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Full text of "Étude sur le dialecte berbère du Chenoua comparé avec ceux des Beni-Menacer ..."

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PUBLICATIONS DE L4 FACULTÉ DES LETTRES D'ALGER 

BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE 



ÊTU£)É . 



SUR LE 



DIALECTE BERBÈRE DU CHEiNOUA 



COMPARE AVEC CEUX 



DES BENI-MENACER ET DES BENI-SALAH 



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PUBLICATIONS DE U FACULTÉ DES LEHRES D'ALGER 

BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE 



ÉTU£)É'. 



SUR LE 



DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 



COMPARÉ AVEC CEUX 



DES BENI-MENACER ET DES BENI-SALAH 



AN0BR9. — IMPRIMIRIE OP.IKNTALB DR A. BUHDIN KT C", 4, RUI OARIfrER. 



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ÉTUDE 



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SUR LE 



DIALEOTE BERBERE D(j OHElllA^ 



COMPARÉ AVEC CEUX 



DES BENI-MENACEe ET DES BENI-SALAH 



PAH 



E. LAOUST 

DIPLÔMÉ DE BBRBàRB 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 
1912 



G 



,C 4 2. L :-e 6- 



Monsieur R. BASSET, 

DOTBN DE LA FACULTi DB8 LbTTRKB D*AlOBII 
COBRBBPONDART DB lInSTITUT 



Monsieur le Doyen, 

L'étude cTun dialecte berbère est aujourd'hui bien facilitée 
par vos nombreux et savants travaux et par ceux des élèves 
que vous avez formés à votre rigoureuse méthode dHinfor- 
mation. 

Cest grâce à votre enseignement et à vos encouragements 
que cette étude consacrée au dialecte berbère du Chenoua 
a pu être menée à bien. 

Cest pour moi une grande joie de vous prier de me faire 
l'honneur d'agréer mon modeste travail en témoignage de 
ma reconnaissance. 

Croyez, Monsieur le Doyen, à mes sentiments respectueux 
et dévoués. 



Laoust. 



Marengo. le 19 février 1913. 



PRÉFACE 



Le dialecte du Ghenoua désigné sous le nom de 
hak'bailith est parlé par une population habitant 
un territoire s'étendant de Cherchell à Casti- 
glione. A vrai dire, c'est plutôt un sous-dialecte 
des Beni-Menacer et on doit le ranger dans le 
groupe des dialectes du Moghreb central étudiés 
par M. R. Basset. Les Ichenouien et les Beni-Me- 
nacer se comprennent parfaitement; ils ont un 
grand nombre d'expressions communes. 11 existe 
pourtant quelques différences intéressantes qui 
ont été relevées au cours de cette étude. 

Les Beni-Salah installés sur les flancs de l'Atlas 
de Blida sont avec les Ichenouien les populations 
berbères les plus rapprochées d'Alger. 

Le colonel Trumelet a décrit leur pittoresque 
montagne et rapporté la vie de leurs plus vénérés 
marabouts. Il restait à étudier leur dialecte qu'il 
faudra classer avec le Zouaoua bien qu'il présente 
avec celui-ci des différences telles que les habi- 
tants de ces deux régions se comprennent diffici- 
lement* 



II PREFACE 



Il y aura lieu de recueillir des textes choisis 
parmi les dialectes parlés par les Beni-Miçra et les 
Beni-Mesa oud qui sont les voisins des Beni-Salah 
On aura un groupe nouveau de dialectes qu'on 
pourra désigner sous le nom générique « de dia- 
lectes de TAtlas de la Métidja ». 

Il a paru intéressant de comparer les dialectes 
des Béni- Menacer et des Beni-Salah avec le Ghe- 
noua, c'est ce qui a été tenté ici. 



INTRODUCTION 



APERÇU GÉOGRAPHIQUE 

Le dialecte qui fait l'objet de cette étude est parlé par 
des populations occupant le vaste territoire compris entre 
la Méditerranée et les deux routes partant de Marengo 
pour aboutir Tune à Gherchell et Tautre à Gastiglione par 
Montebello. 

L'oued Nador formé par la réunion d'un grand nombre 
de ruisseaux déversant les eaux pluviales tombées sur les 
pentes de la montagne des Beni-Menâd partage ce terri- 
toire ainsi délimité en deux régions d*aspect bien diffé- 
rent. 

La partie occidentale n'est que le prolongement de la 
plantureuse Métidja dont Toued Nador marque nettement 
la limite. Elle dévale en pente douce du pied de TAtlas 
jusqu'aux premières élévations du Sahel, formant une 
vaste cuvette au lac Halloula aujourd'hui en partie asséché. 

Le Sahel élève un bourrelet de plus de 200 mètres. Il 
descend brusquement vers la merétalant partout ses riches 
vignobles et ses bouquets de grands pins. Des forêts de 
chénes-lièges le recouvraient autrefois. 

Un monument curieux, sans doute la plus intéressante 
des ruines de l'Afrique du Nord : le tombeau de la Chré- 

i 



2 LE DIALECTE BEKBÈRE DU GUIlNOUA 

tienne domine toute la région. Construit au sommet du 
Sahel, à une heure de marche de Sidi Rached (Montebelio)^ 
il ne parait pas avoir voulu livrer ses secrets à l'archéo- 
logue le plus averti. Un berbère, un Achenoui a élevé son 
gourbi épineux auprès de cette imposante masse de moel- 
lons. Il en est aujourd'hui le gardien et pilote le touriste 
dans le long couloir circulaire aboutissant au petit caveau 
central, vide des cendres impériales qu'il devait renfermer. 

Le débouché naturel de cette région est Tipasa (Bazar, 
pour les Ichenouaien). 

Le village actuel avec ses 50 feux, se tient très à Taise 
dans Tenceinte démantelée qui entourait une ville romaine 
de 20.000 habiUnts. 

Dt^s thermes, un amphithéâtre, un château d*eau laissant 
encore debout quelques pans de mur épais et des colonnes 
brisées, des citernes profondément éventrées, des moel- 
lons épars, des débris de constructions rasées envahis 
par le lentisque et le jujube, c*est tout ce qui reste d'une 
grande cité. 

Avec ses deux cimetières situés sur les collines qui do- 
minent le village à l'Est et à TOuest, en dehors du mur qui 
résista à la colère de Firmus, Tipasa a plutôt Taspect d'une 
vaste nécropole où reposent des générations de Chrétiens 
bercés par la voix puissante des vagues qui viennent dé- 
ferler contre les falaises. Rien n'est plus impressionnant 
que ces « champs de repos » si souvent violés par la cupi- 
dité des conquérants ou la curiosité du savant. Des mil- 
liers de sarcophages tous pareils, placés les uns près des 
autres comme pour mieux faire sentir dans la mort la soli- 
darité étroite qui unissait les premiers chrétiens sont là 
vides, brisés ou intacts, largement ouverts, envahis par 
des buissons arrondis de lentisque, de diss, de palmier 
nain et une herbe menue que broutent les chèvres des 



INTRODUCTION 3 

quelques Ichenouaien qui ont établi leurs ikhkhamen dans 
ces lieux de désolation. Le voisinage des ombres n'est pas 
pour les effrayer et leurs tristes demeures, basses, ter- 
reuses sont comme autant de tombes où grouillent pèle- 
méle les femmes, les enfants, les bestiaux sous la garde 
de chiens hargneux. 

Interrogés, les habitants vous diront qu'un tremblement 
de terre, manifestation de la colère divine, détruisit les 
églises, les monuments, les maisons de Tipasa chrétienne. 
Une pluie de sable recouvrit ensuite les décombres d'un 
linceul épais. 

Du cimetière de l'Ouest, du ras-el-Kenissa (cap de l'église), 
la vue s'étend sur l'embouchure de Toued Nador que do- 
mine la masse sévère du djebel Chenoua. La côte décrit 
jusqu'au ras-el-Amouch, une courbe gracieuse de près de 
deux lieues. 

Basse tout d'abord pour recueillir les eaux rares de 
Toued Nador, elle forme une longue plage au sable fin, 
puis elle se relève brusquement du côté de la montagne 
en falaises élevées fortement minées. La baie assez pro- 
fonde est trop largement ouverte aux vents d'Est. Des pé- 
cheurs siciliens y tendent leurs filets. 

Dès le printemps, la plage déserte s'anime, surtout le 
dimanche où des voitures et des automobiles amènent des 
fermes et de Marengo de nombreuses familles de colons, 
heureuses de quitter les émanations paludéennes de la terre 
pour venir se retremper au souffle vivifiant de Tair salin. 

De « vrais amateurs » de la mer, au pied même du dje« 
bel, ont construit de petites villas garnies de géranium et 
de jasmin et ont donné le nom de Chenoua-Plage à cette 
station naissante. Mais Boumachouk, c'est ainsi que les 
Ichenouaien désignent ce lieu, est trop chaud l'été et aucun 
arbre n'offre son ombre à Testiveur. 



4 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHEMOUA 

L*oued Nador qui a coulé jusqu'au petit village de De- 
saix dans un couloir étroit bordé de collines couvertes de 
forêts de pins, pénètre dans un vallon large de quelques 
kilomètres qu'il a fertilisé de ses alluvions. 

De beaux domaines y étendent leurs cultures. 

C'est par ce passage qui joint la plaine à la mer que la 
Mitidja occidentale trouve son débouché naturel. Presque 
tous les vins de la région depuis Meurad et Bourkika em- 
pruntent cette voie pour s'embarquer à Tipasa où l'activité 
d'autrefois semble vouloir renaître Mais les quais n'offrent 
qu'une surface insuffisante aux marchandises qui les en- 
combrent et la jetée protège imparfaitement les caboteurs 
qui osent y accoster. 

En dépit du désintéressement presque complet des pou- 
voirs publics, Tipasa prospère et les statisques de 1901 
accusent un mouvement de 59.000 tonneaux, tandis que 
Chercheli où de grosses dépenses ont été engagées, ne 
voit son commerce maritime se chiffrer que par un mou- 
vement de 39.000 tonnes. Aujourd'hui, comme du temps 
des Romains Tipasa est plus commerçante que Césa- 
rée. 

Cependant quelques travaux peu importants suffiraient 
pour permettre aux cargos d'amarrer en tous temps et de 
transporter sans transiter par Alger les fûts de vin qui trop 
longtemps séjournent sur les quais. 

Il faudrait aussi pousser le rail jusqu'au port, mais par 
ironie sans doute, le chemin de fer qui relie Ël-Affroun à 
Chercheli fait un coude à Desaix et tourne le dos à Tipasa 
distante de 6 kilomètres. 

C'est donc par Tunique route qui emprunte la vallée du 
Nador que se fait tout le trafic. Le charroi y est considé- 
rable et les lourds camions la dégradent rapidement. 

Tipasa deviendra un bon port, mais non une grande 



INTRODUCTION 8 

ville : c'est Marengo distante de 14 kilomètres qui est et 
restera la capitale de la Mitidja occidentale. 

 vrai dire Marengo ne fait pas partie du domaine des 
Ichenouaien : la forêt de Sidi Sliman, ancien repaire des 
fameux Hadjoutes, en marque la limite méridionale. 

Cependant c'est un centre; là se tient le marché le plus 
important de la région. 

Les Ichenouaien y viennent nombreux et se mélangent 
aux Beni-Menacer, aux Beni-Menad, aux Soumata. C'est le 
triomphe de la langue berbère. Partout elle résonne, soit 
dans les cafés maures qui regorgent de monde, soit dans 
les groupes d'acheteurs discutant le prix des marchan- 
dises avec une ftpreté bien kabyle. Quelques négociants 
mozabites complètent la famille. 

Le marché occupe en dehors du village, sur la route de 
Blida, un vaste emplacement entouré de platanes. Avant 
l'occupation française il se tenait non loin de Sidi Rached, 
dans les terrains incultes couverts de joncs, à proximité 
du lac Halloula, de là son nom de souk^ el Arbd iselleba 
(joncs en berbère). 

Un bordj turc, le bordj el Arba, aujourd'hui englobé 
dans les constructions de la ferme Cox, donnait abri au 
représentant du Khaznadji chargé de percevoir les taxes. 
La sécurité était très grande alors, puisqu'il arrivait sou- 
vent aux Ichenouaien de laisser sur place et sans gardien 
les marchandises qui n'avaient pu trouver acquéreur. Ils 
regagnaient tranquillement leur montagne, sûrs de retrou- 
ver intact le dépôt qu'ils avaient confié à la garde de Dieu 
et à celle du redoutable marabout Sidi Zid. 

Construite en 1848 [pour contenir 100 feux, Marengo a 
prodigieusement progressé. Elle compte aujourd'hui 
3.700 Européens. Les petites « maisons de colonie )), bâ- 
ties par nos soldats pour abriter un certain nombre d'où- 



6 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

vriers des ateliers nationaux, sont en grande partie démo- 
lies et ont été remplacées par de belles demeures bour- 
geoises. 

Avec sa place spacieuse bordée de beaux immeubles, 
Marengo a déjà Taspect d'une petite sous-préfecture. Pla- 
cée au milieu de la voie ferrée de Cherchell à El-AfFroun, 
elle sera bientôt un nœud de communications important 
quand elle rejoindra Koléa par Montebello et que le rail 
sera poussé jusqu'à Tipasa. 

Le village vit de la terre. La propriété y est très morce- 
lée. Une soixantaine de colons se partagent les 2.000 hec- 
tares de son riche vignoble. Les fermes sont disséminées 
dans la plaine au milieu des champs qu'elles exploitent. 

Elles entourent Marengo de bouquets de verdure et sont 
comme autant de forts détachés où se livrent les combats 
pacifiques de la terre et de Thomme. 

La région qui s'étend à l'ouest de Toued Nador et que 
limite Toued el Hachem est la vraie patrie des Iche- 
nouaien. Là s'élève Vad'rar Chenoua dont Pisolement est 
bien plus remarquable que Paltitude. 

Ce massif est nettement circonscrit au Nord par la mer, 
au Sud par la route de Desaix à Zurich, à l'Est par la baie 
et l'oued Nador jusqu'au centre de Desaix, à TOuest par 
Toued el Kachem. 

Au Sud s'étend une vaste dépression ondulée couverte 
de cultures, de bois de pins et de broussailles. Elle se re- 
lève pour former les premières pentes du massif de Miliana 
où les Béni Menâad ont établi leurs demeures. La pioche 
du défricheur a en partie livré à la culture les terres de la 
forêt du Boukouis et de belles exploitations agricoles se 
sont installées non loin des ruines d'antiques fermes que 
les Romains durent fortifier. 



INTRODUCTION 7 

Vu du Sud, le Ghenoua apparaît dénudé et présente trois 
sommets qui se détachent nettement par des dépressions 
bien marquées. Le plus important occupe le centre et a la 
forme d*un large dôme légèrement aplati : c'est le Lalla 
Tafor'alts qui atteint 907 mètres. Vers l'Ouest le pic de 
Sidi Ali* (ou Koudia Traret) montre son cône pointu à une 
altitude peu différente du premier, 897 mètres. Quant au 
troisième, il domine la mer de 685 mètres, c'est Sidi Mo- 
liammed Lekbir. 

En avant et comme pour garder ces pointements prin- 
cipaux, se dressent en pustules énormes quelques grands 
mornes dont le plus important est la Koubeth Âberkan. 

De Sidi Mohammed Lekbir, en escarpements abrupts, 
le Ghenoua va plonger dans la Méditerranée, tandis que 
vers rOuest, du pic de Sidi Ali, il gagne en pente douce 
les berges de l'Oued el Kachem où il vient finir après avoir 
mis à nu dans sa partie centrale un banc épais de calcaire 
à nummulites. 

Le versant nord est d'un abord peu facile. Trois kilo- 
mètres séparent à peine le point culminant du massif à la 
mer. Des contreforts épais et courts se détachent de Lalla 
Tafor'alts et viennent en pente raide plonger brusquement 
dans l'eau pour former à Test le ras el Amouch et le cap 
Ghenoua. G'est à peine s'ils laissent aux Ichenouaien une 
bande de terre large d'une centaine de mètres qu'ils 
peuvent consacrer à la culture des céréales. 

La côte partout inabordable est hérissée d'écueils. Elle 
présente une série de petites criques dans lesquelles de 
distance en distance, un torrent bordé de lauriers-roses, 
vient rhiver jeter ses eaux vagabondes. 

L'tlot Berinshel n'est qu'un rocher énorme oui semble 
avoir roulé de la montagne. 

Un sémaphore, solide construction cramponné au flanc 



8 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

du djebel, parait moins vouloir scruter Thorizon marin que 
veiller sur les paisibles et pauvres montagnards kabyles. 

Il est aisé d'accéder par TOuest au point culminant du 
massif. On traverse tout d'abord des bois de pins par des 
sentiers crayeux. Çà et là, des troncs noircis par le feu 
dressent leur squelette aux branches convulsivement tor- 
dues, sur un terrain nu qu'a léché la flamme de Tincendie. 

Autour des ihkhkamen isolés s'étendent de maigres 
terres marneuses et quelques champs de figuiers. Puis la 
brousse envahit les flancs jusqu'au sommet, enlaçant de 
ses puissantes racines des amas de poudingues et des 
rochers grisâtres bizarrement découpés. La marche devient 
alors très pénible^ faute de sentiers frayés dans les brous- 
sailles épaisses. 

Une construction couverte de diss occupe le point cul- 
minant du Chenoua; c'est une djamâ bâtie en Thonneur 
de la vénérée Lalla Tafor'alts. 

De là, la vue s'étend sur un vaste panorama. La Médi- 
terranée d'un bleu turquoise apparaît au nord comme figée 
et sans vie. La Métidja bordée par l'Atlas s'étale au sud 
déployant son damier de cultures. Par delà, se devinent 
les monts de Boghar, de Taza et le Djurdjura. A TOuest. 
les monts des Béni Menacer forment un pâté de contre- 
forts désordonnés au delà desquels se profilent les Zak- 
kars. 

Le Sahel aplati se montre à l'Est jusqu'au Bouzaréa, 
tandis qu^au point opposé se dresse le cap Ténes qui forme 
85 kilomètres plus loin le pendant du Chenoua. 

De par sa faible altitude, le Chenoua n'est pas un conden- 
sateur de nuages. Les rivières qui dévalent de ses pentes 
ne sont que des torrents sans importance coulant dans des 
ravins fortement entaillés. Elles rayonnent de la masse 
principale; du Lalla Tafor'alts pour précipiter leurs eaux 



INTRODUCTION 9 

jaunâtres soit dans la mer, soit dans Poued el Hachem 
ou Toued Nador. 

Par sa constitution géologique, le Chenoua se détache 
nettement du massif des Beni-Menacer. C'est un point 
singulier aux assises complexes fortement disloquées. On 
y trouve des calcaires liasiques (souvent à l'état de marbres) 
découpés en pics rocheux formant comme autant de récifs 
émergeant des couches éocènes. Celles-ci comblent les 
dépressions laissées entre les calcaires liasiques. 

On remarque particulièrement des amas considérables 
de poudingues qui prennent même dans les parties culmi- 
nantes un développement considérable. 

Tout autour de cette zone, sauf vers TEst et jusqu'à en- 
viron 350 mètres d'altitude des couches de marnes, d'ar- 
giles et de grès lui font comme une ceinture. 

Ces calcaires sont exploités. Un industriel, M. Rolland, a 
établi des fours sur une sorte de plate-forme à Textrémité 
du cap Chenoua. Il fabrique ainsi de la chaux que des ba- 
lancelles viennent embarquer par beau temps. 

C'est vers TEst, du côté tourné vers Tipasa que le Che- 
noua est vraiment pittoresque. L'énorme masse baigne 
dans la mer et ses falaises s*élèvent à pic atteignant par- 
fois 200 mètres. On a réussi à taillader une route qui joint 
Boumachouk à la carrière de M. Rolland. Les eaux plu* 
viales ont miné les calcaires friables des falaises, mais la 
mer avec son action plus puissante a creusé sous le roc 
des galeries profondes où on ne peut accéder qu'en bateau 
et par temps calme. 

Vu de ce côté, le Chenoua parait avoir été tranché par 
une gigantesque Durandal. On a l'impression nette d'une 
brisure qui fut Tœuvre épouvantable d'un cataclysme à 
une époque lointaine. Le savant géologue n'a-t-il pas re- 
trouvé 85 kilomètres plus loin, à l'est de la Mitidja^ le 



10 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHBNOUA 

Bou Zegza, le frère du Chenoua? De même constitution 
géologique, présentant le même isolement, ils sont restés 
les deux piliers énormes d^une chaîne démantelée qui s'est 
effondrée sous la Mitidja. 

Impuissant à barrer la route aux nuages qui roulent leurs 
masses sombres au-dessus de sa tête, le Chenoua semble 
encore dédaigner les eaux pluviales qui ruisi^ellent sur 
ses flancs. Celles-ci lavent le versant nord de nature schis- 
teuse et glissent vers la mer. Par ailleurs, elles sont absor- 
bées par les calcaires Gssurés et pénètrent dans la pro- 
fondeur du sous-sol où Tétat de dislocation des assises ne 
permet pas la formation de nappes aquifères importantes. 

Les sources sont rares. Çà et là, les eaux reparaissent 
cependant à la base des poudingues ou des calcaires du 
flanc occidental. Captées, elles alimentent Tipasa, Cher* 
chell et Desaix. 

Le manque d^eau est un obstacle sérieux au peuplement 
du massif. Les agglomérations d'habitants telles qu'on 
en rencontre en Kabylie sont ici impossibles. Les Iche- 
nouaien ont pu disséminer leurs misérables demeures tout 
autour de la montagne sans toutefois oser franchir une 
zone au-delà de 400 mètres. On comprend dès lors qu'un 
grand nombre de familles délaissant le djebel se soient 
fixées dans le Sahel et même dans la plaine. 

Cependant des colons ont entrepris l'exploitation des 
terres fertiles délaissées par leslchenouaien. Le petit vil- 
lage de Desaix groupe quelques fermes dont les cultures 
montent à Tassaut de la montagne. 

Plus hardis furent ceux qui s'installèrent au Nord« sur 
l'étroite bande de terre qui borde la mer. 

De tous les côtés à la fois la colonisation encercle le 
Chenoua. La locomotive salue chaque jour de son sifflet et 
de son panache de fumée ses sommets étonnés. La richesse 



INTRODUCTION M 

s'étale à son pied en prodigieuses moissons, tandis qu'il 
reste fidèle à ses traditions, à ses mœurs antiques et à sa 
misère* 

Il serait temps de songer à lui. Aucun bon sentier n'existe 
dans tout le massif, aucune source n'est aménagée, aucun 
ponceau ne permet le passage de ses torrents^ aucune 
école ne reçoit ses enfants. 

Généreux, il nous a tout donné : ses pierres, ses eaux, 
ses terres. Pour lui il n'a su garder que son air sévère et 
son farouche isolement. 



Il 



L'HABITATION CHEZ LES ICHENOUAIEN 

L'habitation en général est désignée sous le nom 
à'akhkham. Elle est bâtie sur une crête. Le plus souvent 
elle est isolée. On trouve néanmoins des groupes de mai- 
sons qui forment de tout petits hameaux appelés izd'ar* 
habités par des gens de la même famille. 

La construction est basse et comprend le gourbi où 
logent les personnes et d'autres dépendances réservées 
au bétail. Le tout est entouré par Vafrag qui est une haie 
formée d'arbustes épineux. De loin, l'habitation se confond 
avec le sol. Quelques pins ou quelques zebboudj l'abritent 
ordinairement. Souvent aussi un enclos de figuiers de 
Barbarie en rend l'abord très difficile. Autour s'étendent 
les maigres champs où le montagnard cultive un peu 
d'orge, des fèves et quelques figuiers. 

L'habitation est à proximité d'une source. Les Iche- 
nouaien creusent aussi des puits. Ils commencent toujours 
par égorger une poule ou un bouc à l'endroit même où 



\2 LE DMLEGTË BERBÈRE DU GHENOUA 

ils donneront le premier coup de pioche, afin de trouver 
l'eau à une faible profondeur. La viande sert à préparer 
un repas auquel prennent part tous ceux qui creusent le 
puits. 

Le mot hazek'k'a désigne une maison construite en 
pierres reliées par un mortier fait de terre. Cette construc- 
tion se trouve surtout en montagne. 

La maison n'a qu'une porte, pas de cheminée, une ou- 
verture ronde très petite tient lieu de fenêtre. Les pignons 
portent le nom d'ar^er^abth. On distingue ar'efabth ou^ 
saouen et arerabth ouadda, le pignon du haut et celui 
du bas. L'unique pièce de forme rectangulaire porte des 
noms différents. La partie située près de Var'erabth ouadda 
est le lieu où la famille passe la nuit et dort. Elle se nomme 
afilhal. Là se trouve souvent une sorte de soupente for- 
mée d'une claie en roseau maintenue à 1 mètre d'éléva- 
tion du sol par des pieux fixés en terre. On lui donne le 
nom de haâricht. 

Uafithal est séparé des autres parties de la chambre 
par une poutre couchée à terre qui forme un gradin qu'il 
faut gravir pour se rendre dans ajemadh où les gens de la 
maison se réunissent. Au milieu est un trou, habrounis 
dans lequel la femme place le moulin quand elle veut 
moudre. La partie supérieure de la pièce s'appelle agrour. 
Là est le foyer, ir'arr'arth^ composé d'un trou et de trois 
pierres, inaien, disposées en forme de triangle sur les- 
quelles on pose les ustensiles. La famille prend ses repas 
dans cette partie de l'habitation. 

Contre le pignon du haut, on a construit un banc de 
pierre de 0°,50 d'élévation; c'est lekd'er. 

Les femmes bâtissent elles-mêmes de grands récipients 
en terre nommés ikhoubaï où elles renferment les provi- 
sions de blé, d'orge, de figues, de pois chiches et de 



INTRODUCTION 13 

glands. L'ouverture des ikhoubai se trouve à la partie su- 
périeure. Elle est très large, c'est Vimi. A la base, un trou 
(imr'i) d'environ 10 centimètres de diamètre permet de 
prendre les provisions sans qu'il soit nécessaire de pui- 
ser par la grande ouverture. 

Les provisions sont toujours mélangées avec une petite 
poignée de terre prise sur la tombe d'un marabout. 

Le linge est placé dans des vases, hakhzants^ plus petits 
que les ikhoubai. Ils ont une forme spéciale qui est celle 
d'un tronc de pyramide à base carrée. Ils reposent sur le 
lekd'er par la petite base. Ils n'ont qu'une ouverture de 
forme rectangulaire percée près de la grande base. 

Le seuil se nomme anebiïour. 11 est constitué par une 
pièce de bois grossièrement équarrie et enfoncée dans le 
sol. Les deux montants de la porte sont des amnar. Ils 
s'assemblent dans le bas avec anebdour et dans le haut 
avec une autre poutre du nom de tsak'if. La porte est mo- 
bile autour d'un montant : aouKaf qui pénètre dans deux 
trous percés l'un en haut l'autre en bas de tsaKif et de 
anebdCour, On ferme aujourd'hui les portes avec des ser- 
rures ou des cadenas. La nuit, on consolide la fermeture 
à l'aide d'une pièce de bois, af*kal, qui se place horizonta- 
lement un peu au-dessus de la demi-hauteur de la porte. 
Les extrémités de Tarkal pénètrent dans un trou creusé 
de chaque côté dans les amnar. On utilisait autrefois une 
serrure en bois, haredjalts, 

La partie supérieure des deux grands murs latéraux 
n'est pas recouverte par la toiture. Elle laisse un rebord 
formant étagère, c'est ledjda oukhkham ; on y dépose les 
petits ustensiles de la maison : faucille, cordes, plats^ etc. 

La charpente se compose d'une grande poutre appelée 
sathour qui traverse la maison dans toute sa longueur et 
repose sur les deux pignons. 



14 LE DIALECTE BERBÈRE DU CBENOUA 

Elle est supportée en outre par un ou deux montants 
verticaux, très solides, terminés en fourche à la partie 
supérieure; ils portent le nom de herselts (pi. hirsal). Deux 
autres poutres, aussi longues que le sathour, reposent sur 
les deux grands murs. Des solives, aresdisy sont disposées 
sur les poutres auxquelles elles sont solidement attachées 
par des cordes végétales, asr'oun. Des roseaux, r'anim^ 
sont placés sur les solives dans le sens de la poutre cen- 
trale; ils sont fixés par des hizerouin. 

On recouvre de diss, ad'eleSf sous une épaisseur de 
20 centimètres environ. Rarement, la toiture de diss est 
remplacée par une terrasse en terre battue. 

Les murs de la maison sont quelquefois en pisé, de là le 
nom de t'abith donné à ce genre de construction. D'une 
manière générale, toutes les habitations ont leurs parois 
faites de branchages fortement attachés par des cordes 
végétales à des pieux solidement enfoncés dans le sol. 

Les animaux ont une demeure spéciale. Us passent la 
nuit dans une cour attenant à Vakhkham^ dans le haddarth 
n elmal. 

Devant chaque maison on bâtit un four, koucht. On lui 
donne la forme d'un petit dôme d'un mètre de diamètre 
environ. Il est pourvu d*un orifice par lequel on introduit 
le fan (pi. ifagoun) contenant la galette à faire cuire. 

Il n'est pas rare de voir plusieurs constructions ana- 
logues servir de refuge aux poules, le koucht iiazidhen 
est alors un véritable poulailler. 

Près de l'habitation on creuse un ou deux trous d'un 
demi-mètre de profondeur destinés à recueillir les eaux 
pluviales. Ils servent à la fois d'abreuvoir et de lavoir, ce 
sont les âouin. 

Enfin, au-dessus de la porte d'entrée de chaque akhkham^ 
et à l'intérieur, on pend un petit sac renfermant un peu de 



INTRODUCTION 15 



terre prise sur la tombe d'un marabout (chai n mrabedh). 
C'est un porte-bonheur. 



DE QUELQUES COUTUMES DES ICHENOUIEN 



Les œufs et les poules. — ; L'une de leurs coutumes les 
plus inexplicables est bien la suivante. Les Ichenouien ne 
peuvent toucher aux œufs et aux poules qu'en présence 
de personnes étrangères à leur famille. Il leur est interdit 
de les transporter au marché pour les vendre. La vente 
est exclusivement réservée aux femmes et aux enfants. 
C'est vexer profondément un Achenoui que de lui deman- 
der s'il n'a pas de poules à vendre. Toutefois les hommes 
peuvent égorger les volailles et manger des œufs, mais 
dans leur famille seulement. 

La première fois que je fis Tascension du Chenoua, je 
dus m'arréter à Tune des dernières maisons pour deman- 
der quelques renseignements sur les sentiers à suivre. Je 
reçus le meilleur accueil et une femme m'offrit des œufs 
à acheter. Je les pris et les mis dans une serviette. Je de- 
mandai à un jeune homme de l'habitation de vouloir bien 
me servir de guide. Il acquiesça aussitôt, prit mon sac et 
se mit en route. Je lui donnai également les œufs à porter, 
mais il refusa. Je crus qu'il craignait de les casser. Arrivé 
au sommet, je voulus lui faire partager mon repas et lui 
offrir du pain et des œufs. II accepta le pain et malgré mon 
insistance il refusa de prendre les œufs. Je connus par la 
suite la cause de cette obstination. 



16 Le dialecte berbère DU GBENOUA 

Coutumes agraires. — Un des saints les plus vénérés du 
Chenoua est Sidi 'Abd errahman ben Chama. Sa koubba 
s'élève dans la fraction de Tir'armin. D'après la légende il 
serait originaire de Meknès etserait venu dans cette région 
vers Tan 800 de l'hégire. 

Il avait une grande influence sur les populations igno- 
rantes de la montagne* Sa mort occasionna de violentes dis- 
cussions entre les Ichenouien et les gens de Gherchell. 
Chacun voulait l'enterrer dans son territoire. On consen- 
tit à un compromis. Une réunion de notables décida d'en 
appeler à l'âme même du défunt. Celle-ci mit les deux par- 
ties d*accord : « Faites une koubba à Cherchell et une autre 
au Chenoua, dit le sage ouali; et partout où vous m'appe- 
lerez, vous me trouverez ». 

Ainsi fut fait. Ce saint a donc un tombeau à Cherchell et 
un autre dans la montagne. Il va sans dire que les Iche- 
nouien sont les seuls à posséder les vraies reliques de 
Sidi 'Abd-errahman. 

Il y a deux ouadda par an ; Tune au printemps, l'autre à 
l'automne. 

La première a pour objet d'appeler la bénédiction de 
l'ouali sur la récolte des figues. Elle commence le jeudi 
soir et se termine le vendredi. Les propriétaires de 
champs de figuiers ont fait préparer des pains de figues 
qu'ils ont déposé toute la nuit près du tombeau du saint. 
Le lendemain a lieu une distribution entre tous ceux qui 
participent à la fête. La part de chacun est mise précieuse- 
ment de côté et n'est mangée qu*en famille. 

En automne la même cérémonie se répète pour les 
céréales. Chaque fellah apporte une ou plusieurs mesures 
de grains selon sa richesse et sa générosité. Le tout est 
mis en tas dans l'intérieur de la djama* qui renferme les 
restes du puissant marabout. Le lendemain le grain est 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUÂ 17 

partagé. Chacun emporte soigneusement sa part qui sera 
mêlée à la semence : 

Les labours, — Le premier jour, le propriétaire se rend 
avec son khammès sur le champ à labourer. Avant de se 
mettre au travail^ on partage sur la charrue un pain fait de 
miel et de beurre. On mange ensemble. On jette ensuite 
devant la charrue une poignée de grains provenant de 
Touadda. 

On sème alors le blé ou Torge auquel on a mélangé, 
avec de la terre de marabout, le grain bénit de l'ouadda. 

On trace le premier sillon dans lequel on dépose deux 
figues, deux caroubes et deux grenades que le second sil- 
lon recouvrira. On enterre plus particulièrement des 
caroubes pour avoir une récolte abondante de fèves. Les 
grenades sont réservées pour les céréales. 

Ces coutumes se perdent. 

Le soir, on fait un excellent repas. On tue des poules 
et on mange le couscous berkoukes. C'est au retour que 
Ton frotte avec de Thuile.les cornes des bœufs. 

La moisson. — Avant que la maturité soit complète on 
coupe quelques petites gerbes. On bat, on fait griller les 
grains, on moud grossièrement et Ton prépare une bouil- 
lie appelée iouzan. L'on mange ensemble, maître et ser- 
viteurs. 

Quand on mesure le grain» on réserve le premier double 
pour les pauvres. 



CHAPITRE I 



Phonétique. 

Le mode de transcription adopté est celui de la Faculté des 
•Lettres d'Alger. Les consonnes sont étudiées dans ce chapitre 
dans Tordre suivi par M. René Basset dans son ouvrage : 
Éludes sur les dialectes berbères. 



I. — LABIALES. 

§ 1. b, — Le d a le même son qu'en français. 

Chenoua : abebbouch^ mamelle. 
B. Menacer : aberrouj sauterelle. 
B. Salah : anebd'ouy le printemps. 

En Chenoua, cette lettre s'adoucit parfois. Tantôt elle se 
prononce franchement comme le v français, tantôt elle est 
à peine articulée et a une prononciation intermédiaire entre 
le b et le v. Cette remarque s'applique plus particulièrement 
aux mots d'origine arabe renfermant le b, 

Ex. : bh'al = vh*aly comme. 

bendouz^vendoUf drapeau. 
zoubith = zouvith^ fumier. 
baouznvaoUy fèves. 

§ 2. OU. — ^ Cette demi-consonne existe dans les trois dia^ 
lectes : 



20 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

Ghenoua : haoulelitkj araignée. 
B. Menacer : aouodhy arriver. 
B. Salah : ihouUitSy brebis. 

Le ou redoublé devient tantôt un i ou un 5^. 

Ghenoua : thaouourthj porte = B. Salah : thabhourth, 

haouih, brouillard = B. Salah : thagouth. 
Zouaoua : aouzlan, court =:B. Salah : agouzlan, 
B. Menacer : amzouar, premier z=: Ghenoua : amezgarou. 

La contraction de deux ou en g peut avoir lieu dans les 
mêmes mots dans un même dialecte. 

Ghenoua : ouour^ marcher; f. h. : eggowr. 

fatij plat pour faire cuire le pain = ifagoun^ qui 
est un pluriel interne formé par Tiatroduction 
du son ou avant la dernière radicale. 
erouel, fuir; f. h. : isrouggaL 

B. Salah : erouel, fuir; f. h. : rouggel. 

Le ou est quelquefois remplacé par un A, 

Ghenoua : aouihem^ mâle = B. Salah : akthem. 
B. Salah : oueth, frapper =z f. h. kathuzB. Menacer : 
oukih = Ghenoua : ickath. 



§ 3. /. — Rien à signaler. 

§ 4. m, — Cette lettre a le môme son qu'en français. 

Ghenoua : hamatchimts^ flocon de laine. 
B. Menacer : amelzi, genévrier. 
B. Salah : azemmour, olivier. 

Vn et Y m peuvent permuter. 

B. Salah : ken^ vous, pronom régime direct =z Ghenoua : x^»». 
B. Menacer : thaounat, génisse =: Ghenoua : haoumath. 
Ghenoua : agnin, lapin = B. Menacer : thagmint. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 81 

On constate aussi une permutation de Vm et du b (rare). 

Chenoua ; machif ce n'est pas = bachi. 
mKal^ comme = bh^al, 

£n Chenoua, Ym exerce une influence sur le th qui devient 
ts (voir le th), 

II. — DENTALES. 

§ i. — A rétat simple, le / est très rare en Chenoua. Il 
provient surtout d'un th modifié par l'influence d'un s ou d'un 
ch (voir le th). Il est d'un emploi plus fréquent chez les Beni- 
Menacer que chez les Beni-Salah. 

Dans ce dernier dialecte, il caractérise la V® forme de cer- 
tains verbes. Il correspond au th du Zouaoua. 

Beni-Salah : troUj pleurer (f. h.). 

terr, rendre (f. h.). 

§ 2. ta, — Cette consonne se trouve dans les trois dialectes. 
Assez rare chez les Beni-Menacer, elle est d'un usage fréquent 
chez les Beni-Salah et surtout en Chenoua. On est même 
frappé de la fréquence de cette articulation dans les deux 
derniers dialectes. Aucun dialecte connu ne présente cette 
particularité à un si haut degré. Dans le paragraphe suivant 
nous verrons que le ts provient : 

i^ du th modifié par l'influence d'un n, d'un / ou d'un m 
qui le précède ; 

"iP du redoublement du /A ; 

3^ de la contraction du d* et du th, 

§ 3. th. — Comme dans tous les dialectes du Nord, le 
th est très fréquent. Il correspond au t de certains autres. 

Il peut subir trois modifications. 

1® Le th initial s'affaiblit en h et même disparaît complè- 
tement chez les Beni-Menaeer et les Ichenouaien. 



22 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUÂ 

Ex. : Gheooua : hinirth^ front =:B. Salah : thinerth. 

hak'ebouchtj marmite = B. S. : thabechchouth. 
hafsouthy le printemps = B. S. : thasoufth. 
Béni Menacer : thamemt z= hamemt et amemt =: miel. 

II en est de même du th préfixe de la conjugaison. 

Chenoua : hesenathed^ = B. S. : thesaenthedh=zifi as montré. 
Chenoua : hemer'ered' =zB. S. : thegameredh = i^ as grandi. 

Le th reste donc entier chez les Béni Salah. Toutefois les 
pronoms then et thents placés avant le verbe deviennent n 
et nts. 

B. Salah : an etif^^a^ je les tuerai, pour adUken enr'a. 

ou n id enr^ikh, je ne les ai pas tués. 

Le th initial modifié en h ou même supprimé reparaît dès 
que le mot se trouve placé sous la dépendance d'un autre. 

2^ Le th se modifie en t. Dans les trois dialectes, le th placé 
après l'une des lettres suivantes : s, ch, z devient /. 

Ex. : Chenoua : harracht, fille. 

har*ermousty séneçon. 
B. Menacer : thiicht, pou. 

haierzist, lièvre. 
B. Salah : thazilisty frêne. 

thoukhicht^ mauvaise. 

Même remarque à faire chez les B. Menacer lorsque le th 
vient après un n ou un /. 

B. Menacer : thiouant^ milan. 

thaken'dalt, grande. 

thouourlh n temdint^ la porte de la ville. 

Dans ce même dialecte le / provient du redoublement du 
th ou de la contraction d'un d et d'un /. 

3<* Le th devient ts, 

a) Après un / et un n chez les Béni Salah et un l, un n et 
un m en Chenoua. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 



23 



B. Salah 



Chenoua 



thizralts, chaleur. 
thasountSy la montée. 
tsametsantSy la mort. 

thad'outs n UouUathin. la laiae des brebis. 
houmViltSj les funérailles. 
hcaiouants^ oiseau de proie. 
kazd'emtSy fagot. 
houloumU, petit crible. 
anehd'our n tsouourth, le montant de la porte. 
ar'en tsetch jedda, notre grand*mère nous mangera, 
pour ar'en thetch jedda. 



b) par le redoublement du th, 

Chenoua : ou tk thoufi ch =: ou tsoufich, elle ne le trouva pas. 

c) par la contraction du d' ou du dh avec le th. 

B. Salah : imizid\ doux; thimizits, douce. 

thetchits, tu Tas mangé, pour thetchidh th. ^ 
thenr'itsen, tu les as tués, pour thenrHdh then. 
Chenoua : ajd'id\ fauvette; fém. kajdHts. 

keddidech aketsamzay Reddidech et Togresse, pour 

aked'thamza, 
hachouatSy gerbe, pluriel : hichouadhin. 
ir*id'els ououzr'aly gazelle ; pi, = irHd^adh ououz' 
r'al. 

m 

houthitsentSf tu les as frappées, pour houthid* 

thents. 
ijebets id^ il le tira, pour ijebed* tk id. 

3® Le th final correspond au i des mots arabes berbérisés. 



Chenoua : 
B. Menacer 
B. Salah : 



essanithj la noria de LuJt. 
bar'litk, la mule de lUJI. 
eekchifeth, la Chiffa de IolJ) 



§ 4. tcb. — Le tch du Chenoua correspond quelquefois au 
k des Beni-Salah : 



24 LK DIALECTE BERBÈRE DC GBENOUA 

B. Salah : kathy forme intensive de outh^ frapper = Ch : tchath. 
B. Salah : nek^ moi = Chenoua : netch, 

§ 4. t\ — Il provient souvent du renforcement d'un dh 
par redoublement. 

Chenoua : hazetWa^ rameau, pi. : hizedhouin. 
B. Salah : thakeCCoufth^ fourmi, pi. : thxkedhfin. 

Le f du Chenoua remplace parfois un i en Beni-Menacer 
ou un /5 en B. Salah. 

Chenoua : r*at\ chèvre = B. Menacer, r'a(=r B. Salah : ihar'aU. 

§ 5. d. — Il existe dans les trois dialectes mis pour le d* 
soumis à différentes influences phonétiques (voir d'). 

Avec le son français, on ne le rencontre guère que dans la 
particule dite de retour. 

^ Chenoua : aih d aouir* je le rapporterai. 

B. Menacer : itYef th idy il le saisit. 
B. Salah : ouch iidy donne-moi. 

§ 6. d\ — Il correspond au d des dialectes employant le / 
pour le th. 

a) Le d' du Chenoua et des B. Salah correspond quelque- 
fois au th des Beni-Menacer. 

B. Salah : ijid'er, aigle = Ch. : jid'trzzz B. Men. : jither, 

b) Le d' suffixe de la 2® personne du singulier employé en 
Chenoua est remplacé par un dh en Beni-Salah par un d et 
même par un t en Beni-Menacer (voir le tableau de la conju- 
gaison). 

c) Le d des Beni-Menacer et des Beni-Salah correspond 
quelquefois au dh du Chenoua. 

B. Salah : thad'outs^ laine = B. M. : ihad^ouft = Chenoua : 

hadhoufth. 
B. Menacer : %red\ revêtir == Chenoua : iredh. 



LE DIALECTE BERBÈRE DC GHENOUA 25 

d) Nous avons vu que le d! suivi du tk se contracte en ts 
en B. Salah et en Clienouaetse renforce en / cliez lesB. Me- 
nacer. 

e) Le d' redoublé devient d. 

Gbenoua : ed^er^ tresser; eddar forme intensive. 

hid'ririy cours, pluriel de haddarth. 
B. Salah : afoud', genou, pi. ifadden. 

f) Placé après un 72, le d' se renforce en d : 

Chenoua : hendouih, plat en palmier nain poar hend^outh» 

enned\ tourner, annder\ je tournerai. 
ou sind ech, tu ne sais pas pour ou hsind' ech, 

B. Menacer : aiendouZj veau. 

B. Salah : andal où? pour and'a. 

§ 7. db. — On le trouve dans les trois dialectes. 

Chenoua : hazoudhaj plat en forme de coupe. 
B. Menacer : aidhiy chien. 
B. Salah : ak'choudh, bois. 

Nous avons vu ailleurs que le dh se contracte en ts avec le 
/A, et que redoublé il devient i'. 

§ 8. i. — Cette lettre avec le son que nous lui donnons en 
français existe dans les trois dialectes. La permutation du / 
et du r ou du 6^ observée dans les dialectes rifains ne se ren- 
contre pas. On trouve cependant : 

B. Menacer : ilar'mouly veau = Chenoua : r'irmouly taureau, 

par métathèse du r et du r' et changement du r en /. 

Chenoua : /fdid, un peu, si Ton rapproche ce mot de k'iil 
Sè^ en arabe, on a une permutation du l et du d. 

§ 9. r. — Rien à signaler. 

§ 10. s. — On trouve une permutation de ïs et du js. 



26 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

B. Salah : tkaseVVa^ balai = Chenooa : hazeVVa^ branche. 
B. Menacer : aselman, poisson = Chenoua : hazlemts^ murène. 

Par euphonie le z se substitue quelquefois à Y s lorsque le 
mot renferme déjà un z. 

Chenoua : azeg, bouillir, 1^« forme : sizeg. = B. Salah : iiag^ 
l'« forme zizag. 

Le changement de Vs en ch ne s'observe pas. On trouve 
pourtant : 

B. Menacer : azrkh^ glace, pour agris. 

§ H. p. — Rien à signaler. 

§ 12. ch. — Il existe avec la prononciation qu'il a en fran- 
çais ou en arabe. 

Chenoua : ak'ouckih^ boiteux. 
B. Menacer : ichcher^ ongle. 
B. Salah : amachchouj chat. 

Le ch du Chenoua correspond souvent au A des B. Salah. 
Ce n'est pas une règle générale. 

B. Salah : akofai, lait zr Chenoua : achfaù 
— akalj terre =r — chaL 

§ 13. z. — On le trouve avec la valeur du z français : 

Chenoua : azegrar, long. 

B. Menacer : azerfy argent, 

B. Salah : tkazek'k'a, chambre. 

Le z des B. Salah peut être remplacé par un rf' en Chenoua : 
B. Salah : azekka, demain := Chenoua : ad'etcha. 

Le z du Chenoua correspond quelquefois au; des B. Salah- 

Chenoua : ak'zin, petit chien = B. Salah : ak^jaowzz.^. Menacer : 

ak'joun, 
B. Menacer, Chenoua m amezzour\ oreille i::i B. Salah : thimej- 

jeth, oreille. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 27 

§ 14. J. — Il existe dans les trois dialectes. 

Ghenoua : amejjoudk, la gale. 

B. MeDacer : arjouj\ cigale. 

B. Salah : amejjouj, sourd — ijem, oreille. 

Nous avons vu que le y peut provenir d'un z. Il provient 
aussi d'un dj ou d'un g (voir le g), 

§ 15. n. — Il a la même prononciation qu'en français. 

CheDoua : anil, tombeau. 
B. Menacer : anzad\ cheveu. 
B. Salah : aniour^ front. 

Nous avons déjà constaté : 

^^ qu'il permute quelquefois avec Vm ; 

2" qu'il change en / ou en ts le th qui le suit; 

3° qu'il exerce aussi une influence sur le d' qui devient d, 

§ 16. £. — Cette lettre existe en Chenoua et en B. Mena- 
cer. On ne la trouve pas chez les B. Salah. Elle correspond 
au gn français. 

B. Menacer : eni, monter à cheval = Ghenoua : enif a. ifla. 

I^ f. sent, IV« f. tsenai. 

Cette lettre permute avec l'n. 

Ghenoua, B. Menacer, B. Salah : amnai, cavalier. 



m. - GUTTURALES. 

§ 1 . g^. — Le g existe dans les trois dialectes avec le même 
son qu'il a en français et en arabe. 

Ghenoua : aglaf^ essaim d*abeilles. 
B. Menacer : aggour^ aller. 
Béni Salah : amerzag, amer. 



28 LK DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

Le g est très rare en B. Menacer. Il provient le plus sou- 
vent du redoublement d'un ou. 

Il est plus fréquent en Chenoua, moins cependant qu'en 
B. Salah où il correspond toujours au g du Zouaoua. 

Le g du Zouaoua persiste souvent en B. Salah et quelque- 
fois en Chenoua. 

Zouaoua : iger^ champ = B. Salah, Chenoua : iger. 
Zouaoua : thagersa, soc = B. Salah : thagersa = Chenoua : 

hagerêa. 
Zouaoua : thirgin, charbon = B. Salah : thirgin 

— thamegrQy moisson = — thimegra. 

Le g du Zouaoua s'affaiblit aussi en j en B. Salah, en 
B. Menacer et en Chenoua cet affaiblissement est presque 
constant. 

Zouaoua : igenni, ciel := ajenna (B. Salah, Chenoua, B. Me- 
nacer) 

Zouaoua : ihagerthilt^ natte = thagerthiUs (B. Salah) = <Aa- 

jertilth (B. Menacer) zn jerthil (Chenoua). 

Zouaoua : inebgiy hôte = inijiou (B. Salah) = anoujiou (Che- 
noua) 

Zouaoua : %gid*er, aigle = t;trfV (B. Salah) zizjither (B. Me- 
nacer) ^ijicTer (Chenoua) 

Le g remplace quelquefois un r' employé dans d'autres 
dialectes. 

Guelâia : ismer\ nègre = ismeg (B. Salah) = isemjan pluriel 

(Chenoua) 

Le g du Zouaoua et des B. Salah correspond encore au g' 
du Chenoua et à l't des B. Menacer : le g' étant un son inter- 
médiaire entre le g et Vi, 

B. Salah : argaz, homme = arg'az (Ch.) = ariaz (B. M.). 

— agendouz,veBL\x = ag'endouz{Ch.) z=: aiendouz(BM^), 

— aglirriy peau = a^'/im (Ch.) =z ailim (B. M.). 

— ageizim (pioche = ag'elzim (Ch.) =zatelzim (B. M.). 

— thazigrarth longueur =: aze^Var, long (Chenoua) = 

azirar (B. Menacer) 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 29 

B. Salah : azaglou^ joug := zag'lou (Cheooua) =r zailou (B. 

Menacer). 

On peut trouver les sons g et i, mis Tun pour l'autre dans 
des dérivés d'une même racine. 

Ghenoua : hagersa, soc := hairza, labour, hiver. 
B. Menacer : ager^ s'en aller, aor. iggour et aiour. 

De même le (/ et le /. 



Ghenoua : erga, allumer de la v^R H* et hirjin^ charbon. 

Il a été vu que le y est le produit de la contraction de deux 
ouj il est aussi quelquefois le résultat de deux i. 

Ghenoua : matsa ig ellan pour i illan = qu*y a-t-il? 
B. Salah : nekni ag ezran pour ai izren 
Ghenoua : arHez, pétrir = r^t^ez f. intensive. 

§ 2. r'. — On le rencontre dans les trois dialectes. 

Ghenoua : r'irmoulj taureau. 
B. Menacer : thaslir'oua, caroubier. 
B. Salah : asr^ourif corde. 

Le r* des B. Salah s'affaiblit quelquefois en a lorsqu'il est 
final, mais cette règle est loin d'être générale. 

B. Salah : enna, de nous 

— enna^ ou = Ghenoua : anner* zn B. Menacer : iner\ 

Le suffixe r' de la conjugaison s'affaiblit aussi en a. 

B. Salah : effer'a, je suis sorti z= elfer'er\ B. M. et Ch. 

— anr^ttj je tuerai = anr'er\ B. M. et Gh. 

Le r' reparaît quand le verbe est suivi d'un pronom com- 
mençant par a. 

B. Salah : saentkar'asen, je leur ai montré. 

Suivi d'un pronom régime direct de la 3® pers. le r' se 
renforce en kh. 

B. Salah : djikk thy je l'ai laissé. 



30 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

Ce renforcement en kh peut provenir de la contraction du 
r' et du k. 

6. Salah : ou outPifakh pour ou oud'ifar'k, je ne suis pas entré. 

On rencontre en Chenoua un r' qui paraît n'être qu'eupho- 
nique. 

Ex. : ouar*i ouin, Tun et Fautre. 

id'ar' i id'in, les uns et les autres. 

mar' ou th id itsaouick, s'il ne le rapporte pas. 

Le r' du Chenoua et des B. Menacer correspond au g des 
B. Salah. 

Chenoua : mr^er^ grandir 

B. Menacer : mor^er 

B. Salah : gamer par métathèse du m et du ^ mis pour r\ 

Le r' du Zouaoua et des B. Salah correspond aussi au g du 
Chenoua. 

Zouaoua : err\ brûler. 
B. Salah : serr\ allumer. 
Chenoua : erga, allumer. 

Le r' peut tomber dans des dérivés d'une même racine. 
Chenoua : azil, chaleur et azr'al que l'on retrouve dans 
l'expression ir'id'ets ououzr'al, gazelle. 

§ 3. k\ — On le trouve dans les mots d'origine arabe 
comme dans ceux d'origine berbère. 

Chenoua : hak'ebouchty marmite. 
B. Menacer : ak^erd'alj long. 
B. Salah : ik'ich^ corne. 

Il peut provenir d'un r' redoublé : 

Chenoua : enr'el, yersev=znek*k'el forme intensive 
— hizej'^ouifij maisons, pluriel de kazek'k'a 

B. Salah : enr\ tuer et nek'k' f. intensive. 

Rarement; il est le résultat du redoublement du kh, 
Chenoua et B. Salah : ekhsy vouloir et k'as f. intensive. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 31 

§ 4. i. — L'« demi-consonne se trouve dans les trois dia- 
lectes avec le son pur qu'il a en français : 

Ghenoua : iisy cheval. 
B. Menacer : aif/ou, sac. 
B. Salah : aïoug, bœuf. 

On a vu que Vi provient d'un g aiïaibli par Tintermédiaire 
d'un g\ 

En Chenoua, dans le mot Us, pluriel v/san le second i 
semble être mis pour un k modifié en y. 

§5. A: 

Ghenoua : ah^ous, nœud. 
B. Menacer : thikelt, fois. 
B. Salah : ameksa, berger. 

1® On sait que le k peut provenir du redoublement d'un 
ou (voir ou § 2); 
2® Il peut être aussi le produit du redoublement d'un t. 

Zouaoua : thiitha^ coup. 
B. Menacer : thiikthij coup. 
Ghenoua : hiythi, coup. 

3** Le k des B. Salah s'adoucit souvent en y en Ghenoua et 
en B. Menacer. 

B. Salah : thaketchaouth ; ver = B. Menacer : hayetcha, 

B. Salah : ikerri, mouton = B. Menacer : yerri = Ghenoua : 

iyerri, 
B. Salah : kenni^ vous = B. Menacer : yennioun ir Ghenoua : 

yennim, 

4® Le k des B. Salah correspond quelquefois au tch et au 
ch des deux autres dialectes par l'intermédiaire du y. 

B. Salah : kathy frapper = Ghenoua : tchath == B. Menacer : 

chath, 
B. Salah : akal^ terre = B. Menacer i yel^ marcher = Ghenoua : 

chaL 



32 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

5« Dans le même dialecte, il y a quelquefois permutation 
du k et du x ou du ^ et du ch ou du tch dans les dérivés d'une 
même racine. 

Ghenoua : seknef, rôtir et harinifthy galette. 

— t'xK, marche et chal^ terre. 

B. Menacer : zv^^ bientôt et aitcha, demain. 

6° Le k correspond aussi au g. 
B. Salah : thakiarth, descente = Ghenoua : fiagsarth. 

§ 6. kb. 

Ghenoua : akhboun, trou. 
B. Menacer : akhlaly beaucoup. 
B. Salah : ekhs^ vouloir. 

On a vu que le kh se substitue quelquefois au r\ au k et 
même au k\ 

§ 7. A. — Dans le corps d'un mot, cette lettre se rencontre 
très rarement dans les dialectes qui nous occupent. Employée 
au commencement d'un mot, elle provient d'un th modifié 
(voir le ^A § 3). En Ghenoua et en B. Menacer, la plupart 
des mots féminins commencent par h. 

§ 8. â. — Le rf ne se trouve que dans les mots d'origine 
arabe. 

§ 9. h\ — Cette lettre se rencontre surtout dans les mots 
d'origine étrangère. On la trouve pourtant dans un certain 
nombre de mots berbères. 

Ghenoua : h'ouf^ tomber zzB. Menacer A'aou/'zz 

Naraoua : khaoufzz. descendre. 

Gh. et B. S. : ah'zaouy enfant, personne, individu. 

Ghenoua : ah^chouch, poche de femme. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 33 

AVVAIBLISSEMENT DE HOTS 

Chenoua : amerzagou amer = B. Salah : amerzag^ Vou se 
retrouve au féminin : thamerzagouth. 

B. Salah : thaketchaouth, ver r= Chenoua : kar/elcha, 

Chenoua : hamza et hamziouth, ogresse. 

Chenoua : amchichy chat = B. Salah : amachchou. 

B. Menacer : ak^joun, chien ^lak'jaou, B. Salah. 

B.. Salah : thajrounts; grenouille = Chenoua : kajrouts. 



nÉTATHÈSES 

Zouaoua : aifki, lait = B. Salah : akofai = Chenoua : achfai. 

B. Salah : thilcheth^ pou = Chenoua : hichelts. 

B. Salah: thasoufth, printemps = Chenoua: Aa/^owA. 

Chenoua : aniltsi, berger ^= alieni si, 

Chenoua : jeredh, jeter =■ Zouaoua : dheger métathèse du 
g et du dh\\e g est devenu/. 

Chenoua : edmer, pousser, jeter = B. Menacer : emder=^ 
B. Salah emter. 

Chenoua : hifea'netk, orteil et hafendheth, petit orteil qui 
se trouve en arrière du sabot des bovidés. 

emr'i, pousser et efmi. 

immasten, leur mère pour immath sen, permutation du ih 
et de Vs, le th devient / à cause du voisinage de Vs. 



CHAPITRE II 



Le Nom. 



On distingue deux genres : le masculin et le féminin. 

NOMS MASCULINS. -^ La plupart des noms masculins 
commencent par un a. Un certain nombre commencent par 
un i et plus rarement par un ou. En Chenoua, la lettre ini- 
tiale tombe fréquemment; elle reparaît au pluriel. 



1<* Forme aX" t 



Ghanouft. 



B. Oalah. 



alientsif berger, 
anebd^ouTy seuil. 
anoujiou^ hôte. 

a) Forme secondaire : aiX : 

aiâ^iy chien. 
ailou, mezoued. 

b) Forme secondaire : aouX : 

aouelsisj abcès. 
aoudhaly gerboise. 

c) Forme secondaire : [aX) : 

koured\ puce. 
fouSf main. 



amachchou, chat. 
achickoUf poussin. 
anioury front. 



airad\ lion. 
aiougy bœuf. 

aoual, parole. 
aouthem, mâle. 



i. Classlfiôatido adoptée par M. Destaing dans son Élude sur les diaiecM 
tUs Beni-Snous, 



36 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 



zidjy pieu. 

ziou, tige de diss. 

2<> Forme tX : 

idriiy ruban, cordelette. 
Us, cheval. 
iri, cou. 

a) Forme (t)^ : 

flr^er, serpent. 

3® Forme ouX : 

ourthoUf champ de ûguier. 
oufen, caroubier sauvage. 
ouser^ cœur du palmier nain. 



ir'zh, micocoulier. 
igevy champ. 



ouzzaly fer. 
oustou, ûl de trame. 



NOMS FÉMININS. — Un grand nombre de mots font leur 
féminin de leur correspondant masculin auquel on préfixe 
et suffixe un th. Le ih final fait fréquemment défaut. Le th se 
modifie d'ailleurs selon les règles de permutation et de con- 
traction étudiées précédemment (voir chapitre : Phonétique) 



l'« FORME : th (aX) th et th (aX). 

Chenoua. 



B. fialah. 



kagmarthy jument. 
hafrarth, crème. 
hamziouihy ogresse. 
habouxthy chouette. 
harrachty fille. 
habliou, cil. 
hay^etcha, ver. 
hamza, ogresse. 



thazd'emthj fagot. 
ihagouthy brouillard. 
thafounast, vache. 
thaseCCa, balai. 
thafga, tige des céréales. 



11 est permis de considérer ces derniers mots comme des 
dégradations de formes plus complètes terminées par th. 
On trouve : 

thaketehaouth, ver, en B. Salah et hœ/etcha en Chenoua. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHKNOUA 37 

Dans ce dernier dialecte on rencontre les deux formes 
harnza et hamziouth, ogresse. 

2« FORME : th (iX) th et th (iX). 

higzemts, palmier nain. ihimelsilh, habit. 

ichelti, pou. ihisegnithy aiguille. 

hikhsiy brebis. thimejjeihj oreille. 

hii\ sueur. thitcheth^ pou. 

• 

3® FORME : th (ouX) th et ih (ouX). 

houlomtSy petit crible. thoullitSy brebis. 

houmCilts^ euterrement. thour'mest^ dent. 

hourthouth, figuier. 

4* FORME : ih {y) th et th (y). 

herselts^ montant vertical qui soutient la charpente du gourbi. 
hesa, foie. 
hezgi^ forêt. 

En Chenoua un grand nombre de mots féminins perdent 
leur th initial et même la voyelle qui suit. Ces lettres repa- 
raissent au pluriel. 

mallay tourterelle; pi. himalloulin, 
zioua, plat; pi. hiziouin. 

sourifihy enjambée; pi. hisourifin. 



NOMS PROPRES. — Les noms d'hommes les plus fré 
guents sont les suivants : 



Mouh' 


Belk'aç 


Moh^and 


K'ad'er 


Moh'ammnd 


Mencour 

• 


Mouh'ouch 


K'ad'a 


Hammoud^ 


yihil 


Braham 


Djilal 


Ali 





38 LE DIALECTE BERBÈRE DU CBENOUA 

fl 

Les noms de femmes le plus souvent rencontrés sont : 

Fadhma^ Geddouda 

Fafa^ Yamna 

Fafach^ Zahra 

Poma, KheUidja 

Chicha, Aicka 

Djidja Aichouch 
Aouna 

Le mot ou, fils traduit le ^, arabe et comme ce dernier 
terme, il se place entre le nom de l'individu et celui de son 
père pour indiquer la filiation : MouKouch ou Braham 

Diminutif. — Il se forme comme le féminin afous, main 
ha f oust, petite main. 

Le son ch, placé après un nom propre de personne, forme 
aussi un diminutif. 

Ex. : F a fa, Fafach, petite Fafa, dérivé de Fatma. 

Aichech, de Aicha. — Mouh'ouch, de Mouh\ 



PLURIEL DES NOMS 



a) NOMS MASCULINS. — On observe trois formes : 

1® Pluriel externe*. — Il est caractérisé par le change- 
ment en / de \a initial du nom singulier et par Tadjonction 
d'une terminaison qui est en, in, oun, aoun ou an, 

a) Terminaison n ou en ; 

Ghenoua. 

flocon de laine : ametckimy pi. imetchimen. 
mort : ametsin, pi. imetsinen, 

1. Voir R. Basset : Manuel de langue kabyle, § 71 et suiv. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU COENOUA 



99 



combat : anour\ pi. inour*en. 

homme : aVzaou^ pi. iViaouen. 

bègue : aleslotUj pi. ileslousen. 

hôte : anoujiou, pi. inoujiouen. 

oreiller : samou, pi. isamouen, 

meule de céréales : kamou, pi. ikamouen. 

B. Balah. 

poussin : achichou, pi. ichiehouen. 
chat : amachchou, pi. imachckouen. 
chien : aWjaoUy pi. ik^jaouen, 
porc-épic : aroui, pi. trot/i^n. 
faucon : afalkoUj pi. ifalkouen. 



B. lalah 



parole : amesla^ pi. imeslaien. 



faucille : amger, pi. tm^ran. 
sanglier : ife/*, pi. il fan, 
peau : aglinij pi. igeiman. 
côté : id Wy pi. {(Tisan. 



b) Terminaisoii m ou ien, 

Ghenooa 

rat : ar'er<Vaf pi. ir'erd'aien 

c) TendiiuiisoB an. 

tison : asfedh^ pi. isefdhan. 
moitié : azgen^ pi. iz^enan. 
talon : nirez^ pi. tmVzan. 
puce : koured^y pi. ikourd'an. 
buisson : ageilou, pi. igeilouan. 

Certains noms formant leur pluriel en an sont terminés 
an singulier par un t ou un ou qu'ils perdent au pluriel. 

berger : alientsiy pi. ilintsan. guêpe : iziy pi. izan, 

tellis : tako% pi. isakan. étoile : iMn, pi. ithran. 

On trouve aussi : 
fuseau : azd'iy pi. ûd'ian. 

d) Termiiiaisoii oun ou ouen : 

corbeau : jarfi, pi. ijarfiouen. berger : ameksa^ pi. imeksaouen. 



é) Terminaison aoun on aouen : 

aile : a/er, pi. xfraouen, 
pouce : tx^mz, pi. i^/emzaouen. 



dos : tmerzi, pi. imerzaouen. 
cou : iri, pi. iraouen. 



40 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

La terminaison ouen ou aouen est formée de la marque du 
pluriel en et des sons ou ou aou faisant primitivement partie 
du mot. 

On trouve en Zouaoua : hôte, inebgi, pi. inebgaouen, cor- 
respondant à anoujiou^ pi. inoujioven en Chenoua, et à ini- 
jiou, pi. inijiouen en B. Salah. 

Chenoua : azegza^ bleu, pi. izegzaouen = B. Salah : azeg- 
zaou, pi. izegzaouen. 

II. Pluriel interne. — Il se forme par le changement de 
Va initial en i et lintroduction d'un a avant la dernière radi- 
cale. 

gamin ; amsifeg, pi. imsifag. aigle : ijid'er, pi. ijoutTar. 

corde : (Mr'oun, pi. isrouan. bœuf : azger, pi. izgar, 

poche : ah'chouch^ pi. ih'chouack. 
raquette de caclus : iferd^xous, 
pi. iferd'iouas. 

Si la dernière radicale du nom singulier est précédée du 
son ou ou t, ce son disparaît généralement au pluriel. 

mamelle : abebhouchy pi. ibebbach. front : aniow\ pi. ianiar. 

poutre : azekkouvy pi. izekkar. 

champignon : abelchoul, pi. xbetchal. 

seuil : anebd'our^ pL inebd^ar. 

levraut : achlour\ pi. ichlar\ 

lièvre : airz%$^ pi. trzas. 

Il arrive fréquemment que le son ou ainsi supprimé se re* 
porte après la première radicale, 
tasse : ak'louchj pi. ik'oulach, coq : ah'kouk^ pi. ih'oukak. 

Si la première radicale est suivie d'un a au singulier, on 
remplace l'a par un ou. 

. poutre : sathour^ pi. isouthar. bec : ak^amoum^ pi. ik^oumam. 

Enfin quelques noms terminés par ot/ au singulier changent 
cet ou en a au pluriel. 

jonc : asellebou, pi. iselleba. joug : azaglouj pi. izougla. 



, LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 41 

III. Pluriel externe et interne. — Il s'obtient par le 
changement de la initial en i, l'adjonction d'une terminai- 
son en^ oun, aoun, an et par le changement de vocalisation 
de la voyelle interne : a permute généralement avec i et ov. 

bâtoo : ageft^oum, pi. agouihman. corne : ik^ich, pi. iWachoun. 
pieu : zidjj pi. izadjen, racine : azar, pi. izouran. 

pan d'un vêtement : jifer, pi. ija- ongle : icAer, pi. icharen. 
frioun. moutoo : ikerri, pi. ikraren. 

doigt : adhadhy pi. idhoudhan, 

IV. Pluriel en then, — Quelques noms forment leur plu- 
riel par la suffixation de then, 

frère : ouma^ pi. aoumathen, 
guêpe : ar'zezzi, pi. %r*zezathen. 

Remarques : Il a été dit que dans les trois catégories de 
pluriels, Va initial des noms singuliers se changent en i au 
pluriel. Il y a quelques exceptions à cette règle. 

i^Les noms commençant par i au singulier, le gardent ye- 
néralement au pluriel. 

cheval : iisy pi. iysan. cou : tri, pi. iraouen. 

tortue : ifker, pi. ifkraouen. dos : tmerzt, pL imerzaouen. 

poignée d'épis : id'er\ pi. id'er^en. 

2^ Rarement l'i initial devient a au pluriel. 

ongle : ichcher, pi. achcharen, nuit : idh, pi. adhan, 
mouton : iyerri, pi. ayraren, 

' 3° Certains noms commençant par a le gardent au pluriel 

cil : abely pi. abtiouen. lion : airad\ pi. airad'en. 

petit-fils : aiaouy pi. aiaouen. 

4® D'autres changent Va en ou. 
jour : asSy pi. ousian. 



42 



LB DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 



5° L'on initial de quelques noms singuliers persiste au plu^ 
riel. 

champ de figuiers ; ourthou^ pi. ourthan, 
cœur du palmier nain : ouser, pi. ouseran, 

b) NOMS FÉMININS. — I. Les pluriels féminins ayant un 
correspond masculin se forment de ce dernier en préfixant 
un th et en changeant la terminaison en, an en in dans les 
pluriels externes. 

a) Plariels externes : 

mâle : akthem, pi. ikthemen. chat : amachchoUy pi. imaeh- 

chouen, 
femelle : hakthemtSy pi. kikthemin. chatte : thamachchouth^ pi. thi- 

machckouin, 
enfant : an^achy pi. arrachen. enfant : ah'zaou, pi. ih*zcLOuen. 
fille : harrachtj pi. harrachin, fille : thah'zaouth, pi. thiKiaouin. 

b) Plariels internes : 

àne : arHouly pi. ir'ial. mulet : aserd^oun^ pi. iseréTan, 

ânesse : har'ioults, pi. hir^ial. mule : thaserd'ountSj pi. thiserd^an. 

nez : inzer, pi. inzar, 
narine : hanzerthy pi. hinzar, 

II. — Pluriels féminins par analogie. 



a) Pluriels externes : 

épi : hag'd^e7*thf pi. hig'ed'rin, 

trou : habr'ounts, pi. hibr^ounin. 

hirondelle: Ai/ie//6#^ pi. hifellesin, 

b) Pluriels internes : 

souche : higiirth, pi. higiar. 
trou d'une aiguille : hanoufigthj 

pi. hinoufag. 
aisselle : hadder'thy pi. hiddar\ 



oreille : thimejjeth^ pi. thimej- 

jin. 
grenouille : thajrountSf pi. iki- 

jrounin, 
mollet : thak'esloultSy pi. /At- 

k'esloulin. 

nez : tkinzerth^ pi. thinzar. 
dent : thour*mest, pi. thour'^ 

mas. 
lièvre : thaierzisl, pi. thierzas. 



Le dialecte berbère du CHENOUA 43 

c) Pluriels externes et internes. 

couvercle ; hcuouourth^ pi. Ai- ventre : thad'ist, pi. ihid'ousin, 
souarin, 

III. Pluriels en onin et iouin. — Certains noms ne 
forment pas leur pluriel comme il vient d'être dit. On l'ob- 
tient en vocalisant en t la voyelle qui suit suit le th et en 
ajoutant la terminaison ouin ou ioum à Va qui en général 
les termine au singulier. 

cil : habliou, pi. hibliouin. maison : thazek*k'a, pi. tkizek'" 

assiette : hajra^ pi. hijerouin. h* ouin. 

ki^Mle : kisegnithjpL hisgen fa- scorpion : thifir (Ternis^ pi. thi^ 

outn. r*\r(ïmaouin, 

plal : ziouay pi. hiiiouin. plat : thaiioua^ pi. thiziouin, 

touffe de poils : hafidheli, pi. soc : thagersa^ pi. thigersouin. 

hifedheliouin, 

IV. Pluriels en a. — Quelques noms terminés au sin- 
gulier par th ou i changent au pluriel cette lettre en a ou ni, 

motte de terre : habersessiy pi. hi- abeille : thizizouith, pi thizi^ 

bertessa. zoua. 

feuille : hifrilh, pi. hifrai. barbe : Ihamarlk, pi. thimira. 

pièces de vêtements : halefiythy 

pi. hilefxai. 
pierre : houk'ith, pi. houk'ai, 
araignée : haoulelith, pi. hioulela. 

V. Pluriels en thin, — Quelques noms gardent leur th 
final au pluriel et prennent la terminaison in. 

choaette : habouyih, pi. hiboux- verge : thatoutath, pi. tbitoutct' 

thin, thin. 

selle : harixth^ pi. hirv/thiouin, brebis : thoullitSy pi. thoulla- 
mancheron de la charrue : ha- thin, 

foutty pi. hxfoustin, 
buisson : hagellouts^ pi. hagel- 

louathin. 



44 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

plat en palmier nain : hendouthy 

pi. hindouthin» 
génisse : haoumath, pi. hiouma" 
thin. 

a 

On trouve aussi une therminaison fhen au féminin pluriel, 
figuier : hourihouth^ pi. kourthatken. 

DÉPENDANCE DES NOMS. — C'est à l'aide de prépositions 
que s'expriment les rapports des noms entre eux et avec les 
verbes. 

Le rapport d'annexion s'exprime de différentes manières : 

1^ Noms masculios. 

à) Ce rapport se forme par juxtaposition. Va initial de- 
vient ou. 

Chenoua : fous ougelzim^ le manche du pic. 

aglim ourilas, la peau de la panthère. 
imaoulan oukhkham^ les maîtres de la maison. 
hak'chourth oufir*er^ un œuf de serpent. 
eldjefneth ouaman, un plat (rempli d*eau}. 
hamefCouth ouan^ach^ la femme de l'enfant. 

• B. Salah : ifassen medden, les mains des gens. 

thifounasin oufellah\ les vaches des cultivateurs. 
thour'mas ik'jaouen, les crocs des chiens. 

Quand Va est constant, le son ou précède Va, 

aglim ouanacTy la peau du lion. 

achâar ouatCzaoUy les cheveux de Tenfant. 

b) Le rapport peut s'indiquer par la réduplication de la 
voyelle initiale du déterminant. L'a devient ou et ouou par 
redoublement. 

Chenoua : aman iir'zer\ Teau de la rivière. 

fassen iirgazen^ les mains des hommes. 
hir'mas tïmt, les dénis de la bouche. 
ikhf ouourgazy la tête de l'homme. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 45 

hadjelalts ououici'i, la queue du chien.* 
aglim ouemckichy la peau du chat. 
hirmas ououichcherij les deats du chacal. 
imezzour'en ouourHoul, les oreilles d'àne. 
amezour' iimmaSj l'oreille de sa mère. 

B. Salah : ir'faouen iiCan^ les tètes des chiens. 

iougaouen ouousrar^ les bœufs de la charrue. 
id'ammen ououly le sang du cœur. 
g thelemmast ououkhkkam, au milieu de la maison» 
medden ououdWar, les gens de la montagne. 

2<> Xoms féminins : Le rapport se marque à Taide de la parti- 
cule 71 qui se place entre les deux substantifs. Le th devient 
ts et la voyelle e ou t qui le suit s'affaiblit généralement en e. 

Chenoua : kiberra n lser*eVfen, les crottes de chèvres. 

houourth n tsejrouts^ la porte de la grenouille. 
ouzoug n etsefounasin^ la traite des vaches. 
areroum n tsemzin, du pain d'orge. 
anebd'our n Isouourth, le montant de la porte. 
cufedk n tsemesi, une bûche de feu (lisbn). 
ah*chouch en isah*zaouthj la poche de la femme. 

B. Salah : akofai n tsefounasin, le lait des vaches. 
aman n tsala, l'eau de la fontaine. 
oud*em n tsemeft'outhj la figure de la femme. 
thad'outs n tsoullathin, la laine des brebis. 
thadkroufth n tsalarth, une cruche en terre. 
amokran n tsemourlh^ le chef du pays. 

Remarques. — 1° La particule n s emploie aussi devant 
les noms de parenté et les noms d'origine étrangère. 

Chenoua : aman n essanithy l'eau de la noria. 

hagmarth n elk'aid\ la jument du caïd. 
sd'akhei n elbir^ dans Tintérieur du puits. 

B. Salah : Khiises n Aliy la sœur d'Ali. 

ibrid'en n LBlida^ des chemins de Blida. 



46 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CRENOÙA 



2"" AU point de vue phonétique n devient quelquefois m, 
devant un nom commençant par b et m. 

B. Salah : ikhfm baba, la tète de mon père. 

Cependant on trouve : 

medden n Metsicht^ les gens de la Metidja. 
iougaouen n MoKammedy les bœufs de Moh'ammed. 



CHAPITRE III 



Le Pronom. 



Nous distinguerons : l"" les pronoms personnels; 2"" les 
pronomâ démonstratifs ; 3^ les pronoms interrogatifs ; 4'' les 
pronoms relatifs ; 5"* les pronoms indéfinis. 



I. — PRONOMS PERSONNELS 

Ils comprennent : 

a) les pronoms sujets (isolés). 

b) les pronoms régimes (af fixes). 

a) Pronoms personnels sujets (isolés). 

Ghencraa. B. Salah. 

moi : netchy netchintsin. nek, 

toi, m : chek, ckekintsin» ketch^ ketchints» 

toi, f : chem.y chemmintsin* keniy kemmintt. 

lai : netsUy netsan. neisa. 

elle : netsath. netsath. 

nous : nechnin, neknû 

Yous. m : x^^^i^- kenni^ kenkni. 

Yous. f 2 xetmimti, kementsi. 

eux : naknin. nithni, 

elles 3 naknints, niihentsié 



48 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 



b) Pronoms régimes (affixes). 

Ils se divisent en trois : 1** pronoms afSxes dépendant des 
noms ; 2® pronoms affixes dépendant des verbes ; 3® pronoms 
affixes dépendant des particules. 

1* Pronoms affixes dépendant des noms. 

Ils marquent la possession. 



Ghenoua. 


B. Balah 


de moi : inou. 


inou. 


de toi, m : ennex^ 


ekf ennek. 


de toi, f. : ennem. 


erriy ennem. 


de lui : ennes. 


esj ennes. 


d'elle : enner\ 


enna. 


de vous, m. : ennouen. 


ennouen. 


de vous, f. : ennouents. 


ennouents. 


d'eux : ensen. 


ensen. 


d'elles : ensents. 


ensents. 



Remarque : Ces pronoms employés au pluriel perdent leur 
support n quand ils suivent un nom parenté, de plus ils sont 
précédés d'un th qui s'intercale entre le nom et le pronom. 
Ex. : 
Ghenoua : babathner\ notre père. 

babathouen, votre père. 
babasten^ leur père pour babathsen. 
immasten^ leur mère pour immathsen, 

2^ Pronoms affixes régimes des verbes. 

Ils se divisent en : a) pronoms régimes directs ; b) pro- 
noms régimes indirects. 

» 

a) Pronoms régimes directs. 
Ghenoaa. B. Salah. 

moi : t. t. 

toi. m : cA, icA, ichex- k, 

toi. f. : cherriy ichem, m. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 49 

lui : thy ithf h. ih^ iih. 

elle : tZy iu. ts^ its. 

nous : nerWen, na^ r*en. 

vous, m. : x'^^-ix'^^- ^^^' 

vous, f. : x^wi/*-txem£*. kents. 

eux : theriy itken, heriy ihen. then^ ithen^ en, in. 

elles : thentSy ithents^ hents^ ihents. thenttf ithenU^ ents, ints. 



b) PrOSOMS régi MRS 1NDIRBCT8 DBS VBRBBS. 



Ghenooft. 


B. Salali. 


à moi : ai. 




à toi, m. : a^. 


ak. 


à toi, f. : am» 


am. 


à luiy à elle : as. 


as. 


à nous : aner* et ar'en. 


anay afen 


à vous, m. : aouen. 


aouen. 


à vous, f. aouents. 


aouents. 


à eux : asen. 


asen. 


à elles : asents» 


asents. 



Remarques : 1° En Chenoua, le thème ch du pronom 
régime direct de la 2^ personne du singulier devient x ^^ 
pluriel et la marque n du pluriel est remplacée par m dans 
les pronoms pluriels de la 2^ personne. 

2** Tous les pronoms régimes indirects commencent par a. 

3<* Tous les pronoms régimes directs, sauf celui de la 
1" personne du pluriel peuvent être précédés de la voyelle /• 

a) Quand ils suivent le verbe terminé par une consonne 
et conjugué à une personne ne comportant pas de suffixe. 

b) Quand ils suivent un pronom régime indirect. 

4** Le pronom de la 1'® personne du pluriel précédant le 
verbe devient r'en ou ar'en dans les deux dialectes. 

5® En Beni-Salah, les pronoms then et /AeAi/5 deviennent n, 
en y in, nts, ents et ints : 

a) Quand ils suivent un pronom régime direct; 

b) Quand ils précèdent le verbe. 



50 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

6^ Les pronoms de la 3® personne peuvent se modifier 
selon les règles de permutation et de contraction étudiées 
dans un chapitre spécial. 

En Chenoua, le pronom ih devient t, ts, h. 

En Béni Salah, il devient ts. 

3^ Pronoms af fixes des prépositions. 

Ghenona. B. Bal ah. 

Zy r'eri, chez moi. i, d^egi, dans moi. 

ex, T'ereXi chez loi (m.). ek, cTegek, 

enif r^erem^ chez toi (f.). cwi, (fegem, 

es, r'eresj chez lui. es, d'eges, 

n'er^ r'emer\ chez nous. naj d*egna, 

ouen, r*erouen, chez vous (m.). ouerij d^egouen. 

ouents, r^erouents, chez vous (f). ouenl$, d'egouents. 

sertf r'ersen, chez eux. «en, d'egsen, 

tenlSy rWsentSy chez elles. sents^ d*egsenls. 

Dans les deux dialectes un certain nombre de prépositions 
emploient les pronoms régimes indirects. 



II. — PRONOMS DÉMONSTRATIFS 



1® Adjectifs démonstratifs. 

Chenoua a) marquant le rapprochement : a, invariable. 

argaz a, cet homme. 
hameVCouih a, cette femme. 
irgazen a, ces hommes. 
kised*nan a, ces femmes. 

Cette particule s'allonge : 

a) d'un i : ai. 

b) d'un d' : ad\ 

Ces formes entrent en composition avec d'autres particules 
et deviennent aiek et ad'tk. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 51 

On trouve encore une forme akh qui semble indiquer un 
éloignement moyen. 

b) réioignement : in, invariable. 

argaz in^ cet homme-là. 
irgazen in^ ces hommes- là. 
hameVVouth in, cette femme-là. 
hised*nan in, ces femmes-là. 

c) pour préciser que l'on parle d'un être ou d'un objet dont 
il a déjà été question on fait un grand usage du mot enni, 

iroh! ouah'zaou enniy cet homme partit. 
hiouid kaid'ith enniy elle apporta cette chienne. 

Benî Salah' a) rapprochement : aii, invariable. 
ô) éloignement : ad'in, pi. id'iji. 

argaz ud'in^ cet homme-là. 
irgazen id*in, ces hommes-là. 
thamet'Couth ad'in, cette femme-là. 
Ikhallath id'in, ces femmes-là. 

c) efini et inni. 

2^ Pronoms démonstratifs. 

Chenoua a) Indiquant le rapprochement : 

formes simples : oua, masc sing., celui-ci. 

hakhy fém. sing., celle-ci. 
iid'aj masc. plur., ceux-ci. 
hid'a^ fém. plur., celles-ci. 

formes allongées: ouaieky celui-ci; haieh, celle-ci. 

id^ad'ik, ceux-ci; hid'ad*ik, celles-ci* 
ouenni, celui-ci (en question); henni^ celle-ci^ 
id^ enniy ceux-ci; hid* enniy celles-ci. 

b) Indiquant ^éloignement : 

ouin, celui-là; hiny ceiie-là. 
iid'in^ ceux-là; Aicf'tn, celles-là» 



52 



LE DIALECTE BERBÈRE D13 CHEÎ<OUÂ 



B. Salah 



a) proximité : 

ouad'ay celui-ci; ihad'a^ celle-ci. 
ouid'i, ceux-ci ; thouidH, celles-ci. 



b) éloignement : 

ouad'iriy celui-là; thadHn^ celle-là. 
ouid'iny ceux-là; tsid'in^ celles-là. 

Nos expressions « voici », « voilà » se traduisent par les 
mots suivants : 



Chenoua 



B. Salah 



ahaij ahala, voici, m. s. 
atsai^ atsaia, voici, f. s. 
ahenai^ ahenaïa, voici, m. pi. 
ahentsai, ahentsaia, voici, f. pi. 
hatky ahain^ voilà, m. s. 
àatSf alsain, voilà, f. s. 
haharij ahenainy voilà, m. pi. 
hahants, ahentsain, voilà, f. pi. 

athaia, voici, sing., annaia^ voici, pi. 
athin^ voilà, sing., annin, voilà, pi. 
ainaihy celte chose-là, pi. inathen. 



Les pronoms démonstratifs suivis des pronoms affixes des 
noms traduisent nos pronoms possessifs : 

Chenoua. 



ouainou, le mien; 
ouannex, le tien (m.); 
ouannemy le tien (f.); 
ouannes, le sien; 
ouanner\ le nôtre; 
ouannoueriy le vôtre (m.); 
ouannouerUs, le vôtre (f.); 
ouanserif le leur (m.); 
ouansentSy le leur (f.); 

Hd^a inouy les miens; 
iid^annex, les tiens (m.); 
iid'annem, les tiens (f.) ; 



hainoUf la mienne. 
hannext la tienne (m.). 
hannem, la tienne (f.). 
hannesj la sienne. 
hanner\ la nôtre. 
hannoueriy la vôtre (m.). 
hannouents^ la vôtre (f.). 
hanserif la leur (m.). 
harisentSy la leur (f.). 

hid'ainou^ les miennes. 
hid^annexy les tiennes (m.). 
hid^annem, les tiennes (f.). 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHËNOUA 53 

iicTannes^ les siens; hid'annes^ les siennes. 

ud'anner\ les nôtres; hid'anner*^ les nôtres. 

iid'annouen^ les vôtres (m.); hidCannouen^ les vôtres (m.). 

HtTannouentSy les vôtres (f.); hiéTannouents, les vôtres (f.)- 

iid'ansen, les leurs (m.); hid*ansen^ les leurs (m.). 

iid'antents^ les leurs (f.); hid*ansents, les leurs (f.). 



3° Pronoms interrogatifs. 

Chenoua : m? Quel? 

mismennex^ Quel est ton nom? 

ma/5? Quel? Quelle? Quels? etc.. 
mats elouok'th i hetsouakid"! k quel moment te couches-tu? 

matsoua ? Quel ? 
matsa'i Que? Quoi? 

matsa i hekhsed'l Que veux-tu? 
malsa ck iour'anl Qu*as-tu? 
matsa h iour'anl Qu'a-t-il? 
matsa r'en iour'ani Qu'avons-nous? 

mants"} Quel? Quels? Quelle? Quelles? 
mants oua^ Lequel? 
manis ta^ Laquelle? 
mants iid'a^ Lesquels? 
mants hid'a^ Lesquelles? 

mants irgazen id iousan'! Quels sont les hommes qui 

sont venus? 
mants afrack ahouihed'7 Quel enfant frapperas-tu? 
mants ta i hekhsed'? Laquelle veux-tu? 

manaîa^f Qui? manaïa airoh'en^ Qui partira? 
manaî^ Qui? invariable. 

manai ig ourin kabrats a? Qui a écrit cette lettre? 

mi lan ? A qui ? 

mi lan ioiig aiekl A qui est-ce bœuf? 



5i LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

miked'1 Avec qui? 
mikecT hellid' tsirared'7 Avec qui joues-tu? 

mid'eg^ Dans quoi? 

mid'eg ahegered* xdrimen enneyi^t Dans quoi mettras- tu 
ton argent? 

mizeg^ Avec quoi? 
mizeg i houthid^l Avec quoi as-tu frappé? 

mifeg ? Sur quoi ? 

mirer "^ Chez qui? Pour qui? 

B. Salah :ow?Oui? 

ou d iousanl Qui est venu? 

OMa?0ui? 

oua th inr'anl Qui Ta tué? 

oiiar'al Qui? 

ouar'a ou d itsasen ekl Qui ne viendra pas? 

anotii^ Qui? m. s. 

anouid'^ Qui? m. pi. 

antsi'f Qui? f. s. 

anisid''} Qui? f. pi. 

anoui ouar^al Qui ? 

ma'i Quel? Quels? Quelle? Quelles? 

ma medden ma ou zelloun ekl Quels sont les gens qui 
n'égorgeront pas? 

man out^ inv. Qui? Quel? 

man oui d iaseni Qui viendra? 
aman oui s innani Qui lui a dit? 

mâ[/.ça? Que? Quoi? 

matsa tsr^aousa g oui nés 1 Qu*a-t-il dans le cœur? Que 
pense-t-il? 

ouiked"? Avec qui? 
oulked' thekheddemedhi Avec qui travailles-tu? 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHE^OU^ 55 

ouif^er^ Chez qui? 
ouir'er atsezeSer'edhl Chez qui resteras-tu? 

ou ilan^ A qui? 
ou ilan akhkham aii? A qui est cette maison? 

otiir'ef^ Sur quoi? 
ouir*ef atsek*k*med"f Sur quoi t*assiéras-tu? 

mais ? Avec quoi ? 
mais aken outhat Avec quoi vous frapperai-je ? 

4® Pronoms relatifs. 

Chenoua : Quelques pronoms démonstratifs peuvent être 
employés comme relatifs. 

In ai MATSA hkkesed\ ay^ sir'er\ Dis-moi ce que tu veux, je te 
le donnerai. 

S'ir ai hagmarth mir^sr id ousit"^* atsakerer\ Donne-moi la ju- 
ment pour laquelle j'étais venu voler. 

i : que. C'est le pronom le plus employé. 

Matsoua vindou ennii hsenathed*1 Quel est le drapeau que tu 

as montré? 
Ifir'an asouen id*ammen i djir\ Les serpents boiront le sang 

que j'ai laissé. 



. • 



kenni ig ellan. Celle qui est. 

hskhiier hid*enni igg ouin. Il choisit celles qui étaient mûres. 

B. Salah : inni, que 

afrag iNm henan U d'akhelaf^ la ferme qu'ils ont bâtie 
est solide. 

matsa, ce que. 
ou sina matsa illay je ne sais ce qu'il y a. 

i, inv. qui, que. 
Ikhallath id iousan, les femmes qui sont venues. 



56 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

ag^ même sens. 
nekints ao oukereuj c'est moi qui ai volé. 



5<* Adjectifs et Pronoms indéfinis. 

Chenoua : L'adjectif ce autre o se traduit par la forme inva- 
riable ermidhen qui se place après le nom. 

oss ennidheny un autre jour. 
hi^elts ennidhen^ une autre fois. 
hamefCouth ennidhen, une autre femme. 
hised'nan ennidhen, d'autres femmes. 

La même particule edh sous la forme participiale se combine 
avec les pronoms démonstratifs pour donner le pronom 
« autre » : 

ounnidherij Tautre (m.). 

hennidheny l'autre (f.). 

id*ennidhen, les autres (m.). 

hid'ennidheny les autres (f.). 

On trouve les expressions suivantes qui traduisent : l'un 
et l'autre, Tune et l'autre. 

ouar' i ouiriy l'un et l'autre. 
har* lAm, Tune et l'autre. 
id'ar* i id*in, les uns et les autres. 
hid'a hid'iny les unes et les autres. 

Le r n'est qu'euphonique? On le retrouve ailleurs : Ex : 
athaiar imt\ voici ma bouche. 

iedjy un. 

ichtents, une. 

elkoullj tout. 

hatsa d'iedjy personne, aucun. 

hatsa d^elWabb, rien. 

chra, quelques. 

B. Salah : ouaidh, autre (m. s.). 
thaidk, autre (f. s.). 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 



57 



ouiidhenif autre (m. pi.), et ouiiedh. 

thiidkeni^ autre (f. pi.) et thiiedh. 

sr'ir* thir'allin tsiiedh, j'ai acheté d'autres juments. 

elbddh, quelques. 

haUa iedj, personne, aucun. 

hatsa tkar^aousaj rien. 



ADJECTIFS QUALIFICATIFS 

Rien de particulier à signaler. Ils suivent les mômes règles 
de formation du féminin et du pluriel que les noms. 
En voici quelques-uns dans les deux dialectes : 



Gl&enoaa. 

amellaly blanc. 
azeggar^j rouge. 
aberXan, noir. 
azegza^ bleu. 
aourar\ jaune. 
amek'ranj grand. 
amekdoudf petit. 
amegdoud, — 
azegrar, long. 
akodhidhj court. 
mirioUy f. himinouthy large. 
amezian^ petit. 
aoussary vieux. 
asemmamy aigre. 
amejjoujy sourd. 
ulesiotiSy bègue. 
amerzagouy amer. 
amenzouy hàtif. 
akoumennaiy rond. 
ad*err*aly aveugle. 
azaimy bon. 
amahloux^ malade. 
amah' fouriy sale. 



B. Salah. 

akkellafy bon. 
oukhichy mauvais. 
amok'rariy grand. 
amezg^ariy petit. 
agouzlan, court. 
azegravy long. 
imizid\ doux. 
aoussar, vieux. 
asemmadhf froid. 
amellaly blanc. 
aberkatiy noir. 
azegzaouy vert, bleu. 
azeggouaVy rouge. 
aoura9*\ jaune. 
amerzagy amer. 



58 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

L'idée qualificative peut aussi se rendre par un verbe d'état 
conjugué à la 3* personne. 

iben, doux. iâUai^ haut. 

idhâf, maigre. irmek\ profond. 

igenfa, gras. ichmeth, méchant. 

Emploi de la particule rf* 

Mêmes remarques qu'en Zouaoua 

Ghenoua : r'res idjen oukhkham d'azaiemy il a une belle maison. 

hakh hechmethy hin tsazaimts^ celle-ci est mauvaise, 
celle-là est bonne. 
6. Salah : netsath Uoukhicht {ts = et' + ^A)« elle est mauvaise. 

isr'a d akid'ar d^aberkariy il a acheté un cheval noir. 

ou itsour^al ek d'amellaly il ne deviendra pas blaDC. 

LA NUMÉRATION 

Les deux premiers noms de nombre sont d'origine berbère. 
A partir de 3, les mots employés sont arabes. 

Ch. et B. S. : idjy un, f, ichty une; sen, deux, f. senath, deux. 

Le nom qui suit l'adjectif numéral cardinal est en rapport 
d'annexion avec lui et subit de ce fait des modifications voca- 

liques : 
Ghenoua : senath n tsououray deux portes. 
âchra ouairacheriy dix enfaats. 
âchrin n tseh'zaouin, vingt femmes. 

Nombres ordinaux 

Ghenoua : Premier : amezgarou, pi. imezgoura, 

(f) hamezgarouth, pi. himezgoura. 
Deuxième : ouis sert (f), his senath. 
Troisième : ouis thelatha (f), his thelatha, etc. 
Dernier : aneggarou (f), haneggarouth 
(pi.) ineggoiira (f), hineggoura. 



CHAPITRE IV 



Le Verbe. 

Le verbe est désigné par sa forme la plus simple, c'est-à- 
dire celle qu'il a lorsqu'il est employé à la 2« pers. du sing. 
de l'impératif. 

Il peut être formé de une, deux, trois ou quatre lettres radi- 
cales. Ex. : 

aF, trouver, ouFy être gonflé. 
eRZ, briser, eRS^ être posé, eKhSy vouloir. 
eZD^eR' habiter, eDHFeR, suivre, eXReZ, labourer. 
K'eRD'L, être gros, FouNZeRy saigner du nez. 

CONJUGAISON 

Un seul temps l'aoriste se conjuguant sans particule (pré- 
térit) ou avec particule (aoriste proprement dit). 

1° Prétérit 

CHBNOUA BENI-8ALAH 

Singulier. 

!'• pers. er' a 

2« pers. h (f th dh 

3« pers. X t 

3® pers. h th 

Pluriel. 

\^ pers. n n 

2« pers. h m th m 

2« pers. h mts th mth 

3« pers. n n 

3® pers. nts nt$ 



60 le dulegte berbère du chenoua 

2* Aoriste 

Une seule particule a qui se place avant le verbe lui donne 
le sens du futur. 

Bingnlier. 

\^ pars, a er* a a 

2« pers. ah d* ats dh 

3« pars, ai ai 

3« pars, ah ats 

Pluriel. 

ann 

ann th ann 

ah m ats m 

ah mts ats mth 

a n a n 

a nts a nts 

On voit qu'en Chenoua, il existe à l'aoriste deux formes 
pour la 1'® pers. du pi. La 1'® est d'un emploi plus fréquent, 
la 2^ est réservée pour traduire la 1'^ pers. du pluriel de 
l'impératif. 

Remarques : l"* Dans la conjugaison, il faut tenir compte 
du voisinage de certaines lettres qui peuvent faire subir au 
verbe des modifications vocaliques. C'est ainsi qu'en Chenoua, 
h préfixe devient souvent ts (voir le chapitre de la Phoné- 
tique); 2^ En Beni-Salah, le suffixes, de la T" pers. du sing. 
est mis pour r\ Cette dernière lettre reparaît : 

a) lorsque le verbe conjugué à la V personne est suivi 
d'un pronom commençant par a : 

Ex. : saenthar^aserij je leur ai montré. 

b) Suivi d'un pronom régime direct de la 3® personne le 
suffixe se renforce en kh : 

zenzekh then, je les ai vendus. 

c) Sous l'influence de la négation ot/r A, le même suffixe 

a, r' devient kh , 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 61 

our saenthakhy je ne montrerai pas. 

3° La particule ad' est rarement employée. Chez les Béni 
Salah, la particule ara remplace a, quand le verbe conjugué 
au futur est précédé d'un terme interrogatif , conjonctif , etc. : 

£x. : Matsa ara iap Que trouvera-t-ii? 

3® Impératif 



2« p. s. 

2« p. p. th th 

2« p. p. mts mth 

Lorsque l'on s'adresse à plus de deux individus, la 1" per- 
sonne du pluriel se traduit par le verbe conjugué à la 

1'® personne de l'aoriste (forme ann eih) précédé d'une 

des expressions suivantes : Jad, ta, iaoti, viens; iaoutà, 
venez (m.) et iamts (f.) 

Ex. : iaou annaroh^ethy alloos. 

iaouth annezd' emethy coupoQS du bois. 
iamts anninzizethf chantons (f.). 
aiaou ahennr'eth^ tuons-les ou tuons-le. 



PARTICIPE 

On l'obtient de la 3® personne du masculin singulier du 
verbe au prétérit ou à l'aoriste à laquelle on suffixe un n, 

d° Participe prétérit 

Ghenoua. Benl Salah. 

tounez, il s'est baissé; part. : iouker^ il a volé; part. : iouke- 

ioumezen, ren, 

ioutka^ il a frappé, part. : iou* ioudha^ il est tombé ; part. : 

thin, ioudhan. 

inziZy Hachante, pari. : ienzi- inr'a, il a tué; part. : inr'an. 

zen. 



62 le dialecte berbère du ghenoua 

2® Participe aoriste 

aienzizyil chantera, part. : aien- aizenzy il vendra; part. : aizen- 

zizen. zen et ara izenzen. 

auer\ il achètera, part. : aise- aialiy il montera ; part. : aialin 

r'en, et ara ialin. 

aiouthy il frappera, part. : aiou- 
then. 

En Chenoua, la particule toujours employée est a. 
En Beni-Salah, ara peut remplacer a, mais l'usage de cette 
dernière particule est beaucoup plus fréquent. 

Remarques : 1° La forme participiale s'emploie comme 
dans tous les autres dialectes. 

2* Le participe est souvent précédé du relatif ai ou i qui se 
contracte en ag ou en ig avec Vi initial de la forme principale. 

Celle-ci ressemble alors à la 3^ pers. du masc. pluriel. 

Chenoua : ichtents ig ouin, une (figue) qui est mûre. 
B. Salah : nekints ag oukererty c'est moi qui est volé. 

Ce participe est indéclinable. La particule n n'est pas atti- 
rée par la négatilon. 

Chenoua : hid'enni ou isirnechy ceux qui n*ont pas donné. 
B. Salah : ouar'a ou ithetsen ekl Qui ne mange pas? 

anoui ar'a ou izounezen kt Qui ne vend pas? 



Modifloatlons vocallques. 

Tous les verbes employés à l'aoriste ayant le sens du futur 
se conjuguent sur le modèle donné. Quelques verbes subis- 
sent au prétérit certaines modifications de vocalisation. On 
peut les classer par types. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 



63 



1® Verbes du type : enr', tuer : 

Ghenoua. 

enrHr\ j'ai tué, 
henr^id\ tu as tué, 
inr^a, il a tué, 
henr^a, elle a tué, 
nenr'a^ nous avons tué, 
henr^im, vous avez tué (m.)» 
henrHmls, vous avez tué (f.), 
enr'iuy ils ont tué, 
enr^intSy elles ont tué, 

Se conjuguent sur le même type : 

edjy manger, 
outhy frapper, 
etchy manger, 
err, rendre, 
ens, passer la nuit, 
eçç, rire, 
ekhs, vouloir, 
egg, faire, 

2^ Vebres du type adef, entrer. 

oud*efer\ je suis entré, 
houd'efed^ tu es entré, 
ioud'ef, il est entré, 
haud'ef^ elle est entrée, 
noud'efi nous sommes entrés, 
houd^efem^ vous êtes entrés (m.), 
houd^efemts, vous êtes entrés (f.), 
oud^efen, ils sont entrés. 
oud'efents, elles sont entrées. 

Va initial devient ou. Se conjuguent sur le même modèle î 

anz, baisser, ^f^9^ voler (oiseau). 

flrfVr, descendre, aker, voler. 

areSf avoir des dettes, (^gg^d* avoir peur. 

azen^ envoyer, agel^ pendre. 

asemy être jaloux, agem, puiser. 
afefy être tamisé, 



Benl Salah. 

enrir\ 

thenr*idh. 

inr'a. 

ihenr'a. 

nenr'a. 

thenr^am, 

lhenr*amth, 

enr'an. 

enr*ants, 

er'r, lire. 
erz, être brisé. 
er'Zy creuser. 
ezVy voir. 
sel, entendre. 
ezdh, moudre. 
eksy enlever. 
ekk, passer. 

oud'efa, 

thoud'efedh, 

ioud'ef. 

thoud'ef. 

noud'ef, 

thoud'efem. 

thoud'efemth, 

oud^efen, 

oud'efents. 



64 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

Les verbes août, « emporter » et aoudh, « arriver » font 
exception et changent Va en t. 

iioui, il a emmené; iiouodh, il est arrivé. 

3° Verbes du type a/, trouver. — lisse conjuguent comme 
ceux du 1®' et du 2« groupes. 

oufir% j'ai trouvé. 

houfid\ tu as trouvé. 

ioufa, il a trouvé, etc. 
De même : 

ar\ prendre, épouser, a. xour*a. 
ouf, être gonOé^ a. ioufa, 
a$ dy arriver, a. iousa d. 

k^ Vebbes du type iaz, avoir faim. — La devient ou. 

Ghenoaa. B. Salah. 

ellouzer'j j'ai faim. louza, 

heliouzed\ tu as faim. thelouzedh, 

illouz, etc., il a faim. ilouz, etc. 

Se conjuguent sur le même modèle : 

gadjj déménager. 
djalf jurer. 
fad\ avoir soif. 
nam, avoir Thabitude. 

5** Verbes terminés par une voyelle a, î, ou, — En gé- 
néral, ils se conjuguent sur le modèle des verbes du type enr\ 

Ex. : Ch. egoumma, refuser, goummir\ j'ai refusé^ 

igoumma, il a refusé. 
ergay allumer, ergir\ irga. 
ariy écrire, ourir\ ioura, 
arji, rêver, ourjir\ iourja. 
sou^ boire, souir\ isoua, 
egmi, élever (enfant), egmir\ igma 

Cette règle n'est pas absolue. On trouve : 

ezzi, griller du grain, izzi, 
emù, naître, imi. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 65 

elsouy oublier, itsou. 
ezzoUy planter, izzou. 



LA NÉGATION 

En Chenoua, elle est ou ch et ou & chez les Béni 

Salah. Ou se place avant le verbe, ch ou k après. 

Chenoua : ou hououireâ^ eeh, tu n*as pas marché. 

ou tsinziz eehy ne chante pas. 
Béni Salah : ou ter ek^ n'ouvre pas. 

ou zenouzikh (r* + k=z kh), je ne vendrai pas. 

ou d ioufi kf il n'a pas trouvé. 

Les remarques faites dans les divers dialectes sur l'in- 
fluence de la négation, s'appliquent également ici. 

Manière de traduire : ne pas encore. 

Chez les Beni-Salah on se sert de l'expression invariable 
ma ad<£ qui exerce sur le verbe la même influence que ou,..k, 

ma add* thouidhedh d'eg oukhkkam, tu n'es pas encore arrivé 
à la maison. 

On emploie aussi le verbe ouch précédé de la négation 
our. Ce verbe varie : 

medden our ouchin kerezen^ les gens n'ont pas encore labouré. 
our iouch ma id immoulh, il n'est pas encore mort. 

Les Ichenouaien font usage du même verbe sous la forme 
thouchi, précédé de our et suivi de add\ Ce verbe se conjugue 
régulièrement, toutefois le préfixe s'introduit dans la né- 
gation l'entre Vou et IV. 

oUr tkouchir' add' ou d ioudher* ech, je ne suis pas encore 

arrivé. 
ouher thouchid' aâd\,. tu n'es pas encore... 

5 



é6 LE DIALECTK BERBÈRE DU CHENOÛA 

ouier thotichi add\,. il n'est pas encore... 
ouher tkouchi adcT... elle — 

ouner thouchi aâd\,. nous ne sommes pas encore. 
ouher thouchim add\.. vous n'êtes pas encore... 
our thouchin aâd\,. ils ne sont pas encore... 
our thouchints aâd\.. elles — 

On peut dire aussi : 

our ouchir' ou d ousir* echy je ne suis pas encore venu. 
our ioucki oud iouzi ch, il n'est pas encore venu. 



Le D de retour. 

Il existe dans les deux dialectes. Il suit le pronom régime 
avant ou après le verbe. Il est souvent vocalisé en id, 

Gbenoua : Ami d ousan^ quand ils furent arrivés. 

NeUhintsin x fellasen id ikkin...^ moi qui pour vous, 

ai passé... 
hourou d zen ouarracheny elle mit au monde deux 
garçons. 
Béni Salah : ouch ii d, donne- moi. 

ou n id enrikhy je ne les ai pas tués. 

En Chenoua, il y a quelquefois contraction en t$ du h pré- 
fixe de la conjugaison avec le d de retour. Ex. : 

Manis i Uound'l d'où viens-tu? pour id^h,.. 

ak itsir\ elle te donnera, pour ak id hsir\ 

mani itsersa^ où elle tombera, pour mani id hersa. 



Place des prononois réglnoies^ 

Mêmes remarques que dans les autres dialectes : 

1^ Les pronoms suivent le verbe. — Les pronoms régimes 

directs de la 3® personne peuvent subir certaines modifica-^ 

tions. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU C&EMOtiA 61 

Cheaoua : ikkes t, il Penleva, pour ikkes th ou h, 

ijebets idy il le tira, pour ijebed' th id. 
hesir*as th idj elle le lui donna. 
houfa hen^ elle les trouva. 

Béni Salah : ioutha iaky il t'a frappé. 

inr'a iana, il nous a tués. 
zenzen tsents^ ils les ont vendues (pour thents). 
djikh thfje l'ai laissé. 

thesid'efetif tu le fis entrer (pour thesid^efedh th). 
irra i(u ith, il le lui rendit. 
err eu in, rends-les lui (pour err as ithen). 

î^ Les pronoms précèdent le verbe. 

Ghenoua : Ex. : ahen $ouer\ je les boirai. 

ar^en tsesly elle nous entendra. 

Ax ih id aouir\ je te l'apporterai. 

Matsa aouen d aouir*^ que vous apporterai-je? 

Le pronom de la 1'® pers. du sing. précédant le verbe est 
accompagné d'une particule d' : 

ou d'i thets ech^ ne me mange pas. 

odH ferned\ tu me chercheras des poux. 

mani id*i hennay où elle m'a dit. 

ouma (uTi iouthy mon frère me frappera. 

Une préposition employée avec un pronom peut aussi être 
attirée par la particule de Taoriste : a, ou la négation ou. 

aFBLLAs bouchen elh*aouaiech iir*zery les animaux 

sauvages grimperont sur lui. 
ou FBLLAs Vella eh, ne le regarde pas. 
ou fellaouen d Koufn ech aman*! il n^a pas plu sur 

vous? 
ou ZBK iouxi ch, (pour ou zegek), il n'aura pas éveil 

de toi. 
a R^BRBs aoudher\ j'arriverai chez lui. 
netch a r'brbs ouallir\ moi je retournerai chez lui^ 

Béni Salah : akem aoua^ je t'emmènerai (f.). 

mais aken outha^ avec quoi vous frapperaî-je? 



68 LE D1AL£GTE BERBÈRE DU GHENOUA 

ar^en ienr\ il nous tuera. 

asen ùenen tsoutchith, il leur fera cuire à manger. 

an enr*a, je les tuerai (pour athen). 

ounts id ouidh ek, tu ne les as pas apportées. 

ak ith naouif nous te l'apporterons. 

aken id irr^ il te les rendra (pour àk then). 



Formes dérivées du verbe * . 

Mêmes remarques que dans les autres dialectes. 

!■* f. Forme factitive. Ex. : 

sber^eriy noircir, de bery^en, inusité, être noir. 
sergay cautériser, de erga, allumer du feu. 
sifef, tamiser, de afefy être tamisé. 
sizegj faire bouillir, de azeg^ bouillir. 

11* f. Forme réciproque. Ex. : 

mesner\ s'entretuer, de ienr\ I^* f. de enr\ 

emesouiha^ combattre, de outhy frapper, combinaison de la 

!'• et de la 1X« f. 
nuer^ être vu, de zer^ voir. 
metch, être mangé, de elcht manger. 

Dans ces deux cas, le m donne au verbe un sens passif. 

111* f. Forme passive. Ex. : 

tsouabbaj être porté, de abba^ porter. 
tsouakhes, être aimé, de ekhs, aimer. 
tsouamVely être enterré, de emCel^ enterrer. 



1. Les exemples sont choisis dans le dialecte du Gbenoua. Oq retrouTe les 
mêmes formes cbez les Beiii-Saiah, cepeadant la V« f. est caractérisée par an 
t, Ex. : Urr^ rendre, de err. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 69 

IV» f. Forme d*habîtade. Ex. : 

(sinzt'z, chaDter, de inziz^ 

tsagél, pendre, de ageL 
V« f. : theffety cacher, de effet. 
VI« f. : regga, de erga^ allumer. 

zedder\ de exd'er\ habiter. 
V1I« f. : sehzag^ de sebzeg^ mouiller, 1"* f. 

gaVj de eger^ faire, mettre. 
V1I1<' f. : founzour, de founzer, saigner du nez. 

tsmour'oud^y de mour'ed^^ se traîner. 
IK* f. : setcha^ de setch^ l^ f., faire manger, nourrir. 

tsebedday de bedd^ 1V<^ f., se tenir debout. 
X<^ f. : mounsou^ souper, de eruy passer la nuit. 



De la traduction de quelques temps français. 

1® Présent de l'indicatif. — On conjugue le verbe em- 
ployé à la forme d'habitude précédé du verbe ili, « être » ou 
du terme akHa qui se décline avec les pronoms régimes. 



Ghenona. 


Benl Balah. 


akUaiy me voici, je suis. 


ak'lii. 


ak*lax, *'® voici, tu es. 


ak'lak. 


akHam^ te voici, tu es (f.), 


aklam. 


hatk^ le voici, 


ak'ath. 


hat$^ la voici, 


ak*ats. 


ak*làner\ nous voici. 


ak'/ana. 


ak'laoueriy vous voici (m.), 


ak'laouen. 


akUaouentSy vous voici (f.). 


ak'laouents. 


akUahen, les voici (m.), 


ak'an. 


ak'lahents, les voici (f.), 


ak'ants. 



On trouve encore : 

achaien, le voilà, tu es (m.). 
achemaieriy te voilà, tu es (f.). 



10 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 



ax^stnaien, vous voilà (m.)* 

ax'smUaieny vous voilà (L). 

hahetiy les voilà (m.). 

hahentSy les voilà (f.). 

aKlai tsetser\ je mauge ou ellir' t$etser\ 

2p Imparfait. — Il se rend à 1 aide du prétérit de la forme 
d'habitude que ron fait précéder du terme tsour' ou oura, 
qui se décline. 



tsour'aif j'étais. 
tsour*ichf tu étais. 
tsour^ichem^ tu étais. 
tsour'ithy il était. 
Uour*itSy elle était. 
tsour'aner% nous étions. 
tsourHxem, vous étiez. 
tsour^yemtSf vous étiez. 
tsour'ithen, ils étaient. 
tsouriihentSy elles étaient. 



oura tt. 

our*à iak, 

our*a iam, 

our'ath. 

thour*ats. 

our^aiana, 

our'aiaouen. 

thour*ai€u>uents, 

our'athen, 

thour*athents. 



Ex. ; tsour'ai tsetser, je mangeais. 



CHAPITRE V 



Des Pax^oules 



1» PRÉPOSITIONS 

i : à (datif). 

Gh. : louin ts id i oujelHd^^ on l'apporta au roi. 
B. S. : ouch i tnedden asoun^ donne à boire aux gens. 

En Chenoua, cette préposition a encore le sens de « et ». 

Ex.: 

Imani hella halal Et où se trouve la source? 

/ cfcA? Et toi ? 

n : particule du génitif exprimant la possession (voir rap- 
port d'annexion). Elle s'emploie encore après les noms de 
nombres, même à partir de un. 

Gb. : icht en tsv^elts, une fois. 

senath n tsebbathy deux grains. 

et aussi après quelques expressions comme : 
jar n etskkoubaiy entre les jarres. 

d'eg : dans — s'emploie devant les noms ou les pronoms. 

Ch. : 1 fêter' aman d'eg hejra^ il versa de Teau dans une as- 
siette. 



72 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

d'eg forme avec le mot idh une expression composée de- 
gidh qui signifie nuit (cf. Mzab dedjidh). On dit d^i d'egidh, 
dans la nuit. 

B. S. : d'eg oussan ati, en ces jours-là. 

açnd ik'choud'hen d*eg thèmes^ mets du bois dans le feu. 

d'i : dans; ne s'emploie pas avec les pronoms. 

Ch. : ahenesouer* d'i e/c^m^^, je les boirai d'une seule gorgée. 

atsenad*el d*i Ai/i, nous la mettrons à l'ombre. 
B. S. : ad^adefen dH LBlida, ils entreront à Blida. 

g, eg : dans. 

Gh. : sersents achefai eg oukhkham^ elles déposèrent le lait 
dans la maison. 

Le son ou qui précède le nom placé sous Tinfluence de la 
préposition se reporte souvent dans la préposition même. 

oug chefax ennt, dans ce lait. 
oug zil, au soleil. 
oug jennay dans le ciel. 
iihet9 oug ah'chouch, il mange dans la poche. 
B. S. : afroukh itserrah* g oujenna, l'oiseau vole dans le ciel. 

i : dans. — De même que eg dérive de d'eg par la chute 
du rf', on a la préposition i dérivée de d'i. 

Gh. : itsellem i hezra\ il tressait (dans) une corde. 
itsidjai i echcher, il me laisse dans la misère. 

seg : de; marque la provenance, l'origine. 

Gh. : effer' seg sarou, sors de la cour. 

iksas hazra seg dharen ennes^ il lui ôta la corde de ses 

pieds. 
ad*aouir arrach soug edhran iimmoiy j'emporterai l'en- 
fant du giron de sa mère. 

zeg : même sens, ne s'emploie qu'avec les prépositions. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 18 

Gh. : ougetTer' zekf y Sii peur de toi (pour zegek)y 

henni ig ellan jar n tsckoukkar tircTen khir zegi^ khir 
zegem^ celle qai est eotre les sacs de blé est meilleare 
que moi, et que toi. 

si : môme sens; n'est usité que devant les noms. 

nefch si Bazar^ je suis de Tipasa. 
œ^ strier* si ezzouail ennidheny je te donnerai (une béte) 
parmi les autres. 

d*eg. — Les Beni-Salah emploient cette préposition au 
lieu de seg, pour indiquer la provenance. 

otuikh d d'eg LBlid'ay j'arrive de Blida. 
netch d'eg LBliSa^ je suis de Blida. 

a : avec (au moyen de). 

Gh. : sak'an et* f dam s ouchefai, ils arrosèrent le couscous avec 

du lait. 
B. S. : nemioueth s ikhod*mient nous nous sommes frappés avec 

des poignards. 

r'ef. — Cette préposition n'est pas employée dans les deux 
dialectes. 

/: sur. 

Ch. : elsroun f ounil iimmasten^ ils plçurent sur la tombe de 

leur mère. 
essouen ettdam ouf ouksoum, ils étendirent le couscous 

sur la viande. 
B. S. : sers thachkarth f imerzi inoUf mets le sac sur mon dos. 

fell : sur; s'emploie avec les pronoms régimes indirects : 
felii, feliax, etc. 

Ch. : eni d felliy monte sur moi. 

B. S. : roh* sa felliy éloigne- toi de moi. 

r^er : vers; s'emploie devant les noms. Avec les pronoms, 
elle traduit notre verbe avoir. 



74 LK DIALECTE BERBÈRE DU GttENOUA 

Gh. : ak'li gourer* r'er Rebbij je vais vers Dieu. 

r^emer* icht en tser*ioultSy nous avons une Ànesse. 
B. S. : aroh'er' r^er oukhkham^ j'irai à la maison. 

r'eri stn û^ar, j'ai deux bœufs. 

6. S. : aroh'en fel tr'abth^ ils iront à la forêt. 

r': 

Ch. : iroh* r'aujellitT, il alla vers le roi. 

rohen r'ounil iimmasteny ils allèrent au tombeau de leur 
mère. 

aked\ avec (en compagnie de), devant les noms. 

Ch. : ettouakir^ aked* iit'an^ je couche avec les chiens. 
hah'azaouth aketsfouith^ la femme et le soleil. 

Le (f s'élide, akeu' devient a& (rare). 

Ex. : hak* zaouth ak sen irbiben^ la femme et les deux enfants. 
B. S. : aihd'er aked' ourgaz, il parlera avec Thomme. 
airoh* aketsemeVVouthy il ira avec la femme. 

Sikid* : avec, devant les pronoms. 

Ch. : iidh ennadh tsour^ai akid^es^ hier, j'étais avec lai. 

Le d' s'élide quelquefois : akisen, avec eux. 
B. S. : iousa d akid* ennat il est venu avec nous. 

d' : avec. 

Ch. : tsr*iman netsan d'immcu, ils restent lui et sa mère. 
B. S. : Ikhallath (f irgazen^ les femmes et les hommes. 

Dans ce dialecte, on trouve aussi : éd. 

senath soudia ed ouzgen, deux heures et demie. 

Jar : entre. 

Ch. : jaraner\ entre nous. 

hegi ts jar n etskhoubai^ elle la mit entre les cruches. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 75 

gSLT : entre. 

6. S. : r*erna ihala gar ikhkhamen^ nous avoDS uoe foDtaioe au 
Tillage (entre les maisons). 

zsith : devant. 

Ch. : ouour zathi, marche devant moi. 

zad^ : iggour zacPi, zad'ek, zad'enna... 

B. S. : il marche devant moi, devant toi, devant nous, etc. 

aour : derrière. — Se décline avec les pronoms réguliers 
indirects. 

Ch. : aourai, aourax, aoiiram, aouraSy aouraihner^, aou- 
raihouen, aouraihsen. 

tîr^ derrière, s'emploie avec les pronoms des prépositions. 

B. S. : eddou firsen, marche derrière eux. 

aaoaen : au-dessus; se construit avec la préposition t. 

Ch. : exrin ts saouen % ousefsaf^ ils la virent sur un peuplier. 
eVk'imen saouen i hala, ils restèrent au-dessus de la 
fontaine. 

On trouve aussi Texpression sousûouen qui se construit 
avec les pronoms affiixes des noms : 

sousaouen nneY^^ au-dessus de toi, 

sousaouen inouy — de moi. 

sousaouen nsen, etc., — d'eux, etc. 

ennlg : au-dessus, en haut. 

B. S. : ennig i, ennig ek^ ennig ua, etc. 

ikhkhamen elian ennig ir'zer, les maisons sont au-dessus 
de la rivière. 

Dans ce dialecte, on emploie aussi afella, au-dessus. 
atsalidh r'er oufella^ tu monteras au-dessus. 



il, yà.u/m ha.i.Q'± ic cm^-^Zk 



Jiini^ i^cfdum yihv^m ^tt»es, i] est u»a;ii»e 5c>bs sa fÂeds. 



edd^m : «JCMk^rVL'Of. d^rraot leç noms H aussi ^ddai^ 

h. h. : Av^ Wk pr-rry-^îtîon« : 

^nn/M/z^âi, ^:^Ld/i'j^i/jk^ exaa'jaim, rddoona^ eâàaoyib^èa. ed- 

i" CONJONCTIONS 

Cil, : Me/rm, qoaod? 

«i^iiMt4 ketr'ui' kiUaiouxn akhJ Quand as-to acheté ces 

ami tu/uodh^ quand il foi arrÎTé... 

ami k'ad/iuantê ouzaug^ qaaod elles enreot fiai de traire. 

r^ahi^i et r^a%uiL 

r^aua fxiuu /uimeddith, qaand le soir arriTera. 
r^a$$al afiezremj quand vous verrez. 
r^oMiol aiijiouen, quand il sera rassasié. 

oênr'a d ar^en^ lorsqu'il pleuvra. 

r'ir am inir^^ quand je te dirai. 

rir aillaz ainij quand il aura faim, il dira... 

B. S, : mi quand (passé). 

rouelen mi zran tsen^ ils s'enfuirent quand ils les virent. 

rafm : 

r*ais a igamer^ quand il sera grand. 
iroumien r'ass id ot^an..., quand les Français sont ve- 
nus. 
r*nMs asCoki? ennoueth, quand il pleut. 



LE DIALECTE BERBÈRE DD GHENOUA 1t 

mala : 

ath outha mala zrikh th, je le tuerai qaand je le verrai. 

Jusqu'à ce que : lami. 

Ch. : itcha lami ig djiouen^ il mangea jusqu'à ce qu'il fut ras- 
sasié. 

B. S. : à'alsa. 

Depuis : si melmi. 

si melmi hellid' d'at Depuis quand es-tu ici? 
seg ouasi enni^ depuis. 

B. S. : gou asmi. 

gouasmi immouth babak^ depuis que ion père est mort. 
ansouoLs. 

ansouas ihellidh d'ai'f Depuis quand es-tu ici? 
ansi eiouokU thellidh d'ail Depuis quand es-tu ici? 

Si, ma. 

Ch. : k'abel ma tsar' en, regarde s'il pleut. 
kagella : 

kagella ahroh'ed^ r'er lk*aid\.,, si tu vas chez le caïd. 
loukan : 

loukan hetchim eCfàam, loukan emmouthen^ si vous aviez 
mangé du couscous, vous seriez mort. 

oiiilla : 

ouilla hellid^ hâized' felliy si tu m'aimes. 

B. S. : mala, 

mala ou thoudhik ennoueth, ir'ezran ad*ilin nechefen^ s'il 
ne pleut pas, les rivières seront à sec. 

Ou : anner' et ner'. 

Ch. ; ay^ sir*er' si ezzouaiel ennidken anner^ ar^ sir*er* id^nmen^ 
je te donnerai une autre bête ou de Targent. 

B. S. : enna. 

atsekhesedh enna illal Yeux-tu ou non? 



18 



LE DtALECtE BERBÈRE DU GfiKNOOA 



Ne... que, si ce n'est que : 
Ch. r'erka, 

hezdha r*erka senùth n tsebbath^ elle n'écrasa que deux 
grains. 

Parce que, puisque, de ce que. 
B. S. : 51. 

Isaoud'en, Jzerdjounts ak'an fereh^en si iouagouen ensen 
roh'en r'er ouchkir d'eg tr'ablh, les gens de Saoud| et 
de TazerdjouQts sont heureux parce que leurs bœufs 
broutent dans la forêt. 

Voilà que. 

Ch. : AL aouin aksoumy voilà qu'ils auront de la viande. 



30 ADVERBES 



a) Adverbes de n^ation et d'affirmation. 

l'A, oui. ekhsa^ oui. 

ou, . , cfij ne pas. i//a, non. 

oualoUf rien. ou. ... . k. 

lala, non. 
oulach I^Uy nullement. 



b) Adverbes de temps. 



caMnona 



imir^ maintenant, 
tmtrà, — 
laouen enni^ autrefois. 
oussan tn, — 

zix. — 

(usa, aujourd'hui. 
ad*etcha, demain. 
ad'etchaouiSj le lendemain. 
ad^etchanesy — 

ass Hdheriy après^demain. 



Salali. 



aok'a, maintenant. 

laba, — 

imirUy tout à l'heure (passé). 

imira iousa d, il est venu tout à 

l'heure. 
almira, tout à l'heure (futur). 
almira ad ias, il viendra tout à 

l'heure. 
ziky autrefois. 
idhy nuit, pi. adhan^ 



lis DIALECTE BERBÈRE DU GHENOtlA 79 

idh ennadh^ hier. idh eiliy hier. 

idh Hdhen^ ayaat-hier. seld idheUij ayant-hier. 

idhy ouit. azekka^ demain. 

d'i d^egidhj nuitamment. zel azekka, après-demain. 

azeggouasy an. assa^ aujourd'hui. 

€ueggùuas ennadhf Tan passé. esserieth^ le matin et aussi za- 

aseggottas id ittasenf Tan pro- zekka, 

chain. CLsouggas^ année. 

aked^ eççebah\ au matin. 
aked^ tsemedHth, au soir. 
kaull assj chaque jour. 
illinij tout à l'heure (passé). 
k'iil amma tout à l'heure (futur). 

c) Adyeribes de lieu. 

Chenoua : d'à, daiek, ici . 

aoura, ici. ArouaK aoura] Viens ici. 

rf'm, là. 

or'tr, là-bas, r'acPi et r^ad'ik. 

k^abel arHr matsa ig ellan I regarde là-bas ce qu'il y a. 

sia, d'ici; sia sougrir, d'ici en arrière. 
sien, de là, après, ensuite. 

mn, icht en tnxelts...^ ensuite, une autre fois... 

mani, où (sans mouvement). 

mani tsour'ithl Où était-il? 
mont r*en tsour'l Oix étions-nous? 
mani kents etsour*t Où étaient-elles? 

manis, d'où. 

manis chekl D*où es-tu? 
manis i isotisid"! D'où viens- tu? 

B. Salah : d^a, (faii, ici. 

sers itk d*ai%, pose-le ici. 
ad* ekHma d^a^ je resterai ici. 



80 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

aoura, ici. *' 

arouah' aoura. Tiens ici* 
sa, saii, d'ici. 

eroiiel sait, sauTe-toi d*ici. 

ahanaien, là-bas. 

Wer ouhanaien^ là-bas (vers). 
anda, où. 

andak thour^at Où es-tu? 
aniday où. 

am'd'a ken tsour'al Où êtes- vous? 

awMt, d'où. 

anisi tkousamt D'où venez^yous? 

manis, d'où. 

manu thousamt D'où venez-vous? 

amr'er, où (mouvement). 

anïVer ara Ueroh'edht Où vas- tu? 



d) Adverbes de quantité, de 

Chenoua : aita, beaucoup, et d'akhlal. 

himesi ik*oua aita, le feu est très fort. 

d'rous, peu. 
k'iit, A^did, peu. 

souir^ k'did ouour\ j'ai bu uq peu de lait. 

assez, dans les expressions j'en ai assez, tu en as assez, etc.; 
se traduit de la façon suivante : 
hath ig inou, j'en ai assez. 
halh ig ennes^ tu en as assez. 
hath ig ennoueyi, vous en avez assez. 
hath ig ensen, ils en ont assez, etc. 
bh'al, comme; bk^ai netsan, comme lui. 
amma, comme ceci. 
ammen, comme cela. 
mar'ef, pourquoi. 

mar*ef houthid' ail Pourquoi m'as-lu frappé? 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOtA dl 



• • 



mtmt, pourquoi. 

mimi id*i ûtr* ouaf Pourquoi m'a-t-il donné ceci? 

mamex, comment. 

mamex agrer' aked* ouchchen akhl Comment ferai-je 

avec ce chacal? 
houfa U mamex ^ ^^^j^^ ^l^^ le trouva comme elle Tavait 

laissé. 

souaK d aouah'd doucement. 
s our'iL de force. 
B. Salah : bezzef, beaucoup. 
A'/tV, peu. 
chouid, peu. 
amma, comme ceci. 
ammen, comme cela. 
mamek, comment. 

mamek iila oubrid* itsaouin sa r*el LBlidat Comment 
est le chemin qui mène d'ici à Blida. 

ma? Pourquoi. 

ma thekHmedh cfa? Pourquoi restes-tu ici? 

marier, pourquoi. 

marier ak*lak ikeiroudhl Pourquoi, pleures-tu? 



TEXTES 



fCaren midden : Ounni aih'adjen doug ass, ade/fer'en 
arraou emies diferd'asen. On dit : qui conte le jour ses en- 
fants deviendront chauves. 

TsKadjen l'ir deg idh : On ne conte que la nuit. 



I 
SEN OUAOUMATHEN AKED' REBBI' 

Sen ouaoumathen kheddemen. Âk*erd'al enni itsaoui 
azgen, amekdoud itsaoui i rebftats. Ictit en tsikelts, in as i 
oumas. « Mar ef che^ atsaouid' azgen, netcti tsaouir' i 
rebâats? » Âk'erd'al innas : « netch d'a&Uek, adaouir' azgen, 
chex ahouid' i rebâats ». 

Ennour'en; amekdoud enni iroti' r'er Rebbi. Ilk'a idj ouah'- 
zaou, innas : a Mani hellid' hegoured'? » Arrach enni innas : 
« Ak'li gourer^ r'er Rebbi. » Ah'zaou enni innas : « Rebbi 
hath ibftdh. » Arrach enni inn as : « Ar'eres aoudher\ » Iroh' 
iggour lami iiouodh idj ouonm^an. Rebbi izri th. louzen idj 
ouah^zaou innas : « Roh', k'abel arrach in, matsa ig er's. » 
loused ouah^zaou enni, innas i ouarrach enni : « Mani hellid' 
heggoured'? » Arrach enni innas : « Ak'li gourer^ r^er 
Rebbi. » Ah'zaou enni innas : « Rebbi hath ibftdh. » Innas 
arrach enni : « Netch artères aoudher'. » Innas : ^ Matsa i 

1. Raeonté par Boad]ouher Amar ben Djooher de Tipaza, 13 ans. 



I 



84 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

hekhsed'? » Innas arrach enni : « Netch kheddemer' aked'- 
ommeL, itsidjai i echcher; netch tsaouir' i rebâats, netsan 
azgen ». 

Iroh' ouah'zaoa enni innas i Rebbi : matsa is inna arrach 
enni. Innas Rebbi : « Roh', aoui as eldjefneth aiek, r'ir aillaz 
aini : « Bismiliab » ; atsechchar s ettâam, aked'oaksoum. 
Iroh' ioui as its ouah'zaou enni. Innas : « Akh eldjefneth a, 
iouzen axitsid Rebbi. R'ir ahallazed' àiedh : Bismiilah a^ 
tsechchar s ettâam aked' ouksoum. » 

loused ouarrach enni lami id iiouodh d'eg idh illouz innas 
i eldjefneth enni : a Bismiilah oukebar ! » Hftmer s ettâam 
aked' ouksoum. Itcha lami ig djiouen ; ouni ig zaid'en, ik'is 
g icht en tsegellouts. Iroh', iggour lami g iouodhr'er oumas. 
Ek'k'imen d'in. Itch en tsikelts, iâd'el oumas etsrid', innas : 
« Erdhel ai eldjefneth enni aàd'eler' etsrid'. » Isir'as ts id 
ouarrach enni, lami d'ad'etchaouis innas arrach enni : 
« Sir'aî eldjefneth. » Igoumma. 

Iroh' ad'etchaouis iiouodh r'er Rebbi innas : « Ouma iàd'el 
etsrid', igoumma aid isir' eldjefneth. » Innas Rebbi : a Akh! 
roh', aoui hak'zoults a. R'ir ahououdhed' d'in, in as i kV 
zoults : khed'em iman em. )> 

Iroh, ouarrach enni lami ig ouodh d'in, innas i k'azoults : 
« Khed'em imam em. » Het'ah' akid'es, hetcha d'egs. Ah'zaou 
enni ik'ar as : « Netch ou d iouir' ech eldjefneth. » Henr'ith 
k'azoults enni. Iroh' ouarrach enni, ioui eldjefneth ennes, 
tsr'iman netsan d'immas. 



II 



OUCHCHEN AKED' OUAH'ZAOU 

Idj ououchchen iroh' iggour lami g oufa idj ouah'zaou 
itsellem i hezra. Innas ouchchen i ouarrach enni : « Matsa 
hellid' hegared'. » Arrach enni innas : « Tsellemer' d'i hezra». 
Innas ouchchen : « Ad'el aï hirkasin. » Arrach enni itskhiedh 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHBNOUA 85 

as idharen nés. Lami ik'adha innas : a Roh', ftd'el idharen 
enne^ r'er fouith ». 

Iroh' ouchchen iâd'el iman es r'er fouith lami ek'k'oren 
idharen ou idjim ech aiouour. 

Ikk ed sin idj ououmchich ; innas ouchchen : « Sellek ai 
ou ch etstsr'ech. » Iks as oumchich . hazra seg dharennes. 
Iroh' ouchchen iouaila r'er ouah'zaou itch as elkoui ir'etYen. 



III 
HAH'AZAOUTH AKETSFOUITH 

Icht en tsah'azaouth r'eres icht en tsarracht ou ts k'as ech. 
Hegi ts jar n etskhoubai. Hioui errouman d' our'i. achefaî. 
Hek'k'ar i fouith : « Matsoua khir d'erroumman ner' d'ar'i 
achefaî? )) Fouith hennas : « Henni ig ellan jar n etskhoubaï, 
henni khir zegi, khir zegem, khir i ounni itsiouid'. Hroh' 
akhkham hioui as id harracht enni jar n etchoukkar iird'en. 
Hioui as ar'i asemmam aked' etsefah'. Hek'k'ar i fouith : 
<( Matsoua khir etsefah' aiek ner' ar'i aiek asemmam? » Fouith 
hennas : a Henni ig ellan jar n tchoukkar iirden khir zegi, 
khir zegem, khir i ounni i tsiouid'. » 

Hroh', hegi ts jar n tchoukkar n elfehem. Hioui as d atchil 
aked' elkhoukh. Hennas i fouith : «< Matsoua khir ar'i atchil 
aiek ner' elkhoukh a? » Hennas fouith : « Henni ig ellan jar 
n tchoukkar n elfehem khir zegi, khir zegem, khir i ounni i 
tsiouid'. » Hroh', henr'i ts. 

IV 
IFKER AK6TSFJR0UTS 

lour'ats, iroh' ifker iggour, ioufa sebâa hebbath iird'en. 
lioui hen d akhkham ennes. Innas i hemet't'outh ennes : 
(( Ad'el aner' ar'ioun. )) Hezadh d'egsen hajrouts. Housed 



86 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOCIA 

haiazits. Hetchas khamsa n tsebbath iird'en. Hezdha r'erka 
senath n tsebbath. loused ifker, itcha ar'ioun lami g id- 
jiouen. Innas i hemet't'oath ennes : a H'amdoullah lami 
djiouner' sebfta n tsebbath iird'en. » Hajrouts hennas : « Ba- 
chi khamsa n tsebbath, hetchi hen haiazits. » louth its ifker. 
Hakhik' hajrouts, hroh' hek'azgidj oukhebouD. Houd'ef d'in. 
Ifker inned' hakfalts f ikhf ennes. Ik'im f zoubith. 

loased iazidh innas : « Matsa iour'an baba ifker ik'im f 
zoubith, inned' hakfalts. » Innas : « Imma hajrouts hekhi- 
k'aï. » Innas : « Netchintsin a-/ itsid erren. » Iroh' ouaizidh 
ist'obt'ob d'i houourth n tsejrouts. Hennas : « Manaî oua id 
ish'oufen lar'bar d'i hek'ebboucht ? » Innas : « Netchintsin 
d' iazidh, essener' koull louak'th. » Hennas hajrouts : « Roh', 
mani ahelegedhed' ibâach. » Iroh' ouaizidh. loused elftkab, 
innas : « Matsa iour'an baba ifker ik'im f zoubith, ienned' 
hakfalts. » Innas : « Hajrouts hekhik'aî. » Innas : « Netch 
ax its id igelleben. » Iroh' làkab ist'obt'ob d'i houourth n 
tsejrouts. Hennas : « Manaï oua ish'oufen ler'bar d'i Imark'a. » 
Innas : a Netch d'el&kab, loukan ou tsagged'er' ech si denoui 
Rebbi ad aouir' arrach alek'k'ar soug edhran iimmas. » Henn 
as : « Roh' mani ahh'oused' iazidhen. » loused oufir'er. Inn 
as : « Matsa iour'an baba fekroun, ik'im f zoubith, inned' 
hakefalts. » Innas hajrouts : « Hroh'aï. » Innas oufir'er : 
tf Netchintsin a/ its id igelleben. » Iroh', ist'obt'ob d'i houourth 
n tsejrouts. Hennas : <x Manioua ish'oufen ler'bar d'i Imark'a 
inou? » Innas : « Netch d' fir'er, annder' bh'al alboul. » Henn 
as hajrouts : « Ërdja, amechdher' ikhf inou, ad aser' aked' 
sidi. » Hajrouts hek'az, herni r'ad'ik. Iroh' r'eres oufir'er, 
ioufa ts hek'az, itchi ts. 



OUCKCHEN AKED^REGGOUAN 

Idj ououchchen iggour ioufa hiberra n tser'et't'en, itslaiam 
d'egsents. lad'el etsebih'. Iroh', iggour ioufa idj ouour'ioul. 
lioui th akid'es. Ioufa idj ouiazidh. Irni iggour ioufa idj ou- 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 87 

iir'er. Irni iggoar ioafa idj oamchich. Iroh' lami id ouf an 
ikhkhamen ireggouan. Ek'k'imin d'in lami d ousan ireg- 
gouan. Ennan asen : « Ak'laner' nizar aouen d akhkham » 
Ennan asen ireggouan : « Laou sahala. » 

Ek'k'imen lami d'eg idh, ibechch oachchen saonen i hft- 
richt. Ouallan iazidhen shououien. Ar'ioul ishouroui; icht 
en tsekhsaith hekhebbedb iman es r'er Ih'aiedh. Roaelen 
fellasen ireggouan. 

Lami icht en tsikelts inn asen idj ouourgou : « Manaîa 
airoh'.en aik'abel ouchchen? >* Icht en tseiazits hroh' atsek'a- 
bal, houfa hen d'in. Houallad ; hennas i ourgou : « Hahen 
d'in. » 

Ousan d ireggouan. Ennan as i ouchchen : « Âoui akhkham, 
edj'aner' hamourth. » Roh'en ireggouan, oufan akhkham 
iouin ts f edheher n tsilefth. loualla oumchich itskoucheh. 
Hennas hilefth : « Eni d felli. » lâa fellas oumchich, iad'el 
idj .ougarou, ichàal akhkham enni. Hetcha himesi hilefth 
aked' oukhkham enni. 

VI» 

LAK'ÇAIETH F OURGAZ AKHOUAN AKED' ELK'AID' 

AKED' ELLEFÂETK 

Idj ouourgaz ennan as midden : « Kagella ahroh'ed' r'er 
elk'aid' oua elflani ahakered' hagmarth ennes ouzek iou^i ch 
elk'aîd' a^ensir' mia douro. )> 

Iroh' ouah'zaou enni bach aiaker hagmarth n elk'aîd'. 
Ami iiouodh r'er akhkham n elk'aïd' aked' elmor'reb ioud'ef 
akham ou h zrin ech. Idheles ami iouodhents hifounasin 
akhkham; effer'ents hised'nan azeggents hifounasin. Ami 
k'adhants ouzoug n etsfounasin, iouints achefai akhkham. 
Sersents achefai eg oukhkham, effer'ents. Ik'im oukhouan 
enni itsk'abal oug ckefai enni. Ami izra ichten n ellefàeth 

1. Raconté par Sidi Moussa beo Makhioaf, caïd de Tipasa. 



88 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

housed r'er ouchefai enni, hesouith. Herrith seg ouâddis 
ennes d'i Imâoun enni. Âmi d ousan imaoulan oukhkham 
aked' elk'aïd', sak'an ettâain s ouchefai enni. Ami d ousan 
atchen ettâam ikker ourgaz enni id iousan aikhouan ha^- 
marth, innasen : « Ou tsetseth ech. » Innas elk'aid' : a Manis 
chek? )) Innas : « Âk'li k'ar'er' ay, ; aoui d idj ouid'i, sir'as 
ettâam aietch ahk'k' eled'. d 

lioui d elk'aïd' aïd'i, isir'as ettâam, immouth. Innas : 
« K'abel, loukan hetchim ettâam, loukan emmouthem 
elkoul. » Innas elk'aïd' : « Matsa n eddaoueth ennes n ettâam 
ai? » Innas : « Achetai enni hsouith ellefâeth, herrith d'eg 
elmâoun enni seg ouâddis ennes. » Innas : elk'aid' : « Netch, 
nemkhat'ar' aked' chra midden. Ennan aï : « Kagella hou- 
kered' hagmarth n elk'aid' aynsir' mia douro. Ami d ousir', 
oud'fer' akhkham, dhelser' bach ay akerer' hagmarth. Ami 
zrir' hised'nan iouints id achefai, sersents oug oukhkham, 
zrir' icht en ellefâeth housed, ehsoua ar'i enni, herrid d'eg 
elmâoun seg ouâddis ennes. Ami sak'an ettâam s ouchefai 
enni housam d ahmounsoum, ou khser' ech akem edjer' ah- 
tchem ettâam ahemmethem. » Innas elk'aïd' : « In aï matsa 
hkhesed' axsir'er' hselleked' aner' ou nemmouth ech. » 
Innas : « Sir'aï hagmarth mir'er id ousir' atsakerer'. x> Innas 
elk'aïd' : « Ukhesed' ay sir'er' si ezzouaiel ennidhen anner' 
ax sir'er' id'rimen. » 

Innas ; « Ou k'ebelr'ech ; sir'aï r4r hagmarth enni barka I 
âlakhat'er nemkhat'ar' fell as. » 

Isir' as liagmarth enni, iroh'. 



VII 
OUCHCHEN AKETSEGENINTS 

Idj ouass, ouchchen inn asi hegenints : n Roh' ahkerezed', 
netchintsin amejerer'. » 
Hroh' netsath ahkerez. Netsan innas : « Roh' ahmejered'. ï> 



LB DIALECTE BERBÈRE DU GHBNOUA 89 

Sien innas : « Roh' ahserouethed' . » Sien innas : « Ouallah 
ahçafQd'. » 

Sien icht en tsikelts, hroh' houfa idj mouddeber hennas : 
« Mamex agrer' aked' ouchchen akh? » Innas : « Roh', 
aouid idj ouid'i, eger ith zd'akhel iird'en. » Heroh', hioui d 
haid'ith enni. Igr ils zd'akhel iird'en. Netsa ions ed aiçaffa 
ird'en ; idja hit'ennes aht'ella d, netsan içafla. Haid'ith enni 
ahroh' atsazzel aouras. Ik'k'ar ouchchen i hegenints : <x Age- 
bedh fellaî elhem ennem, ird'en ennem, agebedh fellaï elhem 
ennem, elh'ebb ennem. » 

Hagenints hioui hen ird'en ennes, loum ennes. 



VIII 
HAH ZAOUTH AKED* OURGOU 

Icht en tsah'zaouth r'eres itchen tsarracht. Hennas : 
« Ouilla hellid' hâized' felli, mani ik'iser' r'atcha iek, roh\ 
aoui th id. » Heroh' harracht enni, oufa th t'erf ikhkhamen 
irouggouan. Hek'abel, hezra sebâa eldjefoun n ettâam, sebfta 
k'oulach ouaman sebâa letraf ououksoum. Hâredh zegsen 
harracht enni. Hekhemel iman es zd'akhel ikhabis. 

Ârrach enni memmis ouourgou ikker, ioufa âredhen si 
sebâa iek eledjfoun. 

Innas : a A ouaiek ig ârdhen si sebaa iek eledjfoun, r'ir 
adias baba aietch, r'assal aidjiouen aiâd'el abebbouch siaiek, 
abebbouch siaiek. Abebbouch enni ig ek'k'enen elh'enni, 
ekheh'eld fellas, et't'edh ! ^) 

Het't'ets harracht enni. Argou innas : « Loukan ou d'i 
het't'idh ech abebbouch n Ali aked'Moussa, ir'san ennem 
ated'erk'en vh'alerrâd' oug jenna; id'ammen ennem ahen 
esouer' d'i jou/ints, aksoum ennem d'i ele/imts. d 

Argou enni iour'a ts. Argou enni aked' memmis tsrouh'an^ 
h'aousen. 

Icbt en tsikelts ioused babas n tsarracht enni aitser. Icht 



90 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

en tsemchicht haoualla htsemâiou. Harracht hak'abel, hezra 
babas ioused aitser. Hennas harracht eoni : « Egemedh! 
Matsa housid' ed hftd'eled'? » Ah'zaou enni, innas : « A 
iell! d'Rebbi id Usomereo, ousir'd atsrer'. )» lUis enni 
heser'as senath en tsemezlag itchouren s ellouiz, d'ak'aroui 
n ellouiz, hennas : « A baba ! roh' I r'ir ad asen irouggouan 
ach gebedhen d' aiek, ach etchen. » Iroh' ah'zaou enni lami 
ig iouodh akhkham ennes. Hennas hamet't'outh ennes : 
« Manaia r/ ed isir'en elkhir? » Innas : « Etserer' thid. D'iel- 
lim id'i isir'en. » 

Hamet' t'outh ennes housed ahroh' r'er iellis. Hsellem fel- 
las iemmas. Hennas : « A ielll ouilla houâcheh' d'ai esrih' i 
khathemts a. x> Harracht enni hesir'as ak'aroui n ellouiz. 
Hennas : (( A iemm ! Roh' ! r'ir ad asen irouggouan achem 
gebedhen d'aiek, achem etchen. » Hesir'as iemmas ichten 
tskhathemts, hroh\ 

Icht en tsikelts, harracht enni houalla heferredh g oukh- 
kham. Hiouid khathemts enni, hesrih' d'egs, hh'ouf. Ousan 
d irouggouan, oufan ts d'in, heçrâ. Arrach enni memmis 
ouourgou innas : (( A baba! atsenâd'el oug zil, ahh'rek'; 
atsenâd'el d'i hili ahsemmedh. » 

Argou enni aked' memmis iouin ts g idj ousefsaf. Argon 
îgi ts d'i çendouk' ouourer', iedj ils d'in. 

lous ed ousekiou oujellid' aisess ftoud'iou. Ik'abel oug 
jenna izra elh'aieth hetsebik'is. Asekiou enni igeleb 
a&oud'iou ou isoui ch. Iroh' r'oujellid'. Isekker lebrieh'. Ou- 
sand ezrin ts saoun i ousefsaf. Jebed'en ts id, iouin ts id i 
oujellid', ioufats heçrâ, igas icht en elh'aieth d'i henzerth 
ennes. Hekker ed harracht enni, iour'a ts oujellid'. Igafellas 
sebâ iam d'etsrid', sebâ iam d'imensan. • 

Ajellid' igi ts d'i Iftli. Ir'er as elfatsih'a. Hah'zaouth enni 
haoualla s ouâddis. Houroud arrach. Ioused ourgou, iioui 
arrach enni, idj as amchich. Hised'nan oujellid' gelebents 
hah'zaouth enni aked' iit'an. Herni, hourou d arrach. 

lous ed ouourgou, isir'as ak'zin iioui arrach. Ouallants 
hised'nan oujellid'tsah'ar'aientsd'egs, houalla d'aim hetsrou. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 91 

Hethets agerchal. Herni, houalla s ou&ddis. Houroud ar- 
rach. Idj as ouourgou amchich. Âjellid' iroh' Ldjezaier. Inn 
asents i hised'nan ennes : « Matsa aouents id aouir' ? » Ich- 
tents hek'k'ar as : « Âoui ai dakhelkhal. » Hennidhen hennas : 
« Aoui ai d hiounas. » 

Iroh' r'er thenni mi iit'an ionas : a Matsa am id aouir' ? )» 
Hah'zouth enni hennas : « Aoui aid akhed'mith. » 

Iroh' iioui asents elkoul ouenni is innan hised'nan. 
Hah'zaouth enni, mi iit'an, iiout as id ajellid' akhed'mith. 
Itchen tsikelts, hah'zaouth enni» houalla hesek'd'hâ d'i khed- 
mith. Argou aked' oujellid' ellan k'abalan d'egs. Hekhsa 
ahen' iman es. Argou aked' oujellid' ekkesen as akhod'mith 
i h'ezaouth enni. (rouel ajellid' ; argou enni innas i h'ezaouth 
enni : a Asem ahroh'ed' atsagemed', ahafed' arraou ennem 
d'i sebàa. » Hroh' hah'zaouth enni atsagem. Houfa hen, 
ek'k'imen saouen i hala. Hah'zaouth enni hennasen : « Aï 
arraou inou, ourekheth, edjeth aï ad agemer'. » 

Arrachen enni, ennan as: « A iemm! AgemI » Hougem 
hah'azaouth enni. Lah'gen arrachen enni i iemmasten. Efiien 
saouen iâoud'aou ensen. Iemmasten enni hennasen : « Ai 
arraou inou, madi itsousam? Netch ethetser' r'ir agerchal, 
etsouakir' aked' iit'an. » Arraou ennes ennan as : « Achcha 
and'i flk. » 

Roh'en aked' immas, lami id iouodhen akhkham ensen. 
Haoualla iemmasten heser'er'ath. Hised'nan oujellid' eslints 
as i h'ezaouth enni heser'er'ath. Ennan ts as i oujellid' : 
« Ser'ed' emi iit'an hats heser'er'ath. » Iroh' oujellid', izra 
iâoud'aou k'enen d'i berra. loud'ef akhkham. Sellemen fell 
as arraou ennes. Ist'allas d'i lâli, iga fellas sebâa iam d'etsrid', 
sebfta iam d'imensan. 



■ « » ■ ^ 



92 LE DIALECTE BERBÈRE DU GBENOUA 



IX 



K^EDDIDECH AKETSAMZA' 

Idj ouass K'eddidech aketsamza roh'en h'aousen. Hamza 
r'eres idjen our'ioul. Ar'ioul hetsek'ken ts. Hestroh'a aked' 
K'eddidech. Idj ouass innas : « Â iemma! iar' akid'i, annetch 
hazzarth. » loudhen, innas : « Ardja, aôir' sousaouen esse- 
jerth. R'ir am inir' erzem imi nem am id k'iser' icht en tsaz- 
zarth. » 

Ifia sousaouen i ourthouts. Itskhiier hid'enni igg ouin. 
Itbets ithents. R'ir airoua as ini : « A iemma ! erzem imi nem 
bâcha amid k'iser' ich en tsazzarth. » Ad ikkes ichtents, 
abats tsili bououa Hats ietch. Sien as ini : « K'abel r'eri, 
ak'li am id jerdber' icbten tsazzartb ! K'abel melib' I » K'ed- 
didecb ikkes icbten tsazzarth, k'iil bououa. Innas : « Erzem 
imi nem ak'li am id jerdher' icht en tsazzartb. » Ik'is as ts 
id. Hamza betch ets. Sien, innas : « A iemma! hazzarth enni 
im id jerdher' haben ner' ou heben ech ?» — « Lala, a memmi ! 
haben. Kagella bkhsed' ad'i begred' elemzieth ad'i hek'ised' 
bennidhen. » — « Hil a iemma. » K'eddidech isouized r'er 
ichtents, ioufa ts bek'k'or, inn as : a A iemma I ak'li oufir' 
ichtents bououa bh'al hamemts. » Hennas : « Ek'lâ ts id, 
netch ak'li erzemr'ax imi inou » Innas : « Selk'ad ! » Ixoua 
tsr'er tbit'. Hâiedb : « A iemma! A iemma! » Innas K'eddi- 
dech : (( Matsa chem iour'an ?» — Hennas : « K'el mana! id'i 
r'dberen d'i bit'inou. » Innas : « Abanaien id' enni ichem 
iouthin; erdja, arob'er abengebedher'. » Netsan, iroh' itsaz- 
zel. Sien ioulla d innas : « Ahanaïa id'enni ichem iouthin. » 
Netsan, isaoual, igaras idhoudhan d'i hit'. 

Sien K'eddidech innas : « Annaroh' akbkbam. Kagella 
hellouzed' r'ir annaouodh am egrer' icht en tsejra n er'fls. » 

i. Conté par Chàib Djilali beo Braham (13 ans). 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 9d 

K'eddidech iroh' r'er icht en tsekermonst. Ikkes iferd'iouas; 
iks asen isennanen, igzem then, ish'amma aman, ifr'er' 
aman d'eg hejra innas : « A iemma ! ar'achetched'. » Hebd'a, 
hethets, Hennas : a A memmi, oua ellir' tbetser' d'er'fis ner' 
matsa? » « Mftlloum d'er'fls, ou tsaged'ech. Harouid'! » — 
— ce Rouir', a memmi ; erfed' fellaî hajra iek )>. 

Netsan isers its innas : « Annaroh' etsrid' » lioui ts aouras. 
Innas : (( Esel ir'erathin ! » Hennas : « Azzel, bach annaouedh, 
annezer himechdhah'in ». Nahnin kVib ad'aouedhen innas : 
« Ouour zath i, ouour, ouour, ou tsaged'ech 1 a hagougth I 
d'afour n ett&am aked' afour n tsemechdhah'in. » Nahnin 
iousedhen haourth; ikkes haourth, iddemer ts d'i hemesi. 
Htsftiedh : « A baba ! a baba ! a iemma 1 a iemma ! amesifeg 
n K'eddidech id' ijerdhen d'i hemesi. » Iked si Idjitsin. 

Innas : « Matsa chem iour'an? Aouid fous ennem. » Ijebets 
id {pour ijebed' ts id). Innas : « Manaï ichem id'ahin? » — 
(c D'amesifeg n K'eddidech » — « Hkhsed' am ith kebedher' ? » 
Hennas « Ahegered' lemzieth ad'ith id k'ebedhed'. » 

Netsan iroh' iouid oulk isennanen igri hen sousaouen i 
oubrid'. Iroh' r'eres innas : a A iemma! ou k'ebidher'ech. 
K'abel hakhboun id iegra. Arouah'am senather' mani id ifed- 
jer'. Amerer' itchebtchaken sid'ammen inou. Arouah'! am 
senather' am^an mani ikhemeler' itchebtchaken. Azzell r'ir 
ifir'an asouen id'ammen i djir'. » 

Nahnin iouedhen, k'abelen g ougellou, ou d oufan hatsa 
oualou. 

Innas : « A iemma! ifir'an souin id'ammen i tsour'en d'eg 
etchabtchaken. » — « la annaroh' akhkham, a oulidi. )) — 
« Ou d'i gar hatsa d'elhab! » — « Ou tsaged'ech, oum éga- 
rer' hatsa d'elh'ab, netch d'memmim ! hebbeled' ! oum garer' 
ecb oûlk Ikhed'aim. » 

liouits. Innas : a Ouour aouraï. » Kr'ib ad aouedhen abrid' ; 
ingez. Hennas : « Ou d'i jebed' ech amma. » Innas : « Ma- 
mexl Tsouk'ith id ime^nen. » — « H'ess fellaner', ou sker- 
kous ech. » 

K'iil amma ououren. K'rib ad aouedhen isennanen ig egra 



f4 U MILECTE BttBÊAE DC CIIE?(OtA 

K'eddidech sonsaonen oaonbrid'. Lami ig esla hàiedh : « K'ed- 
didech ! onlidi ! arooah, sellekaî. » 

R'ir airirfed' ala idhelek oaget't'oom. Traf ! hersa f isen- 
naneo. Heonas : « K'eddidech, onlid'i, sellekai seg isenna- 
oeo. » Innas : « Aoui d foos ennem, annaroh' akhkham. » 

Netsao innas : « K'im g ookhkham, aroh'er' ad aonir' 
ar'ioal si thebeh'irth. » Netsath atsradja melmi ad ias K'eddi- 
dech. Zir'aoek, illa itsirar d' elgonm s onr'ioal enni. Hamza 
hakhemm : « Oaallah! r'ir aroh'ar' ak'abelar' matsa igar 
sidi. » 

Heroh*, ahk'abel ammaiioui as id Rebbi idj onh'zaoa henn 
as : « Ai chikh ! ou sind ech matsa n eddoaa ag egrer' bach 
ak'ebedher' K'eddidech? » — Innas : « H'aones idj oomekh- 
lonk" d'aoossar, hennid'as : matsa n eddoua agrer' i K'eddi- 
dech'; netsan am id isiouel, zaftd'ets s mezbomrth. R'ir atsen- 
r^ed', ahonid' aksomn ennes. Onmb&dh ahoaid' elmekh ennes, 
ftd*el as f edheher ouonr ionl. » 

K'eddidech ionsed, ik'abel, innax : « Matsa omnellal aiek 
soosaouen i our'ionl? » 

IhdL, iroh' itsazzel s our'ioul. Izri ts, ikhsa irouel. 

Netsan inegleb, ou inedjimech aikker. Housed r'eres hamza. 
Hk'ebets (pour hk'ebedh th). Hiouith akid'es innas : « Matsa 
ahetched'. Ahetched' ir'san? Hamza ou hethets ech ir' san. 
Cheddaî g icht en tsechkarth. )> Hennas : « Aheroueled'. » 
Innas : « Cheddaî s idjen n echchâar iikhf ennem. » Hennas : 
« Ou tserougal ech. » Innas : (( Ou tsaged'ech. » 

Netsath ahroh\ hennas : « Ak'li ad ouallir' biflh. » Idji ts 
hroh', ikkes errich n tsechkarth. Ikker ik'abel sia soug r'ir. 

Ikhes airouel, netsan izri ts housed, innas : « Ou tsrouga- 
ler'ech bâcha hamza ou d'i hthets ech. » Hiouodh hak'abel 
errich enni mizek hichedd hachkarth, hak'abel hamza, hezra 
K'eddidech iet't'es, helar'a s id : « K'eddidech ! K'eddidech! » 
— « Anâm, Anâm, iemma! K'abel ou rouilr'ech. » — « Eç- 
çah'a memmi, k'abel ammaiche/ k'assar'! » Innas : « Hekh- 
sed' ad'i hedjed' after'er' si hechkarth, effoud'er'. Kagella 
hekhsed' ad'i hedjed' aroh'er' assour'. » — « Roh'I ou tse- 



LK DIALECTE BERfiÈRE Dt GHENOtA 9$ 

rougal ech. » — « Ou tsaged'ech, la khat'er hellid' akid'i. » 

— « Khat'i, ou tsouh'ir'ech, aroh'er' ak'abeler' ar'ioul inou. » 

— « K'abel ar'ioul ennem ma illa d'in, ad ouallir' bifih a 
iemma. » — « Çah'a, memmi. » 

Id'ouer aour idjen ougellou. Izra ar'ioul g ichten ftcbrin 
mitra. Innas : « Lami id'i hioui ar'ioul, ou tsrouhir'ech mani 
id'i henna aroh'er' ». 

Hamza htsradja melmi ad ias K'eddidech,htsradja,htsradja I 
Lami hekbsa aht'erdek s ellerbineth. Hennas : « Aroh'er' 
ak'abeler' K'eddidech mani g ella. v 

Hetsah'oues fi koull med'reb, ou tsoufi ch {pour ou th houfi 
ch). Haoualla akhkham ennes. 

Netch ekkir' ouh'rik', ouh'rik' ; netsath hekkair'zer, ir' zer. 



AVENTURES D'UNE JEUNE FILLE 
QUI VA A LA RECHERCHE DE SES SEPT FRERES 

Icht en tsah'zaouth r'eres seb&a ouarrachen. Edjin iem- 
masten s ouftddis. Ennan as : « Â iemml ouilla houroud' ed 
arrach egraner' vindou d'azeggar', ak'laner' annaroh'; ouilla 
beççah', houroud'ed harracht senath aner' vindou d'amellal, 
sien ak'laner' ad nas. » 

Hennas hahzaouth enni : a Ak'li ourour' ed harracht. » 
Hennas i heskiouth : « Roh', seneath asen vindou d'amellal 
bach ad ouallan. » Hasekiouth enni hsenath asen vindou 
d'azeggar' bach ad ouallan r'ad'i. Arrachen enni zrin vindou 
enni d'azeggar'. Ouallan r'ad'i. Hah'zaouth enni hetsradja 
d'egsen. 

Idj ouass hennas i heskiouth enni : « Matsoua vindou enni 
i hsenathed'? » Hennas : « Senather' vindou d'azeggar'. » 

Icht en tsikelts hamer'er harracht enni. Hroh' atsagem g 
ouatsin, houfa d'in icht en tsah'zaouth ehtsirar g ouaman. 
Hennas : « Edj aman ersen. » 



96 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENODA 

flennas hah'zaouth enni : « Roh' I sia! rohM sial amesevâa 
Idjenoun. » 

Hroh' akhkham ensen, hetsrou. Hennas : « Ad'elaï iou- 
zan. » Lami iouin iouzan enni, hâd'el fous ennes d'i hek'e- 
boucht. Hennas : « A iemml Ekhser' ad'i hinid' mani Uan 
aithma d'i sebfta. )) Hennas : « Ou siner' mani Uan, ousiner' 
la tchin tsen, la enr'in tsen. » Hennas i (( Alia ou ma bia, 
p'ir id louodher' r'ersen. » 

Hendah' housekiouth hennas : a Aoui d haber'lith. » He- 
ûia harracht enni sousaouen i ber'lith. Illa r'eres idj enna- 
k'ous g ikbf ennes. Roh'euts, gourents lami hiouh'el hasek- 
iouth enni. Hennas : a Ougez ad eùir'. » 

H&iedh harracht enni i iemmas, henn as : « A iemm! 
K'abel d'i tsekiouth mi bichchan : ougez ad eôir'. » 

Int'ek' ennak'ous enni, innas : a Ah'rek' babak oualdik, 
ad'i tsaoudhed' ner'lala? » 

Roh'ents, eggourents lami id iouodhents icht en tsegel- 
louts. Hennas : « Ougez am ferner' hichchin. » Harracht 
enni bougez d; hasekiouth enni hedji ts. Lami het't'es 
hakheh'led r'er ennak'ous enni, heks as id. Hakhemel th 
saddou icht en tsouk'k'ith. Hesekkcr ts. Hennas : « la, an- 
naroth'. » 

Tsegemt'ents himoura, lebhour, lami id iousdhents icht 
en tsala, icht en tsekiouth, icht bachi n tsekiouth. 

Henn as harracht enni : « Mani hella henni n tsekiouth, i 
mani hella henni bachi n tsekiouth? » Haskiouth enni hese- 
nath as hala enni n tsekiouth. Hsired' oud'men nés d'in. 
Harracht enni, hioualla tsaber^ants. Hasekiouth enni hesired' 
oud'men ennes d'i hala enni ig ellan bachi n tsekiouth, hiou- 
alla tsamellats. Harracht enni ig tsour'en tsaskibuth henia 
sousaouen i ber'lith. Roh'ents, eggourents; houfa aîthmas 
d'i sebft. Hasekiouth enni mamex htsour' tsach&lalts hroh' 
hsellem fellasen. Harracht enni hioualla hetsrou fellasen. 
Sir'en as alr'emi. Hroh' harracht enni heroues asen hikh- 
siouin. 

Haoualla hetsrou harracht enni, hennas : « Netch i fellasen 



LB DlALECtE BERBÈRE DU GHENOlfA 97 

îd ekkir' sebft elbb'our, lami d'assa egin ai tsraser' hikh- 
siouio. Idj ixerri d'amejjouj isr'ad'as matsa i hella bessaoual. 
Lami tsamedditb, berob' akbkbam bek'im g oujemadb. 
Esir'en as arracben enni ar'eroum n tsemzin d'ab'erfl. He- 
goamma abetcb. 

Ad'etcbaouis brob' beroues; baoualla betsrou betsr'ennij. 
Ikked sien idj ouab'zaou ikim isr'ad'as Irob' r'er ouaïtbmas, 
innasen : « Âb! Mamex! Ab! Mamexl Henni ig rousen 
ikhsiouin d'ououltsmatbouen ! » 

Ou d'rin ecb benni ig ellan beroues d'ououltsmasten. Inn 
asen : « Ouilla ou bounnim ecb, r'asa atsas bamedditb âratb 
ikbf ennes, abzrem oultsematbouen benni ig ellan batcbi 
d'ououltsmatbouen. )» 

Harracbt enni boused bamedditb. Arracb enni amek'ran 
iâra ikbf ennes, iâra oultseroas, ikks as bimarb'emts. Hesou- 
sem barracbt enni, ou benni oualou. 

Iâra i beskioutb enni, innas : « Aitcbiddi lalla. » loutb ils, 
broh' netsatb, gellebents tsasekioutb. Heroues bikhsiouin. 
Harracbt enni gellebents tsacbâlalts. Edjin ts barracbt enni 
d'i lâli, betskhiedb d'i elbaouaidj. Lami icbten tsi^elts, 
rob'en arracben enni b'aousen. Ennan as : « Ougez anne- 
jemft. » Hennasen : a Ou djoumr'ech ad'ougezer'. » Ennan 
as : « Ougez souab'd'aouab'd'. )> Hennasen : « Ougged'er' 
ouma ad'i ioutb. » 

Ennan as : « Lala, où illi cb d'à. » Hougez ab'azaoutb 
enni, bennasen : « Manaï ig ellan iâizen fi sebâ aitbmas aitcb 
bak'cbourtba. » Hennasen : « Netchintsin i fellasen id ikkin 
sebâ elbeb'our, atcber' hak'cbourtb oufir'er. » Hetchits net- 
sath. 

Abennaien ousan d aitbma enni. Hennasen : « Ououltse- 

matbouen bats s ouâddis. )> Oumas enni ak'erd'al igar iman es 

d'amabloux- Innas : « Ougez ad'i ferned'. » Hennas : a Ou- 

djemer' ecb ad ougezer'. » Innas : a Ougez s ouab'd'aouab'd'. » 

Harracbt enni bougez d s ouab'd'aouab'd'. Hek'im, befern 

as. Innas : « Beççab', bats souâddis. » Arracb enni amek'ran 

innas : « Atsouir' atsenr'er'. » 

7 



96 LE DIALECTE BER6ÈRE DU CHENOtiA 

Isla arrach enni amekdoud, innas : <( Netch atsaouir'. » 
Ârrach enni amekdoud, innas : « laannaroh' r'er iemma. » 
lioui akid'es sebâ iit'an aked' oukhod'mi. Iseûi ts sasouen i 
ber'litb, iioui ts lami idjen elbir. 

Ik'odhâ idj oudhoudh, igar id'ammen enni g imi iit an, 
igar tbani i oukhed'emi. 

Isougez oultsmas sd'akhel n elbir. Iroh' idji ts. Sien, 
igemmedh idj ouah'zaou. Isla ouftiedh. Ik'abel d'i Ibir lami 
g ezra ichtents mekhlouk'th. 

Ist'alla ts id, iiouits akhkham ennes. Iggas eldjefeneth 
ouaman. Igar harracht enni ouk'adous ikhf ennes iounez, 
idbaren ennes oug jenna. Fir'er enni illa iftoud' ih' ouf ed 
zd'akhel n eldjefeneth, isess, isess, lami ig edjiouen. Henn 
as harracht enni : « Enr'ith, mellah'th, khemel ai th. » 

Haoualla s ouaddis, houroud sen ouarrachen. Lami mor'- 
ren arrachen ensen, ichten tsi/elts, hennasen iemmasten : 
(( R'assal ahezrem babathouen, ar'eth as, sir'eth as ak'e- 
moum, inith as edj aner' annaroh' r'er khalithner'. » 

Innasen babasten : « Loukan ahezrem iemmathouen 
mani its oufir' ahrouam imet't'aouen. » Etsh'achemen d'egs. 
Idji hen babasten. Roh'en, roh'en lami iouodhen r'er khoaa- 
listen. Ennan as : « A iemml h'adj aner' I ». 

Immasten hennasen : « Arraou inou, immathonen bats 
h'adja seg ikhf lami d'adjlal. » 

Immasten haoualla bats hh'adja sèn bah'al mame^is ftd'elen 
aïthmasten. Aithmasten enni ouallan enek'k'en bised'nan 
ensen. Hamet't'outh ouarrach enni amezzian hennas : « Effer' 
barrai Netsath hekka h'ourik', h'ourik', netch kir' abrid', 
abrid'. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 99 



XI 



AVENTURES 

DE DEUX FEMMES ET DE LEURS DEUX ENFANTS, 

L'UN FOU ET L'AUTRE RAISONNABLE 

Idj ouah'zaon iour'a senath tsah'azaouin. Ah'zaou enni 
iroh' aizrâ ibaouen. R'er tsemeddith ioualla d akhkham 
ennes, hachxarth ennes tsamkhalith. Ad'etchaouis irni hach- 
xarth d'ibaouen. R'er tsemeddith ioused innasents i hesed'- 
nan ennes : « Ouh'aler' ». 

Ah'zaou enni itsrouh'a r'er itchen tsizi, ithets g baouen 
enni. Ioualla akhkham ennes, lami i ouallants hih'azlathin 
mer'arents. Hised'nan ennes ennants as : « Matsa tsih'azlets 
enner'? » Ah'zaou enni innasents : « Roh'emts, aouimts 
akid'ouents icht en tsendouth, k'iisemts hendouth a mani 
itsersa {pour id hersa) mani ig ellan tsih'ezlets enner'. » 

Hih'zaouin enni k'iisents hendouth enni. Hersed d'i heh'- 
ezlets en tsergou. Housed hergou, hennasents : a Matsa 
ihellamts hftd'elemts ? » 

Hih'zaouin enni ennants as i hergou : (( Noused annekkes 
ibaouen. » 

Hargou enni hioui ar'ioul akhkham ennes, hesou ith, 
bedja imezzour'en ouour'ioul saouen i ichten tsezgi. Hargou 
enni houallad r'ersents. Hih'zaouin, ichtents tsagougth, 
ichtents d'i Ikisa. Haiek hennas : (( K'abel ar'iouL Hatsa 
imezzour'en ennes et't'elan d ». Hargou enni hek'k'ar : a lamts 
annaroh', annefdher. » Ah'zaouth enni hek'k'ar : a la an- 
naroh' aked' jedda. » 

Rohients hih'zaouin enni aketsergou afedherents. Ha- 
gougth enni hthets d'i t'âam aked'ouksoum ouour'ioul. 
Elk'isa hegar saddou jarthilts. Lami tchints, hargou enni, 
hennasents : « Eglebents ai et't'âam inou. » Hagougth enni 
hek'k'ar as : « A djedda etchir' th. » Hargou hek'k'en fellas 



100 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOÙA 

haourth. Hagougth hkhemel iman es zd'akhel ikhabith, 
Ik'isa enni saddou i hftricht. Hargou enni heoualla heferren 
d'i hilchin. Hennas hagougth : (( A djedda! K'abel g itchen 
tsichelts herk'erd'el I » Hargou enni hennas : « A ielli ! jeb- 
d'aits, netchintsin ou ts ezrir' ech. )> Hagougth enni housed 
hagebets. 

Hargou hega f ellasents asfedh en tsemesi saouen i ouksoum 
en tseh'azaouin enni. Hih'azaouin enni emmouthents. Heje- 
bed' d'egsents sen ouarrachen. Lami mer'eren ouarrachen 
etsrouh'an arousen hikhsiouin. 

Arrach enni elk'iis iek'k'ar i ouhagoug enni : « Roh' r'er 
djedda ax it sir' (pour ak id hsir') lefdhour ». 

Iroh' ouhagoug enni r'er djeddas. Innas : « Sir' aner' 
elefdhourl » Hsir'as hergou enni elefdhour, itch ith eg 
oubrid'. Iroh' r'er oumas. Lk'iis enni innas : « Mami illa 
elefdhour enni ix itsir' jedda? » Hagoug enni innas : « He- 
goumma ad' ils tsir'. » Iroh' elk'iis enni ad iaoui lefdhour. 
Hagoug enni idja idj ir'es eg fous ennes. 

lour'a th ennoum. Housed icht en tsekhsi, hetcha ir'es 
enni. Ikker hagoug enni, itsah'oues f ir'es ennes. loufa th 
oulach. Izra hikhsiouin etseflezents d'i Ih'achich. Hagoug 
enni ik'k'ar i hekhsiouin : « Glebemts ai d ir'es inou. » Ha- 
goug enni iet'ah' d'i hikhsiouin, inek'k' hents r'ir senath idji 
hents. loused elk'iis innas i ouhagoug : (( Mani ellants 
hikhsiouin? » Innas i oumas : « Tchints ai ir es inou. » Elk'iis 
enni innas i ouhagoug : « Hameddith ar'en tsetch djedda. » 
Arrachen enni roh'en aked' tsemeddith r'er djeddasten. 
Ennan as : « A djed I K'abeld i Khali igoumma ar'en iedj 
anneroues hikhsiouin. )) Djeddasten enni hennasen : (( Ad'et- 
cha aked'ouen roh'er'. » 

Hergou enni tsad'err'alts, hebd'a htsezeg d'i hikhsiouin. 
Arrachen enni as esir'en icht, ernin hennidhen. 

Lami is kemelen r'er thid'enni, arrachen enni ennan as i 
djeddasten : « Mats elouok'th i hetsouakid'. )> Hargou enni 
hennas i ouarraou ennes : « R'assal ahezrem imk*erk'ar 
etsr'aher'en, iazidhen sbnuouien, laoun enni itsouakir'. » 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA iOi 

Arrachen enni ennan as i djeddasten : « Matsa h i hegared' 
d'egs eddehen? » Djeddasten hennasen : (( Âiek âd'eler' d'egs 
eddehen, ennidhen ezbib, ennidhen etsemer. » 

Arrachen enni slin iazidhen shououien. Ëkkeren; Ik'iis 
enni d'egsen iiouid ezbib, etsemer aked' eddehen. Iftd'elts ig 
emi ouhagoug. Innas : (( A djeddal ig eben! » Elk'iis innas : 
« Sousem! ar'en tsesl djedda ar'en tsetch. » Ikker ed ouha- 
goug enni. Roh'en innas : « Egeleb haourthl » Hagoug enni 
irfed' haourth. Roh'en eggouren lami id iouodhen idj 
oum^an. Hagoug enni innas : a Ai Ik'iis ouahier'. » 

Inegeleb, izra irfed' haourth. Innas : « Sers haourth 
saouen i houk'ith aiek. » Hagoug isers haourth, irfed' 
houk'ith. Roh'en, eggouren iami id iouodhen idj onoum^an. 
Elk'iis enni it'ala saouen idj ousefsaf. Hagoug enni ikhzen 
saddou hemourth. Ousan d chra midden aked' hised'nan 
ensen. Ek'k'imen g oumyan enni mani ellan arrachen enni. 
lah'zaouen enni ouallan tsek'k'enen eg aouâd'aou ensen. 
Sersen elk'ech ensen. Hised'nan egints ir'err'erth f ikhf 
ouarrach enni hagoug. 

Ergints himesi, essouen et't'âam ouf ouksoum. loua 
ehnâch enni. Hised'nan enni esersents et't'âam aked'ouk- 
soum. lah'zaouen enni ouallan ethetsen. Hagoug enni innas 
i oumas : « Ai Ik'iis! ikhf inou ih'arek*. )) Innas : Aï ouma : 
« Imira ad aser' ach sele^er' I » 

Midden enni eslin saoualen, rouelen. Edjin iâoud'aon 
ensen, elk'ech ensen, loumkah'el, roh'en. lougez arrach 
enni elk'iis. lioui iâoud'aou, loumkah'el isekker ed oumas. 
Hagoug enni itsikhier d'i t'âam aked' ouksoum. Roh'en 
arrachen enni, lami id iouodhen idj oumyan. Elk'iis enni, 
innas : a Sir'ai k'iil ouksoum atcher'. » Hagoug enni innas : 
« Chex hellid' hemhem, netch ellir' chrenchren. » Hagoug 
enni isir'as iedj en t'erf ououksoum, innas : « Edj aï ir'es 
ahâd'eler' haslith. Roh'en, eggouren, lami id iouodhen icht 
en tsala. Sesouen iâoud'aou ensen. Roh'en arrachen enni 
lami id iouodhen idj oum^ran. Hagoug enni innas i oumas : 
« Sir' aï ir'es inou. » Elk'iis enni innas : « la annoualla 



i02 L£ DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

r'eres, etsour' d'i hala. » Hagoug enni innas : « Netoh ar'eres 
ouallir' aihd aouir'. » 

Iroh' ouhagougeDDi aihd iaoui. loufa iedj ouairad' ithets 
d'egs. Arrach enni innas i ouairad' : <( Sir'ai d ir'es inou. » 

Âirad' enni ik'k'ar as : « Hem ! Hem I » Hagoug enni, irfed' 

chai, ik'is as ith saouen hit'aouin. Airad' enni id'err'el, iâa 
fellas arrach enni. Iroh' ioualla r'er oumas. Elk'iis innas : 
(( Mani i tsiouid' Ih'achieth enni. » Hagoug enni innas : « Ai 
ouma, icht ai ir'es inou. » Elk'iis itsâiedh, ik'k'ar asen : 
(( Eglebeth haourth, ouma iioui d elh'achieth I » 

Elkoul> gelben hioura r'erka ichtents tsamejjoujth ou 
hgelibech haourth, hezadh eg ird'en. lous ed arrach enni, 
ioufa ts hezadh. Innas : « Sir' elftlef i ouâoud'iou inou. » 

Hsir' as th id ah'zaouth enni d'i hendouth. Arrach enni 
innas : a Itsegamma aiâlef d'i hendouth. )) Ah'zaouth enni 
hennas : « Ithets eg ah'chouch. » Ioualla airad'enni ithets 
oug ah'chouch en tsah'zaouth enni. Lami iger k'adha, itch 
its ouairad' enni. 

XII 
HAH'ZAOUTH AKED' IREGGOUAN AKED' OUMCHICH 

Icht ouah'zaou r'eres icht en tsarracht. Babas emd'aim 
itçaiadh. Icht en tsixelts, harracht enni hennas i iemmas : 
(( Sir'ai icht en tsekkourth. )) Ah'zaouth enni henn as : ats 
seroh'ed', ar'en ih'az. » Harracht enni hennas i iemmas : 
(( Ou ts sroh'ir'ech hasekkourth. » 

Ah'zaouth enni hesir'as airar akid'es. Harracht enni ha- 
dhelek'as. Houalla hetsrou. Hennas i iemmas : « Hsroh'er' 
hasekkourth. )> Ah'zaouth enni haroh' aked' illis. Eggourents 
lami id ioudhents eg idj oumyan. T'âlants saouen ichten 
tsegellouts mani d'in i tsouakan irouggouan. 

Lami d'eg idh, harracht enni hennas i iemmas : (( Kheser' 
abcchcher'. » Ah'zaouth enni hennas : « Ebechch g inezour' 
inou. » Uabechech harracht enni g ennezour' iiemmas. Ha- 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 103 

h' ouf ed ichten tseme^ith f ourgou. Innas i hougennints : 
« K'abel ma tsaren. » Heffer', hk'abel ou hezra ou tsar'enech. 
Houallad hagennints hennas i ouourgou : (( Hella heççah'a 
bh'al hit'inou, ou tsar'en ech. )> It'&la oufir'er saouen i gel- 
louts. Ik'abel ou ioufa oualou. lougez d ouflr'er innas iour- 
gou : (( Oulach. » 

Hat'âla ekhzerzets, houfa ts, d'in, hek'k'eç ah'zaouth 
hsh'ouf its id. Etehints irouggouan enni. Hagennints h&d'el 
iman es tsamah'louxh. Hennas : a Edjetb ai arrach aked' 
tsa. )» 

Ad'etchaouis çebah', hsir'as id hagennints arrach enni i 
oultsmas. Hennas : « Roh' ! ad asen irouggouan achem ke* 
melen. » Hougez d harracht enni, herfed' oumas ahroh'. 
Lami id ioudhen g idj oumxan. Ah'zaouth enni hennas i 
Rebbi : « Egleb ouma itsr'ima I » Igeleb Rebbi itsr'ima. 

Roh'en eggouren lami id ioudhen g idj oum^an, harracht 
enni hennas : a A Rebbi! Aioualla ouma itsmour'oud'. )> 
Igleb Rebbi itsmour'oud'. 

Roh'en, eggouren lami id ioudhen g idj oum^an. Harracht 
enni hennas : « A Rebbi ! aioualla ouma iggour I » 

Igeleb th Rebbi, iggour. 

Roh'en lami k'rib ad'aoudhen idj oum^an. Harracht enni 
hennas : « A Rebbi ! Aioualla ouma itsazzel. » 

Igeleb th Rebbi itsazzel. Roh'en eggouren, oufan idj 
ououkhkham ououmchich. Ensin d'in. Ahaien ioused am- 
chich enni ik'k'ar : « la iâ^aren ek'k'eneth ! » Etsek'k'enen. 
« Ezgeth! )) Etsezgen. Amchich enni ik'k'ar : n Matsa et- 
cher'? Atcher' eddehen. Baba ou inoum ech s eddehen. At- 
cher' hîjlilith. » Ik'k'ar : « Arouah' ai aren. » lous ed oua- 
ren. « Arouah' th id ai aman! » Ousan d ouaman. 

Houa hajlilith. Amchich ioualla ithets d'i hejlilith, i'kar : 
« Aouakir' d'i hâricht. Baba ou inoum ech itsouaka saouen i 
h&richt. Aouakir' d'i mourth. » 

R'er d'egidh hekker d harracht enni. Hâd'el d'er'fls d'i de- 
hen. Hesir' i oumas aitch. Lami djioumen, hemsah' d'i hej- 
laits ououmchich. Ad'etchaouis çebab' ikker ououmchich, 



104 LE DIALHCTE BERBÈRE DU GHENOUA 

ioufa d'i hejlalts ennes errih'as n eddehen. Amchich ik'k'ar 
i hejlalts ennes : <( Houallid' atsakred' d'eg idh. )) Ik'k'ar : 
(( la iàyaren, dhelk'eth! » Dhelek'en i&x&ren. Iroh' airoues. 
R'tsemeddith ious ed onmchich ik'k'ar : « la ià^aren ! Ek'k'e- 
nethl » 

Ek'k'enen iàyaren. Tmounsou. R'er d'egidh, hekker har- 
racht enni, h&d'el amensi. Etchints netsath aked'ououmas. 

Mesh'en d'i hejlalts ououmchich. Ad'etchaouîs çebah', 
ikker oumchich isrih' d'i hejelalts ennes. Ioufa errih'as n 
eddehen. Amchich ik'k'ari hejelalts ennes : « Houallid' het- 
sakered' d'eg idh ! » Amchich isah'ma idj ousfedh n tsemesi, 
ig ith f hejelalts ennes. Immouth ouemchich. Hekker ed 
harracht enni, hek'iis amchich. 

Haoualla hek'k'ar : « A iâxaren ! Efsith ! » là/aren etsegam- 
man afsin. Hroh' harracht enni hak'abel g ikhf ououmchich. 
Houfa lâjab. 

Hedjith r'eres. Haoualla netsath ig h'akemen. Ahsezouedj 
oumas. 

Hour'as senath en tsed'nan. 

Harracht enni hesr'as aâoud'iou. • 

Hek'im harracht enni, hezd'er' aked' oumas lami ig hou- 
rou d ah'zaouth enni. Hega fellas essabâ. 



Xlll 



AVENTURES D'UNE FILLE ET D'UN GARÇON 
CHASSES DE LA MAISON PAR LEURS PARENTS 

Idj ouah'zaou r'eres ichten tsah'zaouth. Hah'zaouth enni 
hroh' Ibh'ar. Housed r'eres icht en tsah'zaouth hiouits id 
Ih'aouaiech iir'zer i icht en tsarracht ig ek'k'imen egoukh- 
kham. 

Hennas ah'zaouth enni : <( R'ir atsas immam, hennas : 
(( K'abel matsa id iioui baba. Ahâd'el fous ennes d'i ek'fifth, a 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 108 

fellas boachen, ahed'ehech ahemmeth. Arouah' r'eri achem 
setcher'. » 

Haoaalla ah'zaouth enni si Ibh'ar. Hennas i illis : « Aiemm ! 
K'abel matsa id'iioui baba d'i ek'fifth. » Ah'zaoath enni hà- 
d'el foas ennes d'i ek'fifth. Henekhelà, hemmouth. 

loused ouah'zaou enni, iemt'elts. Housed ouah'zaoath 
enni iour'a ts. Irni d r'eres arrach. Lami g mer'er onarrach 
enni, h'azien d'i sen. 

Roh'en arrachen enni r'onnil iimmasten. Tsroun f ounil. 
Ig asen Rebbi icht en tsemer emd'aiem tsroh'an etsetsen. 

Herni d ah'zaouth enni icht en tsarracht. Lami hemer'er 
harracht enni, hsar'as immas r'ir eddehen atsetch (ath + h). 
Arrachen enni ouallan genfan e^ther i harracht enni. 

Ousan d r'tsemddith akhkham. Hezri hen ah'zaouth enni 
egenfan; hennas i illis : (( Ekhser' mani ellan etsroh'an, 
ahroh'ed' akisen (akid'sen). )>* 

Eser'falen ts arrachen enni : idj airoh', aietch; idj aik'im. 
Ad iouallaennidhen, airoh' ennidhen, lami djiounen. 

Hennasen harracht enni : « Matsa i ellan etsetsen aïthma? » 
Arrachen enni ennan as : a Ak'laner' entsets eg our'lal 
iijd'î. » 

Harracht enni haoualla hthets eg our'lal iijd'i. Lami r'tse- 
meddith, roh'en akhkham. Ah'zaouth enni hennas i illis : 
« Matsa ellan etsetsen ? » 

Harracht enni hennas : « A iémm ! Ellan etsetsen eg our'- 
lal iijd'i. Etchir' akisen. » Ah'zaouth enni hennas : « Egern 
am i h'ila. » 

Ah'zaouth enni hedji hen lami roh'en, hkhathel tsen, 
houfa hen etsetsen d'i tsemer. Hroh' ah'zaouth hioui d mez- 
berth, hk't'â d'i tsemer enni lami k'rib aherez. Hennas ah'- 
zaouth enni : « Ad'etcha, ad ouallir' r'eres atserzer'. » 

Hroh' lami d'ad'etchaouis, haoualla d r'eres houfa ts ma- 
mey i hella d'i hiyelts tsamezgarouth. 

Het'ah' akid'es hreza. Lami itsedja (ith + h) k'rib aherez, 
henn as ah'zaouth enni : <( Ad'etcha ad ouallir' as kemeler'. » 

Hroh' ad'etcbaouis, houfa ts mamex itsedja d'i hixelts ha- 



106 LE DIALiSGTB BERBÈRE DU GHENOUA 

mezgarouth. Haoualla oafa idj oamoaddeber hennas : « Ma- 
ine^ aàd'eler' aked' icht en tsemer. )) Innas ouah' zaou enni : 
« RohI aouid izzefth, àd'el as id. Âd'etchaouis atsouallid' 
r'eresatsekemeled'. » 

Hoaalla r'eres ad'etchaouis ; hak't'à lami k'rib atsek'adha. 
Hegas izzefth. Ad'etchaouis hoas ed hekemelas. Herez tse- 
mar enni, hioui ts hkhemel ts. Oasan d arrachen enni, ets- 
roun f ounil iimmasten. Ig asen Rebbi icht en tsefounast 
etset't'edhen ts. Housed harracht enni houfa hen etset't'e- 
dhen d'i founast. Het't'edh harracht enni akisen. Hkhebets 
{pour hkhebedh ets) hafounast serkel. Heh'kemts d'i hit\ 
hâma ts. 

Hroh' r'erimmas, hetsrou. Azah'outh enni hennas : « Khe- 
ser' ahzenzed' hafounast aiek. » Ah'zaou enni innas : a Aro- 
h'er' azenzer' hafounast ouarraou inou ig ellan tset't'edhen 
ts emd'aiem. » Ab'zaouth enni hennas : (( Ekhser' atsaouid' 
atsezenzed'. )> 

Iroh' ah'zaou enni, ioui ts elsouk' ik'k'ar : « Ounni aisr'en 
hafounast n etsim ou irebbab' ecb ! » 

Hafounast enni emd'aien hetsrou. Ah'zaouth enni hebedd, 
f icht en tsizi. Hek'k'ar as : « Esr'eth hafounast n etsim ah- 
rebh'em. » 

Hafounast enni hebd'a hetsrou. lous ed ah'zaou enni iou~ 
alla dakhkham. Innas i ouah' zaouth enni: « Egoumman 
ats ser'en. » Ah'zaouth enni hennas : « Roh' r'ersas. » 

Iroh' ir'ersas. Egoumman aouzàn. Irfed' ah'zaou enni 
hafounast enni, ig its eddeher ennes akhkham. 

Hesou ah'zaouth enni. Arrachen enni r'ir ad refed'en, al 
aouind aksoum. Ah'zaouth aked' illis r'ir ad refed'ents al 
aouints hirji. Ah'zaouth enni hennas : a Imira ahouid' 
aksoum aiek, atsek'iised' r'er elh'aouaich. » 

Ah'zaou enni iioui aksoum, ik'iist. Ezrints arrachen enni 
aksoum enni mani i ik'iis. Emd'aien tsroh'an etsetsen arra- 
chen enni genfan. Ah'zaouth enni hega bh'al ak'choudh. 
Ah'zaouth enni hennas : « Imira, khser' ahouid' arraou enney. 
ahen tsek'iised'eg oumxan n elh'aouaiech. Ah'zaou enni 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA m 

innas : « Marne/ ad aouir' arraou inoa ahen k'iisen. » Ah'- 
zaouth enni, hennas : (( Kheser' ahen tsaouid' am/an n elh'a- 
oaaich, ahen tsidjed'. » 

lioui hen ah'zaon enni, innas : a laoa annaroh'eth annez- 
d'emth. » Roh'en akid'es. Âh'zaou enni iggour, itsellem g 
ouvrons. Lami d ioudhen idjoumxan innas ouah'zaou : 
« Klmeth d'aiek, aroh'er' azed'mer. » 

Iroh' ah'zaou enni, iàllek idj oazekkour, itcha d'egs ona- 
dhou. Arrach enni innas : « Baba hath izeddem. » Harracht 
enni henn as i onmas : « Roh' ! K'abel ma baba hath ized- 
dem. )) 

Iroh' arrach enni, ioufa d' iedj ouzekkour ig etcha d'egs 
ouadhou. » 

Arrach enni, innas : « baba iroh', idj aner'; oufir' idj 
ouzekkour itcha d'egs ouadhou. » 

Roh'en arrachen enni, eggouren lami id ioudhen i iedj 
oum^an. Arrach enni innas i oultsmas : « Foud'er'. » Har- 
racht enni hennas : « la annaouedh r'er ouniltsi ien. As inir' : 
mani hella hala ? » 

Roh'en arrachen enni. Ennan as i ouniltsi : « Matsa ig 
ellan etsala mani i nsess ? » Aniltsi enni innasen : « Roh'eth 
ahafem ichten tsala iâoud'aou; ahouourem hennidhen iiâ- 
xaren; ahafem hennidhen en tsekhsiouin. x> 

Roh'en lami id ioudhen henni n tsekhsiouin. Ek'k'imen 
hefern as harracht enni. Roh'en lami id ioudhen idj oum^an. 
Arrach enni innas : a A oultsma etsour' lâjab inou! » 
Harracht enni hennas : « K'im d'aiek, aroh'er' ay. ih id 
aouir'. » 

Arrach enni innas : (( Nech ayih id aouin. » Iroh' arrach 
enni iioui h id; igith firi ennes, isoua d'i hala enni ii/erri, 
ioualla d'i^erri. Iroh' r'er oultsmas itser'ahr'a. Harracht 
enni hennas : « A memmis m baba d'imma hr'ed'ered'aï ! » 
Harracht enni haoualla hetsrou. Roh'en, eggouren lami ifel- 
lasen id ik'k'en elh'al. Harracht enni hkhemel oumas g icht 
en tsegellouts; netsath htâla saouen idj ousefsaf. loused 
ouskiou, iiouid aâoud'iou oujellid' aisou. Isessouai d'eg 



108 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENODA 

ouâoud'iou, irfed' idj errich, ikkes t id seg imi ouàoud'iou. 
Ilaiem ts foufous ennes. lioui th i oujellid'. Askiou enni, inn 
as : « Icht en Ih'aieth hais saouen i ousefsaf . Aha id ekkeser' 
seg emi ouàoud'iou. » Ajellid' enni innas i harracht enni : 
« Am esir' elâhed'. Ougez d. » Hougez d harracht enni. Henn 
asen : <( Sah'math ai ad aouir' ouma. » 

Ah'zaouth enni hajebed' oumas, hioui d akid'es lami id 
iouodhen akhkham oujellid'. lâd'el fellas sebà iam d' etsrid', 
sebà iam d'imensan. 

Harracht enni hennas : a Akh ! aoun edjer' onma airoues 
aked' Imal enney,. Beçah'! ou k'aser'ech ouah iouthen. ». 

Ajellid' isir' as lemfatha en tsonoura. Innas : « R'erka 
aiek ou fellas t'ellach. » 

Icht en tsiyelts ioused babas aitser. Harracht enni, iellis, 
hesir'as sen ik'erouien ouourer'. Hennas : (( RohM balak! ad 
ias oujellid', ach igebedh d'aiek ach ih'az. » 

Iroh' ah'zaou enni lami ig iouodh akhkham ennes. Innas 
i hemet't'outh ennes : « Sers felli. » Hesers fellas ah'zaoutb 
enni, hennas : (( Manaï iyid isir'en elkhir aiek elkoull? » 
Ah'zaou enni inn as : « Etsrer' th id. » Ah'zaouth enni benn 
as : « Ed' iellix iy.id isir'en Ikhir aiekl )) Hennas i iellis : 
« Roh r'er oultemam ahek'imed' akid'es. Enr'its, ouilla ats- 
nedjemed' atsenr'ed', enr'itsi » 

Harracht enni hroh' r'er oultsmas lami i hioud r'er oults- 
mas. Ah'zaouth enni haoualla hsenath as d'i lebiouth. HenD 
as : « R'erka aiek ajellid' in am : « Ou tsek'abal ech. » Har- 
racht enni hennas : « K'abel matsa im iâd'el d'in. » Ah'- 
zaouth enni heks haourth. Oultsmas hioui d hajerthilts, hsou 
ts saouen i elbir. Housed harracht enni henn as i oultsmas : 
« K'im am ferner'. » 

Hek'im harracht enni, hefernas. Ah'zaouth enni haoualla 
hetsenoud'oum Oultsmas hkiief ts, hersa zd'akhel elbir. 
Ahaien ioused oujellid' innas : « Matsa chem iour'an tsa- 
d'err'alts? » 

Hennas : « S elh'arkous ennouen mizeg i d'err'eler'. » 
Innas : « Matsa chem iour'an ahdhâfed'? » Hennas : « Si 



LE DIALECTE BERBÈRE Dt GHENOUA 10^ 

Imakelts ennoaen. » Hennas i oujellid' : « Ennan ai enr' 
oumam, ahgenfid'. » 

Âh'zaou enni innas : « Mamexl hesir'ed'ai elâhed', ou 
nek'k'er'ech oamam. )) 

Ah'zaouth enni hennas i ousekiou : (( Ereh'a loumas. » 
Asekiou ireh'a loumas, isizef^ aman. Hennas : « Roh\ aoui 
d ouma, r'ers as. » 

Asekiou enni iioui d oumas. 

loused itsazzel, ikhebbedh haourth, irzi ts, itsr'ahr'a f 
oultsmas. Ah'zaouth enni hek'k'ar as : « A ouma! ahanaia 
r'eri arrachen oujellid'. » Ah'zaouth enni hek'k'ar as : 
« Loumas esegdhftn, aman tsaizgen. » Harracht enni hek'k'ar 
as : (( Lh'aouaiech ahenaia gebdhen ai d'i Ibir ou djemer'ech 
ahat'âla. » 

Isla oujellid', ioused ioufa ixerri itsr'ahr'a f elterf n elbir. 
Ah'zaouth enni hennas : a Roh'! Khiir ai d ixerri oua 
elflani, aouaid (aoui ai d) r'ers as ! Azend sen n t'ouabek' ou- 
ouksoum, idjen ahsir'er'i r'er'd'emts idjen i oufir'er. » 

Ajellid' ir'eres ixerri, isir'as sen n t'ouabek' ououksoum, 
idjen isir'ith i r'er'd'emts, idjen i oufir'er. Ah'zaouth enni 
hennas : « Erni ai d idjen bach at'âlar'. » 

Irni as id idjen t'abek'. Hebdha th sin : hesir' ed iedj i 
ouarrachen oujellid', i babasten idjen. Herni bach aits it'âla. 

Hennas i ousekiou : « Ekhser'imira as r'ersed'. » Asekiou 
ixref ts, ir'ers as. Ah'zaouth enni hen as : (( Roh' aouid 
ar'ioul, egi ts d'i chouari. » 

Iioui d asekiou aber'li. Iseû harracht enni. Hah'zaouth 
enni hennas : (( R'ir ahaoudhed' d'in, ouallad. Innas : K'abel 
matsa im itsouzen illim ! » 

Asekiou enni isers echchouari. loused aid'i, ik'k'ar i 
ah'zaouth enni : « Sir'ai k'Iil am khebberer'. » 

Amchich ik'k'ar as : « Sir'ai k'iil am inir'. » Ah'zaouth 
enni, lami its ijebed' ikhf iillis, hebed'a hetsrou. Aid'i ik'k'ar 
as : « K'arr'am : sir'ai k'iil am inir'. » Amchich ik'k'ar as : 
« Netch ou tchir'ech, ou tsrour'ech. » Aidi ik'k'ar as : « Netch 
tchir' r'ir ir'es ou tsrour'. » 



liÛ L£ DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

Âh'zaoa enni aketsemet't'outh ennes roh'eD akhkham ou- 
jellid'. Lami idioudhen d'in, ah'zaouth enni hezri hen. Henn 
as i ousekiou : « Roh' ! sekk ed baba siaiek, imma sekk ils f 
iit'an. Edhelek'asen. x> 

Ah'zaouth enni elkouU eichin ts iit'an ; babas hesr'imi th 
f jarthilts. Hsir'as elh'aouaiedj oujellid'. Ah'zaouth enni, 
henn asen i ouarrachen : « R'ir ahzrem babathoueo, ioused 
sir'th as ak'emoum, inith as : babathner' chikh ioused 
r'erner', ou h tsh'azeth ech. » 

Ah'zaouth enni hedji th d'i l'hammam itsah'emm. Hebed- 
delas elh'aouaiedj oujellid'. Aham ioused. Arraou ennes 
àr'edhen as, sir'nas ak'emoum. Ennan as babath ner', ahan 
ioused r'erner' d'anouji, ijemà akid' ner'. » 

lous ed oujellid', isoud'en ikhf ennes, ouallan essaoualen 
mamex hâd'el illis. 

XIV 

UNE JEUNE FILLE JALOUSE DE SA SŒUR CADETTE 

LA TUE ET DONNE SA PEAU 
A UN BERGER QUI EN FAIT UN TAMBOUR 

Idj ouh'azaou r'eres sebâ tsarrachin, babastents izeddem. 
Harrachin enni ekhsents azououjents. Babastents innasents : 
« Ak'li roh'er' Ihidj. » 

Iroh' iiouasents (iioui asents) sebâ tsour'erd'athin. Inna 
sents : « R'ir ad ouallir' si elhidj, ak'li akemts zououdjer' 
henni mir'er ad'afer' r'eres hiourd'eth helk'ah! » 

Elkoul harrachin enni eggarents aman i hourd'athin en* 
sents. Elkoul hiourd'athin n tsarrachin enni kheserents, 
p'erka n tsarracht enni hamegdouts hek'im helk'ah'. Hamok'- 
rants enni housem, hennas i harracht enni hamegdouts : 
« Aia annaroh' annezd'em. ». 

Roh'ents lami tsizgi, hr'ers as. Ions ed idj ouniltsi, innas 
i harracht enni : hamok'rants : « Sir'ai aglim. » 

Hesir' as harracht enni aglim aiadhel ak'ellal. 



LE DULËGTE BERBÈRE DU GHENObA lll 

lâd'el ts, ibd'a itchats. loas ed babastents n tsarrachin 
enni. Innasents : « Maoi hella oultsemath ouents hameg- 
douts? » Ennants as : « Hrok' akhkham khaltsithner'. » 

lougez ouh'azaoa enni, ioufa aniltsi eoni itchath k'ellal. 
Ik'k'ar oaglim ouk'ellal i ouniltsi enni : « Balek ai aniltsi 
ad'i heddemedM » Islas babas innas i ouniltsi : a Âoued', 
outh! » Hek'k'ar as harracht enni : « Balek ai aniltsi ad'i 
heddemed' ; d'oaltsma id'i r'ersen f houerd'eth hazoug- 
gar'th. )) 

Ik'ebets babas n tsarracht enni. Hek'k'ar as : a Balek a 
baba ad'i heddemed' ; d'oultsma id'ir'ersen f houerd'eth ha- 
zeggart'h. »> 

lioai ts akhkham; isir'its i issis ennes etchathents ouk'el- 
lal. Henni r'ir aigebedhen hek'k'ar as : « Balek! aoultsma 
ad'i heddemed' ; d' oultsma id'i ir'ersen f houer d'eth hazeg- 
gouaith. y> 

Hagebedh ha&Uak' enni, hennas : « Balek I ad'i heddemed', 
et chem (d'chem) id'i r'ersen f houerd'eth hazeggouar'th. » 

Ikker babas, inr'i ts. Ik'k'im aked' iissis ennes. 



XV 



ARRACH AKED' OUOUD'AI 

Idj ououd'ai isr'ara oug arrachen. Koull aseggouas imek'- 
k'iedj. Iroh' ououd'ai enni r'er idj ouah'zaou, Innas : Sir'ai 
memmix as ser'erer'. Isir'as ouah'zaou memmis. 

Oud'ai enni r'eres icht en tsarracht. Henn as i ouarrach 
enni : « Mani tsousid'? » Innas ouarrach enni : « Ousir' ed 
ad'i isr'er. » Harracht enni hennas « Baba ach ienr'. » Iroh' 
ouarrach enni r'er babas innas : <( Oud'ai ikhes ad'i ienr'. » 
Babas oulach r'eres matsa iedj. Ârrach enni innas : « A 
baba, ax çourer' iman inou d'aid'i. Aouai essouk', zenzai. 
Beççah', asr'oun egleb ith. » lioui th babas essouk', ioufa 



112 LE DIALECTE BERÈÈRE DU GHENOÛA 

chra Iroumien, innasen : « Ou hsar'em ech aid'i n eççiadh? » 
Innasen : « K'iist as ini ahezrem mar'ou th id itsaoui ch. » 

K'îisn as ini. Iroh' ouaid'i enni itsazzel iioui th id i Ou- 
roami. Iroumien enni ennan as : « Mchh'al i khesed' d'egs? » 

Innasen : « Khamsin douro. » Igeleb as'roun, nahnin 
roh'en açaidhen. 

Iroh' itsazzel oaaid'i enni lami tsizzi ioualla d' bon Adam, 
Ennan as Ironmien enni : « Ou hezrid'ech idj ouid'i? » Inna 
sen : « Lala. » 

Iroh' r'er babas. loufa hen i cherr. Innas : « A baba! Ay. 
çourer' iman inou d'àoud'iou. » Inn as : « Aouai essouk', 
zenzai. Beççah', egleb d asr'oun. » 

Iroh' ouah'zaou essouk' isgoued âoud'iou enni lami d' 
essouk', imiak'a aked' oud'ai enni. Inn as : a Mchh'al i bel- 
lid' zenouzid' ftoud'iou? » Innas ouah'zaou enni : « Ak'lii 
zenouzir' d'egs s mia douro. Beççah' oux sar'ir'ech asr'oun ! » 
Innas oud'ai enni : « S ousr'oun. » Isir'as id ouah' zaou enni. 

S ousr'oun, lami d'akhkham oud'ai enni iggith g iedj 
oukhkham, r'elk'ents fell as sebâa n tsououra. 

Hous d harracht enni, hat'el f ouâoud'iou. Hàk'el ts, he- 
soufer' ith id berra, heksas asr'oun Ioualla d' hou Adem. 
Iroh' r'er babas. 

lous d Oud'ai enni ik'abel f ouàoud'iou ou ioufi ch d'in. 
Iroh' r'er babas ouarrach enni. Izri th ouarrach enni, içouer 
iman nés tsouk'k'ith. lous d Oud'ai enni içour as d'afroukh. 
Arrach enni içour as d'elbeh'ar. Oud'ai enni içouras d'ichi- 
r'er. Iroh' Oud'ai enni îk'im f icht en tsouk'klth d'i louast n 
elbeh'ar. Housed icht en tsemoujjeth, hsh'ouf ith d'i Ibeh'ar. 
Itch ith elbeh'ar. 

Ioualla arrach enni r'er babas, ioufa th immouth. Iroh' 
iour'aillis Ououd'ai. 



Lfi DULECTE BERBÈRE DU GHENOUA 113 



XVI 



HAH ZAOUTH AK SEN IRBIBEN 

Idj ouah'zaou r'eres sen ouarrachen. Hous ed icht en tsah' 
zaouiL .^'eres hennas : « Khser' ach ar'er' ! » Ikker iour'ats 
ouah'zaou enni. Koull ass ahroh' aheferer' aman. 

Hah'zaonth enni hek'k'ar as : « K'abel d'i oaarrachen enne^ 
tsebbechen d'i hasoath. » 

Hennas : « Kheser' ahaouid' ahen tsek'isd'. » 

Ikker iioui hen ichten tsezzi, i dji hen. loualla d oaah'zaou 
enni. Lah'gen ts id. 

loufa icht en tsefounast, iioui ts id akhkham. Ebd'an tset'- 
t'edhen d'egs ouarrachen enni. Housed harracht n tsah'zaonth 
enni het't'edh akisen. Hesekkits hefounast. 

Hous d hah'zaouth enni hr'resas. Hesou its. Nahnin bed'an 
tsetsen. R'ir atsjebed' hah'azaouth enni al ahjebed' ini. R'ir 
ajebed'en ouarrachen enni, ala iouin d aksoum. Hekker 
ah'zaouth enni hr'eres i ouarrach enni. Hennas i harracht 
enni : « Loukan ahsiouled' achem enr'er'. Hesou hah'zaouth 
enni aksoum, innas ouah'zaou : « Mani illa ouarrach. » 
Hennas : « Ek'k'el mani aiH itsirar. » Bd'an tsetsen. Hebd'a 
hetsrou harracht enni. R'ir ak'isen ir'es ala herfed' sen har- 
racht enni, hegar ihen g oudhran ennes. Hioui hen zoubith, 
hekhzen tsen, her'mid icht en tsekhsaith. Ifler' ed idj ouou- 
froukh sin, iroh' saouen i icht tsegellouts. 

Ibd'a ik'k'ar : « Hamet't'outh m baba hr'eres ai, baba itcha 
aksoum inou. Oultsma hetselaiam eg ir'san. » Ik'k'ar as :' 
« laasfour'. » Harracht enni hek'k'ar as : (( Erni, ai afroukh ! » 

Afroukh enni ik'k'ar as : a Hamet't'outh m baba hr'eres 
ai, baba itcha aksoum inou. Oultsma helegedh g ir' san inou. 
laasfourM v 

Hah'zaouth enni hennas : « la annegadj si sia. » Harracht 

8 



114 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

eaoi iour'a ts ennoam. Roh'en hah'zaouth enni aked' ouah^- 
zaoa ak'k'imen g idj ououmxan. Hekkor harracht enni ou 
hoafi ch imaoalan ennes. Hekker ahroh' ; heggoar lami g 
idj ououmxan, houfa idj oukhkham n tsergou. Hroh' r'er 
thergou hennas : « Matsa housid'ed ah&d'eled' ? » Harracht 
enni ahroh' het't'edh as abebbouch ig ek'k'enen elh'en'e. 
Hennas hergou : « Loukan ou het't'idh ech abebbouch n 
Âli aked' Mousa aksoum ennem d'i leximts, id'ammen en- 
nem d'i jouximts, ir'san ennem at'erdhek'en bh'al errâd' 
oug jenna. » 

Heggits d'illis. Hergou as tini : « Echàal himesi », netsath 
atsekhsi. R'ir astini : « Ou tsagem ech », netsath ahroh' atsa- 
gem. 

Lami d' ichten tsixelts hennas : « A djedd'. Aroh'er' r'er 
imaoulan inou. Hennas : « Matsa haourth r'ir achm esoufe- 
r'er'? » Hennas : « N ouzerf nar' ouourer'? » Hennas : 
« Ouourer' ». 

Hesirets ourer', hesoufer' ts r'er houourth ouourer'. Henn 
as hergou enni : « Beççah' ! R'ir ahaouedhed' t'erf oukhkham 
baba, ekkes Ih'aouaiedj ennem, khemel tsen ». 

Lami hiououdh r'er oukhkham baba, hekkes Ih'aouaiedj 
ennes, hkhemel tsen. 

Memmis oujellid' iàd'el etsrid'. ElkouUroh'en. Hah'zaouth 
enni hâd'el boumlih'i oud'men nés; ahroh' etsrid' oujellid'. 
Hekker harracht enni hsired' oud'emen nés, hiredh Ih'aouaiedj 
ennes ahroh' etsrid' memmis oujellid'. Hh'ouf as harkast. 
Hih'azaouin ek'k'iments hetsek'abalents d'egs. Hlis n tsah'a- 
zaouth enni hek'k'ar as i iemmas : « Harracht aiek h&d'el 
bh'al m ir'd'en. » 

Hebd'a hetsrou harracht enni khat'er harkast ennes hh'ouf 
as, igebets memmis oujellid'. 

Haoualla akhkham, kekkes elhaouaiedj ennes, hkhemel 
tsen. Hâd'el boumlih', hek'k'im g ougrour. Hous d hah'zaouth 
enni. Ad' etchaouis irni memmis oujellid' etsrid'. ElkouU 
roh'en. 

Igoumma aikhthar. Innasen : « Oualou ig ik'k'imen d^i 



LE ÙIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 115 

eddooDith? » Ikker oaah'zaou innas : (( R'erka icht iilli ouher 
thoachi. » 

Innas memmis oujellid' : « Roh', aoui ts id. » Iroh' ioui 
ts id. Harracht enni hennas : a Erdjai d'à! » Heroh', hiredh 
elh'aouaiedj ennes i&k'elts babas. liouits innas : « Atsai ! » 

lour'a ts memmis oujellid'. Hek'k'im aked' babas. 

Netsath hekka ouah'rik' ouahVik', netch ekkir' abrid', 
abpîd*. 

XVII 
IK OUCHAR N LIAMAND 

Idj ouah'zaou izeddem. Idj ouass iroh' aizd'em, ioufa idjen 
lâch d'egs senath en k'ouchar n liamand. Ioui hents ahents 
izenz. 

Ioufa idj ououd'ai, innas : « Ad'i hezenzed' ik'ouchar 
enni. j» Innas ouah'zaou enni : « Mchh'al? » Innas : « S mia 
douro. » Isr'i hents Oud'ai enni. 

Koull ass ah'zaou itsaoui ik'ouchar izenouza. Lami d' ich- 
ten tsi^elts ah'zaou enni iroh'aisafer. lous d Oud'ai enni 
akbkham ouah'zaou enni. Ioufa hah'zaouth innas : « Ou d'i 
hzenouzid'ech ik'ouchar? » Hah'zaouth enni hennas : « Ax 
sir'er' senath bat'el. » Innas Oud'ai enni : (( Khser' achem 
ar'er'? » Hour'a th hah'zaouth enni. Lami d' ichten tsi^elts 
i&d'el iman nés d'amah'lou/. Innas : (( Khser' ad'i r'ersed' 
afroukh aetcher'. » 

Houroud hah'zaouth enni sen ouarrachen. Hekker hr'eres 
i oufroukh. Hesou ith, hsir' ikhf ououfroukh i ouarrachen 
ennes. 

Ouallan ouarrachen enni ah'ekemen d'i hemourth oujellid'. 

Icht en tsixelts, ious d ourgaz n tseh'zaouth enni. Innas : 
ft Matsa ichem iour'an? Hiredhed' bh'al Haroumith? » Hah'- 
zaouth ennis hennas : « Netch mani ich sener' ? » 

Iroh' iggour r'oujellid'. Insa akhkham idj ouah'zaou. lou- 
sed ouah'zaou enni. Isouakka akid'es s^rrachen. loukka fella^ 



116 LE DIALECTE BERBÈRE Dtl CHENOtA 

sen d'egidh, inr'i hen. Innas : « Aroh'er' achedkir' r'er oujel- 
lid'. » 

Iroh' iggour, ioufaidj ouah'zaoa ih'oufas oar'ioul. Innas : 
m Erfed' akid'i. )) Igebed' ouah'zaou enni si hejellalts. He- 
k'ertou. 

Innas ouah'zaou enni : (( Aroh'er' azex chedkir' r'er ou- 
jellid' ». 

Roh'en r'er oujellid' ik'k'ar as : « Netch roh'er' ah'ouser', 
edjir' hamet't'onth inou g oukhkham, iour'a ts ououd'ai. » 
Ajellid' innasen : « Asem atsafem g oubrid' enr'ets. » 

Ah'zaou enni ik'k'im aked' ouarraou ennes. 



XVIII 
HAH'ZAOUTH AKED' OUARRACH D'AHGOUG 

Hah'zaouth enni r'eres idj ouarrach d'ahgoug. Icht en 
tsi^elts, innas iemmas. « Roh' aoui ioug essouk', zenzith. » 
Iroh' ouarrach enni lami d'abrid' isla i t'ekouk itslar'a : 
(( T'oukoukI t'oukonk! » long iroul as. 

Innas arrach enni : « Gelbai ioug inou. » Innas : « Ass n 
eljemà ad aser' adi khelçed'. » 

Iroh' ouarrach enni akhkham, hcnna s iemmas : « Mani 
ellan id'rimen? » Innas : « R'assal ass n eljemà ad'i ikheleç 
t'ekouk. » Hennas : a Midden zenouzan i t'ekouk? » 

Lami d'ass n eljemà iroh isla i t'ekouk. Innas : « Sir'ai 
souarda inou. » Ibd'a ik'k'ai : « T'oukouk'! t'oukouki » Ar- 
rach enni irfed'as inien, itsazzel aouras. Lami isiouodh idj 
oum^an, ik'k'im ibedd. Lami ig ezra t'oukouk ioud'ef g idj 
ououkhboun, innas ouarrach enni : « Ak'li zrir' mani hellid' 
hezedder'ed' ; ass n eljemà ak'li ad ouallir'. » 

Iroh' akhkham hennas immas : a Mani ellan id'rimen ? d 
Innas ouarrach enni : « Ak'li zrir' mani g ella izedder* t'ou- 
kouk. Ass n eljemà aroh'er' ahen d aouir'. » 

Lami d'ass n eljemà iroh' ouarrach enni akhkham n 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 111 

t'ekoak izra ellouiz. Iroh' ouarrach enni irfed' k4il, iroh' 
r'er iemmas. Innas oaarrach enni : « Hezrid' hennid'ai 
t'oukouk oud'i ikhelç ech I » 

Hah'zaoath enni hennas : a Aoaai akhkham n t'ekouk. » 
Innas oaarrach enni : « Hekhsed' ahakered' id'rimen n 
t'ekouk. )) Lami Asamedditb hàd'el as iouzan. Hennas : « la 
annaroh'. » 

Hroh' hah'zaouth aked' memmis lami d'akhkham n t'ekouk, 
herfed' id'rimen. Lami rob'en aked' oubrid' ik'k'ar ouarracb 
enni : « Sers id'rimen n t'ekouk. » Hah'zaoutb enni : « K'abel 
aourax. ^ Ik'abel. Hab'zaoutb enni hek'is as et't'âam. Ibd'a 
ithets. Ih'oul g our'erik'. Irob' ir'zer, ioufa chra midden. 
Innasen : <( Ou fellaouen d h'ouf n ech aman aked' et't'aâm? » 

Midden enni tchathen d'egs. Ikker iroh' akhkham; hsir' as 
immas iouzan. 

Hah'zaouth enni hsezououcht (zouedj th) Ik'k'im aked' 
immas. 

XIX 
LAK'ÇAIETH N BOU HAKRIOUIN 

Sen ih'zaouen d'aoumathen sk'out'ân. Md'aiem tsroh'an 
akhkham oujellid' tsakeren. 

Lami icht en tsixelts, immouth oumas amok'ran. R'eres 
idj ouarrach. Innas ouarrach enni : a Matsa elkhed'emeth 
m baba? » Hennas : a Babax irfed' hak'ezoults. » Iroh' 
ouarrach enni irfed' hak'ezoults aked'ousekin. 

Iroh' lami g idj ououm/an. Izra idj i^erri, iioui h id lami 
d'akhkham, ir'ers as. Ajellid' ibd'a itsah'oues g i^erri enni. 
Iroh' ouarrach enni, ioufa idj en elbir t'erf ennes idj 
ouah'zaou immouth. Arrach enni ik'edhà as ikhf , ik'k'en ts 
g idj ouousr'oun, iâd'el d'i Ibir. Innas : « Netch ig iouin 
i/erri oujellid'. » 

lous d oujellid', lami t'erf n elbir, innas ouarrach enni : 
« Abaia ikhf ixerri. )> 



118 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

Iroh' oujellid' akhkham ennes. lioui d midden bach ahen- 
r'en. Iroh' ouarrach enni ioud'ef akhkham oujellid', irfed' 
ellouiz, iroh' r'er immas, hennas immas i hemet't'outh 
àamis : « Sir'ai ak'eroui. » Hesir' as, houzen ellouiz, hegelb 
as ith. Hek'k'im icht en ellouiz oug ek'roui. Hennas hah'- 
zaouth enni i ourgaz ennes : « K'abel memmis n ouma/ 
iioui ak'eroui iouzen zegs ellouiz. » 

Iroh' ouah'zaou enni r'er memmis noumas. Innas : a Mani 
itsiouid' ellouiz? » Innas ouarrach enni : « Roh' t'erf 
oukhkham oujellid', ekkes elk'ennoud', k'iis idj îini ouilla 
heslid' i elh'aieth hetchernen, ougez. Beççah' ouilla heslid' 
ou hetchernen ech ou tsougez ech. » 

Iroh', ikkes elk'ermoud', ioutha ouk'. K'ith ou isli ch i 
elh'aieth ou hetchernen ech : lougez ouah'zaou, ih'ouf g icht 
en elbetsieth d'egs izzefth, iouh'el ad it'âla. 

lous d memmis n oumas, izrith, iougez d r'eres ik'edhâ as 
ikhf . lous ed oujellid' ioufa ah'zaou oulach r'eres ikhf, iroh' 
r'er mouddeber innas : « Oufir' ah'zaou oulach r'eres ikhf. 
Innas : « Roh' aouith abrid', sers ith, ah ezren imaoulan 
ennes ad asen r'eres abed'an tsroun iid' enni ig ellan d'ima- 
oulan ennes. Iroh' ouarrach enni essouk' isr'a hik'ouchar. 
Iioui hents i hemet't'outh aâmis : Innas : « Roh' aoui ar'ioul. 
Eg d'egs hik'ouchar saouen i our'ioul. R'assal ahaouedhed' 
d'in sengleb echchouari, arezents hik'ouchar; ebd'a etsrou. 
Ad ias oujellid', am iini : « Ouaiek d'oumam nar' d'argaz 
ennem? » As tinid' chem : « Khad'entsai hik'ouchar. Hroh' 
hah'zaouth enni, hiouid hik'ouchar, âd'el tsents saouen i 
our'ioul. Heggour lami i hiouedh t'erf ouourgaz ennes, 
henr'el hik'ouchar. Herzi hents. Hebd'a hetsrou. lous ed 
oujellid' innas : « Matsa chem iour'an, hetsroud'? » Hennas : 
(( Khad'entsai hik'ouchar midden erzints. » 

Isir' as oujellid' souarda id'rimen ahroh' ahoualla 
akhkham. 

Memmis n oumas ious ed d'eg idh iioui th akhkham, 
imt'el ts. 

Ious d oujellid' ou ioufl ch d'in. Iroh' r'er mouddeber 



LK DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 119 

innas : (( Ah'zaou ou illich d'in. » Innas : « Âzen ennâmts 
ahh'oues. » 

Iroh' oujellid' iouzen ts. Ârrach enni izri ts, ikhebets, 
hh'oufed. lioui ts akhkham ir'res as, etchin ts. Iroh' oujel- 
lid' r'er mouddeber. Innas : « Ennâmts ou tsoualli ch. d 
Innas oumeddeber : a Âzen hasekiouth ahh'oues had'ounts 
n ennftmts. » 

Hroh' hasekiouth hetsah'oues lami hiouedh akhkham ouar- 
rach enni. Hennas : « Oulach r'erouen k'iil n tsad'ounts, 
ajellid' hath d'amahlou^. » Hekker hah'zaouth enni, hsir'as 
k'Iil n tsad'ounts. Izri ts ouarrach enni, innas : a Matsa i 
tsiouid' ? » Hennas : « Ëtsour'ai etserer' i had'ounts n ennâmts 
i sidi, hath d'amahloux. Innas ouarrach enni : « la aroh'er' 
amid ernir'. )> Hrob' akid'es. Lami its isiouedh akhkham 
ik'edhâs iles. Hroh' r'er oujellid', innas : a Manai imid isir'en 
had'ounts. » 

Hesnour'nour' fell as. Ik'edhâ s ikhf ennes. Innas : « Ache- 
maien hesk'amard'ai. » 

Iroh' r'er mouddeber innas : « D'ebber fell i. » Innas : 
(( Ou djimr'ech. » lâd'el oujellid' etsrid*, innasen : <( Ounni 
id ikhd'emen elkhed'emeth aiek aiar' ielli. >> 

ElkouU midden ousan d. Ounni r'ir as isiouelen, as ini : 
bachi amma. 

lous d ouarrach enni innas : « Ha matsa i âd'eler'. » Hd'a 
ouarrach enni ik'k'ar as elkoull ouni ig âd'el. 

Sien isir'as illis. lour'ats. 

XX 

HISTOIRE D'UN FtlÉRE QUI TUE SA SŒUR 
POUR L'AVOIR TRAHI AVEC UN JUIF 

Idj ouah'zaou r'ir ad iarou harrachin inek'k'ihents. Lami 
icht en tsi^elts, iourou d idj ouarrach. Iroh' ah ienr', ioufa 
th d'arrach. 

Iroh' aisafer innas i memmis : « Ouilla imma^ hourou d 



120 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

harracht, enr'its, egg aï id'ammen ennes d*i jâboubth. » 

Hourou d immas harracht; iroh' atsienr'. Hebd'a hetsrou 
immas. Hennas : « Manaia a^ isird'en elh'aouaiedj ennex? » 
Tdji ts. 

Iroh' ouarrach enni, igbed' haiazits, ir'ers as, igga id'am- 
men ennes i jâboubth. lioui harracht enni idj en elbir, idji 
its. lous, d babas ; innas : « Matsa i hourou imma^r? )> Innas : 
tsarracht. » Isir' as id'ammen, ibd'a isess. » 

Innas : « Id'aiek, bachi d'id'ammen m bou Adem I » Innas : 
(( Imma hourou d harracht, r'ersr'as ou siner' matsa its 
iour'an. » 

Iroh' ouarrach enni, iioui oultsmas f ouâoud'iou, iroh' 
lami g iouodh idj ououm^an, k'imen d'in akhkham enni ou- 
jellid*. louzn asoujellid' innas : « Roh' seg oukhkham inou! » 
Igoumma. louzn as oujellid' elâsker bach ah enr'en. lous d 
ouarrach enni, ifii f ouâoud'iou ennes, iârdh asen. Innasen : 
(( Matsa khesem? » Ennanas : a Annaroh' r'er idj ouah'zaou 
ah enr'en. » Innasen : <( Netchintsin. » 

It'ah' akisen, inek'k' d'egsen. Ih'akem idjenoug' cherboub. 
Innas : « Roh' r'er oujellid' ad'ierni ekther i ouamma. » 

Iroh' ouah'zaou enni r'er oujellid' innas : « Erni d ekther 
i ouamma. » 

Iroh' oujellid' r'er icht en tsah'zaouth, innas : « D'ebber 
felli ! )) Hennas : <( Roh' azen hasethouts. » 

Iroh' oujellid', iouzen as hasethouts. Innas : « Roh' aoui 
ai d oultsmas ouah'zaou enni. )) 

Hroh', hemlak'a akid'es, inr'i ts. Isla oujellid' innas : 
« Ounni ad'i th idiaouin ah r'nir'. » Idj ououd'aï innas : 
« Netch ath id iaouin. w Iroh' Oud'aïisr'ed elh'aouaiedj, iroh' 
izenouza d'egsen. Lami g iouodh idj ououmyan isesten mani 
g ella izedder' ouah'zaouenni. Senathenas akhkham. Iroh' 
lami ig iouodh r'er d'in. Innas Ououd'ai i hah'zaouth enni : 
(( Ahroh'ed' akid'i r'er oujellid' » Hennas : « louma? » Innas : 
(( R'ir ad ias hinid'as : « Mani hella harouiath enne/? » 

lous d, hennas i oumas : a Netchintsin, ounni ad iasen 
ad'i k'k'enen s clkhidh ousekin inou ammether'. » 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHEMOUA i21 

Hek'k'en ts s elkhidh ousekin ennes. Hennas i Oiid'ai : 
« Ârouah' I » lousd Oud'ai, tchathen d'egs s ousekin ennes 
lami ih enr'in. Khed'an as harouiath, k'iisen t d'i elbir. 

Ousan d chra midden, slin iounazâh d'i Ibir. Soufer'en ts 
id, tskhidhen d'egs. Lami grib aigenfa, innasen : « Mani 
hella oultsma aked' ououd'ai id'i en'rin ? » 

Iroh' ioualla akhkham ennes, irfed' asekin, ik'k'en ts s 
elkhidh. Iroh' iggour lami ig iouodh r'er oujellid', iâd'el 
ichten tsah'anouts izenouza lefhem. Lami d idj ouass ioud'ef 
r'er d'in ioufa oujellid' aked' ououd'ai k'imen. 

Ijebed' asekin ennes, inr'i hen. Oultsmas i&d'el fellas 
himesiy inr'its. 

XXI 

LK'ÇAIETH OUARRACH D'AHGOUG 

Icht en tsah'zaouth r'eres sen ouarrachen^ idj d'ahgoug, 
idj bachi d'ahgoug. 

Immouth ounni ig ella bachi d'ahgoug. Hennas hah'- 
zaouth i ouahgoug : « Roh' aoui hamemts, zenzi ts. )> 

Iroh' ouarrach enni essouk, ik'k'ar i hiroumiin : <c Ou 
s'aremts hamemts? » Bed'ants tchathents d'egs. Iroh' 
essouk', isers its d in, iouaka. Ousan d izan, bd'an tsetsen i 
hamemts. Ikker ouarrach enni, innasen i iizan : a Khelçeth 
ai ! » Ibd'a itchath d'egsen. Ahen iaf saouen i ouksoum 
itchath d'egsen. Ish'oufa aksoum. Ahen iaf saouen i midden 
ala ibd'a itchath d'egsen. Ennanas midden : « Roh', k'im d'i 
houourth, ounni ad iasen ax isir' souarda. » 

Iroh', ik'k'im d'i houourth ; ounni ad iasen as isir', lami 
ik'adha essouk' iroh' akhkham, hennas immas : « Mimi i 
hezenzed' hamemts ? » Innas : « Zenzer' ts i izan. » Hennas : 
(X Izan sar'en hamemts? » Innas : « Ounni r'ir adiasen ala 
isir 'ai souarda. » 

Lami d'ichten tsi/elts iroh' isr'ed ar'ioul, igra sen l&rbâ 
d'i hejlalts. 



122 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

Iroh' iggour, ionfa sen midden, innasen : « Selaoum âli- 
koum! )) Midden enni ebd'an tsnour'en. Ouin ik'k'ar as: 
(( Inna r'i netch » ounnidhen ik'k'ar as : « Inna r'i netch. » 

Âidhen as. loused ouah'zaou enni innasen : « Matsa yevn 
iour'an ? )) Ih'zaouen enni ennan as : « K'abel sen n larbâ ! » 
Innasen : Netchintsin as esir'er' himzin ad'i iarou azerf ; as 
esir'er' ird'en ad'i iarou ouourer' I » Midden enni ennan as : 
« Ou d ar'en tseznouzid'ech? » Izenz ith. Innasen : « Itch en 
tsixelts r'erex, itch en tsixelts p'eres. » 

Lami d'egidh, sir'en as ird'en, soun as ibernas, lami 
d'egidh iourou d ezzebel. Iroh' ouah'zaou enni ad ilaiem, 
ioufa d'ezzebel. Innas : « la annaroh' ahenenr'. » 

Arrach enni innas i immas : (( Âss a ad asen midden ad'i 
enr'en. » Innas : « Â iemm ! am adheler' icht en tsailouth 
hetchour sid'ammen. R'ir ad asen am inir' : « Â iemm! 
Essou i midden ! » Chementsin ou sar'a ch bih flh. Netchint- 
sin achem outher' s elmous. Egg iman ennem hemmouthed', 
netch ad'inir' i Imous : « Sedder ts id, chem ekker 1 » 

Ousan d midden enni, innas i immas : a Khef essou i mid- 
den. » Hemmâdhel immas. louth its s elmous. Hegga iman 
nés s Imouts. Ennan as midden enni : (( Mar'ef i henr'id' 
immax? » Innasen : « Ats sedderer'! » Ibd'a ik'k'ar : « Sed- 
der t id ai Imous ! » Hedderd. Ennan as midden enni : « Zenz 
aner' elmous, netchintsin hamet't'outh inou hesh'ak'arai. )) 

Iroh' ouah'zaou enni akhkham. Midden enni ennan i 
hesed'nan ensen : (( Khefemts essoumts ! » Hegoummants. 
louthi hents s.elmous. Inr'i hents. 

Midden enni ek'k'aren i Imous : « Sedden thents ! » Egoum- 
mants adderents. 

Roh'en midden enni bach anr'en arrach enni. Innas i 
immas : « Aoui ai, méfiai. Adhel ai idj ououkhboun manis 
atsefler' hanefouts. )) Hioui th immas, hemt'el th. Heggas 
akhboun manis atseffer' hanefouts. Ousan d midden ah 
enr'en. Ennan as i heh'zaouth enni : (( Mani illa memmim? » 
Hennasen : a Innmouth. » Ennanas : « Senath aner' anil 
ennes. Hesenath asen ith. » 



Ue DIALECTE BERBÈRE DU GBENOUA 128 

Roh'en midden enni oufan anil nés. Roh*en afellas k'ed- 
doun. Ârrach enni itchouk d'egsen. 

Ikker d ouarrach enni, i&d'el idj ennak*ous g iri nés, iroh' 
itsazzel aourasen. Midden enni ennan : « Onaiek d'argoul » 
Lami i hen isid'ef kham ensen. loualla r'er immas. 



XXII 
AH'ZAOU AKED' CHAD'I 

Idj ouah'zaou itsgemmer. Icht en tsi^elts ious ed idj ou- 
çendouk' ioura fellas : Ounni aiaouin echcher, aiaf eohcher. 
Âh'zaou enni irfed* eççendouk', iioui th akhkham. Irzi th, 
ifler'd idjouchad'i. Innas ouah'zaou enni : « Mani tsousid'? » 
Innas : <( Che/ id1 iouin. » Innas ouah'zaou enni : « Net- 
chintsin d'agellil. » Innas : a Çouourer* setsa sordi. Sar'er' 
zoudj d'ar'eroum, sordi d'elk'ahoua, tselatsa sordi d'elkif. » 
Innas chad'i : « Netchintsin azenouzir', che^ egemmer. d 
Iroh' chad'i igga ichir'eren d'i hejra. Roh'en iouin d ichir'e- 
ren d'i hejra. Iroh' akhkham oujellid' ibd'a ichet'ah'. Heffer' 
d illis oujellid' hennas : « Arouah ! » Iroh' ouchad'i innas : 
(( Matsa? )) Hennas : « Mar'ef i hezenouz'id ichir'er ! » Innas : 
« Netchintsin, elmâlem inou isir' aï ichir'eren mizeg ad 
irarer'. » Hennas : a Matsa ig ekheddem? » Innas : « Limâlem 
inou d' imerfah' kther i babam. )) Hennas : « Ou d'i s ar'ech ? » 
Innas : « Sir'aï id'rimen ak'Ii as inir'. » 

Hroh', hesir'as id'rimen, iroh' r'er Im&lem ennes, isir'as 
setsa sordi. Ad'etchaouis ioualla. Hennas illis oujellid' : 
« Rouah! )) Iroh' r'eres. Hennas : (( Matsa ^(innan? » Innas : 
« Ouir thouchi. )) Innas chad'i : (( Sir'ai d id'rimen ak'li as 
inir'. » Hesir' as. Iroh' r'er elmâllem ennes, innas : « la 
annaroh! » Roh'en. 

Isr'as chad'i elh'aouaiedj. Iroh' igemmedh f oujellid'. Innas 
chad'i : « R'ir ahad'efed' ou tsouks ech irkasen. )> Innas : 
(( Ahafed' elkoursi n ouzerf, idjen ouourer'. » 



424 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

Oud'efen lami d iouodhen, ik'k'im ouah'zaou enni f el- 
koursi ouourer'; chad'i ik'k'im f elkoursi ououzerf. Ensin 
d'in lami ekkerer aetchen. Innas chad'i : « R'ir ad'i hezred' 
serser' har'endjaouith, sers oula tchex (oula d'chex) har'en 
d'aieth. » 

Chad'i ik'k'ar i ouah'zaou enni : « Sers har'endjaieth. » 
Igoumma ouah'zaou enni. Ikkes as chad'i har'endjaieth. Ek- 
keren aouakkan lami d'eg idh ah'zaou enni ik'eddou d'i ha- 
south. Ikker chadi, innas : « Mamexar'en iâd'el ajellid'? » 
Ikker chad'i, iioui d aman isirid. Lami ad'etchaouis ekkeren 
iouiin illis oujellid'. Ah'zaou enni innas : « Mani ats naoui? » 
Innas chad'i : « lal » Iroh' chad'i ioufa icht en tsergou, 
innas : « Â jedd ! Ahnaien nousan d achem enr'en. » Innas : 
Ad'el iman ennem d'i hek'eboucht n elbaroud'. » Houd'ef. 
Chad'i ich&al as himesi, hemmouth, ik'iis t. Ousan d middcn, 
ik' k'im izedder' d'in ouah'zaou enni. Ah'zaou enni itsâiadh. 
« Chad'i istr'ima g oukhkham ! » 

Ichten tsixelts, iâd'el chad'i iman ennes d' amahloux* 
Hebd'a hetsrou hah'zaouth enni. lous d ouah'zaou enni : 
(( Matsa chem iour'an, hetsroud'? » Hennas : « Chad'i im- 
mouth. » 

Ikker ouah'zaou enni, igebed' si hejellalts, ik'iis t. Ikker 
d r'eres chad'i, innas : « Ai h'aouath! » Hebd'a hetsrou 
harracht enni. Hennas : « Netch our'ir' h'aouath! » 

Innas chad'i : n Mamex ig etsour' d'amegdoud' babas iggas 
sen icher'eren ouourer' oug aman mizeg ig tsirar. » 

Icht en tsiyelts immouth chad'i. louodh ouah'zaou enni, 
iemt'elts, igga fellas et't'âm. 

xxin 

AJELLID' AKED* OUOUFROUKH 

Iroh' oujellid' ioufa idj ououllal r'er ououfroukh. Iks as 
ith. Iroh' ououfroukh ioufa ajellid' g oukhkham ennes inn 
as : a Ajellid' iousem ezgi, iks ai ouUal. » lous ed oujellid' 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA ItS 

bach ah ienri Innas oufroukh : « Ajellid' ikhsa ad'i ienr\ 
khat'er iousem ezgi, iks ai ouUal. » 

Iroh' oujellid'. Ibd'a ik'k'ar oufroukh : « Ajellid' iougged' 
ezgi, iougged' ezgi. » 

KouU ass, lami d' icht en tsixelts, igebets, iioui th, iggi 
th d'i hemesi. Ibd'a ik'k'ar : <x Ajellid' iàd'el ai d'i Ih'am- 
mam. n Immouth oufroukh enni. Ifler'ed afroukh ennidhen 
soug addis ennes. Ibd'a ik'k'ar : « Ajellid' i&d'el ouma d'i 
Ih'ammam. » Innas : <( Iousem soug ma. » Lami d' icht en 
tsixelts igebets. Isir' ith î oumchich, itch ith. Iffer'ed ouen- 
nidhen, isnok'ob as hit' oujellid'. 

Iroh' akhkham oujellid', ioufa ouUal enni n oumas, isoua 
zegs, ioualla d'ajellid'. 

Igeleb ounni ig tsour'en d'ajellid' d'anekhd'am ennes. 
Ik'im iour'a illis oujellid'. 



GLOSSAIRE DES RACINES BERBERES 



B : abba^ a. ioubbay porter sur le dos; abba oumax^ porte ton frère; 

I** f. sabba, faire porter; I-X« f. sabbai; II- 1" f. mesabba; 

IV-II-I'* f. t$enuabba; III<^ f. tsouabba^ être porté sur le dos; 

n. d'act. hibebith^ pi. hibebin^ paquet, chose que l'on porte 

sur le dos. 
BBCH : abebbouch, pi. ibebbach^ mamelle, seîu; habebboucht, pi. 

hibebbach^ yerge. 
B TCH L : abetchoul, pi. ibetchal, champignon non comestible. 
B D' : 1<» B D D : bedd, a. ibedd^ se tenir debout; l^ f. sebedd, dres- 
ser; I-IX« f. sebedda; IV-IX« f. tsebedda. 
B D' S : kabid'asty la mauve. 

BRD' : abrid\ pi. %brid*en, chemin; abrid' oudhavj sentier étroit. 
B RR : hiberretSf pl. hiberra^ crottes de chèvre. 
BRS : kabersesti^ pl. hibersessien et hibersessa^ motte de terre. 
BRK : I** f. sberken^ noircir; !•» B R^ * aberyany pl. t-en, noir. 
BZ G : ebzeg^ a. ibzeg^ être mouillé; \^ f. sebzeg, mouiller; I-VII« f. 

sebzag; IV-VII® f. tsezag; n. d'act. abzag. 
BCHCH : bechch, a. ibechch^ uriner; IV« f. tsebechch; I'* f. sbechchy 

ibechchan^ urine; haskiouth mi bichchan, insulte adressée 

aux négresses. 
BR' : hahr'a, mûre. 

BR'N : habr'ounts, pl. hibr'ounin, trou pour le foyer. 
BR'NS : haber'ennisty fleur des champs. 
B R'I : abr'ioUf pl. ibr*ia, nom d'un oiseau. 
BK'S : bik'es, a. ibik'es, briller; IV-V1II« f. tsebik'is. 



128 LE DIAIiECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

BL : abely pi. abliouen, cil; abel n tsit\ cil; abel n tsejerthilu^ 

brin de diss ou d'alfa d'une natte. 
BLLZ : abellalouz^ asphodèle. 
BOUCH : (oticA, a. t&ottcA, ramper (serpents, escargots, insectes); 

IV« f. tsebouch. 
B OU K : 1^ B OU X '• habouxtà^ pi. hiboux^hiny chouette. 



T : 1® T S : etsou^ a. ilsouy oublier ; IV" f. tsetsou, 

T N : 1<* T S N : atsin^ph atsinerif cruche. 

TOU R' : !• TSOU R' : Isour", être, se trouver. — Se décline avec 

les pronoms régimes directs : tsour'ai, Uour'ich, tsourHth, 

Uour*aner\ ttour'ixem^ tsour*ithen. 



TH 



TH B R : !• D' B R : a^ebir, pi. id'bireriy pigeon. 

TH R : ithri, étoile, pi. ithran. 

TH R : !• TS R : etter^ a. User y mendier; IV« f, tsetser; amatsar, 

pi. t-en, mendiant. 
TH M : athemoun^ pi. itheman^ âge de la charrue. 



DJ 



DJ : edj, a. idja^ laisser; 1V-IX« f. tsedja. 

DJ D' D' : !• J D' D' : ajd'id\ pi. i-en, fauvette; hajdHts, pi. Aijrfi- 

d'm. 
DJ H\M M : hadjh*amoumtSf pi. hidjh'amamj merle. 
DJ L : adjal, pi. i-en, veuf; hndjalts, pi. hidjaliriy veuve. 
DJ LL : hajelalts, pi. hijoulal, queue. 
DJ OU N : djioun^ a. idjiouerïj être rassasié; l'* f. idj%ouen\ IX« f. 

djacuan. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 129 



TCH 

TGH : etehy a. itcha, manger; ['• f. setch^ faire manger; I-IX« f. 
seteha; 11* f. metch, être mangé; IV-IX« f. tsemeieha. 
S* TH TS : theU, manger (f. d*habitude). 
TGH R : etchar^ a. itchourj remplir; IV* f. tsechar. 
TCH L : atchil, lait aigre. 
TCH N F R : atchenfir, pi. i-en, grosse lèvre. 



H' 

H' R CH : h'arrouch, l^ortie. 

H'RJM : kaKarjoumts^ la gorge. 

H'ZOU lah^zaouy pi. iKzaoueny homme, adolescent; hah^zaouth, 

pi. At'A'zaoïiin, femme, jeune fille. 
H'GHCH : ah'chouch, pi. ih'chouach^ poche des vêtements de 

femmes. 
H'L : ah'el, être fatigué, a. iouh'el; IV* f. tsah'el; \^ f. sik'el. 
H*LK'M : hah*alk*oumtSf la pomme d'Adam. 



KH 



KH : 1* R' : ar^i^ lait; arH n tsetHr^demls^ plante au suc laiteux. 
KH B : kakhabithf pi. hikhoubaî. 
KHS:1*S: Awa, foie. 

KHS ; ekhet^ a. ikhes, aimer, vouloir; I-Il* f. mesekhs; IV-Il-I"' f. 
Umesekhes^ s'aimer; III* f. tsouakhes^ être aimé. 

1* R'S : har^aousaf pi. htr'aousiouiriy chose, objet. 

2* R' S : ^'a«, forme intensive. 
KH S : hikhsiy pi. hik/uiouin^ brebis. 
KHS : ekhri, a. ikhsi, être éteint; k* f. sekhsi, éteindre; I-VII* f. 

sekhtaû 
KHSI : hakhtaithy courge. 
KHCU : khaoueht, pi. ikhaouchan^ figue sèche. 
KH M : (ûchkham, pi. t-^n, chambre, maison. 

9 



iâO Lfc DIALECTE BEttËÈRE Dt CHENOtJA 

KH N TCH R : ikhentchourerij morve. 

KHOUF : !• H' OU F : h'ouf, a. ih'ouf, tomber; 1" f. sh'ouf, faire 
tomber; I-IX« sh'oufa; IV.IX« f. Uh'oufa. 



D a* : hadder'th, pi. hiddar', aisselle. (En louareg : tider'dek'). 
Cesi aussi le nom donné à la gerbe formée de trois autres 
petites gerbes attachées ensemble que Ton peut porter sous 
le bras. 

D M R : edmer, pousser, jeter. 



D' : hid'ij sueur. 

D' : 1* D : midden^ gens. 

D' R : houd'rin, pi. de haddarth, 

!• D R : edder, vivre; I" f. sedder, faire vivre; 1V« f. tsedder; 
haddarthy cour intérieure comprise entre les différentes 
constructions d'une habitation ; haddarth n elmaly écurie. 

D'R : ad'er, a. ioud^evy descendre; I-VII* f. sidder^ abaisser; 
I.VI1« f. s%ddar\ IV« f. tsedder. 

D*R : oudWou^ barrière, palissade. 

D*RR : ad'rar, pi. tdVaren, montagne; aoud^rari, montagnard, 
pi. ath oud^rar. 

D' RS : drousy peu; edrous fellax, tu en as un peu. 

D' R R' L : ad'err'al, pi. i-eny aveugle ; I" f. td'err'el, aveugler; 
I-VIl* f. sd'err'aL 

D* R' : idW\ pi. id'er'erij poignée d'épis, petite gerbe. 

D' R' R' : hadVar'ay pi. hid^r'ar^ouin^ surmulot. 

D'F : adef, a. ioud'ef, entrer; IV« f. ttad'ef; I" f. tidef, intro- 
duire; I-VII« f. tad'af; n. d'act. asid'ef^ introduction. 

D' F L : àd'fel, neige. 

D'K : l"f. hid'exth, fruit du lentisque. 

D'KL : I« f. sd'oukely se fiancer, lier amitié; I-V111« f. sd^oukoul; 
n. d*act. asd^oukely fiançailles; amd*oukely pi. imd'oukal^ 
compagnon. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOtJA 13i 

D' L : id^lif pi. tcT/iouin, ruban pour attacher les tresses des petites 
filles. 

1* LD' : ild'ith, tresse de palmier servant à la fabrication des 
palmiers. 

2* D' R : eéCer, tresser. 

3« D R : eddar, VI-VII* f. ; IV-Vl-VII» f . tseddar. 
D'LS : adules, diss; ed'les, couvrir avec du dîss; VI* f. d'elles. 
D' M : id^ammen, sang. 
D'MR : ad'mar^ pi. id^mareny poitrine. 
D' N : ad'afiy intestins. 
D' OU F : hadhoufth, laine. 



R : hariouthf largeur; miriou, large, pL imiriouen. 

R : ariy a. iouray écrire; IV« f, tsari; hira^ étriture. 

R : rou^ pleurer; 1V« f. tsrou. 

R TGH : haratcha^ pi. hiratchouin, filet. 

RD' : irid\ être lavé; IV» f. tsirid'; I«» f. tired\ laver; f. h. sirid'; 

n. d'act. cuired^j la lessive. 
RD' : !• RDH : iredh, revêtir; IV« f. tsiredh; !'« f. siredh; I-VIIT. 

saradh; II-l'* f. emsiridh; IV-II-I" f. tsemsiridh; aroudh^ les 

vêtements. 
R D' : ird'en^ blé. — Variétés : elh*amray elfasi, athountsi^ elber» 

nifuiy imelialeny àouricha, elmarouani. 
RR : irar^ jouer; 1V« f. tsirar; hirarth^ jeu. 
RR : err, a. irraf rendre, vomir; 1V« f . tserra, hirira^ vomisse- 
ments. 
RZ : erz, a. irza, briser; VI® f. rezz, 
RZG : amerzagou, pi. imerzouga^ amer. 
RZM : erzem^ ouvrir; herezemethy paquet de vêtements. 
RS : erf, a. tersa, être déposé; 1^ f. sers, déposer^ descendre; 

I** f. I-VllI-IX* sei'ousa, arsad'y pus, humeur; hamersiouth^ 

le dépôt. 
RS : areSf a. iouresy avoir des dettes; I-IX® f. tsaresa; amrouas, 

i-eUf dette. 
RS L : herselts, pi. hirsal, montant vertical qui supporte la toiture* 
RDH L : erdhely prêter; Vl« f. reVt'el; ardhal, le prêt. 



132 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

R J P : erjef^ être eûragé (chien), a. irjef; arjef, la rage. 

R R' : !• RG : erga^ allumer du feu; Vl« f. regga, allumer du feu; 
1" f. serga^ cautériser. 
2^ RJ : hirjets, {d. hirjiriy braise; hirjets n tsefsouth, le souci 
(ûeur). 

R R* L : harar'lùy pi. Atrar'/iotiin, champignon comestible. 

RK : 1" Rx : hariyth, pi, hirv/ihiouin, selle. 

RKS : arkatf pi. i^en et harkast, pi. hirkasiny chaussure. Le plu- 
riel signifie aussi somme remise en cadeau par le fiancé à 
sa belle-mère dès qu'il a été agréé par la famille. 

RKL : erkel^ fermer une porte, la caler avec une traverse; VI* f. 
rekkel] l^ f. serkel; arkal^ pi. i-en, loquet de la porte, 
poutre que Ton pose à l'intérieur contre la porte pour la 
fermer. 
2® RDJL : Àared[;a/^«, ancienne fermeture de la porte, aujour- 
d'hui disparue. 

RG : harga^ pi. hirgiouirij rigole. 

RG : ar/t, a. iourja, rêver; IV« f. isarjx\ hirja^ le rêve. 

RGZ : argaz^ ien, homme. 

RGG : 1^ RJJ : erjiji, trembler; 1V« f. tserjiji. 
2<* RZS : airzis, pi. irzas, lièvre. 

RGOU : argou, pi. irouggouarij diable, mauvais génie. 

RN : ernij a. tmt, continuer, nattre, ajouter; Vl^' f. renni, 

RN : aren, farine. 

RN : arioun, bouillie. 

RN : amaiethy pi. irounairij coussin placé entre le cou des bœufs 
et le joug. 

ROU : arou, a. houroud, enfanter, accoucher, pondre; IV* f. 
tsarou; I»* f. sourou; haroua, postérité. 
t* RR : arraou, enfants; an^ach, pi. arracheriy garçon; har- 
rachty pi. harrachm, fille ; karraouth^ accouchement. 

ROU : erouiy être trouble (eau); IV« f. tserouai; I'* f. serouiy trou- 
bler; l-VIl« f. serouai; n. d'act. aseroui. 

ROUTH : I" f. seroueth, dépiquer le blé; l-VIl* f. serouath; 
n. d'act. (iserouethy dépiquage. 

ROU S : arousy pi. irouseriy poulain. 

ROU S : troues, a. iroues, faire paître; 1V-V1I« f. tseras, 

ROUL : erouel, fuir, s'enfuir. 
1» RGL : tsrouggaly f. hab. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 43e 

ROUI : aroui, pi. arouieny porc-épic. 



Z : hiiithf une mouche; iziy pi. izan, mouche. 
1* ZZ : zizouith^ pi. hizizoua, abeille. 
2* R'ZZ : ar^tezziy pi. ar*zeza et ir^zezathefiy guêpe. 
3* KH Z Z : ekhzezeti, guêpe. 
Z:1*ZZ: Aùzt, fiel. 
Z : fnzij pi. hiziouin, colline, mamelon. 
Z D* : azd't, pi. izdHan, fuseau pour filer oulman; hazd'ith, pi. 

Aizifnn, fuseau pour filer otutou. 
Z D\- 1» Z D D : hazeddi, la finesse. 
ZD'R* : ezd^er\ habiter; kamezd'ir*thy habitation. 

2o Z D R' : YI« f : zedder' ; azedder^, pi. izeddar\ habitation. 
Z D' M : ezie m^ couper du bois ; hazd'emts, fagot, paquet. 

VZDM : Vh f. zeddem^ azeddam^ t-en, bûcheron. 
Z DJ : zidjj pi. izadjen^ pieu. 
ZR : azrou, pi. tzrouen, rocher, grosse pierre. 
Z R : hazi*a^ pi. Aizerouin, corde végétale. 
Z R : l^' Z OU R : azour^ pi. tzouran, racines, veines. 
Z R : tzar, précéder, marcher en avant; IV® f. tsizar, 

1^ ZGR : amezgaroUy pl. imezgoura^ premier. 
ZR : zer, a. izer^ voir; 11* f. mzer, être vu; VI* f, zerr^ voir; 

kizriy la vue. 
Z R : hazartk, figues (collectif : hazartk iiroumien, figues de Bar- 
barie. — Variétés de figues : hazzarth tsamellalls, h. 
mir^hlouly A. ouâddi, h. ouhorri^ h, moujemidh^ A. hiVn 
tsekourth; i^ figue : hisemtith; dernière figue : akhrerfiih. 
Z R Z : zarez^ pl. izarzioueriy cheville d'environ 50 centimètres de 
longueur qui sert à réunir a^Vi; et haregla du métier à tis- 
ser. 
ZRZ6 : azergouQy pl. izergag, raton. 
Z RF : azref, argent. 

Z R M : l^' Z R M M : hazermemouith, pl. hizermemouin, lézard. 
ZZ : azezzoUf genêt épineux. 
ZZ : izzariy excréments humains. 
Z Z : hizezithj barbe de l'épi. 



434 Lfi DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

Z Z R : hazzerth^ pi. hizzar, fourche pour vauner le blé. 

ZDH : ezdk, a. izdha, moudre; Vil* f. ladk, 

Z DH : lo ZT' zeet\ tisser; azeVVa, métier. 

Z R' : hizer'ouin^ maisons construites en pierre. 
1<> ZK* hazek'k'a, maison. 

Z R' : hazourUh, grain de raisin; hizourHn^ le raisin. 

Z R' L : azr'aly chaleur. 

1<> Z L : azil, le jour, le plein soleil. 

Z R' L : hazer'oualU^ petite plante aux fleurs bleues et violettes. 

Z K R : azekkour^ pi. izekkarj grosse poutre. 

Z G : azeg, a. iouzeg^ bouillir; 1V« f. tsazeg; I« f. sizeg^ faire bouil- 
lir; I-VII* f. sizag\ n. act. aizag. 

ZG : ezeg, traire; IV*» f. tsezeg; n. d'act. azoug et azag, la traite; 
mazagthf pi. himazagin, le pis. 

Z G : hezgi^ pi. hizgouin, forêt, broussailles, arbre. 

Z G D* F : bouzegd'ouf, ortie. 

ZGD : loZOUDH : hazoudha, pi. Aizoudfttn, plat en forme de 
coupe. 
2<> Z 1 OU : zioua^ pi. Amouin, plat. 

Z G R R : azegrar, pi. i-en, long ; kazegrerthy longueur. 

ZGZ : azegzay pi. izegzaoueuy bleu, vert; abouzigzat pi. iiouzt^- 
zaouen, verderon. 

ZGL : zaglouy pi. izaglouen^ joug. 

Z L : azz«/, a. iouzzel^ courir; IV» f. tsazzel; I'® f. sizzel; I-V1I« f. : 
sazzal; hazela^ la course. 

Z L : hizliihy céleri sauvage. 

Z L : az/ou, pi. izlouen, levier, barre à mine. 

Z L M DH : azelmadh^ gauche (masc.) ; hazelmats^ gauche (fém.). 

Z M R : izmer, pi. izmaren^ agneau. 

Z M R : azemmour, pi. t-en, olivier. 

Z N : azen^ a. iouzen^ envoyer; IV« f. : tsazen. 

ZN : zizen^ a. izizeriy se chauffer; zizner* r'er fouilhy je me suis 
chauffé au soleil. 

Z N Z : zenzouy clématite. 

ZNZ R : zinzer pi. t-en, gros scarabée, bousier. 

ZOU : ezzouy planter; a. izzou; 1V<» f. tsezzou. 

ZOUR : azouavy gros, grossier, épais; hazouriy grosseur, épais- 
seur. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 135 

Z OU R* : azouf^j terre rouge que l'on mélange avec la bouse de 
vaches pour recouvrir les maisons. 

1® ZGR' : azeggar\ pi. t-en, rouge. 

2<> Z 6R : kazouggarthf pi. hizouggarin^ jujubier. 
Z6N : azgen, pi. izgenan, moitié. 
Z L : ezzel^ a. izzel, tendre la main ; IV* f. UezzeL 

2o Z D : I'« f. souized, même sens; I-VlI-IX* f. souazada. 
Z M : ezm, a. izma, tordre (le linge) ; VI-X« : zemmù 
LI : izzi, a. iezzi, griller (le grain); IV* f. tsizzi. 



J R : kajroutSf pi. hijrouath et hijrouathin, grenouille. 

J R : hajra^ pi. hijerouin^ assiette. 

J J DH : amejjoudhf galeux. 

JG : ejeggou, bêler (brebis) ; IV* tsejeggou; hikhsiouin jeggouents^ 
les brebis ont bêlé. 

J L L : hajUlUk^ gâteau fait avec de la semoule et du miel. 

J M DH : ajemadh, partie de la partie où l'on se tient habituelle- 
ment; isejemadh, cheville qui fixe le joug à l'âge de la 
charrue. 

JM N : ijimariy nuque. 



S : 01, a. iousa\ IV* f. i$as^ venir. 

STSN : setsen, a. iselsen, aboyer; asetsen^ pi. t-en, aboiement. 

STHR : sathour, pi. isouthary poutre transversale qui repose sur 

les deux pignons de la maison. 
STHL : 1* STL : hastelts, ombellifère à fleurs blanches. 
SD'N : hised'nan, femmes. 

SD'N : soiuPeny embrasser; VIII* f. soud'oun; n. d'act. asoud'en. 
S R : hcLsirth, pi. hisira^ moulin, dents molaires. 
SR : hasraithj pi. hisraien^ collier en corail. 
SRP : hcLsrafthy pi. hisourafei hisrafin, silo. 
SRP : souref, enjamber; VIIl* f. sourouf; sourifth^ pi. hisourifin^ 

pas, enjambée. 



136 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

S S : ass, jour, pi. oussan. 

l*» S G S : aseggouasy pi. t-en, année. 

S S : iessisy sœurs. 

SSTN : sesien, demander, interroger; VIII* f. sestoun. 

SSM : sousem, se taire; V1II« f. sousoum. 

SSN : sasnou, pi. isasniouin^ arbouse. 

SDH : 1*» ZDH : hizedkouin, rameaux, pi. 

2» Z T' : hazeCVa^ rameau, balai. 
SDHL : 1^ ST'L : seVVel, raser; n. d'act. aseffel. 
SR' : Ur\ pi. isr'aoueny oiseau de proie. 
S R' D' : e9r*ed, écouter; VI1« f. esr'ad\ 
SR' R : asr'ar, pi. isr'aren^ charrue. 

SR'N : asroun, pi. isr^ouan^ corde végétale; heVCef asr^oun^ elle 
commence à accoucher; hemmouth s otur^oun^ elle est morte 

en couches. 

SK : askiou, pi. isekiouen, nègre; haskiouth, pi. hisekiouin, né- 
gresse. 

SK : sakouj pi. isakan, tellis. 

S K R : 1° CH CH R : hickcherthy ail, coll. 

SKR : 2*» CHGHR : ichcher, pi. achcharen, ongle, griffe. 

S K R : hasekourth, pi. AiseiArourtn, perdrix ; amesifeg n tseskourth, 
perdreau. 

S G : asgaou, pi. w^owcn, sac en palmier nain renfermant les pro- 
visions de la maison. 

SGL : bousagel, le jarret, pli sous le genou. 

SGN : hisegnith, aiguille. 

1»SGNF : hisgenfaouHrij pluriel. 

SGN : asignaj nuage. 

S F : asaf, pi. isfouen, piège, lacs. 

SFDH : asfedh, pi. isefdhan, tison. 

S L : hasili, pi. hisiliouin, pièce de bois qui glisse dans le sillon et 
porte le soc de la charrue. 

SL : asliy fiancé; haslithy fiancée; poupée. Ge dernier nom reste 
à la nouvelle épouse et signifie bru. Uasli ne garde son 
nom que 7 jours, pendant la durée des fêtes du mariage. 

SL : esely a. w/a, entendre; VI-VIl® f. sali. 

S L B : asellebou, pi. iselleba, jonc ; souk elârba isellebaj nom donné 
à l'ancien marché des Ichenouaien et qui se tenait dans un 
terrain mar«^cageux couvert de joncs. 



LE DIALKGTE BERBÈRE DU CHKNOUA 137 

SLR* : ha$liour*a^ pi. hislir^aouin^ caroubier. 

S L M : lo Z L M : hazlemtSy pi. hiielminy murène. 

S M : samoUy pi. Uamouen et ùouma^ oreiller. 

S M : asem, a. iotisem^ être jaloux; IV« f. tsasem, 

SM DH : semmedh, refroidir; asmoudhi^ la fraîcheur; asemmxdh, le 

froid. 
SMG : l^SfUJ : nègre, esclave : isemjan. Ce pluriel est inusité. 

On le retrouve dans un nom de fontaine : hala isemjan, 
S M M : semamath^ lèvres. 
SM M : asemmam^ aigre; hasemmountSj oseille. 
SN : 5tfn, a. issen, savoir. 

SN : isnij pi. isnaieny panier en palmier nain; kisnitk, petit panier. 
SNTH : senath, montrer; Vl« f. sennalh. 
SNN : asennan^ pi. t-en, épine; asennan ouour*ioulf le chardon; 

kasennants, oursin. 
S H R : shouVj braire (àne), shouroui. 
S H OU : shououi^ chanter (coq). 
SOU : esouj a. issou, étendre sur le sol; 1V« f. tsesou; hasouth, le 

lit. 
SOU : esou^ a. isoua, boire; f. d'h. : sess; 1« f. sessoUf abreuver, 

arroser; f. d*h. : sessouai, 
SOU L : hisouUa, légumineuse à fleurs rouges, sorte de trèfle. 
SOUN : hasiotiantSj pi. hisouanirif oiseau de proie. 



CH 



G H F : ehafith et fachith^ pi. hifouchaiy pierre d'un chemin contre 

laquelle on peut buter en marchant. 
CH KP : achekoufy pi. ichekfan, carapace de la tortue. 
CH LR' : achlour\ pi. ichlar\ jeune lièvre ou jeune lapin. 
CHMTH : echmetk^ être mauvais, méchant. 
CH G : echeheg, a. icAcAe^, glisser; IV-VII« f. lsichchag;tchchag, lieu 

glissant. 
CHNP : kachenafith et hachenafih, moutarile jaune des champs, 



138 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOOA 



DH 

DH : !• r : hit\ pi. hU'aouin, œil. 

DH : idhf nait, ce mot De s'emploie que daos TexpressioD d'egidhy 

dans la nuit, pi. d^egidhen. 
DHR : dhar; p]. idhareriy pied. 
DHRN : adhran, le giron. 
DHS : idhesy le sommeil; l'^' f. sidhes, endormir. 

!• r r S : êtres, dormir ;'V« f. thefVes. 
DHDH : dhadhy pi. idhoudhan, doigt. 
DHDH : 1* TDH : et'Vedh, être allaité; l^ f. seVCedh, allaiter; 

I-VIII^ f. seeVoudh, 
DH F : adhoufj la moelle. 
DHFR : edhfer^ suivre; n. d'act. : adhfar. 
DHOU : !• D'OU; ad' ou, veut. 



rs : !• T : atia, beaucoup. 
TY : eeCef, a. iVCef, saisir. 



ÇRDH : açroudhy pi. içroudkan, intestins. 
ÇÇ : eççj a. içça^ rire; f. h. dheçç. 



ÂBDH : 1* ÂBTS : haàbhouU, nombril. 

2* J A B DH : ajaboudk ouioug^ le membre du bœuf. 
À D S : aâddisy ventre. 



R' : ar\ a. tour'a, prendre, épouser; 1V« f. tsar'; tsar'en Quamany 
il pleut. 



LK DtALEGTE BERBÈRE DU GHENOUA 139 

1* SR' eser\ acheter; VII« f. sar*; a. i9f^a; iir\ a. iHr^ don- 
ner; IX« f. sar^a. 

R' : f^at\ pi. tr'ei*£'tfn, chèvre. 

R'D* : ir'ûf, pi. i-en; chevreau; irHdets ououzr^al, pi. ir'id*adh 
ououzr^aly gazelle. 

R*D' : ir*ed\ cendres. Le pluriel ir'd'en est employé dans l'ex- 
pression : m ir'd'en pour mi ir'd^en : celle des cendres; 
nom donné à la fille maltraitée par sa mère, qui vit à l'écart 
de la famille. 

R'R : er'er, a. trVa, lire; I" f. sr'er^ apprendre, enseigner; 
I.VIHX« f. sr'ara, 
1<> K' R : k'ar, dire, parler. 

R'R : 1« f. sr'er, sécher; VII-IX* f. sr'ara, 

1<> K'R : ek'k'or^ être sec; bouiek'k'or^ le tibia. 

R*RD* : ar'erd^ay pi. irerd*aien^ rat. 

R'RD'M : r*ird'emlSf pi. hv''ird'emaouinf scorpion. 

R'RS : armeras, pi. ir^erasen^ ruche» et aussi sorte de panier cylin- 
drique très léger confectionné avec les tiges séchées de la 
férule {amrabeth). 

R' RS : r'eretf égorger. 

R'RDH : har^eroutSj pi. ir'erouadhj épaule. 

R* R R' R : ir^arr'arth^ pi, kir^atr'arin^ trou. 

R'RK : r^erka, excepté, si ce n'est... 

R*RM : ar'eroum, pain. — On trouve : ar^eroum en tsemzitij pain 
d'orge; ar*eroum ibaouen, pain de fève. — himezlag, mettre 
de la semoule dans le djefna. Verser de l'huile et mélan- 
ger avec du sel. Pétrir, arrondir, aplatir la pâte. Mettre 
dans le plat (fan). — ar*eroum imbesses, comme précé- 
demment, mais avant de faire cuire, repasser la pâte dans 
de la semoule. — ar'eroum n emedhloud : se fait avec du 
levain. — hayniftk, grande galette. — hangouUs^ petit 
pain rond. 

R'RCH : 1-Vlll« f. sr'ourouch, ronfler. 

R' R M L : r'irmoul, taureau. 

R'Z : er'Zj creuser. 
!• K' Z : k'az f. d'h. 

R'ZR : ir'zeVy pi. ir'ezrariy oued; hir'zerth^ pi. kir'ezratkin^ ravin. 

R' S : ir*es, pi. ir^san, os, noyau, carapace. 

R*SM R : ar'esmar^ pi. i-«n, mâchoire. 



1 



140 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

R*El*B : ar'er'abthy pignon; ar'er'abih ounaoun^ pignon du haut; 

ar'er'abth otuxdda^ pignon du bas. 
R* F : lo KH F : ikhf, pi. ikhfaouen, tête. 
R'R*TH : irWathin, you-you; ser^er'eth, pousser des youvyou; 

I-VIIe f. : serWath. 
R* L : ir'li, tomber dans une rivière, dans un trou ; IV« f . tsr'ili. 
R'L : rHl, pi, ir'allen, bras; sour'ily de force. 
R'LS : ar'ilas^ pi. ir^ilasen, panthère. 
R' L L : xr'elelf chaume, tige des céréales. 
R'LL: ar'elaly pi. i-eriy escargot; ibour^elalefiy coquillages, nom 

donné par les Beni-Menacer aux Ichenuouaien, parce qu'ils 

ne touchent pas aux œufs. 
R* LI ; I'« f. ser'li, faire monter, soulever. 
R- M : IV-IX* f. tsr^ima; I" f. sr^irriy faire asseoir; I-IX* f. : sr'ima, 

2<> K* M : k'im, s'asseoir, rester. 
R' M : har*ma, pi. Air'mtoutn, cuisse. 
R* M B : ar*emboub, pi. ir'embab, bec. 
R* M S : hir'mestf pi. hir'maSf dent. 
R'MS : har'emoust, pi, hir^emousin, séneçon, pissenlit. 
R'N : 1» K' N : ek'k'en, attacher; 1V« f. tsek'k'en. 
R'NBL : ar'enbal^ liège, écorce du bouieth. 
R'NDJ : ar'endja^ pi. ir'endjaieny grande cuiller; har^endjaiihy 

pi. hir'endjaouin, cuiller. 
R'NJ : r'ennej, se lamenter; IV-VII« f. tsr'ennij. 
R*NM : r'antm, roseau, pi. ir'animen, 
R' I Z : ar'iez, pétrir. 
loR'GZ:r'i^f>z. 
R'IL : ar'iouly pi. ir*ial, âne; harHoults, ânesse. 



F : af, a. ioufa, trouver; IV« f. tsaf. 

F : lo FOU : faouth et hafaouth, lumière. 

2o F OU l : fouith et kafouith, soleil. 
F TH L : afithalj partie de la maison où Ton dort. 
PD' : foud\ geoou. 

l» FD D : ifadden, genoux; ifadden n tsemzin, bases de la 
feuille engainante de l'orge et des céréales. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 141 

F D' : fad\ a. ioud\ avoir soif; IV» i%fad: ; n. d'act. affad\ la soif. 
FD'N : hifed'neth, pi. hifed'nin, orteil. 

1<> F N DH : hafenedheth pi. hifendha, orteil qui se trouve en 

arrière du sabot des bovidés. 
FR : afer p[. ifraouen^ aile de l'oiseau; hifrith, pi. kifrai, feuille 
de palmier nain; kafrouith ououchen^ glaïeul des champs; 

xferdHous, pi. iferdHouas^ raquette de cactus. 
1® J FR : jifer pi. ijaferioun et ijifraouen, pan d'un burnous. 
On dit : idj ouijifer, un pan; jafriouth n tsemessi, pi. ija- 

friouenf étincelle. 
F R : i/H, pi. t/ran, caverne. 
F R R : hafrarthy crème. 

FRG : afrag, haie formée d'épines, de lentisques, etc. 
F Z : effezy avaler; IV« f. tse/fez, n. d'act. a/faz. 
F S : ifisy pi. ifisen, hyène. 
F S : fouSf pi. ifasseriy main; hafowt, pi. hifoustifiy mancheron de 

la charrue; ai fous, droite ; ioualla f ouaifouê^ il ebt adroit. 
PSI : e/sj, être fondu; Vl« f. /««iri; 1" f. sefiiy fondre, dénouer; 

I-YII® f. sefsai hafsoutk, printemps. 
FDHS : fadhis, pi. ifadhisen, lentisque. 
F DHL : hafidhelif pi. hifedheliouin, mouche, touffe de poils. 
F R' R : fir'ery pi. ifir'ariy serpent. 
F R DH : feredh, balayer, VI« f . ferredh. 
FRG S : fergesj chardon. 
PRN : efren, chercher des poux. 
FF : afef, a. ioufef, être tamisé; IV« f. tsafef; !« f. sifef et siff, 

tamiser. 
FF : I" f. sfouf, faire gonfler, ramollir dans l'eau du maïs, des 

fèves avant de les faire cuire. 
1» F : ouf^ a. ioufa, être gonflé, par extension bouder; arrach 

a ioufay cet enfant boude; l»"® f. $ouf, a. isouf, go:ifler en 

soufflant (une vessie, les joues, une bête pour Técorcher). 
FFD' : !'• f. $foufed\ tâtonner; 1-VI1I« f. sfoufoud\ 
PFR : effer^ cacher; V« f. iheffeT\ houfra, la cachette. 
F P R' eifer\ sortir ; V« f. theffer' ; I'^ f. soufer' ; I-VIlh f . soufour' ; 

II1« f. isouafer* asoufour' n. d'act. de la I"» f. expulsion. 
FFI : e/jlf, a. if fia, suppurer (un abcès); IV- VU® f. tse/fai; I" f. 

seffi^ faire suppurer; 1-lX® f. se/fai hagermamts heffia s 

ouarsad*, l'abcès suppure. 



142 Lfi DIALECTE ËERBÈRE Dt CllENOtA 

FGG : 1<> FJ J : afejaj^ pi. i-eti, pièce transversale du métier à 

tisser : afejaj ouadda^ afejaj ous(ioun. 
F G : afeg, a. ioufeg voler (oiseau); IV« f. Uafeg ; !'• f. sifeg. 
F L S : kifellesU P^* hiftlUsin^ hirondelle. 
F N : ùufen^ caroubier sauvage. 
FN : fan^ plat pour faire cuire le pain (le t'adjin arabe). 

lo F G N : ifagoun. 
FNS : hafounastf pi. hifouncu, vache. 
FNZ R : founzer, saigner du nez ; VIII® founzour. 



K* BCH : hak'eboûchty pi. hik'oubach^ marmite. 
K^ D D : k'did, peu. 

1<> G D D, amegdoudj petit ; pi. imegdad, f. hamegdouts, pi. At- 
megdoudin^ petite. 
K* D' RL : aKerd*al^ pi. i-en, épais, gros; Verd^el^ être épais. 
K'ZN : aKzin^ pi. t-en, petit chien. 
K' CH L : 1« K' GH DH : aVchoudk, pi. ien, bois. 
K'GHH : k'ouckeh, boiter; IV^» f. tsk'oucheh; ak'ouchih, boiteux. 
K' L : ek'ieel, voir. 

K' N N : hak*ennithf pi. hik*ennininj fesse. 
K' OU : ek'ouy a. ik'oua^ copuler ; IV« f. Uekou itsek'ou % fnet*fouth. 



KTH : mekthi d, a. imektha^ se souvenir; IV-VIl® f. tsemekthai d; 

I"* f. smekihi d, 
K DJ F : akedjfouf, chevelure ; hakedjoufthy un cheveu» pi. hike^ 

djoufin, 
KTCH : AttcAou, pourrir, a. ikitehou; VII® f. kitchaou;!*^!. tkitchou* 
KR : aker, a. iouker, voler; IV« f. tsaker bouhakriouin^ voleur. 
K R D* : koured\ pi. ikourd'an, puce. 
K R R : 1® X^ ^ • ^X^^h pi. axrareUf moutons. 
K R Z : lo R Z : ey(reZy labourer ; VI« f. x^*^^« 5 
S^* I R Z : hairzay Thiver, deuxième labour. 



Le dialecte berbère du cAenoua 14^ 

3<> GRS : hagersa^ pi. higersaouin^ soc. 
K S : ekSf a. iksa^ enlever et iouks et ekkes, a. ikkes ; IV« f. tsekkes. 
K RS : ekresj faire un nœud ; akrous, pi. ûen, nœud. 
K R K S : hikerkest, pi. hikerkat, mensonge ; I'* f . skerkesy mentir ; 

l-VIIP f. skerkoui. 
K R N N : akemennaiy pi. ikeman^ rond. 
KSR:1o6SR: kagsartk^ descente. 
KSDH : 1®GD' agged* a. iougged\ avoir peur; IV* f. tsaggeéC; 

l^ f. siggoud*; I-VII<» f. saggouad' higgoud^in, la peur; bou 

higd*iouin et bou hougd^in^ peureux ; pi. iath bou hougd'in, 
KSM : aksoum^ viande. 

K CH : lo xtch : hayetchay pi. hiyietchaouin^ ver. 
KÀB : aydb^ pi. t-en, renard. 
KF : lo ^P : v^oufa^ salive. 

2® SSF : êoufesy a. isoufes; f. h. sou fous, cracher. 
KF:loCHF:ac A/ai, lait. 
KFL : hakfilts, pi. hikfidn, oignon des champs. 
KK : ekk, a. ikka^ passer; IV* f. tsekk; I^ f. sekk; 1-IX* f. sekka. 
K L : fnkeltSf fois. 
KL : 1* ^L : Aix/i^ la marche, le pas. 

2o CH L : ehal, terre. 
KLCH : aklouch, pi. ikoulackj tasse. 
KM : kamouj pi. tA^amouen, meule de paille. 
K M Z : 1* X M Z : ir^emZy pouce, pi. v/emzaouen, 
KN : 1* ^N : ar^niou^ pi. ixinouen, jumeau. 
KNF : eknef, être grillé; 1~ f. seknef, rôtir; I-IX« f. seknaf; 

n. d'act. aknaf. 
1* X^P • haynifth^ pi. hiynifin^ grande galette. 
Kl : xl : ax», s'éveiller; a. iowxi; I^f. sî'xt, réveiller; I-VI1« f. si^ai. 



G : Aa^a, artichaut. 
G : egy a. i^a, faire. 
GDJ : gadjy a. igoudj, déménager; IV-IX* f. tsegadja; n. d'act. 

agadjy déménagement. 
GR : igery pi. igratij champ. 
GD' : ijed^i, sable. 



444 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

G D D' : 1o I D D' aiddid', pi. i-en^ outre poar l'eau ou l'haile. 

G D' R : lo G J R : jid'er, pi. i-en, aigle. 

GD* R : hagd'erthy pi. higd'eririf épi. 

G R : eger, faire, mettre, placer; VII« f, gar, 

GR : aneggarouj dernier, pi. ineggoura^ f. haneggarouth. 

G R TH L : lo J R TH L : jerthil, pi. ijin^thial, natte. 

G R DJ : hagerroudjeth, pi. higerroudjinj récipient en terre dans 

lequel on met des céréales comme dans le sikhoubai. 
G R R : agrour, partie de la maison où se trouve le fourneau et où 

Ton prépare les repas. 
GRCHL : agerchal^ son. 
G RF : 1® J RF : jarfi^ pi. ijarfiouen, corbeau; hajarfi^ pi. hijar' 

fiouin, corneille. 
G R M M : hagermamts, pi. higermamin^ abcès. 
GRNNCH : agernennouch, cresson. 

GZL : hagezeltSy pi. higezlin, rognon; higezal,les reins, le coccyx. 
G Z M : hagzemts et higzemts, palmier nain. 
G J L : agoujily pi. igoujilen, orphelin. 
GDHF : K'TF : hak'etloufth, pi. hik'ettoufin, fourmi. 
GDHM : igoudàmatij baguettes. 

l» G r M : ageVVoum^ bâton. i 

G L : agel^ a. iougelj pendre; IV« f. tsagel. 
GL : 1® DJ L : djal, a. idjouiy jurer; IV« f. tsadjal; l"» f. sdjaL 
G L D' : lo J L D' : ajellid\ pi. ien, roi. | 

GLZ : aggalouz, pi. i-erif grosse planche. 
G LZ M : agelzinij pi. igelzam, pioche. 
GLF : aglaf^ pi. igoulaf, essaim. 

GLGL : kagelgoultfj p. kigelgoulin^ testicules. 1 

G LM : aglimy p. iglimen, peau. 
GLOU : agellouy buisson, pi. igellouan; hagellouts, pi. kageltoualh 

et hagellouathin. 
G M DH : egmedh, traverser; 1V-VII« f. tsegemmadk; l^ f. segemedh ; 

1-VlI* f. segmadh; n. d'act. agmadh, traversée. 
1© GMT : egmet', traverser; IV« f. tsegemt\ 
G M : ageniy a. iougem, puiser; IV^^ f. tsagem, 
G M : egmij a. igma, être élevé (enfant, animal); l^ f. segmi; 

manaia isegmin arrach al Qui a élevé cet enfant? 
GMR : egmer, a. igmer^ pécher; Vï« f. gemmer. 
G NN : l» J N N : ajenna^ le ciel. 



LE DIALECTE BERBÈRE BU GHENOUA 145 

GND'Z : agendoui, pi. i^n^ veau. 

G N F : genf^ a. igenfa^ être gras, être guéri. 

GQGR : IV« f. tsaghager^ couler (en parlant de cours d'eau); 

ir'zer itsagkager» 
G OU : 10 OU : haouth, brouillard. 
G I R : lUgiirth^ pi higiar, souche. 



L : Ai/t, ombre. 

L : t/i, a. t7/a, être; IV« f. tsili. 

L : hameslaieth, pi. himeslaiin, langage, mot. 

1® OUL : aoiuil, pi. ioualeriy parole, mot; I'* f. riouel, parler; 
I-VU« f. saoual. 

L : halet^ pi. hiliouinf source. 

L : 1® G L : ageiy bien, richesse, évaluée particulièrement en trou- 
peaux de chèvres; aglinou^ mon bien. 

LKHS : 1"» f. seiekhs, gonfler (le levain). 

LDN : aldoun, fer-blanc. 

LZ : ellaz^ a. t//oiiZ, avoir faim; IV«f. Uellaz; n. d^act. allaz, la 
faim. 

LS : iieSf pi. ilsaoueriy langue. 

LS : iliSy pi. iiisen, toison. 

LS LS : aUsloiUy pi. i-eny bègue. 

LR'M : air'eniy pi. iter*man, chameau; hair*emts, chamelle. 

LT'DH : hileVCeU, pi. hUeVVeihin, petit doigt. 

LK : 1» LCH : par métathèse hichellSy pou. 
2^ GHCH : hichehin, pluriel, poux, 

LK'R' : aleVk'ar\ tendre, nom donné au premier-né (enfants, 
animaux) ; à la première pousse de feuilles. 

LF : ilef^ pi. Ufan^ sanglier. 

LFx : halefixthy pi. hilefxaij pièces de vêtements. 

LL : t//t, fille. Composé avec ma (de iemma^ mère); ouUsmay sœur ; 
a tel! 6 ma fille 1 

L L : allij cervelle. 

LL : alitiy laurier-rose. 

LLCH : aleUouchy plante à fleur violette; halelioucht n jarfi, ca- 
momille? 

10 



146 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

LLM : ellemy filer; IV» f. tsellem. 

LM : /oiim, paille; kouloumts^ petit crible. 

LMLL : hilemlelts, pi. hilemlal^ tremble. 

LN : Uni et i/ennt, roseau que Tod introduit dans Youstou pour 

écarter les fils. 
LI : ali, a. iouli^ monter; lY* f. tsalù 



M : tmi, pi. imaoueny bouche, entrée, ouverture, 

M : aman^ eau. 

M : hamiou^ pi. Aamtoum, sourcils. 

M : emmeth^ mourir, a. immouth; f. h. : tsemetsaf ameUin, pi. i-en, 

mort; hametsintSy pi. himetsinin. 
M D : hameddith, soir. 

M D' : kamd'ay pi. Atmd*ioum, étang, lac, mare. 
M R : hamarth, pi. himira^ barbe, menton. 
M R : miriou, pi. tmin'ouen^ large ; hamiHouthj pi. Aimmoutn, 

féminin. 
MRS: merouis, plante de la famille des amenlhacées; les feuilles 

sont employées comme cataplasme. 
M Z : amziou, pi. imziouen, ogre ; hamziouthj pi. himziouinj ogresse 

et hamza, ogresse. 
M Z R' : amezzour\ oreille, pi. i-en» 

1» M JJ ; amejjoujy sourd. 
MZN : himziny orge. 
M Z I : ameziariy pi. i-en^ petit. 
MJRD* : himjerd'in, liseron. 
M S : himesif feu, fièvre; himesi i tathelthith, fièvre quarte; himesi 

ouairad\ plante à fleurs jaunes ; Vimsets^ Goutte de sang, 

fleur. 
M S : ammaSy milieu, ceinture. 
MSFG : amsifeg^ pi. imsifag^ gamin, polisson. 
M CH CH : amchichy pi. i-en, chat. 
M TGH M : ametchirriy pi. i^en^ flocon de laine ; hamatcfUmU, la 

neige. 
MDH L : lo M T' : emfely enterrer; VI« f. meVCel; III« f. ttouamCeU 

être enterré; houmVilts, enterrement. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 147 

M r : ameffaou, pL imeVtaouen, larme. 

M r : hameVVouih, femme. 

M R' : imr\ pi. imr'ioticn, ouverture des hikhoubai, 

MR'D' : mour^ed^ se traîner (enfants) ; IV-VIIP f. ttmour'oud: n. 
d*act. : amour* oud^. 

M R' : gwr't, être poussé, germé; IV- VII* f. tsimr'aid) \^ f. ^emi^i 
d, pousser, germer ; I-VII« f . semr*ai d. 

M R' R : mer'er, grandir ; IV-VIP f. tsmer'ar; I"» f. semr'er\ I-VII* f. 
semr'ar; amr'ar^ pi. i-en; vieillard, beau-père; hamr'arth^ 
belle-mère. 
lo M K' : amok'ran^ grand. 

MK'RK'R : amJk'erJk'our, pi. imk'erk'ar, crapaud. 

M À OU : I'* f. smdou, miauler, 

MGR : lo MJR : emjer, moissonner, VI« f. mejjer ; P« f. semjer; 
I-VII* f. semjar; amjer, p. î-en, faucille. 

M L : emmelj indiquer, IV* f. Uemmel. 

MLB : amoulaby pi. i-eriy lézard. 

MLZ : amelzi, le genévrier; malaz, la bruyère. 

M LL : amellal, pi. i-en, blanc; fém. hamellalls oumlil, terre 
blanche qui délayée dans l'eau sert k badigeonner les mai- 
sons; maila, pi. himallouiny tourterelle; l'*» f. semtel^ blan- 
chir; VI1« f. semlU; n. d'act. asemlel. 

MM : kamemts, miel. 

MM : iemma^ mère; aiem! 6 ma mèrel memmi, fils. 

MND* : imendif Coll., céréales. 

M N R : amnar, pi. i-en, montant vertical de la porte. 

MNZ : amenzoUy pi. imenza, Tatné, le premier-né (animal) hâtif, 
qui arrive le premier. 

MNSR' : hamênrir'th, avoine. 

MNSR : himensirtky axe du moulin. 

MOUR : hamourtk, pi. kimouray terre, pays, contrée et mourth. 



N 

N : tni, a. inna, dire. 

N : hanitkf solive» 

N B G : 1® N OU J : anoujiou, pi. t-en, hôte. 

N B D' : aneôd'ou, le printemps. 

NBD'R : anehd'ouTy pi. inehd'ar, seuil de la porte. 



148 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

N D' : endou, a. indou, être battu (beurre) ; I" f. sendou ; VIU f. 

sendaoUf battre le beurre ; hasendouth^ action de battre le 

beurre. 
ND' : endou et hendouth pi. hindoutkin, plat rond eu palmier. Le 

premier, plus grand sert à mettre le blé ; le second, la 

farine. 
ND*M : noud^em, sommeiller; IV-VIIh f. tsnoud'oum. 
N R : annaVj aire. 
N RZ : nirez, pi. inirzan, talon. 
NTCH : entchou^ a. intckou, lâcher des vents, péter; IV-VII« f. 

tsenchaou antchou, pi. intchaouenj pet. 
NZ : anz, a. iounez^ s'abaisser; I'* f. sonnez; I-VIl-IX* f. sounaza. 
NZ : !'• f. zenZf vendre; 1-VlII-lX® f. zenouza\ Il« f. menz, être 

vendu: himenza, act. de vendre. 
NZD* : anzad\ cheveu, crin. 

N ZZ : inzti, a. ienziz, chanter; IV* f. tsinziz; anztz, i-en, chanson. 
NZR : inzcTy pi. inzar, nez; hanzerth, pi. hinzar^ narine. 
NZ L : anzel^ aiguillon. 
NS : ensy a. insa, passer la nuit; IV-VIII* f. Uenoug\ \^ f. stns^ 

donner Thospitalité; I-VIII« f. senouz; Il-VllI* f. mounsou^ 

souper; IV-II-IX* f. tsmounsow, I-Ii-Vill* f. smounsou; 

amensi, repas du soir; imensan^ les fêtes du mariage. 
NS : ?n#t, pi. insiouen, hérisson. 
NS L : nasei, plante de la famille des borraginées. 
N R* : enr\ a. tnr'a, tuer; 1II« f. tsouaner\ être tué; II-I" f. mesner\ 

s'entretuer; IV-II-1" f. tsemsener'; nour\ se battre; 1V« f. 

tsenour'; 1" f. snour'; I-VII-IX* f. snar'a; anr'a, le meurtre; 

anour\ pi. t-en, la bataille. 
1° NK* : nek'k\ forme intensive de enr\ 
NR'L : enr^el, répandre; n. d'act. anr'al, 

10 N K' L : nek'k'el. 
N DH ; 1" f. enned\ tourner; IV« f. tsenned\ 
N F : hinifeth, pi. hinifin^ petits pois. 
NFG : hanoufigth, pi. hinoufag, trou d'une aiguille. 
N G L : hangoults, pi. hingoulin, petit pain rond pour les enfants. 
NKR : I-V1I« f. tsenekkar, f. int. de ekker. 
1» Nx R : hinc^ri Udh^ tombée de la nuit. 
2® KKR : ekkery se lever; l^ f. sekker, faire lever; I-Vll* f. 

sekkar. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 149 

N LT : anillsi, pi. iren^ berger, par métathèse alientsi^ pi. ilniUan. 
NM : nam, a. inounij avoir l'habitude; IV* f. tsenam. 
N M S R : anemsir, pi. t'en, peau de moatoD tannée. 
NIR : hinirlhf pi. hiniar et hinertin^ front. 
NIL : anilf pi. i-en, tombeau. 



N 

NI : ehif a. tna, monter; lY-VIl* f. tsefiai; l^ (. sefii, faire monter, 
enfiler une aiguille. 
1<^ N I : (tmnaif pi. ùen, cavalier. 



H R : lo R : tran, m. pi. lions. 

H R H R : harhar^ pi. iharharen^ loquet pour fermer la porte. 

H G G : hagoug, pi. ihegagy fou. 

HLS : aheloufsij beurre. 



OU 



OU : ou, fils de, pi. aith et iath ouma (fils de mère), pi. aithma et 
aoumathen, frère; oiaou, pi. aïaoueriy petit-fils; haiaoutky 
pi. haiaouin^ petite-fille. 

OU : 1® BOU : abaou^ pi. t^aouen, fève. 

OUTH, outh^ a. toufAa, frapper; Il-I-JX* f. emeiou^Aa, combattre ; 
IV-II.I-1X« f. tsemesoutha : 
1<> x^H : hi^t/iiy pi. Ai'x^/itotitn, coup. 
2o TCH TH : (cAaM, F. intensive de ou^A. 

OU TU M : lo KTH M : aklhem, i-en, mâle; hakthemls, pi. Mkthemin, 
femelle. 

OU D' : l® OU DH : aoudhy a. iouodhj arriver ; IV® f. Uaouih ; 
I""* f. sioudh^ faire parvenir; 1-V1I« f. saouadh, 

OUR : haourthf pi. ^toura, porte; Aa^ouour^A, pi. At^ouarin, cou- 
vercle. 

OURTH: ourthouy pi. ourMan, petit champ de figuiers; hour- 
ihouthy pi. hourihatheiiy figuier. 



.*"' 



150 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

OU R JN : haourjennithf grande marguerite des champs. 

OU R R' : ourer\ or; aourar% pi. ûeny jaune. 

OU Z : iouzariy bouillie faite avec des grains grillés. 

OU Z L : ouzzal, le fer. 

OU S T OU : oustouy trame du métier à tisser. 

OU S R : ousei\ pi. ouseran, cœur du palmier nain. 

OU S R : aoutsary vieux. 

OU S OU : ousouy a. iousou, tousser; IV^' f. tsoiuou; housouth^ la 

toux. 
OU GH : houecht^ pi. kiouach^ régime du palmier nain. 
OU CH N : ouchcheriy pi. ouchchanen, chacal. 
OU DH L : aoudhal, pi. t-en, gerboise, blaireau? 
OUK'I; ouA't, pierre, coll. oukHth, et houkHth^ une pierre, pi. 

houk*aiy meules. 
OU G Z : ougezy a. iougezy descendre; IV® f. tsougez; !'• f. songez ; 

I-VIII* f. sougouz, faire descendre ; n. d'act. : ougaz. 
OU K ; ouaka^ a. iouakûy se coucher; IV® f. tfouaAa; I'® f. «ouaA:a. 
OU G L : ougr^/, pi. ouglan, dents. 
OU L : oul^ pi. ou/aouen, cœur. 
OUL L : haouUlithy pi. hiouleia et hiouieiiny araignée; haoulelith 

iidhy pi. hiouUlin iidh, chauve-souris. 
OULSS : ioulesses^ pi. ioulessisen, atne. 
OU M : haoumath, pi. hioumathin^ génisse. 
OU N S : houinesty pi. Aiouma^, boucle d'oreilles. 
OU OU : ioua^ il est cuit, ouin, ils sont cuits: \^ f. «ou, faire cuire ; 

a. Uou, 
lo N : senana, faire cuire a. isenana; iniy pi. tni^vi, pierres du 

fourneau, sur lesquelles on pose la marmite; ou simplement 

pierre. 
OUOUR : ouour, a. iouour, marcher; 1" f. souour; I-VII-IX* f. 

souarQy faire marcher; haouruy la marche, la conduite, 
lo G OU R : gouVy marcher, f. int. de ouour. 
OUI : août rf, a. iioui d, apporter; iouir\ j'ai apporté; IV® f. 

tsaoui. 



I D D : hidduy sangsues. 

ID' : haid*a, pi. haidHouin, pin. 

IRD' : airad\ pi. t-en; lion. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 151 

IZDH : iazidh, pi. i-en, coq; hiaziU, pi. hiazidhiuy poule. 

IS : iw, cheval. 

1© I ^ S : ixsan, chevaux. 
IDH : 1« ID' : aid\ chien ; f. haid^ith, chienne. 

2» I T* : it'an^ chiens. 
IG : ioug, pi. iougaouen, bœuf; hiougay paire. 
! L : ailou, pi. ailoueriy mezoued. 



TRADUCTION 



I 

LES DEUX FRERES ET DIEU 

Deux frères travaillaient (ensemble). L'atné prenait la 
moitié (du gain) l'autre le quart. Le cadet dit une fois à son 
frère : a Pourquoi gardes-tu la moitié (de notre salaire) et ne 
me donnes-tu que le quart? » Ils se disputèrent. 

Le cadet alla trouver Dieu. Il rencontra un homme qui lui 
demanda : « Où vas-tu? — Je vais trouver Dieu. — Dieu est 
loin. — J'irai (quand même) vers lui. » 

Arrivé à un endroit, Dieu le vit. Il lui envoya quelqu un 
en disant : « Va voir ce que veut cet enfant. » L'homme vint. 
tf Où vas-tu? dit-il à l'enfant. — Je vais vers Dieu. — Dieu 
est loin. — Je le verrai. — Que lui veux-tu? — Je travaillais 
avec mon frère. Il me laissait mourir de faim. Je navals que 
le quart (du gain), quant à lui, il en prenait la moitié. )> 

Le messager retourna vers Dieu et lui rapporta les paroles 
de l'enfant. « Porte-lui ce plat, dit Dieu. Quand il aura faim 
il dira : « Au nom de Dieu ». Ce plat se remplira de couscous 
et de viande. » L homme partit et dit à l'enfant : (( Prends ce 
plat, c'est Dieu qui te l'envoie. Quand tu auras faim, dis : 
Au nom de Dieu? il se remplira pour toi, de couscous et de 
viande. » 

L'enfant s'en retourna. Le soir, il eut faim. Il dit au plat : 
» Au nom de Dieu ! » Le plat se remplit de couscous et de 
viande. Il mangea jusqu'à ce qu'il fut rassasié. Il jeta les 



154 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

restes dans un buisson. Il reprit sa route et arriva chez son 
frère. Il resta avec lui. 

Un jour, Tatné voulut donner une fête. Il dit à son frère : 
« Prête-moi ton plat, je ferai une fête. » Celui-ci le lui donna 
et le lendemain, lui dit : « Rends-moi mon plat. » L'atné 
refusa. 

L'enfant alla trouver Dieu. « — Mon frère, dit-il, a offert 
une fête, il ne veut pas me rendre le plat. — Prends ce bâton, 
dit Dieu, quand tu arriveras chez toi, dis-lui : Fais ton tra- 
vail! » Arrivé chez son frère, il dit au bâton : « Fais ton tra- 
vail ! » Le bâton tomba sur Taîné et le frappa. Le frère criait : 
(( Je n*ai pas pris le plat. » Le bâton le tua. L'enfant reprit 
son plat et alla demeurer avec sa mère * . 



II 
LE CHACAL ET L'ENFANT 

Un chacal allait (à Taventure) quand il rencontra un enfant 
qui tressait une corde. « Que fais-tu là, lui demanda le cha- 
cal? — Je tresse une corde. — Fais moi des irkasen (chaus- 
sures). )) L'enfant lui cousit les pieds. Quand il eut achevé il 
dit : (( Va mettre tes pieds au soleil. » Le chacal alla se mettre 
au soleil. Ses pieds se séchèrent et il ne put marcher. 

Un chat vint à passer. « Délivre-moi, lui dit le chacal, je 
ne te mangerai pas. » 

Le chat lui enleva la corde du pied. Le chacal retourna 
vers Tenfant, et dévora toutes ses chèvres*. 

1. Cf. ane variante mzabite : dans R. Basset, Étude sur la Zenatia du Mzaby 
Les deux frères^ là maternité et le bâton. Paris, 1892, in-8, p. 110-114, en chelha 
da Tazeronalt dans Stumme, Màrchen der Schluh von Tazerwalt, Histoire du 
bûcheron. Leipzig, 1895, in-8, p. 2-4. 

2. Cf. un épisode d'un conte de Ouargla : Le hérisson^ le chacal et le lion- 
R. Basset, Étude sur la Zenatia du Mzab, p. 139-144; d'un conle de Bougie, 
tr. par R. Basset, Nouveaux contes populaires berbères. Paris, 1897, in- 12, 
p. 18-20, d'un conlo des Beni-Snous : Destaing, Étude sur le dialecte berbère 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 155 



III 

LA FEMME ET LE SOLEIL 

Une femme avait une fille qu'elle n'aimait pas. Elle la mit 
entre les tkhoubai. Elle lui apporta des grenades et du lait, 
d Qu'est-ce qui vaut mieux, la grenade ou le lait? demandâ- 
t-elle au soleil. — Celle qui est entre les ikhoubai, lui répondit 
le soleil, est meilleure que toi, que moi et que ce que tu 
apportes. » 

Elle rentra à la maison et plaça sa fille entre les sacs de 
blé. Elle lui apporta du lait aigre et des pommes. Elle dit au 
soleil : <x Qu'est-ce qui vaut mieux, les pommes ou le lait 
aigre. — Celle qui est entre les sacs de blé est meilleure que 
toi, que moi et que ce que tu apportes, répondit le soleil. » 

Elle retourna mettre sa fille entre les sacs de charbon. Elle 
lui apporta du petit lait et des pêches. — « Qu'est ce qui vaut 
mieux de ce lait ou de ces pêches? dit-elle au soleil. — Celle 
qui est entre les sacs de charbon vaut mieux que toi, que 
moi et que ce que tu apportes. » 

Elle alla la tuer. 

IV 

LA TORTUE ET LA GRENOUILLE 

« 

La tortue (ce mot est du masculin en berbère) épousa la 
grenouille. (Un jour) elle trouva sept grains de blé. Elle les 
emporta chez elle. Elle dit à sa femme : « Prépare-nous de la 
bouillie. » La grenouille se mit à écraser les grains. La poule 
vint et mangea cinq de ces grains. La grenouille ne put en 
écraser que deux. La tortue mangea de la bouillie jusqu'à ce 

des Beni-Snous, Le lion^ le chacal et le hérisson^ t. 1, Paris, 1907, in-S, p. 256- 
259. 



156 LE DIALEITTE BERBÈRE DU CHENOUA 

qu'elle fut rassasiée, puis elle dit : « Louange à Dieu, puisque 
sept grains de blé ont satisfait mon appétit. 9 — « Non, 
reprit la grenouille, la poule en a pris cinq. » 

La tortue la frappa. La grenouille la quitta et partit creuser 
un trou. Elle y entra. La tortue enroula un mouchoir autour 
de sa tête et resta sur un fumier. Le coq vint et dit : a Qu'a 
donc la tortue pour rester sur un fumier et enrouler un mou- 
choir autour de sa tête? — La grenouille m'a abandonnée. 
— Je te la rendrai. » 

Le coq partit et alla frapper & la porte de la grenouille. 
« Qui fait ainsi tomber de la poussière dans la marmite, dit- 
elle? — Je suis le coq, je connais tout. — Va donc ramasser 
des vers. » Le coq s'en alla. 

L'aigle vint et dit à la tortue : « Qu'as-tu donc pour rester 
sur un fumier et entourer ta tête d'un mouchoir? La gre- 
nouille m'a délaissée. — J'irai te la chercher. » L'aigle frappa 
à la porte de la grenouille, a Qui donc fait ainsi tomber de la 
poussière dans ma sauce? — Je suis l'aigle et si je ne crai- 
gnais Dieu, j'enlèverais l'enfant des genoux de sa mère. — 
Va enlever des poules. )) 

Le serpent vint trouver la tortue et lui dit : n Qu'a donc la 
tortue pour demeurer sur un fumier et entourer sa tête d'un 
mouchoir ! — La grenouille m'a quittée. — Je te la ramène- 
rai. » II frappa à la porte de la grenouille. « Qui donc fait 
ainsi tomber de la terre dans ma sauce? — Je suis le ser- 
pent, je tourne comme une boule. — Attends-moi, je vais 
me peigner et je rejoindrai mon maître. » Mais elle continua 
à creuser son trou bien loin. Le serpent entra dans le trou 
et la trouva en train de creuser. Il la dévora*. 



1. Cf. une variaute eo dialecte de Ouargla : La grenouille et la tortue, 
R. Basset, Étude sur la Zenatia du Mzab^ p. 136-138; une autre en dialecte 
des B. Meuacer : La tortue^ la grenouille et le serpent. R. Basset, Textes 6er- 
bèree en dialecte des B, Menacer, Rome. 1892, in-S, p. 5; en Zouaoaa : La 
grenouille mâle et la grenouille femelle^ ap. Beikassem ben Sedira, Cours de 
langue kabyle. Alger, 1887, ia-8, p. 228. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 151 



LE CHACAL ET LES OGRES 

Un chacal trouva des crottes de chèvres. Il les ramassa et 
en fit un chapelet. Il rencontra un âne et Temmena avec lui. 
(Plus loin), il trouva un coq, puis un serpent et enfin un chat. 
Ils arrivèrent (de compagnie) à la maison des ogres. (Ceux-ci 
étaient absents) le chacal attendit leur arrivée. Il leur dit : 
« Nous vous avons précédés dans cette maison. — C'est bon, 
dirent les ogres. » 

Les animaux demeurèrent. Le soir, le chacal urina de des- 
sus le thadricht. Les coqs se mirent à chanter, l'âne à braire; 
une gourde s'agita contre le mur. Les ogres (effrayés) s'en- 
fuirent. Un jour, l'un d'eux dit aux autres : « Qui ira voir si 
le chacal (occupe toujours la maison) ? » Une poule alla voir 
et les trouva tous là. Elle revint. « Ils sont tous là, dit-elle à 
l'ogre. » 

Les ogres arrivèrent et dirent au chacal : « Emporte la 
maison et laisse-nous la terre. » Les animaux s'en allèrent 
en emportant la demeure sur le dos du sanglier. 

Le chat se mit à boiter. « Monte sur moi, lui dit le san- 
glier, je te porterai. — Mais tu es déjà très chargé. — Monte 
sur moi, te dis-je. » Le chat monta sur lui, fit une cigarette 
et mit le feu à la maison. Le feu dévora la maison et le san- 
glier. 

VI 
HISTOIRE D'UN VOLEUR, D'UN CAID ET D'UNE VIPÉRÉ 

Des gens dirent à un homme : (( Si tu voles la jument du 
caïd un tel, sans qu'il ne s'en aperçoive, nous te donnerons 
cent douros. » 

L'homme partit avec l'intention de voler la jument du 



i58 L£ DIALECTE BERBÈRE DU CHEXOCA 

caïd. Il arriva à l'heore da moghreb, il entra dans la maison 
sans être m. Il se cacha. Les vaches arrivèrent et les femmes 
sortirent pour les traire. Dès que la traite fut achevée, elles 
rentrèrent dans la maison pour y déposer le lait, pais elles 
sortirent. 

Le voleur regardait le lait. II vit une vipère qoi le bavait 
et le vomissait ensuite dans le vase. Les gens de la maison 
vinrent et arrosèrent le conscoos de ce lait. Comme ils allaient 
se mettre à manger, Thomme qui était venu poor voler la 
jument se leva et dit : « Ne mangez pas. — Qui es-ta, lui 
dit le caïd? — Je te dis d'amener an chien et de lui donner 
à manger de ce cooscoos, ta verras. » 

Le caïd amena un chien et lui donna à manger ; il mou- 
rut, a — Voyez- vous, si vous aviez mangé le couscous, vous 
seriez tous morts. — Que s'est-il donc passé? — Une vipère 
but de ce lait et le rendit ensuite. — Qui es-tu? — J'ai parié 
avec quelques personnes. Elles m'ont dit : si tu voles la ju- 
ment du caïd, nous te donnerons cent douros. Je suis venu, je 
me suis caché dans la maison pour voler ta jument. Les 
femmes apportèrent du lait qu'elles déposèrent ici. Je vis 
une vipère qui but le lait et le rendit ensuite dans le vase. 
Lorsque vous eûtes arrosé le couscous avec ce lait, vous 
vîntes pour manger; mais je n'ai pas voulu vous laisser 
toucher à ce plat, car vous seriez morts. — Dis-moi ce que 
tu veux, je te le donnerai puisque tu nous as sauvés. — 
Donne-moi la jument que je devais voler. — Veux-tu une 
autre bête ou de l'argent. — Je n'accepte pas I ne me donne 
que la jument! rien d'autre I puisque j'ai parié à son sujet. » 

Le caïd la lui donna. 

VII 
LE CHACAL ET LE LAPIN 

Le chacal dit un jour au lapin : a Viens, tu laboureras et 
moi je moissonnerai. » Le lapin laboura. Le chacal lui dit 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOCA 159 

ensuite : (( Va moissonner », puis : « Bats le grain » et enfin : 
« Je t'en prie, vanne-le ! ». 

Un jour, le lapin demanda conseil à un homme, a — Que 
ferai-je à ce chacal, lui dit-il. — Amène donc un chien, mets 
le dans (le tas) de blé. » Le lapin amena un chien, le cacha 
dans le blé et ne lui laissa qu'un œil pour voir. 

Le chacal vint pour vanner. Le chien courut derrière lui. 
Le chacal cria alors au lapin : (( Ne te chagrine plus à cause 
de moi, le blé est à toi. » 

Le lapin emporta son grain et sa paille'. 



VIII 
LA FEMME ET L'OGRE 

Une femme avait une fille. « Si tu m'aimes, lui dit-elle, 
tu me rapporteras ce filet quel que soit l'endroit où je le 
jetterai. » 

La fille le trouva près des maisons des ogres. Elle regarda 
et vit sept plats de couscous, sept cruches d'eau et sept mor- 
ceaux de viande. Elle goûta de ces plats. Elle se cacha 
ensuite dans une cruche. 

Le fils d'un ogre se leva et vit que Ton avait touché aux 
plats. Il dit : a celui qui a goûté de ces sept plats, quand 
mon père viendra pour manger et qu'il sera rassasié, il 
mettra une mamelle de ce côté et l'autre de celui-là. Tu te 
précipiteras sur celle qui est teinte de henné et tu tetterasV » 
La jeune fille suça la mamelle. « Si tu n'avais tété au sein 
d'Ali et de Mousa, tes os auraient éclaté comme le tonnerre 
dans le ciel, j'aurais bu ton sang d'une seule gorgée et 
dévoré ta chair d'une seule bouchée. » L'ogre l'épousa. Il 
alla se promener avec son fils. 

1. Cf. une Tariante en dialecte de Ouargla : Li partage. R. Basset, Élude 
sur la Zenatia du Mzab^ p. 152-154. 

2. Cf. R. Basset» Nouveaux contes berbères, note 203, p. 339-341. 



160 LE DIALECTE BERBÈRE DU CRENOUA 

Un jour, le père de la fille vint demander la charité. Un 
chat se mit à miauler. La fille reconnut son père qui men- 
diait. « — Va-t-en ! lui dit-elle; qu'es-tu venu faire? — 
ma fille I c'est Dieu qui m'a ordonné de mendier. » Elle lui 
donna deux pains et une mesure remplie de pièces d'or. 
« — Va-t'en, dit-elle ensuite à son père, si les ogres te trou- 
vent ici, ils te dévoreront. » 

L'homme partit chez lui. Sa femme lui dit : « Qui t'a 
donné cette fortune. — J'ai mendié et c'est ta fille qui me l'a 
donnée. » La femme alla chez sa fille, elle la isalua : « ma 
fille! dit-elle, si tu m'aimes, sens cette bague. » La fille lui 
donna une mesure remplie de pièces d'or et dit : « Éloigne- 
toi d'ici, si les ogres te trouvent, ils te dévoreront. » La 
mère lui donna une bague et partit. 

Un jour que la fille balayait la maison, elle sentit la bague 
et tomba évanouie. Les ogres arrivèrent et la trouvèrent en 
cet état. Le fils de l'ogre dit : « Père, si nous la portons au 
soleil, elle aura trop chaud, et si nous la laissons à l'ombre 
elle mourra de froid. » 

L'ogre et son fils la mirent dans un cercueil d'or, ils la 
portèrent sur un peuplier et la laissèrent là. 

Le nègre du roi vint faire boire son cheval. Il vit dans le 
le ciel quelque chose qui brillait. Il ne laissa pas boire la bête 
et revint vers le roi. Celui-ci fit appeler son peuple. Les gens 
arrivèrent et virent le cercueil sur l'arbre. Ils le descendirent 
et le remirent au roi. On y trouva la jeune fille évanouie. On 
la fit revenir à elle en lui mettant une chose dans les narines. 
Le roi l'épousa et en son honneur les fêtes du mariage 
durèrent sept jours. 

Il la logea dans une chambre du haut de la maison. Il ré- 
cita la fatih'a. La jeune femme devint enceinte et accoucha 
d'un garçon. Mais l'ogre vint, emporta l'enfant et mit un chat 
à sa place. Les femmes du roi la laissèrent avec les chiens. 
Elle eut encore un fils. L'ogre emporta l'enfant et laissa un 
chien. Les femmes du roi firent honte à la mère aux chiens. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA i6i 

Elle pleurait toujours. Elle mangeait du son. Elle fut encore 
enceinte et accoucha d'un garçon. 

Le roi se rendit à Alger. Il dit à ses femmes : « Que vous 
rapporterai-je? » L'une lui dit : « Âpporte-moi un anneau 
de pied », une autre : « Donne-moi une paire de boucles 
d'oreilles. » Il alla vers la mère aux chiens et lui demanda : 
« Que te rapporterai-je? — Un couteau, lui dit-elle. » 

Il fit à chacune d'elles le cadeau demandé. Le roi rapporta 
un couteau à la mère aux chiens. Un jour celle-ci aiguisa le 
couteau. L'ogre et le roi la regardaient faire. Quand elle vou- 
lut se tuer ils lui enlevèrent l'arme des mains. Le roi s'enfuit. 
L ogre dit à la femme : « Quand tu iras puiser de l'eau tu 
retrouveras tes enfants. » Elle alla chercher de Teau et trouva 
ses sept enfants au-dessus de la fontaine. Elle leur dit « 
mes enfants, retirez- vous, laissez-moi puiser de l'eau. — 
notre mère, dirent-ils, puise. » Elle puisa (et partit). Les en- 
fants montèrent sur leurs chevaux et rejoignirent leur mère. 
Elle leur dit : « mes enfants, d'où venez-vous? Je ne me 
nourris que de son et je couche avec les chiens. — Que nous 
importe, dirent-ils. » Ils allèrent avec leur mère et lorsqu'ils 
furent arrivés à la maison, elle poussa des cris de joie. Les 
autres femmes l'entendirent et dirent au roi : <( Écoute la 
mère aux chiens qui pousse des you ! you ! » 

Le roi partit et vit des chevaux attachés dehors. Il péné- 
tra dans la maison ; ses enfants le saluèrent. Il fit monter 
leur mère à l'âli (étage) et en son honneur il donna une fête 
qui dura sept jours. 

IX 
K'EDDIDECH ET LOGRESSE' 

K'eddidech et l'ogresse partirent un jour se promener. 
L'ogresse avait un âne qu'elle avait attaché. Elle se prome- 

1. K'eddidech était le plus jeune de sept enfaDts. L'ugresse avait déjà 
dévoré six de êes frères. Pour l'iotelligcnce de ce récit, il est bon de men- 
tioDoer que Togreese est aveugle. 

11 



162 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

naît avec K'eddidech. Ce dernier lui dit : « Viens avec moi 
manger des figues. » — Ils arrivèrent. « Attends-moi, lui 
dit-il, je monterai sur Tarbre. Quand je te dirai ouvre la 
bouche, je te jetterai une figue. » 

Il grimpa sur un figuier. (1 choisit les figues bien mûres 
et les mangea. Quand il fut rassasié, il dit à l'ogresse : « la 
mère ! ouvre ta bouche, je te jetterai une figue. » Il cueillit 
une figue, mais comme elle était bien mûre, il la mangea. Il 
lui dit : « Regarde- moi, je vais te jeter une figue. Vois 
comme elle est délicieuse! » Il cueillit une figue à peine 
mûre et cria : « Ouvre ta bouche, je te jetterai un fruit. » Il 
le jeta. L'ogresse le mangea. Ensuite il dit : « la mère, la 
figue que je t'ai jetée était bonne ou mauvaise ! — Elle était 
délicieuse, si tu veux m'être agréable, jette-m'en une autre. 

— Oui, la mère. » K'eddidech avança la main vers une figue 
sèche et s'écria : « la mère, j'en ai trouvé une, douce 
comme du miel. — Cueille la moi! je tends la bouche. — 
Attrape. » II la jeta (avec force) et l'atteignit à l'œil. Elle se 
mit à crier : « maman ! maman ! » K'eddidech lui de- 
manda : (( Qu'as-tu ? — Vois donc, qui m'a fait mal à l'œil ? 

— Les voilà, ceux qui t'ont frappée, attends, je les attrape- 
rai. » 

Il courut, puis revint en disant : « Les voici ceux qui t'ont 
fait mal. )) Et en même temps qu'il parlait il lui mettait les 
doigts dans l'œil. 

Après cela il lui dit : « Allons à la maison. Si tu as faim, 
je te préparerai un plat de bouillie. » K'eddidech alla cueillir 
des raquettes d'un figuier de Barbarie, il enleva les épines, 
les coupa, fit bouillir de l'eau, la versa dans une assiette et 
dit : (( la mère ! mange I » Elle se mit à manger. « mon 
fils, dit-elle, ce que je mange est de la bouillie? — En effet, 
c'est de la bouillie, ne crains rien, es-tu rassasiée? — Je n'ai 
plus faim, mon fils, éloigne-moi ce plat. » 

« Allons à la fête, )) lui dit-il ensuite. Il la menait derrière 
lui. — « Entends les you ! you ! dit-il, cours! nous verrons 
les danseuses. » Avant d'arriver il lui dit : « Marche devant 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 163 

moi, marche, n'aie pas peur, (la chaleur que tu ressens pro- 
vient) des vapeurs du couscous. » 

Qqand ils furent arrivés, K'eddidech ouvrit la porte et jeta 
Togresse dans le feu. Elle cria : « mon père! ma mère! 
ce gamin de K'eddidech m'a poussée dans le feu. » K'eddi- 
dech passa de l'autre côté. — « Qu'as-tu, lui dit-il. Tends la 
main. » Il la tira. « Qui t'a jetée dans le feu ? — C'est ce po- 
lisson de K'eddidech. — Veux-tu que je te Tattrappe. — Tu 
me feras bien plaisir. » 

Il partit et couvrit le chemin d'épines; puis il revint. 
(( la mère, je ne l'ai pas attrapé, mais vois le trou qu'il m'a 
fait (à la tête). Viens, je te montrerai l'endroit où il m'a 
blessé. J'ai rempli deux vases de mon sang. Viens, tu verras 
ou je les ai cachés. Cours, car les serpents pourraient boire 
le sang que j'ai laissé. » 

Ils arrivèrent à un buisson et ne trouvèrent rien. « — la 
mère, dit-il, les serpents ont bu le sang qui était dans les 
vases. — Viens à la maison, mon fils, mais ne me fais pas de 
mal. — N'aie pas peur, je ne te ferai rien. Ne suis-je pas ton 
fils? Es-tu folle? je ferai tout ce que tu voudras. » 

11 l'emmena. « Marche derrière moi », dît-il. Comme ils 
allaient arriver, il sauta. « — Ne me tire pas ainsi ! cria-t-elle. 
— Comment ! j'ai buté contre une pierre. — Tais-toi, ne 
mens pas. » 

Ils marchèrent encore un peu et arrivèrent aux épines que 
K'eddidech avait semées sur la route. Quand il l'entendit 
crier : « K'eddidech mon fils ! Viens, délivre-moi ! » Il alla 
pour la tirer, mais il lâcha le bâton. Traf ! Elle tomba sur les 
épines. « — K'eddidech, cria-t-elle, ô mon fils ! débarrasse- 
moi des épines. — Donne-moi la main, nous irons à la mai- 
son. » Là, il lui dit : « Reste à la maison, j'irai chercher 
l'âne au }ardin. » Elle attendit le retour du polisson. Mais il 
s'amusait à faire courir Tâne. L'ogresse pensa : « Certes ! 
j'irai voir ce que fait mon maître. » 

Elle partit, quand en chemin, elle rencontra un homme à 
qui elle dit : « chikh, ne sais-tu pas ce qu'il faudrait faire 



164 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

pour saisir K'eddidech — Mets-toi à la recherche d'un vieil- 
lard et pose lui cette question. Pendant qu'il te pariera, 
abats-le avec une hache. Après quoi tu emporteras sa chair 
et étendras sa cervelle sur le dos de l'ftne. » 

K'eddidech vint et regarda (l'âne). Il se dit : « Qu'est-ce 
que cette tache blanche sur le dos de l'&ne. » Il monta et fit 
courir l'animal. Quand il vit l'ogresse, il voulut s*enf uir ; il 
ne put se soulever. L*ogresse arriva, le saisit et l'emmena. 
— (( Que mangeras-tu? criait-il. Tu mangeras les os ; l'ogresse 
ne se nourrit pas d'os. Mets-moi dans un sac. — Tu te sau- 
veras — Attache-moi avec un de tes cheveux. — Tu t'enfui- 
ras. — Ne crains rien. » 

Elle s'en alla en disant : « Je reviens de suite. » Il la laissa 
partir puis il enleva le cheveu, regarda çà et là et la voyant 
revenir il se dit : (( Je ne me sauverai pas car elle me man- 
gerait. )) 

Elle regarda le cheveu avec lequel elle avait attaché le sac, 
elle vit que K'eddidech dormait. Elle l'appela : « K'eddidech ! 
K'eddidech ! — Oui, la mère, tu vois que je suis là — Bien 
mon fils, vois comme je t'aime. — Veux-tu me laisser sortir 
du sac; j'ai soif, si tu veux j'irai boire. — Va, mais ne te 
sauve pas. — Non, puisque tu es avec moi. J'irai voir notre 
âne et je reviendrai de suite. — C'est bien, va mon fils. » 

K'eddidech partit. Il tourna derrière un buisson et vit l'âne 
à une vingtaine de mètres. 

(Il s'enfuit avec l'âne.) 

L'ogresse attendit le retour de K'eddidech. Elle attendit si 
longtemps qu'elle crut en mourir de dépit. A la fin elle se 
dit : « J'irai voir où est K'eddidech. » 

Elle le chercha partout, mais ne le trouva pas. 

Je suis passé par les champs et elle a suivi le ravin ^ 



1. Mon inforaiateur conoaissait mal la fin des aventures de K'eddidech. Ce 
n'est pas par un procédé aussi simple que le béros de cette histoire se tira 
du danger qui le menaçait. En réalité, l'ogresse l'enferma dans une Jarre et 
Tengraissa. Quand il fut à poinl, elle alla inviter sa famille. Sa fille restée i 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 165 



AVENTURES DUNE JEUNE FILLE QUI VA A LA RECHERCHE 

DE SES SEPT FRÈRES 

Une femme avait sept enfants. Comme elle était encore 
enceinte, ses enfants lui dirent : « Mère, si tu mets au monde 
un garçon, fais-nous signe avec un drapeau rouge, alors 
nous partirons ; mais si c'est une jeune fille, montre-nous 
un drapeau blanc, nous reviendrons. )) 

La femme dit à la négresse : (( J'ai mis au monde une fille, 
va montrer à mes enfants le drapeau blanc pour qu'ils re- 
viennent. » La négresse leur montra un drapeau rouge pour 
qu'ils ne reviennent plus jamais. Les enfants aperçurent le 
drapeau rouge et s'éloignèrent. Leur mère les attendit vai- 
nement. Un jour elle dit à la servante : « Quel drapeau leur 
as-tu montré ? — Le rouge, dit-elle. » 

La jeune fille grandit. Un jour elle alla puiser de l'eau 
avec la cruche ; elle vit une autre jeune fille qui s'amusait 
dans la source. « Laisse l'eau se déposer, dit-elle ! — Éloigne- 
toi d'ici, mère des sept démons ! » 

De retour chez elle, elle se mit à pleurer. (( Fais-moi de la 
bouillie », dit-elle à sa mère. Quand on lui apporta, elle 
plongea la main dans la marmite. (( — Maman ! dit-elle, je 

la maison fut charmée par la vnix de K'eddidech qai chantait. Elle le délivra. 
Notre héros 1* égorgea, la fit coire et se revêtit de sa peau. 

L*ogres8e revint avec ses invités et K'eddidech alla jouer avec ses petits 
cousins. Il les précipita tous dans nn puits. L'ogresse entendant leurs cris 
sortit et partagea leur sort. Le récit des mômes aventures se retrouve dans 
d'autres contes berbères. Cf. une version Zouaoua : Mekid'ech et Vogresse 
aveugle t Mouliéras, Légendes et contes merheilleux de la Grande Kabylie^ t. L 
Paris, 1893, in-8, p. 173-196; un fragment en dialecte des A. Ferah : Vhomme 
et les figues. R. Basset, Élude sur la Zenatia de fOuarsenis^ Paris, 1895, in-8, 
p. 11-72; une version en Chelha du Tazeroualt, Stumme, Mârchen der Schluh 
von Taterwall^ Histoire véridigue, p. 58 ; une version en dialecte des B. Snous : 
Destaing, Élude sur le dialecte berbère des B. Snous, t. Il, Paris, 1911, in-8; 
Uqidech et VOgresse, p. 95-104. 



166 LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 

veux que tu me dises où sont mes sept frères. — Je ne sais 
pas où ils se trouvent. J'ignore si on les a dévorés ou tués. 
— Il faut que je les retrouve. » 

Elle appela la négresse et lui dit : (( Amène la mule. » Elle 
monta sur la mule qui portait une clochette au cou. Elle 
partit en compagnie de la servante. Quand celle-ci fut fati- 
guée, elle cria à sa maîtresse : « Descends, que je monte. » 
La jeune fille appela sa mère : (( Regarde, maman, la né- 
gresse qui dit : Descends que je monte ! » La clochette se 
mit à tinter : « Que tes parents soient consumés I Me feras-tu 
parvenir, oui ou non ? » 

Elles continuèrent leur route et arrivées à un buisson, la 
servante dit : « Descends, je te chercherai des poux. » La 
jeune fille descendit. La négresse la laissa, et, quand elle fut 
endormie, elle se précipita sur la clochette, Tenleva et la 
cacha sous une pierre. Puis elle réveilla sa maîtresse : « Par- 
tons », dit-elle. 

Elles traversèrent des pays et des mers pour arriver à une 
source, dont une partie était réservée aux négresses et l'autre 
non. — « Où est la source de la négresse, et où se trouve 
Tautre? » demanda la jeune fille. La servante lui indiqua 
celle de la négresse. 

La jeune fille se lava la figure et devint noire, tandis que 
la négresse devint blanche. La jeune fille remonta alors sur 
la mule ; les deux femmes partirent et retrouvèrent les sept 
frères. La négresse, devenue blanche alla les saluer et la 
jeune fille se mit à pleurer. Ses frères lui donnèrent des 
moutons qu'elle mena paître. 

Elle pleurait et murmurait : (( J'ai traversé sept mers pour 
eux et aujourd'hui ils me font garder leurs brebis. » Un mou- 
ton sourd entendit ce qu'elle disait. Un soir elle retourna à 
la maison, s'assit dans ïajemadh et refusa de manger le 
pain sec qu'on lui offrait. Le lendemain, elle fit paître le 
troupeau et se lamenta. Un homme qui passait par là l'en- 
tendit. Il alla trouver ses frères et s'écria : « Ah! Comment! 
Celle qui garde les brebis est votre sœur ! » Ils ne le crurent 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 16'/ 

pas. ft Vous ne le croyez pas! Ce soir, quand elle reviendra, 
découvrez lui la tête, vous verrez qu'elle est bien votre 
sœur I » 

Le soir, la jeune bergère rentra. L'atné de ses frères lui 
découvrit la figure. Elle se tut. Il en fit autant à la négresse 
et celle-ci se mit à crier « Aitchiddi laUa\ » Il la frappa et 
remit chacune d'elles à sa place. La négresse alla surveiller 
les troupeaux et la jeune fille, redevenue blanche, habita la 
meilleure chambre de la maison. Elle se mit à coudre. 

Une fois, ses frères allèrent se promener. On lui dit : 
« Descends. — Je ne le puis, répondit-elle. — Descends 
doucement. — J'ai peur que mon frère me frappe. — Il 
n'est pas là. » La jeune fille descendit et dit : (( Celui qui 
aime ses sept frères mangera cet œuf. » Elle ajouta : « Pour 
eux j'ai passé sept mers, je mangerai (bien encore) cet œuf 
de serpent. » Elle le mangea. 

Ses frères revinrent et elle leur dit : « Votre sœur est 
enceinte. » L'atné fit semblant d'être malade, a — Descends 
me chercher des poux, lui cria-t-il. — Je ne puis descendre. 
— Descends tout doucement. » Elle lui chercha des poux. 
Son frère dit : « C'est vrai, elle est enceinte. Je la prendrai 
et la tuerai. » Le plus jeune frère l'entendit et lui dit : « Je 
remmènerai, moi. » Puis, se tournant vers sa sœur, il 
ajouta : « Allons chez notre mère. » 

Il prit avec lui sept chiens et un couteau. Il mit sa sœur 
sur un mulet et la conduisit à un puits. Il coupa un de ses 
doigts, enduisit de sang la gueule des chiens et en recouvrit 
le couteau. Il fit descendre sa sœur dans le puits et l'aban- 
donna. 

Un homme qui passait, entendit ses cris. Il regarda dans 
le puits et y vit cette femme. 11 la remonta et l'emmena chez 
lui. Il égorgea un mouton. Elle mangea. Il pendit la femme 
par les pieds à une poutre. Il remplit un plat d'eau et plaça 
un couteau à ses côtés. Le serpent sortit et but dans le plat. 
Aussitôt l'homme le tua. Il descendit la femme : « Coupe le 
en deux, lui dit-elle, sale-le et garde-le moi. » 



168 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

Elle redevint enceinte et mit au monde deux garçons. Lors- 
qu'ils furent grands, leur mère leur recommanda : « Quand 
vous verrez votre père, donnez-lui votre bouche à baiser et 
dites-lui : « Laissez-nous aller voir nos oncles. » Leur père 
leur dit : « Si vous saviez dans quel état j'ai trouvé votre 
mère, vous pleureriez! » Ils en eurent honte. Leur père les 
laissa et ils allèrent trouver leurs oncles. 

Ils dirent à leur mère : « Raconte-nous une histoire. — 
Votre mère, répondit-elle, sait beaucoup d'histoires (de la 
tête à la queue). » Et elle se mit à leur raconter ce que ses 
frères lui avaient fait. Ses frères alors tuèrent leurs femmes 
et la femme du plus jeune lui cria : (( Sors ! )) 

Elle est passée par la forêt brûlée, et moi j'ai pris le che- 
min. 

XI 

AVENTURES DE DEUX ENFANTS, 
LUN RAISONNABLE ET LAUTRE IDIOT 

Un homme avait épousé deux femmes. Il alla planter des 
fèves. Le soir i! revint à la maison le sac vide. Le lendemain 
il planta un autre sac de fèves. De retour, le soir, il dit à ses 
femmes : « Je suis fatigué. )) 

Il alla sur une colline manger des fèves. Il revint à la 
maison lorsque dans les jardins les fèves eurent beaucoup 
poussé. — « Où est notre jardin lui demandèrent les femmes? 
— Prenez avec vous un crible, jetez-le. Notre jardin sera 
celui dans lequel il retombera. » 

Elles jetèrent le crible. Il retomba dans le champ d'une 
ogresse. « — Que faites-vous, leur cria l'ogresse? — Nous 
sommes venues pour enlever les fèves. » 

L'ogresse prit un âne qu'elle emporta chez elle et le fit 
cuire. Elle plaça les oreilles au dessus d'un buisson et revint 
vers les femmes L'une d'elles était folle, l'autre avait toute 
sa raison. La première s'écria : (( Vois cet âne dont les oreilles 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 169 

dépassent (le buisson). » L'ogresse leur dit : « — Allons dé- 
jeuner. — Accompagnons notre grand'mère, dit l'une des 
femmes. » Et elles partirent manger. 

La folle mangea du couscous et de la viande de Fane, tan~ 
dis que l'autre mettait sa part sous la natte. Quand le repas 
fut terminé, l'ogresse s'écria « Rendez-moi mon couscous. 
— Je l'ai mangé, dit la folle. » L'ogresse ferma la porte. La 
folle se cacha dans une jarre, la femme sensée se jeta 
sous la thaâricht et l'ogresse se mit à chercher des poux. 
« Grand'mère, lui cria la folle, vois ce gros pou — Prends-le 
moi, ma fille, je ne le vois pas. » Alors, saisissant une bûche 
enflammée, elle brûla les deux femmes qui moururent. 

Elle leur arracha (du ventre) deux enfants. Quand ils furent 
grands, ils allèrent garder les brebis. Un jour Tenfant sensé 
dit à l'idiot : « Va chez notre grand'mère prendre le dé- 
jeuner. » Celui-ci alla chercher le manger. L'ogresse le lui 
donna, mais en chemin, il le mangea. Il revint vers son frère. 
« — Où est le déjeuner que t'a donné notre grand'mère? 
demanda ce dernier. — Elle a refusé de le donner. » 11 alla 
lui-même le chercher. 

L'idiot avait laissé un os dans sa main. Pendant son som- 
meil une brebis le lui mangea. A son réveil il se mit à la 
recherche de l'os; mais il ne le trouva pas. Il vit les brebis 
qui broutaient rherbe. « Rendez-moi mon os », leur cria-t-il. 
Il se jeta sur elles et les tua toutes, sauf deux qu'il laissa 
vivre. Son frère arrivant s'écria : « Où sont les brebis? — 
Elles avaient mangé mon os. — Ce soir notre grand'mère 
nous dévorera. » 

Le soir, ils reprirent le chemin de la maison : « Grand'mère, 
dirent-ils, notre oncle ne veut pas que nous laissions paître 
le troupeau. — Demain je vous accompagnerai », leur 
répondit-elle. 

L'ogresse qui était aveugle se mit à traire les brebis et les 
enfants lui passèrent plusieurs fois les deux brebis l'une après 
l'autre. « — A quelle heure te couches-tu, grand'mère, lui 
demandèrent-ils ensemble. — Je me couche quand les gre- 



110 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUÂ 

nouilles coassent et que les coqs chantent. — Dans quoi 
mets-tu le beurre? — Ici je mets le beurre, là les raisins secs 
et là les dattes. » 

Les enfants entendirent chanter les coqs. Ils se levèrent. 
L'enfant sensé emporta les raisins, les dattes et le beurre. Il 
en fit goûter à son frère qui s'éctia : « grand'mère comme 
c'est bon ! — Tais-toi donc, elle va nous entendre et nous 
manger. )> 

Ils s'en allèrent « — Ferme la porte », dit l'enfant raison- 
nable à l'idiot. Celui-ci la prit (sur le dos). Ils partirent et 
cheminèrent quand, arrivés à un endroit l'idiot s'écria : 
(( Je suis fatigué. » Son frère se retourna et vit qu'il empor- 
tait la porte, n Pose la porte sur cette pierre! » lui dit-il. 
Il la déposa mais il s'empara de la pierre. Ils se remirent en 
route et, arrivés à un certain endroit, l'idiot se cacha sous 
terre, tandis que son frère grimpait au sommet d'un peu- 
plier. 

Des gens vinrent avec leurs femmes et s'installèrent là où 
s'étaient arrêtés les enfants. Les hommes attachèrent leurs 
montures et déposèrent les bagages. Les femmes posèrent le 
foyer sur la tête de l'idiot, elles allumèrent du feu et prépa- 
rèrent le repas. Quand la nourriture fut cuite, les femmes 
présentèrent le couscous et la viande à leurs maris. Ils se 
mirent à manger. L'idiot cria à son frère : « Eh ! le sage ! ma 
tête se consume. — mon frère, lui répondit-il, je viens à 
ton secours. » 

Les gens entendirent parler. Us s'enfuirent en abandon- 
nant leurs chevaux, leurs effets et leurs armes. 

L'enfant sensé descendit de son arbre et s'empara des mon- 
tures et des armes. Son frère préféra le couscous et la viande. 

Ils continuèrent leur route. « — Donne-moi un peu de 
viande, demanda le sage à l'idiot. — Toi, tu as choisi (les 
chevaux), quant à moi j'ai pris la nourriture. » Il lui donna 
cependant un morceau de viande en disant : « Tu me lais- 
seras l'os, j'en ferai une poupée (fiancée). » Ils atteignirent 
une source. Ils abreuvèrent les chevaux et se remirent à 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA m 

marcher. « — Donne mon os, dit l'idiot. — Je l'ai oublié à 
la fontaine. Retournons le chercher. — J'irai seul, reprit le 
fou. » 

Il trouva un lion qui rongeait l'os, a Rends mon os ! )», lui 

cria-Ml. Le lion fit : « HemI Hem! » L'enfant prit un 

peu de terre, la jeta dans les yeux de l'animal et l'aveugla. 
Il en ût une monture et revint vers son frère. « — Où 
mènes-tu cette bète? lui cria ce dernier. — Il a mangé mon 
os », lui dit-il. 

L'enfant raisonnable s'écria alors : « Fermez vos portes, 
mon frère a amené une béte. » Les gens s'enfermèrent 
excepté une pauvre sourde qui écrasait du blé. L'enfant 
s'avança et la trouva en train de moudre. « Donne à manger 
à mon cheval )>, lui dit-il. Elle lui présenta un petit crible 
(rempli de grain). « — Mon cheval ne mange pas dans un 
crible. — Mange-t-il dans la poche? » 

Le lion prit le grain dans la poche de la femme et quand 
il eut fini il la dévora ^ 



XII 

Un homme avait une fille. Il chassait beaucoup. Un jour, 
elle dit à sa mère : « Donne-moi une perdrix. — Tu la laisseras 
s'envoler et ton père nous mettra à la porte. — Je ne la 
lâcherai pas. » Sa mère lui donna la perdrix. La fille s'en 
amusa, puis la lâcha. Elle revint en pleurant : <( L'oiseau s'est 
envolé », dit-elle à sa mère. 

La mère partit avec sa fille. Elles marchèrent et, arrivées 
à un certain endroit, elles grimpèrent sur un arbre au pied 
duquel les ogres avaient l'habitude de dormir. La nuit, l'en- 
fant dit à sa mère : « J'ai envie d'uriner. — Urine dans mon 



1. Ud des épisodes se trouve dans ud coate des B. Menacer : Vogre et les 
deux femmes. R. Basset, Noies de lexicographie berbère II' série» Le dialecte 
des Béni- Menacer, Paris, 1883, in-8, p. 109-11; cf. une version en Zouaoua : 
Histoire d'un fainéant et de ses deux fils, Moiiliéras, Légendes et contes mer- 
veilleux de la Grande Kabylie, t. 11. Paris, 1897, iD-8, p. 113-116. 



W «72 VE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 



1 



oreille », dit la femme. L'enfant urina dans Fopeille de sa 
mère. Une goutte d'urine tomba sur un ogre. « Va voir 
s'il pleut )>, dit-il au lapin. 

Le lapin sortit et vit qu'il ne pleuvait pas. Il revint et dit 
à l'ogre : « Le temps est aussi clair que mon œil, il ne pleut 
pas. )) Le serpent grimpa sur l'arbre et ne trouva rien. Il 
descendit et dit à l'ogre : « Il n'y a rien. » Mais la guêpe 
monta à son tour et trouva deux femmes. Elle piqua la mère 
et la fît tomber. Les ogres la dévorèrent. Le lapin fit sem- 
blant d'être malade, a Laissez moi l'enfant* et le foie », 
leur demanda-t-il. 

Le lendemain matin le lapin donna le petit garçon à sa 
sœur. « Pars, lui dit-il, les ogres vont venir et te dévoreront. » 
La fille descendit, prit son frère et s'en alla. Elle dit à Dieu : 
(( Fais que mon frère puisse s'asseoir ! » Dieu exauça son 
vœu. Elle reprit sa route et s'adressant encore à Dieu elle 
s'écria : « Qu'il puisse se traîner à terre ! » Dieu permit à 
l'enfant de se traîner. « Qu'il marche, ô Dieu! » demandâ- 
t-elle plus loin. L'enfant se mit à marcher. Enfin elle in- 
voqua encore Dieu : « Qu'il puisse courir! », dit-elle. L'enfant 
courut. 

Ils partirent et trouvèrent la demeure d'un chat. Ils y pas- 
sèrent la nuit. Voilà que le chat se mit à crier : « vaches, 
attachez-vous ! » Elles s'attachèrent. « Trayez-vous I » Elles se 
mirent à donner du lait. « Que mangerai-je? dit-il ensuite. 
Du beurre? Mon père n'avait pas l'habitude d'en faire sa 
nourriture. Je mangerai de la bouillie. » Il cria : « Arrivez, 
farine! »; la farine vint. « Venez, l'eau! »; l'eau arriva. 
Quand la bouillie fut préparée, il la mangea et dit : « Je dor- 
mirai dans la thaâricht. Cependant mon père n'avait pas 
l'habitude d'y coucher. Je m'étendrai par terre. » 

La nuit, la jeune fille se leva et mit de la bouillie dans le 
beurre. Elle donna à manger à son frère. Quand ils n'eurent 



1, La femme était enceiale et c'est reafaat tiré de soo sein que les ogres 
épargoèrent. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 173 

plus faim, la fille enduisit de beurre la queue du chat. 

Le lendemain, à son réveil, celui-ci trouva que sa queue 
avait Todeur du beurre. « Tu as donc été voler cette nuit? » 
demanda-t-il à sa queue. Puis s'adressant à ses bœufs : « 
bœufs, détachez -vous. » Ils se détachèrent. Il les conduisit 
au pâturage. 

Le soir, il revint et dit aux bœufs : (( Allez vous attacher! » 
Ils y allèrent. Il soupa. La nuit la jeune Fille se leva et pré- 
para le souper. Elle le mangea avec son frère. Elle enduisit 
encore de beurre la queue du chat. 

Le lendemain, quand il se leva, le chat sentit le beurre et 
s'écria : « Tu es donc retournée voler cette nuit I » Il alluma 
du feu, prit un tison ardent, le mit sur sa queue et le pauvre 
chat mourut. 

La jeune fllle le jeta et cria : « bœufs, déliez-vous. » Ils 
refusèrent de lui obéir. Elle regarda la tête du chat et y trouva 
une amulette. Elle la porta sur elle, aussitôt elle eut pouvoir 
sur toutes choses . 

Elle maria son frère. Elle lui donna deux femmes et lui 
acheta un cheval. Elle habita avec son frère et quand un 
enfant naquit elle fit une grande fête en son honneur*. 



XIII 

AVENTURES D'UNE JEUNE FILLE ET D'UN GARÇON 
CHASSÉS DE LA MAISON PAR LEURS PARENTS 

Un homme avait une femme. Celle-ci alla à la mer. (Pen- 
dant son absence) une autre femme vint chez elle et apporta 
des animaux sauvages à une enfant qui était restée à la mai- 
son. Elle lui dit : « Quand ta mère reviendra, dis-lui : Regarde 
ce que mon père a apporté, plonge ta main dans ce panier. 

1. Ud épisode de ce conte se trouve dans un coote en dialecte de Ouargla : 
HUioire du chat et de Fr'zela ilemsû Biarnay, Étude sur le dialecte berbère de 
Ouargla. Paris, 1908, in-8, p. 245-246. 



174 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

Les animaux grimperont sur elle, et, saisie d'une grande 
peur elle tombera morte. Viens ensuite chez moi, je te nour- 
rirai. » 

La femme revint de la mer. a Maman, lui dit sa fllle, vois 
donc ce que papa a apporté dans ce panier. » Elle mit la main 
dans le panier et mourut de frayeur. Son mari Tenterra. Il 
épousa ensuite la femme (qui avait causé la mort de la pre- 
mière) et eut d'elle un garçon. Quand ce dernier fut grand, 
sa mère le chassa avec l'autre enfant. 

Les deux malheureux allèrent pleurer sur la tombe de la 
première mère. Dieu leur donna un palmier. Ils se nourrirent 
de ses fruits. 

Leur marâtre eut une fille. Quand elle fut élevée, sa mère 
ne lui donna à manger que du beurre. Cependant les autres 
enfants étaient bien plus gros que sa fille. Comme ils vinrent 
à la maison de leur marâtre, celle-ci les vit si bien portants 
qu'elle dit à sa fille : « Je désire que tu les suives partout où 
ils iront. » 

Mais les enfants la trompèrent. Quand l'un allait manger, 
l'autre tenait compagnie à la fille. Dès que le premier était de 
retour, le second partait. Ils se livrèrent à ce manège jusqu'à 
ce qu'ils furent rassasiés. 

La fille leur demanda : a De quoi vous nourrissez- vous, 
mes frères? — De coquillages », lui répondirent-ils. 

Elle se mit à manger des coquillages. « Que mangent-ils? 
lui dit un jour sa mère. — Des coquillages, maman et j'en 
ai mangé avec eux — Ils t'ont trompée, ma fille. » 

Alors elle les guetta et les surprit en train de manger des 
dattes. Elle s'empara d'une hache et en frappa l'arbre. Elle 
le coupa presque complètement. « Je reviendrai demain 
l'achever, » dit-elle. Le lendemain elle revint et trouva l'arbre 
intact. Elle se remit à la besogne et le laissa alors qu'il était 
presque abattu. « Demain je l'achèverai », dit-elle. Elle 
revint et le trouva encore intact. 

Elle alla consulter un homme. « Que ferai-je (pour abattre) 
ce palmier? lui demanda-t-elle. — Emporte de la graisse, 



LE DIALECTR BERBÈRE DU CHBNOU.V 175 

enduis-en l'arbre; le lendemain, quand tu reviendras, tu 
l'abattras. » 

Elle ât ce qu'il lui avait dit. Elle abattit le dattier, rem- 
porta et le cacha. Les enfants vinrent et allèrent pleurer sur 
la tombe de la mère. Dieu leur envoya une vache. Ils se 
nourrirent de son lait. La fille de la marâtre les trouva en 
train de téter. Elle voulut faire comme eux, mais la béte lui 
donna des coups de pied, l'atteignit à l'œil et l'aveugla. Elle 
alla pleurer chez sa mère. « Je veux, dit celle-ci, que Ton 
vende cette vache. — J'irai vendre la vache qui nourrit mes 
enfants! dit le mari. — Je le veux! reprit-elle. » 

L'homme partit au marché et dit : a Celui qui achètera 
la vache de l'orphelin fera un mauvais marché. » La marâtre 
se mit debout au sommet d'une colline et cria : « Achetez la 
vache de l'orphelin, vous ferez une bonne affaire. » 

La vache pleurait. L'homme revint à la maison et dit à sa 
femme : « Ils n'ont pas voulu l'acheter. — Va la tuer! » dit- 
elle. 

11 la tua, mais on refusa d'acheter sa viande. Il la rapporta 
à la maison. Sa femme la fit cuire Quand les enfants en pre- 
naient, ils tiraient de la viande ; tandis que la femme et sa 
fille ne trouvaient que des braises. 

La marâtre dit à sou mari : « Va jeter cette viande aux 
bêtes. )) L'homme la jeta. Les enfants virent où il l'avait 
portée et chaque jour vinrent en manger. Ils grossirent tan- 
dis que la fille de la marâtre restait maigre comme un mor- 
ceau de bois. 

Un jour, la femme dit : « A présent, je désire que tu em- 
mènes tes enfants et que tu les jettes aux bêtes. — Comment 
puis-je abandonner mes enfants ! — Je veux que tu les laisses 
aux bêtes. » 

L'homme dit donc à ses enfants : « Venez, nous irons 
chercher du bois ». En route il tressa une corde. Arrivé à un 
certain endroit il leur dit : « Restez ici, je vais ramasser du 
bois. » 11 alla pendre une branche à (un arbre). Le vent l'agita 
et (comme elle faisait du bruit) le garçon dit à sa sœur : 



116 LE DULEGTE BERBÈRE DU CHENOUA 

« Notre père est en train de casser du bois. — Va voir », lui 
dit-elle. Il partit et vit que (le bruit qu'ils avaient entendu 
provenait) d'une branche que le vent agitait. 

Ils s'en allèrent. « J'ai soif, dit le garçon. — Allons trou- 
ver ce berger, nous lui demanderons de nous indiquer une 
source. » Ils dirent au berger : « Où est la source où nous 
pouvons boire. — Marchez et vous trouverez la source des 
chevaux; plus loin vous verrez celle des bœufs et enfin celle 
des brebis. » 

Ils arrivèrent à la fontaine où buvaient les brebis. Ils s'y 
arrêtèrent et la jeune fille chercha des poux à son frère. Puis 
ils se remirent en route. (( Ma sœur, dit l'enfant, j'ai oublié 
mon amulette. — Reste ici, je vais te la chercher. — Non, 
c'est moi qui irai. » 

Il partit, retrouva son amulette, la pendit au cou et but 
dans la fontaine des brebis. Il fut changé en brebis. Il revint 
vers sa sœur et se mit à bêler. La jeune fille cria : (( fils de 
mon père et de ma mère tu m'as laissée seule ! )) Elle se mit à 
pleurer. 

Ils continuèrent leur route. La nuit les surprit. La fille 
cacha son frère dans un buisson et grimpa sur un peuplier. 

Un nègre amena le cheval du roi à la fontaine. Il le fit 
boire et lui retira un cheveu qu'il porta au roi. a Une bête 
doit se trouver sur le peuplier, voici ce que j'ai enlevé de la 
bouche du cheval. )) 

Le roi vint et dit à la fille. (( Descends, je te promets (de 
ne pas te faire de mal). » Elle descendit. « Excusez-moi, 
j'emmène mon frère », dit-elle. Elle le prit. Ils arrivèrent à 
la maison du roi. Le roi l'épousa. 

La fille dit une fois : (( Je laisserai mon frère paître avec 
vos troupeaux, mais je ne veux pas qu'on le frappe. » 

Le roi lui donna les clefs des portes en disant : « Ouvre 
(les chambres) excepté celle-ci dans laquelle tu n'entreras 
pas. » 

Un jour, le père de la jeune fille vint mendier. Elle lui 
donna deux mesures d'or. — « Va, lui dit-elle, si le roi te 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA iT7 

surprend ici, il te chassera. » Le mendiant s'en alla et, arrivé 
chez lui, il dit à sa femme : « Décharge-moi. » Elle. le débar- 
rassa et dit : « Qui t'a donné tout cet or ? — Je l'ai mendié. — 
Est-ce ta fille qui te l'a donné? » La marâtre se tournant 
vers sa fille lui dit : « Va rester avec ta sœur, tue-la! si tu 
peux la tuer, tue-la I » 

L'enfant alla trouver sa sœur. Celle-ci lui montra les 
chambres. — « Le roi, dit-elle, ne veut pas que l'on regarde 
dans celle-ci. — Montre ce qu'il a fait là. » Elle lui ouvrit 
la porte. Sa sœur apporta une natte. Elle (l'aveugle) l'étendit 
au-dessus d'un puits, appela sa sœur et lui dit: a Assieds-toi, 
je te chercherai des poux. » Elle s'assit et l'autre lui tira des 
poux. 

Quand sa sœur fut endormie, la fille de la marâtre la poussa 
dans le puits. Mais voilà que le roi arriva. (( — Que t'est-il 
arrivé, lui dit-il, tu es aveugle? — C'est à cause de votre fard 
que je le suis — Qu'as-tu pour être si maigre ? — C'est à 
cause de votre nourriture. Pour grossir, m'a-t-on dit, il faut 
tuer mon frère. — Comment! je t'ai fait la promesse de ne 
pas le toucher ; je ne le tuerai pas. » 

Elle dit ensuite au nègre, a Aiguise les couteaux. » Le 
nègre aiguisa les couteaux et fit bouillir de l'eau. « Va 
chercher mon frère et égorge-le. » Le nègre alla chercher le 
mouton. Celui-ci arriva en courant et en donnant des coups 
dans la porte ; il la brisa. Puis il se mit à bôler pour appeler 
sa sœur. Celle-ci criait : « mon frère ! Voilà les enfants du 
roi qui viennent vers moi. Les couteaux sont aiguisés et 
Teau bout. Les bêtes me saisissent dans le puits et je ne peux 
remonter. » 

Le roi entendit (tout ce bruit). Il accourut et trouva le 
mouton qui bôlait au bord du puits. La femme (qui était dans 
le puits) criait : a Choisis-moi tel mouton, apporte-le moi et 
égorge-le. Envoie-moi deux quartiers de viande, j'en donne- 
rai un au scorpion et l'autre au serpent. » 

Le roi fit égorger un mouton, il donna deux morceaux de 
viande, l'un pour le scorpion et l'autre pour le serpent. La 

12 



178 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

femme dit encore : « Ajoute un autre morceau pour que je 
puisse remonter. » Le roi lui en apporta un de plus. Elle le 
coupa en deux, elle en donna un au fils du roi et l'autre à 
leur père. (Elle sortit du puits). « Maintenant, dit-elle au ser- 
viteur, je veux que tu égorges (celle qui m'a jetée dans le 
puits). )) Le nègre la ligotta et la tua. Elle dit encore : 
«f Qu'on amène un âne avec son chouari ! » Le nègre lui 
amena un mulet et y mit le cadavre. — « Quand tu arriveras 
là-bas, lui dit-elle, tu diras à sa mère : Regarde ce que ta 
fille t'envoie. » 

Le serviteur déposa le chouari. Le chien vint et cria à la 
femme : « Donne-moi un peu (de viande) je te ferai connaître. » 
Le chat ajouta : « Donne-m'en un peu et je te dirai. » 

Quand la femme eut tiré la tête de sa fille (du chouari), 
elle se mit à pleurer. Le chien criait : « Je t'ai dit, donne- 
m'en un morceau, je te ferai savoir. » Le chat disait : « Je 
n'en ai pas mangé et je ne pleure pas ». Le chien ajoutait : 
« Je n'ai pas mangé qu'un os et je pleure. » 

Le mari et la femme partirent à la maison du roi. Mais la 
princesse les aperçut et dit à son serviteur : <( Fais passer 
mon père de ce côté et lâche les chiens sur ma marâtre. » Les 
chiens la dévorèrent. 

Quant à son père, elle le fit asseoir sur une natte et lui 
donna des habits de roi. Elle dit à ses fils : a Quand vous 
verrez votre père, donnez-lui votre figure à baiser et dites- 
lui : Notre père est venu chez nous, ne le repoussez pas. « 

Elle le laissa au bain. Elle lui mit des vêtements de roi. 

Le roi arriva. Ses fils allèrent à sa rencontre, lui tendirent 
leur visage et dirent : « Notre père est venu, laisse-le se 
joindre à nous. » 

Le vieillard vint, le roi lui baisa la tête et l'on se mit à lui 
raconter ce qu'avait fait sa fille*. 

1. La première partie de en conte existe en Zouaoua : La vache des orphe- 
lins. Belkaflsem ben Sedira, Cours de langue kabyle, p. 231-232; Les deux 
orphelins, trad. par Rivière, Recueil de contes populaires de la Kaàylie du Jur- 
jura, Paris, 1882, in>12, p. 67-70. Moaliéras, Légendes et contes meroeiHeuXi 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA ll9 



XIV 

UNE JEUNE FILLE, JALOUSE DE SA SŒUR CADETTE> 

LA TUE ET DONNE SA PEAU 
A UN BERGER QUI EN FAIT UN TAMBOUR 

Un bûcheron avait sept filles. Elles désiraient se marier. 
Lear père leur dit : « Je pars en pèlerinage. » Il leur donna 
ane fleur à chacune. — (( Quand je viendrai, je marierai 
celle qui aura sa fleur encore fraîche », dit-il. 

Elles mirent toutes leur fleur dans l'eau. Les fleurs se 
fanèrent, sauf celle de la cadette qui resta fratche. L'atnée 
en fut jalouse. Elle dit à la cadette : « Allons ramasser du 
bois. » 

Elle la conduisit sur une colline et là, Tégorgea. Un berger 
arriva et demanda sa peau. La fllle la lui donna. Il en fit un 
tambour, et se mit à frapper. 

Le père revint de son voyage, ce — Où est votre plus jeune 
sœur, demanda-Ml à ses ûlles? — Elle est chez nos oncles, 
dirent-elles. » 

Le père trouva le berger qui frappait sur son tambour. Et la 
peau lui répondait : « Fais attention, berger, tu me fais mal. )> 
Le père ayant entendu ces mots dit au berger : (( Recommence 
à frapper. » La peau reprit : a Doucement, berger, tu me 
fais mal; c'est ma sœur qui m'a tuée à cause de la fleur 
rouge. » 

Le père saisit alors le tambour et frappa : « Attention I 
papa, tu me fais mal, dit la peau, c'est ma sœur qui m'a 
tuée pour la fleur rouge. » 

1. 1, p. 330-340 ; Les deux orphelins jumeaux, La seconde partie est uoe va- 
riante d'uo conte berbère do Tafilelt : Aventure de deux enfants perdus dans 
une forêt par teur père, ap. de Kochemonteiz, Contes du Sous et des Oasis 
de la Ta filait dans ses Œuvres diverses. Bibliothèque égypto logique, t. III. 
Paris, 4894, in-8, p. 450-463. L'ensemble se retrouve dans un conte de la vallée 
de ro. Sahel, Le Blanc de Prébois, Essai de contes kabyles, fasc. I. Batoa^ 
1897, in-8, p. 24-49 : Histoire de la vache des deux orphelins* 



480 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

Il emporta le tambour à la maison et le donna à ses filles. 
Celles-ci se mirent à frapper, et à celle qui frappait, le tam- 
bour répondait : a Attention! ma sœur, tu me fais mal, c'est 
ma sœur atnée qui m'a tuée à cause de la fleur rouge I » 

L'atnée le prit à son tour et frappa. — « Prends garde, dit 
la peau, tu me fais mal, c'est toi qui m'as tuée pour avoir 
ma fleur rouge ! » 

Le père se leva et tua son aînée. II resta avec ses autres 
filles'. 

XV 

L'ENFANT ET LE JUIF 

Un Juif apprenait à lire à des enfants. Chaque année il 
tuait un de ses élèves. Un jour il alla trouver un homme et 
lui dit : (( Donne-moi ton fils, je lui apprendrai à lire. » 

Ce Juif avait une fille. Celle-ci dit à l'élève qui venait d'ar. 
river : « Où vas-tu. — Je viens apprendre à lire. — Mon père 
te tuera. » 

L'enfant retourna chez son père et lui dit : a Le Juif veut 
me tuer. » Son père était très pauvre : « Père, lui dit son 
fils, je vais me changer en chien, tu me conduiras au marché 
et tu me vendras. Tu auras soin d'enlever la corde d'attache. » 

Le père l'emmena au marché, et, s'adressant à quelques 
Chrétiens, il dit: (( N'achetez-vous pas un bon chien de chasse? 
Jetez-lui une pierre et vous verrez comme il rapporte bien. » 
Ils lui jetèrent une pierre. L'enfant courut la chercher et la 
rapporta à celui qui l'avait lancée. — « Combien le vends-tu? 
— Cinquante douros. » Il eut soin d'enlever le collier et les 
Chrétiens partirent chasser. 

Le chien se mit à courir et, parvenu sur une colline, il 
redevint enfant. Les Chrétiens s'approchèrent et lui deman- 
dèrent : « N'as-tu pas vu un chien? — Non, dit-il. » 

1. Le dernier épisode se trouve daas un conte do Tafilelt : Le roseau et le 
tambourin pariants, Rochemonteix, CEuvres diverses^ p. 431-439. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA i8i 

Il revint chez son père et le trouva encore dans la misère. 

— « Père, lui dit-il, je me changerai en cheval, tu me con- 
duiras au marché où tu me vendras. Mais fais attention 
d'ôter le licol. » 

L'homme conduisit son cheval au marché. II rencontra 
le Juif. — « Combien vends-tu ton cheval? lui demanda-t-il. 

— J'en veux cent douros, sans le licol bien entendu. — Je le 
veax avec le licol, o Le père le lui laissa. Le Juif emmena la 
béte chez lui, la mit dans une écurie et referma sur lui les 
sept portes. 

Sa fille vint examiner le cheval et reconnut l'élève. Elle le 
fit sortir, lui ôta le licol et il reprit sa forme humaine. Il 
retoarna chez son père. 

Le Juif se mit à la recherche du cheval et ne le trouva pas. 
Il alla chez son vendeur. L'enfant le vit et se transforma en 
pierre. Le Juif devint un oiseau. L'enfant se changea en mer 
el le Juif en poisson. Le Juif alla rester sur un rocher au 
milieu de l'eau. Une vague le fit tomber dans l'eau et il se 
noya. 

L'enfant revint alors vers son père, mais il était mort. Il 
épousa ensuite la fille du Juif. 



XVI 
LA FEMME ET LES DEUX ENFANTS 

Un homme avait deux enfants. Une femme vint le trouver 
et lui dit : « Je veux que tu m'épouses. » L'homme l'épousa. 

Chaque jour elle allait puiser de l'eau. Une fois elle dit à 
son mari : a Vois, tes enfants urinent au lit; je veux que tu 
m'en débarrasses. » 

11 les conduisit dans une forêt et les y laissa. Il revint, mais 



1. Il existe uue ▼ariaDte dans un conte des Beoi Snous : Destaiag, Étude 
9ur ie dialecte berbère des Beni-SnouSy t. 11, L'enfant et te Juif, p. 104-11i. 



182 LE DIALECTE BERBËRE DC CHENOUA 

les enfants le rejoignirent. Il trouva une vache et la ramena 
chez lui. Les enfants se nourrirent de son lait. La fille de la 
mauvaise femme vint aussi pour téter avec eux, mais la 
vache lui donna des coups de sabot. La mère égorgea la bête, 
la fit cuire et toute la famille s'installa pour manger. Dès 
que la marâtre tirait un morceau de viande, il se changeait 
en pierre; les enfants, eux, mangeaient de la viande. La 
femme se leva, tua le garçon et, se tournant vers sa sœur, 
elle s'écria : « Si tu parles, je te tuerai aussi. » Puis elle fit 
cuire la chair du petit qu'elle avait égorgé. 

Le père demanda : « Où est notre enfant ? — Regarde où 
il joue », dit-elle. Et la famille mangea. La sœur de l'infor- 
tuné garçon se mit à pleurer. Elle ramassa les os que Ton 
jetait et les cacha sous elle. Elle les porta dans un fumier et 
les y enfouit. 

Une gourde poussa, un oiseau en sortit. Il alla se poser 
sur un arbre et se mit à dire : « La femme de mon père m'a 
tué, et mon père a mangé de ma chair. Ma sœur a recueilli 
mes os. la oiifour ! » 

— « Continue, ô oiseau ! » lui cria sa sœur. Et l'oiseau re- 
prit : (( Ma marâtre m'a tué, mon père a goûti^ de ma chair, 
ma sœur a recueilli mes os. la as four ! » 

La femme dit à son mari : « Quittons ces lieux. » Ils s'en- 
fuirent pour aller demeurer ailleurs et laissèrent la petite 
fille endormie. Quand elle se réveilla, elle ne trouva plus ses 
parents. Elle se leva, s'en alla et en chemin trouva la maison 
d'une ogresse. — « Qu'es-tu venue faire ici, lui demanda le 
monstre. » Mais l'enfant se jeta sur le sein teint de henné. 
L'ogresse s'écria : (( Si tu n'avais sucé le sein d'Âli et de 
Mousa, j'aurai dévoré ta chair d'une seule bouchée, bu ton 
sang d'une seule gorgée et tes os auraient éclaté comme le 
tonnerre dans le ciel. » 

Elle l'adopta. Quand l'ogresse lui disait: (( Allume le feu», 
elle l'éteignait, et quand elle lui disait : a Ne va pas chercher 
de l'eau », elle y allait. 

Un jour l'enfant dit à l'ogresse : « J'irai voir mes parents. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU GHENOUA 183 

— Par quelle porte te ferai-je sortir, par la porte d'argent ou 
celle d'or? — Par la porte d'or. » 

L'ogresse revêtit l'enfant d'or et la fit sortir par la porte 
d'or puis elle lui recommanda : a Lorsque tu arriveras près 
de la demeure de tes parents, aie soin d'enlever tes beaux 
habits et de les cacher. » Arrivée près de la maison de son 
père, elle quitta ses vêtements et les mit en place. 

Le fils du roi donnait une fête. Tout le monde s'y rendait. 
La marâtre noircit avec de la suie la figure de sa belle-fille 
et partit à la fête. La jeune fille se leva, lava sa figure et alla 
à la fête du prince. Elle perdit un soulier. Des femmes, assises, 
l'examinaient. La fille de la marâtre dit à sa mère : « Ne di- 
rait-on pas la mère aux cendres? (l'enfant délaissée). » 

Mais la jeune fille pleurait car le roi avait ramassé sa 
chaussure. Elle retourna chez elle, se déshabilla et rangea 
ses habits. 

Elle noircit sa figure de suie et s'assit dans la cuisine. 

Sa marâtre revint. Le lendemain la fête continua chez le 
roi et tous les gens s'y rendirent. Mais le prince refusait de 
choisir (une épouse). On lui dit : (( Il ne reste plus personne 
au monde qui (ne soit venu). » Un homme lui dit : « Une fille 
reste encore. — Amène-là, ordonna le roi. » Il alla la cher- 
cher : « Attends-moi » dit-elle à son père. Elle revêtit ses 
magnifiques vêtements et son père l'amena. « La voilà », dit- 
il au roi. 

Le roi l'épousa et elle demeura avec son père. 

Elle est passée par la forêt brûlée et moi j'ai pris le bon 
chemin. 

XVII 
LES ŒUPS DE DIAMANT 

Un homme coupait du bois. Un jour qu'il était au travail, 
il trouva un nid contenant deux œufs de diamant. 
Il les prit pour les vendre. Il rencontra un Juif qui lui dit : 



184 LE DIALECTE BERBÈRE DU GflENOUA 

« Vends-moi ces œufs. — Pour quelle somme? — Pour cent 
douros. » 

Le Juif les acheta. Tous les jours il trouvait deux œufs 
qu'il vendait. 

Une fois, il partit en voyage. Le Juif se rendit chez lui et 
vit sa femme : (( N'as-tu point d'œufs à me vendre? demanda- 
t-il. — J'en ai deux, dit-elle, mais je t'en ferai cadeau. — Je 
voudrais bien t' épouser, lui dit-il encore. » 

La femme le prit pour mari. Un jour, il fit semblant d'être 
malade : « Tue-moi l'oiseau (celui qui pondait des œufs de 
diamant) dit-il à sa femme, je le mangerai. » (Elle refusa). 

Elle mit au monde deux fils. Elle se leva, tua l'oiseau, le 
Qt cuire et donna la tête à ses enfants. (Aussitôt), ils gou- 
vernèrent le royaume. 

Un jour, le premier mari revint de son voyage. Il dit à sa 
femme : « Qu'as-tu? — Est-ce que je te connais », lui répon- 
dit-elle. 

Il se rendit auprès du roi. Il passa la nuit dans la maison 
d'un homme et y coucha avec ses fils. Il s'étendit sur eux et 
les tua (( J'irai me plaindre au roi », lui dit le père. 

En route, il rencontra un homme dont l'âne était tombé. 
« Lève-le avec moi », lui demanda le maître de la bête. Il le 
saisit par la queue, mais elle lui resta dans les mains. — 
(( J'irai me plaindre au roi », dit l'homme. 

Les voilà partis chez le roi et le voyageur raconta son his- 
toire : (( J'étais allé en voyage, j'avais laissé ma femme à la 
maison et un Juif est venu l'épouser. » Le roi jugea : « Si 
vous le rencontrez sur votre route, tuez-le », dit le roi. 

L'homme resta avec ses enfants *. 



1. Uoe version plus complète existe dans le dialecte des K'çour : Voiseau 
merveilleux et le Juif. R. Basset, Recueil de textes et de documents relatifs à 
la philologie berbère, Aiger, i887, in-8, p. 45-47; c*est an épisode d'un conte 
du THzeroualt : Histoire des deux garçons qui avaient mangé la tête et le cœur 
de Voiseau et de Bhalia bint Manssor. Stumme, Mdrchen der Schluh von 
Tazerwalt, p. 25-31. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CRENOUA 185 



XVIII 

LA FEMME ET L*ENFANT IDIOT 

Une femme avait un fils idiot. Un jour, elle lui dit : « Em- 
mène le bœuf au marché et vends-le. » L'enfant partit et en 
chemin il entendait le coucou qui chantait : <x Coucou ! Cou- 
cou I )) Le bœuf s'enfuit : « Rends mon bœuf, cria Tidiot à 
l'oiseau. Je reviendrai vendredi et tu me paieras. » 

L'enfant retourna chez lui et sa mère lui demanda : « Où 
est l'argent? — Le coucou me paiera vendredi. — Est-ce que 
les gens font du commerce avec le coucou I » 

Le vendredi suivant, il dit à l'oiseau : <( Donne mon ar- 
gent. » L'oiseau lui répondit : « Coucou ! Coucou I » L'idiot 
ramassa une pierre et courut derrière lui, Il l'amena ainsi 
jusqu'à un endroit où il s'arrêta. Il vit le coucou entrer dans 
un trou. <( Je sais où tu habites, je reviendrai vendredi », lui 
cria-t-il. 

Il regagna sa maison et sa mère lui dit : « Où est l'argent? 
— J'ai vu la demeure du coucou ; vendredi je t'apporterai le 
prix du bœuf. » 

Vendredi, l'enfant se rendit au trou de l'oiseau et y trouva 
des pièces d'or. Il en prit quelques-unes qu'il porta à sa 
mère : « Ne m'avais-tu pas raconté que le coucou ne me 
paierait pas? dit-il. — Conduis-moi à la demeure de l'oiseau, 
reprit sa mère. — Voudrais-tu voler l'argent du coucou? » 

L'après-midi, la femme prépara de la bouillie et dit : 
« Allons. » Elle partit avec son fils au logis de l'oiseau. Elle 
prit Tor. En revenant, elle dit à son enfant : « Regarde der- 
rière toi. » Il se retourna. Elle lui jeta du couscous. II se mit 
à manger et tomba dans la boue. Il alla à la rivière et y 
trouva des gens. « Ne tombet-il pas sur vous de l'eau et du 
couscous? » leur demanda-t-il. Ils le frappèrent. L'idiot 



186 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

retourna chez lui et sa mère lui donna de la bouillie (Plus 
tard), elle le maria et elle resta avec lui '. 



XIX 
HISTOIRE D'UN VOLEUR 

Deux frères, deux coupeurs de route, dévalisaient toujours 
la maison du roi. L'aîné mourut. Il laissait un fils. Il 
demanda un jour à sa mère : (( Quel était le métier de mon 
père? — Ton père portait la matraque et le sabre, répondit- 
elle. » (Et il se mit à voler). 

Il alla jusqu'à un endroit où il vit un mouton. Il le prit, 
l'amena chez lui et l'égorgea. Le roi rechercha le mouton. 

(Une autre fois) le jeune voleur pénétra dans le palais du 
roi, déroba de l'or et revint chez sa mère. Celle-ci dit à sa 
tante : « Prête-moi un ak'eroui. » Sa tante le lui donna. Elle 
s'en servit pour compter les louis, puis le lui rendit. Une 
pièce d'or était restée dans Vak'eroui, « Vois, dit la tante à 
son mari, notre neveu s'est servi de Val^eroui pour mesurer 
des louis. » 

L'oncle alla trouver son neveu et lui demanda : « Où as- 
tu pris cet or? — Va, lui dit-il, près de la maison du roi, 
enlève une tuile, jette une pierre et si tu l'entends tomber, 
descends, sinon ne bouge pas. » 

Il partit. II ôta une tuile, lança une pierre et comme rien 
ne résonnait, il descendit (quand même). Il tomba dans un 
baquet rempli de graisse et ne put remonter. Son neveu alla 
voir, il descendit dans la maison et coupa la tête de son 
oncle. 

(Le lendemain), le roi trouva un homme décapité. Il alla 

1. 11 en existe une version en Zouaoua : Si Djeh'a et le trésor. MouUéras, 
les fourberies de Si Djeh'a, t. 1. Oran, 1891, in-i2, p. 37-40, et en Chelfa'a : de 
Tazerwalt, Stumme, Elf StUcke im Silha-Dialeki vom Tazerwaii, Leipzig, 1894, 
in-8, p. 12, Histoire de la chouette. 



LE DIALECTE BERBËRE DU GHENOUA igl 

• 

consulter un sage : « J'ai trouvé un homme décapité, lui 
dit-il. — Expose-le sur le chemin, ses parents le verront et 
viendront pleurer sur lui. » 

Le jeune brigand acheta des œufs au marché, les donna à 
sa tante et dit : « Amène un âne, charge-le de ces œufs et va 
près du corps de ton mari. Quand tu seras arrivée, renverse 
les œufs. Ils se briseront et tu pleureras. » 

(La femme fit ainsi.) Le roi vint et lui demanda : a Pour- 
quoi pleures-tu? — J'ai perdu mes œufs, des gens me les ont 
cassés. » Le roi lui donna de l'argent et elle revint chez elle. 

La nuit, le voleur enleva le cadavre de son oncle et 1 en- 
terra. 

(Le lendemain) le roi ne trouva pas le corps où il l'avait 
laissé. Il retourna consulter le sage et lui dit : a Le cadavre 
a été enlevé. — Envoie une autruche à sa recherche, lui con- 
seilla l'homme. » 

Le roi envoya une autruche. Le voleur la vit venir, la sai- 
sit, la fit tomber, la traîna à la maison où il l'égorgea et la 
mangea . 

Le roi retourna voir son conseiller : « L'autruche n'est pas 
revenue, dit-il. — Envoie une négresse demander de la 
graisse d'autruche. » 

La servante arriva à la maison dû voleur et dit : « N'auriez- 
vous pas un peu de graisse d'autruche, voici que le roi est 
malade. » 

La mère du bandit lui en donna un peu. Le voleur aperçut 
la négresse et dit : « Qu'es-tu venue faire? — Mon seigneur 
est malade et je demande un peu de graisse d'autruche. — 
Je vais encore t'en chercher. )) 

Elle l'accompagna. Le voleur la conduisit jusqu'à sa de- 
meure, puis il lui coupa la langue. La servante se présenta 
au roi. « Qui t'a donné de la graisse? » demanda-til. La 
malheureuse fit en vain des efforts pour parler. Le roi s'écria : 
« Te moques-tu de moi? » Et il lui trancha la tête. 

Le prince retourna chez son conseiller et lui dit : « Que 
faut-il faire? — Je ne sais », lui répondit-il. 



188 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

• 

Le roi donna une fête et fit savoir aux gens : « Je marierai 
ma fille à celui qui pourra m'expliquer cette affaire. » 

Les concurrents arrivèrent et à peine avaient-ils ouvert la 
bouche que le roi s'écriait : « Ce n'est pas comme cela I » 

Alors, le voleur vint et dit au roi : « Voici, ce que j'ai fait. » 
Et il lui conta toutes ses aventures. 

Le roi lui donna sa fille. Le voleur l'épousa ^ 



XX 

HISTOIRE D'UN FRÈRE QUI TUA SA SŒUR 
POUR LAVOIR TRAHI AVEC UN JUIF 

Un homme tuait toutes les filles que (sa femme mettait au 
monde). Une fois un enfant naquit et l'homme se disposait 
à l'égorger quand il s'aperçut que c'était un garçon. (Il le 
laissa vivre). 

Il alla en voyage et dit à son fils : « Si ta mère met au 
monde une fille, tue-la et mets-moi son sang de côté, dans 
un roseau. » 

La mère accoucha d'une fille et son frère alla pour la tuer. 
— (( Qui lavera tes vêtements ! « lui cria sa mère en pleurant. 
Il ne la tua pas. Il prit une poule, l'égorgea et mit son sang 
dans un roseau. Il abandonna ensuite sa jeune sœur dans 
un puits. 

Quand son père revint de voyage, il lui demanda : « Quel 
enfant ta mère a-t-elle mis au monde? — Une fille. » 

Et le fils lui donna le sang à boire. — a Ceci n'est pas du 
sang humain, dit l'homme. — J'ai tué le nouveau-né, mais 
je ne sais ce qui est arrivé. » • 

Le jeune homme prit un cheval, délivra sa petite sœur et 

1. Cf. UD conte chelh'a du Soas : Les voleurs du trésor royal. De Roche- 
Imontria, Œuvres diverses, p. 439-445 ; il en existe uoe yersion inédite en dia- 
ecte de Bougie : L'adroit voleur^ trad. par R. Basset, Nouveaux contes berbères, 
p. 149-152. 



L£ DULECTE BERBÈRE DU GHENOUA 18» 

partit avec elle. Ils allèrent demeurer dans la maison d'un 
roi. Le prince leur envoya dire : « Éloignez- vous de cette 
maison. » Le jeune homme refusa. Le roi ordonna à ses sol- 
dats de le tuer. Le jeune homme se présenta au devant de 
ses ennemis. — « Que désirez-vous? leur cria-t-il. — Nous 
allons tuer un homme. — Je suis celui que vous cherchez. » 

Il tomba sur les soldats et les tua tous, sauf un qu'il avait 
blessé aux lèvres. — « Va trouver le roi, dit-il au survivant, 
et recommande lui d'envoyer beaucoup plus de soldats. » 
Ce messager partit et rapporta ces paroles au prince. 

Le roi alla voir une femme et lui dit : « Conseille-moi. — 
Envoie-lui une sorcière », répondit-elle. 

Le roi dépêcha une sorcière au jeune homme. La sorcière 
partit, mais celui-ci la rencontra et la tua. Le roi apprit (la 
mort de la sorcière) et s'écria : « Je donnerai une fortune à 
celui qui m'amènera cet homme. » Un Juif dit: « J'irai. » 

Le Juif acheta quelques marchandises et se mit à les 
vendre. Il interrogea les gens pour connaître la maison de 
l'homme. On la lui indiqua. II y arriva et se présenta à la 
sœur : « Viens avec moi chez le roi, lui dit-il. — Et mon 
frère? — Quand il viendra, demande lui : Où est ton âme? » 

Le frère arriva et sa sœur lui dit : Où est ton âme ? — 
Je mourrai, quand on m'attachera avec la lanière de mon 
sabre », lui répondit il. 

Sa sœur le ligotta avec la lanière de son sabre et dit au 
Juif: « Viens. » Celui-ci accourut. Aidé de la fille il frappa 
l'homme avec l'arme, s'empara de son âme et jeta le corps 
au fonds d'un puits. 

Quelques personnes entendirent ses gémissements, le sor- 
tirent, puis recousirent (ses plaies). Quand il fut presque 
guéri, il leur dit : « J'irai tuer ma sœur et ce Juif quel que soit 
l'endroit où ils se trouveront. » 

Il revint chez lui, prît son sabre qu'il attacha avec sa 
lanière. Il arriva chez le roi. Il ouvrit une boutique et vendit 
du charbon. Un jour le Juif entra, le jeune homme tira son 
épée et le tua. 



190 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

Il jeta sa sœur dans le feui. 



XXI 
L'HISTOIRE D'UN ENFANT IDIOT 

Une femme avait deux garçons : l'un raisonnable, Tautre 
idiot. Le premier mourut. Elle dit un jour au second : a Em- 
porte ce miel, et vends-le. » 

Il partit et dit à des Chrétiennes : « Achetez-vous du 
miel ? » Elles se mirent à le battre. Il alla au marché, y 
déposa sa marchandise et s'endormit. Les mouches se po- 
sèrent sur le miel et en mangèrent. L'enfant se réveilla et 
leur dit : (( Payez-moi. » Et il se mit à les frapper. (Il les 
poursuivit) et les trouva (posées) sur de la viande. Il les 
frappe et fit tomber la viande. Il (les chassa) et elles se 
posèrent sur des gens et il les battit. 

On lui dit : a Installe-toi à la porte du marché, tous ceux 
qui viendront te donneront un sou. » Il resta à la porte et 
tous ceux qui entraient lui jetaient une aumône. Quand le 
marché fut terminé, il retourna chez lui. — « A qui as-tu 
vendu le miel? lui demanda sa mère. — • Aux mouches. — 
Les mouches achètent du miel ? — Tous ceux qui sont entrés 
au marché m'ont donné un sou », dit-il. 

Un jour, il acheta un âne et lui attacha deux pièces de dix 
sous à la queue. Il rencontra deux individus, il leur cria : 
« Que le salut soit sur vous. » Les deux personnes se dispu- 
tèrent. L'une disait : « C'est à moi que s'adresse ce salut. — 
C'est à moi », soutenait l'autre. 

Elles appelèrent l'enfant. — « Qu'avez-vous, leur dit-il. — 

1. 11 en existe des variantes en dialecte zouaoua : Conte du chasseur. Hano- 
teau, Essai de grammaire kabyle. Alger, 1858, in-8, p. 272-292; Mouliéras, Lé- 
gendes et contes merveilleux de la Grande Kabylie, 1. 1, p. 87-104, Histoire de ^Ali 
et de sa mère; dans le dialecte des Béni Snous : Histoire de la scsur du chas- 
seur, Destaing. Étude suY le dialecte berbère des Beni-Snous^ t. 11, p. 153-166. 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA Idl 

Vois les deux pièces, s'écrièrent-elles, en montrant l'âne, i» 
L'idiot leur dit : « Quand je donne de Torge à mon &ne, il 
fait de l'argent; si je lui donne du blé, il fait de l'or. — Est-ce 
que tu nous le vendrais? » Il leur vendit l'animal. — « Vous 
l'aurez chacun votre tour », leur cria-t-il. 

La nuit, nos deux hommes donnèrent du blé à l'âne et 
étendirent leurs burnous. Mais l'âne ne fit que du crottin. 
L'un d'eux vint pour ramasser de l'or et ne trouva que du 
fumier. — « Allons tuer celui qui nous a vendu la bête », cria- 
Ml à son compagnon. 

L'idiot dit à sa mère : « Aujourd'hui des gens viendront 
pour me tuer. Je te préparerai une outre pleine de sang. 
Quand les étrangers arriveront je te dirai : Étends les nattes 
pour les hôtes. — Tu ne t'empresseras pas, alors je te frap- 
perai avec un couteau. Tu feras semblant d'être morte. 
M'adressant ensuite au couteau, je lui dirai : Ressuscite-la 
et tu te relèveras. » 

Les deux acheteurs trompés vinrent et aussitôt l'idiot cria 
à sa mère : « Hâte- toi, étends les nattes (pour recevoir nos 
hôtes). » Mais sa mère tarda à lui obéir. Il la frappa de son 
couteau (dans l'outre de sang qui! avait préparée). Elle ât 
semblant d'être morte. — « Pourquoi as-tu tué ta mère? lui 
dirent les gens. — Mais je la ressusciterai. » Il s'adressa au 
couteau : « Fais-la revivre! », ordonna- t-il. La morte se leva. 
— (( Vends-moi ton couteau, dit l'un d'eux, ma femme se 
moque de moi (je la tuerai aussi). » 

De retour chez eux, ils dirent aux femmes : a Hâtez-vous 
d'étendre les nattes. » Elles refusèrent. L'un d'eux les tua, 
puis il commanda au couteau de les faire revivre. Elles res- 
tèrent mortes. 

Ils voulurent alors tuer l'enfant (qui avait vendu le cou- 
teau). Celui-ci dit à sa mère : « Emmène-moi et enterre-moi. » 
Elle creusa une tombe, lui ménagea un trou pour lui per- 
mettre de respirer puis l'enterra. 

Les deux hommes arrivèrent pour le tuer. — « Où est ton 
fils, demandèrent-ils à la mère. — Il est mort. — Indique^ 



192 LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 

nous son tombeau. » Elle le leur montra. Us s'en allèrent sur 
la tombe et y déposèrent leurs ordures. L'idiot les piqua, 
puis il se dressa hors du trou, mit une clochette à son cou 
et courut derrière eux. 

« C'est un revenant », s'écrièrent-ils. 

Il les chassa ainsi de sa maison et revint ensuite chez sa 
mère * . 

XXII 
L'HOMME ET LE SINGE 

Un pécheur trouva dans la mer une botte sur laquelle 
étaient écrits ces mots : « Celui qui engendrera le mal, trou- 
vera le mal. » 

Il l'emporta à la maison, la brisa et un singe en sortit. 
« D*où viens-tu, s'écria le pêcheur. — Mais c'est toi qui m'as 
emmené. — C'est que je suis pauvre; je gagne six sous; 
j'achète deux sous de pain, un sou de café et trois sous de 
kif. — Tu pécheras, dit le singe, et j'irai vendre les poissons. » 

Le singe mit des poissons dans un plat et alla danser 
devant le palais du roi. La fille du roi sortit et l'appela : 
« Pourquoi vends-tu ce poisson? lui dit-elle. — Mon maître 
me les a donnés et je m'en amuse. — (Pourquoi) ne m'épouse- 
t-il pas? — Il est bien plus riche que ton père. — Pourquoi 
ne m'épouse-t-il pas? — Donne-moi de l'argent et je le lui 
demanderai. » 

Elle lui donna de l'argent. Le singe retourna chez son 
maître et ne lui remit que six sous. Le lendemain il revint 
et la princesse l'appela : « Que t'a-t-il répondu? — Il n'est 
pas encore (disposé). Donne-moi de l'argent. » 

1. Plusieurs épisodes de ce conte existent en Zouaoua : Mouliérat, Les 
fourbêriet de Si Djeh'a. Si DJeh'a et le couple de taureaux, p. 31-36; Vépée de 
Si Djeh'a qui lue et ressuscite, p. 60-63 ; Si Djeh'a au tombeau, p. 63-66 ; dans 
le dialecte de Tamazratt : Stumme, Mârchen der Berbem von Tamazratt in 
SUdtunisien, Leipzig, 1900, in-4, p. 39-40; Histoire de Djuh'a et de son dne 
gin faisait de Vor, 



LE DIALECTE BERBÈRE DU CHENOUA 193 

Le singe dit à son maître : a Allons )>. Il le revêtit de (beaux) 
habits et Temmena chez le roi. — (( N'ôte pas tes chaussures 
quand tu entreras, lui dit le singe. Tu trouveras un trône 
d'argent et un autre d'or. » 

Ils entrèrent. Le pêcheur s'installa sur le trône d'or et le 
singe sur le trône d'argent.' Ils passèrent la nuit. Ils se 
levèrent pour manger. — « Quand tu mè verras poser ma 
cuiller, lui dit le singe, tu déposeras la tienne. » 

Le singe lui dit : « Pose ta cuiller. » Mais son maître 
refusa. Le lendemain ils emmenèrent la flUe du roi. — a Où 
la conduisons-nous? demanda le pêcheur. — Viens, dit le 
singe. )) 

Le singe s'en alla et trouva une ogresse. — « Eh ! grand'- 
mère, nous sommes venus pour te tuer, cria le singe. Mets- 
toi dans une jarre de poudre. » Elle entra dans la jarre. Le 
singe y mit le feu, l'ogresse mourut. Il la jeta. Le pêcheur 
demeura (dans la maison de l'ogresse). 

Il dit un jour : a Est-ce que le singe demeurera dans la 
même maison que nous. » Une fois le singe fit semblant d'être 
malade. La princesse pleura. Son mari lui dit : « Qu'as-tu à 
pleurer? » Le singe est mort. Le pêcheur le prit par la queue 
et le jeta. 

Le singe se releva et insulta son maître : « pêcheur I » 
crîa-t-il. La femme se mit à pleurer (parce qu'elle avait 
épousé un homme de cette condition). Mais le singe expliqua : 
a Quand il était petit, son père lui donnait deux poissons 
avec lesquels il s'amusait dans l'eau. )> 

Quand le singe mourut, son maître l'enterra et distribua 
du couscous (pour honorer sa mémoire)*. 

1. Uae version eu zouaoïia inédite a élé traduite par le P. Rivière, Recueil de 
contM populaires de la Kabylie du Jurjura. Le singe et le pécheur, p. 99-104. 



13 



194 LE DIALKCTE KËKBÈRE DU CHËNUUA 



XXIII 
LE ROI ET L'OISEAU 

Le roi trouva une petite cruche chez un oiseau. Il la lui 
prit. L'oiseau vint chez le roi et chanta : « Le roi est jaloux 
de moi, il a pris mon cruchon ! )> 

Le roi voulut le tuer. Et l'oiseau se mit à dire : « Le roi 
veut me tuer, parce qu'il est jaloux de moi, il a pris mon 
cruchon! » 

Le roi s'en alla. Et l'oiseau reprit : a Le roi a peur de moi ! 
le roi a peur de moi ! » Et il répétait cela chaque jour. 

Une fois le roi l'attrapa et le jeta dans le feu. Et l'oiseau 
disait : « Le roi m'a mis dans le bain ! » Il mourut, et un 
autre oiseau sortit de ses entrailles. 

Il se mit à chanter : a Le roi a mis mon frère dans le bain ! 
Il a été jaloux de mon frère ! » 

Un jour le roi le saisit et le donna au chat qui le dévora. 

Un autre oiseau naquit. Il alla crever un œil au roi. Il 
vint au palais et retrouva le cruchon de son frère. 

Il y but et voilà qu'il devint roi. 

Et celui qui avait été roi fut son serviteur. 

Il épousa la fille du roi. 



ERRATA 



P«ge 
2 

4 

4 
6 
6 

7 
i5 

33 
33 
36 
55 
6i 
6i 

66 
69 

72 

72 
74 
75 
76 

77 

79 

80 

83 

87 

87 

«7 
88 



Ligne 

18 
i5 

19 
24 
3o 

16 

6 

5 

26 

12 

5 

i4 

5 

25 

17 

i4 



5 



22 

28 

19 

8 
28 
20 
20 

9 

8 

2 
3i 

7 

23 



An lieu de : 


Lire : 


jujube 


jujubier 


1901 


jpii 


39 000 


3o.ooo 


el Kachem 


el Hachem 


Boukouis 


Bou Bouis 


el Kachem 


el Hachem 


qu'en 


en 


thaouourih 


haouourth 


Naraoua 


Baraoua 


hafsouh 


hafsouth 


ickelts 


hichelts 


S'ir 


Sir' 


qua-i-il trouvé 


que trouvera-t-il 


ioumezen 


iounezen 


est 


ai 


vous 


eux 


Forme 


Formes 


ik'choud'hen 


ik'choudhen 


hezra' 


hezra 


nd*oouir 


ad aouir* 


iidh 


idh 


réguliers 


régimes. 


rassa 


rassa 


emmouthen 


emmouthem 


sougrir 


sougrir 


anida 


a nid' a 


in as 


innas 


Ek'kHmin 


Ekkimen 


ckefai 


chefai 


hekkehbedh 


hekkehbedh 


Vkhesed' 


Htkhesed 



196 



ERRATA 



Page 

89 

89 

89 

90 

90 

9« 

9« 

9' 

91 

9* 

93 

93 

93 

94 

95 

96 

97 

97 

98 

99 
100 

100 

101 

1U2 
102 
102 

io3 
io3 
iu3 
107 
]o8 
108 
108 
108 
109 
109 

IIO 

1 10 

IIO 

1 1 1 
II I 



,igue 


Au liea d« : 


i5 


roh* 


17, 21, 


22 el djefoun 


28 


jouiints 


12 


houdcheh' 


4 


itsomeren 


24 


aisess 


9 


iiout 


10 


hesek'd'hà 


12 


ahen\ 


21 


madi 


3 


arachetched* 


9 


ad* 


12 


iousedhen 


2 


arouah 


22 


hahzaouth 


23 


ionsdhents 


17 


innas 


36 


aisouir* 


5 


Ut an 


3i 


Eglehents 


4 


herk^erd'el 


25 


ir es 


21 


eknâch 


27 


airar 


28 


Hsro*her 


35 


ennezour 


2 


tsaren 


8 


Etehints 


35 


djioumen 


7 


azed'mer 


22 


oultemam 


22 


Roh 


24 


hioud 


26 


in am 


25 


hen as 


28 


Innas 


1 1 


A ha m 


25 


heWah 


33 


aiadhel 


11-12 


hazeggart'h 


i5-i6 


hazeggouaith 



Lire : 

iroK 

el' djefnoun 

jou'iifnts 

houâchek' 

itsameren 

aise sou 

iioui 

kesek'dhâ 

ahen 

mani 

ara hetched' 

ad 

iouedhen 

arouah* 

hah*zaouth 

iouedhents 

hennas 

atsaouir" 

Ut* an 

E glèbe mis 

hek'erd'el 

ires 

elmàch 

ahirar 

Sroh'er 

emezour 

tsar en 

Etehints 

djiounen 

azed'mer* 

oultsmam 

Roh' 

hioudh 

innam 

hennas 

in as 

Ahan 

heik'ah* 

aiâd'el 

hazeggar'th 

hazeggouar*th 



ERRATA 



197 



P»ge 


Ligiie 


Au lieu de : 


Lire : 


III 


22-23 


imek^k'iedj 


inek'k'iedj 


112 


17-18 


enni, S ousroun 


enni s ousroun * 


Il4 


6 


eWena 


eVhené 


ii4 


i3 


djedd' 


djedd 


ii6 


20 


adi 


ad'i 


ii6 


2S 


ik*k'ai 


ik'k'ar 


117 


6 


Asameddith 


tsamedditk 


118 


10 


etkennoud* 


eWermoud* 


118 


i3 


ouk\ K'ith 


ouk'k'iih. 


i'9 


24 


H d'à 


Ibd'a 


120 


20 


oug'cherboub 


ougcherboub 


120 


16 


après ioumas^ ajoutez : Mani i hella ha^ 






louiath enne'i ? » - 


- « Innas 


122 


4 


xern 


xern 


122 


28 


Sedden 


Sedder 


122 


35 


Innmouih 


Immouth 


123 


18 


Arouah 


Arouah' 


123 


21-22 


Limâlem 


Lemâlem 


123 


3o 


annaroh 


annaroh' 


124 


5 


d'aieth 


djaieth 


124 


11 


iouiin 


iouin 


i3o 


3o 


i'* f. 


I» D'X 


i35 


9 


L I 


Z I 


i4i 


I 


ioud^ 


ifoud' 


142 


I 


akedjfouf 


akedjouf 


i44 


8 


le sikhoubai 


les ikhoubai 


177 


18 


supprimez : pas. 




.81, 


•joutez à la note : Les diverses yersioas de ce conte ont été 


étudiées par M. 


Cosquin : Les Mongoh 


5, Niort, 1913, in-8°. 


190 


i3 


frappe 


frappa 



tl 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages. 

Prépacb I 

Introduction f 

Chapitre I. — Phonétique 19 

Chapitre II. — Le 3iom 35 

Chapitre III. — Le Pronom 47 

Chapitre IV. — Le Verbe 59 

Chapitre V. ~ Les Particules 70 

Textes 83 

GlOSSATRB DBS RACINES BERBERES 127 

Traduction des textes 153 

Errata 195 



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XXXIIL Etibnne de Flacouht. Dictionnaire de la langue de Madagascar, d'après 
l'édition de 1»)58 et V Histoire de la grande Isle Madagascar de 1661, par 
Gabriel Fbbrano. In-8, avec un frontispice fac-similé .... 12 fr. » 

XXXIV-XXXV. E. Dbstaing. ICtude sur le dialecte berbère des Beni-Snoûs. 2 vo- 
lumes in-8 25 fr. » 

XXXVI. S. BbuLiFA. Textes berbères en dialecte de IWtlas Marocain, ln-8. 12 fr. » 

XXXVil. S. BiARNAY. Etude s>ir le dialecte berbère de Ouargla. ln-8. . 16 fr. » 

XXXVIII. Nbhlil (M ). Etude sur le dialecte de Ghnt. ln-8 id fr. » 

XXXIX-XL. RBNâ Basset. Mission au Sénégal. 2 vol. in-8 {sous presse). 

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