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TRAITÉ 



DES 



MALADIES DES YEUX 






\ 



M. NÉLATON 

Professeur honoraire de la Faculté de médecine de Paris, 

Membre de rinstitut et do TAcadémie de médecine, 

Grand officier de la Légion d'honneur, etc. 



M. DESMARRES PÈRE 

Professeur de clinique ophthalmologique. 
Chevalier de la Légion d*honneur, etc. 



MES SAVANTS MAITRES EN CHIRURGIE ET EN OPHTHALMOLOGIE 



H(Mnmagc de respect et de dévouement 



X. GALEZOWSKI. 



é535g 



- .' I 'li 



PRÉFACE 



Depuis deux ans, époque à laquelle parut pour la première fois cet 
ouvrage, des progrès incessants ont contribué au perfectionnement de 
la science ophthalmologique. Il était donc de mon devoir d'exposer, 
dans cette deuxième édition, toutes les nouvelles recherches qui ont été 
faites pendant cette période. 

Placé à la tête d'une clinique que j'ai fondée pour le traitement des 
maladies des yeux, livré exclusivement à la pratique et à l'enseigne- 
ment de l'ophthalmologie, j'ai été à môme d'observer un grand nombre 
de malades et de soumettre mes idées et celles des autres au contrôle 
d'une sévère expérimentation. 

Mes rapports journaliers avec les médecins et chirurgiens des 
hôpitaux de Paris, des échanges d'idées avec les médecins étrangers 
qui suivent mon enseignement, m'ont permis d'apporter à mon œuvre 
des améliorations dont je leur laisse le mérite et dont je leur témoigne 
ici ma gratitude. 

J'ai donné à l'examen diagnostique toute l'attention possible ; mais 
je n'ai pas oublié que le but du praticien est avant tout de guérir; 
aussi me suis-je surtout occupé des applications thérapeutiques. 

Le plan de l'ouvrage n'a subi aucune modification, je me suis seule- 
ment appliqué à compléter les points les plus essentiels, et notamment 
ceux qui concernent la pathogénîe et la thérapeutique de certaines 
afl'ections, telles que le zotia ophthalmique^ les graniUatiotis palpé^ 
braleSj ïiritis rhumatismale^ le traitement de Pophthalmie purulente^ 
les procédés opératoires de la cataracte^ etc. 

D'autre part, j'ai jugé nécessaire de donner une description spéciale 
de quelques affections que ma propre expérience m'a permis d'élucider. 
C'est ainsi qu'on trouvera des articles consacrés plus particulièrement 



y ::: PiÉFACE. 

aux affections des voies lacrymales^ aux altérations de la vue dans la 
grossesse et la période puerpérale^ au glaucome hémorrhagiqucy etc. 

J'ai en outre ajouté à la fin de ce livre une histoire du développement 
de Vosily qui m'a paru indispensable à l'étude des nombreuses 
anomalies que l'on rencontre dans l'organe visuel. 

Je dois beaucoup aux travaux des maîtres, et surtout à ceux de 
Desmarres, de de Graefe, de Bowman et de Donders \ c'est chez eux 
que j'ai puisé les éléments les plus précieux, dont j'avais besoin pour 
accomplir cette tftcbe. 

J'ai mis également à profit les récentes publications ophthalmolo- 
giques de Critchett (de Londres), Snellen (d'Utrecht), Stellwag von 
Carion et Jaeger (de Vienne), Leber et Fœrster (d'Allemagne), Quaglino 
(de Milan), Szokalski (de Varsovie), De Noyés et Williams (des États- 
Unis), Lourenço (de Brésil), Cuignet (de Lille), Giraud-Teulon, Cusco 
et Maurice Perrin (de Paris). 

Dans toutes les maladies oculaires qui se rapportent aux affections 
générales de l'organisme, j'ai cherché à m'inspirer des travaux de 
Trousseau, Gueneau de Mussy, Gharcot, G. Sée, Richet, Gosselin 
et Broca. 

Des nombreuses figures ont été ajoutées à celles qui existaient déjà 
dans la première édition. Elles ont pour objet de reproduire les] prépa- 
rations microscopiques de différentes lésions, qui m'ont été fournies 
par un de mes chefs de clinique, M. Remy. 

Les éditeurs ont prêté leur intelligent concours & ce volume, en 
l'éditant avec un soin tout particulier, et je suis heureux de leur eu 
exprimer ici mes remerctments. 

5 novembre 1876. 

X. GALEZOWSRI. 



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TABLE DES MATIÈRES 



DÉDICACE ' f 

PliFACE fil 

brrBOMrcnoii 1 

PRUIÊRE PARTIE 

PAUPIÈRES ET SOURQLS 

GBÀPmE PBEMIEB. — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE 3 

CflAP. II. — Mode d'exploration 8 

CiAP. III. — Pathologie et THtRApeuriQUE 10 

Article l"". — Rlépharite dliaire 10 

Art. II. — Orgeolety furoncle, anthrax 17 

Art. III. — Pustule maligne et affection farcineuse des paupières 19 

Art. lY. — Phlegmon et abcès des paupières 21 

Art. y. — Êryslpèle^ érjihème des paupières 22 

Art. VI. — Œdème et emphysème des paupières 2à 

Art. VII. — Rlestures et brûlures du sourcil et des paupières 26 

Art. Vlll. — Affections dartreuses des paupières 29 

S I. Ecxéma, herpès, psoriasis, acné, 29. — § II. Zona ophlhalmique, 31. — 
§ III. Pustules varioliques des paupières, 34. — § IV. Ëphidrose et chro- 

midrose, 35. — § V. Viliiigo et madarose 36 

Art. II. — ScrofuUdes des paupières et du sourcil 37 

Art. X. — Affections syphilitiques des paupières 39 

Art. XI. — AfliDCtion parasitaire du sourcil et des cils 41 

Art Xn. — Kystes des paupières et du sourcil 42 

§ I. Chalaaon ou kyste méibonden, 43. — §11. Millet, molluscum et Ivésicules 
des paupières, 48. — § 111. Dermoïdes du sourcil^ 48. — § IV. Kyste 

hémalique des paupières 51 

Art. XIII. — Tumeurs solides des paupières 51 

Art. XIV. — Tumeurs bénignes des paupières et du sourcil 51 

1 1. Tumeurs érectiles ou nœvi materni, 51. — § II. Verrues des paupières, 55. 
— $ III. Lipomes des paupières et du sourcil, 55. — § IV. Gommes syphi- 
litiques des paupières, 56. — § V. Hypertrophie des paupières ou éléphan- 
tiasis, 57. — § VI. Névrome du sourcil et des paupières, 58. — § YII. In- 
duration ou callosités des paupières (tylosis) 58 

Art. XV. — Tumeurs malignes ou cancéreuses des paupières 58 

$ I. Encéphaloïde des paupières, 58. — § II. Epithélioma ou cancroîdc des pau- 
pières 58 

Art. XVL — Abaissement ou saillie exagérée du sourcil 63 

Art XVII. — Dévialioa des cils, trichiasis et distichiasis 63 

Art. XVIII. — Entropioi^ou renversement des paupières en dedans Q8 

Art. XIX. — Ectropion ou nnversement de la paupière en dehors 73 

Art. XX. — Êpicantbus. 83 

Art. XXI. — Ptosis ou chute de la paupière supérieure 84 

Art. XXII. — Paralysie de l'orbiculaire des paupières ou de la septième paire. .... 88 

Art. XXIII. — Contractions spasmodiques des paupières 91 

Art. XXIV. — Afliections douloureuses de la cinquième paire 95 

Art. XXV. — Coloboma on fissure anormale des paupières. 98 



TABLE DES MATIÈRES. 



DËUIlfilME PARTIE 
ORGANES SÉCRÉTEURS ET EXCRÉTEURS DES LARMES 

SECTION PREMIÈRE. — Glande lacrymale 99 

Chapitre premier. — Anatomie et physiologie 99 

Chap. II. — Mode d'exploration 101 

Chap. III. — Pathologie et thérapeutique 101 

Article I*'. — Inflammation de la glande lacrymale (dacryadénite) 101 

Art. II. — Tumeurs solides de la glande lacrymale lOA 

Art. m. — Kystes de la glande lacrymale (dacryops) 107 

Art. IV. -T- Altérations de la sécrétion '. 108 

SECTION II. — Organes excréteurs des larmes ou voies lacrymales 111 

Giapitre pbemibr. — Anatomie et physiologœ 111 

Chap. IL — Mode d'exploration 114 

Chap. IIL — Pathologie et thérapeutique 116 

Article I*'. — Larmoiement 116 

Art. II. — Déviation, rétrécissement et obstruction des points lacrymaux 118 

Art. III. — Points lacrymaux surnuméraires 123 

Art. lY. — Rétrécissement et oblitération des canalicules lacrymaux 12 A 

Art. V. — Inflammation du sac lacrymal ou tumeur lacrymale 126 

Art. VI. — Blessures du sac lacrymal et du canal nasal iàà 

Art. VII. — Affections consécutives aux altérations des voies lacrymales H 4 

TROISIÈME PARTIE 
conjonctive 

Chapitre premier. — Anatomie et physiologie 147 

Chap. II. — Mode d'exploration 151 

Chap. III. — Pathologie et thérapeutique 153 

Article I®'. — Conjonctivite lacrymale 153 

Art. II. — Conjonctivite catarrbale 158 

Art. III. — Conjonctivite phlycténulaire ou lymphatique 165 

Art. IV. — Conjonctivites ou opbthalmies exanthématiques 171 

Art. V. — Ophthalmie des nouveau-nés 17A 

Art. VI. — Ophthalmie purulente des enfants scrofuleux 180 

Art. VU. — Ophthalmie purulente des adultes et ophthalmie des armées 182 

Art. VIII. — Ophthalmie blennorrbagique et leucorrhéique 195 

Art. IX. — Ophthalmie diphthéritique 200 

Art. X. — Conjonctivite ou ophthalmie granuleuse ' 204 

Art. XI. — Xérophthalmie ou sécheresse de la conjonctive 225 

Art. XII. — Relâchement, œdème de la conjonctive 226 

Art. XUI. — Ecchymoses sous-conjonctivales 227 

Art. XIV. — Blessures, brûlures et corps étrangers de la conjonctive 229 

Art. XV. — Symblépharon et ankyloblépharon 233 

Art. XVI. — Ptérygion. 236 

Art. XVII. — Tumeurs de la conjonctive 240 

.^ I. Pinguicula^ 241. — § II. Lipomes de la conjonctive, 2dl. — § III. Der- 
moldes^ polypes et végétations charnues de la conjonctive, 242. — § IV. 

Tumeurs épithéliales et cancéreuses de la conjonctive 243 

ArU XVllI. — Dégénérescence amyloïde de la conjonctive 245 

Art. XIX. — Kystes et lithiases de la conjonctive 246 

Art. XX. — Affections syphilitiques de la conjonctive 247 



TABLE l>ES IfATlfeSES. XI 



QUATRIÈME PARTIE 

CAROTiCCLE ET PU SEM-LCMAUE 249 

CINQUIÈME PARTIE 

CORIféB 

Cbapitie premier. — Anatomie et physiologie 250 

Chap. II. — Mode d'exploration 254 

Chap. III. — Pathologie et thérapeutique 255 

Article I^'. — Kératite phlycténulaire ou lymphatique 258 

Art. II. — Abcès de la cornée ou kératite suppurative 26<{ 

Art. III. — Kératite néyro-paralytique et nécrose de la cornée 280 

Art. IV. — Kératite granuleuse ou pannus 283 

Art. V. — Kératite diffuse ou interstitielle 289 

Art. VI. — Kératite ponctuée 298 

Art. VII. — Kératite proliférative 299 

Art. VIII. — Ulcère de la cornée et ulcère rongeant 390 

Art. IX. — Bleisurea, brûlures et corps étrangers 302 

Art. K. — Taies, leucomes, taches métalliques et gérontoxon 306 

Art. 11. — Stapbylômes de la cornée 312 

§1. Stapbylôme conique ou cornée conique, 312. — § II. StaphylAme sphérique 
pellucideou cornée globuleuse, 316. — § III. Staphylôme partiel opa- 
que, 317. — § IV. Stapbyl6me opaque total de la cornée 319 

Art. XII. — Kystes et tumeurs de la cornée 323 

Art. XIII. — Protlièse oculaire (œil artiQciel) 324 

SIXIÈME PARTIE 
sclérotique 

Chapitre premier. — Ahatomie et phtsiologie 32B 

CiAP. II. — Mode d'exploration 330 

CiA?. ni. — Pathologie et thérapeutique 331 

Article I*'. — Périsclérite ou syndesmite oculaire 332 

Art. II. — Sclérite parencliymateuse 33A 

Art. III. — Stapbyldme antérieur de la sclérotique 338 

Art. lY. — Tumeurs de la sclérotique 340 

Art. V. — Blessures et ruptures de la sclérotique 341 

SEPTIÈME PARTIE 

IRIS 

Chapitre premier. — Ahatomie et physiologie 343 

CiAP. II. — Mode d'exploratioh 346 

rjiAp. III. — Pathologie et thérapeutique 348 

Article }". — De ririlis en général 348 

;J I. Iritis plastique, 352. — § II. Iritis séreuse, 353. — § III. Iritis suppurative 
ou ph&egmoneute, 353. — § IV. Iritis syphilitique, 354. — § V. Iritis bien- 
norrhagique, 356. — § VI. Iritis goutteuse ou arthritique, 357. — 

§ VII. Iritis rhumatismale. 358 

Art. II. — kystes «t tumeurs de l'iris 370 



^ 



XJ TAr.tE ()ES UATIÈRES. 

Art. m. — Blessures et corps étrangers de l'iris 375 

ArU IV. — Décollement 4e Hris 377 

Art. y. — Troubles fonctionnels de Tins 378 

§ I. Mydriasc, 379. — § II. Myosis, 383. — § 111. Tremblement de l'iris (iri- 

dodonésls) 385 

Art. YI. — Anomalies de l'iris 386 

Art. YII. — Pupille artificielle et ses indications 388 

§ I. Iridectomie ou excision de Tiris, 389. — § II. Enclavement de Tiris ou 
iridésis^ 397. — § III. Iridodialyse ou décollement de l'iris, 398. — 
§ lY. Corély»is ou dégagement du b.ord pupillaire, 400. — § V. Iridoto- 
mie 401 



HUITIÈME PARTIE 
cristallin 

Chapitre premier. — Anatomie et pbysiolocie 403 

Chap. II. — Mode d'exploration. 407 

Chap. IIL — Pathologie et thérapeutique 409 

Article P**. — De la cataracte et de ses différentes variétés 410 

§ I. Cataractes corticales partielles, 412. — § H. Cataracte corticale n[U>lle, 413.1 
-— § III. Cataracte liquide avec ou sans noyau flottant, 414. — § lY. Cata- 
racte zonulaire ou stratifiée, 415. — § Y. Cataractes congénitales, 416. — 
8 YI. Cataracte nucléolaire^ 417. — § VII. Cataracte capsulaire, 419. — 
§ Ylll. Cataracte secondaire, 421. — § IX. Cataracte traumatique 422 

Art. II. — Anatomie pathologique, étiologie, diagnostic des cataractes 423 

Art. III. — Traitement des cataractes 434 

Art. lY. — Soins préliminaires 436 

Art. Y. — Différentes méthodes opératoires de la cataracte 439 

Art. YI. — Extraction à lambeau 439 

§ 1. Extraction linéaire avec ou sans excision de l'iris, 450. — I. Extraction liné- 
aire périphérique ou scléro-kératique, 450. — 1 . Procédé de de Graefe, 450. 
— 2. Procédé de Liebrcich, 454. — 2. Procédé de Lebrun etde Warlo- 
mont, 455. — 3. Procédé de Notta et de Kuchler, 455. — 4. Procédé 
cornéo-coDJonctival inférieur de Galezowski, 455. — II. Extraction linéaire 
simple, 457. — III. Extraction par succfoh ou aspiration, 463. -— > 
§11. Discision, 464. — I. Discifion de la capsule, 465. — II. Discision 
ou broiement de la cataracte, 468. — § III. Extraction linéaire combinée 
(méthode de l'auteur), 468. — § lY. Abaissement, 470. — § Y. Opéra- 
tions des cataractes capsulaires et secondaires, 475. — § YI. Opérations 
des cataractes traumatiques, 477. — § YII. Opérations des cataractes 
congénitales, 478. — § Ylll. Considérations générales sur l'opération de 
la cataracte et sur le choix de la méthode 47^ 

Art. YII. — Luxation du cristallin 48^ 

Art. TllI. — Corps étrangers et cjsticerques du cristallin 48a 



NEUYIÊME PARTIE 
ophtbalhoscope 

«— Histoire et description de l'ophthalmoscope 48!^ 

MftH*. — * Dillérents modèles d'ophthalmoscopes 490 

* !• OpMhalmoscopes simples, 490. » § II. Ophthalmoscopc de Coccius, 493.— 
I IU« Ophthalmoscope de Monoycr, 494. — § lY. Ophthalmoscope de 
r, A95. — - S Y. Ophthalmoscope de Gillet de Grandmont, 497. — 
OphthalmoKope de Jaeger, 498. — § YII, Ophlbalmoscope binocu- 



TABLE DES MATlfeRES# XIO 

Ijûre de Giraud-Teulon, 498.— § VllI. Ophthalmotcope de Lawrence, 501. 
^ § n. Opbtbalmoscope d*01dham, 502. — § X. Ophtbalmoscope de 
Gaietowski, 503.— § XI. Ophthalmoscope de FolUn, 505.— § XII. Oph- 
ihalmoscope de Cusco, 507. — § Xlir Ophlhalmomicromèlres, 508. — 
. § XIV. Ophthalmomicroscope, 508. — § XV. Photographie ophthalmosco- 
pique^ 508. — § XVI. Auto- ophthalmoscope 509 

GKAP. h. ^ RÈGLES GÉ!(tRALES POUR L'EXAVEN DES YEDX AVEC L'OPHTHALMOSCOPE . . . . 509 

DIXIÈME PARTIE 

CORPS VITRÉ 
CBAPmK PRBMIEB. — ANATONIE ET PHYSIOLOGIE 516 

C*AP. 11. — Mode d'exploration. ... ; ; 520 

CiAP. m. — Pathoeogie et thérapeutique 520 

Article 1**. — Sjochysis simple ou ramoUissement du corps vitré 522 

Art. II. — Hcracbes volantes physiologiques et pathologiques 523 

§ I. Honcbes volantes physiologiques, 523^— § II. Mouches volantes pathologiques. 526 

Arf. //(. — Apoplexie générale du corps vitré 529 

Art. IV. — > Corps étrangers, cristallin luxé et cysticerqce du corps vitré 531 

Art. V. — Décollement de la membrane byaloïdienne et membranes organisées .... 53A 

Art. VI. — Persistance congénitale des vaisseaux hyaloïdiens 536 

ONZIÈME PARTIE 
nerf optique 

CIAPITRE PkElllER. ^ AlfATOMIB ET PHYSIOLOGIE 538 

Gbap. n. — Mode d*exploration du nerf optique et de sa papille 543 

CiAP. m. — Pathologie et thérapiutiqi e du seky optique 553 

Article l^'. — Aspect physiologique de la papille optique 554 

Art. II. — Congestion de la papille 558 

Art. III. — Apoplexies du nerf optique 560 

Art. IV. — Inflammation du nerf optique 562 

Art. V. — Atrophie de la papille du nerf optique 576 

J I. Atrophie progressive de la papille, 577. — § II. Atrophie de la papille par 
oblitération des vaisseaux, 581. — § III. Atrophie de la papille consécu- 
tive à la névrite optique, 581. — § IV. Atrophie de la papille consécutive 
à une rétinite pigmenlaire, 582. — § V. Atrophie par excavation de la 
papille 583 

Art. VI. — Anatomie pathologique ; éliologie et traitement d'atrophie de la papille. . 583 

Art. VU. — Excavation de la papille du nerf optique 593 

Art. VIII. — Amauroses sans altération de la papille du nerf optique 598 

§ I. Amaurose ou amblyopie cérébrale sans altération de la papille, 598. — 
§ II. Hémiopie, 599. — § III. Amblyopie glycosurique sans lésion de la 
papille, 599. — § IV. Amblyopie alcoolique, 600.— § V. Amblyopie nico- 
tique, 601. — § VI. Amblyopie ou amaurose hystérique, 602. — 
§ VII. Amaurose simulée 605 

Art. IX. — Tumeurs du nerf optique 605 

Art. X. — Blessures et contusions du nerf optique 607 

DOUZIÈME PARTIE 

RÉTINE 

Chapitre preiubr. — A.natomie et physiologie 609 

CiAp.H. *^ Mode d'eiploration de la rétine ,...,... 617 



XIV TABLE DES MATIÈRES. 

Cbap. m. -- Aspect phtmologioue de la Rénns et db la fosse certralb 619 

CBAP. IV. — PaTIOLOGIE et TBÉRÀPEDTIQDE 6Si 

Article H*. — Apopleiîes de la rétine 621 

Art. II. — liétinite ifiopethique et hémèralopie endémiqiie. 627 

Art. 111. — RétînRe albominttriqae 636 

Art. lY. -^ Tnmblet Tisuels pendant la grossesse et la partnritioo 639 

§ !• RMinite albumûrorique des femmes enceintes, 639. — § 11. Altérations bémor- 
rhafiqnes et anéTrysmales du globe de Toeil, 6A0. — § IIL Troubles ner- 
▼enx, 641. — § IV. Amblyopie et amaurose de cause cértt»rale, 641. •— 

§ V« Irido-cberoïdite puerpérale 6âl 

Art. V. — Rétinite flycosurique 6â2 

Art. VI. — Altérations de la rétine dans la polyurie, rbémophilie^ la leukémie» 

l'anémie aiguë 6A6 

Art. VII. — Rétinite sypbiHtique ♦. 648 

Art. Vm. — Rétinite pigmentaire 652 

Art. IX. — Embolie des vaisseaux rétiniens 661 

Art. X. — Anévrysmes de la rétine • 666 

Art. XI. — Décollement de la rétine 668 

Art. XII. — Altérations de la macula 677 

Art. XIII. — Tumeurs de la rétine 681 

Art. XIV. — Anomalies de la rétine 688 



TREIZIEIME PARTIE 
choroïde 

Chapitre premier. — 'Anatomie et physiolocie 691 

Chap. II. — Mode d'exploration de la choroIde 696 

Chap. III. — Pathologie et THiRAFconouE 699 

Article I®'. — Aspect pbysiologique de la choroïde 700 

Art. 11. — Ghoroïdite atrophique 702 

Art. III. — Staphylôme postérieur , 709 

Art. IV. — Ghoroïdite syphilitique 718 

Art. V. — Glaucome ou choroïdite séreuse 724 

§ I. Glaucome primitif aigu, 724. — § II. Glaucome primitif chronique, 728.» 
§ III. Glaucome simple (de Donders), 729. — g IV. Glaucome secon- 
daire, 731. — § V.Glaucome bémorrhagique 732 

Art, VI. — Irido-cyclite et irido-choroïdite 744 

Art. VII. — Ophthalmie sympathique 751 

Art. VIII. — Choroïdite suppurative (phlegmon de Tœil ou panophthalmie) 757 

Art. IX. — Déchirure,- apoplexie et décollement de la choroïde 760 

Art. X. — Tubercules de la choroïde 761 

Art. XI. — Ostéome de la choroïde 763 

Art. XII. — Sarcomes de la choroïde 763 

Art. XIII. — Goloboma et albinisme de la choroïde 767 

QUATORZIÈME PARTIE 
réfraction et accommodation 

Chapitre premier. — Réfraction et accomodation physiologiques de l'oeil 769 

Article I". — Réfraction de l'œil 772 

Art. II. — Accommodation de l'œil 776 

Chap. II. — Troubles de l'accommodation 781 

Article I«'. — Presbytie. — Choix de lunettes 781 

Art: II. — Paralysie de l'accommodation 789 

Art. Ul. — Spume de l'accommodation 790 



TABLE DES MATIÈRES. XV 

CjUP. m. — TaOUBLES DE RÉFRACTION 792 

Artiele I«'. — Hypermétropie 793 

Art. II. — Myopie 796 

Art. 111. — Astigmatisme 803 

Art. IV. — Asymétropie binoculaire 811 

Ghap. IV. — Lunettes et conserves 812 

QUINZIÈME PARTIE 

MUSCLES DE L'OEIL 

ClAFlTRE PREWER. — AnATOMIE ET PHYSIOLOGIE 821 

GiAP. II. — Mode d'exploration des muscles de l'obil 827 

CiAF. m. — Patholocie 828 

Article I®'. — Strabisme paralytique ; 829 

fi I. — Paralysie delà troisième paire ou du moteur oculaire commun, 829. — 
§ 11. Paralysie du petit oblique, 83d. — § 111. Paralysie de la quatrième 
paire ou du nerf pathétique, 835. — § IV. Paralysie de la sixième paire 

ou du droit externe 838 

Art. II. — Strabisme spasmodique , 842 

^ I. Contractions spasmodiques de diverses branches de la troisième paire, 842. — 
§ II. Contraction spasmodique du droit externe, 843. — § 111. Nystagmus 

on spasme oscillatoire des muscles de l'œil 8AA 

Art. III. — Strabisme optique 8d6 

§ I. Strabisme convergent, 846. — § II. Strabisme double, alternatif, 850. — 
§ m. Strabisme optique divergent, 852. — § IV. Strabisme divergent 

latent ou asthénopic musculaire 853 

Chap. IV. — Traitement du strarisme en général 854 

Article I*^*". — Traitement orthopédique du strabisme! 854 

Art. II. — Traitement chirurgical du strabisme 855 

Art. III. — Soins préléminaires 856 

Art. IV. — Strabotomie 857 

Art. V. — Déplacement du tendon en avant 861 

Art. VI. — Strabisme cicatriciel ou mécanique 863 

SEIZIÈME PARTIE 
ORBITE 

CflAPITRE PREMIER. — AnATOMIE ET PHYSIOLOGIE 865 

Chap. II. — Mode d'exploration de l'orbite 869 

Crap. III. — Pathologie et thérapeutiûoe 870 

Article l«^ — InOammation ou phlegmon du tissu cellulaire de Torbite 870 

Art. II. — Périoslile et ostéite orbilaires 874 

Art. m. — Elessures et corps étrangers de l'orbite 877 

Art. IV. — Goitre exophthalmique, maladie de Graves ou de Demours 881 

Chap. IV, — Tumeurs de l'orbite 886 

Article 1". — Kystes de l'orbite 888 

Art. il. — Tumeurs vasculaires de l'orbite 891 

§ I. — Anévrysme artérioso-veincux de la carotide interne, 893. — § II. Ané- 
vrysme de l'orbite, 898. — § III. Tumeurs érectiles ou cirsoïdes de l'or- 
bite 898 

Art. m. — Tumeurs solides de l'orbite 900 

§ l. Lipomes de l'orbite, 900. — § II. Périostoses, hypérostoses et exostoses de 
l'orbite, 900. — § III. Tumeurs fibro plastiques de l'orbite ou sar- 
cornes, 903. — § IV. Tumeurs caverneuses de l'orbite, 903. — § V. Tu- 
meurs hétéradéniques de l'orbite, 905. — § VI. Cancer encépbaloïde, ... 906 



Xn TABLE DES lIlTlklES. 

DIX-SËPTiÈME PARTIE 

méoecire légale 
Chapitre premier « — Des maladies ocdlaircs qui exemptent du sertice militaire de 

TERRE ET DE MER 9i 

§ I. Service dans Tarmée de terre, dlO. — § II. Service dans l'amiée de mer. • 91( 

Cbap. II. — Des maladies oculaires simulées 91! 

Chap. m. — Des maladies oculaires envisagées au point de vue de la jurisprudence. 92( 

§ I. De la responsabilité du médecin dans les opérations oculaires, 927. — 

§ II. Des blessures de Tœil envisagées au point de vue médico-légal 93! 

Chap. IV. — De la photographie rétinienne au point de vue médico-légal 93' 

DIX-HUITIÈME PARTIE 
htgiéne de la vue 

Chapitre premier. — Influence des conditions hygiéniques en général . . » 93) 

Chap. II. — Influence des professions ; 9&i 

§' I. — Conseils hygiéniques pour les personnes livrées aux travaux de lecture el 
d'écriture, 943. — § II. Conseils hygiéniques pour les écolierSt 946. 
— § III. Conseils hygiéniques pour les moissonneurs, 947. — § IV. Con- 
seils hygiéniques pour les blanchisseuses, 947. — § V. Concis hygié- 
niques pour les souffreurs de vigne, 947. — § VI. Conseils hygiéniques 
pour les ouvriers qui travaillent le fer et Tacier, 948. — § VII. Troubles 
visuels chex les ouvriers imprimeurs, 948. — § VllI. Troubles visuels cbei 
les ouvriers qui travaillent dans les manufactures de tabac, 949, — 
§ IX. Trçubles visuels chez les ouvriers qui travaillent le plomb, 950. — 
§ X. — Troubles de la vue ches les ouvriers qui travaillent le sulfure de 
carbone 95 

DIX-MEUVIËME PARTIE 
développement de l'ceil 

§ I. Développement du cerveau et des centres optiques, 953. — § II. Dévdq^ie- 
ment des paupières, 954. — § III. Développement de Torbite, 955. — 
§ IV. Développement de la sclérotique et de la cornée^ 956. — § V. Dé- 
veloppement de la choroïde, 958. — § VI. Développement du corps 
ciliaire, 958.— § VII. Développement de l'iris, 958. ~ § VIII. Développe- 
ment du cristallin, 959. — § IX. Développement du corps vitré, 960. — 
§ X. — Déveloj^ement de la rétine 961 

ADDITIONS 

Composition d'une boite complète d'instruments d*ophthalmologie 96: 

Application de l'électricité au traitement des atrophies du nerf optique 961 

Numérotage des verres de lunettes suivant le système métrique 96) 

Table analytique des matières 961 

FIN DE|[lA table des MATIÈRES 

ERRATUM 

Page 466, ligne iO,lau lieu de presbyte, lisez presbytie. 

Page 471, ligne 9, au lieu de prupière, lisez paupièra. 

Page 494, ligue 2, au lieu dékonpe de poebe» /ûa kn^e depodie. 

- . „ ■ -* • 



TRAITÉ 

DES 

MALADIES DES YEUX 



L'appareil de la Tîsioi) se compose de plusieurs parties distinctes : 

Les unes ne peuvent être considérées que comme organes de protection, ou 
comme ikilitint les mouTemenlg de l'ceil, telles sont : les paupières et les sourcils, 
les voies Ucn'males, l'orbiie et les muscles de l'œil; 

Les inlres constituent l'organe essentiel de la \ision et sont destinées il recevoir 
l'impresaion de la lumière, c'est le globe de l'ceil avec sa membrane visuelle. 

D'antres niDn sont des oi^anes centraui visuels, placés dans le cerveau, et ser- 
vant de cenlre i la perception Inoiineuse : ce sont les tubercules quadrtjumeaux 
avec les bandelettes optiques et le chiasnia. 




- Coupe Mbématique de l'œil et de 



Pour faciliter l'ttude d'un appareil aussi compleie, nous avons adopté t'urdrc 
anatomique. 

Nous commençons par les maladies des paupîËres et du sourcil (fig-'J, o); ce 
sont les premiers organes qui se présentent à notre r^ard. 

Nous passons ensuite aux aOections des voies lacrymales et de la conjonctive. 



2 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

Pour les maladies du globe oculaire (fig. 3), il est nécessaire de distinguer les 
maladies des membranes qui occupent l'hémisphère antérieur et qui peuvent être 
presque toutes examinées à rœil nu, et les maladies des membranes qui sont pla- 
cées plus profondément et qui ne peuvent être examinées complètement qu'avec 
l'opluhalmoscope (fig. 1). C'est ainsi que nous étudions successivement les mala- 
dies de la cornée (c), de la sclérotique (d), de l'iris (e), du cristallin (/*), du corps 
vîiré {g) y du nerf optique (h), de la rétine («) et de la choroïde (j). 

L'étude du nerf optique comprend aussi les altérations dés centres nerveux 
visuels. 

Nous devrons présenter ici des notions précis sur l'ophlbalmoscope, et ses diffé- 
rents modèles, et exposer leur mode d'emploi. Quant aux applications de ces 
instruments au diagnostic des maladies oculaires, elles ne pourront être utilement 
étudiées que dans les chapitres consacrés à la pathologie des diverses membranes 
de l'œil. 

Les maladies de Torbite [k) et des muscles de l'œil (/) seront examinées après 
les altérations du globe, puis viendra la dioptrique de l'œil et l'accommodation. 



PREMIERE PARTIE 

PAVPIRBES JET SOVBCILS 



CHAPITRE PREMIER 

ânatomie et physiologie 

Anatcvnie. — A. SOURCILS. — a. Structure. — Les sourcils sont des saillies 
museulo-cutanées, situées en avant de Tarcade orbitaire supérieure qui dessine 
nne courbe légère, dont la concavité regarde en bas. Couverts des poils, ils se con- 
fondent en haut avec l'enveloppe cutanée de la région frontale et se continuent en 
bas avec les paupières, dont ils ne sont séparés que par une dépression plus ou moins 
profonde. 

b. Superposition des plans. — Les plans superposés de cette région sont : 4 ° la 
peaUj très-mobile, recouverte de poils, et contenant dans son épaisseur des glandes 
sudorilères et un très-grand nombre de glandes sébacées ; 2° la couche sous-cutanée 
traversée par les fibres du muscle sourcilier qui, de la partie interne de Tarcarle orbi- 
taire se porte en dehors pour s'insérer à la peau ; 3** la couche musculaire, constituée 
par les fibres du frontal, de Torbiculaire et par un muscle qui est spécialement 
destiné à cette région, le muscle sourcilier ; 4° la couche ajwmvrotique, qui n'est 
que l'épanouissement de l'aponévrose occipito-frontale, se confondant avec le pé- 
rioste ; 5° enfm le squelette, qui est constitué par la lamelle antérieure du sinus 
frontal. On y remarque en dedans une échancrure pour la poulie du muscle grand 
oblique, et, vers le tiers interne, le trou sus-orbilaire destiné au passage de l'artôre 
et du nerf de ce nom. 

c. Vdisseaux. — Ils n'offrent pas un calibre considérable ; l'artère la plus volu- 
mineuse est la siis-orbitaire, qui passe par le trou du même noui ; deux autres sont 
moins importantes : ce sont la frontale interne et les brandies terminales de la tem- 
porale superficielle. 

d. yerfs. — Les nerfs sensitifs sont fournis par les branches de Toplithalmique de 
Willis, et les nerfs moteurs par le facial. 

e. Lymphatiques, — Ils se rendent, pour la plupart^ dans les ganglions paroli- 
diens. 

B. Paupières. — a. Structure. — Les deux paupières, dont la structure est pres- 
que tout à fait identique, n'ont pourtant pas la môme apparence. 

La paupière supérieure bombée en avant et moulée, pour ainsi dire, sur le globe 
de l'œil, est deux fois plus grande que la paupière inférieure ; la peau qui la recouvre 
forme des plis et des rides dont la direction est parallèle à son bord. Ces plis s'effa- 
cent lorsque les yeux se ferment; ils augmentent au contraire, en nombre, lorsque 
ceux-ci sont ouverts. 

La paupière inférieure, moins étendue en hauteur, présente moins de plis paral- 
lèles, mais elle est sillonnée, vers les deux angles de l'œil, par des rides et des plis 
particuliers visibles, surtout à un certain âge et chez les sujets nerveux. Chez les 
vieillards ces plis sont plus prononcés à Tanglc temporal, tandis que les personnes 
nerveuses et celles atteintes d'affections des voies lacrymales, elles offrent des rides 
très-nombreuses se dirigeant vers le grand angle de l'œil. 

Chacune des deux paupières présente un bord libre muni de cils, et un bord 
adhérent. Ce dernier correspond à la base de l'orbite, que Sappey désigne sous le 
nom de sillon orbito-palpébral supérieur eiinférieur. Quand l'œil est ouvert, les bords 
libres sont écartés; ils sont en contact, lorsque l'œil est formé. 



Les paiipiii 



PAUPIÈRES ET SOURCILS, 
enl aux deux angles de l'oil 



, pour former les com- 



b. SuperposKwB rfcs plans (Gg 2) — les plans superposés (luiconsliluenl celle 
régioD sont : 1"la peau, 2° la couclie musculaire 3" le tissu cellulaire; 4", leliga- 
menl suspenseur du tarse ou capsule oculo palpélirjk , 5" le tarse ; 6' la conjonclÎTe 
avec toutes ses glandes 




FiG. 2. — Seclion de lu paupière, d'après une préparât! 



Trombells (*). 



1° La peau des paupières esl Gxirtimemeni tine. D'après Rkhet, elle envoie ji 
que sur les os, près des angles îaleme et externe, des prolongemenls fibreux pour 
fixer les commissures. Sa (Iruclure est, au resie, la même que celle des autres par- 
lies, mais elle y esl plus mince qu'ailleurs. On y remarque ; l'i^piderme; le corpi 
muqueux de Malpîglii ; les papilles du derme, le derme et ses ari^oles ; des glandes 
sudoripares et des Tolliculcs pileux sébac£s. Le derme esl constiluâ par des faisse: 
libreiix lamlneiix, élastiques et des libres musculaires. Li'après Sappey ces dernières 
sont aplaties, curvilignes et annexées aux follicules pileu\. 3' La seconde couche eil 
constituée par les Gbres des deux muscles orbiculaires el de l'élévaleur de la pau- 
pière supérieure. I 

L'or6inifntVe des paupii'res (fig. 3) ofTrc deux parties bien distinctes, qui, d'après 




Fk:. 3. — Uiucles orbiculaireE ("). 
') l.(>Fid*rm*;l. ride iriiiHTewilo da Is piniiitrii. S.dinni; i. tmnl libra ; S 



ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE. 5 

Aiït el Duchenne (de Boulogne], fonneDl Jeux fénUbles muscles : le muscle externe 
ou superficiel, et le muscle interne ou profond. 

Les fibres du muscle orbiculaire superliciel sont circulaires et se dirigt'nl en arc de 
cercle autour de la fente palpébfali:. Elles se continuent sans interruption près de la 
commissure eiieme d'une paupière h l'autre. A l'angle interne, plusieurs faisceaux 
prennent directement leur altaclie è ra))Ophj-sc montante, h la face antérieure du sac 
et au ligament palpébral inlernc. Les libres qui s'insèrent à la face antérieure du sac 
constituent le muscle lacrymal antéiieur. Une dernière couche du uiuscIk orbiculaire, 
plus profondément placée, ne forme pas des arcs de ctrcle complets ; les lil)res qui la 
composent, attachées k la surface postérieure et h l'os unguis, atteignent le bord des 
paupières et mdme la superGcie des taries. Elles constituent le muscle orbiculaire 
profood ou lacrymal postérieur. 




- Coupe d'un (bllicule (*). 




Autour dfl ta fente palpébrale, on distingue une partie des fibres mai^inales qui 
fonnent une baude étroite, et que Riolan appelait le mitscle cili-iire (Og. 2, a" 7). 

r*] ■, cil ; i, «..lop;» inttrur in M[\nh ; r. «uclw d« Mal].l;hi, <nii>lilu>nl l'enreloppa «ume du folli 
r^ «, ^, vraft ia ana eût ; A, b' «uTeloppr» interiK» i c, d, cDTeUtppc ritern*. 



6 PAUPIËRES ET SOURCII>:. 

3° La couche du tissu celhdo-adipeux sous-musculaire présente de larges mailles. 

4° La capsule fibreuse enveloppe le tarse ; en se prolongeant en haut jusqu'au bord 
orbitaire, elle se confond avec le périoste où elle prend un point d'attache pour former 
un véritable ligament fibreux ou suspenseur des paupières. En s'approchant des deux 
commissures, celte aponévrose s'épanouit et se fixe sur des crêtes osseuses situées 
Tune à l'angle externe de Torbite, l'autre sur l'os unguis. D'après Tenon, ce sont des 
ligaments angulaires externe et interne. 

5** Les tarses {f\^, 2, n°9)sont des fibro-carlilagos semblables aux cartilages interar- 
ticulaires ; ils occupent toute l'étendue des paupières. Épais près du bord libre, ils 
s'amincissent à mesure qu'ils s'en éloignenl, de sorte que, vers le bord adhérent, on ne 
retrouve plus que l'aponévrose ligamenteuse. Le tarse de la paupière supérieure a 
une hauteur de 4 millimètres environ et décrit une demi -circonférence : il est très- 
rigide, ce qui rend souvent difHcile le renversement de cette paupière. Le tarse de la 
paupière inférieure est moins dense et ne dépasse pas 4 millimètres de hauteur. 

6° Ligaments larges. — C'est un prolongement du périoste des os du crâne uni au 
périoste de l'orbite. Le ligament large supérieur se détache de l'arcade orbitaire pour 
aller se fixer au tarse supérieur. Le ligament inférieur vient du bord antérieur du 
plancher de Torbile et se fixe au tarse de la paupière inférieure. 

1^ Muscle orbitO'palpébral de Sappey (1). — C'est une lame musculaire transversa- 
lement étendue de la partie interne à la partie externe de la base de l'orbite, se con- 
tinuant en bas avec le bord adhérent du cartilage tarse et donnant insertion en haut 
au releveur et au prolongement sous-jacent de Tapouévrose orbitaire. Ce muscle est 
constitué par des fibres lisses. Les fibres moyennes se dirigent de haut en bas ; les 
internes s'inclinent en bas et en dedans ; les externes en bas et en dehors. Ce muscle 
présente un segment de sphère creux, et établit l'indépendance ou l'équilibre dans 
les mouvements de l'œil et des paupières. 

Au-dessous du tarse supérieur, et dans sa partie la plus élevée, on trouve l'aponé- 
vrose du muscle élévateur de la paupière supérieure, attachée en cet endroit au car- 
tilage tarse. 

Il n'existe pas de muscle analogue dans la paupière inférieure, mais Richet dé' 
montre que le muscle droit inférieur envoie à la paupière inférieure un prolongement 
membraniforme qui peut être considéré comme l'analogue de l'élévateur de la pau- 
pière supérieure. Dans le mouvement de l'œil en bas, la paupière est entraînée dans 
le même sens. 

Dans l'épaisseur du cartilage tarse se trouvent les glandes de Meibomius. Pour la 
paupière supérieure, leur nombre est de 30 à 40 ; de 20 à 30 pour l'inférieure. Ces 
glandes sont mutiies de conduits distincts, ouverts sur les bords Hbres des paupières 
(lig. 2, n^« 10 et 4 4) et qui sécrètent un liquide huileux destiné à humecter les pau- 
pières et la conjonctive. 

8*^ La conjonctive se trouve au-dessous du tarse, auquel elle est unie par une mince 
couche de tissu cellulaire. 

c. Bords libres des paupières, — Les bords libres de deux paupières en se réunis- 
sant constituent la fente palpébrale longue de 25 à 30 millimètres. Elle est dirigée de 
haut en bas et de dehors en dedans. Cette disposition oblique, peu prononcée chez 
les Européens, est, comme on sait, très-marquée chez les Chinois et les Japonais. 

Les bords libres ont de 2 à 3 millimètres d'épaisseur et sont taillés en biseau aux 
dépens de la face interne pour la paupière supérieure, aux dépens de la face cutanée 
pour la paupière inférieure. La première présente, à la limite de la peau, une crête 
aiguë en haut, et qui est beaucoup moins prononcée sur la seconde. C'est sur ce re- 
bord que sont implantés les cils. 

d. Les cils sont des poils roides, recourbés en haut pour la paupière supérieure, et 
en bas pour l'inférieure. Chaque dl prend naissance dans un follicule à part, mais 

(1) Sappey, Traité d'anatomie cfe*cr^<we, UÛI- " it 1872. 



ASATOHIE ET PUrSlOLOGIE. 

il UTÏTc qa«1<]uerois que deux cil^ voisins naissem dans ua follicule ci 
ta peut juger par les ligures 5 el G. Les cils sont si^inc-s sans ordre sur la Mvre Bnié- 
rieure du bord libre, ou en compte de \îli h 150 pour chaque piupifre. Ils «ont 
eulour^s d'uDe série di.s glandes sibacces propres, et i|ui srrvcnl b leur nulrilion ei 
Irur lubrifaclioo. La ligure 7 Taite d'après la préfinralion de llemy, interne des liApi 
rata, montre les disposiliaos réciproques des glandes et des ciU. 




Fie. 7. - 



Cilsde liœuf J'nprù» Uonij ('). 



Le long do la crSie du bord libre, enire 1j raiigùe dos cils et le borJ cocyoncliv 
i'ouirent les glandes de Heibamius 
' nnfévs sur une seule ligue. 

CliBitue (laiipii^o prËseolO, près 
an l' angle interne et sur son bord 
libre, mi tnliorcnle saillant où se 
irDuvel'oiiriccii'iin point larrymal, 

'. .lif'c-, — rilci tout Irès- 
nujlni^u.K.'-. .'■.i|ip''ï distinguo: a, 
'k<i\ ii'!lf''>''-i-> iii[<TnM,d«8liJiée3 
vi IjûiJ lijiri.' il<'s paupièrrs el qui 
Daii:irii( dv 1.1 partie terminale du 
liouc de l'opiiiialuiique. In peu 
lu- leuiis du II iidniiderDrliicu'atrc 
r\Ui je B'pnrcnl en infi-rinire et 
fip/ rieurs, H' placent entre le car- 
tità'B UrM i.'i les musrlc orliieu- 
bîT" H mîin li-nl pw^t'Alririent a» 



) .ni.iie; ks c, palpédriiks supfi-iewfs venanl de l'artèrj sus-orbilairc 

H. (ImiU MWis; C, ileiiuo nudu lim;ïi'iireiil m mo^EO do l'Hida icilïiioi; e, (nUiriilii 




8 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

et avec les d, palpébraies postérieures fournies par les musculaires supérieures et 
inférieures. 

Les veines forment deux plans sous-cu(ané et sous-conjonclival qui suivent les 
artères. 

f. Vaisseaux lymphatiques. — Ils se dirigent les uns en dedans les autres en de- 
hors. Les interDes se jettent dans les troncs lymphatiques qui descendent du front sur 
les côtés et la racine du nez pour suivre la veine faciale et se rendre dans les ganglions 
sous-maxillaires. Les externes se réunissentaux troncs temporaux pour se rendre eo- 
suile dans les ganglions parotidiens. 

g. Nerfs, — Les nerfs sensitifs sont ceux de la cinquième paire. Les nerfs moteurs 
viennent de la septième paire pour Forbiculairo, et de la troisième paire pour Télé- 
f ateur de la paupière supérieure. 

Développement. — D'après Meckel, les paupières commencent à se former 
dès la deuxième semaine. Leur base se constitue d'abord, puis le bord libre ; elles 
arrivent ensuite au contact et adhèrent enfin Tune à l'autre. Elles restent ainsi unies 
pendant toute la vie intra-utérine ; ce n'est que deux mois avant la naissance que 
s'établit la fissure interpalpébrale. Dans certaines anomalies l'adhérence persiste 
après la naissance, ou bien la fente palpébralese présente très-sensiblement rétrécie. 

Physiologie. — Les paupières exécutent deux sortes de mouvements : les uns 
soumis à la volonté, les autres spontanées, involontaires. 

Les mouvements volontaires permettent l'écartement des paupières et leur occlu- 
sion. Le mouvement d'écartemenl s'effectue par la contraction du muscle élévateur 
de la paupière supérieure et par le relâchement complet de son antagoniste, l'orbicu- 
laire. L'occlusion de l'œil se produit par la contraction de Torbiculaire et par le re- 
lâchement de l'élévateur de la paupière supérieure. 

Ces mouvements s'exécutent aussi, à chaque instant, en dehors de tout acte de la 
volonté et d'une manière instinctive. Ce sont ces mouvements qui constituent le cli- 
gnemcnt, acte complexe, produit par des mouvements successifs d'abaissement et 
d'élévation des paupières, qui glissent sur la surface du globe de l'œil. Le besoin de 
cligner est dû à l'innervation de la conjonctive par les filets du trijumeau. 

Le rôle des paupières est d'abord de soustraire l'organe visuel à l'action incessante 
de la lumière et des corps étrangers, puis de faciliter, au moyen du clignement^ la 
lubrifaction du globe oculaire, la distribution des larmes et des sécrétions huileuses 
sur sa surface. 

Les cils servent à éloigner de l'œil les corpuscules étrangers flottants dans l'air; 
de plus, ils absorbent une partie des rayons lumineux. 

Les sourcils protègent aussi l'organe de la vue, en retenant une partie des pous- 
sières répandues dans l'atmosphère. Grâce à eux, la sueur du front s'arrête et ne peut 
descendre dans l'œil. Les poils dont ils sont munis absorbent, en outre, une partie 
des rayons lumineux venant d'en haut. C'est pour cette raison que les habitants des 
pays chauds sont d'ordinaire pourvus par la nature de sourcils développés el plus épais 
que les hommes destinés à vivre dans les régions froides ou tempérées. 



CHAPITRE II 

MODE D'EXPLORATION 



L'examen de l'ceilet de ses annexes doit se faire à un joar convenable; le 
malade doit être placé non en far^ de la lumière, mais un peu obliquement On 
passe successivement en revue les sourcils et les paupières sans y porter la maiu, 
et Ton compare la conformation de la région orbitake tout entière. 



MOD£ D*£XPLORATION. 9 

Sourcils.— 1 . Les sourcils peuvent êtrele siège de blessures, de cicalricês, d*abcès 
et de lamears; la chute prématurée des poils doit être prise aussi en considération. 

2. Par la palpation, on s'assurera si les poils ne cachent pas de cicatrices. S*il 
tiisie une fistule, on Texplore avec un stylet pour s'assurer s'il n'y a pas de carie 
lu bord de l'orbite. On y rencontre aussi des tumeurs dont on définira la nature, 
» elle est dure ou liquide, sensible ou indolore, fixe ou mobile. 

Paupières. — Dans l'examen des paupières, on doit observer : 

i. Si la paupière supérieure d'un œil est plus abaissée que celle de l'autre. 

2. Si la fente palpébrale est égale dans les deux yeux. 

3. Si les yeux se ferment et s'ouvrent d'une manière régulière et s'il n'y a pas 
les clignements exagérés, s*il n'y a pas de chute des paupières ou d'obstacle à 
eur occlusion. 

U. Il faut constater aussi quelle est l'épaisseur de la paupière et de son bord 
ibre, et voir s'il n'existe pas d'oedème ou d'hypertrophie des tissus palpébraux. 

5. U faudra s'assurer de l'état dans lequel se trouve la peau des paupières; si 
lie est ronge et gonflée, si les plis sont régulièrement disposés, s'il y a des ecchy- 
noses, des abcès, des éruptions ou des tumeurs à la surface. 

6. Lorsqu'il existe une tumeur il est nécessaire de procéder à la palpation et 
!e renverser au besoin la paupière, afin d'apprécier la profondeur qu'occupe la 
Lumear. 

Bords libres des paupiettes. — Les bords libres des paupières doivent tMre exa- 
minés avec le plus grand soin, et l'on recherchera : 

1. S'ils s'appliquent bien sur le globe de l'œil, et s'ils ne sont pas déviés, soit 
en dedans, soit en dehors. Pour faire cet examen, on recommande au malade de 
serrer fortement les paupières et les ouvrir ensuite, de regarder tantôt en haut, 
tantôt en bas; la déviation devient alors plus apparente. 

2. On s'assure si les paupières ne sont pas gonflées, et si la croie du rebord est 
bien conformée. Dans les afl'cciions chroniques des conjonctives et des paupières, 
les bords, au lieu d'être taillés en biseau, sont arrondis, émoussés, rouges et 
ulcérés. 

3. On s'occupera de la disposition des cils, et l'on s'assurera s'ils ne sont pas 
déviés par place ou tout le long du bord libre. 

4. N*existc-t-il pas à leur racine des incrustations qui recouvriraient des ulcé- 
rations! Un verre grossissant pourra être employé à cet efl'et avec avantage: il 
permettra aussi de constater si les orifices des glandes de Meibomius, au voisinage 
des racines des cils, ne sont pas obstrués. 

5. Y a-t-il des abcès, des ulcères^ ou des tumeurs sur le bord libre? 

6. Il faut s'enquérir ensuite de la situation des points lacrymaux, savoir si leur 
ouverture est béante et s'ils ne sont pas déviés. 

7. On soulèvera légèrement avec la pulpe du pouce la paupière supérieure en 
l'attirant suceessivement en haut et en bas, pour savoir si ces mouvements sont 
libres et faciles, et s'ils ne sont pas accompagnés de contractions convulsives. 

Après avoir examiné attentivement tous ces points, on interrogera le malade sur 
antécédents et sur les symptômes qu'il éprouve. 



10 PAUPIÈUES ET SOURCILS. 



CHAPITRE III 

PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 

Parmi les lésions que l'on rencontre du côté des paupières, les unes sont 
inflanimaioires, simples: bléphaiitc ciliaire; orgcolel; furoncle el anthrax; phleg- 
mon et abcès; èrysipèle des paupières; emphysème. 

Les autres sont des aiïections darlreuscs : eczéma, psoriasis, èphidrose et ochro- 
inydrose, herpès, zona, acné, vitiligo, alopécie, pustules varioloïques et les scro- 
fiilidc's des paupières. 

D'autres, enfin, sont de naiure syphilitique : chancre, syphilides bénigoeset 
luberculo-serpigineuses. 

L'élude des lumeurs doit comprendre : 1° celle des kystes, tels que : chalazion, 
kystes dermoïdcs, séreux, etc. ; 2" celles dos tumeurs solides, tels que : tumeurs 
èreciiles, ven uts, lipocnes, gommes syphilitiques, èléphantiasis, névroses, épithé- 
liomes el carcinomes. 

ARTICLE PREMIER. 

BLÉPHAUITE CILIAIRE. 

L'iiidammalion du bord libre des paupières désignée sous le nom de blépharite 
ciliaire est caractérisée par une rougeur du bord et des angles pal|)ébranx, tumé- 
faction à la racine des cils, avec formalion des croules qui recouvrent des exco- 
riations. 

Elle peut affecter uniquement la peau au pourtour des cils, ou bien toute l'épais- 
seur du bord palpébral. Dans le premier cas, il y a blépharite simple furfuracécou 
pilyriasis; dans le second, c'est une vraie blépharite glandulaire ou bulbaire. Ce 
sont ces deux formes de maladie que nous avons adoptées. Quant aux divisions 
adoj>tées par les auteurs, en bléphariles catarrhale et scrofult'usrf (AVharton Jones) 
simple, dij)hthérilique, furfuracée, ulcéreuse et folIicul3ire (Velpeau), quoique 
jusiifiées par Tanalomie, ne nous paraissent pas pratiques, et ne sont qu'un em- 
barras pour le diagnostic. 

A. Blépharite furfuracée ou pityriasis. — Le phénomène caraciéris- 
lique de la blépharite furfuracée est une desquaination de répiderme sous forme 
de petites lamelles blanchâtres, pulvérulentes, que l'on a très-jiislement coniparées 
à de la farine. 

C .«^t une alîection identique avec celle que l'on constate au cuir chevelu, h la face 
et dans d'autres parties du corps. Développée sur le bord des paupières où la peau 
est très-mince el très-sensible, elle ne tarde pas à être accoinj^agiiée do déman- 
geaisons et d'une vive irritation. La sécrétion des glandes de Meibomius et des 
glandes sébacées, augmentée, s'accumule à la surface du bord libre; les lamelles 
de i'épiderme s'agglutinent à la base des cils, et forment des pellicules fines et 
molles qui enveloppeat les cils, et s'y attachent souvent même à une certaine dis- 



BLÉPHARiTE CILI.VTKE. H 

e de leur base. Par le frollement, ces lamelles se dotacheut et tombent sou- 

; entre les paupières, où elles produisent une sensation de corps étranger. 

Il examinant attentivement cette région à la loupe, on constate quelquefois de 

les; pustules, semblables aux boutons d^acné, situées entre les cils. Peu à peu 

Iderme s*amincitet s'exfolie, le derme s'injecte, devient rouge, etc. ; si la ma- 

e dure louglemps, des ulcérations et des abcès peuvent s'y former; l'inflamma- 

i gague les parties sous-jacenles, et peut envahir successivement les glandes 

acées, ie> bulbes pileux, et se transformer en une blépliariie glandulaire. 

l.a blépharite furfuracée peut avoir d'autres conséquences non moins dés- 

éables; les cils, ne reposant plus sur le derme sain, deviennent fragiles et cas- 

ts, et les paupières s'en dégarnissent de plus en plus. 

L'irritation peut gagner la conjonctive, et donner lieu à une vraie conjonctivite. 

B. Blépharite ciliaire-glandnlaire. — Elle est très-fréquente et aiïecte 

Unairement la forme chronique. 

Sjiiip<oBiatoioiE;ie. — Dans Cette affection, on remarque : 1. Une boursou- 

re au bord des paupières, soit par places, soit sur toute son étendue. 

2. Une rougeur de la peau et des conjonctives au voisinage du point affecté. Les 
gles palpébraux présentent souvent des excoriations très-étendues. 

3. Un changement de direction des cils qui deviennent cassants et tombent en 
ande partie; ailleurs ils sont ramassés en pinceau, et s'entrc-croisent. Çà et là 
. manquent complètement, tandis qu'ailleurs ils sortent par faisceaux à travers 
s mêmes orifices. 

A mesure que la maladie fait des progrès le nombre de cils diminue, ceux qui 
^mplacent les anciens n'acquièrent pas le môme développement ; ils pâlissent et 
étiolent, et quelques poils rares et incolores se montrent çh et l!i, de sorte que 
i paupière peut être complètement dépourvue de cils (madarosis). 

h, La sécrétion des glandes sébacées, mélangée à celle des glandes de xMeibo- 
lius, s'accumule sur le bord libre, au pourtour de la racine des cils, et forme 
ne sorte de croûte composée d'écaillés friables, luisantes, adhérentes aux cils et 
Tépiderme. Si l'œil n'est pas irrité, les croûtes peuvent rester in;ipcrçues pen- 
aiit un certain temps; s'il y a irritation et innannnation, elles doviennenl plus 
\identes, et Ton trouve au-dessous une surface ulcérée qui saigne au moindre 
ontact. 

Chez les malades peu soigneux, les bords des paupières sont recouveris sur toute 
•ur étendue d'une large croûte plus ou moins épaisse, derrière laquelle le pus 
accumule. Oji y remarque aussi des abcès, ou de véritables boutons d'acné, 
tués dans le tissu cellulaire sous-cutané, ce qui constitue, pour Soelberg Wells, 
ne forme particulière û^acné cilicnns. 

j. Les cils sont très-souvent agglutinés^ et collés pendant le sommeil; le malade, 
11 ouvrant le matin les yeux, arrache les cils par pinceaux. 

6. A la racine des ci!s on trouve presque toujours des ulcérations. Elles sont 
iperficielles, et occupent une large surface du derme, ou bien elles sont profondes 
l disséminées; dans ce dernier cas, l' ulcération affecte la forme de cupule, au 
iilieu de laquelle on trouve un ou plusieurs cils. 

Dans celte période, les ci's ne tiennent plus à l'épidorme (voy. fjg. 10, 6), 
)nime Rauvier et Coruil Tonl démontré sur les préparations que je leur ai 



13 PAUPltRËS ET SODBCILS. 

tournies. Des trajets Qstuleui se sont ouverts sur le bord libre autour de chaque 
cil malade et ont formé, en se réunissant, des ulcères eu cupule, 

7. l'ur suite de la létraciion de la peau et d'excoriation du derme, le bord pal- 
pébral s'arrondit, surtout i sa marge iuteme, devient rouge et luisant, La paupière 
infi^rieuresc renversf en dehors ei constitue un état qui est appelé lagophthalmie . 

Uans certains cas, il y a désorganisation complète de tous les tissus du bord 
libre ai ec épaississe ment, induration, et uncéversion complète du bord libre et du 
tarse [iijlosis). 

8. L'r>bliiération partielle ou totale des orifices des glandes de Mciboniiw est 
aussi une des conséquences de ces all<l'ratioiis; de là des kystes sébacés coojonc- 
livaui. 

9. La muqueuse oculaire est souvent injectée ; elle se reaversc en deliors ei 
devient charnue, sarcomateuse ou veloutée. 

10. Les points lacrymaux sont tantdt déviés et rétrécis, tantôt exulcérés H 
citOammés. 

11. Cour compléter le tableau de la maladie, il suffira d'y joindre les signes 
rcinctionncLs. Les malades se plaignent de démangeaison, de picotement, de ruideor 
lies paupières, de la pbotophobic, de larmoiement, d'une sensation de gravier 
entre les paupières, etc. Ces symptômes sont quelquefois accentués à tel point qu'oa 
croit les n.pitorter plutôt â une aiïeclioR interne de l'ceil. On cumprend facilettWDt 
que le iKird palj)éliral étant etulcéré, les nerfs irijumeaui qui s'y trouTent irrités 
transmettent leur irriiation aui autres branches oculaires, pour constituer le lar- 
moiement, la pliolophobic, cic. 

*Mii»iMie pnih»i«Bi«D«. — Nous avons indi(|ué plus haut qne la maladie 
débute le plus sout eut par les glandes sébacées (fig. 9, g, g.) qui avoiaineni lei 




Fie. 9. — Coupe du cUt (*), 

canaui des cils; leur sappuraiion donne lieu ï des trajets fisluleui trfsnombreut 
MIT le bord libre au pourtour de cils. Leur réunion forme des ulcères en cupule, 
nu milieu desquels les cils vacillants frottent les parois ulcérées en b, (fig. 10] et 

(|j A. m iri- .riiniil Dorniili B. riJ U.iptMfppbi* ; C, eilniaslli. ipi k <•»•*• «. 



BLfiPHARITE aUAIRE. 13 

jouent le rMe d*on corps étranger. Ranvicr et Cornii ont confirmé ces laits par des 
recberclies microscopiques. Dans d'autres cas, il y a altération de l'enveloppe des 
cils eux-mêmes. Robin, avait démontré que la gaîne du cil était dans ces cas rem- 
plie d'une quantité considérable de cellules épithéliales^ de matière sébacée et 
souvent de pus. 

Les recherches microscopiques récentes faites h ma clinique par Rcmy, interne 
des hôpitaux, ont démontré que la substance propre du cil subit une dégénéres- 
cence et devient granuleuse, opaque et volumineuse, sa coloration est noire, pig- 
mentée, molle et comme imbibée de liquide (voy. fig. 9). Souvent nous avons vu 
aiec Maron des excroissances papillaires à la surface des cils. 

Quant à la présence des champignons [trichophyton), les recherches que nous 
avons faites sur un grand nombre de malades nous ont conduit à des résultats 
uégatife. 

fei»l»sl«. — La blépharite ciliaire se reconnaît le plus souvent par les rétré- 
cissements ou les obstructions des voies lacrymales. Sur plus de 500 blépharites 
ciliaires que nous avons traitées dans les dernières années, 350 étaient occasion- 
nées par les altérations des voies lacrymales, 9 par les granulations des conjonc- 
tives, et les autres reconnaissaient pour cause l'inflammation directe des glandes 
et du bord libre des paupières. 

Les diatlièses lymphatique, slrumeuse et scrofuleuse ont une certaine influence 
sur la production de celte affection. Nous avons souvent constaté l'existence de la 
blépharite bulbaire chez les individus atteints d'engorgement des glandes du cou et 
des glandes sous- maxillaires. Les individus mal nourris, habitant des appartements 
humides, froids et mal aérés, ou travaillant dans une atmosphère chargée de 
miasmes putrides, de gaz irritants, etc. ; les sujets faibles et anémiques, sont plus 
que les autres prédisposés au développement de cette maladie. 

■•relie, dorée. — La blépharite ciliaire est une affection chronique ; elle dure 
des mois, des années; mais il y a des périodes d'amélioration très-notable, faisant 
croire à la guérison, mais suivies de nouvelles poussées inflammatoires. 

■la^Boeile dlfférenUel. — Il est difficile de confondre la blépharite ciliaire 
avec aucune autre maladie; tout au plus pourrait-on la prendre pour une simple 
conjoncU\ite, granuleuse ou lacrymale. Mais dans une conjonctivite, les mucosités, 
au lieu d*élre accumulées à la racine des cils, les collent au contraire vers leur 
sommet. 

La boursouflure des paupières dans les conjonctivites se présente ordinaire- 
ment dans toute la paupière et sous forme d'œdème, tandis que, dans la blépha - 
rite, elle est limitée au bord libre. 

Proamtie. — La terminaison dépend en grande partie du degré d'altération. 
En général, la maladie est bénigne. Les tylosis et les lagophthalmos deviennent de 
plus en plus rares, car on oppose à la maladie un traitement plus rationnel qu'au- 
trefois. 

Traitement. — Cette affection exige un traitement tout différent selon que Ton 
a affaire à la forme pityriasique ou glandulaire. 

A. Traitement de la blépharite pityriasique. — Il est très-simple : 

i. On doit recommander au malade de se laver les yeux matin et soir avec Ce 



\U PAUPIÈRES ET sourcils: 

Teau chaude simple, ou eu y ajoutant une faible dose de sous-carbonate de soude : 

^ Eau distillée 100 grammes. | Sous-carbonate de soude. . . 1 gramme. 

C'est une excellente solution qui facilite la dissolution des écailles graisseuses 
et des pellicules du bord libre. 

L'usage des collyres astringents est préjudiciable et doit être complélemeol 
proscrit. 

2. Pour combattre Tirrilation des conjonctives et diminuer la photophobie, on 
ordonnera des injections d'eau tiède dans les points lacrymaux avec la seringue 
d'Anel. Ces injections, qui nous ont donné des résultats remarquables, dégagent 
les voies obstruées et contribuent très-effîcacenient à la guérison. 

3. Le badigconnage des pau|)ières avec la teinture d'iode ou le crayon mitigé de 
nitrate d'argent constitue un des points essentiels du traitement. Le chirurgien 
pratique cette opération une ou deux fois par semaine, en ayant soin de préserror 
soigneusement l'entrée du caustique dans l'œiL 

U, Pour combattre les démangeaisons palpébrales dont se plaignent les m- 
lades, je leur conseille de saupoudrer les bords libres souvent dans la journée 
avec la poudre de calomel porphyrisé. 

5. Les rechutes sont cflicacement combattues par les préparations arsenicales, 
iodées, ferrugineuses, toniques et fortifiantes, prises à l'intérieur pendant un cer- 
tain temps. Voici une des formules faciles à doser : 

^ Eau distillée 200 gramm. j Arsénia!e de soude. . 0,05 à 0,iO centi^ 

B. Traitement de la blépharite glandulaire. — Il est plus complexe cl plus 
difficile. •- 

1. On cotnmence par inspecter avec un grand soin les voies lacrymales qui sont l 
le plus souvent le point de départ de la maladie, et, en guérissant l'altération dont 
elles sont le siège, on guérit la blépharite ciliaire elle-même. Ce moyen est telle- 
ment important que nous le considérons comme la base principale du traitement ■ 
Nous avons souvent guéri des blé()harites chroniques de quinze, de vingt ans, dans 
l'espace de deux ou trois mois, rien qu'en rétablissant les voies lacrymales qui ont 
été oblitérées. 

2. En général, il faut recommander aux malades, d'une manière toute spéciale, 
les soins d'une propreté minutieuse. Us doivent ramollir les croûtes desséchées 
qui occupent la base des cils. A mesure qu'elles se forment, le malade devra les ra- 
mollir et les détacher avec les ongles ou une pince; laissées sur place^ elles abrite- 
raient le pus et activeraient l'irritation. 

Pour ramollir et détacher plus facilement la sécrétion morbide, on peut se ser- 
vir avec avantage de fomentations ou de lotions d'eau tiède, de décoctions de têtes 
de pavots, d*eau de guimauve ou de laitue. On fera ces lotions à l'aide d'une 
éponge fine et très-douce. Si cela nesufût pas, on fera appliquer, surtout le matin, 
des cataplasmes de fécule de riz. 

S. Vépitalhn des cUs doit être pratiquée sans retard. Les croûtes une fois enle- 
▼éjB8| on lUGoarririi spU k rœil na, soit au moyen d'une loupe, des ulcères en 



BLÉPHARITE CILIAIRE. 



15 



copule qui entourent les cils. Ces cils, placés an fond des ulcères, devront être 
enlevés. Pour les arracher, on se sert d une pince {Ci^. 11), puis on cautérise les 
ulcérations avec un crayon erfilé de nitrate d*argenl mitigé. 




Fie. 11. — Pince à épiler. 

Je regarde Varrachement des cils comme le moyen le plus efficace qu'on puisse 
employer dans le traitement de cette aff'ection. En eiïei, les cils, qui se trouvent au 
centre de l'ulcération, jouent le rôle de corps étrangers, et s'opposent à la cicalri- 
salion. L'épilation des cils ne détruit pas les bulbes pileux qui sont très-souvent 
inlacls, mais elle active la cicatrisation des ulcères^ et les cils repoussent ensuite 
au milieu d*un tissu déjà cicatrisé. 

L'arrachement a fourni aussi de bons résultats à Quadri, de Naples^ et Lawrence 
an commencement de ce siècle; mais leur opération avait pour but de rendre plus 
facile la cautérisation des bords des paupières. Bazin (1) a indiqué le moyen de 
guépr les blépharites ciliaires par Tépilation des cils, croyant qu'il s'agissait là 
d'une végétation cryptogamique. Cramoisy (2) a introduit en pratique l'épilation 
générale des cils comme moyen de guérison, et il pratiquait souvent deux ou trois 
épilations successives. 

Je pense que l'épilation générale de tous les cils pourrait amener une trop 
grande irritation, c'est pourquoi il faut y renoncer. 

Ma méthode de traitement consiste à n'arracher que quelques cils les plus 
malades et cautériser ensuite l'ulcère. Mais, pour ne pas provoquer une trop 
grande irritation, il ne faut épiler que tous les deux ou trois jours et sur des 
points éloignés. 

Ce n'est donc pas, comme quelques auteurs l'ont dit, un moyen accessoire de 
guérison, mais bien une indication essentielle du traitement. Il est bon de savoir 
qu'une seule épilalion ne suffit pas, et qu'il faut quelquefois arracher le même cil 
deux et même trois fois avant que la partie ulcérée du bord libre soit guérie. 

U, On combattra l'inflammation et les excoriations étendues des paupières en 
les touchant avec de la teinture d'iode, le crayon de nitrate d'argent mitigé, ou 
avec une solution astringente. Voici les formules de ces solutions : 



If Eau distniée 10 gramm. 

Nitrate d'argent 0^25 centigr. 



If Eau distillée 10 gramm. 

Potasse caustique 0,25 centigr. 



5 . L'usage des pommades au précipité rouge et blanc, à l'oxyde de zinc ou au 
nitrate de mercure, est en général considéré comme un remède spécifique contre 
la blépbarite cilialre. Ces pommades sont enciïct utiles, lorsqu'elles sont employées 
à Toriginc de la maladie, au moment où les bulbes ne sont pas très-altérés et où 
les ulcères ne sont ni profonds ni étendus. Elles réussissent surtout à la fin de la 



(i) Bazin, Considérations générales sur la mentagre et les teignes de la face^ 1854. 
(2) Cramoûy, Courrier médical, 1860, p. 87, 100 et 111. 



16 



PAUPIÈRES ET SOURaiS. 



maladie en facilitant la résolution des parties engorgées. Les pommades de Ljoo, 
de Dcsault, du Régent, d'Arlt, ne doivent leur réputation qu'au précipité rouge 
simple ou additionné de quelque autre agent, tels que : acétate de plomb et cam- 
phre (Régent), oxyde de zinc (Deval), précipité blanc (Arlt), etc. 

Des résultats favorables ne seront obtenus à Taide de ces pommades que si on 
les applique à doses faibles (0(^^,10 à Û(rr,15 |X)ur 10 grammes d'axonge)^ et en 
couches très-minces sur les bords des paupières. Voici quelques formules des plus 
usitées : 



!(. Précipité rou^e 10 centigr. 

Acétate de plomb cristallisé. 5 — 

Axoiige fraîche 5 gramm. 

Huile d'amandes douces. ... 5 gouttes. 

(Galezowski.) 



1^ Précipité rouge 15 cenligr. 

Camplire 15 — 

Huile d'olives 1 goutte. 

Beurre lavé à l'eau chaude. . 3 graoïm. 

(Desmarres.) 



6. Si les orifices des glandes de Meibomius sont bouchés nu engorgés, et si la 
sécrétion ne s'opère pas librement, il est bon d'ajouter \ ces pommades une petite 
partie de tutie préparée. Par le frottement, on déchire les pellicules qui bouchent 
les orifices et la sécrétion se rétablit. La pommade de Janin peut <ître avantageuse- 
ment employée dans ce dernier cas. . 



If, Tutie préparée 2 grammes. 

Bol d'Arménie 2 — 

Précipité blanc 1 — 

Axonge 4 — 

(Janin.) 



7f Glycérolé d'amidon 5 grammei. 

Camphre 5 ceadgr. 

Poudre d'acétale neutre de 

plomb 1 grammes. 

(Galezowski.] 



7. Dans une inflammation trop vive des paupières et lorsqu'il existe une prédis- 
position aux abcès, on aura recours aux cataplasmes de fécule de riz ou de glycé- 
rolé d'amidon tiédi, que l'on appliquera sur l'œil deux ou trois fois par jour, 
pendant une demi-heure ou une heure. 

8. Après la disparition des symptômes inflammatoires, Mackenzie conseille de 
baigner souvent les paupières avec une solution suivante : 

"if Sublimé, de 5 à 10 cenligr. | Eau 240 grammes. 

9. Lorsque les cils poussent d'une fdçon irrégulière, qu'ils tombent constam- 
ment, n'étant pas solides à leur base, je les coupe non loin de la racine sur toute 
l'étendue de chaque paupière. J'obtiens de cette façon un rafler missemeut de ces 
poils, et la guérison plus facile de la blépharite. 

10. On prescrira en même temps au malade un régime convenable, tonique, et 
on défendra l'usage des alcooliques, du café et des mets fortement épicés. 

11. L'usage des conserves bleues ou neutres pourra être recommandé pen- 
dant tout le traitement. Le malade doit éviter une lumière trop vive et le travail 
au gaz. 

12. Le sirop antiscorbatiqae on de brou de noix, l'huile de foie de morue, les 
préparations iodées et ineoicaleSi eeront prescrites pour combattre les causes géné- 
rales prédlsposantée de b maladie. C'est poor cette même raison que l'usage de 



ORGEOLET, FURONCLE, ANTHRAX. 17 

l'eau de La Bourboale devra être préconisé. Le séjour aux stations thermales 
d'Uriage ei de Saint-Nectaire peut être indiqué. Les malades y sont soumis aux 
douches oculaires d*eau pulvérisée et y obtiennent des améliorations des plus 
sensibles. 

BiBL'OGRAPHiE. — CtmsaiXfngc^ Du décapage des cils dans les ophthalmies (Arch. d'ophth, 
Paris, t. II, p. 88). — Moll, Archiv f, Ophth,, t. VI, a. 1, p. 286. — Mantazean, Èpilation 
des a/s contre la blépharite{fiaz. des hôp,, 1858, n« 142). — Deval, Traitement de la Ole- 
pharite ciliaire (Gaz, des A<^.,1862, n» 12). — E. Williams, Blépharite ciliaire {New-York 
Med, Record, mars, 1866). 

ARTICLE II 

ORGEOLET, FURONCLE, ANTHRAX 

A. Orgeolet. — Il est constitué par une inflammation furonculeuse du tissa 
cellulaire épitarsien et du pourtour des cils. Habituellement, il présente la grosseur 
d*an grain (Torge, et c*est de là qu'il tire son nom. 

Selon Ricliet, tout furoncle a son siège dans le follicule pilo-sébacé ; nous pen- 
sons aussi que l'inflammation d'une des glandes sébacées des cils est le point de 
départ de Torgcoiet. 

La tumeur est dure, rouge foncé, se perdant d'une manière insensible dans les 
parties voisines. Le toucher provoijue une douleur très-vive, ainsi que les mouve- 
ments des paupières. D'abord limité au bord libre, le gonflement envahit bientôt 
toute la paupière. 

An bout de quatre ou cinq jours, il se forme une élevure d'un blanc jaunâtre 
qui ne tarde pas à se rompre pour donner issue à un pus épais, contenant de petits 
lambeaux de tissu cellulaire mortiGé. L'ouverture se produit, soit sur la face cu- 
tanée, soit sur la marge conjonciivale du bord libre. Le gonflement cesse immédia- 
tement, et la cicatrisation qui en résulte ne laisse pas de trace. 

L'orgeolet amène un gonflement des tissus voisins, et il n'est pas rare d'observer 
l'oblitération d'un ou de plusieurs orifices des glandes dcMeibomius ou des glandes 
sébacées, ce qui fait naître des kystes sébacés ou des chalazions. L'œdème palpé- 
brale qui accompagne l'orgeolet devient quelquefois tellement intense, qu'il peut 
simuler un érysipèle ou un phlegmon du sac L'erreur sera facile à éviter eu 
s'assurant que la région du sac n'est point douloureuse. 

Il n'est pas rare de voir une conjonctivite très-intense accompagner l'orgeolet 
et qui durera tant que l'abcès n'est pas percé. L'étranglement des tissus environ- 
nants peut être tellement prononcé, qu'il en résultera une inflammation des vais- 
seaux lymphatiques de la paupière et un engorgement des glandes préauriculaires 
et sous-maxillaires, qui deviennent sensibles au toucher. 

Certaines personnes sont prédisposées d'une manière toute particulière aux or- 
geolets, des récidives sont si fréquentes, que, pendant des mois entiers, toute occu- 
pation leur est interdite (1). 

(i) J'ai soigné une dame, âgée de vingt-cinq ans, qui a?ait, pendant plus d*un an, un ou ^ 
deux orgeolets à chaque menstruation. Tout travail lui était interdit. Ce n*est que par des ' 
cautérisations du bord libre avec le crayon de nitrate d*argent souvent répétés que j'ai obtenu 
la guérison. 

G4LEZ0WSU. 2 



18 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

La douleur qui accompagne rorgeolet, bien qu'elle ne soit pas des plus mes et 
qu'elle n'oblige pas le malade à renoncer au travail, est très-gênante et pent 
devenir insupportable quand le malade se livre à des travaux de cabinet, surtout 
le soir. 

Lorsque Torgeolet proéminc sur la peau, il est moins douloureux et prodoii 
moins d'inflammation que lorsqu'il fait saillie sur le bord libre ou la muqueuse. 

Traitement de l'orgeoiet. — 1. Au début de la maladie, lorsque le pus n'est 
pas encore formé, je cautérise la peau en face de l'orgeolet avec le crayon de ni- 
trate d'argcnl. Par ce nioyeft, j*ai réussi très-souvent à faire avorter le mal. 

2. Ce traitement doit être abandonné aussitôt que la période de suppuration 
commence ; on aura alors recours aux fomentations d*eau de guimauve chaude et 
cataplasmes de fécule de riz ou de pomme cuite. 

3. Quand l'abcès tarde h percer, il est urgent de l'ouvrir avec une lancette, en 
donnant à la plaie une direction parallèle au bord libre de la paupière^ et en ayant 
soin de ménager les cils. 

U, Pour combattre la prédisposition aux récidives, on doit badigeonner les bords 
des paupières avec une solution caustique quelconque, indiquée plus haut. (Yoy. 
Blopharite, ) 

Des fomentations avec de Teau blanche pourront aussi être employées avec 
succès. 

5. Le traitement interne consistera en purgatifs salins et des eaux minérales de 
Pnlna, de Friedrichslialler-Britierwasser, de Néris et de Montmiral. 

Les toniques conviennent aux personnes faibles, et les ferrugineux à celles^ qui 
sont chloro-anémiques. 

Hardy emploie avec avantage l'eau de goudron prise régulièrement pendant 
quelque temps à riniérieur. Ce moyen combat efficacement la diathèse faroncu- 
laire, et peut être mis en usage pour la guérison des orgeolets. 

B. Furoncle. — Ce qui distingue le furoncle de I*orgeolet, c'est que son siège 
est diiïéreni et qu'il occupe une étendue plus considérable. Comme l'orgeolet, c'est 
une inflammation du derme et du tissu cellulaire^ et il se montre sur tous les points 
des paupières ou des sourcils. La paupière tout entière devieut œdémateuse; 
souvent la paupière inférienre y prend part, et le chémosis séreux envahit le globe 
de l'œil. L'aspect exto'ieur d'un œil ainsi affecté fait penser à une ophthalmîe 
purulente^ si ce n'est que la douleur est circonscrite et limitée à un point fixe, et 
que la suppuration est presque nulle. 

La région souixilière est le siège d'élection du furoncle. Il peut quelquefois y 
atteindre des proportions considéiables et amener même une sorte d'œdème et 
d'érysipèle sur toute la surface. 

C. Anthrax. — C'est une inflammation du tissu cellulaire sous-cutané, se 
propageant au tissu aréolaire du derme et amenant très- rapidement la mortifica- 
tion de la peau. Pour Richet (i)^ l'anthrax est le résultat d'inflammation de plu- 
sieurs follicules pilo-sébacés à la fois. 

L'anthrax des paupières est excessivement rare. A. Guérin (2) déclare ne 

(1) Richet, Anat. méd.-chirurg,, 2» édît., p. il. 

(2) À. Guérin, î^ouv, diction, de méd, et de chùwj. prvf. tak^ ÊÊÊ^, ^ ^ P^ Mit 
art. Anthrax. 



POSTULE MALIGNE ET AFFECTION FARCINEUSE Dl-S PAUPIÈRI-S. i9 

'aToir jamais observé dans cette région. En effet, c*est plutôt le sourcil qui est le 
iiég^ de cette tumeur inflammatoire, et la paupière ne sera enflammée que d'une 
nanière secondaire et par voisinage. 

L'anthrax débute par la rougeur et lé gonflement du sourcil, accomi)agnés de 
chaleur et d'une douleur excessivement vive. Au centre de la grosseur apparaît 
une piilyciène, qui crève en laissant s'écouler un liquide glutincux sanguinolent. 
Quelques jours plus tard, des ouvertures cribriformes se montrent au centre ; il 
s'en échappe un peu de pus et des lambeaux du tissu cellulaire, que l'on appelle 
bourbillon. 

Uue fois les tissus malades éliminés, on aperçoit une large ulcération à bords 
frangés» au milieu de laquelle se trouve une masse grisâtre, pultacée, qui n'est 
lutre que les tissus de la paupière désorganisés. Cette cavité se remplit bientôt de 
bauigeoDS charnus, et la cicatrisation a lieu, mais avec raccourcissement de la 
peau de la pauj)lère, suivie de sou renversement en dehors. 

TnUieBient du faronele et de l*anthnuK. — Il est très-rare que Ton puisse 

(aire avorter le furoncle ou Tanthrax en voie de formation. Peut-être même s'ob- 
tîeut-il plus diflicilemeut sur la paupière que partout ailleurs. Pourtant, je ne 
saurais tix>p recommander, au début de la maladie, l'application sur la paupière 
d'une couche assez épaisse de collodion élastique, que l'on renouvellera tous les 
jours. Ce moyen peut arrêter le progrès et quelquefois enrayer complètement le 
mal, mais il faut que ce médicament soit bien préparé. Voici sa formule : 

If Collodion 30,0 Huile de ricin 0,5 

Térébenthine 1,5 I (Robert Latour.) 

SI la maladie est trop avancée, il est nécessaire de pratiquer une large et pro- 
fonde incision et d'appliquer ensuite des compresses d'eau fraîche sur la paupière 
recouverte avec un petit morceau de toile cirée ou de caoutchouc. 

Ce moyen réussit mieux que les cataplasmes pour calmer les douleurs et empê- 
cher le gonflement. D'un autre côté, les compresses humides, même froides, se 
réchauiïent très-vite sous une toile imperméable et agissent à la façon des cata- 
plasmes émollients. 

BiBLiOGBAPHiE. — Dupuytren, Leçons orales de clinique chirurgicale^ t. IV, art. Anthrax. 
— Collis. Dublin quarierly Journ, of med, se. Febr. , 1864. — A. (^\xit\{\^ Nouveau Diction, 
de méd, et de chir, prat. Paris, 1865, l. 11, art. Anthrax. — Ryba, Vêler Hordeolum u, 
Chalasion (Prager Viertcljahrschr.^ t. V, 1845). 



ARTICLE III 

POSTULE MAUGNE ET AFFECTION FARCINEUSE DES PAUPIÈRES 

A. Pustule maligne. — C'est une aiïection gangreneuse de la peau qui 
rfeulte d'inoculation des matières putrides de cadavres ou d'animaux infectés. 
Nackeoae et Wells affirment qu'elle n'a jamais été observée en Angleterre, tandis 
qo'eo Itaoce, sortoot eu Lorraine et à Paris, elle n'est pas très-rare. 

Let coehan^ ki narficbaux, les bergers, les corroyeurs. etc. , et tous ceux que 



20 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

lenr profession met en contact avec des animaux infectés, y sont particulièreineDt 
exposés. Elle paraît se développer aussi à la suite d'une piqûre d'insectes qui se 
nourrissent delà chair des cadavres. 

D*après Bourgeois (d'Éiampes), il se forme d*abord une petite induration leoli- 
culaiie, qui se transforme bientôt en une ou plusieurs vésicules. La paupière toot 
entière devient tuméfiée et érysipélateuse, d'un rouge foncé. Deux jours plus tard, 
la vésicule se transforme en escharc gangreneuse. 

Anatomto pAthoiogique. — Les pustules dc la peau proviennent de nodosités 
développées dans le tissu même dc la peau. L*examen microscopique fait par Vir- 
chow (1) montre une prolifération cellulaire abondante^ qui séiend quetquefois 
jusqu'au tissu musculaire interstitiel. Au bout dc quelque temps, les vaisseaux 
lymphatiques se prennent sur une grande étendue. D'après les belles recherches 
faites par Davaine (2), les pustules malignes contiennent un grande nombre de 
bactéridics. 

La marche de cette affection est très-rapide; le malade est pris de fièvre, de 
frissons et de nausées; la tuméfaction gagne la face et le cou, et quelquefois la 
mort survient au bout dc trois ou quatre jours. Dans d'autres cas, la paupière 
se détruit, et l'œil se trouve complètement perdu. 

L'indication principale, pour le traitement de cette affection, est, on le conçoit, 
de s'opposer avec la plus grande rapidité possible à l'absorption du pus vénéoeux. 
Lisfranc cautérisait avec le fer rouge toute la partie gonflée ainsi que la pos- 
tule (3). Bourgeois (d'Étampcs) préfère employer la ()otasse caustique. 

Le traitement tonique, le vin et le rhum, devront être prescrits à rintérienr. 

B. Affection farcineuse des paupières. — Elle a été souvent confondue 
avec la pustule maligne. Mackcnzie dit avec raison que le diagnostic devient facile 
lorsqu'on se rappelle que, dans la morve, une affection constitutionnelle ayant 
quelque analogie avec le rhumatisme précède les symptômes locaux. Dans fa pos- 
tule maligne, au conti^airc, l'aiïcction débute par le mal local. 

Rayer, A. Tardieu et Tarnawski ont rapporté des faits intéressants de l'af- 
fection farcineuse des paupières. Ce dernier a cité un cas très-intéressant d'affec- 
tion morveuse des paupières et de l'œil, que j'ai pu observer avec lui sur un malade 
del'Hôiel-Dieu. 

En jugeant d'après ces quelques faits, on peut conclure que l'affection farcineuse 
des paupières atteint de préférence les angles, qu'elle apparaît sous forme de pos- 
tules ou d'abcès^ se tiansformant très-rapidement en croûtes desséchées. La gan- 
grène n'est pas fréquente; mais la suppuralioQ se transmet à la conjonctive et à la 
cornée, comme cela est arrivé chez le malade de Tarnawski. 

L'affection générale est très-grave et presque constamment mortelle. 

H arrive quelquefois que la morve et le farcin sont accompagnés de tuméfactioD 
excessive des paupières avec exophthalmie phlegmoueuse. De Graefe {Ix) ea a 
rapporté un cas analogue, et à l'examen microscopique Yircbow a découvert des 
nodosités morveuses dans la choroïde. 

(1) Virchow, Spec, PatlioL und Thérapie, t. II, p. 416, et Simon's Hauskrattk.y j^ 206. 

(2) Davaine, Mém. de la Soc. de bioL Paris, 18(55, p. 93. 

(3) Lisfranc, Cliniqxie chirurgicale^ t. I, p. 172. 

(4) Graefe, Archiv f. Ophthalm. 1857, t. III, Ablh. 2, p. 418. 



PHLEGMON ET ABCkS DES PAUPIERES. 21 

Povr iraùement local, je conseille le chlorure de zinc en collyre pour la con- 
joactive et comme agent caustique pour la paupière. 

BiBLiocRAPBiE. — Rajer, De la morve et du farcin chez t homme (Mém, de VAcad, de 
méd,, t. VI, p. 733, 1837). — Vigla, Thèse de Paru, 1839. — A. Tardieu, Delà morve 
H du farcin chronique, thèse de Paris, 1843. — Bourgeois, d*Êtampes, il rc/t. gén. de 
tnié.^ 1843, et Traiié de la pustule maligne^ 1861. — Elliotson, Medico-Chirurgical Trans- 
aei., voi. XYI, 1830 et 1833. — Raimbert, Traité des maladies charbonneuses^ 1859, et 
Nouveau Diction, de méd, et de chir. prat. Paris, 1867, t. VII, p. 143, art. Charbon. — 
Taraawsk', De la morve et du farcin chronique chez l'homme et de leurs complications^ 
âiè-e de Pïiris, 1867. 

ARTICLE IV 

PHLEGMON ET ABCÈS DES PAUPIÈRES 

Le plus souvent^ c*e$t la paupière supérieure qui est le siège de Tinflammation 
phicgmoneuse pouvant aboutir à un abcès. 

Sjaipt^iiiatoiosle. — La maladie débute par une rougeur et un gonflement 
de la paupière^ ce qui rend ses mouvements très-difficiles : les douleurs deviennent 
{MMgoantes et lancinantes. La couleur de la peau passe au rouge livide; les plis 
transversaux disparaissent, tous les tissus qui composent cet organe se distendent 
au point que la paupière supérieure recouvre Tinférieure, et la cache entièrement. 

La tension devient excessive, et bientôt on voit apparaître dans un des angles 
un point jaunâtre qui s*ouvrc et donne issue au pus. L*abcès formé ainsi xlans 
te grand angle est appelé par les auteurs œichilops^ et celui qui a pour siège le 
petit angle, œgilops. 

D'ordinaire, Tinflammalion pbiegmoneusc est limitée au pourtour de Torbiie et 
an sourcil. Il est rare que la paupière inférieure y prenne part, à moins que le 
pbl^mou ne soit produit par le traumaiisme. 

La conjonctive n'est que légèrement congestionnée, boursouflée, des mucosités 
s'accumulent dans les angles, quelquefois il existe un cliémosis plus ou moins mar- 
qué, suriout si le phlegmon palpébral est le résultat d'un traumatisme grave du 
globe de l'œil. 

Le malade est en proie à un accès de fièvre plus ou moins intense, se traduisant 
par à(is. frissons, de l'insomnie, de l'inappétence et de la ccj)halalgie. Tous ces 
symptômes s'amendent dès que le pus trouve issue au dehors el que l'abcès perce. 

Si le pus reste accumulé derrière l'aponévrose oculo-palpébrale, il peut fuser 
dinslespartiesprofon(les,délacherlepériosle,el, en y séjournant longtemps, amener 
une carie osseuse. Souvent, le contraire a lieu, et dans les altérations osseuses, soit 
par fracture, soit par scrofule, le pus, avant de se faire jour au dehors, s'infiltie 
dans le tissu cellulaire des paupières, et donne lieu à un phlegmon spontané, avec 
fluctuation apparaissant dans la partie œdémaliée de la paupière, et bientôt l'abcès 
souvre au dehors. Il y a alors de l'exophthalmie et un strabisme. 

Éttoiogie. — Parmi les causes des phlegmons et des abcès des paupières on 
doit signaler en premier lieu le traumatisme, tel que contusion, fracture des os 
de l'orbite et corps étrangers. On les voit apparaître quelquefois à la suite d'un 
ifTSÎpèle de b iace, de la variole, de la fièvre scarlatine ou de la fièvre typhoïde. 



22 PAUPIÈRES ET SOURCILS 

Dans ee dernier cas, la terminaison peut devenir funestq et la gangrène détruire 
toute la paupière. 

Diagnostic dtiTérenUci. — On pcut Confondre le phlegmon palpébral a?ecla 
même affeciion du lissu ceilulo-graisseux de Torbite; mais^ dans cette forme^ 
Toeil est dévié, immobile et très-fortcmeut projeté en avant 

L*opblhalmie purulente dilTère beaucoup du phlegmon. Elle est accompagnée 
d'une suppuration abondante, et les paupières ne sont point sensibles au toucher. 
Le contraire a lieu dans le phlegmon. 

Traitement. — Au début^ OU tentera de faire avorter le phlegmon palpébral. 
Desmarres père propose, pour arriver à ce résultat, de promener sur toute 
retendue de la paupière le crayon de nitrate d'argent trempé dans l'eau. Ce 
moyen me parait très-rationnel et doit être essayé avant que la maladie ait pris 
de rextension. 

L'application des sangsues sur les paupières, recommandée par Mackenzie, pour- 
rait congestionner davantage cet organe; c'est pourquoi je n'y ai jamais recours; 
il est préférable de les appliquer derrière l'oreille. 

Dès que la fluctuation devient évidente, il faut ouvrir l'abcès par une incisioD 
transversale et profonde. Des fomentations chaudes et des cataplasmes sur l'oeil, de 
même que de légers purgatifs salins, pourront faciliter la résolution des parties 
engorgées et prépareront la guérison. 

BiBUOCRAPHiE. — Denonvilliers, Du phlegmon des paupières (Gax. deshôpit,, lB5d)* 



ARTICLE V 

ÊRYSIPÈLE, ÉRYTBÈME DES PAUPIÈRES 

A. Ërysipèle. — Symptamatoiogie. — L'apparition de quelques symptômes 
gastriques annonce la maladie; céphalalgie, bouche amère, nausées, lassitude et 
frissons ; les paupières sont pesantes, et le malade éprouve une sensation de brâ- 
Inre et d'engourdissement. Les ganglions du cou ou pré-auriculaires sont en- 
gorgés. 

Dès le deuxième ou le troisième jour, le gonflement des paupières s'accentue et 
l'érysipèlc est déclaré. 

L'éryslpèle de la face se communique ordinairement aux paupières; qneiqoe- 
fois un seul œil est atteint; mais, le plus souvent, les paupières des deux yeux et 
surtout les paupières supérieures sont prises. 

De même que dans les autres parties, on distingue sur la paupière deux sortes- 
d'érysipèles : simple et phlycténoîde . 

Les yeux sont fermés et les paupières supérieures sensiblement tuméfiées. Li- 
peau palpébrale est rouge pâle, quelquefois écarlate. Cette coloration dispai-att par 
la pression pour se reproduire immédiatement. En même temps, la peaa panh 
luisante, sèche au toucher. Le malade éprouve une sensation de chaleur ardentt* 
et des picotements accompagnés d'une vive démangeaison. L'épiderme est distendu' 
par suite de Vwfiltration séreuse du derme. En s'accuroulant dans le tissa réti- 
culaire, la sérosité forme des vésicules ou des bulles. SnÎTant que ces vériceks- 



ÉRTSIPËLE^ ÊRTIHËME DES PAUPIÈRES. 23 

reasemUent à celles de la oiiliaire ou à des phlycièues, on dit que i*érysi(>èle lui- 
même est miliaire ou p/ilycténoide. 

La première (orme est la moins grave, et ne cause i)as habituellemeut de 
désordres considérables. Il n*en est pas de même de Férysipc'lc phlycténoîde. L*in- 
flammatiou gagne le tissa cellulaire sous-cutanô, et entraîne un sphacùle parlicl. 
Il faut dire cependant qu'en général Térysipèle des paupières se guérit complète- 
ment sans laisser de d^ordre d'aucune sorte. 

Coaipilcatloiui. — Lcs Complications qui surgissent, soit pendant, soit après 
un énsipèle, sont les suivantes : 

1. Phlegmon diffus avec ou sans cbcès; tantôt le mal envahit le tissu cellulaire 
de la paupière et n'eniraine que des mortifications partielles et des raccourds- 
semenls consécutifs de cet organe, tantôt l'inflammation franchit la capsule de 
Tenon, gagne le tissu cellulaire de Torbiie, et amme une exophlhal'iiie avec 
compression du nerf optique. La conséquence ultime est une atrophie du nerf 
opdque et la perte de la vue. 

2. Méningite. — Cette affection^ qui a été signalée dans le courant de l'érysi- 
pèle de la face, ne peut pas être expliquée par la propagation du mal le long du 
nerf optique aux ménii^es; elle est aussi consécutive ^ la congestion et à l'inflam- 
matioii concomitante. 

3. Blépliarite ciliaire et altérations des ouvertures des glandes de Meibomins. 
Consécutivement, surviennent la chute des cils, et un trichiasis partiel. 

h. Conjonctivite et kératite. — Quoique très-rebelle, cette complication 
n'offre par elle-même aucun caractère de gravité. Rarement la cornée se perfore. 

5. Iritis. — Cet accident est rare. J'ai vu un exemple d'iritis monoculaire. 
E. Vidal (1) a rapporté un cas d'iritis double de moyenne intensité. 

6. Afflictions des voies lacrymales, — L'inflammation gagne les voies lacry- 
males et amène leur obstruaion temporaire ou déHnitive. La tumeur lacrymale 
peut même se développer au bout de quelque temps. 

7. P/ilédife dans les veines de la face. Dubreuil, Blachcz, Silvesler, l'ont quel- 
quefois observée. 

Étloioj;le. — L'étiologie de i'érysipèle est peu connue. Les causes directes de 
l'inflammation de la peau, telles que blessures, abcès dos paupières, follicules 
enflammés, tumeur lacrymale, etc., peuvent donner lieu à des pliénoniènes res- 
semblant beaucoup à I'érysipèle, mais qui, pourtant, ne constituent qu'un faux 
érysipèle. 

Dans les grandes villes, et surtout dans les hôpitaux, l'état atmosphérique et la 
constitution médicale sont des causes qui favorisent l'apparition de cette maladie. 

Les affections morales et des désordres des organes digestifs peuvent contribuer 
à son développement. 

Trmitcinent de i'érjstpéi«. — 1. Les soius qu'on doit donner à I'érysipèle 
simple des paupières ne diffèrent pas de ceux que réclame I'érysipèle situé dans 
d'autres parties. On saupoudre ces parties avec la poudre d'amidon, on prescrit 
quelques légers purgatif!» et l'on se borne en somme k la méthode expectante. L*é- 
méljque, administré au débuts peut faire avorter le mal. 

(1) K. TtM, MimmdÊia Sm. de biol Pirii^ 1863, ^ 51. 



24 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

2. Mais notre intervention devient indispensable lorsque la maladie prend un 
caractère plus grave : quand elle se complique d*un abcès, d'une conjoncti- 
vite, d*une kératite, etc. On graissera les bords des paupières avec de la .pommade 
de concombre ou du cold-cream. 

3. Si il y a une conjonctivite ou une kératite accompagnée de cbémosis» il faudra 
instiller quelques gouttes d*atropine et employer des astringents. 

B. Ërythème. — On le confondra facilement avec Tafifection précédente, si 
Ton oublie que Térythème n*est point accompagné de Gèvre^ et qu'il est plus limité 
et plus superficiel que Térysipèle. 

La peau des paupières est rouge et privée, par places, de son épidernie. Quel- 
quefois, elle suinte un liquide séreux, dans d'autres cas elle est complètement sècbe, 
rugueuse par places, et ses papilles sont fortement gonflées. Le malade éprouve 
une sensation de chaleur et de démangeaison insupportable, que rien ne peut cal- 
mer. Une pbotophobie très-intense et un larmoiement raccompagnent, c'est Vérf- 
thème noueux. Nous Tavons vu avec le docteur Kohn s'étendre jusqu'à la con- 
jonctive bulbaire. 

Étioiogie. — L'érythème peut être le résultat d'une irritation prolongée de h 
peau palpébrale par les larmes acres qui accompagnent les conjonctivites pum- 
lentcs ou les irido-choroîdiles traumatiques. Je l'ai vu aussi se produire chei les 
personnes scrofuleuscs, souvent à la suite des cataplasmes ou des fomentations 
appliquées sur les yeux. 

Traitement. — C*est à lort qu'on a recominandé récemment l'application des 
compresses imbibées d'une solution d'acétate de plomb. J'ai vu justement l'érf- 
thème survenir à la suite de ces fomentations. 

Le seul traitement efficace, c'est l'usage de la poudre de calomel porpbyrisé, 
dont on saupoudre très-souvent la surface des paupières malades. Si les croûtes is 
trouvent au milieu de l'éry thème, on les enlève pour recouvrir les ulcères. Les 
malades se trouvent très-soulagés, et la guérison ne tarde pas à venir. 

Bibliographie — Dubreuil, Gaz. hebd,, i863, n^ àH. — Bbchez, Gaz. hebd.^ 1863, ' 
n<* 47. — Richard Dobson, Meciico-Chirurgicai TransacU^ vol XIV, p. 206. London, 1858. 



ARTICLE VI 

GEDÈxME ET EMPHYSÈME DES PAUPIÈRES 

A. Œdème. —Le tissu cellulaire souscutané des paupières se laisse facilement 
infillrcr par un liquide séreux, ce qui occasionne son cedème. 

Symptomatoiogie. — L*<rdèmc des paupières est caractérisé par un gonfle- 
ment et une boursouflure uniforme de la peau, avec conservation de sa teinte pâle 
et d*uu certain degré de transparence. Les plis transversaux s'effacent plus ou 
moins complètement, rintprcssioii des doigts pei-siste. Les mouvements des pau- 
pières deviennent naturellement plus difficiles et les malades ont l'air endormi 

Cet état n'est pas douloureux, à moins qu'il ne soit le résultat d'un tranmalisDe: 
dans ce cas, il peut être accompagné d'ecchymoses et d'une véritable inOammatioB 
de la peau. 

Si Tcedème est causé par une phMbile, miÊCMBgêgoi des ijmplAiim inha- 



CBDÈME ET EMPHYSÈME OESUPAUPJÈRES. 25 

matoires très-graves, et oalui donne le nom, d'après Carron du Yillards, depk/eg- 
matia alba dolens. 

L'œdème des paupières ne constitue pas une maladie isolée et idiopathique, 
mais il est ordinairement la conséquence d'une hydropisie générale. Les personnes 
atteintes de l'albuminurie, de l'anasarque consécutive à la scarlatine ou aux mala- 
dies du cœur, etc., présentent souvent cette altération. 

Quelquefois cette affection est occasionnée par une contusion ou un érysipèle, 
par des affections de la cavité orbitairc ou de ses parois osseuses. 

L'application trop prolongée d'un cataplasme de farine de lin sur les paupières 
peut provoquer un œdème suivi d'une éruption vésiculeuse. 

Les piqûres des insectes venimeux donnent lieu 4 un cedème considérable. 

L'œdèfiie congénital avec hypertrophie ou exubérance de la peau et du tissu 
celhilaire constitue une autre forme de la maladie. Les paupières sont aussi bour- 
souflées et œdématiées, avec cette différence que la peau présente des plis si larges 
et si épais, qu'ils descendent au-devant du bord libre et empêchent le malade de 
voir distinctement. 

TraitcncBC. — Il faut rechercher la cause qui a amené l'œdème; si elle est acci- 
dentelle, le mal disparaîtra très-facilement avec la cause qui Ta produit. 

Si l'œdème est idiopathique et s'il est consécutif à une maladie du cœur, à 
l'albaminurie, à l'état scrofuleux, etc., on devra chercher à combattre la cause 
générale. 

Pour rendre la tonicité à la peau flasque et relâchée des voiles palpébraux, on 
fera baigner les yeux avec de l'eau de roses ou de l'eau blanche. Mackenzie recom- 
mande l'usage des sachets contenant des herbes aromatiques sèches, telles que les 
fleurs de camomille, de sauge, de romarin et d'une petite quantité de camphre. 

B. Emphysème des paupières. — L'introduction de l'air dans le tissu 
ceflolaîre sous-cutané amène un emphysème général ou partiel. 

Deux conditions sont nécessaires |X)ur la production de l'emphysème des pau- 
pières : fracture des os du nez ou de Torbite et introduction de l'air à travers cette 
fraaure dans le tissu cellulaire. 

Dupuytren, Jarjavay (1 j et Desmarres ont rapporté des cas très-intéressants de 
fracture, soit de los unguis, soit du plancher interne de Torbite. 

Le plus souvent, l'emphysème suit immédiatement l'accident. Gossetin (2) a 
observe un cas d'emphysème qui s'est produit spontanément vingt-deux ans après 
la fracture. Quelquefois il est consécutif aux fractures de la base du crâne qui éta- 
blissent une communication entre l'orbite et le sinus frontal, et de là avec le tissu 
cellulaire de l'orbite et des paupière». 

Mackenzie, Midiemore, >Vellcr, ont signalé l'apparition de l'emphysème palpébral 
sans aucune fracture, mais à la suite d'un violent éicrnument ou d'un effort pour 
se moucher. 

(f) 0BSCRYAT105. — Dans le cas rapporté par Jarjavay, une chute à l'âge do dix-huit ans 
amena d'abord la perte de connaissance, puis la suppression de l'odorat et rbémorrhagie buc- 
cale; mais ce ne fut que six ans plus tard que survint une tumeur à l'angle interne de la 
paupière supérieure. C'était un emphysème palpébral, communiquant avec la narine et la 
bouche, et qui était compliquée d'esquilles osseuses. (Jarjavay, Compendium de chirurgie y 
tUI,p. 100.) 

(2) Gosfelio, Clinique chirurg, Paris, 1873, t. II, p. 71. 



BLESSURES ET BRULURES DU SOURCIL ET DES PAUPIÈRES. 27 

pières et da sourcil, et ne formuler le pronostic qu'après un examen attentif 
es les parties externes et internes de Tœil. 

es blessures, les coups et les chutes sur la région orbitaîre sont très-facile- 
\Wis d'une extravasation du sang dans le tissu cellulaire sous-endemiique. 
hymoses ne sont pas graves ; leur absorption demande de deux à trois 
*s. Elles succèdent quelquefois aux fractures de lorbile ou du crâne, et le 
îc devient naturellement plus sérieux. 

ïcchyinoses sous-cutanées se produisent à la suite d'applications des sang- 
les opérations pratiquées sur Tceil. 

*s plaies et les blessures de la région sourcilière peuvent atteindre le nerf 
iuire et occasionner des douleurs névralgiques très-violentes. On connaît 
(bsenré [for Dopuytrcn, dans lequel la piqûre du nerf frontal avait amené 
leurs excessives et causé la perte de la vue du côté blessé. L'incision de la 
la section complète du nerf firent cesser les douleurs, mais la vue ne fut 
ibije. 

k p^rte de la vue accompagne assez souvent les blessures du bord orbitaîre, 
hrieur, soit supérieur. On a voulu expliquer ce phénomène par l'irritation 
vanche de la cinquième paire, transmise au ganglion ophthalmîque, et qui 
m occasionner une hypersécrétion intra-oculairc et un glaucome simple. 
rinion me parait complètement erronée. Les observations que j'ai pu faire 
tphthalmoscope sur un certain nombre des malades m'ont permis de con^ 
n état de blancheur peu prononcée du nerf optique, sans excavation ni autre 
>ii des membranes internes de l'œil. 

înse, au contraire, que la cause de cécité est très-variée. Tantôt l'intérieur 
ne présente aucune altération, et Ton ne pont l'expliquer que par une 
ire du nerf optique ou sa compression dans le trou optique ; tantôt, au 
ne, on constate des lésions très-graves de rinlérieur de l'œil, tels que de- 
mi de la rétine, épanchemcnt de sang dans le corps vitré, déchirure de la 
le, etc., 0). 

es plaies et les blessures du bord des paupières, entraînent leur difformité, 
oe coloboma, trichiasis, ectropion, etc. 

plaies profondes peuvent atteindre la branche nerveuse qui se rend h l'élé- 
de la paupière supérieure et entraîner à la suite une paralysie (ptosis). 
ans les plaies conluses, surtout h la région externe, l'infiltration de sérosités 
)DS se porte vers la paupière supérieure (Velpeau) ; de là des tuméfactions 
5 caractères gangreneux. 

.orsque le traumatisme porte sur le coin interne de l'œil, on doit examiner 
oints lacrymaux ou le sac lacrymal ne sont pas atteints, s'il n'y a pas d'em- 
le, qui pourrait dépendre de la fracture de l'os unguis. 

imKVATioii. — En 1870, pendant le siège de Paris je fus appelé en consultation par 
Btiofué conCrère, le docteur Tournié, près d'un capitaine des mobiles M. T. F., qui 
ça une contusion à la paupière intérieure, au voisinage du sac lacrymal. Il s*en est 
I phlegmon de l'orbite et des paupières et une cécité complète de l'œil. A Taide d'inci- 
àè tétOQ filiforme nous avons guéri le phlegmon, la vue pourtant resta perdue, et 
■ ophUialiDOtcopique m'avait permis de constater que l'œil était rempli du sang coa- 
éit donc aux désordres intra-oculaires et non au phlegmon et à la blessure de la pau- 
'oo devait raj^rter la cécité. 



28 



PAUPIËBES ET SOURQLS. 



7. Les blessures sont quelqoefob lellcmcnl profondes qu'elles iraTersent 
Tépisseur des paupières, la sclérotique on la cornée. Il est donc 
d*ex|)lorcr le globe de Tœil, et, s*il y a une plaie, de définir sa gravité* 

8. La comnwlion éprouvée par r<sil par la violence du cboc peut se 
(Kir des é|)anchcments et des déchirures des membranes internes de l'cpii. L*i 
jnen opiiihalmoscopiquc montrera la nature de l'altération. 

9. Les plaies produites par un édat de capsule et des morceaux de fer. par 
armes à feu ou toute autre explosion, deviennent très-graves ionqae le coq* 
étranger reste dans l'iniérieur des tissus blessés. C'est à l'aide d'un stylet et de h 
palpation qu'on s'enquerra de la présence du corps étranger et de la situation qn'l 
occupe. 

10. Les plaies décbirées guérissent plus difficilement que les autres; eHo 
doivent être pansées avec soin, sans quoi les cicatrices vicieuses peuvent en- 
traîner des difformités considérables et des adhérences des paupières au globe de 
rœil. 

1 i . Les brûlures peuvent atteindre les paupières à des degrés divers. Elles sMt 
consécutives 4 l'action d'agents très-variés : la flamme ordinaire, l'cxplosioa dci 
gaz, les préparations chimiques, l'eau bouillante, les acides, etc. Le degré de gra- 
vité dé|)end de la nature de l'agent et des conditions dans lesquelles l'accideit a 
lieu. L'ectropion cicatriciel et le symblépliaron sont des conséquences babitoalbs 
des brûlures. 

TniiteBMat. — 1 . Des ecchvmoses palpébraUes réclament rarement l'interven- 
tion du chirurgien. Mais lorsqu'elles sont plus étendues et accompagnées du fOl- 
flenient des tissus, on appliquera des compresses imbibées d'eao glacée, à laqaeli 
on ajoutera un des mélanges suivants : 



:}: Sous-acétale de plomb Uqaid«. 50 eentif r. 

Eau distillée 100 framm. 

Teinture d'arnica . 1 -^ 



2|^eintare d'arnica 8 

Mixtore ou eau camphrée.. 120 

(SoeUMBff Wella.) 



2. Lorsque les plaies sont horixontales et qu'elles n'intéressent que la pcM» 
un simple rapprochement des bords de la plaie avec le tafletas d'Angleterre tf 
dos compresses froides suffisent ; mab quand U plaie est verticale ou obliqoti 
qu elle Cht profonde et que ses bords sont irréguliers, il convient de la netloyv 
préalablement, d'enlever les parties frangées et de réunir les bords par dfg suturai 
en soie. 

3. Les piqûres de U région sourcilière peuvent être suivies de douleurs névraik 
giqiies ; on procédera alors, sefon le conseil de Dupuytren, en ouvrant largcmeM 
la plaie et incisant, s'il y a lieu, la nerf frontal blessé. 

6. Les brûlures des pau|Hèrcs doivent être traitées avec les plus grands soins, 
et Ton cliercliera surtout 4 prévenir les cflels désastreux des cicatrices. 

5. Dans les brûlures du bord libre, il faut étendre une couche épaisse de 
(lonimadc de concombre, et instiller de l'huile d'amandes douces entre les pau- 
pières. 

6. Si ré|)iderme des paupières est enlevé, on fera bien d'appliquer de la peau 
de baudruche gommée et une couche de oollodion élastique sur toute la portion 

di'iiudée. 



AFP&CTIONS DARTREUSES DES PAUPIÈRES. 



29 



BlBLiOGiiAPHlE. — Boyer, Traité des maladies chirurgicales ^ t. V, p. 245. Paris, 1816. 
• - Oopuytren, Ijeçons oraleSy t. VI, p. 206. » Carron du Villards, Ànn. d'ocul, , t. X\XIII. 
p. 241, et L ixXlV, p, 65. — Von Ammon, Zeitschrift fur die Ophthalm,, vol. I, p. 125. 
Dreaden^ 1830. — Heifelder, Ammons Zeitschrift fur die Ophthalm. ^ vol. I, p. 481, 
ilresden, 1831. — Lenoir, Arch. cTophthalm., t. Il, p. 261. — Chavanne, Gaz. méd, de 
M,ffony 1855, p. 45. — Wallon, Operative Ophthalm, Surgery, London, 1835, p. 93. — 
Sichel, Atm.d'ocuL^ t. XXXI, p. 219. — Dlxon, Med, Times and Gaz, ^ 1859, p. 471. -^ 
Busch, Virchow*8 ArchiVy 1859. — Hutchinson, Ophthalm, Hosp. Rep., 1864, p. 120. — 
▲ Zander, Die Verletzungeft des Auges Art, Geissler, Zweile Hefle, 1864, p. 472. 



ARTICLE VIII 

AFFECTIONS DARTREUSES DES PAUPIÈRES. 



§ I. — Eczéma, herpès, psoriasiB, acné. 

A. Eczéma des paupières. — Celle affeclioo est caraclérisée dès le début 
|Hir des vésicules, accompagnées ou oon de fissures épidermiques qui donnent lieu 
î ODC sécréiion séro-purulenle. Bientôt la sécrétion se dessèche en croûtes oii 
iqoaiues; souvent les croûtes tombent et laissent voir des ulcères arrondis et 
soperûckls. Le tissu cellulaire sous-jacent se gonfle et le volume des |>aupières 
augmente considérablement. En même temps, le malade éprouve une sensation 
de chaleur et de démangeaison désagréable. 

Dans l'cizéma des paupières, de même que dans celui d'autres régions, Térup- 
lion vésiculeuse devient facilement confluente. Elle dure ordinairement très-long- 
temps à cause de Firritation qui se communique à la conjonctive. L*œil devient 
plus sensible, et un larmoiement abondant entretient l'irritation. 

On le rencontre très-souvent chez les enfants scrofuleux avec une maladie des 
conjonctives et des cornées (kérato-conjonctivite phlycténulaire). 

Et en efiét, d'après Hardy, l'eczéma de la face se propage très-facilement de la 
peau aux muqueuses, et occasionne des conjonctivites et des blépharites duo- 
Dîqucs. 

L'ecxéma se cicatrise complètement sans laisser de traces ; la rougeur seule per- 
siste encore pendant un certain temps. 

tUsiogk. — Le tempérament lymphatique et scrofuleux prédisj)ose à cette 
éraptioiit souvent elle reconnaît pour cause l'application de topiques, tels que 
compresses trempées dans des solutions irritantes, des cataplasmes de farine de 
graine de lin et des pommades. 

T^ndtemeat. — 1. Le moyen le plus efficace, selon moi, est celui de la poudre 
de calomel porphyrisé dont on souppoudrera toutes les parties malades, gonflées 
00 ulcérées. On enlèvera les croûtes, on nettoiera soigneusement les parties ulcérées 
et on les recouvrira avec la poudre de calomel. Rien n'amène aussi rapidement la 
guérison que cette médication. 

2. Parmi les pommades, les plus usitées sont celles à base mercurielle. Nous re- 
commandons \a& formules ci dessous : 



Tf, Gljcérolé d'amidon 10 gramm. 

Calomel 25 à 50 centigr. 

(Galezowski.) 



if Axonge 10 gramm 

Prolonitrate d'hydrargyre 1 à 3centigr« 

(Hardy.) 



30 PAUPIËBES ET SOURCILS. 

3. Les douches de vapeur administrées au moyen du vaporisateur 
cl les bains 4 l*hydrofère rendent surtout de grands services. L'eau pohéfWe 
facilite le ramollissement et le détachement des croûtes et amène la cessation da 
syinpiôincs nerveux. 

U. Dans l'eczéma général, à sa première période, on ordonne habituéllemcM 
des Cataplasmes. Je suis d*avis de les proscrire pour Teczéma des paupières 1 
toutes les périodes. C'est aux bains amidonnés, aux bains de son, et les l ol i ani 
avec la décoction de têtes de pavois qu'on devra avoir recours. 

5. Le traitement interne consistera dans l'usage des purgatifs à base végétale, tek 
que follicules de séné (5 à 10 grammes pour 1 litre d'eau bouillante), d/e 2 I 
3 verres par jour^ ou à base minérale, tels que les eaux minérales de Pulna, Frie- 
driclisliall, Maricnbad, Kissingen, Monlmlrail. Dans le cas de récidive, rarséniate 
(le soude est administré dans la proportion de 3 4 5 centigrammes pour 200 granh 
mes d*eau (une 4 deux cuillerées par jour). 

B. Herpès palpebralis. — Des vésicules réunies les unes à côté des antffSi 
sur une surface rouge et enflammée, constituent l'herpès Ces vésicules, au nombre 
de dix, quinze, vingt, etc., forment des groupes séparés entre eux par des inlar« 
valles où la peau est saine. Le liquide se dessèche dans les vésicides, et il se prodnh 
des croûtes sous lesquelles s'établit un suintement séro-purulent. La foruM v- 
rondie caractérise ordinairement des groupes herpétiques. 

Rayer a décrit sous le nom d*herjjes palprbralU des vésicules semblables à œllfli 
de V herpès prepuiialii^ se développanl dans certaines ophthalmies sur la paupière 
supérieure. Ordinairement, ces vésicules n'ont pas sur la paupière de dbpositiot 
régulière. Je les ai vues occasionner dès névralgies très- violentes et TengorgemeM 
des glandes préauriculaires. 

L'her|)ès peut être artificiel ou dartreux ; souvent il a(q[Mralt après un embarras 
gastri(|ue ou une Gèvre intermittente. 

D'après Mackenzie, l'herpès des paupières parcourt les mêmes périodes que 
ceux qui occupent les autres régions du corps : sa durée varie entre quinze k 

vingt jours. 

Traitement. — La maladie n'est point grave, le plus souvent elle guérit touln 
seule, c'est pourquoi Hardy conseille rcxpectation. 

J*ai employé avec avantage la poudre de calonid, dont je fais saupoudrer loou 
lu surface malade. 

c: Psoriasis. — Le psoriasis des paupières est caractérisé par des squames 
blanc argenté très-adhérentes à la peau. Cette dernière est rouge et on peu tumé- 
fiée, mais c'est surtout Tépidernie qui est malade. 

La coloration rouge de la pean, sous les squames, est d'une teinte cuivrée, tout 
à fait analogue 4 h teinte cuivrée di^ sy|)hilîdes. 

L'épaississemcnt de la peau et U présence de nombreuses squames gênent les 
mou\ements et le plissement des paupières. Il en résulte qu'elles sont abaissées et 
<liie h-h malades ont Tair d*èlre toujours endormis. Des croûtes furfuracéii» tombent 
M)u\ent dans le cul-de-sac conjonclival et y provoqueiK une irritation suivie de 
larmoiement. Les yeux deviennent sensibles à U lumière et la conjonctivite s'en- 



AFPEGTIOKS DAETBEUSE8 DES PAUPIÈRES. 31 

flamme. D*aprè8 Hardy, cet élal peut même amener quelquefois un ectropioo 
-ci on épiphora fort incomoiodes. 

É:UmÊmg^ — Le psoriasis reconnaît fréquemment pour cause Hiérédité, et il 
«e développe surtout vers Tâge adulte chez les sujets à tempérament sanguin. 

■avdic et diarée. — - C'est une affeclion chronique d'une durée excessivement 
longue; elle guérit, mais laisse une prédisposition à des récidives. 

Twdt c—Mt . — Un des meilleurs agents modificateurs de la nutrition de la 
peao est incontestablement i*arsenic. Il réussit mieux que tout autre dans le traite- 
ment de cette affection. On le prescrit à la dose de 5 ^ 10 centigrammes dans 
200 grammes d'eau, une cuillerée ou deux par jour. 

Hardy donne quelquefois avec succès du copahu à la dose de 4 à 6 grammes 
1^ joor. 

Comme topiques, je n'emploie point de pommades ; mais après avoir enlevé 
«Mgneuseroent les croûtes, je touche chaque plaque rouge avec la teinture 
4*iode concentrée. Par ce procédé, on modiûc facilement le derme et Ton amène la 
cicMrisatfoa. 

D. Acné. — L'acné simple et l'acné indurée peuvent se développer sur les pau- 
pières, et elles sont consécutives à une altération des follicules sébacés de la peau. 
Ces deux formes se rencontrent simultanément sur la joue et sur les paupières; 
cUcs ne causent ni douleur ni cuisson. Le seul désagrément qu'elles entraînent 
est de donner aux parties importantes du visage qu'elles occupent une teinte cou- 



On peut employer efficacement contre les boutons d*acné des frictions avec la 
pommade solvante : 

^ Axooge 10 grammes. | Carbonate de potasse 5 centigr. 

BiBUOGtÀPHiE. — Hardy, Leçons sur les maladies dartreuses, 3*édit. Paris. 1868, p. 177. 

§ IL — Zona ophthalmique. 

On donne en général le nom de zona à une éruption herpétique qui entoure la 
moitié du tronc ou d'un membre. Elle est rare sur la face, cl occupe plus spé- 
ciaiemeiit le front, le sourcil et la paupière supérieure ; c'est pourquoi on lui 
donne le nom de zona ophthalmique, 

HutcbJnson est le premier qui a donné, en 1866, la description précise de celte 
maladie, quoique des faits isolés étaient déjà signalés par Rayer cl Cazcnavc. Après 
lui, ce sont surtout les travaux de Sleiïan, Bowmann, de W'yss, et de mon excellent 
ami, le docteur Hybord, qui résument le mieux l'histoire complète de celte inté- 
ressante maladie. 

ij mpfni^iiilftitr — l"" Ilabituellement la maladie débute par des douleurs 
Dévralgiqaes périorbitaires qui peuvent durer 5 à 6 heures, quelquefois même de 
deux à trois jours. U arrive aussi, comme dans les cas de Traube (1;, que la ma- 
ladie est précédée des douleurs névralgiques d'un mois^ et même de trois mois, 

(1) Traube, Deutsche Klinik, 1859. 



32 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

comme cela avait lieu chez un malade de Mackcnzic (1). Ces douleurs sont très 
violentes, lancinantes ou tensives et brûlantes; elles arrivent par crises, s'eiaspèrem 
le soir et se répandent dans la moitié de la tête et dans toutes les branches du trijiF 
mcau. Elles persistent tout le temps de la maladie; souvent même elles se proto 
gcnt de trois à six mois après Téruption. Bowman en a vu persister plus de cinq ans 

2"" L'éruption est précédée des plaques rouges dans la direction des branche 
sus-orbitaires. G*cst sur ces taches rouges qu'on voit apparaître des vésicules. 

Ije nombre des vésicules ni leur distribution ne sont pas toujours les mêmes 
elles peuvent s'étendre à toutes les branches terminales du nerf sos-orbitaire. 

Elles sont assez uellcmcut distribuées, suivant un certain nombre de lignes ver 
licales, commençant au sourcil, au sortir du nerf sns-orbitaire et se cooUnoantU 
racine des cheveux et môme jusqu'au sommet du crâne, comme nous avons p 
observer avec Barthez chez un vieillard que nous avons soigné ensemble. 

S^" La paupière supérieure est œdématiée, gonflée et rougie, et l'on voit près A 
bord libre, et plus particulièrement au grand angle de l'œil des petites véskota 
et peu profondes. Quant è la paupière inférieure, elle reste ordinairement intade. 
ti moins que le zona n'occupe toute la joue. 

U° Sur le nez les vésicules peuvent s'étendre depuis la racine jusqu'à la pote 
du côté correspondant à l'œil malade. 

5"^ Avec les douleurs névralgiques il existe une autre altération de sensibilirf^ 
c'est l'aneôtbésie plus ou moins con)plète de la peau dans toute l'éteodae oà h 
nerf sus-orbitaire se répand; les malades se plaignent d'un engourdissement A 
toute cette région. Souvent il y a de l'hyperesthésie. 

ô"* Les altérations du globe oculaire sont très-fréquentes; dans un relevé fait pu 
Ilybord on les voit se produire kU fuis sur 98. En premier lieu c'est la conjoocthn 
qui est hypérémiée^ quelquefois enflammée sans qu'on y distingue de vraies vM- 
cules. Celte conjonctivite est très -probablement occasionnée par un éjiiphora abdi* 
dant qui est à son tour le résultat de l'excitation nerveuse des nerfs lacrymaoL 

7° Du côté de la cornée j'ai pu distinguer de très-petites pustules, disposèfl 
dans la direction des lignes s'irradiant du centre. Elles se rompent et sont sairia 
des ulcérations le plus souvent superficielles : quelquefois les ulcérations sontpÀ 
mitives comme pense Bowman et dépendent des nécroses partielles de oe(H 
membrane. 

Chez les personnes plus âgées la cornée peut se prendre d'une manière phi 
grave, l'abcès devient perforant et il entraîne souvent à sa suite : destruction à 
la cornée et staphylôme consécutif. 

8^ L'iritis accompagne souvent la kératite, elle peut aussi se développer d*ii( 
manière indépendante. 

9") Le zona est monoculaire. Il n'y a qu'un cas rapporté par Hybord et qui i 
été recueilli par Laitier, où les deux côtés de la face étaient prises en même temps 

lO^" La durée d'éruption est variable, celle d'un groupe en général est de troî 
semaines. Les croûtes laissent après leur chute de véritables cicatrices blanchâtra 
profondes et indélébiles. Bazin a vu le zona du front devenir gangréncor. 

Anatomie pathologique. — Le zona oplithalmiqiie est le résultat d*ane né* 

(1) Mackenxie, A case of herpès fronU {Indian med. Gaz. Aug. 1869.) 



AFPECTIOSHS DARTREUSES DES PAUPIERES. 33 

Tfite OU d une inflaroroalion du ganglion de Casser ou du ganglion spinal, comme 
cda est déoiontré par O. Wyss (1) et Charcot. 

Parrot considère le zona comme une névralgie simple ou rhumalismale, et i'é- 
raptîon n'est pour loi qu'un symptôme accessoire. Cette opinion me paraît sur- 
toot juste pour le zona des paupières et des tempes, où Téruption est la plupart du 
temps k peine appréciable; souvent on n'aperçoit qu'une traînée rougeâtre, et la 
maladie est caractérisée surtout par des névralgies. 

Sieflbn pense que c'rst dans les terminaisons périphériques de la première bran- 
che do nerf trijumeau qu'il faut rechercher la cause immédiate de cette affection. 

Cette maladie n'atteint qu'une fois le même individu. 

PiPMMMtle. — C'est une maladie inconiestablemcnt très-sérieuse^ surtout lors* 
qu'elle se complique des affections de la cornée. Elle est extrêmement grave chez 
les personnes âgées et débilitées. 

^iAffnoatle. — La maladie peut être confondue au début avec iritis ou kéra- 
tite, mais la violence des douleurs et l'éiuiption avec anesthésie ou hyperesthésie 
édaircira facilement la question. 

Traitement. — \° l\ faut combattre les névralgies qui sont excessivement 
violentes. Dans ce but on emploiera avec avantage les injections sous-cntanécs de 
morphine, les frictions avec la pommade morphinéc, l'éthérisalion localisée. (Voy. 
Iritis.) Voici les formules pour les préparations morphinéos : 



Tf. Eau distillée i gramm. 

Hjdrochlorate do morphine. 50 centigr. 
S. solution pour injection hy- 
podermique de 5 à 10 goultes. 



If Hydrochlorate de morphine. . 50 centigr. 
Glycérine angl. p. dissoudre. Q. S. 

Axonge fraîche 8 grnmm. 

S. pommade pour les frictions périorbilairtrs,- 



2" Pour combattre Tirritaiion des paupières, j'emploie avec succès le moyen 
foivant. Je recouvre la partie atteinte des vésicules avec de la peau de baudruche 
ISpmndée, et je passe par dessus une couche de collodion élastique. Cela arrête 
la suppuration des pustules et soulage les malados. 

3* Contre les altérations de la cornée, l'atropine n'a souvent aucune action, et 
c'est au contraire à l'usage dï'sérine qu'on doit avoir recours (2). Dans les abcès 
graves de la cornée avec hypopyon, j'ai obtenu des résultats satisfaisants en faisant 
une brge incision dans toute i'élen.Iuc de l'abcès. 

(1) 0. Wyss, Beitrut/e zur Kenn/niss cfcr Herpès Zosier {Archiv der Heilkunde^ t. Xlf, 
p. 262 à 292). Voici Tobscrvalion : 

Obse»vatio>'. — .Homme de soixante-huit ans, atteint, le 1 G septembre 18G7, d'iierpès 
labialis et fièvre intense. Le 22, éruption connuen'e sur la moitié du front et la paupière supc- 
rieare. Cornée trouble. — Le 27, délire, corna el mort. — Nécropne. Ganglion de Casser gros, 
iDOU, injecté, avec tache sanguine. La substance du ganglion est fortement infiltrée des cellules 
du pus. Les cellules ganglionnaires sont déformées, d'autres complètement détruites. Les 
Cûseeaux nerveux des deux premiers rameaux qui sortent du ganglion sont entoures d'extra- 
vasats sanguins. La gaine de la branche ophthalmique est infiltrée de cellules de pus, non- 
aeuteoïent à la surface, mais dans l'intérieur des faisceaux. Les couches superlicielies de la 
cornée sont richement infiltrées de cellules de pus. 

(2) On pourra juger de l'utililé de ce collyre par l'observation suivante : 

Observation. — Mademoiselle X..., chlorotique et hystérique, se présente le 3 juillet 1870, 
aa moment où tous les symptômes hystériques ont cessé ; elle a ressenti des douleurs névral- 
giques au front et à la tempe droite. Puis apparurent des vésicules de zona, d'abord au front, et 
ensuite sur la paupière supérieure. Névralgies violentes dans toutes les branches de la cinquième 
faire. Sulfate de quinine et injection de morphine. — Le 11 juillet, l'œil e<t rouge, conjonc- 

CALEZOWSRI. 3 



3^ PAXJPIÈRES ET SOURCILS. 

U"" Si tous CCS moyens restent sans efiBcacité, et que les doulean persistent bng- 
temps après Téruption, on peut pratiquer, à l'exemple de Bowman, la section sous- 
cutanée du nerf sus-orbitaire. 

5<> Pour rétablir plus tard la sensibilité cutanée de la région aneslbéslée, on 
emploiera les courants d'induction ; on combattra l'bypereslbésie par les courants 
continus. 

Bibliographie. — Hulchinson, A clinical RejMvt on herpès zoster frontalis (Umrion 
Ophth, Hosp. Hep., vol. V, part. 3, et vol. VI, part. 3-4). — Bowman (/6*c/., vol. VI, parU 1-2). 
— StefTan, Ben'chf der ophthalmologischen GpseUscfuift Un lahre 1868, et Ann, (Tocuiist,, 
1869, janv. et févr., p. 70. — Joy. Jeflfrics de Boston, Transacû, of the Amer, ophthnbn. 
Soc. New-York, 1868. — Johen iii Dùren, Herpès zoiter ophthnlmicus avec kératite phtyc- 
irnnlaireet iriiis (Deutsche Klinik, 1868, p. 25). — Oscar Wyss, Beitmge zur Ketininiu der 
Herpès zoster {Archiv der Heilkunde, 1871). — Hybord, Dm zona ophthalmique^ thèse d* 
Paris, 1872. 



§ m. — Pustules varioliques des paupières. 

Les pustules varioliques apparaissent ordinairement en assez grand nombre 
sur les paupières. Elles n'amènent à leur suite aucune complication sérieuse laat 
que les bords des paupières sont inctacts. Mais lorsqu'elles se développent sur les 
bords libres et que le gonflement et Tagglulinalion des paupières devient consi- 
dérabie, on peut concevoir des craintes sérieuses. 

Les paupières commencent à gonfler ordinairement vers le quatrième jour de 
rérupiion variollque; en même temps apparaissent sur leurs bords des pustules 
plus ou moins larges, plus ou moins nombreuses. Il importe beaucoup de sur- 
veiller alors Tétat des yeux et de prévenir les accidents. En se développant, les 
pustules peuvent détruire les bords libres et amener des cicatrices vicieuses^ des 
cniropions, des ectropions, des Irichiasis, etc. 

En s'introduisant entre les paupières, le pus des vésicules cause rinflammatioD 
des conjonciives et de la cornée : Tceil est compromis. 

Traitement. — L'indication réclame ici Tintervention du chirurgien ; elle est 
de la plus grande importance. On doit : 

1** Laver irès-fréquemment avec de Teau tiède les bords des paupières, enlever 
les croûtes qui agglutinent les cils ; 

2' Graisser, pendant toute la durée de la maladie, les bords des paupières avec 
de la pommade de concombre très-fraîche ou avec du cold-cream ; 

3» Cautériser chaque pustule qui se développe sur le bord libre avec un crayon 
de nitrate d'argent. Si Tonne réprime pas ces pustules, leur contact avec la cornée, 
comme dit Gueneau de Mussy, provoque des kératilcs pustuleuses, surtout à l'épo- 
que de leur maturité, qui se conipliquent quelquefois des ophthalmies internes. C'est 
nn moyen que j'ai vu constamment employé avec beaucoup de succès par 

live injectée au pourtour de la cornée, et il y a iriiis. L'atropine ne produit aucun eflfel. L'œil 
pleure beaucoup. — Le 15 juillet, ulcère de la cornée, les vésicules de la paupière suppurent. 
J'applique la peau de baudruche et collodion sur toule l'étendue de la paupière, ce qui calme 
rirritalion. J'instille le collyre d'ésérine. La malade se trouve beaucoup mieux. — Vers les 
premiers jours d'août la paupière, la cornet, sont guéries, mais le front est sensible au toucher, 
nos trac« avcune des pustules. 



ÉPHIDROSE ET GBROMIDROSE. 35 

cet émioent pralicîen, et je dois déclarer que, chez ses malades de l'Hôtel-Dieu, 
l*aiïectk>n Tarioliqoe amène rarement des accidents du côté de la cornée. Mais, 
comme il Tindique avec raison, cette opération doit être prati(iuée avec beaucoup 
de soio et aYant que les pustules n'aient pris une graude extension. 

k? Lorsque les pustules ne sont pas encore fermées, mais contiennent quelque 
peu de puSy il faut les vider avec un petit bistouri et les cautériser ensuite. 

Bibliographie. — Hardy, Leçons sur les maladies dartreuses, hris, 1868, et Leçons sur 
les malafties de la peau, 1863. — Bazin, Leçons théoriques et eHniqmes sur lei affections 
ruionécs. Paris, 1862. — Gueneau de Muny, Gaz. des MpitauXj jeudi t février i87U 



§ rV. — Ephidrose et chromidrose. 

A. Éphidrose. — Elle consiste en une sécrétion abondante des glandes sudo- 
ripares des panpières. 

Cette sécrétion exagérée se produit sur tous les points de la surface, et, en 
essuyant la paupière avec un linge, il est facile d'apercevoir, à l'aide d'une loupe, 
les pores entr'onverts, laissant suinter le liquide. Au bout de quelque temps, h 
peau devient rouge, et si cet état persiste, il se manifeste bientôt une irritation du 
bord libre et des conjonctives, qu'on pourra confondre avec un eczéma. 

L'éphidrose est une affection très-rare, et il serait difficile d'en définir la cause ; 
elle ne présente aucune gravité. 

Traitement. — I/applicaiion de compresses trempées dans une légère solution 
d'aride phénique (1 gramme pou ri 000 grammes d'eau) pourra être employée avec 
avantage. 

B. Chromidrose. — Le Roy de Méricourt était le premier qui a démontré 
Texistence de cette maladie, et il l*a désignée sous le nom de chwyiidrose. Elle est 
caractérisée par une sécrétion morbide particulière des |)aupières et de la face; la 
matière sécrétée a une coloration noire ou bleue. Ërasmus Wilson Ta appelée 
stecuThea yiigricans. 

filywiptoBiatoiogie. — La cbromidix)se est caractérisée par des tacbes bleuâ* 
très ou noires, situées le plus souvent sur la paupière inférieure et sur la joue, 
quelquefois aussi sur la paupière supérieure, le front, les ailes du nez et toute la 
face. 

Lorsque ce pigment occupe une portion limitée de la paupière inférieure, les 
yeux acquièrent cet éclat particulier que cerLiincs femmes cherchent à obtenir en 
se noircissant volontairement les paupières. Mais si la matière colorante est sécrétée 
en grande abondance sur les deux paupières, il en résulte une difformité tout à 
fait disgracieuse. 

Celle matière s'enlève très-facilement avec une spatule ou un linge humecté 
d'huile ; la peau redevient blanche ; mais, au bout d'un temps très-court, souvent 
quelques minutes, la matière colorante apparaît de nouveau. 

Ordinairement, il n'y a ni douleur ni irritation. Pourtant, dans le cas observé 
par Hardy (1), les yeux devenaient larmoyants, plus sensibles à la lumière et 

fil HarJy, Souveau diction, de méd, et decJiif\, art. Chroïidrose, t. VIU, p. &84. 




36 PAUPlÈnES ET SOURCILS. 

étaient le siège d'une sorte de cuisson. Les trois femmes atteintes de chrom- 
idrose dont parle Le Roy dé Méricout se plaignaient d'un afTaiblissemenl de 

fa Tue. 

AnatoDiie pathoiogiqae. — "Warlomont, Van Roosbroeck et Libbrecht ont 

observé et analysé en détail cette maladie chez une 
femme âgée de vingt-huit ans; ils ont conûrmé Texis- 
tence de la sécrétion bleuâtre particulière. 

Les recherches microscopiques faites par Ch. Ro- 
bin ont démontré que la matière colorante a une 
grande puissance de coloration. 

Au microscoi^e, elle se présente sous forme de 
corpuscules lamelleux d'une dimension variable et 
ressemblant aux fragments brisés de gélatine dessé- 
FiG. 12. - Matière de la ^jj^^ ,p ^2). Ch. Robin la compare à la cyanosine 

trouvée dans les urines bleues par Braconnot. 

D'après Wilson et Ncligan, cette sécrétion est produite par des follicules séba- 
cés ; Le Roy de Méricourt, Ch. Robin et Hardy la considèrent^ au contraire, 
comme une sueur colorée. Cette dernière opinion nous paraît la plus vraisem- 
hlable, quoique ni Tune ni l'autre ne soient encore démontrées. 

Étioiogie. — Les causes de celte maladie, de même que sa nature, ne sont pas 
Jbieu connues. 

L'habitation sur les bords de la mer semble y prédisposer ; on l'a observée sur- 
tout à Brest et Lorient, à Plymouth et à Dublin. 

Traitement. — Tous les moyens employés pour combattre cette sécrétion 
morbide sont restés sans résultat. Hardy conseille surtout les lotions astringentes, 
et principalement les douches d'eau astringente pulvérisée. 



Bibliographie. — Le Roy de Méricourt, Mémoire sur la coloration partielle en noir ou 
en bleu de la peau chez la fenime {Arch, gén, de méd.^ nov. 1858, p. 430) ; Mémoire sur la 
chromidrose ou chromocrinie cutanée^ suivi de VÉtude microscopique et chimique de la 
substance colorante, par Ch. Robin, et d'une note par Ordonez {Ann. d'ocul., 186â). — 
flardy^ Observation de coloration noire des paupières recueillie à Brest (BulL de la Soc, méd, 
des hôpit,^ 1859, et Union méd,, t. V, p. 437. — A Pool, Two Cases of Chromidrosis, with 
Remarks [The Dublin quar ter ly Journal y Aug., 1869, p. 68). — Warlomont, Ann, (foctt/., 
1863. 



§ V. — Vitiligo et madarose. 

Â. Vitiligo. — Des taches blanches arrondies et limitées apparaissent sur les 
IMupières et elles résultent de l'inégale répartition du pigment cutané. Les poib 
implantés à la surface de ces taches participent à la décoloration. 

L'affection est ordinairement congénitale. Dans quelques cas rares, elle est acci- 
dentelle, et peut disparaître complètement comme cela est arrivé à un malade traité 
Mir Baiiii* 

'^ des paupières, r- Une disparition partielle ou 



SCROPOLIDES DES PAUPIÈRES ET DU SOU^at. 



57 



Les cils et les poils du sourcil peuvent tomber à la suite des affections graves, 
telles que ûè?re typhoïde, petite Térole, etc. , mais ils repoussent au bout de quel- 
que temps. 

Sous Finfluence de certaines dispositions constitutionnelles, syphilitiques oa 
scrofuleuses ou bien après certaines affections nerveuses graves^ quelquefois même 
à la suite de douleurs de tête très-violentes^ ils disparaissent aussi^ mais d*une 
manière définitive. 

J*ai observé un malade qui avait perdu en quelques semaines les cheveux sur 
la tête, et d'un seul côté le sourcil et les cils de deux paupières, les moustaches 
et la barbe. Chez un autre, qui a eu le spasme de la septième paire droite, tous 
les cheveux de la tête et des deux sourcils sont tombés. Bazin a vu Talopéde 
des sourcils se déclarer dans la deuxième période de la lèpre ou de Téléphantiasis 
de la Cace. 

Selon Alfred Fournier, l'alopécie sourcilière syphilitique est assez commune dans 
la période secondaire, et elle est plus fréquente chez la femme que chez Thomme. 
Tantôt le sourcil se raréfie d'une manière générale, tantôt il se dégarnit par petits 
îlots. Fournier l'a vue absolue sur plusieurs femmes. 

La chute totale des cils chez les syphilitiques est rare, à moins qu'elle ne soit le 
résultat d'une syphilide ulcéreuse. 

Tralicmeiit. •— Dès l'apparition de cette maladie, on appliquera des compresses 
imbibées dans de l'esprit-de-vin additionné avec un tiers ou un quart de teinture 
d'arnica. Dans d'autres cas, on appliquera des compresses imbibées dans la solu- 
tion suivante : 



if Eau distillée 100 gramin. 

Sublimé 1 cenligr. 



Hydrochlorate d'ammoniaque. . 2 grammes. 



BiBLiOGBAPHiE. — Bazin, Leçons sur les affections cutanées, Paris, 1862, p. 265. — 
Alfred Fournier, Leçons sur la syphilis. Paris, 1873, p. 465. 



ARTICLE IX. 



SCROrULlDES DES PAUPILRES ET DU SOURCIL 



Les scrofulides sont des manifestations de la scrofule vei*s la peau. Contraire^ 
ment à Topinion des auteurs allemands, j*adme(s, avec Bazin, deux sortes de 
scrofulides, à savoir : les scrofulides bénignes et malignes. 

Les paupières et les sourcils peuvent être aiteints de ces deux différentes formes 
de scrofulides. La première n'est nullement grave. 

Les scrofulides malignes des paupières se présentent au contraire sous des 
aspects très-variés, et peuvent, dans certains cas, compromettre les mouve- 
ments des paupières et rétrécir l'ouverture palpébrale. 



38 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

Chez an malade de Bazin, atlcint de scrofolide maligne tnberculease, fibro- 
plastîque, les paupières étaient hypertrophiées et perdirent leur souplesse et leur 
mobilité ; il s*en$uivit un rétrécissement notable et une rigidité insolite deTon- 
verture palpébrale. 

Dans d'autres cas, les scrofnlides se présentent sous forme de lupus tubercu- 
leux. Elles ont une couleur rougeâtre avec un reflet translucide. Par ci et par là 
on aperçoit de petites squames et des cicatrices qui leur donnent une certaine 
ressemblance avec des cicatrices provenant de brûlure. 

Les bords de ces productions sont très-irrégulicrs, découpés, festoUtaés, et pa- 
raissent plus épais an toucher que ne Test la partie médiane de la plaque elle- 
même. Il y a évidemment, à la limite de cette production scrofulique^ une sorte 
de bourrelet constitué par des productions tuberculeuses du derme. La consistance 
de ces taches est parcheminée, analogue à celle des cicatrices. 

Celte forme de scrofulide maligne est circonscrite par une ligne circulaire 
parallèle à la courbe orbitaire. L*aiïection part de la joue, gagne la tempe et 
s'étend de là à la paupière supérieure et au sourcil, de sorte que l'œil peut être 
entouré d'un cercle rouge de lupus. 

Lorsque la scrofulide maligne envahit le sourcil, elle détruit complètement les 
poils, ce qui offre un contraste singulier avec le côté sain. 

Pronoflitc. — Les scrofnlides bénignes ne présentent aucune gravité ; eUes 
guérissent facilement, mais laissent cependant une prédisposition aux récidives. 

Le pronostic des scrofnlides malignes est plus sérieux; les moyens thérapeutiques 
sont le plus souvent impuissants pour obtenir la guérison,ou même pour prévenir 
les accidents consécutifs. 

Traitenent. — Le traitement de celte affection comprend deux sortes de 
moyens. On s'efforcera d'abord de combattre la diathèse scrofuleuse par U médi- 
cation appropriée, puis on emploiera les moyens topiques contre les manifesta- 
tions cutanées. 

1^ L'huile de foie de morue joue un rôle important dans le traitement ; à elle 
seule est due souvent la guérison. On commence par une cuillerée à bouche 
par jour, et l'on augmente successivement la dose jusqu'à trois et quatre cuil- 
lerées. En général, il faut que le malade en prenne en moyenne 60 grammes par 
jour. 

2° Concurrenmieut à l'huile de foie de morue, on ordonnera le sirop d'iodure 
de fer dans la proportion de 30 grammes par jour, et quelquefois de l'iodure de 
potassium (Hardy). 

3^ Les amers, tels que la gentiane, la tisane de houblon, la macération dequin- 
quina, le sirop de brou de noix, doivent être souvent associés aux moyens pré- 
cédents. 

U"* Les bains alcalins n*ont que peu d'action sur les scrofnlides ; mais les bains 
sulfureux et salins peuvent agir efficacement. On prescrira aux malades deux 
ou trois saisons à Luchon, à Aix en Savoie^ ou à Schin2nach. Les eaux de 
Kreulznach et de Louesche peuvent être aussi très- salutaires. Ces dernières sont 
légèrement salines et jouissent d'une grande réputation contre les scrofnlides de la 
peau. 

5* Quant au traitement local, la teinture d*iode me parait Tagent le plus efficace. 



AFFEGTIOSIS 9TPBILITIQIIE8 DES PADPIËRES. S^ 

On badigeonne tous les joars les parties malades avec une solution concentrée de 
cette teinture. 

6*" Hardy a employé avec avantage le biiodure de mercure sous forme de la 
pommade suivante : 

^ Biiodure de mercure i framme. | Axonfe 2à3 grumoes. 

Avant de s*en servir, on liquéfie cette pommade en la faisant chauffer, et i*en en 
éuleavec un pinceau une petite couche sur les parties malades. 

7* D'après Bazin, Thuile de noix d'acajou appliquée sur les scrofuKdes donne 
des résultats très -favorables. 

8"* Les scrofulides malignes peuvent entraîner des difformités dont la guérison 
rédame des opérations spéciales. 

BnLiOGiApnE. — BaereMprmoff, Die Hauikrankfœiien. Erlangen, 1859. — > Hardy, 
leçims Jtur la scrofule et les scrofulides et sur la syphilis et les syphilides. Parie, 1864. — 
Bazin, Leçons sur la scrofule, 2* édit. Paris, 1861. — Erasmus Wilson, T/ie Siudent's Book 
9f cftianeous medic,, etc. London, 1865, p. 463. 



ARTICLE X 

AFFECTIONS 8TPBIUTIQUES DES FAUPIËRES. 

A. Chancre des paupières. — Les paupières peuvent être le siège d'un 
chancre infectant. Sur 771 chancres, Alt Fournieren a trouvé 1 cas, et Clerc en 
a vu 1 sur l\OU. Pour ma part, je Tai observé U fois. L'inoculation peut avoir lien 
de deux manières : la personne infectée peut communiquer le mal par un baiser, 
ou bien en trans|X)rtant le pus du chancre dans Tœil au moyen des doigts. 

L'ulcère syphilitique primitif affecte ordinairement une seule paupière, et se 
trouve situé sur le bord libre. Il occupe d*abord la conjonctive^ et de là il se porte 
i la peau et aux tissus sous-jacents. Ch. Bell cite cependant un fait dans lequel le 
chancre avait débuté par la peau ; mais c'est là une exception. 

9jwia^owÊÊmi^ogîe. — Le chancre des paupières n'est jamais mou, comme dit 
Rollet, mais il est au contraire induré. Il se présente sous forme d'un ulcère creux, 
profond, à bords arrondis, durs et taillés à pic. 

Cet ulcère est placé à cheval sur le bord libre ; la paupière est épaissie, dure et 
gonflée, mais ce gonflement est surtout visible au voisinage de l'ulcère ; la conjonc- 
tife est rouge et enflammée au pourtour du chancre, tandis que, dans les parties 
éloignées, elle est à peine congestionnée. 

Dès la période d'incubation, les glandes préauriculaires et sons>maxillaires du 
côté correspondant sont engorgées. Ou ne peut pas considérer pourtant ce signe 
comme pathognomouique de la syphilis; l'observation journalière nous montre 
qu'un engorgement des mêmes glandes se produit dans les cancroïdes de la face 
ou des paupières, dans les ophthalmies purulentes, diphthéritiques,etc. 

La maladie se développe ordinairement assez rapidement et n'est presque point 
suivie de réaction ni de douleurs. 



hO PAUPIÈRES ET SOURnLS. 

Pronostic. — Lc pronosiic est le plus sourent favorable si la maladie est 
reconnue à lenops; mais, abandonné à lui-même, le chancre palpébral peut dé- 
truire la paupière dans toute son épaisseur et causer des ravages considérables. 
Dans un cas rapporté par Campbell, les deux paupières. deToeil afTecté ont été 
détruites. 

Diagnostie. — Le chancre palpébral peut être facilement confondu avec im 
épithélioma, cl il existe des exemples, ciuis par Clerc et Heurtaux, où ces deux 
maladies ont été prises Tune pour Tautre, soit sur les paupières, soit sur les 
lèvres. 

L'âge du malade facilite le diagnostic. Dans cette région, en eflct, les cancers 
se montrent rarement avant quarante ans, tandis que le chancre est plutôt Tapgh 
nage de la jeunesse. 

La nature de Tulcération, sa forme ronde et ses bords taillés à pic, an gonfle- 
ment considérable, la marche rapide de la maladie et la coexistence de la roséole 
ou de toute autre éruption sont des signes qui, considérés dans leur ensemble» 
faciliteront le diagnostic. 

Traitement. — Le traitement est celui de la syphilis en général : les prépan- 
tioiis mcrcurielles sous forme de pilules au iodure d'hydrargyre ou au sublimé. 

Lc traitement local consiste dans remploi des moyens qui aident à la cicatrisa- 
tion et arrêtent la suppuration. Pans ces cas, j'emploie la poudre de calomel por- 
phyrisée pour sau{)Oudrer l'ulcère ; de temps en temps, je touche la plaie arec nne 
solution de sublimé ou de nitrate acide de mercure, surtout au commencement 
de la maladie, et en prenant les précautions nécessaires pour empêcher le liquide 
de s'introduire dans l'œil. 

B. Syphilides bénignes des paupières. — Les éruptions syphilitiques 
des paupières apparaissent quelquefois chez les adultes; mais on les observe beau- 
coup plus Souvent chez les enfanis. La syphilis héréditaire se manifeste sous forme 
d'herpès, de syphilides tuberculeuse ou crustacée, etc. 

Les syphilides des paupières peuvent s'ulcérer et causer des désordres grares» 
dans toute l'épaisseur des paupières et dans le globe de l'œil. 

Diagnostic. — Il est facile de reconnaître les syphilides des paupières. Ces 
éruptions se montrent en même temps sur d'autres parties de la face. Suivant Rollet 
et Fournicr, la syphilide papuleuse est une des formes les plus fréquentes que l'on 
rencontre sur les paupières, la syphilide impétigineuse se développe dans les 
sourcils. 

Les croûtes qui succèdcut de bonne heure aux pustules présentent presque 
toujours une certaine étendue et ont une coloration jaunâtre, cuivrée. 

Traitement. — Les syphilides des paupières ne réclament aucun traitement 
local particulier ; tout au plus, dans certains cas, est-il nécessaire d'appliquer sur 
les boutons ou les ulcères la pommade suivante : 

^ Axonge 8 grammes. | Calomel porphyr 1 gramme. 

Le traitement interne seul est le plus souvent indiqué dans les syphilides pré* 
coces, c'est le traitemeni mercurid ; dans les syphilides intermédiaires ou tardives» 
on aura recours au trailenwnl mixle. 



AFFECTION PARASITAIRE DU SOURCIL ET DES CILS. hi 

ilhez les enfants, on doit se borner à l'usage du calomel à la dose d'un ccnii- 
nime par jour et aux bains de sublimé. J'ai vu le docteur Peter employer ces 
Ds avec un grand succès chez les nouveau-nés atteints de la syphilis. 
Z. Syphilide tuberculo-serpigineuse ou maligne des paupières. — 
sori^ce des paupières, du nez et des joues, est le siège de tubercules syphiliti- 
es, durs et secs; ils restent statiounaires pendant longtemps, s'ulcèrent ensuite, 
lanMillissent et se couvrent de croûtes. 

k partir de ce moment, raltération s'étend de plus en plus aux parties voisines, 
i;ae en profondeur et surtout en étendue. Elle devient serpigineuse ; des croûtes 
litres la recouvrent, et elles saignent an moindre attouchement : c'est Vimpe- 

rodens. Alfred Fournier l'a vu envahir toute une moitié de la face et du 
me, et résister à tout traitement pendant plusieurs années. 

La paupière inférieure est ordinairement attirée vers l'ulcération et donne lieu 

ectropion. 

MasBostie diflérenttei. — L'épithélioma est, de toutes les affections, celle 

i ressemble le plus à la syphilide luberculo-serpigineusc. Toutes deux présen- 

it des bords ulcérés arrondis, durs et engorgés. L'étendue relativement plus 

Qsidérable de l 'affection syphilitique peut seule faciliter le diagnostic. 

De larges cicatrices accompagnent d'ordinaire les scrofulides ulcérées, ce qui 

1 pas lieu dans les syphilides. 

TimiteMeot. — Lcs syphilides malignes sont le mieux modifiées par le mer- 
re» qui est, selon Fournier, l'agent le plus efficace que nous ayons à lui oppo- 
r. Mais on doit lui associer Tiodure de potassium porté à la dose de 1 à 5 et 
grammes par jour, sous forme de sirop de Gibert, Devergieou Bazin. 
Gomme traitement local, on cautérisera avec avantage à l'aide du nitrate acide 
mercure. Le badigeounage avec la teinture d'iode sera aussi efficacement cm- 
)yé. Un cas analogue s'est présenté il y a quelque temps à mon observation, 
ec tous les signes d'épithélioma ; je l'ai guéri par l'iodurc de potabsium admi- 
stré à l'intérieur et le badigconnage avec la teinture d'iode. 

BiBUOCRAPHiE. — Cazenave, Traité des syphilides, Paris, 1838. — Ricord, Chancre 
ivre du grand angle de Pœtl {Union méd,, 1850); Lettres sur la v/philis, 3" édit. 
ris, 1863. — Campbell, Edinburgh Aîed. and Surg. Joum., 1832, p. 254. — Devergie, 
'ûiié pratique des maladies de la peau, 2« édit. Paris, 1857. — Simon, Die Hautkrank- 
itendurch anat, Vntersuch erlautert. Berlin, 1851. — Wilson, On syphilis const. and 
red, and on syphilis éruptions. London, 1853. — Sireaifîeld, Opht, Host, Rep,^ 1860, 
II, p. 125, — SalomoD, Cas de tubercules syphilitiques des paupières {Brit. med, 
«m., 17 janv. 1863). — Rollei, Traité des maladies vénériennes^ 1866, p. 836. — 
fred Fournier, Leçons sur la syphilis, Paris, 1873, p. 403. 

ARTICLE XI 

AFFECTION PARASITAIRE DU SOCRCIL ET DES CILS. 

Parmi les affections parasitaires, nous ne connaissons que les pedicuH pubis qui 

lissent eoTabir les paupières et les sourcils. 

Lcf pooz dn pubis {pediculus pubis) se logent parmi les cils et les poils des 

■mby y proToquent une inflammation chronique et une démangeaison insup- 

liabie. 



62 PAUPIËKES ET SOURQLS. 

Plus aplatis que les autres, ces parasites sont arrondis et larges, à corselet j 
très-court se confondant avec Tabdomeu; ils pondent un très-grand norobn j 
d*œufs qui adhèrent fortement aux cils, lesquels paraissent couTerts d*une poudre 
noire. < 

Laurence est le premier qui ait décrit un exemple de ce genre. Steffan a rap* 
porté dernièrement un autre fait analogue ; je Tai rencontré denx fois chez ki 
enfants juifs allemands, et le mal a cédé facilement aux frictions avec Fongueil 
roercuricl. 

Ou peut confondre cette maladie avec une blépharite ciliairo ; la démangeaitoa 
très-vive, s'oxerçant surtout la nuit, et Fabsencede toute ulcération et de gonfle* j 
ment du bord libre facilitent le diagnostic 

Traitement. — L-ne OU deux frictions sur les bords des paupières et les soor- 
cils, soit avec Tongucnt citrin ou gris^ soit avec la pommade au précipité rouge, ^ 
font rapidement disparaître les poux. Quelques bains amidonnés suffiront pow 
guérir l'irritation. 

Bibliographie. — Steffan, Pcfficuli pubis aus den Cilien [Klin, MonatsbL^ t. lY, 1866^ 
p. àày cl Ann, fVociilist.^ 1867, p, 152). — Harkness, Phihirtasis pafpebrarwn (Ophtk, 
Hoxp, Rep,, t. II, 1860, p. 125). 

i 

ARTICLE XII H 

KYSTES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL 

Les kystes sont des tumeurs constituées par des cavités closes remplies d*un ] 
liquide quelconque. 

Le plus souvent, les cavités kystiques sont préexistantes et prennent naissance, 
soit dans les cavités normalement closes, soit dans celles qui sont normalement 
ouvertes, mais qui se ferment d'une manière accidentelle. Ce sont là les kjfiU» 
profjcnes de Broca. 

Plus rarement, les cavités kystiques sont de nouvelle formation, d*où le nom de 
néogènes qui leur a été donné |)ar réminent professeur. 

Les uns et les autres peuvent se subdiviser en plusieurs variétés. Nous distin- 
guons : 

iChalazîons. 
Kystes sébacés. 
Kys<le8 dermotdes ou pilirères con(pénitaux. 
Kystes séreux des paupières. 

Kystes néogèncs Kjste» périhélies | Kj,"JêrhydiUqne». 

4 

Les kystes progènes sont tantôt simples et u*occupent qu'une seule glande isolée^ 
tantôt compliqués comme ceux que Toa rencontre dans la glande lacrynute 
sui)érieure. 

Les kystes périgènes des paupières se foiTuent quelquefois autour d*un caiitol 
sanguin. Le blastème inflammatoire, se combinant avec les tissus qui limiteot 
le^foyer, s'organise en une membrane plus ou nx>ins épaisse. Dans d'autres cas» 



KYSTES DES PAUnËHES ET DU SOURCIL. l^^ 

ifcioppe se forme aatoor d'usé bydatîde ou d*un corps étranger solide quel- 
iqoe. 

§ L « Ghalasion ou kyste melbomien. 

Oa appelle chalazion une tumeur kystique développée dans Tépaisseur des pau- 
\xei et qui fait saillie au-dessus de la peau ou sous la conjonctive. 

Ob aperçoit ordinairement sur la surface des paupières une ou plusieurs saillies 
■g qo Bioiiis prononcées, situées à une certaine distauce du bord libre. Ces sail- 
saont dues aux tumeurs de même nature. 

n y a deux sortes de cbalaaions : solides et liquides qui ne diflèrent entre eux 
Kpvk degré d'évolution. 

Cette tumeur se développe ordinairement dans l'épaisseur du tarse, dont il est 
■cile de la détacher; au centre, on trouve une petite pocbe kystique qui appar- 
iait aux kystes progènes de Broca. Elle est en eiïet simple, constituée par l'occlu- 
hidu canalicnle meîbomien et par l'accumulation des produits de sécrétion de 
i glande, qui se présente souyent sous forme d'un li(|uide gélatineux, sébacé 
llgraiBKuz, ou bien il se transforme en une matière liquide, purulente. 

• ypt oBMitoiogie. — i. Le chalazion se présente sous forme d'une saillie 
hiNileiise, circonscrite, quelquefois diffose, intimement adhérente aux tissus voî- 
Ivet particulièrement au tarse. 

2. Souvent il est très-peu saillant, et atteint à peine le volume d*une lentille on d'une 
fce; on ne le reconnaît que lorsqu'on promène la pulpe du doigt sur la pao|Nère. 
jpuis d'autres cas la tumeur est beaucoup plus développée et fait une saillie con- 
ttrable à la surface de la paupière. 

. 1 La peau, dont la coloration reste la même, et la couche musculaire ne sont 
fH adhérentes à ce kyste. 

k. Lorsqu'on renverse la paupière et qu'on examine la conjonctive dans la par- 
lie correspondante au kyste, on y aperçoit le plus souvent une injection prononcée 
^ forme d'une tache ronde d'un rouge sombre, ou rouge livide. 

5. Le chalazion se développe quelquefois sur le bord tarsien. Peu à peu, il de- 
i(Bt proéminent sur le bord libre et y constitue une petite tumeur fongueuse 
Un rouge jaunâtre qui peut simuler un caucroîde. Cette dernière variété se 
acontre surtout à la paupière inférieure. 

6. En détruisant le tarse dans les parties avoisinantes, le chalazion fait bientôt 
iliie sous la conjonctive, qui devient très-rouge et tuméfiée. On aperçoit alors, 
s-k-TÎs de la tumeur, un petit point jaunâtre. 

7. D'ordinaire, cette tumeur n'est pas douloureuse ; mais elle peut s'enflammer 
de? enir très-sensible ; la peau change de couleur et devient rouge. En se 

iant, soit par la peau, soit du côté de la conjonctive^ elle peut être suivie de 
goérison spontanée du kyste. 

8. Tant que la tumeur ne dépasse pas certaines dimensions, il y a à peine diffor- 
ité, et aucune gêne n'en résulte pour le malade ; lorsqu'elle se dévetoppe au 
ntraire elle embarrasse les owuvements des paupières. Si eUe occupe une région 



[lU PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

voisine du point lacrymal^ elle peut occasionner la déviation et robstructi 
cette ouverture et conséculivement un larmoiement (1). 

9. On rencontre chez certains individus deux ou trois kystes dans la 
paupière; quelquefois les deux paupières du même œil ou de deux yeux prés 
à la fois des kystes meîbomiens dévetoppés à des degrés différents. 

10. Boyer et Gosselin ont établi avec raison que les kystes de la paupière 
rieure font plus souvent saillie du côté de la peau, et que ceux de la paupièr 
rieure s'avancent habituellement du côté de la conjonctive. 

Diagnostic difréreniiei. — Il est difficile de confondre le chalazion ave< 
autre tumeur. Son état stationnaire, son indolence ainsi que sa fixité ne p 
tent pas d'erreur dans le diagnostic. 

Les chalazions du bord libre des paupières peuvent seuls être pris pour d 
meurs épithélialcs; toutefois, ces dernières sont ordinairement plus limitées c 
dures près de leurs bords. 

Durée et pronostic. *— Les chalazions durent des mois et des années 
causer de graves désordres. 

Le pronostic est donc favorable ; quelquefois ces kystes guérissent spontané 
mais le plus souvent une intervention chirurgicale est indispensable. 

Anatomie pathologique et étioiogie. — Le chalazion est un kyste prov 
de Toblitéralion d'une des glandes de iMeïbomius. Selon Gb. Robin il est cou 
par des éléments fibro-plasliques et des cytoblastions, de la matière amorphe 
vaisseaux et du tissu lamineux. Au centre, on trouve souvent, dit-ii, oo 
kyste. Quelquefois pourtant le kyste est néogène, et il est développé entre Te 
loppe du tarse et le cartilage lui-même. 

Pour Yirchow (2j, le chalazion répond au tissu qui entoure les glandes de 
bomius. Le microscope y démontre la présence d'un grand nombre de cel 
rondes, pâles, contenant peu de noyaux ; ces cellules, qui sont de grandeo 
riée, ont la plupart un noyau pâle, rond ou oblong; elles sont entourées! 
substance iutercellulaire^ en partie gélatineuse, en partie fibreuse^ le plus soi 
muqueuse. 

Étioiogie. — Il y a des individus qui présentent une prédisposition 
particulière aux chalazions. Deux causes évidentes prédisposent au développe 
du chalazion : l'une locale, qui se rattache aux inflammations du tissu cdl 
péritarsien ou des glandes de Meîbomius, en amenant l'oblitération d*un des 
doits ; et l'autre, générale, qui laisse une prédisposition à ces kystes chez et 
individus. Il y a un bon nombre de malades chez lesquels le chalazion est pi 
d'un orgeolei. C'est l'inflammation qui amène dans ce cas l'obstructron d*oi 
glandes de Meîbomius. 

Traitement médical. — Il n'est pas douteux que les chalazions dispan 
quelquefois spontanément, on doit donc essayer en premier lieu le traitenieol 
lutif. C'est dans ce but que j'ai employé avec succès des cautérbaiions de L 

(1) Je soigne depuis quelque temps, avec le docteur Féréol, une personne âgée qui 
à l'onl droit d'une eoi^'oactivite lacrymale ialense et d*un larmoiement. Le chalation ai 
ctwa; il a MM liég» aur le canalieule lacrymal, et en se développant il a amené u 
lawtaittfMMiiié» <bk «« dicnter» 
. (i) fM w* Ai I—hmii» tnd. franc., t. Il, 1869, p. 885. 



KYSTES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. tiS 

•ce cutanée avec le crayon de nitrate d*argcut. Des frictions sur la paupiùre avec 
me pommade iodarée on une solution ammoniacale peuvent également réussir ; 
roici les formules : 



f lodnre de plomb 25 centigr. 

Axonge à grnmm. 

Camphre 5 centigr. 

(^Desmarres.) 



^ Protoiodure de mercure. ... 15 centigr. 

Moelle de bœuf à gramm. 

Huiles d'amandes douces. . . 2 — 

(Galexcwski.) 



If Chlorbjdrate d*ammonîaque. 5 grammes. | Eau distillée 50 grammes. 

(Siebel père.) 

Si ces rrictions n'amènent pas de changement au bout de quelques semaines, ou 
n elles déterminent une irritation dans la paupière, on aura recours aux moyens 
dirargicaoz. 

TrmitcicMt chirnrgleai. — 1. Maître-Jan et Demours ont employé avec suc- 
cès rincisîon simple de la tumeur par la surface conjonctivale avec énucléalion du 
contenu. Mackenzicla recommande vivement. Il suffit, dii-il, de renverser la pau- 
pière malade, de diviser la tumeur dan.s toute sa longueur avec la lancette et de 
faire sortir, par une pression, tout son contenu. 

Cette méthode me paraît défectueuse en raison de la prédisposition qu'elle laisse 
ï des léddives^ c'est pourquoi elle ne doit élrc réservée que pour des kystes tout 
i fait liquides. 

2. Extirpation de chalazion. — Un des moyens les plus efficaces de guérisou 
de ces tnmeurs est incontestablement rex(ir|)aiion. On la pratique de deux ma- 
nières diflérentes, selon que le chalazion est plus rapproché de la surface conjonc- 
titale OD de la surface cutanée. J'ai dit plus haut qu'à la paupière supérieure ils 
loot habitnelleroenl près de la peau, tandis qu'ils sont situés sous la conjonctive à 
h paupière inCêricure; donc à la paupière supérieure on les enlèvera en incisant 
h peau, tandis que, dans la paupière inférieure, on fera l'extirpation du côté de 
la conjonctive. 

5. Extirpation de chalazion de la paupière supérieure, — Depuis que Des- 
marres père a imaginé une pince fenêtrée (fig. 13), cette opération est devenue 
très-siaiple et très-facile à exécuter. 

Toîd quels sont les instruments nécessaires pour la pratiquer : la pince fenêtrée 
de Desmarres (ûg. 13), une érigne simple (fig. 16), une pince à érigiie (fig. ih), 
une antre à dissection, à branches très-fines, un bistouri droit pointu (fig. 15), 
ooe paire de ciseaux courbes de Coopcr, deux ou trois petites é)X)nges mouillées 
et exprimées et une aiguille fine courbe munie d*un fil de soie. La présence d'un 
aide chargé d'écarter les bords de la plaie i^endant l'opération est indispensable. 

Le malade est assis sur une chaise, la tétc appuyée contre le dos du siège ou 
contre la poitrine de l'aide. Le chirurgien engage sous la paupière supérieure la 
branche en plaque de la pince de Desmarres, soit par une de ses extrémités^ soit 
tout entière, puis il tend convenablement la peau et rabai la branche fenêtrée sur 
la paupière, afin que le kyste soit entouré par l'anneau de la branche antérieure. 
Oo serre ensuite très-fortement les deux branches au moyen de la vis. A ce mo- 
ment on pratique sur la {leau une incision transversale dépassant le kyste de quel- 
ques millimètres et Ton dissèque la tumeur en haut et en bas. 



A6 



PAUPIÈRES ET SOURCILS. 



Une fois le chalazion mis ï décooTert, Topératenr le saisit eat miise à I 
d'une pince à érigne, et le sépare des parties environnantes en se sctrant éi 
touri, et en prenant garde de traverser le tarse. Les ciseaux de Gooper po 
être utiles pour terminer Tablation. 

Après l'extirpation on réunit les bords de la plaie cutanée an moyen d*nB 
soie et l'on retire la pince. 

L'hémorrhagie est ordinairement très-peu abondante et s'arrête an bout dei 
ques minutes. 

Des compresses froides sont renouvelées constamment pendant les pren 
vingt-quatre heures, et le lendemain on retire la suture. 

Au bout de cinq à six jours la plaie est habituellement cicatrisée, Qoelqi 
du pus se fonne dans le fond de la plaie et au-dessous de la cicatrice vers k 
sièmc ou le quatrième jour; il y a alors urgence de pratiquer à i*aide d'ooei 
une petite ouverture et de faeiliter son écoulement. 



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FiG. 13. — Pince fenétrée FiG. 14. — Êrigne. FiG. 15. — Pince Fie, 16. — Bift 
de Desmarres. • à érigne. 



Quant au conseil que donnent quelques auteurs allemands^ de faire après 
cision simple une cautérisation de la ca\ité du kyste, je le crois très-peo pral 
et souvent dangereaxt c*est pourquoi je le rejette complètement 

&r Sxtitfoiifm de ckakaùm de la paupière inférieure. — Comme je i'ai 
dit, les chalartH» deh pMpière inféridiire se développent le plus souvent an: 



KTSTB8 DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. 47 

pens de la conjonctive qui se distend dans cet endroit et acquiert un développement 
plus grand qu'à Tétat normal. Il n*y a donc aacnn inconvénient d'enlever un lam- 
beau de la conjonctive en même lemp^ que la tumeur. 

Deax aides sont nécessaires |)our faire convenablement cette opération : l'un 
lient la tétc du malade, soulève la paupière supérieure et maintient la paupière in* 
férieore renversée; Tautre éponge la piaie pendant l'opération. 

On traverse le cbalazioa dans son grand diamèlro et jusqu'à sa base avec une 
forte érigne (ûg. ik) ou une pince à crochets (fig. 1;>), que l'on saisit de la main 
gauche ; pais avec un bistouri droit (fig. 16), on pratique une première incision 
parallèle au bord libre et en avant de Térigne. La tumeur est soigneusement dissé- 
quée jusqu'à ce qu'on réussisse à la détacher presque complètement Kn faisant 
une seconde incision en dedans du kyste on achève son extirpation. 

Une hémorrbagie artérielle très-abondante suit immédiatement l'extirpation : 
c*esl l'arcade palpébrale artérielle qui est ouverte. Pour arrêter le sang, il suffit de 
pincer avec deux doigts pendant quelques secondes la paupière à l'endroit de la 
plaie. J'ai vu une fois Thémorrhagie persister pendant plusieurs heures et ne 
s'arrêter ((u'à une compression de la paupière saisie entre les deux plaques métal- 
liques fl}. 

5. Extirpation dwt chalazion situé dans l'angle externe. — Il est très -difficile 
de luxer la tumeur située dans Taiigie externe ; pour obtenir ce résultat, le chi- 
rurgien (ait regarder le malade en haut et en dedans ; il appuie ensuite avec l'in- 
dicateur de la main droite sur le bord orbitaire inférieur au-dessus du kyste pen* 
dant que l'indicateur de la main gauche, repousse le kyste en avant. Le reste de 
ro|)ératîon est le même que pour l'opération précédente. On pourra extirper le 
kyste par la surface cutanée en se servant de la pince de Desmarres. 

6. Extirpation de chalazion du bord libre. — Les kystes situés près du bord 
libre altèrent souvent la forme de Tare marginal. 

La dissection de la grosseur doit être pratiquée avec beaucoup de soin, et l'on 
enlèvera que la |X)riion occupée par le kyste, en ménageant autant que |)06sible 
le bord ciliaire. 

Lorsque le chalazion forme une saillie limitée sur le bord, on enlève la partie 
exubérante d'un coup de ciseaux uns et courbes sur le plat, ou en la saisissant 
préalablement avec un crochet. 

BiBLlflCiAPBiE. — Dcmours, Traité des maladies dea y^nix, 1. 1, p. 121. — Zeis, Am}noH*s 
Zhfsrhr f, riic Ophtftalm,, t. IV, 1834, p. 240. — Desmarre», Tmifi' des maladit!s dex 
y^vx, L I, p. 610, 2«édil. — Dupuytren, Leçons orales, t. lil, p. 277, 2* édit. — Velpeau, 
h,dioH. de méd. en 30 vol., t. XXXlll, p. 287. — Fano, BuiL de théuip,, avril 1802. — 
Beodz Coa<idêrations pratiques sur l*adéinte mnhoiw'enne et la périrhotidrite tarsirnne 
fAnn. d*ot:utist.y 1858, p. Ht-)). — Sichel, konoyraphic, p. 622. — Legrand du Saullc, 
Kyste de la paupière {Gaz, des hôpit., 1861, n" 138). 

fl; Observatioh. — Mademoiselle S..., âgée de seize ans, me fut amenée par sa mère le 
15 février 1872 pour être opérée d'un chalazion de lu paupière inférieure de Tœil gauche. 
L'extirpation a été pratiquée régulièrement, et Thémorrhagie arrêtée promptcment. Après 
ropération, la mère et la flUe vont faire plusieurs achats dans divers magasins. A la suite 
f une fatigue survînt une hémorrhagie des plus abondantes ; le médecin appelé ne peut pas 
rarrètar, ni avec de l'alun ni au moyen du percblorure de fer. Ce n'est qu'au bout de deux 
heures que je suis parvenu à l'arrêter en comprimant la paupière entre deux pbques métal- 
liques. 



^8 PAUPIÈRES ET SOUaCILS. 

g n. — Millet, moUuscam et vésicules des paupières. 

A. Millet. — C*est une petite tumeur kystique qui se développe sur la peau 
(1rs paupières et des parties voisines de la joue, où ils existent souvent en gnnd 
nombre. D*un as|)ect blanc, perlé, ce kyste atteint ordinairement la grosseur 
d'un grain de millet d'où il tire son nom. 

Elle est située au-dessous de Tépidermc et provient de robstruction d'un des 
follicules sébacés dont Touverturc aboutit dans le canal du follicule pileux. 

La matière contenue dans ce petit kyste est de nature sébacée; elle est constituée 
par des cellules épithéliales et des molécules de graisse. 

Ordinairement ce kyste est indolcni, arrondi, lisse à la surface, quelquefois un 
pou vasculat'isé par quelques ramuscules capillaires. 

Le traitement du milium est très-simple ; on ouvre son enveloppe avec la pointe 
d*un bistouri ou d'une aiguille à cataracte^ et l'on évacue le contenu en pressant \i 
tumeur entre les ongles des |)ouces. 

R. MoUuscum des paupières.-- Les follicules pileux du derme en s'obliiérant 
donnent lieu à un millet. Kn se transformant, ce millet prendra une extension 
plus considérable; ses parois s'épaississent; il devient sessile avec une base étroite, 
mais non pédiculée. C'est le molluscum. On remarque au centre une petite on- 
vcrUire d'une teinte brunâtre par laquelle suinte un liquide blanchâtre gélatincox. 

Cetle peiiie tumeur kystique est, dit-on, contagieuse : d'où le nom molluscym 
contagiosum. iMackenzic cite un cas de transmission de cette tumeur par conta- 
gion, d'un enfant à un gentleman. D'après le môme observateur, elle perfl avec 
l'âîîe celte propriété conlagieuse. 

Comme pour les kystes précédents le traitement est chirurgical, et ne diffère en 
rien de celui qui leur est appliqué. 

C. Vésicules du bord libre des paupières. — On rencontre quelquefois un 
ou deux kystes transparents implantés sur le bord libre. Ces kystes, de la grosseur 
d'un |)ois, contiennent un liquide limpide. Les parois sont ordinairement très- 
épaisses et résistantes. Pour (^ruveilhier (1), ces kystes sont formés aux dépens 
des follicules muqueux du bord libre des paupières, et contiennent tantôt de la 
sérosiié, tantôt du nnicus. Dans ce cas j'ai trouvé au fond du kyste une concré- 
tion pliosphato -calcaire. 

L'excision à l'aide des ciseaux ne peut se faire sans quelques difficultés, dues à 
la rési>taiice et à la dureté de la tumeur qui s'échappe des ciseaux. Il est donc 
préférable de saisir d'al)ord le kyste avec une pince à érîgne et de l'exciser ensuite, 
S')it avec un bistouri, soit avec des ciseaux. 

Bmuor.nApniE. — Sichel, Arch, géru de méd,, t. \ï, p. 445, 1846. — Virchow, />f> 
Ktfmkheitin (Icwhwfilstej 1. 1, Ablli. i, 1863, p. 102 et 228. — Peterson, Sur le mo/luscvm 
[E'Iinhurfjh Med, and Surg. Journ., V, LVI, p. 279). 

§ nL •— Dermoldes du sourciL 

Les kystes sébacés dn sourcil» appelés dermoldes, sont des tumeurs progènes et 
se dévetoppent dans une poche prtexisUDle au nheau du sourcil et spécialement 

(1) CniveiP*>- fmmU fÊâkoL gèL, UI, 1856, p. 351 . 



KYSTES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. A9 

à Taiigle externe comme l*a démontré Vcrncuil. Ils contiennent la matière sébacée, 
graisseuse; souvent on y trouve des poils en assez grand nombre, d'où le nom de 
kystes pilifêres. 

Sjvtpimnatoiosie. — Ces kystes affectent la forme d*une tumeur ovale du 
Tduine d*un œuf de pigeon. En partie mobiles, ils sont fixés à l'os par leur base, 
€t u'adlièrent à la peau que lorsqu'ils ont des trajets fistuleux consécutifs à Topé- 
raijoo. La fluctuation est très-évidente. Quelquefois ils prennent une extension 
consiilérabic, et, en descendant vers le bord orbitairc» ils font saillie sous la con- 
jonctive. Sans être douloureux, ils constituent une difformité, et leur développe- 
ment peut à la longue gêner les mouvements des paupières. 

Les kystes dcrmoïdes s'observent le plus souvent dans la moitié externe de la 
région sourcilière, mais on les voit aussi à l'angle interne de l'ouverture orbitaire, 
comme l'ont démontre Broca et Ricliet. J'ai extirpé, en 1872, un kyste dcrmoïde 
do bord interne du sourcil chez un enfant de deux ans. 

Il arrive que ces malades viennent réclamer une opération pour la deuxième ou 
troisième fois ; ou constate chez eux l'existence de trajets fistuleux qui donnent 
issue à un liquide tantôt sébacé, tantôt à demi purulent. Ces récidives sont dues à 
une extirpation incomplète de la poche kysli(|ue, et leur guérison devient plus 
diiEcile à cause des adhérences consécutives à la première opération, comme j'ai 
pu m'en convaincre sur une malade que j'ai opérée, en 1866, avec le concours du 
docteur Jolivet (de Crépy). 

Maf^BCMitie. — On rencontre dans cette môme région, de même qu'à la pau- 
pière inférieure, dos kystes sébacés du derme. Ils sont plus superficiels que les 
précédents et n'ont aucune adhérence avec le bord orbitaire. Leur volume est 
peu considérable et ils sont généralement adhérents à la peau. Chez un enfant 
de deux ans, j'ai pratiqué, en 1869, à Deauville, avec le docteur Paul, l'extir- 
pation d'un kyste sébacé de la paupière inférieure situé à l'angle externe de l'œil 
gauche. Le kyste avait le volume d'une grosse noisette et il était développé dans la 
peau. 

Les lipomes sont plus superficiels que les dermoîdes et divisés en cloisons que 
l'on sent par la palpation ; de plus, leurs li:niies sont mieux définies. 

Les ky sf es provenant de la cavité orùilaù^e el faisant s?illie sous la peau près du 
bord orbitaire pourraient être confondus avec la tumeur qui nous occupe ; mais 
€n se développant, ils ne tardent pas à gêner les mouvements de l'œil et à entraîner 
sa déviation, ce qui n*existe pas dans les kystes des sourcils. 

Aoatoaiie pathologique et éciologie. — Comme tous les autres kystes, les 
kystes dcrmoïdes de la région sourcilière sont constitués par une enveloppe cellu- 
leobe condensée, tapissée de l'épithélium pavinicnteux et par une sécrétion épaissie 
composée de masses épithélialcs et graisseuses, souvent entremêlées de cristaux de 
cbolestérine. Oa trouve quelquefois dans l'intérieur des kystes dernjoïdes un 
matière grasse, des poils, et plusieurs autres éléments de la peau. On y découvre 
des lamelles épidermiques, et l'on voit naître de sa surface interne des poils avec 
leurs glandes sébacées. Dans les parois du kyste dermoïie, extrait par Follin, les 
glandes étaient plus volumineuses et plus distinctes que dans la peau normale, 
€bnuiieon peut juger par la figure qu'il donne à l'appui. 
L'origine de ces kystes est très-intéressante à étudier; on sait qu'ils sont situés 

GALEZOWSU. 4 



e 



50 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

au-dessous de la couche musculaire et qu'ils adhèrent très-souvent à Tos, soit 
à la parlie externe du bord orbitaire, soit à sa partie interne. C'est à Vemenil 
qu'apparlicnt le mérite d'avoir expliqué leur origine, qu'il attribue à une aberra- 
tion de développement du fœtus. Ou sait que dans la vie fœlale la face se forme 
aux dépens de bourgeons latéraux, appelés arts branchiaux^ séparés par des fentes 
branchiales. La fenie branchiale supérieure sépare la vertèbre cérébrale antérieure 
qui devient plus tard le front, et le premier arc branchial qui constituera les mâ- 
choires, le nez, les joues, etc. 

L'extrémité postérieure de cette fente correspond justement à la moitié externe 
de l'orbite où les kystes se développent. Les deux bords tapissés par l'envelopiie 
cutanée, au lieu de se réunir complètement, ne se fusionnent qu'en partie en lais- 
sant entre eux un sac cutané entièrement clos, qui devient plus tard, d'après 
Yerneuil, l'origine des kystes sébacés ou piiifères. 

Broca explique de la même façon la formation de ces mêmes kystes à la partie 
interne du sourcil, et il attribue le développement des poils dans l'intérieur de ces 
tumeurs à trois causes diiïérenles : 1** un kyste sébacé simple peut devenir ulté- 
rieurement pilifère par suite de la formation des follicules pileux dans sa paroi; 
2° un sac cutané, emprisonné dans une fente branchiale, peut contenir de notû- 
breux follicules pileux ; 3*^ un sac cutané peut se former dans l'épaisseur des 
tissus par suite d'un travail d'hétérotopie. 

Ces kystes sont quelquefois enfoncés dans l'os frontal, où ils forment des loges 
très-profondes. 

Pronostic. — Ces kystes n'oiïrent pas de gravité, mais l'extirpation de toute 
la poche kystique est nécessaire pour éviter les récidives. 

Traitement ehimrgicai. — Le seul moyen de guérison radicale est Vextir- 
paiion. Après avoir préalablement rasé les poils du sourcil, on fait une incision 
parallèlement au bord orbital re sur toute la longueur du kyste. 

L'incision comprendra la peau, le tissu cellulaire el la couche musculaire. La 
tumeur une fois mise à nu, on cherchera à la disséquer sans l'ouvrir, en la sépa- 
rant d'abord de la peau, puis des parties profondes. S'il arrivait que le kyste fût 
ouvert, on saisirait une de ses parois, et, par un mouvement de traction, on con- 
tinuerait son énucléation ; à l'aide d'une spatule ou du manche d'un scalpel, on le 
détachera soigneusement. 

La plaie étant horizontale et parallèle aux plis de la peau du sourcil et des pau- 
pières, le défaut de réunion et la suppuration ne sont pas à redouter. Mais, pour 
assurer le succès, j'applique trois ou quatre sutures au moyen d'un fd de soie fin 
et je ne laisse qu'un coin de la plaie ouvert pour l'écoulement du pus. Vingt- 
quatre heures après l'opération, les fils doivent être enlevés, comme le conseille le 
professeur Richet. 

BiBLiOGBAPHiE. — Broca, Traifé sur les tumeurs^ t. II, p. 80. — Yerneuil, Bull, de la 
Soc, nnat., juin, juillet, août, sept., i852, p. 300, et Arch. géti. de méd,, 1855, p. 302. 
— Folli'. frailé de pnthol. externe, t. 1. Paris, 1869, p. 173. — Richel, Joum. dophilu^ 
1872. 



TUMEURS BÉNIGNES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. 51 



§ rv. — Kyste hématique des paupières. 

Parmi les kystes néogènes, on en rencontre quelques-uns dont les parois se 
fomient autour d'un corps étranger quelconque, solide ou liquide. D'après Broca, 
ces kystes sont périgènes. 

Teb sont aussi les kystes hématiques. A une large ecchymose palpébrale peut 
succéder une sérosiié sanguinolente qui remplace Tépanchement sanguin. Le blas- 
tème inflammatoire se forme autour du foyer, et se transforme ensuite, avec les 
tissus Toisins, en une membrane kystique. Suivant Broca, les parois sont le siège 
d*on double mouvement d'absorption et d'exhalation. La matière colorante et les 
globules disparaissent et le liquide devient séreux. 

Ces sortes de kystes se rencontrent rarement dans les paupières. 

Le traitement est simple : on ouvre largement la poche kystique et l'on y injecte 
ensuite de la teinture d'iode. 

BiBLiOGRAPHTE. — Zcîs, Amnion's Zeitschr.f, die Ophth., vol. V, p. 220, 1836. — Cail- 
laul, Arch. gén. de méd ^ h^ sér., t. XXVI, p. 4G et 316, 1851. — Lawrence, Encysted 
Tumours of the Eyelids (London Med, Goz.^ 1838, t. XXI. p. 471). 



ARTICLE XIII 

TUMEURS SOLIDES DES PAUPIÈRES. 

Les tumeurs solides des paupières peuvent ôlre divisées en deux classes : les 
tumeurs bénignes et les tumeurs malignes. 



TrMEURS BÉNIGNES *. 

Tumeurs érecliles. 

Verrues. 

Lipomes. 

Gommes syphilitiques. 

Êiéphanliasis. 

Kévromes. 



Tl'MEURS MALIGNES 



Épithéliomas. 
Carcinomes. 



ARTICLE XIV 

TUMEURS BÉNIGNES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. 

§ I, — Tumeurs érectiles ou naevi materni. 

Les tumeurs érecliles sont constituées par des vaisseaux artériels on veineux 
fortement dbtendus et variqueux. 
La peau des paupières est assez fréquemment le siège de ces tumeurs. Sur 



52 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

107 cas de ce genre observés sur la tétc par Porta, scpl fois la tuine*ir était sila6e 
sur rœil. De son côté, Lebert, sur vingt-six tumeurs érectiles de la tôte, en a vu 
trois occupant les paupières. 

Cotte aiïcction est congénitale et se remarque le plus souvent chez les enfants. 
Depaul estime que les deux tiers des enfants qui naissent à la Clinique présentent 
dans Tune ou Taulre partie du corps des tumeurs de cette nature. 

fijniptomatoioslc. — D'ordinaire, c*est à la superficie de la paupière supé- 
rieure qu'elles apparaissent sous forme d'une tache brunâtre ou rougeâtre ; plos 
rarement, elles sont situées à la paupière inférieure, vers le grand angle. 

Peu ou point saillantes dans certains cas, elles forment dans d'autres des reliefs 
et des inégalités à la surface de la peau. 

Les tumeurs érecliles peuvent se présenter sous des formes et des volumes très- 
variés. Elles sont quelquefois à peine appréciables et ne laissent voir que des veines 
engorgées sous la peau, comme j'ai pu l'observer sur deux enfants ; sous celte 
forme, elles restent stationnaires pendant longtemps et même toute la vie. D'autres 
fois, elles se développent, soit à l'époque de la dentition, soit même à l'âge de 
quinze à dix-huit ans, comme Carron du Yiilards (1) l'a constaté chez une jeune 
fille dont il rapporte l'observation. Demarquay a présenté à la Société de chirurgie 
une malade aiïeclée d'une tumeur du même genre qui se transforma en tumeur 
puisai ile à l'âge de vingt et un ans. 

Dans d'autres cas, ces tumeurs acquièrent un développement considérable, 
quelques semaines ou quelques nîiois après la naissance. Il se forme alors une forte 
grosseur qui augmente notablement avec les cris de l'enfant. 

£n prenant un développement plus grand, les tumeurs érectiles envahissent les 
tissus sous-jacents et envoient des prolongements dans la conjonctive et dans 
l'angle interne de l'œil à la caroncule lacrymale. J'ai observé ce fait chez on en- 
fant amené à ma consultation, et que le professeur Richet a opéré à la Clinique de 
la Faculté. 

Lorsque la tumeur siège sur la paupière supérieure, celle-ci reste abaissée. 
En saisissant la tumeur entre deux doigts et en exerçant une légère pression, on 
arrive facilement h la faire disparaître, mais elle revient à son état primitif dès 
qu'on cesse la compression. 

Yarlétés. — On a divisé les tumcuré érectiles en artérielles, veineuses et inter- 
médiaires. Broca distingue, au point de vue clinique, deux formes: artérielles et 
veineuses. Les unes sont rouges et les autres bleuâtres. 

Cette division me paraît rationnelle; de plus, elle est utile au point de vue pra- 
tique; car, tandis que les tumeurs artérielles ont une tendance à grossir, les autres 
restent le plus souvent stationnaires. 

Quant à la division en tumeurs cutanées, sous-cuUnées et mixtes, elle n'est 
guère fucile à établir et n'offre aucune utilité pratique. 

Diagnostic difrércntiei. — Rien n'est plus simple que de reconnaître une 
tumeur éreclile. Sa couleur livide ou rougeâire, son augmentation de volomepen- 

(l) Carron du ViiUrds, Guide pratique des maladies des yeux, t. [, p. 350. 



TUHEOBS BÊMIGNES DES PAUPltBGS ET DU SOOHCEI. 53 

dant la toux, sa dimiuuiioD ou même sa disparuion soiis 1) pression des doigts, ne 
laissent aucun doulc. 

«■■M«i« pMthsioi^^iM. — (Jruveîlhier a rauieuu avec raison que les tu- 
meurs érectiles débutent par b dilatation des capillaires. Pour lli'oca (!), il y a 
trois degrés de dilatations : le premier degré est constitué par une dilatation cylin- 
drique des vaisseaux, comme l'a démontré Porta. Les figures 17 et 18 représentent 
cel Aat. Les vaisseaux sont allongés et dilatés de 0°"°,U5 h U*"°,06, et leurs parois 
ne sont point épaissies. Audeuiil-mc degré, les dilatations sont irréguiiëres. Follin 
les a représentées et décrites exactement Au troisième degré, la dilatation oi 
accompagnée de rupture». Cette forme s'observe rarement dans les paupières. 





Pr*Naail«. — Ces tumeurs peuvent persister sans aucune modification, (|ue1- 
"<luefois mû me elles guéiissvDt spontanément. Mais le plus souvent il est nécessaire 
d'arrêter leur développement progressif, qui pourrait avoir nue conséquence fâ- 
cheuse |MUr l'œil et compromettre la vue du malade. 

Traltcmeua. — On a employé cotilrc les tumeurs érectiles divers moyens 
qui tendent tous it l'oblitération des vaisseaux anormalement développés. 

I, Vaccination. — Les auteurs anglais, Earle et Uowning, sont les premiers 
qui aient cherché à détruire les tumeurs érectiles par l'inoculation du vaccin. 
Velpeau vulgarisa cette méthode en France. 

Avec une lancette châtiée de vaccin, on pratique de petites piqûres à des dis- 
tances ^ales. Aussitôt que récoiitcinent du sang s'arrête, on applique du nouveau 
vaccin sur les plaies et ou les couvre dorant quelques heures avec un linge im- 
prégné de la iiiêmc substance. Iles vésicules se forment biL'môl,et le travail infla^n- 
maioire qui s'ensuit amène l'oblitL-raiion des vaisseaux. Mais si l'enfant a été diju 
vacciné, ce moyen ne doDiieia aucun résultat. 

Pour empêcher l'entraînement du virus par le sang qui s'écoule, Nélaton con- 
seille d'enfoncer dans la tutneur plusieurs aiguilles chargées <tc vaccin; quel- 
quefois il la traverse de plusieurs fils imprégnés de celte matière. 

% Lorsque la tumeur est limitée à la paupière, on pourra injecter avec sticcès 
du percldorure de fur peu concentré. Broca recommande l'emploi de perchlorure 
de fer de 12 a 15 degrés à l'aréomètre de Bcaunié. Bichet se sert avec avantage 

(I) Broca, Traité ,lf s lumvirs, t. il, p. 183. 



5A PAUP1ËBE3 ET SOURCILS. 

des iDJeciioas de chlorure de zinc, une à deux gouUes pnres, oa mélaDgépu 
inoitiâ avec de l'eau. 

Mais si la tumeur commaDiqae avec la caroncule ou avec la conjonctiTP, il fiai 
renoncer â celte méthode qdi, ii coup sAr, amènerait un pblq^on de la panpièR 
et tic l'œil. 

3. Ligature». — Pretnier procède : Lorsque la tumeur est sailUnle et un pen 
âoiguée du bord palpÉbral, on traverse la tumeur avec deux aiguilles très-minos 
qui se croisent. On place ensuite une ligalure amour de ces aiguilles et on les son 
(orlemenL Au Iwnt de quelques jours ou relire le tout. 

Deuxième procédé : Vne aiguille droite ordinaire, très-fine, manie d'na fil 
double, traverse la base de la l umeur de haut en bas el la divise en deux moitiés; 
puis on coupe l'anse et l'on enRIc dans chacun de ses bonis une aigoille, qne Ton 




Pic. 19. — Ligature Kus-culanje (*). 
conduit sous la peau de la tumeur, l'une ï droile et l'autre ï gauche. Arrivé vas 
le point d'entrée de l'aiguille, on lie les deux bouts en serrant fortcmeni te nœud 
(Bg. 19). 

Troisième procédé : Les nsevi très-âiendus peuvent être opérëspar la mélbode 
de Luke. Un long fil est armé de plusieure aignities fines, placées ï 15 centimHm 
les unes des autres. Ces aiguilles sont eiituncëes sous le uevus (fîg. 19], en Itt 
retirant on coupe le Gl près du chas de chaque aiguille, et on lie chaque lue de 
fil Selon le conseil de Lisiun , on incise la peau au pourtour de la lumear, afin que 
la ligature ie porte que sur les lissus sous-cutanés. 

h. Aciipunclure. — Lalleniand enfonçait dans la tumeur nn grand nombre 
d'épingles, rapprochait les lâtcs d'épingles avec un fil, et an bout de sept ou hdl 
jours il les enlevait. Le procédé de Carron du Viliards vaut mieux : il consiste 1 
enfoncer un grand nombre d'aiguilles et â les saisir toutes avec des pinces fortes 
chauffées à blanc; bientôt après la cautérisation a lieu. 

BiBLiOGKAFBiE. — Liilon, PracL Surg. Landon, 181G, p. 333. — Luke, lied. Got. 
vol. XL1,p. 581. London, 18A8. — Ubuulbiiu, Sur le navus en gtaéral el sur une modifi. 
cation particulière observée dans in ncevva de la paupière supirieare. Thèse iniugurale. Psit. 
IS&t. — Cb. Robin, MéiB. de la Soc. de biol., 1H53, 1. V, p. 170. — Virchow, Ardue f. 
PaUûJ- Jnaf.Vurtibourg, IBSA, Bd. VI, p. &25. — PorU, Deir Angectatia. MilaM, 1S6I. 
— Brou, trmtétwUêbmetn. Pwrii, 1869, U II, p. 1S3. 

n A, pliât IW-*-*- ■■• n Arigmt <nn l« pvinl B; BiC,*,*) B,I>,l,ditMtJi>ii qupnBHU 



TUMEURS BÉNIGNES DES PAUPIÈRES ET DU SOURaL. 55 

§ n. — Verrues des paupières. 

Les Terrues sont de petites saillies formées aux dépens des papilles du derme. 
Elles a/Tectent des formes et des aspects différents. Les unes sont petites et repo- 
sent sur une larçe base ; d*autres sont pédiculées et comme pendantes, ce qui les 
a lait appeler par Mailre-Jan verrues pendantes. 

On les rencontre d'ordinaire sur le bord des paupières et entre les cils ; plus ra- 
rement, elles se voient à la surface de ces organes. 

Leur surface est rugueuse, inégale, gercée ; quelquefois elies sont divisées au 
sommet par des sillons profonds. Elles ne causent aucune douleur ; mais les ma- 
lades les écorchent assez facilement. 

La transformation des verrues en sarcomes s*obscrve quelquefois, surtout chez 
ies personnes d*un àgc avancé, (.ela arrive à la suite de frottement et d'irritation 
prolongée, et sous l'influence d'une prédisposition constitutionnelle. 

Traitement. — Le meilleur mode de traitement est l'excision ; on la pratique 
à l'aide de ciseaux courbes, après avoir préalablement saisi la verrue avec une 
pince à griffes. S'il y a hémorrbagie, on l'arrête en touchant la plaie avec le per- 
chlorure de fer. 

L'application de compresses froides pendant quelques jours complétera la 
guérisoD. 

Cette opération est, comme on voit, une des plus simples; mais il est bon de 
suivre l'avis de Gosselin et Denonvilliers, qui conseillent de l'ajourner pendant les 
épidémies d'érysipèle. 

§ m. — Lipomes des paupières et du sourcil. 

Le tissu adipeux peut s'bypertropbier dans toute l'étendue des paupières et 
simuler une hypertrophie de la paupière tout entière. C'est Yhypertrophie adi- 
peuse diffuse, que j'ai rencontrée, chez des individus âgés, fréquemment à l'angle 
interne de la paupière supérieure. Elles se trouvent ordinairement aux deux yeux 
et ne constituent pas d'état morbide réel. Dans d'autres cas, l'hyperplasie grais- 
seuse forme une grosseur limitée ; c'est alors une véritable tumeur lipomaUme ou 
4}dtpeuse. 

SymptonMitoiogle. •— D'une mollesse pâteuse, élastique, peu mobile, mais 
libre de toute adhérence à la peau, cette tumeur présente à sa surface de petites 
inégalités ou bosselures, dues aux cloisons qui la divisent en loges plus o« nnoins 
nombreuses. 

Les lipomes ne sont point douloureux, et ils ne gênent ni la vue ni les mouve- 
ments des paupières; mais leur développement exagéré, en constituant une diffor- 
mité désagréable, rend nécessaire l'intervention du chirurgien. 

jUMitomie pathoiogiqae. — La tumeur adipeuse est enveloppée d'une trame 
celluleuse très-délicate, qui envoie des prolongements en dedans, de sorte que la 
graisse y est contenue comme dans de véritables cellules. 

Selon Virchow, le tissu graisseux renferme une matière de consistance liquide, 
t)léagineuse, riche en margarine. Les vaisseaux ne sont développés que dans l'en- 
veloppe celluleuse; mais, en général, ils sont peu nombreux. Le siège des lipomes 
«st le tissa cellolaire sous-muscalaire superposé au tarse. 



56 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

Trnitemciit. — L*extirpation seule peut faire disparaître un lipome ciroouscriL 
On tendra la paupière sur le globe de Tœil et Ton pratiquera i'incislon parallèlcmeot 
au bord tarsien , dans toute retendue de la tumeur ; puis, en la saisissant aTccvD 
crochet, on pratiquera i'énucléation avec la plus grande facilité. La réunkm par 
première intention ne tarde pas à s'opérer, sans qu*il soit besoin d'avoir recoorsà 
la suture. 

Quant à Thypertrophie adipeuse diffuse, que Ton rencontre surtout à la partie 
interne des paupières supérieures, elle neconstitue point de maladie et n*a pas bem 
d'être soignée. 

§ IV. — Gommes syphilitiqueB des paupières. 

La paupière peut être le siège de tumeurs gommeuses syphilitiques, appelées 
syphilomes par Ch. Robin. Ces tumeurs se développent tantôt dans le tissu cello- 
laire sous-cutané, tantôt dans le muscle orbiculaire. 

C'est à Bouisson qu'on doit les recherches les plus complètes au sujet des ta- 
meurs gommeuses musculaires. Ricord, ^Y'laton, Melchior Robert et Virchow les 
ont observées dans différentes régions : à la langue, à la joue, aux lèvres, etc. 
bouisson a même constaté la présence de cette affection dans un muscle ocolo- 
moteur. 

Si je ne me trompe, je suis le premier qui ait signalé l'existence de ces tumeurs 
dans les paupières. 

Sympiomatoiogie. — Une gomme syphilitique est indolente^ bien circoD- 
scrite, d'une consistance pâteuse, qui simule une fluctuation. La peau habituelle- 
meut ne présente aucune altération, mais si le mal dure longtemps, et si le malade 
fait des frictions avec des pommades la peau ne manque pas de s'enOammer et 
de s'ulcérer. 

J'ai eu l'occasion d'observer trois tumeurs de cette nature, une dans la paupière, 
et deux autres analogues dans la région du sac lacrymal. Le traitement spécifique 
amena rapidement la guérison (1). 

Anatomie p«thoioff;iqae. — Les tumcurs gommeuses présentent, d'après Corail 
et Ranvicr, deux phases : la première consiste dans la prolifération du tissu con- 
jonctif ; dans la seconde phase, les cellules se multiplient^ diminuent de volume, 
sont comprimées les unes contre les autres, et il se produit par places des îlots 
irréguliers, dans lesquels on observe des cellules atrophiées et granuleuses. Vir- 
chow les rapproche des proliférations inflammatoires du tissu conjonctif, et il les 

appelle tissu des granulations {Granvlatiom-Gewebe). 

♦ 

(1) Observation. — En 1868, j'ai trouvé chez une femme syphilitique, âgée de cin- 
quante-six ans, une tumeur située a la partie interne de la paupière inférieure. Elle était 
arrondie, de la grosseur d'une noisette, élastique, simulant une fluctuation. La peau n'était 
point adhérente, mais un peu rougie. Gomme elle était indolente et qu'elle s'était formée len- 
tement pendant deux mois, il y avait lieu d'établir le diagnostic entre un kyste alhéromateox 
et une gomme syphilitique. Une ponction exploratrice ne fit sortir que du sang. Le lendemain,, 
la plaie résultant de la ponction était suppurante, présentant des bords à pic et arrondis. Co 
ftit pour moi la preoro que la tvoieur était de nature syphilitique. Aussi j'ai touché fai plaie 
avec la taiatan dTladi «aaaiaMe «f J'ai adoilnistré la potion iodée k la dose de 2 grammes 
par jour* On nol 1 lâtt §mg anMoar «no guérison complète. 



TUMEURS BÉNIGNES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. 57 

Dteipiostie ëlfTércatiei. — Lcs tumeurs gommeoses constituent un des 
léoomènes tardib de la sypbilis et appartiennent aux accidents tertiaires. On 
ôl donc rechercher dans les antécédents les autres symptômes de la maladie. 

Elles peuvent être confondues avec des kystes sébacés, mais, le plus souvent, 
les se montrent dans la peau elle-même ; du reste, ces dernières ne 8*ulcèrent 
is ni spontanément ni après la ponction exploratrice. 

nMiconeat. — Alfred Foornier^ Rollet et Clerc conseille Tlodure de potas- 
QUI à la dose de i à 2, Uji 5 grammes par jour. Ce traitement suffit pour amener 

goérison. 

Le l>adigeonnage de la peau ou même de fulcère avec la teinture d'iode peut 
xélérer la guérisou, comme cela est 'arrivé pour la malade dont j*ai rapporté 
dhfienration. 

B111.10GBAFHIE. — Thevenet, Études et conditions pratiques sur les tumeurs gommeuses 
m tissu cellulaire des muscles et de leurs annexes , thèse de Paris, 1858. — VanOrdl, Des 
ameurs gommeuses^ thèse de Paris, 1859. — Virchow, Pathologie des tumeurs^ t. II, trad. 
"SBC., p. 419. — Tliomas, Des tumeurs des paupières^ thèse de Paris, 1866. — Galezowski, 
'tommes syphil. des paupières {Journ, d'ophth,^ Paris, 1872, p. 230). 

§ V. — Hypertrophie des paupières ou éléphantiasis. 

Carron du Yillards a décrit un cas d'hypertrophie de la peau et des tissus 
MMs-jacents de la paupière supérieure, et dont la cause pouvait être rapportée au 
Lraomatisme. De Gi*aefe signala un fait analogue : l'hypertrophie était congénitale 
tx s'était développée progressivement. 

Mais il n'est pas rare de rencontrer une hypertrophie de la peau moins accen- 
tuée et qui succède à une inflammation chronique des paupières. 

L'induration qui en résulte ne présente pas les mêmes caractères : la paupière 
est distendue, et il y a plutôt abaissement des voiles palpébraux qu'un véritable 
éléphantiasis. 

§7BBptoniatoioKie. — La paupière supérieure acquiert dans l'élophantiasis un 
irolome considérable ; la peau est épaissie et hy{)ei tropliiée ; les papilles du derme 
prennent un développement excessif. La surface devient rugueuse et presque ver- 
mqaense, sa teinte est brunâtre ou rougcâtre ; tous les tissus de la paupière se dé- 
Teloppent tellement, que ce voile constitue une vraie luineur. 

ABAtomle pathoiogiqae. — Le plus souvent, le derme s'accroît, et les papilles 
l'bypertrophient outre mesure. Mais, selon Virchow, le caractère principal est le 
développement des masses du tissu connectifqui se produisent dans l'épaisseur de 
b peau ou du tissu sous-cutané. Les muscles, ainsi que les autres parties, se dis- 
tendent sans être hypertrophiés. Souvent la maladie est spontanée, dans d'autres 
cas elle est le résultat d'une ophlhalmie granuleuse uu scrofuleuse. 

Tkmitcaicac. — L'excision d'un grand lambeau horizontal de la peau hypertro- 
phiée est le seul traitement efficace. Une suture, faite avec des fils fins de soie, est 
Impliquée ensuite pendant quarante-huit heures. Si la conjonctive et le tarse sont 
par trop distendus, il faudra en enlever aussi un lambeau. 

BnueciÀpnE. — Carron du Yillards, Ann. d'oculist., t. XXXII, p. 253^ et t. XIXV> 
^ 130. — De Gnefe, Klinische Monatsbl. f, Aug.^ Januar 1863. 



58 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

§ VI. — Névrome du sourcil et des paupières. 

Au niveau du bord sourcilier, on rencontre quelquefois une petite tomeor 
diculée ou cachée sous la peau et présentant une sensibilité excessive, soit an I 
cher^ soit à chaque mouvement des paupières. C*est là le névrome. 

Les névromes peuvent occuper le trajet du nerf sus-orbitaire, au point de a 
de ce nerf; le professeur Richct, qui m*a communiqué des détails à œ sqc 
observé un fait de ce genre. 

De petits névromes, mobiles et d'une grande sensibilité, se développent I 
quelquefois dans le tissu cellulaire sous-cutané des paupières. La peau est Uni 
mobile au-dessus. 

Mackenzie a examiné après la mort une de ces tumeurs, mais il n*y a OM 
aucune connexion nerveuse. 

Traitement. — Aux malades qui refusent d'avoir recours à ropènl 
Mackenzie conseille les frictions avec un mélange d'onguent mercuriel et d'op 
A mon avis, des injections hypodermiques de morphine (10 gouttes de soli 
de 10 centigrammes pour 10 grammes) réussiront mieux à calmer les dod 
qui sont souvent excessivement violentes. Mais si ces moyens restent sans eS 
devra alors extirper la tumeur. 

§ VU. — Induration ou callosités des paupières (tylosis). 

L'épaississement et l'induration de la peau des paupières peut exister dim 
tains cas, sans que le volume de la paupière elle-même soit augmenté. Cette 
ration prend le nom de callosité ou de tylosis. 

Elle se développe sous l'influence de la diathèse scrofnlcuse, et doit être 
battue par l'usage de l'iodure de potassium ou de la teinture d'iode à rintéri 
par les frictions avec la pommade iodée. 

Mackenzie distingue une autre forme de tylosis qu'il appelle tylosis arih 
mais il n'y a rien de précis à cet égard. 

ARTICLE XV 

TUMEURS MALIGNES OU CANCÉREUSES DES PAUPIÈRES. 

§ I. — Encéphaloïde des paupières. 

Les patipières peuvent être le siège de productioas cancéreuses de tome 
Les encéphaloïdes, après avoir pris naissance dans les régions voisines, n'a 
sent les paupières que d'une manière secondaire. C'est ainsi qu'on les ?oil 
velopper préalablement dans le globe de l'œil, l'orbite ou le maxillaire mp 
et envahir ensuite ces voiles membraneux. Nous nous en occupefons pli 
lorsque nous parlerons des maladies de Tœil et de l'orbite. 

§ n. — Épithélioma ou canorolde des paupières. 

Lépithélioma ou cancrolde est une prodoclioa hétéromorphe maligoe» o 
risée par le développement d'une oerl ilé d'éiémeiits Aplthéliaiix i 

dans la masse des tissus. . ^, '. . 



t légèrement déprimée à son centre. 

rolde de la paupière ne présente pas toujoars le même aspect : tantôt les 
cbamas se forment au centre de rulcèrc, deviennent exubérants et 
X ; dans d'autres cas, Tulcère se creui?c de plus en plus et se couvre d'un 
lis séro-sauieux qui se transforme en croûtes, souvent fortement adhé- 
lelquefois, au milieu de cette ulcération, on rencontre des espèces de 
profondes et à bords escar|)és. 

rement, les bords de la tumeur sont durs et épais ; dans leur voisinage, 
t Irès-vasculaire, injectée, et des veines fortement développées rampent 
le. Des tubercules dus à l'infiliraiion épiihéliale se rencontrent en grand 
ir la peau, môme à une certaine distance de l'ulcère, 
yioma peut rester sous forme de petite excroissance pendant plusieurs 
19 aucune irritation. Puis une fissure s'ouvre à sa surface et se trans- 
nne ulcération, ayant les bords taillés à pic. Les picotements qu'éprou- 
malades les forcent à se gratter et à arracher de temps en temps la petite 
i se trouve au sommet de la tumeur mais qui se reforme aussitôt. La 
i larde pas à se lobuler et à se multiplier; elle devient rougeâtre et plus 
lu bout de quelque terni», la base et le fond de l'ulcère perdent cette 
les couches sous-jacentes ont subi une modification et l'adhérence ne 
I s'établir avec les aponévroses et le périoste. On constate fréquemment, 
in stylet, que le cancroîde a atteint l'os unguis ou le maxillaire inférieur. 
{ l'épithélioma occupe le grand angle de Tœil, le sac lacrymal est très- 
ivert. 

ooctive palpébrale participe d'ordinaire à la dégénérescence épithéliale^ 
it aussi arriver que la rougeur conjonctivaie n'est qu'un symptôme d'ec- 
WDt au globe de l'œil il reste habituellement intact. 
re que le cancroîde soit accompagné des symptômes indiquant l'infec- 



60 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

vues diminuer et même se cicatriser partiellement ou en totalité, puis ap| 
(le nouyeau, s*étendrc pendant quelque tem|)s et disparaître complétemenL 
ces cas rares constituent Texceptlon. 

Si la maladie n'a pas été arrêtée à temps, elle peut envahir la joue, leofij 
jusque le fond de l'orbite, et ne peut guérir qu'après qu'on aura attaqué ki 
dans toutes ces régions. 

J'ai observé deux cas dans lesquels Tépithélioma avait envabi Tangle il 
détruit le sac et la caroncule lacrymale, et, se portant vers rorbite, avait 
des trous très-profonds. L'œil était pourtant conservé, comme cela arrive 
plupart des cas. 

Dans un cas rapporté par Marcazzi (1), le cancroîde avait envahi les deu 
pières en totalité et s'étendait jusqu'au sourcil. L'extirpation et l'autoplastiei 
quées |>ar ce chirurgien amenèrent la guérison. 

Le professeur Verneuil (2) a opéré un épithélioma de la paupière inférieur^] 
avait envahi successivement la joue, la face latérale du nez, la conjoadii 
paupière supérieure et pénétré dans l'orbite et le sinus maxillaire. PeodaMl 
péralion, il a dû enlever les deux paupières, toute la joue, la moitié du 
globe de l'œil ; il réséqua la branche montante, l'os propre du nez, l'apophjKi 
bitaire interne, la paroi Interne de l'orbite, une bonne partie de la masse 
de l'ethmoïde, toute la paroi inférieure de l'orbite, et rugina l'os malaire, 
détruisit la paroi antérieure et interne du sinus maxillaire avec la plus grande 
du cornet inférieur. L'opération réussit et le malade revint rapidement à la 
et vécu encore pendant un an. 

Ëtioiogie. — 1. D'après les reclierches de Hasner, le cancroîde ou canoff^ 
paupières est une affection assez fréquente. Sur 155 cas des divers cai 
l'œil, ce praticien l'a observé 86 fois. Selon A. lleurtaux, la paupière inl 
est plus souvent frappée de cette affection que la supérieure. 

2. Age. — L'enfance n'est pas assujettie à cette affection qui^ au contraii^j 
propre à la seconde moitié de la vie. La prédisposition augmente après 
ans dans la proportion de 65 à 70 pour 100. 

3. Sexe, — Le sexe masculin paraît être le plus exposé aux cancroîdes. 
/i. Hérédité. — Elle n'est point démontrée; selon Paget, on l'a constatée' 

un vingtième des cas. lleurtaux Ta trouvée dans la proportion de 1 sur 10. 

Pour mon compte l'influence de Thérédité est dans cette maladie au moi0| 
blématique. J*ai vu un grand nombre des c«is de cancroîdes dos paupières, dj 
n'ai jamais pu obtenir des renseignements assez précis pour les attribuer à 11 
dite. 

Anatomiepnthoioielqae. — Le cancer épithélial ou cancroîde présente d*! 
une hypertrophie des papilles de la peau. Plus tard, dans la masse indurée ctt 
rée, on trouve des petites éminences papillifurmes, couvertes de lameUes 
liales, parfaitement visibles au microscope. Ce sont des productions 
hétérogènes, développées à la surface de Tulcèrc par la prolifération des 
Nous les représentons (fig. 20) d'après Lcbert. • ■ 

(i) Marcazzi^ /mporsiVi/e, janvier^ 1865. 

(2] Verneuil, DeféœulementsanjfumdaKieeHêmm ^nUuu fruHginéet mmt iti féot^éi 
{Arch. gén, de méd. Paris, oct. 1870, p. 891}« ; ^ ./ 




TUMErXS HALtGKES 00 CANCÉREUSES DES PAUPIÈRES. 61 

îicbowa démontré l'analogie qui cxisle entre les cellules de carcinome et cer- 

Kcellulesépitbéliales normales, celles des voies nrinaires par exemple. Poiir- 

. on ne confondra pas le carcinome 

c le cancer parce que comme I ont ^ r 

;naiirqaer Coniil et nanvier ^1) lis 

Inln des ép 1 1 lié lio nias sont sondtc^ les 

ainiiDlres et présentent Ictolution 

ilkliile; dans les carcinomes an con 

Al, la cellules contenuei dans les al 

ritmesont pas soudées et ne mon treiil 

Bis d'c solution épiiliéliale 

N^aMtle dlffércMltel — Il est 

nniDl d'établir le diagnostic dans 

I périodes au début Iors([ue i épi __ 

ima se présente sous forme d un on " " 

lineura tubercules et plus lard ï ''"' ^0 - taplle hypertropUiee grosMe 

.,,,., ^ 5U0 rois 1 ) 

tMMe d ulceratioi ' 

Les verrues rugueu<ïes i base large se fentlillent (juelqucfois, saignent et se 
rcnt de croûtes. Si ce n'est que le résultat d'une simple irritation, d'mio écor- 
e accidentelle, une simple ei|>ectatton de cjuciques jours ou de qneliiues se- 
fit suffira pour porter le diagnostic. Si l'ulcéraiion persiste et surtout si elle est 
npaguée de desquamation et d'épaississement de la peau au voisinage du tu- 
lle, on devra penser \ l'existence d'un épitbélioma. 

Les chancres des paupières et les sypbiltdes tubcrculo-serpigineuses peuvent 
1er d'une manière frapjianle les épitliélionies. Le diagnostic du cliancre ne 
pas difficile, si l'on prend en considération la durée de la maladie et ses anté- 
iits. • Si la maladie existe, dit Iticord, depuis plus d'un an et qu'U n'y ait pas 
'accidents secondaires sypliililiques, ou peut dire que ce n'est point un chancre 
ré. mais un cancer. ■ 

' Les .\>//)kilides tuberculoserpigineuses ressemblent quelquefois â tel point 
carcinomes, que l'erreur est presque impossible à éviter (2). 
o signes qui, à mon avis, caractérisent le mieux ces deux maladies sont les 
uts : l'ulcère syphilitique est le plus souvent superficiel, et ses bonU ne sont 
igoi^ ni durcis. Dans ré|)ithélioma, lesbords sont très-gonllés, durs et taillés 

) Corail et Ranvier, Jo'ira. ttnnnt. el ilephi/siol.. 1806. 

} Okervaiii):!. — J'ai ïoigné, en lKti9, un malade alleint d'un ulcire de la paupière 
MbUst tout à fait â un épïtliélionin accDin[>3gnÊ d'un eclropion inférieur cunsid érable. 
tdrdi taimn de l'ulcéraiion à la paupière supérieure Étaient durs et engnrEiïi', toute la 
Kt alcérée £lail uignante el l'ulcire avait pris un Ici développenieni en étendue, qu'il 
bdie d héiiter inr b nalure du mal. La moiiié de la paupière supériuuri.', tout le cill£ 
i» na, U muilié de la paupière inlËrieure el la joue droilii jusqu'à la lèvre supérieure 
lia da net étaient ulcéréi, el la maladie durait depuis plusieurs années. La glande pré- 
riiîre était eoforgée. Je prescrivis l'iodure de potassium à La dose de 2 à 5 grammea 
NT, et je uutériiu l'ulcère tanidt avec l'acide acétique, tanUt avec la teinture d'iode. 
riafliieaca de ce Iriitement, l'ulcère cicatrisa presque comptétement au moment oii j'o 
ii perdu do Tue. 



62 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

à pic. D^autre part, c«luUci gagne plutôt eu profondeur, tandis que les syphj* 
lidcs s'éicndent plus eu surface, envahissent les parties voisines, la joue, k 

nez, etc. 

Pronostic. — H n*est pas grave tant que la maladie est à son début. La guéiû 
son peut Ctre obtenue d*une manière radicale. Mais, à une période plus aranoéc;^ 
lorsque les paupières sont atteintes sur une grande surface, il est à craiodre 
la mutilation que subissent les paupières, soit par la tumeur, soit par ropéralii 
ne laisse Tœil à découverL 
Les récidives ne sont pas rares, et avec chaque récidive le danger augmeolfe 
Traitement. — 1. Comme le cancroîile ressemble beaucoup aux ulcères i 
liliqiies, il sera prudent de comn^encer le traitement ioduré à Pinténeor, e(l 
cautérisations, soit avec la teinture d'iode, soit avec des acides. Ce n'est que 
que ces moyens auront échoué qu'on aura recours à une opération. 

2. Caustiques, — Dans le traitement des épithéliomas, les avantages des 
tiques sont incontestables; ils doivent être employés quand la maladie s'étend i 
une grande surface de la joue, du nez et des paupières, et surtout quand ellei 
vahil la conjonctive bulbaire, quand elle détruit l'angle interne ou externe f 
qu'aux os et se porte profondément dans l'orbite. Parmi les caustiques, le meîl 
est incontestablement le chlorure de zinc sous forme de pùtc de Canquoio.' 
peut l'introduire très-profondément, sans crainte de détruire le globe de l'œil. 

J'ai assisté en 1809 à une opération de ce genre pratiquée à la clinique pari 
chet; répilhtliomn s'était porté si loin dans l'orbite que la cautérisation seule < 
praticable ; elle a complètement réussi et le malade a guéri. 

3. Extirpation, — Le mode opératoire varie suivant le siège cl la profor 
du mal. Si la tumeur est superficielle et limitée à la peau, on ladissèqueat 
beaucoup de précaution, en ayant soin d'exciser une certaine i)ortion des lis 
sains pour ne laisser aucun germe. 

La dissection doit être soigneusement faite dans l'angle interne pour em[ 
la perforation de la paroi antérieure du sac. Il faut en outre inciser le point 
mal pour prévenir le larmoiement consécutif. Si la perte de substance est 
grande, on cherche ù la combler par un lambeau emprunté aux parties voi 
(Voy. Bli'p/tfjroftlastir,) 

Si la paupière est envahie tout entière, on ne doit pas hésiter à enlever cet 
gane dans sa totalité ; on cherchera ensuite à restaurer la paupière. Noo-seriK 
ment la difformité est corrigée, mais la récidive elle-même peut être prévenue. : 

lui. Cruveilhicr a rapporté l'histoire d'un malade auquel ilichet enleva la ptfr 
pière tout entière envahie par le cancroïdc, et la restaura ensuite. J'aiviV 
malade neuf ans après lopéralion, et le mal n'a point reparu. 

BiULior.iivpHiE. — Hasner, Sur le mncer de l'œil et de ses annexes {The Ophth. JfovMij 
180,")). — Thicrsch, Der EpiihelialkrehSy uameutlich (1er Haut, Leipzig^, 1865. — GoifBi 
Runvier, Journ. tVanat, et de jihyswL, 186^, 18G5, i866. — VcrneuU, Obiervaiiom fm 
servir à Phistoirc des ium'uirs de la peau {Arcli, gén, de méd., mai, août, dé«. 185â). - 
Graefc, Archiu f. Ophth,,\., X, i'°part., p. 205. — Sichel, /co/{0^rr7/>/<ieo///j^Â.,teste, p. Mi 
— Heurlaux, Diction, de méd, et de chir. Pari», 1867, t. VI, p. 223. — Hasoer, S«ri 
rauwr de l'œil et de ses annexes {The ophth. Review, 1865). 



DÉVIATION DES CILS : TRICHIASIS ET DISTIGHIASIS. 65 

ARTICLE XVI 

ABAISSEMENT OU SAILLIE EXAGÉRÉE DU SOURGIL. 

^Uttlëtat physîoiogîclue, les deux sourcils se trouvent placés au même niveau ; 
le sont ni plus saillanls ni plus relevés d'un côté que de l'autre. L'écartement 
5 00 sens ou dans l'autre constitue un état morbide. 

I est rare pourtant que la déformation soit due à une maladie du sourcil lui- 
De. Le plus souvent elle est l'expression, soit d'une douleur très-vive du côté 
e^NMidant de l'œil, suivie d'une contraction spasmodique des ûbres muscu- 
I de l'orbite, soit en An de cicatrices ou de tumeurs situées dans le voisinage, 
au chirurgien qu'appartient de découvrir la cause de la déformation et d'agir 
inséquence. 

arrive quelquefois que la saillie des bords orbitaires supérieurs est très-pro- 
§e, au point de simuler même des tumeurs de l'os frontal. Cet état peut 
idre d'une distension excessive des sinus frontaux qui peuvent môme se trans- 
n* en véritables kystes osseux. Le liquide acctmiulé dans les sinus ainsi dis- 
B peut se frayer le passage dans le sinus maxillaire et occasionner des névraU 
très-douloureuses dans toutes les brandies de la cinquième paire, 
tus ces cas rares, le seul remède consiste à ouvrir la paroi antérieure du sinus, 
Établir ensuite la communication entre cette cavité et les narines. 

ARTICLE XVII 

DÉVIATION DES GILS : TUICniASIS ET DISTIGHIASIS. 

prenant une direction vicieuse, les cils peuvent se renverser en dedans vers 
obedc l'œil et constituer un état morbide appelé tric/uasis. Le plus souvent 
Iqoes cils isolés ou une certaine partie d'entre eux sont déviés en dedans, tan- 
qne les autres conservent leur position normale : c est le trichiasis partiel, 
15 d'autres cas, la déviation existe sur tout le bord libre des paupières et il y a 
lii«is (jénéraL 

Jt diitichiasis n'est qu'une variété de la même maladie : une rangée des cils 
serve sa direction normale, pendant que l'autre, plus interne, est déviée en 
ms et provoque une irritation de la cornée et par suite de l'œil tout entier. 
idri et Desmarres père ont même rencontré trois rangées des cils. 
fTBiptoiiuitoiogie. — 1 . Lorsqu'un ou deux cils seuls sont renversés en dedans, 
■gnes extérieurs sont très-incertains, ces cils étant le plus souvent pâles, 
lés, difficiles à voir et encore pins difficiles à saisir. 

t*après SansoD, le symptôme qui permet le mieux de constater le tricbiasis est 
Blence d'un filament muqueux pareil à un fil tendu de la marge palpébrale 
Jobei On voit, en outre, ce fdament glisser à la surface de la cornée à cbaque 
nrement de TœiL 

taries mieax découvrir, il ne faut pas écarter les paupières du globe de l'œil ; 
emeot les pdb^ en s'éloignant de l'œil, échappent à l'examen. 




G& PAUPIËHES ET SOUBCILS. 

2. Le trichiasis plus élcntlu, et surloul le Iricliiaïis tolal, est plus facile i 
rcconnatlre. La paupière tout entière change alors de forme, et si l'on lu- 
iiiinc aitetitivcmcDt le bord ciliaire it 
chaque pupièrc dans tonte son élendDe, 
depuis le point lacrymal Jusqu'i l'an^ 
externe, on déconvre tous les cils déiib 
[fig. 21). 

3. Le tricliiasis existe rarement lui 

aliËration du bord libre des paupièrs, 

le plus souvent en eiïet cette dilTunaili 

est consécutive aux gnnnlatioiu pilpé- 

S,-^ç. v% ' -iSl'i^' ' ■ braies qui ont atteint le tarse et les par- 

"*^ '•* ties ïoisioes. C'est pourquoi lebordlibn T 

0,1 ciigiirgù, arrondi, bosselé; la pu- 

Fie. 21. — Tnchiasu. pjjj^ elle-même est renversée en dedai 

(enlropion). 

h. Dans un trîcliiafiis général, la conjonctive et la cornée pcureiit <!tre milidai 
L'<eil devient trËs-sensihïc, et il existe un larmoiement considérable; le raalafc 
éprouve de tcinje en lem|>s la sensation de corps étrangers. 

5. Les paquets de ciLs tournés vers l'œil proTotjiient une irritation considintà 
Dans ce cas, tous Im signes de conjonctitile et méiiie de kératite se mantTntetf. 
Les douleurs de l'œil et sa sensibilité pour U lumière deviennent quelquefuiiii- 
tolérablcs. 

Anntomte pathologique et étiologle. — Le cliangcment qui survient dM 
la direction des cils peut être causé par des états morbides diiïéreiiis. 

Lorsqu'il se produit sans avoir été précédé par aucune maladie oculaire, on ftt 
admettre, avec Vidal (de Cassis) et Quadri, que les bulbes restés pendant longita^ 
dans un éiat embryonnaire nnt pris b un moment donué on développeiaent npk 
et une direction vicieuse. 

La direction des bulbes change, sous rinlliiencc d'exsudations plastiques, d'abcll 
rolltculaircs ou d'iiiio altération du tarse. C'est ainsi que les bléphariles ciliKtB 
glandulaires, les orgeolcts, les conjonctivites granuleuses, i'érysipéle des pu- 
pières, etc., |)euvent doiuicr lieu i celte dilToriiiiié. Ix!s o|>érations que Tn 
pratique sur le bord libre de inéme que les blessures amènent aussi une dëviiÉi 
des cils. 

Le trichiasis total alTecie beaucoup plus souvent la paupière supérieure que lit- 
férieuro. 1^ contraire a lieu jxinr le trichiasis partiel. 

Traliemcai. — .l/oycus pnllittilfi. — 1. É/iilation. — Elle est pratiqnicl 
l'aide d'une jilnre l'i cpiler (voy. fig. U, p, 15), i brandies larges, sans dcBH, 
et il stuTaces luisantes. On saisit les cils, au nombre de deux ou trois, tontpti 
de leurs racines, et on les arrache en im|irimaiit à la pince une légère scconBSfc 

Je ne partage \as l'avis des auteurs ({ui pensent qu'on peut ainsi obtenir kk. 
longue une guéri^n radicale. J'ai vu des malades suivre ce trùtement peada 
dix ans sans aucune amélioration. Les cib étaient encore plui 
le traitement. 



DËVUnON DES QLS ; TBICUllSiS ET DISTICHIASIS. 65 

Dans le iridiiasis partiel, oa peut, selon le conseil de Williams [1), enfoncer une 
lignille trempée dans la potasse caustique liqu^néc, dans les points des cils arra- 
cbés, arin que les Micnles pileni soient Câut6risés et détruits. 

2. Agglulination. — £lle est pratiquée an moyen de collodion avi'c lequel on 
colle les cils à la surface des pauiHères. 

Traitement radical —1. Excition d'un petit pli de la peau. — Dans le cas où 




FiG. 22. — ExtirpalioD d'un petit pli de la pcai 



il n'existe qu'un paquet de cils dirigés contre le globe de l'œil, Desmarres pire 
propose de saisir, avec une érigne donble i strabisme (Hg. 22), un petit pli de la 
peau, le plus près possible du bord libre de la pAupière, cl de l'exciser avec le bis- 
touri ou le couteau â cataracte. Il en lésiilie une pciiic plaie ovalaireB, qui, en 
se cicatrisant, rétracte en dehors la partie correspondante du bord de la paupière 
et entraîne avec elle les cHd déviés. Pour que cette opération réussisse, it faut que 
l'incision soit profonde et qu'une pnrtiu sous-jaccnie du tarse suit cnlctée. 

Poor donner une direction meilleure aux cils déviés, il y a un autre moyen 
qui a été proposé par Gaillard (de Poitiers) (2), et qui consiste dans l'application 
d'une on de plusieurs sutures cutanées proluiides, dont cbacune devra corres- 
pondre h un paquet différent dos cits, et traverser la peau, la couclic musculaire 
jmqa'an tarse. La direction de chaque ligature sera verticale au bord libre de la 
paniMèrp. 

2, ExIirpntioH det follicules des cîlsdéoiés. — Procédé de railleur. — Lors- 
que les cils déviés occupent sur le bord libre une élcnduc de A i 5 millimèlres, 
je procède de la manière suivante (Hg. 21) : Je passe un crocbet, très-fin, entre 
ka deux tnargrs palpébrales du point A au peint B, qui marquent les limites des 
cB« déviés; puis je dissèque avec un couteau â cataracte, d'abord la conjonctive, 
eosnite la peau, en cbcrcbant ï réunir en A et en B les deux incisions, et j'enlève 
loote la partie de la paupière qui supporte les paquets de cils. La conjonctive et la 

(1) Wniiami, Ophih. Hmp. llep., I. lit, p. 2t!). 
(3) CùlUrd, Bull, de la So-:. de Pmlia-^, 1311. 



peau s'appliquent 1' 



PAUPIERES ET SOURCILS. 
e contre l'autre, et la réunion par première intention est ob- 




FlG. 23. — Extirpation dea falliculct dei cils déviés. — Procédé d« l'auleur (";. 
tenue a bout de vingt -quatre heures, sans qu'il en rfsulte la moindre diObnntté. 




FiG. 2a. — Blépharoapalhe do Snellen ou ptnu de Pope. 

3. Extirpation de tout le bord libre. — Depuis longtemps on a cherdifk 
exciser le bord palpébral tout entier avec les cits qui y sont impisatés; IBM, 
comme on enlevait en mtlmc temps les follicules des glandes de Meibomiof, il n 
résultait nécessairement une irritation continuelle des yeui. 

Dans ces dernières années, on a essayé de n'enlever que la portion des paupièm 
dans laquelle sont implantés les cils, en respectant les orifices des glandes de 
Hcibomius et en laissant intacte la marge interne palpébrale. 

Voici de quelle manière procède Sœlbcrg Wells (1) : 

Le blépharospatlie de Snellen (Hg. 2(i) étant appliqué sur la paupière, nneinci- 
giou est faite, avec un couteau ï cataracte, dans toute l'étendue du bord libR, 
entre les cils et les orifices des glandes de Meiliomius; cette încinon est poussée 
dans l'épaisseur du tarse, en arrière des racines des cils. Une seconde incision tM 
pratiquée sur la peau le long du bord libre, de manière i rencontrer la premièie. 
Le lambeau de la peau, ainsi que les cils, est complètement séparé et enler^ 

(1) s. Wells, A Treatise oh the Diseases of the Eije. London, 1869, p. ««5. 

(*) A «1 B, pointt où H Runineiii Iti dcui >Dciti«i, ^ 



DEVIATION DES CILS I TRICIIIASIS ET DISTICHtlSIS. f)7 

knruiie Mlure n'est appliquée et des compresses imbibées d'eau froide sunîsent 
wnr amener h cicatrisation. 

U. Procédé d' Anagnoslukii iiùur le liicliiasi» général. — La panptéruesl letidne 
iur une plaque d'écaillc ou placée enirt^ lus deux branche» du bli'ri^iarosiiattie di- 
Snellcn. et uuc incision paralldc au bord pnipfbral est praliqui*!*) dons la )x.'3u. k la 
bsUncc di; 3 uiillimî^ires. Peadnoi que faida lire en haut U li'we supérieure ili- 
la plate, le chirurgien saisit a 
pince luutc la couche musculaire Eiluéc 
lu-dessus (lu larae et l'excise ii 
Dscaux. 

On passe ensuite trois ou quatre Ttis 
ie soie iiar le bord iiirérieur do la plaii 
niiauée et par la couche ûbro-celluleuse J 
gai recouvre le cartilage, dans l'endroit I 
Ml les libres musculaires ont éL€ enle- 
K-cs, et on 1rs réunit (Hg. 25). 
Ipux I^rcs àt la i^aîe cutanée se rap- 
prochent et ne tardent pas a se cicalriser. '''^- ^^- ~ '*^'**''* û*"«8««'«l^*- 
.. Cette méthode oiïrc des avantages incontestables; le lambeau ioférieur de la 
peau et des fibres musculaires attachées au tai-se, en haut, renverse d une inaniërc 
Itermanenic le bord pal|)ébi-al et redresse les cils déviés. 

5. Déplacement du chaniji d'implanlaliuu des rils. — Procédé d'Ara . — 
\a paupière est saisie avec la pince île SticUen ou de Pope. Un bislonri très-fin 



t'aide lire en haut U li'^re supérieure de 




'vu un couteau •■ cataracte est enfoncé dans l'épaisseur du bord libre, entre les cils 
■tt les orifices des glandes de Meibomius et à la profondeur de 3 millimËlrcs 1/2; 
lil ressort par la peau, et, dans celte même profondeur, il est conduit d'un angle à 
îl'aDtre de l'œil (Dg. 2fi). 

La petite bande de peau que portent les cils, ainsi séparée, ne tient au reste de 
e qitt par les deux extrémités aux deux angles de l'œil. 



ÇB PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

Une seconde incision est pratiquée à quelques millimètres au-dessus de la pre- 
mière, avec laquelle elle se réunit aux deux extrémités. Le petit lambeau des tégu- 
ments compris entre les deux incisions, aiïectant la forme d*un croissant» est en- 
levé et les deux lèvres de la plaie sont réunies par deux ou trois points de suture, 
comme on peut voir sur la figure 27. 

6. Procédé de de Graefe. — De Graefe a modîGé le procédé d'Arlt : il lait deux 
incisions verticales aux deux limites du lambeau cutané, qu*il dissèque à une hau- 
teur de 5 à 6 millimèlres. il pratique ensuite l'excision d*un lambeau oval et hori- 
zontal à la distance de 6 à 7 millimètres du bord libre, et réunit la plaie par la 
suture. Le lambeau cutané contenant des cils glisse ainsi en haut et contracte des 
adhérences avec les parties sous-jacentes. Le bord ciliaire remonte en haut et les 
cils ne touchent plus le globe de ToeiL 

Cette modiGcation de de Graefe ne réussit pas toujours; le laml)ean cutané est 
tellement séparé qu'il se gangrène facilement. Le docteur Cuignet, qui a eu l'oc- 
casion d'opérer souvent en Algérie sur des malades granuleux atteints de trîchiasis, 
a vu le lambeau de la peau ainsi détaché se mortifier. Pour éviter cet accident, il 
serait préférable de pincer avec des serres-fiiies le lambeau ovale de la peau au Heu 
de l'enlever. 

7. Procédé de Streatfield. Évidement du cartilage tarse. — La paupière 
étant saisie entre les branches de la pince de Snellen ou de Pope, on pratique une 
incision parallèlement au bord libre et à une distance de 2 millimètres: cette iod- 
sion doit pénétrer jusqu'au cartilage. Une seconde incision, parallèle à la première, 
mais plus éloignée du bord libre, pénètre directement jusqu'au tarse, suit la même 
direction et se confond avec la première aux deux extrémités. On saisit ensuite 
avec une pince le lambeau compris entre les deux incisions et on le détache à Taide 
d'un bistouri, en évitant de perforer la conjonctive. 

Après l'opération on rapproche les bords de la plaie sans qu'il soit besoin de 
pratiquer la suture, et l'on en fait le pansement avec de l'eau fraîche. 

Cette opération offre un avantage considérable : celui de conserver les cils et 
de ne leur imprimer qu'une direction opposée à celle qu'ils avaient contractée. Ce 
résultat est dû à la cicatrice profonde, occupant tous les tissus jusqu'au tarse et 
s'étendant surtout à la surface de la peau, laquelle, en se rétractant, redresse les 
paupières, ainsi que les cils. 

Bibliographie. — Arlt, Prager mcd. Vierieljahrscfinft, t. VII, 1845. — Streatfield, 
Ophth. Ihsp. Hep., 1857-59, p. 121,; 1860-61, p. 8, el 1864, p. 105. — Anagnostakis, 
Ann, (VocuL, 1857, t. XXXVIII, p. 5. — De Grade, Archiv f. Ophth., 1864,Bd. X, Ablh. 2, 
p. 223. — Champouillon, Gaz. des hôpii., 1864, p. 595. — Diival, d'Argentan, Anu.cTocul., 
t. XXXI, p. 155. — Deroubaix, Ann. d'ocul., 1862, t. XLVll, p. 285. — Heraeostein, 
Illustrations of some of the Principal Diseases of the Eye, by H. Power. London, 1867, 
p. 157. 

ARTICLE XVIII 

ENTROPION OU RENVERSEMENT DES PAUPIÈRES EN •DEDANS. 

Le renversement du bord libre de la paupière en dedans, vers le globe de l'œil, 
eit connu sous le nom d'entropion. 



ENTROPION OU RENVERSEMENT DES PAUPIÈRES EN DEDANS. 69 

Le plus souvent; l*cnlropion est total ; il occupe le bord libre tout entier et sob- 
seiTe de préférence à la paupière inférieure. 

Il reTét deux formes diiïérentes : spasmodique et organique. 

A. ENTROPION SPASMODIQUE. — Cette forme affecte de préférence la pau- 
pière inférieure. Sons Tinfluence d'une cause le plas souvent récente, d'une forte 
irritatioD de rcetl, d'une ophthalmie violente et quelquefois après une opération 
de cataracte, le malade chez lequel le système nerveux est prédominant contracte 
vivement les paupières ; quelques-unes des fibres de l'orbiculaire, et surtout le 
tnoscle dliaire de Riolan, se contractent avec tant de force que les autres parties 
de la paupière, ne pouvant plus opposer aucune résistance, se relâchent, et la pau- 
pière s'enroule en dedans. 

«TaiptoBmtoiosie. — Ce qui frappe tout d'abord, dans l'examen d'un œil 
atteint d'entropio'n spasmodique, c'est l'irrégularité de la fente palpébrale. Au lien 
•d'être bien régulier et garni des cils, le bord marginal est épais, aiTondi, tantôt 
ioot à fait sans cils, tantôt quelques cils isolés apparaissent entre le globe de l'œil 
et la surface interne de la paupière. Attirée en dehors, la paupière se redresse 
complètement, le bord libre reprend sa position normale, et l'on voit facilement 
qu'il n'est ni boursouflé ni excorié, et que les cils n'ont point chaogé de direction : 
c'est le bord palpébral qui s'est renversé en dedans. 

Le redressement ne dure pas longtemps, et à peine le malade a-t-il cligné ou 
fermé l'œil, que l'entropion se reproduit. 

L'œil est ordinairement très-sensible pour la lumière; il devient rouge et lar* 
moyant ; le frottement des cils contre la cornée provoque des abcès et des ulcères. 

Dans les cas où l'entropion est consécutif à l'opération de la cataracte, le rcn- 
versement de la paupière |)eut amener la suppuration de la cornée, produire le 
renversement du lambeau kératique et compromettre le résultat de l'opération. 

B. Eniropion organique. — Il peut dépendre d'une inflammation chronique 
granuleuse des conjonctives et des paupières. Tous les tissus qui constituent la 
paupière sont altérés, rétractés^ et consécutivement les bords libres renversés eu 
dedans. 

SyinptoiiiatoioKie. — Cet état diiïère complètement du précédent : la fente 
palpébrale est sensiblement rétrécie, diminuée ; les deux paupières sont également 
tournées du côté du globe oculaire; le bord libre est boursouflé, épaissi, échan- 
cré; les cils sont altérés, déviés en divers sens; la paupière est raccourcie et 
rétractée d'un angle à l'autre. 

Lorsqu'on cherche «i faire disparaître la difformité, à l'aide de tractions exercées 
sur la peau, on s'aperçoit facilement que, malgré l'éloignemeut des paupières du 
^lobe de Tœii, la disposition vicieuse persiste, ce qui tient à l'induration, la rétrac- 
tion et à la torsion du tarse, ainsi qu'au raccourcissement des fibres musculaires 
de rorbiculaire. 

La conjonctive elle-même est rétractée; les cils sont altérés jusque dans leurs 
racines; leur direction et leur structure sont changées, et ils sont une cause per- 
manente d'irritation pour le globe oculaire et en particulier pour la cornée. L'œil 
devient sensible, larmoyant ; lopacilé de la cornée augmente de jour en jour, et 
peut devenir plus ou moins complète. 

Sous l'influence de cet état, la sensibilité s'émousse, la conjonctive se cutise, 



70 PAUPIÈRES ET SOURULS. 

|)erd sa faculté sécrélante, et à un moment donné on voit survcDir od état parti- 
culier de sécheresse de l'œil appelé xéroma. 

Éttoiojçie. — D'après Desmarres père, la petitesse de Toeil^ son atrophie, soo 
enfoncement profond dans Torbite, peuvent ê(re autant de causes prédisposantes 
pour rentropion spasmodique. 

Dans d'autres cas, j*ai vu cet entropion apparaître dans une bydropUUtok 
avec staphylôme général de la cornée et TafTection disparaître après Tal^ladBÉA 
rhémisphère antérieur de Tceil et la cicatrisation du moignon. . - . .>: 

Les inflammations scrofuleuscs ou lymphatiques des cornées ou desconjoMdn» 
chez les enfants, lorsqu'elles sont très-douloureuses et accompagnées de phoih 
phobie, produisent aussi cette forme d'enlropion. Elle peut survenir encore lia 
suite des opérations de cataracte; chez les opérés à tempérament nerveux, lennio- 
tien d'un bandage sur les yeux en est souvent la cause. 

L'eutropion organique est ordinairement consécutif aux granulations et surtout 
à la forme trachomateuse. Mais il peut succéder aux brûlures plus ou moins pro- 
fondes de la conjonctive et des tissus sous-jacenls, avec ou sans syniblépharoii. 
J'ai vu un épithélioma du bord libre entrahier la rétractation des tissus et produire 
un entropion. 

PronoHde. — L'entropion spasmodique ne présente point de gravité; il cède 
aux moyens chirurgicaux convenables. 

Pour rentropion organique^ le pronostic est plus grave, surtout lorsque tons les 
tissus de la paupière sont désorganisés. Néanmoins, dans la majorité des cas, il est 
possible d'obtenir la guérison. 

Dia^noadc difrérentiei. — Le trichf'asis et le (lisiichiasis peuvent être quel- 
quefois confondus avec l'entropion ; mais, dans le cas où l'on a affaire à l'un de 
ces deux premiers états morbides^ le bord des paupières n'est pas renversé, et les 
cils seuls ont pris une direction vicieuse. 

Au premier abord, une bléphan'te ciliaire, avec boursouflure du l)0i<d libre, 
pourrait faire penser à l'entropion ; mais, dans ce cas encore, il n'existe aucune 
inversion du bord libre. 

TraEtemeut de l'entropion spasmodique. — Dans un eutropiou spasmo- 

dique le traitement est presque toujours chirurgical. 

1. On a essayé, il est vrai (1), d'étendre une couche de collodion sur la surface 
cutanée de la paupière et l'on a réussi, par ce procédé, à réduire des cntropions 
récents et de petite dimension; mais pour obtenir ce résultat il est nécessaire de 
renouveler l'application de collodion presque tous les jours, ce qui devient quel- 
quefois insupportable pour le malade. 

2. Serres- fineSi. — Dans un entropion récent consécutif à l'opération de la cata- 
racte, Nélalon applique de petites serre- fines courbes sur la paupière, au voisinage 
du bord libre, et les maintient pendant quelques jours. J'ai obtenu, parce moyen, 
de bons résultats; mais j'ai dû chaque jour changer les serres- fines de place pour 
que h peau ne fût pas coupée par les grifles de ce petit instrument 

S. Procédé de de Graefe (2). — Pour guérir l'entropion spasmod ique, de Graefe 
i" - • 

tt BrtiihwaH^s Retrospcci. London, 1851^ p. 26 â. 
1iiAM , 1864, Bd. X, Abth. 2, p. 223. 



BHTBOPIOn 00 HENVERSGME»T DES PAUPIÈRES EN DEDANS. 71 

recommande li mélhode suivante (fig. 28) : Il fait sur )a peau, ï 3 millimètres et 
demi da bord libre, nae incision parallèle et un peu moins longue que ce dernier, 




Fie. 28. — Procédé de de Crufe. — Incision triangulaire. Fie. 29. — Incltion courbe. 



Il enlèrc ensuite un lambeau triangulaire A, dissèque les deux lambeaux B et C, 
\fs rapproche et les réunit par trois poinis de suture. 

Pour obtenir un eiïet plus grand, il coDseille de faire des incisions courbes ana- 
h^ues i celles qu'on Toit sar la Ggure 29. 

h. Procédé li' Anagnoslakii. — Voici la description exacte de ce procédé lelle 
que la donne l'auteur (1) : r J'eicise un lambeau triamjutaire (fig. 30) dont le 
lowmet est diriijé vers le bord Uhre de la paupière; ziasi, à supposer que l'on 
opère sur la paupière supérieure, le sommet du triangle tourné en bas, tandis 
que sa base est tournée en haut, alin que les côtés du triangle puissent se rappro- 
cher indépendamment de la peau ambiante, je prolonge k droite et â gauche l'in- 
cision qui constitue la base du triangle, puis ayant disséqué les lambeaux angu- 
laires qui en résultent des deux côtés de la perte de substance, je réunis les côtés 
do triangle par quelques points de suture (hg. 31). 



1° |o lo| o| 



5. E-ccision d'un pli cutané. — Ce procédé, indiqué par Celse, amène avec 
une très-grande facilité la guérison du renversement interne de la paupière. II 
consiste dans l'ablation d'un pli de la peau au voisinage du bord libre. Voici de 
quelle manière je pratique cette opération : Je passe un crochet on une anse de 
Gl à la racine des cils, comme te conseille Desmarres, à travers la peau et la couche 
musculaire, et je l'attire fortement en avant j un aide déprime la joue en bas, ce 

:tj Anagnostakii, Compte) rendu) de la Société de miil.d'Alliénes poui ISS^. 



PAtniBtS LT SOTBCILS. 



it fil tfi^iu^utaireajantM base frî'sda bord iihn qoej'eici» k l'aide 
Kc Ijiiibvau df la i>eau enk\ù laisi« one plaie triangulaire (Rg. 38'> 
i;e U11 i\ei Ixtrdï dv la |>lai4?. \ar eiemple, ven le bord horîioiiul, 
tuit-«-ii>t-iiible. Le k-iidcmain. la ïutare est enlnéeei l'eDlropiiMEtf 



1 .1: \u If itixtcur Pian M> tenir, dans ce mente bnl, dn mil 
,iu^ l><-diK'»u|i de ^ucc■s, ata'n- il t-nbnice 1 cet eBet les épin^es jmqne dui 
I ,'|>jisM-ur (lu lanse i-l loul pri's du bord libre. 

On |u'Ui i'ii) ployer une |niicc s[H;ciïlcd'.tdam5ponreiciserde largn pliaTcrli- 
I Mi\. Il l'un ri-unira tn^uii*; le» burd^ de la jilaie au moyen de la suture eaUmilUc; 

TniitrairMi de l'rBirvpiB* <irBBBii|«r. — L'eiiiropion Organique nocUe 
If |llll^ Miuvcni anigranulalif'nstraclHiiiiaifuseii qui ont déformé et ^paiasi le taiw. 
La fi'iiii' |)al|>ébrale se réirécie au {Miint qu'il s'crisuii un vrai b/^/ihomphimoêii. 
l'uur i;urM'Jr ces difTumiités, on piurra amir rccoursi )i uu des procvdii suInoU: 




1. I>,w.-d'- lie ItklK-l. A'io/J'isfii- jmr boiihii/e [Eç;. S2). — Ricliel a pratîqH 
celle «[«Tuiion pitnr la iiremiire tnis eu 18'ià. Nmis ne pouvons mieui bire 
qui- de liier leinn-llement la drscri(Ui(ni qu'il en donne lui-même 1) : • J'ai 
piatiqrii' rleiu înrisions apiil la forme d'un V ouvert du cûlé de l'angle [«IpObnl 
iiiterm- li-^ 3»,. 'Ii: telle soric que l'imision citerne, partant du bord libre de 11 
lianpiire ^.n[M'Tiiiii"' ", uu |wu au-dessus de la cumiuissiirc, vienne aboutir nn 
[Ku iililiquenieui di' baut eu lia», à II) inilliuirires euvinui de l'angle esterne, en rf, 
tandis <|ne l'incisioti iiiférii-nri;. parlant du riièiiie (wint de la jaupiêre inlérieun 4, 
vient rejoimlie laulre de bas en baut, eu '/. I>ui^ j'enlève tous les tissus comprit 
entre l.-s d.ni incisions, depuis la |)eau jusqii'i la iiiu(|neuiic cwlusiuincnt. J'ex- 
eisai ainsi "ue certaine |M>rii<>n des libres orbieulaire». ce que je iH.tc avec intenlioii. 

.. .1,. .liviM' alors sur la lin,,,, médiane c -/, la conjonctive qui rwic seule dan 
le foml -In '^'fW'"'. ''.'/. et av.c .baqne land«-an ft ./c et<. .'/, je borde les 
Irvns d.s ninsioiis cutati.Vs supi-noure et iriférieurc. . I-a réunion fut faite a?fC 
dm| >,n.s-hnes. et la KnériMm éiait complète. 

H1.I..1 a prdinpiu uiie o|K'raiion un grand nombre de fois. a>cc un résultai 




ECTBOPIQK OU nEIITei!.eUBNT Dl U PiOPlÈBB EN DEUofs: 73 

niisbinot, comme on penl en jnger par les obsemiions recneillies et publiées 
parson intente, Gost. NiverL(l). 

2. Procédé de Pagentiether (2). — Ce praticien fend la conimiasore cilcriic 
dans tome son épaisseur au moyen de 
tiseant droits; la plaie ainsi praiii|uée 
présente do cftté de la conjonctive une 
étmdoe de 4 i 6 millimètres et de 6 il 
8 miUiniètres da cAté de la peau. En 
écartant fortement les deui paupières 
irec deux pintes i griffes a, a (fig. 33] on 
tranlbrme facilement la plaie liorizoïiulc 
n une plaie verlicale, dont un rebord 
est constitué par la peao et an antre par 
b conjonctive. La peao et fa conjonctive 
sont rCnnies avec trois on quatre sutures. ^-^ "- 

Ce procédé fait disparaître l'eniro- rio, 33.-ProcMé de PageniUcher i*). 
pion et le blépliaroiihimostii l'orbicnlaire 

n'eierce presque plus aucune pression sur le globe de l'œil, et le frottement des 
db sur la cornée n'a plus lieu. 

BiiuociAPiiE. — VoD kmtDon, Zeitiehr. f. Op!ilh.,t. Il, p. liO. Drewlrn, 1832, elK/iti. 
DartUU. lier aiigebor. Knitikh. dei Auges. Berlin, Itlll, p. G et pi. II. ils- ih. — Richet, 
L'aràa mH., 1SA9, p. GIJ. — Rajnei Wallon, Op,r. tljMli. Surg. London, ISfiS, p. iGQ. 
— Pétreqnia, Aan. rToailùt., t. Y, p. 264. — StredAeld, OpMh. Hosp. Bep., n- 3, p, 124. 
fiirert. De ta eonimcture ipaMmoilii)ite de torbiculaire ilei paupHret et de ion traiUmtat 
fer emciiwn du muscle et le ùordagt dei paupiéiti [Bull. gén. de Ihér. de Debout. Périt, 
1861, I. L5I, p. 349). — Giulherin, De Crninipion et (fut nouveau mnde île Irailtment, 
IkèM de Parii, 1863. — Secooili, Clmka di Genevo, Torino, 1865, p, 122, — Pope, An-h. 
f. Augen- u. Olirenheilk., I. I, p. G8. 

ARTICLE XIX. 

eCTBOPION ou BENVEBSEUENT DE LA PAUPIÈRE EN DEHORS. 

L'ectropion n'est autre chose que le renversement partiel ou total de la paupière 
en dehors. Cette alTeciion présente divers degrés : lanlût une seule moitié, externe 
ou interne, est déviée; lantûl la pan|Hère tout entière est plus ou moins écarlée 
dn ^obe de l'ail. 

Dans l'état nomial, la paupière doit rester en coaptalion complète avec le globe 
de l'ceil, et la marge iiiierne du bord libre doit se mouler pour ainsi dire sur ce 
dernier. 

Oenx conditions sont nécessaires pour maintenir ce loile membraneux dans la 
position indiquée : il faut, 1* que le muscle orbiculaire conserve ses fonctions nor- 
males, et 2* qu'aucun obstacle mécanique dans les tissus ciui constituent les pan- 
[Hères et Ie« organes voisins ne s'oppose i l'accomplisse ment de ces fonctions. 

La contraction modérée des fibres musculaire) d'une pari, et la résistance pro- 



'^ PÂUPIËRES ET sounaLS. 

;^i-ti<>ii>i(Ho (le la peau et des ligaments palpébraux de Tautre s équilibrent ma- 
iicrU^'i^i^''^^ cl permettent aux panpièies de cunserver leur |)osition pliysîokigiqiN. 
OU <'i»inpivnd facilement que s'il y a prédominance ou défaut dans Tune de ce» 
or^*^'^* rrqnilihrcdi.spaniil et la paupière perd sa |)osition normale. 

I>aii^ la p ntUsie du nmscle orhiculaire, quand il ce.vsc de functionner* k» 

fis>u> cniiir.iciiies, tels que la peau v{ les rouelles sous-jaconies n*éiaut plus rete- 

iiiiis piir l<'b libres nmsculair(>s, se relâclient et entraînent les |)aupiùrcs eu dehon. 

\\ \ a iiinrs iifrofii'tm fjftrn/i/tifjut'. l ne iuflanu nation chronique au GOQlraire d» 

coiij('ndi\i.s ou du liord libre peut <ionnrr lien à un cvfrofu'un inflammaioit*e» 

i lie tniJMrnic forme declropion eM Vrcfrn^fion mécanitjue occasionné parla 
r(''lraciion de la peau et |)ar des cicatrices. 

\ . EctropioD paralytique. — La paralysie ou raiïaiblissement de rorbico- 
lain* qui nrnil tonte son innenation de la septième paira amène le renverse- 
ment de l.i paupière en dehors. Qnehiuefois cet état ne persiste qu'autant que dure i 
la parais "«ie de la septième |>aire. Dans d*atitres cas, la paralysie ne guérit qn*aprê» ^ 
une durer d(* plusieurs mois on di* quelques années, et il en ré>ulte une déviatÏM 4 
prniiaiK iii<'(le la paupière, dont une intervention chinirgicale |>cut seule amener 
lu ^iièriMin. 

• (:oiiséciiti\<'ment à ce genre d'ectropion, le globe de l'œil qui n'est plus protégé 
par la paupière inférieure, et qui ne peut même s'abriter qu'avec |>einesonsii 
paupière supérieure, dont les rd)res musculaires s<mt |)aralysées, s'irrite constam- 
ment ; la cornée s*enflamme, s'ulcère, se vascularise el se titmble. La conjonctÎTe 
est injeeiée et sensible à l'action de la lumière et de l'air; l'œil devient larmoyant, 
la peau de> paujiières sVxcorie, et il n'y a que rojM'* ration cpii puisse prévenir ces 
acci<leuis. 

B. Ectropion inflammatoire. — Il se dé\elop|)e à la suite d'inHammation 
des coujnii<ii\es et du b(»rd libre des paupières. 

I.a piiupièn* inférieure est |)resque toujours le siège de cette altération. Soos 
riniUifiMi.- i\vs (*onjoncii\ites lacrymak*s, granuleuses, on de blépliarites ciliaires, 
la ecMiJont ti\e >e iMuirsoufle, s'éfuiissit et s'injei'te; le bord libre se gonfle, le point 
la( rvinal u'al>sorlK* plus les larmes, qui s'éctmlenl en dehors, excorient la peau des 
paupièicN et occasionne un ectropion. Cet état s'observe frt'*quemnient chel les 
snjf'K .li^rs. chez lesquels l(*s tissus ont perdu une grande |>arti(* de leur élasticité. 
De l,i If uiMu (Vvrfrn/tion sntiie i\iïi a été donné à tort à cette alTection. 

Onelijih fois, à la suite des oplithalmies granuleuses aiguës, purulentes on blenuor- 
rha;!iqu('>. roMièmc des |)aupièri*s se di>si|H>, sans que |)our cela la tuniéfactioo de 
la ronj(iur(i\e ail disparu, (l'est Vvrfm/ttfm sanumatetu» D'après Mackensie, cet 
étal de la i(iii)(iiiriive détruit le contre-poi<ls que pnMinisait le gonflement exlérieor« 
et rritr uh-iiiliraue se tmuve attirée en dehors par les contractions de l'orbiculaîre. 
Si l'on lit- réduit pas cette paupière et >i l'on ne repousse pas en dedans le liour- 
lelet rniijunctiial hernie, (m iK'Ut craindre son étranglement . il est Mtuvent difficile 
de la létluiie cl de la utaiutenir en place. I^*s enfants nou\ eau-nés atteint d*o|)lillul- 
iiiie pin uli-nie pieNeiitent Cet état surtout lorMpie après avoir cherché i ou\rir l'œil 
('Il u'.j p. s pri> ta précauiion de ie|)laeer con\enablement la {laupière. 

\.r^ hléphaiiles ciliaires glandulaires, en amenant le gonflenHUt du bord libre, 
doiiiirni au>si li(>u h un écartement en dehors du bord i>alpél)ral. 




MlM^MI 



■ Kctropion cicatriciel. 



ECTROPIOS OU BINTERSENENT DE LA PACPlkRE EN OEHORS. 75 

C Ectropion cicatricifll. — Les cicairicrs dm paii[>ièreH ou des parties 
nisioes exercent une ■ction coniinuelle et permanente sur ces Toiles menibra- 
■DX, qni, n'iyant pn atset de force ponr résister i la rétraction cicatricielle, se 
■teeni entraîner en dehors. 

ÉU*i*sle rt «aè— i»w». — Trois dilTéreiiies causes peuvent produire cette 
Uonnilé : les plaies, les abcès et les 
idcères. Les plaies dëchir£es, abandon- 
■ées i elItHnëiuFs, se cicatrisait soDvenl 
#uiie manière si irrégulière, que tanlOt 
pme seule paupière et quelquefois toutes 
b deux sont renversée* d'une manière 
Ms-iDirqaée. 

s Celles qui succèdent aux brûlures 
onent des désordres bien plus graves 
^Mare: la peau ([ui, détruite sur une 
lyade étendue, est remplacée par du 
,1m inodnUire, dutil la rétraction CD- 
Afae le bord libre irè»-lain, souTeni 
; Jifn'ao milieu de la joue, cumnic on 
Nil nr la Ggure 3ù. 

Lt> abcès des paupières et de la joue et les suppurations ({oi oni lien dans la 
xniié on aa pourtour de l'orbite peuvent orrasionner, selon l'.. Cruteilbicr (t), 
<i ectropion. Des cicatrices profondes, adbérentesaux ois nuluire, maiillaire, etc., 
il ■mammeot ceux qui proviennent de carie osseuse ou de périostite, amènent un 
^Uopion irës-proncmcé, quoique le plus souvent partiel. 

Une cause non moins fréquente de cette difformité est l'existence d'ulcères 
^philitiqoe, cancéreux ou scrofuleux. 1^ tumeurs de l'orbite et de IVil peuvent 
>sai prov«|ner un ectropion. 

L'état congénital de l'eciropion a été signalé par Amnton, Itilwri et Seller. 

Quel est le mécaniime île l'eciropion cicatrkielY 

Nélaton qni, dans ses cliniques, a le mieux étudié cette question, s'est exprimé 
de h manière suivante : Par suite de la bride cicatricielle, la couclie cutanée se 
attache des tissus sous-jacents de la paupière et n'y tient pins qu'au twrd lilire. En 
K rétractant de plus en plus, le tissu inoduUi're attire d'abord lu bord libre puis le 
aniline tarse eu lui faisant subir un mouvement de bascule. Pi'iidaoi ce temps, 
les fiJM-es musculaires, en se contractant, tendent ï se rapprocher le.s unes des 
iDIresGl finissent par se réunir en un faisceau, en même temps qu'une grande 
partie d'entre elles s'atrophient. 

La dnrée de la rétraction que subit le Itssu citalriciei n'est pas bien déterminée : 
sdoa iNélaton (2), elle est d'un an ; pour Bicbet, elle serait bien souvent de dix- 
boit HKria \ deux ans. 

1. — L'imimssibilitë où se trouve l'œil de pouvoir s'abriter est 
\ premières conséquences lie celle allëntion. Itappcluiis-nous cepen- 



(I) E. CmTcilbier, t>e fidropion. Thèseileconcouripourragr^ilioii.Piris, 1866. p. 43. 
(3) AUm, Letiom t'f Clinkal lurgery, l'hiUdeJpbia, 1H59. 



76 



PAUPIËRES ET SOUBULS. 



S parl'earopionqoiH 
ictive, en effet, qui oca 
nt lèche, et d'un nngil 



(IiRt que la deslruclion, même complèle, de ce voile ne met pu loojoan Ti 
découvert. 

Ainsi, Filbol cite un cas observé par Vcipeau et Richet, dans lequel l'inl p 
vait encore s'abriter dcrritre les replis niuqueus que la conlraclion des 1 
eitraorbilaires du muscle orbicnlaire rapprochait jusqu'au coniacL 

I.ora|UC la paupitrc inféiieurc seule est détruite, l'œil s'abrite quoique iq 
faitemoiit sons la paupière supérieure. 

Le plus ordinaire ment, c'est la dilTormité occasiounée 
les malades ï demander le secours de l'art. La conjonctive, 
toute la place de la paupitre, eït épaissie, le plus souvent 
C'est la ailisatiou de la conjonctive, d'après Ucnonviliicn. Le point lacr^W^ 
dévié et quelquefois même disparaît conqilélement, 

Pronoxie. — Il est difficile d'établir un pronostic exact pour toutes ks fan 

d'ectropioii ; il varie selon le degré et la forme de la déviation. I 

Grâce 3UK progrès de la cliiriirgte, on peut dire pourtant que dans Iipd 

majorité des cas, le pronostic est favorable. L'art chinir{;icat, en cHel, dorij 

moyen de restaurer les parties détruites et de Taire disparaître la difloriniii. 

L'eciropion paralytique et inllammatoire doit être subordomié dés le déMI 
traitement des aiïections ([ui l'unt occasiiiimé. j 

TralicnMBt de l'ertropioM paralytique. — Daiis Un eciropion panljiifl 
on em[^iera les moyens propres â guérir la paralysie du nerl facial. i 

L'électricité à courants interrompus a été dans beaucoup de cas mise ea ■ 
avec succès par Duchenne (1) (de | 
l(^ne) et l'on y aura reconn tod 
fois que l'alTeclion est récente et q 
fibres nuisculaires ne seront pH 
phiécs. Dans une paralyùe iniil 
Onytnus préfère les courants contii 
Mais si l'aCTection est incieui 
i moyens sont ineSicaces, et il fini I 
avoir recours il une opëratioD. 

Ici detii métbodes s'oOreni in àt 

du chirurgien : \ 

Tartonhaphie, combinée avec Fl 

isiou d'un lambeau cutané. 

1. Procédé de Dieffenbach 
— Voici comment il est pratiqué, i 
un lamlwan cutané triangulaire n d c que l'on i^nlève complètement. Puiai 
le bord libre de la paupiiTC inférieure ainsi que 1rs bulbes des cils et nnepKtîij 
tarse sur une étendue d a, égalée a; on dîssf'quc ensuite la peau det panicsN 
jacentes sur totiic celte étendue, et l'on fait glisser la partie a d vers la tUftfl 
qu'i ce que le point a arrive vers le point 6. On comprend trés-faciicmeol M 
triangle dénudé de a sera cniiéremenl couvert par la partie c a d de la piip 

(1) Duchenne (de Boulogne), I)e rHecMsalioa /oco/iVfc. 3* tdition. Paiîi, 1871. 




- Procédé 



Mlig-i 
aè.Oill 
lis ta o^ 



ectuopion on renversehent de la paupière en dehors. 



77 



ienre ; les bords de la plaie b a seront réunis à a tf par deux ou trois points de 

re, ainsi qoe les bords 6 c et r a. Celle opération procurera la réduction com- 

• de l'ectropioo. 

TS sans dire qu'on doit préalablement mesurer la loi^eor de la paupière in- 

nre et la comparer avec la supérieure pour savoir de combien on doit raccour- 

I paupière reoierséc. 

n lieu de pratiquer cette opération dans l'angte externe, je l'exécute quelquefois 

V l'angle interne, après avoir préalablement incisé le point lacrymal. 




Fie. 30. — Opit^lion d'ectropion. — Proeédi da da GrMfd ('). 

\. Procédé de de Gratfe(^%. 36) (t), — On fait d'abord une incision horizontale 
■ la peau, depuis le point lacrymal jusqu'à la commissure externe, puis on pra- 
■edeui antres incisions rerlicalcs sur la joue, longues de buit â dix lignes, on 
Hque ensuite le lambeau cntané plus bas mSme que ne l'indiquent les incisions 
Unies. Du c6lé de l'angle interniï, on enlève un petit lambeau C, et apriïs 
A'iiisi le lambeau B, on le (ixe !i l'angle interne pondant que l'autre bout est 
■cbéï l'angle externe. L'excision du lambeau C a une double action: elle diminue 
kcndue du bord de la paupière et l'allirc en même temps en liaut et ou dedans. 

"VirilnBcnt dr rrrlraplaii InOamnMitotrr. — L'eclropiou inllanimatoire 

vit présenter des degrés Irùs-variés, depuis un très-léger écartemcnt du Xsavi 
■î, jusqu'à une loméfaciion considérable du bourrelet conjonclival renvei-sé. 
l'écarlement du bord libre se manifeste dan^ les blépharitcs cîliaires, les alTcc- 
Mdes Toies lacrymales; en guérissant la blépltarite cîliaire, en rétablissant le 
■i^ des larmes, on fera disparaître la déviation palpébralu (2) des plus pro- 
pctcs, et qui aura souvent résisté à tous lus traitements pendant plusieurs années. 

.(l)DeCnefi:, Arehivf. OphlMm., ISIîi. Bd. X, Abth. 2, p. 329. 

(1} DtstRVAiiON. — N. K.,.,âEè de soi xa nie quatre an», me tut adressé en juin 1S72 par 
'^tlnir lla1l«l (de Paris). Il était alicinl rl'un ectropion double des plus prononcés depuis 
*^ mois. L«i Kux sont larmoyants, la conjonclive enflammée et la paupière renversée 
'^rs. Déi qu'il Dxe un objet à JisUince, il le Toit trouble et puis double; les deux pointa 
'hiani9onlpre5quecoiiipléleinenlDblLlérâs;ii y aaiiMi de la blépbarile dlîaire. Je pratique 
^Mi des points lacrymaux inrérieurs et je fait le cathélértime. Au bout de cinq semaines 

(nilimcnt t'ectropion des deux yeui est guéri complélement. Le malade revint le 23 mai 
'3 me voir, et j'ai pu couitaler que l'ectropion ne s'e«l point reproduit, 



78 PAUPIÈRES ET SOUHCILS. 

I^ rcnverscmciii de la pniipiùrc est dâ, chez les enranls sunoiii. ï un nf^ 
iiiciil (In la conjnnctivc boui'M>unéc qui a élé InLssf e dans cei élai pendant pluÉ 
jours et itiSnic dt'S mois. Oji aui'a d'abord rccoui-s aui: scarirications <te la rM^ 
livc pour la faiic dégorger ; pui'i, lor!M]iie le saag s'arrâic, nu saisit la ptq 
entre te pouce et l'imlex de cliai|ue inaiu, oii la serre fnrtemeiit et l'on abaisse! 
«pieiDeul sou bord libre vors lu globe de IVil. A l'aide d'une bande ei d'uot 
lettc de cliarpie, on conipiiine mod^rétneiil la paupière pour la raaiaieair 
celle position. Il i>st bien enicudu que l'on examinera tous les jours l'étal ieh 
et riu'oii le nettoiera par des injections faites, soit avec de l'eau simple, 
des collyres astringeoLs. 

Tntltein«n( dr l'cctropton ctratrlrlpl . — Blé/iharoplaslie el bléphanrA 
p/iii: — Il serait dilTicile d'indifjner les dillÉi'cnles méthodes opératoires ap 
à tous les cas d'ectropion cicatridcl. C'e&l i la sagacité du chirurgien qu' 
tient de cliuisii' et de nioiliOer les divers procédés selon les circonstances, j'd 
propose d'exposer les principts gOnéraux rju'il faut suivre pour restaurer les 
tics diîiruites et de décrire les iuétlx)deii opératoires les plus usitées, km! 
restaurer la paupière déiruitc |>ar un cancer, soit par des cicatrices accido* 

aiÉTHODE KBAM^^ISE PAU GLISSEMENT : 1. l'meédé deWlin)tonJo<>Ci,& 
Kl A . Bèiard (fig. 37 et 3!») . Ce procédé a 6té exécuté par Vliaritm .loiie.s. pn I 




sur la paupière supérieure. Sanson et .\. Bérard l'ont employé presque en Bli 
temps pour la paupière inférieure. 

Deux incisions sont faites en V ii 1 centimètre au-dessous du bord libre;nl 
sèqtie ensuite la peau pour faire remonter le lambeau triangulaire et l'on Tfonîll 
lèvres de la ])l»ic comme cela est indiqué sur la figure 38. 

2. l'ii-crdé de Dieffmbavh (1) (fig. 39 ei&O).— Ou fait une incision pvdl 
au bord ciliaire, puis on enlève un lambeau triangulaire abc (Gg. 39], le MM 
dirigé en bas. De chaque côté de la base du triangle on pratique une indâi 

(I) Zeiii, Handbuc/i der plmtiaclien Chirurgie, nebil mer Vorttile von Jfejhite 
Berlin, 1838, p. 378. 



ECTKOPIOR OU REHTERSBU^Nr DE LA PAUPIËRE EN DEHORS. 79 

«blùlDe, on dissèque les deux lambeaux cae et ffbc et l'on réunit les di?ux boi^ h ■ 
Céranx du triangle, comme on le voit dans la figure ÙU. 





Ces deuT procédés doivent Otic rapportas à la mf iliode par glissement. Ils ne 
pouraient donner de bons résultais tant (ju'on n'a pas pris la prûcaniinn de lais- 
ser aprè» rflpéralion les |âupières réiuiîcs. Mais grûee il la niftlioili' de blépliarur- 
rhaphic que Mi)Sonneuye(l] et Miraull [d'Angers] ont inlroduiii- en chirurgie, 
«t qui est aujoufd'liui génârdlemcnl ac^iiepiéu par les chirun{icn« français, les \M- 
lïbarQiriasties donnent aujourd'liui dos r/'sultats irc-H-salisfaisants. 




- Procédé d'Alpli. Cuérin. 
locûlon (*). 



FiG. 12. 



3. Procédé de A. Guérin (fig. hO et ûl). — On pratique une incision en V, le 
■ommet^dirigë du côté du bord palpébral renversé. Ucux autres incisions pnrtent 
obliquement en dehors et en liaui de ù/i vers Ws [MinU cd. Un dissèque Icsdeui: 
lambeaux cutanéstf 6 net abc, depuis leur» sommets Ai jusqu'i leurs bases, et on 
les renwRle de façon que les bords a/i et a h se loucbent. On réunit cnsiiiie ces 
bords par des points de suture, en ayant soin que les sommets desdouv laml>caux 
MtnnTeot au-dessus du point a; le point a remontera ainsi en i' (ft^. 'il). Les 

(1) Ttaitonttvmt.BUphBrmrhnphie oaotclusioH ikt paupières {Bail. <lv la .Sm-. -/e rtn'r:, 
il tam 1817). 

l'I ti, mi. étia lifui dr • 
Uâmu, lin* 1> Ggnn 40, k 



80 



PALPltRES ET SOURCILS. 



deux paupières reslent réunies pnndaat quelque temps, et la guérisoa est com- 
plète. Casius (1) rapporte qnatre cas dam lesquels cette méthode a été employée 
et il y a eu trois succès. 

û.' Procédé de Richet (fig. Ù3 et kh). — Celte opératioa est pratiquée àclt 
manière suivante : Incision curviligne, parallèle an IxntI cilîaire reofersé, pasm 
ï 2 millin>ëlres an-4essou5 de l'eciropion et se terminant aux angles iaumed 




Fie. 13.— Procédé de Richet. Fig. tk, —'Procédé ds Rithcl. 

— Inciiioa {'). — Rjunion {*'), 

Citerne de l'œil (voy. Tig. fil). Le bord ciliaire aiiisî libéré est relevé et snlnri 
apri-s l'avivemeni préalable à la paupière supérieure. Celte partie de ropéniin 
une fois terminée, Richet Tait une seconde incision parallèle à la première 11 cm- 
timètre plus bas; puis il dissèque ce lambeau de peau, le divise en B, le glisKa 
haut, rctrancbclesurplus etrénnitles tambcaui entre eux, ainsi qu'à la piaiHèrt 
iurérienrc. Dans d'autres cas. il supprime l'incision médiane, remonte celle mit 
du |<oril et le suture en liaut. Ceci curistituc une sorte d'autoplastie dite en //ml. 
En C, il retranche un lambeau de la peau, et, en réunissant les deux câiés di 
triangle, il comble le vide. 
MËTiiODE INDIENNE. — Cette méthode consiste dans la restauration de la p»> 




FiG. 45. — Procédé do Frlcke. — TorsEon. FiG. 40. — Procéda de Fricke. — RèuiM. 
pièrc, il l'aide d'un lambeau pris sur les parties voisines. Frlclce, Blandin, DieSn- 

(1) r.a$ius, Ih6!e de Pari», iSGa. 

('] A, It, ileni !un1>«ni ilii<ié>|u>>( fi ■\ai rlgiTCiii Sir» maoMti ; c, bmlmu qui Jgit c^Uv > nJi- 
{") il. laubeim ijili «n Jnm hibddMi oI inturti. 



ECTROPION OU RENYERSEIIENT DE Lk PAUPIÈRE EN DEHORS. 



81 



bacb et SédîUot oni attaché leur nom à cette méthode par les différents procédés 
cju'îls ont mis en pratique. 

1. Pi*océdé de Fricke par torsion [ùg, /i5 et û6). — On commence par exciser 
lOQte la cicatrice de la paupière ; on écarte le plus possible les bords de celte nou- 
Tdie plaie, et Ton cherche à la combler par un lambeau emprunté aux parties 
imsioes. Pour la paupière supérieure que Ton doit restaurer, on emprunte la 
peaa du front. On prend la mesure exacte du lambeau, et on le taille 3 milli- 
oièlresde plus en longueur et en largeur. Le lambeau, une fois détaché, est tordu, 
appliqué sar la partie dénudée de la paupière et suturé. Les deux ûgnres ci-jointes 
rppréfleDteot oes deux temps d'opération. 

Les procédés que nous avons décrits ci-dessus sont imparfaits sous beaucoup 
de rapports, et aucun d'eux ne présente assez de certitude pour qu'un chirurgien 
poisse les prendre pour guide. 

MÉTHODE DE DENONVILLIERS PAR PIVOTEMENT OU ÉCHANGE. — En 1856, 

Denonvilliers a mis au jour une autre méthode intermédiaire entre la méthode 
indienne et la méthode française, et il lui a donné le nom de méthode par pivo- 
tement. 



a^ 





"^-^ 



Fi6. A7 et 48. — Méthode par échange de DcnoaviUiers (*). 



Voici ce que dit à ce sujet E. Cruveilhier (1) : c Tandis que, dans la méthode 
indienne, le lambeau décrit un arc de cercle plus oij moins étendu et subit une 
torsion au niveau de son pédicule (méthode par iorsion\ la méthode de Denonvilliers, 
en recommandant que le point où Ton taille le lambeau ne fasse jamais plus d'un 
angle droit avec la perte de substance, a réduit la torsion à un angle qui varie, 
mais ne dépasse pas ti5 degrés ; c'est plutôt une inclinaison, un |)ivotemcnt, qu'une 

torsion. » 

De celte façon, le lambeau est bien appliqué, ne fait pas de bosselure, et la 
plaie ne subit aucune traction exagérée qui puisse compi-omettre le résultat de 
l'opération. 

Yoicî les détails de cette méthode : 

Denonvilliers coupe deux lambeaux triangulaires à direction croisée ; l'un de 

(i) CmveOhiar, De rectropim. Thèse de concours pour l'agrégation. Paris^ 1866, p. 106. 

(*) My anglt da l^**»»— * eataoé, qui doit être placé sous la paupière inférieure; 6, angle da lambeau qui doit 
mplaMT lé pf^eédcBl ts tehaogc* 



CALBOWMI. 



6 



A^- 



82 



PAUPlbRES ET SOCKCILS. 



ces Iriangles est limité par <leii][ incisions tracées au-dessus et au-dessons du boni 
palpébral ; le second triangle a son sommet opposé au précédent ; le lambeiD ta- 
périeur une fois détaché, on le fait glisser en bas, pendant que l'on pousse le lut- 
beau inférieur i sa place. La place laissée libre par le lambeau iiiférienr est bon- 
chée par le supérieur, connue l'indiquent les figures lil et Uè, empruntées à 
Ed. Cmveilhier. 

Pivcédé par vchange de Richet. — Le professeur nichel a fait faire i «ue 
méthode un pas décisif; il pose un principe réel, le seul capable d'assurer \t 
succès dero|>éralion. Je ue saurais mieux faire que de reproduire ici la note que 
l'éminenl professeur a bien voulu me commun iquei' : <> Depuis longtemps, j'ii 
formulé ce principe ï propos d'un malade présenté à la Société de cliirut^ (1) 
et opéré en Juin 1869, â l'hôpital Saint-Louis, quo tout lambeau dans les mtto- 
plasties doit êti-e taillé de telle sorte que sa rétraction inévitable soit mise li profil 
pour aider à corriger la difformité qu'on est appelé à combattre. C'est surtout 
dans la blép/iaroplastie qu'on mettra à pi-ofit ce principe. » 

L'opération se compose de quatre temps : 

Premier temps. — Incision parallèle au bord libre et dissection de la COnjtHlC- 
tive pour dégager le bord palpébral. 

Deuxième lemiis. — Avîvenient avec un couteau à cataracte sans empiéter sur 
le bord ciliaire. Richet traverse avec ce couteau de paît en part le bord qu'à 
doit enlever ut le coupe en sciant. Quatre pomts de suture ea Ûl très-fin sont ap- 
pliqués au moyen des aiguilles fines de Richet 

Troisième temps. — C'est le moment que I on doit choisir pour disséquer le 
lambeau, parce qu'alors seulement on peut se leodre compte de la pirte de sub- 
stance qu'on doit combler. 




Fjg, 49, Procédé par tehange 



Fio. so. Procédé pv tclMiiEe de Richd. 



D'après les principes posés par ce chirurgien, on doit tailler le lambeau de telle 
bçon que le pédicule du lambeau soit plus haut pour la paupière inférieure, el 
qu'il soit au-dessous de la commissure de l'teil pour la supérieure. Si la cicxtricB 
a entr^né la paupière en dehora, on devra tailler le lambeau sur le front ou nr la 
joue, mais en conservant son pédicule li la radoe da oec Si la bride cicatricielle 

(1) Richet, Butt. de lu SoeiM d» cAfrwy*, 1S6A, 



ÊPICANTHOS. 83 

cire la paupière en dedans, la base du lambeau sera placée sur la tempe, un peu 
plus haut ou un |)eu plus bas, selon que c'est la paupière inférieure ou la pau- 
pière supérieure qui doit être restaurée. On dissèque le lambeau et on lui donne 
ia position convenable. 

Quatrième temps. — L'hémorrhagie une fois arrêtée, on applique la première 
suture au sonunet du lambeau ; la seconde est placée sur le bord le plus éloigné 
de la paupière; puis on pose les intermédiaires. 

Ordinairement, il n'est pas nécessaire de mettre de nombreuses sutures, et lors- 
que le lambeau est suflSsamment long, c'est-à-dire quand il est d'un tiers plus 
grand que la perte de substance^ comme le recommande Denonvllliers, il tient pour 
ainsi dire tout seul et l'adhésion se fait partout très-facilement. Au bout de vingt- 
quatre beures, on enlève du lambeau presque tous les (ils en ne conservant que 
ceux de blépharorbaphie pour quelques jours de plus. 

BiBUOGRÀPHiE. — Delpech, Chirurgie clinique de Montpellier^ t. II, p. 221. Paris, 1828. 

— Ffîcke, Die Bildung neuer Augenlider (Blephaf^plasiik), Hambourg', 1829. — Cloquet^ 
Paikol, chtrurg.^ p. 136, pi. X, flg. 17. Paris, 1831. — Horner, Relation des maladies 
traitées à f hôpital de Philadelphie (Gaz, méd,, 1838). — Ri^aud, De Vanaplastie des 
lèvres, des joues et des paupières. Thèse de concours, 1841. — Denucé, Considérations sur 
tautoplastie {Arch, gén. de méd,, 1855). — Mirault (d'Angers), Ann, cTocuL, t. XXV, p. 131. 

— NéUton, Ann. docuL, t. XXXIV, p. 33. — Caialles, thèse de Paris, 1860. — Catius, 
De la blépharoplastie^ Ihèse de Paris, 1865. — Filhol, thèse de Paris. — Bowman, Ophth, 
Hosp. Rep., 1859-60, vol. II, p. 114. — Wordsworth, Lnncet, 1857, sept., t. V, p. 242. — 
Dèbrou, Mém, tle la Soc. de chir. de Paris, 1860. — De Graefe, Archiv /. Ophth, ^ Bd. IV, 
Abth. 2, S. 209. — E. GruYeilbier, De Cectropion^ thèse de concours pour l'agrégation. 
Paris, 1866. — Richet, Ostéo-périostite de tos malaire , ectropion cicatriciel, etc. (Journ, 
(tophth, Paris, 1872, février, p. 65). 



ARTICLE XX. 

EPICANTHUS. 

Un repli semi-lunaire de la peau, situé dans le grand angle de l'œil et simulant 
presque une troisième paupière, a été appelé par Ammon épicanthus. Sa concavité 
est ordinairement tournée en dehors. Ce repli cutané s'avance quelquefois telle- 
ment sur Tœil qu'il masque une partie de la cornée. Il est uni par sa base à la 
peau du nez ; en haut, il se confond avec le sourcil, et en bas, il se perd dans la 
partie de la peau qui recouvre la région dn sac lacrymal. 

L'épicanthus est le plus souvent double, et il est congénital. Je l'ai vu aussi héré- 
diuire dans une famille; le père et les deux enfants présentaient la même difformité 
à un degré excessif! 

Lorsqu'il est monoculaire, il est ordinairement acquis : un seul cas observé par 
Ammon fait exception. 

L*épîcanthu8 ac<]uis peut être dû aux brûlures, et aux altérations chroniques et 
proloDgèes do sac lacrymal. 

Traliciift — L'expectation est indiquée pendant les premières années de 
['«faoce, puisque avec le développement delà tête cette difformité peut disparaître 
ipontantaiient. 

S*! ttt Irèi-proiioncé et s'il gêne la vue, on fait une opération qui consiste à 



su PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

enlever sur ^e dos du nez un pli vertical sufTisamment large^ afin que la cicatrisa- 
tion qui s*ensuît puisse faire disparaître les deux plis. 

Bibliographie. — Sehoen, Hnndb. der pathoL Anat. des menschlicken Ayges, i828, 
p. 60. — Von Ammon, Zeitsch, f. Ophth., t. I, p. 533, 1831; Klin, Darsteihttige» der 
Krankh., t. III, p. 1, fig. G, 1841. — Desmarres, Anti. d'oculist.^ t. VI; p. 236. — Siebel, 
Mémoire sur Vépicanthùs {Ann, d'ocu/ht.^ t. XXVI, p. 29). — Chevillon, Ann. d^octtt., 
t. XXIX, p. 285. 

ARTICLE XXI 

PTOSIS OU CHUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE. 

Le mot ptosis (du grec Trrwffe;, chute) est employé pour caractcriser un étal 
dans lequel la paupière supérieure reste abaissée à un degré plus ou moins 
prononcé. 

On sait que dans l'état physiologique la paupière supérieure exécute des moa- 
vements continuels de clignement, et, pendant que Torbiculaire la fait abaisser, le 
muscle releveur la fait remonter pour laisser Tœil à découvert. Lorsque l'un des 
deux muscles est paralysé ou contracté outre mesure, ou bien que les tissus de la 
paupière sont épaissis^ il y a le ptosis. 

D'après ces données physiologiques, nous distinguons trois variétés de ptosis : 
A. ptosis paralytique; B. spnsmodique, et C. organique. 

A. Ptosis paralytique. — Lorsque Télévateur de la paupière supérieure est 
paralysé^ il est tout à fait impossible à cette dernière de se relever, et son antago- 
niste, le muscle orbiculaire, en se contractant, ferme l'œil plus ou moins corn- 
plétement. 

Symptomatoiogie. — 1 . L'œil est complètement fermé et le malade ne peut 
l'ouvrir spontanément ; il faut qu'il relève la paupière avec la main. 

2. Quand on soulève celle-ci avec les doigts, l'orbiculaire n'oppose aucune résis- 
tance, mais à peine l'abandonne -t- on à elle-même qu'elle retombe de nouveau. 

3. Toutes les rides horizontales de la paupière sont effacées. 

U. Le ptosis paralytique est le plus souvent consécutif à la paralysie de la troisième 
paire; l'œif ne peut par conséquent être dirigé ni en haut, ni en bas, ni en dedans; 
la pupille est dilatée et immobile (voy. Paralysie de la troisième paire), 

5. Dans le plus grand nombre des cas l'œil est dévié en dehors, et il ne peut se 
porter ni en haut, ni en dedans, ni en bas. La pupille est dilatée et immobile. 

6. Le malade voit double tous les objets qu'il fixe : mais l'image perçue par l'œil 
droit se trouve à gauche et celle vue par l'œil gauche parait du côté droit. 

ÉtioiojB^ic. — Le plosis paralytique peut reconnaître pour cause rafleclion céré- 
brale on cérébro-spinale quelconque. Aussi les méningites, les tumeurs du cerreao, 
les ataxies locomotrices, sont souvent accompagnées d'uue chute paralytique de h 
paupière supérieure. 

Selon Macnamara (1) le ptosis paralytique peut être le résultat .d'une tctioi 
réflexe lorsqu'une branche de la cinquième paire et notamment la branche tus- 
orbitaire est blessée, et que l'irritation se transmet à ia troisiènie paire. Dans 

(1) Macnamara, A Manual of the diseases oftlie Sye. hoxAva^ 1868» |^. 01« 



PTOSIS on CHUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE. 85 

d'auircs cas, selon le même auteur, la troisième paire peut être affectée par Tin- 
Queoce d'une cause méphitique paludéenne. Il arrive qu'une seule branche de la 
troisième paire, celle qui se rend à l'élévateur de la paupière, est paralysée. Cela 
se produit habituellement sous l'influence d'une cause rhumatismale, des courants 
l'air froid ou humide, ou à la suite d'un périoslose syphilitique orbitaire. 

Dans certains cas, le ptosis paralyticjue est occasionné par une blessure. 

B. Ptosis spasmodique. — L'abaissement de la paupière supérieure peut 
être occasionné par une contraction spasmodique du muscle orbiculaire. L'œil 
sera alors complètement fermé comme dans le ptosis paralytique. Ces cas sont 
très-souvent de nature hystérique ou réflexe. Les faits rapportés par Canton, 
Cookc (1) et Mavel (2) de ptosis provoqué par l'hysiéric, l'aménorrhée ou la mas- 
Larbaliou, étaient très-probablement de nature spasmodique. 

Sjmptomatoioii^le. — 1. Une Contraction très-forte delà paupière supérieure, 
qui présente une grande résistance lorsqu'on veut la soulever, est le signe d'après 
lequel on pourra diagnostiquer cette forme de ptosis. 

2. L'œil l'St très- sensible à la lumière ; le malade éprouve des douleurs quel- 
quefob très-violentes dans la moitié correspondante de la tête. 

3. La chute de la paupière n'est pas permanente; elle disparaît et revient plu- 
sieurs fois dans la journée (voy. Ùlépharospasme], 

k. L'œil n'est pas dévié; la pupille est normale et il n'y a pas de diplopie. 
G. Ptosis organique. — 1. Los blessures des paupières et les cicatrices qui 
en résultent peuvent atteindre le muscle releveur et compromettre ses fonctions. 

2. Dans d'antres cas, c'est une inflammation iente et prolongée des paupières 
et des conjonctives qui amène un cpaissis&emcni du tissu cellulaire sous-cutané du 
tarse et de sa capsule. Le muscle élévateur n'a plus alors assez de force pour sou- 
lever une paupière ainsi altérée et dont les tissus ont perdu une grande partie de 
leur élasticité. La paupière supérieure se relèxeeii partie et laisse cachée la moitié 
ou les deux tiers de la cornée. 

Cet état s'observe sut tout chez les perdonnes atteintes de granulations; leurs 
paupières se relèvent, et ils ont l'air somnolent et endormi. 

J'ai vu ce genre de ptosis se produire chez les jeunes personnes qui avaient 
souffert pendant des années de kératites phlycténulaires et dont les cornées étaient 
devenues vasculaires. 

Noël Gueneau de Mussy a remaïqué qu'un certain nombre d^enfants affectés 
pendant longtemps d'ophihalmie des nouveau-nés conservent, pendant tout le reste 
de leur vie, uu abaissement notable de la paupière supérieure. Cela tient évidem- 
ment à une faiblesse du muscle releveur. 

3. Le ptosis peut être complet et congénital, sur un seul ou sur les deux yeux et 
dépendre de l'insuffisance du muscle releveur; dans d'autres cas, il y a une exu- 
bérance de la peau et de toute la substance de la paupière. Alessi et Caffe ont 
observé le ptosis congénital et héréditaiie. En 1873, j'ai soigné deux enfants 
atteints de ptosis congénital double, avec absence complète de l'élévateur des 
paupières. 

(1) Cooke, london Med. Soc.^ 1855. 

(2) Mavd, Gaz.desMpit, 1853, n<> 5. 



86 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

6. Quelquefois le ptosis est dû à la blessure de l'orbite par le forceps et à la pa- 
ralysie consécutive du muscle releveur. L'affection, dans ce cas, est monocolùre. 

5. Une exubérance et un relâchement de la peau se rencontre chez qaelqoes 
individus sans cause connue, et les plis (|ui se forment sur la surface palpébrale 
dépassent le bord libre. 

On rencontre chez les vieillards un abaissement des paupières de même nature. 

Pronostic. — Lorsque la chute de la paupière supérieure est liée à une para- 
lysie de la troisième paire, on peut le plus souvent la guérir en agissant contre la 
cause syphilitique, rhumatismale ou autre. Il est plus difiBcile de porter remède à 
une insufiBsance du muscle releveur. Le ptosis organique, dépendant surtout de 
Texubérance des tissus, peut êlre guéri par les moyens chirurgicaux. 

TraKemeDt dn ptosis paralytique. — 1. Lorsque la paralysie de rélévateur 
de la paupière supérieure est due à une paralysie de la troisième paire, il faot 
rechercher la cause cérébrale ou syphilitique et agir en conséquence (voy. Para- 
lysie de la troisième paire), 

2. Quand elle est limitée à la paupière supérieure, sa nature est le plus souvent 
rhumatismale, et ici les sudorifiques, les bains de vapeur et les bains sulfureux 
sont très-uliles. 

Des frictions sur le front, la tempe et la paupière, avec des liniments aroma- 
tiques, pourront être avantageusement employées. On les prescrit de la manière 
suivante : 



^ Teinture de noix vom 1 gramme. 

Alcoolat de cochléaria 50 — 



^ Alcoolat de lavande 70 grammes. 

Elher. ..: 30 — 

Sulfate de strychnine 5 centigr. 

Se frictionner 3 fois par jour les paupières et la tempe. 



Mackenzie recommande la pommade à la vératrine, appliquée sur la tempe, le 
sourcil et les paupières, en frictions prolongées et répétées trois ou quatre fois par 
jour. Voici sa formule : 

^ Vératrine 10 centigrammes. | Axonge 15 grammes. 

L'électrisation de la paupière supérieure, selon les indications de M. Duchenne 
(de Boulogne), au moyen des appareils à induction, pourra amener de bons résultats. 

Dans le ptosis occasionné par les miasnies paludéens, Macnamara conseille 
Tusage de Tarsenic combiné avec le fer et la strychnine. 

Le traitement du ptosis spasmodique sera étudié dans le chapitre consacré au 
Blépharospasme (p. 93). 

Traitement dn ptosis organique. — Cette variété peut avoir pour cause 
des altérations très-variées; les moyens propres à le guérir doivent donc varier 
selon la nature de la maladie. 

1. Dans le cas d'exubérance et de rclûchement de la peau, on enlèvera un pli 
transversal des téguments. L'étendue de la peau à enlever est limitée au moyen 
d'une pince dite à béquille, que j'ai modifiée (Gg. 51). On saisit, avec cet in- 
strument^ un pli de la peau exubérante, mais à une certaine distance do bord 
libre; et^ à ce moment-là, on engage le malade à OQYrir el k fermer sonoeiL Si 



.1 



PTOSIS OU CBUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE. 87 

les mouTemeiils ne sont pas gênés, on a la certitude que c'est cette partie des légu- 
meDts qu'il feut retrancher. Trois ou quatre fils fins, de soie, sont passés entre la 
pîiice et la peau, on engage ensuite le bistouri dans la fente de la pince et Ton 
excise le pli cutané. S'il reste encore, vers l'extrémité de la plaie, des petites par- 




FiG. 51. — Pince à béquille modifiée. 

lies qui n'ont pas été coupées, on les retranche à l'aide des ciseaux, et les fils, 
préalablement introduits, rapprochent les bords de la plaie. 

2. Dans un cas de ptosis cicatriciel, occasionné par une blessure, Hunt (de Man- 
chester) a obtenu un excellent résultat en excisant un lambeau des téguments 
s'étendant loin vers la tempe ; une incision a été faite tout à fait au-dessous du 
mardi ei une autre à une petite distance du bord tarsal. La plaie fut réunie par 
des sutures. A la suite de cette opération, la paupière s'est relevée, et, comme le 
bord tarsien était^ pour ainsi dire, attaché à la peau du sourcil, que soulève le 
musde occipito-frontal, il résulta une fonction presque normale de la paupière. 

3. D*ordinairc, le ptosis congénital est accompagné d'une insuffisance réelle de 
rélévateur de la paupière, qui ne peut plus contrebalancer l'action de l'orbiculaire. 
Bowman et de Graefe ont cherché à rétablir l'équilibre fonctionnel de ces deux 
muscles, le premier, en donnant au muscle releveur une insertion plus favorable à 
son action ; le second, en affaiblissant son antagoniste. Mais ni l'une ni l'autre de 
ces teotatives n'ont donné jusqu'à présent de résultats saiisfaisants. 

Procédé de Bowman. — Après avoir retourné la paupière supérieure, ce chi- 
rurgien excise le bord supérieur du cartilage tarse avec les tissus environnants. 
L'élévateur de la paupière, inséré au cartilage, est naturellement compris dans 
cette excision. Les bords de la plaie sont ensuite réunis avec des fils très-fins. 
Bowman pense que le tendon du muscle releveur est ainsi raccourci et que sa 
force augmente. 

Procédé de de Graefe. — A 5 millimètres du bord libre, on fait une incision 
des téguments de la paupière et on la prolonge d'un angle à l'autre; puis, au 
owyen de tractions sur les bords de la plaie, on découvre, sur une surface de 
10 millimètres, le muscle orbiculaire, que l'on saisit avec de fortes pinces pour 
l'exciser avec des ciseaux dans toute l'étendue de la plaie. Les bords sont ensuite 
réunis avec trois ou quatre points de suture qui doivent comprendre la peau et la 
couche musculaire. 

Procédé de Vauteur. — J'enlève la moitié supérieure du cartilage tarse avec 
la peau el la couche musculaire sur une étendue de 0",01 à 0"",015, et je réunis 
soiguensement les bords de la plaie avec quatre points de suture qui traversent 
toute l'épaisseur de la paupière» La paupière reste ainsi relevée, et i'œil s'ouvre 
bieo.. 



PARALYSIE DE L'OBBICULAIBB DES PAOPIKhES. 



89 



7. La sensation de froid esl ressentie par l'œil alTccié, d'où résulte nue grande 
iuiion pour ce dernier. 

8. L'action réflexe est orditiairement abolie. Roiubei^ cite pourlant un cas 
ns lequel l'œil se fermait sous l'influence d'une tite lumière ou à la suite d'un 
•mameuL 

t—f ir pattaoïaglqv*! et «iiaiocir. — Pour mieux faire apprécier i'ana- 
mie patbologifiue de celle affection, il est nécessaire de rappeler l'origine et le 
ajet da nerf facial (fig. 'iS). 

Ij wplième paire a son origine apparente dans la fossette sus-olivaire du bulbe, 
budc Bernard avait démontré iiue ses Glires tapissent le plancher du quatrième 
■tricule. Lockliart Clarkc (1), Siilling et Duchenne (de Boulogne), ont prouvé 
t leurs recherches microscopiques que le noyan central de ce nerf occupe la 
qeore portion de la colonne convexe et longitudinale qui se trouve de chaque 
téda sillon médian stiué sur le plancher da quatrième ventricule. Là il «e trouve 
I votsinage du droit externe, ce qui fait que l'altéraliou du noyau de la septième 
ire peut être suit ie de la paralysie de la sixième. 

Le nerf lacial se dirige vers le conduit auditif interne, accompagué du nerf 
iditîfctdu nerf intermédiaiie de Wrisbcrg. Vulpiaa a constaté l 'entrecroisement 
t ce nerf avec celui du côté opposé sur la ligne médiane dans la protubérance. 

Dans le conduit auditif interne les trois nerfs se .réparent, le nerf facial et celui 
e Vriibei^ péuétrcul dans l'atiueduc de Fallope. Ici, le premier devient coudé 
forme d'H, et y constitue ie ganglion gémculé, d'où s'échappent le nerf grand 
itreaz sniwrficiel et le petit pélreui superficiel (vt)y. les lig. 52 et 3 etfi). 




FiG. 52, — NerF hcitl dani l'aqueduc, d'iprii Arnold {'). 



Le nerf facial communique par k-s deux nerfs pélicux ainsi que par la corde 
1 tympan avec la cinquième paire ; aiec la pneumogastrique dans le canal osseux 
I temporal, et, au sortir du crliie, par le trou styjo-inastoîdien, avec le glosso- 
aryngien; puis il se distribue sur la face. 

(1) LocUurt CUrke, Philoiop/t. Trant., Part. I, 1868, p. 293. 

. nerf gnnâ f^lreni »qp«Hi<^iel; 
n oiiqiiv; S, arri lia luaKJe dn 



88 PÂUPIËRES ET SOURaLS. 

Bibliographie. — Hunt, North of England Med, and Surg, Joum.^ vol. I, p. 166. 
Nancbuster, i830. — Mackness, Med, Gaz,^ vol. XXVIII, 18A1. London^ p. 617. — Skkd, 
Ann, d'oculist.^ t. XII, p. 189. — Gaffe, Diction, des études méd. — Jungken, LeAreoM 
den Augenkrankeilen y 3^ Auflage, 1842, p. 520. — Alessi, Ann. doculist.^ 1 Tol.,iqfI., 
1842, p. 39. — Canton, The Lancet, 19 janv., 1850. — Bowman, Ophth. Hosp, Jtqi., 
1857-59, vol. I, p. 34. — Graefe, Archiv f. Ophth, , 1863, Ed. IX, Ablh. 2, p. 59.— 
Macnamara, A M annal of Ihe Diseases of the Eye, London, 1863, p. 89 , et OpMh, Aerirv, 
t. II, p. 143,1865. 

ARTICLE XXII. 

PARALYSIE DE L'ORBIGULAIRE DES PAUPIÈRES OU DE LA SEPTIÈME PAIRE. ' 

r 

L'orbiculaîre des paupières cesse de foDctionner aussitôt que la septième pain 
est paralysée ; l*œil ne peut plus se fermer : la coaptation des paupières aiosi que 
le clignement deviennent impossibles. Cet èiat a été nommé lagophthalmm 
paralytique. 

Symptonuitoiof^ic. — Le nerf facial donne le mouvement aux paupièRf 
et à une grande partie des muscles de la face, c'est ce qui Ta fait considérer pr 
Cb. Bell, Claude Bernard et Dncbenne (de Boulogne) comme le nerf de Iê 
physionomie. 

On comprend donc que^ dans les cas de la paralysie de ce nerf, toute la phjaih 
nomie de la face soit altérée ; il se produit une déviation des traits qui chn 
rbomme sont tirés du côté sain, et chez les animaux du côté du nerf paralysé, 
comme Ta démontré Claude Bernard. Le sourcilier et le frontal ne se contracteat 
plus, les rides du front s*e(Tacent du côté paralysé et le malade ne peut ni soulever, 
ni froncer le sourcil. 

Les mouvements des lèvres du côié atteint sont abolis, et la bouche est attirée 
du côié sain. Le muscle buccinaieur, qui est aussi animé par le nerf facial, élaut 
paralysé, la joue devient flasque et ne résiste pas à Faction de Tair expiré. 

Par suite de la paralysie des filets du digaslriquc et du stylo-byoîdien qui pro- 
viennent du facial il se manifeste, en outre, une déviation de la luette du côtésaio. 

Du côté de Tœil, on constate les symptômes suivants : 

i. L'œil afli'cté est plus largement ouvert que celui du côté sain; le bord libre 
de la paupière inférieure est abaisssé et dévié en dehors. 

2. Lorsqu'on ordonne au patient de fermer les yeux, on s'aperçoit immédia- 
tement que les paupières de l'œil malade restent écartées, et que le globe lui- 
même se porte en haut et en dedans, et se cache derrière la paupière supérieure 
qui subit un léger déplacement en bas. Le même phénomène s'observe pendant le 
sommeil. 

3. L'œil est larmoyant ; le point lacrymal inférieur étant dévié en dehors n'ab- 
sorbe pas les larmes, qui s'écoulent sur la joue. 

il. Le sourcil est relevé, la joue affaissée et la bouche attirée du côté sain. Les 
rides sont complètement effacées sur le front du côté malade. 

5. Dans une paralysie incomplète, les paupières peuvent se rapprocher, mais 
leur coaptaiioo est impossible. 

6. Lorsque la paralysie de l'orbiculaire est ancienne et que I^il reste tongtempt 
à découvert, il $e produit une irritation de la conjonctive et de la cornée, etc. 



^ji 



PARALYSIE DE L'ORBICtLAIBB DES PitPJtBES. 

, La sensaiionde froûlest ressi'iiiiu par IœîI aiïecté, d' 
irriution pour ce dernier. 

. L'anion réflexe est ordinairt-nieiU abolie, itouberg 
dan» lefjticl l'œil &e fcrniaîl sous l'iiillueiia- d'une in« Unîèfc m k h hmi 
éirniuiiieul. 

ftMMMalc p«(l>olo|(lqnr r* ^ilttlaclr. — Pour lumi fûre apfvéCKr 
totilic palltolo^i^iu^ d<- c^llc aITtctioD, il ni néctst^n de nffdkr Tt 
irijel du oerf facial (jg. 4S), 

La septième paiie a son origine apparente ibn b immt 
Uaudc Bernard ataii démontré que sis TilHes t ^w fl lr|iHcteéi 
TMiiricule. Lockhait Clarke [I). Silllingel Ihi c lwit (Je 1— fc^aj. < 
pir leurs ri-cherches inicroscopiiiuc» tjuc le Dottn nainl 4e a mat 
majeure |>urii»n de la colonne convexe et loogitodûHle i|h m tnm** db 
côté du sillon médiau «tué sur le (Jaticher dn nuairiwne l elf iw fc. L»i » 

FToisioage du droit eiierne, ce <jui (aii que raliéiiUoa ém «mm êtbm 
ire peut èire suivie de la paralysie de la siiième. 
Le iK-rf facial se dirige *ers le conduit andiltr iob 
iditKet du oerf inlerniédiaiie de V t isben;. Vulpiao a 
B c« nerf avec celui du cfité opposé sur la ligne 
. t>uu le conduit auditif interne les trois nerfs te népuvM, le mtHbâé 
l( Wrbbcrg p^nëircnt dans raijuedticde Fallope. Ici, le 
ndirme à'S, et y conslilue le gani/liuii génirvlt, d'où • «hipfal Ir anf i 
X Buperfitûel Cl le pi-tii |)Oiieux superficiel !«»;. la%.S2 d 3<ié . 





90 PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

Les filets anastomotiques du pneumogastrique lui doonenl une sensibililédirec^: 
comme Ta prouvé Claude Bernard. 

La connaissance de ces rapports anatomiques permet de diagnostiquer plasi 
lement le siège de Taltération. En voici quelques signes distinclifs : 

1. Lorsque raffection occupe Toriginedu nerfou un point quelconque de i 
trajet inlra-crânien, il y a ordinairement affaiblissement ou perte de l'ouie doi 
côté. 

2. Quand c'est une partie du nerf facial située dans le canal de Fallope, soili 
niveau du ganglion géniculé, soit au-dessus, qui est atteinte, on observe oi 
rement la déviation du voile du palais. 

3. Si la cause de la paralysie est au-dessous du ganglion géniculé dont se 
cbent les nerfs pétreux, le voile du palais n*est point paralysé. 

A. Lorsque Taltération envahit le nerf facial dans la portion verticale de H 
duc de Fallope, le nerf du muscle de Tétrier qui s'en détache est le plus soi 
atteint, ce qui donne lieu à une exaltation de Touîe, à des bourdonni 
d*oreilles, etc. Ces phénomènes s'expliquent par une perturbation des 
ments des osselets du tympan. 

5. La paralysie de la septième paire est accompagnée par moment^ de 
s'irradiant le long de ses branches terminales; le facial recevant sa sensibilitéi 
niveau du canal osseux temporal et au sortir du crâne par ses anastomoses avecl 
pneumogastrique et le glosso- pharyngien, . la sensibilité indiquera que faltéi 
ne dépasse pas le trou stylo- mastoïdien. 

6. Dans cette région, le nerf peut subir la compression par suite de l'ei 
ment des ganglions ou de tumeurs, de périostoses syphilitiques, de caries ; il 
être blessé, contusionné, etc. 

7. Une névrite idiopathique du nerf facial peut aussi donner lieu à la parai] 
plus ou moins complète de l'orbiculaire des paupières ; c^est ce qui arrive soi 
à la suite des refroidissements causés par l'exposition à un courant d'air froid. 

8. D'après Gubler, les paralysies de la face alternant avec l'hémiplégie sont 
à l'affection du pont de Varole. 

9. Il n'est pas rare de rencontrer la paralysie de la septième paire chez les 
fanis, à la suite des convulsions qui surviennent pendant la période de dentit 
la face continue pendant de longues années à se contracter d'une manière ii 
lière. Selon Mackenzie^ cette affection est quelquefois congénitale. 

10. La suppuration de l'oreille interne avec perforation du tympan peut entFdner 
dans certains cas une paralysie de la septième paire. 

Pronostic. — Le plus souvent il est favorable, surtout si la maladie n*e8t pv 
due aux affections cérébrales, ni aux blessures. 

Traitement. — Les indications du traitement dépendent de la précision di 
diagnostic, au point de vue du siège de Taltération et de sa nature. 

1. Dans la majorité des cas la cause est rhumatismale; c'est pourquoi dès h 
début on doit employer des vésicatoires volants au pourtour de l'oreille, des fric* 
lions mercurielles, des purgatifs, des bains de vapeur et de Baréges. 

2. Lorsque la cause est syphilitique, il y a lieu de prescrire le traitement uiÊt 
curiel simple ou un traitement mixte. 




CONTRACTIONS SPASMODIQUES DES PAUPifcRES. 91 

^.Si. Les injectioiis hypodermiques de stiTchnine pourroot être efficacement em- 
piifécs. Voici b formule : 

^iijdroehlorate de strychnine. 30 centigr. | Eau 30 grammes. 

Injecter de 2 à 4 gouttefi. 

1^6. L'électricité appliquée d'après Ducheone (de Boulogne), au moyen des appa- 
pBils ï induction donnera des résultais favorables. Onymus m*a dit avoir retiré 
tani de bons résultats par Télectrisation à courants continus. 
^5. Dans les affections cérébrales il faut agir contre la cause cérébrale. 

H. Si la maladie a duré longtemps^ et s'il en est résulté un ectropion et un 

tnl* il faut avoir recours à un des procédés opératoires indiqués plus 

(voy. Ectropion)^ et inciser le point lacrymal pour faciliter l'absorption des 



lAran. — Marshan Hall, Dublin Med, Press, vol. XXfV, p. 185. Dublin, 1850. 

Gaz. méd, de Paris, 3 nov., 1852 et suiv. — Romberg, Nerven krankh&iten, 

, toL II, p. 267. — Claude Bernard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du 

nerveux, t. Il, p. 17. Paris, 1858. — Graefe, Archiv f. Opfith,, 1858, Ed. IV, 

2, p. 208. —Wells, Ophth. Hosp. Rep., 1860, vol. Il, p. 299. — Hutchinson, Med, 

and Gaz., 1861, p. 606. — Brown-Séquard, Lancef^ 1861, p. 153. — Ducbenne(de 

i)^ De télectrisation localiiée, 3« édiU Paris, 1872. 



ARTICLE XXIII. 

GONTRAGTIOMS SPASMODIQUES DES PAUPIÈRES. 

lie muscle orbiculaire des paupières peut être affecté de contractions spasmo- 
dans toute son étendue ou dans une seule de ses portions. Il se manifeste 
soit une contraction spasmodi(|ue de la paupière, blépimrospasme, soit un 
lement ou tressaillement de la paupière, soit enfin un clignement morbide. 
.^. Blépharospasme. — On en reconnaît deux formes distinctes : tantôt il offre 
caractères d'une spasme tonique; la contraction des deux paupières est alors 
înte et tellement prononcée qu'il y a pour le malade impossibilité presque 
lue d'entr'ouvrir l'œil. C'est le ptosis spasmodique. Cette contraction peut 
Ire d'une inflammstlion du nerf facial, ou bien elle peut être provoquée par 
action réflexe de la cinquième paire. 
Dans d'autres cas, l'affection est bornée à un seul muscle orbiculaire qui est 
.- de contractions toniques, produisant des clignements répétés ; ce sont les 
^noches périphériques de la septième paire qui souffrent. 

i7mpt«Buitoio9ie. — 1. Le malade tient les paupières fermées en partie ou 
^B totalité, par suite de la contraction tonique de l'orbiculaire palpébral. 

2. Par moment, le spasme disparaît spontanément et Tœil reste ouvert durant 
fa heures entières; mais aussitôt que le malade essaye de travailler, de lire ou 
d'écrire, etc., le tremblement des paupières apparaît et celles-ci se ferment. 

3. Le blépharospasme est ordinairement accompagné d'une sensibilité excessive 
pour la lumière (photopliobie)^ l'œil devient larmoyant et ne peut rien fixer. 

k. Quelquefois le blépharospasme est accompagné de douleurs névralgiques de 
h fKe^ il est alors consécutif à la névralgie trifaciale. Un pareil fait m'a été pré- 



I 



92 PALPIËRËS ET SOURCILS. 

senlc par le docteur Gaillard, à la Pitié, sur un malade atteint d*un ptosis 
que, qui étiit pris pour la paralysie d'élévateur de paupière; ce n'est qn'i 
beaucoup de peine que le diagnostic de la maladie a pu être posé. L'ensemblei 
symptômes a seul permis de constater une névralgie idiopatliique. 

5. Les caries dentaires peuvent donner lieu aux mêmes contractions 
diquos. On reconnaît celte forme en opérant une compression, soit dans le 
d'émergence du nerf sus- ou snus-orbitaire, soit sur la dent cariée^ soit suriei 
dentaire inférieur (de Graefe) au-dessous de Talvéole de la dernière molaire (I 

B. Tressaillement des paupières. — Le tressaillement ou trcml 
de la paupière se présente aussi à des degrés variés, et devient quelquefois 
désagréable ^)our les malades. 

A divers moments de la journée, les malades ressentent un tremblement 
une des paupières, souvent si léger qu'il ne se manifeste même pas k Teil^ 

Dans d'autres cas, il est, au contraire, très -prononcé; la paupière est 
d'un mouvement rapide. C'est un vrai tic, qu'on peut facilement apercefdrl 
l'œil nu. 

L'instillation du collyre d'ésérine (calabarine) dans un œil provoque chez 
coup d'individus des contractions spasmodiques dans les différentes portioiii 
l'orhiculaire. Ces conlraci ions sont très- douloureuses, mais ne durent qu'i 
deux heures et se dissipent sans aucun traitement. 

C. Clignement morbide. — Une troisième forme de s)>asrac des paQji 
est le clignemcMit morbide (nicUMio), Le plus souvent les deux yeux ea 
atteints; il se rencontre chez les sujets nerveux et hystériques. Le battemenli 
paupières dans la choréc est rapide et souvent alternatif, les sourcils se rap| 
ou s'écartent, se relèvent ou s'abaissent. 

Étiologie. — L'alTcction 8i)asmodique des paupières peut être provoquée 
des causes très-diverses. 

1. Un blépharospasme aa:ompagné de contractions spasmodiques de tons 
muscles de la face est toujours dû à une affection idiopathique du nerf facial' 
le rencontre chez les personnes hystériques et nerveuses, prédisposées ï 
névroses de toute sorte. j 

2. Les affections du tube digestif peuvent quelquefois pn)vo<|uer une irritalil 
spasmodique de la sepliùme paire. Claude Bernard a démontré la commuoicHii 



(1) Observation. — M. G..., âgé de cinquante-cinq ans, demeurant à Dinan (Cdteft4 
Nord^, vint inc consulter le 7 mars 1873 pour un ulcère de la cornée droite et un U€ te 
loureux de la face dont il souffrait depuis le mois de septembre 1872. Des contractions d 
niques de toute la face et des paupières de l'œil droit étaient accompagnéet de doilli 
violentes, et qui s'aggravaient pendant la mastication et quand il parlait. Let iiyections kjl 
dermiques de morphine, le bromure de potassium et le chloral administré à l'intérieur nN 
rien produit. J'ai examiné les dénis du malade et je les ai trouvées recouvertes d'une eeic 
très-épaisse de tartre, surtout les molaires de la mâchoire inférieure; elles étaient WMJfc 
lorsqu'on les touchait avec une sonde. Il était évident pour moi que le spasme de la teN 
des paupières était àù à l'élat des dents, ce qui a été aussi confirmé par le professeur Luè|i 
auquel j'avais adressé le malade. Sur notre invitation, le dentiste Pi'eterre arrache ladeal 
sagesse de la mâchoire supérieure droite, et lui nettoya toutes les autres, le 12 mars. De 
même soir les douleurs commencèrent à diminuer, et le ià elles avaient cessé ainsi f|ut 
spasme. L'ulcère coriiêen s^améliora rapidement, et il put partir chei lui presque confU 
meut guéri, comme cela a pu être constaté par mes confrères Femandes, Kohn et Dagneasl 



CONTBÂGT(ONS SPASMODIQUES DES PAUPIÈRES. 93 

le de ce nerf avec le pncumogaslriquc, el les recherclies cliniques faites à la 
ité par le professeur G. Sée ont confirmé par les faits pathologiques ces rap- 

La syphilis, selon Macnamara, donne lieu quelquefois à un blépharospasine. 

Les névralgies de la cinquième paire peuvent entraîner aussi le spasme de 
Ncnlaîre. Belligheri a le premier signalé des faits de ce genre. Soit que le nerf 
a cinquième paire eût été blessé, soit qu'il souiïre par suite d'une carie dcn- 
e» oa de la névrite idiopathique de la branche sus-orbitaire. 
». Les affections herpétiques de la cornée^ telles que phlyctèncs ou kératites 
ipbniques, sont suivies aussi de blépliarospasmc passager. Il en est de même 
b prince de corps étrangers, de la conjonctivite ou de blessures de Toeil qui 
^■csit la sensibilité de cet organe, et consécutivement un biépharospasme. 
*» vu souvent de petits insectes, introduits dans le cul-de-sac conjunctival, 
per lieu à une sensibilité excessive et à des contractions dans les paupières 
Bnent violentes, qu*il était impossible d'ouvrir l'œil. 

k La cause du tressaillement des paupières paraît être la môme que celle du 
pbrospasme; mais, dans la plupart des cas, ce tremblement est dû à une 
ciîoii ancienne ou récente des voies lacrymales^ au rétrécissement ou à Tob- 
MlioD des points ou des conduits lacrymaux, comme il nous a été permis de 
léooDtrer (1). 

ft— Mt ic. — Lorsque cette aiïection est liée à une cause accidentelle ou à une 
içiioa passagère de la conjonctive, de la cornée ou des voies lacrymales^ elle ne 
•eete ordinairement aucune gravité; mais, quand elle n'est qu'un des phéno- 
■es de tic convulsif de la face, le pronostic doit être plus réservé. La durée de 
naladie et l'âge doivent être pris en considération. Le biépharospasme invétéré 
irte quelquefois à tous les moyens curatifs. 

rkvitemrDt. — Lorsque le point de départ de la maladie aura été bien pré- 
f, on agira suivant les indications de chaque cas particulier et suivant la cause 
Ta produite. 

. Le biépharospasme idiopathique, qui dépend de l'innervation défectueuse de 
))tième paire ou qui est dû à l'action réflexe de la cinquième, sera efficacement 
battu par des injections hypodermiques de morphine. Béhier, qui a préconisé 
«mier ce moyen, injecte de dix à vingt gouttes de la solution suivante : 

drochlorate de morpliine.. i gramme. | Eau distillée 100 grammes. 

oél Gueneau de Mussy ajoute quelquefois 2 à 5 centigrammes d'atropine. 

I petite seringue de Fravaz suffit à cette opération, et chaque quart de tour 

espond à une goutte. 

i pratique ordinairement Tinjection dans l'endroit le plus rapproché du mal, 

cependant toucher aux paupières. Quelquefois le point d'élection est le trajet 

nerfs sous- on sus-orbitaires; on s'en assure en exerçant une compression sur 

ijeC de ces nerfs; le spasme cesse immédiatement pour revenir ensuite. C'est 

•îsinage de ces nerfs qu'on fera aloi*s des injections. 

m on cas où les injections hypodermiques n'ont pas réussi, des petits vési- 

) Gftleiowtki, Troubles de la vue dans la affectiofis des voies lacrymales (Gaz, des 
, 1808). 



9U PAUPIÈRES ET SOURCILS. 

catoires saupoudrés avec de la morphine m*ODt donné des résaltats sooTeiti 
ne peut plus favorables. 

2. L'électriciié à courant continu ou interrompu peut aussi procurer de 
effets ; mais il faut que les séances ne soient pas longues et que les 
soient appliqués dans le trajet des nerfs de la cinquième paire. Chez une 
jeune et nerveuse, où rien n'a pu réussir, nous avons obtenu. Desmarres 
moi, un succès complet au moyen de Télectrisation. Remak et Onimus 
avec avantage le courant continu. 

3. Liodure de potassium doit être administré toutes les fois qnllyafai^ 
supposer la cause syphilitique. 

U, La compression méihodique du nerf facial, à Taide d'une pelote et 
bandage, à la région préauriculaire, ne doit éire considérée que comme 
palliatif. 

5. Les affections de la cornée, de la conjonctive ou des voies lacrymales 
être soignées ; et la guérison de ces maladies fait disparaître le bléphai 
symplomatique ou le tressaillement des paupières. 

6. Si malgré tous ces traitements, on n 'obtient pas de bons résultats, on 
alors recours à la section sous-cutanée du nerf sus-orbitaire. Voici de quelle 
le professeur Nélaton la pratique : 

La peau du sourcil étant fortement tendue, le ténbtome est enfoncé sous la 
de dehors en dedans, vers le point d'émergence du nerf sus-orbitaire; pois, 
tournant le tranchant du côté de l'os, on incise profondément tous les tissas, 
que le périoste à la réunion du tiers interne du rebord orbitaire a?ec le tiers 
La plaie est ensuite fermée et comprimée légèrement. De Graefe et Nélatoa 
rapporté de nombreux cas de guérison. 

Tillaux(l) a obtenu un excellent résultat par cette opération, alors que toosi 
autres moyens sont restés sans résultat. 

Bibliographie. — Ch. Bell, Nervous system of the Human Body, appendice, p. 
London, 1830. — Uays (de Philadelphie), Med. Gaz., London, iS&l, p. 617. — Fi 
Essai sur ies convulsions idiopuihiques de la face. Bruxelles, 1843. — Graefe, JrdUi] 
Ophth., Bd. 1, Ablh. 1, p. 440, et Bd 4, Ablh. 2, p. 196. — Romberg, UkrhmkC 
Nervenkrankheiten des Menschen^ t. I, p. 350, 1853. — Donden, Ann, crocuiùt.jV< 
p. 236. — Mackenzie, Med. Chir. Transact, London 1857, vol. XL^ p. 175. — Niv«t| 
la contraction spasmodiquc du muscle orbiculaire [Bulletin de théf*apeut,, ocl, 1861). •* 
Kemak, Berliner klinische Wochenschrifl, 1864, n? 21 et 23. 

( 1 ) Observation. — B . . . , blanchisseuse, âgée de dix-sept ans, entra à l'hdpital Saint-UM 
le i7 avril 1872, atteinte de la contracture douloureuse du muscle orbiculaire dans lesta 
yeux formant le ptosis double spasmodique. La malade n*accuse point de photophobie. Vm 
traction des dents cariées et la faradisation n*ont donné aucune amélioration, la maladie,! 
contraire, s'était compliquée de l'entropion. Tillaux pratiqua alors la section des deux wâ 
sus-orbitaires par le procédé suivant : La malade fut endormie avec le chloroforme. Une pM 
tion fut faite à la peau à 1 centimètre de chaque côté de la ligne médiane et à 1 ceatifflèh 
au-dessus du sourcil. Un ténotome mousse introduit par cette piqûre fut porté horiioairil 
ment sous la peau jusqu'à 2 centimètres; puis la lame, tournée sur le frontal, incisa toutes I 
parties molles jusqu'à l'os. Â peine l'action du chloroforme eut-elle cessé, que la milli 
ouvrit les yeux sans le moindre eiïort. La guérison fut ainsi déÛiiitivement obtenue, na 
evee l'anesthésie des téguments dans lesquels se distribuent les deux nerfs sus-orbitaim 
(Buil. gén, de thérap.j 15 août 1872.) 



AFFECTIONS DOOLÛHREIISES DE LA aNQUlÈHE PAIRE. 95 

ARTICLE XXIV. 
AFFECTIONS DOULOUREUSES DE La CINQUIEME PAIRE. 

Diiralgies de la cinc]uiëine paire peuventse localiser dans dilTéreates par- 
l'œil OD de ses annexes. Les paupières et le sourcil, le Iront ei les tempes, 
M la moitié de la léte, sont sonvent le siège de ces névralgies. Pour mieux 
c compreudre la palbogënie, il importe de bien connaître la disposition ana- 
le de ce nerf. 

«■Mis da M«rr de hteln^BiAMie p«ir«. — Le nerf de la cinqulËme paire, 
lé de la racine seasitite et motrice, a son origine apparente sur le Ixh^ 
s de ta protubérance, mais il nait réellement, d'après Stilling, des corps 
mes. Ij racine seositive préside i la sensibilité des deais et de toutes les 
I de la face. 

bnnclies principales qui partent du ganglion de Casser sont : l'ophtbal- 
de Willis, la maxillaire supérieure et la maxillaire inférieure. 




FtG. 53. — Nerft profondi de l'orbite et {angli 



nerf ophthalmique de Willis se divise eo lacrymal, frontal et nasal. Ce der- 
inne des branches ciliaires et celles du ganglion ophthalmiqne (Og. 53). 



■trf (.ipiiqiic; i, nirt w 
. ^azlinu opbthalmrqna 



96 PAUPIÈKES ET .SOURCILS. 

Le nwxiiloi're supérieur envoie des filpts à la partie h plus externe de la paa 
pièrc su|H*rieurc, un fiIct tein)K)ro-n)olairc et un filet temporal. Plus loin, il duDOf 
les rameaux dentaires postérieur et antérieur, et, enfin, à sa sortie du trou sous- 
orhitaire, il se divise en un pinceau des filets nerveux qui s'anastomosent a^cc 
ceii\ du facial. Ces filets vont ii la conjonctive^ à la peau de la paupière iiifcrieunf. 
à l'aile du nez et k la lèvre supérieure. 

La troisième branche, le maxillaire inférieur, donne les branches temporale, 
profonde et moyenne, massétérine, buccale, ptérygoîdienne interne, auricolo- 
tem)u)rale, dentaire inférieure et nerf linguale. 

Les expériences de Magendie, de Claude Bernard et de Schiiï ont démoiitrv 
que de ce nerf dépendent la sensibilité de rœil, de ses annexes et de la face tnvi 
entière. 2Son irritation amènera Pexagération de la sensibilité ou des dôa leurs dav 
toutes les branches ou dans plusieurs d'entre elles. 

Deux variétés de névralgies faciales |>euvent se manifester : l'une, primitif e. 
liée ù uim inflammation ou k une irritatiim quelconque du nerf lui-même; l'autre, 
secondaire, con.sécutive à des aiïections de Tiris, de la cornée ou de la cliomïde. 
Les symptômes de l'une et de Tauire se r(*ssemblent d'une manière frappante, 
<'l lorsqu'on est appelé à examiner des malades atteints de ces névralgies, on doit 
s'enquérir s'il y existe ou non une inflammation dans une membrane quelconque 
de l'a'il. 

ftymptomatologie. — 1. Les doulcurs viennent, le plus souvent, par crises d 
s'exaspèrent .surtout le soir. Leur siège val sur la partie moyenne du sourcil, sur 
la paupière su|M'*rieure, la joue et l'aile du nez. A ini^surc que la maladie se dére* 
lop|>e, les douleurs deviennent plus vives et s'étendent au front, k la tempe, k U ] 
joue, et même k la moitié de la tète. Elles envahissent aussi les branches deniaim. 
2. Quelquefois les douleurs deviennent intermittentes; mais, le plus ordinaire- 
ment, elles ne sont que rémittentes, rarement continues. 

5. Le larmoiement, la photophobie et le .spasme de l'orbiculaire accompagncM 
souvent les névralgies. 
t^. La conjonctive est injectée, vasculaire. 

.*). Aussitôt que les dtiuleurs cessent^ l'œil reprend son aspect normal. 
G. La vue n'est tremblée que d'une manière |>assagére. L*ainaurose est rare, 
elle n'a été signalée que dans quelques cas exceptionnels, par exemple dans criai 
rap|M)r(é |>ar mon oncle, le docteur St' vérin (ialezowski (1), dans lequel les névral- 
gies et la |>erte de la \ ne étaient occasionnées par un fragment de cure-drni im- 
planté dans un ah éole dentaire. L'extraction de la dent cariée et du corps étranger 
a sufli [Miur rétablir la vue. 

7. Quelquefois elle se complique de |>aralysie de nerfs moteurs de l'œiL C*fft 
ainsi que le docteur Ausiin, de L(mdn*s (2), a observé une névralgie des trois 
branclieN de la cincpiième |)aire, a\(*c anesthésie de la face s'arrétant k la ligne mé- 
diane ; de plus, paralysie de la troisième |>aire et de la sixième, |)erte du goût dam 
la moitié de la langue, et |H*rte de l'odorat des deux côtés. Tout cela était dû k b 
syphilis. 

(1 s. Galr*zowski, Anh. y^n. tiv mé*l., t. X\1II, p. 2til. Paris. 1830. 
f*2) Aiittiii (de Londres), C/iViiV. Sw. u} h,wt.tu, 1871. 



AFFECTIONS DOULOUREUSES DE LA CINQUIËME PAIRE. 97 

Ëtlologle. ^ La cause des névralgies primitives est irès- obscure. On a admis 
des causes rbumalismales et arthritiques. La première parait être la plus probable, 
elle peut être occasionnée aussi par le froid et Thumidlté. 

Les blessures amènent aussi fréquemment ces névralgies, surtout si elles por- 
tent sur une des branches de la cinquième paire. 

La carie des dents molaires produit aussi cette espèce de névralgie, et, souvent, 
elle existe sans que les malades se plaignent du côté des dents. Un travail très • 
intéressant sur cette question a été lu en 1869 à l'Académie de médecine, par le 
docteur Delestre. Pour mon compte, j'ai rencontré un nombre assez considérable 
de névralgies occasionnées par les caries dentaires. Il arrive le plus souvent 
qu'on cteérve ces névralgies chez les individus qui ne souffrent point des dents, et 
chez lesquels des névralgies dentaires ont totalement cessé, et c'est à partir de ce 
moment que les névralgies péri-orbitaires sont très-persistantes. On trouvera des 
détails à ce sujet dans une thèse de doctorat du docteur Métras. 

Les altérations cérébriilcs, situées sur le pont de Varolc ou au voisinage du gan- 
glion de Casser, peuvent encore entraîner une aiïection de ce genre. 

Quelquefois la maladie provient de l'intoxication saturnine; et elle peut môme 
être accompagnée de rétiuite séreuse, comme cela est arrivé chez un malade de 
RL Raynaud, à Lariboisière (1). 

e dllfféreiitlel. — Le diagnostic doit être établi entre une névralgie 
ique et celle qui est occasionnée, soit par les affections du globe de l'oeil, 
mi par le zona ophthalmique. 

i. Les affections de la cornée et de l'iris sont faciles à constater; nous en parle- 
rons plus loin, quand nous nous occuperons de ces organes. 11 suffit de faire 
remarquer ici qu'on ne doit jamais négliger l'examen de l'état de l'œil lui-même 
avant de se prononcer sur la nature des névralgies. 

2. Le zona ophthalmique est aussi rare, et son diagnostic n'est point difficile à 
cause de-l'éruptioi) du front 

3. On doit examiner avec soin l'état des téguments des annexes de l'œil et celui 
des dents. Des cicatrices peuvent indiquer la cause traumatique du mal. Les deuls 
cariées aident aussi à faire découvrir la cause de la maladie. 

Yraicement. — 1. Le sulfate de quinine est un excellent moyen pour combattre 
névralgies. Je le prescris à la dose de 60 à 60 centigrammes, en une ou deux 



(1) Voici l'observa lion recueillie par M. Grissac, externe du service : 
OnERVATiON. — M. T..., âgé de quarante-six-ans, ancien cuisinier, entra à l*bôpilal 
Lariboisière, dans le service du docteur Raynaud, le 9 août 1873, pour des coliques satur- 
oines et une névralgie occupant le côté droit de la face accompagnée d'hyperesthésie dans le 
eûr cbevelu ainsi que dans le domaine de distribution de la cinquième paire. La pression des 
peiots suc-orbitaire, sous-orbi taire, malaire et buccal, déterminent à droite une douleur cxlrè- 
moneot vive. Il souffre aussi d'une dent cariée et de l'arthralgie occupant principalement 
lei genoux et les coudes. Appelé par le docteur Raynaud à examiner le malade, j'ai pu 
constater une amblyopie sensible de l'œil droit. A peine distingue-t-il les caractèrea n» 10; 
les couleurs foncées paraissent noires, ou offrent une teinte pâle dérivée de la primitive. Les 
demi-teintes rose, vert, jaune, sont- confondues avec la couleur blanclie. A Tophlbalmoscope, 
nous constatons que la pupille de ToeU droit est plus rouge que celle de l'œil gauche, ses 
contours sont mal définis à cause d*une suffusion séreuse, laiteuse, qui recouvre ses bords. Les 
Taisieauz sont engorgés et Ton perçoit une pulsation dans les veines. Le traitement dirigé 
contre les accidents saturnins, et consistant en bains sulfureux et 3 grammes d*iodurc de 
potassium par jour, amendent beaucoup l'état du malade. 

CALEZOWiXI. *l 



92 PAtFlfeft£$ ET SOUBaiS. 

sente par le docteur Gaillard, à la Pitié, sur an mahde atteint d*aB 
que, qui étiit pris pour la paralysie d'éle?ateor de paupière; ce ia' 
beaucoup de peine que le diagnostic de la maladie a pu èlre posé. V 
symptômes a senl pennis de constater une névralgie idiopaihiqne. 

5. Les caries dentaires peuvent donner lieu aux n^émes contracdoot 
diquos. On reconnaît cette forme en opérant une coropresakNit aoit dans le 
d'émergence du nerf sus- ou sotis-orbitaire, soit sur la dent cariée, eoit 
dentaire inférieur (de Graefe) au-dessous de Talvéole de la dernière 

B. Tressaillement des paupières. — Le tressaillement oa 
de la paupière se présente aussi à dos degrés variés, et devient queiqucMî 
déi^agréable pour les malades. 

A divers moments de la jonrnée, les malades ressentent un trimbicinct 
une des paupières, souvent si léger qu'il ne se manifeste même pas à !*( 

Dans d'autres cas, il est, au contraire* très-prononcé; la paupière ctt 
dun mouvement rapide. C'est un vrai tic, qu'on peut facilemem 
l'œil nu. 

L'instillation du collyre d'ésérine (calabarine) dans un ceil provoque cbes 
coup d'individus des contractions spasmodiques dans les diflèrentcs 
rorbiculaire. Ces contractions sont très-douioureuseSt mais ne dureat q«*i 
deux lR>ures et se dissipent sans aucun traitement. 

C. Clignement morbide. — Une troisième forme de spasme des 
est le clignement morbide (nictitatio). Le plus souvent les deux yeu: 
atteints; il se rencontre chez les sujets nerveux et hystériques. Le balfeemeal 
paupières dans la chorèe est rapide et souvent alternatif, les sourcib ae 
ou s*écartent, se relèvent ou s'abaissent. 

Éctoi«sie. — L'affection spasmodique des paupières peut être pravoqait 
des causes très-diverses. 

1. Un blépharoMpasme accompagné de contractions spasmodiques de lew 
muscU*H de la face est toujours dû I uneaflection idiopathique du nerflactal. 
le rencontre cbex les personnes hystériques et nerveuses, prèdispoeèei i 
névroses de toute sorte. 

2. Les affections du tube digestif peuvent quelquefoto provoquer nue 
spasmodique de la septième paire. Claude Bernard a démonUnè la comi 



(1) OB&KavATioii. — M. G..., êfé de dii(|iMiiU-€inq ans, ileoMmmiit à INbhi {i 
Nord), ^int me coaralter le 7 man 1873 pour un ulcère de la eoniée droite et eu lia«Mn< 
loiireux de U fcce dont il fouffnit depuis le ntoit de tepCembre 1871. Des eeulnelisuB étfî 
niques de toute la fece et des paupières de l'ail droit élaient icrowpsf éas 
violentes, et qui t*afgravaient pendant la maitieatîon et quand il parlait. Les meclJsus In 
dermi(|urs de morphine, le bromure de potassium et le chloral administré i l'InlérieBr ■< 
rien produit J*ai examiné les dents du malade et je les ai trouvées rccouverlas d'vea 
trés-épaisse de tartre, surtout les molairea de la mâchoire inférieure; elles élaieal 
lorf qu'on les touchait avec une sonde. U éuit éf ide..t pour moi que le spasoa de la 
des paupières était dû i Tétat des denU. ce qui a été aussi conOrroé par le profiMiaur 
auquel j'avais adressé le malade. Sur notre invitation, le dentiste Pi'eterre amehe lai 
sage »ie de la mâchoire supérieure droite, et lui nettoya toutes les autres, le 12 
inéiue toir les douleurs commencèrent à diminuer, et le ià elles avaient MMé ainsi fae la 
spanme. L'ulcère coruéen s'améliora rapidement, et il put partir ches lui prsaqea cea^llli>i 
meut guéri, comme cela t pu être cooslalé par mes confrères Fenuindes, Eoha et * ' 




DEUXIEME PARTIE 

«neAHBS SÉCBËTEIIB8 ET BXCRÉTEVB8 DES LABHES 



SECTION PREMIERE 

GUNDE LACRYMALE 



CHAPITRE PREMIER 

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE 

AMUAsale. — a. Structure. — La glande lacrymale est composée de deux parties, 
l'une orbitaire et l'autre palpàhrak. Elle est lobulée et appartient  la classe des 
glaudea en grappe. 

La fortion orbitaire (fig. SA) a le vo- 
lume d'une petite amande. Elle est située 
dut la foEseile que l'on trouve ii l'angle 
eilerne du frontal, dont elle n'est séparée 
fw par le périoste. Son bord antérieur est 
uché derrière la portion externe de l'ar- 
cade orbitaire, dont il est distant de 3 â 
i millimétrés. Sa face inférieure repose sur 
l'élévateur de la paupière et sur le muscle 
droit externe. Les conduits eicréleurs, au 
Bombre de trois à cinq, d'après Sappey, 
s'ouvrent dans la partie externe du sinus 
conjonctival supérieur. 

La portion palprbrale est d'une fornie 

aplatie; elle est située dans l'épaisseur de 

la paupière supérieure, et se trouve séparée de la portion orbitaire par le releveur 
de la paupière. Sa face inférieure correspond au feuillet de l'aponévrose orbitaire au 
poinl où celle-ci se réQéchit vers le globe de l'œil, au voisinage du tendon du muscle 
droit externe. Par son bord postérieur elle se continue sans ligne de démarcation 
avec la portion orbitaire. D'après Gosselin et Tillaux (1) ses canauv excréteurs ne 
communiquent pas avec ceux de la portion orbitaire et s'ouvrent également dans le 
cul-de-sac conjonctival supérieur. Selon Sappey, au contraire, les conduits émanés 
des lobules de la portion palpébrale s'ouvrent constamment dans les conduits qui 
naissent de la portion orbitaii-e. 

b. Si'iHrpositwn d<:s ptiiiis. — D'après Beoj. Anger (2), les couchw qui re- 
couvrent la glande sont les suivantes : 1° la peau; 2° le tissu cellulaire sous- 
aitané trés-liclie et contenant peu de graisse; 3° l'aponévrose de la paupière supé- 
rieure qui s'attache â l'os, comme l'a démontré Itichet. La glande apparaît ensuite 
entourée d'une grande quantité de graisse, 

.-, Viiînsruiu:. — L'artère oplithalmique envoie une branche considérable i la 
glaade lacrymale. 




100 GLANDE LACRYMALE. 

d. Nerfs. — Les nerfs proviennent : 4® du trijumeau, par le rameau lacrymal de 
la branche ophthalmîque de Willis et par le filet lacrymal du rameau orbitaire du nerf 
maxillaire supérieur; 2" du grand sympathique, par les filets qui accompagnent Tar- 
ière lacrymale. Curie et Swan pensent que le nerf pathétique donne quelques filtts 
moteurs à la glande. J. 6. Béraud (1) a trouvé en outre un filet nerveux qui part da 
ganglion opbthalmique, se joint à Tarière lacrymale, et la suit jusque dans la glande 
où il se distribue. 

Physiologie. — La glande lacrymale sécrète les larmes qui sont transportées sur 
la surface antérieure du globe par le clignement des paupières. Cette sécrétion est 
influencée par le nerf trijumeau et le grand sympathique. 

Longet a constaté la diminution de cette sécrétion^ mais non sa suppression com- 
plète, après la section du nerf trijumeau. D'autre part, les expériences de Claude 
Bernard (3) ont démontré qu'à la suite de la section de la cinquième paire, la glande 
lacrymale sécrète moins, mais en même temps il y a augmentation de la aécrétîoB 
des glandes de Meibomius. 

Dans l'état ordinaire, la sécrétion est peu abondante *, elle est même ralentie 
pendant le sommeil. Mais, sous Tinfluence d'une irritation quelconque, physique oa 
morale, elle augmente sensiblement. 

Les émotions morales, telles que la joie ou la tristesse, de même que les douleurs 
oculaires très- vives et une forte impression de la lumière sur Tœil, augmentent la 
sécrétion lacrymale. 

M. Lerch, à la suite d'expériences faites sur les larmes recueillies par Arlt, chei 
un jeune homme atteint de fistule, leur a trouvé la composition suivante : 

Eau 98,223 

Chlorure de sodium. 1,257 

Albumine ; 0,504 

t^arties salines 0,016 

Matières grasses des traces. 

Total 100,000 

llobin y a constaté la présence des phosphates de chaux et de soude. Mes propres 
recherches m'ont permis de constater très- souvent Talcalinité des larmes très-pro- 
noncée, et il n'y a pas de doute que la composition de ce liquide varie suivant les indi* 
vidus, les constitutions et les dyscrasies. 

En comparant toutes ces notions physiologiques et expérimentales avec les faits 
pathologiques, nous arrivons a cette conclusion que les larmes ne servent point h la 
lubrifaclion de l'œil, mais plutôt elles constituent un liquide de réserve qui est 
destiné à humecter cet organe, pendant qu'il est irrité par la présence d'un corpi 
étranger ou par toute autre cause accidentelle. L'extirpation de la glande lacrpnate 
n'empêche pas l'œil de rester lubritié et humide, et cette lubrifaction appartient aox 
glandes du cul-de-sac conjooctival et aux glandes de Meibomius. 

BiBUOGRAPBiE. — HjtU, Handbuch der topogr, Anat, Wien, 1847, p. 123-130. — 
Henle, Handbuch der Anatomie, t. 1, p. 139 ; et t. H, p. 705. — Sappey, Traité danatomk 
descriptive. Paris, 1872. 

(1) Béraud, Compt. rend, de la Soc. de bioi.^ 1858, avril, p. 60. 

(2) Claude Bernard, Lnçons sur la physiologie et la pathologie du systètne ncrveuJCf 
1858, t. Il, p. 93. 



INFLAMMATION DE LA GLANDE LACRYMALE. 101 

CHAPITRE n 

MODE D'EXPLORATION 

La région qu'occupe la glande lacrymale ne permet pas de Texplorer directe- 
ment à Tétat physiologique ; mais les moindres altérations dans sa structure font 
immédiatement augmenter son volume, et alors, ne pouvant plus se loger dans la 
fiDsselte qu'elle occupe, elle se porte en avant, dépasse le bord orbitaire, et se 
laiaM facilement reconnaître par la palpation. 

Poor examiner la glande lacrymale, on explorera la région qu'elle occupe en 
[WOiiiebaDt le pouce sur la paupière supérieure^ tout le long du bord orbitaire su* 
périear externe. Si Ton y rencontre une saillie elle sera due, selon toute pro- 
Mbiiilé, à l'affection de la glande. 

On renversera ensuite la paupière supérieure, et, pendant que le malade regar- 
ien en bas, on examinera attentivement les orifices des canaux excréteurs, et l'on 
recherchera s'ils sont ouverts ou fermés, élargis, etc. 

Pour juger de la nature de la sécrétion, de l'acidité ou de l'alcalinité des larmes, 
je ipe sers habituellement d*un papier de tournesol^ que j'introduis entre les pau« 
pières. Les papiers albumineux décèlent la présence de l'iode. D'autres réactifs 
peoTent être employés dans le but de reconnaître la composition morbide des 
larmes. 



CHAPITRE ni 

PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 

Les maladies de la glande lacrymale sont en général très-rares. Voici la classiG* 
atîoo de ces affections : 

1» InOammation de la glande lacrymale (dacryadénite) . j rk^Q-Qu^ 

• ( Adénomes. 

7? Tumeur de la glande lacrymale < Cancer. 

(Kystes lacrymaux (daeryopt). 

ÎÉpiphora. 
Xérome. 
L^irmes sanguinolentes. 



ARTICLE PRECHER 

INFLAMMATION DE LA GLANDE LACRYMALE (OAGRYAOflNtTE) 

Nous distinguons, avec Mackeiisie, deux variétés d^inflammation de la glande 
icryroale : inflammation de la portion palpébrale et de la portion orbitaire. 

A. Dacryadénite palpébrale. — Celte affection se présente sous une forme 
lîgiié; c'est une inflammation d^uneou plusieurs glandules de la portion palpébrale. 

— 1. L*aflection débute subitement; elle esV u^tXfctv&fe^ 



102 GLANDE LACRYMALE. 

par une douleur très-vive, lancinante, siégeant à Fangle externe de Tœil^ et qui 
s'aggrave à chaque mouveraenl des paupières. En appuyant avec le doigt sur il 
paupière supérieure à l'angle externe, on provoque une douleur lancinante. 

2. La paupière supérieure se gonfle d'une manière très-notable, surtout à son 
angle externe ; elle est rouge^ souvent même d'un rouge violacé. Son volume est 
tellement augmenté, qu'à une simple inspection on pourrait croire à TexisteDce 
d'une ophthalmie purulente. 

3. Le globe de l'œil, la conjonctive oculaire et palpébrale, ne sont pas très- 
sensiblcmcnt enflammés; il se manifeste une légère irritation de ces membranes; 
mais du côté de l'angle externe de l'œil on voit sortir un fort bourrelet cbémo- 
sique^ qui s'avance jusqu'au bord de la cornée et fait souvent entre les paupières 
une saillie tellement prononcée que j'ai dû l'exciser. 

&. Au toucher, la paupière est très-sensible, et le malade est aux prises avec 
des douleurs péri-orbitaires très-violentes. 

5. Dans l'espace de trois ou quatre jours, une ou plusieurs des glanduies con- 
glomérées s'enflamment, se remplissent de pus, et font saillie à la surface con- 
jonctivale. Par la pression, et même par une simple tentative de renversement de 
la paupière^ on fait jaillir une certaine quantité de pus; dans d'autres cas, lei 
douleurs cessent spontanément, le pus s'écoule d'entre les paupières, et l'œdème 
disparaît. 

6. Au bout de huit ou dix jours, il apparaît à l'angle externe une tumeur dm^ 
consistante, mal délimitée, et qui se confond avec le rebord orbitaire : c'est h 
glande enflammée. 

Marche, durée, terminaison. — De même que son début, l'évolution de 
cette maladie est très-rapide ; dans l'espace de cinq à six jours, l'inflammation 
arrive à son summum d'intensité, puis arrive la résolution complète. On peut dire 
que la guérison est la règle générale. 

Diagnostic diiTérentiei. — Il serait facile de confondre cette affection avec 
une conjonctivite catarrhale ou leucorrhéique des jeunes filles, et même avec une 
conjonctivite purulente, si le début et la marche rapide de cette maladie, de même 
que l'absence de toute con)plication séreuse du côté de la conjonctive, ne rendaient 
presque impossible une erreur de diagnostic. La sensibilité exagérée à l'angle ex- 
terne de l'œil et une saillie plus prononcée de ce côté, de même qu'une inOltration 
séreuse dans la conjonctive ou la paupière tout entière, compléteront le diagnostic. 

Étloio^e. — Le plus souvent la cause de la maladie est constitutionnelle, 
lymphatique, strumeuseou scrofulcuse; aussi la rencontre-t-on surtout chez les 
enfants. J'ai vu aussi des personnes adultes présenter l'inflammation des glanduies 
conglomérées. Mackensie l'a vue survenir à la suite d'un coup de pierre. Le docteur 
Ghâlons (1) a rapporté un cas d'altération de la glande lacrymale due à la syphilis. 

Traitement. — Des fomentations chaudes et des cataplasmes de mie de pain 
et de lait, ou de fécule de riz, tièdes, appliqués deux fois par jour sur l'œil, pendant 
une heure chaque fois, amènent le plus souvent la guérison de la maladie. 

Lorsque le gonflement est considérable, et qu'un chémosis soulève la conjonc- 
tive bulbaire et empêche les paupières de se fermer, je n'hésite pas à appliquer 

(\) Cbâions, Adenifia /nrrymniis xi/phtiitira (Prru^'i. Vereins Z^itung, n** 42, 1859). 



INFLAMMATlOtN OB LA GLANDE LACRYMALE. 103 

huit OU dix sangsues à la région préaaricalaire, et je pratique de larges excisions 
sur la coujonctive boursouflée. Les fomentations suivantes sont aussi employées 
aTec succès (1} : 

^Oljcérine 50 grammes. | Suc de belladone 15 grammes. 

(dunifes et préparez le gljcérolé), 

B. Daeryadénite orbitaire chronique. — Par suite de l'espace limité 
qu'elle occupe, Finflammàtion de cette partie de la glande lacrymale tend à 
repousser les parties voisines et Toeil loi-même en avant. 

Sjaiptoauitoiogie. — 1. L'aRection débote lentement par une légère tumé- 
fM:tioD de la paupière et un engorgement des vaisseaux conjonctivaux partant de 
l'angle externe. Au bout de quelque temps il y a un ptosis. 

3. Par la palpalion on sent un corps arrondi, élastique, un peu mollasse^ 
dépassant le rebord orbitaire à Tangle externe de rœil. C'est la glande qui fait 
saillie. 

9. En soulevant la paupière et pendant que le malade porte son œil en dedans, 
on aperçoit à Tangle externe une légère saillie lobulée. 

à. La conjonctive devient de plus en plus rouge, et il se produit un engorge- 
ment chronique des gros vaisseaux conjonctivaux qui se dirigent vers le muscle 
droit externe. Souvent il se forme un chémosis intense. 

5. L'œil, constamment larmoyaut, est sensible à la lumière. La température de 
cet organe est élevée, ce dont on peut s'assurer au moyen d'un petit thermomètre 
q>ccial que j*ai fait construire à cet effet, 

6. Ses mouvements sont un peu gênés, et le malade éprouve une sensation de 
plénitude et de tension dans Torbite. Quelquefois des douleurs sourdes circum- 
ort>itaires surviennent par crises. 

7. La tumeur, augmentant successivement de volume, chasse en partie l'œil de 
l'orbite, et il y a un exophthalmos marqué. 

8. Par DQoments tous ces symptômes s'aggravent et des crises inflammatoires 
soba^uês se manifestent, surtout si Tinflammation se communique à la portion 
palpébrale. J'ai observé, chez un de mes malades, plusieurs crises de ce genre. Il 
y a quelquefois un chémosis séreux. 

9. Heynes, "Walton et Heymann n'ont pas vu de changement dans la sécrétion. 
Selon Todel» la composition des larmes change sensiblement ; elles deviennent 
kres et irritantes, ce qui explique la prédisposition dû l'cpil i des inflammations 
continuelles. 

10. Cette affection, de tràs-longue durée, est sujette à des inflammations sub- 
aignês qui se dissipent; un engorgement et une hypertrophie simple de cette glande 
en sont ordinairement la conséquence, 

Éitoiogie. — La cause de cette affection est le plus souvent diathésique, scro- 
fuleuse, tuberculeuse et quelquefois syphilitique. Rarement elle est due à un 

(1) Observation. — Un fait analogue s'est présenté dernièrement à mon olnervatiiia: 
j'ai dû exciser les plis de la conjonctive, laquelle, une (bis infiltrée, se omvrftif ^ 
«^uirparables aux croûtes dipbthéritiques. Ce traitement» eonldilé ffM Vmf^ 
«ues et l'atropine, amena la guérison au bOAit ^ dix j^nri^ 



{0'4 GLANDE LACRYMALE. 

refroidissement ou à la propagation du mal des parties voisines. Les auteurs Toat 
observée surtout chez les enfants et les jeunes personnes; je Fai vue, avec le doe* 
teur E. Baribez, chez un sujet âgé de quarante ans, et qui est mort quelques années 
plus tard à la suite d'une méningite tuberculeuse. 

Terminaison. — Le plus souvent la terminaison est fâcheuse, et après plu- 
sieurs années la glande finit par s*hyperirophier. Quelquefois, à la suite des attaqua 
inflammatoires subaiguês, la suppuration se déclare ^ le pus se fraye un passage 
à travers la peau, et il survient une fistule de la glande lacrymale qui peut quelqa^ 
fois persister. C*est une fistule lacrymale vraie ou dacryops fUtuleux des auteon, 
qui peut aussi se produire à la suite d*un traumatisme. 

Traitement. — Il doit être Surtout dirigé contre Tétat constitutionnel scro- 
fuleux, lymphatique ou syphilitique. C'est pour cela qu'on doit prescrire l'os^ 
des sirops antiscrofuleux, sirop de brou de noix, ou antiscorbutique iodé, huile de 
foie de morue, etc. Le régime sera tonique, substantiel, nutritif, fortifiant L'air ' 
de la campagne et le séjour au bord de la mer seront d'une grande utilité. Locafe* 
ment, on fera matin et soir des frictions sur le front et la tempe avec l'ongoeat 
mercuriel belladone ; on appliquera des sangsues à la tempe, et Ton badigeonnen 
la région périorbitaire avec de la teinture d'iode. 

Bibliographie. — Schmidt, Die Krankheiten des Traenen Organe. Wien, 1803, p. 153. 

— Todd, Dublin Hospital Reports, vol. III, 'p. 408, 1822. — David^ Med. Gaz,^ toI. 10, 
p. 523^ 1829. — Velpeau, Nouveaux éléments de médecine opératoire, Paris, 1839, p. 373. 

— Anderson, Edinburgh Montlhy Journ, ofMed, Se, et Ann, dtoculist,^ t. XIX, 1848, 
p. 243. — Jarjavay, Gaz, des hôpit., 1854, n** 324. — Ghâlons^ Adenitis lacrymalis tf- 
philitica in Med. Zeitung des Vereins f. Heilkunde in Preussen, n? 42, 1859. — Galezowski| 
Recueil (tophthafmologie, 2« série, Paris, 1873. 



ARTICLE IL 

TDMECRS SOLIDES DE LA GLANDE LACRYMALE. 

Les tumeurs solides de la glande lacrymale sont de diverses espèces. Nous ks 
divisons en quatre classes : a, tumeur hypertrophique ou adénome; b. chloroma; 
c. myxome; d. carcinomes; e, cancers de la glande. 

Â. Adénome ou hypertrophie. — Cette aiïection est très-rare, on n'en 
connaît jusqu'à présent que neuf cas, dont huit se trouvent analysés dans le travail 
de Polaillon (1), le neuvième a été publié par Becker (de Vienne) (2). 

Amitomie pathologique. — Les premières recherches microscopiques faites 
par Gluge (3), dans le cas de Cunier, d'hypertrophie congénitale de la glande, ont 
démontré que la substance du la glande était constituée par des granulations en« 
(ourées par des vésicules glandulaires. La structure des vésicules agglomérées était 
normale, mais leur volume était augmenté. Ses canaux étaient très-di&tendus et 
présentaient un diamètre de 2 à 6 millimètres, et souvent avec des dilatations en 
forme d'ampoules. Leurs parois étaient épaisses. Des altérations analogues ont été 

(i) Polaillon, Diction, encyclop. des se, méd, Paris, 1868, 2* sér., t. I, p. 35. 

(2) Becker, Augenklinik der Wiener Universitàt, v. Tetzer, Rydeln Becker, Wieo, 1867, 
p. 162. 

(3) Gluge, Hypertrophie congénitale de la glande lacrymale et de ses canaux excréteurs 
{Ann. d'oadist., 30 avril 1850, t. XXIII, p. 146). 



TUMEURS SOUDES DE LA GLANDE LACRYMALE. 105 

Doostatées dans hs cas de Gbassaignac (1), tandis que l'adénome de Becker élait 
impliqué d*ane production colloïde. 

B. Chloroma ou tameur flbro-plastique. — Cette affection est caracté- 
risée par la transformation de la glande en une substance verte ; ordinairement 
:ette tumeor n*est pas seulement limitée à la glande, mais elle envahit successive- 
noent les parois de Torbite, la dure-mére crânienne et quelquefois même se géné- 
ralise dans Téconomie. Elle a été observée par Paget, Burns, lYilliam et autres. 
La marche de Taffection est très- rapide, et il résulte des observations publiées 
par ces auteurs que quelques mois ont souvent suflB pour amener la mort 

La couleur Terte qu'affectent ces tumeurs a attiré l'attention de Vogel et de 
Lebert, et ils l'attribuent à un principe tout particulier qui leur est propre. Les 
autres éléments de cette tumeur sont les mêmes que ceux des tumeurs fibro* 
plastiques. La teinte verte de ces tumeurs provient, selon Robin, de l'bématosine 
do sang épanché ou stagnant dans les capillaires oblitérés. 

C. Myxomes ou tumeurs embryoplastiques. — Un seul fait de ce genre 
a été rapporté par Sauterean (2), il s'agissait d'une tumeur qui a été opérée par le 
processeur Ricbet à sa clinique, et analysé au microscope par Legros. J'ai eu 
l'occasioD d'observer cette malade avant et après l'opération, et j'ai pu constater 
Vintégrité parfaite des membranes internes et la mobilité complète du globe qui 
était sensiblement refoulé en bas et en dedans. 

D. Cancer. — Les tumeurs cancéreuses de différente nature prennent rarement 
naissance dans cet organe. Cloquet (3) et Knapp (U) ont rapporté chacun des foits 
de ce genre. Cloquet a dû faire deux fois l'extirpation par suite de récidive. La 
nie se rétablit et l'ceil ne perdit pas sa lubrilaction. 

Le plus souvent la d^énérescence cancéreuse de cette glande est secondaire ; 

(i) Observation. — La tumeur que Chassaignac (*) extirpa à une malade âgée de vingt- 
lii ans était une hypertrophie acquise de la glande lacrymale. Elle afail 35 millimétrés de 
longueur sur 2 centimètres de largeur. Sur une coupe fraîche, Lebert constata la structure 
des glandes en grappe. A Taide d*un faible grossissement^ on voyait ces culs -de-sac allongés 
réonit en grappes et lobules : ils avaient de 1 1/2 et 1/2 millimètre de largeur. La face 
iirtenie présentait un grand nombre de noyaux d'épithélium de i/200^ de millimètre, renfer- 
nant un ou deux nucléoles punctiformes. C'était^ selon Lebert {**), une hypertrophie de la 
glande lacrymale. 

(2) Obsertàtion. — G..., âgé de soixante-trois ans, fut opéré à la clinique de la Faculté 
ëe Paria par le professeur Richet, en mai 1869, pour une tumeur de la glande lacrymale. — 
Exopbthalmie depuis quatre ans, avec quelques douleurs sourdes. A travers la paupière 
nipérieure et au-dessus du globe, on sent des petits lobules mollasses. L'extirpation s*cst 
Cûte tellement, la tumeur était solide et bien circonscrite, et enveloppée d'une membrane 
fibreuse. — Examen microscopique : La tumeur, d'aspect gélatineux, donne dans une coupe 
des éléments du tissu lamiueux embryonnaire (noyaux, corps fusiforroes, corps étoiles). La 
plupart des éléments sont transparents, d'autres sont légèrement granuleux. Selon Legros, 
c'était une tumeur embryoplastique ou myxome. Dans la portion périphérique de cette tumeur 
Legros trouva des culs-de-sac glandulaires plus ou moins altérés au milieu des autres 
élÉnents propres de la glande lacrymale. 

(3) Cloquet, Arch. génér. de méd,, 3« sér., t. VU, p. 90. 
(&) Knapp, Klinische Monatsbl., 1865, p. 378. 

n ChMMiçnM, Bull, de In Soc. de chir., 32 net. 1851. 

(*•) DevoMirea, Traité de* malattiet de$ yeux^ 18.'>^, t. I, p, 966. — I.el»^rt, Anntomie )tathoUtyit/ue gènrmW 
*t ip^hlf, Paris, 1855, t. I, p. lOi et pi. XII. 



106 GLANDE LACRYMALE. 

développée primitivement dans d'autres parties de Torbite ou dans le globe di; 
l*œil, elle envahit ensuite la glande lacrymale. 

S7inptoinatoio|(ie« — 1. Les tumeurs solides de la glande lacrymale, en l'ao»] 
croissant, se portent de plus en plus en arrière dans l*orbite, et le premier pUsoti 
mène que Ton remarque, c*esl la projection de l'œil en avant. Elle est qoelqueCÉ* 
tellement prononcée que l'œil se luxe et sort hors de l'orbite. 

2. La paupière supérieure est gonOée, distendue; à sa partie externe apptrdl 
une saillie plus ou moins prononcée. 

3. L'œil est larmoyant, rougc^ injecté. 

6. Le malade voit double, et le strabisme est divergent Pourtant Tœil conserfi 
pondant très-longtemps tous ses mouvements. , 

5. Si la glande continue à s'accroître, elle tend à envahir l'orbite, et il y a 
une compression de tous les nerfs de l'œil ; la nutrition du globe est compromiRi 
la cornée s'ulcère et se perfore, et il y a pour l'organe danger de destruction. 

6. A cette époque, la vue s'obscurcit et se perd, et l'examen ophthalmoscoj 
permet de constater la névrite optique. 

DlagnoBtie différentiel. — En premier lieu, on doit s'assurer si Texoph 
mos est dû à une affection néoplastique venant du fond de l'orbite ou de la 
lacrymale, et en second lieu déterminer la nature de la tumeur. 

Lorsque la maladie commence dans le fond de l'orbite, la vue se trouble dès le 
début, et il y a névrite optique; l'exophthalmos se développe consécutivemeot. 
La paupière supérieure ne présente ni saillie ni gonflement. 

Si l'on observe une augmentation du volume de la glande lacrymale, on dÉ 
penser à une dacryadénile chronique et à une hypertrophie simple ; dans Fi 
comme dans l'autre cas, la marche de la maladie est trèS'lenle et le trouble v 
peu marqué. 

Les kystes peuvent être reconnus par les signes que nous indiquerons dans ^l^ 
ticle suivant. 

Traitement. — AU début de la maladie, on doit chercher à la combattre fiij 
le traitement interne ioduré, en supposant une cause syphilitique ou scrofoleiM^ 

Si, malgré cette médication, l'hypertrophie s'établit, et si les désordres etTîniT 
tation de l'œil persistent, on sera forcé de recourir à l'extirpatioo de la glaiidi 
lacrymale. P. Bernard (1)est le premier qui, en 1847, ait pratiqué cette opératiÉ 
pour la fistule lacrymale. 

Voici les deux procédés o|)ératoires appliqués à l'extirpation de la glande lacrj" 
mate. 

Procédé de Velpeau, — On divise la commissure externe des paupières Cl 
prolongeant l'incision vers la tempe. Les bords de la plaie étant écartés, ou cberchi 
à attirer la tumeur et l'on fait son énucication; puis on réunit les deux bords de II 
plaie au moyen d'une suture. Cette méthode est surtout applicable aux tumeun 
volumineuses. 

Procédé de I/alpin, — Le sourcil est rasé et la paupière supérieure est forte- 
ment attirée en bas jusqu'à ce que le sourcil descende au-dessous du bord orbî- 
taire. C'est à ce moment qu'on pratique une incision à partir du sourcil jusqu'i 

(l; Bernard, Ami, tronthst., t. X, p. 193. 



fam 



KYSTES DE LA GLANDE LACRYMALE. 107 

hcominissurc externe. L*incision comprend la peau, le tissa cellulaire sous-jacent, 
IMiculaire, l'aponévrose oculo-palpébrale, qui est ici très-résistante, et l'on arrive 
khoouciie cellulo-adipeuse qui recouvre la glande. Le lambeau palpébral est 
Iméqoé en bas, puis on passe une ligature autour de la glande que l'on cherche 
kébîgner de l'orbite en faisant son énucléation, soit avec les doigts, soit avec le 
■mdie du scalpel. La suture réunit les bords de la plaie. 

Bibliographie. — Paget, Lectures on Tumours, lect. V, part. 2; Med. Gaz., voL XLYIII^ 
J. 177. — Mackensie, Traité des maladies des yeux, t. I, p. 122. — Burns, Surgical Ana- 

ty of ihe Head and Seck, Glascow, 1824, p. 385. — Torheal (jeune), Von Ammnn*s kii- 
ke Darstellungen, vol. H, p. 27. Berlin, 1838. — Lawrence, Treatise on ihe Diseasex 
the Elfes, London, 1841, p. 798. — Giuge, Atlas der patholog. Anat. Zweiter Theil, 
iDf, tabl. m, lena, 1850. — Cloquet, Arch, génér. de méd., 2" sér., l. VII, p. 90. 
-Kiog, Monthly Journ. of Med, Sc.^ 1853, p. 798. — Landberg, Glande lacrymale 
{Ann. d'oculist., t. XXII. 4« sér., 1849, p. 237). — Haynes Wallon, Med. 
and Gaz., 1854, p. 317. — Hcymann, Archiv f. Ophth., Btl. VU, Ablh. I, p. 143. 
-> Giade, Archiv f. Ophth., t. lY, Ablh. II, p. 259 et t. VIII, Ablh. I, p. 279. — Bowmann, 
pKA. Hosp. Rep„ t. I, p. 288. — Gluge, Ann. d'oculisi., t. XXXIII, p. 145. — Fano, 
Its. des Hépit., 1862, n* 133. — Knapp, Klin. Monatsbl., 1865, p. 378. — Mackensie, 
pkth. Review, janv. 1865, n® 4, p. 333. — Sautereau, Étude sur les tumeurs de la glande 
lOfmale, Thèse de Paris, 1870. 

AllTICLE m 
KYSTES DE LA GLANDE LACRYMALE (DACRYOPS) 

Leg kystes se développent rarement dans la glande lacrymale ; ils se forment 
idinairement aux dépens des vésicules de celte glande qui se distendent considé- 
Élément 

Syvptomatoioi^e. — C'est une tumcur fluctuante, qui atteint la grosseur 
'oœ petite noix et même d'un œuf de pigeon. Faisant saillie à la partie supérieure 
î la paupière, le kyste se porte tout entier en avant. Lorsqu'on renverse la 
mpîère, on constate une saillie presque transparente et fluctuante. A sa surface 
I au voisinage, on aperçoit deux ou trois petits orifices qui soni ceux des conduits 
créteors de la glande. 

Ces kystes se portent rarement vers l'intérieur de l'orbite, qu'ils soient déve- 
ipés aux dépens de la portion orbitaire ou palpébrale de la glande. Habituellement 
[ les voit faire saillie du côté de la paupière supérieure. . 
En exposant l'œil malade à l'action des rayons solaires, on peut faire sortir par 
(petits orifices de la glande un liquide aqueux et transparent. Comme cela avait 
h démontré par Broca. 

La ponction exploratrice, pratiquée au moyen d'un petit trocart filiforme, fait 
rtir le liquide transparent qui n'est autre que les larmes; ce que Réveil a con- 
ité, par l'analyse chimique, dans le cas publié par Broca (1). Immédiatement 
rès celte ponction, le kyste s'affaisse, mais il ne manque pas de se reproduire au 
wl d'un temps relalivement très-court. 

Éttoioçie. — Ces kystes sont formés dans une des vésicules de la glande con- 
omérée lacrymale et proviennent le plus souvent, d'après Broca, de l'obstruction 

(1^ lîroca, I'}iïo,i jmd.j avril 1861, p. 159. 



108 GLANDE LACRYMALE. 

d'un de ses conduits. Scbmidt et Jones ont vu des kystes hydatiqaes se dé?do|i|Nr 
dans la glande lacrymale. 

Quelquefois ces kystes lacrymaux s'ouvrent spontanément à traTcn la petit 
cette ouverture reste aloi-s presque toujours fistuleuse et constitue le daoyipi 
lisluleux de Bowman. 

Traitement. — Pour la guérison de ces kystes, deux méthodes peaveot lut 
préconisées : Textirpation et l'établissement d'un orifice artificiel. 

L'extirpation doit être pratiquée, selon les procédés que nous avons indiqril 
plus haut, en fendant préalablement la commissure externe de l'œil. H n'est ps 
toujours |)ossiblc d'enlever le kyste tout entier, surtout s'il est multiple et connilii 
par des hydatides, comme dans le cas de Jones. On se contente alors d'extirper h 
partie antérieure, et on laisse suppurer la paroi postérieure. 

De Graefe propose d'établir une ouverture en passant un fil à IraTora l'i 
naturel de la glande et le faisant sortir 5 travers la paroi interne du kj-ste. Le 
étant lié, il s'établit une fistule, et plus tard on peut même couper le petit 
qui en résulte. Nous pensons qu'il est difficile d'obtenir un résultat favorable fm 
l'emploi de ce procédé. 

L'extirpation de la glande lacrymale peut être pratiquée dans le cas des fistris 
qui accompagnent quelquefois les kystes ou les blessures de cette glande. Cctt 
ainsi que de Graefe a été obligé, dans un cas, d'enlever la glande lacrymale d^ 
mém<\ Dowmann procède autrement, il pratique d'abord une ouverture artifiddi 
du cùté de la conjonctive au moyen d'un séton filiforme; après quoi il ièroie Toffiiai 
cutané. 

Szokalski 1) a proposé de lier en masse les conduits excréteurs de la 
dans le but de provoquer l'atrophie de la glande; mais, à mon avis, cette opénte 
doit oiïrir de nombreuses difficultés et son succ4*s est incertain. 

UiuLioGRAi'HiF.. — Schmidt, l'rUr Die Krankheihn tin- Tfflnenorgnnx, p. 63. Wii^ 
iHU'.i. — Bcer, b'hr*' row //*•;• Aut/fn Krank/ifiten, vol. II, p. 597. Wien, 1817- -^ laian 
WuUon, M^i/. Tinies awl (inz,, n« 196, 1854, p. 310. — Broca, Vtwm m^/., avril I8SI« 
p. lôO. — Jarjavay, Mnn, dt: In i>oc. du c/tir,, l. III, p. 501, 1853, et Gaz. des h'tpiLt ttM, 
ii« ILM. >- B^rard, Ann. tVijridist,^ l. XII, p. 259. —Jones, Brii. MetL Jonrn , iSil, 
p. «7.-). — Hulkc, 0/*/i///. H'Kp. Hfp,, 1857-59, vol. I, p. 285. ~ Bowman, Ophth,^ Bû^ 
lU'p., ibid . p, 286. — Graefe^ Atrhiv /. Ophth., 1861, Bd. VHI, Ablh. I, p. 279. 



ARTICLE IV 

ALTÉRATIONS DE LA SÉCRÉTION 



ri 



( 



( 



La sécrétion de la glande lacrymale n*est jamais constante ni bien détenniaéc; 
lie varie sK'Ion les individus et les conditions physiologiques ou patlmlogiqucs de 
rorgunisme et de Fœil. Une exagération ou une diminution de la sécrétion ne pc« 
f*ire a|)préciée que m elle donne lieu à des symptômes morbides. 

Trois conditions peuvent se présenter dans la |)erturbation de la sécrétion lacrj- 
inalo : suppression de la sécrétion (xérome lacr\inalou xéroplitlialmie) ; augmen- 
talion de la sécrétion (épiphora) et altération dans la composition des larmes 
l.irnics alcalines, acides ou sanglantes). 

! S/okilsKi. An», tri^n/ist,^ t. X. p 105. 



ALTÊBATIONS DE LA SÉCRÉTION. 109 

A. Sécheresse de l'œil, xérophthalmie. — Cet état est excessivement 
rare ; il ne peut êlre expliqué par la seule suppression de la sécrétion lacrymale, 
pokqae i*extirpalion complète de la glande lacrymale ne trouble aucunement les 
bmctioDS de l'œil et ne s*oppose pas à sa lubrificaction. Malgaigne (1), se fondant 
mr les cas d'extirpation de la glande lacrymale n'était même pas éloigné de consi- 
dérer cette glande comme inutile. Sans être aussi absolu, nous pensons que, pour 
qu'il y ait sécheresse de l'œil, il faut que la sécrétion soit supprimée non-seulement 
dans la glaiide lacrymale, mais dans toute l'étendue de la conjonctive. 

Ce n'est que dans les altérations chroniques et profondes de la conjonctive dans 
lesqoellea tous les orifices glandulaires sont oblitérés, de môme que ceux de la 
glande lacrymale, que le xérome peut avoir lieu. 

B. Épiphora ou hypersécrétion lacrymale. — Cet état est caractérisé 
par on excès de sécrétion des larmes par la glande. Il en résulte un larmoiement 
CODsidérable : les larmes coulent sur la joue et y provoquent souvent un érylhcmc. 

L'exagération de la sécrétion peut dépendre de Taciion spéciale et directe de 
cotaios agents thérapeutiques sur la glande lacrymale. Selon Hardy (2) cette 
aicrétîon s'accroît sons l'inOuence de l'arsenic, d'où l'aspect brillant de l'œil des 
iadiridos soumis à cette médication. En général il dépend de Tirritation de l'œil, 
des paupières ou de quelques branches de la cinquième paire. Ainsi l'irritalion de 
h CMijonclive entretenue par un corps étranger qui est logé à la surface interne de 
h ptopière supérieure, provoque une abondante sécrétion des larmes ; l'œil est 
kajgné dans ce liquide et entraîne le corps étranger au dehors. 

Des conjonctivites phlycténulaires, des Itératitcs et des iriiis, celles surtout dans 
liaqueUes se manifestent de la photophobie et des douleurs névralgiques, occa- 
teoeui on épiphora des plus abondants et souvent périodique. Sous l'influence 
de rirritation de l'un des Glets nerveux de la cinquième paire^ la branche lacrymale 
asbit aussi une irritation analogue, et donne lieu à une sécrétion abondante des 
Ivmes. El comme les points lacrymaux ne sont pas assez larges pour absorber la 
fsaalité augmentée de ce liquide, on le voit franchir le bord de la paupière infé- 
ricnre et tomber sur la joue. 

L*épipbora spontané, idiopathique^ peut provenir de l'exagération de la sécrétion 
de la glande lacrymale. L'examen des voies excrétoires des larmes démontre leur 
perméabilité parfaite. Cette affection est excessivement rare, pour ma part j'en ai 
roicontré trois cas, dont un n'a été qu'accidentel, et il a guéri au bout de six mois 
de traitement iodique. Le second fait se rapporte à un jeune homme, fils d'une 
grande famille de France^ et que nous avons soigné avec le professeur Charcot : son 
état est meilleur. Le troisième fait est plus invétéré, il dure depuis plusieurs années, 
et il a résisté à tous les traitements. 

M^foBfir — Il n'est pas difficile de distinguer un épiphora d'un larmoiement 
occasionné par une affection des voies lacrymales. Une simple injection d'eau tiède 
dans les points lacrymaux permettra de voir s'il existe de ce côté un désordre 
quelconque. Mais on ne doit jamais négliger d'examiner scrupuleusement l'état 
de h cornée et de l'iris, parce que souvent c'est à l'inflammation de ces membranes 
que le larmoiement est dû. 

(Ij Malgaigne, Traité d'anat, chirurg., 2« édit. Paris, 1859, t. I, p. 710. 

(2> Hardy, Buii. de VAcad. de méd. Pari», 1870, aéance du 15 nov., t XXW, p. 910. 



110 GLANDE LACRYMALE. 

Le traitement de Tépiphora doit être dirigé contre la cause probable de la 
ladie, et comme elle survient quelquefois chez les sujets jeunes, aDémiqoa 
débilités, il faut les soumettre h un régime tonique fortifiant, à Thuile de foie 
morue, au vin de quinquina et à Tiodure de potassium. Localement dans les 
cas que j*ai eu à soigner, j'ai obtenu de bons effets en badigeonnant la sa 
cutanée des paupières à la région de la glande lacrymale avec de la teinture d*i 

C Larmes alcalines, acides ou sanguinolentes. — La sécrétion 1 
maie peut être altérée dans ses qualités au point de provoquer une irriUlion 
toutes les membranes avec lesquelles ce liquide est en contact. 

La composition des larmes est aujourdliui connue (voy. Anatomié); elles 
tiennent une petite quantité de sels, ce qui fait que tantôt elles sont neutres, 
alcalines, ce que j*ai pu, du reste, constater sur un très-grand nombre de 
malades, au moyen de papier de tournesol introduit entre les paupières. 

Mais on rencontre beaucoup de personnes chez lesquelles les larmes sont 
stamment très-fortement alcalines. Ces individus sont sujets à de fréquentes 
tations des paupières ou de la cornée elle-même. D*aulres n*accusent Tali 
des larmes que lorsque leur santé générale est gravement atteinte. 

J*ai vu même des malades atteints de kératite ou d*iritis présenter une al 
excessive des larmes dans rœil enflammé pendant toute la durée de la mal 
tandis que dans Tautrc œil sain les larmes étaient neutres. 

Il arrive quelquefois que les larmes sont neutres, tandis que la sécrétion 
glandes de Meiboinius ou du cul-dc-sac conjonctival est fortement alcaline. 

Pour connaître bien exactement l'état des larmes, je conseille d^întrodoire 
les paupières un morceau de papier de tournesol. L'exagération de l'alcalinité 
immédiatement dévoilée. 

Dans quelques cas rares, surtout chez les phthisiques, les rhumatisants, 
pendant des fièvres graves, les larmes accusent des propriétés acides, ce 
explique l'injection des conjonctives chez les malades atteints de ces affections. 

La présence de l'iode dans les larmes peut être facilement reconnue au 
de papier albuminé. 

Chez les personnes qui sont sous l'influence de l'intoxication saturnine, 

larmes peuvent contenir une faible quantité de sels plombiques, que l'on coi 

tera au moyen de papier imprégné d'une solution de tannin. - 

On a observé les larmes sanguinolentes dans quelques c^s excoptlonnék 
Forestier, Ilavers, Rosas, en ont vu des exemples. Hasner a rapporté récemmtfi 
un fait de ce genre chez une femme non réglée. Il y a évidemment là une hèoNi^ 
hagie ou transsudation sanguine dans Tinlérieur des vésicules glandulaires. 

Bibliographie. — Foreslius, Observaiioncs et curaiiones médicinales, lib. XI, oIm. 1& 
Francofurli, 1634. — Havers, Vhilosnph, Transact. London, 1716. — tlosas, Handbuehé» 
Augenhcilkunde, vol. II, p. 347. Wieii, 1830. — VVardrop, Lancet, 29 nov. 1834. — WellW 
Maladies des yexur^ t. I, p. 178. — Bouis-son, Journ. de la Soc. de méd. prat. de MontpeUier^ 
mal 1847. —Salomon, Ann. iroculist.j t. XXXll, 1854, p. 96. — Denonvilliers et Gotscte 
Comp, de chir,^ l. III, p. 178, 1858. — Hasner, Awi, d'oculist,, t. XUII, p. 192, et Wienm 
Med. Wochenschrift, 1859, n^ 44. — Dixon, Med. Times and Gaz., 28 juil., 1860. 



SECTION II 

ORCiKES EICRËTEURS DES URHES OU VOIES LACRÏMALES 



CHAPITRE PREMIER 

ANATOXIË ET PHYSIOLOGIE 



Les organei eicréleun des larmes se composenl : 1* des points 
lin ; V dei conduili lacrjmaui ; 3° du sac lacrymal ; 4' du canal nasal. 
A*. PoiKTG LACRiMAtix (lîg. 63, N, 0). — lU soDi silués sur les bords libres des 




Ftc. 5â. — Appareil Usrjmii 



rei, i quelques millimilres en dehors de la commissure interne. Chacun d'eui 
MtrooTe placé au sommet d'un petit tubercule, le sup'TJeiir un peu plus en dedans 
ipa riorfrienr, l'un et l'autre tournés rers le globe du l'ceil. 

Chaque point lacrymal est pourvu, d'iiprès Hichct, d'un petit anneau cartilagineux 
auquel ('attacheDl des Gbres musculaires émanant de l'orliiculairc. Duvcrnoy, Horner 
el Paul Dubois (^ ] les ont décrites comme un muscle, spëcialumcni desliaé aui fonc- 
tions des pointa lacrymaux [muscle de Iloniei). 

B. CtMDuiTS OU CANALicuLES tAcnYMAUX ifig. 55, N, 0, — Chaque point lacrymal 



(1) Paul D 



I, thèse pour l'agrégation. Pam, 1821 • 






112 



ORGA^ES EXfBËTEUBS DES LARMES OU VOIES LACBYMALES. 



scttd'enlrée au canalicule lacrymal lilui imméJialemeal au-<letioui deliconjoKlin 
cl lies liïsjs sous-jaccnli. Les conduils lacrymaux [N, 0, ont d'abord uoe dÏKCiiii 
jicrpenJiciilairc, s'intlèchifi-cnt enauilc, longent le bord palptbral, et s'ibodcbnt 
dans un canal commun pour s'ouvrir dans le sic. [lichet (I] les i nu quelqucfaii 
s'ouvrir dans le sac par un orilli'.e iépart. 

i:hai|uc conduit mesure de 6 à 8 milltm^ires de long, sur 4 k 3 miilimilrcs dt 
larce. 

Jlusclike et Béraud ont irouvû qu<.>lc|ueruis une valvule au niveau de l'oriflce di 
canal t-ommun dans le sac. Mes propres l'echerclies m'ont appris que, le plus louveU, 
il n'y a qu'une rétraction et un rétrécissement de l'orifice lacrymal dû aui «mine- 
tion^ musculaires. Les libres de l'orbiculaire recouvrent les parois des canaux lacry 
maux, surtout vers le point où les canaux s'ouvrent dans le sac, où ellec formel 
un véi'ilable anneau musculaire. Plus les libres de l'orbiculaire sont coatractiln, phs 
cet anneau se contracte, et au bout de quelque temps il Suit par amener un v^iabli 
ri'lr£cisst'menl de cet orilice. 

C. SACucitvxAL(llg. 56]. — ii..Sfi'H''('ii'i, — U> sac lacrymal estaiiuédemèra le fn- 
•hm 'le l'urliicittiiin:. Il repose dans la goutliire lacrymale, constituée par l'os unpà 
et l'apopliyse montante du maiillaire snpériew. 
I<c sac lacrymal se présente sous forme d'an- 
poule élargie en haut et rétréci ea bas, où il le 
transforme en canal nasal. 

!•. SHitcrpi'sitivudeiipliiii'i.^Le»//laiu u»i- 
f'uni'/uis de celle région sont : la peau, lelkai 
cL'Ilulaire sous-jaceni, le tendon de î'orliiciilan, 
qui divise le sac en deus moitiés inégales, ks 
libres musculaires, et enfm les paroi* du lar, 
La gouttière lacrymale correipond i la Iosh 
nasale et au bord supérieur du cornet moyea. 

Selon Kicliel, l'aponévrose ocnlo- orÛtaire, 
quia tapissé la paroi interne de l'orbite, airïvée 
au niveau de In créle de l'os unguis, le dïrài 
en ilcui feuillets, cl enferme le aac dana am 
dédoublement, Sa face interne est lapiarie di 
la même muqueuse que celle des canaux lacn- 
niaus el du canal nutal. 
- C'est UD conduit osseuv, tapissé de la muqueaia 
et qui Tiil nuire au sac lacrymal. 

Ce rnnal est constitué en avant par l'upopliy^^u monlanle du niaiillaîre, en arnéic ' 
par l'os uogui), cl un peu plus bas par le crocliot du carnet inférieur ; sa par«i cxletM 
est constituée par une cloiion trés-miiice i|ui le sépare du sinus maiillaire. 

L'oriiiro supérieur est situé derrière la crétc de l'apupliyse Dianlanle, que l'oa 
peut sentir facilement aiec le doigt. 

L'orilire inférieur s'ouvre dans le méat inférieur de la fosse nasale (Bg. 5B, S|. 
Selon Sappey, il se trouve à 27 millimètres en arrière de l'extrémité postérieure, i 
rentrée dis narines, 

l.a lonf!u>'ur du canal nasal sur le siguulellc varie, d'après Itichcl, de 7 à H milfi- 
iiiéirt's. 

lÀ- lanal est pourvu d'une membrane fdirt'use et d'une muqueuse, qui sont l'uM 
i:l l'aiiiri' la (.oniinuatinn dr relies du sac lacrymul. 

Le l'.ijial niijqurui; »<■ prolonge du l'Olé de l'orilicc inférieur, un peu au delà da 
lanal osseux; il j'u'jirc sous forme d'une fente, el |irèscnlc q<iclquefuis une petite 




hc. 50. — Sac lacrymal. 
Canai. NAfAI. (% SS, l\ (j). ■ 



OBGAUSS EXCRÉTEURS DES LARMES, OU VOIES LACRYMALES. 113 

La direction du canal nasal n'est pas toujours la môme, le plus souvent il se porte 
de haut en bas, de dehors en dedans et d'avant en arrière. Mais j'ai vu des cxccp- 
tions à cette règle, tantôt il était vertical, tantôt il se dirige de dehors en dedans 
de chaque côté. 

La muqueuse qui tapisse le sac et le canal nasal est la continuation de la con- 
jonctive d*une part, et de la muqueuse nasale de Tautre. Sa structure, qui a été 
étudiée d'une manière remarquable par Ordonnez, présente quelques particularités. 
Elle est lisse dans toute son étendue et dépourvue de papilles ; répithclium, d*abord 
pavimenteuz, se transforme dans le sac et le canal nasal en cellules d'épithélium pris- 
matique irrégulier. Sur toute la surface de la muqueuse du sac, Ordonnez a trouvé 
des glandes très-nombreuses formant des groupes d'acini glandulaires. 

Bappùrts des voies lacrymales avec les ligaments palpébraux et les muscles. 

Ligaments. — L^angle interne des paupières présente deux lii^aments qui attachent 
les extrémités internes des tarses au grand angle de l'orbite. D'après Tenon, l'un de 
ces ligaments, l'antérieur^ part des deux tarses supérieur et inférieur à la hauteur des 
deux points lacrymaux, se réunit en une seule bande solide, qui passe au devant du 
sac pour s'attacher à Tapophyse nasale de Tos maxillaire. C'est celui auquel on a 
donné le nom de tendon de l'orbiculaire. 

L'autre ligament se trouve dans le plan postérieur. Il naît des paupières entre les 
deux conduits lacrymaux, et va, selon Tenon (4), s'insérer a l'os unguis sur le bord 
du canal nasal osseux. 

Ces deux ligaments servent de points d'attache aux fibres musculaires de l'oibi- 
culaire et des muscles lacrymaux. 

Muscles. — Nous avons vu plus haut (Anatomie des paupières) que le muscle orhi- 
culaire prenait naissance sur des points différents^ et que ses principales «(taches se 
trou?aieut à la partie antérieure du sac et à l'os unguis. Ces deux ordres de fibres 
musculaires constituent les muscles lacrymaux aniMeur et postéritur. 

La partie antérieure du sac, de même que le ligament palpéhral interne, donnent 
insertion à des fibres musculaires de l'orbiculaire qui peuvent dilater le sac, écarter 
ses deux parois et lui faire jouer le rôle d'une ventouse aspirante pour les larmes. 
C'est là le muscle lacrymal antérieur. 

Le muscle lacrymal postérieur, qui a été surtout bien décrit par Arit, de Vienne (2), 
suitja direction du ligament palpébral interne et profond; ces fibres s'attachent à ce 
ligament ainsi qu'à la crête lacrymale postérieure. 11 recouvre toute la face externe 
et postérieure du sac, au voisinage de l'orifice commun des canaux lacrymaux dans 
le sac. 

Fli7«lologle. — Mécanisme de Veritrée des larmes dans les voies lacrymales, — 
Les larmes qui ont lubrifié la surface du globe sont chassées par le mouvement de 
clignement vers le grand angle de Tœil. Ici les points lacrymaux, qui sont munis 
d'anneaux cartilagineux, plongent dans ce liquide et doivent le transporter dans les 
narines. Quel est le mécanisme de l'entrée de ce liquide dans les voies lacrymales ? 

Celte fonction s'accomplit à l'aide des trois lois : aspiration des larmes par le sac 
comme par une ventouse ; transmission de ce liquide dans le canal nasal par la ca- 
pillarité, et sortie de ce liquide dans les narines par Tinspiration de l'air par les 
poumons. 

Déjà, en 4 842, P. H. Bérard avait avancé une hypothèse importante, à savoir 
c qu'il ne serait pas impossible que le muscle orbiculaire fît sur le sac office de ven- 
touse )}. Frappé de cette idée, le professeur Richet a fait des recherches loul à fait 
intéressantes sur ce sujet, et il est arrivé à une conclusion qui nous parait expliquer 
complètement ce mécanisme de passage, ou plutôt d'aspiration des larincs pur les 
points lacrymaux. 

Ml 1 enon, Mânoires et observations sur Vanatomie, la pathologie et la chirurgie , t. i, 
p. 20i. Paris, 1806. 

;2i Arlt, Archiv f. Ophth, Berlin, 1863, t. IX, Al^lli. I, p. 64. 

OALEZOWSKI. 8 



iih ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES. 

Pour Richet (1), la valvule dont le canal nasal est pourvu à son extrémité inférieure- 
laisse libre le passage venant du canal nasal, mais elle s'oppose à rintrodactlon de 
Tair et des liquides en sens inverse. Tout le monde sait, en effet, que lorsqa'oD Uà 
un effort pour se moucher, Tair s'introduit facilement dans la caisse du tympan, mais 
qu*il ne pénëlre point dans le sac lacrymal. 

Lorsque la paroi du sac est écartée par le muscle lacrymal antérieur de la &ce 
postérieure, il se fait un vide dans sa cavité, qui facilite l'aspiration des larmes ptr 
les points lacr^'maux. 

La seconde loi est, selon moi, la capillarité du canal nasal. En effet, les larmes 
se portent dans ce canal selon les lois de capillarité qu'il possède. Cette fonction 
s'accomplit d'autant plus facilement, que, selon Sédillot, les larmes sont attirées dans 
les fosses nasales, de la manière suivante : La colonne atmosphérique, en se raré- 
fiant dans les narines pendant la respiration, tend h produire le vide dans le canal 
nasal et y appelle les liquides accumulés dans le sac lacrymal; les larmes s*écouleat 
ainsi dans les fosses nasales. 

Les fonctions des points lacrymaux supérieurs et inférieurs se ressemblent tout h 
fait ; le supérieur absorbe les larmes dans toutes les positions de la tête, tandis qoe 
rinférieiir ne me semble remplir complètement ce rôle que dans la position horizon- 
tale, c'cst-a-dirc lorsqu'on est couché. L'obstruction du premier amène un larmoie* 
ment continu, tandis que dans une altération analogue du dernier le larmoiemeol 
n'existe que la nuit et le matin. 



CHAPITRE II 

MODE D'EXPLORATION 



Dans rcxptoralion des voies excrétoires des larmes, il faut se conformer aux in- 
dications suivantes : 

1° S'assurer de la disposition du bord libre de la paupière Inférieure, Toir^ 
elle n'est pas écartée en dehors et s'il n'y a pas de larmes accumulées sur ce re- 
bord, écarté du globe de l'œil. S'il en existe, ce sera le signe d'une alisorption 
incomplète des larmes. 

2° A l'état normal, les points lacrymaux sont inclinés du côté du globe de l'œiL 
On examinera attentivement si cette disposition n'est pas perdue^ et si le point 
inférieur ne se trouve pas écarté en dehors. 

3"" On recon'.mande au malade de diriger ses yeux tout à fait en haut, et l'on re- 
garde si, dans cette position, la paupière inférieure et son point lacrymal restent 
inclinées vers le sac lacrymal et le globe de VœW. La plus minime déviation en 
dehors, dans cette position, doit être considérée comme défectueuse. 

U** L'ouverture des points lacrymaux n'est pas la même chez tous les individus; 
ils sont plus larges ou plus petits, et leur petitesse relative peut coïncider avec 
l'état physiologique, tandis que, dans d'autres cas, des larges points lacrymaux se 
rencontrent simultanément avec un rétrécissement et une obstruction complète 
du canal lacrymal. On peut s'assurer de leur ))crméabilité h l'aide d'un petit stylet 
d'Anel que l'on introduit dans le point lacrymal. 

Pour bien exécuter celle opération, on tire avec la main gauche la paupière 
inférieure de dedans en dehors et en bas, en la renversant en même temps en 

(1) Richet, Traité pratique cVanatomic médico-chirurgicale, 2* cdit., 1870, p. 363, 



MODE D'£XPL0RATI0N. 



115 



dehors, et de la main droite on appuie la pointe du stylet verticalement contre le 
point lacrymal; aussitôt que le stylet est engagé, on lui fait prendre la position 
horizontale et on le glisse plus profondément dans celte direction. 

Dans un rétrécissement plus prononcé du point lacrymal, Desmarres père 
cherche à le franchir au moyen d'une épingle ordinaire dont il enlève la pointe 
avec des ciseaux. 

5** Pour juger de Tétat du sac lacrymal, il faut examiner d'abord Tangle interne 
derœil et la région du sac; voir si le ligament palpébral interne fait une saillie 
soffisante des deux côté du nez ; attirer ensuite l'angle externe des paupières avec 
k pouce en dehors et s'assurer si la saillie de ce ligament est aussi prononcée que 
dans l'eut physiologique. L'effacement de ce tendon indique souvent Tinflim- 
mation du sac 

6** En appuyant avec l'indicateur contre l'angle interne de l'œil et contre le sac, 
on regarde si le liquide transparent ou purulent ne reflue pas par un des points 
bcrymaax. On provoque quelquefois, par cette pression, un bruit de clapotement 
qoi est aussi anormal et dépend d'une distension morbide du sac. 

7** Pour juger de l'état des canaux lacrymaux du sac et du canal nasal, il faut 
pratiquer une injection d'e^p tiède à 
travers le point lacrymal inférieur, en 
introduisant profondément dans le canali- 
cule lacrymal la canule A ou B (voyez 
fîg. 57) de la seringue d'Anel. On re- 
cule ensuite légèrement la canule et l'on 
poDSse l'injection avec lenteur, de peur 
de distendre trop rapidement ces cavités, 
ce qui |K)urrait occasionner au malade 
une douleur très-vive. 

8"" Lorsque le malade lient la tète ren- 
versée en arrière, le liquide injecté doit 
passer tout entier dans la gorge; Tinjec- 
tion passe au contraire dans le nez dès 
qu'il incline la tête en avant Si, au con- 
traire, l'injection revient en partie ou en 
totalité par le point supérieur, et que l'œil 
se remplisse du liquide injecté, on doit 
en conclure qu'il existe un rétrécisse- 
ment on nne obstruction d'une des par- 
ties des voies lacrymales. 

9** Il faut aussi explorer les narines, 
et s'assurer s'il n'y a pas d'altérations chroniques de la muqueuse nasale, ou des 
caries osseuses au voisinage de l'ouverture inférieure du canal nasal. 




Fie. 57. — Seringue d'Anel (*) . 



(*) A, caDuli! droite; B, cunule courbe; C, caoulc coui({ae. 



116 OBGANES EXCRÉTEURS DES LABMES OU VOIES LACRTMALCS. 



CHAPITRE m 

PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 

La pathologie des organes excréteurs des larmes doit comprendre l'étade do 
larmoiement et les altérations des points et des canaux lacrymaux, du sac lacrymal 
et du canal nasal. 

Dans les maladies des points lacrymaux on doit distinguer leur déTMtioo^ ré- 
trécissement on obstruction complète, et les points lacrymaux surnuméraires. 

Les canaltcules lacrymaux peuvent être aussi rétrécis^ obstrués. 

Le rétrécissement et Tohlitération des voies lacrymales peuvent se présenter 
dans des conditions très-variées : 

1° Ils peuvent être oblitérés sans qu'il s'ensuive le moindre trouble fonctionnel. 
Les larmes sont alors neutres et ne sont sécrétées qu'en très-petite quantité. lUab 
il suffit que Tœil soit irrité par une cause quelconque pour que le larmoiement 
ait lieu. ^ 

2° Un rétrécissement ou une obstruction des voies lacrymales peuvent être 
accompagnés d'un larmoiement périodique ou constant Les larmes chez ces indi- 
vidus sont sécrétées en grande quantité^ mais elles sont neutres, et comme telles 
elles ne provoquent d'irritation dans aucune partie de l'œil. 

3* Les larmes étant alcalines, elles sont une cause d'irritation constante dans 
les voies lacrymales, toutes les fois que ces dernières sont rétrécies on oblitérées. 
On a alors un catarrhe ou un phlegmon du sac 

4*^ Ce môme état des larmes peut occasionner, dans le cas d'obstruction des 
voies lacrymales, une inflammation du bord libre {blépharite ciUaire)^ une con- 
jonctivite et une kératite. 

5*^ Enfm, à la suite de larmoiement, les malades éprouvent quelquefois des 
troubles de la vue tout particuliers. 



ARTICLE PREMIER. 

LARMOIEMENT. 

Le larmoiement, appelé stillicidium lacrymarum^ est un état dans lequel les 
larmes, n'étant pas absorbées par les voies lacrymales, débordent le bord palpé- 
bral et s'écoulent sur la joue. 

Par lui-même, le larmoiement ne constitue pas, à proprement parler^ de ma- 
ladie; il n'est qu'un symptôme. Mais & le mol est reçu dans la pratique », a dit 
justement Desmarres père, et les malades viennent souvent consulter pour cette 
infirmité ; c'est pourquoi il est utile d'en donner une description sommaire. 

Celte sorte de larmoiement dépend de l'état défectueux des voies excrétoires 
des larmes, et diffère essentiellement de Tépiphora provenant d*une sécrétion 
exagérée de la glande lacrymale. 

Nous avons vu ailleurs que la quantité de larmes sécrétées par un œil sain est 



LARMOIEMENT. 117 

relatif emeot miaime, et qae les points lacrymaux, quelque petits qu'ils soient, les 
absorbent ficilenienf. Mais il peut arriver que ce même œil normal soit exposé à 
TaciioD de causes irritantes, telles qoe le vent, le froid et riiiiroidité ; alors la sécré- 
tion des larmes augmente, l'œil devient humide el larmoie aussitôt que ces or- 
ganes ne sont plus capables d'absorber toute la quantité de larmes sécrétées 
d*iuie manière anormale. C'est la première forme de larmoiement ; elle est pério- 
dî^ie ou plutôt accidentelle, revient avec la mauvaise saison, et disparait quand le 
temps est beau et sec. 

Lorsque les larmes sont plus fortement alcalines que de coutume, elles se com- 
binent alors aTec la sécrétion graisseuse des glandes de Meibomius, pour former 
un mélange savonneux qui irrite l'œil. Sous l'influence de cette même irritation les 
larmes sont sécrétées en plus grande abondance, et leur absorption devient 
difficile. 

Une seconde forme de larmoiement est celle qui est due à un rétrécissement, 
une dérâtion ou une obstruction des points et des conduits lacrymaux. Cette 
fMmeest la plus commune; elle exige une intervention chirurgicale, et il importe 
de préciser la nature du larmoiement ainsi que sa cause. 

97Bipioaiatoioiri«' — 1. Le malade est gêné par les larmes qui remplissent 
continuellement son ceil, surtout lorsqu'il sort au dehors, et que ses yeux sont 
exposés i l'action d'un air froid et vif, du vent, etc. Ainsi, h rapproche de chaque 
hiver, i l'automne, pendant les temps humides, l'individu aiïecte du larmoiement 
et se trouve obligé d'essuyer ses yeux à chaque instant. 

2. Dans d'autres cas, les larmes ne tombent sur la joue que d'une manière 
périodique, le matin jusqu'i dix heures ou le soir à la lumière de la lampe ou du 
gaz. Dans les écoles, les enfants aiïcctés de larmoiement ont beaucoup de difliculté- 
à travailler, et par le frottement continuel de leurs yeux ils provoc|uent une inflam- 
mation des paupières. 

3. Il y a des malades qui n'accusent un larmoiement que d'une manière passa- 
gère, accidentelle, se trouvent sous l'influence d'une cause d'irritation nerveuse 
quelconque. 

6. Consécutivement à cet état, les yeux s'irritent, la sécrétion huileuse des 
glandes de Meibomins, en se combinant avec les sels alcalins que contiennent les 
larmes, forme une sorte de liquide savonneux qui irrite la conjonctive et la cor- 
née, et donne lieu à une sensibilité exagérée. 

5. Par suite de l'accumulation des larmes entre les paupières et le globe de 
l'œil, les malades voient passer devant leurs yeux des mouches et des brouillards; 
souvent la lumière apparaît entourée de cercles d'arc-en-ciel, comme dans le 
glaucome. Le soir, les lettres et les petits objets leur paraissent doubles et 
triples. 

Nous avons démontré qoe tons ces phénomènes s'expliquent facilement par la 
présence d'une couche de larmes entre le globe de l'œil et la paupière inférieure, 
faisant ainsi l'office d'un prisme. Quant aux mouches volantes, elles sont simple- 
ment dues à la présence de petits corpuscules opaques (épilhélium, mucus, etc.) 
nageant dans les larmes et glissant avec elles à la surface de la cornée. 

6. L'œil a une apparence plus brillante que de coutume; l'angle interne est 
rempli des larmes qui semblent déborder ; le bord libre de la paupière iufé- 



118 ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES. 

Heure est légèrement écarté du globe, et Ton remarque, dans cet espace, oie 
couche de larmes qui semble s'élever un peu au-dessus de la paupière inférieure. 

7. Â la suite d*un larmoiement prolongé, il se manifeste souvent de la blépiu- 
rite ciliaire et des conjonctivites lacf'ymales; par moments le malade éprouve 
la sensation d'un corps étranger dans l'œil, tremblement de la pao{»ère> etc. 

Tous ces symptômes sont propres au larmoiement, quia duré plus ou moins long- 
temps. La constatation de l'un ou de l'autre de ces signes peut indiquer quelque- 
fois l'existence de Taffection des votes lacrymales elles-mêmes. 

Pourtant, dans la pratique journalière, on rencontre un nombre considérable 
de malades qui accusent plusieurs de ces symptômes, mais chez lesquels^ malgré 
l'oblitération ou le rétrécissement des voies lacrymales, le larmoiement est I 
peine appréciable. 

Il est donc indispensable d'examiner attentivement l'état des points lacrymaux; 
voir s'ils ne sont pas déviés, rétrécis ou obstrués, si les canalicules sont per- 
méables, etc. C'est dans une étude détaillée de ces différentes altérations que 
nou9 trouverons l'explication de ces divers phénomènes. 

ARTICLE II. 

DÉVIATION, RÉTRÉCISSEMENT ET OBSTRUCTION DES POINTS LACRYMAUX. 

A. Déviation du point lacrymal. — Pour que les fonctions des points 
lacrymaux s'accomplissent normalement, il est indispensable qu'ils soient tournés 
du côté du globe de l'œil et baignent dans les larmes accumulées dans le grand 
angle. 

Lorsque, au contraire, la paupière tout entière ou le point lacrymal sont déviés 
en dehors, l'absorption des larmes devient impossible. 

On reconnaîtra cette déviation, en commandant au malade de diriger ses yeux 
en haut ; dans cette position on verra si le bord de la paupière inférieure et le 
point lacrymal s'appliquent exactement an globe de l'œil. La moindre déviation 
devra être considérée comme vicieuse et pathologique. 

Carron du Villards (1) avait déjà signalé l'atonie des points lacrymaux amenée 
par les conjonctivites chroniques; par suite, leur ouverture devenait béante. 

Bowman a démontré d'une manière bien plus complète combien le larmoie- 
ment est lié à celte déviation, et jusqu'à quel point celle-ci s'oppose à l'absorp- 
tion des larmes. 

Étioiogie. — La déviation des points lacrymaux peut être occasionnée par les 
altérations suivantes : 

l"" Gonflement ou hypertrophie de la conjonctive palpébrale inférieure et 
épaississement du bord libre entier, conjonctivites granuleuses, blépharites ciliaires; 

2° Des chalazions situés au voisinage du bord libre des paupières et près du 
point lacrymal; 

3® L'ectropion paralytique ou cicatriciel suivi d'un renversement plus ou moins 
considérable du point lacrymal; 

U"" Relâchement de l'orbiculaire palpébral, que l'on observe chez les personnes 

(1) Carron du Villards, Guide pratique des maladies des yeux, 1838, t. I, p. 401. 



DÉVIATION, BÊTRÉCISSEMENT ET OBSTRUCTION DES POINTS LACRYMAUX. 1 19 

igées OU après des fièvn» graves et prolongées, comme l'a remarqué Soelberg 
Wells; 

5"* Atrophie du globe de l'œil : les paupières ne touchent plus ce dernier, qui 
se troave enfoncé dans Torbite, et les points lacrymaux ne peuvent plus fonc- 
tiooaer. 

6"" L'inslîllatioa prolongée d'atropine, chez certains individus^ amène aussi la 
«déviatloo du bord libre de la paupière et du point lacrymal. 

FrMMsiie. — La déviation du point lacrymal amène un ectropion, et la partie 
reovereée de la conjonctive se cutise^ comme dit Bowman, leis larmes n'arrivent 
plus au sommet du tubercule lacrymal ; elles se rassemblent dans l'angle interne 
et s'écoulent sur la joue, ou bien elles produisent la sensation de plénitude entre 
les paupières, sensation très^ésagréable pour le malade. 

Cet état peut persister sans entraîner d'autres conséquences fâcheuses. Mais, au 
bout d'un certain temps, les points lacrymaux se rétrécissent et se ferment, en se 
coQfrant d'une sorte de pellicule; d'autre part, chez les sujets âgés, les larmes 
s'accumulent constamment sur le bord libre de la paupière inférieure, et leur pré- 
sence trop prolongée amène un ectropion. 

Des blépharites ciliaires, des conjonctivites et même des affections de la cornée 
peuvent être la conséquence de la déviation du point lacrymal. 

TraiteMemt. — Le meilleur moyen de guérir une déviation du point lacrymal 
est son incision d'après le procédé de Bowman. 

Cette opération peut être exécutée très-facilement avec le couteau k gaine de 
Girand-Teulon (Gg. 58), ou avec celui de >Veber (fig. 61), ou avec celui de mon 




Fjg. 58. — Couteau de Giraud-Teulon. 

« 

oiodèle (Gg. 62). Dans des cas exceptionnels, on peut se servir d'une petite sonde 
cannelée (Gg. 60), que l'on introduit d'abord dans le point lacrymal, et dans 
laquelle on glisse le couteau à cataracte (Gg. 61). 

Le couteau delYeber est un bistouri très-Gn muni au bout d'une petite soude 
terminée par une olive (voy. Gg. 61). 

Dans ma pratique, j'ai adopté le petit bistouri très-Gn, droit ou courbé sur le 
tranchant sans aucun bouton ni sonde. Il est émoussé et aplati, de sorte qu'il 
entre facilement dans le plus petit orifice. 

Voici de quelle manière je procède à cette opération. Le malade est assis sur 
one chaise, le dos appuyé contre le mur, je ronverse la paupière inférieure avec 
le pouce de la main gauche, et je l'attira en même temps fortement en dehors. De 
h main droite j'introduis le petit bistouri d'abord verticalement; puis, en le glis- 
sant le long du canal, je tourne le tranchant du côté de la conjonctive. Une fois le 
bistoorî engagé jusque dans le sac, je le relève en haut, et je tends le plus pos- 
sible la paupière inférieure, ce qui complète l'incision. 

Critchett enlève la lèvro postérieure de la plaie pour laisser l'ouverture béante. 
Pour ma part, j'ai renoncé i cette excision, qui ne peut être utile que dans des 
tout i fait exceptionnels, et lorsque l'incision a été p3rtée trop en dch(in« 



120 



ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LAGRTIIALES. 



Apr^ I*op6ralion, il suffit d'appliquer des compresses d'eau frade et d'istio- 
duire, pendant trois on quatre jours, une petite sonde entre les lèTres de la pWe, 
afin d'empêcher ses bords de se souder. 

L'avantage de cette opération est incontcsiahle. Je l'ai pratîqnèesur desimVitan 
de malades avec un grand succès. Non-seulement je suis parvenu à faire diipa* 
raître le larmoiement, mais j'ai réussi bien souvent à enrayer des ectropions ea 
voie de formation. 

Le résultat heureux de cette opération est dû à ce fait que l'emboachare da 
canal lacrymal est transportée au point où se termine l'incision. Comme ce poiM 
se trouve près du cul-de-sac conjonctival et de la caroncule lacrymale, il ba^M 
par cela même dans. les larmes et les aspire avec facilité. 



Il 




■y 

O 



FiG. 59. — Couteau 
cataracte. 



FiG. 60.— Sonde 
cannelée . 



FiG. St.— Couteau Fia. 62. — Couteau courbe 
de Weber. de Galesowski. 



B. Rétrécissement du point lacrymaL — I^ conformation du point 
lacrymal n'est pas la même chez tous les individus; tantôt il est large et béante 
tantôt il est tellement petit qu'on ne le retrouve qu'avec la plus grande peine 
sans que les personnes se plaignent de larmoiement. Évidemment la quantité de 
larmes que leurs yeux sécrètent est minime. Chez d'autres personnes, au con- 
traire, dont les yeux sont humides et larmoyants, ou rencontre des orifices lacry- 
maux tiès-larges; le larmoiement n'est dû alors qu'à une altération située dans 
Tintérieur des voies lacrymales. 

Lorsque les points lacrymaux sont rétrécis et que les yeux sont un peu plus sen- 
sibles que de coutume ou qu'ils sont irrités |)ar le rhume ou toute autre cause^ on 



I>ÊYIATION, BÊnÊCISSEMEST ET OBSTBUCTION DES POINTS LACRYMAUX. 121 

voie torrenir le brrooiemeof. Bien plus, une pins grande quantité de larmes qui 
apfnndt momcntaiiënieot amène une irritation plus ou moins grande dans les con- 
joociives. 

D'ordinaire, ces conjonctifites sont de longue durée; elles persistent des mois 
et des années (Toy. Conjonctivite lacrymale). 

w j —pfiMtologte. — I^es signes fonctionnels et physiologiques sont le plus 
flooTcotceux qui attirent les premiers l'attention des chirurgiens, comme j'ai eu 
roccasioo de le démontrer le premier. Le malade se plaint d'une photopbobie, 
soQTeot ezcessiTement Tife, surtout le soir, à la lumière du gaz. La sensibilité 
poor la lumière défient tellement prononcée que les malades sont forcés de se 
prÎTer d'aller au spectacle, au café, aux soirées, etc. 

Souvent les yeux sont chassieux le matin, et de terni» en temps il y a de la 
coiason et de la sensation de brûlure dans l'angle externe des yeux. 

A ta snite de cette affection, la ?ue se trouble quand le malade est au travail ; les 

petits objets et les lettres se doublent; souvent les malades aperçoivent des 

moncbes devant les yeux. Tous ces symptômes du trouble de la vue peuvent faire 

penser \ une affection plus grave, et l'on -a même l'habitude de les rapporter à 

tort aux congestions de la rétine. 

Éci«ioi(ie. — Cette affection-se rencontre bien plus souvent chez les personnes 
nerveuses, lymphatiques, faibles^ de môme qu*on la trouve chez les femmes plus 
souvent que chez les hommes. 

Les personnes impressionnables pour la lumière du soleil et les lumières arti- 
ficielles clignent et contractent constamment leurs paupières. Ces contractions 
fait rétracter les muscles lacrymaux et rétrécir les orifices. 

L'hérédité est une cause fréquente de ces lésions; j'ai pu la constater chez plu- 
âeors membres de la même famille. Les conjonctivites chroniques, granuleuses 
00 autres, les érysipèles des paupières, l'ectropion, ctc.^ amènent souvent ces 
mêmes altérations. 

TnatoMeiM. — Ou commence d'abord par s'assurer du degré de perméabilité 
des voies lacrymales^ en faisant une injection d'eau tiède par le point lacrymal 
inlëricur au moyen d'une seringue d'Anel. Les injections seules, souvent répétées, 
peuvent quelquefois laire disparaître le larmoiement. 

Le rétrécissement est quelquefois tellement considérable que ni le stylet ni la 
petite canolc ne peuvent le franchir. Lorsque les points lacrymaux sont seuls 
létrécis et qu'il n'y a aucune altération dans le reste des voies excrétoires des 
larmes, on peut essayer de faire une dilatation forcée. 




FiG. 63. •— DiUtateur de Galezowaki. 



On introduit assez profondément mon dilatateur (fig. 63) dans le canal lacry- 
mal, et Ton écarte les deux branches au moyen d'un petit bouton que l'on tourne. 
De cette façon, l'anneau du point lacrymal éclate et la dilatation est obtenue. Le 
dilatateur de Bowman peut être cm, .lové dans le in(^mc but. 



122 ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES. 

Dans d'autres cas, si Tanncau cartilagineux est très-épais, dar et résîsuot, je 
fère le fendre préalablement avec un bistouri, dans le sens de Tépabseorde U 
pière, et le dilater ensuite, soit avec le dilatateur^ soit avec une sonde. 

G. Obstruction des points lacrymaux. — Une déviation ou an 
ment trop prolongé du point lacrymal amène quelquefois son obstraction coi 

Les altérations qui en résultent diffèrent peu de celles que nous avons 
vées dans la forme précédente. Ordinairement^ celte altération n'existe que dam 
paupière inférieure, tandis que le point lacrymal supérieur conserve ses foi 

Cet état n'occasionne d'abord que très-peu de gêne ; tout au plus survient-il 
peu de larmoiement par les temps froids et humides lorsque le malade sort ï l'air. 

■ 

Mais au bout de quelque temps, si le malade est exposé à des irritations d 
excitations des yeux plus ou moins prononcées^ s'il se livre le soir à des traTMt' 
assidus par exemple, les mêmes phénomènes que nous avons décrits dans le 
cissement des points lacrymaux se manifesteront peu à peu, et nécessiteront l 
tcrveniion chirurgicale. 

Étioiogte. — I^ point lacrymal inférieur peut manquer dès la naissance; 
le plus souvent on le voit s'oblitérer à la suite des conjonaivites chroniques et 
brûlures de la paupière inférieure, suivies de rétraction de la peau et d' 

L'oblitération peut être causée par une production épidermique, comme 
très-bien démontré Desmarres père(i). Le tubercule, lacrymal est alors aplati 
couvert par une pellicule qui a l'aspect d'une membrane desséchée et semble 
un prolongement de la conjonctive. L'examen le plus minutieux ne permet 
découvrir aucune dépression ni aucune trace de l'ancien orifice. 

Dans d'autres cas, on remarque une sorte de croûte recouvrant le bord de 
paupière inférieure et qui est occasionnée par une bléphariie ciliaire ou un 
Avec une pince fine, on enlève la pellicule^ et le point lacrymal apparaît. 

Chez un malade que j'ai soigné, avec le docteur Ë. Barthez, le zona opb 
mique avait entraîné une obstruction complète du point lacrymal inférieur, et 
Ji'esi qu'après une longue recherche que j'ai pu le rétablir. 

Traitement. — On doit chercher en premier lieu k pénétrer dans le poill 
lacrymal obstrué, et pour cela on se servira, soit d'une petite sonde très-fine fja 
presque pointue, soit d'une simple épingle dont la pointe a été enlevée. Après aviÉf 
examiné attentivement la position du point lacrymal inférieur de l'œil sain, oi 
marque avec un trait de plume l'endroit où doit se trouver l'orifice; on attire 
ensuite la paupière en dehors et en bas, puis on cherche à enfoncer la sonde daif 
le point qui a été marqué préalablement sur le bord de la paupière. 

Si ces moyens, renouvelés pendant quelques jours, ne réussissent pas, on doit 
alors avoir recours, soit au procédé deVelpeau, soit à celui de Bowman. 

Yelpeau (2) fait une excision du conduit lacrymal lui-même, en dedans du point 
oblitéré. Cette excision s'est maintenue chez deux malades qu'il a opérés. 

Le procédé de Bowman est certainement préférable au précédent. On pratique 
une incision transversale du bord libre dans l'endroit correspondant au canal la* 
crymaL Une fois le sang arrêté^ on écarte les bprds de la plaie, et l'on cherche 

(1) Desmarres, Traité des maladies des yeux^ t. I, p. 293. 

(2) Yelpeau, Manuel pratique des maladies des yeux. Paris, 1840, p, 550. 



POINTS LACRYMAUX SURNUMÉnAlRES. 123 

(Mipe Torifice du canal coupé. Quand on Ta trouvé, on introduit une 
le caDoeiée jusqu'au sac et on le fend dans toute sa longueur (1}. 

kPmE. — Bowman^ Medtco-Chirurgical Tratisactiom^ vol. XX^IV, p. 3d6, 
153; et vol. XXXIV, p. 337, London, 1857. — Weber, Archiv f. Ophthairn,, 
II. I, p. 107, 1860. — Streatfteld^ Opération for the Recovery of on obliterated 
Jpkihalm, Hosp, Reports^ 1866, t. III, p. 4). — Zeliender, Airesieder Thrûnen- 
micke MonaisbL, t. IV, p. 131). — Bowman, Ophihalm, Ho$p, Reports^ vol. I^ 
>ileli6lt, Ophthalm. Hosp. Reports, vol. 1^ p. 103. 



ARTICLE III 

POINTS LACRYMAUX SURNUMÉRAIRES. 

Ils hcrymaux surnuméraires se rencontrent bien plus souTent qu*on ne 

f*eD ai déjà rencontré plus de vingt-cinq cas, dont un dans la paupière 

; et on sur les deux yeux. 

Weber et Zehender n*ont signalé cette anomalie que comme des cas 

exceptionnels. 

est plus facile que de reconnaître cette anomalie: on constate, à la sur- 

bercule lacrymal et un peu en dedans, une légère rainure longitudinale 

celle qui se voit après Tlncision du canalicule lacrymal En examinant 
s attentivement, on parvient sans peine à découvrir, le long de la rai- 
: petites ouvertures arrondies qui conduisent dans des canaliculcs isolés. 

passe dans le sac lacrymal par chacune de ces ouvertures, mais in- 
ent. 

ne présente pour longtemps aucun inconvénient pour le malade, et 
ucune inter\'ention de la pari du chirurgien. Mais, au bout de quelque 
voit survenir, soit le larmoiement, soit des bléphariles ciliaires qui ne 
icun traitement. On devra alors inciser les points lacrymaux doubles 
isformer en un seul, ce qui amène la guérison. Plusieurs fois j'ai dû 

cette incision pour guérir des blépharites ou conjonctivites rebelles 
s par un double point lacrymal (2). 

peiE. — Graefe, Doppeiter Thrânenpunh. {Arch, f. Ophthalm., Bd. I, Ablh. I, 
ZelieDder, Doppeiter Thrânenpunkt. (Klin, MonatsbL 1863, t. I, p. 89^}. — 
Points lacrymaux surnuméraires (Journ. d*ophth, Paris, 1872, p. 181). 

iTATiOM. — Dans un cas d'une obstruction complète du canal lacrymal inférieur, 
108 distingués confrères de province, j*ai réussi à rétablir le canal lacrymal ; mais 
I le sac ayant présenté des difficultés, j'ai introduit la sonde cannelée par le 
rar, et j'ai glissé ensuite une autre sonde par le canal inférieur fendu ; les deux 
>Qt rencontrées dans le sac, Tobstruclion a été détruite et le cours des larmes 

CATION. ^- Mademoiselle G..., âgée de vingt et un ans, vint me consulter en 
pour une blépharite ciliaire glandulaire de l'œil gauche, qui a résisté à tous les 
^ndant plusieurs années. J'ai constaté un double point lacrymal dans la paupière 
e l'ai incisé et j'ai fait le cathétérisme pendant plusieurs semaines. Le traitement 
s a ensuite complètement réussi, de sorte que vers la moitié du mois d'octobre 
1 constater la guérison. 



126 ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES. 

ARTICLE IV 
RÉTRÉCISSEMENT ET OBLITÉRATION DES CANALICULES LACRYMAUX. 

Les canalicules lacrymaux n'ont pas toujours h même dimensum; 
sont larges, tantôt leur calibre est très-petit. 

Toutefois cette irariété de Tolnme n'a aucune influence sar l'ai 
larmes. Mais l'embouchure de ces canaux dans le sac peut être rétrédeM 
rée; ou bien de petites ?alvules, des granulations, des polypes et des oorpii 
gers peuvent obstruer le calibre de ces conduits et empêcher le cours dci 

Au point de vue pratique, il importe de savoir s'il existe uo rëti 
son embouchure dans le sac^ ou si Toblitératiou est produite par des 
nouvelles ou par des corps étrangers. 

STMtomatoiogie. — Ce rétrécissement se rencontre le plus souvent 
pagné d'autres altérations des voies lacrymales et notamment du sac; li 
pourtant exister isolément. 

Les malades sont affectés d'un larmoiement; ils sont souvent sujets 
jonctivites et aux blépharites. Le point lacrymal est très-souvent intact, il otj 
large et ne présente qu'un peu de déviation. 

En pratiquant l'injection avec la seringue d'Ânel, on s'aperçoit que toalei 
tlon faite par le point lacrymal inférieur revient par le supérieur, et si l'on i^ 
la précaution d'écarter la paupière supérieure, le jet d'eau ne se produit paS|i 
l'œil se remplit d'eau dans son angle interne au fur et à mesure qu'on poosKl 
jection dans le point inférieur. 

Lorsqu'il n'y a qu'un rétrécissement, l'injection peut passer dans le 
dans la gorge, mais la plus grande partie de liquide reviendra par le 
supérieur. J 

L'introduction d'un stylet dans le sac devient difficile, même si le caiiih| 
a été incisé. Un peu avant de pénétrer dans le sac, le chirurgien éproore 
sensation de résistance, comme si la sonde rencontrait un corps 
plierait l^èrement sous la pression. La partie interne de la paupière ii 
est entraînée tout entière avec la sonde du côté du sac chaque fois qo'oo 
de l'enfoncer. Le contraire a lieu lorsque la sonde a pénétré dans le sac: hl 
et les autres parties de la paupière ne subissent alors aucun déplacement. 

Dans le cathétérisme pratiqué après l'incision du canal, il faut toojoorsM 
venir que cette résistance est possible, et ne s'engager avec la sonde dans le 
que lors(|u'on est certain que cet obstacle est franchi; autrement, on 
risque de déchirer le canalicule et de pénétrer ensuite avec la sonde danskJ 
cellulaire qui entoure le sac. 

Éttologie. — Ces rétrécissements sont évidemment produits par des cool^ 
tures musculaires chez des personnes nerveuses, faibles, chétives et aoéoiQ' 
dont les yeux sont sensibles à la lumière. Les yeux, ne pouvant pas supporter ■ 
lement la lumière, cherchent à s'en garantir par des contractions et le rappro^ 
ment des paupières. Quelquefois cette oblitération ou réaction survient dj 
manière presque soudaine, par la seule action de l'atropine. Plusieurs fO^ 
in est ani>c de donner dos soins aux malades chez lesquels l'instillation (t 



BÊTBÊCISSdlElIT ET OBLITÉRATION DES CANALICULES LACRÎIfAU![. 125 

gootte d*atropîne prodoisait on larmoiement et même une inflammation de 

ifoeose. 

cnaniara (1) décrit des rétrécissements spasmodiques qui, selon lui, affectent 

actàre înterinîttenl. 

I inflammations chroniques de la muqueuse oculaire prédisposent aussi à ces 

jnementSL 

préffisposition doit être considérée comme une cause héréditaire fréquente ; 

lent Irèi-probablement à une conformation particulière de cet oriûce. 

MjBtlt. — Le traitement de ces rétrécissements est très-difficile et souvent 

lé d'obstacles. La guérison, il est Trai, est la r^le générale; il n*en est pas 

s frai qo*OD éprouve des insuccès, dus en grande prtie à une sensibilité 

riv€ de ces canaux, qui ne peuvent supporter l'introduction des sondes. 

■iirirnt. — Le' meilleur procédé est celui qui consiste h inciser le canal 

■a] jusqo*) une petite distance du sac, et à franchir ensuite l'obstacle, d'a- 

ivec on petit stylet cannelé, puis à dilater progressivement avec des sondes 

lécs, dont on trouvera plus loin la description. 

leiqoefois le cathétérisme par le point inférieur est difficile, ou presque im- 

Ue; alors on cherche à passer dans le sac par le point lacrymal supérieur, 

le trajet est plus direct, puis ou revient au canal inférieur. 

le rétrécissement ne cède pas i l'action des sondes, on peut faire une scari- 

BB interne à l'aide de mon lacrymotome caché (ûg. (îU). Dans quelques cas 

hi» j'ai obtenu de bons résultats avec cet instrument. 




FiG. 64. — Lacrymotome caché de Galeiowski (*). 

itacrymotome caché est un instrument irès-fin; ses diaiensions ne dépassent 

^(des de la sonde n^" 3 de Bowman. On le glisse le long du canal lacrymal 

josque dans le sac, puis le manche est remonté en haut, et, après avoir 

TiDStrument d'un demi-centimètre, on fait saillir la lame cachée en pres- 

l»r la pédale; en retirant le lacrymotome, on incise l'ouverture du sac. Une 

iwdinaire est introduite et laissée pendant une demi-heure. Tous les deux 

on renouvelle son introduction pour empêcher la coarctation de se re- 

•Uilération du canalicule lacrymaL — Le canalicule lacrymal infé- 
^ seul, ou les deux en même temps, peuvent être complètement oblitérés, 
^"^ijeclion exploratrice revient alors par le même point lacrymal. Quelquefois 
^pratique est très-douloureuse; j'ai vu une fois l'injection d'eau revenir 
•*cidu sang. 

(0 Macnamara, A Manunl ofthe Diseases of the Eye, London, 1868, p. 120. 

( ' ) [°.^Ule «erraut ù faire sortir la lame ; D, lanr.o «aillante ; E, lame cachée. 



126 OBGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU YOIES LACaTMALIS. 

Les causes de ces oblitérations sont : 

l*" Les granulations coujonctivales qui se développent dans ces canin | 
les constater souvent). 

2» Les gonflements et les inflammations érysipélateux des paupières et d 
libre. 

3*" Des polypes des conduits, observés et décrits par Desmarres, Jobert et E 

&<* Des concrétions calcaires, des kystes sébacés, observés par Dm 
Critchett, Bowman et Walton (i). ^ 

5** Des corps étrangers, tels que les cils, qui sont quelquefois entratnéia 
larmes. 

Traitement. — Il est indispensable de fendre dans toute sa hmgneorh 
lacrymal oblitéré. A cet effet, on se sert d'une petite sonde cannelée, que Vm 
d'introduire avec une certaine force jusque dans le sac. Si je n'y rénaiii 
fends la partie du canal qui se trouve au devant de l'obstacle, puis je ckfl 
enlever le corps étranger et à rétablir le canal. 

Bowman se sert pour cela d'une petite lancette à canule, que l'on fait» 
moyen d'un ressort du côté du rétrécissement 

BiBLiOGBAPniE. — Graere Archiv f. Ophthalm,^ t. I, p. 284; t. U, Abth. I,p.t 
Vicier, Archiv f, Ophthalm., t. VIII, Abth. I, p. 352.— Walton, Traitetneni (k h ë 
des conduits Inrrymaux {Mcd, Times and Gaz., 16 oct. 1853). — Teale, êied. Tin 
Gaz., 7 janv. — Desmarres, Annales d'ocu/tis.y t. VU, p. 1A9; t. VIII, p. 85 et2M 
p. 20. — VoiUemier, De Vinflamtnation des conduits lacrymaux {Gaz. hebd., 1855, 
— Steffan^ Veberzàhligcr Carunculus lacrymalis (Klinische Monaisbf,, t. VI, p. 
Zchendr, Atresie der Thn'inenpnnkte (Klinische Monatsbl., t. V, p. 131). — là 
Klinisrhe Monnstbl., 18G3, p. 394. — Streatfleld, Opération for the Becovery oft» 
reied Punctum [Ophthalm. Hosp. Reports, 1866, t. III, p. à). — £. Paul, Polypes i 
pés dans les mnalicidcs lacrymaux (Joum. (tophth., Paris, 1872, p. 24). 



ARTICLE V 

INFLAMMATION DU SAC LACHYMAL OU TUMEUR LACRYMALE. 

L'affection catarrhale des voies lacrymales est très-fréquente; elle se dé 
lentement sous rinfluencc de causes très- variées. Elle peut exister pendant 
temps sans amener aucune gêne pour le malade ; mais, à mesure que le m 
mente, l'absorption des larmes devient difficile et même impossible : lesséi 
habituelles de la muqueuse du sac s'accumulent avec les larmes dans celt 
sans pouvoir trouver une issue. De là résulte une ii ritation lente mais |)enn 
qui se transforme au bout de quelque temps en une inflammation du sac 
autrement tumeur lacrymale ou dacryocystite. 

Cette nialadie se présente sous deux formes : chronique ou catarrhe < 
et aiguë ou phlegmon du sac. 

A. Catarrhe du sac et des voies lacrymales. — Il est ordinai 
le résultat de rétrécissement ou d'oblitéintion du canal nasal, et ce n'est qu 
tionnellemcnt qu'elle provient de la propagation de l'inflammation conjoi 
ou palpébralc à la muqueuse du sac. 

(1) Crilchelt, Bowman et Wallon, Mcd. Times and Gaz., 22 oct. 1853. 



INrLAMllATION DU SAC LACRYMAL OU TUMEUR LACRYMALE. 127 

mtmi^^jÊe. — 1. Le larmoiement apparaît dès le débot delà maladie, 
bien avant rinflammalioo. Mais il n'est pas continuel ; pendant les temps secs, 
été, il disparaît complètement; mais en hiver et au printemps, surtout lorsque 
^/fB jeux sont exposés à Talr froid et humide, les larmes deviennent plus abondantes. 
^ La même chose a liea lorsque les malades veulent lire ou écrire. Tout travail fait 

raoir, à la lumière artificielle, amène de la fatigue et du larmoiement. 
1. L*œil est constamment injecté, snriout le matin, après le sommeil, et le soir, 
::^&lalaiDièredu gai et près du feu. L'angle interne est rouge; quelquefois la rou- 
s'observe aussi du côté de l'angle externe. 

3. Les points lacrymaux peuvent être assez larges^ et ne point présenter d'allé- 
marquée, dans d'autres cas il existe un gonflement et même un catarrhe 
ces ouvertures. 

i. En pressant avec le doigt sur l'angle interne de l'œil, on fait quelquefois 
par le point supérieur un liquide louche, qui n'est autre que les larmes 
ou mélangées avec les débris des cellules épithéliales. 

S. II arrive aussi que ces canaux sont tellement distendus qu'il y pénètre en 
temps que les larmes une certaine quantité d'air, et en pressant sur la 
du sac, on produit un bruit sec de clapotement dû à la sortie de l'air 
parla pression. 

&j6. £o faisant une injection exploratrice par les points lacrymaux, on constate 
ent le reflux du liquide injecté, soit en partie, soit en totalité. Cela tient 
fDiOenienl de la muqueuse de ces cavités, et du canal nasal^ amenant d'abord 
rétrécissement, et puis une obstruction complète. 

7. Cet éfat persiste pendant des mois et des années sans occasionner d'autres 
rdres. Mais à un moment donné et sans cause connue, Tirritation de la 
uense du sac augmente, les larmes s'accumulent et distendent cette cavité. 

travail d'aspiration ne se faisant plus, il y a une distension progressive du 

par un liquide louche : ce sont les larmes mélangées à du mucopus, accu- 
spnlé dans le sac et qui augmente ou diminue en quantité selon que l'œil est plus 

moins irrité. 

8. Le gonflement du sac devient apparent au dehors; une saillie prononcée, 
lée ou ovoïde, occupe la région du ligament oculo-palpéhral interne, lequel 

presque complètement efliacé. 

9. En pressant fortement sur celte grosseur, le malade arrive le plus souvent à 
^ h vider, soit en bas, par le canal nasal, soit en haut, par un des points lacrymaux, 

le plus souvent par le supérieur. 

10. Il arrive parfois que l'ouverture des canaux lacrymaux dans le sac, de 
que celle du canal nasal, sont complètement bouchées. Le liquide qui s'est 

. accumulé dans le sac s'épaissit de plus en plus en se mélangeant au produit de 
ikrélion des parois de cette ciivité. La surface interne du sac se transforme alors 
entièrement: elle s hypertrophie, se distend, et prend presque tons les caractères 
d'un kyste, auquel on donne le nom de mucocèle. 

Généralement cette tumeur est globuleuse et bien limitée; ^i\éc au périoste, elle 
devient tellement dure, dense et résistante, qu'il est facile de la confondre avec 
une tumeur fibreuse, comme l'a dit très-juslemciit Macnaniara. Nulle pression, 




128 ORGANES EXCRÉTEURS DES LARUES OU VOIES LAGBTHALBS* 

même la plus forte, ne peut faire refluer le liquide contenu, soît en bat, «ij 

en haut. 

11. Dans le larmoiement consécutif au rétrécissement des canaux 
ou du canal nasal, la narine correspondante devienl sèche, et il y eiisle 
des croûtes sur la partie muqueuse placée au voisinage de Torifice inférieari 

canal nasal. 

12. Le catarrhe du sac, de même que le mucocèle, peut durer longtemps! 
causer aucune gêne. J*ai ¥U des malades qui ont porté la tumeur durent 
quatre ou cinq ans sans aucun accident inflammatoire. 

Au bout d'un temps variable, il se déclare une inflammation plus ou moins 
c*est une dacryocystite aiguë, constituant la seconde phase de la maladie. 

Une malade, que m'avait obligeamment adressée le professeur Lasègoe, 
depuis un an une tumeur grosse comme une noisette dans Tangle interne, 
les symptômes inflammatoires se manifestèrent, la tumeur était dure, ov6ide,cli 
présentait point de fluctuation; après Tincision du point lacrymal, j*ai iait le 
térisme pendant quelques jours et la guérison a eu lieu. 

B. Dacryocystite aiguë ou phlegmon du sac {tumeur lacrymale). 
Cette aflection est plus rare que la précédente; elle est consécutive au 
ment ou à un catarrhe ancien des voies lacrymales. Desmarres signale 
des cas où cette inflammation s'était produite chez des personnes qui josqoe-fti 
s'étaient aperçues d'aucune altération des organes lacrymaux. De mon côté, jel 
vue sunenir spontanément chez des individus syphilitiques ou à la suite d' 
tion d'atropine à très-fortes doses. 

SyBiptoiiiatoiogie. — Dès le début, les malades se plaignent d'une 
de chaleur et d'une douleur sourde dans l'angle interne de l'œil ; la cai 
lacrj'male et la conjonctive deviennent rouges, et dans l'espace de*doaze H 
quatre heures, une tuméfaction considérable se déclare dans la région du 
ligament oculopalpébral se distend et se perd au milieu des tissus œdémateuL 
gonflement gagne les deux paupières et la joue tout entière. La conjonctivite s'< 
flamme et il se produit un chémosis séreux. La peau devient rouge, tendue, 
santé, à tel point qu'on pourrait très-facilement confondre cet œdème avtti 
érysipèle de la face. 

Les douleurs sont vives, pulsatives, et ne laissent pas de repos au malade 
qu'au moment où la paroi antérieure se perfore, le pus s'infiltre dans le 
cellulaire voisin; aussitôt après les douleurs diminuent ou cessent complétemeiL] 

La sensibilité reste d'abord lifnitée au point correspondant à la collection 
lente sous-cutanée, bientôt on aperçoit un ou deux points blanchâtres proémineMI 
Ja peau s'amincit, perce, et donne issue au pus. 

L'évacuation de l'abcès est suivie habituellement d'qn grand soulagement, lié' 
flammation cesse, et pendant quelque temps tout le pus s'écoule au dehors, lapU 
se rétracte et se ferme et le malade se considère guéri de l'abcès, mais le larmoie 
ment se continue comme par le passé. 

Dans le cas où le trajet listuleux ne s'oblitère pas et que l'écoulement permaocri 
des larmes maintient cette ouverture béante, il se forme un véritable canal fistnlea 
plus ou moins régulier, enflammé ou non, et qui prend le nom de fistuk lacrf 
maie. 



nCFLAMMATION DO SAC LACRYMAL OU TUMEUR LACRYMALE. 129 



u — !• Abcès, — Comme noas venons de le voir, Tinflamma- 
lioo da sac peut être suivie d'un al)cès dans les tissus environnants qui s'ouTrc 
le plus souvent en avant. Cette complication prédispose à des poussées inflamma- 
toires et à des suppurations des téguments, d'où il résulte chez les scrofuleux des 
cicatrices disgracieuses à la joue. 

2. Fàittle. — Le trajet Gstuleux auquel l'ouverture de l'abcès a donné lieu est 
le plus souvent irrégulier et sinueux ; dans d'autres cas, il est direct, et les larmes, 
en le uraversant, suintent goutte à goutte à la surface de la fistule. Le malade ne 
ressent pourtant aucune irritation dans l'œil, le larmoiement cesse complètement, 
et il peut se considérer comme guéri. 

L'oQTertare fistuleuse est ordinairement située au-dessous du tendon orbiculairC} 
cl presque dans la ligne verticale qui passe par le point lacrymal. Les bords sont 
ec pâles; rarement on y voit des bourgeons charnus, surtout si l'aflection est 



3. Poches kystiques communiquant avec le sac. — A la suite de la perforation 
dn sac, le pus se fraye un passage dans les tissus voisins ; il peut y séjourner long- 
temps et constituer une poche kystique de nouvelle formation, qui communiquera 
«ne le sac, et s'ouvrira en même temps du côté de la peau. Il est très-rare de 
frir le trajet Gstuleux communiquer avec le sinus maxillaire carié, ou avec le canal 
■Sil. C'est la fistule lacrymale borgne de Desmarres père. 

Ces poches sont remplies de liquide séreux ou visqueux, sonvent en très-grande 
qaantité. 

&. Carie des os. — Chez les malades scrofuleux, lymphatiques, chétifs ou 

syphilitiques, les inflammations chroniques du sac, les mucocëles et les tumeurs 

^Jacrymales amènent des décollements du périoste au voisinage du sac et du canal 

Basai. Le pus fuse entre le périoste et l'os, altère ce dernier et y amène à la longue 

ime carie ou une nécrose. 

Les mêmes désordres surviennent souvent à la suite de cathélérisme pratiqué 
«ns précaution, et surtout lorsque des mains inhabiles ont fait prendre une fausse 
route à l'instrument en l'engageant dans le canal nasal entre le périoste et l'os. 

ttislogle. — Parmi les causes les plus fréquentes de la tumeur lacrymale 
âiguê ou chronique, il faut ranger le rétrécissement ou l'oblitération du canal 
lacrymal à son ouverture dans le sac, ou du canal nasal. 

La fièvre scarlatine détermine parfois un abcès aigu et très-grave du sac, suivi 
de la nécrose et d'une obstruction très-opiniâtre du canal nasal. 

Critchett (i) en rapporte des exemples. Pour ma part j'ai eu l'occasion de soigner 
Qoe jeune fille, atteinte d'une oblitération des voies lacrymales par suite d'une 
scarlatine, et où j'ai eu la plus grande peine de rétablir le canal (2). 

(1) Critcbeit^ Leçons sur les maladies d'j Cappareil lacrymal (Ann. (Pocul., 1. 1, p. 92). 

(2) Observation. — Mademoiselle B..., âgée de six ans et demi, me fut amené le 7 mars 
1873, atteinte d'une kératite phlycténulaire très-intense et dont elle soufTrait déjà depuis plu- 
sieurs mois. Son œil était larmoyant par suite de roblitération complète du sac lacrymal^ dans 
la région duquel on apercevait une cicatrice profonde, adhérente à l'os. La mère me raconta 
qu'à l'âge de quatre ans l'entant a été prise d'un abcès très-grave dans la région du sac. à 
h suite de scarlatine. Pour guérir la kératite et le larmoiement, j'ai dû rétablir le canal 
oblitéré, et foire porter la sonde à demeure pendant plusieurs mois; aujourd'hui l'enfant e^t 
guérie. 

GALEZOWSU. 9 



Î30 OBGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOlES LACRYMALES. 

Les conjonctivites granuleuses sont fréquemment suivies d*ane inflammation de 
même nature de la muqueuse des voies lacrymales. 

On a remarqué depuis longtemps la fréquence beaucoup plus grande des lumeors 
lacrymales chez les femmes lymphatiques et chlorotiques; chez elles, les yeux soot 
plus sensibles pour la lumière, elles clignent beaucoup et contractent leurs mnscks 
lacrymaux. Les orifices des voies lacrymales se rétrécissent, puis vient le phlegmoo 
du sac. 

La prédisposition héréditaire joue aussi un certain rôle étiolc^que; je l'ai coq- 
statée dans la proportion de 1 sur ft. 

On rencontre quelquefois des tumeurs lacrymales congénitales. Dolbeao en i 
rapporté un cas. Pour ma part je Tai vu chez un enfant de deux mois et chez trois 
autres entre deux et cinq ans. 

Des caries syphilitiques ou cancéreuses situées dans la région du sac peavent 
donner lieu à des tumeurs lacrymales graves, mais eus cas ne sont pas aussi fré- 
quents que le pense Stellv^ag von Carion (1). J'en ai vu deux cas pareils à Tbô- 
pital des Cliniques; et dans un de ces cas le professeur Richet a extrait Tos ongnii 
nécrosé à travers le trajet fistuleux. 

Diagnostic différentiel. — Pour établir un diagnostic exact de l'état pbkg- 
masique des voies lacrymales, il faut examiner attentivement tous les symptômes 
que le malade accuse et s'assurer, par la palpation de la région du sac» s'il ne 
s'écoule pas, à la pression, par un des points lacrymaux, quelques gouttes de 
liquide clair ou louche. Ce serait une preuve non douteuse de l'inflammatioa de 
ces organes. 

L'imperméabilité lacrymale, que l'on constatera au moyen d'une injectioo de 
l'eau tiède par les points lacrymaux^ fournira une seconde preuve inconte8tai>leda 
rétrécissement ou de l'obstruction d'une de leurs parties. 

Le phlegmon du sac peut être confondu avec les affections suivantes : 

1. Érysipèle de la face, — Dans l'érysipèle, le gonflement est uniforme, et la 
région du sac avec son ligament palpébral interne n'est point effacée, ni dùoloo- 
rcuse, contrairement à ce qui existe dans la maladie dont nous nous occupons. 

Un érysipèle de la face se développe lentement, taudis que le phlegmon du sac 
arrive à son maximum d'intensité dans trois à cinq jours. 

2. Une inflammation du follicule de la paupière ou un furoncle peut entraîner 
le gonflement excessif des deux paupières, et simuler une dacryocystite aiguë. Mais 
il n'y a point de saillie ni de douleur dans la région du sac, et la maladie ne dore 
que deux ou trois jours. Une injection pratiquée par le point lacrymal dissipera 
le doute. 

3. Des kystes sébacés ou autres, situés dans la région du sac, des tumeurs 
solides, telles que gommes ou cxostoses syphilitiques, tumeurs cancérenses, etc« 
peuvent représenter les mêmes caractères que la tumeur lacrymale. La méprise 
sera d'autant plus facile, que les canaux lacrymaux étant comprimés, il y a aussi 
du larmoiement; mais une injection exploratrice avec une seringue d'Anel, per- 
mettant de constater la perméabilité de ces voies, rendra le diagnostic facila 

U. Les tumeurs cancéreuses venant du fond de l'orbite ou des fosses nasales peu- 
vent donner lieu aussi à une tumeur lacrymale. Un malade que j'ai vu ayec les doc- 

(1) Stellwag, U'hrbuch der Prakt,, eic. 1870, p. 559. 



IKrLAMMATION DU SAC LACRYMAL OU TUMEUR LAGRYMALK. 131 

Ceors Clerc et Remond se trouvait dans cette circonstance. Un cancer de l'os maxil- 
laire sopériear et du sphénoïde avait amené une tumeur lacrymale que je dus 
ouTrir; mais l'encéphaloUe se développa ensuite du côté de la base du crâne, et le 
malade succomba. 

5. Des saillies osseuses, dans la parlie externe et inférieure de la fossette lacry- 
male, penvent simuler la tumeur lacrymale; mais une simple inspection et la com- 
paraison des deux yeux fait cesser le doute. La difformité osseuse existe ordinaire- 
ment des deux côtés, au même degré, et la dureté osseuse ne ressembi pas à celle 
d*nne tumeur lacrymale. 

AMitoBiie pAthoioglqpie. — L'inflammation catarrhaledu sac lacrymal est 
caractérisée par une altération de la sécrétion de la muqueuse qui tapisse cette 
cavité; La sécrétion est le plus souvent louche; examinée au microscope, elle 
présente une quantité plus ou moins grande des cellules épithéliales cylindriques, 
OQ arrondies, unies au mucus. 

Cet état catarrhal est accompagné d'une congestion et d'un boursouflement 
de la muqueuse, qui, par suite, devient molasse, rouge, et saigne avec une trôs- 
grande facilité. L'introduction de la sonde produit chaque fois un saignement plus 
oa moiDS abondant. 

La muqueuse, ainsi boursouflée, forme une sorte de bourrelet au niveau de 
Torifioe du canal lacrymal et du canal nasal, et peut occasionner, au bout de 
qoeiqiie temps, un rétrécissement de ces orifices. Le sac se dilate peu à peu; il 
se distaMl, augmente de volume; ses parois s'épaississent et la muqueuse devient 
villeuse. 

Dans le cas de mucocèle, la muqueuse se transforme en une véritable membrane 
kystique qui sécrète un liquide gluant, albumineux ou séro-sanguînolent. 

La surface interne du sac est couverte quelquefois de bourgeons charnus, ou de 
granulations, ce qui s'observe surtout dans des conjonctivites granuleuses. 

Dans le phlegmon du sac, l'affection n'est pas limitée à la muqueuse^ mais elle 
envahit toutes les couches de celte région ; les parois du sac s'injectent, se gonflent 
et se perforent au bout de quelque temps. Le tissu cellulaire sous-muqueux s'in- 
filure de pus, qui fuse dans les parties sous-jacentes; de là des perforations et des 
trajets fistuleox. La sécrétion est purulente, semblable à celle que l'on voit dans 
d'autres abcès. 

On rencontre quelquefois des excroissances polypcuses à la surface interne du 
sac Desmarres père (1) a enlevé deux de ces tumeurs, cl Berlin (2), après avoir 
extirpé chez sept de ses malades le sac lacrymal, a trouvé à la surface du sac des 
polypes de dimensions variables, tapissant toute la muqueuse. 

Pour ma part, j'ai trouvé chez une de mes malades, que j'avais opérée pour un 
phl^imon du sac, un polype à peine adhérent à la |)aroi du sac et qui s'est luxé 
presque tout seul par l'incii^ion. Il était gros comme une noisette (3). 

(1) Desmarres, Traité des maladies des yeuœ, t. I, p. 339. 

(2) Rcriin, Congrès ophtfialmo logique d'Heidelberg, 1868 {Ann, d*oculist,, 1869, jan?. 
elfévr., p. 67). 

(3) ÛBSERtATiON. — Femme L..., âgée de trente-deux ans, faible de constilution, vint 
me consulter en mai 1870. J*ai constaté une déviation légère de deux bords libres, rétrécis- 
sement du canal lacrymal à droite et une tumeur lacrymale chronique volumineuse de l'œil ^an- 
che. En faisant l'injection par le point lacrymal, je me suis convaincu que rien ne passait^ le IN 



132 ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES. 

Gruveilhicr (1) a trouvé des épaississements fongueax de la muqueuse du sac 
et du canal nasal, par inflammation chronique. Dans d'autres cas il a constaté b pré- 
sence d'un diaphragme perforé, intermédiaire au sac lacrymal et au canal nasal. 

Des concrétions de différentes natures peuvent se développer dans l'inténeor do 
sac Robin (2) a examiné deux de ces tumeurs extraites par Desmarres, et il a 
constaté qu'elles étaient composées des filaments d*un mycélium d'algoe ou de 
champignon, et d'une matière amorphe uniformément granuleuse, interposée aox 
filaments. 

Graefe (3) a vu deux fois un épanchement sanguin dans le sac. 

Le canal nasal présente presque les mêmes altérations que le sac ; mais cdles-d 
produisent très-souvent dans son trajet des rétrécissements valvulaires oo membra- 
neux, quelquefois diflSciles à guérhr. Je n'ai pourtant jamais rencontré d'obstruc- 
tions infranchissables dont on a tant parlé. 

Il n'est pas rare de trouver le canal nasal dénudé en partie de son périoste, 
soit à la suite des déchirures faites avec les sondes pendant le cathélérisme do 
canal nasal^ soit par suite de carie osseuse. 

L'ostéite chronique de l'os maxillaire supérieur, ainsi que de l'os unguis, a été 
observée, surtout chez les sujets syphilitiques ou scrofuleux. L'os enflammé se 
gonfle, presse sur le sac lacrymal et le canal nasal, et développe une irritation plus 
ou moins vive, aboutissant à un pbl^mon du sac 

Hunter, Yelpeau et Tavignot ont rattaché à la syphilis certaines formes de 
tumeur lacrymale. G. Lagneau {U) a étudié cette question d'une manière tonte spé- 
ciale : il a démontré que les lésions osseuses syphilitiques, telles que périostose, 
exostose, carie ou nécrose, affectent l'os unguis ou l'apophyse montante do maxil- 
laire supérieur^ quelquefois l'apophyse angulaire du coronal, et qu'elles donnent 
souvent lieu à des tumeurs lacrymales. 

Le professeur Richet a observé l'hypertrophie considérable des glandes situées 
à la surface interne du sac et dont il a fait l'extirpation. L'altération de ces mêmes 
glandes a été aussi signalée par Béraud et d'Auzias. Tantôt les conduits excré- 
toires de ces glandes étaient dilatées, tantôt ils étaient remplis d'une matière vis- 
queuse, et les glandes elles-mêmes formaient de vrais kystes. 

Pronostic. — Les affections des voies excrétoires des larmes ont perdu en 
grande partie la gravité qu'elles présentaient il y a quelque temps. Grâce au per- 
fectionnement apporté dans le traitement par Bowman, il n'existe que très-pea 

était mou, élastique au toucher. Sans préciser le genre d'altératioD, j*ai diagnostiqué d'avance 
que la paroi du sac était dégénérée au point que pour guérir il y aurait néoessité d'en enlever 
une portion. J'ai pratiqué le 25 mai une large incision sur la paroi antérieure, au-dessous du 
tendon orbiculaire, mais à peine le sang s*était-il arrêté, que j'ai aperçu dans le fond de la 
plaie une production charnue, tandis que quelques gouttes à peine de pus sortaient par la plaie. 
Après avoir saisi cette tumeur avec une pince à griffes, et agrandi la plaie, j'ai retiré une 
tumeur mollasse, grosse comme une noisette, bien arrondie, luisante, et qui examinée au 
microscope présentait tous les signes d'une tumeur polypeuse. J'ai incisé ensuite le point hicrj- 
mal, et j'ai soumis la malade au traitement par le cathélérisme. 

(1) Gruveilhier, Traité d*anatomie pathologique générale. Paris, 1852, t. II, p. 555. 

(2) Robin, Jlf^. de la Soc, de biol., 1859, p. 112. 

(3) Graefe, Archtv f, Ophthalm., i III, AbUi. I, p. 337. 

(à) G. Lagneau, Maladies syphilitiques consécutives des voies lacrymales {Àrch, génér, de 
méd,, 1857, t. IX, p. 536, 5« série). 



INPLÂiaiATIOlf DU SAC LACRYMAL OU TUMEUR LACRYMALE. 133 

de cas qui ne poissent être guéris par le cathétérisme. Mais les tumeurs lacry- 
males chroniques, compliquées de caries osseuses ou de fistules borgnes, sont ordi- 
nairement rebelles à tout traitement, et des mois entiers se passent avant qu*on 
paisse obtenir une amélioration ou une guérison. 

TnateHMBi. — L'inflammation du sac et du canal se présente, comme nous 
Rfons TQ pins haut^ sous des formes très -variées; c'est pourquoi le traitement lui- 
même doit varier selon la nature de la maladie, sa forme, son degré de dévelop- 
pement et ses complications. 

A. Traitement du catarrhe du sac* — Une inflammation catarrhale du sac est 
ordinairement produite par le rétrécissement, soit du canal lacrymal commun, soit 
do canal nasal, et l'on ne pourra la guérir autrement qu'en faisant disparaître le 
rétrécissement 

1 . On commence d'abord par pratiquer une injection d'eau tiède par le point 
lacr3fnnal inférieur^ avec la seringue d'inel, et l'on s'assure si cette injection revient 
tout entière par le point lacrymal supérieur, ou si une certaine quantité de liquide 
passe dans les fosses nasales. Cela permet de juger du degré de rétrécissement de 
l'endroit qn'il occupe Lorsque le rétrécissement n'est pas ancien, ni très-marqué, 
on pourra obtenir la guérison par de simples injections faites pendant deux ou 
trois semaines avec un de ces collyres : 

^f, Eau diiUllée 100 grammes. | If Eau distillée 100 grammes. 

Sttl&te d'alamioe. .. 1 — | Acide phénique. .. . 5 à 10 gouttes 

2. Si le point lacrymal est large, et que le sac ne suppure pas, on peut dilater 
le rétrécissement en faisant le cathétérisme par cette ouverture non incisée. On 
se servira à cet effet de mes sondes olivaires, que l'on cherchera à introduire dans 
le sac et le canal nasal. Dans le cas où le point lacrymal est resserré, et que le sac 
n'est pas sensiblement distendu, j'incise souvent le point lacrymal, non pas dans la 
direction du sac, mais au contraire sur sou bord externe, et jefais ensuite le cathé- 
térisme. 

3. Le moyen le plus rationnel est le cathétérisme des voies lacrymales par la 
méthode de Bowman. On fait d'abord une incision du point lacrymal supérieur 
00 inférieur, et l'on passe ensuite des sondes graduées dans le canal nasal pendant 
loot le temps nécessaire au rétablissement du canal lacrymal. 

Selon moi, il est préférable d'inciser le point lacrymal inférieur, surtout lors- 
qu'il s'agit de remédier aux altérations suivantes : 

a. Qoand la paupière inférieure est renversée en dehors ; lorsque le point 
lacrymal inférieur est rétréci, dévié ou obstrué; c, lorsqu'il faut soigner le catarrhe 
du sac, qui ne présente pas de complication. 

Les deux points lacrymaux seront incisés simultanément : 

a. Dans un mucocèle ancien qui ne se vide habituellement que très-difficile- 
ment; ô. chaque fois qu'il y a des complications du côté des tissus voisins du sac et 
lorsqu'il y a des fistules borgnes, des caries des os, etc.; on ne peut entrer alors 
dans le sac que si les deux canalicules sont ouverts; e. lorsque le larmoiement 
persiste et le pus continue, à s'accumuler dans le sac, malgré que le cathétérisme 
se fait facilement par le point inférieur incisé. 



134 ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES. 

Nous avons vu plus haut comment doit être exécutée l'incision du point et da 
canalicule lacrymal. 

Celte incision, une fois faite dans une étendue d'un demi-centimètre, le chiror- 
gien cherche à introduire la sonde dans le sac et dans le canal nasal. 

Les sondes de Bowman (fig. 65) sont au nombre de six, depuis le n*^ 1^ très- 




FiG. 65. — Sonde de Bowman. 

fin, jusqu'au n*" 6, dont le diamètre est d'un millimètre environ. Deux sondes 
sont fixées sur une même petite plaque, comme le représente la figure 65. Ces 
sondes sont faites en ai'gent malléable, de sorte qu'on peut leur donner une légère 
courbure, pour les introduire plus facilement dans le canal nasal. 
Les sondes dont je me sers sont munis d'une olive à leur extrémité (fig. 66, 67), 




iiuia 



o 

Fig. 66 et 67/ — Sondes de Galesowski. 

ce qui permet de les introduire plus facilement, et déjuger avec plus de certitude 
si l'on a ou non franchi l'endroit rétréci. 
Webcr se sert d'une sonde conique en forme ci-dessus représentée (fig. 68); 




Fig. 68 — Sonde de Weber. 



son extrémité est fine comme la sonde n^ 2 de Bowman, tandis que vers le milieu 
elle atteint le volume beaucoup plus fort que le a"* 6. Ces sondes servent à laire 
pour ainsi dire le cathélérisme forcé, elles peuvent être utiles là où la méthode 
ordinaire n'a pas pu donner de bons résultats. 

On a employé aussi des sondes de baleine ou de (caoutchouc) matière élastique 
avec mandrin (Weber), des sondes de Laminaria digitaia (Critchett), de 
plomb, etc. ; mais toutes ces modifications sont ou inutiles ou même dangereuses, 
notamment celles de laminaria. En effet, introduites dans le canal nasal, dies 
gonflent à un tel degré, au-dessous du rétrécissement, qu'il est presque impossible 
ensuite de les extraire. 

Mode d'introduction des sondes. — Pour faire le cathétérisme du canal nasal, 
on doit ordinairement commencer par introduire la sonde n^ 2 ou 3. 

Sur l'œil droit, cette opération s'exécute de la manière suivante : 

En se plaçant derrière le malade qui est assis sur une chaise, le chirurgien laisse 



IHPLAIOIATIOEI DD SAC UCRTMiL OU TDMEITR LACBTMALB. 



135 



sppDyer la lete de celui-ci contre sa poitrine; puis, atiirani la paupière inrérietire 
en dehors et ea bas, il glisse la sonde le long du canal lacrymal incisé jusque dans 
le sac, en lui imprimant une direction oblique en dedans et en baul. Avant de 
pénétrer dans le lac, la sonde rencontre un premier obstacle, dû au rétrécissement 
du canal i son embouchure dans le sac On appuie alors avec modération sur ce 
rélrécissemenl, en ayant soin d'attirer fortement la piupifere en dehors. 

Lonqn'on est sflr d'être arrivé dans le sac, et que l'on sent la sonde appuyer 
contre la paroi osseuse, on doit la retirer d'un millimétré, puis la redresser, en 
lui donnant la position verticale et en l'appliquant contre l'angle interne da rebord 
orbiuire sopérieur. On fait ensuite descendre la sonde le long de la paroi interne 
du sac, et, pourvu qu'on ne fasse 
paa d'effort ni de violence trop 
grande, on nrivera sans peine i 
vaincre la résistance que l'on ren- 
contra i l'entrée du canal nasal. 
D'ordinaire, la résistance qu'on 
trouve dans l'oriGce inférieur du 
sacn'esi pas très-grande; l'obsta- 
cle plie sons la sonde, et l'on sent 
ijne c'est une résistance mollasse, 
élastiqne, constituée par les plis 
de la muqueuse, et qui cédera il 
une pression modérée. 

la fignre 69 représente la posi- 
tion que b sonde doit prendre 
pour eotrer dans le canal nasal. 
Aussitôt qu'elle est arrivée dans la 
hue nasale, le malade accuse une 
vive donleur dans la mâclmire su- 
périenre, souvent dans les dents 
du cAté correspondant j et un sen- 
timent de prewion on de piqûre 
dans le nex. Souvent le sang s'é- 
coule immédiaiement par la narine. 

Lonqne la sonde rencontre une résisUnce dnre, osseuse ; on peut être assuré 
que l'inBtmmeDl n'est pas dans la direction do canal nasal, mais qu'il a fait fausse 
route. Dans ce cas, on doit retirer un peu la sonde, lui imprimer un léger roouve- 
ment de routio», la porter un peu plus en avant et en dedans, et chercher ii l'cn- 
foacer dans cette nonvelle direction. Quelques tentative» de ce genre suffisent 
d'ordinaire pour retrouver l'ouverture et la franchir. On enfonce ensuite la sonde 
jusqu'au bas du canal nasaL 11 peut arriver qu'on y rencontre plus d'un rélrécissc- 
meot, j'en ai trouvé jusqu'à trois dans le trajet du canal nasal. 

L'introduction de la sonde par le point supérieur présente beaucoup moins de 
diScullé; on fait glisser l'instrument dans la rainure du canal incisé jusque dans 
le sac, en ayant soin d'attirer fortement la paupière supérieure en haut; le conduit 
rapériem- se trouvant i^cé en ligne droite avec le canal nasal, il suffit de pousaer 




Î36 ORGANES EïCHËTEUBS DES I.ARUES OD VOIES LACRYM&LES. 

Il soude pour qu'elle s'engage dans le canal nasal, eu glissant le long de h prai 

postérieure et interne de la rainure et du sac Ini-môuie (voy. lig. 7i)). 

Pour pratiquer le cailiélfirismc sur l'irH gauche, je place le malade eu face de 

moi, la iCle apiiuyée contre le mur, j'abaisse la paupière inférieure de la mtia 

çaucLe, tandis que de la main droite je glisse ma sonde d'aprf^s les rifles iodi- 

quécs plus liant. 

Dans d'autres cas, h. canal nasal paraît tellement réiréci, que c'est à peiae à 

je puis introduire une sonde 

n° 1 de Bonmaii. Pour ront- 

pre la rdsislance, je me sert 

alors d'un dilauteor spécial 



1 




«V'C 



(ftg 7lJ, avec lequel je dilate d un seul coup k canal Irés-Iargemcnt et;je p^ 
ensuite mtroduire telle sonde que je \eu\ 

La résistance est quelquefois si grande, qu an a de la peine h la Tranchir, 
qu il ) a danger de faire des fausses routes Dans ces cas, j'ai pour habitude de 
différer le caihélérisme de un ou de deux jours, et, pendant ce temps, je consdik 
au malade d'appliquer des compresses froides, ou bien un cataplasme de f^ule île 
riz. surtout lorsque le sac est gonflé et distendu, et s'il contient du pus. 

Com/iien de temps doit-on laisser la sonde dans k cnnal nasal ." 

Une fois qu'on est arriiË h franchir les rétrécissements, on doit laisser la sonde 
dans le caual pendant vingt è trente minutes. Ce temps est nécessaire pour titn 
effacer les plis de la muqueuse qui consiiluent le rétrécissement, ainsi que poof 
prévenir les liémorrhagies qui surviennent quelquefois i la suite du cathétérisme. 

Après le calbétérismc, certains malades nerveux tombent en syncope, on ili' 
{'prouvent de véritables attaques de nerfs; il est urgent de retirer immédialeineDl 
la sonde, et de laisser le malade couché pendant quelques minutes. 

£■«(-1/ nécessaire de rei'enir souvetit au cat/iélérisme? — Pour obtenir la guÔ- 
rison du catarrhe du sac, il ne suffit pas de franchir le rétrécissement en introdui- 
sant une seule fuis la sonde^ mais d faut répéter celle opération pendant quelque 



IMPLAMMATiaïf DU SAC LACRYMAL OU TUMBU» LACRYMALE. 1S7 

emps, tons les trois ou qoaire joors, et même, dans des cas exceplionneb, tous les 
ours; autrement, od rîsqoe de compromettre le résultat Bien entendu, il faudra 
Toirégard à Tétat d'irritabilité du malade et au degré de rétrécissement. J'ai souvent 
bteno la goérison en ne faisant passer la sonde qu'une fols tous les six ou huit 
MirB; dans d'autres cas, ces intervalles seraient trop éloignés. Le tact du cbirur- 
jàak et le diagnostic précis de l'affection indiqueront la conduite à suivre. 

Que/ e$i le temps nécessaire pour obtenir la guérison du catarrhe du sac? — 
[Minairanent la goérison de l'affection catarrhale tarde longtemps, et quand il ne 
M manifeste aucune complication, le traitement doit être prolongé pendant on 
Dob on six semaines. Mais lorsque le sac est hypertrophié ou que les rétrédsse- 
nenls sont nombreux dans le canal nasal, le traitement est beaucoup plus long; il 
est, d*aillears, subordonné à tant de conditions particulières qu'on ne peut jamais 
ivéciser arec certitude l'époque de la goérison. J'ai rencontré des larmoiements 
eicessivement rebelles et qui ont demandé plusieurs mois et même des années 
entières de traitement. 

11 arrive quelquefois que malgré l'incision du point lacrymal et le cathétérismc 
prolongé, la paupière reste déviée en dehors, et que les larmes qui ne peuvent pas 
arriver jusqu'à lui, continuent à s'écouler sur la joue. On suivra dans ce cas les 
conseils de Crilcliett, et en saisissant la paroi postérieure du canal avec une 
piace, on le retranchera d'un coup de ciseaux. 

Traitement du catarrhe du sac par la dilatation continue {procédé de /'oti- 
teur), — La méthode de Bowman est insuffisante pour guérir les tumeurs lacry- 
Bkiles anciennes qui sont accompagnées de distension et d'épaississement de ses 
fuois. C'est alors que j'ai obtenu des guérisons des plus complètes par un pro- 
cUé que j'appelle dilatation continue. Voici en quoi consiste ce procédé : Je fais 
fibord l'incision du point lacrymal inférieur et j'introduis une sonde cannelée 
te le canal nasal. J'incise ensuite la paroi antérieure du sac contre la sonde can- 
Miëe. Une fois la sonde cannelée retirée, j'introduis une sonde en crosse que je 
Vmï demeure le temps nécessaire pour refaire le canal nasal et faire atrophier 
b plis de la muqueuse qui y est fortement boursouflée. — J'ai fait construire à 
cet effet de petites sondes (fig. 72) en forme de crosse, de différentes dimensions, 




FiG. 72. — > Sondes en crosse. 

<loe je laisse pendant plusieurs mois sur place. De temps en temps je retire la 
s<Ade, je la nettoie et la remets ensuite en place. De cette façon le canal se rétablit 
vite, et chaque noovelle introduction a lien sans difficulté. 

L'expérience m'a démontré que ces sondes doivent être maintenues sur place 
Pédant on à quatre et six mois. On retire ensuite la sonde et on laisse se cica- 
Irittrb plaie extérieure, pour recommencer le cathétérismc par le point lacrymal 
iocisé. A ce moment, trois oo qoatre séances distancées suflBsent pour amener la 
SnUson définitiTe de larmoiement el de tumeur lacrymale. 



138 



ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LAGRTMALES. 



Souvent il arrive que la paroi antérieure est tellement distendue et 
que j*ai dû exciser une certaine portion de celle-ci avant de mettre la 
demeure. 

Il est digne de remarque que le larmoiement est ordinairement bien 
pendant tout le temps que la sonde reste dans le canal nasal, mais ansûtfittiit 
la retire le larmoiement revient jusqu'au moment où les plis de la moqoem^ 
canal nasal se sont complètement atrophiés, ce qui ne peut être obtenu qn*i 
plusieurs mois de traitement . 

Lorsque le larmoiement persiste ainsi que la suppuration, malgré l'abseatti 
carie ou d'abcès dans les parties voisines du sac, il faut avoir recours à des 
capables de modifier la moqueuse du sac et d'arrêter la sécrétion morbide. Ai 
cflet, j'ai mis en usage avec succès les moyens suivants : 

1. Injections avec de Veau tiède simple ou astringente. — La manière li{ 
efficace pour combattre la phlegmasie du sac est le nettoyage de sa cavité à h 
des injections d'eau tiède, ou l'emploi des topiques astringents. 

Les injections faites dans le sac^ avec la petite canule d'Anel, ont un gravel 
convénient : la pointe peut déchirer la muqueuse, et l'injection passer dans le 
cellulaire en y développant une phlegmasie du tissu cellulaire de l'orbite, a< 
qui est arrivé plus d'une fois aux chirurgiens. 

Pour remédier à ce grave inconvénient et faciliter l'usage des solutions 
gcntes, en injections je me sers ordinairement d'une canule spéciale (fig. 73^ 



'**v; 



Fig. 73. — > Canule pour injections lacrymales. 

Cette canule correspond au n° h des sondes de Bowman ; elle est tei 
en olive ayant une large ouverture. Elle se visse sur une seringue dePravax;' 
rintroduit dans le sac comme une simple sonde, puis on pousse l'eau on 
liquide astringent. C'est à l'aide de cette canule qu'on peut injecter des sohil 
faibles de sulfate d'alumine ou de borax, dans les proportions suivantes : 



y Eau distillée 100 grammes. 

Sulfate d'alumine. . • 1 — - 



:^ Eau distillée 100 grammes. 

Borate de soude. ... 2 — 



La teinture d'iode concentrée peut être injectée avec avantage dans les casspé-j 
ciaux, mais en ayant soin de garantir l'œil contre l'action de ce liquide qui poar-^ 
rait se répandre entre les paupières. 

Pour ces injections, nous servons, non de la teinture d'iode pure, mais étendue 
h volume égal d'eau distillée. 

Quelques précautions sont nécessaires. D'abord, quand la canule est introduite 
dans le canal nasal, on engagera le malade à pencher fortement la tête en avant; 
de cette manière, la teinture d'iode passera tout entière dans le nez, mais non daas 
la gorge, ce qui serait tout à fait désagréable pour le malade. Il faut ensuite coo- 
vrir avec un linge l'embouchure du canal lacrymal, dans lequel est engagée la 
canule^ ainsi que la caroncule et l'angle interne tout entier, autrement le liquide 



HILAMMATIOH DU SAC LACBTIIAL OU TUMEUR LACRYMALE. 139 

ait refluer par en haut prodtiiraii une vi?e cautérisation de la cou- 

) parfois que le larmoiement persiste, bien que le sac ne soit pas hyper- 
t qn*il n*y ait pas de catarrhe. Les sondes du d? 6 passent facilement, 
as, une ou deux injections iodées m*ont permis d'amener la guérisou 

crUins cas de caries osseuses, on peut se servir de la petite canule 
emûnée en olive, pour injecter la liqueur de Yillate, mais en ayant soin 
lalre jusque dans le sac. 

Urisatwn avec une sonde porte-caustique. — La muqueuse du canal 
qoelqiidbis tellement boursouflée, que la cautérisation est incapable de 
cours des larmes. A peine la sonde est-elle retirée, que les plis de la 
le rdèfent et bouchent le canal. J'ai réussi dans ces cas à modifier la 
auBsi sensiblement altérée, en cautérisant le canal nasal, ainsi que la 
leme du sac, au moyen d'une sonde porte-caustique (fig. 7&), que j'ai 
Bire exprès pour cet usage. 




ROBERT ET COLLIN 

FiG. 7 à, — Sonde porte-caustique. 

af oir introduite dans le canal nasal, on la fait monter et descendre une ou 
le long du canal^ en la tournant en même temps autour de son axe, puis 
e rapidement. 

ion du tendon de Vorbiculaire ou scarification interne du sac, — La 
du sac peut se faire quelquefois d'une manière irrégulière; elle prend, 
esmarres, la forme d'une gourde, dont la partie la moins grosse se 
dessus du tendon de l'orbiculaire. De cette façon le sac lacrymal est 
ers sa moitié par le ligament palpébral interne, ce qui empêche ses 

imédier à cet état, il est nécessaire de fendre ce ligament. Cette incision 
lement à l'aide du petit couteau de mon modèle (Gg. 62) ou de Stilling 
I (fig. 75}. On glisse un de ces couteaux à travers un conduit fendu dans 
long de sa paroi postérieure, et, au moment où l'instrument se trouve 
ligament, on tourne son tranchant en avant, en imprimant à son manche 
ment de bascule en avant. Pendant ce temps, l'indicateur de la main 
puie sur le ligament et facilite la section. Cette opération terminée, on 
ïrieurement dans le sac pour le vider, et l'on fait app1i(|uer des compresses 
* cette région, puis on commence à passer les soudes. 



Xr:r7^__ "^ 



RuB-liiT t' lOLLIM 




FiG. 75, — Couteau de Stilling. 

J, Stilling (de Cassel) (1) a recommandé beaucoup la méthode, celle de 

ng (de Cassel), Nouveau procédé opératoire par l'incision interne^ des coarctations 
tcrymaies {Ann. d'ocuiist,, 1868, p. 224). 



140 



ORGANES KXCUËTEUIIS DES LARMES OU VOlbS LACRYMALES. 



l'incision inienic du sac, pratiquée â plusieurs reprises et dans dilTénnies 
lions. Ce procédé est regardé par l'auleiir et par quelqucH-uns de sa iàm 
comme très-eOicace, i cundilion que le catbétêrisme n'y soit point sjotHé. 
moi, cette méthode est irrationnelle et ne peut donner aucun résultat sil 

B. Traitement de la tumeur iaa-ymale aiguè. — l.Le traitement dellln 
la en maie aiguë, prise à son, début, c^t Irès-simpie; on fend un despoiniilK 
maux, et de préférence rinférieur, et l'on passe la soude 11° 3 ou n^fidinska 
nasal; le sac se vide immédiatement; le pus s'écoule en dehors ; la tenuoniË 
ime, et les souffrances du malade cessent, ainsi que le gonflement de 11 jone. 

On recommande ensuite au malade d'appliquer, dans la journée, qdmJ 
cataplasmes sur l'œil, ci, au bout de deuï jours, on revient au traiiei»eii[[i 
catbélérisme. 

A une période plus avancée, il faut soigner non-seulement l'aSecUun h 
lacrymal, mais aussi ses complications. 

2. Lorsqu'il existe un ou plusieurs >il)cès situés eu dehors du sac, et que II) 
se trouve amincie ou ulcérée ï leur surface, il y n aussi nécessité d'ouvrir d'il 
le point lacrymal, puis on incise largement l'abcès, ainsi que la paroi antdi 
du s.nc, ce qui se fait de la manière suiianie ; 

Le malade appuie sa télc contre la poitrine d'un aide, qui tire 
dehors l'angle externe de l'œil pour faire saillir le ligaïuent palpébral iati 



f 

l bisloui 




FlG, 76. — Incision de la tumeur lacrymale ('). 



bistouri droit de J.-L. Petit est enfoncé au-dessous du tendon i 3 ou ù milliratl 
un [Ku en dedans de l'angle interne de l'œil (voy. fig. 76). 

On doit d'abord enfoncer le bistouri d'avant en arriére et prc»|ue parallélel 
an tendu» ; puis on redresse le manche vers le sourcil, et on le bit péofitm-r 

q™iim'ru.(^(iem.nKjsrml. " ' ■ , "" T" "■ remp «r r »< on 



J 



UFLAmiATlON DU SAC LACBYMAL OU TDMEUB LAGBYMALE. l&l 

leot dao8 le sac eC le canal nasal. Getle incision doit être prolongée oUiquc- 
le dedans en dehors et en bas^ dans la direction des plis de la pean qui se 
lien cet endroit. Si des trajets fistuleux se trouvent dans celte région, il 
Bt de prolonger l'incision dans la direction de ces derniers, 
le incision une fois faite, on presse sur Tabcès pour le vider, et Ton introduit 
Btual nasal nne sonde à travers cette incision ; puis on passe la sonde par le 
hcrjmal incisé pendant que Ton retire celle qui a été introduite par la fistule. 
poKmait consécutif est très-simple : on y fait appliquer on léger cataplasme 
it qoelqoes heures. 

ÉDeUement, le pus contenu dans tons les trajets fistuleux se vide après qucl- 
oin, et une fois le trajet lacrymal rétabli, la plaie de la joue se ferme toute 
Il ne reste plus alors qu'à soigner l'inflammation de la muqueuse du sac 
\ les principes exposés plus haut. 

lie cas où la muqueuse du canal nasal se trouve très-boursouflée et hyper- 
e, on devra profiter de cette plaie pour y introduire le clou de Scarpa 
), ou une de mes sondes en crosse (Gg. 72). On le laissera à demeure pcn- 
Bsieors semaines^ mais en ayant soin de l'enlever tous les deux ou trois 
jor nettoyer la plaie et le sac au moyen d'injections, 
s fiscales lacrymales guérissent ordinairement spontanément, aussitôt qu'on 
ré à rétablir le trajet normal pour l'écoulement des larmes. Dans les cas où 
fistuleux aurait des parois calleuses, on pourrait les enlever et réunir avec 
t de suture. 

î traitement des poches kystiques ou des fistules borgnes présente de plus 
difficultés, ces altérations étant d'ordinaire accompagnées de caries osseuses 
moins prononcées. 

ce cas, le premier devoir d'un chirurgien est de retrouver la direction du 
I sac et du canal nasal, ce qui est souvent extrêmement difficile, à cause des 
ises déchirures que présentent ces cavités. On doit surtout éviter de glisser 
entre le périoste du canal nasal et l'os lui-même, ce qui pourrait compli- 
traitement d'une manière sensible. 

bis ce canal retrouvé, on doit laisser à demeure, pendant quelques jours, 
de en crosse, la retirer pour quelques minutes et la replacer ensuite dans 
I direction. 

ni moyen m'a quelquefois suffi pour amener la cicatrisation de poches kys- 
AUYent très-volumineuses. Dans d'autres cas, j'ai ajouté les injections 
mcentrées. 

^ruciion et obliiération du sac. — Cette méthode, qui était en vogue 
très-longtemps, ne doit être aujourd'hui réservée que pour des cas 
it exceptionnels de la fracture ou de la nécrose du maxillaire supérieur^ 
lal nasal est complètement détruit. On aura alors recours au procédé de 
1). Voici son procédé : il fait d'abord une ponction du sac de haut en bas, 
ige l'incision de 7 à 8 millimètres en bas. Ensuite, après avoir nettoyé 
Uement la plaie et vidé le sac, il introduit entre les lèvres le petit spéculum 
leur du sac, écarte les bords de la plaie et le confie à la main de l'aide. 

f oe, De la cure radicale de la tumeur lacrymale, 2* édil., 1857. 



i&2 ORGANES EXCBÈTËtJRS DES LARMES OU VOIES LAGETMAL 

Puis il introdait dans le fond de la plaie une petite plaque préalabieme 
de pâte de Ganquoin n"" 2, et la laisse dans le fond. Le spéculum est e 
la plaie refennéc et recouverte d*un petit morceau de tafbtas d'Ang 
la formule de la pâte de Ganquoin n"* 2 : 



^ Chlorure de zinc A grammes. 

Farine de blé 4 — 



Eau 



Une compresse d'eau froide est appliquée de temps en temps sur 
tout si le malade souffre. 

Il se produit habituellement un gonflement inflammatoire, qui c 

jours et cesse ensui 
causé aucune souffr 
tième au dixième j( 
^ se détache par fra( 
douzième ou le quh 
cicatrisation est • 
complète. 

M. Manfredi (1) 
spéculum de M. Ma] 
tant une petite valve 
la peau du contac 
(Gg. 78). Cette m 
d*autant plus import 
fredi, de même que 
Spérino, se servent 
térisations du sac d( 
limoine. Ce caustiq 
liquide, pourrait s* 
ment sur la joue et 
rosion de la peau. 

Fie. 77.— Porte-cauftUque FiG. 78.— Spéculum de I>eIgado (2) (de ] 
de Delgado. Manfredi et de Magne, son côté, inventé u 

tique à valves mob 

Les branches ËE écartent les bords de la plaie, et permettent, ai 

mandrin A, de porter le caustique au fond de la plaie et jusqu'à 

du canal nasal. 

Quant à la cautérisation du sac avec le fer rouge (Desmarres) o 
lacrymaux par la galvanocaustique (Tavignot), ces méthodes ont 
importance depuis que les procédés nouveaux ont permis de rét 
lacrymales. 

D. Dilatation permanente. — Canule de Dapuytren. — C 
s*opère, soit au moyen des canules métalliques, soit des sondes 
demeure dans le canal nasal. Quoique Tinvenlion de celte méthode a 

(1) Manfredi^ Délia cure radicale délia iumore e dclla fistula lacrymal 
1864. 

(2) Delgado, Pabellon medico, 1860, n^ 13; Ann. d'oculist,, t. LV, p. 2 




lAFLAMMATiON DU SAC LACRYMAL OU TCUEUR LACRYMALE. iftS 

à Foubert, c'est Onpaytrcn (1) qui Ta fait adopter par les cbirurgicns de son 
éfioqoe. Peu à pea elle a été compiéteiueot abandonnée comme dangereuse» en 
ce sens qae la canule laissée en permanence dans le canal nasal, altérait à la longue 
le périoste et l'os lui-même, en y occasionnant des caries et des nécroses. 

Le professeur Richet a remplacé la canule, qui a TincouTénient de se boucbcr, 
par une sorte de clou de plomb de Scarpa (Gg. 79), muni d'une tête découpée 
à jour (fig. 80}. 

^ Zlj^Mlllllli ■■■ ^^^ . . ROBERT ET COLUM 




Fie. 79. — Qou de Scarpa. Fig. 80. — Clou do Richet. 

- E. Création (tune voie nouvelle par t os unguis. — Celte mélbode a été mise 
dUord en pratique par Reybard et Demarquay ; puis, dans ces derniers temps, 
a été sensiblement perfectionnée et vulgarisée par Foitz (de Lyon). 
Ce chirurgien a fait construire une forte pince à jonction dont l'une des bran- 
est destinée à servir de point d'appui dans la fosse nasale, el dont l'autre, 
OEteme, est armée d'une canule emporte-pièce, fixée à angle droit sur son extré- 
ailét et coupant par pression et par un mouvement circulaire qu'on lui commu- 
à l'aide d'une cle£ Cette canule s'engage dans le fond du sac incisé, en la 
conUre la branche interne placée dans la narine, on détache el l'on enlève 
petite rondelle de l'os unguis. Les larmes peuvent de celte façon s'écouler 
AMemeat dans la narine. 

Celle méthode est hérissée de difficultés : l'os peut se briser en morceaux et 
des complications, telles que carie, nécrose, etc., c'est pourquoi elle est 
usitée. 

F. Extirpation dé la glande laa'ymale. — Celte méthode a été pour la prc- 
■iire ibis oûse à exécution par Bernard et Tavignot, dans le but de faire dis^ 
firaltre l'organe sécrétoire des larmes, et de guérir ainsi le larmoiement. Aban- 
teoée pendant quelque temps, elle a été de nouveau reprise par Laurence (2). 
hos avons démontré plus haut comment on pratique cetlc opération dans Tcxiir- 
fMiM de cet organe, et nous n*y reviendrons plus. Disons seulement que celte 
Méthode n'est point rationnelle et doit être abandonnée de même que celle d'cxtir- 
jMliao da sac lacrymal proposée par Berlin (3). 

RUUOCRÀPHIE. — J. L. Petit, Sur in fistule lacnjnmle (Mém. de VAcad, des se, 1734, 
p. ISA; 1740, p. 155). — Vésigné, Essai et recherches sur la tumeur et la fistule lacrymale ^ 
ttièie de Paris, 1834. — Laugier, Sur le traitement de la fistule lacrymale {Arch. génér. de 
mèd.^ 1835). — Malgaigne, Qvel traitement doit-on préférer pour la fistule lacrymale ? 
tbése pour l'agrégation. Paris, 1843. — Bernard, Mémoire sur un nouveau moyen de guérir 
ie$ fistules lacrymales et des larmoiements chroniques réputés incurables {Ann» d'oculist., 
t. ï, p. 193, 1845). — Guépin, Dutraitement de la tumeur et de la fistule lacrymale {Ami. 
dtwxiûi.^ t. XIY, p. 217, 1845). — Velpeau, Ètiologie de Vanchilops {Annuaire de thérap, 
wéi. et chirurg., mars 1846). — De Graero, Konischc Sonde u. Lufldouche in der BehnndL 
d. Tkrànensackleiden {Archiv f. Ophth, B. A., S. 291). — Bowman, Dm traitement des où- 

(1) Dnpaytreo, Leçons orales de clinique chirurgicale, t. III, p. 406, 2« édit. 

(2) Laurence, On Bemoval of ihe lacrymal Gland {Ophthalmic Review, n* 12). 

(3) Berlin, (^rès ophthalmologiqueti^HeiiMberg {Ann.(roculist,,i^Q9,iaw/.eiféyt.). 



il\U ORGANES EXGBÊTBURS DES LARMES OU VOIES LACRT1IALI& 

sirwMoiis lacrymales {Ophth, Hosp» Rep,^ 1857; Ann, (Foculût,, t. XXII, p, 78). — Pib. 
SoHvrl instrument jtour V opérât ion de la fistule /acrtpnnle^ Lyon, 1860, et Aitmiomi*^ 
jJit/siofotjir des voiei lacrymales (Ann. tViKulist,^ t. XLIII.) — Weber, Zur BehaitdL ^ 
Thrancftschlauchstrici. {Archir. f. Ophthalm., 1861, Bd. VIII, S. 1). — Critebatt, ùftm 
.\nr les maladies de V appareil lacrijmtil (Ann. d'oculist.^ 1864, l. II, p. 93), — Artt, Crier 
Krankhi'itf'H d. thrflnensch. Krank, {Zeitchr, d, (leiellsch. d, Wien, Aerzt,^ 1860); /v 
Hehnndl.d, thrûncn^lu Krunk, {Airhiv /. Ophthalm.^ 18G8. p. 26à). — ChamprigMd, D» 
la tumrur lacrymale et de son traitement en particulier, tlièsè de Paris, 1860.^ 
De In jmthotjénie du rétrécissement du canal nasal (Journ, d*ophth, Paris, 1872, p. IM.) 
— Galczowski, Recueil irophtlialmologie^ octobre 1873. Paris, p. d5. 

ARTICLE VI 

BLESSURES DU SAC LACRYMAL ET DU CANAL NASAL. 

Les plaies pénétrantes de la région orbitaire intcnie peuvent entamer le ne 
lacrymal ou le canal nasal. II en résulte une communication de ces organci luc 
1rs narines ou le sinus maxillaire, ou bien il s*éiabiil une fistule lacrymale. Lbih 
(|uc le malade se mouche, Tair entre avec violence dans le tissu cellulaire an fVH 
binage de la plaie, et il y a de l'emphysème des paupières. 

Mais ces désordres ne sont pas longs à guérir, les lèvres de la plaie se cicalrÎMi 
sans fistules et sans larmoiement. 

Les blessures du canal nasal et les fractures de Tapophyse montante da maii- 
lairc supérieur sont plus graves; les cicatrices qui s'ensuivent enlralnent ooe 
tération complète du canal nasal et une tumeur lacrymale au bout de q o ri^a 
icmps (1). 

Mackensie a vu récrat^menl du nez amener l'oblitération du canal nasal cl dn 
inflammations iiiceasantes du sac avec suppuration. 

Itoyer cite un cas de fistule lacrv'male sunenue à la suite de la fraclorc da 
Malgaigne a vu pourtant des fractures beaucoup plus graves se guérir sans 
de larmoiement. Dans un cas de désordres graves de la même région, prodoils pv 
une décharge de pistolet, J. D. Larrey a réussi à reconstituer le canal naol \ 
fracturé et rétablir le cours des larmes. i 

BinLiOGRAPBiE. — D. J. Larrey, Mémoires de chiruryie miiitntre^ et cntuftagnet^ t. IT, 
p. 242. Paris, 1811-1817. — Ph. Boyer, Traité des maladies chirurgicales^ t. III, p. III. 
Paris, 18A7. — Malf signe, Ti-aité des fractures et des luxations, t. I, p. 365. Paris, ISUi 

ARTICLE VII 

AFFECTIONS CONSÉCUTIVES AUX ALTÉRATIONS DES VOIES LACRYMALES. 

\a^ altérations des voies lacrymales amènent chez certains individus des sya- 
ptoines morbides d'une telle gravité, qu*on méconnaît souvent la canse ponr m 
s occu|)er que des phénomènes secondaires. 

(Il 0KSERVATIU5. — J'ai donné, en 1866, des soins à un de mes compatriolet quiésn 
riii»urrectiofi de 1863, était tombe entre les mains des Cosaques, couvert da blas« 
Piirnii les bli-sfiures qu'il avait reçues, îl en portail une dans la région du canal nasal qai 
vi'iiait il'uno balle tirée à bout jortant, et qui avait fracturé le maxillaire, et oblitéré le 
na!>al. Il s'en est suivi au bout de quelque temps une tumeur lacrymale. J*ai pu, quoique atec 
lienuroup lie difllculté, fr.iiicliir le canal nasal avec une sonde introduite par le point imj— I 
iiiciM' ; mais les douleurs dentaires que provoquait ce cathétérisme étaient tellement violantss, 
•lUG J'ai dû y renoncer. Après trois séances de cathétérisme, le lannoieniant cessa. 



AFFECTIONS CONSÊCnTIVfiS AUX ALTÉRATIONS DES VOIES LACRYMALES. 1^5 

Nous pensons qu'il est utile de résumer toutes les aiïections, soit des paupières, 
tml du globe de Tœil, qui peuvent se déclarer à la suite des maladies des organes 
dcrétoires des larmes. 

A. Blépharite ciliaire. — Lorsqu'elle est monoculaire, elle est presque 
toujours le résultat d'une gêne dans l'absorption des larmes ou d'une oblitération 
complète du canal nasal. La blépharite ciliaire binoculaire est le plus souvent due 
^ celte même cause, quand elle se déclare chez les adultes ou les personnes âgées. 
Dans l'un comme dans l'autre cas, on voit la maladie se prolonger indéfiniment 
et résister à tons les traitements, tant qu'on n'aura pas rétabli le passage pour 
les larmesw 

Il m'est arrivé quelquefois de rencontrer les voies lacrymales libres, mais avec 

le point lacrymal légèrement boursouflé ou dévié ; cela a suffi pour amener une 

blépharite ciliaire qui a résisté à tous les traitements, jusqu'à ce que j'aie incisé 

I ce caoalicule; la giiérison de la blépharite suivait de près cette dernière opé- 

ntîoo (1). 

B. Ectropion. — L'irritation permanente de l'œil par les larmes, et la photo- 
phobie, amènent des contractions dans les fibres musculaires des paupières, et de 
rectropion. On ne le rencontre que dans la paupière inférieure. Chez les vieillards, 
les ectropions sont le plus souvent consécutiOs à une altération des voies lacry- 
■nies, et la guérison a lieu dès qu'on a réussi h rétablir le passage pour les larmes. 

C Spasmes des paupières et entropion. — Lorsque les fibres muscu- 
laires du bord ciliaire, ou autrement dit le muscle de Riolan, entrent eu contrac- 
tioo^ on voit alors se produire des spasmes dans les paupières qui sont suivis de 
Veniropion. Celte complication est pourtant très-raie, tandis que Tectropion est 
très-fréquent. 

I>. Conjonctivite. — Des conjonctivites chroniques monoculaires ou de deux 
yeux, sont souvent occasionnées par la même cause. Elles sont le plus souveut très- 
rebelles, et se compliquent de boursouflures de la conjonctivite ressemblant sous 
tous les points aux granulations. 

E. Abcès de la cornée. — Ils sont très-souvent provoqués ou entretenus par 
les larmes alcalines et ne guérissent que lorsqu'on débouche le canal nasal. 

F. Troubles visuels. — Sous l'influence de rirrilation de l'œil par le séjour 
des larmes entre les paupières, on voit souvent se produire des troubles visuels 
qui, si Ton ne prend pas garde, pourront être rapportés aux altérations des mem- 
branes profondes de l'œil. 

(I ) L'ubsenratioa suivante démontre Tefllcacité de l'incision du point lacrymal dans la blépha- 
rite ciliaire invétérée ; je remprunte à une note rédigée par le malade lui-même : 

Obsebvatioh. — M. M... s'exprime ainsi : a Je fus atleint depuis mon enfance d'une blé- 
pbaiiie ciliaire. En 1863, j^avais alors seize ans, je fus amené à Paris au docteur S..., dont je 
soÎTÎsÎPs prescriptions durant sept mois, sans qu'une amélioration sensible se produisit; mes 
paupières, qui se dégarnissaient de plus en plus de leurs cils, reslèrenl aussi enflammées^ au 
point qu'en 1867 on ne me permit pas de me présenter au concours pour l'École normale. 
En mai 1872^ M. Galexowski commença l'épilalion des cils qui me restaient, ce qui a fait 
diminuer sensiblement la rougeur des paupières. Le 2 décembre, il pratiqua une incision des 
points lacrymaux dans les deux yeux (l'injection pasiait pourtant), et au bout de quinze jours 
il fe produisit une diminution considérable dans le gonflement cl la rougeur des paupières. 
Depuis, j'ai acquis une fermeté et une fixité dans le regard que je n'avais jamais connues ; je 
puis travailler trois et quatre heures de suite le soir à la lampe sans ressentir de fatigue, et 
mes yeux n'ont plus l'apparence sanguinolente qu'ils avaient il y a six mois, o 

GALEZOWSU. 10 



l/i6 ORGARES EXCRÉTEURS DES LARMES OU V0IE3 LACBTIIALES. 

Ces troables visuek sont : 

1^ Aslkénopie lacrymale, — Elle est caraaérisée par une fatigue extrême de 
rœil pendant tout travail d'application ; dès qu'on continue à travailler, les yeui 
se remplissent de larmes, les objets se brouillent, des douleurs vienoeot au boni 
et aux yeux, et il y a nécessité de suspendre toute occupation. 

2* Photophobie , phoiopsies et cercles irisés. — L*œil devient sensible ï b 
lumière, il y a une photopbobic intense qui est surtout marquée le matin au réveil 
et le soir à la lumière du gaz. L'œil est endolori, et les paupières qui se contractent 
fortement sur le globe de rœil, provoquent de vraies photopsies, impressions 
lumineuses, etc. 

Les larmes qui s'accumulent au bord des paupières forment une sorte de prisme 
qui décompose la lumière de lampe ou de bougie et la fait voir entourée des cer- 
des des couleurs, cercles d'arc-en-ciely comme dans le glaucome. 

3"" Diplopie monoculaire. — Elle n'existe que pour les objets très-fins, des . 
lettres ou les caractères très-fins, etc. Quand on lit, on voit les caractères se dou- 
bler et comme une ombre au dessus de chaque ligne. 

Ix'' Mouches volantes. — Elles sont mobiles, très-petites comme les rnoochci 
physiologiques (voy. Corps vitré). Souvent elles sont tellement nombreuses 
qu'elles ont Tefiet d'une vraie pluie de poussière. Elles sont dues aux cellules épi* 
tbéliales détachées et d'autres corpuscules minimes suspendus dans les larmes, qoi 
glissent à la surface de la cornée. 

5^ Diminution de l'acuité visuelle. ^ Dans quelques cas rares, j'ai rencontré 
des amblyopies, très-graves en apparence, avec diminution de l'acuité visuelle allant 
jusqu'à un dixième et plus, et qui n'avait cédé que lorsque je suis parvenu ) 
dilater le canal nasal oblitéré (1). 

Bibliographie. — Galezowski, Essai sur la conjonctivite lacrymale et son influence sur 
la vue (Gazette des hôpitaux^ 1868, p. 430), et Recueil d'ophthalmologie, Paris, 1873, p. 43. 
Guément, Des affections consécutives aux maladies des voies lacrymales y 1872. — Ferraod, 
Sur les affections oculaires, produites par les altérations des voies lacrymales^ thèse dt 
Paris, 1873. — Draasart^ Des ophthalmies lacrymales, Paris, 1873, 

(1) Observation. — M. E. M..., âgé de quarante et un ans, médecin distingué de Barce- 
lone, est veuu me consulter le 10 juin 1870, pour une amblyopie très-prononcée dont il 
souffrait depuis seise mois, et qui ne faisait qu'augmenter malgré tous les traitements qu*oo 
lui avait fait subir à Barcelone, à Madrid, ou à Paris. 11 n'a qu'un seul œil gauche de con- 
servé, le droit est depuis son enfance atrophié et réduit à un petit moignon. Il a commencé 
par voir des mouches très-nombreuses devant son œil ; peu à peu l'acuité visuelle diminua 
au point qu'il ne put lire que quelques mots du n"* 5, et avec un très-grand effort ; il a de la 
peine à se conduire à cause de l'extrôme photophobie ; il ne reconnatt pas une personne i 
cinq pas, et pour traverser une rue en plein jour il a de très-grandes difficultés. I>evant lee 
yeux, il a des sensations colorées et lumineuses de toute sorte ; autour d'une flamme de bougie, 
il voit des cercles d'arc-en-ciel. Des douleurs sourdes et gravatives existent dans le fond de 
l'orbite. L'œil n'est pas larmoyant, mais le malade éprouve une sensation de plénitude dam 
le grand angle de l'œil. L'examen des voies lacrymales me fait découvrir leur rétrécissement 
notable de deux côtés; je fais le calhétérisme par le procédé de Bowman, et j'obtiens une gué- 
rison complète au bout de deux mois de traitement. Depuis, j'ai eu souvent de ses nouvelles, 
et j'ai pu me convaincre que la guérison s'est mainteriue, et la vue est complètement rétablie. 



TROISIÈME PARTIE 

CONJONCTIVK 

CHAPITRE PREMIER 

AKATOMIE ET PHYSIOLOGIE 



((. Sli-itcture. — La surface inlerne des paupières esl lipissée 
far i:nc membrane lisse semblable k toutes les muqueuses, et qui est conoue sous le 
Dom de i^HJonclive. 

Elle commence sur le bord lilire des paupières comme un proloogcmeui de l'euve- 
loppe cutanée, reril la forme d'une membrane mince, rosée, comnlclcment Iranspa- 
rcDtc et adhère d'une manière Irès-iatime au bord ciliaire. De ]k elle s'étend sur 
tonte la paupière, recouvre le tarse et les glandes de Meibotnius ; parvenue sur le 
bord orbitaire, elle double la capsule de Tenon et se porte sur le globe de l'œil, 
qu'elle re courre jusqu'au pourtour de la cornée. 

La conjonctive présente des parlicularilés anatomiqucs qu'il importe de noter. 
Nous les éludierous successivement dans ses diverses régions : 

1" La portion ciliaire (fig. 81) a, b, qui a son origine au niveau de l'implaolation 
desciU.recouvre toute l'épaisseur du bord libre, et contournant la crête formée par 
la lè^rc postérieure du bord libre, se porie sur la surface postérieure des paupières. 





, 81. — ConjonelivB dans i 
différentes portions ('). 



ïcmi-Iunaire , caroncule et points 
lacrymaux ('"). 



Elle est mince, d'un blanc roié, fortement adbérenic aux parlics son3-jaccntes> 
Les points lacrymaux B, B, (fi^, 8 î), ainsi que les oriliccs des glandes de Mcibomius, 
i'ouvrenl sur cette partie de la conjonctive, 

t. La forti'm pnipèbrale de la conjonctive (fig, 8 1 , 6. c) esl encore plus mince et 
plus délicate et très-peu extensible; elle adhère intimement au cartilage tarse, au 






IMJ(|J™ 



148 CONJONCTIVITE. 

moyen d'un lissu cellulaire mince. Pourvue de petites saillies papillaires, elle n*est 
pas complètement lisse, et malgré sa vascularité plus ou moins grande, elle est asser 
transparente pour laisser voir la couleur blanchâtre du cartilage tiurse, ainsi que les 
glandes de Meibomius. 

3. La portion angulaire recouvre la dépression qui existe entre les points lacrymaux, 
Tangle interne des paupières et le globe de l'œil. Cette dépression constitue ce qu'on 
appelle le lac lacrymal. 

Dans cet espace, on remarque une petite saillie arrondie et globuleuse qui remplit 
le fond et la partie interne du sac lacrymal : c'est la caroncule lacrymale (fig. 82, A) 
ordinairement de la coloration jaune rouge et sur laquelle on peut distinguer des poils 
excessivement fms et les orifices de quelques follicules. Après Tavoir recouvert, la 
conjonctive se porte sur le globe de Fœil et forme en cet endroit un repli connu sous 
le nom de pli semi-lunaire. G*est le vestige de la membrane clignotante que Ton 
trouve chez les animaux. 

L'angle externe n'offre rien de particulier, si ce n'est qu'on y aperçoit les ouver- 
tures des conduits de la glande lacrymale. 

4. En se réfléchissant sur le globe de l'œil, la conjonctive forme des plis plus ou 
moins nombreux et un cul-de-sac assez profond, que l'on désigne sous le nom de 
cul-de-sac ou sillon oculo-palpébi^al. D'après Ricliet (1), le fond de ce sillon est éloi- 
gné du bord libre de la paupière supérieure de %l à 25 millimètres et de 4 4 à 43 de 
l'inférieure. 

Ce cul-de-sac est beaucoup plus profond en haut qu'en bas. Ici la conjonctive 
s'unit au ligament ociilo-palpébral au moyen d'un tissu cellulaire à mailles très-larges, 
ce qui lui permet de se distendre et de glisser sur le globe de l'œil. 

5. La portion oculaire ou scléroticale de la conjonctive est mince et complètement 
transparente; elle laisse voir la sclérotique et rend le globe de l'œil Irès-luisant. Elle 
adhère à la capsule de Tenon, qui recouvre la sclérotique au moyen de mailles larges 
dans lesquelles on trouve des cellules graisseuses. 

Près du bord externe et interne de la cornée, la conjonctive recouvre une petite 
èlevure blanc jaunâtre qui n'est autre qu'un amas de tissu cellulo-graisseux dense, 
que l'on appelle pinguecula et qui adhère intimement à la sclérotique. 

En se rapprochant de la cornée, la conjonclive s'amincit, adhère plus intimement 
à la sclérotique et empiète légèrement sur la cornée dans une étendue de 2 à 3 mil- 
limètres ; la couche épithéliale seule se prolonge sur le reste de la cornée. 

La surface de la conjonctive est tapissée par des couches plus ou moins épaisses 
de cellules épilhéliales. Ces cellules sont cylindriques sur la portion palpébrale, et 
se transforment successivement sur la sclérotique en épithélium pavimenteux, épais 
de 0,06 millimètres. On distingue, selon Sappey, trois principaux plans de cellules : 
des cellules moyennes aplaties et parallèles à cette membrane; des cellules super- 
liciellcs encore plus aplaties et plus larges. Toutes contiennent des granulations 
pigmentaîres très-manifestes disséminées dans leur cavité. 

Le tissu propre de la conjonctive est constitué par le tissu lamineux. C'est un tissu 
réticulaire, composé des corpuscules du tissu cellulaire et des fibres la mineuses. Dans 
la portion tarsale et dans le cuhde-snç^ on trouve un grand nombre des cellules lym- 
phoideSf de sorte que la conjonctive prend ici, d'après Henle, le caractère adénoïde. 
Le tissu lamineux forme dans la portion palpébrale et dans le cul-de-sac des saillies 
en forme de papilles, ce qui a permis à Krause d'appeler ce tissu corps papillaire. 
Ce corps papillaire s'amincit très-sensiblement sur la sclérotique, et il Fait complète- 
ment défaut au delà du cul-de-sac. A peine visibles au voisinage des cils, les papilles 
deviennent plus saillantes au niveau du carlilage tarse (fig. 83) ; leur relief est moins 
prononcé au niveau du cul de-sac conjonctival, mais leur base est plus large. Chacune 

(1) Richet, Traité (ranat.médicochirurg.,\}. 357. 



ANATOUII! BT PIlTSIOLOGiB. 



i:i9 



■des pspiflei est composée de tissu cellulaire, dans lequel s'incurrent de pelilcs anses 
-vascuUires. 

b. Vaisseaux. — Les vaisseauv arlérids de la ccrjonc- 
ti*e proviennent des branches musculaires lacrymales, ainsi 
■que d'autres branches (ermioalcs de l'artère ophthalmiijiie. 
Les artères de la portion palpébrale proviennent des anasto- 
moses des temporales, perforent le larse è son liord supé- 
rieur et se distribuent à la surface interne palpfbrale, sous 
forme de fiisceaus perpendiculaires au hord des paupières. Elles 
communiquent avec les arlt^res palpébrales et la temporale 
saperficielle. Les artères île la conjonciive bulbaire ont des 
anastomoses avec les ciliaires aatéricures. 

Les veiaes de la conjoncliie se rendent dans les veines opli- 
ibalmiques, faciales, temporales, etc. 

r. Lymphatiques, — L'existence des vaisseaux lymphatiques 
Jaos la conjonclive est contestée par plusieurs anatomiites. 
Hais les recherches de Bruch (I), Krause, llreschel, etc., ont 
démontré que ces vaisseaux s'y rencontrent en grande quantité. 
D'après Telchmann, Dillrolb; (2) cl Chrzonszczewski (3), il 
semble que ces vaisieaux restent librement ouverls dans les 
interstices du tissu cellulaire. Près de la cornée, ils forment 
des arcs très-peu recourbés, que Teichinaan appelait cerdf lymphatique. Vers les 
angles eiterne et interne de l'œil, les lymphatiques gagnent la face et se rendent 
dans les ganglions près -auriculaires et sous- maxillaires. 

d. Nerfs. — Les nerfs proviennent des rameaux nasal, frontal et lacrymal de la 
ferancbe oj^thalmique de Willîs. Pupenbeim a trouvé quelques rameaux nerveux 
citiaires se rendant directement de la sclérotique h la conjonctive. Krause (fi) a re- 
connu, en outre, des corpuscules clavîformcs, dans l'intérieur desquels viennent se 
terminer desQbres nerveuses. Ils sont placés immédiatement au-dessous de la couche 
èpithéliale et sont beaucoup plus nombreux dans la conjonctive palpébrale que dans 
celle du bulbe de Tcell, ce qui cxjjlique la grande sensibilité de sa portion palpèlirale. 

Les fibres du grand sympathique ex.^rcent aussi leur inlluence sur la cirnilalion de 
la conjonctive. Claude Bernard a démontré qu'en coupant la portion céplialiqiie du 
-grand sympathique on provoquait immédiatement une rougeur excessive de celle 
1 membrane. 

«. Glandes. — La conjonctive palpébrale contient dans son épaisseur deux sortes 
de glandes : les glandes en grappes et les follicules clos. 

Les glandes en grappes] [fi-. 8û), ou glaides en acinus, ofd'pent les deux culs- 
de-sac conjoncrivaux ; elles sont plus nombreuses en haut qu'en ba;, et s'étendent 
d'un angle à l'autre. Les acini, plus ou moins nombreux, se groupent autjur d'un canal 
commun qui s'ouvre dans le cul-de-sac. Sappcy (5) les a décritt;s le premier ^ous le 
nom de glandes sous-conjonctivales. billes s'avancent du culdc-sac oculo palpébral 
jusqu'au bord adliérent des carlilages tarses. On en compte de 15 à 40 dans chaque 
paupière. 

Les 'jlandes follirnldircs s'observent surtout dans la moitié interne du cul-de sac. 
Elles sont constituées par une enveloppe celloleuse tasculaire, se prolongeant dans 

fl) Bruch, Zeitsehnfl fSr a-issenschaftl. Zoologie, 1853, t. V, p. 227, 

(2) Billrotb, Die Ujmphijefas.ie and ihre Be:kliun<j, :ur Biti'/egeuebe. Rorlin, 1862; et 
heilrS'je zui- Palhoto'jii': en Histologie. Berlin, 1858. 

'3, Clinanïzciewslii, i'eier den l/'ispriing t/er Lymphgepïsse [yirchoiu'sArchiv,a.WW, 
1868, p. 177). 

1, 4, Krauie, Die termiimlen KSrperck'^n der einfiteh sensiblen Serieii. Hanovre, 1860. 

(.ij SappEj, Hém. de la Soc. de tiol., 1863, p. 13. 



^ 



150 



CONJONCTIVITE. 



Vinli^rieur de la glanile pour y conslilucr des cloisons. Ces follicules conlienpent un 
liquide et d'odI point île canai»; exci'éleurs. 

lodépendamment des glandes qui pr^c^denl, la conjonctive c on I tendrai 1 encore, 
selon Henle, des glandes en lulie sur toule la face postérieure des cartilages taren, 
Ces glandes aéraient constituées par un canal central, sur le côté duquel toutes les 
glandes seraient disposées à la manière des barbes d'une plume. 

Toutes ces glandes de la conjonclive sout munies, d'après Sappey, h leur embon- 
cliure de fibres musculaires lisses, et qui en se coniraclant ou se dilatant, facilitenl h 
sortie du liquide sécrété. Sous l'inlliience de certains agents Uiérap eu tiques, tel que 
airapine ou ésérine, ces ouvertures peuvent se rétrécir et les glandes s'engoi^er; dp 
là des conjoDClivites, 

(ilaniles de Mt'i'jomi'us. — Dans l'épaisseur du tarse, et au-dessous de la conjonc 
tive, on trouve les glandes de Moiliomius, qui sont au nombre de 30 è iO pour I 
paupière supérieure, el de 20 a 30 pour la paupière inférieure (lig. 85). 




tin renversant In paupière saine, on les aperçoit sous Torme de stries Itlandies, 
parallèles entre elles el perpendiculaires au bord libre. Ce sont des glandes sébuitt 
débouchant dans des canaux excréteurs communs (lig. 8ti), qui s'ourrtnl pir dea 
ouvertures isolées entre les Avua crêtes du Jiord libre des paupières, Marc Sée t^\ 
Ed. Cruveilliier n'ont jamais vu plus d'une rangée de ces ouvertures sur le bord lUtre. 




Fie. 8<i. — Clande! de Msiboniius (*'). 

Phjaloloiile, — l.e rûlc de la conjonctive est aisé h comprendre ; elle facilite les 
mouvements des paupières et la Lliréfaclion de l'œil. D'un autre caté, les nombreuses 
glandes qui se Irouvenl dans la conjonclive sécrètent des liquides de différente naturt, 
et enlretitnnent l'humidité do l'œil. 



ni.i,-; 



lo detu ^londte 



■'«1 i 2, » 



ANATOMIE ET PHYSIOLOGrS. 151 

La conjonctive sécrète en outre par toute sa surface un liquide huileux ou 
iqueux, qui facilite la lubréfaction du globe de Tieil. Dans les inflammations de 
te membrane, cette sécrétion augmente, et avec Tépithélium détaché elle constitue 
e sécrétion morbide particulière propre à toutes les conjonctivites. Avec le déve- 
»pement d'inflammation il y a un engorgement des papilles, ce qui constitue des 
innlations. 



CHAPITRE II 

MODE D'EXPLORATION 



les affections de la conjonctive changent de caractère selon qu'elles envahissent 
partie palpébrale ou oculaire. Il est donc très-important d'explorer sacccssi- 
rneot les.différentes portions de cette membrane. 0*t examen doit se faire dans 
Drdre suivant : 

1* Oa commence par abaisser la paupière inférieure et l'écarter du globe ocu- 
ûre, pOBr s'assurer de l'état du cul-de-sac conjonctival inférieur. En faisant 
egwkr le malade en haut, on découvre complètement cette portion de la mu- 



> OuB l'examen de la conjonctive, on doit constater si elle est d'une teinte 
Kinule eisi elle ne diffère pas de la conjonctive de l'autre œil. Dans cette région, 
aïKnibrane est ordinairement rosée, transparente, et permet de voir par transpa- 
^ce la couleur blaiKhe du cartilage tarse, ainsi que les glandes de Meibomius. 
^mesure que l'on s'approche du cul-de-sac, la teinte rouge diminue pour dispa- 
•îîlre sur le glol>c de l'œil. 

Dans des cas particuliers, surtout chez les sujets âgés, elle est parsemée de 
)etiies plaques jaunâtres peu saillantes, et qui sont constituées par des masses 
iébacées. Ce sont des kystes sébacés développés dans les glandes de Meiboinius. 

Les vaisseaux de cette partie sont très-nombreux et forment des réseaux très- 
ios.Dans Tétat pathologique, en se développant, ils impriment à toute cette sur- 
2ce onc coloration rouge orangée. 

La conjonctive normale est unie, luisante. Dans Tétat pathologique, elle devient 
Dégale, veloutée, granuleuse; des plis se forment dans le cul-dc-sac, cl le tarse 
*ssc d'être visible. 

On aperçoit souvent, dans le cul-de-sac inférieur, de petits globules ou glan- 
'oles rouges presque transparents, en plus ou moins grand nombre. On les ren- 
onire fréquemment dans les yeux sains, chez les enfants dont les yeux sont sen- 
>i)'es et qui pleurent beaucoup. Ce sont les glandes folliculaires augmentées de 
irfnnie pr suite d'irritation. 

On trouve dans ce cul-de-sac des mucosités nageant dans les larmes ou du pus 
us ou moins liquide. Cette partie de la conjonctive peut adhérer au globe de l'œil 
r des brides cicatricielles. 

3*' Pour examiner la conjonctive palpébrale supérieure, on doit renvei*ser la 
ipière, ce qui se pratique de la manière suivante ; pendant que le malade re- 
tle en bas, on déprime légèrement, avec l'index de la main gauche, placé au 
sinage du bord libre, la paupière supérieure droite, et de la main droite la pau- 



152 



CONJONCTIVITE. 



pière gauche. Par une très-légère pression sur celle paupière, on la faii glisser m 
haut JDsqn'i ce que son bord libre se tourne un peu en avanl. A ce roomeni, le 
pouce de la même main fait glisser la pnpiére iiiffrieure sous ta snpéri^re.» 
qui permet de saisir celle dernière entre le pouce (jui louche la conjonciiiea 
l'index qui se trouve ï la surface CDianée de cet organe, de luvcr le tarse cl du 
renverser la paupière. 




Fie. 87. — Vascularilé phpiologique de la F](i. 83. _ A gauclie. vaisseaux de 11 
coitionciivB oculaire et de la f clérolique. pnclive -, à droit», vaisseaux radîit de k 

scié roi ique. 

Ici la coojoucitve est encore plus pâle que celle de la paupière ioférienre; toute 
la surface paraît blanchâtre, ce qui est dû au tarse que l'on voit par transi>arcnc& 
Elle est luisante, cl i peine y dislingue-t-on de petits points papillaires ia^aai de 
la même couleur que le reste de la conjonctive. C'est dans cette région que l'on 
trouve le plus ordinairement les corps étrangers, les gra nu la lions, etc. 

Ix" [.a conjonctive oculaire ou scléroticalc doit ëlre éludiéc avec bcaucoop de 
Boin ; elle est Irès-peu vasculaire à l'élat normal (vo}. Tig. 87). La muqueuse «I 
flasque et se déplace facilement ; quelquefois elle est jaunâtre, boursonllée, .^D^ 
tout chez les personnes âgées. Piës de la cornée, dans les angles interne (t 
externe, on voit un peiit amas graisseux d'un blanc Jaunâtre, sillonné de vaisseaui: 
c'est \e pinguecula physiologique qui est suriuul développé chez \ia \teillardi. 

On recherchera attentivement s'il n'exisic pas dans cel endroit de petites ta- 
meurs, des plaques rouges plus ou moins limitées, des pblyctènes, des ecdi;- ' 
moses, etc. 

5* La conjonctive bulbaire est quelquefoiii buuiiouBée, et suuleiée d'ua« mi- 
nière notable par un liquide séreux, ou bien elle devient toute rouge, gonflée, de. 

6° On s'assurera de l'état de la caroncule lacrymale et du pli semi-lunaire, po0 
recouuattre si ces pallies iie sont pas rouges, cnDammées, etc. 



CONJONCTIVITE LACRÏMALE. 153 



CHAPITRE III 

PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 

Pour obteuir dos résultats très-précis dans le diagnostic, il e^t nécessaire de 
astreindre dans l'examen de la conjonctive aux indications minutieuses que nous 
enoiis de donner. 

Les pUegmasies des diverses membranes de Tocil, et surtout cdies de la conjonc- 
ive. se rencontrent très-souvent isolées; c*est pourquoi nous admettons la déno- 
■ination de conjonctivite pour désigner Tinflammation qui n'occupe que cette 
pembrane. 

Hais il existe des pblegmasies spécifiques qui, au lieu d'être circonscrites à une 
iCBfe membrane, se propagent dès l'origine aux tissus et organes voisins. Le terme 
Jkcimjonclîvite serait alors insuffisant, et pour mieux définir la nature dei'affec- 
.^MyOD la décrit sous le nom û'ophthaimie, 

Ud tableau générique des diiïércnles variétés de pblegmasies coujonclivales 
^ kBitera leur étude. Nous distinguons : 

I lacrymale. 
cat& rrh&le 
phlyctinuùire ou lymphatique, 
exanlhématiqua. 

des nouveau-nés. 
l \ purulente des adultes. 

2, Coi^janctivites ou ophihalmiei punilenles. { w^îjl^îfjl^^^^ 



¥ 



blennorrbagique. 

fcrofuleuse. 

granuleuse. 



ARTICLE PREMIER 

CONJONCTIVITE LACRYMALE. 

^ Le séjour prolongé des larmes dans le cul-de-sac conjonctival peut entraîner une 
I ircitatiooet une inflammation de la conjonctive, dont les caractères diffèrent telle- 
I Bient des autres conjonctivites que nous avons cru nécessaire de lui donner le 
Wû de conjonctivite lacrymale. 

EDe peut se présenter sous deux formes : aiguë ou chronique. 

1^ seconde est la plus fréquente; elle est caractérisée par la chronicité exces- 
^cetla persistance des mêmes symptômes i>cndant des mois et des années. 

*;aipc«nui(oiosie. — 1. Tous les malins, les yeux sont chassieux ; les cils 
»ot collés ou couverts de mucosités. 

^ Ense réveillant, le malade a les yeux tellement sensibles à la lumière du jour 
Çi'îl a beaucoup de peine à les ouvrir. Il existe une véritable pbotophobie qui dure 
^, dix ou quinze minutes. Aussitôt que les yeux sont lavés avec de Teau fraîche, 
h sensibilité disparaît. 

3. Dans la journée, le malade se trouve ordinairement très- soulagé, et ne se 
l^ùnt point; mais en sortant au grand jour, au soleil, la photophobie reparaît De là 



15fl CONJONCTIVITE. 

la nf cpsiiilé de porter des ronsencs foncées. De temps en temps il k bhi 

une sensniion de gravier entre les |>aupiëres. 

II. Le larmoiement n'est point coDiilant ; il apparaît surtont par des lempt 
et humilies, lorsque les yeut sont exposés an vent ou au soleil. 

Ti. Vers te soir, et i la lumière vive de la lampe, les mi^mes sjmpIftnMf n 
ueiit : plioiophobie, sensibilité des yeux, sensation de gravier entre les paa| 
rougeur conjotictivale irt^-proiioncèe simulant compJttement une coaJH 
catarrlialc. 

t). 'l'ont travail le mr devient initm^sible. Il y a une sensibilité leKe qi^MM 
peut rien fixer; les lettres se doublent, et tous les objets que l'on letii m 
apparaissent comme i travers un brouillard. 

7. Le pliéuomènc des cercles irisés, colorés, pareils aux cercles d'ares- 
autour d'une flamme, peut se nianifi-sler ; mais il n'est pas const.inl. Il alik 
l'accumulai ion des larmes au liord des |uupières, (aisanl l'effet d'un prisme. 

H. lAt ronjnnciiviie lacrymale, avec tous ses signes, dure des mois et des wt 
iK-es ; 1rs malades s'habituent même, jusqu'il un certain point, aux {ibéiionta 
imirbjiles qu'ils éprouvent, ce n'est que par moments que leur état s'aggrafCi 
di'iicnt inlolérable, 

!i. La conjonctivite lacrymale, en se dévelojipant diez les sujets igé«, do« I 
piiu|iièt('s siini |]as<|nes. occasionne des ecinipions. La blépliarite cilialre est aa 
In s-riêijurmment la conséquence de cette maladie. 

1(1. J es conjonctives palpébrale et oculaire stmt injectées, siirlout dans tnéa 
anFïicsdc l'ci-il, et l'on y remarque souvent des traim'its vasculairessVtendaiM ja 
qu'au liord delà cornée, ce qui fait croire i l'exislence de plihrJ^nes. 

11. Ia's bords des paupières sont ordinal renient rouges, surtout du côté A 
l'angle ivktiio de l'œil. La coloration rontte tarie irniic manière (rt-s-sea 
quelquefuis clli' n'existe que dans les angles de l'ail et sur le boni libre des pH* 
pières. La ciimncnle parait d'une teinte rouge nnifornie; en même temps, k I 
libre et l'aiinle externe .sont très -inji •clés, on y constate souvent de l'en thème. 




■ ).>iio (['antres tas, la coiijcmctive pal(H>l»-ale est t rês- enfla i nmée ; 
[•iipilNiirvs s(ïnl lrês-déielop|iés, et forment un lacis fin et uni. On remarque ttiéiM 



CONJOtfCnYlTE LACRYMALE. 455 

nonflement notable de tonte l'épaisseur de la conjonctive et du tissu sous- 
Ktival, et des plis plus on nM)lii8 épais apparaissent dans le cul-de-sac con- 
M ioférfeor. 

Cette même portion de la conjonctive présente un engorgement des glande» 
Irires (fig. 89) et des acini tellement considérables, qu'on les prend très- 
Éni poar des granulations. J'ai vu plus d*une fois des ophihalmologistes 
ÉÉMNOinés prendre ces glandes engorgées pour des granulations, et aggraver 
lidie par des canlérisatlons répétées. 

I-Bitoes glandes se gonflent quelquefois à la suite de l'usage prolongé de 
, ce qui a fait dire à tort à un auteur allemand que l'apparition des gra- 
cst due à l'action d'atropine. L'atropine provoque quelquefois le larmoie- 
fospendant tonte aspiration des larmes qui séjournent longtemps dans le 
et aodène une irritation des conjonctives et des glandes, mais il n'a 

I pMvoir de faire naître dos granulations néoplastiques. 

bsont les signes de la conjonctivite qui se développe consécutivement à une 
fan des rotes lacrymales. 

ctMijonctivite chronique peut se transformer subitement en une inflammation 
gBè et ressembler beancoup à une conjonctivite catarrhale. Tous les auteurs 
iBfonda jusqu'à présent les deux maladies, et ont décrit à ton la conjoncti- 
atarrbale et la conjonctivite lacrymale comme une seule et môme maladie, 
■s h forme aignê il est vrai que les paupières se gonflent d'une mani(^re très- 
ble; les conjonctives deviennent rouges, boursouflées, et sécrètent une grande 
Aé de mocosités, surtout la nuit. La conjonctive oculaire s'injecte fortement; 
des ecchymoses, etc., et tous les autres signes de la conjonctivite catarrhale. 
M à cette forme de conjonctivite que nous devons aussi rapporter la conjonc- 
imguiaire et du cul-de-sac conjonctival, dont Gosselin et Lannelongue (1) ont 
me très-belle description. L'une et l'autre conjonctivite sont occasionnées 

II altérations des voies lacrymales. 

U i s g ie et pathogénie. — Le noni quc uous avons donné à la maladie prouve 
■ cause principale est dans l'appareil lacrymal. En eflîet, le séjour prolongé 
armes dans le sac conjonctival ne peut exister sans amener des désordres. 
Rit si les larmes changent de composition ; de neutres qu'eilvs devraient être, 
deviennent fortement alcalines. Mes recherches m*ont démontré que les larmes 
très- fortement alcalines toutes les foisqu'on trouve uneconjonctiviiclacrymale. 
î séjour d*un liquide neutre entre les paupières ne produirait probablement 
d'altération, tandis que les larmes alcalines sont la cause d'une irritation dans 
mjonctive, ce qui arrive d'autant plus facilement que la sécrétion graisseuse 
glandes de Meibomius, qui se répand aussi à la surface de l'œil et le garantit 
re l'action irritante des larmes, se transforme par le mélange avec les larmes 
Unes en une sorte de savon. La nouvelle quantité de larmes qui s'écoule ensuite, 
ivant la cornée et la conjonctivite complètement sèches et non graissées, les 
le d'une manière plus ou moins prononcée. 
ko bout de quelque temps, cette irritation donne lieu h une conjonctivite suivie 

1; Goîselin el 0. Lannelongue, Nouveau Dkiionu. de J/ud. et de chinivy, pratiques, 
Jî, l. IX, p. 5*2, art. Coîcjosctive, 



156 CONJONCTIVITE. 

de la sensation de sécheresse et de chaleur dans TceiL L*action de Tair 
huDQide sur la conjonctive et la cornée qui est privée de son enduit 
facile à comprendre ; les nerfs trophiques de la conjonctive sont exdiéi 
dans une kératite on un iritis, ce qui amène une ptiotophobie. 

La photophobie s*observe surtout chez les personnes qui habitent les j 
villes et les pays sablonneux, où la réverbération de la lumière est 

Les enfants qui ne peuvent pas travailler le soir au gaz et les personnel 
leur état, doivent lire et écrire beaucoup, se fatiguent immédiatement pari 
ration de la sensibilité. En examinant leurs yeux, on trouve le plus 
conjonctivite lacrymale. 

Différentes altérations des voies lacrymales peuvent occasionner cette 
livite : les points lacrymaux sont obstrués et déviés, ou bien un 
occupe rentrée dans le sac ou le canal nasal. L*injection avec la seriogM- 
et le calhéiérisme permettent de reconnaître la cause qui s*oppose à Vi 
des larmes. 

Les tumeurs lacrymales aiguës ou chroniques donnent aussi lieu à la 
vite lacrymale. 

Diagnostic difléreDiiei. — Jusqu'à ce jour la conjouclivite lacryi 
méconnue par tous les auteurs : à peine signale-t-on la possibilité d'uneb] 
conjonctivale dans les affections des voies lacrymales. 

Elle a toujours été confondue, soit avec la conjonctivite calarrbale^ soili 
conjonctivite granuleuse. 

Plusieurs symptômes, en eiïet, qui se rencontrent dans la conjonctivite fa 
se montrent aussi dans Taffection catarrhale. 

L'hypertrophie et le gonflement des glandes dans le cul-de-sac conjonctii 
Ton observe dans la conjonctivite lacrymale, peuvent êtt*e aussi facilement 
dues avec des granulations. 

On distinguera une conjonctivite lacrymale d'une conjonctivite catai 
signes suivants : 

1° Les malades ne se plaignent point par le beau temps, ainsi que 
journée, mois ils souffrent surtout le malin, et alors leurs yeux sont lai 
et présentent une photophobie. 

T Les bords des paupières sont légèrement déviés en dehors, ce qui n'a 
dans la conjonctivite catarrhale; 

3° La conjonctivite catarrhale a une durée limitée : quelques semaine^ 
deux mois. La conjonctivite lacrymale dure des mois et des années, 
chaque saison. 

U^ Dans les cas difficiles et embarrassants, l'injection des voies lacrymakii 
la question. 

Pour distinguer l'affection dont nous nous occupons de la conjonctivite 
leusc, il faut examiner la paupière supérieure. Dans celle-ci, les granulatk 
ordinairement plus dévelopj)ées, tandis que dans la cx)njonctivite la( 
petites saillies que l'on prend pour des granulations occupent surtout le col- 
inférieur; la portion palpébrale de la conjonctive n'est que légèrement injectée! 

Traitement. — Dans cclte affection, de même que dans beaucoup d*aiA 



GONJONCnVlTE LACRYMALE. 



157 



hi ocalaireSy la conduite da médecin doit varier seion ics symptômes que le 

• accuse. 

fection des voies lacrymales one fois reconnue, il est urgent de rétablir le 
niord des larmes, en faisant avec la seringue d'Anel des injections d'eau 
m de collyres astringents par les points lacrymaux ; puis, aussitôt que les 
le perroetteoty il faut recourir à la dilatation des conduits lacrymaux. 
du larmoiement amène la guérison de la conjonctivite lacrymale. 

• en ddioffs do traitement chirurgical, qui n'est pas toujours accepté par le 
•» Il firat saToir trouver les moyens capables de calmer les symptômes prin- 
c de la maladie. 

Et k que Tosage des compresses froides sur les yeux peut apporter un son- 
|pft réel, tandis que les cataplasmes et les compresses d'eau chaude, qui font 
lap de bien dans la conjonctivite catarrhalc, aggravent ordinairement la con- 
|ke lacrymale. 

pommade de concombre fraîche réussit à adoucir les paupières irritées et 
leor agglutination pendant la nuit 

les collyres qui peuvent être avantageusement employés, je considère 

cootieot du sulfate de zinc comme le plus efficace pour combattre la 

lacrymale des conjonctives. Le sous-carbonate de soude et le borax en 

soDt non moins utiles. Voici les formules dont je me sers habituellement, 

bassiner les yeux deux fois par jour : 



dvCiOée.. 
ite de sine 



100 gr. 
25 c. 



:^ Eau disUlIée 100 gr. 

Borax 1 — 

Eau de laurier-cer. 5 — 



:^ Eau distillée. ..100 gr. 
Sous -carbonate 

de soude. . . 1 gr. 



mêmes astringents peuvent être employés sous forme de collyres en insiil- 



distillée 10 grammes. 

M&te de zinc 5 centigr. 

^hifttnier oae ^ooUe dans l'œil une ou 
fois par jour.) 



If Eau distillée 10 grammes 

Borax 25 cenligr. 

Eau de laurier-cerise. 1 gramme. 
(Instiller une fois par jour.) 



Cnne conjonctivite lacrymale subaiguë, j'emploie avec beaucoup de succès 
érisatîons des paupières avec un cristal de sulfate de zinc qu'un jeune 
lirtetTabenski, élève du professeur Frcmy, m'a préparé. Je ne cautérise habi- 
pnent que la conjonctive de la paupière inférieure près de l'angle interne de 
LOose procure très-difficilement ces crayons, c'est pourquoi je propose de les 
fbcer par one forte solution de sulfate de zinc (0,50 centigr. à 1 gramme 
r 10 grammes.) 

■JKBAPDE. — Galezowski, Essai sur la conjonctivite lacrymale et son influence sur 
m {Gaz. des Hôpit., 1868, p. 433). — Etchecoin, De la conjonctivite lacrymale, tbèaê 
kdorat de Paris, 1868. — Fitz Gerald, Lacrymal conjonctivitis and ils influence on the 
k{The Dublin Quarterly Journ. ofMed. science, nov. 1869, p. 675). — Draniail, De9 
ûêimies lacrymales, thèse de Paris, 1873 — Ferrand, thèse de Paris, 1873. — Oal 
^itedions consécutives aux maladies des voies lacrymales^ thèse de Paris^ 187* 



158 GONJONCrmTB. 

ARTICLE II \ 

CONJONCTIVITE CATAERHALE. ^ 

i 

La conjonciivile caiarrhale est un véritable catarrhe de k moqneoM il 
Ce catarrhe se développe très-souvent en même temps que le rhQni»d»4| 
le catarrhe bronchique, etc., les précède ou les suit ^e près, roab 8 peit»4j 
aussi d*une manière insolite. j 

- Contrairement à l'opinion de quelques auteurs, la conjonctivite catanU 
point une phlegmasie simple; c*est une inflammation sut generiSf et kih 
morbide qu'elle fournit présente tous les caractères de li spécificité, pm 
transmettre par contagion, comme l'a démontré Goaselin (i). u: 

La conjonctivite catarrbale se manifeste sous l'inflaence des caaief Hi 
riques, de l'humidité^ des miasmes méphitiques. Ces conditioDs atmoqH 
peuvent varier selon l'époque de l'année et la nature du catarrhe lui-màH 
pourquoi on voit aussi les conjonctivites catarrhales ciianger de caractèw 
point de vue de leur marche, de la gravité d'évolution ainsi que de tniia 

SymptoiBAtoiogie. -r- Symptômes anatomiques, — - 1. L'atiectioa ei 
des conjonctives se déclare le plus souvent d'emblée; le soir, le matodeÉ 
d'une lourdeur ou pesanteur des paupières; il ressent quelques légères^ 
et le lendemain il se réveille avec un œil collé et les paupières gonflées. Un 
jours après l'autre œil est pris; toutefois, les deux yeux peuvent être an 
même temps, ou bien la maladie se concentre sur un seul œil. 
. 2. Au début, les paupières sont gonflées, les bords libres et le grand m 
rouges. I^ paupière supérieure ne peut plus se relever aussi facilemeol 
coutume. 

3. La conjonctive palpébrale est boursouflée, fortement congestionnée! 
une teinte rouge; ses papilles sont épaissies au point qu'on ne peut plusap 
ni le tarse ni les glandes de Meibomius. 

En examinant attentivement avec un verre grossissant la surface de lac 
tive^ on reconnaît des réseaux vasculaires très-nombreux, dont les braneki 
cipales traversent toute l'étendue de la portion palpébrale et se recourbeat 
cul-de-sac pour se |>orter sur le bulbe. Ici leur nombre diminue ; ils dei 
plus fixes et plus rares et s'arrêtent le plus souvent à une certaine distaooei 
de la cornée. Lorsque la maladie prend une plus grande extension, la roi 
développe sur le globe de l'œil et gagne le bord môme de la cornée sur une < 
de 2 millimètres. La caroncule lacrymale et le pli semi-lunaire sont aoiri 
et enflés. 

h, La muqueuse palpébrale présente une multitude de villosités; èpi 
d'un asi)ect veloutée, elle est parsemée d'inégalités qui ressemblent qadqi 
des granulations. Dans le cul-de-sac supérieur et inférieur, elle est teliemett 
souflée qu'on y dislingue une série de plis épais et rouges, parallèles enti 
Ce sont des granulations miliaires ou catarrhales (voy. granulations). 

(1) Gosselin, Mémoire sur Vorigine par contagion des cot^jonctivUes catarrhnle 
gén, deméd.^ avril 1869), 



CONJONCnVITE CATÀRRHALE. 159 

Oq remarqae très-souvent sur la conjonctive oculaire des ecchymoses plus 
MNos étendues sous forme de plaques rouge orangé, à contours très-mal 
es. Desuiarres père a même vu le sang s*extravaser en telle quantité que le 
le semblait avoir reçu un coup. 

La conjonctivite calarrhale se complique souvent de TinGItration séreuse, 
iOfahit le tissu cellulaire sous-conjonctival sur toute l'étendue du globe de 
, oe qui constitue un eut particulier de boursouflement que nous appelons 
lofû téreiix. C'est un bourrelet gélaliniforme, demi-traasparent, qui entoure 
ruée, et qui est souvent produit par une infiltration plastique. 

Les paupières elles-mêmes sont le siège d*un gonflement œdémateux telle- 

considérable, que le malade a l)eaucoup de peine à tenir les yeux ouverts. 

peau paraît rougeâtre, lisse et tendue^ tout l'appareil vasculaire des pau- 
s est engorgé, et cette congestion amène une élévation considérable de tem- 
■re, ce dont on peut s'assurer à l'aide d'un petit thermomètre oculaire. Le 
le loi-mème ressent une chaleur très-vive dans l'œil ainsi que dans tout le 
lODf de l'orbite. 

Au début, la sécrétion est transparente, et elle contient en suspension des 
IB de mucus. Bientôt elle devient abondante et est constituée |)ar un liquide 
le, albaniincux, se transformant quelquefois en un liquide muco-purulont. 
Are ou jaunâtre^ qui s'accumule surtout la nuit entre les paupières et les 
Aille. 

s filaments de ce mucus s'amassent souvent dans le cul-dc-sac ; on les voit 
glisser sur la cornée. 

nesure que la maladie gagne en intensité, la sécrétion devient plus abon- 
, trouble, louche, et par son aspect se rapproche beaucoup du pus, de sorlo 

a quelquefois de la peine à la distinguer d'une ophthalniie purulente. 
Cette sécrétion s'écoule par le grand angle et le long du bord libre; le malin, 
ux sont collés et les cils agglutinés ; sur le bord libre, on trouve de fortes 
es jaunâtres, friables; desséchées. 

. Les cils eux-mêmes sont collés et réunis sous forme de pinceaux. On recon- 
IK ce liquide ne provient pas d'une blépharite, par ce signe que les croûtes 
itiDuvent pas à la base des cils, comme dans celte dernière maladie, mais plus 
de leur extrémité. 

fmj^ômes physiologiques. — Le premier phénomène que le malade éprouve 
h sensation de pesanteur et de lourdeur des paupières qui s'aggrave cou- 
ment le soir. En même temps, il ressent des picotements et comme la scn- 
Mi de graviers dans les yeux. Ce phénomène est dû aux lambeaux de l'épi - 
tînm conjonctival en partie détachés; ces lambeaux s'enroulent sur eux-mêmes, 
tant qu'ils ne sont pas détachés, frottent la cornée. On peut s'en convaincre 
renversant la paupière et en rexaminaut avec un verre grossissant. Quant 
'explication donnée par quelques auteurs, que ce sont les anses vasculaires 
iè» contenues dans les papilles qui frottent contre la conjonctive bulbaire, 
' est inadmissible. En effet, on ne comprend pas comment ces anses ne pro- 
iriieni cette sensation que de temps en temps, et le plus souvent d'une nuutf^ 
oliie. 
^^r moments l'œil est sec, surtout au début; mais bientôt les larmes ooa 



160 CONJONCTIVITE. 

abondance; uo larmoiement très-fort se manifeste; l'œil devient sensible m 
cher et à Taclion de la lumière. 

Le malade éprouve une sensation de chaleur dans les paupières et une gênei 
les ouvrir; il ne peut rien fixer ; tous les objets paraissent voilés ; le soir, la loi 
semble entourée de cercles colorés, d'arcs-en-ciel, ce qui tient à la décoi 
des rayons lumineux à travers une couche de larmes accumulées sur le bordi 
des paupières, et non point à une élimination des cellules épithéliales de la 
comme le pensent quelques auteurs. 

Parmi les troubles fonctionnels de la vue, il faut signaler aussi l'apparilioi 
nombreuses mouches volantes, très-fines, qui se promènent au devant des 
surtout lorsque le malade regai^de une vive lumière. Ce dernier phénomène < 
produit par les corpuscules microscopiques qui glissent avec les larmes à bi 
face de la cornée. 

Tous ces symptômes s'aggravent le soir, le malade souffre davantage, et 3 1 
vient quelquefois un peu de fièvre et de l'inappétence. 

Les mouvements des paupières sont gênés à cause de leur roideur; les 
ont de la tendance au sommeil et leurs yeux s'ouvrent difficilement. 

La conjonctivite catarrliale peut prendre une forme chronique en a| 
bénigne, mais qui en réalité est très-rebelle. Elle se complique d'un 
ment des vaisseaux sur la conjonctive scléroticale. L'œil devient rouge, 
au moindre travail, et donne lieu à une photophobie très-intense. C'est ooe 
jonctiviie chronique qui peut durer des mois et des années, et résister à 
traitements. 

Marche, dnrée^ terminaison. — La conjonctîvite catarrbale présente 
variétés très-nombreuses; tantôt elle a une forme aiguS et se développe 
une rapidité extrême. Trois ou ({uatrc jours après le début, les yeux se gonfloil 
point que le malade ne peut plus les ou\rir. D'autres fois, et c'est le cas le pli 
quent, elle prend une marche chronique. En général, il faut dire que la gni 
la maladie dépend beaucoup de la nature de l'épidémie catarrbale, qui règne i 
certains pays et dans certaines saisons. 

Comme toutes les autres phlegmasies, cette affection s'aggrave le soir; eDei 
mente pendant quelques jours^ reste ensuite stationnaire pour disparaître 
plétement ou se transformer en une conjonctivite chronique. Cette dernière 
s*observe surtout chez les personnes qui n'ont pu suivre leur traitement jusqntl 
guérison complète, ou bien chez tous ceux qui habitent des logements 
insalubres. 

Denonvilliers et Gosselin, qui divisent cette affection en trois périodes, oottti 
culé que la première se prolonge rarement au delà de 2 ou 3 septénaires; la seMi 
est de U ou 5 jours, et enfin la période de résolution est la plus longue; de sort 
que la durée totale est de 30 à ^0 jours. Avec le traitement abortif, cette dni 
n'est souvent que de lU à 15 jours. 

Diai^noatle différentiel. — Rieii n*cst pIus facile que de reconnaître la cofl 
jonctivite catarrhale à la séci étion transparente mélangée de filaments de muca 
à la rougeur de la conjonctive, qui diminue au fur et à mesure qu'on s'appriKl 
de la cornée et à Tabsence de douleurs circumorbitaires. 

Mais dans certaines variétés des conjonctivites catarrhales, les symptômes inflao 



GONJONCTIYITE GATARBHALE. 161 

fualoires sont leHemeni intenses et les complications du côté de l'iris sont si pro- 
noncées, qu'on a beaucoup de peine à reconnaître la maladie principale. 

Voici les circonstances dans lesquelles la conjonctivite catarrhale peut ôlre 
coofondoe avec d'autres affections : 

1. Conjonctivite lacrymale. L'examen des voies lacrymales et la chronicité de 
la nitladie empêcheront toute erreur de ce genre. 

2. Conjonctive pui'ulente. Celle-ci est accompagnée d'une sécrétion purulente; 
nu chëmosis phlegmoneux ne tarde pas à se déclarer, et la conjonctive du cuUdc- 
-sar, de même que celle de la sclérotique, du pli semi-lunaire et de la caroncule 
deviennent boursouflées et épaissies d'une manière extraordinaire. 

3. Conjonctivite granuleuse subaigué, consécutive aux granulations très-nom- 
liRiiseSy que l'on retrouve surtout sur la conjonctive de la paupière supérieure. Ici 
l'erreur n'est souvent dévoilée qu'avec la marche ultérieure de la maladie. 

A. Viritiij qui peut débuter quelquefois par une véritable conjonctivite catar- 
tfaaie subaiguë. Mais la présence des douleurs circuinorbitaires, la rougeur péri- 
Jbéraiique de la sclérotique et la différence dans la coloration des deux iris mctira 
le chirurgien sur la voie de la maladie réelle. 

J'ai eu à soigner à ma clinique plus d'une fois des malades atteints en appa- 
rence d'une véritable conjonctivite catarrhale ; mais, par les signes ci-dessus men- 
[ tkmnés, nous avons reconnu une iritis. Chez un de ces individus, deux semaines 
iprès, lorsque l'œil droit était guéri, c'était le tour de l'œil gauche, et l'affection 
avait débuté de la même façon par une conjonctivite, comme cela a pu être constaté 
par les docteurs E. Paul et Daguenet. 

faioiosie. — Cette maladie est un simple catarrhe des conjonctives, qui se 
transporte très-souvent aux yeux des muqueuses voisines, du nez et de la gor^e. 

L'exposition au froid et à l'humidiié est une des causes les plus fréquentes, ce 

L qui explique pourquoi on les rencontre plus souvent en automne et au printemps. 

L^ Dans ces deux saisons, lorsqu'il y a des épidémies de grippe, les conjonctivites 

L caiarrhaies ne sont pas rares. L'affection que Ton désigne en Angleterre sous le 

nom de hay-fever (fièvre de foin) se complique aussi, d'après Mackensie, d'une 

conjonctivite catarrhale. N. Gueneau de Mussy a rapporté des faits analogues. 

J'ai été consulté cette année par une dame anglaise qui me fut adressée par le 
iocteor Campbell, et chez laquelle l'hay fever se déclarait avec une conjonctivite 
tontes les fois qu'elle allait à la campagne ou qu'elle respirait des roses fleuries. 

Gosselin a démontré que les conjonctivites catarrliales peuvent être engen- 
drées : i* par d'autres conjonctivites également catarrliales et non purulentes; 
2* par des conjonctivites franchement purulentes; 3<^ par des conjonctivites 
on des blépharites granuleuses, succédant ou non à des inflammations suppu- 
ntives. 

Mais il n'est pas non plus douteux, que la conjonctivite catarrhale puisse devenir 
épklémique et régner pendant un certain temps dans les casernes ou d'autres en- 
droits où il existe un grand encombrement. 

Ces sortes d'épidémies ne peuvent s'expliquer que par la nature contagieuse de 
la sécrétion catarrhale ; mais la contagion peut se faire tout aussi bien par le con- 
tact direct que par l'air vicié. Tous les auteurs signalent des faits de transmission 
du catarrhe conjonctival par contagion ; pour ma part, je connais plusieurs cas de 

GÂLEZOWSU. 11 



162 CONJONCTIVITE. 

conjoiiclivite calarrhale subaiguë transmise des enfants aux parents et antres 
membres de la famille. Ainsi j'étais appelé en consultation, au mois d'août 1869, 
par le docteur Mallet, auprès d'un négociant de Paris atteint d*one oonjonctirite 
calarrhale des plus violentes. Cette afleclion lui est venue d'un de ses enfants, et, 
peu de temps après, tous les autres enfants de la maison ont été atteints de h 
même maladie. Il n'y avait là aucune trace de granulation, et cette petite eft- 
démie a disparu assez rapidement sous linfluence du traitement intiphlogîstiqiK 
cl abortif. 

Quelques auteurs allemands, entre autres Stewag von Garion (1), considèrefil 
la rougeole, la scarlatine, la variole, comme des causes de la conjonctivite aOt^ 
rhale. Je ne partage pas cette manière de voir, et je pense que ni la nature de oo 
maladies éruptives, ni la marche des conjonctivites qui les accompagnent, n*oit 
rien de commun avec la conjonctivite calarrhale. Nous devons dire la même chott 
au sujet du traumatisme qui amène une conjonctivite simple et non catanUe 
proprement dite. 

Les vidangeurs et les égouttiers étaient autrefois sujets à des conjonctivites 
calarrhales. Aujourd'hui, avec l'admirable organisation des égonts de Paris, es 
conjonctivites miasmatiques sont beaucoup plus rares. 

La conjonctivite calarrhale est ordinairement binoculaire ; elle commence dm 
un œil, envahit l'autre le lendemain ou le même jour. 

Anatomie pathoiogiqne. — L'inflammation de la muqueuse oculaire ot 
caractérisée, connue celles des autres muqueuses, par Vhypérémie^ le gonftemeitt 
et les altérations de sécrétion. 

Pendant la période aiguë, il se manifeste un engorgement considérable des vas- 
seçiux, dont plusieurs sont rompus. L'épithélium est enlevé sur une grande étendue, 
et par places j'ai trouvé même des ulcérations superficielles qui ont laissé plus tri 
des cicatrices. 

Le tissu cellulaire sous-conjonctival, de même que les papilles de cette deroière 
membrane, sont boursouflés et œdématiés ; mais les papilles ne tardent pas à refcmt 
à l'état normal. 

L'altération de sécrétion n'est point un phénomène essentiel, il n'est que b 
conséquence de l'inflammation. On voit diminuer la sécrétion normale pendant 
que la quantité du mucus sécrété augmente. Selon Riudfleisch, la sécrétion de . 
mucus n'appartient pas seulement aux glandes d'aciui, mais le protoplasma des 
cellules épiihcliales subit une métamorphose muqueuse. 

Dans le liquide sécrété on voit tantôt les cellules épithéliales tantôt l'élémeil 
purulent prédominer. 

Lorsque c'est l'élément épithélial qui prédomine, nous avons alors affaire à aae 
conjonctivite calarrhale; ces cellules se produisent et se multiplient d'une nuuiièie 
normalc d'après le principe d'une simple hyperplasie. L'existence des cellules poro- 
lentes indique que la conjonctivite est de nature purulente. 

Examinée au microscope, la sécrétion présente une masse de cellules épithéliales 
détériorées, nageant dans le liquide louche albumineux ; ces cellules sont aggloti- 
nées dans des filaments de mucus; on y trouve aussi des globules de pus. 

(1) SleUwag Yon Canon, Lehrbuch (1er praktùchen Augenheilkunde. Wien, 1870, p. 419» 



CONJONCTIVITE CATARRHALE. 163 

A la suite d'on catarrhe de longoe durée, les orifices des glandes de Meibomius 
se rétrécissent et se bouchent, d'où Tengorgement consécutif de ces glandes. 

^ ^ ■■■■ i le. — La conjonctivite catarrhale est une aiïection bénigne; soignée 
énergîquement dès le début, elle guérit au bout de quelques jours. Abandonnée 
^ eUe-méme ou soignée par de simples éinollients, elle peut devenir chronique; 
alors la gnérison radicale est difficile, surtout chez les vieillards. 

De fréquentes récidives de catarrhe conjonctival peuvent entraîner des altéra- 
tions da côté des voies lacrymales, amener leur rétrécissement ou l'obstruction. 

OipligMtto— . — Des complications peuvent survenir du côté des conjonc- 
tives, de la cornée et de l'iris lui-même. 

Sur la conjonctive bulbaire, une ou plusieurs phlyctènos peuvent se montrer. 
L'apparition de chacun de ces boutons amène une légère recrudescence de la 
maladie, qui ne dure que quelques jours et n'a aucune gravité. 

Quelquefois la cornée est le siège d'abcès de nature phlycténulaire ou herpé- 
tique; dans d'antres cas, ces abcès sont profonds et présentent de la gravité s'ils 
ne sont pas soignés immédiatement. 

Les iritis se rencontrent rarement dans cette maladie ; je les ai vus se produire 
chez les individus scrofuleux ou syphilitiques qui avaient été déjà atteints précé- 
demment de cette dernière aiïection. 

En général, cette complication u'oiïre pas de gravité et peut être facilement 
guérie. 

TknUtcineBi. — Beaucoup de remèdes et de méthodes curativcs ont été préco- 
nisés pour la guérison du catarrhe conjonctival, mais le succès n'a pas été souvent 
aussi satisfaisant qu'on pourrait le désirer. Après les avoir expérimentés les uns 
après les antres, j'ai adopté une règle de conduite toute particulière qui m'a donné 
des résultats très-favorables. 

1. On doit en premier lieu proscrire d'une manière absolue l'usage de l'eau 
froide pour les yeux et la figure. Tout au contraire je recommande de se senir 
de l'eau chaude à grande eau pour laver les yeux, au moyen d'une éponge matin 
et soir pendant cinq à six minutes. Ce moyeu est très-efficace; souvent à lui seul il 
amèoe la guérison. Je ne puis pas comprendre la préférence accordée par quelques 
ailenrs allemands aux compresses imbibées d'eau froide, presque glacée. Cette pra- 
tique esl peu rationnelle, elle peut engendrer une conjonctivite catarrhale, et 
aggraver la maladie existante. 

2. Dans une conjonctivite subaiguè, accompagnée ou non de chémosis, on doit 
recourir dès le début au traitement abortif La cautérisation des conjonctivites 
avec un cristal de sulfaté de cuivre nous a paru le moyen le plus sûr pour arrêter 
le mal. On touche la conjonctive palpébrale inférieure dans toute son étendue et 
l'on calme les douleurs consécutives avec des compresses d'eau froide, qu'il ne faut 
pas pourtant garder sur les yeux plus de cinq minutes. 

Ces cautérisations seront renouvelées une fois tous les jours, pendant quatre ou 
dnq joars. Dans la majorité des cas, ce temps sera suffisant pour obtenir la gué- 
rison, on une amélioration très-sensible. 

3. Lorsque Taiïection a duré plusieurs jours, que les conjonctives et le^ pau- 
pières sont boursouflées, au point que le malade ne peut les ouvrir et qu'il souffre 



i6a 



CONJONCTIVITE. 



beaucoup, il convient d'appliquer près de Toreille correspondante boit on dix 
sangsues chez un adulte, et deux ou trois chez les enOants. 

U. Dans certaines épidémies des conjonctivites catarrhales, le sulfate de cuivre 
ne produit point d'amélioration, et même il aggrave Tinflammation ; j'ai recoars 
alors aux cautérisations avec le nitrate d'argent ou au sulfate de zinc ¥oîci ces 
formules : 



if Eau distillée 10 grtmmes. 

Sulfate de Einc 1 — 



if. Eau distillée 10 grammes. 

Nitrate d'argent. 15 centigr. 

(Appliquer une ou deux fois par jour ce collyre sur la conjonctive palpébnle k l'aide d*ta 
petit pinceau.) 

Après avoir employé ces collyres pendant quelques jours, on sunreillera à le 
mieux a été obtenu, autrement on devra remplacer ces collyres par d'autres aslrio- 
gents. En général, on doit surveiller la marche de la maladie et changer de caus- 
tiques, autrement on sera condamné à voir la maladie se continuer indéGniment. 

5. Le malade sera purgé avec une dose de 25 à 30 grammes d'huile de rido, 
ou une bouleillc de limonade purgative (^5 à 60 grammes). 

6. Chez des malades fortement enrhumés, qui ont un coryza, avec Gèvre, maui 
de tête, etc^ le sulfate de quinine peut être très-avantageusement administré toas 
les soirs, à la dose de /iO ou 60 centigrammes. 

7. Pour la nuit, les paupières seront soigneusement enduites avec de la pom- 
made de concombre fraîche. 

8. Il arrive que les malades ne se laissent point cautériser les paupières^ oo 
qu'il leur est impossible de venir tous les jours à la consultation. Dans ce cas, je 
prescris l'instillation du collyre au sulfate de cuivre ou de zinc une fois par jour. 
Desmarres père emploie ce même médicament en pommade. 



7f Eau distillée 10 grammes. 

Sulfkte de cuivre 10 centigr. 

(Galezowski.) 



2C Axonge 2 gramnei 

Sulfate de cuivre 25 centigr. 

(Desmarret.) - 



9. Dans les conjonctivites chroniques accompagnées de relâchement de la 
muqueuse avec engorgement des vaisseaux sur la sclérotique, et qui constitue bi 
état congestif difficile à guérir, on doit avoir recours aux cautérisations avec dci 
solutions faibles astringentes, mais avec cette précaution qu'elles ne seront em* 
ployées qu'à de longs intervalles, par exemple tous les cinq ou six jours. 

Voici la composition de ces solutions : 



jf Eau distillée 10 grammes. 

Nitrate d'argent 10 centigr. 

(Galezowski.) 



^ Eau distillée 30 grammes. 

Chlorure de zinc, 0^02 à 5 centigr. 

(Crilchett.) 



10. La conjonctivite catarrhale peut changer de caractère et la suppuratiou 
devenir tellement abondante, qu'elle aurait tous les caractères d'ophthalmie pnro- 
lente. On aura dans ce cas recours aux injections du collyre suivant, cinq ou six 
fois par jour, entre les paupières. 



^ Eau 'distillée 30 grammes. 

Chlorure de zinc 0,02 à 5 centigr. 



^ Eau distillée 200 grammes. 

Nitrate d'argent 25 centigr. 



COIfJOMCTlVlTE PHLTGTÊNULAIRE OU LYMPHATIQEE. 165 

Mackeiisie, Velpeaa et Macnamara préfèrent le nitrate d'argent à tous les autres 
collyres dans toutes les conjonctivites indistinctement : 



2: Eau distillée 30 gr. 

Nitrate d'argent.. 25 c. 
(Mackeniie.) 



IfZau distillée 30 gr. 

Nitrate d'argent.. 5 c. 
(Velpeau.) 



En distillée 30 gr. 

Nitrate d'argent. 10 c. 
(Macnamara.) 



11. Chez les enfants scrofuleux, la conjonctivite catarrhale change souvent de 
forme, et de bénigne qu'elle était, elle devient grave et résiste aux moyens indi- 
qués plus haut. Si cela avait lieu^ on la soignera comme une conjonctivite puru- 
lente par des injections fréquentes de solution ci-dessus formulée. Si l'inflammation 
persiste sans trop de suppuration et que la cornée reste trouble et vasculaire, on 
devra suspendre l'usage des collyres astringents et Ton aura recours à la pommade 
suivante, que l'on introduira entre les paupières une ou deux fois par jour : 

^ Oxyde jaune 0^25 à 5 centigr. | Axonge Dratche 5 grammes. 

Serres (d*Alais) (1) recommande le badigeonnage extérieur des paupières légè- 
rement closes avec un pinceau trempé dans l'eau pure, passé et repassé plusieurs 
fois dans l'azotate d'argent, ou bien trempé dans une solution titrée à 60 centi- 
gnmmes pour 10 grammes. 

12. Afin de prévenir les récidives, il est nécessaire de toucher pendant quelque 
temps la paupière inférieure avec le sulfate de cuivre, même quand elles ne sont 
phs rouges, ou de faire instiller le collyre au sulfate de zinc ou d'alumine une fois 
toos les deux ou trois jours. 

15. Lorsque la cornée et l'iris sont malades, on doit instiller les gouttes d'atro- 
pine deux ou trois fois par jour. 

Si ce moyen ne sufîisait pas, on appliquera des sangsues et l'on agira ensuite 
seiooles indications que l'on trouvera développées plus loin (voy. Kératite). 

Bibliographie. — Rigler, Beobachtungen ûber die katarrhalischen Formen der Con- 
iondiv. (Schmidt's Jafirb,, 1844, p. 338). — Mackensie, De tophifialmte phiegmoneuse et 
phlébUique {Ann. d'ocui., t. XIII, p. 65). — Hagemann, Beitrag zur Wftrdigwig der Kâite 
^oUenArten von Âugenenlzûndung (Walthers u. Ammon*s Journ.y t. VIII, H.I). — Arlt, 
Ophthtthnia catan'halis epidemica (Wien. mcd, Wochenschn'ft,n° 3, 1863). — Bouisson, 
Ofkthalmie produite par le soufrage des vignes {Gaz. des hnpit.j 1863, n° 96). — Magni, 
^«ww teoriche di, oftalmiatria, Malattie délia congiuntiva e délia cornea. Bologna, 
1865, p. 175. — Gosselin, Sur les causes de la conjonctivite catarrhale (Arch, gén. de 
^f. Paris, avril, 1869). — Gosselin cl 0. Lannelongue, Nouveau Dictionn. de méd, et de 
^hir, pratiques. Paris, 1868, t. IX, p. 48, art. Conjonctive. 

ARTICLE III 

CONJONCTIVITE PBLYCTÉNULAIRE OU LYMPHATIQUE. 

lorsque de petites phlyctènes ou des pustules apparaissent sur une partie quel- 
conque de la conjonctive, elles amènent une inflammation, soit partielle, soit 
totale de la conjonctive, inflammation désignée sous le nom de conjonctive phlyc- 
ténulaire ou lymphatique. 

Celte aiïeclion est le plus souvent partielle et n'occupe qu'un seul point de la 

(t) Serres (d'Alais), Bull, de la Soc. de chir. Paris, 1867. t. VII, 2« sér., p. 10. 




1K6 C0M05CT1TITE. 

conjonciiïe oculaire ; dans d'aolros cas, elle est génënlisée sur une gnnde piràt 
de celte mcn)bMne. et se porte surtout sur le limbe eonjonciiïal përiliéniiqK. 
La conjonctive palpébrale est iiès-souvent rouge ei injectée; nais on n'y Inwie 
jamais des plilyclèiies. 

8jMyt*aMitoiogle. — Symptômes anatomiqufs. — 1. L> maladie dfbMe 
ordinairement par une rougeur partielle du globe de l'œil, occupant soit la (xitie 
«terne, soit la pariîe interne de la sclérotique. 

Cette rougeur esi constituée par de nombreux vaisseaux fins, capillaires, com- 
muniiguant avec le cul-de-sac cunjonctiral par l'intermédiaire d'une on deni br* 
ches ïoluminetises. Lorsqu'on examine allenliTement cette rongeur, on y re- 
marque facilement deux coocIm 
deiaisseaux; les nns, de la coi- 
jonctiie, superficiels, foncés et tor- 
Ineux, et les autres plus TiDS, d'rae 
teinte liiide, qui appartienoeat 
au tissu sous-conjonctival et à k 
capsule de Tenon (Tig. 90]. La 
couche superficielle se déplace 
avec le doigt; les vaisseaux pn- 
fonds sont plus fixes. 

En comprimant légèrement me 

le doigt la partie injectée, on bk , 

Fi6. 90. — Witïciinc de la conjonciive oculaire. disparaître toute rougeur poortM 

le temps que dure la compresmi; 

mais aussitôt que cvlle-ci cc^sc, la rougeur revient avec la même intensité qn'w- 

paravant 

A mesure que le mal s'aggrave et que le nombre des phlyctèncg augmente, b 
rougeur -se gêné rai Îm; et eniahil les autres parties de la conjonctive; il y aalon 
une conjoiictivilc plus ou moins intense qui ressemble souvent i celle que l'ea 
remarque dans une conjonctivIiGcalarrhale. 

Quelquefois un lacis tascnlaire Irés-fin ap|)arall an bord de la cornée, prodMl 
que le reste de la conjonctive et de la cornée reste sain. C'est la conjonctiiib 
phlyclënulairc périkéraiique. Souvent la rougeur prend la forme d'un triao^ 
dont la base se trouve dans le cul-de-sac ou â l'un des angles de l'œil. 

2. Au centre de cette rougeur, on trouve habituellement une pustule M 
phlyctènc transparente, blanchâtre, opaline, s'élevant au-dessus du nivean di 
la conjonctive. Cette pustule est remplie d'un liquide séreux qui a sonlevéli 
couche épiiliéliale. 

Le volume en est très-varié depuis celui d'une léte d'épingle jusqu'à la grot- 
seur d'un grain de chènevis; les plus petites sont celles que l'on trouve au bari 
de la cornée. U elles .sont très -nombre uses, et aplaties au point qu'on n'y re- 
marque souvent qu'une légère iuégalilé, une élcvure encadrant la cornée, eld'oà 
partent de très-nombreux vaisseaux se rendant sur la conjonctive bulbaire (fig. 90^ 
Après leur apparition les phlyctènes ne restent â l'état stalionnaire que pendaat 
deux ou trois jours, et subissent ensuite une transformation : ou bien la phlyclèoe 
qui contenait le liquide transparent se résorbe, la jwlite vésicule s'allaisse, se des- 



CONJONCTIVITE PHLTCTÊNULAIRE OU LYMPHATIQUE. 167 

che et s*élimîne ensuite avec la couche épithéiiale; ou bien, et c'est le cas le plus 
équent, cette vésicule s'oinbilique; le sommet se perfore pour donner issue au 
loide contenu dans cette poche. 1^ phlyctène devient alors ulcérée. 
Celle-ci présente une légère dépression au centre (}e la rougeur, dont la surface 
Il dépolie et les bords frangés et irréguliers. Une fois ulcérée, elle prend l'aspect 
vne tache blanc grisâtre qui est d'autant plus facile à remarquer qu'elle se 
tmve eutourée d'un anneau rouge. 

Parmi les phlyctènes situées au bord de la cornée, il y en a quelques-unes qui 
mî de la tendance à ronger les couches soos-jacentes de cette membrane. Cela 
observe en particulier chez les enfants scrofuleux; on doit alors craindre une 
eribralion de la cornée. Heureusement ces cas ne sont qu'exceptionnels, cl le 
loi ordinairement la maladie ne dépasse pas les couches superficielles de cette 
mibrane. 

3. Quand un plus grand nombre de phlyctènes se sont développées sur la 
anjondive bulbaire, l'injection devient tellement prononcée sur toute l'étendue 
le cette membrane, que son tissu tout entier s'enflamme, et il se manifeste une 
lècrétîoo analogue à celle que l'on constate dans une conjonctive catarrhalc. 

Oa voit alors l'inflammation gagner de plus en plus en intensité, la sécrétion 
devient abondante^ les paupières se boursouflent en même temps qu'il y a de l'in- 
Htntion séreuse sous-conjonclivale et sous-cutnnéc. Pourvu que la maladie se 
inloDge, elle peut prendre des proportions d'une opiilhalmie purulente. La cornée 
s*CBflammé aussi, des phlyc^nes apparaissant d'al)ord, qui donnent lieu bientôt à 
des olcères et à la formation des vaisseaux. 

Dans celte forme grave, la maladie peut être limitée à un seul œil, et se pro- 
longer indéfiniment. On voit alors la conjonctive du cul-^e-sac se boursoufler, 
tloGItrer au point de constituer des plis ressemblant sous tous les rapports h dos 
graoalations néoplasi(|ues. 

Symptômes physiologiques. — i. Une seule plilyctène située h une certaine 
tblance de la cornée n'entraîne le plus souvent aucune douleur; tout au plus si 
le malade éprouve une sensation de gravier entre les paupières et par moments 
des picotements. 

n n'en est pas de môme quand il existe des phlyctènes profondes périkérati- 
fies; dans ces cas, les douleurs peuvent être très -violentes et augmenter par crises 
IM les soirs dans la région circumorbiiaire. 

2. Les conjonctivites phlycténulaircs se reconnaissent surtout à une photo- 
piiobîe excessive; les enfants, qui sont le plus souvent atteints de cette affection, 
«m incapables de supporter la lumière du jour. Cette photopliobic s'observe bien 
étendu dans les conjonctivites périkératiques et dans les kérato-conjonctivites. 
Quant aux phlyctènes conjonclivales isolées, elles n'entraînent ordinairement au- 
cun symptôme analogue. 

Cette sensibilité excessive pour la lumière, de même que les douleurs, s'exas- 
^ère surtout le matin, ce qui est considéré par Stœber (1) comme caractéristique 
ks ophthalmies scrofuleuses. 
Nous devons ajouter que la sensibilité excessive n'est pas toujours la même chez 

(1. Slœbcr, Annales «Voculistique, t. XXV, p. 168 et t. XXVIÎ, p. i81. 



168 CONJONCTIVITE. 

tous les individus, et un bon nombre de malades n'éprooTent aucune aonlfraBoe 
et D*ont point de photophobie. 

3» Conjointement avec la photophobie, il existe an larmoiement qui provkni 
d'une irritation des nerfs dliaires, p?r conséquent de ceux qui se rendent ^b 
glande lacrymale. 

II. Les enfants atteints depuis un certain temps d'une conjonctÎTite pUfctéM- 
laire périkératique sont tellement sensibles à la lumière du jour, qu'on les ifà 
habituellement couchés sur leur figure, et gardant cette position pendant ds 
semaines entières. Si cet état se prolonge, les paupières se contractent ï là 
point que le médecin éprouve la plus grande difficulté à les entr'ou? rir. fl a 
résulte un blépharospasme. 

Complications. — Les conjonctivites pustuleuses sont très-souvent icconpi^ 
gnéesdes phlyctènes du côté de la cornée; on y remarque, en effet, des phlyctèos^ 
centrales ulcérées ou non, ce qui change naturellement le pronostic et le traite- 
ment 

Une autre complication peut se manifester du côté des paupières, de h pcil 
environnante et des narines. Il n'est pas rare, en effet, de rencontrer concarroh 
ment avec la conjonctivite une éruption herpétique sur la joue, les lèvres et kl] 
narines^ ce qui rend la marche de la maladie plus lente et le traitement \ûns dSÊÊ^ 
clic. Cette coïncidence, qui est du reste très-fréquente, a engagé Stellwag VÊ 
Carion à donner à la maladie le nom d'herpès conjonclîval ou d^herpèt de h 
cornée, 

Ëtioiosie. — Nous ne connaissons rien de positif sur l'état étiologiquede ccOej 
maladie. Stœber et Sichel ont voulu voir là un des phénomènes de la scrofide; 
mais quand on considère que ces phlyctènes peuvent apparaître chez les eiibals 
le mieux constitués^ on a le droit de n'accepter cette cause que dans des cas par* 
ticuliers. 

L'affection dartreuse, herpétique, coïncide très-souvent avec la conjonctivite 
ou la kérato-conjonctivite phlycténulaire, comme l'a très-bien remarqué le doo*.^ 
tcur £. Barthez. 

Quant à l'âge, il n'est pas douteux que ce mi une maladie de l'enfonce. On 
rencontre à partir de deux ans jusqu'à douze ou quinze. Passé celte époque, cllej 
devient infiniment plus rare. 

L'air humide et vicié, le froid et l'humidité, prédis|X>sent à cette maladie. 

Marche, durée, termimiUon. — La conjonctive phlyctéuulaire n'a pat ik. 
durée bien déterminée. Une simple phlyctène dure huit jours; mais si plusîc 
phlyctènes se succèdent, la durée devient d'autant plus longue que le nombre des 
pustules est plus grand. \ 

Dans les cas de complication du côté de la cornée ou des paupières, la marcbe 
de l'affection devient plus incertaine et la durée plus longue. 

La guérison est la règle générale ; mais elle laisse ordinairement dans les yeu 
une prédisposition à des récidives, qui revient à chaque nouvelle saison» burtoot 
au printemps ou à Tautomne. 

Diagnostic différentiel. — Le pinguécula enflammé peut simuler d'une 
manière frappante une phlyrtcnc ; mais le diagnostic devient facile, si Ton prend 



CONJONCTIVITE PHLTCTÉKULAIRE OU LYMPHATIQUE. 16^ 

sidéradon le siège da pingoécula, qui est toujours près du* bord interne et 
î de la cornée. 

Mngoécola non enflammé, situé au milieu d'une conjonctive congestionnée,. 
ble aussi à une phlyctène. Mais alors, Tabsence de toute rougeur et la pré- 
la même pinguécula dans la région analogue de l'autre œil ne laissera point 
ite pour le diagnostia 

I fldérite ou périsclérite peut ôtre confondue avec une phlyctène; mais la> 
ir d'une sclérite est plus profonde; elle ne se laisse point effacer par la 
NL Au centre de la rougeur on ne trouve pas de vésicule, et la mabdie dure 
ift des mois entiers sans occasionner de douleurs. 
pUyctènes accompagnent souvent la conjonctivite catarrhale; dans ces cas, 
Sear des conjonctives palpébrales est prédominante, tandis que la rougeur 
dès phlyctènes est relativement minime. Le contraire a lieu dans une con- 
île pustnleuse idiopathique. 

ite i e a t . — l.Pour combattre d'une manière efficace la conjonctivite pustu- 
il esi nécessaire de préciser la forme et la période de l'affection, examiner 
le la cornée et constater le d^é d'inflammation de la conjonctive. Ce n'est 
se conformant aux diverses indications que fournira cet examen, qu'il sera 
le d'instituer un traitement rationnel. 
â les indications qui doivent être remplies : 

hns les premiers jours de leur évolution^ lorsqu'on a affaire à une phlyclène 
00 à des phlyctènes multiples, non ulcérées, et de plus si la conjonciive 
as très-enflammée, on aura recours à la poudre de calomel que l'on iniro- 
ieox ou trois fois par jour dans l'œil. 
ralomel est prescrit de la manière suivante : 

^ Calomel porphyrisé (à la vapeur) 4 grammes. 

trempe dans cette poudre un pinceau d'aquarelle sec, on le secoue devant 
pendant que les paupières sont écartées. Le malade ressent à peine, pen- 
ne ou deux minutes, une légère cuisson ou comme une sensation de sable 
es paupières; mais après avoir parcouru la surface de l'œil, le calomel s'en- 
oos forme de petits filaments, et se loge dans le cuUde-sac conjonctival 
or, où Ton peut le retrouver au bout de quelques heures. 
e poudre agit probablement mécaniquement, à la façon de l'émeri, en 
h partie proéminente de la phlyctène; d'autre part, elle doit produire une 
résolutive comme toutes les préparations mercurielles. 
s l'influence de cette insufflation^ répétée deux ou trois fois pnr jour, le 
: contenu dans les phlyctènes se résorbe^ et la rougeur conjonclivale dis- 

isoffhtion de la poudre de calomel jouit aussi de la propriété de prévenir 
:idives, comme l'a prouvé Donders. L'expérience journalière m'a démontré 
i dernier but ne peut être atteint que lorsque l'on a continué l'usage du 
.'1 pendant un mois à six semaines. 

Lorsque ta phlyctène conjonctivale existe depuis plusieurs jours, qu'elle 
cérée, et que la conjonctive est enflammée sur une grande étendue, il ne 



170 



CONJONCTIVITE. 



serait pas prudent de faire usage de la poudre de caloinel, qui prodniiait 
irritation plus grande. 

L'application de cataplasmes et de compresses imbibées dans Teaa tiède de j 
mauve ou de laitue sera alors indiquée. Quelques légers purgatirs aideront 
cément la guérison. 

3. Les phlyctènes périkératiqucs, prises au début ou même à leur 
ulcérative, peuvent être sensiblement améliorées par rinstîllatioD du collyre A 
pine, qui rétrécit les parois des vaisseaux et diminue rioflammatiou. Onk] 
crit à la dose suivante : 

Of Eau distillée 10 grammes. | Sulfate neutre d'atropine . 1 à 2 

(Instiller une goutte dans Tceil trois fois par jour.) 

Pour le traitement de celte aflcction, Pagenstecher a introduit dans h 
l'usage de la pommade au précipité jaune, et Texpériencc journalière m'a 
de constater Tefiicacité de cette pommade, surtout dans l'étatcbronique, ctl 
que la maladie est compliquée des aiïcclions cornéennes. Voici h formule 
me sers avec avantage : 

^ Oxyde jaune d*hydrargyre par voie hu- 
mide 25 centigr. 

Axonge fraîche 5 grammes. 

Glycérine anglaise. ... 1 — 

(Galezowski.) 



If. Çoldcream 30 grai 

Oxyde jaune amorphe 
de mercure. ...là H 

(Pagenstecher.)^ 



On introduit un peu de cette pommade entre les paupières, et on la 
répandre sur toute la surface de Toeil. 

J'emploie très-souvent, alternativement, la poudre de calomel et la 
au précipité jaune dans les yeux malades; un jour l'une, un jour l'autre. 

/i. Les phlyctènes récentes, mais très-volumineuses, peuvent être 
soit en enfonçant un bistouri très-fin près de la base, et prolongeant Tii 
irers le sommet, soit en faisant une incision de la pustule contre la scl^ 

5. Les complications du côté de la cornée sont ordinairement plus 
la conjonctivite pustuleuse, et il faut alors agir selon les indications donnéaj 
bas (voy. Cornée). 

6. Les complications du côté de la joue et des narines doivent être 
sérieuse considération, d'autant plus que, comme Desmarres père l'a d^ 
Tune des deux affections se lie à l'autre. 

J'ai pour habitude de saupoudrer les parties ulcérées de la face avec la 
de calomel porphyrisé. Dès que les croûtes se reforment, on les enlève potfl 
couvrir de nouveau les ulcères avec cette même poudre. Si cela ne suffit pait\ 
peut badigeonner les parties enflammées de la peau ainsi que la muqueuse 
rines avec ta teinture d'iode. 

Desmarres conseille l'application, sur les racines du nez, de la pommade m\ 



V Précipité rouge 25 cenligr. 

Camphre 10 — 



Axonge. 



... il graouDei. 
(Desmarres pèra.) *^ 



7. Le traitement interne joue ici un grand rôle, et l'usage de l'buile de fM 
de morue à des doses progressivement augmentées d'une à trois cuillerées pirji* 



CONIONCTIYITES OU OPHTHALMIES EXANTHÉMATIQUES. 171 

nrtoat recommaodée. Bazin la prescrit conjointement avec le sirop d*iodure 
Ger, surtout chez les enfants faibles et anémiques. 

I les malades ne peoTent pas supporter ces médicaments, on leur fera prendre 
hop de brou de noix, avec Tarséniate de soude. Le sirop antiscorbutique et 
&vems autres sirops amers sont également recommandés. 
M teinture d*iode à la dose de deux gouttes dans une demi-tasse d*eau de 
"•ocrée, est aussi souvent employée avec succès chez les enfants strumeux. 
b je dois faire ici une remarque importante : c'est qu'aussitôt que les ma- 
fÊÊ aoot soumis au traitement indique interne, sous quelque forme que ce soit, 
ftît suspendre Tinsufflatiou de la poudre de calomel dans les yeux. Autrement 
la éUminé par les conjonctivites décompose le calomel, et le transforme en 
de mercure, corps excessivement corrosif, qui occasionnerait une très- 
mmation des yeux. C'est un fait qui a été pour la première fois démontré 
uîn (1), et dont nous avons eu l'occasion de vériûer l'exactitude sur 
rs de mes malades. 

Les enfants qui sont atteints de cette affection doivent être tenus le plus pos- 
le au grand air, à la campagne si cela se peut. S'ils ont les yeux très-sensibles 
limière, on leur fait porter des chapeaux à grands bords, des voiles foncés 
4m lunettes entourées de taffetas noir. Lorsqu'un seul œil est affecté, on fait 
kr 00 morceau de taffetas noir flottant devant cet œil. 
fmt prévenir les récidives, il est très-utile d'envoyer ces enfants aux bains de 
IV mais, comme Ta très-justement remarqué le docteur Barthez, ce séjour ne 
I avoir d'avantage que lorsque les yeux sont tout à fait guéris de leur conjonc- 
)ty et qu'il n'existe pas d'éruption aiguë ni d'eczéma sur la figure, autrement 
t vif de la mer serait plutôt nuisible qu^utiie. 

GRAPHIE. — Wenzel, Dictionnaire ophthalmologique, t. I, p. 480. — Sichel^ Icv 
te ophthalmologiqtœ, texte, p. 53. — Stellwajj; von Carion, Die Ophthalmologie, 
Abth. 2, p. 846; eiAugenhei/kunde, Wien, 1870, p. 469. — Giraud-Teulon, Soie sur 
i du calomel à la vapeur dans les a/fections superfidcllcs delà cornée {Ann. d'ocuL, 
p. 257, 18b5. — Pageostecher, De V oxyde jaune amorphe de mercure et de son appli- 
à la conjonctivite et la kératite phlycténulaires [The Ophthalmic Revicw. L^ndon, 
■• 6). — Hennequin, Gaz, hebd,, 1867, p. 99. — Lucas-Championnière, Jouru, de 
Hdechir. Paris^ 1873, p. 399. 




S 



ARTICLE IV 

COMONCnVITES OU OPHTHALMIES EXANTHÊMATIQUES. 



' Lei Gèvres érupiives se compliquent quelquefois d'affections oculaires, dont les 
■I fréquentes sont celles qui envahissent la conjonctive ou la cornée. De lu la 
homination de conjonctivites ou ophthalmies exanthématiques, adoptée par 
llrdrop. 

1 Ophthalmies morbilleuses. —Selon Trousseau (2), la muqueuse ocu- 
**« présente, dès les premiers jours de la rougeole, un certain degré d'injection 

fO Heonequin, Gaz. hebdom.^ 1867, p. 99. 

(2; Trousseau, Clinique médicale de VHÔtel-Diev, 3« cdit. Paris, 1866, t. I, p. 155. 



172 CONJONCTIVITE. 

el d'irrilation qui ne tarde pas à amener un larmoiement continuel, 

photobie. 

D*après Jaccoud (1) souvent la rougeole débute par des frissons trréj 
céphalalgie, taudis que le caiarrhe oculo-nasaU pins on moins intense, 
montre que le second jour. 

Cette conjonctivite ne diffère que très-peu de la conjonctivite catarrhale; 
produit simultanément avec le catarrhe de la membrane de Schneider; la 
muco-purulente est ordinairement peu abondante. Vers la fin de la période 
tion, la conjonctivite disparaît.—- Dans la troisième période de la roogeole^l 
quamalion cutanée qui se produit le huitième jour est caractérisée par m 
vement de Tépiderme en petites lamelles furfuracécs, que l'on trouve 
développées sur les paupières, comme Ta signalé Jaccoud. 

Il arrive quelquefois que les sujets scrofuleux sont atteints, soit pendant I 
geôle, soit dans la période de convalescence de kérato-conjonctivites 
laires, d*abcès et d*infiltralions de la cornée qui se montrent quelquefois 
à tout traitement, et qui peuvent occasionner des accidents sérieux. 

Barthez et Rilliet (2) ont constaté souvent des ophthalmies rubéoliques, 
un cas elle était purulente; une fois elle a débuté le premier jour d*éro| 
dnré jusqu'au neuvième. Dans d'autres cas, elle a débuté du sixième ao 
jour et a toujours guéri facilement. 

L'ophlhalmic morbilleuse |)eut devenir plus grave dans les épidémies 
geôle et prendre même le caractère d'ophthalmie purulente, comme l'avait 
que Heyfclder, et comme cela est arrivé dans l'épidémie de 1847, chei 
malados dont parlent Barthez et Rilliet. Mldlemore (3) pense avec raison 
accidents arrivent plus souvent chez les enfants scrofuleux, chez lesquels i 
souvent une prédisposition à des affections oculaires pendant très-k 
Makensie a vu la rougeole entraîner la perte de l'œil. 

Traitement. — Dans la Conjonctivite morbilleuse simple, on se coal 
bassiner les yeux avec de l'eau de laitue ou de sureau tiède. Mais si l'a 
devient purulente et qu'elle gagne la cornée, s'il existe des abcès ou des 
tions dans la cornée^ le danger devient très-grand, et il est nécessaire dV 
le collyre d'atropine en instillations, de pratiquer des frictk)ns avec l'oi 
politain au pourtour de l'orbite, et de mettre en usage tous les autres 
propres à guérir ces affections. 

B. Ophthalmie scarlatineuse. — Les yeux sont moins fréqoc 
atteints dans la scarlatine que dans la maladie précédente; mais lorsque oeti 
dent arrive, il présente souvent une extrême gravité. Tantôt c'est la 
se détruit; dans d'autres cas, il y a des caries et des nécroses des os qui 
le sac qui amènent, d'après Trousseau, des fistules lacrymales. Bowi 
porte Tcxemple de cinq garçons de la même famille qui furent atteints deki 
latine, et dont deux perdirent la vue par mortification de la cornée 



\ 



(1) Jaccoud, Traité de pathologie interne^ 3° édit. Paris, 1873, t. II, p. 701. j 

(2) Barthez et Rilliet, Traité clinique et pratique des maladies des enfrmis, 2* éàiUM 
1861,1.111, p. 273. ; 

(3) Midiemore, A treatise of the diseases of the eye^yéi, ï, p. 322. London, 1835. 



GONJONCnVITES OU OPHTHALMIES EXANTHÊMATIQUES. 173 

qui siÛTÎt rîDTasion du mal. Selon Henri Roger (i), les malades aileints 
ite albumineusc dans le cours de la scarlatine peuvent avoir des cécités 
s, daes à ane rétinlte albuminurique. Des tumeurs lacrymales peuvent 
er à la soite de la scarlatine, mais ordinairement dans ce cas les os «ous- 
ont altérés et dénudés de leur périoste, comme j*ai eu l'occasion d'ob- 
ile année sur nn enfant de sept ans. 

I— liai. — Aussitôt que la cornée est menacée, on agit d'après les pré- 
ne Too trouvera développés plus loin (voy. Cornée). On surveillera cou* 
it ki vmes lacrymales en y faisant, avec de Teau tiède, des injections par 
s lacrymaux. 

dithalmie varioloîque. — L'éruption varioloîque n'épargne pas les 
I, cl très-souvent les conjonctives oculaires, ainsi que les cornées, sont 
jts pustules apparaissent sur les bords des paupières, et pendant ce temps 
Buflore de ce voile est telle qu'il n'y a souvent pas possibilité de voir 

œ le gonflement de la face et des paupièees diminue, on trouve aloi's, 
simple conjonctivite, soit des pustules développées sur la marge palpé- 
ir la conjonctive bulbaire et le bord cornéen. J'ai eu, dans les hôpitaux 
, occasion d'examiner un nombre considérable de malades varioloîqucs, 
s souvent les pustules étaient situées au bord des paupières et au bord de 
c. 

■jonclive prend part aussi très-fréquemment à celte affection, si l'on ne 
as à faire avorter les pustules, la conjonctivite devient très-intense. 
I arrive très-souvent que les yeux s'enflamment à une époque avancée de 
ie, lorsque l'éruption est en pleine desquamation. Tantôt ce sont dos 
ï la cornée, que Barthez et Rilliet ont vus apparaître du dix-septi^nio au 
iquième jour, tantôt au contraire ce ï^ont des Iritis doubles^ comme j*ai 
tsion de l'observer. 

nacnt. — Le danger de ces pustules est très-grand si leur évolution n'est 
ée. L'opinion de N. Gueneau de Mussy, à propos de cette affection, nous 
plus rationnelle, et son traitement le plus efficace. Cet éminent praticien 
attentivement l'état des yeux pendant toute la durée de la variole, et il 
i avec le nitrate d'argent chaque pustule qui apparaît sur le bord palpé- 
conjonctive ou la cornée. Pour lui, le danger est grand lorsqu'on aban- 
es pustules à elles-mêmes; cautérisées dès le début, elles guérissent ordi- 
Dt sans accidents. 

; qu'on aperçoit ces pustules, dit Gueneau de Mussy (2), il faut, une ou 
B par jour, les réprimer avec le crayon d'azotate d'ai-gent. Si elles sont 
Qies^ j'ai quelquefois ajouté à cette médication topique des onctions mer- 
\ sur la face externe de la paupière et sur le pourtour de l'orbite. Dans les 
pustules conjonctivales, j'ai fait faire de fréquentes injections inlrapalpé- 
rec une solution faible suivante : 

rate d'argent 10 cenligr. j Eau distillée 1 00 grammes. 

)ger, Séméiotiqae des maladies de tenfance, 2« édit. Paris, 1870» 
leneau de Mussy, Gazette des hôpitaux, 1871, p. 53. 



17û CONJONCTIVITE. 

c Je le répète, depuis que je me suis chargé des services bospitaliefs,jeill 
jamais vu celle médicalion échouer. » 

J*ai pu me convaincre» en examinant un grand nombre de malades de M. 
ncau de Mussy, combien ce traitement était efficace; il arrête promptemeni H 
lulion des phlyclènes. 

0. Ophthalmie érysipélateuse. — L'érysipèie de la face peut se 
niquer à la conjonctive palpébrale et occasionner une conjonctivite légire, 
lant une phlegmasie catarrhale. Elle est bénigne et guérit facilement. 

Dans d'autres cas, Taffection gagne le globe de l'œil et il se forme au Imm1( 
cornée une ou plusieurs larges bulles qui ne tardent pas à envahir cette 
Il y a alors un chémosîs séreux consécutif à la kératite ou à une kérato-iritiiil 
devient larmoyant, douloureux à chaque mouvement des paupières, et 
se manifeste des névralgies périorbitaires. 

Les paupières et les voies lacrymales peuvent être atteintes; il n*est pu 
de voir survenir, comme conséquence de tous ces désordres, soit la d< 
des bords des paupières, soit Tobstruction des canaux lacrymaux ou bici 
foralion de la cornée avec toutes ses suites. 

Traitement. — Dans les conjonctivites simples, des lotions avec de I 
laitue ou de camomille sont suffisantes pour amener la résolution. 

Lorsque l'altération se porte sur le globe oculaire, on a beaucoup de 
l'arrêter; quelques scariGcations sur le chémosis et la phlyctène peuvent èlni 
lement faites au début; mais si le mal envahit la cornée, on ne doit pas 
pratiquer la cautérisation avec une solution de nitrate d'argent (10 centr, 
10 gr.], cautérisation que l'on exécutera au moyeu d'un petit pinceau 
dans celte solution. 

Bibliographie. — George Gregory, Metl. Goz,^ vol.X, p. 222. London^ i830.-~Sfli 
Dictionn. de méd, et de chir, pratiques^ art. Opbthalmie. Paris, 1834, t. XI!, p. MH 
Bowmann, Ijectures on the parts concerned vi the opérations on the eye. Loindoo, Il 
p. 110 {Ann, d'ocuiist,^ t. XXX, p. 13, 1853). ~ Dûment, Recherches statistiques m 
muses et tes effets de la cécitéyp. M, Paris. 1856. — Trousseau^ Clinique midim 
rmtel-Dieu, 3* édil., l. I, p. 155. Paris, 1868. — Barthei et RUUet, Traité dimà 
pratique des maladies des enfants, 2* édit. Paris, 1861, t. III, p, 50, 182 et 273. — I 
Gueneaude Mussy, Gaz, des hôpit,, 1871, p. 53. 



ARTICLE V 

OPHTHALMIE DES NOUVBAU-MÊS. 

Les enfants nouveau-nés sont fréquemment atteints d'une ophlhakme p4 
lente, qui apparaît dés le troisième jour après la naissance : c*e8t ToplithalBia^ 
nouveau-nés. Giraldès et Stellwag von Carion en distinguent deux formei: hl 
catarrhale ou légère et la forme grave ou blennorrhagique. Mais il n'est pasj 
de fonder celte distinction autrement que sur la facilité plus ou moins gnoAi 
la guérison. 

SyiDptoiiiatoi€»si<j. — i. La maladie apparaît ordinairement vers le uoià 
jour après la naissance. Dans des cas exceptionnels elle se montre dès le dcuxiê 
ou le premier jour. J'ai vu un enfant apporter ropbthalmie en naiasanL 



OPHTHALIIIE DES NODTEAU-KÉS. 175 

L ia débat, les cib ainsi que les deux angles de l'œil sont couverts de petites 
tfta TerdSires desséchées. Ces mucosiiés peuvent se former dans un seul ceil, 
Nhm que ['autre reste encore sain ; mais ce dernier ne tarde pas aussi i être 
lUde [a mâme façon 12 ou 2fi heures plus lard. 

I. Le quatrième et le cinquième jour, la paupière supérieure se gonOe et se 
■nafle; une rougeur apparaît anx bords libres, surlout à l'angle interne, et 
*«i namÏDe l'état de la conjonclive, on trouve que sa portion palpébrale in- 
Irr m àè}i fortement engorgée et qu'elle présente une couleur d'un rouge 
UtR Si, en enlr'ouvrant les paupières, un voit sortir un liquide clair ayant 
ItMIejanoe citrine marquée, ou est certain que l'ophtbalmic est de nature 



Dent de ce liquide citrin est pour Desmarres père un signe pathogno- 
Kde la maladie; il ne se montre que pendant un nu di^ux jours et aussitôt 

Frmplacé pr la sécrétion purulente ordinaire, jaunâtre ou vcrdStre. 
Le gonflement de la paupière devient de plus en plus prononcé, îi tel point 
lia navent de la peine t voir la coj'iiéc. Lorsqje celle diUîcullé existe, il faut 



FiG. 91. — Elévateur d«> paupières, 
)ÊC les paupières, en éloignant leurs bords libres avec les deux doigu îodica- 
^ et en les appuyant contre les bords orbiiaircs, ou bien en se servant d'un ou 
un élévateurs d'ai^enl, de grandeur moyenne (Gg. 9l). 




Tie. 93. — Haotère de procéder pour examiaer les jeux des enfnnii. 
^r bien euminer les yeux de l'enfant, il importe beaucoup de placer la lëte, 



176 CONJONCTiVlTE. 

sur ses genoux, et de procéder à cet examen dans la position ipdiquée pir h 
figure 92. Ce u*est que de cette manière qu'on aura la possibilité déjuger m 
précision de l'état de l'œil. 

5. A mesure que l'ophthalmie fait des progrès, et la conjonctive de la 
inférieure devient boursouflée, le mal gagne la paupière supérieure, ei la fait 
lier d'une manière très-notable. A ce moment la conjonctive est teHement 
et engorgée, qu'elle saigne avec la plus grande facilité. Il sulfit d'écarter 
les paupières pour provoquer une hémorrhagie, qui survient aussi après les 
risations des conjonctives. 

6. Chez les nouveau-nés, l'inflammation de la conjonctive reste t 
limitée à la |X)rlion palpébrale et au cul-de-sac. La muqueuse du globe de 
s'injecte progressivement; mais il est rare d'y voir le chémosis pM 
<]ui tienl probablement à la nature du tissu cellulaire lâche et à la densité 
yement minime de la capsule de Teuon. C'est à cette dernière drconslanee 
j'ai rapporté aussi la i*ésîslance que présente la cornée à se détruire cbei k» 
fauts nouveau-nés, bien entendu si le traitement convenable est appliqué, 
nerfs, en effets et les vaisseaux qui se rendent à la cornée, n'étant point 
au pourtour de cette membrane par la capsule de Tenon, élastique à cet 
cornée ne subit pas d'étranglement et continue à se nourrir régulièreoNill 
contraire a lieu chez les personnes plus âgées, chez lesquelles cette même 
est moins élastique et amène par son inflammation la compression des neristf 
vaisseaux qui les traversent. 

7. La conjonctive palpébrale se couvre quelquefois de croûtes blanchâtrei, 
semblant beaucoup à des fausses membranes diphthéritiqnes. Elles se 
a])rès la cautérisation avec le crayon de nitrate d*argent, probablement par 
de la coagulation du sang qui s'écoule de la surface conjonctivale irritée. 

J'ai vu ces pseudo-membranes se produire chez quelques enfants après 
cautérisation au crayon de nitrate d'argent, tandis que la cautérisation avec 
forte solution n'occasionnait rien de semblable. 

A mesure que l'inflammation gagne d'intensité, la sécrétion change de 
tore; peu alK)ndanle et jaunâtre, dans les premiers trois jours, elle devî 
plus en plus épaisse, verdâtre, purulente. La quantité de celte sécrétion est 
ment abondante qu'on est forcé de faire constamment des injections entre lei 
pières pour tenir les yeux propres. Dix minutes après l'iDJcction, la quanlMl 
pus est aussi grande qu'avant. 

8. Abandonnée à elle-même ou mal soignée, cette affection prend un caneM 
de gravité tel, que souvent il devient impossible de prévenir la perte des Jt^ 
Sous l'influence de la suppuration abondante^ et par suite d'une géoe de la cWi 
lation d<ms les parties voisines de la cornée, cette dernière membrane s'altèfe^^ 
sphacèle et se détruit ^ 

9. La cornée reste transparente pendant les sept premiers jours, puis elIcW 
vient louche, opaline, surtout vers le centre. Bientôt cette opacité augmente i 
gagne les couches profondes : c'est le ramollissement ou le sphacèle de la cofifl 
qui ne tarde pas à s'éliminer par morceaux, jusqu'au moment où se produieeotll 
|)erforation et la hernie de l'iris. 



OPHTHALMIE DES NOUYEAU-MÉS 177 

3esmarres père (1) a observé dans certains cas un épanchement annulaire à la 
»nfércncede cette membrane; cet épanchement est |)our lui le signe de la 
troction totale de la cornée, qui ne tarde pas à se troubler dans toute sou élcn- 
i et se gangrener. 

L'opadté de la cornée, prise à son début, ne présente pas de gravité, je Tai 
» disparaître d*une manière complète sous l'influence du traitement. Mais 
h nnladic a pris un développement plus grand, si les couches opaques com- 
iocciit \ s'éliminer, il y a alors le danger de la perforation partielle ou totale de 
Ile membrane. 

10. Les altérations de la cornée sont accompagnées de douleurs ; Tcnfant crie 
inoNip et passe de très-mauvaises nuits ; quelquefois il y a de la fièvre et des 
■Uements convulsifs, comme Boyer et Desmarres l'ont signalé. 
Le docteur Peter et moi, nous avons vu les convulsions se produire après cha- 
I Movelle cautérisation des paupières. Peter explique ce symptôme par le 
de la glotte et la dyspnée qui est provoquée par les cris de renfant. 
1m et dorée. — L*ophthalmie des nouveau-nés a une marche très-incer- 
m an début; souvent Tinflammation est tellement faible pendant les quatre 

cinq premiers jours, que les sages-femmes considèrent la maladie comme uu 
Ip d'air et ne font rien pour Tarrêler; dans d'autres cas, elle prend dès les prc- 
en jours une extension considérable. 

de remarque fréquemment des périodes d'amélioration et d'aggravation suc- 
aires. 

La durée de l'ophthalmie des nouveau-nés est variable, elle peut affecter des 
BDCS plus ou moins graves, plus béuigncs ou moins bénignes. J'ai pu me con- 
Dcre en général que la guérison ne peut être obtenue avant quatre à six semaines. 
Pr^Bostle. — L'ophthalmie des nouveau-nés a été jusqu'à présent considérée 
rtous les auteurs comme excessivement grave, à cause des complications qui 
rviennent du côté de la cornée. Mes propres recherches m'ont permis d'arriver 
les résultats diamétralement opposés. Avec le traitement que j'ai mis en usage, 
tte maladie perd toute sa malignité ; elle guérit toujours, si l'on s'y prend à 
■ps. Je suis heureux de me trouver sous ce rapport d'accord avec Dcpaul et 
irmer (2), qui ont exprimé à leur tour l'opinion qu'il est très-rare qu'un enfant 
iie les yeux lorsqu'il est soigné d'une manière convenable. 

U pronostic des complications cornéennes dépend du degré d'altération de celte 
«nbrane; mais, tant que l'élimination des parties opaques n'a pas commencé, 
Ipeot espérer une complète guérison. 

falolosie. — La cause de l'ophihalmie des nouveau-nés se rattache incontes- 
ittmni à la contagion par inoculation. L'enfant contracte l'oplithalniie puru- 
itite an moment de son passage par un vagin atteint d'écoulement blcnnor- 
Ittgîqae ou leucorrhéique. Ricord partage complètement cette manière de voir; 
périno cite à l'appui plusieurs observations détaillées; Rollel (de Lyoh) est du 
lêoie avis. Mes propres recherches me permettent d'affirmer que, dans la grande 
ajorité des cas, les ophthalmies des nouveau -nés sont occasionnées, soit par h 

'!) Desmarres, Traité des maladies des yeux^ t. II, p. 91. 

'2) DeïMiul et Tarnier, Bull, de la Soc, dechir.de Pan\, t. Vif, 1^ s^r., i8c7, p. 16. 

GALEZOWSKI. 12 



178 



CONJONCTIVITE. 



leucorrhée ou blcnnorrhagîe de )a mère^ soit par les lochies, qui dsTiennent pan* 
lentes et conlagieuses surtout pendant Tépidémie de fièvre puerpérale. 

Il n*est pas douteux que le nombre d'ophthalmies des nouveau-nés augmette 
avec chaque épidémie. Trousseau Ta démontré en 1852, et Lorain a vérifié a 
fait, il y a quelques années, à l'hôpiial Saint-Antoine. 

Nous trouvons aussi la confirmation de la transmission de la maladie par Tunk 
culation dans la note qu'a publiée Mackenzie (1). a II résulte, dit-il^ des redM- 
ches faites à la Maternité de Stockholm^ que les enfants des femmes n'ajatf 
pas d'écoulements vaginaux étaient atteints d'ophihalmie dans la proporUooè 
1 sur 18, tandis que la proportion de ceux des mères malades était de 1 sor7. • 

On voit, par cette statistique, que l'ophlbalmie survient beaucoup plus ié- 
quemment quand il existe l'écoulement vaginal spécifique que k>rsqu*ll n*y eo ifV 
de traces. Quant aux autres cas, ils peuvent être attribuésaux lochies qui, eo «- 
irant entre les paupières, causent leur irritation. 

La maladie qui nous occupe reconnaît encore une cause prédispondanle coaii^ 
tutionnelle de l'enfant, sinon dans son incubation, au moins dans so vololiii 
ultérieure. Celte cause, c'est la syphilis^ qui peut se traduire en même teoijii 
d'après Denonvillcrs et Gosselin, par d'autres manifestations morbides 

Nous avons soigné, avec le docteur Peter, un enfant syphilitique atteint de pi- 
riostitcs au bras et d'une ophthahnie purulente des plus graves, et qui n*a giM 
que sous l'influence du traitement antisypliilitique et des cautérisatk)ns fortes 4 
prolongées. 

Stellwag von Carion et quelques autres auteurs veulent attribuer cette 
mie à l'influence d'une lumière vive sur les yeux des nouveau-nés, au cb 
de température et à l'attouchement des paupières avec les mains sales. Cette 
nion ne me parait nullement démontrée, et il n'est pas possible de so; 
qu'une simple irritation de l'air extérieur puisse produire le même degré d' 
flammation que la sécrétion blennorrhagiquc qui s'inocule dans les yeux du 
veau-né. 

Quant à la cause qu'on a voulu attribuer au nettoyage des yeux de l'enfant vm 
des substances irritantes, il nous semble superflu de nous y arrêter : c'est mi 
cause tout à fait imaginaire. ] 

Traitemeiit. — Yoici la méthode de traitement que j'ai adoptée suivant M 
diiïérentcs phases et les variétés de la maladie : 

1. Une des conditions les plus essentielles pour la guérison de l'ophthalmie del 
nouveau-nés, est la cautérisation des conjonctives deux fois par jour; elles assu- 
rent la guérison et préviennent les complications. 

Après avoir lavé très-soigneusement les yeux avec une éponge douce trempée 
dans de l'eau tiède, et examiné l'état des cornées et des conjonctive s, je commence 
par cautériser les conjonctives palpébralcs au moyen d'une de ces ti*oi solutions : 




^ Eau distillée. ... 10 ^am. 
Nitrate d'argent . 50 cent. 
S. nn. 



"if Eau distillée 10 gram. 

Nitrate d'argent. 25 cent. 
S. no 2. 



:^ Eau dtst/ilée . 10 fnm. 
Nitrate . d'arg. 15 ceH 
S. n» 3* 



(i) Macktnzie^ Traité pratique des maladies des yeux^ trad. par Warlomont de Tcsldifl- 
Paris, 185(5, t. ï, p. 708. 



OPHTHALMIE DES NOUYEAU-NÊS. 179 

On promène uo pinceao trempé dans la solution n"* 1, 2 ou 3 [selon Tintensité 
de la maladie) sur la surface des conjonctives renversées, et puis au moyen d'un 
aDtre pinceau imbibé d*ean salée on neutralise Texcès de nitrate d'argent. Je 
renouTelle cette cautérisation une seconde fois dans la journée pendant le premier 
temps de la maladie. 

2. La cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent n'est utile que lorsque 
ks conjoncthes sont fortement boursouflées et qu'elles forment des plis larges et 
épais. 

A cet effet, nous nous servons des crayons mitigés de Desmarres, qui sont 
composés d'un tiers de nitrate d'argent fondu avec deux tiers de nitrate de po* 
lasse. Ces crayons sont lisses, unis, cautérisent plus superficiellement et permet- 
tent d'appuyer davantage sur les parties les plus boursouflées. 

5. Les injections d'eau tiède entre les paupières sont indispensables; on les 
fait, soit avec une seringue, soit avec un simple irrigateur muni d'un tube fin en 
caoutchouc. La personne chargée de cette opération écarte les paupières de la 
main gauche, et de la main droite dirige le tube entre les paupières. Le jet qu'on 
obtient avec l'irrigateur suffit parfaitement pour balayer le pus sécrété par les 
conjonctives. Le lavage doit être fait toutes les heures ou toutes les deux heures. 
Le dire toutes les demi-heures, et même plus souvent, comme on Ta conseillé, 
me semble superflu, et, comme le dit très-bien Depaul, c'est une torture inutile. 

6. Pour empêcher les yeux de se coller je me sers habituellement de la pom- 
made de concombre très-fralche ou de cold-cream. Pour les nettoyer, on doit se 
servir de petits morceaux de linge que l'on rejettera aussitôt. 

5. Après chaque cautérisation il est bon de faire ai)pliquer sur les paupières de 
l'enfant des compresses imbibées d'eau froide, compresses que l'on maintiendra 
pendant dix minutes. 

6. 11 arrive quelquefois que la cautérisation est suivie d'une hémorrbagie con- 
jonctivale plus ou moins abondante. Les parents doivent être prévenus de cet 
accident, qui ne peut qu'agir favorablement sur l'état des paupières. 

7. Les cautérisations provoquent par moments des douleurs tellement violentes, 
que les cris de l'enfant sont suivis de convulsions/ Cet accident consécutif, selon 
M. Peter, au spasme de la glotte, n'offre aucun danger et disparaît aussitôt que 
l'enfant recommence à crier. 

8. Dans les complications du côté de la cornée, le traitement ne doit pas être 
modifié; on ajoute seulement l'instillation de deux ou trois gouttes d'atropine par 
jour. 

9. Ce traitement devra être continué pendant quatre à six semaines, selon la 
gravité de la maladie. De temps à autre on aura soin pourtant de cesser les cauté- 
risations un jour entier, et l'on observera si pendant cet intervalle la suppuration 
ne s'est pas arrêtée. Dans le cas favorable, les cautérisations ne seront conli- 
naées qu'une fois par jour ou môme tous les deux jours. 

10. Au lieu des cautérisations, quelques praticiens préfèrent rinstillation des 
collyres au nitrate d'argent trois ou quatre fois par jour. Ainsi Depaul emploie 
de deux à trois fois par jour l'instillation do collyre contenant 5 à 10 centi- 
grammes de nitrate d'argent pour 30 grammes d'eau. 

Ces moyens peuvent être utiles dans un grand nombre de cas; mais, poni 



180 CONJONCTIVITE» 

formes graves, ils reslcnt sans cfficacilé, et il faut alors avoir recours à h méthode 
que je viens d'indiquer plus liant, 

11. Les scariûcations des conjonclives peuvent être quelquefois utiles, comine 
Desmarres et Guyon l'ont démontré; mais le plus ordinairement on peut s'en 
passer. 

12. Certaines formes d'ophtbalmie des nouveau-nés laissent après elles une 
boursouflure chronique de la conjonctive ou même de véritables granulations. 
Dans ce cas, des cautérisations avec le sulfate de cuivre agissent très-efficacement 

13. Dans les maisons de santé, ou les hôpitaux d'cnrants, on doit autant que 
possible séparer les enfants malades de tous les autres, et défendre aux bonnes et 
aux nourrices de se servir des mêmes linges et de la même eau pour nettoyer 
les yeux. 

Bibliographie. — Dequevauvillers, De toplithalmie des nouveau-nis observée sous Ut 
formes épidémiques (Archives générales de médecine, 1843, 4* série, t. I, p. 397, t. U, 
p. 9). — Poincarré, De Cophihalmie purulente des nouveau-nés, thèse de Ptris, 1852* 
— Trousseau^ Des ophikalmies à r Hôpital des Enfants [Annales d'oculistique^ 1856, 
t. XXXV, p. 288, et Gazette médicale de Paris, 24 janv. 1852). — Berg, Recherches de$ 
médecins suédois sur l'ophthalmie des nouveau-nés (Ann. d^ocuh, 1856^ t. XXXV, p. 290, 
et Klinisia Fôrclasningar a Barns juk domame vid, allucûnna Bamhuset i Stokkoèn, 
Stockholm, 1853). — T)ler Smilh, The Lancet, August 20, 1853, p. 158. — Chusaignae, 
Ann, docuL, t. XVIII, t. XXXIV et XXXV, p. 34. — Natalis Guillot, Traitetnent de la sypkilif 
des nouveau-nés {Gaz, des hôpit,, 1858, p. 377). — Gosselin et 0. Lannelongoe, iVbifciefftr 
dictionn. de méd. et dechir,, t. IX, p. 55. Paris, 1868, art. Comjonctivite. 



ARTICLE VI 

OPHTilALMIE PURULENTE DES ENFANTS SCUOFULEUX. 

Les enfants scrofulcux, chéiifs, cl tous ceux qui subissent l'influence d'une 
mauvaise hygiène, de Fuir vicié, infecté, peuvent être atteints d'une ophtiialmie 
purulente, dont les caractères diffèrent essentiellement de ceux de rophihalfflie 
des nouveau -nés. 

Symptomatoiogie. — 1. La maladie débute habituellement par une conjonc- 
tivite légère : la conjonctive palpébrale s*injecte, et il se manifeste d'abord qm 
sécrétion peu abondante de mucosités. Mais bientôt Taffection prend un caractère 
plus sérieux, ressemblant sous tous les points à une ophthalmie purulente. 

2. Sous liniluence de la constitution scrofulcuse, les paupières sont prises subi* 
tement d'un gonflement excessif : l'œil est gros, comme on dit habituellement. 
Arrivé à ce degré de gravité l'autre œil, s'il était malade, s'améliore très-sensi- 
blement. 

3. Pour ouvrir Tœil ainsi affecté^ on rencontre une très-grande difficulté, ï 
peine est-il possible de voir la cornée. Il s'échappe du cul-de-sac conjonctival une 
certaine quantité de pus vcrdâtre, la conjonctive palpébrale parait lisse, presque 
luisante, fortement injectée. La paupière s'épaissit, son volume est quatre à six fois 
plus grand que dans Télat normal. En la renversant il peut se produire une luxa- 
tion du cartilage tarse, et si la réduction n'est pas opérée dans les vingt-quatre 
heures, il devient ensuite impossible de maintenir la paupière fermée : i'ectropion 
en est la cûnséciueuce. 



OPHTHÂLMIE PL'RULENTE DES ENFANTS SCROFULEUX. 18i 

4. Le pus arrive en grande partie du cul-de-sac conjonctival, ce qui a autorisé 
Giraldès (1) à dire que ce sont les glandes folliculaires et en grappes qui sécrètent 
le liquide purulent et que l'on voit jaillir en yéritablellot aussitôt qu*on écarte les 
pan{^res. 

5. La conjonctive oculaire devient aussi le siège d'une inflammation ; il y a un 
cliémosis pblegmoné, qui est dangereux pour Toeil lui-môme. Dans les formes 
graves, la cornée est atteinte dès le début, et elle subit le travail de ramolliase- 
ment qui peut amener la perforation partielle ou la destruction totale de cette 
membrane. Un pareil fait s'est présenté en 1869 chez un enfant que nous avons 
va en consultation avec le docteur Ruiïct (de Paris) : la cornée se perdit dès le 
débat de la maladie. 

En général, on peut dire que c'est surtout le tissu cellulaire des paupières, ainsi 
que le tissu Gbreux (ligament do cartilage tarse), qui subit une infiltration scix)fu- 
kose des plus marquées, et il est extrêmement difficile de le faire disparaître. 
Giraldès a donné à cette forme de la maladie le nom d'ophthalmic phlegmo^ 
nettse. 

Cette maladie est très-douloureuse, surtout lorsqu'on essaye d*écarter les pau- 
pières. Le soir et la nuit, les petits malades sont sujets à des insomnies; ils ont de 
h lièvre et se plaignent beaucoup. Ces douleurs vives indiquent une grave alté- 
ntion de la cornée et de l'iris. 

■arche, tcnilBAlsoa. — La marche de l'affection n'est jamais bien déter- 
minée; elle varie selon les individus et selon leur constitution. 

U terminaison est quelquefois heureuse et on voit la cornée conserver sa trans- 
parence. Mais, le plus souvent, cette membrane se ramollit totalement et il survieut 
on staphylôuie général. 

Awuomie pathoi<»giqiie. — La conjonctive n'est, en apparence, le siège que 
d'une légère altération; cette membi-ane est injectée, boursouflée et luisante: 
répiihélium s'altère. La conjonctive bulbaire est fortement épaissie, ainsi que le 
tissu cellulaire sous-conjonctival. Celte infiltration est de la même nature que celle 
du tissu cellulaire palpébral ; elle est constituée par une sorte de lymphe plastique 
coagnlable, et qui ne donne jamais lieu ni an pus, ni aux abcès. Par suite de cette 
infiltration, il se produit un chémosis phlegmoneux qui amène un étranglement 
des vaisseaux sanguins et lymphatiques au bord de la cornée; de là l'arrêt de la 
nutrition de cette membrane. 

faMogie. — Cette affection se déclare d'une manière insolite, sous l'influence 
d'une cause scrofuleuse, chez les enfants qui subissent l'action d'un vice constitu- 
tionnel. Ces enfants présentent des éruptions sur le cuir chevelu ou derrière les 
oreilles; puis ces éruptions se portent au nez; les lèvres deviennent œdémateuses, 
i^rsonflées; ensuite l'œil se prend. 

Us causes occasionnelles peuvent être recherchées dans le refroidissement, 
''humidité, le mauvais régime, etc. Quelquefois la maladie a été communiquée 
par des enfants nouveau-nés là où se trouvent réunis un certain nombre d'enfants 
«lleinis d'ophlhalmie purulente, comme dans les maisons d'accouchement et celles 
où sont recueillis des enfants trouvés. En général, c'est une affection de la pre- 

M) Giraldès, Maladies chn-urgicaies , 18C8, p. 4G8. 



182 CONJONCTIVITE. 

mière enfance; elle se déclare à partir de quatre à six mois après b naisBaDce 
jusqu*à huit à dix ans. 

Traitement. — 1. La première indication est de tenir les yeux très-propres, 
ce qu'on peut obtenir par les injections faites entre les paupières avec une infiimi' 
légèrement aromatique. 

2. On doit examiner avec attention Tétat de la cornée et de la scléroUqnet ob- 
server si le chémosis se forme, et le scarifier immédiatement, L'instillation d'atro- 
pine dans l'œil, deux ou trois fois par jour, ne doit jamais être négligée. 

3. Pour combattre Tinflammation des paupières, on agira simultanément sur b 
conjonctive et sur la peau. La conjonctive doit être touchée tous les jours avec le 
crayon de sulfate de cuivre. 

6. Si au bout de quelques jours de ces cautérisations on n'obtient pas d'anië- 
ioration, on aura alors à recours aux injections avec une solution de nitrate 
d'argent dans la proportion suivante : 

^ Eau distillée 100 grammes. | Nitrate d'argent 10 centlgr. 

5. Lorsqu'on voit la boursouflure de la paupière augmenter^ et que rien n'ar- 
rête, on pourra avec avantage faire une scariGcation profonde de la paupière da 
côté de la surface conjonctivale, ce qui fait diminuer la tension de l'œil et rétablit 
la circulation au voisinage de la cornée. 

6. Il importe beaucoup de saisir le moment où les cautérisations devront être 
suspendues. Cette période se reconnaît facilement par la diminution très-notable 
de la sécrétion conjonctivale. A ce moment on aura recours à la pommade d'oxyde 
jaune d'hydrargyre, que l'on introduira entres les paupières une ou deux fois par 
jour (voy. p. 173). 

L'application de vésicatoires à la nuque ou derrière Toreille peut être très-effi- 
cace pour combattre la prédisposition, et même dans la période d'évolution elle 
peut arrêter la marche de la maladie, ce qui a été constaté par Guenean de Mussy 
et par moi-môme. 

Bibliographie. — Landeau, Mémoire sur le diagnostic des ophthalmies calarrhaies el 
scrofuleuses (Arch. de méd.j 1836, t. XII). — Trousseau, Des ophthalmies à Vhôpiial <te 
Enfants malades (Ann. d*ocuL, 1856, t. XXXV, 288). — Giraldès, Leçoos cliniques sur les 
maladies chirurgicales des enfants. Paris, 1868, 3* fasc, p. 464. 

ARTICLE, VU 

OPHTHALMIE PURULENTE DES ADULTES ET OPHTHALMIE DES ARMÉES. 

L'ophthalmie purulente des adultes est une aiTeclion des plus graves; elle est 
caractérisée par une suppuration abondante et une inflammation phlegmoneose 
des paupières. Commune dans les pays chauds, en Egypte, dans l'Inde^ en Algé- 
rie, où elle règne d'une manière endémique, elle est très-rare, au contraire, eo 
Europe, surtout depuis la disparition des épidémies qui ont ravagé pendant quel* 
que temps les armées en Belgique. 

Cette aiïeciion n'a rien de commun avec les conjonctivites catarrhales aiguës 
et l'on aurait tort de la considérer comme un degré plus avancé ou une aggra- 



OPHTHALUIE PORURENTE DES ADULTES ET DES AEIMËËS. 
tatiou de la conjonctivite calarrhaU nigtiè. ainsi que l'oiil Tail ijQcIqiics a 
tliirJon (1) a démontré, par un lablcau comparatif des cnrac(il-rca diiïéreiuicls do 
|*(itililbntfnic caiarihale et de ruphtltaliiiie iniliiaire, combien difTèreiit ces deux 
^ladies. 

I D'après les rcchci-ches récentes du docteur Cuignet (de Lille) sur ropbibalmie 
l'Algérie, il eiisle deux sories d'opbthalmics pnrulenies, l'une est primitive, 
proTenanI de h couiagion, l'autiv; secondaire, notamment celle (jui est précédée 
fe gnniiUlinns datant d'une époque plus ou mninH éloignée. 
,| STMiHomatolagir. — Pêrioiie d'iticubitinii. — i. Les malades rcsseniciil 
i'abord une vive di-mangeaison sur les bords des paupière»; vers le soir, les yeux 
nnblent remplis de poussière et de sable; il se matiircstc en outre une sensation 
t cbaleur et de picoicuieni à la face interne des paiipii-res. Le malin les cils suni 
tllée, les yeux rouges ei sensibles i la Ininièro. En renvei-aant les paupières, on 
Mt qite les conjonctives sont baignées par un liquide légéicmcnl jaunAlre, louche 
biRncbnire. 




Pic. 93. — Ophlhnl 



2. Dès les premiers jours, les paupières sont furlcnienl gonflées et forment comme 
s bourreleU œdémateux, (|ui ne se voient point au début] de la conjonciiviiu 

ourrbale. La conjouclivile palpébrale est rouge jaunSlre, rouge violacée avec de 
pOics saillies dissf'minées dans le cul-dc-sac conjouclival, et le gonllemcnl de la 
onDcnle. 

In houl de trois nu quatre jours, la rougeur s'accuse davantage ; les conjoiic- 
litn deuïunent épaisses, boursouflées; les papilles se gonflent d'une manière 
IrtHBiaWc, el des plis épaisse forment dans le cul-de-sac conjonctival. La rougeur 
w larde pas i se communiquer ï la coujonctiïe bulbaire ; alors le danger est con- 
s^érable, imminent; l'œil lui-niSme est compromis. 

3. Dans une inflammation aussi pronoucêe, lesglandcs de Mcibumius, ainsi que 



f UL"* 



I, DiieourtKUr r^iM h" Imie 'les années. Bruxelles, I86â, p. 1 



186 COiNJONCTlVlTE. 

toutes les autres glandes conjonctivales, cessent de sécréter leur produit nonnd, 
répiihélium conjonclival se détruit on se détache sur une grande surface ; imb^ ï 
mesure que l'inflammation de la muqueuse s'accroît, la sécrétion morbide aogmnte. 
C*est une sorte de liquide blanc jaunâtre ou verdâtre, visqueux, qui deTient de|hi 
en plus opaque. Dans la journée, où on ne le laisse pas séjourner longtemps ette 
les paupières, il est un peu louche, d'une teinte légèrement jaune ci Irin ; on kfdl 
de temps en temps par gouttes couler sur la joue. La nuit, au contraire, ci 
liquide s'épaisssit; il est verdâtre, gluant, et colle fortement les paupières. C*ai 
une véritable sécrétion purulente. 

A. Les paupières sont extrêmement tuméfiées, épaissies par une infiltralioii >{• 
reuse. La paupière supérieure augmente d'épaisseur, s'allonge et descend sur b 
paupière inférieure au point de rendre leur écartement presque impossible. Lei 
yeux semblent excessivement volumineux, et leur aspect est identique avecoeW 
qu'on observe dans le phlegmon des paupières (voy. la figure 92). 

5. En examinant attentivement l'état de la conjonctive pal|)ébrale, on a] 
facilement que sa surface est couverte d'aspérités plus ou moins prononcées, bm 
certaines formes d'ophthalmies sporadiques, provenant de l'inoculation du posdi 
rophthalmie des nuuveau-nês, ces aspérités sont presque miliaires. Dans Toph- 
ihalmie dos armées, au contraire, on trouve de vraies granulations néoplasi 
comme Ta démontré Hairion (de Louvain). Ces mêmes granulations s*o 
dans l'ophthalmic algérienne et égyptienne qui ne sont qu'une seule et même mala- 
die, comme l'a prouvé mon excellent ami, le docteur Cuignet (de Lille), dans soi 
magnifique travail sur l'ophthalmie d'Algérie. 

6. Arrivée à ce degré, la maladie ne constitue encore que la première période 
d'incubation, qui peut quelquefois s'arrêter. Lesdouleui^ sont presque nulles:! 
n'y a que de la pesanteur et de la lourdeur dans les paupières, par moments des 
élancements cl la sensation de gravier daus les yeux, photophobie et déniai- 
gcaison. 

7. Mais il est rare de voir celte aiïection s'arrêter à sa première période. Orfr: 
nairement, Tinflammation suit une marche ascendante, franchit le cul>de-sac con* 
jonctival pour se porter sur la conjonctive bulbaire et sur les tissus sous-jacents. 

A partir de ce moment, la scène change complètement ; la sécrétion tend k di- 
minuer, mais la maladie revêt le caractère phlcgmoneux excessivement grave. G'eit 
la seconde période ou péinode phlegmoneiise, 

8. Période phlegmoneuse. —La conjonctive bulbaire qui, jusqu'à préseU. ij 
n'était que très-peu injectée, devient rouge, boursouflée, d'abord auprès du ad- \ 
de-sac conjonclival, puis sur toute son étendue. La caroncule lacrymale et le pi . 
semi-lunaire sont épaissis et acquièrent l'un et l'autre une teinte rouge violaoée^ I 
formant pour ainsi dire des végétations ou des tumeurs. { 

9. C'est au voisinage de la cornée que la conjonctive présente un engorgeroeol I 
et une boursouflure qui augmentent tous les jours. Les vaisseaux de la conjonctiie 
et des tissus sous-jacenis, et surtout ceux delà capsule de Tenon, augmentent de 
volume, se gonflent et forment un lacis vasculaire très-épais. La circulation dans 
les vaisseaux ainsi engorgés devient difficile, et il se produit une transsudalioa 
séreuse qui distend le lissu aréolaire sous-conjonctival sous forme d'une tumeur 
molle de couleur rougeAlre. 



OPHTHÂUilE PURULENTE DES ADULTES ET DES ARMÉES. 185 

10. C'est le ehfimosîs phlegmoneux ou charnu qui apparaît d'abord par places, 
(Éoéralise de plusen plus, s'avance jusque sur la cornée et formesur son bord un 
Mabie bourrelet Pendant ce lemps^ le chémosîs se transforme ; il devient de 
■icoplus épais, prend la couleur rouge jaunâtre, la conjonctive oculaire se dis- 
iftd aa point de couvrir souvent la moitié ou la totalité de la cornée ; quelquefois 
Ineelle fait saillie entre les paupières. 

41. Cet énorme gonflement de la conjonctive et du tissu aréolaire sous-jacent est 
mi bientôt d'un gonflement non moins intense de la capsule de Tenon. L*in- 
MDmatioo s'étend à tonte l'épaisseur des paupières et envahit quelquefois les 
Mies voisines^ les joues et les tempes. La surface conjonctivale devient sarcoma- 
lei ppilles sont gonflées et constituent des villosités et des plis très-épais. 
le phlegmon des tissus profonds des paupières et dos tissus sous-conjonc- 



MX. A ce moment, une élévation exagérée de la température se manifeste dans 
llpaapières et dans les conjonctives; on la constate facilement au toucher et à 
jj^de mon thermomètre oculaire; les malades eux-mêmes éprouvent une sensa- 
Ém de chaleur excessive. Mais ils ne souiïrent pas beaucoup tant qu'il n'y a pas 
^aNDpiications du côté de la cornée; ils ressentent une sorte de pesanteur et de 

Kr gravative dans l'œil. Ils sont atteints d'un malaise général, de frissons, 
létence, de douleurs de tête; mais tous ces symptômes n'oiïrent aucune 
mMé. 

1=43. Celte seconde période peut présenter un danger très-grave par l'étrangle- 
int de la cornée résultant du chémosîs phegmoneux. 

fUèùs le chémosis charnu, ce n'est pas seulement la conjonctive qui est ainsi 
immée^ mais les tissus sous-jacents, la capsule de Tenon et la sclérotique. 
immation de ce dernier tissu me paraît être la cause des accidents graves 
rés du côté de la cornée, et qui sont dus au défaut de nutrition. 
'est ainsi que tous les vaisseaux qui se rendent à la cornée sont subitement 
lés; les nerfs subissent aussi la compression, ainsi que les lymphatiques, de 
que la cornée se trouve tout à coup privée de toute innervation et de toute 
m. 
IttMpUcations. — 1. Cornée. — Nous avons vu plus haut que riiiflammation 
h capsule de Tenon amène un engorgement dans les vaisseaux et une sorte 
lement de tous ceux d'entre eux qui nourrissent la cornée. La conséquence 
Ile de cet état de choses est la suspension de toute sa nutrition; la cornée 
it louche sur toute sa surface ; au centre on aperçoit une tache blanche, 
^ irrégulière, à surface dépolie. C'est la nécrose de la cornée qui commence ; 
*^coiicbes superficielles commencent à s'exfolier; un ulcère plus ou moins pro- 
*4 apparaît et gagne la membrane de Descemet, après quoi survient la perfora- 
^ avec hernie de l'iris et de toutes ses conséquences. 
Mais cette perforation peut avoir lieu dans un endroit limité, pendant que le 
^le de la cornée conservera à un certain degré sa nutrition. Aussitôt que la per- 
^tion se produit, la tension cesse subitement; Firis bouche le trou cornéen, en 
^ moment le travail de destruction s'arrête ; la régénération des parties détruites 
>ive d'une manière assez rapide ; les vaisseaux apparaissent sur la cornée et l'œil 
•lit être considéré comme sauvé. 



186 CONJONCTIVITE. 

(oolcs les autres glandes conjonctivales, cessent de sécréter leur produit normil, 
l'épilhélium conjonctival se détruit ou se détache sur une grande surface ; mas, ï 
mesure que l'inflammation de la muqueuse s'accroît, la sécrétion morbide augmeile. 
C'est une sorte de liquide blanc jaunâtre ou verdâire, visqueux, qui devient de phi 
en plus opaque. Dans la journée, où on ne le laisse pas séjourner longtemps entre 
les paupières, il est un peu louche, d'une teinie légèrement jaune citrin ; on le hé 
de temps en temps par gouttes couler sur la joue. La nuit, au cootraire, ci 
liquide s*épaisssil; il est verdâlrc, gluant, et colle fortement les paupières. G*ai 
une véritable sécrétion purulente. 

d. Les paupières sont extrêmement tuméûées, épaissies par une infillralioD à* 
reuse. La paupière supérieure augmente d'épaisseur, s'allonge et descend sorki 
paupière inférieure au point de rendre leur écartenient presque impossible. Lei 
yeux semblent excessivement volumineux, et leur aspect est identique avecoeW 
qu'on observe dans le phlegmon des paupières (voy. la figure 92). 

5. En examinant attentivement l'état de la conjonctive pal|)ébrale, on apercent 
facilement que sa surface est couverte d'aspérités plus ou moins prononcées. Dias 
certaines formes d'ophthalmics sporadiques, provenant de Tinoculation du posdi 
Topiiihalmie des nouveau-nés, ces aspérités sont presque miliaircs. Dans l'oph- 
ihalmie dos armées, au contraire, on trouve de vraies granulations néoplasiq 
comme Ta démontré Hairion (de Louvain). Ces mêmes granulations s'o 
dans rophthalmie algérienne et égyptienne qui ne sont qu'une seule et même mala- 
die, comme l'a prouvé mon excellent ami, le docteur Cuignet (de Lille), dans 
magnifique travail sur l'ophlbalmic d'Algérie. 

6. Arrivée à ce degré, la maladie ne constitue encore que la première 
d'incubation, qui peut quelquefois s'arrêter. Lesdouleui^ sont presque nulles:! 
n'y a que de la pesanteur et de la lourdeur dans les paupières, par moments des 
élancements et la sensation de gravier daus les yeux, photophobie et déniai- 
geaison. 

7. Mais il est rare de voir cette affection s'arrêter à sa première période. Orfî- 
nairement, l'inflammation suit une marche ascendante, franchit le cuNde-sac coa* 
jonctival pour se porter sur la conjonctive bulbaire et sur les tissus sous-jacents. 

A partir de ce moment, la scène change complètement ; la sécrétion tend ï di- 
minuer, mais la maladie revêt le caractère phlcgmoneux excessivement grave. Ce* 
la seconde période ou période phlegnwneuse. 

8. Période phlegmonevse, — La conjonctive bulbaire qui, jusqu'à préfeol; ^ 
n'était que très-peu injectée, devient rouge, boursouflée, d'abord auprès du crf- 
de-sac conjonctival, puis sur toute son étendue. Lé caroncule lacrymale elle pi 
semi-lunaire sont épaissis et acquièrent l'un et l'autre une teinte rouge violaoéfl^ 
formant pour ainsi dire des végétations ou des tumeurs. 

9. C'est au voisinage de la cornée que la conjonctive présente un engorgeroaM 
et une boursouflure (jui augmentent tous les jours. Les vaisseaux de la conjonctiit ] 
et des tissus sous-jaccnts, et surtout ceux delà capsule de Teuon, augmentent de 
volume, se gonflent et forment un lacis vasculaire très-épais. La circulation dan 
les vaisseaux ainsi engorgés devient difficile, et il se produit une transsudatioB 
séreuse qui distend le tissu aréolaire sous-conjonctival sous forme d'une tumeur 
molle de couleur rougeAtre. 



OPHTHALMIE PUBULENTE DES ADULTES ET DES ARMÉES. 185 

10. G*e8t le chAnoêîs phlegmonevx ou charnu qui apparaît d'abord par places, 
gtoéralise de plus en plus, s'avance jusque sur la cornée et forme sur son bord un 
rilaUe bourrelet Pendant ce temps, le chémosis se transforme; il devient de 
■ en plos épais, prend la couleur rouge jaunâtre, la conjonctive oculaire se dis- 
id an point de couvrir souvent la moitié ou la totalité de la cornée ; quelquefois 
hue elle fait saillie entre les paupièn s. 

41. Gel énorme gonflement de la conjonctive et du tissu aréolaire sous-jacent est 
m bientôt d'un gonflement non moins intense de la capsule de Tenon. L'in- 
immatjon s'étend à toute l'épaisseur des paupières et envahit quelquefois les 
mties Toîsînes^ les joues et les tempes. La surface conjonctivale devient sarcoma- 
I, ks papilles sont gonflées et constituent des villosités et des plis très-épais. 
le phlegmon des tissus profonds des paupières et des tissus sous-conjonc- 



12. A ce moment, une élévation exagérée de la température se manifeste dans 
■ paupières et dans les conjonctives; on la constate facilement au toucher et à 
ride de mon thermomètre oculaire; les malades eux-mêmes éprouvent une sensa- 
n rie chaleur excessive. Mais ils ne souffrent pas beaucoup tant qu'il n'y a pas 
I csBiplications du côté de la cernée; ils ressentent une sorte de pesanteur et de 
■ieir gravatire dans l'œil. Ils sont atteints d'un malaise général, de frissons, 
happftence, de douleurs de tête; mais tous ces symptômes n'offrent aucune 
■rrilé. 

13. Cette seconde période peut présenter un danger très-grave par l'étrangle- 
jeot de la cornée résultant du chémosis phegmoneux. 

|0ans le chémosis charnu, ce n'est pas seulement la conjonctive qui est ainsi 
jlammée^ mais les tissus sous-jacents, la capsule de Tenon et la sclérotique, 
immation de ce dernier tissu me paraît être la cause des accidents graves 
rés du côté de la cornée, et qui sont dus au défaut de nutrition. 
|G*est ainsi que tous les vaisseaux qui se rendent à la cornée sont subitement 
lés; les nerfs subissent aussi la compression, ainsi que les lymphatiques, de 
que la cornée se trouve tout à coup privée de toute innervation et de toute 
m. 
!Ci«piicatioii0. — i. Contée. — Nous avons vu plus haut que riiiflammation 
h capsule de Tenon amène un engorgement dans les vaisseaux et une sorte 
knglement de tous ceux d'entre eux qui nourrissent la cornée. La conséquence 
Ile de cet état de choses est la suspension de toute sa nutrition; la cornée 
it louche sur toute sa surface ; au centre on aperçoit une tache blanche, 
*trée, îrrégulièi e, à surface dépolie. C'est la nécrose de la cornée qui commence ; 
* couches superficielles commencent à s'exfolier ; un ulcère plus ou moins pro- 
^4 apparaît et gagne la membrane de Descemet, après quoi survient la perfora- 
^ avec hernie de l'iris et de toutes ses conséquences. 

^ais cette perforation peut avoir lieu dans un endroit limité, pendant que le 
^le de la cornée conservera à un certain degré sa nutrition. Aussitôt que la per- 
^tion se produit, la tension cesse subitement; l'iris bouche le trou cornéen, en 
moment le travail de destruction s'arrête ; la régénération des parties détruites 
Hve d'une manière assez rapide ; les vaisseaux apparaissent sur la cornée et l'œil 
^t être considéré comme sauvé. 



186 CONJONCTIVITE. 

Malheureasement, cette issue n*est pas fréquente, le plus soavenl b né 
se produit sur toute l*étenduede la cornée, qui s'exfolie totalement ; Fins end 
colle à la surface postérieure de la membrane de Descemet et constitue une s 
rence complète. La cicatrisation qui s'ensuit ne laisse d'autre ressource q 
pupille artificielle. 

Il arrive quelquefois que dès le début la cornée tout entière perd sa trai 
rence; elle devient louche, puis blanchâtre, comme si elle était brûlée par lac 
vive. Cette altération est grave; elle est due, selon Macnamara (1), à unei 
uérescence gnisseuse des éléments fibreux de la cornée, sous rinflueM 
laquelle elle perd toute son élasticité et devient incapable de résister à la pn 
intra-oculaire. Elle se distend, puis s'aiïaisse ; l'iris fait hernie dans plui 
endroits sous forme de petites bosselures noires ou rougeâtrcs, A peine ' 
recouvert dans ces endroits par une petite pellicule exsudative, ou bien | 
membrane de Descemet distendue et non encore détruite. Ces saillies de 
plus ou moins étendues, disposées en grappes, ont été appelées stophjf 
racemosum. 

Les complications qui surviennent du côté de la cornée s'annoncent ordii 
ment par des douleurs périorbitaires très-violentes, qui s'exaspèrent swii 
nuit. Elles sont accompagnées d'une sensation de chaleur très-pénible du 
front, la joue et dans l'œil lui-même. Bientôt le globe oculaire devient le 
de douleurs lancinantes, il y a en même temps de la phoiopbobie et du lan 
ment; les larmes passent abondamment par les narines, et le malade se 
enrhumé. 

Les douleurs prennent quelquefois un caractère intermittent ou rémitteol 
marqué, et alors toutes les branches de la cinquième paire sont irritées. Hahi 
icment, ce caractère de névralgie est propre aux aiïections de l'iris ou de la 
roïde, et il y a lieu de supposer l'inflammation de l'une ou de l'autre de ces i 
branes. Cela n'arrive que lorsque la perforation est imminente ou qu'ellea ei 

Pendant l'augmentation de la sécrétion lacrymale, l'écoulement du pus dit 
d'une manière très-sensible ; il change en même temps de caractère et devieni 
liquide, et comme délayé. 

D'ordinaire la perforation de la cornée se produit pendant les crises des doi 
névralgiques, et quelquefois pendant les tentatives faites pour ouvrir l'ai 
malade éprouve alors une sensation toute particulière, il lui semble qu'on a e 
un poids considérable qui pesait sur son œil, et un liquide chaud s'écoule s 
joue. Il se sent sensiblement soulagé, et quel(|uefois même il distingue netie 
les objets à travers le trou qui s'est fait dans la cornée. 

Après trois ou quatre jours de calme relatif, surviennent de nouvelles dori 
provoquées par Tinflammatiou de l'Iris hernie qui se gonfle et s'enflamme | 
gressivement. Les névralgies n'ont plus ni la même persistance ni la mémegn 

A part les altérations de la cornée et de l'iris, on rencontre encore des CN 
cations dans d'autres parties de Tœil. 

2. Paupières. — Les paupières arrivées à un degré considérable d'en|* 
ment peuvent être le siège d'cctropion qui survient, soit spontanément piri 

(i) Macnamara, A manual ofthe Diseases of Oie eye, Londoa^ 1858, f^ 188... 



OPHTHALHU PURULENTE DES ADULTES ET DES ARMÉES. 187 

tAit quelconque fail par le malade, soit pendant les tentatives qu'on fait 
kl renverser. Il est quelquefois très-difficile de les redresser^ et si un pareil 
ItoD est abandonné à lui-même pendant vingt-quatre heures, on court le 
*ée ne pouvoir le réduire ensuite. 

Conjonctives, — Sons l'influence de l'inflammation elle-même, ou par 
iPan traitement énergique, il n'est pas rare de voir des ulcérations se pro- 
snr b conjonctive palpébrale. L^adhéreuce peut alors se déclarer par 
^€Btr« les paupières et l'œil, accident connu sous le nom de symblépharon, 
VoieM lacrymales. — Consécutivement à une inflammation aussi violeuie 
I^ODCtÎTes, les voies lacrymales peuvent devenir le siège d'altérations de 
JBles natures, telles que rétrécissement ou obstruction de ces voies, tumeur 
jMfef cic , et il importe beaucoup de surveiller l'étal de ces organes pendant 
Pii dorée de la maladie. 

WnmUaiians chroniques. — Les conjonctivites purulentes sont quelquefois 
l^agûées ou compliquées de la formation de granulations à la surface des 
ÎÛivcs, granulations qui persistent après que l'ophlbalmie a été guérie. Cet 
e surtout en Egypte et en Algérie; on Ta observé aussi dans les épi- 
'^iont régné dans l'armée belge. Gosselin et O. Lanuelongue (1) croient 
n de ce néoplasme est duc à l'influence de la constitution atmosphé- 
fffopre ï l'épidémie. Pour Hairion elle ne règne, au contraire, jamais épi- 
t, mais aflecte le caractère d'endémie. 
té générale est ordinairement affectée d'une manière très-sensible à partir 
fideoxième période ; il y a de la fièvre, le pouls est plein et fréquent; le soir 
s, des insomnies, ou somnieii agité, ce qui tient en partie à l'inquiétude 
menacé de perdre la vue. 

durée. — La marche de la maladie est d'habitude progressive, s'ag- 

de jour en jour. Arrivée à une certaine période de gravité elle s'arrête 

Iqoes jours, puis elle reprend sa marche ascendante avec la même inten- 

Tophthalmie est transmise par le contact direct, il y a d'abord un œil 

et ce n'est qu'au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures que 

M atteint. 

rinfluence d'un traitement bien dirigé, on réussit souvent à arrêter la 
mais il est difficile de préciser l'époque de la résolution de l'inflammation ; 
ications qui surviennent du côté de la cornée, de l'iris, etc., influent 
lianière très-sensible sur la durée de l'aff'cction. 

pentdire pourtant que la première période dure de cinq à huit jours, rare- 
KtadeUi. 

'période phl^moneuse, avec chémosis charnu, commence à partir du cin- 
Ibe ou huitième jour, et dure pendant quinze à vingt jours. Pendant tout ce 
t, la sécrétion est plus ou moins abondante ; petit à petit elle diminue de 
Ulé, et reprend les caractères d'une sécrétion catarrhale. 
i cicatrisation des parties ulcérées de la conjonctive et de la cornée et la répara- 
des parties malades ne peut être obtenue avant deux ou trois mois. 

I CotseUn etO. Lanndongue, Nouveau dictionn. de nwd.ct de chir, prat. Paris, i8G8, 
p p. S8, art. GosJMcrmn; 



188 COKIONCTITITE. 

Di«KBM(i(i diVércNtiH. — L'opliihalmie parul«ile peut être anbndi 

une conjonctivile calarrhale scrofalense ou diphlliërilique. 

1> La conjonctivite calarrhale est caraclérisée par nue aécrétion Iniip 
prosquË aqueuse, dans laquelle nagent des flncnns de mucus. Dan Vt^ 
purulente, la sécrélion purulente s'obsprve au conir?ire dès (e débuL 

Le chémosis est séreux dans la conjonctivite calarrhale, tandis qu'il al 
dans la conjonctive purulente. La conjonctive pilpébrale supérieure devin 
une, épaisse, couverte d'une masse des papilles gonflées et des granalalini 
leufes forteineni saillantes, ce qui n'existe pas dans la conjonctivite catari 
cornée est rarement aiïcctéc dans la conjonctivite catarrhalo; elle est an a 
très 'fréquemment atteinte dans une ophihahnie puruleule: 

2" On pourrait confondre aussi l'ophthalmie punilenle avec l'ophlbaUti 
joiiciiviicscrofuleuse; mais l'une sécrète une quamité considérable depil) 
au contraire, présente une altération de l'épaisseur de la paupière sau qm 
jonclive elle-même soit sensiblement altérée. Le plus souvent un seul œil n 
de conjonctivite scrorulcuse, contrairement i ce qui arrive dans l'oft 
purulente. 

3° La conjotictivite purulente pcul ëlrc confondue avec nne ophthalai 
ibt-riliquc et granulaire aiguë. On trouvera les signes didércntielii (Uni 
gra,ihes qui regardent ces alTeciions. 

AoBiamlc paihaiogiqae. — Dts l'origine (le l'aOection, ta iDaquem 
dc-sacconjnnclivalel de la caroncule est infiltrée parle pus; les papilIcsM 
Cl ic boursouflent par suite de l'inriltratton purulente qui les rend dures etl 

t:u regardant avec un verre grossissant, on aperçoit une masse consitt 
vaisseaux engorgil's, et les glandes elIcs-niSmcs deviennent épaisses, p 
D'après vnn Roosbroeck, l'épaississcmcnt des conjonctives est dû ï la m 
tion à travers les parois des vaisseaux du plasma du sang, qui, eo se dépôt 
la conjonciivp, servirait d élément pour la sécrétion purnleute. 

Dans une période plus avancée tous les tissus sous-jacenis sont infillF 




^Wct. --sm^ \ ' 



FiG. 9â. — Cat.irrhe purulent de la eonjoncUve ('). 

mCme produit morbide ; la capsule est gonflée et les vaisseaux y sont él 
L'épilbélium se rétrécit sur toute l'étendue de la conjonctive, et souvent i 
eoles épithéliales se détacbeni en masse de la conjonctive. 



OPHTHAUllfi PUBULEMTÊ DES ADULTES ET DES ARMÉES. 189 

■i le catarrhe pumient de la conjonctive, on voit des cellules épithéiiales se 
plier, et, soit saines, soit altérées, elles s'infiltrent dans les tissus sous-jacents, 

ri le montre la figure 9/i. Des recherches de Reinak et de Rindfleisch ont appris 
pus des membranes muquenses peut se produire par voie endogène dans 
philes épithéiiales superficielles. La figure que nous empruntons i Rind- 
mootreqae les cellules mères sont placées dans la couche la plus externe 
Kam; au-dessous et à côté d'elles, on voit des cellules épithéiiales qui 
été atteintes par le processus pathologique ; vers la surface, les corpus - 
Ils et les produits de la sécrétion catarrhale deviennent libres. 
lit, d*après Hairion, dans le repli conjonctival au début, et au bout de 
temps sur toute la conjonctive, des granulations vésiculeuses, dont nous 
plos loin la description détaillée. Quant aux papilles conjonctivales^ elles 
s*hypertrophient, s'infiltrent de liquide purulent et constituent des 
papillaircs. 

delà cornée ont été signalées plus haut; c'est la nécrose et a 
avec toutes ses conséquences. 

— La conjonctivite purulente est une aiïection contagieuse, et se 
d'an individu à un autre, et d'un œil à l'autre, par inoculation. C'est ainsi 
Toit se déclarer chez les nourrices et les mères qui soignent les enfants 
atteints d'ophthalmie purulente. Le même fait s'observe chez les 
iphi igés qui contractent cette ophlhalmie dans les hôpitaux ou à la maison 
assista La propagation de l'ophthalmie purulente qui a régné dans 
de diflérents pays et surtout en Belgique, est due à la même cause. 
(1) a démontré d'une manière non douteuse que celte maladie se trans- 
ies armées par contagion immédiate, par les linges, les vêtements, l'eau 
lelle plusieurs personnes se lavent, etc. Vleminckx (2) est arrivé aux 
résultats et il a réclamé du ministre de la guerre le renvoi des régiments 
les granuleux et de tous ceux qui étaient atteints d'ophthalmie purulente, 
il était convaincu que la contagion est une cause active de propagation 
ladie. Van Roosbroeck déclare, « que la forme aiguè de l'oplithaimie puru- 
militaire s'observe surtout en temps de guerre, k l'époque des grandes 

et des changements subits de température. » 
ihalmie granuleuse peut engendrer l'ophthalmie purulente aiguè, et vice 
Le pus blennorrhagique s'inocule facilement dans la conjonctive et donne 
une opbtbalmie purulente, que nous étudierons bientôt dans un article 

lis que les soins hygiéniques et la propreté sont mieux oI)servés dans les 

Ils, l'existence de ces sortes d'épidémies est beaucoup moins fréquente en 

^ Mais dans les climats chauds, et surtout en Egypte et en Algérie, cette 

Imicse rencontre très-fréquemment; elle y règne même d'une manière endé- 

Selon Rollet,eIle est de la même famille que l'ophthalmie blennorrhagique. 

quelques auteurs (Furnari), l'ophthalmie d'Algérie n'est point de nature 

Le docteur Cuigiict (de Lille) a bien démontré par ses travaux (3) 

B) Dwondé, Annales (Voculistique et gynécologie, 1838, 1839, vol. I, p. 393. 
(î) Cunier, Recherches statistiques, etc. [Ann. d'ocul., t. XVil, p. 147 et suiv.). 
(î) Cui^cl, Ophlhalmie d'Algérie^ 2 vol. Lille, 1872. 



190 CONJONCTIVITE. 

que rophthalmic qui règne si fréquemment dans ce pays reooDudt loq 
cause granuleuse. De mon côté, j*ai observé uu grand norabre de iob < 
Algériens qui venaient se soigner chez moi pour leurs ophtbalmies porti 
granulations très-marquées sur leur conjonctive. 

A quelle cause faut-il attribuer la propagation de la nuiladit m Aij 
en Egypte? Selon nous, ces causes sont prédisposantes et occasionndlei 
verbération de la lumière très-vive d*un soleil presque tropical, la pouaièi 
changements rapides de température qui se produisent entre le jour et h i 
disposent d'une manière spéciale à cette inflammation. 

Quant aux causes occasionnelles, ce sont toutes celles qui donnent i 
conjonctivites simples, catarrhales ou autres, et qui^ sous l'influence de c» 
conditions endémiciues, engendrent une ophthalmie purulente. La blenia 
très-fréquente dans ce pays, doit contribuer pour beaucoup au dévelo|fe 
rophtlialmic. 

L'action de Vair vicié est-elle pour quelque chose dans l'évolution à 
lad te chez des sujets placés dans un milieu nosocomial? Giraldès (l)c 
propagation de la maladie par l'air, et il appuie cette conclusion sur les et 
l'air faites à sa demande^ par O. Réveil, pendant une épidémie qui a réglé 
dans une des salles de son service à l'hôpital des Enfants. Ses recherches,! 
celles des auteurs allemands, tendent à prouver que l'atmosphère de la • 
tient des globules purulents, des plaques épidcrmiques, épithéliales, d 
pourquoi Giraldès |>ense que les germes fermentesciblcs, transportés | 
sont dé)X)sés sur les muqueuses oculaires et engendrent une opbthalmie. 
partageons pas cette manière de voir, et nous pensons, au contraire, q 
l'inoculation directe du pus, transmis avec des linges, les mains, l'eau, e 
donner lieu à la contagion. 

Ce n'est pas |)ar l'air vicié de l'hôpital des Enfants, que la maladie se t 
mais |>ar la contagion directe. Desmarres (2) rapporte un fait d'un enfant 
tracte l'oplithalmic granuleuse dans un hôpital, revient chez ses pareou 
munique une ophthalmie purulente à sa mère et à ses deux soeurs, M 
d'ophlhalmie purulente, à la suite de laquelle elles perdent, soit un oeil 
deux yeux. 

Le pus qui est formé par l'ophlbalmie purulente est excessivement coi 
mais, scion les recherches de Piringer, la gravité de l'inoculation d^ 
nature de ce liquide et de la période pendant laquelle il a été transmit. 
sécrétion purulente grave engendre l'affection purulente dans l'espace 
36 heures; tandis que le pus, pris à une période moins virulente, ne \é 
une inflammation que dans l'espace de 72 à 9(5 heures. Dans ce deraiei 
n'est plus \\ï\^ ophthalmie purulente, mais une conjonctivite granuleuse, oi 
catarrhale. Les dernières observations de Gosselin (3) semblent confirmer 
jBlles démontrent que, tandis que chez les uns l'affection prend la forme d'o 
niic granuleuse, chez d'autres la même contagion donne lieu à une opb 
catarrhale. 

(1) Giraldès, lirons sur tes matadies chirurgicales des enfants. Paris, 1868, pii ' 

(2) Desmarres, Traité des matadies des yeux, Paris, 1855, t. H, p. 142. 

(3) GosMlin, Archives génér. deméd.^ 1869. 



OPHTHâUilE PURULENTE DES ADULTES ET DES ARMÉES. 191 

— Il est très-difficile d'établir le pronostic de la maladie à son 
|feoL II dépend de la rapidité de son développement, ainsi que des complications 
Vvoot sargir. 

■<kk peut augurer faYorablement lorsque révolution est lente et que le chémosis 
iisgmonenx tarde à se former. Une sorte de tolérance se produit alors dans les 
lÉBi, et le danger qui menace la cornée est moins à redouter. 
^tM altérations de la cornée rendent au contraire le pronostic grave, et i*on ne 
ÉBl jamais répondre du résultat définitif de la maladie. 

^ Le développement des granulations palpébralcs qui exposent les yeux à des 
Cions dont la durée n'est jamais précisée, sont aussi, pour le pronostic, 
très-grande gravité. 

t. — Nous reconnaissons dans Tophlbalmie purulente deux phases 
distinctes: la première, d'incubation de la maladie; la seconde, de la trans- 
de rînflammalion à la conjonctive bulbaire sous forme de chémosis 
neox. 

la première période, où le globe de l'œil et les tissus profonds ne sont pas 
altérés, le mal réside tout entier dans la conjonctive, et une suppuration 
ante en est la conséquence. 
L'indication pour le traitement se déduit de la nature de TafTection ; il faut 
cher sa propagation aux parties voisines en cherchant à activer, par les caus- 
la sécrétion ou la transsudation séreuse et l'élimination de l'épithélium. 
transsudation, obtenue sur toute l'étendue des vaisseaux engorgés, amènera 
ination du virus purulent, et la maladie pourra être enrayée des le début. 
Foor obtenir ce résultat, on doit cautériser les conjonctives avec le crayon de 
le mitigé, comme cela avait été conseillé en premier lieu par Desmarres père. 
Ce crayon se compose d'une partie de nitrate d'argent et de deux parties de 
le de |X)tasse (i); il a cet avantage d'être moins caustique, ce qui permet de 
r plus lentement sur la surface que Ton veut toucher, cl d'appuyer plus ou 
fortement sans craindre de produire une eschare. La surface de ces crayons 
fins unie, et en s'usant ils conservent les mêmes propriétés. 
renverse les deux paupières, supérieure et inférieure, aussi largement que 
e, afin de laisser à découvert le cul-de-sac conjonctival ; on les rapproche 
de l'autre^ et l'on touche toute la surface malade avec ce crayon, en le passant 
ent sur toute son étendue, et surtout sur celle du cul-de-sac conjonctival. 
teroent après, on passe à plusieurs reprises, sur toute la surface qui a été 
avec le crayon, un pinceau trempé dans de l'eau salée qui sert à neutra- 
l'cxcès de nitrate d'argent qui reste sur la conjonctive. 
Toîci la formule pour la solution de chlorure de sodium : 

y Ein distillée 10 grammes. | Chlorure de sodium 5 grammes. 

Ad bout de quelques minutes, le malade éprouve une sensation de brûlure, de 

(\) On trouve ces crayons à Paris dans les pharmacies de Mialhe et de Caventou. On fait 
W^re les deux parties de nitrate de potasse avec une partie de nitrate d'argent dans un creuset 
^ptaline en Pagitant avec une baguette de verre, puis on le coule dans de petites lingotières. 
Ils lont enveloppés dans une masse imperméable et enfermés dans un tube de verre. 



192 



CONJONCTIVITE. 



chaleur; il lui semble qu*il a du sable dans Tceil. L'application dei 
froides fait disparaître celte gêne. La sécrétion des larmes s'exagère, Il 
muco-pumlentc se manifeste avec plus d'abondance qu'avant la cant 
mais après deux applications de ce caustique la quantité de cette sécrétioni 
sensiblement. 

La cautérisation des paupières doit être pratiquée une ois tons les denx^ 
ou tous les jours, quelquefois cependant il est nécessaire de h renouveler fknl 
dans la même journée. Gela dépendra de la tolérance du malade pour ce 
ainsi que de l'abondance de la suppuration. 

Au lieu de crayon mitigé, on peut se servir d'une solution de nitrate d'i 
que l'on appliquera au moyen d'un pinceau. 

Voici les formules : ^H 

^ Eau distillée 10 grammes. | U Eau distiUée 10 granuDa. 

Nitrate d'argent 1 — | Nitrate d'argent. 25 à ôOcentifr. 

Après avoir passé le pinceau trempé dans celte solution sur les conjonctivn 
pébrales, on neutralise lexcès de nitrate d'argent avec la solution de sel 

2"* Les cautérisations sont quelquefois remplacées par les injections astrii 
entre les paupières, au moyen d'une seringue, toutes les demi-heures oa 
les heures : 



:^Eau distillée.. 200 à 300 grammes. 

Sulfate d'alumine 1 — 

(DcBmarrcB père.) 



^ Eau distillée • 200 graBiiitt.| 

Nitrate d'argent 25 oeati|r. 

(Galeiowiki.) 



Macnamara préconise l'instillation [dans l'œil, pendant dix jours, de ii 
suivante, que l'on renouvelle toutes les deux heures. 

Of Eau distillée 30 grammes. | Nitrate d'argent 15 ceotifr. 

Ces moyens peuvent être utiles ; mais, renouvelés trop fréquemment, ib 
très-douloureux et maintiennent constamment une Irritation artificielle da 
jonctives très-peu favorable, à notre avis, à la guérison. Nous n'hésitons doiicj 
à donner la préférence à la cautérisation directe. 

3« Il est indispensable de nettoyer aussi souvent que possible l'intérieur 
paupières' par des injections d'eau tiède, d'eau de plantinou de sureau, que 
renouvelle toutes les demi-heures ou toutes les heures dans la journée, et 
les deux ou trois heures pendant la nuit. Ces injections sont faites à l'aide 
petite seringue, ou bien avec un irrigaleur. On a soin avant chaqne iflj 
d'écarter les paupières et de laisser écouler le pus. 

Les injections astringentes employées dans ce but me paraissent soperBoci ' 

La deuxième période de Tophthalmie s'annonce par la propagation de TiaiiJ 
malien à la conjonctive oculaire. I^ chémosis charnu augmente de votai 
s'avance jusqu'à la cornée et peut amener la destruction de cette taniqM 
sécrétion semble alors diminuer d'une manière très-notable, et tonte l' iiifliiMi ** 
se porte aux membranes profondes des paupières et à k capnde de tteoii. 

L'indication pour le traitement diffère deeelifldeb Bnniin BéiMfr: I 



OPHTHALMIE PUBULEMTE DES ADULTES ET DES ABMÊES. 193 

nlNiltre rioflainmation et le gonflement des tissus profonds, et empêcher l*étran- 
0ieot de la cornée par le chémosis phlegmoneux. Voici la méthode que nous 
fWê habitaellenieiit dans ce cas : 

[• Oo doit suspendre Tusage de tons les caustiques et des astringents; l'obser- 

jOB naos a démoniré que toute cautérisation nouYelle augmente l'irritation des 

otproliMids gonflés et enflammés. 

|f Od fera des scariGcations très-fréquentes et multiples autour de la cornée, 

i-la eoojonctive bulbaire,. ainsi que sur la conjonctive palpébrale. 

S* Sî le chémosis charnu commence à entourer la cornée, on remplace les sca* 

Icatkw par l'excision du chémosis, dont on saisit un lambean avec une pince 

,111 l'angle externe, et on l'excise jusqu'à la cornée. On agit de môme dans 

10^ interne, en bas et en haut de la cornée, mais jamais plus que dans un ou 

a«ideax poiûLH à la fois. 

GcieiÔBÎoôs ne donnent ordinairement lieu qu'à un léger écoulement de sang, 
i cmtt de stases veineuses qui existent dans les vaisseaux engorgés et presque 
Hivil^ Hais il se manifeste bientôt un mieux sensible; la paupière supérieure 
%t fdHe mieux et le gonflement diminue. 

On reBOQTelle tous les deux ou trois jours ces scarifications et ces excisions 
]TCB*à h disparition complète du gonflement du bord de la cornée. 

Geqa'H y a de remarquable, c'est la reproduction facile de la conjonctive à 
ftaUà où elle a été excisée, aussitôt que la guérison a lieu. Il ne reste ordinaire- 
ntÊt wcoDe cicatrice. 

D'après le conseil de de Graefe, on peut pratiquer aussi une incision horizontale 
ii*!^ externe des paupières, à travers la peau et la couche musculaire, mais en 

int la conjonctive. Cette opération a le d(»uble avantage de diminuer la 
des paupières sur l'œil, et d'amener ensuite une déplétion sanguine des 
hi énergiques. 

ftr ce moyen, employé concurremment avec les injections conlinuplles d'eau 
ide, on arrête Tinflammation phlegmoneuse et Ton sauve la cornée. I^es cautéri- 

(oat an contraire, faites dans cette période, sont di's plus dangereuses; 
I augmentent l'étranglement des tissus, aggravent le chémosis et favorisent la 

de la cornée. 

A* Pendant toute celte seconde période, on doit continuer Tapplication constante 
r kl paupières des compresses imbibées d'eau froide, et les renouveler chaque 
iiqa*0D foi! une injection. 

5r Poor éviter que les yeux ne se collent, il faut enduire les bords des paupières 
ec h pommade de concombre fraîche ou le coldcream non aromatique. 
tt* Let complicationsqni surviennent du côté de la cornée sont difficiles à guérir, 
les aïoycos que nous possédons restent souvent sans efficacité. 
Poar prévenir les complications, soit du côte de la cornée et de l'iris, on instil- 
a deaa ou trois fois par jour une goutte du collyre d'atropine, dont la formule 
Elé déjà indiquée. 

km moment où apparaît une tache partielle dans la cornée ou son infiltration 
aérale, il est nécessaire de recourir à des moyens énergiques : l'application d(* 
th k dooie sangiBues près de l'oreille correspondante; frictions mercurielles sur 

CAUCZOWSKI. \^ 



19/* CONJONCTIVITE. 

lo front et sur les tonipos ; ca1oiiu>l à riiKôricur, à la dose de 10 centigramiiiei, den 
on trt>is fois pnr jour; piirgations, de. 

>l«iis le moyen le pins efficace contre la destrnclion de la cornée est le débride- 
ment cnici.'il. Voici en (pioi il conNi>te : 

//trisn,n frtirinh' th» ranfenr. — .le traverse la cornée de part en part avec 
le Contran de de Graefe, comme |HMir l'opération de la cataracte; et je prokM^ 
riiicis on snr ime étrndne de V» millimètres et je relire le coulean. Deux ou iraîi 
jonis .ipM'S, je fais la même incision dans le sens vertical. La lens'on de la cornée 
est (liminnre, et son sphacMe arrêté. Otte opération est suivie liabituellemeot 
(rnii rconlement dt> riinmenr atpiense. la cornée s*aiïai$se, la lens'on diminue CI 
la nrcro>e peut être arrêtée |MHir (piel<|ue temps. Si en même tenifis que ce 
mrixen on emploie IVxcision de la conjonctive bulbaire et le traitement anti|iiilo- 
^isliuiie, on peut em|)êclier la destruction dt* la cornée. 

7' tMiant an rê<r;ime à prescrire au malade, il faut avoir égard à la gravité deU 
nnladie. Il y a un peu de lièvre; c'est |>our(pioi le malade devra suivre un régiiiK 
don\. Pins tard. lors(|ue \v. danger est prè^ de disparaître et que la siippurjiioa 
diniiime, la nourriture fortifiante et substantielle sera préférable, surtout chez lo 
indii idns cliloro-anémiqnes 

S" V la suite des douleurs vives et des injections continuelles qui leur sont pn- 
tiqiMM's juuret unit, les malades sont sujets h des insomnies. On prescrira a fonds 
{iiépaiaiions opiacées sous forme de piluli*s ou de |)otions. Voici les fornialesqv 
penxeiit être employées dans ce but avec succès : 

i: r.iii ilMiiii'f^. . . . lôU gr. 2: Rnu (listill/'e t^^ Rr. j Hydratr ite rhinral. . 5|r 

IImImh )i|iii:ii(* (le Siro|) siiii|ilc l'^K''* i^irop lie fradiboiKS . fOOfr. 

riiiit|>':irM'. 10 r. nroiiMirr «li- |)iit.'t5>. •'> ^r. ' I^rciHlro le Miii de dm à 

'l*rf[iitrc 'J fiiillprèfs le çiiir. Prpmlrc la dn»e le snir. , trniii cuillrrétrs.) 

9' //i/ffihtf\ — l iH' des conditions essenliell<*s à remplir dans le trailenienlde 
cettr maladie est inconlestabiement celle qui est prescrite pir riiygi<*ne. Ilot 
iirci->N.iire lr)nt d'ab'ird de séparer des autres malades l'individu atleim d ophthal- 
mic piirnlenle; il doit être lo^é dans une citandm* sombre et bien aérée, dont h 
hnifiéralnre ne dépasse pas \i\ deiirés centi^r.idi*s. 

Le malade gardera le lit et aura la têle tni |hmi relevée, l neou deux fiensonm 
seront rbar^^ées tout spécialement de lui donner les soins que réclame son éttl. 
Kilts fiiont des injfctions, mais en avant soin de laver leurs mains apr^ chaqie 
injrctidn. S. A\ells conseille aux |)ersi»nnes cbar^ées de ces soins de |vtMter CVM- 
siannnrnt drs conserves; c est une précaulion mile pour éviter les êrlaboumio 
(pii |Hinrraient atteindre leurs yiii\ p'^ndant les injections. 

Dans If I as on un seul u'il est atteint, de Graefe couM'ille de fermer liermétiqiie- 
mnii l'aniii' an moven d'un tampon de cliarpic et d'une Ivaiide dediarhykin. que 
l'on riii'Mi\rllrra de temjts en temps Mais \\ serait imprudent de suivre le consfl 
ili- i ♦■M\ (|ni. pour prévi-nir rinocnlalimi. font instiller lU^ collvres tégèr^mnl 
t^ii iM. • Mis fl.iMs In'iJ s.iin. Tes insijll.itifins provo(|ueiii ilrs déman^i aisiins et drs 
)i:riiii MMiils, If maladi* si- hotte Ifs \fn\ avec les dnj^is sales ft .s'inocule souveot 
I opiitlialinif piirnlenie. 

1 u ( ne autre méthode, qui consiste à pratiquer de fié(|uentes inJ4H: lions d'alcool 



OFHTHALMIE BLENNORRHAGIQUE ET LEUCORRHÊIQUB. 195 

opîèred, a été mise en usage par le professeur Gosselin. Elle a donné 
aifisde très-bons résultats. 

•IIE. — Larrey, Rnlation chii^rgiade de Vannée dOnent eu Egypte^ 1804. 
noire ifur rophtknhnie de l'armée belge ^ 1840. — Florio, Description théo- 
ique de rophthnlmie pwulente, Paris, 1841. — Van Rnosbroeck. Cours (Poph- 
Gand, 1853, l. IL — Kilpatrick. Duhlin quarterly Journ, ofmed. science^ 
p. 335 — R«ndz, Quelques considérations sur Pophtltalrnie dite mililairr 
thalm. de HrwrelleSy 1857, p. 232). — Decondé, D'un noureau mode de irai- 
'jhlhalmie purulente {Ann, d'orulist., 1858, l. "XL, p. 15). — Hairion, Som^lle^ 
s sur tophthalmie de Vnrmêe [Arch. de méd, militaire belge, t. II). — Gulf^ 
pt. Augenentziindung. Wicn, 1850. — Cuignet, Ophlhalmie d'Algérie* Lille, 



ARTICLE VIII 

OPiriHALMIi: RLENNOURHAGIQUE ET LEUGORRHÉIQUE 

lialmie blennorrhagique. — I/inoculation dans Foeil du pus 

;ique provoque une inflanimation subaigtiê purulente, à marche irès- 

»siveinent grave : c'est la conjonctivite ou ophtlialinie hlennorrha^ique. 

••toioffie. — Les symplônies objectifs sont ceux de loplitlialmie 

ivec cette différence que la maladie marche dès son début beaucoup 

nent et qu'elle se présente le plus souvent dans un seul œil. 

al, c'est pendant la période chronique de la gonorrhéo que Tinoculaiion 

se fait par le tiMnsp<»rt avec les doigts du pus blennorrhagique. 

m de la maladie est brusque, le malade sent des picotements et des 

MIS très-vives, accompagnées d*iino chaleur et d'un larmoiement con- 

natiti Tcpil est collé et les pau|)ières sont loides. la muqueuse de>ient 

rouge cramoisi ; celte rongeur est concentrée surtout dims le cul- 
camncule et le pli semi-limaiix* sont boursouflée, saillants, formant 

sorte d*eicroissance, ce qui ne se remarque pas dans d*autres oph- 

■ment excessif de la caroncule est dû «^ Tinoculation qui a eu lieu dans 
Bientôt la rougeur envahit le globe de l'œil, les paupières se gonflent 

t. La .»^écrétion est très-abondante, elle est épaisse, jaune ou jaune ver- 

i fait analogue an pus blennoirhagiqne, et s*écouIe sur la joue d'une 

itinue. 

idie n'est pas enrayée à son début, elle envahit la conjonctive bulbaire; 
charnu se produit et la cornée peut se sphaceler si l'on n'inter\ient 

s. Dans ce cas, le danger est d'autant plus grand que rufl'ection prend 

caractères de l'ophibalmie diphthéritique. 

Ton examine attentivement la conjonctive ))alpébrale, on la trouve tou- 

lée et parsemée de graniilatiims très-nombreuses, formant souvent de 

{croissances charnues, principalement développées dans le cul-de-sac 

I supérieur. 

^ les ophlbalnaies blennorrhagiqnes n'ont pas la même gravité ; il y en 

«set de nfidignes. D'après Uairion ;1 ;, rophlhalmie blennoiTlingiqne 

|[^ JÉMto #MtfMîSp«, 1846, t. XV, p. 15G. 



193 CONJONCTIVITE. 

peut être syphilitique et non syphilitique, ce qu'il fait distinguer par la présena 
d*un ganglion préauriculairc. Cette division nous semble très-rationnelle; maba 
ce qui regarde le ganglion préauriculaire, on ne peut pas le considérer comute an 
signe de raiïection syphilitique, parce qu*il peut exister dans différentes inflam- 
malions de la conjonciive, quelle que soit leur nature. J*ai mêine va ce gangiioB 
dans une conjonctivite simple et dans un orgeolet. 

Dans des conjonctivites bénignes, la maladie marche moins rapidement ; la ooi- 
jonctive bulbaire ne prend pas d*as|)ect charnu ; les granulations succèdent n 
contraire bien souvent à Tophtlialmie blennorrhagique. 

Dans la forme bénigne, le danger immédiat disparaît; la sécrétion elle-même 
est |>eu abondante et le gonflement des paupières n'atteint pas des proportiois 
notables. 

Marche, dorée. — L*ophthalmie blennorrhagique maligne a une marche exoo- 
sivement rapide ; il arrive quelquefois que, dans Tespace de quarante-huit hearo, 
la cornée est attaquée. Dans les formes plus bénignes, révolution est lente, elToi 
a, par conséc|uent, le temps d'arrêter le progrès de la maladie. 

Di«sno0tic. — La ressemblance com)»lète qui existe entre une ophthalinie 
purulente et une ophthalmie blennorrhagique ne permet pas d'établir un diagoortic 
cxTtain. Mais lorstfu'un seul œil est pris, et que la maladie persiste sous celle 
forme pendant quelques jours, la probabilité de la cause blennorrhagique ert 
grande. 

La marche très-rapide de Taffection, la gravité des symptômes et une sorti 
d'iiilîltration plastique dans l'épaisseur des tissus des paupières, la feront quelque- 
fois confondre avec Tophthalmie diphthéritique que Ton reconnaîtra par rabseott 
ou la présence des productions diph ibériques. 

Étioiogie. — La conjonctivite blennorrhagique est le résultat de la contagioa 
directe, produite parla transmission du pus uréthral dans Tœil. Cette transiuÎEBÎn 
peut avoir lieu, soit avec les doigts imprégnés de pas, ce qui est le pins fréqueH» 
soit par une goutte d'urine qui jaillit dans l'œil, de i'urèthre malade, soit par tort 
autre moyen. 

Les faits de ce genre sont très-nombreux; ils sont rapportés par Saint-Tic»* 
Delpcch, Mackcnsie et Rollet. Florent Gunier(l) a pu constater la cause d'inoci' 
lation dans Ul cas sur Hk observations qu'il a recueillies. Gullerier (2) a rappoit£ 
la curieuse histoire d'un malade atteint de blcnnorrh«'igie, et qui portait un œil 
ûciel. Ayant mis un soir son œil d'émail dans un verre d'eau qui Ini avait 
à laver sa verge, il fut pris subitement d'une inflammation irès-intensc du 
gnnii et de la membrane qui tapissait l'orbite. Il s'éuit inoculé rophthaluiie bleii' 
noiThagi(pie au moyen de son œil d'émail. 

I^ coiita({i()n par inoculation directe est donc réelle, incontestable, et c'est b 
aeulii cause de l'opliihalmie blennorrhagique. Quant aux hypothèses émises fif à 
divers auteurs, d'après lescpielles cette ophthalmie serait le résultat de m^ffffM 1 
de i-nin^ort si/m^jathique entre l'œil et Vurèthre^ ou bien le sympCAme d*s« 



'1) Florent Cu nier, Annales ftocultstique^ t. XVL 
;2) r.ullerier, Des affections hlennot^hagiques^ 1861, 



p. 166. X' 



OPHTHALMIE BLENNORBHAGIQUE ET LEUCORRHÊIQUE. 197 

'nfectîon générale^ elles ne reposent sur aucun fait positif et ne peuvent être 
foolenaes raisonnablement. 

A. Foornier (1; a remarqné avec raison que chez les sujets soigneux de leur 
lersonne et observant une propreté minutieuse, rof)iithahnie est non-seulement 
in (ait rare, mais tout à fait eiceptionnel. Ce praticien ne Ta rencontrée qu'une 
ois en plusieurs années chez les malades de sa clientèle, soigneusement avertis 
tes dangers de 1» contagion. Ricord déclare, d*autrc |)art^ que sur des milliers 
de malades qui se présentaient à la consultation de l'hôpital du Midi, on n*en 
observait que 3 ou 4 cas par an. 

Celte affection est surtout propre au sexe masculin ; les femmes en sont très- 
rarement atteintes. Elle envahit plus souvent Toeil droit seul; les deux yeux sont 
ftfleciés plus rarement. 

Wrmmmmile. — Parmi les ophthalmies purulentes, Topliihalmie blennorrhagiqoe 
mBgne est une dos plus graves. La cornée |)eut se détruire en quarante-huit 
beores. Lawrence a vu 5 fois sur 10 les deux yeux pris en même temps: Tun de 
ces malades perdit les deux yeux et quatre autres perdirent chacun un œil. La 
réMilatlon complète est rare. 

Mais l'affection peut se présenter sous une forme bénigne, facilement guérisable. 
Dans d'autres cas elle devient chronique et se transforme en conjouaiviie ou en 
kéraio-conjonctivite granuleuse. 

TwwAnmmÊmmt. — Il importe beaucoup d'agir dès le début avec la plus grande 
énergie, comme le conseille Ricord. On cautérise tous les jours les conjonctives 
palpébrales avec le crayon mitigé, et l'on applique la glace sur les yeux. Ces cau- 
térisations ne doivent pas être très-profondes, mais souvent répétées. 

En même temps, on applique de 10 à 15 sangsues à la iem|»e et derrière 
l'oreille; au bout de deux on trois jours on renouvelle les déplétions sanguines. 

A l'intérieur, on prescrit le calomel à la dose de 2 à 5 centigrammes par jour. 

Le docteur Power (2) prescrit à ses malades un régime tonique, fortifiant, il les 
hit bien nourir et fait prendre toutes les huit heures^ une potion avec 10 centi- 
Uramnies de sulfate de quinine. 

Lorsque la conjonctive palpéhrale devient grisâtre, qu'elle est lisse et prend le 
caiactère propre à la conjonctivite diphthériti(|ue, ou bien lorsqu'un chémosis 
phicgamneux apparaît au bord de la cornée, il faut suspendre immédiatement les 
riBtfiiiitions pour revenir au traitement aniiphlogistique. 

Des injections fréquentes, des collyres astringents entre les paupières, peuvent 
donner d'excellents résultats. Voici les formules : 

If Eau distillée 100 grammes. ^ Eau distillée i 00 grammes. 



nitrate d'argent 10 cenligr. 



Sulfate de zinc 1 — 



Le chémosis phlegmoneux devra être traité de la même manière que dans 
rophthalmie purulente. 

Les excisions ne doivent être pratiquées que dans les endroits oi\ la cornée 

(I) Alf. Fournier, Blpunorrhagie : Accifleuta oculaires (Souveau dictionn, de méd, et de 
ehir. pmi. Paris, 1866, t. V, p. 252). 
{% Power, lHuatratiofiS of some of the principal Ih'seases of ihe Eye. Lonlon^ 1868, 

p. 2a. 



198 



CONJONCTIVITE. 



semble éii*e le plus étrai)glée par le chéinosis. Chaque o|)ératioa est suivie de 
rapplicatioii de compresses d'eau froide ou glaa^esur les paupières. 

La conjoiiciive bulbaire reste rouge môme lorsque la maladie est arrêtée, mais 
sans que la bour>ouf]ure se pro<luise. Lï'coulcment peut reparaître avec me 
plus grande abondance; il est alors nécessaire de faire des injections légèremeit 
astringentes, soit avec le sulfate d*aluminc, soit avec le sulfate de cuivre, dans kl 
pro|)oriions suivantes : 



^ £au distillée 2U0 gnimmcs. 

Sulfate d'alumine. . là 2 — 



If Eau distillée 200 grammei. 

SuKate de cuivre. 10 à 20 cenligr. 



Plus tard, on remplacera ces injections par les cautérisations avec un crayon de 
sulfale de cuivie, surtout si les ginnulations apparaissent. 

Le professeur Gosselin préfère Talcool à tous ces moyens. Il faii toutes lesdeos 
heures, dans rwil du malade, une injection d'un tiers d*aicoo] rectifié poor 
deux tiers d^ean. Au bout d'un jour de ce traitement, Gosselin a vu raniéliontni 
notable ^-e produire et la guérison avoir lieu. 

Lorsque rophilialinie n'existe que dans un seul œil, on doit faire rocclusioodb 
l'œil sain en appliquant sur les paupières une couche de peau de baudruche qM* 
l'on recouvre avec plusieurs couches de collodion élastique. On laisse ainsi l'ofl 
sain fermé tout le temps que dure la maladie. 

Tel est l'avis de de Graefc, mais il me parait très-difiicilement réalisable. 

On doit encore instituer contre la blennorrhagie uréthraie le traitement ^ 
des injpcl'ons fréquent(>s avec de Teau tiède et avec des solutions astringeniei. 

B. Ophthalmie leucorrhéique. — L'écoulement leuconhéique peut aîM 
être trauspc.rté à l'œil avec les doigts et donner lieu à une conjonctivite pins m 
moins intense <|ue Desmarres |)ère a le premier signalée dans ses conférences d- 
niques, et qui a éié depuis étudiée par A. Desmarres fils et Kloz ;1). On l'ok--] 
serve surtout chez les jeunes filles. 

La sécrétion leucorrhéique va(?inale s'observe comme on sait, chez lesjenMlfJ 
filles, entre (piatre et huit uns. Elle est due, soit à l'inflammation chronique ài^j 
follicules muqueux de la vuKe, soit à raccumulation de produit de sécrétion ai 
glandes sébacées dans la vulve, comme le pense justement Lorain f'2), soit eni!' 
à l'irritation de ces parties ))ar la présence à la partie inférieure du rcclun fe 
vers oxyures. De là le prurit de la vulve et une irritation assez vive qui force ht 
jeunes filles à {K)rter leurs mains vers les parties génhales. 

Sjmptoiuatoiosie. — La coujohctiviie leucorrhéique est le plus souvent limitfc 
à un seul œil; elle débute par une fietite rougeur conjonclivale et par une técri- 
tion qui ne diffère en rien de la sécrétion à laquelle donne lieu la conjonctivîK 
catarrhale. 

Au bout de quelcfues jours, l'inflammation change subitement de caractère, d 
la conjonctivite devient purulente. 

Les paupières se gnufleut d'une manière excessive; la sécrétion devient verdltrCi 
abondante , Tœd est très-rouge, mais pendant longtemps l'inflammation tout entière 



(1) Kloz, Des conjonctivites purulentes y Itièse de Paris, 1868, p. 66. 

(2) Lorain, m Valleix, (iuide du 7widec tu praticien, 5« édit. Paris, 1866^1. Y«p«ll» 



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OPHTHALMIE BLE.N.NORRII VGIQUE ET LEUCORRHÊIQUE. 199 

^sl localisée dans les conjonctives palpébrales. C'est là ie caractère inii)orlantde 
l'oph thaï mie leucorrhéique. 

Abandonnée à elle-même, elle pourrait naturellement s'avancer vers le globe 
de rœil, et am(*ner des altérations dans la conjonctive hulliaire, des abcès dans 
la Cf)rnèe, etc. Prise à lem|)s, elle guérit sans laisser après elle des désordres 
notables. 

La conjonctive du cul-de-sac est ordinain^ment rortement boursouflée, des 
ecchymoses s'observent sur plusieurs endroits de la conjonctive bulbaire; cette 
membrane est parsemée de granulations iniliain\s, saillantes, rondes, consécutives 
à J'infiltriitîon des |)apilles. Ce sont aussi de vrai(*s granulations, comme le remar- 
quent Desmarres Hls et Kioz. Mais leurs caractères ne sont pas les mêmes <pte ceux 
des granulations occasionnées par des ophllialmies blennorrbagirpies. Ordinaire- 
ment les douleurs ne sont très-vives <|u*à partir du moment où il faut retourner 
kspaapiëres; autrement, les enfants souiïrent peu. 

Mfhe ce dnrée. — La conjonctivite leucorrhéique a une marche relative- 
ment beaucoup plus rapide que celle de la conjonctivite caiarrliate, 2) l«i(|U4'lle elle 
ressemble au début. Soignée convenablement, elle est rapidement modifiée et ne 
Carde pu à guérir. 

Va» H pi*ut arriver que les granulations aient eu le temps de se dévelop|>er 
avant qa*nn tt alternent sérieux ait été entrepris; alors, TafTection devient chro- 
iiiqae et ne guérit qo*après plusieurs mois de traitement. 

PtmmmIc. — Il est favorable; la gnérison est la règle dans cette maladie. 

fal«l»gle, — Nous av(ms dit plus haut que Tinoculatiou du pus leucorrhéique 
iagînal dans Tœil est la cause de la maladie. 

Transmise d'un enfant à un autre, elle conserve, d'après Kloz, les mômes carac- 
tères. Mais si le liquide sécrété par la conjonctive malade de l'enfant est inoculé 
dm rœil d'nn adulte, immédiatement l'alTeciion change de caractère. Les c(m- 
joocUvites qni résuitntde rinoculation directe du pus leucorrhéique vaginal aux 
fendes ainhes sont beauccmp plus graves que celles des jeunes filles; parleur 
diroDicité, elles ont une grande ressemblance avec les conjoncti\iies graimlenses. 

àiMÎ, en 1868, j*ai donné des soins à trois jeunes gens qni avaient contracté 

ropMialmie granuleuse, deux sur un seul œil et le troisième sur Us deux )eux, 

eo toochant a\ec leurs doigts les parties génitales de femmes atteintes de flueurs 

Uaadies, et transportant le pus à leurs yeux. Tons les trois ont gardé pendant 

plosieors mois des conjonctivites granuleuses qui ont d'ailleurs complètement guéri 

l'inflnence du traitement. 

MMnt. — Dans la période aiguë, on doit faire régulièiement toutes les 
deox oa trois heures des injections entre les paupières de la solution an nitrate 
d'afgent (nitrate d'argent 0^10 centi^ranmies, et eau distillée KO grammes^. 
Lonqoe la malarlie est dans la p(*riode chronique, le meilleur traitement est la 
cautérisation des conjonctives pal|)ébrales, soit avec le sulfate de cuivre, soit avec 
une solution faible de nitrate d'at gent. 

Voici la solution, qui réfiond le mieux, selon moi, à ce genre d'altération con- 
joDCti%ale : 

"Jf Eau distillée 10 grammes, j Nitrate d'argent 25 cenligr. 



200 CONJOiNGTIVJTE. 

Quelques purgatifs salins et du calomel à doses rêfradées seront avantagea»^ 
ment associés è ce traitemcnL 'f 

BibMOGRAPHiE. — Laugier, Didionn, de méd, en 30 vol., 1833, t. V, p. 316. — 
Traité de Vophthafmie. Paris, 1837. — RiconI, BulL de thérap., 1841, p. 347, et 
orales y 1847. — Haii ion, Mt^moire sur Cophihalmie gonon'h, {Ann, dCocuL^ 1846, L 
p. 156; 1847, t. Wlll, p. 205\ — Cullerier, Des affectiotis blenHorrhagiipies^ 1861» 
RoUet, Traité des maladies vénériennes, Paris, 1866, p. 406. — Alf. Fournier, 
rhayie {Sourveau dictionn. de m^d, et de Mr. prat.j 1866, t. V, p. 245). — Ek», 
conjonctivites purulentes , thèse de Paris, 1868, p. 66, 



ARTICLE IX 

OPHTHALMIE DlPllTHÊRITIQUE. 

Parmi les conjonctivites purulentes graves, nous devons encore signaler cdki 
se développe sous Tinfluence d'une cause ou d'une prédisposition diphlhériliqi^i 
que Ton d('*signe sous les noms ôHophthalmie pseudo-membraneuse, de emj 
tivite ou ophthalmic diphthéritique. 

Historique. — C'est au pnifcsseur Bouisson (1), de Montpellier, qa*a| 
le mérite d'avoir le premier décrit, en 18(i6, avec beaucoup de précisioii, T 
thalmie pseudo-membraneuse. Un an plus tard, Chassaignac (2) a publié le 
de ses recherches sur la conjonctivite diphthéritique des enfants nooveai 
Trousseau et Peter en ont rap|)orté plusieurs observations. À partir de cette < 
les travaux se sont multipliés et, grâce surtout à ceux de A. von Gnieie(S), 
chard {k) et Giraldès^ nous sommes en étal d*apprécier la nature de celte 
aiïeciion. 

Symptomatoio^e. — Cette maladie se déclare subitement dans un cefl 
fait sain, ou, ce qui est plus fréquent, dans un œil atteint d'une conjonctivite 
rhale, blennorrhngique^ etc. Le premier signe qui caractérise celle affeciîoo ertt 
gonflement rapide cl excessif des paupières qui deviennent telieroenl 
dures et roides, qu'on a la plus grande peine à les renverser. Il semblerait < 
fente |)alpébrale s'est rétrécie et s'oppose à l'inversion du tarse et de la 

La conjonctive palpébrale devient rouge jaunâtre ou rouge grisâtre,' bout 
lisse et presque luisante. 

Cet état de lu conjonctive est dû à rinfiltration de son lissu ainsi que des 
sous-jacentes par une exsudation gélatino-fibreuse qui étrangle les vaissoff 
coagule le sang. 

On aperçoit par places des points blanc grisâtre fortement attachés à h 
tive et (|ui ne sont autre chose que des exsudations plastiques diphibéritiqMffly 
exsudations s'étendent de plus en plus, se réunissent aux masses plus graadei «1 

(1) Bouisson, Comptes rendus de la clinique chirurgicale de Montpellier^ 1848, et iWkT 
n la rhirurgie^ 1801, t. II, p. 305. ^ 

(2) Chassaignac, Annales d'ovulisiique, 1847, ci Archives d'ophihaimologie^ 1854, L H 
et IV. l 

('X) Graefc, Arehir fnr Ophthalmologie^ 1854, t. 1, Abtli. L j 

(4; PritchanI, Hritish Met tiad Journal^ nw, 1857* j 

(5) (liraldès, Maladies chirurgicales des enfeniê, Ftwis, 1868, p. 418. • 'i 



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1 

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OPUTHALMIE DIPHTHÊRITIQUE. 201 

rrent quelquefois toate Félendae de la conjonctive palpébralc. On conserve 

Iqnefois des plaques diphtbéritiqnes sur la peau des angles de Vœxl 

lest très-difficile de détacher les membranes dipbtbéritiques ; elles sont friables 

K causent par morceaux sans qu'on puisse les enlever totalement. Ce n'est 

oceptionnellement qu'elles adhèrent très-légèrement à la cx)njonctive, de sorte 

"u jet d'eau très-fort ou de légères tractions avec la pince les détachent com- 

Aenent, comme Chassaignac l'a obser\é. Selon les difficultés plus ou moins 

■les, qu'on éprouve k enlever ces exsudations, on peut juger que la maladie 

t plos ou moins grave. C'est ainsi que Ton peut expliquer les conjonctivites 

pUéritiques décrites par Chassaignac, et que les auteurs allemands ne veulent 

• QMisdérer comme une diphthérite vraie. 

L'iSectiou gagne bientôt les parties voisines; elle envahit la conjonctive bulbaire 

h capsule oculo-palpébrale sur une grande étendue: les mouvements de l'œil 

H gelés» ce qui tient au gonflement des tissus de l'orbite, comme cela avait été 

Wépar Boulsson. La conjonctive bulbaire, une fois inGItrée, présente un cbé- 

il grisâtre, à demi transparent, chémosis qui ne- tarde pas à devenir charnu, 

i, plastique et à étrangler très-rapidement la cornée. Giraldès dit que i'exsu- 

m fibrineuse couvre quelquefois la conjonctive bulbaire. 

iM les trois on quatre premiers jours, la sécrétion n'est pas très-abondante; 

M peu consistante, louche, et contient beaucoup de Gbrine coagulée. Plus 

« bnqne l'injection et la vascularisation des conjonciives augmentent, la quan- 

iela sécrétion s'accroît en projxirtion; celle-ci devient purulente, comme dans 

Hbalmie purulente proprement dite. 

ne altération aussi grave des tissus amène leur tension excessive ; elle est accom- 

lée, d'après Bouisson, de douleurs sourdes et profondes, souvent pulsativesdu 

e de l'œil. Consécutivement à ces désordres et au chémosis phlegmoneux, la 

lée &ubit dans sa nutrition de notables modifications qui amènent très-rapide- 

isa destruction. En effet, répithélium se détache sur une grande surface; la 

lée devient terne, puis louche, opaline; au centre apparaît une tache d'un blanc 

Bé« signe certain de la nécrose. 

iaofeut la destruction a lieu sur toute la surface de la cornée. Dans d'autres 

ila'y a qu'une sorte d'ulcération large et perforante avec conservation d'au* 

I parties de cette membrane. 

ilasoitede la perforation, l'iris fait une hernie partielle ou totale, qui se trans- 

DM an bout de quelque temps en un staphylôme. Quelquefois l'affection ne 

rrète pas là : le travail d'inflammation gagne les membranes profondes^ à la 

to de quoi l'œil suppure et se perd complètement. 

Cm état des yeux est sou\ent accompagné de fièvre plus ou moins violente et de 

Matkm des forces. 

Goaune complication de cette grave maladie, il faut signaler aussi les désordn^s 

celé de tous les tissus de la paupière et du tissu cellulaire de l'orbite. 

Soit MUS l'influence de la sécrétion érosiie qui s'écoule sur la joue, soit à la 

kde la propagation de la maladie par voisinage, l'épiderme cutané se détache, 

Mipalpébnile s'ulcère, se couvre de croûtes sur les bords libres. L'inflainma- 

*Sagne les tissus profonds, et aussitôt que le travail de régression commencera, 

'^rtlnaioD complièce de toute la paupière aura Heu souvent de la supérieure cl 



OPHTHALMIK DIPHTHÉRITIQUE. 208 

^nérale, et si les organes internes se prennent, la \ie du malade peut être 

m danger. Sur quarante enfants atteints de cette maladie, Graefe en a vu 

Dccomber à la suite de croup. 

tf l ie patholosiqae. — Lebert et Grnby ont fait les premiers des 

ches inîcroscf)piques sur les exsudations détachées de la surface conjoncti- 

A ib ont trouvé de la fibrine coagulée, contenant des globules multiples de 

îftite exsudation fibrineuse s*ol)sorve aussi dans les mailles du tissu cellulaire 

ODJoDClival, ainsi que dans la conjonctive elle-même. Dans toutes ces parties, 

■Ktiix sont enveloppés d'une m;isse fibrineuse coagulée; d*où résulte leur 

Dbineni et presque l'arrêt de la circulation. 

ilmneat. - L'ophihalmic diplilliéritique est une de ces aflcciions terribles 

ifasqaelles nos moyens restent le plus souvent impuissants. 

ililêvons en premier lieu proscrire complètement les cautérisations très- 

^moyt'Dclu nitrate d'argent, surtout dans la forme grave et pendant tout le 

ïipe la conjonctive reste grisâtre, boursouflée et peu vasculaire. La cauléri- 

leurrait aggraver la maladie et aider à la destruction et Tetra nglement des 

rttteiots. r^'est à cette forme d'oplitliahnie purulente qu'il faut rap,)orter la 

qoe de Desniarres (1) sur le danger des cautérisations dans certains cas de 

bcihe purulente. 

rinéthode de traitement proposée et appliquée avec plus ou moins de succès 

iDimson est celle qui donne encore les meilleurs résultats. 

jtvaciMtiotis sangui'ies. — L'état inflamniatoire des paupières se dévelop- 

ifvec une extrême rapidité, il est nécessaire de recourir h une application de 

bessar la tempe ou derrière l'oreille, de trois à dix, selon râ;;e et la consti- 

tdu malade, et réitérer cette déplétion sanguine au l)oul de deux ou trois 

iKarifications de la conjonctive ne sont point utiles au début de la maladie, 
Mks |>euvent rendre des services réels dans la période ullérieure. 
Les mercuriaux seront administrés à Tinlérieur et à l'extérieur. C'est un 

il énergie |ue antiplaslique, comme dit Bouisson, et il peut arrêter le dèveloppe- 
fcraiïecùfm. On le prescrit aux adultes, à la dose de 5 à 10 centigrammes 
ks deux ou trois heures, jusqu'à la production de la salivation. An lien des 
'on peut faire trois fois par jour des onctions de 2 à U grammes d'onguent 
iHd. Voici les formules de ces préparations que l'on prescrit à l'intérieur. 

Cftlomel de 3 à 5 ccnti^r. | Extrait gomineux d'opiuxii. i centigr. 

^« une pilule. Prendre de 2 k ^ pilules par jour. 

t enfants on ne prescrira que de 1 à 2 cent, toutes les deux heures sous 
de poudre et sans opium. 

Calomel i centigr. | Sucre en poudre 10 cenligr. 

IVofiiier 12 paquets. Prendre de 2 à 3 paquets par jour. 

Au lieu de calomel, on peut quelquefois employer avec avantage, d'après le 
il de Bouisson, le tartre stibié, à la dose de 1 décigramme quatre fois par 

Desmarres. Trait'i (fes maladies des yeux, t. H, 1855, p. 93. 



204 CONJONCTIVITE. 

jour chez hfs adulics. Pour les enfants, les doses irès-pctites de cette prè| 
suffiront. 

Il . Dès que la période de suppuration commence à apparaître, il faut intci 
les compresses froides et avoir recours à Tappiication de compresse îmbihé 
ou de cauiomille chaude; mais aussitôt que la vascularisation se développe i 
conjonctivite devient purulente, on fera, entre les paupières, de fréquent) 
lions avec une infusion aromatique ou astringente. A ce mouieniles scari 
des conjonctives peuvent être utiles. 

5. Chassaignac et Gosselin regardent les compresses froides et même d*€i 
comme un moyen très-puissant et très-énergique contre la conj(mctiviie 
ritique. 

6. La décortication de la pellicule diphthéritique a été recommai 
les mêmes auteurs; malheureusement il est souvent presque impossible < 
eu ter. 

7. Â une période un peu plus avancée de la maladie, et lorsqu'elle dévie 
lente, il faut surveiller avec le plus grand soin Tétat de la conjonctive bi 
de la cornée, et aussitôt qu'il y a danger pour cette dernière, recourir ï i 
sions de la conjonctive. 

8. Lorsqu'un soûl œil est affecté, on fermera hermétiquement Taotre i 
d'un bandage compressif. 

Bibliographie. — Bouisson, Comptes rendus de la clinique chirurgicale de Mi 
1846; Ann. d'oculist , t. XVII, p. 46; Tribut à la chirurgie, t. H, 1861, p. 305. 
saignac, Ann, d'oculist., i8â7, et Arch, d'ophihalmol,^ t. III et IV, 1854. — Gib 
génér, de méd., 1847, vol. H, p. 225. — Graefe, Deutsche Klinik, 18i3, n« 35, 
fur OphihalmoL, 1854, Bd. I, Abth. I, S. 16rt. ^ Mocreo, Ophthalmiatn'schen 
iungen, p. 70. — Warlomont et Testelin, Notes additionnelles dans la 4" édition de 1 
t. I, p. 778. Pritchard, Briiish Med, Journ,, nov 1857. — Magne, Compl. rendm* 
des se, f 8 juin 1858, et Union méd., 1858, p. 398. — Jacobson, Archiv fur 
t. IV, Abth. II, Berlin, À7?/i. Monatsbly 1864. — Giraldès, Maladies chirurgicak 
fonts. Paris, 1868, p. 418. 

ARTICLE X 

CONJONCTIVITE OU OPHTHALMIE GRANULEUSE. 

Cette aiïeciion est caractérisée par un épaississement et une bourimil 
conjonctive palpébrale, accompagnés d'éievures et de saillies rugueoie 
les unes contre les autres et qui portent le nom de granulations, 

La présence des granulations entraîne une inflammation pins ou rooni 
de toute la muqueuse oculaire; de là le nom de conjonctivite on opi 
granuleuse. 

Elle est le plus souvent contagieuse et s*inocuIe d*un iudividu à Taotre 
mOiïie forme. Dans d*aulres cas, on voit les granulations se développer! 
d*une ophthiilmie blennorrhagique ou purulente d*Égypte et d'Algérie» 
cela a été démontré dernièrement par Guignet (de Lille) .^ 

Nous devons distinguer deux principales formes de granulations : la fbro 
nique ou trachome^ et la forme aiguë ou conjonctivite granuleuse aifi 
dernière n*esl qu'une complication inflammatoire qui se déclare dans m ci 
lablement atteint de granulations chroniques. 



CONJONCTIVITE OU OPHTHALMIË GRANULliUSE. 205 

lis celle division n'esl pas la seule qui soit admise par les auteurs. Scion le 
i de dévelop|)emenl des élcvurcs conjouctivales, aiusi que de la forme qu'elles 
naît on les a classées en dilîérenies catégories. C'est ainsi que Hairitm recon- 
Ici graoulalions papillaires et vésiculeuses. De son côté Slellwag von Carion, 
goe : trachome nucléolaire, trachome papillaire, trachome mixte, et Ira- 
e diflos. 

Ile diviiûon n'a rien de pratique, rien qui puisse nous instruire sur la nature 
ni on liMriliter le diagnostic. 

I pût de vue pratique^ il est plus utile de rechercher la diiïérehce entre les 
biMJoiis contagieuses et celles qui ne sont que le résultat d'une simple iiiflam- 
a. C'est pourquoi j'ai adopté pour l'étude des granulations trois diiïcrenies 
M» soivaotes : l"* granulations néoplasiques ou trachome; 2*" granulations 
Iwt oa catarrhales: et 3^ granulations fausses, 

hagranulaifons néoplasiques sont celles qui se développent tantôt à la suite 
^dbalmie blennorrhagiqne ou purulente d'Egypte et d'Algérie, comme l'a 
f0ré Coîgnet (de Lille), et tantôt se communiquent d'un individu à l'autre 
Mneot sons la même forme et peuvent rester latentes^ sans presque révéler 
présence par des signes morbides. Pris^'S à différentes périodes, elles accusent 
iviétés diverses qui sont toutes contagieuses. Elles sont constituées par une 
action morbide sui generis, qui nous permet d'employer le nom de néopla- 

, Lo granulations catarrhales ou milioires sont constituées par une hyper- 
B du corps papillaire et l'infdtraiion séreuse du tissu sous-muqueux. Sous 
beDce de ces d^rdres, la surface de la conjonctive devient inégale, chagrinée, 
iw,ce qui donne à la conjonctive un aspect rougeâtrc avec granulations fines, 
nres. Du côté du cul-de-sac conjonciival^ on trouve des villosités rouges et des 
ÉRtés disposées en bandes séparées par des fissures plus ou moins profondes. 
i Granulations fausses. — Je donne ce nom à des boursouflures de la conjonc- 
tior les différentes de ses portions, avec un développement d'élevures plus ou 
hi prononcées et semblables en grande partie aux granulations contagieuses, 
bqQi apparaissent, soit dans la conjonctivite lacrymale, soit à la suite d'action 
particulière d'atropine sur la conjonctive de certains individus. 
l'un comme dans l'autre cas, on voit quelquefois se développeur des granu- 
en apparence ressemblant de tout point aux granulations néoplasiques, 
iqai ne sont que le résultat d'une irritation prolout^ée locale des papilles a)n- 
on de leur excitation par l'atropine, comme j'ai pu m'en convaincre 
certain nombre de mes malades (1). 

p) OMnvATioif. — M..., âgé de quarante-huit ans, cordonnier, demeurant rue Simon- 



««M. vert la un aavni lo/o, ii lui pris a une aipiopie omocuiaire. au iieu ue soiKuer 
^ dernière, un oculiste lui prescrivit Tinstillatlun très-fréquente d'atropine contre les syné- 
% Sous l'influence de ce traitement les yeux deviennent ronges, larmoyants Photopliobie 
l^'JÉBiiiL et les douleurs circumorbitaires deviennent intolérables. A ma consultation le 
^i|t.l87S, j'ai pu constater, en présence des docteurs Kohn, Fernandez et Coronel, une 
iiÉmvt framdeMe avec abcès de la cornée gauche, mais j'ai déclaré immédiatement que 
étaieiit fraises, produites par l'atropine. L'atropine fut suspendu immédiate- 



: v>^' <:oNjoNr.rivni:. 

( i-s ^raiiiiliilions r4*sstMiil)lnit aii\ \raip.s cou l agio uses (ruiKt manière Vêktii 

1 1 .iiipiiiitts (pi'oii a la plus ^raiulf' difliniltu à fiiliv le diagnostic (1>. Mai^l'ahiii 

«|i* Kiiiti' si'civlion nmrbide, ^('xa^lMalio^ do la sôcréliun lacrymale, ei un c^ 

tl«*;;i«'' di» lraiis))ar('nce (pie piésenlrnl les éie^ures œnjonctitalo!», |ieriii^ 

|iis'prii lin rerlain point, d^étaldir \r vrai dia^noslic. Kxaininons luaiiilcs^ 

4-:irarU''res d<-s ^ran niai ions m'opia^icpies. 

A. Granulations néoplasiques chroniques. — ft.%iMptoiiMU« 

( .v[U' aiï rli(in d(''J)nte lenlnnrnl \u\r sniu* de rinocuialion du pus granulei 
iM.iladc à lui antre; on bii'n elle esi la nms(''(pi('Ure d'une oplitlialiuie lilei 
^icpie on pnrnirnie. Li-s yenx son! larmoyants et rondes dans les an^lrs, ai-^ 
MM' li*s l)oids palpéhranx. F.e malin, nne sérivti<ni pui i for me s'accumule k^ 
farc des c(»iijonrli\i's, s'écoule en deliors et fait adlK'ierles cils. 

I*ar suite du d('>v«'lop))eineiil considêrahie des ])apilles, la conj(Micli%e et 
tissus sons jarenis Mint liyp<*riio|)liiés et é|>aissis, ce (pii occasionne un bov^ 
meiii manifeste dr la paupière supérieure. Cet état donne aux malades l'air 
soiiiM'^ endormit'^, la paupière supérieure rt'stanl lonjtmis abaissée. 

(Jni'lipnfiiis rcs malades é|)nin\('iil la sensation de ^ravirrs ride ('(lrp^é M 

dans l(>s u'\\\ ; dois d'antres cas. ils s(Mit sujets à de légères |M»u>sé«^ iofl 

toiles (pii ii<> diiïi'rent des conjonctivites simples (pie par leur cbnuiicité. Si 

nit'int* la cmijonctivite ^rannlenNe drbnieavec les mêmes c^iract ères (pie Uoo^ 

liutc si>nple on catarrbale, et parcourt ses dilTôrentes |H'ri(Kles sans niudififi 

sensible. 

Les granulations cbronicpiessiuit d'une très-lmi^ue durée, et l'on r^Muarqne 

dam le cours di' leur é\olnliou des alternatives do rémission et de recrudeia 

Son\(Mit toute inflammation disparait et le malade se croit •c;néri, quand soudi 

n)rnl surviennent les symptômes intlainmatoircs ai^ns. 

Mais Knis ces sign<*s n'ont (pi'nne si^^niticition si'Coudairo; l'oxameu en 
joiirii\es, et surtout do la conj(HH'ti\e palpébralo supéiieure, est si'ul ca|al 
révéler la nature de i *a liée t ion. 

h\t:nmrii ifrs tjrnnftittfifms rnnjnurtiralffi. — (Jiez les porsonn(*s atteiBi 
urannlatifuis. la C(»njmictive pal|H-brale, et surtout celle de la (tau |Nèrc super 
subit nne iiKMliliratifni notable; elle s'épaissit, devient toute rnu;:e et se c 
d'une masse de |)i>tites granulations (jui ressembleni lM*auc(mp à di*s boni 
(bannis. On y (li^tin;;ue les formas si]i\aiites : 

riii'Ml, i-l ri*iri|»|.ii-/i |i,-|i iti>^ « itn)[iri>s«i'4 ii|iiiii*i't*'». ili". <iiHii-hi«( «le \:ipeiir «l'e.»ii cliaiidc, 
l>i.it:i|iit' rn niiiri' l'ini'i<>iiMi <lii pnini l:iiT>in.'il it'''\irv six MMii.tiiir- ili* «f tr.uleiiieiil (N 
|Miiii ;iriii'ii('r 1 1 (ciHTiidin i'otii|)|i'l«>. 

t Oi:>Ms\ MiitN — I ^:iri.ori .!;:•- •!•' trfi/.o :iiis, nir lut .iiiiPut' li> \\(i «u-tuhrr ISî 

I iiiiiii'irii .>.. , |io>ir rln* siii^dc il iiiii> •■|>hlli.i|iiiit' ^'r:i\i'. il'Hit il lut iiltt'iiil 'l>*puif 
iii.tl^ii- li> (riitti'dii'iit ipril .1 ••iii\i {M'iiiiitit •|ii.ilri' ,iti« i'lii*< (-ini| •iciili'tt** •!•' P.iriji. il i 

I liiv I «r i-iiiniiiiri*. J(* l'ufist itr niii* ii|>iitii-ilriiii* M:rolnli'ii<*i' iixiT ii)'4 l.iii<k<i*« ;;r.iiiul«liiNl; 
■i!<!i'l iii>i*'i. «lui ••lit été prisi'S |Hiiii- lit;» ^i it|iil.-itiiMi« iirii|ila<ii)ni*s <>t r.iiiu ri»>-('!» ««n^ ré 

'^1 ■ itii iiitnti^ il'.ii^ffit. lin ^iiir.n** iti* cnurc fl iIm snii^-.irf'.iir i|i> |i|iiiiili \\ )iii«li*. J'ai fji 

lllllii- ijl ili'IIH'Ilt liMllt*< 1''^ C.lllll''Mv.|t|ii|i<, l'I ji' lui ,li t.Ml .li||tllUl«tiiT ill'!> iiiMI«'il''« «il* ^ 

•I iMii •-|i,|iii)<'. l.-« |ii)niiii uit> à l'itxV'U' jiiifh' il*li\ilr ir,:\ri* v\ r.ilrii|>nitf Au h<iit de •]uint| 

II ••! II! l'-ll<'llii'lll Hiiriix iin'il |Miu\.lll In*' I'- Il '1 <\*''' !•> i'iHi\r\r.ft s>-|M||>ii||l«' (irit »ettl. 

', ■•■ t«Mili'<> II"» ^'riiMiiljtiiiiis mil liiHpiiiii. I.'iiit'-iiii' •!■'> ii<>|iit.iu\ lî<'in>, et le^ ilivleun 
< ■ - iii'l. Ki-iiiaii'lc/ cl t).i)runif*l ont pu ^iiipri-ricr Ir n-'ultil iiiiTvoiUcux ilo ce Ir^M 



CONJONCTiVITE OU OPHTHALMIË GRANULEUSE. 207 

Granulatiom papiliaires. — Lorsque Ton examine allentiveinent ces gra- 
Ijoi», on toit qnVIIes sont formées par une liypertrophic de la conjonctive 
ménie, qaî forme comme des lionrgfons charnus, pareils à ceux que Ton trouve 
lue plaie en voie de cicatrisation. Ce sont des papilles coiijonctivales hyper- 
iKes et qui ont subi une dégénére->cence sut gent*ns. 
Mr volume n'est pas toiijnurs le inômc; elles sont dis|)osées en rangées et en 
»; il existe souvent entre elles de véritables feules ou fissures; leur ensemble 
m9i la conjonctive l'aspect de la |H*au de chagrin ou de gros velours. 
m granulations papillaires sont molles; elles se dévelop|>ent sur toute l'étendue 
I conjonctive palpébrale, mais particulièrement dans les culs-de-sac conjonc- 
B supérieur et inférieur. Ici elles ressemblent à des plis hyiiertmphiques, trus- 
te de la conjonctive, et acquièrent quelquefois l'apparence de véritables proé- 
muB polypeuses. 

riCMleur de ces granulations varie selon la période d'évolution et leur degré 
wcubrisation. Ordinairement elles sont d'une teinte rouge orangé; d'autres 
eUessiont rouge pâle ou rouge écarlate Selon Desmarres, les plus dangereuses, 
fÊM, de vue de la contagion, sont celles dont la couleur se rapproche de celle 
Idiair du saumon. 

fri«ées à une période plus avancée, elles changent de couleur et de consistance : 
ho d'être rouges et molles, elles deviennent grisâtres ou d'un gris jaunâtre, 
■ cl souvent de consistance cartilagineuse. Cet état est le résultat d'une irans- 
Mlioo ultérieure qu'ont subie les papilles, et le tissu conjonctival tout entier, 
eisodation gélatineuse s'est infiltrée dans le stroma de la ctmjonctive; les vais- 
li papiliaires ont été soumis à la compression pro^^ressive et se sont atrophiés 
hnt que la boursouflure et une sorte d'œdème plastique ont envahi toute la 
piére. Cet état de dégénérescence de la conjonctive est désigné [)ar Steliwag von 
ho (I) sous le nom de conjonctivite grnnaleuse rlt/fnsp: il constitue une sorte 
bDmplication ou de transformation uliérienrede la maladie. 
Uroujimctive palpébrale et son cul-de-sac se couvrent ordinairement de granu- 
■H; celle du bulbe rrste au contraire intacte; ce qui tient évidemment à ce 
pbi papilles n'existent pas dans cette région. Pourtant^ dans certains cas excep- 
Mi,la conjonctive bulbaire est envahie à sa portion supérieure par desgranu- 
mt tout à fait analogues à celles que nous avons décrites. 
1 Granulations vésicuieiises. — Il y a une seconde variété de granulations, 
> te présentent sous forme de vésicules isolées, plus ou moins grandes, trés- 
Iksi et d'une teinte jaune grisâtre. Ce sont les granulations vésicuiruses; elles 
tell principalement sur la conjonctive pal[)ébrale et sur le cnl-di*-sac oculo- 
Pébnl; mais il n'est pas rare de les voir sur le repli semi-lunaire, la caroncule 
^niale, la conjonctive oculaire, et dans certains cas sur la cornée elle-même, 
^me cela a été démontré par flairion (2). Elles sont aplaties, pâles, comme géla- 
i^fetfs, et |>euvent être facilement confondues avec des follicules hypertrophiés, 
•^granulations vésiculeusessont des néoplasmes, dont le |)oiiit de départ sont 
Mules plastiques du tissu cellulaire. Telle est l'opinion de Ceissier et de van 

t) Iteliwaf von Carioo, Die Opfitfiaimuhf/ie, ErlanKen. iRr):ur)8. 

^) Itiriofi, Diêcottrs sur l*ophthnluw; fff'.< tin/ur^. Bnixolle?. 18G4, p. 21. 



t 



5fl8 '-owosnniTt. 

Kempcn. Selon llairioii, ces pr«l«iis morbides proviennem de h u 

tl'ui» tyiottl'H'lhiie. 

Ces formes granuleuses pf uvent se reiicoiitrer ensemble. Aux périodciriÉ 
leurs caracii-res dàriiiclifs dispraisscnl, comme dit I^i£vr« (l),««i'«( 
par plates et au iiiilicv des lissus enflammés et infilinhi tjue l'on reirouie qm 
tésiculi^ ]tlus développées. 

Les granulations nécH»'»*''!"»* peuvent resler slai ion n aires pendant an 
Irirs-loi»; sans auiener ni iniulile ni inllaMimiiimi. Trés-souvenl niéme la ■ 
ignorciii leur eiisieiicc. Mais il suflil que leii )chi soieni atteints d'une i^l 
lion caiarrhale ou autre, pour que ce» granulations acfjuièreni un dévriofl 
]ilus considérable et pnivoqiieiii, taniûi une conjonctivite granuleusu aiDD^ 
une i»t)pagation du mal aux ppiiles conjvnctivalcs. 

B. Granulations aigu£s. — Le dévoloiipemeni des grannlatioiu cca 
vali-» |»eui avoir lieu d'une tuanière insolite, et I irritation qui s'ensuit^ 
d'emblée une conjonctivite subaiguê. .Mais celte inflammation se déclare b^ 
ment dans un leil qui a été atteint peudant longtemps de granulations c^r» 
Il y aura alors une conjonctivite sobaiguë (jui devra être considéra — mn^i 
jibase.s dï'vuluti'io naturelle des granulations. 

NjmpioBatoIoKie. — Uûi le début, la maladie prend tuus les cm 
d'une conjoiiciivile catarrbale subaiguë : les paupières sont gonflées la tâd 
tive oculaire est roricinent iiiji^tée. de petites inégalités se montrvnt î la j^ 
presi|uc transjiarentes, elles siègent surtout au boid de la cornée et r«M^ 
à des plilyciènes. 

I.a roujoticiive palpébrale est aussi boursouflée et injectée d'une. nualinNÉ 
sensihli', et lorsqu'on renvcrHe la paupière siipi-rienre. on y remaraue nt^ 




l; d'éruption Liiin(H»sée de Ixtutoris lrans|>an.-nLs, ciinfluenb, qui i 

. / Rrains de MgiHi. La rigiin." 87 représente les gi aiiulatiuiis sulxiigués de ircoirin 

^- » ii«' l'alix'lM-ale suiiéi iiiire. «les graiiulati.iiM ne larderont pa.s i m détefautr ( 

,;. '■■'"■ le sii'-îî-- d'uu gonflemeut el d'mie injection iK-s-notaWe. Nous Toynm, 

(i, UlKyie, GiHnulodvHi il^ It, '■.»ii,ii-l„il,', ttiéic <li.> Parit, t8U9. 



COKJOXCTIVITK OU OPIITIIAI.MIC r.RANDLELSE. 209 

^ «Set, b nnijonctive tonl entière subir chaque jour un cliangetocnt ; elle devient 

Tnge, lufiltréc; la sécrétion prend bientôt le caracière purulent. 
^ Les reui sont k ce moment trèM-sensibles pour la lumière; ils éprouvent la sen- 
^ Miofl de grauers et de sable entre les paupières ; le malin, ils sont ag^^lutinés par 
^". ^CMle sécrétion. 

LoRiqiie la conjonctivite {;rniiolense se déclare d*emblée, elle reste, |)eiidant les 
premiers dix ou quinze jours, limitée aux c<mclies superficielles de la muqueuse 
'jMtpélrale et oculaire, ce qui fait qu'on ne voit apparaître ni le chémosis phlegmo- 
^- ACoiyOÎ nM^me le cliémosis séreux. 

^ LacDniéc ne court au conmiencement aucun risque sérieux; mais au l)out de 
** lept i htiii jours, surviennent de petits abcès |)éri|)héi i(|ues qui demandent un 
^ 'IraileDeni énergique, sans quoi ils pourraient envahir les courbes profondes et 

aroeoer des ulcères el Uiême la |)erforation et la linriiie de Tiris. 
' 'i tas d'aatres cas, la cornée se vascularise, et, sons l'influence d'infiltration du 
m> pni graniileax dans ses couches superficielles, il se foi me un véritable punnns. 
c tt Uconjonctiute granuleuse siiliaiguë reste assez souvent et pendant longtemps 
àm voMCuIaire. Mais elle se déclare non moins fréquemment dans l«'s deux yeux 
am iltraU depuis longtemps de graiiulutions du oni(|urs ; dans ces conditions, elle peut 
iT^^ Irés^rave, se transformer en une oplilhuliiiie |)nrnl«*nte et mettre en danger 
**^ ■* ^^'Wlenfede la cornée, si cette dernière n'est pas convt-rte de vaisseaux. 

■•■ifct, dorée. tcrnilaalaoB. — La marche d(fs (granulations jiapillaircs est 

•£ n« -?*"'*'''• ^^^^ avons déjà d:l f|ue celle maladie, chronique par sa nature, est 

"Qe dorée excessivement longue. Très- souvent, les graniilaiions a>i]joncti\ales 

BA«(^«^7^8oiHcs d'une inflammation |)]us ou moins vive, ce (|iii constitue une conjonc- 

ir r ^^^ grannlense aiguë. 

fin général, elles se vascularisent dès le début, prennent une teinte ronge, 

^'gnrat au moindre attouchement; petit à petit le tissu (|ui constitue les papilles 

«hypertrophie; celles-ci pâlisnent, mais deviennent en même temps plus duri'S. 

^f)e infiltration gélatineuse envahit tous les tissus de la conjoncti\e; les pipilles 

'ardent la forme ronde, qui est leur forme normale, et ne constituent plus que 

^es illégalités irrégalières semblables à une sorte de masse colh ïMe nnirorme. 

t^ar-ci par-là on trouve encore des granulations rougeâires, qui ne tardent pas à 

^'atrophier. C'est la variété des granulations diffuses ou des trachomes dilTtis de 

Stellwag. 

En se prolongeant, cet état amène, dans tous les tissus dis pau))ières el de l'œil 
iai-méine, des désordres que nous allons décrire succe>si\ement. Os aiiératums 
consécutives ajoutent à la gravité de la maladie; chaque nouvelle complicaiion, soit 
da côté des paupières, soit dans la cornée, prolonge d'une manière très-sensible sa 
durée et rend le pronostic plus grave. 

L'nc conjonctivite granufeuse simple durera un an ou deux ; accompagnée d'alti^ 
ralîoD du côté dn tarse ou de la cornée, elle devient tellement rebelle, qu on ne 
peut pour ainsi dire pas prévoir sa lin. 

C^MplicatlMM. — I.es altérations occasionnées par les granulations s'okservenl 
dam la conjonctive, snr les l)ords |>al|>é!>raux, les larsi*s, les voies lacrunal.s, la 
cornée et l'iris. Elles donnent lieu à des complications plus ou moins gra\es que 
nous allons étudier dans leur ordre de production : 

GALRZnwSKI. t 'k 



210 co^JO^CTlVlTE. 

1. CiciUrices et raccourcissement de lu conjonctive. — Les inflamm^ 
fréquentes des papilles gianulaires en\ahis.veiit ii la longue le stroma de la coi^^ 
tive, qui subit petit à petit la dégénérescence progressive. Â la suite de l*în^|||^ 
tîon granuleuse et de la gène de circulation qui en est forcément la suite, 1^ 
jonciive se désorganise; elle s'atrophie, se rétracte et se transforme en ut^ |j^ 
cicatriciel ou fibreux. 

En examinant ces membranes, on les trouve décolorées ou pâles; parplac»« 
y dislingue une sorte de pellicule blanchâtre qui s*étend sur diverses parties dbt 
conjonctive. 

Souvent les cicalria*s de la conjonctive deviennent plus profondes et occoprt 
toute son épaisseur. Elles forment alors des brides blanchâtres qui parlent do M 
libre^ traversent toute la couche et s'étendent sur le globe de l'œil Eo éctftttf 
fortement les pau|)ières, on aperçoit ces brides tendues dans le cul-de-sac C^ 
là un léger degré de symblêphnrou. 

En même temps, la conjonctive tout entière a subi une rétraction notahie; ^ 
s*est très-sensiblement raccourcie. 

Le raccourcissement conjonctival est tout aussi sensible dans la portioo pair 
brale supérieure que dans rinférienre, d'où il résuite moins de souplesse potr 1^ 
paupières, et leurs mouvements deviennent limités. Dans certains cas, la rètratfi^ 
est tellement considérable, que le cul-de-sac disparaît complètement, et la d^ 
jonctive palpébralc passe directement du tarse au globe de l'œil ou mèmekjâ 
eoruée. 

2. Altérations du tarse et des bords libres des paupières. — Le tarse 
le tissu cellulaire sous-conjonrtival, subit fréquemment une dégénérescence 
iogue à celle de la conjonctive. Infiliré d'abord et gonflé d'une manière sensibkf J 
est â la longue le siège d'un travail de régression et de rétraction, pendant ki|ii 
il change de courbure, devient irrègulier, l)osselè et tordu. 

La désoni'anisation du tarse ne peut exister sans entraîner la déviation plm 
moins marquée des bulbes et des cils. Tantôt ils sont entraînés dans un 
dans l'autre, et occasionnent le trichiasis et le distichiasis; tantôt, au coni 
les bulbes ciliaires s'enflamment cl donnent lieu à une blépharite glandulaire. 

Li' bord libre des paupières change quel(|uefois d'aspect; il se gonfle, s'hypeltl1^ 
phie en s'arrondissant, et prend une coloration rouge, surtout dans lesangle& 

La paupière est alors enti aînée en dehors et forme un léger ectnipion a\ec dévii' 2 
IJOD des foints lacrvmaux, ou bien, par suite de la rétraction que su bissent le UB^ 
et les autres tissus palpèbiaux, la fente pipébrale se rétrécit, et la paupière, 
sliiclinant en dedans, produit une déviation ap|)clée entro/tion. 

3. Affection de la cornée. — L'infiltration granuleuse et l'inflammation 000^ 
cutive de la cornée avec développement des vaisseaux sont des complications qsi* 
rencontrent le plus souvent dans les granulations chroniques. Cet état de la confc 
est ordinairement désigné sous le nom de pannus. 

Le pannus siège le plus souvent dans la moitié supérieure de la cornée; miii) 
envahit à la longue toute cette membrane. De même que les granulations, il euHT 
babituellement sur les deux yeux. 

li. Consécutivement à l'alTeclion de la cornée, Viris aussi s'enflamme I h' 
goe, mais les synéchies postérieures sont peu nombreuses. Si h kéndi^ | 



CONJONCTIVITE OU 0PIITH.\LM1£ GKA.NLLEUSli. 211 

iense a pris une grande extension, si elle a duré longU>ni|)s, elle peut ameniM* des 
îriCis et des iridn-ciionmiiles graves, [X)uvant enlraîncr à la suite une cécité com- 
plète. Quelquefois Tirilis n'est que la conséquence d*unc cause générale, sypiiili- 
tkjue, arthritique ou autre. 

5. Alféraitons des wies lacrymales. — Consécutivement à ime irritation |)er- 
inanente de la cornée et de la conjonctive, les larmes sont sécrétées en plus grande 
abondance que d'ordinaire. Mais les points lacrymaux subissent une déviation en 
dehors et ne peuvent plus absorber les larmes abondamment sécrétées. 

Le rétrécissement ou robstruction complète des voies lacrymales se développe 
aussi dans le cours des granulations, et peut causer une inflammation du sac 
(tnmear lacrymale) ou entretenir seulement un larmoiement et une inflammation 
des conjonctives. J*ai observé celte complication plus de dix fois sur cent gra- 
nuleux. 

6. Sécheresse de l'œil, jjcrophthalmfe, — Lorscpie la conjonctive se transforme 
sur noe grande surface en un tissu cicatriciel, et que, consécutivement, toutes le 
ouTeitures dvs glandes coujonctivales et de la glande lacrymale sont ol)struées, il 
s'ensuit un défaut complet de sécrétion; l'œil est sec et rugueux; la cornée terne 
et dépolie; les mouvements des paupières deviennent douloureux. 

Cet état morbide, désigné sous le nom de xérophthalmk\ est très-pénible. 
Heureusement, il devient de plus en plus rare depuis que les granulations sont 
soignées convenablement. 

Mapiostle dlfférmtlel. — £n général, il est très-facile de reconnaître lt*s 
granulations conjonctiial<'S, surtout lorsfpfon ne se borne pas à TexanK^n de la 
oonjoqctÎTe palpébrale inférieure, et que I on renverse en même temps la |)anpière 
npérieure. C'est sur cette dernière que Ton trouve liabituellemeot les signes 
propres de la maladie; ici les granulations sont si nettement acaMituées que le 
doute n'est plus possible. 

On pourrait pourtant, dans certains cas, confondre les conjonctivites simples on 
eatarrhales qui ont duré longtenq» avec les granulations. Voici les signes dilTércn- 
tiels^ Taide di'squels cette erreur sera facilement évitée. 

1. Granulations miliaires, — Ces conjonctivites sont souvent rliro:»i(pies v{ 
pourraient faire|)enserà l'existence des granulations néoplasiqnes. Kn examinant la 
conjonctive palpébrale inférieure, on trouve une rougeur uniforme, très-inteibe, 
située près du boni iibn^, et qui diminue à mesure (|uc l'on s'en éloigne. Cette con- 
jonctivite peut donner lieu au développement des granulations miliaires. Une con- 
jonctivite simple peut être accom|)agnéed'un engorgement des glandes de Mribomius, 
alors la rougeur est |)artielle, et les saillies sont souvent disposées en grou|)es isolés. 
On ne saurait trop insister sur la diiïércnce qui existe entre les granulations 
miliaires, (|ni n'ont aucune gravité, et les granulations contagieus^'s, surtout quand 
on Toît tous les jours cette erreur amener les conséquences les pins graves au |)oini 
de vue du traitement. 

Dans tes conjonctivites eatarrhales chroniques et scrofuleuses, dans tes blépliarit<\s 
et les cciropionv, la conjonctive pal[)ébrale devient rouge et coincne veloutée, par- 
semée de petites élevures très-tines; au lieu de présenter une surface ]>olie, lui- 
sante, cette membrane offre l'aspect d'une peau chagrinée. Ces saillies et ces inéga- 
lités de la conjonctive sont dues à un engorgement et une congestion des papilles. 



212 CONJONCTIVITE. 

Elles gaMenl majeurs le mâinc tolume et ne cliangeDt qac de couleur, en deieunl 
tauCôt (l'un ntugG carntin, lantôt d'un rose pâle. I.a même alténlioa a tiè obsenéc 
parGueneaudu Uuvsy [IJchez les sujets aileinls d'angine glandaleose etdeUé- 
pliaro-conjunclhile climniqtie liées îi une diailièse ber|)f'tii|uc. 

2. Glandes conjonclicales engorgées ou fausses granulations. — Dus le «!• 
do-sac cunjonctival intérieur, il ctistc une xéric d'élerures arrondies, jannltnsw 
rougfllrcs, roricmcui dévelupp6(.'s et qui ressenibleiil d'une inauicre frappante m 
gra nu la lions. Elles s'olwcn^cnt chez les enfanis qui uiit les yeux seni>ibles pour k 
lumière aiEindilIc lun-qu'ils irataillent le soir, de nidme que chez les roalxlo 
ai[eiui!i d'affections des vous lacrymales. Ce soitl des glandes Lsolées, folliculairn, 
et des glandes d'mtWgQnilf'Ps, suit par l'irrilaiion des lanitcs, soit par toute tnliT 
cause, et qui. dans cit élai, simulent les granulations. 

Les personnes peu expérinienK^es cnmnieiient tous tes jours celle erreur, fut 
l'éviter, il suffit d'L':iainii.er la conjonciite palpébrale supérieure pour se coiiTaiKR 
qu'elle est li>se, polie, normale, et ne présente rien de pailiologiquc. 

Tcms les uns je donne a ma rlinique di-s soins i on ^rand nombre de niiUs 
alleints de ce (|ue j'appelle de faufses granulations. Ces malades ont subi sonnU, 
peniiant longtemps et sans imcnn succis. des cauiérbations coujoiictiiales. Jeltv 
fais disparaître In coiijoncitvile et lis fausses granulations eu les .'■ounieitaot ■ 
traiienient qnc réclame l'éiat des voies lacrymales ou l'affection str umeuse. 

Dans d'autres cas, c'est l'usage prolongé d'atropine qui entraîne les inéintspi- 
nulaiions fausses. Mais elles sont transparentes et ne donnent pas iicn à la sujfi- 
niion. 

AB«t*n>iF pathologique. ~ l..es opinious des auteurs varient ajnsidérahlenMtf 
au sujet de la nature de.s granulations. 

Pour Nliickenzie, Ivs grannlaiion.s sont des hyperlropliies des papilles M àa 
glandes coiijonctivales. Ilnnly considère les tracliuuies comme des groupes de sa^ 
cornes on des produciinns calleuses. 





~ Crannlation* iryceUtf. 



Pour de Graefe et Blumberg les granulations sont des hypertrophies des cdU« 
lymplu'ïdes existant dans loiitc la conjonctite. 

Pour bien comprendre la nature d'aliéraiion qnc pr&entent les gnnnlatiou. t 
faut les étudier sous deuz formes : papillaires et vésiculaires. j 

(0 CuenHu d< Hdhi, IMH . «dUfcnw. Pari», 1857, p. M. 



CONIONCnVITK OD OPHTRALMIE GRANUI-EtlSE. 



213 



Lesanei sont cunstriuécs par on élËmciit de la conjonctive qui a subi la di^énû- 
rescrnce et la trausforaiaiion morbide, et les autres, par une production vascu- 
laire néuplasilKiuc 

£d esaniiiiaDt a^cc une loupe* oa ne distingue pas du >itsseaiii à la surface des 
granulaUoas /lapittatin, mais dp légeics scai iHcations stiiwrriciclles les font 




- GraauUliont ligi 



Si^Der abondamment Cci papilles sont i l'étal d'engoiçemciit ou d'Iiyperlropliic; 
u inicrnsrope, on recnnnjlt un ilétel<i|>pcmeiit cunsidËrablc des vaisseaui. Les 
Bgnres 96. 97. faite-, d apris les reclierclic s ei k-s travaux de )l. Alevandic Quadri 
(de >ai)lcs) ;t;, repréMntGul cette injecliiin ïue à un fort grossisse m en L 




Tk. S9. — M«mbran« épilhéliale 
ilufranul 

Ib surface de la conjonctive, on constate des cellules épithf'liales recouvrant 
In ppillus gra nul (.-uses. La couche superHciGlle se compose de petites cellules 
P'ypinales. an dessous desi]uelles on diislingue plusieurs couclies de IVpithélium 
t^Endrique. A mesure que l'un s'avance de dehors en dedans, on découvre )e tissu 
^Adure du siroma, qui se prolonge en forme de papilles. 

(l) JU. QiMdrî, Dt ta gmiiutatioa {lalpèbrale. Kaples, 4SG3. 



2U 



CONJONCTIVITE ■ 



On voit, d'après la figure 98, que l'épi llilïli un) forme une couche lr軫pWK; 
iii3i.s il perd suuvent sa coliÙKioa normale avec lo stiotna coiijonctival, et se dèiidit 
de ce dernier avec une exirt^me facilité. La figure 99 monlre une coucbc na 
épaisse de l'épilhélium délachë, conscr\'a»l l'impression deg papilles. 

Dans ccrciiiui's )K>riioiis de la conjonctive, et noiammenl près du ciil-de-ac 
conjonclival .supérieur ou inrûrieur, les granulations développées dans les ptçitit. 
conjonctivales peuvent atteindre des proportions considérables el former du Triiei 
saillies polypeuse-i. Cel étal est également dû â une inGItralion et i uoc vasculiri- 
saiion exagérées. La figure 100 en donne une idée suOisanie. 

Wolfring a trouvé de profondes rainures ou aofractuosilés eillre les papilk 
développées. Il a trouvé en outre que dans les productions trachomaienseslesiiii- 
scaiix I y m plia tiques sonl excessivement développés, comme on en peut pgr' {*< 
la (iRure 101. 




Fie. tl)1. — Vitiiseauï lyni|ilialiques dei ptpille» sianuleuieiC^, 

I,cs granulalionx ipsiiiilentfs sont de petites élevures arrondies, grisllresou jiu- 

iiâtrcs, derni-iransparentes, d'apixirencc gélatineuse cl coiili-naiit du liquide. P;ir 1) 

piqûre, ou ne les fait vicier qu'en partie, et loi-squ'on presse, on voit app;irailr«î 

la surface incisée <lrs gouttelettes qui Kniiileul îi travers de peiîtes outei lun<s. 




F[G. 103. — r.rnnuIslionvdaJculeuieailuée Pic. 103. —CranulationTéiicalcuie limée JwJ 
a la lurbce (te la conjoiicljvc, d'tprèi l'épattuur de la conjoDCllTa. 'J 

llairion. '4 

La surface de ce5; granulations est lisse el lipisaée de celloles épilhâiils p^ 
driqiics qui contiennent des noyaux ovales, Au-denoua se IruiiTe la mbUaa t 
stroma qui est altérée, inGIlrée; chaque vënicale ooDtieat dans wn inlénnrdB 

[•; .;-. tc..'n.ii Ivmrliiliijnr. : h, Inwhe frtMirdi du ptat rtMM | r, v*rMni (t nom. 



CONJONCTIVITE OU OPHTHALIIIK GBANUI.EUSI!. 



215 



«Me simples, arrondieR, ^obulcuxes, hyaline^i, aymt deux l> trois r(>is te volume 
tofloboles du pus {fig. 102^, qui rcpré»eiilp, d'a|>rÙ3 lUirion, une vésicule ï 
D pom u aeBttai de 350 fois. On y distingue eu Duln- un lacLs ries vaisseaux 
fai i( nn réseau des fibres 4^lasiî(|(ic>s du tissu coiijouctir, comme le ii^ré^ente la 
fipR 103, empruntée au lu^^mc auteur. 

A nue époque fiu-* avancée de la mala'lie, l'inriltratbn gagne toute réjiaiiiseur 
deb muqueuse; les papilles s'arrondissent, la roiijimctive se iransforme en une 
mMednre: Nous croyons ntile de rapporter ici le résultat des rcclicrches micro- 




&.iiit.Ut.OrL. ^/w/.^ï». « 

Fn. 14A, — Coupe verticale de» ^anutittioni riL'oiiIiistquei île la corijanc'ive (*}. 

Opines faites tout récemment i ma clinique sur des centaines de niu(|ueuses 
aonleoMS. Oepuis que je fais les ctcisions de culs-de-sac conjunciivaui infiltrés 
* granulations, l'occasion s'est présentée d'en faire des études minutieuses sur 
BT slrurture hisliilc^ique. Sur mes conseils. Réiiiy, interne des tiôpitaux de 
■n, t fait de nombreuses coupes sur les préparations Traiches et durcies, et il a 
ipréwulé l'une d'elles dans la figure lOfi. 



:!*■•. 



it. — B. Ulula jasHi 



Ir fmmteiv* oh l'épîtb^linB 



218 CONJONCTIVITE. 

upiuhalniie purulente, granuleuse ou une simple conjonctivite catarrhale, 
Gosselin vient de le démontrer. Pour Dismarres, au contraire, elles se 
duisent habituel iemcnt sous une forme d'inflammation diiïércnle de celle tpi 
ongendrée. Coniine on le voit, ces deux opinions diffèrent complètement, 
blenient à cause de la période dlnoculaiion à laquelle cliacuu des dcui énui 
praticiens l'ont considérée, à la qualité et à la quantité du pus qui est entré et 
maintenu entre les paupières jusqu*à ce que Tinoculation ait eu lieu. 

Existe-t'il un virus granuleux général^ analogue au vh*u8 sf/ph'litigm 
autrr? Cette question me parait définitivement résolue. Que la blenn 
donne lieu à des symptômes d*inferiion générale, il n'y a, selon moi, 
doute h cet égard; mais qu'il y ail un virus granuleux spécial, comme sei 
Fadmottre les médecins belges, et notamment Thiry, cela me paraît inacc 
Ri ici je partage l'opinion de Spérino, qui se prononce complètement contre 
théorie, se Hindant sur ce que tout virus produit, indépendamment de T 
locale, une action générale, ce qui, jusqu'à présent, n'a été observé dans 
cas d\)plitlialinie granuleuse. 

ProaoNiie. — I^ Conjonctivite granuleuse est une affection oxtré 
longue et difficih* à guérir, ce qui rend son pronostic trés-séricux. 

Sa gravité devient encore plus grande, si l'on prend en considération la 
lilé d*ap|)arition des complications du côté dos paupières et de la cornée, 
cations qui peuvent compromettre la vue. 

Sous rinflnence do toute cause d'irritation, même la plus légère, la ma!adie|i 
prendre une marche inflammatoire ai|;uë, et ex|)oser les malades à des dai 
bien autrement graves et sérieux. 

En général |)ourtatit nous devons avouer qu'avec de la patience de la part 
malade cl de la persévérance intelligente de la part du chirurgien, on parvii 
obtenir des améliorations très -sensibles et souvent même des guérisons radî 

Traitement. — Les graïuiiatious conjonciivales présentent des variétés in 
brables. Chaque cas offre quelque chose de particulier, qui peut avoir une infl 
majeure sur le traitement. 

C'est pourquoi, avant d'entreprendre le traitement, le malade granuleox 
être examiné au |X)int de vue : 

a. De la variété des granulations et de leur durée; de la présence de co 
d'infiltration et de suppuration : 

k Des C4)mplicati()ns du côté de la cornée ou des autres membranes; 

V, Des symptômes morbides dont souflre le malade. 

Il y a deux méthodes de traitement, médical et chirurgical. 

A. ThaitilMEn r MÉDICAL. — 1 . Cautérisations. — La méthode des 
risations est cependant la seule qui, dans la grande majorité des cas, doit 
appliquée, soit dès le début, sf)it après que l'on a pratiqué pendant quelque teoff 
des scarifications. 

Kn effet, lorsque les conjonctives ne sont pas trôs-engorgées ni congestionnéeik 
qu'elles sont ))Iuiôi accompagnées d'une dégénérescence, d'une infiltration pbf*i 
tique et ([u'elles suppurent, il est nécessaire de recourir aux cautérisations avechr 
nitrate d'argent. 

fies cautérisations avec le nitrate d'argent ne doivent pas être profondes et Toi 



CONJONCTIVITE OU OPHTHALMIE GBAiNUI.EUSF. 217 

oie poruleiuc ou blcnnorrhagique. Thiry n'admet même pas d'autres 
i que celles qui soui consécutives à ropluhaimie purulente. Je ne parle 
lenda, ni des granulations iniiiaircs que Ton retrouve chaque fois que 
ve est longtemps irritée, ni des glandes folliculaires hyperlrophiécs 
Il les granulations. 

ilations conjcrnctivales sont, en effet, des plus contagieuses, et il suflit 
r, pour s*essuyer les yeux, d'un linge dont s'est servi un granuleux, 
. qu'il a employée pour se les laver, |)our que l'on gagne l'ophthalmie 

Dde facilité de transmissibilité de la maladie rend, on le conçoit, tout 
reux l'encombrement des malades dans les mômes salles des hôpitaux, 
eroes on les écoles. Les communications constantes des individus entre 
tent dans l'impossibilité d'éviter la contagion directe. C'est ainsi que 
expliquer l'apparition de cette maladie chez plusieurs individus de la 
Ile et la préservation de ceux qui sont à l'abri de la contagion. Quant 
ssion des granulations par l'air infecté, je n'y attache aucune impor- 
jusqu'à présent ne m'a démontré l'exactitude de cette sup|;osition. 
ulation de l'écoulement blennorrhagique ou leucorrhriquc engendre 
-anulatious, et souvent les linges sales, imprégnés de cette sécrétion, 
iliter cette transmission. (l'est ainsi que l'on peut s'expliquer le grand 
granuleux parmi les bl.inchisseurs. J'ai remarqué que plus d'un tiers 
ides de la clinique, atteints de grantdations, exercent cette profession. 
ce que ces individus essuient leurs yeux avec les linges sales qui por- 
t des taches blennorrhagiques^ et c'est ainsi que le pus blennorrha- 
ule aux yeux et engendre, soii une ophthalmie aiguë, suit des granula- 
qucs. l/exislence simultanée des granulations conjonctivales et celles du 
us, quia été démontrée parRognetta,etderni^remenl par Leliévre ^i), 
quer par la transmission du pus de parties génitales à l'œil. 
npur, le froid, Thuinidité, la constitution strumeu>e ou lymphatique des 
ic d}scrasie tuberculeuse ou scrofuleuso ; toutes ces causes ne peuvent 
ement admises parmi celles qui en<;endrent les granulations néopla- 
t au plus peuvent-elles faciliter ou accélérer leur évolution ultérieure, 
ns l'opinion de Hasner, A rit et d'autres auteurs, qui admettent l'exis- 
! prédis|)osilion morbide individuelle, sous l'influence de laquelle une 
mmation peut amener des granulations. 

fag von Carion (2) admet le développement sporadique des granulations 
es, ce qui est même, selon lui, trc^-fréquent. Il estdiflicile de se ran- 
Dpinion, les moyens de transmission des granulations nous échappent 
ais cela ne prouve nullement la sporadicité de la maladie. 
période les granulations sont-eWs contagieuses? C'est une question 
soudre. Il me semble que tant qu'elles ne sont pas cicatrisées, on doit 
"er comme contagieuses, 
lalations trans])ortées d'un individu à un autre peuvent causer une 



ne. Granulations de laco/tjonrtive^ thèse de Paris, 1869, p. 15. 

9f YOn Carion, Die Ophthilmoloyie, Erlangen, 1858,1. II, Abth. II, p. S65, 



:218 



CONJONCTIVITE. 



opiitlialiilio purulente, granuleuse on une simple conjonctivite calarrliale , conne 
GoNsHiu ^iiMil (le le démontrer. Pour Dismancs, au contraire, elles se repro- 
duisent habituel ieinenl sous une forme d*iiiflamiiiatiGn diiïérenle do celle qoifk^ 
riii;ei)(lm'. <:oninie on le voit, ces deux opinions diflèrent complètement , funkh* 
hieinent à cause df la période d'inoculation à laquelle chacun des deui émîi 
piaticiens l'ont considérée, à la qualité et à la quantité dn pus qui est entré et se 
maintenu cuire les |)aupières jusqu'à ce que Tinocidation ait eu lieu. 

h.i isfr-f-/'/ 1111 nrns f/rtinuhu.r (jôiuTnl^ nnnioqup ait rirtis fi/ph'li tique 
inif/r'/ Crtte question me paraît définitivement résolue. Que lii blennorrhapi 
dnmie lieu à des s\mplomes (rinreftion générale, il n'y a, selon moi, 
doute ;i cet égard; mais qu'il y ait un virus granuleux spécial, ccmime steinbbl^ 
l'adm-'tlre les mé'Iccins belges, et notamment Tliiry, cela me paraît inacrepuUt 
lit ici je partage l'opinion de Spérino, qui se prononce cmnpléteinenl contre cclll' 
tliéiH'ie, se rniidant sm* ce que tout \irus produit, indé|)endamnienl de l'artM 
locale, une action générale, ce (pii, jusqu'il préMMil. n'a été oliservé dans aocv 
cas fi o|t|iih.iliiiit' gramdeuse. 

PronoHflif. — La conjonctivite gratiuleuse est une affection extrènienvfll 
Inii^iie ei diiricile il guérir, ce qui rend scm proiifistic très-sérieux. 

.S.I gra\ité<levient encore plus grande, si l'on prend en considOration h pi 
lilê d'apiarition des complications du côté des paupières ei de la ciirnée, compE- 
ealionsqni peuvent compnmieltre la vue. 

Sous i'inlliieiice de tmite cause d'irritation, même la plus légère, la maladie pMt 
piendre une marche inflammatoire ai^iië, et c\|M)ser les malades à des dangn» 
bien anlremeiit giaves et sérieux. 

Hu général |HHirtaiit nous devons avouer qu'avec de la patience de la |iarldl 
mahide et de la |»erM'*\érance intelligente de la part du chirurgien, on parvient 1^ 
«iblenir des amélifiralions très sensibles et sfuivent même des guérisons radirafel 

Trnii«'nM*nt. — Les granulations cmi jouet ivales prési'utenl des variétés ini 
bi .ibles. < J)a(pie c.>s ollre (piel(|ue chose de particulier, qui |h*uI n^oir une înfli 
majeure sur le Iraileinent. 

C'est pourquoi, avant d*entrepr«*ndre le traitement, le malade granuleux M 
l'Ire eximiin* au |M)iut de \ue : 

n. De l«i variété des granulations et de leur durée; de la présence de congeMÎM, 
d'inlilttatiou et de siq>pnraliou : 

//. Dis (ninplicatiiius du côté de la cornée ou des autres meud)ranes; 

' . Des symptômes mf>rbid«*s dont sonllre le malade. 

Il \ a deux méthodes de traitement, médical et chirurgical. 

A. Ir.AiMAïK.M M(:nii:Ar. — I. rntihri^fihun*. — 1^ mélhoile de» canl^- 
ris.iiidiis est ce|M*u(lant la seuli* qui, dans l.i grande majorité des cas, doit élit 
applifpii'e, Miit dès le début, soit après que riiu a pratiqué pendant qneh|ue lemi^ 

des M .'Il iliratinus. 

I II rllt-i. lorsque |is cnujonctives m* sont pas très-engor:;ées ni conge>lionnétT$, 
qui Mrs stiiit pliiini accfoiipat^néeN d ime dégéuéresciMice, d'une iidîllralion plas- 
iiqiir cl (|ii'illes suppurent, il esi nêcess.iire Je recourir aux cantéris.itiiHis aiec If 
nilialt' d .lisent. 

Les (.iiiléiiviiiniis n\ec It* nitrate d'argent ne dm'venl pas être profondes et TtHi 



CONJONCTIVITE OU OPHTHALMIE GRANULEUSE. 221 

FEMENT CHIRURGICAL. — Exctsion des granulations du cul-de-sac. 

las rare d'observer que les granulations sont tellement reMles, qu'elles 

otttes les méthodes ci-dessus mentionnées. C*est alors qu'on doit avoir 
méihude que j'emploie avec beaucoup de succès sur un grand nombre 
et qui consiste en une excision du cul-dc-sac conjonctival, soit supé- 

sok à la fois supérieur et inférieur. Je pratique cette opération de la 

i va II te : 

opéi'atoire. — Le malade étant couché et endormi s'il le désire, je 
panpière supérieure et saisis avec ma pince double à érigne (fig. 107), 




va 
i- « 



Fig. 107. — Pince a granulations de Galezowski. 

ic conjonctival et reniraînc au dehors en cherchant autant que possible 
ar le tarse, pour ne pas l'accrocher avec la pince. Je confie celte pince ù 
ilacé au chevet du lit, et je commence la disseclion de la conjonctive, 
is sa limite bulbaire et ensuite près <le son bord tarsien L'incision pos- 
doit |)as empiéter sur le globe de l'œil, ni dépasser l'éfyaisseur de la 
• La dissection de la conjonctive près du bord tarséen et en avant de la 
»e faire a\ec beaucoup de soin |)our ne pas enlever le larse ni empiéter 
)iiclive palpébrale, l'un et l'autre de ces accidents pouvant entrahier 
'àcheuses. 

Je de la même façon pour les deux paupières, j'arrête l'hémorrhagie, je 
il de tout le sang coagulé, et je fiiis appliquer des compresses glacées. 
i après, je recommence les cautérisations habituelles, et ordinairement 
trois mois de ces cautérisations, j'obtiens des guérisons radicales, ou du 
imélioratioiisde plus en plus marquées. J'ai pratiqué cette opération plus 
lits fois et toujours avec un succès remarquable, 
sseur Richet ajoute à celte excision l'incision de l'angle externe de l'œil. 
;ral, ce procédé d'excision du cul-de-sac conjonctival me paraît la plus 
nnovatîon dans le traitement des granulations, et je ne saurais trop le 
der. Je pense qu'il agit en enlevant la partie la plus im|H)rtante de 
ranulé et purulent; c'est le ciil-de-sac avec ses nombreuses glandes qui 






CO^J0^a■|ÏITE. 

,!.*:iU-:ur ([ij.ii, Jt yn.im ,Ie cuiire e>l un çro» criblai pur, hin 
.^ j'j b'jui. aufjud un donne U ruinio kmiIik*. On le passe une Ui 
_ur l» CMijunciite» ili s i!«ui l'jtipivros icntrrM-cs, cii l'appuyut ai 
|,.:iir prwtuin- p1ii> dcffrt 

r ",(.fft< i-miijix «If.- fr <o"<-'i' t'r-7" 'U/J;iiilt liquidv. — I.orei]ue ktgm 
itoini li^ptrémirc». et fiiu- l'iiinjiiiiiialiun. aiii'-j que la >uppunliia, 
^ittonilai.if. lor>qup surt ut l'œil uei 
l^a» ni le iiiirairirar|;pai iii le Kulfaied 
1111 |ias>e4l<irsaus(ius-acétaiedep)oiiil 
ihiiittuici b luriuule: 

i:S«uf-ac^UI«i]« plomb liqui-l«. Jpi 
C.iu diMillfe 7) 1 lopi 

On pa^se le pinceau Ireutpé dam > 
lutiiin Mir les dt-ux paupièrra reinr 
»ii les latc après quelques insiaut* i 
faible MituliuD il'eau salée. Cm ca«i 
pcuteni tire reiiou\elées luiis hs 
mus tes ili-ux j()urs. 

;». X'itritnh- depl'iiih i-n fnindre 
cniinuamlé |>ar Bu\s cimire les gm 
Il agit, en eAi-t. «m'z rantrablement < 
lains ras uii la cornOe ii'e^t pas encan 
je remploie arec iiaiila];e main ï de 
UTvalles Iniîs «u quai» jours de h 
je retiens de nouveau aux eaulénial 
Il> iiitnie d'an^nl. 

6. Pour ralinrr la MuETrance An t 

apK-s chaque caulérisaiinn. j<> leur /■ 

' les u-ut, au niii>cii d'une willere adif 




c duiiclic d'eau froide 



.^:^- 




in iRali'ur, ou Inen il l'aide d'un pulvéïi-aleur dont m vnîi iti i\vu\ nvidMe 
ei nui). A ma clinique, j'ai un a^wreil 4 ;.ciuc1h,' >|H'cialqiii peut servir* 
nialades îi la fuis. 



CONJONCTIVITE OU OPHTHALMIË GRA^U1.EUSE. 



223 



ces les plus ficbeuses. L'inflammation de la cornée peut devenir tros-vive et 
mpliqaer d*un abc^ profond et perforant. Aussitôt que celte complication 
BDl, toute sécrétion purulente s'airCte, l'œil de\ient larmoyant, photophobe, 
le manifeste des douleurs très- violentes qui ne laissent aucun répit au malade. 
08 ces conditions, l'œil ne pouvant supporter aucune cautérisation, il faut 
bniicr |K)ur quelque temps le traitetnent des granulations et ne s'occuper que 
ilat de ia cornée. Le traitement antiphlogistique sera a|)pli(|ué avec la plus 
le videur, le calomel à l'intérieur et les frictions mercurielles au pourtour 
orbite seront utilement prescrits. Voici quelques formules : 



EoeDl napolitain 10 grammes. 

rait de belladone 5 — 



:^ Baume IranquiUe 10 grammes. 

Hydrochlorate de morphine . 25 centigr. 



idqaefois les douleurs périorbitaires pourront être facilement calmées par le 

^nnage des paupières avec une solution concentrée de nitrate d'argent, que 

WBtralisera ensuite par une solution d'eau salée. 

• Si les douleurs persistent et si l'abcès de la cornée tend à se porter dans les 

i^ piYifondes, il n'y a pas alors d'autre ressource que la paracentt'se faite dans 

hk de rabcès;on pratiquera cette opération d'après les indications dévelop- 

ph» loin (voy. Abcès de la cornée). 

^ Le paonus devient quelquefois presque charnu, et la cornée se couvre tout 

H» de vaisseaux et de {productions néoplasiques. Les cautérisations n'amènent 

Cancane amélioration et aggravent au contraire les souffrances. C'est dans ces 

lions i|ue les scarifications des vaisseaux péricornéens, fn^(|ueminent répétées, 

sronl des résultais fa\orables. J'ai obtenu par ces moyens des guérisons après 

ecès de tous les autres modes de traitement. 

■s les cas des productions épaisses^ néoplasiques sur la cornée, je fais une 

km de ces productions, en grattant fortement la cornée avec le scarificaleur 

|Hnarres. 

L Quelquefois on enlèvera des fragments de la conjonctive péricornécnne^ en 

pu les plis avec des ciseaux de Cooper. Dans d'antres cas plus graves, com- 

|fi de paunus invétérés^ où tous les moyens avaient échoué, Furnari (i) a 

■UK la méthode a|)|>elée tonsure de ia conjonctive : c'est une véritable ton- 

MeicisioD de la conjonctive bulbaire, depuis la cornée jurqu'au cul-de-sac 

|MCtivaI. 

la témérité de l'opération, il faut dire qu'elle donne quelquefois des 
assez satisfaisants. Pour ma part, je préfère exciser dans ces cas la con- 
te rétro-tarsienne supérieure, aussi largement que possible, et ne point tou- 
la conjonctive péricornéenne, de crainte d'avoir des adhérences .entre le 
|e de l'œil et les paupières. 

à. Piringer a eu le premier l'idée d'appliquer Tinoculalion de Tophtlialmie 
flieote dans les yeux atteints de pannus. Les auteurs belges ont pratiqué cette 
intion avec succès. L'observation a, en effet, appris que Tophtlialmic purulente 
idoppée dans un œil atteint de pannus granuleux, non-seulement ne présente 
Bide danger pour la cornée, mais le travail inflammatoire aigu qui s'ensuit fait 




1) Funuri, Gazette médicale, 1862, n« 4. 



224 



CONJONCTIVITE. 



disparaître tes granulations et les pannus. Desinarres, en France, et Bidff,« 
Angleterre, ont fait ces mêmes expériences, quoique avec«dcs succès diBnUii 

Malgré raulorité des hommes qui ont fait ces inoculations, je ne crois pni 
rcconuiiander cette méthode ; d'autant plus que d*après i'obsenatkm 
cieuse de de Graefe, elle peut donner lieu à une ophthalmie diphthéritiqiei 
dangereuse que les granulations elles-mêmes. 

15. Les complications du côté des conjonctives sont de deux sortes: ce 
infiltrations interstitielles, de matière fibreuse, ressemblant à des m 
neuves, f(»rniantpar places de véritables excroissances cartilagineuses. Dm 
sorte d'altération, les conjonctives ne sont point vasculaires, mais exsaogoesetl 
vent presque sèches. Aucun moyen ne réu>sira à dissoudre ces infilli 
n*est qu'en pratiquant, à plusieurs reprises, Tabrasion complète de ces 
tumeurs conjonciivales que j*ai obtenu des résultats très-satisfaisants. 

Les cicatrices de la conjonctive indiquent ordinairement la disparitioa ài| 
nulalions, et il n*y a là, par conséquent, rien à faire. 

16. Entropion et trichiasis. — On doit aussi examiner attentivement H 
bords des paupières et celui des cils. Lorsque les cils sont déviés en dedani 
V a trichiasis ou entropion, qui accompagnent les granulations, il n'y a 
possibilité de soigner ces dernières sans guérir Tune et Tautre de ces coi 
Nous avons indiqué plus haut que le meilleur moyen contre ce genre dV 
est le procédé de Pagenstechcr. 

Pour combattre le trichiasis dans les granulations aiguës ou chroniquOil 

procéder de la manière suivante : 

Après avoir glissé une plaque en écaille sous la paupière, on fait aneindÉ 

rallèle au bord palpébral à 3 ou 5 millim. de ce dernier; l*incision est 

elle traverse le tarse et s'arrête à la conjoi 
seconde incision parallèle à la première est 
5 millimètres plus bas; elle est dirigée ol 
et doit s'approcher près de la conjonctive 
première. Les tissus limités par les deux ii 
sont enlevés; on réunit alors les bords de h 
avec deux ou trois sutures ; les aiguilles sont 
duites très-profondément dans le tissu au 
ma pince-aiguille (fig. 109), qui rend ce tempii 
pération tiès-facile. 

17. H arrive bien souvent que les yeux restent rouges et irrités, biei 
granulations soient presque complètement cicatrisées et que les yeux oei 
point. Les malades se plaignent surtout de larmoiement et de pbotophobie. 

Ces symptômes doivent attirer Tattenlion du praticien sur Téiat des 
maies, que Ton devra explorer d'a))rès les préceptes que nous avons 
parlant des maladies de ces organes. J'ai obtenu souvent une amélioraiioo 
rien que par le traitement des voies lacrymales obstruées on enflammées^ 

18. Dans les cas de granulations rebelles, le professeur Gosselin 
poser tous les huit ou dix jours un vésicatoire, large comme une pièce d'ofl 
au front, à la tempe ou derrière rorcille. 

19. Les cautérisations faites, soit avec le nitrate acide de mercure albikil 




Fig. 109.— Pince porle-aigiiillc 
de (•alczuw;^kî. 



XÊROPHTHALMIE OU SÉCHERESSli: DE LA CONJONCTIVE. 225 

rièmefOesmarres), soit enfin avec l'acide chromiquc (Serre d'Alais), n*ont pas 

B efficacité assez bien démontrée et ne sont pas à Tabri du danger, pour que 

is paissious en recommander l'usage. 

M. Les nM)yens hygiéniques doivent être ici mis en pratique bien plus rigou- 

Bernent que dans d'autres affections oculaires. Les malades rechercheront, 

UUqoe |)0ssîble, un air frais et sec, et éviteront les appartements humides, l'air 

é par les émanations insalubres, la fumée, etc. Un régime tonique, fortifiant, 

iip des préparations ferrugineuses et iodiques, vin de quinquina et huile de 

I demorue, seront trés-avantageusement prescrits aux malades. 

i. L'affection étant très-longue et sujette à des aggravations passagères, il est 

BMaire de prévenir le malade des rechutes qui peuvent survenir dans le courant 

iraitement. Il doit être averti que ces inflammations subaiguês qui arrivent 

B k cours du traitement, par suite des cautérisations, ne peuvent qu'accélérer 

■érison. 

I. Oo doit prévenir aussi les personnes de la famille et tous ceux qui appro* 

tt les malades que l'afTection est contagieuse et peut facilement se commun!- 

& Par conséquent, ils éviteront de coucher ensemble, de se servir des mêmes 

M^ de se laver avec la même eau, etc. 

HJOCtAPHiE. — Arlt, Du trachome de la conjonctive (Ann, doculist.^ 1850, t. XXIV, 
12). — Thiry, Compte rendu du Congrès ophthalm. de Bruxelles^ session 1857, p. 318. 
Muf Ton Carion, Die Ophthalmologie, Erlangen, 1858, Bd. II, Abth. II. p. 801. — 
Krinl, De la conjonctive {Gaz, des hôpit., 1861, p. 128). — Gosselin, Blépharite mu- 
•€ gt^nuleuse (Nouv, Dictionn, de méd, et de clnr, prat., t. V, 1866, p 279). — 
w. Recherches sur la nature des granulations {Bull, de l'Acad, roy. de méd, de Bel- 
, 1863, 2® série, t. IV, n° 5). — Wolfring, Ein Beitrag zur Histologie des Trachoms 
iv f. Ophthalm., 1868, Bd. XIV, Ablh. III, p. 159. — A. Quadri (de Naples), De la 
tialton jtalpébrale, Naples, 1868, pi III et IV. — Blumber^;, Veber das Trachom vom 
ar pathohgiîchen Standpunkte {Archiv f. Ophthalm., Bd. XV, Abth. ï, p. 129, 1869). 
jeiowski. Etude sur les granulations, etc. {Recueil d'ophtha/m., Paris, 1874, 1 fasc). 

ARTICLE XI 

XÊROPHTHALMIE OU SÉCHERESSE DE LA CONJONCTIVE. 

lyM^oiiiatoiosic. — Cette afTection est caractérisée par une sécheresse com- 
ede la conjonctive dans toute son étendue, sécheresse et opacité de la cornée, 
alpreud un aspect cadavéreux, il n*est lubrifié ni par les larmes ni parlasécré- 
I moqueuse normale. >Yharton Jones a vu une fois la conjonctive comme enduite 
■aiière grasse et ne se laissant pas mouiller par les larmes. 
Ccit une sorte de cutisaiion de la conjonctive, et, comme cette dernière n'est 
ht lobrifiée, les malades ressentent dans l'œil une sensation de sécheresse irès- 
ttgréable; les paupières glissent diflicilement sur l'œil, ce qui fait (|ue la fente 
Ipébrale paraît rétrécie. L'œil est insensible à l'attouchement, ainsi qu'à l'in- 
blion des collyres fortement astringents. 

Sl'affecliiîn restait limitée à la conjonctive, la vue ne serait pas sensiblement 
oblée-, malheureusement la cornée est atteinte, et se couvre, d'après Desmarres, 
ichcs blanches crétacées, semblables à du plâtre en poussière. La vue est ainsi 
iplétement compromise. 

GALtZOWSKl. ^^ 



226 CONJONCTIVITE. 

Le xérosis occupe le plus souvent toute la muqueuse conjonclivale, ainsi que 
la cornée. Mais il peut arriver qu^une partie limitée de la cornée en soit atteinte, 
comme je Tai observé sur un malade du professeur Richet, affecté de siapbyHne 
opaque de la cornée. Une partie de re staphyîôme était toujours sèche, et dei 
gouttelettes de larmes s'y accumulaient parplace^ ce qui faisait méme|)eDseràb 
transsudaiion cornécnne. 

En examinant la conjonctive dans toute son étendue, on trouve des adbéi 
partielles entre les paupières et le globe de rœil(symblépharon), comme Destn 
père Ta signalé. 

itnatomie pathologique et étioio{|ic. — La xéropliihalmie cst unc affî 
excessivement rare; elle est le plus souvent consécutive à unc conjonctivite grah] 
leuse ou diplithérilique, ayant amené une atropine complète de la muqueuse 
laire avec obstruction de tous les oriOccs des glandes conjonciivalcs, ainsi que 
la glande lacrymale elle-même Quelquefois elle e^^ r-ie à la brûlure; dans d'à 
cas, elle se manifeste à la sui?e de Tusage prolongé d'ur. œil artificiel. 

Vidal (de Cassis) pensi' que cette alTection peut être congénitale, et, se 
lopper indépendainnient du phénomène inflanmiatoire sans que les larmes al 
cessé de couler. Duprez Ta rapportée à rinflammation chronique de cette 
brane suivie d'oblitération de tous les conduits excrétoires dca glindes. Cette 
nion est combattue par Annnon et Schmidt. 

Selon moi, l'obsiruciion des conduits lacrymaux et glandulaires est noe 
causes les plus importantes ; mais on doit encore prendre unc autre circonstai 
considération. Je veux parler de la destruction et de Tabsencc complète de F 
lium; le tissu cicatriciel qui renferme alors la conjonctive et Tépithélium est î 
pable de se lubrifier. De là le dessèchement pr(»gressif par fmttenicnL 

Au microscope, on constate une atro))hie compiète du strouia de la conjoi 
et de snn épithélium. Les vaisseaux sont très-rares. Le tissu sous-conjonctival 
très-dense. L'ensemble de la muqueuse est anal(»gue au tissu cicatriciel. 

Trniiciiicnt. — Cette aiïectiou est incurab'e; c'est pourquoi on doit .se 
tenter des moyens palliatifs. Graefe et Wflls n-commandent rinstillalion du 
dans l'œil. Tajior a proposé dans ce même but Tubage de la glycérine W'h 
.loues emploie un collyre composé de trois gouttas de potasse pour 60 gr. d' 
dans le cas où la surface de la conjonctive était trop grasse et re|>onssait Thu 
dite, comme cela est arrivé avec un de ses malades. Ctiurserant a obtenu uoeai 
lioration notable par une occlusion permanente et prolongée des paupières, 
moi, le moyen le plus elTicace contre cet éiat de la cornée est l'usage des dou 
de vapeur d'eau chaude dirigée sur l'œil au moxen de l'appareil vajMirisateur. 

Bibliographie. — Dupifz, De la Témpht/.nimie, Uièse de Paria, 1836. — Taylar,Ilf* 
.n-rophtluilinie {EdinOunjk Med. and Surg, Journul et Ann. d'ocui., 1854). — Vidll(i» 
(assis), Traité de jwthotogie externe. Riris, 1861, 5* cdil., t. fit, p. 321. 

ARTICLE Xn 

RELACIlliMENT, «SDÈMIi DE LA CONJONCTIVE. 

A. Relâchement de la conjonctive. — Chez les vieillards et chez ccrtaios 
individus anémiques el rarhf'ctifiues, la conjonclive peut subir unc infillrali^t 






ECCnYMOSES SOUS-CONJONCTIVALES. 227 

mse; elle se dislend d'une manière très-prononcée, et, après avoir perdu les 
icbes qui Tunissenl à la sclérotique, elle forme des plis plus ou moins saillants à 
nrfoce du globe simulant le chémom. 
Le nlâchement de la conjonctive occu)}C ordinairement l'espace qui correspond 

I fente palpébrale, en dehors et en dedans de la cornée. Dans les plis ainsi for- 
îs il s'accumule souvent un peu de liquide aqueux, ce qui le fait ressembler à 
ik^rste. 

Vkulieineiit. — Oesmarres père, qui a décrit d'une manière très-complète cet 
it, propose de faire l'excision d'im lambeau horizontal de la conjonctive, éloigné 
M centimètre de la cornée et tout près du cul -de-sac conjonctival inférieur. La 
lértsou peut être ainsi facilement et protnptement obtenue. 
ft. (Edème conjonctival. — On rencontre très-fréquemment l'infiltration 
lifKedc la conjonctive bulbaire comme complication des différentes maladies 
ilammaloires des paupières et dos voies lacrymales, et notamment dans l'orgeo- 
I, le furoncle et l'inflammation du sac ou de la glande lacrymale dans les con- 
■cliîiles catarrliales et les iritis. 

II se produit alors une infiltration séreuse plus ou moins prononcée au-dessous 
ih conjonctive bulbaire, qui est soulevée par un liquide aqueux, transparent ; 
I peu jaunâtre presque gélatineux. 

Dépareilles infiltrations, quoique moins accentuées, s'observent aussi chez les 
fiooDes débilitées, anémiques^ chez les albuminuriques. Dans ces dernières cou- 
ÉMU, i'cedèmc change fréquemment d'intensité; il est pend&nt longtemps à 
ne marqué, et devient ensuite sans aucune cause plus accusé. 
Celte affection ne constitue qu'une complication de peu de gravité, et n'exige 
plus souvent aucune intervention. Mais lorsqu'on la rencontre dans le courant 
ne iritis intense, on fait faire avec avantage des scarifications sur les parties infil- 
»de la conjonctive. Il s'en écoule un peu de sang après quoi le malade éprouve 
soulagentenl réel. 

liBLioGRAPHie. — Midlemore^ A Treathr on the Dùeases of ihr Ef/e nuti ifs Ajtitewhigfy 
léoo, 1835, l. I, p. 421. — Dubois, Ann. iVonih^ vol. XXXIV, p. *2n8. 

ARTICLE XIII 
ECCHYMOSES SOUS-CO.NJOiNCTIVALtiS. 

les ecchymoses sous-conjonctivalcs se rencontrent dans les différenles parties 
^paupières et de la conjonctive. Tantôt elles sont spontanées, tantôt au con- 
'nire elles sont occasionnées par une clmte ou une blessure de la tôle, et indiquent 
0% fracture de la base du crâne. 

^/mptomatoiosie. — Une tache rouge, uniforme, plus ou moins étendue, se 
^otre sur le globe de l'œil. Elle est quelquefois située à l'angle externe et infé- 
'<Hir et s'étend jusqu'à la cornée; dans d'autres cas, elle occupe le cul -de-sac 
^joDctival inférieur et les parties voisines. 

Ces taches ecchymotiques ne sont accompagnées d'aucune douleur, et le plus 
Oîcnt les malades ne s'aperçoivent de leur existence que lorsqu'ils en sont pré- 
nos par les pei*sonnes qui les eniourent. 



228 CONJONCTIVITE. 

Un épanchcmeiil plus abondant peut soulever la conjonctive bulbaire en fonue 
de disque auiour de la cornée. Il y a alors une gène pour les mouvements te 
paupières; Toeil devient tout noir, et si on ne Texatnine pas avec uoe atteotioi 
suffisante, on pourrait attribuer à cet état plus de gravité qu'il n*en comporte. 

Les épanchemcnts sous-conjonctivaux se résorbent lentement ; quand ib sort 
considérables, ils prennent au bout de quelques jours une coloration plus foncée it 
même noire; petit à petit, le sang se résorbe par place; la conjonctive detieM 
orangée, jaunâire, et ce n'est qu'après quinze jours à un mois qu'elle reprend fl 
teinte habituelle. 

I^tioioifie. — 11 y a plusieurs variétés d'ecchymoses sous- conjonctivales : im- 
matiques, syniplomaiiques de fractures du crâne ou de l'orbite et spoutanécs. 

Les ecchymoses traumatiques s'obsenent après toutes les opérations que l'a 
pratique sur l'œil ou la conjoucti\e, de même qu'après les blessures et les coop 
portés sur cet organe. 

Dans d'autres cas, elles sont consécutives aux fractures par contre-coup des ■ 
de la base du ci âne; elles apparaissent alors vingt-quatre heures après l'accidfllh 
et sont considérées comme le signe pathognomonique de la fracture. PonrLh 
gouest, il existe aussi, conjointement avec l'ecchymose, une projection de YcàBi 
avant. Les paupières elles-mêmes peuvent présenter aussi de l'inûltration 
guine ; mais, comme le remarque très-judicieusement Nélaton, cela arrive bea» 
coup plus lard. 

Les ecchymoses spontanées sont dues à plusieurs causes; elles se montrent à 
suite de violents accès de toux, ou d'efforts pour vomir. Ainsi il est très-fr 
d'observer ces ecchymoses chez les enfants atteints de coqueluche ou cha 
adultes emphysémateux. 

L'ecchymose apparaît aussi après le sommeil chez les individus tout à fait 
portants. £lle peut être quelquefois le signe précui*seur d'une inflammation 
interne de Tœil, comme Desmarres père a eu l'occasion de l'observer. 

L'épanché ment sousconjonctival s'observe le plus souvent dans un seol 
mais quelquefois les deux }eux présentent la même altération, surtout loi 
c'est la toux qui en est la cause, comme j'ai pu m'en convaincre sur plusicon 
mes malades (1). 

Les ecchymoses sous-œnjonctivalcs se manifestent aussi dans dcsconjonctiTilif ^ 
catarrhales, ce qui donne à la conjonctivite une teinte jaune orangé. 

Pronostic. — Ces épanchemcnts ne présentent aucune gravité; ils disparaiflcit • 
tout seuls sans aucun traitement. Les ecchymoses apparaissant après leschoteill 
les blessures de la tête sont graves, en ce sons qu'elles indiquent le plus sooicit 
une fracture de la base du crâne. 

Traitement. — Nous faisons appliquer sur les yeux des compresses imbibèei 

(1) Observation. — Un homme âgé de quarante-sept ans, à la suite d*une broocbitiit 
d'un accès de toux a été pris de vei'ti{;^e et a failli tomber; und heure après rétourdisseMil 
a disparu, mais l'œil gauche étail tout noir. En l'exauiinant huit jours après rac€ident,l> 
présence des docteurs Daguenel et Morel (de Besançon), j'ai pu constater que la conjooetivt 
bulbaire tout entière de l'œil gauche jusqu'au cul- de- sac était soulevée par une couche éjMÎM* 
de si'Ug presque noir; l'œil droit contenait aussi une ecchymose dans le cul-de-sac iofériev* 
Le malade n'a guéri qu'au bout d'un mois. 



■ 



f 



BLESSURES, BHULURES ET CORPS f.TRANGERS DE L\ COMJONCnVE. 229 

d'ean froide pure ou mélangée avec un dixième de teinlurc d*aruica, ou avec de 
l'eau de Goulard. 

Dans le cas où Tépanchement sanguin est très-abondant et quand il soulève for- 
tement la conjonctive, on pourrait inciser la conjonciivc la plus distendue et faire 
évacuer le sang par des pressions successives. Mais celte opération ne |)eut être 
faite que dans les premières vingt-quairc heures, lorsque le sang n'est pas encore 
coagulé. 

BiKUOCRAPHTE. — Nélaton, Êiéments de pathologie chinirgicnh, t. H, 18^7, p. 562. — 
Lcfooest, Traité de. chirurgie de rarmée, 2« édil. Paris, 1872, p. 264. 

ARTICLE XIV 

BLESSURES, BRULURES ET COHPS ÉTRANGERS DE LA CONJONCTIVE. 

A. Blessures. — La conjonctive oculaire est très-sujette aux blessures, soit 
par accident, soit pendant les opérations. Ces blessures ne sont pas graves, surtout 
lorsqu'elles ont poursié^e la conjonctive bulbaire. L'observation journalière nous 
démontre que celte partie de la muqueuse oculaire se cicatrise et se reproduit sans 
difficulté sur une grande étendue. Mais à la suite d'un traumatisme il se déclare 
ordinairement une conjonctivite francbc : les malad<'s se plaignant de pesanteur et 
de loordenr des paupières, surtout le soir. En mémo temps ils éprouvent une sen- 
saiîoo de clialeur dans les yeux, et de temps à autre il leur semble qu'un corps 
élnnger s*est introduit entre les paupières. 

La conjonctive palpébrale est celle iqiii s'injecte la première; ses vaisseaux 
derîennent flexueux, sinueux, variqueux ; les branches collaiérales, ainsi que les 
capillaires, se remplissent outre mesure dans toute l'étendue du tarse, au point que 
les glandes de Meil)omius et la couleur blanche du tarse ne sont pas visibles. î^ 
conjonctive scléroticale reste iniat te. 

Consécutivement à cette injection, la muqueuse oculaire gonfle ; le tissu cellulaire 
soas-jacent se boursoufle, et si cet état se prolonge, la rongeur se rommiinique 
ao globe de Tœ!!. On remarque alors une injection superficielle se déclarer à l'œil 
et aux paupières. 

Après nue perte de substance, on voit se former le lendemain un exsudât blan- 
chJtre qui recouvre toute la plaie ; le reste de la conjonctive s'etiflamme et donne 
lieu aux symptômes analogues à ceux de la conjonctivite catarrhale. Après la repro- 
dadîoa de la partie détruite, l'œil se guérit sans laisser de traces. 

C'est ainsi que les choses se passent après les e\lir|)ali()ns des tumeurs conjonc- 
tivales et après les tonsures partielles dt* la conjonctive dans le pannus. 

Les blessures de la conjonctive palpébrale sont plus graves, surtout lorsqu'elles 
sont accompagnées d'une perte de substance dans l.i partie corrospoudanie du globe 
de l'œil. Les cicatrices qui s'ensuivent peuvent entraîner des allu'îrences entre les 
paupières et l'œil (symblépharon) et des cicatrices qui déformiMU souvent les 
paupières. 

Tndcemcni. — On doit examiner soigneusement l'état de la blessure, réunir 
les bords avec un ou deux points de suture, après avoir préalablement enlevé des 
hmbeaux déchirés et frangés, s'il y a lieu. 



230 



COKJONCTIVirE. 



Des compresses froides suffisent pour combattre une trop vive inflamination. 

B. Brûlures. — Les brûlures de la conjonctive sont occasionnées par la flamme 
au moment d'un incendie,ou, ce qui est plus ordinaire, par des corps incandcsceiib, 
la vapeur d*eau, les explosions de gaz, l'eau et l'huile en ébullilion, etc. 

L'acide siilfurique, l'acide acétique, etc., la chaux vive et les fulminates de 
toute sorte, étant projetés contre la figure, peuvent occasionner des brûlures de b 
conjonctive, des paupières et de la cornée. 

Il y a encore un genre de brûlure tout particulier : h la suite d'insuflUation dan 
l'œil de poudre de calomel chez les individus qui prennent de l'iodure de potas- 
sium à riiUéricur, il se produit du biiodure de mercure qui brûle la conjonctive. 

Les brûlures par suite d'explosion sont excessivement graves, et quoique, ao 
commencement, la cornée semble conserver son luisant et sa transparence, il arrife 
bien souvent que ce n'est que vers le troinème jour qu'elle devient terne, cl que 
vers le huitième ou le dixième jour elle s'opacifie complètement. Pendant ce temps 
la conjonctive bulbaire et la conjonctive palpébrale ne présentent qu'une large | 
plaie. Le travail de suppuration qui s'ensuit amène très-souvent l'adhérence loUile i 
du globe avec les paupières (ankyloblépliaron). 

Un C.1S analogue s'est présenté à ma clinique dans des conditions les plus mal- ^ 
heureuses. C'était un pharmacien de la Martinique adressé par un de nos disÉ» ; 
gués confrères de la marine, le docteur Cuugit. A la suite d'explosion d^, 
fulminate, les deux yeux se sont perdus par suite des adhérences complètes da' 
paupières aux cornées. 

L'action de la chaux éteinte sur l'œil est toute particulière; elle a été étudiée 
parle professeur Gosselin, qui est arrivé par ses expériences à cette condusioB, 
que les désordres de la conjonctive et de la cornée sont dus surtout à l'inQltratioa 
des molécules de chaux dans les mailles de la cornée. 

Les brûlures partielles sont moins graves; mais dans tous les cas le pronostic 
doit être réservé pendant les quatre ou cinq premiers jours. 

Traitement. — Los compresses d'cau froide appliquées sur les yeux, et lagUfli 

m 




pilée^ contenue dans des 
sacs de peau de baudruche, wt 
les moyens les plus cflicaccs oohh 
tre les brûlures conjonctivales. 

On devra faire souvent des ii- 
jections d'eau froide entre les pu- 
pières et des instillations d'bok 
d'amande douce, afin d'empêcher 
autant que possible le contact de 
deux feuillets opposés de la ooo- 

FiG. 110. — Appareil de FoUin pour les doucties jonclive brûlée. On aura soin, en 

oculaires. même temps, de laver les ycox 

une ou deux fois par jour eo di- 
rigeant sur les paupière? un jet d'eau continu au moyen d'une petite seringue ou 
d'un appareil de Tollin pour les douches oculaires (fig. 110). 

Pour cela, j'ai fait adapter à un irrigateiir ordinaire un tube de caoutchouc 
muni d'un robinet et d'une œillère (fig. Jll '. Au fond de cette dernière se trouve 



BLESSURES, BBULURliS ET CORPS ÉTRANGERS DE Lk CONJONCriVE. 231 

m plaqac roude percée de nombreux irous qui laissent passer l'eau sous forme 
et peiils jets. 
Lra douches sont prises d'abord sur les paupièi-cs fermées, « puis, pctii h peiti. 




Irri^alcur h douchus oculaire*. 



) aabde s'Iiabilue ii l'ocevuir le jet d'eau dircclcmpiit sur l'œil. {JliaijUL- duudic 
a darc qu'une dciui-iniuutc ou une uiinuic, et on la renouvelle deux ou (rois 
m par jour. 

Quant aux cullyrcs, on ne rccomiitaiidera que dcit^ loiions légèrement astrin- 
snies, dunl voici les fornmles : 

l^Eau (lislillée. ....... 100 grammei. ! lu V.au Oisiillée 100 granimu. 

Borax 1 — | Sous-.ncifulo de (ilomb 

Eau de liurier-Gcrise . . a — | liiiuidc 5goultei. 

L'iustillaiiou d'atropine souvent renouvelée est indispensable pour cumballrc 
"ndUinmalion et apaiser les douleurs. 

Lorsque le cul-de-^ac conjoncliviil n'est pas bràlé, on devra cherc]ier â tenir les 
IHpièrcs écanécs du globe de l'œil, afin d'cnipikhcr les adhérences. Quel- 
^Klois même on devra Cendre l'angle eilcrnc de l'œil, et, a|)i'èg avoir renversir 
kl paupières, on cherchera i fixer ses bo^s par qutliiucs priitits de suture à la 
jne Cl au Trout. Les paupières seront maintenues dans celle position jusqu'b cica- 
UiMion complète des conjonctives. Ce n'est qu'alors qu'on remettra les paupières 
^ hnr place, cl l'on en résoudra l'angle exlei ne. 

Dini le bui d'empêcher la soudure des pariies ulcérées, Tyrrel inii-oduii<ait 
(>irc les paupières une plaque méiallique. Dans ces derniers lem|)s on a cherché à 
i^plKer la plaque mélallii|ue par un œil nitiliciel; mais coinmn le dit justement 
)'KMjniara(lJ, le li.ssn cicaiiidel finit par re|)ousscr le coi^ étranger. A la rigueur, 
'cUc mvihudc pourrait réus.iir dans le cas où le cul-dc-sac i-cslerait iniact. 

FVtur combatii-c l'eUpt désastreux de la clinux vive ou éteinte sur la cornée, 
Sosselin conseille l'instillation fréquente d'eau dislillée foriemeni saturée de sucre. 
(.', Corps étrangers. — J.'introduciion de corps éirangers enlre Us paupiùres 

:i) Macnanura, A Mmiuol •<{ thr E-f. Loiidon, ISiiS. 



232 CONJONCTIVITE, 

occasionne des symptômes inflammatoires plus ou moins graves et qui peineat 
même compromettre cet organe. 

Diiïérenls corps étrangers s'introduisent, soit dans le sac conjoncti?al, soit 
le stroma de la conjonctive. Ce sont ordinairement des grains de poussière, im\ 
paillettes de fer^ des morceaux de verre, de bois, des grains de poudre de 
des insectes, etc. 

Quelques-uns de ces corps sont enchâssés dans les plis de la conjonctive et 
tent fixes; d'autres sont, au contraire, mobiles et libres, et se déplacent par le 
des paupières. 

Ces corps se placent habituellement sous la paupière supérieure, et se 
à un endroit quelconque de la conjonctive tarsécnne après avoir roulé pei 
quelque temps. 

Les mouvements des paupières deviennent alors excessivement douloureux; Te 
est larmoyant et gOné, à tel point que le malade ne cesse de le frotter. Quelqoefa»] 
ce frottement et le lavage avec de Teau suffisent pour déplacer le corps étranger; 
en général pourtant il est nécessaire de renverser la paupière supérieure et èi 
chercher à Tenlever. 

Des petits corps étrangers ne se voient pas à Tœil nu, et il est nécessaire 
les découvrir d*cxaminer avec une loupe toute la surface conjonctivale. 

L'irritation occasionnée par la présence du corps étranger |)eut devenir qn< 
fois si grande, que FœH s'injecte d'une manière considérable; la sclérotique 
une teinte rouge violacé. Cette rougeur ne tarde pas à disparaître aussitôt qm^ 
corps étranger a été enlevé. 

Les coques de millet se rencontrent quelquefois attachées à la conjonctive 
une sorte de vide qui se fait entre leurs cavités et le globe de l'œil; une rougeur 
manifeste tout autour de la coque et simule une phlyctène. On reconnaît li 
sencc de ces coques ù la couleur jauno^ à leur surface polie, uniforme, et à 
durée du mal. 

En se logeant dans lo cnl-de-sac conjonctival, les insectes peuvent donner lievl 
une inflammation considérahle de la conjonctive, suivies de très-fortes ecchymi 
Tant que ces finimalcijles ne sont pas éloignés de l'œil, il faut craindre que 1' 
flammation ne provoque une suppuration abondante. 

Los grains de plonib ou de poudre de chasse, logés dans l'épaisseur de la 
jonctive, peuvent y rester pendant longtemps enkystés sans occasionner au< 
souffrance. 

Legouest (1) rapporte un fait très-curieux dont il fut témoin sur uu bàtii 
qui le transportait à Constantinople. Un officier reçut dans l'œil un fragment érj 
charbon. La femme de chambre du bord essava de l'enlever avec un anneau d'or 
qu'elle portait au doigt. « L'anneau échappa des mains de l'opérateur, dit Legoaeili i 
et vint se loger au-dessous de la paupière supérieure en coiffant exactement lé : 
globe de l'œil; il fut facilement extrait avec la tète d'une longue épingle. » 

Traitement. — lAk première, presque Tunique indication, consiste à débar- 
rasser la conjonctive du corps étranger, et, à cet effet, on renverse la paupière 
supérieure et on l'examine attentivement à l'œil nu ou avec une loupe, et, quand 

(1) Legouest, Tvm'lt\ de rhiruryit: d'nrmée, Paris, 1863, p. 373 



SYHBLËPHAROH ET ANKYLODLËPHAnO!!. 



232 



a^ hâétomert, on cherche à l'enlever, suit en le louchant avec un linge, soit en 
. ffK Jhcianl arec la pointe d'une aiguille. I.c malade se trouve immédiatement 
^nv%; mais, pcn-.IanL plusieurs heures encore, une sensation pcr&iste anal(^ue 

J* «A qu'il éprauvaii avant l'extraction, t'esi la consil-^uence de la hiessure et de 

' VVriUliQn OLcasioiuiËe par l'accident. 

E"' ilicatioo des compresses imbibées d'eau froide, glacée, sulljt pour faire 
lire les derniers vestiges d'inflammation ; il est rare qu'on ait besoin de 
r lui collyres a&iringents. 

Dsmoun, Traité ite> maladie* des ijeax. Par», 18IR, I. Il, p. 337.— 

maladies de ficii, IraJ. n-nn;. par Wirlomont «t Teitelin, — Bmiilhel, 

, p. 13&. — GosMiin, Ophthixlniie caunêe juir la projectiùn de la rliaux 

gén. de mM., 1855, vol. VI, p, 513). — WorJiworth, DjMliotmie Hntp. 




SVJIBLËPfiARON ET ANKVI.OIlLtPHABriN. 

Ueffiar«s et les hrAlurcs plus ou moin!) grave-:, plus on moin^ étendues des 

M des conjonctives, peuvent occasionner des brides cicatricielles dans la 

ive et entraîner & la longue le rarcourcisscment toial ou partiel de cette 

me. Lca adhérences entre le glol'e de l'œil et les paupii-res peuvent ainsi 

iftlir, Mit par des brides qui imissciit les deitx fcnillrls de la conjonctive, soit 

HK sorte de soudure des deux paupières enire elles. Dans le premier cas, on 

an ni/mblépharai, et dans le second un a^ikiiltiblpplinifiit. 

Symblépharon. — f^ adhérences que ciniractent les paupières avec l'œil 

it au (iioyen des brides cica- 

ifles de la conjonctive. 

adhérences peuvent être 
ne Tonner qu'une 
^■ous forme d'un pont plus 
oins restreint qui généra 
a ks mouvements des pau- 
L Dans d'autres cas, le sym- 
ron est large et s'étend dc- 
I h coniée et le bord d'une 
«jusqu'au c'jI de-sac cun- 
: il est alors total. 
~ g ^fc wr reconnaître l'cxistencedes 
■ "^^deicîcatricJenes, même les plus 
^^Ses, il est nécssaire de renverser fortement la paiipiùre inférieure et d'elTaccr 
'^Eol'de-sac coiijonciival. Lfs plus petites brides cicatricielles qui !<'élendenl de la 
^Ibpiére au globe de l'œil deviennent alors tri'^s-nolablt'ineni saillantes. 

in point de vue pratique, il importe beaucoup de reconnaître si l'on peut faire 
^^KT one sonde au-dessous de la bride, entre celte dernière et le cul-de-sac. 

Lorsqu'il exi-ste, en effet, un canal libre, quelque petit qu'il soi), pourvu qu'il 
^Bnnette l'introduction d'un stylet, la guiTLson est alurii .issnrée. Dans le cascon- 




- Symblùpliai 



23/4 CONJONCTIVITE. 

traire, les difliculiés qu'on rencontre pour détacher ces brides êl surtout 
prévenir les récidi\es, sont très-grandes. 

Les brides cicatricielles peuvent s'étendre jusque sur la cornée, et le \xxi\ 
la paupière lui-même adhérer au globe de rœil. 

#:tioiof;te. — Les causes du symblépharon sont très-variées ^ le plus 
ces brides cicatricielles proviennent de brûlures de la conjonctive bulbaire et | 
pébrale dans les parties opposées et qui restent encore en contact. Des 
très-profondes, qui intéressent toute Tépaisseur de la paupière, donnent 
à des brides cicatricielles s'étendant du globe à la paupière. La même 
morbide se rencontre fréquemment à la suite d*oplithalmie puralentc, di| 
tique ou granuleuse; là, les brides cicatricielles sont le résultat de ia 
cicatrices conjonctivales. 

Pronostic. — Il ut'st pas toujours p.ossibIe de guérir le syml 
quelques cis toute tentative d'opération serait nuisible à cause de Fl 
qu'elle peut occasionner dans les symptômes morbides. En génëraKoa 
le pronostic de cette nialadie en se basant sur la présence ou Tabsencfr 
libre sous le pont cicatriciel, sur Tétendue de la cicatrice et sor le degiri, 
lité des paupières et du globe de Tœil. 

Traitement. — Les symblépliarons partiels, qui ne gênent pas les 
des paupières et de rœil^ ne doivent être opérés dans aucun cas. Tels sont 
ment les brides cicatricielles consécutives aux granulations. 

jMais les brides cicatricielles larges et dans lesquelles est compris le boni 
paupière et la cornée constituent mie diiïormité et souvent même occasionne 
troubles notables de la vision. Dans ce cas, l'intervention chirurgicale est 
|>ensable. Voici quels sont les procédés les plus usités \youT remédier i 
diiïormité. « 

1. Lorsqu'il reste un passage libre sous le (>ont cicatriciel et que ce pontj 
pas large, on fera passer un fd de soie ou d'argent au-dessous du symbl 
et To!) appliquera la ligature afin d'étrangler le pédicule et de le couper 
vement. Si l'on suit le conseil de Boyer, on le divisera même d'un seul 
un bistouri que Ion glisse sur une sonde cannelée. 

2. Dans un symblépharon complet, mais peu large, on disséquera en foi 
la partie adhérente au gluhe, et on le laissera s'appliquer et adhérer à la pai 
Pendant ce temps^ on pratiquera dans la conjonctive des incisions parallal 
cornée, comme dans le procédé de Wells et de Pagenslecher ptiur le 
afm de mobiliser la conjonctive, et l'on réunira les bords de la plaie cunjt 
avec un ou deux points de suture. 

Afin que le lambeau de la conjonctive bulbaire adhère plus facilement i bj 
pière, Arit l'attache au fond du cul-de sac au moyen d'une suture qu'il laît| 
à travers toute l'épaisseur de la paupière, pour faire un nœud sur la peau. 

Lorsque le symblépharon est complet et très-large, les difficultés devicnnoij 
grandes; ici, ni un simple débridemeiit ni le conseil d'Amussat de déchirer 
vement la meinhrane pyogénique, ne donneront des résultats satisfaisants. 

La seule méthode rationnelle et pratique (1) est celle qui est basée sur la I 

,1) Telle. Dpfitft. U»<i>. l{f'},h,h, Oclober 1861. 



SVIIBLÉPHABON ET ANKïLODLËnrAKON. 



235 



conjonctÎTale, autrement dil la méthode auioplastiqut: du docteur Tealo. 

uoi die consiste : 

roir bit une incision {Ug. 112} dans ui)e direclioii qui corresponde au 

conié«, on dissèque ia paupière jusqu'à ce qu'on l'ait sf-paréu ciu globe 
iM (ODte l'étendue de l'adhËn'nce morbide. Le second temps de l'opé- 
itsie i tailler deux lambeaux dans la coujoncuve, un, b, dans la partie 
b conjouctife bulbaire, et l'autre c djns sa moitié externe (Hg. 1 1 3). Ces 

ane fois bien diss^ués et séparas du bulbe, sont placfs de façon à 




placer l'un !i cAlé de l'autre et â combler la plaie occnpi^e précédem- 
e symblé^haron. La figure llli rcprésciiie la position nouvelle de ces deux 
A et c, qui sont unis l'un ï l'autre, ainsi qu'aui parties saines de la 
e par des points de suture. Quatre antres points de suture rapprocbenl 
les plaies qui résultent de la dissection des lambeaux 6 et c. 
ijun une fuis faite, la paupière reste libre et le petit lambeau cutané, n, 
ibaodonné sur le bord de la cornée, s'airopbie ii la longue tout seul 
léthode a été modifiée par l'auteur de la manière suivante. Au lieu de 
EOi lambeaux latéraux b, c, Tealo déiacbe un lambeau demi -circulaire au 
le b cornée en haut, en laissant h droite et ii gaucbe ce lambeau adhé- 

il rabat )g lambeau en bas et le Oie dans l'endroit du symblé^iliarou. 
kjloblép baron. — I^ bonis libres des paupières peuvent éirecom- 

soudés dés la naissance, et constituer un ankyloblépliaron congénital. 
ni excessivement rares, et la désunion des bords M bn.-» palpébrauin'olTre 
lliculié. 

oblépharon acquis est beaucoup plus fréquent, li est le plus souvent occa- 
' brûlure cl se i^mplique de symblépliaron plus ou moins étendu. 



.■Hflnnli. 



236 CONJONCTIVITE. 

OrdinaircnK'nt cette adhérence morbide n'est pas complète, et Fon Iroof 
partie du bord libre des paupières intacte, soit à Tangle externe, soit n 
angle, (^'est par là que suintent les sécrétions conjonctivales et les larmes; 
par là aussi qu*on pourra mesurer l'étendue de radhérence. 

Étioiogie. — Les causes les plus constantes de rankyloblépbaron acqi 
les brûlures par les gaz explosibles, par les acides et par les fulminates; queh 
cet étal est dû à un érisypèle phlegmoneux des paupières, etc. 

Traitement. — On doit avant tout reconnaître si rankyloblépbaron est^ 
pagné ou non de symblépharon, et jusf|u*à quel d^ré FœH conserve lesi 
ments, ce dont on peut s*assurer au moyen d'un stylet très-fin. Il faut, en 
s'enquérir de Tétat de la cornée, ce qui devient quelquefois très-difficile. 

On peut quelquefois tenter de détacher la paupière de la cornée en dt» 
soigneusement les tissus autour de la cornée, pour enlever ensuite cooc 
couche tout ce qui recouvre celte tunique. 

Pour prévenir de nouvelles adhérences entre les parties qui ont été dél 
par la dissection, Haynes Wallon conseille d'enduire les deux surfaces anléi 
ment soudées avec une couche de collodion. Cette pratique nous parait bie 
cile, et elle n'est pas exempte de danger. 

Bibliographie. — Arlt, Prager Vierfeljnhrschrift^ t. XI, p. 161. — Pridgin Teak, 
relief of Symhlephnron hy Transplantation of Conjonctiva {Ophth. Hosp. ReproriSt 
1861; Heport of the fourth international Ophthalmol. congress. London^ 1873, p. 1 
Wordsworlh, Roy, London Ophth. Hosp. Reports, vol. III, p. 216. 

ARTICLE XVr 

PTÉRYGION. 

Le ptérygion est une sorte d'hypertrophie de la conjonctive bulbaire al 
la forme triangulaire, dont la base plus ou moins large est tournée versk 
angle et se perd au-dessous de la caroncule, jtt dont le sommet touche I 
interne de la cornée ou s'avance môme sur celte membrane. 

Symptomatoiogle. — Lcs ptérygions affectent des formes et des i 
diverses, ce qui les a fail diviser en ptérygions sarcomateux, vasculaircs, cei 
et graisseii^i:. Mais ces divisions ne nous paraissent présenter aucune impi 
pratique; nous préférons les étudier au point de vue de leur état statià 
progressif et de l'clat enfliimmé. 

I^ ptérygion débute lentement et sans que le malade s'aperçoive de l'épo 
son apparition. 

Au voisinage de la cornée et à l'angle interne se montre une légère p 
pâle, blanchâtre, un peu saillante el ressemblant beaucoup à une phlyctè 
l'intérieur de celte pellicule partent quelques vaisseaux en plus ou moini 
nombre; en s'écarlant vers la caroncule, ces vaisseaux forment une m 
triangle (fig. 115). 

Lorsqu'on examine attentivement les côtés de ce triangle en haut el en b 
trouve des rebords saillants qui les limitent; il semblerait que dans cet end 
conjonctive a été soulevée. C'est cette membrane avec le tissu cellulaire 
conjonctival hypertrophié qui constitue le ptérygion. 




wrilée, le plérygion seinUe se développer sons la couche épilhétiale, qu'il 
■lisiblement; une mcnibrancapunf!vroli(|iie s'avance de plus en plus vers le 
amène une opacification dans la partie correspondante de la cornée. Sou 
ueni ne tarde pas à troubler iioiabletiicnt la vue. Jamais pourtant le ptè- 
ira au dclï du centre de la cornée mais il peut la troubler tout entière, 
ié^eloppant, le piérjgion cause au malade nne gSne de plus en plus con- 
; au bout de qucl(iuc temps, celte gOue peul se compliquer d'uae irrita- 
'one inOammation de la conjuuclivc. 

OTC queUjucruis au sommet du plérygion une ulcération manifoslc. Dans 
a>, on y remarque un petit kyste transparent, séreux, et qui peut simuler 
aèœ. Siebel père (t) a rapporté un fait de ce genre, avec cette particularité 
M do plérygion regardait le centre de la cornée, et que le sommet touchait 
acnle lacrymale, 
s ordinairement le plérygion se rencontre daus l'angle interne de l'un un 



238 CONJONCTIVIIK. 

par les signes caraclérisliques décrits plus haut. Daus quelques cas cxceplHNÉ| 
i'hésitation est cependant possible. . | 

Les h/sles, transparents, situés sur le bord de la cornée, proToqiiCDl en 
un développement des vaisseaux qui partent de la caroncule ; mais il n'y a 
comme dans le ptérygion, de pli conjonclival ni de rebords saillants. 

Les phhjcfènes et les ulcères cornéens, lorsque leur cicatrisation tarde 
tem|i6, peuvent faire croire 5 l'existence d'un ptérygion. L'absence du pli, 
conjonctive, permettra d éviter une erreur. 

La pingu icv la \iiscuhive et enflammée, située au bord de la cornée, 
simuler le ptérygion, surtout lorsqu'elle subit une hypertrophie et 
dégénérescence cancéreuse, comme Brown l'a observé. Mais dans ces cas, 
fleinent est limité à la tumeur; les douleurs sont vives, et la forme tria 
n'existe point. 

]1 serait difficile aussi de confondre le ptérygion avec \q s*jmbb'phfirm:\ 
de la maladie, Taspect de l'œil et des paupières adhérentes fera cesser le 
cet égard. 

Anatomie pnthoio«(iqnc. — Le ptérygion est constitué, d'après Ch.Rc 
par une hypertrophie partielle cellulo-vasculaire et fibro-plastiqnc de la 
ocubire. "Warlomont eiTeslcIin (2), dans leurs recherches sur les différent! 
de cette affection, n'ont pas trouvé d'autre élément que celui qui constitael 
jonctive normale, sans la moindre trace de graisse. 

Si l'on se fondait sur l'observation des ptérygions développés à l'angle il 
ou devrait penser qu'ils sont constitués par un déveIop|)ement et un alloi 
particulier de la membrane semi-Iunairc. £n effet, ce pli s'efface toujoun] 
confond totalement avec le ptérygion. Mais les ptérygions, situés dans la 
d'autres muscles, ne peuvent être expliqués que par un développement 
sous-<:onjonctival. Souvent ils ont, pourpoint de départ, un abc^ de la c( 
une blessure. 

Deux causes peuvent donc présidera l'évolution de la maladie. Daasia 
des cas de ptérygion interne, la cause est une prédisposition individuelle i 
irophie et à l'alhnigement du pli semi-lunaire; dans d^'auires cas, il eslbj 
quence d'une ulcération ou d'une blessure du bord de la cornée. Une inflj 
lente mais prolongée qui persiste dans une région correspondante amène 
irophie des tissus, comme Arlt et Steliwag von Carion l'ont clairement étt 

Le ptérygion se rencontre fréquemment dans les pays chauds. Heinekiîîj 
si souvent à Madère, qu'il considère cette maladie comme endémique dansée] 
Macnamara Ta souvent constaté chez les indigènes des Indes anglaises. 

Pronostic — Le ptérygion ne disparaît pas spontanément, mais il 
radiciilcment guéri par une opération. Deux conrlitions défavorables 
présenter : la première, quand le mal a envahi le centre de la cornée, oneil| 
obligé de faire une pupille artificielle. Une autre condition défavorable est h 1 
dive, en partie ou en totalité; mais cet accident est bien souvent la suite 
opération mal faite. 

(1) Cil. Robin, Dùtiomu (h m^jt/,, arl. Ptérygion, 13' édit. I>.»ris, 1873. p. 1277. 

(2) Warlomont et Testelin, w Macicenzic, t. I, p. 352. 



239 



PTÉRÏfilOS. 

Traliemi-Di. — Le Iraitciiicnl chirurgical cs( le seul moyen coraiif du ptéry- 
gion. Trtils mftlioHcs (lilîércmcs peuvent Cire emi>loyées avec aïantngp. 

1. D/} dation. Méthode de D'smarre» père {Hg. 116). — Après aToir écarlé les 
paupières, soit avec les deu» (lévatetirs. suit a\ec un bicpliarostat, le piérygion est 
saisi S son sommet au moyen il'uiie pince Sgrliïe irès-lîiie, etdissiîqu* d^nssonpoint 
d'atlacbc i la cornée avec un couteau b caiaracte. Le cliirtirgten glisse cnsuilc une 
hrauclie des ciseaux de Couper sous la conjonctive, snccessivemeni le long du bord 
supérieur, put» inférieur du ptérygiun, et pratique une incision jusqu'à la caron- 
cule. Le ptérygion rcsie ainsi séparé et ne lieui au globe que par sa base; à ce 
moment, une incision parallèle h la circonférence de la cornée est pratiquée dans la 
coiijonctiiesur une éii-ndue de 6 SB miillinêires. La plaie ainsi faite s'écarie assez 
|K)ur laisser im e-p.ice triangulaire dans lequel doit être logé le pténgiun et où il 
est filé au moyen d'un point de suture, comme on le voit sur la figure 1 16. L'es- 
pace laissé dénudé se couvre 

prouipleuieut d'iiu prdduit d'ex- 
sudation et se cicatrice au Iniut de 
huit ou dit joins. 

(Jelle o|iéraiion prf-senle des 
avattlagi-s incontestables: le pié- 
rygion dévié ^'atro|ihi'- progressi- 
vement par le seul frottement des 
paupièn»; la rougeur et l'iiiflam- 
ination se dissipent bieniAt com- 
plètement, et les malatl[« sont 
exempLi de récidive. 

Dans le cas où le lUérigion est 
large et trés-volumiueuj;, Drs- 

marres fils (t), apiès l'avoir disséffué, le divise en deux moitiés, dn sommet i la 
base, et transphiutc ensuite une moitié en haut il l'autre en bas de la cornée. Un 
proiédé analogue a été mis l'ii pratique |>ar Kuapp, avec celte différence que la 
partie de la phic qui se trouve dénudée, près de la cornée, est recouverte |>ardeux 
lambeaux de la conjonctive comme dans le procédé suivant. 

2. b'xrùion ef (iufo/,lmtie. — Après avoir disséqué le ptérygion, 'Wells f2) con- 
seille de l'en iser h sa lia>c, près de la caroncule, puis de réunir les bords opposés 
delaplaieconjtiuciivilc nu iiiuyeu de deux oti trois pointsdcsuiure. Cette opéUtode 
est fort simple et piut tîire a|iplii|uée dans tous les cas où la hase du ptérygtOD est 
très-large, et surtout l'ii-sqn'il est très-vnltiuiineui et charnu. 

Au heu d'e\ciser, Pagetisierhcr, après l'auiir détaché, comme Wells, réunit 
les bords du la pNiie conjonctivalc rt laisse le piérygion s'atrophier dans l'angle de 
l'œil. Pour l>'s larges ptérygions, b méthode de Wells nous paraît préférable ï 
cette dernière. 

3. Liyniwe. Méthode d'- Szokahki (3). — Deux aiguilles courbes sont enGlëes 




(1) MiraudDi. Quet<iim conti'lérnlioiit sur le pfiri/giim, Ihitt de Parii, I8E2, p. 25. 

(2) WeJ », .4 Ttei'l'se oh llie D-xcafs nfllie Ei/^. Londun, 1S69, p. 7.S. 

(3) Siokalski, Archip f. Phijiiol. Ibilkunde, 1815, 2* partie. 



3(iO CONJOflCnviTE. 

»ur les deux boDis du même Gl de goie(Gg. 117): l'une d'elles esi passée a u-deswus 
du plérjgion, i son sommet, lout prts de la cornée, pendant que l'autre le irarerse 
près de sa base, comme le montre la Gguro. On coupe ensuite le Gl près des dcui 
aigutllps, que l'on enlève ; U Ggature se trouve par c^la même divisée en trois por- 
tions : celles du sommet et de la base du ptérygion, qu'on lie forteiuciil pciur 




Fie. 117. — Opértliou il« pUrjfion pir la ojtllKMle *]« >^iukaliki. 

réiratigliT coinplétenwiil, et celle du milieu, formant une aose en baut, laquelle, 
une fois lii'i-, sert i délacber le ptérygion de la sclérotique. Les bouts de la ligature 
soûl ou coupés ou collés sur la joue. Quatre joun après, le piérygiun est détaché 
avec une paire de ciseaux. 

iliRLiucakPBiE. — Schmidl, OphlhalmiÀogitche Bibliotrk rua /fiin/y uni S-Ain«/t, vol. Il, 
p. 57. iriia, 1803. — Bter, Uhre ron iltn AugrnkniHlihi-ileii. Wien, 1817, vol. Il, p. 638. 
— (jinirr, Bu/l.méil. Mg', IK36, p. 10}. — Brown, Dublin Qmilrrlg Joum . nf Uni, *c,, 
Felrurary t8ât, p. 336. — Pélrcquin, Krrhfchci ifanalomit palholft/ique '«r la nalmrr 
ilu iit'iyijùia (.lin. ttonlisl., t. 1, p. Ml/. — D«*m*rr«f, Tmilf dti mnladin ila ynu, 
t. Il, p. IGO. — irll, KrankhiHi-H de» Augrt. Wien, 11151, Bd. I, p. tel. — Skbel, Icv 
.••«j,-l.hir i-pMhalmohgique. t>*rit, I853-18S9, pl. XXVI, Og. 1 et 3. — Koipp, Pirrggiuo, 
lilfintieiHfn ilurch dopptHrH Trantpimtnlion {Airhiv Ophlh., Bd. XIV. Abih. I, IHSfl. 
p. -iUl). 

ARTICLE XVII 

TUiiEuns ne i.a r()>jo.NCTiVK 

Les tumeurs de la conjonctive sont rrlatitenietit irés-rares, surloui celles qui 
ont leur origine dans la muqueuse oculaire. Nous pourrons les diviser en lumeutv 
!«lidi'>, l)i'iiî|;nes ou malignes, et en kystes. 

I.e!< liimeurs solides bénignes miiii : les pinsuicula, les lipotne.s, les derniuidcs, 
\vi |Mil>|ii?i. les végétatiuiis cliarnu.s. D'autre.s sont malignes, tetirs que ré(iilhé- 
liuma ri le canrer. 

Les ki'.li'sde la cunjoiiclite sont \v> lîticulrx ou kislcs transparents, le> kvsie* 
M■baci'^, les litbiascs et les bvdaiido!^. 



i.iPOMfcs ni: lA coNJOiNcrivi:. 2/il 



§ I. — Pinguicula. 



On désigne sous le nom de pinguicula une |)etile tumeur d'un blanc jaunâtre, 
située dans le diamètre transversal de l'œil, soit du côté interne, soit du côté externe 
de la cornée, à 3 ou /!i millimètres de cette tunique. 

C'est une sorte de petit lobule graisseux, aplati, peu saillint, mais dont le 
volume varie entre celui d'un grain de chènevis et d'une léte d'épingle. Jaunâtre 
ou blanchâtre, il est irès-inlimement attaché à la sclérotique, et sillonné de quel- 
ques vaisseaux qui viennent de la caroncule. Pourvu que le nombre de ces vais* 
seaux soit un peu grand, la petite tumeur, ainsi vascularisée, peut ressembler 
d'une manière frappante à un ptérygion,d*où le nom de pterygium piugue i\u'oi\ 
lui donnait autrefois. 

La pinguicula ne constitue point de maladie et n'amène aucune gène pour les 
malades. Mais si l'œil est un peu rouge et irrité, la pinguicula devient plus appa- 
rente et effraye les malades qui croient avoir aiïsire à une tumeur grave. J'ai été 
fréquemment consulté par des personnes (|ui n'avaient aucune affection, niais aux- 
quelles ces petites tumeurs causaient do l'inquiétude. 

La pinguicula est souvent confondue avec un ptérygionou une phlyctène. L'exa- 
men attentif de la conjonctive, à son voisinage^ et la durée relativement ancienne 
de cette ^osseur, facilite le diagnostic. 

La pinguicula peut être enflammée et hypertrophiée. Elle augmente alors très- 
notablement de volume, devient rouge, boursouflée, gène le malade et amène 
une conjonctivite. Ces complications nécessitent quelquefois snn extirpation. 

AsatoBiie iMithoiosiqne. — Son aspect jaunâtre lui a valu le nom de tumeur 
graisseuse; ttlle était aussi l'opinion de Virchow. Mais l'analyse et les recherches 
microscopiques de Ch. Robin ont démontré que cette sorte de tumeur est consti- 
tuée par l'hypertrophie du tissu conjonctif condensé et de répiihélium pavimen- 
teux, dont les cellules sont plus grosses à la surface qu'ailleurs. 

Traitement. — U'ordliiaire aucun traitement n'est nécessaire contre celte 
maladie. Pourtant, dans des cas exceptionnels, la pinguicula devient tellement 
volumineuse et eiinaniniéc qu'on doit l'extirper. Cli. Mrgnc a opéré une tumeur 
de ce genre, et moi-même j'ai dû, dans un cas, procéder à son extirpation totale. 

BlBLlOGRAPUiK — Robifi in Desmarres, Traité des mahdies des yeux ^ t. Il, p. 233. — 
Weller, K^ahkho.ilen des inensrhUrhen Auges^ p. 19G. — M»gne, Ahintifm d'une pinguicula 
Irès-voiuminruse, exnmfn niicroyr(i}jhitjue cl chintiffue de la tumeur {('nion méd, ci A nu. 
d'oculùt.^ 18.'):$, t. XXIV, p. 218. — Béer. vol. Il, pt. IV, fig. 6. — Sicliel, Iconographe' 
^tphthn/mohgù/ue. Paris, 1852 1859, pl. XXVIII, fig. 2. — Virchow, Pathologie des tumeurs, 
Irad. franc., 1807, l. I, p. 385. 

§ U. — Lipomes de la conjonctive. 

Les tumeurs graisseuses de la conjonctive ne sont pas fréquentes; on les ren- 
contre surtout dans sa portion bulbaire. Tantôt elles sont situées dans le voisinage 
<le la cornée, près de son bord externe ou interne; tantôt, au contraire, elles se 
trouvent carliérs dans l'angle externe de l'œil, au voisinage de la glande lacrymale. 

En général, ces tumeurs sont assez mobiles et peu adhérentes à la sclérotique; 

CALEZÛWSkl. 16 



242 co^JO^CTlVITE. 

elles sont lisses, unies, à demi transparentes et blanchâtres, sans aucun noéiange 
de couleur jaune, simulant beaucoup les kystes. 

Siiués près de la cornée, les lipomes n'occasionnent point de souffrance aux 
malades; mais lorsqu'ils sont dans Tanglc externe, qu'ils acquièrent quelque dé- 
Teloppemont, ils gênent les mouvements de l'œil^ sortent de l'angle et apparaissent 
sur le globe comme un voile blanchâtre. 

Quilqiies auteurs pensent que ces tumeurs sont congénitales et qu'elles ne font 
que s'accroître avec l'âge. Cette opinion me. paraît exagérée au moLisdans un cer- 
tain nombre de cas. Dans les cinq cas de lipomes conjonc ivaux que nous avons 
eu l'occasion de soigner, la maladie n'a di'buié qu'une fois à 36 ans, et les autres 
fois beaucoup plus tard (1). Selon moi, c'est le tissu cellulo-graisseux de l'orbite 
qui fait saillie sous la conjonctive. 

Graefe a extirpé aussi, avec un succès complet, une tumeur lipomateose tout à 
fait semblable â celle que nous décrivons. 

Il n'est pas nécessaire, dans l'extirpation d'un lipome, de conserver la conjonc- 
tive qui ren\eloppe. Ce n'est que dans les li|)omes très-larges occupant l'angle 
externe de l'œil qu'il est préférable de faire la dissection préalable de la conjonc- 
ti\e, et d'appliquer^ après l'extirpation de la tumeur, une ou deux sutures. 

BiBLiO€itAPU!E. — Kanka, Tumeur lipomnteuse de ta conjonctive oruluire [ZeiUchrift 
fur S'ttnr. umt Hrilk. in Vngnrn, 1853, n« 4; Prng, Vierieij., 1853, t. IV, et Antt, tCocul., 
185A, l. XXXI, p. 105). — Graefe, Archiv f. Ophthalm., t. VII, Abih. Il, p. 6. — Alessi, 
Upo/HP sur r hémisphère antérieur de rtriV (Ann, (focuL, 1862, !• XLVII, p. 41). — Becker, 
Sptfn/\ y.eitung^ 16-18, 1863. — Galezow^ki, Upomesdeia conjonctive [Joum, tfophthnhn, 
Paris, 1872, p. 311). 

§ III. — Dermoldes, polypes et végétationB charnues de la coigonctive. 

A. Dermoîdes. — Les dermoîdes sont des tumeurs qui se développent con- 
stamment au bord de la cornée. Elles sont d'une couleur gris jaunâtre, lisses, mais 
cou\ertes à la surface de nombreuses sinuosités, et souvent garnies de poils. Le 
dennoî>ic atteint le volume d'une lentille et au delà; Soelberg \¥clls dit avoir tu 
en 1860, dans la clinique de Graefe, un dermoîde qui recouvrait les deux tiers de 
la cornée. 

Ces tumeurs sont élastiques, et se montrent au microscope composées d'élé- 
ments du tissu cellulaire élastique, au milieu duquel se trouvent, en plus ou 
moins grande quantité, des follicules pileux, beaucoup de graisse et de nombreux 
vaisseaux. 

liCs derinoîiles sont le plus souvent congénitaux : ils se rencontrent simultané- 
ment a\cc des tumeurs de même nature, suit au sourcil, soit dans d'autres parties 

(1) Observatior. — Madame B...,éKé« de trente-quatre ans, vint me conj^ulier le 4 juin 
1867 pour une tumeur liluée i l'^ingte cxierne de Tœil droit, qui se présentait a<«us forme 
d'une ii>einbrane bl<inrh&lre, épaisM, lui»:intf*, formant une Forli* de (roî»ième |)aupi^re. Ea 
haut el eu bas, la lunieur se confond uvec \e cul-ile-sac conjonclival. Sa couleur «si blan- 
chétrp, conm c ccllr de la scléroliqu**, ti il n'y a que dans la partie inférieure qu'un remarque 
une l<'>;;<'ic !• inif* j;<unél(e. La malade ne «oufTe point, mais tes mou\eiiictits f^oul çènés. Le 
23 ji ilU t, j'ai pratiqué l'extirpation île la tumeur f*n présence des doclfur<* Z^iyis cl Monlalvo 
(de la llavuiie). L'opération n'uilé suuie d aucun accident ; mais la malade a éproiivé, pendant 
plusieurs JOUIS après l'opcr lion, de la diplopie par h rt^taction cicjiricielie, qui avait dit* 
paru au bout de quelques jours. L'examen niicioscopique de U tumeur fait |»ar le docteur 
Comil pet mil de constater qu'il s'af issail d'un lipome liés-peu vasculaire. 



TUMEURS fl.MTRÊUALES ET CANCÉREUSES. 2&t 

de la face. Dans le cas observé par Virchow, les deux yevx pr/mniiimt la môme 
altération. 

L'extirpation doit être pratiquée avec soin, et il faut détacher aoigneuMmcflM la 
tomeor dans son point d'implantation à la cornée. A la auite d'extirpation de hi 
tumeur, il refte ordinairement une tache blanche au bord de la cornée, que Ton 
recoQfre avec du noir de Chine, au moyen du procédé de tatouage (voy. Leucome 
DE LA cornée). 

B. Polypes. — Les polypes de la conjcrnclive, analogues à ceux que Ton ren- 
contre dans les fosses nasales, sont excessivement rares. ll.s sont constitués par de 
petites tumeurs pédiculées, d'un rose pâle, quelquefois avec une teinte légèrement 
jaunâtre. 

Ces polypes sont peu volumineux et s'implantent en général près de b caroncule 
ou du pli semi-Iunairc. Lawrence en a observé les premiers exemples, et depok, 
Desmarres, Gracfc et A rit ont rapporté des faits analogues. L'excision simple avec 
an coup de ciseaux amenait habituellement la guérison; mais, dans un cas, Arlt a 
été obligé de faire plusieurs excisions et dQtf canLléniattons successives, tant il y 
avait chez son malade de prédisposition aux récidives. 

C Végétations charnues. — On voit qoelquefoit è h surface de la con- 
jonctive des végétations charnues dont la cause eit le plus souvent traumatlque, 
telles qjae blessure, opération du strabisme, cautérîation et irritation permanente 
de la conjonctive par un œil de porcelaine. Ces végétations doivent être enlevées 
avec des ciseaux, mais il faut s'appliquer, en outre, à (aire disparaître la cause 
de l'irritai ion. 

Bibliographie. — Guépin, Ann. (Toruf.j vol. I, suppl., p. lOi. — Ryba, Pmger Vier- 
teljahrschift, l. 111, 1853. — Virchow, Archiv /. pnthoL Annt. und PhysioL, 1854, t. VI, 
p. 555. — llays el Lnwrence, Treatisfon thc Dincanes uf the Eye^ Americ. eiJit. Philadclpliia, 
1854, p. 341 . — Craefc, Vhtjnrenliche Forme/t von Dfrmoutes (Arrh, f Ophthalm.^ Bd. XII, 
Auth. 2, p. 226).— Spiiz, Handhuch der G^v. Aufjenhf^ilk. Erlangen, 1855, p. 90.— Hulke, 
Ophth, HospilnlReporh, vol. III, p. 333. 

i^ rv. — Tumeurs épithéliales et cancéreuses de la coi^onctive. 

Les tumeurs malignes de la conjonctive ne diffèrent en rien de celles ^\%t Ton 
rencontre dans les paupières et les autres parties du bulbe. Elles sont de trois 
sortes : Vepifhéh'owa, le cancer médullaire et le cancer mélanique. 

Ces tumeurs débutent habituellement par les paupières ou les membranes pro- 
fondes de Tœil et n'envahissent la conjonctive qu'après avoir atteint suocessivemeot 
tons les tissus interposés. 

C'est ainsi que les choses se passent dans les trois variétés de tumeurs cancé- 
reuses. 

Il arrive pourtant que Tépiihélioma semble débuter, soit par la conjonctife, loit 
par le tissu sous -conjoncti val du bulbe, soit enîiii par la caroncule, comme dans 
le cas de B. Angor ^fig. 118). Celte tumeur se montre priiniiivemeut au l)ord et 
à une certaine dislance d3 la cornée, sur la scléroiicjue, sous forme d'une petite 
éleTure rougeâtre bien limitée, recevant une grande quantité de vaisseaux forte- 
ment développés. 

Elle n'est pas douloureuse au toucher et n'amène ni irritation ni inflammation 



ihlt <;o>JOflCTivnE. 

des pai-lies voisines. Son volume resle i peu près le même pendant ia moii; ï n 
moment, le diagnositc peut encore présenter quelque difGculté pir raiuéili 
ressemblance qu'elle peut avoir avec une pirisclfriie développée dans la rfpMè 
la pinguicula ou avec une plilyctènc pénkératique, comme cela est irriit d> 
un malade dont Graife (t) rapporte l'oliïervation. 

Mais bicniôt U tumeur leudra ï augmenter de volume ; elle prendra dm 
plus rouge, et sa surface deviendra boss<-lée et irr^ulière ; le nombre dcsn 
qui la nourrUî^eiii s'accivîtra d'une mauitïre sensible, sans que pour cela li i 
de la sclérotique ou d'autres membranes change. 

On aperçoit quelquefois au centre un petit ulcère, comme l'a remarqué 
De temps à autre le malade éprouve des élancements et des douleurs. 

La maladie ne larde pas ii faire des pn^rès; la tumeur s'avaucc du cdti àk 
cornée et l'envahit bientôt si l'on n'intervient pas à temps. 




la Mroncule (*). 



.\ une période j.lus avancée, le doute dans le diagnostic n'est plus permb; I 
cère, detenntii pli s lai^f, se couvre d'une sorte de masse granuleuse, pulu 
jaunâtre ou grisai re, qu'on ne rencontie peut-être dans aucune autre maladie 
dans l'épiiliélioma. 

I,e cniirrr vDi-p/ilinliiiih développé sjiontanémcni débute par de petites «tr 
sances mollasses, <|ui ^'élèvent à la surface de la membrane cl funt saillie eiMK 
paupières. 

Les tumeurs de ce genre ne diffùreut en rien dans leur évolution des cm 
fongueux des antres mnqiieiisra. .Abernethy (2) a rapporté un cas de inmcorai^ 
cireuse siégeant an-des-ious de la conjonctive. 

Le cmicvi- mc/iinfi/iie est aussi rare que les deui premières formes; il se*»'^ 
loppe h.ibituellemctit, simultanément avec les tumeurs de même nature do (Id*^ 
de l'œil. 






oêgé.\êuesc£N(:e amyi.oji>£ dï. la <:o?^JONcrâviû 265 

Anatomie iMithoiogiqnc. — La production épiihéiialc de la conjonctive est, 
selon Vircliow, une héiéropla>ic composée d^élénunls épidcrmiqurs dételop|)és au 
dépens du tissu a'Ilulaire. Sotivent on trouve une adhérence iniiine de la tumeur 
a?ec les tissus sous-conjonctivaux, et en particulier avec la sclérotique, lorsqu'elle 
prend naissance sur le limbe conjonctival de la cornée, c^mme cela a\ait été dé- 
montré |)ar Ch. Robin. 

TraitcBimt. — Les tumciirs épîihéliales, de même que les cancers de la con- 
jonctive, doivent être extirpées le plus tôt possible. Afin d'éviter les récidives, on 
fera en sorte que Textirpation dépasse de beaucoup les limites de la tumeur. La 
figure 118, empruntée à B. Anger^ représente le mieux ro|)ération qu'il faut pra- 
tiquer dans ce cas. 

Lorsque la tumeur a envahi les couclies sous-jacentes et qu'elle s'est portée à 
une certaine profondeur dans Torbite, l'extirpation doit être abandonnée, et, selon 
le conseil du professeur Richet, il faut détruire la tumeur au moyen de la pâte de 
Canquoin. 

Bibliographie. — Chelius, Haudh, (1er Angenheilk,, Bd. Il, 1839, p. 486. — Siebel, 
Iconographie^ texte, p 604. — Mackensie, Traité tha maladieft de Cœily Irad. par Warlomonl 
et Testelin, t. I, p. 260. — Graefe, Archiv f. Ophthalnu, Bd. VII, Abth. 11. p. 9.— Ihomas, 
i^ur les tumeurs des paupières^ thèse de Paris, 1865. 



ARTICLE XVIII 

DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE DE l.K CONJONCTIVE. 

La dégénérescence amyloîde de la conjonctive n'a été observée et décrite que 
dans les dernières années. Oettingen, Kyber, Samisch et Lebcr ont donné des 
descriptions détaillées sur cette bizarre aflection. 

En examinant attentivement quelques observations rapportées par ces auteurs, 
nous pouvons résumer ainsi que suit rhi.stori(|ue de lu maladie. 

S^Biptoimitoiogie. — La maladie se développe lentement, elle envahit d'abord 
le cul-de-sac conjonctival, la caroncule et le pli Kcml-lunaire, et s'avance ensuite 
jusqu'au lx)rd de la cornée. 

Les yeux sont sujets à des inflammations fréquentes et à une pliotophobie intense. 
Par moment, il y a des hémorrhagies spontanées dans celte membrane. Au pre- 
mier aspect, la conjonctive se présente comme infiltrée, boursouflée, et du côté du 
col-de-sac on distingue comme des plis granuleux. 

Anatomie iMithoiogiqae. — Les recherches microscopiques les plus intéres- 
santes sont celles de Leber (1), auquel nous avons emprunté ces détails. 

L'aspect extérieur des masses dégénérées est celui des masses gélatineuses. 
Examinées au microscope, elles se composent des nombreux corpuscules luisants de 
de diiïérenie grossetir contenues dans une masse amorphe transparente. Plusieurs 
de ces corps sont allongés, à bords arrondis^ et à leur surface on voit souvent des 
saillies plus ou moins grandes. 

I Uber, Archiv, f. Ophth., Bd. XIX, Abth. 1, 1873, p. 163. 



2*8 -OSIOMCTIVITE. 

La figure 119 repr£seute Irés-bieu cet Ëlat patliologi<ii>e. 




l'IB, 119. — CorpB aQijluI<lc« de la conjonclivc vu i 500 



- Il Hemfalcrait <fnc celle alTeclion ne présente pas de grivUé M 
sidérable, elle esL locale, ressemble beaucoup au (tscbomc, et comme telle dï 
été décrite par quelques aulcui's. 

TralMnrBt. — C'ofl à l'cuclsion qu'oQ doH avojr recours, mais en ayairiH 
d'éviter de placer les deux surfaces iaignaoles de la conjonctive l'une en ùeti 
l'autre. 

Bibliographie. — (Eltingen, Durpnter rtied. ttilichr., Bd. Il, p. 19. — Kjber, 
ùber iht unnjluiiie Degeneratioii , Inavg. Disaal., Dorpat, 1871. — Sarmisrh, IS'iinagti^ 
lier niedii-shein. GeselM, fût- Sut. und Heilk. 17 m»ri 1873. — Leb*r. Veier ainyW 
Dfgenentioa dti- Bindef.aul dn Avga (Archiv f. Ofdh., Bd. XIX, Ablb. T, p. 163, 1871); 

ARTICLE XIX 

kV^ES et LITHIASBS de la CONJOKCTIVE. 

A . KyBteB. — Les kytln transparenls ou véiicules ne sont pas rares ; lc« 
volume est celui d'une grosse léle d'i^pingle ou d'uu pois; ils sont situés prin' 
bord interne nu externe de la Dtrniîe. Le liquide qu'ils coniiennent est limpill 
IriDNpcrent, aqueui, ci il se reproiluii très rapidement après la piqOre. 

Les kystes de la conjoncliTe Bont de tniis sorlcs ; les uns sont IransparcA 
comme des vésicuk'S, places sur le globe de l'œil ; les autres sont blancs, sébaci^ 
dévduppt^ sur la conjonctive palpèbrale, et les troisièmes des liydatidcs. 

Ed enlevant la pxroi aniérieure de ces kystes, on les guérit radi calcine ni. Ti 
le§aulrca moyens sont inellicace.s. Daus nu cas, j'ai trouvé une production caloBt 
tn milit'U de la poche kystii|uc enlevée. 

KijiU» sébacés. — On rencontre sur la conjonctive palpèbrale des tacbes bha* 
chim-s, plus ou moins grandes, et qui font souvent saillie ï la surface de la cw 
jonciiic. Ces taches ont été souvcni confondues avec des litliiases. L'obscrvatisi 
m'a déiuoniré, au contraire, que les liihiiàes sont eicessivcmcnt rares, et qw, 

l'} A. H'Oi-|.> aiujrLi^idc •ILougé rryn do* bouts armudi^ ; B, C, D, cvpuiculci ivi\i% ncouitrtt dl lumlr*!* 



AFFECTIONS SYPHILITIQUES DE LA CONJOKCTIVE. 3&7 

dans la majorité des cas, ce sont des kystes sébacés, dévclopp<^8 soit dans les 
glandes supcrfjcielles de Meîbomius, soit dans les glandes en grappes du cul-de-sac 
coQJonctival. 

Kystes hydatiques. — Les cysticerques ont été rencontrés quelquefois dans la 
conjonctive uculaire ou palpébrale. Siebel père a pu distinguer à travers ses parois 
un point jaunâtre qui correspondait à la tête et au cou de Tanimalcule. 

B. Lithiases. — Les liibiascs ou concréiionK calcaires peuvent se développer 
dans la conjonciive, dans une des glandes de Mcïbomius ou une glande en grappe 
dont le conduit a été obstrué. Ces concrétions sont dures, anguleuses, blanchâtres 
ou jaunâtres; au bout de quelque temps, elles perforent la paroi du kyste et font 
saillie àja surface de la conjonctive. 

Comme elles siégont babitucllement à la surface conjonciivale de la paupière 
supérieure*, elles frottent la cornée et y produisent des érosions et des ulcères. 
L'ccil devient rouge, irrité, la photophobie se déclare, et toutes ces altérations 
durent tant que la ))ierre reste implantée dans la conjonctive. 

Quelquefois ces petites pierres unissent par sï'chap|)er tontes seules, et immé- 
diatement tous les symptômes s*amendent et l'œil guérit. Mais il est le plus sou- 
vent nécessaire de faire Ténucléation de celte concrétion calcaire. C'est ainsi que 
j'ai guéri une jeune fille atteinte d'une kérato-conjonciivite, qui m'avait été adres- 
sée par le docteur Remond, de Paris. En renversant la paupière, j'ai trouvé une 
{)etite lithiase saillante, que j'ai eitraiie facilement d'une loge profonde et à parois 
rigides. Dès ce moment la malade guérit. L'examen de la petite pierre, fait par 
Cornil, démontra qu'elle était composée de cristaux de sels calcaires. 

Des faits analogues ont été rapportés parM^eller, M^alther, Desmarres et autres. 

Bibliographie. — Desmarres, Traité des mnlndtps des yeux, t. H, p. 200. — Sichel, Ico» 
Jiogrofjhie opkihaimolofjique, p. 702. — Bizel, Ky^te pileux de la conjonctive ocul. (4nnales 
<foculist,, t. LV, p. 29;. — Beiiedict, Handb. der prakt. Augenheilk.^ TW. I, p. 266. 

ARTICLE XX 

AFFECTIONS SYPHILITIQUES DE LA CO^JO^CTIVE. 

Les aiïcclions syphiliiiques de la conjonctive sont très-rares et siègent de préfé- 
rence sur le bord p ilj)ébial. Ce sont surtout les chancres, les plaques muqueuses 
•et les éruptions papuleuses. 

A. Chancres. — Les chancres des paupières débutent le plus souvent par la 
conjoncti\e, et se présentent sous forme d'ulcération à bords taillés à pic et à base 
dure et épaisse. La paupière dans toute l'étendue qu'occupe le chancre est dure, 
infiltrée, ruuge, mais indolente. Les ganglions préauriculaires, de uK^me que les 
sous-maxillaires du côté correspondant, sont engorg6.s. Ce dernier signe ne doit 
pas être considéré comme pathognomonique de la syphilis, ainsi que beaucoup 
de personnes l'ont prétendu. On rencontre ces glandes engorgées dans des 
ophlhalmics graves, le cancer des paupières, les furoncles, etc. 

Ricord, Dcsinarres et d'autres auteurs ont rapp/nté des cas de chancre des pan- 
piOres et des conjonctivites; mais « c'est un accident qui, comme le dit Ricord, ne 
saute qui^ rarement aux yeux, et ce n'est pas, dans tous les cas, celui qui rend le 
plus ordinairement Y amour aveugle » . 



2f|8 COiNJONCflVITE, 

J'ai vu cinq clicincrcs in(luiV;s du bord des paupières, et ils étaient tOQJOQn 
inoculés sur la muqueuse; la peau n*était envahie que plus tard. Dans un cas, le 
cliancre était inoculé au-dessous de la paupière supérieure près de l'angle interne (l). 

Une altération gommeuse de la conjonctive a été décrite par le proiesseur Mipij 
(de Boulogne). 

Le traitement interne mercuriel et les frictions sur le front, la tempe etdeniiif| 
Toreille guérissent promptement le mal. Localement, rien ii*agit mieux qoeh] 
poudre de calomel porphyrisé, dont on saupoudre Tulcére. 

B. Plaques muqueuses. — Les syphilides muqueuse» des paupimn\ 
manifestent, d'après Fournier, sous forme d'érosions superficielles au nireau 
commissures oculaires ou de la caroncule. Quelquefois on voit rulcération eni 
le bord libre des paupières, attaquer Tiniplantation des cils et les détruire 
sivement. J*ai vu chez un malade la syphilide papuleusc se déclarer dans h 
interne de l'œil et amener un ectropion marqué, qui s'est guéri après la 
de la syphilide. 

Nous avons vu avec Alfr. Foumier des malades atteints des papules 
tiques de la joue et des paupières, et chez lesquelles on voyait sur la coojt 
scléroticale des petites élevures papuleuses, d'une teinte ronge jaunâtre, sans; 
trace d'inflammation au pourtour. Chez un malade que nous avons soigné ai 
docteur iMariiueau, il existait une phlyctène péricornéenne non ulcérée et qâi 
guéri qu'après que nous eûmes prescrit le traitement mixte antisypbilitîqiie, 
pour cette pustule que pour les gommes qu'il portait au bras et à la jambe di 
L'éruption syphilitique cuivrée a été observée une fois par Smee et nue 
fois par Desmarres père. 

BiBLior.RAPBic. — SmeC; Eruption si/philitique cuivrée siégeant dans ia conjonctire (l 
thn Médical Gazette ei Ann, d'oculist.^ 1845, t. XIV, p. 31;. — Ricord, Lettres à M. 
/narres, dans Desoiarres, Traité des maladies des yeux, l. Il, p. 213. — Ricord, Lettnsi 
la sypfti/is^ 3* cdilion. Paris, 186 {. — Magni, Kérato- conjonctivite gommeuse {Gk 
tro/tahioloyia itnliatio, 1863, et Annales d'oculis t., t. Ll, janvier 1864, p. 115).— 
ccreaux, Traité hist, et prat. sur la syphilis, Paris, 1866, p. 509. — Galezowski, PI 
muqueuses dv. bord lihih des paupières {Journal d'opUth^ de Paris ^ 1873, p. 233 et 
— Foumier, Leçons sur la syphilis^ 1873, p. 584. 

(1) Observation. — Mademoiselle X..., âgé de trente ans, fut atteinte dans son 
de Saint-Péterf bourg à Paris, d'une inQammation de i*Œil gauche. En l'examinant au ii|mI 
septembre, j'ai constaté que l'œil n'était point rouge, mais la caroncule était enflanaill 
la paupière supérieure abaissée. Un peu au-dessous de l'angle interne et du bord palf 
on sentait une tumeur grosse comme une noitetie, dure, à bords bien limités, et ii 
II n'y avait pas moyen de renverser la pau()ière, mais en la soulevant fortement, nou« 
distinguer une large ulcération, située à la partie interne et supérieure de la conjonctive pé*^ 
pébrale, et qui s'étendait très-loin dans le cul de-^ac. L'existence d'un chancre inf«^ltattt- 
nous paraissait pas douteuse, d'autant plus que les glandes du cou et les sous-maxillaires étûfll 
fortement engorgées; il y avait sur le front une éruption tuberculeuse caractéristique dik 
syphilis. Mon diagnostic a été confirmé par le docteur Clerc. Sous l'influenct^ du iraitoMi' 
mixte la tumeur a disparu, mais par suite de la rétraction des tissus cicatriciels il s'était p(^ 
duit une adhérence entre la paupière et le glube de l'œil. Vers le 24 décembre, la malade t 
été prise d'un abcès cornéen avec iriiis, qui ne céda qu'au bout de trois mois de traitetneil* 
l.e 18 avril, j'ai fait l'opération de syniblépharon en présence des docteurs Longhnan (de P<ri4 
et Rodriguez (de Venezuela), et l'opération avait parfaitement réussi, l'œil a pu reprendre itt 
mouvements. {Journal dophlhfdmohgie de Paris ^ 1872, p. 308.) 



QUATIUÈME PARTIE 



€ARO!«€IJIiK RT PI.I SEMI-IilJIVAIRK: 



La caroncule lacrymale et le pli semi-lanaire prennent le plus souvent part aux 
inflammations des autres régions de la conjonctive, tandis qu'il est rare de trouver 
une altération isolée dans cetie partie de rœil. A peine connnît-on quelques exem- 
ples d'inflammation ou de dégénérescence. 

Célinski a observé une fois, dans la caroncule, une tumeur vasculaire, violette, 
en forme de mûre, et qui s'étendait aux autres parties. C'était évidemment une 
tumeur éreciile. 

On a décrit aussi sous le nom d'fmcnnthis fongueux ou cancéreux dilTérenfes 
désorganisations qui peuvent s'ob^ierver dans cet organe. (>unier, Portai, Riberi,en 
eut rapporté des exemples. Mais ces altérations n'ont rien d'assez particulier pour 
qu'il soit utile de les décrire à part. 

Dans certaines conjonctivites, et notamment dans les conjonctivites blennorrha- 
giques et granuleuses, la caroncule lacrymaie et le pli semi-lunaire deviennent le 
si^e d'un travail inflammatoire très-prononcé, même au commencement de la 
maladie, lors(|ue le reste de la conjonctive reste intact. Cette inflammation a été 
décrite sous le nom d*encanthis inflammatoire. Nous ne voyons là qu'une des 
phases d'évolution des conjonctivites en général^ et nous ne pensons pas qu'il soit 
nécessaire d'en faire une élude spéciale. 

BiBUOGRAPBiE. — J. Cloquet, Dictionn. de méd. en 30 vol. 1835, t. XI, p. 441, art. 
RsCANTHis. — Milldiemoro, Trentise on the Diseases of the Eye. l.ondori, 1835, l. Il, p. 543. 
— Carrori du Villars, De fEncanthù inflammatoire, hyduO'deux, hypertrophiquc, squir^ 
rheux, etc., in Gvidc pratique des ma/adies des yextx, Pari#, 1838, t. I, p. 454. — Boucha- 
court, Annales d'ffcuiist.. vol. III, suppléai., p. 30. -- B. Anger, Anatomie rhirurgica/e. 
Pan'g, 1869, p. 316. 



CINQUIEME PARTIE 
conMÉK 

CHAPITKE PRKMiEK 

INATOHIE ET PHYSIOLOGIE 

AnaioMle. — La cornée est une membrane lran=p»renle. qui complèle en ««Dl 
la coque oculaire. Selon [lelinfaoliz et Chossai, elle > la forme d'un legmenl ellipiolde, 
doDl la courbure est |ilut Torle que celle de la tcléroliiiue. 

l'enilant la période ilu déTelDppt;meiit de l'œil dans la vie inlra utérine, la coraée 
est, d'apiéâ Sappey, pliia épaitte au centre qu'& la périplirrie; plus tard, ces condi- 
liont chaDgcnl chei certains individus; taotdt dans la partie péii|<hérii]ije, la cornée 
des adultes mesure O^.IO, landii qu'elle n'est au centre que de Q".»: tanlAt elle 
est partout de la ménw épaisseur (Petit); et il arrive même souvent qu'elle e=t plut 
épaisse au milieu, comme j'ai pu nue convaincre dans un certain nombre de cas 

La cornée est une memlirane très-(erm«, sa surface antérieure est coove», doul 
le ra\ on de courbure est de 7 à 8 millloièlres, d'après les calcuU de Lami , la aurfaco 
posléri'ure et inférieure est concave. 

La circonrérence de la cornée est taillée irrégulièrement en biseau ; la sclérotique 
empiète sur la cornée d'une manière plui prononcée sur les parties supérieures que 
•ur lea parties laténilei. 







fio. — lîO. — Couche» Je la ct>ru*e, d'apri» t^ilailton ('). 
,,,,„iun — Ondistinguedanslacornée. non di'sUmi-lles, comme on l'a avancé 
a quelque temps, mai. des coucbes superposées dans l'ordre suivant : 1* la couche 



COBKËE. 



251 



Uille; 3' la lame étaslique anlérieure ou membrane de Bownian ; 3° la sub- 
m propre de ta cornée ; 1* la lame élastique postérieure de Desceuel ou Demourt ; 
I* la couche épiihéliale postérieure. 

I. CoucAe épiihéliale antérieure [Bg. MO, a). — Les cellules épithéliales de cette 
lAe sont les mêmes que celles qui recouvrent la conjoncliTe; c'est répithélium 
iBCDleui. doQl les cellules les plus citernes sont fartemeni aplaties. On y remarque 

ts rjngées superposées. En se ripprochont de la sclérotique, l'épiihélium au- 
■ogmeDle d'épaisseur et se confond avec celui de la conjoncllre. 
Rt !«■« ékutique aiUirieure ou membrafie de Bowman (lig. 130, 6). — C'est 
ctw botDOgéue, amorphe, resiemblsnl à la Isme élssiique postérieure et i la 
iiisia moindre apparence de structure. Vers la circontérrnce de la coruée, 
Hastique antérieure s'amincît et se prolonge sur la scléroliqiie tn se confou- 
c b capiule de Teoon, dont elle est probablement la continuaijon. 
:'4>itfance propre de la cornée (ftg. 1Ï0, c, c,c]. — Elle forme la partie essen- 
'di cette membrane et est appelée par Cli. Robin ( I ) lissa eornétn. La structure 
■ de la cornée n'est pas emore complétcmeol connue, et le résultat des re- 
tm bites i ce sujet diilére selon que l'on s'est servi pour les préparations de 
tlal agent. Dans ces dernier temps, Recktingliau^en et Ilid suni arrivés h des 
bien plus positi£i en employant des solutions de n traie d'argent pour la 
■ et la préparation de la cornée. Ils ont ainsi pu ■«connslire : 





k. lit, — Coupe transversale de Ja con 

4ii(ili^. puis ramollie dam l'eau, ap 
VMinclïon dtirts te sens de i'épaiueur ('). 

< La iubfluHce fibrillaire, forinéu par la réunion des faiscaux de fibrilles lami- 
'^>Ki, que l'on difiingue mieux quand on les traite par l'aciile atéiique ou lorsqu'on 
• Slacére (voy. fig. 121, C}. Entre ces faisceaux ei^isient des lames, qui ont été 






•a irhist'rliH/iVf i' édil. I 



252 



CORNtE. 



prises par Bowman pour des lubos ou dos canaux [corneal tubes de Boicman) [lj.i 
libres de la cornée se continuent sans inlerruplion avec ceux de la s* lérolii]ue,i 
on peut en juger par la figure 4 20 ; la séparalion entre les deux mcuibranes eAJ 
à fait ariiOcieile. 

6. Les cellules ou cœ^ptiscules étoiles de la cornée sont des cellules ii DoytOf 
vues de uotubrenx prolongements, au moyeo desquels elles s*anasioino«ent ki( 
avec les autres (fig. 132). Ce sont les corpuscules du tissu ronjonctif de Yi 
les corps fibroplastiques de Uobin, que Ton retrouve aussi dans la sclé^otiqo^ 

Ces cellules se présentent sous un aspect tnut h fait diiïérent, suivant que lai 
est faite parallèlement au centre ou parallèlement à la surface. Hans le prei 
les cellules apparais!>ent comme dans la figure 1 22 ; dans le second, au 
elles resbembtent beaucoup à la coupe longitudinale des tendons et laisseot 
éléments fusiformes. 

Les libres de la cornée de même que les cellules, sont pénétrées d'un liqmdel 
parent, aqueux, coagulablc comme de Talbumine. Lorsqu'on Texpriuie, le 
perd sa transparence. Plongée pendant deux ou trois jours dans Teau» elle 
d'épaisseur d'une manière très-sensible. 1^ même épaississement s^obserftj 
l'état pathologique de cette membrane, lorsqu'elle est atteinte d^une kératite 
live ou gran.ileusc. 

4. Lame élastique postérieure ou membra)ie de bescemet ou de Dcmowê (6g. Il 
et fig. 4 21, D). — C'est une membrane uniforme, homogène et amorphe, 
lame élastique antérieure mais plus mince, que cette dernière. KUe résiste ti 
ment a la pression, ce qui fait que, dans les ulcères qui ont détruit toute la 
propre de la cornée, la lame élasti{ue, pressée par l'humeur a|ueuse, s'engagij 
l'ulcère et forme pendant quelque temps une véhicule transparente. Celle 
s'épaissit à la périphérie de la cornée, se réfléchit vers l'iris pour constituer lel 
ment pectine. 

5. Couche épithéliale postérieure ou épii hélium de l'humeur aqueuse (6g. 41 
et fig. 4 24 , Ej. Cette couche est composée d'une simple série de cellules pot] 
placées côte à côte et unies h leurs bords. 

Vaisseaux sanguins. — On sait aujourd'hui que la cornée dans l'état sain 
tient point de vaisseaux. Mais il n'en est pas de même pondant la YÎe inti 
Selon hobiu, jusqu'au sixième ou au septième mois de la vie inira-ui^'rine, taii 
élastique aniérieureest parcourue par un réseau capillaire en continuité avec 
la conjouctive; ce réseau s'atrophie ensuite, et l'on ne voit plus que des anses 
laires de la conjonctive, qui empiètent sur la cornée de 4 /i à 4 milli nèire. 
grand nombre d'affections cornéennes superncielles, les vaisseaux se régénéreili 
cette couche avec la plus grande facilité ; ils proviennent alors de la capsule ét'^ 
et de la conjonctive. 

Vaùiseaux lymphatiques» — Les vaisseaux lymphatiques, quoique contest^j 
plusieurs anHtomi>tes, ont été découverts dans ces derniers temps par llecklii 
à l'aide de l'imprégnation d'ar^^ent. b'aprèscet observateur, le réseau dfs rai 
communique avec les espaces lymphatiques de la conjonctive, et serait 
véritable point de départ des lymphatiques du globe de l'œil. Les recheitklj 
Th. Leber (2), faites au moyen d'injections d'essence de térébeuthioe color^ej 
sang-dragon, ont abouti aux mômes ré.^ultats; il a démontré que la cornée 
un réseau canaliculairc qui communique avec le réseau analogue conjonctivaL 
toute probabihté, c'est le ré&eau lymphati(|ue. 



(1) Bowman, h'çons- fat tes en 1847 w P hôpital ophthnlmologique de Mttorfitlis M" 

lf'(H-NUst.). , 

(2) Leber, Ueber die Lymphr, der Uornhnul (K/iuische Monafsb/.^ janv. et févr. 1866;» 



CORNÊL*. 



255 




Les nerfs de la cornée ont été diicouverts par Schlemm. Ils sont côn- 
es tubes complets ; mais^ à partir de 3 millimètres du pourtour de celte 
ils perdent leurs gatnes et ne se prolongent, en se ramifiant, que sous 
lin<lres a\es. Au niveau de chaque ramification, il y a un rendement 

représenté par la figure ci-après, et qui est constitué par une cellule 
B(rig. U3). 

le la cornée proviennent du plexus que forment les nerfs ciliaires sur le 
Textréroité antérieure de la cho- 
15 filets traversent ensuite la sclé*> 
onvergent vers la cornée. Dans 
r, les tubes nerveux se d(^pouillent 
•line. De nombreux filets nerveux 
ot et forment un réseau superficiel 
t les terminaisons ultimes pénè- 

lloyer, dans Tépaisseur de Tépi- 
léen Tour nous, ce réseau existe 
'épaisseur de la cornée, ce qui «lu 
lie avec les recherches de Kùhne 

^fe. — La nutrition de la cornée 
«^pens des cellules cornéennes, et 
ur aqueuse qui parait fournir les 
«^ssaires à cette nutrition Les ex- 
iblies par Gosselin ont démontré, 
la cornée a sur le vivant une fier- 
une propriété endosmotique des plus prononcées. D*autre part, les anses 
très- nombreuses, qui existent au bor«l de celte membrane apportent ;i 
s matériaux qui peuvent se tran>portcr par enJosmose dans les cellules 
lir la Me. 

ronilitions étant insuffisantes pour la régénération des parties altérées de 
les vaisseaux de nouvelle formalion y apparaissent et pourvoient à la nu- 
iDt toute la durée de la maladie. 

»plique de la cornée est très-grand : c'est le premier milieu ri^fringent 
se réfractent le^ rayons lumin*Mix qui se rendent à la rétine. Selon Krause 
a valeur de Tindice de réfraction est de 1 .330 à 4 .3523 : par conséquent, 
:elte membrane que les rayons lumineux qui se rendent à la rétine su- 
us grande réfraction ; el Ton comprend dès lors pourquoi, comme Donlers 
int établi, les moindres irrégularités dans la conformation de cette mem- 
enl l'astigmatisme. 

lous Tavons vu, la cornée reçoit son innervation des branches de la cin- 
e. Ma^i^endie a démontré qu'on la détruisant dans le crâne on rond Pœil 
. la cornée plus terne, el. au bout de quelque^^ jours, son opacité se pro- 
us en plus, l'engorgement des vaisseaux conjonclivaux augmente, la tache 



FiG. 123. — Nerfs de la cornée 
(d*après His). 



HODB D'EXPLOIATION DE I.A COINfiS. 



CIUPÏTRE 11 

MODE !)■ EXPLORATION 



L'eiamen de la contée doit être fait d'abord au jour, pDÛ i réclair^ d'une 
lampe. On y procède dans un ordre el atec une ni6lliode lout paniculiera, 

1. Le malade Cbtptacé tout près d'une feuéire et un peu ubliqucincnt aa jour; 
on lui recommande de fucr un iluigt, que Ton promtne dctant sou œil dans lODtn 
les directions, rendant ce lempu, le chirurgien examine aiteniivemcnt le reOet de 
la feoOire qui se projette successifcmeni sur les ditTérentes parties de celle mem- 
brane. L'image de la fenêtre, rfllèchie sur la cornée, doit fitre luisante et poHei 
lorsque, au contraire, le reflet apparaît brisé, infgulicr, ou ii fjceltes, on doit 
SDp|>oscr l'exUicnce d'un ulci're, d'un abc^ ou d'une aliéraiiou de l'éiûiltéliDm. 

C'est dans le mOiiie but que le professeur Laugier i pmpntA de promener devant 
l'œil la lumière d'une bougie, dont le reflet cornéen se défurme et devient inégal, 
lus.'iilôt qu'il lombc sur une portion exulcérée de cette membrane. 

2 On c1icrc)ie ensuite si la cornée a cinscrTé partout sa Iranspareoce normale. 
Pour découvrir les opicités. qui sont quelquefois très-petites, on prescrit au ma- 
lade de diriger l'œil dans tous les sens, en haut, en bas, 1 droite et i gauche, et, 
pendant ce temps, l'observateur tiie constamment tout le champ pnpillaire. f^ 
moindre opacité de la cornée se plaçant derant la pupille apparalira comme une 
tache laiteuse sur le fond noir de la pupille. 

J. Lorsqu'on soupçonne la présence d'an corps étranger roétalliqae Irés-pelil 
dans la cornée, on s'eiïorcc de placer successivement chaque point de la cornée en 
face de I'IpU; la couleur de ce dernier étant plus plie que celle d'une paillette 
de fer, d'un mnrcean de charbon, etc., il sera assez facile de le décoatrir. 

1). kctniragfi laléraL — Lea opacités Irés-légéres el fnperficietles de la cornée 
sont facilement reconones au moyen de la méthode de l'éclairage latéral. 




Fk 111. — Ccliirate latéral. 



On se sert pour cela d'une lentille biconTexe n* 3 I 'i, an moyen de laquelle on 
cAnreuire sur la cornée la lumière d'une lampe, placée i Mi centimèlirs. m peu 
de cité et en avant de l'œil (fig. 12'i). 



MALADIES DE LA GOBNÊB. 25S 

Poor bien éclairer la cornée, on doit en éloigner la loape d'une distance égale à- 
celle de son foyer, et la tenir obliquement afin que le cône Inminenx éclaire par 
son sommet la surface cornéenne. 

Lorsqu'on veut reconnaître en détail les opacités ponctuées de la membrane de 
Descemct, ou les vaisseaux tiés-fins de celte membrane, on doit examiner la cor- 
née à travers une forte loupe simple ou celle de Brucke pendant qu'elle est éclairée 
par le cône lumineux. 

5. La convexité de la cornée doit être explorée avec soin ; on recc^naît Fa cour- 
bure normale en regardant Tœil de profil. De celle façon on se rend compte de 1» 
profondeur de la chambre antérieure, et de l'exagéraiion de courbure cornéenne, 
Boit dans toute son étendue, soit dans une partie limitée. 

La cornée peut prendre une forme conique vers son centre, ce qu'on recon- 
naîtra aussi en regardant Tocil de côté, ou bien en plaçant le malade dans une 
chambre sombre et en projetant sur l'œil la lumière réfléchie par un miroir concave. 

Souvent ce reflet devient irrcgulicr, déformé et indique des anomalies de con- 
formation de cette membrane, comme l'a démontré Ciiignet (de Lille) (1). 

Lorsque la courbure de la cornée est normale, le reflet se déplace avec les nnoo- 
vements de l'œil ; dans le cas de staphylôme conique^ ce reflet reste au contraire 
fixe au centre de la saillie conique. 

Au point de vue de sa conformalion, nous devons faire remarquer que cette 
membrane est très-bombée chez les myopes, aplatie chez les hypermétropes, et 
que dans le cas d'astigmatisme son diamètre transversal est relativement beaucoup 
plus grand que son diamètre verlical. 

6. Un dernier moyen d'investigation de cette membrane est le degré plus on 
moins grand de sa sensibilité an toucher, que l'on constate soit ayec la pulpe do 
doigt, soit avec un peiit morceau de papier. Ordinairement la cornée supporte 
diflicilemcnt cet attouchement, tandis que, dans les glaucomes et dans certaines 
hydrophthalmics, elle est presque insensible et anesthésiée. 



CHAPITRE m 

PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE. 

L'étude des maladies de la cornée a toujours présenté des difficultés considé- 
rables, et pendant longtemps on ne savait pas si cette membrane pouvait ou non 
s'enflammer. Scarpa parle des ulcères, consécutifs aux abcès situés derrière la 
conjonctive qui recouvre la cornée; mais il ne dit rien des kératites. Demonrs 
s*expriinc anssi en termes vagues sur les phlegmasies de cornée. La dénomination 
de la kératite n'apparaît qu'après que Vetch et Wardrop eurent décrit l'inflamma- 
tion de celte membrane en 1807. iMirault (d'Angers} a démontré en 1823 que la 
cornée, conmic tous les autres tissus, peut s'enflammer. Selon lui, cette inflamma- 
tion devait se traduire par un engorgement des vaisseaux spéciaux dans lesquels 
circulait le fluide blanc et que le sang n'y pénétrait que dans des cas de phleg- 
masies. 

(t) Cuignet, De la kératoscopie (Recueil dPophthatm» Parii, octobre 1873). 



256 MALADIES DE LA CORNÉE. 

Mais cette opinion a été combattue par Rroca (t), qui chercha à démontrer que 
les tissus sans vaisseaux, tels que la capsule du cristallin, le corps vitré et la cornée 
elle -mOmc, ne peuvent pas plus s'enflammer que les cartilages, les poils^ les ongles, 
les dents. 

Aujoiirdliui, nous savons que Tinflammation peut exister dans ces tissus et que 
la vascularisation n'appartient soufent qu*à une période ultérieure de l'inflamma- 
tion. Ainsi l'existence des kératites ne |Hîut plus être mise en doute, quoique Tin- 
tcrpréiation de ce mécanisme soit encore à trouver. 

Virchow explique l'inflammation par l'activité exagérée delà cellule. En se basant 
sur les expériences faites sur les animaux, His est arrivé aux conclusions suivantes : 
l» Dans une inflammation, les cellules augmentent de volume; 2^ la paroi de la 
cellule se sépare d'avec son contenu ; 3° de jeunes cellules apparaissent ultérieure- 
ment et se transforment ensuite en graisse. 

Dans CCS derniers temps, Gohnheim a émis une nouvelle hypothèse : il pense 
que les globules du pus se forment en dehors de la cornée et qu'ils ne sont autres 
que les leucocytes émigrés. Ce serait, d'après loi, Tirritation produite sur les nerfs 
de la œrnée, qui, en te transmettant au limbe conjonciival, y provoquerait une 
innanimaiion et faivoriserait le transport des leucocytes. L'infiltration de ces pro- 
ductions dans la cornée la rendrait plus ou moins trouble, et contribuerait à la ré- 
génération de sa partie altérée. Talma, élève de Donders, cherche à démontrer que 
les corpuscules fixes de la cornée ne jouent aucun rôle direct dans sa suppu- 
ration (2). 

Comnie on voit, cette théorie se rapproche beaucoup de celle qui a été émise il 
y a vingt ans \^r Bowman, de Londres. 

Selon cet éminent ophthalmologiste (3), le premier changement qui s'opère après 
la ponction ou l'incisiou de la cornée, est une interruption mécanique des actes nu- 
tritifs. Bientôt le sang afllue en plus grande quantité dans les vaisseaux les plus 
\()isins rie la partie blessée et amène des matériaux qui doivent combler la lésion. 
Ces vaisseaux ap|H)rtent, en elTet, en abondance de petites |>articules ap|>elées o)- 
toblastes, qui existent naturellement, quoique en petit nombre, dans les lamelles 
de la cornée, et dont la quantité relative est regardée comme l'indice de Tactivité 
<Iu nx.uvemcnt nutritit Bientôt ces particules obstruent les interstices des tissus 
((ui forment les lèvres de la plaie, la couvrent entièrement de manière à occuper 
tout l'espace qui les sépare, et deviennent un moyen d'union. 

Contrairement à l'opinion de Gohnheim, Feitz cherche à prouver que tout le 
travail d'inflammation se passe dans le protoplasma lui-même, qui donne nais- 
sance, par une genèse en apparence spontanée, 4 des leucocytes nombreux. 

Pour nous, l'inflammation doit être envisagée de la manière suivante : Ce ne 
sont pas les li'Ucoc)tes s'infiltrant dans la cornée qui donnent lieu 9t une kératite: 
mais celle-ci est due à une irritation des neris trophiques de cette membrane, à 
la suite de laquelle les éléments de la cornée subissent des altérations propres à 

'1 » Uroc», .l/r'wioi/r .mr la nature dff a^prttont timnufk sowt les mmis vidrujc de capsu- 
lite /•/ //^ kératite (Bull, de h Soc. annt., 1853. t. XXVIII. p. 451). 
2, Talma. irhiv f. Opht/i,, Ha. XVIll, Abtli. Il, p. I. 
'3 h «NviTMii, lyro/i< ftid"< frt 1847 // rh'*tfnt*il ophtltnlm'jhgôfue de Moorfiekh {Annales 



MALADIES DB LA COBKÊE. 257 

compromettre les fonctions nutritives. Tonte blessure, tout corps étranger ou dé- 
pôt morbide qui apparaît dans l'épaisseur de la cornée, doit provoquer une irrita- 
lion des nerfs qui y aboutissent. 

Sdiiess-Geniiiseus (1) et Scharygin (2) ont attiré Tattention sur la prolifération 
des collules épitliélialcs et sur les altérations dont elles (K'uvent être le siège. Selon 
ces auteurs, ceitc transformation se fait par la segmentation des noyaux et la for- 
mation des cellules endogènes. 

Une blessure, un corps étranger ou un dépôt de matières organiques ou inor- 
ganiques, arrête l'endosmose et la nutrition d.; la partie aiïectée ; d'où résultent le 
trouble et ropacificaiion, comme après la mort. Et pourvu que cet état se prolonge, 
il y a mortification ou nécrose des éléments aiteintj. Ces mêmes éléments nécrosés 
subissent Umbibiiion du liquide nutritif qui arrive à la cornée, gonflent et com- 
priment les éléments voisins. Une nouvelle irritation s'ajoute 5 la première, se com- 
muni(|ue aux nerfs péricornéens et, par leur entremise, aux anses vasctdaires du 
limbe conjonctival. F^s vaisseaux ainsi irrités se dilatent ; le sang arrive en plus 
grande quantité, l'injection périkéraiiquc di'vicnt très-prononcée, et, sous l'in- 
fluence physiologico- pathologique qui nous échappe, de non \ elles anses vasculaires 
apparaissent sur le bord cornéen, s'avancent vers le centre et ne tardent pas à 
envahir le point malade. 

Les vaisseaux qui apparaissent sur la cornée ne sont donc pas la cause, mais 
bien la conséiiuencc de l'inflammation cornéenne. I.^ recherches que nous avons 
faites à ce sujet (3 nous ont permis d'avancer avec certitude que les vaisseaux se 
développent dans presque toutes les aiïections inflammatoires de la cornée, et qu*ils 
y sont indispensables pour la réparation et la reconstitution des éléments altérés 
ou détruits. 

Ceci admis, on comprend que la vascularisation de la cornée n'appartienne pas 
spécialement à telle ou telle forme de kératite, mais qu'elle est propre à toutes les 
inflammations de cette membrane, bien qu'à d?s périodes diiïérentes. 

C'est pour cette raison que, dans notre classification des maladies de la cornée, 
nous rejetons la forme des kératites vasculaires comme mala'iies distinctes, et que 
nous ne les décrirons que comme des périodes de diverses altérations de I» cornée. 

Un autre |)oiiit de paihogénie de la cornée a été jusqu'à présent mal interprété : 
nous voulons parler des ulcères de celte membrane. 

Tous les auteurs ont décrit la forme particulière de kératite qu'ils nomment 
kératite ulcéreuse. Or, rien n'est plus rare que de voir des kératites ulcéreuses 
primitives, tandis que, habituellement, les ulcères de la cornée sont consécutifs à 
des abcès, à des phlyctènes, à des blessures, elc. 

Pour nous, les ulcères, de même que la vascularisation, sont des phénomènes 
secondaires qui se déclarent à la suite de l'inflammation de la cornée; nous 
les décrimns donc comme une des phases ou un des symptômes morbides des 
aiïections de cette membrane. Les ulcères priiuitifs sont relativement rares, ils sont 
le plus souvent de nature nécrosique, ou bien ils se présentent comme des ulcères 
rongeants. 

(1) Scbies8-Gcmu5eus, Schwmeniche medc Zeitcfiift, t. lU, p. 35. 

(2) Schalyjfin, Archiv f, Ophth., 1866, t. XII, Ablti. I, p. SX 

(3) Galez'.wAki, Mémoire lu à la Société démulation {Cnion méd., 1868, n«" 89 et 90). 

GALEZOWSKt. i 7 



238 MALADIES DE LA COBNÈE. 

Voici, cil rfauiné, les aiïcctionB de la camée que nons allons étndicr. 

/ Phi jeté njlaire. 



1. KéralîlM. 



iGranuleuH, ou panmii. 
Diffuse DU inlersliiieUe. 
Proliféralive. 
Ponctuée. 



. ,,., .... ., . ( Taiea, leucdmcï et sfroDloiDn. 

.. M6r.l,..d.l„n,p.™.tc,ld.e..rl,ure.J5„l_i;j„„_^ll^^.«'^^l^, 



6. Tumeur» el kystes. 



ARTICLE PltËHIEK. 

KÉRATITE FHLYCTËNl'LAIBË OC LYMPHATIQUE. 

I^ kératite |)hl}Ctéiiulaire, appelée par quelques luieurs herpès de laani 
est une alTeciioti spécialement propre aux enfanlit de deui ii quinze ans; nioM 
elle apparaît plus tard. Elle est caractérisée par l'appariliou de petites t£mI 
transparentes, soit au centre, soit i la périphérie de la cornée. 

H^miiiomniaiagie. — 1. VoscHlarisalion. — Dès qu'une phlyclèaeEca 

tre snr un point quelconque de la cornée, cette membrane est le siège d'uacin 

talion trts-vive qui ne lai-dc pasï provoquer une iujeclioD plus ou moins pi 

iiuiici?e, d'aixiril dans la partie la plus voisine de la pustule, et ensuite tout anu 

lie la cornée. 

1^ plus souveut, on icinarqDC 
(aisceau de vaisseaux isolés, a;» 
forme triangulaire, dont la inst 
rapproche du cul-de-sac corjrinciii 
pendant que le soiimiet atHiulit I 
cornée. An sommet de ce faisi 
tasculairc o» aperçoit une saillie i 
bujcuse, qui n'est autre cliosc qn 
phlyctène. 

Le faisceau vasculaire ne s'ar 

pas toujours au bord de la con 

il s'avance bien souvent \<n le < 

tre plus ou moins loin, selon «iii 

phlyctfine se trouve rapprocbée 

éloignée de son bord (flg. 1 25). 

(Jette vasculari-'ation de la cornée est toute superficielle; les vai.-waux 

KiiiucuîE el presque variqueux; ils apparaissent souvent au iMiuidevingt-ijuatr 

de quarante-liuii heures après la naissance de la plilyctùitc. 

ÏA-s vaisseaux de la cnrnïc deviennent de plus en plus nombreux, selon qi 
plilycléiie est profonde, que la dcstructi-m des élémenls comtens est plus gn 
el l'irritation plus pi-ouoncéc. On voit quelquefois un paquet de vaisseaux lrï*J 




ililyclÉnulairt 



KËRATITK PHLYCTfiMJLAIRE OU LTMPHATIQDB. 359 

se développer au boni de cette mcmbnne, el apparaître sous la fonne d'un ptéry- 
gion, surtout s'il se trouve h l'angle interne. 

Dans d'autres cas, la coniûi.- tout entière se couvre de vaisseaux superficiels tria- 
nomUreui et tellement Rn» qu'on ne les distingue qu'avec une irës-forle loupe, 
comme on peut en juger psr la figure 126. Une vascnlansation aus>i généralisée 
est dne aut nombreuses phlyctèncs qui se sont idcérées. On la rencontre plu 
souvent chez leti jeunes lilles de qiu'nte ï seize ans, d'un tem|)éramcnt lymptu- 
lique et qui n'ont pas tii- convonalilemeiit soignées i l'origtite de la maladie. 

ta rasciilarisation conjonciivale accompagne ordinairement celle de la cornée, 
surtout dans la portion bulbaire. 

2. Phlijctpws. — LesphUctènes se présentent au sommet de raisceauz visch- 
lairessous Cormo de petites vésicules transparentes ou de petites élcvures blancbairea. 

Très-souvent une sciik* plilyclène occupe le ceiilre de la cornée ; elle est telle- 
ment fine, que c'est à peine si l'on y remarque une surface rugueuse cl dépolie. 
Dans d'autres ras. les pblyclènes sont multiples; une ou deux s'étalent sor cette 
membrane, pendant que les autres sont comme incrustées ï son bord sur le limbe 
conjon Clivai. 

I.espb1ycl^^es soMmipfr^dfUi.-Kna profondes. Les pri^mières sont placées son* 
la couche épithélialc. et le liquidi^ qu'elles contiennent se résorbe raciicment; le 




hc. l'J'i. — VasculariS'Uion Je t9 cornée consiïcutirea une liéralite phljetinulairs. 

nouvel épitbéliuui remplace celui qui a été soulevé, et la guérison a lieu uns laisser 
la moindre trace. Les pblyciênes prolitndes se développent dans la lame élastique 
aiiiérieure; elles sont plus ioluniiticnsc!< que les précédentes, el ont une évolution 
plus leiilc; elles se remplissent pendant deux ou trois jours: le quatrième jour, 
elif's se rampent el.se transforment en ulcères. Quelquefois elles suppurent et se 
transforment eu abcè.". 

3. l'ii-i-rn'iiiii. — l'A', phénomène s'observe babil nellemenl dès le troisième on 
le qnjlrièiiie jour. L'ulcér^itiou esld'aboi-d peu profoixle, h contours irréguliers, 
dérhiquetés, frangés. I.c fond est d'une teinte grisâtre ou d'un blanc jaunâlre,sui- 
vaut la nature et la quantité du pus. 

L'ulcère se débarrasse de tous les déiritns qui le remplissent ; rirritation dimi - 



260 MALADIES DE LA CORNÉE. 

nnc, répiihéliuii) uc tarde pas à recouvrir son bord en grande partie, ce 
donne l'aspect d'un ulcère infundibuliformc. A partir de ce moment^ I 
danger a crssé : Tulcèrc est complètement transparent, luisant à la 8urfac:«. 
rougeur et Tirrilation de rœil diminuent et disparaissent môme, de scrute f 
si Ton ne fait pas aitention à la diiïérence de niveau et à une sorte de dépresHN 
qui existe à Tendroit où siège Tulcère, on peut considérer l'œil comn.e guéri. CMe 
erreur est même commise journellement par tous ceux qui ne connaisseoc p» 
celle circonstance. 

Les ulccns peuvent pourtant devenir profonds et entamer la substance /mk^R 
de la cornée. Cela arrive notamment quand le liquide de la phlyctène se 
iiorme en un véritable pu«. Alors la maladie ne peut plus être considérée C9 
une simple phlyclène, mais plutôt cocnine un véritable abcès de la cornée ^ 
nous étudierons plus tard. 

U, Infiltration et opacité. — Tout autour de la phlyctëne, la cornée deW* 
terne, trnubit*, opaline, état qui est dû à l'infiltralion de la lymphe coagulabte fA 
la gêne de nutrition. Celte infiltration devient quelquefois excessive, surtout dtf 
les enfants scrnfuleux ; elle se dissipe au fur et à mesure que l'état delà phlfctiM 
elle-même s'améliore. 

A la suite des phlyctènes profondes, des taches blanchâtres pins ou moins 
se forment sur cette même membrane, taches que l'on a désignées son? les ooi^ 
d'albiigo, de taies, etc. Elles disparaissent qnelquefois chez les enfants sans 
la moindre trace, comme Mackensie l'avait remarqué. Mais il arrive bien soo^ 
qu'elles sont consécutives à des cicatrices; alors elles persistent forcément 
toute la vie. 

5. Plwtophohie et douleurs, — Un des signes les plus caractéristi(|nes de 
kératite phlyciénulaire, est la sensibilité excessive des yeux |X)nr la lumière, 
enfants sont surtout sujets à cette maladie, et chez eux la photophobie est t 
ment vive, qu'ils cachent constamment les yeux avec leurs bras, ou en se cou 
sur la figure. 

Consécutivement à cette photophobie, il survient une contraction spasinodi 
des paupières tellement violente, qu'on est forcé d'écarter ces voiles avec leséK 
vateurî*. 

Cette photophobic n'est nullement en rapport avec le degré d'inflammatioii 
mais elle est plutôt liée à un état nerveux des enfants lymphatiques et stromeoL j 
Elle cause aux malades beauroup de souiïrance, surtout s'ils sont exposés à aV 
lumière vive, souiïrance qu'ils ne ressentent plus dès qu'ils sont enfermés dans M 
chambre sombre ou qu'ils ont les yeux fermés. 

Au moment de la formation des phlyctènes, les malades éprouvent des élance- 
ments et des douleurs plus ou moins prononcés, qui s'exaspèrent toutes les foîi 
que l'ulcère envahit les couches profondes ; des accès névralgiques excessivemol 
violents reviennent tous les soirs et toutes les nuits, et l'on a beaucoup deilifficoiê 
à les calmer. 

Nous avons soigné en 1869^ avec le docteur Barthez, un enfant atteint d*Me 
kérato-conjonctivite phlyctcniilaire des plus graves. La phlyctène centrale s*éiail 
transformée en abcès tellement douloureux, que pendant plus d'un mois le pelk 
malade fut sujet à des crises névralgiques des plus violentes. Le» douleurs rêve- 



KÉRATITE PHI.TCTÊNULAIBE 00 LraflPHATIQOE. 201 

naient tous les soirs et toutes les nuits, et ne cédèrent qu'au sulfate de quinine que 
nous avons porté à la dose de /lO et 50 centi^r. par jour. 

6. Epipliorn. — Un larmoiement abondant accompagne les aiïections de la 
cornée, et en particulier les kératites plilycténulaires pendant la période de la 
photophobie. Ce symptôme est dû à l'exagération de la sécrétion de la glande 
lacrymale; il est démontré, en effet, que l'irritation de la cinquième paire, même 
de son extrémité périphérique, se transmet à toutes les autres, et amène la sécré- 
tion exagérée des larmes. 

Souvent ces malades sont comme enrhumés, et il s'écoule constamment une 
quantité considérable de sérosité par la narine correspondante à l'œil malade, ce 
qui est dû aux larmes qui passent en grande quantité par les narines. 
. Plusieui*s de ces malades éternuent fréquemment, soit à la suite de l'irritation 
de la nmqncuse nasale, soit par l'action réflexe du fdel ethmoîdal du rameau nasal 
de la branche ophihalinique de Willis. 

7. Irità, — L'iritis est une complication qui peut se rencontrer dans les phlyc- 
tènes profondes transformées en abcès. 

8. Conjonctive. — Sous l'influence de la vascularisation très-marquée qui se 
développe sur la a)rnée de certains individus lymphatiques, l'œil tout entier prend 
part à cette inflammation. On voit alorf' la conjonctive se lioursoufler, les papilles 
du cuUle-sac s'infiltrer et augmenter de volume, au point qu'on les confond très- 
facilement avec les granulations papillaires néoplasiques. Les cornées se troublent 
de plus en plus et subissent une infiltration générale tellement intense que là Tue 
se perd totalement. 

Marche, darée. — F^a kératite phlyctéuulaire n'a pas une marche bien régu- 
lière : le nombre des phlyctènes et leur profondeur modifient sensiblement l'évolu- 
\\{\ïï de la maladie. 

Bien' souvent, les phlyctènes su|>erfirielles disparaissent au l)out de quelques 
jours, soit spontanément, soit après rinsufllalion de la poudre de calomel. 

Les phlyctènes ulcérées persistent beaucoup plus longtemps ; dans les cas favo- 
rables, huit à quinze jourii sont suffisants pour obtenir leur cicatrisation. 

Il arrive aussi bien souvent qu'au moment où une phlyciène entre dans la 
période de résolution, une autre apparaît, soit au centre, soit à la périphérie de la 
cornée. Alors la durée de Taflection est plus longue, et sa marche est comi/liquée 
de récidives. 

Les phlyctènes qui se transforment en abcès peuvent durer des mois entiers et 
avoir les conséquences les plus graves. 

DiafÇRostic différentiel . — La kératite phlycténulaire ou lymphatique est 
très-facile à reconnaître. D'abord, la maladie étant propre à la première enfance, 
on doit toujours la soupçonner lorsqu'on est appelé auprès d'un enfant atteint 
de phoiophobic excessive s'accompagnant de larmoiement, sans suppuration des 
conjonctives. 

On constatera l'existence des phlyctènes sur la cornée en suivant les vaisseaux 
jus(|u'au sommet du triangle (ju'ils forment; on trouvera sur ce point, soit une 
saillie, lorsque l'afl'ection est récente^ soit une ulcération transparente et super- 
ficielle. 

V abcès de la cornée peut être confondu avec la kératite phlycténulaire ; mais, 



KÉRATITE PHLYGTÉNULA1R£ OU LYMPHATIQUE. 263 

cas, la cause scrofuleuse doit être acceptée. L'air froid et Thumidité, le prinlenips 
•et rhiver favorisent son développement. 

La conjoncliviie calarrliale, la rougeole, la scarlatine et la petite vérole, peuvent 
être considi'rées comme causes excitantes. Ainsi j*ai soigné, il y a quelque temps, 
une femme âgée de vingt-trois ans, lymphatique, qui n*avait jamais souffert des 
yeux, et qui, à la suite de la petite vérole, a été atteinte d'une kéniite phlycténu- 
laire double tellement rebelle, que ce n*est qu*après un traitement actif et éner- 
rgique de trois mois ()ue la guérison a pu être obtenue. 

Pronostic. — Eu général, cette ufTection ne présente point de gravité et gué- 
^ rit sans laisser après elle de désordres ({raves. 

On doit néann)()ins avertir les parents des enfants malades, que si raffection se 
prolonge, et si les ulcèies deviennent profonds, des taches plus ou moins grandes 
peuvent rester sur la cornée. 

Dans des cas graves, la perforation et même la destruction de la cornée peuvent 
avoir lieu; mais cette terminaison est heureusement très-rare. 

Traitement. — 1. Atropine. — I^ première indication résulte de la nécessité 
de combattre la pliotophobie et la rougeur |)érikératique. L'emploi de Tatropine 
est^ dans ce cas, le moyen le plus efficace. Comme narcotique, cet agent calme 
les douleurs et la pliotophobie en produi>ant Tanesthésie des nerfs ciliaires ; d<r 
plus, il agit puissamment pour accélérer la circulation, rétrécir les vaisseaux et 
faire disparaître la rougeur. Son action s'explique aussi par la propriété ()u*il a 
d'amener la paralysie du nmscle accommodateur et la diminution de la tension 
intra-oculaire, ce qui est, pour le praticien^ un point capital dans le traitement des 
affections de la cornée. 

Le collyre d'atropine doit être complètement neutre; nous le prescrivons ortli- 
nairement à des doses plus ou moins fortes, suivant Tâge de l'individu et le degré 
d'inflammation, comme on peut en juger par la formule suivante : 

"if Eau distillée 10 g^rammes. | Sulfate neutre d'atropine. 2, 3 ou 5 cenligr. 

Insiiller dans l'œil malade toutes les deux ou trois heures. 

2. Lorsque les phlyctènes ne sont pas ulcérées, ou que l'ulcération qui en résulte 
est superficielle, on devra avoir sur-le-champ recours 5 l'emploi de la poudre de 
calomel en insufflation, que l'on prescrit de la manière suivante : 

"if. Calomel à la vapeur, porphyrisé 5 grammes. 

Laisser tomber dans l'œil un peu de cette poudre une ou deux fois par jour, au moyen d'un 
petit pinceau sec. 

L'usage de la pondre de calomel produit un effet merveilleux ; il facilite la résorp- 
tion de la phlyctène, et combat la photophobie d'une manière très-rapide. 

Mais si l'ulcère est profond et suppnrant, et sija rougeur de l'œil et la photo- 
phobie sont très-vives, j'emploie avec succès la' iwmmade à l'oxyde jaune, ou bien 
j'insuffle do la pondre de calomel mélangée avec une petite quantité de morphine. 
Voici les formules de ces préparations, qui m'ont rcndti souvent de grands services : 



'^Êk 



26U 



MALADIES DE LA CORNÉE. 



7(: Galomel porphyrisé à grammes. 

Hydrochloraie de morphine 

porphyrisé 10 centigr. 

S. Poudre pour insuffler dans l'œiL 



^ Oxyde jaune d'hydrogène, 

par voie humide 2S 

Axonge fraîche 6 

S. Pommade que l'on introduit eatit 
paupières. 



Four conibatlrc les douleurs névralgiques périorbitaires, ainsi que la 
phobie, 011 aura recours à la pommade morphinée, cnimbrocation sur lapanj 
Voici les formules : 



:^ llydrochlorate de mor{ihine. 
Glycérine anglaise pour dis- 
soudre 



25 centigr. 



q. s. 



Axonge fraîche 5 i llj 

S. Pommade. 



3. L*appIication des sangsues sera ordonnée si Tinflammation gagne en ioli 
et se communique à Tiris, ou bien lorsque les phlyctènes se multiplient, et que 
su|)puration he déclare dans Tune ou Tauire d'entre elles. Le nombre des sai 
doit être proportionné à Tâgc et à la force du malade^ et on les posera ji la 
tout près de Toreille. ^ 

II. Quant au traitement interne, il sera toujoui^ proportionné au Hnnpérameit< 
à la constitution du malade, ainsi qu'au degré d'inflammation. 

Dès le (léhut^ il est avantageux de prescrire tantôt l'émétîque, tant^ une 
gation; ces médicaments seront ensuite remplacés par des paquets compQflês 
calomel, avec la rhubarbe ou la scammonée. 

Aussitôt que Fétat des organes digestifs est amélioré, on ordonne le sulfate 
quinine, comme le conseille le docteur E. Barthez. 

C'est ainsi qu'on parvient à enrayer les symptômes inflammatoires aigus, 
n'avoir plus à s'occuper que de Téiat constitutionnel des malades. L'huile de 
de morue, le sirop de brou de noix et le sirop antiscorbulique, sont autant 
moyens qui agissent efficacement contre la constitution scrofuleuse. Les pré| 
tions iodées devront être proscrites pendant tout le temps que la poudre de 
sera insufDée dans Tœil; autrement, on s'exposerait à des accidents très-graves 
côté delà conjonctive. (Voy. Comonctjvite phlycténulaire.) 

5. Si l'inflanmiation et la rougeur sont très-grandes au pourtour ou sor 
cornée elle-même, on est quelquefois forcé de couper les faisceaux vascol 
ao moyen du scarificateur. Mais, avant d'avoir recours à cette petite o| 
j'e.«saye d'abord l'emploi alternatif de l'ésérine et de l'atropine : le premier tk 
médicaments dilate les vaisseaux, et le second les contracte. Grâce à raclion 
binée de ces doux agents, la vascnlarisation diminue souvent 

6. Les kt'ratites lymphatiques invétérées, et les kérato-conjonclivites qui 
lent les granuliitions, exigent un traitement tout spécial. On commence par 
pendre pendant quelque temps l'usage du collyre d'atropine, qui dans 
période ne fait qu'augmenter l'irritation. On suspend aussi l'usage de toos 
collyres astrint^ents auxquels les malades ont été souvent assujettis, et on ait 
scarifications au l.ordde la cornée tous les deux ou trois jours. 

Mais le mo^en le plus efficace que nous employons avec succès dans cette pâ* 
riode de la maladie, est l'emploi des douches de vapeur d'eau chaude à l'aide d'oa 
appareil vaporisateur (ûg. 127). 



KËB&TITE PHLYCTÊHDLMRE OU LTHPIIATIQOE. 265 

O^ *t*P''1"e "i« compresse double sur les deui yeni et on approche le imlade 
^ distance de 20 ou 30 ccniinièlres He l'appjreil, le fruni appuyé contre ta 
I^Me tPj; ii ce moment il reçoit un jet de ïapcur sur chique œil. Le malade 
sll ^'"s celte douche pendant quinze, vingt ou Irenie minutes, et il renou- 
^ <^es douches une nu deui fois par jour, laiitAt loiis les jours, unifti tous 
^ *»"" "" l'ois jours. A l'aidft de Cfs moyens on obtient souvent une amëliora- 
l^^j *!«« plus mar(|uéfs. En v joigiiajil la pommade de l'oiyde jaune d'hydrargynî, 
, •*" introduit tous les soirs dans l'œil, je suis parvenu à guérir U maladie qui 

»^ *^^ent pésislé i lous les iraitemenls pendant deui, qaairc, sti et même dis 
* Comme on peut en juger |>ar l'observalion ci-jotntc (1). 




Fio. 127. — Appareil de l^urcnto ('). 

7. Les collyres au nitrate d'argent ou lont autre collyre astringent de même 
nature, ne doivent poiiil être employés. 

8, Des tésicatoires derrière les oreilles peuvent être employés comme dérivalib. 
Itlais on doit en être sobre avec les individus prédisposés aux éruptions esanllié- 
■nateuses. 



fl) OsKnrATroN. — M, G..., eipannol, Igé de quaranie-huil on*, me fol idreuË k la fln 
du moi! de mai tK73 par mon eicellent el ititiingué eoiirrère le docteur Camiibell, pour une 
kératite Ijnipliatique double, dont il i^t^iit aUeinl depuis plua de >ii aiii. Lea dsui cnrnùea aonl 
couvertes diine plusieurs endroits d'ulréres la'ges avrc vaiculariiatinn très- marquée irceupaat 
une grande surface de la carnée droite. La photuphubie eil Irès-inlense. il ne peut plut quitter 
la chambre noire depuis plusieurs mai<, et il ne supporte pat 1* nioin-lra lumière ; le larmola- 
ment est lrés-3bond;<ril, Ict burds des paupièrp* toat aiteinle* d'une blfph:irile ■•ilhjriaiique. 
Aucun Iraitemenl suivi jusqu'à cette époque n'avait amené d'amélioration. J'ai Dut la pmcrip~ 
lion suivante ; instilla lion d'alropine. les dourhps de vapeur d'eau chaude et la (Himmsde a 
l'oxyd" jaune d'hjrdrngjre. Sous l'inlluence de ce traitement qui a élé suiii pendant six mois, 
la cornée (;nuelie guéiil eompléteinenl, d l'<xil dniil conserva à peine une petite ulcération. 
La pholophobic ces^a, le malade reprit ses occupetioiis h.ibiluelles e( put repartir i Hadrtd 
presque corn ploiement guéri. 

(•( A. r«.r-,.ir ,1>«>|, qnl ,-• »-ii>r>lil p»P lw.Trrll.HI O; S. .„n,-.f« ,lo -.IrtU^: T.r, tnl.ill tr+^fin», fv 
l-..)wli ™rt h .ii-ur.lV.u: P, -ii|.|,c.rl .ïps iiiu- |.1kiiu.> qu. i*rl di- poiut Jijpi.ui i-.nrle front 



AKtS DE U OOBICE oc CfcRATm SCPKUTtTC M7 

moim Ivgc : il w dêdare ■■« sofU d iiifaltntioa sémne. qâ M occaoMHMée pir 
la oompRssiaB de» rtémeaia anécns et b sivpriisiiMi de sa oairîiioa La «xtcbe 
«ptlbélialr anlêrJcvrvMl MMimée rt tronblée. 

L'oIkh de i> roriKC «k urde pas 1 ameorr uik iniammaiion «t une iitJMliuH 
^iOns-conjoiictiiale périkénlîqae Iris-proooiKée. Au oomnmmiDcnl, «île iujec- 
ikm ne se loil qu'au robinage de l'abcès, sous fonne d'uo bbctau, cotuparabh- 
à ce qoi nbte dans le plilvctènn ; m'a IhfdiôI la rougeur [lérik^raiiqiK devient 
géoérale, cl sVieiid luot aotoar ur une bai>de ciimlaire de A à 5 tnilliuHtm de 
lai^or. Ce tacts des Taisseani est aMMhaé par des capillaires eicessiTenwol Dm 
et qui diminornt de plut en plus i inaurc qu'on s'éloigne de la contée pour st 
nppndttr do cul-de-sac con>ooc(iTaL Cm U, en effirt, un des signes caracttiis- 
liqnes qui dtstingueni les kératites et les iriiis d» co»}onctiT)tes. 

La coosenalion de la transparence d'une grande partie des couches profondes. 
placées an-deisous de la coUeciion pnmleiue, pi-rmet de juger si l'abcès est super- 
liciel. àa moyeu de l'éclairage oblkjiK et i l'aide d'une forte loupe, ou constate 
facileiDeat la Innsparence des couches profoudes. 

Le* abcès profonds se développent dans le tisia propre de la cornée, «lire lec 
lieux couches élastiques, antérieure et postérieure ; ib s'étendent dans tous les sens. 
Ne pouvant pa« se fratcr an |>assage au dehors, le pus s'inHIlre surtout on bas, 
et constitue une sorte de trajet fistuleui ou de cullcclion purulente appelée ongx 
dans répaL>«eur de )a cornée. 

fiypop!/"». — Le pus se fraye souieni un passage en arriére; il perCore lu 
membrane de Desci'met el g'accurfinle en ban de la chambra antérknre, pour y 
former une Uchc Hanche ou jannUtro. dont la limite inlérieurc est uit arc de corcJe 




Fm. I2S. — Abcès du la cornée a»ec hypapjron, 
ouvert en haut, jKiidant que la limite supérieure forme une ligne Itorizonlale. 
Oelie lâche n'est autre chose ([uc Vhi/ijnpi/on (fig. 1'J6) ou collection de pux dans 
la chambre aiiiérieurc, qui se déplace à firoilc ou k gauche, pcmlaut que le iiii- 
lade est couchû sur l'un ou sur l'autre tdté. 

Plus un ahcès est profond, plus il trouve de dilTiculié i se frayer le passage au 
dehors. La collection purulente iniercellulaire devient alors plus abondante et 
l'irritation qui s'ensuit augmente do plus en plus jusqu'au momenl oit le pus 
s'écoule au dehors ou dans la chambre antérieure. 



266 



MALADIES DE LA COIMÊB. 



9. Comme nM)yens hygiéniques, on doit prescrire leséjoar au grand air, 
commander au malade d'éviter de se coucher sur la Ggore ou d'habiter onei 
humide et par trop sombre. Un régime tonique, forlîGaot, sobstantid, 
rigueur. 

10. Le badigeonnage des paupières avec la teinture d'iode ou le nitrate 
est très-efficace pour combattre la pholophobie. Hays et Serre (d'Alais) !*< 
cessivement recommandé. 

11. On peut quelquefois avoir recours à la méthode de Saovages« qui 
ouvrir la phlyciène et à vider son contenu, ce qui arrête bien souTentAf 
manière rapide la maladie. 

12. Four prévenir les récidives des kératites phlycténulaires, on doit 
rînsufflation de la poudre de calomel pendant trois ou quatre semaines, Al 
au delà. 

Bibliographie. — Serres (d*AIais), Annales d'oculistique, 18A6, t. XV, p. 179. —1 
Thorp, Hypercsthésie oculaire et ophilialmie scri)fuleuse {Arch. yénér. de méd^ 
5* série, t. X, p. 562). — Montât, De la kéralo-conjonclivite phlycténuiaire, thèse 
1866. — Draghiesio, Quelques considérations sur la kératite en général^ et Ut 
phlyctémdaire en particulier y thèse de Paiis, 1867. — FoUin et Duplay, Traité éi 
de pathologie eiterne, t. IV, p. 307. Paris, 1873. 

ARTICLE II 

ABCÈS DE LA CORNÉE OU KÉRATITE SUPPURATIVE. 



La suppuration de la cornée, qui a été niée pendant quelque temps, à 
l'absence des vaisseaux dans cette menobrane, ne peut plus être contestée, 
depuis que Desmarres et Ch. Robin (1} ont démontré la présence des giol 
pus dans les parties altérées. 

Sjmptomatoioiiie. — Symptômes afiatomiques, — Au commencement 
maladie, on aperçoit sur un i)oint ou sur l'autre de la cornée une tache blaoc 
qui souvent n*est pas plus grosse qu'une pointe d*aiguille; cette tache sV 
largeur et gagne les couches sous-jacentes en y formant une opacité bl 
plus ou moins étendue. 

Les abcès de la cornée conservent habituellement une forme circulaire : 
c*est un cercle régulier et complet; tantôt c'est un demi-cercle ou uo 
cercle. Quelquefois il devient allongé, ovale^ à bandelette, ou abcès en coipi 
gle, comme Velpeau l'avait signalé. 

Dès le début de l'abcès, la surface de la cornée devient inégale, tene, 
^inée, ce qui est le résultat d'un soulèvement de l'épithélium. A mesuit 
s'étend, et que la quantité du pus augmente, la surface de la cornée 
saillie plus ou moins prononcée, globuleuse, saillie occasionnée par un gpnl 
et un soulèvement des couches qui recouvrent l'abcès. La couleur de la 
change aussi : elle passe au blanc jaunâtre, ou au blanc grisâtre, {lendant* 
pourtour est d'une teinte laiteuse ou bleuâtre. 

Au pourtour de l'abcès, la cornée perd sa transparence sur un rayon 

(1) Ch. Robin in Desmarres, Traité des maladies des yeux^ t. H, p. 266. 



iBCbS DE Ll COIMÊE OU KÉRATITE 5CPPUB&T1VE. 267 

moins large : il se dédire une sorte ii'inliltr?tion séreuse, qui est occasionnée par 
la compression àes éléments coniéens et li suspension de sa nutrition La concbc 
^pilbéliafe antérieure est touleTée et troublée. 

L'abcès de la cornée ne larde pas ï amener une inflammation et une itijecijun 
sonS'Conjonctitale périkératique trè»- prononcée. Au commeucemenl, celte injec- 
tioD ne se voit qu'au voisinage de l'abcès, sous forme d'un faiscL-au, comparable 
à ce qni existe dans les plilycièties; mab bientôt la rougeur périkératique devient 
génénle, et s'étend tout amour sur une bande cirmlaire de lï à 5 millimètres de 
lai^ar. Ce lacis des vaitseaui est constitué par des capillaires excessivement fiiu 
et qui diminuent de plus en plus ï mesuru qu'on s'éloigne de la cornée pour se 
rapprocher du cul-de-sac coiijonctival. C'est lï, en eiïet, un des signes caracl^Tis- 
tiqua qni dbtinguerit les kératites et les irîlis des conjonctivites. 

Ll cooservalion de la iranspa renée d'une grande partie des couches profondes. 
placées an-dessous de la colleciioii purulente, permet de juger si l'abcès est super- 
ficiel. Au moyen de l'éclairage oblique et â l'aide d'une forte loupe, on conslile 
facilement la transparence des couches profoiidfs. 

Les abcès profonds se dévelop|>ent dans le tissu propre de la cornée, eoue les 
<leax couches élastiques, antérieure et posiérieure; ib s'élendenl dans tous les sens. 
Ne pODvaot pas se frajcr un passage au deboni, le pus s'infiltre surtout en bas, 
et coDsUluG une sorte <te trajet fistuleux ou de collection purulente appelée ont/x 
tlans l'épaisseur de la cornée. 

fiyp^pyf">- — Le pus se fraye souvent un passage en arrière; il perfore la 
foembrane de Dexcemet et s'accnrfiiitc en bas de la chambre antérieure, pour y 
former une tache blanche ou jaiiniltre. dont la limite inférieure csi un arcde cercle 




Fii;. 12g. — Abcè» de la cornée avec hypopjon, 

ouvert en haut, pendant que la limite supérieure forme une ligne horizontale. 
Otte lâche n'est autre choiie que \'hi//io/if/on (fig. 128) ou collection de pus dans 
la chambre anlérii'tire, (|ui se déplace il droite ou i gauche, |>endant que te ma- 
lade est couché sur l'un ou sur l'autre cdlé. 

Plus un abcJ'S est profond, plus il trouve de dilTicullé i se frayer le passage au 
dehors. La collection purulente iniercelluiairc devient alors plus abondante et 
rirriiation qui s'ensuit augmente de plus en plus jusqu'au moment où le piis 
s'écoule an dehors ou dans la chambre aniérienre. 



268 



MALADIES DE LA COBNÉK. 



Snus l*innticncc de l'irritation croissante, Toeil devient de plus on plus rouge, la 
(:onjon(*ti\e s'enflamme et donne lieu ii une suppuration catarrlialc, avec chénios» 
si'ronx au pourtour de la cornre. Iticntôl il se déclare une stase veineuse dans tout 
les vaisseaux ciliaires antérieurs, et comme ils commi!ni((ueni avec les vaisseaux 
pal))él)r(inx, il en résulte naturellement un cedème pulpébral plus ou moins intense 
qui dénote Ta^gravation de la maladie. 

Ulrirr, — Les abcès superficiels étant placés soit dans la membrane de Bowniaii, 
soit immédiatement au-dessous d'elle, ne tardent \\9&\ s'ouvrir et à se transforaier 
en une ulcération. L'ti/e'/''ra//on de la cornée <'st donc la seconde phase des kéra- 
tites suppnrali^es; elle peut occuper une surface plus ou moins grande, suivant 
l'étendue de la suppuration et la profondeur à laquelle le pus se trouve logé. 

Au point de vue de leur forme, on a divi<té les ulcères de la cornée en ulrèret 
par affrnsion, ulcères annulaire» ft ulcères en coup d'ongle^ de Velpeau. Ils ont 
tous la même origine et sont consécutifs à un abcès plus ou moins étendu qui s'est 
ouvert en avant en laissant la surface de la a)rnée plus ou moins dénudée ou 
ulcérée. Nous ne pensons pas qu'il soit utile d'attacher beaucoup d'impoi tance à 
ces diiïérentes formes : la forme aiguë ou rhroni(|UC de r^s ulcères es* la seule (|ui 
doive être étudiée d'une manière |)articnlière. 

Vuld'iation aiguë apparaît j)endant les premiers jours qui suivent la perforaiioo 
pt rou\erturr de l'abcès. Une dépre>sinn se manifeste au centre de ta cornée, ou 

bien à sa |>ériphérie correspondante à l'endroit où il a 
existé préalablement un abcès. Cet ulcère est à bords 
irréguliers et frangés (fig. 1 29), et le fond aiïecle une colo- 
ration jaunâtre ou gri.^'âlre, qui gagne de proche eu pro- 
che en profondeur. Tant que l'innammation de la cornée 
n'est pas arrêtée, l'ulcère s'étend do plus eu plus; l'épitlié- 
lium est détruit au pourtour, et la vasciilarisaiion est for- 
tement développée dans les tissus qui entoiireut la cornée. 
Ulcération chronique, — I^ seconde variété d(»s ul- 
cères, ou plutôt leur seconde période, est un ulcère (jtii. 
d'aigu et pi ogressif, est devenu chronique et siati(mnaire. 
L'inflammation de la cornée s'arrête, l'injection des 
membranes vobines dimnme ou môme dispai ait complè- 
tement, et si l'on examine de près une |>areille ulcératiim, 
on ne tarde pas \ constater que ces bords ont changé 
d'aspect; d'irréguliers et frangés qu'ils étaient, ils s(«nt 
.^.'^^jf".-* devenus émoussés, lisses et brillants ; le fond de l'ulcère 
s'est vidé et se présente alors sous forme d'une facette 
plus ou moins large, 
(î'est surtout à cette péritKle d'ulcération chmnique et latente (|u'on a|HTçoii 
l4*s vaissi>an\ dévehippés dans la cornée elle-même et qui, partant de la conjonctive, 
viennent jusqu'au |)ourtonr de l'ulcère lui-même. (le sont les vaisseaux iHurriciers 
de la paitie aliétée, que la nature lient en réserve pour prè|)arer la cicatrisation de 
cette partie. 




ia (-nrnôe vus de pro- 

ni V-). 



I lil\rti<tM< faUjiit «aillif* a In •mf^fr i)** U i^irniN* : h, iilifr** pr«i(iin«l fi>ti*t*i'iiiif A nu al»*-*»; r, ulmt* *t% 
I ulii^atiuii. 



ARCES bE LA CORNÉE OU KÉEATITE SUPPURATIVE. 269 

Les ulcères peuvent avoir |ioor origine une irritation permanente occasionnée, 
soit par le frottement des cils, soit par Taciion de Tair et des corps étrangers lorsque 
Ja cornée reste à découvert dans les paralysies de la septième paire. D'ordinaire 
ces abcès ne sont pas profonds, et ils se vascularisent au fur et à mesure de leur 
formation. 

Dans certains cas rares, une altération de nutrition s'observe, soit à la péri- 
phérie, soit an centre de la cornée. Le tissu propre se gonfle, s*épaissit, et une 
saillie se montre à la surface; Tépithélium, quoique altéré, se maintient, mais sa 
superficie est comme chagrinée. Il y a alors une sorte d'infiltration des couches 
cornéennes sans suppuration. J'ai observé quelquefois cette infiltration chez les 
personnes atteintes d'affections des voies lacrymales. La guérison n'a pu être 
obtenue qu'à partir du moment où le larmoiement avait cessé. 

J'ai rencontré chez un malade une altération large de 3 millimètres, occupant 
la moitié supérieure de la circonférence des deux cornées; le niveau de celte ulcé- 
ration était de beaucoup inférieur à celui du centre de cette membrans ; il était 
lisse, vasculaire sur toute la surface et recouvert d'une couche d'épitliélium. La 
cornée était sensiblement amincie dans cet endroit, et l'iris adhérait par place k la 
capsule antérieure et dans on point à la cornée. Aucun traitement n'a réussi à 
améliorer cet état, si ce n'est l'incision des points lacrymaux et le cathétérisme 
dos voies lacrymales que j'ai trouvé complètement obstruées. 

Symptômes physiologiques, — La photophobie est un des symptômes le plus 
constants et tout à fait caractéristiques des abcès de la cornée; elle est surtout mar- 
quée ponHani la première période, lorsque l'abcès n'est point ouvert et se trouve 
encore clans sa première période et en voie de formation. Ici le pus a beaucoup de 
peine à se frayer un pasaage au dehors, et cette diflBculté tient à la densité trop 
grande du tissu cornéen. De là la compression des nerfs cornéens par le pus 
emprisonné, compression qui donne lieu à la photophobie ainsi qu'à des douleurs 
excessivement violentes. 

Le larmoiement^ plus ou moins considérable, est aussi un des signes constants 
des abcès atrnéens aigus. 

Les nrm'alijifs ciliaires s'observent dans la grande majorité des cas d'abcès cor- 
néens; elles sont surtout violentes le soir et la nuit; dans la journée, le malade 
jouit d'un calme relatif. 

Ces douleurs sont surtout développées dans les branches principales circum- 
orbitaires, et j'ai pu m'assurer que, lorsi|ue l'abcès occupe la partie inférieure 
de la cornée, il provoque des douleurs dans la joue correspondante; cette der- 
nière devieot même sensible au toucher et souvent cedémaiiée. Dans les abcès 
situés à la moitié supérieure de la cornée, j'ai remarqué que les douleurs ont 
leur siège liabituel dans le sourcil, quelquefois dans le front, raicment dans 
les autres branches de la cinquième paire. L'œil lui-même et surtout la cornée 
deviennent sensibles, et les mouvements des paupières exaspèrent les douleurs. 
Mais celte sensibilité locale n'est pas constante, et il arrive même le plus souvent 
que les malades n'accusent qu'une sensation de gravier ou de corps étrangers. 

Tons ces symptômes s'amendent à uiesure que le pus s'écoule et que l'abcès 
passe de la forme aiguë et enflanuiiée à la forme ulcérée et chronique. 

Mais il y a une variété d*abcës de la cornée qui se forment sans que le malade 



270 MALADIES DE LA œRNÊE. 

«i*en aperçoive, qui marchent et se développent sans donner lieu à aucun syropcdme 
inflammatoire. Ce sont les abch indolente ou asthéniqves. On les rencontre sur- 
tout chez les individus chétifs^ scrofuleox, chez lesquels tous les tissus sont flas- 
ijnos; la cornée elle-même est moins résistante ; ses fibres se laissent plus facik- 
meni (iisleiulre par le pus, et bien souvent ces sortes d'abcès s'étendent plut^ à 
la surface qu'en profondeur. * 

Ahch (ic$ moissonneurs, — Une autre forme toute particulière d'abcès de fa 
cornée s'obi-erve chez les culthaieurs pendant la moisson ; la gravité de cette forme 
(>si excessive. Ces abcès sont trc*s- probablement occasionnés pr des débris des 
barbos d'épis de blé qui s'attachent à la cornée et provoquent une suppuration tel- 
lement abondante, qu'en dépit de tout traitement la cornée se détruit sur une 
lar^e étendue, et l'œil tout entier se perd ensuite. Tantôt ce s(mt des abcès phleg- 
moiieux, tantôt des nécroses. Rechercher le corps étranger pour Tenlefcr est une 
condition indispensable pour obtenir leur guérison. 

Marche et conipiiratioMii. — 1. Nous avons vu quelle est la marche habl- 
luclle des abcès de la cornée : ils se forment, se développent et s'ouvrent, soît en 
avaut^ soit en arrière. Lorsqu'ils s'ouvrent en avant, il se produit une ulcération de 
la cornée, qui est d'abord aiguè et enflammée, puis elle prend le caractère d*nlcére 
clnoni(iuc. La cornée se vascularise et la lymphe plastique remplit petit à petit le 
\i(lo en remplaçant les |)arties détruites par un tissu de nouvelle formation. I^ cica- 
trisation se f.iit ensuite, et les vaisseaux disparaissent. 

2. Mais les choses ne se passent pas toujours ainsi, et il arrive quc^lquefois que 
la suppuration gagne rapidement en étendue, et qu'elle envahit de proche en 
proclif* toute la cornée aussi bien en surface qu'en profondeur. Dans ces conditions, 
toute la cornée devient tmuble, terrie, d'nne teinte gris perle; puis elle s'opacifie 
de plus vn plus, et quelques jours suffisent pour que la membrane soit détruite 
par la suppuration. On voit alors cette membrane se transformer en une niasse 
blanche, crémeuse, dont les laml>eaux se détaclRMit |)eu à peu. La destniction 
totale (le la cornée est la conséquence forcée de cette inflammation; l'iris se pro- 
jeti<' en avant et forme avec les débris de la tunique coriiéenne une sorte de 
tumeur irrégulière que l'on appelle stophylown racfmosum. 

Col étal de la cornée est extrêmement grave ; il y a U une sorte d'inflamma- 
tion pbicgmoneuse, amenant l'étranglement et le sphacèlc des fibres cornéennes« 
qui >ul)issci)t une pression et une distension exagérées par l'effet mérne du pus qui 
y c»si < inprisonné. 

3. Lis abcès ulcérés, larges ou petits, peuvent gagner les couches profondes 
jns(|u*«i la membrane élastique postérieure. Ces couches, de méœecpte la mem- 
brane (le Descemet, n'offrant pins assez de résistance à la pression interne, s'enga- 
gent (l.ms le fond de ruicéraiion pour y former une sorte de pellicule transpa- 
retiic, (If la grandeur d'nne tête d'épingle, ou d'une saillie transparente, plus ou 
moins ^.'raude, convexe et tendue en avant. C'est la hernie des couches posté- 
rirnirs (ir la cornée dans ruicèrc. à laquelle on a donné le nom de kèrntocèle, 

i. Lj kiMatocèle est le signe précurseur et imminent de la perforation; \ingl- 
(pi.itn* lienres après son apparition, la pellicule se déchire et l'humeur aquensi* 
li ut (Il I lire s'échappe par cette ouverture. 

La perforation de la cornée arrive ordinairement d'une manière très-bmaque. 



ABCÈS DE LA COBNÊE OU KÉBATITE SUPPCBATITE. 27t 

soQf ent ao luomcnt même où I on cherclie à écarter les paupières. C'est pourquoi 
on doit procéder afec une attention extrême i Feiamen de b cornée malade, sur- 
tout chez les enfants, et, si Ton rencontre une grande résistance, il laut mieux se 
servir des éiéfateurs plutôt que des d«>^is pour écarter les paupières; ces der- 
nières doiTent être attirées, autant que possible, en a%ant. 

I^ perforation de la cornée se produit spontanément, souvent pendant un accès 
de toux, d'un éteniument, etc. Le malade sent immédiatement un liquide très- 
chaud s'écouler sur la joue, ce qui n*est autre chose que l'humeur aqueuse dont 
la température est plus élevée que celle de la peau. Cet accident est suivi immé- 
diatement de la cessation complète des douleurs. 

5. Avec Técoulemcnt de Thuineur aqueuse^ la chambre antérieure disparait 
complètement pour quelque temps : au fur et à mesure qu'une nouvelle quantité 
d'humeur aqueuse y arrive, elle s'écoule immédiatement au dehors |)ar l'ouver- 
ture qui existe dans la cornée. La chambre antérieure n'est pas rétablie aussi 
longtemps que le trou de la cornée persiste ; cet état porte le nom de fisiule de 
la carnée. 

6. Tant que la fistule n'est pas fermée, l'iris ou le cristallin reste appliqué 
contre l'ulcère. L'iris peut s'engager dans l'ulcération et amener consécutivement 
une hernie de l'iris et une adhérence à la cornée, ce qui est ap[>elé synéchie 
antéi'ieure, 

7. Le contact de l'ulcère perforé avec le crtstalltn peut avoir d'autres consé- 
quences; la sécrétion purulente et fibrineuse fournie par l'ulcère cornôen est dé- 
posée à la surface de la capsule antérieure, et y occasionne une tache blanche, 
épaisse, plus ou moins ronde, qui s'organise définitivement après la fermeture de 
la fistule et le rétablissement de la chambre antérieure. Cette opacité capsulaire est 
d'un blanc crayeux, ronde, et ressemble beaucoup aux cataractes capsulaires con- 
génitales. La présence de Tulcération ou la tache mcienne sur la cornée permet 
seule de différencier ces deux formes. (Voy. Cataractes CAPStLAiREs.) 

8. Comme complications dans les abcès ulcérés ou non ulcérés de la cornée, 
nous devons encore signaler raccumulation, dans la chambre antérieure, du pus 
en ({uantité plus ou moins considérable et que nous avons désigné sous le nom 
d*hi/popt/on. 

Les auteurs distinguent deux sortes d'hypopyon : le rrat, qui est dû à une col- 
lection du pus et de la lymphe provenant de l'iris, du procès ciliaire enflammé, et 
yiff/p'o/if/on fauXy qui n'est autre chose que le pus provenant d'un abcès cornéen 
ou irien ouvert. 

Cette division nous parait difficile à établir et tout à fait superflue; il importe 
seulement de reconnaître s'il existe ou non une collection purulente dans la 
chambre antérieine, en «|nelle quantité et 5 quel degré sa résorption est pn»bable. 
L'bypopyon est bien souvent, au début, si peu accusé qu'on a beaucoup de peine à* 
le découvrir ; il est caché derrière le rebord sclérotical. Avec le progrès de la ma- 
ladie, la qnaniilé du pus augmente et Thypopyon devient apparent. 

La qoaniité du pus peut augmenter progressivement jn>qu'à ce que la moitié 
ou les deux tiers de la chambre antérieure soient remplis; ce pus devient concret, 
épais; il s'organise, se fond avec l'iris et constitue des fausses membranes qui 
obstruent la pupille et amènent des irido-choroîdites. 



272 MALADIES DE f A CORNÉE. 

9. l/indanimation snpporative de la cornée peut être accompagnée d'une iritis, 
et Ton voit alors surgir des adhérences entre Tiris et la capsule« Pouitant ces iriiis 
ne sont pas très-graves ni même aussi fréquentes qu'on pourrait le supposer. 
C'est surtout dans les a l)cès profonds que cette complication se manifeste, de même 
que cht z les personnes scrofuleuses et sypliili tiques. 

Din(|noiitie différmtieL — Les abcès superficiels de la cornée peuvent être 
facilement confondus avec les phlyctèiies. I/existencc simulianée de plusieurs 
abcès dans la cornée doit faire penser plutôt à la kératite phlycténulaire qu'aux 
abci*s de la cornée. Pourtant il ne faut pas oublier que ces deux maladies ont 
beaucoup d'analogie entre elles et que les phlyctènes simples se transforment assez 
souvent en abcès chez les enfants scrofuleux. 

Les abcès ulcérés et superficiels sont facilement confondus avec des iritis. Dans 
ces deux maladies^ la rongeur est, en eiïet, la même, et comme, en somme, la 
cornée tout entière est dans ces cas transparente, le diagnostic précis ne pourra 
être établi que si Ton examine afec une extrême attention toute l'étendue de 
la cornée pour déterminer s'il existe t)u non des inégalités et dos érosions Ik la 
surface. 

Certaines iritis amènent des affections de la cornée, et vice versa. Il est alors 
plus difficile de juger laquelle des deux maladies est la principale et laquelle est la 
secondaire. 

Pour résoudre cette question, on examinera quels sont les symptômes qui pré- 
dominent, si ce sont ceu\ de l'iritis ou ceux de la kératite, et ai l'abcès est assez 
grand pour expliquer tons les désordres dont le malade se plaint (1 ). 

La kératite svppurative pourrait être confondue aTCC une kératite interstitielle ou 
disséminée, et nous indiquerons plus tard, en parlant de cette dernière, à quels 
signes on |)eut les reconnaître. 

iiMntoiiii« lyithoiogiqne et lyitk^géale. — Les auteurs allemands ne sont pas 
encore d'accord sur la provenance du pus de l'hypopyon, et tandis que 1^'eber (2) 
a pu toujours constater la perforation de la membrane de Descemet, et par consé- 
quent la provenance du pus de la cornée, d'après Arlt (5) le pus ne provient pas 
directement, mais par Tintermédiaire de l'iritis. Il est difficile de c«mprendn* 
cette dernière appréciation et nous sommes complètement de l'avis de lioser et 
de Weber, que dans la grande majorité des cas, l'hypopyon n'est autre chose que 
le pus provenant directement de la cornée. 

D'après Bowmann, les abcès se forment habiiuelleroeni dans la substance 

(1) Observation. — Dans un cas de ce fenre, que j'ai observé avec mes excellents confrères 
If 9 docteurs Manrique et p4ul, ce n'rst qu'avec beaucoup de difficulté que nous a^ons pu éta- 
blir le diagnostic. Le malade était un ancien i^ranuleux, dont la cornée était toute vasculaire. 
L'œil n'était •ubilcment enflammé d'une manière excessive, el, à Texamen, nous avons con- 
staté deux petits abcès sur le centre de la cornée, accompagnés d'une opacillcalion trés-étendue. 
r.et étal de la cornée n'empêchait pourtant pas de voir que l'iris était aussi malade Mais qutrUe 
était l'affection prmiitive? Je n'ai pas hésité à diagnostiquer une iritis, justement à cause de 
violentes dou'eurs circum-orbilaires, que l'alMence d'une altération assea prononcée ne pouvait 
expliquer. Le malade avoua, en outre, l'existence d'antécédents syphilitiques, ce qui rendit le 
diagno-tic moins douteux. Le traitement mercuriel interne et l'instilbtion d'atropiue amenèrent 
la guéiis4ui. et les taches de la cornée se dissipèrent asseï rapidement. 

(2) Weber, Archii\ voy. GraeflT, VIII, A. I, p. 322. 

(3) Arlt, Archiv, Bd. IVI, A. I, 1870, p. 9. 



ABCÈS DE LA GORNiB 00 KÉRATITE 8UPP0RATIVE. 273 

propre de la cornée, soit immédiatement au-dessous de la membrane élastique 
antérieure, soit plus profondément. Les globules du pus ont été constatés par 
Robin dans le détritus provenant de l'abcès. Ce pus distend et désagrège la 
couche lamelleuse, déchire ses fibres et produit le gonflement de cellules Toisines. 
Celles-ci se mortifient à leur tour, subissent une dégénérescence graisseuse, que la 
nature cherche à les chasser de Torganisme. De là les infiltrations du même 
liquide purifornie dans les lamelles déclives, jusqu'à ce (|ue Tabcës s*ou?re, soit en 
arrière, soil en avant Dans le premier cas, il y a ce qu'on est convenu d'appeler 
ont/x ou Vhypopyon ; dans le second, c*est un ulcère de la cornée. 

Ces désordres amènent forcément une exagération de la force nutritive; les vais- 
seaux péricornéens se dilatent ; des capillaires de nouvelle formation se dévelop- 
pent dans la cornée, arrivent jusqu'à l'ulcère et réparent petit à petit les tissus dé- 
truits. Les vaisseaux sont situés^ soit dans la lame élastique antérieure et proviennent 
de la conjonctive, soit dans la substance propre de la cornée et proviennent de la 
capsule scléroticale de Tenon et de la sclérotique elle-même. Consécutivement à ce 
travail nutritif exagéré, la régénération des parties altérées de la cornée se fait 
rapidement et souvent sans laisser la moindre trace. Dans d'autres cas, la cicatrice 
qui s'ensuit est moins transparente que le reste de la cornée, et se présente sous 
forme de taie ou de leucome. 

Castorani (1) a démontré que la cornée se cicatrise très-souvent sans laisser de 
taches consécutives et que cette régénération est plus active à sa périphérie qu'à 
son centre. A mesure que la cicatrisation avance, les vaisseaux de nouvelle forma- 
tion diminuent dans la cornée, puis disparaissent complètement Mais tant que la 
cicatrisation n'est pas complète, j'ai pu constater qu'une partie des vaisseaux se 
conserve sur cette membrane. 

Pourtant^ dans des cas exceptionnels où j'ai pu suivre les malades depuis l'ori- 
gine de TafTection jusqu'à la guérison complète, je n'ai pas pu constater des vais- 
seaux à aucune époque. C'est une forme de kératite toute spéciale, que je décris 
sous le nom de kératite proiiférative. Bowmann cite aussi des faits de ce genre, 
et leur rareté relative prouve que la régénération s'opère alors par un mécanisme 
différent de toutes les autres kératites. 

On s'est demandé depuis longtemps si la cornée est susceptible de régénéra- 
tion réelle, et si son tissu propre peut se reproduire. Stelwag von Carion répond 
à cette question d'une manière très-catégorique : les recherches microscopiques 
qu'il a faites sur plus de trois cents cas d'ulcères régénérés ne lui ont jamais permis 
de constater la transformation de l'exsudation en un tissu cornéen identique dans 
sa structure avec celui du tissu sain. Je pense pourtant que cette opinion est trop 
absolue, el que, là où la transparence est rétablie^ la cornée est bien réellement 
régénérée. 

Pour mieux juger de la nature de Taltération que subissent les éléments cor- 
néens dans les différentes périodes de la kératite suppurative, nous croyons utile de 
rapporter ici quelques figures microscopiques faites à ce sujet par Classen (2). 

(Ij Castorani, Sur le traitement des taches (le la cornée (Comptes rendus de t Académie 

des sciencet , 1861). 

(2) Classen, Cornealentzûndunfj {Arch. f, Ophthalm, de Graefe, Ed. IIU, Abth. II, 

:S 453), 

GALE20WSU. ^^ 



376 



■ALAUBS BB LA DOUIte. 



La figure 130 représente une coDpe de la contée d'an ibanae l|é dt mm 
ans, dans la partie voisine, ï la baK de l'olcère. OsyinitUMlalcipécMiè 
traasformaiion qite subit an noyau oomial joMin'h M 
du fUB et en corpasculeB amorphes ^ui restent «hUm 
mellefi de la atraét. 

La.^nre 131 i:«prf6ente la côraée Hfipnrée, qoi « M mieétiéeidHi 





m' 



fiG. 130. — AiapB (la U «oméa k la boM d'ni nlcèn, Ra. 4SI. -r- CoHpadtka 



(ion de chlorure d'or. Le dépôl Gnement grannleni a'fst iniroduit dans lapa 
des cellules étoiléesde la coruée, aînai que dans kes fibres coi)jonctM'alBi4[Vi 
sent les cellules les unes aux autres. 

Selon Talma, les cellules propres de la cornée ne prennent pu de part diM 
l'inOammalion, et il n'y a que les leucocytes qui en g'UttroduÏEatu dans ceUeM 
brane y produisent du pus. 

Je pense que l'une et l'autre opinion sont vraies, et qne de inÊiue que laMj 
cocytes des éléments propres delà cornée se transfonnent en une maisepinMi 

Quant i la nature et au mode de production d'ulcération, on ne peat l'M 
quer que par une destruction des éléments coœiouni et leur éliaiinaiionia pdil 
ou en masses. Pour Follin {1}, l'ulcération n'est qo'noe gangrène molécnlaisM 
lissu cornée n. 

ft(l*lvii«. — Les causes des abcès de la cornée snnt tfès-«ariées ; les nmt» 
locales, les autres générales, coiisiiiutionnelles. 

Parmi les causes locales, nous devons signaler toutes les conjoncli vîtes aigifti 
chroniques, le calarrlie du sac lacrymal et les granulations. Sous l'influence fH 
irrilalioii plus ou moins violente dont la conjonctive eu le siège, la nutrttioB Al 
cornée subit quelquerdâ une telle mudificaiion qu'elle ne tarde pas i s'enflaDMi 
et dimne lien à un abcès. 



(1) Follin, Traité de pathologie externt. Parii, 1869, 1. 1, p. 117. 



ABCÈS DE LA GCBOi££ OU KÊftATJTB ftUPPURATIVE. 23S 

Nous devons ajouter à ces causes toutes celles qm proviennent d'une irritation 
locale, soit par un corps étranger, soit par les Uthiases de la conjonctive ou les cils 
déviés qui frottent constairunent cette membrane. L'atteinte de la cornée par ooe 
[tetite pierre, un éclat de bois, une paille, une barbe d'épis de blé sont autant île 
causes pour l'abcès. 

Les blessures de la cornée qui accon^gnent lesopéraUtns de la cataracte don- 
nent aussi lieu à la suppuration. 

Cette affection se développe souvent chez les personnes débilitées par les mala- 
dies chroniques des poumons, les pneumonies des vieillards, etc. Nous avons soi- 
gné, il y a peu de temps, avec le docteur Eemond, une malade atteinte d*iia 
abcès grave de la cornée à la suite d*une pneumnaîe double; chez plusieurs autces 
de mes malades, la même cause a pu êUe cnnatMée. Bien souvent les abcès se dé- 
veloppent dans la convalescence des affections p-yémiques, puerpérales* typhoïdes, 
après la rougeole, la scarlaliue et aurtiMit piepdant ou après la petite vérole. 

Les causes constitutionnelles sont en général moins connues; bien souvent, oos 
abcès se développent dans la convalescence des affections pyobémiques et pueipé- 
rales. Selon Wdls (1) on les voitapparahre dans le choléra et le diabète. Demours (2) 
cite des cas d'abcès de la cornée à la suite de la £èyre ifUerratttenie ou putride. 

Les perscmnes scrofuleuses on à tempérament lymphatique sont prédisposées à 
cette affection. On la rencontre bien souvent aussi chez les sujets tiès-âgés. Quel* 
quêtais elle règne épiiéroiquement chez les jeuoes eobota, comme von Gra^ et 
Aoser l'ont observée. 

Le reCroidissement prédispose aussi aux abcès de ia cornée, comme l'avaient 
justement signalé les anciens auteurs. Les observations récentes faites par Arlt 
semblent confirmer cette opinion. 

Dorée et terminaison. — La durée des abcès de la cornée est très- variable : 
elle dépend de la profondeur et de l'étendue de l'ulcération, de l'âge du malade et 
des complications qui surgissent. La giiérison des abcès superficiels demande de 
six semaines ^ deux mois. Ceux qui se développent dans les couche^i profondes 
ne gnérisseai qu'après piusteiirs mois, et laissent mâmc après cette période des 
nietew chroniques qui se cicatrisent difficilement. 

La terminaison des abcès superficiels est favorable ; presque toujours la guéri- 
son OMBplète a lieu sans aucune trace cicatricielle, surtout chez les enfants. 

I/es abcès et les ulcères plus profonds laissent à leur suite des taches indélébiles : 
ce sont ^es laies ou des leucômet. 

Une perforation de la cornée produit bien souvent des adhérences de l'iris avec 
ia cornée, et peut même amener un staphylôme. 

PromMHc — Lcs abcès de la cornée guérissent ordinairement assez facile- 
ment, aussitôt que le pus s'est frayé une issue au dehors. Mais plus l'abcès pré- 
sente de dilBculié pour s'ouvrir, plus la cornée court de risques de destruction ; 
c'est pourquoi il est du devoir du chirurgien de «orveiller l'état de ces abcès et 
leur^fohilion et d'évacuer le pus, s'il y a lieu. 

Les abcès larges et profonds, accompagnés #hypopyon, sont habituellement pins 

1) Wells, A (reafise of the diseasn of ihe Bye, p. IW. 
(2) Demours, Traité des maladies des yeux, t. II, p. 205. 



276 



MâLADIES DE LA CORNÉE. 



graves, surtout si le pas épanché dans la chambre antérieure est épais et concret, 
et s*il augmente en quantité. Ce qa*il y a de fatal dans les abcès larges, c*est 
qu'ils ont la tendance à s'étendre en surface. Comme conséquence fâchease, on 
doit craindre : hernie de l'iris, staphylôme partiel ou total de la cornée, leucoroe 
large adhérent ou non de la cornée, phlegmon interne. 

Pourtant chez un individu jeune, et lorsque l'abcès est très-superficiel, on voit 
la cicatrisation se faire avec une conservation complète de transparence, ou il ne 
reste qu*un très-léger nuage. 

Les abcès plilcgmoneux indolents on asthéniques, ceux qui s'observent chez les 
laboureurs à ré(M>que de la moisson, sont excessivement graves; ils amènent le 
plus souvent la destruction de l'œil. La cicatrisation de la cornée suppurèe ne peut 
se faire qu'au moyen de tissu cicatriciel opaque, ce qui constitue un vrai leucome, 

Tmitement. — Le traitement des abcès de la cornée doit varier suivant que 
Tabcès est superficiel ou profond, qu'il est ulcéré, simple ou compliqué d'affections 
des autres membranes^ que l'inflammation est vive et aiguë, accompagnée de tri*s- 
fortes douleurs, ou qu'elle est chronique et indolente. 

A. Abcès nigm et ulcères superficiels, — i. L'instillation de collyre d'atropine 
dans Toeil, quatre à cinq fuis par jour, doit être faite dès le début. Ce médicament 
aura pour eflet de rétrécir le caUbre des vaisseaux engorgés de la conjonctive et de 
la sclérotique, et agira par conséquent comme moyen antiphlogistique. Les expé- 
riences faites dans ces derniers temps nous ont appris, en eiïei, que l'atropine agit 
sur les nerfs \aso-moteurs et rétrécit le calibre des vaisseaux. D'autre part, en 
dilatant la pupille, on prévient l'inflammation de l'iris et ses adhérences avec le 
cristallin. 

Voici la formule la plus usitée de la solution d'atropine : 

^ Suiratc neutre d'atropine.. . 5 centifr. | Eau distillée 10 graiumes. 

"î. L'application de cataplasmes de fécule de riz ou de pomme de terre sur l'œil, 
des compresses imbibées dans de l'eau chaude, peuvent être utilement employées 
deux ou trois fuis |iar jour. On ne laissera pas ces cataplasmes ou ces compresses 
sur Tœil malade moins d'une demi-heure à une heure. Sans attacher une action 
spéciale rpiclconque à cette médication, nous pensons qu'elle favorise la maturité 
de Tahrès et rprclle calme les douleurs. Les compresses trempées dans des solu- 
tions narcotiques souvent remplissent ce but mieux que l«s cataplasmes. Nous em- 
ployons i'ii conséquence les fomentations chaudes suivantes : 



2f Kxiraii ôe jusquiame 3fram. 

Extrait de belladone 2 — 



Eaa 150 grain. 

S. Chauffer ce mélange avant de s'en servir. 



3 . Lors(iue les douleurs sont très-vives et empêchent de dormir, il est nécessaire 
d'applifiucr des sangsues i la tempe, de faire des frictions sur le front et les tempes 
avec la pommade mercurielle et belladonée, ou bien des frictions sur la pau- 
pière sii|Kiienre et au-dessus du sourcil avec la pommade morphinée. Ce dernier 
moyen calme mieux que tout autre les névralgies et la photophobie. Voici les 
furmides de ces iionmiades. 



ABCfcS DE LA CORKÊE OU KÊRATIHB 8UPP0RATIVE. 



27Î 



2^ Hydrochlorate de mor- 
phine 25 à 50 cenligr. 

Glycérine anglaise^ pour 

dissoudre q. s. 

Axonge fraîche 10 grammes. 

(Galesowski.) 



Tf Onguent napolitain 10 grammes. 

Extrait de belladone 5 — 

Laudanum de Rousfieau .... 1 — 

Axonge 5 — 

(Desniarres père.) 



Macuamara prescrit des frictions sur la paupière avec un mélange de belladone, 
de morphine et de haschich, et S. Wells conseille les injections sons-cutanées 
de morphine. J*emploie quelquefois avec avantage l'éthérisation localisée contre 
les névralgies rebelles. (Voyez Iritjs.) 

k. Ordinairement Tabcès se vide au bout de cinq ou six jours; l'ulcère qui 
s'ensuit devient moins douloureux et la maladie entre dans la phase de réparation ; 
la rougeur est moins vive, quoique des vaisseaux apparaissent sur la cornée. 

5. Lorsque Tceil n*est pas irrité, et que Tinjection péricornéenne est presque 
nulle, on emploie encore pendant très-longtemps une ou deux fois par jour 
l'atropine. 

6. On termine le traitement par Pinsufflation dans l'œil de poudre de calomel 
|x>rpbyri8é que l'on continue pendant trois à quatre semaines. 

B. Abcès aigus et profonds, — 1. On cherche à diminuer l'inflammation par les 
mêmes moyens que nous avons indiqués plus haut ; mais, si la maladie ne cède 
pas, et que les douleurs et l'inflammation augmentent, on devra appliquer à la 
tempe, dès le troisième ou le quatrième jour, un nombre de sangsues proportionné i 
l'âge et à la constitution du malade : deux sangsues aux enfants au-dessous de cinq 
ans; six au-dessous de douze ans, et dix ou douze aux adultes. Ces déplélions 
sanguines seront renouvelées au bout de quelques jours, si le mal continue de 
s'aggraver. 

2. Les purgatifs salins on drastiques seront administrés tous les trois ou quatre 
jours, et le malade sera tenu à la diète et enfermé dans une chambre sombre. Eu 
sortant au dehors, il portera des conserves d'une teinte neutre foncée ou un petit 
morceau de taffetas flottant devant l'œil malade. 

3. Paracentèse. — Il arrive pourtant que le pus détruit successivement les cou- 
ches de la cornée les unes après les autres et menace de la détruire. Donner issue 
au pus emprisonné dans l'épaisseur du tissu coméen est alors une indication 
d'urgence, que l'on ne doit pas négliger. 




ROBERT ET CGLUN 



FiG. 132. — Aiguille à paracentèse. 




ROBERT ETCOLLIN 



FiG. 133. — Couteau de de Graefe. 



On ouvre l'abcès de deux manières : lorsqu'il est plus rapproché de la mem- 
brane élastique antérieure et que celle-ci esi même soulevée et tendue, on incise 
l'abcès dans toute son étendue au moyen d'un scariûcateur. 

Mais si l'abcès est profond et situé près de la membrane de Descemet, s'il est 
en outre accompagné d'hypopyon et de violentes névralgies, on l'ouvrira en fai* 



278 MALADIES DE LA COBNÊE. 

sant la paracentèse dans tonte la laideur de Tabcès au moyen d'one a^ilfeàpi- 
racentèse (fig. 132) ou du couteau de de Graefe (6g. 133). 

L'aiguille dont je me sers (fig. 132] présente un arête oUîque qui se ttonre 
placée à une distance proportionnée à la profondeur de la chambre antérieare, a 
qui empécbe la lame de blesser Tiris ou le cristallin. On l'introduit obliquemot 
et Ton donne autant que possible à la plaie une direction Terticaie de bM en 

A peine a-t-on retiré Taiguille que Tbomenr aqueuse s'échappe avec 
et entraîne le pus dliypopyon au dehors» Lorsqu'on voit que b paracentèse 

pas suivie de récoulemeni de riiumcur aqueuse, on devra alors introdoîre è ^ 

plaie, ^éance tenante, une ou deux fois, le stylet fin d'Aoel. Le maledc épmve 
une douleur très-vive dans le front qui cède au bout de quelques mimites. 

Après cette opération, on £ait instiller le collyre d'atropine tontes ks ciB| 
minutes pendant uu quart d'heure et on applique ensuite un bandage compraii 
qu'on laisse en place pendant vingt-qoatre ou quarante-huit heures. 

A partir de ce moment, toute inflammation disparaît et la maladie entre 
période de réparation. 

La CI ssation des douleurs, une diminution rapide de h rongeur, le réi 
ment de la transparence de la cornée dans les i)artie8 voisines de l'abcès sont ki 
signes de celle amélioration. L'ulcère consécutif ^ l'abcès présente pendant qnd- 
ques jours les bords frangés, qui ne tardent pas à se couvrir d'épithéttam el « 
vasculariser au pourtour. 

Quant aux paracentèses faites dans les parties saines, soit ven la ctrcfmfénmi^ 
de la cornée, soit en faisant pénétrer l'aiguille au-dessous de f abcès dams 
partie encore transparente de la cornée pour diminuer la tension de cette 
brane, conmie cela est conseillé dans un ouvrage récent, elles nous 
complètement irrationnelles et doivent être rejetées comme inutiles et souicst 
même dangereuses. 

k. Les abcès ulcérés deviennent vascnlaires avant de se cicatriser, et ces 
seaux sont nécessaires à la réparation. Mais cette vascularisaftion devient soorcil 
tellement exagérée qu'elle constitue à elle seule un symptôme morbide. On OM* 
battra cette complication, soit au moyen de collyre d'atropine, soit en activant il 
circulation dans les vaiss(anx par l'instillation altcniative dn collyre d'atropine tf 
d'éseiine. L'atropine est instillée quatre fois par jour et l'éserine deux fois. Toiet 
la formule de ce dernier collyre : 

^ Eau dislillée 10 grammes. | Sulfate neutre d*éserine 2 cenli|r. 

5. Quelquefois les vaisseaux aboutissant à l'abcès sont tellement nombreux qui 
est indisp<*nsable de recourir à des scarifications péricornéennes. On les divise, soit 
sur la cornce elle- même, soit près de son bord. Une seule scarification suffit habi- 
tuellemeul pour modifier la nutrition et établir la cicatrisation. C'est par ce 
moyen que Demouis arrivait souvent à guérir les abcès les plus graves. 

Dans certaines formes d'ulcères profonds et chroniques, Velpeau conseillait de 
loucher h'gèrement leurs bords avec un pinceau trempé dans une solotion fitth 
de nitrate d'argent. 

6. Les vésicaioires au bras, à la nuque, derrière l'oreille et aux tempes, ont été 
tour à tour vantés ou condamnés. 



ABCÈS DE LA COMftB OU EÊiATITE tUPPURATlYE. 



2?f 



Nous paitageoDs l'opimo» de Bartba ec Goentiy ée^ Hoary, qui reoonnm»eiit 
^e les f ésicatokes derrière IToreille on à h Boqiie petnwnt «gir très-eficaceiiieBr, 
comme moyen dérivatif. Mais, chez les enfants scrofaleux, atteims d'ecxémi à h 
Ck* on MX oreîUes» ee mo^i doit être proBcrit. Criteheir emploie avec succ;^ an 
selon IHtlarme^ appliqué i la région tenporak, svrtovt dans les cas d'ulcères 
anciens, vaseulaires, qui ont résimé à tons les tvaileinnMs et qui conservent une 
Itttdaace marquée à des réddif e& A cet eiet^ il form« un pK de 2 1/2 centimè- 
tres dans la peau de la région temporale qu'il traverse à sa base avec une aiguillie 
armée d'un fii de soie. Ce fil est Ké par ses boots pour iormer une anse libre qu'on 
loiase sur place pendant plomeors semaines, quelquefoi» pendant des mois. 

7. Chez les individus serofnleox, les inOammationsdé lu- cornée sent sootent en> 
ifetenue» par une éruption smr la face et les ulcères des narines. €*est pourquoi 
il Importe de combattre ces complications au moyen des pommades mercurieffeii, 
du badigeonoage avec la teinture d'iode; quelquefois il est préférable de saupou*- 
drer la surface ulcérée avec la poudre de calomeL Voici les pommades pour les 
aannei dont l'usage now a fourni le plus d>'af antage : 



2f Précipité rouge 50 ceotigr. 

Camphre 5 — 

Axonge fraîche 10 grammes. 



If Oxyde d« xloc 1 graaun«« 

Axonge ikkK 

Glycérolé d'amidon I **^ "" 



8. Dans les abcès larges et profonds, accompagnés d'une quantité très-gnuide 
de pus dans lacbambre antérieure, lorsque ks paracentèses restent sans rémkàt, il 
est nécessaire de pratiquer une iridectomie dans la partie voisine de l'hypopyon, 
surtout lorsque la paracentèse est restée sans résultat heureux. Quant à l'opération 
qui consiste i livrer l'Issue au pas de l'bypopyoo à travers une iocision de li 
eomée, nous la considérons comme inutile. 

9. Parmi les moyens internes qui ont une action favorable dans Te traitement 
des abcès et des ulcères de la cornée, le sulfate de quiniiie joue un rôle très-im- 
portant On l'administre vers le soir à dose de 30 à 60 centigrammes et l'on renoch- 
vclle ces doses tous les jours ou tous les deux jours. 

10. Le calomel^ pris à l'intérieur sous forme de poudres ou de pilules, a été con- 
sidéré par plusieurs praticiens, et en particulier par les médecins anglais, comme 
un moyen spécifique des affections de la cornée. Nous nepartagcons pas cette opi- 
nion; toutefois^ comme les affections de la cornée peuvent être aggravées parla 
cause syphilitique dont les malades gardent souvent le germe, le calomel ou le 
protoiodure de mercure peut être, dans cette éventualité, administré avec un 
aivantage réel. Il peut agir efficacement comme antiplasitique, mats il n'a point 
d'action spécifique contre les affections cornéennes. 

11. Quelquefois les abcès et les ulcères de la cornée sont entretenus par les 
affections des voies lacrymales. La guérison de ces dernières amène la guérison 
<l'al(ératioii de la cornée. 

1 2. Dans les fistules et les hernies de l'iris qui occupent le centre de la cornée, 
rinstiflation fréquente de gouttes d'atropine et la compression de l'en! an moyen 
d-m rampon de cbarpie et d'un bandage compressif facilitent la réducrton. 
Lorsque la hernie est située à la périphérie de la cornée, on doit préférer, comme 
4e prescrit Afetls^ l'instiOation d'éserine ou de cafabar k celle d*atropine. La oom- 



280 MALADIES DE LA CORNÉE. 

pression, au moyen d*un bandage compressif, sera maînteaue darant un 
très-long, pour que la réduction complète ainsi que la cicalrisalion de h 
puissent avoir lieu. 

Dans certaines hernies très-étendues de l'iris, la rédocUon ne peut être 
quefois obtenue par la compression, et un staphylôme général de It cornée ot^ 
craindre. Il est alors préférable de faire uneexdsion de Tiris dans la parties 
à la hernie. Quelquefois on peut exciser avantageusement une partie de Uriil 
nié lui-même. 

Quant à la cautérisation de la partie herniée de Tiris avec le crayon de 
d'argent, elle doit être complètement proscrite, à cause de Tirritation ti 
et de l'augmentation consécutive de la hernie qu'elle occasionne. 

13. A la suite des abcès et des ulcères de la cornée il se forme des taches. 
quesuiies d'entre elles disparaissent à la longue, ce sont les taches dues aux k 
traiions interstitielles. Le meilleur moyen résolutif est l'insufflation de la 
de calomel. 

14. Le traitement tonique fortifiant, l'usage des préparations iodées et 
neuses à l'intérieur, une bonne nourriture fortifiante, régime tonique, proi 
modérées en plein air, tout cela peut agir eflBcacement pour amener la gnérim< 
prévenir le retour d'accidents analogues. 

Bibliographie. — MirauU, Lettre sur V inflammation chronique de la cornée (Arch» 
(le mé(f., 1834, 2* série, t. III, p. 3, et t. IV, p. 553). — Velpeau, Du pronostic et du 
ment des kératites {Gaz, des hôpitaux, iSàà, n»* 95, 338, 377, 395). — Bowmao, 
fiur les parties intéressées dans les opérations qu'on pratique sur Vosil {Amuties dti 
1855). — Castorani, De la kératite et de ses suites, thè«e de Paris, 1856. — - Roser, 
die HypopyoH'kératite [Archiv f, Ophthalm,, 1856, Bd. II, Ablh. I, S. 131). — Wi 
Ein Beitrag zur Lehre von den Hornhautabscessen {Archiv f, Ophthalm., 1861, Bd. 
Abth. I, S. 322). — Hasner, Sur la paracentèse de la cornée dans l^ inflammation prof 
de cette membrane {Prag. med, Wochetischrift, 1864). — Galezowski, Quelques ai 
sur les affections de la cornée et sur le traitement. Mémoire lu à la Société médicale d*^ 
lation {Union médicale, 1868, n^ 89). — Zehender, Klinische Monatsbl., 1868, p. 35. 
Classen, Corneolentzûndung {Archiv. f. Qp/t/Aa/m. de Graefe, Bd. XIU, Abth. II, S. 453)f 



ARTICLE III 

KÉRATITE NÉVRO-PARALYTIQUE ET NÉCROSE DE LA CORMÉE. 

La cornée est frappée souvent de nécrose ; celte aiïeclion est caractérisée 
une suspension complète de la nutrition dans une partie ou dans sa totalité, 
voit alors apparaître des taches plus ou moins larges, qui ressemblent beat 
aux abcès ou aux ulcères, mais qui ne tardent pas à amener une destruction oa 
ramollissement progressif de cette membrane. 

Les auteurs ont décrit cette forme d'alTection sous les dénominations très-varita 
à* ulcères oslhéniques, de kératite névro-paralytique, àc kératomalacie et de j«i* 
gjime de la cornée. 

Symptomatoioi^ie. — Comme nous venons de le dire, la nécrose de la oorofia 
se développe liabitueliemeut à la suite de la suspension de la nutrition, soit dam 
une partie quelconque de celte membrane, soit dans toute son étendue. Sa notii* 
lion est^ comme on sait, intimement lice à Tinnervation que la cornée reçoit ainsi 



ABCÈS DE LA GOUftB OU EÊiATITE tUPPDRATlYE. 



2?f 



Nous paitageoDs Fopimo» de Bartba ec Goentao de Moary, qui reoonnmKnt 
ipie les vésicatokes dorrière IToreille oo à h Boqiie petnwnt ^gnr très-eficaceiiieBr, 
comme moyen dérivatif. Mais, chez les enfants scrofaleax, auemts d'ecxémi à h 
Ck* 09 a«x oreiUes» ee mo^i doit être proscrit. Crifclieit emploîe avec mxcès un 
selon fiiifarnie^ appliqué à la région tenporaie, 8«rio«t dam les cas d*ttloères 
anciens, vaseulaires, qui ont résisté à tons les tratemoats et qoi conservent une 
toadaBce nuirqaéff à des réddrre& A eei effets il ferme un pK de 2 1/2 centimè- 
tres dans la peau de ia région temporale qu'il traverse à sa base avec one aigoHIie 
armée d*nn 6i de soie. Ce fil est Ké par ses boots pour fermer une anse libre qu'on 
laisse sur place pendant plosienrs semaines, qoelquefoi» pendant des mois. 

7. Chez les individus scrofolem, les inflammations de lu- cornée sont sentent en- 
tfetenues per une éruption smr la face et les ulcères des narines. €'est pourquoi 
il importe de combattre ces complications aa moyen des pommades mercurieifes, 
do badigeomiage avec la teinture diode; quelqoefots il est préférable die sanpon*- 
drer ia surface ulcérée avec la poudre de calomeL Voici les pommades pour les 
naffinei dont l'nsage ne» a feorai le plus d*af antage : 



^ Précipité rouge 50 centigr. 

Camphre 5 — 

Axonge fraîche 10 grammes. 



y Oxyde de xinc 1 graoune. 

Axonge (.. - 

Glycérolé d'amidon I""^ "" 



8. Dans les abcès larges et profonds, accompagnés d'une quantité très-grande 
de pus dans lacbambre antérieure, lorsque ks paracentèses restent sans résokat, il 
est nécessaire de pratiquer one iridectomie dans la partie voisine de Thypopyon^ 
surtout lorsque la paracentèse est restée sans résultat heureux. Quant à l'opération 
qui consiste i livrer l'issue aa pas de rhypopyoo à traven» une incision de li 
«ornée, nous la considérons comme inutile. 

9. Parmi les moyens internes qui ont une action favorable dans le traitement 
des abcès et des ulcères de la cornée, le sulfate de quinine joue un rôle tfès-ijn- 
portant On l'administre vers le soir à dose de 30 à 60 centigrammes et l'on renoch- 
velle ces doses tous les jours ou tous les deux jours. 

10. Le calomel^ pris à l'intérieur sous forme de poudres ou de pilules, a été con- 
sidéré par plusieurs praticiens, et en particulier par les médecins anglais, comme 
un moyen spécifique des affections de la cornée. Nons ne partageons pas cette opi- 
nion ; toutefois^ comme les affections de la cornée peuvent être aggravées par la 
cause syphiiittque dont les malades gardent souvent le germe, le calomel ou le 
protoiodure de mercure peut être, dans cette éventualité, administré avec uii 
aivantage réel. Il pent agir efficacement comme antiplastique, mais il n'a point 
d'action spécifique contre les affections cornéennes. 

11. Quelquefois les abcès et les ulcères de la cornée sont entretenus par les 
^flbctiens des voies lacrymales. La gnérison de ces dernières amène la gnérison 
d'altération de la cornée. 

1 2. Dans les fistules et les hernies de l'iris qui occupent le centre de la cornée, 
rinstiflation fréquente de gouttes d*atropine et la compression de l'eni av moyen 
d'nn rampon de charpie et d'un bandage compressif facilitent la réduction. 
Lorsque la hernie est située à la périphérie de la cornée, on doit préférer, comme 
4e prescrit Afetts^ l'instiHatioii d'éserine on de calabar k celle d'atropine. La oom- 



282 MttADI£S DE hM OHUIlE. 

cornée et de l'cûL Mak s'il D*y a qm quelqies fibres de ce nerf qui soient paraly- 
sées, l*ulcéraciui et la perfbralioD ne seront limitées qn'à une partie restreinte de 
la cornée, ei puis» le travail de réparation Ya aboutir à mie gnérison plos on moins 
complète. 

AMitMMie fifciiigifB — lyaprè» les signes décrits pies hant, on pent ad- 
mettre en principe qne les nerfs lie la cimpiiènie paire sont allérés ; sons l'influence 
de cette altération^ iâ cellules cornéennessabissenc one dégénérescence graissense, 
comme His i*a mis en lomière. 

ttiiiiiii. — La description delà maladie telle que nons Tavons donnée pinahant, 
indique sofliiamment les causes qui la predoisent 

Les inflammations giaves de la conjoncUve, des opbtbaknies pomlentes, bCen- 
norrbagiques ou- scroMeuses, amènent ainsi on> étranglement des vaisseaux et des 
mrh péricoméens^ et par conséquent les spbacèles de la cornée. I^ même chose 
a lieu quelquefois après Textraction de la cataracte, lorsque la cornée sectionnée 
sur une certaine étendue ne reprend pèns sa «strition. 

La compression qne subit la cornée dans le glavoéme par snile de la nmsion 
intraocukire, ou par suite de tomeurs de l'of biae, peut donner Hen k une oleéra- 
tîon partielle ou à une nécrose générale. 

Les tumeurs cérébrales, les méningites t«b«rculenses qui amquenf le ganglion 
de Casser, les tiuwurs cancéreuses on autres, qui envahissent l'orighie du nerf 
irijiwieau, occasionnent aumi la nécrase de h cornée. 

Wrmmomim, — Il est trèo-grave, et l'on dsit craindre la destruction complète de 
1» cornée,, snrfennt dans l'ophtlialmie pnmienie. Les né t rose s paralytiques présen- 
tent moins de danger, et comme la paralysie de» nerfc tri jumea u» est souvent in- 
complète, ceSte paralysie peut guérir el afvfc elie la cornée. 

Traitement. — Dans lêsopltthahnien purulentes de toute ione^ il liot sorveîlfer 
t*état de la cornée et exciser le bourrelet cbémosique périooméen, aussitét que 
cette tuiit(|ue est menacée. 

Dans les aflectiona céréinrales, il n'existe é*orifiMmre aucun moyen (Brect de 
gnérison; c'est contiu h mabdie cérébrale i|ue le praticien doit diriger toute hon 
attention. 

On peut agir localenKUt avec eficadté en inatithnt atoemalivement le collyre 
d'atropine et d'éaerine ; puis on aura recours à q uel q u es Mgers coNyres astringent» 
el aux lotions aromatiques, leUes qu'infusion de camumille, de thé vert, etc. 

Quand l'eschare n'est que superficielle, on peut ta asucber avec une légère solu- 
tion d'eau cWorurée, comme Dupuytren l'avait canaeiM. 

BiauocaAPUB. -* Chmiignsc, ITmt mode tTmieèm tfécml <Ar ài fomtf» (6«s. fitr kdptt, , 
1855, p. 102). — TroiMieaii, Fonie de la coméÊ dans les fièvrei iMdrvlet {Archives ynn^. 
fie méd.y I b* férié, l. VU, p. 460). — Claude Bernard, Lerom sur In phyitioloyte et in patfuj- 
logie ilu <yitètne nerveux. Parit, 1858, l. II, p. 56 et fuiv. — Soellen, Traitement et gué- 
rieon de In kérato-et^'ofieimihf eomêéetdin à êm parutyme dm mrfttijumefiu chez thomtne 
{SederlantiMh lijdtdurifl vcor Genee^kunde, 18ë4, p. 177, et Ànmtdês d'ocudùt.^ 1865, 
janvier et février, p. 178). — Graefe, UurMhautverêchwùmnç bei infatdikr EncephnlUn 
(Archr f. Ophfhaffft., Btf. Xfl, Abtta. Il, S. 25»). 



KÊAATm GlAHUIAUSt OU 'PAMNUS. 2$% 



ARTICLE IT 

KÊaiTiTE GAAMILEUSE OU PADfMQS. 

Cette a fi écy p n est ordiBaîreintAC mpêrtekàk : elk «cape les eomtbeê le» plus 
exterBtt de k cornée ; le pus granuleux s'y iaikre, alleiat les cfiMe» épiihélkiies, 
qui se fMfleiH et se désagré^enè à le«r lo«r ; bieMôt clés vaéaseaux aflwwraitaeBC 
daos la moHié supérieure de la cornée. Lenr présence en grand oomlm imprknt 
à la kéracîle nn cachet tout partîcniier, qui a valu à la OMMie le nnoa de pamui 
ou de kératite vasculaire, 

gjf iiirtiian*'» — La kératite grannlense est caractérisée dès le début par 
un eogorgemeut du limbe conjenelifvaA périooméen et par un soulè?tinent par 
places de Tépiibéliiim à la partie svpéncnee de h oomée. Le pus grannleox tra- 
verse les couches épithéliales, s'infiltre dans la membrane élaaciqne antérieure ainsi 
que dana les couches superficielles propres de cette membtane, et y constitue des 
amas blancbâtres. La tunique coniéenne perd sa transparence, devienc opaqjie, 
blancbâtse, légèrement terne et dépolie. 

A partir de ce moment, on aperçoit à sa surface des {Upriuimu plus ou mens 
nombreuses, luisantes, présentant de véritables facette»^ 

Au voisinage de ces facettes, on trouve de nombreux points opaques, Uan- 
<bâtres, qui sont le résultat de l'inoculation du pus granuleux dans l'épaisseur 
de cette membrane, ce qui amène des trouves notables de nutrition. Les nerfs 
cornéeus sont irrités d'une manière continue; cette irritation, en se transmettant 
\ la région périkératique, y développe une drculation plus active, pins énergi- 
que; des vaisseaux nombreux ne tardent pas ^ se dévekipper, d'abord à la partie 
supérieure de la cornée et puis successivement sur toute l'étendue de cette mem- 
brane. 

I>aas cette forme de kératite, les vaisseaux suivent donc l'infiltration granuleuse 
et constituent la seconde période de la maladie, période vasculaire. 

La kératite granuleuse devient ainsi vasculaire, et les vaisseaux occupent la 
couche sous-épithéliale ainsi que la couche soos-jacente ; ils se développent d'ha- 
bitude d'une manière très-lente, et, quoique nombreux. Ils sont si petits et si fins 
que souvent on ne peut les apercevoir qu li l'aide d'un verre grossissant. 

Mais à mesure que l'irritation des nerfs cornéens augn^nte, les yeux devien- 
nent plus sensibles pour la lumière, et il survient un larmoiement considérable. Le 
trouble de la cornée tend aussi à se généraliser ; des taches nouvelles plus épaisses 
se dessinent çli et là, et la vascularisatk>n s'accroil. Cette vascularisatioii semble 
communiquer avec les vaisseaux de la conjonctive, et l'on remarque quelquefois 
au bord supérieur de la cornée une rougeur tellement vive, qu'on serait tenté de 
prendre cette rougeur pour une formation de bourgeons charnus; d'où la déno- 
mination de pannus a^oisus^ dont se servent les auteurs anglais. 

La kératite granuleuse peut occuper très-kmgtemps une partie limitée dans la 
cornée sans être suivie d'aucune réaction. Tout au plus si les malades éprouvent 
du larmoiement et de la pesanteur dana les paupières 



^^'l MALADIES DE LA CORNÉE. 

Mais, sous Tinflaence de causes diverses, la maladie passe h Tétat aigu : Tio- 
flaiiimaiiou gagne loules les courbes infiltrées, qui s'injecienl et s'opacifient gra- 
duellement ; la pliotophobie, le larmoiement et même des douleurs névralgiques 
ciliairt»s se manifestent. Cet état aigu peut durer longtemps, donner lieu à une 
inflammation telle, que même des points suppures apparaîtront par places, et ren- 
dront la maladie excessivement dangereuse. Ces complications provoquent de très- 
fortes douleurs qui s'étendent jusqu'aux branches sus- et soos-orbilaires. 

liC pannus, d'abord partiel et superficiel, peut envahir les couches profcmdes 
et s'étendre sur toute la cornée, qui devient de plus en plus opaque; répithélinm 
s'hypertrophie; les vaisseaux augmentent de volume, et deviennent sinueux : 
alors la cornée a plutôt l'aspect de la sclérotique que de la membrane trans- 
parente. 

A cette période, la cornée peut pourtant reprendre sa transparence, quoiqu'il 
soit rare que tous les vaisseaux disparaissent; la vascularisation devient tellement 
fine qu'elle ne compromet })as beaucoup la tj^nsparence, et la vision s'accomplit 
d'une manière tout à fait satisfaisante. 

Dans d'autres cas moins heureux, la suppuration se déclare dans un point quel- 
conque de la cornée, gagne successivement les couches de plus en plus profondes 
et ne tarde pas, si le chirurgien n'iiitervieot pas, à amener la perforation et la 
hernie de l'iris avec le staphylôme oo la synécbie antérieure. 

Tne autre complication, rare il est vrai^ mais non moins grave que la précé- 
dente, est la formation des tumeurs néoplasiqnes granuleuses au bord supérieur 
de la cornée. Ces tnmeurs s'étendent progressivement du bord supérieur vers 
le centre, dépassent cette limite et peuvent envahir toute la cornée si l'on ne rétissit 
pas à les arrêter à temps par une opération. 

Une troisième complication dans une kératite ancienne, invétérée, est une irido- 
choruîdile, suivie de névralgies intenses, périorbitaires, dont nous parierons plus 
tard lorsqu'il s'agira de cette alfection. 

Sous l'influence de l'inflammation très-prolongée dans toutes les couclies de la 
cornée, cette membrane peut subir une transformation notable dans sa structure 
ei perdre beaucoup de sa résistance. La pression interne amène alors une modifi- 
cation sensible dans sa courbure, la rend globuleuse, ce qui compromet, en gé- 
iu'ral et pour toujours, très-sensiblement la vision et expose l'cril malade à des 
n<*vralgics très-fréquentes. 

.tnafomie patiMiocHpie et p«tli*«éale. — Lorsqu'on examine sur le 
cadavre la cornée atteinte de pannus, on trouve iescoudies épitliéliales sensible- 
ment épaissies et infiltrées. Selon Sieliwag von Canon, les cellules épitbéliales 
ressemblent aux cellules de l'épiderme; elles sont polyédriqties, a)>laties et leur 
contenu est trouble et granuleux. Les noyaux sont volumineux et très-souvent 
doubles. 

La couche élastique antérieure, de même que la couche des cellules propres de 
la cornée situées immédiatement an-dessous, est très-souvent altérée ; les cellules, 
goiidéis au début, se détruisent plus tard en grande partie, et il ne reste plus que 
les noyaux très-nombreux accumulés, soit sur les parois des vaisseaux de nouvelle 
formation, soit dans le tissu intercellulaire, f^ figure 13^i^ reproduite d'aprts 
Ciassen, rend exactement compte de cet état 



I 



KÉRATITE GRANOLEUSE OU PANNOS. 



285 



Mais après la mort on ne trouve qtCm petit nombre de globules sanguins dan.<t 
les vaisseaux comécns. Stellwag von Garion pense que tout le sang s'écoule alors 
dans les vaisseaux conjouctivaux, qui sont ordinairement très-remplis. 




^_-' 



FiG. 13A. — Coope de la cornée dans la kératite (granuleuse. 



Dans le pannus charnu, les cellules étoilées, au lieu de s*atrophier, sont au con- 
traire hypertrophiées et se trouvent en nombre plus considérable. Ix^s vaisseaux 
étant très-nombreux^ la nutrition de la cornée se maintient el la transparence se 
conserve. Ce n*est qu*à la longue^ lors- 
que les granulations ont duré plusieurs 
années, que les cellules cornéennes su- 
bissent une transformation graisseuse, et 
donnent lieu à des lencômes. 

Nous avons expliqué comment nous 
envisageons la propagation de la maladie 
de la conjonctive 5 la cornée. Il reste à 
étudier la palhogénie de la formation des 
vaisseaux. C'est à His que nous devons 
l'explication de ce phénomène intéres- 
.sant. Pour lui, les nouveaux vaisseaux 
proviennent d'une hypergenèsc des cel- 
lules fusiformes de la tunique adventive 
des vaisseaux capillaires. Vers les quatre 

angles de la figure 135, on voit un amas conique des cellules endogènes, qui 
constituent à la longue une cavité. Cette dernière se met en communication avec 
la cavité des vaisseaux, et le sang y pénètre. La formation des vaisseaux marche 
toujours de la périphérie vers le centre; d'abord ils sont rectilignes, et s'anasto- 
mosent les uns avec les autres sous des angles presque aigus. Peu à peu, les vais- 
seaux nouveaux augmentent de volume, s'écartent les uns des autres et deviennent 
tortueux. 




FiG. 135. — Mode de formation d*uiie anse 
capillaire au bord de la cornée. — (Gros- 
sissement 350 diamètres.) 



286 MALADIES M Là GORltS. 

La couche épiihéliale de la corsée subit ici des illératioiis Irèf- 
places, on la voit amincie, par la disposition de pUttiews de m 
d'autres endroits, les cellules sont devenues opaques et hypertropMée^ 
Hères dans ses contours. Les modifications que subit la cornée à sa sarbn 
production néopiasique sont encore plus graves. Ici nous trouvons les 
ments que dans la conjonctive granuleuse. Ainsi dans deux cas où j'ai 
sion des productions granuleuses développées sur la cornée, Remy, i 
tîngué des hôpitaux de Paris, trouva les mêmes éléments arrondis, 
renfermant un ou plusieurs nucléoles, qui sont renfermés au milieu d*i 
volumineuse de protoplasma. 

Éttoiogie. — Cette affection est le produit de Tinflltration oo de 1' 
(kl pus granuleux dans les couches externes de la cornée; c'est ce qui 
gagé à donner à la maladie la dénomination de kératite granuleuse. 

Je ne partage pas l'opinion de ceux qui croient que le pannus 
résulter simplement du frottement déterminé par les granulations <m 
frices conjonctivales contre la cornée. Les faits journaliers nous dé 
effet, qu'aussitôt que les cicatrices commencent à se former sur les 
que celles-ci deviennent plus rugueuses, mais exemptes de toute su 
cornée entre dans la période de réparation, et les vaisseaux diminnett 
d'augmenter. Le pannus atteint habituellement son maximum d'évolatioi 
mont où les granulations conjonctivales sont molles, boursouflées et leon 
complètement charnues, vasculaires et non rugueuses. 

Le pannus granuleux se développe souvent i la suite de rophlhalmis 
ou blennorrhagique. 

L'affection attaque d'ordinaire les deux yetix en même temps. 
observé plusieurs cas dans lesquels la kératite granuleuse est resiée 
seul œil pendant plusieurs années et même pendant toute la vie. 

Les personnes scrofuleuses et lymphatiques sont plus prédisposées que hl 
à avoir le pannus granuleux ; leur cornée semble plus souple encore et 
ment imprégnable par le pus granuleux. Au contraire, chez d'autres 
forts et robustes, qui se nourrissent bien et qui ne sont assujettis à ai 
de privation, les granulations, môme quand elles envahissent les pau 
transportent que rarement à la cornée. 

Diagnostic différentiel. — La kératite, OU panuus granuleux, peut 
facilement coiifoiulue avec la kératite phi yctémlnire^ qui se transforme à b 
en une kératite vasculaire superficielle, particulièrement chez les indivi 
fnleux et lymphatiques. 

Le diagnostic n'est pas difficile quand les plilyctènes existent ; mais, 
se sont déjà transformées en ulcères, et que la cornée s'est vascularisée m 
son étendue, le diagnostic ne peut être établi qu'en renversant la paopièif 
Heure pour reconnaître s'il y a ou non des granulations conjonciivales. 

Dans la majorité des cas, le pannus granuleux est partiel, et il ocaipeli 
supérieure de la cornée; lorsqu'on trouve le faisceau vasculaire dtoé 
moitié inférieure, soit interne, soit externe seule, et torsqu'ea outre la oMJa 
palpébrale est intacte, il faut se méfier même dosgranulatiansdu cul 
sont souvent fausses. 



i-dê'MH 



KÉRATITE GBAIIVLEUSE OU ^MlfUS. MT 

La kéraiite iateivtttîeUe, parencbymateiMe I n deaiième période, pentsiniiiler 
le panoBs; roaift, daM celle affectioR, les faisseaux wûi beaaooop plus profonds,, 
et les coojoDCtives bulbaire et palpébrale restent ordinairement intactes. 

PnoMosOc. — En général, la kéraiite granalease doit être considérée comme 
une aiïection grave, tant an point de vue de sa dorée que des complications aux- 
quelles elle donne souvent Ken. 

L*îiiriliratiM des couches superficiHIes et leur Tascuiarisation sont habitneDe- 
ment bénignes, surtout si dès le début la maladie est soignée convenablement. A 
un autre point de vue, le pronostic est moins favorable : la cornée, trouble et 
opaque dans toute son étendue, couverte de vaisseaux, peut s'édaircir en grande 
partie et la vue revenir, même après que raffection a duré deux ou trois ans. 

Mais on doit considérer comme très-graves tous les cas dans lesquels la cornée a 
subi des modifications dans sa consistance, qu'elle est devenue molle et changea de 
forme, ou que des abcès perforants se sont produits. Dans Fun comme dans Tautre 
cas^ la vue peut être à jamais compromise. 

TwmUem^mt. — Dans le traitement de la kératite granuleuse, il est nécessaire 
de se conformer au degré et à l'étendue de l'inflammation, à la durée des granu- 
lations conjonctivales et aux moyens précMemment employés. 

Nous diiïérons complètement d*avis avec tous ceux qui professent que le pannus 
granuleux ne doit pas être soigné et que, pour le guérir, il ne laut s'occuper que 
des granulations conjonctivales, parce que, avec la guérison de ces dernières^ la 
cornée reprendra, disent-ils, sa transparence. Dans un certain nombre des cas 
exempts d'inflammation, la guérison pourra être, en eflet, obtenue uniquement 
par le traitement des granulations conjonctivales. Mais un grand nombre de lail«, 
dans lesquels la cautérisation des paupières aggrave l'état de la cornée, démon- 
trent que le traitement des granulations est insuffisant. 

Pour moi, l'état de la cornée peut seul indiquer s'il y a lien ou non de recourir 
aux cautérisations des conjonctives palpébrales. Les cautérisations des paupières 
ne doivent être, en effet, pratiquées que lorsque tout état inflammatoire aigu a 
cessé dans la cornée. 

I/es indications que l'on doit suivre dans le traitement du pannus granuleux sont 
les suivantes : 

l'' Dans le pannus partiel commençant et non enflammé, on se contentera du 
traitement des granulations palpébrales selon les méthodes que nous avons expo- 
sées plus haut (voyez Granulations). 

2"* Dans les cas d'inflammation plus intense de la cornée, il est nécessaire de 
recourir à l'excision du cul-desac coojonctival. Par ce moyen on arrête le déve- 
loppement des granulations, et on facilite la guérison de la kératite granuleuse 
(voyez Traitement chirurgical de la eonjonctiuùe granuleuse). 

3° Lorsque le pannus est partiel et irès-vascuftaire et que les granulatbns palpé- 
tirales ne suppurent point, on doit faire des scarifications péricornéennes, très-sou- 
vent répétées, sur les vaisseaux aboutissant à la cornée, comme Cusco le pratique 
journelIcmenL Au bout de quelque temps, les vaisseaux s'atrophient et la cornée 
reprend sa transparence. 

li"* Dans l'état d'inflammation vive de cette membrane, accompagnée bien sou- 



288 MALADIES DE LA GORIIÊE. 

vent d'abcès, il faut suivre le traitement antiphlogistique, appliquer dei 
aux tempes et des cataplasmes sur Tceil, instiller fréquemment des goutta 
pine, soit l'atropine et l'éserine alternativement. Quant aux cautérisations 
pières et l'usage des collyres astringents, on devra les suspendre pour tout k 
que durera l'inflammation aiguë. 

Si, au bout de quelques jours, la maladie n'est pas enrayée, je fais des 
scarifications sur les granulations palpébrales, et je les renouvelle tous les 
trois jours. Quelquefois j'excise des lambeaux de la conjonctive au pcadov 
cornée. 

5° Un abcès peut survenir dans le courant d'une kératite granuleuse et s 
ter dans les couches profondes de la cornée; il est alors urgent de l'oairir 
sant une paracentèse. 

6<* Ce n'est qu'après avoir arrêté Tinflammation aiguë, qu'on recom 
nouveau les cautérisations palpébrales, soit avec le crayon de sulfate de 
soit avec le nitrate d'argent. 

7^ Dans les cas de panuus invétéré et chronique généralisé, Furnari (l) 
posé de faire une tonsure complète de la conjonctive bulbaire tout aotov 
cornée, sur une étendue de 5 millimètres, et de cautériser ensuite toute 
face dénudée ainsi que la cornée avec une forte solution de nitrate d'à 

iMalgré l'utilité incontestable de cette méthode dans certains cas, on ne 
pas pratiquer aujourd'hui cette opération de la manière proposée par l'aui 
exposer l'œil malade à des dangers sérieux. 

Mais au lieu d'exciser toute la conjonctive bulbaire et exposer ainsi à une 
rétraction des paupières, il est préférable de faire une simple péritwnk 
dectomie, en excisant un lambeau de 3 à 5 millimètres de conjonctive 
pourtour de la cornée. 

8"^ Les auteurs anglais et les belges recommandent l'inoculation du pus 
rhagique ou de l'ophthalfnie purulente dans les yeux atteints de pannus. 
le premier, puis Van Roosbrocck, Wnriomont et Bader, ont succcssiv 
ployé celte inoculation dans le but de faire disparaître la vascularisalkti 
cornée. Les observations qui sont rapportées par ces auteurs semblent 
faveur de cette méthode, d'autant plus que, comme le faisait observer Stoot 
New- York, l'inflammation provoquée par l'inoculation, dans un œil a 
pannus^ est toujours moins vive que dans un œil sain. Pour notre part, 
pouvons accepter cette méthode, à cause du danger qu'elle |)eut présenter 
cas où les abcès et la nécrose de la cornée viendraient à se déclarer. 

9"» Le |)annus granuleux peut être aggravé par un entropion et une 
cicatricielle des tissus qui constituent la paupière. 11 s*ensuit une sorte A' 
mosis palpébral. 

Rien ne peut mieux combattre cette disposition vicieuse des paupiérd^ 
l'opération jiroposée par Richet ou celle de Pagenstecher, opération qui 
à fendre l'angle externe palpébral aussi loin que possible, et à réunir la 

;^l) Furnari, GnzfUe médicale, 1862, n" 4. ' - 

(2) Stout, T/ic Contagion of Ophikalmo- Blennorhea and the Treahnent of h^iM^. 
Inoculation, New-York, 1842. 



KÉRATITE DIFFUSE OU IN1ERSTITIELLE. 289 

tive avec la peau par deux ou trois points de suture. Celte méthode opératoire se 
trouve décrite à la page 70. En difminuant le frottemeut exercé sur la cornée 
par les cils et la paupière traversée en dedans, on facilite la guérison du pannus 
lui-même. 

10. Les leucomcs centraux, adhérents ou non, rendent ordinairement la vue 
très-trouble; s'ils occupent les deux yeux, le malade reste comp!élem:^nt aveugle 
pour tout le temps que dure la maladie. La pupille artificielle doit être alors pra- 
tiquée, soit en dedans, soit en deliors du leucome, même pendant la durée des 
granulations. Ces opérations guérissent très- facilement et ont souvent une influence 
favorable sur la guérison de la kératite. 

Bibliographie. — Warlomont^ Du pannus et de son traitement^ avec trente observations 
de la cure mdicale de cette affection par V inoculation blennorrhagique {Ann. d'oculist., 
1854, t. XXXIl, p. 53). — Follin, Du perchlorure de fer dans la kératite panniforme 
{Archives génér. de méd., 1856, 5« série, t. Vif, p. 424). — Furnari, De la tonsure con^ 

jonctivale et de son efficacité contre les lésions panniformes de la cornée, Parii, 1862. 

Lawson, Case of Vascular Cotmea et Granular Uds. (Royal Lond. Hosp. Reporta, t. IV, 
p. 65 cl 183 .— Bader, On Syndectomie {Oph/halm, Hosp. Reports, vol. IV, p. 23). — Ga. 
lezowski, Etude sur les granulations, etc. {Recueil d'ophth.^ 2* iéric. Paris, 1874, janvier. 



ARTICLE V 

KÉRATfTE DIFFUSE OU INTERSTITIELLE. 

On appelle kératite diffuse ou interstitielle une aiïection caractérisée par 
une opacification difluse, occupant des points plus ou moins nombreux de la sub- 
stance propre de la cornée. D'après Virchow, c'est une inflammation parenchy- 
mateuse, dans laquelle les éléments constitutifs du tissu cornécn subissent une alté- 
ration de nutrition. 

Pour étudier méthodiquement cette maladie, on doit y distinguer trois périodes 
suivantes : |)ériude d'infiltration interstitielle, période de vascularisation et période 
de résolution. 

Ces trois périodes existent dans toutes les kératites, avec cette différence que, 
dans la kératite suppurative ou phlycténulaire, il y a la période d'ulcération, pen- 
dant que dans la kératite diffuse la \asctilarisation existe sai:s ulcération. Mais 
la durée de la kératite diffuse est tellement longue, que les auteurs ont décrit les 
différentes périodes d'une seule et unique maladie comme des variétés disiincles. 

Premihre période. — On voit apparaître au centre de la cornée une ou plusieurs 
taches blanchâtres, opalines, diffuses, dont les contours se confondent insensible- 
ment avec le tissu sain et transparent de cette membrane. Bientôt ces opacités 
gagnent en épaisseur, s'étendant à la surface et imprimant à la cornée un aspect 
tout particulier qne Wardrop a comparé à la teinte àc pierre n fmil. 

A mesure que cette opacité s'accroît, la cornée perd son luisant ; la couche épi- 
théliale semble ruguetise, sa surface devient inégale, mate, et comme chagrinée. 

Peu à peu les taches isolées se rapj)rochent et finissent par se confondre, toute la 
cornée devient blanchâtre, au point de masquer complètement la puj)ille et l'iris, 
A ce moment commence habituellement la deuxième période de la maladie. 

Mais ces opacités peuvent rester pendant toute la durée de l'affection sous forme 
des platiUfs isolées, parcourir toutes leurs phases et se résorl)cr. 

GALEZOWSKI. ^^ 



UALADieS DE U CORNËK. 

I II existe une forme parliculiÈre de kfr^iliie diffuse qui se prfsenleilè^lpdÉta 
I comme ua anncai] blancliilire, siiué k f'gaii' dislanœ du centre ei de la pf'ripli^ 
\ linsi que le représente la figiii-c 136, Pifsf|Me en munie lenips qui- w «ta 




intersliliellc 



apparaît vers le centre, les autres parties se IrouhletU et se ternissent, et I'œU 
Tienl très-sensible poor la lumiiïre. 

La première période pent durer un leinps rclaiiiement assez loug sans «nti 
aucune souffrance ni aucune réaction inflninniatuire ; le malade s'aperçuil S 
trouble de la vue, qui augmente progressivement. Mais, si l'on eiamiiie de 
près, on ne larde pas ï consiaicr une rougeur sclérolicale plus uu moins (Ui 
qui est constituée par un lacis des vaisscani très-fins, capillaires, sila^ da 
sclérotique elle-même, pendant que la conjonctive n'est que congestion ni^. 

Dès le début, il existe presque toujours de la pholopliobie et uo 
plus ou moins accentué, qui angnieiilciit surtout vers le soir. 

DnuièniK /lêrinde [Dg. 137). — Dès que l'innitratioti a pris un certain 




Fie. 1J7 — Kératite inlcr liLiUl dLuïiLme piriojc 

loppoment et que les ilLmcnis cornfens ont subi un gonQemeni plus oa 
notable, les nerfs cornéens subi sent une corupre'-siou L irritation se tnnsiMI 
pourtour de la cornée et les lais'^eaux de cette rcgion se dildtent et s'ii^ 
considërablemeni. Bientôt ils envaliisbent la substance propre de cette 



KÉRATITE DIFFUSE OU INTERSTITIELLE. 



391 



«t s'avancent vers le centre. La kératite diflbse vasculaire constitue ainsi la 
deuxième période de la maladie. 

Le» Taixseaux de la cornée sont proronds et Imir nombre est très-grand ; ils 
sont tellement serrés les uns contre les autres qu'on pourrait prendre les tachCN 
rouges qu'ils rorment pour des épancbemenis sanguins inlerla niella très, et où 
l'examen â l'éclairage oblique avec un verre grossisaant a permis de découvrir de 
nombreux vaisseaux. Dans d'autrffi cas, le volume des vaisseaux est très-marqué, 
et on peut les suivre depuis la sclérotique jusqu'au centre de la cornée, comme le 
montre la figure 138. Mais en comparant cette vascularisatton avec celle qu'on 




FiG. 138. — Kjralite iiilBriliLialIe vuculaire iovélérfe. 

troavedans les kératites suiterficielles, on reconnaît aisément que IcsTSisscaux sont 
ici pins fins et moins tortueux; leur couleur est aussi plus rvage, rouge éca ri ste. 

La deuxième périod>> inllammaioire dure habituellemeni beaucoup [ilus long- 
temps qoe la précédente, et il se passe souvent des mois entiers avant que la pé- 
riode (le résorption arrive. En 1A67, j'ai soigné un petit malade de dix ans, alTecIé 
de la kératite disséminée ; l'aHection a duré plus de deux ans dans les deux yeu\, 
et la deuxième période seule a persisté dans chaque œil de huit ii neuf mois. H» 
cornée était devenue complètement opaque, nuis elle recouvra en grande partie 
sa transparence. 

Les symptômes fi/iysiologiquet sont ici des plus accentués ; les malades souiïreiit 
beaucoup, non pas des douleurs qui sont peu intenses, mais d'un larmuiemeNi 
constant, excrssir, qui occasionne des rongeurs considérables des paupières cl 
même des érosions ï la Joue. 

La phiitophohic est peu accentuée, mais des eiacerbations se manifestent sou- 
vent : les malades éprouvent la plus grande aversion pour la lumière. Ils sont 
forcément condamné» (lendant des semaines entières ï habiter une chambre 
obscure, et comme, dans la plupart des cas, les deux yeux sout pris sinmltaué- 
raent, la vue est [lendant longtemps complètement abolie. 

Troisihne pé-iodi: — La résolution coiisliloe la troisième période. Petit h |)etit 
les taches disparaissent; en même temps, le nombre des vaisseaui diminue ; l'œil 
perd sa teinte rouge et la cornée reprend sa transparence. Cette troisième période 
demande aussi de trois i quatre mois avant que la guérisnn coinjilèie soit obtenue. 

CsnpiicaUaBB. — La kératite diffuse est toujours due à uuc cause constitu- 
tionnelle, qui s'attaque souvent il plusieurs membranes à la fois, ce qui |>ciit 



292 MAL&DieS DE L& CORNÉE. 

donner lien ï des complications du câté de la cornée, de la sclérolique, de ririt 

el de la lËliiic. 

Cornée. — r.ies opacitfs constituent quelquefois des plaques januitres, preH|ii 
écaîllcuses, qui s'organisent à la longue et forment des taches iudélëlûles, la- 
quelles peuvent, selon Riberi, ûlre considérées comme un produit froid. 

Scléro'ique. — Le lissu cornée» est anal<%ue à celui de la sclérotique; c't* 
pourquoi l'inflaminalcon de l'une se communique à l'autre et vice versa. Cootf- 
cuiiiement h l'iullammaiion de la sclérotique, celle-ci s'amincit au pourtour deki 
cornée et prend une teinte bleuâtre on grisâtre. 

Iris. — I/iriiis est une dus complications 1rs plus fi^quentes de celles qni soh 
viennent dans le cours de la kératite diffuse. Elle se rencontre tout aussi biea dn 
les enfants que chez les adultes. Des synéchies postérieures sont la coiiséqnem 
de celte complication, et cela d'autant plus facilement que dans certaines viriéiA 
de kératite interstiiirllc l'atropine n'est point absorbée par la cornée et ne diliV 
point la pupille. 

/tétine. — L'inflammation pagne rarement tes membranes profondes de l'ai; 
si cela arrivait, il faudrait craindre |)our la vue des malades. Ainsi, en 186â. ip- 
pelé en consuliation par le diicteur Elleaume, j'ai pu constater, chez on garçon b 
douze ans, la pré encc sur un œil d'une kératite diiïuse, qui ne larda pas i emiik 
l'autre œil et, presque dés le début de la maladie, dans ce dernier, on décolleraOl 
de la rétine s'était déclaré 5 la partie supérieure et interne. 

Les amauroses que Uesinarrcs (I) a vues se produire à la suite de ces kératito, 
étaieni probablement de même nature. 

AaaMDaie paihoin^iqae et pathog*Bi«. — Des recherches micfosropiqN 
sur ces aiïeciioiis ont été faites par Virchow (2). Dans un cas de kéraiiie diffuse,! 
a trouvé que les vaisseaux péricurnécns éiaicot gonflés et dilatés par le sang. DM 




FiG. 139. — Kéi'alilc parcnchymsleuM (coup« verticale) (';. 
une coupe perpendiculaire i la surface de la cornée (fig. 1 39), on pouvait constitK 
(i'i Dfsm.-uref, Trailâ des miila'lies (tet ycw.r. l. Il, p. 231 . 
(2) Virchow, La palMogie txtlulaù-e, 4> édition, trad. franc.. Porîi, 1874, p. 36*. 



KÈaATITI! DIFFUSE OU INTERSTITIELLE. 



293 



^ l'opacilé Dc portait que sur une zone limilùe, commençani lout prùs de la 
nembranc de Dcsrenict. cl qui s'étendait vers le centre se rappruciiaiil jusqu'à 
■K rourte distance de la surface eiierne ; ici elle continuait lioiizonialeiiicnl sa 
nartfae puar descendre du cAlé op))0!<é. 

A nn plus Tort grossisscineni, VJrciiow a dOcouveri q^e l'altération portait sfié- 
■viniKM sur les cellules Ëloilëcs, qui étaient )ilus vulununeu.seii et moins transpa- 
nindïiis la partie malade. Le contenu des cellules eM devenu o|uque, comme 
«peut eu ju^tT [Kir la Tigure ittO. 




Kûralîle parencliyniateuse (coupe lii 



Quant à la couche fpittiéliale, elle parait subir atiSHi des mudifications notables, 
^Lwioe, d'apri-s Slellwag von Cïricn {!), ou y trouve des amas ex^udatifs et dc 
wiutelles cellules ^piiliéliales récemment fontiées. 

U phv!.iol<^ie |iailiiiluf;i'iue de la kératite inieriititielle est intéressa ti le à éiu- 
ili»T. lA tnatadie est le résultat dc défaut de nuliiiiou i[ui se déclare prugressive- 
neoi dans les différentes portions de la cornée. Il est plus que pn>l).tl)le que les 
DHfs contéens sont les premiers aiïcctés, ce qui fait interrompit' l'endosmose et 
TtiKinuse sous l'inflnence desquelles la uniritiot) se fait dans celle membrane à 
fiiil plivsiolngique. Il en résulte une irritation ([ui provoque le développement des 
iKstiux dans celte memlirane, et le san({ qui y arrive entretient 1;i iiuiritlon pen- 
^1 tout le temps de la maladie. A mesurcqueles nerfscommeticeiit à fonclionuer, 
Il transparence revient i l'organe cl les vais.scaux se rétrécissent el disparaissent 
WmiilïitmenL 

C'r>t |Mr le temps froid el humide que la maladie se déclare hahiiuellement et 
P'ds lurticuliêremcnt chez les sujets anémiques et Ivinpliaiiqtics. Chez eux la 

Ui !iltll«ag xoa Curiuu, UieOp/illialinotogK. Crlangcn, 185:1, Kd. I. p. 87. 



^k- d» U ronca 
;Vutûi.-, P«thol. 



l à wii pi*« 



2gfi MALADIES DE LA CORHËB. 

Ienip6ratui-c de la coriii:e s'abaisse sensiblement, tes ncrfe s'allèreoi ei k U 

JDierbtiiiel prend naissance. 
Ëdoiaito. — La kératite diffuse est spéclalemeot propre au jeune Ige, 

cinq et vitigt-cinq ans; ou l'olBerïC raiemeni chez ies personnes qui dijuaot 

'Plage. . . „ ,, 

La constitution lymplialique prédispose d'une raamiire exceptionnelle lU» 

ladie. La dialhèse scivCulcuse et la sypbilis héréditaire sont considérées - 

des causes constilutioniiellcs. 

Les recherches de Hutchinson (1) nous ont démontré qu'il existe des 

entre la diathèse syphilitique et la kératite diffuse. Selon cet auienr, teàg 
caractéristif|ue de la syphilis héréditaire observée chez ces enfants est la coall 
mation vicieuse de l'appareil dentaire. Ainsi les dents incisives présentât 
centre des saillies coniques qui s'usent avec l'âge, et le bord de ces dents se m 
et se courbe (fig. l/il ct1?i2). 





FiG. 112. — Denis inci 

les «nrant» ijphililiquc;, d'spM 
Hulchinsoo. 

Malgré l'autorité de lliiiclutisoti en cette matière, nous ne pouvons accefi 
son opinion que suus toute réserve. Nous avons vu souvent des enfants alieiDlti 
celte dentition défectueuse sans qu'on y puisse découvrir les moindres tracei 
l'affection syphilitique. 

Mais la kératite diffuse peut se déclarer i la suite de la syphilis acquise cbal 
individus atteints d'iritis ou â'affcclîons profondes de l'œil. Chez trois de 
malades atteints de syphilis, j'ai reconnu les accidents suivants : la kératite dil 
s'est manifestée chez une femme atteinte de rétinite exsudatîve périvasci 
suivie au bout de quelque temps d'iritis cl de choroidite syphilitique (2). Chni 

II) nulchinian, Ophl/i. Husp. Reports, vol. I, p. 191 «t 32G; vol. Il, p. 54 el !ïS. 

(2} Obseuvatidn. — Madame \...,âgée de IreiUe-trais ans, accoucha d'uu enfàBtckMt 
et quelques !eiii»ines plus l.-ird, elle a eu une éruption sur tout le corps et une ritiiiite^^ 
- plecliquc et exsudatîve lie l'œil droit. Elle distinguait à peine le n" 20 de l'échelle ijpo^tnplH^ 
Il s'agissait d'une alfectioa syphilitique. Une semaine après, il s'est déclaré vue cliortNtKd 
puis une irilîi avec kéralile iiilertlitielle des plus prononcées. L« cornée est devenue IdlMi^ 
trouble, diffuse, qu'un ne pouviiit plus éclairer le fond de l'ceil. Le tiailement mille qxj^ 
iidmiiiîslré, et notiimnienl les frictions mercurielles géiicrules sur tout le eorpt el l'iodun d* 
potassium ont amen6 au bout de six mois lu guérison. La cornée a repris sa lran»partM 
mois la papille du nerf optique est restée blanchâtre, la maUde pouvait nêanotoins lire Isi** 
de l'échelle. 



KÉRATITE DIFFUSE OU INTERSTITIELLE. 29S 

antre femme, atteinte d'iriiîs syphilitique de l*œii gauche^ et au bout de quelque 
temps de Tœil droit, la kératite diffuse s*est déclarée dans les deux yeux et a suivi 
les trois périodes, la pério<le de vascuiârisation ayant eu la plus longue durée. 

Les sujets faibles et diétifs, les enfants lymphatiques et les jeunes filles, au mo- 
ment de Tappariiion de leurs règles, peuvent être atteints de cette affection. 

La dentition joue un grand rôle dans le développement de la kératite intersti- 
tielle chez les |)ersonnes nerveuses, lymphati(|ues, faibles, chétives et débilitées, 
comme nous avons eu Toccasion de le démontrer (!}. On voit^ en effet très-souvent 
apparaître cette maladie citez les enfants au moment de la seconde dentition, lors- 
qu'elle se fait lentement et péniblement et que Tirritation plus ou moins intense 
des nerfs dentaires se transmet par action réflexe aux nerfs ciliaires et à la 
cornée. 

La même chose a lieu vers Tâge de vingt à vingt-cinq ans, pendant la période 
de la troisième dentition, époque à laquelle les dents de sagesse doivent percer. Ce 
travail est souvent très-pénible, et se prolonge pendant des mois et des années; les 
personnes nerveuses, lymphatiques, chétives, subissent une irritation dans les nerlis 
dentaires pendant deux ou trois années consécutives, et celte irritation se com- 
munique aux nerfs oculaires et y occasionne des kératites interstitielles, pblycté- 
nulaires, etc. 

A part les causes prédisposantes, il faut encore signaler quelques causes exci- 
tantes, telles que Taction du froid et de l'humidité, les blessures et les contusions 
de Tœil. 

Dorée et proMootic. — Cette maladie peut être considérée comme bénigne, 
en ce sens qu'elle guérit ordinairement en ne laissant que peu ou point de traces. 

Mais sa durée est tellement longue, que les malades perdent souvent patience et 
préférant se soumettre à des traitements tout à foit irrationnels et opposés à la 
nature de la maladie, traitements qui ne font qu'aggraver le mal. C'est pourquoi il 
est du devoir du chirurgien de les avertir de la durée probable de cette kératite 
et des conditions indispensables pour la giiérison. 

La kératite interstitielle simple dure habituellement quatre à six mois, elle en- 
vahit le plus souvent les deux yeux à la fois. Mais il peut arriver qu'un œil soit 
pris d'abord et ce n'est qu'au bout de quelques mois que la maladie se déclare 
dans l'autre. 

l'Ue kératite diathésique, soit syphilitique, soit scrofuleuse, n'a pas de durée 
aussi régulière, elle guérit plus ou moins rapidement et plus ou moins complète- 
ment selon que les complications du côté de l'iris ou de la choroïde présentent de 
la gravité. 

TraUemcnt. — Pour combattre une maladie qui dépend en grande partie de 
la constitution, il faut s'occuper très-sérieusement des moyens capables de la mo- 
difier favorablement. Mais en même temps on ne doit pas négliger le traitement 
local, que réclame l'étal de la cornée à ses différentes périodes. 

En se conformant à ces deux genres d'indications nous formulerons pour le trai- 
tement les règles suivantes ; 

(1) Gtàezovfski, Sur les a/fefjtioiis oculo-deniaires (Journal cTophthahnologie, Paris, 1872, 
p. 606). 



296 



IIALADIIS DE LA COBNÊF. 



1° Relever graduellement la température de la membrane aiïectée. 

2'' Anu'Iiorer la santé générale du malade, augmenter ses forces, son appétit et 
relever .son moral. 

3"^ Surveiller la marclie de chaque période et combattre avec énergie toute coiii- 
liratioii (|ui surgit du côté de Tiris ou des membranes internes. 

Tmitcment local, — Comme il e^t ini|M)ssiblc d'enrayer la maladie, nous 
devons plutôt chercher à activer sa marche, ce qui pourrait naturellement abréger 
la durée de chaque période. C'est ainsi (|U*en éle\ant graduellement la température, 
nous pouvons faciliter le développement des vaisseaux dans la cornée et arriver 
successivement à la résolution d'épanchemenls interstitiels. 

1. Le moyen le plus efficace pour élever la température de la cornée malade 
Tadminisiration de douches de vapeur d'eau chaude, au moyen de l'appareil 
porisateur de Lourenço. 

Voici la manière dont le malade devra prendre ces douches. Il est assis devant 
une table sur laquelle se tnmve l'appareil qui lance la vapeur par les deux jets. 
Une compresse double ou triple d'épaisseur, et pK'parée sous forme d'un masque, 
est imbibée dans la solution suivante chaude et fixée sur les yeux. 



If Eau 100 grammes. 

Extrait de jusquiame .... 3 — 



Extrait de belladone 2 grammes. 



Le malade s'approche alors de l'appareil de telle sorte que chaque œil puisse 
recevoir un jet de vapeur. Il reste dans cette position pendant un qu^irt d'heure, 
vingt, trente minutes jusqu'à une heure, et renouvelle ces douches une ou deux 
fois |>ar jour selon la gravité de la maladie. Au lieu de douches de va|)eur d'eau 
pure, on peut faire prendre des douches médicamenteuses et notannnentde l'io- 
fusion de belladone. Ces dernières ne semnt prescrites que pendant le tem|>s que 
rabsor|)tion dans la cornée sera abolie et que l'iris restera contracté. Voici la fur- 
mule de cette solution : 

^ Extrait de belladone. 15 à 20 grammes, j Eau distUlée 500 grammes. 



La respiration de la vapeur imprégnée de la belladone donne quelquefois do 
vertige il des maux de tête, non-seulement au malade, mais aux personnes qui se 
trou\ent dans la même pièce, c'est |H>urquoi il faut avoir soin d ou\rir les fenêtres 
et les portes de la chambre, et si cela ne suffit pas, on les remplacera par des 
douchi*s simples. 

A inrsure que la vascularisalion s'accentue sur la cornée, on diminue la durée 
des doiicliiHi, et même oo les administre à des intervalles plus longs, mais oo les 
continue jusqu'à la guérison complète, ce qui ne demande pas moins de quatro^à 
six mois. 

2. L instillation du collyre d'atropine à deux, trois ou quatre gouttes par jours, 
sera iiidicpiée surtout pendant la deuxième période, aiï il faut craindre des corn- 
pliratious du côté de l'iris. Mais on devra suspendre le collyre, dès qu'on verra qu'il 
se déclare une irritation dans la conjonctive. 

3. Si la maladie t'accuse par des symptômes d'inflammation intense avec duu* 
leurs, laiinoiement, etc., elle peut néa*Sditer l'application de quatre à huit siog- 



KÉnATITE DIFFUSE OU INTERSllTIELLIi. 297 

sues à la lempe selon Tâge de Tindividu. Dans le ras de douleurs très-vives et per- 
sistantes, on fera des frictions sur les paupières et au pourtour des orbites avec la 
pommade morpliinée, et au besoin on pratiquera des injections hypodermiques. 

Zi. Les collyres astringents et les caustiques de toute sorte doivent être absolu- 
ment proscrits, car ils ne pourraient qu'aggraver le mal. Nous dirons la même 
chose à propos des scariûcations péricornéeimes et des paracentèses. Ces petites 
opérations sont ici dangereuses, elles entraînent souvent la formation d'abcès, et 
dans tous les cas elles peuvent compromettre sa nutrition. 

5. Vers la dernière période, on peut employer la pommade à Toxyde jaune d'hy- 
drargyre, mais on y renoncera si Ton voit qu'elle augmente foriement Tin itaiion. 

6. On doit surveiller la marche de la dcniition, et soit qu'il y ait des dents 
cariées, ou que l'évolution des dents présente quelque irrégularité, on doit remédier 
immédiatement à tons ces accidents. 

Traitement générai — Il doit surtout se rapporter à la constitution du ma- 
lade, à sou tein|)érament et aux causes diaihésiques si elles existent. 

7. 1^ première coniliiion de la guérison est la nécessité d'être constamment au 
grand air ; le malade doit sortir tous les jours et se promener au bois pendant une 
ou deux heures. iMais comme les yeux sont sensibles à la lumière, on lui fera 
porter des lunettes aussi foncées que possible, entourées tout autour de laiïetas noir. 

8. Le malade sera assujetti à un régime tonique furlifiant, préparations fcrrugi* 
neuses et iodées à l'intérieur. Les sirops amers, tels que sirop antiscorbutique, 
sirop de brou de noix, l'huile de foie de morue, sont administrés avec beaucoup 
d'avantage. 

9. St»uvent les malades débilités et nerveux sont sujets aux attaques nocturnes 
de fièvre intermittente larvée, avec des insomnies, des douleurs de tête et des trans- 
pirations abondantes. Quelques doses de sulfate de quinine peuvent être prescrites 
très-avantageu>ement. 

10. On doit aussi rechercher la cause syphilitique héréditaire ou acquise, et 
prescrire, en con.sé(]uence, le traitement mixte antivénérien. 

L'iodure de potassium, pris k riniérieur combiné avec le vin ou le sirop de 
quinquina, doit être porté à des doses progressivement ascendantes, depuis 25 à 
50 centigrammes par jour chez les enfants, et de 1 à 3 grammes chez les adultes. 
L'usage de cette préparation doit être combiné, soit avec des embrocattons d'on- 
guent mcrcuriel sous les bras et aux aines, comme Macnamara le conseille, soit 
avec l'emploi de calomel associé à la craie, à la quinine et au soda. 



Bicarbonate de soude 10 centigr. 

Sucre en poudre 15 — 

(Nacnemara.) 
De deux à trois paquets par jour. 



^ Calomel 2 centigr. 

Poudre de quinquina 10 — 



1 1 . Parmi les eaux minérales, il y en a un certain nombre qui par leurs principes 
actifs, tels que arsenic, iode, brome, etc., peuvent agir efficacement. C'est pour- 
quoi nous conseillons l'usage de l'eau de Saint-Nectaire, dont Tefllicacité est incon- 
testable dans cette forme d'aiïeclion. Le docteur Dumas-Àubergier (1) a obtenu 

(1) Dumas-Aubergier, Du traiiemeni spécial à Saint^Sectaire, Clermont, 1869, p 190. 



298 MAL&DIES Dl^ LA CORNÉE. 

de nombreuses guérisons par cette eau, prise inlérieurement et sous bxm 

douches oculaires. 

BiBLincHAPBiE. — Velpeau, Dicl. de méd.. Répertoire général det tcie»oet «M 
U IX, art. CORMËE. — Tavrgnot, Du traité de ta kératite inlertliUelU par la fev^ 
des raissettux de In cornée {Ann.d-oculist., 1851, U XXV, p. 83). — CmIotwù, fùiÉ 
sçï iniïej ((Ja;. Iiebdom., 1856), — Henlej Tliorp, Considératiom sur rhi/pertsliàk 
laire et foplitltalmie scrofiileuse {Ârehittfs géaér. de méd., 1857). ~ GiUiga, Srltl 
titeproi-enant de syphilis hiiédiinife (Ànn, d'oculûl., 1860, p. 185]. — HuldiiaMi,a 
Hosp. Reportf, vol. 1, p. 191 al 236 ; et vol. Il, p. 5i et 258. — Watwm, On (kÉi 
Keratitis uf inheritedSyph. (Ophlhnlm. Hosp. Kep., 1864, n° 3, p, 291). — Unmf^ 
itn noureau protide de traitement des affections oculaires nu moyen d'un va/mti 
{Journ. d'oplith, Parii, 1872, p. 119) ; — Boncour, Du traitement des hémtitafl 
dotœkesde vapeur {idem, p. 574}. — Bulletin de la Société de chirurgie, 1873. 



ARTICLE VI 
KÉRATITE PONCTUÉE. 

La kératite ponctuée est caractérisée par l'apparition sur la cornée de p 
opa<)ues, nombreux ei tri-s-fins, disposés d'une manière toute particulière, ( 
souvent ne peureni être aperçus qu'avec une forte loupe. 

Les kératites poncmées sont de deux sortes : superficielles et profondes; 
et l'autre ne cnnstituent pas, â proprement parler, de maladie è part : elles* 
conséquence ou le symptAnie d'autres maladies, 

A. Kératite ponctuée antérieure.— La surface de la cornée est ) 



.«ï^S^^afNi^ 




KiG. 143. — Kcralite poncluiû. 

mée d'un grand nombre de points, d'utie teinic blanch<1lre, placés on fatt 
pupille. Situés d'abord dans ta membrane élastique antérieure, îb ne tarda 
i se développer en surface et en profondeur, et se transforment en une M 
diiïuse. 

Comme on le voit, cette maladie n'est qu'une variété de la kératite diSiiie, 
superriciulle et en même temps plus bénigne. 

Le Irailement ne diiïëro en Heu de celui qui a été indiqué dans l'articte i 
pour objet la kiTatitc diffuse. 

B. Kératite ponctuée postérieure, — Elle est caractérisée par la préi 
de petits points brunâtres situés dans la partie |)ostérieure de la cornée, toirt 



KÉRATITE PROLIFÉHATIVE. 299 

h iDeinbrane de Descemet. Ces petits points sont habituellement disposés ei> 
^ iriangalairo, dont le sommet est dirigé en haut vers la pupille, tandis que 
pesé rapproche du bord inférieur de la cornée, comme le montre la figure 1^3. 
opacités ne paraissent augmenter ni en nombre ni en profondeur, et le reste 
If cornée consenre sa transparence. Chez une de mes malades, atteinte d'une 
Ute atrophique, j'ai pu observer cette affection pendant plus de cinq ans, et 
me convaincre qu'elle n'a subi aucun changement, 
ikératite ponctuée ne me paraît point idiopathiquc ni inflammatoire, comme 
kératites, et ne doit être considérée que comme un des symptômes accès- 
secondaires de l'inflammation des membranes vasculaires de l'œil. Je l'ai 
ïdérdopper constamment, soit à la suite d'une iritis séreuse, soit d'une irido- 
'ou d'une irido-choroïdite. Avec la guérison des maladies de l'iris ou de la 
!, les opacités de la cornée disparaissent toutes seules. 

^ItocnAniE. — Ammon^ Graefe u, \Vnlther*s Journal (1er Chirurgie u, Augenheil- 
; Tol. XIII, p. lia. Berlin, 1829. — Wedl, Archiv f. Ophihnlmologie, Bd. II, Ablh. 2, 
^- lA. — Sicliel, IcotiogrnphiCy texte : Kératite poijttiilée ou ponctuée, p. 63, et 
t, 23, 31 et 38. 

ARTICLE VII 
KÉRATITE PROI.IFÉRATIVE. 

lonne le nom de kératite proliférafire h une affection de la cornée, dans 
le le travail de réparation se fait par une prolifération active des cellules, et 
cornée malade se répure par les propres forces de nutrition, sans que les 
:ux de nouvelle formation lui viennent en aide. 

Bp«omatoiogle. — La maladie débute le plus souvent par le centre de la 
î^ où il se forme une tache blanche analogue à celle qu'on observe dans un 
de cette membrane; cette tache est superficielle, et l'épithélium est soulevé 
tré à sa surface. Cette tache reste pendant longtemps sans changement et 
iccasionner de douleurs; mais à la longue l'œil s'injecte, devient rouge et 
lie pour la lumière. En l'examinant vers la quatrième ou la sixième semaine, 
ra surpris de voir toujours la tache saillante à la surface de la cornée, comme 
'agLsbait d'un abcès. 

Ait à petit cette tache commence à s'exfolier ; mais au lieu de se transformer 
m ulcère, comme cela se remarque dans les abcès, cette tache reste toujours 
iJ&lUnte, tantôt lisse, tantôt rugueuse à sa surface. L'injection ))èrikératique 
pht oa moins prononcée, mais les vaisseaux n'etnpiètent point sur la cornée, et 
icone période de la maladie on ne trouve de vaisseaux dans cette membrane. 
il est habituellement peu sensible pour la lumière ; dans d'autres cas, c'est le 
mire qui arrive, et les malades accusent des douleurs très -vives, surtout si 
èciion occupe les couches plus profondes. 

îtUfi affection dure ordinairement très-longtemps, surtout lorsqu'elle est en- 
tenne par une irritation locale quelconque. Je l'ai observée trois fois chez des 
Ue$ qui étaient atteints d'affections des voies lacrymales. L'un d'eux, jeune et 
Nreoi, guérit au bout de quatre mois, après que je l'eus guéri de son larmoie- 



300 MALADIES DE LA COR^ÉE. 

ment et la tache disparut complètement; Tautre au contraire a oonserfé 
corne après un an de traitement. 

ÉtioioiEie. — Cette affection est encore peu connue et je ne Paî 
que dix fois sur plus de huit cents cas de maladie de la cornée; dans cinq 
était provoquée par une aiïection dos voies lacrymales. 

Anatomie pathologique. — Cette aiïection est caractérisée par la 
tion des cellules épithélialcs. 

Chez un de mes malades, j'ai enlevé toute la surface opaque et so] 
cette tache en faisant une abrasion. L*examen microscopique fait par Y. 
montré la présence d'une masse de cellules épithélialcs déformées, dont 
unes étaient à double novau. 

Traitcmeot. — Pour combattre cette affection, il est nécessaire de si 
de Télat des voies lacrymales, et de les soigner si i*on trouve quelque 
de ce côté. 

Le traitement local doit être le même que pour les kératites suppuraiivci; 
battre Télat inflammatoire par le collyre d'atropine; faire abrasion de lai 
blaucliâtre qui fait souvent saillie à la surface de la cornée, et avoir ensuite f^ 
au câlomel en insufflation et au collyre au nitrate d'ai'gcnt en instillation. 

Bibliographie. — Daguenet, Sur une variété de kératite inierstitieUe, dite kérm 
liférative {Journal dophthalm, Paris, 1872, p. 414). ' 



ARTICLE VIII 

UICËRE DE LA CORNÉE ET ULCÈRE RONGEAIT. 

A. Des ulcères de la cornée en général. — Les inflammationij 
cornée de nature suppuralive, phlycténulaire, granulaire ou autre, 
donner lieu à une ulcération plus ou moins profonde. Le^ auteurs alleni 
donné à la puemièro de ces variétés la dénomination d^ulcère sihfiniçiie, oai 
mation aiguë, ct.i la seconde, d'ulcère asthénique^ indolent ou torpide. 

Lorsqu'on étudie Tuii et Tautre de ces ulcères depuis leur début, on 
pas à se persuader qu'il n*y a rien de particulier, rien de spécial qui les 
tingucr des abcès ou des phhclènes dont ils dérivent C*est pourquoi 
semblé plus naturel de réunir Téiude des ulcères de la cornée avec 
abcès ou des plilyctènes. 

Mais il existe une variété toute spéciale d'ulcère de la cornée, c'est celui 
le début apparaît sous forme d'ulcère, et qui plus est, il a une marche 
rongeante, s'étendant de proche en proche et tendant à envahir d'une 
générale celle membrane. C'est à cette forme particulière de la maladie 
avons conservé le nom d'ulcère rongeant, ' 

B. Ulcère rongeant de la cornée. — Cette affection se déclare d*d 
au bord de la cornée, sous forme d'un ulcère plus ou moins profond. lii 
souvent sans aucune douleur, mais avec une phoiophobic i\ un lannoîefl 
L'œil devient rouge et l'on aperçoit sur l'un ou l'autre bord de la coni 
ulcère plus ou moins profond longeant la circonférence de cette memluaii 



KÉRATITE PROLIFÉnATlVK. 299 

de la membrane de Descemet. Ces petits |:oiuls sont habituellement disposés ei> 
grappe triangulaire, dont le sommet est dirigé en haut vers la pupille, tandis que 
la base se rapproche du bord inférieur de la cornée, comme le montre la figure 1^3. 

Ces opacités ne paraissent augmenter ni en nombre ni en profondeur, et le reste 
de la cornée conserve sa transparence. Chez une de mes malades, atteinte d'une 
clioroîditc atrophique, j'ai pu observer cette aiïeclion pendant plus de cinq ans, et 
j*ai pu me convaincre qu'elle n*a subi aucun changement. 

La kératite ponctuée ne me parait point idiopathiquc ni inflammatoire, comme 
les autres kératites, et ne doit être considérée que comme un des syniptômes acces- 
soires et secondaires de Tinflammation des membranes vasculaires de l'œil. Je Tai 
Yue se développer conslammeni, soit à la suite d'une irîtis séreuse, soit d'une irido- 
cydite ou d'une Irido-choroïdite. Avec la guérison des maladies de l'iris ou de la 
choroïde, les opacités de la cornée disparaissent toutes seules. 

Bibliographie. — Ammon^ Graefe w. Wnlther*s Journal der Chirurgie u, Augenheil" 
kunde, vol. XIII, p. 114. Berlin, 1829. — Wedl, Archiv f. Ophthnlmologie.M. II, Abth. 2, 
pi. Il, fig. 14. — Sicliel, Iconographie^ texte : Kératite pointiilée ou ponctuée, p. 63, et 
obs. 21, 23, 31 et 38. 

ARTICLE VII 

KÉnATITK PROMPÉRATlVE. 

Je donne le nom de kératite proliférative h une aiïection de la cornée, dans 
laquelle le travail de réparation se fait par une prolifération active des cellules, et 
où la cornée malade se répare par les propres forces de nutrition, sans que les 
vaisseaux de nouvelle formation lui viennent en aide. 

Symptomatoiogie. — La maladie débute le plus souvent par le centre de la 
cornée, où il se forme une tache blanche analogue à celle qu'on observe dans un 
abcès de cette membrane; celte tache est superficielle, et l'épithélium est soulevé 
et altéré à sa surface. Celle tache reste pendant longtemps sans changement et 
sans occasionner de douleurs; mais à la longue l'œil s'injecte, devient rouge et 
sensible pour la lumière. En l'examinant vers la quatrième ou la sixième semaine, 
on sera surpris de voir toujours la tache saillante à la surface de la cornée, comme 
s'il s'agisbait d'un abcès. 

Petit à petit cette tache commence à s'exfolier ; mais au lieu de se transformer 
en un ulcère, comme cela se remarque dans les abcès, cette tache reste toujours 
plus saillante, tantôt lisse, tantôt rugueuse à sa surface. L'injection périkératique 
est plus ou moins prononcée, mais les vaisseaux n'empiètent point sur la cornée, et 
à aucune période de la maladie on ne trouve de vaisseaux dans cette membrane. 
L'œil est habituellement peu sensible pour la lumière; dans d'autres cas, c'est le 
contraire qui arrive, et les malades accusent des douleurs très -vives, surtout si 
i'aiïeciion occupe les couches plus profondes. 

Cette affection dure ordinairement très-longtemps, surtout lorsqu'elle est en- 
tretenue par une irritation locale quelconque. Je l'ai observée trois fois chez des 
malades qui étaient atteints d'aiïections des voies lacrymales. L'un d'eux, jeune et 
vigoureux, guérit au bout de quatre mois, après que je l'eus guéri de son larmoie- 



BOO MALADIES DE LA CORNÉE. 

ment et la tache disparut complélement ; l'autre au contraire a conservé un leo- 
come après un an de traitement. 

ÉiioioiEie. — Celte affection est encore peu connue et je ne Tai rencontrée 
que dix fois sur plus de huit cents cas de maladie de la cornée; dans cinq cas elle 
était provoquée par une affection des voies lacrymales. 

Anniomic pathoiofflqMe. — Cctlc affection est Caractérisée par la proliféra- 
lion des cellules épithéliales. 

Chez un de mes malades, j'ai enlevé toute la surface opaque et superficielle de 
celte tache en faisant une abrasion. L*examen microscopitjue fait par V. Cornil a 
montré la présence d'une masse de cellules épithéliales déformées, dont quelques- 
unes étaient à double noyau. 

Traitcinent. — Pour combattre cette affection, il est nécessaire de s'informer 
de Téiat des voies lacrymales, et de les soigner si Ton trouve quelque altération 
de ce côté. 

Le ti aiternent local doit être le même que pour les kératites suppuraitves : com- 
battre l'état inflammatoire parle collyre d*alropine; faire abrasion de la masse 
blancliâtre qui fait souvent saillie à la surface de la cornée, et a\oir ensuite recours 
au càloniel en insufflation et au collyre au nitrate d'argent en instillation. 

BiDLiUGRAPHiE. — Daguenet, Sur une variété de kératite interstitielle, dite kératite pro^ 
h'férative {Journal cTophthaim. Paris, 1872, p. 414). 



ARTICLE VIII 

UICËRE DE LA COBNÉE ET LLCÈRE BONCEANT. 

A. Des ulcères de la cornée en général. — Les inflammations de la 
cornée de nature suppurative, phlycténulaire, granulaire ou autre, peuvent 
donner lieu à une ulcération plus ou moins profonde. Les auteurs allemands ont 
donné à la pi:emière de ces variétés la dénomination îïulcère sth^niqw^ ou inflam- 
mation aijçuë, et à la seconde, d'ulcère asihénique^ indolent ou torpide. 

Lorsqu'on étudie l'un et l'autre de ces ulcères depuis leur début, on ne tarde 
pas à s(> |N'rsuiider qu'il n'y a rien de |>articulier, rien de .spécial qui les fasse dis- 
tinguer des abcès ou des phhctènes dont ils dérivent C'est pourqncti il m'a 
semblé plus naturel de réunir l'étude des ulcères de la cornée a\ec celle des 
abcès ou des phlyctènes. 

Mais il existe une variété toute spéciale d'ulcère de la cornée, c'est celui qui dès 
le drhut apparaît sous forme d'ulcère, et qui plus est, il a une marche progressive, 
rongeante, s'étendani de proche en proche et tendant à envahir d'une manière 
générale cette membrane. C'i*st à cette forme particulière de la maladie que nous 
a\ons conservé le nom tï ulcère rangeant, 

H. Ulcère rongeant de la cornée. — Cette aflîection se déclare d'emblée 
an IhikI de la cornée, sous forme d'un ulcère plus on moins pmfond. Il débute 
souvent sans aucune douleur, mais avec une phoiophobie et un larmoiement, 
l/irii devient rouge et l'on aperçoit sur l'un ou l'autre bord de la cornée un 
ulcère plus ou moins protond longeant la circonférence de celte membrane en 



ULCÈRE DE LA CORNÉE ET L'LCËRE RONGEANT. 301 

forme de croissanL C'est ruicùre rongeant de ]a cornée ou ulcus comea serpens 
de Saemisch. 

On aperçoit au début de la maladie, sur l'un 3u l'autre endroit du bord de la 
cornée, un iiiccre allongé, ayant la ibrme d'un croissant. Le fond de l'ulcère appa- 
raît grisâtre, et ses bords s'enfoncent profondément, quoiqu'ils sont en partie re- 
couverts d'une couche d'épithélium et paraissent luisants. Au pourtour de la 
cornée, une injection devient très-prononcée, et le reste de cette membrane subit 
une infiltration séreuse plus ou moins marquée. L'irîtis, le plus souvent, accom- 
pagne la maladie; la pupille prend des adhérences, l'hypopyon se forme dans la 
chambre antérieure, et bientôt on voit l'ulcère gagner les couches profondes ce qui la 
rend très-flasque, dépressible sous le doigt, et si la maladie n'est pas arrêtée, elle est 
suivie d'une perforation et de la hernie de l'iris avec la conséquence d'un staphylôroe. 
A mesure que la maladie gagne du terrain, les douleurs névralgiques deviennent 
de plus en plus violentes, toutes les branches de la cinquième paire s'en ressentent. 

Étioiogie. — Cette affection survient sans une cause bien déterminée, mais elle 
me paraît être liée à une affection des branches nerveuses de la cinquième paire. 
Les névralgies violentes qui accompagnent cette affection ressemblent beaucoup à 
ce que nous voyons dans le zona ophthalmique. Quelquefois je l'ai vue s'amender 
après la goérison des voies lacrynnles, qui étaient oblitérées, et il semblerait dans 
certains cas exister une certaine relation entre ces deux maladies. 

TraitcmrBt. — Il ne diffère pas beaucoup de celui que nous appliquons dans 
les abcès de la cornée, mais aussitôt qu'on verra la maladie faire des progrès et 
résister au traitement antiphlogistique, on devra recourir à la paracentèse, qui 
arrête d'une manière certaine le mal. Dans un cas, deux paracentèses n'ont pu 
arrêter le mal et j'ai dû pratiquer une îridectoniie. 

Lorsque l'idcère aura gagné une très-grande étendue et qu'il aura entouré la 
cornée dans les deux tiers, alors il n'y a pas nécessité d'ouvrir l'ulcère dans toute 
son étendue, mais il suffit d'inciser ses deux extrémités pour que la maladie soit 
immédiatement arrêtée. 

Voici comment je procède dans ce cas : le malade étant couché, et les paupières 
écartées, je fixe le glol>e de l'œil avec une pince à fixer. De la main droite je saisis 
le couteau de de Graefe el je l'enfonce dans le bout externe de l'ulcération, je tra- 
verse la chambre antérieure avec le couteau jusqu'à l'autre extrémité de l'ulcère, à 
travers laquelle ressort le couteau. Une fojs le couteau engagé dans les deux extré- 
mités de l'ulcère et aux bords opposés de la cornée, je prolonge mon incision le 
long de l'ulcération de chaque côté à ^ ou 5 millimètres, comme s'il s'agissait de 
faire un large lambeau cornéen, puis je retire le couteau. La chambre antérieure se 
vide, le malade est pris d'une vive douleur qui ne dure que quelques minutes. 
Mais à partir de ce moment le travail de réparation commence et la maladie ne tarde 
pas à guérir complètement en ne laissant h sa suite qu'une taclie circulaire qui est 
le résultat d'une cicairice (1). 

Bibliographie. — Pagenstecher, The Trentmeni of Sdnmch's « ulais coi^enc xerpens » 
(Ophtfi. Hosft. Hrport>\ vol. VII, Kcbr. 1871, p. 21). — Galeiowski, Recueil (Tophtkalmo- 
logie^ 2" 8cm.. avril 1874. 

(1) Observation. — M. Tli..., âgé de soixante-trois ans, demeurant à Vivonne, près Poi- 
tiers, est venu me consulter le 22 octobre 1873 pour un ulcère rongeant de la cornée 



30/i • MALADIES DE LA CORNÉE. 

En général, dans toutes les blessures de ]a cornée on examinera avec soio 
n'y a pas de corps étrangers dans la plaie, et si la blessure ne porte pasi 
très membranes, ce qui rendrait nécessairement le pronostic beaucoup plu { 

B. Brûlures. — Les brûlures de la cornée produites par des explosions dei 
stances chimiques, soit par de Tenu ou de Thuile bouillantes ou de la 
vive, etc., présentent les plus graves dangers. Après de pareils accidents, h 
se trouble immédiatement; elle se recouvre d*une escharc épaisse, blanche, 
d'une suppuralion. qui peut entraîner la destruction de cette membrano et M 
lui-même; ou bien IVschare, une fois tombée, est remplacée par le lissnii 
laire, qui n'est autre qu'un leucome plus ou moins large. 

ProBofltic. — On doit être très-réservé au point de vue du pronostic 
accidents, surtout pendant les cinq ou les huit premiers jours ; ce n'est qu'ij 
du moment où l'eschare se détache et que le reste de la cornée devient 
transparent, qu'on peut regarder la conservation de cette membrane comme Ij 
près certaine. 

TraUement. — Il faut d'abord laver soigneusement et à plusieurs reprisof 
de l'eau tiède le cul-de-sac conjonctival, ainsi que la cornée, afin d'éloigner! 
les parcelles de caustique et de corps étrangers. Ensuite on fera usage, en ii 
tion, du collyre d'atropine, incorporé dans de l'huile d'amandes douces on 
la glycérine. En même temps on appliquera d^nstamment sur l'œil, et ansal 
temps que possible, des compresses imbibées d'eau glacée. 

Dans des cas plus graves, des purgatifs et des saignées pourront être aval 
sèment employés. 

C. Corps étrangers. — Aucune membrane de Tœil n'est plus ex| 
blessures que la cornée. Les corps étrangers de toute sorte, des morceaux 
bon qui tombent de la cheminée des machines à vapeur, di s paillettes 
d'acier, des grains de poudre, des éclats de capsule, des petits morceaux de 
des éclats de pierre, des barbes d'épis de blé, des coques de millet, s'y ii 
et y restent attachés plus ou moins longtemps. 

Selon la force avec laquelle ils ont été lancés cl l'acuité de leurs bords, 
pénètrent plus ou moins profondément. Le plus souvent on les trouve à la 
de celte membrane^ sous forme d'un petit point saillanL Si ces t>etits fr 
aigus et anguleux s'attachent avec tant de ténacité à la face antérieure delà 
c'est qu'ils sont implantés, comme dit Bowmann, dans la lame élastique ai 
où ils Fc maintiennent emprisonnés. 

Symptomatoiogie. — Si le Corps étranger est très-petit et n'est pas 
à la surface, il n'occasionne au malade qu'une gêne légère. Peu i peuT 
s'accroît, ks vaisseaurpéricornécns se développent, l'œil devient rou^e, et < 
minant la cornée obliquement et au grand jour, pendant que le malade 
auprès de la fenêtre, on ne tarde pas à découvrir le corps étranger, 
soit son volume; il forme ordinairement une légère saillie à la surface, 
aperçoit en faisant promener l'œil dans tous les sens. 

Quelquefois le corps étranger est entouré d'un anneau blanchâtre, dâàf*^ 
puration commençante; cet anneau apparaît ordinairement quelques joon 
l'accident el peut servir à reconnaître la durée de la maladie. 

Cerlains corps élrangeis forment une saillie sensible à la surface de\à(A 



\ 



BLESSURES, BRULURES £T CORPS ËTRANGEBS. 305 

[XHnlus et auguleux, ils protoquent des douleurs eicestivemenl liolentes ï chacine 
mouTemcnt des paupières. Dans d'aulrcs cas, l'œil s'habitue au corps étranger, et 
sa présence n'occasionne qu'une légère imlalion pendant des mois et des 
années [1). 

TralinicBt, — Il est nécessaire de procéder le plus vile poesible à l'eitraction 
du corps étranger. Mais, pour arriver plus facilement i rc résultat, on doit d'abord 
préciser exactement la profondeur à laquelle il est logé. 




FiG. 115. — Ulcin VMCuliire eoniiculir à nn tHour 



Les corps f-trangers superficiels sont enlevés de la manière suiTanle : Le malade 
csl assis la t£le appuyée contre le mur, et le chirurgien écarte la paupière snpé- 
ricnre avec l'index de la main gauche et la paupière inférTeure avec le pouce de la 
même main, en exerçant une légère pression sur le globe, il le rend fixe, et I ce 
moment il pratique l'extraction du corps étranger an moyen d'une aiguille. 

Qnelquerois les corps étrangers sont si peu adhérents, que j'ai pn les détacher 
en les touchant avec un morceau de papier. Souvent on ■ cherché i les enlever 
avec de l'aimant, surtout quand on avait affaire i un morceau d'acier ou de fer. 

Procédé de Deimarres ph-e. — Il arrive quelquefois que le corps étranger est 
situé si profondément dans celle membrane, qu'on pourrait craindre de le faire 
tomber, pendant l'extraction, dans la chambre antérieure. Pour prévenir cet acci- 
dent. Desmarres père a imaginé le procédé suivant : De la main gaucho il traverse 
la cornée avec une aiguille b paracentèse derrière le corps étranger, pendant que 
de la main droite il dégage celui-ci par une petite incuion pratiquée sur la cornée 
avec nn couteau â cataracte. lorsque le corps étranger ne se détache pas facile- 
ment et u'est qu'ébranlé par cette incision, on cherche alors ï l'enlever avec une 
pince fine i dents. 

(1) OasEHTkTioN. — J'ai extrait, à la lin de décembre 1S66, une demi-coque de milltt 
implantée itir la partie inrérieure et externe de la corné» droile chei une milade 1^6e da 
cinquante-deux »at. Elte fardait ce corpi étranger depiii* un an, et c'«l en loulTlant dans 
une cage qu'il s'y était iniroduit. Ktic en toulTrait trè«-peu ; l'œil était par momcnli rouge 
et'icnsible à la lumière. On voyait à l'endroit malade une petite tumeur laillante, arrondie, 
luisante, enlgurée d'un cercle vascukiire 1res -distinct. Ce qui eil digne de remarque, c'ett 
qu'après avoir entevû la coque de millet, j'ai pu découtrir sur rendrait ulcéré, en dedani de 
la coque, un autre cercle vasculairc coamuDiquanl viaiblcmenl avec le cercle vagculairo 
externe. I^s deux cerclei vatculairei mainlcoaienl, comoie on voit, U nutrition de la partie 
ulcérée de U cornée (llg. Xlxh). 



Ve ca» «é i awak pésécré cl smit Uwbé, m^ki^ tooic» les précaaOotts, 
ctoahfieaatcfkare, oaalleadfaq»dq»c>mMBi>i|MMrUi«Prâb ri>a— i^y y 

^ reoiplir de BWf ca«« et IVm fSen oœ pooctioo luige de 
2 à ^ mifliaMrtrcs djos remlroit le pin ra ppro cb c da corps étnaçer. Ea s^édap- 
pHit avec force par cette pbîe, l*haaear aqveose TeatraiMn ao defaonL Si œue 
joit^n^ft opératoire reste lilir«ctiie«e« oo doit procéder à Peicinoo de h partie 
de l'iris sor bqoclie i reste ioiplaoté. 

orps êt u B iu de b corsée, oa fait appliquer des con- 
l'tei qa'oa bise, avtait fw posèible ,. ao repos. L'instil* 
iaiion de qoelqocs g ipt let d'auropiae sera întffaéehnqoeb cornée est lesèranest 
troobie et scppore à Icadroic de b bicowre. 

BitLKAftimc — HfliUa» ÈUmmU ée pMohfie dàmrfkmk. Parts. l55l, t. iU, 
p. 76. — inôle CMfer, O^ fiMnit mmi Êmptrieaoftkt Efe, f. 98. — Uwsm, Derejrtrw^*. 
(,.,it //^. '0//t etramyfri fie i& cormée {Opitk. Boif, Êef»rtt, l. \1, i« partie, p. 36; et 
J../,. Y'^Ti/tif., IWa, t. LUI, p. iât — I tg w m t t, Trmtt de fJur^rytt 'fftrmète, Pvif, 
I86J. p. 307. 

ARTICLE I\ 

TAIES, LECCOMES, TACHES «ÈTALLIQCES ET GÊftOVTOXO!!. 

Des dcatrices de b corsée plos oa omnbs profoodes coosécotif es aai abcès, 
blessures, etc., se présenteot soos ibnoe de tacbes blauchâires de diflérentes 
diioeosioDS. Ces lâches oo cicatrices oot reço des déwMDÎBatiuas très-rariécs, 
selon le degré de transparence conserrée et sekm qu'elles occupent une plus on 
mf)ins grande épaisseur de b ooroée. C'est ainsi que les lacbrs soperBcielles et peu 
ap|»arenies portent le nom de /aie, de néfJèéiûm, de nubéole ou de nita^: les 
taches de moyenne épaisseur sont appelées albu^o, et les tacbes profondes portent 
le nom de ieucome. 

Au point de rne pratique, il noos solSra d'étudier les taies et les kucomes 
comme éiaut les opaciiés-iypes, a nous ne noos occuperons pas de Topadtê 
moyenne, qui ne diflère pas braucoup de la dernière forme. 

A. Taies ou ttépbélion. — C'est une opacité légère, qui n'occupe que les 
couclies superficielles l'e celte membrane, et nolammeot b membrane de Bow* 
inait et li*s couches tout i fait eilemes de b suhstauce propre de U cornée. 

t^ïiuéeh à la périphérie, les taies de b cornée restent le plus souvent inaperçues, 
tandis qu'on les remarque plus facilement lorsqu'elles se trouvent situées en face 
d<: U pO|)ilU'. 

Kllfs m; HKintrent d'ordinaire comme un petit nuage blanchâtre ou bleuâtre en 
bce de b pu|>ille noire : tantôt le centre de la tache est plus opaque ; tantôt, au 
contraire, elle est partout uniforme et se distingue ï peine i Tœil nu. 

PiusiiMirn procédés sont mis en usage pour reconnaître l'eiîstence de ces opa« 
cïU'y* huiM'rriciclles : 

1 ** On fdii mouvoir I'cbiI du malade dans tous les sens, et pendant ce temi« on re- 
garde d<* tout près dans la direction de b pupille; au moment où une opacité, 
m<**fne la plus légère, se trou\e en face de b pupille, cette dernière, au Ueu d'être 
^|>aralt grisâtre. 



TAIES, LEUCOUES, TACHES MÉTALLIQUES ET GÊRONTOXON. 307 

2* Eu projctaDl la lumière de la lampe par Téclairagc oblique, on découvrira 
les opacitées même les plus faibles. 

3° Par Téclairage direct, au moyen d'un miroir ophtbalmoscopique, le fond de 
Tcpil se présente rouge, mais avec un miroilage tout particulier propre aux opa- 
cités de la cornée. Ces opacités projettent une ombre sur la rétine, changent de 
place pendant les mouvements de l'œil et produisent le phénomène du miroi- 
lage. Dans certains cas particuliers on voit les vaisseaux de la papille trembloter 
et flotter dans tous les sens, ce qui n*est que l'efTet d'optique. 

Les taies de la cornée, même les moins épaisses, peuvent gêner d'une manière 
très-sensible la vision, ce qui tient à la dispersion des rayons lumineux par les 
opacités à demi transparentes. Dondera a démontré qu'une tache très-petite et 
complètement opaque, placée en face du centre de la pupille, ne produira souvent 
aucun trouble dans la vue, tandis que des opacités très-légères et presque invisibles 
à l'œil nu, produisent souvent des phénomènes notables d'amblyopies, pouvant 
simuler des aiïections profondes de l'œil. 

Les taies de la cornée sont pour nous le résultat de ki cicatrisation, soit d'une 
p^aie traumatique, soit d'un ulcère. Ces taches sont indélébiles. 

Mais certaines opacités qui ressemblent beaucoup à des taches cicatricielles sont 
simplement le produit d'une hifiltration interstitielle. Elles se composent sou- 
vent des stries parallèles ou rayonnements, et qui sont le résultat de rétraction et 
du plissement de la membrane de DescemeL 

La durée du trouble dont l'œil malade est atteint, l'absence d'ulcération ou* des 
vaisseaux, ainsi que de toute photophobie, permettront de distinguer ces taches les 
unes des autres. 

Les taies de la cornée peuvent être entourées, quand elles sont récentes, d'une 
zone cxsudative qui se résorbe au bout de quelque temps; au contraire, les taches 
cicatricielles ne disparaissent js^mais, puisqu'elles sont constituées par le tissu 
fibreux, cicatriciel, opaque, comme l'ont démontré les recherches microscopiques. 

B. Leucomes. — Les cicatrices qui s'étendent à une certaine profondeur ou à 
toute l'épaisseur de la cornée sont ordinairement blanches, opaques, et nous leur 
donnons le nom de leucomes. Lorsque les leucomes sont larges et situés vis-à-vis 
de h pupille, ils interceptent complètement les rayons lumineux et suppriment la 
vision. Placés au contraire en dehors de la pupille, ils ne gênent que peu ou point 
les malades. 

Les leucomes auront donc une importance d'autant plus grande, qu'ils occupent 
une place centrale ou |)ériphérique. D'autre part il est très^utile de savoir si le 
leucome est adhérent à l'iris, s'il est cnflamnié, cicatrisé ou ulcéré. 

L'éclairage oblique et le reflet de la lumière projetée sur sa surface permettront 
de résoudre toutes ces questions, d'établir en conséquence un pronostic plus ou 
moins favorable, et d'indiquer le traitement. 

C. Taches métalliques. — On observe quelquefois à la surface de la cornée 
des taches luisantes, d'un blanc nacré et qu'il est impossible de confondre avec les 
autres. Elles sont le plus souvent occasionnées par des dépôts de sels métalliques, 
d'acétate de plomb, de nitrate d'argent, de chaux, etc. Ces substances, déposées 
dans le fond d'un ulcère, se recouvrent d'une membrane cicatricielle qui les em- 
pêche de s'en détacher. 



3U8 MALADIES DE LA CORNÉE. 

Les tacbcs métalliques que j'ai eu le plus fréquemment l'occasion d'obsener 
avaient été occasionnées par Tusage de Tacétate de plomb en insofilalioa oo ei 
collyre, pendant que la cornée éfait ulcérée. 

D. Dégénérescence grise. — Dans le diamètre transversal et au roUieo de 
la cornée on trouve quelquefois une opacité gris jaunâtre, diffuse et qui se trome 
disposée dans la partie correspondante à la fente palpébrale. Ces opacités se m* 
contrent très-rarement, elles existent dans les deux yeux à la fois; le reste deb 
cornée conserve sa transparence. I^ maladie se déclare lentement et sans 
inflammatoires. Chez un de mes malades, cette affection était accompagnée d*i 
cboroîditc airophique; un autre malade ne présentait aucune trace de lésion dav 
les membranes internes ni externes de l'œil. 

E. Gérontoxon, arc ou cercle sénile. — C'est aussi une sorte de leacoai 
caractérisé par une opaciGcation d'une bande circulaire à la périphérie de la corniez 
opacité qu'on observe surtout chez les individus âgés. 

Le cercle on arc sénile se trouve situé à un millimètre du limbe conjooctiv4 
et il est en général plus développé en haut qu'ailleurs ; souvent il n'existe qoedtfi 
la partie supérieure delà cornée. Ses bords se perdent insensiblement dans le li 
sain de la cornée; sa teinte est jaune grisâtre ou jaune blanchâtre. 

Le gérontoxon se rencontre le plus souvent sur les deux yeux, il n'occasi 
ni douleurs ni irritation. De plus, placé à la périphérie de la cornée, il nepeoti 
aucune façon gfîner la vision. 

Quelques auteurs ont cherché à démontrer la corrélation qui existerait eotre 
gérontoxon et la dégénérescence graisseuse des fibres du cristallin, mais cette 
relation n'a pu être en aucune façon démontrée. Ce qui est habituel, au cont 
d'après les recherches de Michel Peter, c'est la coexistence du cercle sénile et 
l'altération athéromateuse ou crétacée de l'aorte; le plus fréquemment aussi, 
ces cas, il y a de l'athéromc ou des plaques calcaires dans les valvules sigmoi 
et dans diverses parties du système aortique (1). 

Au point de vue pratique, il importe de savoir que les cornées atteintes 
gérontoxon sont prédisposées à la suppuration. Hasner l'a déjà signalé, et j'ai 
vérifier moi-même ce fait ; c'est pourquoi l'extraction à lambeau de la ca 
dans ces yeux doit être remplacée par les méthodes linéaires. 

Anaiomie pathologique. — Les recherches microscopiques ont montré 
altérations Irès-variées dans les points où existaient des opacités de la cornée 
taies superficielles sont ordinairement occasionnées par la production du tissa 
iriciel dans la membrane de Bowman et les couches superficielles de la su 
propre. Los leucomes, au contraire, sont plutôt dus à l'accumulation anormaledoi 
noyaux dans les cellules. Souvent le nombre des cellules diminue par la destrocliol -^ 
ulcéralive, et elles sont remplacées par du tissu lamellaire intercellulaire, oooM*' 
nant des sels phosphastiques et caJcaires, ainsi que des globules graisseux. L5 
dépôts métalliques contiennent des sels d'acétate de plomb, de nitrate d'argent, ds 
chaux, etc., dé|)o.sés, soit dans le tissu iniercellulairo, soit dans les cellules dkS' 
mêmes. La substance propre de la cornée présente dans plusieurs de ses couclic* 
des granulations graisseuses. 

(ï) Miclicl Peter, Clinique (fe h Pitié, 187A, t. 1. 




TAIES, I.EUCOMES, TACHtS MËTALLIQUE^ ET lifiRONTOXON. 309 

Ces recherches microscopiques bitespir Caiilon.His, Arnold et Cli. Kobiu, ont 
proDvé que le ctrcle séoile est constitué par des masses graisseuses, qui oitt i«m- 
placé les ct^llulcs cornéenncs, ainsi que le tissu lamellaire, comme cela se voit sur 
la figure 146. 

Ëiloiocic, — Les laies et les leucoines sont 
ordinairement dus â une perte de substance occa- 
sionnée par un abc^ ou ui>e blessure. Quand un 
abcès a éié suivi d'une perforation de la cornée, 
l'iris se met alors en «intact avec le tron coméen 
CI y contracte des adhérences ; d'où résulte le leu- 
comcadlii^reMi. 

Qudquefois les taies proviennent du défaut de 
nnlriiion, comme on l'observe it la suite des kéra- 
tites intersiiiielles, prolifératives, etc. 

f.rs taches situées à la périphérie de cetle mem- 
brane ont souvcDt une forme ronde, ec confondent 
avec la sclérotique, et sont cons^icuiives à la pro- 
pagation de l'inilammation de la Bcléroiique ï la 
cornée. 

rroMMilc. — Il est habituellement facile de se 
prtmoucer sur les opacités récentes, profondes ou superficielles; on reconnaît 
d'une manière sûre si la tache est cicatricielle et définitive, on si elle esl encore 
récente et exsuda live. 

L'âge de l'individu et la durée de l'opacité jouent un grand rAle dans sa disposi- 
tion, c'est ainsi c]uc chez les enfants scrofuleui lymphatiques, les tai:he8, même 
trés-é tendues, peuvent se résorber avec le temps et disparaître cumplétement. 
Chez les enfants nouveau-nés les lâches non adhérentes, même très -épaisses, dispa- 
raissent avec l'âge, de surte qu'on n'eu trouve plus de trace. Le travail inflamma- 
toire et l'existence des vaisseaux doivent faire espérer la résoipiion de la tache en 
partie ou en loinlilé, mais elles disparaissent d'autant plus facilement qu'elles sotil 
plus superficielles et de date plus récente. Je Irs ai vues pourlant guérir après deui 
ou Irois années de traitement. 

Il n'en est pas de miaK des lâches anciennes ; celles-ci sont ordinairement con- 
siituées par du tissu cicatriciel indélébile. Leur pronostic est fâcheui : elles ne 
peuvent plus être résorbées. 

Tmlieneat. — Il csl impossible de faire disparaître des laies et des leucomes 
véritabiemeni cicatriciels. Mais la nature d'un grand nombre de ces lâches est 
très-difficile h dérmir : ain»! quelques-unes paraissent élre cicairicidles et durent 
des mois et des années, et pourtant disparaissent sous l'influence du traitement ; 
d'autres, au contraire, qui sont vasculaires et présentent toutes les prubabilités de 
résorption, s'organisent et deviennent définitives. 

En présence des difficultés du di3|;iiflstic, on doit chercher i faire résorber celles 
des Ofiaciiés qui n'occupent pas toute l'épaisseur de la cornée, et qui ressemblent 
au produit inflammatoire, surtout chez les sujets jeunes. 

Parmi les médicaments qui ont le plus d'efficacité contre les taches de la cornée, 
nous devons recommander surtout l'insufflation de la poudre de calomel porphf risé 



310 MALADIES DE LA CORNÉE. 

seule ou associée au sucre candi, et la lulhie préparée, c|u*on laisse tomber dans 
Tceil deux ou trois fois par jour pendaat plusieurs semaines. On remplace ensnile 
lat poudre par la pommade au précipité rouge ou par les collyres suivants : 



If, Eau distillée 10 grammes. 

lodure de potassium ... 1 à 2 — 



^ Eau distillée 2 gramoui 

Laudanum de Rousseau. ... 1 — 



C'est Gastorani (de Naples) qui a mis en usage le collyre à Tiodure de potassiw 
concentré^ aiusi que la poudre de sulfate de soude porphyrisée en insufflation (1)» 

Lorscjue les opacités sont le produit de dépôts de chaux, on doit employer 
collyre contenant une solution concentrée de sucre, comme Ta conseillé Go^in [1 

La plupart de ces moyens ne peuvent agir que comme stimulants. C*est 
frottant en effet la cornée, qu'ils activent sa nutrition, accélèrent la circolati 
dans les vaisseaux péricornéens, et facilitent ainsi l'absorption des taches 
datives. 

Bourrousse de Laiïore est parvenu à faire disparaître des opacités anciennes ai' 
moyen des cautérisations avec le crayon de nitrate d'argent, faites trois ou qaabt 
fois par semaine. *i 

Soelberg Wells recommande l'usage de la pommade suivante : \ 

IL lodûre de potassium 5 centigr. Âxonge fraîche A à 8 gràmoMU 



Précipité jaune 10 — 



(WclU.) 1 



L'électricité et le galvanisme ont été successivement appliqués par Turck, QniM 
et Fano^ pour la guérison de certaines taches de la cornée. Malgré quelques sno-i 
ces, nous ne pensons pas qu'on puisse recommander ce moyen douloureux, d'ona 
application difficile, et incertain dans ses résultats. 

Les taches métalliques, lorsqu'elles sont superficielles, peuvent être enlevées pii 
la dissection : la cicatrice qui s'ensuit est souvent tout à fait transparente ou si pari 
opaque qu'elle gêne très-peu la vision, 

Bowman et Dixon ont rapporté des cas remarquables de guérLsons obtenues pi 
l'abrasion. Malgaigne, Gîiltz, Szokalski et Desmarres père ont recommandé bnw 
coup cette opération. Pour pratiquer la dissection, on doit se servir d'un coutcÉI 
h cataracte et d'une pince capsulaire à griffes très-fines ; on saisit morceau par mofi 
ccau le dépôt métallique, et, en le disséquant, on l'enlève de la surface coniéemMi 

Le docteur Rothmund (de Munich) a préconisé, dans ces derniers temps, dij 
injections sous la conjonctive, à quelques millimètres du bord de la cornée, d*a| 
salée tiède, dans la proportion do 1 \h grammes pour 30 grammes d'eau. Apfil 
cette injection il se forme un chéiiiosisqui disparaît sous un bandage compressttl||| 
et avec lui les taches cornéennes paraissent se dissiper. * 

Lunettes sténopéiques. — Les opacités, même très-légères, lorsqu'elles ««*: 
situées en face de la pupille, produisent la dispersion de la lumière. Dondersi 
proposé, pour remédier à cet inconvénient, d'employer de^ lunettes sténopéiqncii ■ 
composées d'un diaphragme métallique en forme de coquille, muni d'un petit tobe 
central fin, qui, en ne laissant arriver à la cornée qu'un petit cône lumineai, 1( 

(1) Pour que celle poudre soit porphyrisée, elle doit être laissée à l'air pendant queJqM 
iQ^ps et effleurée. (Sarradin.) 

(2) Gosselin, Arch.f/énér, de méd., novembre 1859, 513. 



TAIES, LEUGOMES, TACHES MÉTALLIQUES ET GÊRONTOXON. 



311 



f 



fait passer sans dispersion tout droit à la rétine. Serre (d'Alais) se servait, dans 

le même but, de lunettes panopliques, formées de plaques métalliques munies de 

trous très-fins au centre. Ces lunettes rendent l'image perçue 

par la réiine beaucoup plus nette, et les malades peuvent voir 

les objets les plus fins; malheureusement elles ne peuvent 

leur être de grande utilité, à cause du champ de vision très- 

restreint. 

Pupille ariificielle. — Un antre moyen beaucoup plus 
efficace que le précédent, permettant de faire voir plus dis- 
tinctement, c'est la pupille artificielle, qui consiste dans 
l'établissement d'une nouvelle pupille en face de la partie 
transparente de la cornée. Par ce moyen, non-seulement on 
éclaircit immédiatement la vue, mais on active aussi jusqu'à 
un certain point la résorption des taches coméennes comme 
cela avait été démontré par Panas et Pauchon. 

Tatouage, — Une indication, non moins iiuporlante est 
celle qui consiste à faire disparaître la difformité occasionnée 
par la présence d'un large leucome. Ces taches souvent larges 
et blanches nacrées, déparent la physionomie et la rendent 
disgracieuse. 

Pour parer à cet inconvénient^ il est nécessaire de colo- 
rer les leucomes cornéens pour les rendre moins apparents, 
en introduisant dans le tissu cicatriciel de l'encre de Chine, 
au moyen d'un procédé opératoire particulier auquel on a 
donné le nom de tatouage. 

Cette opération se pratique de la manière suivante : On 
délaye de l'encre de Chine avec un peu d'eau, pour former 
une pâte à demi liquide et on l'étend à l'aide d'une spatule 
sur la partie de la cornée que l'on doit masquer, puis à l'aide 
d'une aiguille à tatouage (ûg. 1^7) on fait cinq à dix piqûres 
sur la partie recouverte de l'encre. La cornée est ainsi cri- 
blée de pi<iûres superficielles dans lesquelles l'encre de Chine 
s'introduit pour y donner une coloration noire qui se confond 
tout h fait avec la pupille et fait disparaître la difformité. 

Sur l'avis d'Abadie, Wecker pratiqua le premier cette 
opération. Rava prétend l'avoir tentée bien avant ces deux 
auteurs en 1861, mais l'acide tannique et le sulfate de fer 
dont il se servait amenait des accidents inflammatoires, et le 
lit renoncer à la méthode. 

Contre le gérontoxon dû à une dégénérescence graisseuse, il n'y a rien à faire; 
maison devra se rappeler que dans les opérations que l'on pratique sur la cornée, 
il faut s'éloigner autant que possible du point où cette tache est le plus marquée; 
autrement on s'exposerait à provoquer la suppuration et même la perte de la cornée. 

Bibliographie. — Desmarres, Mémoire sur la kératectomie^ ou abrasion de la cornée 
dans les opacités anciennes de cette membrane (Ann, d^œul., 18^3, t. X, p. 5). — Magne, 
Mémoire sur les divers états pathologiques connus généralement sous le nom de taches de la 



FiG. 



1^7. — Aiguille 
à tatouage. 



312 



H&LADIËS DE LA COaN^E. 



corn* (Goz. mM. de Para, 1845, n" 49), — S»k«liki, Von dêu Trûbmigm étr 
haut, «te. {ArchiD fur pkys. Heitk., ISA?, M. VI, H, h et 6). — Turek, Amtalti i 
ligue, 1853, t. XXVIII, p. 22â. ~ Bownun, Lectures on the parts coneemed in thtt 
tiotu on f ht Eye, p. 38 ïnd HT ■,fA Annales iroculiitiqae, 1853, t. XXX, p. 36.— Dl 
Veber die Anuiettdung der von Donders erfundetien alenopeischen Brillen (ArdÙK f. 
Bd. 1, Abtb. I. 185A, p. 351). — GotMlin, Archives génér. de méiI.,uo'ittabt* ^iii,\ 
— Bourraute de Laflare, Des taches de la cornée et des moyens de le» faire ditpt 
Par», 1860. — HuthniunO, Kliiisc/ic ManalsiiSlIer f. Augenheilkundt, 1866, p. ( 
Cttiotam, Mémoire sur le Imilentenl des loches de la cornée. Parit, 1867. — Wacka 
'focu/iW., janvier 1872, p. 73. — Kava, Del taluaggio. Sasuri, 1873, ia-S, — Pi 
De Virùlectomie cumiiiie dans les opacités de ta cornée (Joarnal d'ophthalm., Pwil 
p. 23a et SU). 



ARTICLE X 

STAPHYLftueS DE LA CORNÉE. 

On donne le nom de staphylùme à uue déformation et ï une distensioi 
cornée proTenani de la propulsion de cette membrane en avant. 

Le staphylôme peulëlre partiel ou total, pcllucideou opaque; le prewiet 
plus souvent occasionné par une cicatrice de la cornée sur laquelle l'iris a cm 
une adhérence. L'un et l'autre peuvent se présenter sous deux formes, conii 
sphériquc. 

g I. — Staphytâme conique ou cornée oonli^ue. 
Cette aiTeciion est caractérisée par une distension du centre de la con 
forme de saillie conique. 

Pendant longtemps l'eclasie de h 
ne présente aucune opacité au sommet, 
fait qu'on la laisse passer inaperçue; 
mesure que la maladie fait des progrès, b 
aui;nienle, devient opaque et s'ulcère au» 
SjmplAmatolacle. — PoUF rCCOI 
cette aiïection, on doit eiaminer l'œil ma 
profil, ainsi que de face, i l'œil na et k 
rage ophtlialmoscopique. 

1. Vu de face, lorsque le malade es 
près d'une fenÊire, on constate au cm 
cAnc un reflet de Itimiërede (orme iriani 
et très-élincelant. Un autre signe non 
important du reflet cornéen est le chaai 
de volume de l'image de la fenêtre qui es 
petite au contre, Undis qu'elle est bel 
plus grande sur les parties latérales. 

2. De profil et au grand jour, la con 
présente sous une forme conique bien 
uoncée, comme le munlre la figure 1A8. 

3 . En projetant la luniiûnt rillOchie de la lampe au moyen de l'opUthalma 
on apeiçuit au milieu du fond de l'œil une ombre ronde, qui, en se dép 
pendant les mon?emenls de l'œilj rend ce dernier miroitaot. 




STAMITLdlieS DE LA COBNfcl!. 313 

A. I.orsqii'oii examine li papille dn ueif optique 1 l'imige renveraée, ou voit 
celle dernière changer de roniiG, g'éiater on s'atloiiger la moindre muutement de 
la leatiilc, ses bords se doubler et se dëiacher, ses vaisseaui se déplacer indépen- 
damment des mouvcmeuts de la pupille. (^uelqQefuis on loil les vaisscaui rétiniens 
subir des niouTemeols oscillatoires et Iremblotanls comme dans un décollement 
de la rétine. 

5. la contiinmiian conique ne reste pn statîonnaire, elle (end de plo* en plus 
b se développer ; le sommet devient opaque^ s'ulcère, et la vue s'altère de plus en 
plus i enfin, les malades arrivent i ne voir que de très^rèset avecun grand eEItwt; 
sauvent ils deviennent presque complètement aveugles. C'est une sorte d'aaligma- 
tisine irrégulier qui se déclare, et qui donne lieu k une amblyopie consid^Ue. 
Quelques malades accusept de la diplopie et de la polyopie monocnlaires. 

G. Lorsque l'on comprime le centre de la cornée i travers la paupière, on 
s'iiperfoit facilement qu'elle est trte-peu résistante et qn'elle plie sous le doigL 
C'est une preuve évidente de l'amincissemeDt de celte membrane et d'one dimi- 
nution notable de sa n'vùtance i la pression interne dans la direction de l'nt 
optique. 

Par suite de la distension cooiùdèrable du centre de la cornée, son diam^re 
antéro-postèrieur est relativement plus allongé, ce qui augmente le degré de 
iiiyopie. Les verres concaves corrigent jusqu'à nu certain point .cette myopie et 
écbircisMOt la vue; mab on ne trouve aucun verre qui imisse faire dissiper le 
trouble. 

7. Dans un degré plus prononcé de convexité de la cornée, le trouble de la vue 
devient tellement prononcé que l'acuité visuelle descend i 1/20 ou 1/50 de la force 
normale. La myopie devient eiceitsive et s'accompagne de polyopie et d'irritation 
considérable de lumière; souvent 1 celte période il y a de la pliolopliobie intense. 

S. La saillie exagérée que présente le centre do la cornée ci|iose l'œil ï s'en- 
nammer ; on voit dans ces cas des abcès et des ulcér<itiuus très-étendues au cciiiro 
du staphylàme ; leur cicatrisation amène queUiuefuis Ja guèriso» du stapbyl6mc 

A «■(•■lie pBtbrt*Bl«|Ba. —Il 
n'est pas douteux que le stapliy- ~i~ 

lame pellucide ne soit dû i un 
amiiicis^etnent de la cornée, sur- 
tout dans toute sa partie centrale. 
Leï recherches faites sur un fro- 
ment de la cornue cjne j'ai eu l'oc- 
casion d'exciser m'ont démontré 
({ue la cornée, même près de la 
sclérotique, était d'un tiers moins 
cpaixse que dans l'état sain. 

Une autre altération non moins 
importante à signaler, c'est la dé- "'• P« t*^»»"' '" ■"*""* *'*^*'" t''- 

formation que subit la courbe de la 
cornée. En examinant au microscope la partie excisée, nous avtms pu constater. 




31^1 MALADIES DB I.A CORNEE. 

i|u'clle csl toute bostekée, irrégulièrp, corome le montre la figare lAd ci-jnioie, 
Taite d'après 11 préparation de Reniy. 

PaihoB^Mie et é«i*i*sie.— Celle ifTection est presque toujours congénitale; 
elle dépend de la conformation et de la structure anomales de U cornée. Avec le 
déveJop|>ement de l'œil, U cornée, chei ces individus, se distend et s'tmincil 
d'une manière très -sensible. 

L'amincissement notable de celte luniqoe fait qu'elle ne présente pas de rén»- 
laiice i la pression in tra -oculaire ei qu'elle se distend de plus en j^as. Mais k me- 
sure que la cornée s'amincit, la Iranssudalion de l'humeur aqueuse i (ravcra aci 
parois se produit pins rapidement, ce qui eipliquc, selon Rowman, poiir(|iioi h 
cornée n'éclale pas, et pourquoi autsi elle n'augmente pas de volume. 

Siclicl et d'autres aoieurg ont voulu rattacher la causç de celte maladie k l'nl- 
ctrc de la partie centrale et à un ramollissement lent du tissu comécn. L'observa- 
tion nous nmnlre que les taches et les ulcères n'existent pas toujours au soummI 
du siaphylâme. Je pense méJiie que l'ulcère n*est que le résultat de la saillie exa- 
gérée (le la cornée qui, par suite du frolteinenl contre les paupières, s'irrite ploa 
raciletneiil. 

Le slaphylAine pellucide se développe rarement dans l'ige mûr; il te rencoatre 
le plus fréquemment cliez 1rs enfants et les adultes qui n'ont pas dépassé vingU 
cinq k treille ans. J'ai en l'occasion de l'observer chez un garçon de sii ans, et t» 
lui're déclara que l'enfant ne voyait pas bien depuis sa naiasance. Le docteur vol 
Ammon l'a renomlré une fois cbct plusieurs permnnea de la même famille, ei 
raiïcction était aingéniiale. 

Le^ staphylAmes coniques pellucides penveni être acqotH, mais ils sont Irèt- 
rares. Jusqu'à présent, je n'eu ai vu que deni cas, dont l'un consécutif au glm- 
cume chronique cl l'autre i une blessure de la. coniée. Très-souvent la maladie 
existe aux deux yeux; mais habitueflemeni un œil est moins alteini que l'autre. 

PraBOflile. — Il est assez grave et, lorsque la maladie est arrivée i un degr^ 
lri>s-aiancé, peu de mow'us réussissent i l'enrayer, si ce n'est l'opéraiion. 

TraiinMVMt. — Pendant longtemps on s'attaquait i l'iris pour corriger la vision 




dans h- siaphylAme conique et pour arrêter le progrès dn mal. C'e»t ainsi qu'on 
faisait lungtemps et sans résultat la pupille artificielle. Plus tard Bowman proposa 
de faire une douMe iridéth (fig. 150) dans les deux points opposés de la cornée. 



STAPBYLÔMES DE LA CORNÉE. 



âl5 



dans le but de transformer la pupille eu une fente, ce qui rendait la vue un peu 
plus nette. 

Depuis le travail de de Graefe sur cette matière, on cherche à réduire le sommet 
du staphylôme eu en enlevant une certaine portion puis eu y pratiquant la cica- 
trisation. 

Procédé de de Graefe. — De Graefe a cherché à réduire le staphylôme en enle- 
rant une couche superficielle du tmsu coméeo pour y former une ulcération et une 
:icatrice. A cet effet, il enfonce dans la cornée, près du sommet du cône et parai- 
èaient à sa surface, un couteau lancéolaire, et taille un petit lambeau superficiel 
::ornéen de 3 millimètres un peu en dehors du cône et sans entrer dans la chambre 
intérieure; puis d*un coup de ciseaui il enlève ce petit lambeau. Le surlendemain 
[le l'opération en commence à cautériser les bords de la plaie avec un crayon de 
nitrate d'argent mitigé, et Ton renouvelle cette cautérisation tous les trois jours 
pendant quinie jours. Après chaque cautérisation, on applique le bandage com- 
pressif. A la suite de cette opération, il se produit du tissu cicatriciel, qui, en 
s'épaississant, rétracte le reste de la cornée et diminué sa courbure. 

Mais la nécessité d'employer la cautérisation pendant deux ou trois semaines 
laissait une très-grande irritation dans l'œil, et prolongeait souvent le traitement 
d'une manière désespérée, (^est pour celte raison que Bowman a cru utile de re- 
courir au procédé suivant : 

Trépanation de la cornée, — Procédé de Bowman, — Pour obtenir une perte 
de substance régulière et bien limitée, Bowman se sert d'un 
instrument qui ressemble beaucoup à une tréphine ou tré- 
pan ; c'est pourquoi l'opération porte le nom de trépa- 
nation de la cornée. 

Cet instrument, qui a été construit par Weiss, se com- 
pose d'un petit tube comme dans le trépan; la lame en est 
munie d'un arrêt destiné à limiter la profondeur de la sec- 
tion. Une vis fait avancer l'arrêt jusqu'au bord du trépan. 
Mathieu et Collin, chacun à leur tour, ont modifié ce trépan 
en y ajoutant un ressort destiné à produire une rotation 
instantanée comme dans la sangsue artificielle (fig. 151). 
Selon Bowman, il est préférable d'exécuter ce mouvement de 
rotation avec la main, parce qu'on pourra le faire avec plus 
do précision. 

A l'aide de ce trépan, on enlève une rondelle de la cornée 
au sommet du staphylôme, de telle grandeur que Ton dé- 
sire, en se servant des lames de différentes dimensions, et 
on laisse ensuite la plaie se cicatriser toute seule. L'obser- 
vation démontre que la cornée se cicatrise avec la plus grande 
facilité et sans accidents, après quoi le staphylôme guérit 
complètement, la cornée reprend la forme sphérique et la vue revient. 

Quelquefois l'iris va prendre adhérence avec le bord de la plaie circulaire, mais 
alors on peut débrider l'adhérence en introduisant une aiguille dans la chambre 
antérieure, ou bien en faisant plus tard une pupille artificielle. 

Procédé de F auteur . — J'ai communiqué au congrès de Londres mon procédé 



Fie. 151.— Tréphine 
de la cornée. 



318 



HALADIES bi; LA COHNÉE. 



dcveloppeineut d'aiic sécrélion ei3g£r£e, qui ne lirde pas à amcacr 1' 

du volume de l'œil, l'hydrophibalmie et la perle de la tue par ricavatioa ilsBCtf 

optique. 

I.e Maphyldnie partiel opaque provient, comme ou voit, de l'adhérence de fn 
i la cicatrice de la coniëeiine. J'ai vu pourtant, dans un cas le Ktaphjlftnie pHlM 
provenir d'un leucome et sans nucune trace d'adhérence du côté de l'irifl. 

AnaioBiic pathoiitci^Mc — E» examinant le lissu cicatriciel du itaphyMat, 
on trouve que son épaisseur est habituellement plus grande que celle de la conb 
saine. Bien souvent j'ai trouvé h l'endroit du stapliyldine une épaisseur Iron fci 
plus considérable que dans i'Ëlal normal. Dans un cas de siaphylôme o)>éré pv 
moi, le docteur Legros, agrégé i \3 Faculté de Paris, a constaté la disiensioD da 
rd>res lamellatrea et la disparition des cellules cornéennes. I.'ins est ordinairerotM 
confondu avec celle tumeur, de sorte qu'il est impossible de le détacher. Le cris* 
tallii) reste iranspareni: mais on trouve quelquefois une tache blanche au centn 
de la capsule. 

TraHemnt. — Pour arrêter l'augmentation progressive du staphyléme partiel, 
oit doit cherclier à réublir le plus vile |)ossible l'équilibre dans la pression inln- 
oculaire. El, comme celle-ci est concentrée sur le staphylâmc, il suflil de prati- 
quer une e^icision de l'iris du côté Ojiposé, pour que cet équilibre soit rétabli, il 




()iie la |)resHion inlenic soïl en partie reportée vers le centre et en partie vers le 
|M)inl où l'iris a été enlevé. 

Cette opération donne d'cicellents résultais; elle amène irés- rapidement l'albis- 
si'iiu'iil du MaphylAmc et éclaîrcit la vue. 

C,)uailii conseille d'enlever la (wrtion slaphylomateusc do la cornée et de ra- 
itH-iKT les lèvres de la plaie cumC'ennG au contact, comnH- rindi()uen( les Ggarv^ 
IS/ict I ■>.'.. 



SIACIiytdMb!) Di; LA COHNÊb. fl9 

9 IV. — Stapbrlftme opaque total de la cornée. 

Celte aiïection est caract6rbée par une proéminence considérable de loate la 
cornée avec opacilicalion complète, ce qui donne i celle mciiibriuc l'aspect de la 
scléroliquc. 

87Mr(«HÉaiologi«. — La cornée est remplacée par un tissu opaque, blanchâtre 
ou blanc grisâtre, distendu oDirc mesure, et formant une saillie leliemcai pro- 
noncée, que les paupières sont fortement dilatées et ne peuvent parrenir à la 
cacher. 

On reconnaît à sa sorface des vaisseaux plus ou moins nombreux (fig. 156), 





FiG. 156. — SUptiyldme loUI rpbiriquc Vk. 157. — SUphyMo» de l'irit 

lie la coraée et de l'irit. et de la cornée (*). 

sans que pour cela le siaphylOme soit enHaminé ; mais il arrive quelquerois que le 
frottement exerce par les paupiëi-es ou les cils déviés provoque une irritatiou très- 
violente, et des ulcères se produisent dans les (iirticg les plus saillantes. De lï 
résulte une vive inflammation qui peut se communiquer aui membranes internes 
de l'ceil, et donner lieu ï une bydrophthalmie. 

La perception do la lumière se conserve pendant longtemps cl, si la cornée était 
transpara)te, le malade verrait assez bien; mais i la longue, la pression intra- 
oculaire déprime fortement la papille du nerf optique en arrière; il y a excavation 
de ce nerf et perte totale de la perception lumineuse. 

Les sympl&mes iiillamniatoireg sont ordinairement accompagnés de douleurs 
|)éri-orbi(aireg plus ou moins vives et de larmoiement. Quelquefois la paupière 
inférieure se renverse en de<lans et augmente les soulTrances du malade. 

«■«(•■■le paihoioniqne c( p«tttoR«nic. — Le staphylôme coméen est en 
général constitué par du tissu cicatriciel de nouvelle formation, tissu très-épais et 
très-dense, développé ï ta surface de l'iriï lieiuié à travers une large ulcération de 
la cornée. Un aperçoit |Hr places des amincissemeiiLs considérables, dus aux uicé ' 
rations et aux perforations nouvelles. 

.liiWiida'rl«njouiertofeptpilItS!('*li»rtoWonff, rmW rftj ««(«Hlr.rfr- ïfiu.) 



320 MALADIES DE LA GOBNÉE. 

AVliartoD-Jones a démontré que le staphylôme D*est point le résultat d'une 
dégénérescence de la cornée, mais un produit cicatriciel nouveau qui s*cst formé 
sur la surface de Firis après la destruction de cette tunique, l^arlomont et Testelin 
ont trouvé par places des fibres élastiques blanches, irrégulièrement entrelacées ; 
les fibres lamellées étaient opaques et avaient une disposition confuse. Ces obser- 
vateurs ont trouvé çà et là des grains et des cellules pigmcnlaires^ provenant de 
liris. 

En général la surface postérieure du staphylôme est recouverte, dans une grande 
I)artie, de Tii is qui y a pris des adhérences intimes, comme le fait voir la figure 157. 
Dans plusieurs endroits, on reconnaît encore les traces de la membrane de Dos- 
ceinct. A mesure que Ton se rapproche de la scléroti(|ue; on retrouve un plus 
grand nombre d'éléments de la cornée conservés. 

Le cristallin reste très-souvent transparent et intact, et sa présence, après la 
destruction de la cornée, joue un rôle important dans le développement du staphy- 
lôme. En effet, l'hameur aqueuse qui s'accumule et se reproduit constamment au- 
devant du cristallin, ne pouvant pas trouver assez de place en arrière, se porte 
contre le staphylôme et le distend. Tout au contraire, quand le cristallin est dé- 
truit, le liquide occupe sa place et la pression intra-oculaire n'a pas autant de force 
pour développer le staphylôme. 

Il arrive fréquemment qu'au moment où la perforation de la cornée a lieu sur 
une large surface, par exemple dans l'ophibalmie blennorrhagique, la capsule 
éclate et le cristallin s'échappe à travers Tnlcère; ou bien il sort avec .«<a capsule. 

Wharlon-Jones a constaté aussi un fait très-intéressant : c*cst que, quand la 
tumeur devient trop grosse, l'iris, ne pouvant se distendre outre mesure, se sépare 
de la choroïde et se déchire en lambeaux ; on trouve cette membrane attachée è la 
pseudo-cornée par de petits morceaux isolés et réticulés. 

Éiioiogie. — Les causes qui amènent la perforation partielle ou la destruction 
totale de la cornée contribuent à la formation du staphylôme. C'est ainsi que les 
abcès perforants, les corps étrangers implantés dans cette membrane, les ophthaU 
mies purulente, blennorrhagique et scrofuleuse, sont autant de maladies qui pré- 
disposent à cette affection. Selon Mackenzie, le staphylôme était beaucoup plus 
fréquent avant la t)ropagation de la vaccine. Quant à moi, je crois qu'il serait 
bien plus rare si l'on faisait plus souvent des paracentèses dans les abcès de la 
cornée, au lieu d'attendre la perforation spontanée et la destruction de cette 
membrane sur une large surface. 

Traiimcat. — Le Staphylôme général de la cornée peut exister pendant long- 
temps sans amener une trop grande gène pour le malade ; mais la difformité qu'il 
occasiorme suffirait à elle seule pour décider le chirurgien i pratiquer l'ablation de 
la tumeur. 

Celte indication devient urgente lorsque le staphylôme est enflammé et pro- 
voque d( s douleurs ou lorsqu'il occasionne des troubles de la vue dans l'autre œil 
par s\m|)athie. 

Di\ers procédés sont mis en usage : 

I. Amputation de P hémisphère antérieur de l'œil, — Procédé de l^esmarret 
pire. — Le malade est couclié sur un lit, un aide écarte k*s i^upièri^ avec deux 
élévateurs. Vnt aiguille courbe, munie d'un fil, est passée, d'après l'avis de I>es- 



STAPHTUlMeS DE LA COHNËE. 321 

marres père, i travers la lumear près de sa base; oa nuiniient celte aiguille pen- 
dant quelques insUnls aiec la aiain gaoclie, afrn de penneltre k l'bumeur aqueuse 
de s'écouler. Au boni de deui ou trois mlnuteH, l'opérateur se sert d'un stapby- 



___) 



Fie. lâS. — Staphjlolon 



I de ttMiDirTw. 




Fie. lôO. 



du (lapliflAnM. 



Inloine (%. l.'iS) ou d'un couleau de Béer (lig. 159] qu'il enfonce à la bise de la 

tumeur du c6lé cilcme, et le fait ressortir par le poiiU diaioéiralement opposé; 

puis il fait tuarcher la lame droit 

devant elle jusqu'à ce qu'il ne 

reste plus, en haut et en bas, 

qu'un petit poni i diviser. C'est 

alors qu'il acbève la division du 

pont supérieur avec le staphylo- 

tome. Pendant que l'aide rappro- 

cbe les élévateurs, le chiruif ic», 

d'un coup de ciseaux, coupe le 

pont îafËrieur. 

Le grand avantage que l'on retire 
de ce procédé est qu'en traver- 
sant la tumeur avec un fil le chi- 
roi^ien ne la quitte point, même 
dans le cas où, par suite d'un ac- 
cident imprévu, on est forcé de 
laisser les paupières se fermer pour nu instant. 

Va bandage compressifesl appliqué sur l'œil et maintenu pendant tout le temps 
nécessaire jusqu'il la cicatrisation. 

2. Procédé de l'auteur. — J'ai cm trouver plus de bcilité en pratiquant celle 
opération de la maniirre suivante ; 

Les |)aupii'rcs une fois écartées et le globe de l'œil saisi avec une pince, je 
fends avec le couteau de de Graefe la tumeur dans son diamètre horizontal, en 
faisant la ponction et la contre-ponction au bord scléroitcal. Je saisis ensuite l'un 
après l'autre les deux moitiés du stapliylôme et je les enlève avec des ciseaux. 

Le résultai de celte opération est des plus satisfaisants; une exsudation de la 
lympbe plastique se iiianift^stc sur les bords de h piaie, qui se transforme en tissu 
cicatriciel etsouvontsanspruvoijucr la moindre souffrance. 

Comylicaliom. — Dans quelques cas, une tiémorrbagie in Ira-oculaire repousse 
tout le corps vitré et remplit l'inliricur dn globe ; ii la suite de cet accident, il se 
déclare un phk'gmoii doimant lieu à des douleurs très-violentes. Ces symplûmes 
inllammaioircs durent de dix à quinze jours ; mais la cicatrisation complète n'a 
lieu qu'au bout de trois !i quatre semaines. 

Ricbcl a essayé, dans un cas, d'enlever, après l'excision de rbéniispbèrc anté- 
rieur, le corps vitré, la rétine et la cliorolde. Il s'en est suivi un phlegmon qui n'a 
pas empccbé d'obtenir un beau mo%non, 

CALEZOVSItl. 21 




333 malAMU M. La coasu. 

CmMii* «I Inca ■ 

[or^e timbrât mtc h o 

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Mi**n lis eMwifcfe, d In pagpiirH «M fm « tn awc le bJïpèansac. Qaam 
tndaff Mçsilles laact omik». b^ks^ ibA>»ie. vapaaiéet à b baw ^ 

tl^bilAoM i Aaatg épk Taoe de raotre et latwm mt péacp. i le ■man 

la Insri» 164. la li^iiks forBeat ùam umt sane A: hHTiêre poer ks mrmhf if i 
iMcne^ de r«a M rcyiehei ée m *}étr ifR) rncHM ^ b immw. Le cAi- 
ranpen Caél «naiw, » ex k niwaa 4e teer mmée ée Gnefe. >ae iadsiaB 4r 




5 miNiinetres à pe« pr^ m point d'uucbe da laBde àrait intente, et. inmdH- 
ont (bos la pbie nne paire de tmtjm, il ncàe le stapfatUoae loai eniier an 4e- 
laoi des ai^illa, en doaaaal i la pbie b iormt clipùi|Be Le lUptiylâme et le 





l« (UptijUM. (PmMé BOTcUi.> 



eriitallin ui>e M* enle*K ooe partie 4d cor|is tUrf s'écbappe, l'wil & aBaisoe. 
r.'Mi ak)r» iju'on lire le* aigDÎya. Aprèi afoir npprocbé les bonb de la pUie, oo 
\w Jmi riU enire eoi. ce <|Di donoe an ^obe de l'oril l'asjiecl repfésenié par la 
figute Kil. Attbouldeboit i qniaie joan on peut enlever l« satnr». Critchcu 
tex \*me méiDc pendant qnelc 



KYSTES BT TUMEUfiS DE LA COBNÉE. S2S 

Cette méthode présente des avantages incontestables; en appliquant les sutures, 
on prévient les hémorrhagies intra-oculaires ainsi que les phlegmons. Le moignon 
est très-bien conformé pour supporter un œil urtiflciel. 

3. Ligature. {Procédé de BorellL) — La base de la tumeur est traversée par 
deux épingles qui se croisent sous un angle droit (fig. 162 et 163). Un fil de soie 
très-solide est passé derrière les épingles et autour du staphylôme et y est fortement 
serré. Les bouts des fils sont fixés sur la joue au moyen d'un morceau de taffet s 
d'Angleterre. Un bandage compressif est ensuite appliqué, et la tumeur étranglée 
tombe ordinairement au bout de trois jours , la cicatrisation complète a lieu dans 
l'espace de huit à dix Joui-s. 

Bibliographie. — Sichel, Considérations anatomtques et pratiques sur le ttaphylâmede 
a cornée et de l'iris {Archices génér, de méd,^ 1847, p. 315; et Iconographie^ p. 376). — 
Whartoa Jones, 1x>ndon Med, Gaz.^ vol. XXI, p. 847. — Quadri, Annales d'oculistique^ 
t. XLVI, p. 195; et Bulletin de thérapeutique, iSbb, t. XLIX, p. 188, et 185"), t. UV, 
p. 534. — Bowman, Lectures on the Parts concerned in the Opérations on the Eye^ p. 4. 
Londoiif 1849; et Annales d'oculùft., i. XXX, p. 43. — Borelli, Traitement du staphylôme 
de la cornée par la ligature modifiée {Congrès d'ophthalmologie de Bruxelles, 1857, p. 438; 
et Bulletin de thévapeuliqne, Paris, 1858, t. LIV, p. 531). — Glus. Areoleo, Nuove processo 
di stafilotomia per la cornea. Palermo. — Crilcbett, De l'excision du staphylôme {Ophth. 
Hospit, Rej)ortSy vol. IV, n* 18; et Annales d'oeulist,, t. L, noTembre et décembre 1863). 



ARTICLE XL 

KYSTES ET TUMEURS DE LA COBNÊE. 

A. Kystes et vésicules. — Il est excessivement rare de rencontrer à la 
surface de la cornée des collections liquides qui ressemblent à un kyste. Elles 
sont ordinairement constituées par un liquide clair et transparent comme de Peau, 
accumulé dans une poche formée par la membrane élastique anlérieure décollée. 

Desmarres (1) et Bowrnan (2) ont décrit deux cas de ce genre, sous le nom de 
kystes ou tumeurs séreuses, de la lame élastique antérieure. De Graefe et Weber 
donnent à cette aiïeclion le nom de kératite vésiculeuse. 

J'ai vu ces kystes se produire à la suite des abcès chroniques superficiels, ou 
à la suite de Topération de la pupille artificielle, lorsqu'une partie de l'iris était 
restée emprisonnée dans la plaie. Lliumeur aqueuse, restant longtemps en com- 
munication avec une poche qui se forme au-dessous de la pellicule cicatricielle, 
macère la membrane de Bowman et la détache sur une certaine étendue. 

Rien -n'est plus difficile à guérir que ces kystes. On doit enlever leur paroi an-» 
térieure, et cautériser ensuite, mais souvent la maladie récidive. 

J'ai rencontré souvent des kystes séreux au sommet d'un pterygion. 

B. Tumeurs véruqueuses. — Bowman a observé une tumeur de ce genre 
chez une femme âgée de vingt-huit ans. Cette tumeur, située un peu au-dessous 
du centre de la cornée, adhérait à Tiris. Sa surface était raboteuse, et l'on aperce- 
vait au microscope un grand nombre de papilles coupées en travers et très-forte- 
ment vascularisées. C'est peut-être h cette même catégorie de tumeurs qu'on doit 

(1) Deamarres, Traité des maladies des yeux^ t. II, p. 377. 

(2) hoYfmBn, Annales d'oculistique ^i,XW^ p. M. 



32^ MALADIES DE LA CORNÉE. 

rap|)orter celles que Fél.-Ant. Guérin (1) et Delavigne (2) oui opérées. Iaî papil- 
lome de la cornée, opéré par Szokalski, présente aussi quelque chose d'anakip. 

C. Épithélioma et Cancer. — Les tumeurs épithéliales et caucéreiiscsJebj 
cornée ne sont pas irès-rares ; elles sont le plus souvent situées près de son Iwri,] 
et paraissent prendre naissance dans le limbe conjonctival. 

Ordinairement elles sont arrondies et régulières, leurs bords frauchetnentaco»] 
tués, et des vaisseaux nombreux arrivent de la conjonctive. 

Les cancers primitifs, développés au centre de la cornée et loin du bord 
jonctival, sont tout à fait rares. Slellwag von Carion en a rapporté un cas. 
ma part, j'ai eu l'occasion d'opérer avec le docteur Gueneau de Mussy unei 
qui portait un épithélioma du centre de la cornée, sans aucune trace d'alto 
ni à la conjonctive, ni à la sclérotique (3). 

Traitement. — Â l'origine même de raiïection, on peut se contenter d'( 
pation de la tumeur et de la cautérisation de la surface dénudée avec un cat 
quelcon([ue. 

C'est ainsi que Foerster, de Breslau {U), a enlevé une tumeur cancéreuse di| 
cornée en faisant une sorte d'abrasion. La tumeur n'avait pas atteint la sul 
propre de celle membrane. L'instillation du collyre au sulfate de zinc conc 
a suflG pour amener la cicatrisation de la plaie. 

Mais si la tumeur prend une extension plus grande, il faut alors enlever 11 
sphère antérieur de l'œil, ou bien faire une énucléation du globe de l'œil tout eDt 

Bibliographie. — Hermann Berthold, Zur Casuistik der an der llomhautgrenze 
kommendem Carcinom und Sarcom (Archiv f. Ophthalm,^ Bd. XIV, Abth. III, p. 149).' 
Pétrequin, Annales d'oculist., t. XXI, p. 130. — Magni, Sarcome de la cornée (Ai 
d*oculùt,j t. Ll, p. 223). — Szokalski, Papillome de la cornée {Annales il' oculist., t. 
p. 60). 

ARTICLE XIL 

PROTHËSË OCULAIRE (OEIL AUTIFIGIEL). 

Les alTections oculaires amènent bien souvent, comme nous l'avons vu daus 
articles précédents, la destruction totale de la cornée. Dans d'autres cas, c'est 
chirurgien lui-même qui est forcé d'enlever, soit l'hémisphère antérieur de i' 
soit le globe tout entier. 

L'enfoncement des paupières ainsi que la diiïormité disgracieuse qui en résullttl 
ont fait naître la nécessité de remplacer la partie détruite de l'œil par upepîèoi 
arliGcielle. 

(1) Fél.-Ant. Guérin, Tmité sur les maladies des yeux. Lyon, 1769, p. 210. 

(2) Delavigne, Annales d'oculistique^X, 1, suppL, p. 113. 

(3) Observation. — J*élais appelé par le docteur N. Gueneau de Mussy à soigner tfl , 
malade atteinte d'un cancer situé au centre même de la cornée, et dans lequel ni la conjoiOr : 
tive, ni le reste de l'œil n'avaient subi aucune atteinte. Ayant pratiqué avec le concours oif- 
géant de cet émineot praticien l'amputation de rbémisphére antérieur de l'œil, j'ai rraiiiii< 
pièce à Ha*nvier et Coriiil, et les recherches microscopiques qu'ils ont faites ont détDOflbi 
l'existence de tous les éléments du carcinome, qui n'occupait que les couches superOcielles 4t 
la cornée, pendant que la substance propre de cette membrane était complètement saioe. b 
tumeur n'avait aucune communication avec la conjonctive. 

[k) Hermann Berthold, Archiv von Gmefe, Bd. XIV, Abth. 2, p. 152. 



PROTHèSE OCULAIHB ' OBII. AHTIFICIF.I. : . 335 

Des letiutivea înfnictueDRes oui iié laites par Uiinly, Reiainger, Pluviez et 
Abatte (t) pour la traïuplaoUtioa de la cwoée de« aniaiaut sur les yeux de 
rhomnw. 

Nussbauni (de Munich) et d'autres chirurgiens n'out pas été plus beureux 
lorsqu'ils ont voulu remplacer la cornée par un morceau de verre. 

Il est évident que rien ne peut tenir lieu de celle tunique quand elle ■ été 
détruite, et loisqu'offa affaire i ces cas malheareut, il ne faut pas songer au réia- 
hlissemeiit de ta vue, mais on doit chercher i remédier simplemeal à la dilfor- 
inilé. Ce résultat est obtenu au moyen d'un œil arlificiel que l'on adapte entre les 
paupières. 

AmbroigeParé(2]a donné, le premier, la description d'un œil artificiel, dont on 
se servait en son temps. Fait d'ahord d'or ou de cuivre, on le construisit bienlAl 
en émail. 

Les yeux arliricii'ls sont ordinairement d'une forme demi-elliptique; la partie 
qui imite la sclérotique est en émail blanc, sur lequel on fait reproduire de petits 
vaissciui rouges. Vers le centre, la lamelle postérieure représeiile l'iris avec sa 
couleur et ses filires, avec une tache ronde noire au milieu, qui représente ta 
pupille. Au-devant de cette lamelle se trouve une lame mince de verre transpa- 
rent qui simule la cornî-e. 

Aujourd'hui la fabrication des yeui artifîciels est arrivée i une (elle perfection 
qu'elle ne laisse plus rien à désirer. L'imitation de la nature est si parfaite qu'on 
voit tous les jours les médecins et les gens du monde se méprendre â cet égard, 
l'our mon coiupie, j'ai vu plus d'une fois des médecins prendre un cet] artificiel 
pour celui dont le malade voyait le mieux. Les meilleurs fabricants, i Paris, sont ; 
<:olflR)h-Boissoiine3u, Boi*i$onneau fils et le docteur Desjardins de Morainvillc. 

Volume et forme, — II importe beaucoup que la forme et le volume de l'œil 



Kio. 16d. — (Eil artiflci.-! Fjr.. 185. — OEU aniUricl fio- 166. — (Kil artiû.iel 
.tispoi^- pour fonloiirniT crHuiarrI-Miraiill. ilisposé pour contourner de» 

des bri'le* cii.nlrifHli'*, lirides cicalricrcllM. 



soient conformes au volume du moignon et k la forme de la cavité orbiuire. Un 
moignon pins petit exigera un œil d'un volume plus grand, et vice venu. 

Lorsque l'œil a été éniidéé par la méthode d'Am. Bonnet {de Lyon), il reste 
encore nu (wiit moignon formé par les muscles et les sinus de l'orbite, ce qui 

(I ) Aliatic. /J? la ttéok>^lop$ie ou de la vision par cornée artifiddU (Bull, de ÏAcad. 4e 
mid. Paris. 1362, t. XXVlll, p. 86 ; et Bu//, dt Ihérap., 186Ï, t. Wlll, p. 47*). 
(3) A. Part, (IKurrtt com^ilet, édilioa Htlgaipw. Ptri*, 1840. 



3^ MALADIES De LA CXMWÉE. 

^^^ i rœil «ftak^ f eiéaitcr certain, rnooTemoiis, qooiipe iiieoiiipleti. 
i;œil artificiel dem oèceanireiDent arar alors oa t ofome plus grand que dm» 
les aoircs cas. 

S'il existe dfs brides cicatricielles qoi rattachent le moignon i Fnne des pao- 
pières, Topil artificiel présentera des écfaancnires dans les parties correspoodanles 
aai brides. Noos devons id rendre justice k l'exécntion intelligente avec laqoele 
le docteor Dcsjardins de Morain? îDe a sn adapter les proth^ oculaires dans les 
cas les plus difficiles, où les brides permettaient à peine i un onl de se maiotesir 
en place. Une benreose combinaison de formes et d'échancrures sur le rv4M>rd de 
la pièce d email surmonte très-soufent les plus grante difficultés. 

époque (Tapplicatim de la prothhe oculairf. — La prothèse ocublr« pem 
être appliquée aussitdC que llnflammaUoo consécutÎTe k l'opération aura cessé. 
Pourtant on aurait tort de croire que ce n*est que lorsque toute la rougeor cou- 
joncUTale a disparu qu'il faut placer la pièce d'émail. Tout au contraire, le frotte- 
ment d'une pièce lisse et polie contre la conjonctiTe engorgée et couverte de 
bourgeons charnus iait souvent disparaître ces bourgeons. 

On peut commencer à porter la pièce d'émail trois ou quatre semaines aptes 
l'eitirpation de Toeil, et six semaines à deux mois après l'amputation de rbémi. 
sphère îiKérieur. 

Les premiers jours, on ne la garde que pendant troâ ou quatre heures, et Tom 
s'y habitue peu à peu. 

En général, on ne doit pas laisser l'œil artificid dans l'orbite phis de qaime à 
vingt heures : c'est pourquoi il est de règle de l'enlever pour la nuit, et de le 
mettre dans un verre d'eau tiède et non trMe, autrement il pourrait éclater par 
suite du changement de température. 

Quant ï l'âge, il nS a que l'extrême enfano; qui contre-indique l'empfoi de la 
prothèse oculaire. Boycr, Dupuytren et Roux l'ont souvent conseillé pour les en- 
fants de cinq à six ans. Chez un enlant de quatre ans, que nous ai ons soigné en 
\ille avec le docteur E. Barthez, et qui avait un ceil atrophié depuis sa naissance, 
nous avons fait porter avec avantage la prothèse oculaire pour prévenir le lar- 
moiement, ce qui a parfaitement réussi. 

3ffxle (inapplication. — L'introduction de I œil artificiel est très-simple : après 
l'avoir humecté dans de l'eau, on le saisit par son bord inférieur, entre le pouce 
et l'index de la main droite, et on le glisse au-dessous de la paupière supérieure, 
fortement éc artée avec la main gauche. Une fois la moitié de la prothèse introduite 
souM cette dernière, on engage son bord inférieur dans le cul-de-sac conjonctival 
inférieur cl Ton ferme l'œiL 

Pour enlever un œil artificiel de l'orbite, on abaisse la paupière inférieure avec 
l'index de la main gauche, et l'on introduit la tête d'une grosse épingle dans l'angle 
interne, sous la coque d'émail. En appuyant avec celle-ci d'arrière en avant, on 
fait faciU'ment sauter la pièce en bas, sur un mouchoir ou tout autre linge devant 
lequel on se tient pendant cette opération. 

On ne doit pas oublier que l'introduction de l'œil entre les paupières, de même 
(|ne ^on extraction, présentent quelques dangers pour Tceil d'émail, qui, luisant 
et poli, peut s'échapper des doigts, tomber sur le parquet et se briser; c'est pour- 
• ou aura soin de prendre les précautions que nous venons d'indiquer. 



PROTHÈSE OCULAIRE (OKIL ARTlPiaEL). 327 

Conditiùtis d'un œil artificiel bien confectionné. — 1* Un œil arlificiel ue 
remplit son bat que lorsqu'il n*est ni trop grand ni trop petit II n'est pas trop 
grand, quand les deux paupières peuvent se rapprocher l'une de l'autre lorsqu'on 
ferme les yeux. Il n'est pas trop grand lorsqu'il ne repousse pas la paupière supé- 
rieure en avant^ et que celle-ci peut exécuter librement tous ses mouvements. 

2° La prothèse oculaire ne remplirait pas son but si la pièce était trop petite : 
les paupières n'auraient pas alors un appui suflBsant et ne pourraient s'ouvrir 
convenablement. 

3° Un œil artificiel ne doit gêner le malade dans aucun de ses mouvements; la 
moindre souffrance indiquera une trop forte saillie de ses bords, ce qu'il faudrait 
corriger. Après l'énucléation il reste souvent une bride tendineuse à l'angle externe, 
qui exige une échancrure correspondante dans la prothèse oculaire. 

U^ Un œil ne doit être ni trop petit, ni trop grand ; il exécutera alors tous les 
mouvements normaux. 

.5* Il faut que la couleur de l'iris et de la sclérotique soient les mêmes que 
dans l'œil sain ; que les vaisseaux sillonnent les angles, et que la pupille ail la 
même dimension que dans l'organe sain regardant au loin, et qui se trouve dans 
un milieu à demi éclairé. 

6"* La cornée et la pupille doivent se trouver un peu en dedans^ afin que les 
deux yeux présentent un léger degré de convergence. La cornée ne doit pas être 
ni plus haut ni plus bas par rapport à l'autre œil. 

T*" Les pièces d'émail doivent toujours être d'un poli irréprochable ; les moin- 
dres rugosités irriteraient au contraire les paupières. C'est pourquoi il faut im- 
médiatement changer la pièce lorsqu'on s'apercevra qu'elle est devenue terne et 
dépolie par l'usage. 

8o Les angles et les bords seront tout à fait lisses et émoussés, de même que 
toutes les échancrures. 

9"* Un œil artificiel doit être aussi léger que possible ; il ne doit pas être non 
plus par trop mince, autrement il se briserait sous les doigts ou par les seuls 
efforts contractiles des paupières. 

Quelquefois la prothèse oculaire reste complètement immobile dans l'orbite, 
lorsque l'œil a été extirpé en totalité avec les muscles; cet inconvénient n'existe 
pas après une énucléation par la méthode de Bonnet. 

Chez certains individus, qui ont les yeux enfoncés, une énucléation laisse un 
enfoncement disgracieux au-dessous de l'arcade sourcilière. Critchett corrige cette 
didbrmité en appliquant des petites ligatures de fil d'argent au-dessous du sourdL 

Bibliographie. — Ambroise Paré, Œuvres, Édition Malgaigne. Paris, iS/kO, t. Il, p. 603. 
— Hiizard-Mirault^ Traité pratique de i'œii artificiel. Paris, 4818. — Desjardins, Prothèse, 
anl artificiel [Bull, génér, de thérap,^ \^Zi)\ t\ Essai sur thyttropisie^ e<c., suivi des 
Réflexions sur rophthalmoplastie, thèse de Paris, 1837, p. 3. — Kitterich, Dos Kinit^ 
liche Auge. Leipzig^, 1852. — Boissonneau père. De la prothèse oculaire (Comptes rendus 
du Congrès d'ophthalmoiogie^ i 858, p. 434). — Burow, Notiz ùber kùnstliche Augen 
(Archiv f. Ophthalm,^ Bd. VI, Abth. 1, p. 111). — Debout, Restauration de forgane de la 
vùton (Bull, de thérnp., 1862, t. LXIU, p. 417 ; 1863, t. XLIV, p. 188 ; et 1864, t. UVIII). 
•— Gaujot et Spillmann, Arsenal de la chirurgie contemporaine. Paris, 1870, t. II, p. 1 
et suiv. 



SIXfÈHE PARTIE 

SCl.Êm*TI9IIB 

CHAPITRE PREMIER 

AMATOHIE ET PHTSIOLOOIE 

Hmttamli — La Klérolîque Mt me membraiie fibreuse qui reiMilue |m cinq 
litiémei de la coque oculaire (fig. liS, 1). 

Elle eit recouieUe ep >*id1 P>r la niDJonctiie, qui l'unil ■ elle au moyen du û^m 
cellulaire irès-IAche. Ao-desMi» de ces couches se trout e la capsule oculo-palp^brale, 
ou cap«ule de TeooD. qui, en doablanl le eul-de-uc conjonctÎTa), s'arance mr la 
([lobe jiuqui une diitaoce très- rapprochée de la comée, revient sur elte-ioénie, et 
■'étend en arrière sur la «irlérolique jusqu'au nerf optique. De celle inuiïéra, «Ne 
(orme une coque apon^rrotique qui le moule complètement Mir la MUrotiqne m U 
adhère d'une maniire aiseï jotime. 




CapMilr da Tenon raeoamnt la KlAroUque aiaii qus le point d'inteHia* 



l.a capsule oculo-orbitaire EMmit dea gaines apooérrotiques à tous les muscles 
(le l'œil, [f autre pari, ces mêmes ^ues s'élargisienl en a*anl et se réunifseil les 
unes sut lulres, ainn que l'onl démontré B. Anger .1) et Péan. La l^re 167 
représente exactement celle diipotilion de la gaine dei rouiclei ainsi que celle de la 
capjiile s'aTancanl loal prés de la cornée. 

I.VfMiMifur de la sclérotique varie suiiaDt l'ige e( les iaditidus; elle n'est paa non 
plus uniforme dans loules ses porltooi. C'est dans le ïi-gment poslrrieur qu'elle a le 
plus de densité et d'épaisseur, de sorte que, au pourtour du trou optique, elle mesure, 
d'après J. Cnireilbier, Sée et Bowman, I millimètre. A mesure qu'on se rappiocbe 

(1) Bnj. Aaf«r. NoKMau 4lémtnti ^aneitomit ehirurykûk. fui», I86V(P. 313. 



ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE. 



329 



de la partie équaloriale, elle s^amÎDcit graduellement et n'a que 0""",i d*épaisseur 
UQ peu en arrière de l'inserlion des muscles: puis, arrivée près de la cornée, elle 
s*épaissit de nouveau et mesure O'^yS d'épaisseur (fjg. 468). 



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<J.£'i.>.S^ 



FiG. 168. — fjoupe du globe oculaire (*). 



La couleur de la portion visible de la sclérotique est blanchi^tre ou blanc bleuâtre ; 
souvent on remarque à sa surface des taches grisâtres ou brunâtres constituées par 
des cellules pigmentaires incrustées pour ainsi dire dans son épaisseur, comme Ta 
démontré Talko (Je Lublin). 

Slnicttire, — La sclérotique est formée par des faisceaux du tissa fibreux, dont 
les uns sont disposés dans la direction des méridiens et les autres sont parallèles a 
réquateur de Tœil. Ces fibres sont très-serrées et s'entre-croisent les unes les autres 
à angle droit (fig. 169'. Ces différents faisceaux sont séparés par de fins réseaux 
de fibres élastiques, qui semblent présenter par places des cavités semblables à des 
canaux. Des masses pigmentaires se rencontrent surtout à la surface interne. 

Vaisst'utix. — Les arUres et les veines sont très-nombreuses dans la sclérotique; 
ce sont les ciliaires courtes postérieures qui forment autour du nerf optique un cercle 
vasculaire, dont une grande partie est destinée à la choroïde, mais dont un certain 
nombre se répandent dans l'épaisseur de la «clérotique. Le» ciliaires courtes anlé- 



i, «•l«'Tot'njii<» : i, «'onjoiH-tivo ; 3, corn«'e ; 4. Iamt> «''laittiquc nntêri<>nre «le !• r.iroée ; 5. «fpithi^Iiuni cl«» U 
; 0, mvuhrart^ fl>> Draioiin* : 7, ligament pi^rtiDo ; 8, rutal de Fi>otaQa ; 9, choroiie ; 10, couche fignifit- 



foruée ; ( 

ttiii-e <le !a choroi!*" ; \\, \\\ort."i tW'in\rrs \ ii, innurin ciliaire; 13, filire» orbicnlaires de re ran«ole; 44, iri*; 
15, rétine: 16, oerf «iptique ; 17, arttre centrale de U rétine; 18, f»i*se central**; 19^ jMtrtio antérienra tU la 
rétÎDO et ora $erm'<f .20, hvaloide: 21. »a division en d«»tix renillet» ; 22, feiiillot antèrienr de i'hyal«ilde on zone 
de Zinn; 23, le mAm» xectionm'; dans linterralle de denx pmcër ciliaireu; 24, fenillct po«tériearde l'hyalolde: 
25, canal de Petit: 2l». cristallin : 27, liiçne indignant l'attache du feuillet fM)»térienr de l'bvaloide f>nr le cris- 
tallin ; 28, li.i;Qe ooduleuce indiquant l'attache de la zone de Zinn; 29. ^ur[>s vitrt': 'iO, cliamhre antérienre ; 
31. chambre pr>fterienre (Beanni» et Boncbanl). 



SIXIÈME PARTIE 



CHAPITRE PREMIER 

AHATOHIK ET PHTSIOLMIE 



AN«t«Ml«. — La utéroliqiie eti UM nwBibranfl Bbreuae qui roiiKiîliie Ici cinq 
■îiièmei de la coqua oculaire (Og. ItS.l). 

Elle eil recouverte eo aTenl parla conjonctÎTe, qui s'unît k elle au moyen du liuu 
cellulaire trèi-lftcbe. Ao-dewout de cei couebea h trouve la capiule oculo-palpébrale, 
ou captole de Tenon, qui, en doublant le cul-de-«ac conjonctiral, s'avance aur ù 
globe juiqu'l une diiUnce irèi-rapprocbée de la tamée, revient tur elle-même, et 
s'étend en arrière aur la Klérotique jusqu'au nerf optique. Da cette manière, alb 
forme une coque aponérrolique qui le moule complètement *ur la «clérotiqoe ai loi 
adbire d'une manière aiaex inlime. 




Captuir da Tenoa racoamal It MMralfqiM ainti qve le potni J'iniiillan 



U capaule ocuto-orfallaira (buraîl des gstnea apoDirrotiquea k loua let muMlca 
de l'œil. D'autre part, cet mAmet gaines aVlBrfiaaenl en aianl ut se rénnineni les 
unei aux autres, ainsi que l'oat démontra D. Anger il) et Pisn. La ligure 467 
repi^sente nactemenl cette dispositiM de la gaine des muscles ainsi que celle de la 
capsule l'avantanl tout près de la cornée. 

l.VfMii'ncKr de la iclérotique varie suivant l'Ige et les individus ; elle n'eil pat MB 
plus unirorme dans loutea tes portions. C'est dans le fcguienl posti-rieur qu'elle a le 
plus de densité et d'épaineur, i)e sorte que, au pourtour du trou optique, elle inenire, 
d'après J. Cruveilhier, Sée et Bowman, 1 niilltmiin;. A mesure qu'on se r 



(1) Benj. Anger, NoMMUiix iltmtiili tt 



lie. Paris. 1889, p. 311. 



ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE. 



329 



de la partie équaloriale, elle s'amiDcit graduellement et n'a que 0""",4 d'épaisseur 
un peu en arrière de rinserlioo des muscles: puis, arrivée près de la cornée, elle 
s*épaissit de nouveau et mesure O'^jS d'épaisseur (Bg. 468). 






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17 



13 



FtG. 168. — fioupe du globe oculaire (*). 



^A£^^.S^ 



La couleur de la portion visible de la sclérotique est blanchâtre ou blanc bleuâtre ; 
souvent on remarque à sa surface des taches grisâtres ou brunâtres constituées par 
des cellules pigmentaires incrustées pour ainsi dire dans son épaisseur, comme Ta 
démontré Talko (de Lublin). 

S/n(cti<re. — La sclérotique est formée par des faisceaux du tissa fibreux, dont 
les uns sont disposés dans la direction des méridiens et les autres sont parallèles h 
réquateur de Tœil. Ces fibres sont très-serrées et s'entre-croisent les unes les autres 
à angle droit (fig. 169). Ces diiïérents faisceaux sont séparés par de fins réseaux 
de fibres élastiques, qui semblent présenter par places des cavités semblables à des 
canaux. Des masses pigmentaires se rencontrent surtout à la surface interne. 

\ah%*'axkx, — Les artf^res et les veines sont très-nombreuses dans la sclérotique; 
ce sont les ciliaires courtes postérieures qui forment autour du nerf optique un cercle 
vasculaire, dont une grande partie est destinée à la choroïde, mais dont un certain 
nombre se répandent dans Tépaisseur de la sclérotique. Les ciliaires courtes anlô- 

(•) i. »flproli<|nc; 2, coiijoiictivj»; 3, cornée ; 4. lain*^ i-l8i>ti<|iiP antériptin* «le la l'oroéo ; 5, »'pilhéliiim tlf lu 
cornée ; 6, meoihruiKf «!•• Domuui-'* ; 7, licament pecttD«> ; 8, canal «le KDOtaoa : 9, choroiie ; 10. coucbe f>if;mcii- 
tiiire (le la choroiilt* ; 11. }iriM«'t< «-ilinire!»; IJ, mni^cle ciliaiit» ; 13, filire» orbicnlair«« de ce muscle ; 14, iri»; 
15, rétine: 16, neif optique; 17, artère centrale de U rétine; 18, fo«!«i* central*'; 19. parti» antérienre lU la 
i-étine et ora gerrntn ; 20, liyaloule : 21 . un division en deux Teuilletu : 22. feuillet antérieur «le Tliyaloide ou i»nc 
de Zinn: 23, le même sectionné daim l'intervalle de denx procéi> eiliaiien; 24, fenillrt pontérienr de l'Iiyalolde: 
25, canal de Petit; 2(1, erihtallin : 27, liirne indiquant l'attache du feuillet postérieur «le rhvaloide sur le cri^- 
tallin; 28, li^ne onduleuM! indiiiuant l'attache de la zone de Zinn; 80. rorps vitré; 30, chambre antérieure: 
31. chambre postérieure (Beanni» et Bouchard) . 



330 MALADIES DE LA SCLÉROTIQUE. 

rieures, ou iniuculaires, fouroissenldes branchas capillaires pour Ib porlion ■ 
de celle membraDe. Au pourtour de la cornée, il existe un plexus TeiDCtn, 
de vaisseaux IrèS'Serrés, resseniblani beaucoup à un canal et désigné >oai I< 
cercle vasculaire de Hovius, ou canal Fontana. Dolbeau et Trélal ont rail de t 
préparations de ces laisseaui qu'on peut voir dans le musée Orfila. 



Fie. 1S9, — Section de la ulërotique suivant b direction d'un méridien ( 

Jusqu'à présent, l'existeoce des lymphatiques dans la sclérotique n' 
bien démontrée; Leber en a trouvé pourlanl au pourtour de la cornée. 

Nerfs. — Les ncrrs ciliaires passent à la surlace interne de la sclérotiqu 
porter à la membrane lasculaire ', mais, prés de l'om serrata, ils donnent d< 
cule.i au muscle accommodaleur, lequel est Intimement lié, i sa partie anti 
la sclérotique. 11 est donc très-probable que des fllets nerveux se rendent i 
l'épaisseur de cette membrane. Bochdalek et Kuliiker en onl, du reste, 
l'existence. 

n>7Bl*lacl«. — La sclérotique est une enveloppe protectrice des in< 
internes de l'œil. Elle est Irès-dense, épaisse, et résiste à toutes les viol 
viendraient du dehors. C'est ainsi qu'elle résiste jusqu'à un certain point à la 
exercée par les muscles droits externes, qui, en se contractant, comprimenl 
de l'oeil dans tous les points de leur contact. 

D'autre part, grâce A son élasticité, elle peut se distendre jusqu'à un cerli 
et elle permet ainsi à l'œil de contenir une quantité de liquide plus grande 
dinaire pendant certains troubles nutritifs et les inflammations, ce qui pi 
compression des membranes internes. 

Hais, dans certaines conrormations particulières, la sclérotique est trés-4 
dore, sa distension devient impossible ; dans ces c«a, la moindre augmeo 
la sécrétion iulra-oculairo amène une compression des nerfs ciliaires el 
optique, qui se traduit par un état palliologique connu sous le nom de gtaw 



CHAPITRE 11 

MODE D'EXPLORATION 



L'examen à l'aeil no est le seul moyen capable de renseigner exictemei 
rurgien snr l'état de la sclérotique. Eu sonlevaut la paupière supérieiire, 
minera atlentitement son aspect général dans l'un et dans l'autre «il, ■ 

n •■ cmcliÉi aaptrfKXifi Jn fiiiMini GbrHu d« 1> Klintiiiuai i. Hclios d'un P*ti( naHi 

(J. Cn.v.Lll>i.r.) 



PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE. 331 

ion depuis le bord coruéeu jusqu'aux parties équatoriales de l'œil; on s'assurera 
li, dans toutes les parties visibles, la courbure de c«tte membrane est régulière- 
nent sphéiique» et si elle ne présente ni bosses, ni élevures spéciales, ni 
lépression. 

On rencontre souvent sur la sclérotique des taches pigmentaires anormales 
s^isâtres ou brunâtres, très-fortement accentuées, et qui pourraient faire croire à 
l'existence d'un état morbide, provenant de l'amincissement de cette membrane. 
Ges taches sont constituées par les cellules pigmentaires implantées dans la scléro- 
tique et différent des taches morbides par les contours nettement tranchés. 

L'étal des vaisseaux scléroticaux doit aussi être examiné avec la plus sérieuse 
attention ; les uns sont fins et capillaires, et, une fois congestionnés, ils impri- 
ment à la sclérotique une coloration rouge, livide, uniforme, comme on l'observe 
ians les sclérites. D'autres vaisseaux, volumineux^ forment des cercles vasculaires 
au pourtour de la cornée; ceux-ci ne sont plus liés aux affections de la scléro- 
tique, mais ils indiquent une gêne de la circulation dans la membrane vasculaire 
de l'œil. 

Dans les atrophies du globe de l'œil, la sclérotique ne pouvant plus résister à la 
pression des muscles et n'étant point soutenue par le corps vitré, atrophié, s'af- 
faisse et se déprime dans la direction des muscles droits. 

Dans la région postérieure du globe de l'œil, la sclérotique peut subir aussi des 
altérations plus ou moins accusées; mais comme les altérations simultanées de la 
choroïde correspondante permettent seules de les reconnaître, nous ne pourrons 
nous en occuper que lorsque nous traiterons des affections des membranes pro- 
fondes de l'œil. 



CHAPITRE ni 

PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE 

L'étude des affections de la sclérotique a présenté de tout temps des difficultés 
considérables, et l'on ne savait pas souvent si son injection était idopathique ou 
consécutive à une affection d'autres membranes de l'œil. C'est pour cette même 
raison que Velpeau (1) a mis en doute l'existence des sclérites, disant que l'anneau 
vasculaire radié à la partie antérieure de la sclérotique, le larmoiement et la pho- 
tophobie devaient être rapportés aux maladies de la cornée et non à celles de la 
sclérotique. 

Telle n'est pas notre opinion. Nous pensons que le tissu propre de la sclérotique, 
de même que la capsule fibreuse dont elle est enveloppée^ peut être affecté d'une 
manière primitive et en dehors de toute altération de la choroïde. 

Nous acceptons pour les affections de la sclérotique la classification suivante : 



Périsclérite ou syndesmite ijculaire. 

Sclérite parenchyraateuse. 

Blessures et ruptures de la sclérotique. 



Staphylômes de la sclérotique 
Tumeurs. 



(1) Yelpeau, Dictionnaire de médecine en 30 vdhmies, t. XXII, p. 145. 



332 MALADIES DE LA SCLÊROTIQUi:. 

ARTICLE PREMIER 
PÉRISGLÊRITE OU SYNDESMITE OCULAIRE. 

La sclérotique est enveloppée dans toute son étendue de la capsule de 
qui y adhère très-intimement et forme au bord de la cornée comme 
et même membrane. Mais le tissu de ses deux membranes a une structi 
rente, et Ton comprend très-bien que l'enveloppe fibreuse peut s'enflai 
))endamment de toute altération du tissu sclérolical. Nous donnons à 
tion le nom de périsclérite ou syndesmite. C'est l'ophlbalmie sous-cooj 
d'Amnion. 

Sympiomaioiosie. — Au début» la maladie est irès-peu prononcée;] 
marque une rougeur limitée à une partie isolée de la sclérotique et qui esl( 
pagnée d'un léger soulèvement ou bosselure à la surface du globe de l'i 
rougeur est constituée par un réseau vasculaire très-fin, et contrair< 
qu'on observe dans les conjonctivites, elle ne disparaît pas totalement 
fluencc de la pression avec le doigL Au centre de l'élévation, la roi 
plus vive, presque d'une teinte- livide, et, h mesure qu'on se rappi 
limites, elle devient de plus en plus pâle pour disparaître complètement 

Cette aiïeclion se développe le plus souvent à la partie externe du globe 
au-dessous du point d'insertion du muscle droit externe; mais d'autres 
cette membrane n'en sont pourtant pas exemptes. Elle peut occuper 
limité pendant (ouïe la durée de la maladie, sans que le reste de la scU 
prenne part. Dans d*autres cas, la maladie gagne les parties voisines, et 
le premier point guérit, de nouvelles élcvures apparai>sent, soit en bas, 
haut, et prolongent la durée du mal. 

Dans quelques cas, rares il est vrai, j'ai vu le blanc de l'œil devenir ii 
la maladie envahir le globe de l'œil tout entier et ne céder que très-lente 
traitement institué. 

Cette aiïeclion n'est accompagnée pendant longtemps d'aucun symptôi 
tionnel morbide ; l'œil n'est ni douloureux ni sensible pour la lumière^ et i 
de sécrétion d'aucune sorte. C'est pour cela que les malades n'ont rei 
decin que lors(|u'ils s'aperçoivent que la rougeur ne se dissipe point d*< 
La chronicité est donc un des symptômes caractéristiques de la sclérite. 

A une certaine période de périsclérite, l'inflammation prend uneexit 
grande; la conjonctive ei le (issu cellulaire sous-conjonctival se gonfleitl 
jectcnt fortemenl; il y a aloi^ de la photophobie et du larnioiement, 
entier devient sensible au toucher. Dans d'autres cas, l'afleciion est a< 
de douleurs névralgicjucs périorbiiaire». Ces névralgies peuvent être 
à l'iritis, ou bien elles sont ducs à la périsclérite elle-même. 

Une périsclérite pourrait à la longue se transformer en une sclérite, se 
cher de la cornée, envahir celte membrane et l'iris lui-même, et coostiti 
forme plus grave de la maladie. 

La périsclérite peut ùlrc suivie d'une suppuration; il se forme alors 
sclérotique et la capsule oculo-orbitaire une accumulation d'un lic|aide 



PÉRISCLÊRITB OU SYNDESMITE OCULAIRE. 333 

qui donne naissance à une tameur saillante et flucluanlc, soil en haut, soit en 
dehors de la cornée et à une certaine distance de cette dernière. 

Un de mes malades présentait, dans le courant de sa scléro-kératile, plus de dix 
foyci-s ou collections séreuses sous- capsulaires, qui étaient toutes situées au voisi- 
nage de la cornée.. Quelques-uns guérirent après une incision, d'autres disparu- 
rent tout seuls. 

' L*examen des membranes profondes de l'œil démontre, ordinairement, qu'au- 
cune d'elles n'est malade et l'iris lui-même n'est atteint que d'une manière excep- 
tionnelle. 

DiaKBostic dliTércBiiei — Une des maladies qui ressemble le plus à la péri- 
sclérite à son début est sans aucun doute une phlyctène développée sur la con- 
jonctive bulbaire, surtout au voisinage du piaguécula. Là, la rougeur est assez 
uniforme et ressemble à celle de la périsclérite. Mais si l'on prend en considération 
Tcxistence d'une injection touie superficielle autour d'une vésicule transparente 
qui s'excorie ensuite, et Tapparition toute récente de la maladie^ il est im{)ossiblc 
de ne pas rcconnaîirc qu'il s'agit d'une simple phlyctène. 

Une iritis peut c|ue1qucfois commencer par une périsclérite; mais alors elle est 
acconipagiiée dès le début de douleurs périorbilaires très-violentes; l'alTection a 
en outre toutes les allures d'une maladie aiguè. 

Étloioffie. — L'épisclériie est uneaiïection chronique qui reconnaît i)our cause 
la diathèsc rhumaiismale, strumeuse et quelquefois syphilitique. Il ressort, en 
eiïet, de mes recherches, qu'elle se présente surtout chez les individus arthriti- 
ques et chez ceux qui ont souiïert à plusieurs reprises d'attaques rhumatismales. 

Je l'ai observé deux fois chez les individus syphilitiques, au moment où ils 
étaient atteints des éruptions syphilitiques tuberculeuses. Chez un de ces malades, 
la périsclérite ne s'était déclarée que dans l'endroit où avait eu lieu une contusion 
de la capsule de Tenon avec la pince à fixer pendant l'opération de la pupille arti- 
ficielle. 

Dans le courant d'un rliumatisiue blennorrhagique, nous avons vu, avec les 
docteurs Laurrain et Alf. Fournier, une syndesmite palpébrale dans les deux 
yeux. La rougeur était située dans la partie palpébrale, et elle était due à une in- 
flammation de la r4ij)sule palpébrale. 

Après l'opération de strabisme, il se déclare quelquefois une inflammation de la 
capsule de Tenon à l'endroit où elle a été coupée ou contusionnée. 

Celte affection se rencontre moins souvent chez les enfants de quatre à huit ans, 
ir.ais à partir de dix à trente ans on la rencontre assez fréquemment. 

Marche et dorée. — La périsclérite est une alTeclion chronique ; elle dure 
plusieurs mois, surtout lorsqu'elle se propage d'un point à un autre de la même 
membrane. £lle est sujette aussi à récidiver dans le point qui a été primitivement 
affecté. 

ProBostie. — Le pronostic de ta périsclérite est ordinairement favorable; elle 
guérit sans laisser de traces. Quelquefois pourtant le point enflammé suppure et 
peut même être un ulcère, comme l'ont rapporté Desmarres père et Bowman. 

Traltemeat. — Une fois la piTisclérite bien constatée, on doit tout d'abord 
chercher à diminuer la tension de la capsule de Tenon, ainsi que .sa vascularisa- 
tion exagérée. Un di*s moyens les plus efficaces est la méthode des scarifications 



33^1 MALADIES DE LA SCLÉROTIQUE. 

directes faites sar la tumeur avec un simple scariGcatear. L'inosioii 
profonde et pénétrer jusqu'au tissu propre de la sclérotique. 

L'instillation du collyre d'atropine^ sous la forme déjà indiquée, est 
pensable. On l'emploiera toutes les deux ou trois heures dans le bot de 
circulation et de rétrécir le calibre des vaisseaux. 

Si ce traitement reste sans efficacité, j'ai pour habitude de prescrire 
alternatif des collyres d'atropine et d'ésérine. 

L'application de compresses imbibées d'eau tiède ou d'une îofosîoii 
sureau ou de camomille peut être utilement recommandée. 

Mais le moyen le plus efficace pour combattre la périsclérite chroniqae 
contestablcment l'usage des douches de vapeur d'eau chaude admii 
moyen d'un appareil spécial, appelé vaporisateur (voyez Kératite), Ces 
doivent être prises une ou deux fois par jour pendant quinze à trente 
tous les jours ou tous les deux jours. 

Le traitement interne doit être dirigé contre la cause de la maladie; c'( 
que les |)réparations mercuricUes et iodurées seront indiquées dans le c»i 
philis, le sulfate de quinine et la colchique quand il s'agit d'un rhumatis 
d'une arthrite. 

BiBLiOGBÀPHii:. — Sichel, Inflamm, pari, de ia chot'mde sous-cohjonch'vnie {i 
thérap., 1847, t. \X1X, p. 209). — Ëdinburgh nied, Journ.j May, 1856. — Tij 
une forme particulière de sclérotite (Atm. (Toculist,, 1860). 

ARTICLK II 

SCLÊRITE PARENGHYMATEUSE. 

Le tissu propre de la sclérotique participe souvent à l'inflammation desi 
membranes de l'œil ; mais il n'est pas moins fréquent de la voir affecl 
inflammation interstitielle idiopalhiqne. 

Pendant longtemps on a discuté la question de savoir si les tissus fil 
neux, tels que les tondons, les cartilages et la sclérotique, sont si 
s'enflammer. Aujourd'hui cette question est résolue d'une manière affii 
si les plaies de la sclérotique peuvent se cicatriser quand elles sont pi 
réaction inflammatoire, de même le tissu propre de la sclérotique peut 
mer d'une manière idiopathique. 

Cette inflammation apparaît habituellement tout pi*ès de la cornée; eBij 
souvent son bord, et, au bout d'un temps plus ou moins long, elle gagoei 
nique et s'avance en forme de demi- cercle ou de l'arc de cercle comme bi 
la figure 170. La cornée devient dans toute cette étendue blanchâtre, 
la tache ainsi produite reste indélébile sur son bord, en y formant un 
Pendant toute la durée de la sclérite, le pourtour de la cornée est injecté 
dans une kératite ou une iritis. 

Voici les symptômes les plus caractéristiques de la sclérite: 

1° Vascularisation de la sclérotique, — Une tache rouge, livide, d'oo 
arrondie, apparaît, soit sur te bord de la cornée, soit à 5 ou 6 millim^ 
cette membrane ; elle se montre assez distinctement au milieu de la €■ 



SCLËRITE PABEHCHYMATEDSE. 335 

blanche da globe de l'œil. Elle esl cuiMlitnée par des vtisseïox capillaires tris-fins, 
développés dans la substance propre de b sclérotique. Ces vaisseani entrent en 
communicalion directe arec ceux de la choroïde. 

2* Saillie à la surface de la sclérodqiu. — Par suite de rinOamaiatiou de la 
subsliDce propre de la scléroiiquc, le lissu qui la consiitue éprouve du gonOemeiil, 
et, en eiamiaanl alteniiiement sa surface, un rcinarquers une bosselure plus ou 
moins étendue. Ponriant cette saillie n'est pas coiisiarile el elle est quelquefois il 
peu marquée qu'elle passe inaperçue; au contraire elle ne manque presque jamais 
dans les périsclérites. 




KiG. 170. ^ Sdériie parendijaMtcuie etopaciié* cooitcutirea sur l« bord de U comte. 

3° Coluraiion. — La vascnlarisation qui se développe dans la partie malade de 
la sclérotique amené un cliangement sensible de la couleur. Une lâche rougeâtre 
ou rouge livide se forme sur la sclérotique ; quelquefois elle devient foncée, gri- 
kâire, bleuàire ou noire; cette dernière coloration s'obserrc î une pÉricde plus 
avancée de la maladie, surtout lorsque ceilc-ci a duré des mois entiers et que la 
sclérotique a subi un aminci^ssemenl sensible. Cet amincissement atteint quelque- 
fois des proportions telles, que toute la partie antérieure de l'oeil apparaît noire, 
el que le globe devient complète inenl mou. 

&* Larmoiement. — C'est la senle sécrétion qui s'observe pendant les accès 
aigus de la maladie ; mais durant une période assez longue de la sclérile ce signe 
ii'eiisle point. 

S" Ùouleui: — Malgré la gravité incoiuestable de l'afTection et sa durée souvent 
eicessive, le glube de l'œil n'est le siège d'aucune douleur notable. Au toucher, 
cet organe devient pourtant assez sensible, surtout pendant les crises. 

Il arrive aussi que le malade éprouve une tension et une pression profonde dans 
l'orbite; l'œil semble être poussé en avant et comme s'il allait s'échapper de la 
cavité où il est logé. Ce n'est que dans des cas exceptionnels que la sclérotite 
parenchymaleuse est accompagnée de duuleun névralgiques assez intenses quoique 
de courte durée, mais qui reviennent par crises. 

6° P/iolophobie. — tlle eiiste quand la maladie occupe surtout la région péri- 
kéralique, ou bien lorsque des complications se manifestent du cOté de la cornée, 
de l'iris ou de la cliuroïJe. 

.flnrcke et d«rée. — La chronicité de celte allection eat une des circonstaaces 



336 MALADIES hK LA SCLÉROTIQUE. 

k laquelle on doit toujours faire atleution. Cette maladie, en effet, a une marche 
très-lente, et peut rester limitée i un seul point pendant des mois et des annéci, 
sans occasionner beaucoup de souffrance. Mais de temps à autre Tœil s'eoflaniiiie, 
devient rouge, l'injection périkératique partielleou géniM'aie s*accentae dafaotage, 
les douleurs acquièrent une inten^ité très-grande, et si Ton ne prend pas les pré- 
cautions nécessaires, on risque de voir surgir des complications du côté de l'one 
ou de Taiitre membrane de l'œil. 

Complications. — Quelques auteurs croient, à tort, qu'une sclérocife o*eit 
jamais isolée, et qu'elle est la conséquence d'une chomïditc antérieure. La scUïïth 
lite traverse très souvent toutes ses phases sans que la membrane vascalaire de 
Tœil y prenne part; mais, chez certains individus, des complications se maoifestent 
du côté d'une ou de plusieurs membranes oculaires. 

1. (^ornée. — Au début, elle n'est jamais sensiblement atteinte; des opacités 
périphoriqucs, en forme de cercles, se produisent quelquefob sur son bord. ATec 
les progrès de la maladie et après plusieurs crises successives elle peut s'opacifier 
sur une large surface et atteindre la partie centrale. 

2. Iris. — La sclérotite parencbymatensc s'accompagne assez fréquemment de 
I inllaniination de l'iris; la pupille se déforme, des échancrures se montrent par 
suite (les adhérences plus ou moins nombreuses qui s'établissent entre l'iris ella 
capsule. Kn conséquence on voit apparaître des synéchies postérieures plus oa 
moins nombreuses. 

5. Choroïde, — L'inflammation de la sclérotique peut se compliquer d'une 
choroïdite plastique, séreuse ou atropbique. Il survient alors des troubles ? isneb 
très-marqués, troubles, qui peuvent même compromettre la vue d'une manière très- 
notable. Ces cas sont assez rares; on les observe chez les individ