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Full text of "Traité pratique des maladies des nouveau-nés, des enfants à la mamelle et de la seconde enfance"

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TIUITÉ PRATIQUE 



MALADIES, DES NOUVEAU-NES 



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DES ENFANTS A LA MAMELLE 



DE LA SECONDE ENFANCE 



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OUVR 






VADTiOR 



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S. E.NrÀM:4fK'>i[|atfc^i4ka pour Aliaitement, le levrage. et le rhaf|| 
lie la'noumcB^Mt lefnDUvaau-d^' Sixii^ j^ilion, Paris, 1H74, 1 vol, in-18 jésuM 
5Upt|^uec 49 Ogures. * • « * | 

PATHOLOlilE UKMÉIAIE, DE SÉIIIOLMIE ET TE IlIAGNqBtTC, Comprenant H 

l'hisloiro générale de ta malndic, {et dilKrentes cliiKca des malBdiMy| 
l'anatuaûe palh<ilogii|ue générale et rtiislologin pathologique; le pronostic; la tliérapeuliqutff 
générale; les éléments du diagnostic par l'Étndc des sjniptdmes el l'i^mploi des mnj'^r 
physiques. Troiaitme édition. l'aris, 1815, 1 vol. in-8 de vin-1313 pages, avec 389 ItgurM. 

ÀT1AS D'opHTUAUloscoPlE HËlilCAl.E ET DE ctflËBHOSCOptE, montrant chez l'homme et chez les 
animaux les lésions du nerr optique, de la rétine el de la cborojde, produites par les 
nialiidics du cerveau, par les maladies de la nioello épinièrc et par les maladie; 
tulioimelles et Immorales. Parii, 1 
viimprenanl 137 Ugurea. 



1 vul. in-4, avec l^ planches chromolithographiécs 



TBAJTËitEa aiCMES DE LA HOftTct des moyens de ne paa être enterra vivant. Ùeuxiénie èdili 
Parie, 1871, I vol. gr. ia-lfijéiui de vj-106 pages. Ouvrage couronné par l'imtilul 
France el par l'Académie de médecine. 



Di' KERvusisilE aigu et chronique et des mala 
Hédccini? de l'aris. Deuxième éilition. Paris, 1877 



I vol. i 



(^ours professé à la Faculté di' 
I de hu-Wj pages. 



• L» VJE ET SES A'^BIBITS 

%tilion. I>ari8. 1876, i 



leurs rapports avec U«phil<»a^hle et la médecine. Deuxième 
-, .„._ ib-IH iéste, xxii-*t* piges. • 

P .'. * 

BSsToiHE 1$ LA seiiKiNE ■> oi.s wjïTHiKES *EDf;Ai.Ks. DeUrième édUion. Pan». 1*73, i vol. 
^8 lie chacun UO thigcs. 



BIACSllSTIC UE^llAt.AWES BU SYSTEME NEBVEU» M» I 

hIIm a Si planches cliromolithagrapliiées. 



i, 18(w. t V 



in-8, 



DlCnnKRAIRE DE MÉDECINE ET DE THËRAPEUTUIUE HËDICALE ET CHTBURGICALE, par E. Bouchut 

Cl A. ftesprésf Troisiénte idilion, 1B78, 1 vol. io-f de 1170 pa|A i deux colonnes avec^ 
m figures. 




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, ,> TRAITÉ PRATIQUÉ 

*' ■ DES 

'iittALADIES DES NOUVEAl-NÉS 



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DES ENFANTS A LA MAMELLE 



ET 



DE LA SECONDE ENFANCE 



PAR. 

E. BOUCHUT 

MÉDECllI DE L'HÔPiTaL DES ENFANTS MALADES 

Professeur agrëfé k la Faculté de médecine de Paris, 
Officier de la Légion d'honneur, 
Ghetalier des ordres des SS. Maurice et Lazare, d'Isabdlc-la-GathoIiquc, 

Conniandeur de Charles III, etc. 



SEPTIEME EDITION 

CORRIGÉE ET CONSIDÉRABLEMENT AUGMENTÉE 

Avec 479 fifires intercalées daas le teite 



•• 



Ouvrage couronné par Tlnstitut de France 



PARIS 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE et FILS 

Rue Hautefeuille, 19, près du boulevard Saint-Germain. 



■jOBdres 

BAQUÈRE/tINDALL AND COX 



Madrid 

G. BAILLY-BAILUÈRE 



1878 

Droits de traduction réservés 



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A MONSIEUR LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 



Monsieur le Ministre , 

Voici bientôt trente-trois ans que ce livre a été imprimé pour la 
première fois. C^est aux sympathies de plusieurs générations d'é- 
lèves que j'en attribue la propagation et le succès. Il est dans la 
bibliothèque de tous les médecins; il a été traduit en anglais, en 
allemand j en russe et en espagnol. — J'en donne aujourd'hui 
la septième édition, augmentée d'un grand nombre de recherches 
nouvelles et importantes. 

Si j'énumère un peu plus loin tous mes apports à la symptoma- 
tologie et au diagnostic des maladies de l'enfance, c'est moins par 
un sentiment d'orgueil, qui d'ailleurs serait suffisamment excu- 
sable, que pour établir le chemin parcouru par moi en clinique 
depuis l'apparition de ce livre. Cherchez et vous trouverez, dit 
l'Évangile : depuis trente-trois ans, je n'ai cessé d'observer, de 
chercher et d'enseigner à l'hôpital; il n'est pas surprenant, parmi 
tant de choses offertes à mes regards, qu'il s'en soit rencontré de 
nouvelles et dignes d'entrer définitivement dans la science. 

C'est pour moi un devoir de faire ces remarques, en pré- 
sence des injustices sans nombre dont j'jai été la victime de 
la part du gouvernement de l'instruction publique. Avec tant de 
découvertes cliniques en tout genre, avec les titres scientifiques 
considérables que j'expose à la première page de ce livre, et 
lorsque je puis me féliciter de voir tous ces ouvrages répandus à 
profusion dans le monde entier, comment n'aurais-je pas quelque 
fierté de mes œuvres. Mais celte glorification est inutile. Je ne 
jf uis que plaîadre la France où tant d'hommes célèbres ont été et 
sont tenus à l'écart des fonctions publiques au profit de médio- 
crités impuissantes. On n'a pas réussi à étouffer mon enseigne- 



# 



ment ni à me pousser au désespoir. J'ai combattu, en riant de mes 
adversaires et en prenant le masque du pseudonyme dans les con- 
cours académiques pour être sûr d'obtenir un prix qui ne m'eût 
jamais été accordé sous mon nom véritable. Soutenu par celle 
passion virile du travail, qui élève l'âme au-dessus des atteintes de 
l'intrigue et qui entretient les ardeurs du dévouement à la science, 
je me suis complètement relégué dans l'étude de l'homme malade. 
Là, il n'y a plus d'ennemis. On ne peut craindre que son insuffi- 
sance: mais si Ton parvient à en triompher au point de pouvoir 
saisir quelques phénomènes ignorés ou mal connus, alors on se 
trouve bien dédommagé de la critique des impuissants. 

Ce que j'ai découvert a été contrôlé par le public d'élèves et de 
médecins qui m'a entouré dans mon enseignement clinique. Cela 
me suffit. J'ai su voir et comprendre ce que d'autres regardaient 
sans voir. J'ai eu du bonheur à le chercher et à le dire, une satis- 
faction non moins grande à l'écrire, et ces plaisirs-là sont, en 
France, la véritable et souvent l'unique récompense du savant. 

J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Ministre, votre très-dévoué 
serviteur. 



E. BOUCHUT. 



Hôpital des Enfants-jlalades, 
!•' décembre 1877. 



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PRÉFACE DE LA SEPTIÈME ÉDITION 



Dans ce livre, j'ai cru devoir établir deux sections principales très- 
distinctes : 

La première est relative à la pathologie générale et à la séméiotique 
de Tenfance. 

La seconde est consacrée à la pathologie spéciale j et renferme Texpo- 
sition des causes, des symptômes et des lésions apparentes ou microsco- 
piques de chaque maladie en particulier, le diagnostic spécial et 
diflërentiel, qui est développé selon Timportance du sujet, et enfm 
le traitement, que j'ai exposé avec les plus grands détails. 

La première partie comprend Tart d'observer et d'interroger les 
•enfants pour saisir la nature de leurs maladies d'après un ensemble de 
symptômes souvent incomplet et peu caractérisé. — Là, j'ai montré tout 
le parti qu'il faut savoir tirer de ï examen de la physionomie et de ses 
différences de coloration; — du changement d^ expression des traits 
dans chaque maladie, surtout dans la tnéningite, dans l'hydrocéphalie, 
dans le rachitisme, dans la pneumonie, dans le croup, dans les maladies 
du cœur, dans le choléra, dans les fièvres éruptives, etc. ; — de Vinter- 
prétation des gestes et des attitudes provoqués par les maladies du 
cerveau, du cœur, des poumons ou de l'intestin. — On y trouve les 
différentes modifications imprimées au cri par les souffrances parti- 
culières de quelques organes; — les caractères particuliers physiques 
et chimiqties des matières vomies, des urines et des excréments^ etc. 

J'ai indiqué, d'après des recherches nouvelles, les caractères exté- 

. rieurs de la respiration cérébrale, pneumonique, croupale et pleuré- 
tique ; ceux de la circulation et de la température dans leurs rapports 
avec la fièvre et les différentes maladies de l'enfance, — les modifications 



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Vill )\ . PRÉFACE DE LA SEPTIÈME ÉDinwr. » 

de poids du nouveau-né après sa naissance, ->- enfin la marlalUé 
premier âge, principalement dans la première année de la vie. '* 

Toute cette partie renferme les éléments particuliers du diagnoi 
tirés de Texamen extérieur des malades, et, si f y ai tant insisté, iH 
que la pratique démontre que c'est d'après ces signes qu'on se fait u 
idée très-exacte de la nature du mal, de son aggravation, ou de s 
déclin, et qu'on se montre un médecin habile. Pour moi, les tuU 
signes ne viennent qu'en seconde ligne pour appuyer ou infirmer < 
premières impressions, d'autant plus importantes qu'il s'agit de l'enfan 
et que là, chez un enfant irrité, il est quelquefois difiicile, en raison d 
cris du malade, de faire une bonne percussion de la poitrine, ui 
auscultation convenable, une palpation complète, ou enfin de recoui 
à l'ophthalmoscopie. Dans bien des cas, sachant déjà à quelle malad 
on a affaire, il suffit de voir un enfant de loin, et même s'il est endorm 
pour reconnaître qu'il a moins de fièvre, et que son croup, sa pneumonii 
sa fièvre typhoïde ou sa rougeole vont mieux. — Pour le médecin d( 
enfants, cet examen à distance vaut quelquefois mieux et appren 
davantage qu'une appréciation directe si le malade pleure, crie, s'agit 
et ne veut pas se laisser toucher. 

La seconde partie comprend toutes les maladies médicales et chirur 
gicales de V enfance, leurs symptômes, leur diagnostic et leur traitement 

J'y ai placé un résumé d'ophthalmoscopie médicale ou de cérébro 
scopie, c'est-à-dire l'indication des signes fournis au diagnostic de h 
méningite et des maladies cérébro-spinales par l'ophthalmoscope. Ces 
l'exposé de recherches commencées en 1862, et, comme on pourra h 
voir, j'ai donné ainsi à la science le moyen d'étudier le cerveau et la 
moelle, comme avec l'oreille on étudie les maladies du cœur et des 
poumons. 

Les maladies y sont exposées d'après leur siège anatomique dans les 
différents appareils physiologiqu£S d* innervation^ de respiration, de 
digestion, de circulation, de sécrétion urinaire, de génération, d'hém^x- 
topoièse; puis j'ai décrit les fièvres éruptives, les maladies parasitaires, 
les maladies de la peau, les maladies des glandes, des os, des muscles 
et des articulations, enfin les maladies générales et les nosohémies, 
telles que la leucocytose, la fièvre typhoïde, la diphthérite, la scrofule 
et la syphilis. 




'> -PRÉFACE DE LA SEPTIEME ÊDIlHBPqH IX 

Le^cadnlèst complet et entièrement rempli. Tout s'y trouve indiqué 
avec détails lorsqu'il s'agit de maladies spéciales au nouveau-né^ aux 
enfitfiÀ à la mamelle et à la seconde enfance. Je n'ai abrégé que pour les 
matftdîts qui« élMt communes à l'âge adulte et à l'enfance, ne sont, 
dans la première période de la vie, que très-peu différentes de ce qu'elles 
'-^*$oiit plus tard. C'était Indispensable pour ne pas répéter ce qui se trouve 
"Ihns tes trait^ de pathologie interne et pour ne pas grossir démesuré- 
meo^'inmi ouvrage. 

Dans chaque maladie, le lecteur trouvera Vétiologie prédisposante et 
déterminante ainsi que les actions parasitaires occultes qui ont été 
constatées dans un certain nombre de cas et qui forment une pathologie 
nouvelle. 

Vanaiomie pathologique et V histologie viennent ensuite. C'est 
l'exposé des lésions visibles ou microscopiques produites au sein des 
tissus par les causes morbides. On y trouvera des recherches personnelles 
nombreuses datant de 1855, sur la distinction de la pneumonie granu- 
leuse et tuberculeuse ou caséeuse; — sur Y ulcération de la langue dans 
la coqueluclie; — sur la névro-rétinite dans les maladies cérébro- 
spinales et dans la méningite^ lésions découvertes par moi en 186:2 et 
signalées dans la Gazette des hôpitaux du 16 mars de cette année; — 
sur les applications du microscope au diagnostic des maladies vermi- 
neuseSy d'après Davaine ; — sur Y étude desparasites végétaux du muguet 
et de différentes espèces de teigne. — Toute cette partie renferme les 
Êiits les plus nouveaux dignes d'être introduits dans la science. 

Dans l'étude des symptômes et du diagnostic^ j'ai exposé toutes les 
manifestations organiques et tous les signes que fournissent les plus 
récents moyens d'exploration. — C'est ainsi que l'on verra le diagnostic 
des méningites et des maladies cérébro-spinales acquérir une précision 
jusqu'ici inconnue par l'emploi que j'ai su faire de l'ophthalmoscope 
depuis quinze ans. 

On trouvera à l'article croup les découvertes que j'ai faites sur la 
présence de l'albuminurie signalée par moi en 1858 ; — sur la leucocytose 
croupale et diphthéritique signalée en 1868; — sur V endocardite 
végétante des maladies aiguës' de V enfance; — sur les infarctus sous- 
cutanés de la diphthérite et des maladies septicémiques ; — enfin sur 
Vànesthésie^ que j'ai fait connaître en 1858, et qui est le meilleyfc 



X ^^K^^ftftACE DE Là SEPTIEME ÉDITION. f 

moyen de reconnaître Tasphyxie du croup et de la bronchité^ capiUa 
Dans le chapitre Pneumonie des petits enfants^ on trouvera i 
indication du symptôme de la respiration expiralrice, signe de Jà ] 
haute importance; — dans la méningite granuleiise miguëj le fait d 
respiration inégale, intermittente et suspirieuse;'— dans l'article angi 
la réunion des angines ulcéreuses gangreneuse!), séparées à tort ] 
Breton neau; — dans la description de la scarlatine ^ la- mention d^ 
nouveau symptôme qui est la rayure blanche de Texanthème par. % 
friction légère; — dans \^, fièvre intermittente^ une description de ce 
maladie qui n'avait encore jamais été faite par les paediatres ; — dans 1 
oreillons, le signe tiré de la rétention salivaire par obstruction du can 
de Sténon ; — dans la difhthérite, la présence des ecchymoses 
infarctus métastatiques de la peau qui annoncent des infarctus semblabl 
ou des abcès métastatiques du poumon ; la thrombose cardiaque et uf 
endocardite végétante; la leucocythémie aiguë diphthéritique qi 
révèle la gravité de l'état général ; — enfin, dans la syphilis, les preuve 
de la transmission des accidents secondaires du nouveau-né à la nourrice 
opinion qui n'avait plus cours lorsqu'en 4847 j'ai eu l'occasion de 1 
remettre en honneur. 

Je remercie mes confrères de l'accueil qu'ils ont fait aux précédente 
éditions de ce livre, et j'espère que celle-ci aura le même succès. 



E. BOUCHUT. 



Hôpital des Enfants-Malades, 
!•' décembre 1877. 



« 






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TAlOiE ALPHABÉTIQUE 

• DES MATIÈRES 



y 



Abcès, 821 ; du cuir chevelu, 78; du poumon, 
392; de l'orbite, 900; rétro-pharyngiens, 
521 ; des mamelles, 757 ; du sinus maxil- 
laire, 950. 

Abdomen (Hernies del*), 641. 

Absence congénitale de la langue, 482 ; de la 
sécrétion lacrymale, 898; du rectum, 667. 

Acardie, 453. 

Accidents de révolution dentaire, 487, 489 ; 
de la vaccine, 766 ; intermittents, 614. 

Accroissement dans l'état physiologique, 1001. 

Acéphalie, 69. 

Acné varioliforme, 872. 

Action sympathique sur les organes génitaux, 
614. 

Adénites, 890 ; axillaire, 892 ; bronchique, 442 ; 
cervicale, 890. 

Adhérences congénitales de la langue, 483 ; 
des lèvres, 473 ; du filet, 483 ; des doigts, 
• 997. 

Affections intermittentes, 614. 

Albuminurie, 303. 

Amaurose, 612. 

Amyélie, 80. 

Amygdalite, 207, 501. 

Anaplastie, 556. 

Anencéphalie, 69. 

Anesthésie, 148. 

Anévrysme passif du cœur, 460. 

Angines, 498; couenneuse, 292; catarrhales 
érythémateuses, 500; tonsillaire phlegmo- 
neuse, 501 ; gangreneuse et couenneuse, 
503; gangreneuses, couenncuses, bénignes, 
505 ; gangreneuses, couenneuses, malignes, 
ou septicémiques,506. 

Anoxémie, 148. 

Anus (Appendice caudal rétrécissant 1*), 657 ; 
(Rétrécissement de T), 657; (Fissures à T), 
677 ; (Imperforations simples de T), 658 ; 
(Imperforations de V) avec communications 
anormales, 663; (Maladies de T), 656 ; (Vi- 
ces de conformation de T), 656. 

Aphasie, 170. 

Aphonie, 612. 

Aphthes, 530; discrets et confluents, 531; 
gangreneux, 532. 

Apoplexie cérébrale, 243 ; méningée, 248 ; de» 
nouveau-nés, 244; pulmonaire, 392, 45^ 

Appendice caudal rétrécissant l'anus, 657. 

Arrachement du cordon ombilical, 54. 

Artérite ombilicale, 60. 
Articulations (Maladies des), 953$^dcla main 
(Vices de conformation congénitaux des), 



959 ; autres que la main et le pied, 960 ; 

ti bio-tarsiennes (Vices congénitaux des), 

955. 
Ascarides lombricoïdes, 615. 
Asphyxie apoplectique, 245, 437. 
Asphyxie, 145, 437 ; des nouveau-nés, 437. 

Asthme, 450, 613. 

Ataxie locomotrice des cordons de la moelle, 

121. 
Atélectasie, 360. 
Athrepsie, 601. 

Atrophie aiguë du foie, 691 ; musculaire, 124. 
Attaques épileptiformes, 610. 
Attitudes, 13. 

Avantages de la vaccine, 776. 
Axillaire (adénite), 892. 

Bec-de-lièvre, 474. 

Bégayement, 612. 

Bicardie, 453. 

Bouche (Examen de la), 18; (Goarctation de 

la), 473; (Gangrène de la), 533; (Maladies 

de la), 487. 
Bourrelet muqueux de la lèvre, 473. 
Bronches (maladies des), 344. 
Bronchique (adénite), 442. 
Bronchite, 344. 
Brûlure du larynx, 338. 

Calculs salivai res, 539 ; de la vessie, 73G ; des 
nouveau-nés et de la première enfance, 539 ; 
de la seconde enfance, 540. 

Calorification (Signes extérieurs fournis par 
l'examen de la), 36. 

Cancer du poumon, 450; du testicule, 722 ; 
du thymus, 344; du foie, 695; du sein, 711. 

Carbonémie, 148. 

Carreau, 587. 

Catalepsie, 610. 

Cécile, 612. 

Céphalématome, 72 ; sous-périostique, 73 ; sus- 
périostique ou pscudo-céphniématome, 76; 
intra-crànien, 77. 

Cérébroscopic, 63, 123. 

Cerveau (Cysticcrques du), 251 ; (Contusion et 
commotion du), 278; (Induration du), 258; 
(Maladies du), 63; (fexploratipn^iu), 63; (Ra- 
mollissement du) par embplie,^260; (Gan- 
.grènedu), 260; (Hernie du), 70 J'^ Tu hercules 
du), 220; (Gliomes du), 224. 

Cervelet(TubercuIesdu),220;(Gliomesdu),224. 

Cervieale (adénite), 890. 

Chforose, 1078. 



A# 



^ < 




XII 



^..%^^^T^KBiS ALPHABÉUdDS DES MATIÂRES. 



Choléra infantile, 596. 

Choléra morbus, 596. 

Chorée, 110, 611. aboyante, 118; anémique, 
111 ; rhumatismale, 111. 

Choroïde (Tubercule de la), 192. 

Chute du cordon ombilical, 50 ; du rectum, 671. 

Cicatrisation de l'ombilic, Si. 

Circulation (Établissement de la) indépendante, 
455; (Signes extérieurs fournis par l'exa- 
men de la), 29. 

Clavicule (Fractures de la), 935. 

Coarctation de la bouche, 473. 

Cœur (Anévrysme passif du) 460; (Hypertrophie 
du), 464; (Maladies du),453; (Vices de con- 
formation du), 453. 

Coliques, 613 ; néphrétiques, 707 ; de plomb, 
627. 

Coloration de la face et des téguments, 6. 

Coma, 610. 

Commotion du cerveau, 278. 

Conformation (Vices de) de l'anus et du rec- 
tum, 651 ; du cœur, 453; de la langue, 482; 
articulaire, 953 ; avec déviation ou luxa- 
tion, étudiés en général, 953; étudiés 
dans les diverses articulations, 955 ; congé- 
nitaux des articulations de la main, 959 ; 
autres que la main et le pied, 960; des 
doigts, 997. 

Congestion cérébrale, 244 ; des poumons, 356. 

Constipation, 606. 

Constitution de l'enfance, 1. 

Contracture, 138; des extrémités, 104. 

Contusion du cerveau, 278. 

Convulsions, 138, 148; essentielles, 149; gé- 
nérales, 610; cloniques, 110. 

Coqueluche, 412. 

Cordon (Arrachement du) ombilical, 54; 
(Chute du) ombilical, 50; (Dessiccation du) 
ombilical, 50; sclérose des cordons de la 
moelle, 121. 

Corps étrangers des intestins, 693 ; du larynx, 
333; de l'oreille, 905; du pharynx, 524; 
dans les voies digestives, 556 ; de l'urèthre, 
746. 

Coryza, 285; syphilitique, 1116. 

Cou (Kystes du), 887 ; (Mgladies du), 879. 

Cowpox, 759. 

Coxalgie, 9C0; dans la seconde enfance, 960; 
(Anatoniie et physiologie pathologique de 
la), 962 ; osseuse, 973 ; capsulaire, 971 ; 
des nouveau-nés, 983. 

Crâne (Fractures du), 932; (Ossification pré- 
maturée des os du), 66; (Tumeurs séreuses 
du), 242. 

Cri, 16. 

Croissance (Maladies de), 1000 ; (Influence de 
la) sur les maladies, 1009 ; (Influence des 
maladies sur la), 1005. 

Croup, 292; (Faux), 329. 

Cuir chevelu (Abcès di4» 78 ; (Gangrène du), 
77; (TurileuA' du), 79; (Impétigo du), 826. 

Cyanose dornoûvcau-nés, 460. 

Cysticcrquei du cer^ejiu, 251. • • 



Danse de Saint-Guy, 110. 
Décollement des épiphyses, 938 



•: 



Déformation de la poitrine, 29. 

Dégénérescence graisseuse du foie, 694. 

Deltoïde (Paralysie du), 91. 

Dentition, 487; (Phénomènes physiologiques 
de la), 487; accidents qui accompagnent 
l'évolution dentaire, 487. 

Dents (Évolution et sortie des), 488; (Forma- 
tion des), 487,491. 

Désordre des mouvements, 611. 

Dessiccation du cordon ombilical, 50. 

Développement, 15 ; de la vaccine, 76. j 

Déviation (Vices de. conformation articulaire 
avec), étudiés en général, 953 ; étudiés dans 
les diverses articulations, 955. 

Diabète sucré, 908. 

Diagnostic général des maladies de fenfance, 
5 ; nouvelle méthode d'exploration applica- 
ble au — des maladies du cerveau et de la 
moelle épinière, des maladies du système 
nerveux, 63. 

Diarrhée, 556; catarrhale, 559. 

Digestives (Voies), corps étrangers dans les» 
556. 

Dilatation des uretères, 741. 

Diphthérie, 292, 1021. 

Division accidentelle de la langue, 485 ; con- 
génitale du voile et de la voûte du palais, 
486 ; de la luette et du voile du palais, 486; 
du voile et de la voûte du palais, 486. 

Doigts (Maladies des), 997 ; (Vices de confor- 
mation des), 997 ; (Adhérence des), 997 ; 
(Éléphantiasis congénital des), 999; doigts 
surnuméraires, 998; (Spina ventosa des)» 

yy©. 

Douleurs violentes et générales, 612. 
Dysenterie, 598, 613. 
Dyspepsie des nouveau-nés, 601. 
Dysurie, 734. 

Éclampsie, 150; tétaniforme, 98. 

Ectopie du cœur, 453. 

Éléphantiasis congénital des doigts, 999. 

Embolie capillaire) 113; artérielle du cerveau» 

261 ; (Ramollissement du cerveau par), 260. 
Embonpoint, 15. 
Emphysème pulmonaire et cutané, 443; du 

tissu cellulaire sous-cutané, 861. 
Encéphale (Névroses congestives de 1'), 265. 
Encéphalite, 224. 
Encéphalocèle, 70. 

Encéphalopathie albuminurique, 702. 
Endocardite, 465. 
Endurcissemetit de la peau, 863. 
Engorgements digitaires, 998. 
Entérite tuberculeuse, 587 ; cholériforme, 596. 
Enléro-colite, 573. 
Entorse, 989. 
Entozoaires, 607. 
Épanchements urineux, 739. 
Épaule (Luxation de 1'), 985. 
Epiderme (Exfoliation de 1'), 62. 
É(Ae|Niie, 163. 

Épiphyses (Décollement des), 938. 
Épistaxis, 289. ' ' 

Époque à laquelle il conyicnt de vacciner les 

enfants, V63. ^ 



\ 



■■*■ 



TABLE ALPHABÉTMfkr DES MATIÈRES. 



XIII 



Éruptions vaccinales secondaires, 768. 

Érysipèle, 839. 

Ëryihëme des fesses et des malléoles, %t\. 

Estomac (Maladies de T), 556; (Ramollisse- 
ment de la membrane muqueuse de V), 
598; (Ulcère de 1'), 601 ; (Hémorrhagie de 
1), 633. 

État apoplectique des nouveau-nés, tii, 246, 
437. 

Évolution dentaire (Accidents de Y), 487^ 488, 
491. 

Examen de la bouche et du ventre, 18 ; des 
vomissements, 20 ; des excréments, 21 ; des 
urines, 22 ; de la poitrine et. de la respira- 
tion, 24 ; de la circulation, 29 ; de la calo- 
rificatiou, 36. 

Excréments (Signes fournis par Texamen des), 
21. 

Exfoliation de Tépiderme, 62. 

Exostoses, 950. 

JExploration du cerveau et de la moelle épi- 
nière, 63. 

Expression (Moyens d*), 5 ; de la face, 8 ; des 
yeux, 11. 

Extrémités (Contracture des), 104. 

Face (Coloration de la), 6; (De Texpression 

. de la), 8; (ImpéUgode la), 824. 

Faim insatiable, 613; extraordinaire, 613. 

Faux croup, 329. 

Fémur (Fractures du), 936; (Luxation congé- 
nitale du), 987; (Luxation spontanée du), 
987. 

Fesses (Êrylhème et ulcération des), 821. 

Fièvre, 34; éniptives, 758; intermittente, 807; 
typhoïde, 1038. 

Filet (Adhérence congénitale du), 483. 

Fissures à Tanus, 677. 

Fistules vésico- vaginales, 756. 

Fluxion de poitrine, 367 ; des mamelles, 757. 

Foie (Atrophie aiguë du), 691 ; (Dégénéres- 
cence graisseuse du), 694 ; (Maladies du), 
684; (Kystes séreux et hydatiques du), 
692 ; (Cancer du), 695. 

Fongus du testicule, 722. 

Formation des dents, 4. 

Fosses nasales (Oblitération des), 289. 

Fractures chez les jeunes enfants, 926; en 
général, 927 ; en particulier, 932 ; du maxil- 
laire inférieur, 934; de la clavicule, 935; 
de rhumérus, 935 ; du radius, 936 ; du fé- 
mur, 936 ; du tibia, 937 ; multiples, 938 ; du 
crâne, 932. 

Fréquence du pouU chez les enfants à la ma- 
melle, 30. 

Gangrène de la bouche, 583 ; du cerveau, 260; 

du cuir chevelu, 77 ; de la vulve, 751 . 
Gastrite, 578. 
Genou (Luxation du), 985. 
Gerçures dans les profondeurs des plis de la 

peau, 824. * 

Geste, 13. -4 

Gland (Imperforation du gland), 712. * 

Glande mammairi (Hypertrophis de la), 7^ 
Gliomes du cerveau et du cervekl, 224» 



Glotte (Œdème de la), 291 ; (Spasme de la), 

92. 
Goitre exophthalmique, 273. 
Gourmes, 824. 
Goutte, 996. 
Grenouillette, 552. 
Grippe, 412. 

Hallucinations, 273. 

Hématémèse, 623. 

Hématidrose, 861. 

Héméralopie, 899. 

Hémiplégie faciale, 89. 

Hémoptysie, 393. 

Hémorrhagie, 246 ; cérébrale, 614; cérébrale 
congénitale, 243 ; cérébrale des nouveau- 
nés, 243; intestinale, 624; des méninges, 
248 ; ombilicale, 51 ; de la peau après les 
piqûres de sangsues, 860 ; du poumon, 392; 
rénale, 707; vulvaire, 747; de Testomac, 
638. 

Ilémorrhoïdes chez les enfants, 679. 

Hépatite, 685; simple, 689; maligne, 687; 
chronique, 688^; traumatique dans la se- 
conde enfance, 692. 

Hernies de Tabdomen, 641 ; du cerveau, 70 ; 
ombilicale, 6 il ; congénitale, 641; acciden- 
telle, 645; inguinale, 647; diaphragma- 
tique, 655. 

Herpès zoster, 873. 

Hoquet, 602. 

Humérus (Fractures de 1*), 935. 

Hydatides du cerveau, 251. 

Hydrocèle, 719; congénitale, 719; non congé- 
nitale ou acquise, 720. 

Hydrocéphalie, 226; aiguë, 226; symptomati- 
que, 226; chronique, 228; ventriculaire, 
231 ; méningée, 232. 

Hydronéphrose, 700. 

Hydrophobie, 610. 

Hydrorhachis, 80. 

Hyperhémie de la moelle, 108. 

Hypertrophie du cœur, 464 ; de la langue, 483; 
de la lèvre supérieure, 474. 

Hypnotisme spontané, 280. 

Hypospadias, 713» 

Hystérie, 138, 610. 

Ictère grave, 687 ; variété d'ictère grave, 690 ; 
des nouveau-nés, 685 ; dans la seconde 
enfance, 692 ; de la glande mammaire, 758. 

Imperforations simples de Tanus et du rec- 
tum, 658 ; du gland, 712; du prépuce, 712; 
avec ouverture du reclivi à û surface cu- 
tanée, 663 ; dans la vessie^u l\irèthre, 663; 
avec ouverture du rçctum dans la malrice 
ou le vagin, 665. 

Impétigo, 824 ; du cuir chevelu, 826 ; de la 

' face, 824# , * 

Inclusion scrotale et testiculaire, 723. 

Incontinence d*urine, 644, 72^. 

Induration di^ cerveau, 258;; tirconscrite du 
■terno-cléido-masloïdien, 892. 

Inflanupatfon di> th|hm8, 343. 

Ii^lligencc (Lésions), 609. * / 

Intermittence du poul; ehe< les eQfanti, 47S. 



V 



XIV 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES. 



■. 4 



Intertrigo, 824. 

Intestins (Corps étrangers des), 603; (Invagi- 
nation des), 627 ; (Maladies des), 556; (Hé- 
morrhagie des), 634. 

Invagination des intestins, 627 ; du rectum, 
673. 

Iritia syphilitique, 1118. 

Kyste du cou» 887 ; de Toraire, 755 ; séreux 
et hydatiqnes du fbie, 09S ; de la face pal- 
maire des mains et du pied, 999. 

Lait (Sécrétion du), 757. 

Langue (Absence congénitale de la), 482 ; (Hy- 
pertrophie de la), 483 ; (Adhérences coogé- 

• nitales de la), 483; (Division accidentelle 
de la), 485; (Maladies de la), 482; (Ulcé- 
rations de la), 485 ; (Vices de conformation 
de la), 482. 

Laryngite, 290 ; aiguë, 290 ; chronique, 291 ; 
striduleuse, 329. 

Larynx (Corps étrangers du), 333 ; (Maladies 
du), 290; (Polypes du), 336; (Brûlure du), 
338. 

Lésions de Tintelligence, 609. 

Leucocythéroie, 1081 ; locale, 1084 ; aiguë, 
1085 ; chronique, 1085. 

Leucocytose, 1081. 

Leucorrhée, 752. 

Lèvres (Adhérences des), 473 ; (Bourrelet mu- 
queux de la), 473 ; (Maladies des), 473 ; Hy- 
pertrophie de la lèvre supérieure, 474. 

Lombrics, 615. 

Luette (Division de la), 486. 

Luxation (Vices de conformation articulaire 
avec) étudiés en général, 953 ; étudiés dans 
les diverses articulations, 955 ; congénitale 
du fémur, 987 ; spontanée du fémur, 987 ; 
de répaule, 985; du genou, 985. | 

Main (Vices de conformation congénitaux des 
articulations de la), 959 ; (Kystes de la face 
palmaire des), 999; bot, 959; (Maladies de 
la), 997. 

Maladie bleue, 460. 

Maladies de Tenfance en général et moyens de 
les reconnaître, 5; générales, 1015; aiguës, 
(Pseudo-méningite prodromique des), 207. 
(Influenœ' des — sur la croissance), 1005. 

Malléoles (Érythème et ulcérations des), 821. 

Mamelles (Abcès des), 757 ; (Fluxion des), 757 ; 
(Névralgie des), 758. 

Manière de pratiquer la vaccine, 763. 

Matrice (Imperfor^on avec ouverture du rec- 
tum dané ni), 6A. 

Maxillaire inférilur (Fracture du), 924 ; (Né- 
crose du), 950. * ,• 

Méconium (Rétention du), 603. 

Médiastins (Tuberculose des). 44|. 

Membrane muqueuse (Ramoiltatement de la), 
de Tcstomac,' 598. 

Méninge (Hémôrrhagîe des), 848. 

Méningite, 175 f tuberculeuse, 177;rrempé- 
.i. nature dans la), 191; ai^ë simplt, 201 ; rhu- 

. natismale, .201; ^hoïde, 203 5 pseudo- 

f méningite, %^; pseudo-anémique, 210; 

'\ m 



pseudo-primitive, 213; pseudo-vermineuse» 

205; pseudo-prodromique, 207. 
Menstruation, 749. 
Moelle épinière (Maladies de la), 63, 275; 

(Exploration de la), 63 ; (Hyperhémie de la), 

108; (Sclérose des cordons de la), 121. ^ 
Mort subite, 472, 615. , 

Mortalité des nouveau-nés, 43. 
Muguet, 540. 

Muqueuse du rectum (Prolapsus de la), 671. 
Muscles (Maladies des), 951 ; (Ossification 

des), 951. 
Myélite chronique, 132. 
Myocardite,469. 
Myogéniques (Paralysies), 124. 
Myosite ossifiante, 951. 

Nœvus, 843; superficiels pigmentaires, 845; 
érectiles, 846. 

Nasales (Oblitération des fosses), 289. 

Nécrose du maxillaire, 950. 

Néphrite albumineuse, 696; chez les nouveau- 
nés, 697; dans la seconde enfance, 699. 

Nerveux (Maladies du système), 63. 

Névralgie de la mamelle, 758. 

Névroses congestives de Tencéphale, 265; 
thyro-exophthalmiquc, 273. 

Nez (Maladies du), 285. 

Nourrices (Transmission de la syphilis des 
nouveau-nés aux), 1122. 

Nouveau-nés (Poids des), 40; Mortalité, 43; 
apoplexie, 243 ; (Rhumatisme articulaire des), 
989; (Tétanos des), 99; (Syphilis des), 122; 
(Urine des, 695). 

Nutrition moléculaire (Maladies de la), 878. 

Oblitération des fosses nasales, 289. 

Occlusion de la vulve et de Turèthre, 744. 

Œdème de la glotte, 291. 

Œil (Fond de T), à Tétat normal, 236. 

Ombilic (Phlegmon de T), 56; (Suppuration et 
cicatrisation de F), 54; (Hernie congénitale 
de r), 641 ; (Hernie accidentelle de T), 645. 

Omphalorrhagio, 51. 

Ophthalmie purulente des nouveau-nés, 893. 

Ophthalrooscope (Méthode d'exploration à 
l'aide de 1'), 63.! 

Ophthalmoscopie, 188, 192. 

Opisthotonos, 100,201. 

Orbite (Abcès de T), 900. 

Oreille (Corps étrangers de 1'), 905; (Maladies 
de 1') 900; chez le nouveau-né qui n*a pas 
respiré, 900. 

Oreillons, 886. 

Organes génito-urinaires (Maladies des), 712. 

Os (Maladies des), 907. 

Os du crâne (Ossification prématurée des), 66. 

Os du pied (Vices congénitaux des articula- 
tions des), 955. 

Ossification des mustles, 951 ; prématurée des 
os du crâne, 66. 

Otite, 901. 

Otorrhéç, 901. 

Ovairs (Kystes de T), 755. 

Oxvures vermiculaires, 621. 

•fine, 288.„ 



.• 



• 



#• 



tlTlI.E «LPHABETIOITE DES HATTEHilS. 




reonB^itRle du voile du}, 48G; 

du), 186; IDiviiion da la loetle 

^oile du), 48B; (Division du voile et 

S vodle du), 486: (MaUdio du voile dul, 

Ri3; (Paralysie du voile du), 143. 

Apillomci. G73. 

Pllpilationi, 613, 

hraljiiei, 6H : cérébrales, 1Î4; du deltoïde. 
90; esionlielles, 1Î4, 137 : pseudo-hjpertro- 
phique, 145; musculaires, lU; myogdni- 
quGi, 124; traumaliquei, 145; du voile du 
palais, 143; ipinale, 134; agitante. 377. 

Palliologie générale de l'enfance, 1 ; spéciale 
de renfîinre. 50. 

l'eau (Endurcissi^mi^nt de la), 863; |Ger(ures 
dans les prorondeurs des plis du la), 8â4; 
(Héniairhagies de la) après la piqOre des 
sangsues, 860; (HaltuHea de la), 8S0. 

J>eiDpfaigus, 837; syphilitique, 1119. 
Ipâricardite, 468. 

fériOElite aiguë, 944. 

Péritoiue (Maladies du), 679. 

.réritonite. fi79. 
perversion des lens, 611. 

Htrifleation du thymus, 344. 

Vharyngite, 531. 

Pharynx (Corps étrangers du), 534; (Tuber- 
cule* du), 535. 

Phénomènes physiologiques et pathologiques 
conséculilk à la naiaiancc, M; à la denti- 
tion, 587; singuliers, 611. 

rbimosis congénital, 715. 

m^mun de romliilic, ,'>6: des vaisseaux om- 
bilicaux, 54. 

Phlébite ombilicale, 5C. 

Pbréno-glotlisme. 92. 

Phthisie bronchique. .143; granuieusi', 405; 
inflammatoire, 400; pulmonaire. 404; tu- 
berculeuse, 408. 

PbysionoRiie (De la), Jl 

articulations 



te eottpffination congénitaux des 
s des), 055; (Kystes de la face 



narrhagie de la peau 



*. 955. 

iqûres des 

apri» Ici), Sfll). 

leurésie, 393. 

lit de la peuu (Gerçures dans hi, profondeur 

des), Mi4. 

(Coliques de), 627. 
^ntumam*e. 307, 367; caséeuse, 409; librî- 
neute, 374; granuleuse, 375; lubaire, 340; 
lobulaire, 370 ; tuberculeuse. 375. 
;Poids des nouTcau-iiés, 40. 

le (Signes exlérieura leurais par l'eia- 
de ta), 31; Déformation (de la), 36; 



I, 3Û7. 

I larynx, 336; dn rectum, 675 : 



i 



iXhcèidu}. 392; (Cancer du). 450: 



iKongestioo des), 356; (Hémorrlugic du). 
3D3; (Maladies dn>. 3U. 

Prédisposi lions de l'enfance S itea maladies 
■péciales, I. 

Prépuce (Imperforalion du), 713. 

Priapisme, 714. 

Prolapsus de la muqueuse du rectum, 671 ; du 
rectum, 671, 

Prurit de la vulve, 753. 
.Paeudo-cépbalcraatorae, 76. 

Pseudo-méningite, 304; pseudiKmeningile 
vcrmineuse, 305; pseudo-méDingitc pmdro- 
mique, 307 ; pseuda-méningile anémique et 
chlorotiquc, 310; pseudo-méningite primi- 
tive. 312; pseudo-chlorose, 1078. 



:. 388. 



Radius (Fractures du), 036. 

Ramollissement du cerveau par embolie, 360; 
de la meinbrane muqueusi^ de l'etloniac, 
508. 

Réaclion fébrile chez tes enfants, 31, 

Iteclum (Absencedul. 667; (Chute ou prolap- 
sus du), 671; (Prolapsus de la muqueuse 
du), 671 ; (Invagination du), G73 ; (Polypes 
du), 675; (HnUdIcs du). 656; (Vices de con- 
formdtioTb du), 656; (Imperforationi simples 
du), 658 : (ImperTarations du) avpc eommu- 
nicntioni anormales de cet intestin, 663; 
I Imperforation s avec ouverture du) dans la 
matrice ou le vagin, 655; (Imperforalions 
avec ouverture du) i la surface cutanée, 
663; dans la vessie ou l'uréllire, 663. 

Reins (Maladies de>), 695. 

Ilénonnanee du thorax, 36, 

Ile Kpira lion (Signes extérieurs fournis par 
rex.imen de h), dans l'état normal. 34; 
dans l'étal pathologique, 37. 

Rétention du méconîum, 603; d'urine, 735. 

nélrécistement de l'anus, 657. 

Rcvacci nation), 768, 

RIruinatisme articulaire des nouveau-nés. 9SU. 
de la seconde enfance, 990; noueux, 906. 

Rougeole. 307, 793; vulgaire, 793; anomale, 
soi 

Salivation, 614. 

Sang (Sueur de), SOI. 

Sangsues (Hémorrhagie de la fg3a apiés les 

piqûres des), 860. 
Sarcine, !1. , * 

SarcocÈle, 743, 
Scarlatine, 307. 7R5. s 
Scléréme. 863. ' * 

Scléroïc cérébrale, 358 ; pulmonaire. 356;dèï 

cordons posténArs dp la moelle, 131. 
Scrofule. 1089. . 
Séerétjon lacrymale (Absence congénitale dq 

la). 89^; du fait. 757. 
Sein ifiaiic<ir'du). 711. 
Séméiuliquc de l'énonce, 1. 
Signui llies) extérieurs foitrnis pnr l'i^xamon 



XVI 






M ALPHABETIQUE DBS MATIÈRES. 



« f 



M 



de la circulation, 29 ; de la caloriîlcation, 
36; de la poitrine et de la respiration, 24; 
' des vomissements, 20; des excréments, 21 ; 
des urines, 22 ; de la bouche et du ventre, 

18. 
Sinus maxillaire (Abcès du), 950. 
Sortie des dents, 488. 
Spasme de la glotte, 92. 
Spina biflda, 80. 
Spina ventosa des doigts, 998. 
Stéatose viscérale par inanition, 879. 
Sterno-cléido-mastoïdien (Induration du), 892. 
Stomatite, 525; simple, 526; ulcéreuse ou ul- 
' céro-membraneose, 527; mercurielle, 530. 
Substance cérébrale (Gangrène de la), 260. 
Sueur, 614; de sang, 861. 
Suppuration de Tombilic, 54; du thymus, 343. 
Surdi -mutité, 612. 
Surdité, 612. 
Syncope, 613; chez les enfants à la mamelle, 

470. 
Synostose crânienne, ou ossification prématurée 

du crâne, 66. 
Syphilis transmise par la vaccination, 768; 

infantile, 1106; générale ou acquise, 1107 ; 

congénitale ou héréditaire, 1108; transmise 

des nouveau-nés aux nourrices, 1122. 
Système nerveux (Maladies du), 63. 



Téguments (Coloration des), 6. 

Teigne, 829; 'faveuse, 829; tonsurante ou 
tondante, 833; mentagre, 833; achroma- 
teuse et décalvante, 833. 

Température (Signes extérieurs fournis par 
la), 36; dans la méningite, 191; dans la 
pneumonie lobaire, 382. 

Ténias, 623. 

Testicule (Fongus et cancer du), 722; (Tu- 
meurs du), 741 ; (Tubercules du), 741 ; (Tu- 
berculose du), 743. 

Tétanie, 104. 

Tétanos, 98, 610 ; des nouveau-nés, 99 ; de la 
première et de la seconde enfance, 103. 

Tête (Maladies de la), 63. 

Thorax (résonnance du), 26. 

Thymus ^Maladies du), 343 ; (Inflammation et 
suppuration du), 343; (Cancer, tubercules 
et pétrification des), 344. 

Tibia (FPi&ctures du), 937. 

Tissu cellulaire (Emphysème du), 861. 

Torticolis, 893. 

Tournis, 252. 

Toux, 6i3;'^onvulsive ou nerveuse, 332. 

Traits ^es), 8. 

Transmission âe la syphilis des nouveau-nés 
aux nourrices, 1122. 

Tremblements, 61 h'' 
%Hchocéphale, 622. 

Trismus des nouveau-nés, 98. 

Troubles de la vue, 612. 

Tubercules du cerveau et do cervelet, 220 ; de 
la" choroïde, 192; du'testicule, 743; du 
•Ihymus, 344. 



Tuberculose entéro - méflentéVI^ , 587 ; des 
roédiastins, 442; du phanntt^T fe: généra»:. 
lisée, 1105. *" 




Ulcérations des fesses et des malléoles, 9it;:' 
de la langue, 485. 

Ulcères de Testomac, 600. 

Urémie, 702. 

Uretères (Dilatation des), 741. 

Urèthre (Imperforation avec ouverture du rec- 
tum dans la vessie ou T), 663 ; (Occlusion de 
r), 744; (Corps étrangers), 746. 

Urines (Signes fournis par Texamen des), 225; 
(Incontinence d*), 614; chyleuses ou lacti- 
formes, 708; (Rétention d*), 735; normale 
des nouveau-nés, 695 ; (Incontinence d*), 727. 

Vaccination animale, 767 ; transmettant la sy- 
philis, 768; syphilitique, 768. 

Vaccine, 759; (Époque à laquelle il convient 
de pratiquer la), 763; (Manière de pratiquer 
la), 763; (Développement de la), 765; (Acci- 
dents de la), 766; (Avantages de la). 766. 

Vagin (Imperforation avec ouverture du rec- 
tum dans la matrice ou le), 665; (Polypes 
du), 755. 

Vaisseaux (Phlegmon des) ombilicaux, 54. 

Varicelle, 783. 

Variole, 207, 776. 

Varioloïde, 782. 

Ventre (Examen du), 19. 

Vers intestinaux, 607 ; solitaires, 623. 

Vertiges épileptiques, 163. 

Vessie (Calculs de la), 736; imperforations 
avec ouverture du rectum, 663. 

Vices de conformation de Tanus et du rectum, 
656; articulaires, 953; avec déviation ou 
luxation, étudiés en général, 953 ; étudiés 
dans les diverses articulations, 955; congé- 
nitaux des articulations tibio-tarsiennes et 
des os du pied (pieds bots), 955; congéni- 
taux des articulations de la main (main 
bot), 959; autres que la main et le pied, 
960; du cœur, 453; de la langue, 482 ; des 
doigte, 997. 

Voies digestives (Corps étrangers dans les), 
556. 

Voile du palais (Division congénitale du), 486; 
(Maladies du), 482; (Paralysies du), 143; 
(Division du), 486. 

Vomissemente, 613 ; (Signes fournis par Texa- 
men des), 20. 

Voûte du palais (Division congénitale de la), 
846; (Division de la), 486. 

Vulve (Gangrène de la), 751 ; (Prurit de la), 
747 ; (Occlusion de la), 744 ; (Hémorrh gie 
de la), 752. 

Yeux (Expression des), 11; (Malades dmk 

893. : 

Zona, 873. 



FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÉ^Rfi 



* • 



••. * 



>J 






TRAITÉ PRATIQUE 



DES 



MALADIES DES NOUVEAU-NÉS 

DES ENFANTS A LA MAMELLE 

ET DE LA SECONDE ENFANCE 

PREMIÈRE PARTIE 

ipjkTumum^MiE c;ÉiiÉmAi.E et mémiÈimTwqwm mm l'enfamce. 



11 est impossible de se rendre compte des phénomènes observés dans les maladies 
de l'enfance, si Ton ignore les lois de physiologie qui régissent les affections du 
jeune âge. La connaissance de ces lois est surtout nécessaire pour bien comprendre 
la différence qui sépare les affections des jeunes enfants des mêmes affections 
lorsqu'elles se développent chez l'adulte. 

Pour bien faire connaître les conditions générales en vertu desquelles les mala- 
dies des jeunes enfants diffèrent des maladies des adultes, j'exposerai : i** la con- 
stitution de l'enfant et ses prédispositions à des maladies spéciales; â"* les moyens 
les plus convenables de reconnaître ces maladies par l'étude des moyens d'exprès- 
sion, tels que la Physionomie, — le Geste et V Attitude, — le Développement et 
l'Embonpoint, — le Cri, — enfin tom les signes extérieurs fournis psir Vexamen 
des yeuXy (Cérébroscopie) de la bouchey du ventre, de la poitrine, de la respira- 
tion, de la circulation, (Auscultation et percussion) de la température et de la 
calorification, etc., signes d'autant plus importants à connaître que les enfants 
sont plus jeunes, et par cela même plus incapables de rendre compte de leurs 
sensations; 3* les données relatives au poids des nouveau-nés; 4" les lois de la 
mortalité chez les etifants. 



LIVRE PREMIER 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA CONSTITUTION DE LENFANCE 
ET SUR SES PRÉDISPOSITIONS A DES MALADIES SPÉCIALES 

% 

L'enfant qui ouvre les yeux à la lumière est un être incomplet, dont l'organisme, 
encore inachevé, demande à se développer. Comme le dit Hufeland, on peut ap^ 
peler le temps qui s'écoule immédiatement après la naissance et pendant la première 
année, la suite d'une création dont une moitié s'opère dans l'intérieur et l'autre 
moitié en dehors du sein de la mère. Certains organes, jusqu'alors inactife, coin-» 
mencent à fonctionner; ils se développent et se modifient; d'autres disparaissent; 
l'enfant passe dans des sphères d'existence entièrement nouvelles, d'abord dans 
la vie extra-nléiine, puis dans celle des sens, enfin dans la sphère du monde intel- 
lectuel. La vie de l'enfant n'est donc pas un état normal, mais une suite d'efforts 

BOnCHUT. — NOUV.-ÎIÉS. — 7* ÉDIT. 1 



iF 



2 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMKIOTIQUE DE L ENFANCE. 

|)our y arriver; c*cst atiisi qiieleniédecin doit la considérer. Ce que, dans^^aulres 
circonstances, nous prendrions pour maladie est ici Feiïet et le s}iiiptôine du tni\aii ^ 
de la nature, occupée à créer et à développer. 

Poiih et taille de l enfant. — L enfant pèse d'aboixl de 6 à 8 livres; au bout 
d*un an, il en pèse iO; à deux ans, H; à trois ans, âO l/:2; à quatre ans, 30 1/2 ; 
à cinq ans, 34; à six ans, 37; et à sept ans, 41. 

Sa taille ne diange pas nooins rapidement; de 8 à 10 pouces qu'il présente à sa 
naissance, il en acquiert i6 et 'iS au bout de neuf mois; 30 à 31 à la fin de la 
deuxième année; 3i à 33 dans sa troisième ; 35 dans la quatrième, et ainsi jusqu*à 
sept ans où sa uille est de 39 à 41 pouces. 

Opportunité morbifique et mortalité. — Dans les premiers leiups de l'exis- 
tence, l'activité des ibnctioiLs est vraiment remarquable ; la nutrition, la circulation, 
lelaboration des humeurs s cQectuent avec une grande rapidité. Mais si cette accé- 
lération des mouvements organiques est nécessaire à Taccroissement des sujets, elle 
détermine une susceptibilité par ainsi dire malheureuse des organes qtii les dis- 
pose aux maladies. Aussi est-on plus souvent malade dans la première enfance 
qu'^ toute autre époque de la vie. Cette aptitude morbifique se révèle d'ailleurs 
par des faits d'une iiaute signification. Je veux parler de la mortaUté des enfants 
iiou\eauHiés. 

ÏM premier jour est le plus terrible à |)asser ; un grand nombre des enfants suc- 
amibe, et nous savons, d'après Henschling, qu'en France, sur un million de nais- 
sances animelles, il y en a IGOOOO, c'est-à-dire le sixième, qui sont tranchées parla 
mort à la fin de la première année. Cette mortalité est un peu plus forte chez les gar- 
çons que cliez les filles, et cela dans la propoilion d'un cinquième, car sur lOOeidants 
de diaque sexe et de à 1 an d'ilge, il succombe annuellement 20 garçons et 
10 filles. — C'est une loi constante pour la France et pour les États de l'Europe 
où la statistique des décès a été faite avec soin. 

Prédispositions morbifiques. — L'enfant reçoit a>ec la vie une manière d'être 
(fui constitue son individualité physiologique ou son idiosyucrasie, laquelle dépend 
à la (bis du climat, de l'âge et de la constitution des parents, de leur disposition 
morale, de leiu^ maladies, etc. ; il a en puissance, et cela dès le bcnxeau, ceUaines 
dispositions inconnues qui amèneront plus tard un cei*tain nombre de maladies, 
telles que : la syphilis, les dartres, la scrofule et la tuberculose, la goutte, l'tpi- 
lepsie, la folie, etc. Il peut annihiler, en. vertu de cette idiosyucrasie puérile, 
quelques-unc*s de ces maladies jusqu'à vingt, trente ou quarante ans; mais il en est 
d'autres qu'il ne |)eut garder plus de cinq ou six années à l'état latent, ce sont : les 
dartres, la scrofule et l'épilepsie. L'une d'elles, la sypliilis, sous forme héréditaire, 
éclate au plus tard six semaines ou deux mois après la naissance. 

H y a des maladies spéciales à l'enfance et d'autres qui sont communes à cet âge 
et à toutes les périodes de la vie. Les premières, telles que l'ophthahnie purulente, 
les convulsions, le croup, le faux-crotip, le phréno-glottisme on spasme de la glotte, 
la méningite granuleuse, le sdcrème, la coqueluche, la dyspepsie, la gastrite, l'en- 
téfo-colite, le carreau, ont des caractères propices qu'il £iut étudier à part, si l'on 
ne V€ut pas les méconnaître ; les autres, qui se manifestent à la fois chez l'enlant et 
diez l'adulte, se présentent, quand on les compare, avec une forme modifiée toute 
particulière, qui établit entre elles une notable différence. La modification porté 
priudpalemeht sur les lésions, comme dans la pneumonie lobulaire, et sur le degré 
de réaaion qu'elles détenninent, c'est-à-dire sur les symptômes, desorte que daus 
un grand nombre de cas la science des maladies de l'iionnne se trowrerait en défaut 
à l'égard des mêmes maladies de l'enfant, si l'on en avait fait une étude comparative. 



CONSTITUTION DE l'eNFANT ET IMIÉSISPOSITIONS. 3 

Aiiisi, iK)ur ne citer qu*uii exemple, rtcii ii*e$t plus aisé à reconnaître, citez Fadulle, 
que la phtliisie pulmoiiaii*e confirinéc ; il n'est rien qui présente plus de difficiilcé 
chez le jeune enfant. Il en est de même pour un grand nombre d'autres maladies. 
Les affections les plus fréquentes chez les enfants à la mamelle sont la gastm- 
«ntérite et les maladies des voies digestives ainsi que celles des voies respiratoires; 
viennent ensuite les maladies de la peau et les alTections du système nerveux. Vu 
reste, il n'y a rien de bien précis à cet égard, car ce qui serait vrai pour la première 
période de rallaitement, ne le serait pas entièrement pour la seconde et ne Test 
plus à la fin de renfance. £n effet, si, parla |)eiisée, on divise en deux parties la \ie 
de la mamelle. Tune qui serait comprise entre le moment de la naissance et réi)oque 
<le la dentition, et l'autre éteiulue depuis la dentition jusqu'au terme ordinaire de 
rallaitement, c'est-à-dire jusqu'à dix-huit ou vingt mois, on trouvera, dans cette 
seconde période, des maladies qui sont assurément fort rares dans la première : 
les maladies de la bouche, par exemple, les aplithes, l'angine couenneuse, et 
^l'autres affections iiiGniment plus fréquentes (pie dans les premiers mois qui suivent 
la naissance. 

Toutes les maladies de l'enfance ne sont c|ue des impressions transformées, et 
résultent de la réaction qui suit une impression morbifique. Impression et réaction 
isont en effet la formule étiologique la plus élevée de toutes les maladies (1). Seule- 
ment ici, chez le jeune enfant, l'impression est facile, elle est plus profonde et plus 
:grave que chez l'adulte ; aussi k*s réactions sont-elles plus vives et plus dangereusi*s. 
Il y a des organes qui sont plus susceptibles que d'autres: tels sont le ceneaii, le 
])oiimon, les bronches et l'intestin; aussi voit-on ces manifestations morbides écla- 
ter ordinairement dans ces tissus et dans ces viscères. 

D'une manière générale, on |)eut dire, sans crainte de se tromper, que les lésions 
<matomicp]es des maladies de la première enfance sont moins franchement inflam- 
matoires que les lésions des maladies de la seconde enfance et que celles de l'àge 
adulte; elles sont plus meurtrières, il est vrai, mais la mort est moins souvent le 
i*ésultat des désordres matériels cpi'elles produisent que du coup porté à une faible 
organisation par une réaction dynamique trop considérable, ou par une asthénir 
due à un rapide épuLsement des forces et à l'état chronique qui peut en être la 
conséquence. 

Kn effet, si l'on examine avec attention les lésions anatomiques d'une i)neumonîé, 
et que l'on compare ces lésions à celles de la pneumonie aiguè des adultes, cherchez 
dans l'un-et dans l'autre cas l'élément matériel de ce qu'on est convenu d'appeler 
pMegmasie, et vous ne trouverez, ici et là, aucun rapport à établir. L'inflamma- 
tion, dans le premier âge, a moins de plasticité ; elle est, si l'on peut s'exprimer ainsi, 
faible comnie le sujet sur lequel elle se développe. Rarement la suppuration vient à 
ia suite; les matériaux qu'elle amasse dans les cellules d'un organe y séjournent, car- 
ies forces de rabsori)lion sont amoindries et insuffisantes pour k»s faire disparaître. 
Si l'enfant ne succombe pas, la maladie ])asse souvent à l'état chronique. 

La forme subaiguè ou chronique, succédant très-vite à une acuité inflammaioii e 
très-vive, est, selon moi, un des caractères les plus importants des maladies de 
l'enfance; c'est ce qui les rappi-oche, jusqu'à un certain point, des maladies des 
\ieillai*ds. Ainsi la pneumonie se présente beaucoup plus souvent sous la forme 
chronique, à ces deux périodes extrêmes de l'existence, que dans l'âge adulte. 
11 en est de même de la pleurésie et de l'entéro-colite ; celle-ci surtout est remar- 
quable par sa teiMlance à se transformer en maladie chronique. 

(l) E. Bouchul, Nouveaux éliments de pathologie générale et de séméiologie, 3* édition, 
Paris, 1875, p. 28. 



i PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÊMÉIOTIOIE DE l'ENFANCE, 

Les altérations anatomiques ne sont |)as les seuls indices capables de révéler au 
médecin la différence qui sépare les pblegmasies chez les enfants à la inameUe des 
phlegniasies chez les adultes; d'autres signes non moins imponants, tirés de l'étude 
de leurs symptômes, de leur marche, de leur durée et de leur terminaison, vien- 
nent confirmer celte assertion. En effet, que de différence dans les symptômes, 
suivant les maladies ! N'est-ce pas h Tétroitesse de la glotte chez les eniants et à 
leur état neneux qu'il faut rapporter les accidents de dyspnée et d'asphyxie qui 
surviennent si rapidement dans quelques affections des voies respiratoires? N'est-ce 
pas à la susceptibilité très-grande du système nerveux qu'il faut attribuer les plié- 
nomènes spasmodiques et convulsifs qui signalent le début des maladies aiguës 
fébriles ou la Cm de quelques maladies chroniques? N'y a-t-il pas, enfin, 
dans la réaction fébrile des caractères différentiels évidents d'une très-grande 
valeur? 

Chez le jeune enfant, la réaction fébrile est, connue chez le vieillard, sans rap- 
l>ort exact avec la lésion matérielle : chez le premier, elle est d'abord très-vive et 
semblerait indiquer un désordre très-considérable, qui n'existe souvent pas ; chez 
le vieillard, elle est faible, quelquefois nulle, malgré de très-graves lésions ana- 
tomiques: il n'y a que chez l'adulte où la balance se trouve en quelque sorte 
équilibrée, et où l'on puisse se guider sur la réaction fébrile pour juger l'étendue des 
lésions matérielles. 

Le désaccord de la réaction fébrile et de la lésion anatomique est un des pliéiio- 
mènes les plus curieux de la pathologie enfantine, et il a, selon moi, une haute signi- 
fication médicale. Ainsi, pour prendre un exemple, l'altération des forces, qui se 
montre si vive et si différente dans la pneumonie de l'enfant, dans la pneumonie de 
l'adulte et dans la pneumonie du vieillard, atteste au moins une fois de plus la vé- 
rité de ce principe que, ces lésions étant données les mômes, chacun, selon son 
âge, ou d'autres circonstances encore, a une manière de les subir qui constitue son 
idiosyncrasie. 

Chez les jeunes enfants, la réaction est constituée |)ar l'ensemble des phénomènes 
généraux, tels que les troubles de la sensibilité générale et motrice, l'agitation, les 
troubles de la calorification cutanée qu'il faut étudier avec le thermomètre mis dans 
l'aisselle, seul moyen d'éviter toute erreur, et enfin par la fréquence des pulsations 
artérielles. Le pouls ne donne, il est vrai, qu'une idée approximative et exagérée de 
l'étendue des altérations locales et de la résistance dynamique des sujets; mais 
enfin c'est un renseignement fort utile qu'on ne saurait négliger. Fort ou faible, 
il est en général très-varié dans son accélération, et présente une ou deux rémis- 
sions par jour. Ses intermittences sont très-rares et n'ont d'ailleurs lieu que dans 
les maladies du système cérébro-spinal du cœur ou de l'intcsthi. Dans l'enfance, 
la réaction fébrile n'est donc pas continuellement la même; très-vive un moment, 
elle diminue beacoup, et reparaît ensuite à un très-fort degré. Ces modifications sont 
surtout remarquables au bout de quelques jours de durée de la plilegmasie, soit du 
poumon, soit du gros intestin ; elles deviennent très-évidentes lorsque ces maladies 
passent à l'état chronique. 

Les affections de la première enfance diffèrent donc des maladies de l'adulte 
sous bien des rapports : i"" action facile des causes productrices; réaction vive, 
souvent exagérée, qui tombe rapidement; 3*" faible plasticité de l'inflammation, 
qui donne aux lésions anatomiques des caractères pliysiques particuliers; état 
fébrile souvent accompagné de rémissions; 5*" marche rapide des accidents; ter- 
minaison précipitée, soit que la guérison ait lieu, soit que la mort ou la chro- 
nicité survienne; tout eufin me permet de dire que les maladies des enfants à la 



MOYENS DE RECONNAlTUE LES MALADIES ET MOYENS D*EXPRESSION. 5 

mamelle préscnteut un cachet de faiblesse remarquable, qui est en rapport avec 
la chétlve coostitution des sujets. 

Ces considérations de pathologie générale laissent voir quelle est ma manière 
d^envisager les maladies qu*on obsene chez les nouveau-nés et chez les enfants à 
la mamelle. Les opinions que je viens d'émettre trouveront leur confumation 
dans la suite de cet ouvrage et surtout dans Tarticle que je consacrerai à Fétude 
de la réaction fébrile. 

Voici maintenant les caractères généraux extérieurs de ces maladies, tels que 
Tobservation les indique; ils sont de la plus haute importance et nous sont fournis 
par l'étude attentive des moyens d expression particuliers au jeune âge. 



LIVRE 11 

DES MOYENS DE nECO.NNAlTRE LES MALADIES DE L'ENFANCE ET DES MOYENS 

DtXPRESSION DES ENFANTS 

Ce n'est pas cliose facile que de s'entendre avec une chétive créature qui semble 
d'abord n'avoir besoin que de nourriture et de sommeil, dont l'intelligence com- 
mence à s'omrir, et qui cherche à prendre connaissance de tous les corps inconnus 
qui l'entourent. Si la tâche devient moins pénible à une époque plus avancée, il 
faut cependant convenir qu'elle reste encore difficile, tant que la parole ne vient 
pas en aide aux malades embarrassés pour exprimer leurs sensations. 

Jusque-là le médecin qui examine un enfant qui souffre n'a que faire du lan- 
gage articulé, puisqu'il est insuffisant; il doit avoir recours à d'autres moyens. 
Avant la parole. Dieu a donné à l'enfant un langage qui est le langage des signes. 
Le médecin doit le connaître, et je dirai même le cultiver en artiste, pour éviter 
de commettre les plus graves erreurs. L'intelligence de ce langage lui est surtout 
précieuse dans l'obsenation des maladies de l'enfance; 1h, devant un personnage 
muet, son c^up d'œil doit le diriger imhu* appliquer les ressources de la médecine. 

Chez l'enfant, pour être le sage interprète de son langage naturel, il faut étudier 
sa physionomie, ses gestes et son attitude, son développement, son embon|X)inr, 
son cri ; si l'on joint à cette étude, d'une part l'observation de certains caractères 
tirés de l'état d'agitation ou de calme chez les petits enfants, et de l'autre les 
résultats de l'inspection de quelques signes extérieurs importants, tels que l'examen 
de? yeux, de la bouche, du ventre, de la poitrine et de la respiration, de la circu- 
htion et de la calorification, des pi*oduits de sécrétion, des vomissements, des 
selles, etc. , on aura toutes les notions suffisantes pour bien juger de la plupart 
des maladies de l'enfance. 

CHAPITRE PREMIER 

DE LA PHYSIONOMIE 

La critique a été sé\ère envei's ceux qui ont cherché à lire sur la physionomie 
ce qui se cache au fond de l'àme. ]1 n'y a rien là qui doive étonner, quand on 
connaît les habitudes de ceux qui, ne pouvant rien faire par eux-mêmes, semblent 
n'avoir d'autre nK)yen de s'illustrer qu'en s'attaquant aux œuvres d'autrui. Elle n'a 
pas été moins injuste envers les médecins qui, sans négliger les autres moyens 
d'exploration, ont cru pouvoir deviner^ l'existence d'un certain nombre de maladies 



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fi PATHOLOGIE GKNKUAI.E ET SÉMÉIOTIQUE DE i/ENFANCE. 

d'après rinspcction de la physionomie, de Tattitiide, du geste, etc. Cela peut 
sniprendre davantage, quand on pense que la phi|)art des médecins les plus expé- 
rimentés se laissent guider par leur inspiration et jugent souvent d'une maladie 
sans adresser aucune question au malade. Mais, en médecine surtout, la critique 
sérieuse n'existe pas, et le soin d'éclairer rofnnion est presque absolument dévolu 
à des complaisants ou à des méchants qui feraient mieux de s'abstenir. — Dan» 
mon opinion, c'est une grande faute que de ne pas accorder à la physionomie des 
malades toute l'attention nécessaire, et je crois que le langage naturel n'est inin- 
telligible que pour ceux qui ne veulent pas faire d'efforts \iouv le comprendre. 

Hip|X)crate, Galien, Avicenne, fioerhaave, nous ont laissé de nombreux docu- 
uients relatifs aux altérations de la physionomie dans les maladies de l'adulte; 
mais ils ne nous ont donné qu'un (X'tit nombre d'observations applicables aux eu- 
fonts. 11 en est de même de Stahl (1), de Quellmaltz (:2), de Thomas Fyens (3); 
ce dernier, quoique renfermant plus de détails, ne contient rien qu'on ne trouve- 
déjîi dans Galien et dans Hippocrate. 

Les auteurs nMxlernes renchérissent à qui mieux mieux pour détruire les résul- 
tats obteiuis |)ar quelques médecins dans leurs études sur la physionomie morbide. 
H n'y a guère que Underwood (i), Jadelot et Billard qui aient compris l'impor- 
tance de ces études quand elles ne sont pas exclusives, et qui se soient décidés k 
leur donner la place qu'elles méritent. 

Jadelot, qui n'a jamais rien publié de ses n*cherclies, a cependant contribué 
|)lus que |)ersoime «i répandre ces coimaissanc<'s aujourd'hui si négligées. Il excel- 
lait diuis l'art difficile de scruter la physionomie des enfants |X)ur y découvrir la 
nature, l'intensité, la marche et la gravité de leurs maladies. D'après ce médecin,, 
ce serait surtout depuis Vêpoqne de la dentition jusqu'à la puberté qu'on 
])ouiTait tiivr quelques secoui's de la séméiol(^ie pliysionomique. 

Toutefois, si Jadelot est arrivé à saisir facilement et nettement les modifications 
^ou\ent aitssi mobiles que rapides imprimées i)ar les maladies au faciès des en- 
fants, il a |>eut-éti*e eu toit de vouloir les traduii*e en tenues concis, d'une signi- 
fication trop absolue ou trop restreinte. L n portrait ne s'écrit pas, on le peint ; 
malheureux celui qui remplace le pinceau par la plume dans la description d'un 
visage. Le (xiiirait sera toujours inférieur au modèle. 

L*a()titude à juger les |>liysioiiomies dépend beaucoup de l'insi^ration. La nature 
a richement favorisé certains hommes à cet ('*ganl; il en est qui poss4*dent ce talent 
au supi*éme degiv, mais je crois que rhabitude et l'expérience peuvent encore 
beaucoup |>our ceux qui ont été moins bien partagés. Aussi ferai-je mes efforts 
|)our traduiiv clairement les résultats de mes obsenations siu* la physionomie luor- 
Imle chez les enfants à la mamelle. J'y mettrai d'autant plus de soin que Jadefot 
et son connnentateiir, Ëusébe de Salle, n'ont étudié les altérations de la physio- 
iHHuie que dans la sinronde enfance, en déclarant tK's à tort que, dans la première» 
c'est-à-dire chez lt»s enfants à la mamelle, la figure n'avait |>oint de traits arrêtés,, 
et qu*il était impossible d'y rien découvrir au point ^ue s^'^méiotique. C'est um* 
lacune que ces auteurs m'ont laissé à combler, et je m'estimerai trt»s-heureux si 
je puis la remplir con^enableiiK'nt. 

•e ta r^«rattaB lie ta tace et 4es «ê^MMeais. — la peau du \îs9g^ et du 



«I) Slahï, Disserlatio tir f»tciri tm%rbonim indice. HaJle, ITOU. 
li) Ou^Untalu, Disserlaiio ite prasofioacopiti metUca. Leipsi;:, 1748. 
(3» Th. FTeii?, Semeioiice, sirr de sigmis metiicis, l.yon, 1661. 

(4) l'mierwooil, Tmitè det mMlttdies des enfants, coiiiplclô et mis su: un nouveau plan par 
Eu5èbe «le Saik, avec des notes de Jadelot. Pari$, lSâ5, â vul. in>8. 



MOYENS D EXPRKSSION. — 1)K LA PHYSIONOMIE. 7 

coips offre une couleur et des taches qui varient dans l'état de santé et de 
maladie. 

Coloration rouge des nouveau-nés. — î.es enfants qui viennent de naître pré- 
sentent à la face et sur le corps une coloration rouge de la peiu qui i*este telle durant 
quatre ou cinq jours environ. Pendant ce temps, si Ton presse sur les téguments, 
la coloration s*eiïac« et la peau paraît jaunâtre; puis, le sang revenant peu à peu 
dans les capillaires dont la pression Tavait Chassé, cette nuance jaune est remplacée 
par la couleur rouge antérieure. Du cinquième au huitième jour, cette coloration 
dis|)arait; à ce moment, la peau présente une teinte générale jaunâtre, qui dépend 
de la résorption lente du sang infiltré dans les tissus au moment de la naissance. 

Après le huitième jour, la peau prend une teinte blanchâtre, transparente, rosée, 
avec coloration plus vive sur les pommettes. Elle reste 9hm pendant le calme des 
enfants, mais elle change avec leur agitation. - 

Leur face rougit, se congestionne plus ou moins vivement, suivant les circon- 
stances, dans les petits chagrins du premier âge, dans les efforts plus ou moins 
pénibles de la toux, et dans les maladies, etc. 

Couleur jaune ou Ictère des nouveau-nés, — Quand la coloration jaune, plus 
ou moins intense, se montre sur la peau en même temps qu'elle existe sous la con- 
jonctive et au-dessous de la langue, c'est alors un véritable ictère qui dépend du 
|)assage de la bile dans le sang. Il résulte d'une légère hépatite causée par l'inflam- 
mation de la veine ombilicale. C'est une véritable phlébite quelquefois très-grave. 

Rouge^ir de la coqueluche. — Au moment des quintes de la coqueluche, la face 
devient quelquefois très-rouge, bleuâtre, et le sang s'échappe par les yeux, ce qui 
est très-rare, ou par les narines. 

Rougeur pneumonique. — Dans la pneumonie aiguë franche, la pommette 
correspondant au côté du poumon malade est souvent très-rouge, et d'un ou 
deux degrés supérieure à l'autre (Hippocrate) ; mais dans certains cas c'est la 
pommette du coté opposé, ou alternativement l'une et l'autre des ix)mmettes qui 
sont très-rouges. 

Rougeur intermittente du visage dans la méuingite aiguë. — Cette colora- 
tion est d'une immense imi)ortance dans les affections inflammatoires du système 
nerveux. Ainsi, Ja coloration rouge subite, fugitive et intermittente du visage est 
un signe certain d'affection cérébrale aiguë. 

Cyanose cardiaque. — la cyanose chronique des musqueuses et de la peau 
révèle toujours l'existence d'une affection organique du cœur. 

Cyanose asphyxique. — Dans les maladies du larynx assez intenses pour gêner 
^liématose, on juge souvent du degré de l'asphyxie par la coloration bleuâtre de la 
face et des lèvres, et c'est d'après celt(» coloration que l'on se décide quelquefois h 
employer un moyen extrême, devemi nécessaire. Ainsi, dans le croup, la teinte 
rosée du visage change très-sensiblement; le /ond n'est plus le même, de rose elk* 
jwsse au bleu pour s'accorder avcx la teinte des lèvres, dont le coloris a disparu. 
La imance augmente rapidement d'intensité avec la maladie ; et lorsque la cyanose 
devient évidente, lorsqu'elle s'accompagne de cet état d'anesthésie plus ou moius 
complète que j'ai fait connaître, et de cet aspect cyanique particulier de la pupille 
et des yeux dont je reparlerai, nulle hésitation n'est plus |)ossible; d'après ces 
signes de danger, il faut prendre une détermination énergique. La trachéotomie est 
indispensable. 

Chez quelques enfants, le visage reste pâle et il n'y a que l'anesthésie qui puisse 
faire croire que l'aspliyxie est très-avancée. 

Pâleur diphtliéritique. — Dans la diphthérite, lorscpie la résorption iliphthé- 



8 PATHOLOGIE GENERALE ET SEMEIOTIQUE DE L ENFANCE. 

ritique est très-considérable, i] y a une pâleur s|)écîale, jaunâtre, en rapport 
la décoloration du sang et sa couleur sépia. 

PfUeur laiteuse album iminqtie, — La coloration du visage est singulière 
altèn*e dans la névriie albumineuse chronique où elle présente une teinte lai 
évidente sur un oedème sous-cutané. 

Coloration palustre. — La cachexie paludéenne a un aspect particulier, rc 
naissabie à sa nuance pâle, anémique, tirant sur le jaune. 

Pâleur intestinale. — Dans les maladies des voies digestives, chez les en 
attaqués par le muguet, la gastrite et l'entéro-colite, il y a une pâleur caractérise 
du visage, et Ton y observe une teinte plombée qui remplace l'éclat habituel d 
l)eau. Alors les yeux sont cernés, la face est blême, les lèvres sont pâles, décolor 
sans présenter la teinte bfeue de Tasphyxie. 

Coloration jaune ictériqm. — ies maladies du foie sont rares chez les enfai 
on trouve, dans la coloration jaunâtre du visage et du corps, un indice préci 
de leur existence. I^ peau, les conjonctives, la muqueuse de la partie inférie 
<le la langue, prennent une couleur jaune très-prononcée. La valeur de ce si} 
est d'autant plus importante, qu'il n'y a pas chez les jeimes enfants d'ictère id 
pathique, résultat d'une impression morale vive. Tous les faits d'ictère que ^ 
vus chez les nouveau-nés avaient pour origine une affection du foie. 

En poursuivant ces recherches, j'aurai à indiquer la coloration rougeâtre vi 
tueuse de la face et des yeux chez les enfants menacés d'une fièvre éruptive (1), 
coloration bleuâtre perlée des conjonctives chez les enfants tuberculeux (2), 
teinte cuivrée de certaines taches du visage d'origine syphilitique, la teinte roui 
cuivrée, noirâtre, et la teinte noire, qui se manifestent successivement d'un cô 
de la bouche lors du sphacèle de cette partie, etc. En ce moment, ce serait entn 
sur le domaine de la pathologie spéciale, et je n'insisterai pas. 

Des traits et de l'expression de ia fkee. — Si Ton examine le visage d'u 
jeune enfaiu qui repose, on est ravi d'y trouver tant de calme et tant de sérénité 
Aucnn pli, aucune ride, n'en altère la surface, f-a respiration est lente et paisible 
le pouls est faible et régulier. 

î^ maladie, la douleur et la joie sont les mobiles qui vont bouleverser ce tableau 
car les traits se rapprochent et se contractent dans la souffrance, ils s'épanouissen 
au contraire au moment du plaisir et des sensations agréables. 

Il n'est personne qui ne puisse interpréter ces signes qui traduisent les impres^ 
sions de l'âme : mais ce qu'il importe au médecin, c'est de découvrir sur le visage 
des malades, dans la manifestation de leur souffrance et de leur douleur, des carac- 
tères qui indiquent son origine ; or, c'est chose possible dans un grand nombit 
de circonstances. 

Faciès méningitique. — Les enfants qui souffrent dans la tête, par suite d'une 
affection aiguè des méninges ou du cerveau, joignent à leur cri une altération des 
traits fort évidente. Tantôt c'est une paupière qui ne peut se lever, et laisse l'œil 
entr'ouvert; ou bien c'est le nez dont une narine reste abaissée; d'autres fois, 
c'est la bouche dont une commissure offre une déviation considérable; ailleurs, 
c'est du strabisme divei^ent ou convergent, des convulsions de la face, ou bien l'en- 
fant est immobile dans un sommeil profond qui ressemble à l'immobilité de la mort. 

Faciès hydrocéphalique, — Dans l'hydrocéphale, on trouve un aspect étrange 
du visage qui est occasionné par la dispro^iortion du crâne et de la face, et que l'on 
peut considérer comme l'indice le plus certain qu'on puisse avoir de cette maladie. 

(1) Voy. Rougeole. SCARLATINE. 

(2) Voy. Phthisie. 



MOYENS d'expression. — DE LA PHYSIONOMIE. 9 

Quoiqu'un a-t-ii jamais pu se tromper devant un jeune enfant, dont la tète est 
énonne relativement à la face, dont le front s'élève et se projette en avant, dont la 
bosse frontale d'un œtè proéminc notablement plus que celle du côté opposé, dont 
le regard est enfin rendu divergent par la dilatation de la lase du crâne au-dessus 
des orbites? Assurément non; d'autres signes, du reste, viennent appuyer la valeur 
de ceux qui précèdent ; mais, en allant à leur recherche, le méclecin court à la 
vérification d'une hypothèse formée dans son esprit à la première vue du malade. 

Faciès rachitique. — La disproportion de volume du crâne et de la face chez 
un enfant intelligent qui ne peut marcher et qui a les articulations volumineuses et 
déformées, caractérise le rachitisme. En cas de doute, chez l'hydrocéphale, il faut 
avoir recours à l'ophthalmoscopie. 

Faciès pneumoniqiie, — La pneumonie est une des inriadies qu'il est plus aisé 
de reconnaître par les signes extérieurs. L'examen des narines suffit souvent pour 
indiquer son existence, et l'altération des traits, qui rac<x)m])agne, est un de ses 
meilleurs caractères. A chaque inspiration, les narines se dilatant avec un effort 
considérable, les sourcils se rapprochent, et quelquefois, mais c'est à une période 
très-avancée, les lèvres s'écartent i)our faciliter la respiration. Ces signes, tels que 
je viens de les indiquer, seraient insufTisants, si l'on n'observait en même temps la 
respiration et le cri des jeunes malades. ^Vinsi, placé près d'un berceau où se trouve 
un enfant qui pousse un gémissement plaintif et saccadé, suivi d'une inspiration et 
d'un temps de repos, dont les narines se dilatent avec force, dont les côtes se dépri- 
ment latéralement avec violence au moment d'une saillie considérable du ventre, ce 
qui caractérise la respiration expiratrice, le médecin peut supposer qu'il y a 
pneumonie. H lui est difficile le tomber dans l'erreur. 

La pleurésie chez les enfants à la mamelle ne présente aucun de ces signes. On 
les rencontre quelquefois dans la bronchite capillaire très-intense, mais il faut 
convenir qu'il est difficile de la distinguer de la pneumonie lobnlaire^ même à 
l'aide de l'auscultation. 

Faciès crottpaL — L'angoisse peinte sur le visage d'un enfant dont les nmscles 
respiratoires sont mis en jeu, dont le lenit est blafard ou cyanose sur les lèvres, 
dont la respiration est siffiante, et dont la sensibilité est affaiblie ou détruite, 
annonce le croup ou une laryngite aiguë suffocante. 

Faciès cardiaque. — La bouffissure et la cyanose des yeux et du visage, donc 
les muscles respiratoires sont mis en jeu sans bruit Iai*yngé, annoncent une maladie 
f>rganique du cœur. 

Faciès abdominal, — Les maladies du ventre sont de nature à exercer la saga- 
cité du médecin physionomiste. Il en est quelques-unes qui se manifestent sur le 
visage jyar des caractères qu'il est im|X)ssible de méconnaître; d'autres, au contraire, 
ne laissent aucune empreinte à sa suiiace. 

L'entéro-colite aiguè, aussi appelée entérite clioléri forme on choléra infantile, 
est accompagnée par une évidente et prompte déformation des traits, indiquée par 
quelques médecins comme caractéristique d'un ramollissement de la membrane 
muqueuse de l'estomac. Mais celte maladie se confond avec celle dont je parle (1) : 
il n'y a donc rien d'étonnant de trouver entre elles la similitude des traits que je 
vais énumérer. 

Dans le court espace d'une nuit, la face devient blême, froide et maigrit rapi- 
dement, les lèvres se décolorent, le nez se pince, les joues tombent; les yeux 
s'excavesit, perdent leur éclat et s'entourent d'un sillon sous-orbitaire, profon- 

(!) Voy. Entéro-colite. 



10 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE L*ENFAN<:K. 

dément creusé. Quoi de plus caractéristique et de plus s|)écial à la fois ! Il i 
aucune autre maladie qui offre de tels signes. 

Vient-il des coliques, et elles sont fréquentes dans cetle maladie, Tenfan 
peut les indiquer; il e^ cependant possible de les reconnaître. Sur ce visage i 
altéré passe une contraction significative de la douleur; les traits se contracl 
les sourcils se rapprochent, les yeux se ferment à demi, les narines s'élèvent 
formant une ride sur la joue ; les lèvres, un instant agitées, s'écartent et des cri 
font entendre. En même temps, le jeune enfant fléchit ses cuisses sur le veni 
qu'il lend avec effort; il se tortille avec violence; puis le calme reparaît, tout 
vient h l'état ordinaire. 

Dans la gastrite et dans Teiuéro-colite chroniques, on trouve sur la face d'aul 
caractères qui n'ont ])aft^aibins de valeur. L'amaigrissement rapide du visage, a 
staté dans l'cntéro-colite aiguë, se fait ici très-lentement, mais il augmente de je 
en jour et donne au visage un as|)ect prématuré de vieillesse. La |)eau, dépour 
de de son tissu cellulaire, reste molle, flasque et ridée sur les muscles qui la tire 
dans tous les sens. 

Les enfants se présentent alors avec une figure d'aspect terreux, amaigrie; el 
est décharnée; tous les os sont saillants; des rides nombreuses la sillonnent sur 
front et autour des yeux, sur les joues, autour des lèvres, sur le menton et sur 
cou. Les enfants ressemblent à de petits vieillards près de s'éteindre, et ils ont ui 
certaine ressemblance avec le visage sardonique, osseux et ridé du vieux Voltain 
Ils ont ce qu'on appelle la face voUainenne, 

Mais, dira-t-on, si cette apparence est le résultat de l'amaigrissement, elle doi 
se retrouver dans toutes les autres maladies clut)niques. Cela est vrai, mais en pa 
reille matière les faits doivent seuls juger la question. Il n'est pas, chez les enfants 
à la mamelle, de maladie chronique autre que l'affection inflammatoire ou tuber- 
culeuse chronique des intestins, qui soit capable de faire disparaître ainsi tout k 
tissu cellulaire de la face et la tonicité de la |)eau, pour donner aux enfants ce ca- 
ractère de vieillesse prématurée dont je parle. Les tubercules pulmonaires eux- 
mêmes, maladie chronique par excdlence, ne produisent pas ce résultat; car ce 
sont les accidents aigus de pneumonie, et non la consomption, qui mettent un terme 
k l'existence. 

La pneumonie chronique est la seule affection qui prolonge assez longtemps la 
vie |K)ur communiquer à la physionomie l'apparence bien caractérisée de la dé- 
crépitude. Il faut alors demander si des évacuations alvines, assez nombreuses pour 
s|)écifier l'entéro-colite consécutive, ne sont pas venues compliquer cette pneumo- 
nie, afin de faire la juste \v\\i d'influence de l'une et de l'autre de ces affections. *^ 

Faciès cholérique. — L'amaigrissement rapide du visage avec excavation des 
yeux et des joues, l'amincissement du nez qui se refroidit, et la coloration bleuâtre 
des paupières et des lèvres qui perdent leur élasticité, indiquent le vrai choléra. 

Fades vennineux, — 11 est une dernière maladie des voies digestives, qu'on a 
voulu juger jadis d'après l'inspection de la face ; c'est {)eut-être la seule qu'il soit 
im]X)ssible de recoimaîlre de cette manière : je veux parler de l'affection vermineuse. 

Les enfants atteints de cette affection offrent, d'apri's quelques auteurs, le teint 
gris plombé, les œnjonctives bleuâtres, les pupilk^s fort dilatées, et ils contractent 
incessamment leurs narines, à cause d'une démangeaison assez vive de cette partie 
du visage. Thomas Fyens, Signa a naso, s'exprime ainsi : « I^ démangeaison du 
nez, dans les maladies aigu&, indique le délire ; si elle n'a pas de cause évidente 
et manifeste, comme un poil qui le pique, elle annonce la présence de vers dans les 
intestins, sii'»— -hç^ les enfants. » 



MOYENS oVAPIiESSIOX. — DE LA PHYSIONOMIE. 1 I 

Je uc sais s*il en est ainsi dans les contrées où raiïection \erinineuse est connnune; 
mais à Paris, où elle est assez rare, on n'obsene rien de semblable. Les enfants qui 
ont des vers n*o(îrent pas souvent Fétat perié des conjonctives et la dilatation des. 
pupilles ; ils ne se plaignent pas de démangeaisons au nez^ et ils ne portent pas plus 
cfue les autres la main sur c^tte partie du visage pour témoigner de leurs sensations, 
alors que la parole est insuffisante pour les expiimer. D'une autre part, la dilatation 
des pupilles, la teinte bleue des conjonctives, les démangeaisons au nez, existent chez 
des enfants qui n*ont pas de vers, ou qui, du moins, n*en ont pas rendu dans leurs 
gardes-robes. 

Faciès moi bilieux. — J>es papules et des taches rouges irrégulières sur le visage 
d'un enfant, dont les yeux sont rouges et larmoyants, dont le nez coule et éternue 
en mcMue temj)s que les narines s'agitent violennnent, indiquent une rougeole com- 
pliquée de pneumonie. 

Faciès scarlatinetix, — Des papules confluentes formant une teinte ix)sée pres- 
que uniforme du visage, avec tuméfaction sous-maxillaire et bouche béante, iiuli- 
quent une scarlatine compliquée d'angine tonsillaire. 

Faciès syphilitique. — Chez un enfant à la mamelle, le visage amaigri, terne. 
l)âle, ridé, rouge cuivrique autour des narines et des lèvres rpii sont fendillées, 
tacheté sous le menton de pustules plates brunAtres et rouge foncé, annonce la 
syphilis. 

Faciès scrofuleux. — Lu visage assez gras, frais ou blafard, avec un gros nez et 
de grosses lèvres, des croûtes au bord des cils ou de la bouche, des glandes ou des 
cicatrices sous le cou, révèlent la scrofule. 

Faciès herpétique. — Quand le visage est souvent fnouchetéde plaques couverteî; 
de poussière épidermique, de taches rougeâtres fendillées, pmrigineuses, d'impé- 
tigo ou d'eczéma impétigineux avec suintement derrière les oreilles, on peut être 
sur que l'enfant a une diathèse herpétique compliquée de scrofule. 

Faciès scorbutique. — La pâleur et la boulTissure du visage, qui est marqu6 
d'ecchymoses ou pétéchies, indiquent le scorbut et le purpura hœmorrhafjica. 

De l'expression des yeax. — Les veux de l'enfant s'ouvrent an moment de 
la naissance, mais ils paraissent insensibles à l'action de la lumière. Ils sont ternes, 
sans éclat et sans regard; la vie ne las anime pas encore; ils se meuvent en tous 
s(»ns, mais sans but déterminé. Au bout de deux septaines, ils suivent le jour, s'ac- 
coutument insensiblement aux objets extérieurs qu'ils finissent par reconnaître k 
l'âge de six semaines ou de deux mois. 

C'est par l'œil que l'on iwnit apprécier ce qui se passe dans le cerveau et dans la 
moelle, c<ir cet organe est en rap})ort direct a\ec le système cérébro-spinal, sa cir- 
culation veineuse rentre dans les sinus du crâne et tout obstacle mécanique ou 
phlegmasique à la circulation des veines de l'encéphale a un effet semblable au fond 
de l'œil. D'autre part, sa circulation se trouble sous l'influence de l'irritation spinale 
transmise par le nerf sympathique. — Déjà l'idée que j'ai eue de faire de l'examen 
de l'œil dans les maladies neneuses une sorte de moyen cérébroscopique, dont 
rexj)érience déniontre toute l'utilité (i). 

Ëtat (le la pupille dans le sommeil, dans la syncope et après la mort. — Le 
premier et l'un des plus intéressants caractères de physionomie pathologique foiu*ni 

(1) E. Boucliiit, Du diagnostic de la méniiigile par Cophlhabuoscopie (Gai. des hop. y mars. 
1862, p. -18); Du diagnostic des maladies du système nervetuc pour l'ophlhalmoscopie. 
Paris, ISfifi, un vol. in-8 avec allas «le 2i pi. ; Allas d*ophllialmoscopie médicale et de cé^ 
léltroscopie. Paris., 1870, in-8, avec 14 pi. comprenant 137 fi^f. 



12 PATHOLOl.IE GÉNÉRALE RT SÉMÉIOTIOUE DE l'ENFANCE. 

par rexamcn des yeux se rapporte à Téiat de la pupille pendant le sommeil, pea- 
nant la syncope et après la mort. 

Dans le sonuneil, où Fœil est protégé contre la lumière, la pupille est fortement 
contractée ; c'est un phénomène que la théorie ne saurait prévoir, et que les obser- 
vations de Cuvier, de Dugès, de Mayo, de la plupait des physiologistes, démontrent 
d'une manière positive; et j'ai pu le constater bien des fois. La pupille se dilate, au 
contraire, et reprend ses dimensions normales au moment du réveil, Tœil se 
trouvant ex|)osé à tout Féclat du jour. 

La dilatation complète, absolue, définitive s obsene au moment de la mort, et 
constitue avec la dilatation des autres spliincters l'un des meilleurs signes de cet 
événement. C'est ce que j'ai bien établi dans mes recherches sur la distinction de 
la mort réelle et de la mort tpparente (1). 

Si l'on excepte quelques aiïections du ceneau aca)m|)agnées de la |)ara1ysie du 
nerf optique, dans lesquelles on obsene la dilatation de la pupille et l'amaurose, et 
l'inégale dilatation des deux pupilles, l'examen de l'iris ne fournit pas de signes 
bien imi)oitants au diagnostic des maladies des enfants à la mamelle. Les défonna- 
tions dont la pupille est le siège chez l'adulte, dans certaines affections de nature 
syphilitique, ne se retrouvent pas chez les jeunes enfants. 

Cérébroscopie, — Les yeux, et quand on parle ainsi il faut entendre à la fois les 
paupières et le globe de l'œil, les yeux présentent de notables altérations daiLs 
plusieurs d(*s maladies neneuses de la |)remiëreeuf ance, depuis la photophobie 
jusqu'à l'amaurose, jusqu'au strabisme et jusqu'aux lésions de circulation et de 
nutrition dont le fond de l'œil peut devenir le siège. Ckîtte étude constitue la Céré- 
broscopie, et SCS résultats sont de la plus haute iniiwitance ; car lorsque des trou- 
bles net*\eux sont accompagnés d'une lésion du fond de l'œil, on doit les considérer 
comme un résultat de lésion organique ci^rcbro-spinal plutôt que comme étant la 
conséquence d'un trouble fonctionnel idiopathique. Au travers de Vœil, voir ce 
qui se passe dans le cerveau et dans la moelle^ tel est le but de ce nouveau mode 
<rexploration que j'ai fait connaître en 186^. 

L'hydrophthalmie, ~ la (Ulatation et la flexnosité des veines de la rétine, — la 
thrombose de ces veines, — leur rupture et les hcmorrhagies rétiniennes, — la con- 
gestion péripapillaire partielle ou générale, — l'infiltration séreuse de la rétine et 
de la papille, caractérisant la névrite et la névro-rétinite ; — les tubercules de la cho- 
roïde, enfin les exsudations rétiniennes et l'atrophie du nerf optique, sont les 
lésions qui annoncent rhyi)erhémie cérébrale, la méningite aiguè ou tuberculeuse, 
la phlébite des sinus, l'encéphalite aiguè et chronique, les tumeurs du ceneau, — 
l'hydrocéphalie chronique, les tubercules du cerveau, etc. 

Des yeujc dans la méningite. — La congestion et la filtration séreuse papillaire 
|)aitielle ou générale, la plilébectasie et les thromboses phlébo-rétiniennes, ainsi 
que les hémorrhagies de la rétine, s'observent dans la méningite aiguë et doivent 
être ajoutées aux autros symptômes de la maladie. — 11 en est de même dans la 
méningite tuberculeuse, qui offre quelquefois en plus des tubercules de la choroïde. 

L'infiltration granuleuse de la papille et les exsudations graisseuses de la rétine, 
avec atrophie du nerf optique, accompagnent souvent la méningite chronique. 

Dans les affections des méninges et du ceneau, l'hydroplithalmie, le strabisme 
et rabaissement de la paupière supérieure ont une assez grande importance; mais 
ct»s signes n'ont pas de valeur absolue. H faut, en même temps, tenir compte de la 
marche de la maladie et des troubles obsenés dans les autres parties du sj'stème 

(DE. Boucliul, Traité des signes de la mort et des moyens d^empécher les enterrements 
prématurés. 3* édition (couronné par l'institul de France). Paris. 187 i, in-lâ. 



DE LA PHYSIONOMIE. — ÉTAT DES YEUX. — CÉRÉBROSCOPIE. 13 

musculaire. Aiusi, loi'sque ces deux signes paraissent chez un enfaut malade depuis 
huit à quinze jours, et qu*en même temps on observe des convulsions et une hémi- 
plégie, Texistence d*une méningite n'est point douteuse; mais si cette paralysie de 
la paupière supérieure s*établit d*emblée, au moment d'une convulsion, chez un 
enfant bien portant, le diagnostic n'est plus le même. Sans pouvoir préciser quelle 
est la nature de cette paralysie, on sait cependant qu'en général elle est indépen- 
dante de l'affection du ceneau. 

Des yeux dans la paralysie de la troisième paire. — Dans d'autres circon- 
stances, la paralysie vient lentement ; elle s'accompagne d'une grande dilatation de 
la pupille, et l'œil ne peut se diriger vers le nez, ce qui constitue la paralysie de 
la troisième paire, caractérisée par l'abaissement de la paupière, l'impossibilité de 
tourner l'oeil en dedans et la dilatation de la pupille. S'il n'y a rien au fond de 
l'œil, la paralysie ^t essentielle; mais s'il y existe une infiltration séreuse ou gra- 
nuleuse de la papille, on peut être sûr que la lésion est symptomatique d'une alté- 
ration du nerf optique ou du cerveau (i). 

Des yeux dans Vaffection lermineuse. — Paul iEginète (:2), Aviceime (3) et 
Thomas Fyens (4) considéraient les yeux demi-fermés dans le sommeil comme 
signe de vers chez les enfants bien portants, mais c'est là une observation à laquelle 
je n'accorde aucune importance. 

Des yeux dans Vhydrocéplmlie et le rachitisme. — Les hydrocéphales, au 
début de leur maladie, ont souvent le crâne assez volumineux, en disproportion 
avec le visage comme les rachitiques ; mais, dans le premier cas, il y a souvent du 
nystagmus, de l'hydrophthalmie, du strabisme et une hyperhémie veineuse du foml 
de l'œil qui n'existe pas dans le rachitisme. 

Des yeux dans la rougeole et dans le narcotisme. — Ou trouve souvent dans 
les yeux l'indice de plusieurs autres états morbides de l'enfant. Qui ne connaît, par 
exemple, la rougeur des yeux, le gonflement des paupières et le larmoiement pré- 
curseurs de la rougeole? Qui ne sait apprécier l'aspect brillant des iris, la contrac- 
tion extrême des pupilles, provoqués par l'ingestion d'une faible dose d'opium ? Je 
ne reviendrai pas ici sur l'état perlé de la conjonctive, qu'on a considéré comme 
caractéristique de l'affection vermineuse ; ce fait demande à être vérifié par de 
nouvelles observations qui en constatent l'exactitude et la constance. 

CHAPITRE II 

Di; GESTE ET DES ATTITUDES 

Tous ceux qui ont étudié la physionomie humaine ont iiéccssaircment dû con- 
sacrer un chapitre au développement des signes fournis par les gestes et les attitudes 
différentes des individus; ces signes ne trompent que bien rarement. La démarche 
vive et assurée d'un homme qm porte fièrement sa tête, dont la poitrine est large, 
et dont les membres supérieurs se meuvent avec mesure, en impose autant que le 
dur aspect d'un visage dont les traits sont elTilés, les lèvres minces et le regard 
méchant. L'attitude trahit souvent celui qui veut rendre sa physionomie impas- 
sible; aussi fournit-elle à l'observateur des signes qu'il ne faut pas négliger. — Si 
ces signes ont, dans l'état physiologique, une grande valeur, leur importance n'est 
pas moindre dans l'état morbide. 

(1) E. Bouchut, Mém. sur la paralysie de la troisième paire. (Union médicale, 1866.) 

(2) Paul j£ginète, liv. IV, cliap. LVii. 

(3) ÂTÎcenne, liv. III. 

(4) Th. Fyens, Semeiotice, sive de signis medicis. Lyon, 1664. 



U PVriIOLOlHE GKXÉKALE ET SÉMÉI0TIQI:K DE i/ENFANT.E. 

Les enfants malades clierchent instinctivement, dans chaque maladie. Tait 
la plus favorable et la moins douloureuse. Quant au\ mouvements du corps et 
gestes, comme ils sn^nt arracliés par la souffrance, et soustraits à Finfluem 
la volonté, il en faut tenir compte, car ils (Meuvent éclairer le médecin dan 
i-eclierclies. 

On a dit, avec une apparence de raison, que les enfants à ta mamelle, escl 
dans les linges de leur maillot, n*étaient pas libres de prendre Tattitude qui 
était convenable, et qu*its restaient dams la position qu^on voulait bien leur don; 
Puis, de là, on a conclu à la nullité des signes fournis par Tattitude des enfa 
\utant vaudrait dire que la physionomie n*a pas d*e\pression chez les |K'uplcs 
ont la coutimie de se voiler le visage. 

Il ne faut \ïàs raisonner ainsi. On étudie Texpression de la face, quand on s 
placé dans la position la plus convenable pour examiner les traits, cV\st-à-dire lo 
(|ue le visage est découvert. — Laissez les enfants en lil)erté, et vous pourrez . 
précier les gestes et Tattitude (pii traliissent la souffrance de tel ou tel organe. 

Attitude dans la méningite, — Ainsi, lorsqu*on observe un jeune eiifi 
atteint de méningite au début, pendant la période de germination, on Tente 
tout à coup jeter les hauts cris ; su main s élève, en frappant Tair, ou en tirailla 
sur un endroit de ses vêtements ou des linges qui le recouvrent, comme |)0ur e 
lever un objet qui répouvante. Ces gestes sont caractéristiques, et, chez les cnfan 
plus avancés en âge, la parole leur venant en aide, ils appellent leur mère à lei 
secours contre leui*s hallucinations, pour les délivrer de la bête qu'ils aperçoivei 
devant eux. 

Quelquefois, à ce moment, le coips prend une attitude étrange; la face exprime 1 
frayeur ; les enfants se lèvent sur leur séant et s'agitent pour fuir l'objet de leurterreui 

A une é|)oque plus avancée de la maladie, dans la |)énode conrulsire ou coma 
teuse, les gestes et l'attitude sont différents. Les mouvements sont automatiques 
ici la main, égarée sur la couverture, travaille |)our en arracher le duvet; ailleur. 
les membres sont agités de mouvements convulsifs généraux, ou sont contractures 
Enfm, chez quelques malades, le cor|)s est dans la prostration la plus profonde : 
l'un de ses côtés et frappé de paralysie, et se trouve dans la résolution la plus com- 
plète ; l'autre reste seul capable de se mouvoir. Ailleurs, l'enfant est immobile, 
doit sans faire un m()u\ement. On le croirait mort. 

Attitude de la dentition laborieuse. — Dans les maladies de la bouche, au 
moment de la dentition, lorsque la muqueuse buccale est fortement enflammée, 
ulcérée peut-être, des gestes particuliers viennent indiquer le siège de la souffrance 
que cause l'évolution des dents. Chez quelques enfants, les lèvres restent écartées 
|)ar effort, la salive s'écoule, et les quatre doigts de l'une ou de l'autre main se 
|)ortcnt continuellement dans la bouche pour être incessamment pressés entre les 
arcades dentaires. 

Attitude du croup. — Durant les maladies du larynx, dans le croup, les enfants 
ne peuvent rester entièrement couchés; ils suffoquent et s'agitent jusqu'à ce 
qu'on les ait placés sur leur séant, appuyés sur des oreillers qui les maintien- 
nent dans cette position. Ils veulent être incessanmient tenus sur les bras, parce 
que, dans cette attitude verticale, ils trouveiU un point d'appui qui facilite leur 
rospiration. 

Dans la dernière période du mal, au moment des crises d'étouffement et des 
accès de dyspnée qui déterminent l'asphyxie, on les entend pousser des cris étouf- 
fés, sourds, rauques, et quand ils sont couchés, on les voit faire de violents efforts 
pour se lever. Aussi, dès qu'on leur présente la main, ils la saisissent dans un 



MOYENS DEXPKESSiOX. — GESTE ET ATTITUDES. 15 

étreinte coiivulsive, s*y appuient, se lèvent rapidement debout sur leur lit, en 
élevant la tête pour saisir Tair qui semble leur échapper. 

Chez quelques enfants, ce n'est plus seulement Tattitude qu'il faut considérer, 
ce sont les gestes qui sont alors très-significatifs. Que de fois, dans ces circonstanciés, 
n*a-t-on pas vu leurs mains se porter au cou, et presser latéralement sur le larynx, 
comme pour enlever l'obstacle à l'introduction de l'air dans la poitrine! Il n'est pas 
d'enfant trachéotomisé chez lequel on n'observe de mouvements semblables. Ils ne 
^nt pas le résultat de la douleur causée par la présence de la canule, car ils ne 
sont pas continuels. Ils n'existent que dans les moments pénibles où l'obstruction 
<le la canule va déterminer l'asphyxie. 

Attitude dans la pneumonie. — Dans la pneumonie, l'attitude des enfants ne 
présente rien qui mérite d'être indiqué d'une manière spéciale. Chez les petits 
enfants, l'accélération des mouvements respiratoires et la respiration expiratrice, 
au contraire, sont plus significatifs. Je les ai indiqués en parlant des altérations de 
la physionomie, et ils doivent m'occuper plus loin lorsque je parlerai des phéno- 
mènes extérieurs de la respiration. Je crois inutile d'en parler en ce moment. 

Attitude des coliques. — C'est encore par des mouvements particuliers que 
l'enfant exprime, sans le secours de la parole, la souf&'ance qu'il éprouve dans l'in- 
térieur de l'abdomen sous l'influence des vents ou de l'entérite aiguë. Ces mouve- 
ments sont fugitifs; ou les rapporte avec raison à la doulem* produite par la colique. 

En effet, dans le cours d'une légère irritation d'entrailles, la face, ordinairement 
calme, se contracte quelquefois subitement ; l'enfant pousse des cris, fléchit les 
cuisses sur le ventre qu'il tend avec effort ; il se tortille un moment, et tous ces 
accidents se dissipent au bout de quelques secondes, en même temps que reparaît 
la sérénité habituelle du visage. 

Attitude des gestes de la chorée. — L'observation du visage, de l'attitude et des 
gestes d'un eiifanl atteint de chorée révèle aussitôt la nature de son mal. Il est 
im|)ossible de voir les grimaces involontaires et les mouvements désordonnés de la 
tête et du cou, des membres supérieurs et inférieurs sans reconnaître aussitôt 
l'affection connue sous le nom de danse de Saint-Gtuj ou Chorée. 

Attitude des rachitiques. — L'attitude molle, pour ainsi dire, de certiiins 
enfants, déjà âgés de quinze à vingt mois, rinijx)ssibilité dans laquelle ils se trou- 
vent de se tenir debout, même quand on leur offre la main pour appui ; l'incur- 
vation de la colonne vertébrale, des jambes et des cuisses; la difficulté de la 
marche; la déformation de la poitrine, sont les meilleurs caractères d'une maladie 
assez commune dans la première enfance. Ils signalent le rachitisnie. Il est donc 
important de les connaître. 

Je mentionnerai enfm les diverses attitudes de certaines parties du corps à la 
suite des paralysies essentielles de l'enfance ou à la suite des rétractions muscu- 
laires, dont la nature est peu connue jusqu'à ce jour. Ainsi la faiblesse des membrc^s 
inférieurs, la paralysie incomplète, les pieds l:ots consécutifs, la déviation de la tête, 
de la taille, etc., par suite de paralysie essentielle ou par suite de la rétraction des 
muscles sterno-mastoïdien et spinaux, sont des maladies que l'inspection seule fait 
recomiaître. Il est inutile d'y insister davantage. 

CHAPITRE m 

DU DÉVELOPPEMENT ET DE l'EMBONPOINT 

Le volume des enfants, leur poids, leur degré d'embonpoint, fournissent des 
notions générales iniportantes dont il faut tenir compte, qui peuvent être insuffi- 



IG PATHOLOGIE r.KXKHALK KT SÉMÉIOTIQUE DE l'ENFAXCK. 

santés quand il s^agit de formuler un diagnostic pr^^cis, mais qui peuvent guider le 
médecin dans le choix de la nourrice. Ainsi Ion dit : cet enfant ne \ient pas bien, 
il ne prospère pas, et en le pesant chaque semaine on voit qu'il ne gagne que 95 ou 
100 grammes au lieu dVn gagner 250 ou 300. Souvent la faute en est h la nour- 
rice, qui se ménage en donnant peu à teter, ou qui donne un lait pauvre et insuf- 
fisant. Dans ces cas, changez de nourrice, et Tcnfant reprendra des forceps et se 
développera avec une nouvelle vigueur (1). 

Lorsqu'on obsene un enfant malade, son état de maigreur ou d'embonpoint 
produit sur le médecin une certaine impression, qui souvent suffit seule pour indi- 
quer la nature de la maladie, sa forme aiguë ou chronique, et même sa durée 
approximative. C'est ainsi qu'il pourra quelquefois reconnaître la diarrhée aiguë, 
la diarrhée chronique, la dyspepsie ou le rachitisme. 

Dans l'état aigu, l'amaigrissement est rapide; les chairs, ordinairement polies, 
sont molles et pendantes, mais la peau est encore assez ferme ; les rides ne sont |)as 
encore dessinées à sa surface. — Dans l'état chronique, au contraire, outre la flacci- 
dité et la mollesse des tissus, la peau parait avoir perdu son élasticité, elle coiisen e 
le pli que la pression des doigts lui imprime, elle est couverte de rides qui se pro- 
noncent davantage au moment de la contraction musculaire. — La persistance du 
pli de la peau à la suite de la pression des doigts est surtout marquée dans les ma- 
ladies de l'abdomen. Elle est assez constante dans l'entéro-colite |)our être rangée 
parmi les symptômes de cette maladie — Dans le rachitisme, la disproportion de 
la tête et des membres, qui sont relativement plus petits, l'aplatissement latéral de 
la poitrine, le volume du ventre et le gonflement des grandes articulations suffisent 
pour établir le diagnostic. 

Il faut donc, dans l'étiide des maladies de la première enfance, prendre en con- 
sidération le développement, le poids et l'embonpoint des sujets. On trouvera là 
des signes qui ont une grande importance, dont la valeur ne peut être laissée de 
côté sans inconvénient. 



CHAPITRE IV 

Dr cm 

Le cri, manifestation la plus naturelle de la souflrance, est le plus énergique des 
moyens d'expression de l'enfant. D'une manière générale, il indique la douleur, 
et, par les diverses modifications qu'il présente, il en spécifie parfois l'origine et la 
cause. 

Comme la voix articulée, le cri présente des caractères particuliers faciles à 
saisir, mais impossibles à décrire, caractères spéciaux à certaines passions, à cer- 
taines doideurs morales et à certaines souffrances physiques. 

La voix trahît l'homme et révèle la douceur ou l'àpreté de son caractère, sa 
franchise comme sa loyauté, ses bons et ses mauvais sentiments, son courage aussi 
bien que sa lâcheté, son amour aussi bien que sa colère, etc. 

Les jeunes enfants savent aussi manifester leur joie, leur impatience et leur 
colère par des cris que tout le monde sait recomiaître; mais ce n'est pas de ceux-là 
que nous devons nous occuper. Dans l'état de maladie, les cris sont motivés et 
par les douleurs n[K)rales et par les douleurs physiques qui résultent de l'aflection 
de tel ou tel organe; tous ces cris sont modifiés par l'âge et la constitution des 

(1) Voy. E. Boucliut, llijgiènede la première enfance. 6« édition, Paris, 1874. 



MOYENS d'expression. — DU CRI. 17 

enfants, et quelquefois môme par la nature des souffrances qui les provoquent J'aurai 
donc à rechercher quels sont les caractères du cri dans les affections des jeunes enfants. 
Ces modifications sont faciles à saisir, et chacun peut les apprécier. Toutefois il 
est très-embarrassant de les traduire en langue vulgaire. En efîet, le son qui frappe 
Tair et parvient à nos oreilles nous pénètre et nous impressionne, sans que nous 
puissions expliquer la sensation qu'il fait naître. Quoique fugitives et variées, ces 
sensations sont réelles et quelquefois bien profondes. On en peut juger par les 
exemples remarquables et bien connus de ces mères qui, dans des circonstances 
malheureuses, séparées de leur enfant, ont pu le reconnaître, entre mille autres, 
rien que par ses cris. 

Malgré ces difficultés qui rendent Texposition embarrassante et obscure, je vais 
examiner les caractères du cri dans les affections des jeunes enfants, et je chercherai 
à déterminer si les modifications qu'il subit sont vraiment sous TinHuence de leurs 
différents états de souffrance. 

Le cri se produit toujours au moment de l'expiration ; il dure autant qu'elle, 
cesse pendant l'inspiration qui la suit, et reparait avec une nouvelle expiration. 
Chez quelques enfants, l'inspiration est elle-même bruyante : c'est ce que Billard 
a qualifié du nom de reprise. Ainsi donc, il existe dans le cri deux temps distincts : 
le cri proprement dit, qui a eu lieu pendant l'expiration, et la reprise, qui se fait 
entendre au contraire durant l'inspiration. Le cri est ordinairement plus fort que la 
reptise. Ils éprouvent l'un et l'autre des modifications que j'indiquerai plus loin. 

Au moment des cris, un phénomène général, caractérisé par la turgescence de la 
face, la coloration de cette partie et de toute la surface du corps, par une conges- 
tion générale, semble indiquer la présence d'un obstacle au retour du sang dans 
le cœur. Les veines du cou et des mains sont toutes gonflées ; et, chez les enfants 
malades qui ont lùi érythème ou une fluxion inflammatoire d'une partie de la peau, 
l'auréole de la vaccine, par exemple, ces parties prennent à l'instant une coloration 
bien plus vive. La congestion ^cérébrale est si forte chez quelques enfants au 
moment des cris, qu'ils tombent aiïaissés et se pâment pendant quelques secondes. 
Cet état doit t^trc rapproché de l'asphyxie. 

Les cris sont souvent accompagnés d'une alx)ndante sécrétion de lannes; ce 
phénomène n'a pas lieu chez les jeunes enfants. La glande lacrymale ne fonctionne 
l)as encore. Elle ne commence ii sécréter que vers le troisième ou quatrième mois. 
Alors il est bon de tenir compte de la présence ou de la suppression des larmes ; 
car les fonctions de la glande lacrymale se suspendent sous l'influence des maladies 
aiguës fort graves. La suppression des larmes pourrait être alors considérée comme 
un signe général important dans la prognose des maladies. 

Les cris peuvent être altérés dans leur forme, dans leur timbre et dans leur durée. 

Les altérations relatives à la forme des cris sont indiquées par leur état de 
faiblesse et par leur caractère pénible ou étouffé. 

Criasthénique. — La faiblesse des cris se rencontre surtout chez les jeunes 
enfants qui viennent au monde à peine viables, dans un demi-état d'asphyxie, et 
chez les enfants qui, un peu plus âgés, sont affaiblis par une maladie chronique et 
sont près de succomber. 

Cri plaintif. — Le cri étouffé, plaintif, se rencontre principalement dans les 
affections des organes respiratoires et en particulier dans la pneumonie bien 
caractérisée. Alors chaque expiration est accompagnée d'un petit cri étouffé, ce 
qui constitue la respiration expiratrice; c'est un gémissement assez fort plutôt 
qu'un crû Comme il est excessivement rare de le rencontrer dans le cours d'autres 
maladies, sa présence doit être prise en considération. 

60UCHUT. — NOUV.-NÉS. — 7* ÉDIT. 2 



1b PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE L'ENFANCE. 

Cri cérébral. — Les altérations qui portent sur le timbre du cri soi 
importantes. Ainsi, le cri unique, aigu et très-fort, venant à des intervallt 
éloignés, a été rap|X)rté par Maunoir, Coindct et par un grand nom 
médecins aux affections cérébrales aiguës. On lui a donné le nom de cri h 
céphalique. Il manque tix)p souvent pour qu'on puisse lui accorder une 
séniiologiquc absolue, et, d'autre part, il se rencontre également dans le co 
plusieurs autres maladies. Ainsi d'après Auvity, Billard et Valleix (i), ce c 
se rencontre dans le sclérème des nouveau-nés. Ici, toutefois, il est plus faibk 
fréquent, et il se reproduit à chaque minute. Ce n'est pas le même cri que t 
méningite, et il y a quelque chose de si particulier dans le cri cérébral^ que 
rapproche ce phénomène des autres symptômes de la maladie on pourra en 
bon parti pour le diagnostic. 

Cri rauque. — Il n'y a guère qu'une maladie dans laquelle le cri présen 
modiGcations importantes et caractéristiques : je veux parler du croup. Le c 
voilé, rauque, et il s'accompagne d'une inspiration bruyante que les auteui 
comparée au chant du jeune coq. A la deniière période de cette maladie, la n 
disparaît, il ne reste plus que l'expiration rauque et considérablement affaiblie 
peut vraiment dire que la voix est éteinte. 

Cri chevrotant — Billard (2) parle d'un cri chevrotant qu'il n'a rencontré 
trois fois chez de très-jeunes enfants affectés d'une angine oedémateuse. Il s 
çonne que cette modification appartient à la maladie dont il parle, mais il i 
l'afGrmer ; et il dit sagement qu'il faut attendre que de nouvelles obsenations se 
venues confirmer ce fait. 

Cri phréno-glêttique. — Chez les jeunes enfants atteints de spasme de la gi 
ou phréno-glottisme (voy. ce mot), il y a aussitôt après l'accès d'étouffemeni 
petit bruit semblable au hoquet, qui annonce la fm de la crise et qui constitu 
cri phréno-glottique. 

La prolongation du cri des enfants n'indique pas autre chose qu'une douleur ti 
vive, sans aucun rapport avec l'affection de tel ou tel autre organe. Billard ci 
qu'on obsene le cri prolongé dans les maladies du ventre, les coliques, l'iléus 
péritonite, etc. ; mais cela n'a pas été établi d'une manière bien précise, et 1 
ne peut se prononcer définitivement sur cette assertion. 

Quoique les signes fournis par l'étude du cri ne nous aient pas fourni de rési 
tats toujours très-positifs, il ne faut pas les négliger, car dans certains cas ils se 
|)athogiiomoniques. 

Il faut non-seulement écouter le cri naturel ou spontané, mais si les enfants 
crient pas quand on les observe, on peut les tracasser légèrement pour k^ obligei 
pousser quelques cris qui pourront éclairer le médecin. En un mot, il faut provi 
quer les cris, afin de ne rien négliger dans l'examen des malades. Les signes fourii 
par le cri provoqué sont d'ailleurs, à peu de chose près, les mêmes que ceux qui j 
produisent spontanément par la douleur. 

CHAPITRE V 

DES SIGNES EXTÉRIEURS FOURNI PAR l'EXAMEN DE LA BOUCHE ET DU VENTRE 

Examen de la boaehe. — L'inspection de la bouche fournit au médecin ui 
grand nombre de signes qu'il lui est très-important de connaître. Ainsi, sans |)arlei 

{[) Vallcix, Clinique des maladies des enfants nouveau-nés. Paris, 1839, p. 627. 
yt) Billard, Traité des maladies des enfants nouveau-nés. Paris, 1837, p. 63. 



MOYENS d'expression. — BOUCHE ET VENTRE. 19 

des déformations et des paralysies de cette partie qui changent l'aspect du visage 
el dont il a été précédemment question, nous trouvons à étudier la coloration, 
la chaleur et la sécheresse de la muqueuse buccale et de la langue, leurs pro- 
ductions accidentelles, la manière dont la succion s*exerce, les produits de sécrétion, 
l'odeur, etc. 

Chaleur fébrile. — 11 suffît de mettre le doigt dans la bouche d'un jeune enfant 
pour apprécier s'il a ou s'il n'a pas la fièvre. En effet, la muqueuse est le siège 
d'une dialeur plus ou moins vive, accompagnée d'un état de sécheresse, qui n'est 
jamais trinii-considérable. 

Gonflement des gencives y aphthes, muguet ^ ulcéraiiom, fausses mem 
braneSj etc. — Ix>rsque le jeune enfant s'agite et crie, il ouvre largement la bouche, 
et Ton |)eut, en abaissant la langue avec une cuiller, apercevoir la rougeur, le gon- 
flement, les ulcérations les aphthes, la gangrène des gencives, le nombre des dents 
déjii sorties, quelquefois aussf les amas de cryptogames du muguet, sous forme de 
grains blanchâtres, miliaires, développés sur la surface de la muqueuse, enfin 
les productions accidentelles de la voûte palatùie, des amygdales, du voile du 
paAaâs et du pharynx. C'est aussi par cette exploration qu'on découvre au frein 
de la langue Yulcération caractéristique de la période convulsive de la coque- 
luche (1). 

Ë^ mettant le doigt dans la bouche des jeunes enfants, on peut jusqu'à un cer- 
tain point apprécier leur vigueur naturelle, et connaître l'état de faiblesse où la 
maladie les a jetés. Cette opération les trompe toujours ; ils croient prendre le sein 
et tettent avec plus ou moins d'avidité le bout du doigt Les efforts de succion sont 
très-violents chez les enfants bien portants et chez ceux qui n'ont qu'une aff^ection 
légère. Ils sont très-faibles, au contraire, et quelquefois nuls, chez ceux dont la 
constitution est ruinée par une maladie chronique, ou qui ont une affection aigué 
très-sérieuse. 

L'examen de la bouche n'est pas toujours très-facile. Les enfants qui sont plus 
avancés en âge lutteut contre le médecin, et serrent les mâchoires avec force. Il 
faut alors leur serrer le nez, \yovLr les forcer à respirer par la bouche. Ils crient, et 
l'on peut alors profiter de ce moment pour faire l'exploration. 

De la touche peut sortir une odeur infecte, et qui seule, par sa présence, indique 
la gangrène d'un point de la cavité buccale, l'une des plus terribles afTections de 
l'enfaiire. 

Je ne terminerai pas ce qui a rapport à l'examen de la bouche sans parler d'un 
phénomène qui inquiète quelquefois les parente, et qui n'a généralement aucune 
gravité. Je veux parler du flux de la salive. Il en est de cette sécrétion comme de 
celle des larmes. Elle n'existe pas durant les premiers mois de la vie; elle ne s'éta- 
blit que vers le cinquième ou sixième mois, aux approches de l'évolution dentaire, 
et probablement sous l'influence de l'excitation gingivale. M sécrétion de la salive 
qui se montre assez souvent chez les enfants atteints d'idiotie est habituellement 
un fait physiologique plutôt qu'un phénomène morbide. Ce liquide ne s'/'coule si 
abondamment à l'extérieur qu'en raison de l'absence des dents destinées à le main- 
tenir enfermé dans la cavité de la bouche. 

ExancB da ventre. — Le ventre est la partie la plus volumineuse du cm\ys 
des enfants à la mamelle. Cette disposition est toute naturelle. Toutefois elle s'exa- 
gère beaucoup dans la diarrhée chronique et dans le rachitisme. 

Dans l'état de maladie, il est imi)ortant de savoir si le ventre est tendu, doulou- 

(I) Voy. Coqueluche. 



20 ■ PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE L*ENFANCE. 

reux, gargouillant et occupé par du liquide, des gaz ou une tumeur, s'il y a des 
taches rosées à la surface ; mais l'exploration n*est pas toujours facile, car l'agitation 
qu'elle détennine provoque des cris et la tension des muscles abdominaux, ce qui 
empêche d'arriver au résultat que l'on désire. Il faut* alors distraire l'enfant en lui 
montrant un objet qui l'intéresse. Lorsque son attention est fixée, la main peut 
comprimer l'abdomen et reconnaître s'il est souple, s'il renferme quelque tumeur, 
et surtout s'il est douloureux. I^s gestes et les cris de l'enfant sont, dans cette cir- 
constance, l'indice de la douleur qu'il éprouve par la pression des mains, car ils 
cessent avec l'exploration. 

Douleur. — Chez les enfants, la douleur du ventre n'est jamais bien vive, si ce 
n'est dans les coliques du nouveau-né, daas la péritonite aiguë et tuberculeuse, où 
elle est générale, et dans la fièvre typhoïde, où elle occupe la fosse iliaque droite; 
elle existe, mais à un faible degré, dans la diarrhée catarrhale et dans l'entéro-colite. 

Dans la seconde enfance, le ventre offre des modifications plus nombreuses et 
dont la signification éclaire beaucoup le diagnostic. 

Taches rosées, — A i>artir de l'âge de cinq ans, le ventre des enfants atteints 
de fièvre typhoïde, au huitième ou douzième jour, se couvre de taches rosées len- 
ticulaires plus ou moiiLs nombreuses; mais, avant cet âge, c'est une éruption qu'il 
est très-rare de rencontrer. 

Péléchies. — A la fin des maladies chroniques, il se fait souvent sur la peau du 
ventre une éruption de taches miliaires hémorrhagiques bleuâtres ou noires. C'est 
l'indice d'une mort prochaine. On les trouve aussi dans le purpura simplex. 

Hydro-péritonie. — De la sérosité peut s'accumuler dans le péritoine et donner 
lieu à l'augmentation de volume du ventre et à de la fluctuation de la région hypo- 
gastrique. C'est l'indice d'une ascite simple ou symptomatique de la tuberculose 
entéro-mésentérique (carreau), de la néphrite albumineuse, des maladies de la 
rate, enfin des lésions organiques du cœur et du foie. 

Tumeurs, — Des ganglions mésentériques tuberculeux, des tumeurs hydati- 
ques, la rate hypertrophiée, etc., sont les tumeurs que l'on obser\'e habituelle- 
ment dans le ventre des enfants. 

Gargouillement. — Le gargouillement produit par la pression de la paroi abdo- 
minale est un phénomène très-commun, qui indique une entérite simple lorsqu'il 
est générale, mais qui doit faire soupçonner la fièvre typhoïde lorsqu'il occupe la 
fosse iliaque droite. 

Excavation du ventre. — La dépression des parois abdominales formant une 
concavité plus ou moins considérable, semblable à celle d'un plat creux, ou d'un 
bateau, en môme temps que des ondulations de la peau dessinant les circonvolu- 
tions intestinales placées au-dessous, indiquent habituellement une méningite tuber 
culeuse aiguë. Cela est incontestable, si cette disposition s'accompagne de respira 
tion inégale et suspirieuse. 



CHAPITRE VI 

DES SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES VOMISSEMENTS 

Le vomissement est chez le nouveau-né un phénomène normal dû au trop-plein 
de l'estomac par l'allaitement, et dans ce cas il succi»de à une éructation et se 
trouve composé de lait liquide ou incomplètement coagulé. A une éjwque plus 
avancée, ou quand il est formé de sang, d'eau et d'aliments ou de bile, il a une 



MOYENS D'ESPACMION. — EXAMEN DES VOKrSSEUeNTS. ti 

signification didërenle et indique la gastro-ent^-rile. Lorsqu'il se montre chez un 
enfant qui tombe malade sans lièvre, tl veut dire indigestion; mais, s'il y a fièvre, 
il signirie maladie aiguë ou fih-re éntptite commençante. 

Vomissements (^immtaires. — Pendant la nuit ou après un repas trop copieux, 
le vomissement de matières alimentaires non suivi d'état fébrile est le résultat 
d'une indigestion. 

Vomissements d'eau ou de bile. — Cliez les enranls qui ont de la fièvre et qui 
vomissent une fois des aliments, des niatièivs glaireuses ou de la bile, on doit 
craindre une rougeole, une variole, uite scarlatine, une pneumonie ou une p)ili%- 
maûe viscérale ; mais si les vomissemenis se répètent en même temps quil y a de 
la constipation, il faut craindre l'apparition d'une méningite (voy. ce mot). Ce sont 
des vomissements sympathique. 

Quand les vomissements sont accompagnés de diairhée jaune, verdâtre, aqueuse 
ou riziforme blanchâtre, il y a lieu de craindre une entérite simple, le choléra 
ÎB&niileou le choléra asiatique (voy. ces mots). Ce sont ûça vomissements symplo- 
matiques. 

Si les vomissements sont composés des malR-res alimentaires mêlées â des glaires 
striées de sang et <i du muco-pus blanchâtre épais assez abondant, ils résultent d'un 
effet mécanique de titillation de la luette, et ils dépendent de la coqueluche (voy. ce 
mot). 

Vomissement de sang. — Le vomissement de sang est très- rare chez les enfants, 
mais on l'observe quelquefois. J'en ai vu plusieurs exemples, entre autres un chez 
ime petite fdie qui tctait une mère affectée de gerçures au sein. Avec le lait, 
l'enfant suçait du sang, et elle le rejetait 
par la bouche en même temps qu'elle 
avait du mélxna. 11 snflit de changer la 
nourrice pour faire disparaître cet ac- 
cident, peut-âtre unique dans le annales 
de la science. 

Vomissement de sarcine. — Cheï 
des enfants â la lin de la première en- 
fance, ily a quelquefois des gastrorrhées 
persistantes qui produisent des vomis- 
sements continuels de matières aqueuses 
et spumeuses, à la surface desquels il '"" '■ — owcinc. 

y a des amas de matière blanchâtre, 

qui ne sont pas autre chose que de la sarcine (fig. 1 ). Ce sont des cas très-rares et 
presque toujoura mortels. 



CHAPITRE VII 

DUS SIGNES FOURNIS PAR L'EXAHEN DES EXCRÉHENTS 

Chez le nouvcau-né, chez les enfants à la mamelle et dans la seconde enËnice, 
les excréments ont des aj^ivncx^ très-différentes qui sont eu rapport avec le 
mode d'alimentation et avec l'état d'intégrité des voies digestives. Taniùt ils 
siHil jaune clair ou jaune verdStre, mélangés de grains blancs de caséine ; unt&t 
ib sont jaunes, verdissant à l'air, ou verts au moment de l'excréiion; et ailleurs 
ils renferment des matières glaireuses et filantes, des stries de sang, du sang. 




ââ PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE l'ENFANCE. 

du pus, des œufs de Xrichocéphale, de lombrics ou de ténia, modifications impor- 
tantes quUl faut étudier avec soin, et qu'on trouvera avec tous les détails néces- 
saires dans les chapitres consacrés à Thistoire de Tentéro-colite, des lombrics, du 
ténia et des affections vermineuses. 



CHAPITRE VIII 

DES SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES URINES 

Chez les i)etits enfants, les urines offrent dans leur émission ou dans leur com- 
position des différences qui tiennent h l'état de maladie, et sous ce rapport elles 
méritent d'être étudiées ici. Ces recherches ont été publiées par Martin Ryc et 
Fideiman en 1875 (voir Maladies des reins) et elles ont été contrôlées en 1876 
par Parrot et A. Robin. D après ces recherches on voit que : 

Un nouveau- né urine quatre fois plus qu'un adulte par kilogramme de son 
poids. 

Dans les circonstances tout à fait exceptionnelles, l'urine peut donner un très- 
léger dépôt, formé de cristaux d'acide urique ou d'oxalate de chaux ou d'urate de 
soude (urine du premier jour, alimentation insuffisante ou vicieuse, etc.). I.^ 
ferments végétaux paraissent s'y développer plus rapidement que dans l'urine des 
adultes. 

Elle a une réaction neutre au papier de tournesol. L'acidité de l'urine indique 
le plus souvent un intervalle trop long entre les tétées, et, dans un certain nombre 
de cas, peut mettre sur la voie d'un état pathologique. 

L'urine des nouveau-nés contient en moyenne, par litre, 3o%03 d'urée, soit 
0^% 80 par kilogramme chez un enfant de 3850 grammes; mais, dans les vingt-quatre 
heures, un nouveau-né de douze à trente jours rend environ O'^OO d'urée, soit 
0<%23 par kilogramme de son poids. * 

L'âge, le poids et la température influencent notablement la quantité d'urée. 
l/)rsque les urines de deux enfants, dont l'âge, le poids et la température diffèrent, 
présentent des quantités inégales d'urée, avant d'expliquer cette différence par un 
état pathologique, on devra s'assurer que l'excédant d'urée dépasse les limites que 
nous avons fixées pour les variations qui sont dues à ces causes. 

Il existe un rapport constant entre la quantité d'urée, la couleur et la réaction 
de l'urine, de telle sorte que l'inspection de ces deux derniers caractères permet 
d'apprécier cliniquement la proportion d'urée. 

11 existe normalement dans l'urine des nouveau-nés des traces d'acide urique, 
mais elles échappent à tout dosage : l'urine du premier jour en renferme davan- 
tage ; elle ne contient pas de matières extractives chimiquement appréciables, mais 
elle renferme de l'acide hippurique et de l'allantoïne. 

Dans aucune circonstance l'urine normale du nouveau-né ou du fœtus ne con- 
tient d'albumine ; elle n'exerce aucune action réductrice sur la liqueur de Bar- 
reswil. 

Le nouveau-né ingère, en vingt-quatre heures et par kilogramme de son poids, 
deux fois plus d'azote que l'adulte ; il en rend six fois moins par l'urine, quoiqu'il 
fixe au uKiins autant d'oxygène ; il brûle donc moins, tout en absorbant plus de 
combustible et au moins autant de comburant. Cet exc(^ de l'assimilation sur la 
désassimilation expérimentalement démontré est en rapport avec l'augmentation 



H0VF.N3 d'expression. — EXAMEN DES URINEB. 



23 



joumaliùre du poids, augineotatioii â laquelle doit aussi prendre part un partie de 
l'ouygène absorbé. 

Quand l'urine d'nn nonvcau-në est modifiée dans l'un de ses caractères, au dclb 
dos limites que nous avons tracées, il faudra songer d'abord â une irrégularité dans 
l'alimentation, ensuite k uq état morbide. 

Dans quelques circonstances, l'élude des urines permet de préciser reiistence 
d'un état («tltotogique spécial ou d'mi symptâme particulier («Edénie des nouveau- 
nés, diarrhée, etc.)- 

Enfin cette étude permet quelquefois de prévoir l'aj^ritioa prochaine d'acci- 
■dents détenninés, tel querœdème des nouveau-nés, l'entéro-colite, etc. Eu effet, une 




Fjc. 4. — Viiiïseaux du rein dans 1> néphrite aiguë. (Rcalc.) 



lésion de la nutrition pr6cMe évidemment l'apparition des signes extérieurs de ces 
affections, et l'enlant est déjà malade alors qu'aucun symptôme ne révèle au dehors 
cet étal de souffrance, dont les altérations de l'urine donnent la mesure. 

Dans toutes les maladies lëbriles du premier âge, les urines sont presque totale- 
ment su[^irimées, et pendant un jour ou deux il y a de Vanurie; mais Uentât, 
d(-s que la fièvre tombe, la sécrétion urinaire reparaît et il y a de ta dymrie, c'est- 
à-dire une émission douloureuse due au passage d'un liquide rempli de matières 
sablonneuses formées d'urate d'ammoniaque. 

A part cette altération des urines, il n'y a chez les enfants que grmeHe, héma- 
turie, diabète, albuminurie et chyliurie. 



2i PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE L'ENFANCE. 

La gravelle, état physiologique chez tous les nouveau-nés, ne dure chez eux que 
sept ou huit jours, et si elle revient plus tard, c*est sous forme de maladie rénale, 
préludant à la formation de calculs du rein ou de la vessie. 

V hématurie, rare chez les enfants, s'y observe quelquefois comme maladie du 
sang, mais plus souvent comme symptôme du début de la néphrite albumineuse. 
Dan» ce cas, le sang est mélangé à l'urine, et il n*y en a qu'une faible quantité. 

L'a/ftuminMrt> s'y observe très-souvent, soit comme effet de h néphrite albu- 
nuneuse aiguë et chronique, soit comme effet de maladies du cœur produisant la 
coogi'stîon des reins, soit comme la conséquence de néphrite scarlatineuse ou 
dîphcbérique. Dans ce dernier cas, il y a de l'albuminurie dans les angines 
■Iférrase, gangreneuse et couenneuse ; dans les gangrènes diphthéritiques de la 
fesMe et de la peau ; dans le croup, et ce phénomène indique un état général 
gnrfr, souvent mortel (i).Les urines ont un dépôt qui renferme les moules des 
tak» imnifères(fig. 2, 3et 4), et elles précipitent par la chaleur et par l'acide nitrique. 

U^ nuere de glycose s'observe chez les diabétiques en plus ou moins grande 
qmMÊtitér et ailleon la graisse dans la chylurie. 

Là wuUière colorante de la bile s'observe dans l'urine lorsqu'il y a de l'ictère, 
ft^ éoKA rt% cas, il suffit de quelques gouttes d'acide nitrique pour eu déceler la 
friokmfe ma» tonne de coloration plus ou moins verte. 

fhtfz qodqoes enfants, les .urines sont jaune safrané, tachant le linge comme 
0jfMf% àt Vktère; mais cet état n'a rien de pathologique: il résulte d'un remède 
« â Tintérieur, et il s'obsene à la suite de l'emploi de la santonine. 



CHAPITRE IX 

ML* ^U,SÏA eXTÉRIEL'RS FOURNIS PAU L'EXAMEN DE LA POITHINE 

'et de la respiration 

V^wmm ikf la poitrine a pour but de connaître les caractères extérieurs de la 
r#<ywratjriii, U% di%erwr« variétés de bruits respiratoires, la résomiance du thorax, et 
h%éthfnaMMm» %arié<'s dont les parois de cette cavité peuvent être le siège. 

J^ nt d0^T2h m'occuper ici que des signes fournis au diagnostic de certaines 
mafadkii de l'enfance par l'étude des phénomènes extérieurs de la respiration ; mais, 
pour bien comprendre les troubles sunenus dans l'exercice d'une fonction, il faut 
en avoir étudié le jeu dans l'état physiologique. Or, il est peu de personnes qui 
aîeitt fait ce travail à l'égard de la respiration des nouveau-nés, et en général on 
ignore tout ce que cette fonction présente de curieux à cet âge. 

Je vais donc parler de la respiration normale des jeunes enfants, et ensuite 
je reviendrai sur les caractères extérieurs qu'elle présente dans l'état patho- 
logique. 



BcsplnitloM Jes fmUuÊâm A la HMiBMiie daas l'état aomiai. — Les mou- 
vements respiratoires Oflt potir i^altat la révivification du sang. Ils commencent 
aussitôt après b lunsanor. La respiration s'établit instinctivement; elle s'opère en 
vertu d'inflaencii» aoMs mjiâénemes que celles qui eiivimnnent la génération, dont 
elle est le comfÀémt^ wfai^mtênt, Ette vient combiner son action à celles da cer- 
veau et dn tiFfff^ éfrj^ ^ii4i<ni iaws le sein de la mère, pour former cette trinité 



MOYENS d'expression. — POITRINE ET RESPIRATION. 25 

indivisible et absolue, ce trépied vital de Bichat, indispensable base de tout Foi^ga- 
nisnie. 

La respiration ne s'accomplit pas de la même manière à tous les âges, chez l'en- 
fant qui vient de respirer pour la première fois, comme chez le vieillard qui est près 
de terminer sa carrière. Le nouveau-né, fort inhabile, respire par instinct, autant de 
fois qu'il lui est nécessaire, sans régularité comme sans méthode ; il s'interrompt 
au moindre événement, et se calme avec peine. Il semble essayer ses forces respira- 
toires avec uniflhnulte comparable à celui qui règne dans les mouvements de ses 
bras. Vers l'âge de deux ans, ces mouvements désordonnés cessent ; la respiration se 
régularise, et ressemble enfin à celle de l'adulte. 

Respiration irrégulière. — la respiration des nouveau-nés et des enfants à la 
mamelle est évidemment irrégulière; elle est de plus incomplète, le poumon étant 
à cet âge plus dense et moins perméable à l'air que dans les années subséquentes. 
Ces modifications extérieures sont accompagnées de modifications semblables dans 
le timbre des bruits respiratoires découverts par l'auscultation. Il est donc de la 
plus haute importance, avant d'étudier les maladies du poumon et les troubles de 
la respiration qui les accompagnent, de connaître exactement les phénomènes de la 
respiration normale. 

Respiration abdominale. — Quand on considère le mécanisme delà respiration, 
on voit qu'il s'opère à l'aide des muscles de la paroi du ventre et à l'aide du dia- 
phragme. L'abdomen s'élève et s'abaisse, par suite de mouvements alternatif, dé- 
signés sous le nom de mouvements respiratoires. La dilatation de la poitrine est 
aible et s'effectue par les côtes inférieures. C'est le diaphragme qui est la partie 
active de la respiration. Elle a reçu le nom de respiration abdominale. 

Respiration dans le sommeil. — Dans l'état de santé, les mouvements respira- 
. toires sont différents pendant la veille et pendant le sommeil. Lorsque l'enfant est 
endormi, sa respiration est paisible, se répète vingt à trente fois par minute; les 
mouvements d'inspiration et d'expiration se succèdent régulièrement et sans effort. 
Pendant la veille, cet aspect est à chaque instant troublé. La respiratfon était calme, 
soudain elle devient intermittente, s'accélère, se précipite même ; puis arrive un 
temps d'arrêt, et tout revient à l'état normal. Ces modifications se répètent mille 
fois par jour ; elles semblent résulter d'une émotion intérieure agréable, traduite 
par l'expansion des traits ou par le sourire, ou d'une distraction causée par les ob- 
jets extérieurs, car l'enfant attentif reste bouche béante, l'haleine suspendue, et il si* 
dédommage bientôt en précipitant sa respiration. Ces modificiitfons se produisent 
d'une manière encore plus prononcée au moment des cris et des sanglots causés par 
la souffrance et la colère. Le nombre des inspirations est alors fort variable ; on 
compte jusqu'à vingt-cinq, trente et même trente-cinq mouvements respiratoires 
par minute. 

Auscultation. — L'auscultation démontre encore bien mieux que l'inspection h 
distance toutes les variétés de fréquence, de suspension momentanée, d'irrégula- 
rité dans le rhythme de la respiration ; seulement elle donne une notion de plus, 
relative aux bruits que l'air produit en pénétrant le poumon. 

De grandes précautions sont nécessaires lorsqu'on veut ausculter la poitrine des 
jeunes enfants. Il faut explorer pendant Tétat de calme et au moment de l'agita- 
tion. On laisse l'enfant déshabillé sur les bras de sa mère, et on l'examine à distance , 
puis on s'approche, et l'on ausculte doucement. Bientôt l'enfant, sentant qu'il est con- 
trarié, pousse des cris; il faut encore en profiter pour ausculter de nouveau, car les 
signes sont souvent modifiés dans ces situations différentes. Il y a mille manières de 
varier l'exploration; celle que j'indique est, je crois, la meilleure. On peut encore 



i6 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMKIOTIQUE DE l'ENFANGE. 

laisser reuliant au sein, et ausculter lorsqu'il est dans cette position; mais é 
mouvements respiratoires sont trop faibles, Tair ne pénètre qu*incom|^teniei 
le poumon, et les bniits sont difficiles à saisir. Dans d'autres circonstances^ . 
laisser l'enfant à plat ventre sur les genoux de la mère, ou le prendre sur sa 
et l'approcher. de son oreille. 

On dit généralement, et tout le monde répète que la respiration des enfai 
puérile^ c'est-à-dire que l'inspiration est sonore et bruyante. Il sosbley dit 
nec, que chez les enfants on sente distinctement les a*llules aérAttes se c 
dans toute leur ampleur; tandis que chez l'adulte on croirait qu'elles ne se 
plissent d'air qu'à moitié, ou que leurs parois plus dures ne peuvent se pr6ter i 
si grande distension, n 

Cela peut être exact ])our les enfants qui ont atteint l'âge de deux ans, et 
avons pu le constater; mais, chez le nouveau-né et chez l'enfant à la mamclî 
n'en est plus ainsi. I^ respiration n'est ni sonore ni bruyante; elle s'accomp 
d'un bruit peu intense, qui n'a rien de moelleux, qui est anak^ue au brait i 
respiration dure, et qu'il est impossible de rapporter à la dilatation complète 
vésicules aériennes. J'ai mis une extrême attention dans cette étude. Je l'ai rép 
chaque jour, et jamais je n'ai rien entendu qui ressemblât à la respiration pnéi 
Cela s'explique par la difficulté que l'air éprouve à pénétrer facilement dam 
poumon, soit à cause de la densité de l'organe, soit à cause de l'étroitesse des t< 
cules pulmonaires. La densité du poumon diminue avec l'âge, et en même tempt 
diamètre des vésicules s'accroît, circonstances favorables à la production du bi 
puéril. 

Résonnance du thorcur, — Il existe un rappoil étroit entre la respiration puéi 
et la résonnance du thorax. Ces deux phénomènes existent ensemble. Si l'un d*e 
vient à manquer, l'autre disparaît. Cela se conçoit, puisque la raréfoction du tis 
pulmonaire est la cause qui les pit)duit tous les deux. 

La poitrine des enfants à la mamelle est donc peu sonore. C'est un fait qu\ 
pouiTa facilement vérifier. Néanmoins la résonnance varie l)eaucoup, même dai 
ÎVtat normal. Elle est tn^s-faible chez les enfants sains, qui ont l'embonpoint ord 
naire à l'enfance. Elle est plus considérable chez ceux qui, sans avoir d'affection é 
ix)itrine, ont le thorax amaigri. Elle est très-variable et elle offre des alternative 
singulières au même moment chez le mémo enfant, sans qu'il y ait du tronU 
dans sa santé. Ainsi, en percutant longtemps de suite la poitrine, le son obteni 
augmente (*t diminue alternativement d'intensité. Il augmente pendant l'inspiration 
et diminue au contraire pendant l'expiration. Ce phénomène est fort curieux ; il es 
très-inarcpié dans les mouvements respiratoires profonds qu'on observe chez le? 
enfants qui s'agitent et versent des larmes. L'explication en est facile : le son est 
clair dans l'inspiration, c'est-«à-dire quand il y a beaucoup d'air dans la poitrine ; 
il est sourd dans l'expiration, quand la presque totalité de l'air en a été chassée. 

On doit toujours commencer l'examen direct de la poitrine par l'auscultation, et 
ne percuter la poitrine qu'aprc*s en avoir fini avec ce premier moyen. En effet, la 
percussion agite J)eaucoiip les enfants, et il serait impossible de les ausculter ensuite 
avec avantage. 

Les parois de la poitrine sont agitées par des grandes vibrations au moment des 
effoils, soit de la voix, soit de la parole, soit des cris. Il est utile de connaître la 
force normale de ces vibrations, pour juger de leur accroissement dans la pncn- 
inonie, de kuir diminution et de leiu* abolition complète dans la pleurésie. Dans 
cette dernière affection, ce symptôme est l'un des plus évidents qu'on puisse 
rencontixT. 



MOYENS d'expression. — POITRINE ET RESPIRATION. 27 

Il résulte doue de l'étude physiologique de h respiration des ciifauts à la ma- 
melle : l** que la respiration n'est pas régulière, et qu'il ne faut pas se méprendre 
à l'égard des pliénomènes de fréquence, d'irrégularité et d'intermittence des mou- 
vements respiratoires, qu'on aurait tort de considérer comme étant toujours la 
conséquence d'un état pathologique ; â"* que la respiration des nôuveau-n^ et des 
enfants à la mamelle n'est pas accompagnée du sifflement puéril qui existe chez 
les enfants plus âgés, et que l'absence de respiration puérile ne doit pas être en- 
visagée comme, on état morbide ; 3^ enfin, que les résultats de la percussion du 
thorax sont incertains s'ils ne sont pas bien tranchés, puisque, dans l'état normal, 
la résonnance de la poitrine est obscure. 

Tels sont les phénomènes ordinaires de la respiration des jeunes enfants dans 
l'état physiologique. Il était nécessaire de les indiquer pour l'intelUgenc^ de ce 
qui va suivre. Je vais maintenant m'occuper des signes importants fournis au 
diagnostic de certaines maladies de l'enfance par l'étude des phénomènes extérieurs 
de la respiration. 

Respiration dcseaUiats dUuis rétiit pathotosiqme. — G*est le ventre dégagé 

de SCS vêtements qu'il faut surtout examiner à distance, pour connaître la force, la fré- 
quence et le rhythme des mouvements respiratoires chez les enfants à la mamelle, 
car ils ont tous la respiration abdominale. 

Cette étude n'est pas seulement utile au diagnostic des maladies de poitrine, 
elle est encore indispensable à ceux qui veulent connaître sûrement certaines affec- 
tions du ventre et du cerveau. 

Dans les maladies de poitrine, dans la bronchite, daas la pneumonie, au début, 
dans la pleurésie, la respiration est seulement accélérée. Sa fréquence est en rap- 
port avec l'intensité de la phlegmasie; elle ne présente aucun signe spécial à l'une 
plutôt qu'à l'autre de ces affections. 

Respiration haletante. — Dans la pneumonie confirmée, an contraire, la res- 
piration est accompagnée de phénomènes extérieurs, bien important^ et bien pré- 
cieux, qui sont souvent l'indice certain de la maladie. Les mouvements respira- 
toires sont très-fréquents, sans eflbits considérables des muscles abdominaux et 
sans agitation des ailes du nez. On compte jusqu'à soixante et quatre-vingts inspi- 
rations par minute. Cette accélération extrême de la respiration lui donne une ana- 
logie frappante avec celle d'un chien qui vient de courir. On exprime parfeitement 
bien cet état par le nom de respiration haletante. 

Ailleurs, la perturbation des mouvements respiratoires est plus grande encore ; 
ces mouvements, moins rapides que dans le cas précédent, sont intervertis dans 
leur rhythme. 

Respiration expiratrice ou pneumonique. — La respiration commence par un 
mouvement actif et brusque d'expiration nasale gémissante et saccadée, suivie d'un 
effort inspirateur, après lequel se trouve un court moment de repos. Chaque expi- 
ration est accompagnée du resserrement latéral de la base du thorax, de l'énorme 
saillie du ventre et de la dépression sus-claviculaire et steniale. Je donne à 
]'ensemble de ces phénomènes le nom de respiration expiratrice. Que le lecteur 
veuille faire lui-même un mouvement expiratoire brusque immédiatement suivi 
d'une inspiration, il comprendra très-bien ce que mes paroles ne sauraient lui 
exprimer. 

Ces troubles extérieurs de la respiratfon sont en rapport avec certains mouve- 
ments de la face et des narines dont j'ai déjà parlé; il sont indiqués par une plainte 
étouffée qui s'échappe à chaque expiration, et suffit pour appeler l'attention sur 
ces phénomènes caractéristiques de la pneumonie. 



28 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE l'ENFANCE. 

Respiration pleurétique. — De iiouvenes éludes feront sans doute connaître 
des signes extérieurs particuliers à d'autres affections de poitrine ; mais jusqu'à 
présent il est impossible de s'arrêter davantage sur ce sujet, sans se perdre au 
milieu des hypothèses. Je signalerai cependant un caractère, tiré de l'examen de la 
respiration, qui a une certaine importance dans le diagnostic de la pleurésie, et qui 
peut faire découvrir son existence. Lorsqu'on observe ce caractère, c'est qu'il y a 
douleur pleurétique. Alors la respiration est empêchée^ elle s'arrête tout à coup, 
et l'on observe dans les muscles, de la poitrine un effort subit, presque convulsif, 
qui parait être douloureux, autant qu'on en ])eut juger par les contractions du 
visage qui l'accompagnent et par le cri que les enfants laissent échapper au même 
moment. 

Respiration saccadée et péritonitique. — Dans quelques affections du ventre, 
ces signes extérieurs de la respiration peuvent être fort utiles au diagnostic. Ainsi, 
toutes les fois que j'ai observé la péritonite chez de jeunes enfants, on pouvait 
juger de la maladie par l'étude de la respiration. Elle était courte, incomplète et 
comme saccadée; elle semblait douloureuse; les mouvements respiratoires, courts, 
bibles et assez fréquents, se succédaient régulièrement, mais étaient séparés, au 
bout de huit à dix inspirations, par une respiration lente et profonde, capable de 
suppléer à l'insuffisance des respirations précédentes. 

Je ne puis affirmer qu'il eu doive être toujours ainsi ; l'observation seule pourra 
le démontrer. Chez ces enfants, il est évident qu'il y avait un obstacle apporté à la 
respiration et aux mouvements respiratoires du ventre, qui ne pouvait s'étendre 
en liberté. Chaque respiration était courte et faible; elle était insuffisante à l'héma- 
toscy car, au bout d'un certain temps, le besoin de respirer, l'emportant sur la 
gêne des mouvements respiratoires, forçait l'enfant à faire une inspiration profonde 
et complète. 

Ces troubles extérieurs de la respiration sont si bien en rapport, d'une part, avec 
les lésions anatomiques de la péritonite et, de l'autro, avec la douleur du ventre 
qui, dans cette maladie, empêche le développement des parois de cette cavité, qu'il 
est impossible de ne pas en faire un signe important pour le diagnostic de cette 
affection. C'est, au reste, la seule maladie abdominale dans laquelle il existe une 
modification appréciable des phénomènes respiratoires extérieurs. 

Respiration siispirieuse ou cérébrale. — Dans les affections aiguës du ceneau, 
au moment où va paraître la période convulsive, la respiration est courte, incom- 
plète^ intermittente et suspirieuse, 

Cc»tte sorte de convulsion intérieure des muscles respiratoires est un signe carac- 
téristique de la méningite aiguë, simple ou tuberculeuse, de l'encéphalite, et, en 
un mot, de toutes les affections cérébrales aiguës, mais ne présente rien de parti- 
culier pour chacune de ces affections. 

Dans ces cas, les respirations sont tour «i tour lentes ou rapides, faibles ou pro- 
fondes, régulières ou intermittentes, paisibles ou suspirieuses. L'enfant, qui res- 
pirait avec calme, précipite tout à coup ses mouvements respiratoires, et s'arrêK» 
pendant huit à dix secondes; puis il se reprend, et continue ainsi tantôt avec 
lenteur, s'interrompant de temps à autre pour faire une profonde respiration 
suspirieuse, tantôt avec vitesse, tout en se reposant quelques secondes à chaque 
instant. 

Comme on le voit, la respiration présente des modifications extérieures spéciales 
aux maladies de la poitrine, de la tête et du ventre. Elles sont parfaitement distinctes 
dans ces trois ordres de maladies. 

Il faut donc les étudier, non dans le but de restreindre à ces seuls caractères 



3I0YENS d'expression. — CIRCULATION ET POULS. 29 

la connaissance dételle ou telle affection; mais parce qu*i] n*est pas permis au médecia 
de négliger aucune des connaissances pratiques qui peuvent donner à la science 
toute la certitude désirable. 

Déformation de la poitrine. — Les déformations de la poitrine sont peu nom- 
breuses. Il n'en est pas une qu'on n'ait observée chez l'adulte. 

Ces déformations sont singulières. J'ai indiqué celle qui est spéciale au rachi- 
tisme (voy. ce mot) ; il est inutile d*y revenir. Les autres déformations sont la 
conséquence des maladies aiguës ou chroniques de la plèvre et du poumon ; elles 
sont définitives et n'existent ordinairement que d*un seul côté. Je veux parier du 
rétrécissement ou de la dilatation de la poitrine. 

La dilatation accompagne ordinairement la pleurésie aigué lorsque Tépanchement 
est considérable. Elle existe du côté malade. Le rétrécissement, au contraire, 
s'observe longtemps après la guérison de la maladie et lorsque tout le liquide est 
absorbé. Ces caractères sémiologiqucs sont communs à la pleurésie de l'enfance et 
à la pleurésie des adultes. 

La pneumonie clironique et la pneumonie tuberculeuse, les tubercules pulmo- 
naires entraînent aussi le rétrécissement de la poitrine. C*est un fait bien établi par 
les recherches faites chez les vieillards. Est-il bien démontré dans ces maladies chez 
l'enfant? On peut en douter. Toutefois j'ai observé h l'hôpital Necker un petit 
enfant bien évidemment phthisique avec des excavations dans le poumon droit ; il 
guérit au bout de deux ans (i); je l'ai revu depuis cette époque, et ce côté de la 
poitrine se trouve être notablement plus étroit que l'autre. Ce fait est, j'en con- 
viens, insufifisant pour établir d'une manière générale l'existence du rétrécissement 
de la poitrine dans les affections chroiuques du poumon, mais il est assez intéres- 
sant pour être indiqué. 

Outre ces déformations partielles, lentes et définitives de la i)oitriney il en existe 
d'autres qui sont générales, mais passagères, comme l'affection aiguë qui en est 
la cause. Aussi, en forçant un peu la valeur des termes, on peut appeler déforma- 
tion de la poitrine les changements de forme qu'elle subit sous l'influence de la 
contraction musculaire de la dyspnée très-intense. Dans la pneumonie bien carac- 
térisée, chaque expiration est accompagnée d'un resserrement latéral considérable 
de la base du thorax, d'une énorme saillie du ventre et d'une violente dépression 
du creux sous-claviculaire et sternal. Cette déformation est pathognomonique de la 
pneumonie des enfants à la mamelle. Je ne devais pas la passer sous silence ; elle 
existe des deux côtés, donc elle est générale; de plus, elle est passagère, comme la 
dyspnée qu'elle accompagne. 



CHAPITRE X 

DES SIGNES EXTÉRIEURS FOURNIS PAR l'EXAMEN DE LA CIRCULATION 

Il est impossible d'examiner avec soin le cœur des enfants à la mamelle sans 
provoquer aussitôt une agitation difficile à calmer, et qui augmente la fréquence 
des battements de cet organe. Cette étude n'est heureusement pas très-importante 
dans les deux premières annés amiées de la vie, car les maladies du cœur sont très- 
rares chez les jeunes enfants, et d'autre part on peut apprécier la fréquence de la 
circulation par la vitesse des battements du pouls. Cela n'est utile que dans la seconde 

(1) Les signes d auscultation avaient disparu; une toux légère indiquait encore la souffrance 
des organes thoraciques. 



30 PATHOLOGIE GÉXÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE l'ENFANCE. 

eiiiaiice, alors que reiidocardîle est très-fréquente et que les maladies orga 
du cœur s'observent fréquemment. Dans ce cas, on entend les mêmes br 
souffle que chez l'adulte, et ils ont la môme signification. 

Je vais à présent procéder à l'étude du pouls, et j'arriverai ainsi à la co 
sance de la fièvre et de la réaction fébrile. 



De la fréquence en ponlSf et la ilèwre ehes les eafaats A la 

Nous n'en sommes plus à l'époque où l'on jugeait du siège des maladies pi 
modifications du pouls que personne ne saurait apprécier aujourd'hui Les id^ 
Galien à cet égard sont abandonnées, et les expressions bizarres dont on se » 
pour distinguer les nombreuses variétés de pouls ont enfin succombé sous le 
du ridicule jeté sur elles par le théâtre. Un autre système, dont Bordeu (1) i 
promoteur, s'était élevé sur ces ruines, et lorsque ce médecin publia ses recher 
on put croire un instant qu'il suffirait de connaître le pouls capital, nasal, guu 
l)ectoral, stomacal, intestinal, hépatique, hémorrhoîdaire, etc., le pouls de l'ir 
tion et le ]X)uIs de la non-irritation, bien d'autres encore, pour $|)éciûer les 
morbides qui correspondent à ces dénominations différentes. Un tel excès de su 
vision dans un sujet qui n'est ])as divisible à ce point perdit cette doctrine, 
médecins modernes firent eux-mêmes justice de ces assertions erronées qui 
répandant, ne pouvaient que jeter le discrédit sur la science. 

Dès lors on s'est contenté de palper le pouls pour reconnaître les princip 
sensations qu'il communique aux doigts, apprécier sa faiblesse ou sa force, 
ampleur et sa petitesse, sa régularité, etc., et l'on s'est enfin décidé à spéciGei 
fréquence par des cliiffres. C'est ce que l'on pouvait faiœ de mieux. Aujourd' 
on se borne à palper et à compter le pouls chez les adultes. 

Chez les enfants à la mamelle, la palpation du |X)uls est presque impossible, 
faut le compter. On ne peut guère reconnaître ni sa force, ni sa faiblesse, ni s 
ampleur, ni sa dureté ; l'intermittence est le seul phénomène sur lequel il ne pub 
y avoir de doute ; c'est aussi le seul qui présente quelque valeur. 

Fréquence du pouls. — Je vais déterminer d'abord la fréquence du pouls ch 
les jeunes enfants dans l'état de santé, afin d'avoir un terme de comparaison indi 
|)ensable, si l'on veut tenir compte de la fréquence des pulsations dans le cours d 
maladies ; je parlerai ensuite de quelques-uns des caractères que présente le pou 
à cette période de l'existence. 

La numération du pouls n'offre guère plus de difficultés chez les enfants à 1 
mamelle que chez les adultes. Les pulsations sont quelquefois difficiles à saisir 
tant elles sont ixaites : le moindre mouvement des doigts ou de la main les iai 
échapper; mais avec un peu de patience on peut toujours arriver à les compter. 

Les auteui^ qui se sont occupés de ce sujet sont arrivés à des résultats hier 
différents. Ainsi, Hallerfixe le nombre des pulsations d'un enfant à 140 par minute. 
Sœmmering donne avec raison des cliiffres variés suivant les âges des enfants ; les 
pulsations sont au nombre de 130 ou 140 dans la première année, de lâO dans la 
deuxième, de 110 dans la troisième, etc., et de 80 au moment de la puberté. 
Gorliam, qui paraît avoir étudiéce sujet avec soin, a trouvé chezdes enfants d'un jour 
à une semaine, pour minimum 95, et pour maximum IGO. D'après Valleix (2), les 
chiffres 7() et 104 sont les nombres extrêmes pris chez des enfants de deux à vingt 
et un jours et cliez des enfants de sept à huit mois le chiffre moyen est 124. C'est 

(!) Bordeu, ïlecherches sur le pouls. Paris, 1772. \ 

(2) Valleix, Hedierches sur la fréquence du pouls chei les jeunes enfants (Mémoires de la 
Société médicale d'observation. Pari?, 18ii, t. H). 



MOYENS D'EXPHESSION. — CinCULATlON ET POULS. 31 

BiUard qui a trouvé les difîérences les plus considérables ; en effet, sur trente-neuf 
enfants d*un à dix jours, le terme inférieur fut 80 et le chiffre extrême 180. S*il 
ii*y a i>as eu erreur, ce résultat peut avoir une immense portée, comme nous 
le verrons plus loin. Ia^ chiffres publiés par Trousseau se rapprochent un peu de 
ceux de Gorham; il indique en minimum % et en maximum i^ chez des entants 
de quinze à trente jours. 

De telles différences dans les observations dliommev également recommandables 
semblent difficiles à expliquer. Je ne crois pas qa'îl y ait erreur de la part de ces 
médecins, car Haller, Sœmmering et Billard n'ignoraient pas que dans la numé- 
ration du iKiuls, il faut tenir compte de la fréquence causée par l'émotion inté- 
rieure, l'agitation, les mouvements musculaires, l'alimentation ; enfin , par tant 
d'autres circonstances dont nous savons tous apprécier la valeur, et qu'il est inutile 
d'indiquei ici. Ils savaient tenir compte de ces influences dans leurs obsenations 
chez l'adulte ; pourquoi les auraient-ils négligées chez les enfants ? Je crois donc 
à l'exactitude des chiffres indiqués par ces auteurs suffisamment éclairés pour 
n'être pas, saur injustice, regardées comme des observateurs superficiels ou inat- 
tentifs. 

Si ces différences sont réelles, et l'on ne peut en douter, il faut les rapporter à 
l'âge même des enfants, et croire qu'à cette période de l'existence les pulsations 
artérielles ne sont pas encore réglées conmie elles le seront plus tard. C'est au reste 
ce qui doit ressortir des faits qu'on va lire. 

Jacquenier, Lediberder ont calculé la fréquence des pulsations du cœur chez 
des fœtus encore dans le sein de leur mère au deniier terme de la grossesse, chez 
des fœtus au moment de la naissance, et chez des enfants au premier jour de la 
vie. Sur 51 sujets de la première catégorie, c'est-à-dire sur des fœtus encore dans 
le sein de leur mère, Jacquenier a trouvé de 108 à 160 pulsations par minute, 
et de 9(> à 156 chez des enfants âgés de près de vingt-quatre heures. Ces résultats 
sont à |MHi près les mêmes que ceux de Naegele, dont la moyenne, tirée de 600 ob- 
servations, fixe à 135 le chiffre des iKittements cardiaques du fœtus. 

I^dil>erder a compté le pouls dans la première minute de la vie sur six enfants, 
et il a trouvé qu'il variait de 7:2 à 9i pulsations. Ce nombre augmenta rapidement 
après la naissance, sans doutt^ sous l'influence de l'établissement des fonctions. Il 
s'élevait, à la quatrième minute, au chiffre énorme de 140 et de 208. 

Smith, médecin de l'asile des Orphelins de New- York, a fait de nouveUes re- 
cherches sur le pouls des enfants en santé pendant I9 première année. £t sur 
57 obsenations d'enfants nouveau-nés, pendant la première heure de la vie, le pouls 
ou plutôt les battements du cœur se sont élevés, après un accouchement normal, 
de 96 à 164, moyenne 136, durant le deuxième quart de la première minute après 
la naissance; de 131 à 160, moyenne 152, pendant les quinze secondes suivantes; 
et de 108 à 172, moyenne 145, durant le dernier quart ; soit une moyenne totale 
de 143 dans ces quarante-cinq dernières secondes de la première minute de la vie. 
O'tle proportion est bien supérieure à celle obtenue jMir Lediberder, qui, ayant 
compté le pouls de la radiale, ce qui est très-diflicile dans la plupart des cas et 
même impossible pondant la première semaine de la vie, a ainsi compté inexacte- 
meuL La systole ventriculaire est si faible immédiatement après la naissance, et 
les extrémités du système artériel battent si librement, que le pouls ne peut être 
compté exactement ut aux membres, ni à la fontanelle antérieure. L'auscultation ou 
la main placée sur la région précordiale, ou bien la pulsation du cordon, peuvent 
seulement donner une évaluation exacte à ce sujet. 

Durant la deuxième minute, les l)attements ont varié de 108 à 164, moyenne 



32 1>AT4I0L0GIE GÉNÉRALE ET SÉATÉIOTIQUE DE L*ENFANCE. 

132. De la deuxième à la troisième minute inclusivement les variations extrêmes 
ont été de 124 h 164, moyenne 145; et |)endant les vingt minutes suivantes, de 
100 à 156, moyeime 130. 

Donc, les pulsations du cœur, très-fréquentes dans le cours de la vie fœtale, 
diminuent beaucoup au moment de la naissance et se relèvent un peu dans le 
premier jour de la vie. 

Chez les enfants plus avancés en âge, il faut, ixiur faire la numération du pouls, 
choisir des sujets bien portants; il faut les prendre dans un moment de calme, 
longtemps après Tallaitement, distraire leur attention par la vue d'un objet qui les 
intéresse, et empêcher ainsi toute accélération momentanée de la circulation. Il 
faut aussi observer à part les enfants éveillés et les enfants endormis ; enfin, si 
Ton voulait un tableau entier, il faudrait connaître la fréquence du pouls chez 
les enfants qui s'agitent, qui toussent et qui pleurent ou crient avec opiniâtreté. 

Valleix n'a parlé d'une manière précise que des enflants âgés de deux à vingt et 
un jours ; et dans la seconde partie de son mémoire 11 a très à tort réuni dans 
une seule classe des enfants de sept mois et ceux de six ans. Or, quand on veut 
apprécier l'influence de l'âge sur l'accélération du pouls il faut procéder différem- 
ment, et prendre à part, dans autant de catégories particulières, les enfants de six 
mois, d'un an, de deux ans, et ainsi de suite. Il est vrai que. Valleix a cru se dispenser 
de ce travail en prenant la moyenne de l'âge de tous les enfants soumis à son obser- 
vation et en calculant la moyenne des pulsations du coeur. Mais cette méthode est 
vicieuse et doit nécessairement conduire à des erreurs. L'auteur dont je parle ob- 
servait 33 enfants de sept mois à six ans ; il prit la moyenne de l'âge, qui fut égale 
à vingt-deux mois cinq jours, et il obtint pour moyenne des pulsations du cœur le 
chiffre de 124,20 centièmes de pulsation. 

Il est impossible de défigurer davantage les faits. Il est évident que pas un de ces 
enfants n'avait, au moment de l'observation, vingt-deux mois cinq jours, et qu'au- 
cun d'eux n'a pu avoir 124,20 centièmes de pulsation. 

Quant aux résultats relatifs aux pulsations des nouveau-nés, ils diffèrent de tous 
les résultats connus. Sur 13 enfants, Valleix a trouvé les chiffres extrêmes de 
76 et 104, et pour moyenne 87 pulsations. Ces résultats sont trop extraordinaires 
pour être acceptés, et l'erreur qui s'y trouve dépend de la mauvaise méthode em- 
ployée dans leur recherche. 

Trousseau a pris soin de ranger les enfants par âge et i)ar sexe, afin de réunir 
en sa faveur toutes les cpnditious d'exactitude désirable. Sur un grand nombre 
d'enfants de huit jours à deux mois, il a trouvé les chiffres extrêmes de 96 et de 
164, et sur d'autres âgés de deux mois au moins et de vingt et un mois au plus, 
les chiffres 96 et 160. Les moyennes de ses calculs sont 137 pulsations dans le pre- 
mier mois et dans le deuxième ; 128 de deux à six mois ; 120 de six mois à un an; 
118 de un an à vingt et un mois. 

Donc, le maximum de la fréquence du pouls se trouve dans le premier mois de 
la vie, et le minimum dans les derniers mois de l'allaitement. 

Le sexe n'a définitivement aucune influence sur l'accélération du pouls, qui est, 
au nK)ment de la naissance, à peu près aussi fréquent chez les filles que chez les 
garçons. A partir du troisième mois, le pouls prend, relativement au sexe, la teneur 
qu'il conservera toute la vie, c'est-à-dire qu'il est notablement plus fréquent chez 
les filles que chez les garçons. 

Mais, comme le dit Trousseau, si l'influence de l'âge est si peu considérable ; 
si celle du sexe l'est un peu davantage, l'influence de l'état de veille et de l'éUt 
de sommeil est telle, qu'elle ne doit jamais être |)erdue de vue par le médecin 



MOYENS d'expression. — CIRCULATION ET POULS. 33 

qui tâte Je pouls d*un enfant. Cette influence ne se fait pas seulement sentir chez 
les enfants déjà un peu intelligents, qui peuvent être influencés par la vue du 
niédeciu qui les examine, mais par ceux même qui, âgés de quelques jours, 
semblent tout à fait étrangers au monde extérieur : ainsi, chez un enfant de huit 
jours, à demi éveillé, le .pouLs domiait 140 pulsations, et 128 chez le même 
enfant parfaitement endormi. Le tableau suivant donnera plus de Valeur à ces 
assertions : 

Nombre moyen de4 pulsations diei 30 enfants de quime jours à six mois. 

Éveillés 140 pulsations. 

Endormis 121 — 

Nombre moyen des pulsations chei 29 enfants de six mois à vingt et un mois. 

Éveillés 128 pulsations. 

Endormis 112 — 

» I^ différence est bien plus grande encore lorsque Tenfant a peur, s*agile,* crie 
et lutte contre le médecin qui lui tâte le pouls. Les pulsations qui, pendant le som- 
meil, étaient de 112, peuvent monter jusqu'à 160 et même 180. 

» Ces détails étaient nécessaires pour mettre le médecin en garde contre les 
variations que le pouls peut subir dans l'état sain, par le seul fait de l'agitation de 
l'enfant. » 

Les obser>'ations de Gorham et celles plus récentes de Seux se rapportent pres- 
que entièrement aux résultats qu'on vient de lire. Ces médecins ont comme moi 
rencontré, dans leurs études sur le pouls des enfants, des différences individuelles 
très-grandes. Gorham a trouvé les chiffres extrêmes de 90 et 160 avec beaucoup de 
chiffres intermédiaires. La moyenne a été de 123 chez les enfants d'un jour, et de 
128 chez les enfants d'un jour à une semaine. L'influence du sommeil a été aussi 
fort bien constatée par ce médecin, qui, de 148 pulsations, les a vues déchoir d'un 
nombre considérable et arriver seulement à 108 par minute. Seux a obsené chez 
les nouveau-nés les chiffres extrêmes de 80 à 164, mais les nombres compris 
entre 120 et 140 sont ceux qu'on rencontre le plus souvent (dans près de la moitié 
des cas); viennent ensuite ceux qui sont compris entre 140 et 160, entre 100 et 
120, puis ceux qui sont au-dessus de 160; enfin arrivent les nombres qui sont 
au-destous de 100. 

En résumé, chez les enfants à la mamelle, le pouls présente une fréquence con- 
sidérable; il est loin d'être réglé comme il le sera plus tard; il varie beaucoup 
suivant les sujets, mais sa vitesse normale peut être estimée à 100 ou 150 pulsations 
par minute. 

Le chiffre moyen de 118 à 120 est celui qu'on rencontre le plus ordinaii^ement. 
Au-dessus de deux ans, la moyenne varie entre 92 et 100 jusqu'à la septième 
année. 

Voici, d'ailleurs, un tableau qui résume en quelques lignes tous les chiffres 
extrêmes qu'on peut rencontrer : 

Pulsations par minute. 

Dans le sein de la mère 108 à 160 

Dans la première minute de la vie 72 à 94 

A la quatrième minute de la vie 140 à 208 

De huit jours à deux mois 96 à 164 

De deux mois à vin|^ et un mois 96 à 160 

De deux ans à cinq ans 92 à 120 

De cinq ans à huit ans . . 84 à 110 

De huit ans à douze ans 76 à 104 

BOUCHUT. — ROUV.-IIÉS. — 7* ÉDIT. 3 



36 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉ.MÉIOTIQUE DE l'EXFAXCE. 

corps et dans TaisselU», plutôt que sur l(»s bras et sur les parties qui, exposées à Tair, 
se refroidissent notablement. La sueur n*c*st jamais aussi abondante chez les enfants 
que cbez l'adulte ; le linge n'en est jamais profondément imbibé: c'est plutôt de la 
moiteur qu'uni» abondante pcrspiration cutanée. Dans les fièvres intermittentes que j'ai 
(Ml l'occasion d'olîsener, ce phénomène a été si peu sensible, qu'il a échappé à l'inquiète 
attention des mères; il n'en eût pas été de même si la sueur avait été bien prononcée. 
Je viens de caractériser la fièvre en étudiant les phénomènes qui se montrent 
pendant un accès, mais ce n'est \>as tout ; cette description auatomique ne saurait 
suffire : il faut parler de la réaction fébrile, considérée d'une manière générale dans 
le cours des maladies de la première enfance. 

Chez les adultes, lorsqu'une affection aiguë se déclare, la fièvre, sa compagne 
inséparable, en manifeste la présence; elle persiste autant que la maladie qui est 
la cause de son apparition et s'éteint avec elle. Elle existe d'une manière continue, 
et présente souvent un {Kiroxysme quotidien à l'approche de la nuit. 11 y a cependant 
des maladies dans lesquelles l'existence de cette exacerbation n'est pas bien démontrée. 
Chez les enfants à la mamelle, la fièvre qui accompagne les maladies aiguës ne 
se maintient pas toujours au même degré ; elle tombe jwur se relever un peu plus 
tard ; elle n'off're pas le type franchement continu, car elle présente non plus un 
seul, mais plusieurs paroxysmes par jour. Aussi, dans le cours de l'cntéro-coUte 
et de la pneumonie, il n'est pas rare d'entendre les mères annoncer qu'à deux ou 
trois reprises de la journée la j)eau de l'enfant est devenue brûlante, et que pendant 
ce temps l'agitation a été considérable. 

Toutefois les paroxysmes fébriles sont plus rares au début d(*s affections aiguës 
que pendant leur durée. A cette é|)oque, la fluxion inflammatoire est amortie et les 
exacerbât ions deviennent très-évidentes. 

Ce phénomène est très-facile à constater dans les affections chroniques; mais ici 
il se pit^sente encore une différence importante à signaler. La fièvre |)assc du tyix? 
continu avec paroxysmes au type intermittent : il en est ainsi dans la pneumonie 
chronique, dans la pleurésie, dans l'entérite chronique, etc. Les enfants paraissent 
assez calmes le matin, ils n'ont que peu ou jwint de fièvre, et ils éprouvent au 
milieu du jour et dans la nuit un accès caractérisé par les phénomènes indiqués 
précédemment. Ces accidents sont quotidiens, irréguliers, et paraissent tantôt à 
une heure, tantôt à une autre. On ne i)eut que les comparer aux accès de la fièvre 
hectique chez les adultes. 

En résumé, la fièvre, chez les enfants, est un état morbide qu'il ne faut pas juger 
d'apri-s r«iccélération du pouls, mais d'après l'augmentation de la chaleur cutanée 
et d'après l'agitation nerveuse des sujets. 

A cet âge, la fièvre n'est jamais précédée de frissons et de tremblement; la 
sueur qui la termine est rarement fort abondante. 

Le type continu de la fièvre est rare dans les maladies aiguës des jeunes enfants, 
il y a des rémittences notables et des paroxysmes très-marqués. 
Dans les maladies chroniques, la fièvre est presque toujours intermittente. 

CHAPITRE XI 

DES SIGNES EXTÉRIEURS FOURNIS PAR LA TEMPÉRATURE ET PAR L'EXAMEN 

DE LA CALORIFICATION 

fl 

Quelques médecins admettent, au nombre des propriétés vitales, la caloricité, 
c'est-à-dire la propriété dont jouissent certains animaux qui développent du calo- 



MOYENS d'expression. — CALOniFICATION. 37 

rique et conservent une température propre indépendante du milieu environnant. 
Ils pensent que c'est en vertu de cette propriété que l'homme peut lutter avanta- 
geusement contre le froid et la chaleur, et a le pouvoir de résister à cette grande 
loi de l'équilibre du Calorique qui est celle de tous les coq» inanimés. 

La caloricité est en effet une propriété générale des corps vivants, en vertu 
de laquelle ils conservent une températiu^e propre indépendante de celle du milieu 
qui les entoure. Cette température est un effet des combustions lentes opérées au 
sein des organes pour leur nutrition , et l'intensité de cette combustion seule reste 
sous l'influence de la vie. 

L'homme adulte a une température profonde, toujours la même dans l'état de 
santé, et il résiste facilement à la chaleur et au froid de l'atmosphère. Sa tempéra- 
ture superficielle est modifiée par cette double influence. 

11 n'en est pas tout à fait de même des jeunes enfants. Dans les premiers jours 
de leur vie, la ciiloricité leur donne bien une température propre à peu près égale 
à celle qu'ils doivent offrir plus tard; mais ils diffèrent des adultes, sous ce rapport, 
que leur résistance au froid est infiniment moins marquée et qu'un refroidisse- 
ment mortel est facile et possible, s'ils ne sont pas suffisamment protégés contre 
cet accident par une alimentation convenable et par les soins de leur mère ou de 
leur nourrice. 

Outre cette influence de l'âge sur la caloricité et sur la force de résistance au 
froid, il y a aussi une autre influence, quelquefois considérable, exercée sur cette 
même propriété par les maladies. C'est du moins ce qui résulte des recherches de 
Haies, H miter, Despretz, de Becquerel et Breschet, Bouillaud, Donné, Andral, 
Mignot, etc. Disons quelques mots de ce qui est spécial aux jeunes enfants. 

11 faut distinguer, dans l'étude de leur température animale, ce qui est relatif à 
la température superficielle du corps, c'est-à-dire à la température cutanée, très- 
variable, d'avec ce qui est relatif à la température propre des enfants, c'est-à-dire 
leur température profonde, prise sous l'aisselle ou dans le rectum, qui, dans l'état 
physiologique, reste toujours, à peu de chose près, la même. 

Rien n'est mobile comme la température cutanée des enfants. Elle s'élève et 
s'abaisse sur les |)arties découvertes autant que s'élève et s'abaisse la température 
extérieure, et cela d'une manière très-différente suivant les diversités de Vidiosyn- 
crasie infantile. Il n'y a rien à dire sur ce point qui ne soit bien connu de tout le 
monde, (^e sont les enfants les plus faibles et les plus délicats qui se refroidissent 
le plus facilement ; quelquefois aussi cette température est modifiée dans l'horripi- 
lation de la fièvre et d'une manière locale, dans certains cas de gangrène, toutes 
circonstances parfaitement indiquées. 

Ce qu'il importe surtout de connaître, ce sont les modifications de la tempéra- 
ture profonde par le fait même de l'âge ou de la maladie. Cette température se 
mc*suro à l'aisselle ou dans le rectum au moyen du thermomètre. Celle de l'aisselle 
est toujours de 1 degré au-dessous de celle de l'anus, du moins chez l'adulte et dans 
la seconde enfance. Mais, chez 7 nouveau-nés à terme, René de Nancy a vu au 
contraire qu'elle était supérieure 122 fois sur 155 observations, et 103 fois sur 
140 chez 6 enfants nés avant terme. 

Longtemps on a cru pouvoir dire, d'une manière générale, que la température des 
animaux nouveau-nés était moins élevée que celle des adultes. Cela résultait, en effet, 
de plusieurs observations de Haller, deVillermé et H. Milne Edwards (1), de 
Despretz ; mais cette conclusion est prématurée, et il n'y a pas de loi à poser à cet 

(1) Villcrmé et Milne Edwards, De Vinfluence de la température sur la mortalité des 
enfantt nouveau-nés {Annales d*hygiène publique, Paris, 1829, t. H, p. 291). 



38 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE l'ENFANCE. 

égard. Ijh teni|)ératiire propre des enfants, an moment de la naissance, varie 
antant qne la force de conslitntion des enfants, et ici il n'y a que des unités de 
nature différente, dont on ne peut faire une addition. En effet, sur les tableaux de 
Henri lloger, nous voyons des enfants chétifs avoir seulement 32 degrés centigrades, 
d'autres 34 degrés ; d'autres 3r)**,52, ce qui est aussi le chiffre de Despretz ; puis 
3,V,50, 36 degrés 3r»",7r), 37 degrés, 37%75, chiffre suj^érieur d'un degré à celui 
que présentait la mère (1). 11 en fut de même aussi dans un certain nombre d'ob- 
senalions faites par Racle. 

Elle a ses types bien décrits par AVunlerlich, Traube, Hirtz (â), etc., à l'aide 
de tracés faits avec la température du matin et du soir. Ainsi, dans la pnemnonie 
et dans les fièvrt*s éruptives, elle atteint rapidement son apogée pour décroître 
ensuite, tandis que dans la fièvre typhoïde elle met se]>t à huit jours à s'élever au 
chiffre le plus considérable, puis elle se maintient avec des exacerbations nocturnes, 
et ensuite décmît à partir du quinzième ou vingtième jour. 

Donc, au moment de la naissance, la temi)érature profonde des enfants est 
variable, en rapport avec Vidiosynrrasic. Inférieure à la température normale chez 
les enfants débiles, égale chez les enfants bien développés, sui)érieure même, dans 
quelques cas, à la température normale ultérieure de l'enfant, et même à la 
température de la mère lors de son accouchement, il n'y a pas de fusion à faire 
entre ces divers résultats, i>as de moyenne mathématique à déduire, et pas de loi 
à formuler. 

Quelques minutes après la naissance, le nouveau-né se refroidit, il peixl i ou 
3 degi'és de chaleur; et cette réfrigération égalerait j)eut-étre celle des jeunes 
animaux isolés de leur mère, si le sujet manquait des soins multipliés que ré- 
clament sa nudité et sa faiblesse. C'est ce que Edwards a vu sur de jeunes oiseaux 
de huit jours, tirés de leur nid : au lieu de 40 degrés et plus qui représentent le 
chiffre de leur température noimale, ils n'avaient plus que 35 à 30 degrés ; isolés 
les uns des autres, ils i)erdirent 17 degrés dans l'espace d'une heure, et restèrent 
à 2 degrés au-dessus de l'air ambiant. 

Des le lendemain de la naissance, la tem|)érature animale reprend son niveau 
physiologique, et elle s'y maintient, sauf de légères oscillations, tant que la santé 
persiste. Roger a trouvé pour moyeime normale , sur trente-trois nouveau-nés 
de un à sept jours, la moyenne de 38'',08, et iwur vingt-cin(J enfants de quatre 
mois à quatorze ans, la moyenne de 37'^,'21. 

Dans l'état de maladie, la caloricité reste quelquefois dans son état normal, mais 
plus souvent elle se trouve exagéi'ée ; alors la température profonde s'élève, ou au 
contraire, ce qui est plus rare, elle est diminuée, et la température profonde 
s'abaisse. — De là une division des maladies en trois groupes : maladies fébriles 
avec augmentation de température, maladies non fébriles avec température nor- 
male, et maladies algides avec abaissement de température. 

Je ne veux pas entrer dans les détails des différents chiffres d'augmentation de 
tem|)érature obsenés dans les maladies de l'enfant. Ces résultats se trouveront 
plus loin. Ils démontrent, et c'est là un fait de la plus haute importance en patho- 
logie, ils démontrent l'exactitude de la loi, qu'il n'y a pas de fièvre sans augmen- 
tation de la température profonde. C'est là la conclusion de tous les faits d'élévation 
de température dans les maladies. Chez le nouveau-né comme chez l'adulte, 
quelles que soient la cause et la nature du mal, variole ou pneumonie , scarlatine 

(l) Uogr<*r, Arch. de médecine, i* série, t. IV, p. 117 et suiv. 

(i; UirU, Nouveau Diclionn, de méd. et de chirurgie pratiques. Paris, 1867, t. VI, p. 722, 
art. Chalei'R. 



MOYENS D* EXPRESSION. — CALORIFICATION 39 

oii plilcgiiioii, typhus OU brûlure, raugmeiitation de la température existe, non 
IKis parce qu'il y a brûlure, typhus, variole ou pneumonie, mais eu raison de la 
fièvre et parce (fue Tétat fébrile s'est déclaré. Cette augmentation de la température 
propre apparaît avec la fièvre, grandit et décline avec elle et pour disparaître au 
même moiuent; elle ne dépasse guère la limite normale que de 5 degrés, et 
atteint, au maximum, i:2%5, exactement comme cela arrive chez l'adulte. 

Dans un grand nombre de maladies, la caloricité ne semble pas modifiée, et, 
nonobstant des désordres gr«ives, mortels même, tant que la fièvre ne survient pas, 
la température propre du corps des enfants n'est pas changée ; elle reste dans les 
limites ordinaires ou très-voisines du chiffre moyen normal. C'est le cas des mala- 
dies chmniques du ceneau, du poumon, de l'intestin, et de la plupart des affections 
scrofuleuses suj)erficiellcs ou profondes. 

Enfin, il est des maladies de l'enfance qu'on i>ent api)eler algùles, à cause de 
rabaissement considérable que subit la temj)érature propre du corps. Dans ces 
cas, la caloricité est presque anéantie, et les enfants succombent rapidement si on 
ne les alimente pas artificiellement de manière à les réchauffer. L'une d'elles, le 
sclèrème^ a été appelée œdème algidc^ et présente ce phénomène au degré le plus 
marqué. On verra, dans le tableau très-intéressant publié par Roger, la température 
constamment abaissée au-dessous de la moyenne normale, descendre à 30°,25, 
:2îl ,50, et même à 22 degrés centigrades, c'est-à-dire à 15 degrés au-dessous 
de la température ordinaire. 

D'autres fois ce sont des pneumonies atoniques sans fièvre, des entérites sans 
aucune réaction fébrile chez des nouveau-nés extrêmement f^iibles, âgés de quel- 
ques jours, ayant souffeit de l'alimentation insuffisante, et offrant enfin, avec un 
notable ralentissement du ix)uls, un abaissement de température sans nulle trace 
de sclérème. iMignot, qui a rapporté plusieurs faits de ce genre, a montré que, dans 
ces circonstiinces, la température pouvait descendre de 4 ou 9 degrés, et aniver 
à 3l%3(), et même 28 degrés centigrades. Ce sont des cas fort curieux et qu'on 
ne saurait trop méditer, car ils laissent entrevoir la part immense que la force pre- 
mière et l'impulsion génératrice prennent dans l'exercice de la caloricité et dans 
la température propre des jeunes enfants. 

N'est-ce pas, en effet, i'imj)erfection organique de l'encéphale et de tout le 
système neneux central ou ganglionnaire qui doit rendre compte du faible déve- 
lopix'inent des nouveau-nés, de l'absence de réaction fébrile, c'est-à-dire du 
manque de vitalité, de chaleur et de force qu'on obsene chez certains d'entre eux? 
Y a-l-il une autre cause qui puisse expliquer de pareils phénomènes ? Assurément 
non. D'ailleui's, cette réaction fébrile qui manque chez les uns, et qui prouve la 
fail)lesse des impressions morbifiques, n'est-elle pas exagérée chez d'autres placés 
dans des cireonstances opposées, et ne voit-on pas la fièvre exprimer la vivacité de 
la réaction vitale et l'existence préalable de ces mêmes impressions morbides? Ne 
sait-on pas, enfin, d'après des expériences récentes sur le système neneux, qu'on 
augmente et qu'on abaisser à volonté la chaleur d'une partie en agissant sur le grand 
sympathique ou sur les nerfs de la vie de relation ? En effet, si, comme l'indique 
Claude Bernard (i), on coupe sur un animal le filet du grand sympathique qui 
unit au cou le ganglion cervical supérieur avec le ganglion inférieur, il en résulte 
dans tout le côté de la face et dans l'oreille correspondante une élévation de 3, 4 et 
même 5 degrés centigrades, élévation de température qui, jointe à une congestion 

il) Cl. Bernard, Cours de médecine du Collège de France: Leçons sur la physiologie et 
la pathologie du système nerveux. Paris, 1858, t. Il, p. 51. 



40 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE L'ENFANCE. 

sanguine active, dure ainsi pendant plusieurs joui*s et disparaît. Il en est de même 
après la piqûre de la moelle à Torigine des nerfe pneumogastriques pour la tempé- 
rature du foie et des reins qui est très-notablement augmentée. Au contraire, quand 
on agit sur les nerfs de la vie de relation et qu'on opère la section des cordons 
nerveux d'un membre, la température de ce membre est toujours assez notable- 
ment abaissée. 

C'est donc, en définitive, à l'influence préalable du système nerveux général 
qu'il faut rapi>orler l'exercice de la caloricité et la production de la cbaleur super- 
ficielle et profonde des enfants. Le faible degré de développement ou l'imperfec- 
tion de ce système amène Vétat algide, et sa force physiologique ou son exaltation 
morbide détcrniine, au contraire, une quantité de chaleur nécessaire à l'entretien 
de la santé ou l'exagération pathologique qui caractérise la fièvre. 



LIVRE III 

DU POIDS DES NOUVEAU-NÉS DANS LES PREMIERS JOURS DE LA NAISSANCE 

Il est intéressant de connaître les résultats du mouvement de la nutrition dans 
les premiers jours de la vie chez les enfants, et la pesée quotidienne est assurément 
le meilleur moyen d'arriver à cette connaissance. C'est de cette manière que l'on a 
pu savoir que les nmireau-nés, en général , diminuent de poids jusqu'à la chute 
du cordon ombilical et augmentent tout de suite après, 

Wickel (i), qui a eu l'idée de vérifier les recherches d'Ed. Siebold sur le poids 
des nouveau- nés, a fait ses pesées chaque jour en notant toutes les particularités 
qui se rattachaient à la mère et à l'enfant. H fit les pesées lui-même et se fixa aux 
points suivants : Les peser tous, tous les jours, à la même heure, le matin entre 
huit et neuf heures; alors, d'ordinaire, la vessie et le rectum s'étaient vidés dans la 
nuit, le poids absolu |)ouvait être le mieux fixé. Par la nudité et la frayeur, souvent, 
les enfants émettaient l'urine seulement sur la balance, ce qui pouvait donner une 
différence de 2 ii 3 loth ('2). Mettre l'enfant tout nu, même sans la compresse om- 
bilicale, sur la balance, couché sur une alèze chauffée, préalablement bien |)esée ; 
quelquefois l'enfant la mouillait pendant le pesage : celte augmentation de poids de 
l'alèze dut être chaque fois distraite du poids de l'enfant. Quoique interrompu 
plusieurs fois dans son travaU, l'auteur peut donner déjà le résultat des pesées de 
100 enfants ; ce nombre, bien que restreint, lui a montré une loi aussi constante 
que naturelle, qu'on n'avait pas encore jusqu'ici bien déterminée. 

Ses recherches portent sur 56 garçons et 44 filles. Les garçons, k leur naissance, 
ont pesé en moyenne G livres 3/4, au maximum 8 livres i/3; les filles 6 livres 
1/2, au maximum 8 livres 1/2; les garçons sont en moyenne plus lourds d'un 
quart de livre. 

Chez la moitié, la chute du cordon eut lieu le troisième jour; chez un quart, le 

(i) Wickel, Recherches tur les rapports de poidi des ivouveau-nès dans les dix premiers 
jours de leur naissance (Monatsschrift fiir Geburlskunde und Frauenk.y juin 1862, et Union 
médicale, 1863, p. 395). 

(2) Le loth n'a pas de terme correspondant dans la série des poids français; dans Tancienne 
nomenclature, il équivaudrait à près de 4 gros, soit 15'",60. Je continuerai, dans le courant de 
cet article, à le désigner par la simple initiale /; le lecteur pourra facilement faire les calculs. 



DU POIDS DES NOUVEAU-NÉS. 41 

qiiairionic ; donc, ordinairement y la chute se fait au troisième ou quatrième 
jour. 

Conlrairement à Topinion de Siebold, chez tous les enfants déjii, dans les vingt- 
quatre lieures, on remarque un chaugeinent de poids. Cette perle fut en moyenne, 
pour ce premier jour, de 6,95 1. ; l'une en perdit 10 par une forte kémorrhagie 
ombilicale ; le deuxième jour, 90 enfants sur les 100 perdirent en moyenne 6,07 1. ; 
le troisième jour, 41 perdirent encore, en moyenne, 3,28 1. ; le quatrième iour, 
15 diminuèrent en moyenne de 2,09 l. : ces lOp enfants perdirent, jusqu'au cin- 
quième jour, en moyenne chacun 14,51 1. , dont les 6/7'* incombent au deux 
premiers jours. De ce tableau résulteaussi que la durée de la diminution de poids 
comprend d'ordinaire deux à trois jours. Les garçons, d'ordinaire plus pesants^ 
paraissent moins perdre que les filles. 

De ces 100 enfants, 93 étaient à terme, 7 nés avant terme. 

Sur les 93 de la première catégorie, 78 furent nourris par leur mère, 15 avec 
du lait de vache. Les 78 perdirent, dans les deux ou trois premiers joui*s, en 
moyenne 13,73 1. ; chez 18 d'entre eux, la diminution fut très-sensible et due à 
une maladie de la mère ou de l'enfant ; en tenant compte de ce fait, la moyenne, 
pour les 60 autres, fut de 12,2 1. Les 15 enfants nourris avec du lait de vache 
perdirent dans le même temps 12,2 1. ; les 7 enfants non à terme perdirent 13,2 1. 
Donc, à cette époque, il n'y a pas de différence de \yQrie entre les enfants nourris 
par le lait de vache et le lait de femme ; la différence est insignifiante entre les 
enfants à terme et les autres. Il n'en est plus de même apri'S le troisième jour. Il 
trouva, chez tous les 78 nourris par leur mère, tout de suite a^res h cessation de 
perte, une augmentation de poids^ et non, comme l'avance Siebold, un temps 
d'arrêt de quelques jours. 

57 fois sur 78, c'est-à-dire chez les trois quarts, une augmentation de poids 
était déjà à observer au troisième ou quatrième jour. Jusqu'au dixième jour in- 
clusivement, chacun de ces 78 gagna un total moyen de 12,5 1.; et si l'on consi- 
dère ce que les 18 enfants mentiomiés plus haut eurent de peine à rattrapper à 
cause de leur maladie ou de celle de la mère, on aura un gain moyen de 15,5 1. 
pour les 60 autres; aussi 36 de ces 60 étaient déjà de quelques livres plus lourds 
quii leur naissance. 28 filles gagnèrent en moyenne 14,1 I. en dix jours, 32 gar- 
çons 16,7 1. 

Le rapport de gain parait donc de nouveau plus favorable aux garçons ; mais 
il résulte aussi de la comparaison, et ici il est d'accord avec Siebold, que le poids 
trouvé à la naissance était sans influence sur le degré de ])erte et d'augmentation ; 
sans cela, les filles, plus légères, auraient dû aussi en moyenne perdre moins que 
les garçons. 

Pour les 15 enfants nourris avec du lait de vache, les résultats furent bien plus 
défavorables. Un seul avait, le dixième jour, 3 gros^ c'est-à-dire 12 grammes de 
plus que le troisième jour, et cependant encore 5 1. 1/2 de moins qu'à la nais- 
sance. Tous les autres étaient encore en diminution presque constante jusqri' au 
dixième jour, et cela sensiblement L'un perdit 33,5 1. et mourut d'atrophie ; 
l'autre 52 L, mais vécut Si chez l'un ou l'autre on put voir une augmentation, 
elle était très-petite et fut suivie d'une nouvelle diminution : cela se vit chez 
5 enfants. Enfin, tous ces 15 enfants étaient encore sensiblement plus légers le 
dixième jour que lors delà naissance, et aucun ne montrait une tendance à 
augmenter. Depuis la rédaction de ce travail, neuf autres observations d'enfants 
nourris avec du lait de vache sont venues confirmer ce résultat 

Parmi les 7 enfants nés avaiU terme, un seul montre une augmentation assez 



12 PATHOLOGIE GÉNKRALK ET SÉMÉIOTIQUE DE L'ENFANCE. 

roiistaiite à partir du quatorzi<>ii)o ; \v dixième jour, il avait gagné «a 1 
et 3 de plus qu'à sa naissance. Clicz la moitié des autres, J'angnieiitatioi 
et oscillante ; le dixième jour, le poids n'était pas encore celui de la naii 
3 autres diminuaient encore. 

Voyons maintenant les causes de cette diminution de poids pendant les 
miers jours : 

i' Véracuation de Vurine et surtout du méconium, 11 a souvent t 
langes qui, par une seule émission d'urine, étaient de ^ à 3 1., c*est-à-dii 
45 granunes plus pesants qu'auparavant. 

2** L'activité fonction nette de la peau plus grande après la naissance, 
ment de Tenduil casoeux, les efforts musculaires (pour crier, tetcr), laten 
ambiante (vêlements, séjour dans le lit de la mère), activent beaucoup la 
de la sueur. Plus d'une fois il a trouvé, sous les chaudes couverture» 
l'enfant ayant le front et la tête couverts de gouttes de sueur, surtout le 
bien forts, et cela quelques heures après la naissance : cette perte a été qm 
de i l. i/2, soit 23 grammes. 

3° I^ diminution de la graisse sous-cutanée, prouvée par la formation 
(dus à la pression inégale des vêtenients et aux eflorts nuisculaircs) . 

i* Les changements de la nutrition. Dans l'utérus, le fœtus reçoit un 
régulier de matières nutritives déjà digérées et résorbées. Maintenant, qu 
stades à la régularité de la nutrition ! Il faut qu'il apprenne à teter, à digé 
ne trouve d'abord qu'un lait non-seulement peu abondant, mais encore i 
purgatif; enfui, il lui faut se déliarrasser du leste du cordon ombilical. Voil 
de causes pour expliquer la diminution constante des nouveau-nés : ih» dinr 
parce que les dépenses qu'ils font en méconium, lu'ine et graisse sont plus % 
que les recettes pendant les trois premiers jours. 

Nous avons dit que la diminution de \m)'k\s dure deux à trois jours; que 
mentation se rencontre le troisième ou le quatiième jour; nous trouvons, d 
que chez les trois quarts de tous les enfants le cordon tombe le troisième ou 
trième jour, ^nlin, chez 71 enfants à terme, nourris par le lait maternel. Tau 
lation de poids connnença : 8 fois avant, 2i fois après, 31)foisàréi)oque deh 
du cordcm ; aussi l'auteur de ce travail croit-il devoir attribuer un grand 
cette chute pour délimiter la diminution el l'augmentation. On connaît 
longtemps les accidents ictériques et les troubles digestifs qui «irrivent i 
époque, et qui, ici, sont prouvés par de nombreux exemples. Trois autrc*s c^ 
sentèrent, avec un état de putridité du cordon, sans autre c<iuse appréciabi 
énorme diminution de poids; l'influence de ces accidents sur la digestior 
plique par la pai^ticipation plus grande du foie : or, celui-ci ne peut e 
normalement tous ses rôles sur la bile et le sang qu'après toutes les oblilé 
vasculairc»8 accomplies. Aussi fornmie-t-il sa loi ainsi : Les noureau-nés, en 
valy diminuent de poids jusqu'à la chute du cordon ombilical et augm 
tout de suite après. 

Voilà ce qui se passe physiologiquement ; voyons les anomalies (en inten 
en durée) qu'a présentées cx»tte diminution chez 18 enfants nourris par h 
et chez tous les 15 nourris avec du lait de vache. 

Pour les premiers, nous avons trouvé connue cause : de fortes hémorr 
l>ar le cordon ombilical mal lié, 7 cas; — trop peu de lait dans les sein 
mère, t2 cas. Mais la cause la plus fréquente se trouvait dans des maladies : } 
les enafnts, B. chez la mère. 

A. Avant tout, les aphthu, 31 pour iOO, et sur ces 31, l i subirent ui 



MORTALITÉ DES NOUVEAU-NÉS. 43 

OU moins sensible diminution de poids. 11 est remarquable que, sur les 15 enfants 
nourris de lait de vache, i!2 eurent des aphthes comme aussi tous furent plus ou 
moins malades ; cela est certainement dû au mode de nutrition ; la quantité et la 
qualité du lait nécessaire à chacun sont ici si difficiles à trouver, et puis la tempé- 
rature, la proportion d'eau, de beurre, de sucre, de lait, la propreté des vases, le 
mode d'introduction, ne doivent-ils pas influer, surtout dans les premiers jours, sur 
la digestion, et amener des catarrhes gastriques, vomissements, diarrhées, ictère, 
gastro-entérite, comme cda se trouva aussi chez tous les enfants ? 

L'ophthalmie purulente fut observée 20 fois, dont un cas isolé avec grande 
diminution de poids , (3 fois avec complication d'autres maladies. 

V ictère 10 fois, fortement accompagné chez tous, soit de grande diminution, 
soit d'oscillation dans l'augmentation après le troisième jour. 

Doux cas de céphal hématome. Chez l'un, il y eut de plus double ophthalmie ; 
cet enfant diminua longtemps. L'autre fut nourn de lait de vache; le dixième jour, 
l'évacuation de la tumeur le rend sensiblement plus léger; il mourut de gastro- 
entérite. 

B. Influence maternelle. — Souvent avec des excoriations au mamelon^ se 
virent des aphthes et par là une dimiimtion de {)oids; — un abcès furonculeux, 
suite de rhagades, sans aphthes, fut aussi suivi de diminution ; 3 fois un érysipèle, 
suite d'excoriation au mamelon, empêcha d'appliquer plus souvent l'enfant au sein 
et fut suivi du même résultat. Sur 9 cas de métrite, il y eut 7 fois des oscillations 
marquées dans l'augmentation après le troisième jour; il est vrai que souvent 
ces enfants étaient eux-mêmes malades, de sorte qu'il fut difficile de bien fixer 
la part qui incombait' à la mère, d'autant plus que, dans les deux autres métrites 
assez intenses, sans troubles dans la sécrétion du lait, aucune innuence ne se fil 
remarquer. 

Conclurions. — 1** Les garçons sont en moyenne plus pesants que les filles, au 
moment de leur naissance. — 2** La chute du cordon a lieu, chez les trois quarts, 
le troisième ou le quatrième jour. — 3" Tous k»s enfants diminuent bientôt après la 
naissance. — i° Cette perte atteint 12,21 chez les enfants bien portants. — 5° La 
diminution de poids dure d'ordinaire deux ou trois jours. — 6" Chez les enfants à 
terme, sains, nourris par la mère, il y a tout de suite une reprise à partir du 
troisième ou du quatrième jour, éjwque qui coïncide d'ordinaire avec la chute du 
cordon. — 7" Cette augmentation, jusqu'au dixième jour, est, chez les enfants bien 
poitants, en moyenne, de 15,02 1., environ 225 grammes, de sorte qu'aloi-s la plu- 
part ont atteint de nouveau leur poids primitif. — 8" Sont exceptés de cette règle 
les enfants nourris avec du lait de vache et ceux qui sont nés avant terme : les 
première diminuent encore après la chute du cordon, les autres oscillent dans Taug- 
mentation. — 9** Enfin les maladies de la mère et de l'enfant se traduisent par une 
plus longue durée de la diminution et une augmentation petite et oscillante. 



LIVRE IV 



DE LA MORTALITÉ DES NOUVEAU-NÉS 



Un médecin qui s'occupe avec soin de statistique médicale, Bertillon, a publié 
sous ce titre un travail curieux, dont les conclusions, assez bornées, offrent un réel 



12 PATHOLOGIE C.ÉNKRALK ET SÉMÉIOTIQUE DE L*ENFANCE. 

coiistanle h iwrlir du quatorzième; le dixième jour, il avait gagné e« tout 10 1. , 
et 3 de plus qu'à sa naissance. Chez la moitié des autres, l'augiuentation fut petite 
et oscillante ; le dixième jour, le iwids n'était pas cucore celui de la naissance. Les 
î] autres diminuaient encore. 

Voyons maintenant les causes de celte dimiimtion de poids pendant les trois |)re* 
miers jours : 

1' Véracnation de Vurine et surtout du méconuun, 11 a souvent trouvé di^ 
langes qui, par une seule émission d'urine, étaient de ^ à 3 1., c'est-à-dire de 30 ii 
45 grannnes plus pesants qu'auparavant. 

^'^ Vactirité fonction nelle de la peau plus grande après la naissance. L'enlève- 
ment de l'enduit caséeux, les efforts musculaires (pour crier, tetcr), la température 
ambiante (vêtements, séjour dans le lit de la mère), activent l)eaucoup la séci^étion 
de la sueur. Plus d'une fois il a trouvé, sous les chaudes couvertures du lit, 
l'enfant ayant le front et la tête couverts de gouttes de sueur, surtout les enfants 
bien forts, et cela quelques heures après la naissance : cette |)ertcaété quelquefois 
de 1 1. i/2, soit 23 grammes. 

3° La diminution de la graisse sous-cutanée, prouvée par la formation des plis 
(dus a la pression inégale des vêtements et aux ellorts nuisculaires). 

4* Les changements de la nutrition. Dans l'utérus, le fœtus reçoit un apport 
régulier de matières nutritives déjà digérées et résorbées. Maintenant, que d'ol>- 
stacles à la régularité de la nutrition ! Il faut qu'il appi-enue à teter, à digérer, et 
ne trouve d'alM)rd qu'un lait non-seulement |)eu abondant, mais encore un peu 
purgatif; enfin, il lui faut se déliarrasser du reste du cordon ombilical. Voilà assez 
de causes pour expliquer la diminution constante des nouveau-nés : ils diminuent 
parce que les dépenses qu'ils font en méconium, urine et gmisse sont plus giMudes 
que les recettes pendant les trois premiers jours. 

Nous avons dil que la diminution de |X)ids dure deux à trois jom^ ; que l'aug- 
mentation se rencontre le troisième ou le quatrième jour; nous trouvons, de plus, 
que chez l(*s trois quarts de tous les enfants le cordon tombe le troisième ou le qua- 
trième jour, jîlnfin, chez 7f enfants à terme, nourris par le lait maternel, l'augmen- 
tation de poids commença : 8 fois avant, 4i foisapri's, 3î)foisàréi)oquc de la chute 
du cordon ; aussi l'auteur de ce travail croit-il devoir attribuer un grand rôle à 
cette chute pour délimiter la diminution el l'augmentation. On connaît depuis 
longtemps les accidents ictériques et les troubles digestifs (jui arrivent à cette 
éi^oque, et qui, ici, sont prouvés par de nombreux exemples. Trois autres cas pré- 
sentèrent, avec un état de putridité du cordon, sans autre cause appréciable, une 
énorme diminution de poids; l'influence de ces accidents sur la digeslion s'ex- 
plique iKir la participation plus grande du foie : or, celui-ci ne peut exercer 
normalement tous ses ixiles sur la bile et le sang qu'après toutes les oblitérations 
vasculaires accomplies. Aussi formule-t-il sa loi ainsi : Les nouveau-nés, en géné- 
ral y diminuent d^ poids jusqu'à la chute du cordon ombilical et augmentent 
tout de suite après. 

Voilà ce qui se passe physiologiquement ; voyons les anomalies (en intensité et 
en durée) qu'a présentées cette diminution chez 18 enfants nourris par la mère 
et chez tous les 15 noums avec du lait de vache. 

Pour les premiei*s, nous avons trouvé connue cause : de fortes hémorrhagie^ 
|>ar le cordon ombiliciil mal lié, 7 cas;— //'o;> peu de lait dans les seins de la 
mère, 2 cas. Mais la cause la plus fréquente se trouvait dans des maladies : A. chez 
les enafnts, B. chez la mère. 

A. Avant tout, les aphlhes, 31 pour 100, et sur ces 31, 14 subirent une plus 



MORTALITÉ DES NOUVEAU-NÉS. 45 

!2° I/onvoi des enfants en nourrice. 

Mais, quelque part que Ton accorde à la première cause, elle ne saurait expli- 
quer qu'un supplément de 3000 décès environ. 

La plus grande part de l'excédant paraît donc devoir être attribuée à l'usage 
immoral où sont les mères d'abandonner leurs enfants, à un âge si tendre, si faible, 
à une surveillance étrangère. 

Si ce point de vue est vraisemblable, si cet accroissement considérable des décès 
de la première enfance (plus du tiers) est dû à cet usage pernicieux, combien 
serait utile un complément d'enquête statistique qui permettrait de prouver aux 
mères, et surtout aux pères de famille, combien il est faux et dangereux de croire 
que l'amour et les soins maternels, si nécessaires au nouveau-né, sont marchan- 
dise que l'on peut acheter pour un peu d'or! L'œuvre que l'éloquence de 
J. J. Rousseau a commencée, la statistique, plus éloquente encore, leurrait la 
continuer avec une autorité bien autrement imposante. 

2" Distribution selon les sexes, — Bertillon, après avoir étudié la distribu- 
tion de la mortalité des nouveau-nés sur le sol français, s'est demandé si à ce pre 
mier âge il y avait une différence notable entre la mortalité des sexes. 

Les auteurs qui se sont occupés de la pathologie de l'enfance paraissent una- 
nimes. Barrier enseigne que la différence de sexe n'a pas d'importance chez les 
enfants, que la plus grande analogie paraît exister entre les maladies des garçons 
et celles des fdles. Barthez et Rilliet, ne jettent pas même un regard sur la 
différence des sexes. La physiologie elle-même apprend à considérer le nouveau-né 
connue un être chez lequel l'influence sexuelle est nulle ; les organes spéciaux à 
peine formés sont une force en puissance, mais en léthargie pour bien des années. 
Ainsi tant de siècles d'observation, tant d'habiles observateurs sont imanimes. 

Sous l'influence de ces autorités, le statisticien doit-il donc s*al)stenir et porter 
ailleurs une investigation qui serait sans fruit sur un point déjà jugé ? 

Bertillon ne le croit pas, car l'observation individuelle ou clinique, particu- 
lièrement employée en médecine, ne panient à saisir que les perturbations assez 
énergiques pour masquer les différences individuelles, et un nombre considérable 
d'influences générales lui échappent et ne se découvrent que jwr l'observation sur 
les faits groupés. 

Nous croyons, dit Bertillon , et nous espérons le faire voir de plus en plus 
par la succession de nos recherches, que les études physiologiques et pathologiques 
qui n'ont pour champ d'obsenation que l'individu isolé sont incomplètes, et que, 
quelque précieuses qu'elles soient, elles laissent beaucoup à faire à la méthode 
statistique. 

Bertillon a recherché par la statistique si le sexe ne révèle pas son influence 
dès le premier âge, et il a trouvé que 1000 naissances féminines amènent 858 filles 
à un an d'âge, tandis que 1000 naissances masculines n'y amènent que 
828 garçons. Sous une autre forme et en nombre rond, sur 100 enfants de chaque 
sexe et de à 1 an d'âge, il succombe annuellement 20 garçons et 16 filles, soit 
le cinquième des garçons et seulement le sixième des filles ! Cette loi est si con- 
stant^, qu'elle se vérifie et pour la France entière, et pour chacun des départements 
pris séparément, avec de très-faibles oscillations. 

Bertillon l'a encore retrouvée dans tous les Éfats de l'Europe que les docu 
ments statistiques lui ont permis d'étudier : tels la Suède, la Belgique, la Hollande, 
l'Angleterre, le canton de Genève, la Prusse, la Bavière, le Piémont. Ill'a retrouvée 
au siècle passé comme au nôtre. 

i« Quelle que soit la mortaUté de la première année de la vie, qu'elle n'enlève 



46 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE L ENFANCE. 

qu*im dixième des naissances ou en moissonne près de la moitié, la mortalité des 
mâk^ reste constamment plus forte que celle des fdies, et dans un rapport qui 
s éloigne de 5 ou décès masculins contre 4 ou 5 féminins. » Telle est la loi physio- 
logique qui ressort de ces recherches. 

« Comment, s*écrie Bertillon, une différence si marquée, si constante, a-t-elle 
complètement échappé aux plus habiles cliniciens de l'enfance? C'est que l'influence 
que nous avons signalée, quoique si manifeste par la méthode statistique, est trop 
faible pour être appréciée par l'obsenation clinique. » 

Mortalité de la première enfance. — D'après le docteur Farr (1), sur 100 nou- 
veau-nés, il en arrive à l'âge de cinq ans : en Norvège, 83 ; en Suède, 80 ; en 
Danemark, y compris les anciens duchés, 80; en Angleterre, 74 ; en Belgique, 73; 
en France, 71 ; en Prusse, 08 ; en Hollande, 07 ; en Autriche, 04 ; en Espagne, Gi ; 
en Russie, 0:2 ; en Italie, 01. 

Scrutant les causes de ces extrêmes différences, Farr attribue la proiwrtion 
favorable qui distingue la Norvège au régime lacté auquel les enfants sont exclu- 
sivement soumis dans ce pays. Mais un fait non moins important, c'est la prédo- 
minance des |K>pulations rurales sur celles des villes, et qui, loin de vivre agglo- 
méives, réunies en centres, en villages fwpuleux, sont dispersées en fermes et 
maisons isolées, construites en lx)is, sur des terrains rocheux et exempts d'humi- 
dité ; d'où résulte iKiur chaque personne une plus grande aire en Nonégc que 
dans tout autre pays, même aux Etats-Unis. 

Quant à la mortalité extrême qui frappe l'Italie, placée à l'exti-émité opposée de 
l'échelle, Galligo l'attribue à l'étude négligée des maladies de l'enfance et au 
défaut d'hôpitaux spéciaux. Cela reste h démontrer (:2). 



Apliorisinos. 

1 . Les maladies du nouveau-né se rapprochent de celles de l'adulte par une ana- 
l(^ie qui est fondée sur le siège et sur la dénomination ; mais elles diffèrent pro- 
fondément |)ar la forme, l'évolution, la i-éactionel la fm. 

:2. L'âge exprime le degré de la force \itale qui procède de la fécondation, 
comme le chiffre d'un cadran annonce l'aumre et le déclin du jour. 

3. Le Hou> eau-né, avant d'arriver à une vie indépendante, subit h la mamelle 
la suite d'une création dont la |)remière moitié s'est accomplie dans le sein de sa 
mère. 

4. Les nouveau-nés n'ont pas de résistance suffisante contre les impressions du 
dehors, et le quart d'entre eux succombe avant la fm de la première année. 

5. Le nouveau-né apporte avec lui, en jouissance, des maladies qui ne doivent 
éclore qu'au bout de plusieurs semaines, de plusieurs mois et même de plusieurs 
années. Ce sont les affections héréditaires, 

('). Les nouveau-nés et les enfants à la mamelle api)ortent avec eux Topportunité 
spéciale nécessaire au développement de quelques maladies, en j)articulier du sclé- 
rème, de l'oplithalmie, du croup, de l'éclampsie, de la diarrhée, des fièvres érup- 
ti^es, etc. 

7. Les maladies ne sont que des impressions transformées. 

8. Dans la première enfance, les lésions matérielles sont moins franchement 

([) Farr, Mémoire sur la mortalité infantile, lu à la Soiiélé de slalisliquc de Londres. 
(ti Voy. E. Bouchut, Hygiène de la première enfance. 0" édition, Paris, 1874. 



APHORISMES. 47 

innainiuatoiros que dans la seconde enfance, et la suppuration des tissus y est moins 
commune et de moins bonne nature. 

\). r.a forme sulwiguë et la forme chronique des maladies sont plus fréquentes 
chez Tenfant que chez Tadulte. 

10. Dans la première enfance, il n'y a point de rapport absolu entre Tintensité 
des symptômes et la gravité des lésions matérielles. 

11. La fièvre la plus vive, avec agitation, cris et mouvements spasmodiques, 
peut disparaître en vingt-quatre heures sans laisser de traces. 

1:2. Les maladies de Tenfance se traduisent ordinairement, à Textérieur, par 
un ensemble de caractères assez significatifs pour être reconnus de tous les mé- 
decins. 

13. Dans la première enfance, la coloration jaune de la peau, des sclérotiques 
et de la partie inférieure de la langue, annonce toujours une maladie du foie. 

14. La coloration rouge, subite, fugitive et intermittente du visage, accompagnée 
de fièvre, est un signe d'affection cérébrale Jiiguë. 

15. La cyanose apyrétlque indique une maladie du cœur ou la persistance du 
trou de Botal. 

IG. La cyanose accompagnée de fièvre et d'anesthésic est le signe de l'asphyxie 
croupale et bronchique. 

17. La décoloration rapide et presque subite du visage et des lèvres, avec 
excav«ition profonde des yeux, est toujours le signe d'une affection intestinale 
grave. 

18. L'altération des traits jwr une paralysie successive des paupières, du nez et 
des muscles du visage, avec ou sans" strabisme, indique une affection du cerveau 
ou seulement du nerf facial. 

19. L'altération des traits, par l'énorme disproportion de la face et du crâne, est 
le si^ne d'une hydrocéphale chronique. 

iO. IJn jeune enfant atteint de fièvre, qui souffle du nez en poussant le ventre, 
est affecté de pneumonie aiguë. 

:2I. La décrépitude du visage chez les jeunes enfants est le signe d'une affection 
tnlx»rculeuse pulmonaire et d'une entérite chronique. 

:2:2. Le strabisme qui succède à la lièvre est le signe d'une méningo-encéphalite 
aiguë et sera suivi de convulsions. 

^1\]. Le strabisme primitif, chez un enfant bien portant, est une paralysie mus- 
culaire simple. 

^1. La rougeur et le larmoiement des yeux, accompagnés de fièvre, indiquent la 
germination d'une rougeole. 

'2'}, L'enfant qu'effraye ou attire un objet imaginaire, qui veut le fuir ou s'en 
emiwrer, est menacé d'une affection cérébrale. 

^0. Lu jeune enfant qui jwrte sans cesse les mains dans sa bouche et mordille 
ses doigts a la dentition difficile. 

!27. Les enfants qui ne peuvent se tenir debout à deux ans, et dont la fontanelle 
sujKîrieure est ouverte, sont affectés de rachitisme. 

:28. Un enfant qui a rapidement perdu son embon]K)int, et dont les chairs sont 
iwles, molles, pendantes, a eu et peut-être a encore la diarrhée. 
' :2î). Le cri faible d'un nouveau-né indique son |)eu de résistance vitale et sa mort 
innninentc. 

30. Un cri prolongé, très-fort et intermittent, est ordinairement le signe d'une 
hydrocéphalie aiguë. 

31. Le cri voilé, rauque, indique la dernière période du croup. 



48 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DE L ENFANCE. 

32. Vn très-gros ventre, fort disproportionné, obser\'6 chez un enfant d'un ou 
deux ans, indique le rachitisme ou rcntérite chronique. 

33. La respiration expiratrice^ gémissante et saccadée au moment du calme 
des jeunes enfants avant la fièvre, indique une pneumonie aiguë. 

34. La respiration brusquement arrêtée à chaque effort par une sorte de s|>asme 
convulsif est le signe d'une pleurésie aiguë. 

35. La respiration courte, incomplète etempechée subitement, mêlée d'une longue 
inspiration toutes les huit ou dix inspirations, est le signe d'une péritonite aiguë. 

36. La respiration courte, incomplète et suspirieuse, est le signe d'une méningo- 
encéphalite simple ou granuleuse. 

37. La respiration profonde et se faisant à de longs inler\'alles indique le délire (1). 

38. La conslriction latérale profonde de la base du thorax à chaque mouvement 
4-espiratoire, pendant la fièvre, est un signe de pneumonie aiguë. 

39. L'aplatissement latér'al pennanent du thorax, avec un chapelet de nodosités 
chondrO'COsUdeSy est un signe de rachitisme. 

40. A aucune époque de la vie, le cœur n'est aussi impressionnable et aussi 
mobile que dans l'enfance. 

41. Les impressions morales précipitent autant les mouvements du cœur que 
l'état fébrile. 

42. La fréquence des mouvements du cœur occ^isionnée par la fièvre est toujours 
accompagnée d'une augmentation de la température profonde du corps, et c'est là 
ce qui la distingue de l'accélération qui est due à une cause morale. 

43. La fièvre se manifeste par l'accélération du pouls et une élévation de 2 à 
5 degrés dans la température du corps des enfants. 

44. La fièvre présente ou passée laisse toujours sur la langue des enfants un 
piqueté rouge qui est dû à l'érection des papilles, langue rilleusey et qui reste 
comine la dernière trace de ce mouvement oi^ganique. 

45. Un enfant triste et abattu, maussade, pleurant facilement, cherchant un 
endroit pour se reposer et dormir, mordant ses lèvres, remuant sa tète, agitant 
ses membres soulevés eux-mêmes par de petites secousses, et ayant la peau chaude, 
est un enfant qui a la fièvre. 

40. Les frissons sont extrêmement rares chez les enfants à la mamelle. 

47. La pâleur et un refroidissement général cutané remplacent le frisson avec 
tremblement, dans la Oèvre intermittente des enfants du premier âge. 

48. I^ sueur abondante n'existe pas chez les jeunes enfants atteints de fièvre 
intermittente ; elle est tout au plus remplacée par de la moiteur. 

49. La fièvre présente toujours de notables rémittences dans les inala(Ues aiguës 
de jeunes enfants. 

50. Dans les malacUes chroniques du premier âge, la fièvre est presque toujours 
intermittente. 

51 . Une forte fièvre agit sur la sécrétion de l'urine, diminue sa quantité, con- 
centre ses éléments dans une petite masse d'eau, et la rend bientôt irritante pour 
les voies excrétoires. 

52. Une très-forte fièvre tarit habitueUement la sécrétion des larmes. 

53. La température profonde du corps, mesurée dans l'aisselle, s'élève de 1 à 
5 degrés dans les maladies aiguës fébriles des enfants, sous l'influence exclusive 
de la fièvre et non pas de chaque maladie en particulier, exactement comme cela 
s'observe chez l'adulte. 

(1) Hippocrate, Pronostic, g V {Œuvres complèles, trad. Litlré, Paris, 1840, t. II, p. 123.) 



APHORISMES. 49 

54. La calorific^tioii est en rapport avec la force de constitution des nou- 
veau-nés. 

•f)5. La calorification entretenue par des aliments et la couvée se perd si facile- 
ment cliez des nouveau-nés faibles et débiles, que la mort par refroidissement en 
est la conséquence. 

50. La calorification, toujours très-amoindrie dans le sclérème ou endurcisse- 
ment du tissu cellulaire des nouveau-nés, tombe à 22 et 26 degrés centigrades. 

57. L'œil n'est qu'une expansion du cerveau dans laquelle on peut souvent 
apercevoir, au moyen de Tophtlialmoscope, des lésions qui indiquent ceUeyijui se 
produisent dans l'organe de la pensée. 

58. Découvrir au fond de j'œil, sur le nerf optique, la rétine et la choroïde, ce 
qui se passe dans le système cérébro-spinal, tel est le but de la Cérébroscopie{i), 

59. Toutes les fois que des troubles nerveux, paralytiques, convulsifs ou autres, 
s'accompagnent de lésions de la papille, de la rétine ou de la choroïde, on peut être 
sûr qu'ils sont sous la dépendance d'une lésion du cerveau, des méninges, ou de 
la moelle épinière. 

60. Tout obstacle intra-crânien de nature à empêcher le sang vemeux de la 
rétine d'entrer dans le sinus caverneux, détermine sur cette membrane des troubles 
de circulation, de sécrétion et de nutrition indispensables à connaître pour" le 
diagnostic des maladies de l'encéphale. 

61. Dans certaines maladies du cerveau et de la moelle, le grand sympathique 
exerce sur la circulation de la rétine une influence qui se traduit par des lésions 
très-évidentes et faciles à constater au moyen de l'ophthalmoscope. 

(1) Vov. E. Boucliiit, Du diaQnosUc des maladies du système nerveux par Vophthalmoscopie, 
Paris, 18(>5, un vol. in-8 avec figures, et un atlas de 24 ilgures chromolithographiées pur 
Tauteur. — Atlas d'ophthalmoscopie médicale et de cérébroscopie, Paris, 1876, in-4. 



BOUCHUT. — NOUV.-NÉS. — ?• ÉDIT. 



DEUXIEME PARTIE 

PATHOI^OGIE SPÉCIAIiE »E ■«.% PMEMIÈmE EMFAIVCE 



LIVRE PREMIER 

PHÉNOMÈNES l»HYSIOLOGIQUES ET PATHOLOGIQUES CONSÉCUTIFS A LA NAISSANCE 



CHAPITRE PREMIER 

CHUTE nu CORDON OMBILICAL 

La cliiite du cordon sépare complètement le nouveau-né de ce qui rattachait à 
la vie fœtale. EUe s'opère plus ou moins rapidement, suivant les sujets, d'après la 
texture même du cordon, et aussi d'après la constitution particulière des enfants. 
Ainsi les cordons volumineux, mous et gras, se dessèchent lentement et suppurent 
souvent à leur base avant de tomber ; il y a , au contraire, des cordons minces, 
p(»tits, qui sèchent de bonne heure, deviennent transparents comme du parchemin, 
laissent voir les vaisseaux desséchés qu'ils renfennent et tombent assez prompte- 
ment sans suppuration. 

§ I. — Dessiccation du cordon ombilical. 

Le cordon se flétrit du premier au troisième jour, etla dessiccation qui suit rapi- 
dement s'accomplit en vingt-quatre heures, trois, quatre et cinq jours. Celle-ci 
porte uniquement sur la matière gélatineuse du cordon et s'arrête au niveau du 
bourrelet cutané. C'est alors que le cordon se sépare avec ou sans suppuration, 
laissant une cicatrice complète au-dessous de lui. 

Ce (ju'il y a de plus curieux dans ce phénomène de dessiccation, c'est de le voir 
si évidenmient placé sous la dé|>endance des phénomènes de la vie. On ne l'obsene 
pas chez les enfants qui meurent en naissant : le cordon, loin de se dessécher et de 
tomber, se décom|)ose au lK)ut de quelques jours, les vaisseaux restent perméables 
et peuvent recevoir une injection pénétrante, ainsi que Billard l'a fait connaître. 
Ce fait est imi)orlant au point de vue médico-légal, lorsqu'il s'agit de recomiaître 
si un enfant a vécu un, deux ou trois jours. 

Haller et Monro attribuaient la chute du cordon à une sorte de gangrène ; Gardien 
la considérait comme duc à la constriction de l'épiderme; Chaussier, à un travail 
inflammatoire, et Billard au tiraillement des muscles abdominaux qui séparent le 
collet ombilical de la portion desséchée du cordon. Il est évident qu'il se fait ici un 
travail complexe, en tout semblable à celui qui résulte de la torsion des artères, 
une certaine partie du vaisseau se flétrit, meurt et se sépare des parties vivantes au 
moyen d'un travail inflammatoire plus ou moins évident, pour tomber sous Tin- 
fluencc de la moindre traction extérieure. 

Ce travail d'élimination se fait ordinairement sans encombre, et donne lieu à un 
petit suintement, c'est-à-dire à une faible suppuration qui se voit sur les cordons 



CHUTE DU CORDON OMBILICAL. 5i 

petits et peu gélatineux; mais dans quelques cas il est accompagné d'une suppu- 
ration plus abondante, si le cordon est volumineux. Quelquefois il est traversé par 
des accidents graves, hémorrhagiques ou innammatoires. 

§ II. — Hémorrhag^e ombilicale, ou omphalorrhagie. 

Underwaod, Villeneuve, Richard (de Nancy), Burns, P. Dubois, Gould, 

Grandidier (de (^assel), Thore et Mansley, ont vu Thémorrhagie se prodl^ffc par 

le tubercule ombilical, et la mort en être la conséquence. Ce sont des cas assez 

rares et qui méritent de fixer l'attention des médecins. En voici un exemple du 

à Manslev : 

Observation 1. — Ua enfant mâle, né à terme, après un travail naturel, bien por- 
tant, et olfrant tous les signes de la plus belle santé, fut d*abord atteint, quelques jours 
après sa naissance, de Victerus neonatot^m, pour lequel on administra de légers 
purgatifs. Un matin, la mère s'aperçut que les langes de l'enfant étaient tachés de 
sang; le cordon était tombé spontanément, sans violence, le cinquième jour. Appelé 
immédiatement, M. Mansley trouva la circonférence de l'ombilic dans des conditions 
normales, mais le fond de l'hiatus était occupé par une substance putrilagineuse res- 
semblant à des débris de tissu cellulaire mélangés avec du sang; la partie ayant été 
lavée avec soin, on s'aperçut que des gouttelettes de sang suintaient par une petite 
ouverture. Celle-ci fut touchée plusieurs fois avec le nitrate d'argent; mais ce fut 
en vain, rhômorrhagie n'en conlinua pas moins; la réapplication de la pierre infer- 
nale, la compression exercée par le pouce des heures entières, le cautère actuel, 
l'usage des poudres styptiques, rien ne put arrêter l'écoulement. La ligature, à la- 
quelle on songea aussi, devenait impossible par suite de la profondeur de l'hiatus. 
L'enfant, épuisé, succomba au bout de quarante-huit heures. 

Dans un cas très-curieux suivi de mort, rapporté par le docteur Allaire, Théraor- 
rhagie a eu lieu, non pas par le tubercule ombilical, mais par une ouverture située 
au-dessous et conununiquant avec l'artère. 

Observation H. — L'enfant, âgé de neuf jours, était d'une bonne santé. Le cor- 
don ombilical tomba spontanément quatre jours après la naissance, et Ton eut soin de 
continuer l'emploi du petit bandage de corps. Appelé au moment de l'hémorrhagie, 
je crus un instant avoir triomphé de cette hémorrhagie en employant tour à tour 
charpie, amadou, couverts de compresses graduées, le tout soutenu par un bandage 
de corps. La suspension de l'écoulement sanguin n'étant toujours que momentanée, 
je dus essayer la compression latérale avec les doigts, que je continuai pendant une 
heure, à deux reprises; mais j'avais le chagrin de voir l'hémorrliagie revenir aussitôt 
que la compression était suspendue. 

Le sang ne venait pas du tubercule ombilical; il sortait en nappe et sans saccades 
du fond d'un hiatus existant au-dessous et un peu à gauche de ce tubercule. Cet 
hiatus était visiblement contractile; il se fermait et se dilatait alternativement : d'où 
suspension et réapparition de l'hémorrhagie. 

La figure et les lèvres étaient d'une pâleur extrême, et je croyais à chaque instant 
voir mon petit garçon périr. En désespoir de cause, je dus me déterminer à maintenir 
rapprochés deux plis de la peau, l'un inférieur, bien contigu à l'hiatus, l'autre supé- 
rieur, au moyen de deux aiguilles à coudre (n'en ayant pas d'autre sous la main), et 
je fis la suture entortillée. A l'instant même, l'écoulement de sang cessa, mais 
l'enfant succomba une heure et demie après l'application de la suture et cinq heures 
après l'accident. 11 refusa A'abord faiblement le sein de la nourrice, qui bientôt ne 
put que lui instiller de son lait dans la bouche; poussa de temps en temps des cris, 
des gémissements, eut quelques mouvements convulsifs; la respiration devint plus 
sonore, plus rare, suspirieuse; l'enfant était à l'agonie. Je n'omettrai pas de noter 
que pendant la première heure de l'accident l'enfant eut deux ou trois selles et urina 
deux fois. 



52 



lE SPÉCIALE DE U 



Trente heures après la inorl, ]e pratî<|uai une incisiao dans le lien de rbiatus 
d'ob naissuiirhémorrhagie.en suivûQt la ilireclion de la ligne blanche an cAté ginche 
du tubercule ombilical. Là nucune eitravasalion n'existait. Je pus découvrir asseï 
prafondénienl, détachée et écartée de ce tubercule, une artère, dans le pertuîs de 
laquelle je pus introduire un stflet. Ëvidemment c'est ce petit vaisseau qui a doiiaé 
lieu à l'héniorriiagie. Sans aucun doute, l'opêralion la plus rationnelle et la plus sOrt 
eût été de découvrir incontinent ce petit moignon d'artère afin d'en pouToir faire la 
ligature. Cependant je me fais cette question : 1^ compression au moyen de la mture 
eniorlillée, iiitc tout de suite, eût-elle été suflisante, soit pour, en arrêtant l'écouie- 
menl flb sang au dehors, s'opposer à une eitravasalion sanguine interne, soit pour que 
la petite artère s'oblitérât? 

L'hémorrhagie a presque toujours lieu après la chute du cordon, au boatdesept, 
neuf, onze vt inêiiie treize jour5 après la naissance. Grandidier en a tu an eiemplr 
au cinquante-troisième jour. Le s«^ coule en bavant 
d'une manière in tenu it tente, et nullement par sac- 
cades indiquant la nature d'un jet artériel. 

Je repr^nte (fig. 5), d'apK-s Emile Dubois (1). 
la disposition la plus commune des parties dans les 
hèniorrhagies consécutives à la chute dn conkm, 
celle dans laquelle les vaisseaux ombilicaux viennent 
s'outrir dans une cavité ou dépression qui remplace 
le luborciile ombilical. Les parties sont vues par b 
tacp péritonéale : on y remarquera que les deui ar- 
tères ombilicales, et la cavité dans laquelle dies vien- 
nent aboutir, présentent des rides Iransvn'sales, 
indices de la rétraction déjà commençante de ces 
organes. 

Dans tme autopsie que j'ai faite sur ud eniant de 
huit jours, tous les organes étaient exsangues, surtout 
les poumons et le corps thjToïde. — En examinant 
l'ombilic par le côté péritonéal, j'ai vu la veine non 
i^litéréc vide et les deux artères ombilicales abou- 
tL'»ant a un cul-de-sac oii se trouvait l'ouverture 
d'écoulement du sang. Dans ces artères se trouvaient 
de petits caillots de sang noir espacés les uns des 
autres. 

C««Be«. — Dans quelques cas, cette bëmorrhagic 
a lieu d'une maniM> iraumatique par suite deTarra- 
chement du cordon ombilical trop court, ou sur 
s la cliuie du cor- lequel on a exercé des tractions trop violentes. Le 
chapitre suivant contient deux ob5crvati<His de ce 
genre. 
Elle s'est présentée plusieurs fois chez des enfants atteinLs de pitrpura, et, chose 
curieuse, deux uouveao-nés, prèsenés de la mwt hémort^agique par Jetuiin 
et par P. Dubois, sont morts ultérieurement avec les signes d'un purpura très- 
manifeste. Dans d'autres circonstances, la cause de l'hémorrhagie reste inconnue; 

(I) E. Duboi», tliùse inaugurale. Paris. tSIU, et Bail, de thirapeulique, 1849, t. IXXVIT. 




une larlie ie ton rlrmliM ri ilui lanucJlo on i p9«9v un slyrel ilo t 
luchi ; I), nrtin ombiliulc droilt ; E, portion de la reisig uriniiro. 



CHUTE DU CORDON OMBILICAL. 53 

mais il est probable qu*on approcherait quelquefois de la vérité en Tattribuaut à uu 
état (le diatlièse hémorrhagique ou de dissolution scorbutique du sang. En effet, 
Grandidier rapporte plusieurs cas de mort par hémorrhagie ombilicale chez des 
nouveau-nés issus de familles où régnait Vhémorrhaphilie, 

En réunissant k ses observations celles qu'D a empruntées à divers auteurs, 
Grandidier en a rassemblé ^02, d*après lesquelles il a rédigé son travail et d'où 
il conclut : 

(< Que rhémorrhagie débute souvent de nuit sans symptômes préalables. Que 
dans quelques circonstances il y a des vomissements, des coliques, de la somno- 
lence et surtout de Tictère, avec constipation ou rejet de matières décolorées argi- 
leuses. Qu'il y a quelquefois des pétéchies, des ecchymoses et des hémorrhagies 
par les nmqueuses annonçant un état de dissolution du sang, et que, dans ce cas, 
3^2 fois sur 35 la maladie a été mortelle. 

» Que sur 135 c<is, Thémorrhagie s'est produite 38 fois avant la chute du cordon, 
26 fois en même temps et 71 fois à une époque plus éloignée; et jusqu'au cin- 
quante-sixième jour, la cicatrisation du cordon étant complète. 

» Que rhémorrhagie a lieu du cinquième au neuvième joiur. 

» Que rhémorrhagie a lieu en nappe, rarement par un orifice distinct, et que 
c'est du sang artériel, plus que du sang veineux; que ce sang est incoagulable. 

» Que rhémorrhagie est mortelle dans les 5/6** des cas, et ne s'arrête jamais 
sans l'intervention de l'art, ce qui n'est pas exact. 

» Que sa durée est variable ; que la mort peut se produire au bout d'une heure, 
au bout de trois semaines et alors par anémie ou épuisement. 

» Que l'autopsie montre des vices de conformation du foie ou des voies biliaires*, 
la perméabilité des vaisseaux ombilicaux, du trou de Botal, faits ordinaires à tous 
les nouveau-nés ; l'ictère, la phlegmasie des vaisseaux ombilicaux, l'oblitération de 
la veine porte et de la veine cave, etc. 

» Que cette hémorrhagie est souvent consécutive, qu'elle est plus fréquente chez 
les garçons que chez les filles, comme 85 : 40 ; qu'elle est rarement héréditaire et 
qu'on l'a vue sur tous les mâles d'une même famille. 

M Que cette hémorrhagie s'est souvent montrée chez les femmes ayant eu une 
grande polydipsie pendant leur grossesse; ayant fait abus des alcalins. Qu'elle est 
rare dans les familles atteintes d'hémorrhagie, car elle n'a été notée que 14 fois 
dans 9 familles, sur 452 sujets hémophiles dans 152 familles. Dans ces cas, si les 
enfants succoml)ent, c'est à des plaies accidentelles plus qu'à l'omphalorrhagie. 

» Que dans l'hémorrhaphilie le sang est coagulable, et pas dans l'omphalor- 
rhagie; elle est héréditaire, 433 : 452, et dans l'omphalorrhagie, 19 : 202; enfin 
33 enfants ayant guéri de rhémorrhagie ombilicale, aucun n'a eu plus tard 
de signes de la diathèse hémorrhagique, donc l'omphalorrhagie est distincte de 
l'hémorrhaphilie. » 

Pronoflrtic. — Cette hémorrhagie est très-grave, mais je ne partage pas l'opinion 
de Grandidier qui considère comme voués à une mort certaine tous les enfants qui 
en sont affectés. Une légère hémorrhagie n'est pas mortelle et s'arrête seule. Si 
rhémorrhagie est très-abondante, c'est alors qu'elle devient très-dangereuse. Une 
fois on a vu rhémorrhagie coïncider avec une ichthyose congénitale. 

Traiteoiciit. — Tous les moyens employés contre cette hémorrhagie sont 
inutiles, à l'exception de la ligature en masse du cordon. Hémostatiques à l'intérieur 
et à l'extérieur; alun, colophane, glace, cautérisations avec la potasse, le nitrate 
d'argent ou le fer rouge, tout est superflu, et l'on perdrait, je crois, un temps pré 
cieux dans l'emploi de ces diverses substances. La ligature en masse, pratiquée par 



5i 1»ATII0L0GIK SPÉCIALE DE LA PnEMIÈRE ENFANCE. 

Jeuuiu et Bowditch, est le seul moyen qui jusqu'à présent ait réussi. C*cst aussi 
le moyen qu*il faut opposer à Tarracbement du cordon ombilical. 

On traverse avec une épingle la base du tubercule ombilical saignant, et Ton jette 
au-dessous de Tépingle un dl double qu'on serre de façon à empêcher Técoulement 
du, sang. On amène ainsi Toblitération des vaisseaux et la chute d'une portion de 
la peau attenante au cordon. Une fois l'aiguille tomba au quatrième jour, et chez 
l'enfant opéré par Paul Dubois elle fut enlevée au septième jour, avant la section 
entière des parties. 

§ m. — Phlegmon des vaisseaux ombilicaux. 

Chez d'autres enfants, la chute du cordon ombilical est la cause du phlegmon 
des parois abdominales que je décrirai un ])eu plus loin; de Y inflammation des 
artères hypogastriques, ainsi que l'ont indiqué Oehm (1), Hodgson (2) et 
Meynet (3) ; de Y inflammation de la veine ombilicale^ décrite par Dupiay (4), 
par SchoUer (5). Cette phlébite, que j'ai plusieurs fois observée, remplit la veine 
de pus qui se porte dans le foie ; aloi's il sun ient des accidents à'ictèrej de péri- 
tonite, d'érysipèle des parois du ventre, et l'enfant succombe rapidement. Ces 
accidents s'observent surtout au moment où règne la fièvre puerpérale et ne sont 
peut-être qu'une fomie de la fièvre puerpérale des nouveau-nés, 

§ rV. — Suppuration et cicatrisation de l*ombilic. 

Après la chute du cordon, le ventre présente une dépression infundibulifonne, 
environnée d'un bourrelet plus ou moins prononcé, formé par la peau encoi-e un 
l>cu rouge et enflammée. Un petit suintement purulent tache le linge, et la cicatrice 
n'est parfaite et entière qu'au bout de dix à douze jours. L'ombilic se forme chaque 
jour davantage. Les vaisseaux ombilicaux se retirent en attirant la cicatrice à l'inté- 
rieur, de manière à la déprimer pendant qu'au dehors l'embonpoint des enfants 
s<*mble la creuser davantage. On doit maintenir cette cicatrice avec des bandes; 
c^r au moment du cri des enfants, l'eflbrt jwurrait la rompre, y pousser l'intestin 
et donner lieu à des hernies ombilicales, connue cela se voit si souvent. 



CHAPITRE II 

ARHACIIEMENT hV CORDON OMBILICAL 

De violentes tractions sur le cordon ombilical, faites dans les manœuvres de l'ac- 
couchement ou produites par la chute de l'enfant sus|>endu au placenta, peuvent 
déchirer le cordon à son point d'insertion sur la peau de l'abdomen, et il en ré- 
sulte des hémorriiagies plus ou moins abondantes qui peu\^nt devenir mortelles. 
Pareil accident se montre lorsque le cordon est trop court ou n'existe pas, ce qui 
est très-rare, et ceiH'udant signalé par le docteur Sclafer (de Sarreguemines), dans 
le fait suivant : 

Observation 1. — Une femme âgée de vingt-cinq ans, grande, fortement consti- 
tuée, primipare, habitant un village à 2 kilomètres de ma résidence, sentit les pre- 

(t) Oehtn, De morbis chirurgicis Jiatoi-um infantum, Leipsig, 1772. 

(2) Hodgson, Traité des maladies des artères et des veines. Paris, 1819, t. I, p. 8. 

(3) Meynet, thèse inaugurale, l^aris, 1857. 
(i) Duplav, journal VExpérience, 1838. 
(5) Scholler, Gawtte médicale, 18iO. 



ARRACHEMENT DU CORDON OMBILICAL. 55 

miéres douleurs de rcnfantement le 24 mai dernier, à six heures du matin. La sage- 
flamme reconnut une position du sommet au détroit supérieur. Le col de Tutérus était 
mince, souple, la dilatation du diamètre d'une pièce de 1 franc; la poche des eaux 
bombait dans les douleurs; les contractions étaient rares, mais énergiques. A dix 
heures, la dilatation était presque complète, les membranes se rompirent et la tôte des- 
cendit dans Texcavation. A partir de ce moment, quoicfue les .douleurs fussent toujours 
très-fortes, la tète ne bougea plus. Après trois heures d*attente> la sage-femme, 
inquiète, me fit chercher. Je touchai la femme ; je reconnus une quatrième position de 
la tète, fronto-cotyloïdienne gauche. La dilatation était complète ; le bassin, bien con- 
formé, était ample, les parties externes très-dilatables. 

Je fis placer la femme au bord du lit, pour mieux suivre le travail et au besoin 
appliquer le forceps. Trois ou quatre contractions énergiques soutenues par les efforts 
de la femme n'ayant pas fait avancer la tête, je me décidai à terminer Taccouchement. 
L'application des fers fut des plus faciles, mais il fallut exercer de fortes tractions 
pour vaincre une résistance qui cessa tout à coup; la tète arriva alors sans efforts à 
la vulve. Je retirai les branches du forceps, et une forte contraction qui eut lieu un 
instant après fit franchir la tôte ; la face, d*abord sous Tarcade pubienne, se tourna 
ensuite vers la cuisse gauche, et le reste du corps suivit immédiatement. L'enfant, du 
sexe féminin, bien constitué et volumineux, était très-pâle et ne donnait aucun signe 
de vie, quoique à mon arrivée j'eusse encore senti ses mouvements d'une manière 
très-prononcée. Je voulus lier le cordon, je fus très-étonné de le voir complètement 
arraché presque au niveau de l'ombilic; il était gros, solide; son extrémité présentait 
des débris de membranes. J'essayai tous les moyens possibles pour ranimer l'enfant; 
il était mort exsangue; le cordon, que je n'avais pas lié, n'avait pas fourni une goutte 
de sang. 

Je remis l'enfant à la sage-femme pour délivrer la mère, qui commençait à perdre 
beaucoup de sang. N'ayant trouvé aucune trace de cordon à l'extérieur, je portai la 
main dans la matrice, et j'en retirai avec quelques difficultés un placenta volumineux 
en partie dépouillé de ses membranes ; j'introduisis de nouveau la main dans la ma- 
trice pour la vider entièrement, et je ne la retirai que lorsqu'elle fut tout à fait con- 
tractée. J'exaiitinai alors le placenta avec la plus grande attention : il était entier ; 
mais au centre, où avait eu lieu l'insertion du cordon, existait un trou circulaire de 
2 centimètres de diamètre sans aucune trace de membranes. J'approchai de cette 
ouverture l'extrémité du cordon de l'enfant, et je pus rétablir de la manière la plus 
évidente les rapports qui avaient existé entre ces parties. Ainsi le cordon avait à 
peine 10 millimètres de longueur. 

Il est probable que ce manque presque total de cordon et la résistance du pla- 
centa qui qdhérait fortement à la matrice ont empêché Tenfant d'avancer, et que 
cette résistance, vaincue par le forc^^ps, a occasionné la mort de l'enfant par la dé- 
chirure complète du cordon, qui, détaché à une aussi courte distance de l'ombilic, 
a amené une hémorrhagie foudroyante. 

Dans quelques cas, c'est la déchirure imprudente du cordon à son point d'in- 
sertion qui est la cause de l'hémorrhagie. Lorain en a observé un exemple à la 
Maternité, dans le service de Moreau. L'hémorrhagie qui eut lieu à la suite de 
cet accident fut arrêtée, comme il est dit dans le paragraphe précédent, par une 
suture autour de deux épingles croisées à la base du cordon ; mais elle avait été si 
considérable, que l'enfant, devenu anémique, ne put être ranimé. 

Observation IL — Une femme âgée de trente-cinq ans, enceinte pour la première 
fois, se présente le 4 mars à la maison d'accouchements. Elle habite Paris depuis 
deux mois; dénuée de toute ressource, elle a vécu dans une misère extrême. Elle est 
dans ce moment profondément débilitée, dans un état complet d'anémie. Le 5 mars, 
à six heures du matin, elle est prise de fortes douleurs; elle quitte son lit, et pendant 
qu'elle se tient encore debout, elle met au monde un enfant. Le nouveau-né tombe 
par terre, suspendu au cordon, qui se rompt à liibase de l'ombilic. Une hémorrhagie 
abondante se produit aussitôt. A six heures et demie, l'enfant est très-pâle, il vient 



5G PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

de sortir d'une longue syncope pendant laquelle riiémorrhagie s'est arrêtée. Il est, 
du reste, bien conformé et parait âgé d'environ sept mois. 

Le cordon ombilical, rompu obliquement, offre un lambeau de 4à8 millimètres du 
côté droit; à gauche, il n'y a plus trace de cordon, et l'on aperçoit au fond de l'ombilic 
l'artère ombilicale du côté gauche, dont l'orifice reste béant. Cette artère, située assez 
profondément, est très-diffîcile à*saisir. Au moment de l'accident, on avait comprimé 
l'ombilic avec le doigt d'abord, puis à l'aide d'un tampon; mais cette compression 
avait été insuffisante. On passa deux épingles en croix, l'une dans la partie du cordon 
qui était restée adhérente à l'ombilic, l'autre dans la peau de l'ombilic lui-même, et 
l'on lit une ligature circulaire. L'hémorrhagie ne se reproduisit pas, mais l'eufant 
mourut à dix heures du matin, c'est-à-dire moins de quatre heures après sa nais- 
sance. La quantité de sang qu'il avait perdu était assez considérable et n*a pu être 
évaluée même approximativement. 

A l'autopsie, pas de trace de lésions dans les organes, décoloration générale dans 
tous les tissus; la mort s'explique suffisamment par l'hémorrhagie. 



CHAPITRE III 

PHLEGMON DE l'OMBILIC ET PHLÉBITE OMBILICALE 

La chute du cordon ombilical est souvent accompagnée ou suivie d'accidents 
inflammatoires plus ou moins graves, ayant une parenté assez grande avec Ténsi- 
pèle, l'artériteet la phlébite ombilicales. C'est un phlegmon circonscrit de l'ombilic 
avec phlegmasie concomitante du péritoine et des vaisseaux du cordon. 

C'est une maladie très-commune, déjà signalée par Hipi)ocrate (1), Ambroise 
Paré (2), Mauriceau, Hamilton (d'Edimbourg), Underwood, Gardien, Baron, 
H. F. Naegele (3) et la plupart des accoucheiu-s qui ont écrit sur les maladies du 
nouveau-né. 

Delwart (de Bruxelles) l'a obsenée sur les espèces animales, notamment chez 
les veaux (4). Elle a été l'objet d'un excellent travail de la part de Me>7iet, sous 
ce titre : Épidémie d'érysipèle et d'ulcération de Vomhilic chez les nouveau- 
nés (5); malheureusement, et ce rej)roche sera le seul que nous adresserons à 
l'auteur, le titre est mauvais; car aucun des enfants n'a offert d'érysipèle propre- 
ment dit, et tous ont un phlegmon circonscrit des parois abdominales autour de 
l'ombilic. Enfui, elle a été décrite par Howitz, médecin de la Maternité de Copen- 
hague, qui en a observé onze exemples dans le court espace de dix-huit mois (6). 

Causes. — Le phlegmon de l'ombilic se montre à l'état spw^adique et à l'état 
épidémique. C'est avec ce dernier caractère qu'il a été obsené par le docteur 
Meynet, à la crèche de la Charité de Lyon, en 1856. L'épidémie a eu deux 
époques. 

Première époque : du mois d'ami à la fin de juin 1850. 

Deuxième époque : du mois de décembre 1850 à février 18^7. 

« Sur 230 enfants reçus à la Mateniité, du mois d'avril 1850 à la fin de juin, 
il faut retrancher 17 mort-nés, ce qui laisse un chiffre de 213 enfants; sur ce 

(1) Hippocralc, (Euvrex complètes, irné. E. Littré. Aphorismes, 3« section, 24. Paris, 1844, 
t. IV, p. 497. 

(2) A. Paré, Œuvres complètes, édition Malgaignc. Paris, 1840, t. II, p. 795. 

(3) Nœgele, Traité pratique de Vart des accouchements, trad. par Aubenas. Paris, 1869, 
p. 5G3. 

(4) Delwart, Annales de la Société encyclopédique de Bruxelles, 1839. 

(5) Meynet, thèse inaugurale. Paris, 1857. 

(6) Howitz, Journal fur Kinderkrankheiten, 1863, livraisons 5 et 6. 



PHLEGMON DE l/OMBILIC ET PHLÉBITE OMBILICALE. 57 

nombre, 53 ont été atteints : 14 dans le mois d*a>Til, 25 dans le mois de mai, 
44 dans le mois de juin; 30 enfants sont morts, 17 ont guéri. 

« Dans la seconde époque de Tépidémie, c'est-îi-dire du mois de décembre à la 
fm de janvier, il est né à la Maternité 175 enfants dont 12 mort-nés; restent 
463 enfantij : sur ce nombre, 36 ont été atteintes, on compta 8 morts. Nousverrons 
à quelle cause il faut attribuer cette différence de mortalité aux deux époques. » 

Les causes de cette épidémie sont restées très-obscures. Bien qu'on ait pu rap- 
porter son développement à l'influence générale qui provoque les épidémies d'éry- 
sipèle phlegmoneux traumatique chez l'adulte, Meynet ne croit pas qu'il en ait été 
ainsi, et cela par les raisons suivantes : 

« A l'époque où nous étions chargés du service des nouveau-nés, en même 
temps qu(» régnait l'épidémie de phlegmon ombilical, les vaccinations n'avaient pas 
été interrompues; et cependant, sous Vinfluence épidémique, l'érvsipèle ne se 
montrait pas davantage, ni avec plus d'intensité autour des pustules vaccinales, ce 
qui n'aurait pas manqué de se produire si la maladie eût été liée exclusivement au 
traumatisme. 

» D'un autre côté, s'il est vrai, comme l'ont démontré Billiard et Denis, que 
la chute du cordon puisse avoir lieu souvent sans inflammation, sans ulcération, 
mais par un phénomène spécial de séparation spontanée, nous serons bien forcés 
d'admettre que toutes les fois que le phlegmon s'est montré à l'ombilic des nou- 
veau-nés dans ces circonstances, c'est à une autre cause qu'au traumatisme que 
nous devons-nous adresser pour l'expliquer. » 

Tout en tenant compte de la ligature du cordon, du défaut de soins de propreté, 
des pansements faits avec des pommades irritantes et du mauvais régime des 
enfants, c'est surtout à l'influence puerpérale, à l'encombrement, et à l'allaitement 
artificiel qu'il faut attribuer le développement de la maladie. 

L'influence puerpérale a, comme on sait, et surtout depuis que je l'ai établi en 
1845, une grande influence sur le développement des maladies du nouveau-né et 
notanunent de la péritonite. Il n'est pas surprenant qu'elle ait une action sur le 
phlegmon ombilical, et le fait signalé par Meynet vient à l'appui du fait d'étiologie 
que j'ai fait connaître. Cet auteur nous apprend, en effet, qu'il y a eu coïncidence 
entre la suppuration épidémique de l'ombilic et la fiè\re puerpérale. C'est une 
fonne de la fièvre puerpérale du nouveau-né. 

Symptômett. — La maladie a débuté quelques heures après sa naissance, ce qui 
est rare ; le plus souvent du troisième au quatrième jour, quelquefois enfin vers le 
huitième jour. 

L'enfant refuse de prendre le sein ou le biberon, il pousse des cris continuels, 
le pouls est d'une fréquence et d'une petitesse excessives; la langue est sèche, 
rouge à la pointe, recouverte d'un enduit muqueux, ou d'oïdium albicans (omiani 
le muguet. Le ventre se ballonne, l'embonpoint fait place à une maigreur extrême, 
il y a de la diarrhée, mais plus souvent de la constipation. 

Viennent ensuite les symptômes locaux qui affectent deux formes assez distinctes, 
d'après Meynet. 

<' Première forme. — Une inflammation l^ère de l'ombilic accompagnait la 
chute du cordon ombilical. Cette inflammation, s'accompagnant d'ulcération à la 
base du cordon et d'une. suppuration plus ou moins abondante, retardait la chute 
de cet appendice, et surtout la cicatrisation de l'ombilic. Mais bientôt l'état 
s'aggrava : à cette inflammation légère, succédèrent des symptômes de phlegmasie 
intense ; on vit survenir à la rt^ion ombilicale mie rougeur de plus en plus foncée, 
disparaissant sous le doigt, et formant un cercle autour de l'ombilic ; en même 



58 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

temps une luniéfactioii énoniie et circonscrite. Le bourrelet cutané qui entoure la 
base du cordon s'ulcérait consécutivement, ses bords se renversaient en dehors ; 
Tulcération gagnait en profondeur et en étendue ; sa surface se recouvrait d'une 
fausse membrane d*un blanc grisâtre, pultacée ; le plus souvent elle sécrétait une 
sanie purulente, épaisse et fétide. 

» A mesure que Tulcère étendait ses ravages, le c'ercle rouge s'agrandissait, 
prenait une teinte de lie de vin ; la tuméfaction de plus en plus volumineuse était 
dure, rénitente ; dans un grand nombre de cas, l'aréole rouge était bordée d'un 
cercle de petites pustules, plus ou moins confluentes, d'un blanc sale, de forme 
arrondie, non ombiliquées, et contenant une sérosité trouble et purulente; au-dessous 
le derme présentait une petite ulcération ronde et déprimée à son centre. Quelque- 
fois le cercle rouge érysipélateux était surmonté d'une énorme phlyctèiie remplie 
d'une sérosité sanguinolente; les phlyctènes, en se rompant, laissaient à nu le 
derme, qui ne tardait pas à être envahi par l'ulcération. 

» Deuxième forme. — Dans cette deuxième forme, la maladie avait une marche 
toute différente, soit que le cordon fût encore frais et mou, soit qu'il fût desséché 
ou même tout à fait tombé; c'était par l'ulcération qu'elle débutait. Cette ulcération, 
bornée d'abord à la base du cordon, envahissait, du centre h la circonférence, la 
peau du bourrelet ombUical ; elle occupait tout le fond de la cavité infundibuli- 
forme comprise entre le double anneau cutané signalé par Denis ; puis elle se pro- 
pageait irrégulièrement en différents sens : tantôt, détruisant les adhérences de la 
peau avec les enveloppes du cordon, elle se prolongeait le long des vaisseaux ombi- 
licaux à une assez grande hauteur, transformant toute leur surface extérieure en 
un vaste foyer de suppuration, recouvert comme par un étui par la membrane 
d'envelopiK» desséchée; tantôt, au contraire, franchissant l'anneau cutané extérieur, 
elle envahissait la paroi abdominale dans une grande étendue. Sa fonne était tou- 
jours anfractueuse et irrégulière, ses bords quelquefois Icirgement décoUés; le plus 
souvent aussi, sa surface était blafarde, d'un gris violacé, exhalant une odeur de 
gangrène, ou bien recouverte d'une fausse membrane épaisse et molle, très-adhé- 
rente, analogue à la pourriture d'hôpital ; dans ces cas, le cercle rouge était moias 
circonscrit, sa couleur était livide, la tuméfaction moins prononcée, l'éruption 
pustuleuse manquait souvent. » 

Slarche, Durée, Termioaiaons. — « La durée du phlegmon Ombilical épidé- 
mique a varié entre trente-six heures et trois jours. Quand il se prolongeait au delà 
de quatre jours, il avait presque toujours une terminaison favorable. 

» La maladie s'est terminée par la mort dans plus de la moitié des cas. Lorsque 
la guérison devait avoir lieu, elle était lente à se produire ; l'ulcération se bornait, 
elle se dépouillait de sa fausse membrane par un travail d'élimination lente et 
gradueUe; les bourgeons charnus qui la remplaçaient apparaissaient par places, 
sécrétaient un pus verdâtre, épais, de bonne nature ; la cicatrice s'opérait de la 
circonférence au centre, la rougeur et la tuméfaction se dissipaient peu a peu ; en 
même temps les symptômes généraux s'amendaient. » 

Pronostie. — « Le pronostic du phlc>ginon ombilical est très-grave, et il est 
plus fâcheux dans la forme ulcéreuse au début que dans l'autre forme. » 

Anatomle pathologique. — Dix-huit autopsies ont été pratiquées par Meynet. 
— « Chez tous les cadavres, la putréfaction était rapide; vingt-quatre heures après 
la mort, les parois abdominales offraient une teinte verdAtre; l'épiderme était sou- 
levé, comme macéré, la rougeur foncée de l'érî'sipi'le était transformée en une colo- 
ration noirâtre; le ventre était affaissé. Au-dessous de la peau, le tissu cellulaire 
péri-ombilical était épaissi, induré, plus dense, plus friable. Cette induration éuit 



l'IlLKGMON DE l'OMBILIC ET PHLÉBITE OMBILICALE. 5'J 

(lue it riiifiltratioii, daus les mailles de ce tissu, tantôt d*uiie matière amorphe 
plastique, tantôt d'une sérosité épaisse et trouble, quelquefois mOlée de pus. Nous 
n'avons jamais trouvé de pus rassemblé en foyer, ce qui s'accorde avec le résultat 
des aulo|)sies pratiquées par Irousseau et Bouchut. L'épaississement et Tindura- 
tion étaient d'autant plus considérables qu'on se rapprochait davantage de l'an- 
neau ombilical. \ ce niveau, le péritoine présentait quelquefois mie rougeur assez 
circonscrite, duc à une arborisation vasculairc. Deu\ fois seulement nous avons 
trouvé une péritonite générale et bien caractérisée, il y avait en même temps 
phlébite de la veine ombilicale. Dix fois il y a eu péritonite partielle limitée à la 
région ombilicale. Trois fois, dans ces cas, nous avons trouvé l'inflammation des 
parois artéiielles avec production de pus dans l'intérieur des artères ombilicales. » 

D'après Howilz, quand il y a phlébite, on trouve, outre la péritonite, 
(I des collections purulentes dans les cavités articulaires ou dans les tissus am- 
biants des phh>gmons superficiels ou profonds aux extrémités. » Ce médecin a vu 
un enfant dont les articulations temporo-maxillaires étaient remplies de pus, et 
sur les onze malades qu'il a observés, quatre fois on a constaté des accidents 
pueq)éraux chez la mère. Ihie de ces femmes même a succombé à la fièvre puer- 
pérale. 

TraKemeat. — Au début du phlc*gmon, les bains, les cataplasmes, les onctions 
simples d'axonge ou avec l'onguent mercuriel, les fomentations émoUientes ou 
astringentes avec le tannin, peuvent être employés; mais ces moyens sont peu effi- 
caces. Il en est de même de la solution de perchlorure de fer étendue d'eau, des 
pommades au nitrate d'ai^ent, des vésicatoires sur l'ombilic, et de la solution de 
perchlorure de fer à l'intérieur, employés par Valette (de Lyon)(i). Aussi, après 
avoir mis tous ces moyens eu usage, y compris la cautérisation avec le fer rouge, 
ce chirurgien a imaginé les cautérisations avec la pâte de chlorure de zinc, qui lui 
ont parfaitement réussi. Voici, d'après Meyuet, la manière de les pratiquer: <» Une 
seule application a suffi dans le plus grand nombre des cas ; rarement on a été 
obligé d'y revenir une seconde fois. La pâte caustique, étendue sur l'ulcère, con- 
centrait pour ainsi dire l'inflammation, et avait pour premier résultat de la fixer 
au point cautérisé; en second lieu, elle modifiait la nature de cette inflammation, 
lui enlevait ses caractères spécifiques, si toutefois nous pouvons nous senir de cette 
expression, et la réduisait à une inflammation simple et franche. Après la chute de 
l'eschare, on pansait deux fois par jour la plaie avec du coton imbibé de perchlo- 
rure de fer, étendu de la moitié de son poids d'eau. En même temps, on employait 
des fomentations sur le ventre avec l'huile de jusquiame tiède ; on combattait la 
consti|)ation au moyen de quelques cuillerées de sirop de cliicorée comiM)sé ou de 
légers lavements laxatifs; s'il y avait de la diarrhée, on administrait des quarts de 
lavement amidonnés et laudanisés. 

Prophylaxie. — Le résultat du traitement curatif par les applications de chlo- 
rure de zinc a conduit Valette à l'employer comme moyen prophylactique, et il lui 
a semblé que c'était là un procédé avantageux à mettre en pratique/ Cette opinion 
repose sur un certain nombre de faits importants. 

D'abord Valette voulut qu'au moment de la naissance le cordon ombilical fût 
lié avec une compresse imbibée d'une solution de chlorure de zinc, 1 gramme sur 
100 grammes d'eau. La maladie n'en fut nullement influencée. Alors Valette 
changea de manuel opératoire, et ayant choisi 4:2 enfants, sur 21 on fit la ligature 
avec un fil simple, sur les 21 autres on fit la ligature avec un fil enduit de pâte 

{\) Valette, Clinique chirurgicale de l HôM-Dieu de Lyon. Paris, 1875. 



00 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

clc clilonire de zinc. On avait la précaution de faire des mouchetare» Il 
afin que le canquoin pût agir sur les vaisseaux eux-mêmes. 

Sur ces :2 1 enfants, un seul fut atteint de la maladie. Sur les 2i autreSy 
atteints plus ou moins gi-avement, un seul succomba malgré la cautériH 
la pâte de Canquoin. Si de nouvelles obsenations viennent confirmer^c»; 
résultats encore trop peu nombreux pour qu'on en paisse tirer une d 
positive, ce sera un procédé à introduire dans la pratique. 



CHAPITRE IV 

A R TÉ RITE OMBILICALE 

L'artérite ombilicale est un accident qu'on obsene quelquefois après b i 
cordon ombilical. Ix» faits en sont rares : Notta(l), qui a donné la B 
description de cet état organique, déjà étudié par Oehm et Hoâgson, en a 
cinq exemples recueillis sur le cadavre; j*en ai vu un pour mon conm 
l'existence a été reconnue pendant la vie de l'enfant ; un septième m'a i 
muniqué par le docteur Varize (d'Eure-et-Loir) ; le docteur Howitz, méc 
la Maternité de Copenhague, en a publié treize c^s(2); Meynet en a «gi 
autres, et c'est d'après ce iietit nombre de faits que je vais exposer Thi 
cette maladie. 

L'artérite ombilicale est le résultat du travail inflammatoire plus oa nm 

nonce qui accompagne, favorise et détenninc la chute du cordon. Seulei 

travail inflammatoire d'élimination, ordinairement borné aux couches supe 

de la peau et à l'extrémité des vaisseaux artériels et veineux de l'ombilic, 

quelquefois plus loin, lorsque des tractions intempestives, volontaires ou ; 

telles, et lorsque la malpropreté viennent à lui doimer une plus grande ac 

Dans l'état physiologique, le cordon se dessi»che graduellement, et à Ten 

son insertion sur l'ombilic, on obser\e un peu de gonflement, un petit cei 

geâtre d'élimination, une hypertrophie des tissus siibjacents et des parois ai 

ou veineuses des vaisseaux de l'ombilic . Ce travail est presque toujours aca 

d'un suintement h peine purulent, et, dans quelquc»s cas, d'une véritable 

ration. Les artères ombilicales, d'après Notta, sont toujours" aff^ectées; leu 

sont gonflées de manière à obstruer le calibre du vaisseau dans l'étei 

quelques mUlimètres, et ce n'est que dans Tétat pathologique que Ta 

s'étend à 2 et 3 centimètres de longueur. 

Les lésions matérielles qui caractérisent l'artérite ombilicale sont : le go 
?s deux artères, au voisinage de l'ombilic, dans une étendue de plusieu 
mètres, atteignant quelquefois l'artère hypogastrique, d'après Hodgson; U 
arborisée de leur tunique extérieure; la teinte blanche ou rosée et l'infiltn 
parois dans la partie gonflée par de la lymphe plastique et du pus- Tel 
rugueux ou piqueté de la tunique interne; la destruction possible de 'cett 
brane et de la membrane moyenne détruites par une suppuration abondan 
tenue en foyer au moyen de la tunique celluleuse; enfui, l'obstruction de 



des 



(!) NoUa, Mémoires iur tobiUération des artères ombUicales ^t .«r in.tj -, 
(Mémoires de V Académie de médecine, ParU, 1855, t xTx p i ' t f"'^^**'^'^ ' 
six observations intéressantes à lire et qui se trouvent dans la 5« édition de col ^ 
et suiv. o\x\t 

(2) Howitz, Journal fur Kinderkrankheiien, 1863, livraisons 5 et 6. 



02 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÊIIE ENFANCE. 

à riidpital SaiiU-Aiitoiiie, après la cliiite du cordon ombilical, avec une plaie au 
niveau de la cicatrice, et les bords de la plaie rouges, légèrement tuméfiés. — La 
suppuration de la cicatrice ombilicale était augmentée par la pression au-dessus de 
Pombilic comme s*il y avait un petit foyer inlra-abdominal. Depuis trois jours une 
rougeur douloureuse de la peau couvre le corps et successivement le dos et les membres 
inférieurs; au moment de l'entrée, cette rougeur, encore très-apparente et caracté- 
ristique de rérysipèle, disparaissait par la pression du doigt et revenait aussitôt sur 
la même partie. 

L enfant était fort abattu, le pouls très-fréquent et à peine saisissable au doigt; sa 
langue sèche, et il vomissait toutes les boissons; il mourut au bout de vingt-quatre 
heures. 

1^ nêcropsie montra les deux artères ombilicales dilatées dans une étendue de 
i centimètres et demi, remplii^ de pus, et fermées du coté de Thypogastrique par un 
l^tit caillot trè>-gréle adhérent de toutes parts. Les parois sont très-amincies dans la 
partie malade; on n> recoanait plus la tunique interne et moyenne. La tunique cellu- 
leose seule est conservée et remplie de vaisseaux capillaires injectés. 

1^ veine ombilicale est saine : le péritoine ne renferme pas de pus, et les viscères 
paraissent dans leur état normal. 

Dans cette obsenation d*érysipi»le, ayant la cluito du cordon et Tartérite ombi- 
licale pour point de départ, le fait important, c'est la suppuration de la cicatrice 
ombilicale augmentée par la pression hypogastrique. Cette circonstance fit supposer, 
avtHT tonte résene, une artérite ombilicale, hypothèse qui fut vérifiée par Tautopsie 
du malade. Ce signe se retrouvera-t-il dans d'autres cas analogues? On ne saurait 
Taffirmer, et à cet éjçard il faut attendre de nouvelles observations. 



CHAPITRE V 

KXFOLIATION DE l'ÉPIDERME 

Dans les pivmieiN joui*s qui suivent la naissance, il si* fait constanunent à la peau 
dt*s nou\eaiiHiés un travail de desquamation épidennique, qui a riTu le nom 
iVtwfoUation de rêpitienite, et qui a été très-bien étudié par Chaussier, C^puron, 
Grilla et Billanl. 

1a*s aMHions ne présiMUent t>as ce |>l»énomène aux priMuiers temps de la nais- 
sance: chez eux, Texfoliation «le lepidenne ne S4» inontiv que lorsqu'ils ont acquis 
un certain î\ge. 

Ce travail, qui commence (pielquefoLs au |>remier ou au sirond jour de la vie, 
t*sl géïK^ralement en |>leine activité du troisième au cinquième jour. L'épidémie se 
di'sstVhe, se femlille et tvrti de son adhénnice, puis il tombe par lamelk^ plus ou 
UHHUs anisidêrablis. Dans qiu^quts circonstanciés, TexfoUation est à peine sensible. 
KIU» dun» de dix a doun* jours, et se proliHigi» jusqu'à IriMite, quarante jo^u^î, et 
mèim* deux nn^is. Elle t-st |ilus lente et plus nurquée chez les enfants qn^nne 
afftTtiiMi chnMiiqiH' iMvnuturtV a jetés rapidement dans le nurasiue. 

V iiHSun- que U^ lames êpkkTiniques toinbi^nt, un nouvel épidémie se fiwiiie 
d'um» naniérv insensible. Ia pt-ao est roogi\ li>rt irritable, et elle senflainme avec 
h l^us grandt^ facilité. Biliard a va un enfant chi*i k^pid I epidtMine du scntfuni 
fuît n^ipléteineal «mkné, ef chei lequel aus>i Turine, irrilaul le demie, prmoqua 
laiifvuriti^Hi d'un iVi^âpèle tT\-s-intt*nse. L'épidémie st* n^produit promptement dans 
k*s tHuIroîts exjn^S au cimtact de Tair, mats il est |^us kiit à paraître dans fcs 
(Vftrti^^s carfeét^ aux aîs^Hk^, an cou, dans Taine et dans les plis de la pean. On 
s<ipf4iM^ à sa présence pfvKectrice par du hTopode et d'autns pondrvs absaQrliuMfs 



DE l'OPIITHALMOSCOPIE CÉRÉBnALE. 63 

qui tarissent rhumidité de ces parties et défendent la peau contre les irritants 
extérieurs. 



LIVRE II 

MALADIES DE LA TÈTE ET DU SVSTÈME NERVEUX 



CHAPITRE PREMIER 

d*i:ne nouvelle méthode d'exploration du cerveau et de la moelle épinière, 

AU MOYEN de i/OPIITIIALMOSCOPE OU CÉRÉBROSCOPIE 

C'est par Teniploi des moyens physiques d'exploration que la médecine française 
du xix^ siècle a donné au diagnostic médical une précision inconnue avant cette 
époque. La chimie, la physique et l'optique ont été mises à contribution de la façon 
la plus heureuse pour dooner aux sens une finesse de pénétration qu'ils ne peuvent 
avoir si rien ne leur vient en aide. Tout médecin un peu exercé dans l'étude de 
son art et des moyens d'exploration mis à son usage par la science moderne peut 
désormais méconnaître dans \e cœur, dans les poumons, dans le larynx, au col de 
l'utérus, etc., des lésious qu'on ne reconnaissait pas autrefois avant que les 
symptômes n'en fussent très-caractérisés. Avec la percussion, V auscultation, la 
palpatioîi, \q spéculum, le lainjngoscope, les différents cathétérismes, etc., le 
diagnostic d'un grand nombre de maladies est devenu plus facile qu'il ne l'était 
lorsqu'on n'avait point la ressource de tous ces moyens d'exploration. L.es maladies 
du système nerveux, seules, restaient comme par le passé soumises aux incerti- 
tudes qui environnent les recherches exclusivement faites d'après l'apparition des 
troubles fonctionnels variables, et dont la cause reste souvent inconnue. C'est alors 
qu'en utilisant la découverte d'Helmhollz, dont le réflecteur éclaire si nettement 
les lésions profondes de l'œil qui sont du ressort de Toculistiqpie, je me suis servi 
de rophthalmosco|)c poiu* asseoir les bases d'une séméiologie nouvelle du système 
nerveux. J'ai ainsi découvert en 186:2, au fond de l'organe visuel sur le nerl optique, 
dans la rétine et dans la choroïde, mie foidede lésious qui s'y produisent sous l'in- 
fluence des maladies du système cérébro-spinal, et il m'a paru que c'était lâ un 
nouveau moyen de diagnostic capable de donner quelquefois plus de précision à 
l'étude des maladies de l'encéphale, de la moelle et des méninges. 

Encouragé dans ces recherches, d'une part, par les faits si connus et que j'ai 
cités d'amauroses cérébrales produites par certaines lésions du cer\eau et de la 
moelle, et de l'autre par les titrophies papillaires qu'au moyen de l'ophthalmoscope 
de de Graefe, Liebreich, Desmarres, Edouard Meyer et tous ceux qui s'occupent 
spécialement des maladies des yeux, rapportent h des aff'ections cérébrales chro- 
niques amaurotiques, j'ai pensé qu'^w examinant à Vophthalmoscope les yeux de 
tous les malades atteints de névroses et de maladies aiguës ou chroniques du 
système nerveux, on pourrait arriver à reconnaître la nature de ces maladies, et' 
par cela même à enrichir la science d'un nouveau moyen de diagnostic. • 

Vi-je réussi? l'avenir le dira; mais ce que je puis affirmer dès aujourd'hui, 
c'est que : 

1« Je suis le premier qui ai étudié la méningite «iguc, l'hémorrhagie cérébrale. 



♦ji FATH*»L«»«.It >l-K'.IAI.E I»F. LA l'P.EHILRF. ENFAM.E. 

ï^ mi^Àït^^^tthiiX du c«n«*aii. i<' i-ariiitKiiH'. la rimiiiiotkH], la contusion et la c<hii- 
^f^'^^^^i du rtf-^t-au |ttr >uiti- d«' (liiitt- Mir là t*'-tf\ U |4ilébite dt^ sinus de la durc- 
ur^-. •'! r«'fî*'t â*'^ [K4MII1S Mir la rétine, au iihi\«'Ii d«> rophtliahiioscopt* ( t ). 

f- (^\à* (vTyifjfi^ aiaiit iiini n'a lait df*> «-iiéricnco Mir les animaux pour déter- 
iiÀir^ V- r^iffiTl d*^ lé^HHis prufondt^ àv l'œil a\ec l<-s lésions qu*on |x*ut produin^ 
i'/4r4j'w«ir^fi^jt dan» 1*' oTieau et sur le ^^ainl s\ nif^thique par des bli*ssun*s ou 
pv d— f*i4*i^iri^. 

'r 0<j«' l«^ Wm*" que J4' iai> ra|>|x»iltT |>ln\ loin nnnme étant la' base de 
! '^i.-tlj^ljfi'fvrfipi*' iéiétirale nie M>nt |N*rs(inn«'ll(*s (*t nnintriMit anatoniiqueinent et 
^\^!^K/^\\Èf\\^n\ tout'* rifii|K>rtanr(' de cftte niétliodr de diagnostic. 

i* hrifin. qu»' r'if>lillialnK*sro|)ie rérélwal*', f»u Ct^rriivo^copiey est une idée 
fr^.'y^w-. d<Hit Vs a|>|)liratiiins niron* inronnii<*s dt* la |>lupart des médecins Mmt 
ufy- w^jrv*' d'' prérisîf>n tn's-s^randt* pour le dia^n<»stir dis maladies ucT\eiises. 

ij^k ^nt dit. (i^Mir iwintnT mon \¥n\\i de d<*|^rt, je \ais indiquer quelles sont 
W \tk*^^ d*' la fiiétiKirW* d'exploration dont j<* conseille Tusage. 

Profit t*'r^ loi. — T«Hit<*s 1*^ fois qu'il se fonne dans la Iwîte crânienne un épan- 
tï^%î^^. nri'' turiK'ur. \uw inflammation cérébrale ou ménin^^s une oblitératiou 
tfW Hnu«> d*- la diire-mére capable de ralentir la ciradation du sinus caverneux par 
V^\it^^ U' saies «eiiH'ui de l'œil naître dans le crâne, il S4' fait sur la choroïde, sur 
ti r*^a»^ «-t ^jr la |>a|Mlle des lésions s|^H*iales qui ré>èlentrexistence de la lésioD 
t.rrrïjfki'' H \i»'ti\ttii éclainT le dias^ostic. 

[m^j ié'tiié' (ffi . — Xj's inflanunations de la sul)stanre cérébrale et des nM'*niiigis 
|^ï-^»tK *ér {fnÀiftK^T dans l'œil et la S(>rosité ^ous-a^aclmoïdienI1e petit y descendre 
«n M(ff«arit t'e^ia«e ^>us^araciunoîdien qui se i>rolonge sur le trajet du nerf q)tique 
juMjfi'a laniiean wilénjtical (Scliwalbé, A. Ke> ) de façon à étrangler la papille 
d#m ^H anneau. C^'est la névrite étram/lree. 

Troiti^t»^ ioi. — l>ans certaines maladies du ceneau ou de la iiioi*lle épinitre 
t^-ST^ifirJ Mmfiathiqiie exerce sur la circulation de Fœil une influence qui se traduit 
lar d^ U^fîts ln-v-4'*idenl<*s de la |>apille et tle la i"étine, analogues à celles qu'oD 
ttjit Mir la (are apn-s la vction du grand sym|>atlii(|ue à la région du cou. 

Qtuittieut*' hi. — Toiili-s h*s diathtn»(*s profond»»s et les cacliexii»s teU(*s qtie la 
vT«4tile. la v\ |i|iiii<«. la leurémie, la ^l\ cosurie et Taibuminurie, lescacbexies cardiaques 
pfjdfiiw-fjt uiH' dlfératioii mol<'*culaire du ceneau cpii se traduit dans Tœil par delà 
i¥Hn>-fétinite vy fli'la clioroîdite. 

Cin^fui^me loi. — Les tn>ubles du système neneux dans lesquels il se pnxluit 
Mrniiltariérnent une altération (Ktilaire profonde de la rétine ou de la papille sont 
swnpIiifftatiqiK'S d*iine lésion matérielle (l<> la siil)stance nerveuse. 

Motltr frapplicfitien de la Cêi'éhroscopie. — Pour étudier les altérations oculaires 
(Mt^fiMides qui résultent des maladi<^ aiguës gra\ es du système nerveux, il ne faut 
pas cwii|>ter st' s«*nir de roptitbalmosco|K> Çi\i\ ni des instruments qui c^xigent de 
la part du malade une* docilité en rap|)ort avec les volontés du médecin. Gmune 
daas la plupaat d(*s cas de méningite, dliémoniiagie, de ramollissement, de con- 
tusions ou de commotion du cerveau^ les malades ne peuvent sortir de leur lit, 
c'est là, dans la |M>sition liorizontale, sans cbamhrt» obscure autour de l'obsena- 
teur, sur des yeux qui remuent et (fiion ne peut fixer, qu*il faut examiner h 
rétine et la papille au moyen de rophtbalmosco|>e à main. Si peu favorables que 
«oient ces conditions (rexamen, il n*y a pas moyen de les cbanger, et c'est ainsi 

(1; Vo>vz, fH»ur l.i prciiiirn» publication di* iin*s n;rlierclics. Gabelle des hâpitauXf 15 miri 
1864 l't io octobr»* IHOi. — Compter rendus de la Société de biologiey I8W. — Didionfunire 
de méd. et de ihérap.^ artirle CkrébrosC4)I>ie. 



DE L'OPHTIIALMOSCOPIE CÉRÉBRALE. 65 

qu'il faut s'appreiulie u examiner les yeux des malades. Tant mieux, si de temps à 
autre on en trouve qui puissent s'asseoir devant le médecin et se prêter bien docile- 
ment à sa volonté. 

Par Tophtlialmoscopie on constate dans l'œil des altérations très-nombreuses 
produites par les maladies du système ner\eux. Ce sont des lésions de sensibilité, 
de motilitéy de circulation, de sécrétion et de nutrition. Seules, les lésions de 
circulation, de sécrétion et de nutntion peuvent être appréciées à Tophtlialmoscope 
et, connue on en va juger, leur présence a une signification considérable. 

Lorsqu'une paralysie partielle existe chez un enfant et qu'on doute de sa nature, 
en étant dans l'impossibilité de dire si elle est essentielle ou symptomatique, l'infil- 
tration i^ripapiUaire, la névrite optique et les exsudations blanches de la rétine 
qui se montrent quelquefois au fond de l'œil et qu'on découvre a l'ophthalmoscope, 
devront faii'e diagnostiquer une encéphalite chronique avec ou sans tubercules du 
ceneau. 

Dans les paraplégies, la présence d'une congestion papillaire générale ou partielle, 
et plus tard l'atrophie de la papille indiquent une sclérose spinale. 

Quand le rachitisme simule l'hydrocéphalie chronique, on peut, à l'aide de 
Tophthahnoscope, s'assurer par l'existence d'une dilatation excessive des veines de 
la rétine d'une né\To-rélinite, qu'il s'agit d'une maladie organique, et en consé- 
quence qu'il existe un épanchement séreux du crâne. 

On sait qu'un homme privé de sentiment vient de faire une chute sur la tète, et 
l'on se demande s'il a eu commotion du cerveau ou bien s'il aurait une compression 
et une contusion du ceneau. Jusqu'ici le diagnostic a toujours été très-incertain, 
mais, à l'aide de l'ophthalmoscope, il peut devenir plus précis, car si, dans ce cas, 
on trouve la papille voilée par de l'œdème et de la congestion, on peut affirmer 
l'existence d'une contusion et d'une compression cérébrale. 

Dans la méningite aiguë et chronique, les premiers symptômes sont souvent 
incertains, mais si l'on examine le fond de l'œil à l'ophthalmoscope et qu'on y 
obsene une infiltration séreuse ou sanguine de la papille, une exsudation péripa- 
pillaire, des tubercules choroïdiens ou des hémorrhagies rétiniennes, ce qui n'a 
pas toujours lieu, il n'y aura aucun doute sur la nature du mal. 

Dans l'hémiplégie subite que l'on attribue à une hémorrhagie cérébrale ou à un 
ramolhssement, s'il y'a hyperhémie et infiltration séreuse de la papille avec dilatation 
des veines de la rétine, on peut affirmer qu'il s'agit d'une hémorrliagie du cerveau. 

J'ai ainsi examiné toutes les maladies aiguës et chroniques du cerveau et de la 
moelle : l'encéphalite aiguë et chronique, les tumeurs cérébrales, la paralysie géné- 
rale progressive, la folie, les paralysies partielles, la myélite aiguë et chronique, 
l'ataxie locomotrice, le délire aigu des fièvres, les empoisonnements qui portent 
leur action sur le cerveau, tels que la belladone, le chloroforme, la strychnine, 
l'opium, la morphine, la narcéine, la codéine, la papavéûne, etc., et, dans tous ces 
cas si divers, il est certain que l'ophthalmoscope peut quelquefois rendre de grands 
senices en montrant une altération de l'œil correspondant à une lésion passagère 
ou permanente du système cérébro-spinal. 

Ceux qui voudraient approfondir ce sujet n'ont qu'à consulter le li\Tesspécial (1) 
dans lequel j'ai consigné mes recherches pour chaque maladie du système ner\'eux, 
avec les obsenations corrélatives et 120 figures coloriées. Ils pourront y voir que 

(1) Bouchut, Du diagnostic des maladies du système nerveux par Vophlhalmoscopie, 
Paris, 1866, avec -figures et atlas de 44 planches chromolilhographices par l'auleur. — De 
Vaphthalmoscopie dans les maladies de la moelle {Gazette médicale, 1869). — Atlas d^ophlhal- 
moscopie. Un vol. in-4, avec 124 figures chromolitliographiécs. Paris, 1876. 

BOUCRUT. — KOUV.-NÉS. — 7* ÉDIT, 5 



GG F»ATIIOM>/.rK SPKrjALE DE LA PREMIÈRE EXFAN'CE. 

je n'ai fait coiiiiaîire l'opl-tlialnioscopio cérébrale que pour ce quVUe vaut, c'esl- 
à-<lire pour luie méthode d'exploration pouvant rendre plus sûr et plus précis k* 
diagnoslic des maladies du système nerveux. 

Usions de sensibilité, — Ce sont : la photophobie, ramaurose, rhémiopie, la 
irégascopie. 

Usions de motilité. — Ce sont la mydriase, le nyst^mus, le strabisme, l'iné- 
galité des pupilles, etc. 

Lésions de circulai ion. — Ces lésions sont tK's-nombreuses. Ce sont : la con- 
gestion papillaire et péripapillaire, les plaques congestives de la rétine, les flexiio- 
sites phlébo-rétiniennes, les phlélx'Ctasies rétiniennes, \vs varices de la rétine, les 
thromboses plilébo-rétiniennes, les anévr>snu»s dt»s capillaires et des veilles de la ré- 
tine, les hémorrhagies rétiniennes. Pour c<*s lésions, Tophtlialmoscope est absolu- 
ment nécessaire, et il n'y a que cet instrument qui puisse faire découvrir ces allé- 
rations de la profondeur de l'œil produites par une maladie cérébrale. 

Lésions de sécrétion. — Os lésions sont l'œdème partiel ou général de la pa- 
pille, l'œdème i)éripapillaire, l'hydrophlhalmie et les taches blanches formées par dfs 
exsudations granuleuses et graisseuses de la rétine. 

Lésions de nutrition. — Ce sont la rétinite pigmentaire, Tatrophie cboroî- 
dienne, les tulxTcules miliaires de la choroïde, les granulations graisseuses de la 
rétine, les déformations de la papille, l'atrophie papillaire. 

Dans les maladies aiguës du ceneau ou de la m<M>lle, il n'y a en général que des 
lésions de sensibilité, de mou\em(»nt, de circulation et de sécrétion du fond de 
l'œil, tandis que dans les maladies chroniques, ii ces premières lésions il £siut ajou- 
ter les altérations de nutrition. 

Toutes ces altérations de circulation, de sécrétion et de nutrition, produites au 
fond de Tœil par les maladies du cerveau et de la moelle, constituent la Cérébros- 
copie. On ne les ln)uve pas dans tous les cas de lésion cérébio-spinaie, on les 
obsene 90 fois sur 100, mais quand elles existent, bien qu'elles soient les mèmc^s 
dans plusieurs maladies de nature différente, leur présence réunie aux autres 
symptômes de la maladie \ieiit doimer au diajînostic une précision très-grande. 
N'auraient-elles l'avantage que de jXTmellre la distinction des maladies essentielles 
du système nerveux d'a\ec quelques maladi(>s organiques de ce système, qu'il y 
aurait déjà grande utilité à les rechercher. D'ailleurs, en matière de diagnostic, de 
nouveaux symptômes |HMivenl toujours rendre ser\ice à la science, et le médecin 
n'a |>as le droit d'en négliger aucun. 



CHAPITRE II 

OSSIFICATION PRÉMATCaÉE DKS OS Dl' CHANE, OC SYNOSTOSE CRANIENNE 

L ossification prématurée des os du crâne a des conséquences assez sérieuses sur 
les fonctions motricc»s et intellectuelles, car elle engendre la microcéphalie et l'idiotie 
ou l'épilepsie. Le docteur Behrend (i) s'est occu|)é de ce sujet avec un soin tout 
particulier, je vais rapporter ici le a^umé do ses recherches. 

« Depuis les belles recherches de Virchow sur les diverses formes du crâne, pir 
suite de la synoslose prématurée ou tardive des os du cnlne, ce sujet a acquis m 
intérêt irt-s-grand et a atth^ l'attention des praticiens. Déjà le crélinisnie a gaffé 

' I; Behrcuf, Journal r^r Kinderkr., 18G2, 1 et t, et Union médicale^ 1864, t. I. p. 394. 



OSSIFICATION PRÉMATURÉE DES OS DU CRANE. 67 

en clarté dopuis que cet auteur a ^montré qu'une disposition originaire à la synos- 
tose de la partie basilaire du crâne avec les os avoisinants est le fond, la base du 
développement anormal ultérieur de la tôte et du cerveau. Le docteur Jacobi, qui, 
en 1850, a publié, à New- York, un excellent mémoire siu* ce sujet, dit, entre 
autres, avoir trouvé que Tossification prématurée des sutures n*amène pas seule- 
ment l'asymétrie du crâne, mais aussi Tarrêt prc^ressif du développement des os 
crâniens ; les fonctions cérébrales s'en ressentent ; dans les cas prononcés de peti- 
tesse et d'asymétrie, on observe des troubles dans l'intelligence, la locomotion, la 
sensibilité ; les convulsions, la surdi-mutité, l'absence de désirs vénériens en sont 
les suites constatées. Dans la première enfance, le cerveau est très-volumineux et 
avec le poids du corps dans le rapport de 1 à 8; chez l'adulte, de 1 à 40 ou 50; 
son tissu devient de plus en plus ferme ; la différence entre les deux substances se 
développe, et la substance jaune qui les séparait tend à disparaître: le développe- 
ment ultérieur du cerveau marche avec une grande énergie s'il ne rencontre pas 
d'obstacle. Le plus important et le plus fort, dit Burdach, est le développement du 
ceneau à cette période, qui se prouve déjà parce que la surface interne du crâne 
reçoit des impressions correspondant aux circonvolutions, lobes, artères, etc., du 
cerveau. C'est donc dans l'enfance qu'a lieu le développement le plus rapide, le 
plus prononcé de ce viscère, normalement; il y correspond une ossification pro- 
gressive et lente, et une réunion semblable des os entre eux; on comprend que 
l'ossification et la synostose prématurée rétrécissent l'espace réservé au cerveau. 

» Jacobi fait observer qu'on ne trouve pas de fontanelles chez les animaux, sauf 
quelques singes, chez lesquels elles disparaissent du reste rapidement. La synostose 
prématurée de certains os crâniens doit «Dssi influer sur la forme des autres os ; 
cela doit être le cas surtout pour ceux qui forment la base du crâne ; Virchow a 
déjà cité la synostose prématurée de la partie basilaire et en a tiré des conclusions 
pour la physionomie du regard et de la voûte crânienne ; la suite la plus fréquente 
est un manque de symétrie auquel se lie un trouble fonctionnel plus ou moins 
complexe (faiblesse intellectuelle, idiotisme, surdité, mutisme). A l'autopsie d'un 
crétin, Eulenberg et Marsels ont trouvé une asymétrie marquée du crâne et du 
cerveau; le chiasma, à droite, plus large, le nerf optique et le corps strié plus déve- 
loppés qu'à gauche ; la substance corticale remarquablement plus mince que la 
médullaire ; le côté droit du cenelet plus mou et plus petit qu'à gauche; hyperhémic 
très-étendue autour de la synostose sphéno-basilaire. 

» Une suite fréquente de la synostose prématurée est l'épilepsie. Beaucoup d'épi- 
leptiques ont un crâne déformé ; quelquefois l'occiput est tout aplati, comme 
l'auteur l'a vu chez un garçon de dix-huit ans, épileptique depuis sa plus tendre 
enfance ; d'autres fois, le crâne est très-petit ou arrondi comme une pomme ; ou 
bien il paraît comprimé des deux côtés ou d'avant en arrière; très-souvent, il est 
asvTuétrique ; celte asymétrie a été rencontrée trente-neuf fois sur quarante-trois 
cas d'épileptiques par Millier, Pforzheim : dans la majorité de ces cas, il y avait en 
outre hypérostose du crâne. On voit que très-souvent l'épilepsie est accompagnée de 
plus ou moins d'idiotisme, ou bien y conduit finalement, surtout si elle date de 
l'enfance. 

» Beaucoup de ces cas, dit Jacobi, ont été autrement interprétés et regardés 
comme des cas d'hypertrophie, c'est-à-dire d'un développement, d'un volume exa- 
géré du cerveau, eu égard à la capacité du crâne; mais cette disproportion est bien 
due à une insuflisance du contenu par ossification prématurée. Cela ne veut pas 
dire qu'il ne puisse aussi y avoir des cas de réelle hypertrophie, c'est-à-dire de cer- 
veau développé outre mesure, en tout ou partiellement avec capacité normale de la 



68 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

boîte crânienne, ou distendu par é{>ancheinent (hydrocéphale interne). Les symp- 
tômes sont alors assez identiques; le diagnostic différentiel pendant la vie est très- 
difficile. S*il y a des symptômes de compression cérébrale (idiotie^ épîlepsie, trouble 
des sens, de la sensibilité, etc.), le diagnostic sera facile, seulement si le crâne est 
remarquablement petit ou asymétrique et que Ton peut ramener ces faits à une 
ossification prématurée : dans bien des cas cela est possible. 

» H y a quelques années, dit Jacobi, j*eus Toccasion d'observer trois cas où Foo 
ne pouvait douter de la disproportion entre le ceneau originairement normal et U 
boite anormale. L*étroitesse du crâne, due à une synostose prématurée des sutures 
et fontanelles, étaient la seule anomalie ; Tossificatioii eût été tout à fait r^ulièfe 
si elle s*était terminée quelques mois plus tard; il n*y avait pas de maladie consti- 
tutionnelle, pas de trace dliyperostose ou d'inflammation antérieure. Ces enfuits 
avaient de dix a onze mois, étaient bien développés, robustes, paraissant avoir élé 
toujours bien portants. 1/un d'eux doit, quelques mois avant sa mort, et sans cause 
appréciable, avoir poussé de temps à autre des cris aigus et forts. Dans aucun de ces 
cas, on ne peut obsener une faiblesse d'intelligence, de l'apathie, de la soamolence, 
de la faiblesse des membres, symptômes que Cathart Lee donne comme pathogno- 
moniques de l'hypertrophie proprement dite du ceneau. Un de ces enfants perdit 
sa fraîcheur et sa gaieté environ quinze jours avant que les symptômes devinssent 
intenses ; les deux autres seulement un et deux jours avant les signes de com- 
pression cérébrale ; ils deviennent somnolents, soporeux, les pupilles se dila- 
tèrent, puis viiu*ent les vomissements, de temps à autre, dans les intervalles, des 
signes d'irritation cérébrale, la sonuiolence augmenta, fut accompagnée de la perte 
complète de connaissance et suivie de la mort avec paralysie complète, mais sans la 
moindre convulsion. Jacobi trouve ces cas non méconnaissables, mais croit cepen- 
dant que ces symptômes n'ont rien de caractéristique et n'indiquent pas autre chose 
qu'une compression du cerveau, qui peut reconnaître plusieurs causes: 1* cerveau 
normal, crâne rétréci par synostose prématurée; :2" crâne normal, ceneau hyper- 
trophié ; 3** épanchement, tumeur, etc. 

» La compression peut s'exercer sur toute la niasse cérébrale ou seulement sar 
certaines parties. Le diagnostic de la cause, synostose, ne peut se fonder, pendant 
la vie, que par Vinspection des '|)arois crâniennes et n'est évident que sur la voûte: 
pour la base du crâne, la mort seule peut en donner la certitude. Peut-être plus tard 
pourra-t-on, d'apri*s l'expression de la physionomie, conclure à la synostose précoce 
ou tardive de la base, comme l'a déjà indiqué W'irchow. 

» Parfois, dit Jacobi, le médecin peut obtenir des renseignements précieux sor 
l'état des fontanelles et des sutures. Ainsi, chez ces deux derniers enfants, âgés de 
dix et onze mois, il put arriver à un diagnostic sûr ; la grande fontanelle était com- 
plètement fermée, plus de pouls à y sentir ; les parents de l'un d'eux lui racon- 
tèrent, sans être questionnés, mais seulement en le voyant examiner la CMitanele, 
que, chez un autre de leurs enfants, qui était mort deux ans auparavant au même 
âge et avec les mêmes symptômes, la grande fontanelle s'était fermée longtemps 
auparavant. 

» Dans deux de ces cas, il put faire l'autopsie, le résultat fut identique. NoOe 
part de changement pathologique, si ce n'est une solidité tout à fait anormale do 
crâne et l'état suivant : boîte crânienne remplie complètement et d'une foçoD tout 
à fait compacte par le cerveau ; enveloppes pâles, pas de trace d'inflammation on 
d*h}periiémie ; sinus étroits ; circonvolutions aplaties : substance cérébrale épaisse, 
élastique, difficile à couper, d'apparence plus lourde; substance grise blandiâtre; 
pas d'épanchement frappant dans les cavités, pas de disproportions entre les diverses 
parties du cerveau, comme cela ne manque jamais dans l'hypertrophie de ce 



70 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

pour entretenir la vie pendant l'évolution fœtale et quelque temps encore après la 
naissance. » 

CHAPITRE V 

ENCÉPHALOCÊLE, OU HERNIE DU CERVEAU 

. L*enc6pliak>cèle, ou hernie du ceneau, est une tumeur formée par le passage 
d'une portion de cerveau ou de cenelct à travera une ouverture de la boîte crâ- 
nienne. C*est un vice de conformation du même genre que Vanencéphalie^ seule- 
ment il est moins considérable. 11 coïncide souvent avec le spina bi/ida et le bec- 
de-Uèvre. 

Symptômes. — L'encéphalocèle est une maladie caractérisée par une tumeur 
ordinairement unique, peu volumineuse, molle, élastique, transparente, arrondie 
ou bosselée y sans changement de couleur à la peau, étroite à sa racine et conune 
pédiculée. Elle existe très-ordinairement à Focciput, puis au front, à la fontanelle 
antérieure, à la fontanelle postérieure, à la suture lambdoîde, à l'angle interne de 
l'œil et à la région temporale. On y trouve des battements isochrones à ceux do 
pouls, et un mouvement d'expansion alternatif en rapport avec la respiration. Les 
cris et les efforts la font rougir et augmenter de volume. L*enfant n'éprouve rien 
tant qu'on ne touche pas à cette tumeur ; il vomit, s'endort ou se convulsé quand 
on la comprime un peu fortement. Elle est quelquefois réductible, et à sa base on 
sent un cercle osseux qui est formé par le bord de l'ouverture crânienne par 
laquelle s'échappe le cerveau. 

L'encéphaloc^'le reste longtemps stationnaire, mais elle fmit par s'accroître nota- 
blement, ce qui entrave le développement des facultés intellectuelles et prédispose 
à la méningite ou à l'inflammation du coneau. On a vu cette timieur s'ouvrir 
s|)ontanément |)ar suite de la gangrène de ses parois, d'où une méningite et la 
mort. 

Dans quelques cas, l'encéphalocèle n'a aucun des caractères précédemment indi- 
qués ; elle forme une tumeur molle, non pédiculée, sans transparence ni mouve- 
ment d'expansion, et la ])ression ne provoque pas de mouvements convulsifs cbei 
l'enfant. Le diagnostic est alors d'une difficulté extrême. J'ai vu Guersant se 
tromper, et traverser d'un séton une de ces tumeurs placée à l'angle interne de 
l'orbite, et considérée comme une tumeur érectile. Pareille erreur a été conunise 
par Paul Dul)ois et par d'autres chirurgiens. 

Observation 1. — Un enfant de deux jours, portant à la racine du nez une petite 
tumeur conotde, molle, rougeûtre et peu douloureuse à la pressign. Pensant avoir à 
traiter une tumeur érectile, P. Dubois déposa du vaccin dans son épaisseur au moyen 
de lancettes, car on sait que la vaccination est un excellent moyen curatif des petites 
tumeurs érectiles. L'enfant dépérit, tombait en convulsions lorsqu'on lui pressait It 
tumeur, et il succomba. 

La nécropsie montra un écartement des os du nez, à travers lequel s'échappait 
une petite portion de substance cérébrale recouverte de ses enveloppes, la pie-mère, 
le double feuillet arachnoîdien et la dure-mère. Une certaine quantité de sérosité était 
inûltrée dans ces membranes. 

En voici un curieux exemple publié par le docteur J. Laurence (1) : 

Observation IL — Madame W. .., de Guildford, accoucha, le 3 avril 1857, d'une 
petite lille qui portait une tumeur à la partie postérieure de la tête : la grossesse 

i\) i. Laurence, The,Lancet, septembre 1857 . 



ENCÉPHALOCÈLE, OU HERNIE DU CERVEAU. 71 

n'avail rien présenté de remarquable ; les douleurs avaient duré près d'une semaine, 
et s'étaient considérablement accrues durant les deux derniers jours et les deux der- 
nières nuits. Les eaux avaient été très-abondantes. 

Le 19 juillet, Tenfant présentait Tétat suivant. De la partie postérieure de la tète 
pendait une large tumeur un peu pédiculée, prenant naissance des régions de Tocci- 
put, de la nuque et entre les épaules. Elle mesurait, d avant en arrière, huit pouces; 
dans sa plus grande circonférence transversale, un pied et six pouces, dans sa plus 
grande circonférence longitudinale, un pied et six pouces. Lors de la naissance, la 
tumeur n'avait guère que la moitié de ces dimensions. La forme générale de la tu- 
meur est conique, avec quelques bosselures à sa surface. La peau qui la recouvre 
est pareille à celle du reste de la tète, sauf qu'elle offre quelques dilatations vei- 
neuses. La tumeur est fluctuante et la fluctuation se sent dans toutes ses parties ; elle 
est semi-transparente, comme une hydrocéie, et cela dans toute son étendue, ce qui 
semble indiquer qu'elle ne renferme pas de parties solides. Il est à remarquer que 
la base de la tumeur, surtout à gauche, était couverte de cheveux foncés, longs et 
soveux. 

ftr 

L'enfant était maigre et chétif : le crâne était un peu petit en largeur et en hau- 
teur, mais assez bien conformé; le front était un peu saillant, la fontanelle antérieure 
était à sa place normale. L'enfant semblait intelligent, il souriait et regardait les ob- 
jets. Pupilles normales, vision parfaite, mais strabisme convergent, surtout à droite. 
lies membres n'étaient ni paralysés, ni contractés. 

Le 17 août, l'enfant était engraissé; mais il souffrit un peu d'un dérangement in- 
testinal. La tumeur fut ponctionnée à son sommet, là où la peau étjait le plus tendue, 
et n'offrait ni dilatations veineuses, ni cheveux. Il en sortit, dans l'espace de dix 
minutes, deux quarts au moins d'un liquide jaune-paille, à réaction alcaline et très- 
albumineux. Il ne s'écoula pas une goutte de sang et l'enfant ne manifesta pas le 
moindre signe de douleur; quand ce liquide fut sorti, la tumeur tomba en une espèce 
de sac qui semblait vide. 

Une semaine après, il n'y avait aucun signe de méningite, mais le sac contenait 
de nouveau du liquide; on sentait alors une petite tumeur solide dans l'épaisseur du 
pédicule : l'auteur pense que c'était le cervelet. 

Marche, durée. — La plupart des enfants atteints d*encéphalocèle meurent 
ordinairement dans la première enfance. Quelques sujets vont au delà, et vivent 
jusqu'à vingt- cinq et treiite-jrois ans, comme I^Uemant et Guyennot en ont vu des 
exemples; mais ce sont là des exceptions très-rares. 

Diai^noacic, pron<M(ic. — I^ hernie du cerveau, chez un sujet âgé, peut être 
prise pour une loupe ou un kyste sébacé du crâne, et chez un enfant pour uii 
céphaiématome ou une tumeur érectile, ainsi que cela s'est vu quelquefois de la 
|)art de chirurgiens fort distingués. £n effet, le diagnostic de l'encéphalocèle est 
quelquefois fort difficile; cependant la mollesse, la demi-transparence, la réductibi- 
lité, les pulsations isochrones à celles du pouls, l'expansion qui coïncide avec les 
mouvements respiratoires, serviront à établir l'existence de c^tte lésion. 

Le pronostic de l'encéphalocèle est fort grave, et dépend du volume de la tumeur 
et de sa structure, selon qu'elle est ou n'est pas recouverte par la peau. La mort 
est la terminaison la plus ordinaire de cette maladie. 

Lésions anafomiqnes. — Chez les sujets qui succombent, on trouve les 
lésions suivantes : Une tumeur qui se trouve généralement à l'occipital, recouverte 
ou non par la peau; dans ce cas, elle l'est par la dure-mère, mais cela est très- 
rare. La peau est très-rouge, mince, pourvue de cheveux à sa circonférence et non 
au sommet ; au-dessous de la peau se trouvent le tissu cellulaire sous-cutané et 
l'aponévrose épicrânienne, puis le péricrâne, et enfin la dure-mere tapissée par 
l'arachnoïde. 

Dans la poche est renfermée une partie du cerveau ou du cervelet, ou même le 
cervelet tout entier. La substance nerveuse est plus ou moins altérée et rétrécie au 



58 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

temps une tuméfaction énorme et circonscrite. Le bourrelet cutané qui entoure la 
base du cordon s'ulcérait consécutivement, ses bords se renversaient en dehors ; 
l'ulcération gagnait en profondeur et en étendue ; sa surface se recouvrait d'une 
fausse membrane d'un blanc grisâtre, pultacée ; le plus souvent elle sécrétait une 
sanie purulente, épaisse et fétide. 

» A mesure que l'ulcère étendait ses ravages, le cercle rouge s'agrandissait, 
prenait une teinte de lie de vin ; la tuméfaction de plus en plus volumineuse était 
dure, rénilenle ; dans un grand nombre de cas, l'aréole rouge était bordée d'un 
c<;rclc de petites pustules, plus ou moins coniluentes, d'un blanc sale, de forme 
arrondie, non ombiliquées, et contenant une sérosité trouble et purulente ; au-dessous 
le derme présentait une petite ulcération ronde et déprimée à son centre. Quelque- 
fois le cercle rouge érysipélateux était surmonté d'une énorme plilyctùne remplie 
d'une sérosité sanguinolente; les plilyctènes, en se rompant, laissaient n nu le 
denne, qui ne tardait pas à être envahi par l'ulcération. 

» Deuxième forme, — Dans cette deuxième forme, la maladie avait une marche 
toute différente, soit que le cordon fût encore frais et mou, soit qu'il fût desséché 
ou même tout à fait tombé ; c'était par Tulcération qu'elle débutait. Cette lUcération, 
bornée d'abord à la base du cordon, envahissait, du centre à la circonférence, la 
peau du bourrelet ombilical ; elle occupait tout le fond de la cavité infundibuli- 
forme comprise entre le double aimeau cutané signalé \^r Denis ; puis elle se pro- 
pageait irrégulièrement en différents sens : tantôt, détruisant les adhérences de la 
peau avec les enveloppes du cordon, elle se prolongeait le long des vaisseaux ombi- 
licaux à une assez gi*ande hauteur, transformant toute leur surface extérieure en 
un vaste foyer de suppuration, recouvert comme par un étui |)ar la membrane 
d'enveloppe desséchée ; tantôt, au contraire, franchissant l'anneau cutané extérieur, 
elle envahissait la paroi abdominale dans une grande étendue. Sa forme était tou- 
jours anfractueuse et irrégulière, ses bords quelquefois n»rgement décollés ; le plus 
souvent aussi, sa surface était blafarde, d'un giis violacé, exlialant une odeur de 
gangrène, ou bien recouverte d'une fausse membrane épaisse et molle, très-adhé- 
rente, analogue à la pourriture d'hôpital ; dans ces cas, le cercle rouge était moins 
circonscrit, sa couleur était Hvide, la tuméfaction moins prononcée, l'éruption 
pustuleuse manquait souvent, » 

Harehe, Darée, Terminaisons. — « La durée du phlegmon ombilical épidé- 

mique a varié entre trente-six heures et trois joui-s. Quand il se prolongeait au delà 
de qaatre jours, il avait presque toujours une terminaison favorable. 

M I^ maladie s'est terminée par la mort dans plus de la moitié des cas. Lofôque 
la guérison devait avoir lieu, elle était lente (i se produire» ; l'ulcération se bornait, 
elle se dépouillait de sa fausse membrane par un travail d'élimination lente et 
graduelle; les bourgeons charnus qui la remplaçaient api)araissaient par places, 
sécrétaient un pus verdâtre, épais, de bonne nature; la cicatrice s'opérait de la 
circonférence au centre, la rougeur et la tuméfaction se dissipaient peu à peu ; en 
même temps les symptômes généraux s'amendaieiU. » 

Pronostic. — « Le pronostic du phlegmon ombilical est très-grave, et il est 
plus fâcheux dans la forme ulcéreuse au début que dans l'autre forme. » 

Anatomle pathologique* — Dix-huit autopsies ont été pratiquées par Meynet. 
— « Chez tous les cadavres, la putréfaction était rapide; vingt-quatre heures après 
la mort, les parois abdominales offraient une teinte verdâtre; l'épiderme était sou- 
levé, comme macéré, la rougeur foncée de l'ér^sipèle était transformée en une colo- 
ration noirâtre; le ventre était affaissé. Au-dessous de la peau, le tissu cellulaire 
péri-ombilical était épaissi, induré, plus dease, plus friable. Cette induration était 



CEPIIALÉMATOME. 73 

§ I. — Géphalématome sous-périostique. 

Le véritable céplialématome, dit sous-périostique, est placé entre Tos et le pé- 
rioste. CVst une altération peu commune, à |)eine signalée par Mauriceau, Levret, 
Baudelocque, etc.; mieux décrite par Michaelis et Palletta, puis enfin complète- 
ment étudiée en \llemagne par Naegele, Hoere, Zeller, et en France, paryalleix(i) 
et Paul Dubois. Ces deux derniers auteurs surtout me paraissent avoir ap|X)rté dans 
cette question tous les documents nécessaires à sa parfaite clarté. 

Causes. — On considère peut-être à tort le céphalématome épicrânien comme 
un résultat de difficultés du travail et de la pression de la tête du fœtus dans Tac- 
couchement, car Nœgele et P. Dubois Tout vu se produire après des accouchements 
ficiciles durant lesquels la tête du fœtus n'avait éprouvé aucune pression notable, et 
Kuester et d'autres en ont obsené des exemples chez Tadulte. Micbaelis et Palletta 
ont pensé que le céphalématome était le résultat d'une maladie de Tos, antérieure 
à la naissance, et cela en raison d'un cercle osseux qui existe souvent à la base de 
la tumeur, et que Ton regarde comme de formation ancienne. Mais le cercle osseux 
n'existe pas toujours, et il n'y a pas d'altération appréciable de l'os. Nasgele suppose 
une rupture des vaisseaux sanguins de l'os qui forme un petit épancbement, aug- 
menté à la naissance par rétablissement de la respiration et l'activité très-grande 
imprimée à la circulation. C'est ainsi qu'on pourrait expliquer le céphalématome 
de l'adulte qui se produit sans contusion préalable. Ainsi Kuester (^) a vu se déve- 
lopper, sans cause connue, une tumeur de la grandeur de la paume de la main d'un 
adulte sur toute la sui*face du pariétal dmit; les bords, élevés en bourrelet, offraient 
la plus grande analogie avec ceux qui limitent le pourtour de la bosse sanguine des 
enfants. Après avoir constaté l'inefficacité des topiques résolutifs, notre confrère 
allemand pratiqua sur la tumeur une incision de 3 centimètres environ; il s'écoula 
de 8 à 10 onces d'un sang d'une couleur sale; le péricrâne était décollé. Un pan- 
sement compressif amena rapidement la guérison de la maladie, qui ne s'est pas 
démentie depuis quatre ans. Paul Dubois attribue, au contraire, le développement 
du C4*plialéniatome à un simple décollement du péricrâne^ par le fait d'une violence 
quelconque, décollement qui, laissant ouverts les orifices si multipliés des vaisseaux 
osseux, permet au sang de s'accumuler sous le ])éricrâne en formant une masse 
.sanguine plus ou moins considérable. Cet auteur invoque à l'appui de son hypothèse 
les résultats d'une expérience qui consiste à enlever une portion du péricrâne et à 
injecter dans l'artère méningée moyenne un liquide qu'on voit sourdre et jaillir par 
les porosités et les fentes de la table externe de l'os. Ce résultat est incontestable, 
mais rien ne démontre qu'il en soit ainsi dans la production du céphalématome. 

Lésions anatomiqnes. — ApW's avoir incisé le cuir chevelu et l'aponévrose 
sous-jacente, qui ne présente rien de particulier, on arrive sur le |Déricrâne soulevé 
par l'hémorrhagie. Des ecchymoses existent à la surface et dans le tissu cellulaire 
placé au-dessus de lui. Le péricrâne resté transparent est seulement épaissi ; sa sur- 
face interne est lisse comme une séreuse, et est en effet tapissé par une mem- 
brane extrêmement délicate, déjà vue par Valleix, et dans laquelle on trouve de 
nombreux éléments fibro-plastiques. La surface de l'os est également lisse et cou- 
verte d'une membrane semblable à la précédente, ayant la même structure et se 
continuant avec elle, de sorte qu'il y a dans l'intérieur du céphalématome, d'après 
Valleix, une membrane adventice enveloppant le caillot sanguin de toutes parts. Il 

(1) VaUcix, Clinique des maladies des enfants nouveau-nés. Paris, 1838, p. 494 et suiv. 
(t) Kuester, Allgemeine medic, Cenlr. Zeitung, et Gaielte hebdomadaire j 1854. 



62 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈUE ENFANCE. 

à rhôpital Siiint-Autoiue, après la chute du cordon ombilical, avec une plaie au 
niveau de la cicatrice, et les bords de la plaie rouges, légèrement tuméfiés. — La 
suppuration de la cicatrice ombilicale était augmentée par la pression au-dessus de 
Tombilic comme s*il y avait un petit foyer inlra-abdominal. Depuis trois jours une 
rougeur douloureuse de la peau couvre le corps et successivement le dos et les membres 
inférieurs; au moment de l'entrée, cette rougeur, encore très-apparente et caracté- 
ristique de rérysipèle, disparaissait par la pression du doigt et revenait aussitôt sur 
la même partie. 

L'enfant était fort abattu, le pouls très-fréquent et à peine saisissable au doigt; sa 
langue sèche, et il vomissait toutes les boissons; il mourut au bout de vingt-quatre 
heures. 

La nécropsie montra les deux artères ombilicales dilatées dans une étendue de 
2 centimètres et demi, remplies de pus, et fermées du coté de l'hypogastrique par un 
petit caillot très-grêle adhérent de toutes parts. Les parois sont Irès-amincies dans la 
partie malade; on n'y reconnaît plus la tunique interne et moyenne. La tunique cellu- 
leuse seule est conservée et remplie de vaisseaux capillaires injectés. 

La veine ombilicale est saine : le péritoine ne renferme pas de pus, et les viscères 
paraissent dans leur état normal. 

Dans cette observaliou d'érysipèle, ayant la cbiito du cordon cl Tartérite ombi- 
licale pour point de départ, le fait important, c'est la suppuration de la cicatrice 
ombilicale augmentée par la pression hypogastrique. Cette circonstance fit supposer, 
avec toute réserve, une artéritc ombilicale, hypothèse qui fut vérifiée par l'autopsie 
du malade. Ce signe se relnnivera-t-il dans d'autres cas analogues? On ne saurait 
raffirmer, et à cet égard il faut attendre de nouvelles obs<»nations. 



CHAPITRE V 

KXFOLIATION DE l'ÉPIDKRME 

Dans les [M'cmiers jours qui suivent la naissance, il se fait constamment à la pt»au 
des nouveau-nés un travail de desquamation épidermiqiie, qui a reçu le nom 
iVexfoliation de Vi^piderme^ et qui a été très-bien étudié par Chaussier, Capumn, 
Orfila et Billard. 

Les avortons n(» présentcMit pas ce phénomène aux premiers temps d(» la nais- 
sance; chez eux, l'exfolialion de l'épiderme ne se montre que lorsqu'ils ont acquis 
un certain Hge. 

Ce travail, qui commence quelquefois au premier ou au second jour de la vie, 
est générah'inent en pleine activité du troisième au cinquième jour. L'épidei:nie se 
dessèche, se fendille et perd de son adhérence, puis il tombe par lamelles plus ou 
moins considérables. Dans quelques circonstances, l'exfolialion est à peine sensible. 
Elle dure de dix à douze jours, et se prolonge jusqu'à trente, quarante jours, et 
même deux mois. Elle est plus lente et plus marquée chez les enfants qu'une 
aiïection chronique prématurée a jetés rapidement dans le marasme. 

V mesure que les lames épidermiques tombent, un nouvel épidémie se fomie 
d'une manière insensible. I^ p(»au est rouge, fort irritable, et elle s'enflamme avec 
la plus grande facilité. Billard a vu un enfant chez lequel l'épidcTine du scrotum 
était complètement enlevé, (»tchez Ie(|uel aussi l'urine, irritant le denue, provocjua 
l'apprition d'im éi^sijH'le très-intense. L'épiderme se reproduit promptement dans 
les endroits exposés au contact de l'air, mais il <»st plus lent à paraître dans les 
parties cachées, aux aisselles, au cou, dans l'aine et dans les plis de la pi^au. On 
supplée à sa présence protectrice par du lycopode et d'autres poudres absorbantes 



CEPHALEM ATOME. iO 

Le céphalématome som-périostique présente souvent à sa base une sorte de 
cercle osseux qui le sépare des parties voisines. La présence de ce cercle a été 
l'objet de quelques contradictions. Bien que son existence ne soit pas constante, 
elle n'en est pas moins réelle, et selon moi, elle se rattache à Tâge du céphaléma- 
tome. Ce cercle est à peine apparent au début de l'altération, mais il le devient 
davantage au bout de quelques jours. Ainsi Fortin trouva sur le pariétal gauche 
d*un enfant, même avant que Faccouchement fût terminé, un céphalématome de 
la grosseur d'un œuf de pigeon. Inmiédiatement après la naissance il s'assura 
qu'il n'y avait pas de bourrelet osseux, et deux jours après il en trouva un très- 
évident. 

Marciie, termiBalsoii. — Si le sang contenu dans un céphalématome n'est 
pas évacué par une opération, il peut être absorbé, et la tumeur disparaît. D'après 
il cas recueillis par Seux(l), 25 empruntés à sa pratique et 2 au journal The 
Lancety la guérison naturelle s'est produite du dixième au soixantième jom*, 
c'est-à-dire dans une moyenne de 36 jours. Quand cette tenninaison n'a pas lieu, 
un travail inflammatoire s'établit, à la suite duquel du pus se forme, se porte au 
dehoi*s, et l'enfant peut encore guérir. Mais quelquefois, ainsi que l'ont vu Hoere, 
Naegele et Ropp, l'os qui sert d'appui à la tumeur s'altère, se nécrose et se laisse 
perforer. Lue fois, sous les yeux de Hoere, cette perforation de l'os donna lieu à 
une hernie cérébrale. Dans un cas observé par Ducrest, le céphalématome extérieur 
cpicrûnien était compliqué d'un céphalématome intra-crânien. La communication 
des deux tumeurs avait lieu au moyen d'une fissure des os du crâne au travers de 
la suture sagittale. Des symptômes de compression cérébrale font prévoir cette 
complication. 

Pronostic. — Le céphalématome sous-périostique est une lésion sérieuse, qui 
cependant perd l)eaucoup de sa gravité si on la traite convenablement, et si, 
comme l'indiquent Naegele et G. F. Hoere, on ouvre promptemeut la poche pour 
en évacuer le sang et favoriser l'accolement de ses parois. Elle guérit, mais il 
faut du temps; dans un certain nombre de cas elle provoque une suppuration 
mortelle. 

Traicement. — Personne mieux que P. Dubois n'a précisé les indications 
thérapeutiques du céphalématome épicnlnien, c'est-à-dire sous-périostique. Nous 
lui empruntons une partie de ce qui va suivre. 

Trois méthodes de traitement du céphalématome partagent l'esprit des méde- 
cins. Les uns veulent provoquer la résolution, d'autres la suppuration, et d'autres 
enfin l'évacuation immédiate de la tumeur par une incision. 

i** La résolution du céphalématome est quelquefois le résultat de la loi naturelle 
exploitée par les efforts de l'organisme. £lle peut être aidée par des appUcations 
aromatiques, le vin, l'eau-de-vie pure ou camphrée, le sel anunoniac, l'acétate de 
plomb, etc. Si elle se fait trop lentement, et qu'au bout de dix à douze jours la 
tumeur n'ait pas notablement diminué, il ne faut pas différer davantage, et le mé- 
decin doit recourir à l'opération. 

2° La suppuration provoquée dans le céphalématome est la méthode de traite- 
ment proposée par P. Moscati, adoptée par Gœlis et Palletta. Ce dernier obtenait 
ce n'^sultat à l'aide du séton. Il traversait la base du céphalématome avec une 
aiguille spéciale garnie d'une étroite bande de toile effilée. Du sang, de la sérosité, 
puis du pus sortent de la tumeur; on active la suppuration par de la pommade 
épispastique, et au bout de quinze jours la guérison est complète. Cette méthode 

(1) Seux, Recherches sur Us maladies des enfants nouveau-^tUs. Paris, 18G3. 



64 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

le raniollisseinent du cerveau, le rachitisme, la commotion, la contusion et la com- 
pression du cerveau |)ar suite de chute sur la tête, la phlébite des sinus de la dure- 
mère, et Teffet des poisons sur la rétine, au moyen de Tophtlialmoscope (i). 

2° Que personne avant moi n'a fait des expériences sur les animaux pour déter- 
miner le rapport des lésions profondes de Tœil avec les lésions qu'on peut produire 
volontairement dans le cerveau et sur le grand sympathique par des blessures ou 
par des poisons. 

3* Que les lois que je vais rapporter plus loin comme étant la; base de 
Tophtlialmoscopie cérébrale me sont personnelles et montrent anatomiquemeot et 
physiologiquement toute Timportance de cette méthode de diagnostic. 

4® Enfin, que Tophthahnoscopie cérébrale, ou Céréb'roscopie, est une idée 
française, dont les applications encore inconnues de la plupart des médecins sont 
une source de précision très-grande pour le diagnostic des maladies nenenses. 

Cela étant dit, pour montrer mon point de départ, je vais indiquer quelles sont 
les bases de la méthode d'exploration dont je conseille l'usage. 

Première loi, — Toutes les fois qu'il se forme dans la boîte crânienne un épaii- 
chement, une tumeur, une inflammation cérébrale ou méningée, une oblitératioQ 
des sinus de la dure-mère capable de ralentir la circulation du sinus caverneux par 
lequel le sang veineux de l'œil rentre dans le crâne, il se fait sur la choroïde, sur 
la rétine et sur la papille des lésions spéciales qui révèlent l'existence de la lésion 
cérébrale et i)euvent éclairer le diagnostic. 

Deuxième loi. — Les inflammations de la substance cérébrale et des méninges 
peuvent se prolonger dans l'œil et la sérosité sous-arachnoïdienne peut y descendre 
en suivant l'espace sous-arachmoïdien qui se prolonge sur le trajet du nerf optique 
jusqu'à Tanneau sclérotical (Schwalhé, A. Key) de façon à étrangler la papille 
dans cet anneau. C'est la névrite étrangléee. 

Troisième loi, — Dans certaines maladies du cerveau ou de la moelle épinière 
le grand sympathique exerce sur la circulation de l'œil une influence qui se traduit 
|)ar des lésions très-évidentes de la papille et de la rétine, analogues à celles qu'on 
voit sur la face après la section du grand sympathique à la région du cou. 

Quatrième loi, — Toutes les diathès(»s profondes et les cachexies telles que la 
scrofule, la syphilis, la leucémie, la glycosurie et Talbuminurie, les cachexies cardiaques 
produisent une altération moléculaire du cer>'eau qui se traduit dans l'œil par de la 
névro-rétinile et de la choroïdite. 

Cinquième loi, — Les troubles du système neneux dans lesquels il se produit 
simdltanément une altération oculaire profonde de la rétine ou de la papille sont 
symptomatiques d'une lésion matérielle de la substance nerveuse. 

Mode d'application de la Cérébroscopie, — Pour étudier les altérations oculaires 
profondes qui résultent des maladies aiguës graves du système nerveux, il ne faut 
pas compter se senir de l'ophthalmoscope Ci%q, ni des instruments qui exigent de 
la part du malade une docilité en rapport avec les volontés du médecin. Comme 
dans la plupaat des cas de méningite, d'hémorrhagie, de ramollissement, de con- 
tusions ou de commotion du cerveau, les malades ne peuvent sortir de leur lit, 
c'est là, dans la position horizontale, sans chambre obscure autour de l'observa- 
teur, sur des yeux qui remuent et qu'on ne peut fixer, qu'il faut examiner la 
rétine et la papille au moyen de l'ophthalmoscope à main. Si peu favorables que 
soient ces conditions d'examen, il n'y a pas moyen de les changer, et c'est ainsi 

(1) Voyez, pour I:i premMrrfi publication de mes recherches, Galette des hâpitauXf 15 mars 
1862 et 16 octobre 1862. — Comptes rendus de la Société de biologie, 186i. — Dictionnaire 
de méd. et dethérap., article CÉRteROSCOi'iE. 



•* 



GANGRÈNE DU CL'IR CHEVELf. 77 

Quand répanchemoQt sanguin n*e$t pas très-volumineux, Tabsorption le fait 
rapidement disparaître; si, au contraire, il est très-considérable, la poche peut se 
rompre, s'enflannner et occasionner la mort des enfants. 

11 faut favoriser la résolution de cette forme de céphalématome par des applica- 
tions froides et résolutives, et dans le cas où un foyer se montre, Touvrir de bonne 
heure avec le bistouri. 

§ m. Céphalématome intra-crâoien. 

Cette forme exceptionnelle du céphalématome a été signalée par Hoere, Baron, 
Moreau, Padieu, Ducrest. Le sang se trouve accunmlé dans Tintérieur du crâne, 
entre la calotte osseuse et la dure-mère, sous forme d'une masse noire, demi- 
coagulée, comprimant un des hémisphères cérébraux, le cen'elet ou le pourtour de 
la protubérance. C'est une forme d^hémorrhagie méningée. 

Il en résulte des symptômes convulsifs et paralytiques, dus à la compression de 
l'encéphale. On ne peut que soupçonner l'existence de cette lésion, si elle coïncide 
avec un céphalématome épicrânien ; mais il est impossible de la reconnaître quand 
elle existe seule, car ses symptômes sont ceux de l'apoplexie méningée et de quel- 
ques autres maladies cérébrales. L'incertitude du diagnostic n'a d'ailleurs pas de 
conséquences bien regrettables; car dans l'un et dans l'autre cas l'hémorrhagie 
guérit bien plus facilement par les seuls eiïorts de la nature que par les soins de la 
médecine. 

CHAPITRE VII 

GANGRÈNE DU CUIR CHEVELU 

La gangrène du cuir chevelu déterminée par le travail de l'accouchement est un 
accident très-rare et que peu de médecins ont eu occasion d'observer. En voici 
un exemple pris dans le service de Moreau, à la Maternité, i>ar P.Lorain. Pendant 
le travail, la contraction de l'utérus comprima le cuir chevelu en laissant une 
surface libre correspondant à la dilatation du col. C'est sur le point comprimé que 
se développa la gangrène. 

Observation. — Un enfant âgé de deux semaines. — il est né d'une mère primi- 
pare, au terme de neuf mois. Le travail a duré quarante-huit heures et raccouche- 
ment s*est terminé spontanément. L'enfant était, du reste, vigoureux et bien portant. 
Aussitôt après sa naissance, on constata sur sa tète une ligne rouge circulaire bien 
circonscrite; le lendemain cette ligne prit une teinte violette, et Ton dut craindre une 
mortificatiod du derme, qui ne tarda pas en effet à se produire. Les cheveux furent 
rasés, les cataplasmes émollients furent appliqués sur la tête. Enfin, craignant pour 
les jours de son enfant, la mère se décida à entrer dans la Maison d'accouchements 
le 16 mars 1853. 

En examinant cet enfant, on constate autour de sa tête une plaie intéressant le 
cuir chevelu, affectant une forme circulaire, comme si l'on avait promené autour du 
crâne le tranchant d'un couteau. Le cuir chevelu a été comme scalpé. Le derme a 
été intéressé dans toute son épaisseur et dans une largeur d'un centimètre. Dans la 
demi-circonférence postérieure, la plaie est profonde et laisse le péricràne à décou- 
vert; dans la demi-circonférence antérieure, le cercle est complété par une ligne 
rouge, résultat de la contusion du derme. C'est le même genre de lésion, mais à un 
degré moindre. Le diamètre de ce cercle est précisément le diamètre sous-occipito- 
bregmalique. Cette plaie est pansée avec soin, on y voit des bourgeons charnus qui 
annoncent une tendance à la guérison ; mais il est à croire que celle plaie laissera 



78 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIERE ENfANCE. 

une cicatrice difforme, vu sa largeur et la difficulté de rapprocher les deux lèvres 
d*une solution de continuité dans celte région, le raphé fibreux médian cervical ten- 
dant à retenir en bas la lèvre inférieure. 

L'enfant meurt le 20 mars, quatre jours après son entrée, atteint de sclérème. 

Autopsie. — Pas de lésion notable dans les organes principaux; sur le crâne ni 
ecchymose, ni traces de céphalématome. 

Le cuir chevelu est, en arrière, dans un segment qui correspond à Toccipital au- 
dessous de sa tubérosité, divisé par une plaie d'un centimètre de largeur. 

Si Ton veut suivre cette plaie sur les côtés en avant, on voit qu'elle aboutit à une 
trace ou empreinte qui complète le cercle passant par la fontanelle antérieure. 

Si le cuir chevelu a été mortifié en arrière, cela est dû sans doute à ce que tout 
Teffet de la compression a dfi ])orter sur ce point où le bord de roriûce s'arrêtait 
et sur lequel pivotait la lete, tandis que le crâne glissait pendant les contractions 
utérines, et ne pouvait être bien saisi par rorificc au niveau de la fontanelle anté- 
rieure. Il est probable que la constriction exercée par un orifice rigide sur le cuir 
chevelu était la seule cause de la lésion qui précède, lésion dont la forme et le siège 
sont parfaitement en rapjwrt avec la cause indiquée. 

CHAPITRE VIII 

ABCÈS DU CUIR CHEVELU 

Le cuir chevelu est souvent le siège d'inflammations superficielles qui se terminent 
par des alKès plus ou moins considérables. 

Ces alKès sont ordinairement placés au-dessus du ])éricràne, mais quelquefois, 
après avoir détruit cette membrane, ils reposent sur le crâne dénudé et nécrosé. 

Causes. — Leurs causes sont limpétigo du cuir chevelu, les différentes variétés 
de teigne, les coups et les chutes sur la tète, mais ordinairement, chez les enfants, 
ce sont les maladic^s impéligineuscs de la tète qui en sont le |K)int de départ. 

Sjmptômea. — Les abcès du cuir chevehi offrent un volume variable. Us 
acquiènnt le \oluiiie d'une noisette ou d'une noix; on les reconnaît à la présence 
d'une tumeur ari*ondie, rougeâtrc , chaude, douloureuse et fluctuante. Au bout 
d'un certain t(>inps, la peau s'amincit , s'ulcère et donne passage au pus et à imc 
plaie qui se cicatrice plus ou moins rapidement. Leur cicatrisation est d'autant plus 
rapide» que les enfants sont plus vigoureuscMuent constitués et exempts de toute 
diathcse scrofuleuse ou heqiéliqiie. Loi-squ'il existe une diathèse de cette nature, 
la plaie se couvre de croûtes d'impétigo, et la réunion des parois du foyer se fait 
très-longtemps attendre. Dans un cas observé (mi 1803, sur une petite fille de trois 
ans, un abcès volumineux était entouré à la base d'un lx)urrelet semblable à celui 
qu'on obsene dans le céphalématome. — Le pus s'écoula par une j)etite ouverture 
s|X)ntanée et le bourrelet était extrêmement appanMit. En dix jours, abcès et bour- 
relet, tout avait disparu. 

(^hez quelques sujets, l'allés abandonné à lui-nK*me s'étend en largeur ou en 
profondeur; le péricrâne s'use, comme je l'ai plusieurs fois observé, et les os, mis 
à im, se nécrosent de manière à produire uiu» exfoliation superficielle et limitée 
des parois du crâne, ou un séquestre de toute l'épaisseur des os. Une fols, chez 
une fille de douze h treize ans, j'ai retiré un séquestre arrondi de 2 centimètres 
de diamètre, comprenant l'épaisseur du crâne comme une couronne de trépan, et 
qui n'avait pas d'autre origine qu'un abcès du pariétal gauche. 

Les abcès du cuir chevelu ne sont généralement pas une maladie grave, et se 
terminent ordinairement par l'ouverture spontanée et par la guérison. Leurs com- 



TUMEURS DU CUIR CHEVELU. 79 

plicatious habituelles sont Tinipétigo, Térysipèle ou la nécrose des os subjacents. 
Une fois j*ai vu cette nécrose produire la pachyméningite, la thrombose des 
sinus, la méningite et la mort. 

iraitcmcnt. — Le traitement doit se l^orner ix des applications de cata- 
plasmes émoUients, jusqu^au moment où la fluctuation est appréciable. Alors il 
faut ouvrir le foyer et faire un pansement avec un linge enduit de cérat et recou- 
vert de charpie. 

Si la plaie se couvre d'impétigo, il faut la laver cinq ou six fois par jour avec de 
Teau de son, et soumettre les enfants h une médication antiherpétique, avec Thuile 
martiale, l'huile de foie de morue, le sirop antiscorbutique, etc. 

Si Tabcès s'est ouvert, et que l'ouverture reste fistuleuse, à cause d'une nécrose 
des os du crâne, il faut traiter la maladie des os par des injections détersivcs et 
irritantes faites par les ouvertures cutanées des trajets fistuleux. On emploie, à cette 
intention, les injections de baume opodeldoch, les injections d'iode, de glycérine, 
d'eau bromée, etc. Je préfère de beaucoup les injections d'iode et de brome, et 
l'on verra les bons effets de cette dernière substance dans les obser>'alions que 
j'ai publiées et que l'on pourra lire dans les éditions précédentes de ce livre. 

CHAPITRE IX 

TUMEURS DU CUIR CHEVELU 

A l'exception des abcès chauds ou froids, du céphalématome et de Tencéphalo- 
cèle, il est rare de trouver dans le cuir chevelu des enfants des tumeurs d'une 
autre nature. 

J'ai souvent observé des abcès à la sui|e dé l'impétigo capitis et de la teigne, des 
caries osseuses et quelquefois des nécroses avec élimination de séquestres considé- 
rables. Je conserve même un séquestre de 2 centimètres de diamètre intéressant 
toute l'épaisseur du crâne, retiré de la tète d'un enfant de sept ans, qui a guéri ; 
mais je n'ai pas vu de tumeur semblable à celle qui a été enlevée par Nélaton sur 
un enfant de quatre ans, tumeur composée d'éléments reconnus par Verneuil 
|)our être des cytoblastions. 

Cette tumeur, placée sous le sommet de la tète, lai^e de 6 à 7 centimètres, 
épaisse de 3 centimètres, dure conmie le cartilage, mobile sur les os, adhérait inti- 
mement à la peau. Enlevée par le bistouri, on vit qu'elle était formée de couches 
successives, comme une couenne de lard doublée de sa graisse; d'alwrd jaune 
dans la peau, puis jaune, puis rouge, elle laissait sortir un suc à peu près semblable 
au suc cancéreux , et elle était formée par un épaississement du cuir chevelu 
inlihré par un élément anatomique, particulier, décrit par Ch. Robin sous le nom 
de qftoblastions (1). Ce sont des noyaux sphériques à contours ol)scurs, d'un 
volume assez uniforme, Anement granuleux, sans nucléoles, mais quelquefois 
nucléolaires ; ils étaient dans ce cas mêlés à quelques globules de sang. 

Comme l'a dit Verneuil, c'est là une tumeur de stiiicture rare, difficile à classer 
dans l'état actuel de la science. Cependant, par sa marche elle se rapproche des 
tumeurs cancéreuses, épithéliales et fibro-plastiques. 

En effet, après l'opération, le mal se reproduisit dans le voisinageavec les mêmes 
caractères, et la mort survint rapidement au milieu d'un état cachectique très- 
prononcé. Malheureusement la nécropsie ne put être faite. 

(\) cil. Robin, Traité de chimie anatomique et physiologique ^ normale et pahologique, 
Paris, 1853, et Programme du cours d^histologie. Paris, 2* édition, 1870. 



80 



PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PUEMIEKE ENFANCE. 



CHAPITRE X 

AMYÉLIE 

L'absonce de la moelle est désignée sous le nom iVamyélte. C'est un ^ice de 
conformation fort rare, dont Moi^agni et Ollivier ont rapporté quelques exemples, 
et qui coïncide toujours avec l'absence du cerveau. Il paraît être le résultat d'une 
maladie du fœtus, et il entraîne à sa suite un arrêt de développement plus ou 
moins prononcé. Les enfants qui prés(»ntent cette difformité meurent aussitôt après 
la naissance. 

Chez d'autres enfants, la moelle existe incomplète et mutilée en quelque sorte. 
Elle est divisée en deux cordons distincts, et la protubérance existe à l'état rudi- 
meiitaire; ceux-là peuvent vivre un peu plus longtemps, mais ils ne tardent pas à 
succomber. Il en est de même de ceux qui présentent cette division longitu|^Ilale 
de la moelle jointe à un spina-bifida, ainsi que Billard en a rapporté un exem{de. 
La mort suit de près leur naissance. 

CHAPITRE XI 



HYDRORACHIS, OU SPINA-RIFIDA 

L'hydrorachis, ou spina-bifida, est un vice de conformation caractérisé par 
l'existence, à la i)artie postérieure du racliis,d'une division osseuse par où s'échap- 
pent les enveloppes de la moelle, quelquefois 
une partie de la moelle elle-même, et toujours 
une quantité plus ou moins grande de séro- 
sité. 'Il en résuhc une ou plusieurs tumeurs 
liquides plus ou moins volumineuses, placées 
le long de la colonne vertébrale. Ordinaire- 
ment il n'y en a qu'une, et elle se trouve 
placée aux lombes. Bidloo, Valsalva, Hoin, en 
ont vu qui occupaient toute la longueur de la 
colonne vertébrale, et Dubourg en a observé 
une qui descendait en forme de calebasse jusque 
sur les talons. Berardi, d'Ancône (i), a ob- 
servé un cas où l'enfant portait une espèce 
de queue longue de six jwuces qui descendait 
de Textrémité inférieure du sacrum et du coc- 
cyx jusqu'au tiers inférieur des jambes (ûg. 6). 
Causes. — L'hydrorachis est presque tou- 
jours une affection congénitale. Ses causes sont 
totalement inconnues. Camper l'a observée 
sur deux jumeaux. On la rapporte à des vio- 
lences extérieures subies dans la grossesse, à 
une position vicieuse de l'embryon, à l'accu- 
mulation de sérosité crânienne qui empêche 
la réunion des vertèbres, etc. Elle est très- 
fréquente, et, d'après Chaussier, elle a été 
rencontrée 22 fois sur 22 203 enfants nés ou déposés à la Maternité, c'est-à-dire 




FiG. G. — Spina-bifida. 
de Berardi. 



Cas 



(1) Berardi, Haccoglitore rnedico di Fano, feb. 185G, et Bull, de thérap., 1856, t. L, p. 501. 



HYDRORACHIS, OU SPINA-BIFIDA. 81 

dans la proportion de 1 spina-bifida pour 1000 naissances. Billard en a observé 
sept en un an à Thospice des Enfants trouvés. 

Bien que Thydrorachis soit toujours congénitale, elle peut être, dit-on, acciden- 
telle, et Hilton a publié un fait de ce genre qui, pour n'être pas concluant, mérite 
cependant d'être rapporté. 

Observation I. —Uydrorachis chez un jeune homme. —John L..., âgé de trente- 
deux ans, parait d*une bonne santé et bien développé. H vient nous consulter pour 
une tumeur sensible et douloureuse qu*il porte à la partie inférieure de son sacrum. 
Cette tumeur est de forme ovale ; elle a environ le volume du poing ; elle est située 
exactement sur la ligne médiane, à un peu plus d*un travers de main au-dessus du 
coccyx. La peau qui la recouvre est blanche, lisse et tout à fait libre; elle est plus 
blanche, plus lisse que la peau des parties voisines; elle est tout à fait dépourvue de 
poils. A environ trois quarts de pouce de la surface, on sent les parois d'un kyste à 
contenu fluide. Ce kyste a environ le volume d'un œuf de canard; il ne peut être sou- 
levé, et le doigt, en explorant sa base, peut constater qu'il se continue profondément 
avec les lames du sacrum. 

L'examen de cette partie cause une vive douleur, et la pression, dit le malade, 
c produit de singulières sensations dans la tête, et des étincelles dans les yeux, i Le 
malade nous raconte que ce fut vers l'âge de treize ans que cette tumeur attira son 
attention pour la première fois. Il semble certain qu'il n'y avait rien là dans son en- 
fance. — Il entra vers cet âge dans le service de M. Tucker à l'hôpital d'Oxford, 
pour se faire extirper une tumeur située dans le voisinage du genou gauche, et ce fut 
alors qu'il découvrit cette autre tumeur dans le dos. — Depuis celte époque, deux 
médecins qu'il consulta à ce propos lui conseillèrent de n'avoir recours à aucune opé- 
ration chirurgicale. — Il ne suivit donc qu'un traitement interne, et, sauf la douleur, 
il ne ressentit nulle incommodité de son affection. Dernièrement cependant la douleur 
augmenta, et il se décida à voir ce qu'il y aurait à faire. Considérant la communica- 
tion avec la moelle comme probable, et pensant qu'il se trouvait en présence d'un 
spina-bifida non congénitaly M. Ilutchinson déclina tout traitement chirurgical. 
L'application de la belladone pour combattre lu douleur de caractère névralgique et 
une plaque de métal bien faîte destinée à protéger la tumeur contre toute pression, ce 
fut là toute la prescription (i). 

Quelle a pu être la cause productrice de cette affection? A la suite de quelle 
modification organique celte tumeur se sera-t-elle montrée? Quel rapport peut-il 
y avoir entre la tumeur enlevée au genou gauche et Tapparition de Thydrorachis ? 
Ce sont là autant de questions dont la solution nous semble impossible. 

D'un autre côté, si la position précise de la tumeur, la communication avec la 
moelle paraissent mises hors de doute par les sensations étranges dans la tête et 
les étincelles devantlesyeiLX que la plus petite pression détermine, le fait renferme 
de nombreuses lacunes. Ainsi la tumeur diminuait-elle lorsque la tête était baissée 
et les extrémités inférieures élevées ? Comment se comportait ce sac liquide pen- 
dant l'inspiration et l'expiration ? C'étaient là des points importants à noter, et qui 
auraient donné un grand élément de certitude au diagnostic. 

SymptôBics. — L'hydrorachis se présente sous la forme d'une tumeur plus ou 
moius volumineuse, à base large ou rétrécie, et pédiculée ou bilobée. Elle est 
arrondie, molle, opaque, quelquefois transparente et sans changement de couleur 
à la peau. Elle est fluctuante, et la compression la réduit de beaucoup en faisant 
rentrer la sérosité qu'elle renferme. S'il y a plusieurs tumeurs, la fluctuation se 
transmet facilement de Tune à l'autre, et ce que perd Tune en volume est com- 
pemé par l'accroissement de la tumeur voisine. En pressant la main provoque des 
Cris, quelquefois des convulsions, et pénètre sur l'épine divisée dont les lames sont 

(!) Wdiotij Médical Times and Gaulle. 

BOUCHDT. — KOUV.-KÉS — 7* ÉDHP. 6 



8i PATHOLOGIE SI'É<:iALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

retournées au dehors. Elle sent, en outre, des nK)uvements dVxpaosîoo plus ou 
moins prononcés qui corres|M>n(lent à l'expiration et au nHmvenient de retrait qui 
coïncide avec Tinspiration. 

Xarche, dorée, termiiiaisoii. — Lliydrorachisn*est pas toujours Irès-aarquée 
à la naissance et ne se manifeste qu'au l)out de quelques jours. EUe est sonvenl 
compliquée d'hydrocéphale que Ton peut reconnaître au volume de la tête, à Técar- 
teinent des fontanelk*s, et à leur p;onflenient lors de la pression exercée sur b 
tumeur racliidienne. 

La plupart des enfants attacpiés de cette maladie maigrissent et s*étiolent ; quel- 
ques-uns sont |)aralysés des inenibres inférieurs, du rectum et de la vessie. Les uns 
ont des pieds bots, les autres ont des phlyctènes gangreneuses, et la peau est d'une 
sensibilité extrême. La tumeur augmente de volume, ses parois s*ainincîssent, de> 
fissures se fonnent, des ulcérations s'établissent, et l'ouverture de la tumeur, soiw 
de Técoulement graduel et rapide de la sérosité, amène souvent des comiilsioos 
suivies de mort. Je dis souvent, car, par suite d'une exception rare, Maurice 
lloffmaun et C^in|)er ont vu cette ouverture être au contraire suivie de l'allaisse- 
ment de la tumeur et de sa guérison. 

Voici un cas dans le(|uel la ruptnn» de la poche a été suivie de la inort. C'était 
un exemple d'hydrorachis complicpiée d hydrocéphale. On en doit la eomiaissance 
à Hutchinson (1) : 

Ob-jervation II. — Petit garçon tit» quinze mois. A l'époque de la naissance, la tn- 
meur, qui occupait la partie inféricun^ d<^ la région sacrée, n'offrait que peu de vo- 
lume; mais bientôt elle commença à s'oniplir, eu même temps que, de son côté, b 
léte (le Tenfant augmentait d<* volume. Malgré cela, rcnfant se développait et son 
intelligence semblait normale. Les extrémités inférieures dépérissaient, et les pieds 
étaient tirés en haut. Plusieurs fois il fut question de ponclionner la tumeur avec oo 
trx'art, mais on s'arrêta toujours devant la eomplication de Taffeclion cérébrale; la 
tétr, allant toujours grossissant, avait ae(|uis un volume double de la grosseur natu- 
relle. Deux semaines avant ki mort, le spina-hilida était gros comme imc tète de fceta>. 
et la peau qui le recouvrait était lendjie el amincie. Ouelcjues jours après, elle se 
perça et s'aifaissa. Le liquide qu'elle renfermait s'écoula par une ouverture lai^e 
connue un trou d*aiguilleet sans suppuration. 1/écoulemcnl était néanmoins au-des>n> 
des forces de l'enfant, et il succomba bientôt à répuiseiuent. On avait noté dans les 
derniers jours un peu de diminution dans le volume de la tète. 

I/autopsie montra les ventricules latéraux du cerveau distendus par plus d'uue 
pinte de sémm clair, le seplnni étant enlièremenl détruit. Le ventricule delamoellf 
allongée était aussi dilaté, el de son exlréniilé inférieure parlait un canal de la gros- 
seur d'une plume de corbeau, qui descenilail loul le long de la moelle épinière à sou 
centre, cl se terminait en un sac formé |)ar l'arachnoïde, le(|uel pendait dans la poche 
du spina-bifida. Ce sac, qui aurait pu conlenir un ouif de pigeon, était sans commu- 
nication avec le kyste qui l'enveloppait et élail évidemment formé par an pro- 
longement de la membrane ventriculaire. Les l;unes du sacrum manquaient en- 
tièrement. 

En général, lliydroraciiis est une maladie mortelle. Quelques enfants meorent 
avant de naître ou peu après la naissiuice ; d'autres vivent un mois, et très-pn 
atteignent la fin de la première année. Bonn en a vu un qui vécut dix ans; Vamcr, 
un antre qui vécut ju.squ'à \ingt ans; Larrey, un troisième qui vivait encoiv 
à vingt-cinq ans; Camper, un autre qui alla juscprà vingt-huit ans; Monod. m 
cinquième vivant encore à trente ans; et Monlinié, nn sixième qui prolongea soo 
existence jusfiu'à trente-sept ans. De |)areils faits sont e\C4»ssivement rares. 

(l) Hutchinson, The Layicet, 1857. 



iivciiu 



UZmS. ou :ipl\A-Blt'l D 



Léalona annlonilqaca. — QltUlltl k'S enfillltl 
CHliiniii' ïcH^brole Caui-iiil Ifs r6-ii1Uls siiivauls : 

La (IMsioii p( lï-caUC- 
iiiciii ili's laiiips vertébrales 
cxislfut <i [a r«'-giou cervi- 
i;uk' ou (lurenlo, mais de 
|iivf('rence â la rf^im lom- 
baire, comme on peut eu 
vnir un i-xi-mplc dans un 
cflsobsi'néparN%lon{l) 
(fig.rtj.Ilyadpuv ou trois 

• écai-tL-meiiIs séparés, coni- 

' mi' il peut y avoir division 

I c(im|)l(-ti- de haut en hart 
■lu lacliis. On voit, par 
(t'S drut cw-niplrs, que le 
uiL^ujc vice di' roiifomialion 
fK'iiI avoir des effets bira 
(lilTéreuls. selon qu'il porte p;^ 7 _. 

sin* lellr- ou telle n'>Kiou. 

I,j lunmir est formée : 1' par la peau amii 
iDiii-e. violac^f vers le centre, quelquefois 
3*** |)ar un peu dv tissu cellulaire sous-culaiié, 
endurci; :{°parmiemi'mi>rane Tibreuse. formant 
1.1 (larui du spina-bifida, lisse à l'intérieur, pnt- 
loii^/v dans le canal vertT^ral juw[u't^ la dure- 
mi're qui U cimtinnc en haut ; i' par la moelle 
non allérée dans !ta structure, et quelquefois par 
la miielte élal^'v dans le sac ; Tj» par de la t(<!Tnsité 
rr])li:ilii-r;ii'liidTenne limpide, iacoliire ou citrine 
en (|iMiirili' \;M-t.il)l('; elle est trouble et sangiii- 
niili'idi' m m-, (le |ililegmasie;f)''|)ar l'orifice des 
nili'lm-s ilivisirs qui jHrniet de voir le corps 
tiiiâf I de ces os; 7° quelquefois par la division 
mrnie du mrps des vertèbres; 8° enfin par la 
pri'-seuw>d'aiitresd6liirmatio»s,tellesqne Tanen- 
céphalie, leneéphaloci^le, lebec-de-lii'ïre, l'im- 
IM-ifoialiou (le l'amis, l'exslrophic lie la vestîe, 
etc. Ou en voit un exemple (fig. 7). 

Il V a des cas trfci-simples où existe seiilemeru 
tiii sur rdiro-séreux en rapport avec la cavité 
arnehiioidlennc et sans déplacement de la moelle 
ou ili-i nerfe (fig. 8). Cem-lff peuvent vivi-e , el 
nul i>iuii'scliaiia%d(!);uénr,sironosete3 0|)én'r. 
1 1 1 >.'la)pm. }>\ m-hOMt. ffnK, d-r fhf'upf'iHqiii-, IS,j8, 



ombent, l'examen de la 





< ^-luu damlD, )if|t^rai)i«nl Incanfaini aini-, VB, li 
' ' '" ils l« Ignnr K.Cutle avaJ>rMM Rmih ■> ninMV 

iràoil eelta amitan: CC. b hwOii ifâmin fi 

I < Msata B ,- H, la puu, M pcJMnWil inr «UfiliM' { 



I. 'Iiuv-mm nchidieniiit; C. m 



84 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Au contraire, quand il y a déplacement de la moelle ou des nerfe, ou quelque 
autre altération organique profonde, la maladie est fort grave, et toute opération 
sert plus au chirurgien qu'au malade. 

Diagnostic. — Le diagnostic n*est généralement pas difficile, lorsqu'on tient 
compte des phénomènes que je viens d'indiquer. Cependant, chez quelques malades, 
il se forme à la région habituelle de l'hydrorachis des tumeurs de nature difTérente, 
et qui pourraient en imposer si l'on n'était pas prévenu. En voici un exemple 
publié par Hilton : 

Observation III. — Enfant raàle bien portant, âgé de seize mois. Il portait uoe 
tumeur sur l'épine lombaire, tumeur qui avait été prise pour un spina-bijida. Elle a 
la dimension d'une demi-pomme et parait avoir des adhérences médiocres avec les 
parties profondes. Cet enfant n'avait pas de paralysie des extrémités inférieures. Il 
n'avait jamais souffert de symptômes cérébraux d'aucune nature. 

Convaincu qu'il se trouvait en présence d'une tumeur complètement solide, M. Hilton 
en proposa l'extirpation. L'opération ne fut entravée par aucune difficulté ; il reconnut 
que c'était une tumeur graisseuse. 

Traitement. — Autrefois on s'abstenait de toucher au spina-bifida, et on l'aban- 
donnait à sa marche naturelle. C'est souvent ce qu'il y a de mieux à faire, car sur 
25 malades o|)érés par Guersant, "24 ont succombé aux accidents inflammatoires 
résultant de l'opération. Mais dans quelques cas, lorsque la lésion est sim[de, pea 
étendue, quelques chirurgiens cherchent à la faire dis|)araître. On emploie dans ce 
but des moyens palliatifs ou curatifs. 

l*» La compression au moyen d'une plaque bien arrangée ou d'une bande garnie 
d'une pelote de crin a été employée par Abernethy et A. Cooper, mais sans succès, 
car la tumeur se reproduisait aussitôt qu'on abandonnait la compression, d'ailleurs 
fort douloureuse. Comme palliatif, ce moyen est excellent, et c'est ainsi qu'ont pu 
vivre, en protégeant leur tumeur, certains individus qui ont atteint l'âge de trente 
et trente-cinq ans. 

On pourra faire cette compression au moyen du coUodion, comme pour la hernie 
ombilicale congénitale. Behrend dit avoir réussi par ce moyen chez un enfant de 
sept semaines. Une couche de collodion riciné (2 de collodion |)our 1 d'huile de 
ricin) fut mise sur la tumeur et recouverte de coton et d'un emplâtre adhésif. Le 
lendemain la tumeur avait diminué et une nouvelle couche fut appliquée ; on la 
renouvela chaque jour. Plus tard on mit du collodion pur et une bande de caout- 
chouc. Enfin, au bout de trois semaines, la tumeur avait disjwru, et la peau, 
épaisse, résistaïUe, resta tendue au devant de la perforation du canal vertébral. 
Pendant la durée du traitement, l'enfant, atteint de phénomènes cérébraux, avait 
pris du calomel. Trois mois aprc'S, la guérison s'est maintenue. 

2* La ponction avec un trocart très-fin a été pratiquée plusieurs fois avec succès. 
Quand je dois recourir à ce moyen, j'emploie la ponction avec l'aspirateur de 
Dieulalby, afin d'éviter les accidents inflammatoires, et après avoir vidé la tumeur, 
j'exerce sur elle une compression douce à l'aide d'un bandage bien appliqué. C'est 
ce qui a été fait dans le cas suivant. 

Observation IV. — Spina-bifida guéri par les ponctions répétées et la compres- 
sion. — Le docteur Camara Cabrai a présenté à la Société des sciences médicales de 
Lisbonne, le 17 février, un enfant de 4 mois guéri d*un spina-bifida congénital. Ap- 
porté à riidpital San-Jose, le 21 novembre 1871, il portail à la région lombo>sacrée 
une tumeur de 40 centimètres de circonférence fluctuante et transparente comme uoe 

rant la peaa de Tenvcloppe fibreuse; H, lipeau; I, filets nerveux à rinténVur de la poche. Le plus aouTeot. 
après avoir 'formé des relîers .H la surface interne de la dure-mère, les filots nerveux s'aplatissent, s'ctaleot 
ou se perdent dans l'épaisseur de la membrane. 



IIYDRORACHIS, OU SPINA-BIFIDA. 85 

iiydrocùle. La pression ne produisait pas'de convulsions et il n'y avait ni paralysie ni 
autre symptôme indiquant une lésion de la moelle épinière. On diagnostiqua une 
hernie des méninges. Une première ponction avec l'aspirateur Dieulafoy eut lieu le 
"29 et donna 400 grammes d'un liquide transparent, jaunâtre, très-albumineux. Li 
compression fut établie avec des bandelettes adhésives et aucun accident ne s'en- 
suivit. Quelques jours après, la tumeur augmentant, une nouvelle ponction donna 
250 grammes de liquide, et une troisième, faite le 1 i d éccmbre, en donna 4*25. L'an- 
fraciuosité existant entre la quatrième et cinquième vertèbre lombaire diminuait 
graduellement. Deux autres ponctions furent faites à deux jours d'intervalle et ayant 
donné 305 grammes de liquide de plus en plus albumineux. Après quelques légers 
accidents cérébraux, la tumeur ne se reproduisit plus et l'enfant se trouva guéri (1). 

Quelques chirurgiens font plutôt V acupuncture que la ponction sous-cutanée. 
Ils suivent l'exemple d'A. Cooper, qui, par des ponctions d'aiguille à coudre 
répétées tous les quatre ou cinq jours et combinées avec la compression, est arrivé 
à guérir plusieurs eufants. Robert et Rosetti, qui ont employé ce procédé dans des 
ciis où il semblait devoir échouer, chez des enfants paraplégiques, ont cependant 
réussi. La compression peut être heureusement remplacée par les applications 
de collodion. Dans les cas heureux, le spiua-bifida et la paralysie ont simultanément 
disparu. 

3' Le séton, conseillé par Richter et Desault, ne trouve plus aujourd'hui de 
])artisans. 11 détermine dans la poche une inflammation qui peut s'étendre aux 
méninges et faire périr les malades. 

i" V excision suivie de suture a été inaugurée par Brumer ; elle a été pratiquée 
|)ar Trowbridge, et plus tard par Duboufg sur trois malades, et deux fois l'opé- 
ration a été couroiuiée de succès. Ce médecin ouvre la poclie et va fermer l'ouver- 
ture racliidienne avec le doigt, puis il enlève par une autre incision ce qu'il y a de 
trop dans les (larois, afui de |X)uvoir les abaisser et les réunir exactement sur le 
dos, au niveau de l'ouverture rachidienne, par le moyen d'une suture entortillée. 

llo\er (de Jonville) a fait connaître (^) un succès obtenu par ce procédé modifié. 

Observation V. — Enfant de trois ans. Une première fois M. Royor avait fait la 
ponction de la tumeur située au niveau des dernières vertèbres lombaires. Le mal 
^*éiîi'\\ reproduit. On fit une seconde ponctio'n avec incision des parois de la poche 
près de la racine, et les lèvres rapprochées se réunirent par première intention. Il 
n'y eut aucun accident. La guérison fut complète, et dix mois plus tard i'eufant étant 
mort d'entérite aigué, on put constater que la guérison avait été obtenue par adhé*^ 
renée de l'extrémité terminale de la queue de cheval et des méninges rachidiennes 
avec la peau cicatrisée. 

In autre fait a été publié par Nott (3) : 

Observation VI. — Un garçon d'un mois présentait à la deuxième vertèbre lom- 
baire une tumeur d'un pouce et demi de diamètre, presque circulaire, ayant trois 
quarts de pouce d'élévation. Le sommet était plat, de couleur rouge chocolat, et au 
centre il y avait une membrane-pellicule mince, translucide, large de trois quarts 
de pouce, à travers laquelle on voyait un fluide séreux. 

On lit deux incisions elliptiques autour de la tumeur, dans la direction de l'épine, 
qui fut disséquée complètement. 11 y avait la peau du tissu cellulaire et les mem- 
branes de la moelle distendues par de la sérosité. Après avoir enlevé le sac, M. Nott 
fit une ouverture dans le canal de l'épine, large comme l'extrémité du doigt. Une 
cuillerée de fluide s'échappa. Il réunit les bor^ avec une seule épingle, fit la suture 
entortillée et plaça du diachylon au-dessus et au-dessous. 

(Il C;iiiiar:i Cabrai, Correio med., mars 1871. 

(il n<iy«'r, Dullrlin de V Académie de médecine. Paris, 1855, t. XXI, p. 33. 

iW» Nou, Giiietle médicale, 1856, p. 102. 



PATHOLOGIE S^PÉCULE DE LA PREMIÈRB KNFA.1CK. 

jour le panseinent fui enlevé. L'adhésion complète |Mr [ireiuiëre 
inieulioa arait eu lieu, si ce n'est dans la portion comprise entre l'épingle et la 
ligature. Néanmoins la plaie guérit hientAl, et au bout de deox semaines tout élail 
cicatrisé. L'enfant n'éprouva aucun trouble. El dormit et leta comme à l'ordinaire, 
.Kprés deui mois la guérisnn se maintenait complète. 

5* Ij Ugalurf circntaire peut être mise en usage, si la liinienr fst pédiculée : 

maisr't-st In un cas très-rare. Je l'ai fait utie fois sur un spina-biûda de la régioa 

cenico-dorsalc apri-s avoir ponctionné la tnmenr et l'enbnt t 

y / guéri. J'ai retiré 50 grammes de liquide transparent, iiicoinrt, 

\ / composé de 65 pour 100 d'albuniinc, de chlorure de sodium, dr 

^i. sulfates et de phosphates lerrcui. — Beynard(l) a fait la /iya- 

^L ^ fHrr linéaire au ino\eii de deux tuyaux de plume, maiDleDus 

H H ^^' ^ '^^ ^^ ^ tumeur par dn sparadrap, et reiiftnnanl, à 

^1 H l'intérieur, un fil qu'on serre graduelleroeni (fig. 0). M. Latîl 

^1 ^M a modifié ce [Htci-dé, ei il a remplacé les tuyaux de plume par 

I H ^*^ ba$;uettes de bois percées de irous de distance en dtstancf 

^P H pour le passée du fil. Sous l'influence de cette coustrictioD 

V_X latérale, les médecins dont je parle ont vu la tumeur se mortificT 

Fie. 9. — Apparrii et pouvoir être séparée au bout de quelques jours. L'adhérence 

icomprM^ian cir- s'établit intérieurement au niveau du point comprimé, et la gué- 

cNUiredeRcynani, ^^^ s'obUeiU ainsi au bout de huit à dii jours. 

pour Ir (mtpnivtil -., . , i ■ ■ .,.■.. , 

du ipina^iiida. ^ Aceotemtnt. — Dubois a imaginé de combiner la ponrtMB. 

la lésion et l'acrolentent. Il vide la tumeur, puis il jdace ï sa bm 

deux lames de fer convexes, présentant à leurs extrémités un col pour recevoir 

des fils ; il serre son pédicule entre les convexités des plaques de manière h produite 

l'accoleinent de la séreuse inlérieun', puis deux épingles sont mises clans des Irous 

pratiqués au milieu des plaques |wur traverser la tumeur et provoquer une inlIaiD- 

ination adhésive. Je préK-re de beaucoup le proci:'<lé de Beynard et I^til, qui i df 

plus que celui-ci l'avaiitage de compter quelque siicci-s en sa faveur. 

7* Ponction et injection. —On a tenté de irailerle spiiia-bifida comme l'hydro- 
cèle et comme l'hydroci^alie, ati moyen d'une ponction et de l'injertion iodre. 
Plusieurs eiiiants sont moHs, mais il parait qu'on a eu quelques succès. Brainard. 
des Ëuts-L'iiis. en 1811, a publié le premier cas de guérison qui ait éléobtem 
par celte mélliode (i). 

1,'observalion a |Mitir objet une jeune fille de treize ans, idiote et paraplégique, 
qui, après avoir subi quinze injections en dix mois sans accidents, a été guérie dr 
sa tuuH'ur et a recouvré en partie l'usage de ses luiiiibres infmeurs et de s» 
facultés inlellecluelles. En outre, Brainard dotiiie l'iiistorique de trois autres as 
de spina-bifida, où il a em)>lové les inji-ctions iochW-s, et mentionne deux auim 
faits qui ne lui sont pas personnels. Dans les li-ois ras qui lui appartiennent, il y 
avait complication d'hydroci-phale ; chez un des enfants, la lunieur s'était rompue 
au moment de l'accouchement et la cavité était le sii'^îe d'une suppuration ab«i- 
dante. Les injections furent commeiKt'-es chez lui et chez un autre i la naissance! 
cher le troisième, le traitement ne commenta qu'à l'ige de trois mois. Les injec- 
lioos non-seulement ne produisirent pas d'accidents, mais amenèrent un chai^e- 
menl rapide et favorable dans b tumeur. Il est vrai de dire que les trws enfants 
sont morts de convulsiwis; mais il but se rappeler qu'ils étaient hîdrocé[*al», 

'1 < Beiiurd. (H Drboul. BuUtliH de thiraotutime. 1856, l L p r*5 
<i> Bninard, BidUlim de ta SodéU it dùrurgie. 



IIYDROnACHIS, OU SPINA-BIFIDA. 87 

el que la guérisoii de la tumeur datait dans uu cas de sept semaines, et dans un 
autre de sept mois, lorsque les convulsions survinrent. Dans le troisième, les con- 
vulsions suninrent après la quatrième semaine de traitement. 

Braillard dit que les deux cas qui ne lui appartiennent pas ont été traités avec 
succès sous sa direction, mais il n'entre dans aucun détail à leur égard. 

I/auteur conclut de ces faits, que les injections iodées faites avec les précautions 
nécessaires sont non-seulement innocentes, mais très-efficaces dans le traitement 
du spina-bifîda, lorsqu'il n'est pas compliqué de vice de conformation grave du 
rachis ou d'hydrocéphale. Les faits observés en Europe, et en particulier ceux qui 
appartiennent à Veljieau et à Chassaignac (1), viennent confimier ces conclusions. 

Brainard emploie au début une solution de 1 milligranmie et demi d'iode et de 
4 milligrammes et demi d'iodure de potassium dans de l'eau distillée, et n'aug- 
mente la force de la solution dans les injections subséquentes que quand il n'y a 
plus de réaction inflammatoire après l'opération. 

La ponction doit être faite dans la peau saine, et le liquide injecté doit être 
maintenu dans la cavité par une compression légère. S'il sunient des convulsions, 
on laisse écouler le liquide, et on le remplace par de l'eau distillée à la tempéra- 
ture du corps. Des applications d'eau fraîche^ sur la tumeur et sur la tète doivent 
être faites |K)ur combattre la possibUité d'une inflanmiation. Quand il n'y a plus ni 
rougeur, ni tension, il faut apphquer sur la tumeur du coUodion, qu'on renouvelle 
tant que la tumeur diminue. On recommence l'injection lorsqu'elle c(»sse de 
diminuer, et après la guérison on doit continuer l'usage du cx)llodion pendant pli»- 
sieurs mois. 

Les règles posées par l'auteur nous paraissent très-judicieuses ; on remarquera 
qu'il exclut l'alcool de la liqueur de l'injection et qu'il ne fait pas ressortir le 
liquide, à moins d'accidents. L'extrême susceptibilité inflammatoire de l'organe 
afTecté nous paraît justifier l'exclusion de l'alcool , et les succès obtenus par 
Brainard avec ce liquide prouvent qu'on avait à tort attribué à l'alcool dans les 
guérisons obtenues par la teinture d'iode un rôle qui n'appartient qu'à l'iode' lui- 
nienie. En effet, des essais ont été faits il y a bien des années pour démontrer que 
la cure de l'hydrocèle s'obtenait tout aussi bien en injectant de l'alcool seul qu'en 
employant Ja teinture d'iode, et celte pratique est aujourd'hui adoptée dans plu- 
sieurs hôpitaux de Paris. L'expérience n'a pas encore prononcé d'une manière 
défmitive sur l'avantage qu'il y a à laisser Je liquide injecté dans une cavité séreuse 
ou à le faire écouler au bout de quelques minutes ; notre pratique |)articulière nous 
rangerait parmi ceux qui croient plus prudent de ne pas laisser le liquide dans la 
cavité ; mais dans le cas de spina-bifida, la conduite tenue par Brainard nous parait 
justifiée par le danger qu'il y aurait à laisser vide la poche qui est le plus souvent 
en communication avec l'encéphale. 

>'ous devons cependant ajouter que Velpeau et Chassaignac ont vidé complète- 
ment la poche dans les cas qu'ils ont traités, et qu'Us ont injecté la teinture d'iode 
étendue d'eau non-seulement sans accidents, mais avec succès. Il n'en est pas 
moins vrai qu'on ne saurait agir avec trop de prudence dans des cas semblables, et 
il vaut mieux suivre les règles instituées par Brainard. 

Voici maintenant l'observation que Chassaignac a fait connaître, et dans laquelle 
la ponction et l'injection de teinture d'iode ont été suivies d'un plein succès. 

Observation \\\,—Hydrorachi8y chez un enfant de cinq mois, offrant à la partie 
inférieure de la colonne vertébrale, au niveau du sacrum, les traces de Vhydrorachis 

i\) Velpeau et Chassaignac, BuUetin de thérapeutiqUè, t. LIV, p 248. 



88 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

actueUement guérie par Vinjection iodée {\). — Le 14 janvier, oa ameaa à Thôpilal 
Saint-Antoine un jeune enfant, alors tige de deux mois. Il avait été présenté à Thôpital 
des Cliniques, à Paul Dubois, qui reconnut la nature de Taflection, mais qui se vit 
dans la nécessité de ne pas Tadmetlre dans ses salles, à cause du petit nombre des 
nourrices affectées au service des enfants nés dans cet hôpital. 

L*enfant, chétif, d*une débilité extrême, offrait, au niveau de la région sacrée, une 
tumeur grosse comme un œuf de poule^ allongée dans le sens yerlical, très-mobile, 
légèrement pédicnlée, ayant l'aspect d'un kyste; elle était fluctuante, transparente; 
la peau, très-amincie, avait néanmoins Taspect de la peau ordinaire. Pendant les 
efforts que faisait Tenfant pour crier, la tumeur devenait excessivement tendue, à on 
tel point même, que Ton pouvait craindre une rupture vers le point de la peau le 
plus aminci. Quand l'effort cessait, la tumeur paraissait moins tendue, la pression 
exercée sur elle déterminait des mouvements convulsifs des membres inférieurs. 

M. Chassaignac, en raison de la gravité du mal, qui menaçait la vie de cet enfant, 
et rendait la mort imminente, se décida à tenter la cure radicale à Taide d'une in- 
jection iodée. 

11 fit d'abord une ponction avec le trocarl ordinaire. 11 sortit environ deux cuillerées 
d'un liquide limpide citrin. Quand la poche fut ainsi vidée, il reconnut le point pro- 
bable de communication de cette poche avec la cavité racbidienne; et appliquant sur 
ce lieu le pouce, il fit une injection composée d'eau et de teinture d'iode à parties 
égales. 11 laissa pendant une minute ce liquide en contact avec la surface interne du 
foyer, puis le fit sortir aussi complètement que possible, et appliqua un pansement 
compressifà l'aide de bandelettes de diachylon. 

L'opération fut très-bien supportée: il n'y eut aucun mouvement convulsif immé- 
diatement. L'enfant fut ensuite emmené en dehors de l'hôpital, et l'on suivit peu la 
marche de la maladie. On dit qu'il y eut à plusieurs reprises des convulsions. Les 
symptômes revêtirent une forme tellement grave, que l'état du malade paraissait 
désespéré. Dès le lendemain, la tumeur avait repris son volume primitif. 

Pendant quinze jours; elle resta ainsi volumineuse, puis elle changea d'aspect ; elle 
diminua insensiblement. On constata alors que sur divers points des parois, on pouvait 
faire sortir comme des plaques indurées. 

EnOn, la tumeur disparut, mais lentement; au bout de trois semaines elle était 
toute flétrie, il ne restait qu'une petite saillie indolore, formée de peau plissée comme 
une vieille pomme conservée. On sentait en son centre le lieu où existait la division 
du sacrum. La santé générale de Tenfant s'améliora considérablement, car il prit 
beaucoup d'embonpoint. Les mouvements des membres étaient faciles; tout, en un 
mot, autorisa à considérer la guérison comme parfaite. 

M. Viard (5) a représenté (fig. 10 et 11) l'état des cicatrices d'un spina-bifida 
traité par l'injection d'une solution iodée. 

Avant d'entreprendre le iraiiement si diflîcile de ce genre de tumeur, il est 
bon de connaître toutes les circonstances qui peuvent en assurer le succès, et on 
peut opérer : 

1** Si l'enfant paraît, du reste, bien constitué, et que la tumeur soit unique; 
2" si la tumeur est pédiculée ; 3** si la peau qui revêt la tumeur est complètement 
formée et qu'elle ne soit pas ulcérée, et si à travers la peau on reconnaît une trans- 
parence uniforme de la tumeur ; 4** si la pression exercée sur tous les pobits de la 
tumeur ne détermine que peu ou point de douleur; 5** si les mouvements imprimés 
à la tumeur sont indolores ; 6° quand la fluctuation se perçoit inégalement et qu'eUe 
arrive d'une manière plus médiate au doigt de l'obsenateur, si Ton cherche à la 
reconnaître au sommet de la tumeur ; 7*» Si la tumeur est simple et ne renferme 
pas dans son intérieur une expansion de la moelle ou des nerfs. En résumé, toutes 
les opérations de l'hydrorachis offrent de giands dangers et de grandes difiicultés. 

(I) Viard, BulUtm de thérapeutique, 1860, l. LIV, p. iU. 
(i) Chassaignac, Gaiette de» hôpitaux, 1851. 



■ [KMIPLÉGIE F 



Elles amènent ordiiisircineiu riiillaninialioji aigiië de la |K>che. et lùeiilôl api'ès. la 
inéninj;i(e racludieuiie, commo l'a Iri-s-lionorableiiient décUrf M.Giiersaiil, d'après 





Fie. 10. — Ciwtrice 



(Viant,i 



-bifiila. r 



CHAPITRE \U 



jvcau-nfs et riifmiplégic faciale 



les résultats de fiiigl-ciiiq opérations qu'il a faites. Viiigt-qualie fois la mon par 

Imêniiigitcaûlé la ruiiséqui^Jirc de reltc rt-dnulable coniplical ion. 
Cliez les f nlknis, il y a l'hémiplégie faciale des m 
ide la seconde enfance. 

La {laialysie faciale des nom eau- liés est uneaffectioiidcla septième paire, causée 
par l'action compressiic du forceps, ou par une contusion de la face contre une 
|)artie siiillante des os du lussiti. 

Smcllie. Paul Dulmis, Danyau, Laudoiizj, Veruoiset Jacqueniier en ont ren- 
contré de nombreux ciemples. 

I.a paralysie faciale des nouveau-nés n'est pas toujours facile â reconnaître, car 
elle cutraine peu de dilTormités. Au repos, la symétrie du visage esta peine alléiée. 
et l'œil entr'ouveil semble éli-e le seul caractère de cette maladie. Il n'eu est plus 
<te iiiéute au moment des cris de l'enfant. Les traits sont bouleversés, la commissure 
des lèvres est entraînée du cOlé sain et la succion fort diflîcile. ('.citendanl la pra- 
lysie ne tarde pas b se dissii^er, et elle dispaïaît ordinairement au bout d'un temps 
qui laiii- entre deux jours et six semaines. 

I,a lueilc ei la langue ne sont pas atteintes par la paralysie (Lauduuzy) et la sen- 
sibilitL^ leur est conservée. 

(;eile paralysie n'a encore été observée que sur un côté de la face ; peut-éire un 
jour la icrra-t-on occuper les deux côtés : ce n'est pas impossible, puisque déjà 
_Smellie l'a vue s'életidrc aui deux membres supérieurs. Danyair (I) a vu aussi un 



m. Cni 



1 médicale. IS51. 



90 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

fait tnVcurieux dans lequel, avec la paralysie de la fac^, il a obsené la parah-sic 
dans le bras du môme côté, et cette paralysie était due à un épanchement de sang 
autour du plexus brachial à son origine. Depuis ce point jusqu'en dehors des sca- 
lènes, les branches qui concourent à la formation du plexus présentaient une teinte 
sanguinolente qui ne disparaissait pas par le frottement. Au delà des scalèues, au 
niveau du creux axillaire, les nerfs étaient décolorés comme dans Tétat normal. Le 
tissu nerveux présentait du reste partout sa constitution normale. 

Le nerf facial présentait aussi à sa sortie du trou stylo-mastoîdieu im épanclie- 
ment sanguin. 

Évidemment, ici, la paralysie a dû être causée par la compression des branches 
du forceps, comme d'ailleurs cela s'obtient dans tous les cas de ce genre. 

Si la paralysie dure depuis longtem|)s, ou devient incurable et que l'enfant meuiT 
d'une maladie intercurrente, on trouve le nerf facial plus ou moins altéré dans sa 
structure ainsi que les muscles qu'il anime, mais cela est rare. — J'ai vu, dans 
deux cas, le nerf de la septième paire dépouillé de son névrilème grisâtre à partir 
du trou stylo-mastoïdien. — Une fois il était demi-transparent. — Le cylindre 
d'axe avait disparu et la myéline était convertie en gouttelettes Huileuses et en gra- 
nulations très-fines. Sur un cas très-ancien, les muscles étaient pâles, un peu atro- 
phiés et moins nettement striés que de coutume. 

L'hémiplégie faciale des nouveau-nés produite par le forceps se termine ordinai- 
rement assez vite par une guérison entière, si la compression n'a pas été trop forte 
et il faut seulement coucher l'enfant sur le côté non paralysé, garantir de la lumière 
l'œil qui ne ferme pas, et employer le biberon si l'enfant ne saisit pas bien le mame- 
lon de sa nourrice. 

Quand la paralysie se prolonge, il faut frictionner la peau avec des liniments 
excitants, doimer des douches de va|)eur d'eau, diriger des fumigations émollientes, 
appliquer de i>etils vésicatoires volants sur la face au niveau du nerf facial, et em- 
ployer la galvanisation. 

Hémijh'gie faciale de la seconde enfance, — Chez les enfants plus âgés, l'hé- 
miplégie faciale est le symptôme d'une méningite aiguë ou d'une affection chronique 
du rer>eau. Dans quelques cas, il n'y a que de l'otite chronique, suppuration de la 
caisse, avec carie du rocher, destruction du nerf de la septième paire constituant 
une maladie locale, étrangère au ceneau et ne pénétrant pas dans le crâne. J'en 
reparlerai un peu plus loin. 

J'ai vu plusieurs faits de ce geine: entre autres, un qui est relatif à un enfant de 
deux ans. Pendant huit jours cet enfant avait en, un mois avant, de la fièvre, de 
la sonmolence, des vomissements et de la consti{)ation ; puis tous ces accidents 
avaient dispaiii en laissant une hémiplégie faciale. Conmie il n'y avait eu ni contu- 
sion, ni oton-hée, il m'a semblé que cette hémiplégie devait résulter d'une ménin- 
gite avortée ou pseudo-méningite. (Voy. ce mot.) 

CHAPITRE XIII 

PARALYSIE nu DELTOÏDE 

La paralysie du deltoïde, entraînant la paralysie du bras, est une maladie acci- 
dentelle assez rare. Jacquemier en a rapjwrté un exemple (1). 

Observation ï. — IJn enfant fort cl bien constitué, ne après un travail assez long 
et assez pénible, offrit aux personnes chargées de le soigner une différence entre les 

H) Jacquemier, Blanuel des accouctiements. Paris, 1846. 



PARALYSIE DU DELTOÏDE. !)i 

deux membres supérieurs. Les deux bras étaient également développés, mais le droit 
était comme pendant et se tenait rapproché du tronc; le moignon de Tépaule parais- 
sait un peu affaissé et moins arrondi. Le bras soulevé retombait inerte, par con- 
traste avec le membre opposé. \jes mouvements de la main, de Tavant-bras, s'exer- 
çaient librement, mais sans que le bras y prit part autrement qu'en se portant un peu 
en avant ou en arrière. 

L'n instant .lacqucmier crut voir dans cette paralysie du deltoïde une afTection 
congénitale ; mais il cliangea bientôt d'opinion, d'après h marche de la maladie qui 
dispanit complètement au bout de vingt jours. Il considéra cet accident du travail 
de parturition comme fortuit, et l'attribua à la compression du nerf axillaire contre 
l'humérus, dans le ]X)int où il s'accole à la face profonde du muscle deltoïde. 

Otte explication est juste et s'applique encore mieux à l'exemple que j'ai observé 
en 18Gi. 

Observation II. — Dans la famille D..., M. le docteur Caron amena au monde, à l'aide 
du forceps, une enfant que l'on crut morte pendant une heure. Sa télé était Aplatie 
par le forceps et portait sur le front les traces d'une pression qui persistèrent quel- 
ques mois. Une fois rappelée à la vie, elle était paralysée du deltoïde gauche, et son 
bras était immobile. — Je lui prescrivis l'électrisation et des frictions stimulantes, 
ce qui fut fait et ce qui amena la guérison au bout de trois mois, sans laisser 
d'atrophie. 

J'ai revu l'enfant à l'âge de trois ans et elle n'a aucun trouble du mouvement ni de 
rinlelligencc. 

Le docteur Polaillon en a cité un cas semblable. 

Observation III. — Paralysie du bras gatiche chez un nouveau-né. Un enfant 
mâle, né le 8 janvier à la maternité de Cochin, présentait une paralysie complète du 
uiembre supérieur gau^ie. Cet enfant, très-bien conformé el très-vigoureux, mouvait 
avec énergie ses autres membres, mais le bras droit restait immobile, el lorsqu'on le 
soulevait, il retombait inerte le long du corps. La coloration du membre paralysé 
était semblable à celle du côté sein, la température, appréciée avec la main de^ l'ob- 
servateur (sans avoir employé un thermomètre), ne présentait pas de modification, et 
/a sensibi/i(é eufnnée paraissait diminuée, mais n'était pas complètement abolie. 

L'accouchement avait été naturel. La mère, âgée de vingt-trois ans, petite, mais 
avec un bassin bien conformé, mettait au monde pour la seconde fois. Il n'y avait eu, 
pendant le travail, aucune traction, aucune manœuvre obstétricale. A un examen mi- 
nutieux, je ne trouvais sur le corps de cet enfant aucune trace de violence, et en par- 
ticulier le bras et la partie latérale droite du cou ne présentaient aucune ecchymose 
ni aucun gonflement. Il n'y avait pas non plus une luxation de Tépaule, qui aurait pu 
expliquer la distension des nerfs du plexus brachial, et la paralysie consécutive. 
Cependant cette paralysie a eu, dans mon opinion, une origine traumatique; l'enfant 
dont il s'agit était très-volumineux, il pesait neuf livres; la tète s'est dégagée dans 
la position occipito-iliaque gauche antérieure; mais en raison de l'étendue du dia- 
mètre dos épaules, l'épaule postérieure, c'est-à-dire la gauche, n'a pu se dégager 
qu'après une compression, qui a dû être considérable, au niveau de la partie latérale 
gauche du cou. Je pense donc que le plexus brachial a été comprimé, et que cette 
compression, qui n'a pas laissé de trace, a été la cause de la paralysie du bras gauche. 
('Jiose remarquable, c'est qu'en interrogeant la mère, elle nous apprit que son 
premier né était venu au monde avec une paralysie semblable, mais au bras droit. 

Dans ce cas, comme dans celui que nous avons eu sous les yeux, la paralysie a été 
passagère. Vax cflet, vers le troisième jour, l'enfant put exécuter quelques légers 
mouvements spontanés. Peu à peu, ces mouvements ont acquis plus d'amplitude. 
lx>rs(iue la mère a voulu sortir de la Maternité, dix jours après l'accouchement, nous 
avons constaté que la paralysie avait disparu, mais que les mouvements n'avaient pas 
encore acquis tout à fait la même force que celle qu'ils avaient du cêté droit. 



A 



9!2 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

A un âge plus avancé, la paralysie du deltoïde s'observe quelquefois comme a(Tec> 
tion rhumatismale et conmie paralysie myogénique (voy. ce mot), ou paralysie essen- 
tielle de Tenfance. Elle vient subitement dans le jour ou pendant le sonmieil, et ce 
bras reste inerte, ne conservant que les mouvements antérieurs et postérieurs, 
ainsi que ceux de Tavant-bras et de la main ou des doigts. — La contractilité élec- 
trique a aussitôt disparu, et ce mal dure longtemps. Si le muscle s'altère et devient 
graisseux, il y a tout lieu de craindre l'iiicurabilité, mais si la contractilité repa- 
raît, alors la guérison peut avoir lieu. — Elle se produit au bout de un à six mois. 

Traitemem. — Les frictions stimulantes, le massage, les douches de vapeur 
et Télectrisation par courants continus, sont ce qu*il y a de mieux à employer. — 
J*ai vu de nombreux faits de cette forme de paralysie qui se sont ainsi tenninés 
heureusement, et Tun d'eux a été particulièrement Tobjet de mon attention, car 
il s'est passé dans ma famille sur un de mes enfants. 



CHAPITRE XIV 

SPASME DE LA GLOTTE, OU PHRÉNO-GLOTTISME 

Le spasme de la glotte, ou phréno-glottisme, est une affection convulsivo et inter- 
mittente du diaphragme, caractérisée par de courts accès de suffocation revenant à 
des intenalles fort variabh^s. 

C'est la maladie signalée en 1813 par Hamilton et qu'on appelle quelquefois si 
faussement goitre des nouveau-nés (Betz), asthme thymique, en raison 'de la 
croyance qu'on a eue de l'attribuer à l'hypertrophie du th}miis, asthme de Koppy 
du nom d'un de ses observateurs, asthme laryngé, asthme infantilCy croup 
cérébral y etc. Quoique la dénomination de spasme de la glotte ait été adoptée 
par Hérard, je n'ai pu l'accepter, parce qu'elle a l'inconvénient de désigner un 
phénomène de la coqueluche, du faux croup, de Thystérie, ou un accident de ceux 
qui avalent de travers, et qu'elle ne représente pas exactement la maladie distincte 
et spéciale que je vais décrire. En effet, elle offre à obsener un spasme de la 
glotte et du diaphragme réunis, tandis que le siwsme de la glotte isolée est le 
caractère pathognomonique du faux croup, ou laryngite striduleuse, maladie essen- 
tiellement différente. 

Causes. — Le spasme de la glotte, ou phréno-glottisme, est une maladie des 
nouveau-nés et de la première enfance qui s'obs(»rve surtout entre deux et seize 
mois. Beau et Bacquias (1) disent l'avoir obsené chez des adukes'et chez des vieil- 
lards, mais ce sont des erreurs de diagnostic ; et l'un des cas de mort subite rap- 
jx)rté par Beau à un spasme de la glotte peut aussi s'expliquer par une embolie 
restée inapiTçue. Elle est deux fois plus fréquente chez les garçons que chez les 
fiUes, et attaque les sujets neneux, faibles ou rachitiques, plutôt que les sujets 
forts et \igoureux. 

Kopp, Millar, de Betz, l'attribuent à Thypertrophie de la glande thyroïde, 
d'autres à la persistance du trou de Botal, à l'hypertrophie des glandes du cou, et 
Elsaesser au rachitisme accompagné du ramollissement de l'occipital ou cranio- 
tabès. II se montre quelquefois chez des enfants nés de njères délicates, excitables 
ou nerveuses, et, ce qui prouve bien la disi)osition originelle de la maladie, c'est 
sa présence successive chez tous k»s enfants d'une même famille, ainsi que RuU- 
mann, Kopp, Marshall-Hall, Toogood, etc., en ont rapporté plusieurs exeni|^es 

0) Bacquias. Thèses de Paris, 1853. 



SPASME DE LA GLOTTE, OU PHRÉNO-GLOTTISNE. 93 

Cela n'a rien d'extraordinaire, dit Hérard, pour ceux qui savent que la maladie 
est de nature convulsive, et qu'il n'est pas rare de voir tous les enfants d'une même 
famille périr de convulsions. 

Le spasme de la glotte, ou phréno-glottisme, est une maladie des pays du Nord, 
et de riiiver en particulier. Ses accès sont excités et provoqués par la déglutition 
et surtout par celle des liquides, par le réveU, par les émotions, les contrariété?, 
les mouvements du corps en avant pour ramasser un objet, la frayeur, par la con- 
stipation, par le travail de l'évolution dentaire sous l'influence de l'action réflexe 
qui résulte des rapports du nerf trifacial avec la gencive malade (1), par la stoma- 
tite, l'angine, les affections pidmonaires, etc. 

On cite un cas curieux d'un petit enfant, qui eut un premier accès de spasme 
mortel avec contracture des extrémités sous l'influence de la déglutition d'une pe- 
tite dose d'huile de ricin (â). N'y a-t-il pas eu là une asphyxie produite par le 
passage de l'huile dans les voies aériennes chez l'enfant qui aurait avalé de travers? 
C'est une question que je me borne à poser sans prétendre la résoudre. 

SjiDptômes. — Cette maladie se manifeste ordinairement sans aucun phéno- 
mène préciu^ur. Son début est toujours le même. Tout à coup la respiration 
s'arrête , le diaphragme cesse de se mouvoir, et il semble que la glotte vienne 
d'être brusquement close; la respiration est bruyante, profonde, serratile ; 
l'expiration (*st aussi quelquefois très-pénible. Quelquefois la respiration semble 
s'arrêter, l'enfant étouffe jusqu'à ce qu'une nouvelle inspiration suivie d'un cri 
vienne le rendre à l'existence. Pendant quelques secondes il y a menace de suffo- 
cation, et la physionomie trahit une vive angoisse; la bouche est largement ou- 
verte, comme pour aspirer l'air qui manque; la tête se renverse en arrière, 
les yeux restent fixes, le visage devient bleu; il y a en un mot asphyxie com- 
mençante. 

Le pouls s'accélère et devient petit ou insensible ; les battements du cœur sont 
tumultueux et irréguliers. La poitrine est immobile et tendue; ses muscles sont^m 
quelque sorte tétanisés, et le murmure vésiculaire a cessé de se produire. 

La peau est visqueuse, froide; des évacuations involontaires ont lieu; l'intelli- 
gence reste libre, mais les mouvements sont fréquemment penertis. Des contrac- 
tures ont lieu aux extrémités des membres, aux doigts en particulier. Les pouces 
se fléchissent toniquement dans la main; le gros orteil sur la plante du pied. 
Hérard a observé cette contracture aux genoux et aux coudes. Elle se développe 
aussi dans les muscles du cou en formant de VopisthotonoSy et dans les muscles de 
l'œil. Quelquefois la contracture est remplacée par des convulsions cloniques épi- 
leptiformes; mais, dans ce cas, le phréno-glottisme n'est cpie le commencement 
d'une attaque d'éclampsie. 

Au l)out de quelques instants, le spasme du diaphragme diminue; la respiration 
revient, mais elle est un peu saccadée et la première inspiration est sifflante et ac- 
compagnée d'un petit bruit sonore, comparable à un hoquet très-aigu. 

Kopp indique comme caractéristique de cette maladie, la propulsion de la langue 
Jiors des arcades dentaires, au moment de l'accès. Dans un cas soumis à mon 
obsenation, la langue était toute noire comme celle d'un perroquet, disait la mère 
xle l'enfant; mais ce phénomène n'est pas constant, car je ne l'ai pas toujours 
rencontré, et Hirsch, Hachmann, Hérard, ne l'ont pas noté dans leurs obser- 
vations. 

Les accès de phréno-glottisme durent de quelques secondes à une ou deux mi- 

(]) cil. West, De la mort subite che* les nouveau-nés, 
{i) Médical Times and Gaetie, 26 novembre 1859. 



04 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

nutos au plus. Les cas dans lesquels la convulsion aurait duré davantage ont été 
mal obsenés, ou alors les accès auront été faibles, entrecoupés par des repas, car 
il est impossible d*adniettre qu'un enfant soit resté sans respirer pendant quinze 
minutes et davantage, comme cela est noté dans une observation de Hauiî, et dans 
une autre de dspari. Ces accès viennent à des époques variables, tous les mois, 
toutes les semaines, la nuit, le jour, et même toutes]* les heures. Hérard en ai 
compté vingt-cinq en une nuit, et Haclimann cinquante en douze heures. J'en ai 
vu quarante en une heure. 

Dans Tintenalle des accès, la voix n'est pas chang(V, les enfants ne toussent pas 
et l'examen de la gorge permet souvent d'apprécier une rougeur due à l'angine 
tonsiUaire ou à la stomatite causée par le travail de la dentition. 

Les enfants sont gais et en apparence bien portants. La respiration est facile, le 
pouls est bon; il n'y a pas de fièvre, et les fondions digestives s'accomplissent n*- 
gulièremént. 

Cependant, si les accès sont frcHjuents, et si la convulsion phréno-glottique est 
très-intense, compliquée ou non de contracture des doigts, les enfants sont abattus, 
fatigués, maussades, et souffrent évidemment de l'asphyxie passagère à laquelle ils 
ont été soumis. 

Quelquefois ces enfants s'affaiblissent insensiblement, et sont pris de fiè\Te; 
l'appétit diminue, la diarrhée survient; les paupières et les lèvres se recouvrent 
de croûtes; l'enfant, en un mot, est pris d'une fièvre hectique qui le mène len- 
tement au tombeau, s'il n'est pas emjwrté par une attaque convulsivc. 

Chez les nouv€»au-nés, lorsque le mal débute peu après la naissance, vingt-quatre 
ou quarante heures après ce moment, la respiration ne s'établit jws régulièrement, 
et la ix*au semble congestionnée dans le dérnbitus dorsal. Le visage et lc*s mains 
paraissent un peu œdématiés et i)lns rouges fjue le reste du corps; puis viennent 
de temps a antre des inspirations i)éiiil)les un |)en sidlanles, de la difficulté pour 
tCtcr et rester au sein, ce qui amène souvent de ^é^tal)les crises de suffocation ou 
d'étouffement, et enfin une api)arence d'asphyxie suivie de convulsions partielles 
ou générales (fuand on laisse les enfants sur le dos. 

Le phréno-(jlottisme se présente sons deux formes un peu différentes observm 
par Caspari, llirsrh et Hachmann. Dans la première, le phréno-glottisine existe 
seul, c'est la forme spasmodique; dans la seconde, la convulsion se montre chez 
des enfants qui sont enroués et qui toussent, c'est la forme calarrluile. Il n'y a 
pas lieu à maintenir cette division, qui n'est pas suffisamment justifiée. M. Hérard, 
de son côté, a aussi établi quelques divisions, suivant qu'il y a spasme isolé du 
larynx, ou spasme isolé du diaphragme, aïKjiiel cas ce ne serait i)lus un spasme de 
la glotte, et enfin lorsqu'il y a spasme simultané du larynx et du diaphragme. Ces 
distinctions ne sont pas davantage admissibles, car en lisant les obsenations 
mêmes de M. Hérard, on voit que le double spasme ou la double convulsion a 
existé en môme temps chez tous ses malades. 

Lephréno-glottismedure de quelques heures à quelques jours et quelques mois. 
Des enfants ont plusieurs attaques et guérissent; chez d'autres, les attaques se 
renouveUent plus ou moins fréquemment, pendant assez longtemps, sous l'influence 
des causes que nous avons énumérées précédennneiit, et finissent aussi par dispa- 
raître. Alors les attaques sont peu éloignées et les accès successivement moins 
violents. Les maladies aiguës intercurrentes les font cesser rapidement, absolument 
comme dans la coqueluche. 

Lu certain nombre d'enfants guérissent, [mais beaucoup meurent de ces convul- 
sions phiéno-glot tiques, et je crois qu'il faut rapporter la mort à l'une des trois 



SPASME DE LA GLOTTE, OU PHRENO-GLOTTISME. 95 

causes sui vailles: 1* à Tasphyxie qui résulte de rîmmobilité trop prolongée du 
diaphragme ; ^'^ aux lésions cérébrales telles que la congestion du cerveau et Thé- 
morrbagio méningée, ou à Tébranlement du tissu nerveux lui-même; 3* enfin, à 
répuiseinent des forces. Dans ce dernier cas la mort est lente, et résulte des 
troubles profonds survenus dans l'hématose et consécutivement dans les autres 
fonctions. 

Le phis ordinairement la mort a lieu par asphyxie subite et rapide, comme on 
peut le voir sur tmis cas publiés par M. Perrin (1). 

Diagnostic. — Le diagnostic du phréno-glottisme est quelquefois embarrassant*. 

Il est souvent assez difficile de le distinguer des spasmes isolés du larynx ou des 
bronches qui forment la laryngite striduleuse. Voici d'ailleurs, en quelques mots, 
la caractéristique de ces différentes maladies convulsives. 

Dans la laryngite striduleuse, ou faux croup, il y a pendant la nuit une toux 
rauque, sonore, sifflante et sèche qui revient par quintes et qui menace l'enfant de 
suffocation. 

Dans le phréno-glottisme, arrêt momentané de respiration, sui\1 d'une inspi- 
ration bruyante, comme un hoquet, produisant des symptômes d'asphyxie et pas 
de toux. Ici, encore, il y a à la fin de l'accès des contractures dans les doigts qui 
n'existent pas dans le faux croup. 

Quelques autres ' maladies pourraient encore être confondues avec le phréno- 
glottisme: ce sont la coqueluche et Tcedème de la glotte; mais la coqueluche est 
caractérisée par une toux conviilsive et des quintes de toux séparées par de longues 
inspirations sonores et sifflantes connues sous le nom de reprise; cette toux et 
cette reprise ne ressemblent en rien à la suffocation ni au hoquet du phréno- 
glottisme. Quant à l'œdème de la glotte, il n'existe pas chez les jeunes enfants, ou 
du moins il est extrêmement rare, et dans ce cas, il se révèle par une inspiration 
sifflante ou pénible, accompagnée d'une expiration très-facile. 

Proncmtic. — Le phréno-glottisme est une affection convulsive fort grave. C'est 
une névrose qui fait périr un gi*and nombre de jeunes enfants. Un tiers succombe 
aspinxié au moment d'un accès. Quelques autres sont emportés par des maladies 
intercurrentes ou consécutives. La moitié au plus finit par guérir. 

La gravité de cette affection est d'autant plus grande que les enfants sont plus 
jeunes, plus délicats, que les accès sont plus fréquents ou plus prolongés, et 
qu'elle est plus compliquée. Des convulsions générales annoncent souvent une 
mort prochaine. 

Anatomle pathoioKlqoc. — Les enfants qui succoml)ent au phréno-glottisme 
ci à des convulsions phréno-glottiques ne présentent pas de lésions anatomiques 
suffisantes |K)ur exphquer la mort. La muqueuse buccale et laryngée ne présente 
rien de spécial; les poumons sont emphysémateux, comme ils le sont toujours 
dans le jeune âge à la suite des maladies suffocantes, et l'on ne trouve aucune 
altération appréciable du cerveau, de la moelle, des nerfs phréniques, pneumo- 
gastriques et récurrents. 

S'il y a des altérations anatomiques chez les enfants qui succombent, elles sont 
purement accidentelles, et il n'en est pas une qui puisse être considérée eonmie 
la véiitable cause des accidents. La cause anatomique du mal reste absolument 
inconnue. 

K()|)j) et ceux de ses adeptes, notamment Frédéric de Betz, qui considèrent le 
phréno-glottisme comme le résultat de l'hypertrophie du thymus, constituant 

(1) Perrin, Union médicaley 1862, p. 332. 



9G PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Vasthme thymique, pensent que cette hypertrophie comprimant la trachée et 
Topsophage existe toujours. C*est une erreur. Hirsch a vu périr un enfant de cette 
maladie sans trouver Thypertrophie du thymus, et il en fut de même cinq fois sur 
six chez les enfants observes par Hérard. De plus, dans l'état normal , j'ai \ti, 
comme Haller, Meckel, Burdach et bien d'autres, bon nombre de cas d'hypertrophie 
du thymus sans accidents coniiilsiCs de la glotte, et ceux qui pour le croup ont sou- 
vent fait des trachéotomies chez les enfants savent combien souvent on trouve l'aug- 
mentation de volume de la glande thyroïde. Il en résulte que le thymus n'est pas 
hypertrophié dans tous les cas de phréno-glotlisme, tandis qu'il est au contraire 
atteint d'hypertrophie chez des enfants très-sains ; donc l'hypertrophie du thymus 
n'est pour rien dans la maladie que je viens de décrire. 

D'autres médecins, qui ont trouvé chez plusieurs enfants l'hypertropliie et U 
tubiTCulisation des glandes du cou, se sont imaginé d'en faire la cause du phréno- 
glottisme. Mais, pour une fois par hasard que ces deux choses se trouveront réunies, 
on les rencontrera cent fois isolées Tune de l'autre, ce qui étabht suffisamment leur 
indépendance réciproque. 

On a aussi rencontré très-souvent la persistance incomplète du trou de Botal avec 
le phréno-glottisme et les convulsions phréno-glottiques, et Kopp a considéré cet 
état anatomique comme la cause des accidents. G'e^t encore une méprise. Hérard 
a examiné le cœur de quarante enfants de deux à trois ans, morts de toute autre 
maladie que le phréno-glottisme, et il a trouvé vingt fois la communication des deui 
oreillettes. 

Quelques altérations du crâne et du cerveau, telles que la congestion et l'épan- 
chement de sérosité dans les méninges ou dans les ventricules, et le ramollissement 
rachitique de l'occiput, ont été indiqués connue cause de la maladie. Cela n'est 
pas démontré quant à l'action du rachitisme, et relativement aux altérations dii 
cerveau sus-indiquées, elles ne sont très-certainement qu'un effet de la maladie. 
Ces altérations, évidemment consécutives, résultent de la gène de la respiration et 
de la circulation qui a précédé la mort. D'autres ont pensé que la moelle pourrait 
bien être malade, enflammée peut-être; mais comme ils se sont abstenus d'en 
fournir les preuves, leur opinion est non avenue. 

En résumé, l'hypertrophie du thynuis, l'hypertrophie des glandes du cou, leur 
d<'*générescence tuberculeuse, la persistance du trou de Botal, la congestion céré- 
brale, la suffusion séreuse des méninges, qu'on a tour a tour invoquées pour rendre 
C4)mpte des convulsions phréno-glottiques, n'expliquent point ces accidents. C'est 
par suite d'un abus de l'anatomie pathologiqut*, et faute d'avoir fait des re- 
cherches comparatives, que des médecins, d'ailleui*s fort honorables, ont pris pour 
ciiuses de simples coïncidences, ou même, hélas ! se sont mépris au point de trans- 
former les effets en causes. 

Traitement* — Le phréuo-glottisme, ou spasme de la glotte, doit être combattu 
au moment des attaques, dans l'intervalle des accès, et en dehors de ces attaques, 
afm d'empêcher leur retour. 

Au moment de l'accès de suffocation, il faut jeter de l'eau sur le visage, exposer 
le cxNps à l'air extérieur, tremper les pieds dans l'eau de savon chaude, frotter les 
jambes avec un Uniment volatil ordinaire et faire respirer de l'éther ou du chloro- 
forme, dans le but d'assouplir les muscles tétanisés. Or, ici, le spasme de la glotte 
formant le principal élément de la maladie, c'est lui qu'il faut combattre et détruire. 
I-.e chlorofonne réussit achnirablement et guérit l'accès d'une manière instantanée: 
dans ce cas, l'éthérisation et l'emploi du chloroforme exigent les plus grandes pré: 
cautions, afm de ne pas ajouter un nouveau danger et une seconde chance de mort 



98 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

il lutta avec des applications de sangsues, Toxyde de zinc, Tasa loetida et le calomel 
à doses fractionnées. C'est une médication que j'approuve entièrement. 

Voici des exemples qui pourront donner une idée du mode d'administratioo 
suivi par Salathé : 

Observation I. — Un enfant de deux ans, atteint de spasme de la glotte depuis 
ppès d'un an, avait jusqu'à vingt et trente attaques par jour, dont un bon nombre avec 
des convulsions généralisées. On prescrivit O^^IO de musc, en seize paquets, dont 
quatre à prendre chaque jour. Au bout du quatrième jour, les accès étaient très^rares 
et faibles. La dose terminée, on en donna une autre, égale à deux paquets seulement 
jpèT jour, et une guérisou complète fut le résultat de cette médication. 

Observation II. — Un enfant de neuf mois, atteint depuis huit jours d'accès de 
suffocation qui en étaient venus à mettre sa vie en danger, et se répétaient jusqu'à six 
fois en douze heures, fut amené le 8 décembre à Salathé, qui, témoin d'un accès, 
reconnut le spasme glottique et fit la prescription suivante : musc, 09'',05; potion 
gommeuse, 80 grammes, à prendre par cuillerée à café d'heure en heure. 

Le 9 décembre, quatre accès faibles. Continuation du médicament. 

Du 9 au 10, plus d'accès. — L'enfant prend le reste de la potion. 

Quelques médecins ont sérieusement proposé la trachéotomie au moment de 
l'accès, lorsque la suffocation est inmunente ; mais ils ne l'ont jamais pratiquée, 
heureusement pour leiu* honneur. D'autres, guidés par de fausses idées sur la 
nature de la maladie, et la croyant occasionnée par rhyi)ertropIiie du thymus, ont 
conseillé l'extirpation de cette glande; de plus sages, également conTaincus de 
l'action du thymus dans le phréno-glottisme, se sont contentés de provoquer son 
atrophie, les uns par le sevrage, la diète et les sangsues tous les quatre jours; les 
autres, parmi lesquels se trouvent Kopp et ses partisans, au moyen de l'iode, de 
l'iodure de potassium, de l'éponge brûlée, de l'huile de foie de morue, du calo- 
niel, etc. 

Aphorisnies. 

57. De courts accès de suffocation et d'asphyxie, brusques et apyrétiqucs, 
tenninés par un petit hoquet très-aigu annoncent les convulsions phréno-glottiques 
du spasme de la glotte. 

58. Le phréno-glottisme cesse très-souvent sous l'influence d'tme maladie aiguë 
intercurrente. 

59. Le phréno-glottisme guérit par le déplacement et par le transport des euÊmts 
à la campagne. 

60. Le phréno-glottisme suivi de convulsions générales est une maladie mor- 
telle. 

CHAPITRE XV 

TpTANOS 

Le tétanos des nouveau-nés a été quelquefois décrit sous le nom de trismus de$ 
nouveaUrnéSy parce qu'il est souvent borné à un serrement de mâchoires; et 
d'éclampsie tétaniformey parce que c'est de l'éclampsie ayant l'apparence du 
tétanos. C'est une névrose caractérisée par la convulsion tonique permanente des 
muscles du thorax, des gouttières vertébrales et des membres, accompagnée de la 



I 



100 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

intermittent, puis continu ; les mâchoires et la langoe sont roides, la succion est 
impossible, et bientôt la roideur gagne les muscles du cou, du dos et des membres. 
ïjes mains se fléchissent, les doigts se contractent et les orteils se recourbent soli- 
dement sur la plante des pieds. Il en résulte un opisthoUmos plus ou moins pro- 
noncé, qui permet de soulever l'enfant conune une barre, en le prenant par une de 
ses extrémités. 

l/opisthotonos existe quelquefois seul, sans secousses tétaniques, et Tenlaiit pâle, 
abattu, poussant quelques cris isolés, reste immobile ; ailleurs, cette roideur ds 
coq)s est interrompue par des secousses convulsives cloniques d'une force phn 
grande qui se reproduiscMit à des intenralles plus ou moins rapprochés. A chaque 
secousse Tenfant s(* roidit (*t s*élance au-dessus du plan de son lit ; il pousse des 
cris: sa face rougit et gonfle; ses yeux s*injectent; la langue se meurtrit et de 
l'érume blanclie apparaît à la bouche. Le moindre bruit, un simple contact, oo 
Taction brusque de la lumière, la présence des boissons, provoquent de nouTcttes 
secousses toujours tn*s-douloureuses. 

I/ictèrc accompagne presque toujours le tétanos d(*s nouveau- nés ; chez d'antres, 
on a ol>sc*né comme complication le sclérème, le ténia, etc. Le docteur Mov- 
saud, de Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), a obsenéau sixième jour une érup- 
tion cutanée de roséole qui a disparu au bout de quarante-huit heures. 

OiiSERVATiON I. — L. Mangon (deMauzé), né à terme le 2â avril 1853, offre peodtot 
la première semaine tputes les apparences d*uiie bonne sanlé et prend avec avidité le 
sein de sa mère. Au septième jour, chute du cordon ombilical sans aucune apparence 
de rougeur ni d'inflammation. La mère, dont raccouchement et les suites de couches 
ont été heureux, jouit d'une parfaite santé. 

I^e 30 avril et le 1«'''niai, l'enfant tette moins bien ; le mamelon, qui du reste est 
volumineux, est saisi avec peine. 

Le S, cette difficulté augmente, et l'enfant refuse obstinément le sein. 

Le 3, appelé près du petit malade, je constate l'état suivant : 

Trismus prononcé ; il faut une force considérable pour écarter les mâchoires, et 
lorsque le doigt est introduit, il est pressé avec beaucoup d'énergie par l'eufanL Le 
trismus cesse de temps en temps, au moment où l'enfant crie, et dans cet instant on 
peut examiner la cavité buccale, qui n'offre dans sa couleur et sa texture rien d'anor- 
mal. Lorsqu'on présente un peu de lait coupé, il est ingéré avec facilité. ïas cri est 
fort, le faciès calme, la respiration normale. Le ventre est sensible et un peu mé- 
téorisé ; on remarque à des intervalles égaux des mouvements spasmodiques dans les 
bras ; fixité très-prononcée du regard. — Lait coupé, lavements émollients, cata- 
plasmes sur le ventre, frictions avec une flanelle sèche sur la colonne vertébrale. 

Us 4 et 5, mômes symptômes et même traitement. 

Le 0, même état; le cri continue à être fort, la déglutition se fait passablement. 
On remarque sur le ventre, aux mains, au cou, une éruption ayant l'aspect d'une 
roséole ; cette éruption a disparu après deux ou trois jours. 

Les 7 et 8, roideur prononcée de la jambe et de la cuisse gauches ; inflexion du 
rachis. L'enfant est penché sur le côté gauche d'une manière à peu près constante, 
Trismus pres^Jue continu : l'enfant ingère cependant de temps en temps un peu de 
lait coupé. Le cri est moins fort. — On ajoute quelques gouttes d'éther aux lave- 
ments. 

Le 9, l'état s'aggrave, et l'enfant succombe le 10 au matin. 

Pendant les trois ou quatre derniers jours, l'enfant a été pris de sueurs assez fré- 
quentes à la tète et sur diverses parties du corps. 

La femme Mangon, au quatrième mois de sa grossesse, a été atteinte d'une légère 
affection typlioïde, mais elle est entrée en convalescence au quinzième jour, et nous 
ne pensons pas que celte circonstance puisse être prise en considération pour 
l'éliologie de la maladie de cet enfant, sur laquelle rien de précis ne peut étr 
indiqué. 



TÉTANOS. 101 



Ou ne sut pas s*il existait des lésions dans les centres nerveux, l'autopsie n'ayant 
pas été faite (i). 



Marche, durée, tennliialflOB* — La maladie dure de trois h quatre jours, 
mais après douze ou vingt-quatre heures les convulsions cessent et Venfant tombe 
dans le coUapsus. Son corps est amaigri, sa face altérée, bleuâtre, froide comme les 
exti*émités des pieds et des mains. La respiration est pénible, entrecoupée, sterto- 
reuse, le pouls absent et les battements du cœur à peine appréciables à Toreille; la 
laiblesse est excessive et la mort vient presque toujours terminer ^ces accidents. 
Chez quelques eniants il s'établit dans les dernières heures une sorte de réaction 
fébrUe vers la tête, qui devient brûlante, tandis que les extrémités restent froides, 
mais la terminaison reste la même et nVst pas retardée. 

Dans un cas que Underwood cite comme très-rare et unique, le tétanos s'est 
prolongé bien au delà du troisième jour et a duré six semaines avant d'amener la 
mort. 

Lésions anacomlqaes. — Chez les enfants qui succombent, Fautopsie fait con- 
naître certaines lésions des centres nerveux qui auraient ime grande importance si 
elles existaient d'une manière constante, et qui ont été vues par Matuszynski 
seize fois sur vingt malades. Ces lésions d'apoplexie méningée rachidienne ne font 
pas connaître absolument la cause du tétanos, car elles n'en sont peut-être qu'un 
effet dû à la congestion sanguine qui accompagne la roideur tétanique ; mais enfm, 
telles que sont ces lésions, il faut en tenir mi compte sérieux. 

M. Matuszynski a constaté la coloration jaune sale de la peau, de nombreuses 
ecchymoses sur le tronc et aux extrémités, une large auréole vert bleuâtre autour 
de l'ombilic et quelquefois des vésicules sur le cou, le thorax et l'abdomen. Il a vu 
des épanchements de sang h divers degrés dans la pie-mère cérébrale, dans les 
ventricules et dans les plexus choroïdes, avec une injection considérabk des 
méninges ; il a vu aussi l'inûltration séreuse sous-arachnoîdienne et l'épanchement 
séreux ventriculaire, accompagné de la diminution de consistance du cerveau. 
Quelquefois le cerveau lui a paru induré, alors qu'il y avait un entier ramollisse- 
ment du cervelet. 

Otte obsenation a également indiqué la présence très-fréquente d'un épanche- 
ment sanguin dam le canal vertébral en dehors de la dure-mère rachidienne, 
épanchement plus marqué à la région cervicale, accompagné de Vinjection de la 
pie-mère rachidienne, de Vinjection de la moelle, et quelquefois du ramollisse- 
ment de cet organe. Pareilles observations ont été faites par Hervieux (2) sur 
deux enfants morts à la Maternité. 

D'autres observateurs, Lévy et Thore, ont aussi noté plusieurs fois la pré- 
sence de l'épanchement du sang en dehors de la dure-mère, et l'injection de tous 
les tissus y compris celle des centres nerveux. On pourrait donc croire que la com- 
pression du cerveau et de la moelle par une hémorrhagie ou qu'une hémorrhagie 
rachidienne est la cause la plus fréquente du tétanos des nouveau-nés, mais malheu- 
reusement cette lésion n'est pas constante ; je ne l'ai pas trouvée sur une de mes 
malades affectées de tétanos spontané, et dans plusieurs autres cas, observée par 
Matuszynski, Lévy et Thore, elle n'a pas été rencontrée. Elle n'est donc pas 
la cause anatomique du tétanos ; mais, si l'on réfléchit que cette hémorrhagie, 
quand elle existe, n'est pas bornée aux centres neneux et qu'on l'observe aussi 
dans les autres tissus, dans les interstices musculaires, dans le médiastin posté- 

(1) Moussaud, Gatette des hôpitaux, 26 mai 1853. 
(S) Henrieux, Union médicale, 1862, p. 69. 



102 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

rieur le long de la veine azygos, et dans la peau, sous fomie d'ecchymoses, on peut 
se demander si elle n'est pas consécutive, et en un mot si elle n*est pas le résultat 
du tétanos. Cela serait i)ossible, et la gène apportée aux fonctions respiratoires et 
circulatoires par les contractions et les secousses tétaniques expliquerait alore tout 
naturellement les suflusioiis sanguines, obsenées au milieu des tissus et en dehors 
de la dure-mère rachidienne. Cette manière de voir me semble, quant à présent, 
le mieux justifiée par l'observation. D'ailleurs, elle se trouve appuyée sur le fait 
suivant: dans les empoisonnements par la strychnine, et sous l'influence des 
secousses tétaniques produites par cette substance, il se fait souvent dans le canal 
vertébral, en dehors de la dunvmère, des hémorrhagies qui sont en tout point 
semblables à celles qu'on obsene dans le tétanos s|)ontané. Des hémorrhagies du 
tissu cellulaii'e s'obsenent aussi très-souvent dans les parties atteintes de contrac- 
ture essentielle, et sous l'influence de la forte tension des nmscles. Ce que fait la 
contracture ou tétanie, il n'est pas im|X)ssible que le tétanos puisse le faire. • 

ProBOMic. — Quoi qu'il en soit, le pronostic du tétanos des nouveau-nés est 
très-grave. C'est une affection meurtrière qui emporte la plupart des enfants qu'elle 
atteint. On cite à peine quelques cas de guérison sur un très-grand nombre de 
malades. A Stockholm, sur quarante-quatre en£ants affectés, dit Cederchsjoeld, 
quarant(Mleux ont péri. Il en est à peu près ainsi partout. Cependant, comme plu- 
sieurs médecins, et en particulier MM. O'Shaughnessy, O'Brien et Miller, disent 
avoir réussi dans le tétanos des adultes par un moyen -particulier du traitement que 
j'exposerai plus loin, on peut espérer qu'il en sera peut-être un jour de même pour 
les nouveau-nés devenus tétaniques. Il faut attendre de nouveaux faits. Quand les 
enfants succombent, la mort survient ordinairement en deux ou trois jours, et c'est 
|)ar exception qu'elle se fait plus longtemps attendre. Une fois IJnderwood Ta vue 
survenir au bout de six semaines. 

Traliemeiii. — Il faut d\il)ord nourrir les enfants avec du lait extrait des 
mamelles de la mère, ou avec du lait de vache donné à la cuiller et en quantité 
abondante tout le temps que l'enfant sera nialade. — Cette conduite est de la plus 
haute importance. 

Les remèdes à opposer au tétanos sont les bains chauds prolongés^ les fomen- 
tations narcotiques sur les parties contracturées, les frictions arec V huile cam- 
phrée, les vésicatoires derrière les oreilles, le calomel en cas de constipation, 
Vasafœtida en h\emQ\\X^M teinture d'opium ou la morphine, h liqueur d'Hoff- 
mann k doses faibles et croissantes, V hydrate de chloralk 1 granune, ainsi que 
je l'ai fait connaître, et Vammoniaque. Ce dernier médicament, employé avec 
succès par Mac-Auliff et Bertheau de Poncé, a été (•gaiement mis en usage par 
Cherbonnier. -r On le donne à la dose de 8 à ^0 grammes par jour chez l'adulte, 
par six à sept gouttes dans un j>eu de tisane ou à la dose de 2 à grammes dans 
une potion chez l'enfant. — 11 en résulte une diaphorèse alwndante qui diminue 
le spasnie tétanique. — On a aussi beaucoup vanté la teinture de chanvre indien 
employée par O'Shaughnessy, O'Brien, Miller, et qui chez l'adulte a produit la 
guérison de dix ou douze cas de tétanos traumatique, à la dose de soixante à qua- 
tre-vingts gouttes toutes les heures. On pourrait, chez l'enfant, connnencer par 
cinq gouttes toutes les heures le premier jour, puis dix gouttes le lendemain, et 
continuer jusqu'à production du sommeil. Cette teinture de chanvre indien doit 
être préparée avec 3 à 5 grammes d'extrait pour 30 grammes d'alcool, ce qui lait 
iO centigrammes à peu près dans 1 granune de teinture. 

Deux obsenations intéressantes, publiées par le docteur P.-C. Gaillard, per- 
mettent d'apprécier les avantages de cette médication. Dans un cas, sur un enfant 



TÉTANOS. 103 

(le dix jours, la teinture de chanvre indien a été associée à du sirop de cerises 
sauvages et dans Tautre à de Teau camphrée. Teinture de Cannabis indica 8 à 
1:2 grammes, eau camphrée 60 grammes, à prendre une cuiUerée de deux heures 
en deux heures. Le médicament a été administré à très-haute dose, Tenfant avait 
neuf jours, sans produire aucun phénomène de narcotisme. 
£n voici un exemple relatif à un enfant de neuf ans. 

Observation I. — Le sujet, vigoureuse enfant de neuf ans, fut atteint subitement, le 
9 avril au matin, de roideur de la jambe et du bras droits, avec douleur localisée 
particulièrement dans le bras. A ma première visite, le bras et la jambe étaient roides, 
la main fléchie sur Tavant-bras, le genou demi-fléchi, le pied droit tourné en dedans ; 
pouls à 80, assez mou ; langue blanche, ventre libre. La malade avait Tair gai, et 
n'éprouvait aucune difficulté à ouvrir la bouche. 

En la questionnant, j'appris qu'un mois auparavant elle avait fait une chute et 
s'était coupée au poignet droit avec des fragments de verre ; la plaie avait guéri très- 
vite ; aucun symptôme fâcheux ne s'était produit, lorsque, peu de jours avant son 
entrée, elle se plaignit de douleurs lombaires, sans cependant ressentir la moindre 
gène dans la cicatrice. 

Cette cicatrice, irrégulière et de forme triangulaire, existait au bord cubital du poi- 
gnet droit, au-dessus du tendon du muscle cubital antérieur. 

Je prescrivis un purgatif, et je la trouvai mieux le lendemain. Jusqu'au cinquième 
jour, il y eut peu de modification dans son état ; alors seulement on s'aperçut de la 
gène qu'elle éprouvait à ouvrir la bouche. Le sixième jour, les symptômes étaient 
bien caractérisés. Elle avait des attaques répétées d'opisthotonos ; pouls fréquent, 
dépressible ; face grippée ; ouverture de la bouche incomplète et très-difficile. 

J'appelai en consultation le docteur Youug, qui voulut bien m'aider de ses conseils 
et me prêter son concours, et nous nous arrêtées à l'administration du Cannabis 
indica. La dose fut d'abord d'un demi-grain, et on la porta à deux grains par heure 
jusqu'à ce que le narcotisme fût produit. On donna pour régime un potage nourris- 
sant, du vin, de l'arrow-root. Les symptômes ne tardèrent pas à s'amender sous l'in- 
fluence de ce médicament, qui fut continué en doses successives, variant de 4 à 
18 grains par jour. L'enfant était ainsi maintenue dans un narcotisme presque per- 
manent. Les spasmes tétaniques devinrent de moins en moins intenses. Après douxe 
jours, on arrêta la médication ; l'enfant allait bien, les symptômes généraux avaient 
disparu, il ne restait plus qu'un peu de roideur du bras, qui se dissipa aussi huit ou 
dix jours après. Le médicament fut administré sous forme d'exirait alcoolique étendu 
d'eau : son action est celle d'un sédatif direct, il produit peu de surexcitation, et 
jamais de constipation. 

Quoiqu'il ne soit pas possible de tirer des conclusions d'un cas unique, cependant, 
dans le cas spécial, la cessation prompte des spasmes tétaniques, après son adminis- 
ralion, nous engage à étudier avec soin les effets de ce médicamenl (1). 

§ II. — Tétanos de la première et de la seconde enfance. 

On obser>e quelquefois le ténanos spontané chez des entants de cinq à douze 
ans, et les recueils scientiûques contiennent un certain nombre d'observations de 
ce genre {%), J*en ai vu six exemples dont deux ont été suivis d'autopsie ; ce qui a 
|)ermis de constater une hémorrhagie rachidieone de la nature de celles dont j'ai 
|>arlé pr^'^cédeumient. 

Cv tétanos se développe spontanément ou à la suite d'une affection viscérale ou 
a la suite de plaies. Dans un cas, \ii en 1875, le tétanos a paru résulter d'pne 
action réflexe de l'intestin malade siu* la moelle. Ainsi le jeune garçon, âgé de 
douze ans, avait eu la diarrhée pendant deux jours, et alors il fut pris de roideur 

(1) Edinburgh med. Journal, avril 1858. 

(2) Voyei deux observations de M. Cherbemiier, Goutte des Mpitaux, 1867, p. 277. 



104 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

du tronc, de renversement de la tête et de trismus avec secousses dans les mâ- 
choires. Cela dura huit jours et Tenfant guérit. Le tétanos de la seconde enfance 
commence par du trismus, puis viennent le renversement de la tête et du tronc, 
la roideur des membres inférieurs et une incunation du rachis très-prononcée en 
avant. Les douleurs et les secousses sont quelquefois nulles, et Tenfant peut boire 
sans vomir. Il va à la garde-robe naturellement ou par lavements. Sa respiration 
est difficile par suite de Fimmobililé des côtes, et elle s'effectue principalement par 
le diaphragme. La peau est modérément chaude, et bien qu'on ait dit qu'elle puisse 
aller à 45 degrés, je ne l'ai jamais vue s'élever au delà de 38. La marche et les 
tenninaisons du tétanos chez l'enfant sont les mêmes que chez l'adulte, cVst-à-dire 
que la marche est rapide et la mort presque constante. 

A l'autopsie, on trouve souvent des hémorrhagies rachidiennes, en dehors de la 
dure-n^ère spinale, sous l'arachnoïde de la moelle, dans les médiastins, dans les 
interstices musculaires des membres, etc. Je crois que ces lésions sont la consé- 
quence du tétanos et non pas son origine, car on les observe chez ces animaux 
qu'on tue en les tétanisant par la strychnine; elles ne sont pas constantes, et résul- 
tent de la tension musculaire absolument comme celles qui se produisent dans la 
contractiu*e sous l'influence de la même cause. 

Observation II. — Tétanos spontané, — Un garçon de onze ans fut pris subite- 
ment et sans cause appréciable de difficulté d'avaler, tenant à un trismus sans fièvre. 
Cinq jours après, il commença à avoir des roideurs dans le corps, avec renverse- 
ment de la tète en arrière, et au huitième jour, quand je le vis en consultation avec 
mon savant confrère le docteur Sénéchal, le 18 septembre 1862, il était dans Tétat 
suivant : 

Renversement complet du tronc et de la lêlo en arrière, roideur permanente du 
cou et du thorax, contraction tonique des sterno-niastoïdiens et des grands pectoraux. 
Trismus incomplet, mouvements difficiles des membres supérieurs, roideur des 
membres pelviens. De temps à autre, une secousse douloureuse fait sauter l'enfant en 
augmentant le renversement de la tôtc. 

Le visage est bon, peu coloré, si ce n'est au moment des secousses tétaniques. I^ 
respiration est fort gênée par la contraction permanente des pectoraux et des muscles 
du ventre ; néanmoins on entend bien le murmure vésiculaire et les bruits du cœur. 
La vinon, Touïe et la sensibilité tactile sont conservées. Cette dernière est même 
exaltée, car une simple piqûre d'aiguille fait pleurer l'enfant et lui donne des secousses 
tétaniques. Soif fréquente, difficulté de déglutition, urines rares, selles quotidiennes. 
Peau chaude, moite ; pouls, 120, régulier; l'intelligence est entière. Teinture de 
haschich, six gouttes par heure. L'enfant est mort deux jours après. 

Le traitement du tétanos de la seconde enfance re|X)se sur les mêmes indications 
que celui du premier <1ge, et il ejige l'emploi des mêmes moyens. 



CHAPITRE XVI 

CONTRACTURE DES EXTRÉMITÉS, OU TÉTANIE 

La contracture des extrémités, ou tétanie, est une maladie con>nlsive toute 
particulière, caractérisée par la rétraction tonique temporaire ou permanente des 
doigts ou des membres chez les enfants. On la considère comme une névrose, et 
c'est une sorte de tétanos local. C'est une contraction musculaire partielle sans 
lésion primitive du tissu des muscles contractures. Elle a été décrite pour la pre- 



CONTRACTURE DES EXTRÉMITÉS. 105 

iiiièie fois chez Fadulte par Dance, depuis par Delaberge, Delpech, Lnbert- 
Gourbeyre et Corvisart, qui lui a donné le nouveau nom de tétanie. Chez les 
enfants, elle a été signalée par ïonnelé, Barthez, Rabaud, A. Colas (i) qui en tait 
une affection rhumatismale, etc. On la rencontre à Télat sporadiqtieouépidémiqtie. 

L'Allemagne en 1717, la Belgique en 18i6, et Paris en 1855, ont été parcourus 
par nne épidémie de cette nature. Cette dernière, qui a sévi également sur l'âge 
adulte et sur les enfants, a donné lieu à quelques remarques intéressantes de la part 
de Aran et Barthez. Il y en a eu une autre à Paris, en 187G, et aux environs, à 
(■entilU , dans Técole il v a eu trente enfants malades et une maîtresse. Dans ce 
cas, on a constaté quelques simulations chez des enfants qui ont avoué la super- 
cherie. 

La contracture des extrémités est assez fréquente dans les hôpitaux de Tenfance 
et en ville et j'en ai recueilli 65 observations. 

D'abord, il ne faut pas confondre la tétanie ou contractiu-e dite essentielle des 
extrémités, avec cette contracture symptomatique d'une lésion organique du cer- 
ceau, d'une inflammation aiguë ou chronique des méninges, ou d'une altération 
i\vs troncs nerveux et des parties constituantes d'mi membre. Dans ce dernier cas, 
ce n'est plus qu'un symptôme de ces désorganisations, et la contracture ne constitue 
qu'un phénomène accessoire de la maladie principale. 

Je ne })arlerai donc que de la tétanie. 

(À'tte contracture, non accompagnée de fièvre, sporadique ou épidémique , est 
idiopathique ou symptomatique, c'est-à-dire qu'elle se montre seule, isolée de 
toute autre maladie, ou, au contraire, pendant la durée de certains ti'oubles oi*ga- 
lûques dont elle peut être la conséquence. Au nombre de ces troubles, je mention- 
nerai l'entérite, les vers intestinaux, la convalescence des maladies aiguës, etc. 

Causes. — I-a tétanie est considérée comme une névrose convulsive de l'eu- 
fanct». On l'obsene cependant quelquefois chez l'adulte, ainsi que je l'ai vu dans 
la convalescence du choléra, quand les malades sont déjà tout à fait guéris, et 
connue Delabin-ge, Imbert-Gourbeyre, Delpech et Cor\îsart, sur les femmes en- 
ceintes ou nVenunent accouchées, sur des convalescents de fièvxe typhoïde, de 
t\phus, de cl}ssenterie et d'autres maladies graves. 

C/est surtout une maladie de la première enfance. Elle esl plus conunim^ dans 
les tix)is premières années de la vie qoe dans toute la période qui sépare cet âge 
de la puberté, et elle se montre à l'état sporadique ou épidémique. 

Elle s'obsene plus souvent chez les garçons que chez les filles, et chez les 
enfants nés de parents nerveux, irritables, atteints eux-mêmes de névroses, ou en 
avant eu dans leur enfance. Murdoch a vu deux enfents de la même famille atteints 
de contracture. Elle se développe en hiver et sous l'influence du froid. Elle a des 
alternatives nombreuses, elle existe par moments et disparaît; elle récidive même 
après être assez longtemps restée absente pour qu'on ait cru à ScL guérison. Enfin, 
dans les cas où elle semble constituer nne névrose sympathique congestive, c'est 
|K>ndant le travail de la dentition y chez des sujets atteints de vers intestinaux, 
comme conséquence d'un embarras gastrique snrec de la diarrhée, de convuisiom 
essentielles, de phréno-glottisme, ou convalescents du choléra, de la rougeole, 
et <le différentes maladies aiguës de l'enfance, qu'elle se dévelofipe. Je l'ai vue 
plusieurs fois dans le cours de la fièvre typhoïde grave et après sa guérison. 

C'est une affection occupant quelquefois en même temps les extenseurs, pouvant 
gagner d'autres nmscles du tronc et de la hce, due à un état congestif de la moelle 

(1) Colas, Thèse, 1808. 



106 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PIIEMIEIIE ENFANCE. 

et du cerveau se révélant sur un ou plusieurs muscles fléchisseurs des membres par 
leur contracture tonique et spasmôdique. » ' 

Elle n'a aucun rapport avec les contractures hystériques qui n'occupent qu'une 
extrémité à la fois et qui ont surtout pour caractère la flexion des doigts contrac- 
tures, au lieu de leur allongement avec raideur, et de plus de Fanesthésie qui 
n'existe pas dans la contracture des tétanies. 

Symptômes. — La tétanie peut être continue ou intermittente. Elle commence 
ordinairement par rintemiittence, eUc est d'abord passagère, fugitive, et c'est au 
bout de plusieurs semaines seulement qu'elle devient continue et reste permanente. 
Une fois, chez une fiUe de treize ans, formée, la contracture revenait tous les 
hivers par attaques, rarement en été, et la maladie avait commencé à l'âge de deux 
ans après une convulsion initiale de maladie aiguë. Il n'y avait ni paralysie ni 
aucune maladie du cerveau. 

Quand la contracture est intermittente, elle revient sous forme d'accès plus ou 
moins douloureux, fréquents et prolongés. J'ai eu dans mon service, à Thôpital 
des Enfants, une {Mutité fille qui avait six à huit accès quotidiens de contracture 
des doigts et des orteils, lesquels duraient une demi-heure, venaient le jour et la 
nuit, durant le sommeil qui en était fortement troublé, et qui disparaissaient sans 
laisser de traces, en pennettant l'usage complet des mouvements. 

La tétanie existe ordinairement seule, mais elle peut être accompagnée de 
phénomènes d'embarras gastrique, ou de diairhée conmie si elle était le résultat 
d'une action réflexe de l'intestin. Elle est souvent compliquée de tremblement dn 
membre affecté, comme je l'ai vu sur le bras et l'avant-bras gauches d'une jeune 
fille de l'hôpital des Enfants, et qui n'avait qu'une simple contracture de l'index et 
du pouce. Dans un cas, elle s'accompagnait de chorée, et il y avait fièvre, contrac- 
ture et chorée. La fièvre et la contracture cessèrent en six jours par une application 
de sangsues derrière les oreilles, et la chorée cessa ensuite rapidement par le bro- 
mure de potassium. 

Cette maladie débute par un ou par les deux membres supérieiu-s, et par les 
doigts, où elle peut rester limitée. Elle s'étend quelquefois aux poignets, aux coudes, 
et se manifeste aussi aux orteils de l'un ou des deux membres inférieurs, puis gagne 
les pieds qui sont portés fortement en arrière, les genoux, et très-rarement la 
hanche. Dans ce cas, le mal, amenant la flexion de la cuisse sur le bassin, simule 
parfaitement une coxalgie. Chez quelques sujets elle occupe les muscles de la face 
et des yeux, qui ressentent alors de petites secousses désagréables anali^ues à des 
secousses de tétanos. La contracture se montre quelquefois au cou et forme le tor- 
ticolis spasmôdique, qu'il ne faut pas confondre avec celui que détermine une affec- 
tion ganglionnaire ou vertébrale. J'ai vu en ville une jeune fille chez laquelle on 
croyait à une contracture essentielle et qui n'avait qu'une ostéite des vertèbres du cou. 

Là où existe la tétanie, qu'eUe soit bornée à quelques muscles, à un seul membre, 
ou à un grand nombre de muscles sur plusieurs membres, il existe toujours de la 
douleur au début; cela est surtout évident dans les contractures intermittentes 
et passagères. Plus tard, quand la contracture est permanente, la douleur disparaît 
complètement. Cette douleur augmente quand on veut redresser les parties 
contracturées. Le docteur Manouvriez, de LHle, a dit qu'elle était accompagnée 
d'anesthésie, mais si cela est vrai chez les adultes, cela nVst pas exact chez les 
enfants. Depuis que mon attention a été appelée sur ce sujet, j'ai recherché l'exis- 
tence de ce symptôme et je ne l'ai rencontré qu'une fois (1). Elle s'accompagne 

(1) Le fait a été publié dans mon Atlas (Cophlhalmoscopie médicaley fig. 81. 



i08 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

c'était là la preuve d'une congestion cérébrale et rachidienne, et que cette lésion 
pouvait être considérée conune la cause de la tétanie. C'est un iait que j*ai tu 
depuis chez un grand nombre d'enfants. £n outre, chez l'adulte, dans un cas de 
contracture développée après la guérison du choléra et suivi de mort, Potain 
a trouvé un ramollissement assez notable des pyramides antérieures poiu* qu il ait 
dû lui attribuer cette maladie (1). Sans résoudre la question d'une manière défini- 
tive, ces faits doivent être le point de départ des nouvelles recherches dans cette 
direction, et si de nouvelles observations confirment ces premiers résultats, on 
devra considérer la tétanie comme la conséquence d'une névrose congestite 
entraînant Vhyperhémie delà moelle etdu cerveau. Voici l'observation et Tautopsie 
dont j'ai parlé plus haut : 

Observation 1. — Tétanie. Diarrhée. Hémorrhagie méningée spinale* — D... 
Jeanne, âgée de deux ans, entrée le 15 avril, morte le 11 mai 1874. 

Celle enfant, malade depuis quinze jours, a de la diarrhée, plusieurs évacuations 
jaunes quotidiennes, et maigrit d'une façon notable. Elle ne tousse pas et ne présente 
aucune altération des bruits respiratoires. De temps à autre elle a de la contracture 
des mains et des pieds. Peu d'appétit, pas de fièvre. 

A l'hôpital, je constate l'existence de la diarrhée et des contractures, qui ne sont 
pas très-intenses, qui sont passagères et durent quelques heures ou un jour. Elles 
disparurent définitivement le 3 mai ; mais la diarrhée persista, et l'enfant, de jour 
en jour plus faible, mourut sans souffrance apparente. 

Autopsie. — Le c '.rveau et les méninges cérébrales ne présentent pas de lésion 
appréciable. Mais à la base du cerveau, sur la protubérance, sur le bulbe, sur les 
pyramides et sur les faisceaux antérieurs de la moelle, la pie-mère offre une teinte 
brunâtre ardoisée très-intense. Cette coloration n'existe qu'en avant de la moelle, 
tandis que, en arrière, la pie-mère a sa coloration rouge habituelle, normale. lA où 
se rencontre la couleur noire, on voit qu'elle est limitée entre la moitié inférieure de 
la protubérance et l'origine des premières paires dorsales. Cette couleur est très- 
foncée à la moitié moyenne de la région cervicale, et elle va en se dégradant par en 
haut et par en bas. En ce point, la pie-mère est résistante cl adhère fortement à la 
substance nerveuse, mais la substance nerveuse elle-même n'est pas ramollie. Le reste 
de la moelle et de la pie-mère rachidienne n'offre rien de particulier. 

Dans le canal rachidien, en dehors de la dure-mère, existe en haut une teinte jaune 
rouillée qui révèle une aneienne imbibition sanguine en voie de résorption. 

Les poiAiions sont souples, sans tubercules, mais ils offrent çà et là un grand nombre 
de noyaux d'apoplexie pulmonaire infiltrée, comme dans les maladies septicémiques. 
Les uns ont le volume d'une petite noisette, tandis que les autres atteignent à peine le 
volume d'mi grain de chènevis. Nulle part il n'y a de tubercules. 

Ix; cœur offre un peu d'endocardite végétante milralc et des caillots fibrineux 
intriqués dans les tendons valvulaires. 

Le foie est énorme, jaune clair, décoloré et fortement graisseux. 

I/intestin présente sur les muqueuses des traces d'hyperhémie sans ulcération ni 
tubercules. 

La tétanie se distingue du tétanos, en ce que cette dernière maladie occupe les 
muscles de la gouttière vertébrale, ou ceux de la mâchoire en cas de trismuSy et 
qu'elle est accompagnée de secousses douloureuses. 

Elle peut être confondue avec la paralysie myogénique ou paralysie essentielle. 
En effet, un muscle extenseur étant paralysé, le membre est entraîné par le muscle 
fl('»chisseur opposant au premier, et il semble, à première vue, qu'il y ait contrac- 
ture du membre lorsqu'il y a une simple paralysie. Le moyen de distinguer c^te 
contracture consiste à redresser le doigt ou le membre contracture. S'il y a para- 

(t) PoUin, UnUm médicaU, t866. 



CONTRACTURE DES EXTREMITES. 109 

iysie, le redressement se fait naturellement et sans résistance à vaincre ; dans le 
cas de contracture, il faut, au contraire, faire un assez grand effort pour donner à 
la partie la direction normale, et encore ne peut-on pas toujours y réussir. 

Proaostle. — Les contractures, dites essentielles, sans complication, n'offrent 
aucune gravité et ne mettent pas la \ie en danger. Elles ne font jamais périr les 
enfanK Elles n'en constituent pas moins une maladie sérieuse, à cause des diffor- 
mités qu'elles peuvent laisser à leur suite, et de la difficulté qu'il y a de les faire 
disparaître à l'aide des moyens thérapeutiques connus. 

Traitement. — Une fois que le médecin a bien établi son diagnostic et 
qu'il est certam d'avoir à guérir une tétanie, c'est-à-dire une contracture 
essentielle, rhumatismale ou sympathique, il n'y a plus qu'à choisir les moyens 
thérai>eutiqncs les plus convenables à opposer à la cause particulière spéciale de la 
contracture. 

Si la maladie est rhumatismale, les bains sulfureux ré|)étés, les frictions de 
jusquiame et de belladone^ la belladone à l'intérieur, les moyens contentifs et les 
Ixindages roulés inamo>ibles, les inhalations de chloroforme, rendront de grands 
services au praticien. 

Si la tétanie succède à une dentition laborieuse, il faut savoir attendre, ou 
extraire quelques dents mauvaises ; en cas de spasme de la glotte ou phrénoglot- 
tisme, il faut envoyer les enfants à la campagne et les soumettre aux inhalations de 
chlorofoniie ; s'il y a un ténia ou d'autres vers intestinaux, il faut les expulser au 
moyen de la santonine et du caloniel; s'il y a embarras gastrique et diarrhée, il 
faut donner le sous-nitrate d^ bismuth^ et enfin dans les convalescences du cho- 
léra ou des autres maladies aiguës, il faut chaque Jour donner des bains prolongés 
aux enfants. 

V oxyde de zinc, uni à la belladone ou à la jusquiame ; le sulfate de quinine 
|)ar la bouche ou par lavements ; le bromure de potassium ; Vhydrate de chloral 
à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes par jour selon l'âge des enfants et 
plus i>our les adultes, ont été employés et méritent de l'être. Je me suis surtout 
bien trouvé de l'hydrate de chloral que j'ai employé le premier (1). Ces divers 
agents thérapeutiques ont réussi à produire plusieurs guérisons. 

On pcMit enipl()>er les armatures et les anneaux métalliques, plaques de laiton 
mises sur les quatn* membres et autour du cou, ainsi que l'a proposé llA. Burq. 
Bien àvs fois j*ai eu recours à ce moyen, qui m'a très-souvent réussi de la façon 
la plus surprenant(* et la plus rapide. L'action de ces plaques est sans doute la con- 
sé<pience d'un faible courant électrique continu. 

Enfin, en cas de difformité pennanente causée par la rétraction musculaire, il 
faut nnlresser le membre avec du collodion élastique ou avec des appareils, et si 
cela n(» s<» |MHit pas on de\Ta faire la section sous-cutanée du tendon des muscles 
H'tractés et maintenir les parties redressées à l'aide d'appareils orthopédiques. 

Tout4*tois, connue il faut admettre une congestion spinale ou une hémorrhagie 
<les niéniuges de la moi»lle, il est bon de faire le long de l'épine des frictions 
rubt'fiantes et révulsives, capables de guérir cette complication. 

Âphorismes. 

r>(». La contracture passagère, intermittente, apyrétique des muscles dans les 
extréniitéscrun membre, ou tétanie, dépend d'une névrose congestive de la moelle 
épinière, amenant la rétraction de certains muscles des mains ou des pieds. 

«Il Voyoz Bouchut, De Vhjdraie de chloral {Gai. des hôpitaux, 1869). 



110 PATHOLOGIE SPÉCULE DE LA PREMIÈRE^ ENFANCE. 

67. La contracture des extrémités qui est accomp^ée de troubles nerveux 
sensoriels et de fièvre est syniptomatique d'une maladie des centres nerveux. 

68. La contracture qui succt»de à Téclampsie a son siège dans les muscles. 

69. La rx)ntracture des extrémités amène quelquefois Tatrophie des muscles, la 
dégénérescence graisseuse de leur tissu et les difformités articulaires. 

70. La contracture essentielle des extrémités disparaît très-souvent en quelques 
heures sous Tinfluence des applications métalliques de plaques de laiton. 



CHAPITRE XVII 

CHORÉE, OU DANSE DE SAINT-GUY 

La chorée, ou danse de Saint-Guy, est une névrose convulsive caractérisée par 
des mouvements irréguliers, permanents et involontaires dçs muscles de la vie de 
relation. C'est le type des convulsions cloniqms. 

Elle dépend d'un état hyperhémique de la moelle dû ci des causes fort différentes 
et qui en fait une névrose congestive spinale. 

On n'observe presque jamais cette affection dans les muscles de la vie oiiganiqne 
ou de nutrition, et les faits de cette nature relatifs à des chorées de Testomac, do 
larynx, sont pour moi des né^Toses s|K»ciales distinctes de la chorée. 

Toutefois dans les chorées violentes le diaplu*agme est toujours plus ou moins 
affecté. 

!^a chorée n'est pas une maladie du premier âge : on ne l'observe que très- 
rarement chez les enfants à la mamelle, et elle est au contraire assez commune 
dans la seconde enfance. 

Anciennement d(»crite, signalée jwr Galien et ses successeurs, par Sydenhani, 
Cullen, Mead, elle n'a pourtant été étudiée avec soin qu'au conmiencenient de ce 
siècle. BouleiUe, à celte époque, publia une monographie qui est encort» le travail 
le plus complet que nous possédions sur la matière (1). Depuis lors, Rutz, Dufossé, 
Blache, Rilliet, Barthez et Germain Sée (:2), etc., ont publié d'excellents travaux 
sur cette maladie. Aussi est-elle aujourd'hui bien connue, et il n'y a plus que 
rhistoire des chorées anomales qui exigent de nouvelles et plus complètes 
recherches. 

Division. — Bouteille avait divisé la chorée en essentielle^ en symptomatiqut 
ou secondaire, et en bâtarde ou anomale, — Ces divisions ont un peu vieilli ei 
ne sont plus généralement adoptées. La chorée n'est pas une maladie essentielle, 
c'est une hyperhémie spinale. Quand les chorées symptomatiques, d'ailleurs, ne 
peuvent plus être considérées connue des chorées, elles résultent de maladies de 
ceneau, dont la symptomatologie est plus compUquée. 

Il faut cependant admettre plusieurs espèces -de chorée d'après la cause qui 
produit l'hyperhémie spinale. Ce sont : la chorée anémique, — la chorée ver- 
mineuse, — la chorée rhumatismale, — la chorée de seconde dentition; et la 

chorée syniptomatique; ou, si l'on ne s'occupe que de la forme présentée par 
cette névrose, la chorée est aiguë ou chronique, — régulière ou anomale, irrh 
gulièrey — partielle ou générale. 

(I) Boulcillc, Trailé de la diorée, ou danse de Saint-Guy. Paris, 1810. 

(i) G. Sée, De la chorée (Mémoires deVAcadémie de médecine. Paris, 1850, tome XV). 



112 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

fluonce rliumatismale? Germain Sée a souteiiu"^tte opinion. Ses preures sont de 
divers ordres. Dans certains cas, les douleurs rhumatismales antérieures sont évi- 
dentes ; chez d'autres, il se développe pendant la chorée des rhumatismes arti- 
culaires ou musculaires, des névralgies, etc. Chez ceux qui n'ont pas offert de rhuma- 
tisme et dont l'autopsie a été faite, on a retrouvé des adhérences des méninges, de 
la plèvre, des plaques laiteuses sur le péricarde, et M. Germain Sée a établi un 
rapport entre ces anciennes phlegmasies réputées rhumatismales et la chorée. Enfin, 
lorsqu'on ne trouve pas d'indice d'une affection rhumatismale chez les sujets 
choréiques, on retrouve presque toujours l'origine de cette diathèse chez le père 
ou la mère du malade. 

Cette argumentation est évidemment fautive, car il y a des faits assez nombreux 
de chorées développées sous l'influence d'une émotion morale vive. Une enfant 
devient subitement choréique, parce qu'un honune la iwursuit pour l'embrasser, 
une autre parce qu'elle entend tirer le canon, une auti*e parce qu'elle voit son jeune 
frère périr sous ses yeux dans le canal Saint-Martin. Ces exemples que j'ai observés 
ne se rattachent pas plus à la diathèse rhumatismale que ceux dans lesquels on 
voit la maladie dépendre d'une affection vermineuse de l'intestin et guérir sons 
l'influence des vermicides. Aussi, après ces faits, concluons-nous que la chorée est 
une névrose qui dépend d'une hyperhémie spinale, et qui souvent est liée, soit an 
rhumatisme, soit à la chlorose, soit à une souffrance intestinale vermineuse, soit 
à la seconde dentition. 

La chorée est généralement sporadique; cej>endant Hecker (1 ) en a rapporté 
une épidémie en Allemagne, on en a signalé aussi une à Strasi)ourg : ces h\ts 
sont rares, mais on ne sait à quelles causes rattacher l'état général qui les a 
produits. 

Elle est parfois contagieuse^ mais l'épidéniicité et la contagion de cette névrose 
ont quelque chose de particulier qui ne ressemble pas à la contagion et à l'épidé- 
micité des fièvres au moyen des virus. C'est une contagion spéciale sur laquelle 
j'ai appelé l'attention, à propos des iiupressionsnérrosiques^an parlant de la cou- 
tagion nerveuse et de l'imitation (:2). Il se fait une sorte d'imitation oi^anique 
chez le sujet qui a été témoin de la maladie nerveuse qu'il reproduit. Distinctes 
des impressions morales qui effrayent ou terrifient et produisent des conclusions, 
les impressions névrosiqucs produiseiU constannnent la maladie correspondant à 
leur nature : ici la syncope, ailleurs l'hystérie, l'épilepsie, l'aliénation, le suicide, 
et chez quelques malades les convulsions, la chorée. 

• tiéaions ana Comiques. — La chorée entralne-t-elle des lésions des nerfs, des 
modifications matérielles appréciables de la moelle et du cerveau? Dans les cas, 
rares d'ailleurs, où l'on a eu l'occasion de faire la nécropsie, d'individus morts de 
chorée ou plus souvent de complications, on a trouvé des fausses membranes à la 
base du cer\eau, des tubercules des méninges, une infiltration de sérosité dans la 
pie-mère ou dans les ventricides, une méningite cérébro-spinale, un ramollisse- 
ment de la moelle dorsale (de Boauvais) ; enfin, des cysticerques du cerveau, 
connue je l'ai observé à l'hôpital Sainte-Eugénie. On a encore rencontré une h\par- 
trophie de la substance corticale, ou des ramollissements de la substance céré- 
brale, en rapport avec des embolies des artères du ceneau produites par la 

(I) Hecker, Mémoire sur la choréi épidémiqus du moyen âge {Ann. dlvjg. publ., 1834, 
!'• série, t. \II, p. 3I2j. 

(i) Boucliut, Nouveaux éléments de pathologie générale et de sémiologie, avec planches 
d*aiiatoniic pathologique, 3'' édition. Paris, 187r>, p. lO'J. — Voyez aussi Bouchut : De la COH" 
tagion nerveuse et de Vimitation {Bulletin de l'Académie de médecine, 18GI, t. XXVI). 



m PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREM1ÈRB ENFANCE. 

par des mouvements convulsifs. Les soubresauts des membres font que les enfants 
jettent par-dessus leur épaule ou à leur figure les aliments qu'ils dirigeaient vers 
leur bouche. I^ marche est difficile par suite du défaut de coordination des mem- 
bres inférieurs, les enfants ne marchent qu'en fauchant, leurs jambes se croisent 
involontairement ; d'autres fois une jambe se dérobe, ils tombent, et leur chute est 
d'autant plus facile que les mouvements désordonnés du tronc et des membres 
supérieurs leur font perdre facilement l'équilibre. 

La préhension des objets devient difficile,' quelquefois même impossible. Tout 
ce qu'ils tiennent leur tombe des mains avec la plus grande facilité. Les enfants ne 
peuvent manger ni boire; ils avalent des bouchées entières, au risque de 
s'étouffer. 

La parole est embarrassée, saccadée, parce que la langue n'obéit plus aux mou- 
vements nécessaires à l'articulation des sons ; elle se porte sous les arcades den- 
taires, et les enfants se mordent cmellement. Maval cite mOme un cas de glossite 
ainsi provoquée et dont le résultat a été une asphyxie mortelle. Ailleurs la parole 
<»st complètement abolie, il y a aphasie complète; j'en ai observé trois cas, toos 
les. trois développés à la suite d'une impression morale. 

Les mouvements choréiques existent tout le jour et cessent la nuit. Ce n'est pas 
qu'ils soient soumis à l'influence de la volonté, car la volonté n'agit plus sur ces 
mouvements désordonnés ; mais le sommeil est calme. I^ colère, les passions, ks 
impressions neiTeuses, la crainte, les exaspèrent quelquefois à un haut degré. 

Les convulsions de la chorée sont partielles ou générales; quelquefois elles sont 
bornées à une portion du visage, à un membre, mais cette forme est rare. D'autres 
fois elles existent dans une moitié du corps sous forme hémiplégique; rarement 
elles sont bornées aux membres inférieurs. 

Chez l'adulte il y a des chorées posthémiplégiques consécutives à des hémor- 
rhagies cérébrales guéries (M. Mitchell) ou à des atrophies partielles anciennes du 
cerveau, mais ce ne sont pas des chorées, et cette manière de parler n'a d'autre 
effet que de jeter une extrême confusion dans la science. 

Les chorées générales et les hémichorécs existent ordinab*ement sans lésion, ou 
seulement avec une hyperhémie spinale. Les chorées partielles, au contraire, limitées 
à un membre, et quelques hémichorées sont souvent liées à l'existence d'une lésion 
matérielle des centres neneux ou de leurs enveloppes. 

Observation I. — Une enfant, âgée de onze ans, sans hérédité nerveuse, habituel- 
lement bien portante, n'ayant jamais eu de convulsions, est entrée à la salle Sainte- 
<]atherine, n° i5, le 10 juin 1863. Elle en est sortie guérie le 6 juiH et suivant. 

Trois semaines avant son entrée à l'hôpital, pendant une promenade au Luxem- 
bourg, où elle jouait en sautant à la corde, elle tomba, et sa léte porta violemment 
sur le sol. Elle perdit connaissance pendant trois quarts d'heure, et elle eut pendant 
plusieurs jours une petite bosse sanguine sur la région frontale gauche. 

Dès le lendemain de Taccident, elle eut des mouvements désordonnés, choréiques, 
dans le côté droit du corps, de la diplopie sans strabisme, des douleurs de tête vif es 
à la région frontale, des tintements d'oreilles, un peu de surdité, de l'amnésie telle- 
ment caractérisée que l'enfant oubliait presque aussitôt ce qu'on venait de lui dire; 
mais avec cela l'appétit était bon, et il n'y eut pas un seul jour de Ht. 

Au moment de son entrée à l'hôpital, la douleur de tête existait encore, avec 
diplopie, mais sans surdité et sans amnésie. L'enfant était gaie, fort intelligente et 
fort bien portante, à cela près du trouble des mouvements dans le côté droit du corps. 
Elle était sans fièvre. 

A droite, des mouvements choréiques existaient dans le membre supérieur et infé- 
rieur; mais il n'y en avait pas dans la face. La main tient avec peine les objets dont 
elle s'empare; elle est sans force, et serre faiblement. Le bras ne peut être levé sur 



116 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Rousse, dans un travail sur ce sujet (1), prévoyant les objections qu'on pouvait 
adresser à ces affirmations, a eu soin d'explorer comparativement un sujet sain et 
un sujet choréique, ou mieux chaque côté du corps chez les individus atteints 
dliémichorée. On remarque, dit-il, que la pression exercée dans certains points do 
côté malade provoque une douleur très-vive, tandis qu'une pression ^ale dans 
les points symétriques au côté sain n'est suivie d'aucune douleur. 

Quant aux endroits précis où siègent les foyers douloureux, ils se confondent 
entièrement avec les points névralgiques indiqués parValleix(2). 

Une exploration de tous les jours permet de constater que la douleur ainsi pro- 
voquée augmente avec la maladie et qu'elle diminue quand la chorée marche vers 
la guérison. Du reste, dans les alternatives de mieux, on observe un amoindrisse- 
ment dans la douleur. 

La pression exercée sur les points douloureux ne provoque pas seulement de la 
douleur, mais elle amène encore une exagération des mouvements involontaires. 
« Si, dit Rousse, on avait afTaire à un enfant présentant dans les bras des convul- 
sions musculaires peu marquées, on voyait aussitôt celles-ci devenir plus fréquentes, 
et amener des mouvements beaucoup plus étendus que ceux qui se produisaient 
avant l'exploration; passait-on à un sujet plus malade, le phénomène devenait 
plus évident, et l'on voyait l'enfant exécuter des gestes très-étendus et se jeter de 
tous les côtés. » 

A côté des troubles de la motilité, la pression exercée sur les points douloiu^ox 
en produit d'autres dans les facultés intellectuelles. « On sait, dit Rousse, qoe 
quelquefois la chorée produit des troubles dans les fonctions intellectuelles. Certains 
enfants deviennent plus capricieux et plus difficiles à conduire ; chez d'autres, U 
chorée amène un état d'idiotie plus ou moins marqué. Chez ces derniers, l'explo- 
ration des foyers choréiques augmente cette idiotie à un point tel que quelquefois, 
pendant toute une journée, l'enfant est incapable de prononcer une parole 
raisonnable, de faire un acte en rapport avec l'état journalier de ses facultés 
intellectuelles. Des troubles se remarquent également dans la parole. Beaucoup 
d'enfants éprouvent par suite de la chorée une difficulté plus ou moins grande à 
parler. Les malades présentant cette particularité la voient beaucoup augmentée 
après l'exploration des foyers choréiques. » 

Enfin les points douloureux persistent encore, quoique plus difficiles à constater, 
lorsqu'il y a en même temps de l'hyperesthésie ou de l'analgésie cutanée. 

Quand les mouvements sont très-violents, les enfants font à tout moment des 
chutes violentes ou se donnent des contusions continuelles, et ils sont couverts 
d'ecchymoses. On est obligé de les mettre dans des caisses matelassées pour amortir 
la violence de leurs coups. Mais ici se présente bientôt quelquefois un nouvel acci- 
dent. Le frottement continuel finit, après vingt-quatre, quarante-huit, soixante- 
douze heures, par excorier la peau ; l'enfant est bientôt tout ensanglanté et peut 
mourir de cette complication. Sous mes yeux sont morts plusieurs enfants dont 
l'épiderme avait en grande partie disparu par ces frottements ; et plusieurs fois, 
à l'hôpital des Enfants malades, j'ai eu dans mon senice des jeunes filles dont la 
vie a été momentanément menacée par cette usure de la peau. 

En même temps que se manifestent les troubles du côté de l'intelligence et de la 
sensibilité, le pouls reste normal : c'est une maladie apyrétique, excepté dans le cas 
de complications inflammatoires. 



(1) J. Rousse, thèse inaugurale. 

{t} Valleix, Traité des névralgies ou affections douloureuses des nerfs. Pari?, 1811. 



CHORÉE, OU DANSE DE SAINT-GUY. 117 

Los autres fonctions s'exécutent généralement bien. L'appétit est consené, et, 
sauf un iK'u (raflaiblissenient dans le mouvement nutritif ou un état saburral gas- 
trique, il n'y a aucun trouble dans les fonctions digestives. 

La n»spiration reste à l'état normal, et l'état général de la santé laisse générale- 
ment [yen à désirer. 

Dans la majorité des cas, les bruits du cœur sont altérés par des soufQes 
valvulaires. Chez quelques malades, il y a un bruit de souffle à la base qui se pro- 
longe dans l'aorte, ce qui est rare, mais chez les autres il } a des bruits de souille 
situés à la base en dehors du mamelon, ou à la pointe ces bruits sont dus à des 
lésions de la valvule mitrale ou aortique occasionnant un rétrécissement de l'aorte 
ou une insuffisance de Torifice auriculo-ventriculaire. Ces cas sont assez communs. 

Dvrée. — La chorée dure quelquefois vingt-quatre heures, ou quelques jours, 
ainsi que je l'ai vu dans la convalescence de la scarlatine ; — ordinairement, elle se 
prolonge pendant plusieurs mois et même pendant plusieurs années : c'est là sa 
forme clironique. — Sa durée ordinale est de trente à cinquante jours. 

Dans sa forme chronique, la chorée ne se manifeste pas par des mouvements 
violents. Ce sont de petites convubions qui rendent les malades ridicules et désa- 
gréables à voir. Mais, ce qui est le plus fâcheux dans ce cas, c'est que les malades 
l>erdent un \¥iu de leurs facultés intellectuelles, .et surtout la mémoire, ce qui les 
rend incapables de toute occupation sérieuse. 

On a cité plusieurs cas de chorée intermittente. L'un est dû à Bouteille, qui a 
obsi'né le retour des accidents périodiquement de midi à six heures du soir, et 
l'autre à llufz. Son observation est à p<'u près analogue. Ce sont là les deux seuls 
cas connus de chorée intennittente. 

Malgré l'opinion contraire de Rufz et de^ quelques médecins, la chorée est 
influencée par les maladies intercurrentes. Les maladies aiguës, les fiè\Tes éniptives, 
la font quelquefois ct»sser ; je l'ai vue momentanément dispraître durant la scarla- 
tine et la fièvre typhoïde ; ce qui confirme une fois de plus le précepte d'Hippo- 
crate reliitif à un grand nombre de névroses: Febris spasmos solvit. 

Terminaison. — A|)rès avoir suivi la marche ordinaire et avoir présenté plu- 
sieurs alternatives d'exagération et d'affaiblissement, la chorée peut guérir d'une 
façon défînitive ; d'autres fois elle est sujette à des récidives qui même sont trè»- 
fnVpientes. Je l'ai \ue revenir deux, quatre et même six fois sur le même enficint, 
à (pielques mois ou à une année de distance. Elle est suivie d'un aflDsdblissement 
intell(*ctuel assez marqué. Les terminaisons par paralysie ou hémiplégie sont rares. 
Ënfm, la chorée |K'ut être mortelle, mais rarement; dans ce cas, la mort peut être 
am(*née par les plaies que se font les malades, par un épuisement nerveux suivi de 
s\ nco|x\ ou par asplni^ie, suite de morsure à la langue. 

CoMliilcaclons. — La chorée est souvent accompagnée de chloro-anémie, soit 
primitive, soit secondaire, ou de rhumatisme articulaire et cardiaque. Enfin, chez 
qu(*lques enfants, on rencontre avec elle des névralgies, des paralysies partielles 
musculaires et sensoriales. De tous les organes des sens, celui du toucher est le 
plus souvent affecté. L'analgésie l'accompagne presque toujours. Enfin, une fois, 
Ma\al a constaté une glossite intense produite par la morsure de la langue et ayant 
amené la mort |)ar as|)liyxie. 

Variété*. — La chorée est quelquefois ir régulière^ et dans ces cas elle a reçu 
des noms sp<Viaux. II y a une chorée systématique ou rhythmique, présentant 
une certaine régularité dans les mouvements qu'exécutent les malades. 

Quelqu<*s enùnts, quand ils se lèvent ou qu'on les lève, sont entraînés, dans 



1 18 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

quelques cas, par une force iuvmcible qui les contraint à marcher en avant. Cette 
variété a reçu le nom de chorée propulsive. 

On a donné le nom de c/^oré^ électrique à une variété observée surtout en Italie. 
Dans cette forme, le malade éprouve par moments des secousses, des soubresauts 
qui le font sauter sur son lit à une certaine hauteur. Il y a là quelque chose de 
comparable à la commotion qui résulte d'une décharge de bouteille électrique. J'en 
ai vu plusieurs exemples très-curieux. 

Il y a enfin des chorées anormales dans lesquelles les convuisions sont partielles 
et localisées à la tête, à un bras, ou à un membre. Elles ressemblent à des tics. 
Quand elles occupent les muscles expirateurs, il en résulte un bruit laryngé convul- 
sif qui ressemble à un chant de coq, au cri du paon, à un miaulement de chat ou 
h un jappement de chien. C'est ce qu'on a appelé le délire des aboyeurs, mauvais 
mot qu'il faudrait remplacer par celui de chorée aboyante. En effet, la maladie se 
rapproche plus de la chorée que d'une maladie délirante. Ces malades aboient à 
chaque expiration et quelques-uns prononcent involontairement des mots insigni- 
fiants ou injurieux qui les couvrent de confusion. 

.l'ai vu deux cas de chorée partielle occupant les muscles du cou et caractérisés 
par une secousse qui tournait la tête sur l'épaule. J'en ai vu un autre où le spasme 
fixé sur les muscles du bassin produisait de fréquents mouvements du bassin en 
avant connue dans le spasme cynique. Enfin, ces chorées partielles peuvent occnper 
le deltoïde et le bras ou bien les sterno-hyoïdiens et thyroïdiens, les génio-hyoîdiens 
et les scapulo-hyoïdiens. 

Diagnostic. — Le diagnostic de la chorée est facile, et les grimaces du visage, 
les mouvements irréguliers des membres, permettent de l'établir aisément, mêinc 
à distance. S'il y a difficulté, ce ne peut être qu'au début. Mais alors l'état sabur- 
ral de la langue, la maladresse des jeunes malades et l'incertitude de leurs mouve- 
ments pourront déjà lever les incertitudes qu'on pourrait avoir. 

Il y a certaines contractions musculaires, involontaires, cloniques, limitées ï 
quelques muscles, sm-tout à ceux de la face, qui surviennent instantanément ; elles 
sont connues sous le nom de tics. Est-ce là de la chorée? A la rigueur, oui, et ce 
sont des chorées partielles ; mais cependant le mouvement est toujours le même, 
l)omé à un ou plusiem-s muscles, tandis que dans la chorée les mouvements con- 
vulsifs sont très-variés dans leur manifestation et n'ont pas la régularité qu'Us 
oflrenl dans le tic musculaire simple. 

Mais la difficulté et rimjwrtance du diagnostic, eu ég.ird au traitement et an 
pronostic, sont de déterminer la nature de la chorée. Est-(41e essentielle ousympto- 
matique? est-elle chlorotique, vermineusc, rhumatismale, symptomatiquc d'une 
maladie des méninges, de la moelle, du cerveau? Ce sont là des difficultés quelque- 
fois Irès-grandes. Le m<)d(î d'invasion après une impression morale, la coiucideoce 
d'enlozoaires de l'intestin, l'apparition après une maladie aiguë ou après le rhuma- 
tisme, devront être pris en considération, et il n'y a pas jusqu'à la forme de la 
liiorée qui ne puisse éclairer le diagnostic, en ce sens que les chorées générales ou 
régulièrement hémiplégiques sont ordinairement essentielles, tandis que les chorées 
partielles et hrégulières sont le plus souvent symptomatiques d'une lésion du cer- 
veau ou de ses membranes d'enveloppe. Si la chorée est grave et ancienne, on trouve 
alors, avec l'ophthalmoscope, au fond de l'œil les caractères d'une névrite optique, 
ainsi que je l'ai fait connaître en 1809. 

Traliemenc. — Ix»s choréessymptomatiquesexigentun traitement spécial néces- 
saire pour combattre et guérir les lésions matérielles du ceneau. Quant aux cbo- 



120 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

endort les enfauts pendant six à hnit heures durant lesquelles ils ne remuent 
pas. La dose de chloral se donne tous les jours en une fois, 2 grammes jusqu'à 
six ou huit ans ; 3 grammes ensuite et 4 grammes un peu plus tard. Au bout de 
quelques jours, la guérison se dessine et elle est bientôt complète. 

Enfui, dans ces derniers temps, pour les cas rebelles, j'ai eu recours à Varsenic 
sous la forme d'arséniate de soude : on l'emploie en commençant jxir 5 milli- 
grammes, puis en augmentant progressivement jusqu'à 10, 15 et 20 milligrammes. 
Je n'ai pas eu d'accidents, et quelques chorées ont paru céder facilement à cette 
médication. Je l'ai employé dans plusieurs cas à d'autres médications, et la guéri- 
son a été complète. 

V électricité a été également employée, mais sans succès. ' 

D'autres médecins ont conseillé V exercice gymnastique y en l'associant à des 
mouvements rhythmiques cadencés, des chants musicaux, et au massage. Ces 
moyens ont quelquefois réussi, mais il faut surtout rapporter leur succès au mas- 
sage que k»s maîtres de gynmastique associent à leurs exercices lorsqu'ils prennent 
leurs élèves pour leur enseigner les principes de leur art. 

On a employé le tartre stibié à haute dose contre la cJiorée. Rasori a obsené 
plusieurs succès rapides au moyen de ce médicament. Laennec l'a imité et a égale- 
ment réussi. Il donnait de 50 centigrannnes à 1 et 2 grammes par jour, de façon 
à obtenir la tolérance. !\J. Bouley, plus hardi, l'a employé à 3 et 4 grammes d'un 
seul coup, au risque de pix)duire des accidents graves d'inflammation gastro-intes- 
tinale. Alais des succès obtenus après de pareils dangei*s ne sont pas dignes d'envie, 
et il n'y aurait plus à songer à ce remède, si Gillette, en revenant à la méthode de 
Laennec légèrement modifiée, n'avait montré les avantages qu'on peut en obtenir. 
On débute par 25 centigrammes, en augmentant tous les jours d'une quantité sem- 
blable et en cherciiant à obtenir la tolérance par une courte interruption du traite- 
ment tous les trois jours. De cette façon, la choréedurede quatre à dix-neuf jours, 
et c^ n'est pas toujours aux évacuations produites par l'émélique qu'il faut attribuer 
la guérison, car chez quelques malades la chorée a rapidement disparu sans qu'il y 
eût d'effet vomitif ou purgatif. 

Six de mes malades ont été soumises à ce traitement, et une seide a été rapide- 
ment guérie sans que l'éniétique ait produit de vomissements ou de diarrhée. Les 
autres n'ont pas été modifiées ou ont été augmentées par la médication. Trois fois 
les mouvements sont restés les mêmes, et le tartre stibié, pris trois fois pendant 
trois jours avec des inler\'al]es de repos de trois jours, n'a rien produit que quel- 
ques évacuations. Deux fois les mouvements ont été augmentés, et il a fallu inter- 
rompre l'usage de l'émétique, qui chez une malade produisait de telles évacuations 
que la vie était menacée. Ces faits ne prouvent pas beaucouj) en faveur du traite- 
ment de la chorée par l'émétique, et il importe de les connaître, jwur se défendre 
contre les illusions d'une thérapeutique qui n'est pas exempte de dangers. 

Le docteur Lubelski^a employé les douches (Véther pulvérisé sur le raclils. 

Observation 1. — Une petite fille Agée de sept ans, élève de l'orphelinat de l'Enfant- 
Jésus, était entrée à l'hôpital pour une chorée très-prononcée et se montrant pour la 
seconde fois depuis deux ans. Après avoir employé tous les moyens toniques et anti- 
spasmodiques préconisés contre cette aU'eclion, M. Lnhelski essaya d'anesthésier la 
moelle épinière au moyen d'un courant d'éllier sulfnrique pulvérisé, en se servant 
d'un appareil pour l'anesthésie dentaire. Les deuv hranches ou plutôt les deux becs 
avec lesquels les dentistes embrassent la dent à extraire furent appliqués au niveau 
des deux côtés de la colonne vertébrale. L'appareil do Hicliardson peut suffire. * 

Après deux aspersions de trois à cinq minutes chacune, les mouvements désor- 
donnés de la malade se ralentirent et reprirent bientôt leur caractère normal. 



ATAXIE LOCOMOTRICE CHEZ LES ENFANTS. 12! 

Cctlc observation est très-intéressante ; malheureusenoent elle est unique, et, 
jusqu'à nouvel ordre, nous ne saurions y voir qu'un exemple de ces guérisons subites 
qui se voient si fréquemment dans la classe des névroses à laquelle appartient la 
chorôo(i). 

Enfin ou a proposé la cautérisation épidermiqtie ponctuée du rachis avecle fer 
rougi». Je remploie autrement, avec un morceau de fusain allumé qui me sert 
à opérer des mouclietures le long du dos. On peut aussi, comme Hammon Ta fait, 
préparer un petit tube de verre effilé à la lampe et dout on brise la pointe, en 
l'arrondissant au feu, de telle sorte que son extrémité terminale mesure une ouver- 
ture de 2 à 4 millimètres. Alore on met de Tamiaute imbibée d'acide sulfurique 
et Ton fait des cautérisations superficielles le long du racliis, puis le long des bras, 
deux à trois fois à quelques jours de distance. 

On a aussi conseillé le bromure de potassium à la dose de 3 à 6 grammes par 
jour, et c'est un moyen à expérimenter. Si le succès est confirmé par de nouvelles 
observations, cette médication assez simple méritera d'entrer dans la pratique. 

A ces moyens j'ajouterai l'usage des armatures métalliques de laiton, mises 
en piTmanence sur différents pointsdu corps, et particulièrement sur les membres. 
Ayant vu les contractures cholériques disparaître sous l'influence de cette médica- 
tion, conseillée par Burcq, et pensant que le courant électrique continu du laiton, 
qui avait une action sur la convulsion tonique de la contracture, pourrait en avoir 
sur les convulsions cloniques de la chorée, j'essayai et je réussis. J'ai ainsi enlevé 
une chorée en vingt-quali*e heures; d'autres en sept, huit ou douze jours. Ailleurs 
le laiton n'a rien produit, et dans deux cas il a exaspéré les convulsions à un point 
remarquable. 

Ces plaques de laiton doivent être nettoyées tous les jours avec le plus grand 
soin pour enlever Toxyde de cuivre qui se dé^K)sc sur la peau, et pour éviter les 
pustules cutanées douloureuses qui résultent de sa présence. 

Dans l(»s cas de chorée aboyante, il faut faire des injections hypodermiques 
iV acide valérianique au cinquantième le long du larynx, ou des injections de sul- 
fate de morphine, ou enfin faire passer un courant électrique continu descendant 
par les nerfs laryngés. 

OHAPITRE XVIII 

ATAXIE LOCOMOTRICE ET SCLÉROSE DES CORDONS POSTÉRIEURS DE LA MOELLE 

CHEZ LES ENFANTS 

L'ataxie locomotrice est très-rare chez les enfants. Sur cent quatre observations 
qu'a rassemblées Topinard(2), il n'y en a pas au-dessous de vingt-six ans. On n'y 
trouve qu'une simple mention de trois cas observés chez des jeunes sujets entre 
quinze et dix-huit ans, et appartenant à Friedreich. J'en ai vu deux cas dans mon 
service, l'un chez un enfant de onze ans, et l'autre chez un sujet de quatorze 
ans. Je vais saisir cette occasion d'étudier cette maladie dans l'enfance, pour 
rechercher en quoi elle ressemble et en quoi elle diffère de la maladie adulte, et 
je montrerai en même temps l'importance des signes ophthalmoscopiques que 
j'ai fait connaître en 1866, et par lesquels on diagnostique le début du mal, ce qui 
était alors absolument inconnu avant mes travaux . 

(I) Lubeiski, Bulletin général de thérapeutique, 1869. 

{i} Topinnrd, De Vataxie loœmotrice et en particulier de la maladie appelée ataxie loco* 
motrice progressive. Paris, 186i. 



122 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

Observation I. — Garçon âgé de onze ans, malade depuis quinuie jours, san 
maladie antérieure. 11 a été pris de faiblesse considérable dans les membi 
rieurs et sii()éricurs. 11 marche mal, et qu*il ait les yeux ouverts on fermés, 
môme chose. Il a eu quelques douleurs vagues dans les genoux et des picc 
dans les pieds, qui disparaissent et reviennent tour à tour. Il a de la cép 
frontale, de rafTaiblissement visuel et des obnubilai ions, parfois de la diplo 
strabisme convergent passager. 

Pas de troubles d'audition, ni de la sensibilité générale. La sensibilité rél 
entière. I/enfant a peu d'appétit, ne vomit pas et se plaint d'un peu de const 
Son pouls est régulier. 

A i'ophtlialmoscope, les deux papilles sont d'un rose pâle, diffuses, semblei 
ties et sont voilées par Tétat congestif. Les artères sont petites et les veines 
dilatées, ('/est le premier degré d'hyperbémie produit par les affections spinal 

Observation H. — Une lillo do quatorze ans, petite, trapue, anciennement 
tique, n'ayant pas encore eu ses règles et offrant à peine quelques signes ext( 
de puberté. 

11 y a deux ans qu'elli^ est malade. En revenant de la promenade, elle s'est 
faible, et elle pouvait à peine marcher. Depuis lors elle ne s est jamais remise. E. 
jamais eu derbumatisme, et.il n'y a dans son passé aucune circonstance étiolo 
de syphilis, d'alcoolisme, ou d'intoxication saturnine. La cause de son mal est en 
ment inconnue. 

Quoi qu'il en soit, cette enfant a eu et a encore mal à la t(M s de temps à ai 
elle a eu quelquefois de Tembarras momentané de la parole, de la diplopic e 
notable affaiblissement visuel. 

Elle souffre dans le dos et dans les reins. Dans le dos, c'est une douleur spi 
provoquée par la pression des apophyses de la dixième vertèbre dorsale et de h 
coude lombaire. Dans les reins, au contraire, c'est une douleur permanente ; 
constrielion latérale du thorax, et cette douleur gène l'enfant pour se redresser 1 
qu'elle s'est courbée en avant. 

Elle a des fourmillements et des engourdissements dans les deux membres infériei 
qui sont traversés par des douleurs profondes articulaires ou siégeant dans la coi 
nuité du membre. Ces douleurs n'ont rien de chaud ni de fulgurant, elles sont lai 
liantes, parfois très-vives et accompagnées de secousses qui font sauter le membre 

L'enfant marche lentement, dinicilemenl,sans titubation et sans trouble évident 
coordination musculaire, car si le pas est petit et incertain, il est régulier, cl q 
les veux soient ouverts ou fermés, la marche est la même. 

Au lit, les yeux étant clos, l'enfant lève ses janïbes au commandement de l'obse 
vateur, elle les porte à droite ou à gauche quand on l'ordonne, mais plus faibleme 
que si ses yeux sont ouverts, et avec un léger tremblement. De môme pour les main, 
elle les porte à son visage et dans toutes les directions. Ici, il n'y a pïis le raoindr 
tremblement. Toujours, les yeux étant fermés, elle peut soutenir un poids dans s 
main ou le mainttmir dans ses doigts. Donc elle a le sens inusculaire intact, et i 
n'est tout au plus qu'un peu affaibli dans les jambes. 

La sensibilité tactile ou le toucher est également intact, et il n'y a que les mouve* 
ments réflexes ({ui soient abolis, car on peut lui chatouiller de toute façon la plante 
des pieds sans la faire bouger. La contractilité électrique est conservée. 

L'enfant a bon appétit, ne vomit pas, va presque régulièrement à la garde-robe et 
n'a aucun trouble des urines. 

Elle ne tousse pas et n'offre rien d'anormal dans les poumons. 

Au cœur seulement, il existe, à la base de cet organe, en dedans du mamelon, au 
premier temps, un bruit de souflle assez fort, suivi du claquement valvulairc normal 
et qui indique un faible rétrécissement de l'orifice aortique. 

Dans les yeux enfin, Tophtlialmoscope révèle une hyperhémie excessive du nerf 
optique, dont la papille est confuse, et dont les bords, surtout à droite, offrent une 
légère infiltration grisâtre de la rétine. L'altération est plus marquée à droite qu'à 
gaucbe. 

Dans les symptômes de cette affection, il est facile de reconnaître une maladie 



ATAXIE LOCOMOTRICE CHEZ LES ENFAN1V. iâ3 

dt» Ja nim'llc (''pinière, maladie qui est chronique puisqu'elle date de deux ans, et 
qui ()ccu|K' les cordous sensitifs en laissant intacls les cordons moteurs. En effets 
il n*y a pas de paralysie motrice, et il n'existe que des troubles de sensibilité. 

Cette maladie de la moelle a produit, au début, de l'embarras de la parole, de 
la diplopie passagère, et un alTaiblissement visuel assez notable, ce qui s'explique 
par l'action du nerf grand sympathique dont les racines se perdent dans la moelle 
au commencement de la région dorsale. Toutes les maladies de la moeUe épinière, 
ainsi que je Fai fait connaître dans mes recherches de Cérébroscopie, ont pour 
premier effet l'hyperhémie de la papille, puis l'altération de nutrition du nerf et» 
avec le temps, dans beaucoup de cas l'atrophie et l'amaurose. 

Maintenant, quelle est cette maladie de la moelle épinière? Quel est son siège? 

(^est une myélite chronique — non pas un ramollissement qui, détruisant tous les 
éléments ner\eux, entraîne la paralysie motrice et sensitive, — mais bien une indu- 
ration partielle, disséminée, qui, par sa nature, laisse intacte une partie des tubes ner- 
veux. Cette induration s'appelle aujourd'hui sclérose. Jadis on qualifiait la lésion 
|)ar im mot d'étymologie latine; aujourd'hui, pour changer un peu, on la qualifie 
|)ar un mot d'origine grecque. — Si cela peut satisfaire les pathologistes, et si ce 
changement de langage les rend heureux, je leur en fais mes compliments. Il s'agit 
donc ici d'une induration ou sclérose de la moelle. 

D'après l'examen de la malade qui n'est point i)aralysée, cette induration n'oc- 
cupe pas les cordons antérieure et, en raison des troubles sensitifs constatés chez, 
elle, elle ne doit affecter que les cordons postérieurs. Est-ce une induration sclé- 
rotique rul)anée ou en plaques disséminées ? En raison même du peu de gravité des 
symptômes, on peut croire que la sclérose n'est pas très-étendue et n'est encore 
(lu'à cette période où des parties assez considérables de tissu médullaire spinal 
sain séparent les parties malades. C'est évidemment une sclérose disséminée occu- 
l>ant les cordons ix)stérieurs de la moelle et remontant assez haut, si l'on en juge 
liar les troubles de la parole et de la vision. 

La cause du mal est inconnue. Aucune diathèse, c'vucune intoxication n'en ex- 
pliquent Torigine. En raison du souffle cardiaque aortique, on peut songer à une 
influence rhumatismale latente, mais c'est tout. En effet, l'enfant n'a jamais eu de 
rhumatisme articulaire aigu, — et si elle a du rhumatisme sphial, c'est comme 
maladie primitive. 

Sans nrarréter davantage W la nature de celte sclérose des cordons postérieurs 
de la moelle, question insoluble, dans l'état actuel de la science, je vais faire con- 
naître les U'^ions qui existent chez l'enfant dont je parle. Ces lésions , dont on 
I)eut se faire une idée d'après les faits antérieurs, — elles sont toutes les mêmes, 
sauf leur étendue, — on les découvre à l'œil nu et au microscope. 

A l'œil nu, la moelle épinière étant dépouillée delà pie-mère, on voit, sur la sub-^ 
stance médullaire blanche, des taches jaunâtres, résistantes, plus ou moins larges 
t»t rapprochées. Mouillées avec une solution d'acide chromique ou une solution de 
carmin, et ensuite bien lavées à l'eau pure, ces taches se colorent en blanc dans le 
|>remier cas et en rose dans le second. Ces lésions s'élèvent à différentes hauteurs 
jusqu'au bulbi', aux pédoncules cérébraux, et même jusque sur les parois des 
ventricules. Ix»s racines neneuses, et, dans le crâne, les nerfs optiques ou la 
troisième paire, sont quelquefois jaunâtres et comme gélatineux. 

Au microscopi», on voit que les éléments neneux, cellules et tubes ont en partie 
dis|)aru. Les tubes sont vides de leur myéline, quelquefois granuleux et réduits à 
leur c\lindre d'axe. Ils sont étouffés par une surabondance de né\Toglie, et de 
fibres de tissu conjonctif, rarement par des corpuscules amyloïdes, enfin par des 



iâi PATHtLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE BNFANCE. 

granulations graisseuses selon Fâge de la maladie. Quand on examine la léskm sur 
des coupes transversales cx)lorées au carmin, on voit trè»-distinctement son étendue, 
sa profondeur et le degré auquel elle est arrivée. 

En somme, et pour bien comprendre ce que c'est que la sclérose spinale, il ùut 
admettre que, dans les points affectés, il y a destruction des éléments nerreux de la 
moelle, par suite de leur compression sous Finfluence du tissu conjonctif nouveUe- 
ment formé. S'il y a prolifération abondante de tissu conjonctif et disparition d'un 
grand nombre de tubes nerveux, l'ataxic est très-caractérisée ; au contraire, si la 
sclérose est discrète, fort disséminée, il n'existe que des troubles sensitifs et peo 
d'incoordination des mouvements. 

Chez cette enfant, la sclérose paraît devoir être d'une évolution très-lente, à en 
juger par le peu de progrès qu'elle a fait depuis deux ans, époque de son invasion. 
Elle durera de longues années, car les faits de ce genre peuvent se prcrionger 
quinze ou vingt ans, avec une aggravation progressive qui conduit à la mort. — 
Peut-elle guérir? Oui, et l'on connaît quelques rares exemples de guérison, mais 
ces guérisons-là sont difficiles à obtenir. 

Pour y arriver, on peut avoir recours aux douches de vapeur, aux bains sul- 
fureux naturels ou artificiels, aux révulsifs de la moelle tels que cautères, moocbes 
de feu et vésicatoires sur le rachis, frictions aromatiques excitantes, à Télectris^ 
tion, aux préparations d'arsenic, d'iode, de (br et de nitrate d'argent. 

Je n'attache pas une grande importance à l'emploi de l'électricité qui excite au 
lieu d'apaiser la douleiu* et qui ne convient que dans les paralysies spinales 
motrices. Je préfère les bains sulfureux, comme moyen local, et, à Tintérieur, le 
nitrate d'argent qui échoue bien des fois, mais qui peut aussi améliorer ou gaérir. 
Je donnerai ici le nitrate d'argent cristallisé, en pilules, d'après la formule sui- 
vante : 

Nitrate d'argent 50 centigrammes. 

Mica panis q. 8. 

pour cinquanti^ pilules. 

L'enfant prendra d'abord une pilule à jeun, puis deux et trois pilules au bout 
de huit jours, — jusqu'au moment où l'on verra paraître un liséré noir sur le 
bord des gencives. Alors cette médication doit être interrompue, car si l'on y per- 
siste, on produirait une coloration noirâtre ardoisée de la peau, due à la réduction 
du nitrate d'arçent qui, avec le sang, vient sous la i>cau subir l'action de la lu- 
mière solaire et fonner de l'oxyde d'ai-gent noir. A moins d'une amélioration tdle 
qu'on puisse espérer la guérison, c'est une chose à éviter. 

CHAPITRE XIX 

PARALYSIES MYOGÉNIQUES, OU ATROPHIE MUSCULAIRE PROGRESSIVE GRAISSEUSE 

(PARALYSIE SPINALE) 

Il y a chez les enfants différentes espèces de |)aralysie : les unes sont mtiSCtt- 
laires ou myogéniques, cérébrales ou spinales^ les autres et les dernières dont 
la cause est encore impossible à détenniner sont les paralysies essentielles. 

§ I. — Paralysies myiogéniques. 

Je donne le nom de paralysies tnyogéniques à certaines paralysies musculaires 
partielles incom[4ètes, distinctes des paralysies cérébrales et spinales, indépen- 



PARALYSIES MYOGÉNIQtJES OU PARALYSIE SPINàLE. fS5 

dantes de toute lésion primitive du système neneux, et que je sépare des para- 
lysies essentielles décrites dans le chapitre suivant. C'est à tort qu'on en fait 
des paralysies spinales, la lésion de la moelle étant inconstante et secondaire. 

(^e sont des paralysies causées par une altération primitive du tissu élémentaire 
de la substance des muscles, et leur siège circonscrit sur un ou plusieurs muscles 
des membres, produisant des difformités consécutives, indique suffisamment la 
nature locale deraiïection. Ces paralysies existent également chez le cheval, et dans 
les haras on voit fréquemment des poulains pris de paralysie subite des membres 
par brusque altération granulo-graisseuse de la fibre nmsculaire ; elle frappe surtout 
les chevaux de gros trait, bien que ceux de trait li^er n'en soient point exempts. 

Son apparition est brusque, soudaine, à la suite d'efforts de traction ou pendant 
une courte promenade, quelquefois même à l'écurie. Les chevaux fléchissent sur 
leurs membres postérieurs, malgré les efforts de contraction des muscles croupiens, 
il semble que les psoas ne peuvent donner à la colonne vertébrale la rigidité néces- 
saire pour senir de point fixe et commander la station ou les mouvements de 
progression. 

A l'autopsie, on trouve ces muscles pâles, décolorés, marbrés par places de 
teintes qui varient du rouge foncé au rose pâle, et leur donnent l'apparence du 
jambon ; ils sont faciles à déchirer et semblent avoir été bouillis. £n les examinant 
au microscope, on voit des fibrilles musculaires intactes, des fibrilles malades qui 
présentent un aspect sombre, grenu, au lieu de cet aspect strié en travers qui 
caractérise le tissu muscidaire; en faisant passer un courant d'acide acétique, le 
muscle pâlit, et les fibres saines s'effacent complètement, tandis qu'on voit appa- 
raître au milieu des fibres malades de petites gouttelettes de graisse si nombreuses 
que le muscle paraît transformé. La substance des reins parait également présenter 
quelques points granuleux dont la nature ne peut être facilement détennbiée, mais 
qui ont une apparence graisseuse. Même observation pour le foie, qu'il faut exa- 
miner avec la plus grande précaution. Des filets nerveux extrêmement ténus pro- 
venant des portions les plus malades des muscles ont toujours présenté l'aspect 
le plus sain. La moelle ne m'a jamais paru présenter d'altérations caractéristiques. 

Si on étudie plus attentivement ces diverses lésions, on voit que, dans ce qu'elles 
ont de plus général, elles se lient à l'état typhoïde; ainsi le sang se présente noir, 
poisseux, irisé, les globules agglomérés et comme collés les uns aux autres. Les 
tissus qui sont baignés par ce sang participent de diverses manières à la maladie ; 
les psoas en particidier sont transfonnés et présentent un aspect graisseux mani- 
feste, ainsi que le témoignent les études de plusieurs micrographes (1); l'altération 
graisseuse comme peu avancée dans les muscles fessiers, psoas, profondément 
altérés, présentant une dégénérescence graisseuse bien plus avancée ; cependant çà 
et là quelques fibres saines. 

Comme il peut paraître surprenant de voir une transformation graisseuse si 
complète s'opérer dans un temps si court, il faut savoir que cette transformation 
a été maintes fois constatée dans l'empoisonnement par le phosphore; Fritz, 
Verliac et Ramier ont très-nettement indiqué ce résultat (2). Ces mêmes auteurs 
rapportent une obsenation qui me paraît avoir une très-grande valeur au point de 
vue de la nature de l'affection qui nous occupe. Cette observation de Wunder- 
lich a été publiée sous ce titre : De la forme toxique de Victère pernicieiix, ou 
de la stéatose généralet spontatiée, rapidement mortelle. Wunderlich s'at- 

(1) Etude hislologique des mufcles gras (Comptes rendus de la Société de biologie pour 
1857, pages 92 et 93). 

(2) Frilz, Verliac et Ranvier, Archives générales de médecine, juillet 1863. 



i^ PATSOLOGIE SPÉCIALE DR LA PREMlèRE ENFANCE. 

tachait à démontrer dans cet article « que la stéatose aiguë peut se produire spon- 
tanément en dehors de tout empoisonnement, et que la plupart des symptômes 
«luxquels elle donne lieu sont communs, à la fois, avec Ticlère grave et avec Finto- 
xicatiou phosphorée. » 

De tout ceci on peut conelure non-seulement qu'il n'est pas plus sarprenant de 
voir, sous l'action de causes encore inconnues, la stéatose se produire spontanémait 
par une modification de nutrition, que de la voir apparaître en quelques heures, 
sur des êtres surpris brusquement par le poison au milieu de la santé la plos 

parfaite. 

Les différents auteurs qui ont écrit sur les maladies de l'enfance n'ont pas déter- 
miné de la même manière la nature de cette forme de paralysie. Pour quelques-uns, 
c'est la paralysie essentielle de V enfance. Ils l'indiquent comme pouvant être la 
suite de convulsions ou de contractures. Underwood en parle accidentellement, comme 
d'un effet sympathique de la dentition ou des sabuires gastriques, et ce qu'il dit 
de la paralysie et de la débilité des membre inférieurs s'applique surtout à des parsh 
tysies syinptomatiques du cerveau, de la moelle et de la colonne vertébrale. U en est 
de même de Shaw(i). L'itérieurement des obsenations et des mémoires rempUs 
d'intérêt ont été pubUés par les docteurs Badham, Kennedy, West en ;\iig^eterre ; 
Heine en Allemagne; Richard (de Nancy), J. Guérin, Rilliet et Barthez, Laborde(!2), 
Cornil, Joffroy, Damaschino en France. Beaucoup de ces observations laissent à 
désirer, et plus d'une se rapporte évidemment à des paralysies symptomatiques de 
lésions du cerveau, de la moelle et des vertèbres. Toutefois, si l'on tient compte 
de la difficulté extrême du diagnostic dans beaucoup de circonstances, on vem 
qu'il n'a pas toujours été possible d'éviter l'erreur, et l'on devra se montrer 
reconnaissant vis-à-vis de ceux dont les travaux ont founii à la science une vérité 
de plus. 

Cette forme de paralysie a été aussi décrite sous le nom de paralysie grais- 
seuse de V enfance, jyar Duclienne qui, sans tenir compte de ce qui a été fait avant 
lui, s'est attribué les honneurs de la découverte. Si ce médecin avait pris con- 
naissance (les travaux de J. Guérin, et de ce que j'ai dit dans les premières éditions 
de cet ouvrage, en 1852, il aurait vu que, dans la paralysie de l'enfance, la trans- 
formation graisseuse des nuiscles et son traitement par l'électricité n'était pas 
chose nouvelle, et que tout cela était depuis longtemps connu avant lui. 

Panni les travaux récents, ceux de Lalwrde, Cornil, Joffroy, Damaschino, 
marqueront une nouvelle époque dans l'Iiistoire de la paralysie dans l'enfance, car, 
ainsi que je l'ai fait, ces auteurs séparent cette maladie des paralysies essentielles. 
Seulement ils l'attribuent h une lésion primitive de la moelle, de façon à en faire 
une paralysie spinale, tandis que moi je la considère comme une affection 
primitive du système musculaire ]X)uvant amener par le repos forcé des membres 
une lésion spinale secondaire. 



\, — La paralysie myogéiiique commune au cheval et à riiomme est assez 
fréquepte chez les enfants. Elle est plus counuune dans le jeune Age et chez le 
nouveau-né que dans la seconde enfance. D'après ce que j'ai vu, les deux tiers des 
enfants affectés n'ont guère plus de deux ans. La paralysie myogénique est donc 
une maladie delà première enfance. Elle peut, dit-on, être congénitale, mais cela 
n'est pas bien démontré, car on ne s'aperçoit que très-tard de son existence. Chez 

(i) Shaw, On the Nature and Trealmeni of llie Dislorsiotus to xvhich ihe Spbie and the 
Bones of tlie Chest are mbjecl. l>ondon, 1823, willi Supplément and Atlas. 
(2) lAborûc, De h pcralijêieeêsenlielle de Venfance, thèsfî inaugurale. Paris, 1864. 



PARALYSIES MYOGÉNIQUES OU PARALYSIE SPINALE. 127 

l'adulte, on l'obsene dans le deltoïde et dans le muscle grand dentelé qui s'atro- 
phient d'une façon presque complète et cela sans altération du système ner\'eux 
ceniral. 

Elle frappe indistinctement sur les garçons et sur les fdles. La force ou la fai- 
blesse de la constitution et de la santé ne parait pas influer sur sou développement. 
Les opinions opposées des obsenateurs à cet égard sont loin d'éclairer la question : 
tantôt, disent Heine et Kennedy, les enfants paralysés sont forts, vigoureux et bien 
portants; tantôt, d'après West, ils sont d'une faible constitution; ou, d'après 
Billiet et Barthez, ce sont des sujets lymphatiques, affectés d'eczéma, d'ophthal- 
mies, etc. Ceux que j'ai obsenés étaient d'une parfaite santé et très-bien développés 
pour leur âge. 

La ()aralysic myogénique se développant quelquefois dans le cours de certaines 
maladies, on a voulu en faire une paralysie réflexe, mais cela me paraît contraire 
à l'observation; ainsi elle se montre dans le cours de la dentition, mais il n'est pas 
déinontré qu'elle soit la conséquence de ce travail physiologique. Rien ne prouve 
davantage qu'elle soit la conséquence des entozoaires, des inflammations gastriques 
ou des saburres gastriques dont parle Underwood, et dont les caractères sont si mal 
déterminés. 

Elle succède quelquefois à Véclampsie, à la chorée et aux convulsions symptoma- 
tiques ; mais, dans ce cas, on peut craindre que le cerceau soit malade. On l'a vue 
également, dit-on, apparaître à la suite de la rougeole, de la scarlatine, de la 
fièvre typhoïde, et dans les convalescences de maladies aiguës graves. Dans ce cas 
c'est une paralysie essentielle. J'en reparjerai dans le chapitre suivant. Elle se 
développe quelquefois subitement dans le jour et sans cause appréciable. Ainsi, j'ai 
vu trois enfants chez lesquels elle était apparue, en plein jour, au moment où ils 
jouaient avec leurs camarades. 

Kennedy pense que cette forme de paralysie est souvent le résultat de la mauvaise 
habitude qu'on a de coucher les enfants dans de fausses positions, et il croit que 
h pression d*un membre par le poids du corps, si l'enfant est couché sur le 
flanc, j)eut suffire à occasionner la perte momentanée ou définitive du mouvement 
dans ce membre. Aussi a-t-il appelé cet éiat : paralysie temporaire de V enfance. 
Cela est ()ossible, et il n'y a rien dans cette vue théorique qui répugne à la raison. 
i> que l'observation de la pression des membres chez l'adulte a fait connaître 
justifie d'ailleurs toute l'importance de cette ingénieuse hypothèse. 

Une autre cause, la plus importante de toutes, et qui joue un rôle capital dans 
la production de la paralysie myogénique, c'est le refroidissement des membres^ 
quelle qu'en soit l'origine. Ainsi, chez les sujets avancés en âge, l'action du itoïd 
qui résulte d'une station prolongée sur un banc de pierre, et chez les enfants plus 
jeunes, le froid qui glace les membres peu couverts, lorsque les bras ou les jambes 
sont mal enveloppés, telle est l'origine la plus ordinaire de la paralysie partielle 
bornée à quelques muscles ou à tous les muscles d'un membre. 

I..es enfants à la mamelle qu'on démaillote prématurément pour les mettre en 
robt», c^ux qu'on veut embellir par des toilettes trop décolletées, ceux qu'on couche 
sans maillot et qui se découvrent dans leurs mouvements pendant le sommeil, ceux 
qui urinent au lit et qui restent longtemps froids et mouillés ; ceux enfin qu'on 
élève dans des appartements mal fermés, et où ils pi^uvetit recevoir l'action du froid 
pendant la nuit, sont le plus ordinairement frappés de cette paralysie dont la nature 
est toute rhumatismale. Je ne suis suq)ris que d'une chose, c'est de ne pas 
observer encore plus fréquemment cette paralysie, tant la mode d'habiller les enfiints 
me semble absurde, et tant il est fréquent de trouver leurs extrémités refroidies 



128 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMliRE ENFANCE. 

et leui*K membres g(*lés par suite de la iiiaiiièrc inconsidérée dont ils so 
J'ai obsené plusieurs exemples de paralysie myogénique qui ne m'ont pa 
avoir d'autre origine. 

Hjmptùmem, — Qiiaud la paralysie myogénique s'étaUit sous l'influe 
causes que je viens d'énumérer, la motilité disparait dans plusieurs musc 
membre, dans un membre tout entier, dans un des cAtés du corps, ce qui 
dans les qiiatn; membres, ou dans les deux extrémités inférieures seulem 
para\)'iiw \)i'u\ donc vin* partielle ou générale ; hémiplégique dans un S4 
ou dans tout un côté du corps excepté le visage, ou paraplégique. Elle vi 
degrés, connue une maladie chroniciue, ou subitement^ sans aucun phéi 
précurseur; elle est complète on incomplète j douloureuse ou indolente, 

\\ ne faut pas ranger parmi ces paralysies celles qui succèdent à une i 
aiguë fébrile ou inflannnatoire, pas plus que celles qui résultent d'une i 
cérébrale ou spinale, ni le strabisme et l'hémiplégie faciale des nouveau-n^ 
je décrirai à part et qui sont le résultat : le premier, d'une contracture des n 
de l'œil, et l'autre d'une contusion du facial par l(»s branches d'un forceps. 

La paralysie myogénique partielle^ hémiplégique ou paraplégique^ «w 
ou incomplète, est la seule dont je veuille m'occuper. 

Invasion subite. — Klle apparaît quelquefois subitement, sans pliénoi 
précurseurs, surtout à la suite de l'impression du froid, dans le jour, ch 
enfants qui viennent de jouer avtx leurs camarades. J'en ai vu plusieurs excn 
Ailleurs, c'est {NMidant la nuit, et le matin, au réveil des enfants, on les reti 
avec un ou plusieurs membr(*s privés de mouvements, sans diminution de b 
bilité ou de la contractilité électrique (1). C'est une paralysie rhumatismale pi 
tive. Ordinairement la maladie est partielle. Dans d'autres cas, des douleurs 
préexisté à l'apparition de cet accident. Kennedy en a publié un fait, j'en ai obs 
un autre relatif à la |)aralysie de la jaml)e, et beaucoup de médecins ont vu par 
chose dans la paralysie du stemo-mastoîdien à la suite du torticolis. Le men 
parait douloureux, et la pression y détermine des souffrances assez vives ; toute 
la présence d'une douleur rhumatismale préalable est assez rare dans la parab 
myogénique des extrémités. Laborde croit au contraire que la maladie déb 
toujours par un accès de fièvre de quelques heures ou de quelques jours, so 
d'une ])aralysie générale qui se dissi|)e en partie et qui se localise sur un cert 
nombre de; muscles, |)articulièrement sur ceux des membres inférieurs (2). Quai 
on recherche bien, dit-il, on trouvera toujours un accès de fièvre au début de cei 
paralysie infantile. Je ne partage pas cette croyance qui est en opposition avec 1 
faits. En effet, dans les c^s rapportés par notre confrère, on voit que cet accès < 
fièvre initiale n'a pas été obsené par lui et qu'il l'admet d'après le témoigna^ di 
parents; or, je n'accorde qu'une médiocre confiance à ces données rétrospective 
d'une mère, dont l'enfant est paralysé depuis longtemps, que Ion interroge sur l'in 
vasion souvent inaperçue d'accidents paralytiques, et à qui on fait dire : L'enfim 
agité pendant la nuit a eu, huit à dix mois auparavant, un accès de fièvre de quel 
qu(^s heures. Ces renseignements sont nécessairement erronés, car les phénomène 

(I) J*ui vu plus lard un enfant do dix an? amené de Mayencc, ci qui, sans fièvre préabblf, 
au sortir de Fécole à quatre heures du soir eut une niôtne paralysie du bras gauche seulement, 
la main et Tavant-bras étaient afr<.*ctés. 

(â) J'ai vu un enfant de deux ans amené de Valencionnos, qui, à Tàge de dix mois, eat de 
la fièvre pendant dix jours, et qui, sans avoir eu dMiénu|)légie, présenta, aussitôt sa guérison, 
une paralysie de Tépaulc droite sans paralysie de la maifi. — Quand on me le présenta, il y 
avait atrophie graisseuse du deltoïde, du biceps et du grand dorsal, mais Tavant-bras et la 
main ne présentaient pas d*atropliic. La santé générale était parfaite. 



PARALYSIES MYOGÉNIQUES. 129 

dont on parle ont été obsenés en donnant par une nourrice inintcUigente, et 
d'autre part il n'y a pas d'enfant qui n'offre à chaque instant, pour la dentition ou 
pour quelque cause que ce soit, de l'excitation nocturne et de la fièvre, sans que 
cela doive être suivi de paralysie. Tant qu'un médecin n'aura pas lui-même constaté 
la fièvre au début de la paralysie des enfants, il sera impossible de tenir compte de 
ce phénomène conmie d'un symptôme important de la maladie. 

Cette jxaralysie est quelquefois, dit-on, précédée de phénomènes cérébraux, tels 
que l'éclampsie, ou des symptômes de congestion cérébrale, caractérisée par la 
sonmolence, le strasbisme et l'état fébrile ; mais alors il est bien possible que la 
paralysie soit symptomatique d'une lésion matérielle des centres nerveux et ne soit 
plus seulement une affection musculaire locale. 

Invasion lente. — Ailleurs, enfin, cette paralysie se manifeste lentement, d'une 
manière progressive ; son origine passe inaperçue, et l'on ne s'aperçoit réellement 
de son existence que lorsqu'elle est bien confirmée. Ce mode paiticulier de déve- 
loppement s'est montré à mol à différentes reprises et notamment dans le cas suivant 
sur un enfant qui m'a été amené de Bordeaux. C'était un garçon de six ans et demi 
qui, il y a trois ans, avait été malade trois jours avec un accès de fièvre, avec 
vomissements, puis s'était remis sans paralysie. Ce n'est que six mois après que 
sa mère vit la faiblesse augmenter et faire une paralysie incomplète. Il pouvait 
marcher péniblement, mais non pas courir ni monter un escalier ; il ne pouvait 
lever les bras sur la tète, mais il conservait toute son intelligence et les sens, 
n'ayant ni contracture ni convulsions, ni gibbosité, ni douleur. Quand on me le 
présenta, il y avait une faible atrophie du deltoïde et des muscles du bras, ainsi 
que des fessiers et des muscles antérieurs de la cuisse. C'était une paralysie 
myogénique incomplète, comme il est rare d'en rencontrer, et produite lente- 
ment, d'une façon progressive, sans déterminer d'atrophie musculaire graisseuse 
considérable. 

Caractères de la paralysie myogéniqtie. — La paralysie ne porte souvent que 
sur un nmscle, le stemo-mastoîdien par exemple, et la tète est inclinée sur le côté 
malade; sur les extenseurs des doigts, ainsi que l'a vu Richard (de Nancy) 
dans le deltoïde et le biceps sur un seul bras, qui reste pendu immobile le long du 
corps; sur le pied, ou sur la jambe seulement; sur le bras et sur la jambe à la 
fois sans participation de la face : alors la paralysie est hémiplégique ; sur les deux 
membres inférieurs de manière à constituer une véritable paraplégie, ou enfin sur 
les quatre membres. 

La paralysie myogénique est très-souvent incomplète et les moavemenls muscu- 
laires, affaiblis sur les divers points que je viens d'indiquer, sont cependant encore 
possibles. L'abolition entière, absolue, complète, des mouvements est beaucoup 
plus rare. Dans quelques cas, la paralysie n'occupe que la partie moyenne du 
membre, les doigts et la main restant mobiles, ainsi que l'omoplate et la clavicule 
qui peuvent monter ou descendre ; mais le deltoïde et les muscles du bras et de 
l'avant-bras sont paralysés. Cela prouve une lésion locale et non une altération 
spinale; car, si la moelle était malade, il y aurait paralysie de tout le membre et 
non de sa partie moyenne, l'épaule et les doigts restant mobiles. 

De ces différences de siège et d'état complet ou incomplet de paralysie, résultent 
niVressairement de grandes différences de symptômes. Chez les nouveau-nés, et 
dans la première année de la vie surtout, l'appréciation de la paralysfe est diflScile 
et quelquefois embarrassante. Si les mouvements sont entièrement abolis et que les 
membres soulevés retombent entraînés par la pesanteur, rien n'est plus clair que 
le diagnostic ; mais il n'en est presque jamais ainsi : les mouvements sont diminués 

BOUCBUT. — NOOV.-BIÉS. — 7* ÉOIT. 9 



i30 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

et Ton ne peut savoir au juste jusqu'où s'étend cet affaiblissement musculaire. Des 
enfants si jeunes n'ont que des mouvements automatiques : ils ne coordonnent pas 
leurs mouvements, ils n'obéissent qu'à leur instinct et ne peuvent en lien aider le 
médecin dans la recherche du siège et de l'étendue du mal. Ils ne donnent point 
la main qu'on demande, ils ne peuvent montrer le pied et l'on ne sait jamais alors 
si le caprice ou la maladie entrent pour quelque chose dans la direction vicieuse 
des mouvements. Il faut une observation journalière et attentive pour découvrir la 
réalité de cet aSiaiblissement musculaire, et les mères ou les nourrices y arrivent 
bien plus aisément que le médecin. C'est surtout à un âge plus avancé, à mesure 
que l'enfant se développe, qu'on voit la paralysie se montrer plus clairement. Les 
membres sains contrastent de plus en plus par leur agilité avec les membres in- 
complètement paralysés, et la différence des mouvements, chaque jour [rfus appré- 
ciable, conduit enfin à un diagnostic précis et rigoureux. Le bras reste faible, peu mo- 
bile, tandis que l'autre suit toutes les impulsions du désir; et si l'enfant commence 
à marcher, sa jambe traîne et ne peut lui servir de soutien : il chancelle, t<Mnbe et 
souvent renonce à se tenir, au point d'être obligé de ramper sur le sol. 

Chez les enfants plus âgés, vers deux ou trois ans, les symptômes sont |dus nets. 
Leur appréciation offre moins d'incertitude et, plus les sujets sont avancés en âge, 
plus aussi le diagnostic de la paralysie est facile. 

Chez les enfants à la mamelle, les parties affectées de paralysie myogénique sont 
quelquefois, mais assez rarement, douloureuses au début : elles sont légèrement 
tuméfiées; la peau, ordinairement pâle et blanche, est quelquefois rougeâtre, livide 
et vergetée. Elle est alors toujours plus froide que la peau des parties non para- 
lysées et, d'après Heine qui n'a fait qu'une seule fois l'expérience, la tanpératore 
du jarret était descendue à 19 degrés centigrades. De nouveUes observations seraient 
d'ailleurs nécessaires pour fixer ce point de la science. 

Altératioîis de la sensibilité. — La paralysie myogénique porte exclusivement 
sur certains muscles dont les contractions sont affaiblies ou anéanties sans atteindre 
la sensibilité qui reste toujours intacte, à part la période douloureuse qudquefob 
observée au début des accidents. Jamais la paralysie de la sensibilité n'accompi^;ne 
celle du mouvement et les organes des sens restent dans leur état normal^ car 
l'œil examiné avec l'ophthalmoscope ne présente rien de particulier. 

Quand on étudie la forme de la paralysie pour mieux en déterminer le caractère, 
on voit que, selon son degré, elle s'accompagne de phénomènes variables d'action 
réflexe ou de contractilité électrique. Ainsi, au début des accidents, l'acf ton réfkxe 
est toujours conservée, tandis qu'elle disparaît quand la maladie est ^cienne et que 
les muscles sont très-altérés par la dégénérescence graisseuse. Il en est de même de 
la contractilité électrique, qui n'existe qu'à la période où le muscle conserve ses 
fibres normales et n'est pas encore atteint par l'atrophie granuleuse et graisseuse. 
Tout ce qui a été dit à ce sujet, pour distinguer les paralysies myogéniques sans 
contractilité des muscles d'avec les paralysies cérébrales où persiste cette contracti- 
lité, est piurement imaginaire. D'ailleurs ce n'est pas l'électrisation de la peau qa'il 
faut mettre en usage pour étudier la contractilité électrique, c'est Vélectro^punctum 
au moyen d'aiguilles très-fines. De cette façon on agit directement sur le muscle 
malade et Ton obtient souvent des contractions qui ne sont pas visibles lorsqu'on 
se borne à iaradiser la peau. 

Marche, ïwpée, ieratlBalsona* — La paralysie myogénique disparaît qud- 
quefois assez rapidement et d'une manière progressive. Elle dure quelques 
heures ou plusieiu^ semaines, et elle peut se dissiper sanâ laisser de traces de 
son existence. C'est ce que Kennedy a appelé la paralysie temporaire de 



PARALYSIES MYOGÉNIQUES. 131 

reiifancc. — Dans le plus grand nombre de cas, elle persiste plus longtemps et 
s'aggrave beaucoup. Elle devient chaque jour plus prononcée et reste définitive; 
aloi-s elle nuit à la nutrition et à Faccroissement des parties qu'elle affecte, au 
point (ramener l'atrophie des membres, leur déformation et la dégénérescence 
granulo-graisseuse des muscles qui les composent. Je vois souvent encore une 
petite fille de quatre ans, affectée de c^tte forme de paralysie dans la jambe gauche 
depuis la seconde année ; elle a aujourd'hui un pied bot consécutif, une atrophie du 
pied et un raccourcissement notable de ce membre. J'ai eu dans mou senice à 
l'hôpital Sainte-Eugénie plusieiu*s enfants qui avaient ainsi des luxations incom. 
plètes pnxluites |)ar la rétraction des muscles opposés à ceux que la paralysie avait 
atteints. C'est là un fait déjà obsené par Heine, West, Richard (de Nancy) et 
J. Guérin. 

Dans tous ces cas, soit au début, soit à la fin de la paralysie myogénique, la sen- 
sibilité tactile reste parfaitement conservée. 

Les autres fonctions ne sont pas altérées, il n'y a ni rétention ni incontinence 
des urines et des matières fécales. La nutrition générale ne paraît pas affaiblie, l'ac- 
croissement des parties paralysées est seul diminué. Quelquefois on observe de l^ers 
troubles gastriques dus au travail de la dentition ; mais ces troubles ne sont ordi- 
nairement, comme je l'ai dit, que le résultat de simples coïncidences et n'influent 
pas notablement sur la marche des accidents paralytiques. 

i/éslons aiiatoBilqvcs. — La connaissance des lésions anatomiquesdes muscles 
de la paralysie myogénique date de mes recherches, en 1852, et c'est d'après elle 
qu'ont été faites toutes les descriptions ultérieiu^s. 

L'atrophie porte sur la longueur des membres et sur leur volume ; les déforma- 
tions s'établissent dans les jointures, par suite de rétractions musculaires consécu- 
tives à la paralysie des muscles opposés et sur la colonne vertébrale, lors de la 
paralysie du bras ou des membres mférieurs ; les dégénérescences portent sur les 
os qui sont plus courts et plus minces, sur les artères dont le calibre est moins con- 
.sidérable, sur les muscles, enfin, dont les faisceaux particuliers perdent leurs stries 
transversales et s'altèrent par l'addition d'éléments granuleux et de tissu fibreux 
ou adipeux de formation nouvelle. Le sarcolemme musculaire ou périmisium 
s'é]>ai$sit et se remplit de granulations moléculaires plus nombreuses. Les faisceaux 
striés des muscles se gonflent et s'infiltrent de granulations moléculaires qui persis- 
tent plus ou moins longtemps et sont quelquefois remplacées par des vésicules adi- 
ptnises. Cette altération spéciale du tissu musculaire n'existe qu'au bout d'un cer- 
tain temps et lorsque l'atrophie extérieure est bien caractérisée. Elle a été très-bien 
décrite de la même façon par Labordc, qui n'a fait d'ailleurs que confirmer et 
développer mes recherches consignées dans la deuxième édition de cet ouvrage. 

Maintenant quel est l'état du cerveau et de la moelle dans la paralysie myogé- 
nique, et l'atrophie aiguë des cellules motrices des cordons antérieurs de la moelle, 
signalée par quelques obsenateurs, est-elle la cause ou l'effet des accidents para- 
luicpies? Avant de discuter, exposons les faits. Sur onze autopsies faites, l'une 
par Barthez, trois par moi en 1867 et en 1868, une par Prévost, une par 
Charcot et Joffiroy, trois par Roger et Damaschino, les deux autres par Comil et 
Laborde, on a trouvé huit fois la lésion des cordons antérieurs de la moelle ou 
des cornes antérieures de la substance grise que je vais décrire, ettnris fois, dans 
les cas de M. Barthez, ou dans un des miens, on n'a rien trouvé du tout. 
Dans mes autopsies, les pièces ont été examinées par différentes personnes, dans 
le laboratoire de Robin, par Ordonez, par Chéron, par mon interne et par 
moi; ni la moelle épinière, ni les nerfs des membres paralysés u avaient subi 



13*2 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

la moindre altération. Revenons aux faits de Labordc. La lésion signalée par 
cet observateur, d'après Cornil par Prévost, existait à la partie inférieure des 
cardons antérieurs et latéraux de la moelle ; le ceneau et les nerfs du membre para- 
lysé n'avaient aucune altération. Cette lésion consisUiit dans une coloration gris rosé 
du tissu qui était plus transparent que d'habitude, dans lequel on trouvait une 
augmentation considérable des éléments du tissu conjonctif (granules, noyaux et 
cellules) unie à la destruction incomplète dos tubes nerveux, et îl n'y avait au- 
cune altération des cordons [>ostérieurs, des racines nerveuses et des nerfs. Pour 
Charcot, Jof&*oy et Damaschino, c'est, au contraire, une lésion des cornes antérieures 
de la substance giise, telle que je l'ai trouvée dans un cas avec Grancher. 

Dans la moelle, j'ai -trouvé, avec mon interne Grancher, une altération par- 
tiolle de la substance grise dans les cornes antérieures. Lh, il y avait un petit ra- 
mollissement, de 1 à !2 millimètres de large sur 1 centimètre de long, dans le côté 
droit, du renflement lombaire corresi)oiidant au membre droit paralysé. La sub- 
stance était remplie de corps granuleux, qui se trouvaient aussi en moindre quan- 
tité dans les parties de la substance grise ramollie ; de nombreux noyaux conjonc- 
tifs arrondis et ovoïdes ; de cellules nerveuses atrophiées qui sont moins 
transparentes, granuleuses, avec noyaux moins visibles ou inappréciables et dont 
les prolongements sont arrondis; de tubes nerveux atrophiés traversant les cornes 
antérieures et les faisceaux blancs correspondants pour former les racines motrices 
des nerfs spinaux, ce qu'on devine parce que leur cylindre d'axe est réduit de 
volume en même temps que la myéline a disparu ; de sclérose atrophique des 
cordons antéro-latérau^x, parce que les cloisons de tissu conjonctif sont épaissies 
et que les tubes ner>'eux altérés sans myéline sont presque réduits à leur cylindre 
central atrophié. 

Les vaisseaux capillaires sont également altérés. D'abord leur réseau est plus 
nombreux que de coutume, leurs parois sont éj)aissies, et elles renferment mie 
grande quantité de corps granuleux qui rem))Ussent la gaine lymphatique de façon 
à former quelquefois une sorte do double enveloppe. 

D'après ces altérations, si on les considérait comme étant toujours le point de 
départ de la paralysie des enfants, il est é\ident qu'il faudrait appeler la maladie: 
paralysie spinale de Venfance, ou plutôt myélite chronique. Eu effet, cette lésion 
est celle qu'on obsene dans l'ataxie locomotrice, dans certains cas d'atrophie 
musculaire progressive et de paraplégie chez l'adulte, chez, tous les amputés qui 
meurent longtemps après leur oi)ération lorsqu'un membre a été condamné au 
repos (Luys), et enfin au bout de quelques semaines d'attente chez les animaux 
auxquels on a arraché le nerf sciatique (Hayem). — Mais ces lésions n'existent pas 
toujours, et si l'on réfléchit que toute paralysie primitive des muscles entraine, par 
l'inaction musculaire, Tatropliie et l'altération des nerfs correspondants, puis 
Tatropliie des cellules motrices des cordons antérieurs de la moelle, on devra 
rester dans le doute pour prononcer que la paralysie est primitivement d'origine 
spinale. On peut avec tout autant déraison regarder la paralysie myogénique comme 
produisant Tatrophie et la sclérose spinale, que cette sclérose comme occasionnant 
l'atrophie. Les deux phénomènes sont également possibles et ont été bien des fois 
signalés ; de sorte que je persiste à faire de la brusque et primitive altération gra- 
nulo-graissetisedes muscles la cause de certaines paralysies de l'enfance que pour 
cela j'appelle myc^éniques. Quant aux lésions spinales qu'on rencontre au bout 
de plusieurs années, elles sont consécutives. 

Diagnostic. — Le diagnostic de la paralysie myogénique est souvent fort diflS- 
cile. Il est quelquefois même impossible de se prononcer immédiatement sur la 



13!2 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

la moiiulrc altération. Revenons aux faits de Laborde. La lésion signalée par 
cet observateur, d'après Cornil par Prévost, existait à la partie inférieure des 
cordons antérieurs et latéraux de la moelle ; le cerveau et les nerfs du membre para- 
lysé n'avaient aucune altération. Cette lésion consistait dans une coloration gris rosé 
du tissu qui était plus transparent que d'habitude, dans lequel on trouvait une 
augmentation considérable des éléments du tissu conjonctif (granules, noyaux et 
cellules) unie à la destruction incomplète des tubes nerveux, et îl n'y avait au- 
cune altération des cordons i>ostérieurs, des racines nerveuses et des nerfs. Pour 
Charcot, Joffîoy et Damaschino, c'est, au contraire, une lésion des cornes antérieures 
de la substance grise, telle que je l'ai trouvée dans un cas avec Grancher. 

Dans la moelle, j'ai trouvé, avec mon interne Grancher, une altération par- 
tielle de la substance grise dans les cornes antérieures. Là, il y avait un petit ra- 
mollissement, de 1 à !2 millimètres de lai^e sur 1 centimètre de long, daiis le côté 
droit, du renflement loml)aire corres|M)ndant au membre droit paralysé. La sub- 
stance était remplie de corps granuleux j qui se trouvaient aussi en moindre quan- 
tité dans les iiarties de la substance grise ramoUie ; de nombreux noyaux conjonc- 
tifs arrondis et ovoïdes ; de cellules nerveuses atrophiées qui sont moins 
transparentes, granuleuses, avec noyaux moins visibles ou inappréciables et dont 
les prolongements sont arrondis; de tubes nerveux atrophiés traversant les cornes 
antérieures et les faisceaux blancs correspondants pour former les racines motrices 
des nerfs spinaux, ce qu'on devine parce que leur cylindre d'axe est réduit de 
volume en même temps que la myéline a disparu ; de sclérose atrophique des 
cordons antéro-lalérau^, parce que les cloisons de tissu conjonctif sont épaissies 
et que les tubes nerveux altérés sans myéline sont presque réduits à leur cylindre 
central atrophié. 

Les vaisseaux capillaires sont également altérés. D'abord leur réseau est [Jus 
nombreux que de coutume, leurs ])arois sont éj)aissies, et elles renferment une 
grande quantité de corps granuleux qui reni|)lissent la gaîne lymphatique de façon 
à former quelquefois une sorte de double enveloppe. 

D'après ces altérations, si on les considérait comme étant toujours le point de 
départ de la paralysie (les enfants, il est é\ident qu'il faudrait apjwler la maladie: 
paralysie spinale de Venfance, ou plutôt myélite chronique. En effet, cette lésion 
est celle qu'on obser\e dans l'ataxie locomotrice» dans certains cas d'atrophie 
musculaire progressive et de parapir^gie chez l'adulte, chez tous les amputés qui 
meurent longtemps après leur ojiération lorsqu'un membre a été condanmé au 
repos (Luys), et enfin au bout de quelques semaines d'attente chez les animaux 
auxquels on a arraché le nerf sciatique (Hayem). — Mais ces lésions n'existent pas 
toujours, et si l'on réfléchit que toute i)aralysie primitive des muscles entraîne, par 
l'inaction musculaire, î'atropliie et l'altération des nerfs correspondants, puis 
l'atrophie des cellules motrices des cordons antérieurs de la moelle, on devra 
rester dans le doute pour prononcer que la [wralysie est primitivement d'origine 
spinale. On peut avec tout autant déraison regarder la paralysie myogénique comme 
produisant l'atrophie et la sclérose spinale, que cette sclérose comme occasionnant 
l'atrophie. Les deux phénomènes sont également possibles et ont été bien des fois 
signalés ; de sorte que je persiste à faire de la brusque et primitive altération gra- 
nulo-graisseuse des muscles la cause de certaines paralysies de l'enfance que pour 
cela j'appelle myogéniques. Quant aux lésions spinales qu'on rencontre au bout 
de plusieurs années, elles sont consécutives. 

Dlagnoscle. — Le diagnostic de la paralysie myogénique est souvent fort diffi- 
cile. Il est quelquefois même impossible de se prononcer immédiatement sur la 



PARALYSIES MYOGÉNIQUES. 133 

nature du niaI,sui*tout s*il est ancien et si Ton volt le malade pour la première fois. 
Il ne faut pas se hâter ; il est préférable d'attendre et d'observer quelques jours 
avant de formuler son jugement. Quand la paralysie occupe un bras, si elle vient à 
la suite d*un tiraillement du membre ou d'une chute, ce n'est |>as une paralysie atro- 
phique graisseuse, c'est une paralysie douloureuse de Venfance, que Chas- 
saignac apix»lle, avec plus de raison, iorpetir douloureuse des muscles. 

Si la paralysie sunient rapidement, sans phénomènes précurseurs, ou d'une 
manière lente sans autres phénomènes morbides, ou enfin à la suite de douleurs 
musculaires locales, et qu'elle reste localisée dans quelques nmscles ou dans un 
membre, le diagnostic est facile : la ])aralysie est de nature musculaire et indépen- 
dante du système nerveux central; c'est une paralysie myogénique, fort souvent 
rhumatismale. 

Si la |)aralysie vient (''gaiement sans cause appréciable et se montre d'un jour à 
l'autre, pendant la nuit, sous la forme paraplégique, sans lésion osseuse vertébrale, 
elle est encore indéjXMidante du système nerieux et trouve sa cause dans une altéra- 
tion sfH'ciale du système musculaire. 

Kn cas d'hémipi('*gie subite venue pendant le sommeil, si la fece ne participe pas 
à l'altération du mouvement et qu'il y ait seulement paralysie du membre thora- 
cique et abdominal, sans accidents aigus préalables, le mal trouve encore son origine 
primitive dans le système musculaire : c'est aussi une paralysie myogénique. 

Le diagnostic devient plus difficile quand la paralysie a succédé h une ou plu- 
sieurs attaques d'éclampsie. On peut croire aloi's qu'il existe une altération du sys- 
tème neneux; mais, dans ce c^is, il faut examiner le fond de l'œil avec l'ophthalmo- 
scope,ets'il y existe de 1 infiltration séreuse ou graisseuse papillaire, des granulations 
ou des plaques blanches rétiniennes, c'est que la paralysie sera symptomatique d'une 
lésion cérébrale ou spinale. Cept»ndant, si l'éclampsie a été apyrétique et a précédé 
une affection aiguë, il y a lieu de croire qu'elle ne tient pas à une lésion organique 
de l'encéphale ou des méninges et la paralysie qui suit ne s'y doit pas rapporter 
davantage. Dans a's cas, la paralysie semble être le résultat d'un épuisement mus- 
culaire et l'on iK»ut croire qu'elle est due à cette altération des faisceaux primitifs 
<Ies muscles qui résulte de mouvements exagérés. 

Quand, au contraire, la paralysie succède à des accidents aigus fébriles, entre- 
mêlés de convulsions comme dans la méningite, de contracture comme dans l'hé- 
morrhagie méningée ou de phénomènes nerveux généraux comme dans l'hydrocé- 
phale, elle est évidemment la consé*quence de lésions auatomiqucs plus ou moins 
pix)noncées du système nerveux, et alors il y a presque toujours simultanément une 
lésion anatomique plus ou moins profonde dans l'œil (1). C'est une paralysie 
symptONUitique toute diff^érente de celle qui nous occupe en ce moment, ayant eu 
|)our cause une congestion ou une hémorrhagie de la moelle, une sclérose cérébrale, 
une méningite chronique ou une induration spinale plus ou moins étendue. 

H en est de même de la paraplégie qui succède à une altération scrofuleuse des 
vertèhn's; je n'y insisterai donc pas davantage. 

La |)aral\sie myogénique bornée à un seul membre peut donner lieu à une mé- 
prisa' qu'il (^t bon de signaler. Elle peut faire croire à une maladie de l'articulation 
d'altache du membre, soit de l'articulation tibio-astragalienne, coxo-fémorale, soit 
ailleurs de l'articulation de l'épaule. Ainsi, j'ai vu une luxation incomplète de l'as- 
tragale en dehors et en arrière produite parla paralysie des muscles antérieurs de la 

(1) Voyez Boucliut, Traiié du diagnottic des maladies du iijsléme ^nerveux par Vophtlial- 
tnoicopie. 1 vol. in-8 avec planches et atlas chromolithographie. — Atlas d^ophthalmoscopie 
ïïfiédicale et de cérébrosœpie. Paris, 1876. 



i!24 PATlIlIXtGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE BNFANCE. 

granulations graisseuses selon l'âge de la maladie. Quand on examine la lésion sur 
des coupes transversales colorées au ciirmin, on voit très-distinctement son étendue, 
sa profondeur et le degré auquel elle est an'ivéc. 

En somme, et pour bien comprendre ce que c'est que la sclérose spinale, faut 
admettre que, dans les points affectés, il y a destruction des éléments nerveux delà 
moelle, par suite de leur compression sous l'influence du tissu conjonctif nouvdle- 
ment formé. S'il y a prolifération abondante de tissu conjonctif et disparition d'an 
grand nombre de tubes nerveux, l'ataxic est très-caractérisée ; au contraire, si la 
sclérose est discrète, fort disséminée, il n'existe que des troubles sensitifs et peu 
d'incoordination des mouvements. 

Chez cette enfant, la sclérose paraît devoir être d'une évolution très-lente, à en 
juger par le peu de progrès qu'elle a fait depuis deux ans, époque de son invasion. 
Elle durera de longues années, c^r les faits de ce genre peuvent se prolonger 
quinze ou vingt ans, avec une aggravation progressive qui conduit à la mort. — 
Peut-elle guérir? Oui, et l'on connaît quelques rares exemples de guérison, mais 
ces guérisons-là sont difficiles à obtenir. 

Pour y arriver, on peut avoir recours aux douches de vapeur, aux bains sul- 
fureux naturels ou artificiels, aux révulsifs de la moelle tels que cautères, mouches 
de feu et vésicatoires sur le rachis, frictions aromatiques excitantes, à Télectrisa- 
tion, aux préparations d'arsenic, d'iode, de ftr et de nitrate d'argent. 

Je n'attache pas une grande importance à l'emploi de l'électricité qui excite au 
lieu d'apaiser la douleur et qui ne convient que dans les paralysies spinales 
motrices. Je préfère les bains sulfureux, comme moyen local, et, à l'intérieur, le 
nitrate d'argent qui échoue bien des fois, mais qui peut aussi améliorer ou guérir. 
Je donnerai ici le nitrate d'argent cristallisé, en pilules, d'après la formule sui- 
vante : 

Nitrate d'argent 50 centigrammes. 

Mica panis q. s. 

pour cinquante pilules. 

L'enfant prendra d'abord une pilule à jeun, puis deux et trois pilules au bout 
de huit jours, — jusqu'au moment où l'on verra paraître un liséré noir sur le 
bord des gencives. Alors cette médication doit être interrompue, car si l'on y per- 
siste, on produirait une coloration noirâtre ardoisée de la peau, duc à la réduction 
du nitrate d'arçent qui, avec le sang, vient sous la peau subir l'action de la lu- 
mière solaire et former de l'oxyde d'argent noir. A moins d'une amélioration telle 
qu'on puisse espérer la guérison, c'est une chose à éviter. 

CHAPITRE XIX 

PARALYSIES MYOGÉNIQUES, OU ATROPHIE MUSCULAIRE PROGRESSIVE GRAISSB(}SE 

(PARALYSIE SPINALE) 

Il y a chez les enfants différentes espèces de paralysie : les unes sont muscti- 
laires ou myogéniqueSy cérébrales ou spinales, les autres et les dernières dont 
la cause est encore impossible à déterminer sont les paralysies essentielles, 

§ I. — Paralysies myiogéniques. 

Je donne le nom de paralysies myogéniques à certaines paralysies musculaires 
partielles incomplètes, distinctes des paralysies cérébrales et spinaleSy indépen- 



PARALYSIES ESSENTIELLES. 137 



CHAPITRE XX 



PARALYSIES ESSENTIELLES 



Des paralysies se moulrciil quelquefois chez les enfants sans qu*on puisse en 
découvrir la cause. Elles ne dépendent pas d'une maladie piiinitive des muscles 
(paralysies inyogéuiques ou atrophie musculaire graisseuse de Teniance), et elles 
ne se rattachent à aucune maladie connue des nerfs, de la moelle ou du ceneau 
(paralysies symptomatiques) : ce sont les paralysies essenUelles, 

Elles sont partielles ou générales; elles occupent un ou plusieurs membres 
dont elles anéantissent le mouvement, ou les organes des sens dont elles suppri- 
ment les fonctions. Il y a des amauroses et de la surdité essentielles, comme il y a 
des paraplégies ou des paralysies générales essentielles. 

Caoflcs. — Les paralysies essentielles de l'enfance ont surtout pour cause la 
convalescence des maladies aiguës^ telles que ûè\Tes éruptives, rougeole, yariole 
et scarlatine et continues, ou la convalescence des maladies iuQammatoires. C'est 
un fait signalé eu 17G8 par Tissot(i) ; par moi, en 1855, lorsque je dis (3) : « On 
l'a vue également (la paralysie essentielle) apparaître à la suite de la rougeole, de la 
scarlatine, de la fièvre typhoïde et dans les convalescences de maladies aiguës 
graves »; plus tard, en 1857, dans un mémoire Sur le nervosisme aigu et chro- 
nique, connuunïqué àl'Académie de inédecine(3); enfin, en 1859, par Gubler(4), 
qui a omis de signaler mes observations publiées avant les siennes. 

Toutes les maladies aiguës, fièvre typhoïde, pneumonie, érysipèle, bronchite, 
angine simple, d>sseiiterie, rougeole, choléra, scarlatine, variole, diphthérite (5), etc., 
peuvent être suivies de paralysie dans les membres ou dans les organes des sens. 

Quelques médecins ont vu là autant d'espèces de paralysie différentes, et, sans 
coinpri'iulre la loi générale qui les réunit, ont décrit à part une paralysie typhoide, 
pneumonique, érysipélateuse, bronchique, angineuse, dysscntérique, variolique, 
diphthéritique, etc. On a même prétendu comparer ces paralysies, causées par des 
maladies aiguës inflammatoires ou miasmatiques et virulentes guéries, aux paraly- 
sies saturnines, arsenicales, syphilitiques et autres, qui sont causées par un poison 
actuellement existant dans l'organisme. » 

Otte manière de voir ne saurait être acceptée. Quand une variole guérie est suivie 
de paralysie dans la convalescence, il n'y a [dus de virus variolique dans l!élfH 
nomie, et ce n'est pas comme maladie virulente que cetti; fièvre engendre la para- 
lysie. Il en est de même de l'angine, de la dyssenteric, de l'érysipèle, de la diph- 
thérite, etc. Personne ne voudrait sérieusement soutenir qu'après la guérlson d'une 
angine, d'une d\ssenterie ou d'une diphthérite suivie de paralysie, il y a cnccnre 
un miasme angineux, dysscntérique ou diphthéritique conteim dans l'organisme. 
L'assimilation des paralysies essentielles de la convalescence des maladies aiguës 
avec l4*s paralysies saturnines arsenicales ou provoquées par un agent toxique est 
donc impossible. 

(1; Tissot, TtaiU de» nerl» et tle leurs maladies. I*aris, 1778. 

(2) Boucliul, Trailé des maladies des nouveau-nés, 3* édition. Paris, 1855. 

(3) Bouchut, BuUetin de VAcatlèmie de médecine. Paris, 1857, t. XXlll, p. 980, et Du 
nerifosismet ou de Vétat nerveux aigu et cltronique, Paris, 1860, p. 197. 

(4) Gublcr, Des paralysieM dans leurs rapports avec les maladies aiguës^ et spécialement de» 
parahjnies asth^iiques diffuses des convalescents {Archives de médecine^ 1800-1861). 

(5) Voyez Diphthérite. 



i^ PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

tachait à démontrer dans cet article « que la stéatose aiguë peut se produire spon- 
tanément eu deliors de tout empoisonnement, et que la plupart des symptômes 
auxquels elle donne lieu sont communs, à la fois, avec l'ictère grave et avec Tinto- 
xication phosphorée. » 

De tout ceci on peut conelure non-seulement qu'il n'est pas plus surprenant de 
voir, sous l'action de causes encore inconnues, la stéatose se produire spontanémoit 
par une modification de nutrition, que de la voir apparaître en quelques heures, 
sur des êtres surpris brusquement par le poison au milieu de la santé la plus 
parfaite. 

Les différents auteurs qui ont écrit sur les maladies de l'enfance n'ont pas déter- 
miné de la même manière la nature de cette forme de paralysie. Pour quelques-uns, 
c'est la paralysie essentielle de V enfance. Ils l'indiquent comme pouvant être la 
suite de convulsions ou de contractures. Underwood en parle accidenteUement, comme 
d'un effet sympathique de la dentition ou des sabuiTes gastriques, et ce qu'il dit 
de la paralysie et de la débilité des membre inférieurs s'applique surtout à des para- 
lysies syinplomatiques du ceneau,de la moelle et de la colonne vertébrale. Il en est 
de même de Shaw(i). Ultérieurement des observations et des mémoires remplis 
d'intérêt ont été publiés par les docteurs Badham, Kennedy, West en Angleterre; 
Heine en Allemagne; Richard (de Nancy), J. Guérin, Rilliet et Barthez, Laborde(â), 
Oornil, Joffroy, Damaschino en France. Beaucoup de ces observations laissent à 
désirer, et plus d'une se rapporte évidemment à des paralysies symptoniatiques de 
lésions du ceneau, de la moelle et des vertèbres. Toutefois, si l'on tient compte 
de la difficulté extrême du diagnostic dans beaucoup de circonstances, ou verra 
qu'il n'a pas toujours été possible d'éviter l'erreur, et l'on de\Ta se montrer 
reconnaissant vis-à-vis de ceux dont les travaux ont fourni à la science une vérité 
de 1)1 us. 

Cette forme de paralysie a été aussi décrite sous le nom de paralysie grais- 
seuse de V enfance y i)ar Duchennc qui, sans tenir compte de ce qui a été fait avant 
lui, s'est attribué les honneui-s de la découverte. Si ce médecin avait pris con- 
naissance des travaux de J. Guérin, et de ce que j\ii dit dans les premières éditions 
de cet ouvrage, en 1852, il aurait vu que, dans la paralysie de renfance, la trans- 
formation graisseuse des muscles et son traitement par rélectricité n'était pas 
chose nouvelle, et que tout cela était depuis longtemps connu avant lui. 

Panni les travaux récents, ceux de Lalwrde, Cornil, Joffroy, Damascbino, 
marqueront une nouvelle époque dans l'histoire de la i)aralysie dans Tenfaiice, car, 
ainsi que je l'ai fait, ces auteui*s séparent cette maladie des paralysies essentielles. 
Seulement ils l'attribuent îi une lésion |)rimitive de la moelle, de façon à en faire 
une paralysie spinale, tandis que moi je la considère comme une affection 
primitive du système musculaire jwuvant amener par le repos forcé des membres 
une lésion spinale secondaire. 

Caosea. — La paralysie myogéiiique connnune au cheval et à rhomme est assez 
fréquepte chez les enfants. Elle est |)lus connnune dans le jeune îlge et chez le 
nouveau-né que dans la seconde enfance. D'après ce que j'ai vu, les deux tiers des 
enfants affectés n'ont guère plus de deux ans. La paralysie niyogénique est donc 
une maladie de la première enfance. Elle peut, dit-on, être congénitale, mais cela 
n'est pas bien démontré, car on ne s'aperçoit que très-tard de son existence. Chez 

(i; Shaw, On Vie Nature, and Treatment of tlie Distorsions to which the Spine and tke 
Bones of the CItest are subject. Loiidon, 1823, willi Supplément aiid Allas. 
(2) l^boràc, De kparalyiie essentielle de Venfance, thèse inaugurale. Paris, 186i. 



PARALYSIES ESSENTIELLES. 139 

3" Les spasmes du pouniou, du cœur, de l'œsophage, se montrent dans les 
niOnies conditions de la convalescence. C'est ce que Sydenham (i) appelait de 
l'hystérie, môme chez l'homme, et il en rapporte plusieurs exemples. 

4" Tout le monde sait que les névralgies temporales, frontales, intercostales, 
utérines, lombaires, sciatiques, succèdent aux maladies aiguës et se montrent sou- 
vent dans leur convalescence. 

5*" Des vésanies, telles que la manie aiguë, la moiiomanie, l'imbécillité, l'hypo- 
condrie, le nervosisme chronique, sont souvent la conséquence d'une maladie 
aiguë. I^ folie chez les femmes qui nourrissent, le délire chez les personnes faibles, 
l'imbécillité après la fièvre typhoïde, l'hypochoudrie dans les souffrances prolongées, 
en sont la preuve. 

Toutes les névroses peuvent donc être le résultat de la convalescence, et, à ce 
titre, les différentes paralysies essentielles des muscles de la vie de relation ou des 
organes des sens. Les preuves qae je viens d'en donner me paraissent plus que 
suffisantes et il est impossible de ne pas accepter leur signification. 

Dans quelques cas de diphtliérite tonsillaire(2), on a vu la paralysie du voile du 
palais exister dans la période d'état de l'angine couemieuse. Cela est vrai ; mais 
dans ce cas il ne s'agit pas d'un commencement de paralysie générale : c'est tout 
simplement une paralysie locale, suite d'inflammation du voile du palais, et de 
même que la laryngite engendre l'aphonie ou paralysie du larynx, que la bronchite 
produit la paralysie du i)oumon, la cystite l'inflammation delà vessie, la phlegmasie 
du voile du palais peut occasionner le retour des boissons par les narines. — Or^ 
si c'est là ce c[u'on observe dans quelques angines couenneuses, c'est ce qui se voit 
également dans les angines simples un peu intenses. 

Au reste, cet état de convalescence, auquel j'attribue le développement de cer- 
taines paralysies essentielles, ne veut pas dire purement et simplement, comme on 
le croit, étatanémiqus. Sans doute il y a de l'anémie, c'est-à-dire diminution des 
globules rouges ; mais cette lésion n'est |>as la seule cause des paralysies qui suc- 
cèdent aux maladies aiguës. I^ convalescence n'est pas seulement de l'anémie : 
c'est un état particulier dans lequel les forces et tous les éléments du sang sont 
profondément altérés. Anémie et convalescence ne sont pas choses synonymes, 
ainsi que je l'ai démontré (3), et il y a dans l'un de ces états des éléments qui 
n'existent pas dans l'autre. 

Ailleurs, la paralysie est évidemment l'effet d'une névrite périphérique qui, au 
lieu de rester locale, devient ascendante et, après avoir gagné les centres, se réfléchit 
sur différents points du corps qu'elle paralyse. La névrite des plaies du sourcil part 
du nerf frontal, gagne les centres et se réfléciiit sur le nerf optique qui se congés- 
tionne et s'atrophie. La névrite dentaire fait de même pour la production de Tamau- 
rose. La némte palatine et pharyngée, devenue ascendante, produit le strabisme, 
l'amaurose, la paraplégie et la paralysie générale. La névrite de l'inflammation chro- 
nique des intestins engendre la paraplégie, la paralysie générale et la folie sympathique. 
La névrite de la vessie amène des paraplégies vésicales. On ne connaît pas beaucoup 
Faltération de ces nerfs, cela est vrai, bien qu'elle ait été indiquée par Buhl et 
Oertel(4); mais le fait clinique n'en est pas moins réel, et, qu'on connaisse ou 
qu'on ignore l'altération neneuse, il y a là une communication évidente que per- 
sonne ne doit méconnaître. Maintenant, au lieu d'une névrite ascendante, n'y a-t-il 

(1) Sydenham, Disierlalio de variolis et morbo hysterico. Londres, 1682. 

(2) Voyez DiPHTBÉRITE. 

(3) Boiichiit, Traité de pathologie générale et de séméiologief 3' édition. Paris, 1875. 

(i; Voyez DlPHTHÉRlTE. 



128 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

et leurs membres gelés par suite de la manière inconsidérée dont ils sont vêtus. 
J'ai observé plusieurs exemples de paralysie myogénique qui ne m'ont pas semblé 
avoir d'autre origine. 

Symptômes. — Quand la paralysie myc^énique s'établit sous l'influence des 
causes que je viens d'énumérer, la motilité disparaît dans plusieurs muscles d'un 
membre, dans un membre tout entier, dans un des côtés du corps, ce qui est rare 
dans les quatre membres, ou dans les deux extrémités inférieures seulement. La 
paralysie peut donc être par(t>//e ou 9^/?/ra/é^; hémiplégiqtie dans un seul bras 
ou dans tout un côté du corps excepté le visage, ou paraplégique. Elle vient par 
degrés, comme une maladie chronique, ou subitementj sans aucun phénomène 
précurseur; elle est complète on incomplète, doiiloureme ou indolente. 

Il ne faut pas ranger parmi ces paralysies celles qui succèdent à une maladie 
aiguë fébrile ou inflammatoire, pas plus que celles qui résultent d'une maladie 
cérébrale ou spinale, ni le strabisme et l'hémiplégie faciale des nouveau-nés, que 
je décrirai à part et qui sont le résultat : le premier, d'une contracture des muscles 
de l'œil, et l'autre d'une contusion du facial par les branches d'un forceps. 

La paralysie myogénique partielle, hémiplégiqm ou paraplégique^ complHe 
ou iîicomplète, est la seule dont je veuille in'occuper. 

Invasion subite. — Elle apparaît quelquefois subitement, sans phénomènes 
précurseurs, surtout à la suite de l'impression du froid, dans le jour, chez les 
enfants qui viennent de jouer avec leurs camarades. J'en ai vu plusieurs exemples. 
Ailleurs, c'est pendant la nuit, et le matin, au réveil des enfants, on les retrouve 
avec un ou plusieurs membres privés de mouvements, sans diminution de sensi- 
bilité ou de la contractililé électrique (1). C'est une paralysie rhumatismale primi- 
tive. Ordinairement la maladie est partielle. Dans d'autres cas, des douleurs ont 
préexisté h l'apparilion de cet accident. Kennedy en a publié un fait, j'en ai obsené 
un autre relatif à la paralysie de la jambe, et beaucoup de médecins ont vu pareille 
chose dans la paralysie du sterno-mastoïdien à la suite du torticolis. Le membre 
paraît douloureux, et la pression y détermine des souffrances assez vives ; toutefois 
la présence d'une douleur rhumatismale préalable est assez rare dans la paral^^ie 
myogénique des extrémités. Labordc croit au contraire que la maladie débute 
toujours par un accès de fièvre de quelques heures ou de quelques jours, suivi 
d'une paralysie générale qui se dissij)e en partie et qui se localise sur un certain 
nombre de muscles, particulièrement sur ceux des membres inférieurs (2). Quand 
on recherche bien, dit-il, on trouvera toujours un accès de fièvre au début de ceUe 
paralysie infantile. Je ne partage pas cette croyance qui est en opposition avec les 
faits. En effet, dans lès cas rapportés par notre confrère, on voit que cet accès de 
ûèvre initiale n'a pas été obsené par lui et qu'il l'admet d'après le témoignage des 
parents; or, je n'accorde qu'une médiocre confiance à ces données rétrospectives 
d'une mère, dont l'enfant est paralysé de|)uis longtemps, que l'on interroge sur Fin- 
vasion souvent inaperçue d'accidents paralytiques, et à qui on fait dire : L'enfant 
agité pendant la nuit a eu, huit à dix mois auparavant, un accès de fièvre de quel- 
ques heures. Ces renseignements sont nécessairement erronés, c<ir les phénomènes 

(1) J*ai vu plus lard un cnrant de dix ans amené de Maycncc, et qui, sans fièvre préalable, 
au sortir de Técole à quatre heures du soir eut une môme paralysie du bras gauche seulement, 
la main et Tavant-bras étaient alTectés. 

(2) J'ai vu un enfant de deux ans amené de Valencienncs, qui, à l'àgc de dix mois, eut de 
la fièvre pendant dix jours, et qui, sans avoir eu d'liémij)légic, présenta, aussitôt sa guérison, 
une paralysie de l'épaule droite sans paralysie de la main. — Quand on me le présenta, il y 
avait atrophie graisseuse du deltoïde, du biceps et du grand dorsal, mais Tavant-bras cl la 
main ne présentaient pas d'atrophie. La santé générale était parfaite. 



PARALYSIES MYOGÉNIQUES. 129 

dont on parle ont été obsenés en donnant par une nourrice inintelligente, et 
d'autre part il n'y a pas d'enfant qui n'offre à chaque instant, pour la dentition ou 
pour quelque cause que ce soit, de l'excitation nocturne et de la fièvre, sans que 
cela doive être suivi de paralysie. Tant qu'un médecin n'aura pas lui-même constaté 
la fièvre au début de la paralysie des enfants, il sera impossible de tenir compte de 
ce phénomène comme d'un symptôme important de la maladie. 

Cette paralysie est quelquefois, dit-on, précédée de phénomènes cérébraux, tels 
que l'éclampsie, ou des symptômes de congestion cérébrale, caractérisée par la 
somnolence, le strasbisme et l'état fébrile ; mais alors il est bien possible que la 
paralysie soit symptomatique d'mie lésion matérielle des centres nerveux et ne soit 
plus seulement une aiïection musculaire locale. 

Invasion lente. — Ailleurs, enfin, cette paralysie se manifeste lentement, d'une 
manière progressive ; son origine passe inaperçue, et l'on ne s'aperçoit réellement 
de son existence que lorsqu'elle est bien confirmée. Ce mode particulier de déve- 
loppement s'est montré à moi à différentes reprises et notamment dans le cas suivant 
sur un enfant qui m'a été amené de Bordeaux. C'était un garçon de six ans et demi 
qui, il y a trois ans, avait été malade trois jours avec un accès de fièvre, avec 
vomissements, puis s'était remis sans paralysie. Ce n'est que six mois après que 
sa mère vit la faiblesse augmenter et faire une paralysie incomplète. Il pouvait 
marcher péniblement, mais non pas courir ni monter un escalier ; il ne pouvait 
lever les bras sur la tète^ mais il conservait toute son intelligence et les sens, 
n'ayant ni contracture ni convulsions, ni gibbosité, ni douleur. Quand on me le 
présenta, il y avait une faible atrophie du deltoïde et des muscles du bras, ainsi 
que des fessiers et des muscles antérieurs de la cuisse. C'était une paralysie 
myogénique incomplète, comme il est rare d'en rencontrer, et produite lente- 
ment, d'une façon progressive, sans déterminer d'atrophie musculaire graisseuse 
considérable. 

Caractères de la paralysie myogénique. — La paralysie ne porte souvent que 
sur un muscle, le stemo-mastoîdien par exemple, et la tête est inclinée sur le côté 
malade; sur les extenseurs des doigts, ainsi que l'a vu Richard (de Nancy) 
dans le deltoïde et le biceps sur un seul bras, qui reste pendu inunobile le long du 
corps; sur le pied, ou siu* la jambe seulement; sur le bras et sur la jambe à la 
fois sans participation de la face : alors la paralysie est hémipl^que ; sur les deux 
membres inférieurs de manière à constituer une véritable paraplégie, ou enfin sur 
les quatre membres. 

La paralysie myogénique est très-souvent incomplète et les mouvements muscu- 
laires, affaiblis sur les divers points que je viens d'indiquer, sont cependant encore 
possibles. L'abolition entière, absolue, complète, des mouvements est beaucoup 
plus rare. Dans quelques cas, la paralysie n'occupe que la partie moyenne du 
membre, les doigts et la main restant mobiles, ainsi que l'omoplate et la clavicule 
qui peuvent monter ou descendre ; mais le deltoïde et les muscles du bras et de 
l'avant-bras sont paralysés. Cela prouve une lésion locale et non une altération 
s|)inale; car, si la moelle était malade, il y aiu*ait paralysie de tout le membre et 
non de sa partie moyenne, l'épaule et les doigts restant mobiles. 

f)e ces différences de siège et d'état complet ou incomplet de paralysie, résultent 
m'^a^ssairement de grandes différences de symptômes. Chez les nouveau-nés, et 
dans la première année de la vie surtout, l'appréciation de la paralysie est diflScile 
et quelquefois embarrassante. Si les mouvements sont entièrement abolis et que les 
membres soulevés retombent entraînés par la pesanteur, rien n'est plus clair que 
le diagnostic ; mais il n'en est presque jamais ainsi : les mouvements sont diminués 

BOUCBDT. — NODV.-NÉS. — V ÉOIT. 9 



14i PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Marche de la paralysie essentielle, — Souvent la paralysie, qui se déclare 
* subiteuient en occupant les quatre menibres, disparaît gradueilement en quelques 
jours, soit d'une façon complète, soit en se limitant à une partie du corps, 
exactement comme la paralysie myogénique. Alors, dans la partie qui reste para- 
lysée, il y a un faible abaissement de température et une atrophie plus ou moins 
prononcée. 

Ailleurs, la maladie commence aux extrémités inférieures d'une façon incomplète, 
et elle s'accuse progressivement davantage ; elle peut remonter vers le tronc, 
atteindre les membres supérieurs, les muscles du thorax et gêner la respiration 
au point d'occasionner l'asphyxie. C'est la paralysie ascendante aiguë. 

En voici un exemple curieux où se montre l'influence pathogénique du froid. 
Il est surtout remarquable par l'invasion subite et la rapidité de la mort (i). 

Observation. — Un enfant de cinq ans, faible et anémique, a éprouvé un refroi- 
dissement prolonf^é, le 8 avril. Douze joui*s après, c'est-à-dire le 20, alors que 
rien n'indiquait une invasion si grave, il se lève comme d*habilude el tombe aussitôt 
à droite el à gauche. Croyant à une malice, la mère le corrige, le replace sur une 
chaise d'où il tombe aussitôt. 

Il déjeune comme d'habitude sans se plaindre, sinon du genou gauche. Vers onze 
heures, il ne peut déjà plus porter la main à la tête pour se gratter. 11 ne peut bientôt 
plus se maintenir assis sur le carreau pour jouer. On le replace au lit où il mange avec 
ses mains; mais dès le lendemain 21, il ne peut plus s'en servir. Physionomie natu- 
relle, intelligence saine, un peu de céphalalgie frontale, pas de lièvre, langue blanche, 
sans déviation ; constipation. Nul autre symptôme morbide, sinon que les membres 
sont douloureux à la pression. 

Malgré un purgatif, des frictions sèches sur la colonne vertébrale et des sinapismes. 
Ions les symptômes ont augmenté le lendemain 23; la tète ne se soutient plus droite. 
La voix et la toux sont affaiblies, l'expectoration plus difficile, malgré l'état normal 
de la poitrine. Selles et urines volontaires. A midi, une consultation a lieu : la para- 
lysie des extrémités inférieures est complète ; les mains et les avant-bras jouissent encore 
de quelques mouvements; la déglutition s'embarrasse. Cinq sangsues à la nuque sont 
ajoutées au traitement précédent. A cinq heures du soir, le pouls est très-fréquent; 
sueur abondante. Intelligence nette, expression naturelle. Tous les symptômes aug- 
mentent graduellement : un vomissement a lieu, puis des suffocations; et, à deux 
heures du malin, Tenfanl succombe à cette paralysie exclusive du système moteur, car, 
peu d*instanls avant de mourir, l'enfant expulse encore volontairement ses urines. 

Traitement* — Lcs paralysies essentielles qui succèdent aux maladies aiguës 
sont évidemment le résultat d'un tiouble d'innenation en rap|X)rt avec l'altération 
particulière du sang qui est propre à la convalescence et qui n'est pas complète- 
ment ranémie. Ce sont des névroses congestives chez les uns, ischémiques chez 
les autres, c'est-à-dire des troubles locaux de la circulation capillaire du système 
nerveux. 

C'est cette altération anémique du sang el l'affaiblissement musculaire et seiiso- 
rial qui en résulte qu'il faut combattre. 

Contre l'altération du sang si analogue à l'anémie, quoiqu'un peu difTérente, le 
médecin devra conseiller : 

Une alimentation fortifiante ti souvent de la viande crue hachée, piléc et ix)ulée 
dans du sucre; du vin de Bordeaux et de Malaga ; 

Le fer en poudre de 5 à 25 ceutigrammes par jour, le sous-carbonate de fer à 
la même dose, l'eau de Spa et de Bussaiig ; 

(I) Mart. Gru, médecin à MonUgny. Bulletin médical de V Aisne, i86r>, n» 3. 



PARALYSIE ^ VOILE DU PALAIS. 143 

Le cin de quinquina au Madère ou au Malaga, la décoction de quinquina et les 
boissons ainères de houblon, gentiane et quassia amara ; 

La poudre de noix vomique à la dose de 2 à 15 et 20 centigrammes jusqu'à 
léger effet convuisif; de mèmelà strychnine kh on 10 milligrammes pour 30 grammes 
de sirop, à pren<jb^ dans les vingt-quatre heures ; 

Les bains salés et sulfureux^ les bains de rivière et de mer, les bains de marc 
de raisin, les frictions sèches et aromatiques, V hydrothérapie y Yélectricilé par les 
courants d'induction et surtout par les courants continus, en courtes séances ou 
d'une façon permanente, à l'aide d'appareils spéciaux de Trouvé, tels que je les 
emploie à l'hôpital ; — les douches de rap^raroma^t^ti^ pendant une demi-heure 
matin et soir, avec l'appareil que j'ai fait construire. 

On peut employer également les ventouses sèches, qui sont, entre tous les révul- 
sifs, ceux qu'il convient de mettre en usage en raison de leurs bons effets. 

Aphorismcs. 

75. Toutes les névroses paralytiques, convulsives, spasmodiques, douloureuses 
et mentales, peuvent être la conséquence de la convalescence des maladies aiguës 
inflammatoires, virulentes ou septiques. 

70. Des paralysies se produisent souvent après la guérison des maladies aiguës, 
dans le cours de leur convalescence. 

77. Quand une maladie aiguë inflammatoire, virulente ou septique a cessé, et 
qu'une paralysie musculaire ou sensoriale se déclare, c'est une paralysie quelque- 
fois indépendante de toute altération organique des nerfs et du cerveau. 

78. La fièvre typhoïde, la variole, l'érysipèle, la diphthérite, la dyssenterie, 
l'angine simple, la bronchite, la pneumonie, sont quelquefois suivis de paralysie 
des membres. 

79. De toutes les paralysies développées dans la convalescence des maladies 
aiguës, la plus fréquente est la paralysie diphthéritique. 

80. La paralysie diphthéritique est souvent bornée au voile du palais et au 
pharynx. 

81. Les paralysies de la diphthérite et des autres maladies aiguës se montrent 
tantôt sous forme de paraplégie, tantôt sous forme de paralysie générale progres- 
sive, allant des extrémités inférieures aux extrémités supérieures et açeompagnée 
d'amaurose ou de surdité. 

8*2. Jamais la paralysie essentielle limitée ne fait périr. ^*' 

83. Une paralysie consécutive aux maladies aiguës, et comprenant les musdes 
du tronc et le diaphragme, est presque inévitablement mortelle. 

84. La plupart des paralysies essentielles guérissent en quelques mois sous l'in- 
fluence d'une bonne alimentation, des toniques et de l'électrintion. 

CHAPITRE XXI 

PARALYSIE DU VOILE OU PALAIS 

Les enfants sont souvent exposés à une paralysie du voile du palais dont la nature 
n'est pas facile à préciser. Pendant quelque temps on crut, avec le docteur Orillj»*d 
(de Poitiers) dont j'ai rapporté l'opinion (1), que cette paralysie était b conséquence 

(1) Angine et Diphthéritr, et aussi page 138. 



m PATHOLOGIE SPÉCIALE DE lMÉEHIÊRB BNF4NCE. 

(1*1111 einpoisoiilicment ])ar le principe de la diphthérite, et qu'après h g 
(les fausses iiienibranes il restait clans le sang quelque diose pouvant donne 
cette i>aralysie. Ca n^était pas exact, car il parait qu'une angine inflami 
simple peut produire; les infimes effets, et mes obsenrationSy ainsi que les ùi 
bli('*s par Marqu(ViL(de Colmar), Boucher de la Yillenlossy, etc., prouvent qu 
en être autrement. En somme, la parah-sie du voile du palais chez les • 
résulte de la convalescence des maladies aiguës, et surtout de la convalescei 
angines tonsillaires, des angines couenneuses et du croup. 

Cette paralysie a été signalée par Hippocrate comme étant consécutive au i 
gorge observé de son temps sous le nom d'ulcère s\Tiaque, ce qui prouve q» 
le mot d'angine couenneuse et de diplithérite, la chose était connue de l'anti 
Quoi qu'il en soit, le fait avait été oublié, comme tant d'autres bonnes chose 
suite du défaut de tradition sérieuse et d'enseignement historique de la médt 
(*t il n'a été retrouvé qu'il y a vingt ans par le docteur Orillard, et ensuite pai 
les iiK'^decins qui ont observé Fangine couenneuse et le croup. 

I^ paralysie du voile du palais est assez facile à reconnsdtre et s'annonce p 
l)assage des boissons dans le larynx, dans les narines, par le nasonncment ( 
voix, par Finsensibilité de l'isthme du pharynx et par le prolapsus de la Inett» 
voile ne fonctionne plus assez bien pour diriger le bol alimentaire dans rcesopb 
la luette ne s'abaisse plus aussi complètement, et alors les enfants avalent de tr» 
suffoquent et rei)oussent leurs laissons par le nez. 

Cet état a quelque chose de très-grave. Outre l'obstacle qu'il apporte à l'ii^ 
tion di*s aliments et à la réparation des forces du malade, il a l'inconvénient 
s'ét(;ndre ; car, du voile du |)alais, la paralysie gagne d'autres oignes importai 
C'est une paralysie extensive. Alors, ayant son point de départ dans i 
névrite ascendante aigtië qui gagne les origines du glosso-pharyngien, il en réso 
une lésion intime qui redescend dans la moelle et paralyse le tronc et les memfan 
— Elle s'étend aux yeux, dont elle dérange l'accommodation et où elle forme • 
l'amaurose. Elle éclate aux membres inférieurs, au tronc, au diaphragme et ai 
muscles de la respiration, de manière à entraîner l'asphyxie ou la mort. 

Dans un cas de ce genn*, j'ai vu l'enfant, ayant la paralysie du vo9e du pala 
avec Taffaiblissement des membres supérieurs et inférieurs, offirir une paral^md 
diaphragme presque complète. A chaque inspiration, le diaphragme rentrait soo 
les côtés et on aurait pu croire que la mort allait avoir lieu par asphyxie, c'est-à- 
dire par hématose incomplète et par anoxémie. Il n'en était rien, car Teniaiii 
n'avait pas d'insensibilité ti^umentaire. Elle mourait par le ceneau. 

En effet, à l'ophthilmoscope, elle offrait un double œdème de la papille, avec 
dilatation et thrombose des veines rétiniennes et, du côté gauche, des taches 
isolées de pigment sur la choroïde. L'autopsie révéla qu'il n*y avait rien dans les 
poumons qui appartînt à l'asphyxie ; il y avait, au contraire, un œdème énorme, 
gélatineux, louche, de la pie-mère avec des thromboses méningées, suffusion séreuse 
ventriculaire considérable et hypcrhémie de la sul)stance cérébrale, surtout marquée 
dans la substance grise. 

Les enfants sont pâles, s'affaiblissent, beaucoup ne peuvent manger ni boire à 
leur aise, ont de la fièvre, maigrissent beaucoup et meurent, soit d'épiûsement, 
ce qui est rare, soit d'hyperhémic cérébrale ou d'asphyxie, ce qui est plus 
commun. 

S'il existe de l'amaurose et qu'on examine les yeux à lophtliahïHwcope, on y 
trouve quelquefois une infiltration séreuse de la papille qui indiq»^*^ ^^^ V\>îV«rtiéfmft 
cérébrale, ou des thromboses qui it^diqueut une lésion scmblal>^*^ ^^ *^^^ ^ ^ 



1 44 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE lMreMIÊRE ENFANCE. 

cVun empoisouncment par le principe de la cliphthérite, et qu'après la guérisoa 
des fausses membranes il restait dans le sang quelque chose pouvant donner lieu à 
cette paralysie. Ce n^était pas exact, car il parait qu^une angine inflammatoire 
simple peut produire les mc^mes effets, et mes obsenations, ainsi que les faits pu- 
bliés par Marquez (de Colmar), Boucher de la Yille-Jossy,etc.,prpuTent qu'il peut 
en être autrement. En somme, la paralysie du voile du palais chez les enfants 
résulte de la convalescence des maladies algues, et surtout de la convalescence des 
angines tonsillaires, des angines couenneuses et du croup. 

Cette paralysie a été signalée par Hippocrate comme étant consécutive an mal de 
gorge ofa^r\'é de son temps sous le nom d'ulcère syriaque, ce qui prouve que, sauf 
le mot d'angine couenneuse et de cliphthérite, la chose était connue de l'antiquité. 
Quoi qu'il en soit, le fait avait été oublié, comme tant d'autres bonnes choses, par 
suite du défaut de tradition sérieuse et d'enseignement historique de la médecine, 
et il n'a été retrouvé qu'il y a vingt ans par le docteur Orillard, et ensuite par tous 
les médecins qui ont observé l'angine couenneuse et le croup. 

La paralysie du voile du palais est assez facile à reconnaître et s'annonce par le 
passage des boissons dans le larynx, dans les narines, par le nasonnement de la 
voix, par l'insensibilité de l'isthme du pharynx et par le prolapsus de la luette. Le 
voile ne fonctionne plus assez bien pour diriger le bol alimentaire dans Tcesophage, 
la luette ne s'abaisse plus aussi complètement, et alors les enfants avalent de travas, 
suffoquent et repoussent leurs boissons par le nez. 

Cet état a quelque chose de très-grave. Outre l'obstacle qu'il apporte à l'inges- 
tion des aliments et à la réi>aration des forces du malade, il a rinconvénient de 
s'étendre ; car, du voile du palais, la paralysie gagne d'autres organes importants. 
C'est une paralysie eœtensive. Alors, ayant son point de départ dans une 
névrite ascendante aiguë qui gagne les origines du glosso-pharyngien, il en résulte 
une lésion ialiinc qui redescend dans la moelle et paralyse le tronc et les membres. 
_ Elle s'étend aux yeux, dont elle dérange l'accommodation et où elle forme de 
l'amaurose. Elle éclate aux membres inférieurs, au tronc, au diaphragme et aux 
muscles de la respiration, de manière à entraîner l'asphyxie ou la mort. 

Dans un cas de ce genre, j'ai vu l'enfant, ayant la paralysie du voile du palais 
avec l'affaiblissement des membres supérieurs et inférieurs, offrir une paralysie du 
diaphragme presque complète. A chaque inspiration, le diaphragme rentrait sous 
les côtés el on aurait pu croire que la mort allait avoir lieu par asphyxie, c'est-à- 
dire par hématose incomplète el par anoxémio. 11 n'en était rien, car l'enfant 
n'avait pas d'insensibilité tégumonuire. Elle mourait par le c^r\eau. 

En effet, à l'ophthahnoscope, elle offrait un double œdème de la papille, avec 
dilatation et thrombose des veines rétiniennes et, du côté gauche, des taches 
isolées de pigment sur la choroïde. L'autopsie révéla qu'il n'y avait rien dans les 
poumons qui appartînt à l'asphyxie ; il y avait, au contraire, un œdème énorme, 
gélatineux, louche, de la pie-mère avec des thronilx)ses méningées, suffusion séreuse 
ventriculaire considérable et hyperhémie de la substance cérébrale, surtout marquée 
dans la substance grise. 

Lc»s enfants sont pâles, s'affaiblissent, beaucoup ne peuvent manger ni boire à 
leur aise, ont de la fièvre, maigrissent beaucoup et meurent, soit d'épuisement, 
ce qui est rare, soit d'hyperhémie cérébrale ou d'asphyxie, ce qui est plus 
commun. 

S'U existe de l'amaurose et qu'on examine les yeux à l'ophthalmôscope, on y 
trouve quelquefois une infiltration séreuse do la papille qui indique une hyperhémie 
cérébrale, ou des thromlx)ses qui indiquent une lésion semblable des sinus ou des 



PARALYSIE PSEUDO-HYPERTROPIIIQUE. 145 

veines nicMiiiigées, ainsi que je l'ai fait connaître (1). Mais s'il n'y a rien au fond de 
l'œil, il est probable qu'il n'y a qu'un vice d'accommodation; et, en effet, les en- 
fants qui ne voient pas nettement à 25 centimètres du nez distinguent bien les 
objets plus éloignés. 

La |)aralysie du voile du palais qui ne se généralise pas guérit assez habituelle- 
ment en un ou deux mois ; mais lorsqu'elle se généralise, elle occasionne de la 
|)arapli^ie et gagne les muscles de la poitrine; elle est très-grave et souvent 
mortelle. 

Traliemeot. — Les tisanes amères de houblon, de quinquina aromatique, de 
sauge, d(î mélisse, de serpolet, de romarin, devront être conseillées. 

On prescrit, en outre, le quinquina sous toutes les formes, le sulfate de quinine, 
les préparations ferrugineuses, l'huile phospborée et le sirop d'arséniate de soude 
d'après ma fornmle: 

Sirop simple 300 grammes. 

Arséniate de soude 10 centigrammes. 

Faites dissoudre. Une cuillerée à bouche par jour. 

Les frictions excitantes sur les membres, les bains de vapeur, les fumigations de 
benjoin, ou de genièvre, les bains d'affusion, les bains de mer, l'électrisation du 
voile par courants continus, les piqûres révulsives et les inoculations de strych- 
nine seront ensuite et successivement mis en usage. 

CHAPITRE XXII 

. PARALYSIES TRAUMATIQUES. 

Os paralysies sont produites par des contusions, par des plaies, et chez le nou- 
veau-né, iH'udant le travail de l'accouchement, par suite de position vicieuse ou par 
la compression du forceps (:2). Je n'ai pas à m'en occuper ici. C'est dans cette 
catégorie qu'il faut placer la paralysie douloureuse des muscles, suite de tiraillement 
d'un membre et décrit par Chassaignac. 

f 

CHAPITRE XXIII 

PARALYSIE PSEUDO-HYPERTROPHIQUE 

On donne le nom singulier de paralysie pieudo-hypertrophifue à une paralysie 
<1ans laquelle l'abolition du mouvement résulte non pas d'une lésion du cerveau et 
<le la moitié, mais bien d'une lésion primitive des muscles. C'est mie paralysie 
musculaire hypertrophique comme il y a déjà une. paralysie musculaire atro- 
phique, et elle mérite mieux le nom de paralysie myo-sclérosique. Orsi lui a 
donné le nom d'hypermégalie musculaire progressive (S), 

.l'ai vu dans mon cabinet un enfant de cinq ans qui était guéri d'une hydrocé- 
phalie aiguè ayant débuté à l'âge de trois mois. Ce enfant avait le membre supé- 

(1) Bouchut, Du diagnostic det maladies du système nerveux par Vophthalmoscopie. 
I>aris, 18G6. 
{i) Voyez HÉxiPLÉ(;iE faciale et Paralysie du deltoïde. 
(3) Orsi, Gai. med. Lnmbardia. 1872, n* 29. 

DOUCUIT. — WOUV.-WÉS. — 1* ÉDIT. 10 



i{é PATHOLOGIE SPÉCULE VE LA PltE)IIIÉRE 8NPANCE. 

rieur droit h>pei1r<^ii^. Pt c't'tait le ptiis faible des deux, celui dont il se senail le 
inoius. Il iiiarchail les jambes écartées eii raison du voluntr de tête, 56 centimètres,, 
et les membres iiiKrieur» étaient i^tes. Seul le liras gauclie ébit hypertrophié. — 
Était ce une byiiertrophic |wrliellc dans un uieinlwx' pralysé; c'est possible. 

Ij maladie date de la naissance ou des [Hvini<Te!i années de la vie. Elle empMie 
]vs enfants de marcher anssilM qu'ils le devraient, et elle les roiT« de tenir tei 
jambes t-cartées eu marchant, ce ([iii leur doime un aspect singulier. 

Elle produit l' augmentation de volume des membres, d'abord aux infénencv. 
dans les muscles jumeaux et soléaires, puis dans les triceps cruraux, les sacro-^ 
iiaux et l<-s iesûers, puis dans les membres supérieuni, au deltnde, au bic4>ps et it 
l 'avant-bras. 

C'est une maladie progressive qui ruiil par ainduirc ï une pardysie complèle an 
bout de quelques aimées. 

Chez ceux qui succombent, un ne Home aucune altération du c^neaii, delà 
moelle et des méninges. 

Une fois, chez tm cnfaiii de dix ans, de Iteiizi a rencontré des urines albumi- 
ueuses. 

Toute la lésion réside dans le» nuiscles, et d'aprt-s Ducheune elle consiste 
dans les modifications suivantes de la fibre musculaire et du tissu coiijoiiciir inler- 
Hbrillaire (fig. 12 à 18) : 

Les muscles hyperlropliii''s ont, a l'étal frais, l'apparence du tissu adîpeni. 
L'examen microscopiqut moiitn des filjus moins lai-ges qu'à l'état normal et dont 
la striation (sl conserve! qiioiqiu beaucoup plus fine. O-s libi-es sont séparées 
par une niasse i nonne de tissu adqxux 1 1 de tissu coniieclif iniersiitiel hypertn)- 
|)liié, fonïii A une fsyivre de lissu fibraidt . 

L'cxamcu hislnlogique apn-s la mort des muscles, alleinLs de paralysie pseiidn- 
h\|>er[ropItique ila p«.rind< ultime (unliime en les cumplélant ceux qui oiit été 
faits sur le iivant En ciïu I au di but de la maladie, les fibres musculaires pâlis- 




sent (en même temps que la luixc diminue), et leur striation devient plus fine 
(voy. fig. li) ; i" un peu plus lard, le tissu iiiterslilicl s'in |)ei-plïsie(vay. Gg. 1 -(et lô): 
:i* dans une période encore plus avancée, des vésicules adi|)cuses plus ou moins 
grosses et alnndantes se mêlent au tissu fibniîde intersiiljel (voy. fig. 17 « (gi 
ce qui se démontre sur le vivant à l'aide de reinporle'piiV.e liistulogiqur ; et ce qui 
a élé obsené aussi sur le vivant par des luthiilogisles allemands, Billroth, Griesiii- 
ger, etc.; i' dans une jM'rinde idlime, le lissii lilmûde hyperplasié se Iransfbnue 
en lissu adii>eux. 



TAnALYSIE PSEttDO-BVPBRTBOPHIOUe. 



U-a autopsies et l'cxauu'n hisIol<^iquc di« niuscles raiifntr 
AH- le radaïTf par Coiihcim H sur le vi\ant par Billmlh, i 
jiiiis roliij'i'i's au eamiiiL, photngritphif'es [ii\r Dik li<-iiiit' cl 




1 



. . jL l'i. — Kaiiflr-nuj: primilifs ililatiîrvs, à i'i dinm très pn ^omlll le suj is lUoinls de 

parahriip ptrDdu-^ypnrlroi^iiqne A diffërenta «iFgrés, montrant la qnanlitricansiilérablp de (issu 
cuimeclir el llbri>ïili< interstitiel, cnm parai ivomcnt ji la ligure 16 i|ui repn^otc j Li UiamJlrei 
lin Hiiscoau primitif normal dilacéré, 

PtciTCl, d^'iiiontrenl beaucoup mieux qu'on ne lapait Tatl jusqu ici le passage 
lie la proli ferai iuii fibi-oïde interslitielle ■ la snbsinutioii graisseu'M. charcot a 





ne. 17. 

ne. 17 rt 18. — PaiaoniuK i iOO di^mMres ii 

un commencement de la slMlo»e inlerstiliellc. 

bien l^i( res.sortir co l'V^ullal clans la ivlation dn fail qu'il a pul)li<'-(l ). Le ceiTcau, 
la nioelle et les nerfs n'olTrenl attcnne alt^alion. 

Conclusions génfralet relatiees aux }}aralysies de l'eiif'iiuv. 

I>'a|)n'^ ce que je viens de dire des différeriles paraKsins, jadis a])[K'li''e,'i ess<'ii- 
lielles, l'euiNMi MslnlnRiqiir a Mahlî, d'tme manière irréaisable. que les li'sioiis 
d'alraphir inusrnlnrp ohscn-MidMis un certain nombre «l'aETeclious jiaraltiiqnes 
telles qw tfti |iariA>sies !i|mialrs aîjrBÛs ou snbaignês, l'atrophie nnisctilaire giais- 
setiHe prof^TMirr peuvent exister seules, ri que parfois elk-.s riHTesp<>nrl<^il ii une 
alro|iliie sirondâre Afs cdhilrs antfrîrurw de la nioHIp. Ijes faits anutiimit- 
|»tholiif(jqiifs qui viennent d'èlre p\{Hisés dénionli'enl qtie la paralysie |>si'U[ki- 
In (lerlntphique ne p«nil Pire raiiftée ilaiis rrtte dernière ratégoric, car ali)r!. il 
n'\ a pas de li'-sion du s^ttthtie m-neux. 

Il) Chircol, .irchiveâ de pkgMonit et île pathologie, n* de mars {fii. 



148 PATHOLOGIE SI»Éi:iALK DE LA PIlEMIÊnE ENFANCE. 

Ainsi, rlioz les enfants il y a donc dos paralysies cérébrales et des |>aralystes î 
nales avec ou sans atropliie des parties ])aralysées ; de plus, il y a des paraly 
inyogéniques, qui sont atropliiqu(^s, granuio-graisseuscs, ou bien hypertrophîqi 
libro-sclénnises. — Les premières sont syniptoniatiques d'une lésion cérél 
sj)inale, et Iva autres dépendent d'une altération musculaire primitive sans les 
des centres ner\eux. 

Ces paraiysi(*s atropho-graisseuses et myo-sclérosiqucs ont une durée très-loq 
et ne guérissent que si elles sont récentes; quand elles sont anciennes elles ne^ 
rissent jamais. 

Comnii* traitement de la |)aral\sie pscudo-hy|K*rtrophique , il faut prescrire 
massage, la |)aIétation, les frictions excitantes, les bains sulfureux, li^ doud 
chaudes, Tiodure de i)otassium, à 1 gramme, la saixmine, à 50 cenligranunes, 
décoction de quiilaya ou de sa|)onair(*, 8 grammes par liti-e, et Tusage pi-okuKé c 
alcalins. 

Orsi conseille le carlx)nale de fer mêlé à la poudre de fève de Saint~Tgnac« et 
laradisation des muscles sclérosés. 



CHAPITRE XXIV 

ANESTHÉSIE 

L*anestlir;si(* ou i>aralysie de la siMisibilité est chose assez couunune chez les ci 
fants, soit à Tétat généralisé, soit sous la forme partielle. 

Sous la forme généralisée, c'est un symptôme que j'ai découvert dans l'asph^ii 
du croup, du catarrhe suilbcaut et de la bronchite capillaire. C'est la conséqocnc 
de Vanoxémie ou de la carbonéinie, c'est-ù-dii*e de la rétention de Tacide cari» 
niqu(* dans le sang. J'en parlerai à l'article (^roup. — Ailleurs elle résulte à 
Faction du chloral et elle se dissipe quand la cause a disparu. 

L'anesthésie jwrlielle résulte d'un état nerveux cérébral ou hystérique. On l'ob- 
serve à l'état d'ancsthésii; disséminée en plaques ou d'hémi-anesthésie, — EUeoccapf 
quelquefois aussi la langue», l'oreille et l'œil, c'est-à-dire le goût, Touîe et h fOf. 
C'est un symjUome qu'on obsene dans certains cas de tubercules du cer\'eau dans 
llustérie, dans l'épilcpsie et dans quelques cas de contracture essentielle d« 
extrémités. 

CHAPITRE XXV 

CONVULSIONS CHEZ LES ENFANTS 

Le mot convulsion s'applique généralement à tous les mouvements involontaires 
désordonnés ((ue Ton observe dans le système des muscles de la vie de relation. U 
sert (i dt'^igner d(*s aiïections fort diiïéreiites par leur nature, mais identiques par 
leur manif(*station, qui est Tétat convulsif. Aussi, la cliorée, l'épilcpsie, la contrac- 
ture, sont des maladies convulsives : mais ce n'est pas là ce qu'on appelle chez 
les enfants, des convulsions. 

Les convulsions sont ce qu'on appelle aussi par les noms d'éclanipsie des enfants 
et iVt^pilepsie puérile^ à cause de rextrème ressemblance qui les rapproche de 
ré;)il(»|)sie des adultes, ^'ous verrons plus loin ce qu'il faut pens4>r de cette opinion. 

Ja's convulsions s'observent surtout chez les enfants ; mais les pins jeunes sont» 



CONVULSIONS CHEZ LES ENFANTS. U9 

j)amii tous, les plus prédisposés à leur développement. Cela s'explique par la sus- 
* ceptibilité si exquise de l'encéphale à un âge où les sensations, quelles qu'elles 
puissent étn», sont neuves, et par cette raison dangereuses, si elles sont un peu 
fortes. Tout, dans la nature, se fait par degrés, et les organes doivent peu à peu 
s'accoutumer aux impressions extérieures. La voile qui fcTme la pupille à l'instant 
de la naissance ne se lève que par degrés, et l'enfant qui sort du sein de sa mère ne 
voit pas aussitôt le jour, car il ne pourrait en supporter l'éclat. La lumière l'entoure 
graduellement ; elle ne devient éclatante que lorsque les organes de la vision y sont 
habitués. Il faut que le centre des sensations se familiarise avec les souffrances phy- 
siques et que les premières impressions soient aussi les plus faibles. Sans cela, il en 
résulte, ))ar action réflexe, un trouble dans l'action du ceneau, une penersion 
des fonctions motrices, la seule qui puisse exister chez les enfants à la mamelle. 
La douleur est donc quelcfuefois la cause occasioimelle de l'état convulsif; peu 
importe son siège, qu'il soit au milieu même des centres nerveux ou dans un 
|)oint du corps tout opposé : le retentissement sympatliique et le résultat sont les 
mêmes. 

La nature des convulsions les sépare tout naturellement en deux cat^^ries bien 
distinctes. Dans la première se trouvent les convulsions qui ne s'expliquent que par 
une excitation vive de la fibre nerveuse du ceneau sans lésion appréciable de cet 
organe. Cq sont les convulsions essentielles sympathiques^ telles que Yédatnpsiej 
Vépilepsiej le vertige épileptique, etc. Ce sont les seules qui méritent de garder le 
nom de convulsions comme entité morbide; quant ^uxœnwûsipns symptomatiques 
qui forment la seconde catégorie et qui résultent d'une excitation nerveuse produite 
par une altération matérielle de l'organe encéphalique ou de la moelle, il en sera 
question à l'occasion des maladies dans le cours desquelles elles se produisent. 

Ces convulsions n'ont rien de commun avec l'éclampsie. 

Elles sont sous la dépendance des altérations anatomiquss des centres nerveux 
ou de leurs enveloppes, et coïncident avec les lésions suivantes! la plilébitc des 
sinus de la dure-mère ; la tlux)mbose des sinus ; l'épanchement séreux des vent|i- 
culc*s (*érébraux, de la pie-mère ou de la substance du cerveau dans Tcedème 
cérébral qui accompagne rhydrocé))l)alie aiguë et clironiqne; l'anasarquc porté à 
im très-haut degré dans l'albuminurie ou dans les maladies du cœur ; les embolies 
anérielles suite d'endocardite ; l'épanchement sanguin des méninges eiicéphaliqaes 
ou rachidiennes dans rhémorriu^e cérébrale ou méningée; la [Alegmasie de la 
moelle et du ceneau dans l'encéphalite ; les nialadies aiguës des méninges telles 
que la méningite ; enfin les helmintiies et les productions accidentelles granuleuses, 
tubiTCuleuses, fibro-plastiques, développées dans les didércntes parties de l'eiicé- 
phale et de ses enveloppes. 

Comme on le voit, les phénomènes convulsifs perdent toute l'individualité qa*pi^ 
nous ont offerte dans les convulsions essentielles appelées éclamprie. Us sont ici 
l'expression d'une lésion anatomique des centres neneux, et ils dépendent de ces 
altérations de la manière la plus absolue. 

.le décrirai les convulsions essentielles comme une de ces affections dont la nature 
est inconnue, et qu'il était nécessaire d'individualiser. Il n'en sera pas de même 
pour les convulsions symptomatiques. Puisque leur cause est palpable et que leur 
nature est en partie dévoUée, il faut d'abord décrire les maladies dans le cours 
desquelles elles apparaissent, et dont elles ne sont qu'un symptôme. 

Aux convulsions symptomatiques se rattache donc l'histoire des maladies du sys- 
tème cérébm-spinal chez les jeunes enfants, et pour connaître les diflérentes formes 
qu'elle pr('s(Mite, il faut étudier : la méningite, V hydrocéphalie aiguë al chronique^ 



150 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

Vencéphalite et les tubercules du cerveau, maladies rarement isolées, presque tou- 
jours uni(?s à la méningite, sinon primitivement, du moins vers leur terminaison ; 
la phlébite des sinus de la dure-mère, Vhémorrhagie méningée, et enfin cet état 
si fréquent chez les nouveau-nés, auquel on a donné le nom d'apoplexie ou de 
mort apparente des nouveau-nés. 



CHAPITRE XXVI 

ÉCLAMPSIE 

L'éclampsie, maladie indépendante des lésions matérielles des centres nerveux, se 
développa» à la suite des causes les plus diverses, et assez souvent dans le cours de 
certains états morbides, toujours les mêmes, ce qui démontre l'existence d'un rap- 
port sympathique entre le cer\eau et Torgane malade. An reste, comme on admet 
volontiers cette influence sympathique chez Tadiilte, je ne vois jîas la raison qui 
la frrait njrter chez les enfants. Elle se manifeste chez le premier par d« délire, 
cv, qui signifie la dissociation des idées ; et chez le second par la perversion de 
la s(»ule et unique fonction cérébrale qui existe, c'est-ii-dire par le trouble des 
fonctions mu.sculaires. L'état convulsif doit être envisagé comme le seul délire 
possible chez le jeune enfant. La dissociation des iduVs ne peut avoir Keu, puisque 
leur association n'est pas accomplie. Il est évident que l(*s convulsions qui ter- 
minent une pneumonie constituent un phénomène semblable au délire qui l'ac- 
compagne chez l'adulte. 

J'ai recueilli 12f) cas de convulsions éclamptiques chez les enfants à la* mamelle et 
chez les enfants plus îlgés. Sur ce nombre ii ont été pris au milieu de la meilleun* 
santé, et ils ont guéri siins en conserver de traces; 20 sont morts plusieurs umms 
après, à la suite d'autres maladies, sans présenter d'altérations matérielles du cer- 
veau ; 8:2 ont eu leurs convulsi<wis dans le cours de plusieurs maladies graves dès 
leur début, ou à la fin de la pneumonie, dans le cours de l'érysipèle, de la 
fièvre vaccinale, etc. ; 27 d'entre eux ont succombé. Un scnil présenta une gnisse 
altération encéphalique : il existait dans le centre ovale de Vieussens, à droite, un 
tubercule environné de substiince médullaire intacte, (*t 2 i avaient des thromboses 
des sinus de la dure-mère a\ec plus ou moins dliydrocéphalie de la pie-mèn» ou 
des ventricules cérébraux. Enfin il en est 27 que les ciiTonstances ont éloignées de 
moi et dont j(» n'ai pu suivre l'observation. 

Ce relevé démontre de la manière la plus positive que l'état convulsif peut se 
groduire : i" au milieu de la santé la plus parfaite ; 2" pendant le cours des 
tflk^ctions aiguës, et il est synonyme de délin» ; îl' à la fin des maladies chroniques 
où elles sont produites par la thrombose des sinus; i" enfin qu'il n'existe point 
de rapport entre certaines convulsions et les lésions des centres nerveux, puis- 
que, d'après mes autopsies, je vois que, sur il enfants qui ont succombé - plas 
ou moins longtemps après l'accident, il en est 20 dont la substance cérébrale n'a 
|)oint offert d'altérations. 

Catuies* — L'éclampsie se développe sui* les enfants les plus jeunes et sur ceux 
qui offrent une prédominance marquée du système nerveux. On robser\e chez ceux 
dont l'intelligence est précoce, qui indiquent jusqu'à un certain point ce dévelop- 
pement prématuré par le jeu et la mobilité de leur physionomie. Les sensations les 
plus fugaces y laissent leur empreinte ; ces enfants manifestent de bonne heure 
leurs ciprices et leurs volontés; ils tyrannisent ceux qui les approchent; un bniit 



ÉCLAMPâlE CHEZ LES ENFANTS. 151 

inalleiidu les trouble violemmenl ; leur sommeil est agité, souvent il est interrompu 
par de légers nriouvements musculaires, et quelquefois par des cris de terreur, qui 
les i*éveillciit en sursaut et les laissent tout ébahis devant les personnes qui les 
-<^ntourent. 

I/éclampsie est certainement héréditaire. Outre les faits rapportés par Baumes 
^t par plusieurs auteurs, à Tappui de cette opinion, j*ai cité Texemple d'une 
iamillc composée do dix personnes qui eurent toutes des convulsions dans leur 
enfance. Une d'elles se marie à son tour, et elle a dix enfants qui, à l'exception d'un 
seul, eurent tous des convulsions. Six d'entre eux sont morts. 

.rai rapporté aussi les laits d'une femme en proie à l'affection convulsive jusqu'à 
Tàgc de dix-huit ans, et d'une autre femme élément hystérique après sa puberté, 
•dont les enfants offrirent plusieurs fois des convulsions. — Le plus curieux de lous 
•ces laits est celui que j'ai eu à ma consultation de l'hôpital Sainte-£ugénie. Le 
voici dans ses principux détails : 

Observation I. — Madame D , âgée de trente-huit ans, d'une bonne santé 

habituelle, a eu neuf grossesses à terme et deux fausses couches; trois enfants sont 
vivants; les deux aines n'ont pas eu de convulsions. Cette femme, a la suite de 
son avant-derniére couche, a eu une antéversion de matrice, et aussitôt après, pendant 
les deux années suivantes, elle a été prise de convulsions très-fréquentes et très- 
prolongces. Elle n'avait jamais eu antérieurement d'attaques de nerfs d'aucune sorte. 

Chaque jour, elle eut pendant- deux ans sept ou huit attaques convulsives, caracté- 
risées par une sensation préalable indiquant l'apparition des spasmes. — Une aura 
épigfistrique était suivie de perte de connaissance plus on moins complète ; tantôt 
«Ile entendait sans pouvoir répondre ou faire un geste, et tantôt tous les sens étaient 
complètement fermés aux impressions extérieures. Elle ne sentait rien, et tombait 
if importe où avec des convulsions des membres, sans jamais se blesser. 

Os attaques duraient une à deux heures. 

l>evenuc enceinte, les attaques, moins fréquentes, ne paraissaient plus qu'une ou 
deux fois pur jour; elles ont cessé après deux mois de grossesse, et après son aecou- 
chpment tous les phénomènes convulsifs disparurent. 

Son enfant a hérité de cette disposition, car au bout de deux jours il a été pris de 
convulsions trés-fré([ueGtes, au nombre de sept ou huit par jour, avec contracture 
des bras et perte plus ou moins complète de connaissanciï. L'enfant, nourri par sa 
mère, profile trés-hien, il est gros, gras et de fraîche apparence. 

Ces accidents se sont reproduits tous les jours pendant deux mois et demi, et ces- 
sèrent au bout de quelques jours» sous l'influence de 50 centigrammes d'oxyde de 
zinc par jour. 

Les émotions nwrales éprouvées pendant la grossesse paraissent avoir aussi leur 
influeiKe dans le dé\eloppement de cette maladie. Guersant et Bladie, qui n'adop- 
tent cette circonstance qu'avec réscnc, racontent qu'une femme excessiveoiMl 
irascible, surtout lorsciu'el'e était enceinte, vit promptement mourir ses trob 
<Mifants peu après leur naissance, an milieu de convulsions bien caractérisées. 

On indique également Vhabitude conune une cause prédisposante aux convulsions 
inulti|)liées. H est cependant possible que les phémmiènes nerveux qu'on croit de- 
voir rapiiorter k cette influence soient le résuhat de la même disposition générale qui 
a ]>n>v(N|né h*s premiers accidents. La seconde convulsion est, comme la première, 
la ronséqueine d'une excitation encéphalique, qui n'a d'effets qu'en vertu d'une 
coiistituti<Ni s|HViale de l'enfant. 

L'éclam|)sie s'observe à la fois diez les enfants pléthoriques comme chez ceux 
qui sont dans Va Hernie la plus complète. Ces deux causes concourent au même 
résultat ; si <)|)posées qu'elles soient eu apparence, dit Barrier, elles produisent les 



\ 



!l 



152 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

mêmes efiets : « L'état convulsif survient chez un nouTeau-né qui 
état pléthorique, et chez lequel on a lié trop tôt le cordoa ombilical ap 
que chez celui qu'une hémorrhagie abondante a rendu anémiqae. » 

Toutes les sensations un peu vit es, la frayeur à la suite d'un gnindki 
blou'issement au milieu d'une lumière très-vive après la naissance, la jaàam 
tée par les soins donnés à un autre enfant, la contrariété et la colère, lesiài 
tactiles causées par le chatouillement; la douleur produite par des ian 
serrés, dans lesquels une épingle vient percer la peau ; celle qui est occan 
la dentition ou par une lésion organique quelconque, toutes ces sensatkMH 
nature à produire Téclampsie. La chaleur et la viciation deTair détermiBeol 
les mêmes résultats : « Nous avons vu fréquemment, disent Guersant et 
de jeunes enfants affectés de convulsions pour être restés dans une chamiii 
ment échauffée, dans une salie de spectacle ou dans une église où se trouvaiea 
un grand nombre de personnes. » 

De mon côté, j'ai vu l'éclampsie se produire par imitation dans de 
réunions d'enfants le jour de la première communion, sous l'influen 
préoccupation du moment, et du spectacle donné par le voisin frappé de 
connaissance avec mouvements convulsifs. Quarante ou cinquante cnianla 
avoir au même moment et dans le même lieu une attaque d'éclampsie (i). 

Les altérations du lait chez les nourrices produisent quelquefois des m 
vulsilis chez les enfants. On les obsene chez les nourrices qui boivent irê 
ou qui s'enivrent complètement. Aussi Vernay a vu un enfant avoir de 
sions pendant cinq jours ; et, après des essais infructueux, il a réussi à le f 
mettant au régime la nourrice qui buvait huit verres de vin par jour et < 
autres la nuit. Cette altération du lait a une grande action sur Tinsonmie 
méningite; parmi les autres altérations du lait je citerai celle de la colèr 
les accès convulsiûi surviennent lorsqu'une femme a eu momentané 
sécrétion laiteuse troublée à la suite d'un violent accès de colère, et que 
ment a eu lieu dans cette circonstance. Boerhaave a rapporté le fait d'une 
qui, à la suite d'un accès de colère, donna le sein à son enfant et lui oc 
une attaque d'éclampsie qui se reproduisit sous forme d'épilepsie pendant 
durée de son existence. Le docteur Constans (2) a rapporté un fait semblal 

Observation 11. — Une femme, nourrice d'un enfant de six mois, croyante 

le coup de la possession démoniaque, convaincue qu'on lui avait donné ce 

I était fort troublée. Elle donna le sein en croyant qu'elle avait une crise ; ma 

sure que l'enfant tétait, elle sentait le démon la quitter et entrer dans le < 
l'enfant. L'enfant s'agita, fut pris de convulsions comme les possédées da 
s'écria : Papa, maman, oh! mon Dieu, que je souffre! puis il devint ton 
succomba. 

Il est probable que dans ces cas le lait, modifié dans ses proportions, 
pauvre, séreux et perd sa crème. C'est sans doute à la suite d'une altératii 
logue ou semblable et sous son influence que l'enfant dont parle Guersant 
en convulsions chaque fois que sa mère, fort impressionnable, lui donnait 
après s'être abandonnée à son mari. On cite ii ce propos l'exemple d'idiosyi 

j particulières, dans lesquelles on a vu le lait de femmes qui nourrissaient sans 

\ vénient leurs propres enfants, donner des convulsions aux autres. Ce fait i 

t, 

(1) Bouchut, Delà contagion nerveme et de VimitatUm dans leurs rapports avec 
pagationdes névroses {Bull.de VAcad. de mèd. Paris, 1801, l. XXVI, p. 818). 

f (2) Constans, Relation d:épidémie d'hystéro-démonopathie en 186^ p. "i. 



I 



!! 



ÉGLÂMPSIE CHEZ LES ENFANTS. , 153 . 

porté par SœmmeiTÎng, et reproduit par Audral, Guersant, Blache et Barri^r, qui 
le livrent sans réflexion ; cependant il est tellement extraordinaire et tellement en 
di'lioi-s de, ce que nous observons journellement, qu'on a peine à croire qu'une cir- 
constance inconnue u*ait pas donné lieu à une méprise. 

(Chaque jour, en eiïet, des centaines de i)ersoinies livrent leurs enfants à des 
nourrices mercenaires sans qu'il se produise rien de semblable. 

On obsenc fort souvent Téclampsie sympatliique à la suite des troubles et des 
embarras des fonctions du tube digestif : tels que l'indigestion, la rétention 
du méconium, les vers intestinaux, la cDUstipatiou et même la diarrhée. A ce 
sujet je mentionnerai des recherches de Parrot (1), qui attribue ces convul- 
sions à une encéphalopathie urémique, c'est-à-dire à Vurémie. — Malheu- 
resement ce n'est là qu'une hypothèse, et les enfants qui succombent dans le cours 
de la diarrhée chronique avec de Téclampsie ont une lésion cérébrale plus sûre 
dans les effets convulsifs que l'urémie. Cette lésion, que Parrot n'a pas recherchée, ^ 

c'est la thrombose des sirnis de la dure-mère et des veines méningées qui gène 
la circulation du ceneau et y produit une hyperhémie plus ou moins considérable 
d'où résulte l'éclampsie. 

La grue à la circulation cérébrale existe aussi dans Véclampsie albuminurique , 
liée à une maladie des reins qui <*st la néphrite parach^mateuse. — Cette éclampsie 
n'est |)as très-commune, maLs j'en ai vu bien des exemples (!2). — L'anatomie 
pathologique et l'ophthalnioscopie prouvent qu*il y a là un cedème du cerveau avec 
hydrocéphalie aiguë qui détermine les convulsions. — C'est ce dont on aura les 
preuves plus loin dans la chapitre consacré à Vencéphalopathie albuminurique et 
h Vurémie. 

L'éclampsie s'obsene aussi quelquefois après la rétention d'uriney ainsi que le 
prouve le fait suivant, publié par le docteur Rousse. 

Obseuvation III. ~ R. K... natt lo 15 avril 1866, parfaitement conformé. Depuis 
sa naissance, il a dormi pendant trente heures. On s'efforce alors de le réveiller pour 
lui donner de l'eau en attendant le lait de sa mèro, mais en vain, tant ses mâchoires 
sont serrées ; quelques légères convulsions ont encore Heu. La mère de cet enfant, 
(jui en a nourri quatre, et qui est très-intelligente, remarque qu'il n'a pas encore 
uriné. J'arrive, et je trouve le prépuce imperforé, sans urine entre le gland et lui, la 
vessie remplie de ce liquide. Avec une lancette j'y fais une ouverture assex large, puis 
j'écarte ses bords au point d'y faire saillir le gland par des pressions assex fortes et 
assez soutenues; pas (le méat urinaire, mais une petite ligne^ presque lucide, qu'après 
maints efforts je romps avec une petite sonde aigué. Tout aussitôt l'enfant urine abon- 
damment, desserre ses mâchoires, n'a plus de convulsions, pleure, et revieal pour 
ainsi dire à la vie. Ses urines ont été trouvées très-albumineuses. 

Mais si cet enfant était moi-t sans pouvoir uriner, pourquoi n'auraîs-je pas trouvé 
tout l'appareil urinaii-e, et surtout les reins malades ? Sublata causa, aliquoties toUu»-' 
tur et morbi et lœsiones organorum. 

C'est d'une façon toute réflexe et i)ar action sympathique que la présence dans 7 
l'intestin de sul)stances indigestes qui ne peuvent être assimilées, et qui oblitèrent son 
calibn*, la constipation, etc., provoquent l'éclampsie. Il en est de même de celles 
c|ui se développent quelquefois dans le cours d'un flux intestinal intense, naturel 
ou provoqué par l'administration d'un purgatif. 

LWlampsie réflexe est aussi déterminée, ai-je dit, par h présence de vers dans 
le tube digestif. Cette cause, dont l'influence est généralement contestée, est très- 
réelle. Les convulsions sympathiques des vers intestinaux sont rares sans doute, 

fl) Parrot, Archives de métiechte, 1873. 
(i\ Bnucliiit, Gfnette des liôpitaux, 1871. 



15i . PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

mais elU's existent, et si ce ii*est à Paris, c'est da moins dans les localités où les 
sont endémiques. Il est très-proliable que ceux de nos confrères qni ont accorda 
si l)elle part aux accidents occasionnés par Taflection verminense ont observé 
ces localités. A Paris, les vers intestinaux sont fort rares, et s'obsenreiit pr 
paiement dans la fièvre typhoïde. Il y a aussi quelques ténias, et ce sont soi 
c<>$ helminthes qui proiluisent des accidents, l'hémorrhagie, Tétlampsîe, etc. 
vu plusieurs de ces exemples ch(*z des enfants et chez des adultes. Legeiidre 
en a rapporté un très-grand nomhre. 

Voici un(» d«» m(»s observations recueillie en i 867 : 

Observation IV. — Èpilepsie vermineme. — Calomel; guérison, — L. Gréh 
garçon do neuf ans, a des attaques depuis an an; il a été traité il y a un an pour 
convulsions qui ne revenaient que tous les quinze jours ou trois semaines. Uepoif 
quinzaine de jours ses convulsions reviennent plusieurs fois par jour, caractérâ 
par un cri avec perle de connaissance ; mouvement convulsif durant quelques miml 
L'enfant n'avait jamais rendu de vers : on lui donne 1 gramme de calamel; il a ra 
cinq lombrics, et depuis huit jours il n*a plus eu de convulsions. 

!25 février. Pas de convulsion nouvelle ; purgation au calomel. Deux lombrics. 

11 y a mrm(* d(^ cas où l(*s convulsions S(> montrent à la suite dti déreloppem 
de larves d'insectes dans les cavités naturelles et dans les sinus frontaux, l 
voici un exemple : 

Obsehvation V. —Cas rare de convulsions produit par des larves dans iessim 
frontaux; destruction de ces larves suivie de yuérison. — Lazarette, A^ à 
neuf ans, douée d*une vive intelligence et jouissant d'une excellente santé, fut, t 
octobre 1851 , prise tout à coup d*uue céphalalgie frontale intense, avec point fixe hn 
Jcs sinus, éblouissements, vertiges, chatouillement de la pituilaire et éternunenk 
rép<;tés. 

Cet état se prolongea six semaines sans soulagement. De douce et obéissasb 
<]u elle avait été jusfju'alors, la malade devint vive, emportée, colère, insultant gril' 
sièrement ses parents, brisant tout ce qui lui tombait sous la main, frappant 
camai^ades, etc. 

Toutefois cette exaltation cessa bientôt; et, revenue au calme, Lazarette 
une chaleur sin<;uli(>re entre les sourcils, et dit avoir rendu de petits grains, de petites 
bêtes en se mouchant. 

Pendant près de deux mois, ces mêmes corps sont excrétés sans que Tenfont ai 
sa mère s*en in({uiètent. Un médecin appelé provoque une consultation, dans laqadk 
•on prescrit les révulsifs et les sternutatoires. On soumet les insectes à l'examen et 
M. ih'ullé, professeur de zoologie à la F<aculté des sciences de Dijon, qui y reconaiit 
des Farves appartenant à cinq espèces ditréreutes : chysomélineSy stratyomidey dit' 
mestes, larda rines, scolopendre ((lasièles). 

Malgré les remèdes, les accidents s'aggravent. Le 25 mars 1851, I^Azarelle 
perd connaissance et, à peiae revenue à elle, tombe dans des convulsions de pin- 
sieiu's heures. Douze sangsues sont appliipiées dans Taprès-niidi, et, bien que 
les cristîs ne se fussent pas renouvelées, on obtint, le "IH avril, Tadmission de la o 
iade dans Pasile des aliénés de la Côte-d'Or, où elle fut traitée par M. Dumesnil. 

Le 29, vers dix heures du matin, la jeune fille, au moment où elle perte à 
bouche une priMuière cuillerée de potage, pousse un petit cri, tombe et se roule 




(1) Lngf^ndre, Observations propres à éclairer les symptômes nerveux oue détermine te 
iénia (Arch. gén. de méd., 18.V), t. XXIll, p. 1«0}. 



ÉCLAMPSIE CHEZ LES ENFANTS. 155 

liuit crises seiiibkiUes se succédeot dans ua court intervalle ei laissent chaque fois 
Teafaiit pùle, brisée, les yeux ternes. Eu vain on eut recours aux sinapismes, aux 
compresses réfrigérantes et même à une potion de chloroforme, qui ne fut point 
l^ardée. On compta qi^rante-ciuq accès durant d'une à trois minutes. Plus tranquille 
«lès lors, I^azarette s'endormit profondément. 

liO soir, après le réveil et dans la nuit, il y eut une agitation intense. 
t*n bain de trois heures à 36 degrés, avec aflosions froides, reste sans effet. 
Toutefois, vers le déclin du jour,^ k sommeil arrive et rétablit la lucidité des 
pensées. 

Le 1^*^ mai, nouveau bain de trois heures, potion avec teinture de cantbarides, dix 
gouttes. 

Le t mai, plusieurs larves sont mêlées à l'excrétion nasale, il s'en présente égale- 
ment à diverses reprises dans ta qniniaine. 

Évidemment Taffection nerveuse était subordonnée à un foyer d'animalcules qui 
s'étaient introduits et développés dans les sinus frontaux. Mais comment les attein- 
dre? M. Dumesnil imagine d'imbiber un morceau de papier non eoUé d'une solution 
de 2 grammes d'arséniate de soude pour 30 grammes d'eau distillée, puis de le rouler 
en cigarette qu'on fît fumer à la malade en lui enseignant à faire refluer la fumée par 
les narines. Ces fmnigations, donnant lieu à un peu d'irritation et d'ivresse, furent 
répétées matin et soir. On continua aussi les bains et la potion cantharidée. Jusqu'au 
^ mai, il n'y eut aucun accident nouveau. 

Ce jour-là il y eut trente-trois crises comme les premières, suivies d'exaltation 
luentale. On suspend le traitement, qui est repris le 25. 

Le 30 mai, plusieurs larves qu'où suppose mortes. 

Le iO juin, larves nombreuses. 

Le 15 juin, deux accès convulsifs assez forts, mais sans déroute intellectuelle. 

Le 14 juillet, tout va bien : peu de chaleur dans l'espace interâourcilier. Laza- 
rette fume quatre cigarettes. La teinture de cantharides a été sopprimée à cause de 
dvsurie. 

Le 15 juillet, par un temps orageux et après une sortie en ville, quatre ou cinq 
accès fugitifs. 

A partir de cette époque jusqu'à la sortie de l'asile, le 8 novembre, la santé n'a 
souffert aucune atteinte. 

lies renseignements en date du ii avril 1853 attestèrent, trots ans et demi après, 
la solidité de la cure. 



H sorait supei-flu d'insister sur les détails de cette obaenralîoii. L*iiidicaCîon était 
<'laire, et l'atteutioii doit seulemeiit s'arrêter sar les moyens kigéueiix mis en usage 
par Duniesnii. Chaque cigarette pourrait contenir 5 cen|igraaiines de sel arse- 
nical ; plus, du reste, la préparatîoa est dangereuse, plus oa conçoit qu'il faille en 
obsi*ner l'application. 

Quant au mode de propagation des larves, la pathologie comparée démontre que 
leur pénétration et leur développement dans des caivités natnrelks> en cornownie»- 
tion avec l'air extérieur, ne sont pas impossibles. 

Les convulsions éclamptiques s'observent enfin au début de certaines maladies 
iti/lammatoires etdesfiirres éruptives. Ce sont des canvulsiùM initiales. Je les 
ai ohsenées dans ces cas et sans qu'il y ait en de lésion dans Taxe cérébro-spinal. 
KIU*s se maiiiiiestent aîini au début de la variole, de la scarlatine et de la rougeok, 
dans les angines, k ce point que lorsqu'on les voit apparaître subitement avec un accès 
de fièvre, ou peut prédire l'appsMrition de Tune ou de l'autre de ces maladies. Tous 
l<*s nius<'les de la,foce et des membres sont agités par de fortes contractions, et ces 
accidents sout alors d'un hetueox augure, et peuvent, d'après Sydenham, fure pré- 
sager une trnniiiaisoii favorable des accidents. — Les convulsions apparaissent enfin 
dans \v cours dos maladies de l'appareil respiratoire, pendant la coqueluche, dans 
l'invasion de la pneumonie, etc. J'ai vu un enfant qui les avait conservées peiidbkt&. 



I5G PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

clix-hiiit jours au moment de la période d*état de la coqueluche. Ici, leur cause 
est plus difficile à indiquer, mais je crois qu'elles résultent d'une h\perhémie 
cérébrale. 

Celles qui suniennent à la fm des maladies aiguës sont de toute autre nature. 
Elles sont toujours d'un fâcheux augure, et indiquent presque constammeut une 
mort prochaine. Ce sont des convulsions terminales. Elles résultent alors d'une 
thrombose des sinus de la dure-mère, ainsi que je l'ai établi par de nombreuses 
autopsies (1). 

D'une manière générale je dis : \a's convulsions initiales d'une maladie fébrile 
n'ont rien de sérieux et sont toujours sympathiques, tandis que les convulsions ter- 
minales sont toujours très-graves et sym])tomatiques d'une lésion oncéphaliqiie, 
soit du ceneau, soit des sinus et des veines méningées. 

Mode d'apparition. — Lcs convulsions essentielles sympathiques et albumi- 
imriques qui constituent l'éclampsic sont caractéi'isées par des mouvements iih 
volontaires désordonnés, plus ou moins violents, des niusclcs de la vie de relatk». 
I /intelligence est incomplètement abolie. Dans cet état, toute manifestation eHé- 
rieure est impossible, niais l'exercice de la pensée reste quelquefois intact, aiosi 
qu'on a pu le savoir par les révélations d'enfants arrivés à un âge assez avancé ; c'est 
véritablement là Véclampsie, 

Chez quelques enfants, les convulsions sont mal caractérisées et ont Fair d'être 
profondément cachées dans la tète ou dans les cavités splanchniques ; il n*y a ps 
de véritable attaque conviilsive, et on ol)ser\e une sorte d'absence monientanée 
avec quelques soubresauts dans les membr(*s, et un égarement monieutané àrs 
yeux, qui fuient sous la paupière supérieure, (/est ce que l'on nomme des cOHvnl" 
sions internes. 

Symptômes. — L'éclampsie est intermittente et paraît sous forme d'attaques, 
dont le nombre et la durée sont excessivement variables : le début d«»s attaque» 
est ordinairement bruscim» et inattendu. Klle est annoncée chez les enfants dii^ 
raisonnables par quelques prodromes dus à l'exagération de la susceptibilité ner- 
veuse habituelle. 11 n'y a jwint de prodromes chez l'enfant à la mamelle, du moins 
il n'y a point d'accidents appréciables |X)nr le médecin. 

C(*s attaques paraissent snbit(Mnent et sans qu'aucune influence vienne n»Ddre 
compte de leur apparition ; ailleurs, c'est à la suite des influences morales éprouvées 
par la nourrice à la suite de quelques-unes des circonstances dont j'ai déjà parlé 
dans le cours de la fluxion dentaire ou au moment d'une afl*ection aiguë sérieuse 
qu'on les obsene. 

L'enfant semble surpris par une impn^ssion étrange; son regard devient fixe; 
son corps s'allonge ; ses membres s'étendent et se roidissent ; sa tête se renverse 
en arrière ; son visage s<* l)oursoufle et se couvre d'un(î rougeur subite ; puis, après 
un instant d'incertitude et d'angoisse, on voit que la tête s'incline à droite ou i 
gauche, que l(»s mâchoires se serrent, que les membres, fortement tendus, sort 
sourdement agités par des efforts alternatifs de flexion et d'extension, et que la r«- 
ph*ation est comm<* susixîndue. Aussitôt un eflbrt intérieur semble se prôduire, U 
face bleuit, les veines superficielles du cou deviennent saillantes et se dessinent 
sous la peau ; à cet instant les mouvements convulsifs apparaissent. Le regard est 
complètement égaré, les yeux sont perdus, très-mobiles; chacun 'd'eux s^agite pour 
son compte, l'un prend une direction que l'autre ne suit pas, il tourne sur lui-mémf 

({} Roiirliul, De la thrombnae des tisaus de la dure-mère des maladies aiguës (Gaiette A* 
fwpitau.T. \Hi)l). 



ÉCLAMPSIE CHEZ LES ENFANTS. 157 

pendant que l'autre est immobile ; et puis ils vont se cacher sous lu paupière supé- 
rieure de manière à ne laisser aperciîvoir qu'une surface blanche, celle de la sclén)- 
tic|ue, dont l'aspect est si étrange. Les traits sont déformés, et quelquefois rendus 
elTrayants par suite des contractions bizarres des muscles de la face. Les lèvres sont 
tirées dans tous les sens; leur contraction rapide communique au visage les expres- 
sions alternatives et Variées de satisfaction ou de colère. Les doigts se fléchissent et 
s'étendent tour à tour sans que leur position ait aucune importance diagnostique. 
Les mains sont tournées en dedans; les bras se convulsent, en fléchissant le membre 
par saccades qui ramènent la main sur la poitiine, et qui cessent tout à coup pour 
laisser cette partie revenir à sa jwsition première. Les orteils s'écartent et se flé- 
chissent vers la plante du pied ; les genoux se relèvent, et puis le membre s'allonge 
de nouveau. La respiration est irrégulière; les mouvements de dilatation du thorax 
sont rapides, courts, incomplets, quelquefois intennittents, et suivis d'une profonde 
inspiration, à laquelle succède un moment de repos qui dure plusieurs secondes, et 
piMidant lequel on observe Faction opposée des muscles inspirateurs et expirateurs, 
dont la puissance s'annule et s'entre-détruit. Après ce temps de repos revient une 
nouvelle séri(» de mouvements respiratoires, accompagnés des mêmes phénomènes. 
Le ix)uls est difficile à saisir au moment du spasme musculaire des membres; mais, 
dans la détente de la convulsion, on le trouve toujours notablement accéléré, et 
porté au chifl're de iiO à i!20 pulsations par minute. Les muscles de la vessie et du 
rectum sont également aflectés. Ils cessent d'être soumis à l'empire de la volonté, 
€t souvent alors les matières contenues dans ces organes s'écoulent sans que l'enfant 
puisse les retenir. 

Le désordre des fonctions musculaires est souvent accompagné par la perversion 
des sens* et de l'inteUigence. 

Celle-ci est ordinairement troublée : les enfants restent étrangers aux choses qui 
les entourent; le bruit, les éclats de la lumière ne paraissent produire aucune 
impression sur eux. La sensibilité cutanée n'est détruite qu'en partie. La manifes- 
tation de la souffrance est obscure, mais il semble qu'un effort et qu'une contrac- 
tion h'^gère de la face indiquent encore la perception de la douleur produite par le 
pincement de la peau ou la p'iqûre de cette partie. Dans les fortes attaques convul- 
sives, les excitations k»s plus douloureuses ne sont pas suivies d'un effet appréciable; 
rien ne révèle la conservation des fonctions sensoriales et organiques, qui paraissent 
. <»ntièrement anéanties. 

Les phénomènes convulsifs se combinent de mille manières et peuvent offrir des 
aspects fort variés que l'observation journalière fait connaître. On les obsene rare- 
Tuent tous à la fois chez le même enfant. Ils sont souvent suivis par une contraction 
permanente de quelques-unes des parties affwtées,* ce qui peut être la cause d'une 
difformité pour l'avenir. J'en ai cité un exemple. Ils occupent plus souvent les 
membres, et de préférence les membres supérieurs. Ils sont souvent plus prononcés 
d'un côté que de l'autre. Cette différence est surtout sensible dans les convulsions 
sunptomatiques dont je parlerai plus loin. 

I^ durée de l'attaque convulsive est essentiellement variable en raison de son 
intensité. Les plus faibles sont celles qui se prolongent le plus longtemps; les plus 
violentes, au contraire, disparaissent très-vite. Il serait impossible qu'un enfant 
résistât à la |K*rturbation qu'elles occasionnent dans son organisme. Les unes cessent 
en quelques minutes; les autres après plusieurs heures et après plusieurs jours. 
Al()i*s les phénomènes convulsifs ne sont pas continus, ils se présentent sous forme 
d'accès plus ou moins longs, qui se répètent à des intenalles très-rapprochés dans 
lesquels Tenfant reste sans connaissance et en proie à une sourde agitation. Che^uw 



158 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

ciifaiit atteint de coqueluche, les conTulsious ont duré dix-luiit jours de suite. Il 
) a\ait trois ou quatre paroi^ysiues par jour. 

Lorsque Taccès comulsif <*A [wès de dis[)araître, on observe an vioiiirGiiml 
général de déteuti*: la iace pâlit, les paupières s'abaissent et les Irahs expriment 
labatteiiKHit le |)lus profond; h^s inouTeineals musculaires se calment et se mwi 
fi*stent à des époques plus éloignées; la roideur des membres se 4i8sipe^ la respi- 
ration re|>reiKl sou cours. I/eiii'ant tonik* dans riiiuiiobilité la plus ««nplète, et le 
MHui4&eil arri\e pour mettre un ternie à tous ces accidents. Qoelqueféis l'edampiif 
se termine par une s\ncope. Ainsi j'ai conim un petit garçon, aujourd'hui u 
iMNiune, atteint de convulsions, à un an, au jardin des Tuileries; sa iieurrke, le 
voyant touiber, iiimMibUe et flasque, le crut mort et le rapporta chez les parmi, 
enveloppé dans son tahlitr. £n arrivant cliez lui, 1 enfant re^t sa oonnaîssance, se 
mit à jouer, et dîna comme tout le moïKle. Ce fut la seule attaque d^éclainpsie qi*il 
ait jamais eue et il a aujourd'bui |)ius de vingt ans. 

U nen est cependant pas toujours ainsi; loin de s'amoindrir, rexcitation ner- 
veuse* semble queiquelois augnu^itcT, m les attaqu(*s convulsives se terminent pr 
la mort. « Elle sunient de deux manières : Ou bien elle conmicnce par Tencéfihaie: 
cet organe, trop vivement surexcité, cesse d'agir sur les autres organes ; la 
ration s'arrête, l'iiématosc n'a plus lieu, et la mort est certaine. Ou bioii elle 
mence |)ar les poumons : la respiration, gênée par les contractions irrégulieres des 
muscles res{)irateurs, ne s'exécute qu'impariaitemeiit; les poumons s'engiM'genC, le 
sang ne les traverse qu'en partie ; bientôt la suiïocation devient imininciite, et ele 
a lieu si des mouvements plus réguliers ne viennent rétablir et la i^espiration et la 
circulation (1). » 

Il lirait n'être pas toujours facile de déterminer la réalité de la mort à la suitedes 
convulsions. On cite même plusieurs exemples de méprises dans lesquelles des en- 
fants, qu'on croyait perdus \y(n\r jamais, sont re\eniis à la vie; et il y a qoeiqws 
années, tout le monde a pu lire dans les feuilles |K)litiqiies l'bistoire d*«n jeu» 
enfant, déjà placé dans son cercueil, evposé dans une clia|)elle, qui lut trou\é le 
lendemain, assis sur son séant et occu|H' à se distraire a\ec les objets pn'*cieHX qee 
l'on voulait enlermiT avec lui. (^est là une de ces erreurs comme j'en ai rapporté 
tant d'autres il qui n'arrivent qu'à d(^ ignorants ou à des personnes étraiigèixs à la 
médecine (:2). Il faut donc se garder de juger tro|) vite, (»t apporter à la vérification 
du décès toute la prudence el tonte l'attention convenables. On ne doit affirmer la 
réalité de la mort que sur la disparition coni|)lèt<' et pix)longée des hatteineMIs du 
cœur, étudiée par l'auscultation, sur la d<Voloralion de la choroïde vue à Toph- 
tlialmoscope, et si le tliennoniirtte dans Taisselle marque "H degrés centi- 
gi*ades. 

L'éclam{)sie qui n'est pas asseï ^iol<MU(î ^x)ur occasioiujcr la mort »e se tennine 
|>as toujours sans laisser de traces de son passage. Quelques enfants recoavi«nt 
leur sért'uité naturelle aussitôt apn*s l'attaque et ne |wraissent jms avoir été ma- 
lades. Les autres conservent un l('*ger niouvenjent fél«-ik» qui cesse rapidcnient; ib 
ont assez souvent des douleurs dans les nicMiibres convulsr^s, avec d<^ ecchvnioscs 
à la surface de la peau, ou uimî albuminurie passagère causée par rhyperhéiiiie 
rénale produite dans l'attaque convulsive. .l'en ai cité dans k»s précédentes éditions 
de cet ouvrage un exeiupk*, diez mie filk* qui n'avait jamais eu de oonvulsi<MiS. 
L'albuminuiie dura cinq jours, et dis|)arut. 

(1) Brarhct, Traité pratique tlef( convulsions dnns V en faner. 2' rilit'on. Paris, IH37. 
fil Rotirhut, Traité de» nignes de la mort et des moijens de ne pas être enterré virgni. 
«uvrajÇL* couronné par rinstiuil de Franni. i* édition. Paris, IHTi. 



ÉCLAMPSIE CHEZ LES ENFANTS. 150 

A la suite do l'éclampsie, quelques eufauts conseneiit une rétraction ou une 
])aral\sie (ie certains muscles convulsés, et ils deviennent diflbrnies. C'est aux con- 
\ iilsioiis qu'il faut rapporter Torigine de œrtaines contractures permanentes qui 
entraînent la déviation de la tête ou torticolis, la rétraction des membres, la para- 
lysie nuisculaire partielle, etc. J*ai vu plusieurs enfants dont le torticolis n'avait pas 
ifautre cause. L'abaissement de la paupière supérieure, le strabisme, la déviation 
de la lx)uche, quelques contractures des membres, se rattachent souvent aux con- 
vulsions symptomatiques, ils ne sont pas plus en rapport avec les altérations de 
Tencéphaie que certaines paralysies faciales et certaines paralysies neneuses obser- 
vées cIm»z les nenosiques et chez les hystériques. L'autopsie n'en révèle pas mieux 
la cause que celle dc*s phénomènes convulsifs eux-mêmes. 

]I en est de l'éclampsie, chez certains enfants fort susceptibles, comme des phé- 
nomènes ner\eux offerts par les fenmies hystériques : la récidive est très-fréquente. 
Tant que la constitution générale n'a pas été modidiée, elle se manifeste sous l'in- 
ihuMice des causc*s les plus fugaces. Une pivmière attaque prédispose à une seconde, 
et U*s sujets qui sont placés dans ces conditions sont en proie à ces accidents au 
moins plusieurs fois dans le cours de leur enfance. 

Lorsqu(% chez d'autres sujets, les attaques convulsives se manifestent dans le 
cours d'une maladie aiguë, elles n*mplacent le délire, et cessent^ pour ne plus se 
montrer aussitôt que la cause qui les produit vient à disparaître. 

Diasnoiitic. — Les couvulsions de l'éclampsie se distinguent très-bien ^es 
convulsions produites par les aiïectioiis des méninges, du cerveau et de la moelle 
épinière, en raison des pliénomènes particuliers fébriles ou ophthalmoscopique^ 
qui accompagnent constamment ces diverses maladies. Kn effet la fièvi*e qui 
|x*rsist<' apri's la convulsion doit faire craindre une maladie aiguë inflammatoire, 
ou éruptive; la lenteur et l'irrégularité du pouls font reconnaître imc convul- 
sion due à une maladie cérébro-spinale et la névrite opti(|ue ou la rétine-choroïdite 
permettent d'aiTirmcr qu'il existe une maladie de la moelle des méninges ou du cer- 
veau (1). Une seule affection, l'épilepsie, se rapproche tellement de l'éclampsie, que 
|)our quelqu(*s auteurs, au nombre desquels il faut placer Sauvages et Cullen, toute 
distinction entre elles est impossible à établir. Les phénomènes convulsifs sont à 
|)eu près les mêmes dans l'un et l'autre cas; seulement, dans l'épilepsie, les atta- 
ques sont moins prolongées, sont suivies de sonuneil et se reproduisent à des inter- 
valles fort éloignés les uns des autri*s. Eu outre, elles se montrent pendant toute la 
durtV de l'enfance, et continuent encore au delà de cette époque pendant le reste 
de la vie. 

Pronostic. — Sous le rapport de leur pronostic, il ùut distinguer les^ convul- 
sions érlamptiques en deux classes : celles qui sont primitives^ et dépendantes 
d'un état morbide qui va paraître, ou indicatrices de cet état morbide; et celles 
qui sont secondaires, intimement liées à une maladie aiguë qu'elles viennent 
cpielquefois terminer (2). 

Li^ convulsions primitives causées par la dentition, par les vers intestinaux, par 
de |M'tites souffrances, par la chaleur, sont les moins graves ; celles qui résultent 
de la mauvaise qualité du lait de la nourrice ou des (Varts de régime ci^dent diffi- 
cilement et entraînent plus souvent la mort ; enfin celles qui annoncent le début de 
certaiiM's fièvri»s éruptives, et ordinairement de la variole, sont d'un bon augure. 

i\i Voyez ('ÉRÊBRoscopie, p. 166, et Traité du diagnostic des maladiei du sifntème 
Tierreux jmr Vophthalnxoncopie, 1 vol. in-8 avec plaiicties et un atlas de 24 fîgures ctiromo- 
lilho^rnpiiiéi's. 

it) A. Diijçès, De Vèclampiie des jeunes enfants^ comparée avec Vapoplejcie et le tétanos 
{Mém. de \\\cad. de méd. Paris, 1833, t. 111, p. 301 et suiv.). 



I 



160 IWTIIOLOr.lE S^ÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Elles présagent, dit Sydeiihain, uii<» éruption de l)onne nature, peu confluente, 
dont la marche sera naturelle et la terminaison toujours favorable. Quant aux coo- 
TuJsions secondaires, terminaleSy celles qui sun ienncnt dans le cours de la pneu- 
monie, de la coqueluche, de la variole, etc., il est rare que la mort ne soit pas leur 
terme naturel. 

Traitement. — Il n'est personne qui n*ait entendu soutenir par des gens étran- 
gers à la médecine, avec la meilleure foi du monde, que le plus sûr moyen de faire 
cesser une attaque convulsive chez un enfant consiste à lui appliquer un g^ain de 
sel sur la pointe de la langue. Quelque naïf et ridicule qu'il puisse paraître, ce 
moyen vulgaire renferme une vérité importante : il démontre la vanité des pré- 
tentions de la thérapeutiqui» à l'égard de l'Mampsie ; il épai^c la peine de dé- 
montrer ce qu'il fait comprendre de la manière la plus explicite, savoir : qu'une 
attaque convulsive guérit souvent par les seuls efforts de la nature et sans Tinter- 
vention des médecins. 

Il n'en est malheureusement pas toujours ainsi. Un grand nombre de cas d'é- 
clampsie restent, par la nature de leurs causes, en dehors de ceux qu'il faut aban- 
donner à eux-mêmes. Ceux-là méritent une attention toute spéciale. Combien de 
fois ces accidents n'ont-ils pas disparu h la suite du transi)ort du malade dans un 
api^artement moins échauffé que celui où il se trouvait ! combien après la cessation 
de la gène produite par des langes trop serrés! combien, enûn, après la disparition 
de la douleur oc<xisionnée par une épingle placée de manière à entamer la peau ! 

Si ces premiers soins ne suffisent pas pour faire cesser les phénomènes convulsi^ 
on peut, avec quelques chances de succès, essayer de produire une perturbation 
violente dans les sensations du petit nialade, en l'exposant quelques minutes, dé'- 
pouillés de ses vêtements, à l'air extérieur, en le couchant sur une table de marbre 
ou en soumettant la tète nue à l'irrigation de "1 on .'3 litres d'eau froide. Des 
sensations aussi brusques et aussi pénétrantes que celles-là manquent rarement leur 
effet. 

Quand on snpfwse que l(*s accidents s<» rattachent à l'introduction dans le tulM» 
digestif d'une trop grande quantité do substances alimentaires, ou à l'iiitroductioii 
d'aliments de digestion difficile, il faut administrer un rom/7// ou déterminer le vo- 
missement par le chatouillement de la luette avec l'extrémité d'une plume. Ou 
trouve dans tous les auteurs et dans les recueils périodiques un grand nombre 
d'exemples de cette nature dans lesquels cette médication a été couronnée d'un 
plein succès. Des évacuations abondantes entraînaient au dehors des morceaux de 
pomme, de carotte, de haricot non digérés, etc., qui par leur présence dans 
l'estomac avaient déterminé une agitation intérieure vive, rapidement suivie des 
phénomènes nerveux dont nous avons parlé. 

Lorsque les garderobes sont habituellement difficiles, et lorsqu'il n'y en a pas eu 
depuis plusieurs jours, il faut palper le ventre et chercher à constater par cette ex- 
ploration si les intestins sont distendus par des matières excrémentitiellcs. On admi- 
nistre alors un purgatif :\e calomel, à la dose de 10 à 15 centigrammes; la 
manne dissoute dans (f H lait, ^ h 15 grammes pour 60 grammes de liquide, 
V huile de ricin émulsiounée ou dans un café, à la dose de 5 à 15 grammes, sont 
chez les jeunes enfants les moyens qu'il convient d'employer. Si l'enfant rejette habi- 
tuellement des fragments de ténia ou des lombrics, et mcMue des oxyures vermicu- 
laires, il faut administrer les vermifuges (1) et insister sur leur usage jusqu'à 
l'entière disparition de ces entozoaires. 

(I) Voyez Ascarides. 



ÉCLAMPSIE CHEZ LES ENFANTS. 161 

Si les convulsions se développent au moment de la dentition, et si Texamen des 
gencives permet de constater une tension considérable de ces parties, ce qui im- 
plique la douleur, on peut supposer un rapport entre les pliéiiomènes neneux et 
l'évolution dentaire. Il peut être convenable de débrider la gencive par une inci- 
sion cruciale ou par Texcision au point comprimé par la dent près de sortir. Cette 
opération, facile à pratiquer, atteint un double but : elle favorise révolution dentaire 
et, par le faible écoulement de sang qu'elle entraîne, elle dimiime la fluxion gingivale. 

Quelquefois les convulsions s'accompagnent d'un tel effort sanguin vers le cer- 
veau, que l'on peut juger de la congestion de c«t organe par la congestion de la 
face. Si les convulsions se prolongent pendant longtemps, et si la coloration du 
visage persiste sans intermittences, il y a urgence à employer les émissions san- 
guines, La congestion encéphalique a été la conséquence du premier efibrt con- 
vulsif ; une fois établie, elle est devenue cause à son tour ; c'est elle qui entretient 
les accidents. Elle cesse assez vite à l'application de sangsues. Deux au plus peuvent 
suffire; il est rarement nécessaire d'en augmenter le nombre. Cela doit être ulté- 
rieurement décidé. On les applique derrière les oreilles, et mieux, je crois, loin de 
la tète, aux condyles du fémur ou aux malléoles dans le but de faire une saignée 
révulsive. 

Il faut enfm arriver à combattre les phénomènes nerveux à l'aide des antispas- 
modiques. Veau de fleur d'oranger dans un verre d'eau sucrée est la première 
chose qu'il faille faire prendre à l'enfant. Puis on administrera X hydrate de chloral, 
dont j'ai fait connaître les propriétés hypnotiques et anesthésiques, en 1869. C'est 
le meilleur moyen à employer. 

Hydrate de chloral I,2à3 grammes. 

Sirop de groseilles : 30à60 — 

A prendre on une fois. 

OU bien un lavement de chloral à la même dose, ou bien un supi)ositoire de 
chloral, ainsi fonu'j : 

Sperma ceti 3 grammes. 

Beurre de cacao 2 — 

Hydrate de chloral Ià3 grammes. 

I^ dose de chloral varie avec Tâge des enfants, et chez les plus jeunes il ne faut 
pas donner plus d'un gramme. — La dose de 3 grammes n'est utile que chez les 
enfants de sept à dix ans. — On peut donner aussi Véther sulfurique ou le 
chloroforme dissous dans VakooU une partie sur huit, dans du sirop ou en 
potion à la dose de 50 centigrammes. On peut également, dans le cas où les convul- 
sions se reproduisent souvent chez un enfant, les traiter parles inhalations de chlo- 
roforme au moment des accès^ et même aussi chaque jour dans Tintervalle des 
attaques convulsives. Aloi^ la chloroformisation ne doit pas être poussée très-loin. 
L'oxyde de zinc se donne souvent seul ou combiné avec l'extrait de jusquiame 
iioin*. Ce médicament est très en faveur auprès des médecins qui s'occupent des 
maladies des enfants. Tous le citent comme très-efTicace dans le traitement des con- 
vulsions. ]l faut, cliez les jeunes enfants, le faire prendre en poudre mêlée à du sucre 
à la dose de 25 centigrammes à i gramme et plus pour les vingt-quatre heures. 

y Oxyde de zinc 0"',50 à 1 et 3 grammes. 

Sucre • 0"',50 à l gramme. 

Mêlez et divisez en paquets de 25 centigrammes. — Pour deux i six prises dans les vingt- 
quatre heures. 

fiOUCHUT. — .NOUV.-RÉS. — 7* ÉDIT. \V 



162 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

Voxyde de zinc a été associé au musc par Guersant et BIacIm. Ci 
ciiis en ont obtenu des résultats très-fa¥oraUes. Vacéiate imÊitk 
1 gramme en potion, — le camphre^ — la valériane^ — Vota i 
lavements, avec des avantages diversement appréciés et fort inceitaim. I 
des autres antispasmodiques ont été tour à tour mis en usage sans qn'ano 
par une valeur bien réelle, ait acquis les suffrages unanimes» On ponmi 
les succès qui ont suivi leur administration; quant aux revers, ou u'oae €a 

V opium a été fort souvent employé dans le traitement des conTuhiQM 
être surtout efficace dans les convulsions de longue durée et dans ceOet i 
dent à des dilacérations de la peau, des piqûres d'épingle, etc. Mais ic 
dans toute circonstance, chez Tenfant, l'emploi de ce médicament exjge 
de prudence et de grandes précautions. Il peut augmenter la congestion \ 
et entretenir les phénomènes nen eux que l'on veut faire disparaître. Il -d 
en outre, une constipation plus ou moins opiniâtre qui n'est pas touj 
dangers. Lorsque j'administre l'opium chez des enfants à la mamelle, je 
« du laudanum ou de la teintiu*e de Rousseau à la dose de 3 à 4 gom 

40 grammes de véhicule. 

Les convulsions qui sont sous la dépendance de l'anémie et qui se dé 
chez les enfants qui ont eu des pertes de sang considérables sont avanti» 
combattues par les préparations martiales, — Le sous-carbonate de / 
limaille bien porphyriséCy peuvent être Indifféremment mis en usage. 
conmie l'autre de ces substances sont facilement avalées par les enfants, I 
les associe à du sucre ou à une consene agréable. On les donne à la dosi 
25 centigrammes par jour. 

i Aphorismcs. 

85. Dans la première enfance, les hallucinations et l'éclampsie remplace 
lire. 
1^ 86. Chez les jeunes enfants, rhallucination est caractérisée par des moi 

de peur et par des gestes qui semblent écarter ou attirer l'objet de la préoo 

87. Les convulsions dites éclanipsies résultent d'une perturbation di 
If sympathique, primitive ou consécutive, des fonctions neneuses. 

88. Les convulsions éclamptiques se produisent sans lésion matérielle api 
du système neneux. 

89. L'éclampsie est une névrose ordinairement héréditaire. 

90. Une première attaque d'éclampsie prédispose à une seconde. 

91 . Une convulsion subite et rapide, non suine de fièvre, ne présent 
danger. 

92. L'éclampsie qui se montre pendant la première enfance, et qui se 
encore à la fin de la seconde, s'est changée en épilepsie. 

93. L'éclampsie engendre des paralysies partielles, et celles-ci cngend 
difformités. 

9i. Des convulsions subites, violentes, suivies d'un assoupissement p 
mais sans fièvre, doivent faire craindre l'épilepsie. 

95. Une convulsion subite, suivie de fièvre, est toujours le symptôme d 
d'une fièvre éruptive ou d'une pneumonie, et elle annonce une maladie gra 
. 96. Les convulsions initiales de la variole sont d'un Immi augure pour la 
naison définitive de la maladie. 

97. Les convulsions qui rern^"^^«t une affection viscérale aiguë ou ch; 



EPILEPSIB ET VERTIGES EPILEPTIQUES. 163 

sont presque toujours syniptoniatiques d'une lésion consécutive du ceneau et des 
méninges, habituellement la thrombose des sinus de la dure-mère. 

98. L'éclanipsie engendre assez souvent l'albuminurie. 

99. Les convulsions Initiales des maladies aiguës sont symptomatiques ou réflexes, 
tandis que celles qui viennent les compliquer ou les terminer dépendent d'une 
lésion cérébrale ou méningée toujours mortelle. 

iOO. Les convulsions qui suniennent dans le cours de la pneiunonie annoncent 
une mort prochaine. 

iOl. Le grand air, la fraîcheur et l'aspersion du visage avec de l'eau froide sufli- 
sent au moment d'une attaque d'éclampsle. 

102. Il faut surtout s'appliquer à connaître la cause de l'éclampsie pom* être en 
mesure de prévenir son retour par l'emploi ratiomiel des antispasmodiques, des 
vomitifs, des ferrugineux ou des vermifuges. 

CHAPITRE XXVII 

ÉPILEPSIE ET VERTir.ES EPILEPTIQUES 

A côté de Téclampsie, maladie convulsive accidentelle et passagère chez les 
enfants, provoquée par l'invasion d'une maladie aiguë fébrile, par la chaleur exa- 
gérée d'un appartement, par le travail réflexe de la dentition ou d'ime autre lésion, 
etc., il y a VépUepsie et sa variété, le vertige épileptique. 

L'épilepsie, chez les enfants, est très-fréquente et diffère beaucoup de l'épilepsie 
chez l'adulte par l'étiologie et par le pronostic. Elle se montre sous deux formes : 
le vertige épileptique ou petit mal, et Vattaqtie convtUsive épileptique ou le 
haut mal. J'enaiobsené 118 cas qui se divisent ainsi : vertiges épileptiques 36, 
et convulsions épileptiques 82. 

Le vertige épileptique se présente sous les fonnes les plus variées. Toujours 
brève et de courte durée, la crise est caractérisée par une perte de connaissance 
fugitive de quelques secondes ou d'une minute dans laquelle le visage conserve sa 
couleur, h^s jeux restent fixes ou tournés en haut, la tête inunobile, quelquefois 
renversée en arrière ou tournée à droite. Les bras cessent d'agir sans se convuber 
ni se roidir, et les membres inférieurs sont immobiles. La main garde ou iâclie ce 
que tenaient les doigts. Si l'enfont est assis, il peut ne pas bouger, ou bien il fléchit 
en avant ou de côté, conune quelqu'un qui dort assis, tombe à demi et se relève 
pour reprendre la verticale. Si le malade est debout^ il peut fléchir et !ie redresser 
ou rester sur place sans bouger; parfois la parole s'arrête, coupée par une crise, et 
eOe continue après un moment d'interruption. Rarement il y a émission involon- 
taire des excréments ou des urines, mais j'en ai observé des exemples. 

Ces vertiges épileptiques, d'abord rares, deviennent de plus en plus fréquents. 
Ils passent souvent inaperçus, tant ils sont de courte durée ou parce qu'ils se pro- 
duisent la nuit. Ils viennent tous les mois, tous les quinze jours, tous les jours et 
même plusieurs fois par jour et i>ar heure. J'ai vu un enfant, à Versailles, avec le 
docteur RemiUy, qui en avait cent quatre-vingts par jour. Il en a eu trois en ma 
présence dans l'espace d'une demi-lieure. Gela dépend des cas. D'autres enfants 
en ont jusqu'à huit ou dix toutes les heures, pendant une partie de la journée 
seulement. 

Les crises peuvent durer ainsi plusieurs mois sous cette forme qui est variée k 
llnfini, puis elles se mêlent à des crises convulsivês plus ou moins fortes, et, enCui^ 



1<^I tkJWA/P^AZ ^^É'-JALE DE L.% PREHIÊaC C5FÂ3CCE. 



«ic» «Ml r w y fa o » imrt à fût par des crises de cette BUvte qv o w tkotu t F^ 
lefMe. Ce«( le ce le pin cm e et le plus ficbenx. Mas, dus d*aalres emnpks, 
fes f ertîç» pemem c^smt oatareUemeot oa par snile d*an trai icmffat a pproprié. 

J'en ai \u pÊtrv on çwid Dombre à rbdpiul« mais, une iiis sortis, les enbMs 
œ ro'af aot pas été rqiréseocés, on ne peut affirmer qœ b gaérisoo se soit nabk- 
tenoe. 

Vépilep$ie comoisîfe, oo grand mai. est an contraire caractérisée par àa 
attaques comulsi«es iMidro%antes et violentes, oo accompagnée de ^ti i gn^ i M w 
prémonkoires confins sons le nom à'aura. 

Quand les enfiinls éprouvent des symptômes prémonitoires, on ofaserre alorsdas 
un point du coqs im frémissement, un tournoiement on ime doolear tpn remoolF 
irers le tronc jusqirâ b tiHe, et alors arrivent b perte de connaissaiice et Tattaqne 
convulsive. Cette atfra ou vapeur, ou frémissement, part quelquefois do pied comme 
un petit chatouillement et gagne le tronc pour déterminer Fattaque. Dans un es 
publié par Cazenave, Fépilepsie avait toujours ce phénomène prénioiiîtoire; et ai 
jour que, dans une attaque, le malade étant tombé dans le feu, le pied et le bas de 
la jambe se calcinèrent, Vaura étant détruite, Fépilepsie disparut. 

Ailleurs il part du testicule, et la castration a guéri quelques-tms de ces mabdfS. 
Chez d'autres, il a pour origine les ovaires ou Futérus, Fintestin, Fesloiiiac, ks 
mamelles, le fond de Fœil, les doigts et, toujours après cette sensation intime de 
quelques secondes, arrive b grande attaque convulsive. 

Dans un cas que j*ai obsené, Vaura prtait du petit doigt, dont il entraimàt h 
flexion, remontait à la poitrine et déterminait les convulsions épileptiques. L^enbnt 
appebit sa mère pour lui redresser le doigt, et, si celle-ci arrivait assez tôt poor 
faire ce qu'on lui demandait, Fattaque n'avait pas lieu. 11 y a dans la science ooe 
foule de faits analogues qu'il est inutile de citer en ce n[K>nient, mais tons prouvent : 
V l'existence de Vaura épUeptique ; t" Finfluence de la destruction de Xaun 
mr b gnérison de Fépilepsie ; 3<> la possibilité d*arréter une attaque par une liga- 
ture ou nnt forte pression exercée sur le trajet de cette aura, 

^11 n'y a pas de symptômes prémonitoires, Tattaqne convubive débute d'emUcft 
sobiteinent et n'importe oii, dans la rue et sous les voitures au risque d*étre écrasé« 
dami Fiippa n eroen t , prés du feu et dans le feu, enfin sur un meuble dont les arêtes 
font des MesMire» considérables. Le caractère instantané de Finvasion est caracté- 
rMCkpie; iioavent les enbnts jettent un cri et tombent sans connaissance : parfois 
leur f isî>ge est pâle, exsangue et leurs lèvres blanches ; ou bien la face est rouge, 
fiobcée, les lèvres noires, le cou gonflé, et alors arrivent des convulsions de tous 
les mosdes du visage, de b bouche et des yeux, le renversement de la tête es 
arrière ou sur le côté, des secousses convulsives dans le tronc, dans les bras, dais 
les doigts, qui recouvrent le pouce, et dans les jambes. Pendant cette attaque, 
Féctune bbnche ou sanguinolente se montre aux lèvres ; il peut y avoir inconti- 
nence d'urine et des matières fécales, et, comme j'ai eu l'occasion de le voir excep- 
tionnellement, il se bit sur le visage un grand nombre d*hémorrhagies miliaires (pi 
ressemblent à des pétéchies. 

A Fophthalmoscope, le fond de l'œil est ixlle si le visage est pâle, et les veines 
très-rouges, très-dilatées, si la face est cyanosée. 

Cette attaque dure quelques minutes ou bien elle se calme un instant pour recom- 
mencer, et afors la crise peut durer une ou plusieurs heures. 

Une fois le calme rétabli, Fenfant tombe dans un état de sommeil comateux pbs 
ou moins profond qui dure dc*une à trois heures. Il se réveille ensuite brisé de 
btlgue et ne se rappelle rien de ce qui s'est passé. 



KPILEPSIE ET VERTIGES ÉPILEPTIQUES. 165 

- Sous cette forme, les crises convulsives de l'épilepsie reviennent rarement 
plusieurs fois |)ar jour. Elles reparaissent irrégulièrement toutes les semaines, ou 
tous les mois, ou chaque année, sans époque fixe. Ce n*est que par exception 
qu'elles sont périodiques, mais alors c*est surtout chez les filles pubères qui sont 
formées et au moment des règles. 

Quand les crises ner\'euses que présentent les enfants se manifestent sous la forme 
d'un vertige passager avec perte de connaissance de quelques secondes, le dia- 
gnostic n'est pas difficile, il est évident : c'est le vertige épUeptique, et il ne reste 
plus qu'à en découvrir la cause. 

Dans le cas d'attaque convulsivc, le diagnostic est moins facile, L'épilepsie se 
confond alors très-souvent par ses symptômes avec Véclampsie, et chez les filles 
avec ïhystérO'épikpsie. 

Entre l'éclampsie et l'épilepsie la distinction est impossible si on ne tient compte 
que des symptômes observés. Les accidents sont les mêmes, et rien dans la forme 
convulsive ne permet de les distinguer. Il n*y a que les circonstances accessoires du 
début et du retour des convulsions qui permettent de se prononcer. 

Ainsi la convulsion débute-t-elle très-subitement et est-elle suivie de fièvre, c'est 
de l'éclampsie. Alors, comme je l'ai démontré il y a vingt ans, cette convulsion, 
suivie de fièvre, est l'indice d'une pneumonie, d'une angine, d'une bronchite, d'une 
fièvre. éruptive ou d'une maladie aiguë qui va paraître. 

La convulsion est-elle accompagnée d'œdème albuminurique ou d'oedème puer- 
péral, c'est encore de l'éclampsie, et de l'éclampsie due à un œdème cérébral 
plutôt qu'à de l'urémie. 

La convulsion est-elle un effet de chaleur, d'encombrement des enfants dans une 
très-petite salle, ou de l'indigestion par aliments trop durs pour l'estomac, c'est 
également de l'éclampsie. 

La convulsion se manifeste-t-elle sans cause cofume, d'une façon passagère, sans 
répétition ultérieure, c'est aussi de l'éclampsie. 

Comme on le voit, tout le diagnostic repose sur des considérations étrangères 
aux phénomènes intrinsèques de la maladie convulsive et à la forme des accidents 
convulsifs. On pourrait presque dire que l'éclampsie n'est qu'une épilepsie passagère. 

Dans la distinction de l'hystérie et de l'épilepsie chez les enfants, on a plus égard à 
la forme des accidents convulsifs. Ainsi, quand la perte de connaissance n'est pas 
très-complète, qu'il en reste un petit souvenir, qu'elle est annoncée par un senti- 
ment intime, autre qu'une aura, et qu'elle est accompagnée ou suivie d'cesopha- 
gisine, (le strangulation, de rire et de larmes, d^analgésie ou d'anesthésie cutanée, 
c'est de l'hystérie ; mais, comme dans quelques cas il y a perte de connaissance 
absolue, pas de rire ni de larmes, et après l'attaque un profond sommeil, conune 
dans les attaques épileptiques, c'est de V hystéro-épilepHe. 

Cette forme n'est pas très-fréquente chez les enfants. C'est surtout chez les petites 
fdies, à partir de douze ans, qu'on l'obsene. Je ne l'ai vue que très-rarement chez 
les garçons. Mais, dans tous ces cas, il y a une association si variable de tous les 
phénoniènes spasmodiques et convulsifs, que bien souvent toute affirmation n'est 
que présomption de la part des médecins qui se les permettent. L'homme conscien- 
cieux qui a beaucoup vu est toujours plus réservé que l'ignorant. 

Il y a toujours un point important et difficile dans le diagnostic de l'épilepsie, 
c'est celui de savoir si la maladie est essentielle, c'est-à-dire causée par un trouble 
temporaire de circulation cérébro-spinale, ou si elle est symplomatique et dépend 
d'une lésion organique neneuse. Cette difficulté n'en est souvent plus une aujour- 
d'hui depuis mes recherches de Cérébroscopie. En effet, si avec des attaqiie&^^- 



166 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

leptiques il y a de rcedème papillaire avec li^perhémie, de la névro-récinite ou des 
tubercules de la choroïde, il est certain que Tépilepsie dépend d'une sclérose céré- 
brale ou spinale, d*une encéphalite |>artie]le ou dune tumeur nerveuse quelconque, 
parfois tuberculeuse. C*est là un résultat considérable et qui permet de distinguer 
certaines épilepsies symptomatiques de celles qui ne le sont pas. Sous ce rapport, 
les recherches dont j*ai pris Tinitiative rendent le diagnostic plus sûr et pins précis 
qu'il ne pouvait être avant leur publication. On les trouve dans mon Atlas d^oph- 
thalmoscopie méflicale et de cérébroscopie, où se trouvent plusieurs figures 
chromo-lithographiées d'épilepsie symptomatique. En résumé, sous le rapport du 
diagnostic ophthalmoscopique, si Ton ne trouve |)oint d'altération du fond de Fcol, 
on peut croire, sans être tout à fait certain, que Tépilepsie sera temporaire ; mais, 
s*il y a névrite ou névro-rétiiiite, il faut affirmer que Tépilepsle est symplomatiqae 
d'une lésion cérébro-spinale et par conséquent incurable. 

Les causes du petit et du grand mal, c'est-à-dire du vertige épileptique et de 
Tépilepsie chez les enfants, sont prédisposantes et occasioimelles on détermi- 
nantes. Chez Tadulte il y a une cause que Ton ne voit jamais chez les eniints, 
c'est ïalcoolisme. 

Les prédispositions résultent : de Vhérédité dont Tinfluence n'est contestée que 
par les ignorants ; du travail de la première et seconde dentition ; mais la denti- 
tion première fait surtout réclam]>sie, tandis que la seconde dentition créé l'épi- 
lepsie. Ce sont là des actions réflexes, dont j'expliquerai dans un instant l'action 
sur la constriction et sur la paralysie vaso-motrice de l'encéphale. A côté de b 
seconde dentition, et par le même mécanisme, il faut mentionner : l'action incon- 
sciente sur l'intestin, produite par les lombrics et par le t(Ti)ia ; le travail ovarique 
et utérin qui coïncide avec la puberté ; certaines dyspepsies de l'enfance, quelqnefob 
la névralgie intercostale, une fois les calculs bronchiques, ainsi que le docteur 
Charpignon en a rapporté un exemple (1) ; enfin les tubercules et les gliômes du 
ceneau, ainsi que certaines lésions cérébro-spinales, qui de lemi» à autre pro- 
voquent un trouble de la circulation capillaire amenant les attaques convulsives. 

J'ai vu phisieurs fois l'épilepsie déterminée par une simple /*/7i^Pt«r. Dans un cas, 
une petite fille effrayée dans une cave par la vue d'un homme tombe sans connais- 
sance, et le lendemain elle est en proie à des attaques convulsives d'épilepsie. 

Ailleurs, c'est un enfant qui assiste à une exhumation et qui, au bout de quel- 
ques jours, rêvant du cadavre, a des attaques d'épilepsie qui durent pendant plu- 
sieurs mois. Chez d'autres, ce sont, à la retraite de la première communion, des 
enfants qui, effrayés par le tableau de peines éternelles infligées au péché, tombent 
sans connaissance, et les jours suivants deviennent épileptiques. Ces faits sont 
extrêmement nombreux. 

Ce groupe constitue les causes réflexes et directes de l'épilepsie. 

Mais comment agissent ces causes ? D'après ce qu'on sait des troubles de la cir- 
culation capillaire locale, ces influences provoquent soit un état congestif de la 
moelle ou du cerveau par relâchement des capillaires, soit un état d'anémie par 
constriction de ces mêmes vaisseaux, c'est-à-dire par ischémie. 

Hyperhémie et ischémie passagères, telles sont les causes de l'épilepsie, du vertige 
et d'un grand nombre des maladies appelées névroses. Du siège de Th^perhémie ou 
de l'ischémie résulte le trouble ner\eux qui sera le spasme, la douleur, la vésanie, 
la paralysie ou la convulsion. Dans chaque organe, ou dans chaque partie d'organe, 
il peut se faire une de ces modifications de circulation générale, et alors du point 

(I) Charpignon, GuieUe des hôpitaux du 1*' juin 1876. 



ÉPILEPSIE ET VERTIGES ÉPlLEPTlQUES. 167 

hyperhémié ou anémié naissent des désoi*dres qui cessent avec le retour de i*état 
normal et qui durent autant que le trouble circulatoire lui-même. 

Un fait bien comiu permet de comprendre ce qui se passe à Tintérieur. Ou 
voit des femmes, habituellement pâles, et qui, à table, dès qu'il y a quelque chose 
dans Testomac, deviennent rouge écarlate; elles sont parfois si honteuses de 
manger que, chez des amis, elles n'osent rien prendre. Eh bien, celte l)ouffée de 
rougeur et de chaleur n*est autre qu'une paralysie ou laxité vaso-motrice |)assagère 
réflexe due à une action sympathique de reslomac. Pareil phénomène se montre 
sur le visage des enfants atteints de méningite, mais par une autre cause. Certaines 
personnes ont ainsi des pâleurs ou^des rougeurs subites du visage qui attestent 
l'existence de ces troubles locaux de la circulation capillaire. 

Il en est de même dans l'épilepsie. Pendant les attaques, on voit les malades 
ayant le visage pâle ou cyanose, exsangue ou offrant une congestion considérable, 
et cela atteste au dehors un trouble circulatoire qui existe peut-être au dedans dans 
les méninges ou dans la substance cérébrale. £n effet, si, à mon exemple, on veut 
bien étudier le fond de l'œil avec l'ophthalmoscope pendant les attaques, on trouve 
un resserrement ou une h}perhémie des veines et des artères de la rétine, qui est 
en rapport avec l'anémie ou l'hyperhémie extérieure du visage. 

Quand l'hyperhémie ou l'ischémie du cerveau et de la moelle épinière résulte 
d'une irritation périphérique, telle qu'une aura des orteils ou de l'intestin, l'épi- 
lepsie est réflexe. Mais, au contraire, quand ces troubles locaux de la circulation 
sont directs et causés par un noyau d'encéphalite clironique ou de sclérose ou par 
une tumeur cérébrale, alors l'épilepsie est symptomatique. 

Ainsi donc, épilepsie réflexe ou symptomatique, par ischémie ou par hyperhémie, 
voilà la cause anatomique du mal. Maintenant, si l'action part du cerveau, c'est 
une épilepsie cérébrale, tandis que si elle a pour origine un trouble de circulation 
de la moelle, c'est une épilepsie spinale. 

Le chat auquel le grand Barthez avait coupé le bout de la queue, et qui avait des 
attaques d'épilepsie quand on lui pinçait la cicatrice, avait une épilei>sie spinale, 
forme particulière que l'on fait bien de distinguer. 

Sous le rapport du pronostic, l'épilepsie et le vertige des enfants doivent être 
jugés tout autrement que Chez l'adulte. 

Jusqu'à quinze ans, la plupart des enfants épileptiques guérissent. Ce n'est que 
chez l'adulte que l'épilepsie est généralement incurable. Mon opinion a pour appui 
l'autorité d'Hippocrate, qui a dit : « L'épilepsie de l'enfonce guérit après la puber- 
té. » Je crois cet aphorisme profondément vrai, et je l'explique en disant que,' 
connue la plupart des épilepsies de l'enfance ont pour origine la seconde dentition, 
c'est-à-dire des dents d'homme dans une mâchoire d'enfant, du moment qu'à la 
pubeiié les dents ont pris aisément leur place, il n'y a plus d'action réflexe, et par 
conséquent plus d'épilepsie. 

Toutefois, si les épilepsies réflexes de l'enfance guérissent presque toujours, les 
épilepsies directes m'inspirent un pronostic tout différent. Celles qui dépendent de 
la sclérose ou d'une tumeur cérébrale ou d'une lésion quelconque du cerveau et 
de la moelle i)euvent s'améliorer, mais il est rare qu'on puisse en obtenir la 
guérison. Alors elles amènent l'hébétude, l'imbécillité, la démence et la folie. 

Je n'indiquerai pas ici tous les traitements qui ont été employés et que l'on 
emploie contre le vertige et contre les attaques d'épilepsie. Il me suffira de dire 
quelle est la méthode que j'emploie depuis vingt ans et avec laquelle j'ai guéri un 
grand nombre de malades. 

S'il y a une aura epileptica, il faut chercher à la détruire, pui«Q^')\ ^^ 



168 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

établi qu'en faisant disparaître cette névralgie périphérique on arrête les attaques 
d'épilepsie. Ainsi, dans deux cas de névralgie du filet sous-cutané antérieur d'un 
neif intercostal produisant la crise, j*ai appliqué au point de naissance de Tattaque 
un cautère profond détruisant le nerf et j'ai fait cesser Tépilepsie. La castration et 
Tablation d'une partie de membre, faite volontairement ou accidenteUement, ont 
produit les mêmes résultats. 

JA>rsque Tépilepsie dépend de Ja présence de lombrics ou d'un tœnia de Tinter 
tin, il faut donner : 

1® Dans le premier cas : 

Santonine pulvérisée 15 à 60 centigrammes. 

Sirop de miel • 30 grammes. 

Pour prendre à jeun. 

La quantité de santonine dépend de Tâge des enfants, et il laut prescrire aatant 
de fois 5 centigrammes qu'ils ont d'années. Ainsi 60 centigrammes à douze ans, 
35 centigrammes à sept ans, etc. 

Après six jours de santonine, on donnera, aussitôt après la dernière prise : 

Calomclas 20 à 50 centigrammes, selon l'âge. 

Sirop de groseilles 30 grammes. 

Prendre à jeun, une heure après la dernière dose de santonine. 

â« Dans le cas de taenia supposé ou démontré, on donnera : 

Kousso 5 à 10 grammes. 

Sirop de menthe 30 grammes. 

A prendre trois jours de suite le matin à jeun, et ensuite on prescrira 10 à 15 grammes 
d'huile de ricin, ou bien de Yexlrait élhéré de fougère mâle, 5 grammes. 

Dans certaines dyspepsies liées à l'apparition des crises convulsives et qui pour- 
raient bien en être la cause, il faut essayer de» guérir les souffrances de l'estomac par 
le régime végétal et lacté, par la pepsine et la diastase, enfui ])ar le bicarbonate de 
soude à petite dose et les eaux de Plombières ou de Fougues. 

Lorsque Tirrégularité de la seconde dentition est telle qu'on peut supposer que 
les dents sont trop à l'étroit dans les mâchoires ou que les dents permanentes ne 
|)euvent sortir li cause des dents de lait trop lentes à tomber, il faut faire enlever 
les dents qui gênent. Je l'ai fait pratiquer bien des fois avec avantage. 

Maintenant, en dehors du traitement rationnel des causes du vertige épileptique 
et de la véritable épilepsie, il faut prescrire les médicaments réputés antispasmo- 
diques et qui régularisent les mouvements de la circulation capillaire. Ces médi- 
caments sont ceux qui font cesser le spasme des ])etits vaisseaux, d'où résulte 
l'ischémie locale du cerveau ou de la moelle, ou qui font resserrer les capillaires 
d'une partie hyperhémiée par suite des paralysies vaso-motrices locales. Dans le 
nombre, il faut indiquer et choisir : la l)elladone, les fleurs de zinc, le bromure 
de potassium, l'éther, le chloroforme, etc. • 

La belladone se donne en poudre de feuilles et de racines, à doses progressive- 
ment croissantes, tous les jours pendant plusieurs mois. 

On commence par 5 centigrammes, pour passer à 10, 15, 20, 30 et 50 ou plus 
en deux ou plusieurs fois, selon la tolérance des malades. Tant qu'il ne se produit 
|)as de sécheresse de la gorge ni de dilatation des pupilles ou de rêves fantastiques 
étranges, on peut élever la dose; mais si l'on observe des phénomènes de ce genre, 
il faut suspendre l'emploi du médicament ou diminuer les doses d'emploi. 



ÉPILEPSIE ET VERTIGES ÉPILEPTIQUES. 169 

Les fleurs de zinc se donnent associées à la poudre de belladone dans du sirop 
de i)\\e\, à la dose de 1 à 3 grammes. 

Fleurs de zinc 30 grammes. 

Poudre de racine de belladone 2 — 

Mêlez el divisez en trente doses, une ou deux et trois doses par jour. , 

I/éther doit être prescrit en sirop, 60 grammes, ou sous forme de liqueur 
d*Hoiïmaiui, 3 ii 5 grammes. 

Depuis les publications de Bazin, c*est le bromure de potassium qui inspire le 
plus de confiance aux médecins. C'est justice. Tout ce qui a été proposé pour le 
remplacer, conmie le bromure de camphre, le valérianate de zinc ou d'ammo- 
niaque, le nitrite d'amyle, ne vaut rien. J*ai essayé tous ces médicaments nouveaux 
sans en retirer aucun bon résultat. 

Le bromure de potassium, si bien étudié dans ses effets physiologiques par 
Puche et par H nette, est le seul médicament qui ait une grande valeur dans les 
différentes formes et variétés du mal épileptique. 

Je le donne associé à la belladone, pour réunir les bons effets de ces deux médi- 
caments ; mais c'est sur le bromure de potassium qu'il faut le plus compter. 

Ma formule est la suivante : 

Sirop simple 2i0 grammes. 

Sirop de belladone 60 — 

Bromure de potassium 20 — 

Faire dissoudre. 

Chaque cuillerée repi'ésente 1 gramme, et on en donne deux, trois, quatre et 
jusqu'à six par jour ou davantage, selon les cas. 

I.es enfants, et ici je ne parle que de l'enfance, supportent mieux ce médica- 
ment que l'adulte. Il n'y produit jamais d'éruptions pustuleuses ou gangreneuses, 
ni d'ulcérations cutanées, ni même cette sidération - mortelle qu'on observe à un 
âge plus avancé et dont Champouillon a cité d'assez nombreux exemples. 

.le n'ai jamais vu depuis quinze ans, sur cent dix-huit malades que j'ai traités 
à l'hôpital ou en ville, un seul cas d'ulcération cutanée. Le seul exemple que j'îiîe 
obsené sur un enfant était un malade que les parents m'ont amené une fois, et 
dont le traitement avait été dirigé sans prudence par un autre médecin. Pour moi, 
je le répète, je n'ai jamais vu,' aux doses que je crois utile d'employer chez l'en^sint, 
ni éniption ni ulcération de la peau. 

Le seul phénomène que j'aie vu comme accident du bromure de potassium à la 
dose de six, huit et dix grammes par jour, assez longtemps prolongée, a été la 
stupeur et l'hébétude. Mais, eu diminuant la dose, les accidents ont disparu. 

Eh bien, aux doses progressives de trois et quatre grammes chez des enfants de 
cinq à neuf ans, et de quatre à dix grammes chez des enfants de dix à quatorze ans, 
on obtient la guérison de la plupart des cas d'épilepsie qui se présentent dans la 
pratique. Il est à peine besoin de dire qu'il ne s'agit que de l'épilepsie réflexe 
essentielle, et non de l'épilepsie de cause organique. Celle-ci peut être améliorée, 
on |)eut en éloigner les attaques, mais la maladie est incurable. 

\*éther se donne sous forme de sirop, trente grammes par jour, de capsules ou 
de liqueur d'Hoffmann, deux à trois grammes. 

Le chloroforme se prescrit dissous dans un peu d'alcool avec du sirop de sucre 
à la dose de un et deux grammes par jour. 

Reste enfin l'eau froide à l'extérieur, en douches fréquemment répétées. C'est 



170 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

riiydrothérapie. L'effet de cette médication est de rétablir, par la révulsion cata 
née, la régularité de la circulation capillaire extenie, et d*arrêter les trouMes inté- 
rieurs de la circulation locale qui amènent les attaques conyulsives. Ce peut être 
la médication unique de Tépilepsie, mais il vaut mieux en faire l'auxiliaire des médi- 
cations internes. C'est ainsi que je vous conseille de l'employer. 



CHAPITRE XXVIII 

APHASIE 

L'aphasie est un accident rare dans les maladies de l'enfance. Quand il se pré- 
sente chez les sujets idiots ou atteints de maladies cérébrales aiguës et chroniques, 
avec des accidents convulsifs et paralytiques, on n'y fait guère attention. Le phé- 
nomène, évidemment secondaire, se confond avec les autres symptômes de la 
maladie et l'ensemble absorbe le particulier. 

Quand, au contraire, l'aphasie est primitive, que son origine est obscure et qa'il 
n'existe avec elle aucune altération de l'intelligence ni du mouvement, le phéno- 
mène mérite une attention toute s^iéciale. C'est celui-l«î qui est rare et exceptionnel. 
J'en ai observé quelques exemples et je vais les exposer afin de les comparer aox 
faits analogues que j'ai trouvés, dans la presse étrangère. 

Il est inutile de parler ici de Vaphasie des idiots et des sourds-muets. Celle4à 
n'est pas à discuter. Je ne parlerai pas davantage de Vaphasie des névroses^ trfles 
que l'éclampsie simple ou l'éclampsie vermineuse, la chorée, états morbides, où 
l'ataxie musculaire linguale est parfois telle que l'articulation des mots est embar- 
rassée ou impossible. Ces différentes espèces d'aphasie sont bien connues et ne 
constituent pas des éléments pathologiques particuliers. 

L'aphasie la plus intéressante à étudier est celle qui est primitive et qui débute 
sans être accompagnée de symptômes cérébraux graves, ou bien celle qui accom- 
pagne la convalescence des maladies aiguifs, {)rinci|)alement la fièvre typhoïde. 
Les autres ne sont plus qu'un symptôme particulier des maladies aiguës ou chro- 
niques du cerveau. 

1** Aphasie primitive de cause inconnue. — Cellc»-ci débute subitement oo 
par degrés, chez des enfants sains, dont l'intelligence reste entière et qui n'ont pas 
de paralysie des sens ou du mouvement. 

En voici quatre exemples chez des enfants âgés de vingt-cinq mois, de trois, 
de six et de neuf ans. Dans tous ces faits, l'enfant a guéri au bout de quelques 
jours. 

Observation I. — Aphasie primitive, — Gustave G..., âgé de vingt-cinq mois, a eu, 
il y a huit jours, une aphasie complète sans perte de connaissance ni paralysie. 
11 pouvait se mouvoir comme d'habitude, remuer la langue, boire et manger sans 
difficulté. Jamais de maladie antérieure. 

L'aphasie a duré quarante-huit heures. L'enfant poussait des sons, mais ne pouvait 
articuler. Depuis lors, il marche difficilement, peut se tenir, mais n'avance pas. Rien 
au cœur. Il mange et digère bien. 

Au bout de quinze jours, tout avait disparu. 

Observation H. — Aphasie primitive chez un enfant. — En 1866, un garçon de 
six ans, ayant Tair intelligent, parlant très-bien, très-gai et n'ayant aucune indisposi- 
tion, fut peu à peu affecté d'aphasie. 

11 y avait trois mois que cela durait, quand on me Ta présenté, et Tenfiant ne pouvait 



APHASIE. 1/1 

plus dire un seul mot. 11 tire la langue, agit, entend et marche avec facilité. Rien au 
cœur. Son faciès est excellent et, à part cet accident, il n'est pas malade. Présenté à 
la Clinique pour sujet de ma leçon, il a été remmené par sa mère et je l'ai perdu 
de .vue. 

Observation III. — Aphasie intermittente ; gtiérisan, — La nommée C..., âgée de 
neuf ans, entre le 22 février 1875, salle Sainte-Catherine, n^ 7. Cette enfant, assez bien 
constituée, a eu la rougeole à l'âge de trois ans et la scarlatine â sept ans. Elle n'a 
pas présenté d'accidents convulsifs pendant ces deux maladies. A deux ans et demi, 
elle ne parlait pas encore. Les premiers accidents convulsifs se sont montrés chez 
elle à l'âge de huit mois, à l'époque de la première dentition. Elle présentait tantôt 
d'un côté, tantôt de Tautre, une paralysie complète du bras et de la'jambe, les yeux 
tournés du côté paralysé. Chaque attaque durait une demi-heure au moins et cédait 
à l'emploi d'un vomitif ou d'un sinapisme. Cette série d'attaques dura un an, et elle ne 
put marcher que très-tard. Ensuite, depuis la fin de la deuxième année jusqu'à ces 
derniers temps, elle paraît s'être bien portée. 

Mais, sept ans plus tard, il y a quatre mois, de nouveaux accidents se sont tout à 
coup manifestés pendant le diner. L'enfant a perdu subitement le mouvement 
dans le bras et la jambe gauches, sans qu'il y ait perte de connaissance. 
La parole était conservée. Cette attaque dura une heure. Au bout de ce temps, le 
mouvement revint. \je lendemain, répétition des mêmes accidents, et ainsi les jours 
suivants, pondant quinze jours. Au bout d'un mois, l'enfant jouait et perdit tout à coup 
l'usage de la parole sans qu'il y ait perte de connaissance ni paralysie des membres ; 
cela dura une heure. Le lendemain et les jours suivant^ on remarquait la même 
chose, mais l'enfant restait plus longtemps, trois ou quatre heures, sans pouvoir pro- 
férer une parole. C'est ainsi qu'elle est arrivée â l'hôpital. 

L'enfant se plaint de maux de tête siégeant à« fa région frontale et revenant par 
moments, principalementle matin. Ellen'apasde strabisme. Durant les accès d'aphasie, 
elle peut tirer la langue hors de la bouche. Le voile du palais conserve ses mouve- 
ments, mais l'enfant ne peut boire ; elle rejette immédiatement le liquide, qui provoque 
de la toux. 

L'enfant n'a jamais eu de taches syphilitiques sur le corps. Le père a eu dans son 
enfance des accidents convulsifs, qui déterminaient la perte de connaissance, mais 
sans écume à la bouche. Ces accidents ont disparu avec l'âge. 

Otte enfant, pour terminer, n*est pas intelligente. Elle sait â peine lire et ne sait 
pas écrire. Elle a bon caractère, est tranquille et joue un peu avec ses petites 
voisines. 

Elle mange bien, ne vomit pas, n'a pas de diarrhée, de constipation. Le pouls est 
régulier, 100 pulsations à la minute, et il n'y a rien au cœur. La sensibilité et les 
mouvements réflexes sont parfaitement conservés. 

On ne trouve rien à l'ophthalmoscope. 

Je prescris un vésicatoire à la nuque, et au bout de huit jours l'aphasie cesse com- 
plètement. L'enfant est sortie guérie. 

Observation IV. — Aphasie primitive. — Emile C..., âgé de trois ans, amené au 
mois de juin 1866, n'a jamais été malade et n'a jamais eu de convulsions. 11 y a dix 
jours, sans perte de connaissance ni aucun phénomène morbide, la parole, assez nette, 
s'est embarrassée et a cessé de pouvoir se produire. I^s mouvements de la lang^ue et 
des membres sont faciles et naturels. 

L'enfant n'est pas de mauvaise humeur et semble un peu agacé ; son extérieur est 
celui de la santé. 

L'œil droit ofl're de l'hyperhémie, qui voile le contour de la papille et recouvre cette 
partie. 

A gauche, rien d'anormal. 

Au bout de huit jours, sous Finfluence de frictions de pommade à la vératrine der- 
rière les oreilles, tous les accidents avaient disparu. 

2* Aphasie dafis la convalescence des maladies aiguës et surtout de la fièvre 
typhoïde, — Albrccht Clanis a cité douze cas de ce genre dans la fièvre typhcMA. 



172 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

Dix ont été observés sur des garçons de trois à treize ans. Quatre ont été pris dan 
la convalescence, un à la quatrième septaine, deux dans la troisième, un daai h 
seconde, un à la première, et les autres à une époque indéterminée. Ton» sot 
morts, et, dans deux cas d'autopsie, une fois on n'a rien trouvé, et dans ranllCp ^ 
qui avait été compliqué d'hémiplégie, on supposa une embolie cérébrale due ^ l'étU . j 
valvulaire du cœur; mais on n'a rien trouvé qui justifiât cette hypothèse. • A 

En voici un exemple, que j'ai observé dans la fièvre typhoïde : j 

Observation V. — Aphasie chez un enfant convalescent de fièvre typhcUde. — Iji j 
1876, un garçon de six ans, W..., fils d'un confrère de l'année, était conval«8Mgl' i 
d'une fièvre typhoïde assez grave ayant duré un mois; il mangeait bien et commeafiai^ *' 



à se lever, lorsque Ton s'aperçut qu'il parlait un peu plus lentement. Deux JQVt, i 
après, le matin, peu après son repas, il cessa de pouvoir parler tout à fait. Geh|(^ 
mit en colère, et il pleura et s'agita dans une petite crise nerveuse, caractérisée ffpjt 
des crispations dans les mains et les pieds. 11 n'y eut pas de perte de eonoaîflat''^ ' 
et bien que l'articulation des mots fût impossible, les mouvements de la iangoe 
tèrent faciles et naturels. A ce moment, il y eut un peu de dysphagie et les boiaMKi 
revinrent une ou deux fois par les narines. Au bout de quelques heures, 
mots seulement, peu compréhensibles, purent être articulés très-lentement. j. 

C'est alors que je le vis, appelé par son père le docteur W.... 

Je le trouvai pâle, anémique, sans bruit de souffle au cœur. Il était assis daasipp >< 
lit, à jouer. Sa figure était jntelligente, mais il y avait parfois un peu de siraUlMk'* i 
convergent et trouble de coordination des yeux sans diplopie ni amaurose. U tinlljljh ;) 



Ulh 



langue droite et la remuait en tous sens, mais ne pouvait parler, sauf an oa 
mots très-péniblement articulés. La dysphagie avait disparu. I^es mouvemepls ém-'-^i 
membres étaient faciles, et j'ai pu le faire marcher trois bu quatre pas coww Ht ^ 
convalescent encore très-faible. .,i[, *i 

Ija sensibilité cutanée était très-obtuse, presque abolie, mais les mouvements fél^^^ 
à la plante des pieds étaient, en revanche, très-évidents. 

On ne constata aucun trouble des organes des sens, nulle altération des brvili 
piratoires, mais au cœur un peu de ralentissement, 76 battements, avec des illti 
tences qui se retrouvaient dans le pouls. Ces intermittences avaient été 
dans le cours de la fièvre typhoïde. 

Peu de temps après ma visite, l'enfant recommença à articuler distindenieat 
ques mots; dans la soirée, la parole revint peu à peu, quoique lente, inr l'jirliMjl 
balbutiée. L'enfant dtna avec un appétit dévorant, et s'endormit bientôt après 
sommeil profond, qui dura presque sans interruption toute la nuit. Le lendeaalll» Is ' 
petit malade parlait assez bien, en scandant pour ainsi dire toutes les syllalMi^Sl 61 
prononçant souvent un son pour un autre. 

Vers dix heures du matin, il parlait, quand, au milieu d'une phrase» la 
lui manqua tout à coup ; je vis sa flgure pâlir, ses yeux diverger, la 
labiale droite se contracter convulsivement, et la langue faire des efforts t 
pour articuler quelques sons indistincts. 

Son père le prit dans ses bras et lui recommanda de se tenir tranquille. H i 
cette position pendant une demi-heure ; au bout de ce temps, la parole revînt c 
auparavant. 

La journée se passa bien, mais le malade était évidemment sous rempire 
grande surexcitation nerveuse, ne voulant pas rester autrement qu'assis dans son Kti 
et faisant de continuels efforts pour parler. 

Vers cinq heures du soir, il eut comme une crise de nerfs, avec violente 
de colère, de cris et de sanglots. Une demi-heure après son dîner, nouvelle 
pareille à celle du matin, avec pâleur mortelle, strabisme, convulsions da coin 4e* la 
bouche et mutisme complet. La durée de cette attaque ne fut que d'enTÎron cinf 
minutes ; au bout de ce temps, l'enfant se remit à parler et à manger avec le mêsM 
appétit glouton; il s'endonnit peu de temps après d'un sommeil profond, qpk dira 
toute la nuit. La journée de dimanche se passa bien; aucune attaque ne reparut et 



APHASIE. 173 

l'enfant était moins irritable. On profita de cette journée pour le nourrir autant que 
possible, en maintenant le plus grand calme autour de lui. La parole était redevenue 
presque naturelle. La nuit suivante fut excellente, le sommeil ininterrompu. 

Aujourd'hui, huitième jour après ces accidents d'aphasie, l'enfant est gai, chante, 
rit et parle à peu près naturellement, sauf un peu de bégaiement par moments. 
Il semble reprendre des forces presque à vue d'œil et veut se lever. Son caractère 
est cependant encore d'une irritabilité extrême, et il faut prendre les plus grandes 
précautions pour ne pas provoquer de crise nerveuse. 

Depuis hier, la sensibilité de la peau des extrémités est complètement revenue et 
peu à peu s'esl faite la consolidation définitive de sa convalescence. 

En dehors de la fièvre typhoïde, d'après Albrecht Clarus, on a rencontré deux 
fois Taphasie dans la rougeole, une fois dans la variole et une fois dans la scar- 
latine. 

Pour la rougeole, la petite QUe, âgée de huit ans, tomba tout à coup dans le 
coma pendant la période d'éruption et resta en cet état pendant trois jours, puis 
elle resta aphasique et guérit. Peut-être y a-t-il eu, dans ce cas, une endocardite 
végétante, habituelle dans la rougeole, et qui aura produit une très-petite embolie 
artérielle, assez peu considérable pour permettre à l'aphasie de guérir rapidement. 

Dans le second cas, c'était un garçon. A la fin de la rougeole, il fut pris de con- 
vulsions et de coma, il était aveugle, sourd et aphasique; l'ouïe revint, mais il 
resta aveugle, devint hémiplégique et moiurut ainsi. Il est probable que cette 
aphasie dépendait d'une thrombose des sinus de la dure-mère, fait auatomique 
constant dans les convulsions terminales des maladies aiguës. 

Dans la variole, on a vu un enfant de neuf ans qui fut pris d'aphasie temporaire 
au moment de la période de dessiccation, et l'accident se dissipa au bout de quel- 
.ques jours. Ici encore, il doit y avoir eu une très-petite embolie, comme dans im 
des cas précédents. 

Dans la scarlatine, c'était un garçon hydropique à la sixième semaine de la ma- 
ladie. Il fut pris alors de couvulsions, de coma et d'hémiplégie droite. L'hémiplégie 
disparut, mais l'aphasie resta. C'était là un effet d'oedème cérébral dû à l'hydro- 
pisie générale; ce que Ton qualifie à présent d'encéphalopathie urémique. 

S^ Aphasie dans les maladies cérébrales aiguës et chroniques, —Les maladies 
aiguës du cerveau chez les enfants déterminent parfois de l'aphasie, absolument 
conmie chez l'adulte. J'en ai vu plusieurs cas dans la méningo*encéphalite chro- 
nique. Clarus en cite trois exemples qui étaient dus à des affections traumatiques 
du ceneau ; un cas par abcès du lobe antérieur gauche, quatre cas par tubercules 
du cerveau placés en divers points de la substance nerveuse ; six cas, à la suite 
d'hydatides de l'encéphale, et, dans cinq de ces cas, la tumeur n'existait pas dans 
l'hémisphère gauche du ceneau. Ce fait est digne de remarque, puisque l'on sait 
que certains pathologistes prétendent localiser d'une façon absolue la faculté du 
langage dans la partie antérieure de cet hémisphère. Ces exceptions viennent grossir 
le nombre de celles qui existent déjà dans la science et qui sont connues de tous 
ceux qui n'ont pas de parti systématique dans cette question. 

Clarus indique aussi cinq cas d'aphasie par embolie cérébrale avec affection val- 
vulaire du cœur. Trois furent compliqués d'hémiplégie droite et se terminèrent 
par la mort ; et dans un autre, où il n'y eut pas d'hémiplégie, la parole revint au 
bout de vingt-quatre heures. 

Voici un cas semblable pubUé par Thomas Barlow : 

Observation VI. — Aphasie chez un enfant atteint d'embolie cérébrale. — Un 
garçon de dix ans, atteint d'insufDsance, eut un jour une attaque d'hémiplégie dt^vV^ 



174 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

avec légère aphasie dont il guérit rapidement. Puis, quatre mois après, il eut une 
hénuplégie gauche avec aphasie complète et dysphagie extrême. U comprenait, écrivait 
ses réponses, mais ne pouvait articuler. 

A sa mort, produite par Taffection cardiaque, on découvrit une embolie des deux 
artères cérébrales moyennes, et des foyers symétriques limités de ramollissement 
sans œdème dans les circonvolutions frontales inférieures et moyennes. Avec rhémi- 
plégie droite due aux foyers de ramollissement de Thémisphère gauche il n'y eut 
pas d'aphasie ; mais avec l'hémiplégie gauche par lésion de l'hémisphère droit It 
parole fut abolie (1). 

Dans tous ces cas d'aphasie chez les enfants, on voit que c'est bien la faculté da 
langage qui a été atteinte. La langue n'a pas été paralysée ; les enfants pouvaient 
remuer cet organe sans |)ouvoir prononcer un mot. Dans les cas où Tintelligence 
était consenée sans hémiplégie, il est évident que c'est une partie circonscrite de 
Tencéphale qui était légèrement atteinte. Dans les autres, où l'on a constaté one 
hémiplégie, il est à peu près certain qu'il y avait une désorganisation de la sub- 
stance ner\'euse. 

Ces faits Obscurcissent plutôt qu'ils n'éclairent l'histoire de l'aphasie. Us ne 
permettent pas d'en indiquer la cause avec précision et n'ont qu'un intérêt cli- 
nique. En effet, jusqu'à ce jour, les cas de ce genre cliez les enfants n'ont pas été 
recueillis avec tout le soin désirable. 

Quoi qu'il en soit, d'après ces recherches, on voit que l'aphasie chez les enfants 
peut exister sans lésion cérébrale visible ii l'œil nu, car plusieurs autopsies n'ont 
rien fait découvrir dans le cerveau. (Voir les deuxobsen allons de Ciarus.)D'aiileiu^ 
il parait évident que la lésion cérébrale, cause de ral)olition de la parole, peut 
n'être pas très-considérable et être fugitive, puisqu'il y a des aphasies temporaires 
de quelques heures ou de quelques jours. C'est ce qu'on |)eut voir dans les obser- 
vations I, lïl et IV, ainsi que dans deux obsenations de Clarus. 

Un fait important résulte aussi des faits qui pivcèdent, c'est que l'aphasie existe 
souvent avec l'hémiplégie, et que cette hémiph'^gio a été olwervée du côté gauche du 
corps, fait contraire h la loi de localisation du langage dans la partie antérieure 
gauche de l'encéphale. 

Ainsi, on i>eut admettre : — une aphasie primitive de convalescence ou de 
névroses dont la cause est inconnue, temporaire et \yQii considérable ; — - une aphasie 
secondaire symptomatique d'embolies cérébrales capillaires ou d'embolies des 
artères sylviennes amenant le ramollissement ; de contusion du cer>'eau, de tumeurs 
tuberculeuses ou hydatiques de l'encéphale, de méningite chronique ou de 
niéningo-encéphalite . 

Toute la difficuhé g^t dans le diagnostic de la cause qui produit la perte de U 
parole ; mais si, avec l'aphasie, il n'y a point de trouble de Tintelligence et de II 
sensibilité générale ou spéciale, ni d'hémiplégie, il est pmbable que la perte de la 
parole ne dépend que d'un trouble passager de la substance nencuse, plutôt que 
d'une désorganisation de cette substance. Dai^. ^e cas où l'aphasie s'accompagne 
d'hémiplégie, il y a évidennnent lésion dans l'hémisphère cérébral opposé à la 
paralysie. 

Resterait maintenant à établir le siégr; de la lésion dans h^s cas où Tapbasie est 
symptomatique d'une lésion cérébrale. D'après Gesmer, Schenkins, Dax, Broca et 
Bonil]aud(2), la lésion existe dans les lobes antérieurs du cerveau. Dax en place le 

(I) Thomas Barlow, The British tnedical journal, 1870. 

(i) Bouillaud, Hech. clin, propres à démontrer que la perte de la parole corretpand à h 
liston des lobules antérieurs du cerveau (Arch. gén.de méd., 18â5, !'• série, tome VllI, p. 25). 



MENINGITE TUBERCULEUSE. 175 

siège dans Thémisphère gauche à la partie antérieure et externe du lobe moyen, 
et plus tard Broca, dans la troisième circonvolution cérébrale antérieure gauche. 

Opendant, il y a de nombreuses exceptions à cette loi. Velpeau, Trousseau, en 
ont observé plusieurs. xVug. Voisin (1) en a citéd*autrcs. On en doit une à Gallard, de 
sorte qu'aujourd'hui, malgré les affirmations contraires, il est difficile d'accepter 
comme incontestable la localisation de la faculté du langage dans la troisième cir- 
convolution cérébrale antérieiu^e gauche. Ce n'est encore là qu'une hypothèse, et 
l'on s'est un peu trop hâté de conclure d'après des faits dont le nombre est insuf- 
fisant. 

Ce qu'il y a de certain d'après les observations que je viens de rapporter, c'est 
que l'aphasie peut exister sans lésion permanente et n'être qu'une névrose passa- 
gère, dont la cause nous est inconnue. 

Lorsque l'aphasie existe sans hémiplégie et qu'il y a lieu de supposer qu'il n'y a 
qu'un trouble passager de la circulation cérébrale, il faut un traitement immédiat 
qui n'a plus sa raison d'être dans les aphasies accompagnées d'hémiplégie. Alors, il 
faut appliquer un petit vésicatoire à la nuque ou derrière les oreilles; faire des 
frictions sur les tempes avec la pommade de vératrine, 3 grammes pour 30 gram- 
mes d'axonge, et tous les trois jours purger les enfants avec une dose de calomel 
variable, selon l'âge des sujets. 



CHAPITRE XXIX 

MÉNINGITE 

On donne le nom de méningite à l'inflammation des membranes qui enveloppent 
le cerceau et le séparent de la dure-mère et du crâne. 

Cette maladie occupe à la fois la pie-mère, l'arachnoïde et la substance corticale 
ducer\eau.Elle a été fort souvent confondue avec certaines maladies de l'encéphale. 
On la décrivait jadis sous les noms de phrénésiCy de phrenitis^ de fièvre céré- 
brale, d* hydrocéphalie, d*arachnitis, de pie-mérilCy termes trop vagues ou trop 
précis n la fois, qui ont été abandonnés par le plus grand nombre des médecins. 

Quant n la pachyméningite ou Inflammation de la dure-mère, elle sera décrite 
un peu plus loin. 

La phlegmasie est rarement bornée aux membranes du cerveau. EUe est souvent 
acrom|)agnéo par l'encéphalite, par des productions accidentelles, qui sont ordinal- 
lement de nature tuberculeuse, et par un épanchemcnt séreux ventriculaire consi- 
dérable ou hydrocéphalie aiguë. Ces complications n'offrent qu'un intérêt secon- 
daire et, tout en produisant des symptômes graves par eUes-mèmes, elles ne méritent 
pas qu'on les place en première ligne dans la description de la méningite. 

La méningite a longtemps été considérée conune une maladie franchement in 
flammatoire, dont la nature était ton jours identique. Ses caractères anatomiques ont 
été décrits par un grand nombre d'auteurs avec une constante uniformité. Quel- 

— Exposition de nouveaux faits (Bull, de IWcad. de méd., Paris, 1839-1840, tome IV, p. 282). 

— Recherches cliniques propres à démontrer que le sens du langage articulé et le princijye 
coordinateur dejt mouvements de la parole résident dans les lobules antérieurs du cerveau (Ibid. , 
Paris, liU7-18i8, tome XIII, p. 699 et 778). — Discours sur la localisation du langage arti- 
cttlé {Ibid., Paris, I8di-1865, tome XXX, p. 575, 604, 724;. 

(1) Aug. Voisin, Localisation de la parole (Bull, de l'Acad. de méd., 30 mai 1865, tome XXX, 
p. 804). 



176 rATHOLOGIË SPÉCIALE DE LA i-nEMIÈRB ENFANCE. 

ques-uns seulemeut, ayant été frappés de l'abondaDCËderépancbemeiit sérciu teu- 
triculairc, TixiTeat leur aUeutiou sur ce pfaéuBmèiie, pendant longicrnps cnnsidéri 
cotnme le phénonièoe principal de la maladie, et ils le désignèreni en conséquence 
80US le nom d'hydrocéphalie aiguli. Ce fut un tort, car, dans ce c^s. (|uuique la 
altérations des méninges soient peu considérables, elles n'en sont pas iniiîns hifo 
caractérisées. Ce sont là de véritables méningites, et l'hydropisie n'est plus qu'a» 
accident secondaire. 

Plus tard, au nionient où l'anatomie pathologique devint l'olijel d'une étude 
très-minulicusc, on découvrit, dans la méningite, plusieurs caracu-rcs ini)>orlaiiiii 
qui devaient modifier les croyances des médecins au sujet de sa nature intinie. Déjà 
Willis avait déclaré que les accidents cérébraux étaient aussi facilement ocrasionnét 
par la phlegmasie et par la suppuration des méninges que par les nmlosiiés et pir 
les tuberculesqu'dlei renfermaient: «Nec minus a pltleguioiu etaliscessu, quata 
hujttimûdi meningUis et {ufiercuJts noanunquam cephalalgiœ lelliales et incu- 
rabiles onuntur. • Bichat (1), parlant des maladies du tissu séi-<-u\, atail dit : 
■ Que le tissu séreux appartienne au cerveau |)ar l'arachnoide, au poiuimn parla 
plèvre, au cœur par le péricarde, aux viscèn>s gastriques par le |>éi-îtoîue. etc., 
c^ est indiOérent. Partout il s'enflamme de la même manière; paitout les h>dre- 
pisies arrivent uiiiforménient, etc. ; partout il est sujet i une espc-ce d'éruptioa Ac 
petits tubercules blandiâtres, comme miliaircs, dont on n'a pas, je crois, partt, et 
qui cependant mérilc une grande considération. " Ces observaiions avaient tH 
oubliées; Guersant, frappé de la coïncidence remarquable q^ii rvisiaii entre In 
accidents ordinaires de la méningite et la présence de gramilaliinis dans les 
ménii^es, de tubercules dans les ganglions bronchiques et dans les poumons, 
r^ardait ces enfants comme des phthisiques qui mourraient par le cer\«au. Mais 
il n'avait aucune idée de la nature de ces granulations, et il n'osait pas le^ eoo»- 
dérer comme de véritables tubercules. D'autres, plus enlrei^eiuiils, se liissèreat 
entraîner par l'analogie et allirnièrcnt que ces granulations élaii-iil de térîlaUn 
tubercules miliaires, semblables aux petits tubercules de la piètre et du périloiiK. 
Dancc, Rufz, Gerhard, Constant, Piet (2), Valleix, Alfred Bcc<|uerel (3j, Bar- 
riet, Rillier et Barthcz, adoptèrent cette opinion, qui est la bonne. Eu pffet, l'iu»- 
lyse nùcroscopiquc démontre d'une manière incontestable que vfs productioos 
morbides des séreuses, et surtout de la pie-mère, sont composées de imjaux de 
tissu coiijoiictif et fihro-pl astique, qui, plus tard, se changent en luatièi-e tubercu- 
leuse jaune cru. 

11 y a doue au moins deux espèces de méningites : — l'une, aucienneawBta 
dont les caractères anatomiques se rapprochent de ceux de la [ddegmane b 
des séreuses, et qui se traduit par l'injection sanguine avec infiltratioD a 
purulente de l'arachnoïde et de la pic-mère ; — l'autre, de découverte pins r 
qui présente, avec ces caractères, tui plus ou moins grand nombre de petites gj 
latitms blanchâtres, placées dans la pie-mère le long des vaisseaux. — Ces d 
espèces de méningites portent le nom: l'une, deméttiiigitegrantUeuae;etniÊn, 
au contraire, celui de méningite simple. Sur 272 autopsies de méniiq^, J**i^^ 
trouvé ÎH qui étaient granuleuM-s, et les t8 autres étaient sans granafaidaM; 
paimi ces dernières, il y en avait !fl cliei les enfants atteints de tubefcaloK pri- 
roonaire ou osseuse et de ttmieurs blanches. 

(1) Bicliat, Anatomie génériUe, nouvelle édil. par BéclartI cl Btandin. Parit, 1831. Ctm^ 
dérolioni préliminaira. 
li\ Piet. Ihèie, lli3G, n- 330. 

Tel, llecherchet clinique* lar la méningile det etifanU. Paris, 1S38. 



MÉNINGITE TUBERCULEUSE. 177 

J'ajouterai à ces deux variétés principales la méningite rhumatismale qui 
éclate dans le cours du rhumatisme articulaire aigu et que Ton considère quelque- 
fois comme un métastase rhumatismale sur le cerveau, puis la méningite typhoïde 
qui accompagne toutes les fièvres typhoïdes, ataxiques et adynamiques graves. 
On en trouvera des spécimens dans mon Atlas d'Ophthalmoscopie médicale et de 
Cérébroscopxe, 



g I. — Méningite tuberctdeuBe. 

Causes. — Les causes de la méningite tuberculeuse ou granuleuse sont pré- 
disposantes et occasionnelles. Il y a toujours une cause prédisposante constitu- 
tionnelle, diathésique, qui prépare, et l'autre, accidentdfey qui produit. En 
d'autres termes, la méningite granuleuse n'est pas une affection accidentelle, 
locale; c'est une affection de l'économie tout entière, qui frappe sur les membranes 
du cerveau. 

La constitution des enfants atteints de méningite granuleuse est donc la chose 
principale qu'il soit nécessaire de considérer. La plupart offrent une disposition tu- 
berculeuse plus ou moins marquée. Procréés par des parents scrofuleux ou tuber- 
culeux, ils ont des tubercules dans les glandes cervicales ou dans les ganglions 
bronchiques, dans les i)oumons et dans l'intérieur de quelque viscère. Tous les 
enfants qui sont atteints de méningite granuleuse sont plus ou moins tuberculeux, 
et il est très-rare de rencontrer d'exception à cette règle générale. C'est un résultat 
depuis longtemps admis dans la science et adopté par tous les auteurs qui ont 
étudié les maladies des enfants. Il présente beaucoup d'intérêt, car il explique 
pourquoi la méningite granuleuse paraît être quelquefois héréditaire, comme la 
dis|)osition strumeuse générale qui en est Torigine. Il y a certaines familles dans 
lesquelles on ne peut élefer d'enfants ; ils succombent presque tous à la méningite 
tuberculeuse ou aux tubercules du cerveau. Si l'on remonte aux antécédents, on 
découvre que plusieurs frères ou sœurs du père ou de la mère de l'enfant ont suc- 
combé à la même affection, et peut-être que ceux-ci sont tuberculeux à un degré 
plus ou moins avancé. 

Je n'ai |)as la prétention de soutenir que cette disposition générale suffise au 
développement de la méningite granuleuse. Il faut, avec elle, le concours de cir- 
constances capables de déterminer la congestion ou les jetées inflammatoires sur 
les membranes encéphahques. Alors les causes qui eussent été sans résultat chez 
un (mfant sain et vigoureux deviennent, dans cette circonstance, la source des 
accidents cérébraux les plus graves : ce sont les causes occasionnelles. 

En effet, on rencontre souvent des enfants qui présentent, avec un ppareil 
fébrile marqué, des symptômes non équivoques de congestion cérébrale, caracté- 
risés par la mauvaise humeur, les cris, l'agitation, la congestion et la chaleur de la 
face et du cuir chevelu. On attend, prêt à saish* de nouvelles indications plus 
caractéristiques de la fièvre cérébrale, puis les accidents se dissipent, et l'on est 
dans l'impossibilité de donner un nom aux phénomènes que l'on a observés. C'est 
la pseudo-méningite (1). Cependant sait-on quelle sera la conséquence de cette 
fluxion encéphalique? Qui peut dire qu'elle ne sera point la cause du développe- 
ment de quelques granulations fibro-plastiques, an même titre que chez les autres 
enfants tuberculeux la congestion pulmonaire ou pleurale devient la source des gra- 

(1) Voir ce chapitre. 

BOUCHOT. — NOUV.-NÉS. — 7* ÉDIT . \% 



178 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

nulaliolis du poumon ou de la plèvre ? Gc^pondant c'est là tout ce qu'il y a d*into- 
ressaut dans l'étiologie de la méningite granuleuse*. 

Il est fort probable, sinon certain, qu(; la méningite et la pneumonie granuleuses 
OBt une marche semblable. Les granulations s(* forment à la suite des congestions 
répétées des méninges ou du poumon, (telles sont toutes formées lorsque paraissent 
les accidents aigus qui terminent la vie des malades. En effet, on trouve, dans les 
antécédents des sujets qui succombent à la méningite granuleuse, des troubles cé- 
rébraux passagers, semblables à ceux dont il vient d'être fait mention, conimechn 
les enfants qui succombent à la pneumonie granuleuse on a pu constater la dispo- 
sition au catarrhe bronchique. Enfin, l(»s autopsies ont |)ermis de constater la pré- 
sence des granulations méningées chez des enfants qui, emportés par une autre 
affection, n'avaient pas succombé à la lésion du cerveau, analogie nouvelle avec ks 
granulations du poumon, qu'on obs(Tve si souvent chez les enfants emportés par 
une maladie étrangère aux organes thoraciques. Les granulations sont infiniment 
plus rares dans la pie-mère que dans le poumon. Leur action définitive est la 
même ; elles agissent coumie des corps étrangers, et provoquent enfm la pU^masie 
des tissus qui les renferment. 

Ainsi donc, il est certain : 1° que la méningitt^ granuleuse se développe surtout 
chez les enfants qui sont déjà en proie à la c^chexi(î tuberculeuse ; 2* qu'il s'est 
opéré dans ce cas un travail phlegmasique latent dans les méninges, travail susre(>- 
tible de déterminer la formation des granulations ; 3° enfm, qu'une phlegmasit: 
aiguë occasionnée par ces granulations, ou par um autre cause de nulle valenr 
sans leur présence, vient s'ajouter aux altérations établies et mettre un terme i la 
vie du petit malade. 

G)mme on le voit d'après c(» qui précède, les diverses circonstances relatives à 
rûge et au sexe des enfants, ainsi (|ue celles qui se rattachent aux influences de h 
tcmjM'rature et de c|nelques caustîs plus spéciales, sont d'un intérêt secondaire. On 
se méprendrai! sur leur valeur, si l'on croyait (|u'elles pussent avoir quelque in- 
fluence sur ]{) (léveloppeniciU de la méningite granuleuse, sans l'existc^uce iVtiw 
disposition strumeuse antérieinc. dette condition est de la plus haute inqH)rlann\ 
comme on le verra dans la suite de cette étudr étiologiqne. 

[Ifh'édité. — La niéniiij];ite ij;rafinleuse est héréditaire comme toutes les a/Tet- 
lions de nature tuberculeuse. S<MiIement il y a UFie distinction à établir. On voit 
des parents atteints de phthisie pulmonaire tuhtTcnleuse don! I(;s enfants succom- 
bent à la suite d'aiïections réréhralrs (!<• cette nature. .Pai doimé dos soins à une 
petite fille âgée de quatre aiis, issue de pareiUs tuberculeux, et (jui fut emportée 
par une méningite granuleuse, autant que j'en pus juger par la durée des prodro- 
mes, car rauto|)sie ne fut pas faite. Quehpies années plus tard, dans la mênne 
famille, je fus mandé pour un autre enfant âgé de trois ans, qui m'a offert un 
nouvel exemple de la même maladie. 

On trouve aussi, et le fait est beaucouj) plus «extraordinaire, des enfants atteliiU: 
de méningite granuleuse, dont les ascendaïUs directs ou collatéraux ont succombé 
à des affections cérébrales dévelopi)ées sous l'iniluence de la diathèse tuberculeuse. 

Age. — 1^ prédisposition apjwrtée par l'àcje au développement de la ménim^te 
granuleuse ne saurait être appréciée d'une manière convenable que par les obser- 
vations faites par une même personne sur un grand nombre de sujets à toutes l« 
périodes de l'enfance. Sans cela, toute statistique devient iimlile. Aussi sommes- 
nous obligé de ne pas tenir compte dv celles que renferment la plupart des traité^ 
spéciaux publiés sur les maladies des enfants. Elles sont toutes faites d'après di*> 
observations recueillies siu* des sujets arrivés dans leur seconde année, et ne coni- 



MÉNINGITE TUBSBCULBUSE. 179 

prennent pas les enfants du premier âge. Nul donte que cette lacune ne soit de 
nature à en modiQcr les résultats, car les enfants à la mamelle, comme ceux qui 
sont plus âgés, peuvent être afTectés par la méningite granuleuse. 

Jusqu'ici on n'avait pas cru que cette maladie existât chez les jeunes enfants ; 
car il n'en est aucunement fait mention par Denis et Billard. Cependant sou exis- 
tence dans les premiers mois de la vie est désormais incontestable. J'en ai vu plu- 
trieurs exemples dans la ville; Blache, Guersant, Rillict et Barthez, Barrier, en ont 
observé plusieurs autres et j'en ai recueilli une vingtaine d'observations. L'entaunt 
le plus jeune avait trois mois, et le plus âgé arrivait à la fin de sa deuxième année. 
Ces fait suffisent pour renverser une opinion faussement accréditée dans la science. 

Après l'âge de deux ans, le maximum de fréquence de cette maladie paraît 
être, d*après Piet, entre la sixième et la huitième année. Pour la plupart 
des autres pathologistes, il faut le placer, au contraire, entre la deuxième et la 
quatrième. La méningite granuleuse s'obs<'rve également chez l'adulte, mais 
les exemples en sont fort rares. Plusieurs ont été rapportés par Lediberder et 
Valleix. 

SeûCê. — Le sexe ne me paraît avoir aucune espèce d'influence sur le développe- 
ment de la maladie qui nous occupes et quoique la statistique d'Alfred Becquerel 
fasse croire qu'elle soit plus commune chez les filles, je pense que des calculs faits 
sur une plus grande échelle pourraient peut-être bien changer ce résultat, qui n'est 
|)oint iiTévocable. 

Saisons. — Les saisons n'ont guère plus d'influence que le sexe, si l'on en juge 
par les statistiques connues. Il résulte de celles qui ont été faites par Piet, 
Rilliet et Barthez, Barrier, que la maladie se trouve être plus fréquente au prin- 
temps et dans l'été que dans le cours des saisons humides et froides. Quelque 
rigoureuse cfue paraisse cette proposition, eUe s'appuie sur une différence de chiffre 
tellement minime, qu'on ne saurait lui accorder une grande valeur. Il est néces- 
sain; d'attendre encore niât de pouvoir se prononcer à cet égard. 

CausesoccasioHneUeBttariées. — ljd méningite granuleuse se développe quelque- 
fois à la suite de coups ou de chutes sur la tête, de plaies intéressant le péri- 
crâne et les os crdnienSy ou apK*s une exposition prolongée aux rayons d'un 
soleil ardent. Ces causes, dont l'action est réelle, ne sont pas très-fréquentes ; 
elles sont de natun^ à produire la méningite simple plutôt que la méningite gra- 
nuleuse. Cepc'ndant j'ai vu l'ouverture d'un abcès du front suivie de néGi|i||e du 
pariétal produire la méningite tuberculeuse chez un enfant non tuberculeux (1). 

L'influence de Vévoluiion dentairCy l'influence de la rougeole et des fièm^es 
éruptivesy de la coquetuchSy de quelques affections aUanies et de plusieurs 
maladies aiguëSy peut aussi déterminer la méningite tuberculeuse. La congestion 
du cerveau qui accompagne ces maladies ne fiivorise le développement de h mé- 
ningite tuberculeuse qu'en raison de l'existence d'une cachexie de même nature. 
Ou bien, comme on a maintes fois l'occanon de l'observer, ces maladies prennent 
naissano» chez un enfant de constitution lymidiatique et offrant la diq[xisition stni- 
meuse, qui le place dans un état de susceptibilité tel, que les irritations encépha- 
liques sont fréquemment suivies de la formation de granulations dans la pie-mère. 
Ailleurs enfin, c'est dans le cours de la carie vertébraleon des tumeurs blanches 
articulaires et de la coxalgie que se montre la méningite, et dans ce cas c'est 
toujours la même influence strumeuse qui est le point de départ des accidents. 

L'influence des vers a également été signalée comme cause de méningite par le 

(1) BoQchut, Ga*eUe des hâpitauxy 1877. 



180 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PHEHIEHE ENFANCE. 

docteur Lcbon (de Besançon). Ce médecio dit (1) ea avoir o1iscit(- tiiiçt-DnCj 
exemples «n huit ans, et toules ces méniagites, sauf niie seule, r)iit (piéri. ' 
permis de croire cependant que, dans ces cas, les accidents convulsifs p\ U 
n'ont pas étt la conséquence d'une véritable méningite, mais de troubles 
liouuels sympathiques, car les symptômes n'ont pas été ceut de la plilefîinasie te 
méninges. 

LtelttBB aMitABBiqDM. — Ccs allératious existent spécialement dan^ l'aracli- 
noMe viscérale, dans la pie-mttre et dans le cerveau. 

A. Dare-mére. — La diire-m^re reste dans le plus parfait état «l'iniégrité ; om 
toujours les sinus renferment une quantité de sang plus considi';ral>lr que àxa 
l'état noiTiial. Ils sont fortement distendus. Souvent même le sang s'v Irotnr 
coagulé et des caillots récents ou anciens, décolorés, adhérent aux parois, de façn 
à gêner la circulation des veines méningées, des veines de la rf'line et du wrf 
optique. De celle thrombose dépendent la congestion rétinienne, l'cedi'-nie pifd- 
laire, la varicosité des veines et les épanchements sanguins de la iriiiic nmsuiit 
avec l'ophthalmoscope sur un grand nombre de malades, et que j'ai [ait ronnalirt, 
en 186^, comme autant de nouveaux symptômes de méningite. 

B. Arachnoide. — L'arachnoïde qui revêt la dure-mère n'est [tas sensiblemea 
altérée. Elle est sèche, poisseuse, et n'oSre pas, en général, de modifi cal ions jtu- 
tomîques bien -considérables. Le feuillet viscéral est quelqu^ife le stêgc d'Hiie in- 
jection capillaire asseï vive, que l'on peut facilement confondre avec Tinjedinn il« 
vaisseaux de la pie-mi:rc. L'erreur est d'autant plus facile, que la Iranspan-nri' rtf 
l'arachnoide permel de constater l'état des vaisseaux subjacents. On pourrait OYiJn' 
à la coloration morbide de c^tte séreuse, Iwsqu'il n'existe qu'une forte ron^lion 
de la pie-mère placée au-dessous d'elle. La cavilé de l'arachnoïde rcntcrnie quel- 
quefois une petite quantité de sérosité transparente ou légèrement i^isi'-i. mik 
fausses membranes ni IIocoils fibrioeux. Les exemples qui démoninni l'evislenire 
de ces derniers produits sont fort rares. Semi(:£) et «lUred Becquerel en rap- 
portent chacun nu eicm[rfe. Quand il y a du liquide épanché, en si petite qnaniilé 
que ce s(Ml, il est toujours albumineni, et pour Natalis Gnillot. l'albumine it 
liquide céphalo-r^cbidien est toujours un s^c de méningite. On i imtivc pariDÔ 
des granulations tuberculeuses. 

G. Pie-mèrr. — ' Les altérations principales exisleni dans la iiK^-mère. I>nc 
maiArane oSre une couleur rouge plus ou moins vive qui est eu rapport avec le 
degré de coi^!esiion de ses vais.<ieaui profH'es; son tissu est pammru par dts 
veines gorgées de sang noir ou de caillots, dont la présence se ratlarhe à l'ubMiarle 
que l'ofastmclfon des sinus apporte à la circulation veineuse. Leur tolume est fiM 
variable et en rapport avec cette obstruction; les plus volimiiDevsi-s sont plarésl 
la surface externe vers b base du cerveau et dans les scissnres di- SyKius, d'oA 
ib pénètrent dans la substance médullaire. 

La trame de la pie-inèr« est souvent infiltrée de sérwâlé opaline, ;:T-i^}lre, ou de 
sbosité sanguinolente, ou enlin de hmpbe blanchâtre presque < i.^Mléi-, demî- 
truuparenle ou enlièmneiil touque ef purulente. L'infiltratioa est |<iiis éjuisse à 
h base du cerveau, dans l'espace interpédoDcnlaire (M^iiiii^ite de !■! httsr), et, ï 
U surface de l'or^ne. au niveau des intemlks qui séparent les circonvolutton) 
{ménitigUe it la comrtxiU). L'épaississement de b membrane csl enlièretnent «fl 
n(ipon aiec la quantité de matière purulente infiltrt^. 



J 



MÉNINGITE TUBERCULEUSE. 181 

Cette membrane, qui tapisse toute la périphérie de Tencéphale et pénètre dans 
son intérieur à une certaine profondeur^ jusqu'à la partie la plus profonde des 
sillons, s'en détache ordinairement avec assez de facilité. Dans les diverses variétés 
de méningite, au contraire, elle adhère avec plus ou moins de force à la sid)stance 
corticale du cerveau. Les tractions que Ton exerce sur elle entraînent une partie 
de cette substance, qui se présente avec un aspect spécial, rugueux, rougeâtre et 
seméd*un grand nombre de points rouges formés par les orifices de capillaires 

divisés. 

L'adhérence de la pie-mère au cerieau n'existe que dans les méningites les plus 
violentes et dans celles qui sont accompagnées d'encéphalite corticale. Dans ce der- 
nier cas, l'adliérence n'est point générale, elle est plus marquée sur un hémisphère 
que sur l'autre, et dans les points qui correspondent aux parties les plus enflammées 
du cerveau. 

On trouve dans la pie-mère, et c'est \a le caractère de la méningite tuberculeuse, 
un plus ou moins grand nombre de petites granulations blanchâtres assez résis- 
tantes, difficiles à écraser sous les doigts, d'un volume fort variable, et disposées 
d'une manière toute particulière le long des petits vaisseaux qu'elles accompagnent 
dans leur trajet. Voici quels sont les caractères de ces granulations : leur siège est * 
invariablement fixé dans les vaisseaux de la pie-mère et dans leur tunique externe. 
Quelques-unes font saillie du côté de la substance cérébrale, qu'elles dépriment 
quand elles sont très-volumineuses; les autres se développent du côté de l'arach- 
noïde, qu'elles soulèvent de manière à produire un léger relief. On n'en trouve que 
très-rarement à la surface libre de cette séreuse. Alors des granulations miliaires 
presque diaphanes, en petit nombre, adhérentes par un petit point, existent sur le 
feuillet de la membrane séreuse qui couvre les hémisphères. Il n'y a d'ailleurs 
point d'èpanchement, ni de fausses membranes, ni d'adhérences anciennes, qui 
indiquent une phlegmasie récente ou remontant à une époque éloignée. Ces obser- 
vations confirment celles de Barrier qui a dit : « Nous ne croyons point ici être 
tombé dans une méprise qui consiste à prendre pour ces granulations des aspérités 
extrêmement petites, confluentes, à peine visibles, mais très-sensibles et rugueuses 
au toucher, connue une peau de chagrin, qui se rencontrent parfois à la surface 
libre de l'arachnoïde, et plus souvent encore sur la membrane ventriculaire chez 
les sujets affectés de méningite chronique. Ces aspérités n'ont aucune analogie avec 
les granulations tuberculeuses, et sont un mode d'inflammation chronique qui peut 
se rencontrer dans les séreuses encéphaliques conune dans celles du thorax et de 
l'abdomen, car il y a des pleurésies et des péritonites granuleuses qui ne sont point 
tuberculeuses (i). » 

Les granulations se développent donc principalement dans l'épaisseur de la pie- 
mère, et de préférence sur les parois des vaisseaux, où on lés trouve en plus ou 
moins grand nombre, et dans une étendue qui est variable. On les observe sur- 
tout à la base du cerveau, au niveau de la protubérance, dans l'espace interpé- 
donculaire et dans la scissure de Sylvius, qu'il faut écarter entièrement pour les 
voir. Elles sont plus rares à la face externe de l'organe, sur la partie convexe des 
hémisphères. 

Elles sont souvent difTiciles à reconnaître, soit à cause de leur petit volume, soit 
parce qu'elles sont cachées par l'infiltration de lymphe plastique opaque du tissu 
de la pie-mère. Dans l'un conune dans l'autre cas, un examen plus minutieux, à 
l'œil nu ou armé d'un instrument grossissant, permet de les découvrir. 

(\) Barricr, Traité pratique des maladies de Venfance. 3* édil. Paris, 1861, l.W, v- ^^* 



i82 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PKEMIÉRE ENFANCE. 

Elles sont quelquefois très-multipliées. Ailleurs leur nombre est restreint et leur 
voliiinc variable. Les unes sont à peine visibles, tandis que les autres sont grow» 
conune une petite tête d'épingle, blanchâtres, opalines, entièrement semblables km 
petit fragment de fibrine simple ; d'autres, encore plus volumineuses, sont d'aft 
blanc jaunâtre ; enfin on en trouve qui sont d'une nature différente, et qui snl 
formées de matière tuberculeuse, jaune, à l'état de crudité, adhérant à la pie-mlK; 
et pénétrant dans la substance corticale du cerveau. Elles sont toutes très-résistaHki 
sous les doigts et difficiles à écraser par la pression. 

Les granulations blanchâtres, miliaires, qu'on trouve à la surface de la pie-mire, 
ont une certaine consistance et une ténacité qui les rend difficiles à déchirer aret 1 
les aiguilles servant à faire la préparation pour le microscope. Ces corps 



formés : !*' d'éléments fibro-plastiques, noyaux, fibres fusiformes ou quelqneiÉ; "i 
mais pas toujours, de cellules ovoïdes. Les noyaux sont ovoïdes ou sphâriqm^ 1 
généralement très-petits, c'est-à-dire ne dépassent guère en diamètre O^^OOli 
0°*,009; il importe d'insister sur la présence de ces petits noyaux sfb Ukf ÊÊÊ^ * 
parce que, avec un grossissement moindre que 550 diamètres, il serait qodqMÉtif 'J 
.difficile de constater les différences qui les séparent des éléments tubcrculeaix; Itii 1 
fibres fusiformes sont petites et rares. 2"* 11 existe une grande quantité de 
amorphe homogène, parsemée de fines granulations; elle est très-dense et 
les autres éléments fortement unis ensemble, difficiles à bien isoler. 3^ Les 
y sont rares, les fibres du tissu cellulaire aussi, ou même manquent tout à 

Il est rare d'observer la transfbnnation insensible des granulations fibro-phi^' ^ 
tiques, depuis le simple petit point blanchâtre qui en est l'origine, josqo'an trin^* 
cule jaune cru qui en est le dernier d(^ré. Mais la transition a été signalée pirvi ' 
certain nombre d'auteurs reconunandables, et cela suffit. 

Ces granulations grossissent en se transformant, et elles s'enfoncent dans Ilfpiii* 
seur de la substance cérébrale, tandis que d'autres viennent de Tintérienr des ck^' 
convolutions au dehors. 11 y a cependant un point douteux à cet égard, eC ron-ir 
sait encore trop aujourd'hui si les tubercules de la périphérie du cerrean 
pas primitivement développés dans la substance corticale pour venir 
adhérence avec la pie-mère, ou s'ils ont pris naissance dans cette mrmhrinc pour 
se porter dans le ceneau. 

Les ventricules du ceneau contiennent toujours une notable quantité de iirarité» 
quelquefois assez considérable pour distendre énormément les ventricules hlfinia, 
et permettre leur communication par suite de la déchirure du septàm ■HHKmi  
un do^ moindre, l'épanchement détermine la dilatation simple de ces cafitfs» Le 
liquide est ordinairement limpide et sans couleur ; quelquefois il est opalin et fHK 
fei*me des Hocons albumineux. Les plexus choroïdes sont fort ronges, et, pr 
exception, renferment des granulations fibro-plastiqnes semblables à celés de k 
pie-mère c\térieur(\ La membrane interne est rarement altérée. Les parois sstf 
ramollies, la voûte à trois piliers est difiluente, réduite à l'état de crème. Il en CSI 
souvent ainsi de la face interne des corps striés et de la couche optique. 

D. Cerceau. — L'encéphale présente un volume inaccoutumé ; il semble siNnil 
i une forte compression. En effet, les circonvolutions cérébrales sont 9fÊÉSt$ 
et les scissures qui les séparent sont peu apparentes. Cette disposition c o tM Î fc 
avec la congestion de la substance médullaire qui esl le siège d*an sablé rùogt fut 
considérable, et avec la présence d'un épanchement assez abondant dans ks 
ventricules. 11 parait évident que le cer>'eau est comprimé contre la voAte di 
crâne iprande distension des ventricules latéraux. 

u cerveau est surtout bien appréciable chei les jeunes enteft. 



MENINGITE TUBERCULEUSE. 183 

Dans le cas de méningite, le centre ovale de Vieussens est semé d'un grand nombre 
de petits points rouges très-rapprochés les uns des autres. Les couches corticales 
sont transparentes et parcourues par un grand nombre de petits vaisseaux : on 
croirait voir une belle agate rosée parsemée de petites veinules rouges. 

La diminution de consistance de la pulpe encéphalique est surtout marquée dans 
les couches corticales, dont la substance s'enlève souvent lorsqu'on détache la 
pie-mère. EUe se rencontre aussi quelquefois dans la substance médullaire des 
parties centrales et dans les parois yentriculaires. Le ramollissement des parties 
centrales se remarque ordinairement autour des tubercules qui s'y trouvent placés, 
et il est rouge ; au contraire, le ramoUissement des parois des ventricule» coïncide 
toujours avec la présence d'une notable quantité d'épanchement dans leur inté- 
rieur, et il est blanc. C'est un ramollissement qui semble être le résultat de la ma- 
cération. 

E. Moelle épinière. — Les méninges spinales sont souvent injectées et renferment 
de l'infiltration purulente ou des granulations tuberculeuses. 

F. Lésions concomitantes. — On rencontre souvent, avec la méningite granu- 
leuse, des masses de nature tuberculeuse à l'intérieur ou à la superficie du cerveau. 
Ces produits se présentent sous forme de noyaux durs, jaunes, verdâtres, plus ou 
moins volumineux, avec leurs caractères ordinaires. Les uns occupent les parties 
centrales, et n'ont aucune espèce de communication avec les membranes d'enve- 
loppe; les autres se rapprochent de la périphérie de l'organe, et quoiqu'ils 
soient presque complètement placés dans la pulpe encéphalique, ils se trouvent, 
par un petit point de leur étendue, en rapport avec la pie-mère; d'autres enfin, qui 
sont également placés à la superficie du cerveau, pénètrent à peine dans les couches 
corticales, et adhèrent largement à la pie-mère, dans laquelle ils semblent avoir 
pris naissance. Dans un cas, j'ai vu ces tubercules ramollis au centre et ressem- 
blant assez bien à des abcès phlegmoneux. Il y en avait douze à la superficie des 
circonvolutions cérébrales, et un au centre de chaque couche optique, sans aucune 
communication avec la pie-mère. La paroi du foyer était dure, résistante, formée 
de niatièn^ tuberculeuse à l'état de crudité, et le centre jaune verdfttre ramolli était 
formé de matière tuberculeuse mélangée de globules de pus. 

Une fois, Ferrand a rencontré un foyer hémorrhagique occupant les deux 
tubercules quadrijumeaux |)ostérieurs. Ce foyer atteignait en avant le tubeipcole 
quadrijumeau antérieur gauche et envahissait la plus grande partie du droit. De 
ce côté, le foyer s'étendait jusqu'à la partie la plus postérieiure de la couche 
optique, qui était aussi érodée par l'hémorrhagie, et dont la moitié postérieure pré- 
sentait une teinte ecchymotique. En arrière, le foyer s'étend Jusqu'au voisinage 
du cer\'el(*t, dont le lobe médian et le lobe droit présentent aussi une ecchynMMe 
dans le |X>int correspondant. Les bords du foyer sont rosés, et la plus grande 
partie de sa surface est un peu ramollie. Au niveau du vermis supérieur, la jne- 
nière est épaissie, verdâtre, infiltrée de produits plastiques purulents et tuberculeux. 
Du côté droit, qui paraît être son siège principal, ce foyer pénètre dans le pédon- 
cule cérébral qu'il traverse. I^ pupiUe gauche, immobile, était dilatée en même 
temps qu'il y avait hémiplégie et persistance de la sensibilité. — Ce fait démontre 
l'action croisée des tubercules quadrijumeaux droits et de la couche optique droite 
sur les mouvements musculaires du côté gauche. 

I^es sujets qui succombent à la méningite tuberculeuse présentent presque 
constamment des lésions semblables dans les autres tissus de l'économie, dans 
les gland(*s, clans les os et dans le parenchyme des viscères abdominaux et tlio- 
raciques. (>tt(* circonstance n'est pas h moins importante à invoquer lonn^'W 



»Ti; 



184 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

s*agit de déterminer la nature de la maladie qui nous occupe. La diaâièse tober- 
culeuse domine dans Forgauisme ; elle se traduit sous les formes les plus variéei. 
Les tubercules pulmonaires sont les plus fréquents : viennent ensuite ceux ém 
grandes ou ganglions bronchiques, des glandes du cou, du mésentère, de ^iI|telill^''j 
du foie, des os, etc. Les tubercules des os sont importants à mentionner sous m 
double rapport : leur existence atteste la disposition strumeuse de l'enûml, dde 
plus leur siège peut avoir, sur le développement des accidents cérébrauXy niJ 
notable influence. Lorsque ces produits accidentels existent dans les ceUules fOÊh 
toîdiennes et dans le rocher, il en résulte un travail d'élimination qui atteint la 
portions osseuses voisines de la dure-mère, et devient le point de départ de k:, 
phl^masie de cette membrane et de celles qui lui sont contiguês. 

J'ai cependant observé plusieurs faits qui semblent démentir la règle précédoMlsd 
, Dans plusieurs cas de méningite tuberculeuse, il n'y avait point, dans ré< 
d'autre produit de cette nature qui pât démontrer l'existence de la 
strumeuse. Ce sont des ras exceptionnels, qui ont déjà été signalés par d\ 
observateurs. Constant et Fabre (i) ; ils sont acceptés par ceux qui ont Uàtià 
étude spéciale des maladies des enfants, et ils prouvent que, dans le premier 
l'aiïection tuberculeuse, limitée à des tissus ou à des organes importants, peni 
courir ses périodes sans envahir les autres viscères de l'organisme, notai 
les poumons. D'autre part, on voit également des cas de méningite 
chez des sujets tuberculeux pulmonaires, ce que l'on n'avait pas soupçonné 
dant la vie. 

En résumé, les caractères anatomiques de la méningite granuleuse des jemMitl 
enfants sont : — pour l'arachnoïde, un état de sécheresse considérable, 
un peu d'injection, rarement avec épanchement séreux et présence de 
ntembranes dans son intérieur; — pour la pie-mère, l'injection très-vive de sespclilh 
vaisseaux, la stase sanguine ou la thrombose des sinus, l'inûltration sérenseet 
lente de la membrane, principalement à la base du ceneau, son adhéraice 
couches corticales, et la formation de granulations miliaires, blanches, 
dans son intérieur, sur le trajet des vaisseaux qu'elle renferme. 

Avec ces altérations des méninges, on rencontre un épanchement plus 
abondant dans les ventricules de l'encéphale avec ou sans fausses 
albumineuses, et fort souvent il y a ramollissement des parois de ces cavMi* 
le reste du cerveau, le ramollissement est fort rare; il s'observe s omm à h 
périphérie dans la substance corticale, principalement dans les cas de triwradtt 
encéphaliques. 

Enfin, comme disposition tuberculeuse générale, on constate la préseooe tsii» 
habituelle des tubercules dans les autres organes de l'économie. *> %', 

Symptômes. — Les symptômes de la méningite granuleuse sont faciles à sairipii*^ 
chez les enfants arrivés à l'âge de quatre à cinq ans, lorsqu'ils peuvent ranifliîi' 
compte de leurs sensations. Alors les malades donnent des renseignements tnJ^^* 
leurssoufTrances,surleurs douleurs de tête, sur l'afTaiblLssement de la sensibifiié,eic»^^ 
11 n'en est pas de même chez les jeunes enfants de un à trois ans. La 
n'a quelquefois aucun symptôme du début habituel. J'en ai vu plusieurs ex< 
Le médecin doit suppléer aux symptômes qui lui manquent par la cérébroscopie^ > 
c'est-à-dire par l'étude des signes que fournit l'ophthalmoscope. 

(I) SaiissitT, Atchivet générales, 18^7. — Constant et fabrc, Comptes rendus de VAcaiémk . 
des sciences, l. 111, p. 73, cl t. V, p. 281. — Gucrsanl, Dictionnaire de médecine, U XVL, 
Paris, 1839, p, 387, art. Mékixgite. 



L* '■> 






MENINGITE TUBERCULEUSE. iH5 

Voici une observation qui conrunne cette assertion, et j*en ai vu bien d'autres. 

Emilie L..., âgée de deux ans, entrée le 5 décembre 1873, au n** 42 de la salle 
Sainte-Catherine, à l'hôpital des Enfants-Malades (service de M. Bouchut). 

Cette enfant est malade depuis six mois sans qu'on puisse dire quel est son mal. Elle 
dépérit et parait triste, mais elle mange bien, digère régulièrement et ne tousse pas. 

A son entrée, c'est une enfant maigre, un peu cachectique. Elle est triste et dort 
beaucoup, elle ne joue pas et parle peu. Son appétit est bon, elle ne vomit jamais et 
va à la selle sans avoir jamais de vomissements ni de diarrhée. 

Pas de cris, de convulsions ni de paralysie. 

Pouls petit, un peu inégal, irrégulier, avec quelques intermittences, 96. 

L'enfant ne tousse pas et n'a rien d'anormal dans les poumons. 

Ne trouvant aucune lésion caractérisée chez cette petite fille et guidé par la som- 
nolence et les irrégularités du pouls, je pensai qu'elle avait un début de méningite. 

J'eus recours à l'ophthalmoscopie qui me montra une névro-rétiniteavecchoroîdite 
tuberculeuse. 

Les jours suivants se passèrent dans le même état ; puis, le 10 décembre,elle eut une 
convulsion suivie de retour à la connaissance. 

IjC 1 1 elle eut deux nouvelles convulsions, et la dernière fut si forte qu'elle entraîna 
la mort. 

Autopsie. Le cerveau ne présente rien d'appréciable à l'œil nu dans sa substance 
et il n'y a pas d'épanchemcnt ventriculaire. 

A la convexité, la pie-mère est fort injectée, infiltrée de 'sérosité louche dans les 
circonvolutions et offre des veines méningées avec thrombose. Elle présente quelques 
granulations. Rien à la base ni dans la scissure sylvienne, sauf quelques granulations. 

L'arachnoïde ne présente rien de particulier. 

Les deux yeux offrent de l'atrophie choroîdienne pigmentaire et de nombreux tuber- 
cules de la choroïde. 

Les poumons sont criblés de granulations miliaires grises, et quelques-unes sont 
à l'état jaune cru. 

II en est de même du corps thyroïde, du foie, de la rate et des reins. 

I/es ganglions bronchiques sont remplis de masses caséeuses. 

Dans le cœur, faible endocardite végétante mitrale et aortiqae avec un peu de 
thrombose cardiaque droite et gauche. 

I^ méningite granuleuse présente trois périodes ordânairement distinctes, 
admises par Robert Whytt, Goindet, Senn, Guersant, fiarrier, et repouasées à lort 
par Pict, Rillict et Barthez. Le premier des auteurs qui admit cette dirisMU!, 
IVhytt, jugeait uniquement d'après l'état dn poob; mais ce moyen d'exploration 
est loin d'avoir l'exactitude nécessaire pour servir de base à une division. 11 vaut 
mieux l'établir d'après l'ensemble et la marche des symptômes. 

Ces trois périodes me paraissent être bien oractérisées par les mots de ger- 
minationj d*invasion, de conrtf/sioiioa de jNira/ytte. 

Première période ou période de germinaUon. — La période de prodromes ou 
période de germination, qu'on me pasK cette manière de dire qui rend parfaite- 
ment bien ma pensée^ se troi|ve à peine indiq[oée par les auteurs sous le titre 
de Prodromes de la méningite. NéanmoinSt comme eUe existe toujours dans 
la méningite tuberculeuse, elle est fort in^iortattte à reconnaître et peut à l'avance 
faire prévoir la nature du mal qui va se déclarer. EDe forme l'im des plus précieux 
éléments de diagnostic de cette maladie, cpr ele n'existe pas dans la méningite 
simple. 

Celte |)ériode est caractérisée par des troubles fiigitifoy intermittents, peu graves 
4M1 ap|)arence, survenus dans les sensations et dans Fintdligence des enfants. 

Des changements notables s'opèrent dans les habitudes do petit malade. Il dédaigne 
les jouets qui naguère excitaient ses désirs, il les repousse et les brise avec 



V 



A. 



186 PATHOLOGIE (SPÉCIALE DE LA PREUIÉRE ENFANCB. 

humeur. Les enlaiits, compagnons de ses jeux, lui déplaisent ; il les rcganle d'aï 
air mélancolique et contrjslë sans pouvoir prendre part à leur jute. Devenu u 
sade, taciturne, en apparence livré à des réllcxioiis profondes, rien i 
ui les caresses de sa mère, qu'il reçoit avec indifférence, ni les agaceries des aut 
cnlints, qu'il repousse avec colère. 

La nuit, de sombres images semblent le poursuivre et Tierini'iit troubler i 
sommeil. Réveillé en sursaut, il pousse des clameurs élrdi^es en pronienanl aul 
de lui des regards cf&ayés. 11 se jette dans les bras de sa mère, où il s'endort;" 
à pdnc est-il remis dans son berceau, qu'il se réveille de nouveau en pousMotls 
mêmes cris. Quelquefois il a des hallucinations; il lui semble voii' des aiiimautH 
il veut qu'on les chasse ; il les aperjoit sur sa couverture et les clirrchc avec U 
main pour les enlever. Il n'a pas de fièvre continue ; mais de t*'i]i|)S à aiure, da» 
le courant du jour, à des époques indéterminées dont Je rctoar ^•s^ fort irrégnlla. 
sa peau devient brûbmte, la soif s'exagère, et tout cesse pour mpri'udre son ordre 
accoutumé. 

Il se plaint !i peine, il indique quelquefois que sa tète est doiiltiun'u^ie, m«it il 
n'insiste pas. Le bruit l'efFraye et semble lui causer quelques douleurs. Les membre» 
sont quelquefois assez douloureux pour que cette pression soit irisupiHinahle, tth~ 
faculté de marcher est alore anéanlie. 

L'enfant a moins d'appétit que de coutume ; il est plus ca[»îrieux et plus 
au sujet des aliments qu'on lui offre. Néanmoins les ronctktns de l'eslomac l'd 
complissent bien, la digestion se lait régulièrement. Chez quelques sujets 4 
observe des alternatives de diarrhée et de constipation. 

Ces symptômes sont intermittenls, ils durent un on deux jours et disparaissent' 
presque en totalité. Ib reviennent de nouveau pour disparaître encore; ils se pré- 
sentent avec des d^rés d'intensité fort variables et cessent enfin tout à fait ou 
font |dace aux symptômes de la seconde période. 

Hi|^)ocrate les a indiqués dans plusieurs de ses apborismes : • Quant aux enfaaU, 
ils sont attaqués de convulsions si la fièvre est aiguë, que les l'-tacuations altinn 
manquent, qu'lb soient tourmentés par l'insomnie et les temiirs subites, qu'ib 
poussent des gémissemenis, qu'ils changent de couleur, et que leirr visage devieniK 
ou jaune, on livide, ou rouge. Ces arcidenis alternent le [dus &rilentent lesenbnti 
les plus jeunes, jusqu'à l'âge de sept ans (1). ■ 

■ Chez les enfants, nne fii'vre aiguë, la su|q>ression des selles .nec insomnie, d" 
sanglots, des changements de couleur, enfin la persistance d'une leinie rouge, sniit 
les signes d'un étal spasmodique (i). •> Ici la cérébroscopie est <le b plus iiauir 
importance, car si l'ophlbalnrascope révèle l'existence d'une névro-rétinite ou d'aw 
cboroîdilc tuberculeuse, le diagnostic est assuré. 

C'est dans la première pt-riode que l'on peut conjurer le mal t>i l'aETfler dama 
marche. Elle si' profonge de hirit jour a un mois el quelquefois da^anliige. Pen- 
dant sa durée, la Ou\ion des n>éniiu;es favorise la production ei li- déx-loppeniM 
de nouvelles graïuilaiions, jusqu'au moment où. devenues la souiti- d'une irritatu 
trop vive, celles-ci sont h leur tour la cause de la phlegnusii' Tiiéiiingi 
reconnaît par des symptùntes plus éiidenLi. 

DfUJcièiHf pêriodr ou période ifiiirasion. — La draj^ième période 
|iar des vumis.M'ments. de la constipation, de la céplulalgie, de Ij fié» i\; avec il 
milience du pouls, et un notable affaiblisse ment de l'intetligma-. 

(Il Bipp- rrarompltlet. tnd. par uuré. i. II. p. 187. ProHMlir H 



MBNINf.lTE TUURRr.n.ElSE, 1N7 

Daiis c«Uc périudi?, la roniJnuité des symptl^nips est plus marquée que dans la 
pûriodu précédcnle. Ij fif'vre persiste encore sous le l^jw rémilleiH irrùgulier, avec 
(Its liorripîlatioiis et des malaises qui n'écliappent pas it l'œil attentif d'ucie mèie. 

Céphalalgie. — Chez les enfants en i^ d'exisimer leurs sensations, on constate 
l'csistcnce de la céphalalgie. Elle est quelquefois trÈa-violenle et paraît limitée k un 
seul point (le la tSte, soit au sommet, soit eu aiTiËre, ou aux régions lemimrales. 

Vomwemenls. — Il est très-rare que les enfants ne vomissent pas au moniei)t 
de l'invasion de la maladie, et ils rejettent des aliments ou des twissons unies h des 
matières bilieuses. Les vomissements se répètent tous k's jours ou plusieurs fois 
par jour, suivant les sujets. Ce symptôme manque rarement, car sur cent soiutnlo- 
diï observations, je l'ai ohsené cent cinquante-quatre f<MS. 

Constipation. — la constipation est le pliénoméne le plus constant de l'invasion 
de la méningite granuleuse et tulierculeuse ; elle exisre cliez presque tous les sujets, 
à moins qu'ils ne suent alTeciés 
d'cntéro-colile, conmie cela anive 
fort souvent aux l'utanls inbercti- 
leux. 

I.e ïentio est iiouvent aplati, 
creux comme une assiette, M oiïri' 
dessaiUicsqut représenteni la forme 
des anses di- l'intesliB. — Si cei 
aplalLsscmeni du ventre n'est pas 
spécial i la inéniiigite tubercu- 
leuse, il taui (lire au moins qu'il s'y 
montre beaucoup plus souvent que 
daiiH aucune autre maladie. 

Inlelligenrv et innervation. — 
Les enlants sont tour à tour excités 
ou abattus. Dans le premier cas, 
teur humeur est diagrine; Hs sonl 
fort irritables; lepeudcnioLsqu'ils 
savent prononcer, ils les disentavec 
une intonation singulière qui doit 
être appréciée par le médcciu, car 
il n'est pas naturel de trouver chez 
un enfant la parole brève et impérieuse. S'ils sont abattus, on les voit chercher une 
position comm(Mle pour se livrer au sommeil, malheureusement trop léger pour 
n'tïtre pas interrompu par le nwindi-e bruit ou par les douleurs de léte. 

Fades. — Dans leur sommeil, ils grincent des dents et mârlionnent sans cesse : 
leur face est pile et se couvre à chaque instant d'une vive rougeur qui disparait 
en quelques minutes; leurs traits sont contractés, le rapprochement des sourcils 
donne â leur i^ysionomic un caractt-re sombre, autpicl s'ajoute un air de souf- 
france dédaigneuse, révélée par une lide placée en dehors des ailes du nez, formée 
parla contraction des muscles nasal et naso-labial. Tout le corps est souventdouloureui 
il ce point qu'on ne peut toucher ccsenfiants sans leur faire pousser des cris de souf- 
france. Leurs yeux sont fort sensiblen à l'impression de la lumière ; ils les fcnneut 




Km. 19. — Méningite mberculuusu caraclériséc pnr 
l'inllltratinn ei la Rnngcitlon piripapillaîres : — pir 
ta ditauiinn d«> veines de II nUine ou plilétieclnsie 
nillinicone; — par lo IhrooilMiscs dei veines ilc la 
rétine et par des béntarrhagiGsréliniennDsC). 



INH l'ATElU LUCIE SPÉCIALE DE LA l'nEMLÈUli ENFANCE. 

tiolciiinifiil â sou approche. Ils liilleiit avec une grande force coaire la 
qui cherche à soulever les paupif;res, ce que Uance regardait coinine un 
certain d'hydrocépiialic aiguë, cL les pupilles sont dilattïcs, resserrées, quelqnâfa^ 
inhales, nu présentant de grandes alternatives de dilatation et de cesserrcnioit. 
Ophlfittlmoscopie. — En examinant le nerf optique ei la n-tine au moyen del'ofi^ 

thalniosco|)e,onpeut voir, ainsi qucje l'ai découvert en 1862 (1), des altérations f 

tantes dans la circulation de cette membrane et de la papille. Ces lésions sont p 
constantes et s'oliservent !I5 fois sur 100 malades. CIteï quelques c^nfaiits, c'eSmt 
.simple congestion papillaire ; mais ailleurs il y a, outre la congestion de la pqillfe 
dont les ixïrds sont indistiucti (fig, 19), de l'œdème papillaire. une 
considérable des veines rétinlprnics qui sont Oexucuses et dont les 
retiennent le sang liquide on coagulé. Ce sont les thromboses, et elles sont teBt- 
ment plus fortes dans l'oeil correspondant à l'hémisphère plus gravement aOeOt, 
que l'on peut, d'après l'examen des yeux, dire de quelcfitd seiroiivc la lésion (vof. 
fig. 30 ei 21 ). — Rn outre, il v u quelquefois di-s ru]ilures veineuses et de ffn- 




cliemenls sanguins rie la ]npill<! ou de la rétine. Ces altérations sont en, 
avec la slase sanguine veineuse qui résulte de l'obstruction du sinus 
des autres sinus de la dure-mère, quelquefois remplis de caillots, et elles 
sentent une dilatation passive ou îles liémorriiagies mécaniques déterminées 
l'ohstacle mis à la circulation dans les veines du nerf optique et de la rétine, 
la choroïde j^résente des granulations blanches miliaires, qui ne sont autre 
que des tubercules. — A l'époque- où s'obsencnt ces altérations, avant l'apparil 
des accidents convulsils, leur recherche a une grande importance, et l'on peut ( 

(I) E. Boucliut, Du duigitotlie de la nténmgiU pur iopIMalmoKope {Gairtte da hôpiliuu, 
tSCi, 19 juin). — E. Uuucliiit, Du iliagnostic dei maladia du igaleme nerveux par l'oplUh^ 
moteopie. Paris, 1865, I vol. in-S avw 3Î flgurea. — E. Bouehut, Allm iCOfAli ' 
ilicate i-t de Cérobroscopie. Paris. 1870. avec 14 pUnr.lics. 




190 PATIIOI.OCIR SPÉCIALK DE. LA PREMlÊnG ENFANCE. 

ntparaîl et avec des crU aigus, perçants, au milieu d'une grande a^Utioii. Ctitk 
roinmeiic(!niiint de la période rdiivuIsivu Ft paralytique, et l'indice d'uœ anrt 
procliaine. 

TYoisième période : — période de coHapsus, convulsice oa paralgtiqmi.— 
(>-ltc période conuaencc apri-s la rémiosion qu'on obseni^ toujours dans Jes sjm^ 
tdmcn de la pt^riode d'invasion. Un rcdoublt^mcnt Ae fibvn- avec perte d'appétit H 
pnistratton considérable signale sun apparition. A cliaqu» instant, pendant la veilled 
pendant le sommeil, toutes les quatre ou riiiq minutes, l'enfant, agité, se lève a 
inussant des cris atV/wt, désignés par Coindet sous le nom de cri« hy^eoeé^^ 
qiifs, aceompf^iés, selon l'i^edos enfants, de lamentations plus nu moins prolongta. 
I'jc sont des «ris arrachés par la dodeur de télo; elle est le produit de la tam- 
pn-ssion du ceneau |)ar un éiMacliemenl ventriculatre. L'intelligence dispantt pv 
degrés, et la suinmilence ou le coma succède ù l'exaltation survenue dans les adn 
de la sensibilité. Il semble que l'oi^nisme soit latigué par tin<' lutie tiup au-tluAiit 
(II* ses forces, et qu'il s'abandonne entièrement au mal qui l'oftpriiiK-. 

Les enfants paraLuicnt |)crdn- par degrés le scnitmcul de leur existence. LMI 
facultés, si peu développt'ies qu'elles soient, s'anéantissent. Ils répondent à pen^pi 
questions qu'un leur adresse, et leur parole, an lieu (fêlnr lin've ei impédHh 
[KUiiil endtaiTassée, leiHe et séparée du moment de rinterragaiion |iar B^ljni 
inienalle. BienlOt ils entendent sans pouvoir répondre, (loiiiicnl l.i tnaia 4U» 
ilés^ne; et puis tout ces.se, aucun bruit ue frappe plux leurs itreillcK; jls^jjfatf 
encore, mais ils aont entièrement séparés du monde eMérieur. 

U sensibilité des membres o( des orgaiii» des sens s'affaiblit de même. la^jfiHtl, 
([ui ne pouvaient souffrir l'impression de la lumière, la subissent sairs donleni^ fl 
Ui <-omée est complètement insrnsibto an contact du doi;;;!. Les pupilles aoU^ 
dilatées que dans la seconde période et sont sujettes aux mrntcs mouviiiieifU tfta»- 
eillation. 

I.e bruit ne cause plus de retcntissemenls douloureux dans 1» tète. \.i^ mmkB 
ont perdu la sejisibilité exquise qui rendait leur presEfori insupptHlable, el IMiS* 
Il wfrencé pliai iqnes cessent. Toutes les perci^ptions s'^ilTiiililissi'iii d liniswat pr 
s'éteindre. Il est tri!s-rare de voir les ('nfants consenei- l.> libre eniTcici- de Iran 
M-ns on seulement la jiossibilité de leur exercice jusqu'il l.i mort. 

Des jiliénomènes non ntoins R>iiiarqiiablc>s de )K:rv<'iviii)U diiiiv h motilil^ »■ 
iiKinlrenl dans cette pi^riode. Au milieu du coma proToïKi quîesr ter 
la somnolence, on <il)serve le slraNsuie, la rigidité ou lu idiiirarturc 
ou alternative des membres et du tronc, les paroxysmes Ho couvuIsioiK, 
pralysie. 

Contraclurc — I^ rigidité <lti ti'onc est annoncée par le renvei 
de la tète en arrière ou par son inclinaison sur l'un des côtés du cou. Li fine Ol 
égarée: les yeux, souvent immobiles, atteints de slraNsme, tournés en hutctei 
dedans, semblent vouloir se cacher sous ia (Hupièn- supérieure. Les dents mt 
i-a|^wochi'>es \\ar suite de b coiiiraclun' di>s muscles des mâchoires, dont la lim- 
tance est impossible ï siirnionler. Dans les itienihrrs, on observe la même roidnr. 
Elle est accompagnée par un o>i-tain degié de Iteiion des doigU, qui cacbealk' 
(wnce dans leur inlérieiir, et des orteils qui s*.' loument vers fa plante du pied. 

Coiiruhions. — Les convulsions si- montrent sous forme de paroxysmes jim 
(Ht moins rapiirochés; un spasme intérieur les acconi|)ag(ie. Elles débutent pv i 
cspèa^ d'efltin et de contracture dans les muscles inspirateurs. La restai 
s'arrête, la fac»- rougit; les yeux, dont le iiarallélismc est quelquefois 
iii'iit dans leui- uriiite, s'an-êlent et se fixent sous la |>aupièrê supérieure. Ln 



VM 



PATHOLOGIE SPECIALE DE LA P 



HIc afSi-cH! k' bras «lu raté oppo»^, inais l'enfant .succombe aiant qu'elle ait 
sY-teitdre davautage. 

Pouls et température. — Dans lout le cours de cette pérJodrr, le pouls » 
lient à un degré de fréquence cousid<!Table. Il s'i^lève, riiez les jeunes eo 
jusqu'à 140 et 160 pulsations par minute. Il u'nfTre plus les rémittences ql 
observait dans \es périodes prfex^denlcs. La peau ronsene un degré de tetaprm 
en rapport avec la fréquence du pouls, et l'aisselle indique 38 et 39 degr^. 

Rougeurs du visage. — La face présente toujours les altemaliies de pilfvl 
de coliH-ation dont j'ai parlé précédemment. Ces rougeurs couvrent le tiagei 
s'étendent parfois à tout le corps et se dissipent au bout d'une dvini-lieurt I 
d'une heure. Elles résultent d'une paralysie vaso-motrice temporaire qnî eiiiril 

I l'aillux du sang dans le système capillaire. C'est la conséquence de l'irritatioa 4 

f nerf grand sympathique. 

■ Voies digestire.i. — La suif est considérable, mais il vient un momeni oilil« 




fu\. i3. - 



iiifCJlc lutii 



lucliuroïd«.fl 



difficile de la satisfaire à cause du trismus ou seirenieiit des mâchoires, j 

est sèche; on n'observe plus les vomissements; la con.slipation persiste afccfl 
certaine ténacité qu'il est souvent diOîcile de vaincre; et l'on voit sur le v 
cet aplatissement dont j'ai déjà parlé qui donue l'apparence d'un vase i 
dirait le fond d'une assiette. 

Respiration. — Ia respiration présente la même modification de MqM 
indiquée .i prupus de la seconde période. Elle s'elfecttie avec rajiidité n _ 
inspiraUous sont peu profondes, suivies tout a coup par un effort d'inspiroKi 
suspirieitse et par un repas de plusieurs secondes. De cette sorte, si l'o 
supcrGciellenicnt, on pourrait estimer que la respiralitm est Ires-fréquente " 

qu'elle ne dépasse pas le chiOre de 12 ou ll'i par minute. Elle devient r 

stertoreuse aui ap[Hx>chcs de la mort. lYlors la face pâlit, se couvre d'une s 
froide, et la vie cesse au milieu des convulsions. 

Ophthalmoscopie. — Tei encore on tron\e a ropliilialnio.scope de l'oHénieH 




MÉNINGITE TUBERCULEUSE. 193 

pillairc avec congestion plus ou moins vive de la rétine, des flexuosités veineuses, 
des varices, des thronil)oses dans les veines de la rétine, des hémorrhagies et des 
grainilations graisseuses, des tubercules de la choroïde, mais il faut savoir que ces 
lésions sont très-variables dans leur nature et n'existent pas' toutes sur le m(^me 
individu. En outre, elles sont quelquefois plus marquées d'un côté que de l'autre. 

La durée de cette période convulsive est de sept à dix jours. Dans quelques cir- 
constances, elle ne se prolonge pas au delà du huitième jour. 

Durée. — La méningite ne se prolonge que pendant une, deux ou trois sep- 
taines. Gn^en a rassemblé cent dix-sept observations prises dans Abercrombie et 
Constant, et il a trouvé que : 

31 malades sont morts avant le 7** jour. 
49 — - le U* — 

31 — — le 20« — 

— après le 20- — 

' TÎT 

De tels résultats sont loin d'être concluants, car les calculs ont été faits d'après 
cette idée, que la période d'invasion est ceDe du début des accidents. Or il n'en 
est rien, elltî est précédée par une autre période que nous avons appelée période 
de germination, dont la durée est quelquefois fort étendue. Ainsi j'ai eu l'occasion 
de voir un enfant de quatre ans qui présenta des troubles nerveux bizarres, de 
l'agitation et des cris pendant la nuit, de la tristesse, de la moroflité, de la brus- 
querie durant le jour pendant un mois, et qui finit enfin par avoir une méningite 
terminée par la mort au cinquième jour. Dans ce cas, la méningite avait duré 
quarante-cin<i jours. Pour estimer la durée de cette maladie, il but donc calculer 
d'une manière un p<»u différente de ceDc qui a été suivie jusqu'à ce jour, et compter 
à partir du véritable début des accidents. 

TcrmlnaisoBs. — La méningite granuleuse se termine quelquefois d'une ma- 
nière favorable ; Parent et Martinet, Rufz, Green, Charpentier, Guersant, Rilliet, 
rapportent des exemples de guérison ; mais tous ces auteurs sont unanimes pour 
déclarer que, si le retour à la santé est possible, c'est avant le passage de la maladie 
à sa troisième période. Il y a un certain nombre d'enfants qui ont.iHie première 
attaque qui guérit et qui meurent plus tard d'une seconde atteinte de la maladie. 
Tous les faits de méningites granuleuses guéries qui ont été cités semblent se 
rapporter à des enfants encore à la première et à la seconde période du mal. J'ai 
eu l'tKxasion de traiter un certain nombre d'enfants encore au début de cette 
affection, et j'en ai guéri huit. Je n'eusse certes pas été aussi heureux, si la ma- 
ladie eût été plus ancienne et arrivée à la période convulsive. Cependant il y a 
quelques exemples de guérison de la méningite granuleuse à sa troisième période, 
au moment des convulsions et de la paralysie; mais, bien que ces cas soient rares, 
j'en ai obsené plusieurs. J'ai vu, en 185i, à Passy, avec le docteur Frébault, un 
enfant de quatre ans, malade depuis quinze jours. Il était alors sans connaissance, 
avec strabisme, convulsions, paralysie et fièvre; nous avons été assez heureux pour le 
guérir par les vésicatoires sur le crâne et l'opium à haute dose. Tous les médecins 
ont vu des cas de ce genre. 

Il y en a qui guérissent mais qui restent paralysés ou idiots, ou atteints d'hy- 
<iro('éphalie |)ar suite de méningite chronique. Dans ces cas la vision est quelque- 
fois affaiblie et le fond de l'œil présente des altérations que mes recherches ont eu 
l'avantage de faire comialtre (fig. :24). Chez d'autres la tète augmente de volume 
par suite» d'une hydropisie ventriculaire plus pu moins considérable. Ainsi, j'ai vu 
im enfant de huit ans amené à ma consultation de l'hôpital des Enfants malades et 

BOrCHLT. — NOLV.-NÉS. — 7* ÉOIT. V^ 



]!)l liTIIOLonfi PECIALI' tlE 

qui ^tiéii luiil rmii aiipaïa^aiit d iiiu> inéiiingilc, avait uiip liydroc^ptwlir cImK J 
nique avec paralysie iiiruiiipli'le pi iioIal)lc affaiblissement de l'inielligtmce. 

DiagnoKie —1 e diBgnoslic (liff/reutiel de la niéningile grannieuse est k pi 
le plus difficile de son histoiri Cependant on trouve encore, dans les s 
de celte maladie dans I emploi di 1 opiilhaimoscop' et dans la cérébro9C«pte, 4 
certain nombre de caractères dont la valeur incontestable permet d'arriver k d 
diagnostic pi -Hb 

La mùiiiit,it< ti'r'iiii'leim peutêiri confond ne avec la ménitigile simple, «»■ 
Veucéphalile i*u ks tabeiiuhs ilii lerirmi. a.\cc la pxeudo-méninsite. a\rrl« 
convulsions vermiif'^< >' 
avec la fivvre typhciide. >/ 
pcnilant, je dois le dire d-- ■ 
pri^wiil, l'encéphalite p! !■ 
luberciiles da cervean, dw 
leur période d'actniè, snn! 
nrdiiiairemeiil liés a b nv 
iiingile; leurs syinpiùiiuï <• 
conroiideiit avec renxdecp»- 
dernière aflectimi, de ti'll 
sorte qu'il est iiiipossiblr d 
les dislinguerl'imede l'ailla 
Dans ces cas, si l'ophtlulinij - 
cope comme cela a presqii-, 
loiijonrs lieu, fait diVouii» 
irne lésion du Towl de I'œiI, 
Irlle que névro-r^linilc, — 
œdème péripapilbin' , - 
t lirambose p)ilébo-r él i niennr, 
— tubercules de la choroiih-, 
etc-, ou doit affinTier qu'il 
cxisle une inllanunalioD da 
reneau ou des ménii^ps. 
Méningite simple. -- La inéningile simple si.' présente accompagnée de carac- 
tères assez saillants pour être séparée de la méningite granuleuse. I,e diagnosiir 
s'établit d'après rappréciatton des circonstances suivantes. La niéoio^te tnbiT- 
cnleuse se manifeste le plus souvent chei des enfants qui présentent des traci-^ 
d'affections strumeuses anrteuues ou réceules. Son début it'esl pas instantané. HIi- 
se développe aprts avoir présenté des i^éiiomênes morbides trop sniiveni inécoii- 
mis et précédemntent spécifiés dans la période de germintilion. 1^ marche <!'■* 
«ccJdeiits esi insidieuse, et l'on reste quelquefois iiKertain, inème après la périwl'' 
d'invasion, sur la nature des symptômes qui ne se rapportent pas clairemrnil 
une affection cérélM^le. I,es changeinents bnisqiies de coloration fin visage, cr» 
rougeurs qui le couiTeiit et disparaissent aussili^l, apparlîeiin<>nl aussi h Mie 
mtliAe. 

Aucun s\m])ldme semblable n'e\iste dans la méningiic simple, qui ne peut étn- 
conrondue axer la méningite tuberculeuse qu'à dater du mniiient où commence b 
période cimouIsivc. VIors le trismns, la rontractiii-e des membres, le lélanos, l's 

I') r. pipiDr i-ampUMniiil milii par nnlilinlioii <• 




produit l'inllllralioii 
liages et les eMuilslr 
ainsi que des tnirhe» 



196 PATHOLOl'.IR SPÉCIALE DE LA PREMIÉHE ENFANCK. 

Pour iniliqucrii'niie façon convenable le traitement de la nu'Kiiigiio tiilirna- J 
Iciisc, je diviserai le sujet en deux parlies. Dans l'une je }ui-]iTai du iraiiciml 
qu'il faut mettre ou usage duraut la période de germination, et dans l'aHtni j'o- 
poserai celui qui con\ient aux deux périodes réunies d'iavasiou e( de contuÛit 

1° Traitement de la période de germivatïo». — Los enfanis doitenl Mk 
tenus dans le calme le plus complet, loin de tout bruit, de toute agiiatinn H k 
toute oxcilalion inlellecluclle. Les phénomènes de réaction inflammaroire i]k% 
présentent à celle dernière période méritent d'être étudiés avec le plus grand mi. 
el le médecin, dirigé par r(d>ser\'ation attentive de ces phéDotni-nes. faisant la |iiri 
do la constitution lymphatique ou stnimeuse plus ou moinii prononcée des my^s, 
de leur résistance individuelle, devra compter avec l'état du |>oiils et des (nm^ 
pour se décider k l'emploi de la médication antiphl<^istiquc. 

Émissions xanguiiies. — Les émissions sanguines gém r.ilis et localen «ait 
contrc-indiquées par l'état de tuberculisalioti avancée oQ pcntent se trouver b? 
enfants, on par l'absence de réaction Tébrilc au moment du di'hiii des accidenlt. 

Cependant, comme les troubles de sauté qu'on obsene sont i-\ ideiniiieni Irrp- 
sullat d'un travail intérieur du cerveau accompagné d'une jili-e indaurniatairesni 
les mendtranes de cet organe, ou peut, si la force du pouls li' permet, et (bm b 
crainte de voir les accidents s'a^raver, soustraire une certaiii>' (luaiitiié de ho^ 
I^ soustraction doit être faite avec la lancette, et si l'opératiiiu '-si inijXKiiJble cin 
les enfanis tri-s-jcunes, on la remplace par une ap{dication ilr sangsoes à l'amn, 
aux jambes ou derrière les oreilles, sur l'apophyse mastoide. Ou |m'tiI ainsi «ikm 
deux cuillerées de sang, ou mettre deus ou quatre sangsues. s.iii^ rtaiiidn- de Wf 
afiaiblir un enfant à la mamelle. On augmente la dose en la |iii>|MM-iii)uu3ui i \'i^ 
des sujets. 

La ctMistipation, assez ordinaire i cette période, doit être S(>ii;tieii«'tt)enl mit- 
battue, d'abord parce qu'il y a tout avantage à rétaUir une loiictiuu qui nr s'ti-- 
romplit pas, et que le sim|de arrêt dans l'excrétion des matiètis IVralcs peut donorr 
naissance d'une façon lùUle sympathique i des accidents ciTilininv «fui sitinilnu 
jusqu'à un certain point ceux de la méningite; ensuite parce >|ii<' IViuploi des pur- 
gatifs détermine dans l'intestin une action révulsive capable <f<- nutjnrer k» atri- 
dents dévefoppt's dans la tête. — Le calomet, i la dose de .'< à I.'t cetitijtraHinte!!, 
est d'une administration facile. S'il ne produit pas d'effet, il f^iiii i-niphnerle sirop 
de nerpriin ainsi préparé : 

Sirop lio iier)>mii là à 3U ^niiiuirt. 

[tériKtiaii 4r |irani'au\ 6)J — 

Mfln. A prcmlre m deux Ion à jeun. 

On peut aussi faire usage du sirop de rhubarbe composé, ^i U tUyv de 30 gi 
mes, de la poudre de rhubarbe, de jalap,do Vhuilede riciu. I Ti grammes, d 
en ayant soin de calculer les doses d'après Vàge des «nfanb qw l'on traite. 

L'un des meilleurs moyens ) opposer i fa période de genniuarioii de fa n 
gile, quaitd on sait fa reconnaître, c'est l'établissement d'oo inulûf cutané p 
mancin, soit au bras, soit il fa nuque, et de prélerefice dans <<-tle ilemièn- t 
11 faut ciraisir entre le sétoii, le cautère et le vésicaloire, snnani rintensilé il» 
phénomènes, sans trop s'occuper des considérations de seie qur l<-^ parents Hmi 
toujours valoir en celte cirronstanro. Il est juste cependant i)e faire la pari clo 
appréciations que doit causer i une mère fa formaltoii d'un' jifaie denièf^ le coii 
de sa fille. On ne doit mettre ces moyens en usage qu'avec tioe iM^nisiié dsolnc 
.UoTS il ne but plus bésit«-, car toute rampfaisancv senh luupahle el poiitni||^ 



UÉNINGITE TUDEKCULEUSE. 197 

devenir une faute grave. De ces trois révulsifs, le vésicatoire bien appliqué et jour- 
nellement excité par un pansement avec la pommade épispastique est celui que je 
préfère. Il a tout autant dVlTicacilé que le cautère ou le sétou, et il a sur eux 
ravantage de laisser une cicatrice moins désagréable, surtout si son établissement 
a été de courte durée. 

2' Traitement de la seconde et de la troisième période. — Au début de la 
seconde période, lorsque la maladie se dessine davantage et que la méningite, revê- 
tant une former aiguë, est en pleine activité, il faut se décider promptement et re- 
courir à ime médication énergique en rapport avec la gravité des accidents. 

Saignée. — La saignée du bras, du pied ou de la jugulaire jouit d'une effica- 
cité réelle : elle amoindrit les phénomènes fébriles et diminue Texcitatiou cérébrale, 
ce que Ton reconnaît à la cessation des cris et du délire de l*cnfant. 

Il est souvent impossible de recourir, chez les jeunes sujets, à l'emploi des sai- 
gnées générales, que 1 on est obligé de remplacer par les saignées locales, malgré 
tous leurs inconvénients. Ainsi les enfants ont peur des sangsues. Si on les applique 
à la tête, il en résulte quelquefois une congestion très-marquée de cette partie 
bien faite pour aggraver les accidents cérébraux. Néanmoins il faut essayer la sus- 
ceptibilité du malade. Dans les cas où la frayeur des sangsues n*est pas trop con- 
sidérable, il faut en appliquer une, deux ou quatre sur chaque apophyse mastoîde, 
réitérer même le lendemain, le jour d'après encore, si la constitution du sujet 
rautoris(% et si la gravité des accidents rend cette application nécessaire. Dans la 
circonstance opposée, les sangsues doivent être mises à l'anus, à la face interne 
des genoux ou aux malléoles. Les ventouses scarifiées, appliquées par une main 
habile, peuvent avantageusement suppléer aux sangsues, et l'on devrait toujours se 
servir de ce moyen peu douloureux, qui permet de calculer la quantité de sang 
soustrait, et qui n'expose jamais à l'hémorrhagie. 

On avait i)roposé, dans le but de dégorger rapidement les vaisseaux de l'intérieur 
de la tête, d'appliquer des sangsues dans l'intérieur des narines, de faire la saignée 
du sinus longitudinal supérieur, ou de faire des scarifications sur la membrane 
muqueuse de la cloison des fosses nasales. Le premier de ces moyens est inappli- 
cable chez les enfants; le second a été employé une fois sans inconvénient; quant 
au dernier, il a été mis en usage par plusieurs médecins, et par Guersant en par- 
ticulier, qui n'en a retiré aucun avantage. 

(Vest également pour modifier la circulation cérébrale que Blaud (de Beau- 
caire) a proposé vt employé avec succès, dit-on, la compression des artères caro- 
tid(*s. Je ne doute |)oint de cette assertion; mais ce que je voudrais connaître, c'est 
le moyen de comprimer les artères carotides sans interrompre la circulation de la 
Yeine jugulaire profonde. Or, par cette compression, on empêche, il est vrai, le 
sang d'arriver au cerceau, mais on apporte aussi un obstacle au retour de celui 
qui s'y trouve, et il en résulte un état de stupeur qui pourrait bien aller jusqu'à 
l'asphyxie; car les yeux se troublent, les idées disparaissent, et la respiration s'em- 
barrasse sous l'influence de cette pratique : c'est ce que chacun pourra connaître, 
commet moi, s'il veut faire l'expérience sur lui-même et s'observer pendant seule- 
ment cinq minutes. Il jugera de l'efficacité que doit avoir cette opération dans le 
traitement de la méningite tuberculeuse. 

Réfrigérants. — Les réfrigérants extérieurs du crâne sont souvent employés, 
et leur usage est tmi-rationnel. Néanmoins ils n'ont pas une efficacité bien grande. 
Les applications de compresses imbibées d'eau froide, la g^ce dans une vessie 
appliquée sur le front, sont de mauvais moyens, qui exposent trop à des alterna- 
tives de chaleur et de froid, nuisibles plutôt qu'utiles à l'enfant. Pour emplo^et Vti 



198 PITHOLOCIE SPÉCIALE DE LA PRBNiiBB BNPANCE 

gbce, il bat nmr un bwmel spécial, de caoutcbooc, Mrrt sur les ten^pei de n»- 
Bi^ i ne pu bisser écooler le coatenu, et disposé de bçon que la ^ace tras- 
fiinnée en ean paisse cooIpt en dehors par un tuyan particnlier (fig. 25 H K). 
Si l'oR vent employer les rérrigérants, c'est ) l'irrigation contJane qu'il bnt racMiir. 
On ne dérange pas le malade de son Ut. Il a la tête |4acée sor un cona m , la 
cbereui coupés trjis-couns; le cou est serré modérément par ime étofle tofO- 
méable disposée de chaque cdté on gouttière, de tcDe sorte que l'ean qnl wnn 
dans l'inigation puisse s'écouler de chaque tùlé du lit sans mouiller le oxpa k 
l'enEant. Une Tois ces pièces disposées, on place au-dessus dn malade un i» 
rempli d'eau !i une température modérée, 18 d<^rés centigrades, et damleqDdK 
trouve un siphon i robinet, pour modérer i volonté le conrant du Ucpûde. A a 
robinet s'adaple un bout de ficdle destiné i conduire l'eau sur le froot, afin d*éiilv 
la chute du liquide, qui ne pourrait être supputée. 

Si l'on doit cesser l'irrigation, il but rendre l'eau progressirenient plus duA 
et ne pas interrompre brusquement la médication, afin d'éviter les a c cîd eBa k 
réaclioD qui suÎTent l'application du froid. Qiund l'appareil rsi enlevé, 3 U 








encore, pendant un jour, appIi(]uor sur le front des compresses inilMbées d'as 
froide. 

Frictions mercurielles. — L<-s fi-iclitHis niercuriclles sur le cou, les sîmIb. 
le cuir chevelu préalaUcmeut ram-, ont un instant joui d'une grande faveur, fiba- 
crombie les avait vantées; Gucrsant M'en était déclaré le partisan et en avait obuim 
quelques avantages. De nouvelle cxi/TieRccs sont venues dénicniir ces succh i 
dénuHitrer leur dBcacilé dans la niéitingiie sini[ile. lA-ur utilité dans la méoii^ 
tuberculeuse reste coniesiable. Ëltcs ne jx'uvenl remli'c service qu'au début d» 
accidents. On doit les suspendre dt^s qu'elles ont déu-miiné la salivation, acàdt^ 
d'ailleurs fort rare chez les jeunes enfants. 

Antitpasmodiques. — Tout en faisant usage de ces moyens, inapîi^ parb 

(•) «. ilmibk •ociiiili,irtiilrirewtii''»ri!iiii|;l«™ nili kI>c c» frajmcnU: i h nrlia Mpàrïowa *« 
uc, uiTcrliini eirciilaiTe il, iipère de rbcmiiivr ilc <l<>j;a|Kinnil piMr In tipeiin ipil l'MtMpMt te (^ 
cheviila; une ■cnnlcoinn'lura i|ai roiiuauiiqup nviv l'InlMnir dii lioiiHt n<;oil iiii bonchna dii lien n" 
lal-méiH d'une melopiir- de CMMicbuiK tiileiiii<i> <4 perci' dr: Am\ Irai» naur le pn'ta^o de dcn lakt diri 
l'u. t. annniiqiKiRciinr^viTirir|ilKéaiiHlip*wi<iluiiiv('3udi'liiii^lailiiuliilp, cldontraHtn.( hi^ 
d*m un rieijntnl iaUrint ; I, I. ilUifinii Islnilni qiii iwvtrni ï fixer l"»)!!»!^! (iu-d«Mii( ^ h^ ^lUiM 

("J a, dmbla MC cMlcmiit une riïïu; ni Mitat pItp i^jup* l'eus (fluoi.- on b «br- m fraeoimia ■ j ■■!■>> 
lara tiriibire 911 leiwe diScinr le* Ynpnm aViluppaiit di niir rlii>wilii; d. nvnrotr plMé ^ûkMv d* 
àt li<Sp raleiiK de cMolclisnc, liiiunl pittcr li> lulie ilu r^prvuir d cl le lubc à Jcoalmnnit r. 



MÉNINGITE TUBERCULEUSE. 1^9 

naUire de la maladie, il ne faut pas négliger de remplir les indications fournies par 
les autres symptômes. Les vomissements doivent être combattus à Taide des anti- 
périodiques, le quinquina brut, par exemple, à la dose de 20 ou 30 centigrammes, 
Textrait de quinine, ou à Faide des calmants et des opiacés, ou enfin par les anti- 
spasmodiques, l'eau de fleur d'oranger, l'eau de laurier-cerise h la dose de 
10 gouttes, l'éther et le cliloroforme à la même dose, la teinture de valériane, de 
castoréum, etc. La glace ou l'eau glacée peut être très-utile dans cette circon- 
stance. 

Opium. — Les opiacés ont Tincon^'énient d'augmenter la constipation, mais ils 
sont très-utiles pour calmer l'état d'excitation cérébrale des jeunes enfants. Il faut 
donner la teinture de Rousseau et celle de Sydenham en potion, à dose narcoti- 
santé, à de courts intervalles, en augmentant progressivement la quantité jusqu'à 
ce qu'on obtienne du sonnneil. J'ai pris l'habitude de l'administrer par gouttes, 
deux ou trois et même davantage, selon l'âge des enfants, toutes les heures, dans 
une cuillerée d'eau, de sirop ou d'un véhicule quelconque. Si la constipation per- 
siste, je lui oppose le calomel à la dose quotidienne de 5 à 10 centigranmies, en 
pastilles ou en poudre dans de la gelée de groseille. 

Purgatifs, — Les pui-gatifs sont toujours utiles dans cette maladie. On les ad- 
ministre d'al)ord parce qu'il est nécessaire de maintenir la liberté du ventre chez 
les enfants, ensuite parce qu'on peut espérer de leur emploi une action de révul- 
sion intestinale favorable au dégoi^ement de la circulation encéphalique. Vhuile 
de ricin, 15 grammes, et le calomel à la dose de 5 à 10 centigrammes, doivent 
être doiniés tous les jours, et continués jusqu'à ce que la diarrhée oblige' d'inter- 
rompre leur emploi. 

Uérulsifs. — On obtient aussi de grands avantages par les révulsions cutanées, 
faites à de courts intervalles, k l'aide de bains de pieds sinapisés, de sinapismes, 
ou même de vésicatoires aux jaml)es. Ce dernier moyen ne doit être proposé que 
dans la période de convulsion et lorsque les autres ressources ont été épuisées, 
i^est aussi dans la même période et dans les mêmes circonstances que l'on se dé- 
cide à couvrir la tête, préalablement rasée, par un large vésicatoire volant. Olte 
médication a été souvent employée par les médecins ; elle n'a presque jamais réussi. 
Les avantages que l'on retire de son emploi sont surtout évidents dans la méningite 
simple ou hydrocéphalie aiguë. Plusieurs enfants ont dû la conservation de leur 
existence à ce remède énergique. Le vésicatoire volant peut très-bien être remplacé 
par l'huile de croton tiglium, par des applications de teinture d'iode deux fois par 
jour, et par des frictions stibiées sur le cuir chevelu. Ces frictions se font avec une 
ponunade ainsi composée : 

Axonge 1)0 grammes. 

Tiutrc slibié 10 — 

Pour frictions, trois fois par jour, jusqu'à réruptioii conlluente. 

Les cautères formés par la potasse à l'alcool ou par le marteau de Mayor, et le 
séton de la nuque, ne sont pas fort utiles dans cette période de la maladie. On ne 
doit les employer que dans la période de granulations et dans l'hydrocéphalie 
chronique. 

lodure de potassium, — Divers moyens empiriques ont été proposés contre la 
méningit<* granuleuse; parmi eux, il en est un recommandé par Roesert, Bennctt, 
Copland, K\anson, >Vood, Bedoar, LafTore, Coldutream, etc., c'est Viodure de po- 
tassium : on le donne à 1 gramme cinq à six fois par jour, chez les petits enfants; 
l'I à "1 grammes également cinq à six fois par jour, chez des sujets plus âgés. 



200 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREHIBRB ENFANCE. 

Ce (lernier médicament avait toutes les prédilections de Cwiidei. mais elles a'w 
pas été justifiées par l'observation ultérieure. 

La seule difTicullé de ce traitement consiste dans b répugnance provoqua pi 
riodure et dans l'impossibilité où l'on se trouve quelquefois de le faire prendR, 

Observation I, — 1« docteur Baumann dit que, ayant été appelé au huilUs. 
jonr d'une hydrocéphalie aiguë chez uo enfant de huit ans, offrant une insensJbilU 
absolue, de la cécité avec dilalation et inimobitilé de la pupille, de In siirdilê, d(k 
raideur de la nuque et de la didiculté d'arater, un écoulement involonlaii'f des sti- 
nés et des matières fécales, du grincement des dents, et de temps à autre des tM> 
Tulsious générales, il donna 8 grammes d'iodure potassique dacis uni' potion i prn- 
dre dans les vingt-quatre heures. 

IjCs convulsions cessèrent dès les premières doses, et bienlël survint une amélio- 
ration véritable, ce qui engagea à continuer le remède. 11 seproduiiil peu ùpeuuoi: 
forte diurèse, puis une éruption miliaire générale ; un ulcère clmbontieut apparni 
sur le dos du pied et fut suivi de la destruction gangreneuse du lissu cellulairr i' 
cette l'égion. 

L'enfant guérit après avoir consommé pendant un mois près <\e 75 grammes il'i«- 
dure, et chaque fois que dans la durée du traitement il y avaii une inlemiptin 
dans l'administration du médicament, il y avait également une aggravation Aunt \tt 
symptômes. 

Moyens divers. — On a également conseillé le bromure dt iiotassium, Vioduri 
de mercure à li centigrammes; le sulfure de potasse i la dos<' tW '.\0 k 5(J ccnli- 
grammcs dans un looch; le tartre stibié à 5, 10 et \h i •'uli^ranime», unit 
l'opium; la digitale, la scille, \ à 3 grammes; Vextrait de fmi\l>-s de no^trit 
et 3 grammes (Luion); mais tous ces médicaments sont d'uuf erticacin'* doutenv 
et ne se recommandent par aucune observation positive. 

Uans la période convnisive, je fais administrer de Val'iwl cumi'hré. Il on 
4 gouttes dans un demi-verre d'eau sucrée; de la teinture de musc i 1 et i (pom- 
mes dans une potion; de Vasa fœtida, S >i 4 grammes pour un lavemeni ilc 
]25 grammes; du sulfate de quinine, 50 cenligrammesàl gramme eubvemi-nl; 
le phosphore, à la dose de 3 et 5 centigrammes dissous dans de l'Imilo d'amaudi^ 
douces; Yhyârate de cbloral, i gramme. 

Si les phénomènes convulsifs apyréliques et non précédés de i(miis»einrnis 
semblent être le résultat d'une pseudo-méningite vermineu-tp produite par des 
lombrics, il faut donner 25 centigrammes à 1 gramme de caloim-l par jour, el alor% 
comme purgatif et comme vermicide la substance peut guérir les enfants. 

Enfin il faut, pour favoriser le succès de tous ces moyens, mettre le malade an 
r^me le plus sévère, et iH-escrirc ['usage des boissons déla\aiii<'s et rafraicbii- 
sanlcs. Si la réaction fébrile n'est pas trop considérable et si la maladie se pro- 
longe, je pennets une alimentation légère, soit avec du bouillon, soit avec du b' 
pour éviter une trop grande prostration et pour prolonger les jours du mail 

Aphorismcs. 

103. La méningite granuleuse est spéciale au jeune âge, mais on f d 
quelquefois aussi la méningite simple. 

104. La méningite granuleuse se développe toujours chct les enfanta M 
et tuberculeux, ou issus de parents atteints eux-mêmes de tubercules et de lenfr- 
lides cutanées, osseuses, ganglionnaires et viscérales. 

1 05. La méningite granuleuse s'annonce très-longtemps i l'avuiei pw te pfe^ 



ec dnhij^ 
ni did l j 



MÉNINGITE AIGUK. âOi 

uomèiios intermittents qui sont : de l'inappétence, des accès de tristesse et de 
colère, de Taliattement, des frayeurs et des hallucinations nocturnes. 

lOG. Des vomissements, de la constipation, une fièvre vive, avec intermittence 
du pouls, joints à une respiration courte, incomplète, intermittente et suspi- 
rieuse, et une névro-rétinite avec ou sans tubercules choroîdiens, annoncent une 
méningite. 

107. I^ rougeur subite du visage et sa décoloration consécutive alternant à de 
courts intenalles durant la fièvre, sont des signes prochains de convulsions. 

108. La fièvre des enfants, accompagnée de sensibilité extrême des yeux à la 
lumière, et d'occlusion permanente des paupières, sans ophthalmie, est un signe 
de méningite. 

109. I^ méningite granuleuse accompagnée de cris aigus et de convulsions est 
à peu près invariablement mortelle. 



S n. — Méningite aiguë cdmple. 

I^ méningite simple s'observe quelquefois chez les enfants à la mamelle. Selon 
quelques auteurs. Billard, Baron, elle remplacerait à cet âge la méningite tuber- 
culeuse. Je ne crois cependant pas que cette proposition soit exacte, et je me 
fonde sur le relevé de quinze observations de méningite recueillies chez des enfants 
de huit jours à trente mois, relevé dans lequel je trouve dix exemples de méningite 
granuleuse, quatre exemples de méningite simple et un exemple d'hydrocéphalie 
aigiiè essentielle. 

Je puis donc avec raison appliquer aux enfants à la mamelle la proposition for- 
mulée par Gnersant, au sujet de la fréquence de la méningite chez les eniknil 
de deux à quinze mois. Je dirai, d'accord avec cet auteur, et pour tous les 
enfants, que le nombre des méningites simples est inférieur au nombre des mé- 
ningites tuberculeuses. C'est surtout dans la seconde enfance et après la puberté 
qu'on rencontre la phlegmasie simple des méninges à l'état aigu. 

Caoscs. — Les causes qui favorisent le développ<*ment de la méningite simple 
sont aussi nombreuses que variées. Cv sont : les coups, les chutes sur la tétc, l'in- 
solation, les plaies du sourcil qui par leur action ascendante gagnent le cerveau 
et les méninges (1), l'excès de travail, et enfin l'influence épidémique. Nous 
savions bien que la méningite aiguë des adultes pouvait se développer squs cette 
influence; mais on ignorait qu'il en pût être de même chez les enfants. Les re- 
lations de méningite cérébro-spinale épidémique publiées par Albert, Misder, 
Wilson, etc., lèveront tous les doutes à cet égard. 

I^ méningite simple peut aussi être congénitale; fait rare, dans lequel la 
maladie a été primitive, et s'est développée en dehors de toute influence épidé- 
mique, en offrant tous les caractères anatomiques de la ménii^te cérébro-spinale 
ordinaire (3). — Née dans le sein maternel, elle a été annoncée par la sortit 
prématurée du liquide amniotique, et les phénomènes observés au moment de la 
naissance n'ont été que des accidents assez caractérisés de strabisme, de renverse- 
ment du corps et de la tête en arrière formant Vopùtthotonos. Gîtte obsenation 
se trouve dans la précédente édition de cet ouvrage. 

On trouve dans les traités de pathologie des observations d'enfants qui présen- 
taient au moment de leur naissance le sdérème, l'ér^sipèle, la péritonite, la pieu- 

(1) E. Boucliut, Gauflte des hôpitaux, 1865. 
ii) Stolts, Ga%elte des hôpitaux, 1857. 



•.^ 



*^ 




20â PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

résie; il y eu a même qui sont relatives à des cas de ménin^tes consécotifct à 
Topération du spina-bifida, par exemple; mais nous ne croyons pas qu'il ùi hè \ 
question de méningite cérébro-spinale, idiopathique, spontanée, aussi nettemeat 
caractérisée par les symptômes et surtout par les lésions nécroscq>iques. 

liéslona aaatoailqaca. — Les caractères anatomiques de la méningite sinpii 
des enfants sont, à peu de chose près, les mêmes que ceux de la méningite 
nuleuse. Si Ton excepte les granulations qui forment le signe essentiel de 
dernière variété, les altérations de Tarachnoîde, de la pie-mère et du cerveau 
semblables; seulement riufiltratiou plastique et purulente qui se fait dans le 
de la pie-mère et Tépanchement des ventricules paraissent plus marqués. 

Je ne pense pas, comme le prétendent Rilliet et Barthez, qa'oo 
rapporter à la méningite tuberculeuse certains exemples de méningite siiiifh^ 
c'est-à-dire sans granulations méningées et sans tubercules cérébraux, par ce 
motif qu'il existe des productions tuberculeuses en d'autres points de F 
La phlegmasie des méninges qui se développe chez uu enfant qui a des 
cervicaux ou une affection tuberculeuse de i'ar^culation du genou {tumeur 
ne saurait être considérée comme une méningite tuberculeuse, s'il y a des 
lations méningées. C'est comme si l'on voulait appeler pneumonie t 
celle qui survient chez un enfant qui n'a pas de tubercules pulmonaires, 
qu'il y en a dans les ganglions bronchiques ou parce que d'autres organes 
remplis de ces productions morbides. '' f^ 

Souvent, il est vrai, le médecin, guidé par la constitution évidenunent tnbarcÉ*- -^ 
leusc des enfants qui présentent des accidents cérébraux ou thoraciques, croît pr* ** 
voir diagnostiquer une méningite granuleuse ou une pneumonie tuberculeose : 
eflet, la chose est très-probable, mais il ne doit pas craindre d'avouer soo 
et de revenir sur son assertion, si l'autopsie lui permet de constater l'absence de 
granulations dans les méninges ou dans les poumons. 

HjwÊÊfÊùwÊÊcm. — Les symptômes de la méniiigite simple sont surtout dif&nmiB 
de ceux de la méningite tuberculeuse, lorsqu'on les étudie au début de Faffiectkio. 
Il faut ici tenir compte des commémoratifs pour connaître les antécédents de Pen- 
faut, et savoir si, dans sa vie ou dans celle do ses parents, il n'y a pas de traces 
de l'affection scrofuleuse. Le début de la méningite simple est toujours i 
il y a, au contraire, dans la méningite tuberculeuse, des accidents 
plus ou moins prolongés qui n'échappent pas à un examen attentif. Ce 
ces phénomènes que j'ai rassemblés dans la période prodroniique de ger- 
mination de la méningite granuleuse, comme on a pu le voir dans le cbqptee 
pi^édent. 

A part cette différence fondamentale dans Texpression morbide du début dek 
méningite simple, les autres symptômes ne diffèrent pas beaucoup de ceux de k 
méningite tuberculeuse. Ici, la marche est plus rapide, les accidents OHHns incer- 
tains, les phénomènes mieux caractérisés; mais il n'y a |)as de signes posittt mt 
lesquels on puisse s'appuyer pour assurer son diagnostic. Je renvoie donc, pmff ce 
qui regarde les symptômes de cette maladie, à l'exposition du diagnostic des éea 
dernières périodes de la méningite tuberculeuse par l'étude des troubles fonction-' 
nels, et des signes cérébroscopiques. 

TeraïUuiis^B. — Au point de vue de la terminaison, de grandes diSéreoccs 
séparent ici la méningite aiguè de la méningite tuberculeuse. 

La méningite aigué peut se tenniner par la mort, par la guérison, ou passer 
à l'état chronique. I^ guérison n'est plus ici tellement rare qu'on la révoque m 
doute si on ne Ta pas obsenée. De nombreux exemples attestent la possÉliCé de k 



MÉNINGITE TYPHOÏDE. 203 

guérison, qu'on obtient plus faciiement dans la méningite aiguë sporadique que 
clans la méningite aiguë épidémique. 

Après le retour à la santé, il reste quelquefois pendant fort longtemps des troubles 
de rintelligence ou de la motilité. Chez quelques enfants, l'aptitude au travail paraît 
alK)lie, et leur esprit se développe avec peine. Chez d'autres, on obsene de la fai- 
blesse dans les membres d'un côté du corps, et quelquefois de l'hémiplégie ou de 
la paralysie dans un ou plusieurs sens. Cette paralysie se dissipe avec Tâge. Ainsi 
j'ai vu, au mois de juillet 1851, à ma consultation de l'hôpital Sainte-Eugénie, une 
enfant de six ans, qui au mois de décembre 1853 avait été malade, avait eu la 
fièvre, des vomissements, de la constipation, des cris hydrencéphaliques, des con- 
vulsions suivies d'une hémiplégie droite complète. Quand elle me fut présentée, 
la paralysie avait presque disparu, et il ne restait plus qu'une faiblesse très-grande 
des mouvements, surtout dans le bras droit. Il en est chez lesquels la maladie 
amène une idiotie complète ou une paralysie incurable, ou enfin se transforme en 
hydrocéphalie chronique, comme j'en ai observé deux exemples. Celte terminaison 
est fort rare. L'hydrocéphalie se développe presque toujours d'une manière lente 
et insensible, sans qu'il y ait de phénomènes aigus précurseurs. 

Traitemeat. — Les considérations qui sont relatives au traitement de la mé- 
ningite tuberculeuse à l'état aigu qui se trouvent dans le chapitre précédent 
trouvent ici leur place. Elles sont tout à fait applicables au traitement delà ménhi- 
gite simple. Les indications à remplir dans les deux affections sont les mêmes : il 
faut à tout prix détourner la fluxion des méiringes. 1^ tâche est plus facile dans 
un cas que dans l'autre. On emploie les mêmes moyens pour y réussir : aussi ne 
me parait-il pas nécessaire de revenir sur ce que j'ai dit à ce sujet, § III de la 
méningite cérébro-spinale. 



CHAPITRE XXX 

MÉNINGITE RHUMATISMALE 

Dans le cours du rhumatisme articulaire aigu il se montre parfois du délire, du 
coma, et des accidents neneux qui entraînent la mort en un ou deux joiu^. C'est 
la méningite rhumatismale qui est décrite dans le chapitre Rhumatisme. 



CHAPITRE XXXI 

MKNINGITE TYPHOÏDE 

Quand la fièMe typhoïde se complique de phénomènes ataxiques, de délire, de 
car|)hol(>gie, de coma, la sul)stance corticale est ramollie et infiltrée de leucocytes 
dans la gaine lymphatique des vaisseaux. Alors, les deux papilles présentent une 
hyptThémie telle (pie les contours (lapillaires s'effacent et que le nerf optique est 
tout voilé. C'est une méningite typhoïde. A cet état se rattachent les amauroses, 
les surdités, les anmésies, les paralysies et la perte d'intelligence qui suit les fièvres 
Ixplioïdes gra\es(l). 

(Il Vovoz FlKMlR TYPHOÏDE. 



i204 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA l'HEMIÈRE ENFANCE. 

CHAPITRE XXXII 

PSEUDO-MÉNINGITE 

Les maladies ne sont pas toujours franchement révélées par leurs symptâmof | 
caractéristiques. On ne les reconnaît pas toujours d'après les types fournis par kl 
pathologistes. Elles s accompagnent fréquemment de symptômes qui appartiemMU -i 
à des lésions de nature différente; quelques-uns de ces symptômes peuvoi 
manquer, et les cliniciens savent très-bien que des troubles fonctionnels 
blables peuvent être occasionnés par des causes très-variées; de là des fi 
pneumonies; — des fausses vaccines ; — des faux croups ou 
— des fausses rougeoles ou roséoles; — des fausses scarlatines ou rad^;*^^ 
des fausses pléthores; — des fausses pleurésies ou pleurodynies ; — desygfuii.i 
chancres ou chancroïdes; — des fausses diphthérites ou diphthéroîdes; — *"' 
pseudo-encéphalieSy etc., états morbides généralement connus de tous oem 
ont rhabitude de voir des malades. Eh bien, à côté de toutes ces fausses l|f|^ 
rences des types morbides connus, il en est une autre que je veux décrire, <4Mm 
im état morbide dont la clinique révèle assez fréquemment lensteDce, dfpi 
caractérise le trouble fonctionnel du cerveau et des méninges pouvant donner ioi 
à de^ apparences de méningite. Il y a dans ces troubles fonctionnels la preufe dl;' -' 
l'existence d'une forme irrégulière d'état cérébral morbide méritant le IMNB AT 
pseudo-méningite. 

Je la définirai comme il suit : 

Une névropathie aiguM fébrile passagère, caractérisée par la fièvre^ '^tM^ 
gularité du pouls, les vomissementSy la constipation, le délire et les iomliwh 
de tête occasionnées par la congestion réflexe des méninges, 

lAi pseudo-méningite est surtout une maladie de Tenfance; mais je Tai^pfe* 
ment obseiTée chez Tadulte, chez un élève en pharmacie qui fut rapidement gafiri 
par l'expulsion de quelques lombrics. Sa fréquence dans le jeune âge s^eKfÊkfÊb 
par la vivacité des actions réflexes, tandis que, chez Tadulte ou chez le 
elle est plus rare. Cela s'explique parce que les actions réflexes se tradoÎMnl 
d'une façon plus obscure, sous une autre forme ayant une marche aigutf 
nique, et donnant lieu à des convulsions ou à la manie et à la folie parttftifwe.' 
La folie puerpérale, la folie dyspeptique, la folie séminale, l'épilepsie TorirfMMe^ 
la manie aiguë des premières heures d'une pneumonie franche ou d'une ¥iriQk| ' 
surtout chez ceux qui font abus des alcooliques, etc., sont des accidents de 
ordre et de même nature. 

La pseudo-méningite est une maladie sympathique et elle relève 
des actions morbides réflexes de paralysie ou de contracture vaso-motrice qnellp» 
ritation du nerf grand sympathique engendrée sur un point du corps mabde, ihk 
naître siu* d'autresorganes, où comnmnique le rameau irrité. 

De même qu'une plaie du nerf frontal, que l'arrachement d'une branche dn nerf 
maxillaire supérieur, qu'une inflammation diphthéritique du glosso-pharyimiM% 
qu'une irritation vésicale, utérine ou séminale du plexus sacré, que le tmaS de 
la dentition, déterminent par action réflexe des amauroses, des paralysies gteé^ 
raies, des paraplégies, des épilepsies, des chorées, des toux nerveuses, des hoqnels 
rebelles, des entérites, des broncliites, etc., dont la cause est généralement attribnèe 
à un trouble de la circulation locale du cerveau ou de la moelle, sous Tinfluenoe 
d'un désordre de l'innervation vaso-motrice, de même verrons-nous celkines îrri- 



DE LA PSEUDO-MÉNINGITE VEU:MINELSE. 205 

tatioiis intestinales, gastriques, pulmonaires et tonsillaires, produire ce trouble de 
la circulation cérébrale qui constitue la pseudo-méningite. 

Il y a différentes espèces de pseudo-méningites : la pseudo-méningite vermi- 
neuse;\à pseudo-méningite tonsUlaire^ variolemey pneumoniqtie ou des ma- 
iadies aiguës; et la psetulo-méningite gastralgique ou chlorotique et la psetido- 
méningite simple. 

m 

g I. — De la paeudo-méningite vermineuse. 

Il y a quelques aimées, un élève en pharmacie, habitant la rue Monsieur-le- 
Prince, me fit demander. Il venait d'être pris de fièvre et d'horribles douleurs de 
tête, avec vomissements et un ])eu de constipation. Sou pouls était à la fois fré- 
quent et intermittent, avec quelques inégalités. Il venait d avoir une épistaxis 
assez considérable. Je redoutais une méningite ou peut-être une fièvre typhoïde 
irrégulière, à cause de l'âge du sujet et de Tépistaxis; en un mot, j étais incertain 
de la signification de ces symptômes, mais l'irrégularité du pouls, la céphalée, les 
vomissements et la constipation semblaient indiquer le début d'une phlegmasie 
cérébrale commençante. Je donnai au deuxième jour un purgatif qui amena des 
vomissements de bile et le rejet de deux lombrics par la bouche. Le lende- 
main, toute fièvre avait cessé, les douleurs de tête étaient à peine appréciables, 
et le malade se trouvait beaucoup mieux. Quelques jours après il était entièrement 
guéri. 

Ce fait m'étonna beaucoup, et bien que je coimusse faction sympathique des 
entozoaires sur les fonctions cérébrales, cette forme congestive, semblable à un 
début de méningite, me parut tout à fait exceptionnelle et digne d'être remarquée. 
J'en parlai à plusieurs reprises dans mes leçons cliniques, et j'attendis que de 
nouveaux exemples se prés(Mitassent à mon observation. Cela n'a pas tardé. 

A l'hôpital, en 1868, je reçus une petite fille de trois ans qui était triste et 
maussade depuis quinze jours. Tout à coup, elle se mit à vomir et à refuser les 
aliments. Elle avait de la somnolence et de rabattement, le pouls un peu inégal et 
irn^^gulier, mais elle ne S4' plaignait d'aucun point du corps. Elle allait peu à la 
garde-n)l)e, mais des évacuations naturelles avaient lieu de temps à autre. Huit 
jours se laissèrent ainsi lorsque tout à coup (*lle vomit plusieurs lombrics, et elle 
se rétablit en quelques jours. 

Tous les nu'decins ont vu des faits de ce genre dans lesquels des accidents céré- 
braux de pseudo-méningite ont été occasionnés, soit par des lombrics, soit par des 
oxyures : Lebon dit en avoir recueilli 29 observations dont il a donné le résumé (1), 
et un autre exemple produit par des oxyures, tenu en échec a la sagacité de trois 
médwins de Nantes (2). 

En voici un qui s'est passé a l'hôpital des Enfants en 1867, et qui se rapporte à 
des oxyures. — Il était caractérisé par des douleurs de tête, l'irrégularité du pouls 
et des hallucinations. 

OusKKVATiON 1. ^ Pseiulo-tnéningite avcc hallucinations. — Oxyures vemuculai" 
res. — Ophthalmoscopie. — Alice Docagne, Agée de six ans, fut amenée le 1 1 et le 13 
noveiuhrc 1867 à la cousuUation do Thôpital des Enfants. 

Sa mère raconte qu'elle rend avec les excréments des quantités d'oxyures vermicu- 
la ires considérables, et que depuis huit jours elle a de vives douleurs de tôte à la 
région occipitale, sans vomissement, ni constipation, ni changement d'humeur. 

( 1 } Li?hon, Journal des connaiuances médicales, 
it) Voir Bulletin de thérapeutique, 18C9. 



i06 l'ATIIOLOCIE 51'ECIALE DE LA P1IEM1E[IE EWANrK. 

Elle n'a pas d'appétil. Son pouU bat 80, est inégal, et elle a eu, il y n trois juin, 
quelques heures d'égarement intellectuel, avec hallucination de l'ouïe et de la tu. 
Elle croyait s'entendie appeler et elle voyait en face d'elle des images sinistres qti 
la faisaient criei- de frayeur. Ses pupilles sont fortement dilatées et peu setuiblni 

lumière. 

La papille est petite, confuse, voilée par une hyperhémie iMpillaire sau^in-; am 
intense, et il n'y a rien dans les vaisseaux de la rétine. i 

Galomel, 0,50. L'enfaiU a rendu un grand nombre de vers Je l'uspècc oxyure. Pu I 
d'hallucination ; trois jours après, elle fut guérie. 

Maiiitcnaiii, ou peut se demander ce que devient et ce que [leut deveuîr dm I 
pseudo-méiiiiigitc veniiiiicus«'. N'est-ce qu'une simple tungcsliou ci'^rébrale a ' 
méningée de nature réllcxe, simple f1u\ioii due â la paralysii- v3SfvnKitri('.e, mm ' 
mélange d'inflammation, et n'y a-t-il pas ï craindre que c-<'iii- lltixion |>rolMfi( 1 
n'entrdne une vraie méningite? Ici, je fais mes réserves, cl je n'essayerai puât ' 
résoudre par des alfirmalbns prématurées ce que je crois éirc uiit' îjiccniludr. ' 

Dans les cas que j'ai observés, la pseudo-méningite ou simple fluxion des ml^ 
ninges s'est terminée par le retour rapide à l'état normal, apr^s l'évacualicH) iIbi 
lombrics ou des oxyures, mais on peut craindre qu'il n'i'n soit aulremeni. Bb 
eflct, une loi d'auatoniie pathologique générale nous apprend qu'il n'y a pis d( 
congestion prolongée d'un tissu ou d'un organe qui n'entraîne des prutifénliou ' 
cellulaires abondantes et qui ne fasse, soit des leucocytes, soit rks cytoblutidu. 
D'après cette loi, une simple congestioD des méninges ou pseudo-méningite pooi^ 
rait entraîner une méningite. C'est ce qui arrive déjà à la sniie de la rongestios 
cérébrale tjpboïde qui peut occasioimer mie méningite typlioîde, et dans la ow- 
gesiion des poumons qui entraîne la pneumonie typhoûlc. C'est ce qu'on tel 
dans l'hypcrhémie conjonctivale suivie de sécrétion mucD-puriileitle, etc. Or, ù 
une phl<^nusie peut naître d'une iluxion par paralysie Tas(i-ir)otrice, on ue Mirnil 
affirmer qu'il soit impossible que la pseudo-méningite ne dé^'éntre c-n vraie mé- 
ningite. 

Cela étant dit, j'ajouterai que j'ai vu un cas dans lequel relie iransfom talion t 
eu lieu ; mais, dans la crainte d"ètre dupe d'une coïncidence, ji' ne publie ce fiil 
que sous IJénéfice d'inventaire, et en latsant mes réserves. 

CteSERVATioN U. — Lombrics, accidents cérébraux de laétiingih. — OfMtlMt- 
copia. — Aforl. — Eugénie Hamelin,âgéedequaU-e ans, entrée le 9 mai 18â,ritV47 . 
de la salle Sainte-Catherine, à l'hâpilal des Enfants, service de M. Bonchtrt. 

Cette enfant, élevée en Normandie, o£i elle a eu la petite ruugcole et U iiilUlM. 
est à Paris <lepuis trois mois. Depuis lors elle a rejeté beaucoup de ver» totÊkrkt, 
Un biscuit vermifuge lui en a fait rendre une quantité, et le i mai elle a été prindi 
violents maux de tète, sans vomissements, avec constipation et (lèvre. 

On l'amène à l'hApilal, et là elle rend spontanément un lonibric par U b 
plusieurs autres par les selles ; le calomélas en fait rendre d'autres. 

L'enfanl restait somnolente, à peu prés sans connaissance, avec un pen ilTii 
gie incomplète à droite, sans ancsthésie ; elle poussait des cris et des soo^n; a 
avait des rougeurs intermittentes du visage, et une température de la pei 
entre 38 degrés le matin et iO le soir. 

A l'hôpital, il n'y a pas eu de vomissements et pas de garde-robes. 

Les yeux présentaient une névrite optique très-caraelérisée, avec i__ 
veineuses, des dilatations variqueuses des veines rétiniennes, et un nuage h 
miquc couvrant la papille. 

L'enfant a pris pendant deux jours le calomel contre les vers, puis pendant A 
jours I gramme de sulfate de quinine, et à ce moment ont apparu de vi' ' 



DK LA PSEUDO-MKNINGITE DES MALADIES AIGUËS. 207 

vulsions, au milieu d*unc fréquence et d'une petitesse du pouls très-grandes, mais 
l'hémiplégie n'a pas augmenté. 

Les phénomènes sont restés à peu près les mêmes pendant deux jours, ainsi que 
les lésions de la rétine et de la papille. 

Mort le 16 mai. 

A VautopsiCy on trouva la pie-nière exlTémeraent injectée, formant une nappe rouge 
uniforme à toute la surface du cerveau, adhérant un peu à la substance corticale 
légèrement ramollie, et présentant sur quelques points un peu d'infiltration purulente 
le long des vaisseaux. A la hase du cerveau, il n'y a pas d'infiltration purulente, pas 
plus que dans la scissure de Sylvius ; mais là on croit distinguer deux à trois granu- 
lations grises. 

Les ventricules latéraux sont très-dilatés, et leurs parois ramollies, pultacées. La 
substance cérébrale ne présente pas de tubercules. 

Dans les poumons existent un certain nombre de granulations grises demi-trans- 
parentes, et quelques-unes ont un point opaque au centre, d'autres sont jaune cru. 

Les ganglions bronchiques sont tuberculeux, et, dans l'un d'eux, on constate une 
partie normale hyperhémiée ; dans le voisinage, quelques granulations miliaires iso- 
lées; à côté, d'autres granulations confluentes; plus loin, le tubercule homogène à 
l'état de crudité, et, à côté, une partie de ce tubercule ramolli, diffluent. 

IJintestin est rempli de matière liquide verdAtre au milieu de laquelle on trouve 
une grande quantité de lombrics. 

Les yeux présentent une congestion considérable de la rétine et de la choroïde. 
La papille est peu distincte. 

RÉFLEXIONS. — N'y a-t-il eu qu'une simple coïncidence entre la présence des lom- 
brics de l'intestin et l'apparition des accidents cérébraux qui ont entraîné la mort ? 
C'est possible, puisqu'on a cru trouver quelques granulations grises tuberculeuses 
dans le cerveau, et qu'il y en avait certainement dans les poumons, ce qui établit que 
la méningite était tuberculeuse. 

(cependant, on peut se demander si l'enfant ayant des granulations cérébrales et 
pulmonaires, la congestion du cerveau produite sympathiquement par les lombrics 
n'a pu être la cause de la phlegmasie des méninges. C'est une question insoluble, à 
moins de vouloir la trancher d'une façon systématique, ce que je n'ai aucune envie 
de faire. Je rapporte l'observation en attendant que d'autres faits viennent l'éclairer. 

§ II. — De la pseudo-méningite prodromique des maladies aiguës 
(amygdalite, pneumonie, variole, rougeole, scarlatine). 

(À'tte forme ost trèi>-coinniunc et donne très-souvent lieu à de graves erreurs 
de diagnostic. Elle est plus fréquente au début de l'angine tonsillaire qu'au début 
de toute autre maladie ; on ne robser\e que chez les enfants d'un certain âge, qui 
est celui de la première enfance. Je ne l'ai jamais vue après sept ans. 

A. Pseudo-méningite tonsillaire, — I^ pseudo-méningite tonsillaire résulte de 
rinflanunatioii aiguë des amygdales et non des phl^^asies diphthéritiques ou autres 
de vi^ glandes. (i'i»st la conséqu(*nce d'ime hyposthénie vaso-motrice congestive 
des méninges, amenant Thyperhémie de ces membranes, et produite par l'irri- 
tation des extrémités du grand sympathique et du nerf glosso-pharyngien. L'action 
est instantanée, immédiate. C'est le phénomène initial de l'angine tonsillaire : 
connue dans li*s prodromes de la variole, sous l'influence d'une action réflexe, on 
voit un rash ou exanthème prodromique apparaître plus ou moins longtemps avant 
1 éru|)tion pnstuleusi' de la maladie. 

Vlors les enfants sont pris de fièvre, avec ou sans irivgularités du pouls, et de 
céphalalgie avec congestion et chaleur du visage. C'est un phénomène analogue à 
celui qu'on observe dans toutes les maladies aiguës de l'adulte ; seulement, dans 
l'enfance, qui est Tàge des sympathies violentes, la congestion cérébrale est plus 



n 

fiOR PATIIOLOCEE SPÉCIALE DE LA PREHIÉHE BNFÀNCK. 

proDOiicéc et, av<>c cet état vultueux et brûlant du visage, il y a mio a^iiLiliun inli- 
cibte, des niouvemciils coiilinucls, des cris, du délire, des frayeui's <-i i]n lialluci- 
nations qui éprouvantcnt beaiicDii|> les mères. Eu même tcmp», Il > d île la Trr. 
qucncc du pouls, parfois des inV-gularltés cl des ititcrmiltcnces, jutsipii- inujonn 
un vomissement par itidigesiion, accidentellement de la constipation, cnliu, tout et 
qu'il faut pour tromper momentanément le médecin et pour ^rpi- siiti JugiiiiKi 
Oet erreurs do ce genre ne durent pas loi^temps, mais elles se prolongent im. 
deux jours, et c'est trop. Dès la première heure, il a faUu se prmioncer pour m 
car un état aussi aigu ne peut être traité par expoctation, et sou\eni le 
pense avoii- alTaire h une fièvre c<>r^brale, c'esi-à-^ire à une méningite. Il se |R( 
nonce dans ce sens, agît dans cette idée par des sangsues aux oreilles, à Vaamâ 
aux malléoles, et, trois jours après, les accidents cérébraux ayant cessé, îl d^ 
avoir guéri une méningite. Je connais beaucoup du mé<lecins qui. de irès-l 
foi, peniM^nt avoir ainsi guéri des ménii^ites qui n'existaient pa.s et qui n' 
que des pseudo-méningites. Une fois mj'me, il y a vingt ans, un médecin qa) 
mort est venu dans ma clientèle, en mon absence, mettre des sangstus i 
oreilles d'un enfant de deux ans, qu'il crut attc'mt de Gèvrr rérébrale long 
n'avait qu'un commencement d'angine tonsiUairc aiguë. J'avais cependant 
le matin qu'il n'y avait point de fièvre cérébrale. Néanmoins, qu'arriva-t'UTli 
sangsues coulèrent an delà du possible ; on ne put en arrêter l'iiéinorrh^^e^ 
l'eniànt succomba. 

Vingt fois depuis lors j'ai vu des accidents du même genn', ci-Ht-à-dire j 
trouUes cérébraux aigus, produits sympathiques de la même i.iiisc, ocraniOM 
les mêmes inceititudcs et la même erreur. Je me suis Irom|>é nioi-niOine, coni 
tant d'autres, et je l'ai dit (i). 

Ijt ps<-udo-ménin^le tonsillaire existe donc, moins rommc èiiiiiË mottide q 
comme trouldc fonctionnel cérébral sympathique déterminé par l'amygdalite a^ 
et formant quelquefois le prodrome de cette maladie. J'ai dit ce qu'elle f'Utit « 
tomiqucment : une congestion cérébrale vaso-motrice ; quant k sa maivhe, I 
duré*' et à ses termi liaisons, je vais maintenant les indiquer. 

Elle atteint très-rapidement son plus haut degré d'intensiié ; car, en 
heures, tous ses symptômes sont bien établis et n'augmentent ])lus, Dne 
l'amygdalite est éiabltc, le niouvenient congestif de la tète cesse, cl la iiMtkBe 
amygdales coiUinue sa marche sans autre accident sympathique que k iMc 

Cette forme de pseudo-ménii^;ite dun; à peine quarante-huit heures, «t^dètfci 
impose pas longtemps au médecin; la cessation si raptile des accidents U ■Mit 
qu'il a su se rendre leur maître, et, s'il n'a pas vu l'angine 
apparente chez les enfants du premier âge, il croit avoir triomphé d' 
gite commençante. C'est une erreur. La nature abandonnée à etle-nrfme (M i 
de quelques révulsifs sur les membres en eût fait autant; car jamais b fK 
méningite tonsillaire ne va au delà des symptûmes que j'ai indiqués, et n^ 
la mort. 

Maintenant, le diagnostic est-il lr(>s-diflicilc : Non. Il suffit de connalm !■ 
sibilité de l'erreur pour l'évitei'. En effet, chez les jeunes enfants, l'i 
aiguë n'est jamais accomp^née de cette dyspliagie consciente on révéUe psr 
geste de dt^utition douloureuse comme chez l'adulte, de sorte que, si l'on Ht 
qu'un j<Hinc enfant avertisse de sou mal de gorge ou le révèle en tendant le i 
lorsqu'il avale sa salive, on s<' trompera nécessairement. Il faut que k 

(1) Arlide Ahïudaute de mou Traiti dei mnhdies det nouveav-nH. 



DE LA PSEUD0-4iÉNINGITE DES MALADIES AIGUËS. 209 

2^)pelé près d'un jeune enfant qui a de la fièvre avec de l'agitation et du délire 
examine le gosier. Il trouvera ti*ès-souvent dans cette partie le point de départ de 
la fièvn% el, s*il connaît le rapport sympathique et réflexe des nerfe de la r^ion et 
du cerveau, il n'hésitera plus à conclure du fait de Tangine simple à la production 
des symptômes de pseudo-méningite qui pourraient l'avoir inquiété. C'est, au 
reste, ce que j'ai déjà dit ailleurs(i), et il suffit d'être prévenu de la difficulté pour 
ne pas tomber dans l'erreur. * 

n. Pseiulo- méningite prodromiqtie de la pneumonie. — Il n'y a pas que 
l'amygdalite aigué qui puisse sympathiquement produire des accidents céré- 
braux comparables à la méningite, la variole et la pneumonie chez les enfants ont 
quelquefois les mêmes conséquences. Cela est plus rare, mais j'en ai vu de nom- 
breux exemples à l'hôpital, et en ville, avec des confrères qui m'avaient appelé en 
consultation. 

Ainsi, un jour je fus maiidé par le docteur L... pour un enfant qui avait des 
vomissements, de la constipation depuis deux jours, de la céphalée très-violente, 
du délire et de la fièvre avec grande agitation. On avait purgé l'enfant, de sorte 
qu'il n\ avait plus moyen de savoir quel était l'état sympathique de Fintestiu. 
Bref, le médecin m'appela en disant : Voici une méningite. L'enfant toussait à peine 
et n'avait pas de dyspnée ; cependant, voulant faire un examen complet, je me mis 
à ausculter, et je découvris une pneumonie fibrincuse du sommet du poumon 
droit, (|ui était la cause des accidents cérébraux simulant une méningite. 

Un autre cas est également relatif à un jeune enfant que son médecin avait 
considéré comme atteint de méningite lorsqu'il n'avait qu'une pneumonie de la 
base droite compliquée d'accidents cérébraux passagers. Depuis lors j^n ai vu 
bien d'auti*es qu'il est .inutile de rapporter ici. 

c. Pseudo-méningite prodromiqtie de la variole. — Comme la pneumonie, 
l'invasion de la variole est quelquefois, mais bien plus rarement, précédée de 
symptômes de pseudo-méningite. J'ai vu, en 1869, un fait de ce genre; il était en 
rap|)ort avec l'invasion d'une variole. C'était à l'hôpital : le 12 avril, une fille de 
deux ans, non vaccinée, est prise de fièvre, de céphalalgie, de constipation, de vo- 
missements pendant deux jours, d'inégalités et d'intermittences du pouls. Ce fut 
une variole, et l'enfant guérit. 

Sans insister sur ces faits, je dirai qu'ils ont leurs analogues chez l'adulte; mais 
là les phénomènes sympathiques du début de la pneumonie et de la variole n'ont 
rien de semblable à la méningite, et ils ressemblent, au contraire, à la folie. Ils 
constituent quelquefois une véritable attaque de manie aiguë furieuse, avec cris 
et violences, surtout si antérieurement ces malades ont abusé des liqueurs 
alcooliques^ 

Obseiivation m. — Pseudo-méningite initiale d'une éruption de variole. — 
Berthe Becq, entrée le 23 mars 1869, âgée de trois ans. — dette enfant, qui est à l'hô- 
pital depuis quelque temps pour une hémiplégie dont l'observation a été prise à un 
autre point de vue, fut atteinte d'une affection aiguë intermittente le 9 avril. Après 
une nuit agitée, elle a vomi, s'est plainte de la tète, et a eu de la fièvre avec grande 
chaleur à la peau et soif vive. 

Le 10, elle vomit encore, avait toujours mal à la tète, avec grande chaleur fébrile, 
un i)0uls illégal, intermittent (116), et un peu de constipation. 

Au troisième jour, il se montre sur le corps une éruption de papules qui seules 
indiquent une variole, car l'enfant n'est pas vaccinée. 

1^ 1 1 , même état. 

(1) Rouchut, Traité de» maMie» de» notcveau-nes. 

BOl'CHl'T. — NOUV.-!IÉS. — V ÉDIT. H 



1 



310 rATiioi.octi: si'Éciale de la PnEuiÈiiE EVrANt 

l,e l'allés voinilisejnenis, la ce pliai algie, la coiislipalion, l'intcnnilleiice Hii p«tilt' 
continuuut, sans soiDiiolencft ni délire, cl les pustules, reslanl ili ' 
qudques progrès, l'oul* à 140. 

33 avril. Aussitôt l'ùrupiion raile,el)e resia slalionnaire et lu titive tomba, puitltt 
puBlulcs, continuanl leur dùveloppeineiil, s'enloui'èrcat d'ann auréole inlInmmUoin, 
suppurèrent leiilemeiit, gardant assez longtemps le pus dans leur intérii^ur, vi t'». 
compagiièreol d'une fièvre secondaire assez vive, puis la desïii-caiioii s« lit IcnlenwM 
fit était encore en pleine activité le ti nvnl. 

Uen ne vinleutraver la marche naturelle des choses jusqu'au retour coniplvt delà 
santé, — saur l'hémiplégie que l'enrant conserva, bien enteodu, — après ^tre n.-iir 
levée pendant quelques jours. 

D, Pseudo-mfningile scarlatineuse. — I^ début de la scarlatine i-st quHqn- 
fois ^iialé par des accidents graves dans les ftmctioiis du cervcnii simulant U iu6- 
uii^te et considérée comme telle. Ce n'est cependant qu'une itseiido-niéningitF. 
C'était à l'hf^ital, en 1869. Une fiIlc de six ans prise di- convulsions n^m 
surries de fièvi'e, avec vomissements sans diarrhée, mourni vu trois jour*, ht 
premier, elle col trois ou quatre convulùons fortes et prolimi^éfs, puis i-Ue vomii- 
saittout ce qu'elle prenait de boùisons; au second jour, die nu eiicon- um-ruti- 
vidsion et quelques vomissements, puis le troisième elle ri-ssa de voiiitr: oor 
éruption indétemiiuéc commença à se montrer sur le dos, et survint une twnvHli- 
convnlsion qui l'emporta. On n'edt jamais su de quoi il s'agissait si la Mi-ur n'râi 
été au Ultime moment prise de scarlatine. Voici ce qui eut lieu ; 

La sœur, le lendemain des funérailles, fut prise de vomissements continiit 
délire, forte diarrhée avec fièvre, ce qui fit croire à un choléra: mais, mi b 
vingt-quatre heures, je la vis avec mal de goiçe et un connnenrx'rticiit d'ir 
scariatineuse, dont j'ai pu suivre l'évolution. C'était, comme chez sa ! 
scarlatine maligne. 

E. Pseudo-méningite prodromique de ta rougeole. — Di's faits s 
pmveitt se montrer au début de la rougeole comnte prodromes de cette fi 
éruplivc. Dans ce cas, comme dans les autres, les trouble.^ cérébraux i 
rinvasioii de la méningite et se dissipent au bout de quelques jours, au n 
l'éruption. En voici la preuve : 

Observation IV. — Pseudo-méningite taorbitteuM.—ieimv Richard, âgée de trois 
Bas, entrée le 14 juin 1869. Cette enfant, habituellement bien portante, DOmm pré- 
sentée par sa mère qui, ayant perdu l'an dernier une autre fille de médingile, nous 
dit que celle-ci a les mêmes symptômes que l'atnée. En elTet, elle est triste, aornno- 
lenle, se plaint de la tête continuellement, vomit depuis dii jours très-fréqneramenl, 
ne va pas A la garde-robe, et elle a le pouls ralenti, irrégulier, tnterrailteul. Penibal 
ces dix jours, la mère l'a présentée deux fois à la consultation de l'hôpital, et c'c>t A 
la deuxième fois qu'elle me pria de la recevoir dans mon service. 

Je le fis volontiers, et je l'ohservai encore pendant deux jours avec les tatma 
symptômes, avec des phéDomènes congestifs partiels dans ces deux pnpilles, dont otit 
moitié était hyperhémiée lorsque, enhn, quarante-huit heurct; après son arrivée, jr 
crus voir quelques papules de rougeole sur le visage, du larmoieuieiit et du ronm. 
C'était un commencement de rougeole. 

L'éruption sortit les jours suivants, se dissipa en quelques jours .sans complintL 
et l'enfant ne larda pas à guérir. Son pouls resta irrégulier, l'appétit se rérrîlU,.! 
elle sortit le l" juillet. 

g m. — De la peeudo-mémagite anémique et ohIoFotiq[iia. 
. L'anémie et la chlorose sont, comme on le sait, des dispositions dans limjwBri 
il y a de fréquents troubles de la circulation locale amenant i" 




tH«M 



DE LA PSEUDO-MÉNINGITE DANS L' ANÉMIE ET DANS LA CHLOROSE. 211 

névroses ischémiqiies et œngestives, des congestions, et quelquefois des hémor- 
rlia^ies pulmonaires, nasales et utérines. 

Malgré Tanéinie générale extérieure, il y a souvent des parties qui sont le siège 
d'une congestion sanguine locale. Ainsi, chez quelques chlorotiques, les pommettes 
sont très-colorées; il y en a qui ont de fréquents saignements de nez ou des 
régies très-abondantes, ce qui les affaiblit déplus en plus ; chez quelques-unes, il y 
a des congestions pulmonaires chroniques, ou même des hémoptysies qui sont 
l'origine d'une phthisie pulmonaire par pneumonie ca^écuse ; ailleurs, ce sont des 
congestions du larynx passagères avec toux sèche passagère, des névralgies de la 
cinquième paire avec lannoienient, gonflement et rougeur des paupières, des ver- 
tiges ischémiques ou congestifs, des névralgies de toute espèce, etc. 

Sans comparer en quoi que ce soit les troubles de la circulation capillaire des 
chlorotiques à ceux qu'on observe dans la véritable pléthore, il est certain que, 
sinon dans leur cause, mais dans leur expression symptomatique, les troubles céré- 
braux chlorotiques ou anémiques ont la plus grande analogie avec les mêmes 
troubles produits par la pléthore. C'est ce qui fait journellement commettre tant 
d'erreurs par ceux qui, ne voyant que la pléthore globulaire dans le vertige ané- 
mique, saignent des malades qu'il faut, au contraire, traiter par les toniques et les 
préparations ai*sénicales. 

Quoi qu'il en soit, il y a des troubles fonctionnels cérébraux déterminés par la 
chlorose et par ranémie : cela est admis. La cUnique eu a fourni les preuves. 
Mais, s1l y a des troubles cérébraux chroniques par anémie ou par ischémie céré- 
brale, par fausse pléthore ou pléthore séreuse, existe-t-il des troubles semblables 
se présentant sous la forme aiguë fébrile ? Je le pense, et je vais le démontrer par 
quekpu's obsenations de pseudo-méningite sympathique de Tanémie. C'est ce que 
Ton peut appeler aussi une névrose congestive de V encéphale (i). Seulement, 
chez quelques malades, comme celte congestion névropathique donn;e lieu à des 
phénomènes dv méningite qui n'aboutissent pas, elle mérite assez bien le nom de 
ps<'udo-méningite . 

Chv'L des sujets chlorotiques ou anémiques, ayant de la gastralgie habituelle, il 
se pr(Mluit queUpiefois des vomissements, de la constipation, des douleurs de tête 
avec cris h>drencéphaliques, de la somnolence, de la fièvre avec irrégularités et 
intermittences du |)ouls; chez une malade même, j'ai vu l'incoutinence momentanée 
des matières fécales et des urines compliquant cette situation. 

Ot état dure huit à quinze jours, avec des alternatives d'exacerbatiou ou d'aflai- 
blissemiMit, puis il disparaît, et les malades restent dans leur état de chlorose 
connue avant l'attaque congestive de pseudo-méningite. 

Maint(*nant, dira-t-on, dans ces cas, y a-t-il quelque chose qui autorise à affir- 
mer Texisteuce d'une congestion cérébrale, alors qu'à l'extérieur la peau est pâle, 
et qu'il y aurait plutôt lieu de conclure à une anémie qu'à un état congestif ? Oui ; 
d'alK)rd il existe quelquefois un gonflement avec rougeur des paupières et des con- 
jonctives, qui indique un certain degré d'hyT;)erhémie d'une partie de la tète. Or, 
s'il y a congestion névropathique des paupières, pourquoi n'y aurait-il pas con- 
gestion des méninges et, par suite, trouble fonctionnel de l'encéphale? 

Ensuite, H cette preuve est la meilleure, par la cérébroscopie on découvre dans 
l'œil les caractères évidents de la congestion méningée. 

On sait, en effet, depuis 1862, par la publication de mes recherches, qu'en 
dehors des maladies primitives du g^obe oculaire : 

( I ) Voir le chapitre sur ce sujet et un article dans la Gaiette des liâpUatuc du 11 nv^\ \%^ . 



*» 



212 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈaB BNPANCB. 

La coi^iestion de h papille indique la congestioa des méniqges et da oencn. 

L'h}perhéinie des veines rétiniennes distendues et remplies de stases oi dr 
caillots indique la réplétion des sinus et les thromboses des veines méniogées. 

Les hémorrhagies rétiniennes indiquent une compresnon Teinense. 

Les anévr} smes des artères de la rétine indiquent une léskm sembbdde des m- 
térioles cérébrales. 

L'cedème papiUaire indique les thromboses des sinus ou des veines cMImks. 

L*atrophie choroîdienne pointiUée indique une atrophie générale inoompièle éÊ 
cerveau. 

L*atrophie du nerf optique indique la sclérose des couches optiques, et^sdi- 
quefois des cordons antéro-latéraux de la moelle. 

Les exsudations ceUuleuses et granuleuses du nerf optique indiquent h sciénv 
du nerf et de ses origines. 

Les tubercules de la rétine et de la choroïde indiquent la tuberculose des né- 
ninges ou la tuberculisation générale, etc. 

En somme, dans la plupart des cas où les fonctions du syst^ne cérâMro-i|SBl 
sont troublées, on peut voir dans Fœil quelque chose d'analogue à ce qui se past 
dans le cerveau. 

Ici, devant des apparences plus ou moins sérieuses de méningite, en ptéwtt 
de symptômes embarrassants capables de faire croire au début de luette mldr» 
que trouve-t-on dans le fond de Tceil ? Une congestion du nerf optique sans cob- 
ration choroîdienne et sans distension des veines de la rétine, c*est-è-*dire wt 
lésion qui signiQe congestion cérébrale et méningée sans inflammation aiguë ds 
méninges. En effet, s*il existait une vraie méningite, il y aurait dans la réiiKp 
ou de l'oedème péripapillaire, ou la distension, la varicosité, la stase et la thronki^ 
des veines de cette membrane. 

Donc, si Ton consulte à la fois les symptômes et la cérébroscopie, il v a, cho 
des anémiques ou chez dos chlorotiques, des troubles cérébraux qui n'ont que W 
apparences de la méningite, et ne sont qiriin résultat de la congestion nérrop- 
thique des méninges, c*est-à-dire un trouble du système vaso-moteur de l'encéplialr- 

J'ai recueilli de nombreuses obsenations, et il y en a cinq publiées (1) que Toi 
pourra consulter. 

La pseudo-méningite chlorotique et gastralgique n*a pas de plus DUcheuses coi- 
séquences que les autres formes de la pseudo-méningite. Elle ne va pas au delà de 
ce qui résulte de l'état congestif aigu. Elle disparaît en laissant après elle de b 
céphalalgie ou de la gastralgie, et différents troubles de chlorose; mais je ne sais ptf 
quelles sont ses conséquences éloignées. N'y aurait-il pas, dans cette coogestioR 
chlorotique des méninges, Torigine de certaines bizarreries de caractère et d*eifA 
qu'on qbser^^e chez les fenmies longtemps atteintes de clilorose ? Cela est possîbley 
mais je ne pourrais pas en foiunir de preuves directes. Sans doute, les perversioai 
morales et intdlectuelles de la femme chlorotique et hystérique peuvent d^wmiiv 
d'un troidde de la circulation cérébrale capillaire, mais il n'y a là que des probabi- 
lités, et je n'ai pas vu ces désordres succéder à une pseudo-méningite. Cela sofil* 
quant à présent, pour ne pas donner plus d'importance qu'il ne faut aux obsena* 
tions que je viens de publier. 

§ IV. — De la pseudo-méningite primitive. 

A côté des pseudo-méningites dues à l'action sympathique réflexe des vers intes- 
tinaux ou des maladies aigufo, il y a une psetuio-tnéningite primitive. Elle est 

(1) GoietU de$ hOpiUmx, il mai 1869. 



DE LA PSEUDO-MÉNINGITE PRIMITIVE. SI 3 

oxonipte de complications appréciables, et clic constitue à eUe seule tout l'état 
morbide. J'en ai déjà indiqué l'existence sous le nom de poussée fnéningitique (1), 
vn parlant des lésions du nerf optique et de la rétine par la méningite (2). C'est 
un fait connu de tous les médecins qui s'occupent des maladies des enfants. 

Dans quelques cas, en elTet, on voit des enfants offrir la plupart des symptômes 
du début de la méningite, et, après quelques jours de durée, l'amélioration arrive 
et l'enfant guérit provisoirement, quitte à avoir de nouveau, un peu plus tard, de 
nouveaux accidents semblables, qui vont plus loin et produisent la mort. Ce sont 
des méningites guéries ; mais il est si contraire à l'observation de voir cette ma- 
ladie se terminer^favorablement, que ces cas sont souvent considérés par quelques 
médecins comme étant dus à des erreurs de diagnostic. 

Je ne crois pas qu'il faille interpréter ces cas de cette manière. Outre que la 
méningite grave à sa troisième période peut guérir exceptionnellement, il n'est pas 
rare de la voir s'arrêter à ses débuts sans qu'il y ait erreur de la part du médecin, 
et la preuve, c'est qu'une seconde attaque se reproduit un peu plus tard, et que, 
si par hasard la mort arrive accidentellement après la guérison de la première 
attaque par convulsions, rougeole ou une autre maladie aiguë, on trouve sur le 
cadavre la trace de la méningite avortée. 

J'admets donc que la méningite peut s'arrêter dans sa marche lorsqu'eUe n'est 
qu'à la première période, c'est-à-dire à l'état de congestion inflammatoire, n'ayant 
2>as encore produit b(*aucoup de pus ni une grande quantité d'épanchement ventri- 
culaire. 

C'est au milieu de ces faits, d'une appréciation difficile, que l'on doit placer les 
cas d(* congestion méningée non inflammatoire donnant lieu à des symptômes de 
méningite, et se terminant d'une manière favorable. Leur diagnostic se confond 
avec celui de la méningite, et ce n'est que l'arrêt des accidents et la guérison qui 
les sé|)arent. On se dit alors que, puisque l'enfant a guéri, c'est qu'il n'avait 
qirune congestion sans véritable méningite, et, il faut bien le dire, la marche 
habituelle des choses autorise à penser ainsi. C'est à ces cas qu'il faut réserver les 
noms de congestion méningée, de poussée méningittquey ou enfin de pseudo- 
méningite. J'en ai publié huit observations (3). 

Obschvation V. — Pseudo-méningite primitive. — Opktkalmascope. — ^^ 
Marie X...., qui a perdu cinq de ses frères ou sœurs soit du carreau, soit de convul- 
sions ou de fièvre cérébrale, est affectée de vitiligo et prurigo. 

A Vhôpital elle a été prise de céphalalgie, de vomissements et de ralentissement, 
avec irrégularités du pouls. Un peu de constipation pendant trois jours, puis les 
vomissements ont cessé, ainsi que la douleur de tête, et, seule, l'intermittence du 
pouls a persisté pendant huit jours, l'enfant semblant bien portante d'ailleurs. 

A ce moment l'ophthalmoscope permettait de constater dans l'œil gauche la netteté 
de la papille, mais une des veines supérieures de la rétine semblait obstruée, noire 
au niveau de la choroïde et rose, au contraire, au niveau de la papille. Les autres 
veines ne présentaient pas la même altération. Rien à l'œil droit. 

Cette enfant a guéri et je l'ai perdue de vue. 

OitsERVATiON VI. — Méningite avortée ou pseudo-méftingite primitive. — Eugénie 
Rousseau, âgée de deux ans et demi, entrée le 3 avril 1869. Cette enfant, très-chétive 
et trés-niaigre, entra à l'hôpital pour une rougeole suirie de pneumonie et de diarrhée. 

(\) Bouchut, TrtUté de diagnonik des mahdie$ au syffème nerveux par Vophlhalmotcope. 
Paris, I8(>ri. 

{i) Voir les observations n* 9, n* 11, n* 17 et n* 28, et les observations 2, 3, i et 26 d*un mé- 
moire publie^ en 1868 dans U Galette médicale sous lo titre suivant : Du diagnoitic de la mê- 
ningite par tophihalmoËCope. 

(3) Bouchui, De la itteudo-miningUe {Union médicale). 



^14 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

Dans la convalescence de cette maladie, qui avait produit lui grand état de faiblesse 
et de cachexie, l'enfant tomba dans une somnolence profonde, comateuse, avec ooe 
apparence d'immobilité de sommeil semblable à un repos de mort ; elle vomit tout 
ce qu'elle prit pendant trois jours et n'alla pas ù la garde-robe ; elle gémissait 
bruyamment, rougissait par intervalles, et son pouls s'était considérablement ralenti 
en devenant intermittent. 

I/Cs deux papilles étaient rouges et diffuses sur te côté externe, avec faible dilata- 
tion des veines rétiniennes. 

Cet état dura trois jours et se dissipa graduellement, de manière à permettre le 
retour à la santé. Le sommeil disparut, ainsi que les vomissements, ei rintermitteac^ 
du pouls. L'appétit revint un peu et l'enfant, plus gaie, se mit à jouer sur son lit. 

Elle guérit complètement. Plus tard, sans doute, elle aura quelque nouvelle pous- 
sée congestive des méninges qui aboutira à la méningite; mais, pour le moment, elk 
revint à la santé. 

Observation VU. — Pseudo-méningite primitive ou méningite avortée. — Marie 
Dumont, âgée de trois ans, enlrée le 12 juin iSGl). 

Celte enfant, petite, maigre, délicate, ayant vingt dents, est triste et mausade, 
sans appétit depuis quinze jours. Elle a vomi plusieurs fois depuis trois jours et a ob 
peu de diarrbée. 

A son entrée à Tbôpital, je la considérai comme ayant de Tentérite ; mais, une foè 
dans la salle Sainte-Catherine, elle n'eut plus de diarrhée. Elle était triste, abattue, 
somnolente et très-irritable. Elle no toussait pas, ne vomissait plus et resta constipée, 
ayant mal à la tétc, et poussant des cris avec respiration suspirieuse fréquente. N» 
pouls était ralenti, inégal, intermittent, Oi par minute, et la température axillair^ 
37,5. Les deux papilles étaient rougeîitrcs, un peu difluses, sans dilatation des veines 
rétiniennes. 

Elle resta ainsi pendant huit jours, traitée par les révulsifs et par l'iodorede 
potassium (50 centigrammes), puis elle reprit de la gaieté, de l'appétit, et elle seoiil 
à jouer sur son lit. Le pouls reprit de la fréquence (SO pulsations), conserva ses irré- 
gularités, puis elle guérit et sorlit de riiôpital le 1:2 décembre 1809. 



En géiUTal, voici coniiueut se passent les choses : un enfant a de la tristesse, 
avec somnolence, de la céphalalji;ie, quelquefois des voniisseinents ou de la consti- 
pation, de la photopliobie, un |)eii de fièvre, avec ou sans irrégularités du pouls: 
puis, au bout de trois ou six jours, tout cela disparaît s''i»<ï"^'ï*f*t"^nt, et Tenfani 
recouvre la santé. 

' A rophthalnioscope, on ne voit qu'un peu de congestion de la papiUe et do b 
choroïde, avec réplétion des veines rétiniennes, mais pas d'oedème papillaire ni (^ 
dilTusioii grisâtre du nerf optique. 

Tels sont les phénomènes. A quelle cause faut-il les attribuer? Pour moi, U 
réponse n'est pas difficile, et ces accidents sont le résultat d'une congestion nofl 
inflammatoire des méninges due ù un trouble local de la circulation dont je wi> 
essayer de caractéris(»r la nature. 

Pourquoi donc, après tout, les méninges et le cerveau ne pourraient-ils pasétrr 
chez l'enfant, comme le poumon ou les autres organes, le siège d'une congcstioci 
passagère par excitation dirc»cte ou par trouble primitif de rinnervation vas»»- 
motrice? Rien n'autorise à |)enser le contraire, et il n'y a que la cause de l'hyper- 
hémie qui soit douteuse. Mais, qu'il y ait stiinulati(m méningée produisant l'hyper- 
hémie, ou paralysie vaso-motrice primitive des méninges, le fait de la congestiofl 
méningée résulte de rol)senation clinique. Il est certain qu'il y a un étal morbide, 
primitif, caractérisé par des symptômes de méningite, et que, s'il n'y a pas là une 
vraie inflammation des méninges conduisant à la formation de pus et k la mort, S 
y a an moins une congestion de ces membranes simulant Tiiivasion de cette nu- 



DE LA PSEUD0-)IÉNING1TE PRIMITIVE. , 2i5 

lacUc. Ce sont ces cas qui méritent le nom de psettdo-méningite primitivêf en 
attendant qu*on puisse les clas^r d'une façon un peu plus nette. 

Une autre considération qui doit les faire considérer comme je l'indique, c'est 
l'examen ophthalmoscopique. En effet, cet instmny&t permet de voir, dans l'hyper- 
hémie du fond de l'œil, la preuve d'une h^perii^ic semblable des membranes du 
cerveau. 

Si l'on joint à cela, dans quelques cas, l'apparition ultérieure d'une vraie ménin- 
gite, on n'aura plus de doute sur la justesse du diagnostic. 

Quelle que soit donc la cause du phénomène, en dehors des troubles sympathi- 
ques de la circulation cérébrale, dus à des vers, à la dentition ou à l'invasion d'une 
maladie aiguë, il y a, chez les enfants, une congestion primitive simple des méuii^;es 
qui simule la méningite et n'en est souvent que le premier degré. C'est la pseudo- 
méningite simple ou primitive. 

Elle se termine habituellement, en quelques jours, par le retotu* à la santé, et ne 
SI* reproduit jamais. Ailleurs on la voit reparaître sous la même forme ou à l'état 
de méningite granuleuse mortelle. C'est que, dans ce cas, la congestion méningée 
a fait naître des granulations tuberculeuses qui deviennent le point de départ d'acci- 
dents aigus nouveaux. 

Qui pourrait dire que ces congestions n'ont pas d'action sur la formation ulté- 
rieure des granulations tuberculeuses? Ce serait bien imprudent. En effet, tout 
état congestif d'un organe y laisse, chez les sujets prédisposés, une manière d'être 
ou fluxion qui favorise la production d'amas déjeunes cellules, cytoblastions, cellules 
embryonnaires, noyaux fibro-plastiques qui forment ces granulations qu'on appeUe 
tuberculeuses. C'est là un fait d'histologie générale admis par tout le monde. Il est 
donc probable que les choses se passent dans les méninges comme dans les autres 
tissus, et c'est ce qui explique pourquoi, après la disparition d'une pseudo-méniii- 
gite, il reste un état fluxionnaire qui produira plus tard la méningite tuberculeuse. 
I)(; même que la bronchite, la pneumonie, l'entérite, l'adénite laissent après elles 
une h)perhéniie chronique qui engendre soit la formation de tubercules, soit la 
régression des produits accumulés, de même aussi la pseudo-méningite ou, si l'on 
préfère, la congestion méningée simple, peut laisser les éléments fluxionnaires d'où 
sortiront des granulations méningées, et plus tard une vérijtable méningite tubercu- 
leuse. C'est la même question que j'ai agitée plus haut à l'occasion de la pseudo- 
méningite vermineuse en rapportant une observation qui semble établir qu'une con- 
gestion sympathique des ménbiges peut, en se prolongeant, amener une véritable 
inflammation de ces membranes. La seule différence, c'est qu'il s'agit ici d'un état 
chronique. 

Ainsi, il y a une pseudo-méningite sim^rfe à côté des pseodo-ménii^tes réflexes 
ou sympathiques, et les unes comme les autres peuvent guérir rapidement ou laisser 
apK*s elles des traces de leur passage de manière à engendrer des granulations tuber- 
culeuses qui sont, plus tard, l'origine de l'apparition d'une vraie méningite. 

Diagnostic différentiel des pseudo-méningites. — Le diagnostic différentiel des 
pseudo-méningites doit être fait avec la méningite elle-même et ensuite entre les 
différentes espèces de pseudo-méningites qu'on peut observer. 

Il n'y a de différence entre la vraie et la fausse méningite qu'une question de 
fl(*gré. I.,es symptômes du début produits par la congestion des méninges sont, à 
peu de chose prà, les mêmes, et c'est leur persistance, leur prolongation et leur 
aggravation jusqu'à production de somnolence, de cris aigus, de strabisme, de para- 
lysie, de convulsions, etc., qui permettent de se prononcer sur la nature de la lésion 
€\vs méninges. Cela se comprend, puisque la congestion méningée est le poiat d<^ 



816 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE u pncHiÉne eNFANct:. 



départ des accidents qui s'observent dans l'un et dans l'autre cas. Sciileinciil. dim 
la fausse mi^ningite, la congestion s'arrête ou cesse de troubler les fonriiuin itr 
l'encéphale, tandis que, dans la mËningite vraie, à la cor^eslioii succède ri'|iandK>- 
ment vontricnlairc et la suppuri|iaQ des membranes, avec raiimllisse nient cér^M 
superficiel. 

I.'ophthalinoscnpe lui-même, comme on l'a vu, ne permet pas toujours de trandirr 
la question, car il indique par l'hyperbémie papillaire la congestion des méninges du» 
la pseudo-mèningîle comme dam la vraie méningite ; seulcmeiil, dans tettc àit- 
nière, l'ophtlialnioscope indique un degré de [dus, la gène cii-culatoire du caim 
par l'œdème papillaire, les stases et thromboses phlèbo-réliniemies, et le» hérm»- 
rh^es de la rétine ou )es tubercules de la choroïde, les caillois des sinus, Yr^m- 
diement ventriculaire et les tubercules des méninges. 

I^ marche des accidents est donc le seul moyen de diNtingiui- la \raie dr 
la fausse méningite. 

En ce qui concerne le di^;nostic des dilTérentcs pseudo-méiiingiies entre «fici, 
soit qu'elles aient une origine vermineuse, tonsillaire, pneunu inique, scariatiociM, 
Tariolique, chlorolique, etc., ou qu'elles soient idiopathiques, il n\ a que i'itait 
mém des commémorât ifs et des symptômes actuels qui puisse lesfaiix' reconniRn*. 

Chez les sujets qui ont des enlozoaires de l'intestin, ou qui i-ii ont rendu avecls 
déjections, chez lesquels l'examen microscopique des eicrémeiiis ré\èlc la préwnv 
(les œuh de itenia, d'ascarides, tricocéphales, on doit recoiuiaiii-e la pseudo- 
méningite vermineuse. 

S'il s'agit d'accidents cérébraux avec forte chaleur de la peau, -{- ICI" «u-f- l'ï*-"" 
peut craindre une pseudij^hiéuingite d'origine tonsillaire, de pnciuauiiie ou d'une 
autre maladie aiguë ; car, au début de la vraie méningite, la ii'Uipé rature s'&nt 
rarement au delà de -f 38*. 

Il suffit alors d'eiaminer le pharynx et les am^^plales, ou d'aDsciiIter avec soin 
pour savoir à quoi s'en tenir. 1^ médecin ne larde pas a drcmnrir la canieih» 
arrideiits dans une angine, dans une pneumonie à forme cén-brali-, connue ilisHii 
Rilliet et Barthez, ou enfin une fièvre éraptîvc de la nature dv rrllis dont j'ai paHt. 

Si le sujet est anémique, chlorotique et atteint de gastralgii' ou de névr^itl» 
intercostales et temporales, il y a lien de croire ï l'existence d'inie |>s>'udi>-t»éntiiplr 
par IrouMe de la circulation locale due à l'action de la chlorose sur le grand svm- 
pathique de la tète. 

Enfin, si l'on ne trouve aucune des causes habitudles qui pai' action ivtlexe soni 
de nature à produire les accidents cérébraux dont je parle, il cmI pi-ubahle que la 
maladie est primitive et qu'elle n'est qu'une pseudo-méningite simple 

TnitcBMit. Iteste maînienant la question du traitement de lu pneiiflo-mé- 
ningile. 

Celle qui précède les maladies aiguës, dont elle est qudquefiiis h- prodrome H 
qui ne dure qu'un i deux jours, n'a besoin d'autre Iraitenu-iit que l'emploi dn 
réruhifs sur les membres inférieurs et des applications froidrs sur la télé. Ha 
sangsues a l'anus peuvent être utiles, mais il faut que les arcideuts céfébraai 
soient très-prononcés. 

\A pseudo-méningite vermineuse exige comme traitement palliatif k^s rrvutsif* 
sur les membres inférieurs, les réfrigérants sur la télé, et coiiuue intlkalio» i|>î- 
ciale plusieurs purgations au ealomel associé avec la saiHonine : 

r.alonicl â5 criilitcnmincs 1 t gnnuM. 

Sanloninc £> i IM eriiti|n-ainme(. 

MDIei. À prendre i jrun (tant ilu ini«l au dans iiii peu de conlilura. 



DE LA PSEUDO-MÉNINGITE PRIMITIVE. til 

(k'tle médication est surtout applicable aux ascarides lonibricoîdes. 
S'il y a des oxyures, il faudrait donner un lavement de suie de bois. 

Suie de bois 30 gram^M^ 

Eau 300 — 

Faire bouillir et administrer après refroidissement à -f 25« environ. 

Maintenant, dans la pseudo-méningite gasfralgique avec chlorose et anémie, ce 
cfui réussit très-bien, connnc on a pu le voir dans les deux observations ci-jointes 
(n"' et 7), c'est le sulfate de quinine y et à litre d'auxiliaire les préparations ferru- 
f/inenses ou arsenicales. 

Le sulfate de quinine est le moyen auquel j'accorde la préférence en sa qualité 
iVantihyperhémique du cerveau. Cette vertu lui est généralement accordée, et c'est 
il Tétat d'anémie qu'il entraîne qu'on attribue certains accidents de surdité et 
<ramaurose produits par son abus. 

.l 'ai démontré à ma manière par la cérébroscopie cette faculté décongestive du 
sulfate de quinine (i). En effet, chez des malades qui, par rhumatisme aigu arti- 
culaire ou par névralgie, avaient l)esoin de prendre du sulfate de quinine, j'ai 
examiné la rétine et la choroïde avant l'emploi du remède, et j'ai fait le même 
examen à quelques jours de distance. J'ai fait de même dans certains cas de ménin- 
gite accompagnés de dilatation phlél)o-rétinienne, et j'ai vu les veines de la rétine se 
rétrécir en même temps que pâlissait la choroïde. Pour moi, cette expérience 
démontre que, si le fond de l'œil s(* décongestioime parla quinine, les méninges et 
le cerveau font de même, et il en résulte que, dans un cas de pseudo-méningite, 
c'est-à-dire de congestion névropathique de l'encéphale, c'est au sulfate de quinine 
qu'il faut s'adresser. 

L'<'\|)érience clinique confirme d'ailleurs ces prévisions de la science ; car, chez 
les malades que j'ai soignés, bien qu'il n'y ait pas eu de périodicité névralgique, la 
quinine a réussi de la façon la plus heureuse. Elle a dissipé les douleurs de tête et a 
triomphé des accidents gastriques produits par l'action réflexe des nerfe du cerveau. 
Elle a régularisé le pouls, et on a vu sous son influence disparaître des symptômes 
dont l'ensemble <'xcitait les plus vives appréhensions. En dehors de cette indication, 
il n') en a plus qu'une, c'est celle de l'anémie et de la chlorose. Pour ceUe-là, on 
y satisfait par l'arseniate de soude à 15 ou i25 milligrammes par jour, par l'hydro- 
thérapie bien faite et par le sous-carbonate de fer à 1 et 2 grammes par jour. 

En résumé : l"" Dans l'invasion de certaines maladies aigu^, et dans le cours des 
afl'ections vermineuses et chlorotiques, il se produit souvent des phénomènes sym- 
]>athiqiies dus il des actions morbides réflexes amenant des congestions et des isché- 
mies cérébrales. 

'i'' Parmi les troubles sympathiques du début des maladies inflammatoires et des 
affections chlorotiques et vermineuses, il faut mentionner la pseudo-méningite. 

W"" I^ pseudo-méningite a toutes les apparences, au début, de la méningite, mais 
les accidents ne durent pas et ils ne se terminent pas comme elles par convulsions 
et |)aralysie. 

i'' Il y a une pseudo-méningite vermineuse, une pseudo-méningite prodromique 
des maladies aiguës, une pseudo-méningite anémique, gastralgique et chlorotique, 
rt une» pseudo-méningite simple. 

( 1 f Bouchut, Traité de diagnostic des maladies du système nerveux par VopHUioXmotcwg^^ 

j»ago 86. 



âl8 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

5*" A part le traitement spécifique de la pseudo-méningite verminease parhsa> 
tonine et par le caloinel, le traitement des autres formes de la pseodo-méoi^i^ 
consiste en saignées révulsives, en sulfate de quinine, et, s'il y a chlorose ou ai- 
mie, en préparations ai^senicales ei^fcrrugineuscs. 



CHAPITRE XXXIII 

DE LA PACHYMÉNINGITE. 

La pachyméningite crânienne ou inflammation de la dure-mère est 
chez les enfants. 

On la rencontre surtout dans les cas de nécrose des os du crâne dant aMflil 
ou moins grande étendue, dans les cas de carie du rocher et dans quelques Ctfi^^ 
tubercules superficiels du ceneau ayant contracté des adhérences Mnc k dÉfif;^ 
mère et à la suite de la phlébite des sinus de la dure-mère. ^"^ 

Alors la dure-mère est épaissie, couverte d*un feutr^ ceUulovVascnlaiKOTfft^^ 
rulent plus ou moins étendu. 

Il y a toujours un certain degré de méningo-encéphalite paitîdley 
bose des veines méningées ou des sinus. • ^M 

Cette pachyméningite offre tous les symptômes de la méningite tuberariMk 

La pachyméningite spinale est toujours le résultat du mal de PoCt. Èknékl.] 
occupe la région cenicale dorsale ou lombaire, selon le siège de la carie 
Celle-ci a été bien étudiée par Michaud (1) et Joffroy (i). Les lésions 
sont : 

1" Lésions centrales. — a. Altération des méninges. Tumeur 
niveau du renflement cenical de la moelle. La dure-mère, très-^MÛsne, 
d'un tissu fibreux dis|)osé en couches concentriques ; la pie-mère, éfÊÊÊÉt à m 
moindre d(^ré, lui adhère d*une manière plus ou moins intime. Chose 
tandis que la pachyméningite crânienne s*accompagne souvent d' 
hémorrhagies interstitielles sont ici très-rares, et la lésion, dans le |ip fMld 
nombre des cas, est purement hypertrophique. Elle débute parla facelMnedeh 
dure-mère, et amène consécutivement un certain degré de pachymé aii^to 
et des adhériMices avec le ligament vertébral postérieur. Le processus 
différent de celui de la pachyméningite externe primitive, étudiée dansleHliie 
Pott (3), et qui ne s'accompagne |)as généralement de lésions sur la facepraisidBLr* 
n. Altérations de la moelle. Myélite aiguc, subaiguè ou chronique d'emUfei dit 
sécutive à la phlegmasie de la dure-mère ; tantôt corticale, tantôt p — '^n'î'^ ^ 
transformant le cordon médullaire en un tissu conjonctif dense, fibroUe» 
confondu avec les méninges épaissies. La moelle est alors constanunait 
le si'ns antéro-postérieur, et cet aplatissement n'est pas dû à une 
qu'exerceraient les méninges hypertrophiées, car on le rencontre aussi das kl ■ 
myélites chroniques sans méningite. Au milieu du tissu inflammatoire, 00 rmoÊÊn 
des cavités remplies de sérosité ou de matière amorphe granideuse, Téritahles Iqpa 

(Il Mioliaud, De la ménirtgite et de ta myêtite dans le mal vertébral. Thèse de Pam^lM- 
{t) A. Jofrn\v, De la pachyméningite cervicale hypertrophique ttorigime tpomiâmie* Thèie. 
Paris, 1873, n* 7Ï>. 
(3i MicliauU, nie et de la myélite daiu le mal verlékrmL Thète de tarit. 



DE LA PACnYMÉNINGITE. âl9 

de (lésintogratioii, analogues à ceux qui se produisent dans les ramollissenients de 
l\Mic(''phalé et peuvent arriver à la formation de kystes entourés d'une paroi propre. 
V ce sujet y Joiïroy réfute l'opinion allemande, qui voit dans ces cavités une dilatation 
du ranaî central, amenée par la rétraction du tissu inflammatoire, comme la dilata- 
tion bronchique est amenée par la sclérose pulmonaire. Notons encore la per- 
sistance de petits iiots de substance blanche et de substance grise, qui pourraient 
expliquer comment les troubles de la sensibilité et de la motilité ne sont pas 
toujours en rapport avec l'étendue de la lésion ; enfui les dégénérations ascen- 
dantes, qui s'établissent généralement suivant les lois formulées par Turck, Vulpian, 
C.harcot, Bouchard. 

2" Lésions périphériques. — a. Altérations dans les nerfs. Inflammation des 
racines par continuité ou par compression; intégrité des nerfs périphériques, dans 
le seul cas où on les ait examinés au microscope. — B. Altérations dans les 
muscles. Examinées seulement dans des cas où il y avait une altération profonde des 
conies antérieures, les fibres musculaires se sont montrées, comme dans l'atrophie 
musculaire protopathique, les unes simplement atrophiées, c'est-à-dire réduites dans 
leur diamètre transversal, les autres modifiées dans leur structure (diminution de 
la striation, apparition de granulations protéiques et graisseuses, etc.). 

L'auteur signale en outre la tuberculose pulmonaire, qui accompagne la pachy- 
méningite cenicale hypertrophique au même titre que la plupart des maladies 
inflammatoires chroniques de la moelle. 

I^ symptomatologie comprend deux périodes : l'une, douloureuse, répond au 
dév(*loppement des altérations méningées; l'autre, paralytique et atrophique, 
commence avec l'invasion de la moelle et des nerfs par le travail inflammatoire. 

i** Période douloureuse. — a. Forme cervicale. Accès variables de céphalalgie et 
de douleur cenicale postérieure, se reproduisant à des intenalles de plus en plus 
rapprochés. I^ douleur devient continue, avec paroxysmes Irréguliers, exacerbation 
|>ar les mouvements des vertèbres, irradiations le long du rachis, à la tête, à la 
face, aux membres supérieurs. — n. Forme périphérique. Douleurs analogues 
aux irradiations de la forme précédente, siégeant principalement dans les grandes 
articulations dc*s membres supérieurs et dans les extrémités des doigts. Ik*. là, repos 
forcé, insonuiie, troubles digestifs, épuisement, jusqu'à la période suivante, qui peut 
être nettement séparée de la première, ou au continirc survenir promptement et se 
combiner avw elle. 

^'^ Période paralytique et atrophique. — La succession des phénomènes est géné- 
ralement la suivante : fourmillements et engourdissement des doigts, puis mouve- 
ments fibrillaires dans les muscles de la main, suivis bientôt de leur diminution de 
volume, et de l'affaiblissement de leur puissance motrice et de leur contractilité 
électrique. M. Joflroy insiste beaucoup sur la distribution de l'atrophie dans les 
différents groupes musculaires ; il y trouveun caractère distinctif essentiel entre l'atro- 
phie musculaire protopathique et l'atrophie musculaire symptomatique. En effet, tandis 
que dans la première on voit les différents muscles d'un membre se prendre successive- 
ment et dans un ordre donné, dans la pachyméningite cenicale on ne voit que certains 
groupes de l'avant-bras s'atrophier pendant qu'un groupe voisin reste complète- 
ment indemne. De là des déformatioiLs et une attitude spéciale qui se remarquent 
principalement à la main. La forme de griffe^ particulière à cette maladie, con- 
stitue un signe im^iortant, sinon constant et pathc^omonique ; elle est due précisé- 
ment à la distribution de l'atrophie musculaire, sur laquelle M. Joff'roy a appelé 
l'attention, et que nous n'essayerons pas de résumer. Ixi figure Ti e\\ ^^^^^ ^a^vi^ 
idée sommaire. 



iiQ TATJIOLOr.lE SPÉCIALE DE L.V PHEHIÈBE ENFANCE. 

J.alKraliiJii iimsiiilairi iiest pas toujours liimtee aux mcinbrra si 
Iroiihlos (ly la sensibilité, anesthésic, liypcreslliésic, rtc , wnt rn-s-^ariabli's Eufin, 1 
OH iTucoiitre cett troubles Iropliiques cutaiR-s bien étudiés par Milchell, BtEtva- 
spruHK, lets que /rupliom \csiculcuse^ uu buUcusrs, glossy skm àrs Vn)^»is. rit, 

\ propos (lu dtagnofttc, l'autpiir distingue soignctisvuiint de la pachi nteiiiiigitp 
cenicalc, au début le lorticohs et le rbuiiialisn» arliculaire, |)lus tard 1 airophif 




-AUiluile tiiiLiluelIc de l 

inuseiilaii'e prolupatliiquc, la mjélite chronique Hiégeant dan» le renflement 
cal, les névralgies cervicu-ocripitale el cervJco-bracliiale proloptliique, le 
Pou cenical, etc. 

Huit obsenalions ont soni de luse à re travail. Ti-uis sont empruntées à Abei> 
eroinbie, kœhler, W . Gull ; les antres sont signées Jolboy, l'ierret. Ces demiém 
sont i-euiurquables par l'eiaclilude e[ l'abondance des détails cliniques, autant qot' 
[wr l'iinportaneo de l'examen iiécroscopique. 



CIIAPITRK XXXIV 

TUBERCULES UU CERVEAU ET DU CERVELET 

Les tubei-cules du cerveau et du c«nelel ne se développent pi-esqne jamais chl 
les nouveau-nés on chez les eiilants encore à ta mamelle. Je n'en ai vu que dH 
la seconde année. 

Il y a trois variétés dans les tubercules du cerveau, l^suns, primitJveniPtitiléli 
loppés dans la pie-mère, ont envahi de dehors en dedans les eouchra corticaksi 
sont arrivés jusque dans la suhslanc« médullaire; les autres, développés dansl 



i de U. A. loOtoi : 






TUBERCULES DU CERVEAU. 221 

couches corticales, ont gagiié la pie-mère, avec laquelle ils n'ont que peu d'adhé- 
rence ; les derniers enfin, complètement enveloppés par la substance cérébrale, 
sont déposés dans l'épaisseur ou dans la profondeur de l'organe. Ils existent dans 
toutes les parties de l'encéphale. J'en ai trouvé 64 fois dans les hémisphères céré- 
braux, 9 fois dans la protubérance annulaire et 18 fois dans le cervelet. 

La matière tuberculeuse formée dans l'encéphale offre tous les caractères de la 
matière tuberculeuse des autres viscères ; seulement il est très-rare de la rencontrer 
à l'état d'infiltration ou à l'état crétacé. Elle se présente presque toujours à l'état 
de crudité, avec une couleur jaune verdâtre très-manifeste. Parfois elle est ramollie 
h l'état caséeux demi-liquide. 

Dans quelques cas ce qu'on pourrait croire de la matière tuberculeuse n'est que 
du gliome, c'est-à-dire une production conjonctive dont les éléments sont encore 
reconnaissables. 

Le volume de ces productions est essentiellement variable et change, selon les 
malades, du volume d'un grain de chènevis à celui d'un petit œuf de poule. Leur 
densité n'est pas la même et varie depuis^ la dureté du tubercule cru jusqu'à la 
mollesse du tubercule ramolli. 

Il peut même arriver, mais cela est très-rare, qu'un tubercule ramolli vienne 
il la superficie du ceneau contracter adhérence avec les os du crâne, et en pro- 
duise la nécrose, de manière à faire une caverne cérébrale ouverte à l'extérieur 
par une ouverture fistuleuse de la peau. Mauthner (de Vienne) a publié un cas de 
ce genre. 

Observation I. — L'enfant, âgée de seize ans, malade depuis Tâge d'un an, avait 
eu une carie scrofuleuse de la mâchoire inférieure, des os de la main et des pieds, 
des ulcérations de la peau sur les jambes et une ulcération frontale communiquant 
avec le cerveau d'où s'écoulait du pus. Elle mourut dans le marasme avec inconti- 
nence des urines et des matières fécales, sans présenter de convulsions ni de phéno- 
mènes cérébraux. 

I>e frontal était détruit dans une étendue de 3 centimètres ; il y avait au-dessous, 
entre cet os et le feuillet de la dure-mère, une cavité du volume d'un œuf de poule 
remplie de pus ; mais le feuillet de la dure-mère épaissie et perforée offrait deux 
ouvertures correspondant à deux cavernes de 3 à 4 centimètres, creusées dans le 
sommet des lobes antérieurs du cerveau, tapissées par une fausse membrane couverte 
de végétations rougeâtres et renfermant de la matière tuberculeuse jaunâtre à mditié 
ramollie. Il n'y avait pas un seul tubercule dans les organes et dans les autres vis- 
cères. 

La substance cérébrale qui environne les tubercules cérébraux conserve ses 
caractères ordinaires tant que le produit reste à l'état de crudité. Elle s'enflamme, 
devient rouge par infiltration sanguine, offre les lésions de l'encéphalite, et se 
ramollit en même temps que le tubercule. Il se forme alors un épanchement ventri- 
culairc plus ou moins considérable. 

Les méninges sont souvent affectées et présentent les granulations fibro-plastiques 
dont j'ai parlé au sujet de la méningite tuberculeuse. Il fciut ici distinguer 
deux cas : ou bien l'enfant est mort à la suite d'une affection étrangère au cer\'eau, 
de nature tuberculeuse ou inflammatoire ; ou bien il a succombé à une affection 
cérébrale. Dans le premier cas, si l'on trouve des tubercules dans le cerveau, il est 
rare de rencontrer des granulations dans les méninges; cependant on les y rencontre 
quelquefois. Dans le second, en même temps qu'il y a des tubercules encéphalic^ues^ 
il y a des granulations fibro-plastiques dans les méninges. C'est \^ \m<^ t^<^ q^\ 
souffre peu d'exceptions. 



232 PATIlOLOGie SPÉCIALE DE lA PREMIÈRE ENFANCE. 

Ia's enfants qui ont des tiihercules dans le cerveau ont aussi fort souvent des 
tubercules dans les autres viscères. La tnberculisation de cet organe n*est orlinaî- 
i*eineiit que Texpression d'une diathèse déjà manifestée dans les poumons et àam 
les ganglions bronchiques ou dans les viscèri^s de Tabdomen, dans les ganglmide 
cette cavité et dans les ganglions du cou. 

' Hymptùmem. — I..es symptômes des tubercules du cerveau et du cenrdet 
excessivement obscurs, et il n*est ]>as rare de voir siuccomber des enfants avec 
altération anatomique sans que rien ait pu en faire soupçonner rexiàtence. La 
a lieu |)ar suite d'une affection aiguë viscérale, ou au milieu de convulsions i 
tanées, connue je Tai vu plusieurs fois et dans le cas suivant observé à l'hôfU 
Sainte-Eugénie. 

Observation II. — Une enfant de cinq ans entra le 16 mars 1854, au n^ 1 deit 
salle Sainte-Marguerite, pour une entérite légère, qui fut guérie après une ■nmmr 
de repos et do traitement approprié. — Cette petite fille, brune, sur laquelle en A 
pas de renseignements, est taciturne, somnolente, pleureuse ; elle ne prétente 
indice de tubercules. Les selles sont régulières. — Elle a eu un vomissement 
son entrée à riiôpital. 

liC 1*'' avril, légère fièvre avec un peu de bronchite qui dure pendant dem jsoni 
et le i avril on donne 30 grammes de sirop d*ipécacuanha. Dès le premier aftrtéB 
vomissement, Fenfant est prise d'un accès convulsif intense, qui se passe en aneéBMh 
heure. Mais Inentôt arrive un nouvel accès de convulsions cloniques générales. Gslle 
attaque éclamptique s*accompagne de coma, avec sécrétion salivaire et 
abondante. Le ventre se ballonne, la respiration s'accélère ; les convulsions 
par le chloroforme, mais Tenfant reste dans le carus, et meurt dans la joanés, 
asphyxiée par les mucosités abondantes qui obstruent les bronches et par le ffeotak 
nerveux extrême de la respiration. 

Autopsie. — L'encéphale est congestionné. I^es méninges ne sont pas adhénatoi 
à la substance grise. Elles présentent une plaque d'infiltration purulente snrreili^ 
mité antérieure du vermis supérieur, et il existe un Uibercule gros comme mie M^ 
sette développé dans les méninges, sur le bord cérébelleux du lobe postérienr dfliL 
Ixîs commissures blanches sont entièrement ramollies. Les lobes cérébranxolireBlH 
piqueté considérable. 11 ik'y a pas d*épanchement ventriculaire. liOS autres parties dl 
cerveau sont saines. 

Tuberculisatiou miliaire des poumons. Tuherculisation des ganglions brondiifML 
Quelques ganglions sont jaunâtres, franchement tuberculeux; d'autres sont jannilm 
et brunâtres (indurés et enflammés). Le cœur et les viscères abdominaux n'oAail 
nulle altération. Le tube digestif n'offre d'altération que dans le gros intestiUp dont la 
muqueuse est d'un rouge veineux prononcé. Cette rougeur est d'autant pins intflMS, 
qu'on est plus près du rectum, de telle sorte qu'elle est peu marquée dans le 



Ailleurs, les enfants ont des douleurs de tétc presque permanentes, 
avec ou sans tnmbles visuels; quelques-uns ont des vomissements McpaMi; 
d'autres des attaques convulsives plus ou moins fréquentes, avec paralysie pwlidl B 
des membres ou de la face, conq)liquée ou non d'atrophie, avec strabisme di i eig at 
on convergent, el des troubles visuels plus ou moins considérables liés à des sjpKl 
cérébroscopiqncs particuliers. 

Ghez quelques enfants, les symptômes sont à \^n de chose près ceux de h 
méningite tul)erculeuse, et l'on y trouve très-bien caractérisés les sjmptdmes de 11 
période de germination ou prodromes. En effet, les tubercules du cerveau, comme 
les granulations méningées, sauf de très-rares exceptions, se révèlent longtemps i 
l'avance sans provoquer des accidents mortels. Que de fois n*obscrve-t-on pas dia 
l(*s enfant^ ic apparence de santé des phénomènes passagers de ooi^esdaD 

céréh des vomissements irréguliers, des |)aralysies muscalaireSy dei 



■^ 



TlTBGflCULES nu nEnvRAU. H^ 

jwraKsies de l'ouïe ou de la vision, (U-s acnrdoiils nerveux lii/ancs, fi surioiit di-s 
c6piialalgies qui u'ont pas d'autre cause qu'un tubercule cérébral. 

OBSEnvATiON 111. — J'ai vu, citex un enfant, apparaître une duuleur vive à la ri- 
gion cervicale, accompagnée d'une rélraclion du muscle sterno-niaslDîdieu du câté 
gauche. La télé était déviée de ce cûté. ('«s accidents dispacurctil. Ils se reproduit 
firent Irais semaines après ; mais en même temps il y eut de la lièvre, de ragilBliou 
nocturne et des réveils en sursaut. I.'eurant se levait tout h coup en criant, et se cal- 
mail à l'arrivée de sa mère. Peudiinl le jour. Il avait des terreurs soudaines dont 
rien ne pouvait rendre compte. H digérait d'ailleurs fort l>ien, il jouait volontiers et 
ne pai-aissait pas être autrement malade. Une seconde fois l'enrant revint A la .sauté. 
Il fut repris de nouveau, et succomba rapidement aux suites d'une alTeclion céré- 
brale qui présenta les symptdmes de la méniugite tuberculeuse . 

Autopsie. — Je trouvai avec les granulations méningées deux tubercules dans te 
cervelet et un lubereule dans la protubérance annulaire dont la substance était rouge 
et ramollie alentour. 

Clitz ce malade d est perniis de croui que la rétraction inusculan et 
1- atniKiiU niniux étaient dus n I irritation enréphaliqiie cm'tét par la 

I nscMK d«. lubirrules Ces lOngL^tiuns | ss.i^ ( l d i i m h f)i 

II al ou des granulations imnin 
ul ■< (t sLCond 11 renient la mé 
uin|,o-iiicépttaliti qui a fait périr 

I at kii il hôpital Sainle-Eugé 
m lin grandi il bclli filk di 
dix an , m. d un piii tubcmi- 
leuA, {■! qui entra dans mes salles 
MM'C une amanrosc. une violente 
réplialal|;ie iiUermil lente, et des 
\oiiiiss('tnei>ts assez souvent ré- 
|)élés. Elle ollrait d'ailleurs l'ap- 
pari-iicp de la \àtis belle santé. 
fraiclie, rose, jKilelée. niangeaiii 
bien et jouant avec les autres en- 
fants. Au bout de deux mois, elle 
fut prise subitement de convul- 
sions et mourut eu quelques 
heures. J'avais diagnostiqué un 
liilHirule dn ceneau et je ren- 
omlrai tin liilH'rcnle dn cervelet. 

l'ai vu. rhez une autre enfant, les tubercules du cerveau s'amioiicer par une 
liérni|ilégTe ii^stantanée, coiiipléleiiietit guérie au Iwut de huit jours et suivie, deux 
joiij^ apri's la guérisoii, de (îi-vrc et de méningite rapidement moilclle. Dans un 
autre cas, celle maladie avait produit une grande faiblesse de l'inielligence, des 
luniissements avec diarrhée, de la paralysie des membres, de l'amaurose et 
dt-s convulsions toniques toutes panirii libres ; il est vrai qu'il y avait îi la fois des 
iLilHTCnles dans le cenelet et de l'hydrocéplialie chronique. 

Tontes les fois qu'eiistent des symptômes <le ce genre, qu'il y ait ou non des 

|-| P, inpitlc ia iicrf uplwuf ; I, conndlon et inAllrilwn i^muis iiérlpaiilll.ilRt^ V U. tVt\K>AÏ>ai\ Au 
vfinn a» b rcïinc inlogr de la lupDIei V P, A'-iyoïilé dut niniH ii U côl'in*; l, i,V\ro<a\*n» v^^^f^tio- 
r><iiiiir«Ha: V, V, rsimi do li rMnai A. .\. utin «alnle de li rélin*. 




Fie. 'H. — Méiiiii|;itP luti.^rcuieusc ilélerniinée par 
un lubereule du cervelet ayant produit l'iiilHtmlion 
]iér ipa pi I taire, la ditalition et la llexuinilé des 
YcinM lie la ré(iii«, le» tiirumt)a>os îles veines et 
les liéinarrliagies relie ieimcs. :BoudiiiI) (*)■ 



%ài PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

trouMes fisnels, et loraque le mal a pris une forme aigu(!« il but <»MiniiifT le Iml 
de FœU à l'ophtlialmoscope (1), et comme dans la méningite on y troinen 
des lésions de névrite optique ou de névro-rétinlte, des eundats péripqiillaiRS, 
parfois des tubercules do la choroïde, qui indiquent une maladie tuberculeuse de 
l'encéphale ou des méninges. (Voyez fig. 23.) 

Les symptômes des tubercules du cerceau sont donc très-incertains an déhi 
du maly et ils passent souvent inaperçus. J*ai vu un cas de destruction entièie de 
la protubérance par une masse tuberculeuse et un autre tuboiMile da ceirelet gm 
comme un œuf dont la présence ne se révéla que trois jours avant la mort. Genit 
des troubles nerveux apyrétiqucs de l'intelligence, de la sensibilité et de la motililé, 
* ressemblant beaucoup à ceux de la période de germination de la méningite grMi- 
leusc. Plus tard viennent les convulsions ou la paral^m*. Il y a là, en eifet, nn wi 
en germe qui se développe sourdement jusqu'au jour de sa manifestation an dehois. 
Quelquefois des symptômes d'un état aigu subinflammatoire se montrent, et c'cA 
alors que la ressemblance avec la première période de la méningite granuleuse ot 
plus complète. Plus tard, enfin, ces tubercules provoquent une Téritable 
qui suit son cours à la manière de la méningite gamuleuse et bit périr 
tous les enfants, après avoir déterminé des convulsions, de la contracture^ de h 
paralysie et certains troubles visuels appréciés à l'aide de rophthalmosoopè. Je 
reproduirai pas ici l'exposition de ces symptômes cérébroscopiques, et je me 
tenterai de renvoyer le lecteur au chapitre consacré à l'étude de la ménii^ite (2). 
On y trouvera des considérations d'étiologie, de pronostic et de traitement qi 
sont applicables dans cette circonstance. 

CHAPITRE XXXV 

GLIOMES bV CERVEAU ET DU CERVELET 

Dans certains cas les produits morbides c!(* la substance nerveuse, bien qnlb 
aient l'apparence du tul)erculo, n'en ont pas les caractères histologiques. Ils md 
foniiés de cellules conjcmctives nonnales et quelquefois de cellules conjonctives et 
voie dv, n'*gressi()u graisseuse et caséeuse. Ils s'observent en même temps que d» 
graimlations tuberculeus(*s des méningi^ et des granulations des viscères. J'en a 
publié un cas (3). Leurs symptômes sont les nièmes que ceux des tubercules di 
ceneau et ils entraînent la mort par inéningo-encéphalite avec des désordre! q» 
varient selon le siège de la production pathologique. 

CHAPITRE XXXVI 

ENCÊniALlTE 

Chez les nouveau-nés, l'encéphalite nVst pas rare. Elle se développe par compR»* 
sîon du cerveau dans un accouchement difficile, par contusion de la tête lorsqu'ov 
nourrice laisse tomber son enfant, par insolation et |)ar extension d'une mëniiKiie. 

(1) E. Bouchut, Du diagnostic des maladies du système nerveux par VopkUkmlmuueÊmL 
Vol. in-« avec aUas de 2i planches chromolitho-rapliiéi's. Paris, 1865. — E. Bouchnt!ll^ 
d'ophthalmotcopie médicale et de céréhroscopie. Paris, 1876. 

(2) Yoyes Néwiigitb craitoleuse, p. 161. * 

(3) Bouchut, Galette des hôpitaux 1874, page 386^ 



IIYOROCÉIMIÂLIE AIGUË. 227 

(Ml nicMiie temps un épaiichemeut séreux araclinoîdien ou veiitriculaire considérable. 
Dans ces circonstances, la formation du liquide doit être considérée comme le 
résultat de la lésion antérieurement établie, comme un accident ou comme une 
complication de la maladie primitive. C*est riiydn)céplialie aiguë symptomatique. 
On la rencontre avec la méningite aiguë, simple ou tuberculeuse, l'encéphalite, les 
tnlHTcules cérébraux, etc. Elle ne constitue donc pas un état pathologique spécial 
vt ne pinit être séparée des maladies qui lui ont donné naissance. Son histoire 
ressort entièrement de la description des maladies qui l'ont engendrée. 

2° Hydrocéphalie aiguë essentielle, — Ce nom appartient aux épanchements de 
sérosité qui se font dans l'intérieur du crâne, en l'absence de toute altération appré- 
ciable du cerveau ou de ses enveloppes. 

(^est une maladie fort rare. Abercrombie, Andral, Bricheteau, Martin-Solon en 
ont publié plusieurs exemples, Rilliet et Bartbez en citent trois, deux avec épanche- 
ment dans la cavité de l'arachnoïde, et un avec un épanchement veiitriculaire. Je 
|)ourrais en rapporter deux autres : l'un que j'ai recueilli dans le senice des nour- 
rices, à l'hôpital Necker, en 1842 ; le second, dans mon service à l'Iiôpital Sainte- 
Eugénie. Ils ont été publiés dans les précédentes éditions de cet ouvrage. 

V hydrocéphalie aiguë essentielle c>st anatomiquement caractérisée par l'épan- 
chement d(* sérosité, soit dans les ventricules, soit dans la cavité arachnoîdiemie, soit 
enfin dans l'épaisseur même de la pulpe cérébrale. 

Les méninges ne présentent d'autre altération qu'une légère infiltration séreuse 
et ne renferment aucune granulation, contrairement à l'assertion trop absolue 
de Ilu&, Guersant, Alfred Becquerel, etc., qui ont considéré ces productions 
connue la cause ordinaire de l'hydropisie ventriculaire. Le liquide épanché n'est 
jamais en très-grande alwndance. Sa quantité varie de 00 à 150 grammes. La 
sul)stance du agneau est ordinairement ferme ou légèrement ramollie dans les 
|)oints qui sont en contact avec le liquide. Il en est souvent ainsi de la voûte à trois 
piliers et de la cloison qui sépare les ventricules latéraux. Le ranH)Uis8ement cré* 
meux n'existe que dans les cas d'infihration séreuse générale, dans rhydrooëphalie 
(^s('nti(*lle qui succMe à la scarlatine, |>ar exemple. 

Les symptômes de cette aiïection sont fort obscurs. Tous indiquent la maladie 
du cerveau, mais il n'en est aucun qui spécifie sa nature particulière. Gomme on 
Ta M\ dans notre obMTvatioUy qui est peut-être un type avaoU^geta I consulter, 
l'enfant a eu |KMulant quelque tem|)s des convulsions, des frayeun noctnmes, des 
I éveils en sursaut, des roideurs dans les membres; son canctère éUh changé; il 
gémissait sans cesse*, poussait des cris aigus, lorsqu'enfin Qoê cooralsion vint 
mettix' un terme à ces accidents. 

iWs symptômes se rapportent tout autant aux sympCAroîes dès Udmoiles encé- 
|)lialiques qu'aux symptômes de l'hydrocéphalie aigaiB casenlidh. Il serait impos- 
siblt* d'établir un diagnostic motivé sur des considéradons ayant qndqne valeur. 
Mieux vaut, avec la plupart des médecins, avouer son iâi|MMaaoeqaede chercher 
à la couvrir |)ar une discussion minutieuse, plutôt noisilik ^*Dlile. 

l/ludrocéphalie aiguë essentielle est une maladie ranoMOt primitive. La plupart 
d(*s exem|)les que l'on a publiés se rapportent I des h y d ro cé p halies consécutives, 
<i la pneumonie, aux tubercules du poumon^ comme chei le malade dont nous 
avons rap|)orté l'obsenation, à la néphrilév à la Himcole, à la scarlatine, etc. 
Barrier a surtout appelé l'attention de ses oooMres snr cette dernier variété, 
ciii'il établit sur des ohser^mions probanieSy commemées avec beaucoup de talent et 
d'intérêt. 



^±% PATIIOLOr.IE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE BNFANCE. 

§ II. — Hydrocéphalie chronique. 

L*hydrocéplialie chronique ne doit pas être envisagée de la même manière que 
rhydrocéphalie aiguë; elle ne |)eut, à son exemple, être divisée en hydrocéphalie 
essentielle et syniptoniatique. 

Cette affection se présente constamment sous la même forme ; elle est sons b 
dépendance absolue des vices d'organisation ou des lésions accidentelles de renré* 
phale et de ses enveloppes, et elle a [X)ur siège, soit l'intérieur du cervcao 
dans ses cavités ventriculaires, soit l'intérieur des méninges, de là une hydrùcé- 
phalie venir iculaive et une hydrocéphalie méningée comprenant plusieurs divi- 
sions selon le siège de répanchement. 

Elle est donc toujours symplomatique. 

Causes. — L'hydrocéphalie chronique se développe quelquefois plusieurs mois 
ou plusieurs années après la naissance ; mais elle peut être congénitale. 

Vhydrecéplialie acquise est plus rare que \ hydrocéphalie congénitale. Ses 
causes se rapportent presque toutes aux affections chroniques du cer\'eau et d€ ses 
enveloppes. L'hémorrhagie méningée et la pachyméningite jouent quelquefois on 
grand rôle dans la production de cette hydropisie. I/)rsque le sang épanché dans 
l'arachnoïde se réunit dans im kyste, les caillots disparaissent, et une quantité df 
sérosité chaque jour plus considérahie vient y prendre sa place. L*hydrocépbafir 
acquise est aussi la conséquence de la méningite aiguë passée à l'état chronique, 
lorsque la plilegmasie a occu|)é la séreuse des ventricules latéraux ; elle résulte è 
la méningite granuleuse, de la présence des tubercules encéphaliques, des granub- 
tions fibi-o-plasliques de la pie-mère, des acéphalocystes cérébraux, de la phléfaitf 
des sinus de la dure-ntère, du ramollissement blanc du cerveau, ainsi que j'en ai 
observé un exemple très-curicnx à l'hôpital Sainte-Eugénie sur une i)etite fille (fe 
deux ans, etc. Dans ces cas, la maladie n'a pas toujours une tri»s-longue dur^^ 
et si la lésion des méninges ou du cerveau est grave par elle-même Th^dro- 
céphalie chronique se torniine rapidement j)ar la moit, en offrant le cortège df 
symptômes que j'indiquerai plus loin. 

Mais si la lésion organique qui détermine l'hydrocéphalie est peu ap|)arente. s'il 
n'y a qu'une inflammation chronique des méninges ou de la séreuse des ventri- 
cules, la maladie se prolonge davantage, et permet aux individus de vivre quelque- 
fois assez longtemps. 

V hydrocéphalie chronique congénitale est la variété lapins commune. Eli^ 
commence dans le sein de la mère et achève son dévelop|>ement après la naisancf 
de l'enfant, si toutefois elle ne le fait \mnl |)érir dans le travail de la parturilioo^ 
ainsi qu'on l'a vu dans un cas publié par M. Stoitz (1). 

Les causes de l'hydrocéphalie chronique congénitale se rapportent également aoi 
vices de conformation et aux altérations organiques du cerveau. Que l'arrêt di 
développement des diverses parties de l'encéphale soit le résultat d*une maladie 
dont nous ignorons la nature ou d'un vice du nisus formatirus^ Thydropisie n'ei 
est pas moins la conséquence, et il est inqwssible de |)énétrer le mystère qui envi- 
ronne son apparition. 

En dehors de ces faits importants dans Tétiologie de l'hydrocéphalie, il eu «st 
d'autres sur lesquels on a appelé l'attention. Ainsi les écarts d'imi^inafion de b 
mère, ses impressions morales, ses chagrins, etc., ont été comptés au nombre <ks 

(!) Stoitz, ^fém. de la SocUlé de méd. de Strasbourg, 1855, tome H, p. 106. Bouclitf» 

Nouveau-néSf Coédition, p. 198. 



IIYDHOCÉPPUALIE CHRONIQUE. 229 

causes de cette maladie, sans que rien ait justifié la valeur de cette influence. 11 
faut accorder plus d'importance aux maladies de la mère pendant la gestation, à sa 
faiblesse naturelle par suite de Tâge ou de maladies antérieures. Ces causes peuvent 
concourir au développement de Thydrocéphalie. 

Il y a des femmes qui ont une funeste prédisposition pour engendrer des 
monstres de cette espèce. J. Franck rapporte qu'une femme eut sept grossesses, 
toutes terminées par la naissance d'un hydrocéphale. Gœlis parle d'une autre per- 
somie qui accoucha six fois et eut constamment un enfant mort et atteint de cette 
maladie. 

La compression du- ventre par des ceintures ou par un corset trop serré chez des 
personnes qui veulent dissimuler leur grossesse peut, dit-on, produire cette affec- 
tion, et Ion s'est appuyé sur ce fait que les enfants hydrocéphales ont plus souvent 
pour mères des femmes libres que des femmes mariées. Il faut alors ajouter à l'in- 
fluence de la compression du ventre l'influence des impressions morales pénibles 
au milieu desquelles vivent les femmes dans cette situation. 

Parmi les autres causes encore regardées comme susceptibles de concourir au 
développement de Thydrocéphalie, il faut citer les habitudes d'ivrognerie du père, 
Tabiis des spiritueux chez la mère ou la nourrice, les coups sur le ventre de la 
mère et les chutes pendant la gestation, Tentortillement du cordon ombilical 
autour du cou de l'enfant, la compression de la tète par le forceps ou par les ma- 
nœuvres d'un travail laborieux, et enfin, après la naissance, les secousses immo- 
déré(»s du bercement et la compression de la tête par des bonnets trop serrés. 

Quant à l'influence de la scrofule, des vers intestinaux, des aflections des voies 
digestives, etc., il est inutile de s'y arrêter. Ces diflérentes causes ne me parais- 
sent avoir aucun rapport avec le développement de l'hydrocéphalie. 

Lésions anatomiqncs. — Les altérations anatomiques de l'hydrocéphalie chro- 
nique portent sur le crâne et sur le cerveau déformés par l'épanchement de la 
.sérosité. 

Le siège de l'épanchement est très-variable. La sérosité est située : 1" entre la 
dure-mère et les os du crâne, ce qui est rare ; 2* dans la cavité de l'arachnoïde 
à l'extérieur du cerveau ; 3** dans les ventricules latéraux de l'encéphale ; 4** dans 
le ventricule médian. 

Ces altérations peuvent être ramenées à deux principales, d'après leur siège en 
dehors ou en dedans du ceneau : dans les ventricules et dans un kyste intra- 
cérébral ou dans les méninges au-dessus des hémisphères, ce qui forme une hydro- 
céphalie ventriailaire et une hydrocéphalie méningée. 

Le volume de la tête est ordinairement augmenté par suite de l'écartement et 
de l'élargissement des os du crâne, qui s'aplatissent et s'étendent considérablement 
en surface pour recouvrir les espaces qui résultent de l'éloignement des sutures. 
Le crâne acquiert ainsi des dimensions énormes et présente de 40 centimètres, chez 
les jeunes enfants, à 90 centimètres de circonférence chez les enfants de dix à douze 
ans. J. Franck dit avoir vu, dans le musée de Cruikshanks, la tête d'un hydro- 
céphale de seize mois. Elle avait 52 pouces de circonférence, ce qui fait environ 
ir>4 centimètres. 

L'augmentation de volume de la tête est un des caractères anatomiques ordi- 
naires de l'hydrocéphalie; toutefois ce signe peut manquer. J'en ai publié un 
exemple. Dans plusieurs circonstances, le crâne n'est pas trop développé, il est en 
rapport avec l'âge du sujet. Gœlis et Gall ont été témoins de faits semblables ; 
Baron et Breschet en rapportent plusieurs chez des enfants atteints d'h^drcK^^Vk^^ 
congénitale dont ils n'avaient pas soupçonné l'existence ; le cvàwe (^V^Vx Te;\u^\ ^ 



230 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE EUrANCB. 

sérosité et l'encéphale inii)arfaitenicnt déYelo|)|)é, sans que h lÊte filt plus voimu- 
ncuse qne de coutume. 

L'agrandissemeut de la tétc porte exclusivement sur la voûte du crftne. La hm 
conserve les dimensions ordinaires. Il en est de même des os de la boe. 

Le rapport qui unit ensemble ces parties est troublé ; l'harmonie da visage efi 
détruite ; fl en résulte une physionomie étrange et caractéristique de la nudadieqa 
nous occupe. 

l.es os du crâne consenent quelquefois leur épaisseur naturelle (Aorifl, 
Malacame, Ilartell) ; ils sont, le plus souvent, amincis, et deviennent aussi bible 
qu'une feuille de papier. Ils sont transparents, flexibles, cèdent facilement 90m b» 
doigts, comme s'ils avaient été dépouillés de leurs parties solides et réduits à km 
éléments organiques. Leur texture est toute spéciale ; la porosité est tris-pmèt 
et ils offrent, autour de chaque point d'ossification, une dispositioo radiée trô- 
facilc à reconnaître. Leurs angles sont arrondis ; leurs bords, moins écarta sort 
réunis par des membranes au milieu desquelles on trouve souvent des piaqKi 
osseuses, rudiments d'os wormiens destinés à prendre du développement et à 
combler des sutures si la maladie doit se terminer d'une manière favorable. 

Le développement du crâne est fort souvent irrégulicr. Tantôt la disteiM 
porte exclusivement sur la voûte du crâne ; tantôt, au contraire, elle occope b 
partie antérieure ou postérieure, ou enfin les côt^'S de la tête. Si Ton mesoieb 
diamètres de cette cavité, on trouve quelquefois de 10 à 15 centimètres de £1- 
rence entre le diamètre fronto-mastoldicn d'un côté et le même diamètre prit f 
le côté opposé. 

La multiplicité des altérations de l'encéphale ou de ses enveloppes est teDe, qil 
en faut tracer l'exposition pure et simple sans se pnH)ccnper de leur fi i^uaff 
comparative. Les faits coniuis sont trop peu nombreux |K)ur justifier ce travail. 

L'épanchcment occupe : 1" Tintérieur des ventricules latéraux, queSqnefti» 
aussi les troisième et quatrième ventricules jusque dans le canal central df b 

■ 

moelle ; S*" la cfi'ande cavité de raraclmoîde ; i]** Tespace entre la dure- mère et b 
os du cnlnc ; 1° le lissu de la |)ie-mère. 

Voici un curieux exemple dliydrocéphalie veiitriculaire avec hydrocéphalie <li 
tissu de la pie-mère dû à une phlébite des reines méningées et des sinus de ^^ 
dure-mère» 



ÛBSEnvATiON I. — Hydrocéphalie ventriculaire et méningée. Phlébite des 
de la dure-mère à droite, — Une enfant de deux ans et demi est apportée le 16 
au \V 6 de la salle Sainle-Marguerile de riiopilal Sainle-Eugénie. 

Celte enfant n'a pas élc vaccinée. Kile est à Paris depuis un an. — Elle est néea 
Allemagne. 

Depuis un an elle est toujours malade : elle tousse, elle a de la fièvre, peu d'ipp 
tit; du reste, ni diarrhée ni vomissement. 

CeUc enfant a une tête un peu grosse ; les fontanelles sont réunies ; les meœkits 
offrent les nodosités rachiliques et une mollesse qui permet de courber les os, ceipi 
est très-douloureux. Compression latérale de la poitrine par l'incurvation des cAes- 

l/enfant ne parle pas. Elle est prise par momenls de rires pour ainsi dire coati* 
sifs ou de plean aussi spasmodiques ; la respiration est libre, la poitrine sonore. (M 
n'entend que quelques râles niuqueux. Le ventre est gros, souple, sans luméfodii* 
des viscères do l'abdomen. Pas de diarrhée. 

La peau est décolorée ; les lèvres pAles, le teint mat de la figure indiquent ^ 
profonde altération de la nutrition. 

Pendant le mois de mai, cette enfant n'offrit aucun phénomène morbide grai« 
Dans le décubitus dorsal, indifférente aux choses et aux personnes, ^yant cl cal»- 



HYDROCÉPHALIE CHRONIQUE. !23J 

Êr 

daiU sans paraître comprendre, son silence n*est interrompu que par des cris faibles, 
coiitiiuiHs, commençant par un spasme diaphragmatique et une inspiration prolongée 
et saccadée. Parfois les muscles de la face sont pris de petits mouvements convulsifs, 
mais pas de convulsions générales. 

Un peu de diarrhée, petite toux rare. Uàles muqueux dans la poitrine. L*enfant 
mange des bouillons et des potages. On donne des toniques el de Thuile de foie de morue. 

Le 3 juin, une conjonctivite d'abord légère se manifeste à Tœil gauche, puis à Tœil 
droit. Cliémosis très-développé. Sécrétion puriforme abondante. On lave les yeux avec 
de l'eau de roses ; le 10, rinllammation s'étend à la cornée, qui se ramollit et s'infiltre 
de pus. Le 11, staphyMme de l'iris. La suppuration est extrêmement abondante. 

Cette ophlhalmie détermine une fièvre assez forte, des douleurs intenses faisant 
crier l'enfant et lui ôtant l'appétit. La diarrhée est plus forte que les joui*s précédents. 

Le 15 juin, les parties contenues dans le globe de l'œil s'échappent au dehors par 
les perforations ulcéreuses de la cornée. 

Depuis lors, la suppuration est toujoufs très-considérable; le pus qui s'écoule 
ulcère la peau du iifz, des paupières, des joues et des mains, car l'enfant les porte 
!»ouvent à sa figure. 

On lave les yeux avec de l'eau de roses, puis avec du sous-acétate de plomb. L'en- 
fant est prise d'une fièvre hectique avec diarrhée, inappétence, et elle, meurt le 
8 juillet sans qu'il y ait eu de convulsions ni d'asphyxie. 

A Vautopsiey les membranes de l'encéphale sont couvertes d'une couche épaisse de 
2 centimètres de tissu cellulaire œdématié comme une masse gélatineuse, de couleur 
jaune verdàtre. 

Au-dessous de cette enveloppe, le cerveau a une surface extérieure lisse, non 
ramollie, sans inflammation. Seulement les lobes droits présentent une légère con- 
geslion, et les veines méningiennes latérales sont noires, tendues par des caillots 
sanguins dans leur intérieur ; et le sinus latéral droit et le sinus pétreux superficiel, 
près du sinus droil, renferment aussi des caillots rougeâtres et de petites masses de 
fibrine décolorée. Pas de pus. Les parois n'ont pu être examinées profondément. 
A gauche, les veines et les sinus ne renferment que du sang fluide en petite quantité. 

Les deux veines ophthalmiques ne renferment pas de pareils caillots, ni ecchymose, 
ni épanchement sanguin. 

L'encéphale est sain ; sa substance est ferme et non l'amollie au niveau des com- 
missures. Les ventricules sont très-dilatés ; ils ne renferment que de la sérosité 
incolore; leur surface interne est lisse. I>es nerfs optiques, les couches optiques, les 
tubercules quadrijumeaux sont sains. Pas d'altération à la base de l'encéphale. 

Hydrocéphalie ventrimlaire. — Dans quelques circonstances, le liquide ren- 
fermé dans les ventricules latéraux les distend outre mesure et comprime le cen'eau 
conti*e les i^arois supérieures du crâne. La substance blanche s'atrophie, disparaît 
et il ne reste plus qu'une paroi de 1 centimètre d'é|)aisseur. De la plus ou moins 
grande quantité d'é|)anchement dépendent l'aplatissement ou la disparition des 
circonvolutions cérébrales, la distinction facile ou difficile des substances grise et 
blanche, enfin la consenation des parties centrales du ceiTeau. On conçoit sans 
|)eine qu'un épanchement considérable, situé dans les ventrictiles, puisse ti*ans- 
former l'organe en une espèce de poche membraneuse où il soit impossible de 
recoiuiaître la texture de la pulpe encéphalique. J'en ai vu plusieurs exemples h 
l'hôpital des Enfants (1). 

Ailleurs, l'altération porte sur les parties centrales du ceiTeau. Le corps calleux 
est quelquefois remonté jusque près du crâne : le septum lucidum déchiré; les 
corps striés aplatis ; les couches optiques usées ; les nerfs atrophiés, ramollis, cana- 
liculés, etc. Dans un cas j'ai trouvé un kyste séreux de la glande pinéale enveloppé 
d'une membrane cellulo-vasculaire mince et transparente, du volume d'un dé, et 

«1 » Voyez 0* é<iition, p. 'iOi. 



232 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PIIEMIEAE ENFANCE. 

situé dans le troisième ventricule, refoulant les couches 0|>tiques, écartant les pf-' 
doncules cérébraux et appuyé sur Tapophyse basilaire que Ton voyait au fond di 
kvsle îi travers la membrane cellulo-vasculaire. 

Hydrocéphalie méningée. — Dans d'autres cas, chez d'autres enfonts, 
qu'il résulte de mes ol)senations et de celles de Baron et Breschet, le 
occuih; la cavité arachnoîdienne. Le ceneau n'existe point ou n'existe qu*9i TtU 
rudimentairc*. Il est fonné |)ar une petite masse informe, molle, grisâtre, placée a 
devant de la protul)érance annulaire. Cette partie, le cenelet et la moelle soat 
sénés. Les nerfs sont atrophiés et viennent se rendre au noyau qui remplace Tt 
phale. Ailleurs, le siège de Tlndropisie étant le môme, il y a seulement atrophie Ai 
ceneau. Elle est quelquefois plus marqu('*e daiLs un hémisphère que sur cefan di 
côté opposé, sans qu'il soit possible de rien préciser à cH égard. 

En voici un exemple recueilli sur une fille de deux ans morte dans inonsenicede 
riiôpital Sainte-Eugénie. L'hydropisie arachnoîdienne était liée à Tatrophie et m 
ramollissement blanc du ceneau. 



Observation II. — Hydrocéphalie arachnoîdienne chronique avec airopkk M 
ramollissaient blanc du cerveau. — Nique (.Marie), âgée de deux ans, entra le 
^ février 1856. Le père, affecté de lièvres intermittentes, est mort d'un accident; il' 
mère est morte des suites de couches ; elle buvait beaucoup. Il y a dans la fiuiBi 
une petite fille de huit ans qiii se porte bien. 

Marie Nique est vaccinée ; elle a seize dents, bon appétit ; des vomissements tii^ 
fréquents et pas do diarrhée. 1/enfant tousse depuis cinq semaines environ, et elle i 
eu la rougeole il y a trois semaines. A ce moment, elle a eu un abcès à la joue et « 
autre au fondement; une seule convulsion il y a trois semaines. 

28 février. — État actuel. — Enfant amaigrie ; peau ridée ; chairs molles; pts ds 
diarrhée ni de vomissements ; langue blanche ; pas de soif et peu d'appétit. L'eahil 
ne tousse plus; sa poitrine résonne bien et sa respiration vésiculaire est pwe it 
naturelle. 

La peau est excoriée au niveau du fondement ; desquamation sur le siégey les 
cuissvs et sur le ventre, et il y a sur le tronc et sur les jambes des taches bnuMS 
d'érythème qui ressemblent à une éruption do rougeole, maladie que l'enfant a eœ fl 
y a trois semaines. Point d'éruption sur le visage ; les yeux, le nez, la bouche sont libres. 

1^ ^i, IVnfant n'a pas eu de diarrhée. Elle a vomi tout ce qu'on lui a doué i 
manger ; mais les boissons passent bien. L'érythème signalé hier dure encore aigoanThoî. 

l/enraiil a ou une convulsion qui a duré quelques minutes, et qui était eandérisée 
par la lixilc des yeux, la perte de la vision et la contracture des membres svpérieors. 

Ce malin, les extrémités sont livides, froides, un peu œdémateuses, et le pools in- 
sensible. La connaissance est enlière ; mais de temps à autre il y a des spasmes dans 
lo diaphragme, qui ressemblent à ceux du sanglot, bien que l'enfant ne plearepas. — 
Itain de dix minutes. 

Le 1*' mars, pas de garderobes ni de vomissements; une convulsion. — BooiUoa 
et lait. 

liO !2, pas de garderobes ni de vomissements; deux nouvelles convulsions. 

Le 3, une garderobe peu abondante, demi-molle ; pas de convulsions. L'enfant m 
vomit pas le lait ni le bouillon. 

Le i, une seule garderobe; pas de convulsions ni de vomissements. — Lait et 
bouillon. 

I^ 15, une convulsion; Tenfant a un peu d'œdémo; la peau présente toi^jonrs 
l'érythème chronique déjà indi(]ué ; il est impossible d'avoir des urines. 

L'enfant meurt le 18 mars, au matin. 

Autopsie le 19 mars. — Dès que la calotte du crAne a été enlevée, on aperçoit une 
tumeur uniformément bombée, demi-transparente, formée par du liquide épanché 
dans l'arachnoïde et contenu par la dure-mère. Ce liquide est d'un jaune citrin, il 
nage dedans quelques débris semblables aux dépôts que nous décrirons à la sarface 



IIYDUOCÉPHALIE CIIUONIQUE. 233 

■ * 

interne de l*arachnoïde. Ou peut évaluer ce liquide à 300 grammes ; il précipite 
assez abondamment par l'acide nitrique» beaucoup moins par la chaleur. 

L'arachnoïde est tapissée à sa face interne par une pellicule jaunâtre, rouillée, qui 
y forme presque une couche continue; du reste, cette pellicule est peu adhérente, 
et s'eniève facilement par le plus simple grattage. Elle existe à la fois sur le feuillet 
viscéral et sur le feuillet pariétal. 

Les veines qui serpentent à la surface de Tencéphale ne sont oblitérées en aucun 
point ; les sinus de la dure-mère présentent bien un peu de sang à leur intérieur, 
mais ce sang n'adhère nullement aux parois veineuses, et se trouve encore à Tétat 
liquide. 

L'arachnoïde ne présente pas de traces apparentes d'inflammation. I>es ventricules 
contiennent un peu de liquide, mais sans altération appréciable de leurs parois. 

L*encéphale est le siège d'une atrophie générale bien évidente dans toutes ses par- 
ties. La substance blanche parait intacte. La substance grise, à la périphérie, a subi 
un léger degré de ramollissement. 

Toutes les deux sont pâles et affectées d'anémie; mais ces phénomènes d'anémie 
et en même temps de ramollissement sont surtout prononcés au lobe frontal de l'hé- 
misphère gauche, et tout spécialement aux circonvolutions qui accompagnent le nerf 
olfactif gauche. 

J'ai examiné les parties malades avec M. Ch. Robin à l'aide du microscope, et voici 
ce qui a été observé : 

Ramollissement blanc de la substance grise ; elle diffère de la substance grise nor- 
male par un nombre considérable de corps granuleux, différents de ceux de l'inflam- 
mation, semblables à ceux du ramollissement sénile. C'est à cela qu'est due la cou- 
leur blanche de la circonvolution subjacente au nerf olfactif gauche. La substance du 
côté opposé renferme également quelques corps granuleux, mais ils sont rares. La 
substance blanche ne renferme ni tubes ni fragments de tubes; elle est réduite en 
gouttes sphériques, semblables à celles des tubes nerveux dissociés dans le ramollis- 
sement cérébral avancé. On y trouve quelques corps griinuleux. La substance blan- 
che du coté opposé est un peu plus molle qu'à l'état normal. 

Les tubes se détruisent facilement, et il existe quelques fragments de tubes et des 
cylindres brisés. 

La fausse membrane est constituée de flbres de tissu cellulaire pâles, finement on- 
duleuses, mélangées d'un grand nombre de noyaux plastiques. Les parois du crâne 
sont un peu épaisses. 

Pas de traces de tubercule ni à l'encéphale ni aux poumons. Les deux poumons 
présentent des lobules affectés de pneumonie catarrhale, lobules plus nombreux à 
droite qu'à gauche. 

Le foie présente un tissu dense, plus cohérent qu*à l'état normal, assez dur, gorgé 
de sang La capsule du foie est évidemment épaissie et plus dense qu'à l'état normal. 
La rate est très-ferme^et très-dense ; volume normal du reste. L'intestin grêle pré- 
sente un peu de rougeur et de tuméfaction des plaques de Peyer, sans ulcération. 

Il y a au sacrum et au niveau du grand trochanter droit des ulcérations recouvertes 
de croûtes. 

Chez un autre enfant, j*ai vu sur les deux hémisphères deux kystes étendus laides 
aplatis, épais de 3 centimètres, formés d*unc membrane fibreuse, non-vasculaire, 
remplis de sérosité et de sang décomposé altéré depuis longtemps. C*étaient des 
hémorrhagies méningées en voie de régression qui s'étaient enkystées et non des 
pachyniéningites dont la membrane vasculaire s'était rompue pour occasionner 
dc*s hémorrhagies méningées. 

Dans l'hydrocéphalie chronique, les méninges sont quelquefois altérées dans leur 
ap|)arence. f^ dure-mère ne présente pas de modifications importantes. Ceix*ndant 
Breschet a constaté rabsence de la faux cérébrale. L'arachnoïde est légèrement 
bianchatns quelquefois infiltrée de sérosité opaline ou tapissée par une pellicule 
foiigctàtn', trans|)arcnte, de nature cellideuse et fibro-plastique, comme dans Vo\>- 



23i PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE* 

senatioii qui préc(*do. I^ |)ic-m(*n' est forl amincie, ce qui a [m faire croire à sa 
disparition ; mais un examen attentif vient toujours démontrer soo existence. 

I^ quantité de sérosité éi)ancliée est fort >ariable. Depuis les chiflTres ordinain> 
de 200 et 500 grannnes, elle s'élève à 2 et 5 kilogrammes. Quelques auteurs, 
Auriwilh Butiner, Criiikshanks, parlent de faits dans lescpiels ou trouve jusqaa 
9, 10 et même 13 kilogrammes de liquide. De tels exemples doivent être fort 
rares. 

La com|X)sition chimique de la sérosité renfermée dans le crâne a été le sujet dr 
recherclies de plusieurs chimistes foit habiles. Généralement ce liquide ne conlifot 
pas ou ne renferme que des traces d*all)umine. C'est une exception lorsqu'il rt 
contient une quantité notable. Yoici les résultats d'une analyse de Barniel pubfin' 
par Breschet. Sur i0(X) parties, on a trouvé : 

ïjixï D900 

Alliuminc 0015 

Osina^oiiip 0005 

Sel marin (KK)5 

Phosphate (le sonde 0005 

Carbonate de soude 0010 

Les anahses de Marcct, de Bostock, de Berzelius et de John ne présentent ai^ 
celle-ci que des différences |xmi essentielles. 

Enfui, nous mentionnerons les ^ices de conformation qui accompagnent so>- 
vent l'hydnK'éphalie congénitale. Ainsi le Iwc-de-lièvre , la division du T«lf 
du ]>alais, Touveilure du crâne (*n airière, Fliydrorhachis, la torsion despidIsH 
des mains, U^ développement incomplet des |X)umons, du cœur et de quelque' 
autres viscères, sont les déformations les plus connues indiquées dans cette rir- 
constance. 

Symptùmem. — I/hy(lroré|)liarK> chroni({ne est im)X)ssible à reconnaître tantq^ 
le fœtus est renfermé dans le sein de sa mère. On peut tout au plus prévoir IVd- 
stence de cette affection lorsque la femme a déjà engendré un ou plusieurs enlatf^ 
hydrocéphales. 

L'augmentation du volume de la léte est le suiiptôme le plus iiniiortant à 
Vliydrocêplialio chronii/ue comn^nitale ; c'est aussi le plus facile à vérifier surh 
malades. Si la tête n'est |)as trop >()luinin(Mise au moment de la naissance, racroe- 
chemenl se termine sans peine et la maladie, un instant arrêtée, se développe at(i' 
une nouvelle vigueur. Au conlraire, si elle a des dimensions trt's-considérabies, Hl^ 
devient un ol>stacle à la ))artiu*ition et l'on est obligé de la broyer avec le céph»" 
lolrilK». Ce syuiplôme exlériein* révèle également l'Indroréphalie clux)niqne acquit 
et dé\eloppée après la naissance. 

MalluMireusement il n'existe pas toujours. Comme je l'ai dit, il y a des exenif*^ 
dans l(»squels la tête conserve ses dimensions normales, et môme chez certains ^ 
fants elle paraît être plus petite que de coutume. 

Chez ces malades, la tête esl jioiulue, a|)latie sur les côtés et déprimée à la r^ 
frontale; les sutures sont ossifiées et les fonlau(*lles fermées dés la naissance, qui<^ 
rapidement suivie de mort. 

Le petit nombre de ceux qui écha|)peiil finit par succomber au lx>utde quelqort 
semaines ou de plusieurs mois. Ils sont privés de facultés intellectuelles et \fBX> 
sens sont oblitérés. Ils ne voient |X)int, leurs pupilles sont dilatées et insensible' 
Taction de la lumière ; leurs yeux sont dans un état d'oscillation continuelle, ^ 
n\stagmus, et, au fond de l'œil, ainsi (jue je l'ai fait connaître, existe une infiltra- 



HYDROCEPHALIE DIRONIQUE. ^35 

tion srreiise de la papille, avec ou sans atrophie du nerf o|Hîque. Ik entendent à 
pein(\ La siMisibilité existe, mais la niotilité est difficile; les mouvements d(*s 
nienibn^ sont presque impossibles; les fonctions s'accomplissent iiTéguliùrement ; 
les enfants mangent avec avidité, mais lis digèrent mal; leurs déjections sont invo- 
lontaires. Leur respiration se fait bien, mais s'embarrasse fiicilemcnt. Leur intelli- 
g(*nce est nulle ; ils ne s'attachent point aux objets extérieurs; ib ont des convulsions 
ou (lu coma lorsqu'on les agite ou lorsqu'on secoue leur t$te et meurent enfin au 
milieu de ces accidents. 

Dans riiydmcéphalie congénitale, avec augmentation de volume de la réte, il y a 
aussi déformation de cette partie. Jamais ces modifications ne sont bien considé- 
blés au moment wde la naissance; elles se manifestent dans les mois qui la suivent, 
et alors la dilTomiité de la tête ressemble à celle de l'hydrocéphalie chronique et 
acquise. 

' V hydrocéphalie chronique acquise e^ venlriculaire ou mémngée. £lle succède 
ftouvent à des phicgmasies aiguës du cerveau ou des méninges, à des tumeurs céré- 
brales, au ramollissement Uanc du cerveau, à une iiéinonrhagie méningée dont le 
sang se résorbe en formant un kyste séreux qui augmente tous les jours et à des 
attaques d*érlampsie accompagnées de contracture. Au début, elle est im|)ossible h 
reconnaître. Ou bien le crâne conserve ses dimensions ordinaires, et alors tout dia- 
gnostic est incertain ; ou bien, au contraire, b tête aqgmentc de volume, le crâne 
se développe en disproportion de la face qui reste petite et de fonne triangulaire. 
Otte ani])liation ne se fait que par degrés et d'une manière très-lente. 

Les dimensions du crâne augmentent peu à peu au moyen de l'écartement des 
sutures et par la projection en dehors du bord supérieur du coronal, de l'occipital 
et d(*s pariétaux. Le front, ou l'occiput, ou les côtés du crâne, proéminent d'une 
façon assez souvent irrégulière. H en résulte une modification importante de cette 
partie, qui perd ses proportions et ne se trouve plus en harmonie avec la face, don 
les dimensions n^stent les mêmes. C'est une véritable difformité dont on ne peut 
perdre le souvenir après l'avoir une seule fob rencontrée. La tête est molle, et l'on 
sent la fluctuation entre les sutures. Fisher dit que l'auscultatran fait entendre 
un bruit do souffle très-prononcé dans la fontanelle antérieure, ce qui est quelque- 
fois vrai, mais cela n'a pas d'importance, car ce souffle s'observe diez des enfiints 
bien portants. 

Les sens se dévefoppent difficilement et sont exposés à de fréquentes aberrations. 

Les yeux oscillent sans cesse ; ils sont quelquefois divet^^ents ; les pupilles sont 
k)ri dilatéi*s et peu contractiles ; l'impre^fon de la lumière est souvent doufou- 
reuse ; la vue est Cûble et se perd graduellement, au point d'arriver à l'amaurose. 
Dans ces cas, d'après mes recherches, il y a, au fond de Fcey, des altérations 
caractéristiques de la maladie du cerveau (1). Au moyen de rophfhaimoscope on 
constate un accroissement considérable du nombre des veines, leur dilatation ; plus 
tard Jeur Hexiioslté, l'hyperhémie de la rétine, l'infiltration séreuse de la papille qui 
4*si voilée, et enfin l'atrophie plus ou moins com|llète du nerf q)tique. — (^es 
sign(*s, qu'on iu> connaissait point avant ma découverte, distinguent tout à fait 
riiydrocéphalie de ces cas de rachitisme qui produisent l'augmentation exantsive 
(lu volume de la tète accompagnée de convubioiis passagères plus ou moins fré- 
quentes (fig. i\) et 30). 

il) K. Ii(»uciiut, Du diagnoêtic det maladies du i^tètne nerveux par Vog^thalmoicopie. 
Pnri9, I8<)5, 1 vol. iii-8, avec 23 |>lanchcscliromoliUiograpliiéc8. — E. Boucliut. Atloi ttopk' 
thalmo»copie et de cérébroicopie. Paris, 187G, avec 14 planches. 



231 PATIlOI.or.lK SPKCIALK DR LA PREMIÈRE ENFANCE. 

sonation qui pKH'f'df'. I^ pie-nuTc est fort amincie, ce qui a pu laire croire a a 
dis|)aritioii ; mais un oxamoii aUenlif vient toujours démontrer soo existence. 

1^ quantiti* dv sr^msiti* é|)ancliée est fort variable. Depuis les chiffre» ordinn 
de S<)0 et r>()() grammes, elle s'élève à â et 5 kilogrammes. Quelqties aottm 
Auriwill, Butiner, Crtiikshanks, iiarlent de faits dans lesquels on trouve joaqki 
0, 10 et mOme 13 kilogrammes de liquide. De tels exemples doivent être fa 
rares. 

J^a ('om|M)sition chimique de la séi-osité renfermée dans le crâne a été le sujet è 
reelien-lies de plusieurs cliimistes fort habiles. Généralement ce liquide ne caétaL 
pas (Ml lie renferme que d<*s traces d'albumine. C'est une exception forsquln 
contient une quantité notable. Voici les résultats d'une analyse de Barmel poUff 
|)ar Ureschet. Sur KMX) fiailies, on a trouvé : 

hUm U900 

AlliuiHinc 0015 

OHin.'uoiiio OOOo 

S(>1 iiiarîii .... 00(K> 

Pii(>5piiatc «le soiiilc 0005 

Carbonate de soude 0010 

I.es anal\$(*s de Marcet, de Bostock, de Berzelius et de John ne présentent am 
celle-ci que des différences |)eu essentielles. 

Knfin, nous mentionnerons les vic<*s de conformation qui accompagnent m 
vent riiulroréphalif* congénitale. Vinsi le l)cc-de-lièvre, la division do ï9k 
du palais, loiiverture du crâne en arrière, riiydrorhacliis, la toraion despinisri 
des mains, le développ(>ment incompler des |X)umons, du cœur et de quelqixs 
autres viscères, sont les déformations les plus connues indiquées dans celte dr^ 
constance. 

Hjmptùmem. — Lliydi*océphalie chronique est impossible à recoiuiallre tant qv 
le fœtus est renfermé dans le si'in de sa mèiv. On |)eut tout au plus prévoir Ynt- 
stence de cette affection lorsque la femme a déjii engendré un ou plusieurs entMts 
hydrocéphales. 

I/au}rin<Mitation du volume de la tête est le s\mptôme le plus important de 
Vhydroirplialir cUronitme con (foui taie; c'est aussi le |)liis facile à vérifier sarb 
malades. Si la tête n'c^st pas tmp volumineuse au moment de la naissance, l'arcoi- 
chement se termine sans peine et la maladie, un instant arrêtée, se développe avrr 
une nouvelle \imieur. Vu contraire, si elle a des dimensions trtVcoiisidérables,Hk' 
ae\ieiit un ol)stacle h la |)artiiriiion et Ion est obligé de la broyer avec le céph»- 
lotrilK». Cr s\!iiplôinp evléiieiir révèle également riiydrocéphalie chronique acquise 
4»l développée après la naissance. 

Malheureusement il u'existe pas toujoui-s. (>)inme je l'ai dit, il y a des exempte 
<lans IcHwpiels la léte conscne ses dimensions normales, et même chez certains en- 
fants elle paraît être plus petite que de coutume. 

Chez ers malades, la tète est iwintue, aplatie sur les côtés et déprimée à la i^rion 
fmntale; les sutures sont ossifuVs et les fontanelles fermées dbs la naissance oui est 
rapidement suivie de mon. ' ^ 

Lv petit nombre de ceux qui échappent finit par succ<miber au bout de quelqu» 
scMuaines ou de plusH.u-s mois. Ils sont privés de facultés intellectuelles rt lïnî 

1 s 1^ Ï^t au ScIT """''"'^ "" '''' ^*'^^^'"«^'«" continuelle, ou. 

.nstagmiis, cl, au fond dHce.l, anus, qne je Fai fait connaître, existe «ne infiltn- 



MlDHOCÉPirAUE CIIIIONIOLE 

L'inU'Uigeiice se développe avec Deiiip r«™ i '^' 

niai... cncor,, ,o„, j™„,. ,;,M,„ :, J „^^^" ' ™" "«v^.*,,,™,. 

.no™„„. „ta„.i„, „ dé,cCn a*^«■„;T'"°'*''■'l'™''"«■•• 
Posn™ »,„ esl p«iW, au *bul ,1,, JT ° """"«"^ " <<luilil>rt 
« base ,1» ertnoH, ea 1, cause KÛrHV^ rompressio,, du liquide sur fe ,,erf, 
'. des naus;., ou des cTuXus ", rZ ?" *"""" "'' ""■ * - 

"■"«"«" «•"> «ée .«uale "' "''" '""' ' ™"'™i,,e ,1e ïiaLt 

•»»«Morti„ai„S£.T.™r" """«"il"''' de l'byd™ Se" 

nigularilé u.., 'PProclies d'uuc 

* '- "«e ,e„i„„ J ^ «f « q./ dép..,rf de a°i ,!"'"'''■■ «^'^ 

ï"».le ca,i„-. du," * " "l "" ™d™> ri-Wci eu,.? """'■ «''«-i-dire 

*'»»"» lougiiudlual. Il ,e Iduû ""■'""' "'™"8''". 

pcMuilla cequel,,p|,s,iei„,3 



±:\H PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PnEMIÈRE ENFANCE. 

appellent une veine fluide dont les vibrations cloniieiit lieu h un souiDey et c'est ce 
qui fait que ce bruit existe cbez la plii|)art des enfants, tant que les fontanelles scm 
larges, que les parois du cnine ne se sont ni épaissies, ni rapprochées, et que b 
tension du cœur est tn*s-considérabIe. 

Les enfants hydrocépliales ont souvent des accidents nenreiix qui dépendent dr 
la coinpi-ession du cerveau par la sérosité é|)ancliée. La céphalalgie* les verti^ 
les voinissiMnents dont se plaignent quelques sujets, doivent être rapportés à cdr 
cause. Il en est de même des convulsions qui s'obsenent dans cette maladie à 
propos (lun mouvement de colère ou de dépit. Vinsi Ton peut ù volonté provoquer 
cet accident par Tagitation ou par la compression légère de la tête des enfants. li 
i*st alors suivi d'un coma plus ou moins pn)fond. 

Diafpiosile. En général , le diagnostic de l'hydrocéphalie chi'oniquc n'est f» 
difficile, et quand le volume de la tète est très-considérable, il suffit de regankr 
Tenfant pour être fixé sur le nom de sa maladie. Mais il n'en est pas toujours aiiH. 
vi au début, quand la tète coumience h grossir et que les symptômes sont encorf 
|MMi prononcés, il peut arriver qu'on lu'^ile à se» prononcer parce qu*alors leshj- 
drocéphales ressemblent à œrtains rachitiques qui ont la tôte très- volumineuse, «( 
qui, en même temps, ont quelquefois des convulsions. 

Pour éviter Terreur, il faut voir s'il y a déformation des extrémités s|)ongieos(s 
des os longs et déformation de la poitiine ; dans ce cas, raugmentation de ^ohuiie 
de la têt<' dé|KMid du rachitisme. On devra de plus recourir à la cérébroscopie. En 
effet, au moven de l'ophllialmoscoiK*, dans le rachitisme, on ne voit aucune léM 
delà papille, et dans Thydrocéphalie, on a|K»rçoit une hyperhémie veineuse rétiniens 
très-accusé<\ quelquefois de Tinfiltration séreuse papillaire, une névroi*élinite ^ 
dente ou de Tatrophie optique. 

Villeurs , il faut faire le diagnostic de T hydrocéphalie intra-ventriculaire ob 
arachnoïdicune consécutive à xmv liéuiorrhajii^ic niriiingée. C\»st trés-inii)orUfi- 
|M3ur le trailtMiicnl. Dans ce dernier cas, si la maladie a débuté par «les con\ulsioo>. 
une ftèviT consécutive et un développeiucnl d'abord partiel du mine , on (f«**rJ 
penser qu'il s'agit d'une hydrocéphalie déxeloppé*' dans Taraclnioîde à la suit' 
• (ruiie hémorrhagie méningée, don! le sang, a|)rès s'être résorbé, a laissé un k^'' 
séreux ({ui est devenu le |K)inl de départ de riiydrocéphalie. 

^larcrlic, termlnalKoo. — I/h\drocéphali<' congénitale chnmique eiitrahio as^e^ 
ordinairement la mort deseufanls peu après leur naissance. ()uelqu(»s-uns n»si>trtrt 
et végètent pendant plusieurs années. .]. Kranck ra|)porte, d'après les autiiin». 
(Ii\ers e\ein|)les d'h\drocéj)hales (pii ont vécu jusqu'à div-huit, vingt-cinq, tn^nt»*. 
qiiarante-cinct et même cinquante-quatre ans, dans cette triste iK)sition. J*onai 
>u un cas chez un enfant Agé de onze ans, chez lequel une fièvre cérébral»'. « 
l'cigj' de trois ans, avait amené le développement de la tête à 02 centilnètr^ 
de circonlérence, et Tenlant, atteint de strabisme, avait d'ailleurs une* iutellisiHK^ 
ordinaire. 

Otte prolongation de la vie s'observe surtout dans riiydrocéphalie ventricnlaire: 
elle dépend uniquement du peu d'étendue des altérations du cerveau et de la faiH^ 
quantité <le sérosité épanchée. Il y a des malades chez lescpiels la formation (la 
liquide est assez lente |)our ne point gêner d'aJ)()rd la lil>erté des mouvements: il^ 
s'affaiblissent |k»u à peu avant de tomber dans l'état convulsif. Chez d'autn^s dl^ 
est très-rapide et occasionne des troubles sensoiiaux et nmsculaires, tels que b 
vertiges, les convulsions, la sonniolence, le coma et la paralysie des membre 
phénomènes précurs<*urs de la mort. Ailleurs, sur un enfant »1gé de treize ans 
mort dans mon s(»nice, à l'hôpital des Enfants, la maladie avait duré onze année:»- 



IIYUnOCÉPHALIE CHRONIQUE. 239 

Elle éuit venue sans cause appréciable et la tète avait 68 centimètres de circon- 
l'érence. C'était une hydrocéphalie ventriculaire ayant permis un certain degré 
d'intelligence, mais n'allant pas jusqu'à laisser apprendre «i lire. 

I/liydrocéplwlie bien confirmée est au-dessus des ressources de Tart ; cependant 
on rapporte des exemples de guérison spontanée par évacuation naturelle du liquide 
au dehors, à travers les narines. Sedwick a rapporté l'histoire d'une jeune hydro- 
céphale guéri de cette manière. 

Observation 111. — Enfant de deux ans, issu d'une mère scrofulcuse et sujet à 
des dérangements intestinaux. Des symptômes d'hydrocéphalie chronique se décla- 
rèrent. Au bout de cinq semaines le coma était permanent, la pupille presque insen- 
sible à la lumière, le volume de la tête avait beaucoup augmenté, quand tout à coup 
il se déclara une grande amélioration. On constata alors qu'il était sorti par les nari- 
nes un liquide clair, en telle quantité, que l'oreiller était mouillé dans une grande 
étendue. L'écoulement continua de la même manière pendant vingt-quatre heures, 
après quoi il commença ù diminuer ; mais il ne s'arrêta qu'au bout de plusieurs 
jours. En même temps les symptômes cérébraux s'amendèrent rapidement, et la santé 
se rétablit. 

Vil pou plus tard, raflection se reproduisit, avec de la dilatation des pupilles, 
coma, etc. Celte rechute datait déjà de plusieurs semaines, la mort semblait immi- 
nente, quand il se fit encore par les narines un écoulement abondant de liquide, après 
lequel tous les accidents cérébraux disparurent. L'enfant fut mis à l'huile de foie de 
morue et parailr maintenant tout à fait guéri. 

On ne dit pas ce qu'est devenu le volume de la tête. 

l'our qu'mie semblable guérison s'opère, il faut que la quantité de liquide 
épanchée soit Tort peu considérable, et qu'il n'y ait point de lésion organique grave 
du cerveau semblable h celles dont nous avons parlé. 

Traitenikent. — L'hydrocéphalie chronique doit être combattue à l'aide de 
nio\ens capabl(*s d'empêcher la formation d'une nouvelle quantité de liquide et 
d(\slinés à l'a^orisiT la résorption de celui qui est é|)anché. 

Pour arriver à ce double but, on a successivement employé la digitale sous 
toutes les formels; Voxymel scillitiqney le nitrate de potasse et tous les diuré- 
tiques ; les purgatifs, et en particulier le calonvely de manière à provoquer trois 
ou (juatre selles par jour; les frictions mercurielles sur le cou et principalement 
sur la tète, etc. 

Les applications topiques astringentes sur la téte^ telles que les compresses 
inibilHTs de vinaigre scillitique, de vin aromatique (van Swicten), ou par des 
huiles ess<Mïlielles, élhérées ou camphrées; les emplâtres de savon uni au camphre, 
sont fort utiles dans cette maladie, au moins pour procurer du soulagement au 
malade. 

Dans le cas où l'on observe des phénomènes de congestion ou de fluxion vers 
la lète, il faut appliquer des sangsues ou des ventants scarifiées à la nuque, 
Pom- prévenir le retour de ces accidents, on peut à la même région placer un vé- 
sicatoire à demeure ou un séton que Ton excitera fortement avec de la |)ominade 
épispastique. 

Si l'on \eut agir directement sur la tète, on devra employer les larges vésica- 
toires râlants souvent répétés, et, dans quelques circonstances, les catCtères. 
Toutefois le premier de ces moyens est préférable au second. 

La compression du crâne a été souvent mise en usage. Il faut la faire légère- 
ment d'alwrd et tivs-méthodiqucment à l'aide d'un bonnet de cuir, ou plutôt avec 
d<»s l)an(lelettes de diachylon gommé. Ce moyen n'a d'efficacité qu'autant qu'il est 



2i0 - PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PRBVIBRB ENFANCE. 

employé pendant longtemps. 11 peut devenir fort dangereux, si Toa n^i^MMtf 
qudque réserve dans son usage. Il amène souvent une diaiinatiàii noUlik àm 
les dimensions de la tête, et Ton peut ainsi espérer ralentir h marche de h nàUk. 
Dans plusieurs cas d'hydrocéphalie subaiguê non donteiisey alors qo'oa w pu- 
vait contester la présence d*une grande effusion séreuse dans les ventricnki, b 
malades ont été guéris par de hautes doses d'iodure depokusium. J^ai déjà |mV 
de cette médication à propos de la méningite granuleuse : 

lodure de potassium 4 grammes à 8 gninnies. 

Eau distiUée iOO * 

Sirop de capillaire .*. • . 50 — 

Toutes les heures on donne une cuillerée à bouche de cette soiution aux 
Quelques auteurs ont conseillé de faire la ponction du crdne afin de 
issue au liquide cérébral Cette opération, proposée par Hippocnte (l),Gte 
Monro, Lecat, Astley Gooper et blâmée par beaucoup de chinirgieiis oélèkfi,a 
été pratiquée, dans ce siècle, chez nous, par Dupuytren, Brcscbet et par on pwi 
nombre de médecins. Elle a été presque constamment suivie de résultats défi» 
râbles. Gela se conçoit, dès qu*on a réfléchi «i la fréquence et à h gravité du 
altérations anatomiques du cerveau des hydrocéphales, et il est iacile de GOfqralv 
le danger des ponctions du crâne ou des sétons qu'on introduit dans les ve i ur i a iei 
cérébraux. Le résultat de C4^ opérations est le développement d^une infn'milr 
presque toujours suivie de mort. 

Observation IV. — Hydrocéphalie chronique. Sept ponctions et um lêlea. I^ 
ningiie; mort. — Un enfant de sept mois, dont la lôte était très-grosse, futprésortéi 
M. Grantliani. On avait employé la compression et les contre-irritants, afln deM- 
nuer le volume de la tête et de provo<(uer Tabsorption. Cela fut inutile.* Grastlns 
pratiqua d'abord des ponctions fréquentes, ne tirant pas plus d'une ou de deux nu» 
de li(|uide dans chaque opération. 

.\près sept ponctions, voyant que le liquide se reformait chaque fois et que laléte 
ne diminuait pas de volume, l'auleur introduisit un séton sur le côté gauche do sin^ 
longitudinal pour obtenir un écoulement graduel du liquide et pour exciter aussi fit* 
flammation, de l'arachnoïde ce qu'il obtint en effet. Le liquide cessa de se former ;li 
tête sembla diminuer de volume (^t les os du crâne parurent se rapprocher. Il relin 
alors le séton, et, bien que la tête fiU encore bien plus grosse qu*à l'état uoniiil,il 
espérait cependant, s'il ne survenait pas de convulsions, que l'enfant pourrait étr^ 
guéri, en supposant vraie la première opinion qu'il s'était formée, c'est-à-dire oa'il 
eût aflaire à un cas d'hydrocéphalie externe. 

Le deuxième jour, après avoir retiré le séton, des spasmes se déclarèrent dansls 
pieds et dans les mains; la face se décolora, l'enfant dépérit; des convulsions sv- 
vinrent, et le troisième jour l'enfant mourut. 

Autopsie. — Il n'eiistait plus de liquide dans la membrane arachnoïde; la pie-néfc 
était privée de sang, le cerveau et le cervelet étaient complètement atrophiés, les ver 
tricules latéraux remplis d'un liquide pâle (!2). 

Observation V. — Hydrocéphalie chronique. Ponction du cerveau H Méîe^ 
dans les membranes. Méningite; mort. — Dans celte observation semblable ib 
précédente, le liquide se renouvelant toujours malgré les ponctions, M. firown intro- 
duisit un séton à travers les membranes du cerveau. Au bout de trente-six hettts. 
tremblement de muscles et menace de convulsions. Au bout de quarante-huit beivcs. 
l'enfant refusant la nourriture et la stupeur se déclarant, on retire le selon. Tons k$ 

(1) Hippocrate, Œuvreu complètes, trad. Liltré. Paris, laii, t. III, p. SU. 
(i) Granihain, Gatette médicale, 18 août 1855. 



HYDROCÉPHALIE CHRONIQUE. 241 

symptômes cessèrent, la tète avait diminué beaucoup de volume et resta ainsi pendant 
quelques jours. 

On se flattait d'obtenir la guérison, mais deux ou trois jours aprée des signes évi- 
dents de sécrétion nouvelle se manifestèrent, et douze jours après on ponctionna la 
tète pour la dernière fois. L'enfant mourut. 

Autopsie. — On reconnut que le liquide existait dans les ventricules du cerveau. 
L'auteur pense que, s'il eût existé seulement dans les membranes du cerveau, les 
chances ée succès auraient été bien plus grandes (1). 

Il serait pcut-otrc beaucoup plus sage de bannir ces opérations de la pratique, 
mais comme les enfants sont voués à une mort presque certaine, on fait tons les 
jours de nouvelles tentatives pour arriver à un résultat favorable. 

Schoepf Méréi a pratiqué sept fois la ponction de la cavité hydrocéphalique, 
et cela sans nul inconvénient, dans des cas où Tépanchement s'était fait après des 
symptômes de courte durée, chez des enfants dont les sutures crâniennes étaient 
encore ouvertes, qui étaient âgés de trois à six mois, et chez lesquels enfin, non- 
obstant une grande quantité de liquide, il n'y avait point de symptômes de collap- 
sus 011 de ramollissement cérébral. Il réitéra une ou plusieiu^ fois la ponction chez 
les mêmes enfants, leur donnant à l'intérieur de Tiodure de potassium ou de l'huile 
de foie de morue, à l'extérieur des douches froides sur la tête et maintenant le 
cninc modérément sen'é par un bandage. Schoepf Méréi dit avoir ainsi sauvé 
deux de ses malades. Il est probable que ce sont là des guérisons de hasard qu'un 
médecin ne saurait prévoir d'avance et qui résultent sans doute de ce que l'hydro- 
céphalie n'était point compliquée chez ces enfants d'une lésion grave de la sub- 
stance cérébrale. 

Le procédé opératoire consiste en une ponction à l'aide d'un long et mince tro- 
cart, en haut de la partie latérale du cerveau correspondant au ventricule latéral. 
On enfonce jusqu'à ce qu'on ait pénétré dans la cavité de ce ventricule et il sort 
quelquefois une livre et demie de liquide par la canule. Si Ton se décide à cette 
ponction, il vaut mieux employer le moyen que j'ai imaginé et dont je vais parler. 

C'est la ponction par la lame criblée de rethmoide, au moyen d'un trocart 
capillaire introduit dans les narines et dont la pointe est garnie d'une petite bou- 
lotte de cire.jOn introduit le trocart dans les narines, le long de la cloison parallèle- 
ment à la ligne du nez et l'on enfonce en inclinant légèrement en- dehors. J'ai ainsi 
retiré 300 grannnes de liquide à un enfant atteint d'hydrocéphalie chronique, mais 
cet ehfant, très-malade au moment de lopération, a fini par succomber. Sur un 
autn* enfant de trois mois, j'ai employé le même procédé en 1869 sans plus de 
succès. 

Brainard a combiné Vinjection iodée à la ponction du crâney et dans le 
cas que nous rapportons ici, si l'enfant a succombé, c'est au moins autant par le 
fait de la maladie que par celui de l'opération. Brainard a conseillé l'emploi de 
la solution aqueuse d'iode que voici : 2 milligrammes d'iode et 5 milligrammes 
d'i<Klure de potassium pour 30 grammes d'eau distillée. Il augmente progressive- 
ment la dose, s'il n'y a pas de réaction inflammatoire après l'opération première. 

Observation VI. — L'enfant avait quatre semaines; la tête était énorme. Le traite- 
ment dura sept mois. Dans cet intervalle, vingt et une injections furent faites, conte- 
nant ensemble G^*', 25 d'iode et 18^% 35 d'iodure de potassium. La première injection 
contenait 3 milligrammes d*iode et 6 milligrammes d'iodure de potassium. La plus 
forte injection contenait 60 centigrammes d'iode et 1^% 80 d'iodure de potassium. 

(1) Brown, Gatette de$ hâpUaux. 

BOUCHUT. — NOUV.-Nte. — 7* ÉDIT. 16 



2i2 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE* 

Dans les premières opérations, Brainard ne retira que 2 grammes de sérosité, 
qu'il remplaça par la même quantité de liquide iodé. Dans les dernières, il retira éi 
180 à 360 grammes de sérosité et injecta 30 grammes de liquide. 

A part la réaction, qui commençait douze à vingt-quatre heures après ropératîai, 
et durait de quarante-huit à soixante-douze heures, il n'y eut pas d'accidents. Wkét 
était rapidement éliminé par toutes les sécrétions, et Ton n*en retrouTait jamais de 
traces dans la sérosité encéphalique. Le volume de la tête diminoait pendant quel- 
ques jours, à la suite de l'opération, puis revenait à ce qu'il était auparavant 

L'enfant mourut avec les symptôme^ caractéristiques de la dernière période de cetl« 
maladie : Tengourdissement et la somnolence. Le cerveau contenait i200j;ramniesde 
sérosité. 

L'innocuité des injections faites par Brainanl démontre qu'on pouTait ks 
faille plus fortes et plus abondantes. Q' fait, malgré l'insuccès du traitement, noo5 
vaudni certainement de nouYcUcs tentatives dans cette voie p^îBeiise, où W 
parsât diflRcile d'obtenir de bons résultats. Eq voici une suivie de succès, du 
au trente-huitième jour de l'opi^ration. £lle appartient au docteur Toumesko (àf 
Bticharest) : 



Observation VIL — HydrocéphaHe chronique. Ponction et injections ù 
guérison. — c George Borné, né à Cingourani (village), n'avait, lors de ropéraliw, 
que deux mois à peine, et sa tête me donna 56 centimètres 1/2 de circonférence. A la 
première ponction, je n'ai laissé écouler que 1 1 onces de sérosité ; vingt-qiulre 
heures plus tard le liquide remplissait complètement le crâne. Une nouvelle ponction 
fut pratiquée le lendemain ; cette fois, j'ai tiré tout ce que j'ai pu de liquide de b 
cavité crânienne, c'est-à-dire 21 onces de sérosité, et immédiatement après j'ai fivt 
une injection de teinture d'iode. L'enfant pâlit et poussa plusieurs cris. 

» I^s jours suivants, il eut de la fièvre et une constipation contre laquelle je n'ai 
prescrit que le calomel. Dix jours après la fièvre cessa et le vingt-troisième jour après 
l'injection iodée, l'enfant fut prcsont(^ par sa mère au docteur Arsakie, éplwre 
des hôpitaux civils au principauté de Valachie, et le proto-médecin Goussy. Sa léle 
mesurée ne donna que 4i centimètres de circonférence, étal normal à peu de chose 
prés, puisque Ja tète des enfants du même âge, bien conformes, oscille, d'après 1he5 
propres mensurations, entre il et 43 centimètres. Quinze jours après cet examen, U 
tête me donna la même périphérie, et l'enfant, sauf une légère bronchite, jouit «i'uw 
santé parfaite. 

» Voici maintenant quelques détails relatifs à la ponction, ainsi qu'à rinjectioo 
isolée : 

» 1® I>e Irocart dont je me suis servi était d'un très-gros calibre. 

> 2*» Je l'ai introduit à une profondeur de 5 centimètres et demi. 

> 3" J'ai ponctionné la partie latérale de la suture fronlo-pariétale, comme le point 
le plus rapproché des ventricules. 

ï X" La direction de ma ponction a fait un angle de 45 degrés à l'horizon. 

> 5« Le liquide injecté était ainsi composé : teinture d'iode, 3 gros (12 grammes»; 
eau distillée, 6 gros (24 grammes). J'ai injecté le tout, et je n'ai retiré que la bni- 
tième partie, après avoir remué en dilférents sens la tète de l'enfant. » 

Au moment des accidents nerveux et dos convulsions qui paraissent chei b 
enfants atteints d'hydrocéphalie, il faut mettre en usage les agents thérapeutiques 
dont j'ai parlé à propos des convulsions (p. 158). 

CHAPITRE XXXVllI 

TUMEURS SÉREUSES DT CR.\NE 

On trouve quelquefois à la surface du rrAne des jeunes enfants des tunieum 
molles, réductibles par la pression, qui se rattachent de loin à Fhydrocéphalit' 



HÉMORRHAGIB CBRéBRALB ET APOPLBXIB DBS NOUVBAU-NÉS. 2i3 

chronique et dont il est important de connaître la nature^ la marche et le traite-^ 
ment. 

Ces tumeurs, plus ou moins grosses, varient du volume d'une petite noix au 
volume d'un ceuf. Indigentes, elles sont recouvertes par la peau saine, et une 
pression lente et prolongée amène leur réduction sans produire de phénomènes 
convulsifs ; lorsqu'elles sont réduites, on sent à leur base une petite ouverture 
osseuse. 

Elles sont formées par un amas de sérosité dans un cul-de-sac des membranes 
cérébrales à travers les os du crâne; c'est en quelque sorte un diverticulum de 
Tarachnoîde, et le liquide qu'elles renferment rentre dans le crâne par la pression, 
sans qu'il y ait réellement d'hydrocé|rfulie. C'est la sérosité mnnale de l'arach- 
noïde qui sort ainsi par une ouverture accidentelle. 

Ces tumeurs finissent souvent par devenir irréductibles ; leur cavité cesse de 
communiquer avec l'intérieur du crâne par un mécanisme analogue à celui qui 
isde la tunique vaginale du péritoine. L'ouverture osseuse s'oblitère également et 
la tumeur indépendante ne tient plus que par un pédicule très-étroit dans lequel 
on trouve quelquefois les traces de l'ancien canal. 

Ce sont des tumeurs qu'il serait imprudent d'ouvrir et qu'il faut savoir respecter. 
Elles doivent être traitées au moyen des applications de remèdes astringents et 
résolutifs. 

CHAPITRE XXXIX 

HÉMORRHAGU CÉRÉBRALE CONGÉNITALE 

Si les héinorrhagies du cerveau sont rares chez les nouveau-Aiés, ainsi qu'on 
le verra dans le chapitre suivant, elles sont encore plus rares chez le fioetus dans le 
sein de sa mère. Il y a très-peu d'exemples d'hémorrhagie cérébrale congénitale, 
et celui du docteur Gibb mérite d'être rapporté : 

Observation. — Une femme enceinte ayant reçu un coup violent dans la région 
abdominale, donna, trois mois après, naissance à un enfant mort-né qui avait, du côté 
gauche, les doigts et Je coude, les orteils et le genou tellement roidis dans la flexion, 
qu'on ne put étendre ces jointures sans rompre les tendons. L'antre cdté n'offrait rien 
de pareil. L*accoucheur, M. Gibb, examina le cerveau, et trouva un caillot ancien 
dans rhémisphère droit, au-dessus du ventricule latéral. Le pariétal correspondant 
avait sa surface dénudée et était le siège d'une ecchymose étendue (1). 

C'est là un fait extrêmement curieux, tant sous le rapport de sa cause que sous 
celui des lésions qu'il (ait connaître. La contracture hémiplégique gauche consécu- 
tive ù cette hémorrhagie cérébrale droite est très-importante à signaler comme 
exception à ce que l'on observe habituellement dans les foyers apoplectiques du 
ceneau. Il est filcheux qu'il n'y ait pas plus de détails sur les lésions anatomiques 
€\e cette hémorrhagie. 

CHAPITRE XL 

HÉMORRHAGIB CBRÉBRALB BT APOPLBXIB DES NOCVBAU-NÉS 

Il y a chez les enfants plusieurs maladies que l'on peut décrire sous le nom 
tV apoplexie cérébrale. Ainsi dans l'accouchement, l'état apoplectique des nouveau- 
Ci; Gihb, Caietie des hâpitaux, 17 février 1859. 



244 PATHOLOGIE SPÉCULE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

nés, espèce de congestion cérébrale passive qui vient les frapper aa moment de b 
naissance, pouvant produire TeiTusion du sang et les hémorrïiagies des méningn 
ou du cerceau pendant l'allaiteinent. 

Il faut cependant bien distinguer ces états morbides qui n'ont rien de commin 
et qui se développent dans des circonstances spéciales et à des âges différents. 

L*état apoplectique des nouveau-nés se manifeste au moment même de k nais- 
sance, sous rinfluence d'une parturition difficile ou d*une position vicieosedi 
fœtus : c'est ce que l'on ap|)elle la mort apparente etY asphyxie des nouveau-oés. 
J'ai fait connaître tout ce qui a rapport à ce sujet dans mon chapitre coosaciéi 
l'asphyxie. 

L'apoplexie cérébrale et rai)oplexie méningée se développent au contraire à ni 
âge plus avancé et sous l'influence de traumatisme, d'emboUe ou d'état cachectique. 

L'une est caractérisée par une congestion vive de l'encéphale, habituellpfDe« 
sans hémorrhagie intérieure et sans foyer sanguin de ses enveloppes. 

L'autre n'existe qu'à la condition de Thémorrhagie cérébrale, ventriculaire m 
méningée. 

Il faut décrire isolément Tétat a|K)plectiquc des nouveau-nés et rhémwTlHgv 
des méninges ou du cerveau de la première enfance. 

§ I. — Etat apoplectique des nouveau-nés, ou congestion cérébrale. 

L'apoplexie des nouveau-nés est décrite avec l'asphy-xie par Paul Duhâ^ 
(lazeaux, et par tous les accoucheurs sous le nom de mort apparente ou d*M 
apoplectique ou apoplecti forme. Nous l'avons fait connaître dans le chapitre coh 
sacré à l'asphyxie et auquel nous croyoïLS devoir renvoyer pour Ic^s détails. 

Symptômes. — Les enfants ont la |)eau, et particulièrement celle du visage ft 
de la tète, toute cyanosée, (1*1111 roiifçe livide, couverte de taches bleues. I..es lè^T» 
sont \iolettes et |)en(ian(es, les yeux fermés, les battements du cœur faibles, elb 
respiration ne peut s'établir. 

Si cet état se prolonge, la mort en est la conséquence. Quand, par les réslllla^ 
des soins que l'on prodigue, les iiionvenieiUs de la respiration s'établissent, on vort 
la C4)loration livide de la peau disparaître. Elle est remplacée par une teinte rosp. 
d'abord manifeste sur les lèvres et sur la face avant de devenir générale. Le rœur 
bat avec plus de force ; ses mouvenienls se régularisent et donnent plus d'action aux 
forces respiratoires; di^orniais la vie est sauve, si une rechute causée i)ar les cris df 
l'enfant ne vient renouveler la congestion cérébrale et interrompre de nomwu 
l'action du cœur et des poumons. 

Léalons anatomlques. — Lorsque les enfants succombent, on retrouve b 
méninges très-fortement congestionnées et les vaisseaux de la pie-niére énonnf- 
ment distendus. Il y a quelquefois du sang épanché dans ces membranes. Le cer- 
veau |)araît gonflé, tant l'infiltration de son parenchyme par le sang est grande. 
Si l'on coupe cet organe, les surfaces opposées se couvrent d'une multitude d^ 
gouttelettes de $ang qui se réunissent bientôt pour former des gouttes plus hî^ 

Il n'y a point de déchirures du tissu ni de foyer a]K>plectiquc bien déterminé. 

Toutes les parties molles de la tôle sont gorgées de sang. Dans les viscères, un] 
a que les poumons qui présentent cette altération à un d(^ré prononcé. 

L'état ai)oplcctique des nouveau-nés s'observe dans les cas dtt parturition W^ 
rieuse, lorsque la tête du fœtus est restée longtem])s engagée dans le bassio* 
et dans une flexion considérable relativement au reste du corps; dans les cas d'en- 
tortillement du cordon autour du cou, au moment de sa compression par la tête 



ÉTAT APOPLECTIQUE, OU -CONGESTION CÉRéBRALE. 345 ^ 

dans le passage ; enfin, dans le cas où il y aurait interruption de la circulatiwi pla- 
centaire, comme cela peut arriver dans le travail lorsque le placenta est implanté 
sur le col de Tutérus. 

L'état apoplectique est fort grave s*il dure longtemps. La vie ne tarde pas à 
s'éteindre. Cela se conçoit, puisque la compression cérébrale produite par la con- 
gestion sanguine occasionne la paralysie du cœur et des muscles de la respiration. 

L*état apoplectique des nouveau-nés doit être rapproché d'une forme particulière 
d'asphyxie que l'on observe au moment de la naissance. Ces deux états diflèreiit 
l'un de l'autre par la forme extérieure, et ne sont au fond que des variétés de l'as- 
ph}Tie. Il me parait convenaMe de les désigner sous les noms d'a5pAyâ?t>apopfoc^i- 
que et d'asphyxie ordinaire. 

Dans l'asphyxie ordinaire des nouveau-nés, l'enfant est pâle, ses lèvres sont pen- 
dantes et décolorées, sa peau est blafarde, les membres sont immobiles, les batte- 
ments du cœur sont presque nuls et il n'y a point de respiration apparente ; la 
faiblesse est extrême, l'anémie générale, et la vie ne peut se manifester, puisque le 
sang, qui en est la source, n'a point les qualités vivifiantes nécessaires pour com- 
muniquer au cerveau l'excitation provocatrice de la ferme impulsion du cœur et 
du premier mouvement respiratoire. 

I^ vie, au contraire, s'éteint chez les enfants apoplectiques, non plus par leur 
défaht, mais par surcroit d'excitation de l'encéphale. £lle est comprimée à son 
essor par la violente congestion saoguine du cerveau, dont les efforts sont paralysés. 

Traitcmeat* — Il faut, pour remédier à l'état apoplectique des qpuveau-nés et 
mettre l'enfant dans des conditions favorables à la manifestation de son existence, 
faire cx>sser la compression du cerveau et l'engorgement des poumons. On laisse le 
cordon ombilical sans ligature, de manière à permettre l'écoulement d'une certaine 
quantité de sang, et au besoin on favorise cette évacuation en mettant l'enfant dans 
Feau tiède. Si malgré ces précautions, le sang coule avec peine, si l'on ne peut en 
retirer une ou deux cuillerées, il devient nécessaire d'appliquer une sangsue der- 
rière chaque oreiUe pour arrêter le sang au bout d'un quart d'heure avec le per- 
chlorure de fer. 

Dans cette affection, on met souvent en usage les divers excitants extérieurs qui 
peuvent lutter avec avantage contre la torpeur des enfants. ^Unsi les applications de 
linge chauffé, l'exposition à un féu clair, les bains tièdes et aromatisés stimulent 
convenablement la peau. Les frictions sèches et aromatiques, la flagellation des 
fesses, les frictions sur la poitrine concourent au même but et peuvent faciliter 
l'établissement de la circulation et de la respiration. 

Il faut employer également les agents capables d'exciter les nerfs req[»ratears. 
Les insufflations sur le visage avec l'eau vinaigrée et avec l'eau-de-vie, l'exdtatioo 
de la muqueuse nasale par le vinaigre, Téther et l'anunoiiiaque, la projection dans 
les narines d'une petite quantité de fumée de papier : tous ces moyens réussissent 
quelquefois à provoquer des efforts qui amènent l'enfant à faire un mouvement 4k 

res|)iratoire. 

On a' aussi conseillé de pratiquer l'insufflation pulmonaire. Cette opération, 
quoique fort utile, doit être faite avec une certaine réserve. II n'y a pas d'incon- 
vénient à souffler dans la bouche des enfants, après leur avoir fermé les narines, en 
leur comprimant et relâchant alternativement les parois tlioraciques. 

Il pourrait y en avoir, si, en prenant le tube laryngien,'et dans le but d'envoyer un 
air plus épuré dans le poumon, on voulait pratiquer cette insufflation avec un souf- 
flet. Pour remédier à un accident déjà fort grave, on en détenninerait un autre qui 
est r<*inphys(*me des^ poumons. 



246 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREVIÊRB ENFANCE. 

Le gahanisiftc, proposé dans cette circonstance, n'a jamais été soÎTi de succès 
bien éclatants. Des aiguilles doivent êtie placées dans les mmdei inspiratean et 
surtout dans le diaphragme, qui est le plus puissant de tous. On les met eosuitea 
contact avec les deux |)ôles d'une pile médiocrement chargée. Cette excitatioB 
suffit chez quelques enfants pour établir la respiration. 

Il fanit mettre, dans le traitement de l'état apoplectique des noavem-iiés, nr 
grande persévérance, et continuer longtemps l'emploi des moyens qu*on a dédam 
convenables. C'est après de nombreuses tentatives qu'on arrive à un résultat 6fo- 
rable qui semblait d'abord inespéré. Au reste, comme je dois traiter ce sujet avvr 
plus de détails dans le paragraphe consacré à l'asphyxie des nouveau-nés, je 
m'abstiendrai de le développer ici. 

§ n. — Hémorrhagie cérébrale. 

Outre ce qu'on appelle état apoplectique des nouveau-néSj et qui vient é'i» 
décrit, il y a chez les enfanfs une apoplexie cérébrale caractérisée par l'eflasiooà 
sang dans la substance du ceneau. 

Cette hénion'hagie est très-rare. Vernois en a vu un cas chez un nooveaiHi^. 
Parrot en a cité Si exemples, 14 chez des avortons nés avant terme; les autrescfan 
des enfants cachectiques où arrivent des thromboses veineuses multiples prit- 
cipalement dans les sinus et les veines méningées. Guibert, Payen, Andnl, 
Tonnelé,Bumet, S(*iTes, I^Uemant, Constant, en ont publié d'autres rvlatî&àd^ 
enfants de quatorze ans, douze ans, sept ans, deux ans, un an, trois mois, tni» 
ans et onze ans. Comme on le voit, les faits existent ; mais ils sont exception^' 
eu égard à la fréquence de Thémorrhagie cérébrale chez les vieillards. 

Dans les faits étudiés par Parrot le sang épanché se trouve dans cinq rw^ 
différentes. Ce sont, en allant de ki périphérie vers le centre : 

1" La cavité de l'arachnoïde ; 

2** La r('*gion sous-arachnoïdionne ou pie-niérionne ; 

3* Le tissu nerveux proprenicnl dit ; 

4" La paroi. d(»s ventricules latéraux sous Tépendyine ; 

5"* Les ca>ités ventriculaires. 

Sur 3 i cas, riiémorrhagie s'est faite 5 fois dans la cavité arachnoidienne, et (tb. 
par rupture du feuillet viscéral d<' ce revêtement, car il y avait eu d'abord v 
épanchement pie-niérien ; sans exception, le sang occupait toujours les fat^ 
décUves et jwslérieures. 

L'hénioirhagie de la région sous-arachnoïdienue est beaucoup plus fréquente f 
plus at)onda!ite. Je l'ai vue quatre fois. M. PaiTot l'a notée 26 fois. Une seule fc^ 

il a trouvé un foyer complétein(Mit circonscrit par la substance nerveuse. L'ir 

morrhagie i)éri-ventriculaire ou sous-é|H*ndyniair(> est fréquente, mais peu étc*iidaf: 
son siège est constamment entre la couche optique et le corps strié, sous la lav 
cornée, au point d^émei^ence d'un gros tronc veineux, qui est l'aboutissant d*0^ 
|)artie des vaisseaux rampant sous réix>ndynie de Fétage inférieur du ventriculf.'' 
Cinq fois, le sang avait fait irruption dans les ventricules, pénétrant des laténB 
daiLs le moyen, si de ce dernier, par Taqueduc de S>lvius, dans le quatriènr. 1^ 
là, il ])eut gagner le bulbe et le canal rachidien. 

En résumé, trois laits méritent d*étre signalés dans Thémorriiagie encéphali<F 
du nouveau-né : 1"* dans le plus grand nombre de cas, celle-ci est bilatéf^* 
i" quand elle n'existe que d'un côté, le droit est atteint plus fréquemment qoi^^ 
gauche ; 3'' elle a une prédilection marquée ])our les régions déclives. 



HÉMORRHAGIB CÉRÉBRALE. 247 

Les foyers hânorrhagiqoes pieHaiérieiis varient en nombre et en étendue ; ib 
sont ordinairement multiples et symétriques. Souvent ie sang peut faire subir un 
certain ci^;ré de ramollissement à la substance nerveuse avec laquelle il est en 
contact ; dans tous les cas, il est quelquefois difficile de se rendre compte si 
Tépanchement a eu son point de départ dans la substance nerveuse eUennéme ou 
sur la périphérie. A ce sujet, des erreurs ont dû être souvent commises. 

La substance nerveuse comprimée par le caillot subît des altérations nutritives 
consistant, au début, dans une stéatose dlfluse ; puis, quand le caillot s'est durci, 
dans la présence de taches d'une teinte jaune, dues à ratrophîe graisseuse de la 
substance encéphalique. 

Le si^c de 1 épanchement dans la substance nerveuse, dans la grande cavité de 
l'arachnoïde, etc., ne présente pas de particularités spéciales au point de vue ana- 
tomiquc. Les foyers de la paroi des ventricules latéraux sont ordinairement peu 
étendus, gros comme le noyau d'une cerise, de forme ov<Mide, renfermant du sang 
toujours liquide Ils se rapprochent de ceux de la périphérie, étant compris, comme • 
ces derniers, entre la substance cérébrale proprement dite et le revêtement membra- 
niformc, comparable aux méninges, qui la recouvre. 

Parmi les lésions concomitantes, il faut signaler la congestion des veines pie- 
mérieimes, la présence assez fréquente de masses rouges, isolées ou groupées, 
disparaissant quand on les comprime, grosses comme une petite tête d'épin^ ; 
celles-ci sont constituées par un vaisseau dont la gaine lymphatique contient du 
sang, tandis qu'il est lui-même vide et rétracté au niveau de la tumeur. Les autres 
altérations sont la pneumonie, les congestions viscérales diverses, la thrombose 
veineuse, quelques épanchements ecchymotiques sous les séreuses et dans les 
muscles. 

Par conséquent, les hémorrhagies encéphaliques des nouveau-nés oflrent de 
grandes différences avec celles des autres âges : 

Dans ceUes-d, foyers unilatéraux, uniques le plus souvent, ayant pour siège la 
substance nerveuse, provenant des artères qui se rompent par suite d'une altération 
pmtopathiqiie et ancienne de leurs tuniques, se révélant par des paralysies caracté- 
ristiques: dans celles-là, foyers multiples, symétriques, occupant la surfM^e des 
circonvolutious, sous l'arachnoide, ou la ré^on sous-^épendymaire des ventricules 
latéraux ; foyers provenant des veines qui, dans le cours d'une maladie aiguë, se 
distendent et se rom|)ent, ne s'annonçant par aucun symptôme. 

Les hémorrhagies arachnoîdiennes des nouveau-nés ont leur source dans une 
hémorrhagie pie-mérienAe; dans les autres âges, le sang arrive dans la cavité 
arachnoîdienne, quelquefois d'un foyer intra-cérébral, mais presque toujours consé- 
cutivement à une pachyméningite(l). 

L'héniorrhagie intra-crânienne ne se manifeste pas, chex les nouveau-nés, par 
aucun symptôme caractéristique. Quelquefois il y a des convulsions, de la contrac- 
ture, du coma, mais ces symptômes sont très^variaUes. ^ 

Chez les enfants plus âgés et dans la seconde enfonce, les hémorrhagies cérébrales "*% 
0ont primitiveê ou fecondaires^ en fojfer ou en infiltration^ forme qui a été 
désignée sous le nom d'apoplexie capillaire. 

Quand l'hémorrhagie est en foyer, le sang est épanché stu* différents points de la 
masse encéphalique, dans le centre ovale de Yieussens, dans les couches optiques, 
les corps striés, le cervelet, etc. Sa niasse varie de 15 à 500 grammes, et il pré- 
sente une couletu* noîre trè»-prononcée, semblable à du raisiné de Bourgogne. 

(1) Arch. de tocologiet janvier, mars et mai 1875. 



248 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Elle forme un caillot peu consistant, entouré de substance cérébrale dilacérée, 
frangée, ramollie, et infiltrée de petits foyers sanguins capillaires. 

Peu à peu le caillot diminue, sa partie liquide se résorbe, et la fibrine se 
grége et disparaît. Les parois du foyer s'égalisent ; les irr^ularités s'affidasent 
membrane vasculaire de nouvelle formation se forme, et c*est par elle quesV 
plit Tabsorption du caillot sanguin éixinché. Il en résulte une cicatrice céréhnk 
formée de tissu blanc jaunâtre, où Ton reconnaît, avec le microscope, im aMi 
grand nombre de fibres de tissu cellulaire. 

Quand Thémorrhagie se fait par infiltration, et qu'il y a ce qu^on ap p d h 
apoplexie capillaire, le sang n*est pas réuni en foyer et se trouve dissémiaé pr 
petits foyers noirâtres confluents dans la substance cérébrale. Cette forme dÛ- 
morrhagie cérébrale se manifeste surtout autour des tumeurs cérébrales, toberaH 
l^uses ou autres. 

Dans les cas d'apoplexie avec foyer bémorrhagique, il y a paralysie de la te 
et de tout le côté correspondant du corps, dans le côté opposé à la lésion da cv* 
veau, comme cbez Tadultc ; mais dans le cas d'apoplexie par infiltraHon^ kie^ 
fants tombent dans un coma incomplet, des convulsions et surtout des oontnKimii 
comme dans Tencéphalite. C'est en effet là une encéphalite donnant lien à viih 
mollissemcnt circonscrit de la substance cérébrale dans laquelle se font des 
rbagies capillaires. 

€Mi«es. — Les causes des hémorrhagies cérébrales sont très-difficiles à i 
Elles dépendent soit du spasme des vaisseaux, soit de l'encépbalite, soit de V 
lation, soit de l'inflammation des sinus de la dure-mère et des obstacles à la 
lation du sang dans le cerveau, soit d'une embolie suite d'endocardite, loit ém 
tumeurs tuberculeuses de l'encéphale, de la méningite tuberculeuse, etc. La 
bose des sinus et des veines méningées est la cause la plus ordinaire, mais fl 
est pas question dans ces recherches de Parrot que je viens d'analyser. 

Pronostic, traiteHMBt. L'hémorrhagie cérébrale chez les enfants est 
plus grave que celle de l'adulte. Presque tous les sujets succombent, ce qid 
peu d'espérance aux eflbrts de la thérapeutique. 

Une ou plusieurs sangsues à l'oreille ou à l'anus, suivant l'âge des enlanls, dei 
lavements purgatifs, de petites purgations, des sinapismes, de la teinture de mé- 
lisse ou d'aniica à l'intérieur, tels sont les moyens à euif^yer contre IliéfDor- 
rhagie cérébrale de la première enfance. 



CHAPITRE XLI 

IIÊMOlinHAr.IE DES MÉNINGES, OU APOPLEXIE MÉNINGÉE 

On donne le nom iVapoplexie méningée à l'épancbement de sang qui se 
sur l'une ou Tautn* face di»s membranes qui enveloppent le cerveau. 

Cette maladie est plus conunune cliez k^ enfants que chez les adolles et kl 
vieillards. On lobsen e surtout chez les nouveau-nés, et plus rarement peudml kl 
premières années de la \ ie : c'est du moins ce qui paraît résulter des intâfcasHlci 
reclierches de Dugi^. de Cruveilhier et de Lrçendre. 

Cavacs. ~ L'apo|)le\ie méningée sncci'de souvent à la parturition et à Téttl àt 
mort apiKinMite. Elle se manifeste souvent sans cause appréciable. Elle apfMnll 
quelquefois aiHx^ une violente congestion a^rébrale, occasionnée par un accès de 
colère, |)ar l'insolation. »^>"««'»Mventparune thrombose des sinus de la dure-mère, etc. 



IIKMORRHAGIE DES MÉNINGES, OU Al^OPLEXIE MÉNINGÉE. 2i9 

Dans un cas, je Tai vue être la conséquence de la rupture des veines méningées dues 
à une compi*ession de la veine jugulaire au cou sous un amas de ganglions caséeux. 
J'ai parlé de ce fait longuement (t). On la rencontre aussi bien en été qu*en hiver, 
(liiez les enfants, le jeune âge paraît être une prédisposition à son développement. 
Ainsi presque tous les exemples de cette maladie, observés par Legendre, ont été 
recueillis chez des enfants nouveau-nés ou de moins de un à trois ans. 

Lésions anatoniiqacs. — L'hémoi rhagie méningée se forme presque toujours 
dans la grande cavité de l'arachnoïde ; dès-rarement hors de cette séreuse, soit du 
côté de la pic-mère, soit du côté de la dure-mère, si ce n*est dans les cas de frac- 
ture du crâne. Elle s'observe dans l'arachnoïde qui tapisse les ventricules ; mais 
c'est ordinairement à la surface des hémisphères qu'elle existe. L'hémorrhagie 
couvre toujours les deux hémisphères. Il y a peu d'exceptions à cette rt^le. 

Le sang épanché se présente avec des caractèi'es fort différents suivant l'âge de 
la maladie. Au début, le sang est fluide ; mais, vers le quatrième ou cinquième jour, 
il se coagule, la sérosité disparaît peu à peu, et il reste des caillots plus ou moins 
épais qui contractent des adhérences avec le feuillet séreux pariétal et qui subissent 
ultérieurement des transformations importantes. 

Ces caillots sont rapidement recouverts sur Tune et l'autre face par une mem- 
brane mince et lisse, de nouvelle formation. I^ feuillet supérieur contigu à la 
dure-mère, facile à reconnaître dans les premiers jours de la maladie, s'affaiblit 
graduellement et contracte des adhérences intimes avec la séreuse qui revêt cette 
méninge. Le feuillet inférieur ne tarde pas à prendre les caractères d'une mem- 
brane séreuse ; il se confond sur les bords du caillot avec l'arachnoïde pariétale, 
de telle sorte que Ton |X)urrait croire à l'existence de l'hémorrhagie extra-arachnoï- 
dieniie produite par |)achy méningite. M. Baillarger a démontré toute la fausseté 
de cette supposition. II a fait voir qu'il était toujours possible d'isoler le caillot et 
de montrer la séreuse pariétale placée au-dessus de lui. 

I>e caillot, d'al)ord mou, se raffermit gradueUement. Il perd chaque jour une 
partie de son volume. 

L'intérieur est formé par la fibrine noirâtre qui perd la sérosité, laisse échapper 
peu à peu sa matière colorante, et devient d'un rouge pâle. Il diminue ensuite par 

I degrés, et passe enfm à l'état de lamelle fibrineuse blanchâtre qui présente qnd- 

I quefois les caractères du tissu fibreux. 

$ Dans quelques circonstances, ce caillot disparait entièrement, et il reste entre les 
deux membranes qui le recouvraient un espace rempli par de la sérosité roussâtre. 
Ces kystc^s sur lesquels Legendre a a|)pelé l'attention sont, d'après lui, l'un des 
modes de réparation de cette maladie. On les voit prendre quelquefois un dévelop- 
pement fort considérable. Ils renferment 3 à 400 grammes de liquide et constituent 
une espiHre nouvelle d'hydrocéphalie dont on n'a point encore donné la description 
jusqu'à ce jour. 

Ailleurs on trouve une véritable organisation des caillots qui, après avoir perdu 
une partie de leur volume, vivent aux dépens des tissus à l'aide des vaisseaux de 
nouvelle formation développés dans leur intérieur. 

On obsiTve en même temps une assez forte congestion de la pie-mère et de l'en- 
céphale. Ia*s ventricules sont un peu dilatés et renfennent une petite quantité de 
sén>sité limpide ou citrine, mais toujours transparente. 

, Ch<»z h»s jeunes enfants, le cerceau n'est point déprimé par l'épanchement san- 
guin. Les os du crâne, n'étant point réunis, s'écartent et empêchent la compression 

( 1 ) Voyez l'article Adénopatrie bro!<chique. 



■ij^ 



ilSO PATHOLOGIE SPECIALK DE LA PIIEMIERE ENFANCE. 

des hémisphères cérébraux. — Si répanchement était \)\us souvent borné à no 
si>ul héniisplière, la dilatation partieUe du crâne pourrait devenir un sigiie impor- 
tant pour le diagnostic. Il perd une grande i)artie de sa valeur du mooieatA 
nous savons que les lésions anatomiques existent ordinairement des deux càth^ 
cerveau. 

s^miptAnies. Les sym|)tônies de Thémorrliagie méningée, chez les en&ms k h 
mamelle, sont fort obscurs et se confondent presque complétnncut avec ceux de h 
phlegniasie des méninges ou du ceneau. 

Voici dans quels temiei» Legendre en fait l'exposition : 

. « Après un ou deux vomissements, ou même sans vomissement prcalahle, kl «- 
fants étaient pris de fièvre et de quelques mouvements convnlsifis a^'ant le phi 
onlinairement pour siège les globes oculaires et laissant à leur suite un peu de 
bisme; Tappét il était perdu, la soif vive; les évacuations étaient naturelles 
à provoquer. Bientôt se manifestait une contracture permanente des pieds il ds 
mains, suivie bientôt elle-même d'accès convulsiEs toniques ou clonîques. 
ces convulsions, la sensibilité et la coimaissance étaient abolies, et la face. 
lement injectée, prenait une coloration plus foncée. 

» Dans rintervalle de ces accès, il existait de Tassoupissement, qui, léger k% 
premiers jours, augmentait à mesure que la miladie faisait des progrès ; b fièfR 
persistait pendant tout le cours de rafTi*ction, et devenait plus forte à mesure qa^ts 
approcJiait du terme fatal. Enfin, les convulsions, séparées d'abord par des i 
valles plus ou moins longs, se rapprochaient de plus en plus et devenaient 
continues dans les derniers moments. » 

La mort est souvent hâtée par l'apparition de phl(^iasies thoracîques intCROP- 
rentes. Sans cette complication, la maladie pourrait guérir ou passer à Félal 
nique, (^est ce que Ton a obsené ch(*z les enfants atteints d'hydrocéphalie 
noîdienne, et qui , plusieurs mois auparavant, avaient «'«prouvé tous les 
d'une hémorrhagie méning('*e. 

Si l'enfant (Vhapi)e aux premiers accidents et que la maladie se termine pv k 
ibmiation d'un kyste rempli de sérosité , dont la quantité augmente chaque jev, 
on obsene les symptômes de l'hydrocéplialie chronique. 

Avec 1rs troubles neneux et les phénomènes que nous connaissons (1), hllte 
prend une forme spéciale qui est en rapi)ort avec cette variété d'hydrocéphalie. La 
déformation ifest pas générale. Elle n'est i)as tK-s-considérable. Elle s'acoanpiit 
d'un côté ou de Tautn* suivant la |)osition du kyste. On peut , eu réflédÛHHit sur 
la fonnc* de la tête et sur la marche des phénomènes morbides , établir la Hlure 
des accidents. 

Marche, daré«y terniiMasMi. L'invasioii de la maladie est soudaine , il n 
durée est en rap|K)rt avec la quantité de sang épanché. lx>rsque l'hémorrhape cil 
considérable, une terminaison prompte et funeste en est la conséquence. La tie« 
pn)longe au contraire dans les cas plus favorables. La réparation des désortes 
s'efT<H:tue pixi^ressivement jusqu'à l'entière disparition des caillots, ou jusqul h 
formation d'un k>ste qui devient l'origine d'une hydrocéphalie arachnoidienne. 

L'hémorrhagie méningée n'est i>as une maladie assi*z frcHfuente pour que l'oo 
puLsM* encon» établir d'une manière rigoureuse, \^àr Tobservation clinique , quele 
doit être sa terminaison. Elle est presque inévitablement mortelle, ou hien cUe 
liasse à 1 état chronique. 11 > a eiu on* tri*s-|H'u d'exemples de giiérison bien ooo-', 
statée. Tous les malades, au n<nnbre de sept, ol>senés par Ix^gendre, sont morts, 

(1} VOVPZ HVDROCÉPHAI^ 



HYDATIDES ET CYSTICERQUES DC CERVEAU. S51 

mais plusieurs ont succombé à la suite d'affections aiguës de poitrine. La guérison 
ne me paraît cependant pas impossible, si Thémorrhagie est peu considérable et 
formée par une petite portion de cruor mêlée à beaucoup de sérosité. 

DiacBOfltie. Cette maladie peut être facilement confondue au début avec une 
autre affection des méninges , la méningite tuberculeuse par exemple. Cependant 
rinvasion soudaine de Thémorrhagie méningée suffira pour les faire distinguer Tune 
de l'autre. On sait, qu^il n*en est ordinairement pas ainsi de la méningite granu- 
leuse, qui succède à une période de symptômes précurseivs assez évidents {période 
de germination). En outre , dans Thémorrlu^e méningée, les vomissements ne 
sont pas constants et la constipation n'existe pas , tandis qu'elle est opiniâtre dans 
la méningite granuleuse. 

Tmitencnt. Il iaut , chez ces enfants , au début de raffection , détourner la 
fluxion encéphalique qui est l'origine de l'hémorrhagie. L'application à une ou 
plusieurs reprises de deux sangsues derrière les oreilles , suivant la force des ma- 
lades, la saignée au bras, l'emploi des ventouses sèches sur le dos et sur la poitrine, 
peuvent concourir utilement à ce ^résultat. 

On peut aussi employer les réfrigérants directs sur la tête ; mais il ne les faut 
mettre en usage qu'avec les précautions dont nous avons parlé (1). 

On doit, en outre, assurer la liberté du ventre par de légers purgatifs, le sirop 
de fleur de pêcher, le sirop de chicorée, le calomel, etc. , médicaments dont l'action 
révulsive peut s'opposer à la marche progressive des accidents. 



CHAPITRE XLII 

HYDATIDES ET CYSTICERQUES DU CERVEAU 

La production de cysticerques dans le cerceau est un phénomène très-rare, et, 
bien que l(>s faits observés par moi ne soient pas relatif^ h des nouveau-nés ni à des 
enfants à la mamelle, je les rai)p()rte ici pour senir de point de départ aux recher- 
ches ultérieures. Ce qu'il faut dire, c'est que chez l'enfant, pas plus que dans l'âge 
adulte, les cysticerques du cerveau ne donnent lieu à aucun symptôme spécial qui 
soit d(» nature h les faire sûrement reconnaître. 

Les entozoaires du cerveau sont encore moins communs chez TenÊint que chez 
l'adulte, et ils donnent lieu h des phénomènes insidieux et bizarres qui rendent leur 
évolution curieuse à étudier. Ils ont été longtemps décrits sous le nom d^acépha- 
locystes, sans détermination de l'espî'ce d'helminthe renfermée dans la vésicule 
d'env(»loppe. Or, il peut s'y trouver des échinocoques (!2); Xederen a trouvé douze 

(1) Voyez MKNiNr.iTE. 

it) Htjdatide du lobe gauche du cerveau; convuhiom, coma, mort; par M. le docteur 
Parrot. — Une enfant de sept ans, qui n*avait donné pendant six semaines aucun signe de 
maladie, était plongée dans un coma ressemblant à celui qu*on observe après les accès d'épi - 
lopsio. On put, en effet, constater pendant la journée des attaques subintrantes de ce mal. 
Deux fois seulement, renfant sortit du coma. Elle se plaignit d'une violente céphalalgie, el 
qu'une fois déjà, en sa vie, elle avait eu des accidents semblables. Elle mourut dans la nuit. 
J'annonçai qu'il était possible que l'aulopsic révélât l'existence d'une tumeur cérébrale. ATou- 
verture du cn\ne, qui portait à sa surface interne des dépressions, nous trouvâmes les circon- 
volutions aplaties au niveau de la partie postérieure du lobe gauche. Le cerveau se rompit 
quand on eut enlevé la voûte crânienne, et nous reçûmes dans la main une poche hydatique du 
volume du poing, parfaitement transparente, gélali ni forme, donnant ù la percussion le frémis- 
sement caractéristique, développée au centre du lobe occipital. Ce qu'il y a de remarquable 
dans celte observation, c'est Tintégrité de la santé, en regard de l'ancienneté probable de la 
tumeur H des désordres anatomiques. (Société médicale des hôpitaux.) 



â5â PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

dans lo troisième ventricuk^ du ccneaii d*une petite fille ; « quelques-uns umeat \ 
le volume d'un œuf de poule (i) ». On y a obsené des polycéphaks ; mais cm 
qu*on y obsene le plus ordinairement sont les difiërentes variétés de cysticeniM, 
et principalement ceÙe n li est connue sous le nom de cysticercus cellulosœ. U r^ 
une grande confusion ii cet égard, et sous le double rapport anatomiqne etdiiiiqK, 
Tétude de ces entozoaires peut être recommencée avec avantage. 

Ainsi dans les observations de I^ncisi (2), d'Abercrombie (3), d*Esquirol (4), 
de Rostan (5), de Martinet (6), de (lonstant (7), d*Andral (8), etc. , la nature da 
entozoaires trouvés dans le ceneau n'a pas été spécifiée. D*une autre part, 
(de Leipzig) (9) en a trouvé deux dans le plexus choroMe, que l..aennec, en 
son de leur nature particulière , a nonnnés cysticercus fischerianus ; et Tkvnihr, 
d'après quelques points blancs obsenés sur la vessie caudale d'un cysticeitiBe 1^1 
dans le plexus choroïde d'mie femme, en a fait une nouvelle espèce sous le 
de cysticerque pointillé. Ce petit nombre d'exemples suffit pour démontrer 
l'importance de. nouvelles recherches sur ce point d'anatomie. 

On sait déjà \^àr les obsenations de Fischer, de Brera (10), d'Himly, de 
et surtout par celles d'Esquiix)!, de Calmeil , Andral et Rostan , qu'il est 
impossible d'établir pendant la vie le diagnostic des cysticerques du centÊB^ 
leur présence détermine ])eu de symptômes caractéristiques. Ce diagnostic n'ot 
possible qu'en médecine vétérinaire, et particulièrement chez les moatoni , qui, 
sous l'influence des cysticerques cérébraux , tournent sur eux-mêmes de manière k 
mériter le nom de touniis. 

Chei rhonmie, les symptômes offerts par les malades dans le cerveau desqiMli 
existe un ou plusieurs cysticerques sont tellement variables et si peu en rapport 
avec les effets secondaires, matériels, déveiopi)és dans l'encéphale, tels que la oon- 
pression, l'œdème, le ramollissement , la phlegmasie , l'induration , etc. , qall tA 
impossible de faire un diagnostic exact, et que la nécropsie seule peut révéler h 
nature du mal. 

Observation 1. — Fièvre typhoïde. Cysticerque du cerveau. Méningite mppmrée 
sans symptômes. — Joséphine Plot, âgée de six ans, entrée le 21 mars 1855 aan*24 
de la salle Sainte-Marguerite, dans mon service de l'hôpital Saiiite-Ëugénie, a été 
vaccinée. Ello est née d*un père scrofuleux amputé à sept ans d'une tumeur Uanehe 
du genou, et ayant une seconde tumeur ))lanche au coude avec Gstule depuis cinq 
ans. Sa mère est bien ()ortante. Elle a six frères et sœurs, tous afTectés de gmumes 
et de glandes. Cette enfant a elle-même eu des glandes et des gourmes sur k con. 
Elle n'est sujette ni à s'enrhumer ni à ta diarrhée. Elle a eu la rougeole il y a deux 
ans, et elle est malade depuis huit jours. Prise de céphalalgie, de courbature, 
d'inappétence et de vomissements pendant deux jours, elle a eu ensuite la diarrhée 
pendant plusieurs jours, après lesquels elle est venue à l'hOpital. ~ / 

Etat actuel. — Enfaul brune assez bien développée ; face rouge, altérée ; les yeai 
enfoncés; lèvres brunes, un peu sèches; langue blanche, chargée d'un enduit blan- 
châtre ; peu de soif, pas <rappétit ; ventre un peu tendu, généralement douloureux; 

(1) Reynaud, Dictionnaire de médecine. Paris, 1837, t. XV, p. 139, art. Hydatides. 

(2) Lancisi, De suhilaneis mortibm libri duo. Romic, 1707. 

(3) Ab.Tcroiiibie, Mal. de Vencèphale, Irad. fraiiv- par Gendriii. Paris, 1835, p. 475. 
(l) Esquirol, Bulletins de la Faculté de médecine, \\. it(\. 
(5) Rostan, Rechercttes sur une maladie encore peu connue qui a reçu le nom de 

sèment du cerveau. Paris, 1823, p. il3. 
(Oj Murlincl, Ilevue mÀ/., 1823. 

(7) Constant, Ga*. méd., 183G. 

(8) Aiidral, Précis d'anatomie pathologique. Paris, 1821), p. 850. 

(9) Fischer, Tœniœ hvdêtittenm in olexu chorideo inventœ historia. Leipzig, 1789. 

(10) Brera, Trm^ -■ -'«leiMef. Paris, 180t. 



IIYDATIDES ET CYSTICERQUBS DU CERVEAU. 253 

pas de gargouillement. Elle a eu depuis son entrée plusieurs garderobes jaunes tout à 
fait liquides. La peau est modérément chaude et le pouls à 108. Un peu de râle sibi- 
lant et sous-crépitant dans la poitrine. — Limonade ; ?omiUf avec sirop d'ipécacuanha 
30 grammes, poudre d'ipécacuanha 50 centigrammes ; cataplasme sur le ventre. 

Le ti mars, plusieurs vomissements bilieux et deux garderobes jaunâtres ; délire 
toute la nuit. Ce matin, le visage est aussi altéré qu'hier ; le pouls à 120. Le ventre 
est souple, un peu douloureux partout, sans gargouillement intérieur. — limonade ; 
cataplasmes sur le ventre. 

Le 23, en:ore un peu de délire la nuit; trois garderobes liquides; ventre un peu 
tendu, ballonné, sans gargouillement; langue blanche et sèche fendillée, couverte de 
papilles rouges; pouls à 124. — Cataplasmes; citrate de magnésie, 15 grammes. 

I^e 24, un peu de délire nocturne ; le ventre est souple et parait douloureux, sans 
gargouillement; un vomissement et deux garderobes liquides. La langue est toujours 
blanche, fendillée, poisseuse ; toux assez fréquente ; râle sibilant dans la poitrine ; un 
peu d'assoupissement; altération du visage; le pouls petit, 120. — Cataplasmes; 
limonade, bain. 

Le 25, le délire a diminué, Tenfant est assoupie. 

Le 26, le délire a disparu, et l'enfant est calme ; Gèvre moindre ; le visage est bien 
meilleur. 

]je 27, pas de délire ; agitation la nuit; trois garderobes liquides; ventre souple, 
peu douloureux, sans taches lenticulaires ; un peu de gargouillement dans la fosse 
iliaque droite ; langue blanche très-chargée, humide; pas de toux. Rien dans la poi- 
trine. Pouls, 116. — Citrate de magnésie, 20 grammes. 

]je 20, l'enfant est très-agitée; elle a eu un peu de délire; pouls, 120. Toujours 
nn peu de diarrhée ; le ventre est aplati, souple, mais douloureux ; pas de taches â la 
surface. — Limonade sucrée ; bain. 

Le 30, deux garderobes et deux vomissements la nuit ; le ventre est souple et indo- 
lent ; pas de gargouillement ; un peu d'agitation ; pas de délire; la langue est char- 
gée; soif fréquente ; pouls, 108. — Limonade. 

Le 31, une garderobe; deux vomissements de matières vertes porracées ; le ven- 
tre est souple et indolent; le visage est rouge livide; les yeux enfoncés ; les mains 
sont rouges, un peu froides ; le pouls petit, presque insaisissable, 88 ; la langue 
blanche très-chargée. — Bain; bouillon coupé. 

Le l^** avril, un vomissement de matières vertes. — Décoction blanche dé Syden- 
ham. 

Le 2, un peu de diarrhée ; un seul vomissement pendant la nuit ; la face est vio • 
lacée, ainsi que les extrémités, qui sont froides; le pouls petit, insaisissable, 100.— 
Bain. 

Le 3, un vomissement, deux garderobes peu abondantes, liquides ; le visage aussi 
altéré, livide et froid ; les mains sont livides, et le pouls presque insensible. — 
Glace. 

Le 5, deux vomissements ; plusieurs garderobes ; la langue 8^ nettoie ; pouls, 88. 
— Glace; angélique vineuie ; bouUlon. 

Le 6, l'enfant n'a pas vomi, mais elle va très-souvent à la garderobe et rend des 
matières verdâtres ; la langue est blanc jaunâtre, et la soif trèà^fréquente ; le ventre 
est aplati, peu douloureux; il offre â sa surface deux petits abcès superficiels, déve- 
loppés au-dessous de pustules d'acné ; le visage est toiyours aussi altéré, mais il est 
moins froid ; pouls petit, 108. — Glace, bain. 

Le 8, les abcès se sont ouverts spontanément; la diarrhée persiste, et l'enfont a 
vomi une matière compacte, solide; moulée eu cylindre, blanc jaunâtre, du volume 
du pouce, terminée en pointe à ses deux extrémités. Elle semble composée d'un amas 
de lait caillé. Le visage et les mains sont froids, cyanoses; les yeux profondément 
excavés, cholériques ; plaintes continuelles ; tremblement des membres ; l'enfant de- 
mande à boire, joue avec les objets qu'on lui offre ; elle reste continuellement assise 
sur son lit; pouls très-)>etit, très fréquent, filiforme. Elle reste en cet état tout le 
jour, et meurt à sept heures du soir. 

Autopxie trente^huit heures après la mort. — L'intestin grêle ne présente aucune 
altération à la partie supérieure : dans sa moitié inférieure, on voit quelques traces 



%i PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

d'injection sous forme de lignes transversales, siégeant surtout dans le sillon des 
vules conniventes; à mesure que celles-ci diminuent, Tinjection est plus irrégnUie. 
Elle forme de petites plaques arborisées, d'un rouge bran, augmentant en M«bnil 
en étendue vers le ciecum. 

I^s plaques de Peyer les plus inférieures participent à cette coloralion ; ■■§ 
celles-là ne sont pas ulcérées ; c'est un peu plus haut, à 20 ou 30 centimètres ésk 
valvule iléo-caecale, que Ton rencontre trois ulcérations sur des plaques 
phiées et ramollies. Enfin, à la partie inférieure de l'intestin grêle, les 
muqueux sont saillants et tuméfiés. Ils offrent un petit point noirâtre à leur 

central. 

Les follicules isolés ont le même aspect dans le gros intestin, et ces petits 
noirs y sont extrêmement nombreux. Le caecum est fortement coloré (rouge Uvîd^ 
muqueuse est 'ramollie. 

lue cdlon offre bien quelques stries rougeâtres çà et là, mais il n'y a réell 
noter que le nombre dr ses follicules hypertrophiés. 

Rien aux reins ; la vessie est très-dislendue par une grande quantité d'i 

Le foie, la i*nte et le cœur sont dans l'état normal. 

Le poumon droit présente à son sommet en arrière une masse de coloration 
livide ; toute cette partie est saillante à Tœil et dure au toucher. L'incision 
une véritable hépatisation : la coupe est uniforme, sans qu'on puisse dislinjMr b 
séparation des lobules enflammés : il existe une ligne de démarcation tris-tnMhit 
entre la masse enflammée et la partie saine. Enfin, un peu plus profondément, il jt 
un peu de suppuration, et quelques petits lobules sont déjà suppures. TsM 
partie malade va au fond de l'eau ; le reste surnage. Le poumon gauche ofte 
térations analogues dans son bord inférieur ; seulement, au lieu de n'offrir qpi*i 
seule masse enflammée du volume d'une grosse noix, il présente pin 
noyaux, gros comme une petite noisette, également saillants à l'exténear, mtoe ci- 
loration, même consistance, et contenant aussi de petits lobules au troisièno dspl 
et sous l'apparence de pneumonie lobulaire. 

Les méninges sont injectées dans presque toute leur étendue; à la conveiilé ds 
cerveau, elles sont fortement infiltrées d'un liquide blanchâtre gélatinifomie ; à h 
base, la coloration de cette infiltration se rapproche davantage de celle dnpos; il 
au niveau de Tespace sous-arachnoîdien antérieur, on peut faire refluer mwtc la 
du scalpel un liquide crémeux blanchâtre, purulent, entre Tarachnolde et la pi 
mère. 

A la convexité du cerveau, à S ou 3 centimètres de la grande scisswo, fenh 
moitié antéro-postéricure du lobe gauche dans le sillon des deux drconvolntîoM laté- 
rales, l'arachnoïde est soulevée par une petite vésicule transparente d'un centîmilri 
d'épaisseur, dans laquelle nage un petit flocon blanchâtre; cette petite Yésioile ert 
détachée avec soin : elle est parfaitement close, c'est-à-dire que sa cavité ne conmn- 
nique point avec la grande cavité arachnoïdienne ni avec le liquide céphalo-raclndien. 
1/examen microscopi((ue de cette petite poche et du corps opaque qu'dle contàeit 
révèle l'existence d'un cysticerque replié dans son enveloppe. 

A cdté du cysticerque, il y en a un second dont la poche est aplatie et qm paiilt 
en voie de décomposition. 
Tous deux appartiennent à l'espèce Cysticercux cellulo$œ de Rudolphi. 
La pulpe cérébrale n'est nullement altérée ; sa consistance et sa coloration SSÉl 
normales. 
Les muscles ne renferment rien de particulier. 

Chez ciito enfant âgée de six ans, les symptômes oiit été au début ceux de la 
fièvre typhoïde, tels qu'on h»s observe généralement à cet âge : céphalalgie, oomlli- 
ture, inappétence, vomissements et forte diarrhée, avec gargouillement dans la fosse' 
iliaque dnnte ; tension et douleur du ventre, S(*cheresse et fuliginosité des HfreSi 
n\l<* sibilant et sous-crépitant dans la |)oitrine, fièvre vive et uu peu de délire pen- 
dant la nuit. Os symptômes ont duré quinze jours , et l'état général semblait sV 
méliorer, lorsque des vomissements persistants de matières vertes, porracées, nnraH 



256 PATHOLOGIE SPÉCIAI^ DE [A PREItÈRE ENFANCR. 

le iiiédeciu des désordres matériels cii train de s'accomplir dans ]'(x;gaiie dt U 
pensée. 

L'autre oniaiit sur laquelle j'ai rencontré des c)-Bticerques dans le cerveau M 
également une fille. Chez elle, les synipiùnies obsenés pmdant la vie , poor riir 
différents, n'en ont pas été moins intéressants i étudier. 

Elle est entrée à l'hftjutal pour une hémicborée à droiie , accompagnée d'ar 
bénii-aualgésic à gauche. Au bout de quelques jours , elle a été prise dans la nlr 
d'une scarlatine avec aiiKine, et suivie d'albuminurie. Elle paraissait en rnirà 
guérison, lorsque, subitement et en quelques minutes, sans œdème ni anaianiar. 
un accès de suRbcation a occasionné la iiiort , et j'ai trouvé à la partie postéritw 
de rhémisplière droit un petit kyste avec deux cysticerques. 

Us élaieni jilacés dans la substance corticale, et n'étaient pas aj^nrenls à l'té- 
rieur. Ils étaient au nombre de deux dans lui kyste, ce qui n'est pas ordîiun. 
car chaque parasite a presque toujours son kyste particulier. L'un d'eux, très-ift 
était en voie de décomposition et rf'duit à l'état de putrilage dans une enreloff 
altérée. L'autre était blanc, n^istanl, intact ; sa tête était rentrée dans le cor]».'' 



FIG, Ul . — Ditponli 




ai- M. Lh. RublnC). 



■.cvnun iC-ladrique), d'après If 



après l'avoir lait swtjr, j'ai pu, avec Davaine , l'examiner à ItHsir sous le fom *> 
microscope (1 ). 

D'apn>s Davaine (2), le cysiirerqne (tig. 'M) est un cestoïdc solitaire. oW 
d'une vésicule caudale plus ou moins voliimineusi», d'une tête pourvue d'uiie à^ 

i' édition. Paris, IKÛ. 

(•) I. k]»lcijT«i(i[I«nndatriiituRl1>|..inl*i>ib«u p„Wr biHB-mirlncjslicrquB («rUii, *, 1. ««* 
un peu Irafi inirnaé}: 1, rnrM dii cvttic«i|iw litMMJ) Kirti àt u tctkuli ftr pmiioa : le twrliiî* i '-t'" 
peu d^liini fur la )H>H(e du curpt; Jini wlle lUiuliun la \Matle conMilua Dn ■pnendÎM^radil ■ n 1» 
Mlon H. CK. Kobin, n'ai pii un clil utunl ; 3. ciFKlinwqiic ianginé iliuf u v^aicDle. Celle-ci l'eil rfli^ 
wiiKn que par un iw|tnKnli»Tr«inn>liataupeniUi:ilu|iniirlourilupeiinis, uli uno vëaiculc qui m ttiim' 
'lani la in^cAlcnle; do fn:Hl ds b Mconlo idakule. 1 Inppo'd da pniiail. nail le corps du cialinna- (■>•> 
Hpnanli ont été cnlnét âa rotft pour monlrar rinv^iïiiullnn ir In li>lp. dn col el da corna nT'i^ j'r- 
i, rf^calt eililrienra oiiTHia poor naalm' la *^sicalo intérieur* plailurma renfemunt le e«rn du enikali'' 
i. mi» diipoilllnn : par un iariiian pra<ii|VH à la véïkali' inlérieura le corps du cjaliceraue a ili ...iji» 
«IM^laWlen'CTlpaiinTafiniiïdar» lacoipi (Dataiuo.) ". ■'Wc o«lo d*mt< 



nVDATlDES ET CYSTICERQUES DU CEKVEAU. 257 

couronne de crochcls et de quatre veutouscs , d'un col , d'un corps plus ou ntoins 
dé\('lop|K-, subcyliudriquc ou aplati, ridé traiisviTsalement. 

Le cor|ts du cysticcrque oiïrp des rides profondes, inais non des segments nette- 
ment séparés comme ceux du ténia ; il renferme un grand nombre de cnr|)uscules 
calcaires ; la vésicule caudale n'en renferme géiiéraleiUent pas ; celle-ci est douée 
d'une conlrdctilité tK-s-évidente, qu'elle perd probablement en vieillissant. Chez la 
loupait des cyslicerques la tâte et le corps rentrent par invagination dans la vési- 
cule, qui est alors g^^iéralcnient dépourvue de tout appendice extérieur, et qui offre 
en un point de sa surface un pcrtuis peu apparent. 

L'ilge fait subir au cysltcerquc des modifications profondes : un pigment iioii' 
envahit les ventouses, et surtout le rostre qui acquiert de la consistance ; les 0*0- 




chets loinbeiit ou sont détruits ; le pcrtuis de la vésicule se rétrécit ou se fomic 
tout il fuit, et tte laisse plus sortir la tèle; la vésicule, en outre, se défonne plus ou 
moins, acquiert un volume anormal ou se segmente et même se dédouble , mais il 
110 se produit point de nouvelles têtes de cysticerque (fig. di). 

Le rvsiiierque ladrique subit avec le temps, comme les autres cysiicerques, les 
altérations que nous avons mentionnées ci-dessus. Des cysticerqucs trouvés chez 
riuinmic dans les muscles et dans le cerveau nous ont ulTcrt des dî-fomiations et 



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mvt.-HtS. ~ 7' ÉVIT. 


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:258 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PHEMIÈRK ENFAN'CE. 

altérations variées : chez les uns, la v(H>iciile était augmentée de volume et son 
[K'rtuis était oblitéré ; chez plusieurs, elle |H>rtait des expansions vésiculair^ ; cbn 
l'un elle était double (dicyste). Chez aucun, la tête n'était exsertile ; chez tous, ^ 
ventouses étaient noircies par le pigment, et les crochets détruits ou tombés, oi 
ensevelis dans ce pigment. Il est évident que tous ces vers cystiques, se trouvât 
chez un même individu, appartenaient à la même espèce ; or , plusieurs des nsd- 
œrques décrits ci-dessus et dont les obsenateurs ont fait des espèces distinct», 
offraient entre eux des différences semblables aux altérations et aux déformatiov 
de nos cysticerques ; d*où Ton doit conclure que ces vers n'appartenaient pointa 
des es|>èces ni même à des variétés distinctes , mais qu'ils étaient simplement dé 
fonnés ou altérés. 

Dans le cysticerque de Tobservation II, les ventouses étaient bien éridente^rf 
au centre , se voyait à Tœil nii un poini noir formé par la bouche de l'animal et h 
couronne de ses crochets. Déjà cette couronne de crochets était altérée par a 
déjK^t de matière noire , mais elle |)araissait encore bien conservée, et les crôdirt} 
résistants ne sont pas toml)és dans la préparation. Ils étaient au nombre de ^iafi- 
neuf ou trente. Le col , articulé , rétréci , allongé , communiquait avec le ctfi^ 
transparent, à la surface duquel on i)ouvait voir une foule de granulations et ir 
plaques calcaires. Ce cysticerque m'a pani être le tyi)e de la variété Cystktrcni 
cellulosœ. 

Si Ton ajoute C(»s observations à cell(»s qui sont déjà connues, on verra que dw 
riioiiune les cysticerques du ceneaii sont ini|)ossibles à reconnaître pendant la y*- 
La raison en est toute simple. Ces enlozoaires ne détenniuent souvent oxsàt 
s\ mptôines, et les phénomènes morbides auxquels ils peuvent donner lieu n'oaJ 
rien de caractéristique. 



CHAPITRE XLIll 

SCLÉRUSK r.ÉRKHHALK, OU INDURATION Dl' CERVEAU 

H y a un certain nombre dv maladies de Tenfance, raractérisôi^s |>ar destrwiW^ 
de rialrlligenco, delà molilité <'t de la sensibilité, dans lesquels on ne mK«iuîr' 
qu'une niodilication analoniique peu appréciable de l'encéphalo , lequel s** ftw^' 
partiellemeni endurci. Cette lésion , jadis dési^çnée sous le nom d'ipulunttio»^ 
cause de la densité du tissu, n'a>ail jamais été étudiée avec soin, lorsquVlle If fo' 
sous le nom de sclérose, à deux reprises, par M. Ch. Robin sur deux enfants iW^ 
en état d'idiotie. Lune de ces observations m'appartient et l'autre a été publia* p' 
Isainbert. On la lira plus bas. Depuis lors , j'ai vu bien des faits de ce gt*^ 
(jui tous se présentent avec des caractères semblables. Ce sont des enÊints idi* 
ou depuis longtemps parahsés qui présentent cette lésion. 

Observation. — Le nommé noissanii (Armand), Agé de deux ans né à P*-'^ 
(Seine), de père et mère domestiques, est entré 21 décembre 1854 à rhôpiial ^- 
Eni'ants, .salle Saint-Jean, n" ï, où il est amené à son retour de nourrice. Dopub^' 
naissance il a présenté les caractères de ridiotie. Actuellement, il est pris de conir»* 
tures, son cou est roide et sa télé est renversée en arrière. On n'a pas d'autres 
.seignemenls sur lui. 11 meurt le 1*^' janvier i855. 



rff 



Examen de Vencéphale. — La boite crânienne n'offre rien à considérer si ce ^V^ 
peut-être un peu d'étroitcsse des fosses cérébrales antérieures. 

En incisant la dure-mère, on trouve sur l'encéphale une couche épaisse de sérost^- 
qui, ayant intiltré le tissu sous-aracluioidien, présente l'aspect d'une couche e^' 



SCLÉROSE CÉRÉBRALE, OU INDURATION DU CERVEAU. 259 

lieuse épaisse de !2 milliiuètres au moins. La surface externe des lobes cérébraux 
ofïre consécutivement un ramollissement qui laisse déchirer très-facilement la pulpe 
cérébrale. En procédant à Tcxtraction de l'encéphale de la boite crânienne, on trouve, 
par opposition à la mollesse des circonvolutions cérébrales, une dureté remarquable 
de toutes les parties qui constituent l'isthme de l'encéphale, à savoir, le bulbe, la 
protubérance et les pédoncules cérébraux. Ceux-ci notamment sont durs et isolés au 
milieu d'une sérosité abondante, et ressemblent à une préparation analomique après 
macération dans l'alcool ou l'acide nitrique. Le peu de développement de la partie 
postérieure des lobes cérébraux rend encore plus manifeste cet isolement de 
1 isthme de l'encéphale. Peu de pièces pourraient mieux démontrer à un commençant 
la direction de la grande fente cérébrale de Bichat. — Le cervelet n'offre rien de 
particulier. 

En incisant les lobes du cerveau, on y trouve une quantité de petits kysles séreux 
à parois assez dures. 11 ne nous a pas semblé toutefois qu'il y eût perte de substance 
dans la pulpe cérébrale, et nous sommes porté à croire que cette disposition singu- 
lière est due simplement ciux replis les plus profonds de la pie-mère, distendus par 
de la sérosité. En pénétrant dans les ventricules latéraux on ne trouve qu'une quan- 
tité de sérosité peu considérable, mais on est frappé de l'extrême dureté des parois 
de ces ventricules. Le plancher supérieur, ordinairement si mou, offre presque la soli- 
dité d'une membrane à la paroi inférieure ; le corps strié et la couche optique pré- 
sentent au toucher une dureté (|ui les fait ressembler à de la matière encéphaloïde 
crue. Les cornes d'Ammon sont éi^alement indurées. — Un morceau du corps strié et 
de la couche optique est soumis à l'examen de M. Ch. Robin. 

Structure du tissu atteint de sclérose. — Le tissu induré est remarquable par son 
élasticité et une sorte de résistance, qui se rapproche de celle de la gomme élastique. 
Les fragments otlrent une certaine résistance à la dilacératio;i, que ne présente pas 
le tissu normal du cerveau. La substance grise présente une teinte moins foncée que 
dans les conditions ordinaires, et la substance blanche, quoique bien distincte de la 
précédente, est pourtant plus grise qu'à l'état normal, et ne tranche pas sur l'autre 
d'une manière aussi prononcée qu'à l'ordinaire. 

Voici maintenant quel est l'état des éléments du tissu : la substance blanche a 
perdu presque complètement ses tubes nerveux ; elle en présente encore un certain 
nombre, mais plus pâles, plus minces et plus irréguliers qu'à l'état normal. Le fait le 
plus caractéristique de la structure anormale de la substance blanche, c'est la pré- 
sence d'une quantité très-considérable de substance amorphe très-finement et unifor- 
ménient granuleuse. Cette matière amorphe présente une grande densité ; elle se laisse 
difficilement déprimer et aplatir. Outre cet élément, on rencontre encore un autre 
élément nnoriiial, et entièrement de nouvelle formation, dans la substance cérébrale : 
ce sont d^'S fibres du tissu cellulaire, Ces fibres sont peu nombreuses, isolées, non 
disposées en faisceaux, mais cepe'ndant elles sont encore assez abondantes pour for- 
mer sur le bord de la préparation des sortes de nappes de fibres non contiguës, et 
sortant à peu près parallèlement de la matière amorphe qui englobe le reste de leur 
étejidue. On sait qu'il existe des fibres du tissu cellulaire autour de plus gros capil- 
laires, qui pénètrent dans la substance cérébrale dans plusieurs points de la base du 
cerveau. Les capillaires plus petits n'offrent plus de ces fibres. Or, on ne trouve presque 
exclusivement que de ces capillaires-là dans le tissu morbide que nous venons d'exa- 
miner et dans les régions correspondantes du cerveau à l'état sain. Les fibres du 
tissu cellulaire existant au sein de la portion indurée que nous venions de décrire doi- 
vent donc être considérées comme de nouvelle formation, et leur isolement montre 
bien qu'elles n'ont aucun rapport avec les fibres de la tunique externe des gros capil- 
laires. La substance grise oÔre aa fond la même structure que la substance blanche, 
avec cette particularité toutefois : !• que la substance amorphe y est plus granuleuse, 
et les p^ranulations plus foncées ; ^ qu'elle ne présente pas trace du tube nerveux ; 
3" qu'elle renferme encore à peu près autant de myélocytes que la substance grise 
normale qui, comme on le sait, renferme seule cet élément; 4" qu'elle contient plus 
de vaisseaux capillaires. Tous ces vaisseaux capillaires offrent, tant dans la substaxvc^ 
grise ({ue dans la substance blanche, des granulations graisseuses ^a\mkV.te^, V^.vA.\%^- 
lées que contiguës. 



!2G0 PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIÈnE ENFANCE, 

CHAPITRE XLIV 

EMBOLIE DU CERVEAU ET RAMOLLISSEMENT, OU GANGRÈNE DE LA SUBSTANCE CéRÉBUU j 



Le raniollissenient du cerveau est rare chez les nouveau-nés et dans h 
enfance. Il s^observe quelquefois à la suite de rinflammation de la substance cM- 
brale, mais ce n^est pas la seule cause qui puisse le produire. Il résulte ami éK 
roblitération des artères du ceneau, soit par artérite, soit par embolie artéridh, 
Dans ce dernier cas, les caillots empêchent le sang d*arriver au cerveau«et 
la mortification de sa substance comme chez les vieillards, ainsi que je l'aï 
tré dans un travail sur le ramollisse ment cérébral sénile. Si cette g;aQgrèiieii*a||p.: 
d*odeur, c*est que le cerveau étant dans une boîte osseuse à l'abri du coutMttfeiT^; 
Pair, la putréfaction et la fétidité ne sauraient se produire. 
En voici un cas curieux publié par Bouchaud (1) et recuetUi à h llMienM^;^:] 
Sans prétendre que ce soit là un cas de ramollissement dû à une emiMie 
r telle plutôt qu*à une aiiérite ayant dévelop])é des caillots dans les artèrei oéM>^^ ] 
braies moyennes, et ensuite une gangrène cérébrale semblable à celle 
la ligature des carotides, le fait est intéressant et mérite d'être consenré. 

Observation I. — Un enfant né au terme de huit mois et demi, ches leqaal WÊiam 4 
soupçon d'infection syphilitique ne paraissait admissible, présentait des bdHaidll | 
pemphigus éparses sur le corps, et qui ont été suivies de l'apparition de MVffllhi. 3 
bulles, mais la paume des mains et la plante des pieds ont été respectées. , \ 

Cinq jours après la naissance, on a vu se développer chez loi des signes fittÊÊ^ ' 
jonclivite et de coryza assez intense, et quatre jours plus tard la dianiiée s'esl joiite 
à ces symptômes et présentait des alternatives d'amélioration et d'exteeitetion. Om 
semaine plus tard Tamélioralion était considérable ; le pemphigus était i 
rent, mais il s'était fait une éruption de sudamina. 

Six jours après, le 7 avril, on constatait un peu de chaleur aux tégomeHs flt Mi 
pâleur générale de la peau. Les extrémités étaient œdématiées. 

Le 10, la température du corps était plus élevée, l'œdème s'était géoéniii; il 
y avait de ralbumine dans les urines. 

Le i i, il V avait eu des vomissements. 

Le 17, après une nuit très-mauvaise, il y avait eu des convulsions gMnBiles, el 
ces convulsions élaiiMit beaucoup plus prononcées du côté droit que dscllégiMihe, 
soit à la fiice, soit aux membres ; la langue était portée à droite ; le Ifwe, le eany 
également atteints, se courbaient en arrière et un peu à droite. 

Dans les journées du 18 au ii avril, les convulsions se sont reprodnilis 
intensité croissante d'abord, puis avec une violence de moins en moins graaé^à! 
sieurs reprises, on a trouvé de l'albumine dans les urines. 

Le ioy les convulsions avaient cessé. Mais à dater de ce moment, le petit 
en proie à une diarrhée séreuse et jaunâtre, n'avait pas cessé de crier. 
avaient été ivmplacées par de la contracture de la moitié droite du corps, 
surlout à la main et au pietl. La mort était survenue le â6 avril. 

Autopsie. — Les viscères de la cavité thoracique ont été troorés 
sains ; les organes abdominaux ne présentaient pas davantage de lésions. Haii kl 
reins se trouvaient de petits abcès dont le volume Tariait de celui d'an pois à ûM 
d'une noisette. A l'incision, il s'écoulait du pus jaunâtre bien lié, M sur las partifl 
voisines des collections purulentes, on voyait le tissu glanduleux Gongestîomié, Ai 
rouge foncé et ramolli ; le reste des deux organes était sain ; les ?aisseanJC 
blaient pas oblitérés. 

(I> Bouchauil, Ga^tte des hôpitaux, 186L p. i09. 



EMBOLIE DU CERVEAU, OU GANGRENE DE LA SUBSTANCE CEREBRALE. t6\ 

Voici les lésions cérébrales telles qu'elles ont été décrites par M. Bouchaud. 

En ouvrant la cavité crânienne, on donnait issue à une assez grande quantité de 
sérosité limpide contenue dans les méninges, qui d'ailliuirs n'offraient pas d'altérations. 
Le ventricule gauche contenait une sérosité limpide abondante ; le ventricule droit 
en contenait moins. J/hémisphère droit était sain, ainsi que le cervelet et la protubé- 
rance. Dans l'hémisphère gauche, il y avait deux foyers de ramollissement. L'un, situé 
en avant et en dehors du corps strié, au-dessus de la scissure de Sylvius, du volume 
d'une petite noix, était peu apparent à l'extérieur ; là le changement de coloration 
était presque nul. 

A la coupe, le cerveau fournissait en ce point une substance fluide et d'un gris rosé, 
contenue ilans une cavité à parois irréguliéres et ramollies plus ou moins, suivant 
qu'on s'éloignait des parties saines. L'auti*e foyer, ramolli, plus petit, situé au-dessous 
de la scissure de Sylvius, dans le lobe sphénoîdal, se révélait à l'extérieur par une* 
coloration foncée des circonvolutions cérébrales et par une fluctuation très-manifeste 
au toucher, qui a laissé échapper à l'incision la substance cérébrale fluide et d'un gris 
rosé. 

I^s artères cérébrales moyennes du côté gauche renfermaient plusieurs petits cail- 
lots, dont quelques-uns grisâtres, fibrineux, solides, distendaient les parois artérielles 
d'ailleurs saines, et faisaient supposer qu'il s'agissait d'embolies, dont à la vérité on 
ne pouvait dire l'origine. 

Les abcès du rein, qui expliquaient l'albuminurie, pouvaient être dus à une lésion 
du même genre. 

• 

Eu voici ui) autre cas, observé dans mon service à la suite d'une cborée com- 
pliquée d'endocardite. 

Observation II. — Embolie artérielle du cerveau. L'enfant, âgée de huit ans, fut 
tout à coup frappée d'hémiplégie par embolie artérielle du cerveau ayant donné lieu 
à un ramollissement circonscrit de la substance cérébrale (1). 

Vartère basilaire est perméable, ainsi que V artère sylvienne gauche et ses afiërents. 
Vartère sylvienne droite présente une oblitération complète, et forme un petit cordon 
de 5 millimètres dur sous le doigt. L'artère parait rose, et çà et là, en suivant son 
cours, on voit des places remplies par un caillot blanchâtre, un peu décoloré. Toute la 
substance cérébrale où se distribue cette artère, la couche optique et les corps striés 
sont ramollis, sur quelques points un peu jaunâtres, ocrés; mais le ramollissement 
n'est point limité, et se confond peu à peu avec la substance cérébrale saine. 

Dans V aorte abdominale , au point de sa bifurcation, se trouve une petite tumeur 
arrondie, ciyant 2 centimètres 1/2 d'un sens, et 1 demi-centimètre de l'autre, adhé- 
rente à la paroi et pouvant laisser passer le sang sur les côtés et en avant. Toutefois, 
l'espace resté libre est peu considérable et n'a guère plus de 3 millimètres. Cette 
tumeur est noire à la surface ; quand on la divise, on la trouve entièrement formée de 
fibrine blanchâtre, ramollie, entourée d'une coque noirâtre, épaisse de 1 millimètre, 
obstruant l'artère pres<|ue complètement. On trouve jusqu'aux pieds, çà et là, de petites 
ecchymoses dues à des thromboses capillaires ; cette lésion n'existe qu'à gauche, et 
point dans le membre droit. Le foie est volumineux, rougeâtre, violet, siège d'une 
congestion considérable. 

!^ raie est plus rouge que le foie, friable ; on y aperçoit quatre ou cinq noyaux du 
volume d'un pois à une noisette, durs à la périphérie, où ils sont noirâtres, et un peu 
plus mous au centre, où ils sont décolorés. 

Les reins sont volumineux, bosselés, couverts de marbrures noirâtres et jaunâtres, 
et agglomérées sous forme de Mfftux isolés. A la coupe, les parties noires pénètrent 
dans la substance corticale et sont dues à une hyperhémie du tissu, tandis que les par- 
ties blanches entremêlées semblent être le résultat d'anémie. Mais à l'intérieur de 
l'organe, la lésion parait moins nettement circonscrite qu'à la périphéne. 

\4 intestin est rempli d'ecchymoses situées sur le trajet des artérioles transversales 
de la muqueuse, et au centre desquelles on trouve le vaisseau oblitéré par ua.^»â)\^\.. 

(1) ^MQhwiy Galette des hôpitaux, 1869. 



I 

20*2 PATHOLOGIE SPKCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Thomas Barlow en a publié un cas obsoné chez un garçon de dix aiis et qui 
avait une insuffisance aortique(l). Il y eut deux attaques d*héiniplégie, Fuiie droite 
Tautre gauche, «i quatre mois de distance et il y eut une aphasie complète. 
L*autopsie révéla une embolie des artères cérébrales moyennes avec des foym 
limités de ramollissement sans odeur dans les circonvolutions frontales ascendantes, 
inférieures et moyennes (!2). Ici, le ramollissement dû à la cessation d*influx du sang 
artériel est évidemment une véritable gangrène cérébrale et s*est produit sans 
amener d'odeur putride. 

Le diagnostic différentiel des embolies du cerveau doit se faire avec l'héinor- 
rhagie cérébrale, avec l'encéphalite aiguë, avec la paralysie csseuUelie deTeoÊuiCf, 
avec le ramollissement cérébral athéromateux. . 

l" Hémorvhagie cérébrale, — Chez les enfants, riiémorrhagie cérébrale csi 
très-rare, et, en même temps que Thémiplégie, elle détermine toujours une pert« 
plus ou moins prolongée de riiitelligence. Ne fût-ce qu'une heure, les facultés intel- 
lectuelles sont abolies, et lorsque le malade reprend sa connaissance. Il est paraisse 
du mouvement. — Or, ici, l'hémiplégie a été subite et a paru sans être précédée 
de perte de connaissance. Dès le premier instant la [)etite fille a paru se plaindre 
d'une vive douleur dans le côté droit de la tète, vers lequel elle tenait sa main 
restée libre. — De plus, il y eut dès le premier moment une auesthésie complète 
du membre paralysé, ce qui n'arrive pas dans' l'hémorrhagie cérébrale laissanl 
l'intelligence intacte. 

Une dernière raison enfin qui me paraît éloigner entièrement ici Tidée dW 
liémoiThagie cérébrale, c'est le résultat de Vexawen cérébroscopique. Enûn, dans 
l'hémorrhagie cérébrale, le fond de l'œil est toujours rouge, la papille plus oo 
moins difluse par hyperhémie de ses vaisseaux propres, et il y a phlébectasie réti- 
nienne très-prononcée. —Or, ici, le fond de l'œil droit était |)iUe, la [>a pille blanriif. 
diffuse par œdème sc'reux, et il n'y avait pas de phlébectasie rétinienne. — De plus 
l'autre fond d'œil, à gauche, était iiorniai. 

Nous avons donc ici la preuve à rophlhalnioscope qu'il n'y a pas dliéinoniiagie 
cérébrale, mais qu'il y a une lésion de rhénnsj)hère droit, ce qu'indique la lésion 
reconnue du nerf optique droit. 

"1" Encéphalite aiguë. — i\\QL les enfants, l'encéphalite aiguë se montre quel- 
quefois et peut entraîner l'hémiplégie, mais elle n'apparaît pas connue maladif 
primitive a|>opleclique, frappant tout à coup de paralysie une région du corps.— 
(^'est plutôt une maladie secondain* se déveloi)pant autour d'une lésion antérieure- 
ment existante, comme serait par exemple un tubercule. — Elle vient alors |«r 
d(»grés et se complique ordinairement de méningite. — Ici, nous n*avons rien de 
progressif, et l'invasion subite des accidents m'empêche de croire à rexistence 
d'une encéphalite aiguë. 

3*" Paralysie essentielle de l'enfance, — Le dévelopi>ement subit dos paralvsi^^ 
essentielles de l'enfance, de celles qu'on nonnne graisseuses en raison de l'altération 
graisseuse des muscles, est également subit comme dans le fait placé sous nos veux* 
mais il n'est jamais précédé de chorée ni de déviation latéralisée des yeux, d'aman- 
rose ou d'aphasie. — De plus, il ne s'accompagne jamais de lésion de la rétine rt 
du nerf optique. — On n'y remarque pas davantage cet affaiblissement général qnf 
présente notre malade, et toutes ces raisons me font éloigner l'idée d^une paralvî» 
dite essentielle. 

(1) Th. Barlow British médical Journal^ 1870. 
(t) Voyez Aphasie. 



EMBOLIE DU CERVEAU, OU GANGRÈNE DE LA SUBSTANCE CÉRÉBRALE. 263 

1" Ramollissetnent par artérite ou dégénérescence aîhéromateuse des artères 
cérébrales, — Il y a vingt ans, je publiai un Mémoire sur la nature du ramollisse- 
ment cérébral séniie, qui fut lu et discuté à la Société de médecine des hôpitaux (1). 
Là, je démontrai, conformément à l'opinion de Carswell, d'Al)crcrombie, deRostan 
et Gcndrin, que le ramollissement des vieillards n'était qu'une conséquence de 
l'obstruction des artères cérébrales par athéromes qui en rétrécissaient le calibre 
des trois quarts. — Pour moi, ce ramollissement n'était qu'une gangrène séniie, 
analogue à celle des membres produite de la même manière, et si ce ramollissement 
n'avait pas d'odeur, c'est que le cerveau, enfermé dans la boite crânienne, était à 
l'abri du contact de l'air. — En effet, daiLs une soixantaine de cas connus de liga- 
ture de carotide interne, il y a eu des hémiplégies suivies de ramoUissemeitf céré- 
bral dans l'hémisphère dont le vaisseau avait été lié, et il n'y a pas a douter que, 
dans ces cas, cette désagrégation de la substance cérébrale ne soit une gangn^ne 
sans odeur, ce qu'on appelle aujourd'hui une nécrobiose cérébrale. 

Dans les cas d'embolie cérébrale, il se fait un ramollissement cérébral compa- 
rable à la gangrène, c'est-à-dire une nécrobiose par ischémie ? C'est un ramollisse- 
ment comparable à celui par athérome des artères cérébrales, lésion inconnue chez 
les enfants. 

A la suite d'une endocardite ayant produit une exsudation fibrineuse d(*s val- 
vules, il y a les conditions physiques de la formation d'une embolie. Par le jeu de 
la circulation, la colonne sanguine peut détacher un caillot de la valvule mitrale, 
et dans la contraction des ventricides l'envoyer dans l'aorte, et de là dans la caro- 
tide, pour arriver au cerveau, et produire instantanément l'hémipl^ie ischémique, 
l'aphasie, la déviation parallèle des yeux et l'cBdème de la papille droite. 

H y a quelques années, l'intelligence de ces faits eût été impossible ; mais main- 
tenant que les recherches de Virchow nous ont montré, par la coordination de 
tous les cas d'obstniction artérielle et veineuse, qu'il y avait dans les obstructions 
des artères et des veines un ordre général de causes à effets constants d'une impor- 
tance HH^Ue, les faits de la nature de celui sur lequel je discute sont infiniment 
mieux appréciés. 

On sait (|uc |)ar des injections de pavot, de graine de tabac, de poudre de lyoo- 
pode, ou par de ))etits fragments de caoutchouc lancés dans les artères carotides, il 
se produit dans les artérioles cérébrales des obstructions ou embolies, suivies de 
ramollissemeiu rouge ou jaune du ceneau et accompagnées de paralysie subite 
dans les membres correspondants. — Feltz, Prévost et Cotard ont répété ces 
expériences. — Je les ai répétées moi-même sur des chiens, moins dans un but de 
contrôle critique que pour suivre avec l'ophtiialmoscope des lésions du nerf optique 
et de la rétine qui résultent des altérations cérébrales emboliques. Tout cela est 
donc vrai. 

Que se passe-t-il après la production d'ime embolie cérébrale ? L'arrêt de b 
circulation et de la nutrition, dans le territoire nerveux correspondant à l'artère 
obstruée, c'est-à-dire l'anémie et le ramollissement que nous appelions jadis de la 
gangrène sans odeur, et que dans le langage germanique on appelle nécrobiose ou 
nécn)S(* des éléments nerveux. La partie privée de sang est altérée, constitue 
V infarctus, et, dans son étendue plus ou moins grande, offre des couleui*s diffé- 
rentes, rouge noire, rouge brun ou jaunâtre pâle, quelquefois jaunâtre, entourées 
<rune zone d'arborisation capillaire apoplectique. 

('.es différences de couleur, et surtout la zone congestive qui entoure l'infarctus, 

\ 1 i bouchut. Actes de la Société de médecine des hâpUaux, 



!26i PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 



1 



ont vivenicnt préoccu|)^^ les patliologisu^s ; car on ne comprend pas qu'une pntie 
do substance dont l'artère nourricière est obstruée, qui est ischémique, ou en»- 
gue, ou en voie de nécrose, soit rouge et ait plus de sang que les parties Toisino. 
Avec Vircliow, Prévost et Cotard^ quelques médecins pensent que l'embolie a 
|)our elTet d'augmenter la tension artérielle avant Tobstacle, et que les coOaténia 
ramènent le sang dans le foyer nécrosé ou à son pourtour : — cela est diflkfleà 
comprendre. — Si Texplication était bonne, ce retour collatéral devrait empêckr 
la nécrose, et il ne remédie à rien. Je crois plutôt, avec Oppdzer,que l'infknlHi 
agissant conmie corps étranger au milieu des parties excitables, y détermine 
hypérémie comme le ferait tout corps étranger, et qu'il en résulte des 
par lesquelles du sang peut colorer les tissus ramollis et nécrosés. 

Quoi qu'il en soit, on produit artificiellement sur les animaux des «wlmliw 
artérielles, qui sont accompagnées de symptômes et de phénomènes semhlafahii 
ceux qu'on obsenc chez l'homme, lorsque accidentellement un corps étnmff 
vient à circuler dans les artères et à se fixer dans le ccneau. * 

Le symptôme évident de ces embolies est la douleur subite de la tfite avec flK 
grande vivacité, qui dure plusieurs jours, et il correspond assez bien k ce fflm 
produit chez les animaux en leur faisant des embolies cérébrales. Si l'eqiérieMB 
réussit, au moment même où l'embolus arrive au ceneau et produit h para lyrie, 
ils tombent foudroyés en poussant un cri aigu de douleur. 

Comme on le voit, sauf le phénomène de douleur subite de la téte« qui ifpi^ 
tient aux eiiibolies cérébrales plus qu'aux simples ramoUissements par athéniMI 
artériels, ou à Thémorrhagie, il n'y a ici que l'hémiplégie instantanée du v 
ment et du sentiment, coïncidant avec l'endocardite, qui puisse annoncer la 
du mal. Cela est peu de chose, et il serait heureux qu'on pût, à l'aide de 
signes, donner plus de précision au diagnostic. Le peut-on faire? Je le crois, elk 
moyen d'y arriver c'est d'avoir recoui*s à la cérébroscopie. 

En effet, dans une hémiplégie subite qui est produite par une hémorrhagie cM- 
bralc comprimant un hémisphère et la circulation veineuse des méninges ou ds 
sinus, il y a toujours diffusion rougeâtre de la papille hyperhémiée avec dilatation et 
multiplication des veines delà rétine (1), tandis que dans le ramollissement oM^ 
bral il y a de Tanémie choroïdiennc, pas de dilatation des veines de la rétine* 
et diffusion grisâtre de la papille, dont les bords sont un peu cachés par de 
l'oîdème. 

Ici, que voyait-on à rophthalmosco|)e ? Un oedème de la papille, plus mvqnéà 
droite dans Fœil corres[)ondant à l'hémisphèix; atteint d*embolie que dans Toi 
gauche, c'est-à-dire la preuve d'un ramollissement cérébral, ou nécrose dn lÎMi 
nerveux. Or un ramollissement si*mblable ne |)ouvant se produire sans ohKléralian 
artérielle, nous en avons conclu que la lésion du nerf optique venait se rénnir an 
autres symptômes pour leur donner une précision plus grande, de façon à coodidré 
au diagnostic que j'ai établi. 

Il est à |)eine besoin de parler du pronostic de l'état dont je parle. C'est la mort, 
et j'ajouterai, la mort dans un délai très-rapproché. Mais il n'en est pas toi^jours 
ainsi, car des malades frappés d'embolie cérébrale peuvent se tirer d'albire« font 
comme on |)eut guérir d'une hémoirhagie du ceneau. Si l'embolie est peu étendue, 
si le territoire cérébral attenant et privé de sang, qui se nécrobiose, n'est pas con- 
sidérable, aloi*s l'hémipli^ie |)eut guérir, en laissant reparaître une partie des 

(1) Voyez ù ce sujet E. Boucluit, Diagnostic du xijstènM nerveux par Vt^thùbniOÊeeftf 
arliclo Hêvorrhagie ci^RÊimALE. Paris, 1865. 



t. _ ■ 



imemeiws du vftOTtvViix» \»aiTa\xsé. .l'aï \u co phmHueiw cYwx des i^mtnau^ aH\- 
aAs \v \\ a\a\s ia\V i\\\ \\u** \C^^re eiiibolio crn*l)ralt» \\sli une seuW çr»»*' Ae \abar 
aiU \MwVn»(\ans\c corwau. Je l'ai t'-gaU»m(MU obsené cVwm VUcHum** Vm-qu»- 
>n»s \\\w imVvoVie ass^îx forte ayant priKliiit une h(>iuipV4^i' a\>so\ue de plwsw'ur* 
lois, la réparation du foyer ramolli a pu S4» faire, H alors tli-s malades ihiI pu 
)rtir(*t £aire de longues promenacU^ en traînant la janil>e et en soutenant Wrur lira». 
LVnilwlie cérébrale peut donc guérir, soit parre qne r«*nibolns tn-s-petît se 
ésagn'-ge, Si' rapetisse et laissa- le sait^ courir dans ie vaisseau n-lréri, suit parte 
[Ut \a circulation coUatrraJf» peiif se rvtablir et amener nn certain ilef^ré de n'pa- 
•ation du tissu ner\ eux. O dernivr cas est le plus roriiniun et le jWiis conifwéhensiN4\ 

Si Tel abolie cm»bralr peut guérir, esf-re â la natnrc* on à la thérapeutique (full 
laut en attribuer le mérite et r/ioiineiir ? Évidennnent il n'y a ici qu'un sucrés fie 
iiatun* â joindn' à ceux que l\yn connaît, et il n*> a qn*nn traitemerit palliatif ii 
fain*. En supposant que ie rainoilissi-nient nécrosiqne du cenean ivxtduit jiar 
IVmboIie ne 50jr pas assez considérable (Minr occasionner la mort, Ja n'fiaratîon des 
désonires marérieis et le rétablissement di*s fonctions snpprimées dépendent du 
retour de Ja circulation collatérale. Ce sont cliost^s qui sont Tcpuin* de la nature 
[ilototgoun résultat de la science. Le médecin |)eiit fa*orisi»r ce rraiail par IVtn- 
lioi de uio\ens Ingiéniques généraux, mais en fait de niédicann^nts ^niiiiu*nl 
itiles, je non connais guère. U-groux, Bail, Schutzenbeqçer, ont conseillé l'usaici* 
les boissons alcalines ()our dissoudre l<.*s caillots, mais c'est là une \ue t]i<'i>riqiM* 
ilutôt que pratique, et dont Tutilité reste à établir. 

Que ptMiveut ces reniètU*s contn* des lésions semblables â celli»s dont je liens de 
«rW? Évidemment rien. Quant h pn'-senl, la s<'iencc ne |H'uI que certifier IViif»- 
encc dis embolic^s et donner le moyen de les reconnaître, t^i^st déjii b(*aua»up, cai* 
c'est uu çroîçrès sur \a médecine des temy^s ^>assî'S, ena>re bii»n peu éloigii«''s de 
nmis. 

1-es embolies artmeWes peuvent se produire chex les enfants comme cbei VaduU4> ; 
Que ces embolies peu\ent occuper des artères \olunûneus4rs ou capillaires ; 
Qu'elle peuvent occupiT les artères et artériolc*s des membns, di's mns, 4lr la 
rate, de injCestin, du jwmnon, du cerveau et de ses menibram^s. 

Qu elles ibrment d<»s obstructions vascnlaires en entraînant autour d'elles dfs 
infarctus ou des ramollissements ; 

Que, dam le ceneau^reinbolie donne lieu à un ramolUssenmit plus ou moins 
ét(*ndu, analogue â la gangrène, et que, si la mortification du tissu n a pas d*odeur, 
c'est que le ceneau est â 1 abri de l'air sous la calotte du crâne; 

Que l'embolie cérébrale donne lieu à une doulenr vive dans le côté correspon* 
dant de la tète, avec hémiplégie dans le cÂïté opposé ; 

EnQu.que la a'rébrosaipie pr^rmet de distinguer ce ramollissenient d une hémor- 
rbaçc cérébrale, parce que, dans le premier cas, il n'y a qu'oedème papillaîre, 
tandis que, dans le second, il y a forte hy perhémic de la papille et de la choroïde 
avec phlébeclasie rétinienne. 

CHAPITRE XLV 

NÉVROSES CONC-ESTIVES DE L'ELNCÈPHALE 

Je vais aborder un sujet dont les difficultés devraient peut-être m'éloigiier; mais 
i! est nouveau et son intérêt est si réel qne je ne puis ine défendre de le traiter 
avec quelques détails. 



!200 l>ATIinLO(;iE SPKCIALE de la rnKMlÈRE ENFANXE. 

11 s*agit des névroses congestives de fencéphale auxquelles se ratuche h 
pseudo-mén ingite. \ 

Depuis les nouvelles expériences de Pourfour Dupetit, de Legallois, de Qaii '' 
Bernard, de Schiiï, de Browu-Séquard, sur TactioD qu*cxerce le grand sympithifR .; 
sur les circulations locales exagérées ou amoindries, on sait qu'en deiion de il 
pression du cœur, sous Tinflucncx^ d'une hypersthénic ou d*une hyposthénie fii>c 
culaire locale, il se fait une anémie (ischémie) ou une cougesdon des 
un organe ou dans une portion d*organe. 

On sait aussi que, depuis les recherches de (Ilaude Bernard, de Brown^Sfqiwt ! 
et de Budge sur les anastomoses du sympathique avec la moelle et 
centres d'action réflexe, tels que le centre cUio-spinaly le centre thoraeiqm^k i 
centre génito-spinaU <^tc. , les maladies de la moelle exercent sur les 
moteurs (>t sur leur circulation respective une action variable dont TefEet est Fi 
mie, la congestion et Finflammation des déparlements organiques scms h 
dance de tel ou tel îlot spinal. 

En outre, d'après quelques expériences de Bell, de Magendie, de Clmèe lÉ^ 
nard, sur les mouvements réflexes, que les excitations d*un organe peafem IB^ 
monter à la moelle et se réfléchir sur un organe de manière à constituer 
symi)athies morbides telles que des convulsions, des ])aralysies et des 
vaso-motrices. Ola a été dit aussi par Barthez (1), qui savait unir les 
sauces physiologiques très-précises à la plus haute philosophie. 0^ 

Knfin, dans la chlorose et ranémic, qui agissent beaucoup sur rinnemÉte §t^ 
grand sympathique, tous les médecins savent qu'il y a des vertiges plosoa 
violents, des paralysies sensoriales telles que l'analgésie ou l'anesthésie. 
lions passagères de la face, des hémorrhagies nasales, des congestions 
qui prédisposent à la phthisie, quelquefois des hémon'hagies utérines de 
tion, d'autant plus redoutables qu'elles affaiblissent des malades qoî n'oatpis 
soin de l'être. Dans cette maladie, se montrent, plus que dans toute aotie, 
troubles dans les circulations locales, qu'il y a ime anémie générale 
d'anémie ou crischémie plus grande sur certains points, tandis qu'il y a de lllfpv- 
hémie passagère sur d'autres oi^ancs. 

Pour cehii qui est au courant de ces observations, aussi curieuses qw lédfes, 
laréfle\i(m lui montrera bien vite tout le profit que la clinique peat «■ ndrer. 
Bmwn-Séquard en a tiré lM)n parti à l'occasion de quelques psnpICgiea dîtes 
réflexes, et, h mon tour, je l'ai fait pour beaucoup d'autres nialadin, BOtininMiit 
|xnn* différents cas de pseudo-méningite par névrose congeslire de TmeéfkA 
<lont la ivlation a été publiée |)ar la Gazette des hôpitaux. 

Deux jeunes filles pres({ue pubères, mais non i-églécs, ayant des signes de 
i*ose avec de la gastralgie, sont prises de violentes douleurs de tête, de 
ments, de lièvre, et l'unt* de C4)nstipation, tandis que l'autre avait une i 
stei-corale (»t urinaire. Dans un de ces cas, k»s douleurs de tête étaient 
que, |M>ndant plusieurs jours, l'enfant |)oussait des cris à empêclier de doradr 
h*s malades. Au resie, voici ces deux observations : 



Observation 1. — Xéirose conyestive de V encéphale et pseudo-méHingiie^ 

optit/uc. — Jeanne D..., Agée de quatorze ans, entrée le 2 mars 1869, au n* 24 4e h 
sallo Sainte-Callierine, ù l'hôpital des Enfants malades, service de M. Uouchnt. 

Cette (Mifant, fort développée, pubère, mais non réglée, n'a jamais été maladSia 
•été prise il v a auatre jours de maux de tète avec vomissemenls, on peu de "^"^ 

^ iw éléments de la tcience de f/iomme. 3* édit. Paris, 1858. 



io\ lT^V\\vwct vW \K>v\\> sans \rr(*'^\\\amê. \a'S donWurs iW \l-\v ^^ivawvA v'V \i*o- 
ulsirv»*f;v\\WTS, e\ sunoul \a uuil; \»>s \ou\\s«^emenls Î!\aWuX Irè-s^ïrûkVi^wV*-. Y^n- 
il ne ^n«\\\a\\ neu f^avAtîT H \om\Sbail c'm4\ fois \iar îout. 

\ rhô\V\\a\, i'Vk a vouV\ \ï\u^ie\irs fois, el e\\« a eons^îrvê Aes nuvu\. à\"S»**n^a«" a^f^ 
. peu lie lièvre; — ui\ peu d'appêlil; — constipation \r%-s-for\« -, \in»* >^\W ttopuis 
lit jours. Elle fst pâ\c, a i\e frêi^uentes palpitations, et un hruit «le souttle »:arolidi*?n 
douMt' oonranl. Pouls, t^i. 

Dans les <lt»uv yeu\, hyperhèinie evlraonliiiaire <ie la choroîtio et «le la ciri*onf»"r^nr*' 
û nerf opti(\uc, à co point <|ue les contours sont presque fffar»*? : !«• renfr»* *U\ u«Tf 
ptiquft est extrême nient blanc, a%«*c excavation, et les vaî<so;iu\- sont ijf-jt»fès >ur Je 
ôté externe ; les veines et les artères son! frês-piles. 

Les douleurs de tète ont continue pendant quinze jours, ainsi «ju*- h-s thmlrurs 
l'estomac, mais Jes vomissements ont eess»'- — et /es ^inltTolte^ nf s«nil r»'I.T/>/if»s. 

A ce niom^-nt, les nianx «le tête ont disparu, mais il y avait toujours </»* lu ;?j*fm/- 
gie et un peu de constipation, pas Je lièvre. 

Traitement. — Sullafe «le quinine, it> cenli^M'ammes el opium I renfi;jniijifiie 
avant chaqu** re/)as. 

l-«»s yeu-i perJiri-nl peu à p«ni leur congestion, mais ils Ja eons#?rvai«*nt en p.irlie. 

Chez celte enfant. Us phénomènes du début faisaient craincln* iiuf* luêiiiiii^ire. 
Eo f^et, douleurs de tète \ives; vonnsscinenis r4>iitinuels: C(Hisfi{>atli>iis depuis 
huit jours; une fièxre siii\i<* de ralentissement du |h>iiIs el avec cela nih* ih'^riti* 
optique, on ^louvait liésiter. 

Cependant. s<ius rinfluence du sulfate de quinine, les douleurs do tèli* ont o-sm', 
€t )ofV|u'il ne resta plus que la uast rallie, ropinin a 1 r eu livrant me 'd\aiit W/jf/ui* 
repas en fit iustice. Eu quinze jours l'enfant fut ^^lérie. t>* nVtait dont* jias iiui* 
méningite . et re\>endaut que \K)UV aient èire ces accidents ce relirait \ de fhU>tttftf~ 
méiMMijife^ VI ne congestion céri»hra\e c\iU>n)tic\ue,c'«'St-â-dire d'uin* hrrntue can- 
^tii'we d»» reiieèphale ? \*eut-ètre, mais cela est a discuter. 

I.N^nfant pubi-re, n\ais non tonnée, était relative iTunU î\ ses a\>)>arences pliysiqui-s 
faite en étal d'aménorrliée. 

De plus elle était ]>àle, cMorofique, a\anl une (jfi^trtihjif conliuuelle et d«r» 
nêrrahjit*s irn^ilièremenl |M''rio<lic|ues de la tète. 

Kii prcsijnce d«* ces sunp(ûiii(*s, j*ai penné que sous riiiniiciice de ranièiiorriH>e 
et de réraf c/i/orofiV/ue, il s était fait une roiii^i^stiori locale des inéiii/Ji^es et dii rvr- 
\eau, se trailiiisant jwr/es />/iéiJOinèiies cvivhvaux, de c^'phalaîfi'ie, de lomifM'riiefil.s 
et de consli|)ation avec la/eiilisse/jifut du fx>iii.s. Jeii ai tn}U\v la jireute (ur la 
cérébroscopie, cpii ma |>ennis de coii.stafer J'hy|x»riiéiiiie du nerf optique aiiiiiHi- 
cant /7i}7)erl)«Mnie d<;s capillaires cérébraux^ tandis qu'il y avait /rileur ties artères 
et des teines rétiniennes, ce cpii eût été le contraire eu cas de inf'nii^nte. 

Oesf.rwtion II. — Xêrrojtp. congestice de Vtnvèphnle. — Pseuf/o-mt'n incite . Cris 
kyiîr'*ncei)kaliqueis . — Névrite optique. — t'^mille B..., treize ans, eulrêc le 1»» no- 
\endjri: IS'iT. — Crlle eofant a passé un mois à rhôpital, il y a deux mois (auiU», 
pour une g;islral{:ie chlorotique, puis elle est allée à la maison de coiivales4'euce pen- 
dant cinq semaines, où elle s'était rétablie, el à peine rentrée cli^z elle, au bout de 
trois jours, elle a eu des douleurs d'estomac, quelquefois des vomissements plusieurs 
foi> par jour, ot des douleurs de télé à crier. 

Ktal actuel. — Enfant très-pâle, amaigrie, avec douleurs de télc extrèuieuh'nt 
vives, f u p<Mi d'appétit, pas de vomissements, garderobes naturelles, involontaires ; 
urinf's è/LM/erfie/Jt involontaire.s. I/enfant ne tousse pas, n'a rien de particulier dans la 
l>oitrine: v«:'ntre souple, indolent ; Tenfant a une somnolence presque continuelle; 
P'^au cliande ; pouh régulier, 116. 

Aucun lrouid<» Yisuei; les deux papilles sont p&les, aplaties, f^risâtres, confuse-?. 



•• ^'1 



!^8 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Les vaisseaux veineux ne présentent point de dilatation et sont au contraire riKs 
amincis. 

22 novembre. — Depuis quinze jours, Tenfant est ù peu de choses près dipi 
même état. Elle a eu de temps à autre quelques vomissements, des urines i 
taires, de la sonniolence, et comme épisode caractéristique, des douleurs de Ite 
ribles localisées dans la tempe gauche. Ces douleurs résultent d'élanceni«nU 
continuels, accompagnés de cris aigus. Par moment, le pouls est in termi lient eli 
gulier. L'enfant ne tousse pas et n'a rien dans la poitrine. Elle entend les bal 
de son cœur, qui sont accompagnés d*un faible bruit de souffle à la base et H pn* 
mier temps. . 

La vue est légèrement brouillée et les papilles petites, un peu irréguliém^MI 
très-pales, elles ont pris depuis quinze jours une teinte nacrée, plus brillantev tfkl 
veines sont extrêmement petites et rares. 

Sulfate de quinine, 25 centigrammes. 

6 octobre. — Le sulfate de quinine à cette dose pendant trois jours n'aiait fmuh 
difié la situation, ou y joignit une injection hypodermique de morphinOt qwMSf^ 
lagea que très-incoiuplétement ; de temps à autre reviennent encore les 
plus douloureuses dans le côté gauche de la tête, accompagnées de cris t 
11 y a eu encore ({uelques vomissements, des selles régulières, de la leatev 
inégalité du pouls. 

1^ dose de quinine fut portée à 50 centigrammes. 

Le lendemain il y avait une amélioration plus grande, et le jour d*aprltj8 
leurs de tête avaient complètement cessé. Plus de vomissements, bon ap pé t it; 
naturelles; pouls ralenti, un peu inégal; même état des yeux. L*en&ût poatM 
ver. Sulfate de quinine, 50 centigrammes. 

Le 20 janvier 1868. — ExeaL 

L'année suivante, 1800, C. B... revint à Thôpilal dans mon service, toiqonni 
formée, très-pâle, ayant des douleurs d'estoma:* et une double né vral^e de k ç 
quième paire tolérable, qui produisait une rougeur très-grande des paupiéns»! 
gonflement, ni larmoiement, ni trouble visuel. 

Le sulfate de quinine et l'opium avec du sous-carbonate de fer la guérit, ddb 
sortit le i avril 1869, pour aller passer un mois à la campagne dans notre Adlée 
convalescentes. — Cette fois ses yeux étaient à peu près dans leur état nonBal, flt I 
n'y avait qu'une faible byperhémie de la papille. 

Voici iiiaiiiteiiaiit le résumé de deux autres faits que j*ai observés il y a hb an. 

Observation III. — Névrose congestivc de Vencéphale, — La nonunée D...« Iféa 
de neuf ans, entrée à l'hôpital des Enfants, n*" 14 de la salle Sainte-Catherine (H. Ilott* 
chut), le 16 janvier 1868, est partie le 26 du même mois. 

Cette enfant, habituellement bien portante et bien constituée, souffre do la tète à la 
région frontale depuis trois semaines. Elle n*a pas d'appétit, ne souffre pas de Feilo- 
mac, et elle vomit Irès-fréquemment, sans avoir de fièvre ni de modiflcitiMSda 
pouls, et sans présenter de somnolence, de paralysie, de convulsions^ nianoMldli 
phénomènes cérébraux. 

Elle a une forte congestion de la papille. 

On lui donne des bains qui ne changent rien à la situation, et elle sort de rMpiHé 
dans le même état. 

(liiez cette enfant, ne pouvant admettre rcxistence d*une migraine, enraiMtde 
la longue durée des accidents qui dataient de trois scmaiues, je pensai qnll. 
une simple névralgie frontale ou une névrose congestivc du cerveau. 

J 'écartai Tidée de la névralgie on raison de son siège sur le fix>nt phildC qae 
le trajet du nerf frontal, et à cause des vomissements répétés, et TeuBMa i 
rophthalmosiH>|H' montrant une forte congestion de la papille, indice d'une byper- 
hémie cérébrale de mémo nature, jVmi conclus qu*il y avait là une névrose 
tive de roncéphale. 



NÉVROSES GONGESTIVËS DE L'ENCÉPHALE. ' 269 

Observation IV. — Aménorrhée, ^Hallucinations, — Demi-syncopes par néwose 
congestive de l*encéphale. — Cérébroscopie. — ForU hypérémie du nerf optique. — 
Le t.) octobre 18G8, le docteur Pouliot m'envoya une jeune fille de quatorze ans qui, 
depuis deux ans, avait de temps à autre des évanouissements précédés de courbature 
très-douloureuse cl d'étreintes anales avec obnubilations et tintoin, quelquefois des 
hallucinations diaboliques, constamment de la cépbalalgie frontale, parfois de la gas- 
tralgie, de la pneumatose stomacale et des éructations. 

Le nerf optique, fortement congestionné, se voyait à peine au fond de Toeil^ et les 
veines étai<^nt fortement distendues. 

Comme cette Glle n'était pas formée et avait eu des lombrics, je lui fis prendre 
5 centigrammes de calomel tous les jours, de l'infusion de safran avec sulfure de car- 
bone et des bains antispasmodiques. 

Son état en fut trés-amélioré, mais il n'y eut pas de guérison, et je n'ai pas eu 
d'autres nouvelles de la malade. 

Dans cet état névropathîque d'une jeune fille pubère, mais non réglée, se mani- 
festant par des troiibles cérébraux fonctionneLs graves, avec forte hyperhémie du 
nerf optique, cachant presque complètement la papille, je crois qu'il faut voir autre 
chose qu'un simple trouble fonctionnel. — La congestion du nerf optique prouve 
qu'il y a également congestion du ceneau, mais il faut déterminer quelle en esl 
la nature. 

Est-ce une congestion sympathique de l'affection vermineuse ou de l'aménorrhée? 
Les deux choses sont également possibles, et il aurait fallu suivre la malade plus 
longtemps que je n'ai pu le faire pour résoudre ce problème. Mais si l'on ne peut 
ici préciser la cause de la congestion encéphalique, son existence ne saurait être 
mise en doute, et pour l'instant, c'est tout ce que je voulais établir. 

Os observations ont tant d'analogie entre eUes , et , malgré quelques différences 
dans leurs symptômes, elles ont une telle similitude que, sous le rapport du diagnostic 
et du traitement, ce que l'on dira de l'une pourra s'appliquer à l'autre. 

Il me sufiira donc de discuter le diagnostic d'une façon générale pour motiver 
à leur égard ro])inion que je viens d'émettre sur Xexistence dune névrose con- 
gestive de Vencéphale donnant lieu à des symptômes de pseudo-méningite. 

La maladie ne [)eut (Mre, en effet, qu'une méningite, qu'une congestion névro- 
patliiqti<% ({u'un(* névralgie ou qu'une aménorrhée compliquée de chlorose. 

Il est bien certain que l'aménorrhée chez les filles de quatorze ans, assez déve- 
loppées d ailleurs |)our avoir k*s attributs physiques de la femme , a joué im rôle 
considérable dans la genèse des accidents morbides. 

Chez Jeanne D..., ce n'était pas une méningite aiguë, malgré la somnolence, la 
céj)lial(H\ l(*s vomissements, la constipation et la fréquence du pouls suivie de son 
abaissement, car a*s phénomènes n'ont duré que peu de jours et ont rapidement 
lait place à 1 état presque normal. Il ne restait que de la gastralgie , sans fièvre , et 
l'enfant notait debout toute la journée. — Ce qui aurait pu faire croire à une mé- 
ningite, c't^t l'état de la |)apille et de la choroïde, dont les capillaires étaient gorgés 
do sang ; mais comme il n'y avait pas de dilatation ni de stase des veines réti- 
niennt*s, j'en ai conclu qu'il n'y avait pas de stase méningée, et, par suite, qu'il 
n'y a\ait |)as de méningite. L'hyperhémie chloroîdienne et papillaire était une con- 
gestion h\iH>sthénique due à une paralysie vaso-motrice représentant un état sem- 
blable des méning(*s. — D'ailleiu*s l'enfant a guéri rapidement, autre raison, et des 
meilleures. |x>ur croire qu'il n'y avait là qu'une pseudo-méningite, ou, comme je 
Tai (lit quelquefois, une poussée méningitique (1). 

M R:)uchut, Du diagnoitic des maladies du système nerreuxpar rop/i(fialmoscop\e. V^t\%^ 
18GÔ, et .\(/<(.s d'ophthalmoscopie médicale et de cérébroscopie Paris \%1^. 



• 



^70 PATHOLO(.IE SPÉCIALE DE LA PRËMIËHE ENFA.VCE. 

Cliez Camille B..., la maladie fut plus longue , et la violence si terrible de b d^ ! 
phalalgie accomi)agné<* de fièvre , de vomissements et d*incontinence fécale et 
nairo fit croire, en raison des symptômes antérieurs, à l'existence d'une i 
(Micéphalite. Ce diagnostic était d'ailleurs corrobore par l'existence d'une h^poMbl- 
nie des capillab*es de la |)apille produisant la diffusion grisâtre de c^tte partie m 
qu'il y ait de stase dans les veines rétiniennes. — Si j'avais bien pensé que oe dé- 
faut de stase rétinienne devait écarter l'idée de la méningite, j'eusse évité T 
mais /il y a deux ans , je n'avais pas encore rcxpériencc de ces études aussi dfic^ 
lop|)ée qu'aujourd'hui, et j'ai pris alors la diffusion grisâtre de la papille, sans dii- 
tation phlébo-rétinienne, pour une probabilité de phleginasie méninge, ceqda'cA 
pas exact. — Enfin l'enfant a guéri par le sulfate de quinine, et est restée cUon- 
tique avec une double névralgie de la cinquième paire, ce qui écarte encore Mlfe 
de méningo-encéplialite aiguë. 

Si ces deux enfants n'ont |)as eu de véritable méningite et n'ont offert que àa 
symptômes de pseudo-méningite , que signifient ces symptômes ? Sont-ce Ik Ib 
phénomènes constituant une entité morbide de simple congestion cérébrale imîhh 
tive, ou bien ne serait-ce pas, au contraire, l'indice d'une congestion cérAnkfV 
dilorose ? Est-ce l'aménorrhée qui a produit la chlorose et avec elle de h giiln|pr 
occasionnant ces tmubles sympathiques, la circulation cérébrale? Ceb cstpoirilik; 
mais la question vaut la ))eine d'être discutée avec soin. C'est là une qpicBtkm ci- 
nique de premier ordre sortant de la pathologie de l'enfance et comprenant mt 
face toute nouvelle de la pathologie relative aux sympathies ei aux actions fi^hm 
morbifiques. 

• Tout d^abord je dois constater , comme un fait accepté de tons, le rapport Ai 
névropathies avec l'anémie et avec la chlorose , ainsi que le fait des hémofrii^ia 
produites par l'aménorrhée. Cela est incontestable. Voilà comment s'explique Fip- 
purition des névralgies variées, des spasmes des convulsions, des paralysiiss somh 
rielles, musculaires ou vaso-motrices de la convalescence des maladies ùgaë^ de 
Tanémie et de la chlorose, ou bien la production d*une hémorrhagie nasale et uté- 
rine ; chez d'autres la présence d'un flux incommode, etc. J'ai d'aiUeursdédart, 
en commençant, que les troubles d'un organe pouvaient remonter à la moeDe 
ceneau par le grand sympathique et y produire ime anémie ou une coqgestiott 
[)able dVn altérer les fonctions. C'est le cas des maladies de l'utérus prodoisaot h 
gastralgie, le vomissement, la névralgie lombaire et la paraplégie, le neiTOsis m e 
cérébral et la folie, la toux nerveuse et les hyperhémies pulmonaires Taso-motrices, 
les névralgies d(* la cinquième paire, etc. Que le résultat de c^ttc affection réSeie 
sym|>athique soit une ischémie des organes affectés ou, au contraire, nne congés* 
tion par hyposthéni<* des capillaires, le trouble fonctionnel n'en existe pas moins, et 
c'est à en discerner la nature hyix)sthénique ou hyi)ersthénique que doit s'appUqoer 
le médecin. 

Ici, nous avons, dans les observations I et H, deux enfants pubères atteimcs 
d'aménorrhée , consécutivement à ce défaut de menstruation ; il y a eu de la 
tralgie avec inaj)pétence et chloi-ose bien marquée chez Camille B..., un peu 
évidente chez D... Puis, apiès les douleurs d'estomac, ont iMini les maux de tête 
excessifs dans un cas, plus modérés dans l'autre, mais dans tous les deux ils furent 
accompagnés de vomissements avec fièvre. Au même moment, Jeanne D..., avait 
de la constipation et l'autre était frapj>ée d'incontin(*nce. 

Kn Tabsence d'une méningite, qui ne voit là les consc'quenccs d'ime aménorrhée, 
suivie de chlorose, de gastralgie temporo-frontale et d'aff(H:tion du cer\eau indiquée 
parles vomissements. Si ce n'est pas là une névralgie chlorotique, c'est une ma- 



NÉVROSES CONGESTIVES DE L'ENCÉPHALE. ^ ■ 271 

ladie sans nom dans la pathologie. Mais mon scepticisme et ma résenre ne sauraient 
aller jusqu'il empOcher ma raison de conclure dans ce sens qu'indiquent des symp- 
tômes aussi fortement accusés que ceux que je viens de décrire. C'est ici une né- 
vralgie cérébrale* épanouie sur la branche ophthalmique de la cinquième. De plus, 
c'est une névralgie cotigestive, malgré ces signes extérieurs de chlorose et d'anémie 
qui existent chez ces enfants , et je vais , si difficile que soit le diagnostic de ces 
deux cas morbides, le démontrer. En effet, chez Camille B..., en même temps 
qu'elle souffre de la cinquième paire, les paupières offrent une hypérémie très-pro- 
noncée de la peau. Donc, il y a névralgie congestive palpébrale ; mais j'ajouterai 
il y a névralgie congestive oculaire, car avec l'ophthalmoscope on voit une hypérémie 
du nerf optique cachant les contours de la papille et différant de Fhyperhémie de la 
méningite par défaut de congestion choroîdienne. 

Chez Jeanne D..., il en est de même, et dans le dessin du fond de l'œil qui a 
été fait et que vous avez sous les yeux, il y a également une hyperhémie du nerf op- 
tique avec excavation centrale, et ni la rétine, ni la choroïde ne sont congestionnées, 
ce qui distingue cette forme de névrite optique de celle qu'on observe dans la mé- 
ningite aigué. 

Si l'on a bien suivi l'analyse clinique des faits qui viennent d'être présentés , on 
doit être convaincu qu'il ne s'agit pas chez ces malades d'une méningite aiguë 
ordinaire, qu'il n'y a eu chez elles qu'une névralgie chlorotique'de la cuiquième et 
du cerveau provoquant la pseudo-méningite, enfin que cette maladie représente 
une névrose congestive de l'encéphale , affection sympathique et réflexe due à l'état 
d'aménorrhée et d'inertie utérine. 

Au reste, ces faits de pseudo-méningite ne sont pas les premiers que j'observe. 
C'est là une maladie réflexe de l'encéphale que plusieurs causes concourent à pro- 
duire (*t dont vous rencontrerez assez souvent des exemples. Dans les cas que vous 
venez de voir, la forme est inusitée, exceptionnelle ; mais là où vous trouverez la 
pseudo-méningite avec ses caractères habituels , c'est dans l'état cérébral réflexe de 
l'enfance produit par l'angine tonsillaire aiguë, par certaines maladies éruptives et 
Inflammatoires et par les affections vermineuses. 

J(* no parle pas ici de ces méningites avortés ou poussées méningitiques que j'ai 
mentionnc^'es (1), et que les médecins de l'enfance ont vues comme moi. Je ne mets 
çn discussion que les pseudo-méningites réflexes de l'amygdaUte aiguë commençante 
et des affections vermineuses. Celles-ci sont très-communes , et sans rappeler mes 
obser\ations personnelles, je vais vous en citer une qui a pour titre : Accidents 
produits par des oxyures et simulant la méningite (3) : on y voit que deux 
médecins, M. Vignard et M. Mahot, avaient cru voir tous les sym|^mes d'une mé- 
ningite dans un cas où l'expulsion de nombreux oxyures fit aussitôt cesser ces acci- 
dents. J'ai vu Tan dernier, dans ce service, deux cas analogues produits par des 
ascarides, et mon livre (3) en renferme bien d'autres. 

Que l'impression morbifique inconsciente viemie dé l'utérus comme chez un de 
nos deux malades, qu'elle vienne de l'intestin rempU de vers, ou des amygdales qui 
commencent à s'enflammer. Faction réflexe est la même, l'impression transmise par 
le grand sympatliique à la moelle et au cerveau se transforme ici en action motrice 
ronvulsive, là en action hyposthénisante des capillaires, c'est-à-dire paralysie vaso- 
motrice de l'encéphale, et il en résulte de la céphalée, des vomissements, delacon- 

(I) b->uchut. Traité des maladies des ttouveau-nés, article Mén»gite. 

iti Vignard et Mahot, Bulletin de thérapeutique. 

l3) Bouchut, Traité de* maladies des nouveau-nés, article EmtozomkViS. 



1 



^7:2 PÂTnoLOc.iE spéciale de ia pkemiêre enfance. 



sti|>atîon , (U*$ cris , dv Tagitatioii , de la fièvre , tout c<; qu*il faut enfin pour Un 
(Toin* il une phlegniasie méningée qui n'esi qu'une pseudo-méningite. Conune jr 
l'ai dit (1), « les maladies ne sont que des impressions transformée ». 

H y a donc diversi^s formes de pseudo-méningite ou névroses cougestives et 
rencéphale : 

La pscMido-méningite utérine ou chlorotique, celle <lont je viens de parler , 

La pseudo-méningite intestinale vermineuse ; 

La i>seud(Hnéningitc gastralgique ; 

La pseudo-niiMiingile de l'angine tonsillaire et des maladies aiguës. 

Il y en a |)eutHHre d'autres encore; mais, quant à présent; je ne parie que de 
celles que j'ai ol)servées. 

Cela étant dit, je reviens à mes observations et je confirme mon diagnostic jm 
la preuve tliéraj^eutique. 1 

Il s'agit d'une névrose congestive de l'eiicépliale, ai-je dit ; eh bien, nous ifMi ' 
un médicament qui passe pour |)osséder la vertu de décongestionner le cerveini— \ 
c'est le sulfate de quinine, (^e serait même à l'anémie cérébrale qu'il enlnliieqK 
l'on attribue la surdité, l'amaurose et les troubles c^*rébrau\ que produit «m em- 
ploi à haute dose. Tout cela est vrai, et je suis le premier qui en ait ioanii taft- ^ 
monstration à l'aide de la cérébi*oscopie(:2). 1 

J'ai voulu faire connaître l'eiïetde tous les poisons sur la circulation de h rttÎM 
du nerf optique et de la choroïde, persuadé que, dans cette expérience, j*apprèdBi 
également la circulation du cerveau et des méninges. £h bien! qu*e8t-il arriwé? 
J'ai vu que l'opium congestionnait la rétine, qu'il en était de même de la narcéÎM, 
de la papavérine, de la morphine et do la codéine; j'ai vu qu'il en était demtee 
de l'atropine; mais j'ai constaté que le sulfate de quinine pâlissait le fond de Tni, 
et j'ai cru que c'était là une preuve de son action décongestive de l'encéphale et 
des méninges. Cette année même, dans un cas de méningite avec dilatation énonK 
des veines rétiniennes, j'ai |)u constater, sous l'influence d'une forte dose de qui- 
nine, une diminution considérable du diamètre de ces veines. 

Admettant donc cette pmpriété du sulfate de quinine, il est évident qu'il y arail 
indication à l'employer chez nos deux malades. 

Je l'ai donc prescrit à la dose de 1 gramme ])ar jour, en même temps que j'ad- 
ministrai 1 centigramme d'opium, avant chaque repas, contre la gastralgie. Sons ' 
rinfluence de ce médicament, la névralgie de la cinquième a disparu, ainsi qoe là 
rougeur d(*s ))anpières, nos deux malades ont repris de l'appétit et des forces, et 
j'ai pu, |)our achever leur gmVison, les envoyer à la campagne. 

En résumé : 

Les faits prouvent l'existence d'une névrose congestive de l'encéphale simulant 
la méningite et dépiMidant de la chlorose. 

Les névroses congestives de l'encéphale, ayant forme de pseudo-méningite, sont 
des maladies vaso-motrices par action réfle\(» Qi). 

11 y a diverses formes de névrose congestive de l'encéphale, selon le point de 
départ de l'excitation réflexe dans l'utérus, dans l'intestin, dans l'estomac on sur 
les amygdales. 

Dans les névroses congestives de l'encéphale et dans la pseudo-ménin^'te, le 
sulfate de quinine est l'agent de l'indication physiologique, mais autour de lui, se* 

(1) naiicliut, ^0Hveaux éléments de pathologie générale, 3* édition. Paris, 1875. 
[it E. Boiicliiil, iJu diagnostic des maladies du système nerveux cérébro^pinaL Paris, I869, 
un vol. in-8 avec allas, cl Atlas d'ophthalmoscopie médicale et de cérébroscopie. Paris, 1875. 
(3j Voyoz le chapitre Pseudo-méningite. 



: ik 



NÉVROSE THYRO-EXOPHTIIALMIQUE. * ' 273 

Ion cfiril y a chlorose, affection vermineuse ou phlegmasie tonsiUaire, il faut em- 
ployer les préparations ferrugineuses, les courtes a (fusions froides, le calomel et 
la saiitonine, cnfm^ les révulsifs aux extrémités inférieures et les gargarismes 
astringents. 

CHAPITRE XLVI 

HALLUCINATIONS 

Les hallucinations sont assez fréquentes chez les enfants de tout âge, et, sans 
discuter la question de la folie dans Tenfance qui existe bien réellement, il çst cer- 
tain que les hallucinations se montrent comme trouble nerveux primitif et passager, 
indépendant de toute autre maladie et surtout de la folie. 

J'en ai obsené 27 qui se divisent comme il suit : 

2 avec folie et 25 sans folie. En dehors des hallucinations les deux premières 
offrent des troubles psycliiques et des tentatives de suicide. 

Dans les 25 autres, l'hallucination a été le symptôme de début d'une maladie 
aiguë inflammatoire ou le symptôme de la chorée, de Tépilepsie, de névrose épilepti- 
forme, de sonmambulisme diurne, et dans quelques cas le symptôme dun trouble 
nerveux passager venant au milieu du jour sans cause appréciable. 

Ces hallucinations affectent généralement le sens de la vue, et sont constituées 
par des visions de fantômes ou de betes causant une grande frayeur, mais elles 
ont aussi pour siège le sens de Touïe, du toucher et de l'odorat. Ces deux der- 
nières sont très-rares ainsi qu'on peut le voir dans mou mémoire. 

Le traitement consiste en bains de tilleul, de valériane, en injections hypoder- 
micpies de morphine, en sirop dV'ther etde bromure de potassium, 50 centigrammes 
à 1 gramme par jour. 

CHAPITRE XLVII 

^ NKVROSE TnVRO-EXOPHTHALMIQUE, OU GOÎTRE EXOPHTHALMIQUE 

I Je ne veux |)as refaire ici l'histoire du goitre exophthalmique déjà faite par tous 
^ les pathologistes, et je me lx)rnerai à publier 3 observations de ce genre obser- 
li vées par moi chez des enfants : 

Observation i. — GoUve exophthalmique, — Chorée intercurrente. — Arsenic ; 
guérison. — Aurélie Fouques, treize ans, 9 novembre 1867. Celte enfant, née à 
Paris (le parents issus des environs de la Fei1é-sous-Jouarre, pays goitreux, a, dans 

f sa famiilo, une cousine affectée de goitre énorme. Elle-même a passé les six premiè- 
res années de sa vie dans le pays, puis elle est revenue à Paris pendant deux ans, et 

. puis ello est retournée à la Ferté pendant plusieurs autres années. A son retour de la 
Ferlé ello n*avail rien au cou, dit-elle ; plusieurs mois après, la glande ihyroïde a 
auginenlé de volume, est devenue très-considérable en même temps qu'il se produi- 
sait (les palpitations. Traitée à Saint-Louis, service de M. Bazin, sa tumeur a dimi- 
nué de volume, ello se croyait guérie et est rentrée chez ses parents; lorsque, il y a 
deux mois, elle a été prise de gène de respiration, cyanose, et menace de suffocation. 
Ktat firtuel. — L'enfant est assez grande, bien développée, non pubère, son teint 
est r()u;,^(\ qucl(|uefois violacé ; ses yeux ont un aspect étrange de fixité avec colora- 
tion irès-fonrée de l'iris, avec les cheveux blonds. 

l/enfanl voit bien clair à petite et à grande distance. La papille est fortemeuV. c^w- 
gestionnée, surtout a droite, où l'un de ses côtés est manifeslemeulNo\\èe.\âes'Sçivcifc^ 
rétiniennes n'offrent rien de particulier, et la choroïde est fort pîgiae\YV(te. 

BOUCHUT. — NOUV.-RÉS. — 7* ÉDIT. \% 



274 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANXE. 

Le COU présente un {^ronflement intérieur assez considérable formé par la thyroïde 
hypertrophié«% le lobe droit étant plus volumineux que le lobe gauche. 

Palpitations très-fréquentes sans grande impulsion cardiaque ; niatité précorJiale 
de 10 centimètres carrés. Battements du cœur sourds, avec bruit de souille mdeu 
premier temps, ayant son maxinmm à la base et en dedans du mamelon, se propa- 
geant dans Taorto, les vaisseaux du cou, appréciable dans les artères humorales et 
crurales ; de temps à autre, l'enfant a des crises caractérisées par une perte de con- 
naissance, avec roideur des membres, cyanose du visage. Ces crises durent à peiae 
quelques minutes, se reproduisent quelquefois la nuit, et sont revenues jusqu*à vioft 
fois par jour (1). L'enfant se plaint quelquefois de mal à l'estomac, ne vomit pas, n'i 
jamais eu de diarrhée. 

L'enfant ne tousse pas, sa respiration n'est pas fréquente et le murmure vésicnfaun 
est naturel. C'est au moment des crises indiquées plus haut qu*il y a une oHbopnée 
considérable sans expectoration. 

Mauvais sommeil troublé par des cauchemars. 

Peau habituellement chaude, un peu moite, pouls un peu mou, dépressible; 
112 pulsations. Appétit bon. 

L'enfant a été traitée dans son pays par le bromure de potassium et à Saint-Lo«i$ 
par le quinquina et le sirop d'iodure de fer. 

Tisane de tilleul ; poudre de digitale, 0,70. 

28 novembre. — L'enfant a eu hier deux crises caractérisées par une perte com- 
plète de connaissance avec quelques mouvements convulsife ; congestion tres-r/re, 
très-forte du visage suivie de larmes. La deuxième crise est venue quelques minutes 
après la première. L'état général est d'ailleurs le même, bien qu'il y ait un pende 
fièvre. Pouls régulier, 1:20. Poudre de digitale. 

2 décembre. — L'tînfaiit, hier, a eu une crise de porte de connaissance aw 
quelques mouvements musculaires docarpologie, avec congestion très-vive du vis^'- 
le tout ayant duré une ou deux minutes. 

31. — L'enfant n'a pas eu de nouvelle crise, mais depuis hier mouvements »c- 
vulsifs choréiques dans les quatre membres. 

3 janvier. — Les iiiouvemcnts coiiviilsifs continuent, s'arrf>tent pendant lauui:; 
peu (î'appj'lil ; pas de voiiiis.senuMil ni de diarrhée ; peau niodérénieiit chaude, KH^p^- 
sations. On cessr la digitale pour la reni]»lactr par arséuiate de soude U) mi!!»- 
grafumes. 

5. — IT) niiiligranmies. 

7. — Les mouvenionls choréiques sont moins intenses ; ils ont presque dis^tin- 
Aniaigrissenienl ; peu d'appétit; pas de voniissenuMits ni de diarrhée. Inumlsionii 
eieur Irès-forlc, sauN fréniissciucnl. Soufll»' considérable, doux, avant son maxiwDi^' 
d'inlen^ilé eu dtMlans et à la buse du nianielon, couvrant le second hruit • mais pr^ 
d«', 1:1 ligii!^ niéiliauo, lo second bruit s'entend, et, au lieu d'un claquement vdlvalain' 
nonujjl, r'esl un bruit ràpeuv ; à la pointe, le souille couvre le deuxième temps- '" 
s'entend juscpie dans l'aisselle et même dans le dos. La malité du cœur est d'cuviri* 
5 centimètres carrés. 

Môme état du goitre. Pouls régulier, lOi. 
20 milligranuues d'arséniate de soude. 2 pilules de Vallet. 

Depuis trois jours, l'enfant maigrit beaucoup et est dans une prostration consi-li- 
rable; les mouvements choréiques ont à peu près cessé ; pas de vomissements; |* 
de diarrhée; toux peu fréquente; aucune uiodifu-alion des bruits respiratoires 'lUfS*^ 
état d'impulsion au cœur sans frémissement ni déformation du thorax. lîruit de'sonfl^ 
intense à la base du cœur, en dedans du mamelon, s'entendant à droite du stemnJi" 
m arrière de la poitrine ; même état du goitre et des yeux. Pas de trouble vi<ufl 
Peau modérément chaude. Pouls, 110. 

13. — L'enfant est dans un état de somnolence, sans appétit, ne vomissant [i^- 
rt depuis hier elle a de la diarrhée. Le ventre est souple, aplati, sans tache- lapeai 
chaude et le pouls mou, dicrole, lOi. * ' 

(I) En dehors des crises, l'eiifanl a à chaque instant des soubresauts dans les membre* 
supérieurs. 



loc, 1 s^mme ; ^ous-mVv.Ue il»; liismutU. 

Isic iliarrtiv'f. SoHS-nui-.Me de bisniulli. 1 ^Annne. 

ilurv dani Vaiss«^\\c, à hiiil h>:urtfs tl ilt'iiii«, iK) degvt*. 

— L'enfant ot tout à Tiiit rt-tultliu de l'état de coii>oiuvt'>ou où rite étui 

;ile a rci>ris Je \'eiiil>ui)|iuiiit •■! <les lurces ; cU« ài- proiu^n-; Xout-r la ji-uru.^-, 

lUint ili- rien. Ccj'ifiidnnt, au cvur. Wliruil de s»u(Ae e<\ W uiOiiii;. 1a- aou- 

'h ).'liiiult! tliyruidicitDc n'a p^ui liiniinuû ; ruxu{dilhatim4 i-eul-ï t-t m>i:i- 

VTiDS II, — Gottre ejM/iAtA'ii/uiifUi: — Enfant. — .Ua^iomom-Jfc -V..., à^e 
ans et ilemi, ru('mi:r> à iitiiitor/c iiiis, ,i ru m>:j ri-^\ef. digpuruitr'^ .-i.-)!!.- rdU:<r 
de septciiiJire 1MI>7, jiuis nii Diois Je jaiivirr suiianl : il y fat Je-^ palpita- 
}!onSe[uual de la |rlaii<le tliyiviili- t'I un comriieiiirenicnl iVi-xoplttltalmii: — 
ilil nsla le iiii>iiie el les •ii>'-li<)iiâ •.■\L:eJIftites, mais ffJe inaigrit lH-aai-i>ii[: 
: l'aïuëi)^ au mois iJ<f (uai l:'<'hS, el je runslate rexiijililli.nlimV léjièrx'. It- ^••n- 
liiez consiJt'raliJt' i/u l'itu ; J-^s fialpiliilioiis. I ^. avec l*'-^-.-r bruit rie siiuîih- 
KTlenipi ei daijufiiiffit v.iliN/aiiv au s.-i-Oitd ; leinl ajiiiiiê ioiJi.'t-,' /ws .l'.- 
afflemenid'nneilK's; r.'-)ih.ilalj.'i<? lern/ioi-iile ; un p.-u de durere J'ureiH.-i ; 
tfilé »au.~ roNVuUioDj m piirahsii-. 

pélil; paj'Jeïiimtâiieiiietit ni de diarrltée; coiistiiKitioii: uriii-s fréi|ueDl-'-. 
Dgoanliiiseuii-iit ilaii^ les iiiaiiin et dans les pi*-<lî ; siuis aii<*ïlli'-Mi-. 

iiiON Ul.— (lUciidliie .-Il 1S7j i» la salle Siiiiite-0;i1henii.:i. «il.- -I.- ir.-w,- all- 
ée. H yarail un goitre é%'iJ>:iil avi-c raiiioHisst.-ùieiit de la |i.irli.- mi..;.-nii-- 
inte, routeur Ji' la (waii et tliietiiatioii Ci>ui'iit: s'il lU'vail f-v foriii<;r un 
tt jcui élnieiil li'L-â-s.iillauls s ni> irouhles visuels, maii il ii'j avail aticuiie 
>n ni aucun Iruvilile de lii cii-i^ulitliuii t-ardia-jue wu t'énêrale. 

Ls.r»inioné vsartJï>ostccl^(ll. esl iiitêrossaiit i»ai- Mtiieilrèiin- ran-lé. 

KMWnW.— Vni- lilWUi; de do\\Ee aus, gi'ande, a*M'i mine.- (rt un |iru aiié- 
.\:MOç\rt\ra\niK, une Vuu iv.ùt vi-iiiav.vii* déliai* |>lusi(;ur$ >'iii»iiit^. i^uiil 
énUc ; U «:Ur>ilii\ui.' étiiit déomvern; di\«s une ùtciiduc de dfuxou troisli^n'- 

la pau|iiKTi' tllvlJorA suyiérieur <\v la coniée. Uaii* li-s il>:ririeT> t>>iiiys, la 
1 éthil ileveiiue iiuli^tincte iiour les ol^i^il^ éWigiiéâ, Ijr euriis thyruiilc était 
lli et notxMenieiilau»iiLetilê de vuIuhk-. On jierceïail h lu main ut it l'ureillc uij 

MuEOe au niveau des ariëre^ tlivioiditiiiies; celles-ci, de mérite ijue Je> rafi>- 

étaienl pins velumineuse-! et aiiiiiiévs de puhaliviiï auuniiales. Celle malade 
ijaniaiï eu de pajpititiiuns, iiutî-. eJle av.iit eu purfoli des ailaifues dr di'9|iat^' 
ip]i{.'né<«! de douleur drin-; les iiMés. I.« cieur iKiltait violeiiiiue»!, luais d'une 
:re assw diffuse. Il u'v avait pin de sou/Mt à ce iiiïe;ni. In jioiol ('nricu\ .j.- 
olismaliiin. c'est que, de leuifi^ à aulr-<;, ujie on-ille on les tliui ù la toi> dev.;- 
1 lr^-rou|n»]Kiidaul<|uel<|(u- toiniis. I.esst-iiis êlaifiit|>riidéTelii|i|M;ï. Celli-jfime 
'avail jamais élénicn6trué<r ; elle avait iiresijiie toujours véin à Vienne ; elle élail 
araclêre enjoué et &a sauté avait toujours été 1res- l»o nue, bien que, «lepuij dru» 
Ile se fût (daiiite de teinys & autn- de douleur dans le eiîléei de d\-spaée e( 
r. M faliguàl rapidcuieul. Se<i aniéeèdunts de fumille étaient Iwois. 

malade lut traitée |»<:iidaDt <\uel*iae teuijid |uii- les couranis continus, mais sans 



CnXPVÎKE XLVIll 

s itialaclics <\i- la nweAW éçiniiT* to; aittpï très-communes chei 1« enrants. 
lo vtifz l'S /j*>nv«-au-i>és içw: dans Umuiide eobncc. 



wecl.AV""* rr-r f<id>alrU, «ml Ifij, 



276 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE. 

Chez les nouveau-nés, on a quelquefois olysené les tranmatismes de la moeUe, 
et Parrol a cité un cas curieux d'enfant nouveau-né de sept jours, qui était para- 
lysé des membres sui^érieurs et inférieurs, sans anesthésie et sans troubir bw 
marqué des fonctions pulmonaires et cardiaques. — L'enfant succomba et il a\ait, 
au niveau de la sixième vertèbre cenicale, une rupture complète de la moelle avct 
écartement de 2 centimètres comblé par un caillot blanc, dur, et ayec altérM 
granulo-graisseuse des bouts du cordon spinal. Cette rupture était le résultat de 
fortes tractions oi)érées pendant raccoucliemcnt sur le tronc de Fenfant, la l«te 
étant engagée la dernière (i). 

(:li(»z les enfanls plus Agés, la moelle est le siège de lésions qui viennent sa» 
cause appréciable ou sous Tinfluence du froid des membres inférieurs. Daosr« 
c^is, il y a une véritable paralysie ascendante. Ailleurs, la miladie résulte d'in 

al>c(»s vertébral ou d'une pacbyméningite qui comprime la moelle d'une sd^ 

rose des cordons antérieui^ ou ix)stérieurs — d'une liémorrhagie spinale d'm? 

intoxication saturnine — du tétanos et de la méningite cérébro-spinale et enfin> 
la parahsie dite essentielle delenfance (voy. ce mot) qui produit la paraplégie. 

(kîlte forme de paralysie est considérée connne une paralysie spinale, mais c'fst 
une erreur. La lésion de la moelle est consécutive à Tatrophie granulo-graisseiBe 
des muscles et à la parahsie, mais elle n'est pas primitive. 

J'ai aussi vu un enfant tomber lourdement sur le derrière et au bout deqaelque) 
jours être paraplégique, puis guérir, ce qui m'a semi)lé dépendre d'une liémonteie 
traumatique du canal racliidiiii, liémorrhagie qui aurait compriim* la fièvre dfli 
moelle et les nerfs de la queue de cheval. 

En dehoi*» des maladi(*s spinales qui ont un nom en pathologie, il y a donc iK 
simple paraplégie complète ou incomplète qui est spontanée ou rhumatismale, 
compagnée de fourmillements et de faiblesse des membres inférieurs sans î^ 
ni troubles des fondions. Une fois cependant j'ai vu une attaque d'é'HJfp*^ 
spinale, la seule qui se soit produite en dix-luiit mois, ou bien ramauro:^ et!i 
sindilé. 

(^hez les enfants, le diajj;nostic est sonvefit difficile, obscur, et il resterait ûoiAtSi 
sans le secours de la cérébroscopie. INÎais connne dans ces cas Tact ion svmpalhiq^ 
de la moelle sur l'œil se traduil par des phénonii'nes rétiao-papiliaîri's dœJrtO'' 
ou de paralysie vaso-motrice, l'examen ophlliahnoscopique permet de voir à^^ 
Tœil lés signes d'une lésion spinale. 

Ainsi que je l'ai établi (:2), on trouve alors une hyperhémie plus ou moins cos- 
sidérable de la papille, a>ec œdème partiel pou>ant aller jusqu'à masquer l(>^^ 
fait l'insertion du nerf optique. A une époque plus avancée, cela peut aller josq»^ 
une atrophie du nerf optique, la(pielle résulta» de l'hyperhémie prolongée du iKii 
Olle forme de myélite subaiguë, sans fièvre, dure très-longtemps. Elle i)eut gocfï- 
mais plus souvent elle est incurable. 

Des bahis sulfureux, des Iwins salés, des douches de vapeur sur le A*- 
des applications de teinture d'iode, de cautères ou de vésicatoires Télectn- 
salion par courants continus, l'usage d'une ou deux gouttes d*huile pb»- 
])horée, de 25 milligrannnes de nitrate d'argent, sont ce qu'il y a de mieitt J 
employer. 



il) Parrol, Gai. hehd., 1869, p. 005. 
i'I) E, 
Ga'*eUe 



ri) E. Boucliul, Du diagnostic des maladies de la moelle par VophthalmAm^^ n % i^ 
ieUe médicale, 1809. cl Atlas d'ophlMmoscoine. Paris, 187C. '^'^'cope. Pan*, l^^^ 



PARALYSIE AGITANTE. 277 

CHAPITRE XLIX 

PARALYSIE AGITANTE 

La paralysie agitante est très-rare chez les enfants et à ce titre robservalioii 
publiée par Iluchard est très- intéressante. 

La paralysie agitante est le résultat d'une sclérose de la moelle. 

Elle est caractérisée par le tremblement permanent des membres ou de la tête, 
tremblement qui n'est pas celui de la sclérose en plaques puisque là il n'existe 
que dans les mouvements intentionnels, lorsque le sujet veut mouvoir ses membres. 

Elle s'observe chez l'adulte et chez le vieillard, mais il y en a peu d'exemj)les 
dans le premier Age. — Les plus jeunes des cas observés sont celui de Ch. Fernet(I), 
relatif à un sujet de seize ans et celui du Journal de médecine pratique y 187:2, 
relatif à une fdle de quatorze ans. 

La maladie résulte soit d'une frayeur, soit d'un refroidissement prolongé, soit 
d'une action réflexe due à de l'irritation des nerfs périphériques telles que con- 
tusion, blessure, etc. (Saundei-s). 

Dans le cas que je rapporte la cause est inconnue. 

Observation. Paralysie agitante datant de Vâge de trois ans, — Au n*> 30 de la 
salle Sainte-Claire, à l'hôpital Beaujon, dans le même service, se trouve une jeune 
fille âgée de dix-huit ans. Elle est entrée à l'hôpital pour un tremblement dont elle 
est affectée depuis la première enfance, depuis l'âge de trois ans, et qui est survenu 
sans cause connue. Personne, dans sa famille, n'est atteint de tremblement. Elle-même 
n'a jamais été malade ; réglée pour la première fois à quinze ans, la fonction cata- 
méniale s'est toujours accomplie avec régularité et sans accident. Le tremblement 
est limité au bras gauche, qui est agité de secousses rapides, petites, régulières, 
portant la main dans un mouvement alternatif et incessant de droite à gauche et de 
gauche à droite. Lorsqu'on place sa main dans celle de la malade, on sent parfaite- 
ment une série d'oscillations successives et fréquentes. Ce tremblement existe à l'état 
de repos, anj^Muentant sous l'influence de la moindre émotion, et disparaissant complè- 
tement pendant le sommeil. Dans le décubitus dorsal, les membres inférieurs sont 
immobiles ; lors<pi'ils sont soulevés, ils présentent des deux côtés, mais surtout à gauche, 
des oscillations très-légères, à peine perceptibles. Le tremblement de la jambe gauche 
était beaucoup plus accusé, lorsque la malade est entrée à l'hôpital le 7 septem- 
bre 1871, et assure même que, sous son influence, elle ne marchait qu'en sautillant 
et avec une certaine difficulté. La main droite présente aussi un léger tremblement 
qui aurait été beaucoup plus accentué il y a quelques années. La tête, le cou sont 
immobiles et ne sont affectés en aucune façon d'un tremblement, même le plus léger ; 
il n'y a pas de nystagmus ; le regard est fixe, et les traits présentent parfaitement 
cette innuobilité, ce masque indifférent qui ont été notés par tous les auteurs. La 
langue tirée hors de la bouche est affectée d'une légère trémulation qui ne s'étend 
pas aux lèvres ; la parole n'offre aucun caractère particulier, les réponses sont seule- 
ment un peu lentes; les mouvements s'accomplissent même avec une certaine lenteur, 
de sorte qu'on peut «lire avec M. Charcot, qu'entre la pensée et l'acte il s'écoule un 
temps assez considérable. La malade ne peut écrire qu'avec une grande difficulté ; 
les lettres qu'elle trace sont irrégulières et tremblées. La main cependant, malgré 
Tancienueté de la maladie, n'a subi aucune des déformations qui ont été depuis si 
longtemps signalées. Lorsqu'on ordonne à la malade de marcher, elle paraît hésiter 
un instant, |)uis elle s'avance régulièrement, le corps très-légèrement porté en avant, 
mais elle n'a pas perdu la faculté de garder l'équilibre pendant la progression. 
Parfois elle éprouve des sensations douloureuses, névralgiformes, des crampes dans 
les membres et surtout dans le bras gauche; la sensibilité est intacte, et la ixv;v\^v^v>^ 

(l) Cil. Fernet, Des tremblements. Thèse d'agrégation, 187i. 



278 PATHOLOGIE SPÉCULE DE LA PREMIERE ENFANCE. 

assure n'avoir jamais éprouvé dans diverses parties du corps cette sensation de 
chaleur excessive sur laquelle on a appelé l'attention. 

La malade est peu intelligente, elle a peu de mémoire, elle est très-émotive; eBe 
pleure très-fréquemment, sans motif, et aurait quelquefois éprouvé la sensation dek 
boule hystérique. 



CHAPITRE L 

CONTUSION ET COMMOTION DU CERVEAU 

Sous rinfluencc d'une chute ou d'un coup sur la tête des eofantSy il peut y 
commotion ou contusion du ceneau. Alors, il y a des symptômes de coma, 4l 
somnolence, de subdélirium et de convulsions dont la nature est diflBdle k 
miner. Est-ce une commotion? Est-ce une contusion ou bien une fracture dtt 
avec épanchement? La cérébroscopie seule permet de le dire, et en 1875 M. 
a reproduit toutes mes affirmations se vantant d'avoir mieux vu que moi. Les 
dccins apprécieront. Quoi qu'il en soit, c'est en examinant l'œil à Topl 
qu'on peut arriver à un diagnostic exact. — Outre les faits que j 
1860, en voici d'autres qui sont aussi importants. 



I » liit 



î»-j 



Observation 1. — J'ai vu, avec l'un de nos plus célèbres chirurgiens, uneÉkat qv, 
souffrant de la tête depuis très-longtemps, un jour montait à cheval sur untièi fi^j " 
poney. L'animal allait au pas et sur de la terre non foulée. Cependant l'enfinit tMÉi 'i 
et sa tête porta sur le sol. Il se releva étourdi, mais ne put se tenir et r^Ofldbiil ^ 
frappant de la tête sur un mur voisin. Cette fois, il resta sans connaissance MilHt 
vingt minutes. Après être revenu à lui-même, il se mit à marcher, rentra chef hùelM 
parut pas très-malade. Il se plaignait toujours de la tête, conservait de la fii'Mff*— 
dans les membres inférieurs, voyait bien clair et travaillait à ses études dttiiîqMl. D 
mangeait avec appétit, digérait convenablement et ne semblait pas trèsHOudaie* 

Un médecin très-connu à Paris et deux professeurs de la Faculté le Tirent et 
sèrent qu'il n'y avait là qu'une névralgie de la tête, sans lésion organique. 

C'est alors que je fus appelé. Comme mes confrères, je le trouvai peu 
apparence. Mais, en examinant les yeux à l'ophthalmoscope, je trouvai dételles) 
du nerf optique et de la rétine que je n'hésitai pas à affirmer l'existence à*mtê 
die organique du cerveau. J'avais trouvé ce qu'on appelle la névrite étrttn0i$» 

En effet, le nerf optique avait entièrement disparu. Il était gonflé, rougeibre;^ eadié 
par une infdtration séro-sanguine générale qui s'étendait sur la rétine. Li pn^le 
avait entièrement disparu, et l'on ne découvrait sa place que par la radialîiMl éloilée 
des veines. L'artère était invisible ; en revanche, les veines étaient énonnéneilt dila* 
tées, tortueuses, et semblaient interrompues dans leurs parcours, ce qui rtadtait de 
leurs inflexions sinueuses dans l 'exsudât papillaire. 

Les douleurs aiguës du crâne continuaient, et, au bout de quelques jours, lafUM 
se troubla, les membres inférieurs s'affaiblirent de plus en plus. Au bout de dSB 
mois, l'enfant succombait entièrement aveugle et à peu près paralysé, ne pOVfSBt à 
peine plus parler, mais conservant son intelligence. 

Sous l'influence de la chute, il s'était fait une contusion du cerveau, suivie d 'e ae é" 
'phalite et d'épanchement avec compression lente graduelle de l'encéphale, d*oà b 
névro-rétinite révélatrice, et ensuite les accidents qui ont entraîné la mort. 



Observation II. — Un jeune garçon avait fait une chute sur la tète, on awi 

staté une fracture du rocher avec écoulement séreux sanguinolent immédiat de 
l'oreille et paralysie de la face, mon collègue de Saint-Germain me pria d'emmaer 
les yeux k l'ophthalmoscope. Je trouvai une névro-rétinite légère, caractérisée par 
l'inûltration séreuse de la papille voilant sa circonférence et une énorme dilafitww 
des veines. Ici la lésion de l'œil était en rapport avec la lésion osseuse du crâne et 
es phénomènes aigus d'encéphalite observés chez l'enfant. Ce malade a guéri 



CONTUSION ET COMMOTION DU CERVEAU, 279 

riiabilc direction de mon collègue, assisté de cet autre non moins habile et excellent 
confrère qu'on appelle Nature. 

OiiSKRVATiON 111. — Un jeune garçon de la rue de la Lingerie, jouant chez ses 
parents, se heurta violemment le front sur l'angle d'une table, et se fit une plaie du 
sourcil droit. Le lendemain, Tenfant fut pris de convulsions violentes avec perte de 
connaissance, coma très-profond et fièvre violente. 

Les yeux, examinés à rophthalmoscope, ne présentant aucune altération, je pensais 
qu'il n'y avait que commotion du cerveau et non pas de contusion ou de compression 
de lencéphale. Je pensais môme, en raison de la fièvre, que la convulsion ne dépen- 
dait pas de la chute sur la tête, mais pouvait résulter d'une complication inflamma- 
toire encore latente. L'événement m\i donné raison. C'éta