifrices» On choisit en géné-
ral celles cjui sont arides , insipides , inodores ou
d'une odeur agréable , et insolubles ou peu solubles
dans l'eau ; par exemple, le corail, le tartrite acidulé
de potasse , l'alumine , le charbon , etc. Pour colorer
en rouge celles de ces poudres qui sont incolores, il
suffit de les mêler avec un peu de poudre de sang-
dragon ou d'alumine carminée ( lacque rouge fine
des peintres); on les aromatise avec des substances
variées; par exemple, avec quelques gouttes d'une
huile volatile , telle que celle de bergamote ; ou avec
une poudre végétale aromatique, telle que celle de
myrrhe , d'iris de Florence, de cannelle, de gérolles,
etc. On applique la poudre dentifrice directement à
l'aide de brosses ou d'épongés; quelquefois aussi on
la convertit à l'état d'électuaire à l'aide de quantité
suffisante de sirop ou de miel , et on l'applique de la
même manière. On peut lui donner la consistance de
pastilles et la forme cylindrique ; il suffit de la mêler
avec quantité suffisante de mucilage dégomme adra-
gant et de rouler cette pâte en cylindre : ces cylin-
dres paslillaires peuvent être appliqués sans l'in-
termède de brosses et d'épongés.
Ou fait rarement usage des moyens propres à dis-
soudre l'enduit phosphato-calcaire , par exemple des
acides étendus , car ils attaquent en même temps
l'émail des dents.
460 FHARMACOFilî
§ XII. Illoyens propres à déterminer l^^'é^'ulsion
de^ poils.
Il est des circonstances dans lesquelles il parott
convenable de déterminer l'évulsion des poils. Oa
emploie des moyens particuliers lorsqu'on veut en
une seule fois arracher ceux qui couvrent une grande
étendue. Parmi ces moyens , les uns agissent chimi-
quement sur leur tissu et le détruisent j mais ils
irritent et enflamment en même temps la peau ,
peuvent même être absorbés et déterminent alors
des accidens graves : tels sont l'oxyde d'arsenic, la
chaux , etc. ; d'autres adhèrent fortement aux poils
et ne peuvent être enlevés sans les arracher : telle
est la poix. Pour que celle-ci puisse déterminer cet
effet, il est nécessaire qu'elle se dessèche sur la peau
et sur les poils. Or, si on l'applique pure ou étendue
dans des corps gras , elle est absolument sans effet,
ainsi que me l'ont démontré les expériences com-
paratives que j'ai tentées. Il n'en est pas de même
lorsqu'on l'étend dans de la pâte de froment ou dans
un cataplasme. Pour préparer la pâte de poix , on
fait d'abord une pâle avec la farine en question et
quantité suffisante de vinaigre ; on la triture avec la
poix à l'état de fusion , par exemple, dans les propor-
tions de la moitié de son poids ou de partie égale. Pour
composer le cataplasme de poix, on prépare d'abord
une gelée avec la farine indiquée ci-dessus et quan-
tité suffisante de vinaigre , et on la mêle toute
chaude avec deux à trois parties de poix à l'état de
fusiçD ; on continue l'agitation jusqu'à ce que le mé-
CLINIQUE. 487
lange soit bien intime. Ces formes doivent être pré-
parées extemporanément : on peut se servir de poix
de Bourgogne. Pour faire usage de la pâte ou du ca-
taplasme de poix , on l'étend sur une toile forte ,
d'un tissu clair (il faut préalablement raser la partie) ;
on l'applique exactement sur la peau ; ou l'y laisse
pendant quelques jours , et on l'enlève ensuite par
un seul effort et en une seule fois. Plusieurs appli-
cations successives sont nécessaires pour l'évulsioa
totale des poils. Ce moyen douloureux est quelque-
Ibis employé pour le traitement de la teigne faveuse.
FI^^
TABLE
Pes Matières contenues dans le second
Volume.
Suite de la SECONDE PARTIE.
S
UITE DES MEDTCAT ION S TONIQUES ,
page I
§11. Application des toniques sur la surface cu-
tanée , ainsi que sur les tissus soucutanés qui
sont dénudés accidenLellement , et excitation
tonique de ces organes , ibiJ,
Alcool, 4'
Excitation tonique sans phénomènes généraux
évidens , gc)
Excitation tonique aiec phénomènes généraux ,
io5
§ III. Application des toniques sur la surface mu-
queuse du gros intestin , et excitation tonique
de cet organe , ibid,
§ IV. Application des toniques sur la surface
inuqueuse de la bouche et de la gorge y et exci-
tation tonique de ces organes , 108
§ V. Application des toniques sur la surface mu-
queuse de la cavité nasale , et excitation toni-
que de cette membrane , m
^ VI. Application des toniques sur la surface
muqueuse des bronches , et excitation tonique
de l'organe pulmonaire , U 3
TABLE DliS MATIÈRES. 4^9
§ VIL Application des toniques sur la membrane
muqueuse de Vœil , et excitation tonique de cet
ori^ane , P^g^ ii6
§ VIII. Application des toniques sur la surface
muqueuse du conduit auriculaire , et excitation
tonique locale , i20
§ IX. Application des toniques sur la surf ace mu-
queuse de l'urètre , et excitation tonique de cet
organe , 1 2 r
§ X. Application des toniques sur la surface mu-
queuse du "vagin et de V utérus , et excitation
tonique de ces organes , i23
Ordre II. Médications phlegmasiques , 127
§ I^i". Médications phlegmasiques de V organe CU'
tané , 129
1°. Moyens qui ne produisait que la rubéfac-
tion , i34
2". Corps qui pem>ent occasionner une inflam-
mation pustuleuse , i38
3". Cojps susceptibles de produire en même
temps la vésication , 140
4°. Moyens susceptibles d'occasionner la 'vési-
cation et l'escarre , iL^l^
5°. Corps dont on na pas encore assez étudié
le mode d' action ^ ni recherché le mode d ad-
ministration le plus convenable , et qui peu-
vent déterminer des accidens graines , 146
G°. Corps qui enflamment la peau d'une ma-
nière spécifujue , 1 5o
§ II. Médications phlegmasiques du tissu cellu-
laire soucutané f j55
§ m. Médications phlegmaiirucs des membranes
>J.gO TABLE
muqueuses , P^g^ '^^
§ IV. Médications plegmasiques de différens or-
ganes glanduleux et des ganglions { glandes)
lympJiatiques , 1 58
§ V. Médications phlegmasiques des membranes
séreuses, 169
Ordre III. Médications escarrotiques , 1 60
1°. Corps qui ne peuvent pas déterminer d'ac-
cidens par leur absorption , i65
3°. Corps qui peuvent , par leur absorption ,
déterminer des accidens graves , 178
Ordre IV. Médications atoniques , i83
§ 1er. Application des moyens atoniques sur la
membrane muqueuse de l'estomac , ainsi que de
V intestin grêle , et médication atonique de ces
organes , i 87
§ II. Application des moyens atoniques sur la sur-
face cutanée , ainsi que sur les tissus dénudés
accidentellement , et médication atonique de ces
organes , 206
§ III. Application des moyens atoniques sur la
surface muqueuse du gros intestin , et médica-
tion atonique de ce conduit , 212
§ IV. Application des moyens atoniques sur la
surface muqueuse de la boucJie et de la gorge ,
et médication atonique de cette cavité , 2i3
§ V. Application des moyens atoniques sur la sur-
face muqueuse de la cavité nasale , et médica-
tion atonique de cette cavité , 2 1 4
§ Vï. Application des moyens atoniques sur la
surface muqueuse de V œil , et médication ato-
DES MATIÈRES. 49'
nique de cet organe , P^g^ 2i5
§ VIT. Application des moyens atoniques sur les
surfaces muqueuses du conduit auriculaire , de
l'urètre et du Dagiîi , . et médication atonique de
ces organes ^ ibid,
île SECTION. Médications particulières , 216
Ordre V, Médications particulières des fonctions
du système nerveux , ibid,
§ 1er. Médications particulières de l'encéphale ,
23r
lo. Excitation des fondions de l'encéphale,
2°. Sédation des fonctions de l'encéphale j 288
§ II. Médications particulières des organes des
sens , 246
1°. Excitation de V action des sens , ibid.
2°. Se dation de l'action des sens, 260
§ III. Médications nerveuses communes à un
grand nornhre d'organes , 25 1
1°. Excitation de la douleur , ibid.
2°. Sédation de la douleur , 266
3°. Excitation de la contracdlité sensible , tant
animale qu organique , 2t)j
4°. Sédation de la coniractilité sensible, tant
animale qu'organique , 25q
Ordre VI. Médications particulières de la circu-
lation f 263
§ 1er. Accélération de la circulation , ibid.
§ II. Pudentissement de la circulation , et diminu"
tion de la chaleur générale , 267
§ m. Evacuation du sang , 275
49» TABLE
1°. Evacuation (lu sang artériel y P^g^ 272
a°. Evacuation du sang 'veineux , 278
3°. E^'acuation du sang capillaire , 278
A. Par incision, ibid.
B. Par exhalation , 283
§ IV. Modification de la composition du sang ^
287
Ordre VII. Médications particulières de la respi-
ration , 288
§ I^*". Accélération de ta respiration., ibid.
§ II. Ralentis s emejit de la respiration et de la
conversion du sang noir en sang rouge , 2g3
§ 111. Provocation de la toux , 296
5 IV. Provocation de l'éternuenient , 298
Ordre VIII. Modifications particulières des sécré-
tions et des exhalations , 3o2
§ I«r, Médications des sécrétions muqueuses ,
3o5
1°. Provocation des sécrétions muqueuses ,'\h\6..
Provocation de la sécrétion du mucus na-
sal , 3o9
Provocation de la sécrétion muqueuse de
l'œil et des larmes , 3i i
Provocation de la sécrétion muqueuse du
conduit auriculaire , 3 1 2
Provocation de la sécrétion du mucus hue*
cal et de la salive , ibid.
Provocation de la sécrétion muqueuse gut-
turale ^ 3 16
DES MATIÈP..ES. 4g3
Provocation de la sécrétion muqueuse du
conduit aérien , P^gc 3i6
Provocation de la sécrétion muqueuse gaS'
trique^ 3i8
Provocation de la sécrétion muqueuse intes-
tinale 3 3 19
Provocation de la sécrétion muqueuse du
Dagin et de V utérus , ibid.
Provocation de la sécrétion muqueuse de
l'urètre , 32 o
Provocation de la sécrétion muqueuse de
la "vessie urinaire , 2>2. i
2°. Provocation de la suppression des sécrétions
muqueuses , 32 1
§ II. Médications de V eouhaJation cutanée , 322
1**. Provocation de la transpiration insensible
et de la sueur , ibid.
Moyens locaux , 824
Moyens secondaires , 826
3*. Diminution et suppression de l'exhalation
cutanée^ 33 i
3°. Modification du produit de l'exhalation
cutanée , 332
§ III. Médications de la sécrétion urinaire ^ ibid.
1^. Provocation de la sécrétion urinaire, ibid.
Corps susceptibles de déterniiner V inflammation
des organes urinaircs , d'augmenter la fré-
quence du pouls , la chaleur générale , et d'o-
pérer en même temps une excitation notable
sur d'a^ttres organes , 33q
Corps susceptibles de diminuer la fréquence du
pouls ^ la chaleur générale, et d'irriter ou fion
494 T A B L B
les surfaces sur lesquelles on les applique i'^*Z\%
20. Diminution de la sécrétion urinaire , 345
3". Modification du produit de la sécrétion uri-
77 a ire , 84^
J5 IV. Médications de la suppuration cutanée , 347
1°. Suppuration cutanée avec ablation de Vépi*
derme {vésicatoire suppurant^ , ibid.
2°. Suppuration cutanée a^^ec éj'osion de V épi-
démie ( exutoire Le Pioy ) , 35 1
§ V. Médications de la suppuration du tissu cellu-
laire soucutané f 355
Fonticule à pois (^cautères^ , 358
Fonticide à se ton ( se ton ) , 36 r
§ VI. Médications delà sécrétiondu lait , 363
I®. Provocation et augmentation de la sécré-
tion du lait , 364
2®. P\étention et suppression de la sécrétion du
lait, ibid.
3*. Excrétion du lait accumulé dans les ma-
melles , 366
4*^. Modification de la compositiondu lait y 367
§ Vil. Médications de la sécrétion du sperme ,
ibid.
§ VIIL Médications île la sécrétion de la bile, 368
Ordre IX. Médications particulières des fonctions
digtfstives , ibid.
5 l^*". V^oniissement , ibid.
§ II. Purçntion , 385
1°. Suh s Lances qui sont nutritives en totalité ou
en partie , qui , convenablement adminis-
trées , peuvent provoquer la purgation
sans déterminer de douleur ni de chaleièr
15 £ s MATIERES. 4q5
locale , sans occasionner de phénomènes
sympathiques évidens, qui n agissent qu
grande dose , et qui ne peuvent occasion-
ner d'inflammation , à moins qu elles ne
soient altérées ou sophistiquées , page 3g4
2*^. Substances non nutritives , qui ne sont pur-
gatives quà grande dose , ne produisent
pas de constipation subséquente , ne sont
pas susceptibles de produire de chaleur
ni de douleur locales, à moins qu il n'y
ait entamure ou pJdegmasie , qui détermi-
nent un sentiment de fraîcheur générale ,
et provoquent la sécrétion urinaire , 400
3*. Substances qui sont susceptibles d irriter ,
de déterminer de la chaleur , des douleurs
intestinales , de provoquer des nausées, le
vomissement , cV occasionner une constipa^
tion subséquente , de donner lieu aux phé-
nomènes généraux de la purgatlouy et
qui peuvent , à l'état de concentration,
déterminer V inflammation de la mem-
brane muqueuse du conduit alimentaire ,
4o5
Purgation sans phénomènes généraux notables >
Çpurgation minorative) , 4^7
Purgation avec phénomènes généraux notables
(purgatif! drastique ) , 480
Purgation avec vomissement ^ 482
Ordre X. Médications particulières de la Jonc-
don de la génération , 433
ÏUe SECTION. Médications spécifiques , 433
49^ TABLE
Ordre 1er. Moyens propres à détruire les miastries
contenus dans les circumfusa, les applicata et les
ingesta-j P^gc 4^^
Ordre II. Moyens propres à détruire la disposi-
tion organique spécifique à contracter la con-
tagion de certaines maladies , 444
§ [er. Spécifique pour préserver de la variole , 445
Ordre III. Moyens propres à détruire les corps
morhifiques introduits ou développés dans nos
organes , 466
5 1er. Spécifiques du ^virus syphilitique , ibid«
§11. Spécifiques du "virus rahiéique , /^^o
§ III. Spécifiques contre le ^venin de la vipère ,
461
§ IV. Spécifiques contre la piqûre de sangsues
et de différens insectes , ibid.
S V. Spécifiques contre l'empoisonnement , /^G'd
% W. Spécifiques contre les vers intestinaux , ùfiÇ»
% VII. Dissolvans des calculs urinaires , 4?^
§ VIII. Dissolvans des calculs biliaires , 480
§ IX. Neutralisans de l'acide qui se forme quel-*
quefois dans l'estomac , 482
§ X. Neutralisans de la matière des flatuosités ,
483
§ XI. Moyens propres à enlever C enduit phos"
phato-calcaire qui recouvre les dents , 484
§ XII. Moyens propres à déterminer l'évulsion
des poils , 486
Fia (le la Table tlu second Volume.
''m
ABLE
ALPHABÉTIQUE ET SYWONYMIQUE.
Les chiffres romains indiquent le tome , et les chiffres arabes
la page.
.^ Bi E s picea. Tome I ,
payes 49 et 5o.
^hies taxifolia. Ibid.
Absinthe.I, 81,290; II, 124,
472.
Acerbes. I, 265; II, 58.
Acétate d'ammoniaque. I, 17,
077; II, 292, 527.
Acétate de plomb. 1 , 24 , 4^ i ;
II , 90 , 46a.
Acétate de potasse, I, 17,
4o5; II, 345.
j4cetosa^ -voyez oseille.
Acetosella^ I, 599.
AceLiim y v. vinaigre.
Acides. I, 5, 584; ^I» 65, io5,
107,110, 112, 175,268,
544, 4^6, 4t>3 , 4^9-
Acideacétique.I, 6, 170,594;
11,69,254,297,544,457,
465.
Acide acétique pyro-4iuileux.
I, 596; II, 113, •?97.
Acide aérien , v. acide carbo-
nique.
Acide arsénieux, v. oxyde
d'arsenic.
Acide benzoïque. 1,7, 522;
II, 69,297.
Acide boracique. I, 5; II,
4o3.
11.
Acide carbonique. I, 5, 592;
II, 67,254,294, 344,375.
Acide crayeux , -v. acide car-
bonique. -
Acide marin , v. acide muria-
tique.
Acide marin déphîogistiqué ,
î'. acide murialiqueoxygéné.
Acide muriatique. I, S, 391 ;
II , €)€> ^ ^i I 5 1 13 , 174 »
247» 297,544,440.
Acide muriatique oxygéné. I,
5 , 392 ; II , 67 , 1 1 ( j 1 1 3 ,
174, 176, 297, 441,460,
465.
Acidenitreux.il, 458.
Acide nitrique. I, 4 j 390; II,
6{î, 174, 544, 458, 479.
Acide oxalique. I, 6 , 59g; II,
267 , 544.
Acide phosphoreux. I, 573.
Acide phosphorique. 1,5, 392.
Acide prussique. 1, 568. _
Acide sédatif, v. acide bora-
cique.
Acide succinique. 1,321.
Acide sulfureux. 1 , 4 ; H , 1 1 3*
297-
Acide sulfurique. I, 5, 4^^»
487; 11,65, 107 , 109, 110,
112, 126, 175, 267.
32
49^
Acide tarlareux. I, G, 4^*o j
II, 2G7, 544.
Aeide tlix vinaigre, v. acide
acétique.
Acide \ ilriolique , v. acide siU-
furique.
Acidulé oxalique, v. oxalalc
acidulé de potasse.
Acidide tartareux , v. tartrite
acidulé de potasse.
jdconituin iiapelliis. I , 5'jf).
Aconis calarnns. I, 67 , 5o5 j
II, ù'iij.
Acoriis verus. II , 526,
Adiantinn capillus veneris,
II, 114.
Adipocire. I, 56; II, 2o5, 212.
Adoucissans.il, 187.
Agariciis jnnscariiis. I, 44^-
Agaric blanc. II, 422.
jfigmnonia eupatoria. 1 , 275.
Aigremoine. Ibid.
Ail. I, 7'i, 507; II, 46.
Ainiaul. Il , 2io.
Air déphlogisliqué,i'. gaz oxy-
gène.
Air fixe , z". gaz acide carbo-
nique.
Air inflammable, v. gaz by-
drogène.
Air pblogisliqué, v. gaz azote.
Air vital, nj. gaz oxygène.
Albumine. I, 57, 160, i85;
II, 20I.
Alcalis. I, 8, 579; II, 71,
175, 469.
Alcalis aérés doux , v. carbo-
nates alcalins.
Alciili fixe de lartre,i'. potasse.
Alcalilixe minerai, v. soude.
Alcali volatil,?^, ammoniaque.
Alcali volatil concret , v. Car-
bonate d'ammoniaque.
Alcali volatil fluor, -v. ammo-
niaque.
T A E L K
Alcool. I, 61 , 167, 553; II,
41 , «17 , ii2, 255, 245,
264,268, 527, 55o, 544,
462,476.
Alléluia. 1 , 598.
Alliiun cepa , Allinm sati-
vuni. I, 72, 507; II, 46,
«49» '57, 540, 472.
Alliuiii ascalonicum , Allinm
Jistulosiim , Allitnn schœ~
noprasum , Alliiim scoro-
doprasutn. I , 5o8.
Aloès, I, 56, 248; II, 37,
285, 41 5, 4_77,
Altérans. 1 , 25o,
Alt/iœu officinalis. I, 65, -9,
95 ; II, 192 , 210.
Aluine , V. absintbe.
Alnnieii, v. sulfate acidulé d'a-
lumine triple.
Alun. Ibid.
Araandes.'I , io4;IIj 2o3.
Amandes amères. I, 570.
Ambre. II, 434*
Ambre jaune , v. succin.
Amers. I , 240 ; 11 ^ 57 ,
471.
Amidon. 1,57; II, 193.
Amilacé. Ibid.
Ammoniaque. I, 9, 574 ; II> 72,
118, 145, 157, 175,247,
327, 52;.), 461 , 469.
Amini major. 1 , 295.
Amoininn cardaniommn. I,
529.
^-Piiradisi. Ibid.
— Zi/igibf.r.YWnS. II, i58.
Amrgdalœ ,')\ amandes.
Ainygdaius cotnmuiiis. 1, 1 04.
Amygdalns persica. 1 , 94 »
568, 571 ; II, 4» 9.
Ancliusa itulica. H, 545.
— Officinalis. Ibid.
Anémone neinorosa. II , 1 49*
— PnUensis, 1 , 44^*
AXrHASÎiTiQîJE
AnetJinm fœniciilian , v. fe-
nouil.
' — gra^eolens. 1 , 295.
u^ngetica archungulica. 1,65,
290; Il , 114, 5 10,
Angélique. //-«/ri.
^ngiislura.\^ ']/\-, 247.
Anis tloux , V. fenouil.
Anis étoile , v. badiane.
Anis ordinaire. 1, îo6, 295 j
II, 114,484.
Anodins. II, 256.
Anserine. I , a-jS
Antlieniis nohilis , V. camo-
mille romaine.
jifitliemis pyretrum , v. py-
rèlre.
Anthelminliques. II, 467.
Antidotes. 11, 465.
Antimoine cru, v-. sulfure d'an-
timoine.
Antimoniaux.1, 19, 452; II, 78.
Antispasmodiques.il, 261.
Aplirodisiaques.il, 455.
u4piiun graveolens. 1 , 295 )
11,541.
— Petroselinum , -y. persil .
Apoplilegmatisans, v. errhins
et sialagogues.
Apozèmes. 1, 208.
yiipiila alha, v, murîate de
mercure doux.
Arbousier , v. raisin d'ours.
^rbutiis iiva iirsi. Ibid.
j4rcannm daplicatiun , voy\
sulfate de potasse.
Ai'cliaugélique , v. bouillon
blanc et angélique.
yUctiiini lappa, v. bardane.
Aréomètres. 1 , 1 46.
Argentine. I, 275.
Aristoloche. II, 124.
^4ristoloclna lo?jga et rotiin-
da. Ibid.
A rmo ise. 1 ,82, 290; 11 , 1 •j>^,^'}2.
499-
Arnica. I, 95, 291.
ylryiicà /nontaua. Ihià.
Arrète-bœuf. II, 54 1-
Arsenic et ses composés. 1 , 4^7}
11,76.
Art de formuler. ï, iSg.
Anemisia absuitldiim , voy\
absinthe.
— Vulgaris , v. armoise.
Arum. H , 1 15.
Arum mactdatian. Ibid.
Arundo dontix. 1 , 44^ » ^^ î
366.
-^Plfagmites. Ibid.
Asariim europœuin , v. ca-
baret.
Asclepias vince-toxïcum. II,
526.
Aseili , V. cloportes.
Asparagus ofjiciiicdis , voy,
asperges.
Asperges (racine d'). II, 54i.
Aspic j V. lavande.
Assa dulcis , v. benjoin.
Assa fœtida. I , 5 1 , 5 1 1 ;
II, 49, ii5, 124, 247,
472.
Asthme convulsif. 11 , 299.
Astriction de la surface buc-
cale. II, 110.
— cutanée. II, 100.
— gastrique. I, 442.
— gutturale. Il , 100.
— intestinale. II , 107,
— nasale. II, 112.
— oculaire. Il , 119.
— pulmonaire. II , ii6.
— urétrale. Il , 122,
— utérine. 11, 126.
Astringens. 1 , 45i , 452 , 4^5;
11 , I05 , 107 , I 10 , M2,
116, 119, 122 , 126.
Atoniques. Il , i85.
Atropa beiludona , i\ ]>ella-
done.
50O TABLE
Atropa mandragora , 7>orez Avoine. I , io3; II, igô, iqh-
mandragore. Axonge. I, 47 ^ 182; II, ao'2.
Année. I, 55, 291; II, 4(>» '^i?. , 4^5.
ii4. SiO. Azole , 7'. gaz azote.
yiuruntiiini , v. orange.
B.
Badiane. I, loi , cqS; II, i i4- Beurre d'antimoine, v.muriale
Baipsde genièvre. 1, 101 , 5i 5; d'antimoine liquide.
11,45, 559. Beurre de cacao. 1,47 5 II» "202.
Baicsdenerprun.I, I02jll,4i4- Bicie. I , 162.
Bains. I,i8ô. Bile de bœuf épaissie. I , a5i.
— chauds. II , 112. Bislorle. I , Gq, 270J 11,58.
— éleclriques. II, 21. Bitume. I , 522.
— froids, il , 18. Blanc de baleine , v. adipocire.
— de sable. II, 524. Blanc de lard , v. nitrate sur-
— tièdes. II , 209. saturé de bismuth.
— de vapeur. Il, 14. Bois gentil, v. gaiou.
Balaustes, ('.fleurs de grenadins. — néphrétique. II, 542.
Barbotine , v. citia. —saint, v. gaiac.
Bardane. 1 , 75 , 45o;II,526. — deSurinam,i».quassiaamer.
Bases salifiables. 1 , 7. Boissons. I, 2o().
Basilic.1,85,289; H, 40, 1 14- Bols.I, 79(3.
Basi/iciim. Il , 53. ^ o/etus lan'cïs, l'.av^ar'ichhnc.
Baumes. 1,52, 323; 11,69,70. Borate sursaturé de soude. I,
Baume decopahu, t. copahu. i4 ; II, iio.
— du Pérou. I, 53 . 523. Borax. lôid.
— de Tolu. lùid.W, 11 5. Borragu ofjicinolis , voyez
Beccabuuga. I, 307. bourracbe.
Béchiqups. II, 199. Boucage anis, x». ania.
Belledame , r. belladone. Bouillon, Il , 197.
Belladone. I, 90 , 357 j ^ï> ^^» ^""'''on blanc. 1, 95 ; II , 114.
. 260,451. Boule de mars, i\ tartrite de
Benjoin. 1 , 53 , 523. potasse et de fer.
Benoite. I, 65, 262. Boule de Nanci. IbùL
Benzoë, v. benjoin. Bouleau biùnc'écor. de).II,343.
Jleui. nibra , ij. poirée. Bourrache. Il, 543.
Bétoinc. ÎI , 5oi , 5 10. Jjrass/ca napus. ]], 200.
— d'eau ,z».scrcphulaireaqua- Brou de noix vert. I , 275; II,
lique. 58,471-
BJtonica ofjicinitlis ^ t. bé- Br\one. II , i J9 , t\î.\.
toine. Jiryoniti alba. Jbid.
/'elle , -j». poirée. Buglosse. Il , 545.
Jipiirrf. 1 , 47 , 182; 11,202, Buis. 1,448-
S12 , 465. Jiuxiis sejnpervirens. Ihid.
ALPHABETIQUE.
iîOT
c.
Cabaret. I, 67, go ;II. 501,579.
Cachou. 1 , 56, 2675 II, 58,
109 , 1^2 , 19.5.
Cadruie des fourneaux , voyez
oxyde de zinc.
Café. I, 298 ; II , 255, 255.
Caille- lait. J , 2^5; II, 198,
565.
-Calamine*, v. o\yde de ïinc.
Calamiis aromaliciis. 1 , 67 ,
5o5.
Calculsbiliaires.il, 480.
— urinaires. II, 478.
Caïmans , x\ sédatifs.
Calomélas, v. muriate de mer-
cure doux.
Calorique. 1 , 254 ; II , 1 1 , 1 44»
i65, 189 , 208.
Camomille romaine. I, 85,
291; il, 40, 124, 575,472.
Camomille ordinaire, lùid.
Camphre. 1 , 58 , 54o j II , 44 »
255, 242, 268, 52g, 47 ••
Camphrée de Montpellier. II,
114.
CmupJiornsma Monspellia-
ca. Ihid.
Cannelle. I, 77 ,524; II, 320.
Cannelle blanche. 1 , 3i6.
Canne de Provence. 1 , 448-
Caniharides. I, 109; II, Sg ,
i4o , i55 , 541 , 349, 4^6'
Capillaire. II, 114.
Capparis spinosa , i'. capprier.
Capprier. II, 542.
Carbonate d'ammoniaque. I ,
i5,575,j II , 75, 529, 469.
Carbonate d'ammoniaque pyro-
huileux, I, 577 ; II , 247-
Carbonate de chaux. I, 14 ; H»
68, 482.
— de fer. 1,25, 27G.
—-acidulé de fer. 1,276511, 95.
Carbonate de magnésie. I, 1 5;
II, 482.
— ■ de plomb. 1 , 24 ; II , go.
— de potasse. 1 , 1 4 , 582 \ II ,
7 1 , 544 , 465 , 469.
— de .-ou de. ïbid.
Cardamine pratensis , voyez
cresson éléj^ant.
Cardamome grand. I, 329.
— petit. lUid.
Cardinis benedictus , voyez
chardon béni.
Carex arenaria, I, 447» 449?
Il, 526.
Carica , v. figues.
Carminatifs. II , 485.
Carthamus tinctorius.W , 422 .
Caithusianoruni pidvis ,voy.
oxyde d'antimoine bydro-
sulfuré brun.
Canim carvi , v. carvî.
Carvi. 1 , 1 06 , 295 ; II , 485.
Caryophyllata , v, benoite.
Car} opJiy lias aromaticus , v.
gérofles.
Cascarille 1 , 76, 5a6.
Casse. I, 97; II, 199, 398.
Cassiajistula , v. casse.
Cassia lanceolata , v. séné-.
Cassia lignea. 1 , 326.
Cassia se/ina , v. séné.
Cassia soliUiva , ik casse^
Castoréum. I,6o, 55i.
Cataplasmes. I, 184.
Citapntia major , v. ricin.
— miiior , îJ. euphorbe.
Cathartiqiies. II , 4^0.
Catbéré tiques , voy. escarro-
liques.
Caustiques , ?;. escarrotiques.
Caustique de fr. Côme. Il, 17^.-
Cautcresî(,fer à ). II , \ Q^^
Cault're,^ , v. foalicules».
boz
T A h L E
Ceiitmirea calcilrapa , voy.
clianssp-lrape.
— . be.ii.t'dictd , ?'. chardon béni.
Ceniaurée ;^peiiLe). 1 , bo , 24^ J
JI, 57.
Ccnùauiinui minus. Ibid.
CefJa , voxez oignon.
'C '>a , To\ . cire.
Cérai.J , i8i.
— de Ga.ien, ou cérat simple.
I, i8i; il, 2i2,4<33.
- — do (ioulard. H , 91.
— ■ de Saturne. Jl^ii/.
Cr''folium , !>. cerfeuil.
Cerfeuil. 1 , 2t)5.
Cerfeuil sauvage. Il, i5o.
Ccruse , V. ca*"bonale de plomb.
Ccvadille. I , io5 5 II , 474«
C.liacrille , v. cascarille.
Cliœrffuiinin , v. cerfeuil.
Chaleur , v. caioriqiie.
Chalibé , v. ferrugineux.
Chiunœdrys. 1 , 84 , "-iB»); II ,
Chamtepitys. I, 84 1 ^89.
Chain urès , v. scordiuni.
Charbon. II, i%.
Chardon l)éijl. 1 , 80 , 240.
Chardon-Kolaiul. II, 34l.
Chau.sse-ii-ipc. Ihid,
Chaux. 1,8, '.87); II, 74, 176.
Chaux nit^lallicpies, v. oxvdes
mélalli<|u(\«.
Chêne ( ëeorce de). I, 275 j
II , 58.
Chêne ( pelil ), -y. ch,nnaulrys.
Chenopoduim aniliehninilii-
ciim. il , 47'*'
Cliicorée sanvaue. I , tS.
Chiendent. J , (>j ; iJ , 19^.
( lùna , V. Sf]iiiiic.
CInroniii ccnt.iurltim , l'oyez
petite centaurée.
Chou marin, toj f>3jscddauei!e.
Ciboule. I, 5oB.
Ciohorcnm inùybùs , voy. chi-
corée.
Ciguë, V. conùun 7?iaciitatiini'
Cina. I5 107; II , 472.
Cinchona , v. quinquina.
Cinnabre, v. oxyde de mer-
cure sulfuré rouge.
Cinnuniomum , v. cannelle.
Cire. I, 58-
Cissanipelos parelra , v. pa-
reira brava.
Citron. 1 , 98 , 296 , 097.
Citriis aurantiiun , 71. orange.
— limonia , v. limon.
— nie, die a , v. citron.
C/ematis.]] , 148, i40'
Cloportes. Il , 544-
Clous de gérofles , r. gérofles.
CLutia ehuheria , voyez cas-
carille.
Clystères. I, an.
Coccinidiiirn , v, garou.
Cochléaria. 1 ,88, 5o5; II, 4&.
— qtficinalis. Ibid.
« — annoj acia , voyez raifort
sauvage.
Coffca arabica , v. cafë.
Coing. 1,99, 106, 400.
Colcliicinn antiirn/iale , voy.
colchique.
Colchique. II, 54o.
CoIcholar,i'. oxyde de ferbrun.
Colle de poissoai. I, 4o«
Collyres.!, i88.
Colophane. J , 5o.
Coloquinte, I, 102, 44^? ^^ ♦
4-2 J, 477-
Colombo. 1 , 68 , i\i) ; H, 574.
Concentration ( degré-s de ). I ,
i4f.
Concombre sauvage. II , 4^3.
Crmfeclions, v. élcctuaires.
C «tiiinn jnacidatnni. 1 , 8q ,
5V, ; 11,55, 4C5.
Conserves, v. élecluaires.
AL PH À B
Consolida major ^ v. grande
consoutle.
Consoucle(grande).I,65jII, 1 92.
Contra , v. cina.
Contrayerva. 1 , 3o2 ; II , 526.
Contrav allaria niajalis , voy.
muguel.
ConvoU'ulns jalappa, voyez
jalap,
~ niechoacanna , v. méehoa-
can.
— scarmnonea , toy. scaru-
monée.
— soldanella , v. sokîanelle.
— turpetlumi , v. turbilb yé-
gétal.
Copahu. I, 48, 5i5.
Copaifera qfjicinalis ^ voyez
copahu.
Coquelicot. I, gl, 282 ; II , o'iô.
Coralliaa ofjlcinalis . 1 , 1 09 ;
II , 475.
CoraUiiia corsîca , v. mousse
de Corse.
Coralline officinale. 1, 109; II,
470.
Cordia mixa , v. sebestes.
Coriandre. I, 106, 293.
i T I Q U E. 5oS
Corlandriun sativurn.l. 106,
293.
Corne de cerf. II , 197.
Couleuvre , ?'. bryone.
Couperose blanche , v. sulfate
de zinc.
— bleue , V. sulfate de cuivre.
— verte, v. sulfate de fer.
Craie, t. carbonate de chaux.
Crème de tartre,?;, tartrite aci-
dulé de potasse.
Cresson alénois. 1 , 88 , 3o5 ^
11,46.
— élégant , l^id.
— de fontaine. lèid.
Cristaux de tartre , 7k tartrîte
acidulé de potasse.
Crocus sativiis , v. safran.
Crolon cascarille ,v. cascarille.
Oucifères. I, 5o5.
Cncutnis colocyntlds , v. colo-
quinte.
Cucurbitacêes ( graines )i I »
io5 ; II » 267.
Cumin. I , 106 , 293.
Curcjirna. I , i85.
Cdsciita epitJiynium. II , 422.
Cyclamen europceiun. II, 425.
JDapîine g?iidium , v, garou.
— laureola. Ibid.
■ — mezereutn. Ibid.
Datura stramonùim , voyez
pomme épineuse.
Dattes. ], 97; 11,199.
Daucus carotta. II , 200.
Décoction , décoctum , I ,
162.
Delpfnniuni stapJiysagria , v.
stapliysaigre.
Dent de lion , v. pissenlit.
Dents ( opération ). II, 484-
Dentelaire. II, i55.
Désinfeciana,!!, 456«
Dîacrède, v, scammonée.
Diachylum , v. emplâtre de
plomb.
Diacode ( sirop ) , v. opium et
sirop.
Diapliorétiques. II , 026.
Diaprii/nini. I, 426.
Diascordium. 1 , 544'
Digestion. 1 , 162.
Digitale pourprée. I, 89, 564 J
11, 244» '^^7 » ^42.
Dissolution. 1 , 160.
Distillation. I, 162.
Distillé Immédiat. 1 , 284.
Djurélir|ues. II , 558^
5o4 TABLE
Dorstenia contrnyerva , voj
co/Urayerva.
Dosps. 1 , 139.
Douiplp- venin. II, 52G , ?)4i.
Doiic(vamèic.l,go,56(;I],3i<3. Dryuiis JVinLerî. 1 , ôaG.
Doiiclies. 1 , 18G; II, 55 , 255, Dulcamara , j'. douce-amcre.
244.
Douleurs [ '^loyens de les pro- '
voquer). ' i , -25 1 . (Moyens île
les iippaiser). II , ^50.
Dropaces , t). vésicatoires.
E.
Eau.I, iG5 , 4^3.
— acidulés. 1 , 2g , SgS; II, 68.
— bouillante. 11, 144.
— chaude. H , 12.
— ferrugineuses. 1 , 34 ? '^76 ;
11,95.
— de fleuve. 1 , 28.
— de fontaine. I/nd.
— forte , V. acide nitrique.
— • froide, 1 1 , 468.
— de goudron. 1 , 096.
— Iiydro- sulfureuses. I, 55,
4m; 11,64.
— de marais. 1 , 28.
— de mer. 1 , 29 ; II , yS.
— niercurielle. If , 181.
— minérales. 1 , 28.
— de neige. I/fïd.
— phagédénique. Il , 84.
— de pluie. 1 , 28.
— de puits. I/ncJ.
-— de Rabel , ou alcool sulfiir.
1 , 586.
— de rivière. 1 , 28.
— r('gole,7^neidi'nilro-niuriat.
— saliiies.1 , 5i , 4o5 j II, ^S.
— de source. I , -.8.
— spirilueuses, v. alcools dis-
tillés, ou distillés alcooliq.
— sullureuses, ?> eaux hvdro-
s M Mu reuses.
— tièdn. II, 189, 208, 58 1 ,
465.
■ — végélo- minérale. II, 91.
— de vie ou alcool ^ 10», v.
alcool.
Eccoprotiques, r. purgatifs,
tclegnia , v. looch,
— solide , V. tablette.
Ecorces.I , -^5.
Elateriura. II , 4'25«
Elecluaires. I , i (p.
Electricité. II , 2 1 , 119, 1 20 ,
121, 1 24 > 1 54 , '-^55 , 256 ,
245 , 249, 255.
Eleclromoteur ou pile de Vol la.
II , 22 , 28.
Elémi. I, 5o; II, 255.
Icosaechaniiri , v oleosac-
kanini.
Elixirs, 7'. alcools, et teintures
alcooliques.
Ellébore blanc. I , 70, 44^ î
IJ, 57 , Soi , 3io.
— noir. I, 70, 446; II, 57,
5oi , 4'9-
End)rocation. I , i85.
Emélo- calbartiques. II, 452.
Emétiques. W^ l\'i.\ .
Emménagogues. Il , 125, 285.
Emoliicns. 11 , i85.
Emplâtres. 1 , 177.
Enipoi.sonnemei;s. II , 465.
Emuisions. II , 2o5.
Jinula canipano , v. auncc.
Epilotiques. II, 486.
Epispastiques t. rubélians et
vésirans.
Epilliini. II, 4^2.
Errbiiis, 11 , Sog.
Kryiif^iuni campestre , voyez
churdon-HolaïuL
ALPHABETIQUE.
5o5
Escarrotiques. TI , i6o.
Espèces. 1, i53.
Esprit alcalin , v. aminoniaque.
— de Mindérérus, ro/. acétate
d'amnjoniaque.
— denitie, c. acide nitrique.
— de nitre dulcifié , r. alcool
nitrique.
— de sel , foy. acide muria-
tique.
Elher. J, 6i, 17g, 537 5 '^1 4'»
•25.1, 2O5 , 296 , 529, 476.
— acélique. 1, 41 , ^2, ^"JÔ.
— sulfurique. lâid.
Etliiops martial , t'oj'. oxyde de
ter noir.
— per se , v. oxyde de mercure
noir.
Eiigeiùa cary ophyllata , voy.
gérofles.
— ■ de sel dulcifié, voy. alcool Eupliorbe. I, 57 j II, 57, i48.
muriatique.
— devin, v. alcool à iS^et
au-delà.
•— de vitriol, v. acide sulfuri-
que étendu d'eau.
Esquine , v. squine.
Essences, c. alcools et teintures
alcooliques.
Elain. I , 25j II , 4G9.
Eternuement(moyendeIe pro-
voquer). II , 298.
Exhalations (moyens de les pro-
voquer). Il , 5o-3.
Excitans. I , ii\ ; Il , i.
Expeclorans.il, 11 5, 5 16.
Exlraclifs. I , Sg.
— oxygéné. 1 , 40-
Extraits. I , i54.
— de Saturne, voy. acétate de
plomb.
Exuloires. II , 55 1.
F.
Farine. J, 18 r.
Fécule, V. arailacé.
Fenouil. I, 107,293^X1, 11 4,
5 10, 541 , 364-
Fer. 1 ,24 , 276 ; II , gS.
FeiTugineux , «'. fer.
l'^erida asso fcelida, voy. assa
fœlida.
Feu. II, 16, i65.
Feuilles. 1 , 78.
Fiel de bœuf. I, sSi.
Fiel de terre, v. fumeterre.
Figues. I ,975 II, 199,
* Flaluosités ( moyens pour les
combattre ). II , 483.
llagellalion. II , i38.
Flambe , v. iris d'Allemagne.
Fleurs. 1 , 93.
Fleurs de benjoin , voy. acide
benzoïque.
Fleurs de grenadin. I, 96.
Fleurs de sel ammoniac mar-
tial , V. muriate de fer am-
moniacal.
Fleurs de soufre , v. soufre
sublimé.
Fleurs de zinc, v. oxvde de
zinc sublimé.
Foie de soufre, v. sulfures al-
calins.
Follicules de séné, II, 411.
Formes des médicamens. I ,
l52.
Fomentations. I, 186,
Fonticules. II, 358, 5Gi.
Fougère mâle. 1,72; II , 474*
Fumeterre. I, 80, 249 J II,
37.
Fraisier ( racine de). II, i54.
Froid. T ,235; II, 18,245.
Frictions sèches. II ,^ 10, 54^ •>
5jt5.
5o6 TABLE
Frictions nleclriques. II , i54. Frictions glaciales. II, 19, SaS-
— galvaniques, ibid.
G.
Gaïac. I, 56, 78, 44^ » II « 326. Glycyrrhizaglabra ç». réglisse.
Galactopliores.il, 564. <— echînnata.lh\i\.
Galhanum. I j 5i , 5ii; II, Gnaphalùun dioicum , voyez
49 , 1 15. pied de chat.
Galiote , v. benoîte. Gomnics. 1 , 44.
Galles. 1,271; II, 58, 122. Gomme adrai;ant.I, ii4) i57,
Garance. II , \-if\ , 54i. 201 , 2o5 j II, 194.
Garou. I, 78,445 ; 11, 57, 552. — ammoniaque. I, 5i , 5iij
Gaz acide suUurcux. 1 , 4 i ii , II , 49 ^ » 1 5.
Ii5, 297. — arabique. I, 44^ ^57 , ao4;
— azote. II , 2g5. II, 189.
— hépatique , v. gaz hydro- — gHtte , c. gulte.
gène sulfuré. — kino , {'oyez kino.
»— hydrogène. 1,2; II , 29:1.. — résines fétides. 1 , 5o , 5i i ;
— sulfuré. I , xxxij ,10,410; II , 49 ? 247 , 248 , 472.
II , 64 , 294 , 4^4 •> 4^8. — du Sénégal , v. gomme ai'a»
Gaz oxygène. 1 , i, bique.
Gélatine. 1 , 4^ , 2o5 ; II, 197 , Goudron. 1 , 596.
2 11, 585. Gousses de séné. II , 4 1 ' •
Génération (sa médication ). Graines.!, lOJ.
II, 435. — de lin, c. lin.
Genièvre (baies de). I, 101, Graisse. I, 47 , 182 ; II, 2ii.
5 1 5 ; II , 46 5 557. Gf atnen , v. chiendent.
Gentiana Intea , v. gentiane. Gratiola oJJlcinaLis y voyez
Gentiane. I, 67 , 244 j '1} ^7. gratiole.
GeoffroiedeSurinara.il, 475. Gratiole. I, 91 , 44^ '■)^^ 4'7-
Germaudrée , v. scordiutn, Grenade ( Heurs et écorce de).
Gérolles. 1 , 95 , 327. 1 , 96 , 100 , 275..
Genm iirbaniirn , v. benoite. Grenouilles. II , 197.
Gingembre. 1, 029; II, i58. Gruau. I, io5j II, igj, 194»
Ginseng. II , 434. '95-
Olace. J , 255; II, 18. Gutte. 1 , 57 ; II, 4i^-
(iland. 1 , 275. Guimauvc.1 , 65 , 79 , 93; II,
Glecomahederacea,v>\\(ivvG 192 , 210.
terrestre. / GiUiœfera verax 1 , 57.
H.
Jlcniatoxyloii campechia- Hellébore noir, v. ellébore
ninn ( bois de campètrhe ). noir.
JJe.dara Iiclix. 11 , 555 , jOo. Jlellcbonis niger. Ibid.
Hellébore blanc, v. ellébore Helininthoconon , r. mousse
blanc. de Corse.
A L P H A B
Hematagogues. Il , 285.
Hémorrli^yie nasale ( moyens
de la provoquer ). II, 459.
Hcruorriioides ( mcyens de les
provoquer). II, 284.
Herbe à élernuer , v. ptar-
mlque.
— aux puces, ♦'. ■psyllium.
îlcrmodaltes. II , 422.
Uordeiim , c. orge.
Houblon.!, 349; II) 317.
Houx( petit ). II , 342.
Huile animale de Dippel. I,
0/9.
Huile- cire (cérat mou). I, 182;
II , 212.
Huile d'amandes. I, 4i > 4^ >
II, 201 , 394, 467.
Huile d'olive. I , 4^ ? 4^? i85;
II, 201 , 212 , 394 , 4^7-
Huile de ricin. I, 4t>j II, 394,
Huile de vitriol , v. acide sul-
fuiique concentré.
É T I Q U E. 5o7
Huiles essentielles, v. huiles
volatiles.
Huiles fîies. 1 , 4i ? 4^ > ^^9 »
II , 201 , 212 , 325, 094.
Huiles grasses. Ibid.
Huile pyrozoonique. I, 3ig.
Huiles volatiles. I, 4^ > 47»
282 ;1I, 42, i36,2b2, 264,
327.
Huile Tolatile pyro -bitumi-
neuse. I, 32o;II,47ï-
HiiTtiidiis lupulus , V. houblon.-
Hydrogène. 1 , 2 ; II , 294^
Hydrogène sulfuré. I , xxxlj ,
10, 4ioj II, 64,294,464,
468.
Hydi'omel. II, 199.
Hydro-sulfure d'ammoniaque.
l, 10.
Hyosciamus niger , v. ]us-
quiame.
Hyssope. 1 , 84, 289 j II , 46 ,
1 14 } 3^6.
Hyssopus officinalis . Ibid.
I.
JlUcinni anisatiiTTi j voy. ba-
diane.
Imagination ( son influence ).
Il , 223.
Impératoire. I, 66 , 293.
Impe.ratoj-ia ostlirutmm. Ibid.
Infusions, infusum. 1 , 162.
latermèdes. 1 , 1 52.
Inuîa heleniiim, v. année.
Ipécacuanha. I, 70, 44''î ^^*
ii5 , 078, 582 , 335.
Iris d'Allemagne. II , 4lS*
Iris ger?nanica. Ibid.
Iris de Florence. II, 11 5.
Ins tiiberosa , v. turbith.
Ivetle , V. chamcepitys.
J.
Jalap. ï, 71 ; II, 4^6. Juleps. I, 208.
Jaune d'œuf. I, iSg, i85, 196; Juniperns communis ,v. geniè*
JI, 2o5. vre.
Jujubes. 1 , 97 ; H , 197. — sabina , c, sabinc,
Jiiglans regiu , v. brou de
nois. vert.
So8
TABLE
Keempferia rotiinda , v. zé- Kino. I, Sg, 268.
doai re . K ramena triandra , v. ratan-
Kermc's minéral, v. oxyde d'an- hia.
timoine hydro-sulfuré brun.
L.
Lait.II,io5.
Laminm album. I, 95, 289;
II, I 14.
Lapatliiim aciUinn. 1 , 45o,
•— saii^uineiun. Ibid.
Ligusticum levistîcuni , v. Uvè*
che.
Liliurn convalluin, v. muguet.
— de Paracelse, c. alcool de po-
tasse.
Lauréole. 1,78, 445 j II , 57 , Limaille d'étain , v. élain pul-
55ri. vérisé.
Laurier-cerise. I, 568; 11,466. — de fer, v. fer pulvérisé.
Lauriis cinnatnoîniwi , v. can- liimonade. I , ^Qo.
nelle. Lin. I, lo/jf^ll, 190,210.
— sassafras , v, sassafras. Linctns , r. looch.
Lavande. 1,84 ,-'-89; H ,46, Linimcnt. I , i85.
526. Liniim iisilatissiminn , v. lin.
Lavemens. I, 211. Liqiddambar styracijlua, v.
Lavendiila s pic 1 ,v. lavande. styrax.
Laxatifs. II, 594.
Lemit/)ocorio;i , v. mousse de
Corse.
Jjepidiinfi sativum , v. cres-
son alénois.
Leontadon taraxacum, v. pis-
senlit.
Lessive des savonniers. II , x']^).
Lichen d'Islande. 1^79; II ,
195,195,197.
Lichen islandicus. Ibid.
Jaiquiriùa , v. réglisse.
Liqueur minérale anodine
d'Hoffmann, i'. alcool élhé-
ré.
Litharge, v. oxyde d'antimoine
demi-vitreux.
Livèche.I, ^iS ^ 293; II, 4^ >
1 1 5,541.
Looch. 1 , 2o5 ; II , igS.
'jotions. 1 , 186.
Lumière. II, i6.
Lierre à cautère. II , 555 , 56o. Lythontriplics. II , 478.
— terrestre. J , 85 , 289; II, Lythrwn salie aria , v.stiWcyi'
114. re.
IJgnuin sanctnm , v. gaiac.
M.
Macération, maceratnm, I, Magistère de soufre, i'. soufre
maceratnm,
1 6 1 .
Macis. 1, 101 , 517.
Magistère de bismuth , ('. ni-
trate sursature de bismuth.
précipite.
Magnésie. 1,7; II, 482.
Magnésie calcinée , 1 , 7 ; II ,
482.
A LP HA U E T I Q U E.
Magnésid douce, v. carbonate
de magnésie.
Magnétisme minéral. II , 220.
Alajorau/iay v. marjolaine.
Malva roticndijblia ^ v. mau-
ve.
' — silvestris. Ibid.
Mancenilier. Il, 149-
Manganèse, v. osvde de man-
gauèse.
Manger des dieux, v. assa foe-
tida,
Maniguetle , v. amomumpa-
raclisi.
Manne. 1 , 54; H, 096.
Marjolaine. 1, 85 , 86 , 2895 ^t
42,114.
Marum. II, 520.
Marronnier d'Inde. 1, 264; ITj
ûB.
Marrube. 1,85, 289 ; II , 114.
Mars, t'. fer.
Massage. II, 10.
Masticatoires. I, 191 ; II, 5 1 3.
Matériaus. immédiats etraédiats
des corps organisés. 1,56.
Matière médicale json sujet, son
objet, son but, ses moyens,
etc. I, XV.
Matricaire. I, 85, 291; II,
124.
Matncaria chamomilla , v.
camomille ordinaire.
— parùheniutn , v. matricaire.
Mauve. I, 79J II, 192 , 210.
^^lechoacan. II , 422.
Médicamens. I, 120; leurs
préparations. I , iSg.
Médications aloniques. II, i85.
— communes. I, 221.
— en général. 1 , 1 1 1 .
— en particulier. 1 , 221.
— escarrotiques. Il, 160.
— particulières. II , 216.
— pldegmasiques.il, 1 29.
5o9
Médicationsspécifiques. Il,435*
— toniques. I, 221.
MeLampodium , v. ellébore
noir.
Mélanges. I, i5o, 157.
Méloë , V. cantbarides et scara-
bées.
Melissa officitialis , v. mélis-
se.
Mélisse. I, 85, 289; II, 46,
526.
MénagogueSjP'.emménagogues,
Menstrues ( moyens de les pro-
voquer ) , voyez emméoa-
gogues.
Menti la crispa , ç'. menthe.
— piperita , v. menthe poi-
vrée.
— pidegimn , v. pouillot.
Menthe. 1 , 86 , 289 ; Il , 46.
— poivrée. I, 86 , 289.
Ményanthe , ('. trèfle d'eau.
Menyanthes trifoliata , v. trè-
fle d'eau.
Mercure. ï , 2 1 .
Mercure doux, v. murïale de
mercure doux.
Mercure éteint , v. oxyde de
mercure noir.
Mercure iiitrcux, v. nitrate de
mercure.
Mercuresolubled'Kahnemann,
V. oxyde de mercure noir.
Mercuriale, il, 437'
NLerciirialis anniia. Ibid.
Mcrcuriaux. I ^ 420 ; II , 80.
NLcssreiLin ^ v. garou.
Métaux. I, 18.
Miel. ï, 55, 194, 207 ; II, 58,
200 ,395.
Miel mercurial. II, 427.
Millefeuille. 1 , 82 , 291.
Millepèdcs, 7;. cloportes.
Minium , v. oxyde de plomb
rouge.
fîlO TABLE
Minoralifs. II, agi, 4-27.
Mixture , t. poliv>ii.
Molène, }'. bouillon blanc.
Morelle. I, 89, 56 1 ; 11, 55.
Mort-chien, 1'. colchique.
AIosc/ii/s , V. musc.
Mouron , JI, i5o.
Mousse de Corse. 1,9^5 11,475.
Moutarde. I, 108, 004 5 II, 4t>,
145,373.
Moxa. II, i6i.
Mucilage. I, i85; II, 189,210.
Muguet, il, 5oi.
]\luqueux. 1 , 44-
Muii.'ite d'ammoniaque. 1 , 1 5 ,
078; 11, 75,529, 544,549,
Muriate d'antimoine. I , -lo; II,
174.
Muriate de baryte. 1,12, 407 j
II, 75, 544 ,'449, 469.
N
Napel. 1 , 559.
Naphaijîores) v. fleurs d'o-
ranges.
Naphle, V. élher.
Naiéolisme. II , 465.
Narcotiques. II. 241-
Nasturcium aqnaiiciivt^ v,
cresson de fontaine.
— Horteiise,v. cresson alcnois.
Kalron ou Natrum, v. soude
et carbonate de soude.
Nausées ( moyen de les provo-
quer et leur utilité ). 1 1 , 1 1 5,
529, 582.
Navet du diable , v. bryone.
Nèiles. 1 , 401.
Nénuphar. Il, 567.
Nerfs (leur médic). II, 216.
Nerprun.!, io2jII,4»4-
Nruiralisans de l'acide de l'es-
tom;tc. Il , 482; des ilatuosi-
tés , II , 4S3.
Muriate de cbaux. I, i5, 4o5-
Muriate de mercure corrosif. I,
22, 428 j 11,85, 178, 458.
Muriate de mercure doux. I,
22,426; 11,84, 4^1, 459»
465,470.
Muriate de mercure suroxydé
ou suroxygéné , v. muriate
mercuriel corrosif.
Muriate dépotasse, 1 , 4^3; II ,
75, 544.
Muriate de soude. I, i5 , 4o5 ^
11,75,349,404,469.
Muriate suroxygéné dépotasse.
1, i5, 4o4; 11,75.
Musc. 1 , 6i , 529.
Muscade. 1 , 108, 527.
Musique. II, 248.
Myrobolans. 11,422.
Myrrhe. 1 , 58, 55-2; II, 124.
Nicotiana tahaciim, î'. tabac.
Nicotiane. Ibid.
JSihil ulôiim , V. oxyde de zync
sublimé.
Nitrate d'argent fondu, I, 27 ,
.39; II» I77-
Nitrate de merc. I, 21; II, 181.
Nitiate de potasse. I, 12; II,
268,542,449.
Nitrate sursaturé de bismuth.
I, 19,440.
Nitre lixé par le cbarbon , v.
carbonate sursaturé de po-
tasse.
Nitre vitriolé , v. sulfate de po-
tasse.
Noirprun,r. Nerprun.
Noix de galles, v. galles.
— muscades , v. muscades.
Noix (brou de). 1,275; 11,58.
Nomenclature. I, xxix, xl, i5i.
Nymphéa, v. nénuphar.
ALPHABETIQUE»
o.
5iï
Ocymuni basilicum , v. basi-
lie.
Odeurs; leur influence sur les
propriétés médicales. I, \^[^.
Odorat ( ses médications ). Il,
247 , 25l.
OEufs ( blanc d' ). I, iSg ,i85;
II, 201.
— ( jaune d* ). I , ihid. II,
205.
Oignon. I, 72, 5o8 ; II, 46,
157.
Oleos accharnin, 1 , 285.
Oliban. II, 554.
Olives ( bulle d' ).1 , 46, i85;
II , 201 ,212, 5g4.
Ombellifères aromatiques. I ,
292.
Onguens. I, 182.
Onguent cegyptiac. H, 97.
— citrin. II , 87.
— de la Mère. II , gS.
— napolitain. II, 81.
Opiat, V. électuaire.
Opium. I, 59, 544 î ^ •> ^^»
254, 241 , 206,260, 55o.
Opopauax.I, 52, 3i I ; 11,49»
124,247,472.
Orange ( fleurs ). I, 94 , 298.
— (fruits). 1,99, 597.
— ( écorce). I, loi , 296.
Oi'anger ( feuilles ). I,8i , 297.
,Orcliis. 1 , 64 ; II , 1 95.
Oreille d'bomme. x». cabaret.
Orge.l, 104 5 II, 195.
Orgeat ( sirop d' ). Il , 2o4«
Origan. I, 85, 289.
O riganuTu jiiajorannayV .xxidiY'
jolaine.
On'ganum, vnlgare , v. origan*
Orpiment. II, 77.
Ortie blanclie. 1 , gS , 289 ; II ,
114.
Ortie brûlante. II, i58.
Oryzasativa, v. riz.
Oseille. I, 599; H, 542.
Oxalate acidulé de potasse. I,
16 , 599; II, 2G8, 344'
Oxalique , v. acide oxalique.
Oxyde d'antimoine hydro-
sulfuré brun. I, 19, 4^5;
II, 1 15, 529, 582.
• — orangé. Ibid.
Oxyde d'arsenic. I, 18, 4^7 î
II, 76, 176-
— sulfuré jaune. II , 77.
Oxyde de bismutb , 7\ nitrate
sursaturé de bismuth.
Oxyde de cuivre carbonate, ou
carbonate de cuivre avec ex-
cès d'oxyde. 1 , 27 , 4i5 ; II,
97, 180.
Oxyde de cuivre vert, voyez
oxyde de cuivre carbonate.
Oxyde de fer brun ou rouge.
1,25,276; II, 95, 119.
— noir. I, 25, 276.
Oxyde de manganèse. 1, 19-
11,78,289,441.
Oxyde de mercure rouge. I,
21 ; II, 78, 1 19, 181.
Oxyde de mercure noir. Ibid.
Oxyde de plomb demi-vitreux.
i'»79; 11,90.
Oxyde de plomb rouge. Ibid.
Oxyde de zinc sublimé. I, a5,
4iB;II,8S, 218.
Oxygène, i-. gaz oxygène.
^13
T A B L K
P.
Pain de pourcf au. Il , 4'i3. Pélrole. I , dî'X.
Palma Christi , v. ricin. Phagédénique ( eau ). II, 84*
J*alrna ^arlnaria ,r\ sagovi. Piiarmacologie. 1 , i.
Panacée mercurielle, v. niuria- Pharmacopée clinique. 1 , 1 1 1
te drunercure doux.
Papaver rliceas , v. coque-
licot.
PujJiiver somnïferum , voyez
opi'jra et pavot.
Phellandriuni aijuaticnm. I,
9-95.
Phosphate de soude. I , i4 »
4o3 ; II, 4o5.
Phosphore. !,->., 'h']-i ; Il , 4^*
Paraivbie de l'iris ( moyens de l*hu , t. valériane.
la provoquer). II, 260.
Parégorique , v. sédatif.
Pareira brava. 11 , 541.
Pariétaire. Il, 543.
P arietaria ofjicitialis. Tbid.
Partheiiinin , v. matricaire.
Pas-d'àne, ou tussilage. II, 1 lf^.
Passerage , ^'. cresson de fon-
taine.
Passiila , V. raisin de caisse et
de Corinthe.
Pastilles. I , -200.
Pastinaca opopanax, i'. opo-
panax.
Pàte.I, i8o.
Pâle gélatino-sucrée. I, cioô.
Pâte gomnjo-sucrée. 1 , 204.
Physalis aikekengi. II , 542.
Pied-de-chat. Il , 1 14-
Pied-de-veau, v. arum macu'
latuni.
Pierre calcaire , v. carbonate
de chaux.
Pierre à cautère, '^). potasse
caustique.
Pierre infernale, v. nitrate
d'argent fondu.
Pignons. I , io5 j II , 2o5.
Pilules. I, 198.
Pineoli , v. pignons.
PiniLS abies , v. abies.
Piper ciibebes ,v . poivre.
Piper nignnn , v. poivre.
Pissenlit. II, 54'-
Pistache. I, io5 ; II, 2o5.
Patience. 1 , 75.
Pécher ( fleurs et feuilles). I , Pistaciu vera.lh'vX.
94 ,568. Pivoine. Il, 210.
Pectoraux. II, 1 14. Planta go cynops et psyllinm,
Perkinisme. Il , l'H. y. psyllinm.
Perte de sang , v. hémovrhagie. Plantain des montagnes , 'v. ar-
Pérou,7> baume du Pérou. nica.
Persd. I , •.>.95; H , 54». Plaire, v. sulfate de chaux.
Peruvianus cortex ,7). quin- Plomb ( composés de ). 1,24;
quma.
Pèse-liqueur. I, 146.
Pèlasile , v. pas-d àne.
Petite centaurée , v. centaurée.
Petit chêne , T. chnnicedrys.
Petit houx. Il , 542.
Petit lait. II, 19B, SgS.
II , 89. ( Emanations ). I , et
que!(piefois gaz azote.
Plnrnbdgo Enropœa , v. den-
lel.iiiT.
Poils f leur évulsion ). II , 48G.
Pois à ibnticule. 11 , 558.
Poisons. 11, 4ti3.
ALPHABETIQUE
Polree. II , 553.
Poivre blanc et noir. I, loi ,
028; II, ,57.
— d'eau. II , 149.
Poix. I, 49; II, 52, 157.
— grasse cie Bourgogne, v.
poix.
— résine , ou galipot. lùùi.
Poljgala amer. I, 68j II, 1 15.
— senega. II , 1 15
5i5
— de Virginie. Il/iJ.
Poudre de Dover. II,35o.
— de Saint- James. I, 453.
I^ouliol. î , 289. j^'. T
Poumons ( leur eseitatÎQny.fïf/
1 13. ' , ■„. -
PrcLsimn alhiun , c. niarruîje.
Précipité blanc, v. muriate de
mercure doux ; c'est souvent
un muriate ammoniaco-mer-
curiel. ' '
Précipité rougè,t'.' oxyde da
hiercure roucrc.
Polypode. i ^()\-^\\ ^100.
PolypodiuuijilixinaSfV.îaw- — ;^ô/' j^. Ibid. . •
gère mâle. Présure. Il , 198. ,,"
Polypodium viilgare , v. poly- Pression. II , 9.
pode. Pru/ia daniascena , f. pru-.
Pommades. I, 182. neaux.
— oxygénée. II , G2. — QaLlica.W^\A.
Pomme épineuse. I, 363; II, Pruneaux. 1 , 98 ; II, 199»
55, 23 1, •244* ^9^-
Fompholix , V, oxyde de zinc Piunelles. II, 419
sublime.
Poncb. 1 , 387 , 3g8.
Porreau. 1 , 3o8.
Potasse. I, 8, 58oi II, 71,
175 ,478.
— caustique. Ibid.
PotentUla reptans. 1 , 275.
Potentille. Ihid.
Prunus laurocdrusus. 1 , 568.
— j/j/V/oj^z, ç'. prunelles,
Psycotria emetica , v. ipéca»'
cuanba.
Psidii cortex , v. punica gra-
nat.um.
Psyllùim. 1 , 106; II , 210.
Ptannica. II , 5i4.
PuLegium , v. pouiiot.
Potions. 1 , 208.
Poudres. I, 176, 188, 189, Pulpes.I,i55
191 , 192, Purgatifs, II , 394.
— d'algarot, i^. oxyde d'autl- Purgation. II , 585.
moine blanc. Pyrètre. II, 149, 3 14.
— des Cbarti'cux , v. oxyde Pyrus cidaniu , v.coXn^,
d'antlm. liydro - suif. brun.
Quassia amer. 1 , 74 ■. 246. Quinquina. I, 74 , ^52 j II, 3^,
■ — simaraba , v. simaroiiba. 1 07 ,218.
Queniquier, v. bois uéplirét. Quintessence , v. alcool.
ir.
23
Su
T A B L
R.
Racines. 1 ,65.
Raifort sainni^e. I , n i ^ 5o4 ;
• 11,46, 145.
Raisins de (loiinthe. 1 , 98 j II,
.'99-
Raisin d'ours. I, o.n^.
Ranonctilus , v. Renoncule.
Rh^um nndulatuni , t>. rhu«
barbe.
Rheum palmatum. îbicl.
Rliii])arbe. 1, 68, 25o j II , 4n-
RI1US radicans. I, 44^» H»
14B.
^ .•»,.«, ,. i,. .„^..vv.i«.. RhiiS'toxicodendron. Ibîtl.
Raphanus ^\'. raifort sauvage. Ricin. 1 , 46, 108; II, 094.
Ratafia , ou solution alcooiiijue 4^7-
édulcorée avec ^ô à ^ <ie Ris. 1 , 104 j II, 193.
son poids de sucre. Kiz. lind.
Ratanliia. I ^ 269. Rob de nerprun , i', nerprun.
Recis<; , v. benoîte. Rocambole. 1 , 5o8.
Réglisse. 1 , 64 , U07 ; II , 199. Romarin. I, 86 , 289; II , 526.
Régule d'antimoine, v. anti- Rosa centifolia ,v.iose.
moine pur. Rosa gallica , v. rose de Pro»
Relâclians , i\ atoniques. vins.
Renoncules. Il , 57 , 146. Rose. 1 , 94 ; H , 4i9-
Résine. 1 , 4'-*- Rose de Provins. 1 , 96 , 272.
Résine élastique , ou caout- Roseau aromatique , v. cala-
cbouc. mus aromaticas.
Résine de gaiac, v. gaiac. Roseau à balais. 1 , 4 i8.
— de jalap , v. jalap. Rosmarinus officinalis , v. ro-
Résolutifs. 1 , 2'22. marin.
Respiration ( ses médications ). Rouille de fer, v. carbon.de fer.
II , 288. Rubéfaction. Il , 1 29.
Rhamiius cathardcits , v. ner- Rubéfians. II , i34.
prun. Riihiii tinciorinn , V garance.
Rhanmus ziziphus^ voyez ju- Rue. 1 , 5i8 ; H , 4^ » 4^ ♦ i^4»
jubés. i49-
-Rbaponlic. II , 422. Rura grave.olcns. Ibid.
Rheum Rhaponticum, Ibid. RiUa liortensis .\\^\\.
S.
Sahadilla,v.cé.\^i:\\\^. Safran astringent, r. oxydo
Sabine.l,5i7;II,4f3, 124. de fer brun.
Safran. 1 , 90 , 552 ; II , i ^4 » Sagapénum. 1 , 52 , 3i i j
285. 49» »*^4,247,47^-
— des Indes , ou curcuma. I , Sagou. 1 , 45 ; •! , ig^-
ï85. Saignée , 11 , 272 ,273.
de mars apéritif , v. carbo- Sainbois. 1 , 78 , 44^ i ^^ » ^7 ♦
iiate de fer, 55i.
ir,
A L P H A B É
Salep. 1 , 64 ; II, 195.
.Salicaire. I, 275.
Salie aria. Ibid.
Salivans , v . sialagogues.
Salix alba. 1 , 2(J4 ; H , 58.
— fr agi lis. Ibid.
— pentaiidja. Ibid.
— 'vitellina. Ibid.
Salivation. II , 5 12.
Salpêtre , v. nitrate de potasse.
Salsepareille. I, 72 , 449 3 ^^ >
326.
Sahda officinalis , v. sauge.
Sambiiciis ebulus^ r. yèble.
— nigra , v. sureau.
Sancturn lignum , v. gatac.
Sang ( ses médications , son
évacuation, etc. ). II , 272 ,
■273 , 278, 287.
Sangdragon. 1 , 58 , 268.
Sangsues. II, 454? 46'*
Santoline , v. cina.
Saponaire. 1 , 448*
Saponaria officinalis. Ibid.
Sarsaparillu , v. salsepareille.
Sassafras. 1, 77 5 II, 020.
Saturne, r. plomb.
Satyrùnn , w Salep.
Sauge. I, 87, 289; 11,46,11 4}
326.
Saule, V. Salix alba.
Saviue, t'. Sabine.
Savon. I , J 85 , 58o ; îl , 7 1 .
— de plomb. I, 1 78 ; II , 92.
Scammouée. 1 , 57 ; II , 4^5.
Scarrification. II , 281 .
Scilla maritima . v. scille.
Scille. I, 72, 5o8; il, 4^1 1 '5,
1^7, 267, 540, oSo, 5B2.
Scorditnn.X., 289-, 11 , 4t>, 526.
Scropbulaire. 11,4'>9-
Scrophidaria atjiiaiica. Ibid.
Sebesies, 1 , 98 ; II , 199.
Sécrétions ( moyen de les pro-
Yoquer ).ll, 002.
TIQUE. 5l5
Sédatifs. Il, 258, 25o, 25G ^
454.
Sel d'absintbe^ ('.carbonate de
potasse.
— d'Alembrolh, v. muriate
ammoniaco-mercuriel.
— ammoniac , {'.muriate d'am»
moniaque.
— d'Angleterre, ^'. carbonate
d'ammoniaque.
— de benjoin , v. acide ben-
zoique.
— de canal, t'. sulfate de mag-
nésie.
— catbartique amer, v. sulfate
de magnésie.
— de colcolbar, v. sulfate de
fer.
— commun, v. muriate de
soude.
— digestif, V. muriate de po>
tasse.
— de Duobus, v. sulfate de
potasse.
— d'Epsom anglais, v. sulfate
de magnésie
— d'Epsom de Lorraine , v.
sulfate de soude.
— essentiel de tartre, v, acide
tartareux.
— fébrifuge de Sylvius, v.
muriate de potasse.
— fixe d'ammoniaque, v. mu-
riate de cbaux.
•— fixe de vitriol , v. sulfate de
fer.
— deGlauber, v. sulfate de
soude.
— de la Garaye, »•. extraits
secs par macération.
— de lait, v. sucre de lait.
— marin, voyez, muriate de
soude.
— marin calcaire , v. muriate
Je chaux.
;iG
TABLE
Sol (l'oseille , V. oxalale acidulé
cil' pOlilSM*.
— polycliresle, v. lartrile de
po Lasse el dt; .soude,
— df pruiK^lle, i'. nitrale mêlé
de suliaie de potasse.
— de la Uoclielle, ^'. larlrile
de potasse el de soude.
— de Salurne, v. acétate de
plomb.
— sédatif, ('. acide boracique.
— de Sedlitz, t'.suUate de mag-
nésie.
•^ de sejgnette, v. tarlrite de
potasse et de soude.
— de soude, r. carbonate de
soude,
— de succin , c. acide succi-
ni(jue.
— de tartre, i'. carbonate de
potasse.
— végétal, t'. tarlrite de po-
tasse,
— volatil d'Angleterre, e. car-
bonate d'aiumoniaque.
Sels alcalins et terreux.. I, 1 1.
Sels essentiels des végétaux, v.
extraits secs
Scléniie. i-. sulfate de ebaux.
Seiiien contra , \>. cina.
Senicnline, e. cina.
Semences , I, io5.
Scfi/iti , V. séné.
Séné. 1 , 90 5 11 , 408.
Seneeka. 11 , 1 1 J.
Senéga. Jl^sd.
Sénevé, e. n)0u larde.
Senne , v. séné.
Sens (leurs médications). II,
Serpentaire de Virginie. I ,t»0,
J0.2-, II , 46, 59.0,
Ser[i<>Iet. 1 , 87, 289.
Se ton. II, '[)(!> i.
Sialagojjues. II, Z\^.
Sief. 1, 188. ^
Silique égyptienne, v. casse.
Silique douce, v. sébestes,
Simarouba. I, "JD, 240.
Suiapis nigra , v. moutarde.
Sinapisme. 1 1 , 1 45.
Sirops. 1, 1 56, 166, [94.
diacode , v. opium.
Smilax china , v. r.quine.
Stnilax sarsapanlla^ y. salse-
pareille.
Soucbet lies Indes ou curcuma.
I, i85.
Solaniini dulcainara , v. dou-
ce-anière.
Solaniim nigrnm , c. morelle.
SolaJiJijn scandeiis , e. douce-
amère.
Soldanella- , f. soldanelle.
Soldanelle. II, l\\%.
Solution , solutum, I, iGo.
Solution minérale de Fowler.
1,457.
Solutions acétiques I, 170.
alcooliques. I , i63.
aqueuses. î , i«)5.
éiliérées. 1 , i6f).
buiieuses, Ihid.
vineuses, I , i(J2.
Soude. 1,9, 58o; II , 72, 175,
47-<)-
Soufre. I ,'2, 410, 4«4 5^1»*'%
1 15, jio, 4(J8.
Soufre doré d'antimoine, c.
oxvde d'anlinjoine bvdro-
suliiun'^ t)rangé.
Spécifiques ( médications ). Il,
455.
Spenaaceti , e. adipocire.
Spermatopées. II , 507.
Sperme ( ni('dication de sa sé-
crétion ). ll'id.
Sprc, V. lavaiule.
Spigclia aiiilii'ltn'uj . lT,47'i'
iSpiiia cervi/ia ^ v. nerprun.
A L PH A B
Spiritueux , v. alcooliques.
Spiritus , v. esprit.
Squille, V. scille.
Squine. 1,72, 4495 ÎI» "^"i-Q.
Slaphisaiqre. 1, 108; 11,57,
149,462.
Slernutatoires. II , 292.
Slimiilaiis , V. excitans.
Stihiiim , V. antiinoine.
Scorax cahniiita. I, 53.
Stomachiques, ou toniques de
l'estomac, I, 45i.
St.ramo?iium , v. pomme épi-
neuse.
Slupéfians, «^. sédatifs.
Styptiques, n). aslringens.
Styrax. I, 55 5 II , 70.
Sublimé corrosif, v. muriate
de mercure corrosif.
Sublimé doux , v. muriate de
mercure doux.
Sucs épaissis. 1 , 1 54-
Sucs exprimés. I, i55.
Sucs d'herbes. Ibid.
Succin. I, 52'2.
Succinate d'ammouiaque pyro-
huileux. I, 577.
Succns Japoniciis , i'. cachou.
Sucre. I , 4'2 , «9» , igS , 201 ,
2o5 , ao4 , •xo'] ; II , 07 ,
118, 199.
Sucre de lait. II , 200.
Sucre de salurue , v. acétate de
plomb.
Siicrés ( corps ). 1 , 54 , 64 , 97;
JI, J99, 595.
Sudoritiques, il, 525.
Sueur (sa médication). II , 522.
Sulfate acidulé d'alumine triple.
ï , 13, 388 j II, 71 , 107 ,
ï lO , 1 12 , n6, I 19, 122 ,
126, 177.
Salfate de cuivre. î , 27 , 4i5 ;
li. 97> 1J9, 12», 000,404.
É T I Q U t. 517
Sulfate de cuivre ammoniacé.
1,27 ,417.
Sulfate de fer. 1 , 26 , 277 5 XI,
9(3,470.
Sulfate de magnésie. I, n,4o3;
II , 75 , 344 9 4<'3.
Sulfate de potasse. 1 , 1 1 , A^^î
11,365, 404.
Sulfate de soude. 1 , 1 1 , 4o3 »
II, 344, 4o5.
Sulfate de zinc. î, 29,4^0;
II, 88 , 119, 122.
Sulfite sulfuré de soude. I, 12,
4i3.
Sulfure d'antimoine. I, 19,
.336; II, 79, 327.
Sulfure de potasse. 1, 10 ,4^3,
422; II, 65, 464,468.
Sulfure de magnésie. I, 10 ,
4i3.
Suppuratifs. II , 347 » ^^' '
355.
Suppositoires. I, 210.
Sureau ( fleurs de ).I, g4 , 2905
II , 46 » i ^4» 326.
Sureau (deuxième écorce de ).
I,78jII,4'9- .
Surlaccs d'application des mé-
dicaraens ). 1 , 1 75 ; auricu-
laire , 2 1 5; bronchique , 190;
buccale, ilnd.'^ cellulaire,
2i5; cutanée, 176; gastri-
que, 192; gutturale, 1915
intestinale, 210; nasale, 189;
oculaire., 187; urétrale,2i3;
utérine, 214 ; vaginale, z'^zV/.
véslcale , 2i3.
Suspensions. I, i56,
Sj injjhitum officinale. Ij 63 ;
Il , 192.
Syrops , V. sirops.
Sys'aubrhmi nastnrtium _, v.
cresson de fontaine.
5i8
A li
T.
L E
Tabac. I, 89, 36o; II, 56, Teinture acre de tartre , t, al-
149» 23t , 339,217, 465.
Tableiics. 1 , 2o3.
Tafliai in. 1 , 99 ; Il , 399.
l'amarindus , tainarinus ,ta~
tnarindus indiens ^ v. tama-
rin.
Taniarisc. I , ii65-
Tanacetimi vulgare , f^. tanai-
sie.
Tanaisie. I, 82, 107, 290;
li , 46,472-
Tanésie. Ih'd.
Tdraxacmn , v. pissenlit.
Tai'tre , v. tartrile acidulé de
potosse.
Tartre chalibé, v, tartrile de
potasse et de fer.
cool de potasse.
Température ( son influence ,
et instrumens pour la mesu-
rer }. I , i5i.
Térébentbines. 1 , 47> 3i3 ; II,
5i , i37, 339, 43i.
Terra Tnerita ou curcuyna. ï ,
i83.
Terra Japonica , v. cacbou.
Terre de Japon , v. cachou.
Teire douce de vitriol , v. oxy-
de de ter brun.
Terre i'oiiée de tartre , v. acéta-
te de potasse.
Terre pesante saline, v. muria-
te de baryte.
Terres subalcalines. 1,7.
Ta'tre émétique, v. tartrile de Terrile. v. lierre terrestre
potasse anlimonié,
Ta'tre martial soluble , V. tar-
trile de potasse et de fer.
Tarlre soluble, ^'. tartrile de
potasse.
'Jarlre slibié, <•, tartrile de po-
tasse anlimonié.
Tartre tartarisé , v. tartrile de
potasse.
létradynames. I, 5o5.
Teucrimn chaniœdris , v. cha-
mcedris.
— chutnœpicys , v. chamxpi-
tys.
— marum , v. marnm.
— scordiiim , v. scoruiiim,
Tbée , ou thé. 1 , 29g.
Thea bohea et veridis , i'. ibé.
Tartre vitriolé , v. sulfate de Thcrébeulhine , v, térébeulhi-
poiasse.
Tartrile acidulé de potasse. I ,
16, 4o3;lI, 2t>7, 343, 4o3.
Tartrile de potasse. 1 , 16, 4o3;
11,404.
Tartrile de polasse anlimonié.
I, 20, 434; II, 79, 33o,
35o , 362 , 383 , 4'-*''
Thermomètre. I, \\ii.
Tlieohroina cacao , v. cacao
et beurre de cacao.
Thériaque. I , iDO, 544-
T/daspi sativurn , v. cresson
alénois.
Thym, I,87,s>.89;ll. 46.
Tartrile de polassf et de fer. I, Thimclée, v. garou.
26, 2"7 ; IJ , 95. Thymus serpilluin , %'. serpol-
Taririte de polasse et de soude. Ici.
1,17, 4o3 • II , 4o3. — vulgaris , c. thym.
'JVinturcs
liques.
V. Solutions alcoo-
Tiltui eiirupœa , v. tilleul.
Tilleul, I, 2<jtJ; II, '217.
ALI'HABliTIQUE
619
Trèfle aigu , v. oseille.
Trèfle d'eau. 1 , 80 , 248.
TrifoLimn aijuaticiim , v. trè-
fle d'eau.
Trifoliiimjibrùiuw. Ibid.
Tiiticwn repeiis^v. cbiendenL
Trocliisques , v. pastilles.
Troolanel , v, garou.
Tithymaîe , v. euphorbe.
Tolu , V, baume de Tolu.
Toluifsra halsatnwn. Ibid.
Toniques. 1 ,221.
Torinentilla erecCa, v. tor-
nientille.
Tormentille. I, 69 , 270 ; II ,
38.
Toux (moyen de la provoquer). Tue-chien , v. colchique
II , 296. Turpitb végélal. II , 422.
Toxicodendron , v. rhus radi- Turquelte, II , ùl^l.
cans. ' Tussilage. II , 114.
Tragacantha , v. adragant. Tussilago farfaT'a. Ibid.
Transpiration ( moyen de la Tuthie , v. oxyde de zinc.
provoquer ). II. 322.
u.
XJnguentUTH , r. onguent. TJrtica urens. II, i38.
Urine (moyen de provoquer \}vûcdX\Q\\. Ibid.
et de modifier sa sécrétion). Utérus ( son excitation). II
11,552. 125.
TJrtica dioica. II , i56. Uva iirsi. 1 , 274.
V.
Vaccine. II, 445.
Vaisseaux. 1 , 171.
J^aleria?ia ofjficinalîs . 1 , 66.
Soi j 11,46.
— phu. I, 67 , 5oi.
Vanille. I, 102, 164.
Ventouse sèche. II, i56.
J^eratriLin album, v. ellébore
blanc.
yerbascum thapsus , v. bouil-
lon blanc.
Verdet , v. oxyde de cuivre
vert.
J^erofiica beccabunga, v. bec-
cabunga.
Verjus. I, 4oi.
Vermifuges. II , 466.
Vers intestinaux. Ibid.
Vert-de-gris , v. oxyde de cui-
vre vert.
Vésicans,«', vésication»
Vésication. II, i53.
Vésicatoires. II, i4o.
•— suppurans. II , 347.
Vif-argent , v. mercure.
Vigne blanche , v. bryone.
Vin. I, 162 , 555; II , 4i>255,
265, 529, 344'
Vinaigre. 1 , 162 , 170 , 594 ;
II , 69 , 297 , 55o , 544 ,
465.
Vinaigre de saturne y v. acétate
de plomb liquide.
Wintera alba , ou écorce dc
Winter. 1 , 326.
Viola canina. II , 379.
Viola odorata , v. violette.
Viola tricolor. II , 418.
Violette ( racine ). II , 379.
— ( fleurs}.!, 95^; Il , 114.
520 TABLE ALPHABÉTIQUE.
VlptM'G ( moven pour prévenir Vitriol bleu , v. sulfale tie cui*
les effets de sa morsure ). II, vre.
4.61 . ' — de cuivre, v. sulfale de cui-
Virus rabicique ( spécifiques vre.
du ). II , 460. — de zinc , f . sulf.ite de zinc.
Virus svpliilitique ( spécifiques Votiiisseraent. II, 7)68.
du ).'ll , 456. Vomitifs. IJ , 3-6.
Vitriol blauc, f. sulfate de zinc. Vomiluritions.il, 58'i.
Yèble. II , 4 ' 9. Yvette , v. chamœpytis.
Yeux d'écrevisse. II , 482.
z.
Zédoaire. I , Sig. Zizyphus sinensù ^ v. juju'
Zinc f composé de ). I, 25,
4i8;ll,b8.
FIN DE LA TABLE ALPHADETIQUE.
R3 Schwilgué, Charles Joseph
153 Antoine
34. Traité de matière médicale
I8O9 2. éd,, rev., corr, et augm,
t,2
jBioîogicâ!
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