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Sflfiélé llâ\raisê dtluiles divprso'î
ÉTUDE
SUR le:
LANGAGE
0£ LA
BANLIEUE DU HAVRE
par
l'Abbé C. MAZE
Ouvrage posthtime publié par lei soins et aux (mis de la Société
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ÉTUDE
SUR LE
LANGAGE
DE LA
BANLIEUE DU HAVRE
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ÉTUDE
SUR LE
LANGAGE
DE LA
BANLIEUE DU HAVRE
Camille MAZE
t836-l90i
Sociélé llavraise dtludes diverses
ÉTUDE
SUR LE
LANGAGE
DE LA
BANLIEUE DU HAVRE
par
l'Abbé C. MAZE
. f
Ancien Secrétaire Général
Ouvrage posthume publié par les soins et aux frais de la Société
Librairie Normande, Ernest DUMONT, rue Barbet-de-Jouy, 42
A. LESTRINGANT, Libriire de U Biblitthèqne de li Ville, rue Jeanne-d'Arc, 11
Librairie Arlistique, J. GONFREVILLK, rue de la Bourse, 7
1903
THK NKH- YORK
PUBLIC LlBiiAHY
371655B
A8T0B. LENfX AND
TILOBN rOLNOATlONS
B 1946 L
AVANT-PROPOS
Il est toujours fâcheux pour un ouvrage que son auteur ne
puisse le présenter lui-même au public. Mieux qu'homme du
monde il est à même d'en faire valoir le plan et Véconomie, et
aussi d'en atténuer les défaillances^ s'il sait les reconnaître.
Ici néanmoins le lecteur pourra répéter le mot célèbre Defunctus
adhuc loquitur. Car c'est M, Vabbé Maze surtout qui va retracer
l'historique de son mémoire, souvent par des citations de ses
lettres. De plus, cette préface d'emprunt n'ira pas sans quelque
avantage : celui de relever telle particularité qu'un oubli, ou plus
encore, que la modestie de l'auteur eût omise (i).
Cette Etude résume des observations qui ont persévéré un quart
de siècle. Elle était suffisamment avancée dès le mois de décembre
iSlR pour fournir à notre Compagnie la matière de deux
lectures. Et elles y passèrent si peu inaperçues, que la Société,
comme l'a écrit naguère son distingué président, avait « vivement
encouragé l'auteur à continuer une œuvre si utile, »
Peut-être se demandera-t-on comment M. Maze n'a pas dès lors
songé à imprimer ses recherches : il lui eût suffi de classer les
souvenirs du langage que son enfance avait parlé dans un moulin
(1) Les pièces justificatives ne se publient guère en première page. Mais, par sa
réserve charmante, le billet du 6 juillet 1887 mérite bien cette exception : « Pour
réussir cette dissertation (des Armées météores), il aurait fallu être fort en histoire,
fort en philologie et fort en météorologie. J'ai essayé de faire comme si j'étais ce
triple fort; mais, plus d'une fois, en route, je me suis aperçu de ma faiblesse. Mainte-
nant, il me reste ài savoir, de la part d'un juge impartial, si je ne le laisse pas trop
^oir aux autres. »
^^(^AcMaJ^^ PLt^^. ■V'f-^
▼III
d'Epouville. Nombre d'auteurs quioni écrit sur les patois, se sont
presque bornés à en déterminer la nomenclature; et l érudition
leur a su gré de cet effort sommaire.
Les vues de notre compatriote nepouratent manquer de sélefoer
plus haut. Mathématicien par goût^ et souvent par devoir, il ai--
mait en toute chose cette précision qui est de rigueur dans les mé-
moires scientifiques, et qui seule donne tout leur prix aux œuvres
littéraires. Xe Ta-t^^n pas vu évaluer en centaines de millimètres
V épaisseur du glaçage métallique de poteries anciennes trouvées
à Rolleville ?
Rédiger un lexique populaire ne pouvait donc avoir pour lui
quelque attrait qu'à ces deux conditions : d'abord que ce vocabu-
laire fût d'une ampleur à contenter les plus difficiles ; puis que
des rapprochements minutieux et sagaces cherchassent à démêler
tes lois mystérieuses qui président à ces articulations étranges,
non moins qu'aux plus harmonieuses dérivations académiques.
Il pourrait bien être moins difficile d'arracher un aveu à un
criminel, que d'obtenir d*un campagnard quil ne s'évertue point
à parler français avec une personne instruite. Il faut donc épier
à petit bruit pour prendre sur le fait ce que tes pédants ont
appelé un jargon informe, bien que ce soit une langue parfaite-
ment régulière.
Entre autres industries, M. Maze voyageait toujours en troisième
dans la banlieue ; il se faisait aussi un devoir de fréquenter le
plus possible les marchés, en quête d'autres denrées et d'autres
profits que les allants et venants qu'il y coudoyait.
Les anciens textes, il est à peine besoin de le dire, lui prêtèrent
un utile secours. Plus de deux cents remarques furent empruntées
au Mystère de la Nativih», édité par M. P. Le Verdier pour les Bi-
bliophiles normands. Il examina de plus tous les articles d'tm
(( Dictionnaire de l'ancien anglais et de l'anglais provincial »,
volume in-8^ déplus de 1,000 p. en petit caractère. par Th. Wright,
Voilà pour la nomenclature : quant à la phonétique et à la
grammaire, les lecteurs apprécieront avec quel soin notre confrère
en a formulé les règles. Un curieux incident lui a d'ailleurs oc-
troyé ce qu'on pourrait appeler un satisfecit avant la lettre, c'est-
à-dire avant l'impression de son mémoire, avant le jugement du
public. Le Bulletin critiqu? a jadis relaté cette preuve de fait,
IX
d'où il résulte que les théories de la présente Etude, loin d'être des
visions cornues, sont encore strictement appliquées par des gens
qui n'en soupçonnent point Vexistence, et font aitisi à la lettre de
la vraie prose cauchoise sans le savoir.
Vers iS19, M. Maze alla voir aux Trois-Pierres son digne ami
l'abbé Valette, ancien vicaire àSt-François, Le dimanche, les jeunes
gensduvillageseréunùsaient au presbytère, pour s' y récréer, après
Voffice. Labbé Maze leur fit connaître le jeu de croquet, leur en
fournit le matériel, et leur en apprit les termes. Quand il revint,
quelques mois après, le jeu était en pleine faveur ; mais les mots
dont usaient les joueurs n étaient plus ceux des « Règles du Jeu. »
Le moule cauchois, sans les altérer substantiellement, les avait
déprimés à Vimage et ressemblance du parler champêtre. Après
miïre délibération, cinq ou six abbés Maze n'eussent pas fait be-
sogne plus savante.
Mais il est temps de laisser V auteur expliquer lui-même quelques
particularités de son travail.
Le langage populaire prouve que l'orthographe « sens dessus
dessous )) est un contresens. En effet, le peuple dit partout san
pour « sens », par exemple : « c'est pas d'çu sens là » ; au lieu
que pour a sens dessus dessous », il prononce c*hen d'sus d'sous;
c'est-à-dire : « ce (qui était) en dessus, (mis) dessous ».
« Rien de fait, écrit-il le 4 mai i886 » ; et pourtant « j'ai énor-
mément travaillé. Toutefois, je ne regrette pas mon temps : car
j'espère que tout d'un coup sortiront plusieurs choses intéres-
santes.
« Quant à la crainte d'aridité, je ne m'en préoccupe pas : car
j'ai les exemples pour lever la difficulté. Il suffit, et cela ne m£ pa-
rait pas malaisé, d'introduire dans les exemples un peu de vis
comica. »
Notons que le i 5 juillet suivant il écrit d'Har fleur : « J'ai tant
de travail que je ne sais plus comment faire face à tout : aussi je
ne publie plus rien {i). »
f Octobre a fait faire un pas très sérieux au patois, » mande-
(1) Faut-il s*étonner après cela que Tabbé Maze ait parfois négligé les soins les
plu^ vulgaires de sa personne, s'exposant ainsi aux respectueux reproches du dé-
vouement affectionné qui ne peut encore parler sans larmes du regretté défunt.
t'il de Paris la veille de la Toussaint {886, en annonçant qu'il y
aura trêve en novembre. Le dictionnaire comprendra entre six et
sept mille mots, dont, il est vrai, beaucoup ne sont çue des va-
riantes de prononciation du français. « Plus f avance, et plus je
comprends Vulilitè de cette étude au point de vue même de la
langue classique*. Plus d'une étymologie que Littré n'a su donner,
est pour moi très claire. »
3fais voici que, le W décembre i889, il se félicite de ce qu'il ne
lui reste qu'à discuter les résultats de onze mille sept cent vingt-
quatre opérations d'arithmétique, progrès notable sur les quatre
mille calculs dont il s'était délassé, le 27 mai i88i, en dissertant
sur € sens dessus dessous >). Et, entre les mathématiques et le pa-
tois, trouvent place des communications à l'Académie des Sciences
ou les comptes-rendus de ses séances, une collaboration assidue
au Cosmos, la chronique .scientifique hebdomadaire de la Croix, le
répertoire incomparable et unique de documents scientifiques
puisés dans les grandes collections de la capitale, une applica-
tion constante à la météorologie ; des voyages multipliés pour
enrichir les principaux congrès .scientifiques de communications,
de conférences, de notices de toute sorte ; des excursions jusqu'au
bord du Sahara et même à Jérusalem, sans négliger toutefois ni
V archéologie souterraine de la vallée de la Lézarde, ni même le meil-
leur aménagement des boiseries de la belle sacristie d'Harfleur,
En vérité, quelle existence surabondamment remplie pour ce
rentier de la rue du Coq, qui eut pu ne faire que flâner délicieu-
sement sous les frais ombrages de son manoir!
Et on n'a encore rien dit de THisloire du Tliermomètre, le plus
important de ses ouvrages tant par V étendue que par la difficulté
des recherches. Cest une question de satwr .s il est absolument
achevé. Voici du moins les résultats précis que fournit sa lettre
du 22 février i 899:
€ Cette pauvre Histoire n'avance guère, et chaque chapitre me
prend à peu près quatre fois le temps que j'avais prévu. Cepen-
dant j'espère avoir fini avant Pâques ce qui concerne le thermo-
mètre primitif. Je crois avoir victorieusement réfuté les argu-
ments de Caverni en faveur de Galilée, et montré que le véritable
inventeur est Santorio. Pour arriver à ce résultat, il m'a fallu
a voir le courage de relire les dix-sept volumes in-8« des œuvres
XI
de Galilée^ notamment les cinq volumes de sa correspondance^
pour y chercher les phrases incidentes capables de jeter un peu
de lumière sur la question. L'argument le plus fort de Caverni
reposait sur une pièce sans date trouvée dans les papiers de Ga-
lilée, mais que Caverni, par V étude du texte, suppose antérieure
à l'été de iôil. Or, je crois avoir bien prouvé que la date la plus
vraisemblable est de la seconde moitié d'avril d 6i 5, V invention de
Santorio étant certainement antérieure à juin d619, vous voyez
la conclusion, »
Notre grand travailleur a ressenti, il y a plusieurs années, les
premières atteintes du mal qui Va emporté le i8 juin dernier.
Quelles durent être ses pensées, quand il put présumer qu'il n'im-
primerait pas son cher a Langage de la banlieue du Havre ?» (1)
Autant qu'il est permis d'en juger, aucun regret pénible n'effleu-
ra la sérénité de son âme. Durant plus de trente ans il s'était
efforcé de perfectionner les connaissances les plus diverses, mais
au seul hasard des circonstances, et avec l'heureuse liberté d'es-
prit d'un homme qui n'a ni besoins, ni ambition, sauf pourtant
celle de bien faire tout ce qu'il entreprend. Personne n'avait
mieux étudié que Camille Maze la langue villageoise qu'il avait
bégayée sur les genoux de sa mère. Cette innocente satisfaction
suffit à récompenser son labeur. Pour le reste, il s'en remit à la
Providence.
Des amis veillaient. Au surplus, le Havre ne semblc-t-il pas de-
venu une terre promise pour la lexicologie française depuis qu'y
ont été écrits les deux importants volumes de M. DelbouUe, son
professeur honoraire, l'un des maîtres qui cannait le mieux, à
l'heure qu'il est, l'historique de notre langue. Au prix d'un géné-
reux sacrifice, la Société Havraise d'Etudes diverses a acquis le
manuscrit et en a immédiatement décidé la publication. Après
avoir naguère édité cette utile Bibliographie de l'Arrondissement du
Havre, de M. Lechevalier, jadis longuement élaborée avec amour
par le savant libraire Ernest Dumont, c'est un nouveau et signalé
(I) Par c Banlieue du Havre », il faut entendre, non pas seulement les communes
qui dépendent des cantons urbains, mais aussi le territoire du canton de Montivil-
liers et même, au moins en partie, celui de Ghquetot.
Cette délimitation précise seulement le sol où ont été faites ces observations métho-
diques. Les mots et divers objets de ces remarques peuvent se retrouver sur les deux
rives de la Seine, jusqu^au pays de Bray, sinon au-delà.
lil
service que la Société rend aux amis du passé. Sa bonne renom-
mée Hltéraire ne peut que grandir en proportion de ces impres-
sions si méritoires.
Labbé a. TOUGARD,
Membre correspondant
de la Société Havraise d^Eludes diverses
Doctear bs-Lettm
PrtifeMcar honoraire da Petit Séminaire
et de 1h Faculté de Théologie de Bouen
Î8 Décembre d 90^.
ÉTUDE
SUR LE
LANGAGE
DE LA
BANLIEUE DU HAVRE
Un des caractères distinctifs de notre époque, c'est le zèle
qui se montre de toute part pour la recherche des souvenirs
historiques. Les monuments du moyen âge longtemps mécon-
nus sont étudiés^ analysés^ admirés ; les débris les plus anciens
sont recueillis. Les mystérieux hiéroglyphes de TÉgypte
donnent la réponse aux énigmes qui embarrassaient nos
pères. Les bibliothèques de Babylone et de la Chaldéo sont ex-
humées, et les savants de toutes les nations del'Europe y lisent
ces pages plus de vingt-cinq fois séculaires.
Ici, ce n*est plus seulement Tarchilecture, la sculpture, la
peinture que l'on étudie; la philologie est appliquée à des
langues dont le nom même était inconnu il y a quelques an-
nées. Grâce aux syllabaires et aux lexiques des Assyriens, nous
connaissons non seulement leur langue, mais celles de leurs
ancêtres. L'exemple de ces anciens doit être une leçon pour
nous, et nous apprendre à ne pas négliger nous-mêmes la
langue de nos aïeux. Ceux qui ont bâti nos vieux châteaux et
nos admirables cathédrales méritent certainement bien qu'on
leur fasse l'honneur de se demander quelle langue ils parlaient
et, comme le dit un auteur allemand, la partie la plus impor-
tante de l'histoire d'un peuple, c'est l'histoire de sa langue (1).
(1) Fucli0, Die Romanischen Sprachen^ p. 53.
— « —
Sans doute nous possédons une partie de cette langue : elle
est dans les chants des trouvères, dans les fabliaux des con-
teurs, dans les récits des Villehardouin, des Joinville et de
nos vieux chroniqueurs. Mais ces écrits, quelque agréables
qu'ils soient, ne peuvent nous montrer qu'une langue morte.
Les mots y sont les fleurs d'un herbier, cù l'arrangement peut
être gracieux, les contours agréables; mais les couleurs sont
à moitié détruites, et le parfum propre à chaque espèce a sou-
vent disparu. C'est pourquoi, tout en aimant à feuilleter son
herbier, le botaniste préfère encore parcourir la campagne,
gravir collines et montagnes, et même, s'il le faut, affronter la
fange des marécages. Ah I c'est qu en ces sites divers, la na-
ture se montre à lui telle qu'elle est, avec ses mille senteurs,
avec son coloris aux nuances variées à l'infini ; c'est que par-
tout elle y apparaitavec cejenesaisquoi d'indéfinissable qu'on
appelle la vie. Ce n'est donc pas seulement en feuilletant les
vieux livres, mais c'est surtout en écoutant ceux qui le parlent
qu'il faut étudier le langage de nos pères. Car si, plus encore
que la langue de Louis XIV, le vieux Langage français a subi le
ravage du temps, on le retrouve encore bien reconnaissable
dans le patois (sermo patrius). Par l'élude des vieux textes
nous parvenons à saisir une partie des pensées des hommes
du moyen âge ; mais ces textes, lors même que nous arrivons
à les bien comprendre, nous ne savons pas les lire. Je suis con-
vaincu que le bon saint Louis, ainsi que les clercs et les cheva-
liers de sa cour, seraient partis d'un franc éclat de rire si le
vieux Joinville s'était mis un jour à débiter une de ses phrases
avec la prononciation que nous leur prêtons.
Il me semble pourtant qu'il ne doit pas être impossible de
retrouver, au moins approximativement, la prononciation an-
tique. Génin Ta tenté par l'étude des rimes. Le procédé était
bon, mais il était incomplet : aussi l'auteur s'est-il trompé en
plus d'un endroit. C'est du moins ma conviction. Aux rimes,
il faudrait, pour réussir dans une pareille tâche, joindre la
prononciation des divers patois romano- français. Il me parait
plus que probable qu'en élaguant ce qui est évidemment
propre, je dirais presque ce qui est personnel à chacun d'eux,
il resterait un certain nombre de règles générales qui nous
rapprocheraient du but à atteindre.
Mais l'utilité de l'étude du patois ne se borne pas là ; elle
— 3 -
permet de relpouver un certain nombre de mots que les vieux
auteurs n'ont point eu l'occasion d'écrire, ou qu'ils ont consi-
gnés dans des textes aujourd'hui perdus.
Ce n'est pas seulement au point de vue historique qu'appa-
raît l'utilité de l'étude des patois ; mais la langue littéraire et
le style des écrivains ne peuvent qu'y gagner. « C'est avec les
ouvriers du port que j'apprends le français », disait Malherbe ;
et le grand poète avait raison. Le langage populaire, tout à la
fois simple et énergique, a, malgré sa rudesse, une allure plus
française que toute l'afféterie des poètes que le grand siècle
allait faire oublier. Et aujourd'hui encore, il mérite plus l'es-
time des hommes de goût que le jargon de certains journa-
listes. Dans le patois, en effet, on trouve la racine d'une foule
de termes dont nous n'avons plus que les dérivés ; là prennent
leur origine la plupart des mots techniques ; et si nos savants
connaissaient le langage rustique, ils pourraient souvent s'é-
pargner la peine d'estropier des mots grecs pour exprimer
leur pensée.
Inutile d'ailleurs de chercher plus longtemps à établir une
vérité aujourd'hui reconnue par tous les hommes instruits, et
amplement démontrée par le grand nombre d'ouvrages écrits
sur la matière ; à tel point qu'on peut se demander tout d'a-
bord ce qui reste encore à dire sur le dialecte normand. Mais,
quelque complets que soient les recueils déjà publiés, ils
offrent bien des lacunes. D'ailleurs la plupart des auteurs qui
ont écrit sur le langage parlé en Normandie ont eu le tort de
trop étendre leur cadre, ce qui les a forcés de réunir pêle-
mêle des expressions appartenant à des contrées différentes et
de donner comme normands des mots que la majorité des
Normands ne comprend pas. Ainsi la phrase citée par le savant
évêque d'Avranches Uuet serait, sauf un mot, inintelligible
pour un Cauchois : car, il ne faut pas s'y tromper, non seule-
ment la haute et la basse Normandie n'ont pas le même lan-
gage, mais l'identité n'existe même pas dans deux cantons
voisins et, comme le remarque Burguy, il y a des nuances de
village à village (1).
La seule voie à suivre est donc de diviser le travail, en so
bornant à étudier la langue parlée sur un territoire peu éten-
(1) Grammaire de la langue d'oïl, tome !*>', p. 15, note.
— 4 —
du. Plus tard« quand ce travail aura été fait pour lesdifléteules
parties de la Normandie, on pourra utilement chercher ce
qu'elles ont de commun et entreprendre avec fruit une étude
générale de la langue normande.
Ainsi, aux environs d'Yvetot, on dit ma, ta, sa (pour mot,
toi, soi), tandis que chez nous on prononce mai, tai, sai. 11 y a
plus : Criquetot-rEsneval et Etrelat appartiennent au même
canton et ne sont séparés que de quelques kilomètres. Or,
pendant que Criquelot s'accorde avec nous, Etrelat emploie Yé
ouvert bref : méy té, se.
Même restreinte aux limites que j'indique, une étude sur le
patois est loin d'être une œuvre facile. Il faut l'avoir entreprise
pour comprendre tout ce que demande d attention, de temps,
de soins, la récolte ou plutôt le glanage des mots. 11 ne suffit
pas, en effet, d'entendre et de retenir telle tournure ou telle
expression ; il faut s'assurer en outre qu*elle appartient bien à
la langue, et n'est pas un solécisme ou un barbarisme propre
à celui qui parle (1). Car il serait aussi erroné de croire que
tous les paysans parlent le patois coi rect, que de s'imaginer
que tous les Pari.<iens parlent le français.
Quelque connaissance que Ton ait d*ailleurs de la langue,
c'est en vain que l'on fait appel à ses souvenirs pour retrouver
les mots. Il faut qu'une circonstance fortuite les fasse surgir
et les amène sur les lèvres.
Puis vient la difficulté de la transcription des mots, qui,
au premier abord, semblent défier toute orthographe, ayant
parfois plus de la moitié de leurs sons étrangers à la langue
française (2). Aussi la plupart des auteurs ont-ils renoncé ii fi-
gurer la prononciation, au moins pour un certain nombre de
mots, préférant une orthographe arbitraire, mais plus propre
à montrer l'analogie des mots qu'ils recueillaient avec d autres
(1) J'entendis un jour un jeune Roueunais dire à un camarade : c transbecque la
lumière », r'est-a-dire : • cleins un bec de gaz el ailunie l'aulre »; j'aurais eu tort
d\n conclure que le mot IratuOéquer est usité à Rouen. [D'ailleurs, selun la judi-
cieube remarque de M. R. de la Vilicbervé, un terme aussi ètrauge i>ar sa formation
et son articulation ne saurait être d'usage populaire et countnt.J
{'i) tin général, les lormes du patois sont chronologiquement antérieures à celles
du Iranvais classique. Toutelois, il u*en est pas toujoui*s ainsi ; incontestablement,
les prononciations vétvrtnè, cu/é, chicoêye, fluxia, (éruspic, ont été pi-écédées par
« vétérinaire, calé, cbicorée, luscbia, tblaspi ».
— 5 —
mots déjà connus. En effet, écrire les mots tels qu'on les pro-
nonce» c'est, dans toutes les langues, détruire la philologie, et
rendre presque impossible Tétude des étymologies.
Pour me tirer d'affaire, j'ai eu recours k un procédé bien
connu qui consiste à écrire deux fois chaque mot : la première
fois avec l'orthographe étymologique, celle qu'ils devraient
avoir s'ils étaient admis dans la langue littéraire; et la seconde
fois avec une orthographe conventionnelle et purement phoné-
tique, la plus propre à faire connaître la vraie prononciation.
A ces difficultés, communes à tous les travaux de ce genre,
s'en ajoutait pour moi une autre, venant de l'état de transition
où se trouve notre patois, en train de céder la place, moitié au
français, moitié à l'argot des ouvriers de ville.
Ce travail que je commence aurait dû être fait il y a qua-
rante ans : alors le patois était moins mélangé de français,
partant plus régulier dans son allure, et il était plus facile de
recueillir une foule de mots, aujourd'hui tombés en désué*
tude.
De plus, par suite de l'envahissement du français, les pay-
sans parlent deux langues; et lorsqu'ils se trouvent en pré-
sence d'un homme qu'ils supposent instruit, ils emploient le
français le plus pur possible ; et si parfois il leur échappe un
terme patois, ce n'est que par distraction ou par l'impossibilité
où ils sont d'exprimer leur pensée par un autre mot : encore
dans ce cas la prononciation est-elle altérée et a perdu son
goût de terroir, si je puis m'exprimer ainsi (1).
Telles sont les principales difficultés que j'ai eues à vaincre.
Aussi, est-ce sans fausse modestie que je réclame l'indulgence
du lecteur pour les imperfections et même les défauts qu'il ne
manquera pas de trouver dans mon œuvre.
Voici maintenant quel est le cadre que j'ai cherché à remplir.
[L'ouvrage se divise en trois parties : Phonétique — Grammaire
— Focaftwteir^.— Pour préciser davantage, M. Maze avait d'abord
(1) Ceci n*e8t pas particulier à notre pays; car je me souviens d*avoir été plusieurs
semaines dans le territoire de Blois, avant de savoir 8*il y existait un patois : les
paysans auxquels j'avais parlé m'avaient tous répondu dans le français le plus pur,
et même sans accent provincial; quand, ayant demandé mon chemin à une petite
fille encore naïve, elle me répondit dans son langage : « Vos allai d*virai à gôche^
le long du bos ».
S
— 6 —
annoncé cinq sections] : 1"* une étude grammaticale contenant
les règles de la prononciation et la grammaire proprement dite;
2^ une liste des mots dont le genre n'est pas le même en français
et en patois, qui changent de genre en passant d'une langue
dans l'autre; S"" la liste des mots qui ne différent du Trançais que
par la prononciation ; 4* le vocabulaire des mots étrangers h
la langue française, telle qu'elle est réglée par le dictionnaire
de l'Académie ; 6"" enfin, un recueil des proverbes et locutions
proverbiales les plus usités dans notre contrée.
*
* *
PREMIÈRE PARTIE
La phonétique cauclioise
La grande difficulté de l'étude de noire patois, ce qui fait
qu'elle n'a point encore été tentée, vient de l'absence de textes
écrits dans cette langue. Il existe bien, çà et là, quelques ar-
ticles de journaux et quelques rares bluettes, même des tra-
ductions de fables de La Fontaine ; mais ces écrits, d'ailleurs à
à peu près introuvables, ne sont que des pastiches, œuvres
d'hommes instruits qui se délassaient de leurs travaux sérieux
par ces innocentes productions. Un écrit en patois, sorti de la
plume d'un homme parlant notre patois, voilà ce qui n'a, que
je sache, jamais existé.
La conclusion de ce qui précède, c'est que la langue parlée
dans la banlieue du Havre n'a pas d'orthographe.
La première partie de ma tâche, et certes elle n'est pas la
plus facile, c'est de créer cette orthographe. Or, pour cela, j'ai
dû d*abord étudier les divers sons et les différentes articula-
tions du patois; et, pour rendre celte étude tout à la fois plus
facile et plus profitable^ j'ai immédiatement après examiné
comment nos paysans prononcent les mois qui appartiennent
à la fois au français et au patois. De cette étude comparative,
devaient nécessairement sortir les règles orthographiques
pour la transcription des mots tout à fait propres au patois.
CHAPITRE PREMIER
Dbs Sons ET Articulations propres au Patois
I. — Des sons étrangers au ft'ançals.
Notre patois possède tous les sons de la langue française ;
mais, de plus, il en a six qui sont étrangers à celle dernière,
savoir : deux diphtongues et qualre nasales.
— 8 —
Diphtongues
La première de nos deux diphtongues étrangères au français
est auy qui se prononce comme en allemand, en espagnol, etc.,
aoû, d'une seule émission de voix. Nous indiquons cette pro-
nonciation par aw.
Il est certainement regrettable que le français ait perdu celte
prononciation, laquelle seule peut justifier l'orthographe au,
absurde dès qu'on prononce o. D'ailleurs, certains mots ont
perdu au change ; tel est le mot miauler, dont l'onomatopée
est bien plus parfaite avec la prononciation miawler.
Chose remarquable : il y a quelques mots que le français
écrit par o et que le patois prononce comme s'ils étaient écrits
par au. Ainsi> au lieu de a enjôler^ enjôleur, tôle », le patois dit
enjawler, enjawleux, tawle.
La deuxième diphtongue à noter est oi mouillé. Cette diph-
tongue se rapproche beaucoup du son oi dans les mots fran-
çais moyen, citoyen, sans toutefois lui être identique. C'est la
manière de prononcer qui consiste à intercaler un t, presque
imperceptible, entre le son oi prononcé oué, et la consonne sui-
vante, le tout d'une seule émission de voix. «.Ardoise,
ar-douét-ze ; toiser, touè-ï-zé \ poivrier, poué-t-vri-yé ».
Dans la prononciation figurée ce son sera désormais repré-
senté par oiy\ Exemple : • Si ma Françoise vô dégoise tout ce
qu'elle a sous sa coiffe, je ne vô dis que cha. ») {Fran-çoiy'-ze),
{dé-goiy'-ze), (coiy'-fe).
Nasales.
La nasale an se prononce de deux manières différentes:
l"" an, comme en français ; i" an-on, d'une seule émission de
voix^ le son on étant presque insensible. « Se pâmer, se paon^
mer; dame-jeanne, dam ja-on-ne, » Ex. : Damner, pron.
Da-on-ner; plante, pron. pla-on-te; nous la figurerons désor-
mais par [phrase inachevée].
Cette prononciation explique l'orthographe en apparence si
bizarre des mots français faon, Laon, paon.
Elle a généralement lieu lorsque an porte l'accent tonique et
-9-
est long en français. Ainsi on prononcera une amaonde pour
(c amande, » et « amende » se prononcera comme en français.
c Ça me damne d'entend' menti comme cha. »
Cette nasale se trouve également dans le patois guernésien.
Elle doit d'ailleurs avoir été en usage dans l'ancien français,
car il n'est pas rare de voir la nasale an représentée par aun,
par exemple : Le fraunceys de sa nayssaunce (1), et la règle 97'' du
manuscrit 188 de la Madeleine à Oxford enseigne que quant,
grant, demandant, sachant, et autres semblables s*écrivent par n
sans t«; mais il faut faire sentir u dans la prononciation (2).
In se prononce de quatre manières différentes dont trois
sont propres au patois. La première, qui est celle du fran-
çais : vin, train, ne s'emploie qu'k la fin des mots termi-
nés par ain ou ein, tels que entrain, plein. Encore y a-t-il
quelques exceptions : « couvain. )> C'est Vé ouvert rendu nasal.
La seconde, au contraire, est 1'^ fermé nasalisé, et s'emploie
à la terminaison des mots en in précédés d'une consonne, telle
que fin, lin, chemin. On ne peut se rendre compte de cette pronon-
ciation tant qu'on ne Ta pas entendue de la bouche d'un
naturel du pays.
La troisième est l'î devenu nasal. Ce son, qui se rapproche
un peu du ing anglais dans sterling, king, etc., est cependant
encore loin de lui être identique. Pour s'en faire une idée
exacte, il faut entendre un de nos paysans prononcer vingts
chinq brins fins. Cette prononciation est généralement celle de
la syllabe pin, suivie d'une consonne.
La quatrième, enfin, n'a lieu que dans le corps des mots. Elle
consiste à intercaler légèrement un i entre le son in français et
la consonne suivante. Cet î doit être à peine sensible à Toreille
et le tout prononcé d'une seule émission de voix : « j'aimerais »
pron. j'in-ï-merais; « crainte » pron. crin-t-te; « traîner» pron.
trin-ï-ner; a crème )) pvon. cré^-me; «peine» pron. pin-ï-ne.
Ces nasales appartiennent également au patois guernésien.
Ex. : Sa haine m'donne d'ia crainte et m' fait d'ia peine.
(1) Au titre de la grammaire de Walter Bibleswortb.
(2) • Item iste sillabe seu dicciones quant, grant, demandant, sachant elhujus-
modi debent scribi cum simplici n sine u ; sed pronunciatione u débet proferri. »
- 10 —
Pour distinguer ces quatre prononciations, j'appellerais la
première grave, la seconde aiguë, la troisième suraiguë et la
quatrième complexe ou mouillée.
Oin et ouin. — Dans les diphtongues oin et ouin, la finale in
peut prendre toutes les nuances indiquées ci-dessus. Ainsi
loin, prononcez louin ; grouin, pron. grou-in^ ; pointe, pron.
pouin^'te.
n. — Altérations principales des mots communs
au français et au patois.
Règle. — Lorsqu'une altération a lieu dans un mot simple,
elle est en général la même dans ses composés ou dérivés.
Ainsi : « glace » se prononçant glache, on devra dire glacher, dé-
glacher ; « tourner » se disant tômer, on devra prononcer efe-
tdrner, tomeux.
m. — Changement de voyelles (voyelles nasales).
Première règle. — Lorsque la dernière syllabe d'un mot com-
mence par m, n ou gn (ce dernier prononcé doux comme dans
agneau), la voyelle précédente devient nasale. Le mot âme et
les finales en ome ou aune font exception à cette règle.
Il suit de là que les finales « ame, ane, agne » se prononcent
an-me.anne, anjiw;de même « ême, ime; ène, ine; egne, igné»
se prononcent in-me, in-ne, ingne2L\ec in grave, si la voyelle fran-
çaise est longue, et in aigu si elle est brève. « Ogne » sonne
comme on^»^ et « une, ume, ugne », commeun-me^un'ne.un-gne.
Pour ridiculiser cette dernière prononciation, on a composé la
phrase suivante : « J'ai mangé unne prun-ne brun-ne au cler de
la lun-ne, assis su un-ne enclun-me^ cheux monsieur d'ia
Fortun-ne, mé d'ia commun-ne eud' S^'-Opportun-ne. »
Ces nasales appartiennent à l'ancien français, comme le
prouvent les textes suivants :
Je congnois que y veulent tendre
Et notre ville assiger ;
Si nous convient bien entendre
Et songneusemenl grouper.
Mystère du Siège d^Orléans, \. 5042-5.
— 11 —
c Jamais homme ne gangne de plaider à son seigneur. »
Henri Estienne, De la précelience du langage français, p. 2S6.
Il faut ici très bien pourvoir
Avant que plus elle s*eslongne
Hé ! Babille, hé ! ma mignonne.
J. Perrin, Les Escaliers, acte ii, scène 2 (1).
Cette prononciation s'étend à toute la conjugaison des verbes
dont la première personne de l'indicatif a une des terminai-
sons ci-dessus, excepté toutefois les verbes en tm^ret iner,
dans lesquels elle n'a lieu que lorsque m ou n de la terminaison
est suivie d'un e muet; et alors la nasale est le in grave.
A cette règle se rattache l'expression mainnuit pour « mi-
nuit ». Quelquefois la voyelle devient nasale sans être suivie
de m ou n.
Ex. : nuns-pieds, tiun-téte, pour nu-pieds, nu-tête ; emprés,
après ; grunger, gruger ; enfammé, affamé ; rempetacher, rape-
tasser ; rempiécher, rapiécer ; bingler, bigler ; pingeon, pigeon ;
reninfler, renifler ; queminsej chemise (voyez i).
Dans plusieurs mots, au contraire, la nasale du français dis-
parait dans le patois. Ex. : cotent pour < content » ; arrager pour
(( enrager » ; tamieuxpour « tant mieux » ; cobien pour « combien »;
corné pour « commère » ; copé pour « compère » ; fotaine pour
(( fontaine » ; lotemps pour « longtemps » ; effant pour « enfant » ;
chiquante pour « cinquante » ; ocore pour c encore. »
In
Quand la nasale in est suivie d'une consonne {déchirure
dans le manuscrit ; lire sans doute : [dans la même syllabe] ), c'est
toujours le in suraigu ; il en est de même, si la syllabe suivante
commence par cA, g, q, s ou t; sauf dans quelques mots rares
et savants.
On.
Comme le français, le patois admet deux sons distincts pour
la nasale on : le son ouvert de bonbon et le son fermé de pont,
(i) Auxvii* siècle, on écrîYait encore \2 Bourgongne, la Gtucongne, et les noms
d*homme Besongne, Foulongne ont perpétué cet archaïsme. (T.)
— 12 —
gond, etc. ; mais tandis que, en français, la finale oim correspond
toujours à on fermé, dans le patois cela n'a lieu que pour le
pluriel des substantifs ; mais dans les formes verbales, on est
bref et ouvert ; ainsi, dans allons, veyons^ on se prononce
comme dans jamton.
17. — Voyelles simples.
A.
A final est bref, excepté dans angola pour « angora » et bita.
Cette lettre à la fin des mots terminés par as est toujours
longue ; il en est généralement de même quand a se trouve à
la pénultième d'un mot.
Il n'est pas rare que le patois substitue eka devant r comme
le montrent les exemples suivants :
chereuUier
oher-cui-ti6
charcutier
guergotte
guier-go-te gargotte
charge
cher-ge
charge
jergon
jer-gon
jargon
ckerger
oher-gé
charger
jerretière{l) jer-tier
jarretière
cher me
cher-me
charme
lermier
ler-mié
larmier
ehermer
cher-mé
charmer
lierd
lier
liard
eherpie
cher-pie
charpie
lierder
lier-dé
liarder
clarinette
olé-ri-nè-te clarinette
luqiterTie
lu-kier-ne
lucarne
épergne
é-per-gne
épargne
merque
mer-ke
marque
épergner
é-per-gné
épargner
merquer
mer-kié
marquer
éragnié
é-ra-gné
araignée
nergue
ner-gue
nargue
ercal
er-ka
archal
nerguer
ner-ghier
narguer
erC'bontani
' er-bou-tan
arc-boutant
perohemin
per-chemînî parchemin
erohevêque
er-che-TèH|ae
archevêque •
querbon
kier-bon
charbon
ergent
er-jan
argent
quercan
kier-can
carcan
ergille
er-gie
argile
quercasse
kier-ca>ce
carcasse
ergilleux
er-gi-yeu*
argileux
quèrette
kié-è-le
charrette
erlequin
er-lé-kyin
arlequin
qverpente
kier-pan-te
charpente
ermeye
er-mèye
armée
querpenter
kier-pan-té
charpenter
erpenter
er-pan-té
arpenter
querpentier
kier-pai-lier
charpentier
errière
er-rié
arrière
quérue
kié-ue
charrue
ertenic
er-œ-ni
arsenic
sercelle
cer-cè-le
sarcelle
ertioAaut
er-ti-chô
artichaut
terder
ter-der
tarder
erticle
er-ti-cle
article
verlope
ver-lo-pe
varlope
ertifice
er-ti-fi-oe
artifice
verloper
ver-lo-pé
varloper
ertigte
er-tis-te
artiste
Cette règles'appliqueégalementauxnomspropres. Ex. :£r^Attr
pour Arthur, Bertedemi pour Barthélémy, Chéries pour Charles,
Herflu pour Harfleur. Cette substitution de Ve à l'a est d'ailleurs
(1) On dit aussi : guertière^ guer-tié, jarretière.
— 13 —
conforme au génie de latin et des langues romanes, comme
le montrent les exemples suivants : imberbm dérive de barbam,
inermis de arma, impertire de partim.
On en trouve aussi de nombreuses traces dans nos anciens
auteurs :
Je n'en croy rien : je tiendrai ferme
Ne j'à n'aurai à Toeil la lerme.
Margaerite de Valois. « La VietUe,
Ils nous prescheroient en beaulx termes
Et pleureroient maintes lermes
Devant que nous prinssions Ftiabit.
(Messiears de Malapaye et Bailemeot^ Louû XL
De la fille je say qu'elle aime ;
Mais elle sait bien que la treme
N'est pas pour ourdir cette toile.
BeUeau, La Reconnue, acte it, scène m.
Les mots suivants ont également è ouvert à la place de a,
bien que la consonne suivante ne soit pas r : belsamine pour
(( balsamine » ; quenaille pour « canaille »; marichel (ma-i-cbê)
pour (( maréchal ».
Les exceptions appartiennent généralement aux mots d'ori-
gine germanique.
E.
Le patois a les trois sortes d'^ de la langue française, mais il
n'est pas rare qu'il substitue l'un à l'autre. Ainsi é fermé final
se change en ê ouvert. Ex. : été, planté ; cette règle n'a pas
d'exception dans la bouche des vieillards. Il en est de même
de Ve suivi de z dans les deuxièmes personnes du pluriel des
temps principaux des verbes; mais les temps secondaires et
les autres mots terminés en ez font exception : « assez (acée),
nez (née) ». Les finales ed et ef qui, en français, pour l'oreille
équivalent à Vé fermé, se prononcent^ ouvert en patois : « bled,
pied, clef = blè, piè, clè ».
La finale française ée se prononce éye exactement comme la
fin de veille prononcé à la parisienne ou à la rouennaise. Ainsi
un paysan devant lequel on dirait : < Il Ta à l'oseille » croirait
entendre : « 11 l'a alosée (louée) ».
— 14 —
Cette règle a toutefois quelques exceptions ; ainsi Ton dit :
L'anné passêye pour « Tannée passée » ; mais il est facile de voir
qu'ici le premier mot est à l'état construit, particularité sur la-
quelle nous reviendrons plus loin.
Au lieu de ée ou eie, le patois emploie la tinale te : {• immé-
diatement après g ou gn doux : gorgie, gorgée ; pougnie, poi-
gnée; 2"" dans les mots aiguillie, aiguillée; brachie, brassée;
série (prononcez sé-ie) soirée; et en outre dans fourquie, four-
cbée ; pouquie, galagnie, saquie, qui n*ont pas de correspondant
français. Lalanguelittéraire parait avoir subiTinfluencede cette
manièredeparler.carlemotftotf^teest écrit totf^^edansPalsgrave.
Dans le corps des mots suivants, Ti prend également la place
de Vé fermé. Ex.igiant, géant; maricAa/, maréchal... (àDuclair:
inorme, pour énorme). LV ouvert de la pénultième des
formes verbales se change en e muet lorsque la voyelle pénul-
tième de rinfinitif est elle-même un e muet. Ex. : enlevé pour
« enlève ».
E ouvert long dans bête, fête, tête, fève et leurs dérivés prend
le son mouillé qu'il a dans le français abeille. Nous figurerons
ce son par êy'; ainsi : aider, êy'-dé; têtu, tey'-tu, Ex.: «C'est cha
qu'était une belle feyle, l'enterrement de ma femme. » Toute-
fois « tempête » se prononce tan-pé-te et rime exactement avec
((trompette».
Observation. — En français, lorsque un e, suivi immédiate-
ment dans la même syllabe d'une consonne autre que mou n,
n'est accompagné d'aucun signe orthographique, il a le son
ouvert, long ou bref. Mais dans le patois, il peut de plus avoir
le son qu'a 1'^ muet dans;V, me, te, se, le. Toutefois, cela n'a
lieu que dans le cas d'une mélathèse, c'est-à-dire lorsque la
consonne qui suit 1'^ muet dans le patois est avant en français,
comme dans((^/ bonhomme» pour le bonhomme. Cette particu-
larité appartient également au patois guernésien ; dans la pro-
nonciation figurée, r^ muet prononcé est indiqué par un c*»; et
Ve muet tout-à-fait nul, que désormais nous appellerons pour
abrégera féminin (i), écrit comme en français lorsqu'il n'est
pas simplement indiqué par une apostrophe.
(1) Cette appellation, empruntée à Th. de I3ëze, a sa justification dans Texpression
rime féminine, laquelle peut appartenir à un mot au masculin.
— 18 —
Vé ouvert devient eu ouvert dans lieuvre, meuche, treuffe,
veuche, pour « lièvre, mèche, trèfle, vesce». Il en est de même
dans lequeul, laqueule, à cetUe fin, pour «lequel, laquelle, à celle
fin», et dans je m'assieus, tu t'assieus, il s'assieut, etc., pour je
m'assieds, etc. iit7^uc = avec (prononcé aveu devant une con-
sonne). L'examen des patois voisins me porte à croire que celte
règle a été autrefois plus générale que de nos jours.
Emuet.
Lorsque la première voyelle d'un mot est un e muet, il est
absolument nul en patois. Ainsi : « demeurer, mesurer, neveu,
pelotte, tenon, venir, etc.», se prononcent d'»wt«, w'^u-rf, n'ri^,
plote, fnon, v'nir. Cette règle ne doit pas être propre à notre
contrée : car dans le Berry et le Nivernais, le cheMieu du dé-
partement de la Nièvre se prononce N'vers et non Nevers.
Semer et ses dérivés font exception à cette règle ; toutefois,
on dit indifféremment se-man-che et s'manche pour « semence ».
Lorsque les pronoms (( me le », « te le », « se le», se trouvent ainsi
réunis, ils se prononcent comme s'ils étaient écrits meu/e, teule,
seuie. Ex. : « me le donnez-vous », prononcez meuir-do-né-vous.
Nous avons déjë vu que Vi peut devenir nasal devant m ou n
Mais il se change encore en in suraigu dans a bigler, pigeon,
renifler, pris » et les composés « surpris, etc. » Dans ce dernier
cas, il n'y a pas à proprement parler d'altération de voyelle, mais
conservation des anciennes formes françaises : prins, surprins,
comprins, etc.
0.
est long devant / final et quiescent.il en est de même dans
les féminins molle et folle.
se change en eu dans la syllabe tor, toutes les fois qu'elle
exprime l'idée de flexion ou de torsion, par ex. dans tordre et
tortiller (comparer avec les mots du patois teurs, teurquer).
Dans un certain nombre de mots, le patois substitue guem à
corn; on a ainsi quemencher, quémander, raqttemoder, pour «com-
mencer, commander, raccommoder ».
-16-
se change en au dans « orme, roter, rosée, avorter,. ar-
roser » et leurs dérivés, et donne les formes ourme, rotUer, rou-
sée,arrotuer, etc., qui, jusqu'au xvi* siècle, étaient en usage
bien au-delà de notre province. (Voir ces différents mots au glos-
saire) (1). On disait même alors rou«^ pour (f rose». Ex. : «Comme
sont ces rouses de may (Farce). » Au xvi« siècle, cette pronon-
ciation avait surtout cours à Lyon et dans le Berry, comme
nous l'apprend Théodore de Bèze (de Franciscœ linguœ recta pro-
nuntiatione). Là, en effet, on disait couramment le dous pour
« le dos », nouslre, voustre, pour « le nostre, le vostre ».
Ou prend la place de on dans mounier, mounéye, ramouner et
ramouneux, pour « monnier (meunier), monnaye, ramoner, ra-
moneur. »
Toutefois la prononciation on est également aujourd'hui en
usage, et même c'est la plus employée dans la vallée.
D.
U se change en eu dans une vingtaine de finales en ure,
telles qu' « allure, brûlure, cassure,» etc. On en trouvera la liste
complète au tableau des finales.l7se changeenou dans «buis»,
ou, pour mieux dire, ce mot a conservé son ancienne forme :
bouis.
Il est nul dans « fruit » et ses composés.
(1) Ourme
Maintenant chascun noas appelle.
Partout : avoccat dessoubz Yourme,
Encor' ne lis-je pas pour me
vanter. . .
MaUtre Pierre Patkelin, r. 19.
Router
J'ay fait rire et riffleure riffler,
railler, rotUer^ ronger, ronfler.
La eondamnatUm de Banquet.
Arrouser
Mais vin vermeil et vin cleret
pour arrouser la conscience.
Ibidem,
€ Les campagnes qu'elle arrouse y sont si vastes, qu'elles semblent seulement être
destinées pour être des champs de bataille. •
Comédie des comédieê, tcte m, scène i**.
- 17-
V. — Diphtongues et voyelles composées (1).
Ai.
Ai à la fin d'un verbe correspond à ê ouvert bref ; mais à la
fin d'un autre mot, il correspond à é ouvert long. La seule ex-
ception est bai.
Dans «aide, aider, faîtière, falaise, fraise, fraisier, niaise,
niaiserie, paie et punaise n, ai a le son mouillé éy\ que nous
avons déjà signalé pour é. Ex. : « Tu vas m'aider à cueillir des
fraises sur la falaise » (eyder, freyses, faleyse).
Ai dans les finales en «air» ou caire » se prononce comme d
fermé. Quatre mois seulement font exception à cette règle :
« chaire, glaire, plaire, déplaire ».
Au lieu de la finale ail dans les mots « mail, Irail, tramail » le
patois emploie as, et dit : mâs, trâs, tramas; mais « travail » se
dit trava avec a bref.
Ai suivi de m, n, gn doux devient nasal suivant la règle ci-
dessus.
Au.
Au, dans le corps des mots de plusieurs syllabes, se pro-
nonce généralement aw; cette règle a toutefois de nombreuses
exceptions, telles que: «aucun, audience, augmenter, auprès,
aussi, aussitôt, autour, auvent, baume, cautère, chaume,
chaussette, faucille, fausset, gaufre, jauge, laurier, mauvais,
naufrage, nautique, paume, paupière, pause, pauvre, restau-
rer, saumon, saumure, sauret, taureau, vaurien » et leurs
dérivés, auxquels il faut ajouter les mots peu usités.
A la fin des mots, celte diphtongue se prononce comme en
français; mais lorsqu'elle est immédiatement précédée de e,
il y a un assez grand nombre d'exceptions.
Eau.
Eau, dans le corps des mots, se prononce iaw. ~ Ex. : biawté,
nouviawté, Biawrepé (Beaurepaire). 11 n'y a d'exceptions que
(1) J*appelle • Toyelles composées » la représentation d*un son simple par la com-
binaison de deux ou trois lettres.
— 18 —
pour les noms propres d'hommes ou de localités étrangères à
notre région.
Eau, à la fin des mots «bedeau, casseau (étui), escabeau, tas-
seau, tuileau »,se change en or (prononcé o bref, le t nul). Mais»
en général, eau, lorsqu'il termine un mot, se prononce comme
en français, sauf «rideau» qui se prononce, au singulier comme
au pluriel, à long: ri'dô\ et une quarantaine d'autres mots
pour lesquels on préfère généralement les formes anciennes
en al, el, iau (prononcés a, é, iato). Nous en donnons ici la liste
avec les observations qu'elle comporte.
Liste des mots pour lesquels le patois préfère la forme el à la forme eau.
agnel
agneau
eoutel
couteau
oisel
oiseau
halivel
baliveau
dizel
dizeau
ratel
râteau
hannel
banneau
étOTRel
étourneau
renouvel
renouveau
batardel
batardeau
fUel
fuseau
rissel
ruisseau
hoêsel
boisseau
hautd
hameau
rotel
roseau
cantel
chanteau
jumel
jumeau
iolirel
soliveau
eapel
chapeau
ffiantel
manteau
ionnel
tonneau
chUel
ciseau
martel
uiarteau
trainel
traîneau
coipel
copeau
marrel
morveau
troupel
troupeau
eouptU
coupeau
musel
museau
Ohsercati
on*, — On empl
oie chatel et cfuitiau; mats c
hateau se dit aussi souvent.
Liste des mots où la forme en tau est préférée.
hatiau bateau 1 ourmiau ormeau 1 troufHau trousseau
gatiau gâteau | poriau poireau |
Remarque. — Batel n'est pas tout à fait inusité.
Liste des mots qui donnent un sens différent k ciiaque forme.
1» oarrel, village ;
drapel, drapeau, chiffon;
fovrnel, four industriel ;
niaqtierel, maquereau, proxénète;
vaiêsel, vaisseau, vase;
29 carreau, pavé, vitre.
drapeau, insigne militaire.
fourneaUf de cuisine.
maqueriau, maquereau poisson.
vaUseaUu navire.
Liste des mots qui préfèrent la forme i&l, prononcée ia, à eau.
bial lia beau | sial iia seau
ial ia eau I vial via veau
pial pia peau |
Ces derniers mots ont une seconde forme en iau qui chez nous s'emploie
rarement en dehors de l'état construit :
biau
hiaw
beau
Bîau
siam
seau
iau
iaw
eau
viau
viaw
veau
piau
piaw
peau
— »-
Aux — eaux.
Au singulier, aux à la fin d'un mot conserve sa forme fran-
çaise; cependant, « faux » outil (en latin faix) se prononce fds.
Aux, marque du pluriel, se ditafo (prononcez â) (1) si le sin-
gulier en patois est terminé en al; et ials (prononcez iâ) si le
patois a le singulier en el, eau ou iau. La forme française se
conserve lorsque le singulier est au sans e : » étau )>.
Ei.
Dans le corps des mots, ei, a la fin d'une syllabe, se change
en in quand la syllabe suivante commence par m, n ou gn doux.
Teigne et teigneux font exception et se prononcent tangne, tan-
gneu^ ; ei équivaut à eu^ dans « vieil » et ses dérivés. Dans
« seigneur w et « seigneurie », Vi ne sert qu'à indiquer le son
mouillé de gn, et l'on prononce sé-gtieu, sé-gneu-ie; ei dans
« neige » et ses dérivés a le son mouillé que nous avons déjà
noté à é pour « bête » et à ai pour « fraise », etc.
Eu.
Dans notre patois, comme en français, le symbole eu corres-
pond à deux sons différents : l'un, celui des mots « œuf, neuf,
seul », qui s'énonce la bouche plus ouverte et que, pour cette
raison, nous appellerons eu ouvert et que nous désignerons
dans la prononciation figurée par eu; l'autre, celui que Ton
entend dans ces mots : « deux, ceux, creux, nœuds », se pro-
nonce la bouche presque fermée; c'est pourquoi nous l'appel-
lerons eu fermé; nous le représenterons par ^'. Dans les mots
« beurre, feurre, leurre » et leurs dérivés, eu est long et a le
son fermé : beu^-re, feu^-re, etc.
Dans la dernière syllabe d'un mot, eu, immédiatement suivi
(1) Il y a dans PaUgrave un passage qui me porte à croire que cette prononcia-
tion avait cours dans le français du xvt** siècle. Voici ce passage :
^M In the french tonge shalbe sounded lyke as we soande hym in thèse wordea In oar tonge
c • dawe, s m«we and bawe > .
Ezccpt Thcre a frenctae wordc begyuneth with this diphtong au as In theac wordes avlaln,
atUre, av, atuU «»x and auetevr and ail auche lyke, In whiche they sounde the a almost lyke
an o and as for in avner a and v be distinct syllables as shall appère by hU writtlng In the
frenche yocabnlar (page 14),
— w-
d'une des liquides / ou r, que celle-ci se prononce ou non,
a le son ouvert. A la pénultième, quand la consonne de la
dernière syllabe se prononce, eu est toujours long et a généra-
lement le son fermé; les deux exceptions à ce dernier point
sont : l"" le féminin des adjectifs de comparaison, lesquels con-
servent Tarticulation du masculin; 2^ les verbes en eurer autres
que effleurer et pleurer.
Dans la dernière syllabe d'un mot, eu, immédiatement suivi
d'un e muet, se change en u long. Ex. : quue Mue pour « queue
bleue )); « lieue » et «banlieue » font exception, peut-être à
cause de Yi qui précède. Eu final se change également en tt,
mais cet u est bref. 11 en est de même pour « nœud », que du
reste on trouve écrit nw. Les exceptions sont : « aveu, caïeu,
cheveu, hébreu, moyeu, verveu », qui gardent le son eu fermé,
et « essieu » qui est remplacé par l'ancienne forme esseuil.
Eu équivaut encore à u long dans malheur {ma-lûe), peur (pue)
et à u bref dans malheureux, neud (nu); ici encore, nos paysans
n'ont pas corrompu la langue, mais n'ont fait que conserver
l'ancienne prononciation française. (Voir au glossaire les mots :
queue, feu, malheur, peur.)
Eu devant n se change en la nasale un, dans a déjeuner »
(dé-jun-né).
Oi.
Notre patois traduit cette orthographe par sept prononcia-
tions différentes, dont quatre diphtongues.
La première manière de prononcer oi est eu ouvert. Elle a
lieu toutes les fois que oi se trouve dans la terminaison d'un
mode personnel des verbes en evoir autres que « devoir » et
(c redevoir ». Il suffît d'entendre nos paysans prononcer les infi-
nitifs en evoir (eu-vé), pour reconnaître que la voyelle eu n'est
autre que 1'^ muet de l'infinitif, qui passe ainsi à tous les temps
et à tous les modes; mais, à l'exemple des anciens auteurs,
nous l'écrirons par eu, pour éviter qu'on le confonde avec Yé
ouvert.
Ex. : « ïapercheus Pierre, qui recheulune trempe (est rossé) ».
Oi devient i fermé seulement devant r final, dans les mots
— 21 —
« bouchoir {boukié)y noir, soir », aux infinitifs en oir, sauf voir
et ses composés; enfin, dans « foire, poire, boire )>.
Ex. : (I Le temps est rudement noir (né); il pourrait bien
pleuvoir (plouvé) à çu soir (se). )>
Dans la troisième façon, oi prend le son de ê ouvert, long ou
bref; ce qui a lieu : i"" dans les pronoms « moi, toi, soi » ;
2* dans les verbes « devoir, voir », et leurs composés « prévoir,
revoir »; 3» après r immédiatement précédé d'une autre con-
sonne. Pour conserver l'analogie, nous l'écrirons dans ce cas
par ai. Ex. : <( Mai, je le crais trop étrait à draite ».
Exceptions : « croix et ses dérivés, croiser, etc., trois, Ambroise »
et peut-être « beffroi, détroit, froisser, orfroi, proie, surcroît ».
Dans le quatrième cas^ oi se prononce ouâ d'une seule émis-
sion de voix : ou très bref et â long. Cette diphtongue a tou-
jours lieu dans les finales des substantifs en ois et oix; elle a
également lieu dans poids; mais jamais dans les finales en oits.
Ex. : (( Vêla des noix (noua) qu'ont trop de bois (bouâ) » (1).
Le cinquième mode de prononciation est oué, c'est-à dire ou
très bref suivi de é fermé, le tout d'une seule émission de voix.
Cette diphtongue a lieu dans les finales en oire, sauf les excep-
tions comprises dans les règles précédentes et en outre dans
« abreuvoir » et « encensoir ».
Ex. : (( Il met toute sa gloiie (gloué) dans sa mémoire (mtf-
moue) ».
Le sixième mode ne diffère du précédent que par le change-
ment de Vé fermé en é ouvert, long ou bref. Cette diphtongue
s'emploie : l'* dans le corps des mots, sauf les exceptions com-
prises dans la règle suivante; 2« dans les finales oi non com-
prises dans les règles précédentes; S"" dans les finales en oie,
excepté « broie, voie » et « soie (de porc) »; 4** dans les infinitifs
en voir employés substantivement, tels que devoir, pouvoir;
(1) fl lï 9, l or X folowe next zfier oy in a worde of one syllable, in al suche
the I sbalbe sounded in manner lyke an a, as l'or boys, foys, soit^ croyst, noix,
croyXf ihey sounde boa», foa»^ soat, croast, noax, croax and in like wyse, in
wordes of roany syilabies il' oi be Ibe last vowels of the wordes having s orM'olowing
them, ail suche shali sounde Iheyr t of oi lyke an a, as aincoys, francoys, disoyt^
lisoyt, jasoyt, shalbe sounded aincoa», francoas, disoat, Hsoat, jasoat and so of
ail suche other. But o and a in ail suche wordes, shalbe sounded as though they
also made a diptong and not distinctly by them seife. • [Pal^grave^ p. 13.)
8
- 22 -
S"" dans les finales en oir de noms d'objets nouveaux ou rares à
la campagne, tels que c déversoir, greffoir, reposoir, trottoir »>,
etc.
Ex. : « Votre boîte (bouèté) fait la joie (joué) de mon garchon. »
En septième lieu, vient la prononciation mouillée dont nous
avons déjà parlé. Elle a lieu quand oi est suivi de f, v ou de
8 doux, c'est-à-dire prononcé z. — Ex. : « coiffer, poivre,
moisir ». — La seule exception est la finale oive des verbes en
evoir.
Remarque. — Les précieux et les marchands forains substi-
tuent presque toujours la troisième de ces manières de pro-
noncer aux deux premières ; ainsi, ils disent : « moue, j'ai une
canne de boues nouer ».
D'ailleurs, la prononciation, chez nous comme ailleurs, même
à Paris, tend sans cesse à se modifier. Ainsi, tout le monde,
aujourd'hui, prononce a foie » de la même manière (foué);
mais, il y a vingt ans, les vieillards disaient encore faie (fé).
Ou.
Cette voyelle donne lieu à peu d'observations. Nous noterons
cependant le changement de ou en eu fermé dans « roue »
(reu^e) et en (^ long dans « boue, croûte, écroûter, joue, joufflu,
journée, tourner » et ses dérivés ou composés, lesquels font
Me, crôte, écroter, jôe, jôrneye, tôrner, etc.
L'amour des lettres et le temps,
qui perdu jamais ne retourne,
ont mis à mes sens une borne.
Perrin, Let Escotierf, acte ii, scëne 3.
Le grand diable emporte le borgne !
Tromperye toujours retourne
à son maistre...
Farce du bon payeur (régne de François !•').
Oui.
Oui = i dans ébannir (épanouir), évanir (évanouir).
- 23 —
Vi.
Après une des labiales b, f, p ou une des liquides / et r, le pa-
tois substitue l't simple à cette diphtongue dans les mots :
appie
a-pie
appuie(Terbe)
pu
pi
puis {poit)
hiMstm-unier
buisson
pUqve
pis-ke
puisque
brit, ébriter bri
bruit
piênance
pi-çan-ce
puissance
fir
fie
fuir (couler)
pitsant
pî-^n
puissant
fite
fit
fuite
pit»
Pî
puits
frit
fri
fruit
relire
r'iie
reluire
fritage
fri-ta-ge
fruit (nlleeliO
rUsel
ri-cô
ruisseau
fritier
fri-tyé
fruitier
risiteler
ris-lé
ruisseler
lire
lie
luire
vsufrit
usufruit
paraplie
pa-ra-plîe
parapluie
usufritier
usufruitier
plie
plie
pluie
En revanche, il emploie ut au lieu de t simple dans luire
(luie), au lieu de « lire, relire », et éluire (éluie), choisir, pour
« élire » de eligere.
Au lieu de a buis » et a truie », on emploie bonis et trouïe ;
mais dans le premier mot oui est diphtongue, tandis que dans
le dernier il forme deux syllabes distinctes : trou-ie.
Vi = u dans « cuiller, cuillerée » et (( juillet ». « Ruine » n'est
qu*apparenté, car la diphtongue est uin et non ui.
CHAPITRE II
Des Consonnes
I. — Des gattarales et sifflantes.
Sous ce titre, je crois devoir réunir les articulations repré-
sentées dans noire alphabet par les lettres k, g, c, ch, g, j, s, x:
car ces consonnes ont entre elles une analogie telle que sou-
vent elles se substituent Tune à l'autre dans le passage d'un
langage plus ancien à un autre plus moderne, et même souvent
dans des dialectes contemporains.
La plus forte de ces gutturales, exprimée en français par k,
g, c, dans le patois de la banlieue du Havre, comme du reste en
français, est en quelque sorte double, car elle se prononce de
deux manières différentes; dans le premier cas, la langue se
-2i -
replie presque jusqu'au voile du palais, c'est pourquoi nous
rappellerons, avecBrûke, k vélaire ou postérieur; dans le second
cas, la langue vient frapper la partie antérieure du palais,
presque les alvéoles dentaires; c'est pourquoi nous le désigne-
rons par les expressions de k palatal ou antérieur. Dans notre
patois, ce dernier est toujours accompagné d*un t presque im-
perceptible; c'est pourquoi dans la prononciation flgurée nous
le désignerons par ky, tandis que le k vélaire sera simplement
écrit k.
Le k vélaire s'emploie devant a, o, aw, oi ou è^, et le k palatal
devant é, t, u, ei, eu, ui.
On sait que dans les langues romanes, et en particulier dans
le français, les fortes ont une tendance à s'adoucir; de là vient
que notre patois, fidèle écho de la vieille langue, a conservé
l'articulation correspondante à Âr là où le français moderne ne
l'admet plus et la remplace par la chuintante ch ou la sifflante s.
Voici la liste des mots où se remarque cette transformation :
Subs/an/t/s
hranque
bran^-ke
brancbe
icache
é-ca-che
échasse
brèqve
brè-ke
brèche
écapèye
é-ca-pêje
échappée
broqne
bro-ke
broche
écorcJie
é-cor-che
écorce
eaehe
ca-che
chasse
émouquet
é-mou-kyè
émouchet
ealeur
oa-leu
chaleur
épignoque
é-pi-gno-ke épinoche
eamp
can
champ
épluque
é-plu-que
épluchure
eaiiohon
canS-cbon
chanson
équelle
é-kyè-le
échelle
eanvre
can'^-vre
chanvre
équelon
é-klon
échelon
eapel
ca-pô
chapeau
ferluque
fer-lu-ke
freluche
cardon
car-don
chardon
fourque
four-ke
fourche
earrêye
cft-rêje
charrée
gaquère
ga-kté
jachère
carrier
câ-ryé
charrier
hoque
o-ke
hoche
oat
ca
chat
mouqve
mou-ke
mouche
eatagnc
ca-tan-gne
châtaigne
perque
per- ke
perche
eat'hinuint
ca-ouan
chat-huant
qvaine
kyin^ne
chaîne
coton
ca-toD
ch&ton
qnaire
kyée
chaire
cauchi^
caw-ohe
chausse
qnemitiêye
kmi-nèye
cheminée
cauoheuêe
caw-cheu-ze cbautsure
quemifiêe
kmin3-ze
chemise
oauolum
caw-chon
chausson
quêne
kyin-ne
chêne
caudière
caw-dyé
chaudière
que r bon
kyer-bon
charbon
cauffeite
caw-fè-te
chaufferette
quiache
kya-che
chiasse
caurc'Sovris caw-ve-80U
-icbauTe-Muris
quien
kyin
chien
ohibovlette
chi-bou-lète ciboulète
ruquc
ru-ke
ruche
clwuqve
chou-ke
souche
saquet
sa-kyd
sachet
coquet
co-kè
oochet
vaque
va-ke
Tache
erexon
cre-von
chevron
— 25 —
eoê
eaude
cà
caw-de
chaud
chaude
Adjectifs
êèque
iè.ke
Bêche
Verbes
attaqtier
artorkyé
attacher
fayqver
faw-kyé
faucher
eancheHer
can'-ch*16
chanceler
fuurquer
four-kyé
fourcher
oatouiller
ca-tou-yé
chatouiller
jnquer
ju-kyé
jucher
cavffer
caw-fé
chauffer
léquer
lé-kyé
lécher
dèbouqyer
dé-bou-kié
déboucher
maquer
ma-kyé
mâcher
détaquer
dé-ta-kyé
détacher
pèquer
pè-kyé
pêcher
éCUppCT
é-ca-pé
échapper
quier
kyé
chier
écauder
é-caw-dé
échauder
r attaquer
ra-ta-kyé
rattacher
ensaquer
en-ea-kyé
ensacher
téquer
fié-kyé
■écher
éplyquer
6-plu-kyé
éplucher
taquer
ta-kyé
tftcher
Dans un certain nombre de cas, les paysans, pour éviter l'am-
phibologie, emploient ces mots avec la forme chuintante ou
française dans un sens et la forte dans l'autre; cette seconde
forme appartient ordinairement au sens le moins naturel ou
le moins commun. En voici des exemples :
iHfuquer
bou-kyé
bouchoir de four
boucher (marehud de viande)
eamhrette
can2-brette
laiterie
ohambrette (petite diaobre)
carrier
câ-ryé
charrier (linge)
charrier (verbe)
eald
câ
chaud
chaux à mortier
chiêel, chUias chi-zè, chi-zia
ciseau de menuisier
ciseaux de couturière
cUique
clo-ke
cloche (anptiile de répiderme) cloche en métal
/ourquette
four-kyette
fourche à foin
fourchette de table
glaehe
gla-cbe
glace (eau congelée)
glace (miroir)
pêque
pô-ke
pêche (capture do peisna)
pêche (fruit)
pouque
pou-ke
poche à grains
poche d'habit
q Mièvre
kyè-vre
chèvre (machine)
chèvre (animal)
veuche
veu-che
Tesce (plante légouBesie)
vesse (flatuosité)
Nous venons devoir que souvent le patois emploie la forte
où le français a la chuintante cA; mais il est un bien plus grand
nombre de cas où le patois emploie cette chuintante à la place
de la sifflante du français ç ou ss. On se rendra parfaitement
compte de ce changement par l'examen du tableau suivant :
-«6-
Substantifs
adreehê
a-drè-ohe
adresse
étincheUe
ë-bas-ekè-le
étincelle
aranche
a-van2-€he
avance
fâche
fa^he
fâche
halanehe
ba-Ian-che
balance
facfion
fa-chon
fiiçon
héeaehe
bé-ca-che
bécasse
fiehtUe
fi-chè-le
ficelle
hècaehin^
bé-ea-ehia-M
bécassine
Jilaefie
fi-larche
filasse
hoche
bo-^he
bosse
foreJie
for-che
force
hovticlis
bou-ti-che
boutisse
garohan
gar-chon
garçon
hra4:he
bra-chd
braspe
çeniehe
g'niche
génisse
cache
ca-che
chasse
glaehe
gla-che
glace
calimachan ei-li-Ba-fbio
colimaçon
glachon
gla-chon
glaçon
canchon
can^-choQ
chanson
grim4iche
gri-ma-che
grimace
eapuehin
ca-pu-chin
capucin
herche
her-che
herse
eauehe
caw-che
chausse
hérichon
hé-hi-chon
hérisson
eavchevse
caw-ch(>uze chaussure
lachet.
la-chè
lacet
eaiichon
caw-chon
chauFSon
Hache
lia-che
liasse
eliahot
cha-bo
sabot
maaàaere
ma-châ-cre
massacre
chavate
cha-va-te
savatte
mâche
ma-che
masse
eJieinture
chein-tu
ceinture
machoH
ma-chon
masson
chendre
chan-dre
cendre
warêye
ma-èye
marée
chenteinc
diea-tiii^-M
centaine
médechin
roèd-chin
médecin
ehentoreye
chen-to-rêy centaurée
Médechin/te
■èd-eliJB-ie
médecine
cherft'uU
cher-feu
cerfeuil
vielaehe
mla-che
mélasse
eheriae
chri-se
cerise
menaehe
mna-che
uienace
ehertelas
cher-ve*»-lâ
cervelas
mourhel
mou-chô
monceau
cher tel le
cher-vel-le
cervelle
nièche
nyèche
nièce
ehihnt
chi-bo
(cibot)
nettrhe
neu-che
noce
ohihouler
cbi-bou-ler
sabouler
nourriche
nou-ri-che
nourrice
chimetU
chi-meu
ciment
mm r rie hou
nou-ri*chon
nourrisso 1
chirot
chi-yo
sirop
onohe
ôn-che
once
ehivière
chi-V3'é
civière
pièche
piè-che
pièce
chM
chi-zê
ciseau
pincfie
pin3-che
pince
chouqne
chou-ke
souche
pinrhard
piu-'-char
pinson
chvere
chu-cre
sucre
plarfui
pla-che
place
eraclie
cra-che
crasse
potenche
potan-che
potence
crayanclw
cré-yau-che
croyance
pnche
pu-che
puce
crevache
cre«-va-che
crevasse
puchelagc
pu-che-lâ-ge pucelage
croche
cro-che
crosHe
qulache
kya-che
chiasse
eulache
cu-la-cbe
culasse
rachlne
ra-chin-ne
racine
écache
é-ca-che
échasse
ranchon
ran-chon
rançon
écluii
é-chè
essai
rechu
r'chu
reçu
échahn
é-chin
essaim
ronche
ronche
ronce
écorche
6-cor-cbe
écorce
semenche
se<»-man-che semence
écreviohe
é€reo-»i-ebe
écre visse
tfgncche
ti-gnâ-che
tignasse
éperchus
é-per-chue
aperçu
trèche
trè-che
tresse
itanchon
é-tan2-chon
étançon
vermichel
ver-mi-chè
vermicelle
- 27 —
Adjectifs
ehent
chan
cent
ehinq
chîn3
cinq
ctmriache
cou-ya-che
coriace
douche
dou-che
douce
maehu
ma-chu
en forme de
médeehinal méd-ohi-na médicinal
molache mo-la-che moiasge
rachinu ra-cbi-nu
vivaohe
vi-va-che
bien fourni
en racines
yiyace
Verbes
adùuchir
a-dou-ohie
adoucir
fioheler
fi-chlé
ficeler
adréeher
a-drê-ché
adresser
forchir
for-chie
enforcir
agaeher
a-ga-ché
agasser
glacher
gla-ché
glacer
amauchsler
amou-chlé
amonceler
grimacher
gri-ma-ché
grimacer
apeticher
a-pé-ti-cher apetisser
haucher
haw-chô
hausser
avatusher
a-van^-cher
avancer
hercher
her-chô
herser
hercher
bèr-ché
bercer
lâcher
la-ché
lacer
blécher
blè-ché
blesser
menaoher
m'naché
menacer
caueher
caw-ché
chausser
mvoher
mu-ché
musser
cheler
chlé
celer
percher
per-ché
percer
cherfouir
cher-fouie
serfouir
pincher
pin3-ché
pincer
chihouler
chi-bou-lô
sabouler
piocher
pla-cher
placer
clicher
cii-ché
clisser
quemancher kman-ché
commencer
cre cacher
cre<»-va-ché
crevasse
racourchir
ra-cour-chi
accourcir
dechendre
d'chan-dre
descendre
rapetacher
n-pe»-ti-dié
rapetasser
devancher
d'van'-ché
devancer
rapeticher
rap-ti-ché
rapetisser
drecher
dré-ché
dresser
rechever
e®r-cheo-vé
recevoir
effacher
é-farché
effacer
rempiécer
ran-pié-ché rapiécer
efforcher(ê*) é-for-ché
efforcer (s*)
renoncher
r'non-ché
renoncer
ensemencher ea-ie<>-B(B-ebe
ensemencer
renforchir
ran-for-chi
renforcir
éperchcver
é-per-dieMé
apercevoir
rétréchir
ré-tré-chî
rétrécir
étinehéler
é-tins-chlé
étinceler
rincher
rins^hé
rincer
A ces verbes, on doit joindre le présent du subjonctif du
verbe faire. Ex. : « Qui que lu veux que j'y fâche. »
Comme on le voit, cette prononciation chuintante s'étend à
un assez grand nombre de mots; aussi n'y a-t-il rien d'élon-
nant que le français ait subi Tinfluence de cette prononciation,
comme le témoignent les mois « chicorée, chercher, déchirer»
que Ton trouve écrits, dans les anciens auteurs, sous les for-
mes cicarée, sercher, dessirer.
L'adoucissement de la forte k a aussi amené l'usage du g dur,
qui n'est en réalité que le k adouci; aussi partage- t-il la double
nature du premier, ce qui nous donne un k vélaire et un g pala
tal. Après ce dernier, comme après le g antérieur, le patois in-
— 28 —
troduit un t furtif, ce que dans la prononciation figurée nous
indiquerons par ghy, le g vélaire y paraissant sous la forme gh;
pour l'usage du g, le patois et le français sont généralement
d'accord ; il est toutefois quelques cas où le français moderne
y substitue le> qui n'est que la chuintante adoucie, tandis que
le patois a conservé le g dur.
gamhe
gambette
gamhiller
gamhon
gambu
engamber
ganne
gannet
gannisëe
gans-bète
gan^i-bi-yé
gaD^-bon
gan^-bu
an-gam--bé
gan'^-ne
gan^-net
gan*-ni-ce
jambe
petite jambe
pied de chou
enjamber
jaune
jaunisse
gardin
gardiner
gardinier
gaquère
gavelle
gavelot
engaveler
gatte
guerretière
gâr-din'
gar-di-né
gar-di-nier
ga-kyé
ga-vè-le
ga-vlo
an-ga-vlé
ga-te
guer-tié
jardin
jardiner
jardinier
jachère
javelle
javelle
anjaveler
jatte
jarretière
GMerr^hVre aujourd'hui cède insensiblement la place kjerre-
tière ijer-tyé). Il est à remarquer que l'on ne dit jamais yamftaj^,
mais « jambage »k La forme garret pour « jarret » n'est restée
que dans le nom du faubourg de Hontivilliers Brisgaret,^Q\xv
(( brise-jarret )), nom qui se justifie pleinement par la rampe de
l'ancienne route de Fécamp.
On observera que, sauf le dernier, les mots compris dans la
liste précédente ont lej vélaire. 11 est un autre mot patois com-
mençant par le g palatal dont le français a conservé le g, mais
en lui donnant le son doux : c'est guerbe (ghyer-be), lequel
donne les dérivés guerbière (ghyer-byé) et enguerber (an-
ghyer-bé).
Le g du patois ne correspond pas toujours au j français; il
remplace encore la chuintante ch dans les expressions sui-
vantes :
gancir
ganS-ci
chancir
guet Hier
ghvi-yé
cheville
gncval
ghva
cheval
gui'vvH
ghveu"^
cheveu
gueriUe
ghvi-ye
cheville
Simultanément avec ces formes, on emploie les suivantes où
le g est adouci :
jeral
■jt'valot
jereu{l)
]va
jva-lo
jveu
cheval
chevalet
cheveu
jeville
jeciUcr
]vi ye
jvi.yé
cheville
cheviller
(i) Nos paysans se rendent parfaileroent compte de cette prononciation : car, à cette
injonction • ni je vcux^ » ils répondent ordinairement : c six cheveux^ c'est le com-
mencement d'une perruque. •
— 29 —
Ces dernières formes sont d'ailleurs une nécessité phoné-
tique, car il est impossible de prononcer d'une seule articula-
lion chv; on est forcé de prononcer chf ou jv. De ces deux arti-
culations, nos villageois ont choisi la plus harmonieuse. Quant
à la préférence donnée à Tune de ces deux formes sur l'autre,
ganciretjvalot sont seuls employés; jera/ est préféré de beau-
coup à guevaL Les autres sont indifférents.
II. — Consonnes liquides.
R initial.
Au commencement des mots, IV se prononce comme en
français. Toutefois, la prononciation de la préfixe re mérite une
mention particulière. Dans les mots « relevée » et c reloge »,
vieux mot pour « horloge » (voir au glossaire), il y a inversion
de la voyelle et de la consonne et Ton prononce er-levàye, er-lo-ge.
Quant aux autres mots commençant par re, Tinversion a encore
assez souvent lieu; mais alors re se prononce tf°r. Ainsi, « recom-
mencer, retourner, revenir, remédier» se diront e^Tcomman-ché,
^Môr né, ^r-vù^ni, é^r-mé-dyé. D'autres fois, cependant, on se
contente de supprimer la voyelle e, et Ton dit r^comman-clié,
r*tôr-né, r*v^-ni, r'mé-dyé. L'emploi de ces deux manières de
prononcer est déterminé par la dernière lettre du mot com-
mençant par re. En général, l'inversion a lieu : i* quand la syl-
labe re vient immédiatement après un repos. Ex. : « Ey-co-
manche et tu verras. » 2* Après une consonne sonore, qu'elle
soit ou non suivie d'un e muet. Mais si le mot précédent se
termine par une voyelle sonore ou une consonne quiescente,
on se contente de Télision. Ex. : « Par err-ve-ni à ce que je vos
disais, san jeval r'vint ché, et t fra byin d'pas r'comencher un mar-
ché comme s'ti-la^pasque, quetiqtie belle e^r-co^men-che comm cha,
et pis il 8'rait rin-ché. » Si, au lieu d'être initiale. la combinaison
re est jointe à une consonne précédente, l'inversion a toujours
lieu. Ex. : «Breton, Brésil, bredouiller, creton, entretenir»,
prononcez : Be'^r-ton^ Be'^r-zi, be^r-dou-yé, kefT-ton, ante^r^e^-ni.
R médial.
Entre deux voyelles, r est généralement muet. Toutefois,
cette règle est aujourd'hui loin d'être générale; mais elle devait
— 30 —
rêtre autrefois. Deux choses le prouvent : l' elle était beaucoup
mieux observée autrefois qu'aujourd'hui; 2« plus on s'approche
du centre du pays de Caux, et moins elle a d'exceptions. Par
suite de cet état de transformation, il est assez difficile de dire
quels sont les mots qui y échappent. La liste suivante^ néces-
sairement incomplète, ne comprend que des termes sur les-
quels tout le monde est d'accord.
/
Verbes
accaparer
a ca-pa-é
accaparer
espérer
es-pé-é
eBpérer
aceorer
B-OO-é
aceorer
fleurir
fleu-i
fleurir
adhérer
a-dé-é
adhérer
figurer {se)
fi-gu^
figurer
afjlevrer
a-fleu-é
affleurer
guérir
gué-i
guérir
altérer
al.t6-é
altérer
ignorer
i-gno-é
ignorer
asturer
a-çu-é
aflBurer
jurer
ju-é
jurer
comparer
com-pa-é
comparer
mesurer
m'su-é
mesurer
courir
cou-i
courir
mourir
mou-!
mourir
eurer
cu-é
curer
mûrir
mu-f
mûrir
défigurer
dé-figu-6
défigurer
paraître
pa-étt
paraître
différer
di-fé-é
différer
pleurer
pleu-é
pleurer
digérer
di-jé-é
digérer
préférer
pré-fé-é
préférer
dorer
do-é
dorer
préparer
pré-pa-é
préparer
dvrrr
du-é
durer
procurer
pro-cu-é
procurer
éclairer
é-clé-é
éclairer
rassurer
ra-çu-é
rassurer
écvrer
6-CU-6
écurer
récurer
ré-cu-é
récurer
effleurer
é-fleu-é
effleurer
réparer
ré-pa-é
réparer
endurer
eo-du-é
eudurer
Subsl
séparer
antifs
ié'\ia-é
séparer
asêurance
a-çu-ân-ce
assurance
morue
mo-ue
morue
burette
bu-è-te
burette
mure
mue
mûre
curé
cu-ê
curé
mv raille
mu-â-ye
muraille
durêyc
du-êye
durée
oreille
o-êye
oreille
écurie
é cu-ie
écurie
rérérenee
ré-vé-an-ce
révérence
hereng
hé-an
hareng
souris
BOU-i
souris
Adjectifs
affairé a-fé-e affairé
amounux a-mou-eu^ amoureux
clairet
pur eu m
clé-è
pu-eu2
clairet
peureux
Observation. — Dans le mot hérichon, pour a hérisson », la suppression de IV
amène une i^ecunde aspiration : hé-hi-chçn. De même, dans hérêque (arête), on
dit la hé'êqve et non Vé-êqve (1).
(t) R se change en aspiration quand la consoune suivante est une gutturale.
— 31 —
Cette suppression de Vr médial a lieu même dans des cas où
le français le double; car, au lieu de (( amarrer, démarrer,
charrue, verrue », le patois dit : a-ma-é, dé-ma-é, kyé-ue (quérue).
Quand r est immédiatement précédé d'un e muet, si cet e
muet n'est lui-même précédé que d'une consonne phonétique-
ment simple, autre que b ou p, Vr est quiescent et la consonne
précédente se redouble dans la prononciation. Ex. : poVtie
pour « poterie, » machon'nie pour a maçonnerie, » mancKchon
pour (( mancheron. » La seule exception est puchon pour a pu-
ceron. » Mais si Ve muet est précédé de deux consonnes, il se
change en é fermé et Vr est encore muet. Ex. : mercéie pour
« mercerie, » berquéie pour « berquerie — bergerie. » Quarton,
pour « quarteron », fait exception. Cette double règle, comme
on le verra plus loin, s'applique également au futur de la pre-
mière conjugaison. Ex. : « Tant que tu chant'tas comme cha,
tu ne forchéas point ta voix. » (1)
Le mot, évidemment moderne, empereur, suit à moitié cette
règle. Quant au mot « pèlerin, » il a deux prononciations :
penin elpé'le-rin. La première, la seule conforme à la règle, est
celle que les vieillards préfèrent : d'où je conclus à une intro-
duction récente de la seconde; peut-être est-elle contemporaine
de empereur (empereur), mot formé exactement par le même
procédé, c'est-à-dire application de la seconde règle, moins
l'aphérèse.
Si la consonne qui précède 1'^ muet est une des labiales b ou
p, 1'^ muet s'élide et Vr se joint à la consonne précédente comme
en français. Ex. : « biberon », prononcez bibron.
Lorsque r terminant une syllabe se trouve devant une con-
sonne qui commence la syllabe suivante, il se prononce,
excepté dans les mots « parler, merle, merlan, éperlan, » qui
se disent pafer, mêle, mélan, éplan, et les mots compris dans la
règle suivante.
(1) Des déchirures ont emporté le commencement et la fin des premières lignes de
ce paragraphe ; le texte en est reconstitué par conjecture.
Notons qu*à la marge, Tauteur a écrit « ? diablerie, ? verrerie, » sans s'expliquer.
Plus bas, à propos d*empéreur^ il a mis au crayon, entre lignes : « dangereux ».
— 3i —
Lorsque r est la première de trois consonnes consécutives,
il ne se prononce pas. Exemples :
arbre
â-bre
arbre
perdre
pê-dre
perdre
cercle
cê-cle
cercle
perdrix
pè^ri
perdrix
cercler
cé-cîé
cercler
reteurdre
r'teuMre
retordre
désordre
dzo-dr«
désordre
sarclage
aa-clâ-^e
sarclage
détevrdre
dé-teu3-dre détordre
sarcler
Ba-clé
sarcler
martre
mâ-tre
martre
êarcUnx
8a&«leus
sarcleur
mettrdrir
meu^-dri
meurtrir
sourdre
Bou-dre
sourdra
mordre
mô-dre
mordre
teurdre
leus-dre
tordre
ordre
o-dre
ordre
Les seules exceptions sont « marbre » et « meurtre, » qui se
prononcent marbe, meurte; puis «couvercle, » qui se remplace
par couvert. Cette règle est d'ailleurs conforme à la prononcia-
tion française du xvi" siècle (i). Pour « ordre » et « désordre, »
on commence k prononcer orde et désorde.
Le mot mercredi doit être étudié à parL En effet, par un sin-
gulier caprice, la règle précédente n'est observée à son égard
que parles habitants de la ville. Ainsi, tout bon bourgeois du
Havre prononce mécredi, tandis que les paysans disent merqwrdi
(voir ce mot au glossaire); cette double prononciation consti-
tuant ainsi un véritable s/iiftofe/A (3) entre le Havre et sa ban-
lieue. Ce phénomène vocal s'explique d'ailleurs d'une manière
très simple, le citadin ayant une préférence pour Ve fermé,
tandis que le campagnard aime Ve ouvert, plus en rapport avec
son énergie.
Parmi les exceptions anciennes à la règle générale de sup-
pression de l'r, on doit remarquer celles qu'amène le voisinage
de l't. Ainsi, l'r précédé de t se change en y (3). Exemples :
admirer ad-mi-yé admirer
déchirer d*clji-yé déchirer
Mirer mi-y6 mirer
mireux mi-yeux miroir
tireux ti-yeux tiroir
empirer am-pi-yé empirer
Quant au verbe tirer, il a deux formes, selon le sens qu'il
(1) a Wban so ever m consonantis corne to gcther beiwene ii vowelles, of whiche
Ibe fyrst belongeth to the vowel goynge before, and Ibe other ii lo llie vowell folo-
wingf Ihe fyrst only shalbe left uiisounded. • {Palsgrave).
(â) Mot qui servit aux babitanls de Galaad pour reconnaître ceux qui n'étaient pas
de leur pays {Livre des Juges, xii, 6).
(3) Aux environs de Valognes (Blanche), le changement de IV en j^ a lieu même
sans le voisinage de Tt. • Couronne » se prononce couyonne.
— 33 —
présente. Quand il signifie « faire écouler un liquide > ou
• frapper un objet avec une arme de jet, • il se dit tiyer. Ex. :
« tiyer à bère, tiyerun lapin. » Hais quand il indique un effort
musculaire, il se dit tirer comme en français. Ex. : « tire-taide
là. J'ai dez jvals qui tirent bien. » Les verbes t chavirer, dési-
rer, expirer, respirer » font exception et se prononcent cha-vi-ré,
d'zûré, etc. Si, au contraire, Vr précède Tt, il se change en s
doux, pourvu toutefois que 17 ne soit pas la consonne princi-
pale, mais simplement Tamorce d'une diphtongue, comme on
le voit dans les exemples suivants :
ooutusirr
cou-tu-sfiié coutarier
masiage
ma-ziâ-je
mariage
ousieux
cu-zyeu' curieux
manier
ina-zyô
marier
demasieux
de-ma zyeu^
masieux
ina-zyeu^
fflotieux
glô-zyeu- glorieux
inéêwttnn
mé-zyan-ne
méridienne
lasiot
lo-zyo loriot
posiait
po-ziaw
poireau
maquesiau
■i-ke<>-tyaw maquereau
Quand leest la voyelle principale, r est simplement quiescent.
Toutefois, quelques personnes conjuguent le verbe marier régu-
lîèrement, en conservant Vs partout.
On sait que le changement de r en « était presque général
en France au commencement du xvi° siècle; en effet, Théodore
de Bèze .... [phrase inachevée].
Monseigneur, quand il vous plaisa^
Voicy nos gens près à parlir
En tous point preslz de pièça
Pour bien loyaument vous servir.
Mystère du siège d'Orléaiis^ v. 3Sj5
Monseigneur, par vostre ordonnance,
Nous ferons ce qu'il vous plaisa.
Menez vos gens sans difTérancc
Et nous deinorrons par deçà.
Que les dames et les bourgeoises
Fasse bouillir huiles et chaulx
Pour les gecter sur les musailles.
Le tnusir fuit les poires molles.
V. i996.
v. 2335.
V. 6437.
Le nom propre « Guerard > se prononce g*zar, comme s'il
— 34 —
était écrit c Guesard, > bien que Yr ne soit pas suivi de î. De
même, on dit souvent chaise pour « chaire, » quaiser pour
« chairer, » de bonne heuse pour « de bonne heure. »
R final.
Nous considérons comme r final, non seulement celui qui
termine les mots, mais aussi celui qui n'est suivi que d'un^
muet.
1* Finales en ure. — Le patois substitue s doux à r dans
« chanlepleure » (chan^-pleu^-zé) et dans tous les mots en ure
où eu remplace u, comme « allure {a-leu^-ze), bouture (bou-
teu^'ze). )) (Voir plus haut, et la liste ou tableau des finales.)
En général, dans les finales en ure, Vr ne se prononce pas.
Ex. : (( J 't'assure (a-çûe)(\\xQ d'ieux nature {na-tu), ils ont la figure
ifi-gu) dure {du). »
11 y a toutefois quelques exceptions telles que r dorure,
feuillure, hure » et autres mots qui, à proprement parler, n'ap-
partiennent pas au patois.
2* Finales en aire, ère, iére, oire, aure. — Dans les finales en
aire, ère, iére, oire, Yr est toujours quiescent; il en est de même
dans(( bravoure, » le seul substantif en oure usité chez nous;
mais dans les formes verbales en oure, Yr est douteux, c'est-à-
dire qu'il est tantôt prononcé, tantôt nul dans le même mot,
selon l'énergie de la parole. Les mots « chaire » et « glaire »
font exception.
3* Finales en ire et en ore. — L'r ne se prononce pas dans les
formes verbales en ire ou ore, ni dans la conjonction ocor (o-co)
pour (( encore; » mais il se prononce dans les substantifs et les
adjectifs ainsi terminés.
Finales en are et aure. — L'r des finales are et aure se pro-
nonce généralement; il n'y a d'exceptions, pour are, que les
mots « barre », « mare » {ma) dans le sens de « lagune, étang »,
et les formes de ceux des verbes en arer qui ont à l'infinitif les
deux derniers r quiescents, et pour aure que les formes du
verbe patois maurer (noircir).
6* Re précédé d'une consonne. — Il est assez diflScile d'être
- 35 —
précis sur ce point; on peut cependant affirmer que r est géné-
ralement muet dans les finales en attre, aitre, être, ettre, indre,
ompre, ifre, istre^ opre, otre, ustre; mais c'est ici surtout que se
fait sentir le caractère de celui qui parle. Cependant, tous s'ac-
cordent à supprimer l'r des infinitifs de la quatrième conju-
gaison; on doit toutefois remarquer qu'à la fin des infinitifs
en rdre, on supprime tantôt le premier r, tantôt le second,
comme on Ta vu plus haut; mais dans la bouche des vieillards,
c'est presque toujours le premier qui disparait. Du reste, cette
exception est la seule qui affecte la règle générale du para-
graphe suivant.
6* R final proprement dit. — A la fin des infinitifs, l'r est tou-
jours muet, quelle que soit la conjugaison. En. : « Voulez-vous
me permettre (per-mé-te) d'aller (a-fé) vaire {vê) si j'vas pouver
{poU'Vé) finir {fi-ni) d'apprendre {a-pran-de) ma leçon? »
Il en est de même à la fin des substantifs et adjectifs termi-
nés en er. Ex. : « Y a d'quoi s'donner au diable ed'l'enfer ien-fé) ;
vêla un tricot que j'ai etrennècet hiver (At-t?e) : il est tout coupé
du ver {vé). »
Les exceptions sont : 1* les mots empruntés au latin ; 2* les
noms propres tirés des langues étrangères, tels que « Esther,
Prosper. »
Air à la fin des mots se prononce également é. Ex. : « Quand
je vaye un éclair (é-cU), ça me donne la chair {ché) de poule, si
clair (c/e) qu'il soit. »
Dans les finales en oir, l'r est muet toutes les fois que la
voyelle se prononce oué (voir ci-dessus et le tableau des finales).
Une quinzaine de substantifs terminés par tr, our, ur, ont
l'r quiescent : on les trouvera au tableau des finales.
L'r des finales en sur est quiescent, sauf : i"* dans les mots
dont l'emploi est récent, comme « empereur, vapeur »; 2^ dans
les adjectifs de relation, tels que « antérieur, inférieur, posté-
rieur, supérieur »; et encore même dans ce dernier cas« quelques
personnes ne prononcent pas l'r final.
R suivi d'une consonne.
LV final suivi d'une autre consonne se prononce toujours, h
— 3C -
moins que cette consonne ne soit la marque du pluriel, car
alors on conserve la prononciation du singulier. Ex. : « Il y a
divers hivers » ; prononcez di-vér et ivé (1).
R paragogique.
Si généralement nos paysans suppriment Vr k la fin des
mots, il y a, en revanche, quelques mots où ils rajoutent. Cela
a lieu après eu prononcé u. Ex. : « blur = bleu, fur = feu,
jur = jeu, nur pour neu = nœud. »
Lse prononce comme en français; mais Tarticulation de l
mouillé ne diffère en rien de Yy consonne.
A la fin des mots, / est muet. Ex. : « De depis le mois d'avril
(dm), man mal Itna) est continuel (co»-/tnttrf); je serais une
bonne pratique pour l'hôpital {ho-pi-ta). »
Les exceptions sont : 1'' quelques mots qui, à proprement
parler^ n'appartiennent pas au patois, tels que « bal, appel,
consul )) ; i"* les adjectifs en il ou en ul; 3* la plupart des subs-
tantifs en oL Cependant, « Baillol, fiUol, lignol, vitriol, col, licol,
et les adjectifs fol, mol, ont / quiescent; les quatre premiers
avec bref et les quatre autres avec ô long; 4« enfin, les mots
terminés par / mouillé ; encore, cette dernière exception doit-
elle être assez récente, car les mots les plus usités suivent la
règle générale et l'on dit habituellement M-ta, cher-feu, con-cé,
deu, rée-vé, so-lé, som-mé, seu, tra-va, pour « bétail, cerfeuil, con-
seil, deuil, réveil, soleil, sommeil, seuil, travail, » etc.
Si / quiescent est suivi d'une autre consonne, cette dernière
est également quiescente, mais la voyelle qui les précède est
longue. Toutefois, si cette voyelle est t, elle reste brève. Ex. :
« Les ionnials (ton-niâ) engendient pus de mais (m&) que les
fusils (fû-zi). »
Pour montrer que la chute de / final était générale dans Tan-
(1) Noie postérieure. — A vérifier, car on dit « des vers (voir) •» et je crois avoir
entendu dire c des fers (fairs], les enfers, des hivers, » avec ers prononcé air.
Après à et u longs, r se prononce.
r-37 -
cien français^ il nous sufiSra de citer quelques exemples de
ppononcialion figurée empruntés à Palsgrave (1) :
i^* Après maint deuil et maint mortel péril.
aprèmayndveil, émaynmortépériL
2<* Evite le perilz de tirannicqaç craaulté.
eviteleperizdelirannickecrevavté.
3* Mais on peut teb songes songier.
maysounpevltezsoungosovngier.
4* Lequel je cognois par. . .
lekéjeconoapar. . .
Dans les finales en le, l se fait toujours sentir, quand le est
immédiatement précédé d'une voyelle; mais si / est précédé
d'une autre consonne à laquelle il se lie, la prononciation est
douteuse. On peut toutefois dire qu'en général, à la fin des ad-
jectifs en able ou ible, l est muet, tandis qu'il est prononcé dans
les substantifs et les verbes de la même terminaison. Hors de
ce cas, la seule règle claire et certaine que l'on puisse établir,
c'est que / est beaucoup moins caduc dans les formes verbales
que dans les autres mots.
Ll non mouillé se prononce comme / simple. Dans les mots
suivants, le patois remplace le gl du français par // mouillé :
beuiller pour « beugler », seille pour « seigle ». Cet italianisme
se retrouve dans le département de TËure pour le nom
a Broglie », prononcé broitle (i). La banlieue du Havre emploie
encore // mouillé dans quelques mots où d'autres contrées, le
département de TËure en particulier, se servent de / simple;
ainsi, nous disons : beuille, maillard, meille^ meiller, au lieu de
« bêle (sium [sic] ), malart (canard), mêle (nèfle, mespilm).
(1) Si le lecteur n'est pas convaincu après la lecture de ces exemples, il pourra
méditer les deux règles suivantes du môme auteur.
i« Règle générale :
Whan M ever a frexiohe woide bath but on» oonjonant onely af ter hls last Towel, the oonio-
saot ahalbe bot remlnely loniuled aa awre mf§f, /U bea9coup mot ihalba ■ounded in maner ame
êop, Ji ftMVMM mo bow ba it, tbe eonsonant tball bave some lytell MOiide.
i* Règles concernant chaque consonne en particulier :
^ In alI tbynges folowetb tbe ganeiall nilea above reberied witbont any maner exception.
(2) On a sans doute respecté le nom de famille; mais dans la région, le chef-lieu
de canton se prononce tout ài la française « Broglie *. — T.
-38-
Métaplasmes delet n.
L se substitue à n dans velin pour a venin » et son dérivé
velimeux qui, chez nous, signifle à la fois v venimeux » et
« vénéneux », liméro pour « numéro », écolomie pour « écono-
mie », cahnnière pour « canonnière ».
En revanche, n se substitue à /dans branner, caneçon, cham-
branne, disnoqué, ébranner, matenas, pour « branler, caleçon,
chambranle, disloquer, ébranler, matelas » ; mionner pour
(( miauler », pionner pour « piauler », nune part pour « nulle
pari».
Letm.
L se change en m dans setinement, pour « seulement ».
Dans les mots « cygne, maligne, signer », le patois a conservé
l'ancienne prononciation du^n; mais, comme on l'a déjà vu
plus haut, Vi devient nasal : cin-ne, ma-lin-ne, elc. Tout le
monde sait qu'autrefois cetle prononciation de gn était géné-
rale, à tel point que Ménage et la première édition du Diction^
naire de l* Académie autorisent de dire aneau pour « agneau »;
nous croyons toutefois devoir indiquer ici, telle qu'elle se
chante chez nous, la chanson enfantine :
Calimachon borgne,
Montre-moi tes cornes,
et que Duméril donne avec cette variante significative :
Limaçon bône-bône,
Montre-moi tes cônes.
L se change en r d^ns pourrichinel = polichinel ; h cerfin = h
cette fin.
M=n dans rancumme pour « rancune ».
C final.
La finale k représentée par c ou par 9, ne se prononce pas en
patois, sauf dans « soc de charrue, » et l'onomatopée « crac, »
et « rester hoc ».
Ainsi « coq, croc, chinq, broc, trafic, bloc », se prononcent
cOf cro, chin^, bro, trafic blo.
-. 39 -
Il en est de même des noms de lieu : Caudebé, Bolbé, etc.
Une substitution assez curieuse, bien qu'on en trouve des
exemples dans d'aulres langues que la nôtre, c'est le change-
ment du / en k. C'est ainsi que Ton dit relenquir au lieu de
« ralentir, » héréque pour a arête, » qtienailles pour « tenailles ».
Aux environs deCaen, le nom de la commune de Mathieu se
prononce Makieu.
Cette substitution est d'ailleurs très fréquente dans le picard
et dans d'autres patois.
X.
Vx doux se prononce comme en français. Le meilleur
exemple que nous en puissions donner» est le mot exemple lui-
même.
Au contraire Vx dur, au lieu de représenter le son ks comme
en français, se rend par sk. Ainsi le nom même de la lettre se
dit isque, et les mots u vexer, sexe, fixe, » se prononcent ves-
quer, sesque, fisque.
Métaplasme der=h.
R prend la place de h dans les mots raucher (raw-ché) pour
hattcher, français « hausser; » et dans ravir, pour a havir. »
Dentales.
Devant un r le r se change quelquefois en d. Ex. : « meur-
trir » devient meudrir, « vautrer ù se dit vaudrer (prononcer
vawdré).
Y.
Dans la banlieue du Havre l'y ne compte jamais pour deux t
et les mots « citoyen, essuyer, pitoyable, » etc., se prononcent
ci'to-yin, éçu-yé, pi-to-yd-ble, etc. (1).
Syncope de l'y.
Dans les mots suivants : « balayer, bégayer, délayer, gras-
ci) Cette prononciation est commune à Rouen et c*était la plus autorisée il y a un
quart de siècle, puisque c'est la première que donne Littré. — T.
— 40 —
seyer, envoyer, noyer, renvoyer, rudoyer, tutoyer, rayon,
voyage, » Vy et la voyelle qui le précède se change en t, ou plus
exactement aux formes précédentes le patois préfère les formes
anciennes, balier, béguier, délier, grossier, envier, nier, rentier,
rudier, tûtier, rion, viage; mais dans les mots suivants où la
partie syncopée est précédée de deux consonnes, dont une
labiale et une liquide, la voyelle seule diffère du français, et
l'on dit briyer, pliyer, dépliyer, empliyer, répliyer, pour « broyer,
ployer, etc. »
Pour (( ennuyer, nettoyer, » on dit énuer, nétéyer. — ? Bor-
dayer, ? enrayer.
Des Liaisons
Le patois fait peu de liaisons. On sait du reste que la multi-
plicité de liaisons de la prononciation actuelle du français est
due à l'envahissement lent et constant du pédanlisme. Nos
pères auraient regardé comme une affectation ridicule la pro-
nonciation qui a cours de nos jours dans les salons. Ici encore
les paysans sont les représentants de la tradition ; aussi jamais
on ne les entendra dire : « ce chat a pris un rat à poil blanc et
gris (ce cha ta pri zun ra ta poil blan hé gri) ; et la phrase sui-
vante gagnerait beaucoup k passer par leur bouche : « Elle ne
craignait pas que ce soldat attentât à sa vertu. ;>
Les principales circonstances où les liaisons sont observées
sont : l"* après un e muet. En effet, lorsque le mot qui suit
immédiatement cette voyelle commence lui-même par une
voyelle ou une h muette, la consonne qui précède 1'^ muet se
lie avec la voyelle initiale du mol suivant, ex. :
Femme coquette et (coquè-té) homme âgé (hom-ma-gé)
Ménage à demi (ména-ja d'mij ruiné.
2^ Après un r suivi, dans le même mot, d'une consonne
autre que Vs marque du pluriel. Dans ce cas, la dernière con-
sonne ne se prononce pas et l'r se lie avec la voyelle initiale
du mot suivant. Ex. : « A tort ou à raison il part anuit (for-
rou, par-^ranui). » (1)
(1) Ces deux exemples semblent peu démonstratifs, puisqu'ils ne diffèrent en rien
du bon français. — T.
— 41 —
S^" Après un article ou un adjectif précédant immédiatement
le substantif auquel ils se rapportent. Ex. : c'est cha qu'était
un homme {un-nôn-me), un gros homme (grô-zon-me) ; mais
c'était pas un bel homme {bé-lon-me).
4'' Après un pronom ou un adverbe monosyllabe. Ex. : « Vos
allez (vo'zallê) peut-être bien être (byin-néte) attrappé, et ne
rien a ver (rym-navé) ; y en a (yan-na) eu d'autres de refaits. »
4^ Observation. — Toute consonne finale qui se prononce
devant une consonne fait liaison lorsqu'elle se trouve devant
une voyelle.
2* Observation. — Toute consonne qui est muette k la fin d'une
phrase. Test également lorsqu'elle se trouve placée de manière
à faire une liaison. Ex. : <« Il aime à rire et à s'amuser »; pron.
l'Iin'fna'ri'é'a'Sa'tnU'Zé : car on dit : « Il aime à rire {rie). »
Lettres euphoniques.
Malgré sa répugnance pour les liaisons, le patois admet l'em-
ploi des lettres euphoniques : !<" le f euphonique dans les
interrogations. Ex. : « J'nos-t-il aller à gernottes, o bien j'ai-
lons-t-il finir cha? » Le même t entre dans la locution prover-
biale : (( amasser sou-t-à-sou ». Le 2 euphonique suit certains
pronoms que l'on unit bien avec le mot suivant. Ex. : « donne
me-z-en = donne-m'en; no-z-est bon effant = on est bon
enfant. »
Mots mis par contraction.
Lorsque deux mots consécutifs devraient faire un hiatus en
patois, si ces mots sont tout-à-fait usuels, la dernière syllabe
du premier se contracte avec la première du second. Ex. :
jouvrier pour « jou-ouvrier», higuiauser (i-ghiô-cé), poura hi-
guée au se (hier au soir) », troquatte pour « troi ô quatte (trois
ou quatre) ».
Tableau des Finales
Le plus grand nombre des mots de notre patois ne difièrent
du français que par une modification de la dernière ou de
l'avant-dernière syllabe. C'est pourquoi nous avons cru devoir
— 42 —
former un tableau des finales, où nous avons mis en regard
chaque finale du patois avec la finale qui lui correspond en
français et la prononciation figurée de celle-là; une quatrième
colonne est consacrée aux exceptions et aux observations aux-
quelles ces finales donnent lieu. De la sorte, le lecteur pourra,
en quelques pages, trouver des renseignements qui, autre-
ment, eussent exigé un volume.
Pour rendre plus sûr et plus facile Tusage de ce tableau, nous
le faisons précéder des remarques suivantes :
4^ Observation. — Ne figurent pas dans le tableau : i* les
finales qui se prononcent comme en français ; S^" celles qui sont
complètement inconnues au patois ou ne comprennent que
deux ou trois mots dont la prononciation est indiquée dans le
glossaire.
2^ Observation. — Vs indice du pluriel ne change rien à la
prononciation, à moins que le contraire ne soit indiqué. Toute-
fois, si cet s suit immédiatement une consonne, il allonge la
voyelle qui le précède ; tel est le cas des finales en als^ ang, ant,
etc. Cependant, dans les mots en eil prononcé é long, le pluriel
devient bref. Pour « on voyait trois soleils », on dit : « no veyait
trois sole » avec e bref.
Modifications des finales,
la finale a egt toujours brève.
a bref.
le l disparaît le plus souvent et donne âbe.
except6 <r sac » qui 8e prononce sa ; mais dans « bissac ]»
et c cul-de-sac n le c se prononce.
are ache a-che excepté « espace, grâce; race, vorace, trace^ » et les
noms propres.
ache a-che excepté « tache (souillure), vache, attache (verbe) » et
ses dérivés, lesquels changent « ache » en aqti€.
dans « attacher, détacher, rattacher et ensacher )) le
q se conserve dans toute la conjugaison; de plus dans
« vacher ».
partout ailleurs,
râ est long dans tous les mois de cette terminaison.
excepté « bai n et les verbes.
excepté d aide » qui se prononce êy^de. .
exe. (( paie )) pron. peye^ et dans les formes des verbes
en ayer où Ton pron. êye.
a
a
ahe
a-be
âhle
&-bIe
ac
ac
aquer
a-kié
acher
a-ché
âge
â-ge
agne
an-gne.
ai
ê
aide
è-de
aie
ô.
aie
aie
êye
— 43
•*-œ.
an-gne
in-gne
t"
a
•"
A
(ail
aye
aUle
â-ye
aime
in«-me
ainere
in*-cre
aindre
inMre.
aine
in*-ne.
ainte
in«-te.
air-aire
é
aise 1
êy'-«e
ê-ze
ai4se
ê-ce
aite
êy-te
aiter
ôy'-ter
aitre \
^-te
A-te
al
9^ bref
aie
àleng.
amhê
an«-b6.
amhle
ans-ble.
ambre
an'-bre
ame et amme
an-me
a m ne
ân2-ne.
ampe
an3-pe
amphre
an^'phra
ample
an^-ple.
ampre
an2-pre.
an
an bref.
anc
fin long
anee
an^-oe
^-^az
ans-ke
an*-che
ang
an bref
ane
an*ne
ange
an«-ge
ange anche
ans-che
ange
an-ge
angle
ân-gle
anle
an^-ne
dans a châtaigne, il baigne t.
partout ailleurs.
bétail f détail, travail (beaucoup
noncent bétaye^ etc.). »
de perBonnes pro-
partout ailleurs.
excepté dans c médaille, je ou il travaille b.
il n*y a que les formes du verbe a aimer » qui aient
cette terminaison,
cette finale n*a que « vaincre et convaincre ».
excepté a glaire, chaire, plaire et déplaire y.
dans « falaise, fraise, niaise, punaise ]».
partout ailleurs.
ê très long.
le seul mot français en aite est « fiiîte » qui en patois
devient fè\ mais le patois a le verbe « faîter » pron.
fèy'té, d'où je « faite (fèy-te) n; « faîtière s se pron,
feytière,
c naître, paraître » et leurs dérivés ; a traître = trêy*-te ».
dans tous les autres cas.
sauf peut-être quelques mots savants ou récemment
introduits.
« chambre ]» est le seul mot connu chez nous,
except. « ame (â-me), je me, il se pâme (pan>-me).
flamme (flambe), étame (é-taim-me^ d.
excepté dans n cbar-à-bano 9, où bane est bref.
excepté a avance et balance (avan'-che et balan-ohe) ».
dans « branche » et ses dérivés et composés.
« tranche ».
dans c étang, rang »; long dans « sang ».
an bref.
dans € change » et composés, <k louange; vidange? ».
« grange ».
partout ailleurs.
an très long.
excepté peut-être a chambranle ».
— 44 —
an**ne
{
an-ne
anque
ans-ke.
eant
kiân
çant
chant.
f rant
rant rant
"
ante
\
an>.te.
antre
an'-tre
O/tiVTB
anS-Yo
ape
a-pe
\
ft-re
are \
Akref
\
a-re
arre
ârre
ase
â-ze
asse{l)
âs-Be
ae»e(2)
a-che
ot
eau
o bref
t
à long
eaux
ias
aube
aw-be.
auee
aw-ce
anche
aw-ohe
, (ae
aud ,
(aud
&
o
a^de et a%deê
aw-de.
auffe
aw-flfe.
auge
aw-je.
aule
aw-le.
aune
an^-ne
dans c Anne, Jeanne, Marianne » et le compoeô
a dame-jeanne ».
an bref, partout ailleurs.
a Buffooant et confiscant » sont les
connue ici.
eenlB mots en eant
ose
lorsque cette terminaison est précédée d'une consonne,
en outre dans les mots a garant, tirant ».
r nul lorsqu'il est immédiatement précédé d*une voyelle,
sauf les exceptions ci-dessus.
a bref, excepté u pape » où a est très long.
a long, dans t are » et a déclare, tare, tiare 9 et les ad-
jectifs en are,
« mare, pare » et autres formes yerbales en pare.
a bref, dans les autres cas.
a long.
â long.
comme en français ; excepté c basse > où a est bref.
exceptions : a cuirasse, paillasse, terrasse, cocasse » et
les formes verbales c débarrasse et embarrasse ».
comme en français, quand il est précédé d'une autre
lettre que e,
dans c bedeau, escabeau, tasseau, tuileau, casseau
(étui) ».
comme en français, dans le plus grand nombre des mots.
Il 7 en a toutefois une quarantaine pour lesquels on
préfère les formes antiques en el, al, ou tau,
comme le pluriel français : un a rideau » se prononce
comme des c rideaux ».
excepté c rideaux ».
excepté la « Beauoe » qui garde la prononciation fran-
çaise,
exception : c fauche {faw'que) ».
dans chaud (0tf«), crapaud, finaud, pataud ».
partout ailleurs.
excepté peut-être c TEaune et faune » que je n'ai jamais
entendus,
excepté c cause (caw-ze) », substantif et verbe.
(1) Voyelle longue.
(2) VoyeUe brève.
-48 —
ansêe aw-che
avt 6
aute et autre awte.
anve aw-ve.
ayvre ôvre
«y
ê.
/ cher ché
eeler
ce
(cbeler chlé
( celer celer
celle cbelle
f quer kié
cher
ehiê
chu
guer guié
cher ché
chie
chu
quu eu
chite chi-te
chi chi
[ci ci
çon chon chon
cul
i
ee
êcke
ée
chu chu
eu
ê
è
êche
ie
excepté « fausse {faw-ce) ».
exception c haut ».
etôre. a Pftuyre », le seul mot de cette terminaison, se
prononce paure devant un mot commençant par une
voyelle ou un h muet auquel il se lie, et pauvre dans
les autres cas (1).
excepté : l^ <r faux j>, outil (fâ) ; 2^ le pluriel des mots
en al (as) et en el (ias).
fée
lée
ée
êy-e
dans : 1^ « épucer, rapiécer, grincer, pincer, rincer » ;
2* « bercer, écorcer, forcer, percer » et leurs com-
posés ; 3« les verbes terminés par meneer ou tancer ;
4<> dans les verbes en or^r, autres que «tracer» et ses
composés.
partout ailleurs.
dans « amonceler {anumcheU)^ celer, chanceler, ficeler ».
partout ailleurs.
« étincelle, ficelle ». — Puchelage semblerait indiquer
qu'autrefois a puoelle » rentrait dans cette règle.
« vacher, rucher, ébrancher, ébrécher, embrocher,
émoucher, enfourcher, ensacher, éplucher, essoucher,
faucher, ficher (enfoncer), fourcher, hocher, jucher,
lécher, mâcher, pêcher, sécher » et leurs dérivés, et
les verbes en tacher avec a bref.
c hacher ».
partout ailleurs.
excepté dans le verbe « chier {kié) ».
« chu, crochu, fichu ».
c branchu, fourchu ».
à la fin d'un adverbe ou d'un adjectif détenninatif .
du participe passé des verbes en cir^ dérivés d'un adjec-
tif terminé par t ou x,
c merci ».
« garçon, étançon, rançon, tronçon » et les mots en
açon.
au participe des verbes en ceroir ; çu partout ailleurs.
toutefois on dit aussi souvent carcvl que carou.
sauf quelques mots techniques tels que c congé » et les
mots empruntés au latin tels que henedicite, mieerere.
À la fin des mots en heo^ eec, et autrefois oc y grec ».
excepté <l pêche de poisson (pique) ^ sèche {eèqw)^
mèche (meu'che) ».
dans les substantifs en gée et gnée mouillé ( c lignée et
cognée » sont inusités), et aussi dans « aiguillée, cor-
beillée, brassée, s. f. (hrachie)^ bouchée, soirée («^-/>) ».
« épée, poupée » et dans les noms propres.
dans tous les autres mots dont le patois se sert.
(t) Aujourd'hui cette nuance a disparu, et on dit « pore homme, pore femme >. — T.
— 46-
egne
in-gne.
eignf
Ugne
teigne
an-gne
in-gne
eil
S
eu2-ye
èye
é
eiUe
( euille
1 eille
eus.ye
eye
eindre
in*-dre.
eine
in*-ne.
einte
in*-te.
eî
ê
(«le
'le
èîe
(èle
è-le
in-me
eme
(
in^-me
un-me
Ô-me
êmer
in*-mer.
emple
empe
an-pe.
enne
in-ne
eoir
ietre
yètre
er
é
erce
erche
èr-che
ère
6
ière
yé.
erse
erce
erdre
ê-dre
erdri-e
6-dri
erle
erletnêle
esche
ecbe
eugle
dans (( teigne ».
partout ailleurs.
« vieil 9 suivi d'une voyelle à laquelle il se lie.
« pareil » et souvent a conseil ».
partout ailleurs.
a vieille ».
partout ailleurs.
excepté quelques noms bibliques en bel où Ton fait
sentir l,
dans <r ratèlo (ratle)^ ni vêle {nirlé)in\ on peut rattacher
à cette prononciation /<7A/« pour a: ficelle ».
partout ailleurs.
dans les adjectifs numéros ordinaux,
dans Cl crème, écrémer ».
dans c sème (««n-me) » et composés,
partout ailleurs.
excepté a couenne [couanne)^ méridienne {mé-zian-iu:).
(( asseoir {assietre), rasseoir [rtugietre)^ seoir [sistre] ».
sauf dans quelques mots latins ou étrangers francisés,
excepté « tierce » et les noms propres,
excepté ce stère, patère (ce dernier mot par confusion
avec^f^) ».
excepté a herse {herehe) ».
c perdrn et reperdre », avec le nom de rivière a Erdre »,
sont les seuls mots de cette terminaison.
« perdrix » OFt le seul mot ainsi terminé,
erletnéle les deux seuls mots usités Font « merle {mêle) » et
cr perle » qui ne subit aucune altération.
ô-ce ê long dans « aînesse, ânesse » et les qualificatifs de
femme : a abbesse ».
è-ce è bref partout ailleurs.
è-che a blesse, trcsHe, adresse, maladresse, redresse ».
é-che (( acquiesce (a-kiè-che) ».
eu-che « veece (ren-che) ».
eu- dans a aveu, caieu, cheveu ifreu)^ hébreu, moyeu,
verveu » (essieu fait esseuU),
u kref partout ailleurs,
ue excepté a lieue et banlieue », c'est-à-dire efte précédé
de i.
eu--gle aveugle ]
eu--ye beugle
eu'-le meugle
comme on le voit, chaque mot a
dation.
pronon-
- 47 —
eu
euye
\
fol
eul .
\
1
eul
eu
/
r eur
eu
\
i eur
eur
enr i
)
V
i
feux
eu2
1
> eu
u
eure
eu
eure
eure
enre *
eure
eu2
euse
en'i'Zii
enrre
0VC
eu2-re
è-re
exe
es-ke.
ihle
i-be
ice
ice
erie
ie
ien, yen
j-ins.
igné i
ygne i
lue
ingne
in-ne
io-gne
il
i
iîde
i-de.
imhe
iD3.be
imhre
in-sbre.
ime
in-me.
in
in*.
1
ince
in*-ce
ince
inche
iii3-che
1 inche
in*-che
inere
in*-cre
inde
iuMe.
ine
io-ne.
inge
ins.je.
ingle
in3.gle.
ingre
in3-gpe.
ingt,inq,int
in3.
ingue
in3.gue.
insetint
in3.
inte
in3-te.
inthe
in«-te
intre
iii^-tre.
inze
in'-M
danB a deuil » et souvent dans c cerfeuil, seuil :».
partout ailleurs.
a filleul, ligQQUl, bailleul, éteul : les étô de blé ». (C'e^t
donc par erreur que l'Académie écrit éteuU.)
partout ailleurs.
à la fin des substantifs,
à la fin de « empereur et docteur » ou d'un adjectif de
relation, tels que <ï antérieur, supérieur s.
À la fin d'un adjectif qualificatif,
dans c Harfleur et Honfleur 2>.
À la fin des substantifs; dans <c il affleure et il demeure d.
dans les autres verbes et le féminin des adjectifs de
relation, et les noms propres € Eure et Leure ^.
a effleure et pleure d.
dans u chante-pleure i» [ohan-'pleu^'Ze) et les adjectifs
qualificatifs.
<L beurre, feurre ]>.
excepté « fôve (Jey'te) ».
excepté a crible d.
excepté c nourrice {nourriche) ».
avec redoublement de la consonne précédente.
dans <r maligne, signe et cygne d.
partout ailleurs.
excepté à la fin des adjectifs, où l final suit la même
règle qu'en français.
a mince, prince, province d.
(E grince, pince ».
a rince ».
« vaincre, convaincre ».
excepté « absinthe {ah-cin^-te) ».
« quinze » est le seul mot ainsi terminé.
— 48 —
ir
î
ire
ira
ira
i
ire
ie
irer
" !
irer ï-yé
Ure
ivre
irer
ins
is
inB6
inse
ise
imme
iche
isBe
iré
În8
1-18
in^-ze
în'-ce
ise
in-me
i-che
i-ce
i-te
ivre
ô
o hrff
oche
ofU
ogne
- I
oidé
oie
oiffe
oigne
oU
oile
oin
oindre
ointt
oinfre
èche
I oque
oche
on-gne,
ai
oi
aide
ie
aie
oie
è-che
6ke
o-che
o-fe
dans les substantifs « avenir, ouir, déplaisir, loisir, plai-
sir, repentir, souvenir? y
à la fin des autres substantifs,
intermédiaire entre t et i^ à Tinfinitif de la 2* conjugaison.
à la fin des substantif.
c aspire et respire », encore souvent on prononce ire,
1* à l'infinitif des verbes de la 4* conjugaison; 2* dans
les formes en ire des verbes dont l'infinitif irer se
change en yer.
a cirer (areh.), déchirer, empirer, mirer, tirer (faire
sortir) » et leurs composés,
partout ailleurs,
dans c pris » et composés,
partout ailleurs, comme en français,
à la fin des mots terminés par priée et miee} a chemise
{Vmin,^-ze) ».
dans « prise (de tabac) ».
partout ailleurs.
c catéchisme [ca-té'Cin'^-me) ]» est le seul mot usité de
cette terminaison.
apetisse (v.), clisse, éclisse, écrevisse, génisse {j*nieke),
partout ailleurs,
excepté c mitre, vitre ».
ou ive, la prononciation de cette finale reste incertaine ;
IV est articulé ou supprimé au hasard,
c gogô, coco, loto D, dans ces trois mots le premier o
est bref et le deuxième long,
a domino, vertigo, séro ». Nos paysans lisant le latin
ont une tendance à faire [phraee inaekerée] 7 brèves
les finales en o,
<L approche, rapproche ».
c broche » et dérivés, <r cloche (ampoule), épinoche {épi-
gnoque)^ hoche » et dérivés,
partout ailleurs,
a girofle » est le seul mot ainsi terminé.
c effroi, moi, toi, soi ».
partout ailleurs.
a broie ».
c voie, soie (de porc) ».
partout ailleurs.
ê
ouè
è-de.
î
ê
ouêe
oiy'-fe.
on-gne.
ouê.
ouè-le excepté parfois c étoile (ételle^ archaïsme) ».
ouin'-.
oin*-de.
ouin-ne
ouin^-fre.
excepté c avoine [avin^^ne) ».
— 49 —
oing
ouins.
ointe
ouin^-te
/aire
ê
er
è
oie
oué
oir
oir
ouèr
eus
eua
1
aire
ê
oire i
1ère
é
oire
oué
ou
eus
eu
ouft
Oise
oiy-se.
oire
aive
eve
è-ve
eu-vo
oix
ouâ
ol
ô
a
01
bref
1
ol
ol
aie
o-le
Ole
ô long.
once
onche
once
on--che
on^-ce
ondre
ondre
onMe.
ùne{bl
OAÇ)
ô-ne
oiie{ol
"^ref)
on-ne.
orce
orche
or-che
i
ôdre
ô-dre
eure
eu-re
ore
ore
ôe
.
ore
ore
orer
o-e
ortM or- me
orme or-ae
\ orque o-ke
orque | ^yp^^^ our-ke
ore or
orée or-se
oche o-che
I osse o-ce
oete
dans <r déchoir? prévoir, recevoir et voir » qui font
tiC vaire {vaie) », etc.
a bouchoir (bouqué), noir, soie 9 et les infinitifs en oir
sauf ceux indiqués ci -dessus,
a abreuvoir, encensoir? ».
dans c bonsoir, crachoir, comptoir^ déversoir, encensoir,
fermoir, greffoir, ostensoir, parloir, reposoir, trottoir;»
en général dans les noms d'objets autrefois inconnus
de la ferme, et les infinitifs un rdtr, lorsqu'ils suut
employés substantivement,
la terminaison de tous les objets d'usage ancien,
dans c croire » et ses composés,
dans (E foire, poire, noire (adj.), boire (verbe) » ; toutefois
la forme en ouè n'est pas tout à fait inusitée,
partout ailleurs.
dans les verbes en etoir^ autre que <k devoir » et composés,
les précieux prononcent ovle.
dans c doive (deloe) et conçoive? 9
partout ailleurs.
les précieux prononcent oué.
long dans u col {cou)^ licol », et à la fin des adjectifs.
« espagnol ».
à la fin des substantifs.
bref, excepté <r folle et molle » où 5 est long.
dans a once, ronce ».
partout ailleurs.
excepté « aumône {o-mon-ne) »
€ écorce, force » et leurs dérivés.
dans « enclore ».
c colore {eotUeure) ».
dans « dore ».
aux verbes en ore ; dans quelques bouches la dernière
syllabe se supprime,
le r est nul dans toute la conjugaison, à moins qu'il ne
soit suivi d'un e muet,
excepté le nom d'arbre « orme (ourme) ».
excepté <r corne » où est long.
a, remorque (ré-me-ke) ».
dans les mots terminés par torque,
excepté c tors (teur) » et ses composés,
excepté a torse {teur»ee) » et ses composés,
c bosse, crosse », ainsi que leurs dérivés et composés,
partout ailleurs. L'o a la même quantité qu'en français;
toutefois il est bref dans « grosse » et long dans
c cosse ».
— 60 —
OU
ol
6a
ô
ou
(mee
oe
( oue
eu3
oue
ô
ou-e
ovfle
oufle
ou-fle
ouille
ou-ye
ouïe
ou-le
[ eur
eu.
our
1 our
ou
[ our
our
oure
our6
ou
omche ourque ourke.
ourne
orne
ôr-ne
[ ourseï
ou-cé
ouêser
our-oé
r ote
\
leurs
ô-te
oute
ou-le
ton
teur.
tourner iàrner tôr-ner
' uche
ucbe
uce
; uce
û-ce
uche
uque
ucbe
u-ke
u-cbe
vmc
un-me.
vfte
un-ne.
rur
ur
[ur
ûe
ur
n
ur
ure
u-re
euse
eu-ze
ure {
ure u
i ure ue
a cou, licou, fou, mou ».
partout ailleurs.
les deux seuls mots de cette terinÎDaison sont c douce
{dou'fke) 1 et « pouce u, lequel ue subit aucun cban-
gement.
« roue j>.
u boue, joue d.
partout ailleurs.
ou bref, sauf dans le verbe c souffler » dont la pénal-
tièuie est très longue.
i-u bref, saur dans « brouille, fouille, quenouille et
souille ».
ou long, sauf dans a foule, houle, poule, semoule 3.
« labour ».
c bonjour {boujou), four, jour, tour .rang) [et en sur-
charge au crayon] ? labour. »
partout ailleurs,
dans c bravoure p ; douteux dans les verbes.
excepté < enfourne » et a: défourne ».
vu bref, excepté tlans a pousser, trousser, tousser » où
il est long dans toute U coujugaîson.
a rebrousser ».
dans c croûte ».
partout ailleurs comme en français ; si ce n*est que ou
est bref dans c voûte ».
très long.
dans a puce ».
u long dans « suce ».
ailleurs comme en français.
dans c épluche, frelucbe, ruche, juche » et dérivés.
partout ailleurs.
<E mûr » adjectif.
a dur, sur (acide) »et c sur (préposition) ».
partout ailleurs.
dans a bure, feuillure, dorure ».
dans c chantepleure {nkan^-pleu^-ze), allure, bouture,
chaussure {caw-eheu^-ze), coiflFure, doublure, enca-
blure? encolure, cncognure, ferrure, fourrure, liureT
membrure? » et dans les mots qui marquent un pro-
duit, un résultat comme a balayure {bâ lieu^^ze) bouf-
fissure? brisure, brûlure, cambrure? cassure, coupure,
criblure, déchirure, décousure, échauffure, écorchure.
engelure, épissure, lavure, raclure, ratissure, riiiçure,
{rin^'Cfieu te), rognure, salissure, sarclure («ir*-
cleu-ze)^ tavelure, tournure. »
généralement; mais au moins lu moitié des mots en ure
sont inusités en patois.
dans les formes verbales.
— 81 —
urer
uer
excepté « épurer, murer, restaurer, suppurer ï.
ygne
in-ne.
CONCLUSIONS
Le lecteur, fatigué par Taridilé de nos recherches et de nos
observations, s'est peut-être demandé à quoi bon tant de
peines et quelle utilité pratique pouvait avoir un pareil travail.
Le moment est venu de montrer que ces recherches sur la
phonotique cauchoise n'ont pas seulement pour but une pure
satisfaction intellectuelle, mais qu'elles ouvrent la voie à une
étude plus approfondie de notre patois en même temps qu'elles
peuvent faire pénétrer plus avant dans l'intelligence de la
langue française elle-même. En effet, grâce à ces observations,
nous pourrons donner une forme plus rationnelle à l'ortho-
graphe de la langue parlée dans la banlieue du Havre, et trouver
plus facilement l'étymologie des mots qui lui sont propres. Ces
mêmes remarques rendront moins disparates à nos yeux les
rimes plus ou moins surannées des vieux poètes romans ou
français. Enfin, la filiation de certains mots français se mon-
trera sans mystère à nos yeux étonnés.
Pour justifier ces affirmations, nous allons donner un
exemple de chacune de ces applications.
r Fixer l'orthographe du patois
Supposons qu'il s'agisse d'écrire les mots berdouiller, enter-
tenir, ébersiller, quernache, le son eu = e"* est-il 1'^ muet ou la
diphthongue eul Pour trouver la réponse, il nous suffira de
remarquer que la première de ces voyelles est vélaire et la
deuxième palatale : or nous avons vu que le ^ et le A: inter-
calent un t léger entie eux et la voyelle palatale. Il suffira donc
pour résoudre la question d'examiner les mots analogues
aux précédents, où la voyelle fait suite à une gutturale, par
ex. querson (ke^r-son), querton (ke^r-ton), guernier (ghe^r-niè),
guemouille (gue^'r-nou-ye), pour reconnaître que la voyelle
cherchée est vélaire; donc c'est le son de nie, te, se, c'est à-dire
Ye muet.
2^ Etymologie des mots patois.
Prenons maintenant au hasard quelques mots cauchois dont
— 52-
nous allons chercher à la fois l'orthographe et la dériva-
tion. D'abord, baéye; ce mot indique un feu vif et ardent,
tel qu'on en fait lorsqu'on rentre après avoir été un certain
temps exposé à un grand froid. Malgré la physionomie un peu
barbare de ce mot, il est facile de déterminer sa place dans la
langue. En effet, la terminaison êye correspond à la finale fran*
çaise ée; l'hiatus nous avertit de la suppression d'un r. Nous
sommes ainsi amenés à la forme barrée (1), la baéye est donc un
feu à pleine barre de foyer. — 2* Quei^rnache. Il suffit de se rap-
peler que la finale ache correspond à la finale française aue, et
la syllabe quer au français cre, pour ramener ce mot à la forme
crenasse, laquelle rapprochée des mots français « créner » et
« crénage )> nous mène tout droit à la racine « cran (fente) »;
quernache est en effet à peu près synonyme de « crevasse ».
Veut-on maintenant s'assurer que le patois an^-mé et le fran-
çais (( armoire » ne sont que deux formes du même mot? Rien
de plus facile. La forme primitive de « armoire » est alniaire.
On sait la confusion qui, autrefois, existait entre les diphton-
gues ot et ai\ or, la finale aire se traduit toujours par é en
patois. Il y a plus : la finale oire correspond à é dans plusieurs
mots qui n'ont jamais été écrits par a. Voilà pour la fin du mot;
le commencement ne nous embarrassera guère plus : car il
suffit d'admettre que l est devenu quiescent, ce qui donne
u amaire », en patois amè; mais devant n, comme on l'a vu^ l'a
a une tendance à devenir nasal ; on peut encore dire que / s'est
changé en n, changement dont nous avons donné des exem-
ples. Ainsi, le patois arrivait à la forme anmé, pendant que
l'influence du latin faisait remonter le français vers la source
du mot armer.
Nous avons dit que notre travail permettait de se rendre
compte de certaines rimes étranges des vieux poètes français.
En voici la preuve par les faits. Dans le Mystère du siège d'Or-
léans (vers 18434 et suivants), on lit :
Au roy est venu la notice
De la mort du seigneur de Grai
Que je commis par ma malice
Mais le roi m'en fait un grand mal.
(1) Comparer avec ma-éye • marée •.
— SS-
II suflSt de 8e souvenir de ce que nous avons dit de / final
pour trouver ces rimes toutes naturelles, la rime étant faite
pour les oreilles et non pour les yeux.
Comment lire ces vers de François Perrin :
L'amour des lettres et le temps
Perdu qui jamais ne retourne
Ont mis à mes sens une borne.
Doit-on dire retorne ou bien bournel II ne peut y avoir de
doute pour nous, car nous savons que retorne est encore usité.
On pourrait multiplier les exemples à Tinfini ; mais ceux-ci
suffiront (ij.
(1) M. Edouard Fouroier, un érudit pourtant, dans son Théâtre français avant
la Renaissance, a mis au bas de la page 251 la note suivante : < U y a lii, sur la
» prononciation des lettres, quelque malice qui nous échappe absolument. C'est tou-
» tefois, sans nul doute, une allusion aux modifications que Ramus, Bèze et d'autres
» de la même secte, qui n'étaient pas seulement des révolutionnaires en religion,
» mais en grammaire, avaient voulu faire admettre alors jusque dans ces minuties
» de prononciation. » A notre avis, ce passage n'est pas si difficile à entendre. On
ya en juger :
J'appxini nn« croix de par Diea
Toute nonyelle. — Or, dii comment?
— On disait anciennement :
a* 6, e, (l,«, /, pnlf ç»
— Yenx-tn doncqnee dire autrement?
— Et ony yralment. — Or, dif eomment ?
Tu seras quelque Jour abé.
— n 7 a donc ç, e, puis b ;
Or» quant un homme aura mangtf
Trop, et qu'après dire viendra :
t Jey e, > et qu'on lui répondra
Et b, n'est-ce pas donc le pot net
J)9g,e,b. • Il ne ment point.
Farce da trois gallanU,
Tout cela n'est qu'un calembour, que nos paysans saisiraient au premier coup d'oeil.
I! est clair que g c b veut dire : fai soif, bois. Si on en doute, on n'a qu'à se
reporter à une autre pièce du même genre, publiée par Francisque Michel : Farce
nouvelle d'un qui se fait examiner.
LA MÈRE
Et 11 est si sdenttflque;
Il sait toute sa Bhétoriqne
Courant comme son a, b, e,
LE FILS
Par bien (sic). Je suis tout mort de soif :
Ma mère, çà notre l>outellIe I
Car Je lui veux tirer l'oreille.
Ici, abc rime avec soif. Donc, ce dernier mot, au xvi* siècle, se prononçait
comme encore aujourd'hui dans notre patois : se.
— 5i —
Ce n*est pas seulement le vieux français que notre travail
éclaire, c'est aussi le français moderne. Ainsi, veut-on
comprendre comment « plaisant » et (c plaisir » dérivent de
« plaire »? Qu'on se rappelle ce que nous avons dit du change-
ment de l'r en s.
Les deux mots « cingler » et « sillage » paraissent, de prime
abord, n'avoir qu'un rapport assez éloigné ; cependant, ils dé-
rivent tous deux du vieux verbe sigler « mettre à la voile d (1).
£n effet, rendons l't nasal, comme le fait le patois avec bigler
(ici bingler)j ou comme le fait le français de l'ancien regiber (i),
aujourd'hui « regimber », et nous aurons « cingler », Mainte-
nant, prononçons le gl à l'italienne, comme le font nos paysans
pour « seigle, beugler », et nous aurons «tf(^, d'où « sillage ».
(1) Du vieux norois : iigla,
(2) Puisque à ce coup me metz à regiber ^
Croyez de vray que i*envoyray briber
Ceulx qui m'out tins long-temps soubz leur pelissi*.
Farce de Fou d'Aeqwsl,
''<5tfSê&t>-
DEUXIÈME PARTIE
G-rammaire — Ijexicolôgie
Pour éviter les redites et simplifier la partie grammaticale de
ce travail, je crois devoir donner des parties du discours une
division un peu différente de celle que donnent la plupart des
grammairiens. J'étudierai donc successivement : l"" les noms,
SP» les déterminatifs, 3* les pronoms, 4« les verbes, 5* les parti-
cipes, 6* les adverbes, T les prépositions, S"" les interjections.
I — Des Noms.
A l'exemple des anciens grammairiens, je réunis sous ce
titre les substantifs et les adjectifs qualificatifs; les règles de
formation du pluriel étant les mêmes dans les deux espèces
de mots^ il est inutile de les exposer deux fois.
Des Genres
Le patois comme le français reconnaît deux genres, le mas-
culin et le féminin. Hais pour les mots où le genre n'est pas
déterminé par la nature elle-même, l'accord entre ces deux
langues n'existe pas toujours; ainsi un certain nombre de mots
sont masculins en français et féminins dans notre patois ou
réciproquement. Voici la liste de ces mots d'ailleurs assez peu
nombreux.
Masculins en patois et féminins en français.
tennU
Ben-ni
sanicle
oie
ouô
oie
elerroir
cler-voir
claire-voie
pater
pâ-ter
patère
éluii
é-lui
élite
phgsique
fi-ai-ke
physique
garde-robe
garde-robe
garde-robe
ranc/ion
ran^-chon
rançou
glu
glu
glu
règle (inilr.)
règle
règle
hart
hart
hart
rime
rin-uie
rime
image
i-mâ-ge
image
rouil
rou-ye
rouille
linot
li-QO
linotte
tainier
tin*-nvé
tauièro
loutre
lou-tre
loutre
Viper
vi-pé'
vipère
— 56-
Féminina en patois, masculins en français.
acre (Bcure)
a-cre
acre
favorie
fa-YO-rie
favoris
âge
Brje
âge
flemme
llim-me
flegme
?at
aM
as
fraîche
frê-che
le frais
autelle
ô-tel
autel
froid
frê
froid
haraphe
ba^ra-fe
paraphe
honneur
ho-neu
honneur
bolle
bol
bol
hotelle
ô^l
hôtel
eardonnette ear-d«i-iè-li
incendie
in-çan-die
incendie
cantique
caD»-ti-ke
cantique
légume
]é-gun>me
légume
? eanvre
oan^-vre
chanvre
oJiedii'iifÎM) o-fi-ce
office
centime
cen-tin-me
centime
orage
o-rft-je
orage
crabe
crabe
cr&he
ouvrage
ou-vra-je
ouvrage
éclaire
é-clé
écUir
poison
poi-aon
poison
enterrement an-ter-man
ClwfTCBMl
réêipèle
ré-ii-pel-le
érysipèle
éperchve
&-per-«hue
aperçu
rets
rê
reU
erc'ân-eiel
er-kaD-ciô
arc-en-oiel
riame
rian-me
rhume
ergent
er-jan
argent
risque
ris-ke
risque
équimfguê
é-ky-uo-que
équinoxe
sousoUle
Bou-ciye
sourcil
établie
6-tâblitt
établi
treufe
treu-fe
trèfle
évangile
é-van^'-jl-le
évangile
tronche
trôn-che
tronc (4*aitet)
easemple
é-gsan-ple
exemple
Des Nombres
Le patois suit également le français sur la question des
nombres, et n'admet que le singulier et le pluriel; mais il use
de quelques noms collectifs qui n'ont que le singulier et ne
peuvent être traduits en français que par un mot au pluriel.
Formation du Pluriel.
£n commençant cette étude de la formation du pluriel, il ne
faut pas oublier que le patois qui nous occupe est une langue
purement locale; comme je l'ai déjà dit, il n*a pas de textes
écrits et ce n'est donc que par analogie avec le français et en
se reportant aux observations qui ont fait Tobjet delà première
partie, que Ton peut établir des règles de transcription.
Règle générale. — Le pluriel des noms se forme généralement
par l'addition d'un s. L'allongement de la voyelle et les liaisons
rendent cette règle incontestable. Ex. : Un fort bomme^ de
forts hommes.
Exceptions.
V" Les mots terminés en el et iau font leur pluriel en ials
— 67 —
(prononcez ià). Ex. : un bannel, des baniak (ban-niâ) ; un mar-
tel, des martials; un posiau (poireau), des posials.
2* Les mots terminés en ée prononcé éye, ont leur pluriel
semblable au français : une année (annêye), des années (année).
Observations.
Bien que rien dans la prononciation ne nous y oblige, nous
remplacerons « par a; à Texemple du français au pluriel des
mots terminés par u. Ex. : « cheveu )).
Féminin.
En général, le féminin des adjectifs qualificatifs se forme
comme en français ; toutefois, le féminin de vieux est vieuille
et non « vieille )>, celui de malin est maline et non» maligne ».
n. — Des déterminatifs
Les déterminatifs se divisent en six groupes : l'aies indicatifs
ou articles; 2* les démonstratifs; S"" les possessifs; 4"^ les com-
paratifs ou partitifs; S"" les conjonclifs; e*" les quantitatifs.
l"" Les indicatifs ou articles
Les indicatifs que les grammairiens désignent généralement
sous le nom d'articles sont de deux sortes : les simples et les
composés. Les simples sont dans notre patois :
^g'^ pluriel
masc. fém. des 2 genres
orthographe el la Ut
prononciation e®l=r la lé
français le la les
Observation. — Au singulier devant une voyelle ou un A
muet, la voyelle disparaît tant au masculin qu'au féminin et
alors l'article s'écrit /' : l'animal, l'armée, l'homme, l'hiron-
delle (prononcer l'anima).
- 58-
Les contractés ou composés sont :
sing. pluriel sing. pluriel
orthographe.,,
prononciation .
.. au
.. ô
at as
ai'i a
a%œ
oz
du
du
d^ des
dé d'z
français
.. au
aux
du
des
Observation. — A pour as s'emploie devant une consonne.
Devant une voyelle on emploie as= az'z o\\aux= oz; mais ces
deux formes ne s'emploient pas tout-k-fait indifféremment :
aux s'emploie généralement devant un substantif ayant lui-
môme un complément. Ex. : « J'ai grimpé aux âbres à maître
Pierre»». Quand le substantif n'a pas de complément, c'est as
qui est préféré. Ex. : « Quand no grimpe as abres, no risque de
se casser le col >• Cette distinction n'est pas toujours observée.
2* Démonstratifs
Les démonstratifs servent à désigner et en quelque sorte à
montrer l'objet dont on parle. Ce sont :
^^Biwiliei^^ pluriel
masc. nuiBc. fém. «^^^d^^^^»^»
orthographe çu cet
prononciation ... su st
français ce
Le singulier çu s'emploie devant une consonne ou un h
aspiré, et cet (st) devant une voyelle ou un A muet. Ex. :
€ sVanimal, ste beyte >.
str
oes
ç'te-
ce
cette
ces
3^ Possessifs
Les possessifs sont:
orthographe.,,, wt^n nia wèz trn ta tèz
prononciation.., man ma mô tan ta té
français mon ma mes ton ta tes
orthographe.,,, notre nos votre ros
prononciation,,, nott no vott vo
français notre nos votre vos
Obsenations, — l'* Vo de nos et vos est bref, quoique fermé
ainsi vos sonne à peu près comme le veau du français.
2* Devant une voyelle ou une h muette, Ve de men, ten, sen est
également muet. Ex. : « men effant, sen homme >, prononcez
m'né'fan, s'îion-me.
6^' Quantitatifs
Il y a deux sortes d'adjectifs quantitatifs : les uns qui ex-
priment la quantité d'une manière précise, indiquant le nombre
ou l'ordre des objets exprimés par le substantif et que pour
cette raison on appelle adjectifs numéraux; les autres n'indi-
quant la quantité que d'une manière vague et générale et que,
pour cette raison^ on appelle adjectifs indéfinis.
Adjectifs numéraux
On distingue deux sortes d'adjectifs numéraux : les uns in-
diquant le nombre des objets exprimés par le substantif, ce
sont les adjectifs numéraux cardinaux ; les autres indiquent le
rang ou l'ordre, ce sont les adjectifs numéraux ordinaux. Les
adjectifs numéraux du patois ne diffèrent de ceux du français
que par la prononciation, comme le montrent les tableaux sui-
vants.
On remarquera que la prononciation est indiquée trois fois
dans le tableau des nombres cardinaux : la première est la pro-
nonciation du mot isolé ou placé à la fin d'une phrase, la
deuxième la prononciation devant une voyelle ou un A muet,
et la troisième la prononciation devant une consonne.
Pronojiciation
Patoû
França
isrié M iMl
diTut lie Tijelle
diTUt Ul MIUIII
un
un
un-n'
un
un
deux
deus
deusz*
deu)
deux
trois
troua
trouê7'-z
trouêy*
trois
quattre
quatt
quatre
quatt
quatre
ckinq
chiii3
chin3.k
chin
cinq
nm
BilS
siz
si
six
sept
sett
zett
Bè
sept
kuU
huitt
buiU
hui
huit
meuf
neuff
neuv'
neu
neuf
dix
di88
diz
di
dix
OKze
ôn-ze
ôn-ze
ôn-ze
onze
douze
doû-ze
doû-ze
doû-ze
douze
treize
trê-ae
trô-ze
trè-ze
treize
quatorze
ka-tôr-ze
ka-tôr-ze
ka-tôr-ze
quatorze
quinze
kyiQ3-zo
kyin-ze
kyin-ze
quinze
— 60 —
Pateie
Pranoneiation
darait IM voyellf
Français
iMl4Nlial
knit IM MIMM
seize
8ê-ze
Bê-ze
8ê-ae
seize
dix-sept
dix-huit
diz'-sett
dÛE'>huitt
diz'-sett
diz*>haitt
diz*-Bè
diz'-hui
dix-sept
dix-huit
dix-neuf
di£*-neuff
diz'-neuv*
diz*-neu
dix-neuf
vingt
vingt et un
vingt-deux
vingt-trois
trente
vin«
vin3-tè-un
vinHMeu»
vinH'trois
tran-te
vin*»
vin-te-un
vin*-t'deu'z
tran-te
ViD»
vin-tè-un
vin-t'deu«
tran-te
vingt
vingt et un
vingt-deux
vingt-troÎB
trente
quarante
ehinquante
soixante
ca-ran)«te
chin3-kan)-te
Boi-san'-te
quarante
cinquante
soixante
soixante-dix
Boi-8an--te-di«B Boi-8an*-to-diz' soi-san-te-di
BoizaDte-dix
quatre-vingts
qvatre-vingt-d\
ehent
ca-tre-vin3 ca-tre-vin^
\x ca-tre-vin^-dÎBS
chan
ca-tre-vin'
quatre-vingts
quatre-vingt-dix
cent
deux chents
deu'-ch&n
deux cents
Observation. — Les noms des unités supérieures à la centaine
sont empruntés au français, sans aucun changement de forme.
Adjectifs numéraux orefma^ia;.— Comme lesadjectifs numéraux
cardinaux, les adjectifs numéraux ordinaux ne diffèrent de
ceux du patois que par la prononciation. Ex.:
permier pe»r-miè premier
deuxième deu^-zyin-me deuxième
troisième trouèy'-zyin-me troisième
Et ainsi de suite en dérivant le nombre ordinal du nombre
cardinal correspondant. Hais on doit remarquer que lorsque
celui-ci a plusieurs prononciations» celle qui produit le nombre
ordinal est la prononciation devant une voyelle.
Après quatre-vingts, chent, deux chents, etc., un et onze font
hiatus : quatre-vingt-un, prononcez ka-tre-vin^-un ou hait-
vin^-un; chentun, prononcez chanun; deux-chent-onze. pro-
noncez deu^'chân-onze; mais devant une autre voyelle on fait la
liaison comme en français.
On a dû remarquer que de vingt k trente le t de vingt se
détache et se reporte sur le mot suivant; mais h cause de Vs du
pluriel cette prononciation ne peut avoir lieu après quatre-
vingts.
Souvent 1er de quatre dans quatre-vingts ne se prononce pas.
Ex. : katt-vin^-zans.
— 61 —
Adjectifs indéfinis
Les adjectifs indéfinis sont, dans notre patois
MASO.
Fl&M.
DBS DEUX OENBES
__ 0t
__m
traduction
arth.
pron.
orth.
pron.
oHh.
pron.
—
aneun
aucune
autre
aw-te
autre
nul
nuUe
chaque
cha-que
chaque
quel
( kyeu'^
quenUe
kyeu-le
même
mîn-me
même
\ kyeuî]
pusieur»
pu-zieur
plusieurs
td
tel
telle
tel
queuque
kyeu-que
quelque
tout
tou
toute
quelconque
tel*
tel
telles
queu
kyeu*»
kyeuz
quels
quelles
Adjectifs interrogatifs et admiratifs.
111 existe quelques adjectifs qui servent uniquement à mar-
quer l'interrogation ou Tadmiration. Dans le patois, ce sont :
orth.
moêculin queul
féminin quculle
plur, des deuw genres queux
prononciation
devait iM ujtWt devait 000 Miuiie
kyeu^l {eu long;
kyeul {eu bref)
kyeuz
kyeu2
kyeu^, queux
kyeu'^
quel
quelle
quels, quelles
A ces adjectifs on peut joindre un et une qui souvent dé-
pouillent en quelque sorte leur sens précis pour prendre un
sens indéfini comme dans cet exemple : « j'ai vu un homme
qui conduisait une belle vaque ». Il est facile de voir que dans
cet exemple un et une sont pris dans un sens indéfini.
m. — Pronoms d).
On distingue cinq sortes de pronoms, appelés pronoms per-
sonnels, possessifs, démonstratifs, conjonctifs ou relatifs et
indéfinis ou quantitatifs.
(i)Noas ferons remarquer uue sorte d'analogie entre les détemiinatifs et les pronoms.
Parmi les premiers, les uns sont purement déterminalifs sans aucune idée accessoire,
cîsont les articles; tandis que les autres y ajoutent une idée accessoire. De même
certains pronoms indiquent simplement la personne, sans aucune idée accessoire, ce
sont les pronoms personnels ; tandis que les autres y ajoutent une indication secon-
daire.
-62 —
Pronoms personnels.
Les pronoms personnels n'ont pas d'autre usage que de dé*
signer les personnes grammaticales; de là leur nom. Dans le
patois, ces pronoms ont les formes suivantes, que Ton peut
partager en quatre groupes :
1«' Groupe. — Pronom sujet
f
tu
a
al
<7
/
vos
ils
aU
je®
e*»i
V
ta
i
il
a
al
eoj
j'
vô
▼oz
i
iz
a
as
je
tu
il
elle
vous
ils
elles
IKTËBB0OATIF8
orthog. tu il nous vous ils
pron, . tu i nou vou i
2« Groupe. — Complément
PBÂOÉDANT LE YEBBB
devut MBMiM defint Tiyelle
orthog. prou, orthog. pron.
te
le
la
s*
H
y
nos
vos
me"
te»
eol
la
li
y
no
VO
t'
V
V
y
y
nos
vos
m'
t'
V
V
%'
7
y
noz
voz
leux leu^ leuw leuz
me
te
le
la
se
I lui
nous
vous
se
leur
3« Groupe. — Complément
PRÉCÉDA d'une PRÉPOSITION
orthog.
pron.
frança
mai
mô
moi
tai
tê
toi
sai
sô
soi
li
li
lui
nous
nou
nous
vous
vou
vous
eux
eu3
eux
elles
4« Groupe. — Vocatifs
Singulier. — Mêmes formes qu*au
3« groupe.
Pluriel
nos autres nos aw-te nous
vos autres voz aw-te vous
eux eux
Je considère comme pronoms vocatifs, non seulement ceux
qu'on emploie pour interpeller, mais encore ceux qui entrent
— 63-
dans les formes redoublées comme dans cette phrase : (( moi
j'ai fait ce que toi tu ne feras jamais >.
Remarque. — Le français admet aussi les formes empha-
thiques, « nous autres, vous autres», mais l'usage en est facul-
tatif; tandis que dans le patois il est obligatoire comme en es-
pagnol : nosotros, vosotros, etc.
Quelques pronoms n'ont pas d*autre usage que d'indiquer
la personne grammaticale, et ils sont pour cela appelés pro-
noms personnels. Hais un grand nombre de pronoms de la
troisième personne, tout en remplissant cette fonction, donnent
encore une autre indication qui les a fait distinguer en pro-
noms possessifs, démonstratifs, interrogatifs et indéfinis.
Pronoms possessifs.
Les pronoms possessifs ont pour mission de remplacer un
nom en y joignant une idée de possession. Ces pronoms^ bien
qu'ils ne puissent tenir lieu que de noms de la troisième per-
sonne, n'en font pas moins connaître la personne du posses-
seur, laquelle peut être quelconque.
Les pronoms possessifs du patois sont :
UN BBUL POSSESSEUR
PLUSIEURS POSSESSEURS
orthOff.
pron.
français
ortkoff.
pron.
français
el mien
ef>l myîn2
le mieo
el notre
e-l nott
le nôtre
eltien
e»l tyina
le tien
el votre
e«l YOtt
le vôtre
el tien
e»! syin»
le sien
ellenr
e*l leu
le leur
la mienne
la myins-ne
la mienne
la notre
la nott
la nôtre
la tienne
la tyin^-ne
la tienne
la votre
la vott
la vôtre
la sienne
la syin'-ne
la sienne
la leur
la leu
la leur
leêtnim
lé mins
les miena
les TUftres
lé nott
les nôtres
les tins
lé tin3
les tiens
les vôtres
lé YOtt
les vôtres
les sins
lé 8ia3
les siens
les leurs
lé leu
les leurs
les miennes
lé myin-ne
les miennes
les nôtres
lé nott
les nôtres
les tiennes
lé tyin-ne
les tiennes
les vôtres
lé vott
les vôtres
les siennes
lé syia-De
les siennes
les leurs
lé leu
les leurs
Remarque. •— Dans « leur », eu est bref.
Pronoms démonstratifs.
Les pronoms démonstratifs au rôle de pronom ajoutent tou-
— 84-
jours ridée dlndicstion, les roots qae le patois emploie pour
cette fonction sont :
fc . / orthographe . . r rftirhiftr e^tda cha el sien ç£
« 5 ' pnmûmciatwm . e^u sti-cfaiu Bti-là dift tfi sjia ai
^ ^ r framçais ce celui-ci celui-là cd& cdui oeU
^ .5 ( orthographe . . ette-r-hite ote-ia la oitmme
-•« \pronamtiation . Bte-ehitt ste-la la iTiii-ne
^ ;* ' frança io celle-ci celle-là cdlc
« r orthographe .. eeaxJ le* eemst ceux-ehite eeux-Aà Ut tfw
b "s ) proMomeiatiom . oeu^ k' cci on le cm-» ceu^hîtt 1* ceuMà 16 nn*
^|) 2«ceQSx'.là
S V français ceux oeox-ci ceux-ci ceux-là ceux
^ .S ( orthographe . . eeux-ehite eeuseo-là les siennes
*'x\ P^f>i^oneiation . ceu^-chitt ceu*-xe-là 16 eyin^-iie
^ ;^ f français celleft-ci celles-là cdlea
« Le sien, la sienne, les siens, les siennes » employés comme
pronoms démonstratifs sont toujours suivis de < qui • ou de
< que ». Ex. : < Le sien qui tret (croit) dka est une béte ».
Pronoms conjonctift.
Les pronoms conjonctifs sont ainsi appelés parce que, indé-
pendamment de leurs fonctions de pronoms, ils servent à relier
les différentes parties d'une phrase; ceux qu'emploie le patois
sont:
orthographe . . gui que quoi en y
prononeiation . ki ke koi an i
français qui que quoi en y
r° Observation. — Devant en, y, au lieu d'éiider Ye muet,
comme en français, on ajoute une liaison et on dit : c donne-
mez-en, mène-me--î-y ».
2* Observation. — Devant une voyelle Ve de en disparaît et Yn
se redouble. Ainsi, pour c tu en as », on dira tu n'nas; pour
« il en est », t n'n'est.
Pronoms interrogatifs.
Certains pronoms entrent nécessairement dans les phrases
inlerrogatives, et pour celle raison on les appelle pronoms
interrogatifs. On doit y joindre dans notre patois un certain
— es-
nombre de locutions qui, par suite de contractions, sont deve-
nues en quelque sorte des mots simples.
orthographe . . qui que qui qfie c'est qui qui que e*eet que
prononciation, kjîk kyi-k'cô kyi kyi-k'cê ke
français qu'est-ce que qui ou qui est-ce qui qu*e8t--ce que
orthngraphe . .
el queul eet-ehe
la queulle est-che
quoi
eol-kieu-lê-che
la kîeu-lê-che
ko!
français
lequel
laquelle
quoi
A ces formes il faut joindre toutes celles que Ton obtient en
combinant l'adjectif QueiU avec les articles simples ou com-
posés. Ex. : c lequeul, desqueulles », etc.
orthographe . . qui eêt-che
prononciation . kyê-che
français qui ow qui est-ce
Observation. » Qui es-che est suivi de qui devant une con-
sonne et de 9ue devant une voyelle. Ex. : f qui est-che qui m*a
ditcha?— qui estche qu'en veut? — qui est-chequi n'na pas? •
(simple élision de t).
Pronoms indéfinis.
Les pronoms indéfinis sont des sortes de noms neutres em-
ployés d'une manière vague et qui ne précise rien. Souvent
aussi cet emploi est tenu par des adjectifs déterminatifs pris
substantivement. Les principaux dans notre patois sont :
orthographe . . no chacun rien qui-que-ça-sait (qui ou que)
prononciation, nô cha-kiun ryin''' kyi-ksa-iè
fi'ançais ou chacun rien quiconque
orthographe . . un l'aute un aute un et Vaute ni un ni Vaute
prononciatUm . un Taw-te un naw-te un-né-law-te ni un ni Tawte
français l'un Tautre un autre Tun et Tautre ni l'un ni l'autre
et toutes les combinaisons que donnent ces dernières formes
mises au féminin ou au pluriel des deux genres.
orthographe . . un tel une telle gueuque un queuques-uns personne
prononciation, un tê un-netê-le kyeu-kyua kyeuk'-zuns per-çon-ne
ou kyeu-cun
français un tel une telle quelqu'un quelques-uns personne
Observation. — Lorsque no est suivi d'une voyelle, on inter-
cale une liaison. Ex. : No-z-est aussi malin que vous. — Toute-
fois cette règle n'est pas toujours observée.
IV. — GonJogaiBon des Verbes.
Enumérer dans un ordre méthodique toutes les modifications
qu*un verbe peut recevoir, cela s'appelle conjuguer.
Conjugaison du verbe Aver.
Patois
Prononc.
Français
Patois
Prononc.
Français
Indicatif
Plus que-parfait
Prissent
y avais eu
ja-vê u
j'avais eu
t'avais eu
ta-vé u
lu avais eu
fat
je
j'ai
il avait eii
i-la-vè u
il avait eu
t'as
là
tu as
fanions eu
ja-vyon u
nous avions eu
il a
i-U
lia
vos aviez eu vôza-vyèe
u vous aviez eu
favoM
vos aoez
ja-von
nous avons
l i.z9.vA II
ils avaient eu
vô-za-vè
vous avez
ilsavaienteul—-^;;^
iU ont
i-zôn
Imparfait
ils ont
Futur
ferai
jé-è
j'aurai
favaiê
ja-vè
j'avais
feras
té-à
tu auras
t'avais
la-vé
tu avais
il éra
i-Ié-a
il aura
il avait
i-la-vfe
il avait
ferons
jé-on
nous aurons
favions
ja-vyûn
nous avions
vos érez
vô-é-è
vous aurez
vos aviez
vô-ia-vyée
vous aviez
Useront
i-zé-ôn
ils auront
ils avaient
i-za-vè
ils avaient
Futur antérieur
Passé défini
ferai eu
jé.ëu
j'aurai eu
ietis
ju
j'eus
feras eu
té-â u
tu auras eu
(â* pers. inus.)
tu eus
il éia eu
i-lé-a u
il aura eu
il eu
i-lu
il eut
ferons eu
jé-on u
nous aurons eu
feumes
juD-mes
nous eûmes
vos érez eu
vô-zé-è u
vous aurez eu
vos eûtes
vo-zû-tes
vous eûtes
( i-zè-on u
i i-zé-on-tu
ils auront eu
ils eurent
i-zû-re
ils eurent
ils éront eu
Passé indéfini
Conditionnel
foi eu
je u
rai eu
Vas eu
ti u
tu as eu
Présent
il a eu
i-la u
il a eu
f avons eu
ja-von u
nousavoDseu
ferais
jé-è
j*aurais
vos avez eu
v6-za-vè u
vous avez eu
ferais
té-ê
tu aurais
ils ont eu
i-zon-tu
ils ont eu
il érait
i-lé-è
il aurait
ferions
( jéy-yôn
1 jé-ryôn
nous aurions
Passé antérieur 1
Inusité, sauf peut-
-être :
ils eurent eu
vos ériez
vô-zé-riée
vô-zéy'yée
1 vous auriez
ils eurent eu
i-zu-re-lu
ils éraient
i-y.é-é '
ils auraient
— 67 —
Passé
Impératif
ferais eu jé-è u j'aurais eu
ferais eu té-è u tu aurais eu
t7 érait eu i-lé-ë u il aurait eu
ferions eu jé-ry6n u mh aurions eu
vos iriez eu vô-zé-riée u vous auriez eu
ils éraievU eu\ '^ ' ^ \ ils auraient eu
Présent ou Futur
aie êy'ye aye
ayons ê-yôn ayons
ayez fe-yfe ayez
SubJODCtif
Présent ou Futur
que faie
que Caie
qu'il aie
que f ayons
que vos ayez
qu'ils aient
kjêy-ye
ktêy.ye
ki-!êy-ye
kjé-yôn
kvô-ze-yée
ki-zèy-ye
Imparfait
que j'aie
que tu aies
qu'il ait
que nous ayons
que vous ayez
qu'ils aient
que f eusse
que t'eusse
qu'il eusse
kjû-ce
ktû-ce
ki-lû-ce
que j'eusse
que tu eusses
qu'il eût
que f eussions
que vos eussiez
qu'ils eussent
kjû-cyôn
kvô-zû-cyée
kyi-zû-ce
Autre
que nous eussions
que vous eussiez
qu*ils eussent
quefeussisse (1)
que t'eussisse
qu'il eussisse
que vos eussissiez
qu'ils eussissent
kjû-cl-ce
klû-cl-ce
kyi-lû-ci-ce
kjû-cl-cyôn
kvô-zû-cl-cyée
kyi-zû-cl-cc
Passé
que j'eusse
que tu eusses
qu'il eût
que nous eussions
que vous eussiez
qu'ils eussent
quefaye eu
que Vaye eu
qu'il aye eu
que f ayons eu
que vos ayez eu
qu'ils ayent eu
kjéy'.yu
ktèy'-yu
kyi-êy'-yu
kjé-yôn u
kv6-zé-yée u
kyi-zêy'-yu
que j'aie eu
que tu aies eu
qu'il ait eu
que nous ayons eu
que vous ayez eu
qu'ils aient eu
(1) Cette terminaison en isse, employée au xv siècle, se voit encore en 1592 dans les
Lettres d'Henri /F « allissions, etc. •; et des grammairiens de l'époque l'ont préférée
à la forme classique.
U ne singularité fondée sur une distinction qui manque au langage régulier a fait dire
parfois • il finissit ». — T.
— 68-
Ptus-que^parfait
que f eusse eu
kjûss a que j'eusse eu
que VeuMse eu
klùss u que
tu eusses eu
qu'il eusse eu
kyi-lùss u qu*il eût eu
que f eussions eu
kjft-cyons u que
nous eussions eu
que vos eussiez eu
kvô-iu-cyëe u que
vous eussiez eu
quHls eussent eu
kyi-iuss u qu'ils eussent eu
Infinitif
ParUcipe
Prisent
Présent
aver
a-vé avoir
ayant
ë-yan ayant
Passé
eu, eue
Passé
u, ue eu, eue
aver eu
a-vé u avoir eu
ayant eu
è-yan u ayant en
On remarquera : l"" qu'au présent du subjonctif du verbe « avoir»
la syllabe aye prend le son mouillé devant un e muet et sonne
comme é simple devant une voyelle sonore. Cette particularité se
conserve dans les temps où t avoir • entre en composition. —
i"" Dans le plus-que-parfait, lorsque le verbe pi incipal commence
par une voyelle, euss devant Ve muet final se prononce d'une ma-
nière un peu plus sifflante que devant Vi de c eussions, eussiez ».
Nous l'avons d'ailleurs indiqué dans la prononciation figurée.
Patois
Conjugaison de l'auxiliaire Être.
Prononc, Français Patois Prononc. Français
Indicatif
Passé défini
Présent
ejfus
e»j fu
je fus
ej sieux (1)
eoj sieu»
je suis
tu fus
tu fu
tu fus
Ces
tê
tu es
u fut
i f u
il fut
il est
i-lê
il est
ej fummes
e^j fun-me
nous fûmes
ej sommes
e**] son -me
nous sommes
vos fûtes
v6 fù-te
vous fûtes
vos êtes
vo-zè-(e
vous êtes
ils furent
ifu-re
ils furent
ils sont
i-ftôn
ils sont
Imparfait
Passé indéfini
fêtais
jé-lê
j'étais
foi été
je é-tè
j'ai été
Vêtais
té-tô
tu étais
Vas été
tAé-tè
tu as été
il était
l-Ié-tè
il était
il a été
i-la é-tè
il a été
fêtions
jé-tyons
nous étions
y avons été
j'a-von é-lé
nous avons été
vos étiez
vû-z'é-liée
vous étiez
vos avez été
vô-a-vc é-té
vous avez été
ils étaient
i-zé-tê
ils étaient
ils ont été
i-zon é-lê
ils ont été
(1) Dans le centre du pays de Caux, au lieu de ej sieux on dit ej sis.
Passé antérieur
fai eu été
tas eu été
il a eu été
jè.u é-tè
ti-û é-tè
Ula-a été
j^eas été
tu eus été
il eut été
favonseuété jV.o ué-tt^ ) nouseûmesété
lêi
vos avez eu été f é a^ï d ê-ii
1^ ont eu été i-zoo u é-lé
vous eûtes été
ils eurent été
Pius^ue-parfail
f avais été i*a-vê é-tê j'avais été
Cavain été l'a-vè é-tè tu avais été
il avait été i-Ia-vè é-tè il avait été
f avions été j*â-vyôn é-tè nous avions été
vos aviez été vé-i»-fiée ê-lè vous aviez été
its avaient été i-za-vè é-tè ils avaient été
je serai
tu seras
it sera
je serons
vos serez
its seront i 8*8dn
Futur
je* 8*8ai
tu s*sas
i s*sa
je* s*son
vô s'se
je serai
tu seras
il sera
nous serons
vous serez
ils seront
Futur antérieur
ferai été
feras été
it éra été
ferons été
vos érez été
ils éront été
jé-ë é-tè
té-A é-tè
i-lé-a é-tè
jé-on é-tè
vô-zé-ë é-tè
i-zé-on é-lè
j'aurai été
tu auras été
il aura été
orai aurons été
vous aurez été
ils auront été
Conditionnel
Présent
je serais
tu serais
il serait
je serions
vos seriez
je** s*sais
tu s'sais
i s*së
e*j s*së-yôn
vô s'sé-yée
ils seraient i s*sais
je serais
tu serais
il serait
nous serions
vous seriez
ils seraient
Passé
ferais été je-ès é-tè j'aurais été
Véruis été té-ês é-tè tu aurais été
il érait été il-lé-ës é-tè il aurait été
ferions été j'é-yôn é-tè mbs aurions été
vos ériez été vii-é-yée é-tè vous auriez été
ils éraient été i-zé-ès é-tè ils auraient été
Impératif
Présent ou futur
séye ou sais
séyons
séyez
sey'ye ou se
sé-yôn
se-yë
sois
soyons
soyez
Suldonctif
Présent ou futur
qu'ej sais
ke«j ses
que je sois
que tu sais
ktu ses
que tu sois
qu'il sait
kyisë
qu'il soit
qu'ej sayons
ke*j së-yôn
que nous soyons
que vos sayez
kvô së-yée
que vous soyez
qu'ils saient
kyi ses
Imparfait
qu'ils soient
que je fusse
ke*j fû-ce
que je fusse
que tu fusses
ktu fu-ce
que tu fusses
qu*il fusse
kyi fu-ce
qu'il fût
que je fussions
ke*j fû-cyons
que nous fuyions
que vos fussiez
kvô fu-cyez
que vous fussiez
qu'ils fussent
kyi fu-ce
qu'ils fussent
— 70-
Passé
être
aver été
que faye été
que t'aye été
qu*it aye été
que f ayons été
que vos ayez été
quits ayent été
kjêy' e-lé
ktèy' é-tê
kyi-lêy* e-tê
kjc-yôn é-té
kv6-é-yée é-tè
kyi-zêy'-é-tô
que j*aie été
que tu aies éié
qu'il ait été
que nous ayons été
que vous ayfz été
qu*il8 aient été
Ptus-que-parfait
que f eusse été
que Veusse été
qu'il eusse été
que f eussions été
que vos eussiez été
qu'ils eussent été
kjùss é-tê
ktuss é-té
kyi-luss é-tê
kjû-cyôn é-tê
kvô-zu-cyée é-lê
kyi-zuss é-té
que j'eusse été
que tu eusses été
qu*il eût été
que nous eussions été
que vous eussiez été
qu*il8 eussent été
Infinitif
Participa
Présent
ètt être
étant
Présent
é-tan étant
Passé
a-vë-é-tè avoir
été
Passé
été é-tê été
ayant été é-yan-lé-tê ayant
Observation, — En dehors des formes indiquées ci-dessus, il en
exisle encore une autre pour le futur et le conditionnel et deux
pour le présent du subjonctif. Les voici :
Formes secondaires du verbe Être
Futur
Je serai
e'j ou je» srè
je serai
tu seras
tu srà
tu seras
il sera
i sra
il sera
je serofu
e»j otfje'^srcn
nous serons
vos serez
vo «rè
vous serez
ils seront i srôn
ils seront
je serais
tu serais
il serait
je serions
Conditionnel
Présent
e^j ou je* srês Je serais
tu srês
isrè
te*j 8e»-ryôn
e'ji
sré-yon
Ivô se»-ryée
vô srè-yée
ils seraient i srês
vos seriez
tu serais
il serait
nous serions
vous seriez
ils seraient
que je sèye
que tu sèye
qu'il sêye
que fséyons
que vos séyez
qu'ils seyent
Subjonctif
Présent
ke'j sêy'-ye qnejesois
ktu sôy*-ye
kyi sêy'-ye
ke"j se -y on
kvô sè-yée
kyi sôy'-ye
que tu sois
qu*il soit
que nous soyons
que vous soyez
qu*ils soient
— 71 —
Autre
quejesoye
ke'j soi-ye
que je sois
que tu soye
ktu soi-ye
que tu sois
qu'il soye
kyi soi-ye
qu'il soit
que je soyotis
ke^^j 8oi-yons
que nous soyons
que vos soyez
kvô soi-yée
que vous soyez
qu'ils soyent
kyi soi-ye
qu'ils soient
Ayant observé que les vieillards parlant entre eux n'employaient
jamais ces formes que je qualifie de secondaires, je les considère
comme des formes exotiques résultant du mélange des popula-
tions, qui depuis une trentaine d'années devient considérable
dans notre pays grâce à une sorte d'immigration venant des ré-
gions voisines. C'est pour celte raison que je n'ai pas cru devoir
admettre comme un second imparfait du subjonctif dans notre
patois la forme «je fussisse, tu fussUses», etc., bien que je Taie
entendue.
Conjugaison des verbes actifs.
Le patois n'a pas de verbes en oir, cette finale se remplaçant par
er. 11 semblerait donc à première vue que Ton devrait rapprocher
les verbes en ever des verbes en er ; mais comme une longue ha-
bitude nous a accoutumés à appeler verbes de la i!" conjugaison
les verbes en ir, il y aurait un réel inconvénient à en faire ici la
troisième. Nous adopterons donc les quatre conjugaisons sui-
vantes :
Dans la première, Tinfinilif se termine en er et le passé défini en is ;
dans la seconde, — ir — is;
dans la troisième, — ever — tis\
dans la quatrième, — re — is.
Modèles des conjugaisons
!'• Conjugaison. — Chanter
Indicatif
Présent
ej chante
e*j chan2-le
Je chante
tu chante
lu chanMe
tu chantes
il chante
i chan*-te
il chante
ej chantons
e^^j chan-tôn
nous chantons
vos chantez
vô chan^-tè
vous chantez
ils chantent
i chan«-te
ils chantent
— 72 —
Imparfait
ej chantaù
c»j chan^-tés
Je chantais
tu chantais
tu chan<-tès
tu chantais
U chantait
i chanMè
il chantait
^ ciiontions
c'j chanMyôn
nous chantions
vos chantiez
vô chanî-tyée
vous chantiez
ils chantaient
i chan-tès
Passé défini
ils chantaient
ej chantis
e*j chan«-li
je chantai
tu chantis
tu chaD*-ti
lu chantas
il chanta
i chan>-ti
il chanta
ej chantimes
é°j chaD<-Un-me
nous chantâmes
vos chantites
vous chantâtes
ils chantirent
i chanMi-re
Passé indéfini
ils chantèrent
fai chanté
je cbans-të
j*ai chanté
etc.
etc.
Passé antérieur
etc.
feus chanté
ju chan^-tè
j*eus chanté
etc.
etc.
Plus-que-parfait
etc.
fanais chanté
ja-Të chan^-tê
j*avais chanté
etc.
etc.
Futur
etc.
ej chanterai
e»j chan2-rte
je chanterai
tu chanteras
tu chan>-lHà
tu chanteras
il chantera
i chanî-rta
il chantera
ej chanterons
e»j chanM'ton
nous chanterons
vos chanterez
vô chans-t'tè
vous chanterez
ils chanteront
i chan^-rtont
ils chanteront
j'érai chanté
jé-fe chaua-tê
j'aurai chanté
etc.
etc.
etc.
ej chanterais
tu chanterais
U chanterait
ej chanterions
ej chantrions
vos chanteriez
vos chantriez
ils chanteraient
Conditionnel
Présent
e'j chanî-t'tês
tu chan^-t'tês
i chan^-në
( e"j chanî«-te»-ryôn \
) e"j chan^-tri-yôns (
( e'j chan2-ié-yôn J
vô chan2-te»-ryée
vô chan2-ie'-yée
vô chan'-tri-yée
i chan2-t'té2
je chanterais
tu chanterais
il chanterait
nous chanterions
vous chanteriez
ils chanteraient
-73 —
Passé
ferais chanté
etc.
jé-è chan«-té
etc.
Impératif
Présent ou Futur
j*attrais chante
etc.
chante
chantons
chantez
chan'-te
chanS-tôn
chanî-të
Futur antérieur
chante
chantons
chantez
aye chanté
etc.
èy'-ye chan'-tè
etc.
SalitJoiictif
Présent ou Futur
aie chanté
etc.
qn^ej chante
que tu chante
qu'il chante
qu'ej chantions
que vos chantiez
qu*ils chantent
ke»j chan2-te
ktu chan3-(e
kyi chan«-te
ke»j chan»-tyôns
kvô chanMjëe
kyi chan^-te
que je chante
que tu chantes
qu'il chante
que nous chantions
que vous chantiez
qu*ils chantent
qu'ej chantisse
que tu chantisse
qu*il chantisse
qu*ej chantissions
que oos chantissiez
qu'ils chantissent
Imparfait
ke^^j chan<-tl-ce
ktu chan«-ll-ce
kyi chan«-tl-ce
ke"j chan2-t!-cyôri
kvô chan>-tl-cyèe
kyi chanMi-ce
Passé
que Je chantasse
que tu chantasses
qu'il chantât
que nous chantassions
que vous chantassiez
quMls chantassent
que f aye chanté
etc.
kjèy*-ye chanMê
etc.
que j'aie chanté
etc.
que f eusse chanté
etc.
Plus-que-parfait
kjùss chan^-tè que j'eusse chanté
etc. etc.
Infinitif
Présent
chanter
chanMè
Passé
chanter
aver chanté
a- vfe chan2.tè
Participe
Présent
avoir chanté
chantant
chan^-tan
Passé
chantant
chanté
ayant chanté
chan«-tê
é-yan chan'-tè
chanté
ayant chanté
-74 —
2* Conjugaison. — Finir
ej fintn
lu finis
il finit
ej finissong
vos finissez
ils finissent
Indicatif
Présent
c»j fl-ni
tu fi-DÎ
i fi-ni
e»j fi-Di-ç6D
v6 fl-ni-cë
i fi-nl-ce
je finis
tu finis
il finit
nous finissons
vous finissez
ils finissent
Imparfait
eJ finissais e*^ fi-ni-cê9 je finissais
tu finissais tu fi-ni-cè^ tu finissais
tV finissait i fi-ni-cë il finissait
ej finissions e*j fi-ni-cyôn nous finissions
vos finissiez vA fi-ni-cyée vous finissiez
ils finissaient i fi-ni-cè^ ils finissaient
ej finis
tu finis
il finit
ej finîmes
vo (sic)
ils finirent
Passé défini
e»j fi-ni
tu fi-ni
i fi-ni
e*j fi-nin-me
i fi-ni-re
je finis
tu finis
il finit
nous finîmes
vous finîtes
ils finirent
fat fini
etc.
y eus fini
etc.
Passé indéfini
je fi-ni j*ai fini
etc. etc.
Pcutsé antérieur
ju fi-ni
etc.
j'eus fini
etc.
Phis-que-parfait
f avais fini ja-vè fi-ni j'avais fini
etc.
etc.
etc.
ej finirai
tu finiras
il finira
ej finirons
vos finirez
ils finiront
Futur
e*j fi-ni-yë
ttt fi-ni-yi
i fi-ni-ya
e"j fini-yon
vô fi-ni-yée
i fi-ni-yon
je finirai
tu finiras
il finira
nous finirons
vous finirez
ils finiront
Futur antérieur
ferai fini
etc.
ej finirais
tu finirais
il finirait
jé-ë fi-ni
etc.
j*aurai fini
etc.
Conditionnel
Présent
e*j fi-ni-yô2 je finirais
tu fi-ni-yô tu finirais
i fi-ni-vc il finirait
ej finirions c*j fi-ni-yôn nous finirions
vos finiriez vô fi-ni-yée vous finiriez
ils finiraient i fi>ni-yè ils finiraient
ferais fini
etc.
Passé
jé-é fi-ni
etc.
j'aurais fini
etc.
Impératif
Présent ou Futur
finis
finissons
finissez
aye fini
etc.
fi-ni
fi-ni-çon
fi-ni-cè
finis
finissons
finissez
Futur antérieur
aie fini
etc.
èye fi-ni
etc.
qu'ej finisse
que tu finisses
qu*il finisse
qu'ej finissions
que vos finissiez
qu'ils finissetit
SulQijonctif
Présent ou Futur
Ite^'j fi-ni-ce que je finisse
klu fi-ni-ce que tu finisses
kyi fi-ni-ce qu'il finisse
ke°j fi-ni -cyon que nous finissions
kvù fi-ni-cyée que vous finissiez
kyi fi-ni-ce qu'ils finissent
— 76 —
finir
aver fini
Imparfait
qu'ej finisse ke'j û-nl-ce que je finisse
que tu finisses ktu fi-nl-ce que tu finisses
qu'il finisse kyi fi-nl-ce qu'il finit
qu*ej finissions ke^j fi-nl-cyon que nous finissions
que vos finissiez kvû fi-nl-cyée que vous finissiez
qu'ils finissent kyi fi-nl-ce qu'ils finissent
Passé
quefaye fini
etc.
kjêy fi-ni
etc.
que j'aie fini
etc.
Plus-que-parfait
que f eusse fini
etc.
kjû-ce fi-ni
etc.
que j'eusse fini
etc.
Infinitif
Participe
Présent
Présent
fi-nle finir
finissant fi-ni-çAn finissant
Passé
a-vë fi-ni avoir fini
Passé
fini fi-ni fini
ayant fini ë-yan fi-ni ayant fini
3« Conjugaison. —
Rechever
Indicatif
Présent
je recheus
tu recheus
il recheut
je rechevons
vos rechevez
ils recheuvent
je" r*cheu
tu r'cbeu
i r'chèu
je T'cbe^-von
vô r'cbe^-vè
i r'cbeu-ve
Imparfait
je reçois
tu reçois
il reçoit
nous recevons
vous recevez
ils reçoivent
je rechevais
tu rechevais
il rechevait
je rechevions
vos recheviez
ils rechevaient
je" r*cbe--vê2
tu r'cbe"-vé2
i r'cbe"-v'e
je* r'che"-vyôn
vo r'cbe*-vyée
i r cbe"-vô
Passé défini
je recevais
lu recevais
il recevait
nous recevions
vous receviez
ils recevaient
je rechus
tu rechus
il rechu
je rechumes
V (sic)
ils rechurent
je» r'cbu
tu r'chu
ir'cbu
je" r*cbun-
i r'chu-re
me
je reçus
tu reçus
il reçut
nous reçûmes
ils reçurent
— 76-
Passé indéfini
foM reehu
]ë r'ehu
j'ai r«cu
etc.
etc.
Passé antérieur
etc.
feus reehu
ju r'ehu
j'eus reçu
etc.
ete.
Pius-guê-parfait
etc.
fanais r'ehu
ja-vè r*ehu
j'afais reçu
eu.
etc.
Futur
etc.
je rechewat
je» r'che*-yrë
je recevrai
tu r*che»-Trà
tu recevras
i r*che»-yra
il recevra
je rechevrons
je* r'che'-YTon
nous recevrons
vos rechevrez
vô r*che'-Yrè
vous recevrez
lie rechewont
l r'che'-TToii
Futur antérieur
ils recevront
ferai reehu
jé-fe r'ehu
j'aurai reçu
etc.
etc.
Conditionnel
Présent
etc.
je rechevraiê
je' r'cheMrè»
je recevrais
tu rechevrait
tu r*che»-yrè«
tu recevrais
il rechevrait
i r'che--vrë
il recevrait
je* r'che'-Tri-ona )
je* r'che*-ve*-ryon8 {
nous recevrions
vos rechevriez
( vô r'che'-vri-yée J
( vo r'che'-ve'-ryée }
vous recevriez
l r'che^-vrê»
Passé
ils recevraient
ferais reehu
jé-ê r'chu
j'aurais reçu
etc.
etc.
Impératif
Présent Ofu Futur
etc.
recheus
r*cheu
reçois
rechevons
r'che*-von8
recevons
rechevez
r'che*-vè
Futur antérieur
recevez
aye reehu
éy*-ye r*chu
aie reçu
etc.
etc.
etc.
qu^jf reeheuve
que tu reeheuve
qu'il reeheuve
que je reehevions
que voi recheviez
quHU reeheuvent
77 -
Sabjonctlf
Présent ou Futur
Ige r*cheu-ve
ktu r*chea-Te
kyi r*cheu-ve
kje r'chc"-vyon
kvô r*che»-vyée
kyi r*cheu-ve
que je reçoÎTe
que tu reçoives
qu*il reçoive
qae nous recevions
que vous receviez
qu'ils reçoivent
que je rechevisse (sic)
Imparfait
Passé
que paye reehu kjey*ye eVchu que j*aie reçu
etc. etc. etc.
Ptus-que-parfatt
que f eusse rechu
kjuss e'r'chu
que j'eusse reçu
etc.
etc.
Infinitif
Présent
etc.
rechever
r*che*-vé
Passé
recevoir
aver rechu
a-vè r*chu
Participe
Présent
avoir reçu
reehevant
r'che*-van
Passé
recevant
rechu
r'chu
reçu
ayant rechu
ë-yan r'chu
ayant reçu
4» Conjugaison. — Rendre
Indicatif
Imparfatt
Présent
ej rendais
ej» ran-dê2
je rendais
ij rends
eoj ràn
je rends
tu rendais
tu ran-dë*
tu rendais
tu rends
tu rân
tu rends
il rendait
i rau-dë
il rendait
U rend
irân
il rend
ej rendions
e^'j ran-dyons nous rendions
je rendons
e»j ran-don
nous rendons
vos rendiez
vô ran-dyée
vous rendiez
vos rendez
vô ran-dë
vous rendez
ils rendaient
i ran-dè3
ils rendaient
ils rendent
i ran-de
ils rendent
-78 —
Passé défini
ej rendis
e"j ran-di je rendis
tu rendis
tu ran-di tu rendis
il rendi
i ran-di il rendit
je rendîmes
e^^j ran-diii-me nous rendîmes
vos (sic)
TÔ (sic) vous rendîtes
ils rendirent
i ran-di re ils rendirent
Passé indéfini
fai rendu
je ran-du j'ai rendu
elc.
etc. elc.
Passé antérieur
feus rendu ju ran-du j'eus rendu
etc. etc. etc.
Plus-que-parfait
f avais rendu ja-vë ran-du j'avais rendu
etc. etc. etc.
ej rendrai
tu rendrai
il retxdra
Futur
e"j ran-drê je rendrai
tu ran-drâ tu rendras
i ran-dra il rendra
ej rendrons e'j ran-dron nous rendrons
vos rendrez vô ran drô vous rendrez
ils rendront i ran-dron ils rendront
Futur antérieur
ferai rendu jé-è ran-du j'aurai rendu
etc. etc. etc.
Conditionnel
Préseyit
ej rendrais e®j ran-drè je r*;ndrais
lu rendrais tu ran-dré tu rendrais
lY rendrait i ran-drè il rendrait
ej rendrions «"j ran-drions nous rendrions
vos rendriez vô ran-driée vous rendriez
ils rendraient i ran-dré ils rendraient
Passé
ferai» rendu jé-è ran-du j*aurais rendu
etc. etc. etc.
Impératif
Présent ou Futur
rends
rendons
refidez
aye rendu
elc.
rans
ran-don
ran-dé
rends
rendons
rendez
Futur antérieur
ey'-ye ran-du
etc.
aie rendu
etc.
Sumonctif
Présent ou Futur
qii*ej rende
que lu rendes
qu'il rende
ke*j ran-de
ktu ran-de
kvi ran-de
que je rende
que tu rendes
qu'il rende
qu*ej rendions ke*j ran-dyon que nous rendions
que vos rendiez kvo randyée que vous rendiez
qu'ils rendent kyi ran-de
qu'ils rendent
qu*ej rendisse
que lu rcîidisses
quil renflisse
qu'ej rendisntions
que vos rendissiez
qu'ils rendissent
Imparfait
ke"j ran-dl-ce
klu ran-dl-cc
kyi ran-dl-ce
keoj ran-dl-cyons
kvo ran-dl-cyée
kvi ran-dl-ce
que je rendisse
que tu rendisses
qu'il rendît
que nous rendissions
que vous rendissiez
qu'ils rendissent
que f aye rendu
elc.
Passé
kjêy'-ye ran-du
etc.
que j'aie rendu
etc.
-79 —
Plus-que-parfait
que fetuse rendu kjuss ran-du que j'
eusse rendu
etc. etc.
etc.
Infinitif
Participe
Présent
Présent
rendra
ran-de rendre
rendant
ran-dan
rendant
Passé
rendu
Passé
ran-du
rendu
aver rendu
a-ve ran-du avoir rendu
ayant rendu
e-yan ran-du
ayant rendu
Observations sur la conjugaison,
FUTUR BT CONDITIONNEL DB LA 1" CONJUGAISON
Par suite des différentes manières de rendre Yr précédé d'un
e muet, le futur et par conséquent le conditionnel de la 1™ con-
jugaison ne se conjuguent, quant k la prononciation, comme
le modèle donné, que pour un certain nombre de verbes, les
autres formant des exceptions assez nombreuses que nous
allons essayer de faire connaître ici :
Les verbes qui suivent le modèle sont ceux dont le radical se
termine par une seule consonne sensible à Toreille.
On sait que Ton appelle radical d'un verbe la partie qui ne
change pas dans la conjugaison. L'autre partie s'appelle termi-
naison.
Pour trouver le radical de la l""* conjugaison, il suffît de re-
trancher er de l'infinitif.
Il suit de là que lorsque la dernière lettre du radical est une
consonne simple, ou bien une consonne double comme ch, gn^
Il mouillées. Il non mouillées, nn, ss, ou encore une de ces con-
sonnes précédées de m ou » finales d'une voyelle nasale, le
verbe se conjugue comme « chanter 0. Mais si le radical se ter-
mine par deux consonnes sensibles, comme dans t ourler,
lorner, épergner, forcher, sangler, respecter », on conjugue
de la manière suivante :
ej tornérai
tu tornéras
il iornéra
Jfhttur
«•j tôr-né-è
tu tôp-né-â
i tôr-né-a
je tournerai
tu tourneras
il tournera
^ tOTHéfOnt
vos tornirez
il* tomèrout
ej ioméraiê
tu tomérai*
il tomérait
ejtomérionê
voi tomériez
ils tornéraient
-80-
e^ tôr-né-on
vô tôr-né-è
i tôr-né-ôn
Conditionna
e«j tôr-nè-ê*
tu tôr-nè-ô*
i tOr né è
e*j tôr-né-yôn
vô tôr-né-yeas
î tôr-nè-Ô»
nous toomeroxiB
TOUS tourneres
ils tourneront
je tournerais
tu toumeraîB
il tournerait
nous tournerions
vous toumeries
ils tourneraient
Comme on le voit, ce procédé consiste à supprimer simple-
ment IV, après avoir changé en é fermé Ve muet qui le précède,
comme nous Pavons déjà indiqué dans la première partie.
On remarquera, lorsque le radical se termine par une voyelle
comme dans « amaer, déraaer, paer, cuer, huer, demeuer,
ruer », que IV du futur se remplace par une aspiration de
manière que la voyelle, qui de plus est très longue, semble être
successivement voyelle et consonne. Ex. : c quand tu le tueras
(tUrhuâ), quand ils demeureraient (t d'meu-hué^), quand ils dé-
mareront (d^-mo-A^n). >
VERBBS EH (( ENBB ». — PRÉSENT DE L'INDICATIF ET DE L'IMPÉRATIF
Lorsque la terminaison commence par un e muet, les verbes
en ener et éner remplacent cet e muet par la nasale en = in.
Ex. : mener, ej menne (min-ne), étrener, fétrenne (é-trin-ne),
aliéner (a-lyin-né), f aliène (j'a-lyin-ne).
De même gêner (gin-né) fait jejénne (e^'j gîn-ne) ; par excep-
tion fener (fe**-né) fait ei^j funne (fun-ne).
VERBES EN « ELBR » ET ETBB ))
Les verbes suivants : agneler? boteler, carreler, engaveler,
étincheler? ficheler? niveler, râteler, taveler, cacheter, colleter,
dépaqueter, empaqueter, haleter, et leurs composés, gardent
partout Ye muet du radical, quelle que soit la terminaison, et
on prononce (1) botle, carie, engavle, nivle, râtle, tavle, cach'te,
coite, dépacte, halte. Les autres verbes en eler ou eter changent
Ve muet en ê ouvert comme en français; mais un grand nombre
des verbes français de celte forme sont inconnus chez nous.
(i) Ici une lacune dans le manuscrit, Fauteur n'ayant pas sans doute entendu le
mot que réclame le contexte : <xgnle, — T.
— 81 —
2* OONJUGAISOH
Haïr est toujours dissyllabique ; je haïs, tu haïs, etc.
3« CONJUGAISON
Les seuls verbes qui puissent se conjuguer sont rechever et
éperchever, tous les autres verbes dont le passé défini est en us,
étant plus ou moins irréguliers.
On a pu voir que les temps primitifs et les dérivés sont les
mêmes qu'en français. Les règles de dérivation sont également
les mêmes, en tenant compte toutefois des règles que nous
avons énoncées ci-dessus.
Verbes passifs.
Le patois comme le français n'a pas, à proprement parler, de
voix passive. Il y supplée par l'adjonction du participe passé à
l'auxiliaire être. Il est donc inutile de donner un modèle de
cette conjugaison.
Verbes neutres.
Les verbes neutres ont les mêmes terminaisons que les
verbes actifs, et ils se conjuguent de la même manière dans
tous leurs temps simples. Mais dans les temps composés ils
emploient parfois l'auxiliaire être; mais le plus souvent ces
verbes se conjuguent tantôt avec un auxiliaire et tantôt avec
un autre. Nous allons donner la première personne du sin-
gulier de chaque temps du verbe entrer conjugué avec être.
Cela suffira pour faire comprendre la marche de la conjugaison
avec cet auxiliaire.
Indicatif
Prêtent
f entre jan-tre j'entre
Imparfait
fêfitraiê jan-trô j'entrain
Paeêi défini
ferUris jan-tri j'entrai
Pasfé indéfini
ej sieut entre ou entrêye e«j sieu^ an-tré ou an-trè-ye je suis entré ou entrée
Paseé antérieur
ej fus entre ou entrêye e«>j fû an-trê ou an-trè-ye je fus entré ou entrée
— 82 —
FÎU4- que-parfait
f étais entre ou entreye jé-tô^ an-trê ou an-trê-ye j'étais entré ou entrée
lutur
f entrerai jan-tré-è j'entrerai
Futur antérieur
je serai entre ou entreye je B'eè an-trê ou an Irê-ye je fierai entré ou entrée
Conditionnel
Présent
f entrerais j'an-tré-ô j'entrerais
PasMé
je serais entre ou tntrêye e"j s'sé an-trê vu an-tru-ye je Ferais entré ou entrée
Impératif
Pré sent
entre an-tre entre
Futur antérieur
sêye entre ou entreye Bey-ye an-trô vu an-trê-ye sois entré ou entrée
Sul:tjoiictif
Prêxent
yue fe/itre kjan-tre que j'entre
Jiifpai'/ait
que j'entrhse kjan-trf-ce que j'entrasse
Pasxé
qu'ej sais entre ou entreye ke*»j eê- an-trê tm an-trê-ye que je sois entré
ou entrée
Plus-q ue parfa it
que je fusse entre ou entreye ke<»j fu-ce an-trê ou an-trê-ye que je fusse entré
ou entrée
Infinitif
Présent
entrer an-trè entrer
Passé
être entre ou entreye et-te an-trê ou an-trê-ye être entré ou entrée
Participe
Présent
entrant an-tran entrant
Passé
entré ou entreye an-trê ou an-trê-ye entré ou entrée
étant entre ou entre ijc é-tan-tan-trô ou an-trê-ye étant entré ou entrée
Il est d'autant plus difficile de donner une régie de remploi
des auxiliaires être ou avoir dans la conjugaison des verbes
-83-
neutres, que les paysans ne s'accordent pas toujours entre
eux à ce sujet. On peut toutefois dire que le plus grand
nombre préfère être quand il s'agit de quelque chose de per-
manent, et avoir quand il s'agit d'un état transitoire. Ainsi ils
diront : fai arrivé à deux heures et ej sieus resté à f attendre une
grande heure ; il y a là comme un écho lointain de la règle
espagnole de l'emploi de ser et estar (1).
Verbes pronominaux.
La conjugaison des verbes pronominaux se fait comme en
français, sauf les différences phonétiques essentielles. Ainsi
l'auxiliaire être est seul employé, et si parfois on entend des
expressions de ce genre : ;e w'fli trompé, tu fas battu, ces ex-
pressions sont considérées comme fautives par les paysans
eux-mêmes.
Il nous suffira donc de donner comme modèle la conjugai-
son du verbe se tromper. Le patois y ressemble tellement
au français que nous avons cru pouvoir supprimer la traduc-
tion.
Indicatif
Prêtent
je me trompe je® m'-trôn-pe
tu te tromper tutt' tron-pe
U se trompe iss tron-pe
frws trompons j'nô tron-pon
vos vos trompez vô-vô tron-pô
Us se trompent iss tron-pe
Imparfait
je me trompais je* m-tron-pô*
Passé défini
je me trompis je'm-trôn-pi
(1) L*anecdote suivante rend très sensible ce double emploi : Monseigneur Blan-
quard de Bailleul, archevêque de Rouen, interrogeait un enfant avant de lui donner
le sacrement de confirmation. Jusque-là Tenrant avait fait preuve d*une véritable
intelligence, quand rarchevèque lui posa cette question : c Jésus-Christ est-il mort? »
— « Non, monseigneur » répond Tenfant. Le prélat croyant à inadvertance répète
sa question; même réponse. A ce moment, le curé qui était présent demande la parole
et modifie ainsi l'interrogation ; « Monseigneur vous demande si J.-C. a mouru ».
Réponse : « Oui, il a mouru ; mais il n*est pas mort, pisqu*il est ressuscité -. Si ce
n'était pas du français, c'était du moins de l'intelligence.
[L*historiette fit le tour du Diocèse et se racontait couramment dans le clergé de
Rouen il y a quarante ans. — T. ]
— 84-
Paué indé/bii
Je me êieuê trompé ou trempêye je® m-êieu^ trôn-pê ou tron-pê
2*aêêi antérieur
Je me fuê trompe ou trompêye je* m-f a tron-pê ou tron-pê-ye
Plut-que-parfa it
ej m'étais trompé ou trompêye e«j mé-tê tron-pé ou troa-pê-ye
Futur
Je m^e tromperai je* m-tion-p*pè
Futur antérieur
eJ me terai trompe ou trompêye e«j me 8*8ê-tron-pê ou tron-pè-ye
Conditioniiel
Présent au Futur
je me tromperais }e^ m-tron-p*pê^
Futur antérieur
eJ me serais trompe ou trompêye e^j me-B^eê tron-pê ou tron-pêye
Sabjonctif
Présent ou Futur
que Je me trompe kje*m-tron-pe
Imparfait
que Je me trompisse kje^m-tron-pt-ce
Passé
que Je me sais trompé ou trompêye kje» m-Bê> tron-pô ou tron-pê-ye
Plus-que-parfait
que Je me fusse trompe ou trompêye kje* m-fû-ce tron-pê ou tron-pê-ye
Infinitif
Présent
se tromper e**B8 iron-pè
Passé
s'être trompé sett tron-pd
Participe
Présent
se trompant e<>BS tron-pant
Passé
trompé^ trompêye tron-pê, tron-pê-ye
s'étant trompé ou trompêye cet-tan tron-pê ou tron-pêye
Verbes impersonnels.
Les verbes impersonnels n'ont que la troisième personne du
singulier; de plus ils n'ont pas d'impératif. A cela près, leur
conjugaison est la même que celle des autres verbes; il est
-86 —
donc inutile de donner un modèle de ce genre de conjugaison.
Deux de ces verbes étant irréguliers, nous montrerons plus
loin comment on les conjugue.
Conjugaison interrogative.
L'interrogation se fait comme dans le français, en mettant
le pronom après le verbe, La première personne constitue une
exception remarquable. On sait qu'en français certains verbes
comme rendre, courir, ne peuvent en première personne se
conjuguer d'une manière interrogative. Chez nous, quel que
soit le verbe, il ne peut jamais être suivi du pronom j> ou ej, et
cela non seulement au présent de l'indicatif, mais à quelque
temps que ce soit, tant au pluriel qu'au singulier. On a donc
recours, pour exprimer l'interrogation de la première personne,
à une tournure des plus originales, qui consiste à mettre le
pronom t7 après le verbe conjugué d'une manière positive en
ayant soin d'intercaler un t euphonique (1).
orthitgraphe . .
pnmtmeiation,
français
ej-rends-t'il?
e*j-râii-ti
est-ce que je rends ?
ej flanne't'il?
e*j flan^ne-ti
flâné-je ?
ej parlerom-t-U?
e^ péUrion-ti
parlerons-noTU ?
Nous allons donner comme modèles de conjugaison interro-
gative les trois premiers temps de rechever et se tromper. Les
autres ne peuvent plus offrir de difficulté.
Verbe rechever
indicatif
Priient
Jereehevê'Ul?
ie*r'oheu-ti
reçoî»-je?
reeheut-tu ?
r*cheu-tu
reçois-tu?
reeheut'ilT
r'cheu-ti
reçoitril?
je rechevons-t'il ?
je»r*che°-von-ti
recevons-nous?
reehevez-voftt?
r'che»-vô-vou8
recevez-Yousf
reeheucent'ili?
r'cheu-v'ti
Imparfait
reçoivent-ils 7
70 rechetaU't'U?
jeor*oheo-vô2-ti
recevais -je 7
rechevaU'tu?
r'che«-vô2-tu
recevais-tu!
reehevaU'il?
r'cheo-vô-tl
recevait-il?
je reoheviani'til?
jeor*che*-vyon-ti
recevions-nous 7
rechetiez'voua ?
r'cheo-vyée vou
receviesvous ?
rechetai^nt'Uê?
r'che«-vô-tl
recevaient -ils?
(i) Si étrange en effet que soit le procédé, il n^est pas rare d'entendre encore dire
à Rouen : je me trompe^ti et je me tuis-ti trompé. La banlieue du Havre aurait
donc fait école. — T.
— 86 —
je reehut't^il?
rechuâ-tu ?
rechut-il ?
je rechumât^t Uf
Poêié défini
je* r'chu-ti
r'chu-tu
r'chu-U
je» r'chun-me-ti
rechurent-Ué? r*chu-re-ti
reçu8-je?
reçus-tu ?
reçut-il?
reçCLmes-DOus?
reçûtes-Yous ?
reçurent-ils?
10 me trompe-t'U f
e^t trompei^vf
e^t trumpf't-il ?
ej nos trompont'UU?
vas tromjpez^vous?
es trompent'Usf
ej me trompaû-t'U?
et te trompaU-tv ?
es trompait-il?
ej nos trompioHS't'il?
tas trompiez-tousî
es trompaient-ils y
ej me trompis-t-U ?
et trompiS'tuf
es irompit-Uf
ej nus trompîtnes't'il?
tos (sic)
es trompirent'ilsî
Verbe «e tromper
Indicatif
Présent
e«j me trôn-pô-ti
e<»tt trôn-pe-tu
e*BS trôn-pé-ti
e^ nô trÔD-pon-ti
vÔ trôn-pô-vou
e<>8s trôn«pè-ti
Imparfait
e«i me® trôn-pé^-ti
ent trôn-pô2-tu
e"88 trôn-pè-U
e"j nô tron-pjron-ti
VÔ trôn>pyèe-vou
eofls trôn-pê-ti
Passé défini
e»j me*» trdn-pi-ti
eHt trôn-pi-tu
e*88 trôn-pi-ti
e^j nô trôn-pin-rae-ti
e*>B» tron-pi-r'ti
me trompé- je?
te trompes-tu?
se trompe-t-il?
nouj trompons-nous?
vous trompes-voui ?
se trompent-ib?
me trompais- je?
te trompais-tu?
se trompait-il?
nous trompions-nous?
vous trompiez- vous ?
se trompaient-ils?
me trompai-Je?
te trompas-tu ?
se tronipa-t-il ? ]
nous trompâmes-nous?
vous trompâtes- vous ?
se trompèrent-ils?
Il est évident que la conjugaison interrogative ne peut avoir
ni subjonctif; ni infinitif, ni participe.
Remarque. — A la première personne du pluriel, au lieu de la
forme donnée dans le tableau, on emploie souvent la tournure
française; on dira par exemple : rechevons-nous (r'che^'-vonnou)
au lieu dejerechevons-t-il? En revanche, il n'est pas très rare
d'entendre dire : vos rechevez-t-i^ etc.
Verbes irréguliers et défectifs.
On appelle verbes iiTéguliers ceux qui, dans certains temps
-87-
ou certaines personnes, s'écartent des types généraux de con-
jugaison.
On donne le nom de défectifs à ceux qui ne sont employés
qu'à certains temps ou certaines personnes, de telle sorte que
le reste de leur conjugaison est complètement inusité.
Verbes irrégulier^ de la première conjugaison
Aller
je vai
je.vâ
tu tas
tu-vô
U va
i.ya
falloiu
ja-lon
to» allez
vô-za-lè
ils vunt
ivÔD
yallaiê
ja-lô2
fallionê
ja-lyôn
faUii
ja-li
fallimet
ja-lin-me
j'irai
ji-yè
j'irons
ji-yon
va
allons
allez
qH*ej voige
que tu voiges
qu*il voige
quejWlions
que vos alliez
qu'ils eoigent
que fallisse
que fallissions
allant
allé
va
a-lon
a-lè
ke®j vouôy'-je
ktu vouôy'-je
kyi voQÔy'-je
kja-lyÔQ
kvô-za-lyée
kyi vouôy*-je
kja-lî-ce
kja-li-cyÔQ
a-lan
a-lê
Remarque. — Le participe alU est presque inusité seul ; on
le remplace par été. Mais on l'emploie toujours avec en. Ex. :
t7 8 est en allé. Cet exemple montre en même temps que s'en
aller se conjugue comme si en aller ne formait qu'un seul mot.
Envier ou envéyer ; ces deux formes s'emploient simultané-
ment et se conjuguent régulièrement (sur chanter), et on dit
fendons etj'envéyons. Mais la forme envéyer est seule complète ;
l'autre est défective et manque de toutes les personnes dont la
terminaison est un e muet. Ainsi pour « j'envoie ■ on dira
j'envéye, mais non a j'envie ».
Deuxième conjugaison.
Bouillir se conjugue comme en français, sauf les différences
voulues par la conjugaison régulière.
Courir, comme le français; mais en dehors du futur, du
conditionnel et du participe présent, l'r ne se prononce que
s'il est immédiatement suivi de t ou de s.
Cueillir, comme le français^ sauf le singulier du présent de
— 88 -
Vindicatif : je cueus (kyeu^» tu cuetis, ii cuetitQe cfieuillons) et de
rimpéralif ctieus ; de plus, le futur a deux formes : !• je cuetUi-
rai, 2® je cueillerai (e**j kyeuy'yè), d'où se tirent nalurelloment
deux formes de conditionnel.
Dormir, comme en français; mais au futuretau conditionnel
Vr est muet et Ton prononce : e^'j dor-mi-yè, e*j dor-myê*.
Fir (1), il fit, il fisait, il a fi, il fira (fly'ya), il firait (fiy'yè).
Mentir, comme en français.
Mourir, comme en français, avec deux participes passés,
mort et mouru. Le premier indiquant l'état se conjugue avec
être ; le second indiquant l'acte même de la mort se con-
jugue avec avoir. Ex. : < il a mouru tout d'un coup •.
JV.-B. — Devant u et t, r ne se prononce pas, mais il se pro-
nonce devant une diphtongue commençant par t : ej' mou-
rions.
Ouvrir, partir, repentir (se), sentir, servir, sortir, offrir, comme
en français. Repentir et sentir ont pour participes repentu et
sentu.
Tenir, ej tins {tin^), je tenons (t'non), ils tiennent; je tenais,
je tenions, je tenus J je tenûmesf ej tindrai, ej t inirons, tins
(tin'), qu'ej tienne, qus je tenions, qu'ils tiennent (imparfait
du subjonctif inusité), tenant, tenu.
Les composés se conjuguent de même ainsi que venir avec
ses composés dont le passé déf. est;^ vins. — Dans s'en venir
l'impératif est tvi-t-en ».
Remarque. — Dans les verbes en enir, si le e qui précède n
n'est lui-même précédé que d'une seule consonne, il est com-
plètement muet et l'on prononce : v'ni, v'nant, t'nons, Cnu. Hais
si la consonne est double il se prononce. Ainsi on dira :
t s'abs-te^'-ni, ob-te**-ni, par-veni • et même t e"rve'-ni » : car
par la prononciation les deux consonnes se trouvent rappro-
chées ; la même raison fait prononcer e'r-te'^-ni. Comme on le
voit, cette règle n'est qu'un cas particulier de la prononciation
de Ye muet indiquée dans la phonétique.
(1) C'est fuir, mais en parlant d*un liquide. Âu sens le plus commua, Oû dit c se
sauver». —T.
-89 —
En d'autres termes, Ve muet qui précède la finale nir se pro-
nonce toutes les fois que la particule préfixe se termine par
une consonne; et il ne se prononce pas lorsque cette préfixe se
termine par une voyelle.
Vêtir n'a guère d'usité que l'infinitif, l'impératif, le participe
passé et les temps où il entre en composition, avec les mêmes
formes qu*en français, sauf que la syllabe vé est toujours brève.
Déchoir, ej décheus, tu décheus, il décheut ; sans imparfait; ej
déchtis; ej déchûmes; participe passé déchu.
Echoir, ilécheut, échéant, échu,
Faller (falloir), il faut, il fallait, il fallut, il a fallu, il faillira
ouil faudra, il faillirait ou il faudrait, qu'il falle, imparfait
du subjonctif inusité, fallant, fallu,
Mouver (mouvoir), e^j mouve; régulier de la l" conjugaison
patoise.
Plouver (pleuvoir), il pleut, il plouvait, il plut, il a plu, il
plouvra ou il pleuvra, qu'il plouve, imp. subj. inusité, plouvant
peu usité, plu.
Pouver (pouvoir), e^j peux, tu peux, il peut, e^j pouvons, vos pou-
vez, ilspeuvent ; e^j pouvais, ^j pouvions, e'^jpus, e^^j pûmes, e^j pourrai,
sans impératif, qu'ei^jpeuve, qu'ej pouvions, sansimparf. dusubj,,
pouvant, pu.
Saver (savoir), ej sais, ej savons, ils savent, ej savais, ej su^, ej
serai (sé-è), tu seras (sé-â), Usera (se a); ej seron (sc-on) ;ej serais
(sé-è); pas d'impératif; 9uV;«a»e, quej savions, pas d'imparf.
du subj.; savant, su; saisje moi se dit en patois : sait-il (sê-ti)
maif Le reste comme « avoir ».
Valer (valoir), comme en français sauf Tinfinitif et le présent
du subjonctif : qu'ej valle, qu'ej vallions,
FoW^r (vouloir), comme en français, sauf Tinfinilif; impéra-
tif: veus i^bref), voulons, voulez.
Dever (devoir), y dais, tu dais, il dait ; je devons.
4« CONJUGAISON
Absoudre, les seuls temps usités hors Tinfinitif sont : présent
— 90-
de Findicatif au singulier, j'absous, V absous, il absout, et le par-
ticipe passé absous, absoute, avec les temps où il entre en com-
position.
Assiettre {^%^o\v\ j'assieus, t'assieus, il assieut, j'ass , vos
ass , t7 ass , j'ass , j'ass , j'assis, j'ass , j'assiéterai
(ja-ciet'tè), assieds, asseyons, asseyez, que j'ass , que fass
asseyante assis, assise.
Les précieux emploient la conjugaison « j'assois », etc.
donnée par l'Académie.
Se siettre (s'asseoir), comme s'assiettre, sauf (I)
impératif: c sieus-tai i ou < siettez-vous t.
Sesierre, les seuls temps usités sont l'infinitif et l'impératif :
« siechez-vous » que l'on prononce parfois chièchez-vous.
Bére [boire] (bè), ej beus, tu beus, il beut, ej beuvons, vos beuvez,
ils beuvent; ej beuvais, ej beuvions;ejbus, ej bûmes \ ej bérai (bé-è);
beus, beuvons; queej beuve, que je beuvions, qu'ils beuvent; que je
busse, que je bussions, beuvant, bu, bue.
Croire (cvè), croître (cvè-ie), se conjuguent comme en fran-
çais, sauf le changement de o/en ai; de plus dans le second, oi
est bref.
Faire (fè), comme le français, sauf le présent du subjonctif:
que je fâche, que tu fâches, qu'il fâche; que je fesions, que vos fesiez,
qu'ils fâchent.
Lire, ej lis, ej lisons, ej lisais, ej lisions, sans passé défini, je
lirai, je lirons, lis, que ej lise, que ej lisions, sans imp. du subj.,
lisant. H; on conjugue de même relire.
Luire, ej luis, ej luisons; ej luisais, ej luisions; ej luisis, ej
luisimes; ej luirai (lui-yè), ej luirons (lui-yon) ; que je luise, que je
luisions, sans imparf. du subj.
Moudre, ej meus, tu meus, il meut, ej moulons, vos moulez, ils
meulent; ej moulais, ej moulus, ej moudrai, meus, moulons, moulez,
que je meule^ sans imparf., moulant, moulu, moulue.
Paître, comme en français, mais avec le participe passé
paissu,
(1) Il y a ici un blanc. Il témoigne, aussi bien que les mots inachcTés de Particle
précédent, avec quel soin Fauteur a écrit^ sans vouloir rien noter au hasard.
— 91 —
RepaUre, se conjugue de même, participe passé repaissu (rpè-
Çu).
Paraître, se conjugue comme en français; mais 1er du radi-
cal ne se prononce que lorsqu'il n'y en a pas dans la terminai-
son. Ainsi, (( paraît » se prononce comme en français, mais
« paraîtrait » se dirapa-tffr^.
Pondre, ej ponds, tu ponds, il pond, ej ponnons, vos ponnez, ils
ponneni, ejponnm, que ej ponne, ponnu.
Prendre et ses composés, passé défini, je prins (prin^); im-
parfait du subjonctif, que je prinsse (prin^-ce); participe passé,
prins (prin*) et prw ; féminin, prinze (prin'-ze).
Rire, comme le français, sauf au subj. prés., que je ri^e; pas
d'imparf.
Vaire [voir] (vê), ej véye, tu véye, il véye, ej rayons, vos véyez, ils
vêyent; ejvéyais, ej véyions; ej vis, ej vîmes; ej verrai; véye, vèyons,
véyez; que je véye, que ej véyions ; que ej visse; que ej vissions;
véyant, vu; au présent de l'indicatif on emploie aussi je vais, tu
vais, il vait (vè), et dans les composés autres que revoir c'est la
seule forme reçue. Au futur les précieux disent ;> voirai, ce qui
est un barbarisme en patois comme en français.
Braire (brè), tu brais, il brait, vos brayez, ils braient, ej broyais,
pas de passé défini, je brairai, queej braye, pas d'imparfaH du
subjonctif ni de participes.
Clore, ej clos, ej closons, ej dosais, ej closis, ej clodrai, que ej close,
pas d'imparfait du subjonctif, c/o^on^, c/o«. Conjuguez de même
enclore et éclore, mais ce dernier prend l'auxiliaire être.
Frirej ej fris, tu fris, il frit, je frirai (fri-yai), impér. fris.
Ouir, le participe passé ouï est seul usité. Ex. : «j'ai ouï dire. )>
Puer, ej pue, ej puais, pas de passé défini, ej pûrai, que ej pue;
pouant.
Quérir (cri), raver et sourdre (sou-dre) ne sont employés qu'à
l'infinitif.
Suivre, ej sieus (sieu), tu sieus, il sieut, ej sieuvons, vos sieuvez,
ils sieuvent, ej sieuvais, ej sieuvis, j'ai sieuvi, ej sieuvrai ou ej
suivrai, que je sieuve, que je sieuvisse, suivant, sieuvi.
Dire, futur ej dierrai (e^j diè-rè), conditionnel ej iisrrais
(diê-rë). Le reste comme en français.
V. — L'adverbe.
Nous avons vu que l'adverbe a pour fonction de modifier le
qualificatif, qu'il soit isolé ou inclus dans un autre mot. Les
modifications exprimées par l'adverbe sont :
1* La manière ou la qualité : dans notre patois, les adverbes
employés à cet usage sont pour ainsi dire sans nombre ; on les
forme comme en français en ajoutant la terminaison ment au
féminin du qualificatif correspondant. Par exemple bonnement
de bonne, pieusement de pieuse. Cependant si le qualificatif se
termine par« au masculin dont le féminin est ^y^, l'adverbe
se tire du masculin en changeant toutefois réouvert en ^ fermé;
ainsi on dira « carrément » de carré et non (( carrèyement ».
V La quantité: assez, biaucoup, brin, cobien, davantage,
étout, fort, guère (ghyé), mendrement, moins, oco, ossi, otant,
nétout (e*nn-tou), poy, pus, si, si-tellement, tant, très, trop,
pièche.
y" La comparatAon ; comme, presque, putôt, préféablement.
4"" Le temps : alors, an'Aut, astheure, autefais (aw-te-fè), bien-
tôt, demain, désormais? hier (bi-guées), jadis, jamais, lotemps,
tard, tôt, toujours.
S"" L'affirmation : ainsi, assurément, certainement, même,
oui, peutéte, tout-drait.
6* La négation : pas, point [plus fréquent], non, nullement.
7* L'interrogation : Comment, porqui, porquicha, et pas (é-pa).
S"* Le lieu, la situation, l'ordre : ailleurs, alentour, dedans,
dehors, dessus, dessous, ensemble, ensuite, ichite, ila, là, y,
oyou-que, oquecet (ailleurs), partout, tout-partout, payouque (par
où), d'inspayou (au point où), quelque part.
L'adverbe s'exprime souvent par plusieurs mots dans presque
toutes les langues ; même un grand nombre d'adverbes ne sont
que des bouts de phrases contractés en un seul mot. Tel est en
français le mot désormais, qui s'est écrit « des ores mais ». Ex. :
« que les ordenanchez contenuez enicelui roulleseroient tenuezd*ores
-93 -
en avant (I), ou encore « des hores mais )), et même : « te faisons
savoir que de ceste heure en avant nous te nuirons de toute notre
puissance (2) •.
Tels sont dans notre patois: astheure, contraction de « à cette
heure •, anui, contraction de c en hui • ; voir ces mots au dic-
tionnaire.
Les adverbes composés sont :
du moment
du-mo-man
préseotement
tout draU
tou-drô
précisémeat
tout plein
tou-plin
beaucoup
au contraire
ô-con-tré
au contraire
arant-gw'e
a vaD--ghèe
avant-hier
queuque part
kyeu-ke-par
quelque part
par ehite
par-chite
par loi
et pis
èpi )
•V»:»
et pis oeo
è-pi-o-€o (
puui
y a des Jais =
parfoii, quelquefois; — tout partout
et un certain nombre d'autres mots
empruntés au français :
queuquêfais
kyeuk'.fô
quelquefois
eka étant
cha-et-tan
? ainsi
Un certain nombre d'adverbes ne sont que des substantifs
ou des qualificatifs plus ou moins modifiés et employés adver-
bialement; c'est pourquoi ils sont susceptibles d'avoir des
compléments.
VI. ^ De la Préposition.
Les prépositions se divisent en simples et en composées ou
locutions prépositives.
Les prépositions simples sont dans la banlieue du Havre :
a
a
à
drès
drè
dès
atant
a- van
avant
edvant
eod-van
devant
aveuc
a-veu
avec
deters
dver
devers
ekeu»
cheu-
chea
en
an
en
contre
con-tre
contre
entre
an-tre
entre
dans
dân
dans
envers
en-ver
envers
de
de*
de
hormis
or-mi
hormis
dddepis
de^i-pf
depuis
malgré
mal-gré
malgré
drière
dri-yè
derrière
matigré
maw-grô
(1) Chronique de P. Cochon, page 2Bi, 3.
(2) Ibid., page !25â, 8.
— 94 -
mayennam
t mo-yen-nan
moyennant
sans
Ban
BaOB
outre
ou-tre
outre
Melon
slon
selon
par
par
par
80Uê
Boue
BOUS
parmi
par-mi
parmi
9Uê
su
sur
pendant
pen-dan
pendant
vers
ver
vers
par
pôr
pour
viê^-tis
vi-jsa-vi
viaàrviB
prèê
prée
près
vêla
via
voilà
Les prépositions composées ou locutions prépositives sont
a cètè
a eêU de
a travers
au travers de
aurdela de
au-dessous de
au-dessus de
au'devant de
auprès de
autour
en deehite de
jusqua
a-cô-té
a-cô-té-de*
a-tra-ver
o-tra-ver-de®
o-dia-de*
o-dflouB-de*
o-dauB-de^
o-dvan-de*>
o-prée-de»
o-tour
en-d*chi-te-de<>
juB-ka
en même temps que
à côté de
à travers
au travers de
au-delà de
au-dessous de
au-dessus de
au-devant de
auprès de
autour
en deçà de
jusqu^à
et bon nombre d'autres qui appartiennent également au fran-
çais.
où que e'est que
en drière de
en lieu de
ou-kcê-ke
an-dri-yè-de
an-liu-de
où
en arrière de
au lieu de
Dans le parmi = au milieu; envers pour t vers •.
vèrais envers li ».
Ex.
j'en-
vn. — De la Conjonction.
Nous diviserons également les conjonctions en simples et
composées ou locutions conjonctives.
Les conjonctions simples sont :
alors que
a-lors-ke
lorsque
car
car
car
comme
con-me
comme
comment
co-man
comment
donc
don
donc
et
è
et
lorsque
lorss-ke
lorsque
mais
mê
inaiB
ni
ni
ni
or
or
or
ou
ou
ou
porqui
pôr-kyi
pourquoi
quand
quotêche
quan
co-tê-che
1 quand
que
que
que
si
si
si
pace que
paBB-ke
parce que
- 95 —
Les locutions conjonctives sont
aitui quâ
in*.cî-keo
aiQBi que
au contraire
ô-con-trô
au coatraire
obien
o-byin
ou biea
du moment que
du-mo-man ke
puisque
ou que c'est que
ou-k*cô-ke
1 ou, ou est-ce que
ou ce que
ouBS-ke
\ ^
mais que
m^ke
1 quand
pôr mais que
pôr-mê-ke
tout de même
tou-(l*min-me
cependant
toutefois
tant qu'à
tan-ka
quant à
qttùique aha
koik^-cha
cependant
Vm. — De rinterjectlon.
Les principales interjections sont :
pour marquer la joie :
— la douleur :
— la surprise :
— l'admiration
— Taversion :
pour appeler les personnes :
pour interroger :
pour imposer silence :
pour appeler les animaux :
ah! oh/
aie! ah! ah ghian! ah mon Dieu
ha! ho!
oh! eh!
(sic)
hem! hê îà-has!
eh? hein?
chut ! pst !
chAt,tins! veau, tiès! vache, ^iv/ porc, tia
canard, lire lire! poule, ptis!
— «6 —
Syntaxe
La syntaxe de notre patois est à peu près celle du français.
Nous n'avons donc pas à entrer dans de grands détails à ce
sujet, et il nous suffira de signaler les points sur lesquels l'ac-
cord cesse d'exister, ce que nous ferons en étudiant successi-
yement les différentes sortes de propositions et les différentes
parties de la proposition.
PROPOSITIONS AFFIRMATIYBS
Accord du sujet et du verbe
En patois comme en français, le sujet et le yerbe s'accordent
en nombre et en personne. Mais, i"" lorsqu'il s*agit de la pre-
mière personne du pluriel, le patois se sert toujours du pronom
je qui, en français, est exclusivement réservé au singulier; on
en trouve de nombreux exemples dans les modèles de conju-
gaison ; 2* après le pronom conjonctif^ut, si celui*ci représente
un sujet du singulier, le verbe se met toujours à la troisième
personne. Ex. : c c'est moi qui a parlé, c'est toi qui a dormi >.
Mais au pluriel, l'accord se fait comme en français. Ex. : « nous
qui sommes heureux >.
Après le pronom démonstratif ce, au lieu de la syllepse du
français contemporain, le patois, suivant l'usage du siècle de
Louis XIV, fait l'accord grammatical. Ainsi il dit : < c'est eux
qui sont venus », et non • ce sont eux qui sont venus > ; « cest
des fleurs », et non « ce sont des fleurs ».
11 y a des mots qui ne s'emploient guère qu'au pluriel et qui,
par suite, n'accompagnent jamais un verbe au singulier : ce
sont spécialement ceux qui désignent des objets composés de
deux pièces symétriques, tels que : « braies, caleçons, culottes,
pinchettes, soufflets, quenailles (pour tenailles) >. Ainsi, on dira:
« Passe-moi les pinchettes et les soufflets », pour indiquer une
seule pincette et un seul soufflet. On dit aussi « les vents t pour
— 97 -
« le vent •. Ex. : « Les vents sont bas ; mais ils pourraient bien
passer au nord à la fin du jour. »
Au pluriel, on emploie souvent le pronom ils pour als, c'est-
b-dire que l'on se sert du pronom masculin pour désigner des
personnes ou des choses du genre féminin. Ainsi, on dira très
bien : « ils ont pleuré » pour signifier « elles ont pleuré •. (1)
Les noms propres prennent la forme féminine pour désigner
une femme. Ainsi, on dira : « la Flamande * pour < la femme
Flamand », t laGrouchie > pour • la femme Grouchi », la c Vau-
chelle > pour t la femme Vauchel >. Noter que le masculin se
prononce vaw-ché.
Les expressions « nous deux, vous deux, eux deux, tous
deux t deviennent en patois : nos deux, vos deux, Uux deux et
tous lez deux.
Des compléments
Le complément possessif qui se désigne en français par de
s'indique par a en patois. Ainsi, on dira : < le livre à Pierre,
la fêle à ma tante », et non c le livre de Pierre, la fête de ma
tante >. Ce procédé n'est d'ailleurs pas particulier à notre ré-
gion : on peut dire qu'il appartient à tout le langage populaire
français ; ce qui s'explique facilement^ car il est plus logique
et plus conforme à Télymologie que la formule officielle. En
effet, de vient du latin de, particule séparative ; tandis que à
dérive de ad, préposition adjonctive. Or, l'idée de possession
est essentiellement adjonctive.
Le verbe pn^r admet pour complément direct le nom de la
personne. Ainsi, on dit : < prier Dieu, prier son père et sa
mère > ; mais on lui donne aussi ce même nom pour complé-
ment indirect. Ex. : c U trache de l'ouvrage et prie au bon Dieu
de n'en point trouver > ; < priez au bon Dieu de ne point vaire
cba >.
Le complément possessif s'exprime quelquefois par une
simple apposition, comme dans l'ancien français; ainsi, on
dira : t le fils Carpentier > pour a le fils de Carpentier •, « la
fille Thomas > pour « la fille de Thomas ».
(1) L*aateur arait réservé des blancs après cet alinéa et les saivants, ce qai semble,
prouver qu'il espérait y ajouter de nouvellet obsenatiens»
— 96 —
L'article indéfini s'emploie au lieu de l'article défini lorsque
le substantif qu'il détermine prend un sens spécial indiqué par
l'usage. Ainsi, on dira : « paie-tu la goutte?» au lieu de «paie-
tu une goutle? », car tout le monde sait qu'il s'agit d'un genre
de goutte bien déterminé, c'est-à-dire le petit verre d'eau-de-
vie. De même : « prenons la goutte ».
Au lieu de • ce soir, ce matin », on dit : à çu matin, àçuter.
Ex. : A ^ fMtin, fax rencontré tan père. On dit de même : à c'te
fais, pour * cette fois >. Même sans le déterminatif, si le com-
plément circonstantiel de temps est indiqué par les mots
f matin, ser (soir) > ou encore par le mot c fais », il est précédé
de a. Ex. : < Il viendra dimanche au eeroM lundi au matin. »
Quand l'attribut d'une proposition indique la participation à
un groupe connu, il se supprime. Ex. : « Pierre est de la fabrique,
mai ejsieux du conseil. > Dans cet exemple, le mot < membre »
est sous-entendu, c Es-tu de la neuche (noce)? »
La locution être de sans (en être dépourvu) a quelque analogie
avec le procédé ci-dessus. Ainsi, un cultivateur dira : c Avez-
vous ocor de la treuffe? mai ej sietix de sans. »
Les superlatifs, — Le patois est très riche en formules superla-
tives. Indépendamment des expressions • très fort, tout-à-fait,
etc. » du français, il dira : tout plein. Ex. : « t7 est tout plein
cotent » ; comme tout, Ex. : • Il est méchant comme tout. »
Si tellement est le superlatif de « tellement t.
Le pus pire est le superlatif du superlatif « le pire •.
Le sens partitif n'empêche pas l'emploi de Tarticle après de
et devant un adjectif. Ainsi, on dit : c vêla de la belle ouvrage »,
pour « voilà de bel ouvrage ».
Propositions complétives
Le pronom conjpnclif rfonf est inconnu en Normandie,4'après
la remarque de M. Le Héricher. Le patois cauchois confirme
cette règle et ce mot se remplace par son équivalent de qui et
même simplement par que. Ex. : c L'affaire de qui que je vos ai
paie. I
Après aussi, si, autant ou autres conjonctions exprimant la
comparaison, au lieu du que français, on emploie comme. Au
- 99 —
lieu de dire : « il n'est pas si riche que nous i, on dira : • il
n'est pas si riche comme nous *. Cette particularité n'est pas
propre à notre patois : elle s'étend même jusqu'en Espagne.
Mais s*il n'y a pas de comparaison, on se sert de qtie comme
en français. Ex. : < // est si tellement fénient qu'il a quemenché sa
semaine merquedi. »
On emploie /m« (plus) répété comme en français ; mais sou-
vent on préfère l'expression plus énergique : tant pus que (pron.
tan-puss-ke). Ex. : < Tant pits qui vieuillit, tant pus quH se saoule, >
Le patois remplace volontiers certains compléments par des
propositions complétives entières. Ex. : Au lieu de : « il fait le
niais >, il dira : c // fait le sien qui est beite. •
Le pronom conjonciif quoi se remplace souvent par qui.
Ex. : « // n'y a rien sv^ qui no peuve monter. » Après d'oyou (d'où),
il se remplace par ^ut. « Le pays d'oyou qu'il vint > au lieu de :
» Le pays d'où il vient ». Uans ce cas, le qui est la contraction
de < que il • ; on dit aussi : < de là qui vint = de là qu'il vint • .
Propositions négatives
En dehors des formules négatives de la langue classique, le
patois a des tournures ou locutions qui méritent d'être signa-
lées.
Ainsi, le mot piêche indique la négation d'objets qui se comp-
tent. Ex. : c Ils ne sont venus à piêche = aucun d'eux n'est
venu. » (Blanc.)
Propositions interrogatives
Nous avons donné la forme interrogative des verbes. Mais
l'interrogation s'exprime d'une manière très variée, grâce à
certaines locutions qu'il nous reste à énumérer ici.
Les pronoms interrogatifs^ut ou qm ne s'emploient jamais
seuls en patois. Maison se sert de qui estche qui (pron. kyéche-
ki) comme sujet. Ex. : c qui est-chequi vint? qui estche qui veut
jouer? • ; ou qui est-che que comme régime. Ex. : • quiest-che que
vos amènerez avec vous? » Quelquefois la locution précédente se
réduit par syncope à qui est que (pron. kyé-ke). Ex. : c qui est
371G5E
— 100-
gu'a fait cha? ^; on encore à ^î qui. Ex. : « ^t qui va làf »; oa
qui que. Ex. : ^ qui que vas avez vu? •.
Grftce à rinyersion, elle peut prendre la forme qui que c'est qui
ou ^î que c'est que, selon que le mot de la réponse est sujet ou
régime. Ex. : c qui que c'est qui vint? qui que €est que vos devez
vaire ? » Cette dernière forme s'emploie même pour un nom
de chose. Ex. : t qui que c'est que vos faites ? d
Cette même locution se remplace souvent, pour cause de
brièveté, par que que (qu'est-ce que) et même qui que. Ex. : « que
que vos faites ? qui que vas dites? t
Porqui (pourquoi) peut être suivi d'un pronom ou d'un infi-
nitif. Ex. : « par qui cha ? (pourquoi cela?) pour qui faire? (pron.
pér kùfé) • ; mais lorsque le verbe qui l'accompagne doit être à
un mode personnel, por gui doit être immédiatement suivi de
que et le verbe prend la forme positive. Ex. : « par qui que tu ne
vas pas à ta messe? = pourquoi ne vas-tu pas à la messe? por qui
que tu cries si fort ? »
La même règle s'applique avec quand. Ainsi, on dira : aquand
que tu viendras?)} et non <( quand viendras-tu? ». Mais, le plus
souvent, on se sert de la locution quand est-che que, Ex. : « quand
est-che que je te verrons? i ; et avec oyou, d'où, d'otfou, pat/au (par
où). Ex. : c oyou que tu vas? d^où que tu vinsf payou que tu vas
passer? »
Locutions figurées ou proverbiales (I).
Arer le fouet = recevoir le fouet; au figuré : « être refusé en
mariage ».
Etre au plat des pauvres = faire partie des indigents assistés.
(1) L*abbè Maze n*a fait qu'indiquer par deux exemples Tune des parties les plus
intéressantes de son mémoire. Les exemples du vocabulaire suivant suppléeront
heureusement à ce qui manque ici.
— 101 -
Locutions plus ou moins remarquables qui ne peuvent rentrer
dans le cadre précédent
Pour linstant se dit parfois au lieu de • pour le moment ».
Au mieux — — « pour le mieux ».
Né natif — — f natif » (redondance).
De l'englise
On entend par enclise un phénomène grammatical par
lequel un mot, se liant dans la prononciation avec le mot pré-
cédent, réagit sur celui-ci de manière a en altérer plus ou
moins la forme ou le ton. C'est ainsi que dans le grec classique
certaines particules changent l'accent du mot précédent et
sont pour cela dites particules enclitiques.
11 n'y a peut-être pas de langue où le phénomène de l'enclise
soit plus sensible que dans notre patois.
Les flexions dues à Tenclise doivent avoir une origine très
ancienne, car il est à remarquer qu'elles ne se produisent
qu'avec les mots les plus usuels, ceux qui, étant d'un emploi
continu, ont par cela même une plus grande résistance contre
le néologisme.
Adjectifs,
Je dois indiquer tout d'abord les adjectifs monosyllabiques:
1* bon dans lequel la voyelle on en général a le son ouvert.
Ex. : « // fait Vbon apôtre. — Pour ette bon, c'est bon, mais ça
n'vautpasman cidre*. Dans ces exemples, ton se prononce
comme en français ; mais lorsque le mot bon précède le
substantif auquel il se rapporte et que celui-ci commence par
une consonne, la voyelle on prend le son fermé on^ du français
onde en l'exagérant. Ex: t el bon Diu, du bon cidre, un bon cru,
un bon dos, un bon serviteur i. Il suffît d'entendre un paysan
— lOî —
prononcer cette phrase : « Ceêt bon un verre de bon cidre », pour
bien saisir reflet de l'enclise.
2r Le mot faux se prononce généralement fô, mais dans
faux-témoin, faux-visage, il devient faw : a un faw témoin, un
faw-visage ».
Substantifs.
L'enclise est aussi très sensible avec quelques substantifs.
Ex. : « année », ce mot se prononce en général annéye, « cette
anniye, fannéye du grand hiver >, mais on dit « fanné-passeye »
avec é bref.
De même « mois » qui se prononce ordinairement mouâ
devient moue dans c mois d'août (moué-doû), mois de mars
(moué-d'mar), etc. •.
« Pois > se prononce presque toujours poua; mais il devient
poué dans c poispelu (poué-plu) » et a pois prcdomme (poué-preu-
domme) ».
État construit.
On sait que les substantifs de la langue hébraïque changent
déforme lorsqu'ils sont suivis d'un complément, contraire-
ment à l'usage du latin et du grec qui, dans ce cas^ changent la
forme du second mot. Ainsi baith « maison » deviendra beth,
dB,ns Beth'lehem «maison du pain »; mélec, roi, sera melchi,
dans Melchi-tsédec « roi de justice ». Le même phénomène, par
suite de l'enclise, se produit dans notre patois, mais pour cinq
mots seulement : iat (eau), pial (peau), siat (seau), vial (veau)
elpain. Comme on l'a vu plus haut, ces mots ont une double
forme : la seconde, celle que je considère comme un état cons-
truit, peut s'employer dans le sens absolu ; mais la première
ne s'emploie jamais avec un régime. Ainsi on dira : « de rial
(de-lia), de fiau (de-liaw) de savon, un siat (sia), un siau d'ial
siaw-dia),unmud'tau(siaw-diaw)(f*^at;on; une pial {pia), une
piau de quien (piaw-d'kyin^); un viat (via), un viau de lait (viaw-
d'iè) i. Quant au mot a pain », l'état construit ne se fait sentir
qu'en ce que la voyelle in devient mouillée (in*), de sorte que
le mot « pain • qui, dans le sens absolu, se prononce comme à
— 103 -
Paris, se prononce à Tétat construit presque comme dans le
Languedoc.
Bial « beau » se prononce bia ; mais lorsqu'il précède immé-
diatement le mot auquel il se rapporte, il se change en (tau
(biaw). Ex. : c Via un biau cheval (biawjWa)/ mais le mien est
pus bial ».
Hait se prononce hâ, mais il devient haut (haw) dans <c haut
mal (haw-ma) > et dans < haut pleine (haw plin^-ne) > qui in-
dique une vache à la fin de sa gestation.
L'adverbe c tant >, dont la prononciation ordinaire est celle
du français, se prononce par an^ dans les locutions « tant pis,
tant seulement, tant qu'à, tant pus que, » etc.
TROISIÈME PARTIE
Glossaire
INTRODUCTION
Ce qu'on vient de lire jusqu'ici a été imprimé sur le manuscrit
même de M. Vahhé Maze. Il n*en va plus de même de la partie sui-
vante, qu'il avait appelée le Glossaire.
Les matériaux à mettre maintenant en œuvre se composaient
de six à sept mille fiches (0,05 x 0,08) écrites en entier par Vau-
teur, sans parler d'une petite liasse de feuillets in-folio oit il avait
tracé le brouillon de ses listes. Mais à tout cela se trouvaient
joints différents recueils de trois écritures différentes, oit Vahhé
Maze avait çà et là jeté quelques annotations.
Des renseignements dignes de foi eussent fait croire à un voca-
bulaire anonyme transcrit à Har fleur par un jeune séminariste
qui passait avec Vahhé Maze une grande partie de ses vacances.
Il s'est néanmoins trouvé qu'il s'agissait d'une mise au net des
observations de M. Vahhé Letendre, exécutée au pensionnat du
Grand-Quevilly . La preuve matérielle en eût d'ailleurs été fournie
par la rédaction primitive entrée au Petit-Séminaire avec le hel
herhier du savant botaniste.
Des notes au crayon, d'une belle écriture, étaient dues, selon
toute apparence, à de longues et sérieuses recherches. Une mention
fort laconique de Vahhé Maze permit bientôt de savoir qu'elles
- 106 —
étaient de M. Bernard, ancien maire de Gonneville-la- Malet.
Après que Brianchon, des Etudes diverses, et Vahhé G, Comont,
des Antiquaires de Normandie, avaient ébauché sur les patois de
la Seine-Inférieure des pages intéressantes qui sont conservées, à
son tour M, Bernard avait pris la plume,
A la suite d'un entretien avec M, Vahbé Letendre, il s'était aidé
d'un dictionnaire français pour dresser une première liste des
mots normands correspondants, et il n'avait cessé de Vaugmenter
les années suivantes. Pour profiter d'une si louable initiative,
M. Letendre mit en ordre et fit relever ses propres notes; et sa
rédaction se trouva aifisi complètement fixée au mois de jan-
vier 1885,
Entre ces linguistes qui avaient fait, choA^un selon ses vues, une
fructueuse besogne, la Providence ménagea un rapprochement.
En avril i886, c* est- à-dire peu de mois avant sa mort, M. Vabbé
Letendre reçut la visite de M, Vabbé Maze et lui communiqua ses
relevés. Une longue conversation sur leurs communes recherches
lui fit juger que le travail de son hâte était « une œuvre de pre-
mier ordre »,
Cette heureuse entente de nos chercheurs qui avaient concentré
le fruit de leurs efforts, le public a tout profit à la voir persé-
vérer dans le présent volume. Sans doute, il n'est avant tout que
l'impression de TEtiide de M. Maze; mais l'auteur s'était fait une
joie de grossir son manuscrit de toutes les améliorations que
M. Letendre pourrait lui procurer, comme en font foi d'ailleurs
des fiches qui transcrivent littéralement les articles du chapelain
de Quevilly, Ainsi les notes de M. l'abbé Maze se sont accrues de
celles de M, l'abbé /^tendre et de M, Bernard; mais les initiales
L. et B. réservent à leurs auteurs le mérite en même temps que la
responsabilité de leur travail. De légères divergences dans l'ortho-
graphe ou dans l'explication des termes ont été signalées, et il a
même paru bon de conserver quelques articles d'un premier jet,
en spécifiant qu'un second -lexicographe les avait effacés.
Par surcroit, enfin, un excellent confrère, compatriote de
l'abbé Letendre, a bien voulu lire notre manuscrit avant la mise
sous presse. Cette lecture a suggéré un assez bon nombre de remar-
ques utiles à publier. Nous ne nous croyons pas autorisé à en
nommer l'auteur; mais nous avons tenu à distinguer ces curas
posteriores par les lettres L C.
- 107 -
L'abbé Maze a jugé à propos de figurer à tous les mots leur pro-
nonciation. Cela pouvait paraître excessif: car il eût suffi de la
mentionner seulement dans les cas où elle s'écarte soit du fran-
çais, soit de Vorthographe. Mais nous ne nous sommes pas cru
permis de substituer nos vues aux siennes.
Cependant y un certain nombre d'articles autorisaient et même
réclamaient les sévérités de l'éditeur. Nos philologues champêtres
avaient eu toute apparence de raison de croire exclusivement
propres au patois certains vocables^ certains dictons d'un tour
original ou familier : abonnir, anicroche, bernique, bisquer, brandi,
casaqnin, promellre plus de beurre que de pain, etc., etc., qui sont
entrés dans le savant Dictionnaire général d'Hatzfeld et Darmes-
teter. La lexicographie aurait-elle donc étendu sa nomenclature?
ou le bon usage aurait-il accueilli des appellations ou des façons
de parler qu'il laissait jadis aux campagnards? Les deux suppo-
sitions peuvent s'admettre simultanément. En tout cas, il a fallu
de ce chef bannir rigoureusement du vocabulaire patois les mots
anoblis par leur naturalisation française. Autrement , les criti-
ques les plus superficiels n'eussent pas manqué de se récrier^
comme on Va fait sur l'abbé Decorde, contre Vimmixtion de la
langue lettrée dans le répertoire campagnard.
Quelques définitions de l'auteur étaient entre parenthèses. Cette
particularité ne s'est pas laissé deviner tout de suite : c'était une
sorte de précaution oratoire pour l'emploi de certains mots que
l'usage courant n'autorisait point. Mais depuis la dernière édition
de V Académie (1878) et le Dictionnaire général, cette excuse a du
être supprimée dans nombre de cas.
Un travailleur tout plein de son sujet, et justement avare de son
temps, use de certains artifices de rédaction qui, pour tout autre,
deviennent de véritables énigmes. C'est ce qui est arrivé à l'abbé
Maze pour certains chiffres ou marques que portent ses petits
feuillets^ aussi bien que dans ses citations d'auteurs : il est pour-
tant à présumer que Dm remplace Duméril et J T. Julien Travers,
De son côté, M. Letendre a emporté dans la tombe la clef de dif-
férentes initiales majuscules intercalées dans ses définitions. Leur
suppression est peu de chose, au regard de la multitude d'anciens
textes publies depuis vingt ans et qui eussent pu fournir matière
à des rapprochements propres à piquer la curiosité. Par bonheur,
la principale utilité de cette étude n'est pas làj mais bien dans
— 108-
V avantage que les amis de notre ancienne langue en tireront pour
des comparaisons non moins attrayantes qu*instructives.
Notons en finissant que les fiches de Vahbé Maze témoignent
souvent d'une double rédaction. Si minimes que soient ces pro-
blèmes philologiques^ maintes fois ils ne se laissent pas résoudre
tout d'abord.
L'Abbé A. TOUGARD.
8 Juillet 1903.
GLOSSAIRE
A, pronom (généralement devant une
consonne) = elle. A ma dit eha;
mais aussi : A y a dit eha, — L C.
A, AS, article = aux. Fé pue à gens
(faire peur aux gens). — L.
Abat-vent, a-ha^van, contreyent. —
L C. ajoute : « et cloison à Tinté-
rieur ».
Abaubeb, accabler de sottises. — M.
écrit : « abhorrer, a-bo-ré ».
Abaubib (M. : abàorrir), abaisser quel-
qu'un, le réduire à rien. Il est ahauri
par ses éfans. — B.
AbbA, a-héy abbé.
Abbbsse, a-hê'ce, abbesse.
Abboqubtbb, a-bek'té, assembler bout
à bout deux pièces de bois.
ABBUBoniB, ne pas nettoyer, laisser la
saleté s'amasser. — L.
Abitbb, a-bi'té, toucher à (voir biter).
L'ancien anglais abiters = mordu,
dévoré.
Abitcteb, accommoder, diviser, écraser
les mottes dans une pièce de terre.
Aboli, a-bo^i^ abattu, triste. — L.
Abolie, a-bo-li, abolir.
Abondakohe, a-ban^-dan^'cke, abon-
dance. Abondanche de biens enn nuit
pas.
Abonbb, a'bâ'néy abonner.
Aboulbb, a-boû4é, apporter, envoyer.
Aboule-Moi fn ergent.
Abbb, â-dr0, arbre.
Abbeoeb, a-bre'^-géf abréger.
Abbeouib, a-be^r'ghî (le sens manque;
le même que abeùrgvir).
Abbeuvobb, a^breu-vouè, abreuvoir.
Abbirb, a'bri'yé, abriter; s'emploie
pronominalement.
Absinthe, ab^in^-te, absinthe.
AbsoluTEHENT, ab-sthlv-te-man, abso.
lument.
Absoude, ab-sou-de^ absoudre.
Aoaonabdi, devenu sans force, sans
courage. — L.
Aoaonabdib (s*), devenir paresseux.
— L.
Aoatbb, se ménager adroitement un
achat souhaité par un tiers ; j voulais
avè le j'va à Pierre^ mais Ugène l'a
acaté, — A A.
AoCAOHBB,aw;a-0A^, chasser vers. Aca^
che c'te vaque,
AOANT, AGANTé, en compagnie. J'irai
au marchai acanté vous.
ACANTEB, Oroan^-ti, incliner, pencher.
CVabre est aeantai. — L. — Voir
cantel.
ACOAPABEUX, a-eorpareu^ accapareur.
AOCENT, façon adroite d'agir. // a de
Vaccent. — L. — Au contraire : Y na
pas d'asenty il est maladroit. — L 0.
Acc LASSEE (S'), s'assoupir, tomber de
faiblesse. — L.
ACCLUQUEB (S*), a-olu'kyé, s'accroupir
par faiblesse ; ne se dit que des poules
malades. — B.
ACCO, étai, étançon, ce qui soutient.— L.
ACCOBR, étançonner, «outenir. — L. —
Rouen et le pays de Bray disent « éco-
rer». Accorer est resté français en
terme de marine.
ACCONDUIBB, a-eon-dulf conduire, ac-
compagner.
AccONNAfTBE, a-co-nète, reconnaître.
Ne s'emploie que dans la locution se
fé aconaîte^ se faire connaître ou re-
connaître.
Accouplements {n'avé que ses), être
très maigre, au point que le corps fasse
surtout ressortir les articulations qui
« accouplent » les membres.
Accoutum ANCHE, a-coti-tun-man'-ehe,
accoutumance, habitude.
ACCOUVER (s*), a-coH'Vé, s'accroupir; en
parlant d'un édifice : s'effondrer. F/a
l'temps qui s'accoure = devient très
bas et menace de pluie.
ACCRA IRE, a-crêy accroire. Tâcher d'fé
amorale que des vessies sont des lan-
ternesy essayer de faire croire des cho-
ses impossibles à admettre. — B.
AFF
— 110-
AFF
ÂCCRAITBE, a-rrê'te, accroître.
ACX!RAVANTIR, a-rra-ran-tl écraser. Du
roman u acravnnter y>.
ACCDLBR, a-Cft'Ié, éculer. Oargantva
àun* son enfance acculait se» ttdurs.
(Rabelais). — B.
ACBRFIN I corruption de cr à cette fin ï),
a cèr-fin, afin.
ACHA ! a-rhtf, çà, interjection, pour <» ah !
çà ». Achn mais* cha rn-tijinl?
ACHB, coup, blessure. IVcherê yn ache.
Variante : acho, — L. ; effacé. B.
ACHET.
ACHIEB, acier. — L. ; effacé. B.
ACIBREUX ? a-cU-reu^, acérain.
Acquiescer, abandonner, en parlant
des oiseaux qui délaissent un nid sans
y faire leurs petits. On dit aussi
<K acquiesrer » ; quelle est la vraie
forme?
Acquit, a-ki^ droit de place au marché.
Payer Vacqvit . (Voir cofUnme).
Actionnaire, ac-tionnè, actionnaire.
Actionner, presser ; terme de droit.
Actuel, otf-f?//?, actuel.
Adbbbr (adhérer), avouer, confesser
une faute. — L.
Adiré, a-di-yê. effaré, perdu (conservé
dans le style juridique).
Adiu, adieu. — B.
Adlési, celui qui négliRe son travail
l)our des choses qui ne le regardent
pas, qui ne le valent pas. — L.
Admeuant, en quantité suftisante. — L.
Admirer, ad-mi-yè^ admirer.
Adoeux, flatteur hypocrite (pour a. ado-
reur 3.).
Adonner (s'), a-don-né, coïncider. Si
cha s'adonne, ;V« serai rotent. — L.
— Locution : s'adonner eUcz. . ., venir
souvent chez . . .
Adorer, a-do-é^ adorer.
Adosskr, a-dn-cè, adosser. 11 fi'est pas
prouvé que la prononciation rc 6 suivi
de deuxx)) poit défectueuse. Du moins,
Littré donne les deux.
Adouchir, a-dou-chîy adoucir.
Adraichb, a-drè-che, adresse.
Adbait, a-drè^ adroit.
Adraitkment, a-drè-t'menf, adroite-
ment.
Adultère, a-dul-tè, adultère.
Adversaire, ad-xcr-sè^ adversHire.
Advineb, ad-ri-jié. deviner.
AFFABLE, a-fâ-hlc^ affable.
Affaiblir, a-fêe-bli, affaiblir.
Affairé, a-/é-ê, aft'iuré.
Affalé, a-fa-iê, ruiné; peut-être de
(L rafale :^.
AFFALSIt (8*), Be dit d'un homme qui
s'affaisse ou d*un bâtiment qui se taase.
— LC.
Affé (une bonne\ une aesez grande
quantité. Une bonne affé de bouas, — L.
AFFÉ 'être à **«), connaître son com-
merce ; surtout, être en position avan-
tageuse, être riche
Affecter (s'), a-feeté, augmenter son
mal par Timagination.
Affbtkr, assaisonner. — L.
Affianci, a-f an-ci, réduit en fumier,
enffan,
Affiancir (8*,\ a-fiân-ei^ se mettre en
fumier.
AffiladEi à-fi'larde^ enfilade.
Affilage, a-fi-lâ-çe (ou raflilafre). aflS-
lage des faucilles. En B.-N., « la repas-
sée d*août ».
Affile (d'), a-fi-le, de suite, sans inter-
valle. Il nnà avalé quatre d^affile,
Affilêye ïd'). a-Ji-leye, fans s'inter-
rompre, lia fait San trara tant d'vm
affilêye ; sens primitif : longue suite
d'objets mis en file.
Affilêye, aiguillée de fil.
Affiler, a-Ji-léy enfiler (une aiguille).
Affiloisi, a-Jî-lonêy-zi, effilé, grêle.
— L»
Affiloqder, a-fi-lo'kyé, pousser long
et grêle. — L.
AfpistoLer, a-fis-tO'lé {le mot manque ;
voir ajuster).
Affistoqubr, a-fisS'to-kyéy arranger.
Affleurer, a-fleu-é, affleurer.
Afkluber, affubler. La fi*t d^un mantel
affuber {liom, de Hou).
Aflabet, a-fla-bê, aîphabet.
Affligé, a-jn-gê, 1<» affligé; 2° estropié,
contrefait; se dit souvent d'une tête
légère.
Affhêllé, a-frêl-lê, empressé ; qui ne
sait pas attendre patiemment.
AFFRITER, a-f ri-té {lacune^ se dit sans
doute d'un jeune arbre qu'on amène à
porter du fruit).
Afful (homme d'), a-/*/, homme de
re9.**ources, avisé, capable. Ce*t un
honiwe d'affût, son jjcre était canon.
Malgré le calembour ci-de.- sus, on doit,
je crois, corire a homme d'afl^ul »,
c'est-à-dire docteur. — V. DelbouUe,
sur « affûter d.
Affulê, a-fu-lt\ coiffer.
Affuler (s), a-fu-lé, se coiffer, se cou-
vrir de son bonnet.
Affûté, a-fû-tê, habile; ne s'emploie
qu'ironiquenient.
AFFUTER, a-fû-té, 1» épier : gnète çu
cat qu'affûte une souis; 2« quereller,
tancer; aiguiser.
ÂJE
— 111 —
ALO
ÀFFUTiALSf a-furtia»^ afflquetB, affu-
tiaux.
AOA I tiens ; vois doQC I
AOACHER, a-ga-chè^ 1» agacer; 2® émous-
Ber un tranchant. T m'a agaf*M mnn
eoutè^ qui n'y a point moyen d^ t'en
servi.
ÂOALOPEB. accourir vers. . . — B.
Age (homme dM, a-;>. vieillard; on dit
également <r femme d'Âge ».
Aoé (être), à-}^.. avoir l'âife requis pour
une chose, pour un emploi ; le plus
souvent « majeur ».
AOSRS, â-)êr. lefl ugages. Je n^ connah
pat les agert de la maUnn. (De agere'i)
AoiMBLÊ, a-jini^-hlé, léjTer, exalté, illu-
miné. Tête agitée. — L.
Agitation, exercice. — B.
AoNEL, 0^7 If e. agneau.
Agonir, a-no-ni^ injurier. Ce mot, qui a
cours à Paris, ent chez nous moins
employé que le suivant.
Agoniser (de RottîKes^, a-gô-ni-zé^ ac-
cabler d'injures. I m*a agonUai.
Agouter, a-goit-té, assaisonner, donner
du goût ; avoir goût pour : un fricot,
une personne.
Agripper, a-gri-pé, saisir. Ce mot
français signifie surtout chez nous
« prendre en secret, escroquer ». Il
s'emploie pronominalement et alors
signifie « s'accrocher ».
AORTppEnx. a-gri-peu^. escroc, voleur.
AouiAN, exclamation de douleur phy-
sique : « aïe I ». — L. — Voir haguian.
Agitionettes, a-ghyi-gnè-te, étrennes.
Aide, êy-de^ aide.
Aigreur, ê-greu^ aigreur.
Atoutllktte. scandix (plante). — B.
AiQUiLLiE, é-<7Kt-VM?, aiguillée.
AlLLEUR, a-yeuy ailleurs.
Ain, hameçon ; mot anglais. — L C.
Aîné, in^nè. aîné.
Aînesse, in^-nê-ee, aînesse.
Air. i<, air. Y aurait-il moyen de raie
Vé?
Aire, è, planche do jardinage. J'ai fait
deux aire* (é) d'oignon.
AiRER, ê-r^t aérer.
Aise, ey-ze, aise.
Aisi, ê-ze, aisé.
AiSRR (r*), e-zé. profiter de, jouir d'un
avantage. Il t'aite de..,
AiRETés, e:''téSy besoins naturels. Ikire
tet aisetèt.
AiRSOAiNGNTE [avè T), avoir Veau à la
bouche, au fig.
Ajeter, of'té, acheter.
Ajistkuz, aj'teu^t acheteur.
Ajever, afvè, achever.
Ajorner, a'jùr-nè^ ajourner.
Ajusté, a-jut-te. habillé. — « Affûtai,
afiistolai, ajustai ». Un homme affûté
est celui qui manque de eroû^ et qui
porte des vêtements dont le prix n'est
pas en rapport avec sa po««ition. Celui
qui est afF^oU^ manque de eoût éga-
lement, purtout dans le choix fit l'as-
semblage dps couleurs des diverses
I parties de son costu»ne. Celui qui est
j ajvst^^, est celui dont les habits sont
I mal proportionnés à sa taille, — B.
j Alatri, a-lâ'tri, se. dit du pain mal
I levé. — L.
I ALniftRTR, aJ-jé-i, V actif, alléger (v.
nllf'gir): 2? neutre, devenir léger ; en
parlant des terres, e: devenir meubles ».
Dans ce second sens, on dit aussi rai-
gérir.
Alippb, a-U'jy.^ soufflet, chiquenaude
(du latin alapa) .
Allaiter, locution : allaiter evnne
raqtM = mettre une vache en état de
donner abondamment du lait. — B.
Allé fet devant une voyelle, al)^ elle.
AllegÉrtr. al'J^-i, alléger, rendre
moins dense, moins compact. Let mou-
tons algfirissent la terrf.
Allegir, algî, !• allégir, 2» alléger.
Alleuse, a-lru^-:e, allure. — V. allure.
AllÊye, a-ley-e^ allée, corridor, o Allée
et venue » se dit comme en français.
— N'est-ce pis seulement au pluriel ?
— Ce mot franchit le détroit avec les
Normands : T/uit in an aleye had a
privée placr. ChâUCER, cant. T.
Wright, V" « Aleye )>.
Alltche (adi.K a-li-ch^, bon pour la
course : par suite, mai^^e, élancé ; se
dit d'un animal.
Allononer, a-lnn-gnéy allonger, lancer.
Letru prit, la lanre alongna. Ex. Ber-
nard : Wagb, Rom.de Brnt, II, 167.
Allou, a^oHy entreprise à forfait. Ual-
lou tue le corps et lajornée tue l'âme.
(Proverbe).
Allouer, a-//>»^, entreprendre; anglais
allow.
Alloueux, a-loueu'. entrepreneur; se
dit des moissonneurs.
ALLOUvr, a-loii-vi^ affamé comme un
loup. [Locution plaisante : Il ent tenu
de S. Allouri.]
Allummbr, a-lun^mé, allumer. AH un-
mer la se (soif) = avoir une soif ar-
dente.
Allure (ch^^val d*), a-lu-re, qui va
l'amble. Allures^ au plur., démarches
suspectes.
Aloser, a-/o-r^',louer, i>ràner( al laudare).
Alouètir. a-Irrè-tî. tourner à l'ouest
(en parlant du vent).
ÀMO
— 112 —
ÂNN
ÀLTiREB, aUté-é, altérer.
Alwètie (une), saute de vent à Touest.
— LC.
Amain (subst.). a-min, à sa portée. Cte
fât (faux) egt hisn à mnamain. Il a
la parole à tnamaih. = il parle faci-
lement. — L C.
Amalinib, a-ma-li-nij croître en intelli-
gence, devenir plus fin, plus malin
(voir ce mot).
Ahapeb, a-mâ-péy injurier grossière-
rement.
Ahare, a-mâ, amarre.
Amabeb, a-ma^j se dit, au jeu de bonle,
du premier qui lance la boule (com-
mencer le jeu).
Amabicandagb, a-tna'ircan'i-dâ'je, as-
semblage de nœuds inutiles.
Amabigandemekt, a-mu-i'Oan^-d'man,
même sens.
Ahabicandbb, a-ma-i-ean^-déf mal at-
tacher, avec une corde à laquelle on
fait des nœuds inutiles. Ce mot sem-
ble un péjoratif de « amarrer ». —
Voir hahcander.
Amabbeb, loc.interj. : amarre-là, halte!
arrête-toi. — L.
Amasbeb, a-mâ-cé^ 1" v. a. comme en
français: 2« v. n., mettre en tas une
récolte épari)illée (par ex. : blé, avoine,
foin).
Amelettb, an-mlè-te^ omelette.
Amrndbveb, a-manUtvè, voir ramun-
tever,
Amenne, a-man-ne, aumône; surtout
employé par les mendianU Evnn'
p'tite amenne. si vo plaît. Voir ommne.
Serait-ce l'origine de « amende » ?
Amemdir, a-me°-nuî, amincir.
Amekuibek, a-me^-nui'Zéy amincir.
AMEB, a-mé, amer. Des deux genres :
ainsi eunn' ptmune amé,
Ameb, subst. (au DicL général) ; locu-
tion : Y a pas d'amer à ce qu'y dit =
on ne peut s'y fier. — L C.
Ami (bon-), hon-na-mij futur, épouseur.
Ami (au sens de parmi) ; voir mi.
Amical, a-vii-ea^ amical.
Amignonkb, a-mi-gnon-né, amignoner,
amadouer.
Amiononeux, a-migmA-neu'^, mignon,
affectueux.
Amitié, a-mi-tye, amitié.
Amitieuz, a-mi-tyeu'^, affectueux.
Amitouflkr. a-mi-tou'jlé, envelopper
la tête. On emploie plus souvent la
forme a emmitoufier jd.
AmmaIRB, an^-mé, armoire. V. enmaire.
Amollir, a-mô-îî, amollir.
AmonÊteb, corriger [c'est le français
a admonester ]>].
Amont, a-tnan; !• est. Vent di'amoni,
pays d'amant ; 2* raidillon, Y a dez
amonts su la route.
Amontair, a-mon-tais\ 1® Cauchois
étranger aux cantons dn Havre, de
Montivilliers, Criquetot, Goderville et
St- Romain. La grande faille de Fé-
camp à Lillebonne peut être considérée
comme la limite au-delà de laquelle
on est « Amontais » ; 2° qui est d'ar
mont ou d*est.
Amontbr, a-mon^'ièy monter, gravir.
Amouchelkr, a-mour^hlé^ amonceler.
Amottillantb (vache) , a-mau-yan^e,
prête à vêler.
Amouoqttb, fleur des champs, cultivée
aussi dans les jardins {antlùmis eotula).
— L. — [La forme la plus autorisée
semble être a mouroque D. Voir ce
mot.]
Amoubbuz, a-mon-eu^, amoureux.
Amourbdsbment, a-mou-eu-se^man,
amoureusement. .
Amplrub, atn-pleu, ampleur.
Ampoteumme, apostome. — L.
Ampréb, après, ensuite — L.
Amucrib, a-mu-cri, devenir humide.
Voir muere.
Amunition, a-MU-ni-cion, munition.
J'ai adwté dv pain d'amunition p&r
mes hétes. JfStsd d'amunition. de soldat
Amhse, a-mu-ze, dérangement. Are de
Vamuse se dit surtout d'une visite in-
tempestive qui force d'interrompre un
travail commencé.
Ancien, an-cyen, vieux (outre les sens
du français).
Anercer, a-nèr-cé, inciter, agacer; pro-
bablement surexciter les nerfs.
Ange, an-je, petit papillon du genre
pyrale ; teigne des pelleteries. [Au
sens de « espèce », doit s'écrire enge,
comme le prouve le dérivé « enger »
de la langue classique.]
Angoissé, aH-gont>.-cc, irrité, vexé.
An G CL AS, an-go-lâs, angora.
Anquent, an-gan, onguent.
Anguille, an-gui-ye (et non ghi), an-
guille.
Anientir, a-nian-tif abêtir. Littérale-
ment (( anéantir », comme le prouve
la vieille forme anglaise « anienti' b.
WilfnlUche that wikkedU^he and froide
wercy, aniente. Pit-rs, pi. p. 365.
Wright, v» anieïUe,
Animal, a-ni-ma, animal.
Anne, àn-ne, V aune (mesure, et arbre);
2» âne. Kn dehors de la locution
a bonnet d'âne 9, on dit généralement
« bourrique ».
Annel, û-/tc, anneau.
Annète, a-iœyct année [Voir p. 102].
ÂPP
- 113 -
ARR
Akkuel, an-^'nyêf annuel.
ANOuiLLÈBS,a-m7«-^0, vache qui n*ayant
pas vêlé dans Tannée, continue à don-
ner du lait (de annvs).
Ansette, an-cète, petite agrafe.
ANTBD'Jii^ locution « an et demi d.
Antenois, anrte-mnâ, mouton âgé de
plus d'un an.
Antomie, squelette humaiu. Y n'botiga
peu pu qu'evn antomie. — L.
Anuit, a-nui^ aujourd'hui (Yoirenhui),
— L. écrit aussi : Annui.
Anuiteb (8*), s'attarder, se Inisser sur-
prendre en voyage par la nuit.
Aouteb, atr-téy faire la moisson ; litté-
ralement « faire le mois d'août d. —
L'Académie ne donne pas ce sens.
AouTEUZ, aw-teUf aoûteron.
A PENCHEE, prendre de la pente, mena-
cer ruine. Cet arbre saptmche. — L.
Apebcheveb, aper-che^-vé ^ apercevoir.
S'emploie aussi pronominalement com-
me 1« verbe français.
Apebchde, a-^er-cAwe, aperçu (s. maso.).
Par épercktt. Avtrr h ne aperchue =
soupçon ou connaissance d'un fait que
ses auteurs voudraient cacher.
Apityeb, a-pi'tiéf apitoyer.
APOINTIB, a-poin^ti, rendre pointu, ai-
guiser; terminer en pointe.
Apollon, a-po-lon^ corsage à coulisse,
cauiisole d indienne que portaient les
femmes vers 18^0.
Apos, a-po, besoin, vide, ennui, anxié-
té (comp. apvria). Il me /ait apog de
tnu é/anty edpU qu'il eH parti. Et,
avec une nuance remarquable, on dit
d'un mort ; / n'fw fait point apos ^
il esc peu regretté. Apposer^ ancien-
nement, voulait dire u questionner ».
Alors, apog serait Tanalogue de
tt gêne ».
Apothicaibe, a-po-ti-kyèj apothicaire.
Vaut viieujo aller au hifulanger qu'à
Vapotikyé,
APPANiAX,a-/7an-i»iâ, atours, vêtements
magnifiques. Le sing. appanel est inu-
sité. Depannum [?J — L. écrit apa^
nias.
Appabeilleb, a-pa-rê-yé, apparier.
APPARIEE (s') a-pa-rié, s'habiller pour
une cérémonie, prendre la tenue qui
lui convient.
AFPABTENiu, unipera. : « il est dû r
Jl appartînt ben un éou pour çu Ira-
xaU'lâ,
AppÉTICH ANT, a-pé'ti-cfian, appétissant.
APPàTiCHEB, a-pé'ti-chéy appétisser [et
aussi (C apetisser » ?].
APPIPEB ( L. écrit a apiper »), a-pi-pé^
piper, allécher ; tromper.
Appipotkb, a-pî-po-ti (diminutif du pré-
cédent), piper; tirer profit de. . .
Appiteb, a-pi-yé, appuyer [conforme à
la tendance qui, pour faciliter la pro-
nonciation, supprime n dans cette
diphtongue : du brit, du fr'U, xmpits,
de la />Zic].
Applaudib, a-plaiv-dU applaudir.
Appolitaines, a-po-li'tin^ne, suite de
cartes de même valeur ou couleur dans
la même main.
Appopbieb, a-po-pryéy approprier, au
sens de «r nettoyer ».
Appoueb, appuyer. — L.
Appoussbh, a-poâ-fié, livrer, transmet-
tre (iittér. a pousser vers. . . » ).
APPBècHANT, a-pr^'Ohan; !• adv. « à
peu près » : U ettt midi ou apnré^
chant; 2» adj., traitable et doux.
Appkècr'rk, a-prè'ché^ approcher; an-
cien français « apresser », de^ré*.
Appbentip, a-pran-tify apprenti.
Approfiteb, a-pnt-fi'téy utiliser, mettre
à profit.
Apbbtint aille, a-pe^r-tin^-ia-ye, pre-
tentaille ? assemblage de grelots et de
son nei tes que l'on met aux chevaux;
au fig., attirail.
Aqué, â-kiéy rassasié jusqu'au dégoût.
AQUEB, ârkyé, amorcer, garnir d'appât
les hameçons.
Aqueutkment, a-kyeu^-Vman, affaiblis-
sement causé par la maladie ou les
pi r valions.
Aqukuter (s'), a-kyeuUé, s'affaiblir
par de trop grandes privations.
Abaseb, arriver très près de. . . — L.
Abbitbaibe, ar-bi-tré, arbitraire.
Abbite, nr-bi-te, arbitre.
Abc AL, ar-ca^ voir eroal.
Abchitectube^ ar-ehi'tec'tu, architec-
ture.
Abdeub, ar-deUf ardeur.
Aeèchs, a-rè-che^ arête. Voir érèque,
Abqenteuz, ar-gen-teu^f qui a de la for-
tune. Voir ergenteux,
Abismétiqub, a-rii-mé-tik, arithmé-
tique.
ArlaiiM^tiqtie siBt en l'ombre,
Ou elle dit oa elle nombre
Que 10 et 3 et 1 font treize.
Henri d'Ahdbu.
Abhubeb, locution : Çu galopin-là^ je
ne peux point en ar murer = en venir
à bout. — L C.
Abouilleb, a-rou-yé, rouiller.
Abouteb (s'), se mettre en route. — L.
ABBAOEB, ar-ra-jéi enrager. On trouve
en anglais la forme araged.
Abbangeant, a^ran-jan^ homme aveo
letiuel on s'accorde aisément.
— 114 -
kTt
Ar&angueb, disposer par rangs. — L.
ABBÊT, a-rè, repos. Cest un homme qui
n'a pas d'an et.
Abbbteb, ar-tét arrêter. Arter du
trtfvffe = faire manger le jeune trèfle
par les bestiaux, pour arrêter sa crue
trop hâtive. — B.
Abbia, a-ria , embarras, confusion ; con-
trariétés. Il y a eu bitn des arrias
dans la société. Voir Du Cange. — L.
écrit aria.
ABBIÉBAGE6, a-riè-â-je, arrérages.
ABEIÈBB, a-rié. Voir errière.
ABBIÉBÉ, a-rié-êf arriéré, qui est en re-
tard dans ton travail. — B.
Abbivée, ari-vêye, arrivée.
Abriveb {h*) a-ri-ré, survenir par ha-
sard ; a ordinairement un seub fâcheux,
comme en latin accidit.
Abkondi, a-ron-dif ? ». m. ; courbe, s. f.
Aerouseb, a-rou-zé, arroser.
ABBOUBikUX, a-rou'zeu'^f arrosoir.
Abkouteb, a-rou-té, mettre en route.
Abbueb, a-rué, jeter un objet à celui
qui le demande. Arrue-moi cha,
Abrun, a-ruH^ arrangement, ordre. Sa
femme n'a pas d'arun = tient mal son
ménage.
Absouille, ar-sou-yey vaurien.
ABSOUILLEB, av'soû-yéy maltraiter, in-
jurier; harceler?
Abtèbe, ar-tè, artère.
AS, appât pour un hameyon. [Le dérivé
âquer ne supposerait il pas un primi-
tif at?, prononcé à ?J
As, s. f., dss, as courante.
A&PIC, as-pic, dans la locution usuelle
a huile a'aepic » est une altération ue
<x huile de spic p.
ASBAHSIN, a-ça-cin, assassinat.
AssABlNELX, a-ça'Ci-neu'^f assassin.
ABSAVtB, a-sa-vé, savoir. Ne s'emploie
qu'après a faire Jt>. C est à tort, cruyons-
nuus, que l'Académie écrii a faire â
Bavoir ». [Le JjUtiou /taire général
confirme cette remarque.]
AbsemblêyE, a-san'^-blêye, réunion
champétie. C'est la même chose que
le a pardon j> de la Bretagne ou la
a kermesse n de la Flandre.
Ahbéqueb, a-cé'kyé, assécher; s'a^tsé-
qtier, devenir sec. La viare iasëetine.
ABBiÉf ÊYE, a-eyè-iêy, assiette, dans le
sens a contenu aune assiette». Com-
me on le voit, ce mot corrige la pau-
vreté du Iran vais. [L'observation est
ofticiellement exacte; car, si les voca-
bulaires prouvent qae ast^iêtée a été
employé dès le xvii* eiècle, 1 Académie
De le cite qu'avec restriction.]
Abbiètbe,' a-ciè'tre, asseoir.
ASSINEB, a-ei-Tiéf assigner.
Absohmeux, a'Çon-meu\ assommeur et
assommoir.
AssoBEB, a-sô-ré, assaillir, insulter, que-
reller. Il Va assuré de sottises = acca-
blé d'injures.
AesUBEB, a-'^u-é, assurer; parfois au
sen» de « étayer, rendre plus stable ».
ASTBUB, aS'tev, maintenant; contrac-
tion de a; à cette heure ». Dans une
lettre d'Henri IV : axteure,
A&TiC0Ti!.B, as-ti-ev-ter, aiguillonner,
fréquentatif de « astiquer ». L'Acadé-
mie ne donne à ce mot que le sens
tiguré (( traca&ser, contrarier ».
Astiquer, as-ti-kté, appliquer, en par-
lant d'un coup de fouet ou de bâion.
l)e l'anglais iittck,
ASTBAPADK, asstra-pa-de 'y voir attra-
pade,
ASTBEiNDB, as-trin^e, astreindre.
Atkbuek is'), s'attarder. Se demorer^
ne t'atargier. (W., II, 12tt). — L. —
Une note de B. ajoute : a N*est plus
employé ».
ATiGMOLE, a-ti-gno-le, boulettts de char-
cuterie.
Atomie, maigreur extrême. — L.
Atbehyememt, amas de choses inutiles
ou superdues. — L.
Atbuqueb, attirer quelqu'un chez soi,
inviter. — L.
Attakié à la poitrine = poitrinaire.
ATTAQUEE, a-ta-kiéy attacher, et aussi
attaquer.
ATTÉDIANT, orté^-diant, ennuyeux, fa-
tigant. Du latin tœdium, ennui.
Attedieb, a-tée-diéy fatiguer (morale-
ment), ennuyer.
Attelée, a-tléye, temps pendant lequel
le» chevaux restent attelés. Mj peu fé
dm en trois ailé y es.
Atteleube, a-tU'u--:e, l'ensemble des
quatre chevaux qui traînent un cha-
riot. J'ai enn' belle atteleuse.
Attembki, a'tam-'h'i^ éclaircie par les
inteuipérics des saisons (eu parlant des
céréales et des fourragea en herbe), —
B. — Vlà du Ue bien attembri.
Attendbichakt '/ a4an-dri'Ckaf^ at-
tendrissant.
Attendrichbment, a-tan-dri-che-man^
atteuurissement.
Attentif, a'tanrtif\ y oit entent if.
ATTKNTIOXKÊ, a-tan-cûm-nCy complai-
sant, qui a des attentions pour quel-
qu'un.
Attebder, a-ter-dé, attarder.
ATTIÉDIE, a'tyé-di; 1« rendre tiède;
20 pronominalement, se livrer a l'étude
avec passion, il tst alors synonyme
de o: s'attédier ».
AVA
— HB'—
AYR
ATTirsB, a-tUfé {lacune^ le mot est
d'ailleurs français).
Attifias, a-ti'Jiâ, attifets.
Attisée, a-ti-zeye [lacune). — L. expli-
que : feu brillant, qui doit durer peu
de temps.
Attouchbr, a-ton-ché^ toucher.
Attbaineb, a-trin^-néf entraîner; ap-
porter, amener.
Attbapade, a-tra-pa-de, contusion lé-
gère. Les précieux disent a autrapade ».
Attbape, tromperie. Faire une attrape.
Attbaper (8), a-tra-pé, se heurter con-
tre un objet; par suite, ae blei^!<er.
Attbapeux, a-tra-ptu'^, trompeur; im-
po;)teur, voleur, séducteur.
Atkeuykb ou RATTKYBR, attirer ou
rattirer. — L C.
Atyper, a-ti-pé, assortir ; assembler des
objets de métne sorte (de tuëme typej.
Aube, aw-be, aube (de moulin).
Auberge, ait-her-je, auberge.
AUBIEB, aw-bié, aubier.
AUFBAOfi, blessé, brisé. — L.
AUOE, aw-je, auge.
Auguionettes, aw-ghyt-gnè-te, étren-
nes. On dit aussi a aguignettes ».
Aw-MÉB, armoire. — L C.
AUTE, aw-te, autre.
Autefois, awt'fè, autrefois.
AUTEL, aw'tê (arch.), autel. Pluriel :
<f autias », aw-tiâ.
AUTBB, aie-té'j v. aouter,
AUTEUB, aw'teu, auteur. S'emploie sou-
vent pour a cause ». Cent cka quest
l'auteur de men uialue, Jnen êieus
poM Vauteu,
AUTEUX, ajC'teu''\ v. aouteux.
AuTouu de (être), être occupé à...
— L.
AVACHIB ?
AVAL, a-ra, aval. Vtnt d*aval, vent du
sud-ouest.
Avalasse, grande pluie, inondation
causée par un orage. Jl est tumbai
eun avalasses
Avaleuse, a-ra-leu-'ze, avaloire (pièce
du harnaiS; ; se dit également pour
« valleuse » et, plaisammeut, pour
tt gosier i>.
AvALLRUSB, a-va-leW^-ze, descente de
falaise.
AVALLON, petit vallon, très petit coteau.
— Li.
AVANCHE, a-Tan-'Che, avance. Au fig. ;
ace de l'axanche^ c'est être à son af-
faire, être riche,
AVAMCHBR, a-ran--c/ié, avancer; quel*
quefoîs, travailler à Tavance. Jl «'a-
vanche pour allé à la fée (foire) de
d'tnain.
Avant, a-ran, profond. Percher avant
= creuser un trou profond.
Avantager (s'), a-ran-tâ-jé, se louer,
s'attribuer des qualités, le plus souvent
absentes.
Avantageux, a-van-tâ-jeu^ : !• avan-
tageux; 2^ prompt au travail; pour
mieux préciser, on dit : avantageux
à Vouvrage,
Avant-guère, a-van-ghée^ avant-hier.
Voir higuere.
Avarice, a-va ï-ce, avarice.
Avec, a-reu^ avec.
Avecque, a-rc-quc, avec.
AVEINE, a~cin*-He^ avoine.
Avei.nerie, a-vin^'H'niej champ dont on
vient de récolter l'avoine.
Aveintk, a-vin^-te: ne s'emploie que
dans la locution avé de l'aveinte =être
capable d'atteindre haut : et, au tiguré^
être influent auprès des grands.
AVENANT, a-vnan^ poli, de manières
agréables; à l'avenant = en propor-
tion.
AVENIB, V. impers, inusité à l'infinitif;
!• arriver, il Varient drôlement; 2»
convenable. / n'ii avîiU guée d'fée
fmouêsieu. — L.
AVENTUBis, a-van^-tUf aventure.
AVENTUBBB, a-van-tu-é, aventurer.
AVER, a-véf avoir (verbe) ; le substan-
tif se prononce comme en français
(( avoir ».
AvÂREB, a-té-é, avérer.
Aveugle, a-ren^-gle, aveugle.
Aviser, a-vî-zé^ regarder, voir de loin.
AviBiON, a-vi'Zion, idée saugrenue. —
Avisoure, a-ri-zou-re;, invention; s'em-
ploie rarement dans le style sérieux :
ce qui mêle fait croire étranger, peut-
être auvergnat.
Avou, a-voUy prodigalité.
Avouer, a-voué, u^er. uVa laveuse a
arové pansabltment de tavon, — J. Tra-
vers donne cet exemple : A force de
bouillir, cette eau iest avouée,
AvouBTEB, a-vour-té^ avorter.
AVBBLA8, a-ve^r-lâ^ attente impatiente,
hâte de voir arriver ce qu'on désire.
AVEKLAUDIEB, a-ve^r^law-dié, impa-
tient, homme d'un empressement
inopportun.
AVBIL, a-rri, avril. Avril neien va pas
sans épi^ et mai ians épi de blai.
Avbillbt, a-cri-péf poisson d'avril 7
cri des enfants.
BAI
— 116 —
BAH
B
Babbt, la Bàbet = Elisabeth.
Babiller comme unjngneux. Leë peî-
gneurs de lin étaient très bavards.
Babouikeb, ba-buin-ne, babines, lèvres.
Eisuie tes habouines, dit-on à un en-
fant
Bachineb, ba^hi-né, bassiner.
Bachinet, Ja-uAi-fiè, bassinet: 1* plante
(ficaire et renoncule) ; 2» pièce du fusil.
Bacholleu, ba cko4é, chanceler.
Bacul, ba-cu-, voir bat-cul.
Baculbb, ba-eu'lé, se dit d'un cheval
qui devance l'autre, parce qu'il tire
mieux. — L,
Baffbeb, ba-fré, manger gloutonne-
ment.
Bafot, fta-/i*, avant-train d'un chariot
démonté pour porter rtes arbres.
Bafuteb, ba-fu-té, porter des arbres
avec le « bafut ».
Baoatin, baga-tin-, baladin, saltim-
banque.
Bagkole, ba-gno^lct pour « baniole »,
de banne: 1" voiture en mauvais état;
2«> voiture incommode «t grossière.
Baooul, ba-gou : !• loquacité; se dit
aubsi dans le Bcrri ; 2* babil peu intel-
ligible. — L.
Baqoulabd? ba-gou4ar, bavard.
Bagouledx, ba-gmt'ltu\ 1» bavard,
vantard, qui a du bagoul; 2«> celui qui
parle hi mal qu'on ne peut le com-
prendre.
Baguenas, ba-ghe-nâ, niais, badaud.
Baguenauder, ba-ghe-narc-déy rôder,
flâner ; se promener en badaud.
Bahut, coffre en bois; par extension,
spécialement, <c coffrée de la noariée ]>,
qu'on disposait dans un bahut. — L
Baille, bà-ye ; l® cuvier à mortier ; 2*
tinette (dans le Calvados).
Bailler un banneau, le faire basculer.
Bailleuz? ba-geu-, bailleur.
Baril, ba-i, baril.
BarillÊye, ba-i-yêye, baril, au sens du
c contenu d'un baril ».
Baise, bê-ze^ baisure, biseau. Manche :
haiëè,., baUeul (dans Jul. Travers;.
Baise (ailkuis <l baisure »), point de
contact de deux pains dans le tour, où
la croûte ordinaire est remplacée par
une sorte de mie durcie.
Baiser, bê-€é, 1« baiser; 2^ tromper,
duper (V. DeibouUe).
BAlBSiiRB, bê-eié, baissière.
Balancées, ba4an-ehe^ balance. Chez
nous, le mot est toujours au pluriel :
Prête-wai tes balanches. Il en était de
même dans Tancien anglais : Are
there ballanee hère, to neigh theJUsch.
T. Wright.
Balancuer, ba-lan-ehé, balancer.
BaLANDINE, ba-Utn^-din-ne, balançoire,
escarpolette.
Balicand, ba-lircan, rôdeur, fainéant
qui se promène, au lieu de travailler.
— L.
Balicander, ba-li-ean^-dé (on dit aussi
baricander)^ se promener en fainéant,
en curieux importun. — L.
Balicandeuz, bien plus fréquent que
« balicand d, de ce baller » ou <( bras
ballants ». — L C.
Balichieb, fta-/î-cAi«, fabricant ou mar-
chand de balais.
Balibr, bâ-liéy balayer.
Baliettb, bâ'liè-te, balayette, petit
balai.
Balieuse, bâ-lieu^'Ze, balayure. J. Tra-
vers écrit balivres. Le plus souvent au
pluriel : Jette cha à baliruses. — L C.
Balive, ba-li-re^ baliveau. Balive de
cussart, partie de sillon auignée A
chaque planteur de colB:i et limitée
par ime branche enfoncée en terre.
Balivel, ba-li-rê, baliveau.
Balle, &a-2e; homme de balle, homme
de rien, comparer m homme de sac et
de corde ».
Balloter qitevovn = le tenir en sus-
pens dans une affaire.
Balourd, ba-lonr, défaut d'équilibre.
L. écrit bâlour.
Baluchon, paquet.
Bambochb, ban'^'bo-ehe [L. définit
c ivrogne d], bambocheur.
Bambocher, 6<iA--to-<?//^, vivre en bam-
bocheur.
Banukl, ban-dêf bandeau.
Bandoulièke, bait'dov'liè, bandou-
lière.
Bagne, ban-gne. Locut. adv., tuer à
bagne, jusqu'à baigner dans la sueur ;
ruvsêye (rosée) à bagne, rosée abon-
dante.
Bakgner, ban-gfU, baigner.
BANG^ÈYE, bangnêye, bain; forte
avertie. Kn ce sens, on dit : Itecfiecer
eunn bangnêye, comme à Paris 4L rece^
voir ime douche ».
BAR
— 117 -
BÂT
Baiïne, banane, grand tombereau; le
même que « benne j> qui est le celtique
benna. L'Académie admet banne avec
le sens de a grand panier d.
Baknel, ban-nê, tombereau, petite
banne. Les précieux emploient la
forme française banfteau.
Bannebêyk, ban-n'neye ( c. le c banne-
lée :p de J. Travers;, contenance d'un
banncl. Eunn' bannerêye du foumier,
Bannettb, ban-nè'te, ban nette. Manger
la bannette = se ruiner; allusion aux
colporteurs.
Banni ÈBS, ba-nié, bannière.
Banque, ban'^-ke; 1° rebords d'un bon-
leuof (bouloir), d'une cavée; en géné-
rai, toute élévation de terre en forme
de banc ; i^ nuage disposé en couches.
Y a «ne grosse banque sur le soleil.
Banques, ban--kié, l» pousser sa boule
À la banque (du bvuleux) ; 2» faire les
bans de mariage.
Bakqubt, ban-kiè, grosse balance.
Baouiste, ba-wiss-te^ bas-uormand;
voyez ouivet; au ftg., individu qui
lait Thomme simple pour mieux trom-
per les autres.
Baptême, ba-tin^-me, baptême; au fig.,
la tête. J'te vas cUmner sur le baptême,
Baptistbbe, ba^tiss'té, acte de bap-
tême; par ext., l'acte de naissance à
l'état-civil.
Baquetê, bac-tê, trop rassasié, qui a
l'estomac surchargé.
Baquetete, bac-têge, le contenu d'un
baquet.
Bab, bar; 1° civière de maçon: 2« sorte
de poisson ; S*» estomac, panse ; 4<» bâ-
ti sur lequel les scieurs de long font
porter les pièces de bois pour les tra-
vailler. Dans le pays de Bray, l'appa-
reil n'est pas le même, et prend le
nom clasitique de hourd. [Les deux
premiers sens sont entrés dans l'usage
général; la meilleure orthographe
serait bard.]
Bababbas, locution : Jl est connu coni'
me Barabbas à la Passion,
Babas, ba-râ, petit fût, spécialement
pour Teau-de-vie.
Babbabie, bar-ba-ie^ barbarie.
Babbicue, bar-bi'cliey la barbe du men-
ton, laquelle a plus d'importance que
c l'impériale », qui en a elle-même
plus que <c la mouche j.
Babboteuz, auge cimentée oH boivent
les bestiaux.
Babbotoibb. ~ B.
Babbouillbb le cœur^ donner des nau-
sées, exciter à vomir. — B.
Babbouquet, bar-bou-çuet ; 1* bride de
corde, longe passée dans la bouche du
cheval pour lui lier la mâchoire infé-
rieure; 2° barbuquet, et en ce sens
(( bouquet]» de bovque, pour u bouche d ;
3° le muguet, maladie des enfants.
Babdi, houle à la mer. — B.
Bardou, bar-dou^ sage-femme. Le mot
se rattacherait' il aux bardes ??
Babette, ba^tte, baratte.
Babokole, bar-jo-le^ se dit d'une par-
tie de dominos, quand les deux adver-
saires comptent le même nombro de
points. — B.
Babicandeb, ba-i-can'^-dé\ le même
que balicander,
Babicot, ba^i-câ, barillet.
Babomet, ba-ro-mê, baromètre.
Bahbb, bâ^re (outre les sens du fran-
çais), barrière.
Barbe, da, étang de retenue. Locution :
Faire barre (pron. fé ba) = arrêter
l'eau pour donner ensuite plus de force
à un moulin.
Barbe du cou, les vertèbres qui sup-
portent la base du cou. Jacques, si tu
montes là-havt^ tu vas tomber et te
casser la barre du cou.
BarbÂ, bâ-re, vergeté. Viau barre,
vaque barrêye. Souvent comme nom
de vache : la barrêye.
Babrée, ba^ycy feu à pleine barre du
foyer.
Babbel? bâ-rêy barreau; spécialement
H échelon ».
Barbette, bâ-rè-te, 1- petite barrière ;
2° petit barreau.
Babbiebe, bârrié, barrière.
Basdbstamieb, bâ-des'ta-miéf chausse-
tier qui fait des bas d'estame.
Babenoulb, bâ-ze7ircu^lêy courtaud.
Bâssk-COur, ba-ce-cour. Voyez cnur.
Bassiale, mauvaise maison. [Serait-ce,
par antiphrase, une altération de « ab-
batiale :» ?]
Bastian, Sébastien.
Bataclan, ba-ta-olan, mobilier, usten-
siles. Il a enlevé tout son bataclan.
Cest un bataclan du diable.
Bâtard, ba-tar, bâtard.
Batabdel, ba-tar-dê, batardeau.
Batabdibb, ba-tar-dié, qui a eu des en-
fants bâtards ; se dit oniinairement de
la femme.
Bat-cul, ba-cu, petit palonnier. Casser
le bat-cul,
Batel, ba-têy bateau ; v. les suiv.
Batelete, le contenu d'un bateau. — B.
Batial, ba-tia, bateau.
Bâti au, ba^tiaw, bateau.
BATIMENT, ba (a bref) -ti-man, bâti-
ment.
Batib, bârtir [lacune),
9
BÉG
— 118 —
BER
Batiste, air niais et méoontdnt. — L.
Batoks, bâ'tân, jambages droits que
Ton fait faire aux enfants comme
premier exercice d'écriture (et autres
sens du français).
Batteux, ba-teu'^, !• batteur; 2* bat-
toir.
Battie (batterie), 1" coups échangés;
2* battage du colza. — L.
Battièbb, ha»tiiy aire. Pour les céréa-
les, l'aire est dans la grange entre
deux tas; pour le colza, elle est en
plein vent. — (Au pays de Bray, la
batUère est une machine à battre.)
Battemaks, (o/t'-MA ; l» bergeronnette,
lavandière; 2** ricochet fait par les
pierres plates qu'on lance à la surface
de l'eau.
Battoqueb, ba-to-kyéf battre peu de
gerbes ; v. le suiv.
Battoqueuz, 6a-^tf-Ay«ie2, mauyais bat-
teur en grange.
Battes. Locution (empruntée à l'en-
combremetit du bétail à un passage) :
Comme U a btenpalU/ Les moU s bat-
taient au trou pou pasëvr.
Baudet^ hau-dè^ lit de sangles.
Bauyseb, vidanges d'une mare curée.
— B.
Bayaohe, ba-va-che, bave.
Bavacheb, borva-ohè^ baver.
Bavacheux, ba-va-cheu'^ (masc.), ba-
vette (fém.). — L C. ajoute : un ba-
vacheux^ celui qui cause sans savoir
ce quil dit ou qui cause trop.
Bayiolb, ba-vio-le, babiole, sornettes.
Baviolbb, ba-xiO'li^ conter des sor-
nettes.
Bayoleb, ba-tô-léf voltiger avec peine
près du sol. — L. — Kst-ce « voler
bas »? — M.
Batette, ba-yet', baguette. Traiter à
la bayette = accabler d'injures; ail-
leurs, tt mener sévèrement n.
Bazab, ba-zavj l^ bazar; 2« mauvais
mobilier. Il a enlevé tout le bazar et
U est parti,
Bazabdeb, ba-zar-dé, vendre à vil prix.
Béatilles, bé-a'tiryt^ amas malpropre
de chiffons ou d'autres choses inutiles.
BÉBÊTK, bé'bê't\ béte ; terme enfantin
[ailleurs, diminutif de a: béte )>].
Beo, ^«T bec. Faire un bee = donner
un baiser; terme enfantin.
BÉOACUE, bi-ca-che^ bécasse.
BÉOACHINS^ bé-ca-chin^-ney bécassine.
BÉOAR, insecte qui tourmente les mou-
tons. — L. — Kst-ce celui que man*
gent les étoumeaux 7 — M.
BÉCOT, bé'COy 1* gros baiser; 2" bouche
d'enfant.
Bbootteb, bé-eo-tét baisotter. — L. écrit
c bécoter d.
Becquemiettb, bec'tnietVy qui mange
très peu.
Bboqubr, bec-Jtiéy becqueter. Se faire
beequer = se faire duper ou maltrai-
ter. — Le parisien bêcher un individu
me paraît n'être qu'une transcription
de Oeoquer^ par substitution de la
chuintante à la forte.
Bedain, be*'tlain, veau; ne s'emploie
que dans cette locution injurieuse :
grand bedain.
Bbdamouer, bégayer, balbutier. — L.
Bedangueux, bègue; qui parle diffici-
lement ; se dit aussi, par plaisanterie,
bedattyous.
Bediâbb, be-diê, grabat, mauvais lit;
angUUs bed. — Leu lit est comww eunn
bédiéf
Bbdole, be^-do'le^ sot, ganache, niais;
à rapprocher de btdelle [voir beiton]
et bedain. Dans le Oevousbire bedo-
led = hébété.
Bédon, le battant de la cloche. -- L C.
Bedonkée, bé-dan-neye. iS>» donner une
bedonnée = manger avec excès.
Bbdomheb, be-don-né, frapper rudement
(comme sur un tambour). Bedony que
le peuple n^emploie aujourd'hui qu au
sens de a ventre », désignait ancien-
nement une sorte de tambour.
Bedot, bt^-dOy bedeau.
Bédouin, terme de mépris. SaU comme
un bédouin.
Béqubb, bé-ghéf bégayer.
Béhohu, bé-o-u, niais, knbécile, benêt,
abruti. [Semtilerait Tépellation de la
première syllabe d'une injure qu'on
n'a pas voulu achever.]
Bbitaillee, dire des bêtises ; conter des
fleurettes ; plaisanter.
Beitas, bêy-tâ, bêta ; altération du mot
« bétail » (comme tras pour u trail i),
ou plutôt bêtaud,
Beite, bêy-te, bête. Locution : Avé la
beite à dêts (doigts) = avoir l'onglée.
Bbiton, bey-fton (peut-être pour beite-
ron), veau d'un an et plus. A Pont-
r£vêque, une c bedelle j> quand il
s'agit d'une génisse ; un a beclein > en
Basse-Normandie.
Bbitonneb, bêy^ton-néy dire des bêtises.
Bellikoe, bê4in^-jej tissu grossier ; ti-
retaine ?
BÊni, flétri, fané.
Bénoki, préféré (entre ses frères et
sœurs, en parlant d'un enfant).
Bbbo, ber ; l"* berceau^ crèche ? ; 2^ râ-
telier de moutons ; 3"* corps du chariot
à échallier.
Bbbchbb, ber-ohéj bercer.
BIÀ
- 119 —
BIS
Bkbchbusb, support du berceau.
BÂBE, hé, boire.
Babgue, ber-ghe^ berge.
BsBLB, bê-le, herbe des ruisseaux. A
Rolleville on dit heuUle.
Bebkb, ber-ne, le bord d'une route.
Bbbqueb, btr-kiéf berger; de « berc »,
ou ? de tt berque }), vieille brebis.
Bbbquebib, ber-kié'ie, bergerie. Mot
passé en Angleterre sous la forme
oarcary.
Bbsachb, be/^-za-chey besace. Sauf dans
l'expression traîner la besache, on
préfère c bissac )).
Bbsadb [aller à la)j être toujours parti
où Ton n'a que faire ; d'où, n'être ja-
mais posément à sa besogne.
Besaoudbb, aller se promener, au lieu
de s'occuper de ses affaires. — B.
Bbskk, bif^'iéy errer. Se dit des vaches
qui courent çà et là quand elles sont
tourmentées par les mouches. (Del-
boulle, bti?ier) ; au lig., s'applique aux
paresseux.
BE81QUKS, bô'^'Zi-ke, besicles ; avec idée
de mépris.
Bbsot, bé'Zo, benjamin, le dernier d'une
Emilie.
Bbsson, bè-çon, boisson (voir ce mot).
Au lig., ivrogne : c*tèt euniC bessun.
Bkbsoniieb, bè'çon-né, boire malpropre-
ment; boire outre mesure.
Bbtal, bé-ta, bétail [n corail :» s'est de
même écrit curai]. Se dit parfois d un
seul animal : Çfueu vilain béUiU que
çu picot (dindon) -là!
Bbtubb, bé'tUy bétoire. [Par une seconde
altération, devient ailleurs béteure,]
Bbuillbubnt, bcH'^-ye-many beugle-
ment.
Bbuillbb, beu^-yé, beugler.
Bbuilleusb (beugleusej, trompe à va-
peur de la jetée du Havre. — L C.
Beubbaye (beurrée), volée de coups.
Beubbk, beu^-re, beurre. Locutions :
Jfiuire êun btmrre = gagner beaucoup
dans sou commerce; j^iâtrer au beurre
=■ en mettre une couche épaisse sur
un morceau de pain.
Beubbbb, beu^-riy battre; comparer
c graisser i>.
Bsubbibbb, beu'i-rié, se dit d'une vache
dont le lait fournit du beurre plus que
la quantité moyenne.
Bbuvablb, buvable. — B.
Bbuvbux, Je5"-rtfi*», buveur ; ivrogne.
BiAlSKB, bi'êy'-zé, biaiser.
BlAL, bia, beau (v. le suivant). Les
a amontois j» disent bel : Man fré est
pus bé qu'mê,
BiAU, biaw, beau. S'emploie toujours,
au lieu de bia, dans les mots compo-
sés : biaW'fré, biatc-pé.
Bibelot, bi-blo, mobilier. Expression
nouvelle.
Bibet, bi-bè, moucheron. Bas-normand,
guibet; roman, wibez. — Hibet et
tipuie ne rapprochent des mots anglais
bib et tiple, qui tous deux veulent
dire « boire ».
Bibi, bi'bi, bobo. Léger mal ; terme en-
fantin. J'ai bibi à la main.
BiDAiLLON, bi-dâ-yon, mauvais bidet.
BiDBTTE (fém. de a bidet »), bi-dè-te,
cavale, jument de selle. — L. ajoute :
cheval d'allure qui portait le maître
ou la maitreuse de la ferme, et même
quelquetoid tous les deux ensemble.
Bien-uasabo, byin-nihzar, loc. adv.,
probablement.
BiEKHBUBEUX, bi'in^-nu^euœ, bien-
heureux.
BiEBBE, bief bière.
BiGAOUE, hi^a-che, patarafe, traits in-
formes d'écriture, griffonuage.
BiGACHEB, bi-ga-ohéf faire des bigaches,
écrire mal.
BiGACHKBiE, bi-ya-ckchie, fourrages
mêlés. Un dit aussi a; pioacherie i>.
BiGME, bin-gne, légère contusion, en-
flure produite par un coup; roman,
bugncy buigne ; lorrain, beuyue.
BiGMÊCLKS, bi-gnê-cle [lacune; est-ce
le même que :j
BiGNBQUES, licol de corde pour les
veaux et les vaches. — L.
BiGfiET, bi^gnê, beignet, qu'on ne voyait
autrefois qu'aux repas des jours gras.
BiGOTTlE, bigoterie. — B.
Bilboquet, bil-bo-kièy morceau deboia
attaché à une corde, pour retenir les
chevaux à l'auge.
BiLLOC, bi-yu, bloc. Jeter un billoo de
terre à vu oisel; billoo de ckucre. —
L. écrit billot, et ajoute : morceau de
sang coagulé {veia ejaoé) ; motte de
terre non écrasée par le rouleau.
BiLLOou, bi-yo-cu, champ où il reste de
ces mottes entières.
BinD, bin'^, nœud fait à une corde. (V.
le suiv.)
BiNDBK, bin^-dé; 1» terme de jeu; 2»
faire un nœud à une corde pour la
lixer à 1 endroit où elle doit être atta-
chée; anglais bind, lier.
BiMQLBB, bin^-gléf bigler.
BiBOLBT, bi-ro-lèy tisserand.
Bis^ locution : il a mangeai san [pain]
blanc avant tan bis = le présent e^t
pour lui moins avantageux que le
passé.
BiBAOUB, birza-guë, besalguë, outil de
charpentier.
BLÉ
— !20 —
BOL
BiscABi, vieux cheval.
BiSG-EN-coiN {de), hù-han-coin^ de
biais, de travers, en diagonale; à
Alençon : bicacoin.
Biset, bi-zè (caillou), silex. Rapprocher
du chaldéen biseca, et du grec moderne
BiSKTTE, bl-zè-te^ pain demi-blano.
Malgré son nom, la Disette se distingue
du pain bis. La bitette = pain de six
livres demi-blanc.
BisiB, bi-zt^ devenir noir ou couvert.
Le temps bisit = le ciel devient gris.
BiSNAQUE, bis-na-kâ^ mauvaise maison.
BiBQUE, bis'kêf haridelle, mauvais che-
val.
Bisque {de) en coin, d'un coin à l'autre
en passant par le milieu ; par exten-
sion : chose posée au hasard et sans
ordre.
BissoN, bi'çon, buisson.
BiTBB, bi-té; le sens primitif doit être
c mordre à même une chose n ; par
extension, a enlever une partie d'un
tout, toucher à J> (voir abiter) ; de l'an-
glais bii^ morceau ; bUen, mordre.
BiTTARD, bi'tar, motte de terre ou de
matière dure à écraser.
Bitte, bi-te^ silex qui se rencontre dans
la craie ou la uiarne, la <k brèche sili-
ceuse 2> des naturalistes ; en général,
gros caillou, grosse pierre. No devrait
bien casser les bittes de çu ch^min-là.
Blaai, blaireau. — L.
Blaïl, terre où on a récolté du blé;
l** 8ur le blaïl doux^ on ne doit semer
que de l'avoine ou du trède ; 2® sur le
blaïl rvde, on peut faire toute sorte
de grains, sauf l'avoine.
Blanc, blan^ monnaie d'argent qui va-
lait cinq deniers. Ne s'emploie que
dans l'expression : six blancs == deux
sous et demi. Cette manière de parler
est à peu près tombée en désuétude ;
mais, vers 1860, on vendait dans les
foires des galettes de six blancs.
Blano, maladie des plantes [peronospo^
ra, erysiphe). — L.
BliANO-BlMBH, blan^ri-méf geler blanc.
Blamc-RIMÊyb, blan-ri-mêye y gelée
blanche; anglais to rime,
Blarjl, bla-ï, champ d'où le blé vient
d'être enlevé. A Valognes, Mairie, au
fém. On dit de même : aveineril^ line-
rily seilleril (seigle). Le nom d'homme
a Lorgeril d a évidemment la même
origine.
Blasok, blâ-zon, bavardage.
Blbo, blèy blet ; au fém., blèque,
Blécher, blê'ché, blesser. Spéciale-
ment : U est bléché (euphémisme) =
il a une hernie.
Bli&quib, blè-quî, blettir ou blesair.
Bleu, blu, fém. blûe, bleu. Locution :
ça n'n'est blett, ça n'nest tout bleu =
c'en est plein. — B.
Bleus (les), blû, linge de couleur quel-
conque, par opposition au linge blanc.
Man lavage sur anche : je n'ai pus
mais gue mes blus.
Bloc a blanc, dire étourdiment des
choses désagréables pour celui qui les
entend.
Bloqué, blo-kiê, entouré; au fig., at^
trapé.
Bloquer, blo-kyé; !<> les sens du fran-
çais ; 2^ travailler grossièrement.
Blououe, blou-ghe (ailleurs blaugue),
boucle.
Blououer, blvu-ghéy boucler.
Boc, 1* tilbury (sens récent et répandu);
2** fig., sournois, entêté, opiniâtre.
(L'abbé M. écrii Bosc,)
Boche, bo-che, bosse ; le fig. : s'en don-
nai eunn boche e»t entré dans l'usage.
Boe, bâ-^, boue. — Euphémisme rare,
mais remarquable : boe de blé = ex-
créments.
Boire, boue (beaucoup moins usité que
bère)f boire.
Bois, bou-â ou bwâ, bois.
Boise, bou^y'-ze, poutre, pièce de bois.
On connaît la légende de la boise de
St-Nicaise de Rouen. Bêler la boise =
cajoler. Sourd comme une boise = très
sourd. — L.
Boiser, bouêy'<é, boiser. Une cour bien
boisêye est une cour abritée par des
arbres nombreux.
Boiser, frapper. J'ras f boiser.
Boiserie, bouê/~z'zie, boiserie.
Boisette, bouêy'^è-te, brindille. AUer
a boisettfs == ramasser les menus bois
morts dans la forêt.
Boissillonner, boi-ci-yon-néf chiffon-
ner.
Boisson, boué-çon^ s. m., bouchon de
paille, linge à laver la vaisselle, la-
vette ; au fém., s'applique à une femme
malpropre.
Boisson, boué-çon, opposé à c cidre »,
signifie que le jus de la pomme a été
augmenté d'eau pour en faire le breu-
vage ordinaire de ce pays. Avez-tous
du cidre à vendre? -^ Oui, pas du
pur; mais de bonne boisson. — Bère,
dans le Houmois. Dans le Devonshire,
beaverage a exactement le même sens,
— Voir besson.
Boitai llbr, boi-tâ-yê, botter volontai-
rement pour se foire croire blessé oa
pour exciter la commisération.
Bole, fém., bol, bol, maso.
Bolée, bo4êye, contenu d'an bol.
BOT
— 121 -
Bon
BOK. Looutionfl : Etre bon = fort, bien
portant. Four de bon = Bérieusement.
Cela me coûte bon = cher. — Voir
ami.
Bon, bony amande de la noix. Les noiœ
(noisettes) vojtt pas tarder à être mû-
res : U n'y a presque pus de lait^ et le
bon est gros. Cette expression est dans
Palsgrave, comme traduction deakyr-
nell » ; ce qui est notre sens.
BoNDER, bon-dé y bondonner, mettre une
bonde. Au fig. : J'te vas bonâer le c.,.;
être bondé = avoir trop mangé.
BoNHEUB, bon-neu, bonheur.
BoNKACHB ? bo-na-che, bonasse.
BoNMBMBNT, bon-ne-man, vraiment, et
les sens du français. On prononce aussi
bounetneTit,
Bonnet, adj., bon-nè^ médiocre (ni bon,
ni mauvais) ; se prononce aussi bonne.
BONTIP, bonasse, naïf. — B.
BONTIYEMBNT ? bon-ti-ve-inan, naïve-
ment.
BoQUiLLAB, qui tombe en marchant
maladroitement. — L C.
BOQUILLAUDEB, faire le boquillas. —
L C.
Border, bor-dé, atteindre quelqu'un
pour le maltraiter. Locution : Etre
mal bordée être embarrassé. L C.
BOBONBB, bor-gnéy frapper, contusion^
ner.
BoBNÂ (être), être à court de. J' siens
borné d'étoj^e pour fé cThtibit' là, J' siens
trop borne pa V temps; peux pas allé
xax l'ctfusin,
BoBNiFLE, bor-ni-fle, petite bosse, con-
tusion peu grave, chiquenaude.
BORNIFLBR, bor-ni'fléf frapper, blesser
légèrement.
Bosco, bos-co (par plaisanterie), bossu.
BosQUER, bosS'hyiy marcher beaucoup.
BOSQDERON, bO'Cron, bûcheron.
BosQUERONNAOE, bo-cron-na-je, travail
ou métier de bûcheron.
BosQUERONNER, bo-cron-né, faire des
travaux de bûcheron.
BOBSEL, bo-cêf boisseau; 1/2 hectolitre
[ce qui est plus du double de la capa-
cité ordinaire].
Bosseler, boss-lé^ fournir des boisseaux,
être abondant. cVoi bosselle^ dit des
pommes, des pommes de terre, etc.,
veut dire : leur récolte est abondante.
Botté, bo-têf crotté. JV'entre pan avec tes
chabots tout bottés de boe et de fian.
BoTTEL, bo-tê, botte de feure (paille), etc.
Botteletjx, qui met en botte le four-
rage.
BOTTER, bo'téy adhérer à la chaussure.
La neige botte. No botte dans la boe;
y a pas de quoi marcher.
Bottines, bo^in^-ne^ garniture de paille,
etc., placée dans le sabot pour qu'il ne
blesse pas le cou-de-pied. Chabots à
bottines.
Boucan, bou-hun^ maison remplie de
fumée. (Le sens u tapage s est devenu
général.)
Boucannb, bou-can-ne^ maison désa-
gréable.
Boucanneb, bou'Can-néy bougonner,
murmurer.
Boucherie, bou-ch'ehie, boucherie.
Boughib, bou-rhie; manger eunn* bou-
chiez eunn bouchie de pain^ = faire
collation entre les repas.
Boucholle. — B.
Boudin, bou-din, boyaux, intestins. Lo-
cutions : Je l'aime comme mes boi^tdins;
je ne voudrais jamais le voir. Prendre
quelqu'un par son boudin^ l'amener où
on veut en satisfaisant sa gourman-
dise.
Boudin ERIE, bou-din-n'nie : !• quantité
de boudin ; 2* apprêt du boudin.
BoUFFéE, bou-fêgcy accès de fièvre, de
transport quelconque. J'ai vu un quien
arrogé qu'était dans sa bouffée. Au
sens de u longue durée i» dans cette
locution : Y en a pou eunn bouffée.
Bouffer, bou-fé, bâfrer, manger avec
avidité.
BouFFRE, bou-fre^ exclamation, juron
adouci.
Bouger. Locution : bouger comme un os
en chiffre y rester en place.
Bougette, sac à provisions des ouvriers
bûcherons.
Bougon, bov-gon : l® grognon, maus-
sade ; 2° tronçon d'arbre resté debout.
Bouillon, bou-yon ; avoir du bouillon
(s. -entendu : de chien) =: recevoir de
la pluie.
Bouis, boni, buis. — Le pmr du bonis
= le dimanche des Rameaux.
Boujou, bou-jou, bonjour. — V. J. Tra-
vers.
Bouler, bou-lé, jouer à la boule. Se
bouler y tomber. San ch^va s'est boulai.
Bouleux, bou-lev^y jeu de boule. Les
précieux disent bonloir, seul mot qui
ligure sur les enseignes.
Bouliner, bou'li-néf tournoyer.
Boulinguet, bov-lin^-ghé, petites li-
maces; petits poissons.
Boulot, boû-lo^ pâtisserie renfermant
une pomme ou une poire cuite. Dite
aussi boule.
Bounement, bounn'man, v. bonnement.
BouNET, bou-net, bonnet (voir ce mot).
BoiiQUER, bou'kiè; 1<» nom, a sabot, bou-
choir de four » (ailleurs « étoupas ») ;
2» verbe, <c être de mauvaise hu-
mk
— 122 —
BRÉ
meiir » : laiueAe, y banque; se dit
des abeilles qui s'amassent en g^^ppes
à l'entrée de la ruche, au moment
d'essaimer. ~ L C.
Bouquet, bou'kyè, aux deux sens spé-
ciaux, maiDt«nant français : crevette
et furoncule, pustule.
BouQUBUX, homme d'un caractère dif-
ficile, qui boude lorsqu'il est mécon-
tent.
BOURB, bou, cane. V. Dm. [sans doute
Du Méril] et J. Travers.
BouBBTTB et broette, brouette. — L.
BOUBOAONB, baur-gan^gne^ fève de
marûs. On dit aussi, mais plus rare-
ment, gourgagne,
BoUBOANCEB, btturyaiueéy bougonner,
grommeler. — L. écrit bourgucneer.
BOUBLIKOURB (faire), se donner du
mal et en donner a des ouvriers. —
LC.
BouBBBL 'arch.), bou-rê, bourreau.
BouBBBLiBux, baur4ieu^, fagoteur de
bourrées (lieux = lieur).
BouBBBYE, bou-rêye^ bourrée.
BouBBiBUX, celui qui met en bourrée
les joncs-marins et les ronces.
BOUBBILLON. Locution : Tout san linge
ent en bourrillon = en désordre. —
LC.
BonsBiQUE (canton de Pavillv : bour-
riquet), chevalet à scier du bois.
BouBSicoT, bintr-ci-eOf petite bourse,
boursicaut (orthographe moins bonne,
comme le prouvent les dérivés) .
BOUBSIK, bour-€ie [ce serait en français :
bouriée], contenu d*une bourse.
BouBAB, boû'zâ, bouse.
BonsÊTB, ft<w-^«yff, large fiente de vache.
BouTBUX, bau-teu^t pièce de bois placée
entre les chevaux de labour, pour les
maintenir à l'écartement convenable.
BOUTICLE, bpu-ti-ele^ forme assez rare
(citée dans Palsgrave) de<i: boutique i>.
Ce dernier s'emploie pour « maison i>,
dans un sens péjoratif.
BOUTUBE, boU'tu\ et aussi bmUevse,
bouture*
BOYBBS, bo-yée (le même, sans doute,
que bauyers, ci-dessus), amas de boue.
Dans le Blésois, « patouille d.
Bbacue, bra-che, brasse.
Bbaghe-oobpb [prendre à), bra-ehe-car,
à bras-le-corps.
Bbacuer, bra'chéj 1* embrasser, pren-
dre dans ses bras ; 2o mesurer à la
brasse ; 3* aller vite.
Bbachie, bra-chî, brassée.
Bbaillabd, bra-yar, vantard, hâbleur,
et le sens du français.
Bbaillbb, brâryéj se vanter, hâbler,etc.
Bbaillbb, brâryé, brasiller.
Bbaibb, brê, pleurer fort, crier.
Bbannbb, bran^-né, branler.
Bbakqub, bran^'ke, branche.
Bbanqubttb. bran^-kiè^e, bninchette,
rameau.
Bbaon, Abraham. Braon Beurdai «
Abraham Bredel.
Bbaqub ou bbag, brac, emporté, brus-
que, prompt et rude ; en patois anglais
(Ohesh.) braeeo = diligent, laborieux.
Bbabbb, brûrzéf uniquement dans cette
locution : hraeé de sang, couvert de
sang. — B.
Bbabiâbb, brâriU, braisière.
Bbabsaibon, brâ-eê-zon, temps du bras-
sage, saison où Ton braase.
Bbabbbb, brâ'Cé, brasser, extraire le jus
des pommes.
Bbassbbie, brâre^eie^ brasserie.
Brasseux, brârceu^, brasseur.
BbabsiAbb, bra-eié ou brârchîe, bras-
sière.
Bbavb, brâ-re, l® brave; 2» paré, bien
habillé. V. Dm., brande.
Bbaveb {se), brâ-vé, s'cndimancher.
Bbavoube, brâ'vou, bravoure.
Bbbbis, btTr-bi, brebis. A berbie tondue
Dieu mesure le vent, EunfC berbis gwi
bêle perd sa goulaie = On ne peut
parler et manger en même tempe.
BBBbALLBB, be'r-da-lé, se hâter, fiûre
une chose à l'étourdie. ^ L. : fiâner.
Bbedallièrb, bé^r-da-lié, étourdie. A
Valogoes, berdale est ime femme de
mauvaise conduite. En anglais popu-
laire, bredale = une noce.
Bbbdkllb (rare), be'r-dè4e, bretelle.
Brbdi-bbkda, be^r-di-be^r-da, à la hâte.
Ailleurs, sorte d'interjection au bruit
d'objets qui s'écroulent avec fracas.
Bbedouillbhbnt, bff'r-dou-y'man.Yïn'
douillement.
Bbedouilleb, bifr-douryiy bredouiller.
Bbedouillbux, ber-dou-yeu^y bre>
douilleur.
BBEtiUBB, be^-ghyé^ blesser, estropier.
Bbelaudbr, be^'law-dé, écornifler,
fiâner, perdre son temps à aller d'une
place à l'autre. [A rapprocher du fran-
çais brelander, dont il serait une alté-
ration d'après le Dictionnaire général.]
Bbblaudibb, be^r-law-dié, paresseux,
qui quitte volontiers son travail pour
aller fiâner chea les voisins.
Bbblkqub, be^r-lè-he, petite fille, fil-
lette; ne s'emploie qu'en mau^nise
part. Peut-être pour « brelette •. —
Voir brêlot,
Bbêlbr, brê-lé, entraver; se dit de» ré-
coltes qui embarrassent pour marchex
BRI
— !23 —
BRO
on faucher. Bn terme de foiicoiinerie,
on appelait « bresle n une bande de
cuir qui servait à lier les ailes du
lËaucon.
Bbblingubb, h^r-lin^-ghyé^ vaciller, en
parlant de la vue.
Brsliqub, bé'r-Ui^ bernique, l équiva-
lant à n.
Bbeloqub, htf'r-lO'ley breloque. En
Basse-Normandie, la brelette est une
montre.
Bbèlot, brê'lo, petit en&nt.
Bbrlu, beTr-lu, légèrement pris de bois-
son.
Brêqub, brê'ke, brèche. A Harfleur, on
appelle la Brèq^ie le quartier où les
Anglais firent brèche pour entrer dans
la ville. A Constantine, le point où les
Français forcèrent la ville s'appelle
également la Brèche (Anglais brake).
Bbiêqubt, bri-kyèf bréchet ; anglais
briêkfft.
Bbesil, be*r'Zi; !• Brésil; 2* grésil.
PoU de Brésil^ haricots flageolets.
Bretagne, A^r-^an-^n«, Rretasrne. Mou-
che de Bevrtangne, asile qui pique
les animaux.
Bbbtellv, be^r-tè'le ou ber-tè-le, bre-
telle. On dit aussi d bredelle •, befr-
dè-le.
Breton, be^r-ton, Breton.
Bbeuillbs, breu^-ye, entrailles de pois-
son, y compris les ouïes. Se dit par-
fois aussi, comme la forme française
brouailles, de la volaille et du gibier.
Signifiait au xv* siècle a intestins 2> en
général. — V. procès de Jeanne d'Arc.
Brbuillu, breu^-yUf ventru, en parlant
des animaux.
Bbicolb, bri'OO-ley 1* sens du français ;
2* licol pour les vaches; 3" établisse-
ment d'un avare qui chicane ses em-
ployés et les paie avec des reproches.
Bricoler, bri-eo-lé, essayer longtemps
de se tirer d'un mauvais pas (senspar-
culier et chez nous unique de ce mot
français). — B. dit : bricoler nés ra-
qvet = les conduire avec peine (à la
bricole), les tirailler l'une après l'autre.
Bricolibr, bri-co'lU, qui vit d'expé-
dients. — L. ajoute : cultivateur peu
aisé qui c dispute ses domestiques »,
au lieu de les payer.
Brie, brU broie, brisoir à lin ou à chan-
vre (pour écraser ces plantes avant de
les teiller).
Bribb, bri-yét broyer, briser. Lin brié»
Le pain a brié d est un pain pétri à
l'aide d'un levier appelé orï«, de ma-
nière à obtenir une pâte très dure .
Bribre, bri-yé, bruyère. [Le surnom de
la commune de Saiut-Maclou présente
les deux formes. ]
Bbtk, brin ; !• un brin = un peu : Don-
nez-moi un brin de pain ; 2« adv, brin
= rien : Tu n'n^airoi brin,
Bbtnchb, brin^-ehe ; !• verge, scion,
houBsine (diminutif de « branche », un
balai de brinûke ; 2° ramilles de bou-
leau : une brînche à fouet. Arrondis-
sement de Lisieux et de Vire : bringe.
Brinchètb, longueur, manche d'un
fouet. — L.
Brindb, brîn^'de^ 1* bande de terre non
défrichée, haie composée de brindilles ;
3* au sens de c bride i» pour les sabots,
d'où brinder des ehabots à botinne».
— L C.
Brtnet, bri-nk, diminutif de c brin i>.
Un brinet = très peu.
Brinotbr [L. : brinotter], bri-no-ti^
manger brin à brin, du bout des dents.
[L. : peu à la fois et sans appétit]
S'applique souvent, par antiphrase,
aux bonnes fourchettes : U brinotte
(sic) bien.
Brioche, bri-o-ohe. Du fiiruré « mala-
dresse D vient cette locution : manger
de la brioche = vendre à un prix in-
férieur à celui qu'on a auparavant
refusé.
Brion, bri-yon, V poignée de lin passée
à la broie, mais non « écouchée i ; 2*
pièce supérieure d'une broie à lin.
Serrer le brion = partir en laissant
paraître son mécontentement.
Briquerib, bri'CriCy briqueterie.
Briqueton, bric-ton^ fragment de bri-
que [parfois rompue à dessein].
Briquetonnaob, bric'ton-nâ-je, ma-
çonnerie grossière faite avec des bri-
ques cassées.
Briqu ETONNER, bric-ton-néf maçonner
avec des briques cassées.
Briquibr (rare), bri-hyé, briquetier.
Bribc AILLER, bris-câ-yé^ briser, dislo-
quer.
Brise (d), loc. adv. Y pleut, y vente à
brise = extrêmement (à briser tout).
— L.
Brisb-fer, brî<e-/é, qui use beaucoup.
Bristonner, bri^-ton-fié, manger une
croûte tranquillement et avec plaisir.
Brit, bri, bruit.
Broderie, bro-d'die^ broderie.
Broette, brouette. — B.
Broibe, Ambroise. — L.
Broque, bro-kcy broche.
Becquette, bro-kyè-te, brochette.
Broquins, bro-kyin'^, brodequinh, gros
souliers.
Brossée, bra-cêt^e, brossée, c'est-à-dire
volée de coups.
Brouéb, brouêye, écume. Il a la brouée
à la gtietUe, [Un homme du peuple
BUL
— 124 —
BUT
dépeignait Talma en Kène : la hrouée
à la baveheyet, se touchant le haut du
bnw : nu-jambe juêquâ'làf Je Vai vu.]
Broubb, brou'éf écumer, mouner. Coin-
me ça braue ! = comme cela écume.
Bboubttbb de» mmvdlei = les colpor-
ter.
Bbouettbyb, hrourè'têye, brouettée.
Bbouillabder, brau-yar-dé, bruiner.
Bkouillbb, hraû-yé, barbouiller.
Bbouillon. hrouryon^ V tache d'encre;
2* les autres sens du français.
Bbouine 7 hrou-in'^-ne, bruine, léger
brouillard.
Bbouinbb, hrou-i-né^ bruiner.
Bbouib, (roK->, tra?ailler en étourdi et
avec précipitation. On dit aussi : »e
brouir = aller trop vite.
BBOniBSBBES'SB, brou-i-ce^-ré-^e [man-
aue la définition du mot, féminin
*un adjectif, brouissenr^ dérivé de
(( brouir»] ; par métaphore, un mauvais
moulin. Ce dernier sens montre que la
carte de Tétat-major a eu tort d'écrire
« fontaine de Broui-Cerès » à Radica-
tel (sur 8t- Jean-de-Folleville).
Bbu, épousée. As-tu ru pautr la neu-
ehtt (noce) ? C'ejtt là que la bru était
belle f
Bbugheb, bm-ché, broncher, chopper.
Bbucheux, qui bronche souvent. Un
eh' va brychinx, — L.
BBULftE, brû-lêye^ rouée, volée de coups.
Beuledse, brû-leu^ze, brûlure.
Bbumbnt, bru-man^ nouveau marié.
Malgré l'étymologie « honune de la
bru », donc brutnan, nous écrivons
brument^ d'accord avec les noms pro-
pres.
Bbunb, brun-ne, V crépuscule (sens
français) ; 2« brouillard à Thorizon.
Bbusquant, brut-cân, brusque; mal-
honnête, impoli.
Bbuëqubbib, brus-qui'ie^ brusquerie.
Beutal, bru'ta, brutal.
Buette (le même que burette)^ petite
bouteille. — L.
BuÈTE, bvrêye. outre le sens français de
« buée 1 ; pièce de bois à l'arriére
d'un bannel,
BuHOT, bu-Oy corne de bœuf que le fau-
cheur porte suspendue à sa ceinture
et qui contient de l'eau avec la pierre
pour aflfûter la faux. - L. ~ V. hurot.
BoLft, bu4êf accoutumé au point de ne
pouvoir changer d'habitude. Asteure
gui ^êtê hM à eha, il y mourra ; soa-
vent tt être accoutumé à faire habile-
ment une chose ».
BULIN, dtt-/ta>, boulin ; 1« nid à pigeons ;
2* trou pour échafauder ; 3* mauvaise
maison.
BULiNEB^ bu4i'nè, se loger comme on
peut.
BtTLTAGB, bul4a-je, blutage.
BULTEL, hd'te, blutesu; en anglais,
bnltél ; item en vieux français ; du la-
tin bultellu* ou bultellum. L'ancien
normand a dû avoir la forme c huître ».
Bultre or bultiny pake for fynt wêeale
cribra (Hulsch). WBIOHT, r^ bulter.
BULTBB, bul-té, bluter. Se dit neutra-
jement de la neige soulevée par le
vent. La netife buUe; ça bulte. —
Ntnu aurions du payn, se nœtre farine
estoyt une foys bultie. (Palsgrave, 462)
Vttus ne pouez jamais faire si fine fleur,
quand vous ne faictes que cribler vvs-
tre farine, que vous ferez quand vems
la bvlterez, (Id., 719).
BnguE, bu-ke (par antiphrase, pour
« bûche I»), tout objet introduit entre
rœil et la paupière. J'ai une buqne
dans rœil. Très petits objets tombés
sur les vêtements.
BUQUTLLE, bu-ki-ye, béquille.
Bprot ou BUOT, bu-o^ 1® ooyer, ailleurs
cossiau (J. T.) ; 2» sorte de piège &
taupes et à souris. La racine est -elle
celle de « burette »? On sait que le
mot bure indique un puits de mine,
par conséquent un creux.
BUBAILLEBB, bu-zà-yèe, broussailles.
BusoQUER, bu-zo-kié, passer son temps
à des riens. Selon Dm. et J. Trav.,
« agir en bune » 7 Ce mot ne déri-
verait-il pas plutôt de bus, bois, et
oque^ hoche 7 Si cela était, le sens
primitif de bnsoquer serait « faire des
noches à un morceau de bois », vrai
métier de buse. En vérité, ce mot
semble un péjoratif du vieux normand
buMir = agir, être aotil. — Voir
Wbight, Busy^ business, to busy.
Butin, bu-tin'^^ nom collectif indiquant
Tensemble des effets d'un individu.
Pour un domestique, enlever son butin
c'est quitter sa place, son maître.
Butte, s. f., bu-te, l» jeu du bouchon ;
2o le bouchon qui sert de but. C'est
le <i jeu de galoche » de la Basse-
Normandie. Au XVI" siècle, le mot
butte avait le sens au'a aujourd'hui
« but » ; car on lit dans Palsgrave :
Butte to shate at = butte, *. f
CA6
— «5 -
CKl
Ca, Totr car et eat,
CABABj^eorbâ, vieux cabriolet (et autres
sens français).
CABiLSSEB, ea-bâ'OÀ, fatiguer beaucoup,
faire un travail pénible.
Cabbstban, corhet'tran (orthographe
étymologique), cabe^itan.
Cabbuil, ea-heu-y, cambouis.
Cabeciller, rorheu-f/é, !• tourmenter,
travailler activement. CahtuUler une
affaire^ sa ttrrre ; *2» frapper; 3' pro-
nominalement, se harasser.
Cabillb, ca-hi-ye, cabane, loge. Cahille
à lapins. La cahille à écoucheux est
la loge des teilleurs de lin.
Cabochard, ca-bo^har, entêté ; parfois
a lourdaud qui bronche à chaque pas:».
Caboche, oa-bo-che, vieux clou de la
ferrure d*un cheval. — L.
Cabogheb, marcher lourdement, en
heurtant les aspérités du chemin. — L.
Cache, ca-che, 1<* chasse au gibier (mot
du XI v« siècle) ; 2» rangée de pom-
miers ( Dm., au mot « chasse ») ; 3°
mèche de fouet (en vieux français,
c courgie ») ; 4<> rut. Ma raque et ma
çuienne sont en cache,
Cachb-quien, ea-che-kyin^, bedeau.
Cacher, ea-ché, l<* chasser: 29 tisser
[chasser la navette] ; S" enfoncer, ca-
cher un clou. Locution : oacfier des
mouqu€9 à miel à mort ou à vif. —
Absolument cacher = aller très vite
en voiture.
Cachbton, ca-rh'ton, ficelle à lier les
sacs ; et aussi à faire la « caché » d'un
fouet.
Cagheux, ca-cheu^, !• chasseur; 2® tis-
serand ; 3» chasse-moute, garçon meu-
' nier qui portait les tnounée^ [la mou-
ture] à domicile ; 4"» rachetix de vaqiieg^
qui mène devant lui le bétail.
Cachif et cachard, cheval qui a be-
soin d'être excité [d'être caché]. — L.
Cacrimbot, ca-chin^'hOf brûle-gueule,
vieille pipe dont le tuyau est cassé.
Cadkt, ca-dè^ au fig. : homme intelli-
gent, audacieux, entreprenant; le fé-
minin s'emploie de même.
Cadie, Léocadie. — L.
Cadre, tableau. Y a cheux U tout plein
d'biaux cadrée. — B.
Cafiot, ca-fio^ café trop faible.
Caokb, ean-gne^ paresse. — L. ajoute :
m écume qui s'élève sur le cidre dans
les tonneaux et sur la fromagée. »
Cagnias, can-gnyâ, entêté.
Caonolé, éb, ean-gno-U ou lêye^ qui a
une belle tête ou une forte têts. Vlà
eunn* raque ben cag notée.
Cagnolle, can-gntt-le, tête, en mauvaise
part seule'iient : vieille cagnolle = tê-
tu. Selon J. Travers, c'est l'a « nuque »,
appeliie va * g non par Palsgrave.
CàHODAN. ca-houan^ chat-huant — V,
eat'hnuant.
Cail, ra-y', cal.
Cailler, câ-yé^ écailler (du poisson).
CAiLLOuyER,6*fl-yotf-yé, voir callimer.
Cailloutere, câ-you-yê, carrière de
cailloux.
Caine, ktjin^ne^ chaîne.
Galbasse, càl-hâ-ce^ seulement dans :
manger la calbatte =: se ruiner. — V.
ealebagse.
Calbaude, cal-baw-de, voir ealebaude.
CjkLD, eâ, chaud.
Cala, ca-fê^ richement vêtu. (Le sens
de (( riche » est devenu général.)
Calebasse, cal-ba-ce, au fig. : secret;
uniquement dans : vendre la caleba-xMe
= vendre la mèche. C'est je croi.s,
une métaphore empruntée à U^arine,
la caleba-sse étant un artifice de brû-
lot.
Calebas8BB(se), cal-bâ^céy se fatiguer
à outrance, travailler beaucoup.
Calebaude, cal-baw-de, attisée de feu
vif, qui ne dure pas (voir barrée). —
Duméril donne la variante calibau-
dée. — Selon Bescherelle, chalihaude
serait la réjouissance de la fête de
saint Jean.
Caleçon. Celui qui, au domino, enlève
l'enjeu après avoir gagné de suite les
deux parties, fait un « caleçon » à son
adversaire (par opposition à « culotte »,
qui suppose trois parties).
Calenoer, ra-lan-gé, hésiter ; anglais
to challenge.
Caler, ca-lé^ reculer devant une difti-
culté, refuser un défi (métaphore em-
pruntée à la marine, où caler veut
dire « amener la voile »).
Caleub, ca-leUf chaleur.
Caleuser, ca-leu'-zé, fainéanter, se li-
vrer à la paresse .
Caleuseté, ca-leu-'Z'té, fainéantise.
Caleux, ca-leu'*^ paresseux, fainéant.
A rapprocher de a calots », mendiants
valides de la société des gueux.
GAM
— 126 —
CMH
Galfaiter, cal'fê'té, aa fig. ; battre,
maltraiter. — L. écrit calfetrer,
Galiboussib, ca-li-hon-oe^ prison; de
l'espagnol calaboso.
Calicot, ea-U-co^ homme méprisable.
Califoubquet, oa-li-four-kiè, cali-
fourchon.
Calimachon, ea-U-ma-chon^ colimaçon
[la meilleure forme serait ealimaçon],
Calik, ca-lin'^, éclair de chaleur. — ■
Synon. « calinage ». Il éclée ; c'est du
ealinage. — L C.
Câliner, ea-lUnè^ éclairer sans ton-
nerre.
CALIN088BTB, ca-H-nâ-eê, cliquettes, cas-
tagnettes formées de deux os plats,
bas de côtes de bœuf.
Calipbttb^ ca-li-pè-te, sorte do bonnet
de femme. — L. ajoute : bonnet d'in-
dienne, serre-tête 7
Callebottb, eal-bo-tâf caillebotte; à
Rouen, « mattes ».
CallebottA. cal-ho-té, marqué de ta-
ches blanches (exactement Tin verse
de a pommelé »). Foule eallf bottée.
Callebotteb, eal-bo-té, !<> se cailler;
2« se couvrir de légers nuages, en par-
lant du ciel ; 3* blanchir, en parlant du
poil ou des cheveux ; 4» se dit du lait
qui tourne en bouillant. Ce laict eH
quaillebtitté ; n'en mangez point. (Pals-
grave, 676.)
Callouer, ea^yoné, frapper à coups de
cailloux, lapider. — L. donne aussi
caillouyer,
Calmir, cesser, en parlant du vent.
Caloor, ca-lo-je^ loge de chien ; petite
loge en général. Prov. : t% la caloge
du via (veau), avant qni »ait (qu il
soit) v'nu = former de vains projets
sur un fait éventuel, comme la Perrette
de La Fontaine.
Calotte, oa-lo-te, 1" soufflet, propre-
ment « coup de la main sur l'occiput » ;
2o casquette. Pour nos paysans, la
« calotte 9 est une coiffure quelconque.
Calouob, parepseux, qui ne veut pas
travailler. — L.
Calumet, ^a-Zu-m^, calumet. Chez nous,
ce n^est pas la pipe, mais seulement le
tuyau de la pipe, sens précis du mot
aux colonies. Caluntft de jfl^v^'»^, la
tige, le tuyau d'une plume.
Calvados, cal-ra- do-ce, eau-de-vie de
cidre. Ce mot appartient plutôt à Tar-
got de la ville qu'au patois. [Peutrêtre
a-t-il chance d'entrer dans 1 usage gé-
néral.]
Calvaire, cal-oé, calvaire.
Cambre, chanvre teille. — L.
Cambbktte, can'-brè-te, laiterie. [Le
sens étymologique est a petite cham-
bre » ; voir cal,]
CAMBBOnsE, eanl^'hrou'ze, mauvaiie
servante.
Cambuse, ean-bû-ze, maison de chétive
apparence (au propre, terme de marine).
Camomine, ca-mo-min^-ne^ camomille.
Camoufle, ra-mou-JU, chandelle; aa
fig. : soufflet, coup sur le visage.
Camp, camps, ean, râa, champ, champs
(prononc. picarde). A mi let camps =
dans les champs.
Campagne, can^-pan^ne, campagne ;
mais dans la vallée a le sens spécial
de <( plaine b.
Campos, oan'^ p6, sol, étendue de champ
successivement ensemence. L'assole-
ment étant chez nous triennal, le cam-
pos est donc le tiers de la terre cul-
tivée. Ferme de trente acres de campos.
Camsot, voir capsot.
Cancheler, oan^-oklë, chanceler.
Canohon, can^'chon, chanson.
Candelettb, can-dUet'te, filet pour la
pêche du « bouquet y.
Candeleur, can'^'dlev, Chandeleur, fête
de la Purification de la Sainte-Vierge.
Caneçon, can^ne-çon, caleçon.
Caner, can^-néf l^ pleurer bruyamment ;
2* ennuyer : tu me canes,
Caneux, catC'^neu*^^ pleurnicheur.
Cangbène, cânr-grîn^ney gangrène.
CanorÈner, cân^-grln^né, gangrener.
Cani, ea-ni^ moisi ; v. canir, [A Rouen :
oAani.]
Caniche, ea-ni-che^ niche à chien. Va
te cotwàer dans ta caniche.
Canir, ca-ni^ moisir ; de eanescere f =
blanchir, dérivé de canus,
Canjon, enfant douillet, délicat, fri-
leux. — L.
Cannebot, cann^'bo, voir gambette,
Canneretb, cann'-nêye, contenance
d'une <r canne » (cruche). — Vdr
eannege.
Cannetb, can-neye, contenance d'une
canne.
Cant, can, le côté étroit d'une pierre
ou d'une brique : brigue à cant. Le
sens primitif est c angle ».
Cantel, can-te, chanteau; du radical
cant. — Voir d cantel » et « chanteau»
dans Duméril, et n cantiau i» dans
Delboulle. — Ce banton est bien en-
guantellë de fer (h wtll pyked).
Palsgrave, (>57. — • Voir Wrioht, au
mot <L cantel d.
Cantorner, can'-tôr-né., !• chantour-
ner; 2° chavirer.
Canulbr, ca-nu-U, ennuyer, fatiguer
par son babil. La forme champêtre
semble plutôt « caner ».
Canvre •? can'-vre, chanvre.
CAR
— 127 -
CAS
Capb, ea-pe, chape (de fléau à battre).
Capbl, cii-pê, chapeau. knpiMv. capku^
d'où locution : les grands capias =
les geudarmefl.
Capelbt, ea-plè, chapelet; spéciale-
ment au sens français de la croûte qui
recouvre la tête des enfants nouveau-
nés.
Capbleube, voir carpeleuse,
Capifol, ea-pi-fô, collin- maillard. —
J. T. écrit oapifant ; arec cette ortho-
graphe, la prononciation doit être
eapifàs.
Capote, ca-po-te, nmntelet de femme
muni d'un capuchon.
Capoutb, ea-pim-te ; faire rapoute =
succomber, mourir. [Locution fami-
lière aux Prussiens, en 1871.]
Capsot, cap'so, chabot ? [Selon L. :
petit poisson en usage pour amorcer
les hameçons.] — Palsgrave désigne
le têtard de la grenouille par le nom
de 9 cavesot ».
Capuohb ? ca-pu-che, capuce.
Capdohin, ea-pu-ehin^ capucin. Le ca-
pucin est poiu" nous le tvpe légendaire
du moine, et toutes les histoires attri-
buées à ceux-ci ont ici pour héros un
capucin. Les capuoMns vont deux à
deux. — L. ajoute : aconit napel.
CAPnLAiBB,0a-^-Z^, capillaire officinal.
Car se prononce ca dans deux locu-
tions : !• pour a char », uniquement
dans corde à ca; 2* pour a chair »,
mais seulement dans entre cuir et car,
qui se dit « entre kui-té-ea ».
Cababot, ea-ra-boj mauvais sujet. —
L. définit seulement : bon vivant
[c'est faible, paraît-il].
CA.nAOTkRe.earrac-ié, caractère; sou-
yent c noblesse de sentiments », ce
qui en effet distingue un homme. Il
a du caracté! — L C
Cabgaillot, car-ca-yo; !• courcailler;
2o appeau en général; S*» mâle de la
caille (en vieux français « croquaillet :» ;
4» locution : Bas en earcaiUot, sans
jarretière et tombant sur le pied.
Cabcan, mauvaise rosse (terme inju-
rieux). Le 4 carcan des porcs d est un
terme usuel. La prononciation ordi-
naire est kercan.
Caboul» ear-cu, calcul.
Cabculeb, car-cu-lé^ calculer.
Cabcdlbux, car-cU'leU'f calculateur;
celui qui regarde à deux fois la dé-
pense, avant de se décider.
Cardon, car-don, chardon ; par extens.
c piquant ».
Cabdonnettb, mr-don-nè-te, fém.
(Boumois : cadronnette), chardonne-
ret, masc.; au fig. : une belle fille. On
dit aussi souvent catronnette.
Carbmpbbkakt, ea-rân-pre-nan, ca-
i-ême prenant, beignet aux pommes,
crêpe. [Ailleurs, ce sont les crêpes
qu on appelle ainsi, <r carême prenant »
étant opposé à « beignet ».]
Caretb, oa4-ye^ charretée, charge d'un
chariot. — Voir quettêye.
Cabillonneux, oa-ri-yonrneu'i, caril-
lonneur.
Cabnaoe, ear-nâ-je ; 1» carnage ; 2<> cha-
rogne; 3° par extens., terme injurieux.
Çu carnage ta-ti no laisser la paix?
Carnager, car-nâ-ié, fiure du tapage.
Carnagieq, car-nâ-gié [friand de car-
nage], carnassier, vorace.
Car.vassiâbe, car-na-ciéf carnassière.
Carnaval, ear-na-va, pâtisserie cuite
dans la friture, qui se fait au carna-
val. Tornercarnara, faire des beignets
ou, mieux, des crêpes.
Caboonee, oa-ronrgné, languir, s'arrêter
dans son accroissement.
Cabpblbuse, car-pleurze et corpleu-ze,
chenille.
Carbb, fém., câ-re, angle : la carre de
la table; pavé à six carres. Ce mot
est dans 1 Académie ; mais il n'y a pas
toute Textension qu'il prend chez nous.
Cabre, masc., eâ-re^ carreau, couleur
du jeu de cartes, la roi de carre.
Cabré, ca-rê; l© carré; 2* jeu de billes.
Cabrée, ca-rêye^ charrée.
Carrel, râ-rê, carreau, c'est-à-dire
a place d'un village »; par extension,
le village lui-même : oarrel de Halle-
ville, carrel des Moulins. Ce qu'on
nomme aujourd'hui « square », mot
anglais qui signifie «r carré ».
Carrer, cà-ré; 1» au jeu de quilles,
lancer sa quille de travers pour at-
teindre plus sûrement le but ; 2« carrer
ensemble (cadrer), s'accorder, vivre en
bonne intelligence. S'emploie le plus
souvent avec la négation.
Carrier, ca-riè, charrier (subst.) pour
la lessive.
Carrier, câ^ié^ charrier, voiturer.
Carrière, ca-rié, carrière.
Carribux, câ-rieu^^ carrier (ouvrier).
Cartaoène, car-ta-gin-w, extrava-
gances tapageuses.
Carte. Locution : C'est le pw biau
temps de la carte = le plus beau que
Dieu puisse nous offrir. — L C.
Carteleb^ car-te^'lé, pousser ou passer
à l'écart, s'écarter d'un obstacle.
CASi câf chaud. — Voir cald.
Casquette Locution : il est casquette =
il est ivre.
Casse-col, câ-ce-câf casse-cou, échelle
à un seul montant central.
CÀT
-128 —
GAU
Casbeube, cassure, gerçure. — L.
CAflSEUZ, ca-ceu^f casseur.
Gabsieb, jeune domestique espiègle.
Cabbifibb, eorci-fié, cassis (l'arbuste).
Cabbin, eâ-cin^^ mauvaise monture,
cheval qui trotte mal.
Cassine, râ-ein'-ne, pauvre maison.
Gabsot, eâ-çoy lo étui à niguilles ; 2» cor-
net en papier; S® vieille vache; 4°
(grosse injure) vieille femme.
CasbotÊTB, câ-ço-teye, contenu d'un
cornet de papier (d'un c cassot d).
Cabtafiole, cati'ta-po-le, ivre. Il ent
eaêtafiole. Y aurait-il quelque affinité
avec <E casse ta fiole d (puisque tu as
tout bu) ?
Gabtarab, cass-ta-rây gai, c'est-à-dire
a à moitié ivre d.
Gabti, ca««-^t, échauffé, c'est-à-dire «pris
de boisson :».
Gabtonnadb, caê'ton-na-de, cassonade.
Gabtrole, caêS'tra-le^ casserolle.
Gasuel, ca-x«ê, fragile. [Ce Fens, né
d'une mauvaise dérivation de causer,
se rencontre, en 1823, dans le Diction-
naire des Décourertety IX, 472.]
Cat, ca, Catte, eate^ chat, chatte. Dic-
tons : Amis comme quien et cat (adver-
saires). C'est d'ia buviUi€ pour les
cas = c'est une chose inutile ou mal
faite. Cats dafu la même oamhrette =
belle-mère et bru vivant dans la même
maison.
Gataoke, ca-tan-gnCf châtaigne. Cata-
g ne de mé, oursin.
Catagmieb, ca-tan-gnéy châtaignier.
Gataplane, ca-ta-ptàn-ne^ cataplasme.
CATéciUE, ca-té'Cin-'tnef voir cates'
simme.
Gatécimieb, ca-té-ciamyé, voir cates-
simier.
Gatenab. cat'nâ, cadenas. Semble tiré
directement du latin catena. — Voir
la première farce tabarinique.
Caterine, ca-te-riti'jie, vacotte, cocci-
nelle.
Gatessimb, ca-té'Sin-mey catéchisme.
Gatesbimier, ca-ié-ci-miéy enfant du
catéchisme.
Gat-houant, ca-onan^ chat-huant; tm
étant ici une véritable consonne, qui
fait diphtongue avec la finale an.
Catok, ca-ton, chaton, dans tous les
sens.
Gatonneb, ca-ton-né, faire ses petits,
en parlant de la chatte. D*où, avec
une nuance de menace, cette singu-
lière promesse :Je te donnerai un petit
quien de ma catte, fjvand die era
(aura) catmné. — PalsgRAVE (798) :
VoysynCf quant vostre chat chatonnera.
Je wnuprie quefaye un de voi ekat-
tons.
Catoks (à), ea-tôn, à quatre pattes com-
me un chat. A Lisieux, catonner a ce
sens.
Gatorb, ea-tâ-re, voir quatare.
Catouillbr, ea-tou-yé, chatouiller. Si
rims ms catouUlez aynsi, il m*est forée
de rire. (Palsgrave, 758). Le même
auteur donne en outre la forme ga-
touiller.
Gauche, oaw-ehe, chausse; au pluriel :
« les bas ». Cauche^ cbea les meuniers
ot les boulangers, est le tuyau de toile
<|ui sert à conduire la farine. Cauche
a loucket.
Gaucher [forme du xiv« siècle], caw-
ché, chausser. Vas-tu cauche tes bat?
Pofde cauchée = qui a des plumes
aux pattes.
Gauche USE, cau-cheu'-ze^ chaussure.
Gauchie, catc-chie, chaussée; dans les
fermes, l'espèce de trottoir qui court
devant les etables et les écuries.
Gauchon, caw'Chanj chausson.
Caudel, carc-dé^ repas qui termine la
moisson. Les précieux disent r A aïki^aa,
mot qui en français n'a jamais eu oe
sens. Nous préférons tirer eandel de
cauda^ « queue » ; le caudel est, en
effet, la queue de la moisson. — Voir
renculotter.
Gaudière, ranvii ià?, chaudière ; surtout
celles de cuivre. Les chaudières de
fonte s'appellent plutôt c marmites >.
Gaudillon, cair-di-yon. Un eaudillon.
de sole est une bouffée de chaleur so-
laire.
Gaudok, chaudron. — L.
Cauorettes, filets. — B.
Gaudhête, cam-drêye^ !• contenu d'une
chaudière ; 2** repas ou fête le samedi
des mameurs.
Gauffe, eafc-fe, combuHible (subtt;.
J'ai la caujfe po m*n hiré.
Gaukfer, caw-fé, chauffer.
Gauffette, caw'fe-tc^ chaufferette.
Cauffêye, caw-fcyet tout le lin qu'on
peut chauffer d'une fournée.
Gaule, caro-lef intime. Ne s'emploie
qu'au pluriel, car il implique l'idée de
réciprocité.
G A USB, canr-ze^ cause.
Gauberie, caw-zzid. causerie. Causer
et causette^ au sens de « conversa-
tion n, sont au dictionnaire.
Gaut, câ, rusé, fin. C'est le mot chaud
employé ailleurs ^d'où la locution :
Tes chaud^ mais je brûle = je «suis
plus avibé que toij.
G AUTEUR (cou tors), torticolis. — L.
Gaution, caw-cUmy caution.
GHA
- 129
GHA
Cauvb, eaw-te^ chauve. N'est guère em-
ployé que dans cauve-souU, chauve-
Bouris. Pour rhomme, on préfère le
français <E chauve 9.
Ca uvkttb, eatv- tè-te, choucas (corneille).
Cave, creusé [mot du xv« siècle]. A'^'ua
ptu au bord d'ia falaise^ c'est cave
tout plein (beaucoup). — L.
Caveine (pain), ea-vin^-ne, j^u mollet.
Caverne, cabane de berger. — L.
Cavête, ca-vê-ye, cavée, chemin creux,
voie en tranchée.
Caten, ea-yin, coq de Cayenne ; au fîg. :
homme de petite taille. Au fém. : une
(poule) cayentu;.
CAYEUf moule. [Les moules de Cayeux
(Somme) sont renommées.] — L.
CÈCLE, cè-cUt cercle.
Ckcleb, ee-cler, cercler.
CkLtBRÂLK,cé-lé-bralf uniquement dans
Jiètre céUbrale (pour « cérébrale »;.
CélibâTaibe, cé-U-ba-ré, célibataire.
Celleuzb, cè'leu^'Ze, crevasse au sabot
des chevaux.
Censément, san-cé-man, à peu près,
presque. J'jtonimes cen*eme7tt d'accord.
Cenbion [le Jour de) = fêle de l'Ascen-
Bion. — B.
Ckntimme [une] = un centime. — B.
CÉRÉMONIE, cé-ré-mo-nie ; locution :
faire des eérému^nies^ c'est ne pas ac-
cepter ce qui est offert, quoique Ton
ait besoin.
CÉRÉMONIEUX, qui fait des cérémonies,
au sens de l 'article précédent,
Certifie, fém., cer-ti-fie, salsifis, masc.
Cha, cha, ça, mis pour d cela », ou adv.
Chabkrnas^ cha-bt^r-nâ, voir chabre-
ntis ; se dit au féminin d*une grande
étourdie.
Chabot, cha-bo, sabot. Etre dans set
petits chabots =èiTe embarrassé, gêné.
Chabot à bottennes, gros sabots d*un
seul morceau et dont le bois recouvre
le pied [nommés ailleurs hougnoux].
Chaboteuz, celui dont la marche est
bruyante, ^larce qu'il traîne ses sabots.
— B,
Chabotter, cha-bo-ti (sabotter), mar-
cher bruyamment avec des sabots.
Chabottie, saboter ie. — L.
Chabrac, cha-brak, étourdi, maladroit ;
léger, trop vif.
Chabrenas, ch/i-be^r-nâf étourdi; peut-
être pour chiabrena. Dm. donne cha-
bernai = négligent; et chabre?uiu =
savetier.
CHAConTBR, cha-eoU'téy chuchoter. —
— Voir chaonter»
Chaqbineb (SE), cha grin-né^ se cha-
griner; se dit du temps qui passe du
beau au nuageux.
Chair, ohé, chair.
Chaircuitibr, cher-eui-tU, charcutier.
{Forme locale la plus étymologique ;
u chair cuite ».]
Chairu, cfiéru, charnu.
Chaise, cfieze, chaire (à prêcher).
Chalanoue, la Cerlangue (commune)
Chalut, bateau qui traîne le filet de ce
nom. — L.
Chambre, chan-bre, mairie, dans la lo-
cution se manier (marier) à la chambre.
[Mais dans la bouche des vieillards de
i^SO, chambre gardait son stns actuel,
les églises ayant été fermées aux ca-
tholiques pendant la Révolution.]
Chambrête, Tensemble des meubles
que popsède un ménage. Quen belle
chanbrêye va avi Noraine (Honorine)
en se masiantf
Chahbrion, ehan-bri-on, maisonnette,
petite chaumière.
CuAMiAS, chameau, terme injurieux. —
L., effacé.
Champleuse, cban^-pleu'-xe (cham-
pleure), chantepleure. Locution (sur
Quelqu'un qui cherche ses mots) : Y a
'la lie dans la champleuse.
Chandeleur, voir Candeleur.
Chandorer, chan^do-éf salir ses vête-
ments.
CuAOUTER, cha-ou-té, chuchoter; an-
glais chawter.
Chapbr, chape, marcher en allant et
revenant sur ses pas, comme les cha-
piers le faisaient à Rouen, avant la
liturgie romaine. De même, « porter
chape 9, dit d'un individu qui va et
vient pour épier quelque chose.
CHfiViJ^BAVjCha'ra-ban, char à bancs.
C'fst la grêle en charaban = une chose
difficile, gênante.
CnAiiABkiiVKRÈR,charra'bann-neye, le
chargement complet d'un charaban.
Chariot, châ-rio, chariot.
Charité, cha^ï-tê, charité.
Charlot, Charles. — L.
Charrbr (SE), châ-ré, se prélasser, pren-
dre ses aises. Serait-ce pour chair rer ?
Charroi, châ-roi, voie, écartement des
deux roues placées sur le même essieu.
Quand une voiture n'a pas le charroi,
elle verse facilement.
Charronner, eha-ron-né, travailler le
bois comme un charron.
Charterib, ehar-trie, hangar pour les
voitures et les instruments aratoires
[le chartil du xvii* siècle]. Je crois ce
mot d'introduction récente parmi nous :
les anciens ou gens d'&ge disent sim-
plement « la loge 9. — Charterie
CHE
— 130 —
GHI
est encore inconnu à Saint-Jouin.
Chabsibb, ekâ-eii (tamisier, Basaier).
Avoir le* gheteux (cbeyeuz) en eKtU'
iier = les avoir tr^ longs, asses longs
Sour être employés à la ûibrication
es tamis.
Chatel, eha-té^ château.
CuATiAU, eka-tiafCy château.
Chatboul, cha-trim, poulpe commun
{tHTtopus vulgarù, Linn.), souvent aussi
dési(;né par la forme féminine t'ha-
trouille. A Jersey, on l'appelle jpÙTV-
vrey d'où le nom illui^tré par Victor
Hugo. — En Basse-Normandie : m-
trouiUe; Bescherelle : chatouille.
Ghaudkomnikb, ehaw'dron-nyét chau-
dronnier.
Cbauffette, ekav'/e-te, chaufferette.
Au xv< siècle, c'était un < réchaud de
table ».
Chavate, eha-va-te, savate; au fig. :
maladroit, propre à rien.
Chaveter, marcher beaucoup pour rien.
— L. [Doit aussi avoir le sens de
c saveter ».]
Cheiclb, CHEiCLEB, ccrcle, cercler ;
formes inconnues dans la vallée de la
Lézarde.
Chbioneoz, tablier. — L.
Cheint, chinât bandage à hernie.
Ghbintore, chin^u, ceinture.
Chblbb, ehléf celer, cacher ; receler.
Le bon Diu y a rien chelê = il est
très savant.
Cheleux, eh'leu^, receleur. Si y avait
point de eheleu^, y irait point d'vo-
leux.
Chellieb, ehé'lié, cellier.
Chemin, eh'minf chemin. La forme
archaïque quemin est rarement em-
ployée.
CHBMINftYE,<?Vf//i-nlye, voir quetninêye.
Cheminot, eh'mi-nû, sorte de pâtisserie.
— L. ajoute « de la mi-carême ». Les
cheminots, en effet, se vendaient sur-
tout en carême.
Chen, chan, sens; mais uniquement
dans la locution fautive : gens dessus
dessous (voir T Avant-propos). L'ortho-
ffraphe véritable c'en est donnée à
deux reprises par Palsgrave (pp. 421,
764).
Chenaillbb, rA'jiâ-^^, 1» arracher; 2*
manger avidement. On dit auBsi snaU-
1er,
Cbendbr, chan-dre, cendre.
Chxndbillon, ehan-dri-yony femme
sale.
Chendbillonneb, chan^dri-yon-né,
remuer les cendres malproprement.
CniaxRYiKVfChe'nn'Viu, chêne vis, graine
du chanvre.
Chent, ohaUf cent Locution : U a fait
les cent dix -neuf oonps = tous lea
excès possibles.
CuENTAiNB, ehan-tin^-ne ; 1» centaine ;
2« nœud qui termine un écheveau de
fil (dans ce sens, J. T. écrit ceintaine) ;
3» par extension, Técheveau lui-mâme.
Locutions : Démêler la chentaime =
éclalrcir une difiiculté; ratomer la
chtmtatue = donner des explications
qui contredisent les précédentes.
Chentjemb, ehan'tyin''fne^ centième.
Chknc, oh'nu^ excellent. |^Au IHetion.
général^ après nos principaux philo-
logues normands.]
Chke, cuèbb, ché aux deux genres,
cher, chère.
Chebcuitibb, voir okaircuitier,
Chebfeuil, cher-feu^ cerfeuil. Qonne-
ville et St-Jouin prononcent cker-fu,
CUEBFOUIB, cker-fouî, serfouir (le c ini-
tial est plus rationnel; : Pour faire
porter Vfs arbres^ errjouissez-les. PaL8-
O&AVB, 516.
Cheege ou hbboe, cher-je ou serye,
charge.
Chkbgbage, eker-ja-je^ chargeage (c'est-
à-dire, sans doute, « action de char-
ger I).)
Cheboer, cher-jéy charger. On dit aussi
serger,
Cheribe, ehri'ze, cerise; quelquefbÎB
(forme plus logique), cfCchise,
CUEKIBIER, chri'Zié, cerisier ; et aussi
(archaïsme, mais plus rationnellement),
oh'ki-tié,
Cherle, Charles. ~ L.
Chermb, cker-me^ charme. [La locution
se détenir, se porter comme uneharme^
est usuelle.]
Chkbmer, cher-mé, charmer.
Cherniehb, cher^ié, chamiôre.
Cherretieb, eher-tyi^ charretier.
Chebvelas, cher-ve*4â, cervelas.
Chervelle, cker-tè-le, cervelle. — L.
ajoute : eunn' vhervelle = un homme
de tête.
Chétant, alors [contract pour « cela
étant »]. — ii.
Cheux, cheUj ches. On dit aussi, mais
plus rarement, ceux (ou setue) et même
sieux.
Cheval, j'ra, cheval.
Chevalot, j'ra-lo, chevalet
Chevib, corriger, forcer un inférieur à
obéir ; souvent prononcé Juie, Synon.
tt juire ».
Chiabsb^ diarrhée.
CuiBOT, ci^bo (cibot), oignon de seconde
année. Palsgrave (205) : oheboleayong
onion, ce qui se rapproche de notre
CHl
— 131 —
CHU
«cîbot». Wright définit chibols (A. N.) :
smoU oni»nà, Ghibb, s, a. kind of
anûm, Northampton ; et oibbol. s.,
theiecand yearg tprout of an onion-,
détinition exacte de notre d cibot d.
Chiboulsb, chi'bou-lé (français » aa-
bouler ]>), déranger, mettre en désordre.
Bans les Vottgea, quibouler^ Dm.
Chiboulbttk, chi'bou-lè-tef ciboule.
Chic AILLER, chUcà-yé, 1* quereller, dis-
puter; 2o bouleverser, mêler.
Chicolas, chi'OO'lây chocolat — Voir
ckucoloê,
Chicomobb, chi'co-môf sycomore {aeer).
Chicotin, chl-cif-tin^f blague à tabac.
Chischer, vieux, rAié-c/i€, seoir, siéger,
s'asseoir. Chiéchez^vous, Madame,
Chiffe. Locution : mau (mou) comme
une chiffe = qui n'a aucune énergie.
— B.
Chignole, chiymle^ manivelle. — L.
ajoute : « qui meut la chaîne d*un
puits )). — B. N. choignolle. Selon
ISescherelle, « sorte de dévidoir ]>, sens
inconnu chez nous. — Chignole est
parfois employé comme superlatif :
Jl ta la chignole = il va grand train ;
il ideut la chignole = il pleut à seaux.
Chignolbb, chi'gno4é, l» tourner une
manivelle ; 2^ au lig. : faire une chose
avec une vitesse excessive.
Chignon, chi-gnon^ 1* quignon de pain ;
2f* sorte de pâtisserie.
Chimbnt, chi-man [ainsi, compte de
Longue ville, 14(>^], ciment.
Chimbtiebb, chin^me-tiéy cimetière.
Chimette, ehi-ntè-te, feuilles d'un chou
qui poussent après qu'on a ôté la
pomme.
Chindbt, ancolie (plante). — B.
Chinq, chin^, cinq.
Chinquantaine, chin^'Can^'tiH^-nef
cinquantaine.
ChinquaNTE, chin^-oan'-te (plus sou-
vent chiquante), ciuquante.
Chinqu ANTIÈMB, chin^-can^ -tyin'-me,
cinquantième.
Chintièmb, chin^-tyin^me, cinquième.
ChintrÊ ; mal chintrê^ mal accoutré
dans ses habits. -> L.
Chion, chyouy scion, verge.
Chionneb, chion~ni, aller vite. En
B.-N., a battre avec uu scion ». Ron-
fler, en parlant d'une machine ou d'une
toupie (comma un scion qu'on fait
tourner rapidement, selon Dm.).
Chiot, sirop. — L. {effacé) ; se dit, ou
au moiUA s'est dit en Haute->Soruian-
die. — M . écrit chirot et ajoute : peu
employé.
Cbioteb, mettre du sirop. Veux^tu
ohioter man eafai. — £n marge : 111
Chiotteb, chiihté. se dit du tabao à
chiquer, lorsqu'il rend trop de suc.
Chiquante, chi-can^-te, cinquante.
Chique, chik^ bonbon au caramel (ber
lingot).
Chiquer^ chi-kié^ manger de bon ap
petit.
Chiquet, grande quantité. Chiguet d'ar-
gent ? — L.
Chiquetê, déguenillé, couvert de hail-
lons (vêtu de chiquettes). — L.
Chiquetibb, chl-he9-tii, chiffonnier.
Chiquettb [préféré par Voltaire à la
forme commune « chiquet ii],chi'kiè-tey
chiffe. Parrain à la chiquette.
Chiseau, chi'zôf ciseau. — V. le suîv
Uhibel, chi-zêy ciseau. — L. : <( de me-
nuisier et de charpentier » (d'un mor-
ceau de fer unique).
Chite, chi-te^ ci (particule). De ce
tempS'Chite,
Chivièee, chl~viéf civière.
Choisir, choly'zî, choisir.
Choix, chouê^ choix.
Chopibbe, ohopié, pépinière.
Choquant, cho-can, entêté, sournois.
Chou I chou^ et chou-ohou 1 cri pour
chasser les poules. Quelques fermières
disent : chm! poule.
Chouette, chouè-te, !• chouette; 2«
qualificatif emprunté à Targot, et qui
signifie a parfait » dans la bouche des
habitants des villes. 11 a souvent un
scDB tout opposé à la campagne. Ah
bien! c'est chouette = c*eBt très mal.
(V. Delboulle.)
Chouettement, d'une façon remar-
quable. — L.
Chouler (SE), choû-lé, se remuer, se
traîner; littér. « se bouler », car la
a choule » était une boule. Jl e»t H
oaleux qu'i ne peut te chauler — L,
ajoute : « se bousculer et pousser
quelque chose ».
Choumaque, cfiou-mak^ cordonnier. V.
Dm. — Selon L. : savetier (terme in-
jurieux) ; se dit en effet aillfun des
cordonniers ambulants.
Chouque^ chou-ke, souche. C'est la ra-
cine de chouquet (billot), lequel a ob-
tenu droit de cité, notamment comme
terme de marine et de boucherie. —
L. ajoute : « gros nuage noir à l'ho-
rizon )i.
Chouquette, ûhau'kiè'te, petite sou-
che ; débris de souches, racmes.
Chouqueux, chûu-kyeu^, couvert de
gros nuages, en parlant du temps.
Chucolas, chvrco^lâ, autre forme de
chicolas, chocolat.
Chuceb, ohU'Cre, suore.
Chuorsb^ ohu^eréf sucrer.
GLA
- 132 —
eu
CbucbAbib, ehu-eré^ie, sucrerie.
Chucbieb, ehu-cri-yé^ Bucrier.
Choe, chû^ ciguë (c'est à peu près la
forme primitive cev^),
Chupâe, ehu-peyâf cépée.
CiDBESSB, 8. fém., ci-drê-re^ cidre bâ-
tard, obtenu par un mélange de jus
de poires et de jus de pommes.
CiHE^ cirage. — B.
CiBBB, ci-réy cirer ; en terme de culture,
une charrue cire quand elle lisse la
terre en unissant les sillons.
CISCADE-DEUZ, eU-ca-éC dm^ , faire à
la « six, quatre, deux a>, à la hâte et
sans soin.
C18IAS, ci'Ziâ^ ciseaux. — L. ajoute :
« de couturière et de jardinier » (com-
posés de deux piècei$).
Cité, la Cité, Félicité (prénom).
Clafbeux, clâ~/rev'^, gourmand inMi-
tiable, qui se présente où il y a de
bons repas, pour ec faire inviter.
Claib, cléj clair. Locutions : entendre
clair = distinctement; le clair delà
soupe = le b«mi]lon; œuf clair, sans
germe; t'as le de de la marmite se dit
À une personne qui s'est noirci la figure
en nettoyant la vaisselle ou en faisant
la saisine.
Claibet, clé-èj clairet.
Claikeuz, clé^eu^, juteux.
ClaibtÉ, cler-tê, v. clereté. [« Clairté »
se lit dans le Mercvre de 170i).]
Claib-voib, masc., clêr-tonèr, claire-
voie, fém. Comme il est ridicule d'ap-
peler toie ce qui est fuit pour empêcher
de passer, je soui)çonne la âuale vote
d'être une altération de voir qui, à la
ville, dans notre patois, signifie éga-
lement voir et voie. [Cette conjecture
est appuyée par la forme claire-tue,
qui se lit dans un compte de 1700
{Bulletin delà Commis, des Antiquités
de la ISei?te-Jn/ér., IX, 267). La pro-
nonciation clair-voné aura fait écrire
clair-voie. Ce dernier mot est bien
donné par Th. Corneille (1694), mais
avec deux sens tout différente du
nôtre.]
Clanchk, clân-che, loquet. Au sens
strict, la « clanche d n'est que la bas-
cule du loquet. [L'Académie écrit
clenche.]
Clancbeb, clan-ehé, agiter le loquet.
Ou dit : elancker la porte ; cependant,
a clancher » s'emploie comme neutre,
ou absolument : as-tu clanché 1 [pour
savoir si la porte est fermée en dedans.]
Clapkb, cla-pé fiancer; ne se dit que
des choses humides ; au tig. : claper
une chose à la tête de quelque n = lui
dire sans ménagement. Rapprocher
l'anglais clap = frapper.
Clapet, cla-pèf 1* claquette, instroment
destiné à produire un bruit sec ; 2«
petit reste de soupe.
Clapetb, cla-pê. fleurs de digitale; par
extension, la plante elle-même,
Clapot, cla-po, I» flaque d'eau ; 2« ba-
vardage, commérage. CeH pas la
peine de se mettre la m<n^ au cœur par
tout cha ; c'est du clapot de femme, et
rien de pus. Selon Wright, clap s'em-
ploie dans l'ouest de l'Angleterre aa
sens de a lèvre j» ou <e langue » {]Lip
an langue).
Clapoteb, cla-pihtéy 1* agiter l'eau ou j
patauger; 2* laver sommairement :
Je tas clapoter ces ehiquettes-là avant
de balier la maison ; '6^ bavarder, oa
activ. médire.
ClaPOTIEB, ièbe, da-po-tié, bavard,
qui colporte les cancans.
Claquée à Via, terre cultivée qo^one
grost^e pluie a Oattue. — B.
Claquée midi, se dit du charretier qui
donne trois coups de fouet pour aver-
tir les gens de la ftrme qu'il est midi.
Clabineitk, clâ-ri-nê-te, clarinette.
Clateiel, elâ'tri-e, au plur. clatriàs^
V plaque de boue qu'enlève la chaus-
sure danti un dégel -, 2* taches de rous-
seur sur le visage.
Claveau, nla-to, clef (de serrure).
Claveuse, cla-veu^'Ze, clavette des voi-
tures.
Clêleb, frapper avec quelque chose
d'élastique.
Clbmuchette, clé-mn-chetf, voir rfi-
muvkette.
Clekque, elan-ke, le même que clanche^
— L. ajoute : clenque déterre, portioa
étroite et longue ûe terre.
Clenqukb, clan-kié, v. rlaneher. Clen-
quer l^oreillt = avoir l'oreille basse,
éprouver de la confusion.
Clebeceub, clèr-ceu, lueur, clarté.
Cleuete, clergé, clarté. Wright cite
< clereté » dans les vieux textes an-
glais.
Clkbgeot, cler-jo, enfant de chœur;
anglais elergion,
Clébo, maître d'école; secrétaire de
mairie. B.
Clésiomnage, mucus que jettent les
vaches prêtes à vêler. — L.
Clesiokmeb, se dit des femelles des
animaux qui laissent écouler du mucus.
— L.
Clic H K, éclisse. — L.
Clicbeb, cli-cké, éclieser.
Cliuuchette, olt-mu-ckè-te , cligne-
musette, jeu de cache-oache.
Clincaille, clinrcâ-ye, quincaillerie.
Climcailleb, clin-câ-yé, quiooailler.
« Clincailler 9 est la funne du xvii*
G(E
— 133 —
COM
siècle, encore citée par l'Académie.
On y a vu une onomatopée; en an-
glais ; klinks, gros clous, et JtlinJte,
tinter.
Clincaill£BI£| cHn-câ-jf^yie, quincail-
lerie.
Cline, clin-ne^ (clin), point central du
jeu de climuchette (cligne-musette).
Clikqukts, clin-kiê^ sonnailles ; peu
usité.
Clipotte, flli-po-te, voir lampote.
Cliques, elik. Locution : Prendre se»
cliquet et te» claque» = quitter furti-
vement un lieu, en emportant son mo-
bilier.
Glopidailleb, clo'pi-dâryéj feindre de
boiter.
Clopidailleuz, clo'pi'dâ-yeu^ , qui
feint d'être boiteux.
Clopotb, clo-po-tej cloporte.
Cloque, clo-ke, ampoule (comme en
français), rarement; u cloche ».
Cloquer, ch'^-kié ; ça a cloqué = il s'est
formé une ampoule ; plus souvent v clo-
que té ».
Cloqubtieb, clok-iié et clo-ke9-tié (pays
de Bray, ol cloqueteux :d), qui marche
en tête d'une procession, en agitant
les sonnettes.
Cloquettk, clo'kiè'te^ clochette.
Clôture, clo-tu, clôture.
Cluqueb, clu-kyéf glousser; ^e dit spé-
cialement de la poule qui veut couver.
Voir J. T. .gluchcr, — Falsgrave (487)
donne d clocquer j> : Cette gelitte aloa-
que; tlle a des jeune» pimeynt^ qutlque
part quelle le» ait caché». — Vlokt} en
ancien anglais.
Clut, clu^ versoir de charrue.
Co, coj V* coq; 2* coquelicot: Sn'aveine
et t pleine de co,
CoBlEN, co-byen'^f combien. Le cobien?
= à quelle date /
Cocarde, papillon nuancé de mille cou-
leurs brillantes. — B.
Coche de boitj coin en bois qui sert à
fendre les bûches. -- B.
Cochonner (be), salir ses habits. — L.
Cochonnerie, co-ckon-n'nie^ cochonne-
rie, mauvais procédé (et les sens du
français;.
Cochonnet, sorte de tarte qui se fait
aux Bois.
COCHONNIBB, celui qui élève ou vend
. des cochons. — L.
Coco, co^cô^ niais, et les sens franc.
COCOTIEB, cO'Co-tyéy coquetier.
Cocotte, fièvre aphteuse, — L.
Codèqueb, co'dè'kyé, voir ooquedêqver,
CcBUB, kyeu. Locution : A cœur de jour
= du matin au soir, sans relâche.
JS*n'4fan crie à cceur de jou.
Cœuru, travailleur courageux. — L.
CoPFiN, cO'Jinf cornet de papier. [A Tex-
clusion des autres sens du Dict. gêné-'
rai,]
Coffre, co-/re, [tous les sens français et]
cercueil, sens enregistré par l'Académie
en IGU.
Coffrée, co-frêye^ trousseau [de mariée,
qui se rangeait dans uu cotl're, un ba-
hut ou une huche]. A St-Lô, on dit
ku^hie.
COFRÊNB, co-frin-ne, bourdaine, bour-
gène (rhamnu» frangulaj.
CoGNB, con-gnCf légère contusion.
COONEUX, con-gneu^, !• cognée ; 2» sorte
de coin emmanché comme une hache ;
30 mendiant vagabond qui vit dans les
coins. PaUgrave (422), le» coignet».
Pot à oogneuXf pot dont l'anse est en
dessus, qu'ailleurs on appelle <c un
cohan d. — Voir Dm.
Coiffe, coiy-fe^ coiffe.
Coiffée, coly-fé, coiffer. Poule bien
coiffée, qui a une belle huppe.
Coiffeuse, coiy-feu'^-ze, 1° coiffure ; 2»
coiffeuse.
CoiNGHE, sournois, hypocrite. — L. —
Une note ajoute : a pas connu ? »
Coinquement, couin^'kman, !<> cri ; 2»
grincement de pièces qui frottent; 3<>
tintement d'oreilles.
CoiNQUEB, couitirkié, !<> crier; 2^ grin-
cer, en parlant d'une porte, etc.
CoiPEL, eoiy-pé, copeau.
Col, c6, cou.
COLAB, Nicolas ; quelquefois a: paysan
endimanché, gauche jd. — L.
Colère, co-lé, colère.
Coléreux, co-lé-reu'^ et ? co4é'eu,
prompt à s'emporter.
Colin, Nicolas. — L.
C0LLAILLEE, co-lâ-yé^ péjoratif de
(( coller D ; coller fortement et d'une
manière désagréable, comme la glu.
Colle, co-le, crachat épais, et autres
sens du français (celui de •< mensonge j>
est cité par l'Académie dès 16^}.
Coller (se), dit de gens qui vivent
ensemble sans être mariés. — B.
Collioor (rare), co-ll-dor, corridor.
CoLLON, ooleron. — B.
Colombe, co-lôn-bs, pièce de bois verti-
cale dans les constructions en char-
pente ; pour « colonne p, comme
flambe pour a flamme 9.
CoMÈBB, co^mé, commère. — V. copère,
COMMANDEE. Locution : San» vo o'man^
der, précaution oratoire dont on fait
précéder un conseil,
10
CO!f
— 131 —
co:i
Comme tout, locution, a beaucoup,
extrêmement ». J'ttieuê cotent comme
tout, [Aussi raisonnable que : tout
plein cotent,^
Commis, con-mi^ spécialement a employé
des contributions indirectes », vuîgo
rat de cave.
Commise, con-mi-ie, locution : Etre
data la commise =. être dans ses torts.
Commune, co-meu^ns. On disait parfois
à St-Jouin la communs, spécialement
pour désigner les biens et les terres
qui appartenaient à la commune.
COMPABBB, cân^pa-é, comparer.
COM preneuse, eon^re-neu^'Uty intelli-
gence.
Compte. Locution : tenir compte =
prendre soin. I n'a pas tenu compte de
m' causer, Im^a seulement pas dit : Es^
tu quien, es-tu heyte ? ». — h C.
Compter quelqu^un = l'avoir en estime.
— B.
Comtesse, eon-tê-ee, comtesse.
CONASSE, tabatière faite en écorce d'ar-
bre. — li.
CoKOEVER, côn-^^vé, concevoir.
CONOOUREUX, qui prend part à un con-
cours agricole, etc. — B.
Condition, con-di-ctfon, condition.
Etre en condition = eue serviteur,
domestique.
Conduire, courut, conduire.
Confiture, conrfirtu, confiture.
Confondre, con-fonrde^ confondre.
CONFRARIB, coïi/ro-ri, confrérie. — V,
confrérie.
CoNFRÂRE, eon-frè, confrère.
Confrérie, oonrfré-ie, confrérie.
CoNORBNB, con^rin^-ne, gangrène.
Conjecture, can-jeo-tu, conjecture.
Conjecturer, conrjeo-tu^, conjecturer.
Conjurer, eon-ju-i, conjurer.
Connaître, othnè-te, connaître.
CONNEBOTB, racine de colza que Ton
arrache après la récolte; à Kouelles :
oannebuts ; à Uonne ville et à i5t-Jouin :
yamùettts [petites jambesj.
Conseil, eof^oéy conseil.
CONBEILLEUZ, oon-oé-yeu^, conseiller.
Les oonseiUeum ne sont pas lespayeuw.
Conséquent, eôn'cé-kan, important.
VeUê une maisi^n oonsèquenle.
Consommé, con-ço-mê (tous les sens du
français consommer et consumer) y usé,
brise, réduit à rien. A0 n'n'peut rien
fé d'ces poutres; c'est du bois cmuorn-
tué, J'eteu consommé d'douleus.
Consommer, oon-ço-mé^ consumer.
Construire, oons-truî, construire.
Conte-nouvelles, inditont — L.
Conte-pet, côn-te-pèy rapporteur de
nouvelles. Var. eonspet et eonspeteux.
— LO.
Content, eo-tan, content.
Contraire, con-tré, contraire.
COPÉRAGE, co-pé'â'je, nom collectif :
le parrain et la marrai ue réunis.
COPÊRE, cO'pé, compère. « Copère » et
« comère j> indiquent les rapporta ré>
ciproques du parrain et de la mar-
raine, oeile-ci disant < mon copère »
et celui-là « ma comère ».
COPIÉMENT, travail de copiste. — L.
Copin, eopin, 1® morve qa*on voit par-
fois au nea des enfants; 29 (rare), din-
don. Chassant croit que le nom vient
de ce que le jésuite Copîn avait intro-
duit eu France cet oiseau de basse-
cour. Il est appelé c jésuite » en divers
pays, qui, tout en précisant moins,
confirment Texplication.
COPINEUZ, qui a du copin au nés. —
L 0.
Coque, co-ke, patelle : manger des co-
ques,
COQUEDÊQUER, co-k^-dê-kiéj crier, ea
parlant de la poule qui vient de pon-
dre, ou qu'on efifarouche; au tig. :
€ jacasser ».
COQUÂNE, co'kyin^-ney arbrisseau. Une
première rédaction ajoute . rhamnws
aluternus; mais on lit à la marge :
a Ce ne saurait être le rhamnus ata^
temus, lequel est un arbuste exotique.
Brébisson donne le nom de c cochène »
au vibumum Lantana 9. — M., lais-
sant le français en blanc, a écrit :
MMamnus, . . Vibumum Lantana.
Coquet, co-kyièy cochet, jeune coq.
COQUINERIB, co-kyin'-n'niey ooquinerie.
Corbattre (SB), cor-ba^Oj littér. : « se
battre le corps », d'où « se tourmen-
ter, se débattre ».
CoRBiLLEB, cor^bi-yéy oorbeiller, van-
nier.
CoRBiLLiE, cor-bi-yie, oorbeillée.
CORBLUB, eor-blûf cochléaria officinal.
Corde de trèfle, sorte de long stUoa
qu on forme avec le trèHe, avant dA to
mettre en meulô.
CoRDEL, cor-de, cordeau. [La racine de
ce mot &it Tobjet d'une curieuse re-
marque qui a ici sa piace naturelle.
Sur la quantité considérable de cor*
dages qui entrent dnns le gréement
d'un navire, le mot « corde » n'en dé-
siffne qu'un bout de quelques centi*
mètres : « la corde de la doohe ».]
CoRDÉRiE, oor'dé-iCy corderie.
Cordon, cordon, quart d'une corde de
bois (59 oentistères).
Corée, voir cowraie,
Cobet, 00^, oornet^ enorur en ooraei
cou
— !3K —
cou
CoRMAN, eor-mân^ cormoran.
Corna ILLBB [ailleurs : crenattUler],
eôr-na-yé^ cornouiller ?
Corne, cor-ne^ corne.
Corneille, côr-nê-ye, corneille.
Cornet, cor-nè, coquille de «trombe
percée, pour appeler les miirins et les
aoûteux.
CORNILLEB, côr-ni-yé, se dit de» bes-
tiaux qui font des dégâts avec leurs
cornes.
CORNILLÂRE, coT-ni-yé, le diaphragme
des animaux.
CoRPORÂ. Un homme bien corporé =
de grande et forte taille. — B.
CORPORENCE, oor-po-r an-ce, corpulence.
CORBÂ, cor-cé, l» repu; 2" qui a du
corps, étoffé.
Corsée, cor~cêye^ bon repas.
Corselet, eor^ce-lè^ corset.
Corser (SE), «pr-(7^, lo se repaître; 2«
prendre du corps.
Corset, cor-eê, jupon. Ytfur hyteU (mo-
derne kirtle\. Vaetre corset pent à
terre. (Palsgrave, 678. Du Guez, p. 306.)
Corvée, cor-vêye, corvée.
COHCISNCHE, co-cyan-cfiCy conscience.
Loo. adv. : en conscience = en vérité.
COBSARD, co-çar, colza. [C'est le nom
officiel de la plante dans une ordon-
nance imprimée, rendue à Cany en
1748.] ^
COSSARDIÉRE, co-çar-âyé^ champ où l'on
a recollé du colza.
CossiER, cô-citi, paille de colza.
Cote-cote, co-te-co-tc (o très bref), côte
a côte.
Cotent, co-tan, content On dit aussi,
mais plus rarement, coutan,
Cotentement, oo'tim'te'man^ conten-
tement.
Cotbnter, oo'tan-té, conteuter.
CôTiKR, cô'tiê, côtoyer. Le mot est dans
Froissart : 6'/ chevaMc/tèrent . . costiant
l\»st anse Anyloie, (1, 86; t. I, p. 176,
éd. «. Luce.)
CôTlBRS, cô-tié, herbages en cÔte.
COTONNINE, co-um-nin^-nej cotonnade.
COUANNB, kwan-ne, 1» couenne; 2*' terme
de mépris : vieuw couenne.
Couche, rou-ehe, !• lit; 2« enjeu. Locu-
tion : fetnfne de coucàe, accouchée,
femme en couche.
Couchette, coH-ckè-te, lange.
CoucHBUSB, cou'cheu-ze, bois de lit;
iiuge pour coucher. Pourquoi le bon
usage n*adopterait-iI pas le mot a cou-
chure 9, très employé en Haute-Nor-
luaudie ?
Coubttb, lm$^^ mèche de eheveu.
Couittb, lambeau traînant d'une étoffe.
Coulant, coû-lan, !• courant; 2" petite
rigole de décharge.
Coule. Locution ; Il est à la coule = il
sait se tirer d'affaire; il a la pratique
de la chose.
Couleresse, cùU'le-rê-ce, passoire à po-
tages, etc. Colendre ta strayne milà =»
couleresse. PALeoRAVB.
Couleur, cou-leu, couleur, au sens de
<E mensonge p, etc. Qntlour a faune
tnatler = couleur, Palsgrave.
Coulburer, cou-leu-é^ colorer.
CoULBUX, cou'leu^, couloir, filtre à lait.
Coulëte de taupe « son petit terrier.
CouLiNB, cou4in*^ne, torche de paille,
faisceau de paille longue que fournil
une gerbe; s'emploie rarement seuL
Une couline de feurre, — V. Dm. [A
pour dérivé couliner, dont le Dict. gé-
néral ignore l'origine.]
Coulisser (sk), s'enfuir en se cachant
pour n'être pas aperçu. — L. '
Coup, cou, coup (V. Delb ). Locutions :
Du coup = cette foiu-ci ; sur le coup
de quatre heures = vers quatre heu-
res; coup d' aie, coup de feu = urgence,
moment où il faut se h&ter ; coup de
dessous = manœuvre hypocrite.
CouFB. Locution : coupé de prix = très
cher.
COUPBL, cou-pê, coupeau ; sommet, faîte :
le coupel de la tête, Crest of house, le
coypei do la maison; crowne of the
heed, copeau de la tête. Palsorate.
Coupeusb, oou-peu^-te, coupure.
GovPiAt {\n) d'un fléau, pièce de cuir
qui relie le fléau même au manche.
^ iJ.
CouPOTTER, coupasser, couper sans né-
cessité, en s'amuaant.
Cour, cour. Ici, herbage planté de pom-
miers et contenant les bâtiments ruraux
et la maison. Une cour sans maison est
une basse-cour, où précisément on n'é-
lève pas de volaille.
Courage, cou-ârje (vieux), courage.
CouiiAOEUx, courà'jeu'^, courageux.
COURAIE, cou4e, fressure. — V. Dm. et
J. T. au mot a corée », et Delo. « cou-
rée, harnas ».
CODRBATURER, cour-hortu^, courbatu-
rer.
Courbux, cou-eu, coureur : souvent pris
absolument comme en français « dé«
bftuohô ».
CouRiACHE, oou-yia-ûhe, coriace.
Courir, covri^ courir.
CouRONNBB, oou'on'né, couroooer.
CouBTOiBBB, courtiser* — L.
CousBMBBT, ooatura» ««-fi.
CRA
— 136 —
CRÉ
CouTEL, cau-te, couteau.
COUTELEB, abattre, en fauchant, le grain
à pleine faux. Y a poê moyen de le
suivre : % eoutle!
CoUTÂMENT, eou-té-man, coût, dépense.
CouTEDZ,appli(^ué aux personnes : 1* qui
cause à sa famille de grandes dépenses,
justifiées ou non ; 2» désagréable, de
relations difficiles. [Un brave homme,
qui avait été plusieurs fois chagrine
par un voisin, lui dit en le rencon-
trant : Je ne savais pas que vous vous
appeliez M, Le Couteuix, Peut-être
avec illusion à la famille des négo-
ciants appelée plus tard Le Couteuiz
de Canteleu.]
CouTiAL, eou'tia, couteau.
CouTLETR, ce qu'on abat de grain d'un
seul coup de faux. — L.
Coutume, cou-tun-me; 1» usage ; 2* im-
pôt.
COUTUBB, eou-tn, couture.
COUTUBEB, cou-tu-éy couturer.
COUTUSIEB, courturzié^ V couturier, tail-
leur ; 2p araignée de mer.
CouTUHlÂBB, cou-tu-ziéf oouturièrc.
CouvBB, cou-vé; 1» couver, aux sens du
français ; 2« se servir d'une chauffe*
rette : pot à emtver, écuelle d*une
chaufferette ; 3° être dans les premiers
mois d'une grossesse. As-tu remarqué
M^^ X.,,T Je erais qu'a eouve.
CouVEBESSB, courve-rê-ee^ couveuse; la
forme française est la plus usitée. —
V. Delb. : «i couvoire ».
CouvBBT, oou-ver ; 1* subst., couvercle ;
2^ adj., couvert. Etre bien couvert =
être habillé en honune riche.
CouvEBTE, cou-ver-te^ couverture de lit;
plus raremeut, d'une construction.
[Tombé eu désuétude à la fin du xvii*
siècle, coueerte se lit encore, en 1750,
dans un inventaire du Havre, où il n'a
pas dû cesser d'être employé.]
CouvBBTUBB, cou-^ev^u^ couveituie (de
maison).
Ck)UTON, eou'ffon, lâche. Coujoun (ancien
normand) a eoward, dit >\'right. S'est
dit pour tt mauvais plaisant, qui in-
sulte lâchement ».
COUYONNEB, cou'^on-né, 1" faiblir; 2"
refaire : j'te vas couronner, comme
fte ras baiser = duper.
CouziETTE, coulant pour clore un vête-
ment.
Cbabb (fém., genre employé par Wan-
delaincourt, vers la fin du xviil* siè-
clej, cra-be^ crabe.
Cbachabd, ora-ohar^ crachat. Pals-
grave : orachart [encore employé par
le peuple de Bouen, vers 182^)J.
Cbache, cra-ohe^ crasse; l» saleté; 2»
au flg. : bassesse, vilain tour.
Cbacheuz, era^heu'^t craaseox; au fig.
avare.
Cbachinagk, era-rhi-nâ'je, bruine,
pluie fine. Rynon. crachin.
Cbachineb (à Rouen : c craoiner h),
cra^hi-né, bruiner.
Cbaibe, crêy croire. La locution il fayt
eraire est devenue, d'altération en al-
tération, d'abord /a»^ eraire^ et enfin
faucraie = probablement.
Cbaissant, crè-çan^ croissant.
Cbaîtee, erè'te^ croître.
Cbaitube, orè'tu^ croissance.
Cbamail, era-ma-ye^ gorge [selon L.,
c le col d'un habit d] . Il Va pris an
cramail. Littéralement « défaut de la
cuirasse i (? le cran de maille). Même
formation que eamail et tramail,
CfiAMPArN. Locution : en erampain ==
ramassé sur lui-même, en parlant d'un
malade ou d'un animal qui va mourir.
Cbampe, rr<rn-/70, 1* crampon de fer; 2*
au fig. : dette qu'on ne peut payer.
Cbanque, eran-ke^ crampe (douleur);
anglais cranksj douleurs. W^bioht.
Cbaounqueux, qui souffre souvent des
crampes.
Cbapas, cra-pâ^ 1« crapaud ; on dit aussi
eraptm ; 2^ sorte de treuil.
Ceappb (fém.), erap^ crabe (masc.), et
plus spécialement « étrille ».
Cbappibbe, cra-pi/i^ lieu où s'abritent
les crabes.
Cbaqub, era-kCf hâblerie, mensonge.
L'anglais emploie to erak au sens de
<E hâbler » (remarque omise dans le
Dict. général].
Cbaquelin, erâ'k'lin^ cartilage [qui
craque sous les dents].
Cbaqueb, cra-kié, 1® craquer ; 2<»au fig. :
mener un train de vie disproportionné
avec sa fortune.
Cbaqubuz, cra-A}0«s, hâbleur.
Cbab, baiser. — L. Une note ajoute :
vieux, peu usité.
Cbatable, cré-ya-ble^ croyable.
Gbatanohe, crhyan^he, croyance.
Cbâ, abréviation de c sacré » dans les
jurons. — L.
CBéATUBE, oré-a'-tu, créature; absolu-
ment (( femme décriée p. N'a pas tou-
jours ce sens péjoratif dans le Calva-
dos.
Cbéb, crê, crête de coq, de poule, etc.
— L. écrit c craie ]D.
CBâMiLLÈE, cré-mi-peye, crémaillère.
S'emploie partout en serrurerie.
Cbémillon, cré-mi'jfon, crémaillon.
Cbenachb, ke^-na-ohe, crevasse (voir
la première partie, p. 52).
Cb&pxb (BJfi), orê'pé, se raidir, se redre*-
CRO
- 137-
CUL
Ber d*un air rodomont. AilleorB (J.T.)>
a 86 crépir i^.
CbAque, erè^ke (outre le sens assez ré-
pandu de « pruue sauvage 9), au fig.
acari&tre ; ne se dit que des femmes.
Crssson, ké^rson^ cresson.
Cbétblbr, erêVU, chanter, eu parlant
de la poule. (Désigne parfois le cri
spécial qui indique qu'elle pondra bien-
tôt.) — V . Dm., u cresteler ». — Au
fîjj?., en parlant des femmes qui font
des observations d'une yoIx aiguë.
Cbetib, lufr-tî (rexplication est restée
en blanc), frémir; à peu près syno-
nyme de grémir.
Cbeuilltë, ereu-yie^ groupe d'objets en-
filés comme des harengs.
Cbevache, cre-va-ehe^ crevasse.
Cbevacheb, cre-va-ché^ crevasser.
Crevaison, eré^-ré-zan^ mort; mais avec
une idée de haine ou au moins de
mépris. — L. donne avec la même
nuance : ponsAer um erève.
Cbevard, ereo-tar, celui qui veut sou-
tenir un rang supérieur au sien.
Cbevbr, puer. Ça crève, — L C.
Cbbvon, cre-von^ chevron.
Cbbvonnaoe, cre^'Vonrnâ'je (chevron-
nage).
Cbbvonneb, cre^-vati'né, mettre des
chevrons.
Cbiblbttes, blé très fin et mélangé de
eraines étrangères, qui reste après que
Te grain a été criblé. — B.
Cbibleubb, eri-bleu'^-ze, criblure.
Cbibb emprê (après), locution = gron-
der. Lixandre est maurmat ; no crie
toujou emprê li,
CbionaCHE, rri-gna-ehe fcrîgnasse =
crin, avec idée péjorative), chevelure
ébouriffée.
Cbionb, gringne (sans doute simple al-
tération de grigne) ; \^ herbeH et raci-
nes entrelacées comme une crignasse ;
2^ croûte frisée, pleine d'aspérités, ré-
sultant de déchirures qui se produisent
dans la pâte pendant la cuisson. — V.
Delboulle.
Cbionu, cri-gnu^ oui a unecrigue '.pain
erignu et crenaonu (crevassé).
Cboche, cro-che (masc.)i 1° subst., courbe
courbure; 2* adj. : pattes croches^ se
dit d*un homme |»eu honnête.
Cboche (fém.), cro-cke, crosse. En vieil
anglais, crvtse = potence ou béquille.
Cboche-PIED, oro-che-piéf croc-en-
jambe.
Cbocheb, cro'ché ; 1* crosser; 2* accro-
cher ; 3* donner le brad ; 4» réussir.
Si ça croc ht, f aurons des pin» mes,
Cbochedx, fiancé qui fait sa cour.
Cbochuibe, ero^huîy courber avec ge-
non on angle, rendre crochu. Pals-
grave donne le substantif eroehuseté.
Croiheb, oroijf'zét croiser.
Cboisbbib, eroty-sfiie, croisement (en
ancien anglais, croisade).
Cboix de Di&u^ eroig-de-Diu^ croix de
par Dieu, alphabet [au titre duquel fi-
gurait une croix]. I^oter l'état cons-
truit dans la prononciation.
Croquettes, ero-hyè-te^ dents d'en&nt
(terme d'amitié).
Cbôtb, cr^^tf, croûte. Casser la orHe =
prendre son repas ; casser enn' crête =
faire collation, manger un morceau.
Cboupette, crou'pè'le^ révérence.
Cboustoknbb, crousS'ton-néy manger
une croûte sans se presser.
Cru p pion, crupion, salamandre ter-
restre. — Note marginale : <e coccyx
des oiseaux d.
Crtbtèke, criss'téf clystère.
Ct-après-aout, temps après la mois-
son, après le mois d août. — L.
Çu, «*, ce.
Cu D'LA babsb ia, dernière limite de
la marée basse. Au fig. : Etre au cu,
etc. := être à Textrémité, soit comme
santé, soit comme fortune. — L.
CxJCKOWER, cU'Ch&n-né, dorloter, trai-
ter délicatement.
Cueutb, kyeu-te, cueillette, récolte des
fruits.
CuîE, cuivre.
CuiLLEB, cu-yé, cuillère.
Cuir, cui, cuir. Dans la locution : Entre
cuir et car (chair), qui se prononce
entre kui-té-ca, le t est purement eu-
phonique, comme dans le français
ce va-t-il p.
Cui BASSE, cui-ra-ce, cuirasse, o*est-à-
dire c courroie sans fin 9.
OuiRK, CM?-«, cuire. Absolument^ faire
du pain. Faudra cuire chaque semaine.
CuiBAGE, cuisson du pain. — B.
Cuisine, cMi-zin'^-ne; l* tous les sens
du français ; 2*> la quantité de légumes
nécessaire pour un repas : une cuisine
fie pois.
Cuisiner, faire la cuisine; au fig., se
dit de ceux qui ont pluA de bonne vo-
lonté que de savoir. — L.
Cuissot d'arbre ^ cui-ço, gros bras.
CuiTUBE, cui'tu, 1« cuisson ; 29 fournée.
CULÂVKE, eu-lè'Vre, couleuvre. Espa-
gnol culebra.
CuLLERéE, cu-rieyCf cuillerée.
Culotte, cu-lo-te^ 1* les sens du fran-
Sis; 2^ partie perdue, sans que le per-
.nt ait eu un seul point ; 3* ivresse.
I CULTUBE, cul'tu, culture.
Dis
-138-
DÉB
CuBAUB, eurTÙrge^ ourage, poivre d'eau,
poligonum; anglais cuUraçe,
CUBANXHB, (m^ii^he, matières enleyées
par le curage.
Curé, cu4, curé [titre donné parfois à
un simple eoolésiastique],
Cdbbb, eu-i, ourer.
CUBBUZ, ûu-eu'^f cureur
CUBIBUZ, eusieH^i !• curieux; 2* (au
sens du latin eurianu), amateur, soi-
gneux : JVo<* maîte a d^bellet vaquée;
mait i %*eH euzinuc étout,
Ctne, cinrney ojgne.
D
Daiot, dê^ doigt. Avé U4 daigts ero-
ehvê ^= être voleur ou peu honnête. —
Voir beyte,
Dalbr, uriner abondamment, en par-
lant des bestiaux ; au tig., se dit des
enfants qui pissent au lit. — L C.
Dalle, da4e, évier. Si t'es si sale que
oàaf tn cas aller dîn/tr à la dalle,
Dalot, dârlo^ godron, tuyau de bonnet.
Dalotbb, dârlu-té, tuyauter.
Daloteuz, dârlo-teu^, cylindre de fer
emmanché pour daloter.
Damaob, dan-mâ'je^ dommage; vieux
français damaige. Palsgrave donne
(589) les deux formes : dammager et
dotnmager,
Damillon, danrtni'jfon^ femme qui af-
fecte des manières de grande dame.
Damnes, dân*-né, damner.
Dandon, dan^-don, grosse fille, lour-
daude. Ne s'emploie guère qu'avec
l'adjectif a grosse ». Wright attribue
au mot anglais dandon une origine
fhmçaise et le définit : A ooarte fat
tvomant ce qui est bien le sens de no-
tre danden,
Danoéueuz, dâfi-)é-reu^^ dangereux.
Darder, se dit des douleurs lancinantes.
Dardillon, dar-diryony ardillon.
Dater, da-téf outre les sens du fran-
çais : 10 avoir de l'âge : Je date, disent
les vieilles sens; 2^ briller, mener
grand train oe vie, être élégant.
Daube, danhhe^ daube.
Daubé, date-héf dauber.
DÉ, particule sét)arative, indique ordi-
nairement l'action contraire au verbe
devant lequel on la place. Parfois,
néanmoins, elle est augmentative ou
superlative : déchapitrer,
Débabillbr, causer mal, tenir de mau-
vais propos, déraisonner — L.
Dbbagoulbr, dé-ba-gov-lé, parler d'une
façon inintelligible et très ennuyeuse
pour ceux qui sont obligés d'écouter.
Déballer (se), se décourager. — L.
DÉBAOUNQUER, mettre à niveau le talus
[la banque] d'une route. ^~ B.
Débat ? d'ba, ébattement d'une voi-
ture ou d'une scie.
Débatir, dé-bâ-ti, démolir, détruire un
bâtiment. 8'emploie surtout dans les
baux.
DÉBAUCHE, dé-baw^kê, 1» débauche;
2® désespoir.
DÉBAUCHER (RE), dé-bow-ehé, 1« se dé-
baucher; 2* se désespérer. Dans ce
second sens, on dit souvent « être à Uk
débauche 2>. [Te débauche pas, eax l'en-
couragement qu'on donne à quelqu'un
qui se morfond à attendre. Au xvi*
siècle, Blendecq appelle au même aens
la Sainte Vierge l'aide parfaite de*
débauchés.]
DÉBEBNÊQUER, dépêtrer ; pronom. : se
tirer d'embarras. — L.
Débilleb, dé'bi-yé. dé<*habiller [et par
extension d déharnacher n ?J.
DÉBINDEB, défaire un « bind 3, dénouer
un nœud.
DÉBINE, dê-bin'^'ne^ ruine, déconfiture;
état d'un homme dont le passif dépasM
l'actif.
DÉBISTRAQUB, dé-biss-trac ^ à moitié
démoli.
Déblibb ? dé'bli-yé, déblayer.
DÉBLOUQUER, dé-blou-ghé, déboucler.
Débotteb, dé'bo-té, décrotter. DéboUe
tes citabots avant d'entrer.
DÉBOUCAXMEB, dé-bourcan-né, se dit de
la fumée qui sort épaisse de la chemi-
née. Voir boucan ; — au fig., se dit des
personnes qui sortent lentement d'une
réunion.
DÉBOUCANNÊTE, dé^u-caii-nege, bor-
dée d'injures dites par un individu qui
ne laisse pas le teaips de répondre. —
Voirie mot précédent.
DÉBOUQUER, dé-bovrkyé^ déboucher un
four, en ôter le « bouquoir ».
Debout, d'bou^ debout.
DÉBOUTONNER (ss), dé-boH-toH-ni , au
fig. : se montrer généreux par circon-
stance ; dépenser largement, quand on
a des habitudes contraires.
DÉBBEL, dé-brê ; être au débreU = étie
DEC
— 139 —
DEC
le premier pour recevoir la balle dan»
le 3ea de quillard. — Voir ce mot.
DÉBBELLBB (SB), dé-brê-lé, se déculot-
ter; au fig. : se retirer; (eu parlant
d*un avare) faire par exception un beau
cadeau.
Dbbbbnèqubb (bb), dé-bt^-ne-kié, se
dépêtrer. (Delboulle : dehernaquier,
dénemiquer.) A Alençon, une brenêehe
est une petite ordure de bran.
DÉBRIOOLEB, dé'bri'Oo4é, ôter la bricole
d*une vache.
DfoROQUBB, dé-bro-kiéj débrocher.
DÉBROUILLER, dé-brou-yA, !<> débar-
bouiller; 2* débrouiller, comme en
français.
DÉBRoniLLBUx, serviette pour se dé-
barbouiller.
BAbubcamnbb, faire sortir d'une ca-
chette.
DÉCABA88BR, dé-oa-ba-cé^ démolir en
partie pour faire des réparations [litté-
ralement : tt faire cesser d*être eaoaê i^].
DÉCACHBR, déchasser : décacher une
cheville,
DiCADUiT, dé-ea-dui, délabré.
DécAINBR, dé-^ai-né^ voir déquainer,
DÂCALOFPRBB, dé-ca-lo-frè, ôter l'enve-
loppe des noiZf des châtaignes, etc. —
Voir icaXoffre, — Ailleurs se dit « dé-
calopper ». J. T.
DécAMPOTBR, d^-can^-po-té, changer
Tassolement (eampoê) d'une ferme.
DéOAKiLLBR, dé-ca-ni-yét sortir de son
gftCf décamper, s'enfuir [semble dérivé
d*uu terme bas-latin can'de^ loge à
chien].
DÉCAPITER (SB), dé-corvi-té, s'impa-
tienter [littér. n perdre la tête »J.
DÉCAUCHEB, dé-eaw'Ché^ 1° déchausser;
2^ (en parlant dfs aniinaui) perdre ses
dents et, dnns un sens spécial, « ses
dents de lait ». Çu ch\a4à décauche
deux anê.
DÉCAUBEB. comme débabUler. -— L.
Dbceiclaoe, graisse qui garnit les in-
testins du porc et est employée à faire
le boudin. — L.
DéCESSER, dé-eè'cé, cesser; augmenta-
tif [ou Iréquentatif ?] de ce verbe.
DÉGHABOTKR, dé-cha-bih-té, 1* être près
de mourir [littér. : <r se déchausser,
pour quitter le monde i^] ; 2° accoucher
(avec idée de mépris).
DÉOHAIRÉ, dé-chéS, décharné.
DécUAPlTRER, di-eha-pi'trè^ démonter,
briser, réduire en mirceauz.
DACHAKBIKR, dé-châ-ryé [mot à mot :
« charrier à côté 9], conduire par ma-
ladresse une voiture hors du chemin.
DÂCHE, dè'Che, déconfiture ; apocope
de « déchéance ». Je ne crois pas ce
mot ancien. [Le Diet, général en fait
un néologisme.]
Dbchendant, d'ehan-dân^ descendant.
Dechbndbe, d'cheHdre, descendre.
Dbghemte, d"ehant''te, descente,
DAohergeb, dé-eker-gét décharger.
Déchet, d*chè, déchet.
DÉOHiBEB, d^chi-yé, déchirer. Locution :
Le ttmpt se d'chie^ ou simplement ça
se d'chie == le beau temps est proba-
ble fquand les nuages amoncelés s'en-
tr ouvrent pour laisser voir le bleu du
ciel).
DÉCHIREU8E, d'chi-yeu^-te, déchirure.
DÉCIDER DE, dépendre de, provenir.
Çufva est malade; cha n' décide pas
k'san trava d'hié,
DÉCLAMER, dé'clâ-mé, proclamer, an-
noncer.
Dbci^akqué, dé-clan-kifé, l» brisé. Mre
dêclanqvé = être malade ; 2" affaissé.
D'un chien à oreilles pendantes, on
dit qu'il a Vzoeilleê déclanqvéyes.
DicLABEB, dé-clârré, déclarer.
Déolaver, bais8<ir un tombereau par
derrière pour le décharger . — L.
DéCLiQUÉ, celui qui a une foulure.
DÊCLis, foulure dans une articulation.
DÉCOCTION, dé-koc-eion. Locution : Avé
euniC décoction = éprouver une fai-
blesse, un malaise.
DÉCOMPOTER, dé-con-po-té (le même que
ff décampoter »), dessoler une ferme.
J'ai trouvé ce mot dans des baux, mais
ne l'ai jamais entendu.
DÉCORSÉ, dé-cor-cé^ V* affaibli, amaigri ;
2* qui semble avoir jeûné, en parlant
du bétail.
DÉcouLEURER, dé-cou-lcu-ré, décolorer.
DÉCOURAGER, dé'cou-â-géf décourager.
Dkcours, d'cour^ décours.
DÉcouvEUTURES, dé-cou-ver-tu (tou-
jours au pluriel), débris d'une vieille
couverture en chaume.
DÉcouvRAisoN, époque où la moisson
enlevée laisse les terres à découvert et
où les épidémies sont à craindre —
LC.
DÉGRAIRE, dé-craî, cesser de croire.
L'état de doute s'exprime par : Je ne
crai ni décrai,
DÉCRAITRE, dé'crê'tej décroître.
DÉCROQUER, dé'CrO'kyé^ tirer avec un
croc.
DÉCROUER, dé'Crou-é^ tomber, en par-
lant des fruits que l'on secoue. S'em-
ploie parfois activement. — Voir dé"
g rouer et encrouer,
DfiCRUi de Via, décroissance de la hau-
teur de l'eau, de la marée.
DÉCULBB, dé'OU'lé, quitter son siège,
DÉF
— 140^
DÉG
sortir. 2 ne dieule pas de Zà, ou i n'en
déevle pat, se dit d'un homme qui est
trop souvent où il n'a pas besoin, par
ex. au cabaret.
DECULOTTER (8E), dé-cu-lo-té^ se décu-
lotter; au fig. : se séparer de biens
d'avec sa femme, pour échapper aux
créanciers; se dit autrement passer
les culottes à sa femme.
Dedans, e^d-dan et d'dan, dedans. Etre
dedans aux sens du Dict, général ;
rent dessus, vent dedans, demi-ivresse.
Dedepis, de^'d'pîy depuis.
DÀDIBB (SE), dédie, 1« se dédire ; 2* s'al-
térer, se détériorer. Vêla du cidre qui
se dédU,
DÉDRAILLEB, dé-dra-yé, réduire en
bouillie (probablement pour c dégrail-
ler ». Voir graillât) ; on dit aussi
dédrâquer.
DÉRS8E, dé-ê-ce, déesse.
DéFAiLLAMGE, dé-fa-yan-cf, 1« défail-
lance; 2« ruine. Not' maison tombe en
défaillance, — Voir démence.
DÉFAIRE^ dé-fé, défaire; 1» délayer.
Défaire du gregeon pour les catiards;
2» V. n., maigrir. Eunn' vaque défaite.
DApaires, subst. plur., habits qui ne
servent plus et qu'on réserve pour les
pauvres. — L.
DÉFAITE, dé'fè4e, mensonge pour s'ex-
cuser.
DÉFATIOUBB (SB), dé-fa-ti-ghyé, se
délasser, se reposer.
DAfectif, dé'fèc'tify rusé, espiègle
[fertile en « défaites »].
DÉFICHBLER, dé-fi-chléj déficeler, délier.
DiFiCHBR, dé-fi'Cher, défricher.
DAfigheuz, dé'Ji-cheu, défricheur.
DÉFIGURER, dèfi-gU'é, défigurer.
DiIfildqub, dé'fi'lo-kyé, usé, dont on
voit la corde.
DÉFINIR, V. n., dé-fi-nî, dépérir, s'en
aller en langueur. Y s" définit, çn por
péf
DÉPIQUER, arracher ce qui était /igué
(enfoncé). Dèfique-mai çu piu-là (ce
pieu;. — L.
DÉFLEUEIR, dé'fleu'î, défleurir.
DÉFLUZIONNBUX, sujct aux fluxions.
— L.
DÉFOUIR, dé-fout, déterrer, arracher.
J'wi'en ras défoui des pommes de terre.
DÉFOUBNETE, moment ou action de re-
tirer le pain du four.
DÉFOUTRAILLÉ, dé-fou-tra-vé. d'une
tenue ou d'une mise trop négligée. —
Voir le suiv.
DÉFOUTRAILLER, dé-fou-tra-yé. disper-
ser, jeter çà et là un amas d'objets,
pour trouver celui dont on a besoin.
(Y a-t-il quelque analogie avec fatras,
defairas, fastrouUlert)
DÉFULLBR, di-fU'lé, décoiffer ; dêfttlltr
serait roman, seUin PaUgrave (7C7),
pour qui la vraie forme française est
découvrir.
DÉFUNT (des deux genres), dé-fun^ !•
défunt; 2^ feu : défunt wan pé, dé-
funt maman, s'emploie par une sorte
d'hommage respectueux, même long-
temps après la mort des pertionues.
DÉGAÎNE, de-gkyin* ne, démarche, tour-
nure ; terme de dénigrement. Synon.
« déguain ». — B.
DÉOANCER, dé-gan-cé, ôter de sa bourse,
ordinairement avec idée de regret et
d'eflFort — Voir Delb. : dégancer et
engancer,
DÉGELER, dé-flé, !• dégeler ; 2» mou-
rir, avec une nuance de mépris.
DÉGELÊYB, dé'flêye, rossi^e. J'ai rechu
une dégeleye de ctmps. Entré dans Tu-
sage commun.
DÉGOBILLONNAOB, dé-go-hi-yon-na-ge,
matières re jetées par la bouche.
DÉOOBILLONNER, dé-go-hiyon-né, cra-
cher ce qui semble mauvais.
Dêgootbe, être plein jusqu'aux bords,
au poiut de déborder. Çu pUtt dégogte.
DÉooiSEE, dé-goiy^'zé, dégoiser, débiter
un boniment; ])arler vite et d'une &-
çon peu intelligible.
DÉOOSILLER, dé-gO'Zi-yé, vomir.
DÉGOTER, dé-go-té, 1« avoir bonne tour-
nure avec ses habita : Y dégete bien ;
2" voler ; sens rare ici, mais fréquent
ailleurs ; 3*> surpasser.
DÉGOUGINER, dé-gou-ji-né, déniaiser;
du roman de»govgener. n ôt«u* les che-
villes 3). J. T. V. Delboulle. — Se
dégouginer, prendre de la hardiesse.
DÉOOUEMETTEB, enlever la gourmette
d'un mors. — B.
DEGOUT, d'gou, égoût; I* endroit où
l'eau tombe goutte à goutte ; 2" Eau de
degout = eau de gouttière.
Degouttière, d'gnu'tié, gouttière.
DÊGRINGALEE, dé-grin^-ga-U, dégrin-
goler.
DÉGRINGALEYB, dé-grin^-ga-lê-yc, dé-
gringolade, chute.
DÉG ROUER, dé-grou'é, tomber, en par-
lant des fruits que l'on secoue. — Voir
décrouer. — J. T. lui donne le sens de
a dégeler » et le fait venir de a groue o
ou <E grog ]>, aspérité que forme la terre
durcie.
DÉGUAIN, maintien, avec idée de mé-
pris (ailleurs « dégaine •). I n'n'a
au déguain c'ti'là, quand i marche!
— B.
DÉGURULER,<^-^A/^-Z^, sens spéciaux ;
1* démordre : le cochon ne dégueule
DÉM
— 141 —
DÉIf
pas ; 2<» vomir des injures dans une
querelle.
DÉOURUROIR (dé^reffir)f ôter le grégi
d'une étoffe, d'un vêtement. — B,
DéouiHBB (8E), suppose un masque qui
couvre la figure. — L.
DÂHAOUNQUBB, se démettre la hanche.
— B.
DÉHOQUEB, dé'fl-kié^ décrocher (de hnc,
crochet). Quand il eH an café, nô peut
pas le déhoquer de là.
DlÊHOBGNER, remettre en mouvement ce
qui était arrêté. — L.
Dehobs, (fid-hor et d'hor, dehors ; en
dehors de luiy à son insu on sans sa
participation. — Euphémisme : aller
dehors = satisfaire les hesoins natu-
rels. 3Ian paur garrhon est si tant tel-
lement malade, qtCsa médchinrC peut
point Vfè aller dehors.
DÉHOUINSEB, dé-honin^'cé, v. dévoinser.
DÉHOULEB, d^-hmi-lé, faire sortir de la
c houle )> (voir ce mot) ; au fig. : faire
sortir par force. Se déhnuler = sortir
à regret de son lit ou de chez soi. J'te
vas/aùf déhouler,
DÉHOUBDEB des herse», les nettoyer en
ôtaut les herhes qui les encomhrent.
DÉJBUNEB-DÎNAKT, repas pris de façon
à pouvoir tenir lieu de déjeuner et de
dîner. — L.
DÉJUQUEB, dé-jU'kié, dé jucher.
Delà, d'ia, là, en certaines locutions :
Range-toi de delà = de lÀ. En de delà
= au delà. Nom de delà, juron assez
fréquent.
DéLAGHEB, dé'la-ché, délacer.
DÉLIACHEB, défaire des liasse», dépê-
trer. — L.
Bëlèqueb (se) ? dé-U'hié, se lécher les
lèvres, comme *e lêquer les barbes.
Dblieb, dé-lié, délier; mais aussi (( dé-
layer ».
DÉlietteb, dénouer les amarres, défaire
les cordons d'un tablier. — L.
DÂLI8SELER (se), déliss-U, dérouler ; se
dit du fil, du ruban d'un écheveau.
DÉLOUBB (SE), retirer la parole donnée
en se louant pour la moisson. — B.
DÉMACHONNEB, dé-ma-chon-né, défaire
une maçonnerie.
DéMATSONNEB, P déménager ; 2° au
passif, être sans maison.
Demande, d'man^-de. Locution (entrée
dans l'usage de quelques métiers) : A
la deviande, 1° à proportion ; 2° au fur
et à niesure.
DÉMANOBB (SE), éprouver une déman-
geaison ; au fig. : avoir peine à garder
un secret. — B.
DÉMAQUEB, dé'fnâ-kyé, se dit des ani-
maux qui perdent une partie de leur
manger, quand les dents de lait leur
tombent.
DéMABEB, dé-ma-é, démarrer. Se dit,
au jeu de boule, du tour du second
joueur — Voir amarrer,
DÉMA8IEB, dé-ma-zié, démarier.
DÉMASIEUX, dé-ma-zieu^ (démarieur).
Prov. : Si y avait des dé mafieux, ils
auraient autant d'ouvrage qtte les ma-
sienw .
DÂMÊLEB (SE), d'me-lé, se mêler de,
s'immiiicer dans.
Dbhêleux, dé-mê'leu^, démêloir.
DÉUÉNAOEUZ, dé-mé-nâ'jeâ, déména-
geur.
DéUENCR, dé-man-eey ruine. Ne se dit
qu'avec « tomber ». Not* fou (four)
tinnhe en détnenee.
De.\ientbb 'se), d'man-tc, s'occuper de,
se mêler de.
DéMEKQUEB, dé-vi4sr'kié, démarquer.
Demeubant, d'meu-àn. Locution : à de-
meurant = amplement, suffisamment.
Absolument : Y en a d'meuaat = il
y en a assez. — L C.
DRHBUBé, d'meu-é, involontairement
immobile ; d'où : 1" paralysé : 2^ em-
bourbé ou arrêté par une cause quel-
conque, en parlant d'une voiture ; B^
arrêté dans son entreprise ou dans ses
projets.
Demeubeb, d'meu-é, demeurer, habiter.
Demianne, dei^-mi4tn^-ne, demi-aune
(0«»60).
Drmiabd, de^-mi-ar, un quart de cho-
pine ou un huitième de pot (25 centi-
litres).
Demi ON, de^-mion, demi-chopine (50
centilitres) [appelé ailleurs, propre-
ment, la « mesure » pour le lait].
Demion est dans Palsgrave.
Demoiselle, d'moig-zè-le ; outre les sens
du français : l« médaille ; 2^ mesure
d'eau-de-vie; 3" noix de pressoir.
DÉMOLIE, dé-jnô-lî, démolir.
Démonte, dé-mon^-te, mobilier de
ferme... — Voir l'article suivant.
Démontée, dé-mon^-té, 1° se retirer des
affaires ; se dit surtout d*un cultiva-
teur [ou d'un marchand, ajoute L.|
. qui cesse son commerce pour se repo-
ser: 20 s'impatienter. Absolument :
ça démonte^ pour a ça me démonte ».
DÉMUCHEB, dé-mu-ohè, !<> découvrir,
mettre en vue ; 2o faire sortir de sa
retraite, de son trou.
DÉNICHER, dé-ni-ehé, 1" dénicher; 2o
découvrir, ôter ce qui couvre une per-
sonne ou un objet; l'opposé de « enni-
cher ».
DÉNOTER, dé-no'té, 1» chanter faux ; 2*
(sens français) indiquer.
DÉP
— !« —
DES
Dbkt de quien^ V dent de seconde den-
tition (par opposition à o dent de
lait 1») ; 2* chiendent.
DioiNBER, dè-oin^'cé^ voir deroinser,
Dkpasbkb, dé-pâ'Cè\ !• en culture, dé-
passer un animal fcheval ou vache),
c'est le vendre sauF le remplacer ; 3«
dépasser vn habit = le mettre tous les
jours, après l'avoir porté seulemeut le
dimanche.
DÉPATOUILLEB (se), dèpa-tou-yè, se
dépêtrer, ne tirer ii'emb«rnis.
DÉPÊCHOTTER (BE), se hâter lentement.
— B.
DéPENAiLLEB, di-pe^-na-yé, déchirer,
mettre en lambeau s. Le participe est
usuel.
DÉPENTE, dé-pen4e, pente d*un terrain.
DApÊQUER, dé'pê'kié {manque la défini-
tion), marcher péniblement dans la
boue. Ça dépêçue, se dit d'un chemin
fangeux, surtout «n déjrel ; de la boue
qui colle aux chaussures.
DÉPETACHEB, dé-pe^-ta-rhé, sortir, s'é-
loigner vivement, courir vite.
DÉPIAUCBR, dé'j^iaw-eé. ôter la peau,
écorcher, dépouiller. [Dépiauter , donné
par le Dict. général, semble d'une dé-
rivation moins correcte, à en juger par
« peaussier ».]
DÉPIAUSTBER, dé'ptaws-tré, écorcher,
dépecer.
DÉPIGHER, dé'pi'ché, mettre en pièces,
démolir. — Se tiépieher, s'en aller en
morceaux, se désagréger. Les pommes
de terre se dépiehcnt dans la morue,
— L C.
DÉPIQDBB^ creuser, labourer moins pro-
fondément [cesser de piquer}, ^ L.
Depib, e^d-piSy depuis. On emploie plus
souvent aedepis.
Déplaghememt^ dé-pla-ch'man, dépla-
cement.
DÉPLACE EB, dé'pla-ché, déplacer.
Déplaisant, désagréable. Queute grand
déplaisant I — L.
DÉFLIEMBNT, dé-nlt-man, déploiement,
au sens matériel.
DÉPLIEB, dé-pH-yéf déployer.
DÉPLOMMEB (8K) dé-plon-mé, perdre sa
couverte, s'effriter. — Voir jkommage,
DÉPLUMÉE, dé'phtn-mé^ déplumer (en
tous ses sens).
DÉPOCHEB un hen, délier.
DÉi'OiLÉ, dé'poi-lé, qui a perdu son poil,
pelé.
DÉPUBITAIBB, dé-pô-zirté, dépositaire.
DÉPOTAYEB, transvaser. Eau-de-vie à
dépotayer, à vendre pour être empor-
tée, et non bue chez le marchand. j
DÉP0U8SBB, dé'poû'Céf 1® faire sortir
par force, — nne cheville, en frappant
dessus ; 7^ supplanter.
DÉP0US8KUZ, dé'pnû-eeu, coin, poinçon,
repoussoir ; tige de la < canonnière »
(jeu d'enfant).
DÉPBEKDBE, dé-pran-de, déprendre.
DÉPRE88ER, dé'prè-eé, arracher one par-
tie de plantes semées trop dru : J'use
dépresser m'n'ognon.
DÉQ(TAINEB, dé'kyîn*'né, déchaîner.
DÉQUEBCANNEB, dé-kier-caUrné (aillears
c décarcaner ^), ôter un carcan.
DÉBAGHINBB, dé-ra-chi-né, déraciner.
DÉBANOEB (BE), dé-ran-jé (outre les
sens français), se déplacer, quitter ses
affaires.
DÊBANOUÊTB,</^mir-9^^f, longue ran-
gée de chiffres, de notes, etc.
DÉRAPKB, dé-ra-pé, déraper; glisser, se
décrocher.
DÊBAQUEB, dégager une voiture em-
bourbée ou arrêtée dans un mauvais
pas. — L.
Dbrdaine, de*r-din^ne, et dbbdainbb,
dtfr-din^né-f voir dredaine et dredai-
ner,
Dkbeuneb, avoir la colique. — B.
DéeÉvisê, dé-ré'Virsê, arrivé par hasard
et fort à propos [prononciation altérée
de dret vi*é = visé droit = frappé
juste]. C^est bien déréviMe quy Vtrouve
là. — L C.
Deblindeb, de^r-lin^'déf v. drelinder.
Derlinoubb, de^4in^-ghyé, voir dre-
linguer,
Debniémbnt, der-nié'tnan, dernière-
ment.
Debothée [peut-être scrupule d'eupho-
nie], prénom : Dorothée. -^ L.
Derouetteb (être en déroute), se dit
d*un homme dont les affaires tournent
mal, après avoir prospéré. — B.
Dbrte, dffr-te [semble la forme primi-
tive], dartre. — Voir deytre,
Debtieb, jarretières. — L.
Debtbeux, der-treu^j dartreux.
Dbbailer, d'zê'lé^ casser Taile. J'ai tiyi
(tiré) un canard; mais je ne Vai que
desailé,
Deb ailler, d'zâryé^ déchirer, mettre en
lambeaux.
DÉBAIBONNEB, dé-sê-zon'^ changer Tas-
solement d'une ferme. Le synonyme
« déoompoter » est presque seul em-
ployé.
Debaruer, quelquefois debeembr,
d'xar-mé et d'zer-mi, désarmer.
Désastre, d'zas-trey désastre.
Desabtrer, d'zass'tré, briser, détruire,
faire acte de vandalisme.
Désbxobsee, dé-zan-nô^ (fure cesser
DÉT
— U3 -
DÉV
d^ôtra enoui)y iretirer un os arrdt6 dans
la gorge.
BÉSEROKR, décharger. — B.
BÉSBRT, adj., di'zer, vide, nu.
Dksebteb, d'zer-tét déserter.
Dbbebtbuz, d^zer-teu^f déserteur.
DisiONALBMSNT, Signalement. No m'a
donne son désignalement, — L.
BAbiovalbr, dessiner, peindre; d'où :
«M» dètignaienm. — L C. ; et encore :
désignaiement. — B.
Desnâqubb (se), desi-ne-hyé, se tirer
avec peine d'un mauvais psis. Çu grand
hêta qui êe deênêquait dans la boe,
Desnoqueb, séparer difficilement un
objet de son milieu.
Désole, d'xt*4e^ uniquement dans la
locution : Mre à la désole = être dé-
solé.
DÊ80LER, dé'Zo-lé et d'zo-lé, désoler.
DésoEDRE, d'zoT'de et d'zor-dre^ dé-
sordre.
Dessein, dé-ein, dessein. Âvé du des-
sein = être ingénieux, inventif. —
Autre nuance : U ades desseins = des
idées.
Dessinbuz, dé'Ci-neu^ [dérivation logi-
que et toute française], dessinateur.
Dessorobler, dé'çor-ee-léy désensorce-
ler.
Dessous, d^çoû^ dessous. Locution : être
en dessous de ses affaires = être en-
detté.
Dessuree, dê-çû-é (le contraire d' n as-
surer :d), ébranler, faire perdre Téqui-
libre.
Dessus, <f ;«, dessus.
D^TAQUER. di-ta-kié, détacher, déclouer.
DAtasser, dé-tâ-cé, ôter du tas, d*une
grange, les gerbes qui s*y trouvent
entassées.
DÉTAUPINER, dé-taw-pi-né, épandre les
faupins (petites veillotes de foin ou de
trèfle).
DETEINDRE, dé-tin^'dre, 1° déteindre;
2* éteindre de la chaux ou de l'huile.
(V. Palsgrave, p. 651.)
DÉTELBR, dé'tlé, dételer ; au fig. se dit
d'un cultivateur ou d'un commerçant
qui, ne pouvant plus faire face à ses
affaires, cesse son exploitation ou son
trafic ; 2^ par extension <[ s'arrêter ^
et même <t mourir ». Il faut dételer =
il faut mourir.
DÉTEURDRE, dé-teu^-dre, détordre.
DftTiÉDiR, dé'tié-dî, !• verbe n. <r tié-
dir i»; 2** verbe act. <c chauffer légère-
ment, rendre tiède s.
DAtiârer, dé'tiê-ré, détacher [spéciale-
ment : un animal retenu au t terre].
DÉTOBMBR, dé-tôr-néf détourner.
D1&T0UPINRB, dévider quelque chose qui
est enroulé, entortillé (entoupiné).^L,
DÉTOURBEB, dé-tour-béf déranger. Si
f avais pas été détourbé, ma pièche se-
rait finie.
DAtourbibr, dé'tftur'bié, dérangement,
empêchement. Le mot est dans Pals-
grave.
DÊTRIBR. dé-tri-yéj trier, choisir. —
L. ajoute un second sens : tirer.
DâTBiEUZ, celui qui n détrie ». — B.
DÉTRUIRE, détruî. Locution : se dé"
truire = se suicider; elle est entrée
dans l'usage.
Deul, deuy deuil, peine. Avé deu = être
mécontent
Dedler, 1* languir, se faner ; se dit des
plantes et des arbres ; 2« être souffre-
teux, ne pas « se devenir s, à propos
de la jeune volaille.
Deux-sous (va), deu'^-sou^ un décime,
une pièce de dix centimes.
Deval («»), d^vuy en pente, en descen-
dant
DâVALASSE, dé-rorlâ-oej avalasse, tor-
rents d*eau.
DEVALER, d'ralé^ dévaler, descendre.
Devant, d'van, devant, adv. et prép.
Devant que = avant que.
Dey AUTEL, dvan^'tê, tablier; à peu
près inusité dans la vallée de la Lé-
zarde.
Devanture, d'van-tu^ parterre ou place
devant la porte, f n'ai pas oco balte ma
d^vantu.
Devenir (S'EN), i/^v'i»f, croître, se dé-
velopper. Vof efan s'en devint bien;
mais le mien s'en devint mal.
Devenue, de^-v'nve^ venue, taille. Il
eut d'une belle devenue^ tout d'eunn'
devenue.
Dever, d'véj devoir (verbe).
Devignoler (SE), dé'Vi-gno-lé, marcher
difficilement, en faisant des zigzags.
Devin, d'vin^ devin.
Devine, d'vin^-ne, devineresse [et sans
doute a de vineuse j>].
Deviner^ d*vi-néy deviner.
Deviser, d"vi-zé^ deviser.
Utyoïa^KU^dé-vouin^-cè, disloquer. Vtla
une table qu'est toute decoinseye; se
dit, au fig., de quelqu'un qui marche
mai. Un certain nombre de personnes
remplacent le v par une aspiration, et
prononcent dé-houin'Cé.
Devoir. Locution : fé san devoir = ac-
complir le devoir pascal, faire ses
pâques. — L.
Dévorer, d'vo-rer^ dévorer. On emploie
aussi souv ent la forme d évorer.
DÉvoTiBUX.^pieux. j— B.
DIR
— 144 —
DOU
DiftvouBBB, dé'Vtmé, déTorer.
Dettbs, dey-ire ou dHre^ dartre.
DiABLS, diable (outre les een» françaÎB),
appareil à soulever les voitures, pour
ôter les roues. Locutions : D'vé à Dieu
et au diable = être criblé de dettes ;
no n'peut pigner vn diable qui fCa
point de freux = impossible d obtenir
quelque chose de celui qui n*a rien ;
vaut mieux ttter le diable, que le dia-
ble no tue = mieux vaut tuer son
assassin, que de se laisser ôter la vie.
DlAME^ dianrme, dîme.
DiAMBB, dian-mé, dîmer.
XilAMEUZ, dian-meu'i^ dtmeur, décima-
teur.
DiOTEB, dicté, composer, écrire. C'est
eka qu'est un homme qui dicte bien;
ses retires sont tornées, ça fait envie!
— Jl n'escripi pas trop belle lettre :
mais il sait avssi btfu dictier que hom-
me que je saiche. Palsoravk.
DiCTZONNAlBE, dic-eion-n^, dictionnaire.
DiDANNRBiB, di-dan'^-n'nie^ dinanderie.
Dieu, Diu, Dieu. Dieu-plaît = s'il plaît
à Dieu. Euphémismes d*un groH juron :
nom de Ditmcke; nom de Dieppe,
DiFFÉBEB, dif'fé-é, différer.
DIFINITIVBMBNT. dî-fi-ni-ti-v^man [c'est
la forme primitive], définitivement.
DiOÉBEB, di-jê'éf digérer.
D10E88ION, di-jê'Cion, digestion.
Digne, din^gnc, digne.
DiONITÂ, di-gni'tê, dignité.
DIOONNEK, di-gon-néy !• piquer ; au fig. :
taquiner, ennuyer; 2" travailler d'une
manière inhabile.
DIOOKNIBR, di-gon-nyà, taquin ? — L.
dit : tracassier.
DioouBBB, enfoncer avec peine, en tâ-
tonnant
DiOUB, di-ghe, !• rosse; 2« sommet
d*une colline.
DIOUEB, di-ghé, !• aiguillonner, piquer ;
anglais dig ; 2° planter sans soin.
DlGUBT, di-ghè, \* piquet; 2o plantoir.
DlME, din-vie, dîme. —Voir diame.
Dînant, din^-nan, part, de c dîner j. —
Voir déjeûner,
DiNCEPABLA, din^ss'par-la, par ici, par
là, de ce côté ; pour u dans ce part là,
in hoc parte ». Comparer : de part le
roif qu on écrit à tort a de par le roi )).
DiNCBPAYOU, din^-ss-pa-you [p' « dans
ce part où], où ? JHnspayou que no
n' n'est ? = où en est-on? — Voir le
précédent.
Dinde, dxn^-de, dinde &it dindon; un
dinde » un dindon.
DIBE, die^ dire.
D18OOMFTS, disê-cân-te, eeoompte ; en-
core en usage.
DiscouRiB, dis-cou 'i^ discourir.
Dis-DONC. dùdon, inteij. Dis-donel as-
tu fini ?
D18NOQUÈ, adj., disloqué. ~ B.
DispuTBB, dis-pu-té, V gronder, tancer;
2** les sens français.
Dizel, dîrzê, diseau.
DoOUNS, do-kynn, quelques-uns, pour
« d'aucuns d ; fém. doeun^-nes.
DÔDINBB, dé-di-né, dodiner.
DoovB, do-gke^ l*s. f., patience, rumex ;
20 adj, entêté, sournois ; et les sens du
français.
DÔLEB, dâleTf doler.
Dolbuse, dô-leu^'ze, planure.
DOLIMAINE, commère ; hypocrite, «ainte
nitouche. — L.
Donaison, don-nê^zon, donation, don.
(7 est eunn dtmaîson = c'est si bon
marché, que cela semble donné.
DoNNEUZ de guerbes, moissonneur qui
les donne pour les tasser.
Dobbr. do-é, !• dorer; 2^ étendre un
corps quelconque sur un objet ; spé-
cialement du beurre ou des confitures
sur du pain.
Doreuse, do-eu^-ze, ce dont on imbibe
un gâteau, avant de le mettre au four.
DoRBUX, do-eu^ (doroir), instrument pour
dorer la pâtisserie.
Dorêye, dO'êye, tartine de beurre, de
confitures, etc. ; dorée (entré dans l'u-
sage).
DOBMAILLBB, mal dormir. — L., effacé.
Dormeux, qui dort volontiers ou habi-
tuellement.
D088AILLBR, dô-ça-yé, s'essayer à la
lutte, se prendre à bras-Ie^orps.
DOSSBB, dS-cé, lutter.
D08SET, dô-cèt voûté, légèrement bossa;
s'emploie au fémin.
Dossettb, dô-eè-ie, sellette que porte la
dossière.
Dossiebe, dâ-cyét dossière.
Doubleuse, dou-bleu^-TOy doublure.
DouBLEuvE, dou-bleu-ve, double-œuvre,
linge ouvré dont la fabrication suppo-
sait un double travail.
DouBLiEB, dott-bli-yéy nappe de double-
œuvre.
Douche, douche, douce. A la douche =
doucement. Comment qu'ça va? Tout
à la douche.
DouCHEMENT, dou-che-nuin, doucement.
DOUOHETTEMENT, dou-ehè'te-man, dou-
cettement.
DouoHBUB^ dou'oheu, douceur.
ÉBE
— 146 —
ÉBO
DouoHlKXB. dau-chi-néy entourer de pe-
tite Boins, aorloter. Synon. douiUettur^
douilloter, — L.
BouDOU, fille nonchalante et niaise. — L.
BouiLLAS, dou-yâ^ douçâtre (fadasse).
BouiLLBf dou-yey volée de coups. — V.
Delboulle.
Bouillon, dou^-yon^ 1» poire ou pomme
cuite dans la pâte ; 2* p&té aux pom-
mes. — Bourdm ; J. T.
BouiLLOTTKB, dou-yth-té, douilletter.
BOOLKKT, doulan, indolent, nonchalant.
BOUTANOS, dtm-tan^-cej doute, oraiute,
soupçon. Mot d'ancien anglais, écrit
parfois dotanee.
Boux, DOUCHE, doue, dau'châ, doux,
douce. Locution : Un en doux, qu'on
arrache avant qu*il soit en graine, pour
qu'il soit plus tin et plus doux. — B.
BoviNT, dthviH^, d*où vient que, pour-
quoi?
Braoib, drâ-jie [forme du xiri« siècle] ;
1* dragée, bonbon; 2* mélange de
vesce et d'avoine (cité au mot dragée).
Bbaillon, drà-yoriy sale mélange de
comestibles ; appelé aussi draillonnage.
Braillomneb, dra-yon'UÂy mélanger
des mets d'une façon dégoûtante.
Brain, dernier. — L.
Bbait, drèy droit. Locutions : Mettre
au drait = viser juste. DraiC en goût
=s d'une saveur irréprochable. C*eet
dret cha = c'est précisément cela.
Cheêt dret la balle = c'est justement
ce qu'il faut.
Bbàit mu, drè-nuy nœud droit
Braitibb, drê-tié, droitier.
Bbapbl, dra-pêf chiffon de linge.
Bbbcheb^ drê-chiy dresser. Drécher la
soupe; soupe dréchée ; français dans des
locutions analogues. DreoKerqueuqu'un
= lui apprendre à bien se conduire.
Bbedainb, dé^r-dai^-ne (drelin), bruit
d'une sonnette ou d'un y^tt^ qui casse.
Dredaineb, def'r^in^-né, résonner com-
me une clochette, un verre qui se brise,
etc.
Bbelindeb, de^r-lin^-dê, agiter.
Dbelinoueb, deTr-lin^-ghyé, faire du
bruit comme une sonnette. — Je l'ai
envéyé derlinguer = Je l'ai fait tom-
ber en tournoyant.
Bbâs, drê, dès, urép. Il est venu drès le
matin; adv., arèi que = aussitôt que.
Dkiârb, dri-yé, derrière. En drière de
ou en errière de=: en cachette, à l'in-
su de. . .
Dboo, grog. — L.
Bbolbbie, drô-Vlie, drôlerie.
Ubu, dru, 1° en bonne santé, vigoureux ;
29 emplumô. Je sais un nid de mêle;
les petits sont drus.
Duchesse, du-che-oe, duchesse.
Duibe, dtiie, du ire (a chez nous sa con-
jugaison complète, comme dans l'an-
cienne langue), dresser; corriger, châ-
tier. Mal duit = mal élevé.
BuMET, du-méf duvet qui s'attache à la
vaisselle ou aux verres, lorsqu'on les
essuie avec un linge usé. Bans les au-
tres cas, se dit a duvet ».
DUB, du, dur. Dur comme du fer ; d'où :
il crét eha du comme fé = il croit ab-
solument cela.
Bu BACHE, du-a-ehe (en langage usuel :
durasse, dérivé de a dur )>), coriace,
dur.
BUBCIB, durcie 1" durcir; 2» s'aigrir, en
parlant du cidre.
BUBEB, du-é, 1» durer; 2* patienter, en-
durer. Je ne puis plus durer avec elle
(et ainsi Palsgrave, 4U) ; 3* survivre.
Il a duré deuw jours emprès sa chute.
DUBBYB, du-êye, durée.
E
iîBAMMlB, ^-ftan-»», épanouir. — V. Bel-
boulle, épanir, « fcipannishinK d, Ro-
man de la Rose, 3633. — V. Whright.
Ebat, é-ha, ébattement. Vêla eunn
eaintu qui a d'Vébat.
Ébbblukb et Ébebluib? é-ber-lu-é,
lu-î, éblouir, de <k berlue d. Mes yeulx
éberluent tant, qu'il m'est advls que je
voys le soleil en clygnant mes yeulm,
Palbobavb.
ÉBBTTEB, é'bè'té, voir hébété,
ÉBBUTÂ, é-beU'têt qui ne peut plus boire,
parce qu'il a trop bu ; usé par des ex-
cès de boisson ; ? se dit de la terre
trop abreuvée.
âsLosSBB, laver à demi, nettoyer à moi-
tié. — L.
Éblouamchb, ^iZ^tf*d}i-<;Aa [ou oéblon-
ance»], éblouissement D'une forme
éblouer [parfois encore usitée : Ça m'ë-
bloue].
Êboudineb, é'bou'dirné, écraser, de
manière à fiiire sortir les boudins du
corps.
Eboudib (b'), boire asseï pour que U
raison commence à chanceler. — B.
tCk
-. 146 —
ÉGH
ÉBOUSKB, é-boû-^é, enlerer d'un pâtu-
rage les fientes de vache.
Éboutbb, é'bou'té (entré dans l'usage),
épointer, enlever Textrémité. Khotttur
de$fèvei, Sn Ba^se-Normandie, « ébou-
quêter ^,
Ébraibb (8'), é-hrêûf s'écrier, crier de
toute sa force.
Ébbangaoe, é-bran^'câ-je, ébranche-
m«nt, dans les deux sens.
Ébrakneb, i-bran^-né, ébranler.
ÉBEANQDSB, é-bran^-kié, ébrancher.
ÉBRAMQUEUZ, é-bron^-kitu^ , élagueur.
ÉBREDILLEB, é-bt^r-di-jfé, y. ébreëiUer,
ÉBBÊQUE, é'brê-kiê, spécialement <( brè-
cbe-uent ».
ÉBhÊQUEB, é-brê-kiéf ébrécher.
Ébbebillbb, é-be'r-zi-yi, écraser, *f pul-
vériser comme bois ue Brésil. Bas m.
[sauti doute ba^uorm.], bréHller ; pi-
card, bertiller; languedocien, bresUla.
Ébbeuillbb, é-breu'^'yé, vider le pois-
son.
Ébbbiulleb, é-breu'-ye, entrailles de
poisson.
Ébbiteb, é'bri'té^ ébruiter.
Ébboueb, é'brou-é^ voir rabnmer.
ÉBUEB, é-bué^ égoutter, essorer ; ne se
dit que du linge lavé de bvée. -^ Voir
Dm.
ÉCAOUE, é'Ca-clie, échasse. Stylt to go
on : etcac/ie. FalSubavb.
ÉCACHÉ, privé de. . . — L.
ÉCAILLUK^ é-ca-yé^ chasser.
Egale, é^a-U, feus français, et école
d'hvUre pour u écaille )). Les doux
mots étaient autrelois absolument sy-
nonymes. Palsgrave : seule oj fy^hn =
etcaille, s. t. escaU de poisson. Ancien
proverbe : 2el cuide ^croit) avoir des
œufs au feUf qui n'y a que les écailles.
Égalée \ierre)^ petite pièce de terre que
le fermier loue d'uu autre propriétaire
pour agrandir son expluitaiiou.
ÉCALEB, sens français. Locution : le blé
sécale quand no l /'auque^ s'il est trop
q. prêt ». — L.
Égalise, é-ca-lié, échallier, ridelle de
chariot, en forme d'échelle.
ÉCALOFFUB. é^a-lo-fre, cupule des noi-
settes et du gland.
ÉCALOFFBEB, é-ca-lo-fré, ôter Téca-
lolEre.
ÉGAMEL, é-ca-mê, pièce d*un rouet à
filer le lin.
ÉGANEVOTEUZ, é-cann^-to-teu^ (émot-
teur), crible à grands trous ronds.
Bynon. Jù-anmjtfux,
Égappeb, é'Ca-pé^ échapper. J'ay englué
vingt vergettes ce matyn; si je eusse
ung ohatiiuany nul petit ifyselet ne me
âicaperaU, i'ALfiOBAVJi, p. 612.
EOABBOUILLBB, é-car-bou-yé, étendre Im
braise et les charbons sur T&tre ; s'a-
oarbouilUnr, en parlant du ciel, est
(( s'éclaircir ». [AcceptioDS notables,
Tusage général, «lui admet maintenant
écraoouulery tendant à lui donner
« écarbouiller » comme équivalent.]
Égabd, masc., é-car, écharde,fém.
Bgabdoknage, é-car-don-nârje, échar-
donnage.
Égahdonkeb, é-car^dtm-néy écbard<Hi-
ner.
Égabdonnkux, é-ear-don-neu^y ouvrier
qui arrache les chardons [c échardon-
neur », quand la langue l'adoptera].
ÉOAHMEK, é-car-néy mot qui tend à dis-
paraître du français, mais consacré
ici dans la locution : évarner urne
plume = la mettre hors d'usage, en
forçant l'uue dus deux parties eûiiée«
qui en composeut lo bec.
ÉGAUDEU, é-caw'déy échauder.
Égaudillom de soleil^ rayon de soleil
qui échauffe un peu.
ÉCAUFFEMENT, é-oanT-fc-man, l« échanf-
femeut ; '^ [la réaction funeste qui se
produit après l'écnautfementj, refroi-
dissement.
ÉCAUFFKB, é-caw'/e^ échauffer. Jl eH
échaujfé^ au tig. = il est dans un état
voisin de l'ivresse.
Égauffeube, é'Oaw-feW^'Ze^ échanf-
fure.
Éghai, é'c)ie^ essai.
£ghaim, ^-rAin, essaim.
£oHAKOi£B,^-rAaii^-J^,essanger. [Grosse
méprise sanctiunuée par i usage, mais
contre laquelle l'AÔulémie proteste
encore. Les gens qui cherchent à par-
ler français s'oustinent à dire « éoban-
ger ».]
Éohatbk, -éché-yé, essayer.
É0UEC8, é'chê^ fragments épars qui tom-
bent uu foiu ou ue la paille que l'on
transporte. Locution : se Itttrr de ses
èc/iecs = faire une chose pour laquelle
on avait hautement témoigné de l'a-
version; = épouser une personne
qu'on avait méprisée.
ÉGUÊQUEB, é-chè'kiéy éparpiller. Locu-
tion : èvhequir d'aller = chasser en
écartant brusquement.
Éohbbpillkb, é-eher-pi^yét réduire en
charpie. — L. ajoute : mettre en lam-
beaux.
ÉCHKBTAILLEB, é-chcT-ta-yé, péjoratif
de « écherter ». iSe dit des poules qui
graiteut les jardins ou les terres em-
blavées.
ÉOUKEtA, é-cher-té, P essarter, défri-
cher ; :&" éparpiller ce qui est amassé;
8<* gratter la terre, en parlant dos
poules. C'te poule a tout écktrté dstut
tco
~ 147 -
FBP
ÉOHBBTEUSS, place grattée par les
poules.
ÉCHBBYBLÉ, é-eker-vè^'lê^ écervelé.
âcHiONBB, é'Ohi-ané, échiner. Se dit
assez souvent des objets inanimés :
Jl ma éi'hignè ma brouette et ma faux.
On dit aussi : t'échigner, ê'échivtr.
ÉCHIMEB, é'Cki-mé^ essaimer; activera^
au flg. :fte vas échimer totut cet galo-
pins-là.
ÉCHoaQUKB, é-ehou-kiéy essoucher, cou-
per la souche d*un arbre.
ÉOHUIN, é-€hyinj échevin.
SGLA.B0UBSBU8E, é-ela-bou-ceu^-ze, écla-
boussare.
ÉCLAIB, é-ûléf éclair.
BCLAIBCIE, é-cler-cie, éclaircie, tous les
sens français et : beau temps entre deux
grains.
icLAlUER^ é-elé-é, lo y. act, éclairer;
2^ y, n., être ébahi ; on dit encore en
oe sens : ouvrir des yeux comme des
lautemes,
EcLAiBBUX, é-elé-veu^ {lacune), sorte de
crémaillère attachée au plafond pour
soutenir le graisset ou le chandelier.
ÉCLANDBEB, i-clan^'dré, l"» ébruiter; 29
faire eflclaudre.
ÉCLfiTE^ é-clêge, quantité de travail Fait.
ÉCLIVFE et ECLIFFEBE88B, é-cU-fe et
é'cli-frê-ce^ jouet d enfant, sorte de se-
ringue faite avec un bout de sureau.
ÉOLIFFEB, é'Cli-fé^ 1^ lancer de l'eau
avec Véoiiffe; ^« éclabousser (français
«r éciisscr » écrit avec deux^, par un»
altération fortuite peut-êtrej ; H^ faire
jaillir de la salive en pariant.
ÉCLIFFÊTK, é'Cliffêye^ éclaboussure.
ÉCUPPBB, é'cli-pé^ môme sens que
a éclitfer i.
ÉCLOPfi, indisposé. — L.
SooOBB, é-cô^é, éoosser.
BcooHKB. écraser, broyer avec un mail-
let. — L.
BcOLOMlB, é'CO'U'mîe^ économie.
ÉcoPAOUE, crachat épais.
ÉCOPPEB, être frappé. — B.
ÉOOBCHE, é-oor-chfy écorce. Utterharke
of a tree ^ eseorche, FaLBOBAVE, 36.
ÉOOBGHEUBB, i-cor-cheu^-zCt écurchure,
excoriation.
ficoBCHEUZ, é-ear-cheu*, ouvrier mala-
droit (et les autres sens).
ÉCOBKBB, é-eor-néf briser, ou plutôt per-
dre ses ournes ou Tune d'eiieSb Isiunn'
vaque écornêye.
SCOBNIFLBB, regarder avec curiosité.
— L. : chercher à voir oe qui se passe
chez les voisins.
ÉCOBUIFLBUZ, é-oor^ni-fieu'^^ éoomi-
fleur, parasite. Il iCett pas parti en
éoornifUux^ se dit d'une personne
morte subitement après son repas.
ËooucMBUX, ê-cou-cheu^, apprôteur de
lin (les autres mots de même radical
sont au Dict. gén.).
ÉcoupiCLEB, é'ûou-pîéj enlever le eaupel^
la cime. — Si vous escoupellrz oest
arbre, il ne eroystera jamais en amont,
Palsobavb.
ÉCOUBTINEB^ é-eour-ti-Tiéy augmentatif
de « écourter », rogner très court.
Ecoussis. — B.
ÉCOUT {être en\ é-eou^ être aux écoutes.
ÉCRABOUDINBB, é-ora-bou-dUnè, écra-
ser.
ECBASB, s f.,^-i;ra-««y uniquement dans
la locution : à tout écrase = à tout
rompre, ^o a des pommes oT année à
tuftt écrase,
ÉCBBB0I7ILLBB. é-kâ^r-bou-yé^ écra-
bouiller.
BORÉPI, ébouriffé. ~ L. — H. écrit :
écrupi,
ËCBEViCHE, é crtf'-virohe, écrevisse.
ÉOKIRK, é'crîe^ écrire.
BcBiTEL, ^-&*^ri-fé, écriteau.
ÉOBITOUÂEE, é-cri'tou'éy écritoire.
BOBITUBB, é-cri'tu, écriture.
BOBÔTEB, é'Orô-ter, écroûter:
ÉcrÊ, goupille. — L.
EcuOHON, é-cu-ckon, écusson.
ÉcncHONNKR, é-cu-ehon-néy écussonner
ÉCUEILLIB (s*)^ é-kieu-yi^ accélérer gra-
duellement sa vitesse ; au lig., éoueilli
= riche.
BouEUL, é'kyeu, élan. Prendre son
écueulf ou encore son écueutte,
âcuiE, écurie. — L.
É0I71I EUX, maso., é-cun-meu^f écumoire.
ÉCUMIGHE, é-cun-michej sortilège. Jeter
l'écumicke = jeter un sort. Etymolo-
giquement, le mot veut dire a excom-
munication ». [ExcommickCf compte
d'Angerville-la-Martel, en 1524.]
ÉccjBBB, à-cu-é, écurer.
BoDTEB, ôter les feuilles des betteraves,
etc. -B.
Bdpib, ei'd'pif depuis.
âoUQUEB, é'du-kié, éduquer. Quoi qu*ea
dise Littré, je ne crois pas que ce mot
soit un néologisme. [Le patois en est
une des preuves.]
Beb des pigeons = les apparier par
couples ou aires ?
Bffaohkb, é'/a-ché, effacer.
Bffaxt [L. : ÉFAN], é'/an^ enfant.
Boneffant = naïf. Tu erés cka; €es
bon ^an! — Locution : Vaut mieusi
laiiser s'iCtfan morveug que dli arra*
ÉLÉ
148 —
EMB
ehai le nez = mieux vaut tolérer quel-
ques inconyénientB que de produire un
plus grand mal.
Sffiellé [privé de flel] = exténué de
latigue.
ËFFLEUBEB, é-fleu-é, eflleurer.
Kfforchëb (b*), é-foT'ché^ s'efforcer; et
ausâi a se donner un eâbrt » ?
Kffoccher, é-fou-ché^ effaroucher ; de
/(/f/<7, troupeau. !S'ejffoucher^ s'ébahir;
s'écrier, répondre ^ans réflexion et
d'un ton élevé.
EFFOUfiQUEB, é-four-kiéf fendre son
pantalon au finir c; s'tffvurqtier = se
blesser en écartant lea jambes.
Bffodtakdeb, é-fuu-tar-dé^ effrayer,
renvoyer brusquement. iLjffuutarder
d'aller; pour « etfétarder ». — Voir
fêtard.
Kffkai^ é-frè^ effroi. Crier à Veffrai,
V. Howan de la Huse, i'ôdl.
Effeontebik, é-frùn-t'tîe, effronterie.
ÉGAL, é-ga, égal.
EOALIB, é-ga-lî, aplanir ud terrain ; item
u égaliser d.
ÉOAaEB, é-ga-éf égarer.
Éqbbneb, retirer les germes, les jeunes
pousses de la pomme de terre. — ïi.
Égebnott^cb, é'jer-nihté, i amasser les
geruottes. — V . ce mot.
Égouike, é-go-hin-iiej égoïne.
ÉGKAFlGliEU, égrutiguer. — L.
ÉGKlT, é-gri, 1*» griffe; 2» égratignures,
grillade ; tf ' traces dei* griffes sur la
neige ou sur la terre.
Égbitke, é-gri-téf égratigner. — Egrit-
ter, selon Li.
Éguitteuse, égratignures. — ti.
ÉGB088EB, é-gro'cèy essanger, laver som-
mairement.
É0B0U1K8, paille très courte, surtout
d'épis vides^ dite aussi a du grosBier d.
— i5.
Égbouleb (8*), é-groû-lé; s'écrouler.
ËQUIKBÉ, é-gkiii-zéy évincé, ruiné.
ÉuouFPEB, é'hou-pé, battre le trèfle
(faire sortir la graine de la houppe).
Éjeuké, épuisé de privatious. -^ B.
ÉhA.QUK&'f é-lâ-g hé, élaguer; v. élayer,
ÊLAI8EB, déchirer d'un bout à l'autre,
en parlant des habits. — L C.
Ëlanchê [le même sans doute que
a élancé d, mais d'un sens spécial],
efflanqué. — L.
ÉLAVB, qui a reçu trop d'eau.
ÉLAYAGE, élagage.
Slateb, é-lâryé, élaguer.
ËLBHKJNT, é-lé-vtany tourment, grande
occupation. Prtnare de l'élément s=
86 tourmenter.
Élimeb, é-îi-mé, !« élimer; 2<» prendre
son élan.
Élinoabd^ é-Un^-gar, homme haut et
mince; se prend en mauvaise part.
tSynon. u éliiigué i.
Élingue, é-lin^ght^ fronde ; en anglais
ëling. Four lancer des pommes ou au-
tres fruits, l'élingue consiste en une
simple baguette flexible, au bout de
laquelle le projectile est fixé à frotte-
ment rude.
ÉLiNGUEB,^-/«f»3-^A^, lancer à la fronde.
Élognbb, é'I&n-gné^ éloigner.
Bloppé, é-lo-pé^ qui branle au manche.
ÊLOQUETEB, è-loc-té, diviser les mor-
ceaux agglomérés dans la laine ou le
fumier.
Éluuement, é-lu'fman, ennui, agace-
ment, malaise.
ÉLUGBB, é-lu-géj ennuyer, fatiguer : U
a la itite éiugée. De luge, u souci »,
employé près de Dieppe. D. fiourdet.
Éluibf., é4tdf trier.
ÉLUlT, mabC, é-lvi^ élite, choix. C'est
Ut Veluit \ un dii aut<8i a éluite )> : bU
d'elude.
ËMAGUEU, é~mag-hié, écraser, aplatir :
une pomme, un chapeau. — Dm. :
èmaquer-f Delb. : emagler.
Embaguemekt, en-ba-ghe-maUf l^ ac-
tion d embaguer; 2^ accordai! les, parce
queu ce jour le futur donne les
joyaux.
Em baguer, en-l a-gué ^ ]<> passer un an-
neau au groin des porcs, le qui be dit
annautcr ^de anneau) aux environs
de Pont-Audemer; 2" uouner des
joyaux À sa future.
EMBA^QUB (le soleil est) = couvert de
gros nuages. — B.
Embaubouilleb, barbouiller, embrouil-
ler, {'a m'a embarbuMiUé le cetur =
m'a porté à vomir ; embarbvuilU^ souf-
frant, malade. — D,
Embauqub, an-bar-kié. 1® embarqué;
2» météorisé ou malade d'inUigestioo;
se dit de l'homme ou des animaux.
ËilBEKLIFlCOTEK, aH-be*r-li fi-co-té [ce
mot, qui épouvantait presque Boisso-
uade, est au Jjwt, genêt ai \; voirem"
brelificoter. — beion li., habiller d'une
manière ridicule ou incommode.
EMBEhNÊQUER, an-be^r-nê-kiéy comme
embrenéguer,
Embkubaue, au fig. : les frais ; pagtr
lYmbeurage.
EUBKYTEB, anbêy'-téf embêter.
Emblouseb, an-blim-zé^ tromper [jeter
dans la blouse au biiJardJ.
EMB0UCANK6 (ciel) y an-boU'can-nê^
chargé de nuages ; se dit surtout du
côté d'oiH vient le vent.
( Embbachëb, an-bra-ché, embrasser.
EMP
- i49 —
ENG
Embraqubb, an-hra-kié [prendre à
pleins bras], faire grand, entreprendre
plus qu*on ne peut, ou plusieurs affaires
sans en finir nucune. [Plus expressif
qu'en marine, où le mot Teut dire
<K hftler & bras :».]
SMBBAQiTBnz, ai^bra-kitu^, qui aime
les grandes entreprises.
Kmbhèlbb, an-hrê'U, 1* culotter ; 2»
entraver, empêtrer. J'éiait emhrêU
dawt let grandes herbe».
£ M BBELi ficotbb, ait-bt^r4i'fi'C'*'té, em-
barrasser, duper, séduire par des paroles
trompeuses ; sorte de fréquentatif de
<E embrêler ». — Voir brêlir,
Embbbkêqueb, an-be^r-ne-kié^ embar-
rasser.
Embkicolleb, anrbri-^oAé^ entraver :
une vache, — L. écrit : embricoler,
Embboqueb, an-bro-kié, embrocher.
Emerveillation, Taction d'être émer-
veillé. — B.
Emeutiox, é-meu-cion, émotion ; peur.
Emmacheb, frapper rudement, avec une
masse ou avec les poingi*. — L.
Emmaibe, an-mé, armoire.
Emmancheusb, an-man^'Oheu^ ze, em-
manchure.
Emmarinbb. B.
Bmmasubé, an-m^KUrê, se dit d'une
ferme qui a une belle masure.
Emmi, an-miy parmi, au milieu de.
Emmibllagb, an-myê-lâ-ge^ sorte de
rouille des blés.
Emmistoufleb, anrmUê-tou-flé, emmi-
toufler.
Emmoucheleb, an-moH-ch'U (mettre
en mimeheau)^ amonceler.
Emmubclb, musclé. — B.
Emobuittes, é-mo-rui-te, hémorrhoïdes.
ÉmoUQUBB, é-mou-htè^ l<*émoucher; 2*
Ûg.y battre; chasser. JWae émouquer
ttmë ces éfans qui font V train. Btwtu-
quer d'aller = faire marcher.
Émouqukt, é-mou-kié, émouchet, éper-
vier.
Émoubtilleb, 1» surexciter (sens usuel) ;
2^ taquiner. — L.
Émouyeb, é'tnou'véf émouvoir.
Ekpabbb (s*), an-pa^^ s'emparer.
Eh PATELEBf anrpâ'tlé, donner la pâtée
aux poules, aux oiseaux. L'ancien fran-
çais avait apâteler, qui n'a pas disparu
entièrement. Masches le payn en vos-
tre bouche^ avant que vous apastellés
Vitstre oyseau. Palboeavb, p. 480.
Empatdbeb, an^pâ'tU'é, attacher par
les paturons.
Empiboeb, an-pfêy^jé, entraver. Emplé-
ger une vache ^ c'est lui replier une
jauibe, de manière à Tempêcher de
ruer quand on la trait; empiiger un
ekeval, un âne, c*est leur attacher la
tête et un pied, pour les empêcher de
courir.
Empikbb, an-pi-yé^ empirer.
Emplacheuent, an-pla-che-maUf em-
placement.
Emplatbb, fém., an-plârtre, !<> emplâ-
tre ; i^ homme mou, propre à rien.
C'est eunne emplâtre sur eunne gambe
de bols =■ un remède, une chose inu-
tiles.
Emplie^ an-pilt, emplir. Emplir ses sou^
liersy ses chabots = y laisser pénétrer
Teau. Ifhire empli eunn vaque = la
faire saillir.
EiiPLiYBB, an^plùyé, employer. S*em~
pliyer = s'occuper activement.
Bmpoisonnbb, an-pouè-zon-né, l^ aot.,
donner du poiton à...; 2** n., puer.
(Tte oarogne empoisonne,
BmpobtA «ttr..., an-por-tê, passionné
pour... Emporté sur l'ergent. Veau-
de-vie, etc.
Empote, embarrassé, timide à Texoès :
Tes qu'un empoté.
Empotumb, an-po-tun-me^ apostume.
Empotumeb, an-po-tun-mé, aboutir,
s'ouvrir (à propos d'un abcès).
Empouoboleb, an-pourjo-léy infester ;
se dit des mauvaises herbes, ou encore
des pustules qui envahissent le oorpe ;
de môme : il est empouyeolé de ver-
mine,
Bmpouqubb, an^pou'kié [mettre en
potique]; l» ensacher; 2* empocher.
Au lig. : C'est un ampouqué = un
homme embarrassé dans ses mouve-
ments [comme s'il était enfoncé dans
un sac].
Empbes, an-prée^ après.
ÉMU, é-mu, !• ému ; 2* timide. Pro-
verbe : Ému comme une t rouie qui
emporte un levain = effronté comme
un page.
Bngampôteb, an-ean-pô^é, diviser par
soles [campos] les terres d'une ferme.
Engabvallbb, mettre à califourchon.
KîiearvaUê su s en eh' va. — L., effacé,
Encacoheb, an-ean-chéf V enchausser
une plante (de calcare) ; 2* chauler le
blé de semence (de ooIj-) ; 3* remettre
des dents à un engrena;;e (? pour
<[ enchâsser »j.
Encbnskuz, an'Çanroeu'^^ thuriféraire.
EnCHEBGEB, an-olier-jéy comme « en-
charger 9 C Diction, qén.). — PALS-
GBAVE : Jestoys enc)uirgé sur ma vie
de le tenir en secret,
Bnchinfbbné, anchin^'/re nè^ enchi-
frené.
Enclodbe, an^clo-dre^ enclore.
Enclume, en-elun-woj enclume. Aeé la
te y te due comme eunn enoleunme,
11
BKG
-.160-
EKG
Ekcolbusb, an-cû'Ien^'te, encolure.
Encordelbb un ekeral = l'amarrer
court, pour qu'il n'avance pas. — B.
Encorné, en-eôr nê^ se dit des terres
que la Béchereese a durcies.
Enxobsbb, aurcor-réy avaler avec répu-
gnance ; dit souvent, au figuré, d'une
chose difficile à croire, à accepter.
Ekcbeuiixeb (s*j, an-erev-yéf s'endet-
ter.
Enobôtbb, an-orô-téf encroûter. Au fig.:
encrôté = routinier.
Encboubb, an-erou-é, accrocher; ordi-
nairement au participe et toujours
appliqué aux choses qui s'accrochent
spontanément et par accident : 7 *i»'<f-
covfle Cet encrouiiye dans Vabre,
Ekoulotteb, en-cu-lo-té, culotter.
Endbvenib (s'), a«-<fo"-n»f, prospérer.
Man goulot t*tmdevient bien.
Endos, an-dô^ V partie bombée d'un
champ ensemencé; Tendes est entre
deux raies ; 29 les deux premiers sil-
lons collés dos à dos.
Ebdobseb, an-dâ-cé, tracer les deux
premiers sillons (voir le précédent).
Endbait, an-drê, endroit, dans ses
deux sens.
Enduibe, af^dut, enduire.
ERftLBB, énê'lé, séparer la nielle des ce-
reaies.
Ebèleux, é-nê-leu^f crible pour énêler.
Enfagotté» an-fa-go-té, fagotté, accou-
tré d'une manière ridicule ; au propre,
u mis en fagots ».
Enfallbb (s*), aH'fa4é^ s'étouffer [se
boucher la folle] : Çaand no donne
aux canards du gregetfn blanc tout
seuly i sont sujets a s'ef^aller. Au part.
t^alU i volaille), qui a trop mangé;
(personne; replète.
Enfammbb, an-fa-mé, affamer. L'iaue
enfamine,
Enfbb, ânrfé^ enfer.
Enfibtolbb, anrfis'to-U^ voir afistoler,
Skflb, an^fUf enflure. [Des lexicogra-
phes disent que ce mot a vieilli » est
un € néologisme •.]
Enfoncbb, an-fon'-cé; au fig. : vaincre,
perdre (entré dans l'usage j. J'sieus en-
foncé =■ je suis battu.
Smfoubmbb, an-four^né; au fig. : ava-
ler avec gourmandise.
BxFOUBQUaB, aHr/our-kié, enfourcher.
Xnfbaidubeb (s';, an-frè-du-é, être
transi de froid.
Enoainbb (b*), an-ghin^-né, !• s'engager
dans une mauvaise affaire ; 2* locution :
JHen de pis gu'ttn calenx qui s' en-
gaine sac qui se trémousse pour tra-
vailler.
Enoainâyb^ an-gkin^-nége^ longue ti-
rade de discours.
Bnoalagnbb, en'ga4a-giié, grouper;
assembler, lier ensemble.
Engalaonie, an-ga-la-gnie^ suite d'ob-
jets enfilés (paquet ?]. Ou dit : une
engalagnie (ou une glane) d'oignonjt,
de pois; mais une creuillie d'kérang*
[harengs]. — Voir galagnie et ereHil-
lie,
Engambbr, an-gan^-béf enjamber; com-
me l'ancien a agatnbér ». Je agambe-
ray oultre ce ruisseau ; je te gaige un
gros. Palsubavb, 7S5.
EngambAyb, an-gan^'be-ye^ enjambée.
Enganobb, an-gan-eé, 1* agencer. Com-
ment agancer ces deux morciâs (mor-
ceaux).^ 2^ (en mauvaise part) engon-
cer : Est'U donc engancè f
Engayelbb, an-ga-e'U^ javeler, enja-
veler.
ENGAYBLOT'jiB, an-ga-tUhté^ enjavelcr,
mettre en javelle discontmue ; tandis
que « engaveier i» indique la mi«e en ja-
velle coutinue. — L. écrii ; engaxHf*i'
ter.
Enoayblottbuz, celui qui engavelotte.
— Ij.
Enois, an^je, engeance, espèce, race.
Iluniine de la grande enge, pùule de
la grande enge. — V. JSalires Pic.^
p. j95.
Ekgé (itâ/), simplement (outre les sens
du Dict. gén.) : mal entouré. Aies do-
mestiquée H font pas Ht'naffée^ mes f tas
sont tovjou malaaes ; j steus bien mal
enge. — L. [Est à rapprocher de c en-
geance ».]
ËKGBBQUEK, an-)er-hié, !• jucbor un
objet sur un autre. J. T. c enjuquer 9;
2« enjamber.
Engets, place préparée à des objets.
Ekglanbb, an-gla-né, mettre en glane.
Au part, tt englané », pressé comme
une glane : Les pommes gont englanées.
Engbamcheb, ân-grân-chéf engranger.
Emgubkt, an-gan^ onguent.
Engubbbbb, an-ghyer-bé, ongerber.
Bngubbbbub, an-gkyer-beux^^ celui qui
engerbe.
ENGUBULBB, an-gheu-lé, voir enguisUr.
Knoububobonné, qui ne peut se ré-
chauffer, tant il a eu froia. — L.
Engububbb, an-gheu-êéf duper, trompa*.
Ekguibbbb (b*), an-ghyi-bré, se charger
d'un objet dont on ne peut plus m
déûdre. Voir guibre.
Enquillbminbk, an-g hy il -mi-né ^ lais-
ser amasser l'ouvrage ou croitre les
mauvaises herbes, de sorte qu'on ne
peut plus faire ce que l'oo v^ut»
ElfR
- 181
EUT
Enouimbatbbment, an^ghyri'hâ-tre-
iftan, machine trop compliquée et mal
imaginée.
Enouimbatber, an-çhuin^-hâ-trè, com-
biner un luécanÎBme de façon qu'il soit
difticile à démonter.
Enguioleb, an-ghyo-léy injurier.
EnGUISTBEB, an*gkyt$-tré, assembler;
faire entrer un tenon dans une mor-
taitie.
Enhoc, aH'hoe, angle que forment deé
propriétés voisines, quand les terres
de l'une entrent dans celles de l'autre.
Enhdi, a-nuit aujourd'hui (et non
« anuit »).
Enjoleb, an-jaw'léf enjôler.
Enjoleux, an-jaw'leu^t enjôleur.
Eni.iacheb, ân-lya-efté, enlacer [de
c liasse »].
Enliooteb, anrli'CÔ-téf mettre un licol.
Bklisseleb, an4iêS'léj peloter du fil, du
ruban.
Ennerceb, a-ner-cé, irriter, agacer : un
chien, etc.
Ennicueb, an-ni-ehéf envelopper, cou-
vrir. — V. Delb. : € agache J).
Ennosseb (s*), an-ô-eè, s'engager un os
dans la gorge, en mangeant.
Enmuibment, an-nvUman^ voir enuer,
Ennuibhbht, an-nui-man, ennui, aga-
cement.
Ennuitbb (s*), an-nui'té^ s'anuiter, s'at-
tarder jusqu'à la nuit.
Ennuyanck, an-nu i' y an-ce f ennui ; dé-
goût ou malaise que caude Tennui.
EnquaIneb, an-kyin^-né, enchaîner.
Enquaibonnkb, aH'kyê'Xon-né, ques-
tionner indiscrètement, pour apprendre
un secret.
Ekquercaker, an-kier-ca-né (encarca-
u«rj, mettre un caroun. // rtnit fault
enquerqurnner vostre pourceau : ear
il court parmi les hayes dung chas-
cvn, Palsgbave.
Enbachineb, an-ra-chl-né, enraciner.
Enbakoueb, an-ran-ffhyé^ mettre par
rangs, ranger, disposer,
Enubboubs (àT), an-r*bûury au rebours.
Knbktoembb (8'), an-r'tor-néf retourner,
revenir d'un point. C'est à tort que
Delboulle affirme que la imrticule en
n'ajoute rien au sens. [La langue clas-
sique dit en deux mots : c s'en retour-
ner, s'en revenir »].
Enbbybkib (8'), an-rvi^-ni, revenir, à
propos d'une maladie dangereuse dont
un guérit.
Enbkybbb, ân-rters, envers, revert.
Smrbiambb (r'), ân-ryan-mé, s'enrhu-
mer. — Voir rhiofne.
Bnkouteb, an-roU'ti ou a-rou-té, met-
tre en route; au sens réfléchi : se
mettre en route.
Rnbudib, an-ru-dî^ courbaturer. // i*en-
rudit areo l'âge.
Enbaqukb, ân-ia-kiè, entacher. Il ne
sera pas pendu; mays il sera ensacquà
et jecté dedans Seyne. Palsgbave,
p. 696.
Enbaucbb, faire une sauce. — B.
En sauver (s'), s'enfuir. Jl s'en sauve.
— L.
EN8EHBNGHBB, an-s' tnan-chéy ensemen-
cer.
Emsenêqubb, anrs'ne-hyèy embarrasser.
Ensevelie, ân-sée-vlî, ensevelir.
Enbibovant, an-cieu-vany ensuivant,
suivant. Pâques ensieucant.
Enbotti, an-so-tif enlaidir.
Entaopineb, an-taw-pi-nét mettre en
taupins le foin, le trèfle, etc. En Basse-
Norm., entaiipiner veut dire u enter-
rer D (de c taupinière )> 7).
Ente, ante^ jeune pommier.
Entente, intelligence. Cféfan a de
l'entente. — L.
Ententif, an-tan-tif, évident, intelli-
gible. En ancien normand, avait, selon
Wright, le sens de <e attentif ».
Enteurse, ân-ienr-ccy entorse.
Entburtiller, an-teur-ti-yé, au fig. :
enjôler, tromper par de belles pamles.
Entettê, an-têg-té, entêté.
Enteyteb, an-têy'-té^ entêter. Çu hou-
guel-là m'enteyte, Senteyter = s'en-
têter.
Bntiaibbr, ou mieux entiebbbb, an-^
tyê-réy enfoncer le piquet qui tient les
animaux attachés au pâturaiçe. Ren-
tierrer, qui veut dire « entierrer de
nouveau », s'emploie assez souvent
pour c entierrer d.
Entincheleb, an-tin^-ch'léy v. le suiv.
Entinoheb, an-Un'^-cM, agacer, harce-
ler, provoquer, c Atticier » dans le
Boman de la Jlose. Palsobavb (757) :
J>acrnt les autres comme Hz reullent:
mays je ne Vatticeray pas à nul mai.
En anglais to ticcy ou plutôt to entiee.
Entohi, engourdi. Il est comme eunne
entonne = comme une statue. — L.
Entokneux, an-ton-ncu^, entonnoir.
Entoupinbb, anrtourpi'nét V entortil-
ler ; 2* riatter, circonvenir.
Entoub, an-tour y autour, dans le sens
de c auprès, envers 9; environ. J^ai
été là six m^iùt malade ; je ras assuré
que ma pauvre mère a eu bien du mal
entour mai,
Entoubeb, ân-toU'éy entourer.
E'n tout, non plus. J'n'iai point e*n
to^t s je n'irai pss non plus. — L.
- s -
BE
i#*.*y. In» ti-
M- -^^
x-^
-T'i-^*"
- 1 mT*iff, fs»
ElfR
- 181 —
EUT
ESQU IM BATREMïSKT» fl n-ahyïi^hii-iftf'
man^ macbme trop comt^nquée et mal
Ekg U I m B a TR K R » fl fl-i? ^ fj i fi ^- hi\ .frè, com-
biner un 1 u t'es [JÏi^ 111^3 de fAçûa qu'il âott
dirïïcîle ù dèiiioûter.
EïiGUiOLtCR) an-gh^ti-U^ injurier,
faire enUt^r uu tenoQ dans utie mor-
taise.
Es HOC, rïït-Ai/f, augle que f sonnent dpà
propriété» voisiaew^ riuarid les tfrreB
de Tane entrent dan^ rellea àtt Tivulre.
E?jUtJl, a-nuit aujourd'hui (^t non
n anuit i>).
En'JOLEB^ tin-Jafr-h\ ûnjôk'r.
EîïJOLÇiUX, ati-^jaw-îe^i-, eîijOlour,
EXTJACKKH, ân-lija-i*y, enlncer [de
it liaagû i>J.
KnlicoTEB, an-li-C''i-tt', mettre un licol,
KNLiSëELKR, an-ltJtttM^ peloter du ëL du
rubim,
EXNERCKR, /^-rtC/'-t'*^, irrittT, agaf.'or : «n
chiftii (ftc,
EWNICUEB. an-jii-chè, envelojjj.H.% cou-
vrir. — V. Dtib. : « agsîche ».
EnnosSER (s'I, itîi-^î-4r, /«niL^ngt-r un os
dans la gox^t}, eu man^Bniit.
ESNUIBMBNT, tjH-»iii-maH^ voir tnuir .
KKtfniËMËEïT, an-Hni-tHan, ennui, aga-
C4SLnf!l]t.
EVNTJITER (8'), ÉrM-Bw/-/(',aaiiuiLer, Bid-
Urder jusqu'à b nuit.
EXNUYANCK, (tfi-nui-t^an'-i'f, tniiui ; dé-
goût ou mabiie que eau^e Tennui.
Emquaînkr, aa^kifiit^-né, entlmïaer,
EnquaISOSNKR, ait-kifë--on-m\ qut:»-
tionuer iudiacrètemt?ut, pour apprendre
un «ùcret.
E ^' Q D ERC A X E a » fl /t- ^ iVj'-e^/ -né [ e n<' ftrca-
iiBij^ uietlru uu i-ûr^un. Ji rim» fault
enipHTqHrnntr Tmtre pimrctfaa / car
il ctittn fut t ml lt« hitijy^ dnng t^hitt-
Vn, i'ALâUHWE
HAàClflKCR, liw.îvv
i K, aH-nift'ifhi/i.\ it^KUre par
Enhotttrb, aH'f&tt^ti ou a-rmfé, met-
trï> en ruutu^ au ^tis réHêcbi : &e
mettre eu route.
K K RîJ D I R , rt ^ - rtt-d j , c lurbft turer. / 1 /^n-
ENSa^QQKR, lîH-jta-kié, enPftcher. Il nà
gfra ptujwtitlu ; matfK il gcrti eHmcqué
et j(;eté didtim SeifHâ. PALSRRAVfi,
p. 6ÎM).
EysAUCERj fiire une sauce. — B-
En sait ver (a')^ a'enfuir. Jl jVa faurf.
- L,
Enôementiiêr, a^-/man-chét enaemen-
ter.
BN3EyÈQUER, an-s*tii*'hijè^ ombarrasier.
EN8KVELIR, ii^-^iée-dl^ ensevelir.
EnsieuvanTt an-iueu-ffîïi^ enfluivant,
su i vaut. Pih/He/t e/uifi/j-afit.
Esaorrr, a/t-jnf-tî, eidaidin
Enta u IRISER, aH-liup~iii-m\ mettre en
taupina le foin, le trÈtle, etc. En liaiae*
Noruj.. i'/itatipiner veut dire u enter^
rer » (de « taupinière i^ ?).
Ente» (tfdt\ jeune pommier.
Entente, intelligence. Ct'é/tin. a de
Entkntif, nH-tun-tlf, évident, întellî-
gible. En ancien normand, avait, selon
Wri^'lit, le iena de œ attentî! ».
Enteumse, âu-tvnt-t'e^ entorse.
ENTEcrtillEr^ att-teur-ti-ifé^ au fi^, ;
enjôler, tromper par de belles fiartile 8,
EntEVté, iitt-tty-té, entvté.
Ent^yter, iiu-ii'/'té, entêter. Çh hou-
qkt'hln m'tîtiteyte. S*ent et/ter ^ s'en-
téier.
EnTIAIRER, ou înïeU3i ENTIKRRER, an^
t^ê-ré^ enfoncer le pi(|0tît qui tient lea
anîuiaui idtiicliéa ^u pâturage. Ueu-
tîari^r^ qui veut dire <i eutierrer da
nouveau m, a'eui ploie ad^ez souvent
pour « entierrer n,
EntincHELer, untin^-cKU, y. le puiv.
Entinchbb* ûri-ljH'^-tlièt agacer, harce-
ler, provoquer, *l Atticier a lïani le
lit^man, de In lione, PALfiGRAVE \T'^J) i
laecnt le» aut re» et* m m ê il : te al U ttt ;
mntfK jt Htr fatticefai/ pttg à nul nml.
Kn fili|fl(ji^^ïcrt ou plutfjt ttt t^nttt^e,
jl eët raniffi^ ennnâ
une statue, — L,
m. %«£Td2, entonnoir.
-pi-né f l* eatortîl*
ÉPB
— 152 —
ÉOU
Entbaitek, an-trai-té. Locutions : JSh-
traiter vn poulain, c*eBt le mettre
pour la première fois dans les traits,
pour l'habituer au travail. SCentraiter
se dit d'un cheval dont les traits se
trouvent pris entre ses jambes.
Entbemrsbibb, an-tre-mê-eyé, entre-
metteur.
Entbbpbinsb, an-tre-prin^-ze, entre-
prise.
Entbetekib, an-teTr-te-nî, entretenir.
Entbbtouillbb. an-tre-toû-yé^ se faire
mutuellement la moue (en parlant de
deux personnes brouillées). — Voir
touiller,
Entbevaleb (8*), s'entrevaloir. ITla
deux fripons *iui s' entreraient^ Tun
ne vaut pas plus cher que l'autre. — B.
iîNUANCX, é-nu^an-ce^ ennui (répond
plutôt à <E ennuyance »).
EltuEB, i^ui, ennuyer.
EnvaiSIKÉ, anrvè'Zi-né, envoisiné.
Envaseb (b') an-ta-zé, tomber, s'enfon-
cer dans la vase. [Le verbe est entré
dans Tusage.]
Emvblimeb, an-vli-mé^ envenimer.
Envktbb et ESVIEB, an-vè-yé et anrvié,
envoyer,
Emvilloteb, an-vi-yo^é, mettre en vil-
lotte. — Voir ce mot.
. Ekyôlbb, en-vô-lé, dans la phrase : En-
voler une elovhe [par opposition à la
tinter] = la mettre en branle pour la
sonner à toute volée.
ËPA ? e-pa, n'est-ce pas ?
Efagnol, é-pa-gno^ épagneul.
Épaib. Locutions : Queul homme épais
= quel gros homme (avec nuance de
mépris) ; un mâque-épaiSf un goinfre.
ÉPAIB8EUB, é-pè'Cev^ épaisseur.
ÉPABTEUX, é-par-teu*, celui qui épand.
— Voir le suivant.
Épabtib, é-par-ti, éparpiller, épandre :
du fumier, du foin, [Mot classique
sous Louis XIV.] — V. Delboulie,
épartilU.
Épaule, i-pamAet épaule.
Épauleb, é'paurlé, porter ou soutenir
sur l'épauie; sens que l'Académie
n*adopte qu'au figuré.
Épaulieb, é'paw-lié, oreiller.
ÉPELAN, é'plan, éperlan. — Pals-
QBAVB, esplene; L,, iplan,
ÉPBBOHEVBB, é'per-che^'Vé, apercevoir.
Épekchu, i'per-chu, aperçu, part. Le
Bubst. « aperçu » se dit éperchue,
ÉPBBONE, é'per-gne, épargne, économie.
Écrit u espergnes dans Palegrave.
Épebonbb, é-per-gné, épargner. Com-
bien qvefaytt les fièvres ^ si n* espar-
gneray-je nulles viandes. Palsob. p.
726 ; id. 739 : Chargez sus luy, et ne
Vespargnez pas,
ÉPI du MOf le bout d'un gisement de
marne.
Épionolaoe, é-pt-gno-lâ-ge , menues
branches alwttues.
Épignolbb, é'pi'gno4éy enlever tous les
petits rameaux d'une branche pour en
ftÀre une gauiette ; au fig.: tailler un
arbre à tort et à travers.
Épionoqub, é'pi-gno-ke, épinoche.
iplVCBKR, é-pin-cM^ épincer.
Épinbb, é'pi-né, mettre des épines dans
les champs au moment de la chasse.
Ces épines, qui i-ont l'indii-e des chas-
ses réservées, avaient primitivement
pour but d'empêcher la chasse au
traîneau.
Épineux, garde-chasse.
Épingue, é-pin^-ahe [forme que la dé-
rivation ne justifie pas], épingle. J'ay
avallé une espingœ; je m'en doute
qu'elle ne soit cause de ma mort.
PALBOBAYK.
Éplantinage, é-plan^-ti-nâ-Je, graine
de plantain lancéolé provenant da
nettoyage de la graine de trèfie.
Éplantineb, é-plan^-ti^né, séparer la
graine du plantain de celle du trèfle
des prés.
Éplapoukdib, é-pla-pour-dî^ étourdir,
abasourdir; ou eplaupourdir.
ÉPLET, épléf activité. Prendre son grand
^c^ = faire grande hâte; être d^éplet,
aire beaucoup d'ouvrage en peu de
temps.
ÉPLÂTEB, ê-plè-té, travailler vite. Ça
éplète, cela marche bien, la besogna
s^vance : se dit d'une quantité quel-
conque.
Épléteux, é-plé'teu^, homme adroit et
actif, qui tjAète,
Epluque, é-plv-ke, épluchure. Synon.
(auplur. ordin^) épluq«eusts,
Epluqueb, é-piu'kié, éplucher.
Épomonnbk, é-po-mo^néy époumoner.
Épomkée, é'ponnêge, épuisée (poule),
qui ne pond plus [se rattache à Is
forme ponu^ pour le part, c pondu »].
Époulaieb (s'j, chercher ses poux.
Époulabdeb (s*), é-pou-lar-dé : !• se
rouler dans la poussière (en parlant
des poules) ; k» se rouler sur l'herbe
(en parlant d'un vagabond) et y lais-
ser des témoins de son passage;
S" chercher des poux.
Époubillonneb, é-pou-ri-yon-ni, ôter
d*un fruit tout ce qui est giUé.
Epbevieb, é'pr^^tiéy épervier (filet).
ÉQUABBIE, è'-ca-rîey toute pièce qua-
drangulaire de menuiserie, même 1 en*
oadrement d*une porte.
ERM
— 163 -
ESP
ÉQUABBITTTBB, i-eo-rUtUy oamire.
Equelettb, i'OÎè'te, ÇlacuneJ, [litté-
ralement «petite échelle :d].
ÈQVJShLJité-kiè4e, échelle.
ÉQUBLON, é'klon : 1* échelon; 2" cran
de crémaillère.
Eqdebbot, é'hyier-bo, escarbot (scara-
bée).
Equebbotbb, é'kier-hO'U, tisonner, épar-
piller le feu.
Équetailler, chasser, forcer d*aller.
ÉqueutA, é'kieu'^'ti. Voir aqueuter.
£quioné, é-kyi-gnê, forme archaïque de
« échigné d.
Equilboubdi, i'kyil-bour-dif étourdi.
Equinoqub, ê-kpi-no-kef équinoze.
Equipage, é-kyv-pâ-jâ, spécialement
«harnais de voiture» (et les autres
sens).
Équipée, é-kyi-pé. Locution : femme
bien équipée — qui a un bon trousseau.
Eb = BE. Dans les mots commençant
par re, il y a transposition de re en er
prononcé é^r, la voyelle étant à peine
sensible : b^r-drê-ché = redresser.
Eb ADONNER, é-ra-doTtr-néy ôter les ra-
dons. Notre mot me paraît préférable
au simple c radonnur j» que les auteurs
ont adopté.
Ébaonie, é-a-gnie, araignée. Ce mot a
suivi les conquérants en Angleterre,
où il a pris la forme aranye.
Eboal (fil à^)^fi d'er-cay fils d^archal.
Ebg-boutant, er-bou-tan, arc-boutant.
EEtc-EN-oiEL, erc-en-ciê, arc-en-oiel.
Ebchevêque, er-che^-vê-qvej archevê-
que. De vieux textes anglais disent
a: archevêque d.
Ebgbnt, er-jan, argent
Ebobnteux, er-jan-teu^^ très riche.
Ebgillb, er~ji-ye, argile.
Ergilleux, er-gi-yeu^, argileux.
Ebgotieb, er-go'tié, ergoteur.
Ebgueb, er-gu-é, agacer, taquiner. —
V. Dm., « erjuer ».
Ebifleb, é-ri'flé, érafler. Dm., « rifler :».
Dans la fauconnerie anglaise, ri/ler se
dit du faucon qui saisit un oiseau par
les plumes, au lieu de le prendre par
le corps.
Eblequin, er-Uf'kyin^ arlequin.
Eblogb, horloge. Semble Taltération la
plus autorisée de a heurloge :d ou
f( herloge j>. — L C.
EkmB, er-mê^ armé.
EoMÉYE, er-mê-ye^ armée.
Ebmonbl, er-mo-ne^ almanach ; au plur. :
ermonials {er-mo-niâ).
Ebhubibb, er-mu-rié, armurier.
EBNi, er-né (pour erené = privé de
reins), éreinté. C'est l'ancien verbe
français c arner », que Palsgrave défi-
nit ; Breake the raynt of ones baoke
mith ttrok^ê,
Ébonde, é-6nrde^ aronde, ancien nom
de rhirondelle, conservé dans l'expres-
sion technique queue d'èronde.
Ébondelle, é-ran-dèle, hirondelle.
Erriâbb, er-rié, arrière. Le derrière
d'un objet est le côté d'arrière.
Ebsbnic, er-oe-ni, arsenic.
Ebtighaut, er-ti'chô, aitichaut.
Ebticlb, er-ti'ke, article.
Ertifice, er-ti-fi-ce, artifice.
Bbtiste, eMit'te, artiste.
Eabbouffe, 699 - brouf^ fan&ronnade
(usuel, mais en outre au sens spécial
de), moment de surexcitation pendant
lequel un paresseux travaille très ac-
tivement. — Faire de9 eêbronffes =
faire le malin.
Ebgabhoteb, e9»-car-mo-téj escamoter.
EsCABtfOTEUZ, e99-oar-mo-teu^f esca-
moteur.
Escabbes, e99-câ-re. Locution : faire
«es escarres = crier bien haut, ou sans
sujet, ou pour se vanter.
EscoFFiBB, ett-eo-fiéy égorger. Si c'est
un vrai néologisme, n'est-il pas entré
du parler populaire dans la langue
lettrée *f — Même conjecture sur
esquinter,
EscOBBUT, ess^or-bUy scorbut.
Ebgoudbt, esS'Cou-dé, dans la locution :
oovp d'esctmdet = brusque arrêt du
coude dans le violent effurt du bras
pour lancer une pierre, une balle.
Escoueb, fM-coué^ secouer, qu'on pro-
nonce aussi s'coué,
ESCOU88E, 0M-roK-0«, secousse; d'où la
locution fréquente : coup d'escotuse.
EsouPLE, é'SoV'plêj ensubie.
ESPADBILLB, es-pa-dri-ye, espadrille =
chaussons de lacet ou de lisière [sem-
ble une altération phonétique du mot
a sparterie », accommodé aux habi-
tudes normandes.]
EsPADBONNEB, es-pa-dtan-né^ espadon-
ner.
ESPÉBANCE, es-pé-ân-oe, espérance.
ESPEREE, es'pé-éj l® espérer ; 2» atten-
dre, faire le pied de grue. — Voir
Dm. — Espéez-mai là, j'ras ro espéé.
EdPiQUEB, eS'pi-Ué, expliauer. Locu-
tion : / iespique ben = il parle faci-
lement
ESPIBEB, es'pi-ré^ expirer.
Espoir, eê-poué^ espoir.
Esprit. Locution : Ct'éfan a trop d'es-
prit^ i vivra point, — L.
ÉTA
— 15i —
ÉTB
ESQURLLBTTB, eê-kiê-lè-te, squelette.
EssAKOE, échange. — L.
E88A1ÏQUÉ, e-tan'^-kié, épuisé de sang,
exsangue.
EssAKQUEB, é'San^-kiétiïreT tout le sang
d'un animal.
Essayer (s'), é-ça-vé^ provoquer par le
frottement une irritation de la peau
des jambes, etc.
Essayeuse, é-ça-veu^-ze [en terminaison
usuelle ce essavure »], endroit du corps
essayé.
Esselette, linge pour les petits enfants.
— L.
EssBUiL, é'eeu-y\ essieu.
EssouBD. è-çouTt élevé, et autres sens
du suivant.
EssouBDBB, é-çou-dre, soulever, spécia-
lement « lever la herse pour la net-
toyer » : icMondre, !• se soulever ; 2®
en parlant du temps, « s'éclaircir ». Ça
seêvourt = le ciel devient moins som-
bre. Le temps a l'é d'toHlé êSMoudre.
Esta PIBB, homme maigre; en mauvaise
part « goujat ». — L.
ESTAMMAC, es-tan'^-may estomac. Par
extension, mettre nn objet dans son
estomac = le placer entre la chemise
et la poitrine. Pièrhe d'estanma^ mor-
ceau d*étoffe que les femmes portent
sur la poitrine.
EsTATUE, es-Ut-tûCy statue.
ESTBAMONTADB {perdre V) = perdre la
tramontane. — L.
ËTABLÊYE, le contenu d'une étable : !•
l'ensemble de ses bestiaux ; 2» la quan-
tité de fumier qu'on en tire d'une
fois. — L.
Établie, fém. (genre et orthogr. du
XYi* s.), é'tà-hlie, établi.
Étaimaoe, é-tin^-mâ-ge, étamage et
étamure.
ÉTAIMEB, é-tln^mé, étamer; par ext.,
a mettre à une poterie sa couverte ».
Pot estaimé = an cartheis pot rvell
glared. -Nomenclatob.
Étaimeux, é-tîn^-meu^i étameur.
ÉTAL, é-ta^ étal.
Étalkb (S'), tomber de tout son long.
— L.
ET AMINE, tracas, embarras. Passer par
bien des étamines. — L.
ÉTAMPE, é-tan^'pe, vignette, poinçon,
fer chaud ; et, en généml, tout ce qui
sert à imprimer une marque.
Étampeb. Locution : Jl a étamj^ sn
image dans la ntîge, plaisanterie sur
quelqu'un qui y est tombé.
Étamperque, ^-f/iw2-;w-Ât/?, étamperche,
support vertical d'un échafaudage.
Étanghon, i-tan^-choniéia>n<ion. Ancien
anglais stanckion.
Étanohohher, ê-tan'^-ekon^né^ étan-
çonoer. Èstanekonnés vostre maifsen;
ou avltrement elle ckerra, Palsqb.
ÉTANTiYER, étendre, étaler, pour mieux
montrer.
Étbioneux, é-tin'^-gneu'^, éteignoir.
Locution : nn iteigneux de cierges =
un grand nez.
Éteindbk, é-tin^dre, éteindre. Loca-
tion : éteindre de Viaue = la passer
dans du marc de pommes.
Éteitkb, è-te^-tèy étêter, écoupeler.
ÉTELÉ, é'tle, étoile.
Étellb, e-tk-Uy étoile.
Et ENTE du linge = action de le mettre
à sécher. — B.
Étebnel, é'ter-nêy étemel.
ÉTEUBDBE, é-teu'^-dre, briser en tor-
dant.
Éteurse {coup rf'), é-teur-ce, effort par
lequel on tord et brise un objeL
Étib(»so, é-ti'bo, tronçons d'arbres qui
restent dans un taillis, quand la coupe
n'a pas été faite au ras de la souche ;
par dénigrement : arbre rabougri ei
cassé par les vents.
ëtioe, la moindre chose. — L.
Étinchblbb, é'tin^-ok'léf étinceler.
Étinchblle, é'tin^^chè-le, étincelle.
ÉTINEB, é-ti-né, impatienter, ennuyer.
Étivoquer, é-ti-ro-kgi, taquiner.
Étoc, é-to [vraie prononciation française
de c estoc d, pointe], éteule de blé.
Stampe a skttrte stake = estoc, z. m.
— Locution : coup (Vètoe = coup
brusque pour lever ou tirer un fardeau
trop pesant.
Éton, è-ton^ ébranlement causé par le
bruit du canon, etc. [seuible le radi-
cal de «étonner».]
Etoqueb, é'tO' kiéy arrêter dans sa
croissance [dérivé de a étoc j. Au par-
ticipe : chetif, rachitique.
Etobeb, é-ttHé, ôter aux noix ou aux
châtaignes leur brou, leur hérisson; —
au part, étoè^ bien pourvu, nanti — L;
mais B. met ?
Etobniau et ÉTOBNEL, é-tûT-niaw et
é'tor-nêy étourneau, sansonnet.
Étout, C'tou, aussi. — (B ajoute : sy-
nonyme itou). Me v'ia éUm.
Étbait, é'trèy étroit.
EtrANOLION, é-tran-gli-yon, étranguil-
lon, sorte d'étouffement des bestiaux.
EtrAPFB, é-tra-pe, volière. Pingeons
d'étrappe.
ÊTRE à. . . suivi de l'abstrait vaut uo
simple adjectif. 11 est à l'écolomie =
il est économe ; — ... à l avarice =
il est avare.
ÉTBÉCHIR, é'tré'Chi^ étrécir.
FAI
<- 1S5
FAO
Étbemblâ, ê-tram'hlê. malade d'un
tremblement continuel et involon-
taire.
Etbillk, é-tri-ye, 1« étrille ; 29 crabe
(partinuê puber).
ÉTRiNQui, é-irin^'kie^ étriqué, haut et
grêle.
Etsinqueb, é-trin^'kié, !« jeter loin;
2* éclabousser de l'eau.
Etrinques, éclabouBsures.
Etriu, é-tri'U, étrier.
Btkiveb, i'tri'Cé (Dict. gén.). Faire
étriver^ taquiner ; agacer un peu pour
B*amufler.
Étbivbs, é-tri-ve. Locution : Fhire det
étrivrê, tricher au jeu, chercher que-
relle au gagnant.
Étrivookb, é-tri-vo-pne^ l* mauvais
drôle ; 2^ mauvais joueur. Coiffé en
étrirogntt = coiffé en crâne.
Etbitogker, é'tri-van-çné, quereller,
tracasser pour des riens.
Etrognè, é-tron-gnè, vêtu trop court
Étrogner, é-tran-gni, ^monder plus
qu'il ne tau t.
Etroononnê, é-tro'ffno-nêf [fruit dont
on a ôté le trognon] au fig. petit, ra-
massé dans ses habits.
Btbitbb, ^tru4^ jeter au loin d^an
coup de pied.
■ EccHB, e^rcke^ goupille d'essieu.
En bible, eu-ri'hle. Voir aheurible ».
Eyalletokkbb, é-val-ton-néi se prome-
ner, prendre l'air.
Evahib, ^tan-a», évanouir.
Evakibsbmknt, é'Van-ni-ee'manf éva*
nouissement
ÊVAQVEB, é-vâ'kié^ laver sommairement,
passer à l'eau.
Eyaquetonner (s*), se mettre à l'air.
jYo recommande à çu malade de n'pa»
ê'évaquetonner,
ÉVEL, é-rê, éveil.
BviLLé, é-vi-yéei iviLLOTTi,é-ti*yo-té,
éveillé, espiègle. Locution : fceUU
comuie euniC poteye d'sauiê,
EvBETiNBUZ, é'Ve9r'ti-nâu^y amoureux,
chercheur de bonnes fortunes.
EzAOBBBB, é'ffza-çi-éy exagérer.
Exposition, ex-pô-zi-cion^ danger, pé-
ril. Y a de V exposition dans o*te jo-
gnole-là.
Ext. . . , = es't (au commencement d'un
mot).
Exterminé, es-ttr^mi-nê , grabataire,
moribond.
Fâche, /n-rAtf, face.
Fagheb, fa-ehè (0 bref), fâcher.
Fachon, fa-chon^ façon. Locution : fa-
ckon d'beurre, quantité de beurre fa-
briquée en une seule fois : Eunn* bonne
/acAon^ c'te semaine.
FADE^/a-de, V fade; 2*> hypocrite, lâche,
douce haleine.
Fafineb, hésiter à faire une chose. — B*
Faflu, /a-ffH, joufUu.
FAtiUENAS, fade, dégoûtant; se dit des
odeurs. Ça sent lefaguenas. — L.
Fagnot, fa-gno, simple, peu intelligent,
qui raisonne comme un enfant.
Fa JE, V. a., /^, faire. Subj. « que ie
.fâche ]». JfÏLire à deux = être de
compte à demi. Fè sen beûre = tirer
de beaux profits de son commerce. —
Les verbes composés se conjuguent
comme • faire ».
FAiMVALLE./n*-ra-;é^, fringale. [Dans
la langue usuelle, <t maladie des che-
vaux ».J
Fain,/», voir/jta.
Fainiant, fénian, voir féniant.
Fais, yé, fois. £unn' fais passe; mais
pas deux.
Fait (si), fè, oui [forte ellipse, ce sem-
ble, pour c il a été ainsi fait, t]
Fait, fé, faite. /^ fé de la maison.
Faite R,/êy^£, faire ou réparer le faite
d'une toiture en chaume.
Faitiebs, enfaiteau. — L.
Falaisier, qui habite le bord de la
falaise.
Faliboubdaine, fa-H-baur-din^-ne^ ca-
lembredaine.
Falibourde, fa-U'bour-de, baliverne.
Falle, fa-lCf gorge ; jabot des oiseaux.
V. Dm.
Fallu, fa-lu, qui aune grosse gorge. —
Se dit aussi d'une personne replète^
Fal8« /a, faux (à faucher).
Fameux, fa-meu^^ énorme; remarqua-
ble à quelque titre.
FANAiL,/a-/ia-yi; et FANAL,/aiia, fanal.
Fanchon, Françoise. — L.
Fakie, Stéphanie.
Fanouil, poil qui surmonte le sabot
du cheval.
Fanouilleux, qui a beaucoup de &•
nouil. — B.
F AQU IN, /a- %ia, élégant avec recherche.
FED
- 156-
FEU
FABCE,/tfr-/>«, r BeDft du franco»; 2«
coq à râne que vont réciter devant les
portes, aux jours gras, les mendiants
auxquels on donne des œufs en échan-
ge ; 3* mélange d'œuf s, de mie de pain
et de lard fait pour remplacer les choux
dans le pot au feu ; 4*> adj. amusant.
Est-il farce avec te* hûttoiresf —
. Voir farceytp.
Fabceb, /areéf plaisanter, débiter des
farces.
Farceuz, far-eev^, farceur = celui qui
fait des farces; tandis que Vàomme
farce = homme comique, qui fût rire.
Faroête ^far-ce-ye (farcée), portée d*une
truie, d*une lapine, etc.
Farcier, pauvre qui, aux jours gras,
va quêter de quoi se divertir [faire
une farce].
Farcin, far-ciHy saleté qui s'amaspe sur
la peau d'une personne malpropre.
Farfouillie, far-fou-yie, portée très
nombreuse.
Fariner, se dit de la peau quand il
s'en détache des pellicules. — L.
Faucille, fo-ci-ye. Voir focUle.
Faucotter, faw-eo-té^ [ce serait en
fraoç. tt fauchotter »] faucher peu et
sans se gêner (dimin. de ccfauquer»}.
Faufiler, farv-fi-Uy faufller.
Faule, filet. — B.
Fauquer, faw-kiè^ faucher. Locution :
se fauquer = en marchant se blesser
à la cheville du pied.
Fauquet, faw-kièy petite serpe recou-
bée.
Fauquette. farC'Jùète (diminutif ou
péjoratif de «fauqueux »)^ apprenti
laucheur, ou mauvais faucheur.
FaUQUEUX, fatc-kycu^^ faucheur.
Fausse, adj. fém, faw ce; au masc. fô
comme en franc.
Fausser, faw-cé, fausser.
Faute, faw-te, faute.
Fauteuil, faw-teu-ye^ fauteuil ; mais
aussi souvent /^^itytf.
Fautif, /<wiî-«t/, fautif.
Fauve, faw'te^ fauve.
Faveur, faveu^ faveur.
Fa VI AS, fa-viâ, fanes, tiges de pommes
de terres, de haricots, etc. (de faba,
fève.)
FÉ, fé, foi^ seulement dans la locution
ma féf oui,
FÉBLE, féehle^ faible. Sur quelques
point» du canton de Criquetot, on dit
Jiêhîe , prononciation contemporaine
de Jeanne d'Arc.
FÉBLES8E, fée-hlè-cej faiblesse. Crique-
tot : fîéblesse.
FÉDÂBI^ Frédéric.
FEiK,/it (prononciation primitive), foin.
Feindbk, /î/iMtf ; hésiter [sens qu'il a
dans le Misanthrope], Il feint d'y aller.
Feinte, fin^-tr, luxation légère, dou-
leur résultant d*un effort. Il a eunn'
feinte dan* les reins ded'pis huit jours.
FEs^QK^fé^-na-je [ainsi auziY* siècle],
fanage.
Fenaison, fe^-nè-tan [première forme
adoptée par l'Académie], fanaison.
Telles Rogatitms, telles fenaisons.
Fener, fe^né, faner. Jlya plus de dix
jours quefayfené ma prieriez mays
le temps a été si divers que je ne Vay
peu encor mettre en m^Uons. Pau»-
GRAVE, 641.
Feniâ [devrait sans doute s*écrire « fe-
ni ère », sorte d'adj. féminin dérivé de
/<?!»], petite faux à foin. — L.
F^nient, fé-niân, fainéant. Vieux fr.
n^ent (ital. niente) =s rien, c qui lait
nient ».
FÉNIENTEB, fénianté, fainéanter, se li-
vrer à la paresse.
Fânientise, fé-nian-ti-ze, fainéantise.
FBR^/éf, fer.
Fère, fé, foire.
Febrante, gerçure aux lèvres. — L.
Ferrer un chemin [locution inexpll-
quée, même par ceux qui citent « che-
min ferré s], le charger de cailloux,
pour assurer la viabilité et empêcher
fa boue.
Fbseux, f&*zeu^, faiseur.
Fessa [lles, jambes longues et grêles.
— L.
Fesser. Locution : axé quevqve catte à
fesser = quelque dessein mystérieux
à exécuter. — L C.
Fbtaine, fe*'tên^-ne, futaine.
Fêtard, casanier, qui aime peu à sortir.
— L. — Selon M., o fainéant », et
Palsob. : Mog garde = fettart,
FBTON,/!;°-frm, inquiétude ; dans cette
seule locution : Être en feton.
FÊTU, fê-tu, fétu.
Feu, fu, feu ou inflammation. Au plu-
riel, certains disent « des furs » pro-
noncé fur.
FEUoiRE [selon la dérivation primitive],
feu -je y fougère.
Fkuillard, feu-yar, volige.
Keuillolets, feu-yo-lê, copeaux, papil-
lottes de menuisier. On prononce par-
fois fitillets et même friolets,
Fbdillot, feu^-yo, feuillet.
Keuillotkk, feu^o-té, feuilleter.
Feurbb long^ paille qu'on emploie à
couvrir en chaume ou pour abriter les
meules. KUe provient du blé battu au
fléau, et s'oppose au c feurre court »
du grain battu à la machine. — B.
FIL
— 187 —
fik
Fbyte, fêjf'te, fête.
Fetteux, qui voudrait toujours € des
ffîtes ».
Feyteuz, celui qui façonne en terre
détrempée le faîte des couvertures en
chaume. — B.
Feyve, fêy-te, fève.
Fetverolle, fêtj-rra-le, féveroUe.
Fiable, fiâ-ble, à qui l'on peut se fier.
Fiai (fiel). Locution : Vo n'avez que cha
d^fiai^ d^fè etft route-là en eunn jnur-
neyef = quelle hardiesse est la vôtre,
de faire cette route en un seul jour I
Fiant, Jiân, fumier. — Voir Jtent.
Fichant, fi-chân, désolant, très contra-
riant (même euphémisme qu*à Temploi
de <i ficher » pour le mot grossier qu'on
n'écrit que par l'initiale^
Fichbl, firche, barreau d'une échelle,
échelon. A St-Lô, « fisset ».
Fichbl RB, fi-eh'lé, ficeler.
FicnwAJi, fi-ehe-le, ficelle; adjective-
ment : astucieux, fripon.
Fichu, fi-ehu. Ce mot qui sert irréguliè-
rement de participe à c ficher d, me
fait croire à une altération de « fé cher
= faire choir ». Outre le sens ordi-
naire de < perdu yt, il s'emploie aussi
comme simple péjoratif : /irhu gajf,
FiBBLE, FIEBLES8B, V. fèble, fèbletse.
Comme jsieuê fièblef
Fiel, fyê, fiel.
Fient, fiân, fumier. — Charint à fiant.
Palsgr.
f*lER,,/£^, fier. L*emploi comme une sorte
du superlatif (fier vavrien) est entré
dans la langue du zviii* siècle.
Fiéeot, 0-ro et fié-o, dédaigneux, qui
se tient fier.
FlEU, /yen, fiis, presque uniquement
dans la locution : manfieu; — man vint
ne semble qu'une altération probable
de Vf en v.
FiONOLBB, fi^no-Uy s'habiller avec re-
cherche.
Fionoleux, fi-gtuhleu^, élégant, recher-
ché dans ses vêtements.
FiGUBE, fi-gu^ figure.
FiOUBEB, ^-^tt-^, figurer.
Fil, >î, fil. — Argot moderne : vrendre
unJU. — Locution : Avé le fil = sa-
voir s'y prendre pour réussir.
FiLACEE^fi-lâ-elie, filasse.
Filer, fî-lê, filer,
Filerêsss, fileuse.
FiLLAOB, fi-ya-ge^ condition d'une
femme qui ne s'est pas mariée. A %*n
acte de mariage, la femme #1/10 (signe)
de sen nom de JUlage,
FiLLE d'août^ femme chargée de faire
la cuisine dans un chantier de mois-
Bonneurs.
Fillette, fi-vH-te, 1- fillette; 2* nar-
cisse des poètes. Mais en ce dernier
sens, sauf quand il s'agit d'une fleur
isolée, fillettes se met toujours au
pluriel.
FiLLOL [écrit parfois ainsi par l'Acadé-
mie en 1694], A'-yo, filleul.
FiLLOLE,^-yo-Z<?, filleule.
F1LLOLBT8, fi-yê-lê, YoWfeuillolete,
FiLOBffiE, fi-lo-mie, physionomie. Pals-
grave nous fournit la forme intermé-
diaire fUoeomie.
FihosEihLK, fi-lo-ze-ye, filoselle.
FrLO8i0T,^ti-jti»t, loriot. On dit aussi
c filôriot ».
F[L8, fi^ fils. Man fi, terme d'amitié
souvent employé. Le fils un tel, pour
« le fils d'un tel ». On dit toujoure
(c'est Chouquet qui parle ou eut censé
parler) comme y a six cents ans : le
fils Chouquet, la bourrique à man
père.
FlLSTOK, fiston, cher fils. Fiston est
évidemment un diminutif de « fils »,
comme raton est un diminutif de
rat ». — Dm. : Filset.
Fin, fin^. fin, dans tous les sens fran-
çais: s'emploie en outre comme une
sorte de superlatif : Au fin fond —
tout au fond ; c'est un fin mauvais gas
= très mauvais gas. — Fini a le mâne
sens dans quelques locutions : un mau-
vais gas fini.
F1NA8, fi-nâ, finaud. [De cette pronon-
ciation spéciale a pu ÛAÎtre finasser,
d'une origine encore mal expliquée.]
FiNOT, fi-no. !• mince, déliiîat; 2» rusé,
finaud. — Voir/«a#.
FiON, fyon, élégance. Mettre le fion à
un eJuint ou un récit, c'est chanter ou
réciter avec expression. Faire des fions^
c'est mettre des fioritures au chant que
l'on exécute.
FiQUitH. fi'ké, ficher.
FiR, /%, fuir, en parlant des liquides.
La futaillet fixait; elle a fi,
FI8BL, fi-ze, fuseau.
F18ÊYE, /-z^-ytf, fusée.
F18QUE, fis-ke, fixe.
FiBQUBMBNT, fis-que-man, fixement.
FiSQU au, fis'kié, fixer.
Fiston [orthogr. la meilleure peut-être] ,
voir filston.
Fi TTE, fi-te, foi ; uniquement dans la lo-
cution ma fitte (déformation probable
de « ma figue »).
Flabin, fia-bin^ bavard, rapporteur.
— L. ajoute : <r flatteur », sens ordi-
naire, au moins ailleurs.
FhJLBiv AQK,fia-bi-nâ-jey médisance, faux
rapports, bavardage.
FLABiNEB,/a-&{-M^, médire, etc.
vu
— 188 —
FOR
Flamande (la) s la femme de Fla-
mand ; comme la Vallotte^ la femme
de Vallot ; l'usage norronnd mettant
le nom d'un homme au féminin pour
désigner sa femme.
Flambe, /air»2-^, flamme.
Flambée, Han'^-hêye, feu vif et de peu
de durée [remis en usage].
Flammer, ffaw'wé, saigner (un animal,
lui donner un coup de flamme).
Flammet,/«-/;/0, flammèche. Let flaw-
mets tvmiaient à plus de deux cents
ptit,
FhAMUlcUK, Jtau'mi-che, sorte de ga-
lelte (est-ce \( miche de flan :d?).
Flan, ^ân, bavardage, commérage. Jl
a trop de flan ■= il est trop bavard.
Prendre un quartier de flan = flâner
en bavardant; locution tirée d'un jeu
de mots avec le c quartier de flanc »
des bouchers.
Flâner, flân-né, flâner. Chez nous>, ce
mot n'a pas tout-à-fait le sens ordi-
naire. Ici, € flâner i» c'est perdre son
temps à causer, au Heu de travailler.
Ou flâne avec leti {)assant9, etc.
Flânerie, ^/i^-a'fft.^, flânerie; mais,
plus exactement. <i commérage ».
Flaneux, flân'-neu'y qui aime à flâner.
Fla NICHE, femme nonchalante et peu
avisée. — L.
Flanquet, fian^-kiè, bas de chemise.
Flanquette, fian'i'kiè-te {l = r), fran-
quette. A la bonne flanquette (emploi
unique), franchement ; simplement,
sans cérémonie.
Flaquet, fia-kiè, petite flaque. Passer
le Jtaquet, faire un voyage outre-mer.
Flassheofa water=Harquet. Palsok.
Flêl (contracté de « flael » flagellum),
fli\ fléau, anglais fiall. Se compose de
trois pièces : le maintien, la chnppe,
la vergue.
FlÊler, flê'U, fouetter. - L. ajoute :
se dit d'un baliveau qui plie beaucoup.
Flemme, Hin-me^ paresse. Vieux fr.
flevme de « flegme ».
Flétrir, //^^W, flétrir. Lherhe qui est
une ftyys tfaytrie ne ne peut jamais
reverdtnjer, l'ALBCR 774.
Fleuer, flairer: se dit des i>araBites et
des importuns.
Fleur, Heu, fleur de farine. — V. Dm.
FLEURETTB,^É'tf-#?fe, mais ^\is%\fleu-rè-tf^
1° fleurette, preiiiière crème recueillie
sur le lait au bout de douze heures ;
2<» Icii autres sens du fnmçais.
Fleurison, ffru-i'Zon^ floraison.
Fleukib, /ieu'i, fleurir.
Fliger, fti-gé, figer.
Flip, //, flip, boisson chaude où entrent
du cidre, du sucre et de l'eau-de-vie.
Voir J. T., « Flip » et « PhlipB ». Dm.
écrit « Flip » et dérive le mot de Tao-
glais. Il est en effet dans Wright, où
Ton voit que le flip du Suffolk est
semblable au nôtre, sauf que \a bière
y remplace le cidre.
Flip, Philippe. — L.
Fliqur, fli-kâ, tranche. Um flique de
riande^: par extens. flocon de neige.
On croit le mot dérivé de fiesk =
viande. Peut-être vient-il plutôt de
flitch =r quartier de lard, qui prend
dans Tanglais populaire les formes
fleak, fleek, fleik. On pourrait même
sonj^r èkfleacties = madrier scié en
planches.
Flondre, Hon-dre, poisson plat (flei)
Hessuê. Voir J. T.
Fluccia, fuschia. — L.
Fluter, Hû-té, en pari, des animaux,
avoir une diarrhée, foirer.
Flutier, flû'tié, flûteur.
FociLLE, fo-cî-ye, faucille. Locution:
affiler les focillea, faire la fête dite
<i aflilage des faucilles ». Voir aflUage.
Foire, foué, foire. \o\t /ère.
Foireux, /tft-r^>, qui urne les foires.
Fois. Locution : Y a des fois = quel-
quefois. — L.
Fol, fô, fou.
FohLYi.fô'le, folle.
Foncer, creuser profondément. Foncer
un trou, — B.
Foncet, /t*ncè ; !• reste de baleine em-
ployée par les tisserands ; 2^ au fig.,
premières épargnes ; 3* le fond d'une
bouteille vidée: un fancet de rin pour
la bonne.
Foncière, fon-cyé^ dépression dans un
terrain.
Fokcine, Alphonsine. — LC.
FoNÇU, fôn-suy creux, profond ; ne s'em-
ploie qu'avec les mots c assiette }» et
a plat ».
Fond, fon.', profond. Man pUê (puits)
est pas trop fond,
FoNDANCK, /ou-rfaaS-re? ; 1» baissière;
2'' fondrière dans des terres détrem-
pées ou nouvellement remuées.
FONDRÉRIES, fon-dré-ie, effrondrilles.
FoQUE, /o'ke, foi ; rare et seulemcat
dans <( ma foque i».
FoRBÉTURE,/tfr-W-iy, fourbure.
FoRBU [plus près de la dérivation pri-
mitive], /briw, fourbu. Locution : être
for bu =z dépité de ne se voir rien
off"rir.
FoRCHE,/or-r/i<?, force.
FoRCHEMENT, for-che-man, foulure;
effort.
FoECHÉMENT, for-chc-man^ forcément
FOU
- ISO --
FRE
FOSCHEB, far^chê, foroer; êeforeher as
m donner un effort.
FoucHiB, for-t'hî^ enforcir, ▼. neatre.
FoRUESj/yr-^V, forces à tondre.
FOBMACiEN,/«»r-]iui-<;iV»f pharmacien.
Fortune, for-tun-ne, fortune, richesse.
Fossé, /^-<»«J, clôture formée d'une élé-
vation de terre d'un à deux mètres,
Plantée d^arbres i\ haute tige. D'où
expression (étrange s'il s'agissait d'un
fossé ordinaire) : wonté sur le fossé. .
FoBgET, fô-cè^ faupset. Locution : Hyer
(tirer) au/océ, entamer une pièce qui
n'a pas encore de chantepleure ; au
fig. ((boire du gros (cidre;. d
FossiEPX, fo-cyeu^^ fossoyeur.
Fotaine, /(htin^ne, fontaine.
FoUAiLLi&B, ftmà-yêye, fustigation com-
plète ; au fig. (( averse ]».
FOUCBAIE, fou'crêy voir craire*
FOUDBB, maso., fou-dre^ bourrasque.
C'est un foudre qui passe, et qui va
tout briseailler.
Fou EN E [très voisin de Tancienne forme
u foêne »], /ouin*-ne, fouine, trident
pour la pêche.
FOTJÈvmR, fou-în^né, !• poursuivre le
poisson avec la fouêne ; 2« au fig.,
chercher dans les recoins, fureter.
FOUÊYB, /uuêye (fouée), feu clair de
menu bois. De ce mot peu employé,
voir les synonymes barreye et cal-
baude,
FouiLLEB une vache.
FouiLLON, fou-ya/iy frelon. — B. ajoute
en variante : <t ou foullon :».
FouiLLONNEMENT, fou-yon-ne-man,
mauvaise préparati()n d'une terre tra-
vaillée au louohet, etc.
FouiLLONNEB, fou-yon-né^ mal remuer
la terre, soit à la charrue, soit à la
bêche.
FouiLLONNEUX, fitu-von-neu^ mala-
droit terrassier ou laboureur.
FoUB, fou, four ou fournil.
FouBC, fourj enfourchure : le fourc de
mes culftttes. Admis dans la langue
sous la forme four.
FOUBCHE, masc., /uMr-c/e^, enfourchure,
bifurcation.
FouBCU, four-ku^ fourchu.
FouBB,/o», excrémentg. D'après Lepin-
gard, la foure est plus solide que la
foire. Se dit surtout du chien, du chat
et de la vache.
FOUREUX, fou-eu'^, sale, merdeux, in-
jure à un enfant. — L<x;ution (qui
exprime une profonde vénération ou
une grande servilité) : Il y [lui] bai-
serait le e... tout foueux.
Fou BOAS, broussailles ou menus éclats
de boiB.
FOUBNAGBB, fout-nà-jé^ ravager, four-
rager. — Dm. « foumaguer ».
FouBNEL, four-nê, fourneau à lin, à
chaux, etc.
FouBNÊQUER, fourrager. — L 0.
Fourni [bien), nanti ; femme qui a une
bonne coffrée. — L.
FouRQUE, /«>iir-A», fourche.
FouRQUER, four-kiê, !•» fourcher ; 2° se
bifurquer; 3* arracher avec la fourche.
Ftnirquer des pommes de terre, se dit
à Si-Jouin, non de les arracher, mais
de les sarcler au printemps.
FouRQi'ET,/«/«r-^i^, enfourchure. Four-
quet d* un pommier,
FouBQUETTB. four-ki-è-te, fourche à
foin ; anglais forket.
Fou HQXjJKy four-kyie, ce qu'enlevé un
coup de fourche. i^Vn»' fourquie d*
fdumié,
FousTRADE, fouss-tra-de^ emportement
passager.
FousTRADEUX, fouss-tro-deu^, vif, mais
s'apaise bientôt.
FouTBT, fou'tê, espiègle, enfant re-
muant. Dans cette seule Icxïution :
petit foutet.
FoTJTiHERf/uu-ti-né, !• perdre son temps
à des riens ; 2* n'avancer à rien dans
son travail.
F0UTlNiER,/0M-^i-»yrf, lambin, qui fait
peu d'ouvrage^ quoique toujours oc-
cupé.
Fraoie, Euphrasie. — L.
Fbajd, fém., frèy froid, maso.
Fbaidukb, frè-dUf froidure.
Fbais, /re, V adj., mouillé; au fig.,
dans une mauvaise position : vo
via frais! 2° s. m., piste suivie par
un chien : il a le frais de san maître;
item d'un lièvre,
FRAi8R,/wy*-r^, fraise; yoît frase.
Fbaisirr, fray'-zié, fraisier.
Framboise, fràn-boiy'-ze, framboise.
Fbamboisieb, fràn-bohf'zU^ framboi-
sier.
Franche-terbe, taches terreuses que
les personnes débiles oni parfois à la
figure. — B.
Francin, François. — L.
Frase [semble la forme la plus ancien-
ne], /ro-zd, fraise de veau.
Frasê, fra-ze, qui a bonne mine.
Fratbes, /ra-^re?«*, barbier. On dit a un
fratrcd ».
¥ RAV DE, frafP'de, fraude.
Fraye, frâ-ye, !<> frai de poisson; 2«
éperlan.
Frayeur, /re-y^, frayeur.
Frechonnement, fe^r-chon-ne-man,
frissonnement, fourmillement.
GAB
- 160 -
GAB
Fbbchokmkb, ft^^T^Tumrnè, friBSonner.
Fbbda, fe^r-da, noce, repas. — L.
FbedAINE, ft^r-diii^-ne, fredaine.
Fbégade, fri-ga-de, frégate.
VREiiUqvji, feT'lu-ke, f peluche.
Fbbmbb. /r^-m^, fermer. Au commen-
cement du xvi« siècle, fremer était
plus usité que fermer, Palrobavb,
606, 541, 703, 717.
Frbmi, fr^-mi, fourmi.
Kbemillbmekt, fc^r-mi-y-man^ four-
millement.
Fbbmilleb, frt^'mi'yé, fourmiller.
Fbemillèkb, frel^-mi^èe, fourmilière.
Fbemilloks, fre/^^mi-yoïUf picotement
sous la peau.
Fbemib, trembler; se dit aussi de l'eau
qui commence à bouillir. — L.
FBENâQUBB, fe^r-nê'kié, faire des re-
cherches inutiles on désagréables aux
autres.
Fbéqitbnteb, fré-ran^té, spécialement
se dit d'un jeune homme oui fait sa
cour en vue du mariage. Mais « han-
ter • est plus fréquent en ce sens.
FBfiBB, fré, frère.
FBiBBTTX,/r^-«**, germain. Uniquement
dans cette locution : cousin frértuoB.
Fbettè, frè'tê, serré dans ses habits
[comme avec une frette] ; se dit aussi
au vêtement lui-même.
Fbeulembnt, freu^'le-nuin, frôlement
Fbkuleb, /rffû-/^, frôler, froisser. La
roue afrevU ma gamhe.
Fbbtilleb, fif'r-tiryi, frétiller.
Fbibou, frirhou^ frileux.
Fbibubtb, escroquerie, vol de petits
objets [forme primitive de c flibuste d].
■— lit
Fbigabbêye, frùoorciye, fricassée.
Fbicot, frico^ lo mets en général (s'op-
pose à <K pain d ); 2" fricassée ; S"" festin.
Fbioocssb, frùgou'Ce^ fricot médiocre,
mauvais ragoût.
Fbimailleb, se dit du temps où une
pluie fine se change en frimas. — L.
FBiOLBT8,/ri-o-i^, voir /(9iti/ Wrt*.
Fbiolieb, fri^o-lU^ amatear de frian-
dises.
Fbiolisb, friryoAi'ze, friolerie, frian-
dise.
Fbison, frî'Zon, boude de cheveux.
Fbit, /r», 1- fruit ; 2- partie, de « frire »,
surtout dans la locution usuelle : H
est frit = perdu.
Fbitagb, fri-ta-je, des fruits en géné-
ral : Manger du friJtage, Les précieux
disent < f ruitage 9.
Fbitieb, /ri-ti^, fruitier.
Fbitubb, /H-«M, friture.
Fbomangib, fro-man-fie (fromagée),
sorte de fromage qm ne se mange
qu'en potage.
FtLOVTRh, frôn-tê, fronteau.
Frou-pbou, au ûg., faire du frou-frou
= faire des embarras. — L.,
Fu, /it, feu.
Fultbb, ful'té, fuir, filer.
FUMMAOE, fun-ma-je^ fumure.
Fdmmbb, fun-mâr^ fumer.
FuMMBUSE, fun-meu'^'ZOt fumure.
FUMMEUX, /ttn-m^', fumeur.
FUMMBYB, fun-mê-ye, .1° fumée ; 29
brouillard.
FuMMiBB, fun-mier, fumier.
Fur, fur, feu, Murtout au plur. : des
fnrs; au sing., fu est plus générale-
ment employé.
FxJKÈ, coloré, en feu. — B.
FUBEUB, fu-eu^ fureur.
FUBOLB, fu-O'le, !• feu follet; 2» cheval
ombrageux et craintif. — V. Delb. —
En B.-N., une torche est une « furolcB.
Wright définit furole a kind ofmeteor,
ce qui montre que le mot a franchi
le détroit
Fut, fut, fur, dans cette seule expres-
sion à fut et mesure pour « au fur
et à.... ))
FUTIEB, fâ-tii, braconnier. « Affutier »
dans la vallée de TYère.
FUTIN, fûrtin^, objet inutile et de peu
de valeur.
Gabari, les neuf gerbes mises debout
avec la dixième qui les recouvre.
Gabatin, ga-ha-tin'^, saltimbanque;
baladin. [La langue courante a accueilli
gahatine, de même dérivation = mys-
tification].
Gabeqib, gab-jie (outre le sens français),
désordre, grabuge.
Gabibb, ga-hyè, polisson.
Oabilleb. ga-bi-yé, 1® gaspiller; 2» gâ-
ter, salir. Ah ! vian pain qu*est tout
gabillê, disait un gamin, en retirant
GAL
- 161 -
GAT
son morceau de pain de la mélasse, où
il Tavait jeté exprès.
Gabillon, masc. et fém., ga-hi-yon^
prodigue.
Oabillonnaoe, ga-bi-yon-TuL-je, gas-
pillage, dépenses superaues.
Oabilloknbb (fréquentatif de « gabil-
1er ))), ga-hirgon-né^ gftter, gaspiller.
Gabion, ga-hion^ canardière.
Gabouilleb, barbouiller. — L.
Gadb, ga^de^ groseilles à grappes. Oèlée
de godes. C'était son seul emploi vers
1860 ; aujourd'hui est tout à fait accli-
maté ; les précieux l'ont remplacé mal
à propos par « garde d, qui en ce sens
n'appartient à aucune langue.
Gadkli KE,ga-de-lié^ groseilles à grappes.
Voir le suiv.
Qadbllb, ga-dè'le, groseilles à grappes.
G*est le vrai nom normand de ce fruit,
cité par Th. Corneille en 1694. Gadelle
est dans le Dict. de Trévoux, aussi
bien que dans le dict. franc. -anglais
de Stone. Sainte-Adresse a la rue des
Gadelles.
Oadou, gadou, sale. [Racine vraisem-
blable de <i gadouard, gadoue ».]
Gaffêtb, aa-/êye, morsure de chien,
de renard; au fig., injure sanglante.
Oaobusb, ga-Jeu^-ze^ gageure.
Gaonb, s. iém.^gan^-gne^ gain. Au plur.
salaire. J'ai porté mes gagnes à la
caisse d'épargne.
Gaone-pain, celui qui soutient sa fa-
mille par son travail. — L.
Oaonbuz, celui qui, au jeu, gagne la
partie.
Gai, ghe^ geai. Locution : fromage au
gai^ fromage mou, blanc frais.
Q Ah^ gai, galet, plage. [C'est le primitif
de galetj. Gai de mé = galets du
rivage.
Galagnie, ga-lan-gnî, le contenu des
deux mains. Bn bas norm. « galêoie
on galinée 9. Y. Delbtmlle <c Galinée ».
Galapiaud, ga-la-piâs, galopin.
Ualatab [forme étymologique, au xiv*
siècle, de <i galetas »], grenier. — B.
Galb, ga-le, 1* gale; 2« croûte de plaie.
Galâeb, ga4é, galère;
Galet, ga-lè^ l" caillou roulé ; 2* grê-
lon. On ne dit jamais a il grôle », mais
il tombe des galets,
Galibibb, ga4i*byé, polisson, vagabond .
Galimafiaud, ga-li'ma-JiâSf homme
déplaisant ou nuisible ; s'emploie avec
les adjectifs grand et vieux.
Gallois, ga-louê^ petits galets, gravier,
ne s'emploie qu'au pluriel.
G A LOT, ga-lo^ V* galet de mer ; 2» ga-
loche.
Galuohon, sorte de galette. — L.
Qalubt, jeune homme qui fait le mon
sieur. — B.
Galvaudeb, gal-vaw'déj aller trop vite
en travaillant. Voir J. T.
Oambe, gan^'be, jambe.
Gambette, gan^-bè-te, pied de colza, ce
qui en reste dans le sol après la ooupe.
Oambillbb, gan^-bi-yéy au fig. marcher
d'une manière ridicule.
Gambillon. gan^-bi'Uon, pièce de bois
qui sert à suspendre les animaux
morts.
Gambillonnbb, gan^-bi-yon-hé, gam-
biller (fréquentatif de ce verbe).
Gambon, gan^-bon^ tige semi-ligneuse
de certaines plantes, lorsque la partie
tendre a été coupée ou broutée. Oam-
bon de chou.
Ganagheb, marcher beaucoup et avec
fatigue. — L.
Ganci, gan^-cîy chanci, moisi.
GAN0iB(8B),yaAS-&î, chancir,se moisir,
surtout en parlant du bois.
Ganne, gan^-ne^ jaune.
Gannet, gaw-nè, jaunet, souci des
champs, oàrysanthemum segetum.
GANMI8SE, gan^-ni-cOf jaunisse, ictère.
Gante, gan^-te, jante.
Gaqueeb, ga-kiéy jachère.
Gabantisb, gO'ran^'ti'Ze, garantie.
Gabaud, ^a-râ«, toile de coton. [L'indus-
trie emploie la forme garas.]
Gabaudieb, ga-raw'dié^ tisserand.
Gabchon, gar-chon, garçon.
Gabchonnbt, gar-efton'nè, garçonnet.
GabchomniAbe, gar-chon-nié, garçon-
nière.
Gabde-bobb, gar-de-ro-be, meuble où
Ton serre les vêtements. N'a ici que ce
sens, e^ est masculin.
Gaedin, gâr'din^, jardin.
GabdinBb, gâr-di-néf jardiner.
Gabdinbt, gar-dUnet, jardinet
Gabdinieb, jardinier.
Gabet, ga-ret, jarret Entré dans le
nom de Brise-garet^ donné au cime-
tière de Montivilliers.
Gabs, gàf garçon. Cett un Jameux aars
= un garçon bien campé. On écrit
aussi gas.
Gatè, ga-te, gâté. Ne pas confondre
avec (( gâtel » qui se prononce de
même.
Gatel, gortè, gâteau.
Gatisbe, ga-tiéy aire d'une grange.
Voir àattière.
Gatts, ga-te^ 1« jatte ; 29 Marelle, Jeu.
Il est poli comme une gatte recousue.
GElf
— !6î-
GU
En anglo-saxon gaie est un chemin,
une route.
Qattbt, ga-têf petite jatte ou fragment
de jatte.
Q ATTESTE, ga-tê-ye, jattée, le contenu
d'une jatte.
Qauchr, gatC'Che, gauche.
Gauches, gaw-cké^ gaucher.
GauuuillaOE, gavs-ghi-^â-je^ barbouil-
lage.
Gauouillr, gaw-ghi-ge, coquille. Cett
nn komme qui donne pas te^f gaujftilles.
A rapprocher de « gauge s, et Tuir
Decorde, Patois du, Paya de Bray.
Gauodillbk. garo-ghi-yé^ couvrir de
saletés; barbouiller.
Gaule, gait-le, gaule.
Gaulkk, gavc-Uy 1* gauler; ^ faire un
travail à la bâte ; sens de canl en
Northumberland.
Gaulktte, garc-lè-te, gaiilette ; spécial'
petite gaule servant de latte pour sou-
tenir le chaume des toitures.
Gaunibse (masculin), jaunisse. — L C.
G a VELER, ga-rlé, mettre en javelle les
céréales.
Gavklieb, ça-rtfi4ié^ ramassette, pièce
de bois dont on arme une faux, pour
ramaséer les grains en les coupant.
Gavelle, aa-tè-le^ javelle (anglais ga-
relj^ blé ou avoine qui reste sur le
cbamp avant d'être lié.
Gavelot, aa-tlo^ javelle [semble un
diminutif].
O A VÊTE, ga-reyc (gavée), s'en donner
vne gareye = manger avec excès
(dérivé de <t gaver d).
Gaviot, ga-riOy gorge, gosier, prendre
quelqu'un an gaviot ; français, gatet ;
picard, gave. PalsOB. : Wetant the
ffype = gaviot.
Gazette, gâ-zè-te, bavarde (cancanière).
Gkigkeux^ jin-gneu^ (pleure-misère),
qui aime à geindre sans i-aison.
Oeionotteh, JiA-^;fo-^<;, geindre, gémir
fréquemment ou faiblement ; diminu-
tif et fréquentatif de c geindre ».
G EIGNOTTEM KHTjin-gnott'-manj f ai blés
plaintes ; ou plaintes déraibonnables.
GElQKOJrSLJJXjin-gno-teu^, qui se plaint
souvent et sans raison.
Gelêyk, flêye, gelée.
Gelif, g'iif, gélif.
Gelottbr [dimin. de « geler »], floté,
geler légèrement.
Gknet, fnê, genêt.
OEKÊYE,/w*îy<?, famille nombreuse [em-
prunté directement au grec y^vex ?J
Salre pater^ mater ^ et toute la génie,
(Muse Dorm.)
Genichon, fnt-ehûn, V petite génisse ;
2<» séneçon, plante (teneeio vulgarit).
Génisse, fnt-ee^ génisse.
Genou, /iMW, genou. iVo devrait s' met-
tre à genoux oar iou ^i posée es Cet
homme est oigne du plus grand res-
pect
G enouillé (genouillère), 1* des vies et
des jvâsy qu^on met aux veaux et aux
chevaux |>oor leur protéger les genoux;
2^ à gerbes^ que les Heurs mettent sur
le pantalon quand ils font les gerbes.
— B.
Genouillkr, j'nou-yé, 1* presser avec
le genou ; 2^ fléchir 8ur les genoux :
tnan jvâ genou iUe .
Genouillette, J'Hou-yê-^e, spergule
des champs.
Gens, jaj», 1» tous les ^en8 du français;
2* les parents, les domestiques, etc.,
répond alors exactement au famUia
des Romains. Je donne mes gagnes à
vits gens (à mon père et à ma mère) ;
— quand nos gens (la famille) seront
arrirésy no se mettra à talde,
GÉRER avec. = faire des affaires
avec. ... — B.
Gerne, jrr-ne, germe.
Gbrner, ier-né, germer.
Gekxotibr,-]Èke, ger-no-tié, ramasseur,
ramasseuse des tubercules de la ger-
nott«.
Gkrnotte, ier-no-te, ravoineà chapelet
[très mauvaise herbe].
Gibet, gi-hé^ poignée du manche de la
faux [le sens le plus ancien de « gibet »
était c bâton recourbé ]»].
Gioouret, ji-gou-ré, sorte de jeu de
toupie, de gig toupie, « toupie, Fabot,
trompe, a tap gig or nun » (Nom KM-
clator).
Gioub, j»-^tf«, longue jambe.
GIGUER, gambader ; par ex t. ruer.
Vot'fca gigue.
GiMBONNEK, jin-hon-né, agiter les jam-
bes, surtout dans le lit.
Ginoukt, /taS-^A^é, saut, gambade.
GiPB (liu bas-latin gipum^ qu'on rappro-
che de <i gypse ib),ji-pey couche de
mortier appliquée sur une muraille
comme enduit.
GirEB,Jt-/)^, enduire de gipe.
Giboflbyb, ji-ro-flêye, giroflée.
Giboubtte, ji-rouè-te^ !• girouette;
2^ tourbillon de poussière.
Gibier [forme plus étymologique], y i-^t^,
gésier.
GLague, gla-che^ glace (eau gelée, mais
non uiirôir).
Glachkr, ylâ-rhèy glacer; en labourage,
unir et lustrer les sillons. Syoon.
« cirer >.
GOD
— 163 —
GOtJ
GlaCHOK, glârchon, glaçon.
Glacière, gla-clé^ glacière.
Olaoeux, glâ-jeu-, glaïeul {iris pseudo-
aeoruë),
Glame, Guillaume. — L.
Glane, glan-ney glane. Locution : Be-
battre se* glanes, répéter la même
chose.
GLANEUXf gla-neu"^^ glaneur.
Glisset, ouverture étroite ménagée au
dessous de la porte d'un poulailler
(ainsi appelé du morceau de boid qui
glisse dans des rainures pour le fer-
mer). — B.
Glosbb, glimé^ gloire.
Glosieux, ^/^zier/'-', 1* glorieux; 2" va-
niteux.
Gloton et plus souvent Goton, Mar-
guerite. — L.
Olummbr. glun-mé^ humer, happer.
Compar. « galumer », aux envirous de
Gany.
Gnaffer, gna-fé, V pousser des aboie-
lueuts étouffés, en parlant des chiens ;
2* se dit jiarfois des étrangers dont
on n*entend pas la langue.
Gnaonot, gna-gno, petit niais.
Gnagmotte, gna-gnnte, gnognotce ; niai-
serie, futilité,; uniquement dan^ la
locution : C'ett ou ce nest que de la
gnagmdte.
Gnangnan, gnan-gnan^ radotage, rai-
sonnement de niais. Le Dict. générai
rapplique aux personnt-s.
Gnaque, gnac^ 1" petite flaque d*eau ;
2« reste de soupe.
Gniaf, rare, ^ a m/, mauvais cordonnier.
Dans i'uBiige ordinaire : savetier, cor-
donnier ambulant.
Gniole, nielle. — L.
Gobe, go-he^ i* gobe ; 2* grosse bouchée :
3» furoncle, ou grosseur quelconque
au cou, etc.
Gobier, go-bîé^ crédule, sot
Gobine, go-binrne {lacune), bobine de
tisserand.
GOBITON, gthbi'ton, morceau de pain
qui ne trempe point dans la soupe.
Gobitonnee, mettre grossièrement en
morceaux. iS' gobitonne point noV paur
pain,
G0DAiLLER,8ub8t,^(Hfa-^^,équarisBeur.
Voir le suiv.
Godailler, go-dâ-yé^ 1» boire démesu-
rément (sens entré dans l'usage) ;
2* faire orgie 3* assister à un grand
re|vas. Du vieux français goudale^ bière
(anglais good aie) : PalsûR., p. ti78 :
Jl ne fait autre chose que se radier à
la wayson, là où on vend de la gou'
dale toutejour.
Gode, gn-de, ffode, sorte de poisson.
Locution : il est sanul comme eunne
gode,
Godeu [le mot est entré dans l'usage;
mais le commentaire ci-joint vaut une
mention], go-dé, en parlant d*un vête*
ment, faire au dos des plis disgra-
cieux, par suite d'une mauvaise coupe ;
de cod qui en anglo-saxon et en weU
che signifie € bourse, sac, etc.D. Le
français godron parait dériver de
c goder».
GoMUAS, f/on-mâ, pâte à beignets.
UOMMITUE, gon-mî-tre, parasite ; homme
im(>ortun, [fut jadis le sobriquet des
habitants de Hautot-sur-Seine. Ecrit
agomitre» par la Mv-se Normande; il
y a le sens de «policier».]
Gonflé, gon-Jfê^ météorisé en parlant de
bestiaux.
GOROBTTE, gor-jè'te : 1° gorgerette ; 2»
diiiiinutif amical de gorge.
GORQIK, gor-jie^ gorgée.
GosiLLAGE, u^-zi-yâ-ge^ vomissement
[de l'ancien sens deugosiller», resté
en plein usage] .
QostiE, gO'Ce : !• au masc. enfant; 2®
au féui. plaisanterie, bourde.
GossER, go-cé^ plaisanter. Ce mot im-
plique l'idée d'histoire inventée à
plaisir ; ce qui n'est pas pour le franc.
gausser = tourner en ridicule.
GoTHON, Marguerite. — L.
GOUAILLEUX , gou ' a- yeu' , railleur
(gouailleur esi dans TAcadémie).
GouDKAN [forme primitive], gou-dran,
goudron.
GouÊPE, gouè'pe : l» canaille ; anglais
iraped^ misérable; 2<>mauvisetlitorne,
oiseaux.
GouiLLAS, gon-yâ, goinfre, gourmand.
SSemble avoir quelque rapport avec
a goulafre 9.
GouiLLAU DEMENT, gou- yaw -d'man,
gloutonnement, goulûment.
GouiLLAU DISE, gou-gaw-dî-te, glouton-
nerie.
GouiNE, gouinrne^ méchante femme.
[A-t-il quelque affinité avec yaviq ^j
GouJARD, gou-jar, goujat = jeune do-
mestique.
GouJARDER, gtm-jar-déf faire un travail
de agoujard».
GouJABON, goU'Ja-ron (lacune), ? petit
goujard.
Goule (euphémisme de gueule), gou-le,
bouche.
Gou L RTON,maladie contagieuse du bétail .
GoULÊYE (donner saj^ dire son mot.
— B. (Voir « brebis ») ; au propre, ce
qu'on avale d'un seul coup : r n'na
fait qu' eunne goulêge.
GRA
— 164 —
GRE
GouLOK, gou4imy goulot de bouteille.
GouBDAS, gour-daty légèrement humide
[diminutif de «gourd»].
GOUBDIFAILLE, gour-di-fârye, festin,
copieuBe nourriture.
GOUBDIFAILLEB, gour-di-fà-yé , manger
abondamment» aesitter à un grand
featin.
GouBDirAiLLEUX, gpnr'di'/a-yeu^,
ami de la bonne chère.
GOUBFOULEB, gour-foV'léf preeser, fou-
ler de sens et d'autre.
GOUBGAOKB, gour-gan-gne, fève de ma-
rais, pluB souvent cbourgagne».
GoDRMKTTBB un ckexal^ lui mettre la
gourmette, le gourmer.
GOUSPILLEB, govu-pi-yé, salir.
G0U88EPIN, gauss'piitf galopin [peut se
rapprocher de tgaepiuu»].
GODTBAN, gou-tran, goudron.
Goutte. Locution : Y a pas eunn
goutte de vent = le temps est parfai-
tement calme. — B.
GOUVBUMAL, goU'Cer~na, gouvernail.
Gbabuge, gra-lâ-je,, coulage, désordre
dans l'administration d'une maison.
Gbabugeb, gra-bû'jé, rapiner.
Gbadb et 6BADELLE, voyes c gadelle ]>.
Gbavfioneb, grafi-gnéy gratter légère-
ment.
Gbaffigkuknkb, gra-fi-gnon-né^ grat-
ter comme les chats.
UBAFFILLOiiliiiB, grâ-Ji-yoTirné. Voir les
précédents.
Gbaffogneb, gra-fon-gné, fréquentatif
de «gratter».
Gkage, gra-gej gros peigne à égrener le
lin et à |X)igner le feurre (A'gnntye
dans Dm. Voir Delboulle). — L. ajoute :
vieille femme méprisable.
Gbageb, grâ-gé : 1** grager les dents =^
grincer ; *2° peigner le lin ou la paille ;
50 quelquefois «draguer».
Gbageux, grâ'jeu'^ (lacune : sans doute
celui qui k>e sert de la grage). En an-
cien français < ratisëeur ». (Jragevr a
pain^ grageur à gingembre,
Gbaillot, grâ-yo^ grumeau.
Gballot£B, grâ-yihté, s*engrumeler.
Gbain. Locution : veiller augrain^êtTe
soigneux, vigilant. ~ L.
G baisses, grê'vé : 1* graisser; 2« en-
graisser : je graisse quatre vaqvts,
IS*emploie absolument: j'aime mteux
faire du beurre que de gratsser; 3«
battre : J'te vas graisser,
Gbaibset, grê'Cè^ lampe ancienne. —
Dm. craiinÊtt^ forme qui rappelle mieux
l'anglais cresset = fanal.
GBAIS8EUSE (la langue ordinaire écri-
rait yraiisurejf ce qui sert à graisser
les essieux de voiture, les machines,
etc. — L.
Gbakghx, granl^-eke^ grange. Le nom
propre Grancher prouve que«granche>
est ancien , et i'alsgrave Ta souvent cité.
Grand, ^mjt (outre les sens franc.) fier,
y. d*Y « grandier A. Aller dans le grand
= mener grand train, ou imiter les
manières des grands.
GbandEcimme, gran-dé-ein-we, gran-
dissime, très grand ; ridiculement
grand.
Gbakdbt, gran-dè, un peu grand.
Gbamdeub gran'deu\ grandeur; par
extension, tierté.
GBA8-J0tJB8, grârjour, les jours gras.
Gbabsb- poulette, gra-ee-pou'lè'te
(plante), ansérine due champs, ekew^^
podium leucospermum.
Gbasbîeb, grâ-cié, grasseyer. Il ^rassis
un prtit ; may» cela luy sitt h%e%. —
Palsob. p. 616.
Gbatteb, gra-téy se procurer des gains
illicites.
Gbayé (absolument) = marqué de pe-
tite vérole. D'où ce mot aimable : O»
ne grave que sur les beaux w arceaux,
-^ L.
Gbayieb. Locution : avè un gravier
dans l'ail = uu grain de pousâière.— B.
Gbavois, grorvois, gros graviers.
QvLZDlv^ghf^r-din^ grcdin.
GBBDOUiLLEB,pAeor-ifett-y^, gargouiller.
Ça me gredvuUle dans le rentre =
avoir des bortiorygmes.
Gbegeon, ghe^r-jtm (lacune). L. dit :
« son repassé nous la meule ». Aux
Andelys, sautré (7/?); en anglais po-
pulaire iTli. Wrighi) grudginijs, ce qui
indique uu radical grua. On dit aussi
en anglais populaire gurgeuns. Ce mot
u'est que la transcription du nôtre;
l'autre semble plus primitif.
Gbegib, ghe^r-ji, froncer, plisser.
G BEQUILLE, gher-ght-ye^ jambe longue
et mince.
G BÊLE, au fig. misère, ruine, fléau.
C'fust eunn grêle que et komme^lÀ.—
L. — C'est la grêle; no nj'ait ergent
de rien^ V commerce n râpas! — B.
Voir ckaraban,
G BÊLÉ = « gravé », au sens ci-dessos.
D'où ce sot compliment fait a un
houjme gravé, en le regardant de fort
près : Vous avez donc été sous la
yrêU?
GbÈlin, grê'lin, poisson.
Gkelotteb, ghe^r-Uhté, grelotter. [Le
sens primitif n'est-il pad ; «s'agiter,
trembler p, pour une cause quelconque?
Y vint un grand coup de tonnerre^
racontait un villageois : tout grelottait
dans la maison.]
GBI
— 165 —
GUE
Gbémillâbb, gré-mi-yê, miliaire, érup-
tion semblable à des gnÛDS de millet.
Qrémir, grémi, friMODoer. Ça /ait
gré Mi, = ça fait chair de poule. J'en
ai grémi,
Qbenâdieb, ghe^r-îM-dié, grenadier.
Gbbnée, ghe^r-nêge, forte averse, grain
de pluie.
QRiLNiEBf ght^r-nié, grenier. Palsob.
gemier et gantier.
Qbknir, ghe^r-nit porter graine, être en
graine, grener.
Ubbnison [dérivé du précédent], ghe^r-
ni'zony rendement dea céréales.
Gbemouillb, ghe^r-nou-ye, grenouille,
(ordinairement, le frai des grenouilles).
On dit bien plus souvent « raine i>.
Obemu, ghâ^r-nu, grenu.
Gresaille (pour <t garsaille ]>, ghe^r-
zâ-ytf : l<* la foule des enfants. Toute
la gresaille galopait emjtrès un Maoû-
lard; t** au tig., troupe de mauvais
sujets.
ObÉsil, ghe*r<i, grésil, verglas.
Grésillé, brûlé au soleil. — B.
Gbéteb [il y a un t au radical hollan-
dais], gré-yé, gréer; par extension,
équiper, harnacner.
Obiaudsb, glisser («griller s).
Gbibiche, gri'hi'Che^ terme injurieux
(V. Dm. et J. T,)^vieUie grihic/iel
Gbiffeb, gri-fé, égratigner. On dit
plus souvent « egriter ]>.
Gbiffouyeb, griffonner. — L.
Gbionas, gri-gnâ : !<> pleurnicheur,
maussade; synon. agrignouv; 2« li-
gure grotesque à l'avant des uavired.
Gkioneb, gri-gné : v. n. griucer des
dents, avoir un air maussade ou souf-
frant. Jl est tetups de préparer les dra-
gées; la /eut me quemeHche a grigner
[à Si-Lô, grigne =: mâchoire; ; V v. act.
grigner une dotêye = manger des
confitures étendues sur le pain, en
laissant le pain lui-môme.
Gbionè^te, gri-gne-ye, 1* grimace des
lèvres qui se coiitracieot en laissant
voir les dents ; 2» reproche, semonce.
Gbillachb, gri^yorclte^ surtout à Gon-
neviUeetà siaint-Jouin. V. le suivant.
Oeillade, gri-ya-de^ glissoire, glissade.
Grillant, gri-yan, glissant. Nœtid
grillant = nœud coulant.
Gbillbb, gri-yé, glisser. V. Delb.
Grimaghb [forme du xiv* siècle], gri-
wa-cke^ gnmace.
Grimacher, gri-ma-ckéy grimacer.
Grimagheux et Qbimacuikr, grirma-
chen'* et gri-ma^chiéf grimacier.
Grimper, grin^^péy grimper.
Qrtmpset^ qrin-pcè, grimpereau. Déri-
vation probable : t grimperel, grimpe-
sel, grimpset ».
Grinohkr, grin-ehé, grincer. [Cest jus-
tement cette forme inconnue au Diot,
gérééral, qui seule explique bien le dé-
rivé c grincheux », admis p^r l'Aca-
démie.]
Grinosr, grin-jé, effeuiller un rameau
en le passant entre les doigts. —
T. Wright, grig = pincer, en Sommer-
set.
Orinoeuz, voleur. — B.
Grisbttb, grî'xè'te, lézard gris, très
agile, qui vit sur les coteaux.
Qrisir [dérivation directe de a gris »],
grî'Zi^ grisonner.
Gbit, ^ri, griffe. Locution: 2 n'sait faire
CBUcre de ses dix grils =3 de ses doigts.
Groiheillier, groy''té^-lié, groseiller
épineux.
Groisellb, groy-iè'le, groseille à ma-
quereau.
Gros, grôy outre les sens français, 1* ri-
ch& Fréquenter les gros. J/ait le gros^
ded'pis qu*U a hérité ; 2«* cidre pur :
tirer du gros,
QR088IEU, grô-eyé, 1« grossier ; 2» gros.
Devenir grossier = prendre de l'em-
bonpoint.
Grouête, groH-4ye (grouée), fruits tom-
bés la nuit, avant la complète matu-
rité, et qu'on ramasse le matin.
Grouillement, groû-ye-man^ bouderie.
Grouiller, groû-yé, bouder.
Grouilleuz, groû'yeu^, boudeur.
Grouin, groH-in, 1® groin [ortographe
qui doit représenter la prononciation
primitive, comme on le verra tout à
l'heure] ; 2** cap. Grouin de St-Jouin,
Le terme a été commun à toute la
Normandie, notamment près d'Avran-
ches et d'isignv. Pendant des siècles
le <K groing de Caux » fut le nom ofli-
ciel de la Hève ; 3* (même radical que
« grouêye :d;, menus débris de paille
ou de foin qui s'échappent au trans-
port ; ne s'emploie qu'au pluriel des
grouins » [yrou-in^),
G ROULER, grourU^ crouler.
Gruler, gru'lé, trembler de froid.
Grunqeb, grun-jé^ gruger.
G UEDIN (lacune, môme de prononciation).
Dans oez terres y a des cardons ; o'euun'
est tout guedin.
GUENAGHE, ghé^-na-eke, mâchoire. Lo-
cution : traîner la guenaeke = rester
malingre après une maladie.
GUÊPETE. B.
Guerre, ^Ai^r-^, gerbe.
GUERBÊTE^ ghier-bêye, gerbe de blé,
battue et liée sans ployer la paille.
1â
CUl
— 166 —
GUP
GUERBIÈRE, ghier-hiè^ passage réservé,
à l'entrée au tas, pour la place de8
autres gerbes. Grande boucne» selon
Dm. ; ce qui est une métaphore.
QuÈRE, ^/u^, guère. Locution : pas guère
=z peu ; um'tieu^ point gué = un pe-
tit peU| pas beaucoup. La négation ne
fait ici que renforctr le sens.
GuéiiBT, ghyé'è, jarret.
GUEBETIÉRU, ghier-tié, jarretière.
GuEROOT, gfiier-go, flaque d'eau. On
dit aussi a vervut d.
GuerootaGE, yhier-go-tâ'je, gargotage.
GUERGOTTE, ghier-go-te, gargotte.
Guebgotter, ghwr-go-tê, gargotter.
GUERGOTTIEB, ghyer-go-tiè^ malpropre.
GuÉRiit,^/<^^, guérir.
OUERLUPPE, s. ièni\ïï,,ghyer4u-pe^ mau-
vais sujet, garnement.
Gdernememt, ghyer-ne^-man^ garne-
ment.
G UEEMESEL, ghier-ne-zê^ troupe de mau-
vais sujets, mauvais voisinage. De
même radical que c garnement d;
est-il à rapprocher de c garnison » ?
GUERNIEB, ghye^-nié, voir grenier,
GuERFLEE (à propos des bestiaux), pié-
tiner le fourrage vert et le gâter sans
proiit. — L.
GuÊTBS, gfiê-te^ guêtres.
GumTERj guée-té^ 1© guetter; 2* simpU
<c voir :d. tivétùff-mai cha = regarde
cela.
GUETTEUZ de /avqueux (littér. : qui
attend le faucneur) = ce que le fau-
cheur a omis de couper. — B.
GuEULU (rare), ghieu-lu, goulu.
GUEUSEBIE, ghufu^'z'zie, gueuserie.
GURVAlu, gh'véf varech. On se sert aussi
de ce dernier mot, prononcé va-è.
GUEVEU, glCveu\ cheveu.
QuKVihLa^gKvî-ye^ cheville. [Cette pro-
nonciation est si répandue que le
peuple des environs de Kouen dit
gvULy et gvUlon{Q,Mevi\\y^ Quevillon.]
— Locution : U a mis une gtiye à tan
trou = a trouvé une réponse fort à
propos.
GUEViLLEB, gh'vî-yéf cheviller.
GuiAULER, gMaW'lé, sangloter.
GuiAULKTTE, gàiaw-lè'te^ femme qui
pleure souvent.
GuiAULEUZ, yhiaw-îeu\ enfant pleur-
nicheur.
GOZAULOT, ghiaiv40f pleurnicheur.
Guibolle, ghUlnhle^ très longues jam-
bes, terme de mépris.
GuiBBE, ghi-hre^ 1* rosse ; 2* méchante
femme; ceci est plus étymologique :
car guibre = guivre = vipère ; soit en
patois anglais w itère,
GuiGNAUD, ghi-gnâ», 1* louche ; 2« cu-
rieux importun. iSynon. guigneu^.
Guigna UDBB, ghi-gna/e-dé, regarder
d'une manière indiscrète, espiouner.
GUIONAUDÊYE, ghi^gnafc-dêye, à vue
de nez. Acheter ou ictndre à la gui-
gnaudêye = à l'estime, sans compter
ou mesurer les objets.
Guigne, ghin-gne (outre le sens de
(( cerise »), l** enflure produite par ua
coup ; lorrain geugne. '£* Avé *a guigne
= être ivre. — L. ajoute : 3* soufflet.
GuiGNEB, ghi-gné, loucher ; et le sens
du français. [Au xvi« siècle, Yvetot
appelait auignette un petit guichet
pour explorer les abords d*une mai-
son.]
tiulL, s. masc., glù^ diarrhée.— L. donne
la variante : guiile.
GuiLDON^ homme avare. — B.
GuiLLB, ^/ii-y«, terre glaise.
GuiLLEB, ghi-yét 1* couler, se dit des
matières semi-liquides : le talus a
Î mille dans le chemin ; 2* glisser dans
e ciel, en parlant des étoiles ttlantes.
GuiLLET, petite veste.
GuiLLEVESÊTE, gàiW-vc^-seye, comme
guil.
Guimauve, ghi-maw've^ guimauve.
GUIMBABDE, ghin^-bar-de, sorte de due
à Tavant et à l'arrière du chariot mo-
derne.
GuiMBELiER, goujat malin, éveillé.— L.
GUIMBEUR^'ER, vilebrequin. — L.
GuiMBONNER, ^/nV-fton-ji^', remuer les
jambes saus nécessité.
GuiNGOT, ghin^o, de travers : son
bonnet eêt tout de guingtit. Serait-ce
l'opposé de c[ tout de gu B ?
GuiOLLE, ghio'le, gueule.
GuiOLLEB, ghio-lé^ gueuler.
GuiBB, ghi-te, glaise rouge, très difficile
à labourer.
GuiSEUZ, où il y a de la « guise ».
GuisiBB, gkv-zyé, gésier. Aujoordliai
plus souvent a gisier p,
QVFtYEtgu-pê-ye, tâche, — L. explique
d partie exécutée d'un ouvrage p.
RAM
— 107 —
HAS
H
Hacha t a-cha, ha ça ! exclamation
de gafté.
Hachot, pièce de terre d'entrée [•? pour
entrer] dan» une propriété voisine. — L.
Hacque I interjection de dégoût. — L.
Hageb, ha-jé, hacher. Ilager de la viande.
C'est la forme précieuse ; voir ha-
gner,
Hagub, les plus gros morceaux de hois
d'un fagot. — L.
Haou£k, ha-ghié^ hacher, mettre en
morceaux ; de l'ancien mot c hacquer ».
Palbok. (077) Hacquiz ces rlutux bien
meneus ; au fig. i in'a hayuê d'sottiset^
HaguianI ha-ghîan^ exclamation que
provoque une douleur aiguë et subite.
A Pont-Audemer, hayaw.
Haguiqnolage, 1 action de haguigno-
1er. — B.
BAGUIGNOLEBf ha-ght-gno-lé^ péjoratif
de « baguer y>, couper malproprement,
soit {lar défaut d'adresse, soit à cause
d*un mauvais outil.
Hauucheb, plaisanter quelqu'un.— L
Haie. Dicton : quand la haie est basse,
tout le inonde y passe. — L.
Hail I interj. Vite et hail! . . . Coup de
bail.
Hais, hê, hé, exclamation, ou interjec-
tion pour appeler. — L.
Haledaci, malheureux qui vit avec
peine en travaillant. — L.
Haleb, ha4è. Locutions : // n'en haie
pas lourd = il est près de succomber ;
se dit aussi de la fortune ou de la
aanté. Jlaler à l'attelle j s'exiénuer de
travailler pour avoir de quoi vivre.
Halitrk, ha-li'tre, vent desséchant.
Kalitbeu, unip., ha-li-tré^ dessécher.
llALLEDOBSEB, lutter, se bousculer pour
s'amuser; se dit surtout de personnes
de sexe ditt'érent.
Hallette, ha'lè'te^ petite halle. Les
Lallettes du Tilleul. Montiviliiers pos-
sède, tout le long de la rue à Pialfes,
une rdngée de hallette;).
Hallot, hu'lo^ blé maigre. T. Dm et
J. T. d Halot D et <i Halioter ».
Ha LOT, blô non dépouillé de sa balle.
— L.
Halt, 7tâ, haut, au fém. haute, pron.
haw'te. Locution : le hâ du temos^
l'arrière-saisun ; ou Beuleroent, plus
tard. — L.
Hamel, ha-mê, hameau ; au plur. des
hamias.
Ham M EB, han'^-mè, happer, mordre. [Sur
les bachots de la iSeine, ramer en sens
contraire pour f:ure reculer le bateau].
Han, hany iris de Florence. J'tas mettre
du han dans ma lessice^ por li donner
bonne odeu.
Hance, han-ce^ manche de faux.
Banque [la racine allemande est « han-
cke i>], han^-que^ hanche. Le mot fran-
çais est aujourd'hui plus employé, mais
avec la nasale du patois.
Hanquignoleb, han-kui-g no-lé, botter,
marcher avec peine. D'après ses raci-
nes, ce mot doit signitier ? tourner la
hanche 7>,
Hansabt, han-çar, couperet de boucher.
V. Delboulle.
Hanteb, han-Hé, fréquenter, spéciale-
ment en vue du mariage ; se dit du
futur époux.
H AQU É, â-kié, V* rassasié j usqu'au dégoût;
2* amorcé.
Haqueb, ârkié^ mettre de l'app&t à un
hameçon.
Habcanseb, har-can-sé, voyez « her-
canser d.
Habdeb, har-dé. Voir herder.
Habdi 1 har-di, courage ! apostrophe
d'encouragement.
Habighon, ha-i-chon, voyez hé richon,
Habicoteb, ha-ri-oo-té, marchander ;
discuter.
Habipelonnâ, ha-i'plon-néy s'applique
aux animaux dont les poils ou les
plumes, après avoir été mouillés, se
sont pelotonnés en séchant. Ce mot
semble vouloir réunir les deux idées
hérisser et peloUm,
Habland, har-lan, qui n'est pas franc
en affaires, mauvais cultivateur. On
dit aussi, mais plus rarement, « her-
land J>. T. Wright : Ard land means
a dry, porched arid sait,
Habland KR, har-lan^-dé, barguigner.
Dm.
Hablandieb, har-lan-^dii, qui a cou-
tume de harlander.
Habbée, ha-ê-ye, ondée, averse; anglais
hard rain. Voir Delboulle € barrée »
et d ondée ».
Habt uuisc, har, hart, fém., lien des
fagots, obtenu en tordant un scion
d'osier, de coudrier, etc.
H A 8, poisson. — 13.
Hase (lapine); injure, vieiUe hase s>
vieille femme. — L.
fiER
— 168 —
HEU
Hasiers, halliers. — L.
HA8TAN, turbulent qui fatigue. — L.
HA8TAMKER, ennuyer, importuner.— L.
Hatslet, ha-tlèy morceau de poro frais,
pris dans les côles.
BATlQVOLRta-ti'gtuhle. Voir atignoU,
Hauohe, ham-che, hausse (de banneau).
Haugheb, haw'Cké, hausser.
HAUUUIGNBTTE8, haw-ffui-gnè-tefétren-
nes. On dit plus souvent u haguignet-
tes ».
Hauluee, haw'lué, huer, bafouer ; aill.
a heuler j> : rappelle ululare, «t peut
se comparer à l'anglais howt. Julien
'Iravers donne a aulueri) au sens de
« tromper par de vaines promesses. »
Haut, Aafp, haut ; mais seulement dans
les locutions où il y a enclise : « le
haut mal 9 (haw maj, l'èpilepsie ;
a vaque haut pleine » (/law ^in^-ne),
vache près de vêler.
Haute, hamte^ haute.
Hauteub, hatC'teVy hauteur.
Haut pekdu, forte averse qui ne dure
pas.
Hauvel, }uiw-vê^ javelle.
Hauveleb, kafC'tléy mettre en javelle.
Voir J. T. « haveler j».
Havbt, ka-ré, 1* crochet aigu [sens
usuelj ; 2,^ gri£fe de chat Enfimcer ses
havets.
Hébâtbe, é'hè^téy ennuyer, agacer.
Hec, hecy 1* Barrière servant dédouble
porte ; 2* fort tablier qui recouvre le
marc de pommes monté sur la faisselle.
Voir Delbonlle ; 3» parfois comme
c haoque •.
Heoquet, hê'kiè, hoquet.
HeCQUETSB, hec-té, hésiter en parlant;
liitér. avoir des hoqueta (voir le précé-
dent]. Comparer a huquetonner ».
HAe 1 interjection d'admiration. — B.
Heib de biau temps, période de beau
temps. — B.
Hêlsb, hê-léy sens spécial <r poursuivre
de clameurs, do huées. » Les oitudins
disent élégamment a engueuler p.
HÈMftTB, hé-mê-ye, clameur. Serait-ce
dérivé de hem V
H^KUEB, s'ennuyer. // hénw de n'pas
avé d'trava. — L. B.
HÉ02SDB, hirondelle. — L.
Bebbb à vioêf menthe. — B.
Hbrbbt, her-bè, !• brin d'herbe ; 2" par-
tie herbée d'un chemin peu fréquenté,
marcher sur Ckerbet»
Herbiers, her-biée, mauvaises herbes.
— B. ajoute : giycérie,
Hercakbbk, her-can-cé, tirailler. On
dit aussi harcanser, Kn Berry c har-
candier » est un petit marchand qui
tire le diable par la queue.
Hbbchage, her-ckà'je, hersage.
Hbbche, her-eke, herse.
Hercber, her-cké, herser.
Herchkux, ker-ekeu^, herseur.
Hercuir, her-chie (hersée). Locution :
hercher en fausse htrehw = ne passer
qu'une fois avec la herse^ au lieu de
deux.
Hercigkolaoe, travail mal fait. — B.
Hercionolbr, her'Ci-gno4é, voir «c ha-
guignoler ».
Hbrdklé, ker-d'lê, œuf sans coquille,
sorte de diminutif de a barde ». Voir
DelbouUe.
Heeoer, ker-dé, troquer.
Hbrbno, hé'a»t hareng ; kéreng blâme
= hareng salé ; héreng sort (»^)t
hareng saur. Locution : Toute la /xm-
quiô stnil Vké^n =■ tous les memures
de la famiiie ont les mêmes vice».
Hèrèqub, é-è-ke, 1* arête ; 2* 1» débris
du lin teille, iM-uler àes seques ; »• ies
éèques Un dos = Tepiue uu dos.
Voir V.d. Y. c haridons».
Herflu, Hardeur. — L.
HÉRIGUOM, ké'i-okoiif hérisson.
Herloge, ker-lo^e^ voir reloge.
Herlogieb, er4a-jiéy voir relogier,
Hbrnais, her-nê^ harnais.
Herpeb, lier-péy saisir : i Va herpê pa
s'nhabU," J^ herper^ s'accrocher lorte-
ment : iSi je ne m'étais pvint herpé a
eunn branqtte^je serais lumbé,
Herquemjer, her-ean^, 1<> tirailler,
comme les chevaux d*une voiture em-
bourbée ; 2» au Hg. se surmener.
Herter, her-téy frapper avec les cornes,
se dit du bœuf et ue la vache. [Alté-
ration probable de m heurter».]
Hèteete, hêtrée, lieu planté de hêtres.
— B.
Hettbr, Aé-té, convenir, plaire. Cka me
hette.
Heu, heu, 1« douille ; 2» (sorte d'ono-
matopée) efforts pour vomir. Jt''uire
des tieuao,
Hbuohb, ease, goupille. ^ L.
Hburb, 0», heure d'horloge. Locution :
%l na pas d'heure = il n'Mt pas régu-
lier. Voir fwMse,
Hburb, eu-rê, qui se fait bien à bob
heure. Je veu» qtte mes eh'vas smesU
ùten heures dans leurs repas,
HbURIBLE, eurri-bleet en-i-bh, précoce,
hâtif. Ailleurs « aoribie » (comme s'il
venait d*à<Dpoç) et a avorible p.
Heusb, eu^-^e, seulement dans la loca-
tion œ bonne heuse = tôt.
IDE
- 169 -
Hete ! interjection pour f«ire marcher
le bétail : Heye donc la rovge! — B.
Hic, difficulté. C'est là qu'est le Mo.
HiiBT, vert — B.
HiouÂBE, hi^ghé, hier. — L. écrit hié.
Locution : nié au matin ; hiéasé =
hier au soir. (On prononce souvent
fiώ.)
HiMEUB, ki-meUy humeur, seulement au
sens de l'anglais humour (car a hu-
meur 1, an sens matériel, garde la pro-
nonc. franc.). C*est un hamme de bonne
himen d'ordinaire ; mais hanui il e*t
d'eunn himeu machaerante, — // est
d'eunn himeu à quier contre.
HiBTOUSRB, his-toué, histoire.
HiVE, ruche. — L.
HiVKB, hi-té, hiver.
Ho t Ao, cri pour faire arrêter les chevaux.
HoOf hœ, seulement dans : rrster hoc =
rester à quia, ne savoir plus que dire.
Voir Delboulle.— ^ra/^r le AiM;,prendre
le dessus d*un malheur, d'un cnagrin.
HooQUE, hù-ke, hoche, entaille.
HOCQUEB, ho-kii^ !• accrocher, de hoc,
crochet ; hocke dans l'anglais du xvi*
siècle signifie croc ; 2^ parfois comme
a becqueter p. Il a hocqué dans san
sermon.
HoMMBLETTE [y aurait-il jeu de mot 7],
homme faible.
HONÊSETÉ, o-nè-ze-téf honnêteté. ISunn
p'tite honezté ? dira un serviteur à quel-
qu'un qu'il oblige. Merci bien de rott'
honezetéf adieu d'un convive qui se
retire après le repas.
HONNEB, hûn-né [sans doute c faire bon »],
grogner entre ses dents, grommeler.
HONOBEB, o-no-é, honorer.
HOPITAL, o^i'ta, hôpital.
HOPITALIEB, o-pUa-lié, enfant élevé à
l'hôpital ; synon. un é/an d'hopita,
HOBIK, ha-in, dé&ut, se dit principale-
ment des vices du cheval (des ébré-
chures d*un vase 7). Dicton : Y a pas
d' bonne beyte, qui n*ait se hoins, — L.
HOBBAIN, hor-zin^ étranger.
HÔTEL, fém., 64e y hôtel, maso.
HoTTÊTE, ho-tê-ye, bottée.
HoTTiK, 1* petite hotte ; 2« Georges
Dandin, qui cède tout à une femme
acariâtre. — L.
HouBTTE I ouè'te^ exclamation de doute,
de négation.
HonoNOux, hou-gnouy hargneux ; an
fém. c hougnousse ».
HoniNCEB, hcu-in-eéy crier fort, pousser
des cris aigus.
Houle, houle, cavité où se retirent les
poissons au bord de la rivière ; anglais
hôle, terrier, d'où to hôte entrer dans le
terrier. Dm. oc débouler» et a houlette 2>.
HouLBB (SE), houle, se cacher dans une
ce houle ».
Houppe, capsule de la graine de trèfle.
— li.
Houppe I Houppe-la t cri pour encou-
rager à monter. — L.
HOUBDEB, B.
Houssbb, hou-eé (lacune. — L. Aboyer).
Man quien a été mordu en houssant
un renard; 2* au fig. plaisanter un
homme qui ne peut se défendre ;
8* mordre.
HouRTiEB, goujat. — L.
Hubi, hubi (lacune, voir hubir), l»
quand les poules eouvent, èsont toiUes
hubies. — L. Ebouriffé ; 2^ malùse.
Il est tout hubi.
HuBiB, hu-bie (lacune. — L. cime). La
hubie d'un arbre, d'un fourré.
HuBiB (SE), hu-bî, se hérisser, dresser
ses plumes ou son poil.
HucHEB, placer en haut. — L.
HuEHO, huâ'ho, hurhaut. Voir <r dia j>.
Huis, porte. I^nne c't huis. — L.
HULEB [forme ancienne], hucM, hurler.
Hulot, caban, capuchon.
HUMMEB, hun-méy humer.
HuBBUX [Bossuet a encore écrit ainsi]}
hu-ettr, heureux. De même ce bureuse-
ment », hu-eu'^-i'man.
I
Ia, ya, eau. A Tétat construit, ta devient
iaw. De flate-de-vie, de Viaw bénite.
— En basse ta = à très basse mer (en
basse mer de vive eau) ; au fig. : état
d'un homme ruiné.
ICHITE, i-ehirte {lacune. L. dit) ici.
luÊYE^ i'dê-ye, sens du français ce idée d,
et en outre : V* ûiible souvenir. Vas-tu
queuque/ais vu? J'en ai aucune idêye ;
2» faible quantité : fne^ veux qtCeunn
idêtfe, qu'eunn p*tUe idêye de vin. Lo-
cution : un sans idêye = homme peu in-
telligent ou peu attentif à son travail.
ILA, i-la, là.
ILET, Ulê, flot. Le Havre avait sa rue de
rilet.
Image, maso, fgeure du commencement
du xvii* siècle], i^ma-je, image, fém.
JEK
— no —
JAP
IMMAGINABLE, in^-ma-ji-na-ble, inima-
ginable.
Immanquable, in^-man^-râ-hlf. imman-
quable [prononcé aujourd'hui ?m... et
in..,: maiB seulement im,.. à la fin du
XVIII* siècle].
Immobile, in^-nio-bi-le^ immobile.
Impatibnche, in^'pa-tien-che, impa-
tience.
Impossible (l'), in^Do-ci-ble.en grande
quiintité ; au-delà de l'ima^nation. Jl
a du fritj Vimpatsible; il t'y donne du
malf Vimpoisiole.
Incamot. in-eâ-mo, intelligence, esprit
inventif.
Inchibion, in^ckUzion^ incision.
Incorrigea BLE, incorrigible. — B.
Incoufb, in^ou'pe^ reste d'une pièce
de bois ou d'une pièce d*6toffe, après
emploi de la partie principale.
Ikcri^yable, in^'Orè-yâ-ble^ incroyable.
Incuit, partie d'un morceau de viande
moins cuite que le reste. — B.
iMDécis, in^'dé'ci, indécision. Je gieut
dans Vindécit.
INDIGESSION, in^-di-gè-rùm^ indigestion.
[C'était la prononciation fréquente de
ces finales il y a un siècle.]
Inducation, in^-du-ca-chn^ éducation.
Induire, in^-dui^^ induire.
INDUQUER, in^'du'kié^ éduquer.
Infernal, in^-fer-na^ infernal.
Infugeb, in^'fu'jé^ infuser.
INLISIBLE, in^'liti'ble, illisible.
Inmenbe, immense. — L.
Inochevt, i-no-ehan^ innocent ; quel-
quefois avec le sens de « irrespon-
sable 2> ou même oc fou » [mot que nos
père:» 9'interdii*nient, par égard pour la
défense que fait l'Evangile].
INRACCOMODABLE, qui ne peut être
raccommodé. — B.
Inséparable, irréparable. ~ B.
Insipide, insupportable. — B. ^ Quevx
garchon insipide !
Instruire, in^-struî, instruire.
Iksurportablb, insupportable. — L C.
Intebcation, altercation. — B.
Intérêt, in-té-ré^ V avarice, amour du
sain. C'est un homme d'un intérêt
Wn^(exceii8if; ; 2* autres sens usuels.
Intéressé, in-té-rè-eé, chiche, ou même
avare.
Intipe, in-ti-pe, impair.
Intrépide, in^tré-pi-de (outre les sens
usuels) actif, acharné au travail. On
dit d'un bon domestique : c'est un in-
trépide.
Inventer Cs'), in^-ren-tCy s'imaginer.
1 n'sait d'qnai s^inc&ntê,
InvivablBj in^-ri-ra-blej avec qui on
ne peut vivre en paix, insociable.
lOU, EIOTT, OIOU, où. Bivu quil est? =
où est-il ?
iRoguois, i-ro-ltfluâ (les précieux pro-
noncent irokitnê), iroquois. sot, stu-
pide. Ce mot vient évidemment des
nombreuses relations qui existaient
entre le pays de Caux et le Canada.
Ivoire, i-roué, ivoire.
JacassiÈRE [dérivé très régulier], ja-
ca-cièy femme qui jacBFse, bavarde.
Jacole, ja-co-lc (lacune)^ les cordons
(d'un bonnet).
Jacrklete, ja-ke^r-lc-ye^ plein un très
grand vase.
Jafflkr, jâ-flé^ frap])er avec quelque
choi^e de plat.
Jambet, /ait^-ft^, trébuchet en forme de
pyramide quadrangulaire pour prendre
les oit»eaux [ailleurs ce diainet »J. Au
xvi« siècle (Pals;?r., p. 283), re mot
désignait le <c croc-en-jauibe », qu'on
appelle encore parfois < jambette ».
jKAN-BESA8.^'a/<^-dr<7 OU m'za, ronge-
gorge. Parinnocente plnisanterie, s'ap-
plique pouventaux personnes. On dit
aussi a Jean-beset ».
Janette, 1« ma petite Jeanne, en parlant
À une jeune enfant. — L. — M. doute,
et donne le synon. <i Janneton i»; 2«
bijou normand (abréviation p. a croix
de Jeannette i») ; alV arait w/« sa Ja-
nette.
Janne, fan'-ne^ jaune.
jANNET,y«a2.„^ [littér. : un jaunet], un
louis d'or.
Jannir, jan'-ni, jaunir,
Janot, Jean. — L.
Jappe, s. f. ja-pe, 1» babil, bavardage;
2" une babil larde.
Jappette, ja-pè-te, 1" roquet ; 1^ femme
qui parle beaucoup, mais n'est jms mé-
chante. Si elle était méchante, ce serait
eunn grande guiole (gueule).
— 171 —
Jaspikbb, s'entretenir tout bas, en par-
lant de deux personnes; se prend en
mauvaise part.
Jaunas, jaunâtre. — B.
Jbak-Bikbt, mélange d*eau-de-yie et
de café bouillis ensemble. — L C.
Jerck>n, y^r^on, jargon ; bavardage.
Jebookneb, variété de poires. — B.
JebrbtièBE, jer-ti y jarretière. Zye tan
Jertier ; e^est honte de teoyr aller aynsi,
PAL80R., 660.
Jetin, ftin^ rejeton ; poussée.
Jeu, ;v, jeu. Quelques-uns prononcent
jur.
Jeunesse, jun-nè-ce, jeune fille ; plus
les sens ordinaires.
30K,j6-e, joue. Palsgrave emploie plu-
sieurs foie Jœ.
JOFLU, Jâ-flu, Joufflu.
Jointure, join^tu^ jointure
JOMARIN. ithma-rin^ jonc marin, c'est-
à-dire « ajonc p.
JOMARîNiÂRE, jo-ma-i-nié, terre où
poussent les ajoncs.
Jonglerie, jan-glé-ie, jonglerie.
JORDAMBOiSB,./o-<2an2.^<)i/^^.j^^Qeorges
d'Amboise, nom qui se donne par plai-
santerie aux petites cloches, en souve-
nir du célèbre bourdon que Georges
d'Am boise mit dans la cathédrale de
Rouen.
JORKALIEB [forme la plus raisonnable,
jour s'étant d*abord écrit « jorn »],
jâr-na-liéf journalier ; en parlant d'une
personne débile : qui estun jour bien,
un jour mal : alV eH jôrnalUe.
JORNELLEMENT, jor-nè-le-man, journel-
lement.
« jouer »]
Synonyme
JoRNETB, jor-ne-ye, journée.
JoBÈ, Joseph. — L.
JOUAILLER [fréquentatif de
jflu-â-yé, folâtrer, jouer.
« jouarder ». — L.
JouBRiE, duperie. — B.
Jouir, jou-îf jouir.
Joujou, jott-jou, 1* joujou; 2° celui ou
celle qui aime à jouer comme un en-
fant. T'es qu'un joujou.
Jour, jou, jour.
Journal, jaur-nat journal.
JouvRiER, jou-vrUyé^ jour ouvrable.
[Fusion des deux mots t jou ]> et « ou-
vrier ».]
Jovial, jo^ria^ jovial.
Juc, ju-qucy juchoir, perchoir de pou-
lailler. Variante « juque ».
JuoÉ, .;tt-i7^. Locution : retter jugé =
rester interdit. I n'est tout jugé.
Juguler, vexer. — L., ej^
Juif, jii/, juif; injure qui parait désîj^ner
un homme avare, sans cœur, sans pitié.
Juillet, ;tt-y^, V* juillet (mois); 2» gi-
let.
JuiR {en),jm,, être maître de... [altéra-
tion de i. chevir p].
JUMEL, Jtf-;it^, jumeau.
JUQUER, ju-kié^ jucher.
JuQUEUX, jurkieu-, juchoir, perchoir.
Jurer, ju-é^ jurer. Il a juai l'nom de
Diu,
JUBTANOILLE, jui-tan-ci-ye ] voir usten-
sile.
JuTKR, iû-té, 10 par plaisanterie, avec un
nom de personne, « pleurer, verser des
larmes i» ; 2^^ au propre, laisser couler
du jus, en parlant des fruits, etc.
K
Le dossier marqué des lettres K, L, par M, Maze ne renferme pas un seul
mot commençant par cette première lettre.
Faut-il croire à un accident inexpliqué? // parait plus vraisemblable
que Vauleur aura reporté à d'autres initiales les articles qu'il avait d'abord
écrits par K,
On ne peut qu'approuver cette seconde disposition. Sur les deux mille deux
cent soixante-dix pages du Dictionnaire général, le k n'en remplit guère qu'une
et demie de mots étrangers et tous récents, sauf kyrielle cité au XIII* siècle.
C'est qu'en réalité le kest inconnue l'alphabet français.
Si donc les villageois qui assistèrent à la fondation du Havre, avaient voulu
rédiger un répertoire quelconque de leur langue locale^ il est fort présumable
LAI
— 172 —
L4P
qu*iU n'eussent fait aucun usage de eetU lettre, et qu'Us auraient orthographié
ca ... ou que ... tel termes que nous serions aujourd'hui portés à classer au t.
La, devint un nom propre de femme,
est un signe de méprU. — B. [Cette
pratique du grand siècle est cei>endant
devenue ici moins générale qu^ailleurs.]
La suivi d'un nom d'homme féminisé,
désigne simplement sa femme ou sa
fille ; voir FCamande.
Labeub [mot presque abandonné à la
fin du XVII» siècle], la-beu, 1" labeur;
2* labour [ce secoud sens, si diffé-
rent du premier, s'explique parce que
«.labour » a pour racine laJwr, d'où
c labeur » est tiré].
Labit, /<j- W, ' tracas ; peines, douleur
[l'auteur a effacé le 7 qu'il avait joint
A ces deux derniers sens].
Labourard, la-hou-ar^ mauvais labou-
reur ou cultivateur.
Laboubbr, la-bou-é^ labourer.
Laboureur, la-bou-eu^y laboureur, cul-
tivateur.
Lachbmekt de corps, lùrch'man, diar-
rhée.
LaOBBR {a bref), la^-ehé, V* lacer ; 2»
fiûre du filet.
Lâcher (a long), lârehé ; se lâcher, eu-
phémisme = laisser échapper un vent.
Laghbron, la-ch'chon, lacet de crin,
surtout pour prendre des Mlouettes.
Lacbet, lâ'Chè, ]• lacet ou cordon ; 2®
pièce de charpente [ainsi en 1468, dans
un compte de Longuevillei.
Lachon, lâ'Chony comme tâcheron . — V.
Dm., « lacon 9.
Lafrbr, lâ'fré^ boire goulûment.
Lafrbux, là-freu'^, grand buveur.
Laid. Locutions: laid comme un pov ^-^
comme le diable. — L.
Laidure, U-du (littér. : laideur), repro-
che : Donner une laidnre, ou faire
laid.
Laine. Locution : se laisser tnanger la
laine sur le dos = être trop bon.
Lait, lé. Locutions : lait de noisette, la
noisette encore liquide; lait battu,
lait de beurre ; gros lait, celui des pre-
mières traites après que la vache a
vêlé ; monter comme eunn souppe an
lait = s'emporter vivement.
Laite, lè-te, laitance.
Laize, 1* lé, largeur d'une étoffe; 2oles
laiohes et autres cypémoées.
Lambiqub, fém., Un-hir-ltê, alambic,
masc., et spécial^ s cafetière •>. Lambin
était au xvi* siècle la forme régulière
en français comme en anglais ; les pay-
sans seuls l'ont conservée.
Lammbllb, lanr-mèle, couteau. A rap-
procher de l'autre forme <f alumelle »,
comme y invite ce texte de Palsgrave
(p. 754) : Ils ont ung grant advantaige
en E»paigne ptmr bien aeiérer leurs
atnmelleSf à eatue delà nature de leurs
rivières.
Lampe yb, lan'^-pe-y, lampée. Prendre
eunn bonne lampeye.. .
Lampotb, lan'^'po-te, 1» ver luisant (en
ce sens « petite lampe » ^} ; 2» patelle
commune.
Lanchb, lance. Dicton : va coup de
langue est pire qu'un coup de tanche.
Lan DON, lan^-don, babil ennuyeux. Qui
qu*ê veut, aveue tout san landonf
Landonnbr, lan'^-don-né, rabâcher les
mêmes récits.
Landon nier, lan^'don-niè, qui landonne.
Lanet, la-nè, filet, spécialement c filet
à pêcher le bouquet i. — L C.
Lakgaoer, lan'^-ga-gé, sermonner, es-
sayer de convaincre par raisonnement
Lanuet, lân-jéj lange (proprement « petit
lange d).
Lanqoureux, lan-gon-eu^'i langoureux.
Langue {être), lan^-ghié, être trompé,
volé.
Languette. Locution : fu jusqu^à lan-
guette = feu qui monte jusqu en haut
de la cheminée.
Langueur, lan'-gheu, langueur. Le ma
d'iangueu = la phtisie.
Languir, lan-ght, languir.
Lanlbrne, lan-ler-ne, balancement, par
suite d'une rupture momentanée d'é-
quilibre.
Lanlbbnbb, lan-'ler-né, faire des lan-
lernes.
Lai^br, lan-né, importuner, agacer.
Lanternière, lan^'ter-nié, {petite bou-
gie ou chandelle à l'usage d'une lan-
terne.
Laper, la-pé, par moquerie : boirn.
Lapider, la-pi-di^ importuner, agacer.
Lapinbr, la-pUni, faire ses petits, en
parlant des lapins.
J
LIA
— 173 -
LIR
Lapinieb, Uhpi'Hié, amateur ou éleYeur
de lapins.
Laquais, la-kiè, ealamandre terrestre.
Lahdikb, lar-dié, marchand de lard»
[Mot ancien au sens de a garde-manger
pour le lard 7*.]
Labmer, lar-mé, verser des larmes.
LATON, îa-t(m^ laiton; cette dernière
forme semble une altération de c laton 9
qui est dans Palsgrave.
Lauder, law'dé, battre, fustiger (apo-
cope de < pelauder }»).
Laver, Za-r^', laver.
Lav RBIE, lâ'vrie, lieu où se lave la vais-
selle.
Laveuse, lâ^veu^-ze, 1« laveuse; 2» eau
de vaisselle ; ne s'emploie qu'au plu-
riel [c'est, au fond, le français « la-
vures »] ; spécialement celle qu'on
donne aux jeunes veaux.
Lazare, la-za-re, homme qui ne vit qu'à
Taide d'un travail excessif.
Lazarer (se), la-za-ré, travailler jus-
qu'à épuisement.
Lectok, lev'toiit laceron, laiteron.
Lectubieb, leo-tu-rié^ qui aime la lec-
ture.
L^ume, fêm., lé-ffhiun-me ; au sens col-
lectif ; Il aime là légume; — la légume
se vend bien. Au fig., c*ett eunn grosse
Ughnnme = un personnage impor-
tent.
Leme fserait-ce pour lame ? note M.], bord
de la mer. AUer à la leme^ aller au
rivage, surtout après la tempête, y ra-
masser ce qui a été rejeté.
Lbntilleux, qui a sur la figure « de la
lentille » = de petites taches (ailleurs
<E du son n).
LAQUE, lè'ke, (lèche = tranche mince ;
roaii> ici fi^.), soufflet, gifle.
LAQUEE, 2^->^/^, lécher.
Lebme [l'un des primitifs du mot actuel],
1er -me ^ larme.
Lebmieb, ler-mier, larmier.
Lbbmot, ler-mo [= petite « lerme »],
petit verre de liqueur, surtout d'eau-
de-vie.
LésiNiEB, lé'Zi-nié, lésineux [cette der-
nière forme semble peu lettrée, quoique
Voltaire s'en soit servi].
Lbssivieb, lé-ci-vié, lessiveur, blanchis-
seur de linge.
Leveb, Vvé, lever.
Lkxis, Alexis. — L.
LÉZAND, lé'zan^ paresseux, fainéant.
LÉZANDBR, lé-zan^'dé, faire le lézand.
Lézarde, triton, lézard des mares.
LiAGHE, lia-ehe, liasse.
Liachbb, lia'Chéy lier ; enlacer.
LiAN [semble plus près de la racine Uga^
m^n]y lian, lien.
Ltanne, lian-ne, !• liseron, convoi-
vulus ; 2* chèvrefeuille ; 3« clématite.
En somme, nom générique des plantes
grimpantes : aussi n'y aurait-il rien
d'étonnant quand les lianes d'Améri-
que devraient leur nom aux Normands
[l'exemple du Dict. général, assez ré-
cent, et peut-être saisi au passade,
n'est pas pour écarter entièrement
cette conjecture].
Libedin, homme désagréable, peu sensé
ou nuisible ; se joint ordinairement au
mot ce grand ». — L.
LiBÂNE, U-hin^-ne, discours ou sermon
très long et très ennuyeux. Probable-
ment pour « libelle », n = 1,
LinHE. li-rhe, de hois^ clôture; les pré-
rieux disent lisne. — Locution : être
en liche (? de liesse) = avoir trop bu.
LiGHER, d'où licheuxy boire, buveur.
— L C.
Licol, li-cô^ licol ou licou. La pronono.
€ licol ]> tend à se généraliser.
LiERD, lier, liard (0 fr. 0125). Locution
encore fréquente, six lierd», valeur
que notre monnaie ne peut plus expri-
mer.
LiEBDER, lier-dé^ lésiner [définition
meilleure, ce semble, que celle de
« liarder » au Dict, générai^ regarder
à un liard.
LiEBDEUX, lier-deu^ (lésineur).
LiETTE, liè'te, cordons de teblier.
Lieu, Ww, lieu.
Lieuse, s. fém. lieu^-ze^ Hure ; ce qui
lie un paquet.
Likutbin, lieu^-trin^ lutrin.
LiRUVBB, lieu'vre^ lièvre.
Lieux, li-eu^, lieur de céréales.
LiONOL, li-gmt [rappelle la racine lineo-
lum], ligneul.
LlMACHON, li-ma-c/ufn, lampsane com-
mune.
LiMÉRO, li-mé-rOf numéro.
LiMOUSiNNE^ li-mou-zin^-nej limousine.
Limousins, poux. — L.
Lin de fille, lin'-d'Ji-ye^ 1 inaire.
LiNAS, lilas. — L.
LiNBBlE, lin^-nie, champ où on a récolté
du lin. — L.
LiNETTE, li-nè'te, capsule du lin, vide
et battue.
LiNUABD, lin^-gar^ efflanqué, se dit des
chevaux ou des personnes maigres.
[Par apocope pour c élingard t*.\
LiNQB, lin^'je^ !• subst. linge; 2* adj.
libre [altération de oc lige i>].
LiNOETTB, lin^-jè-te^ veste de toile.
LiB, lis, luire. Le sole lit.
MAC
174-
HAC
LisA, Blifla, abrégé lai-même d'Elisa-
beth. — L.
LiBARD, li-:ard (lacune).
Lis ET, lt'2è, 1« liseré, faveur ; 2* la caXa-
moqroêtit arundinaria^ plante.
LiBiKRE, li-zièj lisière.
L1S8ELER, liss-lé, comme « enlisseler ».
LiTER, îi'té, !• mettre de la paille bous
les animaux; 2« en général étaler. [Sens
usité dès le début du ZVIII* Hiècle.J
Litière, /i-f /V, litière.
LiTTBMENT, actîon de liter. — B.
Liu, lin, lieu.
LivRÊYE, li-vrê-ye, livrée.
LiZAKDRB, Alexandre. — L.
Lixi, Alexis. — L C.
Loche (pommes de), pommes abattues
à maturité ; par opposition aux pom-
mes ramassées auparavant, à ]& g rouée,
LocHER, Ifl-ehé^ V. act., abattre les fruits
d*un arbre en le secouant. Lâcher des
pommes,
LooQUET, morceaux agfclutinés dans la
laine, dans le fumier, etc. — L.
LoLO, îihlo, 10 lait, terme enfantin ;
2^ Grand lolo = grand niais.
Longitude, lan^^ji-tu-de^ longueur
[sens du XIV* siècle*). Im longitude
du tempty — de la route.
L0N6NB, lon^-gne^ long^.
LONOUEU, lon-ghtu, longueur.
LOPPKR, lop'péy locher, branler au
manche. D'où ce grossier jeu de mots,
en montrant à une femme un objet
qui remue : Gveyte, ça loppe (salope).
Loque, to-ket loche? poisson roui^e,
mou et gras. Gras comme une loque.
L0QUE8ONNER, Iflc-san-né, secouer, ébran-
ler & petits coups, surtout la porte. Dans
la vallée d'Yères a harloquer ».
Loquets, espagnolette d'une porte.
Loriot, lo-rio et souvent encore lôsiot^
orgelet, bouton à la paupière. Souvent
c osiot D.
LOSE, l^-zcj sorte de Jeu.
LosQUE (rare), loss-ke^ lorsque.
LoTEMPS, lo-tân, longtemps.
Lou (fé le), faire exprès. / n*en fait
que l'iou == il agit Dar pure malice ;
— alV a vu Vlou^ se dit d'une fille qui
s'est laissé séduire.
Lo-u, niais, imbécile.
LouAOEB, Itma-jé, louer, donner on
prendre en louage.
Loucubt, lou-ehè, sorte de bêche. D'a-
près P Académie, le lonchet est un
hoyau. Qui se trompe, des paysans ou
de l'Académie 7 [L'Académie n'a fait
que copier la première ligne de Th.
Corneille. La définition du Dietion-
ualre général n'est pas elle-même ex-
cellente].
LouchbtÂe, loueh*teye^ la quantité de
terre que peut soulever un louchet.
Louis. Locution : No est pas Umit Sot
= on ne plaft pas à tout le monde
— L,
LouTSOT, Louis ; LouisoK, Louise. — L.
L0URDIER, lour-dié, dense, pesant ; se
dit des objets qui ont un poids spéci-
fique considérable.
LôviER, lô'Vgéy louvoyer [au propre t
de marine], c'est-à-dire faire des zig-
aags en marchant.
L'pu PIRE = ce qui est pire.
LUAS, lu'â, voir <e luras ».
LUAUDBR, lu-aw-déf voir lurander,
LUAUDEUX, qui regarde de tous côtés.
Luire, InUt lire.
LuisoTTER, lui-zo-té^ lire continuelle-
ment, fréquentatif péjoratif de c luire s.
LuisoTTRUX, lui-zo'teu'^, grand liseur.
Lumière, lu-mié, lumière.
Luminaire, lu-mi-né, gros cierge porté
devant le cercueil ; le « cierge dor-
mant 9 de la vallée d'Yères.
LUNAUD, ^M-na, lunatique; nigaud [en
vieux français « luneau 1].
LuNER, lun-né^ regarder en Tair ou au
loin [littér. : re^uxler la lune ?]*
Lunette, Inn-nè-te, lunette.
LuoTTE, lu-O'Uy flûte à coulisse faite
d'une branche de frêne en sève.
LuoTTEUX , qui joue de la luotte. — B.
LUQUER, In-kié, reluquer.
LuQUERNE, lu-kier-ney lucarne.
Luras, Z«-a, niais, dadais. Doit se ratta-
cher à c leurre »; le contraire de
(C déluré 1.
LURAUDER, lu-aw'déy regarder niaise-
ment.
M
'SlACnACRAVrE, via^ehâ-cran-te, seule- | Machacre, in^-cAa-rr^, 1** massacre; 2»
ment dauB la locution : himeu mâcha- massacreur ; et au fig. « ouvrier ma-
crante = humeur mas)>acrante. | ladroit >.
MAI
— 175 -
MAL
Hachacbeb, ma-ûhà-crè, massacrer ;
au fi g. a mal exécuter un travail d.
Mâche, warh^, 1° subst. fém., masse,
massue, ffros marteau ; 2" semelle d'un
sabot; 3« marche I interj. explétive :
C^eH eha quêtait grande wache! —
Mâche! machts! tu vas n'avé (des
coups) !
Mackikne, tna-ehin^-ne, 1° machine ;
en ce sens, on dit plus souvent a une
mécanique »; 2o au sens indéfini de
« machin » (au IHct. gén.) et de
€ chose » ; parfois ici « chose d'oseille ».
Mâchoire, mâ-choué, mâchoire.
Machom^ mà'Chon^ maçon.
Machonnage, ma-chon-nâ-je, maçon-
nage.
Mâchonner, ma-chon-né, maçonner.
Machonnerie, wa-ckon-nnief maçon-
nerie.
Machoquer, ina-cho'kié flittér. : mal
choquer], bossuer; s'applique surtout
aux fruits qui se meurtrissent en tom-
bant.
Machu, ma-chn, \° en forme de masse;
2« au fig. : entêté, têtu.
Madelon, Madeleine. — L.
Magrâ, malgré, malgré.
Mague, ma-glie^ gros ventre; jabot des
oiseaux lorsqu'il est rempli, [a Mague J>
pourrait bien être la racine de magot,
au sens de « trésor )).]
Maggin, ftia-ghyii"^^ débris de pommes
qui restent dans l'engrenage du pres-
soir.
Mai. me, lo moi, pronom ; 2" mai, mois.
L'identité de prononciation provoque
souvent ce calembour : Cest-i mai?
demande un gamin pris en défaut. —
Non, lui répond-on, c'est pas mai, c'est
julnf — Jj C.
Maigrier, mê-griyé, maigre.
Mail, ma, !<» mail (d'où le dimin. a mail-
let ») ; 2» marne.
MAihLAïtD,fnâ'yard (ailleurs a malard »),
mâle de la cane, canard.
Maille, anneau. — B.
Mailler, mâ-yer^ marner.
Maillbuz, mâ-yeu^ (marneur).
Maillon, ma-yon, bloc de marne.
Maillot, ma-yo, maillet.
MAiiiLOTER, battre, écraser à coups de
maillet.
Main, min, main (outre les sens franc.) ;
1* la main d'un attelage = la gauche,
côté de la main du conducteur (d*où :
passer à hors main = passer à droite) ;
2» être à main de.,. = être à même de...
Maintien, «lirt^-^yi», maintien, partie
du fléau (à battre) qui <l se tient à la
main i>j que la main tient. — Variante :
€ mantian ». — B.
Mairv^ mé, maire.
Mairesse, me-rê-ee, femme du mûre ;
presque toujours avec ironie.
Mais, me, plus, adv. — Mais que =
pourvu que, lorsque, quand.
Maisonnb (être), avoir trouvé une mai-
son. Asteu, fsUfUS pas prins : f siens
maisonné.
Maison NIER, se dit des animaux fami-
liers qui se tiennent toujours devant
les maisons, et même qui entrent de-
dans. — L. B.
Maîte, mê-t, maître ; se dit spécialement
des cultivateurs qui font valoir les
grandes fermes. J attends maîte Jean
et maîte Thomas.
Maîtbesse, mé'tress, maîtresse ; spécia-
lement la femme du « maître ]>.
Maîtrial, w«^-ir/-.yfl, difficile à manier;
ne se dit que des choses. A Lisieux,
on l'applique aux personnes arrogantes,
impérieuses. Aujourd'hui se dit à An-
ger ville de celui qui aime à se faire
obéir.
Mal, ma, mal*. Tumher de mal = être
épileptique.
Mal (a long), ma, masc, marne. Synon.
« mail », de même prononç.
Maladrait, ma4a-drè, maladroit.
Maladrèche, ma-la-drè-che, mala-
dresse.
Malaise, ma-U-ze, 1° malaise, subst.;
2<> adj. souffrant.
Malandrb, ulcères. — L.
MALAUCUEUX(ailleurs.wa^Mrâ?Mr<;wj?J,
littéralement, qui a des dispositions
à vomir; ordinairement, délicat, dé-
goûté. — L.
Mal-commode, mal-co-mo-de, homme
acariâtre, difticile à contenter.
Mal-dru, mal-dru, mal portant. On
emploie aussi la forme archaïque,
maudru.
Mal-endurant, ma-lan-du^ran^ diffi-
cile à contenter.
Malentente, s. f., ma-lan-tan-te, ma-
lentendu, masc.
Mal en train, malen-trin, souffrant.
Malfaicteur [encore dans la Petite
EncgcL dfi 1772], nial-fèc-teur, malfai-
teur.
MALPiANT, homme dangereux, à qui
on ne doit pas se fier (jéer). = L C.
Malfesant, Tnal-fe'^-tàn, malfaisant.
MalheÙ, mâ'lâe, malheur.
Malhueusement, ma - lu - eu^ - z'man,
malheureusement.
Malhueux, ma-lu-eu-, malheureux.
Malicandrb, 1° écorchure ; 2» ulcère.
— B.
MALiÂBE, ma-lié, marnière.
UKJH
— 176 —
VÀR
Maltk (fém. ma-lin^^ns), ma-îin^, !n-
génieaZf et autres sens anaingaes :
riisé, eRpîèKle ; et, en parUnt des cho-
se* : difficile A atteindre, à faire . <'Vj»f
pourtant ptM malin\ n*a le Rens de
c méchant •> que dans eêprit malin.
Maltnas, n*abbé M. eût ôcrit malinatid,
qui est à peu prè» la prononc. de
Rouen], peu avisé. — B.
Malvas, mauvaise disposition des clio-
ses, contre-temps. Y a du malvas.
Ma mbselle, m an'- m'zelle, mademoi-
selle.
Man. m an, l*adj. mon; 2« subst. larve
de hanneton, ver blano.
Manant, mo-naji, misérable. Voir «man-
nant».
Manorbbon. man--ch''okon^ mancheron
(de charrue).
Mandille [forme espagnole], man-di-
y0, mantille.
Ma-nAoibn, ma-fié-ifyin^^ éouyer de cir-
que, et en générai saltimbanque.
Manoe-paîn, man-Je-pin^, massepain.
'hÎASQ'RAKD, man-jar, dissipateur. Syn.
c mangeux ».
Mangbr. Locution : manger le* hrajf
d'ses éfams = vivre, jeune encore, de
leur travail. — L.
Makgektb. mân-fjie, mangerie ; mine,
roueries fiscales. C^est eunn wanfjie,
Manoeurb, man-jy, démangeaison. Ne
s*emploie qu'avw. « avoir ». tTai manju
dan* U doê = le dos me démange.
V. J. T. et Delb. — Locution : Qrattrr
çueuqy^un par où il a manju = 1iu
proposer une chose qui le flatte. — L.
ManiÂbb, ma-nié, manière. Locution :
manière de.,. = espèce de..., sorte de :
manié d^heyte^fte va*...
Manifique, ma^ni-fi-k/'j magnifique.
Manifiquement, ma-ni-Jik*man, ma-
gnifiquement.
Maniqal, ma-ni-ga, maniable. A rap-
procher du latin manica^ et du fran-
çais manigancer.
Makiotter, ma-nio-té (fréquentatif de
« manier ]>\ 1° mauier inutilement ce
qu'on examine; 2^ retourner machi-
nalement un objet dans ses mains.
Maniqubt, ma-ni-kiè, sorte de selle se
rapprochant du <e panel ».
Mannant, man-nanf misérable ; mal-
heureux.
MannA, man'i-nè, attaqué, coupé parles
mans. Par extension se ait quelquefois
d'une récolte flétrie pour une autre
cause que par les mans.
Manner, se dit d'un champ où il se
forme du blé noir (appelé c manne). »
Mannête, man-ne-ye., ]<> le contenu
d*une manne ; 2* féminin de u manné ».
MANQtTBTTB, man^-k^è-ie, Loeutiaii :
VaqHë manaM€tte, dont un ou deux
trayons ne donnent pas de lait.
Maktbl, man-tê, manteau.
Mantian, man^ian^ voir wuiintien,
Manubl, ma-n%tê, manuel. Souvent pré-
nom =3 Emmanuel.
Maquaillb, fém., mâ-ha^ye^ oomeati-
bles, m. pi.; mangeaille.
Maquer, mâ-kié, manger avidement.
Ix)cution : se moquer à la guiole = se
disputer.
Maquerel, morque^rêy maquereau (ter-
me injurieux).
MAQnESiAU, ma-qué^-ziawy maquereau,
poisson.
Maqueubb, ma-kieH-zey Fessieu d'un
banneau.
Maquefx, mâ-ifcÂMt^ V* glouton; 2» an
fig. : dissipateur.
Maqutard, mérhiar, dissipateur.
Maquillonnbb, mâ'kyi'yon-né, mar-
chander. [Le même, sans doute, que
« maquignonner ».]
Maquillon, mâ'kyi'yon, maquignon.
Maraud, ma-râ^ chat mâle ; cmarouau»
selon Dm. — Oi3 dit parfois c marcou » .
Marauder, ma-raw-dé^ se dit du chat
en quête de bonnes fortunes. Qmrir
la maraude a le même sens. Les mots
français c maraud, maraude » et « ma-
rauder » paraissent n'être que ceux-ci
au fie. [Le Dict. général en ignore
Torigine, ce qui fortifie la ooojecture.]
Marchailler [forme péjorative de
a marcher »], war-eha-yé, marcher
beaucoup, errer.
Marchblier. mar-ehe^'Ui, habitant
d'un marché.
Marettb^ ma-è-te, petite mare.
Marête, ma4ye, 1» marée; au fig. :
maeye d'ftrine, urine répandue en
abondance ; 2* traite du lait. Tantét
ma vaque m'a donné eunn maeye de
quatre potn. — La bonne Vierge d4mne
sa maeye = pluie bienfaisante pour
la terré, qui vient à tomber huit jours
avant ou huit jours après une fête de
la sainte Vierge. — JJaeye de Jiant =
grosse balourdise.
Makoanone, mâchoire. — L.
Mabgas, mar-gâ, goéland.
Margot, 1* Marguerite; 2* femme d*in-
conduite. — L.
Marootok, Marguerite. — L.
Maroouillas. mar-gou-yâ, dégoûtant,
sale [le nom u margouillis » eat an
Diet. général].
Maroouillbr, mar-gou-yé, mâcher.
Marooule, mar-gou'le, bouche, mâ-
choire ?
Mabgouler, mar^gourlé^ manger.
MAT
- 177 -
MÉD
ilAUQOVléETrt^mar-gou-lè'tey mâchoire,
terme de mignardiBe.
MAB00U8SB, nourriture grossière, mal
préparée. — L.
Mabqukzijcttb, marguerite des champs,
pâquerette. — L. (Ailleurs c mar-
griette »).
Mabiakbttb et mabionnbttb, voir
moHannette.
MABlOHBLf ma-irckè^ maréchal. Le has-
normand, comme la vallée d'Yôres, a
la forme intermédiaire « marlcba i>. -
Dicton : ^^tuint no quitte t'mâlckè^
faut payer let viens Je* = quand ou
change de fournisseur, il faut régler
ses cumpies.
Habib, ma-ï [opposé à « terrir »], pren-
dre le large. ~ L C.
Mabmitonmeb, mar-mi-tanrjtéj faire le
marmiton, cuismer sans grand succès.
Mabmousbttb, mar-mou-zè'tey petite
tille* — Voir vivu»ette,
Mabmulbk, mar-tnu-léf grommeler?
JSe marmuleTf se dit du ciel qui se
oouTre de nuages.
Mabotte, ma-O'te (vieux), Marie; ne
se dit qu'en parlant des euf ants. — L.
Mabpaillb, mar-pâ'-ye, marmaille, en
mauvaise part.
Mabqub, ancienne mesure pour le bois
de charpente, qui valait dUU chevilles
et équivaut à u décistère 71. — B.
Habqububb. B.
Mabbainb, ma-in^-^ne^ marraine.
Mabs, mar, mars (mois).
Mabtbl, mar-tê, marteau; forme con-
servée dans a Charles Martel » et dans
la locution u se mettre martel eu tête. »
Mabtomkb, Marthe. — L.
Mabtyb^ war-ti, l^ martyr, aux sens
français ; :s» ug., un pauvre diable.
Via l'vtantf qui poëse , disait na-
guère uue bonne vieille de la banlieue
de Kouen, à la vue d'un pauvre petit
marchand ambulant.
Mas, ma, voir mail,
MaBIAQB, ma-xiârjcy mariage.
Masiannbttb, morzian^-nè'te, échaudé
en forme de oourouue.
Masieb, ma-ziéf marier.
Mabibux, ma-zieu^^ marieur. — Voir
tt démaeicua ».
Massk de fwTy mârce de /ou, cul de
four.
MAftTOC, moêê-tok, V grossier : 2* en parl^
dea personnes, lourdaud, rustre.
Masdbb, ma-zuy maison d'habitation
avec un herbage ou une cour plantée
de pommiers. [Le sens classique est
toujours : c maison en ruine ».J
HatbnaB) ma-tnâ^ matelas.
Mat^bauz, ma-té-rôf matériaux.
Matiâbb, ma-tie, 1» matière, en gén. ;
'J^ en particulier, suppurations.
Matifas, ma-ti'fâ {lacune). — L. défi-
nit : maçounerie où entrent la chaux,
Targile et la paille.
Matin, mârtiu, l^subst., homme hardi,
courageux ; 2* interj., sorte de juron.
Matinal, ma^i-naf matinal ou mati-
neux.
Matines, livre d'offices. — L.
Matiu, Mathieu.
Matub, mâtre, martre.
Matbibb^ mâ-tri-yè, 1» basset à pattes
torses (employé dans la chasse aux
martres; ; ;&«' piège à martres.
Mattes, ma4e, caillebotte. « Mattee »
n'est employé que par les précieux ; le
peuple ait caïUebutte, ce qui est bleu
plus près du trançais. [Eu elfet, selon
le Uict, générât, a maties » est un mot
allemand.]
Maudire, manhdi^ maudire.
Mauded, mam-dru, indisposé, un peu
malade. On emploie plutôt la racine
primitive : « mai dru jd.
Maufait, iHaw-/ê , déguenillé, débraillé
Maugbé, matc-yréy nudgré.
Macjgeéeb, inaw-gré'éf maugréer.
Maulié, détente dans les prix. — B.
Maubkb, maro-é, noircir avec de la suie
(littéral^ a rendre maure »;. — L. —
M. avait écrit : morer.
Mausoin, maw-çoin, négligence, défaut
de soins.
Mausse, maw-ce, garnement. J'ai un
gare /ton quent eunn/ameuM mautse,
Mautube, maw'tu, mauvais sujet, vau-
rieu. VeuX'tu t'n aller ^ vieuUle luautu,
Képond à peu près au vieux franc,
c mawté f , môchancetd.
Mauvais, maovaiseté, voir movaie,
movaieeté.
Mauve, maw-ve, 1» mauve, plante; 2*
mouette, oiseau.
Mauviabd, maW'Viar, grive {turduê
muêiouê).
Maux, subst., mou, c'est-à-dire le pou-
mon d'un animal de boucherie.
MÉCANIQUE, mé-oa-ni-ke^ macbine. Ce
dernier mot est presque toujours rem-
placé par tt mécanique 9 ; par exemple,
pour désigner aussi bien une machioe
a battre que le frein d'une voiture,
un charretier dira toujours : ma méca-
nique eut àriêée.
Mégotent, mé-co^an, mécontent
MÉOEOHIN, mèd-ekin*, médecin. Dicton :
Vaut mieujo aller au moulin quau
medokin,
MÂDEOfliNAL, mèd'Chi-na^ médicinal.
MER
— i78 —
MBT
MiDBCHTKE, mè-dchin-ne, médecine.
MÉDECHINBB, tnèd-chi-né, médeciner ;
spécial^ : donner des remèdes saiia être
médecin. — L.
MAdâb, Amédée. — L.
MÉDIBE, tné'di^ médire.
MÉFAIBB, mé'/é^ méfiitre. Se méjaire
= se suicider.
Mkillb, me-ye^ 1° nèfle ; [2* (Roumois)
merlej.
Meillbr^ mé-yé, néflier.
Melache, nCla-che^ mélasse.
MÊLKTE, mélange d'eau- de-vie avec une
autre liqueur. — L.
MÉLIBB (SE), méc'lié [lacune).
MÊLIN, mê-Un'i, fll mêlé.
Mellan, mé-lan^ merlan. I^es crieurs
des rues disent aussi à Kouen du
« mélan j».
Mellb, mê-le [ailleurs tmeye»], merle.
Melot, jaunet, plante des champs. — B.
MÉMOIBE, vtémoué^ mémoire.
Mkkaouant, m'na-cbant, menaçant.
Menache, m'îia-chey menace.
Mbnacheb, mna-eliéy menacer.
Mbnaine (féminin de «menini»'), l»
mot pour Appeler un chat ; 2* au flg.
femme hypocrite. — L. B.
Mendhk, (vieux), man-dre, 1" moindre ;
2^ médiocre.
Mendrembnt« men-dre-niaUf moindre-
ment; un peu.
Meneb^ m*né^ mener. Locution : romwe
il mène nôf pavr pain = comme il
le coupe tout de travers.
Meneuse, limons d'une voiture. — L.
Meneuz, vi'nmr^ meneur; meneux dt
Muvlin, garde-moulin, ou conducteur
de moulin.
Henin, me^-nin'^y chat, expression mi-
gnarde.
Henon, 7ne°-nonf entremetteur de ma-
riage.
Menottbb, palper avec la main. — L.
MSKOUILLE, we^-non-ye, monnaie. On
dit quelquefois dans le même sens
«de la mouille», d'où la locution
«ans foute ni mouille = sans ressour-
ces.
Mextebie, man-t'iU, menterie.
Mektedx, man-teu^, menteur. Loch-
tions : boutonné en menteux^ place du
menteux.
Mêpbikse, mé-prW-ze^ méprise.
Mequike, mè'kyn'^^ney chevalet qui sert
à maintenir la a couleresse » [du vieux
français me8chine\.
Meb, f»^, mer. Dicton : il beuait (hoi-
rait) la vié et lee pestons ; — la nié est
du (dure) = agitée.
Heboenaibb, mer-cei^-néf mercenaire.
Mebcbbie, mer-ré-ie^ mercerie. Il a plu
sur sa mer-cé-ie,
MÂBB, 171^, mère.
MÈBB, mtf, dépôt glaireux do cidre.
Mère à vinaigre^ plante (hygrocrocis
malina^ ulvina aretij.
Mébibnnb, m^-ria x-ii^, voir nUtienne.
Mebqde, mer-kCf marque. Palsobavb
donne les deux formes «merque» et
<rmerche]& (p. 633). Toutes mes choses
sont merehées or marquées de cette
merque or merche.
Mekqueoi, mer-îte-di^ mercredi; pro-
nonciation de la banlieue. ïlais le
Havre prononce mécredi [ce que le
langage familier a mis en vogue, se-
lon le Dict. général].
Mebquer, mer-kié, marquer.
Mkrquet, mer-kiè, signet.
Mrukieb, carrer une pièce de bois.
— L.
MÉSEMEB, mal semer, répartir inégale-
ment la semence. — B.
MÉBIANOUE, mé-zian-ghe, voir amé-
sianne }>.
MÉSIANNE, nté-zianne, musaraigne. Y. le
prôcéd. et mésirette,
MÉsiENNE, mé-zian-ne, méridienne,
tfieste. Kn Baf^se-Normandie et ail-
leurs on dit amerrienne».
MÉsiBETTE [une tninsposition dit ail-
leurs cmiserettei»], wé-zi-rète; musa-
raigne. Je crois que ce mot appartient
plutôt aux cantons voisins.
Messe de rarcro = i\ laquelle assistent
les époux le lendemain do leur ma-
riage. — L. Une poule ta à la
meMxe, lorsqu'elle abandonne les œufs
qu'elle avait commencé à couver.
Mesube, m'zUf mesure.
Mesurée, m'zu'é, mesurer.
Mbsuboteb, nCzu-o-té, mesurer chiche-
ment.
Mbtail (rare), mé-ta-gey métal. [Presque
tout le XVII* siècle a écrit c métail 9.j
Métal, meta, métal.
MÉTIBB, wé'tié, V> métier ; 2^ besoio.
J'^ai métier d'aller le raie,
MÉTIOEK, mé'ti'iéy mégisser. Cette ra-
cine a subi d'étranges variations de
prononciation. Le Mégissier a vu im-
primer son nom c Mesquicher j>.
MÉTOTBN, mé-to-yin, mitoyen.
Mâtotemneté, mé-to-yen-n'té^ mitoyen-
neté.
Mettbb, viè-te, mettre. Mettre les deux
hitvts tnsemble = vivre sans pouvoir
faire d'économies.
Meughb, meu-chcy mèche. Ix>cution :
Y a pas mewffts = pas moven (on a
remarqué la curieuse similitude dea
HOG
— 179 "
HOR
lettres entre <c mèche » et fx/i/o;); —
— Vendre la meuche = trahir *un se-
cret. — V. Delboulle : « mèche i et
« émêcher )).
Meulbhent» meU'Vnum^ meuglement.
Voir le suivant.
Mbuler, meû-ler, V> meugler, ne se dit
que des vaches et des veaux ; 2» au
lig. crier.
Mburdbib, nttfttMriy meurtrir.
MÉZEN. singulière formule euplionique
pour c m*en j». Montrez mê-zen de vos
éeu$.
MiAKNEB, nuân'-né, miauler.
Miaule (lîttér^ oc bête qui miaule d),
méchante femme, hypocrite, calom-
niatrice. — L.
MiAULEB, miaw'lé^ miauler.
MiCHÊ, Michel. — L.
MiCHEB, mi'Ché, mettre en miettes [de
u miche »].
Miel, miê, miel.
MiET, MIETS, Miè, mie, miette. — Un
ttiiet = une petite quantité. — L.
MlGOLE, mi-go'le, lot de pommes à cou-
teau que le vendeur de pommes à
cidre donne par dessus le marché. Cet
usage tombe en désuétude.
MIOOLEB, laisser bouillir le linge dans
la chaudière. — B.
Milieu, mi-li%y milieu.
MiLiTAlBB, mi'li'té, militaire ; un soldat.
MlMÇARD, min-Mrd, homme mince.
Minette, mi-nè-te, !<> chatte ; 2« lupu-
line {medicago lupulina).
MiNGBELET, min^-ghe^r-lè, maigrelet.
MiNNUiT, fnin*-nui^ minuit.
Minute. Locutions : une minute (encore
un moment) eti'partons; — minute!
(halte-là), no npoëse point.
MlNUTiiBBE, mi'HVrtié (minutière), ai-
guille qui marque les minutes.
MiBE (en) = en vue. — L.
MiBEB, mi-yé^ mirer.
MiBBUZ, mi-yeu^y miroir.
MiTAN, mi'tan, milieu. Au mit an (de
medietanvs).
Mité, mi-tê, rongé par les mites. —N.B.
Le charançon des blés est ici une
c mite p.
Miton, soupe qui a longtemps bouilli.
— L.
Mitou, mi'touj mi-août. Poire de mitou
= voulet. — L. ajoute : rousselet.
Mitoughb (sainte)^ mi-tou-ehe^ nitouche.
Mitbon^nib, métier du mitron. — B.
MOAQUB, mo-ak, voir mouraque,
MODBE, mô-dre, mordre.
MoGNON, mo^non [cette prononciation,
justifiée par celle des noms propres,
s'appuie sur ce que Vi n*est alors con-
sidéré que comme servant à mouiller
le gn suivant], moignon.
Moi. Locution : faire du quant à moi =
faire des embarras. Voir mai,
Moidout, masc, mouè-doû, moisson,
fém.
Mointié, moitié. — B.
Mois, mouâ^ mois.
MOISON, moi-zon, période de pluie ou de
beau temps [littéH : la durée d*un
mois].
Moisson, mouè-çon^ moineau; au fig.,
voleur.
Mol, molle; mô^ mô-le, mou, molle. Le
vtô d'une coureye = le poumon [dès
le XIV" siècle]. Tout le monde, d'ail-
leurs, connaît le <e mou d du chat [cité
du reste au dictionnairej.
Molênk, s. fém., ino-lin-ne, pêne de
serrure (et c molène », plante j.
Mollaghb, mo-îa-eli^^ molasse, indo-
lent.
Mollesse, mo-lè-ce^ mollesse.
Molliant, mô'lianf moelleux.
Mollifiant, mollet, un peu élastique.
— L.
Mollib, mô-li, baisser de prix. Le blé a
violli à la halle. Voir mauliè.
Moman, moman, maman. On dit aussi
monman,
MoNGNE, Mongne, moine 7 poisson.
Monnêye, Mon-neye, portion de grain
envoyée au moulin ; le produit de ce
grain. Ou prononce souvent moufteye.
Monniek, mon-nicr^ meunier. [Ancien
dicton : Pay$ de monnierSf payé d'vô-
leux.]
Montb-en-quenouillb, vion-tan-knoû-
ye^ l'ivraie du lin (loliutn linicola) *f
Montée, mon-tê-ye^ l* escalier, montée ;
2^ chemin en rampe. L'Académie ne
donne le nom de « montée » qu'à un
petit escalier de pauvres gens. Les
paysans, peut-être parce qu'ils se con-
sidèrent tous comme de pauvres gens,
n'y entendent pas tant de malice.
[En 1694, en citant les mômes exem-
ples qu'aujourd'hui, l'Âcadémie disait
seulement : u montée, petit escalier ]>.]
Monteuse, mon-teu^-:e, monture.
Monteux ?, mon-teu^f montoir.
Montbieb, mon-tri-yé, horloger [littér^
oc marchand de montres n : le mot doit
donc être relativement récent].
Mobcbl, tnor-cêf morceau.
MoBDEUSE? mor'deu^-zet morsure.
MOUFIL, mor-fi^ moral.
M0RGUIBNN3, mor-ghyln-ne^ mordienne.
A la grosse morgutenne (unique em-
ploi).
MOO
— 180 —
MOT
MoRTjehewnn^ celui qtd n'est plus entre>
tenu. — B.
MoBT (à), moTf excessivement.
MoBTAUD, moribond. — L.
MOBTB-IA, marée des quartiers de la
lune, où Teau est morte, par compa-
raison avec le flux des nouvelles et des
pleines lunes, dit c marée de vive eau >.
— li,
MoBTOiSB, moT-toty-ze^ mortaise.
MOBTUAIBB, se dit d'un homme à Tas-
pect cadavériqQe. ~ L.
MOBVEL, mtfr-rê, morve. — Locution :
moreê de picot = crête pendante d'un
dindon.
MoTiÉ, ntfhtiê^ moitié.
Mots, wô, mots. Locutions : ckerelter
des mets = chercher querelle ; are des
wott aveue qucucun = avoir une dis-
pute.
MoucHEL, mou-che, monceau. [Les noms
propres c Dumouohel » et a Dumou-
ceau p ont donc la même origine.]
MonCHBUZ, mvU'Chcu^, mouchoir. Mou-
ckenx de col = cravate, foulard.
MOUGUIAU, MOH'cAttftr, comme moMchel.
MouELLB, moMè'le, moelle.
MOUFFLAXT, «Mm-/lfaji, se dit du pain
léger, creux et chaud (à rapprocher de
Tauj. a moutiard j»).
MouGNAN ?, maurgHan, chaudronnier
ambulant.
MoniLLB, mou-ye, voir menouiûe.
liOULAOB, moMAa-je, l'ensemble des
deux meules d'un moulin ; au tig. : les
dents. Si man moulage était wtciUeur^
f mangera VI plut rite.
MouLÊ, mou-le, imprimé. D'où on dit
d*uDe belle écriture : ceêt moule,
MOULKB, mou-lê-gCy 1* sciure de bois ;
2« menue braise de boulanger.
MouLliBB, moH'lié (moulière), rocher
où l'on trpuvo des moules.
MouLiiiB, sorte de poisson. — B.
liOUKÈTB, mou-né-ye, voir monnêye,
MooKiBB, moU'Hié, meunier. — Voir
monnier.
MouoQUE, anthémis cotula. — L. —
B. ajoute : « mouoque à Uouelles,
mouaque à Gonneville ». [La variHUte
est notable. Le mot avait été déjà
insent pi^ eux sous la lettre a. — Qui
viendra dire, en cunnaissanoe decau^e,
la leçon vraie de Vamouoque ou de la
mouoque (mouaquej ? — V . mouraque.\
MouQUE, mou'ke., mouche. Mouque à
miel -=• abeille. — Le* mouquee echai-
ment, se dit par les témoins d'une uis-
cuBsion, quaud ils voient qu'elle va
brouiller ceux qui disputent — L CX
JiouQUEB, wou'kié, !• verbe, moucher ;
2^ subst., rucher.
MOUQUETTB, mou-kiè-ie, V monohetles ;
2« moucheron (L. précise : tipoie) ; 3*
houppe de bonnet de coton.
MouQuiLLON, mou-qui-yon, fragment de
mèche qui empêche la chandelle d'é-
clairer.
Mon RAQUE, mou-ac, camomille puante
(anthémis cotula). On prononce sou-
vent mvuoCj pour € mouroque ».
MOUBIB, mou-i^ mourir.
MouBMAS, morose, triste.
MouBON, mon -on, 1* mouron des champs ;
2* salamandre (sorte de lézard), appe-
lée aussi « tac ».
MouBOQUE, mou-oCf voir mouoque,
MousBTTE, moU'Zè'te, petite fille espiè-
gle [pourrait être une apocope de
c marmousette »]. Le mot anglais
numse e^t parfois employé comme
terme de tendresse. [A rapprocher :
« cousette », dit couranunent d*nne
jeune couturière.]
M00S8E (rose), mim-ee, rose mousane.
Les jardiniers de Fans disent souvent,
mais à tort, « rose mousseuse i>. [La
remarque semble juate; mais l'abus a
dû prévaloir, car le Ihet, général donne
lt« deux locutions.]
M0C6SIKU, mou-cieUy monsieur. Locu-
tion : un moussteu (dans une troupe
de gros bétailj = un taureau. — i'én-
pbrase pittoresque (les habits de soie
ayant été à l'origine ceux des plus
grands personnages; : OfS moussieui
têtus de soie = les cochons.
M0U8TILLE, mouss'ti-ye [racine de
c émoustiller •], moutarde.
Mou TE, mou-te, chatte, expression mi-
gnarde [et avec une sorte de redou-
blement . a moumoute »].
Mouton, mou-ton, pain en forme de
nœud, dont Tenseuible figurait gros-
sièrement un mouton accroupi. 11 a
été remplace par le c pain au uenrre »
dont la pâte e^t la mêiue, mais dont
la forme est moins savante. Ce mou-
ton est un diminutif du « oordier »
de l'Auvergne.
Moutubb, mou-tu, mouture ; r ce qu*on
moud en une fois ; 2* avoine ou [muns
doute et] orge moulu en mélange.
Mouvant, mou-tan^ 1« adj., alerte, vif;
29 Bubst. (argent, sous-entendu.) Jl a
du mourant = il est riche.
MouvEit, mou-ré f mouvoir [qui est le
mot primitif], mouver.
M cuvette, mou-té'te, !• cuiller de bois
pour mouver les sauces ; '^^ enfant ra-
muant.
MovAis, wuhvê, mauvais.
MOVAIBETÂ, mo-cê-ze-téf méchanceté.
Moyen, mo-yin. !• subat., moyen» 2*
adj., ùâble;
I
NER
- 181 -
WET
MucHE, mu-ehe^ cachette.
MUCHEK, mU'Chéy cacher. [Le dérivé
cà muche pot » (chez nous à la mvche
ten pol) eât dans la langue depuis
plus d'un siècle.]
MucHOT, muncho, argent caché.
MUCHOTTE, mU'ChO'te^ !•> cachette; 2*
fonds de réserve.
MrcRAS, wu'crây logement humide,
pour <i mue raud», synon. de ce gour-
das».
MuCRE, mu'cre, 1° humide, moite ; an-
glais viuck^ latin muvere^ moisir; 2*
synon. de «gourd ».
MuCBEUB, mu-creu, légère humidité.
MuoRiR, mU'cri, devenir humide, en
parlant du temps.
Muette [forme primitive], muè-te^
meute.
MULON, mU'lont meule de fourrages ou
de céréales. [Le xvii« siècle en a tiré
le verbe amulonner}!)].
Mur, miie, mur, subst. ou adj.
Muraille, mu-â-ye, muraille.
Mure, m?/-^, mûre, fruit de la ronce ou
du mûrier.
Muret, mu-^,, fruit du myrtille ; appelé
aussi « bluet]), ce qui ne peut causer
d' quivoque avec le bluet du blé,
plante inconnue chez nous.
MoRiB, mu4^ mûrir.
M us EL, mu-ze^ museau.
Muselière, mu-ze^-lUy muselière [ re-
monte au moins au XIV" siècle].
Musotter, mu-zo-té^ muser [sous la
forme fréquentative].
Mutriebs, brindilles, menus débris de
bois. — L.
Mtstèbe, mU'té^ mystère.
N
Na, na^ particule amplificative : c'est
lui^ na ! Grec, vai .
Naissance, vulve. — B.
Naîte, né'te, naître.
Namps, nârif mobilier. Ne s'emploie
qu'au pluriel : On a vendu ses iiamps,
— [Dans la Coutume de Normandie
namps = nantissement].
Nannê, nait^-ne, nenni.
Nannettk, ruin'''nè'te, 1° fruit de l'au-
bépine ; 2o (prénom) Annette.
Nasbl, na-zé^ naseau. V. le suiv.
Nabi AS, na-ziâ, naseaux.
Natter, na-té^ dresser, former un do-
mestique.
Nature, na-tu, nature.
Naturel, 1» na-tn-rê (subst.) ; 2» na-
tu-ê (adj.), naturel.
NÂAS, brun tirant sur le noir (noirâtre).
— B.
NÉOOTIBN, né-go-eifiH^, négociant.
Neige, nêy-je^ neige.
Neioeotter^ ney-ju-té^ diminutif de
neiger.
Nêle, fie-le^ nielle des blés.
NÉON, blé noir. — L.
Neb [forme à peu prés primitive ], né,
noir : Né ruwme evjin taiipe^ voir
€ noué 9; — Tête né [comparer à
Kouen afouvette à tête noire i)], mé-
sange charbonnière, parvs major,
Neb (à), ner (monter un cheval) à cru.
Dans i'arr. de Libieux on dit a à nar »
ou a nard ». Ailleurs ar sigaifie c nu »,
en parlant des chevaux.
Nebf, ner^ nerf.
Nergue, ner-ghe, nargue.
Nbrguer, ner-ghiéf narguer.
Nerquin, ner-kyin, r finaud; 2*" hom-
me de chétive apparence.
Nétéyaob, né-té-yâ-ge^ nettoyage.
Netetement, Hé-iêy-man, nettoiement
NÉTEYER, né-té-yé, nettoyer. Se néteyer
se dit d'une vache qui jette ses u vi-
danges 9 (Tarrière-faix).
Nbtieb?, né'tié^ nettoyer.
NÉTIRUSE, nti£u^'Ze (ce serait en fran-
çais anettoyures», qui semble en
Uâage dans certaines campagnes), les
vidanges d'une vache.
Neïout, [sans doute « ui-etou »], e°nn-
tout, non plus; pareillement, au sens
négatif : I n'a points ni mai e^nn''
tout,
Neu, nuy nœud. Voir nur. Locutions :
nœud de quien = nœud mal fait
(qu'on ne défera pas aisément); —
>lœud Gabriel (pron. nu G ah r lé) =
le nœud de la gorge. On dit d'un
homme qui a trop mangé : In^ajus-'
qu'au nu tiahriê,
Neuchb, neuofie, noce.
Neuchbr, neu-cher, nocer.
Nbuohirb, neu'chié^ assistant à une
noce.
Neuf, neuf ^^ (archaïque et rare] neu,
neuf.
Neveu, «rw, neveu.
Neyer, noyer. — L. autrement nier.
Locutions : nier le cœur, par un li«
qui de trop abondant — Si tu de ête
13
— 182 —
niéf tu nuiras pas pendu = nul ne
peut échapper à son sort.
Nez. Locutions : tan nez branle = tu
mens; — Ça prend du nez = cela
commence à sentir mauTaiis. Se dit de
la viande, etc.
Niant, nian, niais, sot. Ei-tu niant 1 =
es-tu bête 1
NiANTAS, nian-tâ (diminutif du précé-
dent), un peu niais. — [ L. écrit par
e ce mot et les suivants].
NiANTEMENT, nian-fman, niaisement
NiANTER, nian-té^ faire ou dire des
niaiseries.
NiANTON, nian-ton^ simple (bonasse).
NicuEUX, ni-cMeu^t voir c nieud ».
NiCHiEB, amateur de nids. — B.
NlicHE, niè'che, nièce.
Nieud, nieu^ [est-ce une altération de
anicheub)?J nichet; Vallée d'Yères
a. nichoué ». On dit aussi « nicbeux 9,
NiivBE, niè-vre^ espiègle.
NiÂVRETÈ, niè-vre-té^ espièglerie, étour-
derie.
NiFLE ni'Jle^ limpide ; anglais nai/*, ter-
me ae joailler.
NlGOTTKUENT, ni-go-te-wan^ travail de
patience (ailleurs «digonnement»?).
NiGOTTEB, ni^go'tè [lacune; apparem-
ment : faire une besogne difficile].
NiOLLE, niO'le, carie du blé, charbon.
KiOLLÈ, nio-lê (blé), carié.
NIVELLIB8, brimborione, choses qui va-
lent peu. — L.
NiXy ntj*, non avec idée d'ironie ; de
l'allemand nick.
No, nô, on.
NoGECZ, no'oeu^f ami de la bombance;
ivrogne.
NÔE, 71^, noue. y. Dm. cNocd et «Noue»
[Kt, en pied de page, en vue d^une
explication qui n'a pu être écrite : ]
Monsieur do la Noe-SeicheJ.
Nom de d'la t juron. — L.
Nom BBS, nôn-bre^ chi£fre des unités;
voir Tarticle suivant,
NOMBREB, nôn-bré^ !<> énoncer un nom-
bre ; 2** préparer cet énoncé en dif aut :
tt nombre : dijuûnes, oentainef, mille,
etc.
Nommage, no^ma-je (lacune).
Non, noUy impair (dans le jeu de «pair
ou non»).
None, non-ne, midi. V. Delb. Vient de
de l'heure canouiale, appelée nooe.
Les Anglais n'ont pas d'autre mot pour
exprimer midi : noon.
NoBDlB, nor~diy tourner au nord, en
parlant du vent.
NOBÉ, Honoré. ~ L.
NOBINNR, Honorine. — L.
NoTAIBK, no-téf notaire, él écrit comme
un noté.
Note, no-te, V subst. chant noté. Saré
(savoir) la note^ c^est être en état
de chanter au lutrin ; 2* adj. notre.
NOTOIBB, no-tuné, notoire.
Notbe-Damb, mhtrffi-^an-we. La X.-D.
de Mars est rAnnoncintion (25 mars) ;
— fai été ou j irai les rêe à ia Stftre-
Dame, sans préciser davantage, indi-
quer la plus prochaine fête de Vierge.
NouEL^ mm-êf Noël.
NOUEB, nové, V* verbe, nouer; 2* adj.
voyea aner».
NouBOLLE [ailleurs « norolle 9],noU'ro-le^
brioche.
NonBBETiBK (bon), nour4ier, qui nour-
rit bien ses bestiaux.
NouBEETUBE [c'est la forme primitive],
nour-r'tu, voir « nourriture >.
NOUBBIGHE. noM-ri-chc^ nourrice. — L.
dit nou'iche,
NouBKicHON, nou-ri-ekony nourrisson;
on dit aussi : nou-ichon,
NOUBUITUBE, non-rirtUf nourriture. On
dit aussi nourrrture et nou-Uu.
NoDVEL, nou-eê^ nouvel ou nouveau.
NouviAU (rare), nou-viofc, nouveau.
NUÈTE, nuêy, nuée.
Nuit. Locution : il /ait nuit = il fut
noir. — L.
NuiTÈYE, le temps d'une nuit.
NUND, nv>«,nu; devant «pied» et ctête»,
MU prend cette forme a nund-pieds,
nund-tête ». Locution. J se fttaque pas
mal des cats qui vont nund-téte,
NUHNE-PABT, nun^-ne-par, nulle part.
NUNUS^ riens, bagatelles. — L. effacé.
Ndb, nvrou nir, nœud. Au Gabrie s=
le cartilage thyroïde. // a mâqué !!!
il n'a jusqu'au nu Gahriê; voir cneuK
Ntee, mé^ noyer (verbe).
0, étrange contraction pour «aves-vous »
dans certaines locutions : Vo <mi', =
l'aves-vous entendu; JVV^, en avet-
vous 7 etc.
ORG
- 183 -
OUR
O, pour c voua », !• ^ni qu'a faites =
qu'est-ce que voua faites ? -- pour « où ».
O qu'a z*alli? = Où alleE-vous?
Occire, occi^ sufToquer. La feumeye
nt*v8 vccit. Il est assez remarquable
que la plupart des mots qui primiti-
vemeot indiquaient le meurtre, ont
dans notre patois pris un sens adouci :
weurdrir^ lapider^ lanner,
OcoR, o-co^ encore.
OCQUE, O'he^ voir ahocqucD.
Odeur, odeu^ odeur. Locution : Vergen
na point d'odeu ; dicton qui remonte
an moins ù Thistoire romaine.
Œuf, eu ou euf; plur. m*'-*, œuf. Le pa-
tois ne prononce jamais/ au plur. et
le supprime souvent au sing.; quoique
eALSGKAVB écrive (p. 663) : qui reult
bimpttcher des (£ufett,/aM^£ qu'il faste
bouillir sou eaue premier.
Officier, verbe ; o-ji-cié (sens français),
au fig. manger de grand appétit.
Offbaoê, o-fra-gê^ fracturé ; contusion-
né, blessé. Les deux derniers sens ne
sont qu'une extension du premier, dé-
rivé évidemment du latin ( os, fran-
gère),
Offbeux, buse, tf-/f¥M2,-^f/2.j:f , celul ou
celle qui offre le pain bénit.
Offusquer, o-fus-kiè^ 1° offusquer; 2»
asphyxier.
OOBKS (au plur.), o-gre^ orgues. Pals-
6KAVE donne deux fois orgres: notre
mot en dérive réguiièremeut. A la fin
des mots, quand deux r sont séparés
par une consonne, le premier dispa-
raît au moins dans la prononciation.
OiBEL [forme primitive du franc.],
oiy-zê^ oiseau.
Oubli, on-hli^ oubli.
Omblibr, on-'hli-yé, oublier. On dit
aussi romblier,
Ombrouaoête (vue) = vue peu dis-
tincte, trouble. — L.
Omonke (les brefs), o-mon-ne^ aumône.
Obche, un-che^ once.
Ondaix, on-din, ondulalions formées
par la faux.
OiiQUE, oH-ke^ 1* ongle; 2<> oncle. Se
prononce parfois, au premier sens,
vnguâ.
Opâbeb, o-pé'é, opérer, seulement au
gens chirurgical.
Opposer, empêcher. Mes • romatiques »
ni opposent de dormir,
OPBi»^ oprée, auprès.
Obobe, 1« or de; 2" odre^ ordre.
Obdubb, or-dUf ordure.
Obeille, ô-êye, oreille.
Obge^ or-je^ orge. — B. dit ; « pronon-
cez ourge 9,
Oroeu, orjft, mêlé d'orge (en parlant du
blé).
Orqueul, orghett, orgueil.
Originel, a-ri-gi-nê^ 1«> originel ; 2»
eubst., original, excentrique.
Orilliër, ô-riéf oreiller. On prononce
aussi ôyé et â-i-yé. De ces trois pro-
nonciations, la seconde est la plus
commune.
Orillon, l^O'ï-yon; 2* o-^on, oreilloQ.
Orin, o-in^, défaut. — Voir horin.
Ormoire, or-moNè-rc, armoire. Les pré-
cieux seuls emploient cette forme. —
Voyez antnaire. Syn. m'n ornée {o bref;,
orm^ntèse.
Ortel, or-tê, orteil.
Orver, or-vé, orvet. [Ailleurs IV final
se prononce.]
Obsite^ o-oi4ej aussi.
Ossu, fortement membre, qui a de gros
08, — B,
OsTEAU, oss'tô, prison. Ce mot me pa-
raît appartenir, non au patois, mais à
l'argoi havrais. En Béarn, il signifie
a maison ». 11 vient du vieux français
€ ostel ]».
Obtination, ostiké, os-ti-nâ-cion, os-
ti-néy obstination, obstiné. Th. de Bèze
dit que le b ne se prononce pas.
OSTOGBAPHE, os-to-gta-fe^ orthographe.
Otel, ^tel ou (vieux) ô^ê, hôtel.
Oteb, O'té (o bref), ôter.
OUAICHB. subj. d'à aller ». Y faut que
ftntaic/u! m' coucher, — L.
OUAN, mm», oing (vieux). On dit aussi
c vieux ouan j», spécialement en par-
lant de la graisse que l'on mei aux
roues des voitures.
OuATTEl ouat\ interjection de désap-
probation.
OukTTE I ancienne prononciation], ouate.
— Ij.
Ouetteb, ouater. — L.
Ouosoux, ou-gnou, voir houguou.
0UONOUB8B, jument qui hennit et frappe
du pied quand elle voit un cheval.
^ L.
OuiVET, oui-vè, Bas-Normand (d'un mot
qui lui est ordinaire : oui^ vé! = oui,
vraiment). Se dit aussi des animaux :
raque ouivette = vache bretonne.
Comme revanche, les Bas-Normands
donnent aux Cauchois le nom de
(L Floquets ». [Cette injure de Babe-
lairi signifie notamment a hautain^ opi-
niâtre ».]
Ou QUE C'EST, oo-cè. Locution : Il est
queuquepart, o bien occè (il est où il
est).
Oubme^ our»me^ orme.
PAL
— 184 —
PAR
OuRyKBSB, flur-meccy charme commun
(arbre). — L. écrit ourinainte,
OUBMIAU (rare), our-miaw, ormeau.
Ou Hi MON, si non.
OUSQUB, ouê~ke, où est-ce que?
Ouvert {jouer à T), terme du jeu de
boule.
OOYBKTURB, ou-ver-tu, ouverture.
Ouvrage, fém. ; ee prend en mauvaise
part : £» vHà d'ia belle nurrage ! en
entendant un objet se briser, etc.
OuvRBUX, ou-TTfu^ (propr* « ouvroir »),
atelier de tisserand.
Ouvrier (jour)^ ou-tri'é^ voir jifuvrier.
Ouvrir, ou-vrî, ouvrir.
Otou 7 o-yov, où? înterrogatif. Oy&u
qyWo ro'n* n'allez ? = où allez- vous î
PACAimEB, chucholter. — L.
Face que, pass-que, parce que.
VjlQîR, pâ-jie, tâche?
Paille. Locution : fée d'ia paille à
viâs = perdre du grain en le net-
toyant.
Paillot, pa-yo, paillot; surtout, iro-
niquement, ht.
Pain. Locutions : Bon comme Vbon
pain ; — être à pain et à pot = par-
tager tout avec quelqu'un ; tracner san
pain = mendier.
Pain d'huile^ pin^dnile, tourteau de
colza, après l'extraction de l'huile [le
sens s'est généralisé].
Paireb, pé-é, égaliser.
Pais,/m<;, pait! cri pour exciter un
cluen à manger ce qu'on lui offre.
Paisan, pi'Zanj paysan. Ce mot est ha-
vrais : les campagnards disent, comme
l'Académie, pe'i-zan.
Paissel, pê'cê, planche verticale sur
laquelle les écoucheuz placent le lin
pour le travailler (du bas lAtin pareil
lus).
pAisfioN, pê'Çon, piquet (pour attacher
le bétail au pâturage).
PAI88U, pê'ÇU, pâturé. C'est le participe
passé du verbe « paître», qui pour ses
autres temps se conjugue ici comme
en franc.
Paitue, pâturage, terre pâturée par les
bestiaux. — B.
Pal, maac., pal, palissade. A Elbeuf
ou dit a palet 9.
Palàdonc ! pa-lê'don, parlez donc, in-
terjection.
? ALET, pa-lé, l» palet; 2* planchette
employée daus la construction des
teuis, des plafonds.
Palette, pa-U-lCy pelle â feu.
Palet E, parole, phrase. iCn v'ia eunn^
paUye !
Palier, pâ-lié, dressoir.
PALINOD, pa-li^to, le vainqueur, le plus
habile, le plus remarquable; mot dû
évideuiment aux concours des pali-
nods de Rouen et de Dieppe.
Pammb, panante. Voir «pam|)e».
Pam'mbnt, parement. — B.
PAifyER (SE), pan-mé, se pâmer.
Pam PB, pan^'pe, paume ?
Pam pibre, pan-pié, voir <( pantière ».
PAKt (onomatopée) pàn, interjection à
Toccasion d'un coup.
F AUCUE, pan-'Che, (lanse. Etre su sa
panche = être gourmand. Palsgrave
donne «penche» et «pause».
Panerée, pan-n^neye, panerée.
Panier à vias, sorte de petit panier
qu'un attache à la tête des veaux pour
leur fermer la bouche.
Pannel, pan-nèy sorte de bât.
Pannêye, pan-nê-ye (pannée), basque
d'habit, et par extension, l'habit lui-
môme . j avais mis ma pannêye.
Paou IN, jEM»-cf M»n. voir aparouinj».
Paquier, faire ses pâques. — L. effacé.
Par, pa^ par ; ex. Pa là-bas pour cpar
là-bas» ; mais l'r se prononce devant
ch„j.
Parache, pa-a-che (en français «pa-
rasse »), débris de morue salée qu on
a « parée ». — L C.
Parache, pa-a-che, pelure d*un fruit
ou d'une pomme de terre.
Tâhai'} pa-é, paroi, muraille.
Paraître, pa-rè-te et pa-è-te, paraître.
Parc, par, parc.
Parchittb, par-chi-te, syncope de cpar
ichite ».
Parchon, par-chûn, associé d*un petit
cultivateur pour exploiter sa ferme ;
ancien inuçeà» parson.
PARCHONNER,par-<rA(»}i-ii^, assocîerpoar
former un attelage. V. Dm.; Del-
boulle, echochonner». En général,
s'entendre afin de partager un objet
trop fort pour un seul ; les bouchers
(( parchonueut, j> quand ils tuent un
bœuf à deux.
PARGHONNIER, par-chon-nii, qui par-
chonne. Kn ancienne jurisprudenoe
parohonnier = copropriétaire.
j
PAS
— 185 —
PAT
PAR^.BauYé, déj^fagé (partie, de c parer t>).
Locution : Te* pas paé = tu n'es
pas quitte, tu n'as pas fini ; en parlant
à quelqu'un qui commence un ou-
vrage de longue haleine.
Parement, pa-m'msnt^ colle de pâte
pour «parer 9 les fils de la chaîne d'un
métier à tisser. [Il semble un peu
étonnant que le Dictionnaire général
n'ait pas indiqué cette acception du
verbe, alors qu'il donne bien au nom
le sens de l'action d'appliquer cette
colle sur les fils.]
PARBNTf l'* pa-ran; 2^ pa-an^ parent.
Parenté, pa-an^tè, parenté.
Parbb, pa-é, 1" parer ; 2® peler ; 3« (en
pari, au cidre) fermenter ; 4*^ couvrir
de parement; b° enlever en balayant
des ordures, des excréments, etc. Dans
Tarr. de Cherbourg, paer a aussi le
sens de balayer. L'anglais to pire est
à peu près la traduction de « parer ]>.
Paressr, pa-è-ce^ paresse.
FarÊTE) pa-eye, partie de la chaîne
d'un tissu <k parée » en une fois.
Parfais, par-/?, parfois.
Parieuse, /^a-rific^ze, pari, gageure.
Parlant, par-lan, affable, de facile
accès.
Parlkr, pà-lé, parler. La prononciation
a parler v existe aussi, mais est exclu-
sivement réservée pour se moquer des
précieux et de ceux qui veulent parler
tf français », parlocher comme on dit
à Valognes, se parloger à Mortagne,
parloser dans la vallée d'Yères. — Se
pâltr = se courtiser. Pierre et Marie
vont se marier. — Cha ne vCétnnne
pas; car ils se paient ded'pis lotemps.
Parmi, subst. masc, par~mi^ le milieu.
Jl a jeté san quien dans le parmi de
nof mare.
Parne, pièce de charpente. — L.
Paroles, pa-ro-le, verbiage.
Parouin, ^a-<mifi, coup; contusion lé-
gère.
Parrain, jMx-/;», parrain.
Partager (se), se marier. — L. [On
dirait une quasi-traduction du mot de
saint Paul : divisus est.]
Partbrrer (se), par-tê-ré, tomber à
terre.
Partout. Locution : tout partout =■.
abiH)lument partout. V a des pommes
c'fanneye tout partovt.
Pas, pâ, tous les sens du subst. français
< pas D ; et tipécial^ a situation d'une
boutique i». A ré ban pas.
Pas CARRé, palier où aboutit un esca-
lier à chaque étage. — B.
Passager, Bubst. rnsscpa-ça-ié, 1^ pas-
sager ; 2° paquebot ; [3" sur les bords
de la Seine, celui qui afferme un pas-
sage d'eau. Des puristes ont prétendu
que <i passager » en ce sens est un
barbarisme, et qu'il faut dire passeur.
L'historique de la langue ne leur est
pas fovorable ; car un dictionnaire de
1059 donne € passager d comme syno-
nyme de €. passeur ».]
Passager, are, pa-çarjé^ fréquenté, en
parlant d'un chemin.
Passayer, pa-ça-yé, passer souvent au
même enaroit ; péjoratif de a passer ».
[Peut-être serait -il mieux d'écrire
apasaailler».]
Passe-pomme, espèce de pigeon d'été.
~- L,
Passer, nourrir une vache. — B.
Passbresse, passoire. — B.
Passeyk, pa-cê-ye^ chemin d'accès à une
ferme.
Pastille, menthe. — B.
Pataclas, pa-ta-clâj grand bruit, fra-
cas; au fig. : un vantard.
Patapouf 1 pa-ta-pouf^ onomatopée ex-
primant une chute. — Voir pataud.
Patarasser, pa-ta-ra-cé, piétiner; gâ-
ter un terrain, en passant fréquem-
ment dessus.
Pataud, pa-tâ, V gros homme. On dit
quelquefois a patapouf i> En français,
pataud est un chien aux grosses pat-
tes ; 2o cidre qui a de la force.
Pâté RE, masc, pâ-ter, patère, fém.
Pâtisserie, pa-tiss-cie^ pâtisserie.
Paton, pâte roulée dans la main, ou'on
fait avaler aux volailles à engraisser.
Patorcubr, pa-tor-ché, battre. — Voir
Dm. : c patocher d.
Patou, pa-tou, gros chien. Apostrophe
à un enfant dont la figure est bar-
bouillée : Va-fen dire à patou qui
(qu'il) te lègue.
Patron. Locution : Fée san patron =
tomber dans la boue ou surtout dans
la neige, de manière à y imprimer sa
figure. — L.
Patrouiller, pa-trou-vé, outre le sens
de a marcher dans la boue D, patiner,
manier malproprement. Vallée d'Yèrea
(( pratriquer i> ; ailleurs a pateronner d.
Patrouillot, jeu de billes. — B.
Pattinnb, petite patte. — L.
Paure, pô-re, pauvre. Après le substan-
tif qualifié, on dit a pauvre J) comme
en français. Celtique paur. — Se dit
des personnes ou des choses qui pro-
voquent un vif intérêt, né d'une grande
vénération . NoV paur pain; — dé fan
man paur garchon. — C'est toujours
le dicton antique : Res estsacra, miser.
Pauvresse, ^rré-ftf, pauvresse.
Paye, pe-ye^ débiteur. Batiste est eunn'
bonne jHiye. — D'eunn' wawvaise paye
no haie ce que no peut.
PEU
- 186 -
PER
Patkux, pé-yeu*, payeur. — Voir eon-
seillevx.
Pbc, pecj poîot de départ. Prendre son
pee =z se fâcher.
Pecqceb (bb), pé'kU, 1* ge planter. Il
est renu te pequcr devant mai, et m^a
empêché de rêe ; 2* se fâcher. Comme
e'te femme-là n'pèque! — L.
PÉBR [devrait B*écrire ^irrr], arranger
les objets de même sorte au même ni-
veau. — L.
PÉBR se8 raiêont = bien réfléchir avant
de parler. — B.
Peine, pin^-ne^ peine. Locution : pren*
dre peine de riere = ^e donner beau-
coup de mal pour faire honneur à ses
affaires. - L.
Peinture, nin^-tu^ peinture. Locution :
;'/>c*tt pas Trêe en peinture =: je ne
veux même pas en entendre parler.
Pelageh (SB), plâ-jé, se dit des animaux
qui, au printemps, ne couvrent d'un
beau poil. Au fig. : mal pelaçi =
homme d'aspect sinistre.
Pela ode, plaw-de^ blouse. 8e dit éga-
lement dans le Jura. — V. J. Travers :
n blaude d.
Pelaudeb, pîaw-dé, battre, dépouiller
(secouer la plaude). — Voir Dm : a pe-
lauter d et « plotter d ; et Le Vavas-
seur : « blaude ». Au sens littéral :
plauder un lapin ^= le dépouiller.
Pelaudeux, platc-deu^^ équarrisseur.
PÊLE, pfle^ 1" terrine à lait, contracté
du vieux fr. apaelle» (patellaj^
comme Jlel de cfiael»; anglais milk-
pail ; 2" poêle à frire. C'est la forme
ancienne, ainsi qu'en témoigne ce dic-
ton du ZVI* siôcle : qui tient la pelti
par la queue, il la tourne là oii il
veut.
Pelé, plê, pelé, qui a perdu son poil.
PÈLERIN et PÂLBEIN, pé-lé-rin et pel-
riin, pèlerin.
Pèlerinage, pel-l'U-nâ-je, pèlerinage ;
on pron. aussi ^-^d-ri-nâ-;;>.
PÊLEYE, 2^'^ê-ye, une terrine, le conte-
nu d'une apêle» à lait
Peller, pelleter. — B.
Peloter, rosser. — L.
Pelurer, pZi2-r«r, peler (des fruits).
PRL\'ÈcnE,pel-vê'Che, en sens contraire,
tête à queue ; ailleurd : « bêchevêche,
tête bêche, béjuel ou béjuet».
PklvÊCher, pel-vê-ché, placer en sens
contraire (voir le précédent); on dit
aussi « pequevêcher ».
Penas, pe-nâ, penaud.
Pendre plus que (ne), pan-de-mi-que,
ne rester plus à faire que... lovt est
prêt ; i n'pend pu que de s'itiettre à
table. — I ne penaquà lui = il ne
tient qu'à lui. — Si ça ne pend que
d'eha, ça peut se/é. [Apocope de «dé-
pendre].
Penne, pin^-ne, torchon fait avec des
lames de tisserand. — L.
Pbnots, pe^-nê, petits pieds, terme en-
fantin.
Vevsèye, pan-ce y e, pensée.
PENTECOrTB. YÎeux, pan-te-cou-U ; nxi-
jourd'hui souvent /Nsa-^^-^'t-tf (obref).
Dicton : Entre Pâques et la Pente^
coûte f courtes vêpres et mauraise soupe.
Pente r, panrté, mesurer, terme de jeu.
— « Pentoir » est une perche, selon
J T.
PÊQUAILLE, pê-câ-ye, poisson péché [la
finale semble dire : mauvaise pêche j.
PÊgUAiLLEUX, pe-ca-yeu^, pêcheur peu
habile.
PÊQUANT, contagieux. — L.
PÊQUB, pê'ke^ 1» pêche, action de pê-
cher ; 2® soufflet, gifle. — La c pêche >,
fruit, garde la pronooc. commune.
PÊQUE-MÊLB, pê'ke-mê'le, pêle-mêle.
PÊQUER, »^-AiV, l» pêcher; 2* gagner
une maladie ; voir « péquant».
PÈQUEDZ, pê'kyeu^, 1« pêcheur ; T chif-
fonnier.
Hbrche (en), per-ehe, en perce.
Perchemin^ per-che-min^y parchemin.
Percher, per-ché, percer.
Perdre, pê-dre, perdre.
Perdrix, pê-dri, perdrix.
?^RK,pé, père.
PÈRE, pé, poire. La conformité de pro-
nonciation des mots «père» et «poire»
explique le dicton suivant qu*on ap-
plique au mauvais fils : / vaudrait are
bien des pommes^ et point de pé.
Pbrèsinb, pé-ré-zin-ne, résine, contrac-
tion de « poix résine 9.
FÈiiETTK, pé-rê-te^ i* paonne, abrégé de
(( Pierrette w, le paon ayant pour so-
briquet « pierrot» ; 2* terme de mépris:
jeune coquette prétentieuse ou fille
sans mœurs.
Pbril, pé-ri, péri4.
PÉRIR, pé-rî, périr. Se péri — se suici-
der.
Pbbquaob, per-ca-je, nom collectif, un
lot de grosses perches.
Perque, per-he, perche.
Perquillkux ou parquilleux : à Saint-
Jouin, les gens qui ont à la mer on
parc pour le poisson.
PSRQUis, per-ki, !• grenier [dont le
plancher est fait de perches] \ 7^ filets
de pêche [soutenus par des perches].
Perret, pe-rê, lieu rempli de galets.
[Un quartier du Havre en avait tiré
son nom].
PIA
— 187 -
PIG
PKBSftviREK, per-êé-vê-éf penérèrer.
Pesanteur, pe-zân'^-teu^ pesanteur.
Pesas, pe-zâ, tige de trèfle incarnat,
battue. Comparer avec ufayieB)».
Pbsêtb, pe'^'te-ye, 1<* pesée ; 2* pièce de
bois à 1 usage des scieurs de long. — L.
PiaiiRR, pe^'Zié^ poirier.
Pbsotter, pe^'zo-té, peser scrupuleuse-
ment : calculer arant de livrer ou de
prendre livraison.
Pbssaillb [péjoratif de cpessoni)], pè-
ça-ye^ mauvais poisson.
Pesson, pè-çon^ poisson.
Pessonnkrie, peS'*on-n*nte^ poissonne-
rie.
Pbssonnier, pè'Son-nié, poissonnier.
PrssoNNiÂRB, pê-çon-niéf plante (eupa-
torium cannabinum ) ^
PÉTAUDIÂRB, pé-taw-dié, pétaudière.
PiTER. Locution : Le sien qui veut pé-
ter plv* fiavt que le c...y se casse les
reifu = à vouloir briller au-dessus de
son rang, on se ruine.
Pbtête, pe^-têtt ou parfois ptête^ peut-
être.
VÂTEVX,pé-teu^^ péteur ; au fig. poltron.
Pbtieu (un), p'tieu, un peu ; semble
équivaloir à c un petit peu ».
Petiot, pe^-tio et p*tio^ diminutif de
a petit D. En Picardie et même dans
Tarr. de Neufcbfitel ce mot eet devenu
«tiot» et «quiotD. Ma quiote fille,
pETiT-POT, pHi pOy canon, huitième de
litre. Prendre nn petit-pot avec nn
« mtmtan d.
PÉTBAS, pé-trâ, lourdaud [qui a quel-
que chose de la pierre (petra) ].
PÉTRIN, pê-trin, pétrin.
PÉTRIR, pe-trî, pétrir.
Pette, fillette qui fait la dame. — B.
Peuple, peuple^ !• peuplier [au xv»
& en ce sens]; 2* peuple.
Peur, pû^ peur.
Peureux, pn-eu^^ peureux.
Peut-être, peu-tè-te, peut-être.
PÉYEUX, payeur. Crédit est mort; les
mauvais péyeux Vont tué. — L.
Physique, eubst. masc. fi-zi-ke, 1* phy-
sionomie : il a un bon physique [sens
usuel aujourd'hui]; 2* prestige.
Fi A FFEf pia-fe y luxe.
Piaffer, pia-fé, afficher un grand luxe
[mot dont usait volontiers vers 1710
l'archevêque de Paris].
PlAFFKUX, pia-feuy qui se pare avec
recherche.
Pi AL, pia, peau ; voir cpiauD. Adressé à
une femme est une grossière injure,
dont le français use parfois.
PlANER^i0n-n<f, piauler.
Piant, pian, puant. Comme no sent
piant par là! Y doit y avé quevque
eharongne,
PiARD, piar^ noir et blano (comme la
pie); fain^e pas pu un ch'va piard
qu'eunn' vaque piarde*
Pi AU, pian, peau.
PiAUOER, piaW'Cé, battre, écorcher.
[Aases connu par son composé a dé-
piaucer ».]
Piauler, piate-lé, piauler, pleurer. En
parlant des poussins on dit « piannerD.
PiAULiN, piaw'lin, pleurard.
Piaustrer, piawss'tré, écorcher : pel-
lem trahere, traire la piau.
Picacherib, pi-ca-ch'chiâf bigacherie.
En Angleterre cpigacep désigne une
passementerie des manches.
Picoiser, pi'Coiy-zé, becqueter, picoter.
PIOOT, 'Oie, pi-co,'Ote, dindon, coq-d'Inde
On dit quelquefois, à cause de son
cri, c plot B. (peacock); au fig. un
niais.
Pie, pi, pnetit p&té aux pommes ; an-
glais «pie», pâté.
PlÈCHK, pie-cha, 1« pièce; 2* nul, aucun
— Voir Dm. : a pièce ï. JUa navire
est aussi bien arcablie que pièce qui
smjt dedans la flotte, Palbor., p. 03.
— / nsont v'nus à pièche = aucun
n'est venu.
PiÊ OORNIER, arbre réservé pour limite,
au coin d'un c fossé ». — L.
Pied, pie, dépôt au fond des bouteilles.
PiED-SRC, piè-sec, altération de a pié-
cette ]>, empiècement.
PlÉOE, piê-jey piège.
Piémontoise, pis-mon-toy-ze (piémon-
toise), sorte ae hache ou de pioche,
employée surtout pour abattre les ar-
bres. Ce mot est un de ceux dont la
forme varie le plus; ainsi on eu a
fait (( piémontoire d, i)ar rétablisse-
ment d'un r imaginaire; et enfin
d promontoire ».
Pierre, piê-re, !• pierre; 2* morceau
de sucre; 3* noyau de fruit. Lss bonr
nés preunnes quittent la pierre ; — no
n'a pas cha pour des pierres de gui-
gnes.
Pierrot, serre-tête à grands dalots.
PiétÉj pié'tèy pourvu de pieds. Bien
piété, nuU piété, piété comme il faut.
Piéter, pié-té, marcher. Quand no n'a
que ses gambes pour aller du Havre à
Fècamp, il y a à piéter,
PiÉTONNER, pié-Um-né, piétiner.
Pieu, piu^ pieu.
P". P'fi lo"g liez.
PiONAfi, pf-^»a, sale, malpropre; fém.
«pignaude».
PIP
— 188 —
PLA
TlQVEVXjpi-gnâu^.peîgneuT. Locution :
un pigneux d'qnien = un va nu-pieds ;
i habille comme un pigneux ( de lin ;
les teilleurs ayant la réputation d'être
bavards).
PiGNÊTB, pi-gne-ye, l'action de peigner,
c.-à-d., au tig., de prendre aux che-
veux. Se donner vn^ pignée = se bat-
tre, en parlant des chats ou des fem-
mes.
PiGNOCHE, pi-gno-che (lacune). — L.
définit : cheville (fausset) à une bar-
rique de cidre.
PiGOUiLLAGE, pi-gou-yà-je^ boue dé-
layée par le piétinement; upatouille»
dans le Blésois.
PiGOUiLLER, pi-gou-yé^ piétiner sale-
ment un terrain fangeux.
PiLAGE, pi-lâ-je^ braspage du cidre.
Pile ou vache, pi-lou-Ja-che, pile ou
face (jeu).
Piler, pi'lé^ !• piler, broyer; 2® abso-
lument, faire du cidre, brasser; 3° fou-
ler avec le pied. Tas pilé ! cri des en-
fants à leur camarade dont le pied a
S osé sur les rayes qui font les limites
e certains jeux ; — t ma pile su l'pied,
PiLERiE, pi'Vlie^ broyeur ou concas-
seur à pommes.
Pilhoupet, pêle-mêle, sens dessus-
dessous. — L.
Pilier, pi-yé, pilier.
Pimailler (se), pî-mà-yé, se battre.
Pjmprenbllb, pin^-pe^-nè-le, pimpre-
nelle.
Pikchaillbr, /)iV-i?*a-y^, pincer pour
jouer (pinçoter).
PiNCHARD, pin^-rhar, pinson.
PlKCHE, pin^'che^ pince.
PiNCHER, pin^-ché^ pincer.
PiNCHET, pîn^'Chè^ pincée | Ailleurs le
mot prononcé pincet^est la marque que
conserve la peau pincée].
PiNCHBTTES, pin'^-chè-te^ pincettes.
PlNCHBUSB, pin^-cheft-ze ^ pinçon (la
forme française serait pinçure).
Pjngeon, pin^-jon^ pigeon.
PiNGBE, pin^-gre, pingre.
PiNTABDE, pin^'tar-de, pintade.
Piocher, pioché (lacune...) de moulin.
PlONCBR, pion-cer, dormir (argot mo-
derne).
PlôNE, piô-ne^ pivoine. En Angleterre,
les graines de pivoine furent jadis
employées comme épices, sous le nom
de «piones».
PiOT, piote, piote^ dindon, dinde.
Pipe, pi-pe^ petits coins de fer servant
de clavettes ; et les autres sens fran-
çais.
PiPEB, pi-pé, boire avec un « pipet j>.
PiPBT, pî'pè, fétu employé pour boire.
C'est rorigine de la pipette des chi-
mistes.
PiPiB, pi-pie, pépie.
PiPiFAVAS, variété de pommes [ailleurs
a pépin favard »] .
PiPiTRB, pi-pî'te, pupitre.
Piquer, oe-^i^, sens rural particulier
(outre les autres) : labourer profondé-
ment.
Piquette, pi-kiè-te^ piquette, c'est-à-
dire ici (I mauvais cidre d.
Pire, pie, adj. « pire » et adv. a pis ».
L'incorrection « plus pire d a bien la
force d'un comparatif.
Pis {et), pi, et puis.
PISCATINB, pis-ca-tin-ne, boisson plate
sans force ; la périphrase a pissas de
raine » doit-elle faire penser, pour Tori-
g^ne du mot, à pisci* ou à <!C pis-
ser d ? — A Lisieux, « piscantine »
ou a biscantine > : dans TOme, c cla-
cusi$e D et <t clacasse d. — L. et B.
écrivent a piscantinne 2>.
PiSQUE, pi4-ke, puisque.
PISSANCB, pi'çan-ee, puissance.
Pissant, pi-çân, puissant (de corps),
lourd.
Pissas, pi-çâ, pissat, urine.
Pisse, pi-ce, besoin d'uriner. J'ai la
piste,
PissoiN, />î-fM», 1« odeur d'urine, fa
sent le pissoin; ou 2» ? a urine ». —
B. écrit a pissouin ».
Pissotière, pi-ço-tié, en plus des sens
français : le conduit de la faisselle.
PlHTOMEB, piS'to-lié, valet d'août, mois-
sonneur loué pour un nombre déter-
miné de jours. — L. ajoute : payé à
la pistole.
PiTiEUX, /)i-^i>«8^ miséricordieux? —
^elon L. : individu sans ouvrage.
PITOIS, pi'touâ, putois.
Pitol ou Pitos, pi-tô, pholade (coquil-
lage).
Piton d'un tas = premières gerbes
mises debout contre la muraille, et qui
servent d'appui «aux autres gerbes.
- B.
PiTS, pî, puits.
Placue, pla-che, place.
Plagheb, pla-ehè, placer.
ï*i,KCiiKi5X,pla-eheu^, se dit des récolte*
en blé ou en lin, où se rencontrent
des d places )> de qualité inférieure.
Plaidkux, plai'deu^, plaideur.
Plaignabd, plin-gnar, qui se plaint
facilement.
Plaignbdz, plin-gneu, celui qui se
plaint Souvent au sens de « plai-
gnard ».
PLO
— 189 —
POI
Plaindre, pUn^-de, plaindre.
Plaire, plè^ plaire.
Plaisanterie, plai-zan^-t'tie, plaisan-
terie.
Plaisir, plaî-zi, plaisir.
Plam ITRE, pla-mi'tre^ voir planitre.
Plan I sorte d^onomatopée, au bruit d'un
fort coup. — L.
Plancher, v. act., plan'^-cM [encore
usuel à Toulouse, vers 1820], plan-
chéier. Que totre parloir soit planché^
car la terre nest sayne. Palsor., p.
460.
Planchi, plafond en bois. — B.
Planchon (fé du) = semer en sillon
du colza qu'on ne repiquera point.
Planitre, pla-ni-tre^ plateau, terrain
horizontal sur une colline.
Planttié, plantation. -— L.
Plarib, plârriôf voir prarie,
Platbrêye, pla't'teye^ platée, contenu
d*un plat. Dans le Boumois, « plate-
rée ».
Platine, pla-tin-ne, faconde [sens entré
dans le Dict. gé?^,].
Platon, plarton, !• clairière ? ; 2» petit
pré, pour « praton ». — Voir J. T.
Plâtrer du beurre, en mettre sur du
pain une couche épaisse.
Plattir, z>Za-^l, devenir plat; ne se dît
que des liquides. — L. écrit u platir»,
mieux ce semble.
Plboer, plé-jé, protéger, défendre [mot
disparu de la langue, mais encore em-
ployé par Corneille]. — Une litote
expressive l'emploie souvent avec la
négation :f vas pas V piéger = je vais
l'étriller !
Plein, plin. Locution : tout plein =
beaucoup. Ta tout plein de monde.
Il a tout plein d'esprit, L^ezpression
est dans Joinville.
Plet, plè, habitude, adresse ; tour do
main.
Pléter, plé'té, faire prendre un pli, au
physique comme au moral.
Pleurer, jileu^-éj pleurer.
Pleitt-pleut, pleU'pleUj pivert.
Pleuvbr, pleU'vé^ voir plouver.
Pli, pli (avec les sens usuels), l'ensem-
ble des cartes que le joueur ramasse
en une fois. Avec des sept s et des
huit s on fait des plis.
Plie, ^/a?, pluie.
Plikr, pli-é, plier on ployer.
Plommaoe, plon-mâ-je, couverte de po-
terie.
Plommant, plon-mân, lourd. Voir J. T.
a plommé 2>.
Plomher, plt m^méy !<> plomber ; 2o ré-
gler au fil à plomb ; 3<> vernisser, met-
tre la couverte à une poterie. Un pat
de terre., quand il est bien plommé,
est la plus saine chose auepeult être,
pour cuire de la vtanae dedans.
Palsgr. p. 431.
Plouver, plou - vé, pleuvoir. Dicton :
?uand i pleut su l'un, ça dégoûte su
aute = nous sommes tous solidaires
dans nos intérêts.
Plou VOTTBR, pieu voir légèrement. — B.
Pluc, pluk, racine de « éplucher ». Ne
s'emploie que dans la phrase envoyer
au plue = ... au diable ou au rebut.
Plucoter, plu-co-ter, éplucher ; se dit
des volailles qui cherchent à manger
dans des débris de paille, des balayu-
res, etc.
Plummachb, plunrtna-che, l* pelure;
2» écorce.
Plumme, plun-me^ plume.
Plummer, ^Zm«-7/i^, plumer. Locution :
Peau qui plumme^ qui farine, à la
suite d un coup de soleil, etc.
Plummbt, plun-met, plumet. Jl a san
plumet = il a trop bu.
Pluques. Locution : enleuve tes plu-
ques = emporte tes nippes.
POCHARDER {&E)., po-char-dé, se soûler.
Poche d'un lien, point de jonction des
deux bouts du lien. — B.
Pocher un lien, en nouer les deux
. bouts. — B.
PocHEL, jofl-chêf nom collectif : capsu-
les du lin.
Poi =: guère.
PoiONB, pon-gne, fnrce de la main ; la
main considérée dans Taction de ser-
rer ; étreinte.
PoiONiE, pon ' gnie, poignée. On dit
aussi d pougnie».
Poil. Locution : are un poil dans la
main = être paresseux. On renforce
quelquefois ainsi l'expression: X. a
un poil dans la main, et il est diable*
tnefit long encore.
Poinçon, poin* - son, petite barrique ;
Battre un poinçon. Selon Palsoravb,
le poinçon est un fût d'un demi-
muid.
Pointe, poin^-te, 1» pointe; 2° point,
dans quelques locutions : pointe du
jour, pointe de coté. [Le premier se
trouve dans madame de Sévigné.]
Pots, pouà, 1° pois; 2o haricots. Ces
derniers perdent chez nous leur nom
dès qu'ils sont <l en grain ».
Poison, s. fém. [genre qu'il a dans Mal-
herbe], puuè'Zon, 1° poison ; 2" mau-
vaise odeur ; 3* mauvaises herbes en-
vahissantes; 4« injure : Vieille poi-
son/
Poivre, poiy'-vre, poivre.
POS
190 -
POU
PoiVBiEB, poty-vrir^éy !• poivrier ; 2«
daphné mezereum.
POLÉON, Napoléon. — L.
POLiTE, Hippolyte. — L.
Politique, adj., pa-H-ti-Iety fourbe,
hypocrite, sournois.
POLTRAIT, ^ol-tre, portrait. On pro-
nonce auBBi puvltrê.
PouM ADB, po'wa-de (avec les sens fran-
çais : ) marc de pommes. Vallée d'ïè-
rps : cpoma».
POMMAOK, pon-mà'je^ type de pommes,
nature de pomineb. TV** un bon po-
mage. Kn anglais, pouiaje = cidre.
ToMOX [forme primitive], po-mon^ pou-
mon.
Pomper, boire, avec sens défavorable.
— L.
Pondre, pon-dre, pondre, Palscirave
(p. 601) conjugue ainsi : Je pims^ nous
ponnoM, je ponnyn, j'ai ptmnu^ je
ptmdray, qve je ponne^ pondre. Plu»
sieurs de ces formes sont restées ici
en usage.
PoNEUZ, morceau de marne taillé en
forme d'œuf, qui marque aux poules
l'endroit où elles doivent pondre.
PONGNABD, pon-çnar, poignard.
POMNAISON, ponte de la volaille.
POMNELER, pon-n'U, pouliner.
PONNERÊYE, pon-n^neye^ crotin de che-
val. On dit parfois (1 — r) jpimneleye.
De «ponne» = ventre. Voir Dm.
POPA, />o-j9a, papa; dit aussi apoupa».
POPON, po-ptm^ pompon. A H le popon*
[sens déjà usuel. J
PoPONNé, po-pon^/têy pomponué.
Popote (faire la)^ faire la cuisine.
— B.
PôR, pôr, pour.
PoRETTE, jpo-^-f ^, jeunes poireaux à re-
piquer. Palsorave : Porretf young
lekes = purretttty J'èin.
PORICHINB, lo polichinelle; 2« bouffon
très divertipsaut par ses grimaces. — B.
PoRloy, po-rio?*, et j^^'-SM^tt, narcisse jaune
(N. pseudo- narcisse); ne s'emploie
guère qu'an pluriel.
PoKMAiSQnE,/7^r-m^->^, quand, lorsque.
PORTAL [orthographe primitive et la plus
légitime], porta, portail.
PORTEBALLK, por-te-ha-le, colporteur.
PORTEUX, por-ten^y porteur; spéciale-
ment a voiturier du tissage ».
Pose, po-ie, pause, espace de temps un
peu long.
PosETTR, po-zfi-te [littér* « petite pose »].
Locution : fttire vue chose à tes po-
settes = la'ftiire par petits espaces de
temps [à son loisir, dit Mathurin Cor-
diorj, a son aise, parfois en amateur.
Basse- jyormandiey^repomtte n.[EU>uen
emploie plutôt : « à sa posette. »]
POSIAU, poziawy poireau ; au pluriel :
posiâ.
Poste, s. fém., poss-te^ l** poète. Aller
la poste = aller très vite ; se dit sur-
tout d'un cavalier ; *29 grain de plomb.
Vêla qveuque chose de rare : eunn pê-
drix qui iCa rechu qv'evnn poste, et
qu'est tombée morte tout de même.
Poster, se dit d'un cheval qui va au
grand galop. — L.
Posture, pos-tu^ posture.
Pot (o brefj, mesure d'environ deux
litres, surtout pour le lait et le cidre.
— L.
Pot à couver ^ écuelle d*une chaufferette.
— B.
PÔT, pùy V iK)teau ; nnsrlais post [c'est le
mot Trançais primitif] ; 2** pierre per-
cée dans laquelle on place une perche
pour un parc de ^lêche.
Pot AIN [orthogr. du xviii» s.], po-tin^
fonte de fer pour les ustensiles de
cuisine.
Poterie, pô^ftie, poterie.
POTETE, po-tê-ycy potée.
Potiche, po-ii-chey cuisine. Faire la
potiche.
Potin, pn-tin'^y potin, c'est-à-«iîre : !•
commératre, ranâchage; 2* bruit, va-
carme. [Est au Dict. gén.'l
PoTiNER, po-ti-né, !• babiller, faire des
commérages ; 2* faire des remontran-
ces à contre-temps.
POTINIBR, tuB, po-ti-nié, rabftchenr.
PoTBiNNE, po-tren-ne, poitrine. Jl a
eunn rude potrenne. — L.
PouAG, jKma/b, pouah I interj.
Pou ACRE, poua-cre, 1* adj., sale, dégoû-
tant [sens usuel] ; 2« subst, pustules
sur la peau ; en général, mal conta-
gieux. Tu jteux bien bé emprés mai ;
je n'ai pas le pouaere.
Pou A NT, pouan, puant. Synon. « piant ».
PoucHiN,/^im-cAti|2^ poussin.
PoucHiNÉE, pou-chi-nêye, couvée de
poussins.
PoucHiNER (SE), pou-chi-nè, se déliter,
en parlant de la chaux vive^ de la
marne après une gelée, etc.
PouciiiNlÈUE, pm-chi-niéy 1® poule qui
élève des poussins; V femme qui a
une nombreuse postérité ; mère ponstir
nière; 3* les Pléiades ^constellation).
Poudre, pou-drr, 1° poussière. On ne
dit jamais « lu poussière du chemin >,
mais c la poudre du chemin », comme
les auteurs du xvi«s. ; 2^ poudre de
chaiise, et autres sens franc.
PouÈRE (peu usité), j)oué, poire. — Voir
jjère.
POU
- 191
PRÉ
Pouf, f^mf;. Locution : gro»pouf = nn
lourdaud, au physique ou au moral.
PouFFiASSE, femme de mauvaise vie.
- L.
PoniLLABD, pou^yar^ vaurien (de la
classe de ceux qui sont généralement
pouilleux) .
PoniLLON, pou-yon, poailleuz.
Poulet, pon-lê, 1« poulet ; 2* fig. hom-
me fort et courageux, énergique; c'est
l'opposé de d capon 9. Poulette dési-
gne de même une femme r^^solue. En
Basse-Normandie, poulet d'un fruit =
noyau.
PouLBTTB, pou-lè-te, !• jeune poule;
2* jaune d'œuf ; 3® voirp^^wZ^^.
PouiilEB, poû4ié, l» poulailler; 2» au
Havre, bancs de sable et de galet.
PouLOT, pou-lo^ tout jeune enfant, bébé.
I^e Vpoulot = faire l'enfant.
PoulottiAbb, poU'îo-tié, qui aime les
petits enfants.
POULTBAIT, poul'trê, voir paîtrait.
POUPA, pou-pa, voir popa.
POUPOTE, pou-po-te^ pain mollet [la
a régence ■ de Rouen].
POUQUE, Dw-id, 1« poche, sac ; les pré-
cieux disent « pouche d. Locution :
Etre dans la pouque à Flippe (Phi-
lippe) = être dans Tembarras. — En
Northumberland, pohs; 2» fille de
mauvaise vie.
POUQUBB, pou-kié {laruTie), bouffer d'une
façon disgracieuse. Son habit li pouque
dans le dos,
POUQUKTTB, pou'kiè-te (littér* (cptite
pouque 9), poche, spécial' : d'habit.
Faire ponqvette = mettre dans sa
poche une partie de ce qui est servi à
table. Anglais poket,
PouQuiE, pou'kie, le contenu d'une
or pouque ». Voir c héreng »,
PouBCACHEB, pour-co-ché, pourchasser.
PouBCEL, pour-eê^ pourceau; on dit
aussi c pourciau ». Le pluriel des deux
formes est pourciat. — Cest la seule
forme usitée à St-Jouin, même au sin-
gulier. Çueu gros pourcias! se dit d'un
nomme gros et gourmand.
PouBCELiNE, pour-ce^-lin-ne, porcelaine.
POUBICHINEL^ pou-ri-chi-nê^ voir pori-
chiné.
PoOB POINT. . . = pour ne pas. . .
POUBPBE, pour-pe^ pourpre (maladie).
POUBQUI QUE... = pourquoi?... —
L..B.
POUBEITUBE, pou-ri-tu, pourriture.
PouBSIfiUTE, pour-sieu-te, poursuite.
P0UB8UIB, pour-suî^ poursuivre. Le mot
se lit en 1387 dans une pièce envoyée
par Charles VI au bailli de Caux.
PouBVAKiTE, provende, picotin d'avoine.
— L.
Poussas, pou-çâ, courtaud, homme gros
et court. Northumberland : possy.
Poussette, pou-rè-te, le jonc des cra-
pauds Cjuncus bu/onius).
P0US8ÊTB, poû-oeye, pousse d'arbre, le
a bourgeon » des jardiniers, [spécial :
branche qui se forme au-dessous de la
greffe ou de l'écusson sur les entes,
sur les rosiers ; autrement dit a gour-
mand !>].
Poussière, pim-cié^ poussière. Faire
sa poussière = se pavaner.
PoussiEBS, pou-eié^ I* grains de pous-
sière ; 2* pustulfs, boutons; 3* racines
de mauvaises herbes ramatii^es dans
les champs ; 4* herbes sèches et autres
débris qui flottent sur la rivière. Y a
des poussiers au râtelier du moulin.
— Ne s'emploie qu'au pluriel.
Poussif, pou-cif, l* poussif ; 2^ ognon
poussif =3 oignon malade et qui ne
peut pousser.
PouvEB, pou-vé, pouvoir, verbe.
PouvoiB, subst., pou-voué^ pouvoir.
Pbais, prêe, accident très grave. Attra-
per san prais = être victime d'un ac-
cident qui cause une maladie ou une
infirmité. — Voir prêt.
Pbarie, prâ-ie et prâ~rie^ prairie. On
dit quelquefois ptarie.
PaÊ, prê^ pré.
Pbbcaution, pré-canhcion^ précaution.
PbÊGHEIIENT, prê-ohe-man^ sermon.
Pbêcheuz, prê-eheu^, prêcheur, prédi-
cateur.
Pbéfecture, pré-fec-tu, préfecture.
Pb^fâbable^ pré-fé'âble, préférable.
PbAfâbenok, pré-fé-ance, préférence.
PbéfAbeb, pré-fé-é, préférer.
PbéhaturÂ, pré-ma-tu-é, prématuré.
Preneux, pre^-neti'i^ preneur.
Pbépias, le pied d'un bois taillis.
Pbepos (A), pe^'pô (vieux) et pre^-pê,
à propos.
Pbés, préef près.
Presque, subst. masc, homme d'hu-
meur inégale, qui se fâche vite. — L.
Pbesseux, pré'ceu^^ pressoir.
Prêt, prè, uniquement dans : Attraper
san prêt = recevoir le coup qui a
causé la maladie ou même la mort.
Pbêtbe, prê'te, prêtre.
Pbetintaillb, pe^r-tin^-tâ-ye^ son-
nailles.
PREUCHE, preu-ehe, proche, près. Par-
fois prononcé prêche'^
Peévaib, pré'vèy prévoir.
QUA
— 192 —
QUA
Pb]&vi6tanok, pré-ri-yan'^-ee^ préro-
yance.
Pbévisoibb, prè-vi'zouéy provisoire.
Pbièbe, pri-yéy prière.
PsiiiBUR, pri-meu, primeur.
PBIN8, prin^, pria.
Pbinsb, prîn^-ze^ prise, participe de
<r prendre ».
Pbii^sse, prin^-ce, prise (de tabac) ; Ar. :
prendre une prinsse = respirer une
boufifée de mauvaise odeur.
Pbinsseux, prin^-cen'*^ priseur.
Pbivkb, pri'vé, apprivoiser [encore dans
Bufifonj. J'ai eunn corneille privée,
Pbooubeb, pro-cu'éf procurer.
Pbofondbub, pro-fon-dev, profondeur.
VROM^VfA.j>E^ pro-m'fiade^ !<> promenade ;
2* primevère, appelée ailleurs « pro-
merolle, pomerolle i>, etc. ; à Oon ne-
ville a promenole :».
Pbope, pro'pre, propre. Grand prope
à rien!
Pbopice, pro-pi-cê^ propre à..., utile
à... Cha n'eêt pas 2>f<fP^^ à grand
çuûi.
Pbopbiétaibe, pro-prié-tét propriétaire.
Pbouvibb, prtm-vié, épervier (oiseau).
Gras comme un prouvier,
Pbovemne, pro van-ne^ pro vende.
Pbovbubial, pro-ver-bia, proverbial.
Pbovinçabd, prO'Vin^-çar, provençal.
Peddhomme. Pois prudhommes = fèves
mange-tout. — L.
Pbune, prun-ne, l» prune ; 2^ mauvais
coup.
Pbunier, prun-nié^ prunier. Sot comme
un prunier [est-ce à cause que le pru-
nier est très cassant ?]
Psaumetieb, psô-m'tié, psautier. [Ail-
leurs « sauptier ».]
PnOHB (ainsi dans Palsgraye), pn-ché,
puce. A la Sainte- Luchâ (Lucie, 13
décembre\ le jour creit du saut i'une
puche. [Ce qm était vrai, comme Tabbé
Mase Ta montré ailleurs, avant la ré-
forme du calendrier en 1582; on voit
ainsi que le dicton remonte au moins
au milieu du zyi* siècle. Il se lit en
effet dans le recueil de Sussanaj,
1549.]
PucHBLAOE, pU'ch'la-jCy pucclage.
PncHEB, pu-cké, puiser. Dans le sud
de l'Angleterre, poœh = cruche.
PuoHBTTE, pu'chètc^ épuisette. [Ailleurs
petit filet conique.]
PuoHBUSE, pu-cheu^'Ze, vase ou instru-
ment pour puiser.
PnoHON, pu'chany puceron ; altise, puce
de terre.
PuoHOT, pu-choj endroit d'une mare ou
d'une rivière, préparé pour y puiser
de Teau ; spécialement le trou fait
pour cela dans la glace.
Pue, pu, peur.
PuFlNNB, excréments. — B.
PUPIN, 1* pépin; 2* les pommiers eux-
mêmes, la première année du semis.
-L. B.
Pub, pure, pu, pue, pur, pure.
PUBEB, pu-ê, !• purer, c-à-d. faire sor-
tir l'eau d'un linge, etc.; 2« former du
pus, ou en jeter.
PuBEUZ, pu-eu^^ peureux.
PUBIN, pu'in [le sens agricole est cité
par l'Académie], pus qui découle d'un
ulcère.
Pus, pfc, plus. Locution : Pu souvent!
exclamation négative = jamais, pas
du tout. Pu souvent que j te vas don-
ner cha!
PuTEL, pu-tê, mare pour Tégoût du fu-
mier ; l'eau de cette mare.
PUTÔT, pu-tô, 1» plus tôt; 2» plutôt.
Q
QUADBIL, cadri^ quadrille.
Quai, kyè, voir a quoi 9.
QUAiaJEMT, kain^m^nt^ presque; altéra-
tion de «quasiment».
QUAINE, kyin^-ne, chaine.
QUAINKBIE, kyin^'n'nie, encbaÎDement
de difficultés, de tracas.
QUAIBE [ancien français «chaièrei)],
kiée^ chaise.
QuAiBEB (SE), ké-éy s'asseoir (pour u se
chairer >. On dit aussi :
QUAISEB, kié-zé, asseoir. Çuaisez-vo =
asseyez-vous.
QUALIFIEE un outil ^ s'en servir avec
précaution, de peur de le briser. — L.
Quand que? quand est-ce que? — L.
QUANTÊCHE ? quand est-ce ? — L.
QUABANTE. Locution : fm*en fiche com-
me d*Van quarante = je m en moque
absolument. — L.
QuABT-D'HEUKK, car-deu. Locution
Pour le quart d'heure = pour le mo-
ment.
QUABTIEB, car-tié. Locution : Faire
quartier = éviter les ornières, car-
tayer.
QUE
— 193 —
QUI
QUART-MOIKS, ear-oMîtt^ le quart qui
précède rheure. Le quart vioins de
midi = midi moins un quart ou onze
heures trois quarts, u Quart-moins »
est un vrai suostantif composé ; ou, en
quelque sorte, le quart négatif au sens
algébrique.
QuABTON, ear'fton, quarteron.
QUABTONNIBB, ear-toH-^niéf qui lésine
[littéral^ qui coupe les choses en quatre.]
Quatorze, ea-iôr-zt, quatorze. Hors de
la vallée, ou prouonce parfois «ca-
to-re» ; qnatore ans.
Quatre. Locutions : N^pas râlé le»
quate fers d'un mauvais quien s dc
rien valoir. — Axé les quate fers en
le = s'être jeté à terre. — Avé fait
les quatre -vingt - dix - neuf coupai =
avoir commis tous les excès.
QuÊLKR, kiê'lé^ faire sev petits, se dit
d'une chienne ou d'une lapine. V. Del-
boulle : acaier».
QUEMEMCUBMENT, k'man-ch.'tnany com-
mencement.
QuEMENCHEB, k'tnanckéj commencer.
QUEMIMETE, kmi-nê-ye^ cheminée.
QUByiKSE, hmin^-ie, chemise. [Locu-
tion : I sont eu Mme le c, et la q'minse
= inséparables; avec nuance de
blâme.
QUEMIMSETTB, Jù min^-zè-te, chemisette.
QUKK AILLE, ke-nâ-ye, canaille, dérivé
de «quieu». Le vieux français disait
chiennaille.
Qu EN AILLES, subst. pi. k-nârye^ tenail-
les (étudier lu changement au t en k),
QUEKAILLOM (forme diminutive), ke*'
nâ-yon, canaille.
QuÊME, kyin-ne^ chêne.
QuÊKBE, kyîn-nêye, chênaie. Se prend
souvent comme synonyme de u futaie 9.
QUEBBON, kier-boîi, charbon.
QUBBBONMIEB, kyer -bon- nier ^ char-
bonnier.
QuBBCAN, kier-can, !<> carcan; 2? pe-
tite clôture en bois qui protège les
arbres contre le bétail ; ii" vieille va-
che. — L.
QcBRCASBB, kier-ca-ce, carcasse.
QUBBDEB, kier-dé, r disputer, injurier;
2* carder? [Si l'emploi est douteux.
au propre, la dérivation métaphorique
du sens n** 1 ne parait pas l'être.]
QUEBDAiLLEB, kier-do-yé, augmentatif
et fréquentatif de u querderD, n^ ï,
QUEBDEUX, kier-deu'^f chicanier.
QuÉBETTE, kié-è'tef charrette.
QUBBIB, cri, quérir.
QUEBLIN, Charles. L. — Effacé pour
la variante : u Chéries ». — B.
QUEBMIKB, kier-min-ne, charogne. Lo.
cution : tenti la quermine = puer.
QuÂBON (vieux), kyé-vn, charron.
QUBBPENTE. kier-pan-te, charpente.
QUERPRNTEB, kier-panté^ charpenter
souvent, par extension, arranger, ou
faire un travail bruyant, ou endn dis-
cuter violemment.
QUBBPENTIEB, kier-pan-tié, charpen-
tier.
QuEBQUiLLE, longue jambe crochue.
— L.
QuÉBUB, kié'ue, charrue. Palsobaye :
schare of a plovghe^ cultre de ckérue.
QuÉsiOT, kié-zio, chariot d'enfant.
QUESTIONNEB, kies-tion-né, disputer,
se quereller.
QuÊTiN, kiê-tin^ ressources à peine suf-
tisantes.
QUKTOU, kC'-ttm^ cochon. Çuetous! que-
tout ! cri pour appeler les cochons. On
s'est demandé s'il y a là un calem-
bour : « (plus gentil) que tout nlll
Queue, kûe, queue. Queue de renard,
sorte de tleur longue et rouge.
QUBUQU'MBNAS, quelque chose cachée,
mystérieuse. — L.
QUEUBCi, perdu, mort. — L.
QUETTÊYE, kyêtt'-têye, charretée, char-
ge d'une charrette.
Queute, kyeu-te, voir ocueuteD.
QuEVETS, A*tv, chevêtre, licou de corde.
Queveu, k'veu, voir «gueveu».
QUEVILLE et queviller,À;Vi-yff et Vvi-yi,
voir cguevilleri».
QUBVBE, kié-vre, chèvre, rare en par-
lant de l'animal.
Quia [mot cité au xv« siècle et admis
au Jj-ict. général], — Locution : lûtre
à quia = sans ressources, malade sans
espoir.
QuiACHE, kia-che, 1° mâchefer; 2" ré-
sidu du plomb ou autre métal en fu-
sion ; '6** chiasse de mouches, etc.
QUIACHON, kia-chon, le dernier né d'une
nichée d'oiseaux (diminutif de iquia-
che»).
QuiAMAND, kia-man, quémandeur.
QuiAMANDEB, quia-man^-dé, quéman-
der.
QuiANLiT, chie-en-lit. — B.
QuiANQUiAN, kian-kian, discours peu
sensé.
QuiANQUiANEUX, kian-kian^neu^ , hom-
me sans raisonnement.
QuiABD [ce doit être la forme commune
c chiard :d], kiar (moutard), méchant
gamin.
Quia s, kiâ, 1» homme sans énergie; 2*
vantard, prétentieux.
QuiAULÊTE, kiaw-leye, bande nom-
breuse d'enfants; terme de mépris.
BAC
- 19*
RAG
QniAULlv, kiaielin, bambin, terme de
mépris. [Serait-ce pour « giaulin » ?]
Quiche, ki-ckcy chiche; avare.
QniE-feN-Lrr, hyan-H, chie en lit ; pro-
pre A rien. Il a pour synonyme :
QUIB-BK-POT, kian-pOf chie en pot.
QniVN,QUlBNMB, kyin^, kyiH'-neyOhienj
chienne.
QuiEB, kyé, chier.
QuiGNETTB, ky-gnè'te, attache des ani-
maux, pourvue de deux trous. Locu-
tion : Il est compté comme le troijtième
trou d'une quignette ■= il n'est guère
considéré.
QuiLLABD, ki-yar, jeu de paume qui em-
ployait une batte et une liallede cuir.
Qdilleb, ki-yé, lancer une balle, soit
avec la main, soit avec une batte.
QUIN-CAX, kin-can, !<> hi-han, cri de
r&ne ; dit plus souvent c quincanne-
ment » ; 2* [métaphore peu flatteuse]
potin.
QuiNCAKiBB, qui potine. * L G.
QniN0AKi4ER, kyin^-ean'né, 1» braire;
parfois appliqué aux sous nasillards de
l'orgue ; 2* potiner ou se plaindre sou-
vent.
QuiNOHON, kyin^hon^ ptnsson ; dimi-
nutif quincheton.
QuiNZ^E. Locution : quinze parmi qua-
torze = pêle-mêle, en desordre ; —
quins jours f contraction de c quinxe
jours j> ; — qrand quinze tfât^«= grand
dadais. On suppose ce dernier mot né
d'une erreur populaire sur le nombre
des côtes de l'homme et de la femme.
QuiQUE, gadoue. — L.
QuiQ*EOK, vidangeur. — L.
QuiQUi, kyi-kyi, 1« imbécile, fiûble
d'esprit et de corps ; 2<* abréviation
pour « qui est-ce qui "^qui qui rient?
— L.
Quitter, kyi-té^ souvent c laiisser »: quit-
te-mai tranquille ; quitte eha là.
Quoi, eo*\ bien, fortune. Avé de quoi ^^
avoir quelque chose ; répond au c du
quibus j> populaire. Manger san quoi.
QuoiQU*CHA, malgré cela. — L.
R
Rabatte, ra-ba-te^ rabattre.
Rabellie, ra-he-lie, embellie.
Rabette, ra-bè-te, navette ? (hrassica
hispida,)
Rabiot. Locution : faire du rabiot , se
dit du soldat retenu au service après
les autres.
Rabiotaoe, filouterie.
Rabioteb. 2 rabiote su tout = il rapine
sur tout.
Rabibtoqueu, ra-bis-to-lié^ raccom-
moder.
Rabitubr, habituer de nouveau.
Rabot (outre les sens usuels), !<> outil
pour enlever la boue des routes ; 2*
boyau.
Rabouin, ra-bouin^, radotage; mur-
mures répétés sans sujet.
Rabouinbb, ra-houin-né^ murmurer,
grommeler.
Raboulkb, ra-boû'léy renvoyer la boule ;
parfois, redonner eu général : RabonU-
mai Vpin,
Kacacheb, ra-ea-chéf rabattre des ani-
maux, les faire revenir au point de dé-
part.
Racallie, ra-ca'lie (accalmie], calme
qui succède à un coup de vent.
Racabtillaoe, ra-cass-ti'yâ'jey mau-
vais raccommodage.
Racastilleb, ra-eass-ti-yéj réparer des
choses trop usées.
Racauleb (se), ra-caw-U^ se réconci-
lier ; voir caule,
Raccoumodeb, ra-co-mo-àé^ souvent
rae-mo-dé ; 1* raccommoder ; 2» mettre
eu javelle derrière le fiiucheur.
Raccomhodeuz, ra-ro-Jii<Mf^i«3, metteur
en javelle.
Raccoubchi, Bubst. masc., ra-cour-ehi^
chemin de traverse qui rave&urckii les
distances ; j'onsprins Vracourchi,
Raccourchir, ra-cour-cki^ raccourcir
ou accourcir (le présent de l'indic. est
irrégulier : f raecourehe..,) — [L'eu-
phémisme (pour guillotiner) est entré
dans l'usage.]
Raccroc, ra-cro ; \^ repas composé en
partie des rehtes d'un plus gnuid ; 2<*
coude de chemin ? — Locutions : messe
de raccroc ~ d'action de grâces, le
lendemain d'un mariage, [dès le xiv"
siècle, d raccroc j» est appliqué aux
fêtes qui suivent les nocesl. — Par
raccroc = après coup ? ou par hasard.
Raccrocher (bc), ra-cro-chè, se dédom-
mager d'une perte en gagnant d'un
autre côté.
Raccroupir (se), ra-ereU'pî, plier les
jambes étant assis ou couché^ sens que
n a jamais u s'accroupir ».
RACi, ra-céf de race. Itaoé voleux.
nAG
— 195 —
RAV
Kaciiink, ra-chin-ne, racine.
Rachinel, rorchi-nê, grosse traverse
qui supporte un poteau, l^e plur. ra-
ckiniâs =■ le franc, «c racinaux ».
Rachiku, ra-chi-nUy pourvu de racines.
Baclête, ra-dê-t/fy raclée.
Kacoik, ra-eouiHy recoin.
Raconduirb (n'est pas synon. de «re-
conduire 9), ra-côfi'duiy ramener.
Racquit, ra-ki (au sens vieilli de rac-
quitter). Jotter au raquit = jouer
pour regagner ce qu'on a perdu.
Racitl, ra-cu, impasse, lieu sans issue.
Racole K, ra-cu-U^ reculer.
Radanser, secouer, agiter, comme un
mauTaîa chemin fatigue une voiture.
— L.
Radimgote. ra-din^-go'te^ redingote.
Radom, ra-don (radon).
Radoobler, ra-dov-bié, revenir sur ses
pas.i/ eêt radovblê = il est de retour.
Radoughib, ra-dou-ehi, radoucir.
Rafale, ra-fa-lê, ruiné.
Rafawqubb, se dit du &ucheur qui,
après avoir coupé trop haut, repasse
pour raser les éteules. — L.
Raffe ou rafle, type ou air de fa-
mille. Je Ut rccannais à la raffe,
Raffiler, ra'fi4é (quelques-uns di-
sent tt renfiler»), affiler, aiguiser.
Raffileuz, ra-Ji'leu^y repasseur de
couteaux.
Raffillaqe^ ra-Ji'lâje, voir a affilage 9.
Raffiki, ra£Qné. — R. Be dit spéciale-
ment des fromages bien à point d'être
serTls.
Raffoler, ra-/$-lé, raffoler.
Raffut, ra^/Ut vieux meuble.
Rafistoler, ra-jd-to-lé, raccomoder à
la hfite, remettre en ordre [f ens moins
favorable qu*au Diet. gén.]. Voir J. T.
Rafdler, coiffer à peu de frais. — L.
Ra GACHE, ra-ga-che^ 1<* buvette babil-
larde Çsglvia ourrucaj; 2<* femme ba-
billarae ; 3° (ailleurs) personne revêche.
Baoacheb, ra-ga-ché^ 1* crier, en par-
lant d*une pie; 29 au lig. quereller,
appliqué presque exclusivement à une
maîtresse de maison : quand ma
femme te met à ragaoher^ y a de quoi
êe sauver.
Baoaone (terre), pleine de racines, peu
productire.
Raoalopsr, galoper vers l'endroit d'où
l'on vient. — B.
Raoif, ra-gif, actif, vif.
RAOoaNASSE, ra-gon-gnacef nom col-
lectif, 1* aliments de mauvaise quali-
té (viande ou légumes); 2« au fig.
troupe de vauriens.
Raoot, chéri, préféré. — L. (cité au
sens de ((bavardages par le Dict.
général).
Ratde, rê'âe, adj. P raide ; adv. 2« très,
tout à fait ; f^ett raide mauvaUt ; —
c^cët raide cha = c'est tout à fait
cela : 3* Vite. Courir raide ; ^ il fait
cha raide,
Raidimkt? rè'di-mèf force physique.
Çu eidrelà to donne du raidimet,
Rainchê, rin^-chê, rincé, dans tous les
sens du français; ruiné, battu. La
prononciation du patois ne (lermet
pas d'écrire rin... Voir 4 rainchêye ».
Raincher, rin^-chè, rincer; spécial'
passer à grande eau le linge d abord
coulé à la lessive, puis lavé, avant de
rétendre.
Rainchette, rin^-chè'te, eau-de-vie
prise après le café. Les précieux préfè-
rent le français rincette.
Rincheuse, rin^-cheu^'Ze (rinçure).
Raingh&ye, rin^ehê-yet au plur. rtn^.
clUe^ volée de coups : de (ErainsD
ramuê, d'où raiaseau aujourd'nui
arainceau».
Raine, rin^-ne^ grenouille, quelle qu'en
soit l'espèce.
Raison, rè-zouj 1» allégation, parole.
Aeé des raisons aveu queuqu'nn =
se quereller; 2^ mauvaises raisons =
injures.
Raisonner, répondre mal à une remon-
trance on à une réprimande. — L.
Rajouter, ra-Joû-té^ ajouter. Se lit au
premier feuillet d'une Passion tra-
duite pour Isabeau de Bavière, reine
de France (ldd6j, manuscrit inédit
[de la bibliothèque de M. Maze].
Ralgâuir, ral-gé'i, voir calgérir».
Raller (s'en), ra-léy s'en aller, s'en
retourner. HiUlez-vovs de /à, tas d'ga-
lopins! Au fig. se tirer d'un mauvais
pas. Parfois se r n'aller ^ pour a se r'eu
aller]). — Semble avoir été en quelque
faveur, témoin l'ancien dicton : Ce
qu'est venu de pille pAle, s'en rêva de
tire tire,
Rallongner, ra-Um-gné, rallonger.
Ramalinir, ra-tna-li'niy devenir € ma-
lin p, intelligent. Ne s'emploie qu'avec
la négation.
Ramarrbr, ra-ma-^, renouer; amarrer
de nouveau.
Ramendek, ra-man-dé; 1« s'améliorer
en parlant de la santé. Y a ramendi
a il va mieux ; 2» [ce sens longtemps
donné par l'Académie est encore au
Dict. général] diminuer de prix.
Rambntevoir, ra-manrtê'vé^ remémo-
rer, faire souvenir ; mot du zii* siècle,
conservé dans les dictionnaires, maif
prtsque disparu de l'usage français.
RAP
— 196-
RAT
Ramiauleb, miauler de nouYean. — B.
RAJf IKB, redeyenir ami 7 ~ B.
Kamokeuz, ramoneur. — B.
Ramokt£K, ra-^noH-té, remonter.
Ramoughlek, ra'nunhvk'léj amonceler
de nouveau.
Ramoumeb, ra-mou-né^ ramonner ; au
tig. luBtiger, gronder. Locution : ra-
monner ou ramounadler une câte, la
monter ; (et encore) cultiver des terres
en côte.
RAJfOUMEtJZf ra-mou-neu'^ ramoneur.
Rampstacheb, ran-pe^-ta-ehé, voir ra-
petacher,
Ram PlECUEB, ran-pié-ché^ voir rempié-
cher.
Rauucbib, ra-mu'cri^ mouiller légère-
ment du linge avant de le repasser; en
général, humecter.
Han, ran^ bélier ; en anglais, ram.
Rangée, rau'^-cé^ avoir la respiration
gênée, râler, [h, donne le diminutit
<£ rançonner j>.\
Rancuhme, ran-cun-pie^ rancune.
Raudi, individu qui reluque à droite et
à gauche.
Rakdouilleb, ran'^'dou-yè, !<> bouillir
à petits bouillons trop longuement ; 2*
se ait aussi au râle crépitaut.
Ramqie, ran-Jie, rangée.
HAPAmEB, apaiser. I m'a dit d' grosses
suUises; mais i s'est rapaisè, — B.
Rapasseb, ra-pâ-cé, repasser, au sens
de « passer de nouveau d. Mapaëser
d'un pays [sauf -conduit du Valasse,
1636J. — Mais au sens de tt lustrer le
linge )) ou de € tromper d, le verbe
« repasser d se conserve, en se pronon>
çant r passer,
Rapbtacheb, ra-pe-ta-nhé, rapetasser.
Rapeticheb, rape-ii'Chéf rapetisser.
Rapiamcb (<2tt), bénéfices plus ou moins
licites dans leur origine. — b. [Mot
que les paysans n ont certainement
pas trouva.] Ou y voit une allusion au
rapiamur ae la Frélace de ^oël. —
L O.
Rapin, ra-pin, voleur en petit.
Rapoubseb, ra-pou-càj pousser yers
quelqu'un.
Bappakkilleb, assortir de Tétoffe ou
d'autres objets. — L.
Rappokt à... = à cause de. . . Bapport
à vous^ j'diiCrons plus tôt, — L.
Rapbécueb, ra-pré-c/ié, rapprocher.
Rapsaudeb, rap-saw'dé^ 1° raccommo-
der de vieux objets ; z» vagabonder :
qui qui rapsaude dans les côtes — que
xait-ii dans les coteaux (des talaises)?
Rapsaudeuse, rap'SarV'deU'zei laccom-
modeuse.
Raptil (collectif), rap^i^ tiges de colza
battu.
Raqemodbb, rac-mô-déj raccommoder.
Rabetbb, rar-té^ arrêter de nouTean :
nn vcleux.
Raboutée (se), rarou-té, se remettre
en route.
Rarbiveb, rorrùvé, arriver de nouveany
revenir.
Rase, adv. , ra-ze^ ras, res. A nue de
terre = au ras de terre ou rez de
terre ; — à rase bord.
Raseux, rorzeu'^, !<> rasoir; 2^ barbier.
Rasiebb, ra<iè (rasière), mesure de
50 litres.
RASfiiÊTBE, ra-ciè-tCf rasseoir.
Rassis, ra-cl, dépôt au fond des bou-
teilles.
Rassouplib, ra-çou'pliy assouplir.
Rassubbb, ra-çfiréj rassurer, dans touB
les sens.
Rat, terme d*affection : man rat = mon
petit ami, mon chéri.
Ratalokmeb, ra-ta- Ion-né ^ voir renta-
lonner,
Ratambecf, ra-tem-heUf plante, onomU
spinosa; selon L. arcensis. Ailleurs
« retambeuf p, abréviation de «c arrête-
bœuf ».
Ratatouille, ra-ta-tou-ye^ ragoût de
viandes et de pommes ae terre, appelé
aussi a miroiou » ; n'a pas la signifi-
cation méprisante du français.
Rata un Ê Y E, crise de douleurs. — B.
Ratel, ra-tèf râteau.
Ratelaqe, ra-t'la-ge, action de r&teler.
Ratkleux, râ't'leu'f râteleur.
Ratelèye, râ-tUeye, râtelée.
Rat ELI NS, rà'Vlin, subst. masc. plur.,
grains venus du râteiage.
Râtelle, râ-tè-le, grand râteau pour
recueillir les débris de la récolte.
Rater, se dit du cheval qui mange
l'herbe de près. — B.
Ratiboisée, ra-ti-boy'^é, l® réparer
sommairement des objets qui ne va-
lent pus uu bdu raccommodage ; 2*
(ailleurs) gronder.
Ratièbe, ro'tiéy ratière.
Rat-lébot, ra-lé-o, loir, lérot.
Ratôbneb, ra-iôr-né^ retourner, au sens
de qimetire à l'eu vers», — Au fig.
Ratorner sa veste = changer de sen-
ument.
Ratobnete, au domiuo, le joueur qui
gagne trois parties de suite après que
sou adversaire en avait gagné deux,
dit qu'il lui a fait une [culotte] rator-
fieye.
HAV
- 191 -
RÈd
Batoubs, détours. Avé âet ratours =
user de moyens habiles, oa malhon-
nêtes. — L.
Ratours, surtout dans la locution
tunrs et ratoun^ mouTements dans
tous les sens pour atteindre un but,
au propre et au figuré. — B.
Ratbotinbk? ra-tro-ti-^né, rabâcher.
BATBOTINIF.B, ra-tro-ti-tiié, rabâcheur.
Rattaqubb, ra-ta-kié, !<> rattacher; 2°
attaquer à nouveau.
Rattibeb, ra-tùyé, L*" attirer chez soi
avec mauvaise intention. Se rattirer
chez... = loger cbes..., quand on n*a
pas de domicile à soi ; 2* ranger, pla-
cer un objet dans un réduit.
Battiseb, attiser, et rattiser à nouveau.
Le feu brûle mal; rattist-le.
Battbapbr, ra-tra-pé^ 1» rejoindre
(sens français); 2« se rattraper *=
compenser une perte par un profit fait
d*un autre côté. Tout le monde con-
naît le petit conte populaire du mar-
chand qui, perdant sur chaque article,
se rattrapait sur la quantité.
Battpeb, ra-ti'péf rappareiller.
Rauchek^ raft-ché, hausser [devrait
correspondre à « rehausser », mais n'a
que le sens du simple j.
Bauombmteb, augmenter à nouveau.
Vpi% ravgmtnte oco, — L.
Baunceb, respirer. — B. Simple va-
riante de la prononciation de aranceri».
Bauque, raw'ke? rauque.
Rayal, ra-ra, partie du mur entre le
toit et le plancher d'un grenier? — L.
explique a larmier d'un mur 9.
Rav ALLER (en), rava-léj recevoir un
affront sans en laisser rien paraître.
Bavaudeb, ra-vawdé^ 1« ravauder; 2*
faire du remue-ménage dans la maison.
Bavaudkux,-edbb, ffl-rflw-rfdM^j-tfttî-fi»,
ravaudeur,-eu8e.
Ravsimdbb, ra-rin*'de^ ratteindre (un
objet serré à sa placej, retirer. — se
raceinde^ se dit d'un homme dont les
affaires embarrassées se réparent.
Bayel, ra-rf, plante du genre sénevé.
— Selon il., la rave des champs.
Bavbnelle, ra'V'nè-le, violier, giro-
flée jaune; souvent prononcé ram-
nelle,
Bavbb, ra'vêj ravoir. Le français n'a
que l'infinitif, mais le patois le con-
jugue en entier : je rai, tu ras, il ra,
etc. — B ne cite que l'imparfait, le
passé défini, le futur et le condition-
nel. — L. donne le participe passé ru,
Bavetb, griffes. -- B.
Bavikne, ra-vin-nef ravine ; en un sens
spécial : eau chargée de limon par le
lavage des terres, a la suite des gran-
dM pluies.
Bavib, ra-vi, V ravir; 2« havir, se dit
du feu trop vif qui u saisit ]> la viande,
o.-à-d. brûle Textérieur, sans cuire
l'intérieur.
Bavisb, ra-ti-zè, enfant né longtemps
après le précédent; en bas-normand
uredotD.
Bavibeb, regarder de nouveau. / m'a
ruviëé. — L.
Rb initial, dans le sens itératif, se pro-
nonce 0<y ou r\ et se place devant
presque tous les verbes. Aussi a-t-on
supprimé dans ce glossaire tous les
verbes qui ne présentent pas d'autre
particularité intéressante. Les excep-
tions y sont inscrites. — Me tk parfois
le sens augmentatif : Renforçai.
Rbbaisbb, r*lê-zé, tromper ; voir <x bai-
ser j» ; parfois, et plus exactement,
« tromper à son tour, reudre la pa-
reille ». J'te r'bet'zai = Je te revau-
drai cela.
Rebattbe, voir c glanes»; simplement
reprendre la phrase d'une conversa-
tion.
Rebiuacheb, refaire encore des biga-
ches. — B.
Kebin, r'bin^, binage, second labour.
Rbbinoeb, r'hin:^-dèy recommencer [aux
sens les plus divers : y favJt r'binder
= remplir à nouveau son verrej.
Bkbineb, r*bi-né^ 1* « biner d, faire un
second labour; 2" au sujet des ani-
maux, après une saillie infructueusCi
les soumettre à une seconde saillie.
K'blodoueb, remettre une boucle.— B.
Rebond, r^bon^ !<> bond d'un objet qui
rebondit. 1* rendre la balte au rebond
= la saisir après qu'elle a touché la
terre; par opposition à la «recevoir
du volj», telle qu'elle a été lancée; 2*
au fig. conséquence. V'eët nous qu'en
pttrterwHë les rebonds,
Rbboudin, ré'bou'din^ voir reiboudin,
REBOUQUEu, r'boU'kiéf être complète-
ment rassasié. Les autres sens me pa-
raissent n'ôire qu une métaphore
de celui-ci. [L'outu rtbuuque oessus,
se dit d'uu objet si dur qu ou ne peut
i'eutamerj. = JinkedQ i ancien anglais
avait le même sens. ' [l£n lt>;iô, le F.
Monet écrit rebouchtrr, mais au sens
de c émousder s.]
Bkbouub (lacune), cheval rebours a
qu'on ne peut taire avancer, même à
torce de coups. — i.ocutiou ; A la ro'
bour» ^i alen rebours s au rebours.
Reboubbbb, g^r'bour-sé, rebrousser;
éiuousser.
Rebboqueb, r'bro'kié, réparer grotsiè-
remeut un mauvais vêtement.
Rbbbodeb, ré'brou'éf rabrouer.
Becachsb, renfoncer. — B.
luac
— 198 —
REG
Becailloteb (se), 1* 66 réchauffer
(conime une caille au soleil) ; 2° se
remettre d'une maladie. — L. — Mais
B. doute.
RÉCAPEB, ré-ca-pé, réchapper.
RÉCAET, lo lieu écurté; mettre au rè-
(•art ; 1° écart, au jeu de cartes. — L.
BéCABTÉ, éloigné ; isolé de toute habi-
tation. — L C.
RéCABTEB, ré'Car-té, écarter (des cartes).
Recaucubb, r'caw-ché^ rechausser. i?e-
cavcher une roue = en remplacer
toutes les dents.
BiCAU F FEM EX T , ré-catcf-vi an^ réchauf-
fement.
RÂCAUFFER, ré'Cam-fé, réchauffer.
Reoauseb dt...j r'caw'sé, rejiarler de...
J'en recauseron* =: la chose n*est pas
finie, nous y reviendrons ; souvent avec
une idée comminatoire.
R'CBATBEB une roue = serrer la bande
de fer qui Tentoure. — L.
Recbelek, e^r-che^'léf receler.
Reoueleux, r'ohe^'leu^t receleur.
RechÊqueb du grain = le disperser
quand il était en tas. (Synon. recher-
ter. — B.
Reoheboeb, r'eher-jé, recharger. J?e~
chergtr un grenier =: y étendre une
nouvelle couche d'argile ou de pl&tre,
pour le consolider.
REOUhVEB, e*r'Che*'Véf recevoir,
RECHiKCué, avwre; littér. : serré. — L.
Rechikcheu {8^),r*chin^-ché, se rata-
tiner, se racornir.
Kechipeb, rchi-pé, voir rechuper. Du
blé qui rchippe,
Rechu, r'chuy reçu.
Rechuper, e^r-chu-péf pousser de nou-
veau.
Reclaver, re-cla-vé, remettre la <( cla-
veuse D d'un banneau.
Recommekche, e^r-ro-man^che, la même
chose. C/m va tovjou et' de recom-
menche?
Recommenchkb, e^r-co-man-chéi recom-
mencer ; dit aussi e^r'ke-munrché,
R*coNONKU, cogner de nouveau. — L.
Rkcopi {tout)y ré-co-pi^ exactement sem-
blable. C"e*t San pe tout récopi. Voir
recopie. — Dm. a un verbe récopir au
sens de a cracher n. Alors tout récopi
= tout craché.
Recopie, e^r-co-pie, copie.
Recoquilleb (be), se ragaillardir, reve-
nir à la santé. — L.
Reoobdeb un tierre = y remettre une
longe. — B.
Recouseux de plats^ qui met des atta-
ches aux plats fêlés. — L.
RÂCRTRE, ré^crie, récrire. Locution :
Vos avez bien fait d'en récrie ; se dit
t\ quelqu'un qui est guéri d'une maladie
grave. Y aurait-il lA un jeu de mots
avec requerre = prier ?
Rectal, rec-ta^ 8tn>t, exact ; l final se
prononce devant une voyelle : u rectal
à l'heure, rec-la-la-leu ».
Recuivuer, avoir un grand effort }\
faire avant d'atteindre le but de son
travail. — B.
Redanseb, commencer une nouvelle
danse, au propre et au figuré. — B.
Rbdbvalbb, r'dt^-ra-léy redescendre.
Redeveb, e^r-dt^-véf redevoir.
Redigueb, r'di-ghié, se dit : I* d'une
cheville, d'un clou qui ressort après
avoir été enfoncé ; '29 d*une affaire qui
préoccupe. Cte affé-la me r'di-gue,
Redbegheb, r'drê-chê, 1° redresser; 2«
corriger.
Rkduibe, r'duîj redresser au moral ; cor-
riger.
RÉDUIT, r^-rfi//.adj., accablé, u.sé : Cest
un hotnnuf réduit.
Refaibe, r'/a», 1» refaire, dans tous les
sens usuels ; 2" changer de dés, au jeu
de dominos. — Se conjugue comme
t faire i>.
Reficheleb eunn équeîle = y mettre
des barresiux, des c iichias j>, — B.
Refleurir, se dit d'un homme qui,
après de mauvaises affaires, revient à
un état florissant.
RÉforcuemknt, réfor-ckf-man, affer-
missement [M. dit: snbsitances toni-
ques] : / n'est pas bien malade; e*est
du réjorchement qui li/aut,
Réforchek, ré-for-ché, exciter; insis-
ter, i m'a tant réforchni à Wf, qui
m'a sautai comme un cochon.
R'forchi, qui a repris des forces. — B.
Refbaidib, r/rai£{», refroidir. Prononcé
parfois : rcfrédir.
Refbaidit, subst masc, r'-frê-di, re-
froiiiisëoment. Il a attrapé un refrain
dit.
RÉGAL, ré-ga^ régal. [La prononciation
prouve que l'orthographe <c régale » n*a
jamais dominé chez nous.]
Rkqale, subst. fém., ré-ga-'te^ verre
d'eau-de-vie ou de liqueur que l'on
offre en signe d'amitié. Paie-tu la
régale ?
Réoaleb, ré-ga-lé, payer la régale.
Régalib, rendre égal. — B.
Reganeb, re-gan-né, contrefaire en
parlant; bas-lntin acanizare. « Rejan-
ner » dans Bescherelle ; a déganner »
dans J. T. — Voir Delb. : « regainer ».
Rkoabdant, r'gar-daHt parcimonieux.
REM
- 199
fitU
Reoimbleb, r'gin^'hléj !• regimber ; 2*
rebondir.
Begiper, rji'pè, enduire. Probablement
pour regypêer = replâtrer.
RÂOLE, masc.y rè-fjle^ règle, instrument.
Jièglej au sens immatériel, est féminin
comme en français.
Eeoouler, rgov'lé, répondre sèchement
à quelqu'un, de manière à le faire
changer de conversation.
Beouetteb, r'guê-té, regarder de nou-
veau.
Reibetren, ré-bé-trin, voir reiboudin,
RsiBOUDiN. ré-boH-din^j roitelet, tro-
glodyte (oiseau); on dit aussi^ mais
plus rarement, « reibétren », c'est-à-
dire : roi Bertrand.
Beiquimpette, jaquette.
Bejableb, r*jâ-bléj refaire le jâble d*un
tonneau.
Rejoindre. Locution : J'ras te rejoin-
dre ! menace à un enfant fautif.
RÉJOUI, gai. C'eH vn groi réjoui. — L.
Rejuqubb, jucher à nouveau. — B.
RÊLE, rè-lcj 1* raie. Rêledu £^«== épine
dorsale ; 2° poids supposé.
Relekquib, r'ian-kyi, ralentir.
RÊLER, rê-léj 1» rayer; 2* (en horticul-
ture) rayonner, c'est-à-dire planter dans
des sillons tracés au cordeau ; a» at-
teindre un poids prévu : JHonr luè ma
raque rêle trais chenti ; 4° (d'autre ra-
cine) crier après quelqu'un.
RfiLETTK, rè'lê'te, raie de séparation
des cheveux.
RÊLEUX, rê-leu^ (rayonneur).
Relever, e*r4e^'vé, 1<» relever ; 29 lever
un acte ; 3° faire ses relevai lies.
RELEVÊYB,er-Ze«-w-y^, après-midi (après
dSner). Remarquer le re prononcé er
et non e^r ; il en est de même de a: re-
loge ».
Reliais, r'Zte^ arrière-goût. Via de joli
cidre qu'a tout-à-fait bon reliais. —
? Pour « reliefs », de reliqmœ.
Relicher, r'ii-chè^ faire un repas friand
(M. dit : c de valets ? d). En Basse-
Normandie, 9 reliquer d, plus proba-
blement pour (I relécher d. Dans beau-
coup de patois, Licher =s lécher.
Reliqneb, rHi-gné. Locution : religner
vn/our =s renouveler l'enduit inté-
rieur.
Relibbee le fil, le dévider. ~ B.
Rbliter, liter à nouveau. — B.
Reloge, er-lo^ge, horloge. — V. erloge.
Reluqueb, l» tromper quelqu'un, en
faire un peu son jouet ; 2^ regarder
avec application. Çui qu'il a à no r'iu-
qué, c'ti'là ?
Remailler, r^mâ-yé, refaire des mailleB
à un filet, à un tricot, à une chaîne.
Remater (sei, r'mâ-tê, !• se relever;
2<>êtreen pleine convalescence; [3" le
sens le plus près de la racine : pour-
voir à nouveau de mâts un navire dé-
mâté].
Rembanqu]& (le soleil ett) = couvert
de nouveau de gros nuages. — B. Voir
c banque d.
Rehbellie, ran-bê-lie^ embellie.
Rembourbillonner, se dit des déchi-
rures d'un vêtement qui se roulent.
— L.
Rembours, ran-bour^ remboursement.
Rem bouter (littéral^ c faire les bouts d)
du cossart, terminer le repiquage, en
plantant l'extrémité des sillons. — B.
Rembbêlemekt, l'action de rembrêler.
— B.
Rembrêler, ran-brê-lé, 1« remettre une
culotte ; 2<> faire un lendemain à une
fête ; 80 remettre aux bestiaux leur
a rembrêleuse ».
Rembrâleusb [en français c rembrê-
lure »J, sorte de harnais qui empêche
le bétail de brouter les arbres. — L.
Rembroquer, embrocher à nouveau.
— L.
Remeuil, re-meu-ye, dégel.
Remeuillbr, r'ttieu'yéf dégeler.
RéMiER, ré-mié {lacune),
RÉMiNKR, ré-mi-néf ruminer, en parlant
de la rédexion ; à rapprocher de retni-
nisci,
Rkmménaqer, emménager à nouveau.
-B.
Râmonie, ré-mo-niCy mémoire. Locu-
tion ; mettre en remonte = rappeler
(surtout des souvenirs pénibles^.
Remottek, former une moite de terre
au pied de certaines plantes [à peu
près synon. de c rechausser »]. — L.
ejfacé,
Rémouquek, ré-mou-kié, remuer; aufig.
Va-Ven un brin rémovqver l'z'nucriers,
— Remettre sur le tapis une affaire, rap-
peler un souvenir.
R'MOUVBR, mou ver ou émouvoir de nou-
veau. — B.
Rem fêler, ran-pê-lé^ 1° compléter une
pêie de lait; 2" recommencer lallaite-
meut d'un animal sevré.
Rbmpibchkr, ran-pié-rliéy rapiécer.
Rempjetkr, V. act., ran-pié-téy refaire
le pied, liempièter des bas. — He rem-
ptéter = devenir vigoureux ; se dit
d une récolte.
Hkmflacher, ran-pla-ché, remplacer.
Rempli, ran-pli^ repli.
Remplier, ran-pli'é, faire un a rempli d.
be dislingue ainsi de <t replier » = re-
mettre dans ses plis.
Remplir, ran-pli^ remplir.
llËlf
-460-
REfl
Remplumer (se), se remettre bien dans
BOB affaireB. — L.
Rempooneb, ran-pon-gné, ressaiBir.
KEMP0BT8, ran-por, reprises de la femme
Bur les bienH de la comuiunauté et
même sur ceux de son mari.
Re^pouqueb [littéral^ c remettre en
pouque »], ran-pou-kié, se dit d*un
abcès qm se retorme aprèë une guéri-
son apparente ; ou, en général, de toute
maladie qui B*aggraye après un mieux.
Remugbe, Bubfct. masc, r'mu-cre et
r'mu-ki}, voir mucre ; odeur de moisi,
de renfermé, de relent, en général
toute odeur dont la cause première est
l'humidité. t5e prend aussi parfois ad-
jectivement pour <f mucre ». [Autre
forme vieillie « remugle ».)
Remdcbib, r'mv-cri, devenir plus hu-
mide ; sens neutre, tandis que a ramu-
crir D est actif.
Remuée, r'mné, avec les sens français :
1° neutre, déménager ; 2« actif, cnan-
ger de place un animai au tierre ; '6^
tran»plttnter.
Remue ox, r'mu-eu^f qui déménage.
Renaflkb, r'nâ'fié, renâcler, s'ébrouer.
Renabd, r*/iar, l» renard ; 2* suffoca-
cation. Prétoire un renard^ halUsr un
renardj se dit de celui qui laisse le
liquide qu'il a bu, luirevemr par le nez.
Renaudkb, r'nar-dé, !• renifler?; 2"
sans doute, au sens de a prendre un
renard ]>.
Renabbb [être), difficile à tromper. ^
ISelon L. avoir trouvé plus rusé que soi.
REiiCAM POTEE, ran-can-po-té, rétablir
l'assolement d'une ferme.
Remcaugheb, chausser à nouveau. — B.
Rekguain, ran-chin, long détour, au
propre et au figuré.
Rekcontbeb, ran-con-tré, réussir bien
ou mal dans un mariage. 21 a été bien
renci'fUri,
Reugulotteb, ran-cu4o'téy même seuB
que rembrêler.
Rendent AGE, ran-dan-ta-je^ action de
tf rendenter j».
Rekdekteb, rau-dan-té, remettre des
dents aux instruments aratoires : her-
ses, râteaux, etc.
Rekdbuib, ran~dru-îf ragaillardir [Ut-
ter^ : devenir plus dru]. ^ rendruir =»
revenir à une meilleure santé.
Renduibe, ran^duif enduire ; spécial^ :
taire les joints d'un mur.
Rendu IT, rafi-dui^ enduit; rejointoye-
ment.
Renel, r'/if , ruisseau. [!« mot n*eBt pas
exclusivement local, puisque Rouen
avait sa renelle.]
Renelle, r'nelly ruelle, espace compris
entre le lit et la muraille ; par exten-
sion, le côté du lit qui est le plus
proche de la muraille : coucher à la
renelle,
Reneulière, r'nen--lié, ornière ; pour
re-ne^iè-rcy de € renel n, ruisseau.
Bas-normand a reulière 9.
Renfileb, ran-fi'lê, voir raffiler.
Renfobgheb, ran-for-ché^ renforcer.
REKFOKGUlfi, ran^/or-chi, enforcir, v.
actif.
Renfoubbeb, ran-faû-ré ; ren/ourer
les vaches = leur donner du fourrage;
pour « renfeurrer », ae/eurre.
RenfoubÈte, ran-foû-rê'yey quantité de
fourrage qui se donne au bétail pour
un repas.
RenfbAICHIB, ran-frê'Cht, rafraîchir.
Kenoaineb, ran'yhin^-né, rengainer,
sons étendus et variés; souvent, « re-
plier, recouvrir j>. Hangainer son cotn-
pliincnt = renoncer à son projet, quel
qu'il soit, même à un ouvrage qu'on
allait faire.
Rknoanteb, raH'gan4éy mettre une
nouvelle jante à une roue.
Renuuistbkb, ran-guis-tri, rassembler,
rajuster les diverses pièoes d'une ma-
chine, enchâi^ser.
Reninfleb, r'nin^'Jliy renifler.
Rbnliooteb, remettre un licol. — B.
Renmesseb, se dit de la messe d'action
de grâces, le lendemain du mariage.
Rennicueb, ran-ni-ehèi envelopper à
nouveau.
Renonche, r non-dit y action de renon-
cer, dédit. JUarchi ou jeu sans renon-
che,
Renoncheb, r*nonrchéf renoncer.
j Renouvel, r'noU'vê, renouveau, prin-
temps ; mot qui date au moins du xiii*
siècle. Synon. rare : « renouviau ».
RENOUVELEE, absolument : communier,
l'annéd qui KUit sa première commu-
nion, avec les enfants qui font la leur.
— B.
Renquaineb, ran-kien^né (rencbafoer).
Rentalonkeb, ran-ta-la-néf remettre
des talons à des sabots. On dit aussi :
c ratalonner ».
Rentaupineb, ran-taw'pi'néj remettre
en taupins.
Renteitaoe, action de renteUer.
Renteiteb, soutenir de nou?eau avec
opiniâtreté, i uia rcntrtté qvo n^êtie*
pas v'mi. — B,
RENTENDBB, entendre une seconde fols.
AS'tu rentendu tonnera — B.
i<EP
— 201 —
RES
BSNTKR (augmentatif de « enter 9) ^ran-
té, épisBer une corde.
Rentierbeb, renrtiè'Té^ 1« voir entier-
rer ; 2' changer de place le bétail au
tierre.
Rentraitb (participe fém. priR suhRt.],
ran-trè-tây rentraiture, reprise à Tai-
guîlle.
Rentrait SB, ranrtrè-té^ rentrai re.
Rentraiteuse *f, ran-trè-teu^-ze, ren-
trayeuse. [D'aprè? les mots sembla'blea,
ce devrait être (( rentraiture ».]
Repaiber, r'pé-é, se retirer habituelle-
ment dans un lieu (dit du gibier sur-
tout), rhabiter. [Mot de sens variés,
encore dans l'Académie.]
Repaissant, r'pê-çant, dont on est
bientôt repu, et par suite dont on se
dégoûte vite.
REPANDRE (SB), ré-paiirdre (acception
plaisante}, tomber.
RI^PARER, ré-pa-éf réparer (comme en
franc.). Le temps se répare = se remet
au beau après la pluio.
Repasser, r'pa-cé^ 1° repasser du linge;
2* dépasser en marchant ; 3° tromper.
— Voir rapasser.
Repentu, repenti. — L.
Repèqueb (sr) re-pè-Jùié^ se redresser,
se tenir raide. Il se repkque comme un
eayen.
Rbpâbe, r^pé^ repère.
Repérer, r'pé-é^ 1° repairer ; 2° repérer,
aligner.
RÉPicosser, ré'pl-c^eê, !<> réconforter,
fortifier; 2** en terme de jeu : ajouter
à l'enjeu.
Rbpihsaoe. ré-pi'çâ-je {lacune. Au sens
exact, Taction d'épit^ser à nouveau une
corde cassée.)
RépissER, ré-pi'Cé^ 1° éplssor une corde :
20 parfois redonner de Targent à qui
edt au-dessous de ses affaires.
RÉPISTOQUER, ré-pis-tO'kié, répondre
insolemment à son supérieur.
R'PLANOUER, refaire un plancher.^ B.
Repoileb (se), r'poi'léy se regarnir de
poils.
RÉPONECX, lo un «raiponneurD et, par
suite, un insolent — B.; 2" servant de
messe, enfant qui la a répond ».
RÉPONU, ré-po-nu^ répondu. Le verbe
€ répondre ^ se conjugue comme
a pondre 2>.
Reposer (0 très long), r'pô-zé, reposer.
RÂPRIM ANDABLR, ré-pri-man^-dâ-hle,
qui peut ou doit être réprimandé.
Reprinse, r*prt»3-ztf, reprise.
Reproche, r*/>ri>-c//«. Locution : Ça vient
en reproche = en parlant des mets qui
produisent des renvois ou éructations.
RÊQUEB, rê-kU^ abattre à coups de rê-
quet. Senx particulier : Après avoir
loche les fruits, on rêque = on fait
tomber avec la gaule ceux qui sont
restés à Tarbre.
Requérir, r'cri, chercher [littér* : re-
chercher],
RÊQUET, rê'kiè, V gaule pour abattre les
fruits ; 2« hoquet.
R'gni A MANDER, mander à nouveau. — L.
Requinqué, r^Uyin^-kié^ !• paré, qui a
fait sa toilette. Il était r'quinquai à
sa neuche ; 2^ qui a repris le dessus de
ses affaires (ce qui se voit à son cos-
tume).
Rescouer, ress-coué^ secouer, au fig.,
c'est-à-dire : gronder, corriger.
R'SERGER, recharger : une voiture, son
fusil. — B.
RésERVBUX, ré-ser-veu^, réservoir, spé-
cialement pour le poisson.
RÉSINDAL, ré-zin-day réséda. On dit
aussi (( résindail ».
RÉSIPÈLE, ré'Zi-pè'le, érysipèle.
R'souDEUX. ouvrier qui refait les sou-
dures. — B.
Résous, ré-zou^ résolu, décidé. J' siens
tout résous à c't'afee-là. [Participe
commun au xvii° siècle, employé en
1650 par saint Pierre Fourier]
Respect, ress-pè^ respect. Formule :
sous votre respect^ excuse avant de
parler de choses grossières [altération
de sauf votre. . .].
Rebpir, ress-piy respiration. [Le mot,
encore employé par Fénelon, était en-
core naguère usité aux environs de
Rouen, dans les locutions : perdre le
respir (pron. respire), prendre son
respir.\
Respirer, res-pi-yé^ respirer.
Ressaque, subst. fém.. e^r-sak et rsak,
secousse, cahot. Le même, au fond, que
le terme de marine ressac, qu'on a
parfois écrit « ressaque 2>.
Ressent, ré-çan, qui jouit de son bon
sens = n'est pas ivre. Itectus sensu ???
Resserre, r'cère, serre, c'est-à-dire : lo-
cal propre à mettre les objets dont on
ne se sert pas tous les jours.
Ressourdre, ré-çoH-dre, soulever; rele-
ver ce qui est affMÎssé ou à terre. —
Pain ressourd = léger, dont la pâte
est bien levée.
Ressukr, se dit des murs qui se cou-
vrent d'humidité. — L.
Rester, ress-té, habiter, demeurer ; sens
qui semble entrer dans l'usage. On dit
également « être restante).
Restoreu (0 bref), ress-to-è, restaurer.
R'SUPPBR, ravaler sa salive en aspirant.
— L.
REV
— 202 -
RIG
B^TAIMBB, ré-tin*-mé, étamer de nou-
veau.
R^TAIMRUX, ré'tin*'meu^t êtameur;
plus employé que « étaimeuz ».
BÉTALEB, étaler une seconde fois, spé-
cialement du fourrage qu'on fane. ^ B.
Retaper, r^ta-pé, retaper. Se retaper =
faire sa toilette.
Retentir, r'tan-ti, répercuter un son.
RéTiLLER, rê'ti-yéf se débattre; se refu-
ser à une chose. JVf rétille paSy ou tu
voê vé! En Basse-Normandie : agiter
les membres convulsivement.
Retirer, r'ti-yé, l» retirer; 2» tirer
derechef.
RETOBNEB,<?T-^^r-«é, retourner, revenir
vers un point. S'en retorner = s'en
aller.
Retour, rtou, retour. Locution : ^tre
à retour = perdre dans un marché,
dans un échange; n'avoir pas un équi-
valent raisonnable.
Retraite, rtrè-te, !• couvre- feu. Tout
le monde connaît cet usage qui remonte
aux duos de Normandie et ainsi est
vieux d'environ neuf cents ans; 2«
cordeau des chevaux de labour.
RÂTRE, rê-te^ être de nouveau. 7 rest sa
(ivre).
R'TRÉCHER, refaire une tresse.
RÉTRÉGHIR, ré'tré-chif rétrécir.
R'TRÂE, traire de nouveau. — L.
Retumber, r'tuni-béf retomber.
Reuchin, route faite inutilement en
marchant.
Reue, reu-, roue.
R'VAiE, revue, nouvelle entrevue, fte
dis à r'raie = au revoir.
RÊVAI LLER, rê-va-yé, rcver beaucoup,
[?] et tout haut.
Revain, r'rirt, voir revein,
R' VANNE, garnement. — L.
RÊVE, subst fém., rève^ rayon de miel.
RÉVE, rèe-xe^ rêve.
Réveil, rèe-te^ 1*» réveil ; î^» réveil-ma-
tin.
Rbvein, r*i'/«, regain.
Rbveinailler, rV»n*-»a-yt', péjoratif
de fi reveiner )>, quand la plante pousse
dans de mauvaises conditions.
Rrveiner, re-tiii^-nèy se dit : 1° d'un
fourrage qui commence à pousser après
la fauchuison ; 2" des ctTéaies ci ni, ver-
sées, produisent de nouvelles tiges.
REVELA, r've-la, revoilà.
Revemdeux, r'ren-deu^, revendeur.
Revbnoe, r'vftn-je^ revanche.
Revenorr (se), r'ran-jéy ou ancienne-
ment « revencher »; P prendre sa
revanche j 2** venger ; 3» se défendre.
Revenib, r*c0^iit, l**reTenir: en œ flens
on dit souvent € s'en revenir » ; 2* être
seyant : v'ia un habit gui vo revient
bien. [Le sens de plaire est entré dans
Tusage.]
R'vente (a la) = chea un marchand
qui vend des objets d'occasion.
Revêqub, r'rê-que, revôche.
RÂVER, rée-véy rêver.
RftVERBftRE, ré-ver "bé, réverbère.
RÉvÂBE.NGB, ré-vé-an^e^ révérence.
R' VEBS (à l'en) = à l'envers ou au revers.
— L.
BévERTÂBis, ré-ver-té-ri, 1» repentir,
changement de résolution i U a eu un
reverte ris ; 2* idée oubliée qui revient à
la mémoire. Le mot est latin et signifie
a tu reviens ou tu reviendras D .
Revif, r*vif^ nouvelle vigueur. Le revif
de la lune = commencement de la
lunaison. [En marine : il y a du revif
=3 la marée reprend de la force, deux
ou trois jours après la « morte-eau ».]
Révisa RD, rvî-zas, qui révise attentive-
ment, méticuleux.
Revoture {à /a), r^vo-yure, au revoir.
Je crois cette locution une sorte de
barbarisme formé par plaisanterie;
mais elle n appartient pas au fond de
la langue.
RiAGB, riâ-je, ravon, sillon de charrue.
[Semblerait un dérivé primitif de r/^a.]
RiAME, fém., rian-me, rhume. C'est le
vieux français ryme changé en c riame p
comme dîme en c diame ». Vt^us este*
enrimé, car vous parlez tout enroué. —
« Ryme » the ream of the heed; —
« rime », s. f. Palsgr., 682. 263.
RiBANDELLE, riban-dè-le^ pièce de terre
très étroite.
RiBLB, rt'ble, V vent sec et froid ; 2«
gerçure qui irrite la peau.
RiBLBR, rî-bléy souflSer en c rible i.
RiBOTEUX, ri-bO'teu% riboteur.
Ric-A-RAC, rik-à-rakf ric-à-ric.
Riche, ri-che, l© riche ; 2» bon, avan-
tageux, utile et agréable [sens dont
l'usage s'introduit]. Jlich4f t/^tnps, riche
cidrcy riche année.
RiDONNé, ri'don^ne, plissé, chiffonné
[comparer l'allemand riden^ tordre].
Riennistb, ryin-nisf-te, libre-penseur,
qui ne croit à rien [mot qui parait
nouveau, mais expressif].
Rifle, ri-flr (la/^une).
RiOALER, ri'fta-lé, dessécher sous l'ac-
tion du soleil ; ne se dit que de la terre
cultivée. [Y a-t-il quelque rapport avec
ri gai]
RiooLET (diminutif de «rigole »), ri-
yo-léy ruisseau.
RiooLissB, ri-go-li-ee, réglisse.
ROC
— 203 —
non
BiaoLOT, rirgo4â, riaîble ; facétieux, qui
fait rire. Semble dériver de « rigo-
ler »f admis dans les dictionnaires.
RiGUBUB, ri-gh^u, rigueur.
Bille, ri-ye, banc adossé à la muraille
dans les églises.
Billet, ri-yè, sentier ou passage étroit
sur le bord d'une falaise.
BiMETB, rUme-yf, voir hlanc-rimeye.
Bimollbb, ri-mo-léy frotter; se dit sur-
tout des choses : Le siège rimoh ooritre
la voiture; — Les habits trop lâches
Hmolent sur le dos. S'emploie pour-
tant aussi à propos des personnes : qui
gue t*as à nos rinwller comme cha /
BiNCHBB, rin^ehé ; pour ce mot et ses
dérivés, chercher à raincher.
BiNSTALLER, faire une seconde instal-
lation. — B. [La forme usuelle réins-
taller est du xvi« siècle.]
RiocHBOX, rio-cheu'^^ enclin à riocher
(verbe cité au Dict. gén,).
BiON, rion^ rayon de labour ou de jar-
dinage.
BiONNER, faire des rions.
BlPAUPRK, ri-paro-pé, faire bouillir plus
qu'il n'est utile. [Ripopé était en 1691
une mauvaise boisson.]
BiQUIQUi, ri'ki-ki (onomatopée), roite-
let (regvlus cristatvs, ignicapillus).
BiQUiQUi (famille de), famille nom-
Ireuse. Dictons : être de la famille de
riquigui = être parent de tout le
monde. — Cest comme la famiile à
riguiqui ; plus il y en at moins ils
vtueiU,
BiBB, rie^ rire. Locutions : rire d*eunn
joe = simuler le contentement, quand
on est vexé. — Rire dans san boudin
= rire sous cape ?
BisÊTR, ri-zê-ycj risée.
Bisque (à la) [c'est le genre primitif],
à tout risque.
Bi!«SEL [ancienne forme « missel », al-
légée aela diphtongue^, ri-cê, 1° ruis-
seau; 2* rayons lummeux sous le
soleil.
BissKLBR, rirce'léf ruisseler.
BiVKT, ri-tè, labour préparatoire et su-
perficiel.
BiVETKB, ri'V'té, faire du n rivet ».
BiviÈRE, ri'Vié, rivière.
BOBIN, ro-bxn'^^ taureau.
BoBiNlisBB, ro-bi-nié, voir toreuse,
BOOAILLE (collectifs ro-câ-ye, crabes,
écrevisses et autres coquillages péchés
dans les rochers.
BOCAILLEUX, ro-câ-yeu'^ pêcheur de
* rocaille ». S'il est habile, on l'appelle
roquilleux.
BocHEB, ro-chêf ovaire de poule.
BocsoN, roO'Son, mécontent, fâcheux et
méchant.
BOCBONKEB, roO'Son-né, !<> blâmer, criti-
quer sans motif ; 2» murmurer, grom-
meler. AS'tufini de rocsonner ?
Bo DIGUE, vieux, se dit des personnes
(alors = rosse, revôohe) et des cho-
ses. — B.
Bond à la lune^ cercle qui entoure la
lune et présas^e ordinairement du mau-
vais temps. — B.
BOOMENTBB, rog-man-té, voir ratigmen-
ter. Signifie aussi simplement k aug-
menter ».
BOGNOXNEMENT, ro-gnon-ne-ment, ac-
tion de rognonner.
BONCHE, rôn-ehe, ronce.
BONONBUSE, ron-^gfieu^'ze, rognures.
BoNONEUX, ron-gneu^^ rogneux. Uni-
quement dans la locution se sentir
rogneux = se sentir coupable, se re-
connaître dans une allusion maligae.
S^U se sentait pas rongneux, i serait
venu. De <i rogne » gale, à cause des
démangeaisons que cause la gale.
Booui, TO-ghê, poisson qui a de la rogue ;
au fig. : homme replet.
BOMABIN, ro-ma-in"', romarin.
BOMATIQUE, rhumatisme [simplification
de prononciation] : j'sieus oonionmê
d'romatiques.
BOMBLIEB, r:m-Wï-y^, oublier.
BOQUE, ro-ke^ roche.
BoQUET, ro'kiè, 1° amas de rochers oCl
l'on pêche (pour n roquer ») ; 2* pomme
à cidre estimée.
BOQUILLBUX, ro-kj/i-yeu^, voir rocail-
leux.
BOQUILLIB, rO'ki-yie {lacune), à rappro-
cher du <r rocher » de la poule.
BOSAIBE, rù-zé, rosaire.
BOSEL, rô-zèf roseau; pluriel rosiâs,
BosETTB, rô-zè-te, fauvette effarvath
(sylvia arundinacea ) . II est à remar-
quer que la désignation latine de La-
Iham, que nous donnons ici, est pres-
que la traduction du patois.
Bosser, ro-cé, réprimander.
Roter {o bref), ôter de nouveau.
BoTEUX, purin.
BOTONNE, ro'ton-ne, redingote ?
ROUCOUEB, rou-cfluéf roucouler ?
BOUELLE, roxic-le, 1<* rouelle ; 2« petite
roue : rouelle de quérue (charrue).
BOUKLLEB, rouè-léy monter une charrue.
BouET, rouèj rouet, machine à filer le
lin ; 2" roue dentée. Le grand roiitt du
moulin ; 3° rouage.
Bouge, rou-je, 1* rouge et roux ; 2* subst.
le rouget (poisson).
SAC
— 204-
SIC
BoniL, niAffC. [orthogr. et genre primi-
tifBjf rauyf rouille, fém.
RoniN, rauin\ 1* brûlé ; lait, sauce, etc.
qui a brûlé au fond de la casiierole ou
du chaudron ; 2r> grognon ; S* paroles
nombreuses et ennuyeuses (dites aussi
c rouina^e »); 4» celui qui les dit :
quen rotiin!
RouiNER, rovi-né, \^ se prendre en
<r rouin » ; 2<» munnurer, grommeler ;
peut-être de Tancien saxon runion,
BouisoN, rouissage du lin.
ROULBB quelqu'vn (dans une discussion)
= le mettre à bout de raisons ; 2® our-
ler. — L. et B.
Boulet, raû-lè, !<> rouleau à niveler les
champs ; 2» ? rousselet, sorte de poire.
BouLBDX, raû-Ieu^y vagabond ; ouvrier
sans domicile fixe.
BocLÊTE, rau4êye, roulée, volée de
coups.
Bou PILLEE, rm-pi-yê^ résister, pleurni-
cher ; répondre peu convenablement
à un supérieur.
BousÊTE, rou-zêye, rosée. Quant la va-
peur de la rovjfée se lière en haut, cela
fait «« hrmiilla*. — En printemps la
rouêêe moviîle la terre doulcemtnt. —
Palsgk., 740,780.
BoussiOMOL, rou-ci-ffno, rossignol.
BoussiR, rou-ei ; se roussir = laisser
roussir ses vêtements, en se chauffant.
On en a tiré un substantif : fw stnt
le roussi,
BoiTSSOLER, roU'ÇfhU, rissoler. Le patois
semble ici remporter sur le français :
roussoler, c'est reudre ou devenir roux,
BOUTEB [dérivation plus voisine du la-
tin], r<m-<^, roter. Locution : router
au cœur = répugner.
BOUTEUX, rou'teu^^ routoir, purin. En
Basee-Normnndie, le routoir ou rou-
teux est le lieu où Ton fait rouir le
lin ; mais chez nous le rouissage par
procédé humide est inconnu.
BouvBAT, maladie de fa peau, surtout
chez les chiens.
Boux-VENT. rou-ran, vent de bise, vent
violent qui roiuisit l'herbe.
Boux-VENTÉ, rou-van-té exposé aux
roux-vents.
Bn, fatigué, agacé. — L.
BOBÀKTÊ, oouTert de rubans.
BncHB, ruehe^ moutarde des champs
(sinapiê arvensis). [Le mot français
K mené » se prononce rtique,]
BUCRBB. V. act., ru-ehéy laisser en repos
les terres infestées de mauvaises her-
bes, afin que la € roche > lève.
BUDB, ru'de^ 1* rude; 2** courbaturé,
brisé per la fatijcue ou la vieil lestée ; 3*
brave et honnête homme. A la bonne
heu! Vo êtes un rude.
BuDKMENT, rud-man, étonnamment.
[Le mot n*est pas loin d'être du bon
usage ; ce qui ne sera guère un pro-
. grèff. C*te femme e*t rudement bonne;
— Vo êtes rudement intéressant! eto .]
BUDEUB, ru-deu, (1® rudeur); 2* racines
de chiendent qui envahissent les
champs.
BuDiER^ ru-diéf rudoyer.
RuELLETTE, ruè-U-te [ailleurs ru-lè-te]^
petite ruelle ou rue.
BuEB, ru-é^ lancer une pierre, etc. Ce
mot, encore employé par Molière et
cité par l'Académie, est rare en fran-
çais. Chez nous, il remplace toujours
« lancer ». Ainsi cette phrase de Pals-
grave n'aurait ici rien d*étrange :
Pensez-vous que ce fut bien fait à
vous de lui ruer un pot à la tête
(p. 756).
BUBTTB, ruè'te, peUte rue.
RUPLE, rU'fe, fort, vigoureux ; ordinsî-
rement avec la né^tive : I rCest pas
rujfe. A comparer le verbe anglais
to ruffle et le subst. ruffter.
BuoANOUE, ru-ganrçhe, mauvuse terre.
BuN, run, l** rang; avoir bon raa, d'où
le verbe arruner = mettre en ordre,
cité par Nicot, et sa racine «arrun»
oue nous avons conservé; 29 au sens
du suivant :
BtJNOE, run-Je^ ce que les ruminants
ramènent dans leur bouche pour le
remâcher.
BUKGEB, rvn-iéy l* ronger; 29 ruminer,
en pariant des herbivores.
RUQUE, ru-ke^ ruche.
Rustique, fort, vigoureux. Jl est oco
rustique, — B. [Extension de l'emploi
usuel <K plante rustiques]
Sablière, sa-hli-yé, sablière.
Sablonnière, sa-blon-nié, sablonnière.
SaO; le final, prononcé devant une
voyelle, e8t nul devant une consonne
(un sa de blé) et toujours au pluriel :
dix sas d'aveine.
Saccage, abondance. 1 en a un saccage
de powvies! — L.
Saccager, sêrcêL-jé, 1» bouleverser; 2»
importuner.
Sacleie [saclerie], action ou tempe de
sarcler ? — B.
SAN
208 —
SAU
Saoleb, ta-eU, sarcler.
Sacleusbb, sa-cleu-He, sarclures, nom
pluriel.
Saclettx, Mt-ûleu^, sarcleur.
Saobbment, jurements? — B.
Saobibti I juron. — B.
SAFBKMKNTf ga-fre-man, goulûment.
Saoav, turbulent. — L.
Saob. Locution : sage comme une image.
— L.
SAOOinvBB (SE), M-gnul-'nA^ se salir.
SAI, êi, soi.
BAIE, tê, poil de porc ou de sanglier
Tvoir « mouBsieu »). Locution : être sur
la saie du doê = couché sur le dos. —
Pai^sgrave: Booreê hristell = saye
de pourceau.
Saigkib, san-giCgniât saignée.
Satit. Locution : sain comme une tass^
d'argent, d'après Topinion qui croit
que l'argent ne peut communiquer un
mal qu'aurait à la bouche celui qui y
a bu.
Saiktir, sin^'ti, défaillir Je crois que
le sens de ce mot est « deyenir statue b :
pour le peuple statue et saint sont à
peu près synonymes.
Saison, sê-ton, rut de la yache.
SaisOnNBTTE, sê'Zon'nêt-te, eupatoire
(eupatarium oannahinum). Voir « pes-
Bonnière >.
Bait-ti, contraction pour « est-ce qu'on
sait? ï — L.
Salaibb, sa-U, salaire.
Balé (petit), morceaux de lard peu salés,
que l'on mange à bref délai. — L.
Baliâre, sa-îié, salière.
Salin, sa4in^, saloir, saunière ; fait en
salin = en forme de tronc de cône ou
de pyramide. Le salin placé au coin
de la cheminée, sert de siège pour se
chauffer.
Bals, sa, saule. Palsor. Je Vadvisai
parmi les saulw et les huissonnets, —
wyllowe trete saulx (p. 796).
Salt, sây bief de moulin (de saltus,
saut). Ce peut être l'étymologie du
n sas écluse 9 des rivières et des ca-
naux. En Basse-Normandie, salt dési-
gne toute espèce de saut.
Sampbseb, san^-pe^'zé, soupeser.
Sanotus, réprimande, semonce. — L.
Sang. Locution ; se manger le sang =
s'impatienter d'une longue attente.
Sangrvent, san^^man, changement;
s'emploie, aussi bien que la forme
française, comme le suivant :
Sanobh, san^'jé, changer; pronom^
changer de linge. Va fsanger ; t'es
tout trempé, — L.
Sangle C^ler à la), se dit, !• d*un en-
fant qui ne peut encore marcher seul ;
2" de ceux qui volent la nuit dans le
champ du voisin. — B.
Sangsues, san^-su etsan^-su-re,Ba,ng8ue.
Sanmèl^ (litt. qui a le sang mêlé),
fortement troublé. — L.
Sanner, san-7ié, couper (un animal).
Sanneux, *«»-««?/', [littér. wsaijrneur ?d]
mauvais couteau; par antiphrase, les
outils de chirurgien devant être fort
tranchants;
Sannil, s. maso., san-n'ni?, saniche. s.
fém. {sanicula europea.)
Sans (être de), san, manquer... fsfeu de
san Vs&u, = je n'ai pas un sou (sur
moi).
Sans foutte ni mouUley sans ressource
aucune. — L.
Saoul-e. j»a, samle, 1» ivre ; ou simple-
ment 2* rassasié. Que fsieu saoul de
V entendre!
SANTi, san'^'tê, santé.
SANTOURNii (par confusion entre sang
et sens). Locution : il est mort d'un
santoumé,
Sap, sapf sapin.
Sapas, sa-pd, safre. Aux environs de
Lisieux, sapée = un bon régal.
Rapaudement, sa-pa/m-de-man, goulû-
ment.
Sapaudibe, sa-pato-dîrze, gourmandise.
Sapâe, coup dans la main [d'une rè^le
en csap»], punition du maître d'é-
cole. — L.
Sapinette, sa-pi-nè-te, !• petits sapins ;
2* thuya.
SaprA-ao/a, sapré-nom d'un nom, sapré-
mâtin, sapristi, sapristolle, jurons.
— B.
Saques, sa-kié, ôter. Locutions : saquer
de la langue = tirer la langue ; —
se saquer = s'en aller. Veux-tu f sa-
quer !
Saquet, sa-kiè, petit sac, sachet. (Comp-
tes d'Angerville-la-Martel, 1526.]
Saquie, sa-Jtie, sachée, contenu d'un
sac.
SABGLéiE, époque du sarclage. — L.
Sas, baule, prononc. et sens de <e saoul,
saoule D.
Sassier, sa-cié (tamisier), fabricant ou
marchand de tamis. — Voir chassier.
Sauce, sans -ce, sauce.
Saucée, san-oèye, averse.
Sau-ï, saur. — B.
Saulard, saw-lar, ivrogne. Les pré-
cieux disent o soulard d.
Saulardibk, saw-lar'di-ze, ivrognerie»
ivresse. Synon. a soulographie d.
Saulbb, saw-lé, enivrer, soûler.
SEI
— 206 —
SER
Saulot (diminutif), un peu ivre. — B.
Sauteb, Mw-té, sauter.
Sautebellk, saw'trê'le, !<> Bauterelle ;
2^ Baute-iuouton (jeu).
Bautirb [à Kouen, vers 1820 : sauplier],
psautier. = L.
Sautiquer, gan^-ti'kié, sautiller.
Sauvage, êan-râ-ie^ sauvage.
Sauvagine, gaw-ra-gin-ne, sauvagine.
Sauver, saw-vÀ, sauver.
Savantibe (la), sa-ran-ti-xe, le savoir.
Bon ^our je avancer la savantise, —
L. (billet en patois).
Savenrl, ga-v*nê, verveux ^ (filet) ;
pays de Bray, « saveniau ».
Saveb, sa-vé^ savoir; partie, présent
€ savant d.
Savioni, Jta-ri-gni^ Sabine (Juniperus
tahina), Savigny serait-il le Heu où la
plante a été cultivée en grand ?
Savouret, ta^vovrè^ os de gigot qu'on
faisait bouillir plusieurs fois pour don-
ner de la saveur au bouillon ; usage
difiparu.
SOANDIN, candi (sucre).
SoiEUX, nfftf^, scieur.
SoiOT, cio (diminutif de « scie »), scie à
main.
Sculpture, sevl-tu, sculpture.
Sec, êèf seo. Locution : il est seo (mai-
gre, décharné) comme un ohent de
clou» : — galette tèque = croûte.
Secouage (feutre de)^ déchets de la
paille longue. — B.
Secoure, s'amêye^ 1* secousse ; 2* volée
de coups ; 3» mal violent ; 4» répri-
mande.
SÉCURITÉ, sé'CU'i-té, sécurité.
Sef, téy soif; même prononciation que
dans a clef ». [Voir la remarque, p.
63.]
Seoneur, cé-gneu. Seigneur. Mon Div^
Ségntu! [sorte dMnvocation.]
SEGNEURIE, cé-gneu-rî, sobriquet; titre
ajouté à son nom.
Bégbet, «é-grèt secret. Dans Palsgrave,
êegret est plus fréquent que a secret » ;
[il finit si bien par prévaloir que c^est
la prouonciation prescrite per TActulé-
tine en 1694. Les paysans y sont res-
tés fidèles.]
SÉIE, soirée. - L, — Fé la «éie [ailleurs
a la veillée n], travailler à la chan-
delle.
Seillb, *ê-i/et l^ maso., seigle [a seille
est le nom primitif, encore usité en
Berry] ; 2" fém., seille, petit seau, en
usage surtout dans led navires.
Seillil [L. avait écrit < seillie x>, cor-
rigé en (( seilli »], sê-yi, champ où on
a récolté du seigle.
SxiirsB, Hn^-nè, pêcher avec le filet ap-
pelé <E seine ».
SÏjour, êé-joH. Locution : C'est u% jrf-
jour^ «n vrai ê^our a une jolie pro-
priété d'agrément.
Sel, iè, sel.
Semaikb, s'min^-ney senudne.Locutîons :
«tir semaine = pendant Im semaine;
s*oppose à « le dimanche i» ; — ^ j»-
maine des trois jeudis = jamais.
Seules, la semence. — B.
Sbmenche, e^^-man^he^ semence.
Semeux, ee^-meu'*^ l» semeur ; 2« semoir,
c'est-à-dire sorte de ^nde nappe que
r)rte le semeur, où il a mis la graine
semer.
Séminaire, sè-mùnè^ séminaire. On dit
souvent, par plaisanterie ou nar eu-
phémisme, d*un individu : Il est au
séminaire^ il est en prison.
Senailleb, c'nà-yé^ s'en aller, sortir
de [littér. obéir à l'injonction : qui
8'n*aiUe =quMl s*en aille.].
Senil, chenil ; plus souvent, très pau-
vre maison. — L.
SensiblAri b?, san-si'blé'ie, sensiblerie.
Sentailleb, san-tà-yé (péjoratif de
a sentir»), V* flairer; 2® au fig. écor-
nifler.
Sente, sentier. — L.
Senteub, sen-teu^ senteur.
Sentinne, odeur. — L.
Sentir, sentiy sentir; le partie, passé
asontu» est ancien : Cest ung maistre
oufirier : il m'a arraché une dent, et
je n'ai point sentu depeyne, Palsgr.
p. 670; idem^ p. 695 crepentu».
9ENT-P0UANT, san-pouant, vaurien mal-
propre.
Sbnvre, sân-vre, sénevé (sinapi),
8*PALEB, s'écouter parler, s'en faire ac-
croire. Coûte un pHien rom è s'palc =
écoute un peu comme elle fait sa dame.
SÉPARÉE, sé-pa-é, séparer.
SÉPARÉMENT, partage. — B.
SÉPULTURE, sè'pul'tu, sépulture.
Setembrrche, ctan-hrè-^he, la N.-D.
de Septembre (le 8), la Nativité. Em-
pl<ii rare. On a aussi ailleurs « la Mar-
chesse», V Annonciation (25 mars).
SÉQUE, sè'ke, seiche (mollusque).
Sequer, tè'kiè ou skié, sécher. Sequer
ennn* vaque = cesser de la traire
avant qu'elle vêle.
Séquerkche, sè'krè-che, sécheresse.
Variante : aséqueresse» sè-kretse^
SÉQUEREUX, terrain aride. — B.
ScR, tféf, soir.
b'ERCELLE, cer-rè-le^ sarcelle. [C*est en-
core laj prononciation de l'Acad. en
1694].
SIE
— 207 —
son
Sbbchsr, eer-ehé, chercher. [En plein
usage dans le pays de Caux, sercher
ne B*emploie guère ici que par les pré-
cieux; tout le monde dit itràcherD.]*
Sbbcutieb, charcutier.
Sbbob, eer-je, comme ccherge». Item
asergerD.
Sbbob, ger-je^ charge.
8ÉBIE, voir « séie ».
8bbin ou SÂKIN, s*rin ou sérifif serin.
Sbbikgle, *f (fie), seringue.
Sbbpentiste, ier'pan-tixg'te, joueur de
serpent. Synon. <k serpenteux ».
SerpillÈbe, ser-pi-yé^ serpillère : spé-
cialement, toile qui sert à battre le
colza ou les matelas.
Sebpillonneb, ser-pi-yan-né, couper
maladroitement avec une serpe.
Sebbê, sê-rê, V serré ; 2° avare, a regar-
dant».
Sebebube, sêr-reu^'zef serrure.
Sbbbotâ, «<^-ri»-^^,diminutif de « serré d
dans les deux sens.
Sbbtb, s. fém., serte^ durée du service
d'un domestique.
Servante, ser-ran-tâf !• support en fer
qui se croche à la crômaillèrei pour
soutenir la poêle à frire, les casseroles,
etc.; 2» support vertical qu'on laisse
tomber sur le sol en dételant un che-
val pour maintenir la voiture en équi-
libre.
Sebvbb, sevrer.
Sbbvice, ier-vi-ce. Locutions : être en
terviee = être domestique; — être au
service = être soldat.
Sebvibttb, ser-viê'ie, !• serviette ; 2»
« serte o de courte a urée ( voir « tor-
chon»); ne s'emploie qu'en plaisan-
tant à cause du calembour [La termi-
naison faisant du mot une sorte de
diminutif de «service:»].
Sesque, êeiS'ke^ sexe.
Seul, subst., feu, seuil.
Sec7L,-e, adj., »eu, seule, seul; au plur.
ceu^y masc., seules, fém.
8eux, seu"^, voir ucheux».
SÈVE, sê've, haie vive [à rapprocher de
sepes].
Si AL, sia, seau; mats suivi d*un autre
mot, il se prononce siaw : un siaw
de bois; — un siaw d'ia ; un siaw
d'iaw de savon; — le siaw à l'iaw
hénite : = un hiaw sia, — Au Havre,
Ho.
SiAULKTB, siaw'lê^ye, le contenu d'un
seau.
Sien (le), = celui. Le sien qui sortira
le dernier, fermera c te porte. — I fait
le sien quest beyte.
Si ebeb, syê-ref asseoir.
SiEUBPLUS, siéUT'plu, surplus.
SiEUBPBENDBB, sieur-pran-de , sur*
prendre.
SiECBPBiNSB, sienr-prin-ze, voir sur^
priTise,
SiEUVEK, suivre. — L.
Sx EUX, sieu'^, voir ekeux.
Siffles , boire. En v'ia un qui siffie
bien un coup,
ScppLETj sî'flè, sifflet. Locution : Avé le
siflst à Bastian = ne rien recevoir
dans une distribution.
Siffloter, oî-flo-té; !• siffler un air
faiblement ; 2* siffler médiocrement.
Fine, sin-ne; V seing, signature; 2«
signe. Fé un sine de Croix.
SiNEK, si-né, signer.
Singerie, sin^-fjie, singerie.
SiNiFiOATiF, si-ni-Ji-ca-tif, significatif.
SiNiFiCATlON, si^ni-fi'Ca-cionj signifi-
cation.
SiNiFiER, si-nirfié, signifier.
SiROTEUX, si-ro-teu^, sirupeux.
Si tellement, si ^«/rwan, superlatif de
« tellement ».
Sitôt, si-tô; 1° sitôt; 2» aussitôt.
Six, voir cicade.
Snêqubb (^sb;, snê'kié (lacune). — L. ex-
plique : chercher partout.
SOCIER, so-cié, fréquenter. [Equivalant
à a faire société, »1 il demande à être
suivi d* <r avec ». // sooie aveu Pierre.
ScEUR, seu, sœur.
Soiffard, soi-far, ivrogne.
SOLAQE, so-lâ'je, aire d'un grenier, l'en-
semble des solives et des planches.
Solannbl, so-la-nê, solennel.
SOLANNITÉ, sifla-ni-té, solennité.
SOLDART [voisin de l'ancienne forme
(( soudart d], soUdar, soldat.
SoLEi, so'lê^ au plur. so-U^ soleil. Entre
deux soleils = une nuit *f — L. expli-
que : c entre le lever et le coucher du
soleil ))? — Se dit couramment à un
jeune enfant qui est assis entre son
père et sa mère.
Solidaire, so-li-dé, solidaire.
SOLIBR, so-lié, grenier; anglais soler.
[Le mot est dans Froissart.j
SOLIVEL. so'li-vê, soliveau. — M. note
avec hésitation la forme soliaiau.
Somme, son-me, somme. Aller en somme
= transporter sur bêtes de somme et
non par voiture.
Sommel, dans Palsgr. « slepe :», son-mê,
sommeil.
Sommier, son-mié, poutre transversale
qui soutient les pièces d'un plancher.
SoMMiLEB, sommeiller, et sommeiL — L.
son
— 808-
SUR
SONGNEB, êonrçné, soigner.
fiONONBUx, son-gneu^, soigneux.
Sonnaille, sonnerie bruyante. — L.
Sonner. Locution : Ae sonner mat = ne
rien dire. — L.
SoKNEBiB, êonrn*nie, sonnerie.
SoNNEUX, sonneur. — B.
SoB-BST, to-rê, sud-est.
SOBIB [« saurir » est dans le Dict, gén.],
êo-i^ saurer. Héreng stfri (hé-an so-i;
se dit souvent pour « hareng saur ».
SOB-OUEST, so-rouê, sud-ouest. Chez les
marins, un ttor-attest = est un chapeau
de toile cîréo à larges bords ; parce
que c'est souvent avec du vent de sud-
ouest que vient la pluie.
SOBTIB, sor-H, sortir. Souvent êortir de
= cesser de, venir de. Il tort de par^
tir ; il sort d'être malade.
Sot, so, laid, vilain, déplaisant, a Sot »
n'a pas chez nous le sens de € stupide:»
sauf dans Texpression : « G est sot ».
— Sotte bête = bête vicieuse.
SOTTIAB, so-tiâ^ individu obscène en
paroles et en actes; plus vil que le
<E sottisier >.
SOTTIB, so-ti, enlaidir.
Sottise, so^ti-ze. Locutions : conter sot-
tise^ agoniser de sottises = injurier. —
Il m'a fait une sottise = il s*est mal
conduit envers moi.
SOTTISIBB, so'ti^ièy qui tient des pro-
pos déplacés, sinon obscènes.
SonciLLE, stm-ei-ye^ sourcil. — B. dit
le mot féminin.
SoUOBE, sourdre^ voir «sourdre ».
SOUFFLEB, SOVr-fUy SOUfflCT.
SouFFLOTBB, soû-JUt-té, avoir la respi-
ration un peu courte.
BOUFFBETTB (onfè)^ en endurer la pri-
vation. — B.
Souille, excavation sous un arbre. — L.
Souillée, soû-yé^ caver, creuser : Tap-
proche pas au bord de la falaise :
c^est souillé,
SouL (paraît tenir au radical de c souil-
ler d], sou. Propre comme un sou
semble expliquer : Fhit comme quatre
soûls =■ sale comme un cochon. Kn
certain pays, sou^ sou! est le cri qui
appelle les porcs. Voir J. T. t sou d et
«souilD.
SOULABD, V. asaulardD.
SOULIEB. Locution : En attendant les
souliers d'un mort, on va longtemps
nu'pieds.
SouLTEB, sou-téj solder, payer.
SOUPBTTE, sou-pè'têf tranche de pain
taillée très mince pour la soupe. Voir
Génin, p. 408. Sanvette^ à Pont- Aude-
mer.
SoupiAbb, Mm-piéj floupidre.
SoupiébAte, sau'pié'êge, le oontena
d'une soupière (soupièrée).
Souple, sau-ple, agile. Dicton : êouple
comme un quien de plomb.
Soubbouqueb, sour-hou-hiéi sobriquet
SOUBCBU, drageon, rejeton.
SouBDBKT, sour-dan^ surdent.
SouBDRE, sou'dre, sourdre, Viaw sourd
là-bas. Par extension : Y a un nid
dans e'fâbre : la mè vient de sourdre ;
— san quien a fait soudre de pedrix.
SouBFOUTTE, sour-fou-te, emporte-
ment passager.
Souris, sou-i, souris.— s Ganve-sonris»,
canf-re-sou-it chauve-souris.
Sous- aile, partie accessoire d*un grand
édifice ? — B.
SOUTABDB, sou'tar-de, fouée, c.-à-d.
chasse nocturne aux petits oiseaux
avec une lanterne et un b&ton. La
vallée d'Yères dit « aller aux outar^
des)) pour cà la soutarde b.
Sou-TA-BOU [par on excessif souci d*en-
phonie], sou à sou. — L.
SouBViDBB, Burvider. -^ L.
Souvent, sou-van, souvent. Locutions :
Piarre n'arrive ptts souvent = ... pas
vite; — plus souvent/ ss. négation
avec dédain.
Su, ce, souvent avec idée de mépris. — L.
SuAONiE, aigreur d'estomac, renvoi
acide. — L.
SUAiBE, SH-i, suaire.
SUABD, «w-ar, qui sue beaucoup. [ Le
nom propre en dérive-t-il f ]
SucET, su'cê^ fleur du chèvrefeuille.
Sue EUX et sucheux^ objets qu'on donne
à sucer aux enfants. — L.
Sud, su, sud.
SUEUB, nf-f», sueur.
SuÊTB, su-eye, l^ sueur subite : pousser
eune sueye ; 2° averse. Var. (selon B.)
suait.
Suffisant, surfirxan, P adj. suffisant:
2* adv. suffisamment : J'en ai sufi-^
sant.
Suif, sui (rare), 1° suif; 2« réprimande.
Suite dans les blés = mauvaises her-
bes. — B.
SuPKB, su-pé, aspirer, humer : super un
oBuf cru. Voir J. T.; anglais to sup,
SUPPLIX, Sulpice. — L.
Sur, m, sûr. Bien sûr = assurément
Su BAS, su-â, qui tourne au sur, aces-
oent
Su ncou PEB , sur- coupé , interrompre
son interlocuteur. Sans ro eureouper,
jvo ferai assuré.
SUBCBUB, sur-cru (lacune).
ÎAM
-209
TAQ
SxTBB, êûâ, Bureau. Palsou. a mm et
nreau.
SURBLLB [mot du xn« iiiècle], iu-dle,
oseille. Locution : y va oco ^è queu-
que tuele = quelque gaucherie.
SUBENCHÂBIB, mettre une surenchère.
— B.
SuBBT, «tt-é, Buret, avec idée agréable ;
tandis que €Bura8P B*applique à une
saveur désagréable.
SUBBTÊ, 9nr-tê, BÛreté.
SUBrAiBB, $ur-fét surfaire.
SUBIB, su-î, devenir aigre.
SURPOBTBB [dans Marot], supporter. —
B [remplace toujours la forme aoadé*
mique].
SuBPRiNZB, sur'prin^-ze, surprise. Sy-
non. archaïque «Lsieurprinse.
Sus, #t/, [prononciation du commence-
ment du zvi* siècle, comme le montre
ce dicton mal iu mal fCest pat tante
sur.
SUBOITB, tu-ei-te^ sujétion, souci.
SuzoN, Suzanne. — L.
TABATURB,/a-^-^M,embarras,tablature.
Tablage, tôrhla-je^ voir le suivant et
tabler.
Tablaison, ta-hlè'tan^ submersion.
Tabler, tâ-blé, arroser (les prés) en les
inondant ; dans la vallée de TYères
< flotter 9. ^ Se tabler s se mettre à
table.
TàJBLkYK^tâ-blryey tablée.
Tac, taky voir movron et Delb. « tas ».
Taillacueb, târya-ehé; r taillader;
2» tailler maladroitement — Synon.
taillander.
Taillant, f ^ya», tout instrument sorti
de la main du taillandier. Si vot voulez
de bont taillanttf tôt pouvez vot adro'
cher à Thomat,
Taille, tâ-ye, taille.
Taim lEB, 8. masc., tin^-nié, tanière.
Taibb, té, taire. A un maladroit convive
qui tient des propos indiscrets, on dit :
mange et tê-tê (tais-toi).
Tai BELLE, té44e, carte autre que Tatout
(parce qu'elle force à se taire).
Tallevanne , tal-tanr-ne , seulement
dauB la locution pot de tallevanne =
pot de grès cylindrique pour le beurre.
[il y a dans le Calvados deux villages
du nom de Tal le vende, d*où ce nom
semble bien tiré.]
Tambouille, tan^-bou-ye, cuisine (ru-
dimentaire). [Se dit des restaurants en
plein vent de la foire St-Mathieu à
Bourg-Achard (Eure) : manger à la
tambouille.]
Tamboubeb, tan'^-bou-é et tan-bou-ré,
tambouriner, battre le tambour. Vieux
franc, «tabourer», encore dans Bes-
cherelle, et employé, avec tabuuriner,
par Faisgzave, p. t>5i»,746.
Tamboukeux, tah^'bou-eu^ et tan-bou-
reu^, celui qui bat le tambour.
Tamibux, ta-mieu^, contraction de « tant
mieux »; voir tt tant pire:p.
Tamponiobb, tan^pon-né, frapper avec
le poing.
Tanone, tan-gne, lo teigne, maladie;
2' cuscute.
Tangneuz, tan-gneu'^, teigneux.
Tanner, tan-né, !<> fatiguer, harasser ;
20 tanner. Dans Palborave ( pp. 430,
631, 779), u tanner D exprime la fatigue
d'esprit : Ifhr ocoupyng of t)ve mynde
to m^fcke; —je tuit tanné, fai trop
étudié ; — trop étudier par nuit veut
tannera. L^ancien normand aatainerj)
devenu en Angleterre ataine, figure
sous cette forme dans Richard Ooeur
de Lion,
Tantonner, tan'i-ton-né, dorlotter.
Tant-pire, tan^-pi-ye, tant-pis. Com-
père tantpire et compère tamieux sa
uiL pessimiste et un optimiste.
Tant-pus-que, tan^-putt-que, plus...
plus. Tant pus que no travaille, tant
put que no zett ootent.
Tant qu'a... ^an-Ao, quant à. [Un phi-
lologue distingué assure que cette lo-
cution a été jadis de bon aloi.]
Tant seulement, tan^-teul-man, seu-
lement. Avec la négation a même pas d.
J'nai pat tant teulenient un tou.
Taon, ta-on, taon. [Les lettrés, après
avoir dit ton, préfèrent maiutenant tan ;
faut-il donc tant bl&mer les paysans
de pronoucer toutes les lettres / ]
Taper. Locution figurée, par une sorte
de rime tri|)lée : Taper dant let péet
du coupet (Jittér. frapper dans les poi-
les du haut de Tarbre) =s viser tout
d'abord aux grandeurs.
Tapette, ta-pè-te, !• grosse bille; 2-
jeu de billes.
Tapon, boulet pour jouer aux billes.— B.
Taponnettb (jouer à), frapper sur le
tapon l'un de l'autre ; ce que font les
enfants en revenant de l'école. — Mt,
Taque, ta-ke, tache.
Taquer, ta-kié, tacher.
Taquet, ta-kiè (outre les sens français),
1" traquet, oiseau; 2'* sorte de petit
TAO
— 210-
TER
▼ésicatoire volant, posé sur la tempe
pour guérir le mal de dents.
Taqubté, ta-kâ^'téf tacheté.
Taqubtte, ta-kiè-te, attache. Ne s'em-
ploie guère que dans la locution être
à la tagnette = ne pouvoir abandon-
ner ce que Ton fait.
Tababondik, ta-ra-boH-difit homme
gros et court.
Tababuqueb, ta-ra-hu-kié, V frapper à
coups redoublés; 2^ tarabuster. Dm.
craleuquer».
Tardif (être), être en retard. — L.
Tardivkt, tar-di'Vè, tardivement. [Faut-
il penser à un adverbe Jstin de style
macaronique atardivè:», ?|
Takib, tâ-rî, tarir.
Tarriâre, ta-yé, tarière.
Tarte. Locution : tarte povr tai! eu-
phémisme qui évite le mot le plus
grossier. — L.
Tartouiller, tar-tou-yé, salir dans la
fange, ou autre corps semi-liquide.
Tartouillte, tar4ou-yie [racine du
précédent], mélange malpropre. — Se-
lon L., préparation de la tarte.
Tas, ta, partie de la grange où se pla-
cent les différentes récoltes : le tas à
blé, le tas à areinr. En Basse - Nor-
mandie ((une tasserie:».
Tasqubr, accuser. [C'est le verbe a taxer d
(taxarej, encore employé en ce sens
par Bossuet, et altère par notre pro-
nonciation de Visque,]
Tabber, tâ^é, mettre en place dans la
grange les fourrages.
Tabseux, qui tasse les gerbes. LeA va-
lets d'août nsont pas terttnu d'b&ns
tasseuœ.
Ta TER, tâ-té^ tâter. Tâter les poules, les
cannes = s'assurer si elles sont prêtes
à pondre dans la journée [pour sur-
veiller celles qui égarent leurs œufs.]
Tateux de poules, tâ'teu^ d'poul\ 1*
subst. du verbe précédent ; 2° au fig.
individu méticuleux et méfiant; ou
celui qui remplit une besogne ordi-
nairement faite par les femmes.
Tatonnieb^ tâ'ton-niéj tâtonneur.
Taudis, tarc-di, taudis.
Taule [orthogr. rationnelle], tofr-/e, tôle.
Taupe, tofc-pe, taupe.
Taupen, tertre. — L. [plutôt n taupin » ?]
Taupette, tawpè'te, 1" courtilière ou
taupe-grillon ; 2* massète, plante ; 8<>
petite bouteille à Teau-de-vie, que les
femmes adonnées à la boifson dissi-
mulent daus leur poche.
Taupin, taw-pin^, petit tas de foin
(ayant la forme d'une grosse taupinière)
Vallée d'Yères, <rcoqueron]>.
Tavela, ta-dé, taché de mouchetures
formées par des champignons parasites;
simple extension du isens français.
Te DEON, le Te Deum, cantique d'action
de grâces. — L.
Teinture, tin*-tu, 1» teinture; 2« par-
fois pour teinturerie. / demeure près
de la teinture.
Teitard, tey-tar, la centaurée (plante ;
— et, en outre, les sens françfus;.
TeitaS, têy-tâ, capiteux. Cidre teitas.
TBI7B, tey-te, tête. Locution : teite d'o^
reilier, pour c taie... » également em-
ployé; — tryte de cape = grand ca-
puchon qui faisait partie de la capote
des femmes au commencement da
xix° siècle. Le mot a disparu avec
l'objet.
Teiteb, tey-té, soutenir opiniâtrement
une chose.
Teitièrb, tey-tiéf sorte de longe qtd
sert à attacher les vaches par les
cornes.
Teitok, tèy-ton, arbre étêté; on dit
aussi il têtard ». [Le mot n'emporte pas
ridée de mutilation. Les têtards sont
des arbres (saules, etc.) qui n'ont que
deux ou trois métrés de hauteur, et
dont la grosse tête fournit une multi-
tude de rameaux qu'on ébranche tous
les trois ou quatre ans].
Teitu, têy-tu, têtu.
Telle, vieux, tè-le, toile.
Tellieb, té'lié, toilier. [D'où les noms
propres si communs Tellier et Leieliier.]
Tembre, ten-hre, mince. Cte feuille
est brin tembre.
Tem péteux, tempétueux. — L.
Temple [forme recommandée par TAcad.
jusqu'en 1740J, tempe. — L.
Temps, tan y temps avec tous ses sens ; —
le ciel, y a des ételles au temps, no y
vaie se condvire. L(x;utions : c'est du
temps à quatre cents [gerties] à l'acre
= temps magnifique, très favorable à
la campagne ; — l'ewps bas =: tempe
sombre, à la pluie.
Tevache, fna^he, tenace.
Teneur, t'nev, contenance d*une exploi-
tation agricole.
Tenib, t*ni, tenir.
TÊQuer, té'kié, tousser ; se dit princi-
palement du cheval. Vallée d Yères,
(( téguer D, [n'y a-t-il pas encore une
forme «teigler»?]
Terder, ter-dé, tarder. On dit auisi
(( terger D. J terge à r'teni.
Terme, ter^me, terme. Locution : fv-
mettre son ter tue » s'en aller.
Terra 0£, ter-râ-je, voir a terris».
Tebbieb, tê-rié. terreau ; s emploie sur-
tout au pluriel c des terriers j».
TIÂ
— 211 -
TIR
Tebrillonnbh, délayer dans Teau la
terre qui doit faire le fatte d'une cou-
verture en chaume. — B.
TKBBiLLOifNEUX, Touvricr qui c terril-
lonne ».
TERRiMftri, contenu d'une terrine. Moins
usité que apêleye» — L. B.
Tbrbis, tê-ris, torchis ; moins bien <e ter-
rage ».
TjfaBOBiBB [ orthographe la plus sembla-
ble au latin et au grec], ii-zo-rié^ tré-
sorier.
Tesquibb, tousser. — L.
Tesson. Locution : rien ne dû (dure)
comme un tesson,
TÈT, tée, tesson.
TÉTAILLKB, tè~tâ~yé^ boire longuement
comme un tétot ; augmentatif et pré-
joratif de a téter».
TÉTAILLEUX, té-ta-yeu^^ celui qui « té-
taille».
TâTET, ti'tè^ s. masc., 1« tétin ; 2^ repas
de l'enfant à la mamelle ; terme en-
fantin.
TiTEUX, U'teu'^i V lamprion ; 2* nouet
de linge, contenant de la mie de pain
et du sucre, que certaines nourrices
donnent à sucer aux jeunes enfants
pour les empêcher de pleurer.
TÉTOT, ti-to^ terme de moquerie, se dit
des enfants qui tètent leurs doigts ou
leurs vêtements.
TsuDiON, teû'dwn{moi grossier), femme
de mauvaise vie ; 7f mauvais coup : y
a fichu un teudion.
Teudbe, teû^-drCf voir le suivant
Teubdbb, teu^-dre, tordre. Jamais ne
vis hart mieux teitrse, Palsob. p. 785.
Tbubqite, teur-kcy lien de paille ou de
foin ; spécialem^ torchette pour lier le
chaume à la gaulette.
TeubqUEB, teur-kié, faire des teurques ;
au tig. «mâcher». Jl ne terde pas à
teurquer un vwreê de pain,
Teubquette (diminutif), teur^hiè-te,
petite teurque.
Tbobs, subst teuTj anneau ou bngue
sans cbâton. Peut-on le rapprocher du
latin torques î
Tbub8,-B8E, teur, teur-se^ tors, torse.
Tbuetighb, teur-ti-che, coriace.
Teitbticolis, teur-ti-co'lis, torticolis.
Tbuktignoleb, teur^ti-gno'lé, mâcher
longtemps un morceau coriace.
Teubtilleb, teur-ti-yé, V tortiller; 2*
manger, et surtout manger beaucoup.
Ti, titi, petit, tout petit, terme en-
fantin. — L.
TiATBEf ei-â-ffv, théâtre, principalement
tréteaux des bateleurs.
TiÈ, tiède. — L. Locution : tiê comme
Vhé à vias. » B.
TlÂDSUB, tié'deu, tiédeur.
TiAbe, ti-é, lit de gerbes, de bottes de
foin, etc. — Fausse tière (lacune).
Tiebbe, tier (lacune), petit appareil qui
retient le bétail dans un pâturage.
Dm. c quiaire ». Le tierre se compose
de quatre pièces : 1** la longe ; 2* la
quignette; 8* la chaîne; 4* le paisson.
TiOKAOHE, ti-gna-oKe^ chevelure mêlée
et malpropre, tignasse.
TiONEUX, ti-gneu^, bardane appelée
c herbe aux teigneux» (Lappa major J ;
se dit surtout du fruit.
TIOONNEB, ti-gon-né, essayer d'intro-
duire, de faire entrer; simple altéra-
tion, semble-t-il, de adigonner ».
TiiEUX, teilleur (de lin). » B.
TiLLB, ti-ye, 1<* outil, à l'usage surtout
des charpentiers de navire; 2» poisson
voisin de la raie.
TiMBBÉ, tim^-brê, timbré, au propre et
au fig.
Tinette, baril d'un cabinet d'aisance.
•^ L,
TiNTANOs, tétanos. — B.
Tintbnelle, tin^-t'nè4e^ peti e cloche
sur laquelle Thorloge sonne les quarts.
On dit aussi fréquemment « tinterelle »,
forme qui semble plus commune.
TlPE, ti'pe (lacune). Etre de tipe, être de
trop. — Voir tt intipe». J. T. écrit
d étipe ».
Tipbtaupe, ti'pe'-taw'pe^ onomatopée
du galop d'un cheval ; se répète.
TiQUBB, !• s'enticher; 2« clignoter. —
L ; 3* quelquefois se dit du cheval qui
essaye de manger son râtelier.
TiBAOHE, ti-ra-chcy avare qui lésine,
grippe-sou.
Tl BALLE, tirale et ti»ya-le, partie ten-
dineuse de la viande.
Tibant, ti-ran, rayons de gloire. Locu-
tion : y a des tirants sous le soleil =
des rayons extraordinaires qui annon-
cent du mauvais temps.
Tibauoement, ti-yaw-d'man, tir fré-
quent.
TiBAUDEB, ti-yaw'dé^ tirer des coups
de fusil sans utilité.
TlBAUDEUX, ti-yaw'deu^, qui tire, sans
sujet, des armes à feu.
TiBEPOiNT, tire - pouin, tiers - point,
o.-â-d. lime triangulaire.
TiREB, articulé comme en français, ne
se prononce ti-yé, que s'il s'agit 1*
d'une arme à feu; 2* d'un liquide. -^
Locutions : avé du premier tiré = la
première et ordinairement la meilleure
partie d une chose ; ^- tié eunn vaque
sa la traire.
TOI
— Îl2 —
TOO
TiBXm, tPtè-U, !• jcnne homme qui
tira touTeni (des ooape de feo) poor
s'amuser ; 29 petite ckisntepleora ; 3*
(OD proD. ti-rè-U) dans leséglises sorte
de banc à coulisse.
TiREUX, tuyeu'^, !• tireur ; 2* tiroir.
TiKÊYB, tùrêyây vente des produits d^uoc
ferme, débouchés.
TiBOHNBUZ, tisonnier. — L.
Tiu ! Tiu, tiû, tiû ! cri d*appel pour les
vaches.
Toc f à; «« à Wffr f/c;, travailler sans goût
en étant toujours coûtent du résultat.
ToiNE, Antoine.
ToiKETTB, Antoinette.
ToiBB, Un-u, toise, amas disposé de fa-
çon à être fadtement mesuré : taise de
cailUmr, taise de fermier,
ToiBER, toy-zê^ toiser, mesurer.
TOLLiTTifi PORTAS (ouvrci Ics portes),
mots d*UDe ancienne cérémonie à la
procession des Hameaux. Ou les redi-
sait en frappant à une porte, et en y
ajoutant ce vers: Ouv'mai la porte^
ou bien fia casse, — L.
TOKDBLIEU, ton-de*'liéy tonnelier. En
1683 est cité le menuisier M. Toudelier.
(Archives d'Arqués).
TOXDBE, tônrdre, voir le suivant.
ToNOBB, tÔHrçre, linge carbonisé em-
ployé comme amadou.
Tonne, ton-né^ 1» grand fût ; 2« source
à fond mouvant, anglais duwp ; trou
profond d'une mare.
ToNNBL, tan-^, tonneau.
Tonnelle, ton-nè-le, 1« berceau de feuil-
lage ; 2^ puits de mamière.
TONBUBB, ttm'su, tonsure.
Tonsuré, tim-su-é, tonsuré
Tonton, tan'ton^ 1« totou; 2" homme
sans énergie.
Toquant, to-*<i«, entêté ; mauvais tocan
= homme têtu et méchant.
Toqua et, to-car^ capiteux.
Toque, to-ke, casquette. I^Leibniz assure
que toq est un mot celtique, qui signi-
fie a bonnet. »]
Toqué, to-kié (outre le sens ordinaiie),
entêté.
TOQUENAR, to-ke-nâ, plus entêté que
sournois, au contraire duatoqueson».
TOQUEB, to-kiéy l** couvrir la tête d'un
mouchoir ; 2» bander les yeux ; 3° eni-
vrer ; se toquer, a les deux premiers
sens, et signifie également o se heurter
la tête ». Voir touquer.
TOQUSSON, too-son, plus sournois qu'en-
tôté ; voir c toquenas ».
TOQUST, bonnet de femme. — L.
Torche, tor-che, coup de poing.
TOBOHÉ; Ur-eké, sali ; en [psrlaDt du
linge qui, avant d'être sec, se smlii
contre des mors, etc.
TOBCHBB, calott^r, roaaer. — L.
TOBCBKTTB, toT-ekà-te, petit torchon;
teoiement dans la locution : nette
comme toreketU. — Variante: mU
comme teurquet.
TOBCUON. Un ouvrier qui s^est engagé
pour un an, et ne travaille que quel-
ques jours» fait u» torchon : — quand
il travaille un peu plus de temps, U
/ait une serviette,
ToBEL, to-ê, taureau. JBn v"la un toê
qu^est méchant!
TOBBUSE, to-^M^-^e, vache qui imite le
taureau ; dite au^i « vache robinière,
vache chanteuse ».
TOBONIOLE, têr^nirole, voir € torniole »
I^Le Dictionnaire général a enregistre
torgnolej.
ToBNAlLLEnENT, târ-nâ-yc-man, tour-
noiement.
TORNBB, târ-né, tourner : Tourner les
sens =. causer une émoUou excessive.
TÔRNETTE, tôr-nè-te^ toumette, dévi-
duir. « lame WindeU^ tornctte, s. f. B
Falsgbavb.
TOBNBUSE, tôr-nen^-ze^ tournure.
TOBNEVIS, tôf'ne-tiss, tournevis.
TÛBNÊTE, tôr-neye. tournée, 1*» r&dée
de coups ; 2® régalade que des buveurs
se paient tour û tour.
TORNIOLLE, tôr-nio-le^ !• coup sur la
tète, qui étourdit ; 2" sorte de panaris
qui fait le tour de Tongie.
TORKIQUEB, iâr-ni-kfé, péjoratif de
a tourner »; équivaut souvent à «tour-
noyer ».
TOBNIQUET, tor-nirhiè^ tourniquet.
ToBQUETTE (bvirc à la) = boire la
boucue pleine. — L
TôTBB, t^ter^ rôtir du pain. Voir Dm.
Tostez-moy or faiciomen une tostèe.
Palsqu. p. 76U. [Aux environs d'Y ve-
tot, le pain rôti s appelle («vt (mot an-
glais), du laiin tostum.]
ToTÊYB, trempette de pain grillé dans
du cidre doux. L.
TouFFLE, touJUy toufife.
TouiLLADB, tou-ya^e, moue, grimace
de mécontentemeut.
TouXLLEB, tou-yêy 1* regarder en-dea-
Bous ; 2« bouaer ; 3* se nourrir forte-
ment et avec recherche.
Toujouus, ton-jon, toujours.
Toupet, tuu-pè, toupet. Locutions : as
mettre une chune Oans le tovptt^ = se
faire une opinion (souvent lausse) ; —
rabattre le toupet s humilier quel*
qu'un par des paroles mortifiantea.
TRà
— 213 —
TRA
TOUPILLOK, tVU-pi-jfOH, 1* Bftbot, Borte
de toupie; 2» objet eocheyètré : du
fi en UmpiUon ; 3« Locution : ie au-
9er le tovpUhm ^ se casser le nés.
ToupunsB, toftrpi'né, !• tournoyer; 2*
86 remuer, maie mus arancer dans
son ouTrageb
TOUQUEB, tou-kiê^ cosser, modification
de toquer», espagnol t^ar.
TouB. Locutions : fieher le tour = abat-
tre, jeter en dessous; donner un tour
as jeter cun sorti» ; — se donner un
tour de reins = se blesser aux reins.
Tourbe, tour-he, 1» motte de gazon, en
ce sens on dit c une, deux, trois tour-
bes]» ; 2« sur&ce gazonnée du hoI.
TOUBBETTES, petites tourbes sèches
qu*on ramasse sur une terre hersée ;
les plus grosses sont €des tourbes».
TouBBiN, tour-hin, mottes dans les
champs nourellement emblavés.
TOUBBONNB, tour^hon-ne^ consoude,
plante. — L. dit a la grande consoude».
TouBÊTE, tou-êye (lacune).
TouBif SNT, tour-man^ V tourment ; 2»
souvent, personne agaçante. Qui*ux
tourment! Une mère dira d'ua enfant
remuant : c^est un tourment perpétuel.
Tourte, 1* gros pain. [Dans le Roumois,
c^est le nom au pain de 6 kilos.] 2o
homme d'esprit lourd.
ToUBTÊ, tourteau. — L.
Tous LES JOUBS (à), locution : jours
ouTrables (opposés au dimanche). Ma
reste est usA, fia mets à tous les
jours,
TOUBEB, tou-zé^ tondre. Forme romane
be old Bornant, selon Palsobavk
(p. 702) qui donne ailleurs cet exem-
ple, s'il en est ainsi, qu'on me touse
pour [comme] un fol 'p. 487).
TOUBEBIE, tou-z'zie, tonte des moutons.
TouSEUBES, fém. plur. (en franc, ce serait
tonsures), toû^eu*~ze, brindilles pro-
venant de la tonte des haies.
TouBBUX, tou-teu^, tondeur.
ToueSAlLLEB, tou^çâ-yé, tousser fré-
quemment.
TOU88E, touee, toux.
TouBBBBiB [mot du zv siècle], touss'-
sie, toux.
TOUBSOTBB, tou-^o-téf tousser fréquem-
ment et faiblement.
Tout dbait, tou-drè, exactement, pré-
cisément. C'eet tout drait cha,
Totrr-LAID, s. masc. tou-lè, laideron.
Tout-pabtout^ tou-par-tou, tout, de
tous côtés.
Tout-plein, tou-plin, beaucoup.
ToUTomïEB (lacune). — L.
Teaohbb, trârché, chercher.
Tbafio, trafic fenflc.
TKAoiDiE. Locution : Ami traaidie
d'effants = une nombreuse famille. -^
Tbailleb, tr^i, 1<» dévider au trail
le fil pour le mettra en échevean ; 2*
tournoyer en parlant des corneilles.
Tbaillot, trâryo, treuil.
Tbaimb [forme primitive et régulière],
trin^-me, trame.
Tbaimbb, trinôme, tramer.
Tbaimeubb, trin^meu^'ze, trameuse.
TBAiN ailler, péjoratif de c traîner».
— B.
Tbainebaleb, trin^^ne-ha-U, au sens
du nom. Dm. c brimballer».
TBAiNEBALLB,^rt}i«-}i«-^-20(trimballe)^
cabriole, culbute. Locution : faire la
traînehaXle sur une transaction a
gagner cent pour cent.
Tbainel, trin^-ne, traîneau pour porter
une hersi), une charrue ; traînasse fol-
let ? tramel.
Tbaîner, trin-né, être atteint d'une
maladie de langueur. Je ne saie pas sU
ira loin, y a liiemps qui traîne.
TbaÎnetb, trin^nê-ye, 1« traînée ; 2»
femme de mauvaise vie.
Tbaibabd, trà^r, la corde qui tient
une herse.
Tbaibe, tré. Locution : il trait et coule
[la lessive]. Se dit des hommes trop
occupés des minuties du ménage.
Tbaitb, quantité de lait que la vache
donne d'une fois. J'ai ye^i eunn* bonne
traite à çu matin. — L.
Traître, trêy-te^ traître.
Traîtrise, traUtri-ze (lacune) : 1* ac-
tion d'un traître, sens devenu usuel ;
2** coup donné en-dessous.
Tramas, tra-mâ, tramail.
Tran, tran, trace ou empreinte laissée
sur le sol par un animal ou une voi-
ture. J'ai suivi le tran.
Tbansportb, tran^por^té, en délire.
Trasl, trâ, tr&, dévidoir; pourtral =
trail. A rapprocher de € treuil, tra-
vouil ou travoul ».
Travail, tra-va, travail.
Travaillant, travailleur, homme cou-
rageux: Cest un travaillant. — L.
Travêqueb, tra-vê-kiè, 1» délirer, dérai-
sonner; 2» au fig. balbutier des excu-
ses incohérentes.
Travers. Locution : Dans le travers de
= environ. Cohien avé-vous d' moutons f
Je nn'ai dans le travers de chiquante.
Traversaillbr, tra-rer-sâ-yé, péjo-
ratif de traverser, abuser de la per-
mission de passer sur le sol d'autrui.
15
TRI
— 214-
TBU
Tbatkuz, tré-yeu* [le mot manque au
français], celui qui trait les vaches.
Tbéard, trè-ar, roir c traîrard ».
TaiOBB, trè-che, tresse.
TaÉOHBB, tré-ehé, tresser.
TSKCINBMENT, t^r-rt-R^-maM , vibra-
tion, action de treoiner. On dit aussi
ctrecindement i»
Tbboiner, te^r-ei-né, vibrer, ve dit des
vitres dans les orages violents, ou de
pièces de fer mal ajustées. Synon.
c treoinder. »
Tbbmblbmbnt, tran-(2<^-mar», I» trem-
blement ; 2* multitude, abondance :
y en a un tremblement f Locution :
tout le tremblement s toute la suite.
Tbbmblérib, tran-blé'ie, frisson. Pour
tremblerie ; voir la phonétique.
Tbbmblbux, tran'^hleu, trembleur.
Tremblbtb, frisson. — L.
Tbempb, tran-pe, volée de coups.
Trbmub, tré-mûe, trémie.
Te&panbb (SB), se donner beaucoup de
mal à faire son ouvrage.
Tbbballé, noirci, piqué par Thumidité.
Se dit du linge. — L.
Tbbssaudemsnt, tâ^-êaw-d'man, ca-
hotage.
Tbebbaubbb, te^'ÇwnHU, cahoter, se-
couer [fiemble synon. de c tressauter »].
Tb]&tel, tré-tê, tréteau ; plur. (régulier)
trétià»,
Tbbtoub, te^4ouêf tous: augmentatif
de ce mot.
Teeu, trou. — L.
Tbbukllb, truelle. — L.
Tbbuffb, trèfle. — Locution : arter
[arrêter] du treuffe, le faire manger
avant rhiver, pour le sauver des
grands froids.
Trxufflai. Mre bien trevfflai = bien
mis, élégamment vêtu. — Par anti-
phrase : EH-U dono treuffiaif mal
affublé f — L.
Trbvet^ te'r-vè, 1« triangle de fer qui
porte les plats sur le fourneau (même
mot en anglais) ; 2» astérie ou étoile de
mer.
Tbibouillade, trirbou-ya-de, trouble,
pêle-mêle. Des œufs brouillés sont
parfois appelés crtf/r à la tribouillade,
Tbibouillbb, tri'bcu-yè, brouiller. 7W-
boailler est traduit dans Palsgrave
par ihogge (anglais moderne tkog,
secouer). C'ie riande-là n'me va point.
Ça me tri-bouille là dedant!
Tbibuoheb, tri-bti-ohé, trébucher.
Tbibuchbt, tri'bvrchè^ trébuchet.
Tribunal, tri-bu-na, tribunal.
Tbioheuz, tri-cheu^^ tricheur.
Tbicotxb, tri^o^é, 1* tricoter ; 2* bat-
tre, sorte de fréquentatif de ctriquer».
Tricotbuz, trp^o4eu*, tricoteur.
Triotom, trie-ton, brelan. Trieton ettrré
= breUn carré.
Trib, trî, s. fém., choix, élite, tri.
Tbifouillbb, tri-foû^é^ !• remuer tout
en cherchant quelque chose ; 2« mettra
les choses en désordre : aomwu il a tri-
fouillé dan* mon tiroir!
Tbioab, trirçâ, trigaud, intrigant.
Tbillaob, treillage.
Tbimousseb, tri-mou-^é, trémousser.
TuiNOUB, frta3-^A«, tringle. On dit auni
c trinque ».
Tbipot, tripoy train de ménage. [Le
« tripotage » de la Fontaine est un
dérivé de ce sens.]
Tripotibb, 10 mêlé à de petites intri-
gues ; 2? qui s*ocoupe de ce qui ne la
regarde pas. — L.
Triqubmèlbb, tric-mê-U, mâier, mettre
en désordre.
Tbiqubb, tH-kU, bâtonoer, battre à
coups de trique.
Trois-pibds, troueye-piéâf trépied.
Trois-bbpt, troufy-êè, tré-«ept, jeu de
cartes où la partie se gagne par (3 fois?)
21 points.
Tbompb (s. fém.), trom-pe, erreur.
Tbonohb, s. fém., tron^-ehe^ tronc (d'ai^
bre).
Tbônohb, trompe. — B.
Tbonohok, trSn'^kon^ tronçon (en an-
glais troneheonj.
Tbokonb, tron-gne, trogne, mais eo un
sens moins étendu que le fraoçaia a
gros nea. J. T. «trogne» a ventre.
Tbôkb, trô-ne, troène, arbuste.
Tbob-QUATB, trâ^a4e, trois ou quatre.
Tbou, trou. Locutions : hère ««mm^ ws
trou => souvent et beaucoup. — Faire
un trou ss prendre on petit verre
d*eau-de-vie au milieu du repas [ce
qu'on appelle c le trou normand ».
Tboucbin, femme méprisable. — L.
Trouib, £r<w-i0, 1» truie; 2« cloporte;
S« femme très sale.
Tboubbbl, trou-cê, i« trousseau; S* tro-
chet; anglais truêi, et forme popa-
laire trtusel,
Tbouybube, trou-veu*-ې, trouvaille.
Tbuo, truc, savoir-^ire, secret, finesse.
Il a le true Samè ean Mmuitf. Voir J. T.
Truohbb, tru-^hi, courir après les bona
repas, faire métier de parasite. Le i
franc, c mendier frauduleusement a eat
très Toiain du nôtre.
VAD
— 216 -
▼Al
Tbuchbuz, tru-ûheu^, habitué à «tru-
cher.» Delb. dérive ces mots deatruci».
Locution : Bâton de truchewt bien
bétonne, bien traînai, vaut à son maîte
plvê de kOO livrée de rtmte.
TBUPEL,^rM-pe, troupeau [s'est c^onsenré
comme nom de famille.]
Tbdqubt. Locution : Inviter truquet
et mergnet (tryakiè) =s inviter toute
personne sans distinction. On use com-
munément des synonymes trvgvette
et margvette.
Tue, tuf. — B.
TUBB (SE), tta, en parlant du cidre,
perdre sa couleur et son goût au con-
tact de Pair.
Tu^, tue, tuyère de soufflet, d*enton-
noir; tuyau de cheminée.
Tui-TUiT. babil des oiseaux. — L.
TULEB, tU'lé, !• boire en suçant; au
propre se dit des veaux: 2* boire avec
une pipette; Ô* boire volontiers, boire
■ec. Jl n'est pas embarraesé pour ttir
1er une goutte.
TULBUX, tû'leu*, qui boit trop.
TuLMUTE, tuUmU'te, tumulte.
TUMBB, tûn-be, tombe, chute. Se dit spé-
cialement des arbres qui se déraci-
nent d'eux-mêmes (par opposition à
ceux que Thomme aoat). Quand no a
la tumbe [quand le fermier garde pour
lui les arbres ainsi tombésj, noê est
obligé de remplaeher,
TuMBiB, partie de falaise éboulée. — L.
TuMBKB, tun-bé, tomber. Les formes
tumberje tumbe, f ai tumbé, sont dans
Palsobavb, p. 544.
TUQUBUZ, terrain où Ton rencontra du
tuf. — B.
Tubbiv, travaU pénible. — B.
Tubbiheb, travailler dur. — B.
TUBLUTUTU (onomatopée), tur-lu-tu-tu,
mirliton.
Tubnb, tur-ne, cabane; taudis, maison
en mauvais état
TCTEB, 1» sucer; 29 obtenir par finesse.
C\>nme i ya [il lui a] tuU çu cadeau-
là/
TUTIBB, tû'tié, tutoyer. [On a dit de
môme nétier pour a nettoyer >.]
TUTAB, tu-yâ, tuyaux ; pluriel de... (^#ûtJ.
TUTOTBB, tu-yo^té, exoression moderne
[que l'Académie n'admet que depuis
1878; elle écrit f«ya«^^] qui remplace
«daloter».
u
UoÂNB. Eugène, [a Comment veut -il
bien e'appeler, aurait demande un ou-
vrier en lisant TU initial du prénom
Ulysse? — ree beyle! Vgène, par-
bleu/ 9]
ULoiBB, «Z-cé, ulcère.
CJnib, M-jii, unir.
Upubabzb, Euphrasie. ~ L.
Ubopb, Europe.
UsaoAmbht, U'zâ'Jé-man, suivant
rusage.
UsBUBs, usure, détérioration. ~ L.
USTAOUE. Eustache. — L.
USTBBBILLB, Uê-tan-êi-ye, ustensile.
J ai même entendu dire « Justensille».
UsuFBiT, U'XU'fri, usufruit.
USUFBITIBB, U'xu-fri'tiéy usufruitier.
Va, va, particule explétive. Vae-tu au
marehé? Je n'eais pas, va.
Vagabond, va-ca-bon, vagabond.
Vacdbac, tout c'en dessus-dessous. — L.
[altéré ailleurs en «valdraguen.J
Vaoottb, va-co-te, 1» coccinelle «bête
à bon Dieu», petit col éoptère ; 2» pe-
tite vache. En ce sens on dit aussi
cvaquetto».
Vadbouillbb, va^drou-yé, se traîner
dans la fange, barbotter. [La racine
vadrouille» est entrée dans la lan-
gue an zvii* siècle; mais le sens de
femme sale » pourrait bien nous ap-
partenir.]
Vaquant, «a-^on, paresseux.
Vaie, vee, voie.ra» seiot n'a pas cCvaie
= ses dents n'ont pas la direction
convenable pour qu'il puisse jouer libre-
ment dans le bois qu'il divise. — A un
enfant qu'on a dans les jambes, on dit
communément : ote té d'ma vaie.
Vaillant, va-yan, actif, laborieux ; ex-
tension de la signification française
Tes gué (guère) vaillant.
Vaimbuent, vin-m'man, à propos, vrai-
ment Le son m redoublé semble in-
diquer la suppression del'r; l'étymo-
logie serait donc «ivairement».
Vaindication, vin^-^i-ca-cion^ désir
de vengeance ; haine.
VÉB
— «6 —
YBR
Vaibe, dI, voir. En fi vê = tourmenter.
— La location « à vaire goutte = à
tâtons, dans l'obBcurité» se prononce
àrvey-gavt*,
Vaissel, vé-eè, !• vaisseau; 2* vase»
tout ce qui fait partie de la vaisselle.
Vty-t'en laver tes vaissiât.
Val, va, val.
Valeb, va-lé, valoir. Faire valer (fi-
va-U) = cultiver ses terres [par op-
position à celui qui loue la ferme qu il
exploite.]
Valet d'août, valè-dou, serviteur loué
pour le temps de la moisson ; appelé
aussi « pistolier ».
Valeur, va-leu, valeur.
Valkubb, va'leu^^ze, descente dans une
falaise ; voir a avaleuse ».
Valle, adj., va4e, dans la locution
faim tàlle = fringale.
Valb, va, vaux. Locution : Par monts
et par vols.
Vanhb, volée de coups. — L.
Vaknbbbsse, van-ne^'rê'Ce, tarare, c'e>'t-
à-dire machlue à nettoyer le grain;
s>'non. «vannette».
Vannêye, van-njêye, contenu d'un van.
Vaque, va-hs, 1<» vache; 2» filet de pê-
che, nasse.
Vaqubb, va-kié, vacher.
Vaqxtebme, vacarme. — B.
Vaqubtte, va-kiè-te, vache de petite
taille ou de peu de valeur.
Vabecb, va-è, varech ; voir «guevair».
VilBET, ra-é, guéret, premier labour. ~
L. explique : « terre en jachère ».
Vabbou, va-rou, verrou.
Vabvaude, var-vanhde, querelle.
Vabvot, var-vo, flaque d'eau; petit
amas de boue. A rapprocher : « barbot,
vervot*».
Vabvoter, 8*agiter, se salir dans la
boue. — L.
Vattb, va-te, boue très délayée.
Vaudbeb (SB), raw'dré, se vautrer.
VaudbètE. vaw'drêye, écouvillon de
four [semble de même racine que «va-
drouille»]. Furgonf- foc an ovin =
vaudrée. Palsor.
Vaudbillonner (se), vaw-dri-yon-nè,
se vaudrer, se salir.
Vaupas, vaw-pâ, grand palonnier.
Vavite, s. fém., va-ti-te^ diarrhée.
Vavoter, va-vo'té, aller doucement. Ne
s'emploie guère que dans ces deux lo-
cutions : ça vavote, il vacote,
ViE, adv. d'affirmation (voire) ; oui.
Vins-tu aveuc nous? Vée. — Ne dire
ni vé ni nenni =a ni oui ni non. — L.
ViKUZ, attaqué par les vers, véreux.
•— L.
VÉIE, vé-ie, veillée. Est-ce pour cveîl-
lie?»
Veillatif, vé-ya^if, vigilant ; avisé.
Veintube, vin^u, voir «vointore».
Vbisin [orthographe primitive], i^xi**,
voisin.
Vbibineb, vé-zi-nè, voisiner.
Vêla, v'ia, voilà.
VÈLAI80K, vê-lè-zon, tempe da vêlage.
V'LBQUEB, chercher. — L.
Velimeuz, v'IirmsH^, venimeux.
Vblin, v'Iin, venin. PalbGBAVB : w-
nym = velin, s. m.
Veloux, v'Iou, velours.
Vendangeb, se salir de la tête aux
pieds. — L.
Vendeux, ven-deu^, vendeur.
Vendoibb, s. fém,, van^doiy'-ze, trombe,
bourrasque, tempête, qu'amène le «vent
d'ouest ».
Vendue, ven-dne, venteài*encaa. Rouen
l'employait couramment au milieu du
xviiic siècle. Date au moins du xv«.
Venir, r'ni, venir. Locutions : Vanneye
qui vint [vient], la semaine qui rimt
= l'année, la semaine prochaine. —
S'en venir = venir avec un but déter-
miné. J'tnen vnais vo qu'ri.
Vent dessus, vent dedans, van-d^Mus
vand'dany à moitié ivre.
Ventêtb, ranrtêye, tem[iête.
Vbntrête, van-trêye, ventrée, intestins
d'un animal.
Vektbouilleb, avoir la diarrhée. — L.
Veb, vé, ver.
Vebdelbt, ré'dlè [mot du xiv« siècle],
verdelet, vert tendre ; se dit des pâtu-
rages.
Verdeurs d'une mare, les plantes qui
couvrent la surface. — B.
Verdier, cer-dié et ve^r-dié, verdier.
Verdu (collectif), toute espèce de plan-
tes vertes. — B. C'est le français « vei^
dure».
Vbret, vé-è^ noir et blanc ; simple alté-
ration de <xvairé]>.
VÉRETTE, vé-ète, variole ; voir «vérole».
Verqktte, ver-jè-te, petite verge de
métal pour supporter les rideaux des
fenêtres.
Veroie, ve^r-jie, vergée, ancienne me-
sure de superficie, le quart de l'acre.
Verglacher, ver-çlâ-ché, se former en
verglas. En 1694 l'Académie, au mot
q: glace D, donnait cverglacer».
Verolandier, ver-glan^dié, houx fre-
lon (rusouê acuUatus).
VBS
- 2!7 —
VIL
Ybbooone, ter-gon-gne, âcreté, acidité
du fruit trop vert.
Vebgub [prononciation de «verge 9
chez nous comme en Picardie ], rer-
ghe, verge ; presque uniquement dans
vergue à Jie a le battant du fléau d ( qui
sert à battre le blé). Palsgbave et
même Malherbe ont dit verge pour
«vergues; nouvelle preuve que ce sont
deux articulations du même mot.
Veboubtte, ver-ghètte^ jeu.
ViBiTÉ, vé-i'té^ vérité.
VebIjOPB, ver-lo-pe^ varlope.
YEVJA)TERy ver -lû-pé^ varloper.
VKBMiE, rer-mêge^ pelote de vers pour
prendre des anguilles : Pêquer à la
rermeye, qui s'appelle c moche 7> en
Basse-Normandie ; là a le vermeil • se
dit des vers en eénéral : les poules
cherchent le veritteU.
Vbbmichel, ver-mi-ekê^ vermicel. [No-
tre prononciation semble prouver qu'à
rintroduction de ce mot en France,
le c fut prononcé ch].
YBBMliîEy ver-min-ne : \^ gamin, es-
piègle ; 2» nom générique des petits
rongeurs, rats, souris, mulots : notre
granehe est perdue de vermine; m an
cat est bon à la vermine = est acharné
à la détruire; 8<» parasites, etc.,
comme en françtûa.
YlftBOLE, vi'O'le, variole. Notre mot est
l'ancien français. Pock a small : verolle,
8. fém. Palsob. Les précieux disent
vérettCf sans doute pour éviter la con-
fusion avec la hideuse maladie de la
grosse vérole.
VÉBOT, vé^, ver, surtout ver de terre ou
ver Carnivore. Le ver intestinal garde
le nom français.
Vbbbb (petit), ver-re, verre d*eau-de-vîe^
Vbbbètb, vê^êj/e, verrée.
Ybbbub, vé-^tCf verrue.
Vebsbux, verseu^, celui qui verse à
boire.
Ybbt-pommieb, ver-pon-mié, gui.
Vebtu d'quai f = En vertu de quoi ?
pour quel motif 7 — L.
Ybsètb, «0-2^v0, énergie, force muscu-
laire ; s'emploie surtout dans les phra-
ses négatives.
YisiLLAiTT, vézi-yan, vif, remuant.
Ykson, ve^-zon, mouvement, empresse-
ment. Etre en veson ou en Jeton = être
occupé de préparer quelque chose. V.
DelbouUe a. veson d, Dm c vesonner ».
Ybsonkeb, ve^-wn-néy remuer; ne se dit
que des êtres animés : s*agiter sans
fiûre grand chose.
Vbbqubb [prononc primitive de Tx =
tique] ves-kié, vexer.
YE88I0AT0IBS, vi-ei-oo-touéf vésioatoire.
Ybstêtb, vesê-têffe, jet d'eau rapide et
saccadé.
Yeuche, veu-che, vesce (plante et grai-
ne).
Yeuchir, champ où on a récolté de la
vesce. — L. ; M. eût sans doute écrit
veuehU.
Ybule« veû'le [L'Académie a adopté le
mot dès le zviii* s. an sens de a fai-
ble, ehétif ]». Il a chez nous des accep-
tions meilleures] : terre vente = bien
ameublie ; pain veule => bien levé.
Yia, via, petite bande de terre entre
deux sillons que laisse çà et là un la-
boureur maladroit, ffé bien /fie retiens
porfé des vias.
V1AOE, vià-je, voyage, surtout pour
a charriages :fvas enTvé eha en deux
viages ; tandis que veyage est le fran-
çais c voyage d. Bon veyage, et portez-
vous bien. Ancien anglais : viage =
vojrage.
Y1AOEB [altération de « vovager 1],
viâ-jéf laire beaucoup d'allées et ve-
nues.
YiAL, via, veau. Suivi d'une enclitique,
se prononce viaw. Locution : pleurer
coniffie un via [popularisé par les vers
de Bérat].
YiAULiN, petit veau. — L.
YiCAiBB, vi-hiéy vicaire.
YiCTOiRE, vic-touè, nom ou prénom.
YiB. Locutions \ fé la vie (sens du fran-
çais et) = faire du tapage ; — avé sa vie
= avoir de quoi manger ; — U est de
grand vie ^\\ a besoin de beaucoup
d'aliments pour se rassasier. — L.7 njé
vie au monde que du ma = c'est un
garnement qui ne fait que du mal.
YiEUTL, vieuy\ vieil ; seulement avant
une voyelle ou une h muette.
YiBUiLLABD, vien^-ya, vieillard.
YiEUiLLB, vieu^-ye^ 1* adj. vieille ; 2*
subst. poisson.
ViEUiLLBRiB, vieu'^-ye-riâ et vieu'^-ye-
sie, vieillerie.
YiEUiLLESSB, vieu^-yê-^, vieillesse.
YiEUiLLlB, vieu^-yi, vieillir.
Vieux. Locutions : vieux comme les rues,
vieux comme Hérode,
YiGNB, vin-gne, vigne.
Vignot, ri-gno, !• ajonc ; 2« petit co-
quillage, turbo littoralis ; 3* spirale ;
«jonc marin » dans Palsobâvb.
ViONOTiÂBB, vi-gno'tiéf lien couvert
d'ajoncs.
ViQUEDB, virgheu, vigueur.
ViLAls,ri-Ziii, !• épouvantail pour écar-
ter les oiseaux; 7^ citadin; souvent
ironique en ce sens. Ijocution ; jeu de
main, jeu de vilain a amène souvent
des fâcheries.
ZI6
— 218 —
TlLABNER , faire louiErir ; 9Uin ekahot
m'vilanme.
ViLLOTB, vi'W'te^ 1* moyette de blé ; 2*
meule de foin. Cette forme citée en
1606 est remplacée ailleurs par c veil-
lotte ou Téliot i. Voir J. Trayera
• yelllote • et « barge ».
VlLOT, vi'lû. Pondre au viht, à l'écart,
au lieu de rester à la niche.
ViLOTTEii, vi-lo'téf pondre au vilot ; au
fig. avoir des relations criminelles (à
propos de gens mariés). Le vieux
français vllotière => femme perdue.
Falburavb (pp. 663, 613) emploie
« yilotter « au mus de vagabonder,
errer çà et là : if est une belle vie que tu
wumneêdevUateren ee poynt tantefour,
— Il vilote comme ung chien qui n^a
point de maietre.
yiLTOOSSEB, vil'Wm^é^ Tirevousser,
courir en tournoyant, comme les sou-
ris. De l'ancien français rirevatute^ ou
tireveite^ ou encore virevouise. Voir
Comédie des Proverbes,
VIMBBBQUIV, vin^-be^'kyin, vilbrequin.
Vin, riji«, 1* vin; 2« pourboire, pot-de-
vin. Donner bon vin ; — fy a% donné
son vin [sens usuel dans les contrats
du zvii* pièclel; 8* (d*autre dériva-
tion) temps froid et sec.
VmoHEMT, Vincent. — L.
Vingt, vi-no^ petit vin, vin faible.
VXONDIB. vion-dîf bruire, en parlant
d*une toupie, et autres bruits sembla-
bles. Synon. vionner,
VipiBB, maso, [comme parfois au xviP
siècle], vUpéf vipère; fém.
ViPiLLON, vi'pi-yon, goupillon, «ves-
pillon s dans Palsob. [Notre forme
est de Tancien langage.]
ViB-A-yi6, vi-za-vi^ 1* envers : il a des
torts vis-à'Vis san pé ; 2« sens fran-
çais. L'acception matérielle prend (ide»,
par exemple : fsieus dans sa rue au
vis-àrvis de It. [ITest-ce pas platftt la
locution eau vis-A- vis » qm veut c de »?]
VisliBB, vt-ziéf Tiaière.
ViTAiLLB [c'est la vraie dérivation
française], vi-^â-y^, victuaille.
ViTAiNB, vingtaine. — L.
VlTOLBB, se promener nonchalamment,
prendre ses aises. — L.
ViTBB, vi-tre, vitre. La vitre, chea
nous, comprend le chAssis vitré tout
entier.
Vlo, petit veau.
VoiOE (JB), et que je voiqe s je vais,
que j'aille. [De quel verbe dériver ces
formes?]
VoiNTUBB, voin*-tu, voiture.
VoiTUBiB, voi-tu-eye^ charge d'one
voiture.
VOLEMTAIBB, to4an-té, volontaire.
VolbntA, ffo-^A-^tf, volonté.
VÔLBB, v6-lé, voler [dérober ou prendre
l'essor.]
VoLBBiE, vô-l'lie^ volerie.
VÔLEOZ, v6-leu, voleur.
VôLftTB, vfhlêye, volée.
VôLiEB, masc. vS'liè, volée. Un e#-
lier de pinqeons^ de c moissons s.
Semble la racine du franc. « volière »?
Voui, oui. — L.
VouLBB, oou'lé, vouloir, verbe.
VouLOUBB, vou4oué, vouloir, subet.
VOUTTB, vôtre. — B.
VoTAOE, vé-ya-ge, voir c viage ».
Vbedot, ve^r-do, cheville servant de
bouchon A un cuvier. Voir Dm. o ver-
teau ».
Vbbpb, vrè'pf, 1* guêpe ; 2* les vêprea
(rare) ; 3<» crépuscule du soir.
Vullieb, vu4iéy visible, notoire, évi-
dent. On peut rapprocher « vulgaire i.
ZlDOBE, Isidore. ^ L.
Zioub, zi-ghOf lacune. Locution : c^est
un bon ziaue = un homme aimable,
un bon vivant. Le mot a pris asses
de faveur pour que Littré l'ait cité au
supplément. Il écrit tig ^i définit :
homme gai et plein d'entrain.
ZlQUBB, zi-ghié, lancer de l'eau avec
une petite seringue.
ZiozAGUEB, zia-za^hié, faire des sîg-
zags en marchant, festonner son che*
min.
Zizi, personne faible de corps et d'es-
prit, incapable de rien de sérieux. — L.
ZoNON^B, onomatopée, se dit du bruit
que fait une toupie fortement lancée.
Z020, uhto^ bouffon.
APPENDICE
M. Bernard, le philologue (champêtre de Gonnemlle-la-Mallei^
avaiU comme l'a dit V introduction du Glossaire^ mis en commun
ses observations avec celles de Vabbé Letendre; et l'abbé Maze put
prendre connaissance de cette œuvre d'ensemble. Mais sur ces deux
travailleurs M. Bernard a eu un double avantage : d'abord il n'a
pas quitté la région qui parle son cher dialecte natal; et il a pu en
prolonger l'étude douze ou quatorze ans après eux.
Il en résulte au moins deux ou trois centaines de notes supplé-
mentaires qui, par l'intermédiaire de la famille de M, l'abbé
Letendre, ont été fort obligeamment communiquées à l'éditeur de
M. Maze.
Ces sortes d'inventaires lexicologiques ne sauraient jamais être
trop complets, surtout pour iine langue qui n'a jamais été écrite.
Il importait donc de tirer le meilleur parti possible de ce précieux
appoint.
Un certain nombre de ces articles ont paru dans le Dictionnaire
Général ou figurent dans la liste de Vabbé Maze : ce sont les seuls
dont il n'y avait pas à tenir compte; et encore la rédaction qui
allait être mise sous presse a-t-elle pu çà et là en tirer quelque
lumière.
Le reste était digne de toute attention. Mais presque toujours
l'article se réduisait au seul mot du titre, le temps ayant manqué
pour y joindre la définition, ainsi que l'explique la lettre d'envoi
de ces notes. Exposer par conjecture, même en formulant le doute,
est toujours hasardeux : par bonheur, pour plus des deux tiers de
ce supplément, deux jeunes auxiliaires d'Anger ville l'Orcher et de
Vergetot ont dissipé les incertitudes ; et cette dernière série d'addi-
tions se reconnaît souvent aux mots en italique qui suivent le titre.
Restent enfin les vocables ou locutions qui attendent encore une ré-
daction complète. Après des études qui, individuellement, n'ont
— 220-
guère persisté moins d'un demi-siècle^ Vidiome villageois de ces
quelqi^s kilomètres carrés n'est pas encore pleinement connu.
L'aveu, assez humiliant^ ne fait en dernière analyse que plus forte-
ment ressortir le mérite de ce c langage de la banlieue du Havre m.
Affritbb. Frotter avec de Tail ou de
l'oignon le fond d'un vase en terre
pour le rendre résistant au feu, puis y
faire bonillir aussi de l'ail et de Toi-
gnon, ou certaines substances aroma-
tiques , pour enlever son goût terreux.
Jdaniot deit ête bien affriU : j'y ai fé
bimiui padant detup eu deg/t uUUm de
coudre.
Annuel, subst. Les cinquaute-deux
messes qu'on fait ordinairement dire,
une par semaine, après la mort d'un
parent. 11 se dimt d'abord, d'après
son sens le plus exact, des trois cent
soixante-cinq messes qui formaient la
prière d'une année complète pour un
défunt.
AVEINDBB, mot fort ancien, donné par
le Dictionnaire général, A ici le sens
précis de « atteindre avec effort ».
surtout un objet placé en hauteur.
Mante eu eun' kiée (chaise), ei tu n'peux
point y aveinde,
BoaOHOLLB.
BouBBiOHON (ee monter le), se monter
la tête.
Bbabbb la /â = redresser au marteau
le flano (la lame) faussé d'une faux.
BbU. Locution : e'plainde qu*la hrv est
trop belle «s se plaindre, pour quelque
inconvénient j a' un avantage dont on
devrait se réjouir.
Bbutal se dit aussi des choses. L'ju
(jeu) d'quillee eet unjv bruta; ~- rmé-
tié d'boeron (bûcheron) ett un nUtié
bruta,
Caqubnstte.
Gasti (un peu ivre), sjnon. «caetibrouille >
Ga WOHUMIBB, l** chaufournier : 2* valet
de ferme qui encawehe le blé = le
plonge dans une solution de chaux
pour les semailles (chaulage).
Clenque dk blé.
Gomeunb, mairie. J'vaê cri tnan batûitê
à la oomeune = mon acte de nais-
sance à la mairie.
GlÉ (clair), salive. Perde san cl€=\iB,yeT.
GoPIAH, éclats du bois travaillé avec la
hache (le rabot fait les cfeuillolets»).
La commune de Saint-Eustache-la-
Forêt, près Dolbec, est parfoi» nommée
par plaisanterie • Saint- Ustache-l es
Gopi&s 1.
GoBTB-POlNTE, courte-pointe. (On sait
que la forme légitime serait « coûte-
pointe ».)
GoTEUMB, droit à payer au ooteumitr
(adjudicataire d'un marché) pour avoir
le droit d'y étaler.
GODLTBAIT (probablement c trait da
col >), chaîne qui sert à l'attelage des
chevaux.
GouPKB Cte) d'une main l'autre = pe
nuire sottement à soi-même.
COUPET f«« petit),
Gouvi, couvé. J'voM ai d* mandé dzeu
frais, et ro m avez envié (envoyé) dzeu
courte .
GU DE BETTE.
GUBNT.
D*ALLÉ té dWeni, singulière euphonie
pour ■ aller et venir t. Je n'fè qu* d'aï'
lé té d'veni,
D'appabnche, probablement, il semble
que... i)*appacMch^f té été cotent d*li,
DÉBOUTEB vue charrue = ôter dn bout
antérieur de la charrue les herbes sè-
ches ou le fumier trop long qui s'y
sont amassés, et l'opposent (l'empê-
chent) d'avancer.
Dbboutbux, petit valet de ferme, em-
ployé à débouter la charrue.
DÎoiPLBB, ^serait-ce une altération de
• décupler ) ?, passer plusieurs fois la
herse pour rendre la terre tont à fait
meuble
1 DÉPRAiQUEUZ.
DÉHALKB, se dit en particulier des ma-
lades. Jl est déhâlé. Xcrais qH*i ta se
déhâler,
BUOTTBB.
Enchbinte, enceinte (outre les sens «lu
français), clôture. J d'n'cure tout drtit
eimtre l'encheinte du chinmetié (cime-
tière).
Bnrbvbbs (plante),
Briplecbb, é-ri-fieu-ze, éraâure légère.
Ekrb-mabib.
EXOURE, Locution : faites excuse =
excusex-moi, pardonnez-moi, peirdon.
FaibnIBR, pron. fênié^ hêtre (l'arbre à
f aines).
Fallacb ? rebut de la paille. TadeU
fallace =■ du déchet dans cette paille
longue (serait-ce un dérivé de fallacia ?)
Fawtbr, manquer à son devoir ; spé-
cialement, en parlant d*une jeune fille,
se laisser séduire.
- 221 -
Fis, 8. m. poatre qui forme le fattage
d'un bâtiment. Ptuêer nn fé = rem-
placer cette poutre.
FiON, crabe vert qui ne vaut rien à
manger.
Feumslle, autre prononc.de • fumelle »;
terme de mépris en parlant d'une fem-
me.
FlCBTTB.
FiYBUf filleul (en deux syllabes, ce qui
le distingue de fieu).
Frisquet, un peu froid : Ifé frisquet
à çu matin.
GAHCHONNiiBB, n'est qu'adjectif : fille
qui recherche les garçons. Le sens
c appartement de garçon » est inconnu
ici.
Olandbb, glande.
GoBiTOKS, ajouter : morceaux ou rési-
dus quelconques de pcûn, étoffes, etc.
GOHÉB, fém. éclflt de rire d'un jeune en-
tani : san poulot c'menche à fè des go-
héeê.
Gbeffe, naissance (au sens local). Lo-
cution : e*te vaqtie mtmtre êa greffe s
est prête à vêler.
GuÈPETE, dispute violente où on ne se
mâche pas les mots ; le peuple de la
ville dirait « engueulage >.
Hastaillbb, lutter par jeu ; synon.
« dossailler ».
Havib, saisir par an feu trop vif, brûler
Ban« cuire, upain anui est havi ■= au-
jourd'hui le pain est brûlé sans être
cuit.
Larmet, larmier, saillie du bord infé-
rieur des toits, surtout couverts en
chaume.
LiBMENT, action de lier les gerbes. J'a-
Ton l'tempt (VU oco un p'tit liment
avant d'rentré.
LiONEB, labourer très droit. Le suprême
éloge &ire d'un lahoureux, c'est de
dire qu'il « ligne ».
Mabrb f selon la règle rappelée.'à ogres) ^
marbre. À dû être la prononciation
commune, si on en peut juger par le
nom du libraire du zvii* siècle a Ma-
bre Cramoisy -.
Hachicadour, queu inaohicadour! =
quel travail agaçant ; se dit par exem-
ple de cordes entortillées qu'on ne
peut arriver à démêler. — Semble l'al-
tération d'un mot espagnol.
M A CHUE, massue; spécialement la masse
de fer dont se servent les bouchers
pour assommer les bœufs.
MATiKinss, partie de l'estomac d une
vache, d'où les objets ne remontent
plus : ma vaque est bouchée dans les
matinnes; y a pu qu'à V abatte,
Menteux. La « place du menteux » est
le bas bout de la table, place du para-
site bouffon chez les Romains (men-
teux ayant ici le sens de conteur d'his-
tf tires]; 2^ « boutonné en menteux >,
quand chaque bouton n'est pas exacte-
ment dans sa boutonnière ; de sorte
qu'il y a désaccord entre les côtés du
vêtement, comme entre les histoires
du menteur.
Menuise, nom collectif, menus objets.
Pour un boulanger, ne mettre au four,
au lieu de pain, que des petites galet-
tes de toute sorte, c'est n'fi que d'ia
wenuise,
MiKABLB, adj., d'aspect misérable. Le
mot devenu français mérite une men-
tion pour protester contre son néolo-
gisme. L'Académie n'aura fait qu'ad-
mettre un mot du vieux langage: en
1842 le Omplément du Dictionnaire
le donnait déjà comme vulgairement
employé.
Moque, vase cylindrique, en fer-blanc
d'ordinaire, pour puitter (ailleurs pu-
choir ?).
MousoN C petit) =petit gamin espiègle.
Le Glossaire adonné le féminin • mou-
sette s.
OuLET. houe? d'où houleb, défricher
à la noue ?
PioUEURLi, parsemé de petites taches
de couleur : eunn^ vaque pigueurlée;^
la mé d'ia bru avait eunn* robe de soie
pigueurléc.
PREMié, adj. première. Man gasa/ait
sa premié eommeunUm e'fanneye,
Rabônib, devenir meilleur. Çu garehon
éait bien besoin d'rabôai = de s'a-
mender. Par euphémisme : not' cide
n'raboni point = perd de sa qualité.
Ramirer.
Rattiembnt.
Regourreb.
Ressukr [mot usuel chez les forgerons,
faire suer à nouveau une pièce de fer]
une enclume, une eltarrue = les remet-
tre au feu pour les rebattre.
Sonde de hareng =■ un banc, ou
une bande de harengs qui s'ébattent
à la surface de l'eau.
Tabliete.
Taqueuz.
Tbmbri.
Tourniballb, comme n traineballe ».
Tbbizas, traître ?
ADDITIONS & CORRECTIONS
Plusieurs additions au vocabulaire sont dues à M. Rouette,
président de la Société havraise d Études dioerses. Au début du h'vre,
il a relevé une forte distraction échappée à l'abbé Maze et à son
éditeur ; et il n'a cessé ensuite de prêter à la publication^ particu-
lièrement pour V appendice^ un utile concours.
AlB. Vaie l'A, Bortir nn instant» n'eit
qu'un calembour avec c yêler >, mis
par un euphémisme asses grossier pour
ventrem exonerare.
CopiN. Des textes que vient de signa-
ler M. Delboulle (Btwe d'HUtaire
littéraire de la France, X 826). citent
le dindon au commencement au xvi"
siècle et même dès la fin du XIV*. La
tradition cauchoise sur l'introduction
de cette volaille par les Jésuites pour-
rait donc tout au plus s'appliquer à
(luelque localité de la Huute-Nomuui-
die.
ABINEB. Ce verbe est dans les dic-
tionnaires.
GuBDiN. Le contexte suggère le sens de
inféré, ou autre idée voisine. Or en
vieux français gueder = c saouler 9 ;
et le mot a été assez en vogue pour
qu*on en ait tiré divers adjectifs dé-
rivés : guedin de notre anonyme,
ainsi oue guedet et guedaU dans la
Muse Normande,
Hic est français depuis près de deux
siècles.
MUGHE. Tous les enfants des environs
du Havre ont joué à un jeu qui con-
siste à a mucber» dans le tablier ou
la blouse de l'un des autres, rangés en
cercle, un objet quelconque, en disant
à chacun :
Macbe, Mnche, Colas;
B* garde bien si tu l'as pss.
Le manège terminé, celui qui «y est»,
doit deviner qui détient Tobjet.
Deux remarques, jetées au courant de la plume dans les matériaux de ces
additions, méritaient une mention :
A deux ou trois lieues de distance, la prononciation et les mots différent.
Les paysans savent très bien distinguer les mots usités près du littoral, de
ceux qui sont employés vers la vallée de la Seine.
Pablembnt. Locution vieillie : fmi
pedu man pà-Vment => je ne sais plue
ce que je disais. Aujourd'hui on em-
ploie plus souvent y ai pêdu sum dU
(mon dire).
Passages n*a longtemps désigné aa
Havre que le bateau à voiles qid pas-
sait hommes et marchandises du na-
vre à Honfleur et réciproquement ; et
on le saluait du refrain que voici :
Y'Ià rpMngnr qnl déboaqae, qnl dëbonqiw,
V*ià rpassAger qai débooqae la Jtée.
PioouTLLEB Devant TArsenal du Ha-
vre s'élevait jadis «la Pigouillère »,
bâtiment démoli en 1878, oà les cal»
fats faisaient fondre le goadron pour
leur trarail, et dont la propreté n'é-
tait pas le principal mérite.
RÈQUBT. Le mot entre dans cette sorte
d'invocation qu*il faut, dit-on, répéter
dix fois, en la prononçant bien vite,
pour faire papser le hoquet :
J'ai rrSqaet,
Dlea le sait;
Dominas,
Je rai pas.
Tau Di VET, venu tardivement Ceit an
adjectif dérivé de «tardif», conune
mollet de < mol >.
Tonne doit se rattacher à ces mares à
aliuientation souterraines, oui n'assè-
chent jamais, sur lesquelles l'abbé
Maae avait commencé des études.
APPEL AUX LECTEURS
M. le Président invite instamment les personnes qui auraient
bien et dûment recueilli dans les cantons de Montivilliers et
Criquetot des mois ou des locutions omis dans le Glossaire, à
— M3 —
vouloir bien les lui adresser à VHàiel de Ville, au Havre. La Société
havraise d'Etades diverses sera heureuse^ grâce à ces communications,
de perfectionner la présente Étude.
Peut-être s* étonner a-t-on que les cantons de Goderville et de Saint-
Romain ne figurent pas dans cet appel. C'eût été notablement
agrandir c la banlieue » telle que la définit l'introduction. Toutefois^
même en respectant le plan primitif y l'affinité du langage de ces
deux cantons avec celui de la région limitrophe du Havre est si
étroite, que le supplément pourrait en recueillir les nuances^ sauf à
les distinguer par un signe particulier.
P.-8. — Noire manuscrit semblait entièrement terminé. Mais voici qu*a
été trouvé, après coup, un petit feuillet de patois. Il nous a semblé que
cette Étude ne sauraii mieux finir que par ces quelques lignes de Vabbé
Lebarq, dont les savants travaujB sur les sermons de Bossuet ont été applaudis
par la critique et couronnés par V Académie.
Si la brièveté du morceau ne laisse pas assez apercevoir les nuances propres
au pays de Caux, elle en donne au moins quelque idée.
Dialogue entre deux paysans du canton de Doudeville
i. Voul6 (ou Youlez-Yous) gangaer dM'argent? (d'Urgent, dans la banlieue
du HaYre).
2. Pourquei petn ? (pouin^, B. H.)
1. Voolez-Yoos en gangner biaouconp?
2. Sûrement qa*oui, qaè jWenx bieng (byin^, B. H ). Qnei qu*i Tant don fé?
4 . Quittè-mei çu pays-chit.
2. Ah! mais cha, nonl
1. y 6 saYê bier^ (byin^, B. H.) qu'no peut pu YÎYre cheux nous. V'nè-Yous-
en aYeuqu*noz aoutres dans lès falleies. J'tracherons d'I'ouYrage dans
les fabriques.
2. Y Yont déjà pas si bieng (byin^, B. H), yos fabriques. É pi, j'Yeuxpetn
(pouin^, B. H.) quitter not commeune.
i. Queux teltu quWô faites! Vô creutrë de faim à Ufing (fin*^ B. H.)
comme eun kien, yous, et pis vos étants, et pi leû mée itou.
2. No meurt pas tout' lé fais qu*no est malade. É pi j*somm*ti pein {pouin^,
B. H.) su la terre pou sonffrl? J'aimme oco mieux souffriichit qu*aout
part.
i . Vo atè tort tertous.
2. J*on8 réson à not'ideie.
TABLE DES MATIÈRES
ÂYant-propos i
Étude Bur le Langage 1
Pbbmiâbk pabtib. Phonétique
oauchoibe 7
Chapitre I, — Sans propres au
patois 7
1. Sons étrangère au fran-
çaia 7
Diphtongues 8
Nasales 8
2 Altérations principales.... 10
8. Changementdeyoyelles... 10
In 11
On. 11
4. Voyelles simples 12
A 12
É 13
^muet 15
/ 15
15
U 16
5. Diphtongues 17
Ai 17
An 17
£au 17
Aux 19
Bi 19
Eu 19
Oi 20
Ou 22
Oui 22
m -iS
Chapitre II. — Des consonnes. . . 23
1 , Gutturales et sifflantes 28
2. Consonnes liquides 29
/2 initial 29
B médial 29
iZenal 34
B suivi d'une consonne. 36
iZ paragogique 3A
J^ 36
£ et 91 se substituant, . . 38
Letm 33
C 38
X 39
A substitué à A 39
Dentales 39
y. 39
Liaisons 40
Lettres euphoniques. ... 41
Contractions 41
Tableau des finales 41
Modifications des fina-
les 42
Conclusions 61
!• Fixer Torthographe du pa-
tois 61
2* Étymologie des mots pa-
tois 51
Seconde pabtie. Grammaibk,
Lexicologie 55
I . Des noms 65
Des genres 65
Des nombres 56
Formation du pluriel ... 56
II. Des déterminatifs 67
Indicatifs ou articles. • . • 67
Démonstratifs 68
Possessifs 68
Quantitatifs 69
Adjectifs numéraux .... 59
Adjectifs indéfinis 61
Adjectifs interrogatifs. • 61
III. Pronoms 61
Pronoms pereonnels .... 62
Pronoms possessifs 63
Pronoms démonstratifs. 63
— 2M —
Pronoms conjonotifB. ... 64
PronomB'interrofiratifB.. 64
PronomB indéfinÎB 65
IV. ConjugaÎBon des yerbes 66
Conju^iBon du verbe
Avêr 66
ConjugaiBon du verbe
Être 68
Formes seoondatres de
Être 70
Conjugaisoii des verbes
actifs , 71
Chanter 71
Finir 74
Heehexer 75
Rendre 77
Observations 79
Futur et conditionnel 79
Verbes en enèr.» /. . . • 80
Verbes en eler 80
Seconde conjugaison. 81
Troisième conjugaison 81
Verbes passifs 81
Verbes neutres '81
Verbes pronominaux... 83
Verbes uniperBonnels... 84
Conjug. interrogative.. 85
Verbes irrégulîera et dé-
fectifs 86
V. Adverbe 92
VI. Préposition 98
VII. Conjonction 94
VIII. Interjection 96
Syntazb 96
Propositions affirmatives. 96
Propositions complétives. 96
Propositions négatives. ... 99
Propositions interrogatives 99
Locutions figurées ou pro-
verbiales 100
Bnclise 101
Adjectifs 101
Substantifs 102
Etat construit 102
TBOIBliMB PABTIE. GLOSBAIBB. . 105
Introduction 107
Vocabulaire 109
Appendice 219
Additions et corrections, . 222
Appel aux lecteurs 222
P.-8.— Quelques lignes de
Tabbé Lebarq 22S
Le Bavre — Imprimerie H. MIGAUX, rue de la Bourse, 34 Me
\
Société Havraise d'Elndes diverses
SXJI^I^ILilÉlV^ElTT
L'ÉTUDE
SUR LE
LANGAGE
DE LA
BANLIEUE DU HAVRE
par
l'abbé C. MAZE
A neien SerréUi ire-Généra l
publiée en 1903 par les soins et aux frais de la Société
P.A.RZS
Librairie Normande, Ernkst DUMONT, ruo Darhot-do-Jouy, 42
IIOXJSZV
A. LESTRINGANT. Ubrnire de la Bibliothèque di la Vill<, ruo Joaniie-irArC, 11
Librairie Artisliquo, J. GONFREVILLK, nw do la Bourse, 7
1904
SOCIÉTÉ HAVRAISE D'ÉTUDES DIVERSES
SUPPLEMENT
VEtude sur le Langage de la Banlieue
du Havre, par l'abbé Maze
publiée en 1903 par la Société
AVIS PRÉLIMINAIRE
La Société Havraise d'Études diverses est heureuse d'im-
primer dès aujourd'hui ce Supplément. Il prouve que Vouvrage
de Vabbé Maze a été favorablement accueilli, et lu, disons
mieux, étudié avec toute l'attention qu'il mérite.
Comme on pouvait l'espérer d'un travailleur aussi appliqué»
dest notre confrère M. A. Lechevalier qui, le premier^ a
rédigé une im,portante contribution au Supplém,ent. Ses études
locales, jointes à des observations professionnelles, lui ont four-
ni des notes d'un intérêt considérable, dont nos sociétaires
lui sauront gré.
M. Louis Martin, le jeune abbé d'Angerville-VOrcher, dont
l'Appendice avait mis à profit les explications, a continué ses
recherches et a pu ainsi recueillir près de quatre-vingts
remarques.
Un licencié ès-lettres, M. Vabbé J. Falaise, professeur au
Petit Séminaire, dont l'impression de VÉtude avait éveillé
la curiosité, en a patiemment annoté tout le Glossaire. Il
a bien voulu communiquer aux Études diverses son exem-
plaire, et a même éclairci, en les développant par un corn,-
mentaire d'une dizaine de pages^ des annotations toutes
personnelles, et conséquemment peu accessibles au public.
Enfin, une quarantaine d'articles nous sont venus de la
Poterie, dont le curé, M, Vabbé H, Vincent^ a depuis long-
temps prêté quelque attention aux idiotismes de divers centres
cauchois.
Tous ces matériaux ont été exam,inés pour être fondus
ensemble dans une rédaction conforme à celle du Vocabulaire.
Et, comme il est arrivé pour Vouvrage même, un ceHain
nom,bre de notes ont dû être omises. Peut-être plusieurs mots
ou locutions conservés ne sont-ils pas employés dans la ban-
lieue du Havre. Mais, sous le bénéfice de cette réserve nette-
ment exprimée, ils semblent dignes d'être cités comm£ ap-
partenant à la langue cauchoise, sinon havraise.
Or, quant à ceux qui ont été, à tort, jugés exclusivement
campagnards, bien quHls appartiennent au langage ordinaire^
il n*est pas sans utilité de les citer ici, en les classant par
catégories propres à accroître encore Vintérêt de cette question
préalable d'élim,ination.
L*anse du panier des domestiques était connue de V Académie
dès son origine. Et si la locution complète « faire danser
Vanse du panier m n'est pas aussi ancienne, elle est généra-
lem,ent usitée. De cette consécration de l'usage bénéficient
également : cassement de tête, — claque (gifle), — le débord de
la route, — débiner, — débrider [manger avidement), —
dégobiiler, — dénantir, — dérangé (par la colique), — le dia
des charretiers (i), — le gloria, — la gratte — la lame du
tisserand, — pain à chanter, — pendre au bout du nez, —
même gueusard, ribambelle et riboter, — la raie de la char-
rue ^ — le ros du métier, — avoir la tête près du bonnet, —
safre, — torche-nez des maréchaux, — enfin, le vent qui écorne
les bœufs. — Tirons-en cette morale instructive : c'est que les
images naïves ou les mots honnêtement populaires ont tou-
jours quelque chance de monter des pauvres chaum,ières dans
(1) Cest ce qui explique Tabsencede ce mot au GloiJsaire, L'article hue ho y z ren-
voyé par mégarde.
- 3 -
les salons les plus distingués j tandis que les termes ignobles
de la langue populacière ne forceront jamais les portes de
VAcadémie.
Quelques mots de notre patois n'ont pas été dédaignés par
des auteurs plus ou moins classiques; ainsi: chariot d'enfant
(Rousseau)^ faguenas, fûté, gueuleton (VadéJ, mitonner (au
fig,)^ patis, règlement, récompense (au sens latin), et sagouin
adj, (Académie et Théâtre italien.)
La première édition de l* Académie^ en Î694, permet une
heureuse précision pour d'autres remarques. « Il vieillit »,
disait-elle alors du nom chevêtre (prononcé ici cvôtre ou
gvêtre). Plus heureux que bien d'autres, ce mot n'est pas
mort de vieillesse. En 1878^ l'Académie le conserve encore,
avec cette simple aggravation de signalement : (c il est vieux ». —
De même qu'aujourd'hui dans Littré, la première définition de
cotte était « jupe. » — Déjà aussi VAcadémie savait pendre
la crémaillère (notons en passant que sa variante crémillère
survit dans notre patois^ sauf suppression de Vr final.) —
Elle accueillait encore brûler la chandelle par les deux bouts,
et mentir comme un arracheur de dents ; comme aussi les
deux termes de vétérinaire flamme et pousse, avec le verbe
agricole fumer (la terre), et jusqu'à l'assez vilain mot gou-
liafre, quelle a expulsé depuis.
Maintenant elle connaît « l'autre paire de manches ». Elle
admet « l'homme rassis », qu'en Î694 elle n'appelait que
(( rhomme de sens rassis ». Elle cita dès cette époque : « le
temps se brouille» et le sens figuré de huppé. Plus tard elle
a défini la brebis du bon Dieu, sans même dédaigner « sale
comme un peigne ». Serait-il donc dans la destinée des peignes
de n'être propres que par exception ?
Des lectures fortuites ont procuré sur le Glossaire quelques
éclaircissements qui ont ici leur place. Demiard, envelimer
et fréreux remontent au moins au xv* siècle. — En son Re-
cueil de Proverbes écrit en i444, le chanoine de Lisieux
Etienne Legris emploie omblier et aussi, dans la conjugaison
d' « aller * une forme voise, qui rappelle le voige de l'abbé
Maze, sans éclaircir davantage la dérivation de ces étran^
ges irrégularités.' — Attoucher était usité, en terme de droit
seulement, au xvii" siècle. Cuire, pris absolument, accepté par
VAcadémie dès Î694, n'en a pas été répudié. Elle disait aussi
— 4 —
presque comme nous déjeuner-dîner, et enregistrait grêlé,
laite et havir, « mot vieilli t, selon le Dictionnaire général.
Quant à hubir, qu'on ny lit pas, le mot était réputé a vieux»
en Î69A, mais n'a pas eu la même fortune que « chevétre w.
Enfin, nos premiers Immortels, en agréant au m,ot langue
le proverbe que TÉtude relève dans l'article lance, disaient
absolument comme nos villageois : « C'est son habit d'à tous
les jours. — Un homme a de quoi, a bien de quoi, c'est-à-
dire, a beaucoup de bien, » La rédaction de 1878, abrégeant
un peu le texte, le donne comme populaire. Il faut encore
noter que la table alphabétique de l'édition in-folio, écrivant
au d et en un seul mot dequoi, justifie jusqu'à un certain
point la prononciation rustique: « Man d*quoi, il a de d'quoi. »
Un Grand Herbier français du xv* siècle (éd. Camus, Modène,
1886, gr, in-4*) a employé amouoque, dogue {alors doque), mois-
son, rigoiice, savinier (savigni). Il écrit pimpernelle.
Cette trop longue introduction ne saurait mieux finir que
par quelques vues d'ensemble qu'a formulées le compte-rendu
qui vient de paraître à Evreux, dans la Revue catholique
de Normandie (n** de septembre). En n'étudiant que la ban-
lieue du Havre, Vabbé Maze a imprimé environ six cents
mots qui ont cours dans le reste du département, au moins
jusqu'à Rouen. — Une trentaine de ses articles discutent avec
une curiosité sagace le Dictionnaire de l'Académie. — /{ a,
outre une demi-douzaine de rapprochements avec le grec^
ébauché une quinzaine de dissertations sommaires (la Revue
en ajoute deux sur séminaire et vendue). — Il n'est pas mime
jusqu'au Dictionnaire général d'Hatzfeld qui nait à y puiser
quelques lumières pour une dizaine de difficultés.
La conjecture qui attribue à une influence anglaise Z'éZt-
mination de l'r se trouve confirmée par cette anecdote bientôt
séculaire que des traditions de famille ont conservée à Dieppe :
c Le capitaine Bellengreville, fait prisonnier de guerre en
1804, eut au bout de quelques mois pour prison la ville de
Londres (grâce à la protection de la famille royale de France).
Il fut demandé dans les premières familles pour donner des
— 6 —
leçons de français aux enfants. Comme ils avaient une grande
difficulté à prononcer les r, il leur faisait lire ces bouts
rimes :
Quand un cordier cordant veut accorder sa corde,
Pour sa corde accorder trois cordons il accorde ;
Mais si Tun des cordons de la corde décorde,
Le cordon décordant fait décorder la corde.
» Reste à penser si les petits Anglais faisaient des gri"
m,aces! »
A propos de Vanecdote (Etude, p. 83) a Jésiis-Christ a mouru,
mais il n*est pas mort », un témoin affirmait^ ces jours-ci, avoir
entendu faire cette réponse à Mgr de Bonnechose, en pleine
cathédrale de Rouen. Le bon sens normand s'est donc refusé
jusquà nos jours à négliger une nuance que la grammaire
n^admet pas.
L'abbé A.TOUGARD,
Membre correspondant
de la Société Havraise d'Études diverses.
27 Septembre f90i.
SUPPLÉMENT AU GLOSSAIRE
ABERGUiBf rendre quelqu'un niant — F.
Abolir, comme Aherguir,
Abobd. Locution : Du premier d'abord
= au premier abord.
AcAKTÂ, prononcé parfois aeoté. — L.
Acquiescer. En général «renoncera..».
J'm'en vas acquiescer d'envéier m*a*é-
fant à l école, (Cuverville.)
Admiration. Locution: à T admirât ijm
= très bien, ('ara àrarf/wirjfioii. - V.
Adonner (r'), parfois a s'accorder, s'en-
tendre ]>. Pierre et Louise sont mariés ;
ils «'adonnent bien (ils font bon mé-
nage). — M.
Affaibe. Locutions i II est à in'affé =
il est riche mt aisé. — Yvécléa s'n'
affé = savoir s* y prendre pour réus-
sir. — F.
Affligé, 8* afifecté, loti. Il est bien af-
fligé aveu cha = il est bien à plaindre.
Et ironiquement se dit d'un homme
auquel il arrive du bien. — F.
Agiot. Combinaison matérielle hasardée.
Y a d' V agiot = c'est bien risqué.
Agnel, plur. agnas.
Agrandir (s'). Absolument Jl s'agran-
dit, se dit d'un cultivateur qui change
de ferme pour en prendre une plus im-
portante.
Ainsi. Locution . Quitter tout tel ainsi
= en l'état.
Aisé. Locution : Le plus aisé = la fête
qui précède les travaux de la mois-
son.— L.— Ailleurs : fête du premier
dimanche de ces travaux.
Aller a..., aller ramasser : aller à ger-
nûttes; à cailloux; à boisettes.
Allouvi, se dit aussi Allovf,
Ambition. Locution : Il a d'Vambition
= il tient à remplir honorablement sa
tâche.
Aplonner (s*) (altération euphonique de
s'aplomber)^ se mettre bien d'aplomb.
Aprés-aout (/'), la première quinzaine
de septembre.
Aqueuter (s'), être incapable de se tenir
debout. En certains lieux, ne se dit que
des animaux et spécialement des vaches.
Assez. Locution : encore assez a un peu
trop. Cest oeo assez ché (cher).
Attelé (être), être bien apparié (pour
le jeu, etc.).
Attrapade ; la pronono. astrapade do-
mine en quelques lieux. — L.
Attrape, trappe.
Auiuste, Auguste.
Auvent, volet d'une fenêtre.
AvALE-TOUT, subst. gourmand, goinfre.
— L,
Avbinte, c't'éfan n'a point d'aveinte =
n'est psks très développé, surtout phy-
siquement
Avblter, avorter.
Ayondbr, seulement au passif : être
avondé = être repu. — L.
B
Baligande, balançoire. — F.
Barbe. Locutions : Barbe à Jacques^
particulièrement raide ; — Ta barbe !
îts canards et les oies se la disputent^
raillerie à un jeune homme qui n'a en-
core qu'un peu de poil follet (dont les
canards disent < c'est de la plume d,
et les oies c c'est du duvet ».
Bas. Locutions : On entend tous les bas
= toii8 les bruits venant du sud (indice
de pluie probable) ; aller bas = faire se»
besoins.
Battre. Locution (entendue naguère à
Etretat) : J'étais comme ceux qui bat-
taient le bon Dieu = je ne savais ce
que je faisais.
— 8 —
Bavacheb, ru fig. parler à tort et &
travers (synon. àa/tmiller) , Locution:
Tu bavaehâêj épi tu dis qu'y pleut a
tu voudrais qu on te croie, et tu nous
contes des sornettes. — F,
Bedeau. Locution : Faut pas ehiner le
bedeau; y donnerait pu de pain bénit
=. il ne faut pas chagriner ceux dont
on attend quelque avantage. — M.
Bbdiole, mauvaise carriole. — L.
Bedon, bedeau. Mais, au sens de c be-
daine », on prononce bédon. — F.
Berdailler, se vanter à l'excès ; nom
dérivé, berdailleux. — F,
Bebnafe, déchirure, blessure. — V.
Bebsilleb, se casser de sécheresse.
Besoutb, mauvaise boisson. — L.
Bette, 1» mauvaise eau-de-vie ; 2* ivro-
gne. — V.
Beugueuse, la sirène d'Antifer.
Beuillbment, est proprement le cri du
taureau. — L.
Bedrbate, grande tache. ^ V.
Beubbb. Locution : Battre le beurre dans
s'^s chabots s marcher avec de la
chaussure où il y a de l'eau. — F.
Bial. Locution : Tes bé eomme un chou.
Bis. Temps bis = temps couvert. — M.
Blanc, blanchissage. Je paie QQ francs
pour mon blanc, — M.
Blasil, le même que c blaril » du Gloa-
saire. Voir Trévoux <c Blairie 9.
Bleu. ChetalUu s cheval gris ; — mmi*
ter des blus == des mensonges plaisants.
Bloc. Locution : être sur ses Hocs s être
d'aplomb (au fig.), bien portant. ^ F.
Bonnement. Locution : 77 est tout bonne-
nient = il est d'abord facile.
BoaSBL. Un bossd de terre = une vergée ;
vers Saint- Jouin et Gonne ville. — L.
Boucanneb, se dit aussi d'une cheminée
qui fume. — L.
Boutiâre, l'ensemble des raies trans-
versales que fait le laboureur à l'extré-
mité d'un champ. — F.
Bbao, signifie encore hâbleur, vantard-
^ L.
Bbèlbs, culottes, pantalon. Locution :
^aute d'un point, Martin perdit ses
brêles.
Bbêlottes. Culotte d'enfant.
Bbideb son cheval à gauche = faire une
maliidresse, prendre le mauvais parti
au lieu du bon.
Bboquu. Locution adverbiale : De broque
en relaye = inconsidérément, en éoer-
velé. - F.
Bhouinktb, bruine (dont il est une sorte
de collectif), pluie fine.
Bbubtilles (ailleurs broustUles), mena
bois mort, bon à brûler.
BULIB, accoutumer à une chose.
Cachain, essaim qu'on ne fait pas mou-
rir, mais qu'on chasse de la ruche. — V.
Cache. Locution : Meneux de cache a à
la moisson, celui qui fauche le premier.
Cacher. Ix>cution : Il cache serré^ au
propre, c'est serrer fortement le fil
qu'on tief^e ; au fig. se dit d'un joueur
ou d'un charretier qui conduit habi-
lement sa partie ou son attelage. — F.
Cahot, caisse ou compartiment réservé
dans un coin. — L.
Caillot, petit chariot pour enfant. Lo-
cution : JVo Va tendu roc et caillot :=
la justice a tout vendu chez lui (jus-
qu'au berceau et au chariot d*enfant).
— F.
CALSBA8SER, renverser.
Calibodrdi, très légèrement ivre.
Campos. La prononciation rompes a
donné les dérivés a décompôter, en-
compôter i>. — L.
Cane. !<> cruche & cidre ; 2* vase en fer-
blanc pour le lait.
Canipette ou Calipette, sorte de ca-
briole ; canipette à casse-cou^ culbute
en sens inverse.
Canotbb, boire ; doit dériver de « Ca-
not », qui, au xvi* siècle, tenait une
guinguette à Criquetot ; d'où ailleurs,
par extension, bavarder en prenant
c une goutte ».
Carne, sorte de diminutif de « charo-
gne i> : injure qu'on adresse surtout
aux animaux. — F.
Carbeliers ou Cabbelias, habitants
du « carreau ».
Carte. Locution : Carte (mesure) à na-
vets = chapeau à haute forme.
Cassife, sorte de sifflet en bois de cou-
drier. — F.
Cat. Locution : On ne prend point un
cat dans eune pouque ss on n'achète
— 9 —
pas une marchandiBe sans la regarder.
■■" M,
Cauchb de loHchet =» hauteur du lou-
chet. — V.
Chahbbb, comme Chambrion ; oppo-
posés à maison qui a des dépendances.
Chandblle. Locution : Sovffter une
chandelle = boire un verre en joyeuse
compagnie. ^ L.
Chabgbb sen terres, les ensemencer.
CHATBO0L, en parlant d'une femme,
terme injurieux.
Chaud, un peu ivre.
Chavateb, marcher beaucoup et avec
bruit.
Chemin. Locution : No verra comment
la hoe cueilVa Vohemin = comment
les choses tourneront.
Chkn AILLER. Ça chtmaille, se dit d'un
bruit fort et confus, celui que fait le
bétail en courant dans les broussailles,
etc.
Cheval, chevalet du scieur de bois.
Chipée, ohipêge ou chvpêye^ cépée. —
Decipler^ de l'appendice, doit être a dé-
chuper », enlever à la herse les menues
chipées d'un champ. — L.
Chique. Locutions : Mau (mou) comme
euNC chique. — T'aê la chique = tu as
la joue enflée (par la fluxion).
Clap. Locutions : Il pleut à clap = à
seaux ; — en v*la du clap ! = de la
soupe ou de la sauce trop claire.
Claquâe, grande quantité d'une sub-
stance liquide.
Clbkque de hU, partie du blé qui va
d'une raie à l'autre d'un champ. — M.
Cloquetieb, bedeau (nommé aussi
cache-quien),
CoPiNBB (SR) (en parlant de combusti-
bles), se consumer lentement, et sans
altération de forme. — F.
COONON, un gros morceau de pain.
Coiffé, 1* se dit d'un homme qui a bu ;
2» un café bien coiffé^ largement ar-
rosé d*eau-de-vie. — L,
Commande a. Locution : Tes oco bien
pu beyte que f t'ai & mandé, — F.
Commerce. Locutions (d'un sens vague,
mais défavorable): En via un com-
vittree ! — Queu commerce que tu
fais?
Commune, 1° Terrains communaux a-
vant la Révolution ; 2* réunion des
habitants le dimanche devant l'église ;
d'où ces locutions J/ont du bri (bruit)
comme eune communt! — Quen com-
mune (quelle cohue) I — L.
Connaître. Locution : Y connaît cha^
comme un quien cannait un sou, — F.
CONSPETBB, rapporter (des propos). D'où
conspet, eontpetier.
Coq. Locutiou : perdre le coq. On dit à
un charretier dont la voiture menace
de verser : J'eré que tu vas perde le
coq. Les fermiers donnent ordinaire-
ment un coq aux moissonneurs à la
fin du mois d'août, pourvu qu'aucune
voiture n*ait <r versé » pendant le tra-
vail. On dit aussi parfois à un homme
pris de boisson, qui chancelle en mar-
chant : prends garde de perde le eoq,
CoBNABD [cheval), qui a de la corne (ma-
ladie. — F. ^
CoBAQUE, neuf gerbes debout et une pour
la couvrir.
COTIÂBE, bande de nuages. — Y.
CoTiOEB (SB), user avec réserve de...
Quand y a du fricot, y s'cotige su
Ipain, — F.
Couchette. Locution : 71» couchette
est oco au sec = tu es trop jeune pour
parler. — L.
Coucou. Locution : sec comme un oou^
cou = décharné, très maigre. — M.
CouiTTE, au fig., femme de mauvaise
vie. — F.
Coulé. Locution : vents coulés = cou-
rant d'air (à rapprocher de « venU cou-
lis j). — M.
Coubiache, cou-ia-che, coriace.
Couteau. Locutions : L'couté d'un ca-
leux coupe Umjou bien, ^ L. — lia
de la chance à peu près comme eune
poule qu'avale un coûté. — F.
Cbairb. Locution : S''en oraire a se
croire un personnage. — V.
Cbapous, excroissance à l'intérieur du
sabot du cheval ; ne s'emploie qu'au
pluriel. — L.
Cbeigne, racines de trèfle et autres dé-
bris que ramène la herse.
Cbépeb (8e), se dit de deux femmes qui
se disputent. — L.
Cbéte. Locution (en parlant d'une
femme arrogante et de son mari) : A
tadra (elle ne tardera) pas à li monter
sur la orê, — F.
Cbeveb, n'avoir pas de quoi vivre : Y
me r*semble, y creuve,
C rocheux (dans une noce), cavalier ;
fém. crocheuse, — L.
Cu de bette (p. 220) pour « queue de bette
(rave) ».
CuiB. Locution : Il a Veui du (dur) = V
il est insensible au froid, etc. ; 2" (au fig.)
il est endurci au travail. — F.
Cuite. Locution: Avé sa cuite = être
ivre.
Culasse, résidu de paille longue, sur-
tout de seigle. — V.
- 10 -
D
Debout. Locution : Mener trois ch'cas
debouttB.tiélésVun derrière Tautre. — F.
DécABASSÉ, se dit spécialement d*un
animal amaigri. — L.
DÉCABRTKEB, ôter Une voiture de ses
essieux. — P.
DÉCATI (au propre, le mot est françain),
flétri, épuisé par l*âge ou le travail.
— F.
DÉCHABOTEB, 3* dire péniblement.
DÉCO0VBAI8ON a parfois pour 8ynon}'me
« découverte ». — M.
DÉCULOTTER (bb\ fig., être plus généreux
que de coutume.
DÉF0UTTNAS8ER, mettre en désordre :
un paquet de linge, une pile de bois,
etc. — F.
DÉHANQUiUNOLER, disloquer. — F.
DÉLICAT, absolument : difficile sur la
nourriture. Locution : Un délirât à
mouqvet = un homme très susceptible.
— L.
•DÉLICOTER, ôter le licol. Au fig. Ah!
mais^ y ê^est délicotê = Il a été d'une
générosité extraordinaire. — F.
Deligenoe, diligence (voiture).
Demi-heu', midi et demi. MaU vite!
faut te mette à table: il est demi-htu\
— V.
Dépliant. Locution: Il était tout dé-
pliant = dans ses plus beaux habits
(qu'il dépliait pour la première fois).
— F.
Dépôt eux, tuyau à transvaser du li-
quide sans remuer le contenant.
DÉRAPER, détaler. Via un eh*va qui
dérape! — L
Deuener, comme c dereuner ».
Debiaobb, dévoyer. — F.
DÉRUDiR vne terre ^ en ôter la mauTaîse
herbe. — M.
Désastre, désordre.
Déteindre. L'/u n'a pas déteint atiui.
DÉTIPER (n'être pas de type), ne pas al-
ler dans un assemblage.
Détr AILLER, causer des douleurs d*eo-
trailles. — F.
Devenir. Locution : Je m* deviens com-
me un pexson (poisson i dans la /èa il le
(ferraille) = ça ne va pas du tout;
souvent par antiphrase . « Je me porte
admirablement. » — F.
Dever. Locution : Derer à qniens et à
àcats = devoir à tout le monde.
D' VOUER (dévorer), déchirer, mettre en
lambeaux, user très vite (des habits).
DiKOUER. Locution : Envier (envoyer)
dinguer quelqu'un ou quelque chose =3
rejeter avec violence ou envoyer pro-
mener.
DORBTE. Locution : Fé la doeye d'un,
awte = travailler sans le vouloir au
profit d'un autre. — L,
Drouène, poupée mal ajustée. — F.
Dro CILLE, femme de mauvaise façon ;
quelquefois poupée.
E
Ebatant, émouvant ; s'emploie avec la
négative. ^ L.
Eblébb, regarder avec ébahissement. —
F.
ECAUFFEE. — Il est écau^é, signifie
encore : ce il est à son affaire; il a de
l'argent 2>.
ECHÊQUER. Un cheval échêque quand il
écarte le pied en trottant. — L.
EcoussiK, botte de la paille courte que
font les machines à battre.
ECRUPI, ébouriffé.
Effet. Locution : Se mettre en effet de,.
= se préparer à... — M.
Elinoué, élancé, svelte. * F.
Embaoleb, paralyser les mouvements.
Se dit des broussailles, ou encore dea
gerbes qu'un aoûteux laisse s'amonce-
ler autour de lui. — F.
Embabrasser. — Locution : Y n'est
pas embarrassé =3 il a de la ressource,
il est riche ou à Taise.
Emboucher, mettre le barbouquet avec
la longe. Un cheval mal embouché a
les dents « mal péées ».
EmbeÊleb une cloche, attacher le bat-
tant à la corde pour sonner à mort. —
L.
Empiéter un tas, mettre la première
<L tier » ou assise de gerbes. — F.
ËMPOUGEOLEMENT, envahissement des
mauvaises herbes, etc.
- 11 —
Emu. Locutions : Tes pas ému = ta en
as da toupet ! — Un grand mal ému =
un grand effronté. — F. - M.
Endos, rayons que trace le laboureur au
milieu au champ. — M.
Enoelrr (s'), B*expoBer au froid .7* sietix
t'engelê, — V.
Engbsquer (a'), 3° s'embarquer, au fig.
(voir plus loin <e fesser ».)
Bngubbbeb, faire la gerbe fen mettant
les trois gavelots sur le lien). Au ûg.
Cornent qu' c'est enguerbé / = que c'est
mal ajusté 1 — F.
Ennebcé, fort occupé et intéressé à un
travail.
Enbameb, garnir de rames un carré de
légumes. — L.
Enbibuse, partie d'une pièce de terre
comprise entre deux raies. — F.
Enbudib. 1° rendre rude ; 2<» (en parlant
d*une terre) se couvrir de mauvaises
herbes.
Ekteurtiller signifie souvent c en
nuyer ».
Epitaphe, enseigne de boutique. — L.
Eponner (s*), faire des efforts extraor-
dinaires.
Equerrb. Locution : C'est d*éaùerre
comme un chabot su la gueule! =
comme un sabot renversé. — F.
Erre-Marie, sorte de fleur. — M.
Erse (semble une altération du latin
ars). Il a eu Verse de,., = il a eu l'a-
dresse de. ..
Eteuffl^, habillé de bonne étoffe. — L.
Etinchelle. Locution : Tan cidre est
pas eun/i etinchelle (est très faible)
auprès du note. — F.
Etoquer (s'), prendre pied, de façon à
pouvoir tirer très fort ; se dit surtout
des chevaux.
Exprès, choisi. J' avons eu un temps ese-
prè»; d'est pas de la viande exprès.
Fait parfois fonction de superlatif : Jl
est gros exprès. — V.
Fagot. Locution: Tu peiix vaste cou-
cher de bonne heure; et pi demain ma-
tin fodra crier fagot. {On. aura beau-
coup de peine à te réveiller.) — F.
Faire ; assez souvent « finir - . Tu vas
charrier six banneavx d' feumier \ et
piy quand t'airas fait^ tuV étendrai. —
Ce sens est d'ailleurs classique.
Falsar, habit de cérémonie; se dit vers
Saint- Romain. — L. — Mot nouveau.
— F.
Fabgignole, farceur, bouffon enfantin.
— F.
Faux tours, tours incomplets de cJiar-
rue qu'exige la forme de certains
champs.
Fbnient. Locution : Fénient comme un
eue. — L. — Variante : fénient comme
un quien d'eue.
Fente, la raie qui sépare deux enrieu-
ses. — F.
Fesseine. Chabots à fesseine^ gros sa-
bots de bois.
Fesser, malmener. FI a voulu s'enger-
quer dans c't'affé-là; mais il a été
fessé, à ce que fai pu entende,
Feurre. Locution : Quand on vend san
feurre, on vend san pain.
FiON. Locution ironique : Ça n'n*a du
fion ! = Ça représente I (En parlant de
choses bizarres, qui ne reviennent à
rien.)
Flêler du boiSf ? l'attacher sous le train
d'une voiture.
Fossette du cou, dépression de Tarrière-
cou.
FouAQUE. Afa fouaque ! Ma foi! Aux
Loges : ma foc !
FouoLLE, feu follet (en français «furolle*).
FOUTIN, 1» travail minutieux ; 2® celui
qui perd son temps à ces foutins.
Fretocul, frileux.
Frettbte, chargement excessif. A rap-
procher du terme héraldique a fretté t.
-^ Li,
FUMEB. Au figuré : aller à une vitesse
exagérée. — F.
Fur, semelle en bois pour des galoches.
— 12 —
Gabillomneuz, prodigue 7. — V.
Oalafbate, galimafrée. - L.
Galimapbatb (à la), goulûment.
Galoper. Locution : Fé galoper nnohamp
=s le faire paître rapidement. — M.
Galyanibr, aoûteux qui donne les (rer-
bei* à la fourchière sur le ta«. — F.
GAMETE, gaflFeye. — L.
Gas, enfant en général, garçon ou fille.
— M.
Gavelieb, petite claie qu'on fixe sur la
faux pour recueillir le blé.
Gavblotbb, engaveloter.
GiVALLEB. se bousculer par ieu ; se dit
surtout (les enfants qui se chamaillent.
Gleumer, prendre avec les doigts. —
D*où Ton ap|>elle glrvme-les-rhoux des
enfanta qui mettent la main où ils n'ont
que faire.
Glisset, se prononce glichet. — L.
Gnion, coup de coude ou de poing sur
la figure.
GONDB. Locution : J'baise le* gonds éP
rot' porte = je ne remettrai plus les
pieds chez vous. — L.
GOUINE. Locution : Cext à la mode de
gouine^ c'est Vpu sale qui fait la mi-
sine.
Gbas. On dît sur le marché : Le gras re-
monte = le bétail gras se vend plus
cher.
Grignaudes, seulement dans lalocution
évasive Grignaudes salées. Qut qu't'ns
mangé à midi? — Des grignamdes sa-
lées ; c'est-à-dire : a ça ne te regarde
pas. • — L.
Grimprt, petite côte escarpée, raidil-
dillon. — V.
GUBDÉ (être), être repu au point que la
peau du ventre est fortement tendue.
- F.
GuÉGUETâ (Ué^ seigle), blé, seigle cro-
chu dans le pied. — M.
GUEBBIÉ, gverbiée (pour <e gnerbière >),
celui ou celle qui passe les gerbes pour
faire le tas (ce serait en français
gerbeur).
GuÊTBB fSB). Au propre ce serait c met-
tre ses guêtres » pour aller à la chasse,
etc ; d'où, en général : se préparer, be
disposer. — F.
GuEViLLK, cheville. Locution : Litfr à lu
gueville = lier des céréales à l'aide
d'une cheville.
GuiAWMB, Guillaume. — V.
Guignées. Locution : / n* donne point
ses guignées, pe dit d'un homme sor-
dide. — L.
Guiller, avoir « la guîlle». Kot' viaw,
i guille ed'pi l'matin, — F.
GUINGNKB, loucher (qui paraît le sens
primitif). Queu bel èfan qu'elle «,' —
Oui, mais y guingne.
GoiOLLABD, qui a l'habitude de parler
haut (gueulard, braillard). — L.
H
Hammetb, gamêye, gaffeye.
Hammion, manche de charrue. — F.
Hasneb ou heinneb, abuser du mot
hein f au lieu de comment f, lui-même
d'une politesse ris<)uée. Litcution pour
blâmer cet abus . So n'ié hanne point,
no lé sijte, — L.
HÂvet, 3* dent. — F.
Heigne, tête, des animaux surtout. Lo-
cution : Quand il a cka dans la hei-
gne!... on ne peut le faire changer
d'avis. — F.
HÊLEB, prononcer les é et les i comme
des è ouverts, «t en martelant les syl-
labes (se dit d'un chnntre). — L.
Hebbagbbe [(vache), celle qu'on en-
graisse (opposée à la hiitière). — F.
HÊT, cadre à olfdre-voie pour pressurer
les pommes. — L.
Hibu, hérissé. — F.
HOM ENATE (contraction peu justifiable),
homme à l'année (le dernier employé
de la ferme). — V.
Honnête. Locution (réponse à une pa-
role obligeante, à une invitation) : Vo
êtes ben honnête = vous me faites bien
de l'honneur.
HOUBDEB, comme « déhourder ».
IlouSTAiLLKR (SE), se chamailler bru-
yamment, le plus souvent par jeu. — F.
Huche d'un banneau, sa caisse ou son
coffre (Bréauté, xv« siècle). — L.
- 13 -
I
IVCAHNi. Location : Il est incarné pour
fé eha =z il est endiablé pour. . — F.
Indiquk (subBt.), enseigne, indice. — L.
Intrépide, insupportable.
Jour ds l'an forme une sorte de mot
composé, qui amène à dire : u le jour
du jour de l'an • (à comparer « le jour
d'aujourd'hui •). Ou dit plus laconique-
ment vers le pays de Bray : à Tau.— L.
Labeur. La locution fé un laheu B*ap-
plique spécialement au labour fait pour
un fermier qui ne peut lui-même la-
boarer sa terre. — L.
Labourer a orain, donner au sol la
dernière façon, avant de rensemeu-
oer. — M.
Lâcher, diminuer (par une métaphore
empruntée aux objetH serrés avec des
liens). Ça lâoke, dit-on, quand on a
bien pris à un tas de pommes ou de
gerbes ; la barrique o'menche à lâcher.
— F.
Lanouer. Locution : / connaît cha
comme de languer des bœufs = il n'y
entend rien. — L.
Lascar, individu paresseux, i^eu recom-
mandable : Orand lascar ! Mot récent.
Lbctron, petit poulain encore au lait.
— F.
Lentille, menue plante verte qui cou-
vre la surface des mares; lentiileux a
également ce sens. Y. au glossaire
« verdeurs ». — L.
Laquer. Locution : Les quiens ont léqné
la boe (houe) = il a gelé. — M.
Lessive. Locution: Qui bat la lessive
paie le savon, se dit parfois au joueur
qui donne les cartes une à une. — M.
LiAN. Locution : Mettre tout suTlian
= dépenser tout son revenu. — L.
Liohel (pr. lichê), peloton.
LiCHBR, pelotonner.
Ligne. Locution : Il est de ligne, 1" se
dit de choses bien alignées : Cte vil-
lifte -là est-y de ligne aveu l'z'awtes?
2<> se dit des personnes rangées en leur
conduite et même un peu raidtrs dans
leur droiture. C'est un éloge au fond.
— F.
Limon, brancard d'une lourde voiture.
Liset de fil j aiguillée de fil. — L.
LOFIAS, grand nigaud. — F.
M
Mafflb, visage gros et épanoui. A'a'a-
t-il eune maffle !
Main. Locutions : Fè la main^ aux cartes:
c'est les distribuer. — fé ses wains^
s'enrichir en gérant les affaires des
autres. — Ji.
Mais que^ toujours avec ie présent, où
le français met a quand d avec un fu-
tur; par exemple : ftedonn*ai(donne-
rai) cha, mais que les coqs pètent
(jamais).
Malhue. Craignant malhue, sorte de
locution adverbiale, pour t de crainte
que », (lus forte que le queuqfais que
(voir plus loin). Va-t'en bien vite, crai-
gnant malhue d'être mouillé, ^- F.
Manoer san dit = oublier ce qu'on
avait À dire. ^- M.
Mannant comme les pierres^ très misé-
rable. ^ L.
Maqukr (se), se ruiner. — F.
Mare. Le sole se couche dans une mare
^ itans les nuages, (^igne probable de
pluie.) — M.
Marbtr. Locution: Une mareye cache
(chasse) Vawte =■ il paie une dette en
en contractant une nouvelle.
— 14 —
Marguillonner, mâcher longtemps et
avidement, comme les cochons. — F.
Marier (se) à la duindelle = le matin,
avant le jour. — M.
Marqdkr. Mander par lettre : marque^
li que,.. = écris-lui...
Martarats, mort-â-ratiK, composition
pour les empoisonner. — F.
Masse. Locution : Y en a pa^t dei viasscs
= il y en a peu. Semble récente et im-
portée.
Maurer (mieux peut-être mùrer)^ au fig.
duper, attraper. — L.
MÉCANIQUE à feu^ machine à vapeur.
— M.
Meilleur. Le plus meilleur se dit
comme c le plus pire ».
MÊME. Sorte d'exclamation (de mécon-
tentement ou d*étonnementj : nuiUtimt
d'mênie! — V.
Meneuses, les deux barres entre les-
quelles on fait marcher les enfants.
— L.
Meunb, direction, conduite, ordre. — F.
MiAWLB, gueule (en terme de mépris
pour d figure i»). F, . . «a paouin sur la
îniawle. — F,
Midi. Locution : Chaeun eonnaît midi à
sa porte. Au tig. elle se répond à un
importun donneur d^avis, et signifie :
« cnacun gouverne ses affaires comme
il Tentend >.
Monde, les gens, le peuple : parler mal
du monde. — F.
MONTEUX (côté), le côté gauche du cho-
val. — L.
Moronife, gifle. En 1694, T Académie
cite la variante wornifle^ comme terme
populaire. — F.
Mortel. En parlant d'un malade : i ne*t
pas mortel = sa physionomie fait
croire qu'il ne va pas bientôt mourir.
— F.
Mouneye, mouture. Locution : Vreml
atunihé su In wiouneye ==■ a cessé tout
à coup. — V.
Mouoqur. m. Tabbé Lavenu remarque
qu'on dit « des amouoques •. Les for-
mes viouoque^ moMraque,Benïh\eni donc
des altérations.
Mouvant, mouvement dans une foule.
Y a du mouvant dans le marché, — L.
N
Nais, A nais. — F.
Nantir, absolument: monter, meubler
une ferme. Ça coûte pmir s* nantir, —
au participe « loti », souvent avec iro-
nie : Tes bien nanti aveu cha!
Natter, dresser ; se dit
cheval. — F.
souvent d'un
NiBUP, poneux. — F.
NoNB. J'ai ouï nom = j'ai entendu son-
ner midi. — M.
NUR. Locution : Vdiahle n'a jamais su
coudre^ parce qu'il ne faisait pas de
nur àsanji. — L.
Observer, signaler, recommander. 21
VJ'ra (fera), si on y (lui; observe. -^ F.
Officier, joune garçon qui fait les com-
missions. Vient, à ce qu'on croit, des
et petites écoles ••. — L.
Orgueilt.eux, en bonne part, qui tit-nt
à ce que son ouvrage soit bien fait.
Ou us. Locution : A Vaurs = en prison.
Littré a un exemple de ce sens.
OuvELER, ram^isser les ratelins, c'est-à-
dire les épis qu'on a dû réunir avec
le ruteau après 1 enlèvement des gerbes.
— 18 —
PAC AN (parler)^ parler paysan. — V.
Palette, pied antérieur du cheval. — L.
Panier. Locution : Datu Varcte panier
y sont pu mt£M« (mûres) ; manière polie
de refuser. — F.
Paouin, gifle. — F.
Pabakçon, par dessus.
Pardis, parbleu ; souvent simple affir-
mation: a naturellement ».
Patonneb, pacanner. — L.
Patodf (gros), mal souple.
Patte (être de la) = avare et peu dé-
licat. — L.
Pelage. Locution : Espèce de mal pela-
ge = de mal appris. — F.
Pkndhe. Locution : Il tic pend pas que
de.., = il n'y qu'à. . .
PÊQUE, chiffon, flocon de neige. — V.
Pequeb (se), se redresser fièrement; dé-
rivé de c pèque, femme arrogante ».
(Académie, lbi^4).
PÂQUER la boé (boue), la lever avec sa
chaussure. — F.
Père. Locution : Parlé pé = parler
avec Tautorité du père.
PÉRIR. On dit c être péri ». — L.
Perquer, comme a. perquis j>. — V.
Pestiféré pour... = emporté pour. . —
M.
Petiére, cordé (ordinairement vieille)
qui rattache la herse au bacul. — F.
Petto, contraction de pérette. — L.
PÉYER, poirier. Locution : Il e«t rite
monté à son péyer s prompt à se met-
tre en colère ei à dire des injures.
PiAS, cheveux.
PlAW. Locution : Une vieille piaw = une
vieille mégère, une vieille chipie. — F.
Pic. Locutions : 1» Tottt de pic = tout
droit ; 2° les gamins des environs de
Bouen appelaient naguère Cadet tout
de pic, un homme raidedans son main-
tien.
PiÉCHOT, petite pièce. Faut d'abord cou-
per l'piéchot de blé, — M.
Piéton d'un tas, première assise de ger-
bes, au fond d'un tas. — F.
Pio A CHERIE, spécialement, mélange de
vesce et d*avoine.
PiGNOCHE, robinet de la champleure ou
cheville de la tirette. — L.
PiGNOUF, homme naïf ; et plus souvent
qui fait le naïf. — F.
PiOLE, mauvaise bête.
Pissas . Locution : Pissas de reine = eau.
rissouiLLE. Tout le linge mouillé par
un pissenlit.
PiTS. Locution : Frai (froid) comme la
quatne d'un pits (est au Complément
de V Académie). — L.
Piu, pieu; au fig. homme sans énergie.
Plaque (jouer à la), jouer au bouchon
avec des plaques ou pièces. — F.
Pli EUX, pièce d'un métier à tisser.
Plion, branche qu'on plie au-dessus
de la faux.
Pluque (jeter au) = au rebut, aux é-
pluchures (en patoirt m épluqueuses »).
Poinçon, pièce de bois ou petit fût. Il
a battu toute sa récolte suTpoinçon.
Poli. Locution : Trop poli pour être
honnête, — L.
Pomme d'orange, orange.
POET-COLLIER, petit abri spécial pour
les colliers. — F.
PORTBUX, frère de charité qui porte les
morts. — L.
PoucHE^ poche, sac.
Prébité, presbytère.
Prêcarrer (SE), se charrer, se prélasser.
— F.
Prendre. Locution : (Test un homme
qui prendjoliment (des liqueurs fortes).
Quête, avoir prise au vent. — V.
Quêter, en parlant d'une charrette qui
porte mal sur l'essieu, osciller de droite
et de gauche, par une sorte de cahote-
ment qui a quelque ressemblance avec
la marche des quêteurs. Sa caette qu4itte
eu» se cobien (on ne sait combien).
QuÊTiN. Locution : Mre à son quêtin =
être à son compte. On te verra, toi,
quand tu seras a ton quêtin,
QUEUQUEFOis QUE = de peur que. Fer-
me la barre (barrière), quelquefois que
le bétail sorte. — F.
QuBUTTE. Cheveux mis en papillotte
dans du papier. — M.
-16-
QUBVET. LooutioD : Il y a du queret dans
un champ, quand les tiges du grain
n'ont pas été fauchées assez près du
sol.
Qui. Le relatif dont manquant au patois,
il en résulte des constructions redon-
dantes et assez embarrassées. Ex. Le
pu vn tel est dèeédè^ de qui que san
père était m an camarade,
QuiAGHE. Locution: (^a ê*en va en quia-
ehe =3 cela tombe en morceaux, en
poussière. — ¥,
QuiACHON, dernier né d*une famille.
QuiANGULOTTV, qmfaU dans sa culotte.
Qui EN, parfois dette. Un tel eH parti;
il a laUié un hiaw quien cken Vbau--
la figer, — M.
QuiNCHETOK, pinson (vers Goderville).
— L.
Rabot. Locution : 21 est poli comme un
rabot! — F.
Rac. Locution: I* Bic et rae, jusqu'au
bord; 2' rac plein, absolument plein.
Racine. Locution fîg. : Y faut qui save
(sache) la racheinne de tout,
Raffutbb, repasser à la meule, pour ai-
guiser à nouveau.
Rails, ligne, trace (d'où les dérivés que
donne le Glossaire). — L.
Rajkunib. Locution : Se faire rajeunir
= se faire raser.
Ralendbb, marchander (transposition
de lettres, ce semble, pour <i harlan-
der »). — M.
R A LLEB (serai t-cer«Aâ^r?) tirer. Yralle
la langue comme un quien d' cache,
Ranoue. Locution : De rangue = à la
suite. J'*ai semé deux pièces de blé de
rangue (sans me reposer).
Rafabs^ très ressemblant. — F.
RAPiiiT, pingre, avare. — L.
Ratelins, ce qu'on donne à manger au
bétail en dernier lieu et fiiute de mieux.
D'où locution : 2 n'n'a pouHani^ du
bien! — Ah ben oui! I n' n'est auw
ratelins / as il a mangé presque tout.
Ratobnbb (be), changer de religion. ^
Ratobket (un), quelqu'un qui s'est con-
verti du protestantisme au catholi-
cisme.
Rattiement, endroit où Ton jette les
vieux futins ; au fig. maison souvent
suspecte à la police où Ton se réunit
pour faire bombance.
Rayêqueb, s'engager dans un fouillis
pour y dénicher quelque chose. Çui
qu'o'e'st qu'il est parti ratêqtwr dans
cte haiCy dans çu çreniei% dans cY
omtoué (armoire). Signifie aussi rame-
ner an grand jour ce qui était caché.
Rebouc AGHE (le sien) qui rebouque.
Rebouquer, c'est « ne plus vouloir »
travailler, manger, etc. JReboucache
s'emploie surtout avec la négative. Il
est pas reboucaehe (à l*ouvrage, par
exemple).
RscoRBih, <]ui a bien mangé, qui a le
ventre bien rempli. — F.
Rbcban (comme le mot vieilli « recru i),
épuisé de fatigue, rendu, rebattu. On
n'n'eH recran (d'avoir ^t tant de tra-
vail). Cest (oujou le même air (de
musique) ; on n'n'est recran.
Rbdimet, saveur. — V.
RÉGLÉE. Locution : Il règle le soleil =s
sa montre ou son horloge vont très bien.
Reooubbb, mal recevoir (quelqu'un).
Relais. Locution : chose de relais, de
réserve, en cas de besoin. Pour qui
prendre trois fourques, pi que vo n^êtes
que deux? — Bien! comme eka^ e*n*
ettns (nous en aurons) eune de relais^
en cas qu'y en ait eune qui vienne i
manquer, — F.
Rbléqusb, lécher à nouveau, surtout
dans la locution : Y a pu rien à rtlé-
quer = il ne reste absolument rien.
Religion. Locution: I^ sa religion,
remplir ses devoirs de chrétien. — M.
Renflée. Locutions : Ai? pas renfler
quelqu'un, ne pas lui proUter (avec
une nuance d'ironie) ;— se renfler gros
comme le poing, faire l'important ; —
au participe se dit d'une vache repue.
— L*
Renteiteb (proprement remettre une
tôle), refaire le faite d'une couvertun
en chaume. — F.
Revenib. Locution : Ça te retient comme
un tablier à eune vaque, — F.
RiBOTU, rocailleux, inégal ; en parlant
d'un chemin et même d'un mur. — F.
Ri ON, la bande de terre retournée par 1»
charrue. — L.
— 17 —
BooKffy saleté, mauvaises herbes. La
langue classique l'a restreint au sens
de c gale ». ^ V.
Bon ACUER, grummeler entre ses dents.
— F.
BUDE, 1^ parfois • grand, étonnant d.
Y a une rvde errevr = une grand dif-
férence ; 2" qui a de la <e rudeur » (mau-
yaise herbe).
BuDEMBNT, s'emploie pour former le
superlatif, le mot très n'ayant pas
cours en patois. YJait rudement beau,
rudement seo. Man pé est rudement
bon. A Kouen, les lettrés eux-mêmes
ne dédaignent pas ce superlatif de se-
conde main. ~~ F.
Saccage, s^emploie surtout au pluriel.
— F.
Saison, spécialement époque des se-
mailles (surtout du blé et de Tavoine).
2a saison est-y finie?
Saleube, sorte de cicatrice aux mains
(si on y met la langue, elle a uu goût
salé).
Sa PET, petit reste de liquide au fond
d'un vase.
Sastifis, salsifis. — M.
SÂCOT (forme diminulive de « sec s),
homme fort maigre. Grand sécot !
(ailleurs: grand sécrant.)
Semaine des quatre jeudis, jamais (l'A-
cadémie citait, dès 1694, la « semaine
des trois jeudis », inconnue à Anger-
ville-rOrcher). -,'M.
Behée, spécialement, la quantité de
semence qu'on peut mettre dans un
€ semeux ». — M.
Serpilliâbe, toile à pavé. — Y.
SsTEMBRiBCHE. se prononce stembrèqne
à Bruneval (hameau de SaintJouin),
dont c'est la fête locale. — L.
Si dans le cas.,. Locution elliptique. Vo
médites de faucher çn coin-là; mais
j'avrai fait avant qu*vo rereniez. —
Ah! bien, si dans le cas, tu feras quev-
qurs charriages, — F.
Sot. Locution: La part du sot, c'est
celle d'un homme qui. chargé de faire
un partage, ne n'est rien réservé pour
lui-même. — M.
SOTTIAS, neuf gerbes debout et trois
dessus. — F.
SouFVRETTE (mot du moyen-âge, en-
core cité par Trévoux). Locutions : 1*
Ils ont pas l'é (l'air) d'fé souffrette =s
ils ne sont pas dans la gêne ; 2» J'^n
fais pas souffrette = je n'en manque
pas.
Souper des Rois. Ce qu'on donne à un
domestique pour fêter ce jour-là. Je
gangne cent écus, et man souper des
Rtns.
SouH-AiLES (le sens de u bas-côté d'égli-
se » est dans les dictionnaires), espace
entre le larmier du toit et le haut du
mur. — L.
SUROAS (surchaud), coulant d'air extrê-
mement chaud qu'on sent par un temps
frais. — F.
Tabliryb, plein un tablier. Apporte-
mai une tablieye de manger à poules,
— M.
Tapaoie (dérivé de tapage), représenta-
tion de saltimbanque. — L.
Tapette,
tière ».
S^ femme bavarde, • olapo-
Taponnière, sureau creusé, d'où l'air
comprimé fait partir des tampons de
papier. — F.
ijLasBR les ppvces à quelqu'un, le cha-
griner, le faire souffrir. — L.
Taupkttr, petit rongeur un peu plus
long qu'une souris. — P.
Tendre a uouques, susceptible.
Terrible. La locution c'est térible,
d'emploi fréquent, n'équivaut guère
qu'à une simple exclanmtion. Queu
vent / C'est térible/ — V.
Tière (fausse), celle où les gerbes sont
posées côte à côte. — L.
TiMONNER. avoir bien de la fatigue.
Tintouin, lubie, caprice.
Touiller, bouder; verbe réfléchi, se
vautrer. — V.
TouREYE, le tour d'un tas, d*UQ bâti-
ment, d'un manège. — L.
— *8 —
Tbacheux, nn mendiant. — M.
Tbainaoe (mot français). Locution: Ça
raut pas le traînage = c*est de nulle
valeur.
Traquette (avoir la) y avoir peur. Le
mot est un diminutif de son synonyme
trac. — L.
Tbavebse (tendre à la) = en bloc, sans
compter ou mesurer. — F.
Tbecineb, se fendiller au feu, en parlant
d*un plat.
Tbbtoub, cri pour appeler lee dindons.
-r F.
Tbeuler (en parlant des animaux),
péter.
Tbevette, trevet. — L.
Teop forme parfois une sorte de super-
latif : vieux (plus souvent *...) tr»p
beyfe. — F.
Tuet. Locution : Ynn'a untvet! (une
forte voix.)
TuiTEB, gazouiller.
u
Une. Locution : En vê (voir) d'eune^
être châtié ou fort affligé . Tu va» rê^
mâche ! Si tu fait point c'que fte dis^
tu ras en vê d'une, — Not'efan est
tovjou malade ; y crie long de la nuit,
fen teyonsd'eune aveu IL — « En voir
plus d'une » est classique. — F.
Ubède, Ëusèbe.
V^ALBB. La distinction faite par Tabbé
Maze n'est pas fondée, au moins pour
certain» pays. ~ L.
Vaqueb, arroser d'eau pour laver som-
mairement. — F.
Vattoïne (à la), dans la saleté et le
désordre ; semble dérivé de vatte,
boue ou vase.
Vebdot, cheville de bois que doit rem-
placer la chantepleure à Textrémité
d'une futaille.
Vebotte, surnom de vache (comme la
barêyet etc.) — L.
ViAL, dépôt filandreux et gluant qui^ sa
forme dans le cidre. Avaler nn via.
Voile. Locution : Un homme à la voile,
hardi, téméraire.
Voir. Locution (pour mettre en garde
contre le» risques d'une tentative) &
quelqu'un qui dit : J'vas essayer pour
vé (pour voir) : Tu sais : Pour vê a
perdu euti vague; pour vé mieux n^n'a
perdu deux.
VÔLAYE, système de baculs pour atteler
deux chevaux. — F.
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