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Full text of "Étrennes de Polymnie; choix de chansons, romances, vaudevilles, &c., avec de la musique nouvelle et des timbres d'airs connus, sur lesquels la plupart des morceaux peuvent aussi être chantés"



^1i^ 



^i^.'-s^-'^sk.v•»'K"•*s^.^>'*•ç:r**.v' 







'. '*4- 



ÉTRENNES 

D E 

P O L Y M N I E ; 

CHOIX DE CHANSONS, 
ROMANCES, VAUDEVILLES, Ôcc. 



On recevra ces Etrennes des cinq années lySy , 1786 > 
1787 , 1788 et 17S9 , franches de port , en Province , 
en s'adressant au sieur Belin , Libraire , rue Saint- 
Jacques, près Saint-Yves , et en envoyant 2 livres pour 
chaque exemplaire. On doit aussi affranchir le port 
de l'argent et des lettres d'avis. 

Le prix de chaque exemplaire , pour Paris , est de 
! I livre 16 sols. 

La Collection de la Petite BilUetheque des Tfi/aires , 

à laquelle ces Etrennes font suite , -est actuellemcnï 

à la fin de sa cinquième année. Le prix de la souscrip- 

i tion est de J3 livres par année, pour Paris , et de 56 

\ livres pour la Province , les volumes envoyés , francs 

de port, par la poste. 

La Putiie Bibliothèque des Théâtres peut être regardée 
comme la Collection dramatiq ue la plus complettc qui ait 
jamais paru. F.Uc joint à cet avantage celui d'une belle 
exécution , d'être imprimée sur beau papier et d'un for- 
mat portatif. Cette petite Bibliothèque peut tenir lieu 
des Œuvres de tous les Auteurs Dramatiques , puis- 
qu'elle offre un choix des meilleures Pièces tragiques, co- 
miques, lyriques et bouffonnes, toutes précédées de» 
Jugemens et Anecdotes auxquels elles ont donné lieu, 
des Epîtres dédicatoires , Préfaces, Sujets sommaires de 
chaque Pièce, des Vies des Auteurs avec leurs Portraits 
gravés, et des Catalogues analytiques et anecdotiquesde 
toutes les Pièces, depuis l'origine Jcs Spectacles jusqu'à 
présent. 

les cinq années forment maintenant 68 volumes , 
dont le prix est de l6y livres , prises chez les Libraires, 
Belin et Brunet , seuls charges de la distiibution de 
l'Ouvrage. 



ÉTRENNES 

D E 

P O L Y M N I E; 

CHOIX DECHANSONS, 
ROMANCES , VAUDEVILLES , 5:c. , 

Jlvec de la musique nouvelle et des timbres 
d'airs connus , sur lesquels la plupart des 
morceaux peuvent aussi être chantés^ 

A PARIS, 

"RÉLiN> Libraire , rue Saint-Jacques, près Saint- 
Yves ; 
IBrunet , Libraire , rue de Marivaux , Dace du 
Chci ^ Théâtre Itàiiea î 

iDesenne, Libraire ,>v 
Gattey, Libraire, s. au Palais-Royal v 
■l'ETiT , Libraire , J 
Le Ou c , Marchand de Musique, rue du Roule. 
Et tous les Marchands de Musique et de Nouveautés. 



M. D C C. L X X X I X. i 

^vec Approbation et Privlltge du Rôu ij 

h 



LES QUATRE SAISONS. 

Le Piintems commencera cette année le 19 Mars> 

à 1} heures très-proche. 
L'Eté , !e 41 Juin, à 9 heures 5c min. 38 Cec. 
L'Automne, le 21 Septembre , à 13 heures 43 mî. 
L'Hivet,le ao Décembre, à 15 heures 51 m'au 

11 fec. 

LES QUATRE-TEMS. 

Lts 4 , 6 Se 7 Mars. 
Les 3 , j & 6 Juin. 
Les 16, 18 & 19 Septembre. 
Les 16, iS ëc 19 Décembre. 

PÊTES MOBILES. 

La Septuagéfimc , le 8 Février. 

Les Cendres , le iç Février. 

Pasques , le 12 Avril. 

Le5 Rogations , les 18 , 19 & zo Mai. 

L'Afcenfion , le 11 Mai. 

La Pentecôte , le 31 Mai. 

La Trinité , le 7 Juin. 

La Fête-Dieu , le 1 1 Juin. 

Le ler. Dimanche de TA vent , !e 19 Novembre. 

COMPUT ECCLÉSIASTIQUE. 

Nombre d'or , 4. 
Epadle , ? . 
Cycle Solaire , 6. 
Indiftion Romaine, 7, 
Lettre Domiaicâle ^ Dà 



ÉTRENNES 

D E 

P O L Y M N I E; 

CHOIX DE CHANSONS, 

ROMANCES , VAUDEVILLES , &c. 

Année 1789. 



LA SOIREE DHIVER, 

R O M A N C E. 
Paroks de M. * * * j musique de M. Champeîn , 
Ou air : // pleuc , il pleut , Bergère, Sec. 



Andante. 






î^^^EeËÉ 



Cet -TE tris -te soi-ré-e rem- 
A 



ETRENNES 



place un iris -te jour : el- le peut. 



jeune As- tré - e.s'em - bellir par l'A' 
r» — I — 



mour. es Non, répond ma maî-tres -se; 



:=,e^ 



tEÏ^S^gEÊS^ 



£ 



c'est un tems de langueurs. Plus d'amour, 
plus d'i-vres-seirby - ver est dans mon 

cœur, l'hy-ver est dans mon cœur, n 

Oui , je vois qu'il t'assiège > 
Dis-jç i d'un aii malin : 



D E P O L Y M N I E. 5 

Qu'elle est blanche la neige 

Dont il couvre ton sein ! 

Mais je suis sans alarmes 

Sur ton cœur et tes sens : 

Ils sont comme tes charmes , 

Encor dans leur printems. ( Sis. ) 

Elle ritj et ma bouche 

Lui ravit un baiser : 

La sienne moins farouche 

N'osa le refuser. 

Son cœur tendre et fidèle 

S'échauffa sous ma main ; 

Mais la neige rebelle 

Est toujours sur son sein. ( Bis, ) 



Aij 



ÊTRENNES 



ROMANCE 

POUR LA NAISSANCE DE MON 
ENFANT. 

Paroles de Madame des Orres , ci-devant Ma- 
demoiselle de Gaadin. 

Air : O mu tendre musette ! &c, 

iU''UNE chaîne si belle 
Resserre encor les nœuds. 
Déjà mon coeur t'appelle 
Et pour toi fait des vœux. 
Hâte-toi donc de naître , 
Aimable et cher enfant j 
Viens m'apprendre à connoître 
Le plus doux sentiment I 

Que ta ncuvelle aurore 
Soit comme un jour serein 
Quand au retour de Flore 
La rose ouvre son sein j 



DE POLYMNIE, 

Et que h jeune abeille , 
En voyant ta fraîcheur , 
Sur ta bouche vermeille 
Pense piquer la fleur. 

Si la faulx meurtrière 
Vient trop prompte , à son tour y 
Me ravir la lumière 
En te dohnant le iour.... 
Si ton père en soupire 
Et paroît s'en troubler , 
Que ton premier sourire 
Soit pour l'en consoler. 

Peut-être un sort prospère 
En conduisant tes pas , 
Un Jour verra ma mère 
Te presser dans ses bras. 
Dans ce moment d'ivresse , 
Dis que mes yeux , hélas 1 
Ont pleuré sa tendresse 
Bien plus que mon trépas [ 



A ilj , 



é ÊTRENNES 

■ - . ==» 

LES REGRETS, 

ROMANCE. 

Pâîolcs de M, le Prévôt d'Exmes ; musique de 
M. Bouvin. 

Svrrltoso. ^^_^ 

Ah! que je sens un déplaisir ex- 



tré - me , je vais donc quitter 



^i^^Si 



mon a - mant. Alo-mens pas- 






^mm^^ 



ses au - près de ce qu'on ii - ms , 



DE POLYMNIE. 



que vous cou • I( 

- H _! 1 K-f- 



que vous cou • Icz ra - pi-de - ment 1 
_ J^ _ 



que vous cou - lez ra - pi-dc-mentl 

Depuis qu'Amour me tient sous sa puissance , 
Ce séjour me paroît charmant ! 

Beaux jours passés dans cette jouissance , 
Que vous coulez rapidement î ( Bis> ) 

Cruel devoir , c'est toi qui me sépares 
De l'objet que j'aime ardemment ; 

Amour ! Amour ! que tes douceurs sont rsres , 
Qu'elles passent rapidement î ( Bis, ) 



« ETRENNES 

LE SÉJOUR DE PARIS, 

CHANSON. 

Paroles de M. Dumaniant. 

Air : Je. suis né natif de Ferrare , &c. 

J'avOis vingt ans, de la figure. 

Beaucoup d'or et de la tournure , 

J'entendois dire en mon Pays : 

« Bravo le séjour de Paris l » ( Bis. ) 

Elégant , vêtu comme un Prince , 

Je quitte aussi-tôt ma Province , 

Fêté par-tout , alors je dis : 

« Bravo le séjour de Paris ! » ( Bis. ) 

Une femme du haut parage 

Et qui comptoir deux fois mon âge , 

Sut me former par ses avis , 

Bravo le séjour de Paris ! ( Bis. ) 

Une Danseuse séduisante 

Eut bientôt ma nouvelle amante , 



D E r O L Y M N I E. f 

C'étoicnt tous les jours jeux et ris ; 
Bravo le séjour de Paris ! ( Bis. ) 

Ma table toujours bien couverte , 
A tous venans étoit ouverte , 
Aussi j'avois nombre d'amis : 
Bravo le séjour de Paris 1 ( Sis. ) 

A ce jeu j'épuise ma bourse. 
L'usurier devient ma ressource ; 
Bientôt mes biens lui sont acquis : 
Bravo le séjour de Paris ! ( Bis. ) 

Ma Danseuse , que ma finance 

Ne pouvoit plus remettre en danse , 

Me met dehors de mon logis : 

Bravo le séjour de Paris! {Bis.') 

Nul de mes amis ne me reste i 

Chacun me fuit comme la peste , 

En m'honorant de son mépris : 

Bravo le séjour de Paris ! ( Bis. ) 

Honteux de ma déconvenue , 

Je philosophe dans la rue j 

Hélas ! ce n'est plus moi qui dis : 

« Bravo le séjour de Paris ! » ( Bis,) 



la ÊTRENNES 

Paris est pis qu'un lieu sauvage 
Pour le jeune homme sans usage j 
Mais pour les Grands et nos Laïs , 
Bravo le séjour de Paris ! ( Sis. ) 

L'AMANT 

SATISFAIT PAR L'ESPERANCE, 

Chanson. 

Paroles de M. Desgrouas , fils. 

Air : Je le tiens ce nid di fauvette , &c. 

3 'AI retrouvé celle que j'aime ; 

Je n'ai plus rien à désirer. 

Tout me prouve qu'elle est la même ; 

Ses yeux semblent me l'assurer. 

Long-tems de son indifférence 

J'ai cru ressentir les effets j 

Mais a. présent de son silence 

Je goûte les charmes secrets î 

Ingénue encore et timide , 
Daus l'âge cependant d'aimer , 



DE POLYMNIE. 

Certain je ne sais quoi la guide 
Et l'empêche de s'exprimer. 
Je sens qu'elle voudtoit et n'ose 
De son penchant suivre le cours , 
Et sur sa bouche à demi closs 
Je vois voltiger les Amours. 

S'il est ainsi , divine Aminte , 
Que tu fasses cas de mes feux , 
Bannis à jamais la contrainte , 
Souffre mon encens et mes vœux. 
Reçois , sans crainte , mon hommage ; 
Laisse agit librement ton cœur. 
Qu'Amour achevé son ouvrage. 
Et cimente notre bonheur ! 



lî ÉTRENNES 

LES REGRETS D'UNE JEUNE VEUVE , 

Romance. 

faroles de Madame de * * * ; musique de 
M. Eonvin , 

Ou aix : Jusques dans la moindre chose , 8cc. 
Adagio Majore. 

Sous les voi-les lesplus som-bres. 



3= 



ca - chez vous, mes tris-tes yeux! 



ÊÏEÈ£fe5i!gii 



EEE5 



De la nuit cherchez les om - bres 

évitez 



:fe-r: 



DE P O L Y M N I E. 



ij 



Cli=a« 



y«« ««J 1 n(n,| s=:_ 1 il 

é - vi - tez l'é - clat des Cieux. 



fc£re=EP=pr= 



îiltî^t 



ïÊËÊfefe 



La profondeur des té-nê -brespbitaux 



malheureux a - mans et les at-tri- 



g^=^- 



buîs l'u - ne-bres flat-tent leurs re- 
Mrnore. J)olc •- 



W^^t^M 



gardsmou - rans. C'est pour eux que 

^^ -1 1 j-^^j 1 >■** I iM i»! - - 



la na -i tu - le trou - ble Tor-dre 



«4 



ETRENNES 



^Krrc^^^^.i—^- ft ' . ig-p^:::^-zf 



ï^tzîiq: 



a^tzt: 



des sai - sons, i'oiseau de funeste au- 



ze: 



,— j Q — p i' ■ ■^■■■i A — I 

— ' . ' ^^ F 






m-renour eux cio-as - se des 



sons, i'ilest un désert sau-va - sre 



'^^ ^m& ^^ 



au dé - ses- poircon - ia-cré, s'il est 



un fa-tal ri - va - gCj^jar eux il est 
^li Majore. — - 



Ig^^^gfEgggSg 



de- si - ré, Ain»si ma dou-leurmor- 



r>E POLYMNIE. 



ï5 



iEiÊgigii^Ê333^1 



tel - le n'offre a mes sens é-per- 



^fe 



.b — ■ — T~:zzr±:r:ri;r^rzza=T:Cgix;r:rr: 



dus qu'âne terre cù jechan-cel -le, 
où rien ne m'ar - rê - te plus. 



Comra^ u - nelam-pe ta - ri - e,d'oùs'ex- 
hâ-lent quelques feux; de ma languis- 



E — .; 1. — -J^»'^ — i— p 1> »— h'^ • — «— 

1 J— — -^ 1** — ' 1 — 



san-te vi - e je traî - ne le 
Bij 



i6 étrennEs 

'^ I/fîne. 



poids af - freux! 



COUPLETS 

ADRESSÉS A MA VOIX. 

Paroles de M. de Miramond. 
Air : O ma tendre musette ! &c. 

Jl U sais de mon amante 
Troubler le tendre cœur.... 
Que son aveu m'enchante ! 
O ma voix , quel bonheur ! 
Ma voix , que tu m'es chère ! 
Non , des Dieux la faveur 
Ne pouvoit pas me faire 
Un présent plus flatteur î 

Lotsqu'en vain de se rendre 
Je la presse , à genous , 



DE POLYMNIE. 17 

Ose-lui faire entendre 
Tes accens les plus doux J 
Par l'Amour embellie , 
Sers si bien mes transports , 
Que Zélis en oublie 
Sa crainte et ses remords '. 

Réveille sa tendresse , 
Chante ces jours heureux 
Où ma belle maîtresse 
Tut moins sourde à mes vœux. 
Ces jours..,. Dieux ! quelle ivresse ! 
Après tant de faveurs , 
Devrcis-je donc , sans cesse , 
tprouver des rigueurs? 

Toi 5 dont un Dieu propice 
Me soumit les attraits , 
Héhs 1 par quel caprice 
Ilepousses-tu ses traits ? 
Va , lorsque trop rebelle 
Tu braves mes soupirs, 
A toi-même cruelle , 
Tu perds mille plaisirs! 

B ii) 



li ETRENNES 

D'un nœud , que je déteste , 
Tu sais , si je t'en croi > 
Subir la loi funeste , 
Sans cesser d'être à moi. 
Sur l'objet de ta flamme 
Aimant à te tromper , 
Mon nom cher à ton ame 
Est prêt à t'échapper. 

L'erreur où tu te plonges 
Suffit-elle à mon cœur ? 
Réalisons tes songes j 
Viens goûter le bonheur : 
Viens.... A d'autres hommages 
Si tu dois te livrer , 
Ce sont autant d'outrages 
Qu'Amour veut réparer. 



DE POLYMNIE. 



»5 



L ' A M O U R 

VU TEL QU'IL EST ET COMME IL VA , 

Chanson. 

Paroles de M. de La Viéville , musique de 
M. Le Brun , de l'Acadcinie Royale de 
Musique , 

Ou air : Du serin qui te fait envie , 8cc. 

Andantlno splrltoso. 

:E:ç:2rgziî^d^rf:iz:jti^rij'?^r 



L'Amour est u-r.e tiouce i - vresse 

i— 1 Ls<W ■ ■ '— 



qui nous fait voir ce qui n'est pas; en cet é- 

1 ^0)> — a^l VJ/ ^- K— 



tat notre maktes-se a les plus sédui- 



lo ÉTRENNES 



4i ^_L| — ■i^3_^l:Z K— K-L 

sans ap-pas. Bien - tôt la rai-son triom- 

pliante reprend son pouvoir merviil-leux, 

et no -tre maîtresse prcsen-te nous la cher- 



.^ ««a». -^:^ \-— Hii.___ — 



chons a - lors des yeux. 



Ce n'est plus la Beauté parfaite 
Dont nous étions si fort épris ; 
C'est une simple Berg:rette 
Dont nous exagérions le prix. 
Un Dieu nous la peigncit charmante 
Dans une espèce de sommeil ; 
Mais la raison long-tems absente , 
Eriiîn a sonné le réveil. 



"DE POLYMNIE. »i 

Amans, qui protestez sans cesse 
De brûler de la même ardeur , 
Vous abusez votre maîtresse : 
Ne l'induisez point en erreur. 
L'amour dure une matinée. 
Plaignons le pauvre cœur humain î 
Il peut aimer une journée ; 
N'y comptons pas le lendemain ! 



LES JEANS DE TOUTE ESPECE , 

CHANSON 

Adressée a M. B* * * j pour le jour de sa 
fête. 

Paroles de M. Boutillier. 

Air : Un jour Gulllot it GuilUmette , &c. 

^'aimable Jean qu'ici je chante 
Mérite bien d'être fcté i 
il n'est pas besoin qu'on Iç vante , 
Ni de flatter sa vanité. 



*» ETRENNES 

Loin de nos cœurs toute imposture , 
Langage faux , style apprêté j 
Par la vérité simple et pure 
L'éloge doit être dicté. 

Oui , Jean , c'est ainsi qu'on l'appelle , 
N'est pas ce que bien d'autres sont , 
Jean Farine , Jean de Nivelle , 
Un Jean tout court , ou Jean le rond , 
Jean qui ne peut , Jean qu'on assomme , 
Un Jean , enfin.... comme on voudra. 
Notre Jean est un galant homme , 
Et chacun de même dira. 

Pour lui ce seroit une offense 

Que de faire comparaison j 

11 n'a nul trait de ressemblance 

Avec Jeans de cette façon. 

Fêté , connu de chaque Belle , 

Savant dans l'art de courtiser. 

Ah ! Jean n'attend pas qu'on l'appelle 

Pour leur ravir un doux baiser ! 

A le voir , sans peine , on devine 
Que Jean logne n'est point son nom j 



DE P O L Y M N I E. ij 

Car Jean Beau-Sire avoir sa mine , 
Plutôr que Jean sec , Jean rison. 
Il esr de meilleure origine 
Que Jean des vignes , Jean des prés : 
Quand on sait plaire , j'imagine 
Qu'il ne faut point d'ayeux titres. 

Jean-Baptiste , ou bien Jean l'Apôtre 
A lui se rapporteroient mieux : 
Il les imite l'un et l'autre.... 
Mais n'allons point chercher aux Cieux. 
Pour qu'on puisse le reconnoîtrc , 
S'il faut que Jean soit surnommé , 
Comme le feu Roi , notre maître , 
Nommons-le Jean k bien-aiώl 



«4 



ÉTRENNES 



LE MOUTON ET LE BAISER, 

RONDE. 

Paroles de M. Mayeiir de Saint-Paul ; musique 
de M. Rouen , de l'Académie Royale de 
Musique. 



Gaiement. 






!.4=f^?s= 



53Ê3â^Ê@^P 



La pe - ti - te Jean-net-te,aux 



s=2rr-r=c=ize: 



i^: 



:?E^E 









yeux vifs et fri-pons, ai - loit aux 



— 5— 

chimps 



DE POLYMNIE. ij 

champs seu-let-re , garder ses blancs mou- 



fiËSEi=^i^fÊgÊEÊE?3S 




ma : peut-on le blâmer de ça ? Co- 




^6 ÉTRENNES 

! î*- 1 ^1 'a0*'\ ■■•« 1 y ' 

lin la vit et l'ai - ma , peut-on 






;^p: 



Îlz^^rr3z^3=53|i=^^ 



le blâmer de ça ? 






Chaque jour , en cachette , 
Notre amoureux fripon 
Suivoit la Brrjerette , 
Enilant comme un tison. 
Quand un amant est comm 
Peut-on le blâmer de ça 



im* ca, ") 



Colin tient à Jeannette 
Mille amoureux propos i 



DETOLYMNIE. >7 

Mais , zeste î la fillette 
Vous l'y tourne le dos. 
Recevoir Colin comm' ça , ? 

Peut-on la louer de ça ? 5 * 



Pour s'venger d'ia traîtresse , 
Colin , en fin larron , 
Lui prend , avec adresse , 
Un jeune et gras mouton. 
Quand le cœur dit : «Prends-lui^ 

/ 



Sis. 



Peut-on nous blâmer de ça 5 

Jeannette se lamente : 
Colin , sans l'abuser , 
Rend à notre innocente 
L'moUton pour un baiser. 
Jeannett' qui n'se fâch' pas d'ça ,T 
Dit : « Vor-moi toujours comm* y Bh, 
ça ! >j J 



c i; 



*8 ETRENNES 

■. ' 'g 

PREMIERS V(EUX D'ÉGLÉ , A SON 
REVEIL. 

Chanson. 

Paroles de Madame de Montenclos. 
Air : O ma tendre musette ! &c. 

Aurore renaissante. 
Ainsi que mes désirs , 
Viens , Déité charmante , 
Eclairer mes plaisirs. 
Jour pur sois le présage 
Des feux de mon amant , 
Et que son tendre hommage 
Ne soit qu'un sentiment. 

Bois épais , vert feuillage > 
Temple du Dieu des cœurs , 
Redoublez votre ombrage , 
Redoublez vos faveurs j 
Cachez un doux mystère 
Aux mortels curieux : 



DE r O L Y M N I E. ^» 

Vous seuls savez vous taire 
Sur les amans heureux î 

Le ruisseau qui murmure 
Peint mon trouble naissant. 
Si l'Amour me rassure , 
C'est en me séduisant. 
Il cache ma foiblesse 
Sous un voile flatteur , 
Et m'ofFre la tendresse 
Sous les traits du bonheur'. 



COUPLETS 

Faits l'our une Dame a laquelle on donnait 
le nom de Sapho. 

Paroles de Madame Mérard de Saint-Just. 

Air : Des simples jeux de son enfance , Scct 

wN dit qu'à Sapho je ressemble ; 
On le répète chaque jour : 
De commun nous n'ayons ensemble 
C ii/ 



30 



ÉTRËNNES 
Que les malheurs de notre amour. 
De la décence rigoureuse 
Elle brava les saintes loix ; 
Phaon la rendit malheureuse : 
Je suis plus à plaindre cent fois ! 

Elle apprit à pincer la lyre , 
Parla la langue des neuf sœurs , 
Chanta l'amour et son délire ; 
Je n'ai son esprit, ni ses mœurs. 
Nous aimâmes un infidèle j 
Leucade vit Sapho m.ourir : 
Moi , cent fois plus à plaindre qu'elle > 
Je vis i mais je vis pour souffuc. 



DE POLYMNIE. 31 



PETITE PASTOURELLE. 

Paroles de M. * * * ^ musique de M. Bonvin. 

Ou ait : O ma tendre musette ! Sec. 
/Allegretto. Majore. 



g^p^^^ ^ 



fi'- 
Plaintive tourte - rel - le, que j'aime 

atfc 



^^^^^^ 



tes ac - cens I que tu me semble bel - le ! 



l^^^s^^ 



quêtes feux sontcons-tans 1 Oui,ce n'est 



ëî^S^^^^^i^ÊS 



qu'au vil - la - ge que l'oa sait t';r 



t^lir:: 



>^^a^"i~^^ *"~^~^~*' ^M^'' ~~^^ ^ ''- 



/ur. 

ter : ailleurs en est vo- la - ge; 



52 ETRENNES 

Mir.cre. Dolce. 



on .iaitp^.'-i - mer. Doux momens 



t-^^^^p-h»' 



. — ; — \—-s-\ — ia-f- 



EES^EP^ 






Ce Oia VI - c, que vous avez n'ap- 






pas! ismsneen laprai-ri - e leseirglïi- 
de mes pas. Son œil, sans y pré» 



ten - dre , fait raître les de - sirs ; 



feï|=^f=p^^!?=Ff±î£ter 



^^ï:pziW=|tzfc±i=-a 



^feg 



€t sa voixjfoible et ten - dre , annon-ce 



DE P O L Y M N I È. 






ijîpîf^ E^*^- ; 



les sou-pirs. 

Majeur, 

Auprès de ma Bergcre , 
Nymphes formez des chœurs. 
Vous , Grâces de Cytherc , 
Couronnez-la de fleurs. 
Sous son aimable empire , 
Volez, jeunes Amours j 
La gaîté qu'elle inspire 
Fait naître les beaux jours. 

Mineur. 

En foulant la verdure 
Nous respirons le frais ,• 
De la simple nature , 
Nous goûtons les bienfaits. 
Si je te lasse , Ismene , 
Par mille jeux nouveaux , 
Les gazons de la plaine 
Sor.t nos lits de repos. 

Majeur, 
Dans ces lieux délectabiss 
Venez , sensibles coeurs i 



J4 ÉTRENNES 

Vos Belles intraitables 
N'auront plus de rigueurs. 
L'Amour , en cet asylc , 
Sur tout reprend ses droits ; 
Et bien mieux qu'à la ville 
Il y donne des loix. 



COUPLETS 

Adressés a Madame la F résidente de Fleu- 
ri eu j le jour de Sainte-Martke , sa Pa~ 
trône. 

Paroles du Berger Sylvain. 
Air ; ^u pied d'un saule assise tous les jours , Sec. 

J E voulois peindre « avec quelque succès , 
Du tendre amour les douceurs , ramettumc. 
En vains efforts mon esprit se consume , 
Et je m'écrie , en un subit excès : 
« Tendre Héloise , ah l prête • moi ta 
»» plume I » 



DE P O L Y M N I E. jj 

Lors d'Héloïse offerte à mes regards 
L'ombre touchante et pleine d'amertume 
Daigna me dire : « En vain tu te consume ; 
« Après Rousseau , tu t'y prends un peu tard. 
» Tout est chez Marthe et mon cœur et ma 
» plume. 5> 

L'OISEAU ENVOLÉ, 
CHANSON. 

Paroles de M. le Chevalier de Cubieres. 
Air : Où s'en vont ces gais Bergers , 8cc. 

JIngRAT oisesu , qu'as-tu fait. 

Et quel est t n délire ? 
As-tu pu fuir , sans regret , 

L'adorable Thémire , 
Et si-tôî oublier le bienfait 

Que va chanter ma Jyre î 



Ces jours passés tu sortis , 
En secret , de ta cage ; 



j< ÊTRENNES 

Un vieux Rominagrobis 
Te guettoit au passage. 
Thémire l'apperçoit , et ses cris 
Te sauvent de sa rage. 

Tu fuis , et , depuis ce Jour , 

La prairie odorante 
Te voit voler , tour-à-tour , 
Du lis à l'amaranthe j 
Et seule , dans son triste séjour , 
Thémire se lamente ! 

Tu la quittes, et, pourtant. 
Tu serois mort sans elle.... 
Ah î que ne lui dois-je autant ?..,. 
Mais , hélas ! la cruelle 
Me voit près de mon dernier instant ; 
Et je lui suis fidèle ! 



MOURIR 



DE P O L Y M N I E. 



il 



MOURIR A LA MODE D'IRLANDE , 
Chanson, 
!i mitée de l'anglois. 

Paroles de M. de Saint-Péravi j musique de 
M. Chardiny , de l'Académie Royale de Mu- 
sique. 



Cll.MENE é-tai:cenc fois plus bel- 
le que le bouton Je rieiu- qm s'ouvre au point 



:ffc 



M — ! 1 ^1 — ^0» «^ — I— 



du joui. Au> /.i;..\ ue ses z— 



^ 



:«— ^zizpE^^Q^r 



■^•m: — «— ""J ta 



mans , Cli-mcne e - cuit re - bel-^ 



i» ÉTRENNES 



Je. Chacun d:-soit: « Je meurs d'à- 



moitr 1 M'ecouter, ce n'est pas u-ne faveur si 



^^^S 



gran-de! » Elle ré-fondoitpar ces chants : 



Beau Monsieuc ! vous mourez à lame- 



de d'ir - lau-de , pour revivre un peu 



plus long - tems ; beau Monsieur, vous mourez à 
la mode d'ir - lau-dcj poui tivivie un peu 



DE P O L Y M N I E. 3/ 



plus ]oiig- tems ! » 

L'Amour , sensible à cette injure , 
Résolut de punir ces railleuses rigueurs. 
D'un Militaire il prit l'habit et la figure , 

Et dit : « Belle , d'amour je meurs ! 
-; De mes ardens soupirs daigne accepter l'of- 
frande. ■)■> 

Elle répondit par ces chants : 
»< Beau Monsieur, vous mourez à la mode d'Ir- 
lande , 

j> Pour rcvivr e un peu plus long-tems I » 

Des Guerriers suivant la manière , 
le Dieu pressa Clim ène , et fut entreprenant. 
Climène soupira. Quelle Beauté sévère 

Peut repousser un tel amant ? 
Il lui donne un baiser , sans qu'elle s'en défende. 

Elle ouvre ses bras caressans , 
Et dit : « Je meurs, moi-même , à la mode d'Ir- 
lande , 

» Pour revivre un peu plus long-tems 1 ss 

Dij 



48 ETRENNES 

f " -i ' ' ■ ■— -^ 

PORTRAIT 

D'UNE JOLIE FEMME, 
Chanson. 

Paroles de M. Gabiot de Salins. 

Air : Dans un verger Colinette , 6cc. 

Jl'iGUREZ-voUS une rose 
Qui ne fait que s'cntr'ouvrir , 
Et qu'un beau jour trouve éclose 
Sous les baisers du Zéphyr. 
Ami , c'est la fraîcheur même ; 
Rien n'est plus beau que cela : 
Eh 1 bien , la Beauté que j'aime 
Est plus fraîche encor que ça 1 

Vous voyez la violette 

Qui nous peint les moeurs des champs , 

Embaumer l'air et l'herbettc 

Pes parfums Icaplus touchansî 



DE P O L Y M N I E. 41 

Ami , c'est la douceur même , 
Rien ne plaît comme cela : 
I h ! bien , la Beauté que j'aime 
Est plus douce encor que ça 1 

Vous voyez la tourterelle 
Dans les bois , dans le hameau , 
D'un amour tendre et fidèle 
Brûler pour son tourtereau î 
Cet oiseau , c'est l'Amour même j 
Plus d'amour comme cela : 
Eh ! bien , la Beauté que j'aime 
Est plus tendre encor que ça i 



D 



"> 



4i ÉTRÈNNES 

> . - • ■ 'a 

LA RÉSIGNATION, 

ROMANCE. 

Paroles de M. de CoUeville ; musique de 
M. le Baron de Eernstorft , 

Ou air : Pourrie^-vous bien douter encore > Scc," 

Andante un poco sostcnuto. 



i^lEJ^g-:^^ 






Plus ne rc-grei-te ton ser - va-ge , 



tl-. 



îiïiPS&^ii 






Dieu d'a-mour ,ni tes doux pJai- sirsjplus 



ne regtecte u - ne vo • la - ge , cjui seule 



DE POLYMNIE. 4î 



chaînoicmcs de - sirs. J'ha - bite 



u-ne mai-son rus - ti - qucqi't'v.ouitnc 
des bines de ga - zen; de et s rameaux un 



chcne an - ti-quela dé-fend con-tie 






l'a - qui- lùn. 

A des jasmins entrelacée , 

Une vigne serpente autour. 

Cette devise y fut placée : 

K Pour l'Amitié, non pour l'Amour.» 

Quoiqu'au milieu d'un verd bocage , 

Quoiqu'auprès de jeunes ormeaux , 



44 ETRENNES 

Sur leurs troncs , comme il est d'usage , 
Je ne vais point graver mes maux. 

A l'écho je ne fais point dire 
Ce que je souffris autrefois j 
Modeste et joyeux , sans délire , 
De mon destin je suis les loix. 
En voyant couler dans la plaine 
Ce ruisseau qui fait cent détours , 
Je me dis : « Il cède sans peine 
» Aux rochers qui troublent son cours. » 

En vain une souche épineuse 
Divise et retarde ses flots , 
Malgré sa rive tortueuse , 
A leur terme il conduit ses eaux. 
Ainsi que lui , malgré l'orage 
Et les coups redoubles du sort. 
Je dois un jour du noir rivage 
Atteindre le funeste bord I 



DEPOLYMNIE. 4î 

L'AMANT JALOUX, 
ROMANCE. 

Paroles de M. Le Méteyer , Secrétaire du Roi. 
Air : O ma tendre musette ! ôcc. 

ÏViON cœur pour toi, Thémirc j 

Brûlant de mille feux , 

A croître son martyre 

Semble être ingénieux. 

Pares-tu ton corsage 

D'un ruban , d'une fleur ? 

Je souffre davantage 

En voyant leur bonheur. 

Dans la verte prairie 
Si tu portes tes pas , 
A riierbeite fleurie 
Je trouve plus d'appas, 
poule par ma Eergerc 
Le gazon s'embellit.... 
Que ne suis-je fougère? 
Je t'offrirois un Ut ! 



4<f 



Ê T R E N N E 

Mais ce qui , ma Thémire, 
Afflige plus mon cœur , 
C'est le léger Zéphyrc 
Dont tu flattes l'ardeur. 
Sur ton sein , sur ta bouche 
Il erre librement.... 
Thémire n'est farouche 
Qu'auprès de son amant ! 



C O U I> L E T 

Adressé a Madime de* * '^ , le jour de sa 
fête. 

Paroles de M. de Miramcnd. 

Air : Comment goûter quelque repos ? Z-:c, 

V^OMMENT te peindre mon ardeur J 
A Lise quand on rend hommage , 
C'est par-tout le même langage : 
Chacun veut lui donner son cœur. 
De faire moins , étant si tendre , 
Vraiment je me garderois bien ; 
Mais pour t'offrir aussi le mien , 
Lise , iffaudroh te le reprendre. ( Bis. ) 



DE P O L Y M N I E. 47 



LE NOUVEAU NÉ, 

Romance, 

SUR LA NAISSANCE D'UN FILS DE 
MADAME T * * *. 

Paroles et Musique de M. Vacherot , 

Ou air : Des simples jeux de son enfinc: , 5cc. 



î=4: 



-^^^^^m 






Au bel entant i^ui vient de naî - tre , 



amis, quel nom don-ne - rons-nousî 
Le nom char - manc que porte un 



i 



:c: 
ruaî-ue que nous ai-mons et servons 



4? ÉTRENNES 



SMi.— 1— ^^ J——> 1 ., g' ■» I — 



tous. L'o-Iym-pe n'est qu'une chi- 



m^re : Ve - nust^ic i-cî son s^- 



iSP-^l^^i 



jour; ec Ior:.^ue Vjniis devieat niere , 



i^Sl^i^ 



scn .'il; doit s'appeler l'A - mour. 



s'jppe 1er l'A - luour. 



L'AGE 



DE P O L Y M N I E. 4 

L'AGE D'OR, 
ROMANCE. 

Paroles de M. Pujoulx. 
Air : 3e l'ai planté , je l'ai vu naître , Sec. 

kJ tems heureux , tems d'innocence. 
Age d*or, où nos bons ayeux 
Goûtoient en paix , sans défiance , 
Des plaisirs purs , dignes des Dieux ! 

O jours charmans , où la Bergère 
Se livroit à ses tendres feux , 
Où j sans remords , sur la fougère , 
On osoit être deux à deux. 

Alors les grands mots , les promesses 
Etoient inconnus aux amans : 
Un soupir peignoit leurs tendresses j 
Un regard valoir nos setmens. 

Pour loix , ils suivoient la nature : 
Son instinct seul les inspLroit ; 
Et leur ame étoit aussi pure 
Que le jour qui les édairoit. 
E 



Î8 ÊTRE N NES 

Sous le chaume ils vivoient tranquilles , 
Sans soins , sans l'ardeur de courir i 
Et toujours les mêmes asyles 
Les voyoient et naître et mourir. 

Ce métal qui fait notre envie 
N'étoit point connu des Bergers j 
Quelques fruits, un peu d'ambroisie j 
Voilà les trésors des vergers. 

Leur sagesse étoit douce , affable : 
Hélas ! ils savoient être heureux ; 
Et le chef de ce peuple aimable 
Fut toujours le plus vertueux. 

Leur vieillesse n'étoit suivie 
D'aucuns soucis , d'aucuns tourmens j 
Ils quittoient doucement la vie , 
Environnés de leurs enfaus. 



ENVOI A J 



Voilà la naïve peinture 
Des mœurs douces de l'âge d'or. 
Dans ton ame sensible et pure 
Je crois les retrouver encor. 



DEPOLYMNIE. fi 

LES ADIEUX, 

ROMANCE. 

Paroles de M. de La Mothe. 

Air : Bon soir , ma jeune et belle amie , &c. 

xADlEU , ma belle et douce amie.... 
Cruel moment!.... séparons-nous.... ( 2>:'i.) 
Adieu , délices de ma vie : 
L'amant doit céder à l'époux 1 ( Bis. ) 

Puisse l'image de tes charmes , 

Chaque nuit , s'offrir à mon cœur ! ( Bis. ) 

Les yeux baignés d'heureuses larmes , 

Je sortirai de mon erreur! {^Bis.'j 

Je me dirai : « Trop heureux songe , 
Viens souvent charmer ma douleur , ( Eis. ) 
Me consoler , par un mensonge , 
D'avoir perdu le vrai bonheur I » {Bis. ) 

Jurons par le nœud qui nous lie , 
Par ce Dieu qui sut nous charmer , [Bis. ) 
Que nous perdrons plutôt la vie , 
Que de cesser de nous aimer ! ( Bis. } 

E ï) 



ÉTRENNES 



L'A M A N T E TRAHIE, 
R O M A N C E. 

Paiùks de M. G * * * T * * * j musique de 
M. Billiard. 

Andante. 



-JLII- 






Daks inon neureu - se so - Ji- 



iferrin— — — I 



tu - de , a - van: de coa - noî- 



j^tz^zz^izzrbr^;rtc± 



tie l'a 



luour, ;e nerespi-rois 



:t?z:rp=?z£z^rf=— csz; 






cha - que jour que pour les plaisirs 



DE P O L Y M N I E. 



JJ 



Tctr: 



ir~g: 



de l'é 



I — f r — t" •^afa ^natow — j — t^—ZH— HDi^tZ- 
tu - de , que pour les 






Ea=E= 



plai-sirs de l'é - tu - de. 
Majeur. 



Ma harpe, pardcssons Hac - teurs , m'of- 

t P 3— I |^ «»g| «a,' [ — I cm! h— t-** 



fioic de li - an - tes 



mon crayon . des - si - noit les 

Eturi <jue je voy - ois dans nos bc- 
E iij 



54 E T R E N N E S 

^=ai5»ri5:^z=:5=j==zzEz?rfc:pc:i: 
y f^-t-f-, Fi ^ — î^ ^~f-^gr~ '^~b;— — ty: ^ 

ca - ges, i]ue je voy - os dans nos bo- 



::Sc2: 



S^^Ezr flp ^o-"^- 



C3 - ges. 



Exempte de soins et d'alarmes. 

Rien n'eût cg-Ic mon bonhenr , 

Si l'Amoui n'avoit à mon cœur 

Fait sentir ses cruelles armes ! ( Bis, ) 

En vain je voulus résister , 

Le combattre , ihs sa naissance : 

Plus j'essayois de l'écarter , 

Plus je ressentois sa puissance 1 ( Bis. ) 

Sous une forme séduisante , 

De Gerseuil empruntant les traits , 

Ce Dieu m'assura , pour jamais , 

De la flamme la plus constante. ( Bis. ) 

Simple , je crus à ses sermens , 

Et me livrai , sans déaance , 



DE P O L Y M N I E. 5Î 

A ces tendres épanchemens 
Que méconnoît l'indifférence. ( Bis. ) 

Eientôt , hélas ! de mes caresses 

Le cruel me fit repentir , 

Et dévoila , sans en rougir , 

La fausseté de ses. promesses'. (Bis. ) 

Jusqu'aux pleurs j'eus beau m' abaisser , 

N'ayant que mon amour pour crime , 

Le parjure osa me laisser 

De mon erreur triste victime ! ( Bis. ) 

Depuis ce tems , dans ma retraite , 

Je languis, sans aucun repos , 

Et ne vois , pour comble de maux , 

Que l'miage de ma défaite 1 ( Bis. ) 

Je cherche en vam à la bannir , 

A l'effacer de ma présence : 

Je n'en perdrai le souvenir 

Qu'en terminant mon existence ! ( Bis, ) 



5-: ÉTRENNES 

COUPLETS 

Chantes a la fête de Madame Billet. 

Paroles de Madame Dufiénoy , sa fille. 
Air : Qjic ne. suis - je la fougère , Ôcc. 

^^UE dans son joyeux délire 
Un buveur chante Bacckus , 
Et qu'un amant , sur sa lyre , 
Adresse un hymne à Vénus j 
Que dans son ardeur sincère 
Il embellisse ses chants , 
Le nom chéri de ma mcic 
Rendra les miens plus touchans. 

Tibulle de sa Délie 
Chanta les douces faveurs ; 
Pétrarque, toute sa vie. 
Chanta Laurc et ses rigueurs. 
De l'objet qui sait lui plaire , 
Chacun s'occupe toujours j 
Moi , c'est à chanter ma merc 
Que je consacre mes jours. 



D E P O L Y M M I E. 57 

Ce peintre de la nature , 
Dont chacun chérit le nom , 
Nous enflamme à la lecture 
Des amours de sa Didon. 
Si ma voix , encore obscure , 
Egaloit la sienne un jour , 
Je rendrois à la nature 
Ce qu'il rendit à l'Amour. 

Anacréon , dans la Grèce , 
S'illustra le verre en main j 
Il buvoir, chantoit , s<?ns cesse , 
Vantoit l'Amour et le vin ; 
Mais en vain , dans l'art de plaire , 
Il nous donna des leçons : 
Il n'a pas chanté sa mère > 
On oublîra ses chansons. 

Je suis bien loin de me croire 
L'égale d'Anacréon , 
Et de prétendre à la gloire 
De tous ces fils d'Apollon. 
Dans l'art de boire et de plaire , 
J'ai peu suivi leurs leçons i 
Mais je chanterai ma mère : 
On retiendra mes chansons. 



î? ET RENNES 



PORTRAIT DE L'AMOUR, 

R O M A N C I. 

Paroles de M. Gabiot de Salins j musique de 
M/ Rochefort , de l'Académie Royale Je 
Musique , 

Ou air : Nous sommes Précepteurs (T Amour, ^c. 

t6- ^ai ^<— !i:^^JTi 



Du Dieu d'Amour louc est l'es-cla-vc, 
mais c'es: à ter: que l'on s'en plaint : il esc vain» 






eu dès qu'on !e bravf;c"est un ty-ran 



ïÊ^HO^^ps 



»-H 



dcsqu"on lecrainr, c'eîc un ty - ran dis 



D E r O L Y M N I E. fj? 

qu'on le craint. Le pa - pil - Ion esc 



;^- 






4on trc-le - le ; i^ n'aime une Heur 

qu'un ins- tanc.Tanc qu'il de - sî - re il 



rz?Èe=SiËE=F^Ë?5È:tEf^e: 



:t: 



^czpzfre=e^ 



et fi - de -le; il chr.n-ge dè« c.u'il 



( fi ^^ «a^ 1 mk^' kJ '— 



esr con-renr,il chan- gc dès qu'il 



"^ ** — '~îiit3!r — — '"'^^zut'ci — nzz — ^cr~^ — '■ 



est con - tenr. On airr.e cepen- 



€o ETRENNES 



dant à croire qu'on enchai - ne - ra 



^m 



;Ê^^ÊÉ^= 



son vam-queut. Mars peut bien conduire 






à la gloire, l'AtiiOur seulcon- 



duic au bon - heur , l'amour seul con- 

~l — : — --5 — S-rzJ' 



duic au bon - heur, 1 amour seul con- 

■* — ^=r-i:=^ — i*-*-! — : — prirr — ziirr 



duic au bon - heur. 



COUPLETS 



DE P O L Y M N I Ê. 6i 



COUPLETS 

Adressés , en loge , a Madame de La Gué- 
riniere , sur son départ de Paris pour la 
Vrovince, 

Paroles de M. de Miramond. 

Air : Tandis que tout sommeille , &c. 

XB-U sein de l'alégresse , 

Entends-tu ces regrets ? 

Muse , dans tes couplets , 

Peins-en bien la tendresse. 
Tel dans sa cour 
Gémit l'Amour , 

Au départ de sa mère. 
Que ces lieux vont perdre d'appas ! 
Les Ris , les Jeux , bientôt , hélas ! 
En de plus fortunés climats 

Suivront La Guériniere. 

Que loin de la cruelle 
Vont être longs ces jours 

F 



€t É T E E N N E S 

Qu'on eût trouvé» si courts , 
En les passant près d'elle '..... 
Doux nom de sœur , 
Quoi î pour son cœur 
N'es-tu qu'une chimère ?.... 
D'un nœud qu'elle nous fait chétir , 
Puisse , du moins , le souvenir 
Aux lieux qu'elle doit embellir , 
Suivre La Guériniere '. 

Lorsqu'ici la tendresse 

Poussera des soupirs , 

Dans son cœur les plaisirs 

Verseront leur ivresse.... 
Rivaux heureux , 
A ses beaux yeux 

Efforcez-vous de plaire ; 
Prodiguez les soins les plus doux ; 
Peut-être la charmerez-vous j 
Mais vous ne sauriez mieux que nous 

Aimer La Guériniere I 

Jugez de nos alarmes , 
Si du sort pour jamais 



DE P O L Y M N I E. éi 

Les rigoureux décrets 
Nous enievoient ses charmes I 
De son retour 
A notre amour , 
Que l'espérance est chère ! 
Ah ! sur des fours si précieux , 
Veillez , surtout , veillez , ô Dieux '. 
Et bientôt à nos tendres vœux 
Rendez La Guériniere ! 



L'HEUREUX SONGE, 

Couplets adressés a Madame de M * * *. 

Paroles de M. de Tournon. 

Air : Daigne écouter l'amant fidèle et tendre , 
&c. 

^Ui , cette nuit , bercé par un doux songe , 
J'ai cm vous voir , vous parler , tour-à-tour ; 
A vos genoux , en cet heureux ■% 
mensonçe , le-, 

° ' \ DIS, 

Je vous pressois de vous rendre à ( 
i' Amour. j 

F il 



^4 ET RENNES 

Mes yeux fixés , attachés sur les vôtres , 
Cherchoient à lire au fond de votre cœur.... 
Dieux 1 quel état 1 quels feux étoientT 

les nôtres! > Bis. 

Je savourois ce délire enchanteur ! J 



Dans votre main la mienne étoit posée j 
Je m'adressois surtout à votre cœur.... 
Je sens ma main sous la vôtre pressée. 
Mais le réveil dissipe mon bonheur 1 



Bis, 



Divin Morphée ! ah 1 rappelle ce songe ; 
Abuse encor mon esprit enchanté !. 
Hélas ! pourquoi n'étoit - ce qu'un' 

mensonge ? y Bl 

Je méritois quelque réalité 1 



} 



D E P O L Y Ai N I E. 6% 

i. • ■: 

LES VRAIS PLAISIRS, 

CHANSON ANACRÉONTIQUE. 

Paroles de M. * * * j musique de M. L. 
Guichard , 

On air : D'un ruisseau qui coupoit la plaine , &C. 



;»^=3h 



?Ès: 



EÉËiËfeÊEÎEp^ 



igrgzs: 



DEStavo-ris de la vie - loi-re 



=^^=i§ 



je sais mépriser le re - r.oin. 
Je n'i-rai plus , i - vre de gloi - re , 

-rr- ^~^-H- P -i ^- — z mtrj'* 



af - froncer Ja more pour un nom, 
F 11/ 



•i- 

af - fronier la mort pour unnom. 

Que d'autres encensent l'idole 

Du faste et de l'autorité ; 

Pour l'espoir d'un honneur frivole ^ 

Je ne vends point ma liberté. ( Bis. ) 

Que , de crainte toujours saisie , 

L'avarice compte son bien j 

Je regarde sans jalousie 

Un trésor qui ne sert de rien. ( Bis, ) 

Irois-je veiller sur un livre ^ 

Avide d'un savoir profond ? 

Le tems que nous avons à vivre 

list si court , et l'art est si long ! ( Bis. ) 

Je ne sais qu'aimer et que boire , 

Et nuit et jour j'aime et je bois j 

C'est là ma science , ma gloire , 

Et ma richesse et mes emplois. (^Bis. ) 



DE P O L Y M N r E. (■'j 

' -8 

COUPLETS 

ADRESSÉS A VICTOIRE. 

Paroles de M. Le Franc. 
Air : Jt l'ai planté , je l'ai vu naître , &C. 

Jl E veux chanter celle que j'aime , 
Celle par qui le jour, m'est cher. 
Mais en quels mots î Amour , lui-même j 
Porte un nom moins doux que son air. 

Ce n'est point cette folle ivresse , 
Eougueux enfant de la gaîté j 
Dans ses yeux noirs est la mollesse 
Des yeux bleus de la volupté. 

De son teint , où brilloit la rose , 
Qu'un autre accuse la pâleur.... 
O touchante métamorphose , 
Tu la rends plus belle à mon cœui ! 

Mais pourquoi vanter sa figure ? 
Le soit la donne , sans égard. 



«8 ETRENNES 

Chantons plutôt cette ame pure , 
Qui n'est point l'œuvre du hasard. 

De la raison ministre austère , 
Son esprit aime à se voiler i 
Ma Victoire sait mieux se taire 
, Que son sexe ne sait parler. 

Sa parure est simple comme elle j 
Et si Vesta vivoit encor , 
Vesta la trouvcroit fidelle 
Aux leçons du vieux siècle d'or. 

Sincérité qui la contemple 
Désespère moins des mortels : 
« Là , dit-elle , il nous reste un temple i 
» Nous aurons bientôt mille autels. 

Victoire , ainsi de ton absence 
Ton ami charme la douleur : 
L'hymne de la reconnoissance 
Est pour moi l'hymne du bonheur.' 



DE P O I. Y M N I E. 



69 



L'AMANT CONSTANT, 

ROMANCE. 

Paroles de M. Yacherot ; musique de M. Loullic, 
fils. 

Ou air : Q^ut ne suls-je la fougère , &c, 
Andantino. 



A l'in-grateet belle An - net • te , 



ÊE|E^|^>^i-lÊÊ3 



é - chos,ne re - di • tes pas 

t-i^ — ^t«i — I — ^,^ — U—i^^ — ^^^- ^^^ — \—^ 
qu'une ar - deur toujours se - crée -te 






me brû - le pour ses ap - pasi 



70 ÉTRENNES 



;^^IS: 



t::fe= 



11 n'est plus cet heu - reiix â-ge 



-— P - M £— ~^ — t _^_sfit: 

où j'espé-rois de char -mer ce creur 



irïzpEtïzf: 



ÊgÊSSgii 



de - ve ' nu vo - la - ge , ou qui 
ne veut plus ai - mei" , ou qui ne veut 

■M 

plus ai - mer! 



Viciime de l'inconstance , 
Que ne puis-je aussi changer ?.,. 
Ce seroit une vengeance i 
C'est un crime d'y songer ! 



D E P O L Y M N I E. 71 

Non , Annette est toujours belle , 
Et je dois l'aimer toujours. 
Comment serois-je infidèle 
A la mère des Amours ? ( Bis. ) 

LES USAGES DU JOUR, 
VAUDEVILLE. 

Paroles de M. d'Estival de Braban. 
Air : N'en demande:^ pas davantage , &cc. 

iJ/E nos vices , de nos travers 
Je vais vous dévoiler l'usage. 
Bien souvent un caustique vers 
Excite le souris du sage. 

Si-tôt qu'un couplet 

Amuse et nous plaît , 
En demande-t-on davantage ? Bis. 

Dans plus d'une affaire d'honneur 
Dercourt a manqué de courage j 
De son perc le noble cœur 
N'est point resté dans l'héritage. 



7* 



ÈTRENNES 
Dercourt est Gascon 5 
Il est fanfaron , 
En demande-t-on davantage î ( Bis. ) 

Licidas court chez un Marquis ; 
Chaque jour il lui rend hommage. 
Du Mécène on rit dans Paris ; 
Mais il aime un flatteur à gage. 

Dès qu'il a de l'or , 

On chante un butor ; 
En demande-t-on davantage? (Bis.) 

Cléon vient de se marier ; 
Sa femme a fait plus d'un naufrage. 
C'est la fille d'un Financier j 
Cléon va rouler équipage. 

Il vit à la Cour ; 

Dans un tel séjour 
En dcmande-t-on davantage ? ( Sis. ) 

Climène veut du bel-esprit 

AflScher le docte partage : 

Son jeune Secrétaire écrit , 

£t se cache sous le nuage. 

On triche Apollon i 

^ C'est 



DEPOLYMNIE. 73 
C'est du meilleur ton : 
En demande-t-on davantage î ( Bis. ) 

Ne sachant peint parler François , 
Mais bien plus effronté qu'un Page , 
Un Actcui obtient des succès , 
En mettant P».acine au pillage. 

Qu'on sache beugler 

Et gesticuler , 
En dcmande-t-on davantage ? ( Bis. ) 

Dorval travaiiloit tous les jours 
Pour composer un bel Ouvrage ; 
Le bons sens s'y montre à rebours. 
Et l'esprit cloche à chaque page. 

Le Livre se vend ; 

Dorval est un Grand , 
En demande-t-on davantage ? ( Bis. ) 

Hortense cache à son époux 
Du jeu le funeste ravage. 
Si les cartes sont en courroux , 
Vénus sait dissiper l'orage. 

Quand Hortense perd 

Un rendez-vous sert ; 
En deraande-t-on davantage ? ( Bis ) 



]. ÉTRENNES 

Muse , brisez votre pinceau j 
Pourquoi cette couleur sauvage î 
Ce qui bîesse votre cerveau 
Ici-bas n'est qu'un badinage : 

On fuit les vertus ; 

C'est un vieil abus , 
En demande-t-on davantage ï ( Bis, ) 

L'ANACRÉON MODERNE, 
COUPLET. 

Paroles de M. Mayeur de Saint-Paul. 
Air : Du serin qui te fait envie , &c, 

JU'ANS mon agréable retraite , 

Bravant Eole et sa fureur , 

Assis auprès de ma Lucette , 

J'éprouve le parfait bonheur ; 

Et si la froidure mutine , 

Me lance ses traits rigoureux , 

Lucette , ta bouche enfantine , 

D'un baiser rallume mes feux ! ( Bis, ) 



DE P O T. Y M N I E. 



7J 



LE LÉVITE D'ÉPHRAÏM, 

SUJET TIRÉ DES ŒUVRES DE J. J. ROUSSEAU. 

ROMANCE. 

Taroles de M, de La Mothe ; musique de M. 
l'Abbé Auroux. 
Andante, 

QuEt'ai-ji fait? Dis - moi quel 
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est mon cri - me? Pour - quoi fuie 



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7« ÊTRENNES 

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un é - poux qui ne vit 



qua pour toi ? Pour-qvioi bri- 






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ser un nceud si lé - gi - ti- 
I I I I I I 



DE POLYMNIE. 



77 






me ? Qui t'ai-me - ra ja - mais , hélas ! 



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au - tant que moi , hé - las ! 

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aa - tant que mol ! hé - las î 

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yg ÉTRËNNES 



au - tant que 

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gg^z= ^^g^= E|g^ 



Quand tu trahis une flamme si pure , 
SoHge du moins , Thaïs , aux sermens solemnels > 

Sermens sacrés , que ta bouche parjure 
Prononça , devant l'arche , au pied de nos autels ! 

Reviens , reviens , épouse toujours chère ; 
L'amour et le bonheur sont encor faits pour nous : 

Pour ton époux tu dus quitter un père j 
Devois-tu pour ton père abandonner l'époux ï 

Dans ces beaux lieux sans toi je ne puis 
vivre •, 
Tout nourrit les chagrins d'un amant agité. 

Dans ce vallon trop heureux de te suivre , 
Je chantois près de toi ma flamme et ta beauté. 

Sous ces palmiers , dont tu chérissois l'ombre , 
Je ne fais que gémir , déplorer mes malheurs : 



D E P O L Y M N I E. 79 

Le plus beau jour me semble une nuit sombre , 
Et mou lit solitaire est baigné de mes pleurs ! 

Oui , dès demain je pars , avant l'aurore j 
J'irai, je te dirai : ce Toi qui fis mon bonheur , 

» Rends-moi ton coeur , épouse que j'adore , 
» Ou j'expire , à tes pieds , d'amour et de dou- 
leur ! » 



COUPLETS ADRESSÉS AUX FEMMES. 

Paroles de M. le Chevalier de Mcude-Monpas. 

Air : Vous l'ordonnei,je me ferai connaître, ôcc. 

i^UAND à Vénus Paris donna la pomme 
Junon conçut un funeste dépit j 
Depuis ce tems les Beautés sans esprit 
Sont en courroux du mépris d'un seul homme 

Pallas fit mieux , et de cette Déesse 
Le noble cœur ne fut point agit;. 
Il oublia le prix de la beauté 
Pour obtenir celui de la sagesse. 



5 ETRENNES 

Sexe charmant , que ce dernier exemple 
Soit une loi que vous suiviez toujours i 
Ne pleurez pas la saison des amours , 
Quand la Vertu vous appelle à son temple. 



COUPLET 

Adressé a M. le Chevalier de Parni , sur 
son. Recueil de Chansons Madécasses, 

Paroles de M. le Chevalier de Cubieres. 

Air : ^vec la jeux dans le village , Sec. 

1^1 AL GRÉ les écueils et l'orage 

Le Commerçant industrieux 

Revient de l'Indien rivage 

Chargé de rubis précieux j 

Le Naturaliste y ramasse 

Des fleurs de toutes les saisons , 

Et du rivage Madécassc 

Parni rapporte des Chansons. ( Bis> ) 



DE P O L Y M N I E. 



il 



PORTRAIT D'A DINE, 

C H A N S ON. 

Paroles de M. le Chevalier de Florian ; musique 
de M. Bonvin , Professeur. 



;Ë^Ë^ÉÈg 



-.zarz 



Env AIN , raison, tu t'obs - ti - ne 
à m'empêcher de l'aimer; si je n'ai-me 



point A - di - ne, riennesauroitm'enflam- 



mer. Ne pouvant trouver des vi • ces 



ETRENNES 



=ggË=^Ep; ^ggÊ ^g=S^^ 



parmi tant de qua - li - tés , tu v£ux qu'elle ait 



des ca - pri - ces, com-me tou-tes 



les Beat! - tés. Il en est bien quelque 



chose; mais Adine a tant d'ip - pas! 



c'eft une épine à la ro-se : en est-il qui 



n en ait pas ? 

Pe sa voix enchanteresse 
Quand les sons mélodieux 



DE P O L Y M N I E. t, 

De l'amour rendent l'ivresse , 
Et le charme de ses feux , 
Tu me dis que la friponne 
Qui nous peint le sentiment 
Est trop sûre qu'elle en donne 
Beaucoup plus qu'elle n'en prend : 
J'en croirois bien quelque chose j 
Mais Adine a tant d'appas 1 
C'est l'épine de la rose.... 
En voit-on qui n'en ait pas ? 

Lorsque , toujours avec grâce , 
Je l'apperçois folâtrant , 
Quitter , reprendre une place , 
Qu'elle abandonne à l'instant , 
Tu redoutes le présage 
De cette instabilité , 
Et tu crains que son partage 
^e soit la légèreté i 
Elle en a bien quelque chose ; 
Mais Adine a tant d'appas 1 
C'est une épine à la rose , 
En est-il qui n'en ait pas ? 

Quand de l'ardeur qu'elle inspire 



84 ETRENNES 

Je demande le retour , 
Qu'un regard , un dou^s sourire 
Semble m'annoncer l'amour , 
Elle me dit qu'elle est sincère. 
Peut-être à plus d'un amant. 
Trop envieuse de plaire , 
La coquette en dit autant. 
Hélas I j'en crains quelque chose ; 
Mais Adine a tant d'appas ! 
C'est l'épine de la rose , 
En Toit-on qui n'en ait pas ? 

Si je peins la gentillesse 
De son minois , de ses traits , 
De sa taille la finesse 
Et tout ce qu'elle a. d'attraits , 
Tu prétends que j'exagère , 
Et qu'en amant transporté 
Je ne fais voir ma Bergère 
Que par son brillant côté ? 
11 en est bien quelque chose ; 
Mais Adine a tant d'appas l 
En elle je vois la rose , 
L'épine ne paroit pas! 



HÉBÉ, 



D E P O L Y M N I E. 8f 

HÉBÉ, ou LE PLAISIR, 
CHANSON. 

Paroles de M. de To union. 
Air : Cxurs sensibles , coeurs fidèles , &c. 

sOepuis qu'Amour, dans Cythere , 

A su bannir les langueurs , 

Nos Déesses veulent plaire , 

Aîais sans chagriner les cœurs. 

Echo ne veut plus se taire ; 

Hébé répète au Zéphyr : 

« Ma devise est le plaisir. « ( Bis, ) 

le chantre ailé du bocage , 
Qui vient charmer le printems. 
Et la fauvette volage 
Semblent dire à nos amans : 
<c Jouir est notre partage j 
3> Si nous avens un désir, 
35 Ces: pour goûter le plaisir l n ( Bis. ) 
H 



ïtf ETRENNES 

Nymphes dont Amour dispose 

Connoissent mille désirs j 

Par une secrette cause , 

L'on sait que , dans leurs loisirs , 

La nature leur impose 

L'ordre de dire au Zéphyr ; 

« Ma devise est le plaisir ! » ( Sis. ) 

A Gnide , et même à Cythere , 

L'on voit venir mille amans , 

A qui le besoin de plaire 

Fait jurer qu'ils sont constans. 

L'on croiroit leur feu sincère , 

S'ils ne disoient au Zéphyr : 

« Ma devise est le plaisir ! j> ( Bit. ) 



DE POLYMNIE. îf 



L A M.0 R T D ' I S O R E , 

ROMANCE. 

Paroles de M. Plancher 3 musique de M. ***, 
Mineur. 



z\rz-r^sz 



-iESËE^EÈEE 



PLO-REz,oi-:elets tant doux! Plo- 



rez la gen-tille I - so - re! au ré- 
veil de chaque au - ro - re^ plus ne 



/î> 



Majeur. 



|EferB=i^z=||gr|zfzrp^5 



CHZZEj 



vien - dra par-mLnous, 



Du qaa- 
H ij 



J8 ETRENNES 



torzième feuil-la-ge ses yeux voyoient 



r^ 



l-F^ 



e^^i^ÊE^ 



P=fc: 



le re-tour,ct les roses du bel â-ge 









l'embel - lis-soient pour l'A - mour. 



ggg^ggg^gi 



Plo - rez, o.-ielets rjnt dou>; ! plo- 



i^^S 



rez la cent I-le I - so - relaurc- 



±rr:^^=EE^r pz^îg ^zfc:e±=fa^ 



veil de chaque au - ro • re, plus ne 



D E P O L Y M N I E. t^ 






vien-dra parmi vous! Au Maj, 

Fauls de la mort inhumaine 
A moissonne ses attraits j 
Et sur ses clieveux d'ébenc 
Change le myrte en cyprès, 
riorez , &c. 

Lis sur sa gorge divine 
Erilloient : ils- sont disparus , 
Et sur sa joue enfantine 
I? ose vermeille n'est plus. 
Plorez, Sec. 

En vain je l'appelle encore 
Sur les bords de son cercueil ; 
Las ! plus ne reste d'Isore 
Qu'un corps froid dans un linceoiL 
Plorez, Sec. 



H 



»i; 



99 ETRE N NES 

AVIS 

AUX JEUNES ACTEURS TRAGIQUES. 

Paroles de M. Lévrier de Champ-Rion. 

Air : Le Port Mahon est pris , 6cc. 

TOUS à qui Melpomenc 
Offrit , 
Ouvrit 
Entrée à la scène , 
La critique inliumainc 
Pour vous n'aura jamais 
De sifflets , 
En prenant. 
Retenant 
Mes chansons , 
Mes leçons. 

Etcs-vous amoureux ? 
Ayez l'air sérieux. 
Que jamais votre bouche , 
D'accord , 



DE 1' O L Y M N I E. pr 

D'abord 
A ce qui vous toucîic , 
Au cœur le moins farouche 
Ne surprenne un soupir. 
Ce plaisir 
Etoit bon , 
Nous dit-on , 
Aux bourgeois 
D'autre fois. 

Invoquez-vous les Cieux ? 
Soudain baissez les yeux. 
Et si votre mémoire 
Vous fait , 
Tout net , 
Eaillite notoire , 
Alors , daignez m'en croire , 
11 faut gesticuler 
Et trembler.... 
On croira 
Que cela 
Est de l'art 
Lin écart. 

Sur- tout, n'oubliez pas 
D'aligner votre bras 



SI ÉTRENNES 

Au n;z de la Priticesse. 
Par là , 
L'on a 
Droit à sa tendresse. 
Un trait de cette espèce 
A mis plus d'un Acteur 
En faveur 
Dans Paris , 
Vrai pays 
Pour les gens 
A talens. 

Payez le jeu mesquin 
De Brisard , de Le Kain. 
Simples dans leur manière , 
Ils n'ont , 
Ne font 
Rien que d'ordinaire. 
Hurlez , tout au contraire. 
Si vous prononcez mal. 
C'est égal , 
Poursuivez , 
Achevez , 
Entendra 
Qui pourra. 



DE P O L Y M N I E. 



9i 



L'INNOCENCE, 
ROMANCE. 

Paroles de M. * * * ; musique de M. L. 
Guichard , 

Ou air : Vous l'ordonnei ,yc me ferai cottnoître. Sec, 

Andantlno. 



Des vrais plai - sirs l'in - nocence 



_;Jf j j. 

a ' r ' ' 

est la mè - re; el - le peut 

. 1 !«■ 

-^ ta^- 

seulo o - i-é - rer le bon- 



^ — ta^ — ' — ^» ^ — ' — — 



^^ ^g=^r5~£;;^5T^ gzz^ 



heur : elle em - bel - lit l'ob» 



94 



ET HENNES 



jet le plus flat - teur. Cœur 



E^^^P^^^gÊ^E^g 



in-nocent est toujours sarde plai-re. 






:b-i 



EÊ^ 



cœur m - n3 - cent est toujours 

sûr de plai - re. 

Simples attraits de naïve Bergère 
Au fond d'un cœur éteint par les plaisirs 
Vont ranimer la fiamme des désirs. 
Cœur innocent est toujours sur déplaire. 

Pourquoi souvent coup-d'œil le plus austère 
Du tendre amour inspira-t-il les feuxî 
On croit que l'ame est peinte dans les yeux. 
Une innocente est certaine de plaire. 



D E P O L Y M N I E. ss 

Un jeune enfant , dans les bras de sa mère , 
Se fait aimer par sa simple candeur : 
II ne dit rien ; mais combien dit son cœur ! 
Tant il est vrai qu'innocente doit plaire i 

Honni qui dit : ce Agréable chimère 

55 Et l'innocence et ses divins appas ! n 

Ah ! qui vous voit , y croit , et dit , tout bas : 

« Il est bien vrai , l'innocence doit plaire '. » 

COUPLETS 

Pour la fête de Madame de* * * , et de Ma- 
dame de * ** y sa fi lie , le jour de Sainte 
V^ictoire , leur patronne. 

Paroles de M. Gabiot de Salins. 
Air : La bonne aventure , ô gué ! &C« 

Amouk. 1 hymen ! quel beau jour 

Pour vous deux s'apprête I 
Des fleurs en main , tour-à tour , 

Chantons cette fête ! 
De récot payant moitié 
La douce et tendre amitié 

Chantera Victoire , 



^ ÊTRENNES 

O gué ! 

Chantera Victoire ! 

Lorsque votre œil apperçut 

Un amant fidèle , 
Et que votre cœur reçut 

D'amour l'étincelle , 
Au comble de ses désirs , 
L'Amour , aux Jeux , aux Plaisirs 

Fit chanter Victoire , 
O gué ! 

Fit chanter Victoire ! 

Quand , serrant des nœuds si doux. 

D'une ame ravie , 
Cet amant devint époux , 

Heureux pour la vie , 
Au bonheur , en ce beau jour , 
Le Dieu d'hymen , à son tour , 

Fit chanter Victoire , 
O gué ! 

Fit chanter Victoire ! 

Mais de cet amour hcuieux 

Au sein du ménage , 
En tin , au gré de vos vœux , 



DE POLYMNIE. 9j 

Il naquit un gage , 
Nature , Hymen et l'Amour , 
En l'embrassant, tour-à-toiu. 

Chantèrent Victoire, 
O gué ! 

Chantèrent Victoire ! 

Victoire ! amis , quel beau nom i 

Il mené à la gloire j 
Tout François, près d'un tendron. 

Aime à voir Victoire. 
Celles que nous fêtons tous 
Seulement à leur époux 

Font chanter Victoire, 
O gué î 

Font chanter Victoire ! 

Chantons donc Victoire ici 

An nom de la merc î 
Au nom de la fille aussi ; 

Car c'est pour nous plaire 
Qu'Hymen , Nature et l'Amour 
Ont 5 dans cet heureux séjour. 

Doublé leur Victoire , 

O gué ! 

Doublé leur Victoire '. 

I 



p8 



ETRENNES 



LE NEZ CASSÉ, 
CHANSON. 

Paroles de M. Mayeur de Saint-Paul ; musique 
de M. Batnbini , Professeur de Clavecin. 



iin^gÊ^^^^l 



Lais-soks à la jen-nes-se goûter les plal- 



-tE: 



sirs d'a-mour, dès que ce Dieu nous 
Refrain ^ 






-- 



près -se de dé-ser-terde sa cour; car 



itEZZ 



Si?Jg^Ê^^ 



lorsque cheï la Bru-nette un vieillard faic 



DE POLYMNIE. 



99 



^l^=gg3^^Si 



l'empres - se , il a , près de la fil- 



Iecte,le nez, le nez cas -se! 

A la fleur de son âge , 
Lison avoit mille appas. 

Colin l'aime et l'engage ; 
Mais elle épouse Thomas. 
ce Cueillons la fleur printannicre , n 
Dit l'époux , tout empressé ; 
Mais il eut dans cette affaire 

Le nez , le nez cassé ! 

Qu'un jaloux persévère 
Dans les desseins mal-adroits 

De tenir prisonnière 
Celle dont il suit les loix ; 
L'amant brise la serrure , 
Et le jaloux empressé 
Revient de cette aventure 

Le nez , le nez cassé î 



ÏC9 ETRENNES 

- - — •"•;: • ■ ■ ■ " '■■■ '^ 

COUPLETS 

ADRESSÉS A MADAME DE ***. 

Paroles de M. de La Mothe. 

Air : Q^ue ne suis -je la fougère , 8cc« 

JLi'U doux lien qui m'engage 
L'Amour a tissu les nœuds : 
Mon bonheur est son ouvrage j 
Sans lui peut-on être heureux ? 
Jl fit choix de Céliane 
Pour me plaire et me charmer : 
Le préjugé nous condamne j 
Ce Dieu nous permet d'aimer» 

Jeune idole de mon ame , 
L'Hymen va nous désunir : 
Loin de l'objet qui m'enflamme , 
Désormais je vais languir. 
Ah! du moins, dans ton village» 
Souviens-toi de notre ardeur ; 
Et que toujours mon image 
Habite au fond de ton cœurL 



DE P O L Y M N I E. toi 
Tu verras dans la prairie , 
Assise au bord des ruisseaux , 
Sur une pente fleurie 
Couler doucement leurs eaux. 
Comme je dirois , moi-même , 
Tu diras peut-être aussi : 
te Auprès de l'objet que j'aime 
» Mes jours s'écouloient ainsi ! » 

Quand , à la saison nouvelle , 
Tu verras sur un un ormeau 
Une jeune tourterelle 
S'unir à son tourtereau , 
Dans une amoureuse ivresse , 
Tu diras : « Couple charmant , 
S5 Vous me peignez la tendresse 
53 Qui m'unit à mon amant \ » 



liij 



ïat ETRENNES 

LE SERMENT LÉGER, 
ROMANCE. 

Paroles de M. * * * j musique de M. Bonvin, 
Un poco Allegretto^ 



ilis^Éfii^^ 



Sur la feuil-led'u-ne ro-se,un jour 



f^^m^^Mt 



je gravois ces traitS'.ctTel s-mant qu'on me pro» 



itrc 



*z3fe?EËSÊgËËH5 



po - se, tel amant qu'on meprc-po-se, 



-fc 



Se^ë^Ië£ê=^ 



non, je ne l'ai-mc-rai ja-mais, non, je ne 



-tzi 
ï» — ' 



DE P O L Y îil N r E. îo? 
l'ai-me - rai ja • mais ! >» Hélas f 

Lti^B=e=«rizc3zrï5rzsrf»=p^=?te 



j'achevois à pei-ne qu'un zé-phyr, au 



-*- lA— ' 1»~ ' — ^«i — «»- ■— 

même instant , empor - ta, de son ha- 



lei-ne, et la rose et mon ser - ment, et la 



3 3 



E j,^, aBÙ.1 1 L[ 1 






rose et mon serment , et la rose 



-'Ei^=F^i==lr35=FT3fl 



et mon ser - ment! 



>»4 ETRENNES 

r ■■ ■ • • ■ ' " 'T ~ ■ ., - 3 

LES GRACES BIEN LOGÉES, 

COUPLETS 

Adressés a Mademoiselle Victoire Z, * * * ," 
gui avait gardé un exemplaire de /'Alma- 
nach des Grâces , destiné a l'Auteur. 

Paroles de M. Joly de Saint-Just. 
Air : ^vec les jeux dans le Village , &c^ 

jJans la retraite involontaire 

Où me tient le destin jaloux , 

Les trois soeurs du Dieu de Cythcre 

Venoient rendre mon sort plus doux. 

Sous leurs doigts frémissoit la lyre 

Des modcrr.es Anacréons. 

Dans un agréable délire 

J'applaudissois à leurs chansons. (Bîs,y 

Mon sort étoit digne d'envie i 
Heureux , je me félicitois 



I 



B E P O L Y M N I F. lol 
De passer doucement la vie 
Entre l'Amour et ses bienfaits ! 
Mais les Déesses dans Victoire 
Ont vu leur mère et ses appas ; 
Elles ont préféré la gloire 
De ne jamais quitter ses pas. ( Bls^ y 

Euphrosine , plus languissante. 

S'alla nicher dans ses beaux yeux^ 

Une flamme vive et brillante 

En a fait jaillir les doux feux. 

Sous sa chevelure ondoyante 

Badine l'antoureus Zéphyr , 

Et sa bouche fraîche et riante 

Semble caresser le plaisir. ( Eîi. j^' 

Sur un sein pluï blanc que l'albâtre » 

Thalie appella les Amours^ 

Avec cette troupe folâtre , 

La Déesse y fait mille tours» 

Tantôt d'une taille élégante 

Elle arrondit le beau contour j 

lan.'ôt d'une gorge naissante 

Elle fait l'autel de l'Amour» (Sif.| 



letf ÉTRÊNNES 

Aglaé , légère et lutine , 

Finement glissa dans son cœur ; 

Près d'une candeur enfantine 

Elle trouva le vrai bonheur. 

Mais, las ! quelquefois la traîtresse 

Eveille les tendres désirs j 

Et , malgré l'austère sagesse , 

Elle enchaîne tous les plaisirs l ( Bis, ) 

ENVOI. 

Aimable et sensible Victoire , 

En esquissant votre portrait, 

Cupidon envioit la gloire 

D'avoir exprimé chaque trait. 

Mais je sais que ce Dieu folâtre 

Est un espiègle séducteur , 

Et ce portrait qu'il idolâtre 

Je l'ai tracé d'après mon cœur. (Bis.") 



DE POLYMNIE, i 



«7 



CHANSON ANACRÉONTIQUE. 

Paroles de M. de La Grange j musique de M. 
Blattman , 

Ou air : lusques dam la moindre chose , Sic. 



Andante. 



^Bbe-»"i ;p -P-Fifq>a 



CoMMANDE.ma bien-ai - nié -e, mes vers 

^ y^ 1 ■ t— I 

at - tendent tes lo'ix, et de 



ma plume en - flam - mé - e 



^^ \^ \-f^ 



Us s'é - Un • cent à ta voix. 



lûS ETRENNES 



ils s'é 



é - lan - cent à ta 

— 1-«^1 ^ ',^a , 1 _ 



voix.lnspi - rés par la ten - dres-se , 

- — p-j-r ^. — '^ — ^* •[ * a ;1 1 rv~ 



ils ont chan-té le dé - sir : couron- 






ne ma juste i 



vres-se, ils chan- 



— — «- 



1_^— [ **^ ^ " — ^-îcj— . 



::3cl:t=t 



feË 



te - ront le plai - sir , ils chan- 
— , — "^ d'-î-p-i-* • — ■ ; .-=-■ T-r 



ront le plai - sir! 

Mineur* 



\ 



DE r O L Y M N I Ë. 105 

Mineur. 



t'est ta beau - té qui fait 



nai-tre ledoux de - sir dans mon 



^^ 



*-^-î M.-"i "^l w»»-W K-^- 

cœur ; c'est le plai - sir qui doit 

ê - tre le seul prix de non ar- 



— -• - ^- ' ■ 



deur. Heureux ce-lui qu'il em - bra - se ! 

tout s'em - bel - lit à ses 
K • 



iro É T R E N N E S 

yeux; et,danssa su-blime ex - ta - se, 

^y^ Da capo. 



ilmar-che l'é - gai des Dieux! 

■ _ —■... 

VOILA COMME ON SE DÉFEND , 

Chanson. 

Paroles de M. le Comte de Chivot. 

Air : Jeunes Beautts qui faites taire , &c. 



IVilON Dieu ! que de la jeune Adinc 

L'œil est fripon I 
Que sa taille est légère et fine , 

Son pied mignon 1 
Ah ! si son cœur se laissoit prendre , 

tn son boudoix'. 



DE P O L Y M N I E. m 

Quel amant pounoit se défendre 
De l'aller voir ? 

J'en voulus tenter l'aventure. 

Un certain soir. 
L'ombre régnoit sur la nature.... 

Il faisoit noir, 
Méditant bien de la surprendre > 

Dans son boudoir , 
J'avois mis un habit vert-tendre 

Pour l'aller voir. 

Sous ce costume je chemine 

Vers son logis , 
Où , plein d'espoir, à la sourdine» 

Je m'introduis. 
Je la trouve, en effet , seulette , 

Dans son boudoir j 
Si ma victoire fut complette , 

Vous l'allez voir. " 

D'abord je presse , d'un air tendre ,. 

En badinant , 
Sa main , qui ne sembloit qu'attendre 

Ce mouvement. 



ÉTRENNES 
Puis redoublant d'amoureux zèle , 

Dans son boudoir , 
J'approche de plus près la Belle , 

Pour mieux !a voir. 

Ainsi placé , sur chaque joue 

Je vous lui prend 
Deux baisers i elle fait la moue , 

Eoude un instant. 
Mais bon ! sans craindre sa colère , 

Dans son boudoir , 
Je recommence ... <« Ah ! téméraire ! 

3> Nous allons voir '. » 

A sa sonnette la cruelle 

Ne fie qu'un saut. 
Au Laquais qui vint ; « Ça , dit-elle , 

3> Vite de l'eau. 
» Monsieur se trouve mal , je gage , 

2) Dans mon boudoir.... jj 
La joie animoit son visage , 

11 falloir voul 

« Non , non , 33 lui dis-jc , sans attendre 
Son rire amer , 



DE P O L Y M N I E, itj 

« Tout uniment , le m'en vais prendre 

35 Un moment l'air. 3> 
Afais ]e jurai , sut toute chose » 

Qu'en son boudoir, 
]3'autres pourroicnt , à la nuit close » 

Aller la voir i 



COUPLETS 

adressés à une Dame , qui avait demandé 
a l'Auteur une chanson sur l'air de Cal- 
pi gi , dans l'Gpera de Tarare. 

Paroles de M. de Miramond. 
Air : 7e suis né natif àe Ferrare , &c» 

Avec ce souris qui m'enchante y 
Quand sur l'air que Calpigi chante 
Vous demandez une chanson , 

Le moyen de dire non ! ( Bis, ^ 

Pour Tobjet qui nous a su plaire 
Un couplet ne nous coûte guère 5. 
Et je serois bien malheureux , 
Si |c n'allois pas jusqu'à deux i ( 5/j, J 
K ii^ 



IT4 Ê T R E N N E s 

A deux croit-on que )e m'arrête ? 
Le Dieu vermeil qu'Octobre fête 
Au besoin renforce ma voix : 

Je pousse, au moins , jusqu'à trois. ( Bis.y 
Pour peu qu'ensuite )e sommeille , 
Ma veine en feu , quand je m'éveille , 
Peut , sans craindre un honteux échec , 
Prouver qu'elle n'est point à sec. ( Bis. ) 

Mais il faut de la complaisance j r? 

Et vous avez grand tort , je pense , 
Oui , grand tort de me refuser , 

Quand je veux prendre un baiser. ( Bit. ) 
Sur le Pinde , comme à Cytherc , 
C'est un tonique salutaire : 
Auteurs , amans sans son secours 
Parfois peuvent bien rester courts! ( Bis. ) 



I 



D E P O L Y M N I E. iij 



L'AMOUR FRANÇOIS, 

CHANSON. 

Paroles de M. * * * j musique de M. L. 
Guichard , 

Ou air : rour la Baronne , &cc'. 



Pour vous se-dui-re je prend; un 



fEË^^EEJËÊÊgËÈÊl^Ëi 



chemin peu commun, pour vous sédui- 



:fc:==: 



Hz^l^f^iË^is 



re je prends un chemin peu com-m un : 



^ÉTzÊ^i^iËËiferEi 



cent moyens peuvent y con - dui-re ; 



11^ 



ÉTRENNES 






I— J -- "^ -I U — i-^j — ^ — 

moi, je n'en veux em-ploy-er qu'un pour 







Dans cette aââire 
Ne consultez que votre esprit. 
De votre amour je n'ai que faire 
Un simple caprice suffit 

Dans cette affaire. 

De la constance 
Autrefois je fis quelque cas j 
Mais j'appris , par l'expérience , 
Que le vrai bonheur ne naît pas 

De la constance I 

Même journée 
Tait édore et mooiu la fieitr. 



l 



Bisi 



? Bis, 



( Sis. ) 



} 



Bis, 



DE P O L Y M N I E. 117 

De mes feux c'est la destinée : 
On me voit heureux et trompeur 

Même journée. ( ^'^- ) 

Eelle Lucie 7 r- 

Suivez mon système ; il est doux : j 
Adoptez ma philosophie , 
Demain je suis à vos genoux , 

ï.elle Lucie ! ( Sii. ) 



LA DORMEUSE ÉVEILLÉE, 
CHANSON. 

Paroles de M. Eezançon d'Epinay. 
Air : Avec les jeux dans le village , Sec, 

ÏjA jeune et sensible Eugénie , 
Au milieu d'un beau jour d'été , 
Au pied d'une épine fleurie 
Somm.eilloit, avec volupté. 
Sous le voile de la décence, 
Son sein captif et tourmenté 



Ji8 ETRENNES 

Cherchoit à braver l'innocence 

Qui le tient toujours agité. ( Bis, ) 

Zéphyr , parcourant le bocage , 

Caressoit les Beautés du jour ; 

Et , se glissant sous le feuillage , 

Vit cette Beauté , faite au tour. 

Bientôt de son aile amoureuse , 

Il sembloit m'invitcr d'oser. 

Sur les lèvres de la dormeuse 

J'imprimai le feu d'un baiser. ( Bis> ) 

Dieux î s'écria mon Eugénie , 

Quel transport agite mes sens ! 

Quelle Divinité chérie 

Me procure ces doux instans ! 

Morphée , en fermant ma paupière , 

Ne me donne que le repos j 

MoH amant me rend la lumière : 

Un baiser vaut bien des pavots î ( Bis. ) 



DE P O L Y M N I E. 119 



TENDRES VCEUX D'VN AMANT. 

Paroles de M. le Chevalier de Noizet ; musique 
du Chevalier Gluck. 



m 



;è 



ïfîT^ 



gEEg^gSgz-^gEE gEg 



Allons, sois moinsfa - touche, Zélis,per- 



l ËJggËJsiigÊ^gg g 



mets d'o - ser poser sur ta charmante 



bouche le plus ten-dre bai - ser. Quand 



l i^Êg^gpJËI^ig ggl 



on estjeuneet bells, c'est par trop s'abu- 



ser que de vouloir, cru=el-le'. toujours tout 



■tio ETRENNES 



^pUlg^ii 



re - fa - ser. Eh ! quoi,crain- 

; •- — ;j. — u U- — i/— ;/■- c ~ 

drois-tu que mon cœur,bien-tôtlas-sé de 



mm^^^m 



son bonheur, ne te pay-àt cet-te fa-vcar qu2 



^^EËÉÉ^^i 



d'incanstan-ceîAh! Zélis, calm; n fray- 



kjgE^ggEgEEÉEË^S^^ 



eur.Mon amour, qa'a-bat la lan-gueur,va 



doubler du ti-tre flatteur d'amant vainqueur! 



DE P O L Y M N I E. m 

Puis comme au souffle du zéphyr on voit la 



fleur s'épanouir, ainsi, Zé- lis, par le plai- 

sir, tu verras croî:re et s'embellir les charmes 

quepouiroit flé-trir rindif-fé - ren- 

ce. Hâ-t. ns-nous , crois-moi, de cueillir les 

bai-sers , roses dudesir. Siparpu-deur, tu 
L 



2 ÉTRENNES 

veux languir, c'est un lar - cm fait auplài- 



^^SiÉ=Ëi^É 



sir, dont les regrets te sauront bien pu- 
nir ! Quoi I toujours tu re - fuses,&c. 



Quoi 1 toujours tu refuses 
Ce prix à mon ardeur ?.... 

Erreur î 
Oui , Zélis , tu t'abuses 
En t'armant de rigueur. 
Le plaisir de se rendre 
Vaut bien le triste honneur 
Que trouve à se défendre 
Un trop sensible cœur J 



DE P O L Y M N I E. 113 



CHANSON 

Adressée à Mademoiselle de^ D * * *, 
Paroles de M. Sabatier de Cavaillon. 

Air de Biaise et Bahet : C'est pour roi que jt 
les arrange , &c. 

\t^UE le front couronné de roses , 
Le printems sourie aux beaux jours , 
Je ne vois point les fleurs écloses , 
Quand je ne vois point mes amours. 
L'automne , ma saison chérie , 
M'offre de plus rares présens j 
Puisqu'elle m'amène Emilie , 
L'automne est pour moi le printems. 

Fixant la gaîté sut ses traces , 
Et rendant les Bergers heureux , 
Le printems attire les Grâces , 
L'automne les offre à mes yeux. 
Si Philomele , plus touchante , 
Dans le printems charme les bois , 
Li, 



124 ÉTRENNES 

Qu'Emilie en automne chante , 
Du rossignol j'entends la voix. 

L'hiver pour moi près d'Emilie 
Pcrdroit ses glaçons rigoureux i 
De l'été l'ardeur ressentie 
M'échaufFeroit moins que ses yeux. 
SI par ses dons l'automne enchante , 
' Chaque saison a ses beautés. 
Quelle est pour moi la plus charmante î 
Celle oii je suis à ses côtés. 

Veut-on que la saison fleurie 

Soit la saison de s'enflammer ? 

Je dis : ce Connoît-on Emilie ? 

5> Dans tous les tcms il faut l'aimer.» 

Il n'est qu'un mal qui me tourmente. 

Son absence fait mon malheur ; 

Mais puis- je bien la croire absente , 

Puisqu'elle est toujours dans mon cœur ï 



D E P O L Y M N I E, n^ 



LA PLUME DE L'AMOUR , 

jillegorie sur une Belle devenue Auteur. 

Paroles et musique de M. le Chevalier de Meude- 

Monpas. 
Andandno. 



Pour en-ga-ger l'Amour à res - ter 



a-vec el-!e, Li-se te -noir ce 



^- 



"■^ ^^^ntl— I— 



Dieu par le bout de son ai- 

le. Mais l'en-fant de Cy-thè- 

Li:) 



latf ÉTRENNES 

re cfchap-pa de sa main; noa sans 



'?=f 



'-WmT^t>^ 



per-dreune plume , et s'en - vc» 

la soa - Gain. Li-se de-puis es 



I 



SEZpZCfZ-CL — P-J^/- — U—Lr—SZCSiC:^ — lE 
tems , le cœur plein d'amer -tu- me, 

dans l'en -cre la plus noire a trem-pé 



— -^1 — [—1^1 — Il ~ ri ~ 



EE3 

cette plu 



DE P O L Y M N I E. 127 



CHANSON 

Du Po'ète Tursind-Méédi-Tsaar y chantée 
dans Us jardins de Fha\or , par un vieux 
Jardinier Turc. 

Paroles de M. Méiard de Saint-Jusu 

Air da Ballet des Pierrots. 

jFleurs nouvelles , ô fleurs charmantes! 
Ecoutez les vœux de Phazor j 
Plantes timides , innocentes , 
Vous êtes son plus cher trésor '. 

Sur vous , dans ce lieu de délices , 
Il veille les jours et les nuits 5 
C'est lui dont les mains protectrices 
Vous donnent d'utiles appuis. 
A l'abri sous ce frais ombrage , 
Vous bravez les noirs aquilons , 
Et le midi qui , dans sa rage , 
Excite d'ardens tourbillons. 
Ilcurs , Scco 



ETRENNES 
Les bouquets des jardins de Flore 
N'ont pas vos brillantes couleurs ; 
Votre éclat fait honte à l'auroïc : 
Elle en verse au matin des pleurs. 
De l'innocence toujours pure 
Vous avez la blanche candeur ; 
Votre pourpre de la nature 
Nous peint la naïve pudeur. 
Fleurs , Sec. 

D'un le'ger duvet tapissées 
Vos feuilles peuvent se flétrir j 
Par le seul zéphyr balancées , 
Qu'elles redoutent le zéphyr. 
Phazor qui tendrement vous aime , 
Et vous garantit des hasards , 
Phazor craint d'arrêter lui-même 
Trop long-tems sur vous ses regards. 
Fleurs , &c. 

Inquiet , jaloux , par tendresse , 
Phazor étendra désormais , 
Protecteur de votre foiblesse , 
Un voile sur tous vos attrait% 



DE P O L Y M N I E, 12^ 

Par votre amant , fleurs odorantes , 
Vous jouirez d'un sort heureux ; 
Mais, modestes , toujours constantes , 
Croissez sous ce platane ombreux. 
Fleurs , Sec. 

De la grâce qui vous décore 
Ne vous enorgueillissez pas : 
Vous serez plus belles encore , 
Si vous ignorez vos appas. 
Cachez-nous ces beautés édoses , 
Du Ciel inestimables dons ; 
Et , s'il se peut , cachez ces roses : 
Cachez aussi vos frais boutons, 
rieurs , ficc. 

Trésors des champs , fleurs embaumées , 
Vous charmez l'odorat , les yeux i 
Les campagnes sont parfumées 
De votre encens , digne des Dieux. 
De vos parfums soyez avares , 
N'en permettez aucun larcin j 
Et les plus doux et les plus rares , 
Pleurs , s'exhalent de votre sein ! 
rieurs, &c. 



ïjo ÉTRENNES 

Craignez le hanneton nuisible , 
Et le volage papillon : 
Il plaît 5 mais ii est insensible. 
Craignez la guêpe et le ftélon. 
Evitez l'abeille : elle lance 
Un trait perçant et redouté j 
Vous perdriez votre innocence , 
Avec votre timidité'. 
Fleurs , ôcc. 

Des Rois et des Grands de la terre 

Phazor a vu les beaux jardins , 

Dont les fleurs , dans chaque parterre » 

S'offroient aux plus vils des humains. 

C'est là que la rose ftagile , 

Sans redouter les froids hivers , 

Sur son sort sans crainte et tranquille , 

Brave l'inclémence des airs. 

rieuti , &CC. 

Effrontément audacieuses 
Ces fleurs croissent avec orgueil ; 
Mais leurs grâces impérieuses 
Rencontrent bientôt un écueil. 



DE P O L Y M N I E. iji 
Eientôt de leur tendre feuillage 
On leur voir perdre l'ornement j 
Pour vouloir plaire davantage , 
Elles n'ont plus un seul amant. 
Fleurs , &c. 

Phazor , (i) que le plaisir devance , 
Dans son sérail est de retour. 
De ses jardins , en son absence , 
La haine avoit banni l'amour. 
Parmi les fleurs , hclas ! l'envie 
"Verse aussi ses poisons secrets j 
Phazor leur redonne la vie , 
Par ses soins et par ses bienfaits, 
rieurs , 5cc. 

Le voile aimable du mystère , 
Pour l'amour voile précieux , 
Couvroit de son ombre légère 
Cet asyle silencieux. 
« Dou;c objets de ma complaisance , 
Leur dit Phazor , n ô chastes sœurs ! 

(i) Phazor venoic d'airiver de son Ambassade k 
la Cour d'un des ftinçes Chtticicns. 



ijr ÉTRENNES 

3> Ah ! conservez votre ignorance i 
}■> Elle est la parure des fleurs ! » 

Pleurs nouvelles, ô fleurs charmantes! 
Ecoutez les vœux de Phazor ; 
l'iantes timides , innocentes , 
Vous êtes son plus cher trésor î 

Envoi du Poète Turc , Auteur de cette ckari' 
son y a la jeune Niy}xeine, 

Vierge pure , ô Vierge timide ! J 

Pleur édose de ce matin , 
O toi que l'innocence guide 
Et tient encore par la main , 
Toi par qui , jeune Nizoxeine , 
L'Amour sera long-tems vainqueur , 
Chante ces couplets ; mais qu'à peine . 
Ils soient entendus de ton cœiu 1 



II 



L'INDIFFERENT 



DE P O L Y M N I E. ijj 

_ er ' , ■ , 1 

L'INDIFFÉRENT, 

ROMANCE. 

"Paroles de M. de La Mothe j musique d* 
M. Favier , 

Ou air : O toi qui n'eus jamais du naître , &c, 

'.t Gratiofo. 



■ ** — "z — :^ — — I — — \i 



Le Dieu qu'à Cy - thère on en- 
cen-se trop long - tems a fait mon des- 






tin : douce et pai - sible in.dif-fé- 

-jj i .1 —r- — — I 1^^ ~\~Vl^ 



rea-ce, je me re - po - se 

M 



Ij+ 



ÉTRENNES 



dans ton sein ! 



Bel- le jeu- 



nés - se , qu'Amour ca - res - se , 



con-iacrez - lui vos plus beimx 



;|ipEÊ^Êp^EE^^| 



jours : a • vec en - vi - e , sans ja-lou- 



-SI 



si - e , je verrai vos ten-dres a 



mours, je verrai vos ten-dres a» 



DE P O L Y M N I E. ijç 



mours! Bille , &c. Ad libitum. 

Ah! qu'elle est belle, ma Zélie 1 
Avec quelle ardeur je l'aimois ! 
Déjà, peut-être, elle m'oublie : 
Moi , je ne l'oublîrai jamais. 
Belle jeunesse , &c. 

Oui, je renonce, ma Zélie , 
Au titre heureux de ton amant i 
Mais, comme soeur, ou comme amie. 
Je t'offre un plus doux sentiment. 
Belle jeunesse , 6cc. 

Je méprise un amant fiivole , 
Qui , plus charmé d'un nouveau choix , 
Outrage l'innocente idole 
Dont long-tems il chérit les loix. 
Belle jeunesse , £cc. 



M ij 



kj^ ÊTRENNES 

■^ ■ • ■ i^-^ 

COUPLETS 

ADRESSÉS A MADEMOISELLE DE * * *. 

Paroles de M. de Lar * * *. 

Air : Du haut en bas , &e. 

JLJ'U Dieu des coears 
Aimée est la fidelle image ; 

Du Dieu des cœurs 
Aimée a les traits enclianteurs I 
Doux sourire et tendre langage , 
Elle a tous les dons en partage 

Du Dieu des cœurs. 

A ses côtés 
Les Plaisirs voltigent , sans cesse > 

A ses côtés 
L'on goûte mille voluptés. 
Ceux même que rien n'intéresse 
Eprouvent la plus douce ivresse 

A ses côtés. 



DE P O L Y M N I E. i57 

De sa beauté 
Seule elle ignore la puissance i 

De- sa beauté 
Elle ne fait pas vanité. 
La modestie et l'innocence 
Lui font oublier ce qu'on pense 

De sa beauté. 



CHANSON 

Chantée par Madame T'^ ** , à son mari , 
/e jour de ses noces. 

Paroles de M. de La Viéville. 

Air : ^vec les jeux dans le village , Sec. 

^J'LTi , je voulois fuir l'hyménée : 
La raison m'en faisoit la loi 5 
Mais le sort m'avoit destinée 
Au mortel le plus fait pour moi. 
L'esprit , les talens , la science , 
Tout me parloit en sa faveur. 

M tij 



It^S ÉTRENNES 
Pour prix de sa tendre constance , 
Lui seul régnera sur mon cœur! ( Bis.') 

Le bonheur, aujourd'hui si rare , 
Chez les amans , chez les époux , 
A l'un et l'autre nous prépare 
Des jours paisibles et bien doux l 
Mon ami , prouvons à la terre 
Qu'on est réellement heureux 
Quand on ne cherche qu'à se plaire , • 
Et qu'on n'est qu'un, bien qu'on soit deusî 

{Bis.) 

Je veux que ma délicatesse 

Soit rivale de ton amour i 

Et sans te vanter ma sagesse 

Que tu la vantes chaque jour. 

Si , bénissant notre ménage , 

Le Ciel nous accorde un enfant. 

Qu'il ait ta belle ame en partage , 

A mes yeux il sera charmant i ( 5/5. ) 



r> E P O L Y M N I E. ïî.> 

MON DERNIER CHOIXj 

R OM A N C E, 

Paroles de M. G * * * L.* * * ; musique de 
M. Pouteau , Maître dcClavecin, 

Gratioso^ 



*3^=sztz^ziztz^—^ï 



Lise à- ja - mais re-gne- 

3 



S^ESEÈÊ2îEEe^SE33= 



ra Sur mon cœur. Eh! qui pourroitne point 



rendre les ar - mes? Ses yeux.où. 



bril-lent tast àe charmes,jplaident trop 



140 ÉTRENNES 



bien ^ en sa fa - veur '. Lorsque l'on 



0W ^ 



-Ȏ-f-''i 






voit cette Ber - gè - re le cœur se 
prend; on doit l'ai-mer. El - le pos- 



irendjondoit l'ai-mer. El - le pos- 



se -de tout pour plaire; elle est 
fai-te pour tout char -mer! El -le pos- 



se - de tout pour plai - re; elle est 



DE P O L Y M N I E. mï 

.»â — ) — ^^ ^ 

l ■ ^*_^_j,_t4,_lÉ.* 

fai-tepour tout char - me:! Elle est 

faite,3lle est fai-te pour toutcharmerîpour 



zgEgEFgr^^gEgEgE^a 



tout char - mer ! pour tout char - mer ! 

Si quelquefois de ses tendres acccns 
J'entends, hélas ! la douce mélodie , 
Sa voix si fraîche et si Jolie 
Porte rameur dans tous mes sens l 
Lorsque , &c. 

Quand je lui peins les transports de mon cœur» 
Ses yeux font voir le trouble de son ame. 
Lise au feu brûlant qui m'enflamme » 
Lise répond , pour mon bonheur I 
Lorsque » Sec. 



Uz ETRENNES 

PORTRAITS DE FANTAISIE , 

VAUDEVILLE. 

Paroles de M. Willemain d'Abancourt. 

Air : Doux rigard et joli meùntUn , ÔCC* 

JLiciDAS est enfin Guerrier : 
]1 vient d'arborer la cocarde ; 
Mais poor cueillit un vain laurier 
Ne croyez pas qu'il se hasarde. 
Ja ne dis point qu'il est poltron ; 
Mais qu'il a fait vœu d'être sage : 
A Paris il est fenfaron , 
A •l'armée il baisse le ton. 

Que lui manque-t-il î ( Bis. ) Du courage. 

( 5'*. ) 

Aux honneurs enfin parvenu , 

Par son mérite et sa naissance, 

Ariste n'est pas sans vertu j 

Mais il a trop de suffisance. 

On convient de ses qualités $ 



D E P O L Y M N I E, 141 

Chacun dit qu'il est estimable : 
Malgré ses bonnes qualités 
On le fuit de tous les côtés. 
Que lui manque-t-il .* ( Bis. ) D'être ai- 
mable. ( E-is. ) 

Cidalise parle beaucoup j 
Elle médit de tout le monde. 
On sait trop bien quel est son goût. 
Et chacun l'évite, à la ronde. 
Avec des grâces , des attnits , 
Cidalise ne sauroit plaire ; 
Son règne est passé pour jamais : 
Avec des grâces , des attraits , 
Que lui manque - t - il î ( Bis. ) De se 
taire. ( Bis. ) 

Un grand Seigneur , effrontément , 
Emprunte mainte et mainte somme. 
Une fois qu'il a votre argent , 
Vous ne revoyez plus cet homme. 
S'il vous trouve , il vous meconnolt. 
Je n'ai pas de peine à le croire. 
L'abordez-vous ? il est distrait ; 



144 É T R E N N E S , 

A peine s'il vous reconnoît. ' 

Que lui manque- 1- il? {,Bls>) La mé- 
moire. ( Bis, J 

ïiere du nom de ses ayeux. 
Que sa conduite déshonore , 
Constance promené en tous lieux 
L'ambition qui la dévore. 
Insolente et basse, à la fois. 
Quand on l'exalte , ou qu'on la blâme , 
Sur son compte il n'est qu'une voix ; 
Insolente et basse à la fois , 
Que lui manque-t-il } ( £ù. ) Rien qu'une 
amc. ( Bis. ) 



COUPLETS 



DE P O L Y M N I E. 14^ 
e=~rr= — ■ - ■. - ..--. 

COUPLETS 

ADRESSÉS A DES NOUVEAUX MARIÉS. 

•Paroles de M. le Chevalier de Noizet ; musique 
de M. L'Abbé Jacqueinotit du Douzon. 

Plein d'une amoureuse i - vresse. 



O-Vide en fait de ten - dresse donne 

1,^^ r«ai — , f4—~yj—. _ 

X] i,j«»=1 ■■"a^ — ft -rt— i — T^ -H— Hsr— 



des leçons à trus. Moi.j'ap- 



^:=i<^z:itS^-^^zz;3^z^z^z=M—lztz: 

prcns comme en mé - nage, malgré 

N 



J4^ 



ETRENNES 






son humeur vo - la-ge, rhyrcen,deve- 



nu plus deux,sur l'a-mour a le des- 

sous, sur rarriour a le dessous. 

Puisqu'aux hommes en partage 
De la force et du courage 
Les dor.s heureux sont échus , 
D'abord hardiment je pose 
Que l'époux , sur toute chose , 
Doit , sans débats superflus , 
Toujours avoir le dessus. ( Bis, ) 

Vainement pour se défendre 
Des assauts du beau Silvandre , 
Lise s'arme de courroux. 
J'ignore s'il sait s'y prendre 
De la fa^on la plus tendre j 



DE POLYMNIE. i^t 
Mais il est sûr , entre nous , 
Qu'elle a toujours le dessous. ( Bh. ) 

Ainsi , près de votre femme , 

Dans votre amoureuse flamme , 

Maris , soyez absolus j 

Et par fois si la rebelle 

Aux transports de votre zelc 

Opposoit quelques refus , 

Sachez prendre le dessus. ( Bis. ) 

Quelle est la femme intraitable 

Qui , dans cette chaîne aimable , 

Ne voit que soucis jaloux î 

C'est celle qui , querelleuse 

Et d'humeur impérieuse , 

Jamais avec son époux 

bic veut avoir le dessous. ( Bis. ) 

Le plus heureux mariage 
A ses noirs momens d'orage : 
La douceur les calme tous ; 
Et femi-pe prudente et sage 
Doit , en ces jours de tapage , 
Pour appaiser son époux , 
Toujourî avoir le dessous. ( BU. ) 

Nii 



148 ETRENNES 
Sexe d'humeur dcspcrique , 
De ce conseil pacifique 
Ne redoutez point d'abus. 
Vous savez bien que le nôtre , 
Vainqueur généreux du vôtre , 
Ne vous cède jamais plus 
Qu'alors qu'il a le dessus ?. ( Bis. ) 



COUPLETS 

ADRESSÉS A LA STATUE DETHÉMIRE. 

Paroles de M. le Chevalier de Cubieres. 

Air : Oui , par fortune trouvera , £cc. 

M.JE l'objet le plus gricieux 

Voilà donc la statue ? 
Taut-il , loin de plaire à mes yeux , 

Que son aspect me tue ? 
Quand je regarde le portrait 

Je crois voir le modèle j 
Mais plus l'un et l'autre est parfait. 

Plus ma peiuc est cruelle 1 



DE POLYMNIE. no 
L'un égale , par la blancheur, 

La neige la plus pure ; 
Mais tous deux en ont la froideur 

Peinte sur la figure. 
L'un Me dit mot à mes discours ; 

L'autre répond à peine. 
Ils sont tous deux mueîs et sourds. 

Mon aniè en est ceitaiuc. 

L'un a rinscn,>ibilité 

Pour unique partage 
Et de l'autre la dureté 

Est le triste avantage. 
Un point les distingue pourtant ; 

Tout haut , je le confesse : 
L'an est immobile et constant î 

L'autre chaiige , sans cesse» 



N iH 



i;o 



ET HENNES 



LES REGRETS 

D'UNE JEUNE BERGERE , DEVENUE 
GRANDE DAME , 

R O M A N c r. 

Paroles de M. Moline j musique de M.Horsiski, 

Ou air : Daigne écoiu:r V amant fidèle et tendre , 



g^:p-^^Fg?E@FE^=feË 
- -^ ^-F=F ^^ — F- 



DE P O L Y M N I E. iji 



r:D:fe^=1 



g— ^-*-ij- 






Loin da Ha- 



rp^dir:J-|TrEr=r=: 






meau , sans peine et sans al- 
U — »!»— ' — ^rfi^'-j ■■ 1 ; 



iar - mes, cha-que ma - tiii je 



^£-K*©-i 



,— ?- 



■*©-P — F -j — P — I — 

'^m mjap i jOM^ — j & f- 1 — j Ç^*^ 



ijt ETRENNES 

1 glzi^!:z^gz.rgz|g!g^zp=3— gzpzâz 

me - nul 5 mes mou - tons. 









D'un doux re - pos,mon cœar gou- 



ÉSÈ 



7^ a/ 1 '* 

_— ; S. iS l_ 



' Ê£z|zi-z«zÉ?^|i2-«-Ftt==r;=j>ï 

toit les char- m :s, et les é- 

^ÊEE=E=fi3=:=3rf:55^zzz3= 



DE POLYMNIE. 

!ifl*^ |Ba«aé l«*« 



Mî 



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chos ré - pe - tui.nt mes clnn- 






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■>>--< -c» 



Le .jour baissant j'allois sur la fougère 
Danser au son des tendres chalumeaux. 
Je me plaisois dans ma simple chaumière. 
L'ambition m'a ravi mon repos. 

Heureux in';tans que mon ame regrette , 
Charmans loisirs où se livroit mon creur , 
Dans ce Château sans cesse je répète, 
Hélas 1 sans vous il n'est point de bonheur ! 



ir4 ÉTRENNES 



COUPLETS 

Adressés h Madame * * * , qui a opéré 
la conversion de l'Auteur. 

Paroles de M. * * *. 

Air : Que ne suis je la fougère ? Scc. 

il RISTE partisan d'Euclide , 
De Nollet et de Newton , 
Comme eux , hélas ! pour tout guide , 
J'avois la froide raison. 
De planettes en plancttes 
Je poursuivois le bonheur , 
Ignoraiv que , sans lunettes , 
On le trouve au fond du cœur. 

Enfin je vous vis , Thémire , 
J'entendis vos doux accens j 
Un délicieux délire 
Enivra soudain mes sens. 



D E P O L Y M N I E. i^î 
Revenu de ma folie , 
Je connus, en ce moment. 
Que toute l'astronomie 
Ne vaut pas un sentiment. 

s 

COUPLET 

ADRESSÉ A M. LE FRANC, 
Le jour Je Saint-Claude , son Patron, 

Paroles du Berger Sylvain, 
Air : ^vec les jeux dans le village , 5:c. 

/&.U Parnasse , ainsi qu'à Cythere , 
Mieux famé que ton Saint Patron, 
De lauriers , de myrthe et de lierre 
L'amitié te doit un feston. 
Au sein des Muses et des Grâces 
Fais toujours des vers et l'amour; 
Mais aussi , fidèle à ses traces , 
L'amitié te demande un jour ; 
A l'amitié consacre un jour ! 



r,j« 



ÉTRENNES 



LA RÉSOLUTION INUTILE, 

Chanson, 

ADRESSÉE A MADEMOISSELLE * * *. 

Paroles de M. Evra j musique de M. le Che- 
valier de Saint-Georges. 



J'avois ju - ré que l'Amonr et les 

&re-^zEzi:3zzt±=5zËEE^r:=f^3iî 

Belles ne seroient plus l'oLjet clemsschan« 

=EEâEEI^zEi^?EiEF5 



'JÎ-. 



isa: 



'^EIzzzErtitzz'pEtEzziiEEE^EEriS 

sons : r:do'Ji;'.nL Ic.irs ru - sos cru- 

■tt: "-^^ s—Q~0-^ — J — la 

el-lei, je voulois f:^rmer a'aatres sjns; 

^*=— drizp^q!^zL3z=iîZçrr^zcïïz 
feEâE^EEgE?EÈtfiE?EEEEt3EÉE 

mais, hé- las! du Dieud'1-da- li - e 



D E P O L Y M N I E. 157 

ua mortel se rit vai-nement . Lorsque 



EÎËÈ^SE^?ËtefEiËËÉEz 

je fai - sois ce ser - ment je n'a- 






vois pas vu Ro-sa - li - e , je n'a- 





ESEèÉS 


t^--. 


BE^ 


M- 



voispas vu Ro-sa - U - e! 

Amans légers dont la flamme volage 
Br'le et s'éteint au gré de vos désirs , , 
Fixez les yeux sur son image , 
Vous connoîtrez d'autres plaisirs. 
En la voyant aussi jolie , 
Zéphyre dex'iendroit constant. 
Ah ! qui peut trahir son serment 
S'il jute d'aimer Rolalie ? ( Bis. ) 



ïî» ÊTRENNES 

CHANSON 

ADRESSEE A MADAME C... 

Paroles de M. de La Vie ville. 

Air : Dans cette aimable solitude , &c. 

i RÈS de la tendre Eléonore 
Les jours coulent rapidement. 
Qui la connoît bientôt l'adore , 
Et s'en occupe à chaque instant. 

Ce Dieu qu'on chante , 

Que chacun vante , 
N'a point de flèches pou: son cœur. 

Sans récompense , 

Sans espérance , 
Près d'elle on croit au vrai bonheur. 

Une aimable philosophie 
A su remplir tous ses momens ; 
Aux épines de notre vie 
£lle oppose mille taleas. 



DE P O L Y M N I E. ij-r 

Quand la Physique , 

Quand la Musique 
Ne charment pas ses doux loisirs ^ 

C'est son ménage 

Qui la partage 
Et qui comble alors ses plaisirs. 

O toi qui règnes sur son ame , 
Toi qui possèdes seul son cœur , 
La même amitié vous enflamme. 
Rien n'altérera ton bonheur. 

Son caractère , 

Bien fait pour plaire , 
Est l'objet de notre entietien. 

Chacun répète : 

« Elle etoit faite 
» Pour un cœur pur comme le tien. » 



O ij 



i6o ETRENNES 



L'AMANT QUI FRAPPE A LA PORTE 
DE SA MAITRESSE , 

Chanson, 

imitée de l'allemand. 

Paroles de M. Porto j musique de J. Haydn. 

Allegretto staccato. 
-rr»^ 1 — 



:*2: 



eEgas 



i^E^^l^i^ 



Eh ! quoi, personne i - ci ? Ba-bet,ou- 



vre à ton doux a - mi. C'est Colia, ton a- 
mant chc - ri , c'est Colin , ton amant ché- 



czïtilrbil^ 



'ZSiZt 



ri. . . Ba - betfait la cru - el - le, et , 



DE POLYMNIE. 



iSi 



lz:^-4~ 



r T^rrï]— rr 

— (i_f:_t: 



sans nul -le fa-çon: « Ta-ra là^là, 






:;]=r 



î=£iezL3:=3=3 



Ià;ta-ra là, là, là : c'est trop tard, 

rgrg=gg=rrprrpF=f^zp=»z— -=r 
ré - pond - el - le. Non , mon a- 



mi, non, non. » 

L'ainant , triste et chagrin , 
Voit qu'il se désespère en vain. 
« Hélas 1 dit-il , partons soudain, » ( Bis. ) 
Mais une clef qui tourne 
Ranime son espoir. 
Le voilà qui retourne , 
« Disons , au moins , bon soir. » 
O iij 



tez ÉTRENNES 

ce Babet , de ton amant , 
« Toujours tendre et toujours constant , 
îî Couronne enfin le sentiment, n ( 5«. ) 

Babet n'est plus sévère , 

L'Aiiiour parle à son cceiu , 

Et l'enfant de Cytliere 

La conduit au bonheui. 

Tous les gens d'alentour , 
De Colin guétoient le retour j 
Alais on s'oublie avec l'Amour. ( Btj. ) 
Et tout le voisinage 
Disoit , d'un ton malin , 
ce Oui , Babet est bien sage , 
» Mais l'Amour est plus fin 1 3» 



DE P O L Y M N I E. 



CHANSON' 
ADRESSÉE A MADAME DE C . 
Paroles (k M. Sabatier de Cavaillon. 
Air ; Entends ma voix , &c. 

O'jlLS sons flatteurs ! 
Orphée en eut vanté les charmes , 

Quels sons flatteurs ! 
Ils maîtrisent nos cœurs. 

L'indifférent 
S'attendrit et verse des larmes : 

Oui , qui l'entend , 
Devient bientôt amant. 
Des sons aussi parfaits , 
D'Amour valent les traits. 

Quels sons flatteurs 1 &c. 
Quand le Berger fidèle 
Pour SCS beaux yeux languit , 
A sa voix Philomele 

Meurt de dépit. 
Si SCS yeux font mourir , 



i(?4 ETRENNES 
Sa voix devroit guérir 
La peine trop cruelle 

Qu'ils font soufïiir. 

Quels sons flatteurs ! Sec. 



AU CYPRÈS 

QUE J'AI TLANTÉ SUR LE TOMBEAU 
DE MON PERE, 

Romance. 

Paroles de M. Willcmain d'Abancourt. 

Air : Je l'ai planté ,je l'a: vu nahre, &c. 

-U- Ol , que sur la tombe d'un perc 
Chaque printems verra fleurir , 
Témoin de ma douleur amerc , 
Tu l'apprendras à l'avenir. 

Si je pouvoir briser la chaîne 
Qui sur mes jours s'en va peser , 
Près de toi nourrissant ma peine » 
De mes pleurs j'ivois t'arroscr. 



DE P O L Y M N I E. 1^5 

Je veux un jour que ton feuillage 
Soit visité du voj'ageur , 
Et qu'attendri son cœur partage 
Et mes regrets et ma douleur. 

Attiré sous l'ombre paisible , 
Sous l'ombre de tes vieux rameaux. 
S'il n'a pas une ame insensible , 
Sans pleurer lira-t il ces mots ? 

« Qui que tu sois , bénis la terre 
33 Où le hasard guida tes pas : 
» Si la mort t'a privé d'un père , 
« Tu l'as aimé , tu me plaindras. 

15 Du m!:n , hélas! tu vois la cendre, 
33 Tu vois le reste inaninié i 
j3 Par les pleurs qu'il m'r. fait répandre 
» Tu jugeras s'il fut aimé I » 



ï66 E T R E N N E S 



L'INGENUE, 
R O M A N C E. 

Paroles de M. G * '' * L * * * 5 musique de 
M. Le Roy de Sutmain , ProEisseur. 



Wa-man me dittou-jours que l'a- 



mour est vo - la - ge , qu'il obscur- 



ci — -|— a-F«j 1-^— P — I -F— — E — 9 — ff^j-î 

cirnos plus bejux jours, etqu'ilnous 

nn:?razrËzz!vrqz: 



-rr y-, — 



^z^b±:jzrîjz=|^ 



met ea es-cla • va-ge. Je n'en sais 



DE P O L Y M N I E. 



167 



^r=i: 



E—0- 



rien , je n'en sais rien. De -puis que 



:5:rpîr^g=Bzg=q"^zrnrEerazezs=35 



}ai 



me Lu - bin mon bonheur 



est sans nu - a - ge ; de -puis que 
j'ai - me Lu • b.n , mon bonheur 






est sans nu - a - ge. 

De sa tendre£se au bois 
11 vient m'cfîiir l'hommage. 
S:>ns y penser je le reçois, 
L'Amour vient achevcï l'ouvrace, 



i6i ÉTRENKES 

Je le sens bien , ( Bis. ) 

Depuis que j'aime Lubin , 5cc. 

Quoi qu'en dise maman , 

11 est doux à mon âge 
D'avoir Lubin pour mon amant. 
Ah î pour moi quel heureux présage. 

Je le vois bien ,• ( Bis. ) 

Depuis que j'aime Lubia , &cc. 



L'AMOUR EST DE TOUT AGE , 

CHANSON. 

Paroles de feu M. Saurin. 
Air : Jusques dam la molnin chose , 8cc. 

Amour , laisse en paix ma lyre : 
Tu fus mon maître autrefois ; 
Mais j'ai quitté ton empire : 
On souffre trop sous tes loix. 
j'ai dit : « Adieu le bel âge ; » 
J'ai dit : v. Adieu les amout£ ; ■» 



DE P O L Y M N I E. 1^9 

» Il est bien tems d'être sage 
» Dans l'automne de ses jours ! n 

« Connois l'erreur qui t'cgare , 
M'a dit cet enfant vainqueur , 
3> Ce beau nom dont on se parc 
35 Cache le néant du cœur. 
33 Triste fou , qui te crois sage , 
33 Ne crains point de t'enflaniraer. 
33 Piaire n'est plus de ton âge ; 
33 Mais n'est-ce rien que d'aimer J » 

Aux erreurs de l'espérance 
N'immolons point nos désirs. 
La nuit fatale s'avance , 
Qui détruira nos plaisirs. 
Ménageons bien son absence « 
Et tandis que le jour luit , 
Qu'un instant de jouissance 
Succède à celui qui fuit. 

Quand notre course s'achève 
Tous nos ébats sont cessés : 
L'eau de l'oubli nous enlève 
Jusqu'à nos plaiiirs passés. 



I70 É T R E N N E S 

L'Amour aux royaumes sombres 
Ne porte point son flambeau : 
On n'embrasse que des ombres , 
Et l'on n'y boit que de l'eau. 

Rions de l'erreur extrême 
De ce sage prétendu , 
Toujours contraire à lui-même , 
A s'attrister assidu. 
Que , fidèle à son système , 
Dans un douteux avenir , 

Il clierche le bien suprême j 
Contentons-nous d'en jouir ! 



L'AMAKT QUI N'EST POINT JALOUX, 
Chanson. 

Paroles de M. Lar * * *, 
Air : Quand le bun-aimé rîviendrd , &c. 

JJ/ans un doux instant de bonheur , 
O mon adorable maîtresse ! 
Tu fis serment qu'à mon aideiu 



DE P O L Y M N I E. 171 

Tu serois fidelle sans cesse ! . 
Mais , Adeline , hélas ! hélas ! 
Je vois tant d'amans sur tes pas ! ( Bis, ) 

Ne crains pourtant pas que mon cœur 

S'ouvre à la sombre jalousie ; 

Je n'ai point l'injuste rigueur 

D'oser soupçonner mon amie. 

Mais, Adeline , hélas ! hélas ! 

Pourquoi tant d'amans sur tes pas J ( Bis. ) 

Je sais que pour trahir sa foi 

Il faudroit n'avoir pas ton ame j 

Que la vertu qui brille en toi 

Me doit rassurer sur ta flamme. 

Mais , Adeline, hélas ! helas I 

Bannis ces amans de tes pas î ( Bis. ) 



Piî 



i7i ÉTRÊNNE5 



CONSEILS AUX AMANS, 

CHANSON. 

Paroles de M. le Chevalier de Noizet; musique 
de M. l'Abbé Jacquemont duDoiizon. 

Allegro. 



^ÎSÊË 



F*-- 1-^ 



iSEÈE? 



Que d'autres cé-iébrent l'em-pi-re du 
Dieu qui préside aux combats -.un Dieu des- 






-*iÊzE±^zHziïd 



(=F2=»3H 



truc-teur n'au - ra pas le tendre kom- 



^NSi:3Ëal 



eÉS;^s33 



mage de ma ly - re. Aux pieds d'un. 



DE POLYMNIE. 



I7Î 



maître plus charmant, j'en-fle-raimadou- 
^7S O. 



[ — 1««* ' '- 



ce muset - te : je chan-te-rai,sous la cou- 

dret- te, l'aimable Dieu du sen-ti-ment. 

Accourez , gentilles Bergères , 
Venez , venez sur ces gazons j 
Je vais vous dicter des leçons 
Qu'à la ville on trouve sévères. 
N'être sensible qu'aux accens 
Des Bergers discrets et fidèles , 
Voilà le sage avis qu'aux Belles 
Donne ici ma Muse en ses chants. 

Et vous , Bergers de ces bocages , 
Qui menez paître vos brebis 
Sur des bords toujours rafraîcliis 
Par l'aile des Zéphyrs volages , 
P ii) 



»74 ETRENNES 

N'imitez pas ces Dieux légers 
Aupiès de vos jeunes amantes j 
Les Bergères sercient constantes. 
Sans l'inconstance des Bergers. 

S'égarer parfois sous t'ombrage , 
Guidés par d'innocens désirs , 
Là ne goûter que les plaisirs 
Qui ne rendent jamais volage.... 
A sa Belle prendre un baiser j 
Mais ne pas oser davantage.... 
C'est la conduite qu'au village 
Aux amans je viens proposer. 

Vous ignorez , amans des villes , 
Les douceurs d'un fidèle amour j 
Tous vos feux ne durent qu'un jour ^ 
Toutes vos chaînes sont fragiles. 
Comment dans ces lieux , en effet , 
Briller d'une flamme éternelle ? 
Le choix qu'y fait un cœur fidèle 
Est réprouvé par l'intérêt. 

Mais aux champs siège la constance , 
Rien n'y gêne un tendre penchant i 



DE P O L Y M N î E. 17J 
L'on y peut choisir son amant 
Sans éprouver de résistance. 
Jamais un pcre ambitieux , 
D'une main propice au parjure , 
Des cœurs unis par la nature 
K'y vient briser les tendres nœuds» 

Que d'autres célèbrent l'empire 
Du Dieu qui préside aux combats 5 
Au Dieu destructeur je n'ai pas 
Consacré les sons de ma lyre. 
Mais , fidèle aux tendres sermens 
Que j'ai faits à l'aimable Hortense ^ 
Dans mes vers j'ai peint la constancs j. 
Pour la rendre cherc aux amans» 



i7<î Ê T R É N N E S 
«■■■■■ ' • . =g 

COUPLETS 

Adressés h Madame de Domp * * * , a son 
retour de Spa. 

Paroles de M. Xavier de Domp * * * , son 
fils 5 âgé de quinze ans. 

Air : ^vec les jeux dans le village , &c. 

3 E suis au comble de l'ivresse î 

Ifien n'est égal à mon bonlieur I 

Je puis presser , avec tendresse , 

Ma belle maman sur mon cœur. 

Autour de sa taille si fine , 

J'enlace mes bras caressans ; 

Ma bouche à sa bouche divine 

JDonne cent baisers ravissans ! ( Bis. ) 

Cessez durs tourmens de l'absence ! 
Les Jeux , les Grâces , les Plaisirs 
Ramènent enfin la présence 
Du tendre objet de mes désirs. 



I> E P O L Y M N I E. 177 

Ces yeux où brille l'allégresse » 

Que mouillent les pleurs de l'amour , 

Je jure d'y puiser , sans cesse , 

Le doux sentiment du retour î ( BU. ) 

a- ■ , =; 

BOUTS'RIMÉS 

Donnés a remplir y a l'impromptu , a un 
souper che:^ M. R* * * des N* * "^ , où 
il y avoic plusieurs jolies femmes» 

Paroles de M. Baudrais. 

Air prescrit .- Pourrieivous bien douter encore, &c. 

JlJU Destin pouirois-je me . . plaindre J 

Il me guide ici par la main. 

Mes amis , je le dis , sans feindre , 

Y demeurer jujqu'à demain, 

A faire preuve d'e ma flamme , 

En attendant le point du jour j 

Ce seroit le vœu de mon ame , 

Si j'y pouvois parler d'amour î 

{Bis.) 



178 ETRENNES 

t ' , ' ■ " ' - . ' '3 

LA PLUS JOLIE, 

ROMANCE. 

Paroles de M. Auguste Gaude 5 musique de 
M. Poiro , Piofesseur. 

Ou air : Au tems jadis , un Chevalier , &c. 
Allegretto, 



524l»Z=pZZ»I 



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ËEiBE^i^ 



Per 



SON -NE naime au- 



Guitare . ZIT 



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rant que mai; non,per- | 



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19 



DE P O L Y M N I E. 

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son-ne , je le pa - ri - - 






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vous pour - quoi ? C'est que 

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ETRENNES 

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DE P O L Y M N I E. 
J'ai bien déjà fait son portrait ; 
Mais c'est en vain qu'on la copie , 
Et l'on ne la peint trait pour trait 
Qu'en disant : « C'est la plus joUe ! « 

Son regard fier , ou gracieux , 
Présente un charme qui varie ; 
Mais on voit toujours dans ses yeux 
Le regard de la plus jolie '. 

Simple et superbe , tour-à-tour , 
A ses traits chaque ton s'allie. 
C'est Minerve 5 puis c'est l'Amour... 
Eh l non , non , c'est la plus jolie 1 

Elle épuise dans un moment 
Et le bon sens et la folie j 
Mais elle plaît également , 
Et c'est toujours la plus jolie I 

Si je veux louer son esprit , 
Orné d'une grâce infinie j 
Elle se tait , et puis sourit , 
Pour n'être que la plus jolie! 



i?i ETRENNES 
Oh ! vous feriez mille tableaux 
Sans achever ma belle amie ; 
Aussi je jette mes pinceaux : 
On ne peint pas la plus jolie ! 

t. =a 

COUPLETS _ 

Chantés par M. de** * , travestie en Mar^ 
chandde Chansons ^ et s' accompagnant du 
violon y dans un Bal masqué ^ donné par 
Madame de B***. 

Paroles de M. de Lautel. 
Air ; Chansons , chansons. 

%j^Ui veut, qui veut des chansonnettes , 
Jeunes garçons , jeunes fillettes , 

Venez , yenez. 
Sans risque vous pouvez en prendre , 
Je les donne , au lieu de les vendK i 

Tenez , prenez. 

J'ai parcouru la terre et l'onde , 
Deujc fois j'ai fait k toui du monde ^ 



DE P O L Y M N I E. i?j 

Tout en chantant ; 
Et dans mes courses curieuses , 
J'ai vu des choses merveilleuses , 

Tout en courant. 

J'ai , dans toute la Normandie , 
Ce pays qu'à tort l'on décrie , 

J'ai vu pourtant. 
Sans nulle assurance frivole , 
Un Normand qui tenoit parole 

Exactement. 

Au Mans j'ai vu , je vous le nommer- 
Paul, Procureur , presque honnête homme j. 

Fuyant l'argent j 
Et deux témoins , d'un ait fort sage , 
ïaisant , gratis , en témoignage 

Un vrai serment. 

Dans Paris , à la Comédie > 
Je vis une Actrice jolie , 

Pleine d'honneur , 
Refuser l'offre de service 
Que lui faisoit, dans la coulisse 3. 

Un gros Seigneur. 

Qij 



i84 ETRENNES 
Un grand Physicien , à Cambridge , 
A fait un ballon , qu'il dirige 

A volonté. 
Par une faveur peu commune , 
Un jour , avec lui , dans la lonc 

Il m'a monté. 

Lorsqu'en ce globe un Journaliste 
A frondé l'œuvre d'un Artiste , 

Soudain il faut , 
Pour se montrer juge capable. 
Qu'il en recommence un semblable. 

Sans nul défaut. 

On y méprise l'ignorance : 

Les hommes seuls par la science 

S'y font un nom ^ 
Et l'on y berne une ignorante , 
' Comme on y siilie une Savante , 
Avec raison. 

J'ai vu des fous , j'ai vu des sages , 
De gais , de tristes personnages ; 

Mais aujourd'hui 
Je vois , grâces aux soins d'Horten^e , 



DE P O L Y M N I E. i8y 

Les Ris , les Jeux et la décence 
Fixés ici. 

Tout plaît dans ce Bal agréable ; 
Mais de sa Reine l'air affable 

Plaît encor mieux. 
Ça , Messieurs , chantons tous enscmbla : 
Vive celle qui nous rassemble 

Dans ces beaux lieux ! 



COUPLET 

Adressé à /a retraite de Mademoiselle de***.. 

Farcies de M. CoUeville. 

Air : Ct mouchoir , belle Raymondi , &C» 

Je» OIS touffus , qui de Zélie 
Ombragez souvent les traits , 
Couvrîtes-vous, de la vie , 
Des contours aussi parfaits ï 
Sa taille est légère et fine : i 

La rose a moins de fraîcheur ; 
Mais Zélie en a l'épine , 
Car clic a bksss mon cœur l 
QiiJ 



i8< 



ÉTRENNES 



CHANSONNETTE. 

Paroles de M. G * * * L***j musique de 
M. Le Roy de Surmain , Professeur. 



-*2z: 



sg^^pgPJË^^iî 






Jeu-ne fi!-le qu'Amour en - flam - me 



résis-te - t-elle à son vainqueur? 



-» — f,- 



:ïEÉKÊEEEÊÉÉfÊfc== 



— ^ — rj-Fi^- 

ce Dieu ré - ve.l - le dans son 



a-me le feu qui con - su - me son 



jEË êEH^^gË^BÊEjEE^ 



cœur. Pour Tircls Lau-re toujours 



D E P O L Y M N I E. 187 

:*r— =:=rrz=ir.zfc:rf!zÉErzt:z=iiZr^ 



veil-le, et ressent la plus vive ar- 



et ressent la plus vive ar- 



deur , 



deur, l'Amour.tout bas,vient lui 



dire à l'o - reil - le que ce Berger doit 



fai-re son bon-heur, l'Amour, tout 



~Se§ef3efP*e?eEe 



baSjvient lui dire à l'o - reil - le que 



5 — U-. 



iîsgi 



iz^dînc 



ee Berger doit fai-re son bon • heur. 



i32 ETRÊNNE5 

Laurc , du prochain village , 
S'en retournoit fort tristement : 
Le beau Tircis , à son passage , 
S'en vint lui conter son tourment. 
« Ahî d'un amant qui vous supplie, 
« Voulez-vous causer le malheur , 

» Lorsque lui même, aux dépends de sa vIC; 

» Voudroit, hélas ! faire votre bonheur î » 

De ce propos Laure touchée , 
Baisse les yeux et ne dit rien ; 
Tircis , qui lit dans sa pensée , 
L'entraîne vers le bois voisin. 
En vain veut-elle se défendre , 
Ses efforts firent son malheur j 
Elle sentit qu'elle devoit se rendre , 
£t que Tiicis fcioit tout son bonheur l 



P E P O L Y M N I E. ifÎ9 

ADELLE ET FONROSE, 
ROMANCE. 

Paroles de M. Willemain d'Abancourt. 

Air : Des coquilles. 

« JL U dors , mon fils , et dans les larmes 

» Je passe les jours et les nuits ; 

vi Ma douleur a pour moi des charmes , 

n Et je me plais dans mes ennuis. 

5) Dans l'âge heureux de l'innocence , 

3> Tu ne connois que les plaisirs j 

» Moi , victime de l'inconstance , 

55 L'écho n'entend que mes soupirs ! s» 

Ainsi dans sa morne tristesse , 
Près du berceau de son enfant » 
Adelle , pleurant sa foiblesse , 
Regrettoit un perfide amant. 
Eonrose , dans l'âge de plaire , 
Avoir séduit son jeune cœur , 
Et quand Adelle devint mère , 
Eonrose ne fut qu'un trompeur. 



,po É T R E N N E s 

Déjà quatre fois la nature 
A vu renaître le printems 
Depuis le jour oii le parjure 
Oublia jusqu'à ses sermens. 
Adelle ne tient à la vie 
Que pour le fruit de ses amours ; 
Du sort , dont elle est poursuivie , 
Elle eût sans lui fini le cours. 

Cependant Fonrosc , victime 
De sa faute et de ses remords , 
Cherchoit , pour réparer son crime y 
L'objet de ses premiers transports î 
Tandis qu'à ses regrets livrée 
Adelle éprouvoit mille maux , 
Errant , de contrée en contrée , 
11 cherchoit en vain le repos. 

Las d'une recherche inutile , 
Il succomboit a son ennui j 
Dans le creux d'un vallon tranquille 
Un enfant s'approche de lui. 
Sur cet enfant qui l'intéresse. 
Son ccil se fise avec plaisir i 



DE P O L Y M N I E. rji 

Il l'interroge , il le caresse , 

Et son cœur pousse un long soupir. 

Mais une voix , la voix d'Adelle , 
Jusqu'en son cœur a retenti j 
A ces accens , qu'il se rappelle , 
Fonrosc troublé jette un cri. 
Il tombe à ses pieds , qu'il embrasse à 
Il les arrose de ses pleurs , 
Et ne demande qu'une grâce , 
Celle de finir ses malheurs. 

Adelle étonnée , interdite , 
N'ose en croire ses yeux surpris j 
Pour calmer le feu qui l'irrite , 
Eonrose lui montre son fils. 
Cette vue éteint sa colère j 
Son cœur ému ne s'en plaint pas ; 
Elle se souvient qu'elle est mère , 
Et le coupable est dans ses bia^^ 



tôt 



ÉTRENNES 



COUPLETS 

Adressés à Mademoiselle Rosalie * * *, 

Paroles de M. Evra 5 musique de M. le Che- 
valier de Saint-Georges , 

Ou air : yévec les jeux dans le village , 5cc. 






li. — -ri — ''^~1**1 — - - I - 1 - N -T 



Oui,Ro-sa - lie à la na - tu-re 






=iil^5ÉSÊgi 



a de-ro-bé tous ses at-traitSi desafrai- 



i — ;v->r 



^^. 



cheur.vive et si pu-re, le Us, la rose ont 



ï^'^ ig==?!EÇqjz ifzïBzzfc:?! r 



t^tt:^ 



fait les frais. Les Grâces mê-me, pour lui 

plaire , 



D E P O L Y M N I E. 153 

r»^r — ^—z 1 — i ! — ivr— 



E^ÈE^ggEg^l 



plaire, bravant ie courroux de Vé - nus , 



SÎzZBZzâS: 






viennent de dé-ser • ter Cy - thère ; 
les Grâces ne la quittent plus : 



viennent de déser-ter Cy-ihè-re ; 



les Grâces ne la quittent plus. 

Mais c'étoit peu d'avoir les charmes 
Et l'attribut de la Beauté ; 
Elle emploie aussi d'autres armes 
Tour nous ravir la liberté. 

R 



i5?4 ÉTRENNES 
D'Apollon la lyre immortelle 
Fut encor l'objet de sss vœux s 
Ainsi sa voLï devint plus belle , "> ^.^ 
Et ses chants plus harmonieux. J 

Après une pareille offense , 
Et tant de larcins impunis , 
Croit-elle éviter la vengeance 
Des Dieux contre elle réunis i 
Non , non , son espérance est vainc j 
Elle est indigne de pardon : 
Que mes bras lui servent de chaîne , 7 
Et que mon cœur soit sa prison 1 i 



LES SEPT PLANETES, 
CHANSON. 

Paroles de M, le Clicvalier de Cubicrcs. 
Air : Tu croyais en aimant Colette , &C. 

Au Ciel on compte sept Planètes j 
Et de CCS Astres radieux 



DE P O L Y M N I E. i^y 

L'objet de mes flammes secrètes 
Oflie tous les traits à mes yeux. 

La Lune est blanche : on reçoit d'elle 
Une douce et pure clarté j 
Et cette blancheur me rappelle 
L'innocence de ma Myrthé. 

Lorsque le Soleil sort de l'onde , 
Quels jets de pourpre et d'incarnat î 
Rivale de l'Astre du monde , 
Myrthé brille du même éclat. 

On dit que Mercure en partage 
A le don de persuader ; 
Mynhé fait encor davantage: 
Dès qu'elle parle il faut céder. 

De Jupiter la loi suprême 
Sur l'univers entier s'étend : 
Eh î bien , de la Beauté que j'aime 
Ma Muse peut en dire autant. 

Du vieux Saturne la sagesse 
Est le fruit de l'âge et du tems j 
R ij 



ipé ÊTRENNES 

Et Myithé , malgré sa ieunessc , 
Est prudente comme à cent ans. 

De Vénus l'étoile charmante 
Embellit la voûte des Cicux j 
Que dirai- je de mon amante ? 
Comparez l'étoile à ses yeux. 

Mars se plaît au sein des alarmes , 
Et rien ne sauroit le fléchir j 
Myrthé peu sensible à mes larmes 
Les voit couler sans s'attendrir. 

Ainsi l'objet de mon hommage 
Dans le Ciel , en lettres de feu , 
Doit trouver par-tout son image , 
Écrite de la main d'un Dieu. 



D E P O L Y M N I E. 197 

A — _ — — 

CONSIGNE 

A MON rORTIER, 

Chanson. 

Paroles de M. Le Bastier de Douincourt , mu- 
siqae de M. Le François , Professeur , 

Ou air : u^vcc Us jeux dam h village, 6cc. 

Moderato, 



~f1 — i^ — i^*" 



ÊfcÊ^ËSï^^Éit^^iE 



De-puis quel - que tems on 



m'ob - sé-àz , on trou-ble mon ri- 



i^—^^. ^^. \ 1 ^^^ ^ — ]/ — ) — 1^ .. 



ant loi - sirj Nx.eAn-toi - ne, 
R iij 



ii)8 



ETRENNES 



viens à mon al-de , ah ! viens me 



ï|g^ïfEaË i 



ren - dre mon plai - sir. E-cou-te- 



aaJt — ' — =^ — 11** — ^U— I — -S^ — 



moi, fer - me ma por - te 






i — K^ b[i _ '~ b[r_sa- rr^'^ — liLu-^ 



aux gens que je vais te ci - ter. 
Refraln- 



d-©-F-H©- 



ÏESS 



Ils auront beau heur - ter, n'in-.- 
por - te : fais le sourd , lais - se les 



DE P O L Y M N I E. 1^9 






EEEEEEE 

heur - ter ; fais b sourd, lais - se 



les heur - ter. "* 

S'il vient Bavius, ce puriste , 
Épluchant tout, jusqu'à tes mots, 
Doïilas , ce plaisant si triste , 
Dénigrant même tes propos , 
Montval , porteur de médisance , 
D'Olban , faiseur de vains éclats , 
Sainville, hébété de science ; 
Dis-leur bien que je n'y suis pas. ( Bh, ) 

S'il vient cet Abbé -femmelette , 

Alondor , cet épais Financier , 

Laure , cette vieille coquette , 

Dorval , ce parvenu grossier , 

Et cette prude dédaigneuse , 

Et Rolet , ce maître fripon , 

Et cette assommante plaideuse ; 

Ne leur ouvre pas ma maison, ( Bis. } 



ioo E T R E N N E s 
Mais verrois-tu venir sans cesse 
Ma famille que je chéris , 
L'honnête homme dans la détresse. 
Mes bons et vertueux amis , 
Et sur-tout la sensible Elmire , 
Elmire , mon charmant vainqueur , 
Tu sais bien ce qu'il faut leur dire ; 
Antoine , tu connois mon cœur J ( B'n, ) 



L'ART DE JOUIR DE LA VIE, 
CHANSON. 

Paroles de feu M. Saurin. 
Air : Jusques dans la moindre chose , &C. 

Il n'est qu'aimer et que boire j 
Tout le reste est un néant. 
J'ai reconnu que la gloire 
Etcit un jouet d'enfant. 
Couronné par la Victoire , 
Ou par les mains d'Apollon , 
Quand on a passé l'onde noire 
Que sert de laisser un nom ? 



D E P O L Y M N I E. as» 

Sans cesse un flot pousse l'autre , 
Et toujours l'instant présent 
Fuit et cesse d'être nôtre , 
Poussé par un autre instant. 
Le tems de jouir s'écoule ; 
Ne formons point de projets : 
La vie est un char qui roule j 
Et ne s'arrête jamais. 

En amour , sans amour même , 
C'est un vain nom que la foi : 
C'est par sentiment qu'on aime j 
Le cœur ne prend point de loi. 
Des Grâces la main légère 
Doit enchaîner les Amours : 
En l'art de se toujours plaire 
Eit l'art de s'aimer toujours. 

Thémirc a , sans être belle , 
Des Grâces l'ait enchanté : 
On trouve sans cesse en elle 
L'attrait de la nouveauté. 
Pour jamais , sous sa puissance , 
Mon cœur goûte , à chaque instant. 



201 ETRENNES 
Le plaisir de l'inconstance. 
Sans cesser d'être constant. 

Loin d'elle je me consume ; 
Tout la retrace à mes yeux , 
Soit lorsque l'aurore allume 
Le flambeau brillant des Cieux, 
Soit lorsqu'agrandissant l'ombre 
Le Soleil , voisin des mers , 
Abandonne à la nuit sombre 
L'empire de l'univers. 

Si l'Amour remplit mon ame , 
Phcbus charme mon loisir ; 
Non que la gloire m'enflamme : 
Je ne veux que le plaisir. 
Entre le Pinde et Cythcre 
Partageant ainsi mes vœux , 
J'unis le Dieu qui m'éclaire 
Au Dieu qui me rend heureux ! 



DE P O T. Y M N I E. 20? 



L'AMANT FORCEMENT SEl'ARE DE 
SA MAITRESSE , 

Ko M A N C E. 

Paroles de M. Vacherot j musique de M. Cha- 
pelle , 

Ou air : Dts simples jeux de son enfance , &C. 

Aiano. 



^^^^m 



Lieux où, tant de fois, mil - le 



\ ^lE^^f ^i 



-^^Si^^^i^ 



charmes ont comblé mes pressans de- 

y. .. ^IJLU -L. M i l ^»— 1— ^ 



J04 ETRENNES 

sirs , ont com - blé mes pressans de- 



\ ^2:â:n:t"**Z' z'^'zrfziizazSz: — ~' — z£ 



b— "-^zriz; 



si ri l vous sa - vez de combien de 
-azz=-=-z=rz=5 g=z-» 






=g^i^sî^s=l 



■ en — 'util il II ^- — =^' — t — I — ^^ — \} 



lar - mes j'ai pay - é de si 






DE POLYMNIE. 



205 



''ÊË^Ê^^g^^œ 



doux plai-sirs ? Lieux qne je fuis, que 



^ilÊ?E^EEPE3=iÈ?EEEe 






je re - gret -te, ra-ce - vez mes der- 



IS^ËËËI^ 



ZEEPfcÉgEFrÊ^iëEË 



niers a - dieux; que ma bouche en- 



==::a— EiiEz; 



I ci-iii — ..oi 1_^ 9 e: 1 



E?fe5 



lOlî 



ÊTRENNES 



cor vous ré - pe - te com - bien mon 



cœur est a - mou - reux 

_» •_ 



[EE5EË?EÉEE3EE=E3HE^^ 



ÉE3S3ÎÎE^ 



Ah ! mon amour est trop extrême , 

Ma voix ne sauroit l'exprimer! (^Bis.) 

J'aime trop pour bien dire j'aime.... 

Mais peut- on jamais trop aimer } 

Victime de la calomnie 

De mon amour et du malheur , 

J'adore une perfide amie , 

Et je n'ose accuser son cœurî 

L'arrêt que sa bouche profère 

Son cœui, enseciet, le démenti (Bis.') 



DE POLYMNIE. 

Et , pour obéir à son père , 
Lucile trahit son amant, * 
Loin de sa présence chérie , 
En proie aux plus vives douleurs , 
J'éteins le flambeau de ma vie , 
A force de verser des pleurs 1 



107 



O que son cœur seroit barbare 
S'il pouvoit nier , sans frémir , 
Que la cause qui nous sépare 
Est celle qui doit nous unir ! 
Ce seroit être trop parjure 
Que de trahir, en un seul jour; 
L'honneur , l'amitié , la nature , 
^t son amant et son amom l 



(5/5.) 



S îî 



aoS ÊTRENNES 

a 'i . . . y , y 3 

MON BONHEUR, 

CHANSON. 

Paroles de M. y * * * * *, 

Air : L'Amour m'a fait la peinture , ScCt 

vJ' vous qui de cette vie 
Recherchez les vains plaisirs , 
Sans moi suivez votre envid.. 
Le cœur seul de mon amie 
Suffit à tous, mes désirs. 

Dans vos cercles l'on s'ennuie , 
Tout en parlant des plaisirs j 
Des cœurs la joie est bannie î 
L'intérêt , la jalousie 
Occupent tous vos loisirs. 

Dans la chaîne qui me lie 
Je n'ai que tendres soupirs j 
Doucement coule ma vie : 
Le cœur seul de mon amie 
Suffit à tous mes désirs. 



DE P O L Y M N I E. 2o# 

L'AMANT CONSTANT, 
CHANSON. 

Paroles de M. Nougaret. 
Air : Vous qui du vulgaire stupidc > &C. 

JcLH ! quoi , tu doutes que je t'aime , 
O mon adorable Philis I 
Mais c'est trop douter de toi-même , 
Des grâces que tu réunis. 
Vois ta blancheur éblouissante , 
Et vois sur ton front la candeur j 
Vois ton ame simple et touchante: 
Tu jugeras de mon ardeur. 

Si , par un légitime hommage , 
A tes attraits j'offre mon cœur , 
Tu m'accuses d'être volage , 
Tn m'accuses d'être flatteur. 
Mais , avant qu'il ne se repose , 
Le papillon doit voltiger : 
O Philis ! tu seras la rose 
Qui pourra seule me fixer T 

S ilj 



tio ETRENNES 



S t 



LE BERGER QUITTÉ, 

ROMANCE. 

Paroles de M. le Chevalier de Noizet j musique 
de M. l'Abbé Jacqaemont du Douzon. 

•*i 1 L-, . >« 

Tendre amant delà jeune A-dè-Ie , je J 

crus pos - sé-der tous les biens; mais 
de'-^à son cœur in-fî-dè-le s'est de - ga- 

Tr»-3-p— r-f. SSyl i -p ———M --wi 

gé de nos 11 - eus i et ne me 



D E P O L Y M N I E. sir 

.3S— A |l*i« I —A |j^«— r-I3' 

Lï-F--® « 11. i«»»^ ff «•— ^«aii— ^ 

)- '^g u' — ^- i^-M~*~^ — ''^ — ^^ — -— g-p^ 

]a\s - se, dans ma tris - tes - se, 
-*• — a 






f— s 



-K-"*J K-K-*— 



que la foiblesse de ne pou-voir rom- 

-p-»-g-^-P jCT^ — nrir • 

m_^;zr-«,c±_f:z qtïzzz'j^iilSi . 

ici ;„«. -l^; fé. \k.SL __ . 

pre les miens î 



Je venois dans ce: lieux tranquilles 
Pour l'oublier , pour la haïr ; 
D'un tendre amant , soins inutiles ,.. 
Tout dans ces bois vient me rofifrit.- 

La tourterelle 

Et Philomele , 

Tout me rappelle 
Cet objet d'un premier soupir. 

Chantres ailés de ce bocage , 
^ O combien votre sort est doux i- 

Oiseaux , vous avez l'avantage 
De savoir mieux aiiwer que nous» 



ETRENNES 

Sous les feuillages 
De ces ombrages , 
Point de volages , 
î^i de trompeuses parmi vous. 

Adèle , ne sois pas si fiere 
De ta beauté dans son printems , 
C'est une rose passagère 
Qu'altère aussi l'aile du tems. 

Si-tôt flétrie 

Qu'épanouie , 

La fleur chérie 
Voit s'envoler tous ses amans. 

Quand ton visage , ainsi , parjure I 
Sera flétri , décoloré , 
Alors guéri de ma blessure > 
En te voyant je m'écrirai : 

« Triste ravage ! 

» Quoi î c'est l'image 

« De la volage 
» Poui qui j'ai long-tenjs soupire ï 



D E P O L Y M N I E. îij 

LE PORTRAIT D'EMILIE, 

CHANSON. 

Paroles de M. Le Métayer. 

Air : Du Vaudcvllh des deux morts, 

il OUT pîaîc dans la jeune Emilie , 
Regard , sourire , e?ptit , talens. 
Sans y songer , elle est jolie , 
Et ses amis sont ses amans. 
On voudroit bien ne pas se rendre ; 
Mais cet amour vous dit tout bas : 
ce Vous voulez en vain vous défendre , 
» Ça u'se peut pas, ça n'se peut pas 1» 

Dans le cœur de cette Bergère 

Tout est calme , tout est en paix> 

Avec douceur elle est sévère ^ 

Et ses refus ont des attraits. 

Ce calme heureux est son ouvrage ; 

L'Amour lui parle en vain tout bas t 

Elle répond , en fille sage , 

« Ça n'se peut pas , ça u'se peut pas ! :»> 



«14 ÈTRENNES 
Vous serez siuprise , Emilie , 
Que je vous parle ainsi raison 3 
Mais ce seroit , je crois , folie , 
Si je prenois un autre ton. 

Dans deux beaux yeux quand on sait lire . 

On s'épargne bien des combats. 

Je me suis dit , et j'en soupire , 

« Ça n'sc peut pas , ça n'sc peut pas ! » 



LA FILLE RECONNOISSANTE, 

COUPLETS 

'Adressés par Mademoiselle P * ** à Ma- 
dame sa mère , le jour de son mariage , 
qui ne l'obligeait point a la quitter. 

Paroles de M. Moline. 

Air : O ma tendre musette ! &c. 

Un sentiment sinccrç 
M'anime en ce beau jour. 
Pour chanter une mère , 
L'obiet de notre amour : 



D E P O L Y M N I E. 115 

Elle nous intéresse 

Par mille qualités , 

Et chacun est , sans cesse , 

Comblé de ses bontés. 

Pendant que l'hyménée , 
En ces momens si doux , 
Unit ma destinée 
Au plus aimable époux , 
Ses soins , sa complaisance 
Et ses tendres bienfaits , 
De ma reconnoissance 
Redoublent les effets. 

Au goût des Arts formée , 
Dès mes plus jeunes ans , 
Qu'une mère adorée 
Soit l'objet de mes chants t 
Mais , ô faveur nouvelle 
Qui rend plus chers mes nœuds ,' 
C'est de pouvoir près d'elle 
Couler mes jours heureux î 



116 ÉTRENNES 



LA MERE PRISE POUR LE FlLS , 
ROMANCE 

Adressée à Madame de * * ^. 

Paroles de M. C * * * j musique de M. Gievin ,' 
l'aîné. 




Est-ce l'Amour que j'ap-per - çois, 



g^ ^^gg^g^gg 



est - ce la Reins de Cy - thè - re ? 



Oui , c'est l'Amour , à son car - quois, 



^È^^H^^ 



mais a ses grâces c est sa me - re. 

Majiur, 



JI7 



DE P O L Y M N I £. 

Mdjeur et Refrain. 

5âsEz=^EzEEz&îË=EÊEÊEEEi:E?i 



Ah ! pour nous ti-rerd'er-reur , ef-forçons 



nous de lai plai - re, ah! pour nous ti- 






rer d'er - reur , ne consul - tons que notre 
cœur, necon-sul - tons que no-tre 






-1 n. 



rzH; 



:^-^: 



Enchantés de voir tant d'appas , 
Les tendres sujets de Cythcre 
Confondroient dans cet embarras 
Les traits du fils et de la mère. 
Ah ! pour nous titei d'erreur , &c. 



2,8 ETRENNES 
Par un charme toujours nouveau 
Ils subjugueront la nature ; 
D'Amour qui chérit le bandeau 
I^e Vénus chérit la ceinture. 
Ah ! poui nous tirer d'erreur , Sec. 



ZERVEC ET NERHIETTE, 

o u 

LA JEUNE VEUVE, 

Romance. 

Paroles de M. Mérard de Saint-Just. 
Ait : Du serin qui te fait envie , &zc. 

V^U'UN mari meure , on se désole. 
Que de larmes', que de soupirs'. 
Mais l'instant vient qu'on se console > 
Le tems ramené les plaisirs. 
Entre la veuve d'une année , 
Belle, et dans sa jeune saison. 



DE P O L Y M N I Ê. ai^ 

Et la veuve d'une journée , 

Il n'est point de comparaison. ( Bis. ) 

Que ce fût la même personne , 

Certe on ne le croiroit jamais j 

L'une à la gaîtc s'abandonne , 

Se pare , a soin de ses attraits : 

L'autre que la douleur accable , 

N'a toujours qu'un triste entretien. 

On dit qu'on est inconsolable ; 

On k dit , mais il n'en est rien. ( Bis. ) 

Zervec , tout prêt à rendre l'ame , 

On ne lai sentoit plus de pouls, 

Avoit auprès de lui sa femme , 

Qui lui crioit : <t Ah ', cher époux I 

3» Je te suis ! Sur le noir rivage 

3> Tu vas retrouver ta moitié ! » 

Le mari seul fit le voyage ^ 

Et je l'aurois bien parié. ( Bis, ) 

Soudain , devant la compagnie , 
Torrent de larmes de couler j 
Nethiette sanglotte , crie , 
Veut se plaindre et ne peut parler. 
TU 



^13 ÉTRENNES 

Aussi-tôt qu'un parent arrive , 

On recommence , et de plus fort : 

Sa passion est excessive,- 

Quand on aime , a-t-on jamais tort : {Bis.) 

Cependant , on ne peut , sans cesse , 

Toute entière être à ses douleurs : 

Il faut un terme à la tristesse ; 

Les yeux se tarissent de pleurs. 

ce C'est aussi trop verser de larmes , 

33 Lui dit, à la fin, sa maman: 

5> Veux-tu , noyant ainsi tes charmes , 

53 Qu'on te cite dans un Roman î » ( Bis, ) 

« Je ne dis pas que tout-à-l'heure , 

» De Zervec oubliant la mort , 

33 Une condition meilleiue 

}> Change en des noces ce transport. 

53 Garde sa mémoire , ma fille : 

» A son nom tu peux t' attendrir 5 

» Mais il te reste une famille 

5) Qui t'aime , et que tu dois chérir. 33 ( Bis.) 

« Souf&e qu'un jour on te propose 
» Un époux jeune , beau, bien fait j 



DE P O L Y M N I E. m 

» Aimable , enfin i tout autre chose 

5> Que le défunt , goutteux et laid. 

« Il avoit 5 chacun le répète , 

» Entre autres , un fâcheux défaut ! — 

» O maman , répond Nerhiettc , 

33 Un cloître est l'époux qu'il me faut I » {Bis.) 

Un mois de la sorte se passe ; 

Des pleurs encor , regrets toujours : 

Rien , rien n'adoucit sa disgrâce , 

Sinon quelques tristes discours. 

Le mois d'après on cherche à plaire , 

Même on parle en mal des couvens i 

Le défunt n'occupe plus guère , 

Et l'on s'entretient des vivans. ( Bis. ) 

L'habit , le linge , la coLfture 
Se changent un peu tous les jours j 
Le deuil , enfin , sert de parure , 
En attendant d'autres atours. 
On reçoit du monde en visite j 
Contre l'ennui c'est un secours : 
Au colombier revient bien vite 
Toute la bande des amours. ( Bis. ) 

T iij 



ail ÉTRENNES 
Les jeux et les ris et la danse 
Ont aussi leur tour , à la fin ; 
Dans la fontaine de Jouvence 
On se plonge soir et matin. 
« Ah i maman , mon cœur , dit la belle > 
53 A tous vos désirs est soumis : 
» Quand donc verrai-je , ajoute- t-elle , 
S3 L'éppuxque vous m'avez promis?» {Bis.') 

ENVOI A NÉRIS. 

Désirer , Néris , de te plaire , 
Est le vœu de qui te connoît ; 
Mais devois-tu , fille trop chère , 
Exiger ce qu'a tort j'ai fait ? 
Rimeur , Lecteur , chacun m'accuse ; 
Au Pinde on va me déchirant : 
Rien , que tes charmes , ne m'excuse ; 
Défends ma gloire ep te montrant î ( Bis. ) 



DE P O L Y M N I E. nj 

LES DEGOUTS DE L'HYMEN, 

CHANSON. 

Paroles de M. G * * * L * * "^ j musique de 
M. Le Roy de Surmain , Professeur. 






Qu'il est dit"- te-rert le rô- 






le de l'a-mant et de ma - ri J L'un nous 

flatte et nous ca-jo-le; i autre à 
^/yy'' efrain. 



iSlSlIMiiii 



pei-ne nous sou -rit, Jeu -ne 



ÉTRENNES 



214 



a: 



fil-le, ^;en-til-le,non,noH. on,n ■ ,na.i, li 






:=F^ 



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-±[z=t 



f I *~ 



:b=: 



fe-U-ci-ïé n'est pas toujours 



prix, le prix de vo-tre li - ber - c. 



le prix de vo-trs 11 -ber - ti t 

Dieux 1 quelle métamorphose , 
L'amant devient votre cpoux « 
Enfin il cueille la rose , 
L'épine reste pour vous. 
Jeune fille , &:c. 

Les premiers jours du ménage 
Sont d'abord des jours heureux ; 
Mais Us s'écoulent ; l'orage 



DE P O L Y ^i N I E. 

Les rend bientôt nébuleux! 
Jeune fille , 6cc. 

Les soucis , la peine amere 
Remplacent les doux plaisirs j 
Il faut tout voir et se taire , 
Etouffer jusqu'aux soupirs. 
Jeune fille. Sec. 

C'est là cet amant si tendre , 
Heureux de notre bonheur ? 
Le cœur peut donc se méprendre 
Et préparer son malheur ? 
Jeune fille , &c. 

Viens, Amour! venge toi-même 
L'hymen qu'on ose outrager : 
Eaut-il qu'un seul des deux aime , 
Quand l'autre a voulu changer î 
Jeune fille, è^c, 



21g ÉTRENNES 

L'AMOUR ÉGARÉ, 

CHANSON. 

Paroles de M. le Chevalier de Cubieres. 

Air : On compterait les diamans , Sec. 

Vénus cherchcit par tout l'Amour : 
« Ne l'avez vous point vu , dit- elle ? — 
» Non i mais je puis , au premier jour , 
35 Calmer votre douleur mortelle. 
5> Dites-moi comment il est fait, 
55 Celui qui cause vos alarmes ? 
5> Si vous me tracez son portrait 
5) Vous ne verserez plus de larmes. 5> 

ce C'est un enfant , reprend Vénus , 
3) Dont la chevelure est dorée ; 
n Son air est doux , et ses btas nus , 
5> Armés d'une flèche acérée. 
» Cruel et tendre, tout à-tour j 
3) Tout-à-toiit riant et sévère. 



DE P O L Y M N I E. 217 
s> II rend la vie, ôte le jour, 
3> Et blesse jusques à sa meie. 3> 

« Quoiqu'enfant il est indompté , 
3> Et lien ne résiste à ses armes. 
w II n'est point de Divinité 
»> Qui par lui n'ait versé des larmes. 
3> Son langage est toujours flatteur , 
» Le miel distille de sa bouche 
» Et dès qu'il règne sur un cœur 
35 II devient un tyran farouche, n 

ce Rassurez-vous , repris-je alors , 
33 Et croyez-moi , belle Déesse ; 
3) Ne cherchez plus sur d'autres bords 
33 Cet enfant qui vous intéresse. 
33 C'est dans mon cœur qu'il s'est logé , 
33 Et ;c n'en suis pas plus tranquille 1 
33 Ah ! plaignez le chagrin que j'ai : 
33 II ne veut plus changer d'asyle ! « 



1*!? ETRENNES 



HYMNE A L'AMOUR, 

Paroles de M. Bourignon de Saintes j musique 
de M. Le f ebvre , maître de Clavecin , 

'Ou air : Charmantes fleurs quiuci les pris de 
2-lore , 6cc. 

Maestoso. 



Dieu des A-mours , ac - cor- de 



-art:- 



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ma mu - set -te; viens me prs- 

U <-^3; , ,,-■' 1 -=g* a*» 1 °*^~ Z '''°* j 



DE P O L Y M N I E. 



129 






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ter les plustendtes ac - cens. 



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3 



\i S>ip£r.H -t=— ^— i;^— C^^z. 



Ins-pi - re-moi, jevaischan- 

l»*»! 1 i- 






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ter Ro-set - te; je vais 



\~ — ■' — ^i » • I g "**' i~ 



|aq=iPt3a 



2J0 
I C 



ÉTRENNES 




Dans ses beaux yeux établis ton empire , 
Fais-y bnllet un rayon de tes feux. 
Blesse son cœur j qu'il brûle , qu'il soupire î 
Rosette alors enflammera les Dieux î 

Paré des mains de la simple nature , 
Son jeune cœur ignore les désirs ; 
L'éclat trompeur d'une riche parure 
Ne trouble point ses innocens plaisirs. 

Souris , Amour ! souris à son image ; 

Rosette est belle , et suffit à mon cœur. 

En traits de feu , peins-lui mon tendre hom-^ 

mige i 
Peins-lui mon amc , et je touche au bonheur d 



D E P O L Y M N I ï. Jîr 

IL FAUT CÉDER, 
CHANSON. 

Paroles de M. Le Bastier de Douincourt, 
Air : Ce matin dans uns bruyère , 5cc, 

/a. LA fraîche et naïve Annettë , 

Aussi brillante qu'un beau jour , 

Colin vouloir , sur sa musette , 

Jouer un petit air d'amour. 

ce Non , );: ne veux pas vous entendre , 

Dit-elle , en poussant un hélas ! 

55 Vous voulez par- là me surprendre ; 

J5 Monsieur Colin ne jouez pas ! 3> (5/î.) 

« L'air que je veux vous faire entendre 

35 De l'amitié vante les nœuds : 

55 Qui î moi ! je voudrois vous surprendre l 

î> Ah i de votre ami pensez mieux \ — ■ 

55 N'importe , dit-elle , ma mère 

j> Me le défend ; elle est là-bas. 



ij2 ÉTRENNES 

» Elle viemirolt ; elle est severe : 

» Monsieur Colin ne jouez pas ! jj ( 5:5.) 

te Votre mère ne peut m' entendre j 
» D'elle et de moi ne craignez rien. 
5> Je suis votre amant , le plus tendre : 
» Annette , vous le voulez bien ? » 
Enfin la musette soupire 
D'amour les plus charmans hélas ! 
Et la Bergère ne peut dire : 
Monsieur Colin ne )ouez pas î ( Bis. ) 



L'AMAN T PRÉFÉRÉ, 
ROMANCE. 

Paroles de M. Lar * * *. 
Air : O toi gui n'eus jamais dû naître ! S:c. 

XVJliLLt rivaux de mon Aimée 
Chaque jour briguent les faveurs ; 
Chaque jour elle est entourée 
D'une foule d'adorateurs : 



DE P O L Y M N I E. zj^ 

Mais cette Belle , 

Toujours fidelle , 
Leur préfère mon tendre cœur j 

Et , pour la vie , 

Ma douce amie 
Daigne m'appeler son vainqueur ! 

Cessez donc de vouloir lui plaire , 
O vous tous cjui suivez ses pas 1 
Qu'espérez-vous de ma Bergère ? 
y<e vous ai-je pas dit, tout bas , 

Que cette Belle , 

Toujours fidelle , 
Vous préfère mon tendre cœur î 

Que , pour la vie , 

Ma douce amie 
Daigne m'appeler son vainqueur î 



Î54 



ETRENNES 



LA NÉGLIGE ANCE DE L'AMOUR, 

CHANSON. 

Paroles et musique de M. le Chevalier de 
Meude-Monpas. 



i^l^l^î^il 



LoRSQUEl'Amour ap - prit à décoch^rdes 



-^::rrfcij-r 



:=1==^ 



^^gEPggE^EEgE^fe^gE^E 



.U-Ti-t:— c~- 



traits, Vénus Uucon-seil- la ds %':-3er 

-¥■ — 1' 



à nos tj - tes. LaDccs-se sa - voit/j 



;E3: 



— t-C 



qu'on est sur dos conquêtes, en a-lumant l'es- i 



~E3E3EEEF^EHEESE3?fF^^ 



pr.t , qui ae s éteint jamais. 



r> E P O L Y M N I E. Î3S 

Mais quelques tems après , voyant ses traits vain- 
queurs , 

Cet enfant s'ennuya des feux de la constance j 

Et , pour que son Empire eût bien plus de mou- 
vance , 

11 abaissa son arc et tira sur les cœurs. 

De plus bas en plus bas , ce Dieu tira trop bas, 
Et perdit à jamais son merveilleux Empire. 
On ne l'adore plus : il ne nous fait que rire ; 
Et son flambeau divin ne nous échauffe pas. 



PORTRAIT DE ZÉLIS, 

CHANSON. 

Paroles de M. Willemain d'Abancourt. 
Air : Passons-y la. semaine , 5cc. 

J E veux tracer de ma Zclis 

Er la grâce et la gentillesse j 

Qui mieux que moi connoît le prix 

Que l'on doit mettre à sa tendresse î 



25^ E T R E N N E s 

Ma Zélis n'a pas de beauté j 
Mais la douceur est son partage , 
Et par-tout mon cœur enchanté 

Ne voit que son image. ( Bis. } I Jlnn 

Je ne crois pas qu'elle ait d'esprit , 
De cet esprit qu'aime le monde ; 
Car jamais elle ne médit , 
Jamais, jamais elle ne fronde. 
Mais dans tout ce qu'elle vous dit , 
Elle met un charme , une grâce ! 
Si ma Zélis n'a point d'esprit , 

Un bon cœur le remplace. ( Bis. ) 

C'est qu'elle a le cœur excellent , 
Epouse tendre et bonne mete i 
Elle n'a pas d'autre talent 
Que le talent de savoir plaire. 
C'est à qui l'aimera le mieux ; 
L'aimer est le bonheur suprême : 
Et , sans espérer d'être heureux , 
Dès qu'on la voit , on l'aime. ( Bis. } 



D E P O L Y M N I E. Î37 

• i : ' ■— ...j ssa 



CHANSON 

Adressée à Mademoiselle Julie S * * * j ac* 
tuellement Madame T* **. 

Paroles de M. de La Viévillc. 

Air : Charmantes fleurs , qu'utei les près de Flore , 
£cc. 

OuEL goût divin on admire en Julie ! 
Heureux l'amant qui vivra sous sa loi [ 
Vous , rossignols , mourez de jalousie j 
Votre rivale a chanté devant moi ! 

Que son gosier est doux , flexible et tendre î 
Quels sons flûtes et quel art enchanteur ! 
Oui , l'on retient son souffle pour l'entendre , 
Et , malgré soi , l'on sent battre son coeur ! 

Que de finesse et quelle intelligence ! 
Comme elle exprime et chante le plaisir! 
I,a volupté s'unit à la décence , 
Même à l'instant qu'elle peint le désir. 



sjS E T R E N N E S 

Ah I tous les jours eront des jours de fête 
Pour le mortel qui saura l'enchaîner ; 
Et si sa vok manquoit une conquête 
Ses yeux touchans sauroient la ramener. 



COUPLET I M F R O xM P T U 

Adressé a une coquette , qui disait que 
l'amour étoit pour elle un aimant. 

Paroles de M. Bezançon d'Épinay. 

Air : La foi que vous m'avez promise , 5cc. 

X&. cinquante ans , modeste Alie , 
Pourquoi jouer l'ait enfantin î 
Et sans les traits de la folie 
Emprunter un souris malin ? 
Quand on a besoin de toilette 
Pour plaire aux yeux de son amant , 
On a bien l'art d'une coquette , 
Mais cet art n'est plus un aimant î 



B E P O L Y M ÎSr i E. ij? 

L'IMPATIENCE, 
R O M A N C E. 

Paroles de M. Vacherot ; musi ]ue de M. Cha-i 
pelle ,* l'iofesseur. 
Adag'o. 

iE j — I U- ^ ' •— 

Tu d^rs, .ion aima - ble mai-ircs-se ; TA- 



mour m':nter-dit tout Som - mtîil ! Lt 



pour te prouver mateii - dres - se j'at- 



tends l'ins-tant de ton ré - veil, Tu 



140 ËTRËNNES 



dors;qaels a-grc-ables son - ges oc- 

;Jj ^KlJ C — ^ (_v^U B ^-\ — 



cupentt)n sen-si-ble cœur? Ils ces- 

)— a y j *»j g — [- |-.--«— S^— :.»«« -,— ' I - 

ront d'è - tre men - son-ges s'ils te 



par-lent de mon ar - deur, s'ils te ' 



4=r5: 



par-lent de mon ar - deur ! 

Peux-tu dormir lorsque je veille 
Pour mieux ressentir tou:, mes feux ? 
11 est si tard ! rien ne t'éveille : 
Ton cœui n'est-il plus amoureux? 



DE P O L Y M N I E. 241 

.-. Si dans les bras du froid Morphée 
Tu passes la moitié du jour , 
Que l'autre , du moins , soit passée 
Dans les bras du brûlant Amour I ( Bis. ) 

Réveil!e-toi , ma douce amie , 

Ton absence me fait mourir ! 

Attends les hivers de la vie , 

Et tous deux nous pourrons dormir. 

Réveille-toi , je t'en conjure , 

Au nom de mes mortels ennuis j 

Pour goûter la volupté pure , 

C'est peu que veiller jours et nuits ! ( Bis, ) 

r ,■■',,, ■ 

COUPLETS 

Adressés à une jeune mariée , ie lende» 
main dz ses noces. 

Paroles de M. Dumoustier. 

Air : Daigne écoucer l'amant fidèle et tendre , &:c. 

JLiauRETTE, hélas I quelle métamorphose i 
Comme tout passe I Hier , par un soupir > 



241 ETRENNES 

L'Amour a donc éparpillé ta rose ? ^ „. 
N'étoit-ce pas assez de la cueillir ? 



Sur les débris de cette fleur si chère , 
En soupirant , tu répandis des pleurs. 
Ah ! pleure encore ! une larme est* 

amcre ; 
Mais qu'il est doux d'en répandre ( 

plusieurs L 



Bis» 



Vas , de ces pleura que la tendresse exhale , 
Et que l'Amour cessera d'essuyer , 
Comme des pleurs de l'aube matinale j 
Je te prédis qu'il doit naître un rosier ^ ' * 



■■} 



DE P O L Y M N I E. 14; 



COUPLETS 

Adressés à Mademoiselle Eulalie de*** ^ 
le jour de sa fête. 

Paroles de M. Moline. 

Air : T)ci simples jeux de son enfance , 5<c. 

J_,'aimable et sensible Eulalie 
Est la rivale des neuf sœurs : 
Par ses talens et son génie 
Elle enchante et ravit nos cœurs. 
De myrtes couronnant sa tète , 
Les Grâces , l'Amitié , l'Amour , 
Pour chanter son auguste fête 
Se réunissent en ce jour, 

La Déesse de Cythérée 
Lui prodigua ses dons charmans ', 
Comme elle toujours adorée , 
Tout cède à ses attraits puissans. 
Heureux qui peut la voir sans cesse , 
Xi) 



344 ÉTRENNEÎ5 
Et lui peindre sa vive ardeur! 
Plus heureux celui qu'Amour blesse , 
Et qui sait captiver son cœur! 



COUPLET 

Ecrit sur un éventail , donné a Madc" 
mois elle **■>'. 

Paroles de M. Baudrais. 

Air : Sorte-^ de vos retraites , 6cc« 

C^UITTE le sein de Flore, 
Sois facile à mes vœux ! 
Sur celui que j'adore 
Viens reprendre tes jeux. 
Vole ici , doux Zéphyre , 
Rejoindre les Amours ; 
Sur le sein de Tliémirc 
Accours , accours , accours î 



t) E P O L Y M N I E. 14? 

"PRIERE A L'AMOUR, 

ROMANCE. 

Paroles de M. G * * * L * * * 5 musique de 
M. Le Roy de Surmain , Profesicur , 

Ou air : uivec les jeux dans k village , &c. 



—îrïta 



2:4=«-tBz?z^*q=5: 



— -I — I — I — f-—i-~ 



-i/ — i-i^a- 



Je veux ai- mer tou t, ma 

fe — i=g— rgzb^g:!= Fr^zr^;;;zzt:z 

vi - e; l'a-mour ûoit fai - re 



mon bon-heui , De la jeune et lel- 



le 5U " vi'B les a. - traits 



i4^ É T 


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mais ; 


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cœur; 



<Jy — 1> , 'J-~\ — i*»! — h^ — — T 



à mes vœux elle est re - bel - le 



'M^i^^^MW^ 



et re-fu-se de s'enflam - m;r. Je 
SÈ^tEEÊziriï=Eë=^=?rÉEE~piE5 



ne soa - pi - re que pour el- 



le, et je ne vis que pour 






l'ai-mcr. 



Cruel Amour ! vois mon martyre , 
Vois mes tomniens et ma douleur j 



DE r O L Y M N I E. 247 

Soumets Silvie à ton empire , 
Rends- la sensible à mon ardeur! 
Viens , venge-toi d'un cœur rebelle , 
Que tu formas pour nous charmer j 
De ton feu la moindre étincelle 
Suffit , Amour '. pour l'enflammer. 



^ LE SERMENT VIOLÉ, 
POT-POURRI. 

Paroles de M, Bourignon de Saintes, 
Air de La Gracieuse , ( contredanse. ) 

Ile premier jour que je vis Thérèse , 
J'ouvris les yeux aux rayons du plaisir , 
Mon leune cœur en tressaillit d'aise , 
Le doux espoir le fit épanouir. 

Heureux moment ! de ta vive ivresse 
Le souvenir me plaira sans cesse î 
Tout est beau dans une maîtresse ; 
On aime jusqu'à sa foibksse } 



M» ÉTRENNES 

Et cette fleur qu'on appelle jeunesse > 
Fixe souvent 
Le Zéphyr inconstant. 
Le premier jour, &c. 

Air : La rose et le bouton , d'amourette , &c. 

Ce fut en blanc corset , 
Simple et bienfait , 
Qu'un matin je vis cette Belle ; 
Passé dans son lacet , 
Un frais bouquet 
Attiroit l'oeil sur elle. 
Que j'enviois ce bonheur î 
C'étoit le prix d'un cœur 

Fidèle , 
C'étoit le prix du cœur ! 

Air : Le Port Mahan est pris , îkc, 

La pudeur est trop fiere , 
Et pour un rien on la voit sévère ; 
Bien sûre de me plaire , 
Thérèse me comprit 

Et s'enfuit. ( B'.s. ) 



D E P O L Y M N I E. 24P 

Air ; Sous un ormeau , Sec. 

Dans un réduit 
Oïl règne la plus douce nuit , 
L'Amour me conduit , 
Et Thérèse , qui me vit. 
Rit. 

Air : ^vec les jeux dans le village , Sec. 

C'étoit un moment favorable i 

Dans le silence des forêts 

De l'objet le plus adorable 

Mes yeux dévoroient les attraits. 

Un soupir trahit sa tendresse j 

J'aimois pour la première fois : 

Je ne compris pas sa foihlesse , 

Et nous étions au fond des bois I ( Bis. ) 

Ail du Rendei-vous de r^mitiè , ( contredanse.) 

Thérèse se mit en colère , 
Et prétendit que j'étois téméraire. 
Jamais une Eeauté sévère 
N'arma ses yeux 
D'un air plus dédaigneux. 



ajo ÉTRENNES 

« Vous me fuyez , hélas ! cruelle , 
j5 Pour avoir montré trop d'ardeur ! — n 
« Le reproche est nouveau , dit-elle. 
» Oui, je conviens que je suis cruelle ; 
5î Mais cherchez une pastourelle 
» Dans la langueur 
» Qui p'ace son bonheur ! » 

Pour un amant 
Quel moment accablant ! 

Mon tendre cœur 
En gémit de douleur ! 
Un prompt regard où soudain se peignit 
L'affreux dépit , 
Me rendit 
Interdit, 
« Vous m'abhorrez! quel est mon crime? 
«Je vous almois I 35 — « Pour moi, je vous es 
» time i 
» Et le sentiment qui m'anime , 
3> A votre aspect 
j3 Tient presque du respect ! » 

Air ; Soui h nom de l'amitié , &C. 

« Revenez au tendre amour , 

» Trop cruelle Thérèse ! ( Bis, 



I 



DE P O L Y M N I £. jj, 

» Ou je m'en vais , sans retour ! — 
« Partez i j'en suis b;en-ai5C.... 
» Il part 1 c'est un bon tour !..,. 
33 Revenez , 
33 Revenez , 
33 Je veux croire à votre amour ! 3» 

Air : Daigne écouter l'amant fidtU et tendre , 3CC. 

te Mais jure moi que ton cceur, sans foibiesse, 
33 De ma vertu respectera les droits ! — 
33 Je vais luter de c'aimer en Déesse : 
33 Tu peux parler; je recevrai tes ioix!: 



i'.»S 



Bis, 



Air : Du serin <jui te fhit envie , &c. 

Je promis tout à ma maîtresse : 

Mon ccsiii approuva le serment j 

Mais un regard , plein de tendresse ^ 

Me rendit coupable a l'instant. 

Je fis parjure sur parjure , 

Et tant que mon cœur en fut las.... 

Tendre amante , enfin je te jure.... 

« Ah ; dit-elk , ne jure pas ! 3> ( Bis. ) 



ayî É T R E N N E S 



CHANSON BACHIQUE. 

Paroles de M. Watremcts ; musique de 
M. Bonvin. 

Grave. Majore, 



Du Dieuquiprs - side à la vi- 

gne j'ob-serve e-xac - ta - ment les 
^ -0- M '^ 



'^rn^ 



lo'ix , j'obsirve ex - ac - te - ment les . , 

^ -rt — ■^-^-H"' — I — ■ ! — -j- 

loixs je bois sans-cesse, çt plus je 

bois 



i 



DE P O L Y M N I E. jy. 



G c.„^^ _pzF:erÊ^_, 



BEEEEEEEEE 



11 









bois 



- -, plus (le m^svœuxce 



l^lâ^-^ 



:i^ Dieumesemble di - gne. Il re - çoit 



s 



monhom • mage au *^o.. 



îo;i ca-veau . 



JiH^^ii^ 



Bacclius, c'est-là ton temple, et ton 



■•• Em - jji - ''^' . t-a je vaiscnaaue 

^ E3=5E^iE£5^EeÉEêEge^ 

_u^_^t:ËzEiEa±tzb==izrE=ElS^ 



2 jour, très -dé - va» - te - ment li- 

Y 



ÎJ4 



ÉTRENNES 



r-ï^?35rp^gË 



^prgpir^^pS^zEEg^^ 



re , ton code é - crlt sur mon tonneau , ton 
. (~ _ Minore, 



SEEEB 






code é - crit sur mon toii-neau. 



Du 



-0 ^^^- rT^ 



Dieu de Tan-tiqua I-da - li - e, lors- 
quejesuls à jeun , je mé ■ pri-se les 



±t: 



ÏEEE 



traits, je mé - pri-se les traits ; mais , 



^ii^^lÊ 



^E? 



Cresc. 
quand toit jus, ton jus di- 



DE r O L Y M N I E. 25J 



±tr=zt 



Dol. 



vin , m'ins - pi- re sa fo- 
li - e ; r A-mour a - lors a pour moi 



■2JLZ-. 



des at - traits. J en- car. se sas au- 



±cr 



-LI— I 1- 



tels, mais sans cesser de boi - re. 



et l'en - cens que j'onre à sa gloi-re, 

=;r:Erp3zzrrc=rp=r-ti:^:trzzzbzz— 






:cczirprc_"trr 
j i hzzi: L 



le doit tout en - tier, Bacchus, à 
Y ij 



i|<î É T R É N N E s 



iâiniH^S 



Ad libitum 



tes bien - faits ; et l'encens que j'offre 




!_,„_bo.rzez__^ 



à sa gloi - re, il le doit 



pia. 
tout en - tier, Bac -chu 



pia. dol, 
tout en - tier, Bac -chus, à tes 



bien - faits. 



DE P O L Y M N I E. 157 

^ ■ .r ■ _; 

LE PORTRAIT DE L'AMOUR , 

TAIT PAR LUI-MÊME, 

Chanson. 

Paroles de M. le Chevalier de Cubieres. 
Air : Tu croyais en aimant Colette , 6cc. 

'U'N voit une torche enSammée 
Eriller , en tout tems , dans ma main j 
Et de flèches elle est armée 
Pour lancer un trépas certain. _ 

Je suis ayeugle ; quiconque aime 
Est à moi semblable ea ce poinl. 
De la raison l'éclat suprême 
En vain le frappe : il ne voit point. 

Je suis nud : pour une maîtresse 
Tout amant prodigue son bien* 
De Crésus eût-il la richesse , 
Bientôt il est réduit à rien. 

Y iij 



S)? ÉTREKNES 

Me voilà peint d'après nature. 
Mortels insensés , de vos cœurs 
Suivez donc l'amoureux murmure , 
Et plaignez-vous de vos malheurs. 



e 



LE RACCOMMODEMENT, 

ROMANCE. 
Paroles de M, Mercier. 

Air : Ecoutei une histoire , 8cc» 

Une jeune Bergère , 
Seule sur la fougère , 
Adressoit ces regrets 
Aux échos des forêts. 

« Hélas ! l'ingrat Silvandre 
95 Que je croyois si tendre , 
sî Semble , depuis deux jours » 
» Négliger nos amours 1 51 

« Sensible à sa tendresse , 
S5 J'ai montré ma fQiblesse j 



DE P O L Y M N I E. ijj 

» N'est il que la rigueur 

s> Pour conserver un cœur .' 53 

Silvandre entend la plainte : 
Il vole vers Aminte i 
Le regard d'un amant , 
Jamais, jamais ne ment I 

La Bergère attendrie 
Par une voix chéiie , 
Dans sa naïve ardeur 
Rappela son vainqueur. 

11 vint ; la paix fut faite | 
La suite en fut secrette. 
L'ccho ne rendit plus 
Que des soupirs confus» 



.4<ro, E T R' E N N E S 



LA CURIOSITÉ x^IERVEILLEUSE , 

ANCIEN VAUDEVILLE. 

Paroles du Pcve du Cerceau ; musique de 
M. Casimir. 



-*-'-''-i=Ei^ï&rfq=fcî^ 



r8i^^=g^Eg53SÊ^ 



On voit dans ma boî -te ma-gi-que 



la ra-re - té , la ra-re-té! Vous n'yvoy- 1 



ggSÊ^; 



ez rien qni ne pique la cu-ri- 

?- " g-j-^r — 'j— 1 — j " — ^-[7-17- 'g-lg 

G- si - té ! Le monde, en peir-;u-remou- 

vante,parmonver - re ss montre aux yeux. 



DE P O L Y M N I E. . i<îi 

et sa fi-gure est si par-laH-te qu'elle fait 
i*^ ( — =*s—r0— — *^ — p"^n— 



dire aux eu - ri - euxrtcO la mer- 

veille, sans pa - reil - le! 

J'y fais voir un Grand sans caprice, 

La rareté , la rareté ! 

Un Courtisan sans artifice , 

La curiosité ! 
Une Cour ou Dame Fortune 
Ne trouble pas les plus beaux jours , 
Et n'ait pas , ainsi que la lune , 
Et son croissant et son décours. 
O la merveille 
Sans pareille ! 

Un Seigneur sans faste et sans dettes , 
La rareté , la rareté î 



a^î ÉTRENNES 

Un Commis riche et les mains nettes , 

La curiosité î 
Un Crésus cliez qui l'industrie 
Enfante la prospérité , 
Sans que dans l'éclat il oublie 
Ce que ses pères ont été. 
O la merveille 
Sans pareille ! 

Un Bel-esprit sans suffisance , 

La rareté , la rareté I 

Un grand joueur dans l'opulence , 

La curiosiré ! 
Un ami qui , dans ma disgrâce , 
M'aime autant ejue dans mon bonheur , 
Et quand le sort m'ote ma place 
M'en conserve une dans son cœur. 

O la merveille 

Sans pareille 1 

Un bréteur qui jamais ne fuie , 

La rareté , la rareté ! 

Un conteur qui jamais n'ennuie , 

La curiosité ! 
Un tartuffe à lui-même austère. 



DE P O L Y M N I E. jiîj 
Et qui sous la douceur du miel 
Ne déguise pas le mystère 
D'un cœur amer et plein de fiel. 

O la merveille 

Sans pareille ! 

Mari d'accord avec sa femme , 

La rareté , la rareté ! 

Deux cœurs qui ne fassent qu'une amc , 

La curiosité! 
Paisible et _ vertueux ménage , 
Où sans cesse d'heureux enfans 
Trouvent d'une conduite sage 
Le modèle dans leurs parens. 
O la merveille 
Sans pareille ! 

Un petit-maître raisonnable , 

La rareté , la rareté ! 

Un plaideur qui soit équitable, 

La curiosité ! 
Un modeste et sage critique , 
Qui , sans mélange d'àcreté , 
Assaisonne d'un sel atcique 
Ce que le bon sens a dicté. 



Rf4 ÉTRENNES 
O la merveille 
Sans pareille ! 

Mérite à l'abri de l'envie , 

La rareté , la rareté î 

Plaisir sans trouble dans la vie , 

La curiosité 1 
Un cœur oil n'ait jamais d'empire 
Nul souci contraire à ses vœux , 
Mais qui toujours se puisse dire : 
« Je suis heureux , je suis heureux î » 
O la merveille 
Sans pareille ! 

Un grand cœur exempt de foiblcssc , 

La rareté , la lareté '. 

Un cœur fier sans nulle bassesse , 

La curiosité I 
Politique sans tromperie , 
Jeunes appas sans vanité , 
Prudence sans pédanteiie. 
Courage sans téméritét 
O les merveilles 
Sans pareilles ! 

Grand Spectacle où. tout divertisse, 
La rareté , la rareté l 



DE P O L Y M N I E. î(îj 

Fête où tout le monde applaudisse , 

La curiosité î 
Chanson badine et satyrique , 
Dont les couplets soient d'un goût fin , 
Dont chaque mot , sans blesser , pique , 
Et prépare un heureux refrain. 
O la merveille 
Sans pareille î 



COUPLET 

Adressé a une Dame hérésiarque en amour , 

et qui s'en vantait. 

Paroles de M, D*->' T*****»**i', 

Air : Lise demande son portrait , Sic. 



Ainsi , 



dans un culte erroné 
La mode vous entraîne ! 
Croyez-moi , ce goût si prôné 

N'offre qu'une ombre vaine : 
Du moins en votre égarement 

Ne restez pas , Glycere j 
Si Lesbos vous vit un moment , 
Rentrez vite à Cythere. 

Z 



-ifiê ÊTRENNES 

COMPLAINTE 

Sur la mon de M. le Comte de Tressan» 

Paroles de M. Pujoulx j musique de 
M. Bonvin , 

Ou air des Folies d'Espagne. 



LAs'.iln'est plus ce mor-tel tant al- 



>^=^S-3:^^^=^^§§^fc^^ ^ 



ma - ble , quifutchi - ri des Gra^ 
ces, des A - mours 1 II n'est don; j 









plus? La Pdrqus i ■ nc-xo - ra - ble 



I 



DE P O L Y M N I E. 2tf; 

for. doU furtis. smuri^ando 

vient de tran-cherle fil de ses beaux 



O- >-■*-<-(• 



jours ! 



Il employa les loisirs de sa vie 
A retracer des siècles de valeur , 
Et dans les mœurs de la Chevalerie 
Il retrouva les vertus de son cœur. 

Ces Chevaliers lui servoient de modèles , 
£t de leurs loix onc il ne s'écarta : 
Comme Amadis il aima les puceiles , 
Et , comme lui , toujours les respecta. 

Pleurez , Beautés , pleurez , amans fidèles ^ 
Sur son tombeau venez jetter des fleurs. 
Pauvres amans , où trouver des modèles ? 
Jeunes Beautés , où sont vos défenseurs î 

L'ambition d'une vaine mémoire 
N'altéra poi.it les plaisirs de son cœur, 
Zij 



a«!? ÉTRENNES 
Sans le savoir , il voloit à la gloire ; 
Sans le chercher , il trouva le bonheur. 

Las! &c. 



COUPLETS 

Adressés par M.Baudrais a plusieurs Gens» 
de Lettres , de ses amis ^ venus déjeûner 
che^ lui le premier jour de l'an. 

Air : Pourriei-vous bien douter encore ^ 5cc. 

, ^"E renouvellement d'année 
M'annonce un bonheur infini î 
Qu'elle doit être fortunée 
Si j'en juge par ce jour-ci ! 
Oui , mes amis , la chose est sûre : 
Eh ! comment pourrois-je en douter î 
Votre visite est un augure 
Trop flatteur pour le rejetter ! ( Bis. ) 

Les Grâces , les Muses ensemble 
Viennent embellit mon réduit. 



DE P O L Y M N î E. ifi? 

C'est l'Amitié qui les rassemble ; 

Et chez moi le Plaisir les suit. 

J'y vois , à la fois , Polymnie , 

Calliope , Euterpe , Erato , 

Avec Melpomene et Thalle , 

Sous les traits d'une autre Sapho ! (i) {Bis.} 

J'y vois d'autres objets aimables , 
Par leurs talens , par leurs appas. 
Des Auteurs savans , d'agréables , 
Une émule des Rose-Albas. (2) 



(i) Macicmoiseile Aurore, de l' Académie Royale de 
Musique , ce qui a fait d'heureuses imitations de VIT-' 
liadc, en vers François, et de jolies Poésies légères, 
ïile joint à ce talent ceux de composer de charmans 
petits airs, et de jouer les premiers rôles dans la Tra- 
gédie , dans la Comédie , dans le grand Opéra et dans 
rOperaComique. 

(2) MM. le Prévôt d'Exmes , Guillard , de Grainville , 
le Chevalier de Limoges , Le Bailly , Du Chosal , 
Mayeur de Saint - Paul , &c. &c. Mademoiselle Ru 
Chosal , élevé de Madame Le Brun , pour le Por- 
trait , et de M. David , pour les tableaux de genres , 
et Mademoiselle Méiieres , de l'Académie Royale de 
Musique. 

Ziij 



37û É T R E N N E S 
A cette joyeuse assemblée 
Il ne manque vraiment rien.... Mais 
Que notre alégresse est troublée 
Par l'approche de nos regrets I ( BU. ) 

Oui , notre Muse favorite 

Bientôt va déserter ces lieux : 

La charmante Aurore nous quitte , 

Et va briller à d'autres yeux, (i) 

Du Prince heureux qui nous l'envie 

Le pouvoir nous rend tous jaloux j 

Mais chacun ici le défie 

De la chérir autant que nous ! ( Bis. ) 



(0 Mademoiselle Aurore étoit près de quitter Pa- 
ris , et de se rendre à Rheinsberg , où le Prince Henri 
de Prusse l'appeloit , et où elle est allée embellir un 
Théâtre , qu'il a formé , et qu'il entretisnt à sa Coût." 



DE P O L Y M N I E. 271 

' *- "' ■ ' ...,,... _^ 

LES TOURMENS DE L'ABSENCE , 

ROMANCE. 

rarôles de M. Vacherot j musique de M. Cha- 
pelle. 
Allegretto. 



^^=â^ 3ÊgÊE^^^g^EgE£ 



Loin de la Eeau-tè quM a - do - re 



-±-±L 



w±zf:=P-tçL\ 



^=£EE5E" 



"«^•-•-H — 



quluncœursen-sible est mal -heu - reuxî 



r^l—zizzz^rca—s- _=^ 



~i" 



.EiEË:^EÊEPtEEg?E^^gE3E£E 



i ^-\ ; 1 (-1 

kaap :««• V- 

Dieu d'A-mour, A-iexist'im-plo -rel 



-W 



wr. 



t^ 



-n^ 



dai-gne ren - cire Rose à %^^ vœux ! 



z ÉTRENNES 



Loin de toi, belle et douce a - mi - e 






K^ES^EEf 



• — ^^1 — — i 



l'A- mour n'est qu'un af- freux tour- 



SêFêê^^^Eî^ 



ment ; et pour te voir un seul ins - tant , 



i g^Êifeggg 



A-le - xis donne-roit sa 

r» — :;- 



:» — Qr^-iTT i — : - 



;^^ 



e! 

Si ton image est une ros© 
Dans son éclat et sa fraîcheur ; 
Le papillon qui s'y repose 
Est-il l'image de ton cœur ï 
Non j t'accuser de petfidie 
Seroit cesser d'être constant , 



r.-« 



DE POLYMNIE. 

It pour te voir un seul instant , 
Alexis donneroit sa vie t 

Le mérite d'une maîtresse 
Est dans la constance et l'honneur j 
Ta beauté voilà ta ricliesse , 
Ta vertu voilà ta grandeur. 
Reviens , charmante et douce amie ; 
Rendre l'espoir à ton amant j 
Pour te revoir un seul instant , 
Alexis donneroit sa vie! 



=i COUPLETS 
SUR L'AMITIÉ. 

Paroles de M. de La Graviere. 
Air : Jeune Iris, voudre^-vous bien croire, Sec. 

3uR l'art d'aimer , sur l'art de plaire , 
Plus d'une fois j'ai médité ; 
Ovide en fit un commentaire , 
Qui de Bernard fut imité. 
Tous deux avec plus d'avantage 



«74 ETRENNE5 
Auroient écrit , si l'amitié 
Eût pu de leur galant Ouvrage 
Occuper au moins la moitié. ( Bis. J 

Qu'éjjris constamment de sa Belle 
Un Sectateur de Céladon 
Prétende qu'il doit n'aimer qu'elle j 
Je ne dis point qu'il ait raison. 
Sans trop combattre son système , 
Mais conseillant encore un choix , 
J'assure qu'on peut , quand on aime , 
Avoir deux penchans à la fois. ( Bis. J 

Sans l'amitié , sans la tendresse , 

Je ne crois point au vrai bonheur j 

Mondor le met dans sa richesse , 

Et moi Je le trouve en mon cœur. 

A mes amis , comme à Lucile , 

Les plus doux rapports m'ont lié } 

Il n'est donc pas bien difficile 

D'unir l'amour ii l'amitic, ( Bit. ) 



^ 



DE P O L Y M N I E. 275 

CHANSON BACHIQUE, 

ADRESSÉE A MADEMOISELLE DE * **. 

Paroles de M. C * * * j musique d^ M. Grévin , 

l'aîné. 
5 Allegro. 



^^^ 



"*cEûzËîËzL£EÊzii!3^ 



Charmante I ris, lors -que je 



^-S^^ii^ïg 



■Î.J 



boi tu te plains, sans savoii ]iuarquoi.Si 
le bon vin fait mes dé -l;-ces,ce 



iE^ÊÉSi£ïfcËeÊ£S 



virjhl-tré parlas Amours/our-nit , sans 



27^ ÉTRENNES 






SEËSEÉi 



isrzi^; 



ces-se,aux sa - cri - fi - ces que 



3!: 



mon cœur t'offre tous les jours, que 

Fin. 



-U — ?- 



.h- 



mon cœur t'of-fre tous les jours. 

Mineur. 



!^=izg=s=F3z3z3z3H 



:Mï5 



•pi^ 



Si le vin est un don des 



Dijux, c'est i'en-cens i;; plus di - gne 



--U-i- 



^^Eig^ll^g^ 



d'eux. Pour moi tu vaux une Im - mor- 



telles 



DE P O L Y M N I E. 277 

tel - le ; ce vin est donc di-gne de 






toi ? A tes au - tels tou - jours fi- 

de - le, c'est pour t'ado - rer que 
Au Majeur, sç 

je boi. Bru- 

Brûlant des plus ardens désirs , 
Si mon cœur mêle à ses soupirs 
De Bacchus la joyeuse ivresse , 
Ne reproche rien à ma foi. 
Le vin ajoute à ma tendresse : 
Je t'aime encoi plus quand je boi. ( Bis. ) 



A a 



i75 ÊTRÉNNES 

COUPLETS 

ADRESSÉS A UN PETIT CHIEN. 

Paroles de M. le Chevalier de Cubieres. 

Air : Du serin qui te fait envie , &c. 

il oi , qu'une jeune enchanteresse 
Pose et retient sur ses genoux , 
Toi , que souvent elle caresse , 
Ah 1 que ton sort me paroît doux '. 
Dès qu'on s'approche un peu trop d'elle ; 
Je te vois entrer en fureur. 
Gardien insensé , mais fidèle , 
Reconnois enfin ton erreur. ( Bis. ) 

Veux-tu ressembler à Cerbère ? 

Comme lui tu grinces les dents , 

Et comme lui , dans ta colère , 

Tu menaces les prétcndans. 

Laisse-le gronder ; que t'importe 

D'imiter ses lugubres cris i 

De l'enfer il garde la porte , 

£t toi celle du Paradis. ( Bis. ) 



D E P O L Y M N I E. 57, 



LE TABLEAU 

DES MALHEURS DE L'AMOUR, 

Romance 

Adressée à Madame de * * *, 

Paroles de M. de Tournon j musique de M. 
Bonvin , 

Ou air : Daigne écouter l'amant fidèle et tendre , 
&c. 



Èï^^sSÈfeiËr^ïË^ 



Vous le vcu-lez,par votre or-dresu- 



prè - me du tendre A. - mour jepein- 



drai les dou-leurs. De n'a-volr 

A a ij 



I 



aSo 



ET RENNES 



dolce 
puveusdl-re je vous 



Êi*t^ls«*§ l| \ 



lEp^j^ggEJg^^S^ 



fortî dolcz 

oui,c'estpour moi le plus grand des mal- 



forts. 
heurs! oui,c'estpourmoi le plus grand 

des malheurs ! 

Si je vous vois , votre beauté m'enchante j 
Et dans vos yeux je trouve le bonheur j 
Si je surviens , que vous soyiez absente , 
Je l'avoûrai , c'est vraiment un malheur! 

( ^«- ) 






DE P O L Y M N I E. agi 

Si votre main m'offre une violette , 
Je la reçois et la mets sur mon cœur ; 
Mais grondez-vous , êtes-vous inquictte ? 
Eh ! bien , Zulmé , c'est encore un malheur ! 

(Bis.) 

Qu'un songe heureux m'offre de vous un gage. 
Des Dieux alors je goûte le bonheur. 
Si mon réveil vient chasser votre image , 
J'éprouve alors le fléau du malheur '. ( Sis. ) 



A M I R T I L , 

CHANSON. 

Paroles de Madame de Montenclos. 
Air : Que vous ave^ d'avantage ! &c. 

\^UE ne peux-tu dans mon ame 
Lire au gré de tes désirs ? 
Que ne puis-je pour ta flamme 
Créer de nouveaux plaisirs ? 
Malgré la pudeur farouche 

A a ïi'i 



aSi ETRENNES 

Qui me coatraint chaque jour > 
Je sens errer sur ma bouche 
Aveux et baisers d'amour '. 

Quand je reçois ton hommage 
L'Amour te soumet mon cœur { 
Dans ses mains est ton image , 
Pour moi celle du bonheur. 
Peins-toi ma tendresse extrême 
Plus que mes foibles appas. 
Ne te dis point que je t'aime : 
Non , ce mot ne suffit pas '. 

Oui , ce que ton cœur désire 
Le mien sait le deviner. 
A l'amante qui soupire , 
L'Amour fait imaginer j 
Mais en cultivant la rose , 
Qu'un jour tu pourras cueillir , 
Compte , au moins , pour quelque chose 
Le doux espoii d'en jouit 1 



DE P O L Y M N I E- aSj 



L'ÉCUEILINÉVITABLE, 
ROMANCE. 

Paroles et musique de M. de Lautel. 

ilisiiiliip^l 

A l'A - motir tout nous en- 



:ii: 



ga - ge j il est par - tout sous 
nos yeux : tout no .is en of- 



E^igEggl^Isi 



fre ri - ma - ge j il nous ob- 
sède ea tcjs lieux. A - ni- 



îi?4 ÉTRENNES 



mé de son gé - ni - e. 



:&: 



=ri=i?=55EÊzEÉt-È=H 



azt 

chaque être sait nous char - mer. 



Est-on cou • pa-ble d'ai - mer lorsque 

^^!î: ^ï t^-^S tmatÇ-h Il . 



tout noui y con - vr - e ? 

Mineur. 



î3ïteSÈ[ 



Du î.i - phyr l'ha - lei - ne pu- 



re , le vif é - iiut d'-n 



beau jour , des fleurs la ri» 



>& 



DE P O L Y M N I E. aSj 



che pein - tu - re , ou - vrent 



nos ccELirs à i'a - mour. L'ame , à 



cet as - pect ra - vi - e , sent 



un doux fea l'a - ni - mer. 



smii^^^M 



est-oncou-pa-bled'ai - mer lorsque tout 



nous y con - vi - g î 

Majeur, 
La tourterelle murmure 
Loin de son cher tourtereau. 



xU E T R E N N E S 

Chaque voix , dans la nature , 
Du tendre Amour est l'écho. 
Chaque instant de notre vie 
Conspire à nous enflammer. 
Est-on coupable d'aimsr , 
Lorsque fout nous y convie i 

Mineur. 

Si l'amout se fait entendre 
Par l'organe d'une fleur , 
Jugez si , d'un amant tjndre , 
La voix doit parler au cœur! 
Ah l plaignez votre Sophie , 
Maman , loin de la blâmer. 
Suis- je coupable d'aimer , 
Hélas 1 quand tout m'y convie 3 



DE POLYMNIE. atr 

1 ■ ^s 

COUPLETS 

ADRESSÉS A MADEMOISELLE * * *. 

Paroles de M. Dumaniant. 

Air : ^h ! de. tes dix-huit ans , &c. 

OlÉDUISANTE Philis , 
Qu'Amoiu fit si jolie , 
Si c'est par fantaisie 
Qu'à mes vœux tu souris , 

L'erreur passagère 
Qui me met sous ta loi , 
En cessant de te plaire , 
Est un malheur pour moi ! 

Ces jours de mon bonheur 
Dureront-ils encore ? 
Lorsque mon cœur t'adore 
Rien ne parle à ton cœur! 

Ta bouche abandonne 
Des baisers qu'elle doit j 
La volupté les donne , 
Mais l'amour les reçoit. 



28^ E T R E N N E 

Hélas ! tout mon plaisir 
Est troublé par la crainte , 
Et pardonne ma plainte 
Sur un triste avenir! 

Ton art est de plaire'; 
Le mien seul est d'aimer : 
Cesse d'être légère , 
Ou cesse de charmer '. 



LE BESOIN D'AIM ER, 

COUPLET. 

Paroles de M. Nougaret. 
Air : On dit qu'à qu'inie ans , &C. 

On dit qu'en aimant 
La beauté même est embellie , 

On dit qu'en aimant 
On goûte un plaisir ravissant. 

Ah! l'aimable folie 
Que de nous laisser enflammer l 
Le charme de la vie 
Est de savoir aimer ! 
Pn dit qu'en aimant, &c, 



LE 



i 



B E P O L Y M N I E. 



î»9 



LES REGRETS 

D'UN AMANT SÉPARÉ DE SA MAI- 
TRESSE A L'APPROCHE DU PRIN- 
TEMS , 

Romance-Pastorale. 

Paroles de M. Louvet de Couvrai ; musique 
de M. Edelman. 

G ratio fo. 



l^Si^^gÉlë 



Chantez, heureux oi - seaux, chan- 






■¥-T* \—r*- 



(\ 



gËÈgaEggÊggjEjfj;^ 



tez vos dou-ces chaînes, chaatez vos 



'i^ii±tr: 



~4- 



-Ef- 



D 



'çz.-=^>o.t: 



B b 



É T R E N N E -s 









dou-ces chaînes. Moi , j'en- 






(îls^^esa? 



=ÈSÈ^.ÈS 



tends Phi-lo - mè - le , j'en- 









tends Phi-lo - mè-le , et 



5srr=-a 






«fia. 



(Il=^ 



DE P O L Y M- N I E. 2?t 



je ver - se des pleurs » 



^:=z±fcrcz: 



:Ez±=Ê:z:5; É iz^EtElz 



fpti fEgiigE ^^^^g^pz^gz: 



et je ver - se des pleurs ! 



V— s-lrh- -^- 



g^ ^H^EEga J 



Comme eli 



Comme elle . hé- 



_^«fi*««a. 



^ ?^ irt 



B b ii 



iç^ ÉTRENNES 



las! 



d'amojr'je sens les psi* 



K—'-^: 









SiîSÊi^^^ 



nés, e' , com-me vous, \ ai coa- 
A , 



T^--P r fl£=e — c" 






— «M 1 — — — M " ^ I mz 

ses Qoii-ceurs, et,com-me 



DE P O L Y M N r E. i.9y 



vous, j'ai connu ses douceurs L 



Il ctz — g g g—- 



EÈÏËÉEE 



Minore.^ 



/'!ftfe 1 TT~I> ' w 

Cel-le qui 






rfil^^lil^^ê 



vit pour moi de moi s'est é-loi- 












B b iij 



2P4 



ET RENNES 



\i^m^m^^^^ 



iné-e, cïl-le qui vit pour moi de 



HtE!E|!SiEE5iE5EfHEEÊÏÈ5^ 



gEË^gÈggg^BgÈg 



mois'estéloi-gni-e... Ah! quand reviendra- 

rs:|==rzz_- :p«ZHrrr_ »— -^ 

-î^ir^p -L-g-^...pi — i-=^-pa — 1 — ■ — zrrr: 






t-elle embel - lir ce se - jour ? 






3nÊ==-EKÊH 



Ij-Kl^-Pa 



DE P O L Y M N I E. 195 



-rilÉÊ^iEËÉËêEÉÊi 



Bzra 



Quand rc-viendra-t-elle embel - lir 



\.=ï£^l 



IL^ 



(IgËgÊ^gËgsiÊâ^^il 



ce se - jour ? En son ab- 



'r£t;=-r=»=feE?=?=ê=P=t£i: 



EËE£3EËH 



V 



cen-je u i jour esc unean-né-e ; un 
— »— — »— /T\ 



±t. 



_t^i^_i 



^6 ETRENNES 



^^^r^ 



ËgjÈEEE^E^^ 



an près d'el-Ie a pas - s^é 






EÊEÏ^È 



=Èl^^^â 



comme un jour, un an près 



liÏEl^^^^^ 



:p?«zp?a= 



fîii^^^E^i^EË 



d'elle a pas - se comme un jourl 



vlMg=g|=^^JM 



DE P O L Y M N I E, 297 
r. . ■ . . ' ■' ■. ;==3 

L'AMITIÉ, 

CHANSON. 

Paroles de M. Lar * * *, 

Air : Cher Fdloè , sur un sopha de roses , Sec 

JC^ ARE amitié , penchant sublime et tendre , 
A te chanter je consacre ma voix. 
De tes attraits qui peut donc se défendre ? 
Il est si doux de vivre sous tes loix î ( Bis, ) 

A nos douleurs toujours compatissante , 
Tu prends plaisir à soulager un cœur. 
L'infortuné sous ta main bienfaisante 
Voit tous ses maux se changer en bonheur. 

{B.s.) 

Ton seul aspect anime la nature. 
Tu rends plus beau l'azur brillant des Cieux. 
C'est à ton feu que notre ame s'épure. 
L'homme par toi devient égal aux Dieux ! 

(,Bis.) 



29» É T R E N N F. s 

LA GAIETÉ, 

CHANSON. 

Paroles de M. Le Prévôt d'Exmesj musique 
de M. Eonvin. 



Alkgritto. Majore. 



si 



Dans monjeune â-ge je riois toujours 



de bon cœur, je ri - ois toujours de bon 



coeur. C'est ê - tre sa - ge de ne jamais pren 



^^^^^^m 



dre d'iiumeur; c'est ê-tre sa - ge de 



jggEgpg egËSlJÈJ 



ne jamais prendre d'humeur ,de ne ja- mais pren- 



DE POLYMNIE. 

M'norc. 



195 



Egl^liïËiiifefÊ 



dre d'humeur. 



J^l^E 



Si l'on s'en - ga- 
D. ^ 



ge.matgré soijl'on devient rêveur , malgré 



Do/. 



For. Dol. 

soi, l'on devient ré -veurj Tris-te pre- 

_e — ^*— u. 



P^sfi^rK^^n 



:tï2^Ud 



sa - ge,qui n'annonce pas le bon - heur! 



P. » , , For. 



tris-te pré-sa - §e, qui n'an-non- ce pas 
-f- Majore. ^ 

le bon • heur ! Dans mon jeune 



ÎÔ9 É T R E N N E s. Sec. 

a-ge i'ins- pirois à tous la gai- té , 



j'inspi - rois à tous la gai - té. Un 



peu vo- la- gej partout ain-si j'é - tcis fè- 



Si/ 

écunpeuvo-la - ge j prrraut ainsi j'é- 

tois fê - té, partout ain - si j'étois fê- 



bE3ît 

tè. 



■<*-i-%x- 



r I N. 



TABLE] 



50ï 



TABLE. 
A 

Messieurs. Pages 

AUGUSTE 6 AUDE. 
A la plus jolie , musique de M. Porro. 178 

B 

BASTIER D!i DOUINCOURT. (le) 
Consigne i mon Portier, musiqiicde M. Le François 197 
11 faut céder, zîi 

B A U U R A I S. 
Bout-rimés. 177 

Couplet. 244 

Couplets. 26S 

B E Z A N Ç O N D ' É P I N A Y. 

la Dormeuse éveillée. 117 

Couplet impromptu. 3^8 

BOUKIGNON DE SAINTES, 

ilyrane i l'Amour. 2j8 

Le serment violé. 147 

BOUTILLIER. 

Les Jeans de toute espèce. 21 

c 

C H I V o T. ( Le Comte de ) 
Voilà comme on se défend. no 

COLLEVILLE. 
La Réiignation, musique de M. le Baron de BernstorfF. 4% 
Couplet. jj{y 

Ce 



8o 
14S 



50s TABLE 

Messieurs. l'a?» 

C U B I E R E s. ( Le Chevaliet de ) 
L'Oiseau envolé. îï 

Couplet. 
Couplets. 

Les sept Planètes. ^^ 

L'.\mour égaré. "^ 

Le Portrait de l'Amour. '^7 

Couplets. . ^78 

C * * *. 
ta Mcre prise pour le fils , rtiusiquc de M. Hrcvin , 
l'aîné. ^ ^'<S 

C'nanson bacchique , musique de M.Gtévin, l'aîné. 17? 

D 

nESGROUA.S, fils. 
L'Amant satisfait par l'espérance. I» 

DU CE RC E A U. ( Le l'eic ) 
La Curiosité merveilleuse , musique de M. Casimir. î6» 

UUFRESNOY. ( Madame ) 

^°"P'"^- DU M A NI AN T. '^ 

Le séjour de l'aris- * 



Couplets. _ _ „ 

^ DUMOUSTlïR. 



ZÎ7 



Couplets. *-+^ 

Couplet. *^? 

E 

ESTIVAL DE BRABAN. {d') 
Les usages du jour. 7i 



DES AUTEURS. jo? 

Messieurs. Pag. 
Év R A. 

La résolution inutile, musique de M. le Chevalier de 

Saint-Georges. ijô 

Couplets , musique de M. le Chevalier de Saint- 
Georges. I^z 

F 

F L O R I A N. (Le Chevalier de ) 
Poitiaic d'Adine, musique de M. Bonvin. Si 

G 

GARIOT DE SALINS, 

portrait d'une jolie Femme. 40 

Portrait de l'Amour , musique de M. Rochefort. 58 

Couplets.^ 9> 

Mon dernier choix, musique de M. Pouteau. 159 

L'Ingënue, musique de M. Le Roy de Surmain. 166 
Chansonnette, musique de M. Le Roy de Surmain. \S6 
Les de'goûtt de l'hymen, musique de M. Le Roy de 
Surmain. îzj 

Prière à l'Amour, musique de M. Le Roy de Surmain, 

L'Amant trahi , musique de M. BiUiard, 5î 



lOLY DE SAINT-JUS T. 
Les Grâces bien log<^es. 

C c ij 



Î04 T A B iw E 

Messieurs. Pag; 

LA GRANGE. (De) 
Chanson anacrëontique, musique de M. Blatttnan. 107, 

I. A G R A VI EKU. ( De ) 

Couplets sur l'Amitié. rjj 

LA MOT H S. (De) 

Les adieux. yi 
Le Lévite d'Ephtaim , musique de M.l'Abbf Auroux. 

Couplets. 100 

L'Indifférent, musique de M. Favier. ijj 

L A K * * *. 

Couplets. 136 ij 

L'Amant qui n'est point jaloux. 170 

L'Amant préféré. 231 

L'Amitié. 29- 
L A V I É V I L L E. ( De ) 

L'Amour vu tel qu'il est et comme il va, musique de 

M. Le Brun, 19 

Chanson. Ij7 

Chanson. lyS 

Chanson. lj7 

L AU TEL. (De) 

Couplets. j8î 

L'Écueil inévitable, musique du même. 2Ï} 

LE FRANC. 

Couplets. 67 

LE MÉTAYER. 

L'Amant jaloux. 4y 

Le Portrait d'Étnilie. ^'5 



DES AUTEURS. 50J 
Messieurs. Pag. 

LÉVRIER !>E CHAMP-RION. 

Avis aux jeunes Acteurs Tragiques. 90 

LOUVKT DE C OUVRAI. 
Les regrets d'un Amant éloigné de sa Maîtresse , à rap- 
proche du Printems , musique de M. EdeUnann. 2S9 

M 

MAYEUR DE SAINT-PAUL. 

le Mouton et le Baiser , musique de M. Rouen. «4 

L'Anacréon moderne. 74 

Le nei cassé , inusique de M. Bambini. p8 

MÉRARD DE SAINT-JUS T. 

Chanson. 117 

Zervcc et Nerhiette , ou la jeune veuve. 21S 

MÉRARD DE S A 1 N T- J U S T. ( Madame ) 

Couplets. 19 
MERCIER. 

le Raccommodement. ij$ 

M EU DE-MON PAS. ( Lc Chevalier de) 

Couplets. 79 

la plume de l'Amour, musique du même. i;y 

La négligence de l'Amour, musique du même. 454 

M I R A M O N D. ( De ) 

Couplets. \6 

CoupJet. ' 45 

Couplets. 61 , 

Couplets. lij 
M O L I N E. 

les regrets d'une Bergère, devenue grande Dams , mu- 
sique de M. Hotsiski. ijs 



ao(5 TABLE 

Messieurs. Pag. 

La Fille reconnoissante. 214 

Couplets. Z4i 

MONTENCLOS. ( Madame de) 

Premiers vœux d'Églé à son réveil. iS 

A Minil. *8i 

N 

N O I Z E T. (Le Chevalier de ) 

Tendres vaux d'un Amant , musiqae du Chevalier 
Gluck. 119 

Couplets , musique de M. l'Abbé Jacquemont du Dou- 
zon. 14; 

Conseils aux Amans, musique de M, l'Abl>é Jacque- 
mont du Douzon. 173 

Le Berger quitté, musique de M. l'Abbé Jacquemon» 
du Oouzon, 

NOUGARET. 

L'Amant constant. 109 

Le besoin d'aimer. aS& 

O 

o R R E s. ( Madame Des ) 
Komancc. 

P 

PLANCHER. 
La mort d'Isote, musique de M, * * *, 87 

P O R R O. 
L'Amant qui frappe à !a porte de la Maitcejse , ma 
sique de I. Haydn, lé 






DES AUTEURS. 397 

■ E s s I E U R s. Pag, 

PHÉVOT D'EXMES, (Le) 
les regrets , musique de M. lionvin, t 

la gaieté , musique de M. Bonvin. 298 

p U ; o U L X. 

î 'Age d'or. 49 

Cotnplainte , musique de M. Bonvin. i£6 

S 

SABATIER DE C A V A I L L O N, 

Chanson. iij 

Chanson. iôj 

S MNT-PÉR AVI. 

Mourir i la mode d'Irlande, musique de M. Chatdmi. J7 

S A U R I N. ( feu ) 

L'Amour est de tout âge. 168 

L'Art de jouir de la vie. aoa 

SYLVAIN. (Le Berger) 

Couplets. 34 

Couplet, ijj 

T 

T o u R N o N. ( De ) 

L'heureux songe. 6j 

Hébé , ou le plaisir. 8y 

Le Tableau des malheurs de l' Amour , musique de 

M. Bonvin. 279 

V 

VACHEROT. 
le Nouveau-né , musique du même. 47 

L'Amant constant , musique de M. Loullié, fils. «'9 



3o8 TABLE DES AUTEURS. 
Messieurs. Pag. 

L'Amant forcément séparé de sa Maîtresse , musique de 
M. Chapelle. 205 

L'Impatience , musique de M. Chapelle. iji» 

Lestourmens de l'absence, musique Je M. Chapelle. 271 
V * * * * *. 

Mon bonheur. *''* 

w 

W A r K î M E T S. 
Chanson Bacchique, musique de M. Bonvin. :-- 

WILLEM AIN D'ABANCOURT. 
Portraits de fantaisie. 141 

Au Qyfij;» que j'ai planté sur le tombeau de mon père.. 

Adclle et Fonrose. iS) 

l'ortiait de Zélis. îJ) 

X 

X A V I E R D E D O M P * * *. 

Couplets. 17^1 

ANONYMES. j 

La soirée d'hiver, musique de .M. Ghampein. i 
Les regrctsd'unejeune veuve, musique de M. Bonvin. li 

Petite Pastourelle, musique de M, Bonvin. jl 

Les vrais plaisirs, musique de M. L. Guichard. 6Ù 

L'innocer.ce, musique de M. L. Cuichard. pj. 

Le Serment léger, musique de M. ISonvin, jofi 

L'Amour François , musique de M. L. GuicharJ. iifl 

Couplets. i^J 

FIN, j 



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^^ Etrennes de Polymnie 
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