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Full text of "Étude sur le langage de la banlieue du Havre"

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Sflfiélé llâ\raisê dtluiles divprso'î 



ÉTUDE 



SUR le: 



LANGAGE 



0£ LA 



BANLIEUE DU HAVRE 

par 
l'Abbé C. MAZE 



Ouvrage posthtime publié par lei soins et aux (mis de la Société 




fMf i. nie nurbiM-ilo-Jany^"" 

UiirniTÎt^ Ariiêlique. J. OONPIîKVlLLK, njr de? la Bouref» ^ 

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ïAa.z.<:. 



ÉTUDE 



SUR LE 

LANGAGE 

DE LA 

BANLIEUE DU HAVRE 



\' erf<. 



ÉTUDE 



SUR LE 



LANGAGE 

DE LA 

BANLIEUE DU HAVRE 




Camille MAZE 

t836-l90i 



Sociélé llavraise dtludes diverses 



ÉTUDE 



SUR LE 



LANGAGE 



DE LA 



BANLIEUE DU HAVRE 

par 
l'Abbé C. MAZE 

. f 

Ancien Secrétaire Général 



Ouvrage posthume publié par les soins et aux frais de la Société 




Librairie Normande, Ernest DUMONT, rue Barbet-de-Jouy, 42 

A. LESTRINGANT, Libriire de U Biblitthèqne de li Ville, rue Jeanne-d'Arc, 11 

Librairie Arlistique, J. GONFREVILLK, rue de la Bourse, 7 



1903 



THK NKH- YORK 
PUBLIC LlBiiAHY 

371655B 

A8T0B. LENfX AND 
TILOBN rOLNOATlONS 
B 1946 L 



AVANT-PROPOS 



Il est toujours fâcheux pour un ouvrage que son auteur ne 
puisse le présenter lui-même au public. Mieux qu'homme du 
monde il est à même d'en faire valoir le plan et Véconomie, et 
aussi d'en atténuer les défaillances^ s'il sait les reconnaître. 

Ici néanmoins le lecteur pourra répéter le mot célèbre Defunctus 
adhuc loquitur. Car c'est M, Vabbé Maze surtout qui va retracer 
l'historique de son mémoire, souvent par des citations de ses 
lettres. De plus, cette préface d'emprunt n'ira pas sans quelque 
avantage : celui de relever telle particularité qu'un oubli, ou plus 
encore, que la modestie de l'auteur eût omise (i). 

Cette Etude résume des observations qui ont persévéré un quart 
de siècle. Elle était suffisamment avancée dès le mois de décembre 
iSlR pour fournir à notre Compagnie la matière de deux 
lectures. Et elles y passèrent si peu inaperçues, que la Société, 
comme l'a écrit naguère son distingué président, avait « vivement 
encouragé l'auteur à continuer une œuvre si utile, » 

Peut-être se demandera-t-on comment M. Maze n'a pas dès lors 
songé à imprimer ses recherches : il lui eût suffi de classer les 
souvenirs du langage que son enfance avait parlé dans un moulin 



(1) Les pièces justificatives ne se publient guère en première page. Mais, par sa 
réserve charmante, le billet du 6 juillet 1887 mérite bien cette exception : « Pour 
réussir cette dissertation (des Armées météores), il aurait fallu être fort en histoire, 
fort en philologie et fort en météorologie. J'ai essayé de faire comme si j'étais ce 
triple fort; mais, plus d'une fois, en route, je me suis aperçu de ma faiblesse. Mainte- 
nant, il me reste ài savoir, de la part d'un juge impartial, si je ne le laisse pas trop 
^oir aux autres. » 



^^(^AcMaJ^^ PLt^^. ■V'f-^ 



▼III 



d'Epouville. Nombre d'auteurs quioni écrit sur les patois, se sont 
presque bornés à en déterminer la nomenclature; et l érudition 
leur a su gré de cet effort sommaire. 

Les vues de notre compatriote nepouratent manquer de sélefoer 
plus haut. Mathématicien par goût^ et souvent par devoir, il ai-- 
mait en toute chose cette précision qui est de rigueur dans les mé- 
moires scientifiques, et qui seule donne tout leur prix aux œuvres 
littéraires. Xe Ta-t^^n pas vu évaluer en centaines de millimètres 
V épaisseur du glaçage métallique de poteries anciennes trouvées 
à Rolleville ? 

Rédiger un lexique populaire ne pouvait donc avoir pour lui 
quelque attrait qu'à ces deux conditions : d'abord que ce vocabu- 
laire fût d'une ampleur à contenter les plus difficiles ; puis que 
des rapprochements minutieux et sagaces cherchassent à démêler 
tes lois mystérieuses qui président à ces articulations étranges, 
non moins qu'aux plus harmonieuses dérivations académiques. 

Il pourrait bien être moins difficile d'arracher un aveu à un 
criminel, que d'obtenir d*un campagnard quil ne s'évertue point 
à parler français avec une personne instruite. Il faut donc épier 
à petit bruit pour prendre sur le fait ce que tes pédants ont 
appelé un jargon informe, bien que ce soit une langue parfaite- 
ment régulière. 

Entre autres industries, M. Maze voyageait toujours en troisième 
dans la banlieue ; il se faisait aussi un devoir de fréquenter le 
plus possible les marchés, en quête d'autres denrées et d'autres 
profits que les allants et venants qu'il y coudoyait. 

Les anciens textes, il est à peine besoin de le dire, lui prêtèrent 
un utile secours. Plus de deux cents remarques furent empruntées 
au Mystère de la Nativih», édité par M. P. Le Verdier pour les Bi- 
bliophiles normands. Il examina de plus tous les articles d'tm 
(( Dictionnaire de l'ancien anglais et de l'anglais provincial », 
volume in-8^ déplus de 1,000 p. en petit caractère. par Th. Wright, 

Voilà pour la nomenclature : quant à la phonétique et à la 
grammaire, les lecteurs apprécieront avec quel soin notre confrère 
en a formulé les règles. Un curieux incident lui a d'ailleurs oc- 
troyé ce qu'on pourrait appeler un satisfecit avant la lettre, c'est- 
à-dire avant l'impression de son mémoire, avant le jugement du 
public. Le Bulletin critiqu? a jadis relaté cette preuve de fait, 



IX 

d'où il résulte que les théories de la présente Etude, loin d'être des 
visions cornues, sont encore strictement appliquées par des gens 
qui n'en soupçonnent point Vexistence, et font aitisi à la lettre de 
la vraie prose cauchoise sans le savoir. 

Vers iS19, M. Maze alla voir aux Trois-Pierres son digne ami 
l'abbé Valette, ancien vicaire àSt-François, Le dimanche, les jeunes 
gensduvillageseréunùsaient au presbytère, pour s' y récréer, après 
Voffice. Labbé Maze leur fit connaître le jeu de croquet, leur en 
fournit le matériel, et leur en apprit les termes. Quand il revint, 
quelques mois après, le jeu était en pleine faveur ; mais les mots 
dont usaient les joueurs n étaient plus ceux des « Règles du Jeu. » 
Le moule cauchois, sans les altérer substantiellement, les avait 
déprimés à Vimage et ressemblance du parler champêtre. Après 
miïre délibération, cinq ou six abbés Maze n'eussent pas fait be- 
sogne plus savante. 

Mais il est temps de laisser V auteur expliquer lui-même quelques 
particularités de son travail. 

Le langage populaire prouve que l'orthographe « sens dessus 
dessous )) est un contresens. En effet, le peuple dit partout san 
pour « sens », par exemple : « c'est pas d'çu sens là » ; au lieu 
que pour a sens dessus dessous », il prononce c*hen d'sus d'sous; 
c'est-à-dire : « ce (qui était) en dessus, (mis) dessous ». 

« Rien de fait, écrit-il le 4 mai i886 » ; et pourtant « j'ai énor- 
mément travaillé. Toutefois, je ne regrette pas mon temps : car 
j'espère que tout d'un coup sortiront plusieurs choses intéres- 
santes. 

« Quant à la crainte d'aridité, je ne m'en préoccupe pas : car 
j'ai les exemples pour lever la difficulté. Il suffit, et cela ne m£ pa- 
rait pas malaisé, d'introduire dans les exemples un peu de vis 
comica. » 

Notons que le i 5 juillet suivant il écrit d'Har fleur : « J'ai tant 
de travail que je ne sais plus comment faire face à tout : aussi je 
ne publie plus rien {i). » 

f Octobre a fait faire un pas très sérieux au patois, » mande- 



(1) Faut-il s*étonner après cela que Tabbé Maze ait parfois négligé les soins les 
plu^ vulgaires de sa personne, s'exposant ainsi aux respectueux reproches du dé- 
vouement affectionné qui ne peut encore parler sans larmes du regretté défunt. 



t'il de Paris la veille de la Toussaint {886, en annonçant qu'il y 
aura trêve en novembre. Le dictionnaire comprendra entre six et 
sept mille mots, dont, il est vrai, beaucoup ne sont çue des va- 
riantes de prononciation du français. « Plus f avance, et plus je 
comprends Vulilitè de cette étude au point de vue même de la 
langue classique*. Plus d'une étymologie que Littré n'a su donner, 
est pour moi très claire. » 

3fais voici que, le W décembre i889, il se félicite de ce qu'il ne 
lui reste qu'à discuter les résultats de onze mille sept cent vingt- 
quatre opérations d'arithmétique, progrès notable sur les quatre 
mille calculs dont il s'était délassé, le 27 mai i88i, en dissertant 
sur € sens dessus dessous >). Et, entre les mathématiques et le pa- 
tois, trouvent place des communications à l'Académie des Sciences 
ou les comptes-rendus de ses séances, une collaboration assidue 
au Cosmos, la chronique .scientifique hebdomadaire de la Croix, le 
répertoire incomparable et unique de documents scientifiques 
puisés dans les grandes collections de la capitale, une applica- 
tion constante à la météorologie ; des voyages multipliés pour 
enrichir les principaux congrès .scientifiques de communications, 
de conférences, de notices de toute sorte ; des excursions jusqu'au 
bord du Sahara et même à Jérusalem, sans négliger toutefois ni 
V archéologie souterraine de la vallée de la Lézarde, ni même le meil- 
leur aménagement des boiseries de la belle sacristie d'Harfleur, 

En vérité, quelle existence surabondamment remplie pour ce 
rentier de la rue du Coq, qui eut pu ne faire que flâner délicieu- 
sement sous les frais ombrages de son manoir! 

Et on n'a encore rien dit de THisloire du Tliermomètre, le plus 
important de ses ouvrages tant par V étendue que par la difficulté 
des recherches. Cest une question de satwr .s il est absolument 
achevé. Voici du moins les résultats précis que fournit sa lettre 
du 22 février i 899: 

€ Cette pauvre Histoire n'avance guère, et chaque chapitre me 
prend à peu près quatre fois le temps que j'avais prévu. Cepen- 
dant j'espère avoir fini avant Pâques ce qui concerne le thermo- 
mètre primitif. Je crois avoir victorieusement réfuté les argu- 
ments de Caverni en faveur de Galilée, et montré que le véritable 
inventeur est Santorio. Pour arriver à ce résultat, il m'a fallu 
a voir le courage de relire les dix-sept volumes in-8« des œuvres 



XI 

de Galilée^ notamment les cinq volumes de sa correspondance^ 
pour y chercher les phrases incidentes capables de jeter un peu 
de lumière sur la question. L'argument le plus fort de Caverni 
reposait sur une pièce sans date trouvée dans les papiers de Ga- 
lilée, mais que Caverni, par V étude du texte, suppose antérieure 
à l'été de iôil. Or, je crois avoir bien prouvé que la date la plus 
vraisemblable est de la seconde moitié d'avril d 6i 5, V invention de 
Santorio étant certainement antérieure à juin d619, vous voyez 
la conclusion, » 

Notre grand travailleur a ressenti, il y a plusieurs années, les 
premières atteintes du mal qui Va emporté le i8 juin dernier. 
Quelles durent être ses pensées, quand il put présumer qu'il n'im- 
primerait pas son cher a Langage de la banlieue du Havre ?» (1) 
Autant qu'il est permis d'en juger, aucun regret pénible n'effleu- 
ra la sérénité de son âme. Durant plus de trente ans il s'était 
efforcé de perfectionner les connaissances les plus diverses, mais 
au seul hasard des circonstances, et avec l'heureuse liberté d'es- 
prit d'un homme qui n'a ni besoins, ni ambition, sauf pourtant 
celle de bien faire tout ce qu'il entreprend. Personne n'avait 
mieux étudié que Camille Maze la langue villageoise qu'il avait 
bégayée sur les genoux de sa mère. Cette innocente satisfaction 
suffit à récompenser son labeur. Pour le reste, il s'en remit à la 
Providence. 

Des amis veillaient. Au surplus, le Havre ne semblc-t-il pas de- 
venu une terre promise pour la lexicologie française depuis qu'y 
ont été écrits les deux importants volumes de M. DelbouUe, son 
professeur honoraire, l'un des maîtres qui cannait le mieux, à 
l'heure qu'il est, l'historique de notre langue. Au prix d'un géné- 
reux sacrifice, la Société Havraise d'Etudes diverses a acquis le 
manuscrit et en a immédiatement décidé la publication. Après 
avoir naguère édité cette utile Bibliographie de l'Arrondissement du 
Havre, de M. Lechevalier, jadis longuement élaborée avec amour 
par le savant libraire Ernest Dumont, c'est un nouveau et signalé 



(I) Par c Banlieue du Havre », il faut entendre, non pas seulement les communes 
qui dépendent des cantons urbains, mais aussi le territoire du canton de Montivil- 
liers et même, au moins en partie, celui de Ghquetot. 

Cette délimitation précise seulement le sol où ont été faites ces observations métho- 
diques. Les mots et divers objets de ces remarques peuvent se retrouver sur les deux 
rives de la Seine, jusqu^au pays de Bray, sinon au-delà. 



lil 



service que la Société rend aux amis du passé. Sa bonne renom- 
mée Hltéraire ne peut que grandir en proportion de ces impres- 
sions si méritoires. 



Labbé a. TOUGARD, 

Membre correspondant 

de la Société Havraise d^Eludes diverses 

Doctear bs-Lettm 

PrtifeMcar honoraire da Petit Séminaire 

et de 1h Faculté de Théologie de Bouen 



Î8 Décembre d 90^. 



ÉTUDE 

SUR LE 

LANGAGE 

DE LA 

BANLIEUE DU HAVRE 



Un des caractères distinctifs de notre époque, c'est le zèle 
qui se montre de toute part pour la recherche des souvenirs 
historiques. Les monuments du moyen âge longtemps mécon- 
nus sont étudiés^ analysés^ admirés ; les débris les plus anciens 
sont recueillis. Les mystérieux hiéroglyphes de TÉgypte 
donnent la réponse aux énigmes qui embarrassaient nos 
pères. Les bibliothèques de Babylone et de la Chaldéo sont ex- 
humées, et les savants de toutes les nations del'Europe y lisent 
ces pages plus de vingt-cinq fois séculaires. 

Ici, ce n*est plus seulement Tarchilecture, la sculpture, la 
peinture que l'on étudie; la philologie est appliquée à des 
langues dont le nom même était inconnu il y a quelques an- 
nées. Grâce aux syllabaires et aux lexiques des Assyriens, nous 
connaissons non seulement leur langue, mais celles de leurs 
ancêtres. L'exemple de ces anciens doit être une leçon pour 
nous, et nous apprendre à ne pas négliger nous-mêmes la 
langue de nos aïeux. Ceux qui ont bâti nos vieux châteaux et 
nos admirables cathédrales méritent certainement bien qu'on 
leur fasse l'honneur de se demander quelle langue ils parlaient 
et, comme le dit un auteur allemand, la partie la plus impor- 
tante de l'histoire d'un peuple, c'est l'histoire de sa langue (1). 

(1) Fucli0, Die Romanischen Sprachen^ p. 53. 



— « — 

Sans doute nous possédons une partie de cette langue : elle 
est dans les chants des trouvères, dans les fabliaux des con- 
teurs, dans les récits des Villehardouin, des Joinville et de 
nos vieux chroniqueurs. Mais ces écrits, quelque agréables 
qu'ils soient, ne peuvent nous montrer qu'une langue morte. 
Les mots y sont les fleurs d'un herbier, cù l'arrangement peut 
être gracieux, les contours agréables; mais les couleurs sont 
à moitié détruites, et le parfum propre à chaque espèce a sou- 
vent disparu. C'est pourquoi, tout en aimant à feuilleter son 
herbier, le botaniste préfère encore parcourir la campagne, 
gravir collines et montagnes, et même, s'il le faut, affronter la 
fange des marécages. Ah I c'est qu en ces sites divers, la na- 
ture se montre à lui telle qu'elle est, avec ses mille senteurs, 
avec son coloris aux nuances variées à l'infini ; c'est que par- 
tout elle y apparaitavec cejenesaisquoi d'indéfinissable qu'on 
appelle la vie. Ce n'est donc pas seulement en feuilletant les 
vieux livres, mais c'est surtout en écoutant ceux qui le parlent 
qu'il faut étudier le langage de nos pères. Car si, plus encore 
que la langue de Louis XIV, le vieux Langage français a subi le 
ravage du temps, on le retrouve encore bien reconnaissable 
dans le patois (sermo patrius). Par l'élude des vieux textes 
nous parvenons à saisir une partie des pensées des hommes 
du moyen âge ; mais ces textes, lors même que nous arrivons 
à les bien comprendre, nous ne savons pas les lire. Je suis con- 
vaincu que le bon saint Louis, ainsi que les clercs et les cheva- 
liers de sa cour, seraient partis d'un franc éclat de rire si le 
vieux Joinville s'était mis un jour à débiter une de ses phrases 
avec la prononciation que nous leur prêtons. 

Il me semble pourtant qu'il ne doit pas être impossible de 
retrouver, au moins approximativement, la prononciation an- 
tique. Génin Ta tenté par l'étude des rimes. Le procédé était 
bon, mais il était incomplet : aussi l'auteur s'est-il trompé en 
plus d'un endroit. C'est du moins ma conviction. Aux rimes, 
il faudrait, pour réussir dans une pareille tâche, joindre la 
prononciation des divers patois romano- français. Il me parait 
plus que probable qu'en élaguant ce qui est évidemment 
propre, je dirais presque ce qui est personnel à chacun d'eux, 
il resterait un certain nombre de règles générales qui nous 
rapprocheraient du but à atteindre. 

Mais l'utilité de l'étude du patois ne se borne pas là ; elle 



— 3 - 

permet de relpouver un certain nombre de mots que les vieux 
auteurs n'ont point eu l'occasion d'écrire, ou qu'ils ont consi- 
gnés dans des textes aujourd'hui perdus. 

Ce n'est pas seulement au point de vue historique qu'appa- 
raît l'utilité de l'étude des patois ; mais la langue littéraire et 
le style des écrivains ne peuvent qu'y gagner. « C'est avec les 
ouvriers du port que j'apprends le français », disait Malherbe ; 
et le grand poète avait raison. Le langage populaire, tout à la 
fois simple et énergique, a, malgré sa rudesse, une allure plus 
française que toute l'afféterie des poètes que le grand siècle 
allait faire oublier. Et aujourd'hui encore, il mérite plus l'es- 
time des hommes de goût que le jargon de certains journa- 
listes. Dans le patois, en effet, on trouve la racine d'une foule 
de termes dont nous n'avons plus que les dérivés ; là prennent 
leur origine la plupart des mots techniques ; et si nos savants 
connaissaient le langage rustique, ils pourraient souvent s'é- 
pargner la peine d'estropier des mots grecs pour exprimer 
leur pensée. 

Inutile d'ailleurs de chercher plus longtemps à établir une 
vérité aujourd'hui reconnue par tous les hommes instruits, et 
amplement démontrée par le grand nombre d'ouvrages écrits 
sur la matière ; à tel point qu'on peut se demander tout d'a- 
bord ce qui reste encore à dire sur le dialecte normand. Mais, 
quelque complets que soient les recueils déjà publiés, ils 
offrent bien des lacunes. D'ailleurs la plupart des auteurs qui 
ont écrit sur le langage parlé en Normandie ont eu le tort de 
trop étendre leur cadre, ce qui les a forcés de réunir pêle- 
mêle des expressions appartenant à des contrées différentes et 
de donner comme normands des mots que la majorité des 
Normands ne comprend pas. Ainsi la phrase citée par le savant 
évêque d'Avranches Uuet serait, sauf un mot, inintelligible 
pour un Cauchois : car, il ne faut pas s'y tromper, non seule- 
ment la haute et la basse Normandie n'ont pas le même lan- 
gage, mais l'identité n'existe même pas dans deux cantons 
voisins et, comme le remarque Burguy, il y a des nuances de 
village à village (1). 

La seule voie à suivre est donc de diviser le travail, en so 
bornant à étudier la langue parlée sur un territoire peu éten- 

(1) Grammaire de la langue d'oïl, tome !*>', p. 15, note. 



— 4 — 

du. Plus tard« quand ce travail aura été fait pour lesdifléteules 
parties de la Normandie, on pourra utilement chercher ce 
qu'elles ont de commun et entreprendre avec fruit une étude 
générale de la langue normande. 

Ainsi, aux environs d'Yvetot, on dit ma, ta, sa (pour mot, 
toi, soi), tandis que chez nous on prononce mai, tai, sai. 11 y a 
plus : Criquetot-rEsneval et Etrelat appartiennent au même 
canton et ne sont séparés que de quelques kilomètres. Or, 
pendant que Criquelot s'accorde avec nous, Etrelat emploie Yé 
ouvert bref : méy té, se. 

Même restreinte aux limites que j'indique, une étude sur le 
patois est loin d'être une œuvre facile. Il faut l'avoir entreprise 
pour comprendre tout ce que demande d attention, de temps, 
de soins, la récolte ou plutôt le glanage des mots. 11 ne suffit 
pas, en effet, d'entendre et de retenir telle tournure ou telle 
expression ; il faut s'assurer en outre qu*elle appartient bien à 
la langue, et n'est pas un solécisme ou un barbarisme propre 
à celui qui parle (1). Car il serait aussi erroné de croire que 
tous les paysans parlent le patois coi rect, que de s'imaginer 
que tous les Pari.<iens parlent le français. 

Quelque connaissance que Ton ait d*ailleurs de la langue, 
c'est en vain que l'on fait appel à ses souvenirs pour retrouver 
les mots. Il faut qu'une circonstance fortuite les fasse surgir 
et les amène sur les lèvres. 

Puis vient la difficulté de la transcription des mots, qui, 
au premier abord, semblent défier toute orthographe, ayant 
parfois plus de la moitié de leurs sons étrangers à la langue 
française (2). Aussi la plupart des auteurs ont-ils renoncé ii fi- 
gurer la prononciation, au moins pour un certain nombre de 
mots, préférant une orthographe arbitraire, mais plus propre 
à montrer l'analogie des mots qu'ils recueillaient avec d autres 



(1) J'entendis un jour un jeune Roueunais dire à un camarade : c transbecque la 
lumière », r'est-a-dire : • cleins un bec de gaz el ailunie l'aulre »; j'aurais eu tort 
d\n conclure que le mot IratuOéquer est usité à Rouen. [D'ailleurs, selun la judi- 
cieube remarque de M. R. de la Vilicbervé, un terme aussi ètrauge i>ar sa formation 
et son articulation ne saurait être d'usage populaire et countnt.J 

{'i) tin général, les lormes du patois sont chronologiquement antérieures à celles 
du Iranvais classique. Toutelois, il u*en est pas toujoui*s ainsi ; incontestablement, 
les prononciations vétvrtnè, cu/é, chicoêye, fluxia, (éruspic, ont été pi-écédées par 
« vétérinaire, calé, cbicorée, luscbia, tblaspi ». 



— 5 — 

mots déjà connus. En effet, écrire les mots tels qu'on les pro- 
nonce» c'est, dans toutes les langues, détruire la philologie, et 
rendre presque impossible Tétude des étymologies. 

Pour me tirer d'affaire, j'ai eu recours k un procédé bien 
connu qui consiste à écrire deux fois chaque mot : la première 
fois avec l'orthographe étymologique, celle qu'ils devraient 
avoir s'ils étaient admis dans la langue littéraire; et la seconde 
fois avec une orthographe conventionnelle et purement phoné- 
tique, la plus propre à faire connaître la vraie prononciation. 

A ces difficultés, communes à tous les travaux de ce genre, 
s'en ajoutait pour moi une autre, venant de l'état de transition 
où se trouve notre patois, en train de céder la place, moitié au 
français, moitié à l'argot des ouvriers de ville. 

Ce travail que je commence aurait dû être fait il y a qua- 
rante ans : alors le patois était moins mélangé de français, 
partant plus régulier dans son allure, et il était plus facile de 
recueillir une foule de mots, aujourd'hui tombés en désué* 
tude. 

De plus, par suite de l'envahissement du français, les pay- 
sans parlent deux langues; et lorsqu'ils se trouvent en pré- 
sence d'un homme qu'ils supposent instruit, ils emploient le 
français le plus pur possible ; et si parfois il leur échappe un 
terme patois, ce n'est que par distraction ou par l'impossibilité 
où ils sont d'exprimer leur pensée par un autre mot : encore 
dans ce cas la prononciation est-elle altérée et a perdu son 
goût de terroir, si je puis m'exprimer ainsi (1). 

Telles sont les principales difficultés que j'ai eues à vaincre. 
Aussi, est-ce sans fausse modestie que je réclame l'indulgence 
du lecteur pour les imperfections et même les défauts qu'il ne 
manquera pas de trouver dans mon œuvre. 

Voici maintenant quel est le cadre que j'ai cherché à remplir. 

[L'ouvrage se divise en trois parties : Phonétique — Grammaire 
— Focaftwteir^.— Pour préciser davantage, M. Maze avait d'abord 

(1) Ceci n*e8t pas particulier à notre pays; car je me souviens d*avoir été plusieurs 
semaines dans le territoire de Blois, avant de savoir 8*il y existait un patois : les 
paysans auxquels j'avais parlé m'avaient tous répondu dans le français le plus pur, 
et même sans accent provincial; quand, ayant demandé mon chemin à une petite 
fille encore naïve, elle me répondit dans son langage : « Vos allai d*virai à gôche^ 
le long du bos ». 

S 



— 6 — 

annoncé cinq sections] : 1"* une étude grammaticale contenant 
les règles de la prononciation et la grammaire proprement dite; 
2^ une liste des mots dont le genre n'est pas le même en français 
et en patois, qui changent de genre en passant d'une langue 
dans l'autre; S"" la liste des mots qui ne différent du Trançais que 
par la prononciation ; 4* le vocabulaire des mots étrangers h 
la langue française, telle qu'elle est réglée par le dictionnaire 
de l'Académie ; 6"" enfin, un recueil des proverbes et locutions 
proverbiales les plus usités dans notre contrée. 



* 
* * 



PREMIÈRE PARTIE 
La phonétique cauclioise 

La grande difficulté de l'étude de noire patois, ce qui fait 
qu'elle n'a point encore été tentée, vient de l'absence de textes 
écrits dans cette langue. Il existe bien, çà et là, quelques ar- 
ticles de journaux et quelques rares bluettes, même des tra- 
ductions de fables de La Fontaine ; mais ces écrits, d'ailleurs à 
à peu près introuvables, ne sont que des pastiches, œuvres 
d'hommes instruits qui se délassaient de leurs travaux sérieux 
par ces innocentes productions. Un écrit en patois, sorti de la 
plume d'un homme parlant notre patois, voilà ce qui n'a, que 
je sache, jamais existé. 

La conclusion de ce qui précède, c'est que la langue parlée 
dans la banlieue du Havre n'a pas d'orthographe. 

La première partie de ma tâche, et certes elle n'est pas la 
plus facile, c'est de créer cette orthographe. Or, pour cela, j'ai 
dû d*abord étudier les divers sons et les différentes articula- 
tions du patois; et, pour rendre celte étude tout à la fois plus 
facile et plus profitable^ j'ai immédiatement après examiné 
comment nos paysans prononcent les mois qui appartiennent 
à la fois au français et au patois. De cette étude comparative, 
devaient nécessairement sortir les règles orthographiques 
pour la transcription des mots tout à fait propres au patois. 

CHAPITRE PREMIER 

Dbs Sons ET Articulations propres au Patois 

I. — Des sons étrangers au ft'ançals. 

Notre patois possède tous les sons de la langue française ; 
mais, de plus, il en a six qui sont étrangers à celle dernière, 
savoir : deux diphtongues et qualre nasales. 



— 8 — 



Diphtongues 

La première de nos deux diphtongues étrangères au français 
est auy qui se prononce comme en allemand, en espagnol, etc., 
aoû, d'une seule émission de voix. Nous indiquons cette pro- 
nonciation par aw. 

Il est certainement regrettable que le français ait perdu celte 
prononciation, laquelle seule peut justifier l'orthographe au, 
absurde dès qu'on prononce o. D'ailleurs, certains mots ont 
perdu au change ; tel est le mot miauler, dont l'onomatopée 
est bien plus parfaite avec la prononciation miawler. 

Chose remarquable : il y a quelques mots que le français 
écrit par o et que le patois prononce comme s'ils étaient écrits 
par au. Ainsi> au lieu de a enjôler^ enjôleur, tôle », le patois dit 
enjawler, enjawleux, tawle. 

La deuxième diphtongue à noter est oi mouillé. Cette diph- 
tongue se rapproche beaucoup du son oi dans les mots fran- 
çais moyen, citoyen, sans toutefois lui être identique. C'est la 
manière de prononcer qui consiste à intercaler un t, presque 
imperceptible, entre le son oi prononcé oué, et la consonne sui- 
vante, le tout d'une seule émission de voix. «.Ardoise, 
ar-douét-ze ; toiser, touè-ï-zé \ poivrier, poué-t-vri-yé ». 

Dans la prononciation figurée ce son sera désormais repré- 
senté par oiy\ Exemple : • Si ma Françoise vô dégoise tout ce 
qu'elle a sous sa coiffe, je ne vô dis que cha. ») {Fran-çoiy'-ze), 
{dé-goiy'-ze), (coiy'-fe). 

Nasales. 

La nasale an se prononce de deux manières différentes: 

l"" an, comme en français ; i" an-on, d'une seule émission de 
voix^ le son on étant presque insensible. « Se pâmer, se paon^ 
mer; dame-jeanne, dam ja-on-ne, » Ex. : Damner, pron. 
Da-on-ner; plante, pron. pla-on-te; nous la figurerons désor- 
mais par [phrase inachevée]. 

Cette prononciation explique l'orthographe en apparence si 
bizarre des mots français faon, Laon, paon. 

Elle a généralement lieu lorsque an porte l'accent tonique et 



-9- 

est long en français. Ainsi on prononcera une amaonde pour 
(c amande, » et « amende » se prononcera comme en français. 

c Ça me damne d'entend' menti comme cha. » 

Cette nasale se trouve également dans le patois guernésien. 

Elle doit d'ailleurs avoir été en usage dans l'ancien français, 
car il n'est pas rare de voir la nasale an représentée par aun, 
par exemple : Le fraunceys de sa nayssaunce (1), et la règle 97'' du 
manuscrit 188 de la Madeleine à Oxford enseigne que quant, 
grant, demandant, sachant, et autres semblables s*écrivent par n 
sans t«; mais il faut faire sentir u dans la prononciation (2). 

In se prononce de quatre manières différentes dont trois 
sont propres au patois. La première, qui est celle du fran- 
çais : vin, train, ne s'emploie qu'k la fin des mots termi- 
nés par ain ou ein, tels que entrain, plein. Encore y a-t-il 
quelques exceptions : « couvain. )> C'est Vé ouvert rendu nasal. 

La seconde, au contraire, est 1'^ fermé nasalisé, et s'emploie 
à la terminaison des mots en in précédés d'une consonne, telle 
que fin, lin, chemin. On ne peut se rendre compte de cette pronon- 
ciation tant qu'on ne Ta pas entendue de la bouche d'un 
naturel du pays. 

La troisième est l'î devenu nasal. Ce son, qui se rapproche 
un peu du ing anglais dans sterling, king, etc., est cependant 
encore loin de lui être identique. Pour s'en faire une idée 
exacte, il faut entendre un de nos paysans prononcer vingts 
chinq brins fins. Cette prononciation est généralement celle de 
la syllabe pin, suivie d'une consonne. 

La quatrième, enfin, n'a lieu que dans le corps des mots. Elle 
consiste à intercaler légèrement un i entre le son in français et 
la consonne suivante. Cet î doit être à peine sensible à Toreille 
et le tout prononcé d'une seule émission de voix : « j'aimerais » 
pron. j'in-ï-merais; « crainte » pron. crin-t-te; « traîner» pron. 
trin-ï-ner; a crème )) pvon. cré^-me; «peine» pron. pin-ï-ne. 
Ces nasales appartiennent également au patois guernésien. 

Ex. : Sa haine m'donne d'ia crainte et m' fait d'ia peine. 

(1) Au titre de la grammaire de Walter Bibleswortb. 

(2) • Item iste sillabe seu dicciones quant, grant, demandant, sachant elhujus- 
modi debent scribi cum simplici n sine u ; sed pronunciatione u débet proferri. » 



- 10 — 

Pour distinguer ces quatre prononciations, j'appellerais la 
première grave, la seconde aiguë, la troisième suraiguë et la 
quatrième complexe ou mouillée. 

Oin et ouin. — Dans les diphtongues oin et ouin, la finale in 
peut prendre toutes les nuances indiquées ci-dessus. Ainsi 
loin, prononcez louin ; grouin, pron. grou-in^ ; pointe, pron. 
pouin^'te. 

n. — Altérations principales des mots communs 
au français et au patois. 

Règle. — Lorsqu'une altération a lieu dans un mot simple, 
elle est en général la même dans ses composés ou dérivés. 
Ainsi : « glace » se prononçant glache, on devra dire glacher, dé- 
glacher ; « tourner » se disant tômer, on devra prononcer efe- 
tdrner, tomeux. 

m. — Changement de voyelles (voyelles nasales). 

Première règle. — Lorsque la dernière syllabe d'un mot com- 
mence par m, n ou gn (ce dernier prononcé doux comme dans 
agneau), la voyelle précédente devient nasale. Le mot âme et 
les finales en ome ou aune font exception à cette règle. 

Il suit de là que les finales « ame, ane, agne » se prononcent 
an-me.anne, anjiw;de même « ême, ime; ène, ine; egne, igné» 
se prononcent in-me, in-ne, ingne2L\ec in grave, si la voyelle fran- 
çaise est longue, et in aigu si elle est brève. « Ogne » sonne 
comme on^»^ et « une, ume, ugne », commeun-me^un'ne.un-gne. 
Pour ridiculiser cette dernière prononciation, on a composé la 
phrase suivante : « J'ai mangé unne prun-ne brun-ne au cler de 
la lun-ne, assis su un-ne enclun-me^ cheux monsieur d'ia 
Fortun-ne, mé d'ia commun-ne eud' S^'-Opportun-ne. » 

Ces nasales appartiennent à l'ancien français, comme le 
prouvent les textes suivants : 

Je congnois que y veulent tendre 
Et notre ville assiger ; 
Si nous convient bien entendre 
Et songneusemenl grouper. 

Mystère du Siège d^Orléans, \. 5042-5. 



— 11 — 

c Jamais homme ne gangne de plaider à son seigneur. » 

Henri Estienne, De la précelience du langage français, p. 2S6. 

Il faut ici très bien pourvoir 
Avant que plus elle s*eslongne 
Hé ! Babille, hé ! ma mignonne. 

J. Perrin, Les Escaliers, acte ii, scène 2 (1). 

Cette prononciation s'étend à toute la conjugaison des verbes 
dont la première personne de l'indicatif a une des terminai- 
sons ci-dessus, excepté toutefois les verbes en tm^ret iner, 
dans lesquels elle n'a lieu que lorsque m ou n de la terminaison 
est suivie d'un e muet; et alors la nasale est le in grave. 

A cette règle se rattache l'expression mainnuit pour « mi- 
nuit ». Quelquefois la voyelle devient nasale sans être suivie 
de m ou n. 

Ex. : nuns-pieds, tiun-téte, pour nu-pieds, nu-tête ; emprés, 
après ; grunger, gruger ; enfammé, affamé ; rempetacher, rape- 
tasser ; rempiécher, rapiécer ; bingler, bigler ; pingeon, pigeon ; 
reninfler, renifler ; queminsej chemise (voyez i). 

Dans plusieurs mots, au contraire, la nasale du français dis- 
parait dans le patois. Ex. : cotent pour < content » ; arrager pour 
(( enrager » ; tamieuxpour « tant mieux » ; cobien pour « combien »; 
corné pour « commère » ; copé pour « compère » ; fotaine pour 
(( fontaine » ; lotemps pour « longtemps » ; effant pour « enfant » ; 
chiquante pour « cinquante » ; ocore pour c encore. » 

In 

Quand la nasale in est suivie d'une consonne {déchirure 

dans le manuscrit ; lire sans doute : [dans la même syllabe] ), c'est 
toujours le in suraigu ; il en est de même, si la syllabe suivante 
commence par cA, g, q, s ou t; sauf dans quelques mots rares 
et savants. 

On. 

Comme le français, le patois admet deux sons distincts pour 
la nasale on : le son ouvert de bonbon et le son fermé de pont, 



(i) Auxvii* siècle, on écrîYait encore \2 Bourgongne, la Gtucongne, et les noms 
d*homme Besongne, Foulongne ont perpétué cet archaïsme. (T.) 



— 12 — 

gond, etc. ; mais tandis que, en français, la finale oim correspond 
toujours à on fermé, dans le patois cela n'a lieu que pour le 
pluriel des substantifs ; mais dans les formes verbales, on est 
bref et ouvert ; ainsi, dans allons, veyons^ on se prononce 
comme dans jamton. 

17. — Voyelles simples. 
A. 

A final est bref, excepté dans angola pour « angora » et bita. 
Cette lettre à la fin des mots terminés par as est toujours 
longue ; il en est généralement de même quand a se trouve à 
la pénultième d'un mot. 

Il n'est pas rare que le patois substitue eka devant r comme 
le montrent les exemples suivants : 



chereuUier 


oher-cui-ti6 


charcutier 


guergotte 


guier-go-te gargotte 


charge 


cher-ge 


charge 


jergon 


jer-gon 


jargon 


ckerger 


oher-gé 


charger 


jerretière{l) jer-tier 


jarretière 


cher me 


cher-me 


charme 


lermier 


ler-mié 


larmier 


ehermer 


cher-mé 


charmer 


lierd 


lier 


liard 


eherpie 


cher-pie 


charpie 


lierder 


lier-dé 


liarder 


clarinette 


olé-ri-nè-te clarinette 


luqiterTie 


lu-kier-ne 


lucarne 


épergne 


é-per-gne 


épargne 


merque 


mer-ke 


marque 


épergner 


é-per-gné 


épargner 


merquer 


mer-kié 


marquer 


éragnié 


é-ra-gné 


araignée 


nergue 


ner-gue 


nargue 


ercal 


er-ka 


archal 


nerguer 


ner-ghier 


narguer 


erC'bontani 


' er-bou-tan 


arc-boutant 


perohemin 


per-chemînî parchemin 


erohevêque 


er-che-TèH|ae 


archevêque • 


querbon 


kier-bon 


charbon 


ergent 


er-jan 


argent 


quercan 


kier-can 


carcan 


ergille 


er-gie 


argile 


quercasse 


kier-ca>ce 


carcasse 


ergilleux 


er-gi-yeu* 


argileux 


quèrette 


kié-è-le 


charrette 


erlequin 


er-lé-kyin 


arlequin 


qverpente 


kier-pan-te 


charpente 


ermeye 


er-mèye 


armée 


querpenter 


kier-pan-té 


charpenter 


erpenter 


er-pan-té 


arpenter 


querpentier 


kier-pai-lier 


charpentier 


errière 


er-rié 


arrière 


quérue 


kié-ue 


charrue 


ertenic 


er-œ-ni 


arsenic 


sercelle 


cer-cè-le 


sarcelle 


ertioAaut 


er-ti-chô 


artichaut 


terder 


ter-der 


tarder 


erticle 


er-ti-cle 


article 


verlope 


ver-lo-pe 


varlope 


ertifice 


er-ti-fi-oe 


artifice 


verloper 


ver-lo-pé 


varloper 


ertigte 


er-tis-te 


artiste 









Cette règles'appliqueégalementauxnomspropres. Ex. :£r^Attr 
pour Arthur, Bertedemi pour Barthélémy, Chéries pour Charles, 
Herflu pour Harfleur. Cette substitution de Ve à l'a est d'ailleurs 



(1) On dit aussi : guertière^ guer-tié, jarretière. 



— 13 — 

conforme au génie de latin et des langues romanes, comme 
le montrent les exemples suivants : imberbm dérive de barbam, 
inermis de arma, impertire de partim. 

On en trouve aussi de nombreuses traces dans nos anciens 
auteurs : 

Je n'en croy rien : je tiendrai ferme 
Ne j'à n'aurai à Toeil la lerme. 

Margaerite de Valois. « La VietUe, 

Ils nous prescheroient en beaulx termes 
Et pleureroient maintes lermes 
Devant que nous prinssions Ftiabit. 

(Messiears de Malapaye et Bailemeot^ Louû XL 

De la fille je say qu'elle aime ; 
Mais elle sait bien que la treme 
N'est pas pour ourdir cette toile. 

BeUeau, La Reconnue, acte it, scène m. 

Les mots suivants ont également è ouvert à la place de a, 
bien que la consonne suivante ne soit pas r : belsamine pour 
(( balsamine » ; quenaille pour « canaille »; marichel (ma-i-cbê) 
pour (( maréchal ». 

Les exceptions appartiennent généralement aux mots d'ori- 
gine germanique. 

E. 

Le patois a les trois sortes d'^ de la langue française, mais il 
n'est pas rare qu'il substitue l'un à l'autre. Ainsi é fermé final 
se change en ê ouvert. Ex. : été, planté ; cette règle n'a pas 
d'exception dans la bouche des vieillards. Il en est de même 
de Ve suivi de z dans les deuxièmes personnes du pluriel des 
temps principaux des verbes; mais les temps secondaires et 
les autres mots terminés en ez font exception : « assez (acée), 
nez (née) ». Les finales ed et ef qui, en français, pour l'oreille 
équivalent à Vé fermé, se prononcent^ ouvert en patois : « bled, 
pied, clef = blè, piè, clè ». 

La finale française ée se prononce éye exactement comme la 
fin de veille prononcé à la parisienne ou à la rouennaise. Ainsi 
un paysan devant lequel on dirait : < Il Ta à l'oseille » croirait 
entendre : « 11 l'a alosée (louée) ». 



— 14 — 

Cette règle a toutefois quelques exceptions ; ainsi Ton dit : 
L'anné passêye pour « Tannée passée » ; mais il est facile de voir 
qu'ici le premier mot est à l'état construit, particularité sur la- 
quelle nous reviendrons plus loin. 

Au lieu de ée ou eie, le patois emploie la tinale te : {• immé- 
diatement après g ou gn doux : gorgie, gorgée ; pougnie, poi- 
gnée; 2"" dans les mots aiguillie, aiguillée; brachie, brassée; 
série (prononcez sé-ie) soirée; et en outre dans fourquie, four- 
cbée ; pouquie, galagnie, saquie, qui n*ont pas de correspondant 
français. Lalanguelittéraire parait avoir subiTinfluencede cette 
manièredeparler.carlemotftotf^teest écrit totf^^edansPalsgrave. 

Dans le corps des mots suivants, Ti prend également la place 
de Vé fermé. Ex.igiant, géant; maricAa/, maréchal... (àDuclair: 
inorme, pour énorme). LV ouvert de la pénultième des 
formes verbales se change en e muet lorsque la voyelle pénul- 
tième de rinfinitif est elle-même un e muet. Ex. : enlevé pour 
« enlève ». 

E ouvert long dans bête, fête, tête, fève et leurs dérivés prend 
le son mouillé qu'il a dans le français abeille. Nous figurerons 
ce son par êy'; ainsi : aider, êy'-dé; têtu, tey'-tu, Ex.: «C'est cha 
qu'était une belle feyle, l'enterrement de ma femme. » Toute- 
fois « tempête » se prononce tan-pé-te et rime exactement avec 
((trompette». 

Observation. — En français, lorsque un e, suivi immédiate- 
ment dans la même syllabe d'une consonne autre que mou n, 
n'est accompagné d'aucun signe orthographique, il a le son 
ouvert, long ou bref. Mais dans le patois, il peut de plus avoir 
le son qu'a 1'^ muet dans;V, me, te, se, le. Toutefois, cela n'a 
lieu que dans le cas d'une mélathèse, c'est-à-dire lorsque la 
consonne qui suit 1'^ muet dans le patois est avant en français, 
comme dans((^/ bonhomme» pour le bonhomme. Cette particu- 
larité appartient également au patois guernésien ; dans la pro- 
nonciation figurée, r^ muet prononcé est indiqué par un c*»; et 
Ve muet tout-à-fait nul, que désormais nous appellerons pour 
abrégera féminin (i), écrit comme en français lorsqu'il n'est 
pas simplement indiqué par une apostrophe. 



(1) Cette appellation, empruntée à Th. de I3ëze, a sa justification dans Texpression 
rime féminine, laquelle peut appartenir à un mot au masculin. 



— 18 — 

Vé ouvert devient eu ouvert dans lieuvre, meuche, treuffe, 
veuche, pour « lièvre, mèche, trèfle, vesce». Il en est de même 
dans lequeul, laqueule, à cetUe fin, pour «lequel, laquelle, à celle 
fin», et dans je m'assieus, tu t'assieus, il s'assieut, etc., pour je 
m'assieds, etc. iit7^uc = avec (prononcé aveu devant une con- 
sonne). L'examen des patois voisins me porte à croire que celte 
règle a été autrefois plus générale que de nos jours. 

Emuet. 

Lorsque la première voyelle d'un mot est un e muet, il est 
absolument nul en patois. Ainsi : « demeurer, mesurer, neveu, 
pelotte, tenon, venir, etc.», se prononcent d'»wt«, w'^u-rf, n'ri^, 
plote, fnon, v'nir. Cette règle ne doit pas être propre à notre 
contrée : car dans le Berry et le Nivernais, le cheMieu du dé- 
partement de la Nièvre se prononce N'vers et non Nevers. 

Semer et ses dérivés font exception à cette règle ; toutefois, 
on dit indifféremment se-man-che et s'manche pour « semence ». 

Lorsque les pronoms (( me le », « te le », « se le», se trouvent ainsi 
réunis, ils se prononcent comme s'ils étaient écrits meu/e, teule, 
seuie. Ex. : « me le donnez-vous », prononcez meuir-do-né-vous. 



Nous avons déjë vu que Vi peut devenir nasal devant m ou n 
Mais il se change encore en in suraigu dans a bigler, pigeon, 
renifler, pris » et les composés « surpris, etc. » Dans ce dernier 
cas, il n'y a pas à proprement parler d'altération de voyelle, mais 
conservation des anciennes formes françaises : prins, surprins, 
comprins, etc. 

0. 

est long devant / final et quiescent.il en est de même dans 
les féminins molle et folle. 

se change en eu dans la syllabe tor, toutes les fois qu'elle 
exprime l'idée de flexion ou de torsion, par ex. dans tordre et 
tortiller (comparer avec les mots du patois teurs, teurquer). 

Dans un certain nombre de mots, le patois substitue guem à 
corn; on a ainsi quemencher, quémander, raqttemoder, pour «com- 
mencer, commander, raccommoder ». 



-16- 

se change en au dans « orme, roter, rosée, avorter,. ar- 
roser » et leurs dérivés, et donne les formes ourme, rotUer, rou- 
sée,arrotuer, etc., qui, jusqu'au xvi* siècle, étaient en usage 
bien au-delà de notre province. (Voir ces différents mots au glos- 
saire) (1). On disait même alors rou«^ pour (f rose». Ex. : «Comme 
sont ces rouses de may (Farce). » Au xvi« siècle, cette pronon- 
ciation avait surtout cours à Lyon et dans le Berry, comme 
nous l'apprend Théodore de Bèze (de Franciscœ linguœ recta pro- 
nuntiatione). Là, en effet, on disait couramment le dous pour 
« le dos », nouslre, voustre, pour « le nostre, le vostre ». 

Ou prend la place de on dans mounier, mounéye, ramouner et 
ramouneux, pour « monnier (meunier), monnaye, ramoner, ra- 
moneur. » 

Toutefois la prononciation on est également aujourd'hui en 
usage, et même c'est la plus employée dans la vallée. 

D. 

U se change en eu dans une vingtaine de finales en ure, 
telles qu' « allure, brûlure, cassure,» etc. On en trouvera la liste 
complète au tableau des finales.l7se changeenou dans «buis», 
ou, pour mieux dire, ce mot a conservé son ancienne forme : 
bouis. 

Il est nul dans « fruit » et ses composés. 

(1) Ourme 

Maintenant chascun noas appelle. 
Partout : avoccat dessoubz Yourme, 
Encor' ne lis-je pas pour me 
vanter. . . 

MaUtre Pierre Patkelin, r. 19. 

Router 
J'ay fait rire et riffleure riffler, 
railler, rotUer^ ronger, ronfler. 

La eondamnatUm de Banquet. 
Arrouser 
Mais vin vermeil et vin cleret 
pour arrouser la conscience. 

Ibidem, 

€ Les campagnes qu'elle arrouse y sont si vastes, qu'elles semblent seulement être 
destinées pour être des champs de bataille. • 

Comédie des comédieê, tcte m, scène i**. 



- 17- 

V. — Diphtongues et voyelles composées (1). 
Ai. 

Ai à la fin d'un verbe correspond à ê ouvert bref ; mais à la 
fin d'un autre mot, il correspond à é ouvert long. La seule ex- 
ception est bai. 

Dans «aide, aider, faîtière, falaise, fraise, fraisier, niaise, 
niaiserie, paie et punaise n, ai a le son mouillé éy\ que nous 
avons déjà signalé pour é. Ex. : « Tu vas m'aider à cueillir des 
fraises sur la falaise » (eyder, freyses, faleyse). 

Ai dans les finales en «air» ou caire » se prononce comme d 
fermé. Quatre mois seulement font exception à cette règle : 
« chaire, glaire, plaire, déplaire ». 

Au lieu de la finale ail dans les mots « mail, Irail, tramail » le 
patois emploie as, et dit : mâs, trâs, tramas; mais « travail » se 
dit trava avec a bref. 

Ai suivi de m, n, gn doux devient nasal suivant la règle ci- 
dessus. 

Au. 

Au, dans le corps des mots de plusieurs syllabes, se pro- 
nonce généralement aw; cette règle a toutefois de nombreuses 
exceptions, telles que: «aucun, audience, augmenter, auprès, 
aussi, aussitôt, autour, auvent, baume, cautère, chaume, 
chaussette, faucille, fausset, gaufre, jauge, laurier, mauvais, 
naufrage, nautique, paume, paupière, pause, pauvre, restau- 
rer, saumon, saumure, sauret, taureau, vaurien » et leurs 
dérivés, auxquels il faut ajouter les mots peu usités. 

A la fin des mots, celte diphtongue se prononce comme en 
français; mais lorsqu'elle est immédiatement précédée de e, 
il y a un assez grand nombre d'exceptions. 

Eau. 

Eau, dans le corps des mots, se prononce iaw. ~ Ex. : biawté, 
nouviawté, Biawrepé (Beaurepaire). 11 n'y a d'exceptions que 



(1) J*appelle • Toyelles composées » la représentation d*un son simple par la com- 
binaison de deux ou trois lettres. 



— 18 — 

pour les noms propres d'hommes ou de localités étrangères à 
notre région. 

Eau, à la fin des mots «bedeau, casseau (étui), escabeau, tas- 
seau, tuileau »,se change en or (prononcé o bref, le t nul). Mais» 
en général, eau, lorsqu'il termine un mot, se prononce comme 
en français, sauf «rideau» qui se prononce, au singulier comme 
au pluriel, à long: ri'dô\ et une quarantaine d'autres mots 
pour lesquels on préfère généralement les formes anciennes 
en al, el, iau (prononcés a, é, iato). Nous en donnons ici la liste 
avec les observations qu'elle comporte. 



Liste des mots pour lesquels le patois préfère la forme el à la forme eau. 



agnel 


agneau 


eoutel 


couteau 


oisel 


oiseau 


halivel 


baliveau 


dizel 


dizeau 


ratel 


râteau 


hannel 


banneau 


étOTRel 


étourneau 


renouvel 


renouveau 


batardel 


batardeau 


fUel 


fuseau 


rissel 


ruisseau 


hoêsel 


boisseau 


hautd 


hameau 


rotel 


roseau 


cantel 


chanteau 


jumel 


jumeau 


iolirel 


soliveau 


eapel 


chapeau 


ffiantel 


manteau 


ionnel 


tonneau 


chUel 


ciseau 


martel 


uiarteau 


trainel 


traîneau 


coipel 


copeau 


marrel 


morveau 


troupel 


troupeau 


eouptU 


coupeau 


musel 


museau 






Ohsercati 


on*, — On empl 


oie chatel et cfuitiau; mats c 


hateau se dit aussi souvent. 



Liste des mots où la forme en tau est préférée. 

hatiau bateau 1 ourmiau ormeau 1 troufHau trousseau 

gatiau gâteau | poriau poireau | 

Remarque. — Batel n'est pas tout à fait inusité. 



Liste des mots qui donnent un sens différent k ciiaque forme. 



1» oarrel, village ; 

drapel, drapeau, chiffon; 
fovrnel, four industriel ; 
niaqtierel, maquereau, proxénète; 
vaiêsel, vaisseau, vase; 



29 carreau, pavé, vitre. 
drapeau, insigne militaire. 
fourneaUf de cuisine. 
maqueriau, maquereau poisson. 
vaUseaUu navire. 



Liste des mots qui préfèrent la forme i&l, prononcée ia, à eau. 

bial lia beau | sial iia seau 

ial ia eau I vial via veau 

pial pia peau | 



Ces derniers mots ont une seconde forme en iau qui chez nous s'emploie 
rarement en dehors de l'état construit : 



biau 


hiaw 


beau 


Bîau 


siam 


seau 


iau 


iaw 


eau 


viau 


viaw 


veau 


piau 


piaw 


peau 









— »- 



Aux — eaux. 

Au singulier, aux à la fin d'un mot conserve sa forme fran- 
çaise; cependant, « faux » outil (en latin faix) se prononce fds. 

Aux, marque du pluriel, se ditafo (prononcez â) (1) si le sin- 
gulier en patois est terminé en al; et ials (prononcez iâ) si le 
patois a le singulier en el, eau ou iau. La forme française se 
conserve lorsque le singulier est au sans e : » étau )>. 

Ei. 

Dans le corps des mots, ei, a la fin d'une syllabe, se change 
en in quand la syllabe suivante commence par m, n ou gn doux. 
Teigne et teigneux font exception et se prononcent tangne, tan- 
gneu^ ; ei équivaut à eu^ dans « vieil » et ses dérivés. Dans 
« seigneur w et « seigneurie », Vi ne sert qu'à indiquer le son 
mouillé de gn, et l'on prononce sé-gtieu, sé-gneu-ie; ei dans 
« neige » et ses dérivés a le son mouillé que nous avons déjà 
noté à é pour « bête » et à ai pour « fraise », etc. 

Eu. 

Dans notre patois, comme en français, le symbole eu corres- 
pond à deux sons différents : l'un, celui des mots « œuf, neuf, 
seul », qui s'énonce la bouche plus ouverte et que, pour cette 
raison, nous appellerons eu ouvert et que nous désignerons 
dans la prononciation figurée par eu; l'autre, celui que Ton 
entend dans ces mots : « deux, ceux, creux, nœuds », se pro- 
nonce la bouche presque fermée; c'est pourquoi nous l'appel- 
lerons eu fermé; nous le représenterons par ^'. Dans les mots 
« beurre, feurre, leurre » et leurs dérivés, eu est long et a le 
son fermé : beu^-re, feu^-re, etc. 

Dans la dernière syllabe d'un mot, eu, immédiatement suivi 



(1) Il y a dans PaUgrave un passage qui me porte à croire que cette prononcia- 
tion avait cours dans le français du xvt** siècle. Voici ce passage : 

^M In the french tonge shalbe sounded lyke as we soande hym in thèse wordea In oar tonge 
c • dawe, s m«we and bawe > . 

Ezccpt Thcre a frenctae wordc begyuneth with this diphtong au as In theac wordes avlaln, 
atUre, av, atuU «»x and auetevr and ail auche lyke, In whiche they sounde the a almost lyke 
an o and as for in avner a and v be distinct syllables as shall appère by hU writtlng In the 
frenche yocabnlar (page 14), 



— w- 

d'une des liquides / ou r, que celle-ci se prononce ou non, 
a le son ouvert. A la pénultième, quand la consonne de la 
dernière syllabe se prononce, eu est toujours long et a généra- 
lement le son fermé; les deux exceptions à ce dernier point 
sont : l"" le féminin des adjectifs de comparaison, lesquels con- 
servent Tarticulation du masculin; 2^ les verbes en eurer autres 
que effleurer et pleurer. 

Dans la dernière syllabe d'un mot, eu, immédiatement suivi 
d'un e muet, se change en u long. Ex. : quue Mue pour « queue 
bleue )); « lieue » et «banlieue » font exception, peut-être à 
cause de Yi qui précède. Eu final se change également en tt, 
mais cet u est bref. 11 en est de même pour « nœud », que du 
reste on trouve écrit nw. Les exceptions sont : « aveu, caïeu, 
cheveu, hébreu, moyeu, verveu », qui gardent le son eu fermé, 
et « essieu » qui est remplacé par l'ancienne forme esseuil. 

Eu équivaut encore à u long dans malheur {ma-lûe), peur (pue) 
et à u bref dans malheureux, neud (nu); ici encore, nos paysans 
n'ont pas corrompu la langue, mais n'ont fait que conserver 
l'ancienne prononciation française. (Voir au glossaire les mots : 
queue, feu, malheur, peur.) 

Eu devant n se change en la nasale un, dans a déjeuner » 
(dé-jun-né). 

Oi. 

Notre patois traduit cette orthographe par sept prononcia- 
tions différentes, dont quatre diphtongues. 

La première manière de prononcer oi est eu ouvert. Elle a 
lieu toutes les fois que oi se trouve dans la terminaison d'un 
mode personnel des verbes en evoir autres que « devoir » et 
(c redevoir ». Il suffît d'entendre nos paysans prononcer les infi- 
nitifs en evoir (eu-vé), pour reconnaître que la voyelle eu n'est 
autre que 1'^ muet de l'infinitif, qui passe ainsi à tous les temps 
et à tous les modes; mais, à l'exemple des anciens auteurs, 
nous l'écrirons par eu, pour éviter qu'on le confonde avec Yé 
ouvert. 

Ex. : « ïapercheus Pierre, qui recheulune trempe (est rossé) ». 
Oi devient i fermé seulement devant r final, dans les mots 



— 21 — 

« bouchoir {boukié)y noir, soir », aux infinitifs en oir, sauf voir 
et ses composés; enfin, dans « foire, poire, boire )>. 

Ex. : (I Le temps est rudement noir (né); il pourrait bien 
pleuvoir (plouvé) à çu soir (se). )> 

Dans la troisième façon, oi prend le son de ê ouvert, long ou 
bref; ce qui a lieu : i"" dans les pronoms « moi, toi, soi » ; 
2* dans les verbes « devoir, voir », et leurs composés « prévoir, 
revoir »; 3» après r immédiatement précédé d'une autre con- 
sonne. Pour conserver l'analogie, nous l'écrirons dans ce cas 
par ai. Ex. : <( Mai, je le crais trop étrait à draite ». 

Exceptions : « croix et ses dérivés, croiser, etc., trois, Ambroise » 
et peut-être « beffroi, détroit, froisser, orfroi, proie, surcroît ». 

Dans le quatrième cas^ oi se prononce ouâ d'une seule émis- 
sion de voix : ou très bref et â long. Cette diphtongue a tou- 
jours lieu dans les finales des substantifs en ois et oix; elle a 
également lieu dans poids; mais jamais dans les finales en oits. 

Ex. : (( Vêla des noix (noua) qu'ont trop de bois (bouâ) » (1). 

Le cinquième mode de prononciation est oué, c'est-à dire ou 
très bref suivi de é fermé, le tout d'une seule émission de voix. 
Cette diphtongue a lieu dans les finales en oire, sauf les excep- 
tions comprises dans les règles précédentes et en outre dans 
« abreuvoir » et « encensoir ». 

Ex. : (( Il met toute sa gloiie (gloué) dans sa mémoire (mtf- 
moue) ». 

Le sixième mode ne diffère du précédent que par le change- 
ment de Vé fermé en é ouvert, long ou bref. Cette diphtongue 
s'emploie : l'* dans le corps des mots, sauf les exceptions com- 
prises dans la règle suivante; 2« dans les finales oi non com- 
prises dans les règles précédentes; S"" dans les finales en oie, 
excepté « broie, voie » et « soie (de porc) »; 4** dans les infinitifs 
en voir employés substantivement, tels que devoir, pouvoir; 

(1) fl lï 9, l or X folowe next zfier oy in a worde of one syllable, in al suche 
the I sbalbe sounded in manner lyke an a, as l'or boys, foys, soit^ croyst, noix, 
croyXf ihey sounde boa», foa»^ soat, croast, noax, croax and in like wyse, in 
wordes of roany syilabies il' oi be Ibe last vowels of the wordes having s orM'olowing 
them, ail suche shali sounde Iheyr t of oi lyke an a, as aincoys, francoys, disoyt^ 
lisoyt, jasoyt, shalbe sounded aincoa», francoas, disoat, Hsoat, jasoat and so of 
ail suche other. But o and a in ail suche wordes, shalbe sounded as though they 
also made a diptong and not distinctly by them seife. • [Pal^grave^ p. 13.) 

8 



- 22 - 

S"" dans les finales en oir de noms d'objets nouveaux ou rares à 
la campagne, tels que c déversoir, greffoir, reposoir, trottoir »>, 
etc. 

Ex. : « Votre boîte (bouèté) fait la joie (joué) de mon garchon. » 

En septième lieu, vient la prononciation mouillée dont nous 
avons déjà parlé. Elle a lieu quand oi est suivi de f, v ou de 
8 doux, c'est-à-dire prononcé z. — Ex. : « coiffer, poivre, 
moisir ». — La seule exception est la finale oive des verbes en 
evoir. 

Remarque. — Les précieux et les marchands forains substi- 
tuent presque toujours la troisième de ces manières de pro- 
noncer aux deux premières ; ainsi, ils disent : « moue, j'ai une 
canne de boues nouer ». 

D'ailleurs, la prononciation, chez nous comme ailleurs, même 
à Paris, tend sans cesse à se modifier. Ainsi, tout le monde, 
aujourd'hui, prononce a foie » de la même manière (foué); 
mais, il y a vingt ans, les vieillards disaient encore faie (fé). 



Ou. 

Cette voyelle donne lieu à peu d'observations. Nous noterons 
cependant le changement de ou en eu fermé dans « roue » 
(reu^e) et en (^ long dans « boue, croûte, écroûter, joue, joufflu, 
journée, tourner » et ses dérivés ou composés, lesquels font 
Me, crôte, écroter, jôe, jôrneye, tôrner, etc. 

L'amour des lettres et le temps, 
qui perdu jamais ne retourne, 
ont mis à mes sens une borne. 

Perrin, Let Escotierf, acte ii, scëne 3. 

Le grand diable emporte le borgne ! 
Tromperye toujours retourne 
à son maistre... 

Farce du bon payeur (régne de François !•'). 

Oui. 
Oui = i dans ébannir (épanouir), évanir (évanouir). 



- 23 — 



Vi. 



Après une des labiales b, f, p ou une des liquides / et r, le pa- 
tois substitue l't simple à cette diphtongue dans les mots : 



appie 


a-pie 


appuie(Terbe) 


pu 


pi 


puis {poit) 


hiMstm-unier 


buisson 


pUqve 


pis-ke 


puisque 


brit, ébriter bri 


bruit 


piênance 


pi-çan-ce 


puissance 


fir 


fie 


fuir (couler) 


pitsant 


pî-^n 


puissant 


fite 


fit 


fuite 


pit» 


Pî 


puits 


frit 


fri 


fruit 


relire 


r'iie 


reluire 


fritage 


fri-ta-ge 


fruit (nlleeliO 


rUsel 


ri-cô 


ruisseau 


fritier 


fri-tyé 


fruitier 


risiteler 


ris-lé 


ruisseler 


lire 


lie 


luire 


vsufrit 




usufruit 


paraplie 


pa-ra-plîe 


parapluie 


usufritier 




usufruitier 


plie 


plie 


pluie 









En revanche, il emploie ut au lieu de t simple dans luire 
(luie), au lieu de « lire, relire », et éluire (éluie), choisir, pour 
« élire » de eligere. 

Au lieu de a buis » et a truie », on emploie bonis et trouïe ; 
mais dans le premier mot oui est diphtongue, tandis que dans 
le dernier il forme deux syllabes distinctes : trou-ie. 

Vi = u dans « cuiller, cuillerée » et (( juillet ». « Ruine » n'est 
qu*apparenté, car la diphtongue est uin et non ui. 



CHAPITRE II 
Des Consonnes 



I. — Des gattarales et sifflantes. 

Sous ce titre, je crois devoir réunir les articulations repré- 
sentées dans noire alphabet par les lettres k, g, c, ch, g, j, s, x: 
car ces consonnes ont entre elles une analogie telle que sou- 
vent elles se substituent Tune à l'autre dans le passage d'un 
langage plus ancien à un autre plus moderne, et même souvent 
dans des dialectes contemporains. 

La plus forte de ces gutturales, exprimée en français par k, 
g, c, dans le patois de la banlieue du Havre, comme du reste en 
français, est en quelque sorte double, car elle se prononce de 
deux manières différentes; dans le premier cas, la langue se 



-2i - 

replie presque jusqu'au voile du palais, c'est pourquoi nous 
rappellerons, avecBrûke, k vélaire ou postérieur; dans le second 
cas, la langue vient frapper la partie antérieure du palais, 
presque les alvéoles dentaires; c'est pourquoi nous le désigne- 
rons par les expressions de k palatal ou antérieur. Dans notre 
patois, ce dernier est toujours accompagné d*un t presque im- 
perceptible; c'est pourquoi dans la prononciation flgurée nous 
le désignerons par ky, tandis que le k vélaire sera simplement 
écrit k. 

Le k vélaire s'emploie devant a, o, aw, oi ou è^, et le k palatal 
devant é, t, u, ei, eu, ui. 

On sait que dans les langues romanes, et en particulier dans 
le français, les fortes ont une tendance à s'adoucir; de là vient 
que notre patois, fidèle écho de la vieille langue, a conservé 
l'articulation correspondante à Âr là où le français moderne ne 
l'admet plus et la remplace par la chuintante ch ou la sifflante s. 

Voici la liste des mots où se remarque cette transformation : 







Subs/an/t/s 






hranque 


bran^-ke 


brancbe 


icache 


é-ca-che 


échasse 


brèqve 


brè-ke 


brèche 


écapèye 


é-ca-pêje 


échappée 


broqne 


bro-ke 


broche 


écorcJie 


é-cor-che 


écorce 


eaehe 


ca-che 


chasse 


émouquet 


é-mou-kyè 


émouchet 


ealeur 


oa-leu 


chaleur 


épignoque 


é-pi-gno-ke épinoche 


eamp 


can 


champ 


épluque 


é-plu-que 


épluchure 


eaiiohon 


canS-cbon 


chanson 


équelle 


é-kyè-le 


échelle 


eanvre 


can'^-vre 


chanvre 


équelon 


é-klon 


échelon 


eapel 


ca-pô 


chapeau 


ferluque 


fer-lu-ke 


freluche 


cardon 


car-don 


chardon 


fourque 


four-ke 


fourche 


earrêye 


cft-rêje 


charrée 


gaquère 


ga-kté 


jachère 


carrier 


câ-ryé 


charrier 


hoque 


o-ke 


hoche 


oat 


ca 


chat 


mouqve 


mou-ke 


mouche 


eatagnc 


ca-tan-gne 


châtaigne 


perque 


per- ke 


perche 


eat'hinuint 


ca-ouan 


chat-huant 


qvaine 


kyin^ne 


chaîne 


coton 


ca-toD 


ch&ton 


qnaire 


kyée 


chaire 


cauchi^ 


caw-ohe 


chausse 


qnemitiêye 


kmi-nèye 


cheminée 


cauoheuêe 


caw-cheu-ze cbautsure 


quemifiêe 


kmin3-ze 


chemise 


oauolum 


caw-chon 


chausson 


quêne 


kyin-ne 


chêne 


caudière 


caw-dyé 


chaudière 


que r bon 


kyer-bon 


charbon 


cauffeite 


caw-fè-te 


chaufferette 


quiache 


kya-che 


chiasse 


caurc'Sovris caw-ve-80U 


-icbauTe-Muris 


quien 


kyin 


chien 


ohibovlette 


chi-bou-lète ciboulète 


ruquc 


ru-ke 


ruche 


clwuqve 


chou-ke 


souche 


saquet 


sa-kyd 


sachet 


coquet 


co-kè 


oochet 


vaque 


va-ke 


Tache 


erexon 


cre-von 


chevron 









— 25 — 



eoê 
eaude 



cà 
caw-de 



chaud 
chaude 



Adjectifs 

êèque 



iè.ke 



Bêche 



Verbes 



attaqtier 


artorkyé 


attacher 


fayqver 


faw-kyé 


faucher 


eancheHer 


can'-ch*16 


chanceler 


fuurquer 


four-kyé 


fourcher 


oatouiller 


ca-tou-yé 


chatouiller 


jnquer 


ju-kyé 


jucher 


cavffer 


caw-fé 


chauffer 


léquer 


lé-kyé 


lécher 


dèbouqyer 


dé-bou-kié 


déboucher 


maquer 


ma-kyé 


mâcher 


détaquer 


dé-ta-kyé 


détacher 


pèquer 


pè-kyé 


pêcher 


éCUppCT 


é-ca-pé 


échapper 


quier 


kyé 


chier 


écauder 


é-caw-dé 


échauder 


r attaquer 


ra-ta-kyé 


rattacher 


ensaquer 


en-ea-kyé 


ensacher 


téquer 


fié-kyé 


■écher 


éplyquer 


6-plu-kyé 


éplucher 


taquer 


ta-kyé 


tftcher 



Dans un certain nombre de cas, les paysans, pour éviter l'am- 
phibologie, emploient ces mots avec la forme chuintante ou 
française dans un sens et la forte dans l'autre; cette seconde 
forme appartient ordinairement au sens le moins naturel ou 
le moins commun. En voici des exemples : 



iHfuquer 


bou-kyé 


bouchoir de four 


boucher (marehud de viande) 


eamhrette 


can2-brette 


laiterie 


ohambrette (petite diaobre) 


carrier 


câ-ryé 


charrier (linge) 


charrier (verbe) 


eald 


câ 


chaud 


chaux à mortier 


chiêel, chUias chi-zè, chi-zia 


ciseau de menuisier 


ciseaux de couturière 


cUique 


clo-ke 


cloche (anptiile de répiderme) cloche en métal 


/ourquette 


four-kyette 


fourche à foin 


fourchette de table 


glaehe 


gla-cbe 


glace (eau congelée) 


glace (miroir) 


pêque 


pô-ke 


pêche (capture do peisna) 


pêche (fruit) 


pouque 


pou-ke 


poche à grains 


poche d'habit 


q Mièvre 


kyè-vre 


chèvre (machine) 


chèvre (animal) 


veuche 


veu-che 


Tesce (plante légouBesie) 


vesse (flatuosité) 



Nous venons devoir que souvent le patois emploie la forte 
où le français a la chuintante cA; mais il est un bien plus grand 
nombre de cas où le patois emploie cette chuintante à la place 
de la sifflante du français ç ou ss. On se rendra parfaitement 
compte de ce changement par l'examen du tableau suivant : 



-«6- 







Substantifs 






adreehê 


a-drè-ohe 


adresse 


étincheUe 


ë-bas-ekè-le 


étincelle 


aranche 


a-van2-€he 


avance 


fâche 


fa^he 


fâche 


halanehe 


ba-Ian-che 


balance 


facfion 


fa-chon 


fiiçon 


héeaehe 


bé-ca-che 


bécasse 


fiehtUe 


fi-chè-le 


ficelle 


hècaehin^ 


bé-ea-ehia-M 


bécassine 


Jilaefie 


fi-larche 


filasse 


hoche 


bo-^he 


bosse 


foreJie 


for-che 


force 


hovticlis 


bou-ti-che 


boutisse 


garohan 


gar-chon 


garçon 


hra4:he 


bra-chd 


braspe 


çeniehe 


g'niche 


génisse 


cache 


ca-che 


chasse 


glaehe 


gla-che 


glace 


calimachan ei-li-Ba-fbio 


colimaçon 


glachon 


gla-chon 


glaçon 


canchon 


can^-choQ 


chanson 


grim4iche 


gri-ma-che 


grimace 


eapuehin 


ca-pu-chin 


capucin 


herche 


her-che 


herse 


eauehe 


caw-che 


chausse 


hérichon 


hé-hi-chon 


hérisson 


eavchevse 


caw-ch(>uze chaussure 


lachet. 


la-chè 


lacet 


eaiichon 


caw-chon 


chauFSon 


Hache 


lia-che 


liasse 


eliahot 


cha-bo 


sabot 


maaàaere 


ma-châ-cre 


massacre 


chavate 


cha-va-te 


savatte 


mâche 


ma-che 


masse 


eJieinture 


chein-tu 


ceinture 


machoH 


ma-chon 


masson 


chendre 


chan-dre 


cendre 


warêye 


ma-èye 


marée 


chenteinc 


diea-tiii^-M 


centaine 


médechin 


roèd-chin 


médecin 


ehentoreye 


chen-to-rêy centaurée 


Médechin/te 


■èd-eliJB-ie 


médecine 


cherft'uU 


cher-feu 


cerfeuil 


vielaehe 


mla-che 


mélasse 


eheriae 


chri-se 


cerise 


menaehe 


mna-che 


uienace 


ehertelas 


cher-ve*»-lâ 


cervelas 


mourhel 


mou-chô 


monceau 


cher tel le 


cher-vel-le 


cervelle 


nièche 


nyèche 


nièce 


ehihnt 


chi-bo 


(cibot) 


nettrhe 


neu-che 


noce 


ohihouler 


cbi-bou-ler 


sabouler 


nourriche 


nou-ri-che 


nourrice 


chimetU 


chi-meu 


ciment 


mm r rie hou 


nou-ri*chon 


nourrisso 1 


chirot 


chi-yo 


sirop 


onohe 


ôn-che 


once 


ehivière 


chi-V3'é 


civière 


pièche 


piè-che 


pièce 


chM 


chi-zê 


ciseau 


pincfie 


pin3-che 


pince 


chouqne 


chou-ke 


souche 


pinrhard 


piu-'-char 


pinson 


chvere 


chu-cre 


sucre 


plarfui 


pla-che 


place 


eraclie 


cra-che 


crasse 


potenche 


potan-che 


potence 


crayanclw 


cré-yau-che 


croyance 


pnche 


pu-che 


puce 


crevache 


cre«-va-che 


crevasse 


puchelagc 


pu-che-lâ-ge pucelage 


croche 


cro-che 


crosHe 


qulache 


kya-che 


chiasse 


eulache 


cu-la-cbe 


culasse 


rachlne 


ra-chin-ne 


racine 


écache 


é-ca-che 


échasse 


ranchon 


ran-chon 


rançon 


écluii 


é-chè 


essai 


rechu 


r'chu 


reçu 


échahn 


é-chin 


essaim 


ronche 


ronche 


ronce 


écorche 


6-cor-cbe 


écorce 


semenche 


se<»-man-che semence 


écreviohe 


é€reo-»i-ebe 


écre visse 


tfgncche 


ti-gnâ-che 


tignasse 


éperchus 


é-per-chue 


aperçu 


trèche 


trè-che 


tresse 


itanchon 


é-tan2-chon 


étançon 


vermichel 


ver-mi-chè 


vermicelle 



- 27 — 



Adjectifs 



ehent 


chan 


cent 


ehinq 


chîn3 


cinq 


ctmriache 


cou-ya-che 


coriace 


douche 


dou-che 


douce 


maehu 


ma-chu 


en forme de 



médeehinal méd-ohi-na médicinal 
molache mo-la-che moiasge 
rachinu ra-cbi-nu 



vivaohe 



vi-va-che 



bien fourni 
en racines 
yiyace 



Verbes 



adùuchir 


a-dou-ohie 


adoucir 


fioheler 


fi-chlé 


ficeler 


adréeher 


a-drê-ché 


adresser 


forchir 


for-chie 


enforcir 


agaeher 


a-ga-ché 


agasser 


glacher 


gla-ché 


glacer 


amauchsler 


amou-chlé 


amonceler 


grimacher 


gri-ma-ché 


grimacer 


apeticher 


a-pé-ti-cher apetisser 


haucher 


haw-chô 


hausser 


avatusher 


a-van^-cher 


avancer 


hercher 


her-chô 


herser 


hercher 


bèr-ché 


bercer 


lâcher 


la-ché 


lacer 


blécher 


blè-ché 


blesser 


menaoher 


m'naché 


menacer 


caueher 


caw-ché 


chausser 


mvoher 


mu-ché 


musser 


cheler 


chlé 


celer 


percher 


per-ché 


percer 


cherfouir 


cher-fouie 


serfouir 


pincher 


pin3-ché 


pincer 


chihouler 


chi-bou-lô 


sabouler 


piocher 


pla-cher 


placer 


clicher 


cii-ché 


clisser 


quemancher kman-ché 


commencer 


cre cacher 


cre<»-va-ché 


crevasse 


racourchir 


ra-cour-chi 


accourcir 


dechendre 


d'chan-dre 


descendre 


rapetacher 


n-pe»-ti-dié 


rapetasser 


devancher 


d'van'-ché 


devancer 


rapeticher 


rap-ti-ché 


rapetisser 


drecher 


dré-ché 


dresser 


rechever 


e®r-cheo-vé 


recevoir 


effacher 


é-farché 


effacer 


rempiécer 


ran-pié-ché rapiécer 


efforcher(ê*) é-for-ché 


efforcer (s*) 


renoncher 


r'non-ché 


renoncer 


ensemencher ea-ie<>-B(B-ebe 


ensemencer 


renforchir 


ran-for-chi 


renforcir 


éperchcver 


é-per-dieMé 


apercevoir 


rétréchir 


ré-tré-chî 


rétrécir 


étinehéler 


é-tins-chlé 


étinceler 


rincher 


rins^hé 


rincer 



A ces verbes, on doit joindre le présent du subjonctif du 
verbe faire. Ex. : « Qui que lu veux que j'y fâche. » 

Comme on le voit, cette prononciation chuintante s'étend à 
un assez grand nombre de mots; aussi n'y a-t-il rien d'élon- 
nant que le français ait subi Tinfluence de cette prononciation, 
comme le témoignent les mois « chicorée, chercher, déchirer» 
que Ton trouve écrits, dans les anciens auteurs, sous les for- 
mes cicarée, sercher, dessirer. 

L'adoucissement de la forte k a aussi amené l'usage du g dur, 
qui n'est en réalité que le k adouci; aussi partage- t-il la double 
nature du premier, ce qui nous donne un k vélaire et un g pala 
tal. Après ce dernier, comme après le g antérieur, le patois in- 



— 28 — 



troduit un t furtif, ce que dans la prononciation figurée nous 
indiquerons par ghy, le g vélaire y paraissant sous la forme gh; 
pour l'usage du g, le patois et le français sont généralement 
d'accord ; il est toutefois quelques cas où le français moderne 
y substitue le> qui n'est que la chuintante adoucie, tandis que 
le patois a conservé le g dur. 



gamhe 

gambette 

gamhiller 

gamhon 

gambu 

engamber 

ganne 

gannet 

gannisëe 



gans-bète 

gan^i-bi-yé 

gaD^-bon 

gan^-bu 

an-gam--bé 

gan'^-ne 

gan^-net 

gan*-ni-ce 



jambe 
petite jambe 

pied de chou 

enjamber 
jaune 

jaunisse 



gardin 

gardiner 

gardinier 

gaquère 

gavelle 

gavelot 

engaveler 

gatte 

guerretière 



gâr-din' 

gar-di-né 

gar-di-nier 

ga-kyé 

ga-vè-le 

ga-vlo 

an-ga-vlé 

ga-te 

guer-tié 



jardin 

jardiner 

jardinier 

jachère 

javelle 

javelle 

anjaveler 

jatte 

jarretière 



GMerr^hVre aujourd'hui cède insensiblement la place kjerre- 
tière ijer-tyé). Il est à remarquer que l'on ne dit jamais yamftaj^, 
mais « jambage »k La forme garret pour « jarret » n'est restée 
que dans le nom du faubourg de Hontivilliers Brisgaret,^Q\xv 
(( brise-jarret )), nom qui se justifie pleinement par la rampe de 
l'ancienne route de Fécamp. 

On observera que, sauf le dernier, les mots compris dans la 
liste précédente ont lej vélaire. 11 est un autre mot patois com- 
mençant par le g palatal dont le français a conservé le g, mais 
en lui donnant le son doux : c'est guerbe (ghyer-be), lequel 
donne les dérivés guerbière (ghyer-byé) et enguerber (an- 
ghyer-bé). 

Le g du patois ne correspond pas toujours au j français; il 
remplace encore la chuintante ch dans les expressions sui- 
vantes : 



gancir 


ganS-ci 


chancir 


guet Hier 


ghvi-yé 


cheville 


gncval 


ghva 


cheval 


gui'vvH 


ghveu"^ 


cheveu 


gueriUe 


ghvi-ye 


cheville 









Simultanément avec ces formes, on emploie les suivantes où 
le g est adouci : 



jeral 
■jt'valot 

jereu{l) 



]va 

jva-lo 

jveu 



cheval 

chevalet 

cheveu 



jeville 
jeciUcr 



]vi ye 
jvi.yé 



cheville 
cheviller 



(i) Nos paysans se rendent parfaileroent compte de cette prononciation : car, à cette 
injonction • ni je vcux^ » ils répondent ordinairement : c six cheveux^ c'est le com- 
mencement d'une perruque. • 



— 29 — 

Ces dernières formes sont d'ailleurs une nécessité phoné- 
tique, car il est impossible de prononcer d'une seule articula- 
lion chv; on est forcé de prononcer chf ou jv. De ces deux arti- 
culations, nos villageois ont choisi la plus harmonieuse. Quant 
à la préférence donnée à Tune de ces deux formes sur l'autre, 
ganciretjvalot sont seuls employés; jera/ est préféré de beau- 
coup à guevaL Les autres sont indifférents. 



II. — Consonnes liquides. 
R initial. 

Au commencement des mots, IV se prononce comme en 
français. Toutefois, la prononciation de la préfixe re mérite une 
mention particulière. Dans les mots « relevée » et c reloge », 
vieux mot pour « horloge » (voir au glossaire), il y a inversion 
de la voyelle et de la consonne et Ton prononce er-levàye, er-lo-ge. 
Quant aux autres mots commençant par re, Tinversion a encore 
assez souvent lieu; mais alors re se prononce tf°r. Ainsi, « recom- 
mencer, retourner, revenir, remédier» se diront e^Tcomman-ché, 
^Môr né, ^r-vù^ni, é^r-mé-dyé. D'autres fois, cependant, on se 
contente de supprimer la voyelle e, et Ton dit r^comman-clié, 
r*tôr-né, r*v^-ni, r'mé-dyé. L'emploi de ces deux manières de 
prononcer est déterminé par la dernière lettre du mot com- 
mençant par re. En général, l'inversion a lieu : i* quand la syl- 
labe re vient immédiatement après un repos. Ex. : « Ey-co- 
manche et tu verras. » 2* Après une consonne sonore, qu'elle 
soit ou non suivie d'un e muet. Mais si le mot précédent se 
termine par une voyelle sonore ou une consonne quiescente, 
on se contente de Télision. Ex. : « Par err-ve-ni à ce que je vos 
disais, san jeval r'vint ché, et t fra byin d'pas r'comencher un mar- 
ché comme s'ti-la^pasque, quetiqtie belle e^r-co^men-che comm cha, 
et pis il 8'rait rin-ché. » Si, au lieu d'être initiale. la combinaison 
re est jointe à une consonne précédente, l'inversion a toujours 
lieu. Ex. : «Breton, Brésil, bredouiller, creton, entretenir», 
prononcez : Be'^r-ton^ Be'^r-zi, be^r-dou-yé, kefT-ton, ante^r^e^-ni. 

R médial. 

Entre deux voyelles, r est généralement muet. Toutefois, 
cette règle est aujourd'hui loin d'être générale; mais elle devait 



— 30 — 

rêtre autrefois. Deux choses le prouvent : l' elle était beaucoup 
mieux observée autrefois qu'aujourd'hui; 2« plus on s'approche 
du centre du pays de Caux, et moins elle a d'exceptions. Par 
suite de cet état de transformation, il est assez difficile de dire 
quels sont les mots qui y échappent. La liste suivante^ néces- 
sairement incomplète, ne comprend que des termes sur les- 
quels tout le monde est d'accord. 



/ 



Verbes 



accaparer 


a ca-pa-é 


accaparer 


espérer 


es-pé-é 


eBpérer 


aceorer 


B-OO-é 


aceorer 


fleurir 


fleu-i 


fleurir 


adhérer 


a-dé-é 


adhérer 


figurer {se) 


fi-gu^ 


figurer 


afjlevrer 


a-fleu-é 


affleurer 


guérir 


gué-i 


guérir 


altérer 


al.t6-é 


altérer 


ignorer 


i-gno-é 


ignorer 


asturer 


a-çu-é 


aflBurer 


jurer 


ju-é 


jurer 


comparer 


com-pa-é 


comparer 


mesurer 


m'su-é 


mesurer 


courir 


cou-i 


courir 


mourir 


mou-! 


mourir 


eurer 


cu-é 


curer 


mûrir 


mu-f 


mûrir 


défigurer 


dé-figu-6 


défigurer 


paraître 


pa-étt 


paraître 


différer 


di-fé-é 


différer 


pleurer 


pleu-é 


pleurer 


digérer 


di-jé-é 


digérer 


préférer 


pré-fé-é 


préférer 


dorer 


do-é 


dorer 


préparer 


pré-pa-é 


préparer 


dvrrr 


du-é 


durer 


procurer 


pro-cu-é 


procurer 


éclairer 


é-clé-é 


éclairer 


rassurer 


ra-çu-é 


rassurer 


écvrer 


6-CU-6 


écurer 


récurer 


ré-cu-é 


récurer 


effleurer 


é-fleu-é 


effleurer 


réparer 


ré-pa-é 


réparer 


endurer 


eo-du-é 


eudurer 

Subsl 


séparer 
antifs 


ié'\ia-é 


séparer 


asêurance 


a-çu-ân-ce 


assurance 


morue 


mo-ue 


morue 


burette 


bu-è-te 


burette 


mure 


mue 


mûre 


curé 


cu-ê 


curé 


mv raille 


mu-â-ye 


muraille 


durêyc 


du-êye 


durée 


oreille 


o-êye 


oreille 


écurie 


é cu-ie 


écurie 


rérérenee 


ré-vé-an-ce 


révérence 


hereng 


hé-an 


hareng 


souris 


BOU-i 


souris 



Adjectifs 



affairé a-fé-e affairé 

amounux a-mou-eu^ amoureux 



clairet 
pur eu m 



clé-è 
pu-eu2 



clairet 
peureux 



Observation. — Dans le mot hérichon, pour a hérisson », la suppression de IV 
amène une i^ecunde aspiration : hé-hi-chçn. De même, dans hérêque (arête), on 
dit la hé'êqve et non Vé-êqve (1). 



(t) R se change en aspiration quand la consoune suivante est une gutturale. 



— 31 — 

Cette suppression de Vr médial a lieu même dans des cas où 
le français le double; car, au lieu de (( amarrer, démarrer, 
charrue, verrue », le patois dit : a-ma-é, dé-ma-é, kyé-ue (quérue). 

Quand r est immédiatement précédé d'un e muet, si cet e 
muet n'est lui-même précédé que d'une consonne phonétique- 
ment simple, autre que b ou p, Vr est quiescent et la consonne 
précédente se redouble dans la prononciation. Ex. : poVtie 
pour « poterie, » machon'nie pour a maçonnerie, » mancKchon 
pour (( mancheron. » La seule exception est puchon pour a pu- 
ceron. » Mais si Ve muet est précédé de deux consonnes, il se 
change en é fermé et Vr est encore muet. Ex. : mercéie pour 
« mercerie, » berquéie pour « berquerie — bergerie. » Quarton, 
pour « quarteron », fait exception. Cette double règle, comme 
on le verra plus loin, s'applique également au futur de la pre- 
mière conjugaison. Ex. : « Tant que tu chant'tas comme cha, 
tu ne forchéas point ta voix. » (1) 

Le mot, évidemment moderne, empereur, suit à moitié cette 
règle. Quant au mot « pèlerin, » il a deux prononciations : 
penin elpé'le-rin. La première, la seule conforme à la règle, est 
celle que les vieillards préfèrent : d'où je conclus à une intro- 
duction récente de la seconde; peut-être est-elle contemporaine 
de empereur (empereur), mot formé exactement par le même 
procédé, c'est-à-dire application de la seconde règle, moins 
l'aphérèse. 

Si la consonne qui précède 1'^ muet est une des labiales b ou 
p, 1'^ muet s'élide et Vr se joint à la consonne précédente comme 
en français. Ex. : « biberon », prononcez bibron. 

Lorsque r terminant une syllabe se trouve devant une con- 
sonne qui commence la syllabe suivante, il se prononce, 
excepté dans les mots « parler, merle, merlan, éperlan, » qui 
se disent pafer, mêle, mélan, éplan, et les mots compris dans la 
règle suivante. 



(1) Des déchirures ont emporté le commencement et la fin des premières lignes de 
ce paragraphe ; le texte en est reconstitué par conjecture. 

Notons qu*à la marge, Tauteur a écrit « ? diablerie, ? verrerie, » sans s'expliquer. 
Plus bas, à propos d*empéreur^ il a mis au crayon, entre lignes : « dangereux ». 



— 3i — 



Lorsque r est la première de trois consonnes consécutives, 
il ne se prononce pas. Exemples : 



arbre 


â-bre 


arbre 


perdre 


pê-dre 


perdre 


cercle 


cê-cle 


cercle 


perdrix 


pè^ri 


perdrix 


cercler 


cé-cîé 


cercler 


reteurdre 


r'teuMre 


retordre 


désordre 


dzo-dr« 


désordre 


sarclage 


aa-clâ-^e 


sarclage 


détevrdre 


dé-teu3-dre détordre 


sarcler 


Ba-clé 


sarcler 


martre 


mâ-tre 


martre 


êarcUnx 


8a&«leus 


sarcleur 


mettrdrir 


meu^-dri 


meurtrir 


sourdre 


Bou-dre 


sourdra 


mordre 


mô-dre 


mordre 


teurdre 


leus-dre 


tordre 


ordre 


o-dre 


ordre 









Les seules exceptions sont « marbre » et « meurtre, » qui se 
prononcent marbe, meurte; puis «couvercle, » qui se remplace 
par couvert. Cette règle est d'ailleurs conforme à la prononcia- 
tion française du xvi" siècle (i). Pour « ordre » et « désordre, » 
on commence k prononcer orde et désorde. 

Le mot mercredi doit être étudié à parL En effet, par un sin- 
gulier caprice, la règle précédente n'est observée à son égard 
que parles habitants de la ville. Ainsi, tout bon bourgeois du 
Havre prononce mécredi, tandis que les paysans disent merqwrdi 
(voir ce mot au glossaire); cette double prononciation consti- 
tuant ainsi un véritable s/iiftofe/A (3) entre le Havre et sa ban- 
lieue. Ce phénomène vocal s'explique d'ailleurs d'une manière 
très simple, le citadin ayant une préférence pour Ve fermé, 
tandis que le campagnard aime Ve ouvert, plus en rapport avec 
son énergie. 

Parmi les exceptions anciennes à la règle générale de sup- 
pression de l'r, on doit remarquer celles qu'amène le voisinage 
de l't. Ainsi, l'r précédé de t se change en y (3). Exemples : 



admirer ad-mi-yé admirer 
déchirer d*clji-yé déchirer 
Mirer mi-y6 mirer 



mireux mi-yeux miroir 
tireux ti-yeux tiroir 

empirer am-pi-yé empirer 



Quant au verbe tirer, il a deux formes, selon le sens qu'il 



(1) a Wban so ever m consonantis corne to gcther beiwene ii vowelles, of whiche 
Ibe fyrst belongeth to the vowel goynge before, and Ibe other ii lo llie vowell folo- 
wingf Ihe fyrst only shalbe left uiisounded. • {Palsgrave). 

(â) Mot qui servit aux babitanls de Galaad pour reconnaître ceux qui n'étaient pas 
de leur pays {Livre des Juges, xii, 6). 

(3) Aux environs de Valognes (Blanche), le changement de IV en j^ a lieu même 
sans le voisinage de Tt. • Couronne » se prononce couyonne. 



— 33 — 



présente. Quand il signifie « faire écouler un liquide > ou 
• frapper un objet avec une arme de jet, • il se dit tiyer. Ex. : 
« tiyer à bère, tiyerun lapin. » Hais quand il indique un effort 
musculaire, il se dit tirer comme en français. Ex. : « tire-taide 
là. J'ai dez jvals qui tirent bien. » Les verbes t chavirer, dési- 
rer, expirer, respirer » font exception et se prononcent cha-vi-ré, 
d'zûré, etc. Si, au contraire, Vr précède Tt, il se change en s 
doux, pourvu toutefois que 17 ne soit pas la consonne princi- 
pale, mais simplement Tamorce d'une diphtongue, comme on 
le voit dans les exemples suivants : 



ooutusirr 


cou-tu-sfiié coutarier 


masiage 


ma-ziâ-je 


mariage 


ousieux 


cu-zyeu' curieux 


manier 


ina-zyô 


marier 


demasieux 


de-ma zyeu^ 


masieux 


ina-zyeu^ 




fflotieux 


glô-zyeu- glorieux 


inéêwttnn 


mé-zyan-ne 


méridienne 


lasiot 


lo-zyo loriot 


posiait 


po-ziaw 


poireau 


maquesiau 


■i-ke<>-tyaw maquereau 









Quand leest la voyelle principale, r est simplement quiescent. 
Toutefois, quelques personnes conjuguent le verbe marier régu- 
lîèrement, en conservant Vs partout. 

On sait que le changement de r en « était presque général 
en France au commencement du xvi° siècle; en effet, Théodore 
de Bèze .... [phrase inachevée]. 

Monseigneur, quand il vous plaisa^ 
Voicy nos gens près à parlir 
En tous point preslz de pièça 
Pour bien loyaument vous servir. 

Mystère du siège d'Orléaiis^ v. 3Sj5 

Monseigneur, par vostre ordonnance, 
Nous ferons ce qu'il vous plaisa. 
Menez vos gens sans difTérancc 
Et nous deinorrons par deçà. 



Que les dames et les bourgeoises 
Fasse bouillir huiles et chaulx 
Pour les gecter sur les musailles. 

Le tnusir fuit les poires molles. 



V. i996. 



v. 2335. 



V. 6437. 



Le nom propre « Guerard > se prononce g*zar, comme s'il 



— 34 — 

était écrit c Guesard, > bien que Yr ne soit pas suivi de î. De 
même, on dit souvent chaise pour « chaire, » quaiser pour 
« chairer, » de bonne heuse pour « de bonne heure. » 

R final. 

Nous considérons comme r final, non seulement celui qui 
termine les mots, mais aussi celui qui n'est suivi que d'un^ 
muet. 

1* Finales en ure. — Le patois substitue s doux à r dans 
« chanlepleure » (chan^-pleu^-zé) et dans tous les mots en ure 
où eu remplace u, comme « allure {a-leu^-ze), bouture (bou- 
teu^'ze). )) (Voir plus haut, et la liste ou tableau des finales.) 

En général, dans les finales en ure, Vr ne se prononce pas. 
Ex. : (( J 't'assure (a-çûe)(\\xQ d'ieux nature {na-tu), ils ont la figure 
ifi-gu) dure {du). » 

11 y a toutefois quelques exceptions telles que r dorure, 
feuillure, hure » et autres mots qui, à proprement parler, n'ap- 
partiennent pas au patois. 

2* Finales en aire, ère, iére, oire, aure. — Dans les finales en 
aire, ère, iére, oire, Yr est toujours quiescent; il en est de même 
dans(( bravoure, » le seul substantif en oure usité chez nous; 
mais dans les formes verbales en oure, Yr est douteux, c'est-à- 
dire qu'il est tantôt prononcé, tantôt nul dans le même mot, 
selon l'énergie de la parole. Les mots « chaire » et « glaire » 
font exception. 

3* Finales en ire et en ore. — L'r ne se prononce pas dans les 
formes verbales en ire ou ore, ni dans la conjonction ocor (o-co) 
pour (( encore; » mais il se prononce dans les substantifs et les 
adjectifs ainsi terminés. 

Finales en are et aure. — L'r des finales are et aure se pro- 
nonce généralement; il n'y a d'exceptions, pour are, que les 
mots « barre », « mare » {ma) dans le sens de « lagune, étang », 
et les formes de ceux des verbes en arer qui ont à l'infinitif les 
deux derniers r quiescents, et pour aure que les formes du 
verbe patois maurer (noircir). 

6* Re précédé d'une consonne. — Il est assez diflScile d'être 



- 35 — 

précis sur ce point; on peut cependant affirmer que r est géné- 
ralement muet dans les finales en attre, aitre, être, ettre, indre, 
ompre, ifre, istre^ opre, otre, ustre; mais c'est ici surtout que se 
fait sentir le caractère de celui qui parle. Cependant, tous s'ac- 
cordent à supprimer l'r des infinitifs de la quatrième conju- 
gaison; on doit toutefois remarquer qu'à la fin des infinitifs 
en rdre, on supprime tantôt le premier r, tantôt le second, 
comme on Ta vu plus haut; mais dans la bouche des vieillards, 
c'est presque toujours le premier qui disparait. Du reste, cette 
exception est la seule qui affecte la règle générale du para- 
graphe suivant. 

6* R final proprement dit. — A la fin des infinitifs, l'r est tou- 
jours muet, quelle que soit la conjugaison. En. : « Voulez-vous 
me permettre (per-mé-te) d'aller (a-fé) vaire {vê) si j'vas pouver 
{poU'Vé) finir {fi-ni) d'apprendre {a-pran-de) ma leçon? » 

Il en est de même à la fin des substantifs et adjectifs termi- 
nés en er. Ex. : « Y a d'quoi s'donner au diable ed'l'enfer ien-fé) ; 
vêla un tricot que j'ai etrennècet hiver (At-t?e) : il est tout coupé 
du ver {vé). » 

Les exceptions sont : 1* les mots empruntés au latin ; 2* les 
noms propres tirés des langues étrangères, tels que « Esther, 
Prosper. » 

Air à la fin des mots se prononce également é. Ex. : « Quand 
je vaye un éclair (é-cU), ça me donne la chair {ché) de poule, si 
clair (c/e) qu'il soit. » 

Dans les finales en oir, l'r est muet toutes les fois que la 
voyelle se prononce oué (voir ci-dessus et le tableau des finales). 

Une quinzaine de substantifs terminés par tr, our, ur, ont 
l'r quiescent : on les trouvera au tableau des finales. 

L'r des finales en sur est quiescent, sauf : i"* dans les mots 
dont l'emploi est récent, comme « empereur, vapeur »; 2^ dans 
les adjectifs de relation, tels que « antérieur, inférieur, posté- 
rieur, supérieur »; et encore même dans ce dernier cas« quelques 
personnes ne prononcent pas l'r final. 

R suivi d'une consonne. 
LV final suivi d'une autre consonne se prononce toujours, h 



— 3C - 

moins que cette consonne ne soit la marque du pluriel, car 
alors on conserve la prononciation du singulier. Ex. : « Il y a 
divers hivers » ; prononcez di-vér et ivé (1). 

R paragogique. 

Si généralement nos paysans suppriment Vr k la fin des 
mots, il y a, en revanche, quelques mots où ils rajoutent. Cela 
a lieu après eu prononcé u. Ex. : « blur = bleu, fur = feu, 
jur = jeu, nur pour neu = nœud. » 



Lse prononce comme en français; mais Tarticulation de l 
mouillé ne diffère en rien de Yy consonne. 

A la fin des mots, / est muet. Ex. : « De depis le mois d'avril 
(dm), man mal Itna) est continuel (co»-/tnttrf); je serais une 
bonne pratique pour l'hôpital {ho-pi-ta). » 

Les exceptions sont : 1'' quelques mots qui, à proprement 
parler^ n'appartiennent pas au patois, tels que « bal, appel, 
consul )) ; i"* les adjectifs en il ou en ul; 3* la plupart des subs- 
tantifs en oL Cependant, « Baillol, fiUol, lignol, vitriol, col, licol, 
et les adjectifs fol, mol, ont / quiescent; les quatre premiers 
avec bref et les quatre autres avec ô long; 4« enfin, les mots 
terminés par / mouillé ; encore, cette dernière exception doit- 
elle être assez récente, car les mots les plus usités suivent la 
règle générale et l'on dit habituellement M-ta, cher-feu, con-cé, 
deu, rée-vé, so-lé, som-mé, seu, tra-va, pour « bétail, cerfeuil, con- 
seil, deuil, réveil, soleil, sommeil, seuil, travail, » etc. 

Si / quiescent est suivi d'une autre consonne, cette dernière 
est également quiescente, mais la voyelle qui les précède est 
longue. Toutefois, si cette voyelle est t, elle reste brève. Ex. : 
« Les ionnials (ton-niâ) engendient pus de mais (m&) que les 
fusils (fû-zi). » 

Pour montrer que la chute de / final était générale dans Tan- 

(1) Noie postérieure. — A vérifier, car on dit « des vers (voir) •» et je crois avoir 
entendu dire c des fers (fairs], les enfers, des hivers, » avec ers prononcé air. 
Après à et u longs, r se prononce. 



r-37 - 

cien français^ il nous sufiSra de citer quelques exemples de 
ppononcialion figurée empruntés à Palsgrave (1) : 

i^* Après maint deuil et maint mortel péril. 
aprèmayndveil, émaynmortépériL 

2<* Evite le perilz de tirannicqaç craaulté. 
eviteleperizdelirannickecrevavté. 

3* Mais on peut teb songes songier. 
maysounpevltezsoungosovngier. 

4* Lequel je cognois par. . . 
lekéjeconoapar. . . 

Dans les finales en le, l se fait toujours sentir, quand le est 
immédiatement précédé d'une voyelle; mais si / est précédé 
d'une autre consonne à laquelle il se lie, la prononciation est 
douteuse. On peut toutefois dire qu'en général, à la fin des ad- 
jectifs en able ou ible, l est muet, tandis qu'il est prononcé dans 
les substantifs et les verbes de la même terminaison. Hors de 
ce cas, la seule règle claire et certaine que l'on puisse établir, 
c'est que / est beaucoup moins caduc dans les formes verbales 
que dans les autres mots. 

Ll non mouillé se prononce comme / simple. Dans les mots 
suivants, le patois remplace le gl du français par // mouillé : 
beuiller pour « beugler », seille pour « seigle ». Cet italianisme 
se retrouve dans le département de TËure pour le nom 
a Broglie », prononcé broitle (i). La banlieue du Havre emploie 
encore // mouillé dans quelques mots où d'autres contrées, le 
département de TËure en particulier, se servent de / simple; 
ainsi, nous disons : beuille, maillard, meille^ meiller, au lieu de 
« bêle (sium [sic] ), malart (canard), mêle (nèfle, mespilm). 



(1) Si le lecteur n'est pas convaincu après la lecture de ces exemples, il pourra 
méditer les deux règles suivantes du môme auteur. 

i« Règle générale : 

Whan M ever a frexiohe woide bath but on» oonjonant onely af ter hls last Towel, the oonio- 
saot ahalbe bot remlnely loniuled aa awre mf§f, /U bea9coup mot ihalba ■ounded in maner ame 
êop, Ji ftMVMM mo bow ba it, tbe eonsonant tball bave some lytell MOiide. 

i* Règles concernant chaque consonne en particulier : 

^ In alI tbynges folowetb tbe ganeiall nilea above reberied witbont any maner exception. 

(2) On a sans doute respecté le nom de famille; mais dans la région, le chef-lieu 
de canton se prononce tout ài la française « Broglie *. — T. 



-38- 

Métaplasmes delet n. 

L se substitue à n dans velin pour a venin » et son dérivé 
velimeux qui, chez nous, signifle à la fois v venimeux » et 
« vénéneux », liméro pour « numéro », écolomie pour « écono- 
mie », cahnnière pour « canonnière ». 

En revanche, n se substitue à /dans branner, caneçon, cham- 
branne, disnoqué, ébranner, matenas, pour « branler, caleçon, 
chambranle, disloquer, ébranler, matelas » ; mionner pour 
(( miauler », pionner pour « piauler », nune part pour « nulle 
pari». 

Letm. 

L se change en m dans setinement, pour « seulement ». 

Dans les mots « cygne, maligne, signer », le patois a conservé 
l'ancienne prononciation du^n; mais, comme on l'a déjà vu 
plus haut, Vi devient nasal : cin-ne, ma-lin-ne, elc. Tout le 
monde sait qu'autrefois cetle prononciation de gn était géné- 
rale, à tel point que Ménage et la première édition du Diction^ 
naire de l* Académie autorisent de dire aneau pour « agneau »; 
nous croyons toutefois devoir indiquer ici, telle qu'elle se 
chante chez nous, la chanson enfantine : 

Calimachon borgne, 
Montre-moi tes cornes, 

et que Duméril donne avec cette variante significative : 

Limaçon bône-bône, 
Montre-moi tes cônes. 

L se change en r d^ns pourrichinel = polichinel ; h cerfin = h 
cette fin. 

M=n dans rancumme pour « rancune ». 

C final. 

La finale k représentée par c ou par 9, ne se prononce pas en 
patois, sauf dans « soc de charrue, » et l'onomatopée « crac, » 
et « rester hoc ». 

Ainsi « coq, croc, chinq, broc, trafic, bloc », se prononcent 
cOf cro, chin^, bro, trafic blo. 



-. 39 - 

Il en est de même des noms de lieu : Caudebé, Bolbé, etc. 

Une substitution assez curieuse, bien qu'on en trouve des 
exemples dans d'aulres langues que la nôtre, c'est le change- 
ment du / en k. C'est ainsi que Ton dit relenquir au lieu de 
« ralentir, » héréque pour a arête, » qtienailles pour « tenailles ». 

Aux environs deCaen, le nom de la commune de Mathieu se 
prononce Makieu. 

Cette substitution est d'ailleurs très fréquente dans le picard 
et dans d'autres patois. 

X. 

Vx doux se prononce comme en français. Le meilleur 
exemple que nous en puissions donner» est le mot exemple lui- 
même. 

Au contraire Vx dur, au lieu de représenter le son ks comme 
en français, se rend par sk. Ainsi le nom même de la lettre se 
dit isque, et les mots u vexer, sexe, fixe, » se prononcent ves- 
quer, sesque, fisque. 

Métaplasme der=h. 

R prend la place de h dans les mots raucher (raw-ché) pour 
hattcher, français « hausser; » et dans ravir, pour a havir. » 

Dentales. 

Devant un r le r se change quelquefois en d. Ex. : « meur- 
trir » devient meudrir, « vautrer ù se dit vaudrer (prononcer 
vawdré). 

Y. 

Dans la banlieue du Havre l'y ne compte jamais pour deux t 
et les mots « citoyen, essuyer, pitoyable, » etc., se prononcent 
ci'to-yin, éçu-yé, pi-to-yd-ble, etc. (1). 

Syncope de l'y. 
Dans les mots suivants : « balayer, bégayer, délayer, gras- 
ci) Cette prononciation est commune à Rouen et c*était la plus autorisée il y a un 
quart de siècle, puisque c'est la première que donne Littré. — T. 



— 40 — 

seyer, envoyer, noyer, renvoyer, rudoyer, tutoyer, rayon, 
voyage, » Vy et la voyelle qui le précède se change en t, ou plus 
exactement aux formes précédentes le patois préfère les formes 
anciennes, balier, béguier, délier, grossier, envier, nier, rentier, 
rudier, tûtier, rion, viage; mais dans les mots suivants où la 
partie syncopée est précédée de deux consonnes, dont une 
labiale et une liquide, la voyelle seule diffère du français, et 
l'on dit briyer, pliyer, dépliyer, empliyer, répliyer, pour « broyer, 
ployer, etc. » 

Pour (( ennuyer, nettoyer, » on dit énuer, nétéyer. — ? Bor- 
dayer, ? enrayer. 

Des Liaisons 

Le patois fait peu de liaisons. On sait du reste que la multi- 
plicité de liaisons de la prononciation actuelle du français est 
due à l'envahissement lent et constant du pédanlisme. Nos 
pères auraient regardé comme une affectation ridicule la pro- 
nonciation qui a cours de nos jours dans les salons. Ici encore 
les paysans sont les représentants de la tradition ; aussi jamais 
on ne les entendra dire : « ce chat a pris un rat à poil blanc et 
gris (ce cha ta pri zun ra ta poil blan hé gri) ; et la phrase sui- 
vante gagnerait beaucoup k passer par leur bouche : « Elle ne 
craignait pas que ce soldat attentât à sa vertu. ;> 

Les principales circonstances où les liaisons sont observées 
sont : l"* après un e muet. En effet, lorsque le mot qui suit 
immédiatement cette voyelle commence lui-même par une 
voyelle ou une h muette, la consonne qui précède 1'^ muet se 
lie avec la voyelle initiale du mol suivant, ex. : 

Femme coquette et (coquè-té) homme âgé (hom-ma-gé) 
Ménage à demi (ména-ja d'mij ruiné. 

2^ Après un r suivi, dans le même mot, d'une consonne 
autre que Vs marque du pluriel. Dans ce cas, la dernière con- 
sonne ne se prononce pas et l'r se lie avec la voyelle initiale 
du mot suivant. Ex. : « A tort ou à raison il part anuit (for- 
rou, par-^ranui). » (1) 

(1) Ces deux exemples semblent peu démonstratifs, puisqu'ils ne diffèrent en rien 
du bon français. — T. 



— 41 — 

S^" Après un article ou un adjectif précédant immédiatement 
le substantif auquel ils se rapportent. Ex. : c'est cha qu'était 
un homme {un-nôn-me), un gros homme (grô-zon-me) ; mais 
c'était pas un bel homme {bé-lon-me). 

4'' Après un pronom ou un adverbe monosyllabe. Ex. : « Vos 
allez (vo'zallê) peut-être bien être (byin-néte) attrappé, et ne 
rien a ver (rym-navé) ; y en a (yan-na) eu d'autres de refaits. » 

4^ Observation. — Toute consonne finale qui se prononce 
devant une consonne fait liaison lorsqu'elle se trouve devant 
une voyelle. 

2* Observation. — Toute consonne qui est muette k la fin d'une 
phrase. Test également lorsqu'elle se trouve placée de manière 
à faire une liaison. Ex. : <« Il aime à rire et à s'amuser »; pron. 
l'Iin'fna'ri'é'a'Sa'tnU'Zé : car on dit : « Il aime à rire {rie). » 

Lettres euphoniques. 

Malgré sa répugnance pour les liaisons, le patois admet l'em- 
ploi des lettres euphoniques : !<" le f euphonique dans les 
interrogations. Ex. : « J'nos-t-il aller à gernottes, o bien j'ai- 
lons-t-il finir cha? » Le même t entre dans la locution prover- 
biale : (( amasser sou-t-à-sou ». Le 2 euphonique suit certains 
pronoms que l'on unit bien avec le mot suivant. Ex. : « donne 
me-z-en = donne-m'en; no-z-est bon effant = on est bon 
enfant. » 

Mots mis par contraction. 

Lorsque deux mots consécutifs devraient faire un hiatus en 
patois, si ces mots sont tout-à-fait usuels, la dernière syllabe 
du premier se contracte avec la première du second. Ex. : 
jouvrier pour « jou-ouvrier», higuiauser (i-ghiô-cé), poura hi- 
guée au se (hier au soir) », troquatte pour « troi ô quatte (trois 
ou quatre) ». 

Tableau des Finales 

Le plus grand nombre des mots de notre patois ne difièrent 
du français que par une modification de la dernière ou de 
l'avant-dernière syllabe. C'est pourquoi nous avons cru devoir 



— 42 — 

former un tableau des finales, où nous avons mis en regard 
chaque finale du patois avec la finale qui lui correspond en 
français et la prononciation figurée de celle-là; une quatrième 
colonne est consacrée aux exceptions et aux observations aux- 
quelles ces finales donnent lieu. De la sorte, le lecteur pourra, 
en quelques pages, trouver des renseignements qui, autre- 
ment, eussent exigé un volume. 

Pour rendre plus sûr et plus facile Tusage de ce tableau, nous 
le faisons précéder des remarques suivantes : 

4^ Observation. — Ne figurent pas dans le tableau : i* les 
finales qui se prononcent comme en français ; S^" celles qui sont 
complètement inconnues au patois ou ne comprennent que 
deux ou trois mots dont la prononciation est indiquée dans le 
glossaire. 

2^ Observation. — Vs indice du pluriel ne change rien à la 
prononciation, à moins que le contraire ne soit indiqué. Toute- 
fois, si cet s suit immédiatement une consonne, il allonge la 
voyelle qui le précède ; tel est le cas des finales en als^ ang, ant, 
etc. Cependant, dans les mots en eil prononcé é long, le pluriel 
devient bref. Pour « on voyait trois soleils », on dit : « no veyait 
trois sole » avec e bref. 

Modifications des finales, 

la finale a egt toujours brève. 

a bref. 

le l disparaît le plus souvent et donne âbe. 

except6 <r sac » qui 8e prononce sa ; mais dans « bissac ]» 

et c cul-de-sac n le c se prononce. 
are ache a-che excepté « espace, grâce; race, vorace, trace^ » et les 

noms propres. 
ache a-che excepté « tache (souillure), vache, attache (verbe) » et 

ses dérivés, lesquels changent « ache » en aqti€. 
dans « attacher, détacher, rattacher et ensacher )) le 

q se conserve dans toute la conjugaison; de plus dans 

« vacher ». 
partout ailleurs, 
râ est long dans tous les mois de cette terminaison. 

excepté « bai n et les verbes. 

excepté d aide » qui se prononce êy^de. . 

exe. (( paie )) pron. peye^ et dans les formes des verbes 
en ayer où Ton pron. êye. 



a 


a 


ahe 


a-be 


âhle 


&-bIe 


ac 


ac 





aquer 


a-kié 


acher 




a-ché 


âge 




â-ge 


agne 




an-gne. 


ai 




ê 


aide 




è-de 




aie 


ô. 


aie 


aie 


êye 



— 43 



•*-œ. 


an-gne 
in-gne 


t" 


a 


•" 


A 


(ail 


aye 


aUle 


â-ye 


aime 


in«-me 


ainere 


in*-cre 


aindre 


inMre. 


aine 


in*-ne. 


ainte 


in«-te. 


air-aire 


é 


aise 1 


êy'-«e 
ê-ze 


ai4se 


ê-ce 


aite 


êy-te 


aiter 


ôy'-ter 


aitre \ 


^-te 
A-te 


al 


9^ bref 


aie 


àleng. 


amhê 


an«-b6. 


amhle 


ans-ble. 


ambre 


an'-bre 


ame et amme 


an-me 


a m ne 


ân2-ne. 


ampe 


an3-pe 


amphre 


an^'phra 


ample 


an^-ple. 


ampre 


an2-pre. 


an 


an bref. 


anc 


fin long 


anee 


an^-oe 


^-^az 


ans-ke 
an*-che 


ang 


an bref 


ane 


an*ne 


ange 


an«-ge 


ange anche 


ans-che 


ange 


an-ge 


angle 


ân-gle 


anle 


an^-ne 



dans a châtaigne, il baigne t. 
partout ailleurs. 

bétail f détail, travail (beaucoup 
noncent bétaye^ etc.). » 



de perBonnes pro- 



partout ailleurs. 

excepté dans c médaille, je ou il travaille b. 

il n*y a que les formes du verbe a aimer » qui aient 

cette terminaison, 
cette finale n*a que « vaincre et convaincre ». 



excepté a glaire, chaire, plaire et déplaire y. 

dans « falaise, fraise, niaise, punaise ]». 

partout ailleurs. 

ê très long. 

le seul mot français en aite est « fiiîte » qui en patois 

devient fè\ mais le patois a le verbe « faîter » pron. 

fèy'té, d'où je « faite (fèy-te) n; « faîtière s se pron, 

feytière, 

c naître, paraître » et leurs dérivés ; a traître = trêy*-te ». 
dans tous les autres cas. 
sauf peut-être quelques mots savants ou récemment 

introduits. 



« chambre ]» est le seul mot connu chez nous, 
except. « ame (â-me), je me, il se pâme (pan>-me). 
flamme (flambe), étame (é-taim-me^ d. 



excepté dans n cbar-à-bano 9, où bane est bref. 

excepté a avance et balance (avan'-che et balan-ohe) ». 

dans « branche » et ses dérivés et composés. 

« tranche ». 

dans c étang, rang »; long dans « sang ». 

an bref. 

dans € change » et composés, <k louange; vidange? ». 

« grange ». 

partout ailleurs. 

an très long. 

excepté peut-être a chambranle ». 



— 44 — 



an**ne 



{ 


an-ne 


anque 


ans-ke. 


eant 


kiân 


çant 


chant. 




f rant 


rant rant 


" 


ante 


\ 
an>.te. 


antre 


an'-tre 


O/tiVTB 


anS-Yo 


ape 


a-pe 


\ 


ft-re 


are \ 


Akref 


\ 


a-re 


arre 


ârre 


ase 


â-ze 


asse{l) 


âs-Be 


ae»e(2) 


a-che 



ot 



eau 



o bref 
t 

à long 



eaux 


ias 


aube 


aw-be. 


auee 


aw-ce 


anche 


aw-ohe 


, (ae 
aud , 
(aud 


& 
o 


a^de et a%deê 


aw-de. 


auffe 


aw-flfe. 


auge 


aw-je. 


aule 


aw-le. 


aune 


an^-ne 



dans c Anne, Jeanne, Marianne » et le compoeô 

a dame-jeanne ». 
an bref, partout ailleurs. 



a Buffooant et confiscant » sont les 
connue ici. 



eenlB mots en eant 



ose 



lorsque cette terminaison est précédée d'une consonne, 
en outre dans les mots a garant, tirant ». 

r nul lorsqu'il est immédiatement précédé d*une voyelle, 
sauf les exceptions ci-dessus. 



a bref, excepté u pape » où a est très long. 

a long, dans t are » et a déclare, tare, tiare 9 et les ad- 
jectifs en are, 

« mare, pare » et autres formes yerbales en pare. 

a bref, dans les autres cas. 

a long. 

â long. 

comme en français ; excepté c basse > où a est bref. 

exceptions : a cuirasse, paillasse, terrasse, cocasse » et 
les formes verbales c débarrasse et embarrasse ». 

comme en français, quand il est précédé d'une autre 
lettre que e, 

dans c bedeau, escabeau, tasseau, tuileau, casseau 
(étui) ». 

comme en français, dans le plus grand nombre des mots. 
Il 7 en a toutefois une quarantaine pour lesquels on 
préfère les formes antiques en el, al, ou tau, 

comme le pluriel français : un a rideau » se prononce 
comme des c rideaux ». 

excepté c rideaux ». 

excepté la « Beauoe » qui garde la prononciation fran- 
çaise, 
exception : c fauche {faw'que) ». 
dans chaud (0tf«), crapaud, finaud, pataud ». 
partout ailleurs. 



excepté peut-être c TEaune et faune » que je n'ai jamais 

entendus, 
excepté c cause (caw-ze) », substantif et verbe. 



(1) Voyelle longue. 

(2) VoyeUe brève. 



-48 — 



ansêe aw-che 

avt 6 

aute et autre awte. 

anve aw-ve. 

ayvre ôvre 



«y 



ê. 

/ cher ché 



eeler 



ce 
(cbeler chlé 
( celer celer 
celle cbelle 

f quer kié 



cher 



ehiê 
chu 



guer guié 
cher ché 
chie 
chu 
quu eu 
chite chi-te 
chi chi 



[ci ci 

çon chon chon 



cul 

i 

ee 
êcke 



ée 



chu chu 
eu 
ê 

è 
êche 

ie 



excepté « fausse {faw-ce) ». 
exception c haut ». 



etôre. a Pftuyre », le seul mot de cette terminaison, se 
prononce paure devant un mot commençant par une 
voyelle ou un h muet auquel il se lie, et pauvre dans 
les autres cas (1). 

excepté : l^ <r faux j>, outil (fâ) ; 2^ le pluriel des mots 
en al (as) et en el (ias). 



fée 
lée 



ée 
êy-e 



dans : 1^ « épucer, rapiécer, grincer, pincer, rincer » ; 
2* « bercer, écorcer, forcer, percer » et leurs com- 
posés ; 3« les verbes terminés par meneer ou tancer ; 
4<> dans les verbes en or^r, autres que «tracer» et ses 
composés. 

partout ailleurs. 

dans « amonceler {anumcheU)^ celer, chanceler, ficeler ». 

partout ailleurs. 

« étincelle, ficelle ». — Puchelage semblerait indiquer 
qu'autrefois a puoelle » rentrait dans cette règle. 

« vacher, rucher, ébrancher, ébrécher, embrocher, 
émoucher, enfourcher, ensacher, éplucher, essoucher, 
faucher, ficher (enfoncer), fourcher, hocher, jucher, 
lécher, mâcher, pêcher, sécher » et leurs dérivés, et 
les verbes en tacher avec a bref. 

c hacher ». 

partout ailleurs. 

excepté dans le verbe « chier {kié) ». 

« chu, crochu, fichu ». 

c branchu, fourchu ». 

à la fin d'un adverbe ou d'un adjectif détenninatif . 

du participe passé des verbes en cir^ dérivés d'un adjec- 
tif terminé par t ou x, 

c merci ». 

« garçon, étançon, rançon, tronçon » et les mots en 
açon. 

au participe des verbes en ceroir ; çu partout ailleurs. 

toutefois on dit aussi souvent carcvl que carou. 

sauf quelques mots techniques tels que c congé » et les 
mots empruntés au latin tels que henedicite, mieerere. 

À la fin des mots en heo^ eec, et autrefois oc y grec ». 

excepté <l pêche de poisson (pique) ^ sèche {eèqw)^ 
mèche (meu'che) ». 

dans les substantifs en gée et gnée mouillé ( c lignée et 
cognée » sont inusités), et aussi dans « aiguillée, cor- 
beillée, brassée, s. f. (hrachie)^ bouchée, soirée («^-/>) ». 

« épée, poupée » et dans les noms propres. 

dans tous les autres mots dont le patois se sert. 



(t) Aujourd'hui cette nuance a disparu, et on dit « pore homme, pore femme >. — T. 



— 46- 



egne 



in-gne. 



eignf 


Ugne 
teigne 


an-gne 
in-gne 


eil 


S 


eu2-ye 

èye 

é 


eiUe 


( euille 
1 eille 


eus.ye 
eye 


eindre 


in*-dre. 


eine 




in*-ne. 


einte 




in*-te. 


eî 




ê 




(«le 


'le 


èîe 








(èle 


è-le 
in-me 


eme 


( 


in^-me 
un-me 




Ô-me 


êmer 




in*-mer. 


emple 


empe 


an-pe. 


enne 




in-ne 


eoir 


ietre 


yètre 


er 




é 


erce 


erche 


èr-che 


ère 




6 


ière 




yé. 


erse 




erce 


erdre 




ê-dre 


erdri-e 


6-dri 


erle 




erletnêle 



esche 
ecbe 



eugle 



dans (( teigne ». 

partout ailleurs. 

« vieil 9 suivi d'une voyelle à laquelle il se lie. 

« pareil » et souvent a conseil ». 

partout ailleurs. 

a vieille ». 
partout ailleurs. 



excepté quelques noms bibliques en bel où Ton fait 
sentir l, 

dans <r ratèlo (ratle)^ ni vêle {nirlé)in\ on peut rattacher 

à cette prononciation /<7A/« pour a: ficelle ». 
partout ailleurs. 

dans les adjectifs numéros ordinaux, 
dans Cl crème, écrémer ». 
dans c sème (««n-me) » et composés, 
partout ailleurs. 



excepté a couenne [couanne)^ méridienne {mé-zian-iu:). 
(( asseoir {assietre), rasseoir [rtugietre)^ seoir [sistre] ». 
sauf dans quelques mots latins ou étrangers francisés, 
excepté « tierce » et les noms propres, 
excepté ce stère, patère (ce dernier mot par confusion 
avec^f^) ». 

excepté a herse {herehe) ». 

c perdrn et reperdre », avec le nom de rivière a Erdre », 

sont les seuls mots de cette terminaison. 
« perdrix » OFt le seul mot ainsi terminé, 
erletnéle les deux seuls mots usités Font « merle {mêle) » et 
cr perle » qui ne subit aucune altération. 

ô-ce ê long dans « aînesse, ânesse » et les qualificatifs de 

femme : a abbesse ». 
è-ce è bref partout ailleurs. 

è-che a blesse, trcsHe, adresse, maladresse, redresse ». 
é-che (( acquiesce (a-kiè-che) ». 
eu-che « veece (ren-che) ». 
eu- dans a aveu, caieu, cheveu ifreu)^ hébreu, moyeu, 

verveu » (essieu fait esseuU), 
u kref partout ailleurs, 
ue excepté a lieue et banlieue », c'est-à-dire efte précédé 

de i. 
eu--gle aveugle ] 
eu--ye beugle 
eu'-le meugle 



comme on le voit, chaque mot a 
dation. 



pronon- 



- 47 — 







eu 
euye 


\ 


fol 





eul . 


\ 




1 


eul 


eu 


/ 


r eur 


eu 


\ 


i eur 


eur 


enr i 


) 

V 




i 


feux 


eu2 


1 


> eu 


u 




eure 


eu 




eure 


eure 


enre * 


eure 


eu2 




euse 


en'i'Zii 


enrre 

0VC 




eu2-re 
è-re 


exe 




es-ke. 


ihle 




i-be 


ice 




ice 


erie 




ie 


ien, yen 


j-ins. 


igné i 

ygne i 


lue 
ingne 


in-ne 
io-gne 


il 




i 


iîde 




i-de. 


imhe 




iD3.be 


imhre 




in-sbre. 


ime 




in-me. 


in 




in*. 


1 


ince 


in*-ce 


ince 


inche 


iii3-che 




1 inche 


in*-che 


inere 




in*-cre 


inde 




iuMe. 


ine 




io-ne. 


inge 




ins.je. 


ingle 




in3.gle. 


ingre 




in3-gpe. 


ingt,inq,int 


in3. 


ingue 




in3.gue. 


insetint 


in3. 


inte 




in3-te. 


inthe 




in«-te 


intre 




iii^-tre. 


inze 




in'-M 



danB a deuil » et souvent dans c cerfeuil, seuil :». 

partout ailleurs. 

a filleul, ligQQUl, bailleul, éteul : les étô de blé ». (C'e^t 

donc par erreur que l'Académie écrit éteuU.) 
partout ailleurs. 
à la fin des substantifs, 
à la fin de « empereur et docteur » ou d'un adjectif de 

relation, tels que <ï antérieur, supérieur s. 
À la fin d'un adjectif qualificatif, 
dans c Harfleur et Honfleur 2>. 

À la fin des substantifs; dans <c il affleure et il demeure d. 
dans les autres verbes et le féminin des adjectifs de 

relation, et les noms propres € Eure et Leure ^. 
a effleure et pleure d. 
dans u chante-pleure i» [ohan-'pleu^'Ze) et les adjectifs 

qualificatifs. 
<L beurre, feurre ]>. 
excepté « fôve (Jey'te) ». 

excepté a crible d. 

excepté c nourrice {nourriche) ». 

avec redoublement de la consonne précédente. 

dans <r maligne, signe et cygne d. 
partout ailleurs. 

excepté à la fin des adjectifs, où l final suit la même 
règle qu'en français. 



a mince, prince, province d. 

(E grince, pince ». 

a rince ». 

« vaincre, convaincre ». 



excepté « absinthe {ah-cin^-te) ». 

« quinze » est le seul mot ainsi terminé. 



— 48 — 





ir 




î 


ire 


ira 


ira 


i 


ire 


ie 



irer 



" ! 



irer ï-yé 



Ure 
ivre 



irer 
ins 
is 
inB6 

inse 

ise 

imme 

iche 
isBe 



iré 
În8 

1-18 

in^-ze 

în'-ce 

ise 

in-me 

i-che 
i-ce 
i-te 
ivre 

ô 

o hrff 



oche 

ofU 
ogne 

- I 

oidé 

oie 

oiffe 

oigne 

oU 

oile 

oin 

oindre 

ointt 

oinfre 



èche 
I oque 

oche 

on-gne, 

ai 

oi 

aide 

ie 

aie 

oie 



è-che 
6ke 

o-che 
o-fe 



dans les substantifs « avenir, ouir, déplaisir, loisir, plai- 
sir, repentir, souvenir? y 
à la fin des autres substantifs, 
intermédiaire entre t et i^ à Tinfinitif de la 2* conjugaison. 

à la fin des substantif. 

c aspire et respire », encore souvent on prononce ire, 

1* à l'infinitif des verbes de la 4* conjugaison; 2* dans 

les formes en ire des verbes dont l'infinitif irer se 

change en yer. 
a cirer (areh.), déchirer, empirer, mirer, tirer (faire 

sortir) » et leurs composés, 
partout ailleurs, 
dans c pris » et composés, 
partout ailleurs, comme en français, 
à la fin des mots terminés par priée et miee} a chemise 

{Vmin,^-ze) ». 
dans « prise (de tabac) ». 
partout ailleurs. 

c catéchisme [ca-té'Cin'^-me) ]» est le seul mot usité de 
cette terminaison. 

apetisse (v.), clisse, éclisse, écrevisse, génisse {j*nieke), 
partout ailleurs, 
excepté c mitre, vitre ». 
ou ive, la prononciation de cette finale reste incertaine ; 

IV est articulé ou supprimé au hasard, 
c gogô, coco, loto D, dans ces trois mots le premier o 

est bref et le deuxième long, 
a domino, vertigo, séro ». Nos paysans lisant le latin 

ont une tendance à faire [phraee inaekerée] 7 brèves 

les finales en o, 
<L approche, rapproche ». 
c broche » et dérivés, <r cloche (ampoule), épinoche {épi- 

gnoque)^ hoche » et dérivés, 
partout ailleurs, 
a girofle » est le seul mot ainsi terminé. 



c effroi, moi, toi, soi ». 
partout ailleurs. 

a broie ». 

c voie, soie (de porc) ». 

partout ailleurs. 



ê 

ouè 

è-de. 

î 

ê 

ouêe 

oiy'-fe. 

on-gne. 

ouê. 

ouè-le excepté parfois c étoile (ételle^ archaïsme) ». 

ouin'-. 

oin*-de. 

ouin-ne 

ouin^-fre. 



excepté c avoine [avin^^ne) ». 



— 49 — 



oing 




ouins. 


ointe 




ouin^-te 




/aire 


ê 




er 


è 




oie 


oué 


oir 


oir 


ouèr 





eus 


eua 


1 


aire 


ê 


oire i 


1ère 


é 




oire 


oué 


ou 


eus 


eu 
ouft 


Oise 




oiy-se. 


oire 


aive 
eve 


è-ve 

eu-vo 


oix 




ouâ 




ol 


ô 


a 


01 


bref 


1 


ol 


ol 


aie 




o-le 


Ole 




ô long. 


once 


onche 
once 


on--che 
on^-ce 


ondre 


ondre 


onMe. 


ùne{bl 


OAÇ) 


ô-ne 


oiie{ol 


"^ref) 


on-ne. 


orce 


orche 


or-che 


i 


ôdre 


ô-dre 




eure 


eu-re 


ore 


ore 


ôe 


. 


ore 


ore 



orer 



o-e 



ortM or- me 

orme or-ae 

\ orque o-ke 



orque | ^yp^^^ our-ke 

ore or 

orée or-se 

oche o-che 

I osse o-ce 
oete 



dans <r déchoir? prévoir, recevoir et voir » qui font 

tiC vaire {vaie) », etc. 
a bouchoir (bouqué), noir, soie 9 et les infinitifs en oir 

sauf ceux indiqués ci -dessus, 
a abreuvoir, encensoir? ». 
dans c bonsoir, crachoir, comptoir^ déversoir, encensoir, 

fermoir, greffoir, ostensoir, parloir, reposoir, trottoir;» 

en général dans les noms d'objets autrefois inconnus 

de la ferme, et les infinitifs un rdtr, lorsqu'ils suut 

employés substantivement, 
la terminaison de tous les objets d'usage ancien, 
dans c croire » et ses composés, 
dans (E foire, poire, noire (adj.), boire (verbe) » ; toutefois 

la forme en ouè n'est pas tout à fait inusitée, 
partout ailleurs. 

dans les verbes en etoir^ autre que <k devoir » et composés, 
les précieux prononcent ovle. 

dans c doive (deloe) et conçoive? 9 

partout ailleurs. 

les précieux prononcent oué. 

long dans u col {cou)^ licol », et à la fin des adjectifs. 

« espagnol ». 

à la fin des substantifs. 

bref, excepté <r folle et molle » où 5 est long. 

dans a once, ronce ». 
partout ailleurs. 

excepté « aumône {o-mon-ne) » 

€ écorce, force » et leurs dérivés. 

dans « enclore ». 

c colore {eotUeure) ». 

dans « dore ». 

aux verbes en ore ; dans quelques bouches la dernière 

syllabe se supprime, 
le r est nul dans toute la conjugaison, à moins qu'il ne 

soit suivi d'un e muet, 
excepté le nom d'arbre « orme (ourme) ». 
excepté <r corne » où est long. 
a, remorque (ré-me-ke) ». 
dans les mots terminés par torque, 
excepté c tors (teur) » et ses composés, 
excepté a torse {teur»ee) » et ses composés, 
c bosse, crosse », ainsi que leurs dérivés et composés, 
partout ailleurs. L'o a la même quantité qu'en français; 

toutefois il est bref dans « grosse » et long dans 

c cosse ». 



— 60 — 



OU 


ol 
6a 


ô 
ou 


(mee 








oe 

( oue 


eu3 


oue 


ô 




ou-e 


ovfle 


oufle 


ou-fle 


ouille 




ou-ye 


ouïe 




ou-le 




[ eur 


eu. 


our 


1 our 


ou 




[ our 


our 


oure 


our6 


ou 


omche ourque ourke. 


ourne 


orne 


ôr-ne 




[ ourseï 


ou-cé 


ouêser 






our-oé 




r ote 

\ 

leurs 


ô-te 


oute 


ou-le 


ton 


teur. 


tourner iàrner tôr-ner 




' uche 


ucbe 


uce 


; uce 


û-ce 


uche 


uque 
ucbe 


u-ke 
u-cbe 


vmc 




un-me. 


vfte 




un-ne. 




rur 

ur 

[ur 


ûe 


ur 


n 




ur 




ure 


u-re 




euse 


eu-ze 



ure { 



ure u 
i ure ue 



a cou, licou, fou, mou ». 
partout ailleurs. 

les deux seuls mots de cette terinÎDaison sont c douce 
{dou'fke) 1 et « pouce u, lequel ue subit aucun cban- 
gement. 

« roue j>. 

u boue, joue d. 

partout ailleurs. 

ou bref, sauf dans le verbe c souffler » dont la pénal- 
tièuie est très longue. 

i-u bref, saur dans « brouille, fouille, quenouille et 
souille ». 

ou long, sauf dans a foule, houle, poule, semoule 3. 
« labour ». 

c bonjour {boujou), four, jour, tour .rang) [et en sur- 
charge au crayon] ? labour. » 
partout ailleurs, 
dans c bravoure p ; douteux dans les verbes. 

excepté < enfourne » et a: défourne ». 

vu bref, excepté tlans a pousser, trousser, tousser » où 

il est long dans toute U coujugaîson. 
a rebrousser ». 
dans c croûte ». 

partout ailleurs comme en français ; si ce n*est que ou 
est bref dans c voûte ». 

très long. 

dans a puce ». 

u long dans « suce ». 

ailleurs comme en français. 

dans c épluche, frelucbe, ruche, juche » et dérivés. 

partout ailleurs. 



<E mûr » adjectif. 

a dur, sur (acide) »et c sur (préposition) ». 

partout ailleurs. 

dans a bure, feuillure, dorure ». 

dans c chantepleure {nkan^-pleu^-ze), allure, bouture, 
chaussure {caw-eheu^-ze), coiflFure, doublure, enca- 
blure? encolure, cncognure, ferrure, fourrure, liureT 
membrure? » et dans les mots qui marquent un pro- 
duit, un résultat comme a balayure {bâ lieu^^ze) bouf- 
fissure? brisure, brûlure, cambrure? cassure, coupure, 
criblure, déchirure, décousure, échauffure, écorchure. 
engelure, épissure, lavure, raclure, ratissure, riiiçure, 
{rin^'Cfieu te), rognure, salissure, sarclure («ir*- 
cleu-ze)^ tavelure, tournure. » 

généralement; mais au moins lu moitié des mots en ure 
sont inusités en patois. 

dans les formes verbales. 







— 81 — 


urer 


uer 


excepté « épurer, murer, restaurer, suppurer ï. 


ygne 


in-ne. 


CONCLUSIONS 



Le lecteur, fatigué par Taridilé de nos recherches et de nos 
observations, s'est peut-être demandé à quoi bon tant de 
peines et quelle utilité pratique pouvait avoir un pareil travail. 

Le moment est venu de montrer que ces recherches sur la 
phonotique cauchoise n'ont pas seulement pour but une pure 
satisfaction intellectuelle, mais qu'elles ouvrent la voie à une 
étude plus approfondie de notre patois en même temps qu'elles 
peuvent faire pénétrer plus avant dans l'intelligence de la 
langue française elle-même. En effet, grâce à ces observations, 
nous pourrons donner une forme plus rationnelle à l'ortho- 
graphe de la langue parlée dans la banlieue du Havre, et trouver 
plus facilement l'étymologie des mots qui lui sont propres. Ces 
mêmes remarques rendront moins disparates à nos yeux les 
rimes plus ou moins surannées des vieux poètes romans ou 
français. Enfin, la filiation de certains mots français se mon- 
trera sans mystère à nos yeux étonnés. 

Pour justifier ces affirmations, nous allons donner un 
exemple de chacune de ces applications. 

r Fixer l'orthographe du patois 

Supposons qu'il s'agisse d'écrire les mots berdouiller, enter- 
tenir, ébersiller, quernache, le son eu = e"* est-il 1'^ muet ou la 
diphthongue eul Pour trouver la réponse, il nous suffira de 
remarquer que la première de ces voyelles est vélaire et la 
deuxième palatale : or nous avons vu que le ^ et le A: inter- 
calent un t léger entie eux et la voyelle palatale. Il suffira donc 
pour résoudre la question d'examiner les mots analogues 
aux précédents, où la voyelle fait suite à une gutturale, par 
ex. querson (ke^r-son), querton (ke^r-ton), guernier (ghe^r-niè), 
guemouille (gue^'r-nou-ye), pour reconnaître que la voyelle 
cherchée est vélaire; donc c'est le son de nie, te, se, c'est à-dire 
Ye muet. 

2^ Etymologie des mots patois. 
Prenons maintenant au hasard quelques mots cauchois dont 



— 52- 

nous allons chercher à la fois l'orthographe et la dériva- 
tion. D'abord, baéye; ce mot indique un feu vif et ardent, 
tel qu'on en fait lorsqu'on rentre après avoir été un certain 
temps exposé à un grand froid. Malgré la physionomie un peu 
barbare de ce mot, il est facile de déterminer sa place dans la 
langue. En effet, la terminaison êye correspond à la finale fran* 
çaise ée; l'hiatus nous avertit de la suppression d'un r. Nous 
sommes ainsi amenés à la forme barrée (1), la baéye est donc un 
feu à pleine barre de foyer. — 2* Quei^rnache. Il suffit de se rap- 
peler que la finale ache correspond à la finale française aue, et 
la syllabe quer au français cre, pour ramener ce mot à la forme 
crenasse, laquelle rapprochée des mots français « créner » et 
« crénage )> nous mène tout droit à la racine « cran (fente) »; 
quernache est en effet à peu près synonyme de « crevasse ». 

Veut-on maintenant s'assurer que le patois an^-mé et le fran- 
çais (( armoire » ne sont que deux formes du même mot? Rien 
de plus facile. La forme primitive de « armoire » est alniaire. 
On sait la confusion qui, autrefois, existait entre les diphton- 
gues ot et ai\ or, la finale aire se traduit toujours par é en 
patois. Il y a plus : la finale oire correspond à é dans plusieurs 
mots qui n'ont jamais été écrits par a. Voilà pour la fin du mot; 
le commencement ne nous embarrassera guère plus : car il 
suffit d'admettre que l est devenu quiescent, ce qui donne 
u amaire », en patois amè; mais devant n, comme on l'a vu^ l'a 
a une tendance à devenir nasal ; on peut encore dire que / s'est 
changé en n, changement dont nous avons donné des exem- 
ples. Ainsi, le patois arrivait à la forme anmé, pendant que 
l'influence du latin faisait remonter le français vers la source 
du mot armer. 

Nous avons dit que notre travail permettait de se rendre 
compte de certaines rimes étranges des vieux poètes français. 
En voici la preuve par les faits. Dans le Mystère du siège d'Or- 
léans (vers 18434 et suivants), on lit : 

Au roy est venu la notice 

De la mort du seigneur de Grai 

Que je commis par ma malice 



Mais le roi m'en fait un grand mal. 



(1) Comparer avec ma-éye • marée •. 



— SS- 
II suflSt de 8e souvenir de ce que nous avons dit de / final 
pour trouver ces rimes toutes naturelles, la rime étant faite 
pour les oreilles et non pour les yeux. 

Comment lire ces vers de François Perrin : 

L'amour des lettres et le temps 
Perdu qui jamais ne retourne 
Ont mis à mes sens une borne. 

Doit-on dire retorne ou bien bournel II ne peut y avoir de 
doute pour nous, car nous savons que retorne est encore usité. 

On pourrait multiplier les exemples à Tinfini ; mais ceux-ci 
suffiront (ij. 

(1) M. Edouard Fouroier, un érudit pourtant, dans son Théâtre français avant 
la Renaissance, a mis au bas de la page 251 la note suivante : < U y a lii, sur la 
» prononciation des lettres, quelque malice qui nous échappe absolument. C'est tou- 
» tefois, sans nul doute, une allusion aux modifications que Ramus, Bèze et d'autres 
» de la même secte, qui n'étaient pas seulement des révolutionnaires en religion, 
» mais en grammaire, avaient voulu faire admettre alors jusque dans ces minuties 
» de prononciation. » A notre avis, ce passage n'est pas si difficile à entendre. On 
ya en juger : 

J'appxini nn« croix de par Diea 

Toute nonyelle. — Or, dii comment? 

— On disait anciennement : 
a* 6, e, (l,«, /, pnlf ç» 

— Yenx-tn doncqnee dire autrement? 

— Et ony yralment. — Or, dif eomment ? 
Tu seras quelque Jour abé. 

— n 7 a donc ç, e, puis b ; 

Or» quant un homme aura mangtf 
Trop, et qu'après dire viendra : 
t Jey e, > et qu'on lui répondra 
Et b, n'est-ce pas donc le pot net 
J)9g,e,b. • Il ne ment point. 

Farce da trois gallanU, 

Tout cela n'est qu'un calembour, que nos paysans saisiraient au premier coup d'oeil. 
I! est clair que g c b veut dire : fai soif, bois. Si on en doute, on n'a qu'à se 
reporter à une autre pièce du même genre, publiée par Francisque Michel : Farce 
nouvelle d'un qui se fait examiner. 

LA MÈRE 
Et 11 est si sdenttflque; 
Il sait toute sa Bhétoriqne 
Courant comme son a, b, e, 

LE FILS 
Par bien (sic). Je suis tout mort de soif : 
Ma mère, çà notre l>outellIe I 
Car Je lui veux tirer l'oreille. 

Ici, abc rime avec soif. Donc, ce dernier mot, au xvi* siècle, se prononçait 
comme encore aujourd'hui dans notre patois : se. 



— 5i — 

Ce n*est pas seulement le vieux français que notre travail 
éclaire, c'est aussi le français moderne. Ainsi, veut-on 
comprendre comment « plaisant » et (c plaisir » dérivent de 
« plaire »? Qu'on se rappelle ce que nous avons dit du change- 
ment de l'r en s. 

Les deux mots « cingler » et « sillage » paraissent, de prime 
abord, n'avoir qu'un rapport assez éloigné ; cependant, ils dé- 
rivent tous deux du vieux verbe sigler « mettre à la voile d (1). 
£n effet, rendons l't nasal, comme le fait le patois avec bigler 
(ici bingler)j ou comme le fait le français de l'ancien regiber (i), 
aujourd'hui « regimber », et nous aurons « cingler », Mainte- 
nant, prononçons le gl à l'italienne, comme le font nos paysans 
pour « seigle, beugler », et nous aurons «tf(^, d'où « sillage ». 

(1) Du vieux norois : iigla, 

(2) Puisque à ce coup me metz à regiber ^ 
Croyez de vray que i*envoyray briber 

Ceulx qui m'out tins long-temps soubz leur pelissi*. 

Farce de Fou d'Aeqwsl, 



''<5tfSê&t>- 



DEUXIÈME PARTIE 
G-rammaire — Ijexicolôgie 

Pour éviter les redites et simplifier la partie grammaticale de 
ce travail, je crois devoir donner des parties du discours une 
division un peu différente de celle que donnent la plupart des 
grammairiens. J'étudierai donc successivement : l"" les noms, 
SP» les déterminatifs, 3* les pronoms, 4« les verbes, 5* les parti- 
cipes, 6* les adverbes, T les prépositions, S"" les interjections. 

I — Des Noms. 

A l'exemple des anciens grammairiens, je réunis sous ce 
titre les substantifs et les adjectifs qualificatifs; les règles de 
formation du pluriel étant les mêmes dans les deux espèces 
de mots^ il est inutile de les exposer deux fois. 

Des Genres 

Le patois comme le français reconnaît deux genres, le mas- 
culin et le féminin. Hais pour les mots où le genre n'est pas 
déterminé par la nature elle-même, l'accord entre ces deux 
langues n'existe pas toujours; ainsi un certain nombre de mots 
sont masculins en français et féminins dans notre patois ou 
réciproquement. Voici la liste de ces mots d'ailleurs assez peu 
nombreux. 



Masculins en patois et féminins en français. 



tennU 


Ben-ni 


sanicle 


oie 


ouô 


oie 


elerroir 


cler-voir 


claire-voie 


pater 


pâ-ter 


patère 


éluii 


é-lui 


élite 


phgsique 


fi-ai-ke 


physique 


garde-robe 


garde-robe 


garde-robe 


ranc/ion 


ran^-chon 


rançou 


glu 


glu 


glu 


règle (inilr.) 


règle 


règle 


hart 


hart 


hart 


rime 


rin-uie 


rime 


image 


i-mâ-ge 


image 


rouil 


rou-ye 


rouille 


linot 


li-QO 


linotte 


tainier 


tin*-nvé 


tauièro 


loutre 


lou-tre 


loutre 


Viper 


vi-pé' 


vipère 



— 56- 



Féminina en patois, masculins en français. 



acre (Bcure) 


a-cre 


acre 


favorie 


fa-YO-rie 


favoris 


âge 


Brje 


âge 


flemme 


llim-me 


flegme 


?at 


aM 


as 


fraîche 


frê-che 


le frais 


autelle 


ô-tel 


autel 


froid 


frê 


froid 


haraphe 


ba^ra-fe 


paraphe 


honneur 


ho-neu 


honneur 


bolle 


bol 


bol 


hotelle 


ô^l 


hôtel 


eardonnette ear-d«i-iè-li 




incendie 


in-çan-die 


incendie 


cantique 


caD»-ti-ke 


cantique 


légume 


]é-gun>me 


légume 


? eanvre 


oan^-vre 


chanvre 


oJiedii'iifÎM) o-fi-ce 


office 


centime 


cen-tin-me 


centime 


orage 


o-rft-je 


orage 


crabe 


crabe 


cr&he 


ouvrage 


ou-vra-je 


ouvrage 


éclaire 


é-clé 


écUir 


poison 


poi-aon 


poison 


enterrement an-ter-man 


ClwfTCBMl 


réêipèle 


ré-ii-pel-le 


érysipèle 


éperchve 


&-per-«hue 


aperçu 


rets 


rê 


reU 


erc'ân-eiel 


er-kaD-ciô 


arc-en-oiel 


riame 


rian-me 


rhume 


ergent 


er-jan 


argent 


risque 


ris-ke 


risque 


équimfguê 


é-ky-uo-que 


équinoxe 


sousoUle 


Bou-ciye 


sourcil 


établie 


6-tâblitt 


établi 


treufe 


treu-fe 


trèfle 


évangile 


é-van^'-jl-le 


évangile 


tronche 


trôn-che 


tronc (4*aitet) 


easemple 


é-gsan-ple 


exemple 












Des Nombres 







Le patois suit également le français sur la question des 
nombres, et n'admet que le singulier et le pluriel; mais il use 
de quelques noms collectifs qui n'ont que le singulier et ne 
peuvent être traduits en français que par un mot au pluriel. 

Formation du Pluriel. 

£n commençant cette étude de la formation du pluriel, il ne 
faut pas oublier que le patois qui nous occupe est une langue 
purement locale; comme je l'ai déjà dit, il n*a pas de textes 
écrits et ce n'est donc que par analogie avec le français et en 
se reportant aux observations qui ont fait Tobjet delà première 
partie, que Ton peut établir des règles de transcription. 

Règle générale. — Le pluriel des noms se forme généralement 
par l'addition d'un s. L'allongement de la voyelle et les liaisons 
rendent cette règle incontestable. Ex. : Un fort bomme^ de 
forts hommes. 



Exceptions. 
V" Les mots terminés en el et iau font leur pluriel en ials 



— 67 — 

(prononcez ià). Ex. : un bannel, des baniak (ban-niâ) ; un mar- 
tel, des martials; un posiau (poireau), des posials. 

2* Les mots terminés en ée prononcé éye, ont leur pluriel 
semblable au français : une année (annêye), des années (année). 

Observations. 

Bien que rien dans la prononciation ne nous y oblige, nous 
remplacerons « par a; à Texemple du français au pluriel des 
mots terminés par u. Ex. : « cheveu )). 

Féminin. 

En général, le féminin des adjectifs qualificatifs se forme 
comme en français ; toutefois, le féminin de vieux est vieuille 
et non « vieille )>, celui de malin est maline et non» maligne ». 



n. — Des déterminatifs 

Les déterminatifs se divisent en six groupes : l'aies indicatifs 
ou articles; 2* les démonstratifs; S"" les possessifs; 4"^ les com- 
paratifs ou partitifs; S"" les conjonclifs; e*" les quantitatifs. 

l"" Les indicatifs ou articles 

Les indicatifs que les grammairiens désignent généralement 
sous le nom d'articles sont de deux sortes : les simples et les 
composés. Les simples sont dans notre patois : 

^g'^ pluriel 

masc. fém. des 2 genres 

orthographe el la Ut 

prononciation e®l=r la lé 

français le la les 

Observation. — Au singulier devant une voyelle ou un A 
muet, la voyelle disparaît tant au masculin qu'au féminin et 
alors l'article s'écrit /' : l'animal, l'armée, l'homme, l'hiron- 
delle (prononcer l'anima). 



- 58- 
Les contractés ou composés sont : 

sing. pluriel sing. pluriel 



orthographe.,, 
prononciation . 


.. au 
.. ô 


at as 
ai'i a 


a%œ 
oz 


du 

du 


d^ des 
dé d'z 


français 


.. au 


aux 




du 


des 



Observation. — A pour as s'emploie devant une consonne. 
Devant une voyelle on emploie as= az'z o\\aux= oz; mais ces 
deux formes ne s'emploient pas tout-k-fait indifféremment : 
aux s'emploie généralement devant un substantif ayant lui- 
môme un complément. Ex. : « J'ai grimpé aux âbres à maître 
Pierre»». Quand le substantif n'a pas de complément, c'est as 
qui est préféré. Ex. : « Quand no grimpe as abres, no risque de 
se casser le col >• Cette distinction n'est pas toujours observée. 

2* Démonstratifs 

Les démonstratifs servent à désigner et en quelque sorte à 
montrer l'objet dont on parle. Ce sont : 

^^Biwiliei^^ pluriel 

masc. nuiBc. fém. «^^^d^^^^»^» 

orthographe çu cet 

prononciation ... su st 
français ce 

Le singulier çu s'emploie devant une consonne ou un h 
aspiré, et cet (st) devant une voyelle ou un A muet. Ex. : 
€ sVanimal, ste beyte >. 



str 


oes 


ç'te- 


ce 


cette 


ces 



3^ Possessifs 



Les possessifs sont: 



orthographe.,,, wt^n nia wèz trn ta tèz 

prononciation.., man ma mô tan ta té 

français mon ma mes ton ta tes 

orthographe.,,, notre nos votre ros 

prononciation,,, nott no vott vo 

français notre nos votre vos 

Obsenations, — l'* Vo de nos et vos est bref, quoique fermé 
ainsi vos sonne à peu près comme le veau du français. 




2* Devant une voyelle ou une h muette, Ve de men, ten, sen est 
également muet. Ex. : « men effant, sen homme >, prononcez 
m'né'fan, s'îion-me. 

6^' Quantitatifs 

Il y a deux sortes d'adjectifs quantitatifs : les uns qui ex- 
priment la quantité d'une manière précise, indiquant le nombre 
ou l'ordre des objets exprimés par le substantif et que pour 
cette raison on appelle adjectifs numéraux; les autres n'indi- 
quant la quantité que d'une manière vague et générale et que, 
pour cette raison^ on appelle adjectifs indéfinis. 

Adjectifs numéraux 

On distingue deux sortes d'adjectifs numéraux : les uns in- 
diquant le nombre des objets exprimés par le substantif, ce 
sont les adjectifs numéraux cardinaux ; les autres indiquent le 
rang ou l'ordre, ce sont les adjectifs numéraux ordinaux. Les 
adjectifs numéraux du patois ne diffèrent de ceux du français 
que par la prononciation, comme le montrent les tableaux sui- 
vants. 

On remarquera que la prononciation est indiquée trois fois 
dans le tableau des nombres cardinaux : la première est la pro- 
nonciation du mot isolé ou placé à la fin d'une phrase, la 
deuxième la prononciation devant une voyelle ou un A muet, 
et la troisième la prononciation devant une consonne. 







Pronojiciation 






Patoû 









França 




isrié M iMl 


diTut lie Tijelle 


diTUt Ul MIUIII 




un 


un 


un-n' 


un 


un 


deux 


deus 


deusz* 


deu) 


deux 


trois 


troua 


trouê7'-z 


trouêy* 


trois 


quattre 


quatt 


quatre 


quatt 


quatre 


ckinq 


chiii3 


chin3.k 


chin 


cinq 


nm 


BilS 


siz 


si 


six 


sept 


sett 


zett 


Bè 


sept 


kuU 


huitt 


buiU 


hui 


huit 


meuf 


neuff 


neuv' 


neu 


neuf 


dix 


di88 


diz 


di 


dix 


OKze 


ôn-ze 


ôn-ze 


ôn-ze 


onze 


douze 


doû-ze 


doû-ze 


doû-ze 


douze 


treize 


trê-ae 


trô-ze 


trè-ze 


treize 


quatorze 


ka-tôr-ze 


ka-tôr-ze 


ka-tôr-ze 


quatorze 


quinze 


kyiQ3-zo 


kyin-ze 


kyin-ze 


quinze 



— 60 — 



Pateie 




Pranoneiation 
darait IM voyellf 




Français 


iMl4Nlial 


knit IM MIMM 


seize 


8ê-ze 


Bê-ze 


8ê-ae 


seize 


dix-sept 
dix-huit 


diz'-sett 
dÛE'>huitt 


diz'-sett 
diz*>haitt 


diz*-Bè 
diz'-hui 


dix-sept 
dix-huit 


dix-neuf 


di£*-neuff 


diz'-neuv* 


diz*-neu 


dix-neuf 


vingt 

vingt et un 
vingt-deux 
vingt-trois 
trente 


vin« 

vin3-tè-un 
vinHMeu» 
vinH'trois 
tran-te 


vin*» 

vin-te-un 

vin*-t'deu'z 

tran-te 


ViD» 

vin-tè-un 
vin-t'deu« 

tran-te 


vingt 

vingt et un 
vingt-deux 
vingt-troÎB 
trente 


quarante 

ehinquante 

soixante 


ca-ran)«te 

chin3-kan)-te 

Boi-san'-te 






quarante 

cinquante 

soixante 


soixante-dix 


Boi-8an--te-di«B Boi-8an*-to-diz' soi-san-te-di 


BoizaDte-dix 


quatre-vingts 

qvatre-vingt-d\ 

ehent 


ca-tre-vin3 ca-tre-vin^ 
\x ca-tre-vin^-dÎBS 
chan 


ca-tre-vin' 


quatre-vingts 

quatre-vingt-dix 

cent 


deux chents 


deu'-ch&n 






deux cents 



Observation. — Les noms des unités supérieures à la centaine 
sont empruntés au français, sans aucun changement de forme. 

Adjectifs numéraux orefma^ia;.— Comme lesadjectifs numéraux 
cardinaux, les adjectifs numéraux ordinaux ne diffèrent de 
ceux du patois que par la prononciation. Ex.: 

permier pe»r-miè premier 

deuxième deu^-zyin-me deuxième 
troisième trouèy'-zyin-me troisième 

Et ainsi de suite en dérivant le nombre ordinal du nombre 
cardinal correspondant. Hais on doit remarquer que lorsque 
celui-ci a plusieurs prononciations» celle qui produit le nombre 
ordinal est la prononciation devant une voyelle. 

Après quatre-vingts, chent, deux chents, etc., un et onze font 
hiatus : quatre-vingt-un, prononcez ka-tre-vin^-un ou hait- 
vin^-un; chentun, prononcez chanun; deux-chent-onze. pro- 
noncez deu^'chân-onze; mais devant une autre voyelle on fait la 
liaison comme en français. 

On a dû remarquer que de vingt k trente le t de vingt se 
détache et se reporte sur le mot suivant; mais h cause de Vs du 
pluriel cette prononciation ne peut avoir lieu après quatre- 
vingts. 

Souvent 1er de quatre dans quatre-vingts ne se prononce pas. 
Ex. : katt-vin^-zans. 



— 61 — 

Adjectifs indéfinis 

Les adjectifs indéfinis sont, dans notre patois 



MASO. 




Fl&M. 


DBS DEUX OENBES 






__ 0t 








__m 


traduction 


arth. 


pron. 


orth. 


pron. 


oHh. 


pron. 


— 


aneun 




aucune 




autre 


aw-te 


autre 


nul 




nuUe 




chaque 


cha-que 


chaque 


quel 


( kyeu'^ 


quenUe 


kyeu-le 


même 


mîn-me 


même 


\ kyeuî] 






pusieur» 


pu-zieur 


plusieurs 


td 


tel 


telle 


tel 


queuque 


kyeu-que 


quelque 


tout 


tou 


toute 








quelconque 


tel* 


tel 


telles 




queu 


kyeu*» 
kyeuz 


quels 
quelles 



Adjectifs interrogatifs et admiratifs. 

111 existe quelques adjectifs qui servent uniquement à mar- 
quer l'interrogation ou Tadmiration. Dans le patois, ce sont : 



orth. 



moêculin queul 

féminin quculle 

plur, des deuw genres queux 



prononciation 
devait iM ujtWt devait 000 Miuiie 



kyeu^l {eu long; 
kyeul {eu bref) 
kyeuz 



kyeu2 

kyeu^, queux 
kyeu'^ 



quel 
quelle 
quels, quelles 



A ces adjectifs on peut joindre un et une qui souvent dé- 
pouillent en quelque sorte leur sens précis pour prendre un 
sens indéfini comme dans cet exemple : « j'ai vu un homme 
qui conduisait une belle vaque ». Il est facile de voir que dans 
cet exemple un et une sont pris dans un sens indéfini. 

m. — Pronoms d). 

On distingue cinq sortes de pronoms, appelés pronoms per- 
sonnels, possessifs, démonstratifs, conjonctifs ou relatifs et 
indéfinis ou quantitatifs. 



(i)Noas ferons remarquer uue sorte d'analogie entre les détemiinatifs et les pronoms. 
Parmi les premiers, les uns sont purement déterminalifs sans aucune idée accessoire, 
cîsont les articles; tandis que les autres y ajoutent une idée accessoire. De même 
certains pronoms indiquent simplement la personne, sans aucune idée accessoire, ce 
sont les pronoms personnels ; tandis que les autres y ajoutent une indication secon- 
daire. 



-62 — 



Pronoms personnels. 



Les pronoms personnels n'ont pas d'autre usage que de dé* 
signer les personnes grammaticales; de là leur nom. Dans le 
patois, ces pronoms ont les formes suivantes, que Ton peut 
partager en quatre groupes : 



1«' Groupe. — Pronom sujet 






f 

tu 

a 

al 

<7 
/ 

vos 
ils 
aU 



je® 
e*»i 

V 

ta 

i 

il 

a 

al 

eoj 

j' 

vô 

▼oz 

i 

iz 

a 

as 



je 

tu 
il 

elle 



vous 

ils 

elles 



IKTËBB0OATIF8 

orthog. tu il nous vous ils 
pron, . tu i nou vou i 

2« Groupe. — Complément 

PBÂOÉDANT LE YEBBB 
devut MBMiM defint Tiyelle 

orthog. prou, orthog. pron. 



te 
le 
la 
s* 
H 

y 

nos 
vos 



me" 
te» 
eol 
la 

li 

y 

no 

VO 



t' 
V 
V 

y 
y 

nos 
vos 



m' 

t' 

V 

V 

%' 

7 

y 

noz 
voz 



leux leu^ leuw leuz 



me 

te 

le 

la 

se 

I lui 

nous 
vous 
se 
leur 



3« Groupe. — Complément 

PRÉCÉDA d'une PRÉPOSITION 



orthog. 


pron. 


frança 


mai 


mô 


moi 


tai 


tê 


toi 


sai 


sô 


soi 


li 


li 


lui 


nous 


nou 


nous 


vous 


vou 


vous 


eux 


eu3 


eux 
elles 



4« Groupe. — Vocatifs 

Singulier. — Mêmes formes qu*au 
3« groupe. 

Pluriel 

nos autres nos aw-te nous 
vos autres voz aw-te vous 
eux eux 



Je considère comme pronoms vocatifs, non seulement ceux 
qu'on emploie pour interpeller, mais encore ceux qui entrent 



— 63- 

dans les formes redoublées comme dans cette phrase : (( moi 
j'ai fait ce que toi tu ne feras jamais >. 

Remarque. — Le français admet aussi les formes empha- 
thiques, « nous autres, vous autres», mais l'usage en est facul- 
tatif; tandis que dans le patois il est obligatoire comme en es- 
pagnol : nosotros, vosotros, etc. 

Quelques pronoms n'ont pas d*autre usage que d'indiquer 
la personne grammaticale, et ils sont pour cela appelés pro- 
noms personnels. Hais un grand nombre de pronoms de la 
troisième personne, tout en remplissant cette fonction, donnent 
encore une autre indication qui les a fait distinguer en pro- 
noms possessifs, démonstratifs, interrogatifs et indéfinis. 

Pronoms possessifs. 

Les pronoms possessifs ont pour mission de remplacer un 
nom en y joignant une idée de possession. Ces pronoms^ bien 
qu'ils ne puissent tenir lieu que de noms de la troisième per- 
sonne, n'en font pas moins connaître la personne du posses- 
seur, laquelle peut être quelconque. 

Les pronoms possessifs du patois sont : 



UN BBUL POSSESSEUR 


PLUSIEURS POSSESSEURS 


orthOff. 


pron. 


français 


ortkoff. 


pron. 


français 


el mien 


ef>l myîn2 


le mieo 


el notre 


e-l nott 


le nôtre 


eltien 


e»l tyina 


le tien 


el votre 


e«l YOtt 


le vôtre 


el tien 


e»! syin» 


le sien 


ellenr 


e*l leu 


le leur 


la mienne 


la myins-ne 


la mienne 


la notre 


la nott 


la nôtre 


la tienne 


la tyin^-ne 


la tienne 


la votre 


la vott 


la vôtre 


la sienne 


la syin'-ne 


la sienne 


la leur 


la leu 


la leur 


leêtnim 


lé mins 


les miena 


les TUftres 


lé nott 


les nôtres 


les tins 


lé tin3 


les tiens 


les vôtres 


lé YOtt 


les vôtres 


les sins 


lé 8ia3 


les siens 


les leurs 


lé leu 


les leurs 


les miennes 


lé myin-ne 


les miennes 


les nôtres 


lé nott 


les nôtres 


les tiennes 


lé tyin-ne 


les tiennes 


les vôtres 


lé vott 


les vôtres 


les siennes 


lé syia-De 


les siennes 


les leurs 


lé leu 


les leurs 



Remarque. •— Dans « leur », eu est bref. 



Pronoms démonstratifs. 
Les pronoms démonstratifs au rôle de pronom ajoutent tou- 



— 84- 

jours ridée dlndicstion, les roots qae le patois emploie pour 
cette fonction sont : 

fc . / orthographe . . r rftirhiftr e^tda cha el sien ç£ 

« 5 ' pnmûmciatwm . e^u sti-cfaiu Bti-là dift tfi sjia ai 

^ ^ r framçais ce celui-ci celui-là cd& cdui oeU 

^ .5 ( orthographe . . ette-r-hite ote-ia la oitmme 

-•« \pronamtiation . Bte-ehitt ste-la la iTiii-ne 

^ ;* ' frança io celle-ci celle-là cdlc 

« r orthographe .. eeaxJ le* eemst ceux-ehite eeux-Aà Ut tfw 

b "s ) proMomeiatiom . oeu^ k' cci on le cm-» ceu^hîtt 1* ceuMà 16 nn* 

^|) 2«ceQSx'.là 

S V français ceux oeox-ci ceux-ci ceux-là ceux 

^ .S ( orthographe . . eeux-ehite eeuseo-là les siennes 

*'x\ P^f>i^oneiation . ceu^-chitt ceu*-xe-là 16 eyin^-iie 

^ ;^ f français celleft-ci celles-là cdlea 

« Le sien, la sienne, les siens, les siennes » employés comme 
pronoms démonstratifs sont toujours suivis de < qui • ou de 
< que ». Ex. : < Le sien qui tret (croit) dka est une béte ». 



Pronoms conjonctift. 

Les pronoms conjonctifs sont ainsi appelés parce que, indé- 
pendamment de leurs fonctions de pronoms, ils servent à relier 
les différentes parties d'une phrase; ceux qu'emploie le patois 
sont: 

orthographe . . gui que quoi en y 

prononeiation . ki ke koi an i 

français qui que quoi en y 

r° Observation. — Devant en, y, au lieu d'éiider Ye muet, 
comme en français, on ajoute une liaison et on dit : c donne- 
mez-en, mène-me--î-y ». 

2* Observation. — Devant une voyelle Ve de en disparaît et Yn 
se redouble. Ainsi, pour c tu en as », on dira tu n'nas; pour 
« il en est », t n'n'est. 



Pronoms interrogatifs. 

Certains pronoms entrent nécessairement dans les phrases 
inlerrogatives, et pour celle raison on les appelle pronoms 
interrogatifs. On doit y joindre dans notre patois un certain 



— es- 
nombre de locutions qui, par suite de contractions, sont deve- 
nues en quelque sorte des mots simples. 

orthographe . . qui que qui qfie c'est qui qui que e*eet que 

prononciation, kjîk kyi-k'cô kyi kyi-k'cê ke 

français qu'est-ce que qui ou qui est-ce qui qu*e8t--ce que 



orthngraphe . . 


el queul eet-ehe 


la queulle est-che 


quoi 




eol-kieu-lê-che 


la kîeu-lê-che 


ko! 


français 


lequel 


laquelle 


quoi 



A ces formes il faut joindre toutes celles que Ton obtient en 
combinant l'adjectif QueiU avec les articles simples ou com- 
posés. Ex. : c lequeul, desqueulles », etc. 



orthographe . . qui eêt-che 
prononciation . kyê-che 
français qui ow qui est-ce 



Observation. » Qui es-che est suivi de qui devant une con- 
sonne et de 9ue devant une voyelle. Ex. : f qui est-che qui m*a 
ditcha?— qui estche qu'en veut? — qui est-chequi n'na pas? • 
(simple élision de t). 

Pronoms indéfinis. 

Les pronoms indéfinis sont des sortes de noms neutres em- 
ployés d'une manière vague et qui ne précise rien. Souvent 
aussi cet emploi est tenu par des adjectifs déterminatifs pris 
substantivement. Les principaux dans notre patois sont : 

orthographe . . no chacun rien qui-que-ça-sait (qui ou que) 
prononciation, nô cha-kiun ryin''' kyi-ksa-iè 
fi'ançais ou chacun rien quiconque 

orthographe . . un l'aute un aute un et Vaute ni un ni Vaute 
prononciatUm . un Taw-te un naw-te un-né-law-te ni un ni Tawte 
français l'un Tautre un autre Tun et Tautre ni l'un ni l'autre 

et toutes les combinaisons que donnent ces dernières formes 
mises au féminin ou au pluriel des deux genres. 

orthographe . . un tel une telle gueuque un queuques-uns personne 

prononciation, un tê un-netê-le kyeu-kyua kyeuk'-zuns per-çon-ne 

ou kyeu-cun 

français un tel une telle quelqu'un quelques-uns personne 

Observation. — Lorsque no est suivi d'une voyelle, on inter- 
cale une liaison. Ex. : No-z-est aussi malin que vous. — Toute- 
fois cette règle n'est pas toujours observée. 



IV. — GonJogaiBon des Verbes. 

Enumérer dans un ordre méthodique toutes les modifications 
qu*un verbe peut recevoir, cela s'appelle conjuguer. 

Conjugaison du verbe Aver. 



Patois 


Prononc. 


Français 


Patois 


Prononc. 


Français 




Indicatif 




Plus que-parfait 




Prissent 




y avais eu 


ja-vê u 


j'avais eu 








t'avais eu 


ta-vé u 


lu avais eu 


fat 


je 


j'ai 


il avait eii 


i-la-vè u 


il avait eu 


t'as 


là 


tu as 


fanions eu 


ja-vyon u 


nous avions eu 


il a 


i-U 


lia 


vos aviez eu vôza-vyèe 


u vous aviez eu 


favoM 
vos aoez 


ja-von 


nous avons 




l i.z9.vA II 


ils avaient eu 


vô-za-vè 


vous avez 


ilsavaienteul—-^;;^ 


iU ont 


i-zôn 
Imparfait 


ils ont 




Futur 










ferai 


jé-è 


j'aurai 


favaiê 


ja-vè 


j'avais 


feras 


té-à 


tu auras 


t'avais 


la-vé 


tu avais 


il éra 


i-Ié-a 


il aura 


il avait 


i-la-vfe 


il avait 


ferons 


jé-on 


nous aurons 


favions 


ja-vyûn 


nous avions 


vos érez 


vô-é-è 


vous aurez 


vos aviez 


vô-ia-vyée 


vous aviez 


Useront 


i-zé-ôn 


ils auront 


ils avaient 


i-za-vè 


ils avaient 
















Futur antérieur 




Passé défini 














ferai eu 


jé.ëu 


j'aurai eu 


ietis 


ju 


j'eus 


feras eu 


té-â u 


tu auras eu 


(â* pers. inus.) 


tu eus 


il éia eu 


i-lé-a u 


il aura eu 


il eu 


i-lu 


il eut 


ferons eu 


jé-on u 


nous aurons eu 


feumes 


juD-mes 


nous eûmes 


vos érez eu 


vô-zé-è u 


vous aurez eu 


vos eûtes 


vo-zû-tes 


vous eûtes 




( i-zè-on u 
i i-zé-on-tu 


ils auront eu 


ils eurent 


i-zû-re 


ils eurent 


ils éront eu 




Passé indéfini 
















Conditionnel 


foi eu 


je u 


rai eu 








Vas eu 


ti u 


tu as eu 




Présent 




il a eu 


i-la u 


il a eu 








f avons eu 


ja-von u 


nousavoDseu 


ferais 


jé-è 


j*aurais 


vos avez eu 


v6-za-vè u 


vous avez eu 


ferais 


té-ê 


tu aurais 


ils ont eu 


i-zon-tu 


ils ont eu 


il érait 


i-lé-è 


il aurait 








ferions 


( jéy-yôn 
1 jé-ryôn 


nous aurions 




Passé antérieur 1 




Inusité, sauf peut- 


-être : 
ils eurent eu 


vos ériez 


vô-zé-riée 
vô-zéy'yée 


1 vous auriez 


ils eurent eu 


i-zu-re-lu 


ils éraient 


i-y.é-é ' 


ils auraient 



— 67 — 



Passé 






Impératif 


ferais eu jé-è u j'aurais eu 
ferais eu té-è u tu aurais eu 
t7 érait eu i-lé-ë u il aurait eu 
ferions eu jé-ry6n u mh aurions eu 
vos iriez eu vô-zé-riée u vous auriez eu 

ils éraievU eu\ '^ ' ^ \ ils auraient eu 


Présent ou Futur 

aie êy'ye aye 
ayons ê-yôn ayons 
ayez fe-yfe ayez 




SubJODCtif 




Présent ou Futur 


que faie 
que Caie 
qu'il aie 
que f ayons 
que vos ayez 
qu'ils aient 


kjêy-ye 

ktêy.ye 

ki-!êy-ye 

kjé-yôn 

kvô-ze-yée 

ki-zèy-ye 

Imparfait 


que j'aie 
que tu aies 
qu'il ait 
que nous ayons 
que vous ayez 
qu'ils aient 


que f eusse 
que t'eusse 
qu'il eusse 


kjû-ce 
ktû-ce 
ki-lû-ce 


que j'eusse 
que tu eusses 
qu'il eût 


que f eussions 
que vos eussiez 
qu'ils eussent 


kjû-cyôn 

kvô-zû-cyée 

kyi-zû-ce 

Autre 


que nous eussions 
que vous eussiez 
qu*ils eussent 


quefeussisse (1) 
que t'eussisse 
qu'il eussisse 

que vos eussissiez 
qu'ils eussissent 


kjû-cl-ce 

klû-cl-ce 

kyi-lû-ci-ce 

kjû-cl-cyôn 

kvô-zû-cl-cyée 

kyi-zû-cl-cc 

Passé 


que j'eusse 
que tu eusses 
qu'il eût 

que nous eussions 
que vous eussiez 
qu'ils eussent 


quefaye eu 
que Vaye eu 
qu'il aye eu 
que f ayons eu 
que vos ayez eu 
qu'ils ayent eu 


kjéy'.yu 
ktèy'-yu 
kyi-êy'-yu 
kjé-yôn u 
kv6-zé-yée u 
kyi-zêy'-yu 


que j'aie eu 
que tu aies eu 
qu'il ait eu 
que nous ayons eu 
que vous ayez eu 
qu'ils aient eu 



(1) Cette terminaison en isse, employée au xv siècle, se voit encore en 1592 dans les 
Lettres d'Henri /F « allissions, etc. •; et des grammairiens de l'époque l'ont préférée 
à la forme classique. 

U ne singularité fondée sur une distinction qui manque au langage régulier a fait dire 
parfois • il finissit ». — T. 



— 68- 







Ptus-que^parfait 






que f eusse eu 


kjûss a que j'eusse eu 




que VeuMse eu 


klùss u que 


tu eusses eu 




qu'il eusse eu 


kyi-lùss u qu*il eût eu 




que f eussions eu 


kjft-cyons u que 


nous eussions eu 




que vos eussiez eu 


kvô-iu-cyëe u que 


vous eussiez eu 




quHls eussent eu 


kyi-iuss u qu'ils eussent eu 




Infinitif 






ParUcipe 




Prisent 






Présent 


aver 


a-vé avoir 




ayant 


ë-yan ayant 




Passé 




eu, eue 


Passé 
u, ue eu, eue 


aver eu 


a-vé u avoir eu 


ayant eu 


è-yan u ayant en 



On remarquera : l"" qu'au présent du subjonctif du verbe « avoir» 
la syllabe aye prend le son mouillé devant un e muet et sonne 
comme é simple devant une voyelle sonore. Cette particularité se 
conserve dans les temps où t avoir • entre en composition. — 
i"" Dans le plus-que-parfait, lorsque le verbe pi incipal commence 
par une voyelle, euss devant Ve muet final se prononce d'une ma- 
nière un peu plus sifflante que devant Vi de c eussions, eussiez ». 
Nous l'avons d'ailleurs indiqué dans la prononciation figurée. 



Patois 



Conjugaison de l'auxiliaire Être. 

Prononc, Français Patois Prononc. Français 





Indicatif 






Passé défini 




Présent 




ejfus 


e»j fu 


je fus 


ej sieux (1) 


eoj sieu» 


je suis 


tu fus 


tu fu 


tu fus 


Ces 


tê 


tu es 


u fut 


i f u 


il fut 


il est 


i-lê 


il est 


ej fummes 


e^j fun-me 


nous fûmes 


ej sommes 


e**] son -me 


nous sommes 


vos fûtes 


v6 fù-te 


vous fûtes 


vos êtes 


vo-zè-(e 


vous êtes 


ils furent 


ifu-re 


ils furent 


ils sont 


i-ftôn 


ils sont 










Imparfait 






Passé indéfini 


fêtais 


jé-lê 


j'étais 


foi été 


je é-tè 


j'ai été 


Vêtais 


té-tô 


tu étais 


Vas été 


tAé-tè 


tu as été 


il était 


l-Ié-tè 


il était 


il a été 


i-la é-tè 


il a été 


fêtions 


jé-tyons 


nous étions 


y avons été 


j'a-von é-lé 


nous avons été 


vos étiez 


vû-z'é-liée 


vous étiez 


vos avez été 


vô-a-vc é-té 


vous avez été 


ils étaient 


i-zé-tê 


ils étaient 


ils ont été 


i-zon é-lê 


ils ont été 



(1) Dans le centre du pays de Caux, au lieu de ej sieux on dit ej sis. 



Passé antérieur 



fai eu été 
tas eu été 
il a eu été 



jè.u é-tè 
ti-û é-tè 
Ula-a été 



j^eas été 
tu eus été 
il eut été 



favonseuété jV.o ué-tt^ ) nouseûmesété 



lêi 



vos avez eu été f é a^ï d ê-ii 
1^ ont eu été i-zoo u é-lé 



vous eûtes été 
ils eurent été 



Pius^ue-parfail 

f avais été i*a-vê é-tê j'avais été 

Cavain été l'a-vè é-tè tu avais été 

il avait été i-Ia-vè é-tè il avait été 

f avions été j*â-vyôn é-tè nous avions été 

vos aviez été vé-i»-fiée ê-lè vous aviez été 

its avaient été i-za-vè é-tè ils avaient été 



je serai 

tu seras 

it sera 

je serons 

vos serez 

its seront i 8*8dn 



Futur 

je* 8*8ai 
tu s*sas 
i s*sa 

je* s*son 
vô s'se 



je serai 
tu seras 
il sera 
nous serons 
vous serez 
ils seront 



Futur antérieur 



ferai été 
feras été 
it éra été 
ferons été 
vos érez été 
ils éront été 



jé-ë é-tè 
té-A é-tè 
i-lé-a é-tè 
jé-on é-tè 
vô-zé-ë é-tè 
i-zé-on é-lè 



j'aurai été 
tu auras été 
il aura été 
orai aurons été 
vous aurez été 
ils auront été 



Conditionnel 

Présent 



je serais 
tu serais 
il serait 
je serions 
vos seriez 



je** s*sais 
tu s'sais 
i s*së 

e*j s*së-yôn 
vô s'sé-yée 



ils seraient i s*sais 



je serais 
tu serais 
il serait 
nous serions 
vous seriez 
ils seraient 



Passé 

ferais été je-ès é-tè j'aurais été 

Véruis été té-ês é-tè tu aurais été 

il érait été il-lé-ës é-tè il aurait été 

ferions été j'é-yôn é-tè mbs aurions été 

vos ériez été vii-é-yée é-tè vous auriez été 

ils éraient été i-zé-ès é-tè ils auraient été 



Impératif 

Présent ou futur 



séye ou sais 

séyons 

séyez 



sey'ye ou se 

sé-yôn 

se-yë 



sois 

soyons 

soyez 



Suldonctif 

Présent ou futur 



qu'ej sais 


ke«j ses 


que je sois 


que tu sais 


ktu ses 


que tu sois 


qu'il sait 


kyisë 


qu'il soit 


qu'ej sayons 


ke*j së-yôn 


que nous soyons 


que vos sayez 


kvô së-yée 


que vous soyez 


qu'ils saient 


kyi ses 

Imparfait 


qu'ils soient 


que je fusse 


ke*j fû-ce 


que je fusse 


que tu fusses 


ktu fu-ce 


que tu fusses 


qu*il fusse 


kyi fu-ce 


qu'il fût 


que je fussions 


ke*j fû-cyons 


que nous fuyions 


que vos fussiez 


kvô fu-cyez 


que vous fussiez 


qu'ils fussent 


kyi fu-ce 


qu'ils fussent 



— 70- 



Passé 



être 



aver été 



que faye été 
que t'aye été 
qu*it aye été 
que f ayons été 
que vos ayez été 
quits ayent été 


kjêy' e-lé 
ktèy' é-tê 
kyi-lêy* e-tê 
kjc-yôn é-té 
kv6-é-yée é-tè 
kyi-zêy'-é-tô 


que j*aie été 
que tu aies éié 
qu'il ait été 
que nous ayons été 
que vous ayfz été 
qu*il8 aient été 




Ptus-que-parfait 


que f eusse été 
que Veusse été 
qu'il eusse été 
que f eussions été 
que vos eussiez été 
qu'ils eussent été 


kjùss é-tê 
ktuss é-té 
kyi-luss é-tê 
kjû-cyôn é-tê 
kvô-zu-cyée é-lê 
kyi-zuss é-té 


que j'eusse été 
que tu eusses été 
qu*il eût été 
que nous eussions été 
que vous eussiez été 
qu*il8 eussent été 


Infinitif 






Participa 


Présent 
ètt être 




étant 


Présent 
é-tan étant 


Passé 
a-vë-é-tè avoir 


été 


Passé 
été é-tê été 
ayant été é-yan-lé-tê ayant 



Observation, — En dehors des formes indiquées ci-dessus, il en 
exisle encore une autre pour le futur et le conditionnel et deux 
pour le présent du subjonctif. Les voici : 



Formes secondaires du verbe Être 





Futur 




Je serai 


e'j ou je» srè 


je serai 


tu seras 


tu srà 


tu seras 


il sera 


i sra 


il sera 


je serofu 


e»j otfje'^srcn 


nous serons 


vos serez 


vo «rè 


vous serez 



ils seront i srôn 



ils seront 



je serais 
tu serais 
il serait 

je serions 



Conditionnel 

Présent 

e^j ou je* srês Je serais 

tu srês 

isrè 



te*j 8e»-ryôn 
e'ji 



sré-yon 

Ivô se»-ryée 
vô srè-yée 
ils seraient i srês 



vos seriez 



tu serais 
il serait 

nous serions 



vous seriez 
ils seraient 



que je sèye 
que tu sèye 
qu'il sêye 
que fséyons 
que vos séyez 
qu'ils seyent 



Subjonctif 

Présent 

ke'j sêy'-ye qnejesois 



ktu sôy*-ye 
kyi sêy'-ye 
ke"j se -y on 
kvô sè-yée 
kyi sôy'-ye 



que tu sois 
qu*il soit 
que nous soyons 
que vous soyez 
qu*ils soient 



— 71 — 



Autre 



quejesoye 


ke'j soi-ye 


que je sois 


que tu soye 


ktu soi-ye 


que tu sois 


qu'il soye 


kyi soi-ye 


qu'il soit 


que je soyotis 


ke^^j 8oi-yons 


que nous soyons 


que vos soyez 


kvô soi-yée 


que vous soyez 


qu'ils soyent 


kyi soi-ye 


qu'ils soient 



Ayant observé que les vieillards parlant entre eux n'employaient 
jamais ces formes que je qualifie de secondaires, je les considère 
comme des formes exotiques résultant du mélange des popula- 
tions, qui depuis une trentaine d'années devient considérable 
dans notre pays grâce à une sorte d'immigration venant des ré- 
gions voisines. C'est pour celte raison que je n'ai pas cru devoir 
admettre comme un second imparfait du subjonctif dans notre 
patois la forme «je fussisse, tu fussUses», etc., bien que je Taie 
entendue. 

Conjugaison des verbes actifs. 

Le patois n'a pas de verbes en oir, cette finale se remplaçant par 
er. 11 semblerait donc à première vue que Ton devrait rapprocher 
les verbes en ever des verbes en er ; mais comme une longue ha- 
bitude nous a accoutumés à appeler verbes de la i!" conjugaison 
les verbes en ir, il y aurait un réel inconvénient à en faire ici la 
troisième. Nous adopterons donc les quatre conjugaisons sui- 
vantes : 

Dans la première, Tinfinilif se termine en er et le passé défini en is ; 
dans la seconde, — ir — is; 

dans la troisième, — ever — tis\ 

dans la quatrième, — re — is. 



Modèles des conjugaisons 

!'• Conjugaison. — Chanter 





Indicatif 






Présent 




ej chante 


e*j chan2-le 


Je chante 


tu chante 


lu chanMe 


tu chantes 


il chante 


i chan*-te 


il chante 


ej chantons 


e^^j chan-tôn 


nous chantons 


vos chantez 


vô chan^-tè 


vous chantez 


ils chantent 


i chan«-te 


ils chantent 



— 72 — 





Imparfait 




ej chantaù 


c»j chan^-tés 


Je chantais 


tu chantais 


tu chan<-tès 


tu chantais 


U chantait 


i chanMè 


il chantait 


^ ciiontions 


c'j chanMyôn 


nous chantions 


vos chantiez 


vô chanî-tyée 


vous chantiez 


ils chantaient 


i chan-tès 

Passé défini 


ils chantaient 


ej chantis 


e*j chan«-li 


je chantai 


tu chantis 


tu chaD*-ti 


lu chantas 


il chanta 


i chan>-ti 


il chanta 


ej chantimes 


é°j chaD<-Un-me 


nous chantâmes 


vos chantites 




vous chantâtes 


ils chantirent 


i chanMi-re 
Passé indéfini 


ils chantèrent 


fai chanté 


je cbans-të 


j*ai chanté 


etc. 


etc. 
Passé antérieur 


etc. 


feus chanté 


ju chan^-tè 


j*eus chanté 


etc. 


etc. 
Plus-que-parfait 


etc. 


fanais chanté 


ja-Të chan^-tê 


j*avais chanté 


etc. 


etc. 

Futur 


etc. 


ej chanterai 


e»j chan2-rte 


je chanterai 


tu chanteras 


tu chan>-lHà 


tu chanteras 


il chantera 


i chanî-rta 


il chantera 


ej chanterons 


e»j chanM'ton 


nous chanterons 


vos chanterez 


vô chans-t'tè 


vous chanterez 


ils chanteront 


i chan^-rtont 


ils chanteront 


j'érai chanté 


jé-fe chaua-tê 


j'aurai chanté 


etc. 


etc. 


etc. 



ej chanterais 
tu chanterais 
U chanterait 

ej chanterions 
ej chantrions 

vos chanteriez 
vos chantriez 

ils chanteraient 



Conditionnel 

Présent 

e'j chanî-t'tês 

tu chan^-t'tês 

i chan^-në 
( e"j chanî«-te»-ryôn \ 
) e"j chan^-tri-yôns ( 
( e'j chan2-ié-yôn J 

vô chan2-te»-ryée 

vô chan2-ie'-yée 

vô chan'-tri-yée 

i chan2-t'té2 



je chanterais 
tu chanterais 
il chanterait 

nous chanterions 



vous chanteriez 



ils chanteraient 



-73 — 





Passé 




ferais chanté 
etc. 


jé-è chan«-té 
etc. 

Impératif 

Présent ou Futur 


j*attrais chante 
etc. 


chante 

chantons 

chantez 


chan'-te 

chanS-tôn 

chanî-të 

Futur antérieur 


chante 

chantons 

chantez 


aye chanté 
etc. 


èy'-ye chan'-tè 
etc. 

SalitJoiictif 

Présent ou Futur 


aie chanté 
etc. 


qn^ej chante 
que tu chante 
qu'il chante 
qu'ej chantions 
que vos chantiez 
qu*ils chantent 


ke»j chan2-te 
ktu chan3-(e 
kyi chan«-te 
ke»j chan»-tyôns 
kvô chanMjëe 
kyi chan^-te 


que je chante 
que tu chantes 
qu'il chante 
que nous chantions 
que vous chantiez 
qu*ils chantent 


qu'ej chantisse 
que tu chantisse 
qu*il chantisse 
qu*ej chantissions 
que oos chantissiez 
qu'ils chantissent 


Imparfait 
ke^^j chan<-tl-ce 
ktu chan«-ll-ce 
kyi chan«-tl-ce 
ke"j chan2-t!-cyôri 
kvô chan>-tl-cyèe 
kyi chanMi-ce 

Passé 


que Je chantasse 
que tu chantasses 
qu'il chantât 
que nous chantassions 
que vous chantassiez 
quMls chantassent 


que f aye chanté 
etc. 


kjèy*-ye chanMê 
etc. 


que j'aie chanté 
etc. 


que f eusse chanté 
etc. 


Plus-que-parfait 
kjùss chan^-tè que j'eusse chanté 
etc. etc. 




Infinitif 






Présent 




chanter 


chanMè 

Passé 


chanter 


aver chanté 


a- vfe chan2.tè 

Participe 

Présent 


avoir chanté 


chantant 


chan^-tan 

Passé 


chantant 


chanté 
ayant chanté 


chan«-tê 
é-yan chan'-tè 


chanté 
ayant chanté 



-74 — 



2* Conjugaison. — Finir 



ej fintn 
lu finis 
il finit 
ej finissong 
vos finissez 
ils finissent 



Indicatif 

Présent 
c»j fl-ni 

tu fi-DÎ 

i fi-ni 

e»j fi-Di-ç6D 
v6 fl-ni-cë 
i fi-nl-ce 



je finis 
tu finis 
il finit 

nous finissons 
vous finissez 
ils finissent 



Imparfait 

eJ finissais e*^ fi-ni-cê9 je finissais 

tu finissais tu fi-ni-cè^ tu finissais 

tV finissait i fi-ni-cë il finissait 

ej finissions e*j fi-ni-cyôn nous finissions 

vos finissiez vA fi-ni-cyée vous finissiez 

ils finissaient i fi-ni-cè^ ils finissaient 



ej finis 
tu finis 
il finit 
ej finîmes 
vo (sic) 
ils finirent 



Passé défini 

e»j fi-ni 
tu fi-ni 
i fi-ni 
e*j fi-nin-me 

i fi-ni-re 



je finis 
tu finis 
il finit 
nous finîmes 
vous finîtes 
ils finirent 



fat fini 
etc. 



y eus fini 
etc. 



Passé indéfini 

je fi-ni j*ai fini 

etc. etc. 



Pcutsé antérieur 



ju fi-ni 
etc. 



j'eus fini 
etc. 



Phis-que-parfait 
f avais fini ja-vè fi-ni j'avais fini 



etc. 



etc. 



etc. 



ej finirai 
tu finiras 
il finira 
ej finirons 
vos finirez 
ils finiront 



Futur 

e*j fi-ni-yë 
ttt fi-ni-yi 
i fi-ni-ya 
e"j fini-yon 
vô fi-ni-yée 
i fi-ni-yon 



je finirai 
tu finiras 
il finira 
nous finirons 
vous finirez 
ils finiront 



Futur antérieur 



ferai fini 
etc. 



ej finirais 
tu finirais 
il finirait 



jé-ë fi-ni 
etc. 



j*aurai fini 
etc. 



Conditionnel 

Présent 

e*j fi-ni-yô2 je finirais 
tu fi-ni-yô tu finirais 
i fi-ni-vc il finirait 



ej finirions c*j fi-ni-yôn nous finirions 
vos finiriez vô fi-ni-yée vous finiriez 
ils finiraient i fi>ni-yè ils finiraient 



ferais fini 
etc. 



Passé 

jé-é fi-ni 
etc. 



j'aurais fini 
etc. 



Impératif 

Présent ou Futur 



finis 

finissons 

finissez 



aye fini 
etc. 



fi-ni 

fi-ni-çon 

fi-ni-cè 



finis 

finissons 

finissez 



Futur antérieur 

aie fini 
etc. 



èye fi-ni 
etc. 



qu'ej finisse 
que tu finisses 
qu*il finisse 
qu'ej finissions 
que vos finissiez 
qu'ils finissetit 



SulQijonctif 

Présent ou Futur 

Ite^'j fi-ni-ce que je finisse 

klu fi-ni-ce que tu finisses 

kyi fi-ni-ce qu'il finisse 

ke°j fi-ni -cyon que nous finissions 

kvù fi-ni-cyée que vous finissiez 

kyi fi-ni-ce qu'ils finissent 



— 76 — 



finir 



aver fini 





Imparfait 




qu'ej finisse ke'j û-nl-ce que je finisse 
que tu finisses ktu fi-nl-ce que tu finisses 
qu'il finisse kyi fi-nl-ce qu'il finit 
qu*ej finissions ke^j fi-nl-cyon que nous finissions 
que vos finissiez kvû fi-nl-cyée que vous finissiez 
qu'ils finissent kyi fi-nl-ce qu'ils finissent 




Passé 




quefaye fini 
etc. 


kjêy fi-ni 
etc. 


que j'aie fini 
etc. 




Plus-que-parfait 


que f eusse fini 
etc. 


kjû-ce fi-ni 
etc. 


que j'eusse fini 
etc. 


Infinitif 






Participe 


Présent 






Présent 


fi-nle finir 




finissant fi-ni-çAn finissant 


Passé 
a-vë fi-ni avoir fini 


Passé 
fini fi-ni fini 
ayant fini ë-yan fi-ni ayant fini 


3« Conjugaison. — 


Rechever 




Indicatif 






Présent 




je recheus 
tu recheus 
il recheut 
je rechevons 
vos rechevez 
ils recheuvent 


je" r*cheu 
tu r'cbeu 
i r'chèu 
je T'cbe^-von 
vô r'cbe^-vè 
i r'cbeu-ve 

Imparfait 


je reçois 
tu reçois 
il reçoit 
nous recevons 
vous recevez 
ils reçoivent 


je rechevais 
tu rechevais 
il rechevait 
je rechevions 
vos recheviez 
ils rechevaient 


je" r*cbe--vê2 
tu r'cbe"-vé2 
i r'cbe"-v'e 
je* r'che"-vyôn 
vo r'cbe*-vyée 
i r cbe"-vô 

Passé défini 


je recevais 
lu recevais 
il recevait 
nous recevions 
vous receviez 
ils recevaient 


je rechus 
tu rechus 
il rechu 
je rechumes 
V (sic) 
ils rechurent 


je» r'cbu 
tu r'chu 
ir'cbu 
je" r*cbun- 

i r'chu-re 


me 


je reçus 
tu reçus 
il reçut 
nous reçûmes 

ils reçurent 



— 76- 





Passé indéfini 




foM reehu 


]ë r'ehu 


j'ai r«cu 


etc. 


etc. 
Passé antérieur 


etc. 


feus reehu 


ju r'ehu 


j'eus reçu 


etc. 


ete. 
Pius-guê-parfait 


etc. 


fanais r'ehu 


ja-vè r*ehu 


j'afais reçu 


eu. 


etc. 

Futur 


etc. 


je rechewat 


je» r'che*-yrë 


je recevrai 




tu r*che»-Trà 


tu recevras 




i r*che»-yra 


il recevra 


je rechevrons 


je* r'che'-YTon 


nous recevrons 


vos rechevrez 


vô r*che'-Yrè 


vous recevrez 


lie rechewont 


l r'che'-TToii 
Futur antérieur 


ils recevront 


ferai reehu 


jé-fe r'ehu 


j'aurai reçu 


etc. 


etc. 

Conditionnel 
Présent 


etc. 


je rechevraiê 


je' r'cheMrè» 


je recevrais 


tu rechevrait 


tu r*che»-yrè« 


tu recevrais 


il rechevrait 


i r'che--vrë 


il recevrait 




je* r'che'-Tri-ona ) 
je* r'che*-ve*-ryon8 { 


nous recevrions 


vos rechevriez 


( vô r'che'-vri-yée J 
( vo r'che'-ve'-ryée } 


vous recevriez 




l r'che^-vrê» 
Passé 


ils recevraient 


ferais reehu 


jé-ê r'chu 


j'aurais reçu 


etc. 


etc. 

Impératif 

Présent Ofu Futur 


etc. 


recheus 


r*cheu 


reçois 


rechevons 


r'che*-von8 


recevons 


rechevez 


r'che*-vè 
Futur antérieur 


recevez 


aye reehu 


éy*-ye r*chu 


aie reçu 


etc. 


etc. 


etc. 



qu^jf reeheuve 
que tu reeheuve 
qu'il reeheuve 
que je reehevions 
que voi recheviez 
quHU reeheuvent 



77 - 



Sabjonctlf 

Présent ou Futur 

Ige r*cheu-ve 
ktu r*chea-Te 
kyi r*cheu-ve 
kje r'chc"-vyon 
kvô r*che»-vyée 
kyi r*cheu-ve 



que je reçoÎTe 
que tu reçoives 
qu*il reçoive 
qae nous recevions 
que vous receviez 
qu'ils reçoivent 



que je rechevisse (sic) 



Imparfait 



Passé 



que paye reehu kjey*ye eVchu que j*aie reçu 

etc. etc. etc. 





Ptus-que-parfatt 




que f eusse rechu 


kjuss e'r'chu 


que j'eusse reçu 


etc. 


etc. 

Infinitif 

Présent 


etc. 


rechever 


r*che*-vé 

Passé 


recevoir 


aver rechu 


a-vè r*chu 

Participe 

Présent 


avoir reçu 


reehevant 


r'che*-van 

Passé 


recevant 


rechu 


r'chu 


reçu 


ayant rechu 


ë-yan r'chu 


ayant reçu 



4» Conjugaison. — Rendre 





Indicatif 






Imparfatt 






Présent 




ej rendais 


ej» ran-dê2 


je rendais 


ij rends 


eoj ràn 


je rends 


tu rendais 


tu ran-dë* 


tu rendais 


tu rends 


tu rân 


tu rends 


il rendait 


i rau-dë 


il rendait 


U rend 


irân 


il rend 


ej rendions 


e^'j ran-dyons nous rendions 


je rendons 


e»j ran-don 


nous rendons 


vos rendiez 


vô ran-dyée 


vous rendiez 


vos rendez 


vô ran-dë 


vous rendez 


ils rendaient 


i ran-dè3 


ils rendaient 


ils rendent 


i ran-de 


ils rendent 









-78 — 





Passé défini 


ej rendis 


e"j ran-di je rendis 


tu rendis 


tu ran-di tu rendis 


il rendi 


i ran-di il rendit 


je rendîmes 


e^^j ran-diii-me nous rendîmes 


vos (sic) 


TÔ (sic) vous rendîtes 


ils rendirent 


i ran-di re ils rendirent 




Passé indéfini 


fai rendu 


je ran-du j'ai rendu 


elc. 


etc. elc. 




Passé antérieur 



feus rendu ju ran-du j'eus rendu 
etc. etc. etc. 

Plus-que-parfait 

f avais rendu ja-vë ran-du j'avais rendu 
etc. etc. etc. 



ej rendrai 
tu rendrai 
il retxdra 



Futur 

e"j ran-drê je rendrai 

tu ran-drâ tu rendras 

i ran-dra il rendra 



ej rendrons e'j ran-dron nous rendrons 
vos rendrez vô ran drô vous rendrez 
ils rendront i ran-dron ils rendront 



Futur antérieur 

ferai rendu jé-è ran-du j'aurai rendu 
etc. etc. etc. 

Conditionnel 

Préseyit 

ej rendrais e®j ran-drè je r*;ndrais 
lu rendrais tu ran-dré tu rendrais 
lY rendrait i ran-drè il rendrait 
ej rendrions «"j ran-drions nous rendrions 
vos rendriez vô ran-driée vous rendriez 
ils rendraient i ran-dré ils rendraient 

Passé 

ferai» rendu jé-è ran-du j*aurais rendu 
etc. etc. etc. 



Impératif 

Présent ou Futur 



rends 

rendons 

refidez 



aye rendu 
elc. 



rans 

ran-don 

ran-dé 



rends 

rendons 

rendez 



Futur antérieur 

ey'-ye ran-du 
etc. 



aie rendu 
etc. 



Sumonctif 



Présent ou Futur 



qii*ej rende 
que lu rendes 
qu'il rende 



ke*j ran-de 
ktu ran-de 
kvi ran-de 



que je rende 
que tu rendes 
qu'il rende 



qu*ej rendions ke*j ran-dyon que nous rendions 
que vos rendiez kvo randyée que vous rendiez 



qu'ils rendent kyi ran-de 



qu'ils rendent 



qu*ej rendisse 
que lu rcîidisses 
quil renflisse 
qu'ej rendisntions 
que vos rendissiez 
qu'ils rendissent 



Imparfait 

ke"j ran-dl-ce 
klu ran-dl-cc 
kyi ran-dl-ce 
keoj ran-dl-cyons 
kvo ran-dl-cyée 
kvi ran-dl-ce 



que je rendisse 
que tu rendisses 
qu'il rendît 
que nous rendissions 
que vous rendissiez 
qu'ils rendissent 



que f aye rendu 
elc. 



Passé 

kjêy'-ye ran-du 
etc. 



que j'aie rendu 
etc. 



-79 — 





Plus-que-parfait 








que fetuse rendu kjuss ran-du que j' 


eusse rendu 






etc. etc. 


etc. 






Infinitif 




Participe 






Présent 




Présent 




rendra 


ran-de rendre 


rendant 


ran-dan 


rendant 




Passé 


rendu 


Passé 
ran-du 


rendu 


aver rendu 


a-ve ran-du avoir rendu 


ayant rendu 


e-yan ran-du 


ayant rendu 



Observations sur la conjugaison, 

FUTUR BT CONDITIONNEL DB LA 1" CONJUGAISON 

Par suite des différentes manières de rendre Yr précédé d'un 
e muet, le futur et par conséquent le conditionnel de la 1™ con- 
jugaison ne se conjuguent, quant k la prononciation, comme 
le modèle donné, que pour un certain nombre de verbes, les 
autres formant des exceptions assez nombreuses que nous 
allons essayer de faire connaître ici : 

Les verbes qui suivent le modèle sont ceux dont le radical se 
termine par une seule consonne sensible à Toreille. 

On sait que Ton appelle radical d'un verbe la partie qui ne 
change pas dans la conjugaison. L'autre partie s'appelle termi- 
naison. 

Pour trouver le radical de la l""* conjugaison, il suffît de re- 
trancher er de l'infinitif. 

Il suit de là que lorsque la dernière lettre du radical est une 
consonne simple, ou bien une consonne double comme ch, gn^ 
Il mouillées. Il non mouillées, nn, ss, ou encore une de ces con- 
sonnes précédées de m ou » finales d'une voyelle nasale, le 
verbe se conjugue comme « chanter 0. Mais si le radical se ter- 
mine par deux consonnes sensibles, comme dans t ourler, 
lorner, épergner, forcher, sangler, respecter », on conjugue 
de la manière suivante : 



ej tornérai 
tu tornéras 
il iornéra 



Jfhttur 

«•j tôr-né-è 
tu tôp-né-â 
i tôr-né-a 



je tournerai 
tu tourneras 
il tournera 



^ tOTHéfOnt 

vos tornirez 
il* tomèrout 



ej ioméraiê 
tu tomérai* 
il tomérait 
ejtomérionê 
voi tomériez 
ils tornéraient 



-80- 

e^ tôr-né-on 
vô tôr-né-è 
i tôr-né-ôn 

Conditionna 

e«j tôr-nè-ê* 
tu tôr-nè-ô* 
i tOr né è 
e*j tôr-né-yôn 
vô tôr-né-yeas 
î tôr-nè-Ô» 



nous toomeroxiB 
TOUS tourneres 
ils tourneront 



je tournerais 
tu toumeraîB 
il tournerait 
nous tournerions 
vous toumeries 
ils tourneraient 



Comme on le voit, ce procédé consiste à supprimer simple- 
ment IV, après avoir changé en é fermé Ve muet qui le précède, 
comme nous Pavons déjà indiqué dans la première partie. 

On remarquera, lorsque le radical se termine par une voyelle 
comme dans « amaer, déraaer, paer, cuer, huer, demeuer, 
ruer », que IV du futur se remplace par une aspiration de 
manière que la voyelle, qui de plus est très longue, semble être 
successivement voyelle et consonne. Ex. : c quand tu le tueras 
(tUrhuâ), quand ils demeureraient (t d'meu-hué^), quand ils dé- 
mareront (d^-mo-A^n). > 

VERBBS EH (( ENBB ». — PRÉSENT DE L'INDICATIF ET DE L'IMPÉRATIF 

Lorsque la terminaison commence par un e muet, les verbes 
en ener et éner remplacent cet e muet par la nasale en = in. 

Ex. : mener, ej menne (min-ne), étrener, fétrenne (é-trin-ne), 
aliéner (a-lyin-né), f aliène (j'a-lyin-ne). 

De même gêner (gin-né) fait jejénne (e^'j gîn-ne) ; par excep- 
tion fener (fe**-né) fait ei^j funne (fun-ne). 

VERBES EN « ELBR » ET ETBB )) 

Les verbes suivants : agneler? boteler, carreler, engaveler, 
étincheler? ficheler? niveler, râteler, taveler, cacheter, colleter, 
dépaqueter, empaqueter, haleter, et leurs composés, gardent 
partout Ye muet du radical, quelle que soit la terminaison, et 
on prononce (1) botle, carie, engavle, nivle, râtle, tavle, cach'te, 
coite, dépacte, halte. Les autres verbes en eler ou eter changent 
Ve muet en ê ouvert comme en français; mais un grand nombre 
des verbes français de celte forme sont inconnus chez nous. 



(i) Ici une lacune dans le manuscrit, Fauteur n'ayant pas sans doute entendu le 
mot que réclame le contexte : <xgnle, — T. 



— 81 — 

2* OONJUGAISOH 

Haïr est toujours dissyllabique ; je haïs, tu haïs, etc. 

3« CONJUGAISON 

Les seuls verbes qui puissent se conjuguer sont rechever et 
éperchever, tous les autres verbes dont le passé défini est en us, 
étant plus ou moins irréguliers. 

On a pu voir que les temps primitifs et les dérivés sont les 
mêmes qu'en français. Les règles de dérivation sont également 
les mêmes, en tenant compte toutefois des règles que nous 
avons énoncées ci-dessus. 

Verbes passifs. 

Le patois comme le français n'a pas, à proprement parler, de 
voix passive. Il y supplée par l'adjonction du participe passé à 
l'auxiliaire être. Il est donc inutile de donner un modèle de 
cette conjugaison. 

Verbes neutres. 

Les verbes neutres ont les mêmes terminaisons que les 
verbes actifs, et ils se conjuguent de la même manière dans 
tous leurs temps simples. Mais dans les temps composés ils 
emploient parfois l'auxiliaire être; mais le plus souvent ces 
verbes se conjuguent tantôt avec un auxiliaire et tantôt avec 
un autre. Nous allons donner la première personne du sin- 
gulier de chaque temps du verbe entrer conjugué avec être. 
Cela suffira pour faire comprendre la marche de la conjugaison 
avec cet auxiliaire. 

Indicatif 

Prêtent 
f entre jan-tre j'entre 

Imparfait 
fêfitraiê jan-trô j'entrain 

Paeêi défini 
ferUris jan-tri j'entrai 

Pasfé indéfini 
ej sieut entre ou entrêye e«j sieu^ an-tré ou an-trè-ye je suis entré ou entrée 

Paseé antérieur 
ej fus entre ou entrêye e«>j fû an-trê ou an-trè-ye je fus entré ou entrée 



— 82 — 

FÎU4- que-parfait 
f étais entre ou entreye jé-tô^ an-trê ou an-trê-ye j'étais entré ou entrée 

lutur 
f entrerai jan-tré-è j'entrerai 

Futur antérieur 
je serai entre ou entreye je B'eè an-trê ou an Irê-ye je fierai entré ou entrée 

Conditionnel 

Présent 
f entrerais j'an-tré-ô j'entrerais 

PasMé 

je serais entre ou tntrêye e"j s'sé an-trê vu an-tru-ye je Ferais entré ou entrée 

Impératif 

Pré sent 
entre an-tre entre 

Futur antérieur 
sêye entre ou entreye Bey-ye an-trô vu an-trê-ye sois entré ou entrée 

Sul:tjoiictif 

Prêxent 
yue fe/itre kjan-tre que j'entre 

Jiifpai'/ait 
que j'entrhse kjan-trf-ce que j'entrasse 

Pasxé 
qu'ej sais entre ou entreye ke*»j eê- an-trê tm an-trê-ye que je sois entré 

ou entrée 

Plus-q ue parfa it 
que je fusse entre ou entreye ke<»j fu-ce an-trê ou an-trê-ye que je fusse entré 

ou entrée 

Infinitif 

Présent 
entrer an-trè entrer 

Passé 
être entre ou entreye et-te an-trê ou an-trê-ye être entré ou entrée 

Participe 

Présent 
entrant an-tran entrant 

Passé 
entré ou entreye an-trê ou an-trê-ye entré ou entrée 

étant entre ou entre ijc é-tan-tan-trô ou an-trê-ye étant entré ou entrée 

Il est d'autant plus difficile de donner une régie de remploi 
des auxiliaires être ou avoir dans la conjugaison des verbes 



-83- 

neutres, que les paysans ne s'accordent pas toujours entre 
eux à ce sujet. On peut toutefois dire que le plus grand 
nombre préfère être quand il s'agit de quelque chose de per- 
manent, et avoir quand il s'agit d'un état transitoire. Ainsi ils 
diront : fai arrivé à deux heures et ej sieus resté à f attendre une 
grande heure ; il y a là comme un écho lointain de la règle 
espagnole de l'emploi de ser et estar (1). 

Verbes pronominaux. 

La conjugaison des verbes pronominaux se fait comme en 
français, sauf les différences phonétiques essentielles. Ainsi 
l'auxiliaire être est seul employé, et si parfois on entend des 
expressions de ce genre : ;e w'fli trompé, tu fas battu, ces ex- 
pressions sont considérées comme fautives par les paysans 
eux-mêmes. 

Il nous suffira donc de donner comme modèle la conjugai- 
son du verbe se tromper. Le patois y ressemble tellement 
au français que nous avons cru pouvoir supprimer la traduc- 
tion. 

Indicatif 

Prêtent 

je me trompe je® m'-trôn-pe 

tu te tromper tutt' tron-pe 

U se trompe iss tron-pe 

frws trompons j'nô tron-pon 

vos vos trompez vô-vô tron-pô 

Us se trompent iss tron-pe 

Imparfait 
je me trompais je* m-tron-pô* 

Passé défini 
je me trompis je'm-trôn-pi 

(1) L*anecdote suivante rend très sensible ce double emploi : Monseigneur Blan- 
quard de Bailleul, archevêque de Rouen, interrogeait un enfant avant de lui donner 
le sacrement de confirmation. Jusque-là Tenrant avait fait preuve d*une véritable 
intelligence, quand rarchevèque lui posa cette question : c Jésus-Christ est-il mort? » 
— « Non, monseigneur » répond Tenfant. Le prélat croyant à inadvertance répète 
sa question; même réponse. A ce moment, le curé qui était présent demande la parole 
et modifie ainsi l'interrogation ; « Monseigneur vous demande si J.-C. a mouru ». 
Réponse : « Oui, il a mouru ; mais il n*est pas mort, pisqu*il est ressuscité -. Si ce 
n'était pas du français, c'était du moins de l'intelligence. 

[L*historiette fit le tour du Diocèse et se racontait couramment dans le clergé de 
Rouen il y a quarante ans. — T. ] 



— 84- 

Paué indé/bii 
Je me êieuê trompé ou trempêye je® m-êieu^ trôn-pê ou tron-pê 

2*aêêi antérieur 
Je me fuê trompe ou trompêye je* m-f a tron-pê ou tron-pê-ye 

Plut-que-parfa it 
ej m'étais trompé ou trompêye e«j mé-tê tron-pé ou troa-pê-ye 

Futur 
Je m^e tromperai je* m-tion-p*pè 

Futur antérieur 
eJ me terai trompe ou trompêye e«j me 8*8ê-tron-pê ou tron-pè-ye 

Conditioniiel 

Présent au Futur 
je me tromperais }e^ m-tron-p*pê^ 

Futur antérieur 
eJ me serais trompe ou trompêye e^j me-B^eê tron-pê ou tron-pêye 

Sabjonctif 

Présent ou Futur 
que Je me trompe kje*m-tron-pe 

Imparfait 
que Je me trompisse kje^m-tron-pt-ce 

Passé 
que Je me sais trompé ou trompêye kje» m-Bê> tron-pô ou tron-pê-ye 

Plus-que-parfait 
que Je me fusse trompe ou trompêye kje* m-fû-ce tron-pê ou tron-pê-ye 

Infinitif 

Présent 
se tromper e**B8 iron-pè 

Passé 
s'être trompé sett tron-pd 

Participe 

Présent 
se trompant e<>BS tron-pant 

Passé 

trompé^ trompêye tron-pê, tron-pê-ye 

s'étant trompé ou trompêye cet-tan tron-pê ou tron-pêye 

Verbes impersonnels. 

Les verbes impersonnels n'ont que la troisième personne du 
singulier; de plus ils n'ont pas d'impératif. A cela près, leur 
conjugaison est la même que celle des autres verbes; il est 



-86 — 

donc inutile de donner un modèle de ce genre de conjugaison. 
Deux de ces verbes étant irréguliers, nous montrerons plus 
loin comment on les conjugue. 

Conjugaison interrogative. 

L'interrogation se fait comme dans le français, en mettant 
le pronom après le verbe, La première personne constitue une 
exception remarquable. On sait qu'en français certains verbes 
comme rendre, courir, ne peuvent en première personne se 
conjuguer d'une manière interrogative. Chez nous, quel que 
soit le verbe, il ne peut jamais être suivi du pronom j> ou ej, et 
cela non seulement au présent de l'indicatif, mais à quelque 
temps que ce soit, tant au pluriel qu'au singulier. On a donc 
recours, pour exprimer l'interrogation de la première personne, 
à une tournure des plus originales, qui consiste à mettre le 
pronom t7 après le verbe conjugué d'une manière positive en 
ayant soin d'intercaler un t euphonique (1). 



orthitgraphe . . 
pnmtmeiation, 
français 



ej-rends-t'il? 

e*j-râii-ti 

est-ce que je rends ? 



ej flanne't'il? 
e*j flan^ne-ti 
flâné-je ? 



ej parlerom-t-U? 
e^ péUrion-ti 
parlerons-noTU ? 



Nous allons donner comme modèles de conjugaison interro- 
gative les trois premiers temps de rechever et se tromper. Les 
autres ne peuvent plus offrir de difficulté. 





Verbe rechever 






indicatif 






Priient 




Jereehevê'Ul? 


ie*r'oheu-ti 


reçoî»-je? 


reeheut-tu ? 


r*cheu-tu 


reçois-tu? 


reeheut'ilT 


r'cheu-ti 


reçoitril? 


je rechevons-t'il ? 


je»r*che°-von-ti 


recevons-nous? 


reehevez-voftt? 


r'che»-vô-vou8 


recevez-Yousf 


reeheucent'ili? 


r'cheu-v'ti 
Imparfait 


reçoivent-ils 7 


70 rechetaU't'U? 


jeor*oheo-vô2-ti 


recevais -je 7 


rechevaU'tu? 


r'che«-vô2-tu 


recevais-tu! 


reehevaU'il? 


r'cheo-vô-tl 


recevait-il? 


je reoheviani'til? 


jeor*che*-vyon-ti 


recevions-nous 7 


rechetiez'voua ? 


r'cheo-vyée vou 


receviesvous ? 


rechetai^nt'Uê? 


r'che«-vô-tl 


recevaient -ils? 



(i) Si étrange en effet que soit le procédé, il n^est pas rare d'entendre encore dire 
à Rouen : je me trompe^ti et je me tuis-ti trompé. La banlieue du Havre aurait 
donc fait école. — T. 



— 86 — 



je reehut't^il? 
rechuâ-tu ? 
rechut-il ? 
je rechumât^t Uf 



Poêié défini 

je* r'chu-ti 

r'chu-tu 

r'chu-U 

je» r'chun-me-ti 



rechurent-Ué? r*chu-re-ti 



reçu8-je? 
reçus-tu ? 
reçut-il? 
reçCLmes-DOus? 
reçûtes-Yous ? 
reçurent-ils? 



10 me trompe-t'U f 
e^t trompei^vf 
e^t trumpf't-il ? 
ej nos trompont'UU? 
vas tromjpez^vous? 
es trompent'Usf 



ej me trompaû-t'U? 
et te trompaU-tv ? 
es trompait-il? 
ej nos trompioHS't'il? 
tas trompiez-tousî 
es trompaient-ils y 



ej me trompis-t-U ? 

et trompiS'tuf 

es irompit-Uf 

ej nus trompîtnes't'il? 

tos (sic) 

es trompirent'ilsî 



Verbe «e tromper 

Indicatif 

Présent 

e«j me trôn-pô-ti 
e<»tt trôn-pe-tu 
e*BS trôn-pé-ti 
e^ nô trÔD-pon-ti 
vÔ trôn-pô-vou 
e<>8s trôn«pè-ti 

Imparfait 

e«i me® trôn-pé^-ti 
ent trôn-pô2-tu 
e"88 trôn-pè-U 
e"j nô tron-pjron-ti 
VÔ trôn>pyèe-vou 
eofls trôn-pê-ti 

Passé défini 

e»j me*» trdn-pi-ti 
eHt trôn-pi-tu 
e*88 trôn-pi-ti 
e^j nô trôn-pin-rae-ti 

e*>B» tron-pi-r'ti 



me trompé- je? 
te trompes-tu? 
se trompe-t-il? 
nouj trompons-nous? 
vous trompes-voui ? 
se trompent-ib? 



me trompais- je? 
te trompais-tu? 
se trompait-il? 
nous trompions-nous? 
vous trompiez- vous ? 
se trompaient-ils? 



me trompai-Je? 

te trompas-tu ? 

se tronipa-t-il ? ] 

nous trompâmes-nous? 

vous trompâtes- vous ? 

se trompèrent-ils? 



Il est évident que la conjugaison interrogative ne peut avoir 
ni subjonctif; ni infinitif, ni participe. 

Remarque. — A la première personne du pluriel, au lieu de la 
forme donnée dans le tableau, on emploie souvent la tournure 
française; on dira par exemple : rechevons-nous (r'che^'-vonnou) 
au lieu dejerechevons-t-il? En revanche, il n'est pas très rare 
d'entendre dire : vos rechevez-t-i^ etc. 



Verbes irréguliers et défectifs. 
On appelle verbes iiTéguliers ceux qui, dans certains temps 



-87- 

ou certaines personnes, s'écartent des types généraux de con- 
jugaison. 

On donne le nom de défectifs à ceux qui ne sont employés 
qu'à certains temps ou certaines personnes, de telle sorte que 
le reste de leur conjugaison est complètement inusité. 

Verbes irrégulier^ de la première conjugaison 
Aller 



je vai 


je.vâ 


tu tas 


tu-vô 


U va 


i.ya 


falloiu 


ja-lon 


to» allez 


vô-za-lè 


ils vunt 


ivÔD 


yallaiê 


ja-lô2 


fallionê 


ja-lyôn 


faUii 


ja-li 


fallimet 


ja-lin-me 


j'irai 


ji-yè 


j'irons 


ji-yon 



va 

allons 

allez 

qH*ej voige 
que tu voiges 
qu*il voige 
quejWlions 
que vos alliez 
qu'ils eoigent 

que fallisse 
que fallissions 

allant 
allé 



va 

a-lon 
a-lè 

ke®j vouôy'-je 
ktu vouôy'-je 
kyi voQÔy'-je 
kja-lyÔQ 
kvô-za-lyée 
kyi vouôy*-je 

kja-lî-ce 
kja-li-cyÔQ 

a-lan 
a-lê 



Remarque. — Le participe alU est presque inusité seul ; on 
le remplace par été. Mais on l'emploie toujours avec en. Ex. : 
t7 8 est en allé. Cet exemple montre en même temps que s'en 
aller se conjugue comme si en aller ne formait qu'un seul mot. 

Envier ou envéyer ; ces deux formes s'emploient simultané- 
ment et se conjuguent régulièrement (sur chanter), et on dit 
fendons etj'envéyons. Mais la forme envéyer est seule complète ; 
l'autre est défective et manque de toutes les personnes dont la 
terminaison est un e muet. Ainsi pour « j'envoie ■ on dira 
j'envéye, mais non a j'envie ». 

Deuxième conjugaison. 

Bouillir se conjugue comme en français, sauf les différences 
voulues par la conjugaison régulière. 

Courir, comme le français; mais en dehors du futur, du 
conditionnel et du participe présent, l'r ne se prononce que 
s'il est immédiatement suivi de t ou de s. 



Cueillir, comme le français^ sauf le singulier du présent de 



— 88 - 

Vindicatif : je cueus (kyeu^» tu cuetis, ii cuetitQe cfieuillons) et de 
rimpéralif ctieus ; de plus, le futur a deux formes : !• je cuetUi- 
rai, 2® je cueillerai (e**j kyeuy'yè), d'où se tirent nalurelloment 
deux formes de conditionnel. 

Dormir, comme en français; mais au futuretau conditionnel 
Vr est muet et Ton prononce : e^'j dor-mi-yè, e*j dor-myê*. 

Fir (1), il fit, il fisait, il a fi, il fira (fly'ya), il firait (fiy'yè). 

Mentir, comme en français. 

Mourir, comme en français, avec deux participes passés, 
mort et mouru. Le premier indiquant l'état se conjugue avec 
être ; le second indiquant l'acte même de la mort se con- 
jugue avec avoir. Ex. : < il a mouru tout d'un coup •. 

JV.-B. — Devant u et t, r ne se prononce pas, mais il se pro- 
nonce devant une diphtongue commençant par t : ej' mou- 
rions. 

Ouvrir, partir, repentir (se), sentir, servir, sortir, offrir, comme 
en français. Repentir et sentir ont pour participes repentu et 
sentu. 

Tenir, ej tins {tin^), je tenons (t'non), ils tiennent; je tenais, 
je tenions, je tenus J je tenûmesf ej tindrai, ej t inirons, tins 
(tin'), qu'ej tienne, qus je tenions, qu'ils tiennent (imparfait 
du subjonctif inusité), tenant, tenu. 

Les composés se conjuguent de même ainsi que venir avec 
ses composés dont le passé déf. est;^ vins. — Dans s'en venir 
l'impératif est tvi-t-en ». 

Remarque. — Dans les verbes en enir, si le e qui précède n 
n'est lui-même précédé que d'une seule consonne, il est com- 
plètement muet et l'on prononce : v'ni, v'nant, t'nons, Cnu. Hais 
si la consonne est double il se prononce. Ainsi on dira : 
t s'abs-te^'-ni, ob-te**-ni, par-veni • et même t e"rve'-ni » : car 
par la prononciation les deux consonnes se trouvent rappro- 
chées ; la même raison fait prononcer e'r-te'^-ni. Comme on le 
voit, cette règle n'est qu'un cas particulier de la prononciation 
de Ye muet indiquée dans la phonétique. 



(1) C'est fuir, mais en parlant d*un liquide. Âu sens le plus commua, Oû dit c se 
sauver». —T. 



-89 — 

En d'autres termes, Ve muet qui précède la finale nir se pro- 
nonce toutes les fois que la particule préfixe se termine par 
une consonne; et il ne se prononce pas lorsque cette préfixe se 
termine par une voyelle. 

Vêtir n'a guère d'usité que l'infinitif, l'impératif, le participe 
passé et les temps où il entre en composition, avec les mêmes 
formes qu*en français, sauf que la syllabe vé est toujours brève. 

Déchoir, ej décheus, tu décheus, il décheut ; sans imparfait; ej 
déchtis; ej déchûmes; participe passé déchu. 

Echoir, ilécheut, échéant, échu, 

Faller (falloir), il faut, il fallait, il fallut, il a fallu, il faillira 
ouil faudra, il faillirait ou il faudrait, qu'il falle, imparfait 
du subjonctif inusité, fallant, fallu, 

Mouver (mouvoir), e^j mouve; régulier de la l" conjugaison 
patoise. 

Plouver (pleuvoir), il pleut, il plouvait, il plut, il a plu, il 
plouvra ou il pleuvra, qu'il plouve, imp. subj. inusité, plouvant 
peu usité, plu. 

Pouver (pouvoir), e^j peux, tu peux, il peut, e^j pouvons, vos pou- 
vez, ilspeuvent ; e^j pouvais, ^j pouvions, e'^jpus, e^^j pûmes, e^j pourrai, 
sans impératif, qu'ei^jpeuve, qu'ej pouvions, sansimparf. dusubj,, 
pouvant, pu. 

Saver (savoir), ej sais, ej savons, ils savent, ej savais, ej su^, ej 
serai (sé-è), tu seras (sé-â), Usera (se a); ej seron (sc-on) ;ej serais 
(sé-è); pas d'impératif; 9uV;«a»e, quej savions, pas d'imparf. 
du subj.; savant, su; saisje moi se dit en patois : sait-il (sê-ti) 
maif Le reste comme « avoir ». 

Valer (valoir), comme en français sauf Tinfinitif et le présent 
du subjonctif : qu'ej valle, qu'ej vallions, 

FoW^r (vouloir), comme en français, sauf Tinfinilif; impéra- 
tif: veus i^bref), voulons, voulez. 

Dever (devoir), y dais, tu dais, il dait ; je devons. 

4« CONJUGAISON 

Absoudre, les seuls temps usités hors Tinfinitif sont : présent 



— 90- 

de Findicatif au singulier, j'absous, V absous, il absout, et le par- 
ticipe passé absous, absoute, avec les temps où il entre en com- 
position. 

Assiettre {^%^o\v\ j'assieus, t'assieus, il assieut, j'ass , vos 

ass , t7 ass , j'ass , j'ass , j'assis, j'ass , j'assiéterai 

(ja-ciet'tè), assieds, asseyons, asseyez, que j'ass , que fass 
asseyante assis, assise. 

Les précieux emploient la conjugaison « j'assois », etc. 
donnée par l'Académie. 

Se siettre (s'asseoir), comme s'assiettre, sauf (I) 
impératif: c sieus-tai i ou < siettez-vous t. 

Sesierre, les seuls temps usités sont l'infinitif et l'impératif : 
« siechez-vous » que l'on prononce parfois chièchez-vous. 

Bére [boire] (bè), ej beus, tu beus, il beut, ej beuvons, vos beuvez, 
ils beuvent; ej beuvais, ej beuvions;ejbus, ej bûmes \ ej bérai (bé-è); 
beus, beuvons; queej beuve, que je beuvions, qu'ils beuvent; que je 
busse, que je bussions, beuvant, bu, bue. 

Croire (cvè), croître (cvè-ie), se conjuguent comme en fran- 
çais, sauf le changement de o/en ai; de plus dans le second, oi 
est bref. 

Faire (fè), comme le français, sauf le présent du subjonctif: 
que je fâche, que tu fâches, qu'il fâche; que je fesions, que vos fesiez, 
qu'ils fâchent. 

Lire, ej lis, ej lisons, ej lisais, ej lisions, sans passé défini, je 
lirai, je lirons, lis, que ej lise, que ej lisions, sans imp. du subj., 
lisant. H; on conjugue de même relire. 

Luire, ej luis, ej luisons; ej luisais, ej luisions; ej luisis, ej 
luisimes; ej luirai (lui-yè), ej luirons (lui-yon) ; que je luise, que je 
luisions, sans imparf. du subj. 

Moudre, ej meus, tu meus, il meut, ej moulons, vos moulez, ils 
meulent; ej moulais, ej moulus, ej moudrai, meus, moulons, moulez, 
que je meule^ sans imparf., moulant, moulu, moulue. 

Paître, comme en français, mais avec le participe passé 
paissu, 

(1) Il y a ici un blanc. Il témoigne, aussi bien que les mots inachcTés de Particle 
précédent, avec quel soin Fauteur a écrit^ sans vouloir rien noter au hasard. 



— 91 — 

RepaUre, se conjugue de même, participe passé repaissu (rpè- 
Çu). 

Paraître, se conjugue comme en français; mais 1er du radi- 
cal ne se prononce que lorsqu'il n'y en a pas dans la terminai- 
son. Ainsi, (( paraît » se prononce comme en français, mais 
« paraîtrait » se dirapa-tffr^. 

Pondre, ej ponds, tu ponds, il pond, ej ponnons, vos ponnez, ils 
ponneni, ejponnm, que ej ponne, ponnu. 

Prendre et ses composés, passé défini, je prins (prin^); im- 
parfait du subjonctif, que je prinsse (prin^-ce); participe passé, 
prins (prin*) et prw ; féminin, prinze (prin'-ze). 

Rire, comme le français, sauf au subj. prés., que je ri^e; pas 
d'imparf. 

Vaire [voir] (vê), ej véye, tu véye, il véye, ej rayons, vos véyez, ils 
vêyent; ejvéyais, ej véyions; ej vis, ej vîmes; ej verrai; véye, vèyons, 
véyez; que je véye, que ej véyions ; que ej visse; que ej vissions; 
véyant, vu; au présent de l'indicatif on emploie aussi je vais, tu 
vais, il vait (vè), et dans les composés autres que revoir c'est la 
seule forme reçue. Au futur les précieux disent ;> voirai, ce qui 
est un barbarisme en patois comme en français. 

Braire (brè), tu brais, il brait, vos brayez, ils braient, ej broyais, 
pas de passé défini, je brairai, queej braye, pas d'imparfaH du 
subjonctif ni de participes. 

Clore, ej clos, ej closons, ej dosais, ej closis, ej clodrai, que ej close, 
pas d'imparfait du subjonctif, c/o^on^, c/o«. Conjuguez de même 
enclore et éclore, mais ce dernier prend l'auxiliaire être. 

Frirej ej fris, tu fris, il frit, je frirai (fri-yai), impér. fris. 

Ouir, le participe passé ouï est seul usité. Ex. : «j'ai ouï dire. )> 

Puer, ej pue, ej puais, pas de passé défini, ej pûrai, que ej pue; 
pouant. 

Quérir (cri), raver et sourdre (sou-dre) ne sont employés qu'à 
l'infinitif. 

Suivre, ej sieus (sieu), tu sieus, il sieut, ej sieuvons, vos sieuvez, 
ils sieuvent, ej sieuvais, ej sieuvis, j'ai sieuvi, ej sieuvrai ou ej 
suivrai, que je sieuve, que je sieuvisse, suivant, sieuvi. 



Dire, futur ej dierrai (e^j diè-rè), conditionnel ej iisrrais 
(diê-rë). Le reste comme en français. 



V. — L'adverbe. 

Nous avons vu que l'adverbe a pour fonction de modifier le 
qualificatif, qu'il soit isolé ou inclus dans un autre mot. Les 
modifications exprimées par l'adverbe sont : 

1* La manière ou la qualité : dans notre patois, les adverbes 
employés à cet usage sont pour ainsi dire sans nombre ; on les 
forme comme en français en ajoutant la terminaison ment au 
féminin du qualificatif correspondant. Par exemple bonnement 
de bonne, pieusement de pieuse. Cependant si le qualificatif se 
termine par« au masculin dont le féminin est ^y^, l'adverbe 
se tire du masculin en changeant toutefois réouvert en ^ fermé; 
ainsi on dira « carrément » de carré et non (( carrèyement ». 

V La quantité: assez, biaucoup, brin, cobien, davantage, 
étout, fort, guère (ghyé), mendrement, moins, oco, ossi, otant, 
nétout (e*nn-tou), poy, pus, si, si-tellement, tant, très, trop, 
pièche. 

y" La comparatAon ; comme, presque, putôt, préféablement. 

4"" Le temps : alors, an'Aut, astheure, autefais (aw-te-fè), bien- 
tôt, demain, désormais? hier (bi-guées), jadis, jamais, lotemps, 
tard, tôt, toujours. 

S"" L'affirmation : ainsi, assurément, certainement, même, 
oui, peutéte, tout-drait. 

6* La négation : pas, point [plus fréquent], non, nullement. 

7* L'interrogation : Comment, porqui, porquicha, et pas (é-pa). 

S"* Le lieu, la situation, l'ordre : ailleurs, alentour, dedans, 
dehors, dessus, dessous, ensemble, ensuite, ichite, ila, là, y, 
oyou-que, oquecet (ailleurs), partout, tout-partout, payouque (par 
où), d'inspayou (au point où), quelque part. 

L'adverbe s'exprime souvent par plusieurs mots dans presque 
toutes les langues ; même un grand nombre d'adverbes ne sont 
que des bouts de phrases contractés en un seul mot. Tel est en 
français le mot désormais, qui s'est écrit « des ores mais ». Ex. : 
« que les ordenanchez contenuez enicelui roulleseroient tenuezd*ores 



-93 - 

en avant (I), ou encore « des hores mais )), et même : « te faisons 
savoir que de ceste heure en avant nous te nuirons de toute notre 
puissance (2) •. 

Tels sont dans notre patois: astheure, contraction de « à cette 
heure •, anui, contraction de c en hui • ; voir ces mots au dic- 
tionnaire. 

Les adverbes composés sont : 



du moment 


du-mo-man 


préseotement 


tout draU 


tou-drô 


précisémeat 


tout plein 


tou-plin 


beaucoup 


au contraire 


ô-con-tré 


au contraire 


arant-gw'e 


a vaD--ghèe 


avant-hier 


queuque part 


kyeu-ke-par 


quelque part 


par ehite 


par-chite 


par loi 


et pis 


èpi ) 


•V»:» 


et pis oeo 


è-pi-o-€o ( 


puui 


y a des Jais = 


parfoii, quelquefois; — tout partout 


et un certain nombre d'autres mots 


empruntés au français : 


queuquêfais 


kyeuk'.fô 


quelquefois 


eka étant 


cha-et-tan 


? ainsi 



Un certain nombre d'adverbes ne sont que des substantifs 
ou des qualificatifs plus ou moins modifiés et employés adver- 
bialement; c'est pourquoi ils sont susceptibles d'avoir des 
compléments. 



VI. ^ De la Préposition. 

Les prépositions se divisent en simples et en composées ou 
locutions prépositives. 

Les prépositions simples sont dans la banlieue du Havre : 



a 


a 


à 


drès 


drè 


dès 


atant 


a- van 


avant 


edvant 


eod-van 


devant 


aveuc 


a-veu 


avec 


deters 


dver 


devers 


ekeu» 


cheu- 


chea 


en 


an 


en 


contre 


con-tre 


contre 


entre 


an-tre 


entre 


dans 


dân 


dans 


envers 


en-ver 


envers 


de 


de* 


de 


hormis 


or-mi 


hormis 


dddepis 


de^i-pf 


depuis 


malgré 


mal-gré 


malgré 


drière 


dri-yè 


derrière 


matigré 


maw-grô 



(1) Chronique de P. Cochon, page 2Bi, 3. 

(2) Ibid., page !25â, 8. 



— 94 - 



mayennam 


t mo-yen-nan 


moyennant 


sans 


Ban 


BaOB 


outre 


ou-tre 


outre 


Melon 


slon 


selon 


par 


par 


par 


80Uê 


Boue 


BOUS 


parmi 


par-mi 


parmi 


9Uê 


su 


sur 


pendant 


pen-dan 


pendant 


vers 


ver 


vers 


par 


pôr 


pour 


viê^-tis 


vi-jsa-vi 


viaàrviB 


prèê 


prée 


près 


vêla 


via 


voilà 



Les prépositions composées ou locutions prépositives sont 



a cètè 
a eêU de 
a travers 
au travers de 
aurdela de 
au-dessous de 
au-dessus de 
au'devant de 
auprès de 
autour 
en deehite de 
jusqua 



a-cô-té 

a-cô-té-de* 

a-tra-ver 

o-tra-ver-de® 

o-dia-de* 

o-dflouB-de* 

o-dauB-de^ 

o-dvan-de*> 

o-prée-de» 

o-tour 

en-d*chi-te-de<> 

juB-ka 



en même temps que 
à côté de 
à travers 
au travers de 
au-delà de 
au-dessous de 
au-dessus de 
au-devant de 
auprès de 
autour 
en deçà de 
jusqu^à 



et bon nombre d'autres qui appartiennent également au fran- 
çais. 



où que e'est que 
en drière de 
en lieu de 



ou-kcê-ke 

an-dri-yè-de 

an-liu-de 



où 

en arrière de 

au lieu de 



Dans le parmi = au milieu; envers pour t vers •. 
vèrais envers li ». 



Ex. 



j'en- 



vn. — De la Conjonction. 

Nous diviserons également les conjonctions en simples et 
composées ou locutions conjonctives. 

Les conjonctions simples sont : 



alors que 


a-lors-ke 


lorsque 


car 


car 


car 


comme 


con-me 


comme 


comment 


co-man 


comment 


donc 


don 


donc 


et 


è 


et 


lorsque 


lorss-ke 


lorsque 


mais 


mê 


inaiB 


ni 


ni 


ni 



or 


or 


or 


ou 


ou 


ou 


porqui 


pôr-kyi 


pourquoi 


quand 
quotêche 


quan 
co-tê-che 


1 quand 


que 


que 


que 


si 


si 


si 


pace que 


paBB-ke 


parce que 



- 95 — 



Les locutions conjonctives sont 



aitui quâ 


in*.cî-keo 


aiQBi que 


au contraire 


ô-con-trô 


au coatraire 


obien 


o-byin 


ou biea 


du moment que 


du-mo-man ke 


puisque 


ou que c'est que 


ou-k*cô-ke 


1 ou, ou est-ce que 


ou ce que 


ouBS-ke 


\ ^ 


mais que 


m^ke 


1 quand 


pôr mais que 


pôr-mê-ke 


tout de même 


tou-(l*min-me 


cependant 
toutefois 


tant qu'à 


tan-ka 


quant à 


qttùique aha 


koik^-cha 


cependant 



Vm. — De rinterjectlon. 



Les principales interjections sont : 



pour marquer la joie : 

— la douleur : 

— la surprise : 

— l'admiration 

— Taversion : 
pour appeler les personnes : 
pour interroger : 

pour imposer silence : 
pour appeler les animaux : 



ah! oh/ 

aie! ah! ah ghian! ah mon Dieu 

ha! ho! 

oh! eh! 

(sic) 
hem! hê îà-has! 
eh? hein? 
chut ! pst ! 

chAt,tins! veau, tiès! vache, ^iv/ porc, tia 
canard, lire lire! poule, ptis! 



— «6 — 



Syntaxe 

La syntaxe de notre patois est à peu près celle du français. 
Nous n'avons donc pas à entrer dans de grands détails à ce 
sujet, et il nous suffira de signaler les points sur lesquels l'ac- 
cord cesse d'exister, ce que nous ferons en étudiant successi- 
yement les différentes sortes de propositions et les différentes 
parties de la proposition. 

PROPOSITIONS AFFIRMATIYBS 

Accord du sujet et du verbe 

En patois comme en français, le sujet et le yerbe s'accordent 
en nombre et en personne. Mais, i"" lorsqu'il s*agit de la pre- 
mière personne du pluriel, le patois se sert toujours du pronom 
je qui, en français, est exclusivement réservé au singulier; on 
en trouve de nombreux exemples dans les modèles de conju- 
gaison ; 2* après le pronom conjonctif^ut, si celui*ci représente 
un sujet du singulier, le verbe se met toujours à la troisième 
personne. Ex. : c c'est moi qui a parlé, c'est toi qui a dormi >. 
Mais au pluriel, l'accord se fait comme en français. Ex. : « nous 
qui sommes heureux >. 

Après le pronom démonstratif ce, au lieu de la syllepse du 
français contemporain, le patois, suivant l'usage du siècle de 
Louis XIV, fait l'accord grammatical. Ainsi il dit : < c'est eux 
qui sont venus », et non • ce sont eux qui sont venus > ; « cest 
des fleurs », et non « ce sont des fleurs ». 

11 y a des mots qui ne s'emploient guère qu'au pluriel et qui, 
par suite, n'accompagnent jamais un verbe au singulier : ce 
sont spécialement ceux qui désignent des objets composés de 
deux pièces symétriques, tels que : « braies, caleçons, culottes, 
pinchettes, soufflets, quenailles (pour tenailles) >. Ainsi, on dira: 
« Passe-moi les pinchettes et les soufflets », pour indiquer une 
seule pincette et un seul soufflet. On dit aussi « les vents t pour 



— 97 - 

« le vent •. Ex. : « Les vents sont bas ; mais ils pourraient bien 
passer au nord à la fin du jour. » 

Au pluriel, on emploie souvent le pronom ils pour als, c'est- 
b-dire que l'on se sert du pronom masculin pour désigner des 
personnes ou des choses du genre féminin. Ainsi, on dira très 
bien : « ils ont pleuré » pour signifier « elles ont pleuré •. (1) 

Les noms propres prennent la forme féminine pour désigner 
une femme. Ainsi, on dira : « la Flamande * pour < la femme 
Flamand », t laGrouchie > pour • la femme Grouchi », la c Vau- 
chelle > pour t la femme Vauchel >. Noter que le masculin se 
prononce vaw-ché. 

Les expressions « nous deux, vous deux, eux deux, tous 
deux t deviennent en patois : nos deux, vos deux, Uux deux et 
tous lez deux. 

Des compléments 

Le complément possessif qui se désigne en français par de 
s'indique par a en patois. Ainsi, on dira : < le livre à Pierre, 
la fêle à ma tante », et non c le livre de Pierre, la fête de ma 
tante >. Ce procédé n'est d'ailleurs pas particulier à notre ré- 
gion : on peut dire qu'il appartient à tout le langage populaire 
français ; ce qui s'explique facilement^ car il est plus logique 
et plus conforme à Télymologie que la formule officielle. En 
effet, de vient du latin de, particule séparative ; tandis que à 
dérive de ad, préposition adjonctive. Or, l'idée de possession 
est essentiellement adjonctive. 

Le verbe pn^r admet pour complément direct le nom de la 
personne. Ainsi, on dit : < prier Dieu, prier son père et sa 
mère > ; mais on lui donne aussi ce même nom pour complé- 
ment indirect. Ex. : c U trache de l'ouvrage et prie au bon Dieu 
de n'en point trouver > ; < priez au bon Dieu de ne point vaire 
cba >. 

Le complément possessif s'exprime quelquefois par une 
simple apposition, comme dans l'ancien français; ainsi, on 
dira : t le fils Carpentier > pour a le fils de Carpentier •, « la 
fille Thomas > pour « la fille de Thomas ». 

(1) L*aateur arait réservé des blancs après cet alinéa et les saivants, ce qai semble, 
prouver qu'il espérait y ajouter de nouvellet obsenatiens» 



— 96 — 

L'article indéfini s'emploie au lieu de l'article défini lorsque 
le substantif qu'il détermine prend un sens spécial indiqué par 
l'usage. Ainsi, on dira : « paie-tu la goutte?» au lieu de «paie- 
tu une goutle? », car tout le monde sait qu'il s'agit d'un genre 
de goutte bien déterminé, c'est-à-dire le petit verre d'eau-de- 
vie. De même : « prenons la goutte ». 

Au lieu de • ce soir, ce matin », on dit : à çu matin, àçuter. 
Ex. : A ^ fMtin, fax rencontré tan père. On dit de même : à c'te 
fais, pour * cette fois >. Même sans le déterminatif, si le com- 
plément circonstantiel de temps est indiqué par les mots 
f matin, ser (soir) > ou encore par le mot c fais », il est précédé 
de a. Ex. : < Il viendra dimanche au eeroM lundi au matin. » 

Quand l'attribut d'une proposition indique la participation à 
un groupe connu, il se supprime. Ex. : « Pierre est de la fabrique, 
mai ejsieux du conseil. > Dans cet exemple, le mot < membre » 
est sous-entendu, c Es-tu de la neuche (noce)? » 

La locution être de sans (en être dépourvu) a quelque analogie 
avec le procédé ci-dessus. Ainsi, un cultivateur dira : c Avez- 
vous ocor de la treuffe? mai ej sietix de sans. » 

Les superlatifs, — Le patois est très riche en formules superla- 
tives. Indépendamment des expressions • très fort, tout-à-fait, 
etc. » du français, il dira : tout plein. Ex. : « t7 est tout plein 
cotent » ; comme tout, Ex. : • Il est méchant comme tout. » 

Si tellement est le superlatif de « tellement t. 

Le pus pire est le superlatif du superlatif « le pire •. 

Le sens partitif n'empêche pas l'emploi de Tarticle après de 
et devant un adjectif. Ainsi, on dit : c vêla de la belle ouvrage », 
pour « voilà de bel ouvrage ». 

Propositions complétives 

Le pronom conjpnclif rfonf est inconnu en Normandie,4'après 
la remarque de M. Le Héricher. Le patois cauchois confirme 
cette règle et ce mot se remplace par son équivalent de qui et 
même simplement par que. Ex. : c L'affaire de qui que je vos ai 
paie. I 

Après aussi, si, autant ou autres conjonctions exprimant la 
comparaison, au lieu du que français, on emploie comme. Au 



- 99 — 

lieu de dire : « il n'est pas si riche que nous i, on dira : • il 
n'est pas si riche comme nous *. Cette particularité n'est pas 
propre à notre patois : elle s'étend même jusqu'en Espagne. 

Mais s*il n'y a pas de comparaison, on se sert de qtie comme 
en français. Ex. : < // est si tellement fénient qu'il a quemenché sa 
semaine merquedi. » 

On emploie /m« (plus) répété comme en français ; mais sou- 
vent on préfère l'expression plus énergique : tant pus que (pron. 
tan-puss-ke). Ex. : < Tant pits qui vieuillit, tant pus quH se saoule, > 

Le patois remplace volontiers certains compléments par des 
propositions complétives entières. Ex. : Au lieu de : « il fait le 
niais >, il dira : c // fait le sien qui est beite. • 

Le pronom conjonciif quoi se remplace souvent par qui. 
Ex. : « // n'y a rien sv^ qui no peuve monter. » Après d'oyou (d'où), 
il se remplace par ^ut. « Le pays d'oyou qu'il vint > au lieu de : 
» Le pays d'où il vient ». Uans ce cas, le qui est la contraction 
de < que il • ; on dit aussi : < de là qui vint = de là qu'il vint • . 

Propositions négatives 

En dehors des formules négatives de la langue classique, le 
patois a des tournures ou locutions qui méritent d'être signa- 
lées. 

Ainsi, le mot piêche indique la négation d'objets qui se comp- 
tent. Ex. : c Ils ne sont venus à piêche = aucun d'eux n'est 
venu. » (Blanc.) 

Propositions interrogatives 

Nous avons donné la forme interrogative des verbes. Mais 
l'interrogation s'exprime d'une manière très variée, grâce à 
certaines locutions qu'il nous reste à énumérer ici. 

Les pronoms interrogatifs^ut ou qm ne s'emploient jamais 
seuls en patois. Maison se sert de qui estche qui (pron. kyéche- 
ki) comme sujet. Ex. : c qui est-chequi vint? qui estche qui veut 
jouer? • ; ou qui est-che que comme régime. Ex. : • quiest-che que 
vos amènerez avec vous? » Quelquefois la locution précédente se 
réduit par syncope à qui est que (pron. kyé-ke). Ex. : c qui est 



371G5E 



— 100- 

gu'a fait cha? ^; on encore à ^î qui. Ex. : « ^t qui va làf »; oa 
qui que. Ex. : ^ qui que vas avez vu? •. 

Grftce à rinyersion, elle peut prendre la forme qui que c'est qui 
ou ^î que c'est que, selon que le mot de la réponse est sujet ou 
régime. Ex. : c qui que c'est qui vint? qui que €est que vos devez 
vaire ? » Cette dernière forme s'emploie même pour un nom 
de chose. Ex. : t qui que c'est que vos faites ? d 

Cette même locution se remplace souvent, pour cause de 
brièveté, par que que (qu'est-ce que) et même qui que. Ex. : « que 
que vos faites ? qui que vas dites? t 

Porqui (pourquoi) peut être suivi d'un pronom ou d'un infi- 
nitif. Ex. : « par qui cha ? (pourquoi cela?) pour qui faire? (pron. 
pér kùfé) • ; mais lorsque le verbe qui l'accompagne doit être à 
un mode personnel, por gui doit être immédiatement suivi de 
que et le verbe prend la forme positive. Ex. : « par qui que tu ne 
vas pas à ta messe? = pourquoi ne vas-tu pas à la messe? por qui 
que tu cries si fort ? » 

La même règle s'applique avec quand. Ainsi, on dira : aquand 
que tu viendras?)} et non <( quand viendras-tu? ». Mais, le plus 
souvent, on se sert de la locution quand est-che que, Ex. : « quand 
est-che que je te verrons? i ; et avec oyou, d'où, d'otfou, pat/au (par 
où). Ex. : c oyou que tu vas? d^où que tu vinsf payou que tu vas 
passer? » 



Locutions figurées ou proverbiales (I). 

Arer le fouet = recevoir le fouet; au figuré : « être refusé en 
mariage ». 

Etre au plat des pauvres = faire partie des indigents assistés. 



(1) L*abbè Maze n*a fait qu'indiquer par deux exemples Tune des parties les plus 
intéressantes de son mémoire. Les exemples du vocabulaire suivant suppléeront 
heureusement à ce qui manque ici. 



— 101 - 

Locutions plus ou moins remarquables qui ne peuvent rentrer 
dans le cadre précédent 

Pour linstant se dit parfois au lieu de • pour le moment ». 
Au mieux — — « pour le mieux ». 

Né natif — — f natif » (redondance). 



De l'englise 



On entend par enclise un phénomène grammatical par 
lequel un mot, se liant dans la prononciation avec le mot pré- 
cédent, réagit sur celui-ci de manière a en altérer plus ou 
moins la forme ou le ton. C'est ainsi que dans le grec classique 
certaines particules changent l'accent du mot précédent et 
sont pour cela dites particules enclitiques. 

11 n'y a peut-être pas de langue où le phénomène de l'enclise 
soit plus sensible que dans notre patois. 

Les flexions dues à Tenclise doivent avoir une origine très 
ancienne, car il est à remarquer qu'elles ne se produisent 
qu'avec les mots les plus usuels, ceux qui, étant d'un emploi 
continu, ont par cela même une plus grande résistance contre 
le néologisme. 

Adjectifs, 

Je dois indiquer tout d'abord les adjectifs monosyllabiques: 
1* bon dans lequel la voyelle on en général a le son ouvert. 
Ex. : « // fait Vbon apôtre. — Pour ette bon, c'est bon, mais ça 
n'vautpasman cidre*. Dans ces exemples, ton se prononce 
comme en français ; mais lorsque le mot bon précède le 
substantif auquel il se rapporte et que celui-ci commence par 
une consonne, la voyelle on prend le son fermé on^ du français 
onde en l'exagérant. Ex: t el bon Diu, du bon cidre, un bon cru, 
un bon dos, un bon serviteur i. Il suffît d'entendre un paysan 



— lOî — 

prononcer cette phrase : « Ceêt bon un verre de bon cidre », pour 
bien saisir reflet de l'enclise. 

2r Le mot faux se prononce généralement fô, mais dans 
faux-témoin, faux-visage, il devient faw : a un faw témoin, un 
faw-visage ». 



Substantifs. 

L'enclise est aussi très sensible avec quelques substantifs. 
Ex. : « année », ce mot se prononce en général annéye, « cette 
anniye, fannéye du grand hiver >, mais on dit « fanné-passeye » 
avec é bref. 

De même « mois » qui se prononce ordinairement mouâ 
devient moue dans c mois d'août (moué-doû), mois de mars 
(moué-d'mar), etc. •. 

« Pois > se prononce presque toujours poua; mais il devient 
poué dans c poispelu (poué-plu) » et a pois prcdomme (poué-preu- 
domme) ». 

État construit. 

On sait que les substantifs de la langue hébraïque changent 
déforme lorsqu'ils sont suivis d'un complément, contraire- 
ment à l'usage du latin et du grec qui, dans ce cas^ changent la 
forme du second mot. Ainsi baith « maison » deviendra beth, 
dB,ns Beth'lehem «maison du pain »; mélec, roi, sera melchi, 
dans Melchi-tsédec « roi de justice ». Le même phénomène, par 
suite de l'enclise, se produit dans notre patois, mais pour cinq 
mots seulement : iat (eau), pial (peau), siat (seau), vial (veau) 
elpain. Comme on l'a vu plus haut, ces mots ont une double 
forme : la seconde, celle que je considère comme un état cons- 
truit, peut s'employer dans le sens absolu ; mais la première 
ne s'emploie jamais avec un régime. Ainsi on dira : « de rial 
(de-lia), de fiau (de-liaw) de savon, un siat (sia), un siau d'ial 
siaw-dia),unmud'tau(siaw-diaw)(f*^at;on; une pial {pia), une 
piau de quien (piaw-d'kyin^); un viat (via), un viau de lait (viaw- 
d'iè) i. Quant au mot a pain », l'état construit ne se fait sentir 
qu'en ce que la voyelle in devient mouillée (in*), de sorte que 
le mot « pain • qui, dans le sens absolu, se prononce comme à 



— 103 - 

Paris, se prononce à Tétat construit presque comme dans le 
Languedoc. 

Bial « beau » se prononce bia ; mais lorsqu'il précède immé- 
diatement le mot auquel il se rapporte, il se change en (tau 
(biaw). Ex. : c Via un biau cheval (biawjWa)/ mais le mien est 
pus bial ». 

Hait se prononce hâ, mais il devient haut (haw) dans <c haut 
mal (haw-ma) > et dans < haut pleine (haw plin^-ne) > qui in- 
dique une vache à la fin de sa gestation. 

L'adverbe c tant >, dont la prononciation ordinaire est celle 
du français, se prononce par an^ dans les locutions « tant pis, 
tant seulement, tant qu'à, tant pus que, » etc. 




TROISIÈME PARTIE 

Glossaire 



INTRODUCTION 

Ce qu'on vient de lire jusqu'ici a été imprimé sur le manuscrit 
même de M. Vahhé Maze. Il n*en va plus de même de la partie sui- 
vante, qu'il avait appelée le Glossaire. 

Les matériaux à mettre maintenant en œuvre se composaient 
de six à sept mille fiches (0,05 x 0,08) écrites en entier par Vau- 
teur, sans parler d'une petite liasse de feuillets in-folio oit il avait 
tracé le brouillon de ses listes. Mais à tout cela se trouvaient 
joints différents recueils de trois écritures différentes, oit Vahhé 
Maze avait çà et là jeté quelques annotations. 

Des renseignements dignes de foi eussent fait croire à un voca- 
bulaire anonyme transcrit à Har fleur par un jeune séminariste 
qui passait avec Vahhé Maze une grande partie de ses vacances. 
Il s'est néanmoins trouvé qu'il s'agissait d'une mise au net des 
observations de M. Vahhé Letendre, exécutée au pensionnat du 
Grand-Quevilly . La preuve matérielle en eût d'ailleurs été fournie 
par la rédaction primitive entrée au Petit-Séminaire avec le hel 
herhier du savant botaniste. 

Des notes au crayon, d'une belle écriture, étaient dues, selon 
toute apparence, à de longues et sérieuses recherches. Une mention 
fort laconique de Vahhé Maze permit bientôt de savoir qu'elles 



- 106 — 

étaient de M. Bernard, ancien maire de Gonneville-la- Malet. 
Après que Brianchon, des Etudes diverses, et Vahhé G, Comont, 
des Antiquaires de Normandie, avaient ébauché sur les patois de 
la Seine-Inférieure des pages intéressantes qui sont conservées, à 
son tour M, Bernard avait pris la plume, 

A la suite d'un entretien avec M, Vahbé Letendre, il s'était aidé 
d'un dictionnaire français pour dresser une première liste des 
mots normands correspondants, et il n'avait cessé de Vaugmenter 
les années suivantes. Pour profiter d'une si louable initiative, 
M. Letendre mit en ordre et fit relever ses propres notes; et sa 
rédaction se trouva aifisi complètement fixée au mois de jan- 
vier 1885, 

Entre ces linguistes qui avaient fait, choA^un selon ses vues, une 
fructueuse besogne, la Providence ménagea un rapprochement. 
En avril i886, c* est- à-dire peu de mois avant sa mort, M. Vabbé 
Letendre reçut la visite de M, Vabbé Maze et lui communiqua ses 
relevés. Une longue conversation sur leurs communes recherches 
lui fit juger que le travail de son hâte était « une œuvre de pre- 
mier ordre », 

Cette heureuse entente de nos chercheurs qui avaient concentré 
le fruit de leurs efforts, le public a tout profit à la voir persé- 
vérer dans le présent volume. Sans doute, il n'est avant tout que 
l'impression de TEtiide de M. Maze; mais l'auteur s'était fait une 
joie de grossir son manuscrit de toutes les améliorations que 
M. Letendre pourrait lui procurer, comme en font foi d'ailleurs 
des fiches qui transcrivent littéralement les articles du chapelain 
de Quevilly, Ainsi les notes de M. l'abbé Maze se sont accrues de 
celles de M, l'abbé /^tendre et de M, Bernard; mais les initiales 
L. et B. réservent à leurs auteurs le mérite en même temps que la 
responsabilité de leur travail. De légères divergences dans l'ortho- 
graphe ou dans l'explication des termes ont été signalées, et il a 
même paru bon de conserver quelques articles d'un premier jet, 
en spécifiant qu'un second -lexicographe les avait effacés. 

Par surcroit, enfin, un excellent confrère, compatriote de 
l'abbé Letendre, a bien voulu lire notre manuscrit avant la mise 
sous presse. Cette lecture a suggéré un assez bon nombre de remar- 
ques utiles à publier. Nous ne nous croyons pas autorisé à en 
nommer l'auteur; mais nous avons tenu à distinguer ces curas 
posteriores par les lettres L C. 



- 107 - 

L'abbé Maze a jugé à propos de figurer à tous les mots leur pro- 
nonciation. Cela pouvait paraître excessif: car il eût suffi de la 
mentionner seulement dans les cas où elle s'écarte soit du fran- 
çais, soit de Vorthographe. Mais nous ne nous sommes pas cru 
permis de substituer nos vues aux siennes. 

Cependant y un certain nombre d'articles autorisaient et même 
réclamaient les sévérités de l'éditeur. Nos philologues champêtres 
avaient eu toute apparence de raison de croire exclusivement 
propres au patois certains vocables^ certains dictons d'un tour 
original ou familier : abonnir, anicroche, bernique, bisquer, brandi, 
casaqnin, promellre plus de beurre que de pain, etc., etc., qui sont 
entrés dans le savant Dictionnaire général d'Hatzfeld et Darmes- 
teter. La lexicographie aurait-elle donc étendu sa nomenclature? 
ou le bon usage aurait-il accueilli des appellations ou des façons 
de parler qu'il laissait jadis aux campagnards? Les deux suppo- 
sitions peuvent s'admettre simultanément. En tout cas, il a fallu 
de ce chef bannir rigoureusement du vocabulaire patois les mots 
anoblis par leur naturalisation française. Autrement , les criti- 
ques les plus superficiels n'eussent pas manqué de se récrier^ 
comme on Va fait sur l'abbé Decorde, contre Vimmixtion de la 
langue lettrée dans le répertoire campagnard. 

Quelques définitions de l'auteur étaient entre parenthèses. Cette 
particularité ne s'est pas laissé deviner tout de suite : c'était une 
sorte de précaution oratoire pour l'emploi de certains mots que 
l'usage courant n'autorisait point. Mais depuis la dernière édition 
de V Académie (1878) et le Dictionnaire général, cette excuse a du 
être supprimée dans nombre de cas. 

Un travailleur tout plein de son sujet, et justement avare de son 
temps, use de certains artifices de rédaction qui, pour tout autre, 
deviennent de véritables énigmes. C'est ce qui est arrivé à l'abbé 
Maze pour certains chiffres ou marques que portent ses petits 
feuillets^ aussi bien que dans ses citations d'auteurs : il est pour- 
tant à présumer que Dm remplace Duméril et J T. Julien Travers, 
De son côté, M. Letendre a emporté dans la tombe la clef de dif- 
férentes initiales majuscules intercalées dans ses définitions. Leur 
suppression est peu de chose, au regard de la multitude d'anciens 
textes publies depuis vingt ans et qui eussent pu fournir matière 
à des rapprochements propres à piquer la curiosité. Par bonheur, 
la principale utilité de cette étude n'est pas làj mais bien dans 



— 108- 

V avantage que les amis de notre ancienne langue en tireront pour 
des comparaisons non moins attrayantes qu*instructives. 

Notons en finissant que les fiches de Vahbé Maze témoignent 
souvent d'une double rédaction. Si minimes que soient ces pro- 
blèmes philologiques^ maintes fois ils ne se laissent pas résoudre 
tout d'abord. 



L'Abbé A. TOUGARD. 



8 Juillet 1903. 



GLOSSAIRE 



A, pronom (généralement devant une 
consonne) = elle. A ma dit eha; 
mais aussi : A y a dit eha, — L C. 

A, AS, article = aux. Fé pue à gens 
(faire peur aux gens). — L. 

Abat-vent, a-ha^van, contreyent. — 
L C. ajoute : « et cloison à Tinté- 
rieur ». 

Abaubeb, accabler de sottises. — M. 
écrit : « abhorrer, a-bo-ré ». 

Abaubib (M. : abàorrir), abaisser quel- 
qu'un, le réduire à rien. Il est ahauri 
par ses éfans. — B. 

AbbA, a-héy abbé. 
Abbbsse, a-hê'ce, abbesse. 
Abboqubtbb, a-bek'té, assembler bout 

à bout deux pièces de bois. 
ABBUBoniB, ne pas nettoyer, laisser la 

saleté s'amasser. — L. 
Abitbb, a-bi'té, toucher à (voir biter). 

L'ancien anglais abiters = mordu, 

dévoré. 
Abitcteb, accommoder, diviser, écraser 

les mottes dans une pièce de terre. 
Aboli, a-bo^i^ abattu, triste. — L. 
Abolie, a-bo-li, abolir. 
Abondakohe, a-ban^-dan^'cke, abon- 
dance. Abondanche de biens enn nuit 

pas. 
Abonbb, a'bâ'néy abonner. 
Aboulbb, a-boû4é, apporter, envoyer. 

Aboule-Moi fn ergent. 
Abbb, â-dr0, arbre. 
Abbeoeb, a-bre'^-géf abréger. 
Abbeouib, a-be^r'ghî (le sens manque; 

le même que abeùrgvir). 
Abbeuvobb, a^breu-vouè, abreuvoir. 
Abbirb, a'bri'yé, abriter; s'emploie 

pronominalement. 
Absinthe, ab^in^-te, absinthe. 
AbsoluTEHENT, ab-sthlv-te-man, abso. 

lument. 
Absoude, ab-sou-de^ absoudre. 
Aoaonabdi, devenu sans force, sans 

courage. — L. 



Aoaonabdib (s*), devenir paresseux. 

— L. 
Aoatbb, se ménager adroitement un 

achat souhaité par un tiers ; j voulais 

avè le j'va à Pierre^ mais Ugène l'a 

acaté, — A A. 
AoCAOHBB,aw;a-0A^, chasser vers. Aca^ 

che c'te vaque, 
AOANT, AGANTé, en compagnie. J'irai 

au marchai acanté vous. 
ACANTEB, Oroan^-ti, incliner, pencher. 

CVabre est aeantai. — L. — Voir 

cantel. 
ACOAPABEUX, a-eorpareu^ accapareur. 
AOCENT, façon adroite d'agir. // a de 

Vaccent. — L. — Au contraire : Y na 

pas d'asenty il est maladroit. — L 0. 
Acc LASSEE (S'), s'assoupir, tomber de 

faiblesse. — L. 
ACCLUQUEB (S*), a-olu'kyé, s'accroupir 

par faiblesse ; ne se dit que des poules 

malades. — B. 
ACCO, étai, étançon, ce qui soutient.— L. 
ACCOBR, étançonner, «outenir. — L. — 

Rouen et le pays de Bray disent « éco- 

rer». Accorer est resté français en 

terme de marine. 
ACCONDUIBB, a-eon-dulf conduire, ac- 
compagner. 

AccONNAfTBE, a-co-nète, reconnaître. 
Ne s'emploie que dans la locution se 
fé aconaîte^ se faire connaître ou re- 
connaître. 

Accouplements {n'avé que ses), être 
très maigre, au point que le corps fasse 
surtout ressortir les articulations qui 
« accouplent » les membres. 

Accoutum ANCHE, a-coti-tun-man'-ehe, 
accoutumance, habitude. 

ACCOUVER (s*), a-coH'Vé, s'accroupir; en 
parlant d'un édifice : s'effondrer. F/a 
l'temps qui s'accoure = devient très 
bas et menace de pluie. 

ACCRA IRE, a-crêy accroire. Tâcher d'fé 
amorale que des vessies sont des lan- 
ternesy essayer de faire croire des cho- 
ses impossibles à admettre. — B. 



AFF 



— 110- 



AFF 



ÂCCRAITBE, a-rrê'te, accroître. 
ACX!RAVANTIR, a-rra-ran-tl écraser. Du 

roman u acravnnter y>. 
ACCDLBR, a-Cft'Ié, éculer. Oargantva 

àun* son enfance acculait se» ttdurs. 

(Rabelais). — B. 
ACBRFIN I corruption de cr à cette fin ï), 

a cèr-fin, afin. 
ACHA ! a-rhtf, çà, interjection, pour <» ah ! 

çà ». Achn mais* cha rn-tijinl? 
ACHB, coup, blessure. IVcherê yn ache. 

Variante : acho, — L. ; effacé. B. 
ACHET. 

ACHIEB, acier. — L. ; effacé. B. 
ACIBREUX ? a-cU-reu^, acérain. 
Acquiescer, abandonner, en parlant 

des oiseaux qui délaissent un nid sans 

y faire leurs petits. On dit aussi 

<K acquiesrer » ; quelle est la vraie 

forme? 
Acquit, a-ki^ droit de place au marché. 

Payer Vacqvit . (Voir cofUnme). 
Actionnaire, ac-tionnè, actionnaire. 
Actionner, presser ; terme de droit. 
Actuel, otf-f?//?, actuel. 
Adbbbr (adhérer), avouer, confesser 

une faute. — L. 
Adiré, a-di-yê. effaré, perdu (conservé 

dans le style juridique). 
Adiu, adieu. — B. 
Adlési, celui qui négliRe son travail 

l)our des choses qui ne le regardent 

pas, qui ne le valent pas. — L. 
Admeuant, en quantité suftisante. — L. 
Admirer, ad-mi-yè^ admirer. 
Adoeux, flatteur hypocrite (pour a. ado- 

reur 3.). 
Adonner (s'), a-don-né, coïncider. Si 

cha s'adonne, ;V« serai rotent. — L. 

— Locution : s'adonner eUcz. . ., venir 

souvent chez . . . 
Adorer, a-do-é^ adorer. 
Adosskr, a-dn-cè, adosser. 11 fi'est pas 

prouvé que la prononciation rc 6 suivi 

de deuxx)) poit défectueuse. Du moins, 

Littré donne les deux. 
Adouchir, a-dou-chîy adoucir. 
Adraichb, a-drè-che, adresse. 
Adbait, a-drè^ adroit. 
Adraitkment, a-drè-t'menf, adroite- 
ment. 
Adultère, a-dul-tè, adultère. 
Adversaire, ad-xcr-sè^ adversHire. 
Advineb, ad-ri-jié. deviner. 
AFFABLE, a-fâ-hlc^ affable. 
Affaiblir, a-fêe-bli, affaiblir. 
Affairé, a-/é-ê, aft'iuré. 
Affalé, a-fa-iê, ruiné; peut-être de 

(L rafale :^. 



AFFALSIt (8*), Be dit d'un homme qui 
s'affaisse ou d*un bâtiment qui se taase. 

— LC. 

Affé (une bonne\ une aesez grande 
quantité. Une bonne affé de bouas, — L. 

AFFÉ 'être à **«), connaître son com- 
merce ; surtout, être en position avan- 
tageuse, être riche 

Affecter (s'), a-feeté, augmenter son 
mal par Timagination. 

Affbtkr, assaisonner. — L. 

Affianci, a-f an-ci, réduit en fumier, 
enffan, 

Affiancir (8*,\ a-fiân-ei^ se mettre en 
fumier. 

AffiladEi à-fi'larde^ enfilade. 

Affilage, a-fi-lâ-çe (ou raflilafre). aflS- 
lage des faucilles. En B.-N., « la repas- 
sée d*août ». 

Affile (d'), a-fi-le, de suite, sans inter- 
valle. Il nnà avalé quatre d^affile, 

Affilêye ïd'). a-Ji-leye, fans s'inter- 
rompre, lia fait San trara tant d'vm 
affilêye ; sens primitif : longue suite 
d'objets mis en file. 

Affilêye, aiguillée de fil. 

Affiler, a-Ji-léy enfiler (une aiguille). 

Affiloisi, a-Jî-lonêy-zi, effilé, grêle. 

— L» 

Affiloqder, a-fi-lo'kyé, pousser long 

et grêle. — L. 
AfpistoLer, a-fis-tO'lé {le mot manque ; 

voir ajuster). 
Affistoqubr, a-fisS'to-kyéy arranger. 
Affleurer, a-fleu-é, affleurer. 
Afkluber, affubler. La fi*t d^un mantel 

affuber {liom, de Hou). 
Aflabet, a-fla-bê, aîphabet. 
Affligé, a-jn-gê, 1<» affligé; 2° estropié, 

contrefait; se dit souvent d'une tête 

légère. 
Affhêllé, a-frêl-lê, empressé ; qui ne 

sait pas attendre patiemment. 
AFFRITER, a-f ri-té {lacune^ se dit sans 

doute d'un jeune arbre qu'on amène à 

porter du fruit). 
Afful (homme d'), a-/*/, homme de 

re9.**ources, avisé, capable. Ce*t un 

honiwe d'affût, son jjcre était canon. 

Malgré le calembour ci-de.- sus, on doit, 

je crois, corire a homme d'afl^ul », 

c'est-à-dire docteur. — V. DelbouUe, 

sur « affûter d. 
Affulê, a-fu-lt\ coiffer. 
Affuler (s), a-fu-lé, se coiffer, se cou- 
vrir de son bonnet. 
Affûté, a-fû-tê, habile; ne s'emploie 

qu'ironiquenient. 
AFFUTER, a-fû-té, 1» épier : gnète çu 

cat qu'affûte une souis; 2« quereller, 

tancer; aiguiser. 



ÂJE 



— 111 — 



ALO 



ÀFFUTiALSf a-furtia»^ afflquetB, affu- 

tiaux. 
AOA I tiens ; vois doQC I 
AOACHER, a-ga-chè^ 1» agacer; 2® émous- 

Ber un tranchant. T m'a agaf*M mnn 

eoutè^ qui n'y a point moyen d^ t'en 

servi. 

ÂOALOPEB. accourir vers. . . — B. 
Age (homme dM, a-;>. vieillard; on dit 
également <r femme d'Âge ». 

Aoé (être), à-}^.. avoir l'âife requis pour 
une chose, pour un emploi ; le plus 
souvent « majeur ». 

AOSRS, â-)êr. lefl ugages. Je n^ connah 
pat les agert de la maUnn. (De agere'i) 

AoiMBLÊ, a-jini^-hlé, léjTer, exalté, illu- 
miné. Tête agitée. — L. 

Agitation, exercice. — B. 

AoNEL, 0^7 If e. agneau. 

Agonir, a-no-ni^ injurier. Ce mot, qui a 
cours à Paris, ent chez nous moins 
employé que le suivant. 

Agoniser (de RottîKes^, a-gô-ni-zé^ ac- 
cabler d'injures. I m*a agonUai. 

Agouter, a-goit-té, assaisonner, donner 
du goût ; avoir goût pour : un fricot, 
une personne. 

Agripper, a-gri-pé, saisir. Ce mot 
français signifie surtout chez nous 
« prendre en secret, escroquer ». Il 
s'emploie pronominalement et alors 
signifie « s'accrocher ». 

AORTppEnx. a-gri-peu^. escroc, voleur. 

AouiAN, exclamation de douleur phy- 
sique : « aïe I ». — L. — Voir haguian. 

Agitionettes, a-ghyi-gnè-te, étrennes. 

Aide, êy-de^ aide. 

Aigreur, ê-greu^ aigreur. 

Atoutllktte. scandix (plante). — B. 

AiQUiLLiE, é-<7Kt-VM?, aiguillée. 

AlLLEUR, a-yeuy ailleurs. 

Ain, hameçon ; mot anglais. — L C. 

Aîné, in^nè. aîné. 

Aînesse, in^-nê-ee, aînesse. 

Air. i<, air. Y aurait-il moyen de raie 
Vé? 

Aire, è, planche do jardinage. J'ai fait 
deux aire* (é) d'oignon. 

AiRER, ê-r^t aérer. 

Aise, ey-ze, aise. 

Aisi, ê-ze, aisé. 

AiSRR (r*), e-zé. profiter de, jouir d'un 
avantage. Il t'aite de.., 

AiRETés, e:''téSy besoins naturels. Ikire 
tet aisetèt. 

AiRSOAiNGNTE [avè T), avoir Veau à la 

bouche, au fig. 
Ajeter, of'té, acheter. 
Ajistkuz, aj'teu^t acheteur. 



Ajever, afvè, achever. 
Ajorner, a'jùr-nè^ ajourner. 
Ajusté, a-jut-te. habillé. — « Affûtai, 
afiistolai, ajustai ». Un homme affûté 
est celui qui manque de eroû^ et qui 
porte des vêtements dont le prix n'est 
pas en rapport avec sa po««ition. Celui 
qui est afF^oU^ manque de eoût éga- 
lement, purtout dans le choix fit l'as- 
semblage dps couleurs des diverses 
I parties de son costu»ne. Celui qui est 
j ajvst^^, est celui dont les habits sont 
I mal proportionnés à sa taille, — B. 
j Alatri, a-lâ'tri, se. dit du pain mal 
I levé. — L. 

I ALniftRTR, aJ-jé-i, V actif, alléger (v. 
nllf'gir): 2? neutre, devenir léger ; en 
parlant des terres, e: devenir meubles ». 
Dans ce second sens, on dit aussi rai- 
gérir. 

Alippb, a-U'jy.^ soufflet, chiquenaude 
(du latin alapa) . 

Allaiter, locution : allaiter evnne 
raqtM = mettre une vache en état de 
donner abondamment du lait. — B. 

Allé fet devant une voyelle, al)^ elle. 

AllegÉrtr. al'J^-i, alléger, rendre 
moins dense, moins compact. Let mou- 
tons algfirissent la terrf. 

Allegir, algî, !• allégir, 2» alléger. 

Alleuse, a-lru^-:e, allure. — V. allure. 

AllÊye, a-ley-e^ allée, corridor, o Allée 
et venue » se dit comme en français. 

— N'est-ce pis seulement au pluriel ? 

— Ce mot franchit le détroit avec les 
Normands : T/uit in an aleye had a 
privée placr. ChâUCER, cant. T. 
Wright, V" « Aleye )>. 

Alltche (adi.K a-li-ch^, bon pour la 
course : par suite, mai^^e, élancé ; se 
dit d'un animal. 

Allononer, a-lnn-gnéy allonger, lancer. 
Letru prit, la lanre alongna. Ex. Ber- 
nard : Wagb, Rom.de Brnt, II, 167. 

Allou, a^oHy entreprise à forfait. Ual- 
lou tue le corps et lajornée tue l'âme. 
(Proverbe). 

Allouer, a-//>»^, entreprendre; anglais 
allow. 

Alloueux, a-loueu'. entrepreneur; se 
dit des moissonneurs. 

ALLOUvr, a-loii-vi^ affamé comme un 
loup. [Locution plaisante : Il ent tenu 
de S. Allouri.] 

Allummbr, a-lun^mé, allumer. AH un- 
mer la se (soif) = avoir une soif ar- 
dente. 

Allure (ch^^val d*), a-lu-re, qui va 
l'amble. Allures^ au plur., démarches 
suspectes. 

Aloser, a-/o-r^',louer, i>ràner( al laudare). 

Alouètir. a-Irrè-tî. tourner à l'ouest 
(en parlant du vent). 



ÀMO 



— 112 — 



ÂNN 



ÀLTiREB, aUté-é, altérer. 

Alwètie (une), saute de vent à Touest. 

— LC. 
Amain (subst.). a-min, à sa portée. Cte 
fât (faux) egt hisn à mnamain. Il a 
la parole à tnamaih. = il parle faci- 
lement. — L C. 

Amalinib, a-ma-li-nij croître en intelli- 
gence, devenir plus fin, plus malin 
(voir ce mot). 

Ahapeb, a-mâ-péy injurier grossière- 
rement. 

Ahare, a-mâ, amarre. 

Amabeb, a-ma^j se dit, au jeu de bonle, 
du premier qui lance la boule (com- 
mencer le jeu). 

Amabicandagb, a-tna'ircan'i-dâ'je, as- 
semblage de nœuds inutiles. 

Amabigandemekt, a-mu-i'Oan^-d'man, 
même sens. 

Ahabicandbb, a-ma-i-ean^-déf mal at- 
tacher, avec une corde à laquelle on 
fait des nœuds inutiles. Ce mot sem- 
ble un péjoratif de « amarrer ». — 
Voir hahcander. 

Amabbeb, loc.interj. : amarre-là, halte! 
arrête-toi. — L. 

Amasbeb, a-mâ-cé^ 1" v. a. comme en 
français: 2« v. n., mettre en tas une 
récolte épari)illée (par ex. : blé, avoine, 
foin). 

Amelettb, an-mlè-te^ omelette. 

Amrndbveb, a-manUtvè, voir ramun- 
tever, 

Amenne, a-man-ne, aumône; surtout 
employé par les mendianU Evnn' 
p'tite amenne. si vo plaît. Voir ommne. 
Serait-ce l'origine de « amende » ? 

Amemdir, a-me°-nuî, amincir. 

Amekuibek, a-me^-nui'Zéy amincir. 

AMEB, a-mé, amer. Des deux genres : 
ainsi eunn' ptmune amé, 

Ameb, subst. (au DicL général) ; locu- 
tion : Y a pas d'amer à ce qu'y dit = 
on ne peut s'y fier. — L C. 

Ami (bon-), hon-na-mij futur, épouseur. 

Ami (au sens de parmi) ; voir mi. 

Amical, a-vii-ea^ amical. 

Amignonkb, a-mi-gnon-né, amignoner, 
amadouer. 

Amiononeux, a-migmA-neu'^, mignon, 
affectueux. 

Amitié, a-mi-tye, amitié. 

Amitieuz, a-mi-tyeu'^, affectueux. 

Amitouflkr. a-mi-tou'jlé, envelopper 
la tête. On emploie plus souvent la 
forme a emmitoufier jd. 

AmmaIRB, an^-mé, armoire. V. enmaire. 

Amollir, a-mô-îî, amollir. 

AmonÊteb, corriger [c'est le français 
a admonester ]>]. 



Amont, a-tnan; !• est. Vent di'amoni, 
pays d'amant ; 2* raidillon, Y a dez 
amonts su la route. 
Amontair, a-mon-tais\ 1® Cauchois 
étranger aux cantons dn Havre, de 
Montivilliers, Criquetot, Goderville et 
St- Romain. La grande faille de Fé- 
camp à Lillebonne peut être considérée 
comme la limite au-delà de laquelle 
on est « Amontais » ; 2° qui est d'ar 
mont ou d*est. 
Amontbr, a-mon^'ièy monter, gravir. 
Amouchelkr, a-mour^hlé^ amonceler. 
Amottillantb (vache) , a-mau-yan^e, 

prête à vêler. 
Amouoqttb, fleur des champs, cultivée 
aussi dans les jardins {antlùmis eotula). 
— L. — [La forme la plus autorisée 
semble être a mouroque D. Voir ce 
mot.] 
Amoubbuz, a-mon-eu^, amoureux. 
Amourbdsbment, a-mou-eu-se^man, 

amoureusement. . 
Amplrub, atn-pleu, ampleur. 
Ampoteumme, apostome. — L. 
Ampréb, après, ensuite — L. 
Amucrib, a-mu-cri, devenir humide. 

Voir muere. 
Amunition, a-MU-ni-cion, munition. 
J'ai adwté dv pain d'amunition p&r 
mes hétes. JfStsd d'amunition. de soldat 
Amhse, a-mu-ze, dérangement. Are de 
Vamuse se dit surtout d'une visite in- 
tempestive qui force d'interrompre un 
travail commencé. 
Ancien, an-cyen, vieux (outre les sens 

du français). 
Anercer, a-nèr-cé, inciter, agacer; pro- 
bablement surexciter les nerfs. 
Ange, an-je, petit papillon du genre 
pyrale ; teigne des pelleteries. [Au 
sens de « espèce », doit s'écrire enge, 
comme le prouve le dérivé « enger » 
de la langue classique.] 
Angoissé, aH-gont>.-cc, irrité, vexé. 
An G CL AS, an-go-lâs, angora. 
Anquent, an-gan, onguent. 
Anguille, an-gui-ye (et non ghi), an- 
guille. 
Anientir, a-nian-tif abêtir. Littérale- 
ment (( anéantir », comme le prouve 
la vieille forme anglaise « anienti' b. 
WilfnlUche that wikkedU^he and froide 
wercy, aniente. Pit-rs, pi. p. 365. 
Wright, v» anieïUe, 
Animal, a-ni-ma, animal. 
Anne, àn-ne, V aune (mesure, et arbre); 
2» âne. Kn dehors de la locution 
a bonnet d'âne 9, on dit généralement 
« bourrique ». 
Annel, û-/tc, anneau. 
Annète, a-iœyct année [Voir p. 102]. 



ÂPP 



- 113 - 



ARR 



Akkuel, an-^'nyêf annuel. 

ANOuiLLÈBS,a-m7«-^0, vache qui n*ayant 
pas vêlé dans Tannée, continue à don- 
ner du lait (de annvs). 

Ansette, an-cète, petite agrafe. 

ANTBD'Jii^ locution « an et demi d. 

Antenois, anrte-mnâ, mouton âgé de 
plus d'un an. 

Antomie, squelette humaiu. Y n'botiga 
peu pu qu'evn antomie. — L. 

Anuit, a-nui^ aujourd'hui (Yoirenhui), 
— L. écrit aussi : Annui. 

Anuiteb (8*), s'attarder, se Inisser sur- 
prendre en voyage par la nuit. 

Aouteb, atr-téy faire la moisson ; litté- 
ralement « faire le mois d'août d. — 
L'Académie ne donne pas ce sens. 

AouTEUZ, aw-teUf aoûteron. 

A PENCHEE, prendre de la pente, mena- 
cer ruine. Cet arbre saptmche. — L. 

Apebcheveb, aper-che^-vé ^ apercevoir. 
S'emploie aussi pronominalement com- 
me 1« verbe français. 

Apebchde, a-^er-cAwe, aperçu (s. maso.). 
Par épercktt. Avtrr h ne aperchue = 
soupçon ou connaissance d'un fait que 
ses auteurs voudraient cacher. 

Apityeb, a-pi'tiéf apitoyer. 

APOINTIB, a-poin^ti, rendre pointu, ai- 
guiser; terminer en pointe. 

Apollon, a-po-lon^ corsage à coulisse, 
cauiisole d indienne que portaient les 
femmes vers 18^0. 

Apos, a-po, besoin, vide, ennui, anxié- 
té (comp. apvria). Il me /ait apog de 
tnu é/anty edpU qu'il eH parti. Et, 
avec une nuance remarquable, on dit 
d'un mort ; / n'fw fait point apos ^ 
il esc peu regretté. Apposer^ ancien- 
nement, voulait dire u questionner ». 
Alors, apog serait Tanalogue de 
tt gêne ». 

Apothicaibe, a-po-ti-kyèj apothicaire. 
Vaut viieujo aller au hifulanger qu'à 
Vapotikyé, 

APPANiAX,a-/7an-i»iâ, atours, vêtements 
magnifiques. Le sing. appanel est inu- 
sité. Depannum [?J — L. écrit apa^ 
nias. 

Appabeilleb, a-pa-rê-yé, apparier. 

APPARIEE (s') a-pa-rié, s'habiller pour 

une cérémonie, prendre la tenue qui 

lui convient. 

AFPABTENiu, unipera. : « il est dû r 
Jl appartînt ben un éou pour çu Ira- 
xaU'lâ, 

AppÉTICH ANT, a-pé'ti-cfian, appétissant. 

APPàTiCHEB, a-pé'ti-chéy appétisser [et 
aussi (C apetisser » ?]. 

APPIPEB ( L. écrit a apiper »), a-pi-pé^ 
piper, allécher ; tromper. 



Appipotkb, a-pî-po-ti (diminutif du pré- 
cédent), piper; tirer profit de. . . 

Appiteb, a-pi-yé, appuyer [conforme à 
la tendance qui, pour faciliter la pro- 
nonciation, supprime n dans cette 
diphtongue : du brit, du fr'U, xmpits, 
de la />Zic]. 

Applaudib, a-plaiv-dU applaudir. 
Appolitaines, a-po-li'tin^ne, suite de 

cartes de même valeur ou couleur dans 

la même main. 

Appopbieb, a-po-pryéy approprier, au 
sens de «r nettoyer ». 

Appoueb, appuyer. — L. 

Appoussbh, a-poâ-fié, livrer, transmet- 
tre (iittér. a pousser vers. . . » ). 

APPBècHANT, a-pr^'Ohan; !• adv. « à 
peu près » : U ettt midi ou apnré^ 
chant; 2» adj., traitable et doux. 

Appkècr'rk, a-prè'ché^ approcher; an- 
cien français « apresser », de^ré*. 

Appbentip, a-pran-tify apprenti. 

Approfiteb, a-pnt-fi'téy utiliser, mettre 
à profit. 

Apbbtint aille, a-pe^r-tin^-ia-ye, pre- 
tentaille ? assemblage de grelots et de 
son nei tes que l'on met aux chevaux; 
au fig., attirail. 

Aqué, â-kiéy rassasié jusqu'au dégoût. 
AQUEB, ârkyé, amorcer, garnir d'appât 
les hameçons. 

Aqueutkment, a-kyeu^-Vman, affaiblis- 
sement causé par la maladie ou les 
pi r valions. 

Aqukuter (s'), a-kyeuUé, s'affaiblir 
par de trop grandes privations. 

Abaseb, arriver très près de. . . — L. 

Abbitbaibe, ar-bi-tré, arbitraire. 

Abbite, nr-bi-te, arbitre. 

Abc AL, ar-ca^ voir eroal. 

Abchitectube^ ar-ehi'tec'tu, architec- 
ture. 

Abdeub, ar-deUf ardeur. 
Aeèchs, a-rè-che^ arête. Voir érèque, 
Abqenteuz, ar-gen-teu^f qui a de la for- 
tune. Voir ergenteux, 

Abismétiqub, a-rii-mé-tik, arithmé- 
tique. 

ArlaiiM^tiqtie siBt en l'ombre, 
Ou elle dit oa elle nombre 
Que 10 et 3 et 1 font treize. 

Henri d'Ahdbu. 
Abhubeb, locution : Çu galopin-là^ je 
ne peux point en ar murer = en venir 
à bout. — L C. 
Abouilleb, a-rou-yé, rouiller. 
Abouteb (s'), se mettre en route. — L. 
ABBAOEB, ar-ra-jéi enrager. On trouve 
en anglais la forme araged. 

Abbangeant, a^ran-jan^ homme aveo 
letiuel on s'accorde aisément. 



— 114 - 



kTt 



Ar&angueb, disposer par rangs. — L. 
ABBÊT, a-rè, repos. Cest un homme qui 

n'a pas d'an et. 
Abbbteb, ar-tét arrêter. Arter du 
trtfvffe = faire manger le jeune trèfle 
par les bestiaux, pour arrêter sa crue 
trop hâtive. — B. 
Abbia, a-ria , embarras, confusion ; con- 
trariétés. Il y a eu bitn des arrias 
dans la société. Voir Du Cange. — L. 
écrit aria. 
ABBIÉBAGE6, a-riè-â-je, arrérages. 
ABEIÈBB, a-rié. Voir errière. 
ABBIÉBÉ, a-rié-êf arriéré, qui est en re- 
tard dans ton travail. — B. 
Abbivée, ari-vêye, arrivée. 
Abriveb {h*) a-ri-ré, survenir par ha- 
sard ; a ordinairement un seub fâcheux, 
comme en latin accidit. 
Abkondi, a-ron-dif ? ». m. ; courbe, s. f. 
Aerouseb, a-rou-zé, arroser. 
ABBOUBikUX, a-rou'zeu'^f arrosoir. 
Abkouteb, a-rou-té, mettre en route. 
Abbueb, a-rué, jeter un objet à celui 

qui le demande. Arrue-moi cha, 
Abrun, a-ruH^ arrangement, ordre. Sa 
femme n'a pas d'arun = tient mal son 
ménage. 
Absouille, ar-sou-yey vaurien. 
ABSOUILLEB, av'soû-yéy maltraiter, in- 

jurier; harceler? 
Abtèbe, ar-tè, artère. 
AS, appât pour un hameyon. [Le dérivé 
âquer ne supposerait il pas un primi- 
tif at?, prononcé à ?J 
As, s. f., dss, as courante. 
A&PIC, as-pic, dans la locution usuelle 
a huile a'aepic » est une altération ue 
<x huile de spic p. 
ASBAHSIN, a-ça-cin, assassinat. 
AssABlNELX, a-ça'Ci-neu'^f assassin. 
ABSAVtB, a-sa-vé, savoir. Ne s'emploie 
qu'après a faire Jt>. C est à tort, cruyons- 
nuus, que l'Académie écrii a faire â 
Bavoir ». [Le JjUtiou /taire général 
confirme cette remarque.] 
AbsemblêyE, a-san'^-blêye, réunion 
champétie. C'est la même chose que 
le a pardon j> de la Bretagne ou la 
a kermesse n de la Flandre. 
Ahbéqueb, a-cé'kyé, assécher; s'a^tsé- 
qtier, devenir sec. La viare iasëetine. 
ABBiÉf ÊYE, a-eyè-iêy, assiette, dans le 
sens a contenu aune assiette». Com- 
me on le voit, ce mot corrige la pau- 
vreté du Iran vais. [L'observation est 
ofticiellement exacte; car, si les voca- 
bulaires prouvent qae ast^iêtée a été 
employé dès le xvii* eiècle, 1 Académie 
De le cite qu'avec restriction.] 
Abbiètbe,' a-ciè'tre, asseoir. 



ASSINEB, a-ei-Tiéf assigner. 
Absohmeux, a'Çon-meu\ assommeur et 

assommoir. 
AssoBEB, a-sô-ré, assaillir, insulter, que- 
reller. Il Va assuré de sottises = acca- 
blé d'injures. 
AesUBEB, a-'^u-é, assurer; parfois au 
sen» de « étayer, rendre plus stable ». 
ASTBUB, aS'tev, maintenant; contrac- 
tion de a; à cette heure ». Dans une 
lettre d'Henri IV : axteure, 
A&TiC0Ti!.B, as-ti-ev-ter, aiguillonner, 
fréquentatif de « astiquer ». L'Acadé- 
mie ne donne à ce mot que le sens 
tiguré (( traca&ser, contrarier ». 
Astiquer, as-ti-kté, appliquer, en par- 
lant d'un coup de fouet ou de bâion. 
l)e l'anglais iittck, 
ASTBAPADK, asstra-pa-de 'y voir attra- 

pade, 
ASTBEiNDB, as-trin^e, astreindre. 
Atkbuek is'), s'attarder. Se demorer^ 
ne t'atargier. (W., II, 12tt). — L. — 
Une note de B. ajoute : a N*est plus 
employé ». 
ATiGMOLE, a-ti-gno-le, boulettts de char- 
cuterie. 
Atomie, maigreur extrême. — L. 
Atbehyememt, amas de choses inutiles 

ou superdues. — L. 
Atbuqueb, attirer quelqu'un chez soi, 

inviter. — L. 
Attakié à la poitrine = poitrinaire. 
ATTAQUEE, a-ta-kiéy attacher, et aussi 

attaquer. 
ATTÉDIANT, orté^-diant, ennuyeux, fa- 
tigant. Du latin tœdium, ennui. 
Attedieb, a-tée-diéy fatiguer (morale- 
ment), ennuyer. 
Attelée, a-tléye, temps pendant lequel 
le» chevaux restent attelés. Mj peu fé 
dm en trois ailé y es. 
Atteleube, a-tU'u--:e, l'ensemble des 
quatre chevaux qui traînent un cha- 
riot. J'ai enn' belle atteleuse. 
Attembki, a'tam-'h'i^ éclaircie par les 
inteuipérics des saisons (eu parlant des 
céréales et des fourragea en herbe), — 
B. — Vlà du Ue bien attembri. 
Attendbichakt '/ a4an-dri'Ckaf^ at- 
tendrissant. 
Attendrichbment, a-tan-dri-che-man^ 

atteuurissement. 
Attentif, a'tanrtif\ y oit entent if. 
ATTKNTIOXKÊ, a-tan-cûm-nCy complai- 
sant, qui a des attentions pour quel- 
qu'un. 
Attebder, a-ter-dé, attarder. 
ATTIÉDIE, a'tyé-di; 1« rendre tiède; 
20 pronominalement, se livrer a l'étude 
avec passion, il tst alors synonyme 
de o: s'attédier ». 



AVA 



— HB'— 



AYR 



ATTirsB, a-tUfé {lacune^ le mot est 
d'ailleurs français). 

Attifias, a-ti'Jiâ, attifets. 

Attisée, a-ti-zeye [lacune). — L. expli- 
que : feu brillant, qui doit durer peu 
de temps. 

Attouchbr, a-ton-ché^ toucher. 

Attbaineb, a-trin^-néf entraîner; ap- 
porter, amener. 

Attbapade, a-tra-pa-de, contusion lé- 
gère. Les précieux disent a autrapade ». 

Attbape, tromperie. Faire une attrape. 

Attbaper (8), a-tra-pé, se heurter con- 
tre un objet; par suite, ae blei^!<er. 

Attbapeux, a-tra-ptu'^, trompeur; im- 
po;)teur, voleur, séducteur. 

Atkeuykb ou RATTKYBR, attirer ou 
rattirer. — L C. 

Atyper, a-ti-pé, assortir ; assembler des 
objets de métne sorte (de tuëme typej. 

Aube, aw-be, aube (de moulin). 

Auberge, ait-her-je, auberge. 

AUBIEB, aw-bié, aubier. 

AUFBAOfi, blessé, brisé. — L. 

AUOE, aw-je, auge. 

Auguionettes, aw-ghyt-gnè-te, étren- 
nes. On dit aussi a aguignettes ». 

Aw-MÉB, armoire. — L C. 

AUTE, aw-te, autre. 

Autefois, awt'fè, autrefois. 

AUTEL, aw'tê (arch.), autel. Pluriel : 
<f autias », aw-tiâ. 

AUTBB, aie-té'j v. aouter, 

AUTEUB, aw'teu, auteur. S'emploie sou- 
vent pour a cause ». Cent cka quest 
l'auteur de men uialue, Jnen êieus 
poM Vauteu, 

AUTEUX, ajC'teu''\ v. aouteux. 

AuTouu de (être), être occupé à... 

— L. 

AVACHIB ? 

AVAL, a-ra, aval. Vtnt d*aval, vent du 
sud-ouest. 

Avalasse, grande pluie, inondation 
causée par un orage. Jl est tumbai 
eun avalasses 

Avaleuse, a-ra-leu-'ze, avaloire (pièce 
du harnaiS; ; se dit également pour 
« valleuse » et, plaisammeut, pour 
tt gosier i>. 

AvALLRUSB, a-va-leW^-ze, descente de 

falaise. 
AVALLON, petit vallon, très petit coteau. 

— Li. 

AVANCHE, a-Tan-'Che, avance. Au fig. ; 
ace de l'axanche^ c'est être à son af- 
faire, être riche, 

AVAMCHBR, a-ran--c/ié, avancer; quel* 



quefoîs, travailler à Tavance. Jl «'a- 
vanche pour allé à la fée (foire) de 
d'tnain. 

Avant, a-ran, profond. Percher avant 
= creuser un trou profond. 

Avantager (s'), a-ran-tâ-jé, se louer, 
s'attribuer des qualités, le plus souvent 
absentes. 

Avantageux, a-van-tâ-jeu^ : !• avan- 
tageux; 2^ prompt au travail; pour 
mieux préciser, on dit : avantageux 
à Vouvrage, 

Avant-guère, a-van-ghée^ avant-hier. 
Voir higuere. 

Avarice, a-va ï-ce, avarice. 

Avec, a-reu^ avec. 

Avecque, a-rc-quc, avec. 

AVEINE, a~cin*-He^ avoine. 

Avei.nerie, a-vin^'H'niej champ dont on 
vient de récolter l'avoine. 

Aveintk, a-vin^-te: ne s'emploie que 
dans la locution avé de l'aveinte =être 
capable d'atteindre haut : et, au tiguré^ 
être influent auprès des grands. 

AVENANT, a-vnan^ poli, de manières 
agréables; à l'avenant = en propor- 
tion. 

AVENIB, V. impers, inusité à l'infinitif; 
!• arriver, il Varient drôlement; 2» 
convenable. / n'ii avîiU guée d'fée 
fmouêsieu. — L. 

AVENTUBis, a-van^-tUf aventure. 

AVENTUBBB, a-van-tu-é, aventurer. 

AVER, a-véf avoir (verbe) ; le substan- 
tif se prononce comme en français 
(( avoir ». 

AvÂREB, a-té-é, avérer. 

Aveugle, a-ren^-gle, aveugle. 

Aviser, a-vî-zé^ regarder, voir de loin. 

AviBiON, a-vi'Zion, idée saugrenue. — 

Avisoure, a-ri-zou-re;, invention; s'em- 
ploie rarement dans le style sérieux : 
ce qui mêle fait croire étranger, peut- 
être auvergnat. 

Avou, a-voUy prodigalité. 

Avouer, a-voué, u^er. uVa laveuse a 
arové pansabltment de tavon, — J. Tra- 
vers donne cet exemple : A force de 
bouillir, cette eau iest avouée, 

AvouBTEB, a-vour-té^ avorter. 

AVBBLA8, a-ve^r-lâ^ attente impatiente, 
hâte de voir arriver ce qu'on désire. 

AVEKLAUDIEB, a-ve^r^law-dié, impa- 
tient, homme d'un empressement 
inopportun. 

AVBIL, a-rri, avril. Avril neien va pas 
sans épi^ et mai ians épi de blai. 

Avbillbt, a-cri-péf poisson d'avril 7 
cri des enfants. 



BAI 



— 116 — 



BAH 



B 



Babbt, la Bàbet = Elisabeth. 
Babiller comme unjngneux. Leë peî- 
gneurs de lin étaient très bavards. 

Babouikeb, ba-buin-ne, babines, lèvres. 
Eisuie tes habouines, dit-on à un en- 
fant 
Bachineb, ba^hi-né, bassiner. 
Bachinet, Ja-uAi-fiè, bassinet: 1* plante 
(ficaire et renoncule) ; 2» pièce du fusil. 
Bacholleu, ba cko4é, chanceler. 
Bacul, ba-cu-, voir bat-cul. 
Baculbb, ba-eu'lé, se dit d'un cheval 
qui devance l'autre, parce qu'il tire 
mieux. — L, 
Baffbeb, ba-fré, manger gloutonne- 
ment. 
Bafot, fta-/i*, avant-train d'un chariot 

démonté pour porter rtes arbres. 
Bafuteb, ba-fu-té, porter des arbres 

avec le « bafut ». 
Baoatin, baga-tin-, baladin, saltim- 
banque. 
Bagkole, ba-gno^lct pour « baniole », 
de banne: 1" voiture en mauvais état; 
2«> voiture incommode «t grossière. 
Baooul, ba-gou : !• loquacité; se dit 
aubsi dans le Bcrri ; 2* babil peu intel- 
ligible. — L. 
Baqoulabd? ba-gou4ar, bavard. 
Bagouledx, ba-gmt'ltu\ 1» bavard, 
vantard, qui a du bagoul; 2«> celui qui 
parle hi mal qu'on ne peut le com- 
prendre. 
Baguenas, ba-ghe-nâ, niais, badaud. 
Baguenauder, ba-ghe-narc-déy rôder, 

flâner ; se promener en badaud. 

Bahut, coffre en bois; par extension, 

spécialement, <c coffrée de la noariée ]>, 

qu'on disposait dans un bahut. — L 

Baille, bà-ye ; l® cuvier à mortier ; 2* 

tinette (dans le Calvados). 
Bailler un banneau, le faire basculer. 
Bailleuz? ba-geu-, bailleur. 
Baril, ba-i, baril. 
BarillÊye, ba-i-yêye, baril, au sens du 

c contenu d'un baril ». 
Baise, bê-ze^ baisure, biseau. Manche : 

haiëè,., baUeul (dans Jul. Travers;. 
Baise (ailkuis <l baisure »), point de 
contact de deux pains dans le tour, où 
la croûte ordinaire est remplacée par 
une sorte de mie durcie. 
Baiser, bê-€é, 1« baiser; 2^ tromper, 
duper (V. DeibouUe). 



BAlBSiiRB, bê-eié, baissière. 
Balancées, ba4an-ehe^ balance. Chez 
nous, le mot est toujours au pluriel : 
Prête-wai tes balanches. Il en était de 
même dans Tancien anglais : Are 
there ballanee hère, to neigh theJUsch. 
T. Wright. 
Balancuer, ba-lan-ehé, balancer. 
BaLANDINE, ba-Utn^-din-ne, balançoire, 

escarpolette. 
Balicand, ba-lircan, rôdeur, fainéant 
qui se promène, au lieu de travailler. 
— L. 
Balicander, ba-li-ean^-dé (on dit aussi 
baricander)^ se promener en fainéant, 
en curieux importun. — L. 
Balicandeuz, bien plus fréquent que 
« balicand d, de ce baller » ou <( bras 
ballants ». — L C. 
Balichieb, fta-/î-cAi«, fabricant ou mar- 
chand de balais. 
Balibr, bâ-liéy balayer. 
Baliettb, bâ'liè-te, balayette, petit 

balai. 
Balieuse, bâ-lieu^'Ze, balayure. J. Tra- 
vers écrit balivres. Le plus souvent au 
pluriel : Jette cha à baliruses. — L C. 
Balive, ba-li-re^ baliveau. Balive de 
cussart, partie de sillon auignée A 
chaque planteur de colB:i et limitée 
par ime branche enfoncée en terre. 
Balivel, ba-li-rê, baliveau. 
Balle, &a-2e; homme de balle, homme 
de rien, comparer m homme de sac et 
de corde ». 
Balloter qitevovn = le tenir en sus- 
pens dans une affaire. 
Balourd, ba-lonr, défaut d'équilibre. 

L. écrit bâlour. 
Baluchon, paquet. 
Bambochb, ban'^'bo-ehe [L. définit 

c ivrogne d], bambocheur. 
Bambocher, 6<iA--to-<?//^, vivre en bam- 
bocheur. 
Banukl, ban-dêf bandeau. 
Bandoulièke, bait'dov'liè, bandou- 
lière. 
Bagne, ban-gne. Locut. adv., tuer à 
bagne, jusqu'à baigner dans la sueur ; 
ruvsêye (rosée) à bagne, rosée abon- 
dante. 
Bakgner, ban-gfU, baigner. 
BANG^ÈYE, bangnêye, bain; forte 
avertie. Kn ce sens, on dit : Itecfiecer 
eunn bangnêye, comme à Paris 4L rece^ 
voir ime douche ». 



BAR 



— 117 - 



BÂT 



Baiïne, banane, grand tombereau; le 
même que « benne j> qui est le celtique 
benna. L'Académie admet banne avec 
le sens de a grand panier d. 

Baknel, ban-nê, tombereau, petite 
banne. Les précieux emploient la 
forme française banfteau. 

Bannebêyk, ban-n'neye ( c. le c banne- 
lée :p de J. Travers;, contenance d'un 
banncl. Eunn' bannerêye du foumier, 

Bannettb, ban-nè'te, ban nette. Manger 
la bannette = se ruiner; allusion aux 
colporteurs. 

Banni ÈBS, ba-nié, bannière. 

Banque, ban'^-ke; 1° rebords d'un bon- 
leuof (bouloir), d'une cavée; en géné- 
rai, toute élévation de terre en forme 
de banc ; i^ nuage disposé en couches. 
Y a «ne grosse banque sur le soleil. 

Banques, ban--kié, l» pousser sa boule 
À la banque (du bvuleux) ; 2» faire les 
bans de mariage. 

Bakqubt, ban-kiè, grosse balance. 

Baouiste, ba-wiss-te^ bas-uormand; 
voyez ouivet; au ftg., individu qui 
lait Thomme simple pour mieux trom- 
per les autres. 

Baptême, ba-tin^-me, baptême; au fig., 
la tête. J'te vas cUmner sur le baptême, 

Baptistbbe, ba^tiss'té, acte de bap- 
tême; par ext., l'acte de naissance à 
l'état-civil. 

Baquetê, bac-tê, trop rassasié, qui a 
l'estomac surchargé. 

Baquetete, bac-têge, le contenu d'un 
baquet. 

Bab, bar; 1° civière de maçon: 2« sorte 
de poisson ; S*» estomac, panse ; 4<» bâ- 
ti sur lequel les scieurs de long font 
porter les pièces de bois pour les tra- 
vailler. Dans le pays de Bray, l'appa- 
reil n'est pas le même, et prend le 
nom clasitique de hourd. [Les deux 
premiers sens sont entrés dans l'usage 
général; la meilleure orthographe 
serait bard.] 

Bababbas, locution : Jl est connu coni' 
me Barabbas à la Passion, 

Babas, ba-râ, petit fût, spécialement 
pour Teau-de-vie. 

Babbabie, bar-ba-ie^ barbarie. 

Babbicue, bar-bi'cliey la barbe du men- 
ton, laquelle a plus d'importance que 
c l'impériale », qui en a elle-même 
plus que <c la mouche j. 

Babboteuz, auge cimentée oH boivent 
les bestiaux. 

Babbotoibb. ~ B. 

Babbouillbb le cœur^ donner des nau- 
sées, exciter à vomir. — B. 

Babbouquet, bar-bou-çuet ; 1* bride de 
corde, longe passée dans la bouche du 
cheval pour lui lier la mâchoire infé- 



rieure; 2° barbuquet, et en ce sens 
(( bouquet]» de bovque, pour u bouche d ; 
3° le muguet, maladie des enfants. 

Babdi, houle à la mer. — B. 

Bardou, bar-dou^ sage-femme. Le mot 
se rattacherait' il aux bardes ?? 

Babette, ba^tte, baratte. 

Babokole, bar-jo-le^ se dit d'une par- 
tie de dominos, quand les deux adver- 
saires comptent le même nombro de 
points. — B. 

Babicandeb, ba-i-can'^-dé\ le même 
que balicander, 

Babicot, ba^i-câ, barillet. 

Babomet, ba-ro-mê, baromètre. 

Bahbb, bâ^re (outre les sens du fran- 
çais), barrière. 

Barbe, da, étang de retenue. Locution : 
Faire barre (pron. fé ba) = arrêter 
l'eau pour donner ensuite plus de force 
à un moulin. 

Barbe du cou, les vertèbres qui sup- 
portent la base du cou. Jacques, si tu 
montes là-havt^ tu vas tomber et te 
casser la barre du cou. 

BarbÂ, bâ-re, vergeté. Viau barre, 
vaque barrêye. Souvent comme nom 
de vache : la barrêye. 

Babrée, ba^ycy feu à pleine barre du 
foyer. 

Babbel? bâ-rêy barreau; spécialement 
H échelon ». 

Barbette, bâ-rè-te, 1- petite barrière ; 
2° petit barreau. 

Babbiebe, bârrié, barrière. 

Basdbstamieb, bâ-des'ta-miéf chausse- 
tier qui fait des bas d'estame. 

Babenoulb, bâ-ze7ircu^lêy courtaud. 

Bâssk-COur, ba-ce-cour. Voyez cnur. 

Bassiale, mauvaise maison. [Serait-ce, 
par antiphrase, une altération de « ab- 
batiale :» ?] 

Bastian, Sébastien. 

Bataclan, ba-ta-olan, mobilier, usten- 
siles. Il a enlevé tout son bataclan. 
Cest un bataclan du diable. 

Bâtard, ba-tar, bâtard. 

Batabdel, ba-tar-dê, batardeau. 

Batabdibb, ba-tar-dié, qui a eu des en- 
fants bâtards ; se dit oniinairement de 
la femme. 

Bat-cul, ba-cu, petit palonnier. Casser 
le bat-cul, 

Batel, ba-têy bateau ; v. les suiv. 

Batelete, le contenu d'un bateau. — B. 

Batial, ba-tia, bateau. 

Bâti au, ba^tiaw, bateau. 

BATIMENT, ba (a bref) -ti-man, bâti- 
ment. 

Batib, bârtir [lacune), 

9 



BÉG 



— 118 — 



BER 



Batiste, air niais et méoontdnt. — L. 

Batoks, bâ'tân, jambages droits que 
Ton fait faire aux enfants comme 
premier exercice d'écriture (et autres 
sens du français). 

Batteux, ba-teu'^, !• batteur; 2* bat- 
toir. 

Battie (batterie), 1" coups échangés; 
2* battage du colza. — L. 

Battièbb, ha»tiiy aire. Pour les céréa- 
les, l'aire est dans la grange entre 
deux tas; pour le colza, elle est en 
plein vent. — (Au pays de Bray, la 
batUère est une machine à battre.) 

Battemaks, (o/t'-MA ; l» bergeronnette, 
lavandière; 2** ricochet fait par les 
pierres plates qu'on lance à la surface 
de l'eau. 

Battoqueb, ba-to-kyéf battre peu de 
gerbes ; v. le suiv. 

Battoqueuz, 6a-^tf-Ay«ie2, mauyais bat- 
teur en grange. 

Battes. Locution (empruntée à l'en- 
combremetit du bétail à un passage) : 
Comme U a btenpalU/ Les moU s bat- 
taient au trou pou pasëvr. 

Baudet^ hau-dè^ lit de sangles. 

Bauyseb, vidanges d'une mare curée. 
— B. 

Bayaohe, ba-va-che, bave. 

Bavacheb, borva-ohè^ baver. 

Bavacheux, ba-va-cheu'^ (masc.), ba- 
vette (fém.). — L C. ajoute : un ba- 
vacheux^ celui qui cause sans savoir 
ce quil dit ou qui cause trop. 

Bayiolb, ba-vio-le, babiole, sornettes. 

Baviolbb, ba-xiO'li^ conter des sor- 
nettes. 

Bayoleb, ba-tô-léf voltiger avec peine 
près du sol. — L. — Kst-ce « voler 
bas »? — M. 

Batette, ba-yet', baguette. Traiter à 
la bayette = accabler d'injures; ail- 
leurs, tt mener sévèrement n. 

Bazab, ba-zavj l^ bazar; 2« mauvais 
mobilier. Il a enlevé tout le bazar et 
U est parti, 

Bazabdeb, ba-zar-dé, vendre à vil prix. 

Béatilles, bé-a'tiryt^ amas malpropre 
de chiffons ou d'autres choses inutiles. 

BÉBÊTK, bé'bê't\ béte ; terme enfantin 
[ailleurs, diminutif de a: béte )>]. 

Beo, ^«T bec. Faire un bee = donner 
un baiser; terme enfantin. 

BÉOACUE, bi-ca-che^ bécasse. 

BÉOACHINS^ bé-ca-chin^-ney bécassine. 

BÉOAR, insecte qui tourmente les mou- 
tons. — L. — Kst-ce celui que man* 
gent les étoumeaux 7 — M. 

BÉCOT, bé'COy 1* gros baiser; 2" bouche 
d'enfant. 



Bbootteb, bé-eo-tét baisotter. — L. écrit 
c bécoter d. 

Becquemiettb, bec'tnietVy qui mange 
très peu. 

Bboqubr, bec-Jtiéy becqueter. Se faire 
beequer = se faire duper ou maltrai- 
ter. — Le parisien bêcher un individu 
me paraît n'être qu'une transcription 
de Oeoquer^ par substitution de la 
chuintante à la forte. 

Bedain, be*'tlain, veau; ne s'emploie 
que dans cette locution injurieuse : 
grand bedain. 

Bbdamouer, bégayer, balbutier. — L. 

Bedangueux, bègue; qui parle diffici- 
lement ; se dit aussi, par plaisanterie, 
bedattyous. 

Bediâbb, be-diê, grabat, mauvais lit; 
angUUs bed. — Leu lit est comww eunn 
bédiéf 

Bbdole, be^-do'le^ sot, ganache, niais; 
à rapprocher de btdelle [voir beiton] 
et bedain. Dans le Oevousbire bedo- 
led = hébété. 

Bédon, le battant de la cloche. -- L C. 

Bedonkée, bé-dan-neye. iS>» donner une 
bedonnée = manger avec excès. 

Bbdomheb, be-don-né, frapper rudement 
(comme sur un tambour). Bedony que 
le peuple n^emploie aujourd'hui qu au 
sens de a ventre », désignait ancien- 
nement une sorte de tambour. 

Bedot, bt^-dOy bedeau. 

Bédouin, terme de mépris. SaU comme 
un bédouin. 

Béqubb, bé-ghéf bégayer. 

Béhohu, bé-o-u, niais, knbécile, benêt, 
abruti. [Semtilerait Tépellation de la 
première syllabe d'une injure qu'on 
n'a pas voulu achever.] 

Bbitaillee, dire des bêtises ; conter des 
fleurettes ; plaisanter. 

Beitas, bêy-tâ, bêta ; altération du mot 
« bétail » (comme tras pour u trail i), 
ou plutôt bêtaud, 

Beite, bêy-te, bête. Locution : Avé la 
beite à dêts (doigts) = avoir l'onglée. 

Bbiton, bey-fton (peut-être pour beite- 
ron), veau d'un an et plus. A Pont- 
r£vêque, une c bedelle j> quand il 
s'agit d'une génisse ; un a beclein > en 
Basse-Normandie. 

Bbitonneb, bêy^ton-néy dire des bêtises. 

Bellikoe, bê4in^-jej tissu grossier ; ti- 
retaine ? 

BÊni, flétri, fané. 

Bénoki, préféré (entre ses frères et 
sœurs, en parlant d'un enfant). 

Bbbo, ber ; l"* berceau^ crèche ? ; 2^ râ- 
telier de moutons ; 3"* corps du chariot 
à échallier. 

Bbbchbb, ber-ohéj bercer. 



BIÀ 



- 119 — 



BIS 



Bkbchbusb, support du berceau. 

BÂBE, hé, boire. 

Babgue, ber-ghe^ berge. 

BsBLB, bê-le, herbe des ruisseaux. A 

Rolleville on dit heuUle. 
Bebkb, ber-ne, le bord d'une route. 
Bbbqueb, btr-kiéf berger; de « berc », 

ou ? de tt berque }), vieille brebis. 
Bbbquebib, ber-kié'ie, bergerie. Mot 

passé en Angleterre sous la forme 

oarcary. 

Bbsachb, be/^-za-chey besace. Sauf dans 
l'expression traîner la besache, on 
préfère c bissac )). 

Bbsadb [aller à la)j être toujours parti 
où Ton n'a que faire ; d'où, n'être ja- 
mais posément à sa besogne. 

Besaoudbb, aller se promener, au lieu 
de s'occuper de ses affaires. — B. 

Bbskk, bif^'iéy errer. Se dit des vaches 
qui courent çà et là quand elles sont 
tourmentées par les mouches. (Del- 
boulle, bti?ier) ; au lig., s'applique aux 
paresseux. 

BE81QUKS, bô'^'Zi-ke, besicles ; avec idée 
de mépris. 

Bbsot, bé'Zo, benjamin, le dernier d'une 
Emilie. 

Bbsson, bè-çon, boisson (voir ce mot). 
Au lig., ivrogne : c*tèt euniC bessun. 

Bkbsoniieb, bè'çon-né, boire malpropre- 
ment; boire outre mesure. 

Bbtal, bé-ta, bétail [n corail :» s'est de 
même écrit curai]. Se dit parfois d un 
seul animal : Çfueu vilain béUiU que 
çu picot (dindon) -là! 

Bbtubb, bé'tUy bétoire. [Par une seconde 
altération, devient ailleurs béteure,] 

Bbuillbubnt, bcH'^-ye-many beugle- 
ment. 

Bbuillbb, beu^-yé, beugler. 

Bbuilleusb (beugleusej, trompe à va- 
peur de la jetée du Havre. — L C. 

Beubbaye (beurrée), volée de coups. 

Beubbk, beu^-re, beurre. Locutions : 
Jfiuire êun btmrre = gagner beaucoup 
dans sou commerce; j^iâtrer au beurre 
=■ en mettre une couche épaisse sur 
un morceau de pain. 

Beubbbb, beu^-riy battre; comparer 
c graisser i>. 

Bsubbibbb, beu'i-rié, se dit d'une vache 

dont le lait fournit du beurre plus que 

la quantité moyenne. 
Bbuvablb, buvable. — B. 
Bbuvbux, Je5"-rtfi*», buveur ; ivrogne. 
BiAlSKB, bi'êy'-zé, biaiser. 
BlAL, bia, beau (v. le suivant). Les 

a amontois j» disent bel : Man fré est 

pus bé qu'mê, 
BiAU, biaw, beau. S'emploie toujours, 



au lieu de bia, dans les mots compo- 
sés : biaW'fré, biatc-pé. 

Bibelot, bi-blo, mobilier. Expression 
nouvelle. 

Bibet, bi-bè, moucheron. Bas-normand, 
guibet; roman, wibez. — Hibet et 
tipuie ne rapprochent des mots anglais 
bib et tiple, qui tous deux veulent 
dire « boire ». 

Bibi, bi'bi, bobo. Léger mal ; terme en- 
fantin. J'ai bibi à la main. 

BiDAiLLON, bi-dâ-yon, mauvais bidet. 

BiDBTTE (fém. de a bidet »), bi-dè-te, 
cavale, jument de selle. — L. ajoute : 
cheval d'allure qui portait le maître 
ou la maitreuse de la ferme, et même 
quelquetoid tous les deux ensemble. 

Bien-uasabo, byin-nihzar, loc. adv., 
probablement. 

BiEKHBUBEUX, bi'in^-nu^euœ, bien- 
heureux. 

BiEBBE, bief bière. 

BiGAOUE, hi^a-che, patarafe, traits in- 
formes d'écriture, griffonuage. 

BiGACHEB, bi-ga-ohéf faire des bigaches, 
écrire mal. 

BiGACHKBiE, bi-ya-ckchie, fourrages 
mêlés. Un dit aussi a; pioacherie i>. 

BiGME, bin-gne, légère contusion, en- 
flure produite par un coup; roman, 
bugncy buigne ; lorrain, beuyue. 

BiGMÊCLKS, bi-gnê-cle [lacune; est-ce 
le même que :j 

BiGNBQUES, licol de corde pour les 
veaux et les vaches. — L. 

BiGfiET, bi^gnê, beignet, qu'on ne voyait 
autrefois qu'aux repas des jours gras. 

BiGOTTlE, bigoterie. — B. 

Bilboquet, bil-bo-kièy morceau deboia 
attaché à une corde, pour retenir les 
chevaux à l'auge. 

BiLLOC, bi-yu, bloc. Jeter un billoo de 
terre à vu oisel; billoo de ckucre. — 
L. écrit billot, et ajoute : morceau de 
sang coagulé {veia ejaoé) ; motte de 
terre non écrasée par le rouleau. 

BiLLOou, bi-yo-cu, champ où il reste de 
ces mottes entières. 

BinD, bin'^, nœud fait à une corde. (V. 
le suiv.) 

BiNDBK, bin^-dé; 1» terme de jeu; 2» 
faire un nœud à une corde pour la 
lixer à 1 endroit où elle doit être atta- 
chée; anglais bind, lier. 

BiMQLBB, bin^-gléf bigler. 

BiBOLBT, bi-ro-lèy tisserand. 

Bis^ locution : il a mangeai san [pain] 
blanc avant tan bis = le présent e^t 
pour lui moins avantageux que le 
passé. 

BiBAOUB, birza-guë, besalguë, outil de 
charpentier. 



BLÉ 



— !20 — 



BOL 



BiscABi, vieux cheval. 

BiSG-EN-coiN {de), hù-han-coin^ de 

biais, de travers, en diagonale; à 

Alençon : bicacoin. 
Biset, bi-zè (caillou), silex. Rapprocher 

du chaldéen biseca, et du grec moderne 

BiSKTTE, bl-zè-te^ pain demi-blano. 
Malgré son nom, la Disette se distingue 
du pain bis. La bitette = pain de six 
livres demi-blanc. 

BisiB, bi-zt^ devenir noir ou couvert. 
Le temps bisit = le ciel devient gris. 

BiSNAQUE, bis-na-kâ^ mauvaise maison. 

BiBQUE, bis'kêf haridelle, mauvais che- 
val. 

Bisque {de) en coin, d'un coin à l'autre 
en passant par le milieu ; par exten- 
sion : chose posée au hasard et sans 
ordre. 

BissoN, bi'çon, buisson. 

BiTBB, bi-té; le sens primitif doit être 
c mordre à même une chose n ; par 
extension, a enlever une partie d'un 
tout, toucher à J> (voir abiter) ; de l'an- 
glais bii^ morceau ; bUen, mordre. 

BiTTARD, bi'tar, motte de terre ou de 
matière dure à écraser. 

Bitte, bi-te^ silex qui se rencontre dans 
la craie ou la uiarne, la <k brèche sili- 
ceuse 2> des naturalistes ; en général, 
gros caillou, grosse pierre. No devrait 
bien casser les bittes de çu ch^min-là. 

Blaai, blaireau. — L. 

Blaïl, terre où on a récolté du blé; 
l** 8ur le blaïl doux^ on ne doit semer 
que de l'avoine ou du trède ; 2® sur le 
blaïl rvde, on peut faire toute sorte 
de grains, sauf l'avoine. 

Blanc, blan^ monnaie d'argent qui va- 
lait cinq deniers. Ne s'emploie que 
dans l'expression : six blancs == deux 
sous et demi. Cette manière de parler 
est à peu près tombée en désuétude ; 
mais, vers 1860, on vendait dans les 
foires des galettes de six blancs. 

Blano, maladie des plantes [peronospo^ 
ra, erysiphe). — L. 

BliANO-BlMBH, blan^ri-méf geler blanc. 
Blamc-RIMÊyb, blan-ri-mêye y gelée 
blanche; anglais to rime, 

Blarjl, bla-ï, champ d'où le blé vient 
d'être enlevé. A Valognes, Mairie, au 
fém. On dit de même : aveineril^ line- 
rily seilleril (seigle). Le nom d'homme 
a Lorgeril d a évidemment la même 
origine. 

Blasok, blâ-zon, bavardage. 

Blbo, blèy blet ; au fém., blèque, 

Blécher, blê'ché, blesser. Spéciale- 
ment : U est bléché (euphémisme) = 
il a une hernie. 



Bli&quib, blè-quî, blettir ou blesair. 
Bleu, blu, fém. blûe, bleu. Locution : 

ça n'n'est blett, ça n'nest tout bleu = 

c'en est plein. — B. 
Bleus (les), blû, linge de couleur quel- 
conque, par opposition au linge blanc. 

Man lavage sur anche : je n'ai pus 

mais gue mes blus. 
Bloc a blanc, dire étourdiment des 

choses désagréables pour celui qui les 

entend. 
Bloqué, blo-kiê, entouré; au fig., at^ 

trapé. 

Bloquer, blo-kyé; !<> les sens du fran- 
çais ; 2^ travailler grossièrement. 

Blououe, blou-ghe (ailleurs blaugue), 
boucle. 

Blououer, blvu-ghéy boucler. 

Boc, 1* tilbury (sens récent et répandu); 

2** fig., sournois, entêté, opiniâtre. 

(L'abbé M. écrii Bosc,) 

Boche, bo-che, bosse ; le fig. : s'en don- 
nai eunn boche e»t entré dans l'usage. 

Boe, bâ-^, boue. — Euphémisme rare, 
mais remarquable : boe de blé = ex- 
créments. 

Boire, boue (beaucoup moins usité que 
bère)f boire. 

Bois, bou-â ou bwâ, bois. 

Boise, bou^y'-ze, poutre, pièce de bois. 
On connaît la légende de la boise de 
St-Nicaise de Rouen. Bêler la boise = 
cajoler. Sourd comme une boise = très 
sourd. — L. 

Boiser, bouêy'<é, boiser. Une cour bien 
boisêye est une cour abritée par des 
arbres nombreux. 

Boiser, frapper. J'ras f boiser. 

Boiserie, bouê/~z'zie, boiserie. 

Boisette, bouêy'^è-te, brindille. AUer 
a boisettfs == ramasser les menus bois 
morts dans la forêt. 

Boissillonner, boi-ci-yon-néf chiffon- 
ner. 

Boisson, boué-çon^ s. m., bouchon de 
paille, linge à laver la vaisselle, la- 
vette ; au fém., s'applique à une femme 
malpropre. 

Boisson, boué-çon, opposé à c cidre », 
signifie que le jus de la pomme a été 
augmenté d'eau pour en faire le breu- 
vage ordinaire de ce pays. Avez-tous 
du cidre à vendre? -^ Oui, pas du 
pur; mais de bonne boisson. — Bère, 
dans le Houmois. Dans le Devonshire, 
beaverage a exactement le même sens, 
— Voir besson. 

Boitai llbr, boi-tâ-yê, botter volontai- 
rement pour se foire croire blessé oa 
pour exciter la commisération. 

Bole, fém., bol, bol, maso. 

Bolée, bo4êye, contenu d'an bol. 



BOT 



— 121 - 



Bon 



BOK. Looutionfl : Etre bon = fort, bien 
portant. Four de bon = Bérieusement. 
Cela me coûte bon = cher. — Voir 
ami. 
Bon, bony amande de la noix. Les noiœ 
(noisettes) vojtt pas tarder à être mû- 
res : U n'y a presque pus de lait^ et le 
bon est gros. Cette expression est dans 
Palsgrave, comme traduction deakyr- 
nell » ; ce qui est notre sens. 

BoNDER, bon-dé y bondonner, mettre une 
bonde. Au fig. : J'te vas bonâer le c.,.; 
être bondé = avoir trop mangé. 

BoNHEUB, bon-neu, bonheur. 

BoNKACHB ? bo-na-che, bonasse. 

BoNMBMBNT, bon-ne-man, vraiment, et 
les sens du français. On prononce aussi 
bounetneTit, 

Bonnet, adj., bon-nè^ médiocre (ni bon, 
ni mauvais) ; se prononce aussi bonne. 

BONTIP, bonasse, naïf. — B. 

BONTIYEMBNT ? bon-ti-ve-inan, naïve- 
ment. 

BoQUiLLAB, qui tombe en marchant 
maladroitement. — L C. 

BOQUILLAUDEB, faire le boquillas. — 
L C. 

Border, bor-dé, atteindre quelqu'un 
pour le maltraiter. Locution : Etre 
mal bordée être embarrassé. L C. 

BOBONBB, bor-gnéy frapper, contusion^ 
ner. 

BoBNÂ (être), être à court de. J' siens 
borné d'étoj^e pour fé cThtibit' là, J' siens 
trop borne pa V temps; peux pas allé 
xax l'ctfusin, 

BoBNiFLE, bor-ni-fle, petite bosse, con- 
tusion peu grave, chiquenaude. 

BORNIFLBR, bor-ni'fléf frapper, blesser 
légèrement. 

Bosco, bos-co (par plaisanterie), bossu. 

BosQUER, bosS'hyiy marcher beaucoup. 

BOSQDERON, bO'Cron, bûcheron. 

BosQUERONNAOE, bo-cron-na-je, travail 
ou métier de bûcheron. 

BosQUERONNER, bo-cron-né, faire des 
travaux de bûcheron. 

BOBSEL, bo-cêf boisseau; 1/2 hectolitre 
[ce qui est plus du double de la capa- 
cité ordinaire]. 

Bosseler, boss-lé^ fournir des boisseaux, 
être abondant. cVoi bosselle^ dit des 
pommes, des pommes de terre, etc., 
veut dire : leur récolte est abondante. 

Botté, bo-têf crotté. JV'entre pan avec tes 
chabots tout bottés de boe et de fian. 

BoTTEL, bo-tê, botte de feure (paille), etc. 

Botteletjx, qui met en botte le four- 
rage. 

BOTTER, bo'téy adhérer à la chaussure. 
La neige botte. No botte dans la boe; 
y a pas de quoi marcher. 



Bottines, bo^in^-ne^ garniture de paille, 
etc., placée dans le sabot pour qu'il ne 
blesse pas le cou-de-pied. Chabots à 
bottines. 

Boucan, bou-hun^ maison remplie de 
fumée. (Le sens u tapage s est devenu 
général.) 

Boucannb, bou-can-ne^ maison désa- 
gréable. 

Boucanneb, bou'Can-néy bougonner, 
murmurer. 

Boucherie, bou-ch'ehie, boucherie. 

Boughib, bou-rhie; manger eunn* bou- 
chiez eunn bouchie de pain^ = faire 
collation entre les repas. 

Boucholle. — B. 

Boudin, bou-din, boyaux, intestins. Lo- 
cutions : Je l'aime comme mes boi^tdins; 
je ne voudrais jamais le voir. Prendre 
quelqu'un par son boudin^ l'amener où 
on veut en satisfaisant sa gourman- 
dise. 

Boudin ERIE, bou-din-n'nie : !• quantité 
de boudin ; 2* apprêt du boudin. 

BoUFFéE, bou-fêgcy accès de fièvre, de 
transport quelconque. J'ai vu un quien 
arrogé qu'était dans sa bouffée. Au 
sens de u longue durée i» dans cette 
locution : Y en a pou eunn bouffée. 

Bouffer, bou-fé, bâfrer, manger avec 
avidité. 

BouFFRE, bou-fre^ exclamation, juron 
adouci. 

Bouger. Locution : bouger comme un os 
en chiffre y rester en place. 

Bougette, sac à provisions des ouvriers 
bûcherons. 

Bougon, bov-gon : l® grognon, maus- 
sade ; 2° tronçon d'arbre resté debout. 

Bouillon, bou-yon ; avoir du bouillon 
(s. -entendu : de chien) =: recevoir de 
la pluie. 

Bouis, boni, buis. — Le pmr du bonis 
= le dimanche des Rameaux. 

Boujou, bou-jou, bonjour. — V. J. Tra- 
vers. 

Bouler, bou-lé, jouer à la boule. Se 
bouler y tomber. San ch^va s'est boulai. 

Bouleux, bou-lev^y jeu de boule. Les 
précieux disent bonloir, seul mot qui 
ligure sur les enseignes. 

Bouliner, bou'li-néf tournoyer. 

Boulinguet, bov-lin^-ghé, petites li- 
maces; petits poissons. 

Boulot, boû-lo^ pâtisserie renfermant 
une pomme ou une poire cuite. Dite 
aussi boule. 

Bounement, bounn'man, v. bonnement. 
BouNET, bou-net, bonnet (voir ce mot). 
BoiiQUER, bou'kiè; 1<» nom, a sabot, bou- 

choir de four » (ailleurs « étoupas ») ; 

2» verbe, <c être de mauvaise hu- 



mk 



— 122 — 



BRÉ 



meiir » : laiueAe, y banque; se dit 
des abeilles qui s'amassent en g^^ppes 
à l'entrée de la ruche, au moment 
d'essaimer. ~ L C. 

Bouquet, bou'kyè, aux deux sens spé- 
ciaux, maiDt«nant français : crevette 
et furoncule, pustule. 

BouQUBUX, homme d'un caractère dif- 
ficile, qui boude lorsqu'il est mécon- 
tent. 

BOURB, bou, cane. V. Dm. [sans doute 
Du Méril] et J. Travers. 

BouBBTTB et broette, brouette. — L. 

BOUBOAONB, baur-gan^gne^ fève de 
marûs. On dit aussi, mais plus rare- 
ment, gourgagne, 

BoUBOANCEB, btturyaiueéy bougonner, 
grommeler. — L. écrit bourgucneer. 

BOUBLIKOURB (faire), se donner du 
mal et en donner a des ouvriers. — 
LC. 

BouBBBL 'arch.), bou-rê, bourreau. 
BouBBBLiBux, baur4ieu^, fagoteur de 

bourrées (lieux = lieur). 
BouBBBYE, bou-rêye^ bourrée. 
BouBBiBUX, celui qui met en bourrée 

les joncs-marins et les ronces. 
BOUBBILLON. Locution : Tout san linge 

ent en bourrillon = en désordre. — 

LC. 

BonsBiQUE (canton de Pavillv : bour- 

riquet), chevalet à scier du bois. 
BouBSicoT, bintr-ci-eOf petite bourse, 

boursicaut (orthographe moins bonne, 

comme le prouvent les dérivés) . 
BOUBSIK, bour-€ie [ce serait en français : 

bouriée], contenu d*une bourse. 
BouBAB, boû'zâ, bouse. 
BonsÊTB, ft<w-^«yff, large fiente de vache. 
BouTBUX, bau-teu^t pièce de bois placée 

entre les chevaux de labour, pour les 

maintenir à l'écartement convenable. 
BOUTICLE, bpu-ti-ele^ forme assez rare 

(citée dans Palsgrave) de<i: boutique i>. 

Ce dernier s'emploie pour « maison i>, 

dans un sens péjoratif. 
BOUTUBE, boU'tu\ et aussi bmUevse, 

bouture* 

BOYBBS, bo-yée (le même, sans doute, 
que bauyers, ci-dessus), amas de boue. 
Dans le Blésois, « patouille d. 

Bbacue, bra-che, brasse. 

Bbaghe-oobpb [prendre à), bra-ehe-car, 
à bras-le-corps. 

Bbacuer, bra'chéj 1* embrasser, pren- 
dre dans ses bras ; 2o mesurer à la 
brasse ; 3* aller vite. 

Bbachie, bra-chî, brassée. 

Bbaillabd, bra-yar, vantard, hâbleur, 
et le sens du français. 

Bbaillbb, brâryéj se vanter, hâbler,etc. 



Bbaillbb, brâryé, brasiller. 

Bbaibb, brê, pleurer fort, crier. 

Bbannbb, bran^-né, branler. 

Bbakqub, bran^'ke, branche. 

Bbanqubttb. bran^-kiè^e, bninchette, 
rameau. 

Bbaon, Abraham. Braon Beurdai « 
Abraham Bredel. 

Bbaqub ou bbag, brac, emporté, brus- 
que, prompt et rude ; en patois anglais 
(Ohesh.) braeeo = diligent, laborieux. 

Bbabbb, brûrzéf uniquement dans cette 
locution : hraeé de sang, couvert de 
sang. — B. 

Bbabiâbb, brâriU, braisière. 

Bbabsaibon, brâ-eê-zon, temps du bras- 
sage, saison où Ton braase. 

Bbabbbb, brâ'Cé, brasser, extraire le jus 
des pommes. 

Bbassbbie, brâre^eie^ brasserie. 

Brasseux, brârceu^, brasseur. 

BbabsiAbb, bra-eié ou brârchîe, bras- 
sière. 

Bbavb, brâ-re, l® brave; 2» paré, bien 
habillé. V. Dm., brande. 

Bbaveb {se), brâ-vé, s'cndimancher. 

Bbavoube, brâ'vou, bravoure. 

Bbbbis, btTr-bi, brebis. A berbie tondue 
Dieu mesure le vent, EunfC berbis gwi 
bêle perd sa goulaie = On ne peut 
parler et manger en même tempe. 

BBBbALLBB, be'r-da-lé, se hâter, fiûre 
une chose à l'étourdie. ^ L. : fiâner. 

Bbedallièrb, bé^r-da-lié, étourdie. A 
Valogoes, berdale est ime femme de 
mauvaise conduite. En anglais popu- 
laire, bredale = une noce. 

Bbbdkllb (rare), be'r-dè4e, bretelle. 

Brbdi-bbkda, be^r-di-be^r-da, à la hâte. 
Ailleurs, sorte d'interjection au bruit 
d'objets qui s'écroulent avec fracas. 

Bbedouillbhbnt, bff'r-dou-y'man.Yïn' 
douillement. 

Bbedouilleb, bifr-douryiy bredouiller. 

Bbedouillbux, ber-dou-yeu^y bre> 
douilleur. 

BBEtiUBB, be^-ghyé^ blesser, estropier. 

Bbelaudbr, be^'law-dé, écornifler, 
fiâner, perdre son temps à aller d'une 
place à l'autre. [A rapprocher du fran- 
çais brelander, dont il serait une alté- 
ration d'après le Dictionnaire général.] 

Bbblaudibb, be^r-law-dié, paresseux, 
qui quitte volontiers son travail pour 
aller fiâner chea les voisins. 

Bbblkqub, be^r-lè-he, petite fille, fil- 
lette; ne s'emploie qu'en mau^nise 
part. Peut-être pour « brelette •. — 
Voir brêlot, 

Bbêlbr, brê-lé, entraver; se dit de» ré- 
coltes qui embarrassent pour marchex 



BRI 



— !23 — 



BRO 



on faucher. Bn terme de foiicoiinerie, 
on appelait « bresle n une bande de 
cuir qui servait à lier les ailes du 
lËaucon. 

Bbblingubb, h^r-lin^-ghyé^ vaciller, en 
parlant de la vue. 

Brsliqub, bé'r-Ui^ bernique, l équiva- 
lant à n. 

Bbeloqub, htf'r-lO'ley breloque. En 
Basse-Normandie, la brelette est une 
montre. 

Bbèlot, brê'lo, petit en&nt. 

Bbrlu, beTr-lu, légèrement pris de bois- 
son. 

Brêqub, brê'ke, brèche. A Harfleur, on 
appelle la Brèq^ie le quartier où les 
Anglais firent brèche pour entrer dans 
la ville. A Constantine, le point où les 
Français forcèrent la ville s'appelle 
également la Brèche (Anglais brake). 

Bbiêqubt, bri-kyèf bréchet ; anglais 
briêkfft. 

Bbesil, be*r'Zi; !• Brésil; 2* grésil. 
PoU de Brésil^ haricots flageolets. 

Bretagne, A^r-^an-^n«, Rretasrne. Mou- 
che de Bevrtangne, asile qui pique 
les animaux. 

Bbbtellv, be^r-tè'le ou ber-tè-le, bre- 
telle. On dit aussi d bredelle •, befr- 
dè-le. 

Breton, be^r-ton, Breton. 

Bbeuillbs, breu^-ye, entrailles de pois- 
son, y compris les ouïes. Se dit par- 
fois aussi, comme la forme française 
brouailles, de la volaille et du gibier. 
Signifiait au xv* siècle a intestins 2> en 
général. — V. procès de Jeanne d'Arc. 

Brbuillu, breu^-yUf ventru, en parlant 
des animaux. 

Bbicolb, bri'OO-ley 1* sens du français ; 
2* licol pour les vaches; 3" établisse- 
ment d'un avare qui chicane ses em- 
ployés et les paie avec des reproches. 

Bricoler, bri-eo-lé, essayer longtemps 
de se tirer d'un mauvais pas (senspar- 
culier et chez nous unique de ce mot 
français). — B. dit : bricoler nés ra- 
qvet = les conduire avec peine (à la 
bricole), les tirailler l'une après l'autre. 

Bricolibr, bri-co'lU, qui vit d'expé- 
dients. — L. ajoute : cultivateur peu 
aisé qui c dispute ses domestiques », 
au lieu de les payer. 

Brie, brU broie, brisoir à lin ou à chan- 
vre (pour écraser ces plantes avant de 
les teiller). 

Bribb, bri-yét broyer, briser. Lin brié» 
Le pain a brié d est un pain pétri à 
l'aide d'un levier appelé orï«, de ma- 
nière à obtenir une pâte très dure . 

Bribre, bri-yé, bruyère. [Le surnom de 
la commune de Saiut-Maclou présente 
les deux formes. ] 



Bbtk, brin ; !• un brin = un peu : Don- 
nez-moi un brin de pain ; 2« adv, brin 
= rien : Tu n'n^airoi brin, 

Bbtnchb, brin^-ehe ; !• verge, scion, 
houBsine (diminutif de « branche », un 
balai de brinûke ; 2° ramilles de bou- 
leau : une brînche à fouet. Arrondis- 
sement de Lisieux et de Vire : bringe. 

Brinchètb, longueur, manche d'un 
fouet. — L. 

Brindb, brîn^'de^ 1* bande de terre non 
défrichée, haie composée de brindilles ; 
3* au sens de c bride i» pour les sabots, 
d'où brinder des ehabots à botinne». 

— L C. 

Brtnet, bri-nk, diminutif de c brin i>. 
Un brinet = très peu. 

Brinotbr [L. : brinotter], bri-no-ti^ 
manger brin à brin, du bout des dents. 
[L. : peu à la fois et sans appétit] 
S'applique souvent, par antiphrase, 
aux bonnes fourchettes : U brinotte 
(sic) bien. 

Brioche, bri-o-ohe. Du fiiruré « mala- 
dresse D vient cette locution : manger 
de la brioche = vendre à un prix in- 
férieur à celui qu'on a auparavant 
refusé. 

Brion, bri-yon, V poignée de lin passée 
à la broie, mais non « écouchée i ; 2* 
pièce supérieure d'une broie à lin. 
Serrer le brion = partir en laissant 
paraître son mécontentement. 

Briquerib, bri'CriCy briqueterie. 

Briqueton, bric-ton^ fragment de bri- 
que [parfois rompue à dessein]. 

Briquetonnaob, bric'ton-nâ-je, ma- 
çonnerie grossière faite avec des bri- 
ques cassées. 

Briqu ETONNER, bric-ton-néf maçonner 
avec des briques cassées. 

Briquibr (rare), bri-hyé, briquetier. 

Bribc AILLER, bris-câ-yé^ briser, dislo- 
quer. 

Brise (d), loc. adv. Y pleut, y vente à 
brise = extrêmement (à briser tout). 

— L. 

Brisb-fer, brî<e-/é, qui use beaucoup. 
Bristonner, bri^-ton-fié, manger une 

croûte tranquillement et avec plaisir. 
Brit, bri, bruit. 
Broderie, bro-d'die^ broderie. 
Broette, brouette. — B. 
Broibe, Ambroise. — L. 
Broque, bro-kcy broche. 
Becquette, bro-kyè-te, brochette. 
Broquins, bro-kyin'^, brodequinh, gros 

souliers. 
Brossée, bra-cêt^e, brossée, c'est-à-dire 

volée de coups. 
Brouéb, brouêye, écume. Il a la brouée 

à la gtietUe, [Un homme du peuple 



BUL 



— 124 — 



BUT 



dépeignait Talma en Kène : la hrouée 
à la baveheyet, se touchant le haut du 
bnw : nu-jambe juêquâ'làf Je Vai vu.] 

Broubb, brou'éf écumer, mouner. Coin- 
me ça braue ! = comme cela écume. 

Bboubttbb de» mmvdlei = les colpor- 
ter. 

Bbouettbyb, hrourè'têye, brouettée. 

Bbouillabder, brau-yar-dé, bruiner. 

Bkouillbb, hraû-yé, barbouiller. 

Bbouillon. hrouryon^ V tache d'encre; 
2* les autres sens du français. 

Bbouine 7 hrou-in'^-ne, bruine, léger 
brouillard. 

Bbouinbb, hrou-i-né^ bruiner. 

Bbouib, (roK->, tra?ailler en étourdi et 
avec précipitation. On dit aussi : »e 
brouir = aller trop vite. 

BBOniBSBBES'SB, brou-i-ce^-ré-^e [man- 

aue la définition du mot, féminin 
*un adjectif, brouissenr^ dérivé de 
(( brouir»] ; par métaphore, un mauvais 
moulin. Ce dernier sens montre que la 
carte de Tétat-major a eu tort d'écrire 
« fontaine de Broui-Cerès » à Radica- 
tel (sur 8t- Jean-de-Folleville). 

Bbu, épousée. As-tu ru pautr la neu- 
ehtt (noce) ? C'ejtt là que la bru était 
belle f 

Bbugheb, bm-ché, broncher, chopper. 

Bbucheux, qui bronche souvent. Un 
eh' va brychinx, — L. 

BBULftE, brû-lêye^ rouée, volée de coups. 

Beuledse, brû-leu^ze, brûlure. 

Bbumbnt, bru-man^ nouveau marié. 
Malgré l'étymologie « honune de la 
bru », donc brutnan, nous écrivons 
brument^ d'accord avec les noms pro- 
pres. 

Bbunb, brun-ne, V crépuscule (sens 
français) ; 2« brouillard à Thorizon. 

Bbusquant, brut-cân, brusque; mal- 
honnête, impoli. 

Bbuëqubbib, brus-qui'ie^ brusquerie. 

Beutal, bru'ta, brutal. 

Buette (le même que burette)^ petite 
bouteille. — L. 

BuÈTE, bvrêye. outre le sens français de 
« buée 1 ; pièce de bois à l'arriére 
d'un bannel, 

BuHOT, bu-Oy corne de bœuf que le fau- 
cheur porte suspendue à sa ceinture 
et qui contient de l'eau avec la pierre 
pour aflfûter la faux. - L. ~ V. hurot. 

BoLft, bu4êf accoutumé au point de ne 
pouvoir changer d'habitude. Asteure 



gui ^êtê hM à eha, il y mourra ; soa- 
vent tt être accoutumé à faire habile- 
ment une chose ». 

BULIN, dtt-/ta>, boulin ; 1« nid à pigeons ; 
2* trou pour échafauder ; 3* mauvaise 
maison. 

BULiNEB^ bu4i'nè, se loger comme on 
peut. 

BtTLTAGB, bul4a-je, blutage. 

BULTEL, hd'te, blutesu; en anglais, 
bnltél ; item en vieux français ; du la- 
tin bultellu* ou bultellum. L'ancien 
normand a dû avoir la forme c huître ». 
Bultre or bultiny pake for fynt wêeale 
cribra (Hulsch). WBIOHT, r^ bulter. 

BULTBB, bul-té, bluter. Se dit neutra- 
jement de la neige soulevée par le 
vent. La netife buUe; ça bulte. — 
Ntnu aurions du payn, se nœtre farine 
estoyt une foys bultie. (Palsgrave, 462) 
Vttus ne pouez jamais faire si fine fleur, 
quand vous ne faictes que cribler vvs- 
tre farine, que vous ferez quand vems 
la bvlterez, (Id., 719). 

BnguE, bu-ke (par antiphrase, pour 
« bûche I»), tout objet introduit entre 
rœil et la paupière. J'ai une buqne 
dans rœil. Très petits objets tombés 
sur les vêtements. 

BUQUTLLE, bu-ki-ye, béquille. 

Bprot ou BUOT, bu-o^ 1® ooyer, ailleurs 
cossiau (J. T.) ; 2» sorte de piège & 
taupes et à souris. La racine est -elle 
celle de « burette »? On sait que le 
mot bure indique un puits de mine, 
par conséquent un creux. 

BUBAILLEBB, bu-zà-yèe, broussailles. 

BusoQUER, bu-zo-kié, passer son temps 
à des riens. Selon Dm. et J. Trav., 
« agir en bune » 7 Ce mot ne déri- 
verait-il pas plutôt de bus, bois, et 
oque^ hoche 7 Si cela était, le sens 
primitif de bnsoquer serait « faire des 
noches à un morceau de bois », vrai 
métier de buse. En vérité, ce mot 
semble un péjoratif du vieux normand 
buMir = agir, être aotil. — Voir 
Wbight, Busy^ business, to busy. 

Butin, bu-tin'^^ nom collectif indiquant 
Tensemble des effets d'un individu. 
Pour un domestique, enlever son butin 
c'est quitter sa place, son maître. 

Butte, s. f., bu-te, l» jeu du bouchon ; 
2o le bouchon qui sert de but. C'est 
le <i jeu de galoche » de la Basse- 
Normandie. Au XVI" siècle, le mot 
butte avait le sens au'a aujourd'hui 
« but » ; car on lit dans Palsgrave : 
Butte to shate at = butte, *. f 



CA6 



— «5 - 



CKl 



Ca, Totr car et eat, 

CABABj^eorbâ, vieux cabriolet (et autres 

sens français). 
CABiLSSEB, ea-bâ'OÀ, fatiguer beaucoup, 

faire un travail pénible. 
Cabbstban, corhet'tran (orthographe 

étymologique), cabe^itan. 
Cabbuil, ea-heu-y, cambouis. 

Cabeciller, rorheu-f/é, !• tourmenter, 
travailler activement. CahtuUler une 
affaire^ sa ttrrre ; *2» frapper; 3' pro- 
nominalement, se harasser. 

Cabillb, ca-hi-ye, cabane, loge. Cahille 
à lapins. La cahille à écoucheux est 
la loge des teilleurs de lin. 

Cabochard, ca-bo^har, entêté ; parfois 
a lourdaud qui bronche à chaque pas:». 

Caboche, oa-bo-che, vieux clou de la 
ferrure d*un cheval. — L. 

Cabogheb, marcher lourdement, en 
heurtant les aspérités du chemin. — L. 

Cache, ca-che, 1<* chasse au gibier (mot 
du XI v« siècle) ; 2» rangée de pom- 
miers ( Dm., au mot « chasse ») ; 3° 
mèche de fouet (en vieux français, 
c courgie ») ; 4<> rut. Ma raque et ma 
çuienne sont en cache, 

Cachb-quien, ea-che-kyin^, bedeau. 

Cacher, ea-ché, l<* chasser: 29 tisser 
[chasser la navette] ; S" enfoncer, ca- 
cher un clou. Locution : oacfier des 
mouqu€9 à miel à mort ou à vif. — 
Absolument cacher = aller très vite 
en voiture. 

Cachbton, ca-rh'ton, ficelle à lier les 
sacs ; et aussi à faire la « caché » d'un 
fouet. 

Cagheux, ca-cheu^, !• chasseur; 2® tis- 
serand ; 3» chasse-moute, garçon meu- 
' nier qui portait les tnounée^ [la mou- 
ture] à domicile ; 4"» rachetix de vaqiieg^ 
qui mène devant lui le bétail. 

Cachif et cachard, cheval qui a be- 
soin d'être excité [d'être caché]. — L. 

Cacrimbot, ca-chin^'hOf brûle-gueule, 
vieille pipe dont le tuyau est cassé. 

Cadkt, ca-dè^ au fig. : homme intelli- 
gent, audacieux, entreprenant; le fé- 
minin s'emploie de même. 

Cadie, Léocadie. — L. 

Cadre, tableau. Y a cheux U tout plein 
d'biaux cadrée. — B. 

Cafiot, ca-fio^ café trop faible. 

Caokb, ean-gne^ paresse. — L. ajoute : 
m écume qui s'élève sur le cidre dans 
les tonneaux et sur la fromagée. » 



Cagnias, can-gnyâ, entêté. 

Caonolé, éb, ean-gno-U ou lêye^ qui a 
une belle tête ou une forte têts. Vlà 
eunn* raque ben cag notée. 

Cagnolle, can-gntt-le, tête, en mauvaise 
part seule'iient : vieille cagnolle = tê- 
tu. Selon J. Travers, c'est l'a « nuque », 
appeliie va * g non par Palsgrave. 

CàHODAN. ca-houan^ chat-huant — V, 
eat'hnuant. 

Cail, ra-y', cal. 

Cailler, câ-yé^ écailler (du poisson). 

CAiLLOuyER,6*fl-yotf-yé, voir callimer. 

Cailloutere, câ-you-yê, carrière de 
cailloux. 

Caine, ktjin^ne^ chaîne. 

Galbasse, càl-hâ-ce^ seulement dans : 
manger la calbatte =: se ruiner. — V. 
ealebagse. 

Calbaude, cal-baw-de, voir ealebaude. 

CjkLD, eâ, chaud. 

Cala, ca-fê^ richement vêtu. (Le sens 
de (( riche » est devenu général.) 

Calebasse, cal-ba-ce, au fig. : secret; 
uniquement dans : vendre la caleba-xMe 
= vendre la mèche. C'est je croi.s, 
une métaphore empruntée à U^arine, 
la caleba-sse étant un artifice de brû- 
lot. 

Calebas8BB(se), cal-bâ^céy se fatiguer 
à outrance, travailler beaucoup. 

Calebaude, cal-baw-de, attisée de feu 
vif, qui ne dure pas (voir barrée). — 
Duméril donne la variante calibau- 
dée. — Selon Bescherelle, chalihaude 
serait la réjouissance de la fête de 
saint Jean. 

Caleçon. Celui qui, au domino, enlève 
l'enjeu après avoir gagné de suite les 
deux parties, fait un « caleçon » à son 
adversaire (par opposition à « culotte », 
qui suppose trois parties). 

Calenoer, ra-lan-gé, hésiter ; anglais 
to challenge. 

Caler, ca-lé^ reculer devant une difti- 
culté, refuser un défi (métaphore em- 
pruntée à la marine, où caler veut 
dire « amener la voile »). 

Caleub, ca-leUf chaleur. 

Caleuser, ca-leu'-zé, fainéanter, se li- 
vrer à la paresse . 

Caleuseté, ca-leu-'Z'té, fainéantise. 

Caleux, ca-leu'*^ paresseux, fainéant. 
A rapprocher de a calots », mendiants 
valides de la société des gueux. 



GAM 



— 126 — 



CMH 



Galfaiter, cal'fê'té, aa fig. ; battre, 
maltraiter. — L. écrit calfetrer, 

Galiboussib, ca-li-hon-oe^ prison; de 
l'espagnol calaboso. 

Calicot, ea-U-co^ homme méprisable. 

Califoubquet, oa-li-four-kiè, cali- 
fourchon. 

Calimachon, ea-U-ma-chon^ colimaçon 
[la meilleure forme serait ealimaçon], 

Calik, ca-lin'^, éclair de chaleur. — ■ 
Synon. « calinage ». Il éclée ; c'est du 
ealinage. — L C. 

Câliner, ea-lUnè^ éclairer sans ton- 
nerre. 

CALIN088BTB, ca-H-nâ-eê, cliquettes, cas- 
tagnettes formées de deux os plats, 
bas de côtes de bœuf. 

Calipbttb^ ca-li-pè-te, sorte do bonnet 
de femme. — L. ajoute : bonnet d'in- 
dienne, serre-tête 7 

Callebottb, eal-bo-tâf caillebotte; à 
Rouen, « mattes ». 

CallebottA. cal-ho-té, marqué de ta- 
ches blanches (exactement Tin verse 
de a pommelé »). Foule eallf bottée. 

Callebotteb, eal-bo-té, !<> se cailler; 
2« se couvrir de légers nuages, en par- 
lant du ciel ; 3* blanchir, en parlant du 
poil ou des cheveux ; 4» se dit du lait 
qui tourne en bouillant. Ce laict eH 
quaillebtitté ; n'en mangez point. (Pals- 
grave, 676.) 

Callouer, ea^yoné, frapper à coups de 
cailloux, lapider. — L. donne aussi 
caillouyer, 

Calmir, cesser, en parlant du vent. 

Caloor, ca-lo-je^ loge de chien ; petite 
loge en général. Prov. : t% la caloge 
du via (veau), avant qni »ait (qu il 
soit) v'nu = former de vains projets 
sur un fait éventuel, comme la Perrette 
de La Fontaine. 

Calotte, oa-lo-te, 1" soufflet, propre- 
ment « coup de la main sur l'occiput » ; 
2o casquette. Pour nos paysans, la 
« calotte 9 est une coiffure quelconque. 

Calouob, parepseux, qui ne veut pas 
travailler. — L. 

Calumet, ^a-Zu-m^, calumet. Chez nous, 
ce n^est pas la pipe, mais seulement le 
tuyau de la pipe, sens précis du mot 
aux colonies. Caluntft de jfl^v^'»^, la 
tige, le tuyau d'une plume. 

Calvados, cal-ra- do-ce, eau-de-vie de 
cidre. Ce mot appartient plutôt à Tar- 
got de la ville qu'au patois. [Peutrêtre 
a-t-il chance d'entrer dans 1 usage gé- 
néral.] 

Calvaire, cal-oé, calvaire. 

Cambre, chanvre teille. — L. 

Cambbktte, can'-brè-te, laiterie. [Le 
sens étymologique est a petite cham- 
bre » ; voir cal,] 



CAMBBOnsE, eanl^'hrou'ze, mauvaiie 
servante. 

Cambuse, ean-bû-ze, maison de chétive 
apparence (au propre, terme de marine). 

Camomine, ca-mo-min^-ne^ camomille. 

Camoufle, ra-mou-JU, chandelle; aa 
fig. : soufflet, coup sur le visage. 

Camp, camps, ean, râa, champ, champs 
(prononc. picarde). A mi let camps = 
dans les champs. 

Campagne, can^-pan^ne, campagne ; 
mais dans la vallée a le sens spécial 
de <( plaine b. 

Campos, oan'^ p6, sol, étendue de champ 
successivement ensemence. L'assole- 
ment étant chez nous triennal, le cam- 
pos est donc le tiers de la terre cul- 
tivée. Ferme de trente acres de campos. 

Camsot, voir capsot. 

Cancheler, oan^-oklë, chanceler. 

Canohon, can^'chon, chanson. 

Candelettb, can-dUet'te, filet pour la 
pêche du « bouquet y. 

Candeleur, can'^'dlev, Chandeleur, fête 
de la Purification de la Sainte-Vierge. 

Caneçon, can^ne-çon, caleçon. 

Caner, can^-néf l^ pleurer bruyamment ; 
2* ennuyer : tu me canes, 

Caneux, catC'^neu*^^ pleurnicheur. 

Cangbène, cânr-grîn^ney gangrène. 

CanorÈner, cân^-grln^né, gangrener. 

Cani, ea-ni^ moisi ; v. canir, [A Rouen : 
oAani.] 

Caniche, ea-ni-che^ niche à chien. Va 
te cotwàer dans ta caniche. 

Canir, ca-ni^ moisir ; de eanescere f = 
blanchir, dérivé de canus, 

Canjon, enfant douillet, délicat, fri- 
leux. — L. 

Cannebot, cann^'bo, voir gambette, 

Canneretb, cann'-nêye, contenance 
d'une <r canne » (cruche). — Vdr 
eannege. 

Cannetb, can-neye, contenance d'une 
canne. 

Cant, can, le côté étroit d'une pierre 
ou d'une brique : brigue à cant. Le 
sens primitif est c angle ». 

Cantel, can-te, chanteau; du radical 
cant. — Voir d cantel » et « chanteau» 
dans Duméril, et n cantiau i» dans 
Delboulle. — Ce banton est bien en- 
guantellë de fer (h wtll pyked). 
Palsgrave, (>57. — • Voir Wrioht, au 
mot <L cantel d. 

Cantorner, can'-tôr-né., !• chantour- 
ner; 2° chavirer. 

Canulbr, ca-nu-U, ennuyer, fatiguer 
par son babil. La forme champêtre 
semble plutôt « caner ». 

Canvre •? can'-vre, chanvre. 



CAR 



— 127 - 



CAS 



Capb, ea-pe, chape (de fléau à battre). 

Capbl, cii-pê, chapeau. knpiMv. capku^ 
d'où locution : les grands capias = 
les geudarmefl. 

Capelbt, ea-plè, chapelet; spéciale- 
ment au sens français de la croûte qui 
recouvre la tête des enfants nouveau- 
nés. 

Capbleube, voir carpeleuse, 

Capifol, ea-pi-fô, collin- maillard. — 
J. T. écrit oapifant ; arec cette ortho- 
graphe, la prononciation doit être 
eapifàs. 

Capote, ca-po-te, nmntelet de femme 
muni d'un capuchon. 

Capoutb, ea-pim-te ; faire rapoute = 
succomber, mourir. [Locution fami- 
lière aux Prussiens, en 1871.] 

Capsot, cap'so, chabot ? [Selon L. : 
petit poisson en usage pour amorcer 
les hameçons.] — Palsgrave désigne 
le têtard de la grenouille par le nom 
de 9 cavesot ». 

Capuohb ? ca-pu-che, capuce. 

Capdohin, ea-pu-ehin^ capucin. Le ca- 
pucin est poiu" nous le tvpe légendaire 
du moine, et toutes les histoires attri- 
buées à ceux-ci ont ici pour héros un 
capucin. Les capuoMns vont deux à 
deux. — L. ajoute : aconit napel. 

CAPnLAiBB,0a-^-Z^, capillaire officinal. 

Car se prononce ca dans deux locu- 
tions : !• pour a char », uniquement 
dans corde à ca; 2* pour a chair », 
mais seulement dans entre cuir et car, 
qui se dit « entre kui-té-ea ». 

Cababot, ea-ra-boj mauvais sujet. — 
L. définit seulement : bon vivant 
[c'est faible, paraît-il]. 

CA.nAOTkRe.earrac-ié, caractère; sou- 
yent c noblesse de sentiments », ce 
qui en effet distingue un homme. Il 
a du caracté! — L C 

Cabgaillot, car-ca-yo; !• courcailler; 
2o appeau en général; S*» mâle de la 
caille (en vieux français « croquaillet :» ; 
4» locution : Bas en earcaiUot, sans 
jarretière et tombant sur le pied. 

Cabcan, mauvaise rosse (terme inju- 
rieux). Le 4 carcan des porcs d est un 
terme usuel. La prononciation ordi- 
naire est kercan. 

Caboul» ear-cu, calcul. 

Cabculeb, car-cu-lé^ calculer. 

Cabcdlbux, car-cU'leU'f calculateur; 
celui qui regarde à deux fois la dé- 
pense, avant de se décider. 

Cardon, car-don, chardon ; par extens. 
c piquant ». 

Cabdonnettb, mr-don-nè-te, fém. 
(Boumois : cadronnette), chardonne- 
ret, masc.; au fig. : une belle fille. On 
dit aussi souvent catronnette. 



Carbmpbbkakt, ea-rân-pre-nan, ca- 
i-ême prenant, beignet aux pommes, 
crêpe. [Ailleurs, ce sont les crêpes 
qu on appelle ainsi, <r carême prenant » 
étant opposé à « beignet ».] 

Caretb, oa4-ye^ charretée, charge d'un 
chariot. — Voir quettêye. 

Cabillonneux, oa-ri-yonrneu'i, caril- 
lonneur. 

Cabnaoe, ear-nâ-je ; 1» carnage ; 2<> cha- 
rogne; 3° par extens., terme injurieux. 
Çu carnage ta-ti no laisser la paix? 

Carnager, car-nâ-ié, fiure du tapage. 

Carnagieq, car-nâ-gié [friand de car- 
nage], carnassier, vorace. 

Car.vassiâbe, car-na-ciéf carnassière. 

Carnaval, ear-na-va, pâtisserie cuite 
dans la friture, qui se fait au carna- 
val. Tornercarnara, faire des beignets 
ou, mieux, des crêpes. 

Caboonee, oa-ronrgné, languir, s'arrêter 
dans son accroissement. 

Cabpblbuse, car-pleurze et corpleu-ze, 
chenille. 

Carbb, fém., câ-re, angle : la carre de 
la table; pavé à six carres. Ce mot 
est dans 1 Académie ; mais il n'y a pas 
toute Textension qu'il prend chez nous. 

Cabre, masc., eâ-re^ carreau, couleur 
du jeu de cartes, la roi de carre. 

Cabré, ca-rê; l© carré; 2* jeu de billes. 

Cabrée, ca-rêye^ charrée. 

Carrel, râ-rê, carreau, c'est-à-dire 
a place d'un village »; par extension, 
le village lui-même : oarrel de Halle- 
ville, carrel des Moulins. Ce qu'on 
nomme aujourd'hui « square », mot 
anglais qui signifie «r carré ». 

Carrer, cà-ré; 1» au jeu de quilles, 
lancer sa quille de travers pour at- 
teindre plus sûrement le but ; 2« carrer 
ensemble (cadrer), s'accorder, vivre en 
bonne intelligence. S'emploie le plus 
souvent avec la négation. 

Carrier, ca-riè, charrier (subst.) pour 
la lessive. 

Carrier, câ^ié^ charrier, voiturer. 

Carrière, ca-rié, carrière. 

Carribux, câ-rieu^^ carrier (ouvrier). 

Cartaoène, car-ta-gin-w, extrava- 
gances tapageuses. 

Carte. Locution : C'est le pw biau 
temps de la carte = le plus beau que 
Dieu puisse nous offrir. — L C. 

Carteleb^ car-te^'lé, pousser ou passer 
à l'écart, s'écarter d'un obstacle. 

CASi câf chaud. — Voir cald. 

Casquette Locution : il est casquette = 
il est ivre. 

Casse-col, câ-ce-câf casse-cou, échelle 
à un seul montant central. 



CÀT 



-128 — 



GAU 



Casbeube, cassure, gerçure. — L. 

CAflSEUZ, ca-ceu^f casseur. 

Gabsieb, jeune domestique espiègle. 

Cabbifibb, eorci-fié, cassis (l'arbuste). 

Cabbin, eâ-cin^^ mauvaise monture, 
cheval qui trotte mal. 

Cassine, râ-ein'-ne, pauvre maison. 

Gabsot, eâ-çoy lo étui à niguilles ; 2» cor- 
net en papier; S® vieille vache; 4° 
(grosse injure) vieille femme. 

CasbotÊTB, câ-ço-teye, contenu d'un 
cornet de papier (d'un c cassot d). 

Cabtafiole, cati'ta-po-le, ivre. Il ent 
eaêtafiole. Y aurait-il quelque affinité 
avec <E casse ta fiole d (puisque tu as 
tout bu) ? 

Gabtarab, cass-ta-rây gai, c'est-à-dire 
a à moitié ivre d. 

Gabti, ca««-^t, échauffé, c'est-à-dire «pris 
de boisson :». 

Gabtonnadb, caê'ton-na-de, cassonade. 

Gabtrole, caêS'tra-le^ casserolle. 

Gasuel, ca-x«ê, fragile. [Ce Fens, né 
d'une mauvaise dérivation de causer, 
se rencontre, en 1823, dans le Diction- 
naire des Décourertety IX, 472.] 

Cat, ca, Catte, eate^ chat, chatte. Dic- 
tons : Amis comme quien et cat (adver- 
saires). C'est d'ia buviUi€ pour les 
cas = c'est une chose inutile ou mal 
faite. Cats dafu la même oamhrette = 
belle-mère et bru vivant dans la même 
maison. 

Gataoke, ca-tan-gnCf châtaigne. Cata- 
g ne de mé, oursin. 

Catagmieb, ca-tan-gnéy châtaignier. 

Gataplane, ca-ta-ptàn-ne^ cataplasme. 

CATéciUE, ca-té'Cin-'tnef voir cates' 
simme. 

Gatécimieb, ca-té-ciamyé, voir cates- 
simier. 

Gatenab. cat'nâ, cadenas. Semble tiré 
directement du latin catena. — Voir 
la première farce tabarinique. 

Caterine, ca-te-riti'jie, vacotte, cocci- 
nelle. 

Gatessimb, ca-té'Sin-mey catéchisme. 
Gatesbimier, ca-ié-ci-miéy enfant du 
catéchisme. 

Gat-houant, ca-onan^ chat-huant; tm 
étant ici une véritable consonne, qui 
fait diphtongue avec la finale an. 

Catok, ca-ton, chaton, dans tous les 
sens. 

Gatonneb, ca-ton-né, faire ses petits, 
en parlant de la chatte. D*où, avec 
une nuance de menace, cette singu- 
lière promesse :Je te donnerai un petit 
quien de ma catte, fjvand die era 
(aura) catmné. — PalsgRAVE (798) : 
VoysynCf quant vostre chat chatonnera. 



Je wnuprie quefaye un de voi ekat- 
tons. 
Catoks (à), ea-tôn, à quatre pattes com- 
me un chat. A Lisieux, catonner a ce 
sens. 

Gatorb, ea-tâ-re, voir quatare. 

Catouillbr, ea-tou-yé, chatouiller. Si 
rims ms catouUlez aynsi, il m*est forée 
de rire. (Palsgrave, 758). Le même 
auteur donne en outre la forme ga- 
touiller. 

Gauche, oaw-ehe, chausse; au pluriel : 
« les bas ». Cauche^ cbea les meuniers 
ot les boulangers, est le tuyau de toile 
<|ui sert à conduire la farine. Cauche 
a loucket. 

Gaucher [forme du xiv« siècle], caw- 
ché, chausser. Vas-tu cauche tes bat? 
Pofde cauchée = qui a des plumes 
aux pattes. 

Gauche USE, cau-cheu'-ze^ chaussure. 

Gauchie, catc-chie, chaussée; dans les 
fermes, l'espèce de trottoir qui court 
devant les etables et les écuries. 

Gauchon, caw'Chanj chausson. 

Caudel, carc-dé^ repas qui termine la 
moisson. Les précieux disent r A aïki^aa, 
mot qui en français n'a jamais eu oe 
sens. Nous préférons tirer eandel de 
cauda^ « queue » ; le caudel est, en 
effet, la queue de la moisson. — Voir 
renculotter. 

Gaudière, ranvii ià?, chaudière ; surtout 
celles de cuivre. Les chaudières de 
fonte s'appellent plutôt c marmites >. 

Gaudillon, cair-di-yon. Un eaudillon. 
de sole est une bouffée de chaleur so- 
laire. 

Gaudok, chaudron. — L. 

Cauorettes, filets. — B. 

Gaudhête, cam-drêye^ !• contenu d'une 
chaudière ; 2** repas ou fête le samedi 
des mameurs. 

Gauffe, eafc-fe, combuHible (subtt;. 
J'ai la caujfe po m*n hiré. 

Gaukfer, caw-fé, chauffer. 

Gauffette, caw'fe-tc^ chaufferette. 

Cauffêye, caw-fcyet tout le lin qu'on 
peut chauffer d'une fournée. 

Gaule, caro-lef intime. Ne s'emploie 
qu'au pluriel, car il implique l'idée de 
réciprocité. 

G A USB, canr-ze^ cause. 

Gauberie, caw-zzid. causerie. Causer 
et causette^ au sens de « conversa- 
tion n, sont au dictionnaire. 

Gaut, câ, rusé, fin. C'est le mot chaud 
employé ailleurs ^d'où la locution : 
Tes chaud^ mais je brûle = je «suis 
plus avibé que toij. 

G AUTEUR (cou tors), torticolis. — L. 

Gaution, caw-cUmy caution. 



GHA 



- 129 



GHA 



Cauvb, eaw-te^ chauve. N'est guère em- 
ployé que dans cauve-souU, chauve- 
Bouris. Pour rhomme, on préfère le 
français <E chauve 9. 

Ca uvkttb, eatv- tè-te, choucas (corneille). 

Cave, creusé [mot du xv« siècle]. A'^'ua 
ptu au bord d'ia falaise^ c'est cave 
tout plein (beaucoup). — L. 

Caveine (pain), ea-vin^-ne, j^u mollet. 

Caverne, cabane de berger. — L. 

Cavête, ca-vê-ye, cavée, chemin creux, 
voie en tranchée. 

Caten, ea-yin, coq de Cayenne ; au fîg. : 
homme de petite taille. Au fém. : une 
(poule) cayentu;. 

CAYEUf moule. [Les moules de Cayeux 
(Somme) sont renommées.] — L. 

CÈCLE, cè-cUt cercle. 

Ckcleb, ee-cler, cercler. 

CkLtBRÂLK,cé-lé-bralf uniquement dans 
Jiètre céUbrale (pour « cérébrale »;. 

CélibâTaibe, cé-U-ba-ré, célibataire. 

Celleuzb, cè'leu^'Ze, crevasse au sabot 
des chevaux. 

Censément, san-cé-man, à peu près, 
presque. J'jtonimes cen*eme7tt d'accord. 

Cenbion [le Jour de) = fêle de l'Ascen- 
Bion. — B. 

Ckntimme [une] = un centime. — B. 

CÉRÉMONIE, cé-ré-mo-nie ; locution : 
faire des eérému^nies^ c'est ne pas ac- 
cepter ce qui est offert, quoique Ton 
ait besoin. 

CÉRÉMONIEUX, qui fait des cérémonies, 

au sens de l 'article précédent, 
Certifie, fém., cer-ti-fie, salsifis, masc. 
Cha, cha, ça, mis pour d cela », ou adv. 

Chabkrnas^ cha-bt^r-nâ, voir chabre- 
ntis ; se dit au féminin d*une grande 
étourdie. 

Chabot, cha-bo, sabot. Etre dans set 
petits chabots =èiTe embarrassé, gêné. 
Chabot à bottennes, gros sabots d*un 
seul morceau et dont le bois recouvre 
le pied [nommés ailleurs hougnoux]. 

Chaboteuz, celui dont la marche est 
bruyante, ^larce qu'il traîne ses sabots. 

— B, 

Chabotter, cha-bo-ti (sabotter), mar- 
cher bruyamment avec des sabots. 

Chabottie, saboter ie. — L. 

Chabrac, cha-brak, étourdi, maladroit ; 
léger, trop vif. 

Chabrenas, ch/i-be^r-nâf étourdi; peut- 
être pour chiabrena. Dm. donne cha- 
bernai = négligent; et chabre?uiu = 
savetier. 

CHAConTBR, cha-eoU'téy chuchoter. — 

— Voir chaonter» 

Chaqbineb (SE), cha grin-né^ se cha- 



griner; se dit du temps qui passe du 

beau au nuageux. 
Chair, ohé, chair. 
Chaircuitibr, cher-eui-tU, charcutier. 

{Forme locale la plus étymologique ; 

u chair cuite ».] 
Chairu, cfiéru, charnu. 
Chaise, cfieze, chaire (à prêcher). 
Chalanoue, la Cerlangue (commune) 
Chalut, bateau qui traîne le filet de ce 

nom. — L. 

Chambre, chan-bre, mairie, dans la lo- 
cution se manier (marier) à la chambre. 
[Mais dans la bouche des vieillards de 
i^SO, chambre gardait son stns actuel, 
les églises ayant été fermées aux ca- 
tholiques pendant la Révolution.] 

Chambrête, Tensemble des meubles 
que popsède un ménage. Quen belle 
chanbrêye va avi Noraine (Honorine) 
en se masiantf 

Chahbrion, ehan-bri-on, maisonnette, 
petite chaumière. 

CuAMiAS, chameau, terme injurieux. — 
L., effacé. 

Champleuse, cban^-pleu'-xe (cham- 
pleure), chantepleure. Locution (sur 

Quelqu'un qui cherche ses mots) : Y a 
'la lie dans la champleuse. 

Chandeleur, voir Candeleur. 

Chandorer, chan^do-éf salir ses vête- 
ments. 

CuAOUTER, cha-ou-té, chuchoter; an- 
glais chawter. 

Chapbr, chape, marcher en allant et 
revenant sur ses pas, comme les cha- 
piers le faisaient à Rouen, avant la 
liturgie romaine. De même, « porter 
chape 9, dit d'un individu qui va et 
vient pour épier quelque chose. 

CHfiViJ^BAVjCha'ra-ban, char à bancs. 
C'fst la grêle en charaban = une chose 
difficile, gênante. 

CnAiiABkiiVKRÈR,charra'bann-neye, le 
chargement complet d'un charaban. 

Chariot, châ-rio, chariot. 

Charité, cha^ï-tê, charité. 

Charlot, Charles. — L. 

Charrbr (SE), châ-ré, se prélasser, pren- 
dre ses aises. Serait-ce pour chair rer ? 

Charroi, châ-roi, voie, écartement des 
deux roues placées sur le même essieu. 
Quand une voiture n'a pas le charroi, 
elle verse facilement. 

Charronner, eha-ron-né, travailler le 
bois comme un charron. 

Charterib, ehar-trie, hangar pour les 
voitures et les instruments aratoires 
[le chartil du xvii* siècle]. Je crois ce 
mot d'introduction récente parmi nous : 
les anciens ou gens d'&ge disent sim- 
plement « la loge 9. — Charterie 



CHE 



— 130 — 



GHI 



est encore inconnu à Saint-Jouin. 

Chabsibb, ekâ-eii (tamisier, Basaier). 

Avoir le* gheteux (cbeyeuz) en eKtU' 

iier = les avoir tr^ longs, asses longs 

Sour être employés à la ûibrication 
es tamis. 

Chatel, eha-té^ château. 

CuATiAU, eka-tiafCy château. 

Chatboul, cha-trim, poulpe commun 
{tHTtopus vulgarù, Linn.), souvent aussi 
dési(;né par la forme féminine t'ha- 
trouille. A Jersey, on l'appelle jpÙTV- 
vrey d'où le nom illui^tré par Victor 
Hugo. — En Basse-Normandie : m- 
trouiUe; Bescherelle : chatouille. 

Ghaudkomnikb, ehaw'dron-nyét chau- 
dronnier. 

Cbauffette, ekav'/e-te, chaufferette. 
Au xv< siècle, c'était un < réchaud de 
table ». 

Chavate, eha-va-te, savate; au fig. : 
maladroit, propre à rien. 

Chaveter, marcher beaucoup pour rien. 

— L. [Doit aussi avoir le sens de 
c saveter ».] 

Cheiclb, CHEiCLEB, ccrcle, cercler ; 

formes inconnues dans la vallée de la 

Lézarde. 
Chbioneoz, tablier. — L. 
Cheint, chinât bandage à hernie. 
Ghbintore, chin^u, ceinture. 
Chblbb, ehléf celer, cacher ; receler. 

Le bon Diu y a rien chelê = il est 

très savant. 
Cheleux, eh'leu^, receleur. Si y avait 

point de eheleu^, y irait point d'vo- 

leux. 
Chellieb, ehé'lié, cellier. 
Chemin, eh'minf chemin. La forme 

archaïque quemin est rarement em- 
ployée. 
CHBMINftYE,<?Vf//i-nlye, voir quetninêye. 
Cheminot, eh'mi-nû, sorte de pâtisserie. 

— L. ajoute « de la mi-carême ». Les 
cheminots, en effet, se vendaient sur- 
tout en carême. 

Chen, chan, sens; mais uniquement 
dans la locution fautive : gens dessus 
dessous (voir T Avant-propos). L'ortho- 
ffraphe véritable c'en est donnée à 
deux reprises par Palsgrave (pp. 421, 
764). 

Chenaillbb, rA'jiâ-^^, 1» arracher; 2* 
manger avidement. On dit auBsi snaU- 
1er, 

Cbendbr, chan-dre, cendre. 

Chxndbillon, ehan-dri-yony femme 
sale. 

Chendbillonneb, chan^dri-yon-né, 
remuer les cendres malproprement. 

CniaxRYiKVfChe'nn'Viu, chêne vis, graine 
du chanvre. 



Chent, ohaUf cent Locution : U a fait 
les cent dix -neuf oonps = tous lea 
excès possibles. 

CuENTAiNB, ehan-tin^-ne ; 1» centaine ; 
2« nœud qui termine un écheveau de 
fil (dans ce sens, J. T. écrit ceintaine) ; 
3» par extension, Técheveau lui-mâme. 
Locutions : Démêler la chentaime = 
éclalrcir une difiiculté; ratomer la 
chtmtatue = donner des explications 
qui contredisent les précédentes. 

Chentjemb, ehan'tyin''fne^ centième. 

Chknc, oh'nu^ excellent. |^Au IHetion. 
général^ après nos principaux philo- 
logues normands.] 

Chke, cuèbb, ché aux deux genres, 
cher, chère. 

Chebcuitibb, voir okaircuitier, 

Chebfeuil, cher-feu^ cerfeuil. Qonne- 
ville et St-Jouin prononcent cker-fu, 

CUEBFOUIB, cker-fouî, serfouir (le c ini- 
tial est plus rationnel; : Pour faire 
porter Vfs arbres^ errjouissez-les. PaL8- 
O&AVB, 516. 

Cheege ou hbboe, cher-je ou serye, 
charge. 

Chkbgbage, eker-ja-je^ chargeage (c'est- 
à-dire, sans doute, « action de char- 
ger I).) 

Cheboer, cher-jéy charger. On dit aussi 

serger, 
Cheribe, ehri'ze, cerise; quelquefbÎB 

(forme plus logique), cfCchise, 
CUEKIBIER, chri'Zié, cerisier ; et aussi 

(archaïsme, mais plus rationnellement), 

oh'ki-tié, 
Cherle, Charles. ~ L. 

Chermb, cker-me^ charme. [La locution 

se détenir, se porter comme uneharme^ 

est usuelle.] 
Chkbmer, cher-mé, charmer. 
Cherniehb, cher^ié, chamiôre. 
Cherretieb, eher-tyi^ charretier. 
Chebvelas, cher-ve*4â, cervelas. 
Chervelle, cker-tè-le, cervelle. — L. 

ajoute : eunn' vhervelle = un homme 

de tête. 
Chétant, alors [contract pour « cela 

étant »]. — ii. 

Cheux, cheUj ches. On dit aussi, mais 
plus rarement, ceux (ou setue) et même 
sieux. 

Cheval, j'ra, cheval. 
Chevalot, j'ra-lo, chevalet 
Chevib, corriger, forcer un inférieur à 

obéir ; souvent prononcé Juie, Synon. 

tt juire ». 

Chiabsb^ diarrhée. 

CuiBOT, ci^bo (cibot), oignon de seconde 
année. Palsgrave (205) : oheboleayong 
onion, ce qui se rapproche de notre 



CHl 



— 131 — 



CHU 



«cîbot». Wright définit chibols (A. N.) : 
smoU oni»nà, Ghibb, s, a. kind of 
anûm, Northampton ; et oibbol. s., 
theiecand yearg tprout of an onion-, 
détinition exacte de notre d cibot d. 

Chiboulsb, chi'bou-lé (français » aa- 
bouler ]>), déranger, mettre en désordre. 
Bans les Vottgea, quibouler^ Dm. 

Chiboulbttk, chi'bou-lè-tef ciboule. 

Chic AILLER, chUcà-yé, 1* quereller, dis- 
puter; 2o bouleverser, mêler. 

Chicolas, chi'OO'lây chocolat — Voir 
ckucoloê, 

Chicomobb, chi'co-môf sycomore {aeer). 

Chicotin, chl-cif-tin^f blague à tabac. 

Chischer, vieux, rAié-c/i€, seoir, siéger, 
s'asseoir. Chiéchez^vous, Madame, 

Chiffe. Locution : mau (mou) comme 
une chiffe = qui n'a aucune énergie. 
— B. 

Chignole, chiymle^ manivelle. — L. 
ajoute : « qui meut la chaîne d*un 
puits )). — B. N. choignolle. Selon 
ISescherelle, « sorte de dévidoir ]>, sens 
inconnu chez nous. — Chignole est 
parfois employé comme superlatif : 
Jl ta la chignole = il va grand train ; 
il ideut la chignole = il pleut à seaux. 

Chignolbb, chi'gno4é, l» tourner une 
manivelle ; 2^ au lig. : faire une chose 
avec une vitesse excessive. 

Chignon, chi-gnon^ 1* quignon de pain ; 
2f* sorte de pâtisserie. 

Chimbnt, chi-man [ainsi, compte de 
Longue ville, 14(>^], ciment. 

Chimbtiebb, chin^me-tiéy cimetière. 

Chimette, ehi-ntè-te, feuilles d'un chou 
qui poussent après qu'on a ôté la 
pomme. 

Chindbt, ancolie (plante). — B. 

Chinq, chin^, cinq. 

Chinquantaine, chin^'Can^'tiH^-nef 
cinquantaine. 

ChinquaNTE, chin^-oan'-te (plus sou- 
vent chiquante), ciuquante. 

Chinqu ANTIÈMB, chin^-can^ -tyin'-me, 
cinquantième. 

Chintièmb, chin^-tyin^me, cinquième. 

ChintrÊ ; mal chintrê^ mal accoutré 
dans ses habits. -> L. 

Chion, chyouy scion, verge. 

Chionneb, chion~ni, aller vite. En 
B.-N., a battre avec uu scion ». Ron- 
fler, en parlant d'une machine ou d'une 
toupie (comma un scion qu'on fait 
tourner rapidement, selon Dm.). 

Chiot, sirop. — L. {effacé) ; se dit, ou 
au moiUA s'est dit en Haute->Soruian- 
die. — M . écrit chirot et ajoute : peu 
employé. 

Cbioteb, mettre du sirop. Veux^tu 
ohioter man eafai. — £n marge : 111 



Chiotteb, chiihté. se dit du tabao à 
chiquer, lorsqu'il rend trop de suc. 

Chiquante, chi-can^-te, cinquante. 

Chique, chik^ bonbon au caramel (ber 
lingot). 

Chiquer^ chi-kié^ manger de bon ap 
petit. 

Chiquet, grande quantité. Chiguet d'ar- 
gent ? — L. 

Chiquetê, déguenillé, couvert de hail- 
lons (vêtu de chiquettes). — L. 

Chiquetibb, chl-he9-tii, chiffonnier. 

Chiquettb [préféré par Voltaire à la 
forme commune « chiquet ii],chi'kiè-tey 
chiffe. Parrain à la chiquette. 

Chiseau, chi'zôf ciseau. — V. le suîv 

Uhibel, chi-zêy ciseau. — L. : <( de me- 
nuisier et de charpentier » (d'un mor- 
ceau de fer unique). 

Chite, chi-te^ ci (particule). De ce 
tempS'Chite, 

Chivièee, chl~viéf civière. 

Choisir, choly'zî, choisir. 

Choix, chouê^ choix. 

Chopibbe, ohopié, pépinière. 

Choquant, cho-can, entêté, sournois. 

Chou I chou^ et chou-ohou 1 cri pour 
chasser les poules. Quelques fermières 
disent : chm! poule. 

Chouette, chouè-te, !• chouette; 2« 
qualificatif emprunté à Targot, et qui 
signifie a parfait » dans la bouche des 
habitants des villes. 11 a souvent un 
scDB tout opposé à la campagne. Ah 
bien! c'est chouette = c*eBt très mal. 
(V. Delboulle.) 

Chouettement, d'une façon remar- 
quable. — L. 

Chouler (SE), choû-lé, se remuer, se 
traîner; littér. « se bouler », car la 
a choule » était une boule. Jl e»t H 
oaleux qu'i ne peut te chauler — L, 
ajoute : « se bousculer et pousser 
quelque chose ». 

Choumaque, cfiou-mak^ cordonnier. V. 
Dm. — Selon L. : savetier (terme in- 
jurieux) ; se dit en effet aillfun des 
cordonniers ambulants. 

Chouque^ chou-ke, souche. C'est la ra- 
cine de chouquet (billot), lequel a ob- 
tenu droit de cité, notamment comme 
terme de marine et de boucherie. — 
L. ajoute : « gros nuage noir à l'ho- 
rizon )i. 

Chouquette, ûhau'kiè'te, petite sou- 
che ; débris de souches, racmes. 

Chouqueux, chûu-kyeu^, couvert de 
gros nuages, en parlant du temps. 

Chucolas, chvrco^lâ, autre forme de 
chicolas, chocolat. 

Chuceb, ohU'Cre, suore. 

Chuorsb^ ohu^eréf sucrer. 



GLA 



- 132 — 



eu 



CbucbAbib, ehu-eré^ie, sucrerie. 

Chucbieb, ehu-cri-yé^ Bucrier. 

Choe, chû^ ciguë (c'est à peu près la 
forme primitive cev^), 

Chupâe, ehu-peyâf cépée. 

CiDBESSB, 8. fém., ci-drê-re^ cidre bâ- 
tard, obtenu par un mélange de jus 
de poires et de jus de pommes. 

CiHE^ cirage. — B. 

CiBBB, ci-réy cirer ; en terme de culture, 
une charrue cire quand elle lisse la 
terre en unissant les sillons. 

CISCADE-DEUZ, eU-ca-éC dm^ , faire à 
la « six, quatre, deux a>, à la hâte et 
sans soin. 

C18IAS, ci'Ziâ^ ciseaux. — L. ajoute : 
« de couturière et de jardinier » (com- 
posés de deux piècei$). 

Cité, la Cité, Félicité (prénom). 

Clafbeux, clâ~/rev'^, gourmand inMi- 
tiable, qui se présente où il y a de 
bons repas, pour ec faire inviter. 

Claib, cléj clair. Locutions : entendre 
clair = distinctement; le clair delà 
soupe = le b«mi]lon; œuf clair, sans 
germe; t'as le de de la marmite se dit 
À une personne qui s'est noirci la figure 
en nettoyant la vaisselle ou en faisant 
la saisine. 

Claibet, clé-èj clairet. 

Claikeuz, clé^eu^, juteux. 

ClaibtÉ, cler-tê, v. clereté. [« Clairté » 
se lit dans le Mercvre de 170i).] 

Claib-voib, masc., clêr-tonèr, claire- 
voie, fém. Comme il est ridicule d'ap- 
peler toie ce qui est fuit pour empêcher 
de passer, je soui)çonne la âuale vote 
d'être une altération de voir qui, à la 
ville, dans notre patois, signifie éga- 
lement voir et voie. [Cette conjecture 
est appuyée par la forme claire-tue, 
qui se lit dans un compte de 1700 
{Bulletin delà Commis, des Antiquités 
de la ISei?te-Jn/ér., IX, 267). La pro- 
nonciation clair-voné aura fait écrire 
clair-voie. Ce dernier mot est bien 
donné par Th. Corneille (1694), mais 
avec deux sens tout différente du 
nôtre.] 

Clanchk, clân-che, loquet. Au sens 
strict, la « clanche d n'est que la bas- 
cule du loquet. [L'Académie écrit 
clenche.] 

Clancbeb, clan-ehé, agiter le loquet. 
Ou dit : elancker la porte ; cependant, 
a clancher » s'emploie comme neutre, 
ou absolument : as-tu clanché 1 [pour 
savoir si la porte est fermée en dedans.] 

Clapkb, cla-pé fiancer; ne se dit que 
des choses humides ; au tig. : claper 
une chose à la tête de quelque n = lui 
dire sans ménagement. Rapprocher 
l'anglais clap = frapper. 

Clapet, cla-pèf 1* claquette, instroment 



destiné à produire un bruit sec ; 2« 
petit reste de soupe. 

Clapetb, cla-pê. fleurs de digitale; par 
extension, la plante elle-même, 

Clapot, cla-po, I» flaque d'eau ; 2« ba- 
vardage, commérage. CeH pas la 
peine de se mettre la m<n^ au cœur par 
tout cha ; c'est du clapot de femme, et 
rien de pus. Selon Wright, clap s'em- 
ploie dans l'ouest de l'Angleterre aa 
sens de a lèvre j» ou <e langue » {]Lip 
an langue). 

Clapoteb, cla-pihtéy 1* agiter l'eau ou j 
patauger; 2* laver sommairement : 
Je tas clapoter ces ehiquettes-là avant 
de balier la maison ; '6^ bavarder, oa 
activ. médire. 

ClaPOTIEB, ièbe, da-po-tié, bavard, 
qui colporte les cancans. 

Claquée à Via, terre cultivée qo^one 
grost^e pluie a Oattue. — B. 

Claquée midi, se dit du charretier qui 
donne trois coups de fouet pour aver- 
tir les gens de la ftrme qu'il est midi. 

Clabineitk, clâ-ri-nê-te, clarinette. 

Clateiel, elâ'tri-e, au plur. clatriàs^ 
V plaque de boue qu'enlève la chaus- 
sure danti un dégel -, 2* taches de rous- 
seur sur le visage. 

Claveau, nla-to, clef (de serrure). 

Claveuse, cla-veu^'Ze, clavette des voi- 
tures. 

Clêleb, frapper avec quelque chose 
d'élastique. 

Clbmuchette, clé-mn-chetf, voir rfi- 
muvkette. 

Clekque, elan-ke, le même que clanche^ 

— L. ajoute : clenque déterre, portioa 
étroite et longue ûe terre. 

Clenqukb, clan-kié, v. rlaneher. Clen- 
quer l^oreillt = avoir l'oreille basse, 
éprouver de la confusion. 

Clebeceub, clèr-ceu, lueur, clarté. 

Cleuete, clergé, clarté. Wright cite 
< clereté » dans les vieux textes an- 
glais. 

Clkbgeot, cler-jo, enfant de chœur; 
anglais elergion, 

Clébo, maître d'école; secrétaire de 
mairie.  B. 

Clésiomnage, mucus que jettent les 
vaches prêtes à vêler. — L. 

Clesiokmeb, se dit des femelles des 
animaux qui laissent écouler du mucus. 

— L. 

Clic H K, éclisse. — L. 

Clicbeb, cli-cké, éclieser. 

Cliuuchette, olt-mu-ckè-te , cligne- 
musette, jeu de cache-oache. 

Clincaille, clinrcâ-ye, quincaillerie. 

Climcailleb, clin-câ-yé, quiooailler. 
« Clincailler 9 est la funne du xvii* 



G(E 



— 133 — 



COM 



siècle, encore citée par l'Académie. 
On y a vu une onomatopée; en an- 
glais ; klinks, gros clous, et JtlinJte, 
tinter. 

Clincaill£BI£| cHn-câ-jf^yie, quincail- 
lerie. 

Cline, clin-ne^ (clin), point central du 
jeu de climuchette (cligne-musette). 

Clikqukts, clin-kiê^ sonnailles ; peu 
usité. 

Clipotte, flli-po-te, voir lampote. 

Cliques, elik. Locution : Prendre se» 
cliquet et te» claque» = quitter furti- 
vement un lieu, en emportant son mo- 
bilier. 

Glopidailleb, clo'pi-dâryéj feindre de 
boiter. 

Clopidailleuz, clo'pi'dâ-yeu^ , qui 
feint d'être boiteux. 

Clopotb, clo-po-tej cloporte. 

Cloque, clo-ke, ampoule (comme en 
français), rarement; u cloche ». 

Cloquer, ch'^-kié ; ça a cloqué = il s'est 
formé une ampoule ; plus souvent v clo- 
que té ». 

Cloqubtieb, clok-iié et clo-ke9-tié (pays 
de Bray, ol cloqueteux :d), qui marche 
en tête d'une procession, en agitant 
les sonnettes. 

Cloquettk, clo'kiè'te^ clochette. 

Clôture, clo-tu, clôture. 

Cluqueb, clu-kyéf glousser; ^e dit spé- 
cialement de la poule qui veut couver. 
Voir J. T. .gluchcr, — Falsgrave (487) 
donne d clocquer j> : Cette gelitte aloa- 
que; tlle a des jeune» pimeynt^ qutlque 
part quelle le» ait caché». — Vlokt} en 
ancien anglais. 

Clut, clu^ versoir de charrue. 

Co, coj V* coq; 2* coquelicot: Sn'aveine 
et t pleine de co, 

CoBlEN, co-byen'^f combien. Le cobien? 
= à quelle date / 

Cocarde, papillon nuancé de mille cou- 
leurs brillantes. — B. 

Coche de boitj coin en bois qui sert à 
fendre les bûches. -- B. 

Cochonner (be), salir ses habits. — L. 

Cochonnerie, co-ckon-n'nie^ cochonne- 
rie, mauvais procédé (et les sens du 
français;. 

Cochonnet, sorte de tarte qui se fait 
aux Bois. 

COCHONNIBB, celui qui élève ou vend 
. des cochons. — L. 

Coco, co^cô^ niais, et les sens franc. 

COCOTIEB, cO'Co-tyéy coquetier. 

Cocotte, fièvre aphteuse, — L. 

Codèqueb, co'dè'kyé, voir ooquedêqver, 

CcBUB, kyeu. Locution : A cœur de jour 



= du matin au soir, sans relâche. 
JS*n'4fan crie à cceur de jou. 
Cœuru, travailleur courageux. — L. 

CoPFiN, cO'Jinf cornet de papier. [A Tex- 
clusion des autres sens du Dict. gêné-' 
rai,] 
Coffre, co-/re, [tous les sens français et] 
cercueil, sens enregistré par l'Académie 
en IGU. 
Coffrée, co-frêye^ trousseau [de mariée, 
qui se rangeait dans uu cotl're, un ba- 
hut ou une huche]. A St-Lô, on dit 
ku^hie. 
COFRÊNB, co-frin-ne, bourdaine, bour- 

gène (rhamnu» frangulaj. 
CoGNB, con-gnCf légère contusion. 
COONEUX, con-gneu^, !• cognée ; 2» sorte 
de coin emmanché comme une hache ; 
30 mendiant vagabond qui vit dans les 
coins. PaUgrave (422), le» coignet». 
Pot à oogneuXf pot dont l'anse est en 
dessus, qu'ailleurs on appelle <c un 
cohan d. — Voir Dm. 

Coiffe, coiy-fe^ coiffe. 

Coiffée, coly-fé, coiffer. Poule bien 
coiffée, qui a une belle huppe. 

Coiffeuse, coiy-feu'^-ze, 1° coiffure ; 2» 
coiffeuse. 

CoiNGHE, sournois, hypocrite. — L. — 
Une note ajoute : a pas connu ? » 

Coinquement, couin^'kman, !<> cri ; 2» 
grincement de pièces qui frottent; 3<> 
tintement d'oreilles. 

CoiNQUEB, couitirkié, !<> crier; 2^ grin- 
cer, en parlant d'une porte, etc. 

CoiPEL, eoiy-pé, copeau. 

Col, c6, cou. 

COLAB, Nicolas ; quelquefois a: paysan 
endimanché, gauche jd. — L. 

Colère, co-lé, colère. 

Coléreux, co-lé-reu'^ et ? co4é'eu, 
prompt à s'emporter. 

Colin, Nicolas. — L. 

C0LLAILLEE, co-lâ-yé^ péjoratif de 
(( coller D ; coller fortement et d'une 
manière désagréable, comme la glu. 

Colle, co-le, crachat épais, et autres 
sens du français (celui de •< mensonge j> 
est cité par l'Académie dès 16^}. 

Coller (se), dit de gens qui vivent 
ensemble sans être mariés. — B. 

Collioor (rare), co-ll-dor, corridor. 

CoLLON, ooleron. — B. 

Colombe, co-lôn-bs, pièce de bois verti- 
cale dans les constructions en char- 
pente ; pour « colonne p, comme 
flambe pour a flamme 9. 

CoMÈBB, co^mé, commère. — V. copère, 

COMMANDEE. Locution : San» vo o'man^ 

der, précaution oratoire dont on fait 

précéder un conseil, 

10 



CO!f 



— 131 — 



co:i 



Comme tout, locution, a beaucoup, 
extrêmement ». J'ttieuê cotent comme 
tout, [Aussi raisonnable que : tout 
plein cotent,^ 
Commis, con-mi^ spécialement a employé 
des contributions indirectes », vuîgo 
rat de cave. 
Commise, con-mi-ie, locution : Etre 
data la commise =. être dans ses torts. 

Commune, co-meu^ns. On disait parfois 
à St-Jouin la communs, spécialement 
pour désigner les biens et les terres 
qui appartenaient à la commune. 

COMPABBB, cân^pa-é, comparer. 

COM preneuse, eon^re-neu^'Uty intelli- 
gence. 

Compte. Locution : tenir compte = 
prendre soin. I n'a pas tenu compte de 
m' causer, Im^a seulement pas dit : Es^ 
tu quien, es-tu heyte ? ». — h C. 

Compter quelqu^un = l'avoir en estime. 
— B. 

Comtesse, eon-tê-ee, comtesse. 

CONASSE, tabatière faite en écorce d'ar- 
bre. — li. 

CoKOEVER, côn-^^vé, concevoir. 

CONOOUREUX, qui prend part à un con- 
cours agricole, etc. — B. 

Condition, con-di-ctfon, condition. 
Etre en condition = eue serviteur, 
domestique. 

Conduire, courut, conduire. 

Confiture, conrfirtu, confiture. 

Confondre, con-fonrde^ confondre. 

CONFRARIB, coïi/ro-ri, confrérie. — V, 
confrérie. 

CoNFRÂRE, eon-frè, confrère. 

Confrérie, oonrfré-ie, confrérie. 

CoNORBNB, con^rin^-ne, gangrène. 

Conjecture, can-jeo-tu, conjecture. 

Conjecturer, conrjeo-tu^, conjecturer. 

Conjurer, eon-ju-i, conjurer. 

Connaître, othnè-te, connaître. 

CONNEBOTB, racine de colza que Ton 
arrache après la récolte; à Kouelles : 
oannebuts ; à Uonne ville et à i5t-Jouin : 
yamùettts [petites jambesj. 

Conseil, eof^oéy conseil. 

CONBEILLEUZ, oon-oé-yeu^, conseiller. 
Les oonseiUeum ne sont pas lespayeuw. 

Conséquent, eôn'cé-kan, important. 
VeUê une maisi^n oonsèquenle. 

Consommé, con-ço-mê (tous les sens du 
français consommer et consumer) y usé, 
brise, réduit à rien. A0 n'n'peut rien 
fé d'ces poutres; c'est du bois cmuorn- 
tué, J'eteu consommé d'douleus. 

Consommer, oon-ço-mé^ consumer. 

Construire, oons-truî, construire. 

Conte-nouvelles, inditont — L. 



Conte-pet, côn-te-pèy rapporteur de 
nouvelles. Var. eonspet et eonspeteux. 
— LO. 

Content, eo-tan, content. 

Contraire, con-tré, contraire. 

COPÉRAGE, co-pé'â'je, nom collectif : 
le parrain et la marrai ue réunis. 

COPÊRE, cO'pé, compère. « Copère » et 
« comère j> indiquent les rapporta ré> 
ciproques du parrain et de la mar- 
raine, oeile-ci disant < mon copère » 
et celui-là « ma comère ». 

COPIÉMENT, travail de copiste. — L. 

Copin, eopin, 1® morve qa*on voit par- 
fois au nea des enfants; 29 (rare), din- 
don. Chassant croit que le nom vient 
de ce que le jésuite Copîn avait intro- 
duit eu France cet oiseau de basse- 
cour. Il est appelé c jésuite » en divers 
pays, qui, tout en précisant moins, 
confirment Texplication. 

COPINEUZ, qui a du copin au nés. — 
L 0. 

Coque, co-ke, patelle : manger des co- 
ques, 

COQUEDÊQUER, co-k^-dê-kiéj crier, ea 
parlant de la poule qui vient de pon- 
dre, ou qu'on efifarouche; au tig. : 
€ jacasser ». 

COQUÂNE, co'kyin^-ney arbrisseau. Une 
première rédaction ajoute . rhamnws 
aluternus; mais on lit à la marge : 
a Ce ne saurait être le rhamnus ata^ 
temus, lequel est un arbuste exotique. 
Brébisson donne le nom de c cochène » 
au vibumum Lantana 9. — M., lais- 
sant le français en blanc, a écrit : 
MMamnus, . . Vibumum Lantana. 

Coquet, co-kyièy cochet, jeune coq. 

COQUINERIB, co-kyin'-n'niey ooquinerie. 

Corbattre (SB), cor-ba^Oj littér. : « se 
battre le corps », d'où « se tourmen- 
ter, se débattre ». 

CoRBiLLEB, cor^bi-yéy oorbeiller, van- 
nier. 

CoRBiLLiE, cor-bi-yie, oorbeillée. 

CORBLUB, eor-blûf cochléaria officinal. 

Corde de trèfle, sorte de long stUoa 
qu on forme avec le trèHe, avant dA to 
mettre en meulô. 

CoRDEL, cor-de, cordeau. [La racine de 
ce mot &it Tobjet d'une curieuse re- 
marque qui a ici sa piace naturelle. 
Sur la quantité considérable de cor* 
dages qui entrent dnns le gréement 
d'un navire, le mot « corde » n'en dé- 
siffne qu'un bout de quelques centi* 
mètres : « la corde de la doohe ».] 

CoRDÉRiE, oor'dé-iCy corderie. 

Cordon, cordon, quart d'une corde de 
bois (59 oentistères). 

Corée, voir cowraie, 

Cobet, 00^, oornet^ enorur en ooraei 



cou 



— !3K — 



cou 



CoRMAN, eor-mân^ cormoran. 

Corna ILLBB [ailleurs : crenattUler], 

eôr-na-yé^ cornouiller ? 
Corne, cor-ne^ corne. 
Corneille, côr-nê-ye, corneille. 
Cornet, cor-nè, coquille de «trombe 

percée, pour appeler les miirins et les 

aoûteux. 

CORNILLEB, côr-ni-yé, se dit de» bes- 
tiaux qui font des dégâts avec leurs 
cornes. 

CORNILLÂRE, coT-ni-yé, le diaphragme 
des animaux. 

CoRPORÂ. Un homme bien corporé = 
de grande et forte taille. — B. 

CORPORENCE, oor-po-r an-ce, corpulence. 

CORBÂ, cor-cé, l» repu; 2" qui a du 
corps, étoffé. 

Corsée, cor~cêye^ bon repas. 

Corselet, eor^ce-lè^ corset. 

Corser (SE), «pr-(7^, lo se repaître; 2« 
prendre du corps. 

Corset, cor-eê, jupon. Ytfur hyteU (mo- 
derne kirtle\. Vaetre corset pent à 
terre. (Palsgrave, 678. Du Guez, p. 306.) 

Corvée, cor-vêye, corvée. 

COHCISNCHE, co-cyan-cfiCy conscience. 
Loo. adv. : en conscience = en vérité. 

COBSARD, co-çar, colza. [C'est le nom 
officiel de la plante dans une ordon- 
nance imprimée, rendue à Cany en 
1748.] ^ 

COSSARDIÉRE, co-çar-âyé^ champ où l'on 

a recollé du colza. 
CossiER, cô-citi, paille de colza. 

Cote-cote, co-te-co-tc (o très bref), côte 
a côte. 

Cotent, co-tan, content On dit aussi, 
mais plus rarement, coutan, 

Cotentement, oo'tim'te'man^ conten- 
tement. 

Cotbnter, oo'tan-té, conteuter. 

CôTiKR, cô'tiê, côtoyer. Le mot est dans 
Froissart : 6'/ chevaMc/tèrent . . costiant 
l\»st anse Anyloie, (1, 86; t. I, p. 176, 
éd. «. Luce.) 

CôTlBRS, cô-tié, herbages en cÔte. 

COTONNINE, co-um-nin^-nej cotonnade. 

COUANNB, kwan-ne, 1» couenne; 2*' terme 
de mépris : vieuw couenne. 

Couche, rou-ehe, !• lit; 2« enjeu. Locu- 
tion : fetnfne de coucàe, accouchée, 
femme en couche. 

Couchette, coH-ckè-te, lange. 

CoucHBUSB, cou'cheu-ze, bois de lit; 
iiuge pour coucher. Pourquoi le bon 
usage n*adopterait-iI pas le mot a cou- 
chure 9, très employé en Haute-Nor- 
luaudie ? 

Coubttb, lm$^^ mèche de eheveu. 



Couittb, lambeau traînant d'une étoffe. 
Coulant, coû-lan, !• courant; 2" petite 

rigole de décharge. 
Coule. Locution ; Il est à la coule = il 

sait se tirer d'affaire; il a la pratique 

de la chose. 

Couleresse, cùU'le-rê-ce, passoire à po- 
tages, etc. Colendre ta strayne milà =» 
couleresse. PALeoRAVB. 

Couleur, cou-leu, couleur, au sens de 
<E mensonge p, etc. Qntlour a faune 
tnatler = couleur, Palsgrave. 

Coulburer, cou-leu-é^ colorer. 

CoULBUX, cou'leu^, couloir, filtre à lait. 

Coulëte de taupe « son petit terrier. 

CouLiNB, cou4in*^ne, torche de paille, 
faisceau de paille longue que fournil 
une gerbe; s'emploie rarement seuL 
Une couline de feurre, — V. Dm. [A 
pour dérivé couliner, dont le Dict. gé- 
néral ignore l'origine.] 

Coulisser (sk), s'enfuir en se cachant 
pour n'être pas aperçu. — L. ' 

Coup, cou, coup (V. Delb ). Locutions : 
Du coup = cette foiu-ci ; sur le coup 
de quatre heures = vers quatre heu- 
res; coup d' aie, coup de feu = urgence, 
moment où il faut se h&ter ; coup de 
dessous = manœuvre hypocrite. 

CouFB. Locution : coupé de prix = très 
cher. 

COUPBL, cou-pê, coupeau ; sommet, faîte : 
le coupel de la tête, Crest of house, le 
coypei do la maison; crowne of the 
heed, copeau de la tête. Palsorate. 

Coupeusb, oou-peu^-te, coupure. 

GovPiAt {\n) d'un fléau, pièce de cuir 
qui relie le fléau même au manche. 
^ iJ. 

CouPOTTER, coupasser, couper sans né- 
cessité, en s'amuaant. 

Cour, cour. Ici, herbage planté de pom- 
miers et contenant les bâtiments ruraux 
et la maison. Une cour sans maison est 
une basse-cour, où précisément on n'é- 
lève pas de volaille. 

Courage, cou-ârje (vieux), courage. 

CouiiAOEUx, courà'jeu'^, courageux. 

COURAIE, cou4e, fressure. — V. Dm. et 
J. T. au mot a corée », et Delo. « cou- 
rée, harnas ». 

CODRBATURER, cour-hortu^, courbatu- 
rer. 

Courbux, cou-eu, coureur : souvent pris 
absolument comme en français « dé« 
bftuohô ». 

CouRiACHE, oou-yia-ûhe, coriace. 
Courir, covri^ courir. 
CouRONNBB, oou'on'né, couroooer. 
CouBTOiBBB, courtiser* — L. 
CousBMBBT, ooatura» ««-fi. 



CRA 



— 136 — 



CRÉ 



CouTEL, cau-te, couteau. 

COUTELEB, abattre, en fauchant, le grain 
à pleine faux. Y a poê moyen de le 
suivre : % eoutle! 

CoUTÂMENT, eou-té-man, coût, dépense. 

CouTEDZ,appli(^ué aux personnes : 1* qui 
cause à sa famille de grandes dépenses, 
justifiées ou non ; 2» désagréable, de 
relations difficiles. [Un brave homme, 
qui avait été plusieurs fois chagrine 
par un voisin, lui dit en le rencon- 
trant : Je ne savais pas que vous vous 
appeliez M, Le Couteuix, Peut-être 
avec illusion à la famille des négo- 
ciants appelée plus tard Le Couteuiz 
de Canteleu.] 

CouTiAL, eou'tia, couteau. 

CouTLETR, ce qu'on abat de grain d'un 
seul coup de faux. — L. 

Coutume, cou-tun-me; 1» usage ; 2* im- 
pôt. 

COUTUBB, eou-tn, couture. 

COUTUBEB, cou-tu-éy couturer. 

COUTUSIEB, courturzié^ V couturier, tail- 
leur ; 2p araignée de mer. 

CouTUHlÂBB, cou-tu-ziéf oouturièrc. 

CouvBB, cou-vé; 1» couver, aux sens du 
français ; 2« se servir d'une chauffe* 
rette : pot à emtver, écuelle d*une 
chaufferette ; 3° être dans les premiers 
mois d'une grossesse. As-tu remarqué 
M^^ X.,,T Je erais qu'a eouve. 

CouVEBESSB, courve-rê-ee^ couveuse; la 
forme française est la plus usitée. — 
V. Delb. : «i couvoire ». 

CouvBBT, oou-ver ; 1* subst., couvercle ; 
2^ adj., couvert. Etre bien couvert = 
être habillé en honune riche. 

CouvEBTE, cou-ver-te^ couverture de lit; 
plus raremeut, d'une construction. 
[Tombé eu désuétude à la fin du xvii* 
siècle, coueerte se lit encore, en 1750, 
dans un inventaire du Havre, où il n'a 
pas dû cesser d'être employé.] 

CouvBBTUBB, cou-^ev^u^ couveituie (de 
maison). 

Ck)UTON, eou'ffon, lâche. Coujoun (ancien 
normand) a eoward, dit >\'right. S'est 
dit pour tt mauvais plaisant, qui in- 
sulte lâchement ». 

COUYONNEB, cou'^on-né, 1" faiblir; 2" 
refaire : j'te vas couronner, comme 
fte ras baiser = duper. 

CouziETTE, coulant pour clore un vête- 
ment. 

Cbabb (fém., genre employé par Wan- 
delaincourt, vers la fin du xviil* siè- 
clej, cra-be^ crabe. 

Cbachabd, ora-ohar^ crachat. Pals- 
grave : orachart [encore employé par 
le peuple de Bouen, vers 182^)J. 

Cbache, cra-ohe^ crasse; l» saleté; 2» 
au flg. : bassesse, vilain tour. 



Cbacheuz, era^heu'^t craaseox; au fig. 
avare. 

Cbachinagk, era-rhi-nâ'je, bruine, 
pluie fine. Rynon. crachin. 

Cbachineb (à Rouen : c craoiner h), 
cra^hi-né, bruiner. 

Cbaibe, crêy croire. La locution il fayt 
eraire est devenue, d'altération en al- 
tération, d'abord /a»^ eraire^ et enfin 
faucraie = probablement. 

Cbaissant, crè-çan^ croissant. 

Cbaîtee, erè'te^ croître. 

Cbaitube, orè'tu^ croissance. 

Cbamail, era-ma-ye^ gorge [selon L., 
c le col d'un habit d] . Il Va pris an 
cramail. Littéralement « défaut de la 
cuirasse i (? le cran de maille). Même 
formation que eamail et tramail, 

CfiAMPArN. Locution : en erampain == 
ramassé sur lui-même, en parlant d'un 
malade ou d'un animal qui va mourir. 

Cbampe, rr<rn-/70, 1* crampon de fer; 2* 
au fig. : dette qu'on ne peut payer. 

Cbanque, eran-ke^ crampe (douleur); 
anglais cranksj douleurs. W^bioht. 

Cbaounqueux, qui souffre souvent des 
crampes. 

Cbapas, cra-pâ^ 1« crapaud ; on dit aussi 
eraptm ; 2^ sorte de treuil. 

Ceappb (fém.), erap^ crabe (masc.), et 
plus spécialement « étrille ». 

Cbappibbe, cra-pi/i^ lieu où s'abritent 
les crabes. 

Cbaqub, era-kCf hâblerie, mensonge. 
L'anglais emploie to erak au sens de 
<E hâbler » (remarque omise dans le 
Dict. général]. 

Cbaquelin, erâ'k'lin^ cartilage [qui 
craque sous les dents]. 

Cbaqueb, cra-kié, 1® craquer ; 2<»au fig. : 
mener un train de vie disproportionné 
avec sa fortune. 

Cbaqubuz, cra-A}0«s, hâbleur. 

Cbab, baiser. — L. Une note ajoute : 
vieux, peu usité. 

Cbatable, cré-ya-ble^ croyable. 

Gbatanohe, crhyan^he, croyance. 

Cbâ, abréviation de c sacré » dans les 
jurons. — L. 

CBéATUBE, oré-a'-tu, créature; absolu- 
ment (( femme décriée p. N'a pas tou- 
jours ce sens péjoratif dans le Calva- 
dos. 

Cbéb, crê, crête de coq, de poule, etc. 
— L. écrit c craie ]D. 

CBâMiLLÈE, cré-mi-peye, crémaillère. 
S'emploie partout en serrurerie. 

Cbémillon, cré-mi'jfon, crémaillon. 

Cbenachb, ke^-na-ohe, crevasse (voir 
la première partie, p. 52). 

Cb&pxb (BJfi), orê'pé, se raidir, se redre*- 



CRO 



- 137- 



CUL 



Ber d*un air rodomont. AilleorB (J.T.)> 
a 86 crépir i^. 

CbAque, erè^ke (outre le sens assez ré- 
pandu de « pruue sauvage 9), au fig. 
acari&tre ; ne se dit que des femmes. 

Crssson, ké^rson^ cresson. 

Cbétblbr, erêVU, chanter, eu parlant 
de la poule. (Désigne parfois le cri 
spécial qui indique qu'elle pondra bien- 
tôt.) — V . Dm., u cresteler ». — Au 
fîjj?., en parlant des femmes qui font 
des observations d'une yoIx aiguë. 

Cbetib, lufr-tî (rexplication est restée 
en blanc), frémir; à peu près syno- 
nyme de grémir. 

Cbeuilltë, ereu-yie^ groupe d'objets en- 
filés comme des harengs. 

Cbevache, cre-va-ehe^ crevasse. 

Cbevacheb, cre-va-ché^ crevasser. 

Crevaison, eré^-ré-zan^ mort; mais avec 
une idée de haine ou au moins de 
mépris. — L. donne avec la même 
nuance : ponsAer um erève. 

Cbevard, ereo-tar, celui qui veut sou- 
tenir un rang supérieur au sien. 

Cbevbr, puer. Ça crève, — L C. 

Cbbvon, cre-von^ chevron. 

Cbbvonnaoe, cre^'Vonrnâ'je (chevron- 
nage). 

Cbbvonneb, cre^-vati'né, mettre des 
chevrons. 

Cbiblbttes, blé très fin et mélangé de 
eraines étrangères, qui reste après que 
Te grain a été criblé. — B. 

Cbibleubb, eri-bleu'^-ze, criblure. 

Cbibb emprê (après), locution = gron- 
der. Lixandre est maurmat ; no crie 
toujou emprê li, 

CbionaCHE, rri-gna-ehe fcrîgnasse = 
crin, avec idée péjorative), chevelure 
ébouriffée. 

Cbionb, gringne (sans doute simple al- 
tération de grigne) ; \^ herbeH et raci- 
nes entrelacées comme une crignasse ; 
2^ croûte frisée, pleine d'aspérités, ré- 
sultant de déchirures qui se produisent 
dans la pâte pendant la cuisson. — V. 
Delboulle. 

Cbionu, cri-gnu^ oui a unecrigue '.pain 
erignu et crenaonu (crevassé). 

Cboche, cro-che (masc.)i 1° subst., courbe 
courbure; 2* adj. : pattes croches^ se 
dit d*un homme |»eu honnête. 

Cboche (fém.), cro-cke, crosse. En vieil 
anglais, crvtse = potence ou béquille. 

Cboche-PIED, oro-che-piéf croc-en- 
jambe. 

Cbocheb, cro'ché ; 1* crosser; 2* accro- 
cher ; 3* donner le brad ; 4» réussir. 
Si ça croc ht, f aurons des pin» mes, 

Cbochedx, fiancé qui fait sa cour. 

Cbochuibe, ero^huîy courber avec ge- 



non on angle, rendre crochu. Pals- 
grave donne le substantif eroehuseté. 

Croiheb, oroijf'zét croiser. 

Cboisbbib, eroty-sfiie, croisement (en 
ancien anglais, croisade). 

Cboix de Di&u^ eroig-de-Diu^ croix de 
par Dieu, alphabet [au titre duquel fi- 
gurait une croix]. I^oter l'état cons- 
truit dans la prononciation. 

Croquettes, ero-hyè-te^ dents d'en&nt 
(terme d'amitié). 

Cbôtb, cr^^tf, croûte. Casser la orHe = 
prendre son repas ; casser enn' crête = 
faire collation, manger un morceau. 

Cboupette, crou'pè'le^ révérence. 

Cboustoknbb, crousS'ton-néy manger 
une croûte sans se presser. 

Cru p pion, crupion, salamandre ter- 
restre. — Note marginale : <e coccyx 
des oiseaux d. 

Crtbtèke, criss'téf clystère. 

Ct-après-aout, temps après la mois- 
son, après le mois d août. — L. 

Çu, «*, ce. 

Cu D'LA babsb ia, dernière limite de 
la marée basse. Au fig. : Etre au cu, 
etc. := être à Textrémité, soit comme 
santé, soit comme fortune. — L. 

CxJCKOWER, cU'Ch&n-né, dorloter, trai- 
ter délicatement. 

Cueutb, kyeu-te, cueillette, récolte des 
fruits. 

CuîE, cuivre. 

CuiLLEB, cu-yé, cuillère. 

Cuir, cui, cuir. Dans la locution : Entre 
cuir et car (chair), qui se prononce 
entre kui-té-ca, le t est purement eu- 
phonique, comme dans le français 
ce va-t-il p. 

Cui BASSE, cui-ra-ce, cuirasse, o*est-à- 
dire c courroie sans fin 9. 

OuiRK, CM?-«, cuire. Absolument^ faire 
du pain. Faudra cuire chaque semaine. 

CuiBAGE, cuisson du pain. — B. 

Cuisine, cMi-zin'^-ne; l* tous les sens 
du français ; 2*> la quantité de légumes 
nécessaire pour un repas : une cuisine 
fie pois. 

Cuisiner, faire la cuisine; au fig., se 
dit de ceux qui ont pluA de bonne vo- 
lonté que de savoir. — L. 

Cuissot d'arbre ^ cui-ço, gros bras. 

CuiTUBE, cui'tu, 1« cuisson ; 29 fournée. 

CULÂVKE, eu-lè'Vre, couleuvre. Espa- 
gnol culebra. 

CuLLERéE, cu-rieyCf cuillerée. 

Culotte, cu-lo-te^ 1* les sens du fran- 

Sis; 2^ partie perdue, sans que le per- 
.nt ait eu un seul point ; 3* ivresse. 
I CULTUBE, cul'tu, culture. 



Dis 



-138- 



DÉB 



CuBAUB, eurTÙrge^ ourage, poivre d'eau, 
poligonum; anglais cuUraçe, 

CUBANXHB, (m^ii^he, matières enleyées 
par le curage. 

Curé, cu4, curé [titre donné parfois à 
un simple eoolésiastique], 

Cdbbb, eu-i, ourer. 



CUBBUZ, ûu-eu'^f cureur 

CUBIBUZ, eusieH^i !• curieux; 2* (au 
sens du latin eurianu), amateur, soi- 
gneux : JVo<* maîte a d^bellet vaquée; 
mait i %*eH euzinuc étout, 

Ctne, cinrney ojgne. 



D 



Daiot, dê^ doigt. Avé U4 daigts ero- 
ehvê ^= être voleur ou peu honnête. — 
Voir beyte, 

Dalbr, uriner abondamment, en par- 
lant des bestiaux ; au tig., se dit des 
enfants qui pissent au lit. — L C. 

Dalle, da4e, évier. Si t'es si sale que 
oàaf tn cas aller dîn/tr à la dalle, 

Dalot, dârlo^ godron, tuyau de bonnet. 

Dalotbb, dârlu-té, tuyauter. 

Daloteuz, dârlo-teu^, cylindre de fer 
emmanché pour daloter. 

Damaob, dan-mâ'je^ dommage; vieux 
français damaige. Palsgrave donne 
(589) les deux formes : dammager et 
dotnmager, 

Damillon, danrtni'jfon^ femme qui af- 
fecte des manières de grande dame. 

Damnes, dân*-né, damner. 

Dandon, dan^-don, grosse fille, lour- 
daude. Ne s'emploie guère qu'avec 
l'adjectif a grosse ». Wright attribue 
au mot anglais dandon une origine 
fhmçaise et le définit : A ooarte fat 
tvomant ce qui est bien le sens de no- 
tre danden, 

Danoéueuz, dâfi-)é-reu^^ dangereux. 

Darder, se dit des douleurs lancinantes. 

Dardillon, dar-diryony ardillon. 

Dater, da-téf outre les sens du fran- 
çais : 10 avoir de l'âge : Je date, disent 
les vieilles sens; 2^ briller, mener 
grand train oe vie, être élégant. 

Daube, danhhe^ daube. 

Daubé, date-héf dauber. 

DÉ, particule sét)arative, indique ordi- 
nairement l'action contraire au verbe 
devant lequel on la place. Parfois, 
néanmoins, elle est augmentative ou 
superlative : déchapitrer, 

Débabillbr, causer mal, tenir de mau- 
vais propos, déraisonner — L. 

Dbbagoulbr, dé-ba-gov-lé, parler d'une 
façon inintelligible et très ennuyeuse 
pour ceux qui sont obligés d'écouter. 

Déballer (se), se décourager. — L. 

DÉBAOUNQUER, mettre à niveau le talus 
[la banque] d'une route. ^~ B. 



Débat ? d'ba, ébattement d'une voi- 
ture ou d'une scie. 

Débatir, dé-bâ-ti, démolir, détruire un 
bâtiment. 8'emploie surtout dans les 
baux. 

DÉBAUCHE, dé-baw^kê, 1» débauche; 
2® désespoir. 

DÉBAUCHER (RE), dé-bow-ehé, 1« se dé- 
baucher; 2* se désespérer. Dans ce 
second sens, on dit souvent « être à Uk 
débauche 2>. [Te débauche pas, eax l'en- 
couragement qu'on donne à quelqu'un 
qui se morfond à attendre. Au xvi* 
siècle, Blendecq appelle au même aens 
la Sainte Vierge l'aide parfaite de* 
débauchés.] 

DÉBEBNÊQUER, dépêtrer ; pronom. : se 
tirer d'embarras. — L. 

Débilleb, dé'bi-yé. dé<*habiller [et par 
extension d déharnacher n ?J. 

DÉBINDEB, défaire un « bind 3, dénouer 
un nœud. 

DÉBINE, dê-bin'^'ne^ ruine, déconfiture; 
état d'un homme dont le passif dépasM 
l'actif. 

DÉBISTRAQUB, dé-biss-trac ^ à moitié 
démoli. 

Déblibb ? dé'bli-yé, déblayer. 

DÉBLOUQUER, dé-blou-ghé, déboucler. 

Débotteb, dé'bo-té, décrotter. DéboUe 
tes citabots avant d'entrer. 

DÉBOUCAXMEB, dé-bourcan-né, se dit de 
la fumée qui sort épaisse de la chemi- 
née. Voir boucan ; — au fig., se dit des 
personnes qui sortent lentement d'une 
réunion. 

DÉBOUCANNÊTE, dé^u-caii-nege, bor- 
dée d'injures dites par un individu qui 
ne laisse pas le teaips de répondre. — 
Voirie mot précédent. 

DÉBOUQUER, dé-bovrkyé^ déboucher un 
four, en ôter le « bouquoir ». 

Debout, d'bou^ debout. 

DÉBOUTONNER (ss), dé-boH-toH-ni , au 
fig. : se montrer généreux par circon- 
stance ; dépenser largement, quand on 
a des habitudes contraires. 

DÉBBEL, dé-brê ; être au débreU = étie 



DEC 



— 139 — 



DEC 



le premier pour recevoir la balle dan» 
le 3ea de quillard. — Voir ce mot. 

DÉBBELLBB (SB), dé-brê-lé, se déculot- 
ter; au fig. : se retirer; (eu parlant 
d*un avare) faire par exception un beau 
cadeau. 

Dbbbbnèqubb (bb), dé-bt^-ne-kié, se 
dépêtrer. (Delboulle : dehernaquier, 
dénemiquer.) A Alençon, une brenêehe 
est une petite ordure de bran. 

DÉBRIOOLEB, dé'bri'Oo4é, ôter la bricole 
d*une vache. 

DfoROQUBB, dé-bro-kiéj débrocher. 

DÉBROUILLER, dé-brou-yA, !<> débar- 
bouiller; 2* débrouiller, comme en 
français. 

DÉBRoniLLBUx, serviette pour se dé- 
barbouiller. 

BAbubcamnbb, faire sortir d'une ca- 
chette. 

DÉCABA88BR, dé-oa-ba-cé^ démolir en 
partie pour faire des réparations [litté- 
ralement : tt faire cesser d*être eaoaê i^]. 

DÉCACHBR, déchasser : décacher une 
cheville, 

DiCADUiT, dé-ea-dui, délabré. 

DécAINBR, dé-^ai-né^ voir déquainer, 

DÂCALOFPRBB, dé-ca-lo-frè, ôter l'enve- 
loppe des noiZf des châtaignes, etc. — 
Voir icaXoffre, — Ailleurs se dit « dé- 
calopper ». J. T. 

DécAMPOTBR, d^-can^-po-té, changer 
Tassolement (eampoê) d'une ferme. 

DéOAKiLLBR, dé-ca-ni-yét sortir de son 
gftCf décamper, s'enfuir [semble dérivé 
d*uu terme bas-latin can'de^ loge à 
chien]. 

DÉCAPITER (SB), dé-corvi-té, s'impa- 
tienter [littér. n perdre la tête »J. 

DÉCAUCHEB, dé-eaw'Ché^ 1° déchausser; 
2^ (en parlant dfs aniinaui) perdre ses 
dents et, dnns un sens spécial, « ses 
dents de lait ». Çu ch\a4à décauche 
deux anê. 

DÉCAUBEB. comme débabUler. -— L. 

Dbceiclaoe, graisse qui garnit les in- 
testins du porc et est employée à faire 
le boudin. — L. 

DéCESSER, dé-eè'cé, cesser; augmenta- 
tif [ou Iréquentatif ?] de ce verbe. 

DÉGHABOTKR, dé-cha-bih-té, 1* être près 
de mourir [littér. : <r se déchausser, 
pour quitter le monde i^] ; 2° accoucher 
(avec idée de mépris). 

DÉOHAIRÉ, dé-chéS, décharné. 

DécUAPlTRER, di-eha-pi'trè^ démonter, 
briser, réduire en mirceauz. 

DACHAKBIKR, dé-châ-ryé [mot à mot : 
« charrier à côté 9], conduire par ma- 
ladresse une voiture hors du chemin. 

DÂCHE, dè'Che, déconfiture ; apocope 
de « déchéance ». Je ne crois pas ce 



mot ancien. [Le Diet, général en fait 
un néologisme.] 

Dbchendant, d'ehan-dân^ descendant. 

Dechbndbe, d'cheHdre, descendre. 

Dbghemte, d"ehant''te, descente, 

DAohergeb, dé-eker-gét décharger. 

Déchet, d*chè, déchet. 

DÉOHiBEB, d^chi-yé, déchirer. Locution : 
Le ttmpt se d'chie^ ou simplement ça 
se d'chie == le beau temps est proba- 
ble fquand les nuages amoncelés s'en- 
tr ouvrent pour laisser voir le bleu du 
ciel). 

DÉCHIREU8E, d'chi-yeu^-te, déchirure. 

DÉCIDER DE, dépendre de, provenir. 
Çufva est malade; cha n' décide pas 
k'san trava d'hié, 

DÉCLAMER, dé'clâ-mé, proclamer, an- 
noncer. 

Dbci^akqué, dé-clan-kifé, l» brisé. Mre 
dêclanqvé = être malade ; 2" affaissé. 
D'un chien à oreilles pendantes, on 
dit qu'il a Vzoeilleê déclanqvéyes. 

DicLABEB, dé-clârré, déclarer. 

Déolaver, bais8<ir un tombereau par 
derrière pour le décharger . — L. 

DéCLiQUÉ, celui qui a une foulure. 

DÊCLis, foulure dans une articulation. 

DÉCOCTION, dé-koc-eion. Locution : Avé 
euniC décoction = éprouver une fai- 
blesse, un malaise. 

DÉCOMPOTER, dé-con-po-té (le même que 
ff décampoter »), dessoler une ferme. 
J'ai trouvé ce mot dans des baux, mais 
ne l'ai jamais entendu. 

DÉCORSÉ, dé-cor-cé^ V* affaibli, amaigri ; 
2* qui semble avoir jeûné, en parlant 
du bétail. 

DÉcouLEURER, dé-cou-lcu-ré, décolorer. 

DÉCOURAGER, dé'cou-â-géf décourager. 

Dkcours, d'cour^ décours. 

DÉcouvEUTURES, dé-cou-ver-tu (tou- 
jours au pluriel), débris d'une vieille 
couverture en chaume. 

DÉcouvRAisoN, époque où la moisson 
enlevée laisse les terres à découvert et 
où les épidémies sont à craindre — 
LC. 

DÉGRAIRE, dé-craî, cesser de croire. 
L'état de doute s'exprime par : Je ne 
crai ni décrai, 

DÉCRAITRE, dé'crê'tej décroître. 

DÉCROQUER, dé'CrO'kyé^ tirer avec un 
croc. 

DÉCROUER, dé'Crou-é^ tomber, en par- 
lant des fruits que l'on secoue. S'em- 
ploie parfois activement. — Voir dé" 
g rouer et encrouer, 

DfiCRUi de Via, décroissance de la hau- 
teur de l'eau, de la marée. 

DÉCULBB, dé'OU'lé, quitter son siège, 



DÉF 



— 140^ 



DÉG 



sortir. 2 ne dieule pas de Zà, ou i n'en 
déevle pat, se dit d'un homme qui est 
trop souvent où il n'a pas besoin, par 
ex. au cabaret. 

DECULOTTER (8E), dé-cu-lo-té^ se décu- 
lotter; au fig. : se séparer de biens 
d'avec sa femme, pour échapper aux 
créanciers; se dit autrement passer 
les culottes à sa femme. 

Dedans, e^d-dan et d'dan, dedans. Etre 
dedans aux sens du Dict, général ; 
rent dessus, vent dedans, demi-ivresse. 

Dedepis, de^'d'pîy depuis. 

DÀDIBB (SE), dédie, 1« se dédire ; 2* s'al- 
térer, se détériorer. Vêla du cidre qui 
se dédU, 

DÉDRAILLEB, dé-dra-yé, réduire en 
bouillie (probablement pour c dégrail- 
ler ». Voir graillât) ; on dit aussi 
dédrâquer. 

DÉRS8E, dé-ê-ce, déesse. 

DéFAiLLAMGE, dé-fa-yan-cf, 1« défail- 
lance; 2« ruine. Not' maison tombe en 
défaillance, — Voir démence. 

DÉFAIRE^ dé-fé, défaire; 1» délayer. 
Défaire du gregeon pour les catiards; 
2» V. n., maigrir. Eunn' vaque défaite. 

DApaires, subst. plur., habits qui ne 
servent plus et qu'on réserve pour les 
pauvres. — L. 

DÉFAITE, dé'fè4e, mensonge pour s'ex- 
cuser. 

DÉFATIOUBB (SB), dé-fa-ti-ghyé, se 
délasser, se reposer. 

DAfectif, dé'fèc'tify rusé, espiègle 
[fertile en « défaites »]. 

DÉFICHBLER, dé-fi-chléj déficeler, délier. 

DiFiCHBR, dé-fi'Cher, défricher. 

DAfigheuz, dé'Ji-cheu, défricheur. 

DÉFIGURER, dèfi-gU'é, défigurer. 

DiIfildqub, dé'fi'lo-kyé, usé, dont on 
voit la corde. 

DÉFINIR, V. n., dé-fi-nî, dépérir, s'en 

aller en langueur. Y s" définit, çn por 

péf 
DÉPIQUER, arracher ce qui était /igué 

(enfoncé). Dèfique-mai çu piu-là (ce 

pieu;. — L. 

DÉFLEUEIR, dé'fleu'î, défleurir. 

DÉFLUZIONNBUX, sujct aux fluxions. 
— L. 

DÉFOUIR, dé-fout, déterrer, arracher. 
J'wi'en ras défoui des pommes de terre. 

DÉFOUBNETE, moment ou action de re- 
tirer le pain du four. 

DÉFOUTRAILLÉ, dé-fou-tra-vé. d'une 
tenue ou d'une mise trop négligée. — 
Voir le suiv. 

DÉFOUTRAILLER, dé-fou-tra-yé. disper- 
ser, jeter çà et là un amas d'objets, 
pour trouver celui dont on a besoin. 



(Y a-t-il quelque analogie avec fatras, 
defairas, fastrouUlert) 
DÉFULLBR, di-fU'lé, décoiffer ; dêfttlltr 
serait roman, seUin PaUgrave (7C7), 
pour qui la vraie forme française est 
découvrir. 

DÉFUNT (des deux genres), dé-fun^ !• 
défunt; 2^ feu : défunt wan pé, dé- 
funt maman, s'emploie par une sorte 
d'hommage respectueux, même long- 
temps après la mort des pertionues. 

DÉGAÎNE, de-gkyin* ne, démarche, tour- 
nure ; terme de dénigrement. Synon. 
« déguain ». — B. 

DÉOANCER, dé-gan-cé, ôter de sa bourse, 
ordinairement avec idée de regret et 
d'eflFort — Voir Delb. : dégancer et 
engancer, 

DÉGELER, dé-flé, !• dégeler ; 2» mou- 
rir, avec une nuance de mépris. 

DÉGELÊYB, dé'flêye, rossi^e. J'ai rechu 
une dégeleye de ctmps. Entré dans Tu- 
sage commun. 

DÉGOBILLONNAOB, dé-go-hi-yon-na-ge, 
matières re jetées par la bouche. 

DÉOOBILLONNER, dé-go-hiyon-né, cra- 
cher ce qui semble mauvais. 

Dêgootbe, être plein jusqu'aux bords, 
au poiut de déborder. Çu pUtt dégogte. 

DÉooiSEE, dé-goiy^'zé, dégoiser, débiter 
un boniment; ])arler vite et d'une &- 
çon peu intelligible. 

DÉOOSILLER, dé-gO'Zi-yé, vomir. 

DÉGOTER, dé-go-té, 1« avoir bonne tour- 
nure avec ses habita : Y dégete bien ; 
2" voler ; sens rare ici, mais fréquent 
ailleurs ; 3*> surpasser. 

DÉGOUGINER, dé-gou-ji-né, déniaiser; 
du roman de»govgener. n ôt«u* les che- 
villes 3). J. T. V. Delboulle. — Se 
dégouginer, prendre de la hardiesse. 

DÉOOUEMETTEB, enlever la gourmette 
d'un mors. — B. 

DEGOUT, d'gou, égoût; I* endroit où 
l'eau tombe goutte à goutte ; 2" Eau de 
degout = eau de gouttière. 

Degouttière, d'gnu'tié, gouttière. 

DÊGRINGALEE, dé-grin^-ga-U, dégrin- 
goler. 

DÉGRINGALEYB, dé-grin^-ga-lê-yc, dé- 
gringolade, chute. 

DÉG ROUER, dé-grou'é, tomber, en par- 
lant des fruits que l'on secoue. — Voir 
décrouer. — J. T. lui donne le sens de 
a dégeler » et le fait venir de a groue o 
ou <E grog ]>, aspérité que forme la terre 
durcie. 

DÉGUAIN, maintien, avec idée de mé- 
pris (ailleurs « dégaine •). I n'n'a 
au déguain c'ti'là, quand i marche! 
— B. 

DÉGURULER,<^-^A/^-Z^, sens spéciaux ; 
1* démordre : le cochon ne dégueule 



DÉM 



— 141 — 



DÉIf 



pas ; 2<» vomir des injures dans une 
querelle. 

DÉOURUROIR (dé^reffir)f ôter le grégi 
d'une étoffe, d'un vêtement. — B, 

DéouiHBB (8E), suppose un masque qui 
couvre la figure. — L. 

DÂHAOUNQUBB, se démettre la hanche. 
— B. 

DÉHOQUEB, dé'fl-kié^ décrocher (de hnc, 
crochet). Quand il eH an café, nô peut 
pas le déhoquer de là. 

DlÊHOBGNER, remettre en mouvement ce 
qui était arrêté. — L. 

Dehobs, (fid-hor et d'hor, dehors ; en 
dehors de luiy à son insu on sans sa 
participation. — Euphémisme : aller 
dehors = satisfaire les hesoins natu- 
rels. 3Ian paur garrhon est si tant tel- 
lement malade, qtCsa médchinrC peut 
point Vfè aller dehors. 

DÉHOUINSEB, dé-honin^'cé, v. dévoinser. 

DÉHOULEB, d^-hmi-lé, faire sortir de la 
c houle )> (voir ce mot) ; au fig. : faire 
sortir par force. Se déhnuler = sortir 
à regret de son lit ou de chez soi. J'te 
vas/aùf déhouler, 

DÉHOUBDEB des herse», les nettoyer en 
ôtaut les herhes qui les encomhrent. 

DÉJBUNEB-DÎNAKT, repas pris de façon 
à pouvoir tenir lieu de déjeuner et de 
dîner. — L. 

DÉJUQUEB, dé-jU'kié, dé jucher. 

Delà, d'ia, là, en certaines locutions : 
Range-toi de delà = de lÀ. En de delà 
= au delà. Nom de delà, juron assez 
fréquent. 

DéLAGHEB, dé'la-ché, délacer. 

DÉLIACHEB, défaire des liasse», dépê- 
trer. — L. 

Bëlèqueb (se) ? dé-U'hié, se lécher les 
lèvres, comme *e lêquer les barbes. 

Dblieb, dé-lié, délier; mais aussi (( dé- 
layer ». 

DÉlietteb, dénouer les amarres, défaire 

les cordons d'un tablier. — L. 
DÂLI8SELER (se), déliss-U, dérouler ; se 

dit du fil, du ruban d'un écheveau. 
DÉLOUBB (SE), retirer la parole donnée 

en se louant pour la moisson. — B. 
DÉMACHONNEB, dé-ma-chon-né, défaire 

une maçonnerie. 

DéMATSONNEB, P déménager ; 2° au 

passif, être sans maison. 
Demande, d'man^-de. Locution (entrée 

dans l'usage de quelques métiers) : A 

la deviande, 1° à proportion ; 2° au fur 

et à niesure. 

DÉMANOBB (SE), éprouver une déman- 
geaison ; au fig. : avoir peine à garder 
un secret. — B. 

DÉMAQUEB, dé'fnâ-kyé, se dit des ani- 
maux qui perdent une partie de leur 



manger, quand les dents de lait leur 

tombent. 
DéMABEB, dé-ma-é, démarrer. Se dit, 

au jeu de boule, du tour du second 

joueur — Voir amarrer, 
DÉMA8IEB, dé-ma-zié, démarier. 
DÉMASIEUX, dé-ma-zieu^ (démarieur). 

Prov. : Si y avait des dé mafieux, ils 

auraient autant d'ouvrage qtte les ma- 

sienw . 
DÂMÊLEB (SE), d'me-lé, se mêler de, 

s'immiiicer dans. 
Dbhêleux, dé-mê'leu^, démêloir. 
DÉUÉNAOEUZ, dé-mé-nâ'jeâ, déména- 
geur. 
DéUENCR, dé-man-eey ruine. Ne se dit 

qu'avec « tomber ». Not* fou (four) 

tinnhe en détnenee. 

De.\ientbb 'se), d'man-tc, s'occuper de, 
se mêler de. 

DéMEKQUEB, dé-vi4sr'kié, démarquer. 

Demeubant, d'meu-àn. Locution : à de- 
meurant = amplement, suffisamment. 
Absolument : Y en a d'meuaat = il 
y en a assez. — L C. 

DRHBUBé, d'meu-é, involontairement 
immobile ; d'où : 1" paralysé : 2^ em- 
bourbé ou arrêté par une cause quel- 
conque, en parlant d'une voiture ; B^ 
arrêté dans son entreprise ou dans ses 
projets. 

Demeubeb, d'meu-é, demeurer, habiter. 

Demianne, dei^-mi4tn^-ne, demi-aune 
(0«»60). 

Drmiabd, de^-mi-ar, un quart de cho- 
pine ou un huitième de pot (25 centi- 
litres). 

Demi ON, de^-mion, demi-chopine (50 
centilitres) [appelé ailleurs, propre- 
ment, la « mesure » pour le lait]. 
Demion est dans Palsgrave. 

Demoiselle, d'moig-zè-le ; outre les sens 
du français : l« médaille ; 2^ mesure 
d'eau-de-vie; 3" noix de pressoir. 

DÉMOLIE, dé-jnô-lî, démolir. 

Démonte, dé-mon^-te, mobilier de 
ferme... — Voir l'article suivant. 

Démontée, dé-mon^-té, 1° se retirer des 
affaires ; se dit surtout d*un cultiva- 
teur [ou d'un marchand, ajoute L.| 

. qui cesse son commerce pour se repo- 
ser: 20 s'impatienter. Absolument : 
ça démonte^ pour a ça me démonte ». 

DÉMUCHEB, dé-mu-ohè, !<> découvrir, 
mettre en vue ; 2o faire sortir de sa 
retraite, de son trou. 

DÉNICHER, dé-ni-ehé, 1" dénicher; 2o 
découvrir, ôter ce qui couvre une per- 
sonne ou un objet; l'opposé de « enni- 
cher ». 

DÉNOTER, dé-no'té, 1» chanter faux ; 2* 
(sens français) indiquer. 



DÉP 



— !« — 



DES 



Dbkt de quien^ V dent de seconde den- 
tition (par opposition à o dent de 
lait 1») ; 2* chiendent. 

DioiNBER, dè-oin^'cé^ voir deroinser, 

Dkpasbkb, dé-pâ'Cè\ !• en culture, dé- 
passer un animal fcheval ou vache), 
c'est le vendre sauF le remplacer ; 3« 
dépasser vn habit = le mettre tous les 
jours, après l'avoir porté seulemeut le 
dimanche. 

DÉPATOUILLEB (se), dèpa-tou-yè, se 
dépêtrer, ne tirer ii'emb«rnis. 

DÉPÊCHOTTER (BE), se hâter lentement. 

— B. 

DéPENAiLLEB, di-pe^-na-yé, déchirer, 
mettre en lambeau s. Le participe est 
usuel. 

DÉPENTE, dé-pen4e, pente d*un terrain. 

DApÊQUER, dé'pê'kié {manque la défini- 
tion), marcher péniblement dans la 
boue. Ça dépêçue, se dit d'un chemin 
fangeux, surtout «n déjrel ; de la boue 
qui colle aux chaussures. 

DÉPETACHEB, dé-pe^-ta-rhé, sortir, s'é- 
loigner vivement, courir vite. 

DÉPIAUCBR, dé'j^iaw-eé. ôter la peau, 
écorcher, dépouiller. [Dépiauter , donné 
par le Dict. général, semble d'une dé- 
rivation moins correcte, à en juger par 
« peaussier ».] 

DÉPIAUSTBER, dé'ptaws-tré, écorcher, 
dépecer. 

DÉPIGHER, dé'pi'ché, mettre en pièces, 
démolir. — Se tiépieher, s'en aller en 
morceaux, se désagréger. Les pommes 
de terre se dépiehcnt dans la morue, 

— L C. 

DÉPIQDBB^ creuser, labourer moins pro- 
fondément [cesser de piquer}, ^ L. 

Depib, e^d-piSy depuis. On emploie plus 
souvent aedepis. 

Déplaghememt^ dé-pla-ch'man, dépla- 
cement. 

DÉPLACE EB, dé'pla-ché, déplacer. 

Déplaisant, désagréable. Queute grand 

déplaisant I — L. 
DÉFLIEMBNT, dé-nlt-man, déploiement, 

au sens matériel. 
DÉPLIEB, dé-pH-yéf déployer. 

DÉPLOMMEB (8K) dé-plon-mé, perdre sa 
couverte, s'effriter. — Voir jkommage, 

DÉPLUMÉE, dé'phtn-mé^ déplumer (en 

tous ses sens). 
DÉPOCHEB un hen, délier. 

DÉi'OiLÉ, dé'poi-lé, qui a perdu son poil, 
pelé. 

DÉPUBITAIBB, dé-pô-zirté, dépositaire. 

DÉPOTAYEB, transvaser. Eau-de-vie à 
dépotayer, à vendre pour être empor- 
tée, et non bue chez le marchand. j 

DÉP0U8SBB, dé'poû'Céf 1® faire sortir 



par force, — nne cheville, en frappant 
dessus ; 7^ supplanter. 

DÉP0US8KUZ, dé'pnû-eeu, coin, poinçon, 
repoussoir ; tige de la < canonnière » 
(jeu d'enfant). 

DÉPBEKDBE, dé-pran-de, déprendre. 

DÉPRE88ER, dé'prè-eé, arracher one par- 
tie de plantes semées trop dru : J'use 
dépresser m'n'ognon. 

DÉQ(TAINEB, dé'kyîn*'né, déchaîner. 

DÉQUEBCANNEB, dé-kier-caUrné (aillears 
c décarcaner ^), ôter un carcan. 

DÉBAGHINBB, dé-ra-chi-né, déraciner. 

DÉBANOEB (BE), dé-ran-jé (outre les 
sens français), se déplacer, quitter ses 
affaires. 

DÊBANOUÊTB,</^mir-9^^f, longue ran- 
gée de chiffres, de notes, etc. 

DÉRAPKB, dé-ra-pé, déraper; glisser, se 
décrocher. 

DÊBAQUEB, dégager une voiture em- 
bourbée ou arrêtée dans un mauvais 
pas. — L. 

Dbrdaine, de*r-din^ne, et dbbdainbb, 
dtfr-din^né-f voir dredaine et dredai- 
ner, 

Dkbeuneb, avoir la colique. — B. 

DéeÉvisê, dé-ré'Virsê, arrivé par hasard 
et fort à propos [prononciation altérée 
de dret vi*é = visé droit = frappé 
juste]. C^est bien déréviMe quy Vtrouve 
là. — L C. 

Deblindeb, de^r-lin^'déf v. drelinder. 

Derlinoubb, de^4in^-ghyé, voir dre- 
linguer, 

Debniémbnt, der-nié'tnan, dernière- 
ment. 

Debothée [peut-être scrupule d'eupho- 
nie], prénom : Dorothée. -^ L. 

Derouetteb (être en déroute), se dit 
d*un homme dont les affaires tournent 
mal, après avoir prospéré. — B. 

Dbrte, dffr-te [semble la forme primi- 
tive], dartre. — Voir deytre, 

Debtieb, jarretières. — L. 

Debtbeux, der-treu^j dartreux. 

Dbbailer, d'zê'lé^ casser Taile. J'ai tiyi 
(tiré) un canard; mais je ne Vai que 
desailé, 

Deb ailler, d'zâryé^ déchirer, mettre en 
lambeaux. 

DÉBAIBONNEB, dé-sê-zon'^ changer Tas- 
solement d'une ferme. Le synonyme 
« déoompoter » est presque seul em- 
ployé. 

Debaruer, quelquefois debeembr, 
d'xar-mé et d'zer-mi, désarmer. 

Désastre, d'zas-trey désastre. 

Desabtrer, d'zass'tré, briser, détruire, 
faire acte de vandalisme. 

Désbxobsee, dé-zan-nô^ (fure cesser 



DÉT 



— U3 - 



DÉV 



d^ôtra enoui)y iretirer un os arrdt6 dans 
la gorge. 

BÉSEROKR, décharger. — B. 

BÉSBRT, adj., di'zer, vide, nu. 

Dksebteb, d'zer-tét déserter. 

Dbbebtbuz, d^zer-teu^f déserteur. 

DisiONALBMSNT, Signalement. No m'a 
donne son désignalement, — L. 

BAbiovalbr, dessiner, peindre; d'où : 
«M» dètignaienm. — L C. ; et encore : 
désignaiement. — B. 

Desnâqubb (se), desi-ne-hyé, se tirer 
avec peine d'un mauvais psis. Çu grand 
hêta qui êe deênêquait dans la boe, 

Desnoqueb, séparer difficilement un 
objet de son milieu. 

Désole, d'xt*4e^ uniquement dans la 
locution : Mre à la désole = être dé- 
solé. 

DÊ80LER, dé'Zo-lé et d'zo-lé, désoler. 

DésoEDRE, d'zoT'de et d'zor-dre^ dé- 
sordre. 

Dessein, dé-ein, dessein. Âvé du des- 
sein = être ingénieux, inventif. — 
Autre nuance : U ades desseins = des 
idées. 

Dessinbuz, dé'Ci-neu^ [dérivation logi- 
que et toute française], dessinateur. 

Dessorobler, dé'çor-ee-léy désensorce- 
ler. 

Dessous, d^çoû^ dessous. Locution : être 
en dessous de ses affaires = être en- 
detté. 

Dessuree, dê-çû-é (le contraire d' n as- 
surer :d), ébranler, faire perdre Téqui- 
libre. 

Dessus, <f ;«, dessus. 

D^TAQUER. di-ta-kié, détacher, déclouer. 

DAtasser, dé-tâ-cé, ôter du tas, d*une 
grange, les gerbes qui s*y trouvent 
entassées. 

DÉTAUPINER, dé-taw-pi-né, épandre les 
faupins (petites veillotes de foin ou de 
trèfle). 

DETEINDRE, dé-tin^'dre, 1° déteindre; 
2* éteindre de la chaux ou de l'huile. 
(V. Palsgrave, p. 651.) 

DÉTELBR, dé'tlé, dételer ; au fig. se dit 
d'un cultivateur ou d'un commerçant 
qui, ne pouvant plus faire face à ses 
affaires, cesse son exploitation ou son 
trafic ; 2^ par extension <[ s'arrêter ^ 
et même <t mourir ». Il faut dételer = 
il faut mourir. 

DÉTEURDRE, dé-teu^-dre, détordre. 

DftTiÉDiR, dé'tié-dî, !• verbe n. <r tié- 
dir i»; 2** verbe act. <c chauffer légère- 
ment, rendre tiède s. 

DAtiârer, dé'tiê-ré, détacher [spéciale- 
ment : un animal retenu au t terre]. 

DÉTOBMBR, dé-tôr-néf détourner. 



D1&T0UPINRB, dévider quelque chose qui 
est enroulé, entortillé (entoupiné).^L, 

DÉTOURBEB, dé-tour-béf déranger. Si 
f avais pas été détourbé, ma pièche se- 
rait finie. 

DAtourbibr, dé'tftur'bié, dérangement, 
empêchement. Le mot est dans Pals- 
grave. 

DÊTRIBR. dé-tri-yéj trier, choisir. — 
L. ajoute un second sens : tirer. 

DâTBiEUZ, celui qui n détrie ». — B. 

DÉTRUIRE, détruî. Locution : se dé" 
truire = se suicider; elle est entrée 
dans l'usage. 

Deul, deuy deuil, peine. Avé deu = être 
mécontent 

Dedler, 1* languir, se faner ; se dit des 
plantes et des arbres ; 2« être souffre- 
teux, ne pas « se devenir s, à propos 
de la jeune volaille. 

Deux-sous (va), deu'^-sou^ un décime, 
une pièce de dix centimes. 

Deval («»), d^vuy en pente, en descen- 
dant 

DâVALASSE, dé-rorlâ-oej avalasse, tor- 
rents d*eau. 

DEVALER, d'ralé^ dévaler, descendre. 

Devant, d'van, devant, adv. et prép. 
Devant que = avant que. 

Dey AUTEL, dvan^'tê, tablier; à peu 
près inusité dans la vallée de la Lé- 
zarde. 

Devanture, d'van-tu^ parterre ou place 
devant la porte, f n'ai pas oco balte ma 
d^vantu. 

Devenir (S'EN), i/^v'i»f, croître, se dé- 
velopper. Vof efan s'en devint bien; 
mais le mien s'en devint mal. 

Devenue, de^-v'nve^ venue, taille. Il 
eut d'une belle devenue^ tout d'eunn' 
devenue. 

Dever, d'véj devoir (verbe). 

Devignoler (SE), dé'Vi-gno-lé, marcher 
difficilement, en faisant des zigzags. 

Devin, d'vin^ devin. 

Devine, d'vin^-ne, devineresse [et sans 
doute a de vineuse j>]. 

Deviner^ d*vi-néy deviner. 

Deviser, d"vi-zé^ deviser. 

Utyoïa^KU^dé-vouin^-cè, disloquer. Vtla 
une table qu'est toute decoinseye; se 
dit, au fig., de quelqu'un qui marche 
mai. Un certain nombre de personnes 
remplacent le v par une aspiration, et 
prononcent dé-houin'Cé. 

Devoir. Locution : fé san devoir = ac- 
complir le devoir pascal, faire ses 
pâques. — L. 

Dévorer, d'vo-rer^ dévorer. On emploie 
aussi souv ent la forme d évorer. 

DÉvoTiBUX.^pieux. j— B. 



DIR 



— 144 — 



DOU 



DiftvouBBB, dé'Vtmé, déTorer. 

Dettbs, dey-ire ou dHre^ dartre. 

DiABLS, diable (outre les een» françaÎB), 
appareil à soulever les voitures, pour 
ôter les roues. Locutions : D'vé à Dieu 
et au diable = être criblé de dettes ; 
no n'peut pigner vn diable qui fCa 
point de freux = impossible d obtenir 
quelque chose de celui qui n*a rien ; 
vaut mieux ttter le diable, que le dia- 
ble no tue = mieux vaut tuer son 
assassin, que de se laisser ôter la vie. 

DlAME^ dianrme, dîme. 

DiAMBB, dian-mé, dîmer. 

XilAMEUZ, dian-meu'i^ dtmeur, décima- 
teur. 

DiOTEB, dicté, composer, écrire. C'est 
eka qu'est un homme qui dicte bien; 
ses retires sont tornées, ça fait envie! 
— Jl n'escripi pas trop belle lettre : 
mais il sait avssi btfu dictier que hom- 
me que je saiche. Palsoravk. 

DiCTZONNAlBE, dic-eion-n^, dictionnaire. 

DiDANNRBiB, di-dan'^-n'nie^ dinanderie. 

Dieu, Diu, Dieu. Dieu-plaît = s'il plaît 
à Dieu. Euphémismes d*un groH juron : 
nom de Ditmcke; nom de Dieppe, 

DiFFÉBEB, dif'fé-é, différer. 

DIFINITIVBMBNT. dî-fi-ni-ti-v^man [c'est 
la forme primitive], définitivement. 

DiOÉBEB, di-jê'éf digérer. 

D10E88ION, di-jê'Cion, digestion. 

Digne, din^gnc, digne. 

DiONITÂ, di-gni'tê, dignité. 

DIOONNEK, di-gon-néy !• piquer ; au fig. : 
taquiner, ennuyer; 2" travailler d'une 
manière inhabile. 

DIOOKNIBR, di-gon-nyà, taquin ? — L. 
dit : tracassier. 

DioouBBB, enfoncer avec peine, en tâ- 
tonnant 

DiOUB, di-ghe, !• rosse; 2« sommet 
d*une colline. 

DIOUEB, di-ghé, !• aiguillonner, piquer ; 
anglais dig ; 2° planter sans soin. 

DlGUBT, di-ghè, \* piquet; 2o plantoir. 

DlME, din-vie, dîme. —Voir diame. 

Dînant, din^-nan, part, de c dîner j. — 
Voir déjeûner, 

DiNCEPABLA, din^ss'par-la, par ici, par 
là, de ce côté ; pour u dans ce part là, 
in hoc parte ». Comparer : de part le 
roif qu on écrit à tort a de par le roi )). 

DiNCBPAYOU, din^-ss-pa-you [p' « dans 
ce part où], où ? JHnspayou que no 
n' n'est ? = où en est-on? — Voir le 
précédent. 

Dinde, dxn^-de, dinde &it dindon; un 
dinde » un dindon. 

DIBE, die^ dire. 



D18OOMFTS, disê-cân-te, eeoompte ; en- 
core en usage. 

DiscouRiB, dis-cou 'i^ discourir. 

Dis-DONC. dùdon, inteij. Dis-donel as- 
tu fini ? 

D18NOQUÈ, adj., disloqué. ~ B. 

DispuTBB, dis-pu-té, V gronder, tancer; 
2** les sens français. 

Dizel, dîrzê, diseau. 

DoOUNS, do-kynn, quelques-uns, pour 
« d'aucuns d ; fém. doeun^-nes. 

DÔDINBB, dé-di-né, dodiner. 

DoovB, do-gke^ l*s. f., patience, rumex ; 
20 adj, entêté, sournois ; et les sens du 
français. 

DÔLEB, dâleTf doler. 

Dolbuse, dô-leu^'ze, planure. 

DOLIMAINE, commère ; hypocrite, «ainte 
nitouche. — L. 

Donaison, don-nê^zon, donation, don. 
(7 est eunn dtmaîson = c'est si bon 
marché, que cela semble donné. 

DoNNEUZ de guerbes, moissonneur qui 
les donne pour les tasser. 

Dobbr. do-é, !• dorer; 2^ étendre un 
corps quelconque sur un objet ; spé- 
cialement du beurre ou des confitures 
sur du pain. 

Doreuse, do-eu^-ze, ce dont on imbibe 
un gâteau, avant de le mettre au four. 

DoRBUX, do-eu^ (doroir), instrument pour 
dorer la pâtisserie. 

Dorêye, dO'êye, tartine de beurre, de 
confitures, etc. ; dorée (entré dans l'u- 
sage). 

DOBMAILLBB, mal dormir. — L., effacé. 

Dormeux, qui dort volontiers ou habi- 
tuellement. 

D088AILLBR, dô-ça-yé, s'essayer à la 
lutte, se prendre à bras-Ie^orps. 

DOSSBB, dS-cé, lutter. 

D08SET, dô-cèt voûté, légèrement bossa; 
s'emploie au fémin. 

Dossettb, dô-eè-ie, sellette que porte la 
dossière. 

Dossiebe, dâ-cyét dossière. 

Doubleuse, dou-bleu^-TOy doublure. 

DouBLEuvE, dou-bleu-ve, double-œuvre, 
linge ouvré dont la fabrication suppo- 
sait un double travail. 

DouBLiEB, dott-bli-yéy nappe de double- 
œuvre. 

Douche, douche, douce. A la douche = 
doucement. Comment qu'ça va? Tout 
à la douche. 

DouCHEMENT, dou-che-nuin, doucement. 

DOUOHETTEMENT, dou-ehè'te-man, dou- 
cettement. 

DouoHBUB^ dou'oheu, douceur. 



ÉBE 



— 146 — 



ÉBO 



DouoHlKXB. dau-chi-néy entourer de pe- 
tite Boins, aorloter. Synon. douiUettur^ 
douilloter, — L. 

BouDOU, fille nonchalante et niaise. — L. 

BouiLLAS, dou-yâ^ douçâtre (fadasse). 

BouiLLBf dou-yey volée de coups. — V. 
Delboulle. 

Bouillon, dou^-yon^ 1» poire ou pomme 
cuite dans la pâte ; 2* p&té aux pom- 
mes. — Bourdm ; J. T. 

BouiLLOTTKB, dou-yth-té, douilletter. 

BOOLKKT, doulan, indolent, nonchalant. 

BOUTANOS, dtm-tan^-cej doute, oraiute, 
soupçon. Mot d'ancien anglais, écrit 
parfois dotanee. 

Boux, DOUCHE, doue, dau'châ, doux, 
douce. Locution : Un en doux, qu'on 
arrache avant qu*il soit en graine, pour 
qu'il soit plus tin et plus doux. — B. 

BoviNT, dthviH^, d*où vient que, pour- 
quoi? 

Braoib, drâ-jie [forme du xiri« siècle] ; 

1* dragée, bonbon; 2* mélange de 

vesce et d'avoine (cité au mot dragée). 
Bbaillon, drà-yoriy sale mélange de 

comestibles ; appelé aussi draillonnage. 
Braillomneb, dra-yon'UÂy mélanger 

des mets d'une façon dégoûtante. 
Brain, dernier. — L. 

Bbait, drèy droit. Locutions : Mettre 
au drait = viser juste. DraiC en goût 
=s d'une saveur irréprochable. C*eet 
dret cha = c'est précisément cela. 
Cheêt dret la balle = c'est justement 
ce qu'il faut. 

Bbàit mu, drè-nuy nœud droit 

Braitibb, drê-tié, droitier. 

Bbapbl, dra-pêf chiffon de linge. 

Bbbcheb^ drê-chiy dresser. Drécher la 
soupe; soupe dréchée ; français dans des 
locutions analogues. DreoKerqueuqu'un 
= lui apprendre à bien se conduire. 



Bbedainb, dé^r-dai^-ne (drelin), bruit 
d'une sonnette ou d'un y^tt^ qui casse. 

Dredaineb, def'r^in^-né, résonner com- 
me une clochette, un verre qui se brise, 
etc. 

Bbelindeb, de^r-lin^-dê, agiter. 

Dbelinoueb, deTr-lin^-ghyé, faire du 
bruit comme une sonnette. — Je l'ai 
envéyé derlinguer = Je l'ai fait tom- 
ber en tournoyant. 

Bbâs, drê, dès, urép. Il est venu drès le 
matin; adv., arèi que = aussitôt que. 

Dkiârb, dri-yé, derrière. En drière de 
ou en errière de=: en cachette, à l'in- 
su de. . . 

Dboo, grog. — L. 

Bbolbbie, drô-Vlie, drôlerie. 

Ubu, dru, 1° en bonne santé, vigoureux ; 
29 emplumô. Je sais un nid de mêle; 
les petits sont drus. 

Duchesse, du-che-oe, duchesse. 

Duibe, dtiie, du ire (a chez nous sa con- 
jugaison complète, comme dans l'an- 
cienne langue), dresser; corriger, châ- 
tier. Mal duit = mal élevé. 

BuMET, du-méf duvet qui s'attache à la 
vaisselle ou aux verres, lorsqu'on les 
essuie avec un linge usé. Bans les au- 
tres cas, se dit a duvet ». 

DUB, du, dur. Dur comme du fer ; d'où : 
il crét eha du comme fé = il croit ab- 
solument cela. 

Bu BACHE, du-a-ehe (en langage usuel : 
durasse, dérivé de a dur )>), coriace, 
dur. 

BUBCIB, durcie 1" durcir; 2» s'aigrir, en 
parlant du cidre. 

BUBEB, du-é, 1» durer; 2* patienter, en- 
durer. Je ne puis plus durer avec elle 
(et ainsi Palsgrave, 4U) ; 3* survivre. 
Il a duré deuw jours emprès sa chute. 

DUBBYB, du-êye, durée. 



E 



iîBAMMlB, ^-ftan-»», épanouir. — V. Bel- 
boulle, épanir, « fcipannishinK d, Ro- 
man de la Rose, 3633. — V. Whright. 

Ebat, é-ha, ébattement. Vêla eunn 
eaintu qui a d'Vébat. 

Ébbblukb et Ébebluib? é-ber-lu-é, 
lu-î, éblouir, de <k berlue d. Mes yeulx 
éberluent tant, qu'il m'est advls que je 
voys le soleil en clygnant mes yeulm, 
Palbobavb. 

ÉBBTTEB, é'bè'té, voir hébété, 

ÉBBUTÂ, é-beU'têt qui ne peut plus boire, 
parce qu'il a trop bu ; usé par des ex- 



cès de boisson ; ? se dit de la terre 
trop abreuvée. 

âsLosSBB, laver à demi, nettoyer à moi- 
tié. — L. 

Éblouamchb, ^iZ^tf*d}i-<;Aa [ou oéblon- 
ance»], éblouissement D'une forme 
éblouer [parfois encore usitée : Ça m'ë- 
bloue]. 

Êboudineb, é'bou'dirné, écraser, de 
manière à fiiire sortir les boudins du 
corps. 

Eboudib (b'), boire asseï pour que U 
raison commence à chanceler. — B. 



tCk 



-. 146 — 



ÉGH 



ÉBOUSKB, é-boû-^é, enlerer d'un pâtu- 
rage les fientes de vache. 

Éboutbb, é'bou'té (entré dans l'usage), 
épointer, enlever Textrémité. Khotttur 
de$fèvei, Sn Ba^se-Normandie, « ébou- 
quêter ^, 

Ébraibb (8'), é-hrêûf s'écrier, crier de 
toute sa force. 

Ébbangaoe, é-bran^'câ-je, ébranche- 
m«nt, dans les deux sens. 

Ébrakneb, i-bran^-né, ébranler. 

ÉBEANQDSB, é-bran^-kié, ébrancher. 

ÉBRAMQUEUZ, é-bron^-kitu^ , élagueur. 

ÉBREDILLEB, é-bt^r-di-jfé, y. ébreëiUer, 

ÉBBÊQUE, é'brê-kiê, spécialement <( brè- 
cbe-uent ». 

ÉBhÊQUEB, é-brê-kiéf ébrécher. 

Ébbebillbb, é-be'r-zi-yi, écraser, *f pul- 
vériser comme bois ue Brésil. Bas m. 
[sauti doute ba^uorm.], bréHller ; pi- 
card, bertiller; languedocien, bresUla. 

Ébbeuillbb, é-breu'^'yé, vider le pois- 
son. 

Ébbbiulleb, é-breu'-ye, entrailles de 
poisson. 

Ébbiteb, é'bri'té^ ébruiter. 

Ébboueb, é'brou-é^ voir rabnmer. 

ÉBUEB, é-bué^ égoutter, essorer ; ne se 
dit que du linge lavé de bvée. -^ Voir 
Dm. 

ÉCAOUE, é'Ca-clie, échasse. Stylt to go 
on : etcac/ie. FalSubavb. 

ÉCACHÉ, privé de. . . — L. 

ÉCAILLUK^ é-ca-yé^ chasser. 

Egale, é^a-U, feus français, et école 
d'hvUre pour u écaille )). Les doux 
mots étaient autrelois absolument sy- 
nonymes. Palsgrave : seule oj fy^hn = 
etcaille, s. t. escaU de poisson. Ancien 
proverbe : 2el cuide ^croit) avoir des 
œufs au feUf qui n'y a que les écailles. 

Égalée \ierre)^ petite pièce de terre que 
le fermier loue d'uu autre propriétaire 
pour agrandir son expluitaiiou. 

ÉCALEB, sens français. Locution : le blé 
sécale quand no l /'auque^ s'il est trop 
q. prêt ». — L. 

Égalise, é-ca-lié, échallier, ridelle de 
chariot, en forme d'échelle. 

ÉCALOFFUB. é^a-lo-fre, cupule des noi- 
settes et du gland. 

ÉCALOFFBEB, é-ca-lo-fré, ôter Téca- 
lolEre. 

ÉGAMEL, é-ca-mê, pièce d*un rouet à 
filer le lin. 

ÉGANEVOTEUZ, é-cann^-to-teu^ (émot- 
teur), crible à grands trous ronds. 
Bynon. Jù-anmjtfux, 

Égappeb, é'Ca-pé^ échapper. J'ay englué 
vingt vergettes ce matyn; si je eusse 
ung ohatiiuany nul petit ifyselet ne me 
âicaperaU, i'ALfiOBAVJi, p. 612. 



EOABBOUILLBB, é-car-bou-yé, étendre Im 
braise et les charbons sur T&tre ; s'a- 
oarbouilUnr, en parlant du ciel, est 
(( s'éclaircir ». [AcceptioDS notables, 
Tusage général, «lui admet maintenant 
écraoouulery tendant à lui donner 
« écarbouiller » comme équivalent.] 

Égabd, masc., é-car, écharde,fém. 

Bgabdoknage, é-car-don-nârje, échar- 
donnage. 

Égahdonkeb, é-car^dtm-néy écbard<Hi- 
ner. 

Égabdonnkux, é-ear-don-neu^y ouvrier 
qui arrache les chardons [c échardon- 
neur », quand la langue l'adoptera]. 

ÉOAHMEK, é-car-néy mot qui tend à dis- 
paraître du français, mais consacré 
ici dans la locution : évarner urne 
plume = la mettre hors d'usage, en 
forçant l'uue dus deux parties eûiiée« 
qui en composeut lo bec. 

ÉGAUDEU, é-caw'déy échauder. 

Égaudillom de soleil^ rayon de soleil 
qui échauffe un peu. 

ÉCAUFFEMENT, é-oanT-fc-man, l« échanf- 
femeut ; '^ [la réaction funeste qui se 
produit après l'écnautfementj, refroi- 
dissement. 

ÉCAUFFKB, é-caw'/e^ échauffer. Jl eH 
échaujfé^ au tig. = il est dans un état 
voisin de l'ivresse. 

Égauffeube, é'Oaw-feW^'Ze^ échanf- 
fure. 

Éghai, é'c)ie^ essai. 

£ghaim, ^-rAin, essaim. 

£oHAKOi£B,^-rAaii^-J^,essanger. [Grosse 
méprise sanctiunuée par i usage, mais 
contre laquelle l'AÔulémie proteste 
encore. Les gens qui cherchent à par- 
ler français s'oustinent à dire « éoban- 
ger ».] 

Éohatbk, -éché-yé, essayer. 

É0UEC8, é'chê^ fragments épars qui tom- 
bent uu foiu ou ue la paille que l'on 
transporte. Locution : se Itttrr de ses 
èc/iecs = faire une chose pour laquelle 
on avait hautement témoigné de l'a- 
version; = épouser une personne 
qu'on avait méprisée. 

ÉGUÊQUEB, é-chè'kiéy éparpiller. Locu- 
tion : èvhequir d'aller = chasser en 
écartant brusquement. 

Éohbbpillkb, é-eher-pi^yét réduire en 
charpie. — L. ajoute : mettre en lam- 
beaux. 

ÉCHKBTAILLEB, é-chcT-ta-yé, péjoratif 
de « écherter ». iSe dit des poules qui 
graiteut les jardins ou les terres em- 
blavées. 

ÉOUKEtA, é-cher-té, P essarter, défri- 
cher ; :&" éparpiller ce qui est amassé; 
8<* gratter la terre, en parlant dos 
poules. C'te poule a tout écktrté dstut 



tco 



~ 147 - 



FBP 



ÉOHBBTEUSS, place grattée par les 
poules. 

ÉCHBBYBLÉ, é-eker-vè^'lê^ écervelé. 

âcHiONBB, é'Ohi-ané, échiner. Se dit 
assez souvent des objets inanimés : 
Jl ma éi'hignè ma brouette et ma faux. 
On dit aussi : t'échigner, ê'échivtr. 

ÉCHIMEB, é'Cki-mé^ essaimer; activera^ 
au flg. :fte vas échimer totut cet galo- 
pins-là. 

ÉCHoaQUKB, é-ehou-kiéy essoucher, cou- 
per la souche d*un arbre. 

ÉOHUIN, é-€hyinj échevin. 

SGLA.B0UBSBU8E, é-ela-bou-ceu^-ze, écla- 
boussare. 

ÉCLAIB, é-ûléf éclair. 

BCLAIBCIE, é-cler-cie, éclaircie, tous les 
sens français et : beau temps entre deux 
grains. 

icLAlUER^ é-elé-é, lo y. act, éclairer; 
2^ y, n., être ébahi ; on dit encore en 
oe sens : ouvrir des yeux comme des 
lautemes, 

EcLAiBBUX, é-elé-veu^ {lacune), sorte de 
crémaillère attachée au plafond pour 
soutenir le graisset ou le chandelier. 

ÉCLANDBEB, i-clan^'dré, l"» ébruiter; 29 
faire eflclaudre. 

ÉCLfiTE^ é-clêge, quantité de travail Fait. 

ÉCLIVFE et ECLIFFEBE88B, é-cU-fe et 

é'cli-frê-ce^ jouet d enfant, sorte de se- 
ringue faite avec un bout de sureau. 

ÉOLIFFEB, é'Cli-fé^ 1^ lancer de l'eau 
avec Véoiiffe; ^« éclabousser (français 
«r éciisscr » écrit avec deux^, par un» 
altération fortuite peut-êtrej ; H^ faire 
jaillir de la salive en pariant. 

ÉCLIFFÊTK, é'Cliffêye^ éclaboussure. 

ÉCUPPBB, é'cli-pé^ môme sens que 
a éclitfer i. 

ÉCLOPfi, indisposé. — L. 

SooOBB, é-cô^é, éoosser. 

BcooHKB. écraser, broyer avec un mail- 
let. — L. 

BcOLOMlB, é'CO'U'mîe^ économie. 

ÉcoPAOUE, crachat épais. 

ÉCOPPEB, être frappé. — B. 

ÉOOBCHE, é-oor-chfy écorce. Utterharke 
of a tree ^ eseorche, FaLBOBAVE, 36. 

ÉOOBGHEUBB, i-cor-cheu^-zCt écurchure, 
excoriation. 

ficoBCHEUZ, é-ear-cheu*, ouvrier mala- 
droit (et les autres sens). 

ÉCOBKBB, é-eor-néf briser, ou plutôt per- 
dre ses ournes ou Tune d'eiieSb Isiunn' 
vaque écornêye. 

SCOBNIFLBB, regarder avec curiosité. 
— L. : chercher à voir oe qui se passe 
chez les voisins. 

ÉCOBUIFLBUZ, é-oor^ni-fieu'^^ éoomi- 



fleur, parasite. Il iCett pas parti en 
éoornifUux^ se dit d'une personne 
morte subitement après son repas. 

ËooucMBUX, ê-cou-cheu^, apprôteur de 
lin (les autres mots de même radical 
sont au Dict. gén.). 

ÉcoupiCLEB, é'ûou-pîéj enlever le eaupel^ 
la cime. — Si vous escoupellrz oest 
arbre, il ne eroystera jamais en amont, 
Palsobavb. 

ÉCOUBTINEB^ é-eour-ti-Tiéy augmentatif 
de « écourter », rogner très court. 

Ecoussis. — B. 

ÉCOUT {être en\ é-eou^ être aux écoutes. 

ÉCRABOUDINBB, é-ora-bou-dUnè, écra- 
ser. 

ECBASB, s f.,^-i;ra-««y uniquement dans 
la locution : à tout écrase = à tout 
rompre, ^o a des pommes oT année à 
tuftt écrase, 

ÉCBBB0I7ILLBB. é-kâ^r-bou-yé^ écra- 
bouiller. 

BORÉPI, ébouriffé. ~ L. — H. écrit : 
écrupi, 

ËCBEViCHE, é crtf'-virohe, écrevisse. 

ÉOKIRK, é'crîe^ écrire. 

BcBiTEL, ^-&*^ri-fé, écriteau. 

ÉOBITOUÂEE, é-cri'tou'éy écritoire. 

BOBITUBB, é-cri'tu, écriture. 

BOBÔTEB, é'Orô-ter, écroûter: 

ÉcrÊ, goupille. — L. 

EcuOHON, é-cu-ckon, écusson. 

ÉcncHONNKR, é-cu-ehon-néy écussonner 

ÉCUEILLIB (s*)^ é-kieu-yi^ accélérer gra- 
duellement sa vitesse ; au lig., éoueilli 
= riche. 

BouEUL, é'kyeu, élan. Prendre son 
écueulf ou encore son écueutte, 

âcuiE, écurie. — L. 

É0I71I EUX, maso., é-cun-meu^f écumoire. 

ÉCUMIGHE, é-cun-michej sortilège. Jeter 
l'écumicke = jeter un sort. Etymolo- 
giquement, le mot veut dire a excom- 
munication ». [ExcommickCf compte 
d'Angerville-la-Martel, en 1524.] 

ÉccjBBB, à-cu-é, écurer. 

BoDTEB, ôter les feuilles des betteraves, 
etc. -B. 

Bdpib, ei'd'pif depuis. 

âoUQUEB, é'du-kié, éduquer. Quoi qu*ea 
dise Littré, je ne crois pas que ce mot 
soit un néologisme. [Le patois en est 
une des preuves.] 

Beb des pigeons = les apparier par 
couples ou aires ? 

Bffaohkb, é'/a-ché, effacer. 

Bffaxt [L. : ÉFAN], é'/an^ enfant. 
Boneffant = naïf. Tu erés cka; €es 
bon ^an! — Locution : Vaut mieusi 
laiiser s'iCtfan morveug que dli arra* 



ÉLÉ 



148 — 



EMB 



ehai le nez = mieux vaut tolérer quel- 
ques inconyénientB que de produire un 

plus grand mal. 
Sffiellé [privé de flel] = exténué de 

latigue. 
ËFFLEUBEB, é-fleu-é, eflleurer. 
Kfforchëb (b*), é-foT'ché^ s'efforcer; et 

ausâi a se donner un eâbrt » ? 
Kffoccher, é-fou-ché^ effaroucher ; de 

/(/f/<7, troupeau. !S'ejffoucher^ s'ébahir; 

s'écrier, répondre ^ans réflexion et 

d'un ton élevé. 
EFFOUfiQUEB, é-four-kiéf fendre son 

pantalon au finir c; s'tffvurqtier = se 

blesser en écartant lea jambes. 
Bffodtakdeb, é-fuu-tar-dé^ effrayer, 

renvoyer brusquement. iLjffuutarder 

d'aller; pour « etfétarder ». — Voir 
fêtard. 
Kffkai^ é-frè^ effroi. Crier à Veffrai, 

V. Howan de la Huse, i'ôdl. 
Effeontebik, é-frùn-t'tîe, effronterie. 
ÉGAL, é-ga, égal. 
EOALIB, é-ga-lî, aplanir ud terrain ; item 

u égaliser d. 
ÉOAaEB, é-ga-éf égarer. 
Éqbbneb, retirer les germes, les jeunes 

pousses de la pomme de terre. — ïi. 
Égebnott^cb, é'jer-nihté, i amasser les 

geruottes. — V . ce mot. 
Égouike, é-go-hin-iiej égoïne. 
ÉGKAFlGliEU, égrutiguer. — L. 
ÉGKlT, é-gri, 1*» griffe; 2» égratignures, 

grillade ; tf ' traces dei* griffes sur la 

neige ou sur la terre. 
Égbitke, é-gri-téf égratigner. — Egrit- 

ter, selon Li. 
Éguitteuse, égratignures. — ti. 
ÉGB088EB, é-gro'cèy essanger, laver som- 
mairement. 
É0B0U1K8, paille très courte, surtout 

d'épis vides^ dite aussi a du grosBier d. 

— i5. 
Égbouleb (8*), é-groû-lé; s'écrouler. 
ËQUIKBÉ, é-gkiii-zéy évincé, ruiné. 
ÉuouFPEB, é'hou-pé, battre le trèfle 

(faire sortir la graine de la houppe). 
Éjeuké, épuisé de privatious. -^ B. 
ÉhA.QUK&'f é-lâ-g hé, élaguer; v. élayer, 

ÊLAI8EB, déchirer d'un bout à l'autre, 

en parlant des habits. — L C. 
Ëlanchê [le même sans doute que 

a élancé d, mais d'un sens spécial], 

efflanqué. — L. 
ÉLAVB, qui a reçu trop d'eau. 
ÉLAYAGE, élagage. 
Slateb, é-lâryé, élaguer. 
ËLBHKJNT, é-lé-vtany tourment, grande 

occupation. Prtnare de l'élément s= 

86 tourmenter. 



Élimeb, é-îi-mé, !« élimer; 2<» prendre 
son élan. 

Élinoabd^ é-Un^-gar, homme haut et 
mince; se prend en mauvaise part. 
tSynon. u éliiigué i. 

Élingue, é-lin^ght^ fronde ; en anglais 
ëling. Four lancer des pommes ou au- 
tres fruits, l'élingue consiste en une 
simple baguette flexible, au bout de 
laquelle le projectile est fixé à frotte- 
ment rude. 

ÉLiNGUEB,^-/«f»3-^A^, lancer à la fronde. 

Élognbb, é'I&n-gné^ éloigner. 

Bloppé, é-lo-pé^ qui branle au manche. 

ÊLOQUETEB, è-loc-té, diviser les mor- 
ceaux agglomérés dans la laine ou le 
fumier. 

Éluuement, é-lu'fman, ennui, agace- 
ment, malaise. 

ÉLUGBB, é-lu-géj ennuyer, fatiguer : U 
a la itite éiugée. De luge, u souci », 
employé près de Dieppe. D. fiourdet. 

Éluibf., é4tdf trier. 

ÉLUlT, mabC, é-lvi^ élite, choix. C'est 
Ut Veluit \ un dii aut<8i a éluite )> : bU 
d'elude. 

ËMAGUEU, é~mag-hié, écraser, aplatir : 
une pomme, un chapeau. — Dm. : 
èmaquer-f Delb. : emagler. 

Embaguemekt, en-ba-ghe-maUf l^ ac- 
tion d embaguer; 2^ accordai! les, parce 
queu ce jour le futur donne les 
joyaux. 

Em baguer, en-l a-gué ^ ]<> passer un an- 
neau au groin des porcs, le qui be dit 
annautcr ^de anneau) aux environs 
de Pont-Audemer; 2" uouner des 
joyaux À sa future. 

EMBA^QUB (le soleil est) = couvert de 
gros nuages. — B. 

Embaubouilleb, barbouiller, embrouil- 
ler, {'a m'a embarbuMiUé le cetur = 
m'a porté à vomir ; embarbvuilU^ souf- 
frant, malade. — D, 

Embauqub, an-bar-kié. 1® embarqué; 
2» météorisé ou malade d'inUigestioo; 
se dit de l'homme ou des animaux. 

ËilBEKLIFlCOTEK, aH-be*r-li fi-co-té [ce 
mot, qui épouvantait presque Boisso- 
uade, est au Jjwt, genêt ai \; voirem" 
brelificoter. — beion li., habiller d'une 
manière ridicule ou incommode. 

EMBEhNÊQUER, an-be^r-nê-kiéy comme 
embrenéguer, 

Embkubaue, au fig. : les frais ; pagtr 
lYmbeurage. 

EUBKYTEB, anbêy'-téf embêter. 

Emblouseb, an-blim-zé^ tromper [jeter 
dans la blouse au biiJardJ. 

EMB0UCANK6 (ciel) y an-boU'can-nê^ 
chargé de nuages ; se dit surtout du 
côté d'oiH vient le vent. 
( Embbachëb, an-bra-ché, embrasser. 



EMP 



- i49 — 



ENG 



Embraqubb, an-hra-kié [prendre à 
pleins bras], faire grand, entreprendre 
plus qu*on ne peut, ou plusieurs affaires 
sans en finir nucune. [Plus expressif 
qu'en marine, où le mot Teut dire 
<K hftler & bras :».] 

SMBBAQiTBnz, ai^bra-kitu^, qui aime 
les grandes entreprises. 

Kmbhèlbb, an-hrê'U, 1* culotter ; 2» 
entraver, empêtrer. J'éiait emhrêU 
dawt let grandes herbe». 

£ M BBELi ficotbb, ait-bt^r4i'fi'C'*'té, em- 
barrasser, duper, séduire par des paroles 
trompeuses ; sorte de fréquentatif de 
<E embrêler ». — Voir brêlir, 

Embbbkêqueb, an-be^r-ne-kié^ embar- 
rasser. 

Embkicolleb, anrbri-^oAé^ entraver : 
une vache, — L. écrit : embricoler, 

Embboqueb, an-bro-kié, embrocher. 

Emerveillation, Taction d'être émer- 
veillé. — B. 

Emeutiox, é-meu-cion, émotion ; peur. 

Emmacheb, frapper rudement, avec une 
masse ou avec les poingi*. — L. 

Emmaibe, an-mé, armoire. 

Emmancheusb, an-man^'Oheu^ ze, em- 
manchure. 

Emmarinbb. B. 

Bmmasubé, an-m^KUrê, se dit d'une 
ferme qui a une belle masure. 

Emmi, an-miy parmi, au milieu de. 

Emmibllagb, an-myê-lâ-ge^ sorte de 
rouille des blés. 

Emmistoufleb, anrmUê-tou-flé, emmi- 
toufler. 

Emmoucheleb, an-moH-ch'U (mettre 
en mimeheau)^ amonceler. 

Emmubclb, musclé. — B. 

Emobuittes, é-mo-rui-te, hémorrhoïdes. 

ÉmoUQUBB, é-mou-htè^ l<*émoucher; 2* 
Ûg.y battre; chasser. JWae émouquer 
ttmë ces éfans qui font V train. Btwtu- 
quer d'aller = faire marcher. 

Émouqukt, é-mou-kié, émouchet, éper- 
vier. 

Émoubtilleb, 1» surexciter (sens usuel) ; 
2^ taquiner. — L. 

Émouyeb, é'tnou'véf émouvoir. 

Ekpabbb (s*), an-pa^^ s'emparer. 

Eh PATELEBf anrpâ'tlé, donner la pâtée 
aux poules, aux oiseaux. L'ancien fran- 
çais avait apâteler, qui n'a pas disparu 
entièrement. Masches le payn en vos- 
tre bouche^ avant que vous apastellés 
Vitstre oyseau. Palboeavb, p. 480. 

Empatdbeb, an^pâ'tU'é, attacher par 
les paturons. 

Empiboeb, an-pfêy^jé, entraver. Emplé- 
ger une vache ^ c'est lui replier une 
jauibe, de manière à Tempêcher de 
ruer quand on la trait; empiiger un 



ekeval, un âne, c*est leur attacher la 
tête et un pied, pour les empêcher de 
courir. 

Empikbb, an-pi-yé^ empirer. 

Emplacheuent, an-pla-che-maUf em- 
placement. 

Emplatbb, fém., an-plârtre, !<> emplâ- 
tre ; i^ homme mou, propre à rien. 
C'est eunne emplâtre sur eunne gambe 
de bols =■ un remède, une chose inu- 
tiles. 

Emplie^ an-pilt, emplir. Emplir ses sou^ 
liersy ses chabots = y laisser pénétrer 
Teau. Ifhire empli eunn vaque = la 
faire saillir. 

EiiPLiYBB, an^plùyé, employer. S*em~ 
pliyer = s'occuper activement. 

Bmpoisonnbb, an-pouè-zon-né, l^ aot., 
donner du poiton à...; 2** n., puer. 
(Tte oarogne empoisonne, 

BmpobtA «ttr..., an-por-tê, passionné 
pour... Emporté sur l'ergent. Veau- 
de-vie, etc. 

Empote, embarrassé, timide à Texoès : 
Tes qu'un empoté. 

Empotumb, an-po-tun-me^ apostume. 

Empotumeb, an-po-tun-mé, aboutir, 
s'ouvrir (à propos d'un abcès). 

Empouoboleb, an-pourjo-léy infester ; 
se dit des mauvaises herbes, ou encore 
des pustules qui envahissent le oorpe ; 
de môme : il est empouyeolé de ver- 
mine, 

Bmpouqubb, an^pou'kié [mettre en 
potique]; l» ensacher; 2* empocher. 
Au lig. : C'est un ampouqué = un 
homme embarrassé dans ses mouve- 
ments [comme s'il était enfoncé dans 
un sac]. 

Empbes, an-prée^ après. 

ÉMU, é-mu, !• ému ; 2* timide. Pro- 
verbe : Ému comme une t rouie qui 
emporte un levain = effronté comme 
un page. 

Bngampôteb, an-ean-pô^é, diviser par 
soles [campos] les terres d'une ferme. 

Engabvallbb, mettre à califourchon. 
KîiearvaUê su s en eh' va. — L., effacé, 

Encacoheb, an-ean-chéf V enchausser 
une plante (de calcare) ; 2* chauler le 
blé de semence (de ooIj-) ; 3* remettre 
des dents à un engrena;;e (? pour 
<[ enchâsser »j. 

Encbnskuz, an'Çanroeu'^^ thuriféraire. 

EnCHEBGEB, an-olier-jéy comme « en- 
charger 9 C Diction, qén.). — PALS- 
GBAVE : Jestoys enc)uirgé sur ma vie 
de le tenir en secret, 

Bnchinfbbné, anchin^'/re nè^ enchi- 
frené. 

Enclodbe, an^clo-dre^ enclore. 

Enclume, en-elun-woj enclume. Aeé la 
te y te due comme eunn enoleunme, 

11 



BKG 



-.160- 



EKG 



Ekcolbusb, an-cû'Ien^'te, encolure. 

Encordelbb un ekeral = l'amarrer 
court, pour qu'il n'avance pas. — B. 

Encorné, en-eôr nê^ se dit des terres 
que la Béchereese a durcies. 

Enxobsbb, aurcor-réy avaler avec répu- 
gnance ; dit souvent, au figuré, d'une 
chose difficile à croire, à accepter. 

Ekcbeuiixeb (s*j, an-erev-yéf s'endet- 
ter. 

Enobôtbb, an-orô-téf encroûter. Au fig.: 
encrôté = routinier. 

Encboubb, an-erou-é, accrocher; ordi- 
nairement au participe et toujours 
appliqué aux choses qui s'accrochent 
spontanément et par accident : 7 *i»'<f- 
covfle Cet encrouiiye dans Vabre, 

Ekoulotteb, en-cu-lo-té, culotter. 

Endbvenib (s'), a«-<fo"-n»f, prospérer. 
Man goulot t*tmdevient bien. 

Endos, an-dô^ V partie bombée d'un 
champ ensemencé; Tendes est entre 
deux raies ; 29 les deux premiers sil- 
lons collés dos à dos. 

Ebdobseb, an-dâ-cé, tracer les deux 
premiers sillons (voir le précédent). 

Endbait, an-drê, endroit, dans ses 
deux sens. 

Enduibe, af^dut, enduire. 

ERftLBB, énê'lé, séparer la nielle des ce- 
reaies. 

Ebèleux, é-nê-leu^f crible pour énêler. 

Enfagotté» an-fa-go-té, fagotté, accou- 
tré d'une manière ridicule ; au propre, 
u mis en fagots ». 

Enfallbb (s*), aH'fa4é^ s'étouffer [se 
boucher la folle] : Çaand no donne 
aux canards du gregetfn blanc tout 
seuly i sont sujets a s'ef^aller. Au part. 
t^alU i volaille), qui a trop mangé; 
(personne; replète. 

Enfammbb, an-fa-mé, affamer. L'iaue 
enfamine, 

Enfbb, ânrfé^ enfer. 

Enfibtolbb, anrfis'to-U^ voir afistoler, 

Skflb, an^fUf enflure. [Des lexicogra- 
phes disent que ce mot a vieilli » est 
un € néologisme •.] 

Enfoncbb, an-fon'-cé; au fig. : vaincre, 
perdre (entré dans l'usage j. J'sieus en- 
foncé =■ je suis battu. 

Smfoubmbb, an-four^né; au fig. : ava- 
ler avec gourmandise. 

BxFOUBQUaB, aHr/our-kié, enfourcher. 

Xnfbaidubeb (s';, an-frè-du-é, être 
transi de froid. 

Enoainbb (b*), an-ghin^-né, !• s'engager 
dans une mauvaise affaire ; 2* locution : 
JHen de pis gu'ttn calenx qui s' en- 
gaine sac qui se trémousse pour tra- 
vailler. 



Enoainâyb^ an-gkin^-nége^ longue ti- 
rade de discours. 

Bnoalagnbb, en'ga4a-giié, grouper; 
assembler, lier ensemble. 

Engalaonie, an-ga-la-gnie^ suite d'ob- 
jets enfilés (paquet ?]. Ou dit : une 
engalagnie (ou une glane) d'oignonjt, 
de pois; mais une creuillie d'kérang* 
[harengs]. — Voir galagnie et ereHil- 
lie, 

Engambbr, an-gan^-béf enjamber; com- 
me l'ancien a agatnbér ». Je agambe- 
ray oultre ce ruisseau ; je te gaige un 
gros. Palsubavb, 7S5. 

EngambAyb, an-gan^'be-ye^ enjambée. 

Enganobb, an-gan-eé, 1* agencer. Com- 
ment agancer ces deux morciâs (mor- 
ceaux).^ 2^ (en mauvaise part) engon- 
cer : Est'U donc engancè f 

Engayelbb, an-ga-e'U^ javeler, enja- 
veler. 

ENGAYBLOT'jiB, an-ga-tUhté^ enjavelcr, 
mettre en javelle discontmue ; tandis 
que « engaveier i» indique la mi«e en ja- 
velle coutinue. — L. écrii ; engaxHf*i' 
ter. 

Enoayblottbuz, celui qui engavelotte. 

— Ij. 

Enois, an^je, engeance, espèce, race. 
Iluniine de la grande enge, pùule de 
la grande enge. — V. JSalires Pic.^ 
p. j95. 

Ekgé (itâ/), simplement (outre les sens 
du Dict. gén.) : mal entouré. Aies do- 
mestiquée H font pas Ht'naffée^ mes f tas 
sont tovjou malaaes ; j steus bien mal 
enge. — L. [Est à rapprocher de c en- 
geance ».] 

ËKGBBQUEK, an-)er-hié, !• jucbor un 
objet sur un autre. J. T. c enjuquer 9; 
2« enjamber. 

Engets, place préparée à des objets. 

Ekglanbb, an-gla-né, mettre en glane. 
Au part, tt englané », pressé comme 
une glane : Les pommes gont englanées. 

Engbamcheb, ân-grân-chéf engranger. 

Emgubkt, an-gan^ onguent. 

Engubbbbb, an-ghyer-bé, ongerber. 

Bngubbbbub, an-gkyer-beux^^ celui qui 
engerbe. 

ENGUBULBB, an-gheu-lé, voir enguisUr. 

Knoububobonné, qui ne peut se ré- 
chauffer, tant il a eu froia. — L. 

Engububbb, an-gheu-êéf duper, trompa*. 

Ekguibbbb (b*), an-ghyi-bré, se charger 
d'un objet dont on ne peut plus m 
déûdre. Voir guibre. 

Enquillbminbk, an-g hy il -mi-né ^ lais- 
ser amasser l'ouvrage ou croitre les 
mauvaises herbes, de sorte qu'on ne 
peut plus faire ce que l'oo v^ut» 



ElfR 



- 181 



EUT 



Enouimbatbbment, an^ghyri'hâ-tre- 
iftan, machine trop compliquée et mal 
imaginée. 

Enouimbatber, an-çhuin^-hâ-trè, com- 
biner un luécanÎBme de façon qu'il soit 
difticile à démonter. 

Enguioleb, an-ghyo-léy injurier. 

EnGUISTBEB, an*gkyt$-tré, assembler; 
faire entrer un tenon dans une mor- 
taitie. 

Enhoc, aH'hoe, angle que forment deé 
propriétés voisines, quand les terres 
de l'une entrent dans celles de l'autre. 

Enhdi, a-nuit aujourd'hui (et non 
« anuit »). 

Enjoleb, an-jaw'léf enjôler. 

Enjoleux, an-jaw'leu^t enjôleur. 

Eni.iacheb, ân-lya-efté, enlacer [de 
c liasse »]. 

Enliooteb, anrli'CÔ-téf mettre un licol. 

Bklisseleb, an4iêS'léj peloter du fil, du 
ruban. 

Ennerceb, a-ner-cé, irriter, agacer : un 
chien, etc. 

Ennicueb, an-ni-ehéf envelopper, cou- 
vrir. — V. Delb. : € agache J). 

Ennosseb (s*), an-ô-eè, s'engager un os 
dans la gorge, en mangeant. 

Enmuibment, an-nvUman^ voir enuer, 

Ennuibhbht, an-nui-man, ennui, aga- 
cement. 

Ennuitbb (s*), an-nui'té^ s'anuiter, s'at- 
tarder jusqu'à la nuit. 

Ennuyanck, an-nu i' y an-ce f ennui ; dé- 
goût ou malaise que caude Tennui. 

EnquaIneb, an-kyin^-né, enchaîner. 

Enquaibonnkb, aH'kyê'Xon-né, ques- 
tionner indiscrètement, pour apprendre 
un secret. 

Ekquercaker, an-kier-ca-né (encarca- 
u«rj, mettre un caroun. // rtnit fault 
enquerqurnner vostre pourceau : ear 
il court parmi les hayes dung chas- 
cvn, Palsgbave. 

Enbachineb, an-ra-chl-né, enraciner. 

Enbakoueb, an-ran-ffhyé^ mettre par 
rangs, ranger, disposer, 

Enubboubs (àT), an-r*bûury au rebours. 

Knbktoembb (8'), an-r'tor-néf retourner, 
revenir d'un point. C'est à tort que 
Delboulle affirme que la imrticule en 
n'ajoute rien au sens. [La langue clas- 
sique dit en deux mots : c s'en retour- 
ner, s'en revenir »]. 

Enbbybkib (8'), an-rvi^-ni, revenir, à 
propos d'une maladie dangereuse dont 
un guérit. 

Enbkybbb, ân-rters, envers, revert. 

Smrbiambb (r'), ân-ryan-mé, s'enrhu- 
mer. — Voir rhiofne. 



Bnkouteb, an-roU'ti ou a-rou-té, met- 
tre en route; au sens réfléchi : se 
mettre en route. 

Rnbudib, an-ru-dî^ courbaturer. // i*en- 
rudit areo l'âge. 

Enbaqukb, ân-ia-kiè, entacher. Il ne 
sera pas pendu; mays il sera ensacquà 
et jecté dedans Seyne. Palsgbave, 
p. 696. 

Enbaucbb, faire une sauce. — B. 

En sauver (s'), s'enfuir. Jl s'en sauve. 
— L. 

EN8EHBNGHBB, an-s' tnan-chéy ensemen- 
cer. 

Emsenêqubb, anrs'ne-hyèy embarrasser. 

Ensevelie, ân-sée-vlî, ensevelir. 

Enbibovant, an-cieu-vany ensuivant, 
suivant. Pâques ensieucant. 

Enbotti, an-so-tif enlaidir. 

Entaopineb, an-taw-pi-nét mettre en 
taupins le foin, le trèfle, etc. En Basse- 
Norm., entaiipiner veut dire u enter- 
rer D (de c taupinière )> 7). 

Ente, ante^ jeune pommier. 

Entente, intelligence. Cféfan a de 
l'entente. — L. 

Ententif, an-tan-tif, évident, intelli- 
gible. En ancien normand, avait, selon 
Wright, le sens de <e attentif ». 

Enteurse, ân-ienr-ccy entorse. 

Entburtiller, an-teur-ti-yé, au fig. : 
enjôler, tromper par de belles pamles. 

Entettê, an-têg-té, entêté. 

Enteyteb, an-têy'-té^ entêter. Çu hou- 
guel-là m'enteyte, Senteyter = s'en- 
têter. 

Bntiaibbr, ou mieux entiebbbb, an-^ 
tyê-réy enfoncer le piquet qui tient les 
animaux attachés au pâturaiçe. Ren- 
tierrer, qui veut dire « entierrer de 
nouveau », s'emploie assez souvent 
pour c entierrer d. 

Entincheleb, an-tin^-ch'léy v. le suiv. 

Entinoheb, an-Un'^-cM, agacer, harce- 
ler, provoquer, c Atticier » dans le 
Boman de la Jlose. Palsobavb (757) : 
J>acrnt les autres comme Hz reullent: 
mays je ne Vatticeray pas à nul mai. 
En anglais to ticcy ou plutôt to entiee. 

Entohi, engourdi. Il est comme eunne 
entonne = comme une statue. — L. 

Entokneux, an-ton-ncu^, entonnoir. 

Entoupinbb, anrtourpi'nét V entortil- 
ler ; 2* riatter, circonvenir. 

Entoub, an-tour y autour, dans le sens 
de c auprès, envers 9; environ. J^ai 
été là six m^iùt malade ; je ras assuré 
que ma pauvre mère a eu bien du mal 
entour mai, 

Entoubeb, ân-toU'éy entourer. 

E'n tout, non plus. J'n'iai point e*n 
to^t s je n'irai pss non plus. — L. 



- s - 






BE 

i#*.*y. In» ti- 



M- -^^ 






x-^ 









-T'i-^*" 



- 1 mT*iff, fs» 







ElfR 



- 181 — 



EUT 



ESQU IM BATREMïSKT» fl n-ahyïi^hii-iftf' 
man^ macbme trop comt^nquée et mal 

Ekg U I m B a TR K R » fl fl-i? ^ fj i fi ^- hi\ .frè, com- 
biner un 1 u t'es [JÏi^ 111^3 de fAçûa qu'il âott 
dirïïcîle ù dèiiioûter. 

EïiGUiOLtCR) an-gh^ti-U^ injurier, 

faire enUt^r uu tenoQ dans utie mor- 
taise. 

Es HOC, rïït-Ai/f, augle que f sonnent dpà 
propriété» voisiaew^ riuarid les tfrreB 
de Tane entrent dan^ rellea àtt Tivulre. 

E?jUtJl, a-nuit aujourd'hui (^t non 
n anuit i>). 

En'JOLEB^ tin-Jafr-h\ ûnjôk'r. 

EîïJOLÇiUX, ati-^jaw-îe^i-, eîijOlour, 

EXTJACKKH, ân-lija-i*y, enlncer [de 
it liaagû i>J. 

KnlicoTEB, an-li-C''i-tt', mettre un licol, 

KNLiSëELKR, an-ltJtttM^ peloter du ëL du 
rubim, 

EXNERCKR, /^-rtC/'-t'*^, irrittT, agaf.'or : «n 
chiftii (ftc, 

EWNICUEB. an-jii-chè, envelojjj.H.% cou- 
vrir. — V. Dtib. : « agsîche ». 

EnnosSER (s'I, itîi-^î-4r, /«niL^ngt-r un os 

dans la gox^t}, eu man^Bniit. 
ESNUIBMBNT, tjH-»iii-maH^ voir tnuir . 
KKtfniËMËEïT, an-Hni-tHan, ennui, aga- 

C4SLnf!l]t. 

EVNTJITER (8'), ÉrM-Bw/-/(',aaiiuiLer, Bid- 

Urder jusqu'à b nuit. 
EXNUYANCK, (tfi-nui-t^an'-i'f, tniiui ; dé- 

goût ou mabiie que eau^e Tennui. 

Emquaînkr, aa^kifiit^-né, entlmïaer, 

EnquaISOSNKR, ait-kifë--on-m\ qut:»- 
tionuer iudiacrètemt?ut, pour apprendre 
un «ùcret. 

E ^' Q D ERC A X E a » fl /t- ^ iVj'-e^/ -né [ e n<' ftrca- 
iiBij^ uietlru uu i-ûr^un. Ji rim» fault 
enipHTqHrnntr Tmtre pimrctfaa / car 
il ctittn fut t ml lt« hitijy^ dnng t^hitt- 

Vn, i'ALâUHWE 
HAàClflKCR, liw.îvv 

i K, aH-nift'ifhi/i.\ it^KUre par 




Enhotttrb, aH'f&tt^ti ou a-rmfé, met- 
trï> en ruutu^ au ^tis réHêcbi : &e 
mettre eu route. 

K K RîJ D I R , rt ^ - rtt-d j , c lurbft turer. / 1 /^n- 

ENSa^QQKR, lîH-jta-kié, enPftcher. Il nà 
gfra ptujwtitlu ; matfK il gcrti eHmcqué 
et j(;eté didtim SeifHâ. PALSRRAVfi, 
p. 6ÎM). 

EysAUCERj fiire une sauce. — B- 

En sait ver (a')^ a'enfuir. Jl jVa faurf. 
- L, 

Enôementiiêr, a^-/man-chét enaemen- 
ter. 

BN3EyÈQUER, an-s*tii*'hijè^ ombarrasier. 

EN8KVELIR, ii^-^iée-dl^ ensevelir. 

EnsieuvanTt an-iueu-ffîïi^ enfluivant, 
su i vaut. Pih/He/t e/uifi/j-afit. 

Esaorrr, a/t-jnf-tî, eidaidin 

Enta u IRISER, aH-liup~iii-m\ mettre en 
taupina le foin, le trÈtle, etc. En liaiae* 
Noruj.. i'/itatipiner veut dire u enter^ 
rer » (de « taupinière i^ ?). 

Ente» (tfdt\ jeune pommier. 

Entente, intelligence. Ct'é/tin. a de 

Entkntif, nH-tun-tlf, évident, întellî- 
gible. En ancien normand, avait, selon 
Wri^'lit, le iena de œ attentî! ». 

Enteumse, âu-tvnt-t'e^ entorse. 

ENTEcrtillEr^ att-teur-ti-ifé^ au fi^, ; 
enjôler, tromper par de belles fiartile 8, 

EntEVté, iitt-tty-té, entvté. 

Ent^yter, iiu-ii'/'té, entêter. Çh hou- 
qkt'hln m'tîtiteyte. S*ent et/ter ^ s'en- 
téier. 

EnTIAIRER, ou înïeU3i ENTIKRRER, an^ 
t^ê-ré^ enfoncer le pi(|0tît qui tient lea 
anîuiaui idtiicliéa ^u pâturage. Ueu- 
tîari^r^ qui veut dire <i eutierrer da 
nouveau m, a'eui ploie ad^ez souvent 
pour « entierrer n, 

EntincHELer, untin^-cKU, y. le puiv. 

Entinchbb* ûri-ljH'^-tlièt agacer, harce- 
ler, provoquer, *l Atticier a lïani le 
lit^man, de In lione, PALfiGRAVE \T'^J) i 
laecnt le» aut re» et* m m ê il : te al U ttt ; 
mntfK jt Htr fatticefai/ pttg à nul nml. 
Kn fili|fl(ji^^ïcrt ou plutfjt ttt t^nttt^e, 
jl eët raniffi^ ennnâ 
une statue, — L, 
m. %«£Td2, entonnoir. 
-pi-né f l* eatortîl* 







ÉPB 



— 152 — 



ÉOU 



Entbaitek, an-trai-té. Locutions : JSh- 
traiter vn poulain, c*eBt le mettre 
pour la première fois dans les traits, 
pour l'habituer au travail. SCentraiter 
se dit d'un cheval dont les traits se 
trouvent pris entre ses jambes. 
Entbemrsbibb, an-tre-mê-eyé, entre- 
metteur. 
Entbbpbinsb, an-tre-prin^-ze, entre- 
prise. 
Entbetekib, an-teTr-te-nî, entretenir. 
Entbbtouillbb. an-tre-toû-yé^ se faire 
mutuellement la moue (en parlant de 
deux personnes brouillées). — Voir 
touiller, 
Entbevaleb (8*), s'entrevaloir. ITla 
deux fripons *iui s' entreraient^ Tun 
ne vaut pas plus cher que l'autre. — B. 
iîNUANCX, é-nu^an-ce^ ennui (répond 

plutôt à <E ennuyance »). 
EltuEB, i^ui, ennuyer. 
EnvaiSIKÉ, anrvè'Zi-né, envoisiné. 
Envaseb (b') an-ta-zé, tomber, s'enfon- 
cer dans la vase. [Le verbe est entré 
dans Tusage.] 
Emvblimeb, an-vli-mé^ envenimer. 
Envktbb et ESVIEB, an-vè-yé et anrvié, 

envoyer, 
Emvilloteb, an-vi-yo^é, mettre en vil- 
lotte. — Voir ce mot. 
. Ekyôlbb, en-vô-lé, dans la phrase : En- 
voler une elovhe [par opposition à la 
tinter] = la mettre en branle pour la 
sonner à toute volée. 
ËPA ? e-pa, n'est-ce pas ? 
Efagnol, é-pa-gno^ épagneul. 
Épaib. Locutions : Queul homme épais 
= quel gros homme (avec nuance de 
mépris) ; un mâque-épaiSf un goinfre. 
ÉPAIB8EUB, é-pè'Cev^ épaisseur. 
ÉPABTEUX, é-par-teu*, celui qui épand. 

— Voir le suivant. 
Épabtib, é-par-ti, éparpiller, épandre : 
du fumier, du foin, [Mot classique 
sous Louis XIV.] — V. Delboulie, 
épartilU. 
Épaule, i-pamAet épaule. 
Épauleb, é'paurlé, porter ou soutenir 
sur l'épauie; sens que l'Académie 
n*adopte qu'au figuré. 
Épaulieb, é'paw-lié, oreiller. 
ÉPELAN, é'plan, éperlan. — Pals- 

QBAVB, esplene; L,, iplan, 
ÉPBBOHEVBB, é'per-che^'Vé, apercevoir. 
Épekchu, i'per-chu, aperçu, part. Le 

Bubst. « aperçu » se dit éperchue, 
ÉPBBONE, é'per-gne, épargne, économie. 
Écrit u espergnes dans Palegrave. 

Épebonbb, é-per-gné, épargner. Com- 
bien qvefaytt les fièvres ^ si n* espar- 
gneray-je nulles viandes. Palsob. p. 



726 ; id. 739 : Chargez sus luy, et ne 
Vespargnez pas, 

ÉPI du MOf le bout d'un gisement de 
marne. 

Épionolaoe, é-pt-gno-lâ-ge , menues 
branches alwttues. 

Épignolbb, é'pi'gno4éy enlever tous les 
petits rameaux d'une branche pour en 
ftÀre une gauiette ; au fig.: tailler un 
arbre à tort et à travers. 

Épionoqub, é'pi-gno-ke, épinoche. 

iplVCBKR, é-pin-cM^ épincer. 

Épinbb, é'pi-né, mettre des épines dans 
les champs au moment de la chasse. 
Ces épines, qui i-ont l'indii-e des chas- 
ses réservées, avaient primitivement 
pour but d'empêcher la chasse au 
traîneau. 

Épineux, garde-chasse. 

Épingue, é-pin^-ahe [forme que la dé- 
rivation ne justifie pas], épingle. J'ay 
avallé une espingœ; je m'en doute 
qu'elle ne soit cause de ma mort. 

PALBOBAYK. 

Éplantinage, é-plan^-ti-nâ-Je, graine 
de plantain lancéolé provenant da 
nettoyage de la graine de trèfie. 

Éplantineb, é-plan^-ti^né, séparer la 
graine du plantain de celle du trèfle 
des prés. 

Éplapoukdib, é-pla-pour-dî^ étourdir, 
abasourdir; ou eplaupourdir. 

ÉPLET, épléf activité. Prendre son grand 
^c^ = faire grande hâte; être d^éplet, 
aire beaucoup d'ouvrage en peu de 
temps. 

ÉPLÂTEB, ê-plè-té, travailler vite. Ça 
éplète, cela marche bien, la besogna 
s^vance : se dit d'une quantité quel- 
conque. 

Épléteux, é-plé'teu^, homme adroit et 
actif, qui tjAète, 

Epluque, é-plv-ke, épluchure. Synon. 
(auplur. ordin^) épluq«eusts, 

Epluqueb, é-piu'kié, éplucher. 

Épomonnbk, é-po-mo^néy époumoner. 

Épomkée, é'ponnêge, épuisée (poule), 
qui ne pond plus [se rattache à Is 
forme ponu^ pour le part, c pondu »]. 

Époulaieb (s'j, chercher ses poux. 

Époulabdeb (s*), é-pou-lar-dé : !• se 
rouler dans la poussière (en parlant 
des poules) ; k» se rouler sur l'herbe 
(en parlant d'un vagabond) et y lais- 
ser des témoins de son passage; 
S" chercher des poux. 

Époubillonneb, é-pou-ri-yon-ni, ôter 
d*un fruit tout ce qui est giUé. 

Epbevieb, é'pr^^tiéy épervier (filet). 

ÉQUABBIE, è'-ca-rîey toute pièce qua- 
drangulaire de menuiserie, même 1 en* 
oadrement d*une porte. 






ERM 



— 163 - 



ESP 



ÉQUABBITTTBB, i-eo-rUtUy oamire. 

Equelettb, i'OÎè'te, ÇlacuneJ, [litté- 
ralement «petite échelle :d]. 

ÈQVJShLJité-kiè4e, échelle. 

ÉQUBLON, é'klon : 1* échelon; 2" cran 
de crémaillère. 

Eqdebbot, é'hyier-bo, escarbot (scara- 
bée). 

Equebbotbb, é'kier-hO'U, tisonner, épar- 
piller le feu. 

Équetailler, chasser, forcer d*aller. 

ÉqueutA, é'kieu'^'ti. Voir aqueuter. 

£quioné, é-kyi-gnê, forme archaïque de 
« échigné d. 

Equilboubdi, i'kyil-bour-dif étourdi. 

Equinoqub, ê-kpi-no-kef équinoze. 

Equipage, é-kyv-pâ-jâ, spécialement 
«harnais de voiture» (et les autres 
sens). 

Équipée, é-kyi-pé. Locution : femme 
bien équipée — qui a un bon trousseau. 

Eb = BE. Dans les mots commençant 
par re, il y a transposition de re en er 
prononcé é^r, la voyelle étant à peine 
sensible : b^r-drê-ché = redresser. 

Eb ADONNER, é-ra-doTtr-néy ôter les ra- 
dons. Notre mot me paraît préférable 
au simple c radonnur j» que les auteurs 
ont adopté. 

Ébaonie, é-a-gnie, araignée. Ce mot a 
suivi les conquérants en Angleterre, 
où il a pris la forme aranye. 

Eboal (fil à^)^fi d'er-cay fils d^archal. 

Ebg-boutant, er-bou-tan, arc-boutant. 

EEtc-EN-oiEL, erc-en-ciê, arc-en-oiel. 

Ebchevêque, er-che^-vê-qvej archevê- 
que. De vieux textes anglais disent 
a: archevêque d. 

Ebgbnt, er-jan, argent 

Ebobnteux, er-jan-teu^^ très riche. 

Ebgillb, er~ji-ye, argile. 

Ergilleux, er-gi-yeu^, argileux. 

Ebgotieb, er-go'tié, ergoteur. 

Ebgueb, er-gu-é, agacer, taquiner. — 
V. Dm., « erjuer ». 

Ebifleb, é-ri'flé, érafler. Dm., « rifler :». 
Dans la fauconnerie anglaise, ri/ler se 
dit du faucon qui saisit un oiseau par 
les plumes, au lieu de le prendre par 
le corps. 

Eblequin, er-Uf'kyin^ arlequin. 

Eblogb, horloge. Semble Taltération la 
plus autorisée de a heurloge :d ou 
f( herloge j>. — L C. 

EkmB, er-mê^ armé. 

EoMÉYE, er-mê-ye^ armée. 

Ebmonbl, er-mo-ne^ almanach ; au plur. : 
ermonials {er-mo-niâ). 

Ebhubibb, er-mu-rié, armurier. 



EBNi, er-né (pour erené = privé de 
reins), éreinté. C'est l'ancien verbe 
français c arner », que Palsgrave défi- 
nit ; Breake the raynt of ones baoke 
mith ttrok^ê, 

Ébonde, é-6nrde^ aronde, ancien nom 
de rhirondelle, conservé dans l'expres- 
sion technique queue d'èronde. 

Ébondelle, é-ran-dèle, hirondelle. 

Erriâbb, er-rié, arrière. Le derrière 
d'un objet est le côté d'arrière. 

Ebsbnic, er-oe-ni, arsenic. 

Ebtighaut, er-ti'chô, aitichaut. 

Ebticlb, er-ti'ke, article. 

Ertifice, er-ti-fi-ce, artifice. 

Bbtiste, eMit'te, artiste. 

Eabbouffe, 699 - brouf^ fan&ronnade 
(usuel, mais en outre au sens spécial 
de), moment de surexcitation pendant 
lequel un paresseux travaille très ac- 
tivement. — Faire de9 eêbronffes = 
faire le malin. 

Ebgabhoteb, e9»-car-mo-téj escamoter. 
EsCABtfOTEUZ, e99-oar-mo-teu^f esca- 
moteur. 

Escabbes, e99-câ-re. Locution : faire 
«es escarres = crier bien haut, ou sans 
sujet, ou pour se vanter. 

EscoFFiBB, ett-eo-fiéy égorger. Si c'est 
un vrai néologisme, n'est-il pas entré 
du parler populaire dans la langue 
lettrée *f — Même conjecture sur 
esquinter, 

EscOBBUT, ess^or-bUy scorbut. 

Ebgoudbt, esS'Cou-dé, dans la locution : 
oovp d'esctmdet = brusque arrêt du 
coude dans le violent effurt du bras 
pour lancer une pierre, une balle. 

Escoueb, fM-coué^ secouer, qu'on pro- 
nonce aussi s'coué, 

ESCOU88E, 0M-roK-0«, secousse; d'où la 
locution fréquente : coup d'escotuse. 

EsouPLE, é'SoV'plêj ensubie. 

ESPADBILLB, es-pa-dri-ye, espadrille = 
chaussons de lacet ou de lisière [sem- 
ble une altération phonétique du mot 
a sparterie », accommodé aux habi- 
tudes normandes.] 

EsPADBONNEB, es-pa-dtan-né^ espadon- 
ner. 

ESPÉBANCE, es-pé-ân-oe, espérance. 

ESPEREE, es'pé-éj l® espérer ; 2» atten- 
dre, faire le pied de grue. — Voir 
Dm. — Espéez-mai là, j'ras ro espéé. 

EdPiQUEB, eS'pi-Ué, expliauer. Locu- 
tion : / iespique ben = il parle faci- 
lement 

ESPIBEB, es'pi-ré^ expirer. 

Espoir, eê-poué^ espoir. 

Esprit. Locution : Ct'éfan a trop d'es- 
prit^ i vivra point, — L. 



ÉTA 



— 15i — 



ÉTB 



ESQURLLBTTB, eê-kiê-lè-te, squelette. 

EssAKOE, échange. — L. 

E88A1ÏQUÉ, e-tan'^-kié, épuisé de sang, 

exsangue. 
EssAKQUEB, é'San^-kiétiïreT tout le sang 

d'un animal. 
Essayer (s'), é-ça-vé^ provoquer par le 

frottement une irritation de la peau 

des jambes, etc. 
Essayeuse, é-ça-veu^-ze [en terminaison 

usuelle ce essavure »], endroit du corps 

essayé. 
Esselette, linge pour les petits enfants. 

— L. 

EssBUiL, é'eeu-y\ essieu. 

EssouBD. è-çouTt élevé, et autres sens 
du suivant. 

EssouBDBB, é-çou-dre, soulever, spécia- 
lement « lever la herse pour la net- 
toyer » : icMondre, !• se soulever ; 2® 
en parlant du temps, « s'éclaircir ». Ça 
seêvourt = le ciel devient moins som- 
bre. Le temps a l'é d'toHlé êSMoudre. 

Esta PIBB, homme maigre; en mauvaise 
part « goujat ». — L. 

ESTAMMAC, es-tan'^-may estomac. Par 
extension, mettre nn objet dans son 
estomac = le placer entre la chemise 
et la poitrine. Pièrhe d'estanma^ mor- 
ceau d*étoffe que les femmes portent 
sur la poitrine. 

EsTATUE, es-Ut-tûCy statue. 

ESTBAMONTADB {perdre V) = perdre la 
tramontane. — L. 

ËTABLÊYE, le contenu d'une étable : !• 
l'ensemble de ses bestiaux ; 2» la quan- 
tité de fumier qu'on en tire d'une 
fois. — L. 

Établie, fém. (genre et orthogr. du 
XYi* s.), é'tà-hlie, établi. 

Étaimaoe, é-tin^-mâ-ge, étamage et 
étamure. 

ÉTAIMEB, é-tln^mé, étamer; par ext., 
a mettre à une poterie sa couverte ». 
Pot estaimé = an cartheis pot rvell 
glared. -Nomenclatob. 

Étaimeux, é-tîn^-meu^i étameur. 

ÉTAL, é-ta^ étal. 

Étalkb (S'), tomber de tout son long. 

— L. 

ET AMINE, tracas, embarras. Passer par 

bien des étamines. — L. 
ÉTAMPE, é-tan^'pe, vignette, poinçon, 

fer chaud ; et, en généml, tout ce qui 

sert à imprimer une marque. 
Étampeb. Locution : Jl a étamj^ sn 

image dans la ntîge, plaisanterie sur 

quelqu'un qui y est tombé. 
Étamperque, ^-f/iw2-;w-Ât/?, étamperche, 

support vertical d'un échafaudage. 
Étanghon, i-tan^-choniéia>n<ion. Ancien 

anglais stanckion. 



Étanohohher, ê-tan'^-ekon^né^ étan- 
çonoer. Èstanekonnés vostre maifsen; 
ou avltrement elle ckerra, Palsqb. 

ÉTANTiYER, étendre, étaler, pour mieux 
montrer. 

Étbioneux, é-tin'^-gneu'^, éteignoir. 
Locution : nn iteigneux de cierges = 
un grand nez. 

Éteindbk, é-tin^dre, éteindre. Loca- 
tion : éteindre de Viaue = la passer 
dans du marc de pommes. 

Éteitkb, è-te^-tèy étêter, écoupeler. 

ÉTELÉ, é'tle, étoile. 

Étellb, e-tk-Uy étoile. 

Et ENTE du linge = action de le mettre 
à sécher. — B. 

Étebnel, é'ter-nêy étemel. 

ÉTEUBDBE, é-teu'^-dre, briser en tor- 
dant. 

Éteurse {coup rf'), é-teur-ce, effort par 
lequel on tord et brise un objeL 

Étib(»so, é-ti'bo, tronçons d'arbres qui 
restent dans un taillis, quand la coupe 
n'a pas été faite au ras de la souche ; 
par dénigrement : arbre rabougri ei 
cassé par les vents. 

ëtioe, la moindre chose. — L. 

Étinchblbb, é'tin^-ok'léf étinceler. 

Étinchblle, é'tin^^chè-le, étincelle. 

ÉTINEB, é-ti-né, impatienter, ennuyer. 

Étivoquer, é-ti-ro-kgi, taquiner. 

Étoc, é-to [vraie prononciation française 
de c estoc d, pointe], éteule de blé. 
Stampe a skttrte stake = estoc, z. m. 
— Locution : coup (Vètoe = coup 
brusque pour lever ou tirer un fardeau 
trop pesant. 

Éton, è-ton^ ébranlement causé par le 
bruit du canon, etc. [seuible le radi- 
cal de «étonner».] 

Etoqueb, é'tO' kiéy arrêter dans sa 
croissance [dérivé de a étoc j. Au par- 
ticipe : chetif, rachitique. 

Etobeb, é-ttHé, ôter aux noix ou aux 
châtaignes leur brou, leur hérisson; — 
au part, étoè^ bien pourvu, nanti — L; 
mais B. met ? 

Etobniau et ÉTOBNEL, é-tûT-niaw et 
é'tor-nêy étourneau, sansonnet. 

Étout, C'tou, aussi. — (B ajoute : sy- 
nonyme itou). Me v'ia éUm. 

Étbait, é'trèy étroit. 

EtrANOLION, é-tran-gli-yon, étranguil- 
lon, sorte d'étouffement des bestiaux. 

EtrAPFB, é-tra-pe, volière. Pingeons 
d'étrappe. 

ÊTRE à. . . suivi de l'abstrait vaut uo 
simple adjectif. 11 est à l'écolomie = 
il est économe ; — ... à l avarice = 
il est avare. 

ÉTBÉCHIR, é'tré'Chi^ étrécir. 



FAI 



<- 1S5 



FAO 



Étbemblâ, ê-tram'hlê. malade d'un 
tremblement continuel et involon- 
taire. 

Etbillk, é-tri-ye, 1« étrille ; 29 crabe 
(partinuê puber). 

ÉTRiNQui, é-irin^'kie^ étriqué, haut et 
grêle. 

Etsinqueb, é-trin^'kié, !« jeter loin; 
2* éclabousser de l'eau. 

Etrinques, éclabouBsures. 

Etriu, é-tri'U, étrier. 

Btkiveb, i'tri'Cé (Dict. gén.). Faire 
étriver^ taquiner ; agacer un peu pour 
B*amufler. 

Étbivbs, é-tri-ve. Locution : Fhire det 
étrivrê, tricher au jeu, chercher que- 
relle au gagnant. 

Étrivookb, é-tri-vo-pne^ l* mauvais 
drôle ; 2^ mauvais joueur. Coiffé en 
étrirogntt = coiffé en crâne. 

Etbitogker, é'tri-van-çné, quereller, 
tracasser pour des riens. 

Etrognè, é-tron-gnè, vêtu trop court 

Étrogner, é-tran-gni, ^monder plus 
qu'il ne tau t. 

Etroononnê, é-tro'ffno-nêf [fruit dont 
on a ôté le trognon] au fig. petit, ra- 
massé dans ses habits. 



Btbitbb, ^tru4^ jeter au loin d^an 

coup de pied. 
■ EccHB, e^rcke^ goupille d'essieu. 
En bible, eu-ri'hle. Voir aheurible ». 
Eyalletokkbb, é-val-ton-néi se prome- 
ner, prendre l'air. 
Evahib, ^tan-a», évanouir. 
Evakibsbmknt, é'Van-ni-ee'manf éva* 

nouissement 
ÊVAQVEB, é-vâ'kié^ laver sommairement, 

passer à l'eau. 
Eyaquetonner (s*), se mettre à l'air. 

jYo recommande à çu malade de n'pa» 

ê'évaquetonner, 
ÉVEL, é-rê, éveil. 
BviLLé, é-vi-yéei iviLLOTTi,é-ti*yo-té, 

éveillé, espiègle. Locution : fceUU 

comuie euniC poteye d'sauiê, 
EvBETiNBUZ, é'Ve9r'ti-nâu^y amoureux, 

chercheur de bonnes fortunes. 
EzAOBBBB, é'ffza-çi-éy exagérer. 
Exposition, ex-pô-zi-cion^ danger, pé- 
ril. Y a de V exposition dans o*te jo- 

gnole-là. 
Ext. . . , = es't (au commencement d'un 

mot). 
Exterminé, es-ttr^mi-nê , grabataire, 

moribond. 



Fâche, /n-rAtf, face. 

Fagheb, fa-ehè (0 bref), fâcher. 

Fachon, fa-chon^ façon. Locution : fa- 
ckon d'beurre, quantité de beurre fa- 
briquée en une seule fois : Eunn* bonne 
/acAon^ c'te semaine. 

FADE^/a-de, V fade; 2*> hypocrite, lâche, 
douce haleine. 

Fafineb, hésiter à faire une chose. — B* 

Faflu, /a-ffH, joufUu. 

FAtiUENAS, fade, dégoûtant; se dit des 
odeurs. Ça sent lefaguenas. — L. 

Fagnot, fa-gno, simple, peu intelligent, 
qui raisonne comme un enfant. 

Fa JE, V. a., /^, faire. Subj. « que ie 
.fâche ]». JfÏLire à deux = être de 
compte à demi. Fè sen beûre = tirer 
de beaux profits de son commerce. — 
Les verbes composés se conjuguent 
comme • faire ». 

FAiMVALLE./n*-ra-;é^, fringale. [Dans 
la langue usuelle, <t maladie des che- 
vaux ».J 

Fain,/», voir/jta. 

Fainiant, fénian, voir féniant. 

Fais, yé, fois. £unn' fais passe; mais 
pas deux. 



Fait (si), fè, oui [forte ellipse, ce sem- 
ble, pour c il a été ainsi fait, t] 

Fait, fé, faite. /^ fé de la maison. 

Faite R,/êy^£, faire ou réparer le faite 
d'une toiture en chaume. 

Faitiebs, enfaiteau. — L. 

Falaisier, qui habite le bord de la 
falaise. 

Faliboubdaine, fa-H-baur-din^-ne^ ca- 
lembredaine. 

Falibourde, fa-U'bour-de, baliverne. 

Falle, fa-lCf gorge ; jabot des oiseaux. 
V. Dm. 

Fallu, fa-lu, qui aune grosse gorge. — 
Se dit aussi d'une personne replète^ 

Fal8« /a, faux (à faucher). 

Fameux, fa-meu^^ énorme; remarqua- 
ble à quelque titre. 

FANAiL,/a-/ia-yi; et FANAL,/aiia, fanal. 

Fanchon, Françoise. — L. 

Fakie, Stéphanie. 

Fanouil, poil qui surmonte le sabot 

du cheval. 
Fanouilleux, qui a beaucoup de &• 

nouil. — B. 

F AQU IN, /a- %ia, élégant avec recherche. 



FED 



- 156- 



FEU 



FABCE,/tfr-/>«, r BeDft du franco»; 2« 
coq à râne que vont réciter devant les 
portes, aux jours gras, les mendiants 
auxquels on donne des œufs en échan- 
ge ; 3* mélange d'œuf s, de mie de pain 
et de lard fait pour remplacer les choux 
dans le pot au feu ; 4*> adj. amusant. 
Est-il farce avec te* hûttoiresf — 

. Voir farceytp. 

Fabceb, /areéf plaisanter, débiter des 
farces. 

Farceuz, far-eev^, farceur = celui qui 
fait des farces; tandis que Vàomme 
farce = homme comique, qui fût rire. 

Faroête ^far-ce-ye (farcée), portée d*une 
truie, d*une lapine, etc. 

Farcier, pauvre qui, aux jours gras, 
va quêter de quoi se divertir [faire 
une farce]. 

Farcin, far-ciHy saleté qui s'amaspe sur 
la peau d'une personne malpropre. 

Farfouillie, far-fou-yie, portée très 
nombreuse. 

Fariner, se dit de la peau quand il 
s'en détache des pellicules. — L. 

Faucille, fo-ci-ye. Voir focUle. 
Faucotter, faw-eo-té^ [ce serait en 

fraoç. tt fauchotter »] faucher peu et 

sans se gêner (dimin. de ccfauquer»}. 
Faufiler, farv-fi-Uy faufller. 
Faule, filet. — B. 
Fauquer, faw-kiè^ faucher. Locution : 

se fauquer = en marchant se blesser 

à la cheville du pied. 
Fauquet, faw-kièy petite serpe recou- 

bée. 

Fauquette. farC'Jùète (diminutif ou 
péjoratif de «fauqueux »)^ apprenti 
laucheur, ou mauvais faucheur. 

FaUQUEUX, fatc-kycu^^ faucheur. 

Fausse, adj. fém, faw ce; au masc. fô 
comme en franc. 

Fausser, faw-cé, fausser. 

Faute, faw-te, faute. 

Fauteuil, faw-teu-ye^ fauteuil ; mais 
aussi souvent /^^itytf. 

Fautif, /<wiî-«t/, fautif. 

Fauve, faw'te^ fauve. 

Faveur, faveu^ faveur. 

Fa VI AS, fa-viâ, fanes, tiges de pommes 
de terres, de haricots, etc. (de faba, 
fève.) 

FÉ, fé, foi^ seulement dans la locution 
ma féf oui, 

FÉBLE, féehle^ faible. Sur quelques 
point» du canton de Criquetot, on dit 
Jiêhîe , prononciation contemporaine 
de Jeanne d'Arc. 

FÉBLES8E, fée-hlè-cej faiblesse. Crique- 
tot : fîéblesse. 

FÉDÂBI^ Frédéric. 



FEiK,/it (prononciation primitive), foin. 

Feindbk, /î/iMtf ; hésiter [sens qu'il a 
dans le Misanthrope], Il feint d'y aller. 

Feinte, fin^-tr, luxation légère, dou- 
leur résultant d*un effort. Il a eunn' 
feinte dan* les reins ded'pis huit jours. 

FEs^QK^fé^-na-je [ainsi auziY* siècle], 
fanage. 

Fenaison, fe^-nè-tan [première forme 
adoptée par l'Académie], fanaison. 
Telles Rogatitms, telles fenaisons. 

Fener, fe^né, faner. Jlya plus de dix 
jours quefayfené ma prieriez mays 
le temps a été si divers que je ne Vay 
peu encor mettre en m^Uons. Pau»- 
GRAVE, 641. 

Feniâ [devrait sans doute s*écrire « fe- 
ni ère », sorte d'adj. féminin dérivé de 
/<?!»], petite faux à foin. — L. 

F^nient, fé-niân, fainéant. Vieux fr. 
n^ent (ital. niente) =s rien, c qui lait 
nient ». 

FÉNIENTEB, fénianté, fainéanter, se li- 
vrer à la paresse. 

Fânientise, fé-nian-ti-ze, fainéantise. 

FBR^/éf, fer. 

Fère, fé, foire. 

Febrante, gerçure aux lèvres. — L. 

Ferrer un chemin [locution inexpll- 
quée, même par ceux qui citent « che- 
min ferré s], le charger de cailloux, 
pour assurer la viabilité et empêcher 
fa boue. 

Fbseux, f&*zeu^, faiseur. 

Fessa [lles, jambes longues et grêles. 

— L. 

Fesser. Locution : axé quevqve catte à 
fesser = quelque dessein mystérieux 
à exécuter. — L C. 

Fbtaine, fe*'tên^-ne, futaine. 

Fêtard, casanier, qui aime peu à sortir. 

— L. — Selon M., o fainéant », et 
Palsob. : Mog garde = fettart, 

FBTON,/!;°-frm, inquiétude ; dans cette 
seule locution : Être en feton. 

FÊTU, fê-tu, fétu. 

Feu, fu, feu ou inflammation. Au plu- 
riel, certains disent « des furs » pro- 
noncé fur. 

FEUoiRE [selon la dérivation primitive], 
feu -je y fougère. 

Fkuillard, feu-yar, volige. 

Keuillolets, feu-yo-lê, copeaux, papil- 
lottes de menuisier. On prononce par- 
fois fitillets et même friolets, 

Fbdillot, feu^-yo, feuillet. 

Keuillotkk, feu^o-té, feuilleter. 

Feurbb long^ paille qu'on emploie à 
couvrir en chaume ou pour abriter les 
meules. KUe provient du blé battu au 
fléau, et s'oppose au c feurre court » 
du grain battu à la machine. — B. 



FIL 



— 187 — 



fik 



Fbyte, fêjf'te, fête. 

Fetteux, qui voudrait toujours € des 
ffîtes ». 

Feyteuz, celui qui façonne en terre 
détrempée le faîte des couvertures en 
chaume. — B. 

Feyve, fêy-te, fève. 

Fetverolle, fêtj-rra-le, féveroUe. 

Fiable, fiâ-ble, à qui l'on peut se fier. 

Fiai (fiel). Locution : Vo n'avez que cha 
d^fiai^ d^fè etft route-là en eunn jnur- 
neyef = quelle hardiesse est la vôtre, 
de faire cette route en un seul jour I 

Fiant, Jiân, fumier. — Voir Jtent. 

Fichant, fi-chân, désolant, très contra- 
riant (même euphémisme qu*à Temploi 
de <i ficher » pour le mot grossier qu'on 
n'écrit que par l'initiale^ 

Fichbl, firche, barreau d'une échelle, 
échelon. A St-Lô, « fisset ». 

Fichbl RB, fi-eh'lé, ficeler. 

FicnwAJi, fi-ehe-le, ficelle; adjective- 
ment : astucieux, fripon. 

Fichu, fi-ehu. Ce mot qui sert irréguliè- 
rement de participe à c ficher d, me 
fait croire à une altération de « fé cher 
= faire choir ». Outre le sens ordi- 
naire de < perdu yt, il s'emploie aussi 
comme simple péjoratif : /irhu gajf, 

FiBBLE, FIEBLES8B, V. fèble, fèbletse. 
Comme jsieuê fièblef 

Fiel, fyê, fiel. 

Fient, fiân, fumier. — Charint à fiant. 
Palsgr. 

f*lER,,/£^, fier. L*emploi comme une sorte 
du superlatif (fier vavrien) est entré 
dans la langue du zviii* siècle. 

Fiéeot, 0-ro et fié-o, dédaigneux, qui 
se tient fier. 

FlEU, /yen, fiis, presque uniquement 
dans la locution : manfieu; — man vint 
ne semble qu'une altération probable 
de Vf en v. 

FiONOLBB, fi^no-Uy s'habiller avec re- 
cherche. 

Fionoleux, fi-gtuhleu^, élégant, recher- 
ché dans ses vêtements. 

FiGUBE, fi-gu^ figure. 

FiOUBEB, ^-^tt-^, figurer. 

Fil, >î, fil. — Argot moderne : vrendre 
unJU. — Locution : Avé le fil = sa- 
voir s'y prendre pour réussir. 

FiLACEE^fi-lâ-elie, filasse. 

Filer, fî-lê, filer, 

Filerêsss, fileuse. 

FiLLAOB, fi-ya-ge^ condition d'une 
femme qui ne s'est pas mariée. A %*n 
acte de mariage, la femme #1/10 (signe) 
de sen nom de JUlage, 

FiLLE d'août^ femme chargée de faire 
la cuisine dans un chantier de mois- 
Bonneurs. 



Fillette, fi-vH-te, 1- fillette; 2* nar- 
cisse des poètes. Mais en ce dernier 
sens, sauf quand il s'agit d'une fleur 
isolée, fillettes se met toujours au 
pluriel. 

FiLLOL [écrit parfois ainsi par l'Acadé- 
mie en 1694], A'-yo, filleul. 

FiLLOLE,^-yo-Z<?, filleule. 

F1LLOLBT8, fi-yê-lê, YoWfeuillolete, 

FiLOBffiE, fi-lo-mie, physionomie. Pals- 
grave nous fournit la forme intermé- 
diaire fUoeomie. 

FihosEihLK, fi-lo-ze-ye, filoselle. 

FrLO8i0T,^ti-jti»t, loriot. On dit aussi 
c filôriot ». 

F[L8, fi^ fils. Man fi, terme d'amitié 
souvent employé. Le fils un tel, pour 
« le fils d'un tel ». On dit toujoure 
(c'est Chouquet qui parle ou eut censé 
parler) comme y a six cents ans : le 
fils Chouquet, la bourrique à man 
père. 

FlLSTOK, fiston, cher fils. Fiston est 
évidemment un diminutif de « fils », 
comme raton est un diminutif de 
rat ». — Dm. : Filset. 

Fin, fin^. fin, dans tous les sens fran- 
çais: s'emploie en outre comme une 
sorte de superlatif : Au fin fond — 
tout au fond ; c'est un fin mauvais gas 
= très mauvais gas. — Fini a le mâne 
sens dans quelques locutions : un mau- 
vais gas fini. 

F1NA8, fi-nâ, finaud. [De cette pronon- 
ciation spéciale a pu ÛAÎtre finasser, 
d'une origine encore mal expliquée.] 

FiNOT, fi-no. !• mince, déliiîat; 2» rusé, 
finaud. — Voir/«a#. 

FiON, fyon, élégance. Mettre le fion à 
un eJuint ou un récit, c'est chanter ou 
réciter avec expression. Faire des fions^ 
c'est mettre des fioritures au chant que 
l'on exécute. 

FiQUitH. fi'ké, ficher. 

FiR, /%, fuir, en parlant des liquides. 
La futaillet fixait; elle a fi, 

FI8BL, fi-ze, fuseau. 

F18ÊYE, /-z^-ytf, fusée. 

F18QUE, fis-ke, fixe. 

FiBQUBMBNT, fis-que-man, fixement. 

FiSQU au, fis'kié, fixer. 

Fiston [orthogr. la meilleure peut-être] , 
voir filston. 

Fi TTE, fi-te, foi ; uniquement dans la lo- 
cution ma fitte (déformation probable 
de « ma figue »). 

Flabin, fia-bin^ bavard, rapporteur. 
— L. ajoute : <r flatteur », sens ordi- 
naire, au moins ailleurs. 

FhJLBiv AQK,fia-bi-nâ-jey médisance, faux 

rapports, bavardage. 
FLABiNEB,/a-&{-M^, médire, etc. 



vu 



— 188 — 



FOR 



Flamande (la) s la femme de Fla- 
mand ; comme la Vallotte^ la femme 
de Vallot ; l'usage norronnd mettant 
le nom d'un homme au féminin pour 
désigner sa femme. 

Flambe, /air»2-^, flamme. 

Flambée, Han'^-hêye, feu vif et de peu 

de durée [remis en usage]. 
Flammer, ffaw'wé, saigner (un animal, 
lui donner un coup de flamme). 

Flammet,/«-/;/0, flammèche. Let flaw- 
mets tvmiaient à plus de deux cents 
ptit, 

FhAMUlcUK, Jtau'mi-che, sorte de ga- 
lelte (est-ce \( miche de flan :d?). 

Flan, ^ân, bavardage, commérage. Jl 
a trop de flan ■= il est trop bavard. 
Prendre un quartier de flan = flâner 
en bavardant; locution tirée d'un jeu 
de mots avec le c quartier de flanc » 
des bouchers. 

Flâner, flân-né, flâner. Chez nous>, ce 
mot n'a pas tout-à-fait le sens ordi- 
naire. Ici, € flâner i» c'est perdre son 
temps à causer, au Heu de travailler. 
Ou flâne avec leti {)assant9, etc. 

Flânerie, ^/i^-a'fft.^, flânerie; mais, 
plus exactement. <i commérage ». 

Flaneux, flân'-neu'y qui aime à flâner. 

Fla NICHE, femme nonchalante et peu 
avisée. — L. 

Flanquet, fian^-kiè, bas de chemise. 

Flanquette, fian'i'kiè-te {l = r), fran- 
quette. A la bonne flanquette (emploi 
unique), franchement ; simplement, 
sans cérémonie. 

Flaquet, fia-kiè, petite flaque. Passer 
le Jtaquet, faire un voyage outre-mer. 
Flassheofa water=Harquet. Palsok. 

Flêl (contracté de « flael » flagellum), 
fli\ fléau, anglais fiall. Se compose de 
trois pièces : le maintien, la chnppe, 
la vergue. 

FlÊler, flê'U, fouetter. - L. ajoute : 
se dit d'un baliveau qui plie beaucoup. 

Flemme, Hin-me^ paresse. Vieux fr. 
flevme de « flegme ». 

Flétrir, //^^W, flétrir. Lherhe qui est 
une ftyys tfaytrie ne ne peut jamais 
reverdtnjer, l'ALBCR 774. 

Fleuer, flairer: se dit des i>araBites et 
des importuns. 

Fleur, Heu, fleur de farine. — V. Dm. 

FLEURETTB,^É'tf-#?fe, mais ^\is%\fleu-rè-tf^ 
1° fleurette, preiiiière crème recueillie 
sur le lait au bout de douze heures ; 
2<» Icii autres sens du fnmçais. 

Fleurison, ffru-i'Zon^ floraison. 

Fleukib, /ieu'i, fleurir. 

Fliger, fti-gé, figer. 

Flip, //, flip, boisson chaude où entrent 
du cidre, du sucre et de l'eau-de-vie. 



Voir J. T., « Flip » et « PhlipB ». Dm. 
écrit « Flip » et dérive le mot de Tao- 
glais. Il est en effet dans Wright, où 
Ton voit que le flip du Suffolk est 
semblable au nôtre, sauf que \a bière 
y remplace le cidre. 
Flip, Philippe. — L. 

Fliqur, fli-kâ, tranche. Um flique de 
riande^: par extens. flocon de neige. 
On croit le mot dérivé de fiesk = 
viande. Peut-être vient-il plutôt de 
flitch =r quartier de lard, qui prend 
dans Tanglais populaire les formes 
fleak, fleek, fleik. On pourrait même 
sonj^r èkfleacties = madrier scié en 
planches. 

Flondre, Hon-dre, poisson plat (flei) 
Hessuê. Voir J. T. 

Fluccia, fuschia. — L. 

Fluter, Hû-té, en pari, des animaux, 
avoir une diarrhée, foirer. 

Flutier, flû'tié, flûteur. 

FociLLE, fo-cî-ye, faucille. Locution: 
affiler les focillea, faire la fête dite 
<i aflilage des faucilles ». Voir aflUage. 

Foire, foué, foire. \o\t /ère. 

Foireux, /tft-r^>, qui urne les foires. 

Fois. Locution : Y a des fois = quel- 
quefois. — L. 

Fol, fô, fou. 

FohLYi.fô'le, folle. 

Foncer, creuser profondément. Foncer 
un trou, — B. 

Foncet, /t*ncè ; !• reste de baleine em- 
ployée par les tisserands ; 2^ au fig., 
premières épargnes ; 3* le fond d'une 
bouteille vidée: un fancet de rin pour 
la bonne. 

Foncière, fon-cyé^ dépression dans un 
terrain. 

Fokcine, Alphonsine. — LC. 

FoNÇU, fôn-suy creux, profond ; ne s'em- 
ploie qu'avec les mots c assiette }» et 
a plat ». 

Fond, fon.', profond. Man pUê (puits) 
est pas trop fond, 

FoNDANCK, /ou-rfaaS-re? ; 1» baissière; 
2'' fondrière dans des terres détrem- 
pées ou nouvellement remuées. 

FONDRÉRIES, fon-dré-ie, effrondrilles. 

FoQUE, /o'ke, foi ; rare et seulemcat 

dans <( ma foque i». 
FoRBÉTURE,/tfr-W-iy, fourbure. 

FoRBU [plus près de la dérivation pri- 
mitive], /briw, fourbu. Locution : être 
for bu =z dépité de ne se voir rien 
off"rir. 

FoRCHE,/or-r/i<?, force. 

FoRCHEMENT, for-che-man, foulure; 
effort. 

FoECHÉMENT, for-chc-man^ forcément 



FOU 



- ISO -- 



FRE 



FOSCHEB, far^chê, foroer; êeforeher as 
m donner un effort. 

FoucHiB, for-t'hî^ enforcir, ▼. neatre. 

FoRUESj/yr-^V, forces à tondre. 

FOBMACiEN,/«»r-]iui-<;iV»f pharmacien. 

Fortune, for-tun-ne, fortune, richesse. 

Fossé, /^-<»«J, clôture formée d'une élé- 
vation de terre d'un à deux mètres, 
Plantée d^arbres i\ haute tige. D'où 
expression (étrange s'il s'agissait d'un 
fossé ordinaire) : wonté sur le fossé. . 

FoBgET, fô-cè^ faupset. Locution : Hyer 
(tirer) au/océ, entamer une pièce qui 
n'a pas encore de chantepleure ; au 
fig. ((boire du gros (cidre;. d 

FossiEPX, fo-cyeu^^ fossoyeur. 

Fotaine, /(htin^ne, fontaine. 

FoUAiLLi&B, ftmà-yêye, fustigation com- 
plète ; au fig. (( averse ]». 

FOUCBAIE, fou'crêy voir craire* 

FOUDBB, maso., fou-dre^ bourrasque. 
C'est un foudre qui passe, et qui va 
tout briseailler. 

Fou EN E [très voisin de Tancienne forme 
u foêne »], /ouin*-ne, fouine, trident 
pour la pêche. 

FOTJÈvmR, fou-în^né, !• poursuivre le 
poisson avec la fouêne ; 2« au fig., 
chercher dans les recoins, fureter. 

FOUÊYB, /uuêye (fouée), feu clair de 
menu bois. De ce mot peu employé, 
voir les synonymes barreye et cal- 
baude, 

FouiLLEB une vache. 

FouiLLON, fou-ya/iy frelon. — B. ajoute 

en variante : <t ou foullon :». 
FouiLLONNEMENT, fou-yon-ne-man, 

mauvaise préparati()n d'une terre tra- 

vaillée au louohet, etc. 
FouiLLONNEB, fou-yon-né^ mal remuer 

la terre, soit à la charrue, soit à la 

bêche. 

FouiLLONNEUX, fitu-von-neu^ mala- 
droit terrassier ou laboureur. 

FoUB, fou, four ou fournil. 

FouBC, fourj enfourchure : le fourc de 
mes culftttes. Admis dans la langue 
sous la forme four. 

FOUBCHE, masc., /uMr-c/e^, enfourchure, 
bifurcation. 

FouBCU, four-ku^ fourchu. 

FouBB,/o», excrémentg. D'après Lepin- 
gard, la foure est plus solide que la 
foire. Se dit surtout du chien, du chat 
et de la vache. 

FOUREUX, fou-eu'^, sale, merdeux, in- 
jure à un enfant. — L<x;ution (qui 
exprime une profonde vénération ou 
une grande servilité) : Il y [lui] bai- 
serait le e... tout foueux. 

Fou BOAS, broussailles ou menus éclats 
de boiB. 



FOUBNAGBB, fout-nà-jé^ ravager, four- 
rager. — Dm. « foumaguer ». 

FouBNEL, four-nê, fourneau à lin, à 
chaux, etc. 

FouBNÊQUER, fourrager. — L 0. 

Fourni [bien), nanti ; femme qui a une 

bonne coffrée. — L. 
FouRQUE, /«>iir-A», fourche. 
FouRQUER, four-kiê, !•» fourcher ; 2° se 

bifurquer; 3* arracher avec la fourche. 

Ftnirquer des pommes de terre, se dit 

à Si-Jouin, non de les arracher, mais 

de les sarcler au printemps. 
FouRQi'ET,/«/«r-^i^, enfourchure. Four- 

quet d* un pommier, 
FouBQUETTB. four-ki-è-te, fourche à 

foin ; anglais forket. 
Fou HQXjJKy four-kyie, ce qu'enlevé un 

coup de fourche. i^Vn»' fourquie d* 

fdumié, 

FousTRADE, fouss-tra-de^ emportement 
passager. 

FousTRADEUX, fouss-tro-deu^, vif, mais 
s'apaise bientôt. 

FouTBT, fou'tê, espiègle, enfant re- 
muant. Dans cette seule Icxïution : 
petit foutet. 

FoTJTiHERf/uu-ti-né, !• perdre son temps 
à des riens ; 2* n'avancer à rien dans 
son travail. 

F0UTlNiER,/0M-^i-»yrf, lambin, qui fait 
peu d'ouvrage^ quoique toujours oc- 
cupé. 

Fraoie, Euphrasie. — L. 

Fbajd, fém., frèy froid, maso. 

Fbaidukb, frè-dUf froidure. 

Fbais, /re, V adj., mouillé; au fig., 
dans une mauvaise position : vo 
via frais! 2° s. m., piste suivie par 
un chien : il a le frais de san maître; 
item d'un lièvre, 

FRAi8R,/wy*-r^, fraise; yoît frase. 

Fbaisirr, fray'-zié, fraisier. 

Framboise, fràn-boiy'-ze, framboise. 

Fbamboisieb, fràn-bohf'zU^ framboi- 
sier. 

Franche-terbe, taches terreuses que 
les personnes débiles oni parfois à la 
figure. — B. 

Francin, François. — L. 

Frase [semble la forme la plus ancien- 
ne], /ro-zd, fraise de veau. 

Frasê, fra-ze, qui a bonne mine. 

Fratbes, /ra-^re?«*, barbier. On dit a un 
fratrcd ». 

¥ RAV DE, frafP'de, fraude. 

Fraye, frâ-ye, !<> frai de poisson; 2« 
éperlan. 

Frayeur, /re-y^, frayeur. 
Frechonnement, fe^r-chon-ne-man, 
frissonnement, fourmillement. 



GAB 



- 160 - 



GAB 



Fbbchokmkb, ft^^T^Tumrnè, friBSonner. 

Fbbda, fe^r-da, noce, repas. — L. 

FbedAINE, ft^r-diii^-ne, fredaine. 

Fbégade, fri-ga-de, frégate. 

VREiiUqvji, feT'lu-ke, f peluche. 

Fbbmbb. /r^-m^, fermer. Au commen- 
cement du xvi« siècle, fremer était 
plus usité que fermer, Palrobavb, 
606, 541, 703, 717. 

Frbmi, fr^-mi, fourmi. 

Kbemillbmekt, fc^r-mi-y-man^ four- 
millement. 

Fbbmilleb, frt^'mi'yé, fourmiller. 

Fbemillèkb, frel^-mi^èe, fourmilière. 

Fbemilloks, fre/^^mi-yoïUf picotement 
sous la peau. 

Fbemib, trembler; se dit aussi de l'eau 
qui commence à bouillir. — L. 

FBENâQUBB, fe^r-nê'kié, faire des re- 
cherches inutiles on désagréables aux 
autres. 

Fbéqitbnteb, fré-ran^té, spécialement 
se dit d'un jeune homme oui fait sa 
cour en vue du mariage. Mais « han- 
ter • est plus fréquent en ce sens. 

FBfiBB, fré, frère. 

FBiBBTTX,/r^-«**, germain. Uniquement 
dans cette locution : cousin frértuoB. 

Fbettè, frè'tê, serré dans ses habits 
[comme avec une frette] ; se dit aussi 
au vêtement lui-même. 

Fbeulembnt, freu^'le-nuin, frôlement 

Fbkuleb, /rffû-/^, frôler, froisser. La 
roue afrevU ma gamhe. 

Fbbtilleb, fif'r-tiryi, frétiller. 

Fbibou, frirhou^ frileux. 

Fbibubtb, escroquerie, vol de petits 
objets [forme primitive de c flibuste d]. 
■— lit 

Fbigabbêye, frùoorciye, fricassée. 

Fbicot, frico^ lo mets en général (s'op- 
pose à <K pain d ); 2" fricassée ; S"" festin. 
Fbioocssb, frùgou'Ce^ fricot médiocre, 

mauvais ragoût. 
Fbimailleb, se dit du temps où une 
pluie fine se change en frimas. — L. 

FBiOLBT8,/ri-o-i^, voir /(9iti/ Wrt*. 



Fbiolieb, fri^o-lU^ amatear de frian- 
dises. 

Fbiolisb, friryoAi'ze, friolerie, frian- 
dise. 

Fbison, frî'Zon, boude de cheveux. 

Fbit, /r», 1- fruit ; 2- partie, de « frire », 
surtout dans la locution usuelle : H 
est frit = perdu. 

Fbitagb, fri-ta-je, des fruits en géné- 
ral : Manger du friJtage, Les précieux 
disent < f ruitage 9. 

Fbitieb, /ri-ti^, fruitier. 

Fbitubb, /H-«M, friture. 

Fbomangib, fro-man-fie (fromagée), 
sorte de fromage qm ne se mange 
qu'en potage. 

FtLOVTRh, frôn-tê, fronteau. 

Frou-pbou, au ûg., faire du frou-frou 
= faire des embarras. — L., 

Fu, /it, feu. 

Fultbb, ful'té, fuir, filer. 

FUMMAOE, fun-ma-je^ fumure. 

Fdmmbb, fun-mâr^ fumer. 

FuMMBUSE, fun-meu'^'ZOt fumure. 

FUMMEUX, /ttn-m^', fumeur. 

FUMMBYB, fun-mê-ye, .1° fumée ; 29 
brouillard. 

FuMMiBB, fun-mier, fumier. 

Fur, fur, feu, Murtout au plur. : des 
fnrs; au sing., fu est plus générale- 
ment employé. 

FxJKÈ, coloré, en feu. — B. 

FUBEUB, fu-eu^ fureur. 

FUBOLB, fu-O'le, !• feu follet; 2» cheval 
ombrageux et craintif. — V. Delb. — 
En B.-N., une torche est une « furolcB. 
Wright définit furole a kind ofmeteor, 
ce qui montre que le mot a franchi 
le détroit 

Fut, fut, fur, dans cette seule expres- 
sion à fut et mesure pour « au fur 
et à.... )) 

FUTIEB, fâ-tii, braconnier. « Affutier » 
dans la vallée de TYère. 

FUTIN, fûrtin^, objet inutile et de peu 
de valeur. 



Gabari, les neuf gerbes mises debout 
avec la dixième qui les recouvre. 

Gabatin, ga-ha-tin'^, saltimbanque; 
baladin. [La langue courante a accueilli 
gahatine, de même dérivation = mys- 
tification]. 



Gabeqib, gab-jie (outre le sens français), 
désordre, grabuge. 

Gabibb, ga-hyè, polisson. 

Oabilleb. ga-bi-yé, 1® gaspiller; 2» gâ- 
ter, salir. Ah ! vian pain qu*est tout 
gabillê, disait un gamin, en retirant 



GAL 



- 161 - 



GAT 



son morceau de pain de la mélasse, où 
il Tavait jeté exprès. 

Gabillon, masc. et fém., ga-hi-yon^ 
prodigue. 

Oabillonnaoe, ga-bi-yon-TuL-je, gas- 
pillage, dépenses superaues. 

Oabilloknbb (fréquentatif de « gabil- 
1er ))), ga-hirgon-né^ gftter, gaspiller. 

Gabion, ga-hion^ canardière. 

Gabouilleb, barbouiller. — L. 

Gadb, ga^de^ groseilles à grappes. Oèlée 
de godes. C'était son seul emploi vers 
1860 ; aujourd'hui est tout à fait accli- 
maté ; les précieux l'ont remplacé mal 
à propos par « garde d, qui en ce sens 
n'appartient à aucune langue. 

Gadkli KE,ga-de-lié^ groseilles à grappes. 
Voir le suiv. 

Qadbllb, ga-dè'le, groseilles à grappes. 
G*est le vrai nom normand de ce fruit, 
cité par Th. Corneille en 1694. Gadelle 
est dans le Dict. de Trévoux, aussi 
bien que dans le dict. franc. -anglais 
de Stone. Sainte-Adresse a la rue des 
Gadelles. 

Oadou, gadou, sale. [Racine vraisem- 
blable de <i gadouard, gadoue ».] 

Gaffêtb, aa-/êye, morsure de chien, 
de renard; au fig., injure sanglante. 

Oaobusb, ga-Jeu^-ze^ gageure. 

Gaonb, s. iém.^gan^-gne^ gain. Au plur. 
salaire. J'ai porté mes gagnes à la 
caisse d'épargne. 

Gaone-pain, celui qui soutient sa fa- 
mille par son travail. — L. 

Oaonbuz, celui qui, au jeu, gagne la 
partie. 

Gai, ghe^ geai. Locution : fromage au 
gai^ fromage mou, blanc frais. 

Q Ah^ gai, galet, plage. [C'est le primitif 
de galetj. Gai de mé = galets du 
rivage. 

Galagnie, ga-lan-gnî, le contenu des 
deux mains. Bn bas norm. « galêoie 
on galinée 9. Y. Delbtmlle <c Galinée ». 

Galapiaud, ga-la-piâs, galopin. 

Ualatab [forme étymologique, au xiv* 
siècle, de <i galetas »], grenier. — B. 

Galb, ga-le, 1* gale; 2« croûte de plaie. 

Galâeb, ga4é, galère; 

Galet, ga-lè^ l" caillou roulé ; 2* grê- 
lon. On ne dit jamais a il grôle », mais 
il tombe des galets, 

Galibibb, ga4i*byé, polisson, vagabond . 

Galimafiaud, ga-li'ma-JiâSf homme 
déplaisant ou nuisible ; s'emploie avec 
les adjectifs grand et vieux. 

Gallois, ga-louê^ petits galets, gravier, 
ne s'emploie qu'au pluriel. 

G A LOT, ga-lo^ V* galet de mer ; 2» ga- 
loche. 



Galuohon, sorte de galette. — L. 
Qalubt, jeune homme qui fait le mon 

sieur. — B. 
Galvaudeb, gal-vaw'déj aller trop vite 

en travaillant. Voir J. T. 
Oambe, gan^'be, jambe. 
Gambette, gan^-bè-te, pied de colza, ce 

qui en reste dans le sol après la ooupe. 
Oambillbb, gan^-bi-yéy au fig. marcher 

d'une manière ridicule. 
Gambillon. gan^-bi'Uon, pièce de bois 

qui sert à suspendre les animaux 

morts. 
Gambillonnbb, gan^-bi-yon-hé, gam- 

biller (fréquentatif de ce verbe). 
Gambon, gan^-bon^ tige semi-ligneuse 

de certaines plantes, lorsque la partie 

tendre a été coupée ou broutée. Oam- 

bon de chou. 
Ganagheb, marcher beaucoup et avec 

fatigue. — L. 
Ganci, gan^-cîy chanci, moisi. 
GAN0iB(8B),yaAS-&î, chancir,se moisir, 

surtout en parlant du bois. 
Ganne, gan^-ne^ jaune. 
Gannet, gaw-nè, jaunet, souci des 

champs, oàrysanthemum segetum. 
GANMI8SE, gan^-ni-cOf jaunisse, ictère. 
Gante, gan^-te, jante. 
Gaqueeb, ga-kiéy jachère. 
Gabantisb, gO'ran^'ti'Ze, garantie. 
Gabaud, ^a-râ«, toile de coton. [L'indus- 
trie emploie la forme garas.] 
Gabaudieb, ga-raw'dié^ tisserand. 
Gabchon, gar-chon, garçon. 
Gabchonnbt, gar-efton'nè, garçonnet. 
GabchomniAbe, gar-chon-nié, garçon- 
nière. 
Gabde-bobb, gar-de-ro-be, meuble où 

Ton serre les vêtements. N'a ici que ce 

sens, e^ est masculin. 
Gaedin, gâr'din^, jardin. 
GabdinBb, gâr-di-néf jardiner. 
Gabdinbt, gar-dUnet, jardinet 
Gabdinieb, jardinier. 
Gabet, ga-ret, jarret Entré dans le 

nom de Brise-garet^ donné au cime- 
tière de Montivilliers. 
Gabs, gàf garçon. Cett un Jameux aars 

= un garçon bien campé. On écrit 

aussi gas. 
Gatè, ga-te, gâté. Ne pas confondre 

avec (( gâtel » qui se prononce de 

même. 

Gatel, gortè, gâteau. 

Gatisbe, ga-tiéy aire d'une grange. 
Voir àattière. 

Gatts, ga-te^ 1« jatte ; 29 Marelle, Jeu. 
Il est poli comme une gatte recousue. 



GElf 



— !6î- 



GU 



En anglo-saxon gaie est un chemin, 

une route. 
Qattbt, ga-têf petite jatte ou fragment 

de jatte. 
Q ATTESTE, ga-tê-ye, jattée, le contenu 

d'une jatte. 
Qauchr, gatC'Che, gauche. 
Gauches, gaw-cké^ gaucher. 

GauuuillaOE, gavs-ghi-^â-je^ barbouil- 
lage. 
Gauouillr, gaw-ghi-ge, coquille. Cett 

nn komme qui donne pas te^f gaujftilles. 

A rapprocher de « gauge s, et Tuir 

Decorde, Patois du, Paya de Bray. 
Gauodillbk. garo-ghi-yé^ couvrir de 

saletés; barbouiller. 
Gaule, gait-le, gaule. 
Gaulkk, gavc-Uy 1* gauler; ^ faire un 

travail à la bâte ; sens de canl en 

Northumberland. 
Gaulktte, garc-lè-te, gaiilette ; spécial' 

petite gaule servant de latte pour sou- 
tenir le chaume des toitures. 
Gaunibse (masculin), jaunisse. — L C. 
G a VELER, ga-rlé, mettre en javelle les 

céréales. 
Gavklieb, ça-rtfi4ié^ ramassette, pièce 

de bois dont on arme une faux, pour 

ramaséer les grains en les coupant. 
Gavelle, aa-tè-le^ javelle (anglais ga- 

relj^ blé ou avoine qui reste sur le 

cbamp avant d'être lié. 
Gavelot, aa-tlo^ javelle [semble un 

diminutif]. 
O A VÊTE, ga-reyc (gavée), s'en donner 

vne gareye = manger avec excès 

(dérivé de <t gaver d). 
Gaviot, ga-riOy gorge, gosier, prendre 

quelqu'un an gaviot ; français, gatet ; 

picard, gave. PalsOB. : Wetant the 

ffype = gaviot. 
Gazette, gâ-zè-te, bavarde (cancanière). 
Gkigkeux^ jin-gneu^ (pleure-misère), 

qui aime à geindre sans i-aison. 
Oeionotteh, JiA-^;fo-^<;, geindre, gémir 

fréquemment ou faiblement ; diminu- 
tif et fréquentatif de c geindre ». 
G EIGNOTTEM KHTjin-gnott'-manj f ai blés 

plaintes ; ou plaintes déraibonnables. 
GElQKOJrSLJJXjin-gno-teu^, qui se plaint 

souvent et sans raison. 
Gelêyk, flêye, gelée. 
Gelif, g'iif, gélif. 

Gelottbr [dimin. de « geler »], floté, 
geler légèrement. 

Gknet, fnê, genêt. 

OEKÊYE,/w*îy<?, famille nombreuse [em- 
prunté directement au grec y^vex ?J 
Salre pater^ mater ^ et toute la génie, 
(Muse Dorm.) 



Genichon, fnt-ehûn, V petite génisse ; 
2<» séneçon, plante (teneeio vulgarit). 

Génisse, fnt-ee^ génisse. 

Genou, /iMW, genou. iVo devrait s' met- 
tre à genoux oar iou ^i posée es Cet 
homme est oigne du plus grand res- 
pect 

G enouillé (genouillère), 1* des vies et 
des jvâsy qu^on met aux veaux et aux 
chevaux |>oor leur protéger les genoux; 
2^ à gerbes^ que les Heurs mettent sur 
le pantalon quand ils font les gerbes. 

— B. 

Genouillkr, j'nou-yé, 1* presser avec 
le genou ; 2^ fléchir 8ur les genoux : 
tnan jvâ genou iUe . 

Genouillette, J'Hou-yê-^e, spergule 
des champs. 

Gens, jaj», 1» tous les ^en8 du français; 
2* les parents, les domestiques, etc., 
répond alors exactement au famUia 
des Romains. Je donne mes gagnes à 
vits gens (à mon père et à ma mère) ; 

— quand nos gens (la famille) seront 
arrirésy no se mettra à talde, 

GÉRER avec. = faire des affaires 
avec. ... — B. 

Gerne, jrr-ne, germe. 

Gbrner, ier-né, germer. 

Gekxotibr,-]Èke, ger-no-tié, ramasseur, 
ramasseuse des tubercules de la ger- 
nott«. 

Gkrnotte, ier-no-te, ravoineà chapelet 
[très mauvaise herbe]. 

Gibet, gi-hé^ poignée du manche de la 
faux [le sens le plus ancien de « gibet » 
était c bâton recourbé ]»]. 

Gioouret, ji-gou-ré, sorte de jeu de 
toupie, de gig toupie, « toupie, Fabot, 
trompe, a tap gig or nun » (Nom KM- 
clator). 

Gioub, j»-^tf«, longue jambe. 

GIGUER, gambader ; par ex t. ruer. 
Vot'fca gigue. 

GiMBONNEK, jin-hon-né, agiter les jam- 
bes, surtout dans le lit. 

Ginoukt, /taS-^A^é, saut, gambade. 

GiPB (liu bas-latin gipum^ qu'on rappro- 
che de <i gypse ib),ji-pey couche de 
mortier appliquée sur une muraille 
comme enduit. 

GirEB,Jt-/)^, enduire de gipe. 
Giboflbyb, ji-ro-flêye, giroflée. 
Giboubtte, ji-rouè-te^ !• girouette; 
2^ tourbillon de poussière. 

Gibier [forme plus étymologique], y i-^t^, 
gésier. 

GLague, gla-che^ glace (eau gelée, mais 

non uiirôir). 
Glachkr, ylâ-rhèy glacer; en labourage, 

unir et lustrer les sillons. Syoon. 

« cirer >. 



GOD 



— 163 — 



GOtJ 



GlaCHOK, glârchon, glaçon. 

Glacière, gla-clé^ glacière. 

Olaoeux, glâ-jeu-, glaïeul {iris pseudo- 
aeoruë), 

Glame, Guillaume. — L. 

Glane, glan-ney glane. Locution : Be- 
battre se* glanes, répéter la même 
chose. 

GLANEUXf gla-neu"^^ glaneur. 

Glisset, ouverture étroite ménagée au 
dessous de la porte d'un poulailler 
(ainsi appelé du morceau de boid qui 
glisse dans des rainures pour le fer- 
mer). — B. 

Glosbb, glimé^ gloire. 

Glosieux, ^/^zier/'-', 1* glorieux; 2" va- 
niteux. 

Gloton et plus souvent Goton, Mar- 
guerite. — L. 

Olummbr. glun-mé^ humer, happer. 
Compar. « galumer », aux envirous de 
Gany. 

Gnaffer, gna-fé, V pousser des aboie- 
lueuts étouffés, en parlant des chiens ; 
2* se dit jiarfois des étrangers dont 
on n*entend pas la langue. 

Gnaonot, gna-gno, petit niais. 

Gnagmotte, gna-gnnte, gnognotce ; niai- 
serie, futilité,; uniquement dan^ la 
locution : C'ett ou ce nest que de la 
gnagmdte. 

Gnangnan, gnan-gnan^ radotage, rai- 
sonnement de niais. Le Dict. générai 
rapplique aux personnt-s. 

Gnaque, gnac^ 1" petite flaque d*eau ; 
2« reste de soupe. 

Gniaf, rare, ^ a m/, mauvais cordonnier. 
Dans i'uBiige ordinaire : savetier, cor- 
donnier ambulant. 

Gniole, nielle. — L. 

Gobe, go-he^ i* gobe ; 2* grosse bouchée : 
3» furoncle, ou grosseur quelconque 
au cou, etc. 

Gobier, go-bîé^ crédule, sot 

Gobine, go-binrne {lacune), bobine de 

tisserand. 
GOBITON, gthbi'ton, morceau de pain 

qui ne trempe point dans la soupe. 

Gobitonnee, mettre grossièrement en 
morceaux. iS' gobitonne point noV paur 
pain, 

G0DAiLLER,8ub8t,^(Hfa-^^,équarisBeur. 
Voir le suiv. 

Godailler, go-dâ-yé^ 1» boire démesu- 
rément (sens entré dans l'usage) ; 
2* faire orgie 3* assister à un grand 
re|vas. Du vieux français goudale^ bière 
(anglais good aie) : PalsûR., p. ti78 : 
Jl ne fait autre chose que se radier à 
la wayson, là où on vend de la gou' 
dale toutejour. 



Gode, gn-de, ffode, sorte de poisson. 
Locution : il est sanul comme eunne 
gode, 

Godeu [le mot est entré dans l'usage; 
mais le commentaire ci-joint vaut une 
mention], go-dé, en parlant d*un vête* 
ment, faire au dos des plis disgra- 
cieux, par suite d'une mauvaise coupe ; 
de cod qui en anglo-saxon et en weU 
che signifie € bourse, sac, etc.D. Le 
français godron parait dériver de 
c goder». 

GoMUAS, f/on-mâ, pâte à beignets. 

UOMMITUE, gon-mî-tre, parasite ; homme 
im(>ortun, [fut jadis le sobriquet des 
habitants de Hautot-sur-Seine. Ecrit 
agomitre» par la Mv-se Normande; il 
y a le sens de «policier».] 

Gonflé, gon-Jfê^ météorisé en parlant de 
bestiaux. 

GOROBTTE, gor-jè'te : 1° gorgerette ; 2» 
diiiiinutif amical de gorge. 

GORQIK, gor-jie^ gorgée. 

GosiLLAGE, u^-zi-yâ-ge^ vomissement 
[de l'ancien sens deugosiller», resté 
en plein usage] . 

QostiE, gO'Ce : !• au masc. enfant; 2® 
au féui. plaisanterie, bourde. 

GossER, go-cé^ plaisanter. Ce mot im- 
plique l'idée d'histoire inventée à 
plaisir ; ce qui n'est pas pour le franc. 
gausser = tourner en ridicule. 

GoTHON, Marguerite. — L. 

GOUAILLEUX , gou ' a- yeu' , railleur 
(gouailleur esi dans TAcadémie). 

GouDKAN [forme primitive], gou-dran, 
goudron. 

GouÊPE, gouè'pe : l» canaille ; anglais 
iraped^ misérable; 2<>mauvisetlitorne, 
oiseaux. 

GouiLLAS, gon-yâ, goinfre, gourmand. 
SSemble avoir quelque rapport avec 
a goulafre 9. 

GouiLLAU DEMENT, gou- yaw -d'man, 
gloutonnement, goulûment. 

GouiLLAU DISE, gou-gaw-dî-te, glouton- 
nerie. 

GouiNE, gouinrne^ méchante femme. 
[A-t-il quelque affinité avec yaviq ^j 

GouJARD, gou-jar, goujat = jeune do- 
mestique. 

GouJARDER, gtm-jar-déf faire un travail 
de agoujard». 

GouJABON, goU'Ja-ron (lacune), ? petit 
goujard. 

Goule (euphémisme de gueule), gou-le, 

bouche. 
Gou L RTON,maladie contagieuse du bétail . 
GoULÊYE (donner saj^ dire son mot. 

— B. (Voir « brebis ») ; au propre, ce 

qu'on avale d'un seul coup : r n'na 

fait qu' eunne goulêge. 



GRA 



— 164 — 



GRE 



GouLOK, gou4imy goulot de bouteille. 

GouBDAS, gour-daty légèrement humide 
[diminutif de «gourd»]. 

GOUBDIFAILLE, gour-di-fârye, festin, 
copieuBe nourriture. 

GOUBDIFAILLEB, gour-di-fà-yé , manger 
abondamment» aesitter à un grand 
featin. 

GouBDirAiLLEUX, gpnr'di'/a-yeu^, 
ami de la bonne chère. 

GOUBFOULEB, gour-foV'léf preeser, fou- 
ler de sens et d'autre. 

GOUBGAOKB, gour-gan-gne, fève de ma- 
rais, pluB souvent cbourgagne». 

GoDRMKTTBB un ckexal^ lui mettre la 
gourmette, le gourmer. 

GOUSPILLEB, govu-pi-yé, salir. 

G0U88EPIN, gauss'piitf galopin [peut se 
rapprocher de tgaepiuu»]. 

GODTBAN, gou-tran, goudron. 

Goutte. Locution : Y a pas eunn 
goutte de vent = le temps est parfai- 
tement calme. — B. 

GOUVBUMAL, goU'Cer~na, gouvernail. 

Gbabuge, gra-lâ-je,, coulage, désordre 
dans l'administration d'une maison. 

Gbabugeb, gra-bû'jé, rapiner. 

Gbadb et 6BADELLE, voyes c gadelle ]>. 

Gbavfioneb, grafi-gnéy gratter légère- 
ment. 

Gbaffigkuknkb, gra-fi-gnon-né^ grat- 
ter comme les chats. 

UBAFFILLOiiliiiB, grâ-Ji-yoTirné. Voir les 
précédents. 

Gbaffogneb, gra-fon-gné, fréquentatif 
de «gratter». 

Gkage, gra-gej gros peigne à égrener le 
lin et à |X)igner le feurre (A'gnntye 
dans Dm. Voir Delboulle). — L. ajoute : 
vieille femme méprisable. 

Gbageb, grâ-gé : 1** grager les dents =^ 
grincer ; *2° peigner le lin ou la paille ; 
50 quelquefois «draguer». 

Gbageux, grâ'jeu'^ (lacune : sans doute 
celui qui k>e sert de la grage). En an- 
cien français < ratisëeur ». (Jragevr a 
pain^ grageur à gingembre, 

Gbaillot, grâ-yo^ grumeau. 

Gballot£B, grâ-yihté, s*engrumeler. 
Gbain. Locution : veiller augrain^êtTe 
soigneux, vigilant. ~ L. 

G baisses, grê'vé : 1* graisser; 2« en- 
graisser : je graisse quatre vaqvts, 
IS*emploie absolument: j'aime mteux 
faire du beurre que de gratsser; 3« 
battre : J'te vas graisser, 

Gbaibset, grê'Cè^ lampe ancienne. — 
Dm. craiinÊtt^ forme qui rappelle mieux 
l'anglais cresset = fanal. 

GBAIS8EUSE (la langue ordinaire écri- 
rait yraiisurejf ce qui sert à graisser 



les essieux de voiture, les machines, 
etc. — L. 

Gbakghx, granl^-eke^ grange. Le nom 
propre Grancher prouve que«granche> 
est ancien , et i'alsgrave Ta souvent cité. 

Grand, ^mjt (outre les sens franc.) fier, 
y. d*Y « grandier A. Aller dans le grand 
= mener grand train, ou imiter les 
manières des grands. 

GbandEcimme, gran-dé-ein-we, gran- 
dissime, très grand ; ridiculement 
grand. 

Gbakdbt, gran-dè, un peu grand. 

Gbamdeub gran'deu\ grandeur; par 
extension, tierté. 

GBA8-J0tJB8, grârjour, les jours gras. 

Gbabsb- poulette, gra-ee-pou'lè'te 
(plante), ansérine due champs, ekew^^ 
podium leucospermum. 

Gbasbîeb, grâ-cié, grasseyer. Il ^rassis 
un prtit ; may» cela luy sitt h%e%. — 
Palsob. p. 616. 

Gbatteb, gra-téy se procurer des gains 
illicites. 

Gbayé (absolument) = marqué de pe- 
tite vérole. D'où ce mot aimable : O» 
ne grave que sur les beaux w arceaux, 
-^ L. 

Gbayieb. Locution : avè un gravier 
dans l'ail = uu grain de pousâière.— B. 

Gbavois, grorvois, gros graviers. 

QvLZDlv^ghf^r-din^ grcdin. 

GBBDOUiLLEB,pAeor-ifett-y^, gargouiller. 
Ça me gredvuUle dans le rentre = 
avoir des bortiorygmes. 

Gbegeon, ghe^r-jtm (lacune). L. dit : 
« son repassé nous la meule ». Aux 
Andelys, sautré (7/?); en anglais po- 
pulaire iTli. Wrighi) grudginijs, ce qui 
indique uu radical grua. On dit aussi 
en anglais populaire gurgeuns. Ce mot 
u'est que la transcription du nôtre; 
l'autre semble plus primitif. 

Gbegib, ghe^r-ji, froncer, plisser. 

G BEQUILLE, gher-ght-ye^ jambe longue 
et mince. 

G BÊLE, au fig. misère, ruine, fléau. 
C'fust eunn grêle que et komme^lÀ.— 
L. — C'est la grêle; no nj'ait ergent 
de rien^ V commerce n râpas! — B. 
Voir ckaraban, 

G BÊLÉ = « gravé », au sens ci-dessos. 
D'où ce sot compliment fait a un 
houjme gravé, en le regardant de fort 
près : Vous avez donc été sous la 
yrêU? 

GbÈlin, grê'lin, poisson. 

Gkelotteb, ghe^r-Uhté, grelotter. [Le 
sens primitif n'est-il pad ; «s'agiter, 
trembler p, pour une cause quelconque? 
Y vint un grand coup de tonnerre^ 
racontait un villageois : tout grelottait 
dans la maison.] 



GBI 



— 165 — 



GUE 



Gbémillâbb, gré-mi-yê, miliaire, érup- 
tion semblable à des gnÛDS de millet. 

Qrémir, grémi, friMODoer. Ça /ait 
gré Mi, = ça fait chair de poule. J'en 
ai grémi, 

Qbenâdieb, ghe^r-îM-dié, grenadier. 

Gbbnée, ghe^r-nêge, forte averse, grain 
de pluie. 

QRiLNiEBf ght^r-nié, grenier. Palsob. 
gemier et gantier. 

Qbknir, ghe^r-nit porter graine, être en 
graine, grener. 

Ubbnison [dérivé du précédent], ghe^r- 
ni'zony rendement dea céréales. 

Gbemouillb, ghe^r-nou-ye, grenouille, 
(ordinairement, le frai des grenouilles). 
On dit bien plus souvent « raine i>. 

Obemu, ghâ^r-nu, grenu. 

Gresaille (pour <t garsaille ]>, ghe^r- 
zâ-ytf : l<* la foule des enfants. Toute 
la gresaille galopait emjtrès un Maoû- 
lard; t** au tig., troupe de mauvais 
sujets. 

ObÉsil, ghe*r<i, grésil, verglas. 

Grésillé, brûlé au soleil. — B. 

Gbéteb [il y a un t au radical hollan- 
dais], gré-yé, gréer; par extension, 
équiper, harnacner. 

Obiaudsb, glisser («griller s). 

Gbibiche, gri'hi'Che^ terme injurieux 
(V. Dm. et J. T,)^vieUie grihic/iel 

Gbiffeb, gri-fé, égratigner. On dit 
plus souvent « egriter ]>. 

Gbiffouyeb, griffonner. — L. 

Gbionas, gri-gnâ : !<> pleurnicheur, 
maussade; synon. agrignouv; 2« li- 
gure grotesque à l'avant des uavired. 

Gkioneb, gri-gné : v. n. griucer des 
dents, avoir un air maussade ou souf- 
frant. Jl est tetups de préparer les dra- 
gées; la /eut me quemeHche a grigner 
[à Si-Lô, grigne =: mâchoire; ; V v. act. 
grigner une dotêye = manger des 
confitures étendues sur le pain, en 
laissant le pain lui-môme. 

Gbionè^te, gri-gne-ye, 1* grimace des 
lèvres qui se coiitracieot en laissant 
voir les dents ; 2» reproche, semonce. 

Gbillachb, gri^yorclte^ surtout à Gon- 
neviUeetà siaint-Jouin. V. le suivant. 

Oeillade, gri-ya-de^ glissoire, glissade. 

Grillant, gri-yan, glissant. Nœtid 
grillant = nœud coulant. 

Gbillbb, gri-yé, glisser. V. Delb. 

Grimaghb [forme du xiv* siècle], gri- 
wa-cke^ gnmace. 

Grimacher, gri-ma-ckéy grimacer. 
Grimagheux et Qbimacuikr, grirma- 
chen'* et gri-ma^chiéf grimacier. 

Grimper, grin^^péy grimper. 



Qrtmpset^ qrin-pcè, grimpereau. Déri- 
vation probable : t grimperel, grimpe- 
sel, grimpset ». 

Grinohkr, grin-ehé, grincer. [Cest jus- 
tement cette forme inconnue au Diot, 
gérééral, qui seule explique bien le dé- 
rivé c grincheux », admis p^r l'Aca- 
démie.] 

Grinosr, grin-jé, effeuiller un rameau 
en le passant entre les doigts. — 
T. Wright, grig = pincer, en Sommer- 
set. 

Orinoeuz, voleur. — B. 

Grisbttb, grî'xè'te, lézard gris, très 
agile, qui vit sur les coteaux. 

Qrisir [dérivation directe de a gris »], 
grî'Zi^ grisonner. 

Gbit, ^ri, griffe. Locution: 2 n'sait faire 
CBUcre de ses dix grils =3 de ses doigts. 

Groiheillier, groy''té^-lié, groseiller 
épineux. 

Groisellb, groy-iè'le, groseille à ma- 
quereau. 

Gros, grôy outre les sens français, 1* ri- 
ch& Fréquenter les gros. J/ait le gros^ 
ded'pis qu*U a hérité ; 2«* cidre pur : 
tirer du gros, 

QR088IEU, grô-eyé, 1« grossier ; 2» gros. 
Devenir grossier = prendre de l'em- 
bonpoint. 

Grouête, groH-4ye (grouée), fruits tom- 
bés la nuit, avant la complète matu- 
rité, et qu'on ramasse le matin. 

Grouillement, groû-ye-man^ bouderie. 

Grouiller, groû-yé, bouder. 

Grouilleuz, groû'yeu^, boudeur. 

Grouin, groH-in, 1® groin [ortographe 
qui doit représenter la prononciation 
primitive, comme on le verra tout à 
l'heure] ; 2** cap. Grouin de St-Jouin, 
Le terme a été commun à toute la 
Normandie, notamment près d'Avran- 
ches et d'isignv. Pendant des siècles 
le <K groing de Caux » fut le nom ofli- 
ciel de la Hève ; 3* (même radical que 
« grouêye :d;, menus débris de paille 
ou de foin qui s'échappent au trans- 
port ; ne s'emploie qu'au pluriel des 
grouins » [yrou-in^), 

G ROULER, grourU^ crouler. 
Gruler, gru'lé, trembler de froid. 
Grunqeb, grun-jé^ gruger. 
G UEDIN (lacune, môme de prononciation). 

Dans oez terres y a des cardons ; o'euun' 

est tout guedin. 

GUENAGHE, ghé^-na-eke, mâchoire. Lo- 
cution : traîner la guenaeke = rester 
malingre après une maladie. 

GUÊPETE. B. 

Guerre, ^Ai^r-^, gerbe. 
GUERBÊTE^ ghier-bêye, gerbe de blé, 
battue et liée sans ployer la paille. 

1â 



CUl 



— 166 — 



GUP 



GUERBIÈRE, ghier-hiè^ passage réservé, 
à l'entrée au tas, pour la place de8 
autres gerbes. Grande boucne» selon 
Dm. ; ce qui est une métaphore. 

QuÈRE, ^/u^, guère. Locution : pas guère 
=z peu ; um'tieu^ point gué = un pe- 
tit peU| pas beaucoup. La négation ne 
fait ici que renforctr le sens. 

GuéiiBT, ghyé'è, jarret. 

GUEBETIÉRU, ghier-tié, jarretière. 

GuEROOT, gfiier-go, flaque d'eau. On 
dit aussi a vervut d. 

GuerootaGE, yhier-go-tâ'je, gargotage. 

GUERGOTTE, ghier-go-te, gargotte. 

Guebgotter, ghwr-go-tê, gargotter. 

GUERGOTTIEB, ghyer-go-tiè^ malpropre. 

GuÉRiit,^/<^^, guérir. 

OUERLUPPE, s. ièni\ïï,,ghyer4u-pe^ mau- 
vais sujet, garnement. 

Gdernememt, ghyer-ne^-man^ garne- 
ment. 

G UEEMESEL, ghier-ne-zê^ troupe de mau- 
vais sujets, mauvais voisinage. De 
même radical que c garnement d; 
est-il à rapprocher de c garnison » ? 

GUERNIEB, ghye^-nié, voir grenier, 

GuERFLEE (à propos des bestiaux), pié- 
tiner le fourrage vert et le gâter sans 
proiit. — L. 

GuÊTBS, gfiê-te^ guêtres. 

GumTERj guée-té^ 1© guetter; 2* simpU 
<c voir :d. tivétùff-mai cha = regarde 
cela. 

GUETTEUZ de /avqueux (littér. : qui 
attend le faucneur) = ce que le fau- 
cheur a omis de couper. — B. 

GuEULU (rare), ghieu-lu, goulu. 

GUEUSEBIE, ghufu^'z'zie, gueuserie. 

GURVAlu, gh'véf varech. On se sert aussi 
de ce dernier mot, prononcé va-è. 

GUEVEU, glCveu\ cheveu. 

QuKVihLa^gKvî-ye^ cheville. [Cette pro- 
nonciation est si répandue que le 
peuple des environs de Kouen dit 
gvULy et gvUlon{Q,Mevi\\y^ Quevillon.] 
— Locution : U a mis une gtiye à tan 
trou = a trouvé une réponse fort à 
propos. 

GUEViLLEB, gh'vî-yéf cheviller. 

GuiAULER, gMaW'lé, sangloter. 

GuiAULKTTE, gàiaw-lè'te^ femme qui 
pleure souvent. 

GuiAULEUZ, yhiaw-îeu\ enfant pleur- 
nicheur. 

GOZAULOT, ghiaiv40f pleurnicheur. 



Guibolle, ghUlnhle^ très longues jam- 
bes, terme de mépris. 

GuiBBE, ghi-hre^ 1* rosse ; 2* méchante 
femme; ceci est plus étymologique : 
car guibre = guivre = vipère ; soit en 
patois anglais w itère, 

GuiGNAUD, ghi-gnâ», 1* louche ; 2« cu- 
rieux importun. iSynon. guigneu^. 

Guigna UDBB, ghi-gna/e-dé, regarder 
d'une manière indiscrète, espiouner. 

GUIONAUDÊYE, ghi^gnafc-dêye, à vue 
de nez. Acheter ou ictndre à la gui- 
gnaudêye = à l'estime, sans compter 
ou mesurer les objets. 

Guigne, ghin-gne (outre le sens de 
(( cerise »), l** enflure produite par ua 
coup ; lorrain geugne. '£* Avé *a guigne 
= être ivre. — L. ajoute : 3* soufflet. 

GuiGNEB, ghi-gné, loucher ; et le sens 
du français. [Au xvi« siècle, Yvetot 
appelait auignette un petit guichet 
pour explorer les abords d*une mai- 
son.] 

tiulL, s. masc., glù^ diarrhée.— L. donne 
la variante : guiile. 

GuiLDON^ homme avare. — B. 

GuiLLB, ^/ii-y«, terre glaise. 

GuiLLEB, ghi-yét 1* couler, se dit des 
matières semi-liquides : le talus a 

Î mille dans le chemin ; 2* glisser dans 
e ciel, en parlant des étoiles ttlantes. 

GuiLLET, petite veste. 

GuiLLEVESÊTE, gàiW-vc^-seye, comme 
guil. 

Guimauve, ghi-maw've^ guimauve. 

GUIMBABDE, ghin^-bar-de, sorte de due 
à Tavant et à l'arrière du chariot mo- 
derne. 

GuiMBELiER, goujat malin, éveillé.— L. 

GUIMBEUR^'ER, vilebrequin. — L. 

GuiMBONNER, ^/nV-fton-ji^', remuer les 
jambes saus nécessité. 

GuiNGOT, ghin^o, de travers : son 
bonnet eêt tout de guingtit. Serait-ce 
l'opposé de c[ tout de gu B ? 

GuiOLLE, ghio'le, gueule. 

GuiOLLEB, ghio-lé^ gueuler. 

GuiBB, ghi-te, glaise rouge, très difficile 
à labourer. 

GuiSEUZ, où il y a de la « guise ». 

GuisiBB, gkv-zyé, gésier. Aujoordliai 
plus souvent a gisier p, 

QVFtYEtgu-pê-ye, tâche, — L. explique 
d partie exécutée d'un ouvrage p. 



RAM 



— 107 — 



HAS 



H 



Hacha t a-cha, ha ça ! exclamation 

de gafté. 
Hachot, pièce de terre d'entrée [•? pour 

entrer] dan» une propriété voisine. — L. 
Hacque I interjection de dégoût. — L. 
Hageb, ha-jé, hacher. Ilager de la viande. 

C'est la forme précieuse ; voir ha- 

gner, 
Hagub, les plus gros morceaux de hois 

d'un fagot. — L. 
Haou£k, ha-ghié^ hacher, mettre en 

morceaux ; de l'ancien mot c hacquer ». 

Palbok. (077) Hacquiz ces rlutux bien 

meneus ; au fig. i in'a hayuê d'sottiset^ 
HaguianI ha-ghîan^ exclamation que 

provoque une douleur aiguë et subite. 

A Pont-Audemer, hayaw. 
Haguiqnolage, 1 action de haguigno- 

1er. — B. 
BAGUIGNOLEBf ha-ght-gno-lé^ péjoratif 

de « baguer y>, couper malproprement, 

soit {lar défaut d'adresse, soit à cause 

d*un mauvais outil. 
Hauucheb, plaisanter quelqu'un.— L 
Haie. Dicton : quand la haie est basse, 

tout le inonde y passe. — L. 
Hail I interj. Vite et hail! . . . Coup de 

bail. 
Hais, hê, hé, exclamation, ou interjec- 
tion pour appeler. — L. 
Haledaci, malheureux qui vit avec 

peine en travaillant. — L. 
Haleb, ha4è. Locutions : // n'en haie 

pas lourd = il est près de succomber ; 

se dit aussi de la fortune ou de la 

aanté. Jlaler à l'attelle j s'exiénuer de 

travailler pour avoir de quoi vivre. 
Halitrk, ha-li'tre, vent desséchant. 
Kalitbeu, unip., ha-li-tré^ dessécher. 
llALLEDOBSEB, lutter, se bousculer pour 

s'amuser; se dit surtout de personnes 

de sexe ditt'érent. 

Hallette, ha'lè'te^ petite halle. Les 
Lallettes du Tilleul. Montiviliiers pos- 
sède, tout le long de la rue à Pialfes, 
une rdngée de hallette;). 

Hallot, hu'lo^ blé maigre. T. Dm et 
J. T. d Halot D et <i Halioter ». 

Ha LOT, blô non dépouillé de sa balle. 
— L. 

Halt, 7tâ, haut, au fém. haute, pron. 

haw'te. Locution : le hâ du temos^ 

l'arrière-saisun ; ou Beuleroent, plus 

tard. — L. 
Hamel, ha-mê, hameau ; au plur. des 

hamias. 



Ham M EB, han'^-mè, happer, mordre. [Sur 
les bachots de la iSeine, ramer en sens 
contraire pour f:ure reculer le bateau]. 

Han, hany iris de Florence. J'tas mettre 
du han dans ma lessice^ por li donner 
bonne odeu. 

Hance, han-ce^ manche de faux. 

Banque [la racine allemande est « han- 
cke i>], han^-que^ hanche. Le mot fran- 
çais est aujourd'hui plus employé, mais 
avec la nasale du patois. 

Hanquignoleb, han-kui-g no-lé, botter, 
marcher avec peine. D'après ses raci- 
nes, ce mot doit signitier ? tourner la 
hanche 7>, 

Hansabt, han-çar, couperet de boucher. 
V. Delboulle. 

Hanteb, han-Hé, fréquenter, spéciale- 
ment en vue du mariage ; se dit du 
futur époux. 

H AQU É, â-kié, V* rassasié j usqu'au dégoût; 
2* amorcé. 

Haqueb, ârkié^ mettre de l'app&t à un 
hameçon. 

Habcanseb, har-can-sé, voyez « her- 
canser d. 

Habdeb, har-dé. Voir herder. 
Habdi 1 har-di, courage ! apostrophe 
d'encouragement. 

Habighon, ha-i-chon, voyez hé richon, 

Habicoteb, ha-ri-oo-té, marchander ; 
discuter. 

Habipelonnâ, ha-i'plon-néy s'applique 
aux animaux dont les poils ou les 
plumes, après avoir été mouillés, se 
sont pelotonnés en séchant. Ce mot 
semble vouloir réunir les deux idées 
hérisser et peloUm, 

Habland, har-lan, qui n'est pas franc 
en affaires, mauvais cultivateur. On 
dit aussi, mais plus rarement, « her- 
land J>. T. Wright : Ard land means 
a dry, porched arid sait, 

Habland KR, har-lan^-dé, barguigner. 
Dm. 

Hablandieb, har-lan-^dii, qui a cou- 
tume de harlander. 

Habbée, ha-ê-ye, ondée, averse; anglais 
hard rain. Voir Delboulle € barrée » 
et d ondée ». 

Habt uuisc, har, hart, fém., lien des 
fagots, obtenu en tordant un scion 
d'osier, de coudrier, etc. 

H A 8, poisson. — 13. 

Hase (lapine); injure, vieiUe hase s> 
vieille femme. — L. 



fiER 



— 168 — 



HEU 



Hasiers, halliers. — L. 
HA8TAN, turbulent qui fatigue. — L. 
HA8TAMKER, ennuyer, importuner.— L. 
Hatslet, ha-tlèy morceau de poro frais, 

pris dans les côles. 
BATlQVOLRta-ti'gtuhle. Voir atignoU, 
Hauohe, ham-che, hausse (de banneau). 
Haugheb, haw'Cké, hausser. 
HAUUUIGNBTTE8, haw-ffui-gnè-tefétren- 
nes. On dit plus souvent u haguignet- 
tes ». 
Hauluee, haw'lué, huer, bafouer ; aill. 
a heuler j> : rappelle ululare, «t peut 
se comparer à l'anglais howt. Julien 
'Iravers donne a aulueri) au sens de 
« tromper par de vaines promesses. » 
Haut, Aafp, haut ; mais seulement dans 
les locutions où il y a enclise : « le 
haut mal 9 (haw maj, l'èpilepsie ; 
a vaque haut pleine » (/law ^in^-ne), 
vache près de vêler. 
Haute, hamte^ haute. 
Hauteub, hatC'teVy hauteur. 
Haut pekdu, forte averse qui ne dure 

pas. 
Hauvel, }uiw-vê^ javelle. 
Hauveleb, kafC'tléy mettre en javelle. 

Voir J. T. « haveler j». 
Havbt, ka-ré, 1* crochet aigu [sens 
usuelj ; 2,^ gri£fe de chat Enfimcer ses 
havets. 
Hébâtbe, é'hè^téy ennuyer, agacer. 
Hec, hecy 1* Barrière servant dédouble 
porte ; 2* fort tablier qui recouvre le 
marc de pommes monté sur la faisselle. 
Voir Delbonlle ; 3» parfois comme 
c haoque •. 
Heoquet, hê'kiè, hoquet. 
HeCQUETSB, hec-té, hésiter en parlant; 
liitér. avoir des hoqueta (voir le précé- 
dent]. Comparer a huquetonner ». 
HAe 1 interjection d'admiration. — B. 
Heib de biau temps, période de beau 

temps. — B. 
Hêlsb, hê-léy sens spécial <r poursuivre 
de clameurs, do huées. » Les oitudins 
disent élégamment a engueuler p. 
HÈMftTB, hé-mê-ye, clameur. Serait-ce 

dérivé de hem V 
H^KUEB, s'ennuyer. // hénw de n'pas 

avé d'trava. — L. B. 
HÉ02SDB, hirondelle. — L. 
Bebbb à vioêf menthe. — B. 
Hbrbbt, her-bè, !• brin d'herbe ; 2" par- 
tie herbée d'un chemin peu fréquenté, 
marcher sur Ckerbet» 
Herbiers, her-biée, mauvaises herbes. 

— B. ajoute : giycérie, 
Hercakbbk, her-can-cé, tirailler. On 
dit aussi harcanser, Kn Berry c har- 



candier » est un petit marchand qui 
tire le diable par la queue. 

Hbbchage, her-ckà'je, hersage. 

Hbbche, her-eke, herse. 

Hercber, her-cké, herser. 

Herchkux, ker-ekeu^, herseur. 

Hercuir, her-chie (hersée). Locution : 
hercher en fausse htrehw = ne passer 
qu'une fois avec la herse^ au lieu de 
deux. 

Hercigkolaoe, travail mal fait. — B. 

Hercionolbr, her'Ci-gno4é, voir «c ha- 
guignoler ». 

Hbrdklé, ker-d'lê, œuf sans coquille, 
sorte de diminutif de a barde ». Voir 
DelbouUe. 

Heeoer, ker-dé, troquer. 

Hbrbno, hé'a»t hareng ; kéreng blâme 
= hareng salé ; héreng sort (»^)t 
hareng saur. Locution : Toute la /xm- 
quiô stnil Vké^n =■ tous les memures 
de la famiiie ont les mêmes vice». 

Hèrèqub, é-è-ke, 1* arête ; 2* 1» débris 
du lin teille, iM-uler àes seques ; »• ies 
éèques Un dos = Tepiue uu dos. 
Voir V.d. Y. c haridons». 

Herflu, Hardeur. — L. 

HÉRIGUOM, ké'i-okoiif hérisson. 

Herloge, ker-lo^e^ voir reloge. 

Herlogieb, er4a-jiéy voir relogier, 

Hbrnais, her-nê^ harnais. 

Herpeb, lier-péy saisir : i Va herpê pa 
s'nhabU," J^ herper^ s'accrocher lorte- 
ment : iSi je ne m'étais pvint herpé a 
eunn branqtte^je serais lumbé, 

Herquemjer, her-ean^, 1<> tirailler, 
comme les chevaux d*une voiture em- 
bourbée ; 2» au Hg. se surmener. 

Herter, her-téy frapper avec les cornes, 
se dit du bœuf et ue la vache. [Alté- 
ration probable de m heurter».] 

Hèteete, hêtrée, lieu planté de hêtres. 
— B. 

Hettbr, Aé-té, convenir, plaire. Cka me 
hette. 

Heu, heu, 1« douille ; 2» (sorte d'ono- 
matopée) efforts pour vomir. Jt''uire 
des tieuao, 

Hbuohb, ease, goupille. ^ L. 

Hburb, 0», heure d'horloge. Locution : 
%l na pas d'heure = il n'Mt pas régu- 
lier. Voir fwMse, 

Hburb, eu-rê, qui se fait bien à bob 
heure. Je veu» qtte mes eh'vas smesU 
ùten heures dans leurs repas, 

HbURIBLE, eurri-bleet en-i-bh, précoce, 
hâtif. Ailleurs « aoribie » (comme s'il 
venait d*à<Dpoç) et a avorible p. 

Heusb, eu^-^e, seulement dans la loca- 
tion œ bonne heuse = tôt. 



IDE 



- 169 - 



Hete ! interjection pour f«ire marcher 
le bétail : Heye donc la rovge! — B. 

Hic, difficulté. C'est là qu'est le Mo. 

HiiBT, vert — B. 

HiouÂBE, hi^ghé, hier. — L. écrit hié. 
Locution : nié au matin ; hiéasé = 
hier au soir. (On prononce souvent 
fiώ.) 

HiMEUB, ki-meUy humeur, seulement au 
sens de l'anglais humour (car a hu- 
meur 1, an sens matériel, garde la pro- 
nonc. franc.). C*est un hamme de bonne 
himen d'ordinaire ; mais hanui il e*t 
d'eunn himeu machaerante, — // est 
d'eunn himeu à quier contre. 

HiBTOUSRB, his-toué, histoire. 

HiVE, ruche. — L. 

HiVKB, hi-té, hiver. 

Ho t Ao, cri pour faire arrêter les chevaux. 

HoOf hœ, seulement dans : rrster hoc = 
rester à quia, ne savoir plus que dire. 
Voir Delboulle.— ^ra/^r le AiM;,prendre 
le dessus d*un malheur, d'un cnagrin. 

HooQUE, hù-ke, hoche, entaille. 

HOCQUEB, ho-kii^ !• accrocher, de hoc, 
crochet ; hocke dans l'anglais du xvi* 
siècle signifie croc ; 2^ parfois comme 
a becqueter p. Il a hocqué dans san 
sermon. 

HoMMBLETTE [y aurait-il jeu de mot 7], 
homme faible. 

HONÊSETÉ, o-nè-ze-téf honnêteté. ISunn 
p'tite honezté ? dira un serviteur à quel- 
qu'un qu'il oblige. Merci bien de rott' 
honezetéf adieu d'un convive qui se 
retire après le repas. 

HONNEB, hûn-né [sans doute c faire bon »], 
grogner entre ses dents, grommeler. 

HONOBEB, o-no-é, honorer. 

HOPITAL, o^i'ta, hôpital. 

HOPITALIEB, o-pUa-lié, enfant élevé à 
l'hôpital ; synon. un é/an d'hopita, 

HOBIK, ha-in, dé&ut, se dit principale- 
ment des vices du cheval (des ébré- 
chures d*un vase 7). Dicton : Y a pas 
d' bonne beyte, qui n*ait se hoins, — L. 

HOBBAIN, hor-zin^ étranger. 



HÔTEL, fém., 64e y hôtel, maso. 

HoTTÊTE, ho-tê-ye, bottée. 

HoTTiK, 1* petite hotte ; 2« Georges 
Dandin, qui cède tout à une femme 
acariâtre. — L. 

HouBTTE I ouè'te^ exclamation de doute, 
de négation. 

HonoNOux, hou-gnouy hargneux ; an 
fém. c hougnousse ». 

HoniNCEB, hcu-in-eéy crier fort, pousser 
des cris aigus. 

Houle, houle, cavité où se retirent les 
poissons au bord de la rivière ; anglais 
hôle, terrier, d'où to hôte entrer dans le 
terrier. Dm. oc débouler» et a houlette 2>. 

HouLBB (SE), houle, se cacher dans une 
ce houle ». 

Houppe, capsule de la graine de trèfle. 
— li. 

Houppe I Houppe-la t cri pour encou- 
rager à monter. — L. 

HOUBDEB, B. 

Houssbb, hou-eé (lacune. — L. Aboyer). 

Man quien a été mordu en houssant 

un renard; 2* au fig. plaisanter un 

homme qui ne peut se défendre ; 

8* mordre. 
HouRTiEB, goujat. — L. 
Hubi, hubi (lacune, voir hubir), l» 

quand les poules eouvent, èsont toiUes 

hubies. — L. Ebouriffé ; 2^ malùse. 

Il est tout hubi. 
HuBiB, hu-bie (lacune. — L. cime). La 

hubie d'un arbre, d'un fourré. 
HuBiB (SE), hu-bî, se hérisser, dresser 

ses plumes ou son poil. 
HucHEB, placer en haut. — L. 
HuEHO, huâ'ho, hurhaut. Voir <r dia j>. 
Huis, porte. I^nne c't huis. — L. 
HULEB [forme ancienne], hucM, hurler. 
Hulot, caban, capuchon. 
HUMMEB, hun-méy humer. 
HuBBUX [Bossuet a encore écrit ainsi]} 

hu-ettr, heureux. De même ce bureuse- 

ment », hu-eu'^-i'man. 



I 



Ia, ya, eau. A Tétat construit, ta devient 
iaw. De flate-de-vie, de Viaw bénite. 
— En basse ta = à très basse mer (en 
basse mer de vive eau) ; au fig. : état 
d'un homme ruiné. 

ICHITE, i-ehirte {lacune. L. dit) ici. 

luÊYE^ i'dê-ye, sens du français ce idée d, 
et en outre : V* ûiible souvenir. Vas-tu 
queuque/ais vu? J'en ai aucune idêye ; 



2» faible quantité : fne^ veux qtCeunn 
idêtfe, qu'eunn p*tUe idêye de vin. Lo- 
cution : un sans idêye = homme peu in- 
telligent ou peu attentif à son travail. 

ILA, i-la, là. 

ILET, Ulê, flot. Le Havre avait sa rue de 
rilet. 

Image, maso, fgeure du commencement 
du xvii* siècle], i^ma-je, image, fém. 



JEK 



— no — 



JAP 



IMMAGINABLE, in^-ma-ji-na-ble, inima- 
ginable. 

Immanquable, in^-man^-râ-hlf. imman- 
quable [prononcé aujourd'hui ?m... et 
in..,: maiB seulement im,.. à la fin du 
XVIII* siècle]. 

Immobile, in^-nio-bi-le^ immobile. 

Impatibnche, in^'pa-tien-che, impa- 
tience. 

Impossible (l'), in^Do-ci-ble.en grande 
quiintité ; au-delà de l'ima^nation. Jl 
a du fritj Vimpatsible; il t'y donne du 
malf Vimpoisiole. 

Incamot. in-eâ-mo, intelligence, esprit 
inventif. 

Inchibion, in^ckUzion^ incision. 

Incorrigea BLE, incorrigible. — B. 

Incoufb, in^ou'pe^ reste d'une pièce 
de bois ou d'une pièce d*6toffe, après 
emploi de la partie principale. 

Ikcri^yable, in^'Orè-yâ-ble^ incroyable. 

Incuit, partie d'un morceau de viande 
moins cuite que le reste. — B. 

iMDécis, in^'dé'ci, indécision. Je gieut 
dans Vindécit. 

INDIGESSION, in^-di-gè-rùm^ indigestion. 
[C'était la prononciation fréquente de 
ces finales il y a un siècle.] 

Inducation, in^-du-ca-chn^ éducation. 

Induire, in^-dui^^ induire. 

INDUQUER, in^'du'kié^ éduquer. 

Infernal, in^-fer-na^ infernal. 

Infugeb, in^'fu'jé^ infuser. 

INLISIBLE, in^'liti'ble, illisible. 

Inmenbe, immense. — L. 



Inochevt, i-no-ehan^ innocent ; quel- 
quefois avec le sens de « irrespon- 
sable 2> ou même oc fou » [mot que nos 
père:» 9'interdii*nient, par égard pour la 
défense que fait l'Evangile]. 

INRACCOMODABLE, qui ne peut être 
raccommodé. — B. 

Inséparable, irréparable. ~ B. 

Insipide, insupportable. — B. ^ Quevx 
garchon insipide ! 

Instruire, in^-struî, instruire. 

Iksurportablb, insupportable. — L C. 

Intebcation, altercation. — B. 

Intérêt, in-té-ré^ V avarice, amour du 
sain. C'est un homme d'un intérêt 
Wn^(exceii8if; ; 2* autres sens usuels. 

Intéressé, in-té-rè-eé, chiche, ou même 
avare. 

Intipe, in-ti-pe, impair. 

Intrépide, in^tré-pi-de (outre les sens 
usuels) actif, acharné au travail. On 
dit d'un bon domestique : c'est un in- 
trépide. 

Inventer Cs'), in^-ren-tCy s'imaginer. 
1 n'sait d'qnai s^inc&ntê, 

InvivablBj in^-ri-ra-blej avec qui on 
ne peut vivre en paix, insociable. 

lOU, EIOTT, OIOU, où. Bivu quil est? = 
où est-il ? 

iRoguois, i-ro-ltfluâ (les précieux pro- 
noncent irokitnê), iroquois. sot, stu- 
pide. Ce mot vient évidemment des 
nombreuses relations qui existaient 
entre le pays de Caux et le Canada. 

Ivoire, i-roué, ivoire. 



JacassiÈRE [dérivé très régulier], ja- 
ca-cièy femme qui jacBFse, bavarde. 

Jacole, ja-co-lc (lacune)^ les cordons 
(d'un bonnet). 

Jacrklete, ja-ke^r-lc-ye^ plein un très 
grand vase. 

Jafflkr, jâ-flé^ frap])er avec quelque 
choi^e de plat. 

Jambet, /ait^-ft^, trébuchet en forme de 
pyramide quadrangulaire pour prendre 
les oit»eaux [ailleurs ce diainet »J. Au 
xvi« siècle (Pals;?r., p. 283), re mot 
désignait le <c croc-en-jauibe », qu'on 
appelle encore parfois < jambette ». 

jKAN-BESA8.^'a/<^-dr<7 OU m'za, ronge- 
gorge. Parinnocente plnisanterie, s'ap- 
plique pouventaux personnes. On dit 
aussi a Jean-beset ». 



Janette, 1« ma petite Jeanne, en parlant 
À une jeune enfant. — L. — M. doute, 
et donne le synon. <i Janneton i»; 2« 
bijou normand (abréviation p. a croix 
de Jeannette i») ; alV arait w/« sa Ja- 
nette. 

Janne, fan'-ne^ jaune. 
jANNET,y«a2.„^ [littér. : un jaunet], un 

louis d'or. 
Jannir, jan'-ni, jaunir, 
Janot, Jean. — L. 

Jappe, s. f. ja-pe, 1» babil, bavardage; 
2" une babil larde. 

Jappette, ja-pè-te, 1" roquet ; 1^ femme 
qui parle beaucoup, mais n'est jms mé- 
chante. Si elle était méchante, ce serait 
eunn grande guiole (gueule). 



— 171 — 



Jaspikbb, s'entretenir tout bas, en par- 
lant de deux personnes; se prend en 
mauvaise part. 

Jaunas, jaunâtre. — B. 

Jbak-Bikbt, mélange d*eau-de-yie et 
de café bouillis ensemble. — L C. 

Jerck>n, y^r^on, jargon ; bavardage. 

Jebookneb, variété de poires. — B. 

JebrbtièBE, jer-tiy jarretière. Zye tan 
Jertier ; e^est honte de teoyr aller aynsi, 
PAL80R., 660. 

Jetin, ftin^ rejeton ; poussée. 

Jeu, ;v, jeu. Quelques-uns prononcent 
jur. 

Jeunesse, jun-nè-ce, jeune fille ; plus 
les sens ordinaires. 

30K,j6-e, joue. Palsgrave emploie plu- 
sieurs foie Jœ. 

JOFLU, Jâ-flu, Joufflu. 

Jointure, join^tu^ jointure 

JOMARIN. ithma-rin^ jonc marin, c'est- 
à-dire « ajonc p. 

JOMARîNiÂRE, jo-ma-i-nié, terre où 
poussent les ajoncs. 

Jonglerie, jan-glé-ie, jonglerie. 

JORDAMBOiSB,./o-<2an2.^<)i/^^.j^^Qeorges 
d'Amboise, nom qui se donne par plai- 
santerie aux petites cloches, en souve- 
nir du célèbre bourdon que Georges 
d'Am boise mit dans la cathédrale de 
Rouen. 

JORKALIEB [forme la plus raisonnable, 
jour s'étant d*abord écrit « jorn »], 
jâr-na-liéf journalier ; en parlant d'une 
personne débile : qui estun jour bien, 
un jour mal : alV eH jôrnalUe. 

JORNELLEMENT, jor-nè-le-man, journel- 
lement. 



« jouer »] 
Synonyme 



JoRNETB, jor-ne-ye, journée. 
JoBÈ, Joseph. — L. 

JOUAILLER [fréquentatif de 
jflu-â-yé, folâtrer, jouer. 
« jouarder ». — L. 

JouBRiE, duperie. — B. 

Jouir, jou-îf jouir. 

Joujou, jott-jou, 1* joujou; 2° celui ou 
celle qui aime à jouer comme un en- 
fant. T'es qu'un joujou. 

Jour, jou, jour. 

Journal, jaur-nat journal. 

JouvRiER, jou-vrUyé^ jour ouvrable. 
[Fusion des deux mots t jou ]> et « ou- 
vrier ».] 

Jovial, jo^ria^ jovial. 

Juc, ju-qucy juchoir, perchoir de pou- 
lailler. Variante « juque ». 

JuoÉ, .;tt-i7^. Locution : retter jugé = 
rester interdit. I n'est tout jugé. 

Juguler, vexer. — L., ej^ 



Juif, jii/, juif; injure qui parait désîj^ner 
un homme avare, sans cœur, sans pitié. 

Juillet, ;tt-y^, V* juillet (mois); 2» gi- 
let. 

JuiR {en),jm,, être maître de... [altéra- 
tion de i. chevir p]. 

JUMEL, Jtf-;it^, jumeau. 

JUQUER, ju-kié^ jucher. 

JuQUEUX, jurkieu-, juchoir, perchoir. 

Jurer, ju-é^ jurer. Il a juai l'nom de 
Diu, 

JUBTANOILLE, jui-tan-ci-ye ] voir usten- 
sile. 

JuTKR, iû-té, 10 par plaisanterie, avec un 
nom de personne, « pleurer, verser des 
larmes i» ; 2^^ au propre, laisser couler 
du jus, en parlant des fruits, etc. 



K 



Le dossier marqué des lettres K, L, par M, Maze ne renferme pas un seul 
mot commençant par cette première lettre. 

Faut-il croire à un accident inexpliqué? // parait plus vraisemblable 
que Vauleur aura reporté à d'autres initiales les articles qu'il avait d'abord 
écrits par K, 

On ne peut qu'approuver cette seconde disposition. Sur les deux mille deux 
cent soixante-dix pages du Dictionnaire général, le k n'en remplit guère qu'une 
et demie de mots étrangers et tous récents, sauf kyrielle cité au XIII* siècle. 
C'est qu'en réalité le kest inconnue l'alphabet français. 

Si donc les villageois qui assistèrent à la fondation du Havre, avaient voulu 
rédiger un répertoire quelconque de leur langue locale^ il est fort présumable 



LAI 



— 172 — 



L4P 



qu*iU n'eussent fait aucun usage de eetU lettre, et qu'Us auraient orthographié 
ca ... ou que ... tel termes que nous serions aujourd'hui portés à classer au t. 



La, devint un nom propre de femme, 
est un signe de méprU. — B. [Cette 
pratique du grand siècle est cei>endant 
devenue ici moins générale qu^ailleurs.] 
La suivi d'un nom d'homme féminisé, 
désigne simplement sa femme ou sa 
fille ; voir FCamande. 

Labeub [mot presque abandonné à la 
fin du XVII» siècle], la-beu, 1" labeur; 
2* labour [ce secoud sens, si diffé- 
rent du premier, s'explique parce que 
«.labour » a pour racine laJwr, d'où 
c labeur » est tiré]. 

Labit, /<j- W, ' tracas ; peines, douleur 
[l'auteur a effacé le 7 qu'il avait joint 
A ces deux derniers sens]. 

Labourard, la-hou-ar^ mauvais labou- 
reur ou cultivateur. 

Laboubbr, la-bou-é^ labourer. 

Laboureur, la-bou-eu^y laboureur, cul- 
tivateur. 

Lachbmekt de corps, lùrch'man, diar- 
rhée. 

LaOBBR {a bref), la^-ehé, V* lacer ; 2» 
fiûre du filet. 

Lâcher (a long), lârehé ; se lâcher, eu- 
phémisme = laisser échapper un vent. 

Laghbron, la-ch'chon, lacet de crin, 
surtout pour prendre des Mlouettes. 

Lacbet, lâ'Chè, ]• lacet ou cordon ; 2® 
pièce de charpente [ainsi en 1468, dans 
un compte de Longuevillei. 

Lachon, lâ'Chony comme tâcheron . — V. 
Dm., « lacon 9. 

Lafrbr, lâ'fré^ boire goulûment. 

Lafrbux, là-freu'^, grand buveur. 

Laid. Locutions: laid comme un pov ^-^ 
comme le diable. — L. 

Laidure, U-du (littér. : laideur), repro- 
che : Donner une laidnre, ou faire 
laid. 

Laine. Locution : se laisser tnanger la 
laine sur le dos = être trop bon. 

Lait, lé. Locutions : lait de noisette, la 
noisette encore liquide; lait battu, 
lait de beurre ; gros lait, celui des pre- 
mières traites après que la vache a 
vêlé ; monter comme eunn souppe an 
lait = s'emporter vivement. 

Laite, lè-te, laitance. 
Laize, 1* lé, largeur d'une étoffe; 2oles 
laiohes et autres cypémoées. 



Lambiqub, fém., Un-hir-ltê, alambic, 
masc., et spécial^ s cafetière •>. Lambin 
était au xvi* siècle la forme régulière 
en français comme en anglais ; les pay- 
sans seuls l'ont conservée. 

Lammbllb, lanr-mèle, couteau. A rap- 
procher de l'autre forme <f alumelle », 
comme y invite ce texte de Palsgrave 
(p. 754) : Ils ont ung grant advantaige 
en E»paigne ptmr bien aeiérer leurs 
atnmelleSf à eatue delà nature de leurs 
rivières. 

Lampe yb, lan'^-pe-y, lampée. Prendre 
eunn bonne lampeye.. . 

Lampotb, lan'^'po-te, 1» ver luisant (en 
ce sens « petite lampe » ^} ; 2» patelle 
commune. 

Lanchb, lance. Dicton : va coup de 
langue est pire qu'un coup de tanche. 

Lan DON, lan^-don, babil ennuyeux. Qui 
qu*ê veut, aveue tout san landonf 

Landonnbr, lan'^-don-né, rabâcher les 
mêmes récits. 

Landon nier, lan^'don-niè, qui landonne. 

Lanet, la-nè, filet, spécialement c filet 
à pêcher le bouquet i. — L C. 

Lakgaoer, lan'^-ga-gé, sermonner, es- 
sayer de convaincre par raisonnement 

Lanuet, lân-jéj lange (proprement « petit 
lange d). 

Lanqoureux, lan-gon-eu^'i langoureux. 

Langue {être), lan^-ghié, être trompé, 
volé. 

Languette. Locution : fu jusqu^à lan- 
guette = feu qui monte jusqu en haut 
de la cheminée. 

Langueur, lan'-gheu, langueur. Le ma 
d'iangueu = la phtisie. 

Languir, lan-ght, languir. 

Lanlbrne, lan-ler-ne, balancement, par 
suite d'une rupture momentanée d'é- 
quilibre. 

Lanlbbnbb, lan-'ler-né, faire des lan- 
lernes. 

Lai^br, lan-né, importuner, agacer. 

Lanternière, lan^'ter-nié, {petite bou- 
gie ou chandelle à l'usage d'une lan- 
terne. 

Laper, la-pé, par moquerie : boirn. 

Lapider, la-pi-di^ importuner, agacer. 

Lapinbr, la-pUni, faire ses petits, en 
parlant des lapins. 



J 



LIA 



— 173 - 



LIR 



Lapinieb, Uhpi'Hié, amateur ou éleYeur 
de lapins. 

Laquais, la-kiè, ealamandre terrestre. 

Lahdikb, lar-dié, marchand de lard» 
[Mot ancien au sens de a garde-manger 
pour le lard 7*.] 

Labmer, lar-mé, verser des larmes. 

LATON, îa-t(m^ laiton; cette dernière 
forme semble une altération de c laton 9 
qui est dans Palsgrave. 

Lauder, law'dé, battre, fustiger (apo- 
cope de < pelauder }»). 

Laver, Za-r^', laver. 

Lav RBIE, lâ'vrie, lieu où se lave la vais- 
selle. 

Laveuse, lâ^veu^-ze, 1« laveuse; 2» eau 
de vaisselle ; ne s'emploie qu'au plu- 
riel [c'est, au fond, le français « la- 
vures »] ; spécialement celle qu'on 
donne aux jeunes veaux. 

Lazare, la-za-re, homme qui ne vit qu'à 
Taide d'un travail excessif. 

Lazarer (se), la-za-ré, travailler jus- 
qu'à épuisement. 

Lectok, lev'toiit laceron, laiteron. 

Lectubieb, leo-tu-rié^ qui aime la lec- 
ture. 

L^ume, fêm., lé-ffhiun-me ; au sens col- 
lectif ; Il aime là légume; — la légume 
se vend bien. Au fig., c*ett eunn grosse 
Ughnnme = un personnage impor- 
tent. 

Leme fserait-ce pour lame ? note M.], bord 
de la mer. AUer à la leme^ aller au 
rivage, surtout après la tempête, y ra- 
masser ce qui a été rejeté. 

Lbntilleux, qui a sur la figure « de la 
lentille » = de petites taches (ailleurs 
<E du son n). 

LAQUE, lè'ke, (lèche = tranche mince ; 
roaii> ici fi^.), soufflet, gifle. 

LAQUEE, 2^->^/^, lécher. 

Lebme [l'un des primitifs du mot actuel], 
1er -me ^ larme. 

Lebmieb, ler-mier, larmier. 

Lbbmot, ler-mo [= petite « lerme »], 
petit verre de liqueur, surtout d'eau- 
de-vie. 

LésiNiEB, lé'Zi-nié, lésineux [cette der- 
nière forme semble peu lettrée, quoique 
Voltaire s'en soit servi]. 

Lbssivieb, lé-ci-vié, lessiveur, blanchis- 
seur de linge. 
Leveb, Vvé, lever. 
Lkxis, Alexis. — L. 
LÉZAND, lé'zan^ paresseux, fainéant. 
LÉZANDBR, lé-zan^'dé, faire le lézand. 
Lézarde, triton, lézard des mares. 
LiAGHE, lia-ehe, liasse. 
Liachbb, lia'Chéy lier ; enlacer. 



LiAN [semble plus près de la racine Uga^ 
m^n]y lian, lien. 

Ltanne, lian-ne, !• liseron, convoi- 
vulus ; 2* chèvrefeuille ; 3« clématite. 
En somme, nom générique des plantes 
grimpantes : aussi n'y aurait-il rien 
d'étonnant quand les lianes d'Améri- 
que devraient leur nom aux Normands 
[l'exemple du Dict. général, assez ré- 
cent, et peut-être saisi au passade, 
n'est pas pour écarter entièrement 
cette conjecture]. 

Libedin, homme désagréable, peu sensé 
ou nuisible ; se joint ordinairement au 
mot ce grand ». — L. 

LiBÂNE, U-hin^-ne, discours ou sermon 
très long et très ennuyeux. Probable- 
ment pour « libelle », n = 1, 

LinHE. li-rhe, de hois^ clôture; les pré- 
rieux disent lisne. — Locution : être 
en liche (? de liesse) = avoir trop bu. 

LiGHER, d'où licheuxy boire, buveur. 
— L C. 

Licol, li-cô^ licol ou licou. La pronono. 
€ licol ]> tend à se généraliser. 

LiERD, lier, liard (0 fr. 0125). Locution 
encore fréquente, six lierd», valeur 
que notre monnaie ne peut plus expri- 
mer. 

LiEBDER, lier-dé^ lésiner [définition 
meilleure, ce semble, que celle de 
« liarder » au Dict, générai^ regarder 
à un liard. 

LiEBDEUX, lier-deu^ (lésineur). 

LiETTE, liè'te, cordons de teblier. 

Lieu, Ww, lieu. 

Lieuse, s. fém. lieu^-ze^ Hure ; ce qui 
lie un paquet. 

Likutbin, lieu^-trin^ lutrin. 

LiRUVBB, lieu'vre^ lièvre. 

Lieux, li-eu^, lieur de céréales. 

LiONOL, li-gmt [rappelle la racine lineo- 
lum], ligneul. 

LlMACHON, li-ma-c/ufn, lampsane com- 
mune. 

LiMÉRO, li-mé-rOf numéro. 

LiMOUSiNNE^ li-mou-zin^-nej limousine. 

Limousins, poux. — L. 

Lin de fille, lin'-d'Ji-ye^ 1 inaire. 

LiNAS, lilas. — L. 

LiNBBlE, lin^-nie, champ où on a récolté 
du lin. — L. 

LiNETTE, li-nè'te, capsule du lin, vide 
et battue. 

LiNUABD, lin^-gar^ efflanqué, se dit des 
chevaux ou des personnes maigres. 
[Par apocope pour c élingard t*.\ 

LiNQB, lin^'je^ !• subst. linge; 2* adj. 
libre [altération de oc lige i>]. 

LiNOETTB, lin^-jè-te^ veste de toile. 

LiB, lis, luire. Le sole lit. 



MAC 



174- 



HAC 



LisA, Blifla, abrégé lai-même d'Elisa- 
beth. — L. 

LiBARD, li-:ard (lacune). 

Lis ET, lt'2è, 1« liseré, faveur ; 2* la caXa- 
moqroêtit arundinaria^ plante. 

LiBiKRE, li-zièj lisière. 

L1S8ELER, liss-lé, comme « enlisseler ». 

LiTER, îi'té, !• mettre de la paille bous 
les animaux; 2« en général étaler. [Sens 
usité dès le début du ZVIII* Hiècle.J 

Litière, /i-f /V, litière. 

LiTTBMENT, actîon de liter. — B. 

Liu, lin, lieu. 

LivRÊYE, li-vrê-ye, livrée. 

LiZAKDRB, Alexandre. — L. 

Lixi, Alexis. — L C. 

Loche (pommes de), pommes abattues 
à maturité ; par opposition aux pom- 
mes ramassées auparavant, à ]& g rouée, 

LocHER, Ifl-ehé^ V. act., abattre les fruits 
d*un arbre en le secouant. Lâcher des 
pommes, 

LooQUET, morceaux agfclutinés dans la 
laine, dans le fumier, etc. — L. 

LoLO, îihlo, 10 lait, terme enfantin ; 
2^ Grand lolo = grand niais. 

Longitude, lan^^ji-tu-de^ longueur 
[sens du XIV* siècle*). Im longitude 
du tempty — de la route. 

L0N6NB, lon^-gne^ long^. 

LONOUEU, lon-ghtu, longueur. 

LOPPKR, lop'péy locher, branler au 
manche. D'où ce grossier jeu de mots, 
en montrant à une femme un objet 
qui remue : Gveyte, ça loppe (salope). 

Loque, to-ket loche? poisson roui^e, 
mou et gras. Gras comme une loque. 

L0QUE8ONNER, Iflc-san-né, secouer, ébran- 
ler & petits coups, surtout la porte. Dans 
la vallée d'Yères a harloquer ». 

Loquets, espagnolette d'une porte. 

Loriot, lo-rio et souvent encore lôsiot^ 
orgelet, bouton à la paupière. Souvent 
c osiot D. 

LOSE, l^-zcj sorte de Jeu. 

LosQUE (rare), loss-ke^ lorsque. 

LoTEMPS, lo-tân, longtemps. 

Lou (fé le), faire exprès. / n*en fait 
que l'iou == il agit Dar pure malice ; 
— alV a vu Vlou^ se dit d'une fille qui 
s'est laissé séduire. 



Lo-u, niais, imbécile. 

LouAOEB, Itma-jé, louer, donner on 
prendre en louage. 

Loucubt, lou-ehè, sorte de bêche. D'a- 
près P Académie, le lonchet est un 
hoyau. Qui se trompe, des paysans ou 
de l'Académie 7 [L'Académie n'a fait 
que copier la première ligne de Th. 
Corneille. La définition du Dietion- 
ualre général n'est pas elle-même ex- 
cellente]. 

LouchbtÂe, loueh*teye^ la quantité de 
terre que peut soulever un louchet. 

Louis. Locution : No est pas Umit Sot 
= on ne plaft pas à tout le monde 
— L, 

LouTSOT, Louis ; LouisoK, Louise. — L. 

L0URDIER, lour-dié, dense, pesant ; se 
dit des objets qui ont un poids spéci- 
fique considérable. 

LôviER, lô'Vgéy louvoyer [au propre t 
de marine], c'est-à-dire faire des zig- 
aags en marchant. 

L'pu PIRE = ce qui est pire. 

LUAS, lu'â, voir <e luras ». 

LUAUDBR, lu-aw-déf voir lurander, 

LUAUDEUX, qui regarde de tous côtés. 

Luire, InUt lire. 

LuisoTTER, lui-zo-té^ lire continuelle- 
ment, fréquentatif péjoratif de c luire s. 

LuisoTTRUX, lui-zo'teu'^, grand liseur. 

Lumière, lu-mié, lumière. 

Luminaire, lu-mi-né, gros cierge porté 
devant le cercueil ; le « cierge dor- 
mant 9 de la vallée d'Yères. 

LUNAUD, ^M-na, lunatique; nigaud [en 
vieux français « luneau 1]. 

LuNER, lun-né^ regarder en Tair ou au 
loin [littér. : re^uxler la lune ?]* 

Lunette, Inn-nè-te, lunette. 

LuoTTE, lu-O'Uy flûte à coulisse faite 
d'une branche de frêne en sève. 

LuoTTEUX , qui joue de la luotte. — B. 

LUQUER, In-kié, reluquer. 

LuQUERNE, lu-kier-ney lucarne. 

Luras, Z«-a, niais, dadais. Doit se ratta- 
cher à c leurre »; le contraire de 
(C déluré 1. 

LURAUDER, lu-aw'déy regarder niaise- 
ment. 



M 



'SlACnACRAVrE, via^ehâ-cran-te, seule- | Machacre, in^-cAa-rr^, 1** massacre; 2» 
ment dauB la locution : himeu mâcha- massacreur ; et au fig. « ouvrier ma- 

crante = humeur mas)>acrante. | ladroit >. 



MAI 



— 175 - 



MAL 



Hachacbeb, ma-ûhà-crè, massacrer ; 
au fi g. a mal exécuter un travail d. 

Mâche, warh^, 1° subst. fém., masse, 
massue, ffros marteau ; 2" semelle d'un 
sabot; 3« marche I interj. explétive : 
C^eH eha quêtait grande wache! — 
Mâche! machts! tu vas n'avé (des 
coups) ! 

Mackikne, tna-ehin^-ne, 1° machine ; 
en ce sens, on dit plus souvent a une 
mécanique »; 2o au sens indéfini de 
« machin » (au IHct. gén.) et de 
€ chose » ; parfois ici « chose d'oseille ». 

Mâchoire, mâ-choué, mâchoire. 

Machom^ mà'Chon^ maçon. 

Machonnage, ma-chon-nâ-je, maçon- 
nage. 

Mâchonner, ma-chon-né, maçonner. 

Machonnerie, wa-ckon-nnief maçon- 
nerie. 

Machoquer, ina-cho'kié flittér. : mal 
choquer], bossuer; s'applique surtout 
aux fruits qui se meurtrissent en tom- 
bant. 

Machu, ma-chn, \° en forme de masse; 
2« au fig. : entêté, têtu. 

Madelon, Madeleine. — L. 

Magrâ, malgré, malgré. 

Mague, ma-glie^ gros ventre; jabot des 
oiseaux lorsqu'il est rempli, [a Mague J> 
pourrait bien être la racine de magot, 
au sens de « trésor )).] 

Maggin, ftia-ghyii"^^ débris de pommes 
qui restent dans l'engrenage du pres- 
soir. 

Mai. me, lo moi, pronom ; 2" mai, mois. 
L'identité de prononciation provoque 
souvent ce calembour : Cest-i mai? 
demande un gamin pris en défaut. — 
Non, lui répond-on, c'est pas mai, c'est 
julnf — Jj C. 

Maigrier, mê-griyé, maigre. 

Mail, ma, !<» mail (d'où le dimin. a mail- 
let ») ; 2» marne. 

MAihLAïtD,fnâ'yard (ailleurs a malard »), 
mâle de la cane, canard. 

Maille, anneau. — B. 

Mailler, mâ-yer^ marner. 

Maillbuz, mâ-yeu^ (marneur). 

Maillon, ma-yon, bloc de marne. 

Maillot, ma-yo, maillet. 

MAiiiLOTER, battre, écraser à coups de 
maillet. 

Main, min, main (outre les sens franc.) ; 
1* la main d'un attelage = la gauche, 
côté de la main du conducteur (d*où : 
passer à hors main = passer à droite) ; 
2» être à main de.,. = être à même de... 

Maintien, «lirt^-^yi», maintien, partie 
du fléau (à battre) qui <l se tient à la 
main i>j que la main tient. — Variante : 
€ mantian ». — B. 



Mairv^ mé, maire. 

Mairesse, me-rê-ee, femme du mûre ; 
presque toujours avec ironie. 

Mais, me, plus, adv. — Mais que = 
pourvu que, lorsque, quand. 

Maisonnb (être), avoir trouvé une mai- 
son. Asteu, fsUfUS pas prins : f siens 
maisonné. 

Maison NIER, se dit des animaux fami- 
liers qui se tiennent toujours devant 
les maisons, et même qui entrent de- 
dans. — L. B. 

Maîte, mê-t, maître ; se dit spécialement 
des cultivateurs qui font valoir les 
grandes fermes. J attends maîte Jean 
et maîte Thomas. 

Maîtbesse, mé'tress, maîtresse ; spécia- 
lement la femme du « maître ]>. 

Maîtrial, w«^-ir/-.yfl, difficile à manier; 
ne se dit que des choses. A Lisieux, 
on l'applique aux personnes arrogantes, 
impérieuses. Aujourd'hui se dit à An- 
ger ville de celui qui aime à se faire 
obéir. 

Mal, ma, mal*. Tumher de mal = être 
épileptique. 

Mal (a long), ma, masc, marne. Synon. 
« mail », de même prononç. 

Maladrait, ma4a-drè, maladroit. 

Maladrèche, ma-la-drè-che, mala- 
dresse. 

Malaise, ma-U-ze, 1° malaise, subst.; 
2<> adj. souffrant. 

Malandrb, ulcères. — L. 

MALAUCUEUX(ailleurs.wa^Mrâ?Mr<;wj?J, 
littéralement, qui a des dispositions 
à vomir; ordinairement, délicat, dé- 
goûté. — L. 

Mal-commode, mal-co-mo-de, homme 
acariâtre, difticile à contenter. 

Mal-dru, mal-dru, mal portant. On 
emploie aussi la forme archaïque, 
maudru. 

Mal-endurant, ma-lan-du^ran^ diffi- 
cile à contenter. 

Malentente, s. f., ma-lan-tan-te, ma- 
lentendu, masc. 

Mal en train, malen-trin, souffrant. 

Malfaicteur [encore dans la Petite 
EncgcL dfi 1772], nial-fèc-teur, malfai- 
teur. 

MALPiANT, homme dangereux, à qui 
on ne doit pas se fier (jéer). = L C. 

Malfesant, Tnal-fe'^-tàn, malfaisant. 

MalheÙ, mâ'lâe, malheur. 

Malhueusement, ma - lu - eu^ - z'man, 
malheureusement. 

Malhueux, ma-lu-eu-, malheureux. 

Malicandrb, 1° écorchure ; 2» ulcère. 
— B. 

MALiÂBE, ma-lié, marnière. 



UKJH 



— 176 — 



VÀR 



Maltk (fém. ma-lin^^ns), ma-îin^, !n- 
génieaZf et autres sens anaingaes : 
riisé, eRpîèKle ; et, en parUnt des cho- 
se* : difficile A atteindre, à faire . <'Vj»f 
pourtant ptM malin\ n*a le Rens de 
c méchant •> que dans eêprit malin. 

Maltnas, n*abbé M. eût ôcrit malinatid, 
qui est à peu prè» la prononc. de 
Rouen], peu avisé. — B. 

Malvas, mauvaise disposition des clio- 
ses, contre-temps. Y a du malvas. 

Ma mbselle, m an'- m'zelle, mademoi- 
selle. 

Man. m an, l*adj. mon; 2« subst. larve 
de hanneton, ver blano. 

Manant, mo-naji, misérable. Voir «man- 
nant». 

Manorbbon. man--ch''okon^ mancheron 

(de charrue). 
Mandille [forme espagnole], man-di- 

y0, mantille. 
Ma-nAoibn, ma-fié-ifyin^^ éouyer de cir- 
que, et en générai saltimbanque. 

Manoe-paîn, man-Je-pin^, massepain. 

'hÎASQ'RAKD, man-jar, dissipateur. Syn. 
c mangeux ». 

Mangbr. Locution : manger le* hrajf 
d'ses éfams = vivre, jeune encore, de 
leur travail. — L. 

Makgektb. mân-fjie, mangerie ; mine, 
roueries fiscales. C^est eunn wanfjie, 

Manoeurb, man-jy, démangeaison. Ne 
s*emploie qu'avw. « avoir ». tTai manju 
dan* U doê = le dos me démange. 
V. J. T. et Delb. — Locution : Qrattrr 
çueuqy^un par où il a manju = 1iu 
proposer une chose qui le flatte. — L. 

ManiÂbb, ma-nié, manière. Locution : 
manière de.,. = espèce de..., sorte de : 
manié d^heyte^fte va*... 

Manifique, ma^ni-fi-k/'j magnifique. 

Manifiquement, ma-ni-Jik*man, ma- 
gnifiquement. 

Maniqal, ma-ni-ga, maniable. A rap- 
procher du latin manica^ et du fran- 
çais manigancer. 

Makiotter, ma-nio-té (fréquentatif de 
« manier ]>\ 1° mauier inutilement ce 
qu'on examine; 2^ retourner machi- 
nalement un objet dans ses mains. 

Maniqubt, ma-ni-kiè, sorte de selle se 
rapprochant du <e panel ». 

Mannant, man-nanf misérable ; mal- 
heureux. 

MannA, man'i-nè, attaqué, coupé parles 
mans. Par extension se ait quelquefois 
d'une récolte flétrie pour une autre 
cause que par les mans. 

Manner, se dit d'un champ où il se 
forme du blé noir (appelé c manne). » 

Mannête, man-ne-ye., ]<> le contenu 
d*une manne ; 2* féminin de u manné ». 



MANQtTBTTB, man^-k^è-ie, Loeutiaii : 
VaqHë manaM€tte, dont un ou deux 
trayons ne donnent pas de lait. 

Maktbl, man-tê, manteau. 

Mantian, man^ian^ voir wuiintien, 

Manubl, ma-n%tê, manuel. Souvent pré- 
nom =3 Emmanuel. 

Maquaillb, fém., mâ-ha^ye^ oomeati- 
bles, m. pi.; mangeaille. 

Maquer, mâ-kié, manger avidement. 
Ix)cution : se moquer à la guiole = se 
disputer. 

Maquerel, morque^rêy maquereau (ter- 
me injurieux). 

MAQnESiAU, ma-qué^-ziawy maquereau, 
poisson. 

Maqueubb, ma-kieH-zey Fessieu d'un 
banneau. 

Maquefx, mâ-ifcÂMt^ V* glouton; 2» an 
fig. : dissipateur. 

Maqutard, mérhiar, dissipateur. 

Maquillonnbb, mâ'kyi'yon-né, mar- 
chander. [Le même, sans doute, que 
« maquignonner ».] 

Maquillon, mâ'kyi'yon, maquignon. 

Maraud, ma-râ^ chat mâle ; cmarouau» 
selon Dm. — Oi3 dit parfois c marcou » . 

Marauder, ma-raw-dé^ se dit du chat 
en quête de bonnes fortunes. Qmrir 
la maraude a le même sens. Les mots 
français c maraud, maraude » et « ma- 
rauder » paraissent n'être que ceux-ci 
au fie. [Le Dict. général en ignore 
Torigine, ce qui fortifie la ooojecture.] 

Marchailler [forme péjorative de 
a marcher »], war-eha-yé, marcher 
beaucoup, errer. 

Marchblier. mar-ehe^'Ui, habitant 
d'un marché. 

Marettb^ ma-è-te, petite mare. 

Marête, ma4ye, 1» marée; au fig. : 
maeye d'ftrine, urine répandue en 
abondance ; 2* traite du lait. Tantét 
ma vaque m'a donné eunn maeye de 
quatre potn. — La bonne Vierge d4mne 
sa maeye = pluie bienfaisante pour 
la terré, qui vient à tomber huit jours 
avant ou huit jours après une fête de 
la sainte Vierge. — JJaeye de Jiant = 
grosse balourdise. 

Makoanone, mâchoire. — L. 

Mabgas, mar-gâ, goéland. 

Margot, 1* Marguerite; 2* femme d*in- 
conduite. — L. 

Marootok, Marguerite. — L. 

Maroouillas. mar-gou-yâ, dégoûtant, 
sale [le nom u margouillis » eat an 
Diet. général]. 

Maroouillbr, mar-gou-yé, mâcher. 

Marooule, mar-gou'le, bouche, mâ- 
choire ? 

Mabgouler, mar^gourlé^ manger. 



MAT 



- 177 - 



MÉD 



ilAUQOVléETrt^mar-gou-lè'tey mâchoire, 
terme de mignardiBe. 

MAB00U8SB, nourriture grossière, mal 
préparée. — L. 

Mabqukzijcttb, marguerite des champs, 
pâquerette. — L. (Ailleurs c mar- 
griette »). 

Mabiakbttb et mabionnbttb, voir 
moHannette. 

MABlOHBLf ma-irckè^ maréchal. Le has- 
normand, comme la vallée d'Yôres, a 
la forme intermédiaire « marlcba i>. - 
Dicton : ^^tuint no quitte t'mâlckè^ 
faut payer let viens Je* = quand ou 
change de fournisseur, il faut régler 
ses cumpies. 

Habib, ma-ï [opposé à « terrir »], pren- 
dre le large. ~ L C. 

Mabmitonmeb, mar-mi-tanrjtéj faire le 
marmiton, cuismer sans grand succès. 

Mabmousbttb, mar-mou-zè'tey petite 
tille* — Voir vivu»ette, 

Mabmulbk, mar-tnu-léf grommeler? 
JSe marmuleTf se dit du ciel qui se 
oouTre de nuages. 

Mabotte, ma-O'te (vieux), Marie; ne 
se dit qu'en parlant des euf ants. — L. 

Mabpaillb, mar-pâ'-ye, marmaille, en 
mauvaise part. 

Mabqub, ancienne mesure pour le bois 
de charpente, qui valait dUU chevilles 
et équivaut à u décistère 71. — B. 

Habqububb. B. 

Mabbainb, ma-in^-^ne^ marraine. 

Mabs, mar, mars (mois). 

Mabtbl, mar-tê, marteau; forme con- 
servée dans a Charles Martel » et dans 
la locution u se mettre martel eu tête. » 

Mabtomkb, Marthe. — L. 

Mabtyb^ war-ti, l^ martyr, aux sens 
français ; :s» ug., un pauvre diable. 
Via l'vtantf qui poëse , disait na- 
guère uue bonne vieille de la banlieue 
de Kouen, à la vue d'un pauvre petit 
marchand ambulant. 

Mas, ma, voir mail, 

MaBIAQB, ma-xiârjcy mariage. 

Masiannbttb, morzian^-nè'te, échaudé 
en forme de oourouue. 

Masieb, ma-ziéf marier. 

Mabibux, ma-zieu^^ marieur. — Voir 
tt démaeicua ». 

Massk de fwTy mârce de /ou, cul de 
four. 

MAftTOC, moêê-tok, V grossier : 2* en parl^ 
dea personnes, lourdaud, rustre. 

Masdbb, ma-zuy maison d'habitation 
avec un herbage ou une cour plantée 
de pommiers. [Le sens classique est 
toujours : c maison en ruine ».J 

HatbnaB) ma-tnâ^ matelas. 



Mat^bauz, ma-té-rôf matériaux. 

Matiâbb, ma-tie, 1» matière, en gén. ; 
'J^ en particulier, suppurations. 

Matifas, ma-ti'fâ {lacune). — L. défi- 
nit : maçounerie où entrent la chaux, 
Targile et la paille. 

Matin, mârtiu, l^subst., homme hardi, 
courageux ; 2* interj., sorte de juron. 

Matinal, ma^i-naf matinal ou mati- 
neux. 

Matines, livre d'offices. — L. 

Matiu, Mathieu. 

Matub, mâtre, martre. 

Matbibb^ mâ-tri-yè, 1» basset à pattes 
torses (employé dans la chasse aux 
martres; ; ;&«' piège à martres. 

Mattes, ma4e, caillebotte. « Mattee » 
n'est employé que par les précieux ; le 
peuple ait caïUebutte, ce qui est bleu 
plus près du trançais. [Eu elfet, selon 
le Uict, générât, a maties » est un mot 
allemand.] 

Maudire, manhdi^ maudire. 

Mauded, mam-dru, indisposé, un peu 
malade. On emploie plutôt la racine 
primitive : « mai dru jd. 

Maufait, iHaw-/ê , déguenillé, débraillé 

Maugbé, matc-yréy nudgré. 

Macjgeéeb, inaw-gré'éf maugréer. 

Maulié, détente dans les prix. — B. 

Maubkb, maro-é, noircir avec de la suie 
(littéral^ a rendre maure »;. — L. — 
M. avait écrit : morer. 

Mausoin, maw-çoin, négligence, défaut 
de soins. 

Mausse, maw-ce, garnement. J'ai un 
gare /ton quent eunn/ameuM mautse, 

Mautube, maw'tu, mauvais sujet, vau- 
rieu. VeuX'tu t'n aller ^ vieuUle luautu, 
Képond à peu près au vieux franc, 
c mawté f , môchancetd. 

Mauvais, maovaiseté, voir movaie, 
movaieeté. 

Mauve, maw-ve, 1» mauve, plante; 2* 
mouette, oiseau. 

Mauviabd, maW'Viar, grive {turduê 
muêiouê). 

Maux, subst., mou, c'est-à-dire le pou- 
mon d'un animal de boucherie. 

MÉCANIQUE, mé-oa-ni-ke^ macbine. Ce 
dernier mot est presque toujours rem- 
placé par tt mécanique 9 ; par exemple, 
pour désigner aussi bien une machioe 
a battre que le frein d'une voiture, 
un charretier dira toujours : ma méca- 
nique eut àriêée. 

Mégotent, mé-co^an, mécontent 

MÉOEOHIN, mèd-ekin*, médecin. Dicton : 

Vaut mieujo aller au moulin quau 

medokin, 

MÂDEOfliNAL, mèd'Chi-na^ médicinal. 



MER 



— i78 — 



MBT 



MiDBCHTKE, mè-dchin-ne, médecine. 

MÉDECHINBB, tnèd-chi-né, médeciner ; 
spécial^ : donner des remèdes saiia être 
médecin. — L. 

MAdâb, Amédée. — L. 

MÉDIBE, tné'di^ médire. 

MÉFAIBB, mé'/é^ méfiitre. Se méjaire 
= se suicider. 

Mkillb, me-ye^ 1° nèfle ; [2* (Roumois) 
merlej. 

Meillbr^ mé-yé, néflier. 

Melache, nCla-che^ mélasse. 

MÊLKTE, mélange d'eau- de-vie avec une 
autre liqueur. — L. 

MÉLIBB (SE), méc'lié [lacune). 

MÊLIN, mê-Un'i, fll mêlé. 

Mellan, mé-lan^ merlan. I^es crieurs 
des rues disent aussi à Kouen du 
« mélan j». 

Mellb, mê-le [ailleurs tmeye»], merle. 

Melot, jaunet, plante des champs. — B. 

MÉMOIBE, vtémoué^ mémoire. 

Mkkaouant, m'na-cbant, menaçant. 

Menache, m'îia-chey menace. 

Mbnacheb, mna-eliéy menacer. 

Mbnaine (féminin de «menini»'), l» 
mot pour Appeler un chat ; 2* au flg. 
femme hypocrite. — L. B. 

Mendhk, (vieux), man-dre, 1" moindre ; 
2^ médiocre. 

Mendrembnt« men-dre-niaUf moindre- 
ment; un peu. 

Meneb^ m*né^ mener. Locution : romwe 
il mène nôf pavr pain = comme il 
le coupe tout de travers. 

Meneuse, limons d'une voiture. — L. 

Meneuz, vi'nmr^ meneur; meneux dt 
Muvlin, garde-moulin, ou conducteur 
de moulin. 

Henin, me^-nin'^y chat, expression mi- 
gnarde. 

Henon, 7ne°-nonf entremetteur de ma- 
riage. 

Menottbb, palper avec la main. — L. 

MSKOUILLE, we^-non-ye, monnaie. On 
dit quelquefois dans le même sens 
«de la mouille», d'où la locution 
«ans foute ni mouille = sans ressour- 
ces. 

Mextebie, man-t'iU, menterie. 

Mektedx, man-teu^, menteur. Loch- 
tions : boutonné en menteux^ place du 
menteux. 

Mêpbikse, mé-prW-ze^ méprise. 

Mequike, mè'kyn'^^ney chevalet qui sert 
à maintenir la a couleresse » [du vieux 
français me8chine\. 

Meb, f»^, mer. Dicton : il beuait (hoi- 
rait) la vié et lee pestons ; — la nié est 
du (dure) = agitée. 



Heboenaibb, mer-cei^-néf mercenaire. 

Mebcbbie, mer-ré-ie^ mercerie. Il a plu 
sur sa mer-cé-ie, 

MÂBB, 171^, mère. 

MÈBB, mtf, dépôt glaireux do cidre. 
Mère à vinaigre^ plante (hygrocrocis 
malina^ ulvina aretij. 

Mébibnnb, m^-ria x-ii^, voir nUtienne. 

Mebqde, mer-kCf marque. Palsobavb 
donne les deux formes «merque» et 
<rmerche]& (p. 633). Toutes mes choses 
sont merehées or marquées de cette 
merque or merche. 

Mekqueoi, mer-îte-di^ mercredi; pro- 
nonciation de la banlieue. ïlais le 
Havre prononce mécredi [ce que le 
langage familier a mis en vogue, se- 
lon le Dict. général]. 

Mebquer, mer-kié, marquer. 

Mkrquet, mer-kiè, signet. 

Mrukieb, carrer une pièce de bois. 
— L. 

MÉSEMEB, mal semer, répartir inégale- 
ment la semence. — B. 

MÉBIANOUE, mé-zian-ghe, voir amé- 
sianne }>. 

MÉSIANNE, nté-zianne, musaraigne. Y. le 
prôcéd. et mésirette, 

MÉsiENNE, mé-zian-ne, méridienne, 
tfieste. Kn Baf^se-Normandie et ail- 
leurs on dit amerrienne». 

MÉsiBETTE [une tninsposition dit ail- 
leurs cmiserettei»], wé-zi-rète; musa- 
raigne. Je crois que ce mot appartient 
plutôt aux cantons voisins. 

Messe de rarcro = i\ laquelle assistent 
les époux le lendemain do leur ma- 
riage. — L. Une poule ta à la 
meMxe, lorsqu'elle abandonne les œufs 
qu'elle avait commencé à couver. 

Mesube, m'zUf mesure. 

Mesurée, m'zu'é, mesurer. 

Mbsuboteb, nCzu-o-té, mesurer chiche- 
ment. 

Mbtail (rare), mé-ta-gey métal. [Presque 
tout le XVII* siècle a écrit c métail 9.j 

Métal, meta, métal. 

MÉTIBB, wé'tié, V> métier ; 2^ besoio. 
J'^ai métier d'aller le raie, 

MÉTIOEK, mé'ti'iéy mégisser. Cette ra- 
cine a subi d'étranges variations de 
prononciation. Le Mégissier a vu im- 
primer son nom c Mesquicher j>. 

MÉTOTBN, mé-to-yin, mitoyen. 

Mâtotemneté, mé-to-yen-n'té^ mitoyen- 
neté. 

Mettbb, viè-te, mettre. Mettre les deux 
hitvts tnsemble = vivre sans pouvoir 
faire d'économies. 

Meughb, meu-chcy mèche. Ix>cution : 
Y a pas mewffts = pas moven (on a 
remarqué la curieuse similitude dea 



HOG 



— 179 " 



HOR 



lettres entre <c mèche » et fx/i/o;); — 

— Vendre la meuche = trahir *un se- 
cret. — V. Delboulle : « mèche i et 
« émêcher )). 

Meulbhent» meU'Vnum^ meuglement. 
Voir le suivant. 

Mbuler, meû-ler, V> meugler, ne se dit 
que des vaches et des veaux ; 2» au 
lig. crier. 

Mburdbib, nttfttMriy meurtrir. 

MÉZEN. singulière formule euplionique 
pour c m*en j». Montrez mê-zen de vos 
éeu$. 

MiAKNEB, nuân'-né, miauler. 

Miaule (lîttér^ oc bête qui miaule d), 
méchante femme, hypocrite, calom- 
niatrice. — L. 

MiAULEB, miaw'lé^ miauler. 

MiCHÊ, Michel. — L. 

MiCHEB, mi'Ché, mettre en miettes [de 
u miche »]. 

Miel, miê, miel. 

MiET, MIETS, Miè, mie, miette. — Un 
ttiiet = une petite quantité. — L. 

MlGOLE, mi-go'le, lot de pommes à cou- 
teau que le vendeur de pommes à 
cidre donne par dessus le marché. Cet 
usage tombe en désuétude. 

MIOOLEB, laisser bouillir le linge dans 
la chaudière. — B. 

Milieu, mi-li%y milieu. 

MiLiTAlBB, mi'li'té, militaire ; un soldat. 

MlMÇARD, min-Mrd, homme mince. 

Minette, mi-nè-te, !<> chatte ; 2« lupu- 
line {medicago lupulina). 

MiNGBELET, min^-ghe^r-lè, maigrelet. 

MiNNUiT, fnin*-nui^ minuit. 

Minute. Locutions : une minute (encore 
un moment) eti'partons; — minute! 
(halte-là), no npoëse point. 

MlNUTiiBBE, mi'HVrtié (minutière), ai- 
guille qui marque les minutes. 

MiBE (en) = en vue. — L. 

MiBEB, mi-yé^ mirer. 

MiBBUZ, mi-yeu^y miroir. 

MiTAN, mi'tan, milieu. Au mit an (de 
medietanvs). 

Mité, mi-tê, rongé par les mites. —N.B. 
Le charançon des blés est ici une 
c mite p. 

Miton, soupe qui a longtemps bouilli. 

— L. 

Mitou, mi'touj mi-août. Poire de mitou 
= voulet. — L. ajoute : rousselet. 

Mitoughb (sainte)^ mi-tou-ehe^ nitouche. 

Mitbon^nib, métier du mitron. — B. 

MOAQUB, mo-ak, voir mouraque, 

MODBE, mô-dre, mordre. 

MoGNON, mo^non [cette prononciation, 
justifiée par celle des noms propres, 



s'appuie sur ce que Vi n*est alors con- 
sidéré que comme servant à mouiller 
le gn suivant], moignon. 

Moi. Locution : faire du quant à moi = 
faire des embarras. Voir mai, 

Moidout, masc, mouè-doû, moisson, 
fém. 

Mointié, moitié. — B. 

Mois, mouâ^ mois. 

MOISON, moi-zon, période de pluie ou de 
beau temps [littéH : la durée d*un 
mois]. 

Moisson, mouè-çon^ moineau; au fig., 
voleur. 

Mol, molle; mô^ mô-le, mou, molle. Le 
vtô d'une coureye = le poumon [dès 
le XIV" siècle]. Tout le monde, d'ail- 
leurs, connaît le <e mou d du chat [cité 
du reste au dictionnairej. 

Molênk, s. fém., ino-lin-ne, pêne de 
serrure (et c molène », plante j. 

Mollaghb, mo-îa-eli^^ molasse, indo- 
lent. 

Mollesse, mo-lè-ce^ mollesse. 

Molliant, mô'lianf moelleux. 

Mollifiant, mollet, un peu élastique. 
— L. 

Mollib, mô-li, baisser de prix. Le blé a 
violli à la halle. Voir mauliè. 

Moman, moman, maman. On dit aussi 
monman, 

MoNGNE, Mongne, moine 7 poisson. 

Monnêye, Mon-neye, portion de grain 
envoyée au moulin ; le produit de ce 
grain. Ou prononce souvent moufteye. 

Monniek, mon-nicr^ meunier. [Ancien 
dicton : Pay$ de monnierSf payé d'vô- 
leux.] 

Montb-en-quenouillb, vion-tan-knoû- 
ye^ l'ivraie du lin (loliutn linicola) *f 

Montée, mon-tê-ye^ l* escalier, montée ; 
2^ chemin en rampe. L'Académie ne 
donne le nom de « montée » qu'à un 
petit escalier de pauvres gens. Les 
paysans, peut-être parce qu'ils se con- 
sidèrent tous comme de pauvres gens, 
n'y entendent pas tant de malice. 
[En 1694, en citant les mômes exem- 
ples qu'aujourd'hui, l'Âcadémie disait 
seulement : u montée, petit escalier ]>.] 

Monteuse, mon-teu^-:e, monture. 
Monteux ?, mon-teu^f montoir. 

Montbieb, mon-tri-yé, horloger [littér^ 
oc marchand de montres n : le mot doit 
donc être relativement récent]. 

Mobcbl, tnor-cêf morceau. 

MoBDEUSE? mor'deu^-zet morsure. 

MOUFIL, mor-fi^ moral. 

M0RGUIBNN3, mor-ghyln-ne^ mordienne. 
A la grosse morgutenne (unique em- 
ploi). 



MOO 



— 180 — 



MOT 



MoRTjehewnn^ celui qtd n'est plus entre> 
tenu. — B. 

MoBT (à), moTf excessivement. 

MoBTAUD, moribond. — L. 

MOBTB-IA, marée des quartiers de la 
lune, où Teau est morte, par compa- 
raison avec le flux des nouvelles et des 
pleines lunes, dit c marée de vive eau >. 
— li, 

MoBTOiSB, moT-toty-ze^ mortaise. 

MOBTUAIBB, se dit d'un homme à Tas- 
pect cadavériqQe. ~ L. 

MOBVEL, mtfr-rê, morve. — Locution : 
moreê de picot = crête pendante d'un 
dindon. 

MoTiÉ, ntfhtiê^ moitié. 

Mots, wô, mots. Locutions : ckerelter 
des mets = chercher querelle ; are des 
wott aveue qucucun = avoir une dis- 
pute. 

MoucHEL, mou-che, monceau. [Les noms 
propres c Dumouohel » et a Dumou- 
ceau p ont donc la même origine.] 

MonCHBUZ, mvU'Chcu^, mouchoir. Mou- 
ckenx de col = cravate, foulard. 

MOUGUIAU, MOH'cAttftr, comme moMchel. 

MouELLB, moMè'le, moelle. 

MOUFFLAXT, «Mm-/lfaji, se dit du pain 
léger, creux et chaud (à rapprocher de 
Tauj. a moutiard j»). 

MouGNAN ?, maurgHan, chaudronnier 
ambulant. 

MoniLLB, mou-ye, voir menouiûe. 

liOULAOB, moMAa-je, l'ensemble des 
deux meules d'un moulin ; au tig. : les 
dents. Si man moulage était wtciUeur^ 
f mangera VI plut rite. 

MouLÊ, mou-le, imprimé. D'où on dit 
d*uDe belle écriture : ceêt moule, 

MOULKB, mou-lê-gCy 1* sciure de bois ; 
2« menue braise de boulanger. 

MouLliBB, moH'lié (moulière), rocher 
où l'on trpuvo des moules. 

MouLiiiB, sorte de poisson. — B. 

liOUKÈTB, mou-né-ye, voir monnêye, 

MooKiBB, moU'Hié, meunier. — Voir 
monnier. 

MouoQUE, anthémis cotula. — L. — 
B. ajoute : « mouoque à Uouelles, 
mouaque à Gonneville ». [La variHUte 
est notable. Le mot avait été déjà 
insent pi^ eux sous la lettre a. — Qui 
viendra dire, en cunnaissanoe decau^e, 
la leçon vraie de Vamouoque ou de la 
mouoque (mouaquej ? — V . mouraque.\ 

MouQUE, mou'ke., mouche. Mouque à 
miel -=• abeille. — Le* mouquee echai- 
ment, se dit par les témoins d'une uis- 
cuBsion, quaud ils voient qu'elle va 
brouiller ceux qui disputent — L CX 

JiouQUEB, wou'kié, !• verbe, moucher ; 
2^ subst., rucher. 



MOUQUETTB, mou-kiè-ie, V monohetles ; 
2« moucheron (L. précise : tipoie) ; 3* 
houppe de bonnet de coton. 

MouQuiLLON, mou-qui-yon, fragment de 
mèche qui empêche la chandelle d'é- 
clairer. 

Mon RAQUE, mou-ac, camomille puante 
(anthémis cotula). On prononce sou- 
vent mvuoCj pour € mouroque ». 

MOUBIB, mou-i^ mourir. 

MouBMAS, morose, triste. 

MouBON, mon -on, 1* mouron des champs ; 
2* salamandre (sorte de lézard), appe- 
lée aussi « tac ». 

MouBOQUE, mou-oCf voir mouoque, 

MousBTTE, moU'Zè'te, petite fille espiè- 
gle [pourrait être une apocope de 
c marmousette »]. Le mot anglais 
numse e^t parfois employé comme 
terme de tendresse. [A rapprocher : 
« cousette », dit couranunent d*nne 
jeune couturière.] 

M00S8E (rose), mim-ee, rose mousane. 
Les jardiniers de Fans disent souvent, 
mais à tort, « rose mousseuse i>. [La 
remarque semble juate; mais l'abus a 
dû prévaloir, car le Ihet, général donne 
lt« deux locutions.] 

M0C6SIKU, mou-cieUy monsieur. Locu- 
tion : un moussteu (dans une troupe 
de gros bétailj = un taureau. — i'én- 
pbrase pittoresque (les habits de soie 
ayant été à l'origine ceux des plus 
grands personnages; : OfS moussieui 
têtus de soie = les cochons. 

M0U8TILLE, mouss'ti-ye [racine de 
c émoustiller •], moutarde. 

Mou TE, mou-te, chatte, expression mi- 
gnarde [et avec une sorte de redou- 
blement . a moumoute »]. 

Mouton, mou-ton, pain en forme de 
nœud, dont Tenseuible figurait gros- 
sièrement un mouton accroupi. 11 a 
été remplace par le c pain au uenrre » 
dont la pâte e^t la mêiue, mais dont 
la forme est moins savante. Ce mou- 
ton est un diminutif du « oordier » 
de l'Auvergne. 

Moutubb, mou-tu, mouture ; r ce qu*on 
moud en une fois ; 2* avoine ou [muns 
doute et] orge moulu en mélange. 

Mouvant, mou-tan^ 1« adj., alerte, vif; 
29 Bubst. (argent, sous-entendu.) Jl a 
du mourant = il est riche. 

MouvEit, mou-ré f mouvoir [qui est le 
mot primitif], mouver. 

M cuvette, mou-té'te, !• cuiller de bois 
pour mouver les sauces ; '^^ enfant ra- 
muant. 

MovAis, wuhvê, mauvais. 

MOVAIBETÂ, mo-cê-ze-téf méchanceté. 

Moyen, mo-yin. !• subat., moyen» 2* 
adj., ùâble; 



I 



NER 



- 181 - 



WET 



MucHE, mu-ehe^ cachette. 

MUCHEK, mU'Chéy cacher. [Le dérivé 

cà muche pot » (chez nous à la mvche 

ten pol) eât dans la langue depuis 

plus d'un siècle.] 
MucHOT, muncho, argent caché. 
MUCHOTTE, mU'ChO'te^ !•> cachette; 2* 

fonds de réserve. 
MrcRAS, wu'crây logement humide, 

pour <i mue raud», synon. de ce gour- 

das». 
MuCRE, mu'cre, 1° humide, moite ; an- 
glais viuck^ latin muvere^ moisir; 2* 

synon. de «gourd ». 
MuCBEUB, mu-creu, légère humidité. 
MuoRiR, mU'cri, devenir humide, en 

parlant du temps. 
Muette [forme primitive], muè-te^ 

meute. 
MULON, mU'lont meule de fourrages ou 



de céréales. [Le xvii« siècle en a tiré 
le verbe amulonner}!)]. 

Mur, miie, mur, subst. ou adj. 

Muraille, mu-â-ye, muraille. 

Mure, m?/-^, mûre, fruit de la ronce ou 
du mûrier. 

Muret, mu-^,, fruit du myrtille ; appelé 
aussi « bluet]), ce qui ne peut causer 
d'quivoque avec le bluet du blé, 
plante inconnue chez nous. 

MoRiB, mu4^ mûrir. 

M us EL, mu-ze^ museau. 

Muselière, mu-ze^-lUy muselière [ re- 
monte au moins au XIV" siècle]. 

Musotter, mu-zo-té^ muser [sous la 

forme fréquentative]. 
Mutriebs, brindilles, menus débris de 

bois. — L. 
Mtstèbe, mU'té^ mystère. 



N 



Na, na^ particule amplificative : c'est 

lui^ na ! Grec, vai . 
Naissance, vulve. — B. 
Naîte, né'te, naître. 
Namps, nârif mobilier. Ne s'emploie 

qu'au pluriel : On a vendu ses iiamps, 

— [Dans la Coutume de Normandie 
namps = nantissement]. 

Nannê, nait^-ne, nenni. 

Nannettk, ruin'''nè'te, 1° fruit de l'au- 
bépine ; 2o (prénom) Annette. 

Nasbl, na-zé^ naseau. V. le suiv. 

Nabi AS, na-ziâ, naseaux. 

Natter, na-té^ dresser, former un do- 
mestique. 

Nature, na-tu, nature. 

Naturel, 1» na-tn-rê (subst.) ; 2» na- 
tu-ê (adj.), naturel. 

NÂAS, brun tirant sur le noir (noirâtre). 

— B. 

NÉOOTIBN, né-go-eifiH^, négociant. 
Neige, nêy-je^ neige. 

Neioeotter^ ney-ju-té^ diminutif de 

neiger. 
Nêle, fie-le^ nielle des blés. 
NÉON, blé noir. — L. 

Neb [forme à peu prés primitive ], né, 
noir : Né ruwme evjin taiipe^ voir 
€ noué 9; — Tête né [comparer à 
Kouen afouvette à tête noire i)], mé- 
sange charbonnière, parvs major, 

Neb (à), ner (monter un cheval) à cru. 
Dans i'arr. de Libieux on dit a à nar » 
ou a nard ». Ailleurs ar sigaifie c nu », 
en parlant des chevaux. 



Nebf, ner^ nerf. 
Nergue, ner-ghe, nargue. 
Nbrguer, ner-ghiéf narguer. 

Nerquin, ner-kyin, r finaud; 2*" hom- 
me de chétive apparence. 

Nétéyaob, né-té-yâ-ge^ nettoyage. 
Netetement, Hé-iêy-man, nettoiement 

NÉTEYER, né-té-yé, nettoyer. Se néteyer 
se dit d'une vache qui jette ses u vi- 
danges 9 (Tarrière-faix). 

Nbtieb?, né'tié^ nettoyer. 

NÉTIRUSE, nti£u^'Ze (ce serait en fran- 
çais anettoyures», qui semble en 
Uâage dans certaines campagnes), les 
vidanges d'une vache. 

Neïout, [sans doute « ui-etou »], e°nn- 
tout, non plus; pareillement, au sens 
négatif : I n'a points ni mai e^nn'' 
tout, 

Neu, nuy nœud. Voir nur. Locutions : 
nœud de quien = nœud mal fait 
(qu'on ne défera pas aisément); — 
>lœud Gabriel (pron. nu G ah r lé) = 
le nœud de la gorge. On dit d'un 
homme qui a trop mangé : In^ajus-' 
qu'au nu tiahriê, 

Neuchb, neuofie, noce. 

Neuchbr, neu-cher, nocer. 

Nbuohirb, neu'chié^ assistant à une 

noce. 
Neuf, neuf ^^ (archaïque et rare] neu, 

neuf. 
Neveu, «rw, neveu. 
Neyer, noyer. — L. autrement nier. 

Locutions : nier le cœur, par un li« 

qui de trop abondant — Si tu de ête 

13 



— 182 — 



niéf tu nuiras pas pendu = nul ne 
peut échapper à son sort. 

Nez. Locutions : tan nez branle = tu 
mens; — Ça prend du nez = cela 
commence à sentir mauTaiis. Se dit de 
la viande, etc. 

Niant, nian, niais, sot. Ei-tu niant 1 = 
es-tu bête 1 

NiANTAS, nian-tâ (diminutif du précé- 
dent), un peu niais. — [ L. écrit par 
e ce mot et les suivants]. 

NiANTEMENT, nian-fman, niaisement 

NiANTER, nian-té^ faire ou dire des 
niaiseries. 

NiANTON, nian-ton^ simple (bonasse). 

NicuEUX, ni-cMeu^t voir c nieud ». 

NiCHiEB, amateur de nids. — B. 

NlicHE, niè'che, nièce. 

Nieud, nieu^ [est-ce une altération de 
anicheub)?J nichet; Vallée d'Yères 
a. nichoué ». On dit aussi « nicbeux 9, 

NiivBE, niè-vre^ espiègle. 

NiÂVRETÈ, niè-vre-té^ espièglerie, étour- 
derie. 

NiFLE ni'Jle^ limpide ; anglais nai/*, ter- 
me ae joailler. 

NlGOTTKUENT, ni-go-te-wan^ travail de 
patience (ailleurs «digonnement»?). 

NiGOTTEB, ni^go'tè [lacune; apparem- 
ment : faire une besogne difficile]. 

NiOLLE, niO'le, carie du blé, charbon. 

KiOLLÈ, nio-lê (blé), carié. 

NIVELLIB8, brimborione, choses qui va- 
lent peu. — L. 

NiXy ntj*, non avec idée d'ironie ; de 
l'allemand nick. 

No, nô, on. 

NoGECZ, no'oeu^f ami de la bombance; 
ivrogne. 

NÔE, 71^, noue. y. Dm. cNocd et «Noue» 
[Kt, en pied de page, en vue d^une 
explication qui n'a pu être écrite : ] 
Monsieur do la Noe-SeicheJ. 

Nom de d'la t juron. — L. 

Nom BBS, nôn-bre^ chi£fre des unités; 
voir Tarticle suivant, 

NOMBREB, nôn-bré^ !<> énoncer un nom- 
bre ; 2** préparer cet énoncé en dif aut : 
tt nombre : dijuûnes, oentainef, mille, 
etc. 

Nommage, no^ma-je (lacune). 



Non, noUy impair (dans le jeu de «pair 
ou non»). 

None, non-ne, midi. V. Delb. Vient de 
de l'heure canouiale, appelée nooe. 
Les Anglais n'ont pas d'autre mot pour 
exprimer midi : noon. 

NoBDlB, nor~diy tourner au nord, en 
parlant du vent. 

NOBÉ, Honoré. ~ L. 

NOBINNR, Honorine. — L. 

NoTAIBK, no-téf notaire, él écrit comme 
un noté. 

Note, no-te, V subst. chant noté. Saré 
(savoir) la note^ c^est être en état 
de chanter au lutrin ; 2* adj. notre. 

NOTOIBB, no-tuné, notoire. 

Notbe-Damb, mhtrffi-^an-we. La X.-D. 
de Mars est rAnnoncintion (25 mars) ; 
— fai été ou j irai les rêe à ia Stftre- 
Dame, sans préciser davantage, indi- 
quer la plus prochaine fête de Vierge. 

NouEL^ mm-êf Noël. 

NOUEB, nové, V* verbe, nouer; 2* adj. 
voyea aner». 

NouBOLLE [ailleurs « norolle 9],noU'ro-le^ 
brioche. 

NonBBETiBK (bon), nour4ier, qui nour- 
rit bien ses bestiaux. 

NouBEETUBE [c'est la forme primitive], 
nour-r'tu, voir « nourriture >. 

NOUBBIGHE. noM-ri-chc^ nourrice. — L. 
dit nou'iche, 

NouBKicHON, nou-ri-ekony nourrisson; 
on dit aussi : nou-ichon, 

NOUBUITUBE, non-rirtUf nourriture. On 
dit aussi nourrrture et nou-Uu. 

NoDVEL, nou-eê^ nouvel ou nouveau. 

NouviAU (rare), nou-viofc, nouveau. 

NUÈTE, nuêy, nuée. 

Nuit. Locution : il /ait nuit = il fut 
noir. — L. 

NuiTÈYE, le temps d'une nuit. 

NUND, nv>«,nu; devant «pied» et ctête», 
MU prend cette forme a nund-pieds, 
nund-tête ». Locution. J se fttaque pas 
mal des cats qui vont nund-téte, 

NUHNE-PABT, nun^-ne-par, nulle part. 

NUNUS^ riens, bagatelles. — L. effacé. 

Ndb, nvrou nir, nœud. Au Gabrie s= 
le cartilage thyroïde. // a mâqué !!! 
il n'a jusqu'au nu Gahriê; voir cneuK 

Ntee, mé^ noyer (verbe). 



0, étrange contraction pour «aves-vous » 
dans certaines locutions : Vo <mi', = 



l'aves-vous entendu; JVV^, en avet- 
vous 7 etc. 



ORG 



- 183 - 



OUR 



O, pour c voua », !• ^ni qu'a faites = 
qu'est-ce que voua faites ? -- pour « où ». 
O qu'a z*alli? = Où alleE-vous? 

Occire, occi^ sufToquer. La feumeye 
nt*v8 vccit. Il est assez remarquable 
que la plupart des mots qui primiti- 
vemeot indiquaient le meurtre, ont 
dans notre patois pris un sens adouci : 
weurdrir^ lapider^ lanner, 

OcoR, o-co^ encore. 

OCQUE, O'he^ voir ahocqucD. 

Odeur, odeu^ odeur. Locution : Vergen 
na point d'odeu ; dicton qui remonte 
an moins ù Thistoire romaine. 

Œuf, eu ou euf; plur. m*'-*, œuf. Le pa- 
tois ne prononce jamais/ au plur. et 
le supprime souvent au sing.; quoique 
eALSGKAVB écrive (p. 663) : qui reult 
bimpttcher des (£ufett,/aM^£ qu'il faste 
bouillir sou eaue premier. 

Officier, verbe ; o-ji-cié (sens français), 
au fig. manger de grand appétit. 

Offbaoê, o-fra-gê^ fracturé ; contusion- 
né, blessé. Les deux derniers sens ne 
sont qu'une extension du premier, dé- 
rivé évidemment du latin ( os, fran- 
gère), 

Offbeux, buse, tf-/f¥M2,-^f/2.j:f , celul ou 
celle qui offre le pain bénit. 

Offusquer, o-fus-kiè^ 1° offusquer; 2» 
asphyxier. 

OOBKS (au plur.), o-gre^ orgues. Pals- 
6KAVE donne deux fois orgres: notre 
mot en dérive réguiièremeut. A la fin 
des mots, quand deux r sont séparés 
par une consonne, le premier dispa- 
raît au moins dans la prononciation. 

OiBEL [forme primitive du franc.], 

oiy-zê^ oiseau. 
Oubli, on-hli^ oubli. 

Omblibr, on-'hli-yé, oublier. On dit 
aussi romblier, 

Ombrouaoête (vue) = vue peu dis- 
tincte, trouble. — L. 
Omonke (les brefs), o-mon-ne^ aumône. 
Obche, un-che^ once. 

Ondaix, on-din, ondulalions formées 

par la faux. 
OiiQUE, oH-ke^ 1* ongle; 2<> oncle. Se 

prononce parfois, au premier sens, 

vnguâ. 

Opâbeb, o-pé'é, opérer, seulement au 
gens chirurgical. 

Opposer, empêcher. Mes • romatiques » 
ni opposent de dormir, 

OPBi»^ oprée, auprès. 

Obobe, 1« or de; 2" odre^ ordre. 

Obdubb, or-dUf ordure. 

Obeille, ô-êye, oreille. 

Obge^ or-je^ orge. — B. dit ; « pronon- 
cez ourge 9, 



Oroeu, orjft, mêlé d'orge (en parlant du 
blé). 

Orqueul, orghett, orgueil. 

Originel, a-ri-gi-nê^ 1«> originel ; 2» 
eubst., original, excentrique. 

Orilliër, ô-riéf oreiller. On prononce 
aussi ôyé et â-i-yé. De ces trois pro- 
nonciations, la seconde est la plus 
commune. 

Orillon, l^O'ï-yon; 2* o-^on, oreilloQ. 

Orin, o-in^, défaut. — Voir horin. 

Ormoire, or-moNè-rc, armoire. Les pré- 
cieux seuls emploient cette forme. — 
Voyez antnaire. Syn. m'n ornée {o bref;, 
orm^ntèse. 

Ortel, or-tê, orteil. 

Orver, or-vé, orvet. [Ailleurs IV final 

se prononce.] 
Obsite^ o-oi4ej aussi. 
Ossu, fortement membre, qui a de gros 

08, — B, 

OsTEAU, oss'tô, prison. Ce mot me pa- 
raît appartenir, non au patois, mais à 
l'argoi havrais. En Béarn, il signifie 
a maison ». 11 vient du vieux français 
€ ostel ]». 

Obtination, ostiké, os-ti-nâ-cion, os- 
ti-néy obstination, obstiné. Th. de Bèze 
dit que le b ne se prononce pas. 

OSTOGBAPHE, os-to-gta-fe^ orthographe. 

Otel, ^tel ou (vieux) ô^ê, hôtel. 

Oteb, O'té (o bref), ôter. 

OUAICHB. subj. d'à aller ». Y faut que 
ftntaic/u! m' coucher, — L. 

OUAN, mm», oing (vieux). On dit aussi 
c vieux ouan j», spécialement en par- 
lant de la graisse que l'on mei aux 
roues des voitures. 

OuATTEl ouat\ interjection de désap- 
probation. 

OukTTE I ancienne prononciation], ouate. 

— Ij. 

Ouetteb, ouater. — L. 

Ouosoux, ou-gnou, voir houguou. 

0UONOUB8B, jument qui hennit et frappe 
du pied quand elle voit un cheval. 
^ L. 

OuiVET, oui-vè, Bas-Normand (d'un mot 
qui lui est ordinaire : oui^ vé! = oui, 
vraiment). Se dit aussi des animaux : 
raque ouivette = vache bretonne. 
Comme revanche, les Bas-Normands 
donnent aux Cauchois le nom de 
(L Floquets ». [Cette injure de Babe- 
lairi signifie notamment a hautain^ opi- 
niâtre ».] 

Ou QUE C'EST, oo-cè. Locution : Il est 
queuquepart, o bien occè (il est où il 
est). 

Oubme^ our»me^ orme. 



PAL 



— 184 — 



PAR 



OuRyKBSB, flur-meccy charme commun 
(arbre). — L. écrit ourinainte, 

OUBMIAU (rare), our-miaw, ormeau. 

Ou Hi MON, si non. 

OUSQUB, ouê~ke, où est-ce que? 

Ouvert {jouer à T), terme du jeu de 
boule. 

OOYBKTURB, ou-ver-tu, ouverture. 



Ouvrage, fém. ; ee prend en mauvaise 
part : £» vHà d'ia belle nurrage ! en 
entendant un objet se briser, etc. 

OuvRBUX, ou-TTfu^ (propr* « ouvroir »), 
atelier de tisserand. 

Ouvrier (jour)^ ou-tri'é^ voir jifuvrier. 

Ouvrir, ou-vrî, ouvrir. 

Otou 7 o-yov, où? înterrogatif. Oy&u 
qyWo ro'n* n'allez ? = où allez- vous î 



PACAimEB, chucholter. — L. 

Face que, pass-que, parce que. 

VjlQîR, pâ-jie, tâche? 

Paille. Locution : fée d'ia paille à 
viâs = perdre du grain en le net- 
toyant. 

Paillot, pa-yo, paillot; surtout, iro- 
niquement, ht. 

Pain. Locutions : Bon comme Vbon 
pain ; — être à pain et à pot = par- 
tager tout avec quelqu'un ; tracner san 
pain = mendier. 

Pain d'huile^ pin^dnile, tourteau de 
colza, après l'extraction de l'huile [le 
sens s'est généralisé]. 

Paireb, pé-é, égaliser. 

Pais,/m<;, pait! cri pour exciter un 
cluen à manger ce qu'on lui offre. 

Paisan, pi'Zanj paysan. Ce mot est ha- 
vrais : les campagnards disent, comme 
l'Académie, pe'i-zan. 

Paissel, pê'cê, planche verticale sur 
laquelle les écoucheuz placent le lin 
pour le travailler (du bas lAtin pareil 
lus). 

pAisfioN, pê'Çon, piquet (pour attacher 
le bétail au pâturage). 

PAI88U, pê'ÇU, pâturé. C'est le participe 
passé du verbe « paître», qui pour ses 
autres temps se conjugue ici comme 
en franc. 

Paitue, pâturage, terre pâturée par les 
bestiaux. — B. 

Pal, maac., pal, palissade. A Elbeuf 
ou dit a palet 9. 

Palàdonc ! pa-lê'don, parlez donc, in- 
terjection. 

? ALET, pa-lé, l» palet; 2* planchette 
employée daus la construction des 
teuis, des plafonds. 

Palette, pa-U-lCy pelle â feu. 

Palet E, parole, phrase. iCn v'ia eunn^ 
paUye ! 

Palier, pâ-lié, dressoir. 

PALINOD, pa-li^to, le vainqueur, le plus 
habile, le plus remarquable; mot dû 
évideuiment aux concours des pali- 
nods de Rouen et de Dieppe. 



Pammb, panante. Voir «pam|)e». 

Pam'mbnt, parement. — B. 

PAifyER (SE), pan-mé, se pâmer. 

Pam PB, pan^'pe, paume ? 

Pam pibre, pan-pié, voir <( pantière ». 

PAKt (onomatopée) pàn, interjection à 
Toccasion d'un coup. 

F AUCUE, pan-'Che, (lanse. Etre su sa 
panche = être gourmand. Palsgrave 
donne «penche» et «pause». 

Panerée, pan-n^neye, panerée. 

Panier à vias, sorte de petit panier 
qu'un attache à la tête des veaux pour 
leur fermer la bouche. 

Pannel, pan-nèy sorte de bât. 

Pannêye, pan-nê-ye (pannée), basque 
d'habit, et par extension, l'habit lui- 
môme . j avais mis ma pannêye. 

Paou IN, jEM»-cf M»n. voir aparouinj». 

Paquier, faire ses pâques. — L. effacé. 

Par, pa^ par ; ex. Pa là-bas pour cpar 
là-bas» ; mais l'r se prononce devant 
ch„j. 

Parache, pa-a-che (en français «pa- 
rasse »), débris de morue salée qu on 
a « parée ». — L C. 

Parache, pa-a-che, pelure d*un fruit 
ou d'une pomme de terre. 

Tâhai'} pa-é, paroi, muraille. 

Paraître, pa-rè-te et pa-è-te, paraître. 

Parc, par, parc. 

Parchittb, par-chi-te, syncope de cpar 
ichite ». 

Parchon, par-chûn, associé d*un petit 
cultivateur pour exploiter sa ferme ; 
ancien inuçeà» parson. 

PARCHONNER,par-<rA(»}i-ii^, assocîerpoar 
former un attelage. V. Dm.; Del- 
boulle, echochonner». En général, 
s'entendre afin de partager un objet 
trop fort pour un seul ; les bouchers 
(( parchonueut, j> quand ils tuent un 
bœuf à deux. 

PARGHONNIER, par-chon-nii, qui par- 
chonne. Kn ancienne jurisprudenoe 
parohonnier = copropriétaire. 



j 



PAS 



— 185 — 



PAT 



PAR^.BauYé, déj^fagé (partie, de c parer t>). 
Locution : Te* pas paé = tu n'es 
pas quitte, tu n'as pas fini ; en parlant 
à quelqu'un qui commence un ou- 
vrage de longue haleine. 

Parement, pa-m'msnt^ colle de pâte 
pour «parer 9 les fils de la chaîne d'un 
métier à tisser. [Il semble un peu 
étonnant que le Dictionnaire général 
n'ait pas indiqué cette acception du 
verbe, alors qu'il donne bien au nom 
le sens de l'action d'appliquer cette 
colle sur les fils.] 

PARBNTf l'* pa-ran; 2^ pa-an^ parent. 

Parenté, pa-an^tè, parenté. 

Parbb, pa-é, 1" parer ; 2® peler ; 3« (en 
pari, au cidre) fermenter ; 4*^ couvrir 
de parement; b° enlever en balayant 
des ordures, des excréments, etc. Dans 
Tarr. de Cherbourg, paer a aussi le 
sens de balayer. L'anglais to pire est 
à peu près la traduction de « parer ]>. 

Paressr, pa-è-ce^ paresse. 

FarÊTE) pa-eye, partie de la chaîne 
d'un tissu <k parée » en une fois. 

Parfais, par-/?, parfois. 

Parieuse, /^a-rific^ze, pari, gageure. 

Parlant, par-lan, affable, de facile 
accès. 

Parlkr, pà-lé, parler. La prononciation 
a parler v existe aussi, mais est exclu- 
sivement réservée pour se moquer des 
précieux et de ceux qui veulent parler 
tf français », parlocher comme on dit 
à Valognes, se parloger à Mortagne, 
parloser dans la vallée d'Yères. — Se 
pâltr = se courtiser. Pierre et Marie 
vont se marier. — Cha ne vCétnnne 
pas; car ils se paient ded'pis lotemps. 

Parmi, subst. masc, par~mi^ le milieu. 
Jl a jeté san quien dans le parmi de 
nof mare. 

Parne, pièce de charpente. — L. 

Paroles, pa-ro-le, verbiage. 

Parouin, ^a-<mifi, coup; contusion lé- 
gère. 

Parrain, jMx-/;», parrain. 

Partager (se), se marier. — L. [On 
dirait une quasi-traduction du mot de 
saint Paul : divisus est.] 

Partbrrer (se), par-tê-ré, tomber à 
terre. 

Partout. Locution : tout partout =■. 
abiH)lument partout. V a des pommes 
c'fanneye tout partovt. 

Pas, pâ, tous les sens du subst. français 
< pas D ; et tipécial^ a situation d'une 
boutique i». A ré ban pas. 

Pas CARRé, palier où aboutit un esca- 
lier à chaque étage. — B. 



Passager, Bubst. rnsscpa-ça-ié, 1^ pas- 
sager ; 2° paquebot ; [3" sur les bords 
de la Seine, celui qui afferme un pas- 



sage d'eau. Des puristes ont prétendu 
que <i passager » en ce sens est un 
barbarisme, et qu'il faut dire passeur. 
L'historique de la langue ne leur est 
pas fovorable ; car un dictionnaire de 
1059 donne € passager d comme syno- 
nyme de €. passeur ».] 

Passager, are, pa-çarjé^ fréquenté, en 
parlant d'un chemin. 

Passayer, pa-ça-yé, passer souvent au 
même enaroit ; péjoratif de a passer ». 
[Peut-être serait -il mieux d'écrire 
apasaailler».] 

Passe-pomme, espèce de pigeon d'été. 
~- L, 

Passer, nourrir une vache. — B. 

Passbresse, passoire. — B. 

Passeyk, pa-cê-ye^ chemin d'accès à une 
ferme. 

Pastille, menthe. — B. 

Pataclas, pa-ta-clâj grand bruit, fra- 
cas; au fig. : un vantard. 

Patapouf 1 pa-ta-pouf^ onomatopée ex- 
primant une chute. — Voir pataud. 

Patarasser, pa-ta-ra-cé, piétiner; gâ- 
ter un terrain, en passant fréquem- 
ment dessus. 

Pataud, pa-tâ, V gros homme. On dit 
quelquefois a patapouf i> En français, 
pataud est un chien aux grosses pat- 
tes ; 2o cidre qui a de la force. 

Pâté RE, masc, pâ-ter, patère, fém. 

Pâtisserie, pa-tiss-cie^ pâtisserie. 

Paton, pâte roulée dans la main, ou'on 
fait avaler aux volailles à engraisser. 

Patorcubr, pa-tor-ché, battre. — Voir 
Dm. : c patocher d. 

Patou, pa-tou, gros chien. Apostrophe 
à un enfant dont la figure est bar- 
bouillée : Va-fen dire à patou qui 
(qu'il) te lègue. 

Patron. Locution : Fée san patron = 
tomber dans la boue ou surtout dans 
la neige, de manière à y imprimer sa 
figure. — L. 

Patrouiller, pa-trou-vé, outre le sens 
de a marcher dans la boue D, patiner, 
manier malproprement. Vallée d'Yèrea 
(( pratriquer i> ; ailleurs a pateronner d. 

Patrouillot, jeu de billes. — B. 

Pattinnb, petite patte. — L. 

Paure, pô-re, pauvre. Après le substan- 
tif qualifié, on dit a pauvre J) comme 
en français. Celtique paur. — Se dit 
des personnes ou des choses qui pro- 
voquent un vif intérêt, né d'une grande 
vénération . NoV paur pain; — dé fan 
man paur garchon. — C'est toujours 
le dicton antique : Res estsacra, miser. 

Pauvresse, ^rré-ftf, pauvresse. 

Paye, pe-ye^ débiteur. Batiste est eunn' 
bonne jHiye. — D'eunn' wawvaise paye 
no haie ce que no peut. 



PEU 



- 186 - 



PER 



Patkux, pé-yeu*, payeur. — Voir eon- 
seillevx. 

Pbc, pecj poîot de départ. Prendre son 
pee =z se fâcher. 

Pecqceb (bb), pé'kU, 1* ge planter. Il 
est renu te pequcr devant mai, et m^a 
empêché de rêe ; 2* se fâcher. Comme 
e'te femme-là n'pèque! — L. 

PÉBR [devrait B*écrire ^irrr], arranger 
les objets de même sorte au même ni- 
veau. — L. 

PÉBR se8 raiêont = bien réfléchir avant 
de parler. — B. 

Peine, pin^-ne^ peine. Locution : pren* 
dre peine de riere = ^e donner beau- 
coup de mal pour faire honneur à ses 
affaires. - L. 

Peinture, nin^-tu^ peinture. Locution : 
;'/>c*tt pas Trêe en peinture =: je ne 
veux même pas en entendre parler. 

Pelageh (SB), plâ-jé, se dit des animaux 
qui, au printemps, ne couvrent d'un 
beau poil. Au fig. : mal pelaçi = 
homme d'aspect sinistre. 

Pela ode, plaw-de^ blouse. 8e dit éga- 
lement dans le Jura. — V. J. Travers : 
n blaude d. 

Pelaudeb, pîaw-dé, battre, dépouiller 
(secouer la plaude). — Voir Dm : a pe- 
lauter d et « plotter d ; et Le Vavas- 
seur : « blaude ». Au sens littéral : 
plauder un lapin ^= le dépouiller. 

Pelaudeux, platc-deu^^ équarrisseur. 

PÊLE, pfle^ 1" terrine à lait, contracté 
du vieux fr. apaelle» (patellaj^ 
comme Jlel de cfiael»; anglais milk- 
pail ; 2" poêle à frire. C'est la forme 
ancienne, ainsi qu'en témoigne ce dic- 
ton du ZVI* siôcle : qui tient la pelti 
par la queue, il la tourne là oii il 
veut. 

Pelé, plê, pelé, qui a perdu son poil. 

PÈLERIN et PÂLBEIN, pé-lé-rin et pel- 
riin, pèlerin. 

Pèlerinage, pel-l'U-nâ-je, pèlerinage ; 
on pron. aussi ^-^d-ri-nâ-;;>. 

PÊLEYE, 2^'^ê-ye, une terrine, le conte- 
nu d'une apêle» à lait 

Peller, pelleter. — B. 

Peloter, rosser. — L. 

Pelurer, pZi2-r«r, peler (des fruits). 

PRL\'ÈcnE,pel-vê'Che, en sens contraire, 
tête à queue ; ailleurd : « bêchevêche, 
tête bêche, béjuel ou béjuet». 

PklvÊCher, pel-vê-ché, placer en sens 
contraire (voir le précédent); on dit 
aussi « pequevêcher ». 

Penas, pe-nâ, penaud. 

Pendre plus que (ne), pan-de-mi-que, 
ne rester plus à faire que... lovt est 
prêt ; i n'pend pu que de s'itiettre à 
table. — I ne penaquà lui = il ne 



tient qu'à lui. — Si ça ne pend que 
d'eha, ça peut se/é. [Apocope de «dé- 
pendre]. 

Penne, pin^-ne, torchon fait avec des 
lames de tisserand. — L. 

Pbnots, pe^-nê, petits pieds, terme en- 
fantin. 

Vevsèye, pan-ce y e, pensée. 

PENTECOrTB. YÎeux, pan-te-cou-U ; nxi- 
jourd'hui souvent /Nsa-^^-^'t-tf (obref). 
Dicton : Entre Pâques et la Pente^ 
coûte f courtes vêpres et mauraise soupe. 

Pente r, panrté, mesurer, terme de jeu. 
— « Pentoir » est une perche, selon 
J T. 

PÊQUAILLE, pê-câ-ye, poisson péché [la 
finale semble dire : mauvaise pêche j. 

PÊgUAiLLEUX, pe-ca-yeu^, pêcheur peu 
habile. 

PÊQUANT, contagieux. — L. 

PÊQUB, pê'ke^ 1» pêche, action de pê- 
cher ; 2® soufflet, gifle. — La c pêche >, 
fruit, garde la pronooc. commune. 

PÊQUE-MÊLB, pê'ke-mê'le, pêle-mêle. 

PÊQUER, »^-AiV, l» pêcher; 2* gagner 
une maladie ; voir « péquant». 

PÈQUEDZ, pê'kyeu^, 1« pêcheur ; T chif- 
fonnier. 

Hbrche (en), per-ehe, en perce. 

Perchemin^ per-che-min^y parchemin. 

Percher, per-ché, percer. 

Perdre, pê-dre, perdre. 

Perdrix, pê-dri, perdrix. 

?^RK,pé, père. 

PÈRE, pé, poire. La conformité de pro- 
nonciation des mots «père» et «poire» 
explique le dicton suivant qu*on ap- 
plique au mauvais fils : / vaudrait are 
bien des pommes^ et point de pé. 

Pbrèsinb, pé-ré-zin-ne, résine, contrac- 
tion de « poix résine 9. 

FÈiiETTK, pé-rê-te^ i* paonne, abrégé de 
(( Pierrette w, le paon ayant pour so- 
briquet « pierrot» ; 2* terme de mépris: 
jeune coquette prétentieuse ou fille 
sans mœurs. 

Pbril, pé-ri, péri4. 

PÉRIR, pé-rî, périr. Se péri — se suici- 
der. 

Pbbquaob, per-ca-je, nom collectif, un 
lot de grosses perches. 

Perque, per-he, perche. 

Perquillkux ou parquilleux : à Saint- 
Jouin, les gens qui ont à la mer on 
parc pour le poisson. 

PSRQUis, per-ki, !• grenier [dont le 
plancher est fait de perches] \ 7^ filets 
de pêche [soutenus par des perches]. 

Perret, pe-rê, lieu rempli de galets. 
[Un quartier du Havre en avait tiré 
son nom]. 



PIA 



— 187 - 



PIG 



PKBSftviREK, per-êé-vê-éf penérèrer. 

Pesanteur, pe-zân'^-teu^ pesanteur. 

Pesas, pe-zâ, tige de trèfle incarnat, 
battue. Comparer avec ufayieB)». 

Pbsêtb, pe'^'te-ye, 1<* pesée ; 2* pièce de 
bois à 1 usage des scieurs de long. — L. 

PiaiiRR, pe^'Zié^ poirier. 

Pbsotter, pe^'zo-té, peser scrupuleuse- 
ment : calculer arant de livrer ou de 
prendre livraison. 

Pbssaillb [péjoratif de cpessoni)], pè- 
ça-ye^ mauvais poisson. 

Pesson, pè-çon^ poisson. 

Pessonnkrie, peS'*on-n*nte^ poissonne- 
rie. 

Pbssonnier, pè'Son-nié, poissonnier. 

PrssoNNiÂRB, pê-çon-niéf plante (eupa- 
torium cannabinum ) ^ 

PÉTAUDIÂRB, pé-taw-dié, pétaudière. 

PiTER. Locution : Le sien qui veut pé- 
ter plv* fiavt que le c...y se casse les 
reifu = à vouloir briller au-dessus de 
son rang, on se ruine. 

Pbtête, pe^-têtt ou parfois ptête^ peut- 
être. 

VÂTEVX,pé-teu^^ péteur ; au fig. poltron. 

Pbtieu (un), p'tieu, un peu ; semble 
équivaloir à c un petit peu ». 

Petiot, pe^-tio et p*tio^ diminutif de 
a petit D. En Picardie et même dans 
Tarr. de Neufcbfitel ce mot eet devenu 
«tiot» et «quiotD. Ma quiote fille, 

pETiT-POT, pHi pOy canon, huitième de 
litre. Prendre nn petit-pot avec nn 
« mtmtan d. 

PÉTBAS, pé-trâ, lourdaud [qui a quel- 
que chose de la pierre (petra) ]. 

PÉTRIN, pê-trin, pétrin. 

PÉTRIR, pe-trî, pétrir. 

Pette, fillette qui fait la dame. — B. 

Peuple, peuple^ !• peuplier [au xv» 
& en ce sens]; 2* peuple. 

Peur, pû^ peur. 

Peureux, pn-eu^^ peureux. 

Peut-être, peu-tè-te, peut-être. 

PÉYEUX, payeur. Crédit est mort; les 
mauvais péyeux Vont tué. — L. 

Physique, eubst. masc. fi-zi-ke, 1* phy- 
sionomie : il a un bon physique [sens 
usuel aujourd'hui]; 2* prestige. 

Fi A FFEf pia-fe y luxe. 

Piaffer, pia-fé, afficher un grand luxe 
[mot dont usait volontiers vers 1710 
l'archevêque de Paris]. 

PlAFFKUX, pia-feuy qui se pare avec 
recherche. 

Pi AL, pia, peau ; voir cpiauD. Adressé à 
une femme est une grossière injure, 
dont le français use parfois. 

PlANER^i0n-n<f, piauler. 



Piant, pian, puant. Comme no sent 
piant par là! Y doit y avé quevque 
eharongne, 

PiARD, piar^ noir et blano (comme la 
pie); fain^e pas pu un ch'va piard 
qu'eunn' vaque piarde* 

Pi AU, pian, peau. 

PiAUOER, piaW'Cé, battre, écorcher. 

[Aases connu par son composé a dé- 

piaucer ».] 
Piauler, piate-lé, piauler, pleurer. En 

parlant des poussins on dit « piannerD. 
PiAULiN, piaw'lin, pleurard. 
Piaustrer, piawss'tré, écorcher : pel- 

lem trahere, traire la piau. 
Picacherib, pi-ca-ch'chiâf bigacherie. 

En Angleterre cpigacep désigne une 

passementerie des manches. 
Picoiser, pi'Coiy-zé, becqueter, picoter. 
PIOOT, 'Oie, pi-co,'Ote, dindon, coq-d'Inde 

On dit quelquefois, à cause de son 

cri, c plot B. (peacock); au fig. un 

niais. 
Pie, pi, pnetit p&té aux pommes ; an- 
glais «pie», pâté. 
PlÈCHK, pie-cha, 1« pièce; 2* nul, aucun 

— Voir Dm. : a pièce ï. JUa navire 
est aussi bien arcablie que pièce qui 
smjt dedans la flotte, Palbor., p. 03. 

— / nsont v'nus à pièche = aucun 
n'est venu. 

PiÊ OORNIER, arbre réservé pour limite, 

au coin d'un c fossé ». — L. 
Pied, pie, dépôt au fond des bouteilles. 

PiED-SRC, piè-sec, altération de a pié- 
cette ]>, empiècement. 

PlÉOE, piê-jey piège. 

Piémontoise, pis-mon-toy-ze (piémon- 
toise), sorte ae hache ou de pioche, 
employée surtout pour abattre les ar- 
bres. Ce mot est un de ceux dont la 
forme varie le plus; ainsi on eu a 
fait (( piémontoire d, i)ar rétablisse- 
ment d'un r imaginaire; et enfin 
d promontoire ». 

Pierre, piê-re, !• pierre; 2* morceau 
de sucre; 3* noyau de fruit. Lss bonr 
nés preunnes quittent la pierre ; — no 
n'a pas cha pour des pierres de gui- 
gnes. 

Pierrot, serre-tête à grands dalots. 
PiétÉj pié'tèy pourvu de pieds. Bien 
piété, nuU piété, piété comme il faut. 

Piéter, pié-té, marcher. Quand no n'a 
que ses gambes pour aller du Havre à 
Fècamp, il y a à piéter, 

PiÉTONNER, pié-Um-né, piétiner. 
Pieu, piu^ pieu. 
P". P'fi lo"g liez. 

PiONAfi, pf-^»a, sale, malpropre; fém. 
«pignaude». 



PIP 



— 188 — 



PLA 



TlQVEVXjpi-gnâu^.peîgneuT. Locution : 
un pigneux d'qnien = un va nu-pieds ; 
i habille comme un pigneux ( de lin ; 
les teilleurs ayant la réputation d'être 
bavards). 

PiGNÊTB, pi-gne-ye, l'action de peigner, 
c.-à-d., au tig., de prendre aux che- 
veux. Se donner vn^ pignée = se bat- 
tre, en parlant des chats ou des fem- 
mes. 

PiGNOCHE, pi-gno-che (lacune). — L. 
définit : cheville (fausset) à une bar- 
rique de cidre. 

PiGOUiLLAGE, pi-gou-yà-je^ boue dé- 
layée par le piétinement; upatouille» 
dans le Blésois. 

PiGOUiLLER, pi-gou-yé^ piétiner sale- 
ment un terrain fangeux. 

PiLAGE, pi-lâ-je^ braspage du cidre. 

Pile ou vache, pi-lou-Ja-che, pile ou 
face (jeu). 

Piler, pi'lé^ !• piler, broyer; 2® abso- 
lument, faire du cidre, brasser; 3° fou- 
ler avec le pied. Tas pilé ! cri des en- 
fants à leur camarade dont le pied a 
S osé sur les rayes qui font les limites 
e certains jeux ; — t ma pile su l'pied, 

PiLERiE, pi'Vlie^ broyeur ou concas- 
seur à pommes. 

Pilhoupet, pêle-mêle, sens dessus- 
dessous. — L. 

Pilier, pi-yé, pilier. 

Pimailler (se), pî-mà-yé, se battre. 

Pjmprenbllb, pin^-pe^-nè-le, pimpre- 
nelle. 

Pikchaillbr, /)iV-i?*a-y^, pincer pour 
jouer (pinçoter). 

PiNCHARD, pin^-rhar, pinson. 

PlKCHE, pin^'che^ pince. 

PiNCHER, pin^-ché^ pincer. 

PiNCHET, pîn^'Chè^ pincée | Ailleurs le 
mot prononcé pincet^est la marque que 
conserve la peau pincée]. 

PiNCHBTTES, pin'^-chè-te^ pincettes. 

PlNCHBUSB, pin^-cheft-ze ^ pinçon (la 
forme française serait pinçure). 

Pjngeon, pin^-jon^ pigeon. 

PiNGBE, pin^-gre, pingre. 

PiNTABDE, pin^'tar-de, pintade. 

Piocher, pioché (lacune...) de moulin. 

PlONCBR, pion-cer, dormir (argot mo- 
derne). 

PlôNE, piô-ne^ pivoine. En Angleterre, 
les graines de pivoine furent jadis 
employées comme épices, sous le nom 
de «piones». 

PiOT, piote, piote^ dindon, dinde. 

Pipe, pi-pe^ petits coins de fer servant 
de clavettes ; et les autres sens fran- 
çais. 

PiPEB, pi-pé, boire avec un « pipet j>. 



PiPBT, pî'pè, fétu employé pour boire. 
C'est rorigine de la pipette des chi- 
mistes. 

PiPiB, pi-pie, pépie. 

PiPiFAVAS, variété de pommes [ailleurs 
a pépin favard »] . 

PiPiTRB, pi-pî'te, pupitre. 

Piquer, oe-^i^, sens rural particulier 
(outre les autres) : labourer profondé- 
ment. 

Piquette, pi-kiè-te^ piquette, c'est-à- 
dire ici (I mauvais cidre d. 

Pire, pie, adj. « pire » et adv. a pis ». 
L'incorrection « plus pire d a bien la 
force d'un comparatif. 

Pis {et), pi, et puis. 

PISCATINB, pis-ca-tin-ne, boisson plate 
sans force ; la périphrase a pissas de 
raine » doit-elle faire penser, pour Tori- 
g^ne du mot, à pisci* ou à <!C pis- 
ser d ? — A Lisieux, « piscantine » 
ou a biscantine > : dans TOme, c cla- 
cusi$e D et <t clacasse d. — L. et B. 
écrivent a piscantinne 2>. 

PiSQUE, pi4-ke, puisque. 

PISSANCB, pi'çan-ee, puissance. 

Pissant, pi-çân, puissant (de corps), 
lourd. 

Pissas, pi-çâ, pissat, urine. 

Pisse, pi-ce, besoin d'uriner. J'ai la 
piste, 

PissoiN, />î-fM», 1« odeur d'urine, fa 
sent le pissoin; ou 2» ? a urine ». — 
B. écrit a pissouin ». 

Pissotière, pi-ço-tié, en plus des sens 
français : le conduit de la faisselle. 

PlHTOMEB, piS'to-lié, valet d'août, mois- 
sonneur loué pour un nombre déter- 
miné de jours. — L. ajoute : payé à 
la pistole. 

PiTiEUX, /)i-^i>«8^ miséricordieux? — 
^elon L. : individu sans ouvrage. 

PITOIS, pi'touâ, putois. 

Pitol ou Pitos, pi-tô, pholade (coquil- 
lage). 

Piton d'un tas = premières gerbes 
mises debout contre la muraille, et qui 
servent d'appui «aux autres gerbes. 
- B. 

PiTS, pî, puits. 

Placue, pla-che, place. 

Plagheb, pla-ehè, placer. 

ï*i,KCiiKi5X,pla-eheu^, se dit des récolte* 
en blé ou en lin, où se rencontrent 
des d places )> de qualité inférieure. 

Plaidkux, plai'deu^, plaideur. 

Plaignabd, plin-gnar, qui se plaint 
facilement. 

Plaignbdz, plin-gneu, celui qui se 
plaint Souvent au sens de « plai- 
gnard ». 



PLO 



— 189 — 



POI 



Plaindre, pUn^-de, plaindre. 

Plaire, plè^ plaire. 

Plaisanterie, plai-zan^-t'tie, plaisan- 
terie. 

Plaisir, plaî-zi, plaisir. 

Plam ITRE, pla-mi'tre^ voir planitre. 

Plan I sorte d^onomatopée, au bruit d'un 
fort coup. — L. 

Plancher, v. act., plan'^-cM [encore 
usuel à Toulouse, vers 1820], plan- 
chéier. Que totre parloir soit planché^ 
car la terre nest sayne. Palsor., p. 
460. 

Planchi, plafond en bois. — B. 

Planchon (fé du) = semer en sillon 
du colza qu'on ne repiquera point. 

Planitre, pla-ni-tre^ plateau, terrain 
horizontal sur une colline. 

Planttié, plantation. -— L. 

Plarib, plârriôf voir prarie, 

Platbrêye, pla't'teye^ platée, contenu 
d*un plat. Dans le Boumois, « plate- 
rée ». 

Platine, pla-tin-ne, faconde [sens entré 
dans le Dict. gé?^,]. 

Platon, plarton, !• clairière ? ; 2» petit 
pré, pour « praton ». — Voir J. T. 

Plâtrer du beurre, en mettre sur du 
pain une couche épaisse. 

Plattir, z>Za-^l, devenir plat; ne se dît 
que des liquides. — L. écrit u platir», 
mieux ce semble. 

Plboer, plé-jé, protéger, défendre [mot 
disparu de la langue, mais encore em- 
ployé par Corneille]. — Une litote 
expressive l'emploie souvent avec la 
négation :f vas pas V piéger = je vais 
l'étriller ! 

Plein, plin. Locution : tout plein = 
beaucoup. Ta tout plein de monde. 
Il a tout plein d'esprit, L^ezpression 
est dans Joinville. 

Plet, plè, habitude, adresse ; tour do 
main. 

Pléter, plé'té, faire prendre un pli, au 
physique comme au moral. 

Pleurer, jileu^-éj pleurer. 

Pleitt-pleut, pleU'pleUj pivert. 

Pleuvbr, pleU'vé^ voir plouver. 

Pli, pli (avec les sens usuels), l'ensem- 
ble des cartes que le joueur ramasse 
en une fois. Avec des sept s et des 
huit s on fait des plis. 

Plie, ^/a?, pluie. 

Plikr, pli-é, plier on ployer. 

Plommaoe, plon-mâ-je, couverte de po- 
terie. 

Plommant, plon-mân, lourd. Voir J. T. 
a plommé 2>. 

Plomher, plt m^méy !<> plomber ; 2o ré- 
gler au fil à plomb ; 3<> vernisser, met- 



tre la couverte à une poterie. Un pat 
de terre., quand il est bien plommé, 
est la plus saine chose auepeult être, 
pour cuire de la vtanae dedans. 
Palsgr. p. 431. 
Plouver, plou - vé, pleuvoir. Dicton : 

?uand i pleut su l'un, ça dégoûte su 
aute = nous sommes tous solidaires 
dans nos intérêts. 

Plou VOTTBR, pieu voir légèrement. — B. 

Pluc, pluk, racine de « éplucher ». Ne 
s'emploie que dans la phrase envoyer 
au plue = ... au diable ou au rebut. 

Plucoter, plu-co-ter, éplucher ; se dit 
des volailles qui cherchent à manger 
dans des débris de paille, des balayu- 
res, etc. 

Plummachb, plunrtna-che, l* pelure; 
2» écorce. 

Plumme, plun-me^ plume. 

Plummer, ^Zm«-7/i^, plumer. Locution : 
Peau qui plumme^ qui farine, à la 
suite d un coup de soleil, etc. 

Plummbt, plun-met, plumet. Jl a san 
plumet = il a trop bu. 

Pluques. Locution : enleuve tes plu- 
ques = emporte tes nippes. 

POCHARDER {&E)., po-char-dé, se soûler. 

Poche d'un lien, point de jonction des 
deux bouts du lien. — B. 

Pocher un lien, en nouer les deux 
. bouts. — B. 

PocHEL, jofl-chêf nom collectif : capsu- 
les du lin. 

Poi =: guère. 

PoiONB, pon-gne, fnrce de la main ; la 
main considérée dans Taction de ser- 
rer ; étreinte. 

PoiONiE, pon ' gnie, poignée. On dit 
aussi d pougnie». 

Poil. Locution : are un poil dans la 
main = être paresseux. On renforce 
quelquefois ainsi l'expression: X. a 
un poil dans la main, et il est diable* 
tnefit long encore. 

Poinçon, poin* - son, petite barrique ; 
Battre un poinçon. Selon Palsoravb, 
le poinçon est un fût d'un demi- 
muid. 

Pointe, poin^-te, 1» pointe; 2° point, 
dans quelques locutions : pointe du 
jour, pointe de coté. [Le premier se 
trouve dans madame de Sévigné.] 

Pots, pouà, 1° pois; 2o haricots. Ces 
derniers perdent chez nous leur nom 
dès qu'ils sont <l en grain ». 

Poison, s. fém. [genre qu'il a dans Mal- 
herbe], puuè'Zon, 1° poison ; 2" mau- 
vaise odeur ; 3* mauvaises herbes en- 
vahissantes; 4« injure : Vieille poi- 
son/ 

Poivre, poiy'-vre, poivre. 



POS 



190 - 



POU 



PoiVBiEB, poty-vrir^éy !• poivrier ; 2« 
daphné mezereum. 

POLÉON, Napoléon. — L. 

POLiTE, Hippolyte. — L. 

Politique, adj., pa-H-ti-Iety fourbe, 
hypocrite, sournois. 

POLTRAIT, ^ol-tre, portrait. On pro- 
nonce auBBi puvltrê. 

PouM ADB, po'wa-de (avec les sens fran- 
çais : ) marc de pommes. Vallée d'ïè- 
rps : cpoma». 

POMMAOK, pon-mà'je^ type de pommes, 
nature de pomineb. TV** un bon po- 
mage. Kn anglais, pouiaje = cidre. 

ToMOX [forme primitive], po-mon^ pou- 
mon. 

Pomper, boire, avec sens défavorable. 

— L. 

Pondre, pon-dre, pondre, Palscirave 
(p. 601) conjugue ainsi : Je pims^ nous 
ponnoM, je ponnyn, j'ai ptmnu^ je 
ptmdray, qve je ponne^ pondre. Plu» 
sieurs de ces formes sont restées ici 
en usage. 

PoNEUZ, morceau de marne taillé en 
forme d'œuf, qui marque aux poules 
l'endroit où elles doivent pondre. 

PONGNABD, pon-çnar, poignard. 

POMNAISON, ponte de la volaille. 

POMNELER, pon-n'U, pouliner. 

PONNERÊYE, pon-n^neye^ crotin de che- 
val. On dit parfois (1 — r) jpimneleye. 
De «ponne» = ventre. Voir Dm. 

POPA, />o-j9a, papa; dit aussi apoupa». 

POPON, po-ptm^ pompon. A H le popon* 
[sens déjà usuel. J 

PoPONNé, po-pon^/têy pomponué. 

Popote (faire la)^ faire la cuisine. 

— B. 

PôR, pôr, pour. 

PoRETTE, jpo-^-f ^, jeunes poireaux à re- 
piquer. Palsorave : Porretf young 
lekes = purretttty J'èin. 

PORICHINB, lo polichinelle; 2« bouffon 
très divertipsaut par ses grimaces. — B. 

PoRloy, po-rio?*, et j^^'-SM^tt, narcisse jaune 
(N. pseudo- narcisse); ne s'emploie 
guère qu'an pluriel. 

PoKMAiSQnE,/7^r-m^->^, quand, lorsque. 

PORTAL [orthographe primitive et la plus 
légitime], porta, portail. 

PORTEBALLK, por-te-ha-le, colporteur. 

PORTEUX, por-ten^y porteur; spéciale- 
ment a voiturier du tissage ». 

Pose, po-ie, pause, espace de temps un 
peu long. 

PosETTR, po-zfi-te [littér* « petite pose »]. 
Locution : fttire vue chose à tes po- 
settes = la'ftiire par petits espaces de 
temps [à son loisir, dit Mathurin Cor- 
diorj, a son aise, parfois en amateur. 



Basse- jyormandiey^repomtte n.[EU>uen 
emploie plutôt : « à sa posette. »] 

POSIAU, poziawy poireau ; au pluriel : 
posiâ. 

Poste, s. fém., poss-te^ l** poète. Aller 
la poste = aller très vite ; se dit sur- 
tout d'un cavalier ; *29 grain de plomb. 
Vêla qveuque chose de rare : eunn pê- 
drix qui iCa rechu qv'evnn poste, et 
qu'est tombée morte tout de même. 

Poster, se dit d'un cheval qui va au 
grand galop. — L. 

Posture, pos-tu^ posture. 

Pot (o brefj, mesure d'environ deux 
litres, surtout pour le lait et le cidre. 

— L. 

Pot à couver ^ écuelle d*une chaufferette. 

— B. 

PÔT, pùy V iK)teau ; nnsrlais post [c'est le 
mot Trançais primitif] ; 2** pierre per- 
cée dans laquelle on place une perche 
pour un parc de ^lêche. 

Pot AIN [orthogr. du xviii» s.], po-tin^ 
fonte de fer pour les ustensiles de 
cuisine. 

Poterie, pô^ftie, poterie. 

POTETE, po-tê-ycy potée. 

Potiche, po-ii-chey cuisine. Faire la 
potiche. 

Potin, pn-tin'^y potin, c'est-à-«iîre : !• 
commératre, ranâchage; 2* bruit, va- 
carme. [Est au Dict. gén.'l 

PoTiNER, po-ti-né, !• babiller, faire des 
commérages ; 2* faire des remontran- 
ces à contre-temps. 

POTINIBR, tuB, po-ti-nié, rabftchenr. 

PoTBiNNE, po-tren-ne, poitrine. Jl a 
eunn rude potrenne. — L. 

PouAG, jKma/b, pouah I interj. 

Pou ACRE, poua-cre, 1* adj., sale, dégoû- 
tant [sens usuel] ; 2« subst, pustules 
sur la peau ; en général, mal conta- 
gieux. Tu jteux bien bé emprés mai ; 
je n'ai pas le pouaere. 

Pou A NT, pouan, puant. Synon. « piant ». 

PoucHiN,/^im-cAti|2^ poussin. 

PoucHiNÉE, pou-chi-nêye, couvée de 
poussins. 

PoucHiNER (SE), pou-chi-nè, se déliter, 
en parlant de la chaux vive^ de la 
marne après une gelée, etc. 

PouciiiNlÈUE, pm-chi-niéy 1® poule qui 
élève des poussins; V femme qui a 
une nombreuse postérité ; mère ponstir 
nière; 3* les Pléiades ^constellation). 

Poudre, pou-drr, 1° poussière. On ne 
dit jamais « lu poussière du chemin >, 
mais c la poudre du chemin », comme 
les auteurs du xvi«s. ; 2^ poudre de 
chaiise, et autres sens franc. 

PouÈRE (peu usité), j)oué, poire. — Voir 
jjère. 



POU 



- 191 



PRÉ 



Pouf, f^mf;. Locution : gro»pouf = nn 
lourdaud, au physique ou au moral. 

PouFFiASSE, femme de mauvaise vie. 
- L. 

PoniLLABD, pou^yar^ vaurien (de la 
classe de ceux qui sont généralement 
pouilleux) . 

PoniLLON, pou-yon, poailleuz. 

Poulet, pon-lê, 1« poulet ; 2* fig. hom- 
me fort et courageux, énergique; c'est 
l'opposé de d capon 9. Poulette dési- 
gne de même une femme r^^solue. En 
Basse-Normandie, poulet d'un fruit = 
noyau. 

PouLBTTB, pou-lè-te, !• jeune poule; 
2* jaune d'œuf ; 3® voirp^^wZ^^. 

PouiilEB, poû4ié, l» poulailler; 2» au 
Havre, bancs de sable et de galet. 

PouLOT, pou-lo^ tout jeune enfant, bébé. 
I^e Vpoulot = faire l'enfant. 

PoulottiAbb, poU'îo-tié, qui aime les 
petits enfants. 

POULTBAIT, poul'trê, voir paîtrait. 

POUPA, pou-pa, voir popa. 

POUPOTE, pou-po-te^ pain mollet [la 
a régence ■ de Rouen]. 

POUQUE, Dw-id, 1« poche, sac ; les pré- 
cieux disent « pouche d. Locution : 
Etre dans la pouque à Flippe (Phi- 
lippe) = être dans Tembarras. — En 
Northumberland, pohs; 2» fille de 
mauvaise vie. 

POUQUBB, pou-kié {laruTie), bouffer d'une 
façon disgracieuse. Son habit li pouque 
dans le dos, 

POUQUKTTB, pou'kiè-te (littér* (cptite 
pouque 9), poche, spécial' : d'habit. 
Faire ponqvette = mettre dans sa 
poche une partie de ce qui est servi à 
table. Anglais poket, 

PouQuiE, pou'kie, le contenu d'une 
or pouque ». Voir c héreng », 

PouBCACHEB, pour-co-ché, pourchasser. 

PouBCEL, pour-eê^ pourceau; on dit 
aussi c pourciau ». Le pluriel des deux 
formes est pourciat. — Cest la seule 
forme usitée à St-Jouin, même au sin- 
gulier. Çueu gros pourcias! se dit d'un 
nomme gros et gourmand. 

PouBCELiNE, pour-ce^-lin-ne, porcelaine. 

POUBICHINEL^ pou-ri-chi-nê^ voir pori- 
chiné. 

PoOB POINT. . . = pour ne pas. . . 

POUBPBE, pour-pe^ pourpre (maladie). 

POUBQUI QUE... = pourquoi?... — 
L..B. 

POUBEITUBE, pou-ri-tu, pourriture. 

PouBSIfiUTE, pour-sieu-te, poursuite. 

P0UB8UIB, pour-suî^ poursuivre. Le mot 
se lit en 1387 dans une pièce envoyée 
par Charles VI au bailli de Caux. 



PouBVAKiTE, provende, picotin d'avoine. 

— L. 

Poussas, pou-çâ, courtaud, homme gros 
et court. Northumberland : possy. 

Poussette, pou-rè-te, le jonc des cra- 
pauds Cjuncus bu/onius). 

P0US8ÊTB, poû-oeye, pousse d'arbre, le 
a bourgeon » des jardiniers, [spécial : 
branche qui se forme au-dessous de la 
greffe ou de l'écusson sur les entes, 
sur les rosiers ; autrement dit a gour- 
mand !>]. 

Poussière, pim-cié^ poussière. Faire 
sa poussière = se pavaner. 

PoussiEBS, pou-eié^ I* grains de pous- 
sière ; 2* pustulfs, boutons; 3* racines 
de mauvaises herbes ramatii^es dans 
les champs ; 4* herbes sèches et autres 
débris qui flottent sur la rivière. Y a 
des poussiers au râtelier du moulin. 

— Ne s'emploie qu'au pluriel. 

Poussif, pou-cif, l* poussif ; 2^ ognon 
poussif =3 oignon malade et qui ne 
peut pousser. 

PouvEB, pou-vé, pouvoir, verbe. 

PouvoiB, subst., pou-voué^ pouvoir. 

Pbais, prêe, accident très grave. Attra- 
per san prais = être victime d'un ac- 
cident qui cause une maladie ou une 
infirmité. — Voir prêt. 

Pbarie, prâ-ie et prâ~rie^ prairie. On 
dit quelquefois ptarie. 

PaÊ, prê^ pré. 

Pbbcaution, pré-canhcion^ précaution. 

PbÊGHEIIENT, prê-ohe-man^ sermon. 

Pbêcheuz, prê-eheu^, prêcheur, prédi- 
cateur. 

Pbéfecture, pré-fec-tu, préfecture. 

Pb^fâbable^ pré-fé'âble, préférable. 

PbAfâbenok, pré-fé-ance, préférence. 

PbéfAbeb, pré-fé-é, préférer. 

PbéhaturÂ, pré-ma-tu-é, prématuré. 

Preneux, pre^-neti'i^ preneur. 

Pbépias, le pied d'un bois taillis. 

Pbepos (A), pe^'pô (vieux) et pre^-pê, 
à propos. 

Pbés, préef près. 

Presque, subst. masc, homme d'hu- 
meur inégale, qui se fâche vite. — L. 
Pbesseux, pré'ceu^^ pressoir. 

Prêt, prè, uniquement dans : Attraper 
san prêt = recevoir le coup qui a 
causé la maladie ou même la mort. 

Pbêtbe, prê'te, prêtre. 

Pbetintaillb, pe^r-tin^-tâ-ye^ son- 
nailles. 

PREUCHE, preu-ehe, proche, près. Par- 
fois prononcé prêche'^ 

Peévaib, pré'vèy prévoir. 



QUA 



— 192 — 



QUA 



Pb]&vi6tanok, pré-ri-yan'^-ee^ préro- 

yance. 
Pbévisoibb, prè-vi'zouéy provisoire. 
Pbièbe, pri-yéy prière. 
PsiiiBUR, pri-meu, primeur. 
PBIN8, prin^, pria. 

Pbinsb, prîn^-ze^ prise, participe de 

<r prendre ». 
Pbii^sse, prin^-ce, prise (de tabac) ; Ar. : 

prendre une prinsse = respirer une 

boufifée de mauvaise odeur. 
Pbinsseux, prin^-cen'*^ priseur. 
Pbivkb, pri'vé, apprivoiser [encore dans 

Bufifonj. J'ai eunn corneille privée, 

Pbooubeb, pro-cu'éf procurer. 

Pbofondbub, pro-fon-dev, profondeur. 

VROM^VfA.j>E^ pro-m'fiade^ !<> promenade ; 
2* primevère, appelée ailleurs « pro- 
merolle, pomerolle i>, etc. ; à Oon ne- 
ville a promenole :». 

Pbope, pro'pre, propre. Grand prope 
à rien! 

Pbopice, pro-pi-cê^ propre à..., utile 
à... Cha n'eêt pas 2>f<fP^^ à grand 
çuûi. 

Pbopbiétaibe, pro-prié-tét propriétaire. 
Pbouvibb, prtm-vié, épervier (oiseau). 

Gras comme un prouvier, 
Pbovemne, pro van-ne^ pro vende. 
Pbovbubial, pro-ver-bia, proverbial. 
Pbovinçabd, prO'Vin^-çar, provençal. 
Peddhomme. Pois prudhommes = fèves 

mange-tout. — L. 
Pbune, prun-ne, l» prune ; 2^ mauvais 

coup. 

Pbunier, prun-nié^ prunier. Sot comme 
un prunier [est-ce à cause que le pru- 
nier est très cassant ?] 

Psaumetieb, psô-m'tié, psautier. [Ail- 
leurs « sauptier ».] 



PnOHB (ainsi dans Palsgraye), pn-ché, 
puce. A la Sainte- Luchâ (Lucie, 13 
décembre\ le jour creit du saut i'une 
puche. [Ce qm était vrai, comme Tabbé 
Mase Ta montré ailleurs, avant la ré- 
forme du calendrier en 1582; on voit 
ainsi que le dicton remonte au moins 
au milieu du zyi* siècle. Il se lit en 
effet dans le recueil de Sussanaj, 
1549.] 

PucHBLAOE, pU'ch'la-jCy pucclage. 
PncHEB, pu-cké, puiser. Dans le sud 

de l'Angleterre, poœh = cruche. 
PuoHBTTE, pu'chètc^ épuisette. [Ailleurs 

petit filet conique.] 

PuoHBUSE, pu-cheu^'Ze, vase ou instru- 
ment pour puiser. 

PnoHON, pu'chany puceron ; altise, puce 
de terre. 

PuoHOT, pu-choj endroit d'une mare ou 
d'une rivière, préparé pour y puiser 
de Teau ; spécialement le trou fait 
pour cela dans la glace. 

Pue, pu, peur. 

PuFlNNB, excréments. — B. 

PUPIN, 1* pépin; 2* les pommiers eux- 
mêmes, la première année du semis. 
-L. B. 

Pub, pure, pu, pue, pur, pure. 

PUBEB, pu-ê, !• purer, c-à-d. faire sor- 
tir l'eau d'un linge, etc.; 2« former du 
pus, ou en jeter. 

PuBEUZ, pu-eu^^ peureux. 

PUBIN, pu'in [le sens agricole est cité 
par l'Académie], pus qui découle d'un 
ulcère. 

Pus, pfc, plus. Locution : Pu souvent! 
exclamation négative = jamais, pas 
du tout. Pu souvent que j te vas don- 
ner cha! 

PuTEL, pu-tê, mare pour Tégoût du fu- 
mier ; l'eau de cette mare. 

PUTÔT, pu-tô, 1» plus tôt; 2» plutôt. 



Q 



QUADBIL, cadri^ quadrille. 

Quai, kyè, voir a quoi 9. 

QUAiaJEMT, kain^m^nt^ presque; altéra- 
tion de «quasiment». 

QUAINE, kyin^-ne, chaine. 

QUAINKBIE, kyin^'n'nie, encbaÎDement 
de difficultés, de tracas. 

QUAIBE [ancien français «chaièrei)], 
kiée^ chaise. 

QuAiBEB (SE), ké-éy s'asseoir (pour u se 
chairer >. On dit aussi : 

QUAISEB, kié-zé, asseoir. Çuaisez-vo = 
asseyez-vous. 



QUALIFIEE un outil ^ s'en servir avec 
précaution, de peur de le briser. — L. 
Quand que? quand est-ce que? — L. 
QUANTÊCHE ? quand est-ce ? — L. 

QUABANTE. Locution : fm*en fiche com- 
me d*Van quarante = je m en moque 
absolument. — L. 

QuABT-D'HEUKK, car-deu. Locution 
Pour le quart d'heure = pour le mo- 
ment. 

QUABTIEB, car-tié. Locution : Faire 
quartier = éviter les ornières, car- 
tayer. 



QUE 



— 193 — 



QUI 



QUART-MOIKS, ear-oMîtt^ le quart qui 
précède rheure. Le quart vioins de 
midi = midi moins un quart ou onze 
heures trois quarts, u Quart-moins » 
est un vrai suostantif composé ; ou, en 
quelque sorte, le quart négatif au sens 
algébrique. 

QuABTON, ear'fton, quarteron. 

QUABTONNIBB, ear-toH-^niéf qui lésine 
[littéral^ qui coupe les choses en quatre.] 

Quatorze, ea-iôr-zt, quatorze. Hors de 
la vallée, ou prouonce parfois «ca- 
to-re» ; qnatore ans. 

Quatre. Locutions : N^pas râlé le» 
quate fers d'un mauvais quien s dc 
rien valoir. — Axé les quate fers en 
le = s'être jeté à terre. — Avé fait 
les quatre -vingt - dix - neuf coupai = 
avoir commis tous les excès. 

QuÊLKR, kiê'lé^ faire sev petits, se dit 
d'une chienne ou d'une lapine. V. Del- 
boulle : acaier». 

QUEMEMCUBMENT, k'man-ch.'tnany com- 
mencement. 

QuEMENCHEB, k'tnanckéj commencer. 

QUEMIMETE, kmi-nê-ye^ cheminée. 

QUByiKSE, hmin^-ie, chemise. [Locu- 
tion : I sont eu Mme le c, et la q'minse 
= inséparables; avec nuance de 
blâme. 

QUEMIMSETTB, Jù min^-zè-te, chemisette. 

QUKK AILLE, ke-nâ-ye, canaille, dérivé 
de «quieu». Le vieux français disait 
chiennaille. 

Qu EN AILLES, subst. pi. k-nârye^ tenail- 
les (étudier lu changement au t en k), 

QUEKAILLOM (forme diminutive), ke*' 
nâ-yon, canaille. 

QuÊME, kyin-ne^ chêne. 

QuÊKBE, kyîn-nêye, chênaie. Se prend 
souvent comme synonyme de u futaie 9. 

QUEBBON, kier-boîi, charbon. 

QUBBBONMIEB, kyer -bon- nier ^ char- 
bonnier. 

QuBBCAN, kier-can, !<> carcan; 2? pe- 
tite clôture en bois qui protège les 
arbres contre le bétail ; ii" vieille va- 
che. — L. 

QcBRCASBB, kier-ca-ce, carcasse. 

QUBBDEB, kier-dé, r disputer, injurier; 
2* carder? [Si l'emploi est douteux. 
au propre, la dérivation métaphorique 
du sens n** 1 ne parait pas l'être.] 

QUEBDAiLLEB, kier-do-yé, augmentatif 
et fréquentatif de u querderD, n^ ï, 

QUEBDEUX, kier-deu'^f chicanier. 

QuÉBETTE, kié-è'tef charrette. 

QUBBIB, cri, quérir. 

QUEBLIN, Charles. L. — Effacé pour 
la variante : u Chéries ». — B. 

QUEBMIKB, kier-min-ne, charogne. Lo. 
cution : tenti la quermine = puer. 



QuÂBON (vieux), kyé-vn, charron. 

QUBBPENTE. kier-pan-te, charpente. 

QUERPRNTEB, kier-panté^ charpenter 
souvent, par extension, arranger, ou 
faire un travail bruyant, ou endn dis- 
cuter violemment. 

QUBBPENTIEB, kier-pan-tié, charpen- 
tier. 

QuEBQUiLLE, longue jambe crochue. 
— L. 

QuÉBUB, kié'ue, charrue. Palsobaye : 
schare of a plovghe^ cultre de ckérue. 

QuÉsiOT, kié-zio, chariot d'enfant. 

QUESTIONNEB, kies-tion-né, disputer, 
se quereller. 

QuÊTiN, kiê-tin^ ressources à peine suf- 
tisantes. 

QUKTOU, kC'-ttm^ cochon. Çuetous! que- 
tout ! cri pour appeler les cochons. On 
s'est demandé s'il y a là un calem- 
bour : « (plus gentil) que tout nlll 

Queue, kûe, queue. Queue de renard, 
sorte de tleur longue et rouge. 

QUBUQU'MBNAS, quelque chose cachée, 
mystérieuse. — L. 

QUEUBCi, perdu, mort. — L. 

QUETTÊYE, kyêtt'-têye, charretée, char- 
ge d'une charrette. 

Queute, kyeu-te, voir ocueuteD. 

QuEVETS, A*tv, chevêtre, licou de corde. 

Queveu, k'veu, voir «gueveu». 

QUEVILLE et queviller,À;Vi-yff et Vvi-yi, 
voir cguevilleri». 

QUBVBE, kié-vre, chèvre, rare en par- 
lant de l'animal. 

Quia [mot cité au xv« siècle et admis 
au Jj-ict. général], — Locution : lûtre 
à quia = sans ressources, malade sans 
espoir. 

QuiACHE, kia-che, 1° mâchefer; 2" ré- 
sidu du plomb ou autre métal en fu- 
sion ; '6** chiasse de mouches, etc. 

QUIACHON, kia-chon, le dernier né d'une 
nichée d'oiseaux (diminutif de iquia- 
che»). 

QuiAMAND, kia-man, quémandeur. 

QuiAMANDEB, quia-man^-dé, quéman- 
der. 

QuiANLiT, chie-en-lit. — B. 

QuiANQUiAN, kian-kian, discours peu 
sensé. 

QuiANQUiANEUX, kian-kian^neu^ , hom- 
me sans raisonnement. 

QuiABD [ce doit être la forme commune 
c chiard :d], kiar (moutard), méchant 
gamin. 

Quia s, kiâ, 1» homme sans énergie; 2* 
vantard, prétentieux. 

QuiAULÊTE, kiaw-leye, bande nom- 
breuse d'enfants; terme de mépris. 



BAC 



- 19* 



RAG 



QniAULlv, kiaielin, bambin, terme de 
mépris. [Serait-ce pour « giaulin » ?] 

Quiche, ki-ckcy chiche; avare. 

QniE-feN-Lrr, hyan-H, chie en lit ; pro- 
pre A rien. Il a pour synonyme : 

QUIB-BK-POT, kian-pOf chie en pot. 

QniVN,QUlBNMB, kyin^, kyiH'-neyOhienj 
chienne. 

QuiEB, kyé, chier. 

QuiGNETTB, ky-gnè'te, attache des ani- 
maux, pourvue de deux trous. Locu- 
tion : Il est compté comme le troijtième 
trou d'une quignette ■= il n'est guère 
considéré. 

QuiLLABD, ki-yar, jeu de paume qui em- 
ployait une batte et une liallede cuir. 

Qdilleb, ki-yé, lancer une balle, soit 
avec la main, soit avec une batte. 

QUIN-CAX, kin-can, !<> hi-han, cri de 
r&ne ; dit plus souvent c quincanne- 
ment » ; 2* [métaphore peu flatteuse] 
potin. 

QuiNCAKiBB, qui potine. * L G. 



QniN0AKi4ER, kyin^-ean'né, 1» braire; 
parfois appliqué aux sous nasillards de 
l'orgue ; 2* potiner ou se plaindre sou- 
vent. 

QuiNOHON, kyin^hon^ ptnsson ; dimi- 
nutif quincheton. 

QuiNZ^E. Locution : quinze parmi qua- 
torze = pêle-mêle, en desordre ; — 
quins jours f contraction de c quinxe 
jours j> ; — qrand quinze tfât^«= grand 
dadais. On suppose ce dernier mot né 
d'une erreur populaire sur le nombre 
des côtes de l'homme et de la femme. 

QuiQUE, gadoue. — L. 

QuiQ*EOK, vidangeur. — L. 

QuiQUi, kyi-kyi, 1« imbécile, fiûble 
d'esprit et de corps ; 2<* abréviation 
pour « qui est-ce qui "^qui qui rient? 
— L. 

Quitter, kyi-té^ souvent c laiisser »: quit- 
te-mai tranquille ; quitte eha là. 

Quoi, eo*\ bien, fortune. Avé de quoi ^^ 
avoir quelque chose ; répond au c du 
quibus j> populaire. Manger san quoi. 

QuoiQU*CHA, malgré cela. — L. 



R 



Rabatte, ra-ba-te^ rabattre. 
Rabellie, ra-he-lie, embellie. 
Rabette, ra-bè-te, navette ? (hrassica 
hispida,) 

Rabiot. Locution : faire du rabiot , se 
dit du soldat retenu au service après 
les autres. 

Rabiotaoe, filouterie. 
Rabioteb. 2 rabiote su tout = il rapine 
sur tout. 

Rabibtoqueu, ra-bis-to-lié^ raccom- 
moder. 

Rabitubr, habituer de nouveau. 

Rabot (outre les sens usuels), !<> outil 
pour enlever la boue des routes ; 2* 
boyau. 

Rabouin, ra-bouin^, radotage; mur- 
mures répétés sans sujet. 

Rabouinbb, ra-houin-né^ murmurer, 
grommeler. 

Raboulkb, ra-boû'léy renvoyer la boule ; 
parfois, redonner eu général : RabonU- 
mai Vpin, 

Kacacheb, ra-ea-chéf rabattre des ani- 
maux, les faire revenir au point de dé- 
part. 

Racallie, ra-ca'lie (accalmie], calme 
qui succède à un coup de vent. 

Racabtillaoe, ra-cass-ti'yâ'jey mau- 
vais raccommodage. 



Racastilleb, ra-eass-ti-yéj réparer des 
choses trop usées. 

Racauleb (se), ra-caw-U^ se réconci- 
lier ; voir caule, 

Raccoumodeb, ra-co-mo-àé^ souvent 
rae-mo-dé ; 1* raccommoder ; 2» mettre 
eu javelle derrière le fiiucheur. 

Raccomhodeuz, ra-ro-Jii<Mf^i«3, metteur 
en javelle. 

Raccoubchi, Bubst. masc., ra-cour-ehi^ 
chemin de traverse qui rave&urckii les 
distances ; j'onsprins Vracourchi, 

Raccourchir, ra-cour-cki^ raccourcir 
ou accourcir (le présent de l'indic. est 
irrégulier : f raecourehe..,) — [L'eu- 
phémisme (pour guillotiner) est entré 
dans l'usage.] 

Raccroc, ra-cro ; \^ repas composé en 
partie des rehtes d'un plus gnuid ; 2<* 
coude de chemin ? — Locutions : messe 
de raccroc ~ d'action de grâces, le 
lendemain d'un mariage, [dès le xiv" 
siècle, d raccroc j» est appliqué aux 
fêtes qui suivent les nocesl. — Par 
raccroc = après coup ? ou par hasard. 

Raccrocher (bc), ra-cro-chè, se dédom- 
mager d'une perte en gagnant d'un 
autre côté. 

Raccroupir (se), ra-ereU'pî, plier les 
jambes étant assis ou couché^ sens que 
n a jamais u s'accroupir ». 

RACi, ra-céf de race. Itaoé voleux. 



nAG 



— 195 — 



RAV 



Kaciiink, ra-chin-ne, racine. 

Rachinel, rorchi-nê, grosse traverse 
qui supporte un poteau, l^e plur. ra- 
ckiniâs =■ le franc, «c racinaux ». 

Rachiku, ra-chi-nUy pourvu de racines. 

Baclête, ra-dê-t/fy raclée. 

Kacoik, ra-eouiHy recoin. 

Raconduirb (n'est pas synon. de «re- 
conduire 9), ra-côfi'duiy ramener. 

Racquit, ra-ki (au sens vieilli de rac- 
quitter). Jotter au raquit = jouer 
pour regagner ce qu'on a perdu. 

Racitl, ra-cu, impasse, lieu sans issue. 

Racole K, ra-cu-U^ reculer. 

Radanser, secouer, agiter, comme un 
mauTaîa chemin fatigue une voiture. 
— L. 

Radimgote. ra-din^-go'te^ redingote. 

Radom, ra-don (radon). 

Radoobler, ra-dov-bié, revenir sur ses 
pas.i/ eêt radovblê = il est de retour. 

Radoughib, ra-dou-ehi, radoucir. 

Rafale, ra-fa-lê, ruiné. 

Rafawqubb, se dit du &ucheur qui, 
après avoir coupé trop haut, repasse 
pour raser les éteules. — L. 

Raffe ou rafle, type ou air de fa- 
mille. Je Ut rccannais à la raffe, 

Raffiler, ra'fi4é (quelques-uns di- 
sent tt renfiler»), affiler, aiguiser. 

Raffileuz, ra-Ji'leu^y repasseur de 
couteaux. 

Raffillaqe^ ra-Ji'lâje, voir a affilage 9. 

Raffiki, ra£Qné. — R. Be dit spéciale- 
ment des fromages bien à point d'être 
serTls. 

Raffoler, ra-/$-lé, raffoler. 

Raffut, ra^/Ut vieux meuble. 

Rafistoler, ra-jd-to-lé, raccomoder à 
la hfite, remettre en ordre [f ens moins 
favorable qu*au Diet. gén.]. Voir J. T. 

Rafdler, coiffer à peu de frais. — L. 

Ra GACHE, ra-ga-che^ 1<* buvette babil- 
larde Çsglvia ourrucaj; 2<* femme ba- 
billarae ; 3° (ailleurs) personne revêche. 

Baoacheb, ra-ga-ché^ 1* crier, en par- 
lant d*une pie; 29 au lig. quereller, 
appliqué presque exclusivement à une 
maîtresse de maison : quand ma 
femme te met à ragaoher^ y a de quoi 
êe sauver. 

Baoaone (terre), pleine de racines, peu 
productire. 

Raoalopsr, galoper vers l'endroit d'où 
l'on vient. — B. 

Raoif, ra-gif, actif, vif. 

RAOoaNASSE, ra-gon-gnacef nom col- 
lectif, 1* aliments de mauvaise quali- 
té (viande ou légumes); 2« au fig. 
troupe de vauriens. 



Raoot, chéri, préféré. — L. (cité au 
sens de ((bavardages par le Dict. 
général). 

Ratde, rê'âe, adj. P raide ; adv. 2« très, 
tout à fait ; f^ett raide mauvaUt ; — 
c^cët raide cha = c'est tout à fait 
cela : 3* Vite. Courir raide ; ^ il fait 
cha raide, 

Raidimkt? rè'di-mèf force physique. 
Çu eidrelà to donne du raidimet, 

Rainchê, rin^-chê, rincé, dans tous les 
sens du français; ruiné, battu. La 
prononciation du patois ne (lermet 
pas d'écrire rin... Voir 4 rainchêye ». 

Raincher, rin^-chè, rincer; spécial' 
passer à grande eau le linge d abord 
coulé à la lessive, puis lavé, avant de 
rétendre. 

Rainchette, rin^-chè'te, eau-de-vie 
prise après le café. Les précieux préfè- 
rent le français rincette. 

Rincheuse, rin^-cheu^'Ze (rinçure). 

Raingh&ye, rin^ehê-yet au plur. rtn^. 
clUe^ volée de coups : de (ErainsD 
ramuê, d'où raiaseau aujourd'nui 
arainceau». 

Raine, rin^-ne^ grenouille, quelle qu'en 
soit l'espèce. 

Raison, rè-zouj 1» allégation, parole. 
Aeé des raisons aveu queuqu'nn = 
se quereller; 2^ mauvaises raisons = 
injures. 

Raisonner, répondre mal à une remon- 
trance on à une réprimande. — L. 

Rajouter, ra-Joû-té^ ajouter. Se lit au 
premier feuillet d'une Passion tra- 
duite pour Isabeau de Bavière, reine 
de France (ldd6j, manuscrit inédit 
[de la bibliothèque de M. Maze]. 

Ralgâuir, ral-gé'i, voir calgérir». 

Raller (s'en), ra-léy s'en aller, s'en 
retourner. HiUlez-vovs de /à, tas d'ga- 
lopins! Au fig. se tirer d'un mauvais 
pas. Parfois se r n'aller ^ pour a se r'eu 
aller]). — Semble avoir été en quelque 
faveur, témoin l'ancien dicton : Ce 
qu'est venu de pille pAle, s'en rêva de 
tire tire, 

Rallongner, ra-Um-gné, rallonger. 

Ramalinir, ra-tna-li'niy devenir € ma- 
lin p, intelligent. Ne s'emploie qu'avec 
la négation. 

Ramarrbr, ra-ma-^, renouer; amarrer 
de nouveau. 

Ramendek, ra-man-dé; 1« s'améliorer 
en parlant de la santé. Y a ramendi 
a il va mieux ; 2» [ce sens longtemps 
donné par l'Académie est encore au 
Dict. général] diminuer de prix. 

Rambntevoir, ra-manrtê'vé^ remémo- 
rer, faire souvenir ; mot du zii* siècle, 
conservé dans les dictionnaires, maif 
prtsque disparu de l'usage français. 



RAP 



— 196- 



RAT 



Ramiauleb, miauler de nouYean. — B. 

RAJf IKB, redeyenir ami 7 ~ B. 

Kamokeuz, ramoneur. — B. 

Ramokt£K, ra-^noH-té, remonter. 

Ramoughlek, ra'nunhvk'léj amonceler 
de nouveau. 

Ramoumeb, ra-mou-né^ ramonner ; au 
tig. luBtiger, gronder. Locution : ra- 
monner ou ramounadler une câte, la 
monter ; (et encore) cultiver des terres 
en côte. 

RAJfOUMEtJZf ra-mou-neu'^ ramoneur. 

Rampstacheb, ran-pe^-ta-ehé, voir ra- 
petacher, 

Ram PlECUEB, ran-pié-ché^ voir rempié- 
cher. 

Rauucbib, ra-mu'cri^ mouiller légère- 
ment du linge avant de le repasser; en 
général, humecter. 

Han, ran^ bélier ; en anglais, ram. 

Rangée, rau'^-cé^ avoir la respiration 
gênée, râler, [h, donne le diminutit 
<£ rançonner j>.\ 

Rancuhme, ran-cun-pie^ rancune. 

Raudi, individu qui reluque à droite et 
à gauche. 

Rakdouilleb, ran'^'dou-yè, !<> bouillir 
à petits bouillons trop longuement ; 2* 
se ait aussi au râle crépitaut. 

Ramqie, ran-Jie, rangée. 

HAPAmEB, apaiser. I m'a dit d' grosses 
suUises; mais i s'est rapaisè, — B. 

Rapasseb, ra-pâ-cé, repasser, au sens 
de « passer de nouveau d. Mapaëser 
d'un pays [sauf -conduit du Valasse, 
1636J. — Mais au sens de tt lustrer le 
linge )) ou de € tromper d, le verbe 
« repasser d se conserve, en se pronon> 
çant r passer, 

Rapbtacheb, ra-pe-ta-nhé, rapetasser. 
Rapeticheb, rape-ii'Chéf rapetisser. 

Rapiamcb (<2tt), bénéfices plus ou moins 
licites dans leur origine. — b. [Mot 
que les paysans n ont certainement 
pas trouva.] Ou y voit une allusion au 
rapiamur ae la Frélace de ^oël. — 
L O. 

Rapin, ra-pin, voleur en petit. 

Rapoubseb, ra-pou-càj pousser yers 

quelqu'un. 
Bappakkilleb, assortir de Tétoffe ou 

d'autres objets. — L. 
Rappokt à... = à cause de. . . Bapport 

à vous^ j'diiCrons plus tôt, — L. 
Rapbécueb, ra-pré-c/ié, rapprocher. 

Rapsaudeb, rap-saw'dé^ 1° raccommo- 
der de vieux objets ; z» vagabonder : 
qui qui rapsaude dans les côtes — que 
xait-ii dans les coteaux (des talaises)? 

Rapsaudeuse, rap'SarV'deU'zei laccom- 
modeuse. 



Raptil (collectif), rap^i^ tiges de colza 
battu. 

Raqemodbb, rac-mô-déj raccommoder. 
Rabetbb, rar-té^ arrêter de nouTean : 
nn vcleux. 

Raboutée (se), rarou-té, se remettre 
en route. 

Rarbiveb, rorrùvé, arriver de nouveany 
revenir. 

Rase, adv. , ra-ze^ ras, res. A nue de 
terre = au ras de terre ou rez de 
terre ; — à rase bord. 

Raseux, rorzeu'^, !<> rasoir; 2^ barbier. 

Rasiebb, ra<iè (rasière), mesure de 
50 litres. 

RASfiiÊTBE, ra-ciè-tCf rasseoir. 

Rassis, ra-cl, dépôt au fond des bou- 
teilles. 

Rassouplib, ra-çou'pliy assouplir. 

Rassubbb, ra-çfiréj rassurer, dans touB 
les sens. 

Rat, terme d*affection : man rat = mon 
petit ami, mon chéri. 

Ratalokmeb, ra-ta- Ion-né ^ voir renta- 
lonner, 

Ratambecf, ra-tem-heUf plante, onomU 
spinosa; selon L. arcensis. Ailleurs 
« retambeuf p, abréviation de «c arrête- 
bœuf ». 

Ratatouille, ra-ta-tou-ye^ ragoût de 
viandes et de pommes ae terre, appelé 
aussi a miroiou » ; n'a pas la signifi- 
cation méprisante du français. 

Rata un Ê Y E, crise de douleurs. — B. 

Ratel, ra-tèf râteau. 

Ratelaqe, ra-t'la-ge, action de r&teler. 

Ratkleux, râ't'leu'f râteleur. 

Ratelèye, râ-tUeye, râtelée. 

Rat ELI NS, rà'Vlin, subst. masc. plur., 
grains venus du râteiage. 

Râtelle, râ-tè-le, grand râteau pour 
recueillir les débris de la récolte. 

Rater, se dit du cheval qui mange 
l'herbe de près. — B. 

Ratiboisée, ra-ti-boy'^é, l® réparer 
sommairement des objets qui ne va- 
lent pus uu bdu raccommodage ; 2* 
(ailleurs) gronder. 

Ratièbe, ro'tiéy ratière. 

Rat-lébot, ra-lé-o, loir, lérot. 

Ratôbneb, ra-iôr-né^ retourner, au sens 
de qimetire à l'eu vers», — Au fig. 
Ratorner sa veste = changer de sen- 
ument. 

Ratobnete, au domiuo, le joueur qui 
gagne trois parties de suite après que 
sou adversaire en avait gagné deux, 
dit qu'il lui a fait une [culotte] rator- 
fieye. 



HAV 



- 191 - 



RÈd 



Batoubs, détours. Avé âet ratours = 
user de moyens habiles, oa malhon- 
nêtes. — L. 

Ratours, surtout dans la locution 
tunrs et ratoun^ mouTements dans 
tous les sens pour atteindre un but, 
au propre et au figuré. — B. 

Ratbotinbk? ra-tro-ti-^né, rabâcher. 

BATBOTINIF.B, ra-tro-ti-tiié, rabâcheur. 

Rattaqubb, ra-ta-kié, !<> rattacher; 2° 
attaquer à nouveau. 

Rattibeb, ra-tùyé, L*" attirer chez soi 
avec mauvaise intention. Se rattirer 
chez... = loger cbes..., quand on n*a 
pas de domicile à soi ; 2* ranger, pla- 
cer un objet dans un réduit. 

Battiseb, attiser, et rattiser à nouveau. 
Le feu brûle mal; rattist-le. 

Battbapbr, ra-tra-pé^ 1» rejoindre 
(sens français); 2« se rattraper *= 
compenser une perte par un profit fait 
d*un autre côté. Tout le monde con- 
naît le petit conte populaire du mar- 
chand qui, perdant sur chaque article, 
se rattrapait sur la quantité. 

Battpeb, ra-ti'péf rappareiller. 

Rauchek^ raft-ché, hausser [devrait 
correspondre à « rehausser », mais n'a 
que le sens du simple j. 

Bauombmteb, augmenter à nouveau. 
Vpi% ravgmtnte oco, — L. 

Baunceb, respirer. — B. Simple va- 
riante de la prononciation de aranceri». 

Bauque, raw'ke? rauque. 

Rayal, ra-ra, partie du mur entre le 
toit et le plancher d'un grenier? — L. 
explique a larmier d'un mur 9. 

Rav ALLER (en), rava-léj recevoir un 
affront sans en laisser rien paraître. 

Bavaudeb, ra-vawdé^ 1« ravauder; 2* 
faire du remue-ménage dans la maison. 

Bavaudkux,-edbb, ffl-rflw-rfdM^j-tfttî-fi», 
ravaudeur,-eu8e. 

Ravsimdbb, ra-rin*'de^ ratteindre (un 
objet serré à sa placej, retirer. — se 
raceinde^ se dit d'un homme dont les 
affaires embarrassées se réparent. 

Bayel, ra-rf, plante du genre sénevé. 
— Selon il., la rave des champs. 

Bavbnelle, ra'V'nè-le, violier, giro- 
flée jaune; souvent prononcé ram- 
nelle, 

Bavbb, ra'vêj ravoir. Le français n'a 
que l'infinitif, mais le patois le con- 
jugue en entier : je rai, tu ras, il ra, 
etc. — B ne cite que l'imparfait, le 
passé défini, le futur et le condition- 
nel. — L. donne le participe passé ru, 

Bavetb, griffes. -- B. 

Bavikne, ra-vin-nef ravine ; en un sens 
spécial : eau chargée de limon par le 
lavage des terres, a la suite des gran- 
dM pluies. 



Bavib, ra-vi, V ravir; 2« havir, se dit 
du feu trop vif qui u saisit ]> la viande, 
o.-à-d. brûle Textérieur, sans cuire 
l'intérieur. 

Bavisb, ra-ti-zè, enfant né longtemps 
après le précédent; en bas-normand 
uredotD. 

Bavibeb, regarder de nouveau. / m'a 
ruviëé. — L. 

Rb initial, dans le sens itératif, se pro- 
nonce 0<y ou r\ et se place devant 
presque tous les verbes. Aussi a-t-on 
supprimé dans ce glossaire tous les 
verbes qui ne présentent pas d'autre 
particularité intéressante. Les excep- 
tions y sont inscrites. — Me tk parfois 
le sens augmentatif : Renforçai. 

Rbbaisbb, r*lê-zé, tromper ; voir <x bai- 
ser j» ; parfois, et plus exactement, 
« tromper à son tour, reudre la pa- 
reille ». J'te r'bet'zai = Je te revau- 
drai cela. 

Rebattbe, voir c glanes»; simplement 
reprendre la phrase d'une conversa- 
tion. 

Rebiuacheb, refaire encore des biga- 
ches. — B. 

Kebin, r'bin^, binage, second labour. 

Rbbinoeb, r'hin:^-dèy recommencer [aux 
sens les plus divers : y favJt r'binder 
= remplir à nouveau son verrej. 

Bkbineb, r*bi-né^ 1* « biner d, faire un 
second labour; 2" au sujet des ani- 
maux, après une saillie infructueusCi 
les soumettre à une seconde saillie. 

K'blodoueb, remettre une boucle.— B. 

Rebond, r^bon^ !<> bond d'un objet qui 
rebondit. 1* rendre la balte au rebond 
= la saisir après qu'elle a touché la 
terre; par opposition à la «recevoir 
du volj», telle qu'elle a été lancée; 2* 
au fig. conséquence. V'eët nous qu'en 
pttrterwHë les rebonds, 

Rbboudin, ré'bou'din^ voir reiboudin, 

REBOUQUEu, r'boU'kiéf être complète- 
ment rassasié. Les autres sens me pa- 
raissent n'ôire qu une métaphore 
de celui-ci. [L'outu rtbuuque oessus, 
se dit d'uu objet si dur qu ou ne peut 
i'eutamerj. = JinkedQ i ancien anglais 
avait le même sens. ' [l£n lt>;iô, le F. 
Monet écrit rebouchtrr, mais au sens 
de c émousder s.] 

Bkbouub (lacune), cheval rebours a 
qu'on ne peut taire avancer, même à 
torce de coups. — i.ocutiou ; A la ro' 
bour» ^i alen rebours s au rebours. 

Reboubbbb, g^r'bour-sé, rebrousser; 
éiuousser. 

Rebboqueb, r'bro'kié, réparer grotsiè- 
remeut un mauvais vêtement. 

Rbbbodeb, ré'brou'éf rabrouer. 

Becachsb, renfoncer. — B. 



luac 



— 198 — 



REG 



Becailloteb (se), 1* 66 réchauffer 
(conime une caille au soleil) ; 2° se 
remettre d'une maladie. — L. — Mais 
B. doute. 

RÉCAPEB, ré-ca-pé, réchapper. 

RÉCAET, lo lieu écurté; mettre au rè- 
(•art ; 1° écart, au jeu de cartes. — L. 

BéCABTÉ, éloigné ; isolé de toute habi- 
tation. — L C. 

RéCABTEB, ré'Car-té, écarter (des cartes). 

Recaucubb, r'caw-ché^ rechausser. i?e- 
cavcher une roue = en remplacer 
toutes les dents. 

BiCAU F FEM EX T , ré-catcf-vi an^ réchauf- 
fement. 

RÂCAUFFER, ré'Cam-fé, réchauffer. 

Reoauseb dt...j r'caw'sé, rejiarler de... 
J'en recauseron* =: la chose n*est pas 
finie, nous y reviendrons ; souvent avec 
une idée comminatoire. 

R'CBATBEB une roue = serrer la bande 
de fer qui Tentoure. — L. 

Recbelek, e^r-che^'léf receler. 

Reoueleux, r'ohe^'leu^t receleur. 

RechÊqueb du grain = le disperser 
quand il était en tas. (Synon. recher- 
ter. — B. 

Reoheboeb, r'eher-jé, recharger. J?e~ 
chergtr un grenier =: y étendre une 
nouvelle couche d'argile ou de pl&tre, 
pour le consolider. 

REOUhVEB, e*r'Che*'Véf recevoir, 

RECHiKCué, avwre; littér. : serré. — L. 

Rechikcheu {8^),r*chin^-ché, se rata- 
tiner, se racornir. 

Kechipeb, rchi-pé, voir rechuper. Du 

blé qui rchippe, 
Rechu, r'chuy reçu. 

Rechuper, e^r-chu-péf pousser de nou- 
veau. 

Reclaver, re-cla-vé, remettre la <( cla- 
veuse D d'un banneau. 

Recommekche, e^r-ro-man^che, la même 
chose. C/m va tovjou et' de recom- 
menche? 

Recommenchkb, e^r-co-man-chéi recom- 
mencer ; dit aussi e^r'ke-munrché, 
R*coNONKU, cogner de nouveau. — L. 

Rkcopi {tout)y ré-co-pi^ exactement sem- 
blable. C"e*t San pe tout récopi. Voir 
recopie. — Dm. a un verbe récopir au 
sens de a cracher n. Alors tout récopi 
= tout craché. 

Recopie, e^r-co-pie, copie. 

Recoquilleb (be), se ragaillardir, reve- 
nir à la santé. — L. 

Reoobdeb un tierre = y remettre une 
longe. — B. 

Recouseux de plats^ qui met des atta- 
ches aux plats fêlés. — L. 



RÂCRTRE, ré^crie, récrire. Locution : 
Vos avez bien fait d'en récrie ; se dit 
t\ quelqu'un qui est guéri d'une maladie 
grave. Y aurait-il lA un jeu de mots 
avec requerre = prier ? 

Rectal, rec-ta^ 8tn>t, exact ; l final se 
prononce devant une voyelle : u rectal 
à l'heure, rec-la-la-leu ». 

Recuivuer, avoir un grand effort }\ 
faire avant d'atteindre le but de son 
travail. — B. 

Redanseb, commencer une nouvelle 
danse, au propre et au figuré. — B. 

Rbdbvalbb, r'dt^-ra-léy redescendre. 

Redeveb, e^r-dt^-véf redevoir. 

Redigueb, r'di-ghié, se dit : I* d'une 
cheville, d'un clou qui ressort après 
avoir été enfoncé ; '29 d*une affaire qui 
préoccupe. Cte affé-la me r'di-gue, 

Redbegheb, r'drê-chê, 1° redresser; 2« 
corriger. 

Rkduibe, r'duîj redresser au moral ; cor- 
riger. 

RÉDUIT, r^-rfi//.adj., accablé, u.sé : Cest 

un hotnnuf réduit. 
Refaibe, r'/a», 1» refaire, dans tous les 

sens usuels ; 2" changer de dés, au jeu 

de dominos. — Se conjugue comme 

t faire i>. 

Reficheleb eunn équeîle = y mettre 
des barresiux, des c iichias j>, — B. 

Refleurir, se dit d'un homme qui, 
après de mauvaises affaires, revient à 
un état florissant. 

RÉforcuemknt, réfor-ckf-man, affer- 
missement [M. dit: snbsitances toni- 
ques] : / n'est pas bien malade; e*est 
du réjorchement qui li/aut, 

Réforchek, ré-for-ché, exciter; insis- 
ter, i m'a tant réforchni à Wf, qui 
m'a sautai comme un cochon. 

R'forchi, qui a repris des forces. — B. 

Refbaidib, r/rai£{», refroidir. Prononcé 
parfois : rcfrédir. 

Refbaidit, subst masc, r'-frê-di, re- 

froiiiisëoment. Il a attrapé un refrain 

dit. 
RÉGAL, ré-ga^ régal. [La prononciation 

prouve que l'orthographe <c régale » n*a 

jamais dominé chez nous.] 

Rkqale, subst. fém., ré-ga-'te^ verre 
d'eau-de-vie ou de liqueur que l'on 
offre en signe d'amitié. Paie-tu la 
régale ? 

Réoaleb, ré-ga-lé, payer la régale. 

Régalib, rendre égal. — B. 

Reganeb, re-gan-né, contrefaire en 
parlant; bas-lntin acanizare. « Rejan- 
ner » dans Bescherelle ; a déganner » 
dans J. T. — Voir Delb. : « regainer ». 

Rkoabdant, r'gar-daHt parcimonieux. 



REM 



- 199 



fitU 



Reoimbleb, r'gin^'hléj !• regimber ; 2* 
rebondir. 

Begiper, rji'pè, enduire. Probablement 
pour regypêer = replâtrer. 

RÂOLE, masc.y rè-fjle^ règle, instrument. 
Jièglej au sens immatériel, est féminin 
comme en français. 

Eeoouler, rgov'lé, répondre sèchement 
à quelqu'un, de manière à le faire 
changer de conversation. 

Beouetteb, r'guê-té, regarder de nou- 
veau. 

Reibetren, ré-bé-trin, voir reiboudin, 

RsiBOUDiN. ré-boH-din^j roitelet, tro- 
glodyte (oiseau); on dit aussi^ mais 
plus rarement, « reibétren », c'est-à- 
dire : roi Bertrand. 

Beiquimpette, jaquette. 

Bejableb, r*jâ-bléj refaire le jâble d*un 
tonneau. 

Rejoindre. Locution : J'ras te rejoin- 
dre ! menace à un enfant fautif. 

RÉJOUI, gai. C'eH vn groi réjoui. — L. 

Rejuqubb, jucher à nouveau. — B. 

RÊLE, rè-lcj 1* raie. Rêledu £^«== épine 
dorsale ; 2° poids supposé. 

Relekquib, r'ian-kyi, ralentir. 

RÊLER, rê-léj 1» rayer; 2* (en horticul- 
ture) rayonner, c'est-à-dire planter dans 
des sillons tracés au cordeau ; a» at- 
teindre un poids prévu : JHonr luè ma 
raque rêle trais chenti ; 4° (d'autre ra- 
cine) crier après quelqu'un. 

RfiLETTK, rè'lê'te, raie de séparation 
des cheveux. 

RÊLEUX, rê-leu^ (rayonneur). 

Relever, e*r4e^'vé, 1<» relever ; 29 lever 
un acte ; 3° faire ses relevai lies. 

RELEVÊYB,er-Ze«-w-y^, après-midi (après 
dSner). Remarquer le re prononcé er 
et non e^r ; il en est de même de a: re- 
loge ». 

Reliais, r'Zte^ arrière-goût. Via de joli 
cidre qu'a tout-à-fait bon reliais. — 
? Pour « reliefs », de reliqmœ. 

Relicher, r'ii-chè^ faire un repas friand 
(M. dit : c de valets ? d). En Basse- 
Normandie, 9 reliquer d, plus proba- 
blement pour (I relécher d. Dans beau- 
coup de patois, Licher =s lécher. 

Reliqneb, rHi-gné. Locution : religner 
vn/our =s renouveler l'enduit inté- 
rieur. 

Relibbee le fil, le dévider. ~ B. 

Rbliter, liter à nouveau. — B. 

Reloge, er-lo^ge, horloge. — V. erloge. 

Reluqueb, l» tromper quelqu'un, en 
faire un peu son jouet ; 2^ regarder 
avec application. Çui qu'il a à no r'iu- 
qué, c'ti'là ? 

Remailler, r^mâ-yé, refaire des mailleB 
à un filet, à un tricot, à une chaîne. 



Remater (sei, r'mâ-tê, !• se relever; 
2<>êtreen pleine convalescence; [3" le 
sens le plus près de la racine : pour- 
voir à nouveau de mâts un navire dé- 
mâté]. 

Rembanqu]& (le soleil ett) = couvert 
de nouveau de gros nuages. — B. Voir 
c banque d. 

Rehbellie, ran-bê-lie^ embellie. 

Rembourbillonner, se dit des déchi- 
rures d'un vêtement qui se roulent. 

— L. 

Rembours, ran-bour^ remboursement. 

Rem bouter (littéral^ c faire les bouts d) 
du cossart, terminer le repiquage, en 
plantant l'extrémité des sillons. — B. 

Rembbêlemekt, l'action de rembrêler. 

— B. 

Rembrêler, ran-brê-lé, 1« remettre une 
culotte ; 2<> faire un lendemain à une 
fête ; 80 remettre aux bestiaux leur 
a rembrêleuse ». 

Rembrâleusb [en français c rembrê- 
lure »J, sorte de harnais qui empêche 
le bétail de brouter les arbres. — L. 

Rembroquer, embrocher à nouveau. 

— L. 

Remeuil, re-meu-ye, dégel. 
Remeuillbr, r'ttieu'yéf dégeler. 
RéMiER, ré-mié {lacune), 
RÉMiNKR, ré-mi-néf ruminer, en parlant 

de la rédexion ; à rapprocher de retni- 

nisci, 

Rkmménaqer, emménager à nouveau. 
-B. 

Râmonie, ré-mo-niCy mémoire. Locu- 
tion ; mettre en remonte = rappeler 
(surtout des souvenirs pénibles^. 

Remottek, former une moite de terre 
au pied de certaines plantes [à peu 
près synon. de c rechausser »]. — L. 
ejfacé, 

Rémouquek, ré-mou-kié, remuer; aufig. 
Va-Ven un brin rémovqver l'z'nucriers, 

— Remettre sur le tapis une affaire, rap- 
peler un souvenir. 

R'MOUVBR, mou ver ou émouvoir de nou- 
veau. — B. 

Rem fêler, ran-pê-lé^ 1° compléter une 
pêie de lait; 2" recommencer lallaite- 
meut d'un animal sevré. 

Rbmpibchkr, ran-pié-rliéy rapiécer. 

Rempjetkr, V. act., ran-pié-téy refaire 
le pied, liempièter des bas. — He rem- 
ptéter = devenir vigoureux ; se dit 
d une récolte. 

Hkmflacher, ran-pla-ché, remplacer. 

Rempli, ran-pli^ repli. 

Remplier, ran-pli'é, faire un a rempli d. 
be dislingue ainsi de <t replier » = re- 
mettre dans ses plis. 

Remplir, ran-pli^ remplir. 



llËlf 



-460- 



REfl 



Remplumer (se), se remettre bien dans 
BOB affaireB. — L. 

Rempooneb, ran-pon-gné, ressaiBir. 

KEMP0BT8, ran-por, reprises de la femme 
Bur les bienH de la comuiunauté et 
même sur ceux de son mari. 

Re^pouqueb [littéral^ c remettre en 
pouque »], ran-pou-kié, se dit d*un 
abcès qm se retorme aprèë une guéri- 
son apparente ; ou, en général, de toute 
maladie qui B*aggraye après un mieux. 

Remugbe, Bubfct. masc, r'mu-cre et 
r'mu-ki}, voir mucre ; odeur de moisi, 
de renfermé, de relent, en général 
toute odeur dont la cause première est 
l'humidité. t5e prend aussi parfois ad- 
jectivement pour <f mucre ». [Autre 
forme vieillie « remugle ».) 

Remdcbib, r'mv-cri, devenir plus hu- 
mide ; sens neutre, tandis que a ramu- 
crir D est actif. 

Remuée, r'mné, avec les sens français : 
1° neutre, déménager ; 2« actif, cnan- 
ger de place un animai au tierre ; '6^ 
tran»plttnter. 

Remue ox, r'mu-eu^f qui déménage. 

Renaflkb, r'nâ'fié, renâcler, s'ébrouer. 

Renabd, r*/iar, l» renard ; 2* suffoca- 
cation. Prétoire un renard^ halUsr un 
renardj se dit de celui qui laisse le 
liquide qu'il a bu, luirevemr par le nez. 

Renaudkb, r'nar-dé, !• renifler?; 2" 
sans doute, au sens de a prendre un 
renard ]>. 

Renabbb [être), difficile à tromper. ^ 
ISelon L. avoir trouvé plus rusé que soi. 

REiiCAM POTEE, ran-can-po-té, rétablir 

l'assolement d'une ferme. 
Remcaugheb, chausser à nouveau. — B. 

Rekguain, ran-chin, long détour, au 
propre et au figuré. 

Rekcontbeb, ran-con-tré, réussir bien 
ou mal dans un mariage. 21 a été bien 
renci'fUri, 

Reugulotteb, ran-cu4o'téy même seuB 
que rembrêler. 

Rendent AGE, ran-dan-ta-je^ action de 
tf rendenter j». 

Rekdekteb, rau-dan-té, remettre des 
dents aux instruments aratoires : her- 
ses, râteaux, etc. 

Rekdbuib, ran~dru-îf ragaillardir [Ut- 
ter^ : devenir plus dru]. ^ rendruir =» 
revenir à une meilleure santé. 

Renduibe, ran^duif enduire ; spécial^ : 

taire les joints d'un mur. 
Rendu IT, rafi-dui^ enduit; rejointoye- 

ment. 
Renel, r'/if , ruisseau. [!« mot n*eBt pas 

exclusivement local, puisque Rouen 

avait sa renelle.] 



Renelle, r'nelly ruelle, espace compris 
entre le lit et la muraille ; par exten- 
sion, le côté du lit qui est le plus 
proche de la muraille : coucher à la 
renelle, 

Reneulière, r'nen--lié, ornière ; pour 
re-ne^iè-rcy de € renel n, ruisseau. 
Bas-normand a reulière 9. 

Renfileb, ran-fi'lê, voir raffiler. 

Renfobgheb, ran-for-ché^ renforcer. 

REKFOKGUlfi, ran^/or-chi, enforcir, v. 
actif. 

Renfoubbeb, ran-faû-ré ; ren/ourer 

les vaches = leur donner du fourrage; 

pour « renfeurrer », ae/eurre. 
RenfoubÈte, ran-foû-rê'yey quantité de 

fourrage qui se donne au bétail pour 

un repas. 

RenfbAICHIB, ran-frê'Cht, rafraîchir. 

Kenoaineb, ran'yhin^-né, rengainer, 
sons étendus et variés; souvent, « re- 
plier, recouvrir j>. Hangainer son cotn- 
pliincnt = renoncer à son projet, quel 
qu'il soit, même à un ouvrage qu'on 
allait faire. 

Rknoanteb, raH'gan4éy mettre une 
nouvelle jante à une roue. 

Renuuistbkb, ran-guis-tri, rassembler, 
rajuster les diverses pièoes d'une ma- 
chine, enchâi^ser. 

Reninfleb, r'nin^'Jliy renifler. 

Rbnliooteb, remettre un licol. — B. 

Renmesseb, se dit de la messe d'action 
de grâces, le lendemain du mariage. 

Rennicueb, ran-ni-ehèi envelopper à 
nouveau. 

Renonche, r non-dit y action de renon- 
cer, dédit. JUarchi ou jeu sans renon- 
che, 

Renoncheb, r*nonrchéf renoncer. 

j Renouvel, r'noU'vê, renouveau, prin- 
temps ; mot qui date au moins du xiii* 
siècle. Synon. rare : « renouviau ». 

RENOUVELEE, absolument : communier, 
l'annéd qui KUit sa première commu- 
nion, avec les enfants qui font la leur. 
— B. 

Renquaineb, ran-kien^né (rencbafoer). 

Rentalonkeb, ran-ta-la-néf remettre 
des talons à des sabots. On dit aussi : 
c ratalonner ». 

Rentaupineb, ran-taw'pi'néj remettre 
en taupins. 

Renteitaoe, action de renteUer. 

Renteiteb, soutenir de nou?eau avec 
opiniâtreté, i uia rcntrtté qvo n^êtie* 
pas v'mi. — B, 

RENTENDBB, entendre une seconde fols. 
AS'tu rentendu tonnera — B. 



i<EP 



— 201 — 



RES 



BSNTKR (augmentatif de « enter 9) ^ran- 

té, épisBer une corde. 
Rentierbeb, renrtiè'Té^ 1« voir entier- 

rer ; 2' changer de place le bétail au 

tierre. 
Rentraitb (participe fém. priR suhRt.], 

ran-trè-tây rentraiture, reprise à Tai- 

guîlle. 
Rentrait SB, ranrtrè-té^ rentrai re. 
Rentraiteuse *f, ran-trè-teu^-ze, ren- 

trayeuse. [D'aprè? les mots sembla'blea, 

ce devrait être (( rentraiture ».] 
Repaiber, r'pé-é, se retirer habituelle- 
ment dans un lieu (dit du gibier sur- 
tout), rhabiter. [Mot de sens variés, 

encore dans l'Académie.] 
Repaissant, r'pê-çant, dont on est 

bientôt repu, et par suite dont on se 

dégoûte vite. 
REPANDRE (SB), ré-paiirdre (acception 

plaisante}, tomber. 
RI^PARER, ré-pa-éf réparer (comme en 

franc.). Le temps se répare = se remet 

au beau après la pluio. 
Repasser, r'pa-cé^ 1° repasser du linge; 

2* dépasser en marchant ; 3° tromper. 

— Voir rapasser. 
Repentu, repenti. — L. 
Repèqueb (sr) re-pè-Jùié^ se redresser, 

se tenir raide. Il se repkque comme un 

eayen. 
Rbpâbe, r^pé^ repère. 
Repérer, r'pé-é^ 1° repairer ; 2° repérer, 

aligner. 
RÉPicosser, ré'pl-c^eê, !<> réconforter, 

fortifier; 2** en terme de jeu : ajouter 

à l'enjeu. 
Rbpihsaoe. ré-pi'çâ-je {lacune. Au sens 

exact, Taction d'épit^ser à nouveau une 

corde cassée.) 
RépissER, ré-pi'Cé^ 1° éplssor une corde : 

20 parfois redonner de Targent à qui 

edt au-dessous de ses affaires. 
RÉPISTOQUER, ré-pis-tO'kié, répondre 

insolemment à son supérieur. 
R'PLANOUER, refaire un plancher.^ B. 

Repoileb (se), r'poi'léy se regarnir de 
poils. 

RÉPONECX, lo un «raiponneurD et, par 
suite, un insolent — B.; 2" servant de 
messe, enfant qui la a répond ». 

RÉPONU, ré-po-nu^ répondu. Le verbe 
€ répondre ^ se conjugue comme 
a pondre 2>. 

Reposer (0 très long), r'pô-zé, reposer. 

RÂPRIM ANDABLR, ré-pri-man^-dâ-hle, 
qui peut ou doit être réprimandé. 

Reprinse, r*prt»3-ztf, reprise. 

Reproche, r*/>ri>-c//«. Locution : Ça vient 
en reproche = en parlant des mets qui 
produisent des renvois ou éructations. 



RÊQUEB, rê-kU^ abattre à coups de rê- 
quet. Senx particulier : Après avoir 
loche les fruits, on rêque = on fait 
tomber avec la gaule ceux qui sont 
restés à Tarbre. 

Requérir, r'cri, chercher [littér* : re- 
chercher], 

RÊQUET, rê'kiè, V gaule pour abattre les 
fruits ; 2« hoquet. 

R'gni A MANDER, mander à nouveau. — L. 

Requinqué, r^Uyin^-kié^ !• paré, qui a 
fait sa toilette. Il était r'quinquai à 
sa neuche ; 2^ qui a repris le dessus de 
ses affaires (ce qui se voit à son cos- 
tume). 

Rescouer, ress-coué^ secouer, au fig., 
c'est-à-dire : gronder, corriger. 

R'SERGER, recharger : une voiture, son 
fusil. — B. 

RésERVBUX, ré-ser-veu^, réservoir, spé- 
cialement pour le poisson. 

RÉSINDAL, ré-zin-day réséda. On dit 
aussi (( résindail ». 

RÉSIPÈLE, ré'Zi-pè'le, érysipèle. 

R'souDEUX. ouvrier qui refait les sou- 
dures. — B. 

Résous, ré-zou^ résolu, décidé. J' siens 
tout résous à c't'afee-là. [Participe 
commun au xvii° siècle, employé en 
1650 par saint Pierre Fourier] 

Respect, ress-pè^ respect. Formule : 
sous votre respect^ excuse avant de 
parler de choses grossières [altération 
de sauf votre. . .]. 

Rebpir, ress-piy respiration. [Le mot, 
encore employé par Fénelon, était en- 
core naguère usité aux environs de 
Rouen, dans les locutions : perdre le 
respir (pron. respire), prendre son 
respir.\ 

Respirer, res-pi-yé^ respirer. 

Ressaque, subst. fém.. e^r-sak et rsak, 
secousse, cahot. Le même, au fond, que 
le terme de marine ressac, qu'on a 
parfois écrit « ressaque 2>. 

Ressent, ré-çan, qui jouit de son bon 
sens = n'est pas ivre. Itectus sensu ??? 

Resserre, r'cère, serre, c'est-à-dire : lo- 
cal propre à mettre les objets dont on 
ne se sert pas tous les jours. 

Ressourdre, ré-çoH-dre, soulever; rele- 
ver ce qui est affMÎssé ou à terre. — 
Pain ressourd = léger, dont la pâte 
est bien levée. 

Ressukr, se dit des murs qui se cou- 
vrent d'humidité. — L. 

Rester, ress-té, habiter, demeurer ; sens 
qui semble entrer dans l'usage. On dit 
également « être restante). 

Restoreu (0 bref), ress-to-è, restaurer. 

R'SUPPBR, ravaler sa salive en aspirant. 
— L. 



REV 



— 202 - 



RIG 



B^TAIMBB, ré-tin*-mé, étamer de nou- 
veau. 

R^TAIMRUX, ré'tin*'meu^t êtameur; 
plus employé que « étaimeuz ». 

BÉTALEB, étaler une seconde fois, spé- 
cialement du fourrage qu'on fane. ^ B. 

Retaper, r^ta-pé, retaper. Se retaper = 
faire sa toilette. 

Retentir, r'tan-ti, répercuter un son. 

RéTiLLER, rê'ti-yéf se débattre; se refu- 
ser à une chose. JVf rétille paSy ou tu 
voê vé! En Basse-Normandie : agiter 
les membres convulsivement. 

Retirer, r'ti-yé, l» retirer; 2» tirer 
derechef. 

RETOBNEB,<?T-^^r-«é, retourner, revenir 
vers un point. S'en retorner = s'en 
aller. 

Retour, rtou, retour. Locution : ^tre 
à retour = perdre dans un marché, 
dans un échange; n'avoir pas un équi- 
valent raisonnable. 

Retraite, rtrè-te, !• couvre- feu. Tout 
le monde connaît cet usage qui remonte 
aux duos de Normandie et ainsi est 
vieux d'environ neuf cents ans; 2« 
cordeau des chevaux de labour. 

RÂTRE, rê-te^ être de nouveau. 7 rest sa 
(ivre). 

R'TRÉCHER, refaire une tresse. 

RÉTRÉGHIR, ré'tré-chif rétrécir. 

R'TRÂE, traire de nouveau. — L. 

Retumber, r'tuni-béf retomber. 

Reuchin, route faite inutilement en 
marchant. 

Reue, reu-, roue. 

R'VAiE, revue, nouvelle entrevue, fte 
dis à r'raie = au revoir. 

RÊVAI LLER, rê-va-yé, rcver beaucoup, 
[?] et tout haut. 

Revain, r'rirt, voir revein, 

R' VANNE, garnement. — L. 

RÊVE, subst fém., rève^ rayon de miel. 

RÉVE, rèe-xe^ rêve. 

Réveil, rèe-te^ 1*» réveil ; î^» réveil-ma- 
tin. 

Rbvein, r*i'/«, regain. 

Rbveinailler, rV»n*-»a-yt', péjoratif 
de fi reveiner )>, quand la plante pousse 
dans de mauvaises conditions. 

Rrveiner, re-tiii^-nèy se dit : 1° d'un 
fourrage qui commence à pousser après 
la fauchuison ; 2" des ctTéaies ci ni, ver- 
sées, produisent de nouvelles tiges. 

REVELA, r've-la, revoilà. 

Revemdeux, r'ren-deu^, revendeur. 

Revbnoe, r'vftn-je^ revanche. 

Revenorr (se), r'ran-jéy ou ancienne- 
ment « revencher »; P prendre sa 
revanche j 2** venger ; 3» se défendre. 



Revenib, r*c0^iit, l**reTenir: en œ flens 
on dit souvent € s'en revenir » ; 2* être 
seyant : v'ia un habit gui vo revient 
bien. [Le sens de plaire est entré dans 
Tusage.] 

R'vente (a la) = chea un marchand 
qui vend des objets d'occasion. 

Revêqub, r'rê-que, revôche. 

RÂVER, rée-véy rêver. 

RftVERBftRE, ré-ver "bé, réverbère. 

RÉvÂBE.NGB, ré-vé-an^e^ révérence. 

R' VEBS (à l'en) = à l'envers ou au revers. 
— L. 

BévERTÂBis, ré-ver-té-ri, 1» repentir, 
changement de résolution i U a eu un 
reverte ris ; 2* idée oubliée qui revient à 
la mémoire. Le mot est latin et signifie 
a tu reviens ou tu reviendras D . 

Revif, r*vif^ nouvelle vigueur. Le revif 
de la lune = commencement de la 
lunaison. [En marine : il y a du revif 
=3 la marée reprend de la force, deux 
ou trois jours après la « morte-eau ».] 

Révisa RD, rvî-zas, qui révise attentive- 
ment, méticuleux. 

Revoture {à /a), r^vo-yure, au revoir. 
Je crois cette locution une sorte de 
barbarisme formé par plaisanterie; 
mais elle n appartient pas au fond de 
la langue. 

RiAGB, riâ-je, ravon, sillon de charrue. 
[Semblerait un dérivé primitif de r/^a.] 

RiAME, fém., rian-me, rhume. C'est le 
vieux français ryme changé en c riame p 
comme dîme en c diame ». Vt^us este* 
enrimé, car vous parlez tout enroué. — 
« Ryme » the ream of the heed; — 
« rime », s. f. Palsgr., 682. 263. 

RiBANDELLE, riban-dè-le^ pièce de terre 
très étroite. 

RiBLB, rt'ble, V vent sec et froid ; 2« 
gerçure qui irrite la peau. 

RiBLBR, rî-bléy souflSer en c rible i. 

RiBOTEUX, ri-bO'teu% riboteur. 

Ric-A-RAC, rik-à-rakf ric-à-ric. 

Riche, ri-che, l© riche ; 2» bon, avan- 
tageux, utile et agréable [sens dont 
l'usage s'introduit]. Jlich4f t/^tnps, riche 
cidrcy riche année. 

RiDONNé, ri'don^ne, plissé, chiffonné 
[comparer l'allemand riden^ tordre]. 

Riennistb, ryin-nisf-te, libre-penseur, 
qui ne croit à rien [mot qui parait 
nouveau, mais expressif]. 

Rifle, ri-flr (la/^une). 

RiOALER, ri'fta-lé, dessécher sous l'ac- 
tion du soleil ; ne se dit que de la terre 
cultivée. [Y a-t-il quelque rapport avec 
ri gai] 

RiooLET (diminutif de «rigole »), ri- 
yo-léy ruisseau. 

RiooLissB, ri-go-li-ee, réglisse. 



ROC 



— 203 — 



non 



BiaoLOT, rirgo4â, riaîble ; facétieux, qui 
fait rire. Semble dériver de « rigo- 
ler »f admis dans les dictionnaires. 

RiGUBUB, ri-gh^u, rigueur. 

Bille, ri-ye, banc adossé à la muraille 
dans les églises. 

Billet, ri-yè, sentier ou passage étroit 
sur le bord d'une falaise. 

BiMETB, rUme-yf, voir hlanc-rimeye. 

Bimollbb, ri-mo-léy frotter; se dit sur- 
tout des choses : Le siège rimoh ooritre 
la voiture; — Les habits trop lâches 
Hmolent sur le dos. S'emploie pour- 
tant aussi à propos des personnes : qui 
gue t*as à nos rinwller comme cha / 

BiNCHBB, rin^ehé ; pour ce mot et ses 
dérivés, chercher à raincher. 

BiNSTALLER, faire une seconde instal- 
lation. — B. [La forme usuelle réins- 
taller est du xvi« siècle.] 

RiocHBOX, rio-cheu'^^ enclin à riocher 
(verbe cité au Dict. gén,). 

BiON, rion^ rayon de labour ou de jar- 
dinage. 

BiONNER, faire des rions. 

BlPAUPRK, ri-paro-pé, faire bouillir plus 
qu'il n'est utile. [Ripopé était en 1691 
une mauvaise boisson.] 

BiQUIQUi, ri'ki-ki (onomatopée), roite- 
let (regvlus cristatvs, ignicapillus). 

BiQUiQUi (famille de), famille nom- 
Ireuse. Dictons : être de la famille de 
riquigui = être parent de tout le 
monde. — Cest comme la famiile à 
riguiqui ; plus il y en at moins ils 
vtueiU, 

BiBB, rie^ rire. Locutions : rire d*eunn 
joe = simuler le contentement, quand 
on est vexé. — Rire dans san boudin 
= rire sous cape ? 

BisÊTR, ri-zê-ycj risée. 

Bisque (à la) [c'est le genre primitif], 
à tout risque. 

Bi!«SEL [ancienne forme « missel », al- 
légée aela diphtongue^, ri-cê, 1° ruis- 
seau; 2* rayons lummeux sous le 
soleil. 

BissKLBR, rirce'léf ruisseler. 

BiVKT, ri-tè, labour préparatoire et su- 
perficiel. 

BiVETKB, ri'V'té, faire du n rivet ». 

BiviÈRE, ri'Vié, rivière. 

BOBIN, ro-bxn'^^ taureau. 

BoBiNlisBB, ro-bi-nié, voir toreuse, 

BOOAILLE (collectifs ro-câ-ye, crabes, 

écrevisses et autres coquillages péchés 

dans les rochers. 
BOCAILLEUX, ro-câ-yeu'^ pêcheur de 

* rocaille ». S'il est habile, on l'appelle 

roquilleux. 

BocHEB, ro-chêf ovaire de poule. 



BocsoN, roO'Son, mécontent, fâcheux et 
méchant. 

BOCBONKEB, roO'Son-né, !<> blâmer, criti- 
quer sans motif ; 2» murmurer, grom- 
meler. AS'tufini de rocsonner ? 

Bo DIGUE, vieux, se dit des personnes 
(alors = rosse, revôohe) et des cho- 
ses. — B. 

Bond à la lune^ cercle qui entoure la 
lune et présas^e ordinairement du mau- 
vais temps. — B. 

BOOMENTBB, rog-man-té, voir ratigmen- 
ter. Signifie aussi simplement k aug- 
menter ». 

BOGNOXNEMENT, ro-gnon-ne-ment, ac- 
tion de rognonner. 

BONCHE, rôn-ehe, ronce. 

BONONBUSE, ron-^gfieu^'ze, rognures. 

BoNONEUX, ron-gneu^^ rogneux. Uni- 
quement dans la locution se sentir 
rogneux = se sentir coupable, se re- 
connaître dans une allusion maligae. 
S^U se sentait pas rongneux, i serait 
venu. De <i rogne » gale, à cause des 
démangeaisons que cause la gale. 

Booui, TO-ghê, poisson qui a de la rogue ; 
au fig. : homme replet. 

BOMABIN, ro-ma-in"', romarin. 

BOMATIQUE, rhumatisme [simplification 
de prononciation] : j'sieus oonionmê 
d'romatiques. 

BOMBLIEB, r:m-Wï-y^, oublier. 

BOQUE, ro-ke^ roche. 

BoQUET, ro'kiè, 1° amas de rochers oCl 
l'on pêche (pour n roquer ») ; 2* pomme 
à cidre estimée. 

BOQUILLBUX, ro-kj/i-yeu^, voir rocail- 
leux. 

BOQUILLIB, rO'ki-yie {lacune), à rappro- 
cher du <r rocher » de la poule. 

BOSAIBE, rù-zé, rosaire. 

BOSEL, rô-zèf roseau; pluriel rosiâs, 

BosETTB, rô-zè-te, fauvette effarvath 
(sylvia arundinacea ) . II est à remar- 
quer que la désignation latine de La- 
Iham, que nous donnons ici, est pres- 
que la traduction du patois. 

Bosser, ro-cé, réprimander. 

Roter {o bref), ôter de nouveau. 

BoTEUX, purin. 

BOTONNE, ro'ton-ne, redingote ? 

ROUCOUEB, rou-cfluéf roucouler ? 

BOUELLE, roxic-le, 1<* rouelle ; 2« petite 
roue : rouelle de quérue (charrue). 

BOUKLLEB, rouè-léy monter une charrue. 

BouET, rouèj rouet, machine à filer le 
lin ; 2" roue dentée. Le grand roiitt du 
moulin ; 3° rouage. 

Bouge, rou-je, 1* rouge et roux ; 2* subst. 
le rouget (poisson). 



SAC 



— 204- 



SIC 



BoniL, niAffC. [orthogr. et genre primi- 
tifBjf rauyf rouille, fém. 

RoniN, rauin\ 1* brûlé ; lait, sauce, etc. 
qui a brûlé au fond de la casiierole ou 
du chaudron ; 2r> grognon ; S* paroles 
nombreuses et ennuyeuses (dites aussi 
c rouina^e »); 4» celui qui les dit : 
quen rotiin! 

RouiNER, rovi-né, \^ se prendre en 
<r rouin » ; 2<» munnurer, grommeler ; 
peut-être de Tancien saxon runion, 

BouisoN, rouissage du lin. 

ROULBB quelqu'vn (dans une discussion) 
= le mettre à bout de raisons ; 2® our- 
ler. — L. et B. 

Boulet, raû-lè, !<> rouleau à niveler les 
champs ; 2» ? rousselet, sorte de poire. 

BouLBDX, raû-Ieu^y vagabond ; ouvrier 
sans domicile fixe. 

BocLÊTE, rau4êye, roulée, volée de 
coups. 

Bou PILLEE, rm-pi-yê^ résister, pleurni- 
cher ; répondre peu convenablement 
à un supérieur. 

BousÊTE, rou-zêye, rosée. Quant la va- 
peur de la rovjfée se lière en haut, cela 
fait «« hrmiilla*. — En printemps la 
rouêêe moviîle la terre doulcemtnt. — 
Palsgk., 740,780. 

BoussiOMOL, rou-ci-ffno, rossignol. 

BoussiR, rou-ei ; se roussir = laisser 
roussir ses vêtements, en se chauffant. 
On en a tiré un substantif : fw stnt 
le roussi, 

BoiTSSOLER, roU'ÇfhU, rissoler. Le patois 
semble ici remporter sur le français : 
roussoler, c'est reudre ou devenir roux, 

BOUTEB [dérivation plus voisine du la- 
tin], r<m-<^, roter. Locution : router 
au cœur = répugner. 

BOUTEUX, rou'teu^^ routoir, purin. En 
Basee-Normnndie, le routoir ou rou- 
teux est le lieu où Ton fait rouir le 
lin ; mais chez nous le rouissage par 
procédé humide est inconnu. 

BouvBAT, maladie de fa peau, surtout 
chez les chiens. 

Boux-VENT. rou-ran, vent de bise, vent 
violent qui roiuisit l'herbe. 

Boux-VENTÉ, rou-van-té exposé aux 
roux-vents. 

Bn, fatigué, agacé. — L. 



BOBÀKTÊ, oouTert de rubans. 

BncHB, ruehe^ moutarde des champs 
(sinapiê arvensis). [Le mot français 
K mené » se prononce rtique,] 

BUCRBB. V. act., ru-ehéy laisser en repos 
les terres infestées de mauvaises her- 
bes, afin que la € roche > lève. 

BUDB, ru'de^ 1* rude; 2** courbaturé, 
brisé per la fatijcue ou la vieil lestée ; 3* 
brave et honnête homme. A la bonne 
heu! Vo êtes un rude. 

BuDKMENT, rud-man, étonnamment. 
[Le mot n*est pas loin d'être du bon 
usage ; ce qui ne sera guère un pro- 

. grèff. C*te femme e*t rudement bonne; 
— Vo êtes rudement intéressant! eto .] 

BUDEUB, ru-deu, (1® rudeur); 2* racines 
de chiendent qui envahissent les 
champs. 

BuDiER^ ru-diéf rudoyer. 

RuELLETTE, ruè-U-te [ailleurs ru-lè-te]^ 
petite ruelle ou rue. 

BuEB, ru-é^ lancer une pierre, etc. Ce 
mot, encore employé par Molière et 
cité par l'Académie, est rare en fran- 
çais. Chez nous, il remplace toujours 
« lancer ». Ainsi cette phrase de Pals- 
grave n'aurait ici rien d*étrange : 
Pensez-vous que ce fut bien fait à 
vous de lui ruer un pot à la tête 
(p. 756). 

BUBTTB, ruè'te, peUte rue. 

RUPLE, rU'fe, fort, vigoureux ; ordinsî- 
rement avec la né^tive : I rCest pas 
rujfe. A comparer le verbe anglais 
to ruffle et le subst. ruffter. 

BuoANOUE, ru-ganrçhe, mauvuse terre. 

BuN, run, l** rang; avoir bon raa, d'où 
le verbe arruner = mettre en ordre, 
cité par Nicot, et sa racine «arrun» 
oue nous avons conservé; 29 au sens 
du suivant : 

BtJNOE, run-Je^ ce que les ruminants 
ramènent dans leur bouche pour le 
remâcher. 

BUKGEB, rvn-iéy l* ronger; 29 ruminer, 
en pariant des herbivores. 

RUQUE, ru-ke^ ruche. 

Rustique, fort, vigoureux. Jl est oco 
rustique, — B. [Extension de l'emploi 
usuel <K plante rustiques] 



Sablière, sa-hli-yé, sablière. 

Sablonnière, sa-blon-nié, sablonnière. 

SaO; le final, prononcé devant une 
voyelle, e8t nul devant une consonne 
(un sa de blé) et toujours au pluriel : 
dix sas d'aveine. 



Saccage, abondance. 1 en a un saccage 

de powvies! — L. 
Saccager, sêrcêL-jé, 1» bouleverser; 2» 

importuner. 
Sacleie [saclerie], action ou tempe de 

sarcler ? — B. 



SAN 



208 — 



SAU 



Saoleb, ta-eU, sarcler. 

Sacleusbb, sa-cleu-He, sarclures, nom 
pluriel. 

Saclettx, Mt-ûleu^, sarcleur. 

Saobbment, jurements? — B. 

Saobibti I juron. — B. 

SAFBKMKNTf ga-fre-man, goulûment. 

Saoav, turbulent. — L. 

Saob. Locution : sage comme une image. 
— L. 

SAOOinvBB (SE), M-gnul-'nA^ se salir. 

SAI, êi, soi. 

BAIE, tê, poil de porc ou de sanglier 
Tvoir « mouBsieu »). Locution : être sur 
la saie du doê = couché sur le dos. — 
Pai^sgrave: Booreê hristell = saye 
de pourceau. 

Saigkib, san-giCgniât saignée. 

Satit. Locution : sain comme une tass^ 
d'argent, d'après Topinion qui croit 
que l'argent ne peut communiquer un 
mal qu'aurait à la bouche celui qui y 
a bu. 

Saiktir, sin^'ti, défaillir Je crois que 
le sens de ce mot est « deyenir statue b : 
pour le peuple statue et saint sont à 
peu près synonymes. 

Saison, sê-ton, rut de la yache. 

SaisOnNBTTE, sê'Zon'nêt-te, eupatoire 

(eupatarium oannahinum). Voir « pes- 
Bonnière >. 

Bait-ti, contraction pour « est-ce qu'on 
sait? ï — L. 

Salaibb, sa-U, salaire. 

Balé (petit), morceaux de lard peu salés, 
que l'on mange à bref délai. — L. 

Baliâre, sa-îié, salière. 

Salin, sa4in^, saloir, saunière ; fait en 
salin = en forme de tronc de cône ou 
de pyramide. Le salin placé au coin 
de la cheminée, sert de siège pour se 
chauffer. 

Bals, sa, saule. Palsor. Je Vadvisai 
parmi les saulw et les huissonnets, — 
wyllowe trete saulx (p. 796). 

Salt, sây bief de moulin (de saltus, 
saut). Ce peut être l'étymologie du 
n sas écluse 9 des rivières et des ca- 
naux. En Basse-Normandie, salt dési- 
gne toute espèce de saut. 

Sampbseb, san^-pe^'zé, soupeser. 

Sanotus, réprimande, semonce. — L. 

Sang. Locution ; se manger le sang = 
s'impatienter d'une longue attente. 

Sangrvent, san^^man, changement; 
s'emploie, aussi bien que la forme 
française, comme le suivant : 

Sanobh, san^'jé, changer; pronom^ 
changer de linge. Va fsanger ; t'es 
tout trempé, — L. 



Sangle C^ler à la), se dit, !• d*un en- 
fant qui ne peut encore marcher seul ; 
2" de ceux qui volent la nuit dans le 
champ du voisin. — B. 

Sangsues, san^-su etsan^-su-re,Ba,ng8ue. 

Sanmèl^ (litt. qui a le sang mêlé), 
fortement troublé. — L. 

Sanner, san-7ié, couper (un animal). 

Sanneux, *«»-««?/', [littér. wsaijrneur ?d] 
mauvais couteau; par antiphrase, les 
outils de chirurgien devant être fort 
tranchants; 

Sannil, s. maso., san-n'ni?, saniche. s. 
fém. {sanicula europea.) 

Sans (être de), san, manquer... fsfeu de 
san Vs&u, = je n'ai pas un sou (sur 
moi). 

Sans foutte ni mouUley sans ressource 
aucune. — L. 

Saoul-e. j»a, samle, 1» ivre ; ou simple- 
ment 2* rassasié. Que fsieu saoul de 
V entendre! 

SANTi, san'^'tê, santé. 

SANTOURNii (par confusion entre sang 
et sens). Locution : il est mort d'un 
santoumé, 

Sap, sapf sapin. 

Sapas, sa-pd, safre. Aux environs de 
Lisieux, sapée = un bon régal. 

Rapaudement, sa-pa/m-de-man, goulû- 
ment. 

Sapaudibe, sa-pato-dîrze, gourmandise. 

Sapâe, coup dans la main [d'une rè^le 
en csap»], punition du maître d'é- 
cole. — L. 

Sapinette, sa-pi-nè-te, !• petits sapins ; 
2* thuya. 

SaprA-ao/a, sapré-nom d'un nom, sapré- 
mâtin, sapristi, sapristolle, jurons. 
— B. 

Saques, sa-kié, ôter. Locutions : saquer 
de la langue = tirer la langue ; — 
se saquer = s'en aller. Veux-tu f sa- 
quer ! 

Saquet, sa-kiè, petit sac, sachet. (Comp- 
tes d'Angerville-la-Martel, 1526.] 

Saquie, sa-Jtie, sachée, contenu d'un 
sac. 

SABGLéiE, époque du sarclage. — L. 

Sas, baule, prononc. et sens de <e saoul, 
saoule D. 

Sassier, sa-cié (tamisier), fabricant ou 
marchand de tamis. — Voir chassier. 
Sauce, sans -ce, sauce. 
Saucée, san-oèye, averse. 
Sau-ï, saur. — B. 

Saulard, saw-lar, ivrogne. Les pré- 
cieux disent o soulard d. 

Saulardibk, saw-lar'di-ze, ivrognerie» 
ivresse. Synon. a soulographie d. 

Saulbb, saw-lé, enivrer, soûler. 



SEI 



— 206 — 



SER 



Saulot (diminutif), un peu ivre. — B. 

Sauteb, Mw-té, sauter. 

Sautebellk, saw'trê'le, !<> Bauterelle ; 
2^ Baute-iuouton (jeu). 

Bautirb [à Kouen, vers 1820 : sauplier], 
psautier. = L. 

Sautiquer, gan^-ti'kié, sautiller. 

Sauvage, êan-râ-ie^ sauvage. 

Sauvagine, gaw-ra-gin-ne, sauvagine. 

Sauver, saw-vÀ, sauver. 

Savantibe (la), sa-ran-ti-xe, le savoir. 
Bon ^our je avancer la savantise, — 
L. (billet en patois). 

Savenrl, ga-v*nê, verveux ^ (filet) ; 
pays de Bray, « saveniau ». 

Saveb, sa-vé^ savoir; partie, présent 
€ savant d. 

Savioni, Jta-ri-gni^ Sabine (Juniperus 
tahina), Savigny serait-il le Heu où la 
plante a été cultivée en grand ? 

Savouret, ta^vovrè^ os de gigot qu'on 
faisait bouillir plusieurs fois pour don- 
ner de la saveur au bouillon ; usage 
difiparu. 

SOANDIN, candi (sucre). 

SoiEUX, nfftf^, scieur. 

SoiOT, cio (diminutif de « scie »), scie à 
main. 

Sculpture, sevl-tu, sculpture. 

Sec, êèf seo. Locution : il est seo (mai- 
gre, décharné) comme un ohent de 
clou» : — galette tèque = croûte. 

Secouage (feutre de)^ déchets de la 
paille longue. — B. 

Secoure, s'amêye^ 1* secousse ; 2* volée 
de coups ; 3» mal violent ; 4» répri- 
mande. 

SÉCURITÉ, sé'CU'i-té, sécurité. 

Sef, téy soif; même prononciation que 
dans a clef ». [Voir la remarque, p. 
63.] 

Seoneur, cé-gneu. Seigneur. Mon Div^ 
Ségntu! [sorte dMnvocation.] 

SEGNEURIE, cé-gneu-rî, sobriquet; titre 
ajouté à son nom. 

Bégbet, «é-grèt secret. Dans Palsgrave, 
êegret est plus fréquent que a secret » ; 
[il finit si bien par prévaloir que c^est 
la prouonciation prescrite per TActulé- 
tine en 1694. Les paysans y sont res- 
tés fidèles.] 

SÉIE, soirée. - L, — Fé la «éie [ailleurs 
a la veillée n], travailler à la chan- 
delle. 

Seillb, *ê-i/et l^ maso., seigle [a seille 
est le nom primitif, encore usité en 
Berry] ; 2" fém., seille, petit seau, en 
usage surtout dans led navires. 

Seillil [L. avait écrit < seillie x>, cor- 
rigé en (( seilli »], sê-yi, champ où on 
a récolté du seigle. 



SxiirsB, Hn^-nè, pêcher avec le filet ap- 
pelé <E seine ». 

SÏjour, êé-joH. Locution : C'est u% jrf- 
jour^ «n vrai ê^our a une jolie pro- 
priété d'agrément. 

Sel, iè, sel. 

Semaikb, s'min^-ney senudne.Locutîons : 
«tir semaine = pendant Im semaine; 
s*oppose à « le dimanche i» ; — ^ j»- 
maine des trois jeudis = jamais. 

Seules, la semence. — B. 

Sbmenche, e^^-man^he^ semence. 

Semeux, ee^-meu'*^ l» semeur ; 2« semoir, 
c'est-à-dire sorte de ^nde nappe que 

r)rte le semeur, où il a mis la graine 
semer. 

Séminaire, sè-mùnè^ séminaire. On dit 
souvent, par plaisanterie ou nar eu- 
phémisme, d*un individu : Il est au 
séminaire^ il est en prison. 

Senailleb, c'nà-yé^ s'en aller, sortir 
de [littér. obéir à l'injonction : qui 
8'n*aiUe =quMl s*en aille.]. 

Senil, chenil ; plus souvent, très pau- 
vre maison. — L. 

SensiblAri b?, san-si'blé'ie, sensiblerie. 

Sentailleb, san-tà-yé (péjoratif de 
a sentir»), V* flairer; 2® au fig. écor- 
nifler. 

Sente, sentier. — L. 

Senteub, sen-teu^ senteur. 

Sentinne, odeur. — L. 

Sentir, sentiy sentir; le partie, passé 
asontu» est ancien : Cest ung maistre 
oufirier : il m'a arraché une dent, et 
je n'ai point sentu depeyne, Palsgr. 
p. 670; idem^ p. 695 crepentu». 

9ENT-P0UANT, san-pouant, vaurien mal- 
propre. 

Sbnvre, sân-vre, sénevé (sinapi), 

8*PALEB, s'écouter parler, s'en faire ac- 
croire. Coûte un pHien rom è s'palc = 
écoute un peu comme elle fait sa dame. 

SÉPARÉE, sé-pa-é, séparer. 

SÉPARÉMENT, partage. — B. 

SÉPULTURE, sè'pul'tu, sépulture. 

Setembrrche, ctan-hrè-^he, la N.-D. 
de Septembre (le 8), la Nativité. Em- 
pl<ii rare. On a aussi ailleurs « la Mar- 
chesse», V Annonciation (25 mars). 

SÉQUE, sè'ke, seiche (mollusque). 

Sequer, tè'kiè ou skié, sécher. Sequer 
ennn* vaque = cesser de la traire 
avant qu'elle vêle. 

Séquerkche, sè'krè-che, sécheresse. 
Variante : aséqueresse» sè-kretse^ 

SÉQUEREUX, terrain aride. — B. 

ScR, tféf, soir. 

b'ERCELLE, cer-rè-le^ sarcelle. [C*est en- 
core laj prononciation de l'Acad. en 
1694]. 



SIE 



— 207 — 



son 



Sbbchsr, eer-ehé, chercher. [En plein 
usage dans le pays de Caux, sercher 
ne B*emploie guère ici que par les pré- 
cieux; tout le monde dit itràcherD.]* 

Sbbcutieb, charcutier. 

Sbbob, eer-je, comme ccherge». Item 
asergerD. 

Sbbob, ger-je^ charge. 

8ÉBIE, voir « séie ». 

8bbin ou SÂKIN, s*rin ou sérifif serin. 

Sbbikgle, *f (fie), seringue. 

Sbbpentiste, ier'pan-tixg'te, joueur de 
serpent. Synon. <k serpenteux ». 

SerpillÈbe, ser-pi-yé^ serpillère : spé- 
cialement, toile qui sert à battre le 
colza ou les matelas. 

Sebpillonneb, ser-pi-yan-né, couper 
maladroitement avec une serpe. 

Sebbê, sê-rê, V serré ; 2° avare, a regar- 
dant». 

Sebebube, sêr-reu^'zef serrure. 

Sbbbotâ, «<^-ri»-^^,diminutif de « serré d 
dans les deux sens. 

Sbbtb, s. fém., serte^ durée du service 
d'un domestique. 

Servante, ser-ran-tâf !• support en fer 
qui se croche à la crômaillèrei pour 
soutenir la poêle à frire, les casseroles, 
etc.; 2» support vertical qu'on laisse 
tomber sur le sol en dételant un che- 
val pour maintenir la voiture en équi- 
libre. 

Sebvbb, sevrer. 

Sbbvice, ier-vi-ce. Locutions : être en 
terviee = être domestique; — être au 
service = être soldat. 

Sebvibttb, ser-viê'ie, !• serviette ; 2» 
« serte o de courte a urée ( voir « tor- 
chon»); ne s'emploie qu'en plaisan- 
tant à cause du calembour [La termi- 
naison faisant du mot une sorte de 
diminutif de «service:»]. 

Sesque, êeiS'ke^ sexe. 

Seul, subst., feu, seuil. 

Sec7L,-e, adj., »eu, seule, seul; au plur. 
ceu^y masc., seules, fém. 

8eux, seu"^, voir ucheux». 

SÈVE, sê've, haie vive [à rapprocher de 
sepes]. 

Si AL, sia, seau; mats suivi d*un autre 
mot, il se prononce siaw : un siaw 
de bois; — un siaw d'ia ; un siaw 
d'iaw de savon; — le siaw à l'iaw 
hénite : = un hiaw sia, — Au Havre, 
Ho. 

SiAULKTB, siaw'lê^ye, le contenu d'un 
seau. 

Sien (le), = celui. Le sien qui sortira 
le dernier, fermera c te porte. — I fait 
le sien quest beyte. 

Si ebeb, syê-ref asseoir. 



SiEUBPLUS, siéUT'plu, surplus. 

SiEUBPBENDBB, sieur-pran-de , sur* 
prendre. 

SiECBPBiNSB, sienr-prin-ze, voir sur^ 

priTise, 
SiEUVEK, suivre. — L. 
Sx EUX, sieu'^, voir ekeux. 

Siffles , boire. En v'ia un qui siffie 
bien un coup, 

ScppLETj sî'flè, sifflet. Locution : Avé le 
siflst à Bastian = ne rien recevoir 
dans une distribution. 

Siffloter, oî-flo-té; !• siffler un air 
faiblement ; 2* siffler médiocrement. 

Fine, sin-ne; V seing, signature; 2« 
signe. Fé un sine de Croix. 

SiNEK, si-né, signer. 

Singerie, sin^-fjie, singerie. 

SiNiFiOATiF, si-ni-Ji-ca-tif, significatif. 

SiNiFiCATlON, si^ni-fi'Ca-cionj signifi- 
cation. 

SiNiFiER, si-nirfié, signifier. 

SiROTEUX, si-ro-teu^, sirupeux. 

Si tellement, si ^«/rwan, superlatif de 
« tellement ». 

Sitôt, si-tô; 1° sitôt; 2» aussitôt. 

Six, voir cicade. 

Snêqubb (^sb;, snê'kié (lacune). — L. ex- 
plique : chercher partout. 

SOCIER, so-cié, fréquenter. [Equivalant 
à a faire société, »1 il demande à être 
suivi d* <r avec ». // sooie aveu Pierre. 

ScEUR, seu, sœur. 

Soiffard, soi-far, ivrogne. 

SOLAQE, so-lâ'je, aire d'un grenier, l'en- 
semble des solives et des planches. 

Solannbl, so-la-nê, solennel. 

SOLANNITÉ, sifla-ni-té, solennité. 

SOLDART [voisin de l'ancienne forme 
(( soudart d], soUdar, soldat. 

SoLEi, so'lê^ au plur. so-U^ soleil. Entre 
deux soleils = une nuit *f — L. expli- 
que : c entre le lever et le coucher du 
soleil ))? — Se dit couramment à un 
jeune enfant qui est assis entre son 
père et sa mère. 

Solidaire, so-li-dé, solidaire. 

SOLIBR, so-lié, grenier; anglais soler. 
[Le mot est dans Froissart.j 

SOLIVEL. so'li-vê, soliveau. — M. note 
avec hésitation la forme soliaiau. 

Somme, son-me, somme. Aller en somme 
= transporter sur bêtes de somme et 
non par voiture. 

Sommel, dans Palsgr. « slepe :», son-mê, 
sommeil. 

Sommier, son-mié, poutre transversale 
qui soutient les pièces d'un plancher. 

SoMMiLEB, sommeiller, et sommeiL — L. 



son 



— 808- 



SUR 



SONGNEB, êonrçné, soigner. 

fiONONBUx, son-gneu^, soigneux. 

Sonnaille, sonnerie bruyante. — L. 

Sonner. Locution : Ae sonner mat = ne 
rien dire. — L. 

SoKNEBiB, êonrn*nie, sonnerie. 

SoNNEUX, sonneur. — B. 

SoB-BST, to-rê, sud-est. 

SOBIB [« saurir » est dans le Dict, gén.], 
êo-i^ saurer. Héreng stfri (hé-an so-i; 
se dit souvent pour « hareng saur ». 

SOB-OUEST, so-rouê, sud-ouest. Chez les 
marins, un ttor-attest = est un chapeau 
de toile cîréo à larges bords ; parce 
que c'est souvent avec du vent de sud- 
ouest que vient la pluie. 

SOBTIB, sor-H, sortir. Souvent êortir de 
= cesser de, venir de. Il tort de par^ 
tir ; il sort d'être malade. 

Sot, so, laid, vilain, déplaisant, a Sot » 
n'a pas chez nous le sens de € stupide:» 
sauf dans Texpression : « G est sot ». 
— Sotte bête = bête vicieuse. 

SOTTIAB, so-tiâ^ individu obscène en 
paroles et en actes; plus vil que le 
<E sottisier >. 

SOTTIB, so-ti, enlaidir. 

Sottise, so^ti-ze. Locutions : conter sot- 
tise^ agoniser de sottises = injurier. — 
Il m'a fait une sottise = il s*est mal 
conduit envers moi. 

SOTTISIBB, so'ti^ièy qui tient des pro- 
pos déplacés, sinon obscènes. 

SonciLLE, stm-ei-ye^ sourcil. — B. dit 
le mot féminin. 

SoUOBE, sourdre^ voir «sourdre ». 

SOUFFLEB, SOVr-fUy SOUfflCT. 

SouFFLOTBB, soû-JUt-té, avoir la respi- 
ration un peu courte. 

BOUFFBETTB (onfè)^ en endurer la pri- 
vation. — B. 

Souille, excavation sous un arbre. — L. 

Souillée, soû-yé^ caver, creuser : Tap- 
proche pas au bord de la falaise : 
c^est souillé, 

SouL (paraît tenir au radical de c souil- 
ler d], sou. Propre comme un sou 
semble expliquer : Fhit comme quatre 
soûls =■ sale comme un cochon. Kn 
certain pays, sou^ sou! est le cri qui 
appelle les porcs. Voir J. T. t sou d et 
«souilD. 

SOULABD, V. asaulardD. 

SOULIEB. Locution : En attendant les 
souliers d'un mort, on va longtemps 
nu'pieds. 

SouLTEB, sou-téj solder, payer. 

SOUPBTTE, sou-pè'têf tranche de pain 
taillée très mince pour la soupe. Voir 
Génin, p. 408. Sanvette^ à Pont- Aude- 
mer. 



SoupiAbb, Mm-piéj floupidre. 
SoupiébAte, sau'pié'êge, le oontena 

d'une soupière (soupièrée). 
Souple, sau-ple, agile. Dicton : êouple 

comme un quien de plomb. 
Soubbouqueb, sour-hou-hiéi sobriquet 
SOUBCBU, drageon, rejeton. 
SouBDBKT, sour-dan^ surdent. 
SouBDRE, sou'dre, sourdre, Viaw sourd 

là-bas. Par extension : Y a un nid 

dans e'fâbre : la mè vient de sourdre ; 

— san quien a fait soudre de pedrix. 
SouBFOUTTE, sour-fou-te, emporte- 
ment passager. 
Souris, sou-i, souris.— s Ganve-sonris», 

canf-re-sou-it chauve-souris. 
Sous- aile, partie accessoire d*un grand 

édifice ? — B. 
SOUTABDB, sou'tar-de, fouée, c.-à-d. 

chasse nocturne aux petits oiseaux 

avec une lanterne et un b&ton. La 

vallée d'Yères dit « aller aux outar^ 

des)) pour cà la soutarde b. 
Sou-TA-BOU [par on excessif souci d*en- 

phonie], sou à sou. — L. 
SouBViDBB, Burvider. -^ L. 
Souvent, sou-van, souvent. Locutions : 

Piarre n'arrive ptts souvent = ... pas 

vite; — plus souvent/ ss. négation 

avec dédain. 
Su, ce, souvent avec idée de mépris. — L. 
SuAONiE, aigreur d'estomac, renvoi 

acide. — L. 
SUAiBE, SH-i, suaire. 
SUABD, «w-ar, qui sue beaucoup. [ Le 

nom propre en dérive-t-il f ] 
SucET, su'cê^ fleur du chèvrefeuille. 
Sue EUX et sucheux^ objets qu'on donne 

à sucer aux enfants. — L. 
Sud, su, sud. 
SUEUB, nf-f», sueur. 
SuÊTB, su-eye, l^ sueur subite : pousser 

eune sueye ; 2° averse. Var. (selon B.) 

suait. 
Suffisant, surfirxan, P adj. suffisant: 

2* adv. suffisamment : J'en ai sufi-^ 

sant. 
Suif, sui (rare), 1° suif; 2« réprimande. 
Suite dans les blés = mauvaises her- 
bes. — B. 
SuPKB, su-pé, aspirer, humer : super un 

oBuf cru. Voir J. T.; anglais to sup, 
SUPPLIX, Sulpice. — L. 
Sur, m, sûr. Bien sûr = assurément 
Su BAS, su-â, qui tourne au sur, aces- 

oent 
Su ncou PEB , sur- coupé , interrompre 

son interlocuteur. Sans ro eureouper, 

jvo ferai assuré. 
SUBCBUB, sur-cru (lacune). 



ÎAM 



-209 



TAQ 



SxTBB, êûâ, Bureau. Palsou. a mm et 
nreau. 

SURBLLB [mot du xn« iiiècle], iu-dle, 
oseille. Locution : y va oco ^è queu- 
que tuele = quelque gaucherie. 

SUBENCHÂBIB, mettre une surenchère. 
— B. 

SuBBT, «tt-é, Buret, avec idée agréable ; 
tandis que €Bura8P B*applique à une 
saveur désagréable. 

SUBBTÊ, 9nr-tê, BÛreté. 

SUBrAiBB, $ur-fét surfaire. 



SUBIB, su-î, devenir aigre. 
SURPOBTBB [dans Marot], supporter. — 

B [remplace toujours la forme aoadé* 

mique]. 
SuBPRiNZB, sur'prin^-ze, surprise. Sy- 

non. archaïque «Lsieurprinse. 
Sus, #t/, [prononciation du commence- 

ment du zvi* siècle, comme le montre 

ce dicton mal iu mal fCest pat tante 

sur. 
SUBOITB, tu-ei-te^ sujétion, souci. 
SuzoN, Suzanne. — L. 



TABATURB,/a-^-^M,embarras,tablature. 
Tablage, tôrhla-je^ voir le suivant et 

tabler. 
Tablaison, ta-hlè'tan^ submersion. 
Tabler, tâ-blé, arroser (les prés) en les 

inondant ; dans la vallée de TYères 

< flotter 9. ^ Se tabler s se mettre à 

table. 
TàJBLkYK^tâ-blryey tablée. 
Tac, taky voir movron et Delb. « tas ». 
Taillacueb, târya-ehé; r taillader; 

2» tailler maladroitement — Synon. 

taillander. 
Taillant, f ^ya», tout instrument sorti 

de la main du taillandier. Si vot voulez 

de bont taillanttf tôt pouvez vot adro' 

cher à Thomat, 
Taille, tâ-ye, taille. 
Taim lEB, 8. masc., tin^-nié, tanière. 
Taibb, té, taire. A un maladroit convive 

qui tient des propos indiscrets, on dit : 

mange et tê-tê (tais-toi). 
Tai BELLE, té44e, carte autre que Tatout 

(parce qu'elle force à se taire). 
Tallevanne , tal-tanr-ne , seulement 

dauB la locution pot de tallevanne = 

pot de grès cylindrique pour le beurre. 

[il y a dans le Calvados deux villages 

du nom de Tal le vende, d*où ce nom 

semble bien tiré.] 
Tambouille, tan^-bou-ye, cuisine (ru- 

dimentaire). [Se dit des restaurants en 

plein vent de la foire St-Mathieu à 

Bourg-Achard (Eure) : manger à la 

tambouille.] 
Tamboubeb, tan'^-bou-é et tan-bou-ré, 

tambouriner, battre le tambour. Vieux 

franc, «tabourer», encore dans Bes- 

cherelle, et employé, avec tabuuriner, 

par Faisgzave, p. t>5i»,746. 
Tamboukeux, tah^'bou-eu^ et tan-bou- 

reu^, celui qui bat le tambour. 
Tamibux, ta-mieu^, contraction de « tant 

mieux »; voir tt tant pire:p. 
Tamponiobb, tan^pon-né, frapper avec 

le poing. 



Tanone, tan-gne, lo teigne, maladie; 
2' cuscute. 

Tangneuz, tan-gneu'^, teigneux. 

Tanner, tan-né, !<> fatiguer, harasser ; 
20 tanner. Dans Palborave ( pp. 430, 
631, 779), u tanner D exprime la fatigue 
d'esprit : Ifhr ocoupyng of t)ve mynde 
to m^fcke; —je tuit tanné, fai trop 
étudié ; — trop étudier par nuit veut 
tannera. L^ancien normand aatainerj) 
devenu en Angleterre ataine, figure 
sous cette forme dans Richard Ooeur 
de Lion, 

Tantonner, tan'i-ton-né, dorlotter. 
Tant-pire, tan^-pi-ye, tant-pis. Com- 

père tantpire et compère tamieux sa 

uiL pessimiste et un optimiste. 
Tant-pus-que, tan^-putt-que, plus... 

plus. Tant pus que no travaille, tant 

put que no zett ootent. 

Tant qu'a... ^an-Ao, quant à. [Un phi- 
lologue distingué assure que cette lo- 
cution a été jadis de bon aloi.] 

Tant seulement, tan^-teul-man, seu- 
lement. Avec la négation a même pas d. 
J'nai pat tant teulenient un tou. 

Taon, ta-on, taon. [Les lettrés, après 
avoir dit ton, préfèrent maiutenant tan ; 
faut-il donc tant bl&mer les paysans 
de pronoucer toutes les lettres / ] 

Taper. Locution figurée, par une sorte 
de rime tri|)lée : Taper dant let péet 
du coupet (Jittér. frapper dans les poi- 
les du haut de Tarbre) =s viser tout 
d'abord aux grandeurs. 

Tapette, ta-pè-te, !• grosse bille; 2- 
jeu de billes. 

Tapon, boulet pour jouer aux billes.— B. 

Taponnettb (jouer à), frapper sur le 
tapon l'un de l'autre ; ce que font les 
enfants en revenant de l'école. — Mt, 

Taque, ta-ke, tache. 

Taquer, ta-kié, tacher. 

Taquet, ta-kiè (outre les sens français), 
1" traquet, oiseau; 2'* sorte de petit 



TAO 



— 210- 



TER 



▼ésicatoire volant, posé sur la tempe 
pour guérir le mal de dents. 

Taqubté, ta-kâ^'téf tacheté. 

Taqubtte, ta-kiè-te, attache. Ne s'em- 
ploie guère que dans la locution être 
à la tagnette = ne pouvoir abandon- 
ner ce que Ton fait. 

Tababondik, ta-ra-boH-difit homme 
gros et court. 

Tababuqueb, ta-ra-hu-kié, V frapper à 
coups redoublés; 2^ tarabuster. Dm. 
craleuquer». 

Tardif (être), être en retard. — L. 

Tardivkt, tar-di'Vè, tardivement. [Faut- 
il penser à un adverbe Jstin de style 
macaronique atardivè:», ?| 

Takib, tâ-rî, tarir. 

Tarriâre, ta-yé, tarière. 

Tarte. Locution : tarte povr tai! eu- 
phémisme qui évite le mot le plus 
grossier. — L. 

Tartouiller, tar-tou-yé, salir dans la 
fange, ou autre corps semi-liquide. 

Tartouillte, tar4ou-yie [racine du 
précédent], mélange malpropre. — Se- 
lon L., préparation de la tarte. 

Tas, ta, partie de la grange où se pla- 
cent les différentes récoltes : le tas à 
blé, le tas à areinr. En Basse - Nor- 
mandie ((une tasserie:». 

Tasqubr, accuser. [C'est le verbe a taxer d 
(taxarej, encore employé en ce sens 
par Bossuet, et altère par notre pro- 
nonciation de Visque,] 

Tabber, tâ^é, mettre en place dans la 
grange les fourrages. 

Tabseux, qui tasse les gerbes. LeA va- 
lets d'août nsont pas terttnu d'b&ns 
tasseuœ. 

Ta TER, tâ-té^ tâter. Tâter les poules, les 
cannes = s'assurer si elles sont prêtes 
à pondre dans la journée [pour sur- 
veiller celles qui égarent leurs œufs.] 

Tateux de poules, tâ'teu^ d'poul\ 1* 
subst. du verbe précédent ; 2° au fig. 
individu méticuleux et méfiant; ou 
celui qui remplit une besogne ordi- 
nairement faite par les femmes. 

Tatonnieb^ tâ'ton-niéj tâtonneur. 

Taudis, tarc-di, taudis. 

Taule [orthogr. rationnelle], tofr-/e, tôle. 

Taupe, tofc-pe, taupe. 

Taupen, tertre. — L. [plutôt n taupin » ?] 

Taupette, tawpè'te, 1" courtilière ou 
taupe-grillon ; 2* massète, plante ; 8<> 
petite bouteille à Teau-de-vie, que les 
femmes adonnées à la boifson dissi- 
mulent daus leur poche. 

Taupin, taw-pin^, petit tas de foin 
(ayant la forme d'une grosse taupinière) 
Vallée d'Yères, <rcoqueron]>. 



Tavela, ta-dé, taché de mouchetures 
formées par des champignons parasites; 
simple extension du isens français. 

Te DEON, le Te Deum, cantique d'action 
de grâces. — L. 

Teinture, tin*-tu, 1» teinture; 2« par- 
fois pour teinturerie. / demeure près 
de la teinture. 

Teitard, tey-tar, la centaurée (plante ; 
— et, en outre, les sens françfus;. 

TeitaS, têy-tâ, capiteux. Cidre teitas. 

TBI7B, tey-te, tête. Locution : teite d'o^ 
reilier, pour c taie... » également em- 
ployé; — tryte de cape = grand ca- 
puchon qui faisait partie de la capote 
des femmes au commencement da 
xix° siècle. Le mot a disparu avec 
l'objet. 

Teiteb, tey-té, soutenir opiniâtrement 
une chose. 

Teitièrb, tey-tiéf sorte de longe qtd 
sert à attacher les vaches par les 
cornes. 

Teitok, tèy-ton, arbre étêté; on dit 
aussi il têtard ». [Le mot n'emporte pas 
ridée de mutilation. Les têtards sont 
des arbres (saules, etc.) qui n'ont que 
deux ou trois métrés de hauteur, et 
dont la grosse tête fournit une multi- 
tude de rameaux qu'on ébranche tous 
les trois ou quatre ans]. 

Teitu, têy-tu, têtu. 

Telle, vieux, tè-le, toile. 

Tellieb, té'lié, toilier. [D'où les noms 
propres si communs Tellier et Leieliier.] 

Tembre, ten-hre, mince. Cte feuille 
est brin tembre. 

Tem péteux, tempétueux. — L. 

Temple [forme recommandée par TAcad. 
jusqu'en 1740J, tempe. — L. 

Temps, tan y temps avec tous ses sens ; — 
le ciel, y a des ételles au temps, no y 
vaie se condvire. L(x;utions : c'est du 
temps à quatre cents [gerties] à l'acre 
= temps magnifique, très favorable à 
la campagne ; — l'ewps bas =: tempe 
sombre, à la pluie. 

Tevache, fna^he, tenace. 

Teneur, t'nev, contenance d*une exploi- 
tation agricole. 

Tenib, t*ni, tenir. 

TÊQuer, té'kié, tousser ; se dit princi- 
palement du cheval. Vallée d Yères, 
(( téguer D, [n'y a-t-il pas encore une 
forme «teigler»?] 

Terder, ter-dé, tarder. On dit auisi 
(( terger D. J terge à r'teni. 

Terme, ter^me, terme. Locution : fv- 
mettre son ter tue » s'en aller. 

Terra 0£, ter-râ-je, voir a terris». 

Tebbieb, tê-rié. terreau ; s emploie sur- 
tout au pluriel c des terriers j». 



TIÂ 



— 211 - 



TIR 



Tebrillonnbh, délayer dans Teau la 
terre qui doit faire le fatte d'une cou- 
verture en chaume. — B. 

TKBBiLLOifNEUX, Touvricr qui c terril- 
lonne ». 

TERRiMftri, contenu d'une terrine. Moins 
usité que apêleye» — L. B. 

Tbrbis, tê-ris, torchis ; moins bien <e ter- 
rage ». 

TjfaBOBiBB [ orthographe la plus sembla- 
ble au latin et au grec], ii-zo-rié^ tré- 
sorier. 

Tesquibb, tousser. — L. 

Tesson. Locution : rien ne dû (dure) 
comme un tesson, 

TÈT, tée, tesson. 

TÉTAILLKB, tè~tâ~yé^ boire longuement 
comme un tétot ; augmentatif et pré- 
joratif de a téter». 

TÉTAILLEUX, té-ta-yeu^^ celui qui « té- 
taille». 

TâTET, ti'tè^ s. masc., 1« tétin ; 2^ repas 
de l'enfant à la mamelle ; terme en- 
fantin. 

TiTEUX, U'teu'^i V lamprion ; 2* nouet 
de linge, contenant de la mie de pain 
et du sucre, que certaines nourrices 
donnent à sucer aux jeunes enfants 
pour les empêcher de pleurer. 

TÉTOT, ti-to^ terme de moquerie, se dit 
des enfants qui tètent leurs doigts ou 
leurs vêtements. 

TsuDiON, teû'dwn{moi grossier), femme 
de mauvaise vie ; 7f mauvais coup : y 
a fichu un teudion. 

Teudbe, teû^-drCf voir le suivant 

Teubdbb, teu^-dre, tordre. Jamais ne 
vis hart mieux teitrse, Palsob. p. 785. 

Tbubqite, teur-kcy lien de paille ou de 
foin ; spécialem^ torchette pour lier le 
chaume à la gaulette. 

TeubqUEB, teur-kié, faire des teurques ; 
au tig. «mâcher». Jl ne terde pas à 
teurquer un vwreê de pain, 

Teubquette (diminutif), teur^hiè-te, 
petite teurque. 

Tbobs, subst teuTj anneau ou bngue 
sans cbâton. Peut-on le rapprocher du 
latin torques î 

Tbub8,-B8E, teur, teur-se^ tors, torse. 

Tbuetighb, teur-ti-che, coriace. 

Teitbticolis, teur-ti-co'lis, torticolis. 

Tbuktignoleb, teur^ti-gno'lé, mâcher 
longtemps un morceau coriace. 

Teubtilleb, teur-ti-yé, V tortiller; 2* 
manger, et surtout manger beaucoup. 

Ti, titi, petit, tout petit, terme en- 
fantin. — L. 

TiATBEf ei-â-ffv, théâtre, principalement 
tréteaux des bateleurs. 



TiÈ, tiède. — L. Locution : tiê comme 
Vhé à vias. » B. 

TlÂDSUB, tié'deu, tiédeur. 

TiAbe, ti-é, lit de gerbes, de bottes de 
foin, etc. — Fausse tière (lacune). 

Tiebbe, tier (lacune), petit appareil qui 
retient le bétail dans un pâturage. 
Dm. c quiaire ». Le tierre se compose 
de quatre pièces : 1** la longe ; 2* la 
quignette; 8* la chaîne; 4* le paisson. 

TiOKAOHE, ti-gna-oKe^ chevelure mêlée 
et malpropre, tignasse. 

TiONEUX, ti-gneu^, bardane appelée 
c herbe aux teigneux» (Lappa major J ; 
se dit surtout du fruit. 

TIOONNEB, ti-gon-né, essayer d'intro- 
duire, de faire entrer; simple altéra- 
tion, semble-t-il, de adigonner ». 

TiiEUX, teilleur (de lin). » B. 

TiLLB, ti-ye, 1<* outil, à l'usage surtout 
des charpentiers de navire; 2» poisson 
voisin de la raie. 

TiMBBÉ, tim^-brê, timbré, au propre et 
au fig. 

Tinette, baril d'un cabinet d'aisance. 
•^ L, 

TiNTANOs, tétanos. — B. 
Tintbnelle, tin^-t'nè4e^ peti e cloche 

sur laquelle Thorloge sonne les quarts. 

On dit aussi fréquemment « tinterelle », 

forme qui semble plus commune. 
TlPE, ti'pe (lacune). Etre de tipe, être de 

trop. — Voir tt intipe». J. T. écrit 

d étipe ». 

Tipbtaupe, ti'pe'-taw'pe^ onomatopée 
du galop d'un cheval ; se répète. 

TiQUBB, !• s'enticher; 2« clignoter. — 
L ; 3* quelquefois se dit du cheval qui 
essaye de manger son râtelier. 

TiBAOHE, ti-ra-chcy avare qui lésine, 
grippe-sou. 

Tl BALLE, tirale et ti»ya-le, partie ten- 
dineuse de la viande. 

Tibant, ti-ran, rayons de gloire. Locu- 
tion : y a des tirants sous le soleil = 
des rayons extraordinaires qui annon- 
cent du mauvais temps. 

Tibauoement, ti-yaw-d'man, tir fré- 
quent. 

TiBAUDEB, ti-yaw'dé^ tirer des coups 
de fusil sans utilité. 

TlBAUDEUX, ti-yaw'deu^, qui tire, sans 
sujet, des armes à feu. 

TiBEPOiNT, tire - pouin, tiers - point, 
o.-â-d. lime triangulaire. 

TiREB, articulé comme en français, ne 
se prononce ti-yé, que s'il s'agit 1* 
d'une arme à feu; 2* d'un liquide. -^ 
Locutions : avé du premier tiré = la 
première et ordinairement la meilleure 
partie d une chose ; ^- tié eunn vaque 
sa la traire. 



TOI 



— Îl2 — 



TOO 



TiBXm, tPtè-U, !• jcnne homme qui 
tira touTeni (des ooape de feo) poor 
s'amuser ; 29 petite ckisntepleora ; 3* 
(OD proD. ti-rè-U) dans leséglises sorte 
de banc à coulisse. 

TiREUX, tuyeu'^, !• tireur ; 2* tiroir. 

TiKÊYB, tùrêyây vente des produits d^uoc 
ferme, débouchés. 

TiBOHNBUZ, tisonnier. — L. 

Tiu ! Tiu, tiû, tiû ! cri d*appel pour les 
vaches. 

Toc f à; «« à Wffr f/c;, travailler sans goût 
en étant toujours coûtent du résultat. 

ToiNE, Antoine. 

ToiKETTB, Antoinette. 

ToiBB, Un-u, toise, amas disposé de fa- 
çon à être fadtement mesuré : taise de 
cailUmr, taise de fermier, 

ToiBER, toy-zê^ toiser, mesurer. 

TOLLiTTifi PORTAS (ouvrci Ics portes), 
mots d*UDe ancienne cérémonie à la 
procession des Hameaux. Ou les redi- 
sait en frappant à une porte, et en y 
ajoutant ce vers: Ouv'mai la porte^ 
ou bien fia casse, — L. 

TOKDBLIEU, ton-de*'liéy tonnelier. En 
1683 est cité le menuisier M. Toudelier. 
(Archives d'Arqués). 

TOXDBE, tônrdre, voir le suivant. 

ToNOBB, tÔHrçre, linge carbonisé em- 
ployé comme amadou. 

Tonne, ton-né^ 1» grand fût ; 2« source 
à fond mouvant, anglais duwp ; trou 
profond d'une mare. 

ToNNBL, tan-^, tonneau. 

Tonnelle, ton-nè-le, 1« berceau de feuil- 
lage ; 2^ puits de mamière. 

TONBUBB, ttm'su, tonsure. 

Tonsuré, tim-su-é, tonsuré 

Tonton, tan'ton^ 1« totou; 2" homme 
sans énergie. 

Toquant, to-*<i«, entêté ; mauvais tocan 
= homme têtu et méchant. 

Toqua et, to-car^ capiteux. 

Toque, to-ke, casquette. I^Leibniz assure 
que toq est un mot celtique, qui signi- 
fie a bonnet. »] 

Toqué, to-kié (outre le sens ordinaiie), 
entêté. 

TOQUENAR, to-ke-nâ, plus entêté que 
sournois, au contraire duatoqueson». 

TOQUEB, to-kiéy l** couvrir la tête d'un 
mouchoir ; 2» bander les yeux ; 3° eni- 
vrer ; se toquer, a les deux premiers 
sens, et signifie également o se heurter 
la tête ». Voir touquer. 

TOQUSSON, too-son, plus sournois qu'en- 
tôté ; voir c toquenas ». 

TOQUST, bonnet de femme. — L. 

Torche, tor-che, coup de poing. 



TOBOHÉ; Ur-eké, sali ; en [psrlaDt du 
linge qui, avant d'être sec, se smlii 
contre des mors, etc. 

TOBCHBB, calott^r, roaaer. — L. 

TOBCBKTTB, toT-ekà-te, petit torchon; 
teoiement dans la locution : nette 
comme toreketU. — Variante: mU 
comme teurquet. 

TOBCUON. Un ouvrier qui s^est engagé 
pour un an, et ne travaille que quel- 
ques jours» fait u» torchon : — quand 
il travaille un peu plus de temps, U 
/ait une serviette, 

ToBEL, to-ê, taureau. JBn v"la un toê 
qu^est méchant! 

TOBBUSE, to-^M^-^e, vache qui imite le 
taureau ; dite au^i « vache robinière, 
vache chanteuse ». 

TOBONIOLE, têr^nirole, voir € torniole » 
I^Le Dictionnaire général a enregistre 
torgnolej. 

ToBNAlLLEnENT, târ-nâ-yc-man, tour- 
noiement. 

TORNBB, târ-né, tourner : Tourner les 
sens =. causer une émoUou excessive. 

TÔRNETTE, tôr-nè-te^ toumette, dévi- 
duir. « lame WindeU^ tornctte, s. f. B 
Falsgbavb. 

TOBNBUSE, tôr-nen^-ze^ tournure. 

TOBNEVIS, tôf'ne-tiss, tournevis. 

TÛBNÊTE, tôr-neye. tournée, 1*» r&dée 
de coups ; 2® régalade que des buveurs 
se paient tour û tour. 

TORNIOLLE, tôr-nio-le^ !• coup sur la 
tète, qui étourdit ; 2" sorte de panaris 
qui fait le tour de Tongie. 

TORKIQUEB, iâr-ni-kfé, péjoratif de 
a tourner »; équivaut souvent à «tour- 
noyer ». 

TOBNIQUET, tor-nirhiè^ tourniquet. 

ToBQUETTE (bvirc à la) = boire la 
boucue pleine. — L 

TôTBB, t^ter^ rôtir du pain. Voir Dm. 
Tostez-moy or faiciomen une tostèe. 
Palsqu. p. 76U. [Aux environs d'Y ve- 
tot, le pain rôti s appelle («vt (mot an- 
glais), du laiin tostum.] 

ToTÊYB, trempette de pain grillé dans 
du cidre doux. L. 

TouFFLE, touJUy toufife. 

TouiLLADB, tou-ya^e, moue, grimace 
de mécontentemeut. 

TouXLLEB, tou-yêy 1* regarder en-dea- 
Bous ; 2« bouaer ; 3* se nourrir forte- 
ment et avec recherche. 

Toujouus, ton-jon, toujours. 

Toupet, tuu-pè, toupet. Locutions : as 
mettre une chune Oans le tovptt^ = se 
faire une opinion (souvent lausse) ; — 
rabattre le toupet s humilier quel* 
qu'un par des paroles mortifiantea. 



TRà 



— 213 — 



TRA 



TOUPILLOK, tVU-pi-jfOH, 1* Bftbot, Borte 
de toupie; 2» objet eocheyètré : du 
fi en UmpiUon ; 3« Locution : ie au- 
9er le tovpUhm ^ se casser le nés. 

ToupunsB, toftrpi'né, !• tournoyer; 2* 
86 remuer, maie mus arancer dans 
son ouTrageb 

TOUQUEB, tou-kiê^ cosser, modification 
de toquer», espagnol t^ar. 

TouB. Locutions : fieher le tour = abat- 
tre, jeter en dessous; donner un tour 
as jeter cun sorti» ; — se donner un 
tour de reins = se blesser aux reins. 

Tourbe, tour-he, 1» motte de gazon, en 
ce sens on dit c une, deux, trois tour- 
bes]» ; 2« sur&ce gazonnée du hoI. 

TOUBBETTES, petites tourbes sèches 
qu*on ramasse sur une terre hersée ; 
les plus grosses sont €des tourbes». 

TouBBiN, tour-hin, mottes dans les 
champs nourellement emblavés. 

TOUBBONNB, tour^hon-ne^ consoude, 
plante. — L. dit a la grande consoude». 

TouBÊTE, tou-êye (lacune). 

TouBif SNT, tour-man^ V tourment ; 2» 
souvent, personne agaçante. Qui*ux 
tourment! Une mère dira d'ua enfant 
remuant : c^est un tourment perpétuel. 

Tourte, 1* gros pain. [Dans le Roumois, 
c^est le nom au pain de 6 kilos.] 2o 
homme d'esprit lourd. 

ToUBTÊ, tourteau. — L. 

Tous LES JOUBS (à), locution : jours 
ouTrables (opposés au dimanche). Ma 
reste est usA, fia mets à tous les 
jours, 

TOUBEB, tou-zé^ tondre. Forme romane 
be old Bornant, selon Palsobavk 
(p. 702) qui donne ailleurs cet exem- 
ple, s'il en est ainsi, qu'on me touse 
pour [comme] un fol 'p. 487). 

TOUBEBIE, tou-z'zie, tonte des moutons. 

TouSEUBES, fém. plur. (en franc, ce serait 
tonsures), toû^eu*~ze, brindilles pro- 
venant de la tonte des haies. 

TouBBUX, tou-teu^, tondeur. 

ToueSAlLLEB, tou^çâ-yé, tousser fré- 
quemment. 

TOU88E, touee, toux. 

TouBBBBiB [mot du zv siècle], touss'- 
sie, toux. 

TOUBSOTBB, tou-^o-téf tousser fréquem- 
ment et faiblement. 

Tout dbait, tou-drè, exactement, pré- 
cisément. C'eet tout drait cha, 

Totrr-LAID, s. masc. tou-lè, laideron. 

Tout-pabtout^ tou-par-tou, tout, de 
tous côtés. 

Tout-plein, tou-plin, beaucoup. 

ToUTomïEB (lacune). — L. 

Teaohbb, trârché, chercher. 



Tbafio, trafic fenflc. 
TKAoiDiE. Locution : Ami traaidie 
d'effants = une nombreuse famille. -^ 

Tbailleb, tr^i, 1<» dévider au trail 
le fil pour le mettra en échevean ; 2* 
tournoyer en parlant des corneilles. 

Tbaillot, trâryo, treuil. 

Tbaimb [forme primitive et régulière], 
trin^-me, trame. 

Tbaimbb, trinôme, tramer. 

Tbaimeubb, trin^meu^'ze, trameuse. 

TBAiN ailler, péjoratif de c traîner». 
— B. 

Tbainebaleb, trin^^ne-ha-U, au sens 

du nom. Dm. c brimballer». 
TBAiNEBALLB,^rt}i«-}i«-^-20(trimballe)^ 

cabriole, culbute. Locution : faire la 

traînehaXle sur une transaction a 

gagner cent pour cent. 

Tbainel, trin^-ne, traîneau pour porter 
une hersi), une charrue ; traînasse fol- 
let ? tramel. 

Tbaîner, trin-né, être atteint d'une 
maladie de langueur. Je ne saie pas sU 
ira loin, y a liiemps qui traîne. 

TbaÎnetb, trin^nê-ye, 1« traînée ; 2» 
femme de mauvaise vie. 

Tbaibabd, trà^r, la corde qui tient 
une herse. 

Tbaibe, tré. Locution : il trait et coule 
[la lessive]. Se dit des hommes trop 
occupés des minuties du ménage. 

Tbaitb, quantité de lait que la vache 
donne d'une fois. J'ai ye^i eunn* bonne 
traite à çu matin. — L. 

Traître, trêy-te^ traître. 

Traîtrise, traUtri-ze (lacune) : 1* ac- 
tion d'un traître, sens devenu usuel ; 
2** coup donné en-dessous. 

Tramas, tra-mâ, tramail. 

Tran, tran, trace ou empreinte laissée 
sur le sol par un animal ou une voi- 
ture. J'ai suivi le tran. 

Tbansportb, tran^por^té, en délire. 

Trasl, trâ, tr&, dévidoir; pourtral = 
trail. A rapprocher de € treuil, tra- 
vouil ou travoul ». 

Travail, tra-va, travail. 

Travaillant, travailleur, homme cou- 
rageux: Cest un travaillant. — L. 

Travêqueb, tra-vê-kiè, 1» délirer, dérai- 
sonner; 2» au fig. balbutier des excu- 
ses incohérentes. 

Travers. Locution : Dans le travers de 
= environ. Cohien avé-vous d' moutons f 
Je nn'ai dans le travers de chiquante. 

Traversaillbr, tra-rer-sâ-yé, péjo- 
ratif de traverser, abuser de la per- 
mission de passer sur le sol d'autrui. 

15 



TRI 



— 214- 



TBU 



Tbatkuz, tré-yeu* [le mot manque au 
français], celui qui trait les vaches. 

Tbéard, trè-ar, roir c traîrard ». 

TaiOBB, trè-che, tresse. 

TaÉOHBB, tré-ehé, tresser. 

TSKCINBMENT, t^r-rt-R^-maM , vibra- 
tion, action de treoiner. On dit aussi 
ctrecindement i» 

Tbboiner, te^r-ei-né, vibrer, ve dit des 
vitres dans les orages violents, ou de 
pièces de fer mal ajustées. Synon. 
c treoinder. » 

Tbbmblbmbnt, tran-(2<^-mar», I» trem- 
blement ; 2* multitude, abondance : 
y en a un tremblement f Locution : 
tout le tremblement s toute la suite. 

Tbbmblérib, tran-blé'ie, frisson. Pour 
tremblerie ; voir la phonétique. 

Tbbmblbux, tran'^hleu, trembleur. 
Tremblbtb, frisson. — L. 
Tbempb, tran-pe, volée de coups. 
Trbmub, tré-mûe, trémie. 
Te&panbb (SB), se donner beaucoup de 

mal à faire son ouvrage. 
Tbbballé, noirci, piqué par Thumidité. 

Se dit du linge. — L. 
Tbbssaudemsnt, tâ^-êaw-d'man, ca- 

hotage. 

Tbebbaubbb, te^'ÇwnHU, cahoter, se- 
couer [fiemble synon. de c tressauter »]. 

Tb]&tel, tré-tê, tréteau ; plur. (régulier) 
trétià», 

Tbbtoub, te^4ouêf tous: augmentatif 
de ce mot. 

Teeu, trou. — L. 

Tbbukllb, truelle. — L. 

Tbbuffb, trèfle. — Locution : arter 
[arrêter] du treuffe, le faire manger 
avant rhiver, pour le sauver des 
grands froids. 

Trxufflai. Mre bien trevfflai = bien 
mis, élégamment vêtu. — Par anti- 
phrase : EH-U dono treuffiaif mal 
affublé f — L. 

Trbvet^ te'r-vè, 1« triangle de fer qui 
porte les plats sur le fourneau (même 
mot en anglais) ; 2» astérie ou étoile de 
mer. 

Tbibouillade, trirbou-ya-de, trouble, 
pêle-mêle. Des œufs brouillés sont 
parfois appelés crtf/r à la tribouillade, 

Tbibouillbb, tri'bcu-yè, brouiller. 7W- 
boailler est traduit dans Palsgrave 
par ihogge (anglais moderne tkog, 
secouer). C'ie riande-là n'me va point. 
Ça me tri-bouille là dedant! 

Tbibuoheb, tri-bti-ohé, trébucher. 

Tbibuchbt, tri'bvrchè^ trébuchet. 

Tribunal, tri-bu-na, tribunal. 

Tbioheuz, tri-cheu^^ tricheur. 



Tbicotxb, tri^o^é, 1* tricoter ; 2* bat- 
tre, sorte de fréquentatif de ctriquer». 

Tricotbuz, trp^o4eu*, tricoteur. 

Triotom, trie-ton, brelan. Trieton ettrré 
= breUn carré. 

Trib, trî, s. fém., choix, élite, tri. 

Tbifouillbb, tri-foû^é^ !• remuer tout 
en cherchant quelque chose ; 2« mettra 
les choses en désordre : aomwu il a tri- 
fouillé dan* mon tiroir! 

Tbioab, trirçâ, trigaud, intrigant. 
Tbillaob, treillage. 
Tbimousseb, tri-mou-^é, trémousser. 
TuiNOUB, frta3-^A«, tringle. On dit auni 

c trinque ». 
Tbipot, tripoy train de ménage. [Le 

« tripotage » de la Fontaine est un 

dérivé de ce sens.] 

Tripotibb, 10 mêlé à de petites intri- 
gues ; 2? qui s*ocoupe de ce qui ne la 
regarde pas. — L. 

Triqubmèlbb, tric-mê-U, mâier, mettre 
en désordre. 

Tbiqubb, tH-kU, bâtonoer, battre à 
coups de trique. 

Trois-pibds, troueye-piéâf trépied. 

Trois-bbpt, troufy-êè, tré-«ept, jeu de 
cartes où la partie se gagne par (3 fois?) 
21 points. 

Tbompb (s. fém.), trom-pe, erreur. 

Tbonohb, s. fém., tron^-ehe^ tronc (d'ai^ 
bre). 

Tbônohb, trompe. — B. 

Tbonohok, trSn'^kon^ tronçon (en an- 
glais troneheonj. 

Tbokonb, tron-gne, trogne, mais eo un 
sens moins étendu que le fraoçaia a 
gros nea. J. T. «trogne» a ventre. 

Tbôkb, trô-ne, troène, arbuste. 

Tbob-QUATB, trâ^a4e, trois ou quatre. 

Tbou, trou. Locutions : hère ««mm^ ws 
trou => souvent et beaucoup. — Faire 
un trou ss prendre on petit verre 
d*eau-de-vie au milieu du repas [ce 
qu'on appelle c le trou normand ». 

Tboucbin, femme méprisable. — L. 

Trouib, £r<w-i0, 1» truie; 2« cloporte; 
S« femme très sale. 

Tboubbbl, trou-cê, i« trousseau; S* tro- 
chet; anglais truêi, et forme popa- 
laire trtusel, 

Tbouybube, trou-veu*-ې, trouvaille. 

Tbuo, truc, savoir-^ire, secret, finesse. 

Il a le true Samè ean Mmuitf. Voir J. T. 

Truohbb, tru-^hi, courir après les bona 



repas, faire métier de parasite. Le i 
franc, c mendier frauduleusement a eat 
très Toiain du nôtre. 



VAD 



— 216 - 



▼Al 



Tbuchbuz, tru-ûheu^, habitué à «tru- 
cher.» Delb. dérive ces mots deatruci». 
Locution : Bâton de truchewt bien 
bétonne, bien traînai, vaut à son maîte 
plvê de kOO livrée de rtmte. 

TBUPEL,^rM-pe, troupeau [s'est c^onsenré 
comme nom de famille.] 

Tbdqubt. Locution : Inviter truquet 
et mergnet (tryakiè) =s inviter toute 
personne sans distinction. On use com- 
munément des synonymes trvgvette 
et margvette. 

Tue, tuf. — B. 

TUBB (SE), tta, en parlant du cidre, 
perdre sa couleur et son goût au con- 
tact de Pair. 

Tu^, tue, tuyère de soufflet, d*enton- 
noir; tuyau de cheminée. 

Tui-TUiT. babil des oiseaux. — L. 

TULEB, tU'lé, !• boire en suçant; au 
propre se dit des veaux: 2* boire avec 
une pipette; Ô* boire volontiers, boire 
■ec. Jl n'est pas embarraesé pour ttir 
1er une goutte. 

TULBUX, tû'leu*, qui boit trop. 

TuLMUTE, tuUmU'te, tumulte. 

TUMBB, tûn-be, tombe, chute. Se dit spé- 
cialement des arbres qui se déraci- 



nent d'eux-mêmes (par opposition à 
ceux que Thomme aoat). Quand no a 
la tumbe [quand le fermier garde pour 
lui les arbres ainsi tombésj, noê est 
obligé de remplaeher, 

TuMBiB, partie de falaise éboulée. — L. 

TuMBKB, tun-bé, tomber. Les formes 

tumberje tumbe, f ai tumbé, sont dans 

Palsobavb, p. 544. 

TUQUBUZ, terrain où Ton rencontra du 
tuf. — B. 

Tubbiv, travaU pénible. — B. 

Tubbiheb, travailler dur. — B. 

TUBLUTUTU (onomatopée), tur-lu-tu-tu, 
mirliton. 

Tubnb, tur-ne, cabane; taudis, maison 
en mauvais état 

TCTEB, 1» sucer; 29 obtenir par finesse. 
C\>nme i ya [il lui a] tuU çu cadeau- 
là/ 

TUTIBB, tû'tié, tutoyer. [On a dit de 
môme nétier pour a nettoyer >.] 

TUTAB, tu-yâ, tuyaux ; pluriel de... (^#ûtJ. 

TUTOTBB, tu-yo^té, exoression moderne 
[que l'Académie n'admet que depuis 
1878; elle écrit f«ya«^^] qui remplace 
«daloter». 



u 



UoÂNB. Eugène, [a Comment veut -il 
bien e'appeler, aurait demande un ou- 
vrier en lisant TU initial du prénom 
Ulysse? — ree beyle! Vgène, par- 
bleu/ 9] 

ULoiBB, «Z-cé, ulcère. 
CJnib, M-jii, unir. 
Upubabzb, Euphrasie. ~ L. 
Ubopb, Europe. 



UsaoAmbht, U'zâ'Jé-man, suivant 
rusage. 

UsBUBs, usure, détérioration. ~ L. 
USTAOUE. Eustache. — L. 
USTBBBILLB, Uê-tan-êi-ye, ustensile. 
J ai même entendu dire « Justensille». 
UsuFBiT, U'XU'fri, usufruit. 
USUFBITIBB, U'xu-fri'tiéy usufruitier. 



Va, va, particule explétive. Vae-tu au 
marehé? Je n'eais pas, va. 

Vagabond, va-ca-bon, vagabond. 

Vacdbac, tout c'en dessus-dessous. — L. 
[altéré ailleurs en «valdraguen.J 

Vaoottb, va-co-te, 1» coccinelle «bête 
à bon Dieu», petit col éoptère ; 2» pe- 
tite vache. En ce sens on dit aussi 
cvaquetto». 

Vadbouillbb, va^drou-yé, se traîner 
dans la fange, barbotter. [La racine 
vadrouille» est entrée dans la lan- 
gue an zvii* siècle; mais le sens de 
femme sale » pourrait bien nous ap- 
partenir.] 

Vaquant, «a-^on, paresseux. 



Vaie, vee, voie.ra» seiot n'a pas cCvaie 
= ses dents n'ont pas la direction 
convenable pour qu'il puisse jouer libre- 
ment dans le bois qu'il divise. — A un 
enfant qu'on a dans les jambes, on dit 
communément : ote té d'ma vaie. 

Vaillant, va-yan, actif, laborieux ; ex- 
tension de la signification française 
Tes gué (guère) vaillant. 

Vaimbuent, vin-m'man, à propos, vrai- 
ment Le son m redoublé semble in- 
diquer la suppression del'r; l'étymo- 
logie serait donc «ivairement». 

Vaindication, vin^-^i-ca-cion^ désir 
de vengeance ; haine. 



VÉB 



— «6 — 



YBR 



Vaibe, dI, voir. En fi vê = tourmenter. 
— La location « à vaire goutte = à 
tâtons, dans l'obBcurité» se prononce 
àrvey-gavt*, 

Vaissel, vé-eè, !• vaisseau; 2* vase» 
tout ce qui fait partie de la vaisselle. 
Vty-t'en laver tes vaissiât. 

Val, va, val. 

Valeb, va-lé, valoir. Faire valer (fi- 
va-U) = cultiver ses terres [par op- 
position à celui qui loue la ferme qu il 
exploite.] 

Valet d'août, valè-dou, serviteur loué 
pour le temps de la moisson ; appelé 
aussi « pistolier ». 

Valeur, va-leu, valeur. 

Valkubb, va'leu^^ze, descente dans une 
falaise ; voir a avaleuse ». 

Valle, adj., va4e, dans la locution 
faim tàlle = fringale. 

Valb, va, vaux. Locution : Par monts 
et par vols. 

Vanhb, volée de coups. — L. 

Vaknbbbsse, van-ne^'rê'Ce, tarare, c'e>'t- 
à-dire machlue à nettoyer le grain; 
s>'non. «vannette». 

Vannêye, van-njêye, contenu d'un van. 

Vaque, va-hs, 1<» vache; 2» filet de pê- 
che, nasse. 

Vaqubb, va-kié, vacher. 

Vaqxtebme, vacarme. — B. 

Vaqubtte, va-kiè-te, vache de petite 
taille ou de peu de valeur. 

Vabecb, va-è, varech ; voir «guevair». 

VilBET, ra-é, guéret, premier labour. ~ 
L. explique : « terre en jachère ». 

Vabbou, va-rou, verrou. 

Vabvaude, var-vanhde, querelle. 

Vabvot, var-vo, flaque d'eau; petit 
amas de boue. A rapprocher : « barbot, 
vervot*». 

Vabvoter, 8*agiter, se salir dans la 
boue. — L. 

Vattb, va-te, boue très délayée. 

Vaudbeb (SB), raw'dré, se vautrer. 

VaudbètE. vaw'drêye, écouvillon de 
four [semble de même racine que «va- 
drouille»]. Furgonf- foc an ovin = 
vaudrée. Palsor. 

Vaudbillonner (se), vaw-dri-yon-nè, 
se vaudrer, se salir. 

Vaupas, vaw-pâ, grand palonnier. 

Vavite, s. fém., va-ti-te^ diarrhée. 

Vavoter, va-vo'té, aller doucement. Ne 
s'emploie guère que dans ces deux lo- 
cutions : ça vavote, il vacote, 

ViE, adv. d'affirmation (voire) ; oui. 
Vins-tu aveuc nous? Vée. — Ne dire 
ni vé ni nenni =a ni oui ni non. — L. 



ViKUZ, attaqué par les vers, véreux. 
•— L. 

VÉIE, vé-ie, veillée. Est-ce pour cveîl- 
lie?» 

Veillatif, vé-ya^if, vigilant ; avisé. 

Veintube, vin^u, voir «vointore». 

Vbisin [orthographe primitive], i^xi**, 
voisin. 

Vbibineb, vé-zi-nè, voisiner. 

Vêla, v'ia, voilà. 

VÈLAI80K, vê-lè-zon, tempe da vêlage. 

V'LBQUEB, chercher. — L. 

Velimeuz, v'IirmsH^, venimeux. 

Vblin, v'Iin, venin. PalbGBAVB : w- 
nym = velin, s. m. 

Veloux, v'Iou, velours. 

Vendangeb, se salir de la tête aux 
pieds. — L. 

Vendeux, ven-deu^, vendeur. 

Vendoibb, s. fém,, van^doiy'-ze, trombe, 
bourrasque, tempête, qu'amène le «vent 
d'ouest ». 

Vendue, ven-dne, venteài*encaa. Rouen 
l'employait couramment au milieu du 
xviiic siècle. Date au moins du xv«. 

Venir, r'ni, venir. Locutions : Vanneye 
qui vint [vient], la semaine qui rimt 
= l'année, la semaine prochaine. — 
S'en venir = venir avec un but déter- 
miné. J'tnen vnais vo qu'ri. 

Vent dessus, vent dedans, van-d^Mus 
vand'dany à moitié ivre. 

Ventêtb, ranrtêye, tem[iête. 

Vbntrête, van-trêye, ventrée, intestins 
d'un animal. 

Vektbouilleb, avoir la diarrhée. — L. 

Veb, vé, ver. 

Vebdelbt, ré'dlè [mot du xiv« siècle], 
verdelet, vert tendre ; se dit des pâtu- 
rages. 

Verdeurs d'une mare, les plantes qui 
couvrent la surface. — B. 

Verdier, cer-dié et ve^r-dié, verdier. 

Verdu (collectif), toute espèce de plan- 
tes vertes. — B. C'est le français « vei^ 
dure». 

Vbret, vé-è^ noir et blanc ; simple alté- 
ration de <xvairé]>. 

VÉRETTE, vé-ète, variole ; voir «vérole». 

Verqktte, ver-jè-te, petite verge de 
métal pour supporter les rideaux des 
fenêtres. 

Veroie, ve^r-jie, vergée, ancienne me- 
sure de superficie, le quart de l'acre. 

Verglacher, ver-çlâ-ché, se former en 
verglas. En 1694 l'Académie, au mot 
q: glace D, donnait cverglacer». 

Verolandier, ver-glan^dié, houx fre- 
lon (rusouê acuUatus). 



VBS 



- 2!7 — 



VIL 



Ybbooone, ter-gon-gne, âcreté, acidité 
du fruit trop vert. 

Vebgub [prononciation de «verge 9 
chez nous comme en Picardie ], rer- 
ghe, verge ; presque uniquement dans 
vergue à Jie a le battant du fléau d ( qui 
sert à battre le blé). Palsgbave et 
même Malherbe ont dit verge pour 
«vergues; nouvelle preuve que ce sont 
deux articulations du même mot. 

Veboubtte, ver-ghètte^ jeu. 

ViBiTÉ, vé-i'té^ vérité. 

VebIjOPB, ver-lo-pe^ varlope. 

YEVJA)TERy ver -lû-pé^ varloper. 

VKBMiE, rer-mêge^ pelote de vers pour 
prendre des anguilles : Pêquer à la 
rermeye, qui s'appelle c moche 7> en 
Basse-Normandie ; là a le vermeil • se 
dit des vers en eénéral : les poules 
cherchent le veritteU. 

Vbbmichel, ver-mi-ekê^ vermicel. [No- 
tre prononciation semble prouver qu'à 
rintroduction de ce mot en France, 
le c fut prononcé ch]. 

YBBMliîEy ver-min-ne : \^ gamin, es- 
piègle ; 2» nom générique des petits 
rongeurs, rats, souris, mulots : notre 
granehe est perdue de vermine; m an 
cat est bon à la vermine = est acharné 
à la détruire; 8<» parasites, etc., 
comme en françtûa. 

YlftBOLE, vi'O'le, variole. Notre mot est 
l'ancien français. Pock a small : verolle, 
8. fém. Palsob. Les précieux disent 
vérettCf sans doute pour éviter la con- 
fusion avec la hideuse maladie de la 
grosse vérole. 

VÉBOT, vé^, ver, surtout ver de terre ou 
ver Carnivore. Le ver intestinal garde 
le nom français. 

Vbbbb (petit), ver-re, verre d*eau-de-vîe^ 

Vbbbètb, vê^êj/e, verrée. 

Ybbbub, vé-^tCf verrue. 

Vebsbux, verseu^, celui qui verse à 
boire. 

Ybbt-pommieb, ver-pon-mié, gui. 

Vebtu d'quai f = En vertu de quoi ? 
pour quel motif 7 — L. 

Ybsètb, «0-2^v0, énergie, force muscu- 
laire ; s'emploie surtout dans les phra- 
ses négatives. 

YisiLLAiTT, vézi-yan, vif, remuant. 

Ykson, ve^-zon, mouvement, empresse- 
ment. Etre en veson ou en Jeton = être 
occupé de préparer quelque chose. V. 
DelbouUe a. veson d, Dm c vesonner ». 

Ybsonkeb, ve^-wn-néy remuer; ne se dit 
que des êtres animés : s*agiter sans 
fiûre grand chose. 

Vbbqubb [prononc primitive de Tx = 
tique] ves-kié, vexer. 

YE88I0AT0IBS, vi-ei-oo-touéf vésioatoire. 



Ybstêtb, vesê-têffe, jet d'eau rapide et 
saccadé. 

Yeuche, veu-che, vesce (plante et grai- 
ne). 

Yeuchir, champ où on a récolté de la 
vesce. — L. ; M. eût sans doute écrit 
veuehU. 

Ybule« veû'le [L'Académie a adopté le 
mot dès le zviii* s. an sens de a fai- 
ble, ehétif ]». Il a chez nous des accep- 
tions meilleures] : terre vente = bien 
ameublie ; pain veule => bien levé. 

Yia, via, petite bande de terre entre 
deux sillons que laisse çà et là un la- 
boureur maladroit, ffé bien /fie retiens 
porfé des vias. 

V1AOE, vià-je, voyage, surtout pour 
a charriages :fvas enTvé eha en deux 
viages ; tandis que veyage est le fran- 
çais c voyage d. Bon veyage, et portez- 
vous bien. Ancien anglais : viage = 
vojrage. 

Y1AOEB [altération de « vovager 1], 
viâ-jéf laire beaucoup d'allées et ve- 
nues. 

YiAL, via, veau. Suivi d'une enclitique, 
se prononce viaw. Locution : pleurer 
coniffie un via [popularisé par les vers 
de Bérat]. 

YiAULiN, petit veau. — L. 

YiCAiBB, vi-hiéy vicaire. 

YiCTOiRE, vic-touè, nom ou prénom. 

YiB. Locutions \ fé la vie (sens du fran- 
çais et) = faire du tapage ; — avé sa vie 
= avoir de quoi manger ; — U est de 
grand vie ^\\ a besoin de beaucoup 
d'aliments pour se rassasier. — L.7 njé 
vie au monde que du ma = c'est un 
garnement qui ne fait que du mal. 

YiEUTL, vieuy\ vieil ; seulement avant 

une voyelle ou une h muette. 
YiBUiLLABD, vien^-ya, vieillard. 
YiEUiLLB, vieu^-ye^ 1* adj. vieille ; 2* 

subst. poisson. 
ViEUiLLBRiB, vieu'^-ye-riâ et vieu'^-ye- 

sie, vieillerie. 
YiEUiLLESSB, vieu^-yê-^, vieillesse. 
YiEUiLLlB, vieu^-yi, vieillir. 
Vieux. Locutions : vieux comme les rues, 

vieux comme Hérode, 
YiGNB, vin-gne, vigne. 

Vignot, ri-gno, !• ajonc ; 2« petit co- 
quillage, turbo littoralis ; 3* spirale ; 
«jonc marin » dans Palsobâvb. 

ViONOTiÂBB, vi-gno'tiéf lien couvert 
d'ajoncs. 

ViQUEDB, virgheu, vigueur. 

ViLAls,ri-Ziii, !• épouvantail pour écar- 
ter les oiseaux; 7^ citadin; souvent 
ironique en ce sens. Ijocution ; jeu de 
main, jeu de vilain a amène souvent 
des fâcheries. 



ZI6 



— 218 — 



TlLABNER , faire louiErir ; 9Uin ekahot 
m'vilanme. 

ViLLOTB, vi'W'te^ 1* moyette de blé ; 2* 
meule de foin. Cette forme citée en 
1606 est remplacée ailleurs par c veil- 
lotte ou Téliot i. Voir J. Trayera 
• yelllote • et « barge ». 

VlLOT, vi'lû. Pondre au viht, à l'écart, 
au lieu de rester à la niche. 

ViLOTTEii, vi-lo'téf pondre au vilot ; au 
fig. avoir des relations criminelles (à 
propos de gens mariés). Le vieux 
français vllotière => femme perdue. 
Falburavb (pp. 663, 613) emploie 
« yilotter « au mus de vagabonder, 
errer çà et là : if est une belle vie que tu 
wumneêdevUateren ee poynt tantefour, 
— Il vilote comme ung chien qui n^a 
point de maietre. 

yiLTOOSSEB, vil'Wm^é^ Tirevousser, 
courir en tournoyant, comme les sou- 
ris. De l'ancien français rirevatute^ ou 
tireveite^ ou encore virevouise. Voir 
Comédie des Proverbes, 

VIMBBBQUIV, vin^-be^'kyin, vilbrequin. 

Vin, riji«, 1* vin; 2« pourboire, pot-de- 
vin. Donner bon vin ; — fy a% donné 
son vin [sens usuel dans les contrats 
du zvii* pièclel; 8* (d*autre dériva- 
tion) temps froid et sec. 

VmoHEMT, Vincent. — L. 

Vingt, vi-no^ petit vin, vin faible. 

VXONDIB. vion-dîf bruire, en parlant 
d*une toupie, et autres bruits sembla- 
bles. Synon. vionner, 

VipiBB, maso, [comme parfois au xviP 
siècle], vUpéf vipère; fém. 

ViPiLLON, vi'pi-yon, goupillon, «ves- 
pillon s dans Palsob. [Notre forme 
est de Tancien langage.] 

ViB-A-yi6, vi-za-vi^ 1* envers : il a des 
torts vis-à'Vis san pé ; 2« sens fran- 
çais. L'acception matérielle prend (ide», 
par exemple : fsieus dans sa rue au 



vis-àrvis de It. [ITest-ce pas platftt la 

locution eau vis-A- vis » qm veut c de »?] 
VisliBB, vt-ziéf Tiaière. 
ViTAiLLB [c'est la vraie dérivation 

française], vi-^â-y^, victuaille. 
ViTAiNB, vingtaine. — L. 
VlTOLBB, se promener nonchalamment, 

prendre ses aises. — L. 
ViTBB, vi-tre, vitre. La vitre, chea 

nous, comprend le chAssis vitré tout 

entier. 
Vlo, petit veau. 
VoiOE (JB), et que je voiqe s je vais, 

que j'aille. [De quel verbe dériver ces 

formes?] 
VoiNTUBB, voin*-tu, voiture. 
VoiTUBiB, voi-tu-eye^ charge d'one 

voiture. 
VOLEMTAIBB, to4an-té, volontaire. 
VolbntA, ffo-^A-^tf, volonté. 
VÔLBB, v6-lé, voler [dérober ou prendre 

l'essor.] 
VoLBBiE, vô-l'lie^ volerie. 
VÔLEOZ, v6-leu, voleur. 
VôLftTB, vfhlêye, volée. 
VôLiEB, masc. vS'liè, volée. Un e#- 

lier de pinqeons^ de c moissons s. 

Semble la racine du franc. « volière »? 
Voui, oui. — L. 
VouLBB, oou'lé, vouloir, verbe. 
VouLOUBB, vou4oué, vouloir, subet. 
VOUTTB, vôtre. — B. 
VoTAOE, vé-ya-ge, voir c viage ». 
Vbedot, ve^r-do, cheville servant de 

bouchon A un cuvier. Voir Dm. o ver- 

teau ». 
Vbbpb, vrè'pf, 1* guêpe ; 2* les vêprea 

(rare) ; 3<» crépuscule du soir. 
Vullieb, vu4iéy visible, notoire, évi- 
dent. On peut rapprocher « vulgaire i. 



ZlDOBE, Isidore. ^ L. 

Zioub, zi-ghOf lacune. Locution : c^est 
un bon ziaue = un homme aimable, 
un bon vivant. Le mot a pris asses 
de faveur pour que Littré l'ait cité au 
supplément. Il écrit tig ^i définit : 
homme gai et plein d'entrain. 

ZlQUBB, zi-ghié, lancer de l'eau avec 
une petite seringue. 



ZiozAGUEB, zia-za^hié, faire des sîg- 
zags en marchant, festonner son che* 
min. 

Zizi, personne faible de corps et d'es- 
prit, incapable de rien de sérieux. — L. 

ZoNON^B, onomatopée, se dit du bruit 
que fait une toupie fortement lancée. 

Z020, uhto^ bouffon. 



APPENDICE 



M. Bernard, le philologue (champêtre de Gonnemlle-la-Mallei^ 
avaiU comme l'a dit V introduction du Glossaire^ mis en commun 
ses observations avec celles de Vabbé Letendre; et l'abbé Maze put 
prendre connaissance de cette œuvre d'ensemble. Mais sur ces deux 
travailleurs M. Bernard a eu un double avantage : d'abord il n'a 
pas quitté la région qui parle son cher dialecte natal; et il a pu en 
prolonger l'étude douze ou quatorze ans après eux. 

Il en résulte au moins deux ou trois centaines de notes supplé- 
mentaires qui, par l'intermédiaire de la famille de M, l'abbé 
Letendre, ont été fort obligeamment communiquées à l'éditeur de 
M. Maze. 

Ces sortes d'inventaires lexicologiques ne sauraient jamais être 
trop complets, surtout pour iine langue qui n'a jamais été écrite. 
Il importait donc de tirer le meilleur parti possible de ce précieux 
appoint. 

Un certain nombre de ces articles ont paru dans le Dictionnaire 
Général ou figurent dans la liste de Vabbé Maze : ce sont les seuls 
dont il n'y avait pas à tenir compte; et encore la rédaction qui 
allait être mise sous presse a-t-elle pu çà et là en tirer quelque 
lumière. 

Le reste était digne de toute attention. Mais presque toujours 
l'article se réduisait au seul mot du titre, le temps ayant manqué 
pour y joindre la définition, ainsi que l'explique la lettre d'envoi 
de ces notes. Exposer par conjecture, même en formulant le doute, 
est toujours hasardeux : par bonheur, pour plus des deux tiers de 
ce supplément, deux jeunes auxiliaires d'Anger ville l'Orcher et de 
Vergetot ont dissipé les incertitudes ; et cette dernière série d'addi- 
tions se reconnaît souvent aux mots en italique qui suivent le titre. 

Restent enfin les vocables ou locutions qui attendent encore une ré- 
daction complète. Après des études qui, individuellement, n'ont 



— 220- 

guère persisté moins d'un demi-siècle^ Vidiome villageois de ces 
quelqi^s kilomètres carrés n'est pas encore pleinement connu. 
L'aveu, assez humiliant^ ne fait en dernière analyse que plus forte- 
ment ressortir le mérite de ce c langage de la banlieue du Havre m. 



Affritbb. Frotter avec de Tail ou de 
l'oignon le fond d'un vase en terre 
pour le rendre résistant au feu, puis y 
faire bonillir aussi de l'ail et de Toi- 
gnon, ou certaines substances aroma- 
tiques , pour enlever son goût terreux. 
Jdaniot deit ête bien affriU : j'y ai fé 
bimiui padant detup eu deg/t uUUm de 
coudre. 

Annuel, subst. Les cinquaute-deux 
messes qu'on fait ordinairement dire, 
une par semaine, après la mort d'un 
parent. 11 se dimt d'abord, d'après 
son sens le plus exact, des trois cent 
soixante-cinq messes qui formaient la 
prière d'une année complète pour un 
défunt. 

AVEINDBB, mot fort ancien, donné par 
le Dictionnaire général, A ici le sens 
précis de « atteindre avec effort ». 
surtout un objet placé en hauteur. 
Mante eu eun' kiée (chaise), ei tu n'peux 
point y aveinde, 

BoaOHOLLB. 

BouBBiOHON (ee monter le), se monter 
la tête. 

Bbabbb la /â = redresser au marteau 
le flano (la lame) faussé d'une faux. 

BbU. Locution : e'plainde qu*la hrv est 
trop belle «s se plaindre, pour quelque 
inconvénient j a' un avantage dont on 
devrait se réjouir. 

Bbutal se dit aussi des choses. L'ju 
(jeu) d'quillee eet unjv bruta; ~- rmé- 
tié d'boeron (bûcheron) ett un nUtié 
bruta, 

Caqubnstte. 

Gasti (un peu ivre), sjnon. «caetibrouille > 

Ga WOHUMIBB, l** chaufournier : 2* valet 
de ferme qui encawehe le blé = le 
plonge dans une solution de chaux 
pour les semailles (chaulage). 

Clenque dk blé. 

Gomeunb, mairie. J'vaê cri tnan batûitê 
à la oomeune = mon acte de nais- 
sance à la mairie. 

GlÉ (clair), salive. Perde san cl€=\iB,yeT. 

GoPIAH, éclats du bois travaillé avec la 
hache (le rabot fait les cfeuillolets»). 
La commune de Saint-Eustache-la- 
Forêt, près Dolbec, est parfoi» nommée 
par plaisanterie • Saint- Ustache-l es 
Gopi&s 1. 

GoBTB-POlNTE, courte-pointe. (On sait 
que la forme légitime serait « coûte- 
pointe ».) 



GoTEUMB, droit à payer au ooteumitr 
(adjudicataire d'un marché) pour avoir 
le droit d'y étaler. 

GODLTBAIT (probablement c trait da 
col >), chaîne qui sert à l'attelage des 
chevaux. 

GouPKB Cte) d'une main l'autre = pe 
nuire sottement à soi-même. 

COUPET f«« petit), 

Gouvi, couvé. J'voM ai d* mandé dzeu 

frais, et ro m avez envié (envoyé) dzeu 

courte . 

GU DE BETTE. 
GUBNT. 

D*ALLÉ té dWeni, singulière euphonie 
pour ■ aller et venir t. Je n'fè qu* d'aï' 
lé té d'veni, 

D'appabnche, probablement, il semble 
que... i)*appacMch^f té été cotent d*li, 

DÉBOUTEB vue charrue = ôter dn bout 
antérieur de la charrue les herbes sè- 
ches ou le fumier trop long qui s'y 
sont amassés, et l'opposent (l'empê- 
chent) d'avancer. 

Dbboutbux, petit valet de ferme, em- 
ployé à débouter la charrue. 

DÎoiPLBB, ^serait-ce une altération de 
• décupler ) ?, passer plusieurs fois la 
herse pour rendre la terre tont à fait 
meuble 

1 DÉPRAiQUEUZ. 

DÉHALKB, se dit en particulier des ma- 
lades. Jl est déhâlé. Xcrais qH*i ta se 
déhâler, 

BUOTTBB. 

Enchbinte, enceinte (outre les sens «lu 
français), clôture. J d'n'cure tout drtit 
eimtre l'encheinte du chinmetié (cime- 
tière). 

Bnrbvbbs (plante), 

Briplecbb, é-ri-fieu-ze, éraâure légère. 

Ekrb-mabib. 

EXOURE, Locution : faites excuse = 
excusex-moi, pardonnez-moi, peirdon. 

FaibnIBR, pron. fênié^ hêtre (l'arbre à 

f aines). 

Fallacb ? rebut de la paille. TadeU 
fallace =■ du déchet dans cette paille 
longue (serait-ce un dérivé de fallacia ?) 

Fawtbr, manquer à son devoir ; spé- 
cialement, en parlant d*une jeune fille, 
se laisser séduire. 



- 221 - 



Fis, 8. m. poatre qui forme le fattage 
d'un bâtiment. Ptuêer nn fé = rem- 
placer cette poutre. 

FiON, crabe vert qui ne vaut rien à 
manger. 

Feumslle, autre prononc.de • fumelle »; 
terme de mépris en parlant d'une fem- 
me. 

FlCBTTB. 

FiYBUf filleul (en deux syllabes, ce qui 
le distingue de fieu). 

Frisquet, un peu froid : Ifé frisquet 
à çu matin. 

GAHCHONNiiBB, n'est qu'adjectif : fille 
qui recherche les garçons. Le sens 
c appartement de garçon » est inconnu 
ici. 

Olandbb, glande. 

GoBiTOKS, ajouter : morceaux ou rési- 
dus quelconques de pcûn, étoffes, etc. 

GOHÉB, fém. éclflt de rire d'un jeune en- 
tani : san poulot c'menche à fè des go- 
héeê. 

Gbeffe, naissance (au sens local). Lo- 
cution : e*te vaqtie mtmtre êa greffe s 
est prête à vêler. 

GuÈPETE, dispute violente où on ne se 
mâche pas les mots ; le peuple de la 
ville dirait « engueulage >. 

Hastaillbb, lutter par jeu ; synon. 
« dossailler ». 

Havib, saisir par an feu trop vif, brûler 
Ban« cuire, upain anui est havi ■= au- 
jourd'hui le pain est brûlé sans être 
cuit. 

Larmet, larmier, saillie du bord infé- 
rieur des toits, surtout couverts en 
chaume. 

LiBMENT, action de lier les gerbes. J'a- 
Ton l'tempt (VU oco un p'tit liment 
avant d'rentré. 

LiONEB, labourer très droit. Le suprême 
éloge &ire d'un lahoureux, c'est de 
dire qu'il « ligne ». 

Mabrb f selon la règle rappelée.'à ogres) ^ 
marbre. À dû être la prononciation 
commune, si on en peut juger par le 
nom du libraire du zvii* siècle a Ma- 
bre Cramoisy -. 

Hachicadour, queu inaohicadour! = 
quel travail agaçant ; se dit par exem- 
ple de cordes entortillées qu'on ne 
peut arriver à démêler. — Semble l'al- 
tération d'un mot espagnol. 

M A CHUE, massue; spécialement la masse 
de fer dont se servent les bouchers 
pour assommer les bœufs. 



MATiKinss, partie de l'estomac d une 
vache, d'où les objets ne remontent 
plus : ma vaque est bouchée dans les 
matinnes; y a pu qu'à V abatte, 

Menteux. La « place du menteux » est 
le bas bout de la table, place du para- 
site bouffon chez les Romains (men- 
teux ayant ici le sens de conteur d'his- 
tf tires]; 2^ « boutonné en menteux >, 
quand chaque bouton n'est pas exacte- 
ment dans sa boutonnière ; de sorte 
qu'il y a désaccord entre les côtés du 
vêtement, comme entre les histoires 
du menteur. 

Menuise, nom collectif, menus objets. 
Pour un boulanger, ne mettre au four, 
au lieu de pain, que des petites galet- 
tes de toute sorte, c'est n'fi que d'ia 
wenuise, 

MiKABLB, adj., d'aspect misérable. Le 
mot devenu français mérite une men- 
tion pour protester contre son néolo- 
gisme. L'Académie n'aura fait qu'ad- 
mettre un mot du vieux langage: en 
1842 le Omplément du Dictionnaire 
le donnait déjà comme vulgairement 
employé. 

Moque, vase cylindrique, en fer-blanc 
d'ordinaire, pour puitter (ailleurs pu- 
choir ?). 

MousoN C petit) =petit gamin espiègle. 
Le Glossaire adonné le féminin • mou- 
sette s. 

OuLET. houe? d'où houleb, défricher 
à la noue ? 

PioUEURLi, parsemé de petites taches 
de couleur : eunn^ vaque pigueurlée;^ 
la mé d'ia bru avait eunn* robe de soie 
pigueurléc. 

PREMié, adj. première. Man gasa/ait 
sa premié eommeunUm e'fanneye, 

Rabônib, devenir meilleur. Çu garehon 
éait bien besoin d'rabôai = de s'a- 
mender. Par euphémisme : not' cide 
n'raboni point = perd de sa qualité. 

Ramirer. 

Rattiembnt. 

Regourreb. 

Ressukr [mot usuel chez les forgerons, 
faire suer à nouveau une pièce de fer] 
une enclume, une eltarrue = les remet- 
tre au feu pour les rebattre. 

Sonde de hareng =■ un banc, ou 
une bande de harengs qui s'ébattent 
à la surface de l'eau. 

Tabliete. 

Taqueuz. 

Tbmbri. 

Tourniballb, comme n traineballe ». 

Tbbizas, traître ? 



ADDITIONS & CORRECTIONS 

Plusieurs additions au vocabulaire sont dues à M. Rouette, 
président de la Société havraise d Études dioerses. Au début du h'vre, 
il a relevé une forte distraction échappée à l'abbé Maze et à son 
éditeur ; et il n'a cessé ensuite de prêter à la publication^ particu- 
lièrement pour V appendice^ un utile concours. 



AlB. Vaie l'A, Bortir nn instant» n'eit 
qu'un calembour avec c yêler >, mis 
par un euphémisme asses grossier pour 
ventrem exonerare. 

CopiN. Des textes que vient de signa- 
ler M. Delboulle (Btwe d'HUtaire 
littéraire de la France, X 826). citent 
le dindon au commencement au xvi" 
siècle et même dès la fin du XIV*. La 
tradition cauchoise sur l'introduction 
de cette volaille par les Jésuites pour- 
rait donc tout au plus s'appliquer à 
(luelque localité de la Huute-Nomuui- 
die. 

ABINEB. Ce verbe est dans les dic- 
tionnaires. 

GuBDiN. Le contexte suggère le sens de 
inféré, ou autre idée voisine. Or en 
vieux français gueder = c saouler 9 ; 
et le mot a été assez en vogue pour 
qu*on en ait tiré divers adjectifs dé- 
rivés : guedin de notre anonyme, 
ainsi oue guedet et guedaU dans la 
Muse Normande, 

Hic est français depuis près de deux 
siècles. 

MUGHE. Tous les enfants des environs 
du Havre ont joué à un jeu qui con- 
siste à a mucber» dans le tablier ou 
la blouse de l'un des autres, rangés en 
cercle, un objet quelconque, en disant 
à chacun : 

Macbe, Mnche, Colas; 

B* garde bien si tu l'as pss. 
Le manège terminé, celui qui «y est», 
doit deviner qui détient Tobjet. 

Deux remarques, jetées au courant de la plume dans les matériaux de ces 
additions, méritaient une mention : 

A deux ou trois lieues de distance, la prononciation et les mots différent. 

Les paysans savent très bien distinguer les mots usités près du littoral, de 
ceux qui sont employés vers la vallée de la Seine. 



Pablembnt. Locution vieillie : fmi 
pedu man pà-Vment => je ne sais plue 
ce que je disais. Aujourd'hui on em- 
ploie plus souvent y ai pêdu sum dU 

(mon dire). 

Passages n*a longtemps désigné aa 
Havre que le bateau à voiles qid pas- 
sait hommes et marchandises du na- 
vre à Honfleur et réciproquement ; et 
on le saluait du refrain que voici : 
Y'Ià rpMngnr qnl déboaqae, qnl dëbonqiw, 
V*ià rpassAger qai débooqae la Jtée. 

PioouTLLEB Devant TArsenal du Ha- 
vre s'élevait jadis «la Pigouillère », 
bâtiment démoli en 1878, oà les cal» 
fats faisaient fondre le goadron pour 
leur trarail, et dont la propreté n'é- 
tait pas le principal mérite. 

RÈQUBT. Le mot entre dans cette sorte 
d'invocation qu*il faut, dit-on, répéter 
dix fois, en la prononçant bien vite, 
pour faire papser le hoquet : 

J'ai rrSqaet, 

Dlea le sait; 

Dominas, 

Je rai pas. 

Tau Di VET, venu tardivement Ceit an 
adjectif dérivé de «tardif», conune 
mollet de < mol >. 

Tonne doit se rattacher à ces mares à 
aliuientation souterraines, oui n'assè- 
chent jamais, sur lesquelles l'abbé 
Maae avait commencé des études. 



APPEL AUX LECTEURS 

M. le Président invite instamment les personnes qui auraient 
bien et dûment recueilli dans les cantons de Montivilliers et 
Criquetot des mois ou des locutions omis dans le Glossaire, à 



— M3 — 

vouloir bien les lui adresser à VHàiel de Ville, au Havre. La Société 
havraise d'Etades diverses sera heureuse^ grâce à ces communications, 
de perfectionner la présente Étude. 

Peut-être s* étonner a-t-on que les cantons de Goderville et de Saint- 
Romain ne figurent pas dans cet appel. C'eût été notablement 
agrandir c la banlieue » telle que la définit l'introduction. Toutefois^ 
même en respectant le plan primitif y l'affinité du langage de ces 
deux cantons avec celui de la région limitrophe du Havre est si 
étroite, que le supplément pourrait en recueillir les nuances^ sauf à 
les distinguer par un signe particulier. 



P.-8. — Noire manuscrit semblait entièrement terminé. Mais voici qu*a 
été trouvé, après coup, un petit feuillet de patois. Il nous a semblé que 
cette Étude ne sauraii mieux finir que par ces quelques lignes de Vabbé 
Lebarq, dont les savants travaujB sur les sermons de Bossuet ont été applaudis 
par la critique et couronnés par V Académie. 

Si la brièveté du morceau ne laisse pas assez apercevoir les nuances propres 
au pays de Caux, elle en donne au moins quelque idée. 

Dialogue entre deux paysans du canton de Doudeville 

i. Voul6 (ou Youlez-Yous) gangaer dM'argent? (d'Urgent, dans la banlieue 
du HaYre). 

2. Pourquei petn ? (pouin^, B. H.) 

1. Voolez-Yoos en gangner biaouconp? 

2. Sûrement qa*oui, qaè jWenx bieng (byin^, B. H ). Qnei qu*i Tant don fé? 

4 . Quittè-mei çu pays-chit. 
2. Ah! mais cha, nonl 

1. y 6 saYê bier^ (byin^, B. H.) qu'no peut pu YÎYre cheux nous. V'nè-Yous- 

en aYeuqu*noz aoutres dans lès falleies. J'tracherons d'I'ouYrage dans 
les fabriques. 

2. Y Yont déjà pas si bieng (byin^, B. H), yos fabriques. É pi, j'Yeuxpetn 

(pouin^, B. H.) quitter not commeune. 

i. Queux teltu quWô faites! Vô creutrë de faim à Ufing (fin*^ B. H.) 
comme eun kien, yous, et pis vos étants, et pi leû mée itou. 

2. No meurt pas tout' lé fais qu*no est malade. É pi j*somm*ti pein {pouin^, 
B. H.) su la terre pou sonffrl? J'aimme oco mieux souffriichit qu*aout 
part. 

i . Vo atè tort tertous. 
2. J*on8 réson à not'ideie. 



TABLE DES MATIÈRES 



ÂYant-propos i 

Étude Bur le Langage 1 

Pbbmiâbk pabtib. Phonétique 

oauchoibe 7 

Chapitre I, — Sans propres au 

patois 7 

1. Sons étrangère au fran- 

çaia 7 

Diphtongues 8 

Nasales 8 

2 Altérations principales.... 10 

8. Changementdeyoyelles... 10 

In 11 

On. 11 

4. Voyelles simples 12 

A 12 

É 13 

^muet 15 

/ 15 

15 

U 16 

5. Diphtongues 17 

Ai 17 

An 17 

£au 17 

Aux 19 

Bi 19 

Eu 19 

Oi 20 

Ou 22 

Oui 22 

m -iS 

Chapitre II. — Des consonnes. . . 23 

1 , Gutturales et sifflantes 28 

2. Consonnes liquides 29 

/2 initial 29 

B médial 29 

iZenal 34 

B suivi d'une consonne. 36 



iZ paragogique 3A 

J^ 36 

£ et 91 se substituant, . . 38 

Letm 33 

C 38 

X 39 

A substitué à A 39 

Dentales 39 

y. 39 

Liaisons 40 

Lettres euphoniques. ... 41 

Contractions 41 

Tableau des finales 41 

Modifications des fina- 
les 42 

Conclusions 61 

!• Fixer Torthographe du pa- 
tois 61 

2* Étymologie des mots pa- 
tois 51 

Seconde pabtie. Grammaibk, 

Lexicologie 55 

I . Des noms 65 

Des genres 65 

Des nombres 56 

Formation du pluriel ... 56 

II. Des déterminatifs 67 

Indicatifs ou articles. • . • 67 

Démonstratifs 68 

Possessifs 68 

Quantitatifs 69 

Adjectifs numéraux .... 59 

Adjectifs indéfinis 61 

Adjectifs interrogatifs. • 61 

III. Pronoms 61 

Pronoms pereonnels .... 62 

Pronoms possessifs 63 

Pronoms démonstratifs. 63 



— 2M — 



Pronoms conjonotifB. ... 64 

PronomB'interrofiratifB.. 64 

PronomB indéfinÎB 65 

IV. ConjugaÎBon des yerbes 66 
Conju^iBon du verbe 

Avêr 66 

ConjugaiBon du verbe 

Être 68 

Formes seoondatres de 

Être 70 

Conjugaisoii des verbes 

actifs , 71 

Chanter 71 

Finir 74 

Heehexer 75 

Rendre 77 

Observations 79 

Futur et conditionnel 79 

Verbes en enèr.» /. . . • 80 

Verbes en eler 80 

Seconde conjugaison. 81 

Troisième conjugaison 81 

Verbes passifs 81 

Verbes neutres '81 

Verbes pronominaux... 83 

Verbes uniperBonnels... 84 

Conjug. interrogative.. 85 



Verbes irrégulîera et dé- 

fectifs 86 

V. Adverbe 92 

VI. Préposition 98 

VII. Conjonction 94 

VIII. Interjection 96 

Syntazb 96 

Propositions affirmatives. 96 
Propositions complétives. 96 
Propositions négatives. ... 99 
Propositions interrogatives 99 
Locutions figurées ou pro- 
verbiales 100 

Bnclise 101 

Adjectifs 101 

Substantifs 102 

Etat construit 102 

TBOIBliMB PABTIE. GLOSBAIBB. . 105 

Introduction 107 

Vocabulaire 109 

Appendice 219 

Additions et corrections, . 222 

Appel aux lecteurs 222 

P.-8.— Quelques lignes de 

Tabbé Lebarq 22S 



Le Bavre — Imprimerie H. MIGAUX, rue de la Bourse, 34 Me 



\ 



Société Havraise d'Elndes diverses 



SXJI^I^ILilÉlV^ElTT 



L'ÉTUDE 

SUR LE 

LANGAGE 

DE LA 

BANLIEUE DU HAVRE 

par 

l'abbé C. MAZE 



A neien SerréUi ire-Généra l 



publiée en 1903 par les soins et aux frais de la Société 




P.A.RZS 

Librairie Normande, Ernkst DUMONT, ruo Darhot-do-Jouy, 42 

IIOXJSZV 

A. LESTRINGANT. Ubrnire de la Bibliothèque di la Vill<, ruo Joaniie-irArC, 11 

Librairie Artisliquo, J. GONFREVILLK, nw do la Bourse, 7 



1904 



SOCIÉTÉ HAVRAISE D'ÉTUDES DIVERSES 



SUPPLEMENT 

VEtude sur le Langage de la Banlieue 
du Havre, par l'abbé Maze 

publiée en 1903 par la Société 



AVIS PRÉLIMINAIRE 

La Société Havraise d'Études diverses est heureuse d'im- 
primer dès aujourd'hui ce Supplément. Il prouve que Vouvrage 
de Vabbé Maze a été favorablement accueilli, et lu, disons 
mieux, étudié avec toute l'attention qu'il mérite. 

Comme on pouvait l'espérer d'un travailleur aussi appliqué» 
dest notre confrère M. A. Lechevalier qui, le premier^ a 
rédigé une im,portante contribution au Supplém,ent. Ses études 
locales, jointes à des observations professionnelles, lui ont four- 
ni des notes d'un intérêt considérable, dont nos sociétaires 
lui sauront gré. 

M. Louis Martin, le jeune abbé d'Angerville-VOrcher, dont 
l'Appendice avait mis à profit les explications, a continué ses 
recherches et a pu ainsi recueillir près de quatre-vingts 
remarques. 

Un licencié ès-lettres, M. Vabbé J. Falaise, professeur au 
Petit Séminaire, dont l'impression de VÉtude avait éveillé 



la curiosité, en a patiemment annoté tout le Glossaire. Il 
a bien voulu communiquer aux Études diverses son exem- 
plaire, et a même éclairci, en les développant par un corn,- 
mentaire d'une dizaine de pages^ des annotations toutes 
personnelles, et conséquemment peu accessibles au public. 

Enfin, une quarantaine d'articles nous sont venus de la 
Poterie, dont le curé, M, Vabbé H, Vincent^ a depuis long- 
temps prêté quelque attention aux idiotismes de divers centres 
cauchois. 

Tous ces matériaux ont été exam,inés pour être fondus 
ensemble dans une rédaction conforme à celle du Vocabulaire. 
Et, comme il est arrivé pour Vouvrage même, un ceHain 
nom,bre de notes ont dû être omises. Peut-être plusieurs mots 
ou locutions conservés ne sont-ils pas employés dans la ban- 
lieue du Havre. Mais, sous le bénéfice de cette réserve nette- 
ment exprimée, ils semblent dignes d'être cités comm£ ap- 
partenant à la langue cauchoise, sinon havraise. 

Or, quant à ceux qui ont été, à tort, jugés exclusivement 
campagnards, bien quHls appartiennent au langage ordinaire^ 
il n*est pas sans utilité de les citer ici, en les classant par 
catégories propres à accroître encore Vintérêt de cette question 
préalable d'élim,ination. 

L*anse du panier des domestiques était connue de V Académie 
dès son origine. Et si la locution complète « faire danser 
Vanse du panier m n'est pas aussi ancienne, elle est généra- 
lem,ent usitée. De cette consécration de l'usage bénéficient 
également : cassement de tête, — claque (gifle), — le débord de 
la route, — débiner, — débrider [manger avidement), — 
dégobiiler, — dénantir, — dérangé (par la colique), — le dia 
des charretiers (i), — le gloria, — la gratte — la lame du 
tisserand, — pain à chanter, — pendre au bout du nez, — 
même gueusard, ribambelle et riboter, — la raie de la char- 
rue ^ — le ros du métier, — avoir la tête près du bonnet, — 
safre, — torche-nez des maréchaux, — enfin, le vent qui écorne 
les bœufs. — Tirons-en cette morale instructive : c'est que les 
images naïves ou les mots honnêtement populaires ont tou- 
jours quelque chance de monter des pauvres chaum,ières dans 



(1) Cest ce qui explique Tabsencede ce mot au GloiJsaire, L'article hue ho y z ren- 
voyé par mégarde. 



- 3 - 

les salons les plus distingués j tandis que les termes ignobles 
de la langue populacière ne forceront jamais les portes de 
VAcadémie. 

Quelques mots de notre patois n'ont pas été dédaignés par 
des auteurs plus ou moins classiques; ainsi: chariot d'enfant 
(Rousseau)^ faguenas, fûté, gueuleton (VadéJ, mitonner (au 
fig,)^ patis, règlement, récompense (au sens latin), et sagouin 
adj, (Académie et Théâtre italien.) 

La première édition de l* Académie^ en Î694, permet une 
heureuse précision pour d'autres remarques. « Il vieillit », 
disait-elle alors du nom chevêtre (prononcé ici cvôtre ou 
gvêtre). Plus heureux que bien d'autres, ce mot n'est pas 
mort de vieillesse. En 1878^ l'Académie le conserve encore, 
avec cette simple aggravation de signalement : (c il est vieux ». — 
De même qu'aujourd'hui dans Littré, la première définition de 
cotte était « jupe. » — Déjà aussi VAcadémie savait pendre 
la crémaillère (notons en passant que sa variante crémillère 
survit dans notre patois^ sauf suppression de Vr final.) — 
Elle accueillait encore brûler la chandelle par les deux bouts, 
et mentir comme un arracheur de dents ; comme aussi les 
deux termes de vétérinaire flamme et pousse, avec le verbe 
agricole fumer (la terre), et jusqu'à l'assez vilain mot gou- 
liafre, quelle a expulsé depuis. 

Maintenant elle connaît « l'autre paire de manches ». Elle 
admet « l'homme rassis », qu'en Î694 elle n'appelait que 
(( rhomme de sens rassis ». Elle cita dès cette époque : « le 
temps se brouille» et le sens figuré de huppé. Plus tard elle 
a défini la brebis du bon Dieu, sans même dédaigner « sale 
comme un peigne ». Serait-il donc dans la destinée des peignes 
de n'être propres que par exception ? 

Des lectures fortuites ont procuré sur le Glossaire quelques 
éclaircissements qui ont ici leur place. Demiard, envelimer 
et fréreux remontent au moins au xv* siècle. — En son Re- 
cueil de Proverbes écrit en i444, le chanoine de Lisieux 
Etienne Legris emploie omblier et aussi, dans la conjugaison 
d' « aller * une forme voise, qui rappelle le voige de l'abbé 
Maze, sans éclaircir davantage la dérivation de ces étran^ 
ges irrégularités.' — Attoucher était usité, en terme de droit 
seulement, au xvii" siècle. Cuire, pris absolument, accepté par 
VAcadémie dès Î694, n'en a pas été répudié. Elle disait aussi 



— 4 — 

presque comme nous déjeuner-dîner, et enregistrait grêlé, 
laite et havir, « mot vieilli t, selon le Dictionnaire général. 
Quant à hubir, qu'on ny lit pas, le mot était réputé a vieux» 
en Î69A, mais n'a pas eu la même fortune que « chevétre w. 

Enfin, nos premiers Immortels, en agréant au m,ot langue 
le proverbe que TÉtude relève dans l'article lance, disaient 
absolument comme nos villageois : « C'est son habit d'à tous 
les jours. — Un homme a de quoi, a bien de quoi, c'est-à- 
dire, a beaucoup de bien, » La rédaction de 1878, abrégeant 
un peu le texte, le donne comme populaire. Il faut encore 
noter que la table alphabétique de l'édition in-folio, écrivant 
au d et en un seul mot dequoi, justifie jusqu'à un certain 
point la prononciation rustique: « Man d*quoi, il a de d'quoi. » 

Un Grand Herbier français du xv* siècle (éd. Camus, Modène, 
1886, gr, in-4*) a employé amouoque, dogue {alors doque), mois- 
son, rigoiice, savinier (savigni). Il écrit pimpernelle. 

Cette trop longue introduction ne saurait mieux finir que 
par quelques vues d'ensemble qu'a formulées le compte-rendu 
qui vient de paraître à Evreux, dans la Revue catholique 
de Normandie (n** de septembre). En n'étudiant que la ban- 
lieue du Havre, Vabbé Maze a imprimé environ six cents 
mots qui ont cours dans le reste du département, au moins 
jusqu'à Rouen. — Une trentaine de ses articles discutent avec 
une curiosité sagace le Dictionnaire de l'Académie. — /{ a, 
outre une demi-douzaine de rapprochements avec le grec^ 
ébauché une quinzaine de dissertations sommaires (la Revue 
en ajoute deux sur séminaire et vendue). — Il n'est pas mime 
jusqu'au Dictionnaire général d'Hatzfeld qui nait à y puiser 
quelques lumières pour une dizaine de difficultés. 

La conjecture qui attribue à une influence anglaise Z'éZt- 
mination de l'r se trouve confirmée par cette anecdote bientôt 
séculaire que des traditions de famille ont conservée à Dieppe : 

c Le capitaine Bellengreville, fait prisonnier de guerre en 
1804, eut au bout de quelques mois pour prison la ville de 
Londres (grâce à la protection de la famille royale de France). 
Il fut demandé dans les premières familles pour donner des 



— 6 — 

leçons de français aux enfants. Comme ils avaient une grande 
difficulté à prononcer les r, il leur faisait lire ces bouts 
rimes : 

Quand un cordier cordant veut accorder sa corde, 
Pour sa corde accorder trois cordons il accorde ; 
Mais si Tun des cordons de la corde décorde, 
Le cordon décordant fait décorder la corde. 

» Reste à penser si les petits Anglais faisaient des gri" 
m,aces! » 

A propos de Vanecdote (Etude, p. 83) a Jésiis-Christ a mouru, 
mais il n*est pas mort », un témoin affirmait^ ces jours-ci, avoir 
entendu faire cette réponse à Mgr de Bonnechose, en pleine 
cathédrale de Rouen. Le bon sens normand s'est donc refusé 
jusquà nos jours à négliger une nuance que la grammaire 
n^admet pas. 

L'abbé A.TOUGARD, 

Membre correspondant 

de la Société Havraise d'Études diverses. 



27 Septembre f90i. 



SUPPLÉMENT AU GLOSSAIRE 



ABERGUiBf rendre quelqu'un niant — F. 

Abolir, comme Aherguir, 

Abobd. Locution : Du premier d'abord 
= au premier abord. 

AcAKTÂ, prononcé parfois aeoté. — L. 

Acquiescer. En général «renoncera..». 
J'm'en vas acquiescer d'envéier m*a*é- 
fant à l école, (Cuverville.) 

Admiration. Locution: à T admirât ijm 
= très bien, ('ara àrarf/wirjfioii. - V. 

Adonner (r'), parfois a s'accorder, s'en- 
tendre ]>. Pierre et Louise sont mariés ; 
ils «'adonnent bien (ils font bon mé- 
nage). — M. 

Affaibe. Locutions i II est à in'affé = 
il est riche mt aisé. — Yvécléa s'n' 
affé = savoir s* y prendre pour réus- 
sir. — F. 

Affligé, 8* afifecté, loti. Il est bien af- 
fligé aveu cha = il est bien à plaindre. 
Et ironiquement se dit d'un homme 
auquel il arrive du bien. — F. 

Agiot. Combinaison matérielle hasardée. 
Y a d' V agiot = c'est bien risqué. 

Agnel, plur. agnas. 

Agrandir (s'). Absolument Jl s'agran- 
dit, se dit d'un cultivateur qui change 
de ferme pour en prendre une plus im- 
portante. 

Ainsi. Locution . Quitter tout tel ainsi 
= en l'état. 

Aisé. Locution : Le plus aisé = la fête 
qui précède les travaux de la mois- 



son.— L.— Ailleurs : fête du premier 
dimanche de ces travaux. 

Aller a..., aller ramasser : aller à ger- 
nûttes; à cailloux; à boisettes. 

Allouvi, se dit aussi Allovf, 

Ambition. Locution : Il a d'Vambition 
= il tient à remplir honorablement sa 
tâche. 

Aplonner (s*) (altération euphonique de 
s'aplomber)^ se mettre bien d'aplomb. 

Aprés-aout (/'), la première quinzaine 
de septembre. 

Aqueuter (s'), être incapable de se tenir 
debout. En certains lieux, ne se dit que 
des animaux et spécialement des vaches. 

Assez. Locution : encore assez a un peu 
trop. Cest oeo assez ché (cher). 

Attelé (être), être bien apparié (pour 
le jeu, etc.). 

Attrapade ; la pronono. astrapade do- 
mine en quelques lieux. — L. 

Attrape, trappe. 

Auiuste, Auguste. 

Auvent, volet d'une fenêtre. 

AvALE-TOUT, subst. gourmand, goinfre. 
— L, 

Avbinte, c't'éfan n'a point d'aveinte = 
n'est psks très développé, surtout phy- 
siquement 

Avblter, avorter. 

Ayondbr, seulement au passif : être 
avondé = être repu. — L. 



B 



Baligande, balançoire. — F. 

Barbe. Locutions : Barbe à Jacques^ 
particulièrement raide ; — Ta barbe ! 
îts canards et les oies se la disputent^ 
raillerie à un jeune homme qui n'a en- 
core qu'un peu de poil follet (dont les 
canards disent < c'est de la plume d, 
et les oies c c'est du duvet ». 



Bas. Locutions : On entend tous les bas 
= toii8 les bruits venant du sud (indice 
de pluie probable) ; aller bas = faire se» 
besoins. 

Battre. Locution (entendue naguère à 
Etretat) : J'étais comme ceux qui bat- 
taient le bon Dieu = je ne savais ce 
que je faisais. 



— 8 — 



Bavacheb, ru fig. parler à tort et & 
travers (synon. àa/tmiller) , Locution: 
Tu bavaehâêj épi tu dis qu'y pleut a 
tu voudrais qu on te croie, et tu nous 
contes des sornettes. — F, 

Bedeau. Locution : Faut pas ehiner le 
bedeau; y donnerait pu de pain bénit 
=. il ne faut pas chagriner ceux dont 
on attend quelque avantage. — M. 

Bbdiole, mauvaise carriole. — L. 

Bedon, bedeau. Mais, au sens de c be- 
daine », on prononce bédon. — F. 

Berdailler, se vanter à l'excès ; nom 
dérivé, berdailleux. — F, 

Bebnafe, déchirure, blessure. — V. 

Bebsilleb, se casser de sécheresse. 

Besoutb, mauvaise boisson. — L. 

Bette, 1» mauvaise eau-de-vie ; 2* ivro- 
gne. — V. 

Beugueuse, la sirène d'Antifer. 

Beuillbment, est proprement le cri du 
taureau. — L. 

Bedrbate, grande tache. ^ V. 

Beubbb. Locution : Battre le beurre dans 
s'^s chabots s marcher avec de la 
chaussure où il y a de l'eau. — F. 

Bial. Locution : Tes bé eomme un chou. 

Bis. Temps bis = temps couvert. — M. 

Blanc, blanchissage. Je paie QQ francs 
pour mon blanc, — M. 



Blasil, le même que c blaril » du Gloa- 
saire. Voir Trévoux <c Blairie 9. 

Bleu. ChetalUu s cheval gris ; — mmi* 
ter des blus == des mensonges plaisants. 

Bloc. Locution : être sur ses Hocs s être 
d'aplomb (au fig.), bien portant. ^ F. 

Bonnement. Locution : 77 est tout bonne- 
nient = il est d'abord facile. 

BoaSBL. Un bossd de terre = une vergée ; 
vers Saint- Jouin et Gonne ville. — L. 

Boucanneb, se dit aussi d'une cheminée 
qui fume. — L. 

Boutiâre, l'ensemble des raies trans- 
versales que fait le laboureur à l'extré- 
mité d'un champ. — F. 

Bbao, signifie encore hâbleur, vantard- 
^ L. 

Bbèlbs, culottes, pantalon. Locution : 
^aute d'un point, Martin perdit ses 
brêles. 

Bbêlottes. Culotte d'enfant. 

Bbideb son cheval à gauche = faire une 
maliidresse, prendre le mauvais parti 
au lieu du bon. 

Bboquu. Locution adverbiale : De broque 
en relaye = inconsidérément, en éoer- 
velé. - F. 

Bhouinktb, bruine (dont il est une sorte 
de collectif), pluie fine. 

Bbubtilles (ailleurs broustUles), mena 
bois mort, bon à brûler. 

BULIB, accoutumer à une chose. 



Cachain, essaim qu'on ne fait pas mou- 
rir, mais qu'on chasse de la ruche. — V. 

Cache. Locution : Meneux de cache a à 
la moisson, celui qui fauche le premier. 

Cacher. Ix>cution : Il cache serré^ au 
propre, c'est serrer fortement le fil 
qu'on tief^e ; au fig. se dit d'un joueur 
ou d'un charretier qui conduit habi- 
lement sa partie ou son attelage. — F. 

Cahot, caisse ou compartiment réservé 
dans un coin. — L. 

Caillot, petit chariot pour enfant. Lo- 
cution : JVo Va tendu roc et caillot := 
la justice a tout vendu chez lui (jus- 
qu'au berceau et au chariot d*enfant). 
— F. 

CALSBA8SER, renverser. 

Calibodrdi, très légèrement ivre. 

Campos. La prononciation rompes a 
donné les dérivés a décompôter, en- 
compôter i>. — L. 



Cane. !<> cruche & cidre ; 2* vase en fer- 
blanc pour le lait. 

Canipette ou Calipette, sorte de ca- 
briole ; canipette à casse-cou^ culbute 
en sens inverse. 

Canotbb, boire ; doit dériver de « Ca- 
not », qui, au xvi* siècle, tenait une 
guinguette à Criquetot ; d'où ailleurs, 
par extension, bavarder en prenant 
c une goutte ». 

Carne, sorte de diminutif de « charo- 
gne i> : injure qu'on adresse surtout 
aux animaux. — F. 

Carbeliers ou Cabbelias, habitants 
du « carreau ». 

Carte. Locution : Carte (mesure) à na- 
vets = chapeau à haute forme. 

Cassife, sorte de sifflet en bois de cou- 
drier. — F. 

Cat. Locution : On ne prend point un 
cat dans eune pouque ss on n'achète 



— 9 — 



pas une marchandiBe sans la regarder. 
■■" M, 

Cauchb de loHchet =» hauteur du lou- 
chet. — V. 

Chahbbb, comme Chambrion ; oppo- 
posés à maison qui a des dépendances. 

Chandblle. Locution : Sovffter une 
chandelle = boire un verre en joyeuse 
compagnie. ^ L. 

Chabgbb sen terres, les ensemencer. 

CHATBO0L, en parlant d'une femme, 
terme injurieux. 

Chaud, un peu ivre. 

Chavateb, marcher beaucoup et avec 

bruit. 
Chemin. Locution : No verra comment 

la hoe cueilVa Vohemin = comment 

les choses tourneront. 

Chkn AILLER. Ça chtmaille, se dit d'un 
bruit fort et confus, celui que fait le 
bétail en courant dans les broussailles, 
etc. 

Cheval, chevalet du scieur de bois. 

Chipée, ohipêge ou chvpêye^ cépée. — 
Decipler^ de l'appendice, doit être a dé- 
chuper », enlever à la herse les menues 
chipées d'un champ. — L. 

Chique. Locutions : Mau (mou) comme 
euNC chique. — T'aê la chique = tu as 
la joue enflée (par la fluxion). 

Clap. Locutions : Il pleut à clap = à 
seaux ; — en v*la du clap ! = de la 
soupe ou de la sauce trop claire. 

Claquâe, grande quantité d'une sub- 
stance liquide. 

Clbkque de hU, partie du blé qui va 
d'une raie à l'autre d'un champ. — M. 

Cloquetieb, bedeau (nommé aussi 
cache-quien), 

CoPiNBB (SR) (en parlant de combusti- 
bles), se consumer lentement, et sans 
altération de forme. — F. 

COONON, un gros morceau de pain. 

Coiffé, 1* se dit d'un homme qui a bu ; 
2» un café bien coiffé^ largement ar- 
rosé d*eau-de-vie. — L, 

Commande a. Locution : Tes oco bien 
pu beyte que f t'ai & mandé, — F. 

Commerce. Locutions (d'un sens vague, 
mais défavorable): En via un com- 
vittree ! — Queu commerce que tu 
fais? 

Commune, 1° Terrains communaux a- 
vant la Révolution ; 2* réunion des 
habitants le dimanche devant l'église ; 
d'où ces locutions J/ont du bri (bruit) 
comme eune communt! — Quen com- 
mune (quelle cohue) I — L. 

Connaître. Locution : Y connaît cha^ 
comme un quien cannait un sou, — F. 



CONSPETBB, rapporter (des propos). D'où 
conspet, eontpetier. 

Coq. Locutiou : perdre le coq. On dit à 
un charretier dont la voiture menace 
de verser : J'eré que tu vas perde le 
coq. Les fermiers donnent ordinaire- 
ment un coq aux moissonneurs à la 
fin du mois d'août, pourvu qu'aucune 
voiture n*ait <r versé » pendant le tra- 
vail. On dit aussi parfois à un homme 
pris de boisson, qui chancelle en mar- 
chant : prends garde de perde le eoq, 

CoBNABD [cheval), qui a de la corne (ma- 
ladie. — F. ^ 

CoBAQUE, neuf gerbes debout et une pour 

la couvrir. 
COTIÂBE, bande de nuages. — Y. 
CoTiOEB (SB), user avec réserve de... 

Quand y a du fricot, y s'cotige su 

Ipain, — F. 

Couchette. Locution : 71» couchette 
est oco au sec = tu es trop jeune pour 
parler. — L. 

Coucou. Locution : sec comme un oou^ 
cou = décharné, très maigre. — M. 

CouiTTE, au fig., femme de mauvaise 
vie. — F. 

Coulé. Locution : vents coulés = cou- 
rant d'air (à rapprocher de « venU cou- 
lis j). — M. 

Coubiache, cou-ia-che, coriace. 

Couteau. Locutions : L'couté d'un ca- 
leux coupe Umjou bien, ^ L. — lia 
de la chance à peu près comme eune 
poule qu'avale un coûté. — F. 

Cbairb. Locution : S''en oraire a se 

croire un personnage. — V. 
Cbapous, excroissance à l'intérieur du 

sabot du cheval ; ne s'emploie qu'au 

pluriel. — L. 

Cbeigne, racines de trèfle et autres dé- 
bris que ramène la herse. 

Cbépeb (8e), se dit de deux femmes qui 
se disputent. — L. 

Cbéte. Locution (en parlant d'une 
femme arrogante et de son mari) : A 
tadra (elle ne tardera) pas à li monter 
sur la orê, — F. 

Cbeveb, n'avoir pas de quoi vivre : Y 
me r*semble, y creuve, 

C rocheux (dans une noce), cavalier ; 
fém. crocheuse, — L. 

Cu de bette (p. 220) pour « queue de bette 
(rave) ». 

CuiB. Locution : Il a Veui du (dur) = V 
il est insensible au froid, etc. ; 2" (au fig.) 
il est endurci au travail. — F. 

Cuite. Locution: Avé sa cuite = être 
ivre. 

Culasse, résidu de paille longue, sur- 
tout de seigle. — V. 



- 10 - 



D 



Debout. Locution : Mener trois ch'cas 
debouttB.tiélésVun derrière Tautre. — F. 

DécABASSÉ, se dit spécialement d*un 
animal amaigri. — L. 

DÉCABRTKEB, ôter Une voiture de ses 
essieux. — P. 

DÉCATI (au propre, le mot est françain), 
flétri, épuisé par l*âge ou le travail. 

— F. 

DÉCHABOTEB, 3* dire péniblement. 

DÉCO0VBAI8ON a parfois pour 8ynon}'me 
« découverte ». — M. 

DÉCULOTTER (bb\ fig., être plus généreux 
que de coutume. 

DÉF0UTTNAS8ER, mettre en désordre : 
un paquet de linge, une pile de bois, 
etc. — F. 

DÉHANQUiUNOLER, disloquer. — F. 

DÉLICAT, absolument : difficile sur la 
nourriture. Locution : Un délirât à 
mouqvet = un homme très susceptible. 

— L. 

•DÉLICOTER, ôter le licol. Au fig. Ah! 
mais^ y ê^est délicotê = Il a été d'une 
générosité extraordinaire. — F. 

Deligenoe, diligence (voiture). 

Demi-heu', midi et demi. MaU vite! 
faut te mette à table: il est demi-htu\ 

— V. 

Dépliant. Locution: Il était tout dé- 
pliant = dans ses plus beaux habits 
(qu'il dépliait pour la première fois). 

— F. 



Dépôt eux, tuyau à transvaser du li- 
quide sans remuer le contenant. 

DÉRAPER, détaler. Via un eh*va qui 
dérape! — L 

Deuener, comme c dereuner ». 

Debiaobb, dévoyer. — F. 

DÉRUDiR vne terre ^ en ôter la mauTaîse 
herbe. — M. 

Désastre, désordre. 

Déteindre. L'/u n'a pas déteint atiui. 

DÉTIPER (n'être pas de type), ne pas al- 
ler dans un assemblage. 

Détr AILLER, causer des douleurs d*eo- 
trailles. — F. 

Devenir. Locution : Je m* deviens com- 
me un pexson (poisson i dans la /èa il le 
(ferraille) = ça ne va pas du tout; 
souvent par antiphrase . « Je me porte 
admirablement. » — F. 

Dever. Locution : Derer à qniens et à 
àcats = devoir à tout le monde. 

D' VOUER (dévorer), déchirer, mettre en 
lambeaux, user très vite (des habits). 

DiKOUER. Locution : Envier (envoyer) 
dinguer quelqu'un ou quelque chose =3 
rejeter avec violence ou envoyer pro- 
mener. 

DORBTE. Locution : Fé la doeye d'un, 
awte = travailler sans le vouloir au 
profit d'un autre. — L, 

Drouène, poupée mal ajustée. — F. 

Dro CILLE, femme de mauvaise façon ; 
quelquefois poupée. 



E 



Ebatant, émouvant ; s'emploie avec la 
négative. ^ L. 

Eblébb, regarder avec ébahissement. — 
F. 

ECAUFFEE. — Il est écau^é, signifie 
encore : ce il est à son affaire; il a de 
l'argent 2>. 

ECHÊQUER. Un cheval échêque quand il 
écarte le pied en trottant. — L. 

EcoussiK, botte de la paille courte que 
font les machines à battre. 

ECRUPI, ébouriffé. 

Effet. Locution : Se mettre en effet de,. 
= se préparer à... — M. 

Elinoué, élancé, svelte. * F. 



Embaoleb, paralyser les mouvements. 
Se dit des broussailles, ou encore dea 
gerbes qu'un aoûteux laisse s'amonce- 
ler autour de lui. — F. 

Embabrasser. — Locution : Y n'est 
pas embarrassé =3 il a de la ressource, 
il est riche ou à Taise. 

Emboucher, mettre le barbouquet avec 
la longe. Un cheval mal embouché a 
les dents « mal péées ». 

EmbeÊleb une cloche, attacher le bat- 
tant à la corde pour sonner à mort. — 
L. 

Empiéter un tas, mettre la première 
<L tier » ou assise de gerbes. — F. 

ËMPOUGEOLEMENT, envahissement des 
mauvaises herbes, etc. 



- 11 — 



Emu. Locutions : Tes pas ému = ta en 
as da toupet ! — Un grand mal ému = 
un grand effronté. — F. - M. 

Endos, rayons que trace le laboureur au 
milieu au champ. — M. 

Enoelrr (s'), B*expoBer au froid .7* sietix 
t'engelê, — V. 

Engbsquer (a'), 3° s'embarquer, au fig. 
(voir plus loin <e fesser ».) 

Bngubbbeb, faire la gerbe fen mettant 
les trois gavelots sur le lien). Au ûg. 
Cornent qu' c'est enguerbé / = que c'est 
mal ajusté 1 — F. 

Ennebcé, fort occupé et intéressé à un 
travail. 

Enbameb, garnir de rames un carré de 
légumes. — L. 

Enbibuse, partie d'une pièce de terre 
comprise entre deux raies. — F. 

Enbudib. 1° rendre rude ; 2<» (en parlant 
d*une terre) se couvrir de mauvaises 
herbes. 



Ekteurtiller signifie souvent c en 
nuyer ». 

Epitaphe, enseigne de boutique. — L. 

Eponner (s*), faire des efforts extraor- 
dinaires. 

Equerrb. Locution : C'est d*éaùerre 
comme un chabot su la gueule! = 
comme un sabot renversé. — F. 

Erre-Marie, sorte de fleur. — M. 

Erse (semble une altération du latin 
ars). Il a eu Verse de,., = il a eu l'a- 
dresse de. .. 

Eteuffl^, habillé de bonne étoffe. — L. 

Etinchelle. Locution : Tan cidre est 
pas eun/i etinchelle (est très faible) 
auprès du note. — F. 

Etoquer (s'), prendre pied, de façon à 
pouvoir tirer très fort ; se dit surtout 
des chevaux. 

Exprès, choisi. J' avons eu un temps ese- 
prè»; d'est pas de la viande exprès. 
Fait parfois fonction de superlatif : Jl 
est gros exprès. — V. 



Fagot. Locution: Tu peiix vaste cou- 
cher de bonne heure; et pi demain ma- 
tin fodra crier fagot. {On. aura beau- 
coup de peine à te réveiller.) — F. 

Faire ; assez souvent « finir - . Tu vas 
charrier six banneavx d' feumier \ et 
piy quand t'airas fait^ tuV étendrai. — 
Ce sens est d'ailleurs classique. 

Falsar, habit de cérémonie; se dit vers 
Saint- Romain. — L. — Mot nouveau. 

— F. 

Fabgignole, farceur, bouffon enfantin. 

— F. 

Faux tours, tours incomplets de cJiar- 
rue qu'exige la forme de certains 
champs. 

Fbnient. Locution : Fénient comme un 
eue. — L. — Variante : fénient comme 
un quien d'eue. 

Fente, la raie qui sépare deux enrieu- 
ses. — F. 

Fesseine. Chabots à fesseine^ gros sa- 
bots de bois. 

Fesser, malmener. FI a voulu s'enger- 



quer dans c't'affé-là; mais il a été 
fessé, à ce que fai pu entende, 

Feurre. Locution : Quand on vend san 
feurre, on vend san pain. 

FiON. Locution ironique : Ça n'n*a du 
fion ! = Ça représente I (En parlant de 
choses bizarres, qui ne reviennent à 
rien.) 

Flêler du boiSf ? l'attacher sous le train 
d'une voiture. 

Fossette du cou, dépression de Tarrière- 
cou. 

FouAQUE. Afa fouaque ! Ma foi! Aux 
Loges : ma foc ! 

FouoLLE, feu follet (en français «furolle*). 

FOUTIN, 1» travail minutieux ; 2® celui 

qui perd son temps à ces foutins. 
Fretocul, frileux. 

Frettbte, chargement excessif. A rap- 
procher du terme héraldique a fretté t. 
-^ Li, 

FUMEB. Au figuré : aller à une vitesse 
exagérée. — F. 

Fur, semelle en bois pour des galoches. 



— 12 — 



Gabillomneuz, prodigue 7. — V. 
Oalafbate, galimafrée. - L. 
Galimapbatb (à la), goulûment. 
Galoper. Locution : Fé galoper nnohamp 
=s le faire paître rapidement. — M. 

Galyanibr, aoûteux qui donne les (rer- 
bei* à la fourchière sur le ta«. — F. 

GAMETE, gaflFeye. — L. 

Gas, enfant en général, garçon ou fille. 
— M. 

Gavelieb, petite claie qu'on fixe sur la 
faux pour recueillir le blé. 

Gavblotbb, engaveloter. 

GiVALLEB. se bousculer par ieu ; se dit 
surtout (les enfants qui se chamaillent. 

Gleumer, prendre avec les doigts. — 
D*où Ton ap|>elle glrvme-les-rhoux des 
enfanta qui mettent la main où ils n'ont 
que faire. 

Glisset, se prononce glichet. — L. 

Gnion, coup de coude ou de poing sur 
la figure. 

GONDB. Locution : J'baise le* gonds éP 
rot' porte = je ne remettrai plus les 
pieds chez vous. — L. 

GOUINE. Locution : Cext à la mode de 
gouine^ c'est Vpu sale qui fait la mi- 
sine. 

Gbas. On dît sur le marché : Le gras re- 
monte = le bétail gras se vend plus 
cher. 



Grignaudes, seulement dans lalocution 
évasive Grignaudes salées. Qut qu't'ns 
mangé à midi? — Des grignamdes sa- 
lées ; c'est-à-dire : a ça ne te regarde 
pas. • — L. 

Grimprt, petite côte escarpée, raidil- 
dillon. — V. 

GUBDÉ (être), être repu au point que la 
peau du ventre est fortement tendue. 
- F. 

GuÉGUETâ (Ué^ seigle), blé, seigle cro- 
chu dans le pied. — M. 

GUEBBIÉ, gverbiée (pour <e gnerbière >), 
celui ou celle qui passe les gerbes pour 
faire le tas (ce serait en français 
gerbeur). 

GuÊTBB fSB). Au propre ce serait c met- 
tre ses guêtres » pour aller à la chasse, 
etc ; d'où, en général : se préparer, be 
disposer. — F. 

GuEViLLK, cheville. Locution : Litfr à lu 
gueville = lier des céréales à l'aide 
d'une cheville. 

GuiAWMB, Guillaume. — V. 

Guignées. Locution : / n* donne point 
ses guignées, pe dit d'un homme sor- 
dide. — L. 

Guiller, avoir « la guîlle». Kot' viaw, 
i guille ed'pi l'matin, — F. 

GUINGNKB, loucher (qui paraît le sens 
primitif). Queu bel èfan qu'elle «,' — 
Oui, mais y guingne. 

GoiOLLABD, qui a l'habitude de parler 
haut (gueulard, braillard). — L. 



H 



Hammetb, gamêye, gaffeye. 

Hammion, manche de charrue. — F. 

Hasneb ou heinneb, abuser du mot 
hein f au lieu de comment f, lui-même 
d'une politesse ris<)uée. Litcution pour 
blâmer cet abus . So n'ié hanne point, 
no lé sijte, — L. 

HÂvet, 3* dent. — F. 

Heigne, tête, des animaux surtout. Lo- 
cution : Quand il a cka dans la hei- 
gne!... on ne peut le faire changer 
d'avis. — F. 

HÊLEB, prononcer les é et les i comme 
des è ouverts, «t en martelant les syl- 
labes (se dit d'un chnntre). — L. 

Hebbagbbe [(vache), celle qu'on en- 
graisse (opposée à la hiitière). — F. 



HÊT, cadre à olfdre-voie pour pressurer 
les pommes. — L. 

Hibu, hérissé. — F. 

HOM ENATE (contraction peu justifiable), 
homme à l'année (le dernier employé 
de la ferme). — V. 

Honnête. Locution (réponse à une pa- 
role obligeante, à une invitation) : Vo 
êtes ben honnête = vous me faites bien 
de l'honneur. 

HOUBDEB, comme « déhourder ». 

IlouSTAiLLKR (SE), se chamailler bru- 
yamment, le plus souvent par jeu. — F. 

Huche d'un banneau, sa caisse ou son 
coffre (Bréauté, xv« siècle). — L. 



- 13 - 



I 



IVCAHNi. Location : Il est incarné pour 
fé eha =z il est endiablé pour. . — F. 



Indiquk (subBt.), enseigne, indice. — L. 
Intrépide, insupportable. 



Jour ds l'an forme une sorte de mot 
composé, qui amène à dire : u le jour 
du jour de l'an • (à comparer « le jour 



d'aujourd'hui •). Ou dit plus laconique- 
ment vers le pays de Bray : à Tau.— L. 



Labeur. La locution fé un laheu B*ap- 
plique spécialement au labour fait pour 
un fermier qui ne peut lui-même la- 
boarer sa terre. — L. 

Labourer a orain, donner au sol la 
dernière façon, avant de rensemeu- 
oer. — M. 

Lâcher, diminuer (par une métaphore 
empruntée aux objetH serrés avec des 
liens). Ça lâoke, dit-on, quand on a 
bien pris à un tas de pommes ou de 
gerbes ; la barrique o'menche à lâcher. 

— F. 

Lanouer. Locution : / connaît cha 
comme de languer des bœufs = il n'y 
entend rien. — L. 

Lascar, individu paresseux, i^eu recom- 
mandable : Orand lascar ! Mot récent. 

Lbctron, petit poulain encore au lait. 

— F. 

Lentille, menue plante verte qui cou- 
vre la surface des mares; lentiileux a 



également ce sens. Y. au glossaire 
« verdeurs ». — L. 

Laquer. Locution : Les quiens ont léqné 
la boe (houe) = il a gelé. — M. 

Lessive. Locution: Qui bat la lessive 
paie le savon, se dit parfois au joueur 
qui donne les cartes une à une. — M. 

LiAN. Locution : Mettre tout suTlian 
= dépenser tout son revenu. — L. 

Liohel (pr. lichê), peloton. 

LiCHBR, pelotonner. 

Ligne. Locution : Il est de ligne, 1" se 
dit de choses bien alignées : Cte vil- 
lifte -là est-y de ligne aveu l'z'awtes? 
2<> se dit des personnes rangées en leur 
conduite et même un peu raidtrs dans 
leur droiture. C'est un éloge au fond. 
— F. 

Limon, brancard d'une lourde voiture. 

Liset de fil j aiguillée de fil. — L. 

LOFIAS, grand nigaud. — F. 



M 



Mafflb, visage gros et épanoui. A'a'a- 
t-il eune maffle ! 

Main. Locutions : Fè la main^ aux cartes: 
c'est les distribuer. — fé ses wains^ 
s'enrichir en gérant les affaires des 
autres. — Ji. 

Mais que^ toujours avec ie présent, où 
le français met a quand d avec un fu- 
tur; par exemple : ftedonn*ai(donne- 
rai) cha, mais que les coqs pètent 
(jamais). 

Malhue. Craignant malhue, sorte de 
locution adverbiale, pour t de crainte 
que », (lus forte que le queuqfais que 



(voir plus loin). Va-t'en bien vite, crai- 
gnant malhue d'être mouillé, ^- F. 

Manoer san dit = oublier ce qu'on 
avait À dire. ^- M. 

Mannant comme les pierres^ très misé- 
rable. ^ L. 

Maqukr (se), se ruiner. — F. 

Mare. Le sole se couche dans une mare 
^ itans les nuages, (^igne probable de 
pluie.) — M. 

Marbtr. Locution: Une mareye cache 
(chasse) Vawte =■ il paie une dette en 
en contractant une nouvelle. 



— 14 — 



Marguillonner, mâcher longtemps et 
avidement, comme les cochons. — F. 

Marier (se) à la duindelle = le matin, 
avant le jour. — M. 

Marqdkr. Mander par lettre : marque^ 
li que,.. = écris-lui... 

Martarats, mort-â-ratiK, composition 
pour les empoisonner. — F. 

Masse. Locution : Y en a pa^t dei viasscs 
= il y en a peu. Semble récente et im- 
portée. 

Maurer (mieux peut-être mùrer)^ au fig. 
duper, attraper. — L. 

MÉCANIQUE à feu^ machine à vapeur. 

— M. 

Meilleur. Le plus meilleur se dit 
comme c le plus pire ». 

MÊME. Sorte d'exclamation (de mécon- 
tentement ou d*étonnementj : nuiUtimt 
d'mênie! — V. 

Meneuses, les deux barres entre les- 
quelles on fait marcher les enfants. 

— L. 

Meunb, direction, conduite, ordre. — F. 
MiAWLB, gueule (en terme de mépris 



pour d figure i»). F, . . «a paouin sur la 
îniawle. — F, 

Midi. Locution : Chaeun eonnaît midi à 
sa porte. Au tig. elle se répond à un 
importun donneur d^avis, et signifie : 
« cnacun gouverne ses affaires comme 
il Tentend >. 

Monde, les gens, le peuple : parler mal 
du monde. — F. 

MONTEUX (côté), le côté gauche du cho- 
val. — L. 

Moronife, gifle. En 1694, T Académie 
cite la variante wornifle^ comme terme 
populaire. — F. 

Mortel. En parlant d'un malade : i ne*t 
pas mortel = sa physionomie fait 
croire qu'il ne va pas bientôt mourir. 
— F. 

Mouneye, mouture. Locution : Vreml 

atunihé su In wiouneye ==■ a cessé tout 
à coup. — V. 

Mouoqur. m. Tabbé Lavenu remarque 
qu'on dit « des amouoques •. Les for- 
mes viouoque^ moMraque,Benïh\eni donc 
des altérations. 

Mouvant, mouvement dans une foule. 
Y a du mouvant dans le marché, — L. 



N 



Nais, A nais. — F. 

Nantir, absolument: monter, meubler 
une ferme. Ça coûte pmir s* nantir, — 
au participe « loti », souvent avec iro- 
nie : Tes bien nanti aveu cha! 



Natter, dresser ; se dit 
cheval. — F. 



souvent d'un 



NiBUP, poneux. — F. 
NoNB. J'ai ouï nom = j'ai entendu son- 
ner midi. — M. 

NUR. Locution : Vdiahle n'a jamais su 
coudre^ parce qu'il ne faisait pas de 
nur àsanji. — L. 







Observer, signaler, recommander. 21 
VJ'ra (fera), si on y (lui; observe. -^ F. 

Officier, joune garçon qui fait les com- 
missions. Vient, à ce qu'on croit, des 
et petites écoles ••. — L. 

Orgueilt.eux, en bonne part, qui tit-nt 
à ce que son ouvrage soit bien fait. 



Ou us. Locution : A Vaurs = en prison. 
Littré a un exemple de ce sens. 

OuvELER, ram^isser les ratelins, c'est-à- 
dire les épis qu'on a dû réunir avec 
le ruteau après 1 enlèvement des gerbes. 



— 18 — 



PAC AN (parler)^ parler paysan. — V. 

Palette, pied antérieur du cheval. — L. 

Panier. Locution : Datu Varcte panier 
y sont pu mt£M« (mûres) ; manière polie 
de refuser. — F. 

Paouin, gifle. — F. 

Pabakçon, par dessus. 

Pardis, parbleu ; souvent simple affir- 
mation: a naturellement ». 

Patonneb, pacanner. — L. 

Patodf (gros), mal souple. 

Patte (être de la) = avare et peu dé- 
licat. — L. 

Pelage. Locution : Espèce de mal pela- 
ge = de mal appris. — F. 

Pkndhe. Locution : Il tic pend pas que 
de.., = il n'y qu'à. . . 

PÊQUE, chiffon, flocon de neige. — V. 

Pequeb (se), se redresser fièrement; dé- 
rivé de c pèque, femme arrogante ». 
(Académie, lbi^4). 

PÂQUER la boé (boue), la lever avec sa 
chaussure. — F. 

Père. Locution : Parlé pé = parler 
avec Tautorité du père. 

PÉRIR. On dit c être péri ». — L. 

Perquer, comme a. perquis j>. — V. 

Pestiféré pour... = emporté pour. . — 
M. 

Petiére, cordé (ordinairement vieille) 
qui rattache la herse au bacul. — F. 

Petto, contraction de pérette. — L. 

PÉYER, poirier. Locution : Il e«t rite 
monté à son péyer s prompt à se met- 
tre en colère ei à dire des injures. 

PiAS, cheveux. 

PlAW. Locution : Une vieille piaw = une 
vieille mégère, une vieille chipie. — F. 

Pic. Locutions : 1» Tottt de pic = tout 
droit ; 2° les gamins des environs de 
Bouen appelaient naguère Cadet tout 



de pic, un homme raidedans son main- 
tien. 

PiÉCHOT, petite pièce. Faut d'abord cou- 
per l'piéchot de blé, — M. 

Piéton d'un tas, première assise de ger- 
bes, au fond d'un tas. — F. 

Pio A CHERIE, spécialement, mélange de 
vesce et d*avoine. 

PiGNOCHE, robinet de la champleure ou 
cheville de la tirette. — L. 

PiGNOUF, homme naïf ; et plus souvent 
qui fait le naïf. — F. 

PiOLE, mauvaise bête. 

Pissas . Locution : Pissas de reine = eau. 

rissouiLLE. Tout le linge mouillé par 
un pissenlit. 

PiTS. Locution : Frai (froid) comme la 
quatne d'un pits (est au Complément 
de V Académie). — L. 

Piu, pieu; au fig. homme sans énergie. 
Plaque (jouer à la), jouer au bouchon 
avec des plaques ou pièces. — F. 

Pli EUX, pièce d'un métier à tisser. 

Plion, branche qu'on plie au-dessus 
de la faux. 

Pluque (jeter au) = au rebut, aux é- 
pluchures (en patoirt m épluqueuses »). 

Poinçon, pièce de bois ou petit fût. Il 
a battu toute sa récolte suTpoinçon. 

Poli. Locution : Trop poli pour être 
honnête, — L. 

Pomme d'orange, orange. 

POET-COLLIER, petit abri spécial pour 
les colliers. — F. 

PORTBUX, frère de charité qui porte les 
morts. — L. 

PoucHE^ poche, sac. 

Prébité, presbytère. 

Prêcarrer (SE), se charrer, se prélasser. 
— F. 

Prendre. Locution : (Test un homme 
qui prendjoliment (des liqueurs fortes). 



Quête, avoir prise au vent. — V. 

Quêter, en parlant d'une charrette qui 
porte mal sur l'essieu, osciller de droite 
et de gauche, par une sorte de cahote- 
ment qui a quelque ressemblance avec 
la marche des quêteurs. Sa caette qu4itte 
eu» se cobien (on ne sait combien). 



QuÊTiN. Locution : Mre à son quêtin = 
être à son compte. On te verra, toi, 
quand tu seras a ton quêtin, 

QUEUQUEFOis QUE = de peur que. Fer- 
me la barre (barrière), quelquefois que 
le bétail sorte. — F. 

QuBUTTE. Cheveux mis en papillotte 
dans du papier. — M. 



-16- 



QUBVET. LooutioD : Il y a du queret dans 
un champ, quand les tiges du grain 
n'ont pas été fauchées assez près du 
sol. 

Qui. Le relatif dont manquant au patois, 
il en résulte des constructions redon- 
dantes et assez embarrassées. Ex. Le 
pu vn tel est dèeédè^ de qui que san 
père était m an camarade, 

QuiAGHE. Locution: (^a ê*en va en quia- 



ehe =3 cela tombe en morceaux, en 
poussière. — ¥, 

QuiACHON, dernier né d*une famille. 

QuiANGULOTTV, qmfaU dans sa culotte. 

Qui EN, parfois dette. Un tel eH parti; 
il a laUié un hiaw quien cken Vbau-- 
la figer, — M. 

QuiNCHETOK, pinson (vers Goderville). 
— L. 



Rabot. Locution : 21 est poli comme un 
rabot! — F. 

Rac. Locution: I* Bic et rae, jusqu'au 
bord; 2' rac plein, absolument plein. 

Racine. Locution fîg. : Y faut qui save 
(sache) la racheinne de tout, 

Raffutbb, repasser à la meule, pour ai- 
guiser à nouveau. 

Rails, ligne, trace (d'où les dérivés que 
donne le Glossaire). — L. 

Rajkunib. Locution : Se faire rajeunir 
= se faire raser. 

Ralendbb, marchander (transposition 
de lettres, ce semble, pour <i harlan- 
der »). — M. 

R A LLEB (serai t-cer«Aâ^r?) tirer. Yralle 
la langue comme un quien d' cache, 

Ranoue. Locution : De rangue = à la 
suite. J'*ai semé deux pièces de blé de 
rangue (sans me reposer). 

Rafabs^ très ressemblant. — F. 

RAPiiiT, pingre, avare. — L. 

Ratelins, ce qu'on donne à manger au 
bétail en dernier lieu et fiiute de mieux. 
D'où locution : 2 n'n'a pouHani^ du 
bien! — Ah ben oui! I n' n'est auw 
ratelins / as il a mangé presque tout. 

Ratobnbb (be), changer de religion. ^ 

Ratobket (un), quelqu'un qui s'est con- 
verti du protestantisme au catholi- 
cisme. 

Rattiement, endroit où Ton jette les 
vieux futins ; au fig. maison souvent 
suspecte à la police où Ton se réunit 
pour faire bombance. 

Rayêqueb, s'engager dans un fouillis 
pour y dénicher quelque chose. Çui 
qu'o'e'st qu'il est parti ratêqtwr dans 
cte haiCy dans çu çreniei% dans cY 
omtoué (armoire). Signifie aussi rame- 
ner an grand jour ce qui était caché. 



Rebouc AGHE (le sien) qui rebouque. 
Rebouquer, c'est « ne plus vouloir » 
travailler, manger, etc. JReboucache 
s'emploie surtout avec la négative. Il 
est pas reboucaehe (à l*ouvrage, par 
exemple). 

RscoRBih, <]ui a bien mangé, qui a le 
ventre bien rempli. — F. 

Rbcban (comme le mot vieilli « recru i), 
épuisé de fatigue, rendu, rebattu. On 
n'n'eH recran (d'avoir ^t tant de tra- 
vail). Cest (oujou le même air (de 
musique) ; on n'n'est recran. 

Rbdimet, saveur. — V. 

RÉGLÉE. Locution : Il règle le soleil =s 
sa montre ou son horloge vont très bien. 

Reooubbb, mal recevoir (quelqu'un). 

Relais. Locution : chose de relais, de 
réserve, en cas de besoin. Pour qui 
prendre trois fourques, pi que vo n^êtes 
que deux? — Bien! comme eka^ e*n* 
ettns (nous en aurons) eune de relais^ 
en cas qu'y en ait eune qui vienne i 
manquer, — F. 

Rbléqusb, lécher à nouveau, surtout 
dans la locution : Y a pu rien à rtlé- 
quer = il ne reste absolument rien. 

Religion. Locution: I^ sa religion, 
remplir ses devoirs de chrétien. — M. 

Renflée. Locutions : Ai? pas renfler 
quelqu'un, ne pas lui proUter (avec 
une nuance d'ironie) ;— se renfler gros 
comme le poing, faire l'important ; — 
au participe se dit d'une vache repue. 
— L* 

Renteiteb (proprement remettre une 
tôle), refaire le faite d'une couvertun 
en chaume. — F. 

Revenib. Locution : Ça te retient comme 
un tablier à eune vaque, — F. 

RiBOTU, rocailleux, inégal ; en parlant 
d'un chemin et même d'un mur. — F. 

Ri ON, la bande de terre retournée par 1» 
charrue. — L. 



— 17 — 



BooKffy saleté, mauvaises herbes. La 
langue classique l'a restreint au sens 
de c gale ». ^ V. 

Bon ACUER, grummeler entre ses dents. 
— F. 

BUDE, 1^ parfois • grand, étonnant d. 
Y a une rvde errevr = une grand dif- 
férence ; 2" qui a de la <e rudeur » (mau- 
yaise herbe). 



BuDEMBNT, s'emploie pour former le 
superlatif, le mot très n'ayant pas 
cours en patois. YJait rudement beau, 
rudement seo. Man pé est rudement 
bon. A Kouen, les lettrés eux-mêmes 
ne dédaignent pas ce superlatif de se- 
conde main. ~~ F. 



Saccage, s^emploie surtout au pluriel. 
— F. 

Saison, spécialement époque des se- 
mailles (surtout du blé et de Tavoine). 
2a saison est-y finie? 

Saleube, sorte de cicatrice aux mains 
(si on y met la langue, elle a uu goût 
salé). 

Sa PET, petit reste de liquide au fond 
d'un vase. 

Sastifis, salsifis. — M. 

SÂCOT (forme diminulive de « sec s), 
homme fort maigre. Grand sécot ! 
(ailleurs: grand sécrant.) 

Semaine des quatre jeudis, jamais (l'A- 
cadémie citait, dès 1694, la « semaine 
des trois jeudis », inconnue à Anger- 
ville-rOrcher). -,'M. 

Behée, spécialement, la quantité de 
semence qu'on peut mettre dans un 
€ semeux ». — M. 

Serpilliâbe, toile à pavé. — Y. 

SsTEMBRiBCHE. se prononce stembrèqne 
à Bruneval (hameau de SaintJouin), 
dont c'est la fête locale. — L. 



Si dans le cas.,. Locution elliptique. Vo 
médites de faucher çn coin-là; mais 
j'avrai fait avant qu*vo rereniez. — 
Ah! bien, si dans le cas, tu feras quev- 
qurs charriages, — F. 

Sot. Locution: La part du sot, c'est 
celle d'un homme qui. chargé de faire 
un partage, ne n'est rien réservé pour 
lui-même. — M. 

SOTTIAS, neuf gerbes debout et trois 
dessus. — F. 

SouFVRETTE (mot du moyen-âge, en- 
core cité par Trévoux). Locutions : 1* 
Ils ont pas l'é (l'air) d'fé souffrette =s 
ils ne sont pas dans la gêne ; 2» J'^n 
fais pas souffrette = je n'en manque 
pas. 

Souper des Rois. Ce qu'on donne à un 
domestique pour fêter ce jour-là. Je 
gangne cent écus, et man souper des 
Rtns. 

SouH-AiLES (le sens de u bas-côté d'égli- 
se » est dans les dictionnaires), espace 
entre le larmier du toit et le haut du 
mur. — L. 

SUROAS (surchaud), coulant d'air extrê- 
mement chaud qu'on sent par un temps 
frais. — F. 



Tabliryb, plein un tablier. Apporte- 
mai une tablieye de manger à poules, 
— M. 

Tapaoie (dérivé de tapage), représenta- 
tion de saltimbanque. — L. 

Tapette, 
tière ». 



S^ femme bavarde, • olapo- 



Taponnière, sureau creusé, d'où l'air 
comprimé fait partir des tampons de 
papier. — F. 

ijLasBR les ppvces à quelqu'un, le cha- 
griner, le faire souffrir. — L. 

Taupkttr, petit rongeur un peu plus 
long qu'une souris. — P. 



Tendre a uouques, susceptible. 

Terrible. La locution c'est térible, 
d'emploi fréquent, n'équivaut guère 
qu'à une simple exclanmtion. Queu 
vent / C'est térible/ — V. 

Tière (fausse), celle où les gerbes sont 
posées côte à côte. — L. 

TiMONNER. avoir bien de la fatigue. 

Tintouin, lubie, caprice. 

Touiller, bouder; verbe réfléchi, se 
vautrer. — V. 

TouREYE, le tour d'un tas, d*UQ bâti- 
ment, d'un manège. — L. 



— *8 — 



Tbacheux, nn mendiant. — M. 
Tbainaoe (mot français). Locution: Ça 

raut pas le traînage = c*est de nulle 

valeur. 

Traquette (avoir la) y avoir peur. Le 
mot est un diminutif de son synonyme 
trac. — L. 

Tbavebse (tendre à la) = en bloc, sans 
compter ou mesurer. — F. 

Tbecineb, se fendiller au feu, en parlant 
d*un plat. 



Tbbtoub, cri pour appeler lee dindons. 

-r F. 
Tbeuler (en parlant des animaux), 

péter. 

Tbevette, trevet. — L. 

Teop forme parfois une sorte de super- 
latif : vieux (plus souvent *...) tr»p 
beyfe. — F. 

Tuet. Locution : Ynn'a untvet! (une 
forte voix.) 

TuiTEB, gazouiller. 



u 



Une. Locution : En vê (voir) d'eune^ 
être châtié ou fort affligé . Tu va» rê^ 
mâche ! Si tu fait point c'que fte dis^ 
tu ras en vê d'une, — Not'efan est 



tovjou malade ; y crie long de la nuit, 
fen teyonsd'eune aveu IL — « En voir 
plus d'une » est classique. — F. 

Ubède, Ëusèbe. 



V^ALBB. La distinction faite par Tabbé 
Maze n'est pas fondée, au moins pour 
certain» pays. ~ L. 

Vaqueb, arroser d'eau pour laver som- 
mairement. — F. 

Vattoïne (à la), dans la saleté et le 
désordre ; semble dérivé de vatte, 
boue ou vase. 

Vebdot, cheville de bois que doit rem- 
placer la chantepleure à Textrémité 
d'une futaille. 

Vebotte, surnom de vache (comme la 
barêyet etc.) — L. 



ViAL, dépôt filandreux et gluant qui^ sa 
forme dans le cidre. Avaler nn via. 

Voile. Locution : Un homme à la voile, 
hardi, téméraire. 

Voir. Locution (pour mettre en garde 
contre le» risques d'une tentative) & 
quelqu'un qui dit : J'vas essayer pour 
vé (pour voir) : Tu sais : Pour vê a 
perdu euti vague; pour vé mieux n^n'a 
perdu deux. 

VÔLAYE, système de baculs pour atteler 
deux chevaux. — F. 



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